Bilan de la qualité de service dans les transports publics réguliers de voyageurs en France. Année 2024
Auteur moral
France. Autorité de la qualité de service dans les transports
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Bilan annuel de l'Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST) pour l'année 2024 sur la qualité de service dans les transports aériens et ferriviaires, les transports collectifs urbains de voyageurs, les transports de voyageurs par autocars en service librement organisé, les transports de voyageurs par autocars conventionnés réguliers et les transports maritimes et fluviaux de voyageurs réguliers.</div>
Editeur
AQST
Descripteur Urbamet
transport public
;transport de personnes
;transport en commun
;transport ferroviaire
;transport aérien
;transport urbain
;transport routier
;transport maritime
;transport fluvial
Descripteur écoplanete
Thème
Transports
Texte intégral
Autorité de la qualité de service
dans les transports (AQST)
Bilan de la qualité de service
dans les transports publics
réguliers de voyageurs en France
Année 2024
Partie A : Transports ferroviaires de voyageurs
Partie B : Transports aériens de voyageurs
Partie C : Transports collectifs urbains de voyageurs
Partie D : Transports de voyageurs par autocars en service
librement organisé
Partie E : Transports de voyageurs par autocars
conventionnés réguliers
Partie F : Transports maritimes et fluviaux de voyageurs
réguliers
AQST
Partie A
Bilan de la Qualité de Service des
Transports Ferroviaires de
voyageurs
Année 2024
Analyse des performances opérationnelles,
de la ponctualité de la satisfaction des usagers, et des contextes sous-jacents
Sommaire
1. Contexte général et méthodologie
1.1. Présentation du système ferroviaire français
1.2. Sources et méthodologie d'analyse
2. Performance globale du système ferroviaire en 2024
2.1. Évolution du trafic et de la fréquentation
2.2. Taux de réalisation de l'offre ferroviaire
3. Analyse détaillée de la ponctualité par type de service
3.1. Services à grande vitesse
3.2. Services Intercités et trains de nuit
3.3. Trains express régionaux
3.4. Services franciliens
4. Qualité de service et satisfaction des usagers
4.1. Indemnisations pour retard
4.2. Information des voyageurs
5. État des infrastructures et investissements
5.1. Vieillissement du réseau
5.2. Investissements et modernisation
6. Impact de la concurrence sur la qualité de service
7. Comparaison européenne
8. Défis et perspectives
9. Conclusion
Annexe sur les évènements marquants de l?année
Annexe bibliographique
1. Contexte général et méthodologie
1.1. Présentation du système ferroviaire français
Le système ferroviaire français représente l'un des plus vastes et des plus complexes
d'Europe, avec un réseau ferré national de près de 27110 kilomètres de lignes
exploitées au 31 décembre 2024.
Ce réseau, géré principalement par SNCF Réseau, constitue l'épine dorsale du
transport collectif en France, transportant quotidiennement plusieurs millions de
voyageurs et assurant une part significative du transport de marchandises. L'année
2024 marque une étape importante dans l'évolution de ce système, caractérisée par
une dynamique de reprise forte après les perturbations des années précédentes, mais
également par des défis structurels persistants qui nécessitent une attention soutenue
de l'ensemble des acteurs du secteur.
L'organisation du transport ferroviaire français repose sur une distinction
fondamentale entre les services librement organisés et les services conventionnés.
Les services librement organisés, qui comprennent principalement les trains à grande
vitesse exploités par SNCF Voyageurs avec ses marques TGV inOui et Ouigo, mais
également par les nouveaux entrants Trenitalia France et Renfe Viajeros, fonctionnent
selon une logique de marché où les entreprises ferroviaires assument le risque
économique de leur exploitation. À l'inverse, les services conventionnés, incluant les
trains express régionaux, les Intercités et les services franciliens Transilien et RER,
sont organisés par des autorités publiques qui définissent l'offre de service et
garantissent son financement à travers des conventions de service public et des
concours publics.
Cette dualité reflète les différentes missions du transport ferroviaire. D'une part,
assurer la rentabilité économique sur les liaisons les plus attractives, principalement
les axes à grande vitesse reliant les principales métropoles françaises. D'autre part,
garantir l'aménagement du territoire et la desserte des zones moins denses à travers
un maillage de services régionaux de proximité et de grande ligne. L'équilibre entre
ces deux logiques constitue un enjeu majeur de la politique des transports en France,
dans un contexte où les objectifs de transition écologique imposent un développement
significatif de l'offre ferroviaire pour capter les trafics routiers et aériens.
1.2. Sources et méthodologie d'analyse
La présente analyse s'appuie sur un ensemble de sources officielles et vérifiées
permettant d'établir un diagnostic objectif et documenté de la qualité de service
ferroviaire en France en 2024. La source principale provient des bilans annuels
publiés par l'Autorité de régulation des transports, autorité administrative
indépendante chargée du suivi et de la régulation du secteur ferroviaire français.
L'ART collecte de manière systématique et exhaustive des données auprès des
gestionnaires d'infrastructure, principalement SNCF Réseau et la RATP pour le
réseau RER, ainsi qu'auprès de l'ensemble des entreprises ferroviaires opérant sur le
territoire français.
Les données analysées couvrent l'ensemble des dimensions de la qualité de service
ferroviaire. Les indicateurs d'offre mesurent le volume de services proposés aux
voyageurs, exprimé en trains-kilomètres commerciaux et en sièges-kilomètres
disponibles. Les indicateurs de fréquentation quantifient l'utilisation effective de cette
offre par les voyageurs, mesurée en voyageurs-kilomètres transportés et en taux
d'occupation des trains. Les indicateurs de ponctualité et de régularité évaluent la
capacité du système ferroviaire à respecter les horaires programmés et à assurer
l'ensemble des circulations prévues. Enfin, les indicateurs économiques permettent
d'analyser l'équilibre financier du système et les coûts supportés par les différentes
parties prenantes.
La méthodologie d'analyse privilégie une approche comparative multi-temporelle et
multi-spatiale. L'évolution des indicateurs sur la période 2019 à 2024 permet
d'identifier les tendances de long terme et de mesurer l'impact des différentes
perturbations ayant affecté le système ferroviaire, notamment la crise sanitaire de
2020 à 2022 et les mouvements sociaux de 2023. La comparaison entre les différents
types de services et les différentes régions françaises met en lumière les spécificités
et les disparités de performance au sein du système ferroviaire national. Enfin, le
benchmark européen situe la France par rapport à ses principaux voisins et permet
d'identifier les bonnes pratiques transférables.
2. Performance globale du système ferroviaire en 2024
2.1. Évolution du trafic et de la fréquentation
L'année 2024 constitue une année historique pour le transport ferroviaire français
avec l'atteinte d'un nouveau record de fréquentation pour la troisième année
consécutive. Selon les données de l'Autorité de régulation des transports publiées en
juin 2025, le trafic ferroviaire de voyageurs a progressé de 6 % en 2024, portant la
fréquentation totale à 114 milliards de voyageurs-kilomètres. Cette performance
exceptionnelle s'inscrit dans une dynamique de croissance forte et continue depuis la
sortie de la crise sanitaire, confirmant l'attractivité renouvelée du mode ferroviaire
auprès des Français.
Cette croissance a été particulièrement soutenue pour les trains du quotidien. Les
trains express régionaux et les trains Intercités ont enregistré une progression
remarquable de 11 % de leur fréquentation sur un an. Cette dynamique s'avère encore
plus impressionnante lorsqu'on la replace dans une perspective de moyen terme, la
fréquentation de ces services ayant bondi de 35 % par rapport à 2019, dernière année
de référence avant la crise sanitaire. Les lignes TER de proximité, assurant des
liaisons de moins de 100 kilomètres et constituant le coeur des transports du quotidien,
ont particulièrement bénéficié de cette croissance avec des progressions annuelles
comprises entre 6 et 13 % selon les régions.
Les trains à grande vitesse ont également connu une progression de leur
fréquentation, bien que dans des proportions plus modérées que les trains
conventionnés. Avec une hausse de 4 % sur un an, les services librement organisés
à grande vitesse ont transporté 67 milliards de voyageurs-kilomètres en 2024. Cette
croissance porte le niveau de fréquentation à 12 % au-dessus de celui de 2019,
confirmant le rétablissement complet du marché de la grande vitesse après les
perturbations des années précédentes. La dynamique a été particulièrement forte sur
certains axes, notamment l'axe Atlantique desservant Bordeaux, Rennes et Nantes,
qui a enregistré une croissance de 5 % en 2024 et de 17 % depuis 2019.
La fréquentation estivale 2024 a été marquée par deux événements majeurs qui ont
contribué à stimuler la demande de transport ferroviaire. Les Jeux Olympiques et
Paralympiques de Paris, organisés en juillet et août 2024, ont généré un afflux
significatif de voyageurs, particulièrement sur les services franciliens Transilien et
RER qui ont dû faire face à une demande exceptionnelle.
Le Pass Rail, dispositif proposant aux jeunes de 16 à 27 ans de voyager en illimité sur
les trains régionaux pour quarante-neuf euros par mois, a également contribué à la
forte progression estivale de la fréquentation des TER et Intercités. Ces initiatives
démontrent le potentiel de croissance du transport ferroviaire lorsque sont réunies des
conditions favorables d'accessibilité tarifaire et d'événements générateurs de
déplacements.
L'augmentation de la fréquentation s'est accompagnée d'une progression significative
de l'offre ferroviaire, qui a crû de 7 % en 2024 pour atteindre 412 millions de trains-
kilomètres. Cette croissance de l'offre a néanmoins été inférieure à celle de la
fréquentation, conduisant à une augmentation des taux d'occupation moyens des
trains. Le taux d'occupation moyen s'établit désormais à 51 % pour l'ensemble des
services ferroviaires, atteignant même plus de 75 % pour les trains à grande vitesse.
Ces niveaux de remplissage élevés témoignent d'une bonne adéquation entre l'offre
proposée et la demande exprimée, tout en posant la question de la capacité du
système à absorber une croissance future de la fréquentation sans investissements
complémentaires en matériel roulant et en infrastructures.
2.2. Taux de réalisation de l'offre ferroviaire
Le taux de réalisation de l'offre ferroviaire constitue un indicateur fondamental de la
fiabilité du système de transport. Il mesure la proportion de trains effectivement
circulés par rapport aux trains programmés, reflétant ainsi la capacité opérationnelle
du système à tenir ses engagements envers les voyageurs. L'année 2024 se
caractérise par une amélioration remarquable de cet indicateur, avec un taux de
circulations effectives atteignant 93 % au niveau global, soit 4 points de mieux qu'en
2019 et la meilleure performance observée depuis plusieurs années.
Cette performance exceptionnelle s'explique principalement par l'absence de
mouvements sociaux d'ampleur en 2024, contrastant fortement avec l'année 2023 qui
avait été marquée par des grèves importantes contre la réforme des retraites,
particulièrement au mois de mars. Les déprogrammations anticipées, correspondant
aux suppressions de trains décidées avant la veille à 16 heures du jour de circulation,
ont atteint leur plus bas niveau depuis 2018 pour tous les services à l'exception des
services librement organisés internationaux. Ces déprogrammations anticipées,
généralement liées à des travaux d'infrastructure ou à des ajustements planifiés de
l'offre, représentent désormais moins de 3 % des circulations programmées.
Les suppressions de dernière minute, intervenant après la veille à 16 heures et
particulièrement pénalisantes pour les voyageurs qui ne peuvent être prévenus
suffisamment à l'avance, sont restées stables par rapport à 2023. Elles demeurent
toutefois supérieures d'un point au niveau observé en 2017, année de référence avant
la dégradation progressive de cet indicateur. Ces annulations de dernière minute
résultent principalement de problèmes techniques affectant le matériel roulant ou les
infrastructures, ainsi que de l'indisponibilité des personnels de conduite. La réduction
de ces annulations constitue un enjeu majeur pour améliorer la satisfaction des
usagers et la fiabilité perçue du système ferroviaire.
Le taux global de circulations effectives et ponctuelles, qui combine la réalisation
effective des trains et leur ponctualité au seuil de cinq minutes de retard, atteint le
niveau historiquement élevé de 82 % en 2024. Cet indicateur synthétique reflète la
performance globale du système ferroviaire dans sa capacité à offrir aux voyageurs le
service attendu, tant en termes de disponibilité que de respect des horaires.
L'amélioration de cet indicateur par rapport aux années précédentes témoigne des
progrès réalisés dans la stabilité opérationnelle du système, même si des marges de
progression importantes subsistent pour atteindre les standards de performance des
meilleurs systèmes ferroviaires européens.
3. Analyse détaillée de la ponctualité par type de service
3.1. Services à grande vitesse
3.1.1. Performance globale et évolution
Les services à grande vitesse ont enregistré une amélioration significative de leurs
performances de ponctualité en 2024. Le taux de trains arrivant à l'heure à leur
terminus, selon les seuils réglementaires variant de 5 à 15 minutes de retard en
fonction de la durée du trajet, s'est amélioré d'environ 3 points par rapport à 2023.
Cette progression s'inscrit dans un contexte d'exploitation favorable, marqué par
l'absence de grèves nationales et une météorologie globalement clémente, même si
les événements climatiques extrêmes de l'été ont occasionné des perturbations
ponctuelles sur certains axes.
La ponctualité des trains à grande vitesse reste cependant légèrement inférieure aux
niveaux observés avant la crise sanitaire. Plusieurs facteurs structurels expliquent
cette situation. Le vieillissement progressif des lignes à grande vitesse les plus
anciennes, notamment la LGV Sud-Est mise en service en 1981 et la LGV Nord
inaugurée en 1993, nécessite des interventions de maintenance plus fréquentes qui
peuvent occasionner des ralentissements temporaires. L'intensification de l'utilisation
du réseau à grande vitesse, avec une augmentation de près de neuf pourcent du
niveau d'utilisation en 2024, réduit les marges de manoeuvre en cas d'incident et
favorise la propagation des retards le long des axes.
3.1.2. Disparités entre axes
Les performances de ponctualité varient sensiblement selon les axes à grande
vitesse, reflétant les différences d'état des infrastructures, de densité de circulation et
d'organisation de l'exploitation. L'axe Sud-Est, première ligne à grande vitesse
française et la plus circulée avec l'exploitation concurrente de SNCF Voyageurs, sa
filiale Ouigo et l'opérateur italien Trenitalia depuis décembre 2021, présente des défis
spécifiques de gestion de la capacité. La fréquentation de cet axe a augmenté de près
de 20 % sur le trajet Paris-Lyon depuis 2019, témoignant des effets positifs de la
concurrence sur l'attractivité du mode ferroviaire.
L'axe Atlantique affiche des performances de ponctualité généralement supérieures à
la moyenne nationale, bénéficiant d'infrastructures relativement récentes avec
l'ouverture de la LGV Sud Europe Atlantique en 2017 et de la LGV Bretagne-Pays de
la Loire quelques années auparavant. Ces lignes modernes, équipées de systèmes
de signalisation performants, permettent une exploitation plus fluide et contribuent à
la fiabilité du service. Le taux d'occupation élevé de 77 % sur cet axe témoigne de la
confiance des voyageurs dans la qualité du service proposé et de l'adéquation entre
l'offre et la demande.
L'axe Nord, supportant un trafic international important avec les services Eurostar vers
le Royaume-Uni et les liaisons vers la Belgique et les Pays-Bas, fait face à des défis
particuliers liés au vieillissement de ses infrastructures et à la complexité de la
coordination internationale. Le tunnel sous la Manche, infrastructure critique pour les
liaisons transManche, impose des contraintes spécifiques de sécurité et de régulation
qui peuvent amplifier les effets des perturbations. La modernisation progressive de
cet axe constitue un enjeu majeur pour maintenir et améliorer la qualité de service sur
ces liaisons stratégiques.
3.2. Services Intercités et trains de nuit
Les trains Intercités présentent un profil de ponctualité spécifique, influencé par leurs
caractéristiques d'exploitation sur des lignes classiques partagées avec d'autres types
de trafic. L'année 2024 a vu une amélioration de leur ponctualité, bien que celle-ci
reste en retrait par rapport aux services à grande vitesse. La multiplicité des gares
desservies, avec des temps d'arrêt qui s'accumulent le long du parcours, et la
vulnérabilité aux incidents sur l'infrastructure augmentent les risques de retards pour
ces services qui peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres sur des lignes
classiques.
Les trains de nuit, catégorie particulière au sein des Intercités, connaissent un succès
croissant avec une fréquentation en progression de 17 % en 2024 et des taux
d'occupation atteignant 77 % au trajet. Cette dynamique s'inscrit dans un mouvement
plus large de renaissance des trains de nuit en Europe, portée par les préoccupations
environnementales et la recherche d'alternatives à l'avion sur les longues distances.
La ponctualité des trains de nuit revêt une dimension particulière, les retards
importants à l'arrivée matinale pouvant avoir des conséquences significatives sur
l'organisation de la journée des voyageurs, tandis que les retards modérés pendant la
nuit sont généralement mieux tolérés.
3.3. Trains express régionaux
Les trains express régionaux ont connu en 2024 une amélioration remarquable de
leurs indicateurs de ponctualité et de régularité. Le taux de circulations effectives et
ponctuelles a dépassé 90 % dans plusieurs régions, notamment en Bretagne et en
Bourgogne-Franche-Comté, constituant la meilleure performance observée depuis
2018. Cette amélioration généralisée efface les dégradations constatées au cours des
années précédentes et témoigne de l'efficacité des actions correctives mises en
oeuvre par les régions, autorités organisatrices des services TER, et par SNCF
Voyageurs, principal opérateur de ces services.
D'autres régions ont enregistré des progressions particulièrement significatives de leur
ponctualité. Les régions Grand-Est, Centre-Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine et
Provence-Alpes-Côte d'Azur ont ainsi amélioré leur taux de circulations effectives et
ponctuelles de plus de sept points en un an. Ces progressions spectaculaires résultent
d'une combinaison de facteurs incluant l'amélioration de la maintenance du matériel
roulant, la coordination renforcée entre les différents acteurs du système ferroviaire,
et les investissements réalisés dans la régénération des infrastructures ferroviaires
régionales.
Des disparités régionales persistent néanmoins, reflétant les différences d'état des
infrastructures ferroviaires, de densité de circulation et de choix d'organisation de
l'offre ferroviaire. Les régions disposant d'un réseau ferré relativement récent ou ayant
bénéficié d'investissements importants de modernisation affichent généralement de
meilleures performances. À l'inverse, certaines régions confrontées à des
infrastructures vieillissantes et à une forte densité de circulation, notamment en zones
périurbaines, rencontrent davantage de difficultés à maintenir des niveaux de
ponctualité élevés.
3.4. Services franciliens
Les services franciliens, comprenant les lignes Transilien et les lignes RER, ont connu
une amélioration significative de leur ponctualité en 2024.
Le taux de ponctualité du métro parisien a progressé de 3,4 points pour atteindre
96,18 %, soit le meilleur niveau observé depuis plusieurs années. Cette progression
résulte d'investissements importants en maintenance préventive du matériel roulant
et en modernisation des infrastructures, ainsi que de la mise en oeuvre de plans
d'action ciblés sur les lignes présentant les performances les plus dégradées.
La ponctualité des lignes de trains et de RER s'est également améliorée pour
l'ensemble des lignes, bien que certaines n'atteignent pas encore leurs obligations
contractuelles fixées par Île-de-France Mobilités. Le RER A, ligne la plus fréquentée
d'Europe avec plus d'un million de voyageurs quotidiens avant la crise sanitaire,
affiche un taux de ponctualité de 93,47 %. Les lignes Transilien H et L dépassent
même 95 % de ponctualité, témoignant d'une exploitation maîtrisée et d'infrastructures
en assez bon état.
Les lignes RER B, C et D présentent des performances plus contrastées et n'ont pas
encore retrouvé leurs niveaux de ponctualité d'avant crise. Le RER B en particulier,
qui dessert l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle au nord, affiche un taux de
ponctualité de 88 % malgré une amélioration de 3 points par rapport à 2023. La mise
en place du plan visant à améliorer la disponibilité du matériel roulant et les procédures
d'évacuation des voyageurs en cas d'incident, a contribué à cette amélioration mais
des efforts supplémentaires restent nécessaires pour atteindre les objectifs
contractuels.
4. Qualité de service et satisfaction des usagers
4.1. Indemnisations pour retard
La question de l'indemnisation des voyageurs pour les retards subis constitue un enjeu
majeur de la qualité de service ferroviaire et de la confiance des usagers dans le
système. Malgré l'amélioration globale de la ponctualité en 2024, le taux de passagers
effectivement indemnisés pour leurs retards est resté stable par rapport aux années
précédentes, à un niveau préoccupant de 50 % environ. Cela signifie qu'au seuil légal
de remboursement fixé à une heure de retard, seul un voyageur sur deux bénéficie
effectivement des dispositifs de compensation proposés par les entreprises
ferroviaires, alors même qu'il en a légalement le droit.
Ce taux d'indemnisation insuffisant soulève d'importantes questions sur l'accessibilité
et l'efficacité des procédures mises en place par les opérateurs ferroviaires. Plusieurs
facteurs explicatifs peuvent être identifiés.
Premièrement, de nombreux voyageurs méconnaissent leurs droits à compensation
ou les modalités pour les faire valoir, malgré les obligations d'information qui pèsent
sur les entreprises ferroviaires.
Deuxièmement, les démarches pour obtenir une indemnisation peuvent être perçues
comme complexes, chronophages ou décourageantes, particulièrement lorsqu'elles
nécessitent de conserver et transmettre des justificatifs de voyage et de retard.
Troisièmement, certains voyageurs renoncent à leurs droits pour des montants qu'ils
considèrent comme faibles, notamment pour les trajets courts ou les billets à tarif
réduit.
L'amélioration du taux d'indemnisation effective constitue un levier majeur pour
renforcer la satisfaction des usagers et la confiance dans le système ferroviaire.
Plusieurs pistes d'action peuvent être envisagées. La simplification des procédures
d'indemnisation à travers le développement de plateformes numériques permettant
des demandes automatisées et un traitement accéléré des dossiers représente une
priorité. Certains opérateurs ont d'ailleurs mis en place des systèmes d'indemnisation
automatique qui créditent directement le compte client en cas de retard constaté,
éliminant ainsi la nécessité d'une démarche active de la part du voyageur et
garantissant un taux d'indemnisation proche de cent pourcent.
La communication et l'information des voyageurs sur leurs droits doivent également
être renforcées. Cela suppose une meilleure visibilité des conditions d'indemnisation
lors de l'achat des billets, dans les gares et à bord des trains, ainsi que des campagnes
d'information régulières auprès du grand public.
4.2. Information des voyageurs
L'information des voyageurs constitue une dimension essentielle de la qualité de
service ferroviaire, particulièrement en situation perturbée. La capacité du système
ferroviaire à informer rapidement et précisément les voyageurs sur l'état du trafic, les
perturbations en cours et les solutions alternatives disponibles influence directement
la satisfaction des usagers et leur perception de la qualité de service. L'année 2024 a
vu des progrès significatifs dans ce domaine, avec le développement de canaux
d'information numériques permettant une diffusion en temps réel des informations de
circulation.
Les applications mobiles des différents opérateurs ferroviaires ont été enrichies de
nouvelles fonctionnalités permettant aux voyageurs de suivre en temps réel
l'avancement de leur train, de recevoir des alertes en cas de perturbation et d'accéder
à des informations sur les solutions de report. Ces outils numériques complètent les
dispositifs d'information traditionnels en gare et à bord des trains, offrant une
expérience plus personnalisée et réactive. La généralisation de ces services
numériques contribue à réduire l'anxiété des voyageurs en situation perturbée et
facilite la réorganisation de leurs déplacements.
Des marges de progression importantes subsistent néanmoins, particulièrement en
ce qui concerne la fiabilité et la précision des informations diffusées. Les voyageurs
déplorent régulièrement des informations contradictoires entre les différents canaux
ou des actualisations tardives ne reflétant pas la situation réelle. L'amélioration de la
qualité de l'information suppose des investissements dans les systèmes d'information
et une coordination renforcée entre les différents acteurs du système ferroviaire,
notamment entre le gestionnaire d'infrastructure responsable de la gestion des
circulations et les entreprises ferroviaires responsables de la relation client.
5. État des infrastructures et investissements
5.1. Vieillissement du réseau
L'état des infrastructures ferroviaires constitue un déterminant majeur de la qualité de
service et de la capacité du système à répondre aux besoins de mobilité. Le réseau
ferré national français présenterait selon l?ART un âge moyen de 27,9 ans au 31
décembre 2024, soit une diminution de 9 mois par rapport à 2023. Cette évolution
favorable résulte d'une combinaison de travaux de régénération des voies et de
fermeture de lignes en fin de vie.
Cette amélioration globale masque cependant des situations contrastées selon les
catégories de voies. Les lignes à grande vitesse, qui constituent l'épine dorsale du
réseau à grande vitesse français, ont vieilli de 3 ans depuis 2019 pour atteindre
désormais un âge moyen proche de quarante ans pour les plus anciennes. Ce
vieillissement des LGV nécessitera des investissements accrus dans les prochaines
années pour leur renouvellement, particulièrement sur la LGV Sud-Est entre Paris et
Lyon qui approche de sa 45ème année d'exploitation et sur la LGV Nord entre Paris
et Lille qui dépasse les 30 ans.
Le réseau classique, qui supporte l'essentiel du trafic régional et une part importante
du fret ferroviaire, bénéficie d'efforts de régénération plus soutenus. Les
investissements dédiés aux voies classiques ont augmenté de près de 7 % en 2024,
permettant le renouvellement de plus de 1000 kilomètres de voies et de près de 500
aiguillages. Ces efforts restent toutefois insuffisants au regard des besoins, le rythme
actuel de renouvellement ne permettant de traiter qu'une faible proportion du réseau
chaque année. La fermeture depuis 2019 de près de 1200 kilomètres de voies en fin
de vie témoigne des arbitrages difficiles auxquels est confronté le gestionnaire
d'infrastructure entre le maintien d'un maillage territorial exhaustif et la concentration
des moyens sur les lignes les plus utilisées.
5.2. Investissements et modernisation
Les investissements réalisés par SNCF Réseau en 2024 s'élèvent 5,6 milliards
d'euros, soit une progression modeste de 1,3 pourcent en euros constants par rapport
à 2023. Cette évolution marque une stagnation des efforts d'investissement qui
contraste avec les besoins importants de modernisation du réseau et les ambitions
affichées en matière de développement du transport ferroviaire. Les investissements
de renouvellement et performance, qui visent à maintenir et améliorer l'état des
infrastructures existantes, ont progressé de 3 % pour atteindre 3,2 milliards d'euros.
Les dépenses consacrées à la modernisation du réseau, incluant le déploiement de
la commande centralisée du réseau et du système européen de gestion du trafic
ferroviaire ERTMS, demeurent faibles et en recul marqué de 11 % en 2024. Ces
technologies constituent pourtant des leviers essentiels pour améliorer la capacité du
réseau et la régularité des circulations à moyen et long terme. La commande
centralisée permet de piloter à distance les installations de signalisation et les
aiguillages, réduisant les coûts d'exploitation et améliorant la réactivité en cas de
perturbation. Le système ERTMS, standard européen de signalisation ferroviaire, offre
des perspectives importantes d'augmentation de capacité en permettant un
espacement réduit entre les trains tout en maintenant un niveau de sécurité optimal.
Le déploiement de l'ERTMS reste particulièrement limité en France, avec seulement
quatre virgule un pourcent du réseau ferré national équipé en 2024. Ce retard français
contraste avec la dynamique observée dans d'autres pays européens qui ont engagé
des programmes massifs de déploiement de cette technologie. Le projet LGV Plus sur
l'axe Paris-Lyon, visant à augmenter la capacité de 13 à 16 trains par sens et par
heure grâce au déploiement de l'ERTMS, a franchi plusieurs étapes importantes en
2024 mais le calendrier de mise en service opérationnelle reste incertain. Ce projet
constitue pourtant un enjeu stratégique pour répondre à la croissance de la demande
sur l'axe le plus chargé du réseau à grande vitesse français.
La France se distingue par un niveau d'investissements par habitant dans les
infrastructures ferroviaires qui reste nettement inférieur à celui de ses principaux
voisins européens.
Selon les statistiques de l'association allemande « Allianz Pro Schiene », la France
arrive en dernière position sur 14 pays européens étudiés pour le montant
d'investissements dans le réseau ferré par habitant en 2023. Avec 51 euros par
habitant, la France se situe loin derrière l'Allemagne qui investit 115 euros par
habitant, l'Italie avec 92 euros et l'Espagne avec 70 euros.
Une partie de l?explication peut provenir de facteurs tels que la plus forte proportion
de lignes à faible trafic dans un pays peu dense comme la France, ou des différences
de comptabilisation de certaines opérations. Néanmoins, cette situation de sous-
investissement chronique, qui se répète depuis des années, pose la question de la
capacité de la France à maintenir la qualité de son système ferroviaire et à atteindre
ses objectifs de report modal.
6. Impact de la concurrence sur la qualité de service
L'ouverture progressive du marché ferroviaire français à la concurrence constitue un
facteur d'évolution majeur dont les effets sur la qualité de service commencent à se
matérialiser, même si le bilan effectué ici reste encore très fragile et ne donne que des
premières tendances.
Sur le segment des services librement organisés (SLO) à grande vitesse, la
concurrence entre SNCF Voyageurs, Trenitalia France depuis décembre 2021 et
Renfe Viajeros depuis 2024 a produit des effets positifs sur l'offre et les prix sur les
axes concernés.
L'axe Paris-Lyon, où s'exerce cette concurrence avec Trenitalia, a vu sa fréquentation
voyageurs augmenter de près de 20% depuis 2019, soit un rythme deux fois supérieur
à la moyenne nationale pour les liaisons à grande vitesse. Cette croissance importante
témoigne de l'attractivité renouvelée du mode ferroviaire lorsque la concurrence
stimule l'offre et permet de maintenir des prix compétitifs.
Les liaisons France-Espagne connaissent une dynamique encore plus marquée, avec
une progression de l?ordre de 30 % de la fréquentation depuis 2019, soit un rythme
environ 3 fois supérieur à la moyenne nationale. L'arrivée de Renfe Viajeros sur ces
liaisons, complétant l'offre historique de l?exploitation antérieurement conjointe SNCF-
Renfe, a permis d'accroître significativement les fréquences de la desserte France-
Espagne et de proposer des horaires souvent mieux adaptés aux besoins des
voyageurs.
Les prix pour la liaison Paris-Lyon restent en moyenne inférieurs de plus de 10% à
leur niveau de 2019, alors même que l'inflation cumulée sur cette période dépasse 14
%. Cette modération tarifaire, combinée à l'amélioration de l'offre, illustre les bénéfices
que peut apporter une concurrence au profit des usagers.
L'exemple espagnol confirme le potentiel de la concurrence pour stimuler le marché
ferroviaire. En Espagne, où l'ouverture à la concurrence a été mise en oeuvre de
manière accélérée sur les principaux corridors à grande vitesse, l'offre et la
fréquentation ferroviaire auraient augmenté de près de 80 % depuis 2019, sur les cinq
corridors ouverts à la concurrence en tout cas.
Cette croissance forte a bénéficié tant aux nouveaux entrants, notamment Ouigo
España qui détient désormais environ 20 % du marché ferroviaire espagnol dans les
axes concernés, qu'à l'opérateur historique Renfe qui a été stimulé à améliorer son
offre face à la pression concurrentielle. La ponctualité globale du système espagnol
s'est maintenue à des niveaux élevés malgré l'augmentation importante du trafic,
démontrant que concurrence et qualité de service ne sont pas incompatibles, en tout
cas sur un réseau pas très densément utilisé en moyenne comme le réseau espagnol.
Sur le segment des services conventionnés, l'ouverture à la concurrence progresse
en France plus lentement mais commence également à produire des effets. À mi-
année 2025, selon l?ART, 12 lots conventionnés sur plus de 50 prévus ont été attribués
à l'issue de processus de mise en concurrence, dont quatre aux opérateurs alternatifs
Transdev et RATP. Les premières attributions par appel d'offres ont souvent montré
des baisses substantielles des coûts d'exploitation à offre constante voire parfois
accrue pour les nouvelles conventions.
Cette réduction des coûts permet aux autorités organisatrices régionales soit de
diminuer leurs concours publics, soit d'accroître l'offre ferroviaire à budget constant,
contribuant dans les deux cas à l'amélioration du rapport qualité-coût du transport
ferroviaire régional.
7. Comparaison européenne
La comparaison des performances du système ferroviaire français avec celles de ses
principaux voisins européens permet de situer les progrès réalisés et d'identifier les
marges de progression. En matière de fréquentation, la dynamique française s'inscrit
dans un mouvement général de croissance du transport ferroviaire en Europe.
La fréquentation européenne a dépassé de 9 % en moyenne son niveau de 2019,
avec des variations importantes selon les pays. L'Espagne se distingue par une
croissance exceptionnelle de près d'un tiers par rapport à 2019, portée en grande
partie par le développement de la concurrence sur les services librement organisés.
La France, avec une progression de 14 % depuis 2019, se situe dans la moyenne
haute européenne, confirmant l'attractivité renouvelée du mode ferroviaire.
En matière de ponctualité, les performances françaises restent en retrait par rapport
aux meilleurs systèmes européens. Des pays tels que la Suisse affichent
traditionnellement des taux de ponctualité supérieurs 90 % pourcent pour l'ensemble
de leurs services ferroviaires. L'Allemagne, malgré des difficultés notables récentes
liées au vieillissement de son réseau et à l'intensification du trafic, parvient à maintenir
le plus souvent des performances globalement encore un peu supérieures à celles de
la France. Ces écarts de performance s'expliquent probablement par des différences
dans l'état des infrastructures, le niveau d'investissement dans la modernisation du
réseau et l'efficacité de l'organisation opérationnelle.
Le niveau des investissements dans les infrastructures ferroviaires constitue un
facteur explicatif majeur des écarts de performance entre pays. Contrairement à la
France où les investissements ont stagné, voire même parfois diminué en termes
réels, les dépenses européennes dans les infrastructures ferroviaires ont connu une
croissance forte de 36 % en euros courants entre 2019 et 2023, soit une progression
très supérieure à l'inflation. L'Allemagne, l'Italie et l'Espagne contribuent fortement à
cette augmentation au travers de leurs investissements massifs dans le
renouvellement et la modernisation de leur réseau. L'Allemagne a ainsi prévu
d'investir 72 milliards d'euros d'ici 2030 dans la rénovation de son réseau ferré dans
le cadre de son programme d?action pour le climat 2030.
8. Défis et perspectives
Le système ferroviaire français fait face à plusieurs défis majeurs qui conditionneront
son évolution dans les prochaines années. Le premier défi concerne le financement
du renouvellement et de la modernisation des infrastructures. Les besoins
d'investissement sont considérables, estimés à plusieurs dizaines de milliards d'euros
sur la décennie à venir pour maintenir le réseau dans un état satisfaisant et le
moderniser avec les technologies du XXIème siècle.
Ces efforts, bien que significatifs, seront insuffisants pour combler le déficit
d'investissement accumulé au cours des dernières décennies et répondre aux
ambitions de développement du transport ferroviaire.
Plusieurs pistes de financement sont mentionnées par les acteurs, incluant
l'affectation d'une partie des recettes du système d'échange de quotas d'émission de
gaz à effet de serre (GES), le fléchage d'une partie des recettes de péage autoroutier
lors du prochain renouvellement des concessions, ou l'intégration du ferroviaire au
dispositif des certificats d'économies d'énergie.
Le deuxième défi majeur concerne l'adaptation de la capacité du système ferroviaire
à la croissance attendue de la demande. Les objectifs de la Stratégie Nationale Bas
Carbone (SNBC) visent un doublement de la part modale du fret ferroviaire et une
augmentation significative de la part du train dans les déplacements de voyageurs
d'ici 2030. Ces ambitions supposent une augmentation massive de l'offre ferroviaire,
nécessitant des investissements importants tant en infrastructures qu'en matériel
roulant. Le développement des Services Express Régionaux Métropolitains, promis
par le Président de la République pour doter les principales métropoles françaises de
systèmes de transport ferroviaire périurbain performants, constitue un projet
structurant mais dont la mise en oeuvre nécessitera des financements considérables
et une coordination vraisemblablement complexe entre les différents niveaux de
collectivités.
Le troisième défi concerne l'amélioration de la productivité et de l'efficacité
opérationnelle du système ferroviaire. Ces écarts de productivité se traduisent par des
coûts d'exploitation plus élevés qui pèsent sur la compétitivité du mode ferroviaire.
L'amélioration de la productivité suppose des réformes organisationnelles, des
investissements dans l'automatisation et la numérisation, ainsi qu'une évolution des
pratiques de travail.
Le quatrième défi concerne l'adaptation du système ferroviaire aux enjeux du
changement climatique. Les infrastructures ferroviaires devront être progressivement
adaptées pour résister à des conditions climatiques plus sévères, qu'il s'agisse de
canicules prolongées qui affectent les caténaires et les voies, de tempêtes plus
fréquentes qui menacent la stabilité des installations, ou d'épisodes de précipitations
intenses qui peuvent provoquer des inondations et des glissements de terrain. Cette
adaptation climatique représente un enjeu majeur pour garantir la résilience du
système ferroviaire et maintenir un niveau de service fiable dans les décennies à venir.
Elle suppose des investissements spécifiques dans le renforcement des
infrastructures et l'évolution des normes de conception et de maintenance.
9. Conclusion
Le bilan de la qualité de service ferroviaire en France en 2024 révèle une situation
contrastée, marquée par des progrès significatifs dans certains domaines mais
également par des défis structurels persistants qui nécessitent une action résolue de
l'ensemble des acteurs du système ferroviaire.
L'année 2024 restera comme une année globalement bonne pour le transport
ferroviaire français, avec l'atteinte d'un troisième record consécutif de fréquentation
témoignant de l'attractivité renouvelée du mode ferroviaire auprès des Français. Cette
performance s'explique par la conjonction de plusieurs facteurs favorables, incluant
l'amélioration de la qualité de service, l'absence de mouvements sociaux d'ampleur,
et la mise en oeuvre de politiques publiques incitatives comme le Pass Rail.
Les indicateurs de ponctualité et de régularité ont connu une amélioration notable en
2024, effaçant en grande partie les dégradations observées lors des années
précédentes. Le taux de circulations effectives atteignant 93 % au niveau global et le
taux de circulations effectives et ponctuelles s'établissant à 82 % font partie des
meilleures performances observées depuis plusieurs années.
Cette amélioration résulte des efforts conjoints du gestionnaire d'infrastructure SNCF
Réseau et des entreprises ferroviaires pour améliorer la fiabilité opérationnelle du
système. Elle témoigne également de la capacité du système ferroviaire français à
retrouver des niveaux de performance élevés lorsque les conditions d'exploitation sont
favorables.
Ces progrès ne doivent cependant pas masquer les défis structurels auxquels le
système ferroviaire français demeure confronté. La question de l'indemnisation
effective des passagers victimes de retards reste préoccupante, avec seulement 50
% des voyageurs éligibles bénéficiant effectivement des compensations auxquelles
ils ont droit. Cette situation nuit à la confiance des usagers dans le système ferroviaire
et nécessite une action déterminée des opérateurs et du régulateur pour simplifier les
procédures et garantir l'accessibilité des dispositifs d'indemnisation. L'amélioration de
ce taux constitue un enjeu majeur de satisfaction des usagers et de respect des droits
des passagers.
L'état des infrastructures ferroviaires constitue un autre sujet de préoccupation
majeur. Bien que l'âge moyen du réseau ait diminué en 2024 grâce aux efforts de
régénération menés par SNCF Réseau, le vieillissement des lignes à grande vitesse
et le sous-investissement chronique par rapport aux pays voisins européens posent
la question de la soutenabilité à moyen terme du système ferroviaire français. Les
investissements réalisés en 2024, bien qu'en légère augmentation, restent insuffisants
au regard des besoins et des ambitions affichées en matière de développement du
transport ferroviaire. Le retard français dans le déploiement des technologies de
modernisation comme l'ERTMS et la commande centralisée du réseau (CCR)
constitue un handicap pour améliorer la capacité et la performance du système.
L'ouverture progressive à la concurrence du marché ferroviaire français offre des
perspectives encourageantes pour l'amélioration de la qualité de service et la maîtrise
des coûts. Les exemples de l'axe Paris-Lyon pour les services librement organisés et
des premiers lots conventionnés attribués après appel d'offres laissent présumer que
la concurrence, lorsqu'elle est bien régulée, pourrait bénéficier aux usagers à travers
une offre plus riche, des prix plus compétitifs et une qualité de service améliorée,
même s?il est probablement un peu trop tôt encore pour conclure définitivement.
Les perspectives d'évolution du système ferroviaire français pour les prochaines
années dépendront de la capacité collective à relever les défis identifiés. Le
financement du renouvellement et de la modernisation des infrastructures constitue
un enjeu crucial qui nécessite une mobilisation de ressources publiques
supplémentaires significatives. L'adaptation de la capacité du système à la croissance
attendue de la demande suppose des investissements massifs en infrastructures et
en matériel roulant, ainsi qu'une coordination renforcée entre les différents acteurs.
L'amélioration de la productivité et de l'efficacité opérationnelle reste un levier
important pour maîtriser les coûts et améliorer la compétitivité du mode ferroviaire.
En définitive, l'année 2024 marque une étape positive dans l'évolution du système
ferroviaire français, mais elle souligne également l'urgence d'une action résolue pour
consolider les acquis et relever les défis structurels. Seule une vision stratégique
partagée par l'ensemble des acteurs, soutenue par des engagements financiers à la
hauteur des enjeux, permettra au système ferroviaire français de jouer pleinement son
rôle dans la transition écologique et de répondre aux attentes croissantes des citoyens
en matière de mobilité durable. Le transport ferroviaire constitue un bien commun
essentiel pour l'aménagement du territoire et la lutte contre le changement climatique,
qui mérite des investissements à la hauteur de ses enjeux stratégiques pour l'avenir
de la France.
Annexe A : Contexte de l?année et faits marquants 2024
A. 1. Évolution du trafic et de la fréquentation
L'année 2024 constitue une année historique pour le transport ferroviaire français
avec l'atteinte d'un nouveau record de fréquentation pour la troisième année
consécutive. Le trafic ferroviaire de voyageurs a progressé de 6 % en 2024, portant la
fréquentation totale à 114 milliards de voyageurs-kilomètres selon les données
publiées par l'Autorité de régulation des transports en juin 2025. Cette performance
exceptionnelle confirme la dynamique de croissance forte et continue depuis la sortie
de la crise sanitaire, le niveau de fréquentation dépassant désormais de 14 % celui
de 2019.
Cette croissance a été particulièrement soutenue pour les trains du quotidien. Les
trains express régionaux et les trains Intercités ont enregistré une progression
remarquable de 11 % de leur fréquentation sur un an, atteignant une hausse cumulée
de 35 % par rapport à 2019. Les trains à grande vitesse ont également connu une
progression de 4% sur un an. L'offre ferroviaire a crû de 7% en 2024 pour atteindre
412 millions de trains-kilomètres, conduisant à des taux d'occupation moyens de 51
% pour l'ensemble des services, atteignant même plus de 75 % pour les trains à
grande vitesse.
A. 2. Absence de mouvements sociaux d'ampleur nationale
L'année 2024 se caractérise par l'absence inédite de mouvements sociaux d'ampleur
nationale sur le réseau ferroviaire, contrastant fortement avec les années
précédentes. Cette situation exceptionnelle, la première depuis sept ans, a permis
une amélioration mécanique significative des indicateurs de disponibilité du service.
En 2023, les mouvements sociaux contre la réforme des retraites, particulièrement
intenses au mois de mars, avaient conduit à la suppression de près d'un cinquième
des circulations ferroviaires sur certaines périodes, affectant plusieurs millions de
voyageurs et contribuant à faire de 2023 l'une des pires années de la décennie en
matière de qualité de service selon l'Autorité de la qualité de service dans les
transports.
A. 3. Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris
Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris, organisés en juillet et août 2024, ont
constitué un événement majeur pour le système de transport ferroviaire. Près de cinq
cent mille spectateurs des Jeux Olympiques ont emprunté quotidiennement les
transports en commun d'Île-de-France selon Île-de-France Mobilités, s'ajoutant aux
millions de voyageurs habituels. La préparation avait suscité de vives inquiétudes
dans les mois précédents, plusieurs lignes de RER présentant des difficultés
importantes. En décembre 2023, Île-de-France Mobilités avait tiré la sonnette d'alarme
concernant trois lignes de RER considérées comme étant en grande difficulté.
Le bilan opérationnel s'est révélé globalement positif. Par exemple, le RER C, souvent
pointé du doigt pour son manque de régularité habituel, a atteint un taux de ponctualité
de 93 % pendant les Jeux Olympiques selon la SNCF, témoignant de l'efficacité des
mesures exceptionnelles mises en place. Pour faire face à la demande exceptionnelle,
les effectifs des centres opérationnels ont été renforcés et l'offre de transport a été
augmentée de quinze pourcent. Un centre de coordination des transports en temps
réel, le TROC, a mobilisé 35 agents nuit et jour pour informer l'ensemble des
voyageurs en cas d'incident.
A. 4. Impact des conditions météorologiques
L'année 2024 a été marquée par des épisodes météorologiques extrêmes ayant
entraîné des perturbations significatives sur le réseau ferroviaire national.
La tempête Floriane, début janvier, avec des rafales comprises entre 90 et 110
kilomètres par heure, a affecté 14 départements placés en vigilance orange et conduit
à des arrêts préventifs sur plusieurs axes majeurs. La tempête Louis, en février, a
particulièrement affecté la Normandie avec des rafales dépassant 100 kilomètres par
heure et provoquant des chutes d'arbres sur les rails.
L'automne a connu plusieurs épisodes particulièrement intenses. La tempête Leslie,
mi-octobre, a conduit à la fermeture de plusieurs lignes au nord et à l'est de Toulouse.
La tempête Caetano, fin novembre, a provoqué d'importantes perturbations dans
l'Ouest et le Centre de la France avec des chutes de neige inhabituelles. La tempête
Darragh, début décembre, a constitué l'un des épisodes les plus perturbateurs avec
sept régions concernées par des interruptions de trafic, une suspension totale des
circulations en Bretagne pendant plus d'une journée et en Normandie jusqu'au
dimanche. Ces interruptions massives, face à des rafales pouvant atteindre 130 à 140
kilomètres par heure, ont affecté plusieurs centaines de milliers de voyageurs.
Annexe bibliographique
Cette annexe présente les sources documentaires ayant servi à l'élaboration du
présent bilan, en précisant pour chacune son apport principal à l'analyse. Les sources
sont classées par catégorie et numérotées pour faciliter leur référencement.
1. Sources de l'Autorité de régulation des transports
1.1. Autorité de régulation des transports (2024). Le marché français du
transport ferroviaire en 2024 - L'Essentiel. Publication disponible sur autorite-
transports.fr
Apport principal : ce document constitue la source primaire et la plus complète pour
l'analyse de la qualité de service ferroviaire en 2024. Il fournit l'ensemble des
indicateurs structurels du transport ferroviaire français, incluant les données de trafic,
de fréquentation, de ponctualité et de régularité pour tous les types de services. Le
rapport présente également des analyses thématiques sur l'état des infrastructures,
les résultats économiques des gestionnaires d'infrastructure et des entreprises
ferroviaires, ainsi qu'un suivi détaillé de l'ouverture à la concurrence. Les données
présentées sont issues d'une collecte systématique auprès de l'ensemble des acteurs
du système ferroviaire français et bénéficient d'un traitement statistique rigoureux par
les services de l'ART.
1.2. Autorité de régulation des transports (2025). Marché français du transport
ferroviaire - Premiers chiffres 2024. Publication de juin 2025
Apport principal : cette publication à mi-année fournit une première synthèse des
performances du système ferroviaire en 2024 avant la parution du rapport complet.
Elle met particulièrement l'accent sur les records de fréquentation atteints et
l'amélioration de la qualité de service. Le document présente également une
actualisation de la comparaison France-Europe des marchés ferroviaires, permettant
de situer les performances françaises dans le contexte européen. Les analyses sur
l'impact de la concurrence, notamment sur l'axe Paris-Lyon et les liaisons France-
Espagne, constituent un apport particulièrement pertinent pour évaluer les effets de
l'ouverture du marché sur la qualité de service.
1.3. Autorité de régulation des transports (2024). Le marché français du
transport ferroviaire en 2023 - L'Essentiel. Publication de décembre 2024
Apport principal : ce document permet d'établir des comparaisons temporelles et
d'identifier les évolutions entre 2023 et 2024. Il fournit notamment des analyses sur la
dégradation de la ponctualité en 2023 liée aux mouvements sociaux, permettant de
mesurer l'ampleur de l'amélioration observée en 2024. Les données sur le
vieillissement des infrastructures et les niveaux d'investissement en 2023 constituent
également des éléments de référence importants pour analyser les tendances de long
terme.
1.4. Autorité de régulation des transports (2024). Le marché français du
transport ferroviaire en 2022 - Rapport complet. Publication de mars 2024
Apport principal : ce rapport complet, le dernier publié à la date de rédaction du présent
bilan, fournit des analyses thématiques approfondies sur les marchés amont et aval
du transport ferroviaire. Les analyses relatives à la maintenance de l'infrastructure
ferroviaire, à l'allocation des capacités ferroviaires et aux causes de la fiabilité et
ponctualité des circulations constituent des éléments de contexte essentiels pour
comprendre les déterminants de la qualité de service. Le rapport intègre également
une analyse détaillée de l'impact de l'inflation sur les résultats économiques des
acteurs du secteur.
2. Sources des gestionnaires d'infrastructure
2.1. SNCF Réseau (2024). Carte nationale des principaux chantiers en 2024.
Publication disponible sur sncf-reseau.com
Apport principal : cette publication cartographique présente les mille six cents
chantiers majeurs programmés en 2024 sur le réseau ferré national. Elle détaille le
programme annuel de travaux incluant 1064 kilomètres de voies renouvelées, 400
kilomètres de caténaires vérifiées ou remplacées et 492 aiguillages remplacés ou
supprimés, pour un montant total de 5,8 milliards d'euros d'investissements. Cette
source permet de documenter précisément les efforts de régénération du réseau et
d'identifier les priorités géographiques et techniques des investissements
d'infrastructure.
2.2. SNCF (2024). Investir dans le ferroviaire : une urgence pour les Français et
les territoires. Contribution à la conférence Ambition France Transports.
Publication disponible sur groupe-sncf.com
Apport principal : ce document de plaidoyer du groupe SNCF alerte sur les besoins
d'investissements massifs dans les infrastructures ferroviaires et propose plusieurs
pistes de financement. Il fournit des données précises sur le vieillissement du réseau,
avec un âge moyen de trente ans pour les voies et la concentration de 90 % du trafic
sur 17000 kilomètres de réseau structurant. Les engagements financiers du groupe
SNCF, incluant 14 milliards d'euros d'investissements entre 2024 et 2027 et une
contribution supplémentaire de 500 millions d'euros par an à partir de 2028,
constituent des éléments factuels importants pour évaluer les perspectives de
financement du système ferroviaire.
2.3. Île-de-France Mobilités (2024). Ponctualité des lignes et axes RATP et SNCF
- Résultats du mois d'août 2024. Rapport mensuel disponible sur iledefrance-
mobilites.fr
Apport principal : ce rapport mensuel fournit des données détaillées sur la ponctualité
des lignes de transport ferroviaire francilien, permettant d'identifier les performances
spécifiques de chaque ligne et leur évolution dans le temps. Les résultats d'août 2024
montrent une progression importante de la ponctualité sur l'ensemble du réseau, avec
des améliorations particulièrement marquées durant la période des Jeux Olympiques
et Paralympiques. Les données par ligne et par tronçon permettent une analyse fine
des disparités de performance au sein du réseau francilien.
3. Sources des autres autorités publiques et organismes officiels
3.1. Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
(2024). Contrat de filière ferroviaire 2024-2027. Publication du Comité
stratégique de la filière ferroviaire
Apport principal : ce document stratégique définit les orientations de la politique
industrielle ferroviaire française pour la période 2024-2027. Il présente les objectifs de
modernisation du réseau et des infrastructures, incluant l'intégration des avancées
technologiques indispensables comme les systèmes de signalisation ERTMS,
d'automatisation et de gestion du trafic. Les engagements en matière d'écoconception
et d'adaptation au changement climatique constituent également des apports
pertinents pour comprendre les enjeux futurs du système ferroviaire.
3.2. Agence de financement des infrastructures de transport de France (2024).
Transport ferroviaire. Bilan des interventions de l'AFITF. Publication disponible
sur afit-france.fr
Apport principal : cette source documente le rôle de l'AFITF dans le financement des
infrastructures ferroviaires françaises. Entre 2005 et 2024, l'Agence a engagé vingt-
six virgule huit milliards d'euros en faveur du ferroviaire, représentant quarante-trois
pourcent de ses engagements totaux. Le document détaille les principaux projets
financés, incluant les lignes à grande vitesse, les Services Express Régionaux
Métropolitains et les infrastructures dédiées au fret ferroviaire. Cette source permet
de mesurer l'effort public d'investissement dans les infrastructures ferroviaires et
d'identifier les priorités de financement.
3.3. Sénat (2022). Situation de la SNCF et ses perspectives. Rapport
d'information. Publication disponible sur senat.fr
Apport principal : ce rapport parlementaire fournit une analyse critique de l'état du
système ferroviaire français et de ses perspectives d'évolution. Les comparaisons de
productivité entre SNCF Réseau et ses homologues européens, montrant qu'en
France la circulation d'un train requiert 3 fois plus d'agents et 1,7 fois plus de capitaux
qu'en moyenne européenne, constituent des éléments factuels importants pour
comprendre les enjeux d'efficacité opérationnelle. Le rapport souligne également le
décalage entre les trajectoires d'investissements prévues et les engagements
environnementaux de la France.
3.4. Région Hauts-de-France (2024). Réseau ferroviaire Hauts-de-France : bilan
des travaux 2024 et perspectives pour 2025. Conférence de presse du 5
décembre 2024
Apport principal : cette source régionale illustre les efforts déployés par une autorité
organisatrice pour améliorer la qualité de service ferroviaire sur son territoire. Elle
présente les principaux chantiers menés en 2024 et les projets prévus pour 2025,
incluant la réouverture de la ligne Douai-Cambrai et les travaux sur l'axe Laon-Hirson.
Les déclarations du vice-président en charge des mobilités confirmant que 2024
représente l'année du retour à un service ferroviaire de qualité témoignent des
difficultés rencontrées les années précédentes et de la volonté de redressement.
4. Sources diverses sectorielles et de presse
4.1. Banque des Territoires (2025). Nouveau record de fréquentation des trains
en France en 2024, selon un bilan de l'ART. Article du 19 juin 2025. Publication
Localtis disponible sur banquedesterritoires.fr
Apport principal : cet article de synthèse reprend les principaux enseignements du
bilan 2024 de l'ART en mettant l'accent sur les aspects territoriaux et les enjeux pour
les collectivités locales. Il souligne particulièrement la dynamique des trains du
quotidien et les effets du Pass Rail sur la fréquentation estivale. L'analyse des
disparités régionales et l'évocation des premiers résultats de l'ouverture à la
concurrence des services conventionnés constituent des apports complémentaires
pertinents.
4.2. Le Rail (2025). La forte dynamique de la demande ferroviaire s'est poursuivie
en 2024. Article du 20 juin 2025. Publication disponible sur lerail.com
Apport principal : cette publication spécialisée dans l'actualité ferroviaire propose une
analyse technique des résultats 2024, en insistant sur les comparaisons européennes
et les effets de la concurrence. L'article souligne notamment les différences de niveau
de péages entre la France et ses voisins européens, la France percevant vingt-huit
pourcent des péages européens pour seulement douze pourcent du réseau. Ces
éléments éclairent les débats sur le modèle de financement du système ferroviaire
français.
4.3. Déplacements Pros (2025). Une ponctualité en hausse dans les transports
franciliens en 2024. Article du 6 mars 2025. Publication disponible sur
deplacementspros.com
Apport principal : cet article spécialisé dans les mobilités professionnelles détaille les
performances de ponctualité du réseau francilien en 2024. Il présente les résultats
ligne par ligne, permettant d'identifier les lignes les plus performantes comme le RER
A et la ligne H du Transilien, ainsi que les lignes nécessitant encore des améliorations
comme le RER B. L'annonce d'un dispositif de dédommagement pour cinq axes
ferroviaires dont la ponctualité a été inférieure à 80 % durant 3 mois constitue une
information factuelle importante sur les mécanismes de garantie de qualité.
4.4. Ville Rail et Transports (2025). La ponctualité a globalement progressé sur
les réseaux ferrés franciliens. Article du 12 mars 2025. Publication disponible
sur ville-rail-transports.com
Apport principal : cette publication professionnelle du secteur ferroviaire apporte des
précisions sur les investissements réalisés pour améliorer la ponctualité, incluant le
prolongement des lignes de métro 14 et 11 avec du matériel roulant neuf. L'article
souligne que malgré les progrès, certaines lignes comme le T12 ont connu un
démarrage difficile avec une ponctualité qui n'a pas été à la hauteur des attentes,
illustrant les défis persistants de mise en service de nouvelles infrastructures.
4.5. Raildusud (2024). Investissements dans le réseau ferroviaire par habitant :
la France reste bonne dernière. Article du 6 août 2024. Publication disponible
sur raildusud.canalblog.com
Apport principal : cet observatoire ferroviaire régional reprend les statistiques de
l'association allemande Allianz Pro Schiene montrant que la France arrive en dernière
position sur quatorze pays européens étudiés pour le montant d'investissements dans
le réseau ferré par habitant. Avec 51 euros par habitant contre 115 euros en
Allemagne, 92 euros en Italie et 70 euros en Espagne, ces données quantifient
précisément le retard français en matière d'investissements ferroviaires. L'analyse
souligne également les effets de la configuration en étoile du réseau français autour
de Paris.
4.6. Maire Info (2024). Infrastructures ferroviaires : le plaidoyer de la SNCF pour
des investissements massifs. Article disponible sur maire-info.com
Apport principal : cet article destiné aux élus locaux présente de manière synthétique
les propositions de la SNCF pour le financement des infrastructures ferroviaires dans
le cadre de la conférence Ambition France Transports. Il détaille les trois pistes de
financement envisagées, l'affectation d'une partie des recettes du système d'échange
de quotas d'émission, le fléchage de recettes de péages autoroutiers et l'intégration
du ferroviaire au dispositif des certificats d'économies d'énergie. Ces propositions
constituent des éléments concrets du débat public sur le financement du système
ferroviaire.
5. Sources de données ouvertes
5.1. SNCF Open Data. Régularité mensuelle TGV globale. Base de données
disponible sur ressources.data.sncf.com
Apport principal : cette base de données en accès libre fournit des séries temporelles
détaillées sur la régularité des trains à grande vitesse. Elle permet de calculer les taux
de ponctualité selon différents seuils de retard en fonction de la durée du trajet,
conformément aux normes européennes. Les données sont mises à jour
mensuellement et permettent des analyses fines par axe géographique et par liaison.
Cette source constitue un outil précieux pour le suivi objectif et transparent des
performances de ponctualité des services à grande vitesse.
5.2. Autorité de régulation des transports. Tableaux de bord digitalisés sur le
marché français du transport ferroviaire de voyageurs et de fret. Application
web interactive disponible sur autorite-transports.fr
Apport principal : cette plateforme de visualisation interactive permet d'explorer
l'ensemble des données collectées par l'ART sur le marché ferroviaire français. Elle
offre des fonctionnalités de filtrage par période, par type de service et par région,
facilitant les analyses comparatives. Les graphiques dynamiques et les exports de
données au format ouvert contribuent à la transparence et à l'accessibilité de
l'information sur le secteur ferroviaire. Cette source constitue un complément
indispensable aux rapports d'analyse pour approfondir certaines dimensions
spécifiques de la qualité de service.
6. Sources sur les événements météorologiques
6.1. France Bleu (2024). Tempête Louis : des trains annulés en Seine-Maritime
et dans l'Eure. 23 février 2024. Site francebleu.fr
Apport : relate les conséquences de la tempête Louis en février avec des rafales
dépassant 100 km/h en Normandie. Données précises sur les suppressions : 5 trains
sur 20 au départ de Rouen Rive droite entre 7h et 10h, affectant les liaisons vers Lille,
Dieppe, Paris et Le Havre. Quantifie l'impact concret sur la disponibilité aux heures de
pointe.
6.2. France Bleu (2024). Tempête Leslie : plusieurs lignes SNCF coupées au nord
et à l'est de Toulouse. 17 octobre 2024. Site francebleu.fr
Apport : détaille les perturbations d'octobre avec fermeture préventive de plusieurs
lignes au nord et à l'est de Toulouse pour toute la journée du 17 octobre. Précise
l'absence de substitution routière et les départements en vigilance orange pluie-
inondation (Lot, Tarn, Aveyron). Illustre les décisions radicales face aux prévisions
extrêmes.
6.3. France Bleu (2024). Tempête Darragh : trains supprimés et trafic perturbé,
sept régions concernées. 7 décembre 2024. Site francebleu.fr
Apport : relate l'épisode le plus perturbateur de 2024 avec interruption totale en
Bretagne du 7 décembre 5h au 8 décembre 12h, en Normandie jusqu'au dimanche,
et dans les Hauts-de-France sur de nombreux axes. Rafales annoncées jusqu'à 130-
140 km/h sur les caps exposés. Permet de quantifier l'impact des événements
extrêmes à l'échelle d'une large partie du territoire.
6.4. Meteo Paris (2024). Bilan de la tempête Darragh en France et en Europe. 9
décembre 2024. Site meteo-paris.com
Apport : analyse technique de la tempête Darragh avec données précises sur les
rafales dépassant 110-120 km/h près des littoraux, parfois 130-140 km/h sur les caps.
Présente les impacts en termes de coupures d'électricité (35.000 foyers en Bretagne,
16.000 en Normandie). Photos de l'océan déchaîné et de chutes d'arbres justifiant les
interruptions massives de circulation.
7. Sources sur les transports pendant les Jeux Olympiques et
Paralympiques de 2024
7.1. France Bleu (2024). JO Paris 2024 : sur le RER C, tout roule pendant les Jeux
selon la SNCF. 7 août 2024. Site francebleu.fr
Apport : documente la performance exceptionnelle du RER C pendant les JO avec
93% de ponctualité, contrastant avec ses performances habituelles. Détaille les
mesures exceptionnelles : renforcement des effectifs avec agents mobilisés de 6h30
à 1h du matin. Données sur les 500.000 spectateurs quotidiens empruntant les
transports franciliens et les 12 sites olympiques desservis par le RER C.
7.2. France Info (2023). Île-de-France : les métros et les RER en souffrance à huit
mois des Jeux olympiques. 5 décembre 2023. Site franceinfo.fr
Apport : documente les inquiétudes pré-olympiques avec trois lignes de RER en
grande difficulté en octobre 2023, ponctualité du RER C de seulement 84% au
printemps 2024. Mentionne l'indisponibilité des conducteurs et les difficultés de
recrutement. Permet de mesurer le chemin parcouru entre les inquiétudes et les
performances effectives pendant les Jeux.
7.3. Wikipédia (2025). Transports durant les Jeux olympiques et paralympiques
d'été de 2024. Article actualisé avril 2025. Site fr.wikipedia.org
Apport : synthèse complète de l'organisation des transports pendant les JO avec
augmentation de l'offre de 15%, renforcement de 40.000 agents (conducteurs,
mainteneurs, agents d'accueil), création du centre TROC de coordination en temps
réel. Détaille les difficultés préalables avec ponctualité du RER C de 84% au printemps
2024 et manque de conducteurs à la SNCF malgré reprise des formations.
8. Sources sur les mouvements sociaux
8.1. Wikipédia (2024). Liste des grèves à la SNCF. Article actualisé décembre
2024. Site fr.wikipedia.org
Apport : chronologie détaillée des mouvements sociaux SNCF permettant de
confirmer l'absence de grèves nationales d'ampleur en 2024, première fois depuis 7
ans. Documente les grèves localisées de février 2024 (contrôleurs, environ 1 train sur
2 assuré, 150.000 usagers affectés) et le préavis de grève reconductible à partir du
11 décembre. Permet de contextualiser l'amélioration de la qualité de service par
l'absence de perturbations sociales majeures.
8.2. Brut Media (2024). Train et avion : des grèves annoncées pour cette fin
d'année. 10 novembre 2024. Site brut.media
Apport : annonce les préavis de grève de fin 2024 avec grève du 20-22 novembre puis
reconductible à partir du 11 décembre. Explique les revendications : moratoire sur le
démantèlement de l?ex Fret SNCF et contestation des modalités d'ouverture à la
concurrence. Rappelle les précédents de février 2024 (150.000 personnes sur le
carreau) et Noël 2022 (centaines de TGV supprimés).
AQST
Partie B
Bilan de qualité de service des
transports aériens de voyageurs en
France
Année 2024
1. Synthèse
L'année 2024 a été marquée par la poursuite de la reprise du trafic aérien français
avec 177 millions de passagers transportés, soit 97 % du niveau de 2019. Cette
dynamique de croissance de 4 % par rapport à 2023 s'est accompagnée d'évolutions
contrastées en matière de qualité de service.
La ponctualité du transport aérien s'est légèrement améliorée sans retrouver ses
niveaux d'avant crise sanitaire.
30 % des vols ont été affectés par un retard de plus de 15 minutes en 2024, soit 6
points de pourcentage de plus qu'en 2019.
Les causes principales de ces retards demeurent largement imputables aux
compagnies aériennes, aux conditions de trafic aérien et aux facteurs externes tels
que les conditions météorologiques.
La satisfaction globale des passagers dans les aéroports français régulés reste
inférieure à la moyenne européenne.
Le score moyen de satisfaction ASQ s'établit à 3,77 pour l'année 2024, en deçà de la
moyenne européenne de 4,08.
Les aéroports accueillant une part importante de compagnies à bas coûts obtiennent
des scores particulièrement faibles avec une moyenne de 3,58.
L'année 2024 a également été marquée par plusieurs mouvements sociaux dans le
secteur aérien, notamment des grèves de contrôleurs aériens aux mois d'avril et de
décembre, ainsi que des conditions météorologiques parfois difficiles ayant impacté
les opérations aériennes.
2. Trafic aérien et contexte opérationnel
2.1. Évolution du trafic passagers
Le trafic aérien de voyageurs dans les aéroports du périmètre de régulation de
l'Autorité de régulation des transports a connu une hausse annuelle de 4 % en 2024,
atteignant en moyenne 97 % du niveau d'activité antérieur à la pandémie de 2019.
Avec 177 millions de passagers transportés, le secteur poursuit sa trajectoire de
reprise amorcée en 2023.
Les faisceaux géographiques de dessertes internationales ont poursuivi leur
progression et apporté plus de 8 points de croissance du trafic sur les aéroports de
Paris-Beauvais, Bâle-Mulhouse, Lyon Saint-Exupéry et Nantes-Atlantique. Les
liaisons internationales ont excédé de 3,5 % leur niveau de 2019, avec des hausses
particulièrement marquées vers l'Amérique du Nord avec 9 % de croissance et
l'Afrique avec 24 % de croissance.
À l'inverse, les faisceaux domestiques ont de nouveau chuté, atteignant un niveau
diminué de près de 25 % par rapport à celui de 2019. Le trafic intérieur s'élève à 27,4
millions de passagers, soit seulement 80,3 % du niveau de 2019. Les liaisons radiales
entre Paris et les aéroports de province sont particulièrement touchées avec une perte
de près de 30 % de leurs passagers.
Cette dynamique illustre une restructuration durable du marché du transport aérien
français, avec un report des voyages domestiques vers d'autres modes de transport
et une internationalisation croissante des flux.
2.2. Structure du marché et compagnies aériennes
La croissance du trafic en nombre de passagers a été portée en 2024 essentiellement
par les compagnies à bas coûts. Quatre opérateurs seulement, Ryanair, easyJet,
Volotea et Wizz Air, ont contribué à hauteur de 50 % à la croissance de l'offre aérienne
sur les aéroports régulés.
Le trafic à bas coûts a ainsi augmenté de 2 points de pourcentage sa part de marché
dans les aéroports du périmètre de régulation, représentant 62 % des passagers
transportés en dehors de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle. Cette progression s'est
effectuée au détriment du pavillon français dont la part de marché globale a diminué
de 12 points de pourcentage entre 2012 et 2024 pour atteindre 38 %.
Dans chacun des aéroports du périmètre de régulation, les trois compagnies qui
apportent le plus de trafic représentent plus de la moitié de l'offre aérienne. Cette
concentration soulève des enjeux de dépendance des aéroports vis-à-vis de leurs
principaux clients, comme l'a illustré le départ de Ryanair de l'aéroport de Bordeaux-
Mérignac en novembre 2024, entraînant une baisse de trafic attendue de 15 % en
2025.
2.3. Événements de contexte de 2024
2.3.1. Mouvements sociaux
L'année 2024 a été marquée par plusieurs mouvements de grève ayant impacté le
trafic aérien français. La grève la plus significative s'est produite le 25 avril 2024,
qualifiée de journée noire pour les aéroports français par la presse nationale.
Bien qu'un accord ait été trouvé in extremis avec le syndicat majoritaire (SNCTA), les
autres syndicats de contrôleurs aériens ont maintenu leur préavis de grève, entraînant
des suppressions massives de vols. Trois vols sur quatre ont été supprimés au départ
et à l'arrivée de Paris-Orly, un vol sur deux à Paris-Charles de Gaulle et deux vols sur
trois à Marseille et Nice. Plus de 2000 vols en Europe ont été supprimés et 1000 ont
dû se dérouter pour éviter l'espace aérien français.
D'autres mouvements sociaux ont également perturbé le trafic en 2024, notamment
une grève nationale le 5 décembre touchant l'ensemble de la fonction publique. La
Direction Générale de l'Aviation Civile a dû demander aux compagnies aériennes de
réduire leurs programmes de vols, avec des réductions de 10 % à Paris-Charles de
Gaulle entre 6 heures et 12 heures et de 25 % à Paris-Orly à partir de 18 heures.
Selon Eurocontrol, malgré ces perturbations, le nombre de jours de disruptions dues
aux actions syndicales en 2024 a été inférieur de 72 % par rapport à 2023, année
particulièrement touchée par les grèves, et de 25 % par rapport à 2019.
2.3.2. Conditions météorologiques
L'année 2024 a été caractérisée par de nombreux épisodes météorologiques
extrêmes ayant affecté les opérations aériennes. Selon les données de Météorage,
plus de 410000 impacts de foudre de type nuage-sol ont été détectés, plaçant l'année
dans les normales climatiques.
L'activité orageuse a été particulièrement marquée durant l'été 2024, avec un pic en
juillet où la barre des 100000 éclairs nuage-sol a été franchie. La journée du 29 juin
2024 a constitué le pic d'activité de l'été avec plus de 53000 éclairs détectés,
principalement le long d'un axe Sud-Ouest vers Nord-Est. Cette journée a notamment
provoqué des perturbations significatives dans les opérations aériennes.
Selon Eurocontrol, les retards liés aux conditions météorologiques ont atteint des
niveaux records en 2024, avec une augmentation de 50 % du nombre de jours affectés
par rapport à 2023 et de 80 % par rapport à 2019. Les conditions météorologiques
« convectives » durant l'été ont été le principal facteur de détérioration de la
ponctualité dans le ciel européen.
D'autres phénomènes météorologiques ont marqué l'année 2024. La tempête Nelson
a frappé les régions du Nord-Ouest le 28 mars avec des rafales atteignant 183
kilomètres par heure à la Pointe du Raz. Fin novembre, une tempête a provoqué des
vents violents jusqu'à 197 kilomètres par heure à Iraty dans les Pyrénées-Atlantiques
et 143 kilomètres par heure à Saint-Chamond dans la Loire.
Ces épisodes météorologiques exceptionnels ont contribué de manière significative
aux retards et annulations de vols tout au long de l'année, particulièrement durant les
périodes estivales et hivernales.
3. Ponctualité et régularité
3.1. Performance globale de ponctualité
La ponctualité de l'offre aérienne s'est légèrement améliorée en 2024 sans retrouver
ses niveaux de 2019. Selon les données de l'Autorité de régulation des transports, 30
% des vols ont été affectés en 2024 par un retard de plus de 15 minutes, soit 6 points
de pourcentage de plus qu'en 2019 où ce taux s'établissait à 24 %.
Cette dégradation par rapport à la période d?avant la crise sanitaire affecte l'ensemble
des grands aéroports français. L'aéroport de Toulouse-Blagnac présente la meilleure
performance avec un taux de retard de 23,2 %. À l'opposé, Paris-Beauvais enregistre
le taux le plus élevé avec 29,1 % de vols retardés, soit une dégradation de 12 points
de pourcentage par rapport à 2019.
Près d'un vol retardé sur cinq a subi un retard de plus d'une heure. Cette proportion
atteint même un vol sur quatre aux aéroports de Lyon Saint-Exupéry et Marseille-
Provence, indiquant une concentration de retards importants sur certaines
plateformes.
Selon Eurocontrol, le retard moyen par vol toutes causes confondues (dans la zone
de compétence Eurocontrol) s'est établi à 17,5 minutes en 2024, en légère diminution
par rapport aux 17,6 minutes de 2023. Toutefois, la ponctualité à l'arrivée s'est
améliorée avec 72,4 % des vols arrivant dans les 15 minutes suivant leur horaire
prévu, contre 65 % durant l'été 2023.
3.2. Causes des retards
L'analyse des causes de retards révèle que 90 % environ des retards de vols dont la
cause a été renseignée à l'arrivée sont liés aux compagnies aériennes, aux conditions
de trafic aérien ou à des causes externes, notamment météorologiques. Les causes
aéroportuaires ne représentent donc que 10 % environ des retards.
Selon les données Eurocontrol, les retards en cascade, constituent la première cause
(dans la zone de compétence Eurocontrol), avec 46 % des minutes de retard, se
traduisant par 8,0 minutes par vol en moyenne. Ces retards résultent de l'effet
« domino » où un premier retard entraîne des répercussions sur les vols suivants.
Les causes liées aux compagnies aériennes, incluant la gestion au sol,
l'embarquement des passagers et les problèmes de personnel, se placent en
deuxième position avec 4,3 minutes de retard par vol.
Les retards en route liés à la gestion du trafic aérien ont connu une augmentation
significative en 2024, passant à 2,3 minutes par vol contre 1,9 minute en 2023. Durant
le mois de juillet 2024, ces retards ont atteint un niveau record de 5,7 minutes par vol,
en hausse de 73 % par rapport à juillet 2023.
3.3. Performance du contrôle aérien en Europe
Les retards en route liés à la gestion du flux de trafic aérien ont atteint 2,1 minutes par
vol en 2024 au niveau européen, constituant la pire performance depuis 23 ans selon
Eurocontrol. Ce niveau surpasse même le pic de 2,0 minutes par vol observé en 2010,
année marquée par la crise du volcan islandais Eyjafjallajökull.
La France a contribué à hauteur de 21 % de l'ensemble des retards en route au niveau
européen, principalement en raison de problèmes de capacité et de personnel, ainsi
que des conditions météorologiques et de certaines perturbations incluant des
mouvements de grève. L'Allemagne a également représenté 18 % des retards en
route, affectée par des problèmes structurels de capacité dus à un manque de
personnel, particulièrement dans le centre de contrôle de Karlsruhe.
Durant l'été 2024, les retards en route ont atteint 4,6 minutes par vol, en hausse de
52 % par rapport à l'été 2023, constituant la deuxième pire performance estivale
jamais enregistrée.
Cette détérioration résulterait selon Eurocontrol d'une combinaison de facteurs
incluant un manque structurel de capacité chez certains prestataires de services de
navigation aérienne, une croissance du trafic plus élevée que prévue dans certaines
zones, des conditions météorologiques convectives fréquentes et un volume
important de vols ne respectant pas leur plan de vol initial.
4. Expérience passagers et satisfaction
4.1. Satisfaction globale des passagers
Le programme dit d'« expérience passager » ASQ de l'ACI, principal programme
d'évaluation de la qualité de service dans les aéroports, révèle que les aéroports
français régulés continuent de se classer en dessous de la moyenne des aéroports
européens.
Les dix principaux aéroports français ont obtenu une moyenne du score de satisfaction
globale de 3,77 pour l'ensemble des quatre trimestres de l'année 2024, sur une
échelle de 1 à 5. Cette performance s'établit à un niveau inférieur à celle des 119
aéroports européens participant au programme dont la moyenne s'élève à 4,08.
Au quatrième trimestre 2024, les scores particuliers des aéroports français
s'échelonnent de 3,45 à 4,05. Seuls deux aéroports relevant du champ de compétence
de l'Autorité de régulation des transports (ART) obtiennent un score au-dessus de
4,00, tout en restant en dessous de la moyenne européenne.
L'Autorité de régulation des transports (ART) a identifié un panel d'aéroports
caractérisé par une part significative de trafic de compagnies à bas coûts, incluant les
terminaux dédiés ou les aéroports présentant un trafic important, supérieur à 70 %,
de ces compagnies. Ces infrastructures obtiennent des scores de satisfaction globale
particulièrement faibles avec une moyenne de 3,58 en 2024, nettement en dessous
de la moyenne européenne.
4.2. Transparence sur les indicateurs de qualité
L'Autorité de régulation des transports a recensé les indicateurs de qualité de service
communiqués aux compagnies aériennes et à leurs représentants dans le cadre des
consultations annuelles. Il ressort de cette analyse que le niveau de transparence
offert par les exploitants d'aéroports en matière d'indicateurs de qualité de service
demeure très variable.
Les aéroports de Paris, Nice-Côte d'Azur et Lyon Saint-Exupéry affichent les niveaux
de transparence les plus élevés à l'égard des usagers. À l'inverse, les aéroports de
Bordeaux-Mérignac, Nantes-Atlantique et Marseille-Provence affichent des degrés de
transparence parmi les plus faibles.
La totalité des aéroports régulés communiquent les scores ASQ de satisfaction
globale des passagers. 5 exploitants d'aéroports sur 8 communiquent les temps
d'attente aux postes d'inspection filtrage. Seuls deux aéroports, Nice-Côte d'Azur et
Lyon Saint-Exupéry, communiquent le taux d'avions au contact.
Ces pratiques hétérogènes témoignent de l'absence de standardisation dans la
communication des indicateurs de performance et de qualité de service au sein du
secteur aéroportuaire français.
4.3. Assistance aux personnes handicapées et à mobilité
réduite
Le nombre d'interventions d'assistance aux personnes handicapées et à mobilité
réduite est en hausse au cours des dernières années. Cette croissance s'explique
d'une part par la hausse liée à la croissance du trafic passagers et d'autre part par
une plus forte propension des personnes à mobilité réduite à voyager.
Le taux de prise en charge des personnes handicapées et à mobilité réduite a
augmenté de 24 % entre 2022 et 2024 en moyenne sur l'ensemble des aéroports
régulés. Des disparités importantes existent entre plateformes, les aéroports parisiens
de Charles de Gaulle et d'Orly ainsi que l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry présentant
les taux de prise en charge les plus élevés.
Depuis 2022, le coût de l'assistance par passager est en hausse pour la plupart des
aéroports régulés avec une augmentation moyenne de 12 % entre 2022 et 2024. Cette
hausse résulte d'un taux de prise en charge en augmentation nécessitant plus
d'opérations d'assistance ainsi que d'une hausse du coût unitaire de l'assistance
déléguée à un prestataire.
Une majorité d'exploitants aéroportuaires procède à des hausses tarifaires de la
redevance dédiée au financement de cette assistance depuis 2021. Le tarif moyen de
cette redevance a augmenté de 7,8 % sur l'ensemble des aéroports régulés depuis
2021.
5. Perspectives et recommandations
5.1. Tendances pour 2025 et au-delà
À mi-année 2025, le trafic aérien cumulé pour les aéroports français affiche une
dynamique de croissance annuelle de 3,3 % en nombre de passagers, marquant ainsi
un dépassement à hauteur de 1,5 % du niveau observé en 2019.
Les dynamiques de trafic estimées par Eurocontrol sur le périmètre français et
européen ont été révisées à la hausse.
Pour 2026 et 2027, Eurocontrol prévoit pour la France une croissance annuelle du
nombre de mouvements aériens de respectivement 2,7 % et 1,8 % en scénarii
médians. Cette dynamique pourrait être affectée à la baisse par divers facteurs jouant
sur l'offre et la demande de transport aérien, notamment la hausse des prix du
transport aérien, les stratégies de positionnement des compagnies aériennes, les
retards de livraisons d'avions et les mouvements sociaux.
5.2. Enjeux de qualité de service
L'amélioration de la ponctualité constitue un enjeu majeur pour le secteur du transport
aérien français. Eurocontrol souligne la nécessité d'améliorer la conception de
l'espace aérien et d'accélérer la modernisation technologique pour faire face au
manque structurel de capacité, dû en grande partie à la pénurie de contrôleurs
aériens.
Les aéroports français doivent également poursuivre leurs efforts pour améliorer
l'expérience passagers et la satisfaction globale. Les investissements en cours de
déploiement visent notamment à moderniser les infrastructures dédiées aux
compagnies à bas coûts et à amorcer un rattrapage par rapport aux standards
minimaux internationaux.
Le vieillissement de l'outil industriel aéroportuaire constitue également un défi à
relever. Bien que les investissements aient progressé de 8 % en 2024, atteignant 1,1
milliard d'euros, leur niveau ne suffit pas à enrayer le vieillissement des infrastructures
aéroportuaires, particulièrement marqué pour les aéroports de Nantes-Atlantique et
Lyon Saint-Exupéry.
La standardisation de la communication des indicateurs de qualité de service aux
usagers et aux compagnies aériennes permettrait une meilleure comparabilité entre
aéroports et une transparence accrue vis-à-vis des passagers.
Annexe bibliographique
1. Sources institutionnelles françaises
1.1. Autorité de régulation des transports
Autorité de régulation des transports, Suivi économique et financier des aéroports,
Bilan 2024, décembre 2025
URL : https://www.autorite-transports.fr/wp-content/uploads/2025/12/2025-12-08-
mission-de-suivi-economique-et-financier-bilan-2024-college-du-18-novembre-
2025-vmaquette4-002.pdf
Données utilisées : trafic passagers 2024, ponctualité des vols, satisfaction ASQ,
assistance PHMR, indicateurs de qualité de service par aéroport.
1.2. Direction Générale de l'Aviation Civile
Direction Générale de l'Aviation Civile, Bulletin Statistique du trafic aérien
commercial, année 2024
Disponible sur : https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/statistiques-du-
trafic-aerien
Direction Générale de l'Aviation Civile, TendanCiel, indicateur mensuel du trafic
aérien commercial, année 2024 : numéros 125 à 136
Données utilisées : évolution mensuelle du trafic, répartition par faisceaux
géographiques, comparaisons avec 2019 et 2023.
1.3. Direction du Transport Aérien
Direction du Transport Aérien, Croissance en demi-teinte du transport aérien au
troisième trimestre 2024 : impact des JO et tensions au Proche-Orient, Note de
conjoncture trimestrielle T3-2024, 1,2 Mo.
URL :
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/dta_note_conjoncture_t
rimestrielle_trafic_aerien_t3_2024.pdf
Données utilisées : impact des Jeux Olympiques, évolution des compagnies low
cost, analyse des prix.
Direction du Transport Aérien, Analyses du transport aérien, Offre de sièges pour
le programme IATA hiver 2025-2026, écl[AIR]ages numéro 29, novembre 2025.
Disponible sur : https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/analyses-du-
transport-aerien
1.4. Cour des Comptes
Cour des Comptes, Note d'exécution budgétaire 2024, Contrôle et exploitation
aériens, Finances et comptes publics, Analyse de l'exécution budgétaire 2024,
avril 2025.
URL : https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-04/NEB-2024-Controle-
exploitation-aeriens.pdf
https://www.autorite-transports.fr/wp-content/uploads/2025/12/2025-12-08-mission-de-suivi-economique-et-financier-bilan-2024-college-du-18-novembre-2025-vmaquette4-002.pdf
https://www.autorite-transports.fr/wp-content/uploads/2025/12/2025-12-08-mission-de-suivi-economique-et-financier-bilan-2024-college-du-18-novembre-2025-vmaquette4-002.pdf
https://www.autorite-transports.fr/wp-content/uploads/2025/12/2025-12-08-mission-de-suivi-economique-et-financier-bilan-2024-college-du-18-novembre-2025-vmaquette4-002.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/statistiques-du-trafic-aerien
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/statistiques-du-trafic-aerien
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/dta_note_conjoncture_trimestrielle_trafic_aerien_t3_2024.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/dta_note_conjoncture_trimestrielle_trafic_aerien_t3_2024.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/analyses-du-transport-aerien
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/analyses-du-transport-aerien
https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-04/NEB-2024-Controle-exploitation-aeriens.pdf
https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2025-04/NEB-2024-Controle-exploitation-aeriens.pdf
Données utilisées : objectifs de ponctualité, performance de la DGAC, indicateurs
opérationnels.
2. Sources européennes et internationales
2.1. Eurocontrol
Eurocontrol, European Aviation Overview 2024, 23 janvier 2025.
URL : https://www.eurocontrol.int/sites/default/files/2025-01/eurocontrol-
european-aviation-overview-20250123-2024-review.pdf
Données utilisées : retards en route ATFM, contribution de la France aux retards
européens, problèmes de capacité et de personnel, grèves.
Eurocontrol, Performance Review Report 2024, Performance Review
Commission, mars 2025.
URL : https://www.eurocontrol.int/sites/default/files/2025-03/eurocontrol-
performance-review-report-2024.pdf
Disponible également sur : https://www.eurocontrol.int/publication/performance-
review-report-prr-2024
Données utilisées : performance globale ATM européen, sécurité, capacité,
environnement, efficacité des coûts.
Eurocontrol, All-Causes Delays to Air Transport in Europe Annual 2024, CODA
Digest, 2025.
URL : https://www.eurocontrol.int/publication/all-causes-delays-air-transport-
europe-annual-2024
Données utilisées : retard moyen par vol 17,5 minutes, retards réactionnaires 46
%, retards compagnies 4,3 minutes par vol, ponctualité à l'arrivée 72,4 %.
Eurocontrol, Network Operations Report 2024, Final report, Edition V1.0, mai 2025.
URL : https://www.eurocontrol.int/sites/default/files/2025-05/eurocontrol-annual-
network-operations-report-2024.pdf
Données utilisées : performance réseau, événements planifiés en route,
disruptions, analyse par ACC.
Eurocontrol, Summer 2024 Performance, 2024.
URL : https://www.eurocontrol.int/publication/summer-2024-performance
Données utilisées : retards en route 4,6 minutes par vol en été 2024, hausse de
52 % par rapport à 2023, ponctualité estivale.
3. Sources météorologiques
Météorage, Orages et foudre en France 2024, Bilan annuel de foudroiement, avril
2025.
https://www.eurocontrol.int/sites/default/files/2025-01/eurocontrol-european-aviation-overview-20250123-2024-review.pdf
https://www.eurocontrol.int/sites/default/files/2025-01/eurocontrol-european-aviation-overview-20250123-2024-review.pdf
https://www.eurocontrol.int/sites/default/files/2025-03/eurocontrol-performance-review-report-2024.pdf
https://www.eurocontrol.int/sites/default/files/2025-03/eurocontrol-performance-review-report-2024.pdf
https://www.eurocontrol.int/publication/performance-review-report-prr-2024
https://www.eurocontrol.int/publication/performance-review-report-prr-2024
https://www.eurocontrol.int/publication/all-causes-delays-air-transport-europe-annual-2024
https://www.eurocontrol.int/publication/all-causes-delays-air-transport-europe-annual-2024
https://www.eurocontrol.int/sites/default/files/2025-05/eurocontrol-annual-network-operations-report-2024.pdf
https://www.eurocontrol.int/sites/default/files/2025-05/eurocontrol-annual-network-operations-report-2024.pdf
https://www.eurocontrol.int/publication/summer-2024-performance
URL : https://www.meteorage.com/fr/bilan-de-foudroiement/bilan-foudre-et-
orages-france-2024/
Données utilisées : 410000 éclairs nuage-sol détectés, pic en juillet avec plus de
100000 éclairs, épisode majeur du 29 juin avec 53000 éclairs, densité de
foudroiement 0,7526 éclairs par kilomètre carré.
Keraunos Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents, Les orages
en France en 2024, bilan national d'une année modérément orageuse, climat,
grêle, tornades, foudre, janvier 2025.
URL : https://www.keraunos.org/actualites/fil-infos/2025/janvier/les-orages-en-
france-en-2024-bilan-national-climat-grele-tornades-foudre
Données utilisées : 234 jours avec orage, score ISO moyen de 2,6, journée du 29
juin score de 27, 30 tornades certaines, 356 rafales convectives supérieures à 90
kilomètres par heure.
Keraunos Observatoire Français des Tornades et des Orages Violents, Brèves,
actus et autres infos sur les orages en France et ailleurs dans le monde en
septembre 2024.
URL : https://www.keraunos.org/actualites/breves/2024/septembre
Météo-Villes, Bilan des orages du samedi 29 juin 2024 en France et en Europe, 30
juin 2024.
URL : https://www.meteo-paris.com/actualites/bilan-des-orages-du-samedi-29-
juin-2024-en-france-et-en-europe
Données utilisées : 45755 éclairs en 24 heures le 29 juin, valeur la plus élevée de
l'année, supercellules grêligènes avec grêlons de 5 à 6 centimètres de diamètre.
Météo-Villes, Les chroniques météo de l'année 2024, parties 1 et 3, 2024.
URL partie 1 : https://www.meteo-paris.com/chronique/annee/2024_1
URL partie 3 : https://www.meteo-paris.com/chronique/annee/2024_3
Données utilisées : tempête Nelson 28 mars avec rafales à 183 kilomètres par
heure, tempête fin novembre avec vents à 197 kilomètres par heure, orages
diluviens à Cannes 23 septembre, cérémonie JO sous la pluie 26 juillet.
Futura Sciences, Les pires catastrophes météo survenues en France en 2024, 22
décembre 2024.
URL : https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/meteorologie-pires-
catastrophes-meteo-survenues-france-2024-118349/
4. Sources médiatiques et presse spécialisée
4.1. Presse généraliste et agences
https://www.meteorage.com/fr/bilan-de-foudroiement/bilan-foudre-et-orages-france-2024/
https://www.meteorage.com/fr/bilan-de-foudroiement/bilan-foudre-et-orages-france-2024/
https://www.keraunos.org/actualites/fil-infos/2025/janvier/les-orages-en-france-en-2024-bilan-national-climat-grele-tornades-foudre
https://www.keraunos.org/actualites/fil-infos/2025/janvier/les-orages-en-france-en-2024-bilan-national-climat-grele-tornades-foudre
https://www.keraunos.org/actualites/breves/2024/septembre
https://www.meteo-paris.com/actualites/bilan-des-orages-du-samedi-29-juin-2024-en-france-et-en-europe
https://www.meteo-paris.com/actualites/bilan-des-orages-du-samedi-29-juin-2024-en-france-et-en-europe
https://www.meteo-paris.com/chronique/annee/2024_1
https://www.meteo-paris.com/chronique/annee/2024_3
https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/meteorologie-pires-catastrophes-meteo-survenues-france-2024-118349/
https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/meteorologie-pires-catastrophes-meteo-survenues-france-2024-118349/
Brut, Train et avion : des grèves annoncées pour cette fin d'année, novembre 2024.
URL : https://www.brut.media/fr/articles/france/societe/train-et-avion-des-greves-
prevues-pour-cette-fin-dannee
Données utilisées : grève du 14 novembre 2024, mobilisation du secteur aérien
contre taxation, impact limité annoncé.
France 24, Jeudi noir pour le trafic aérien français, des milliers de vols annulés, 25
avril 2024.
URL : https://france24.com/fr/info-en-continu/20240425-jeudi-noir-pour-le-
transport-aérien-français-malgré-la-levée-d-un-préavis-de-grève
Données utilisées : accord trouvé in extremis avec SNCTA, maintien de la grève
par autres syndicats, plus de 2000 vols supprimés en Europe, retards moyens
supérieurs à 30 minutes à Orly et Marseille.
Agence Anadolu, France : Le trafic fortement perturbé par la grève des contrôleurs
aériens, 25 avril 2024.
URL : https://www.aa.com.tr/fr/monde/france-le-trafic-fortement-perturbé-par-la-
grève-des-contrôleurs-aériens/3202292
Données utilisées : perturbations du 24 au 26 avril, 3 vols sur 4 supprimés à Orly,
1 vol sur 2 à CDG, 2 sur 3 à Marseille et Nice.
Euronews, Aéroports français : préavis de grève levé mais les perturbations
demeurent, 24 avril 2024.
URL : https://fr.euronews.com/voyages/2024/04/23/70-des-vols-annules-les-
aeroports-francais-sappretent-a-subir-de-graves-perturbations-dans
Données utilisées : journée noire annoncée pour le 25 avril, SNCTA représente 60
% environ des contrôleurs, conciliation nocturne de dernière minute.
Euronews, Un nouveau rapport montre que le trafic aérien européen est à la traîne
par rapport aux objectifs de ponctualité, octobre 2025.
URL : https://fr.euronews.com/voyages/2025/10/08/un-nouveau-rapport-montre-
que-le-trafic-aerien-europeen-est-a-la-traine-par-rapport-aux-ob
4.2. Presse aéronautique spécialisée
Aerobuzz, Service minimum pour le contrôle aérien le 5 décembre, 4 décembre
2024.
URL : https://www.aerobuzz.fr/breves-transport-aerien/service-minimum-pour-le-
controle-aerien-le-5-decembre/
Données utilisées : grève nationale du 5 décembre, service minimum appliqué
DGAC, réductions de vols demandées.
Air Indemnité, Réforme 2024 Grève Contrôleurs Aériens, 4 mars 2024.
https://www.brut.media/fr/articles/france/societe/train-et-avion-des-greves-prevues-pour-cette-fin-dannee
https://www.brut.media/fr/articles/france/societe/train-et-avion-des-greves-prevues-pour-cette-fin-dannee
https://france24.com/fr/info-en-continu/20240425-jeudi-noir-pour-le-transport-a%C3%A9rien-fran%C3%A7ais-malgr%C3%A9-la-lev%C3%A9e-d-un-pr%C3%A9avis-de-gr%C3%A8ve
https://france24.com/fr/info-en-continu/20240425-jeudi-noir-pour-le-transport-a%C3%A9rien-fran%C3%A7ais-malgr%C3%A9-la-lev%C3%A9e-d-un-pr%C3%A9avis-de-gr%C3%A8ve
https://www.aa.com.tr/fr/monde/france-le-trafic-fortement-perturb%C3%A9-par-la-gr%C3%A8ve-des-contr%C3%B4leurs-a%C3%A9riens/3202292
https://www.aa.com.tr/fr/monde/france-le-trafic-fortement-perturb%C3%A9-par-la-gr%C3%A8ve-des-contr%C3%B4leurs-a%C3%A9riens/3202292
https://fr.euronews.com/voyages/2024/04/23/70-des-vols-annules-les-aeroports-francais-sappretent-a-subir-de-graves-perturbations-dans
https://fr.euronews.com/voyages/2024/04/23/70-des-vols-annules-les-aeroports-francais-sappretent-a-subir-de-graves-perturbations-dans
https://fr.euronews.com/voyages/2025/10/08/un-nouveau-rapport-montre-que-le-trafic-aerien-europeen-est-a-la-traine-par-rapport-aux-ob
https://fr.euronews.com/voyages/2025/10/08/un-nouveau-rapport-montre-que-le-trafic-aerien-europeen-est-a-la-traine-par-rapport-aux-ob
https://www.aerobuzz.fr/breves-transport-aerien/service-minimum-pour-le-controle-aerien-le-5-decembre/
https://www.aerobuzz.fr/breves-transport-aerien/service-minimum-pour-le-controle-aerien-le-5-decembre/
URL : https://www.air-indemnite.com/fr/blog/reforme-2024-greve-des-controleurs-
aeriens
Données utilisées : réforme du droit de grève votée 22 décembre 2023, surcoûts
grèves entre 100 et 350 millions d'euros pour compagnies selon Eurocontrol, coût
entre 40 et 147 euros par minute de retard.
L'Écho Touristique, France : en 2024, le trafic aérien retrouve quasiment son
niveau de 2019, 24 janvier 2025.
URL : https://www.lechotouristique.com/article/france-en-2024-le-trafic-aerien-
retrouve-quasiment-son-niveau-de-2019
Données utilisées : 178 millions de voyageurs en 2024 soit 99,1 % de 2019,
émissions CO2 inférieures de 9 %, trafic intérieur seulement 80,3 % de 2019.
Ulysse, Compagnies aériennes : Une grève est prévue à partir de cette date, 8
novembre 2024.
URL : https://ulysse.com/news/compagnies-aeriennes-greve
Ulysse, Plusieurs vols à travers la France annulés à cette date : Voici ce que l'on
sait, 4 décembre 2024.
URL : https://ulysse.com/news/vols-france-annules
Données utilisées : grève du 5 décembre 2024, réduction 10 % à CDG entre 6h et
12h, réduction 25 % à Orly à partir de 18h.
FlyWest, Eurocontrol scrute les raisons des retards de vols pour améliorer la
ponctualité, 31 mai 2024.
URL : https://www.flywest.fr/aeroports/eurocontrol-se-concentre-sur-lanalyse-des-
raisons-des-retards-de-vols
4.3. Autorités de régulation et surveillance
ACNUSA, Selon Eurocontrol, l'été 2024 a été marqué par une hausse des retards
en Europe, 2024.
URL : https://www.acnusa.fr/selon-eurocontrol-lete-2024-ete-marque-par-une-
hausse-des-retards-en-europe-893
Données utilisées : conditions météorologiques principal facteur de détérioration
ponctualité été 2024, trafic français en hausse de 2 à 6 % selon semaines par
rapport à été 2023.
5. Organisations professionnelles
Union des Aéroports Français, Le Bulletin statistique annuel du transport aérien de
la DGAC, 2024.
URL : https://www.aeroport.fr/public/page/le-bulletin-statistique-annuel-du-
transport-aerien-de-la-dgac-187
https://www.air-indemnite.com/fr/blog/reforme-2024-greve-des-controleurs-aeriens
https://www.air-indemnite.com/fr/blog/reforme-2024-greve-des-controleurs-aeriens
https://www.lechotouristique.com/article/france-en-2024-le-trafic-aerien-retrouve-quasiment-son-niveau-de-2019
https://www.lechotouristique.com/article/france-en-2024-le-trafic-aerien-retrouve-quasiment-son-niveau-de-2019
https://ulysse.com/news/compagnies-aeriennes-greve
https://ulysse.com/news/vols-france-annules
https://www.flywest.fr/aeroports/eurocontrol-se-concentre-sur-lanalyse-des-raisons-des-retards-de-vols
https://www.flywest.fr/aeroports/eurocontrol-se-concentre-sur-lanalyse-des-raisons-des-retards-de-vols
https://www.acnusa.fr/selon-eurocontrol-lete-2024-ete-marque-par-une-hausse-des-retards-en-europe-893
https://www.acnusa.fr/selon-eurocontrol-lete-2024-ete-marque-par-une-hausse-des-retards-en-europe-893
https://www.aeroport.fr/public/page/le-bulletin-statistique-annuel-du-transport-aerien-de-la-dgac-187
https://www.aeroport.fr/public/page/le-bulletin-statistique-annuel-du-transport-aerien-de-la-dgac-187
Données utilisées : référence aux bulletins statistiques DGAC disponibles via
l'UAF.
AQST
Partie C
Bilan de qualité de service des
transports collectifs urbains (TCU)
en France en 2024
Analyse comparative nationale et européenne
1. Introduction et contexte général
La qualité de service des transports collectifs urbains constitue un enjeu majeur pour
la mobilité quotidienne de millions de Français.
En 2024, le réseau de transports collectifs français représente environ 40 milliards de
voyageurs-kilomètres, dont 75% sont réalisés en Île-de-France.
L'année 2024 marque une évolution significative avec un redressement notable de la
ponctualité et de la performance globale des réseaux, particulièrement visible après
les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 qui ont constitué un catalyseur
d'amélioration.
Le présent bilan s'appuie sur les publications des autorités organisatrices de la
mobilité (y compris Ile-de-France mobilités (IDFM)), des transporteurs, de
l'Observatoire de la mobilité en Île-de-France (Omnil), du ministère chargé des
transports, du Cerema et d?autres sources.
Il tente d?examiner les indicateurs de performance selon les huit critères définis par la
norme NF EN 13816 et propose des comparaisons européennes.
2. La qualité de service en Île-de-France
2.1. Performance globale et ponctualité
L'année 2024 marque un redressement significatif de la qualité de service en Île-de-
France. La ponctualité globale du réseau a atteint 96,3%, soit une progression de 3
points par rapport à 2023. Cette amélioration résulte des efforts conjugués de la
RATP, de Transilien SNCF Voyageurs et de SNCF Réseau sous l'impulsion d'Île-de-
France Mobilités, avec un pic de performance lors des Jeux Olympiques et
Paralympiques.
Pour le métro, la ponctualité moyenne a atteint 96,18% en 2024, marquant une hausse
de 3,45 points par rapport à 2023. Ce résultat s'explique par des plans d'action ciblés
sur les lignes en difficulté. Les lignes 3, 6, 7 et 13 ont franchi la barre des 90%, la ligne
8 restant à 88%. Aucune ligne de métro n'affichait un taux inférieur à 90% au mois
d'avril 2025, démontrant la pérennité des améliorations.
L'extension des lignes 14 et 11 ainsi que l'introduction de nouveaux matériels roulants
ont également contribué à ces améliorations. Depuis 2016, 1.200 métros et trains ont
été renouvelés ou rénovés. La ligne 4 a achevé son automatisation en 2024, tandis
que la ligne 11 a reçu de nouveaux trains largement automatisés.
2.2. Le nouveau contrat RATP-IDFM (2025-2029)
Le nouveau contrat entre Île-de-France Mobilités et la RATP pour la période 2025-
2029 place la qualité de service au coeur de ses exigences. Les investissements
prévus s'élèvent à 2,1 milliards d'euros par an sur cinq ans, soit un montant total de
10,5 milliards d'euros, représentant une augmentation de 30% par rapport au
précédent contrat 2021-2024.
La ponctualité et la régularité sont repondérées à la hausse, passant de 40% à 45%
de l'enveloppe de bonus-malus. L'enveloppe totale de bonus-malus est augmentée
de 72 millions d'euros à 100 millions d'euros. Les incitations financières seront
calculées à la ligne dès 2025 sur une base mensuelle, puis hebdomadaire au plus tard
en 2028, permettant un suivi plus fin de la performance au plus proche du ressenti
voyageurs.
Le contrat prévoit également des objectifs ambitieux de réduction de la fraude. Pour
le tramway, l'objectif est de réduire le taux de fraude de 15,4% en 2024 à 4,4% sur la
durée du contrat. Pour le métro, l'objectif est de passer de 4% en 2024 à 3% maximum.
2.3. Données Omnil et indicateurs disponibles
L'Observatoire de la mobilité en Île-de-France (Omnil) met à disposition des données
détaillées sur la qualité de service. Les derniers fichiers publiés en 2024 comprennent
des données sur le trafic annuel et journalier, l'offre de transport, la qualité de service,
les caractéristiques du réseau et le matériel roulant.
Île-de-France Mobilités confie l'exploitation des réseaux aux transporteurs (RATP,
SNCF, Optile) avec des objectifs annuels de qualité de service assortis de bonus ou
de malus selon leur performance. L'indicateur principal représente le pourcentage de
voyageurs arrivant à l'heure ou avec un retard de moins de 5 minutes à leur gare de
destination, sur l'ensemble de la ligne, pendant toute la journée.
2.4. Plan des mobilités 2030
Le Plan des mobilités en Île-de-France 2030, adopté par le conseil d'administration
d'Île-de-France Mobilités le 6 février 2024, fixe des ambitions élevées. Il prévoit
notamment le développement du réseau de « mass transit », l'amélioration de la
gestion des situations perturbées, le développement des réseaux de surface et
l'amélioration de leur performance.
Le plan intègre une action spécifique visant à proposer une information voyageurs de
qualité dans tous les transports collectifs, reconnaissant que l'information est un
critère essentiel de la qualité de service selon la norme NF EN 13816. L'objectif est
d'assurer la réalisation de l'offre et la qualité de service par un suivi renforcé des
opérateurs.
3. La qualité de service en province
3.1. Panorama général
En province, la qualité de service des transports collectifs urbains présente une
grande diversité selon les agglomérations. Les réseaux de plus de 100.000 habitants
ont connu un développement significatif de leur offre depuis une quinzaine d'années,
notamment avec la mise en service de transports en commun en site propre (TCSP).
En 2022, les transports collectifs urbains en province ont progressé de 14,9% par
rapport à 2021, mais restent en retrait de 11,4% par rapport au niveau d'avant crise
sanitaire..
En 2024, la France compte 712 autorités organisatrices des mobilités (AOM). Ces
AOM développent des démarches en matière de qualité de service, notamment dans
le cadre de leurs conventions d'exploitation. Cependant, l'absence d'une base de
données nationale consolidée limite fortement la comparabilité des performances
entre réseaux.
3.2. Les métros automatiques : un atout de performance en général
La France détient une position de leader mondial en matière de métros automatiques,
avec 120 kilomètres de lignes automatisées, devant le Canada (93,2 km), Singapour
(76,5 km) et les Émirats Arabes Unis (74,6 km). Les six premières lignes au
classement mondial de la capacité à répondre aux attentes des usagers sont
françaises : Lille lignes 1 et 2, Lyon ligne D, Paris ligne 14, Toulouse ligne A et Rennes
ligne A.
Les métros automatiques français excellent dans plusieurs domaines. À Lille, les
lignes 1 et 2 arrivent en première position mondiale pour la performance globale. Le
temps d'intervalle entre deux rames peut être réduit à 66 secondes aux heures de
pointe, soit un des intervalles les plus courts au monde.
En matière de propreté, Lyon atteint 99,3% d'avis positifs des usagers, tandis que
Rennes et Lyon figurent parmi les lignes les mieux notées en Europe.
Les métros automatiques présentent des avantages significatifs en termes de qualité
de service. Ils permettent une réduction jusqu'à 30% des dépenses opérationnelles
grâce à la flexibilité dans la gestion des ressources humaines, la réduction du nombre
de trains en service, les économies d'énergie et l'augmentation de la qualité de service
qui attire plus de voyageurs. La régularité et la fréquence élevée constituent des atouts
majeurs pour les usagers.
Lille, pionnière avec le premier métro automatique au monde en 1983, dispose
aujourd'hui de 44 kilomètres de lignes automatisées. Lyon a automatisé sa ligne D en
1992 et plus récemment sa ligne B. Toulouse exploite deux lignes automatiques de
type VAL, tandis que Rennes dispose de deux lignes avec des technologies
différentes (VAL et Neoval). À Paris, les lignes 1, 4, 14 sont automatisées, avec un
programme d'extension de lignes automatisées prévu notamment dans le cadre du
Grand Paris Express, concernant également la ligne 11 récemment prolongée.
3.3. Bus à haut niveau de service (BHNS) et site propre
Les bus à haut niveau de service (BHNS) connaissent depuis une quinzaine d'années
un fort développement en France. Le Cerema tient à jour depuis 2022 une base de
données nationale recensant ces lignes. Les BHNS présentent des caractéristiques
très variables d'une agglomération à l'autre, avec des niveaux de service allant de la
ligne de bus traditionnel améliorée jusqu'à l'équivalent d'une ligne de tramway.
Les BHNS bénéficient généralement de site propre sur une majorité de leur parcours,
de priorité aux feux et d'une large plage horaire de service. Ces aménagements
permettent de garantir une vitesse moyenne plus élevée et une régularité de l'offre de
transport en limitant les aléas liés à la circulation routière. Le site propre constitue ainsi
un facteur déterminant de la qualité de service.
L'impact du site propre sur la performance est documenté. Les couloirs bus dédiés
permettent d'améliorer sensiblement la régularité et la vitesse commerciale, qui peut
atteindre environ 20 km/h contre environ 15 km/h pour une situation typique de bus
en circulation mixte. La priorité aux feux, couplée au site propre, représente une des
mesures les plus efficaces pour améliorer la régularité d'une ligne.
3.4. Disparités dans la disponibilité des données
La disponibilité des données de qualité de service en province présente des disparités
importantes. Contrairement à l'Île-de-France qui dispose d'un observatoire dédié
(Omnil), les réseaux de province ne disposent pas d'une plateforme centralisée de
publication des indicateurs de qualité de service. Les AOM publient leurs données de
manière hétérogène, rendant difficile toute comparaison nationale systématique.
L'enquête annuelle sur les transports collectifs urbains menée par le Cerema, la
DGITM, le GART et l'UTP constitue la principale source de données consolidées, mais
elle se concentre davantage sur les caractéristiques structurelles des réseaux que sur
les indicateurs détaillés de qualité de service.
4. Analyse selon les critères de la norme NF EN 13816
La norme NF EN 13816 définit huit critères de qualité de service pour les transports
publics de voyageurs. Cette norme européenne spécifie les exigences permettant de
définir, de cibler et de mesurer la qualité de service dans le domaine du transport
public. Elle constitue un référentiel partagé en France et en Europe pour évaluer la
performance des réseaux.
4.1. Offre de service
L'offre de service mesure l'adéquation entre le service proposé et les besoins des
usagers. En Île-de-France, l'offre de service est particulièrement développée avec 9,4
millions de trajets quotidiens et un réseau qui est le 2ème le plus dense et le 4ème le
plus long au monde. Le Plan des mobilités 2030 prévoit un doublement de la taille du
réseau grâce au Grand Paris Express, au prolongement du RER E et aux extensions
de lignes de tramway.
En province, l'offre s'est considérablement accrue ces vingt dernières années. Dans
les aires de plus de 50.000 habitants, les surfaces desservies par le transport collectif
urbain ont été multipliées par 4,4. Cette extension traduit une volonté d'améliorer
l'accessibilité territoriale, même si l'usage et la fréquentation n'ont pas toujours suivi
les efforts d'investissement des collectivités.
4.2. Accessibilité
L'accessibilité des transports aux personnes à mobilité réduite constitue une obligation
légale en France. L'enquête menée en 2024 par le Cerema et la Délégation
Ministérielle à l'Accessibilité auprès de 150 AOM montre que 47% des arrêts sont
accessibles. Sur les 30.752 arrêts prioritaires recensés, 20.601 sont accessibles
(67%), mais 10.151 arrêts prioritaires restent à rendre accessibles (33%), alors même
que les délais accordés sont dépassés.
En Île-de-France, environ 70% du trafic voyageur serait couvert par l'accessibilité. Les
investissements se poursuivent avec l'installation d'ascenseurs dans les stations de
métro et l'acquisition de matériel roulant entièrement accessible. Les Jeux Olympiques
et Paralympiques de 2024 ont constitué un catalyseur pour accélérer la mise en
accessibilité de nombreuses infrastructures.
4.3. Information des voyageurs
L'information voyageurs représente un critère essentiel de la qualité de service. Le
nouveau contrat RATP-IDFM contient des exigences plus fortes et plus précises sur
les temporalités de diffusion de l'information en fonction de chaque type de situation
(normale, perturbée prévue, imprévue) et sur l'ensemble des canaux de diffusion
(équipements en stations et gares, dans les véhicules, médias à distance).
Les innovations en matière d'information voyageurs se développent. L'application
Transport Public Paris 2024, développée pour les Jeux Olympiques, a permis de tester
des fonctionnalités avancées d'information en temps réel.
Pour les BHNS, l'information dynamique constitue une caractéristique standard avec
l'affichage du temps d'attente et des éventuelles perturbations dans les stations. Cette
information contribue significativement à la perception de qualité par les usagers.
4.4. Durée et ponctualité
La ponctualité et la régularité constituent les indicateurs privilégiés dans les contrats
d'exploitation. Comme indiqué précédemment, l'Île-de-France a enregistré une
amélioration significative en 2024 avec une ponctualité globale de 96,3%. Cette
performance résulte de plans d'action ciblés, du renouvellement du matériel roulant et
de l'automatisation de certaines lignes.
Les métros automatiques excellent particulièrement sur ce critère grâce à leur
capacité à maintenir des intervalles très courts et réguliers entre les rames. À Lille,
l'intervalle de 66 secondes aux heures de pointe garantit une quasi-absence d'attente
pour les voyageurs. Pour les BHNS en site propre, la vitesse commerciale et la
régularité constituent les principaux avantages par rapport aux bus classiques.
4.5. Attention portée au client
L'attention portée au client se manifeste notamment par le traitement des réclamations
et la qualité de l'accueil. Les démarches de certification NF Service, développées dans
certains réseaux comme Lyon et Lille depuis les années 1990, intègrent des
engagements précis sur le traitement des réclamations et l'accueil des voyageurs. Le
nouveau contrat RATP-IDFM renforce les exigences en matière de traitement des
situations perturbées et d'accompagnement des voyageurs.
4.6. Confort
Le confort englobe la propreté, la qualité de conduite et l'aménagement des véhicules.
En matière de propreté, Lyon atteint 99,3% d'avis positifs pour son métro automatique,
contre moins de 70% pour Vancouver et Milan. Rennes, Barcelone et Taipei figurent
également parmi les réseaux les mieux notés en Europe pour ce critère.
Le renouvellement du matériel roulant contribue significativement à l'amélioration du
confort. En Île-de-France, le programme de renouvellement prévoit du matériel neuf
ou récent sur toutes les lignes de métro, avec notamment le MF19 sur 8 lignes. Le
nouveau tramway TW20 est conçu avec une réduction de la consommation d'énergie
d'au moins 30% grâce à une gestion efficace du confort climatique et des éclairages
100% LED peu consommateurs en électricité.
4.7. Sécurité et sûreté
La sécurité et la sûreté constituent une priorité constante. Île-de-France Mobilités a
accru les moyens de la RATP, notamment les brigades cynophiles qui ont mené 1.000
opérations en 2024 et permis d'éviter 115 heures d'interruption de trafic. Un contrat
spécifique a été signé entre la RATP et IDFM sur la sûreté fin 2024.
Le réseau francilien dispose de 80.000 caméras de vidéoprotection et près de 100%
des trains, RER, bus et trams sont vidéo-protégés. Le sentiment de sécurité, critère
défini par la norme NF EN 13816, fait l'objet d'une attention particulière. D?importants
progrès sont encore possibles, car, selon une étude de l'Université Paris 1 Panthéon
Sorbonne, 51% des femmes ne se sentiraient pas toujours en sécurité dans les
transports en commun, contre 38% des hommes.
Pour les métros automatiques, les lignes de Copenhague, Dubaï et Taipei arrivent en
tête avec des taux de satisfaction usager qui dépassent 90% en matière de sûreté.
Les dispositifs de portes palières, généralisés sur les lignes automatiques, contribuent
ainsi significativement à la sécurité des voyageurs et à la fluidité de l?exploitation.
4.8. Impact environnemental
L'impact environnemental des transports collectifs fait l'objet d'une attention
croissante. La décarbonation des flottes de bus s'accélère avec le déploiement de
véhicules électriques, au bioGNV ou à l'hydrogène. La Programmation Pluriannuelle
de l'Énergie (PPE) prévoyait 2.200 autobus et autocars électriques en 2023 et 5.900
en 2028. Les BHNS récents, comme celui de Bordeaux ou les projets de Limoges et
Toulon, sont conçus avec des flottes 100% électriques. Le tramway TW20 est
recyclable à 95% et revalorisable à 99%, illustrant les progrès en matière d'éco-
conception du matériel roulant.
5. Comparaisons européennes
5.1. Performance des métros automatiques
À l'échelle européenne, la France occupe une position de premier plan en matière de
métros automatiques. Les opérateurs français opèrent 23,1% des réseaux de métros
automatiques dans le monde, suivis par les italiens (19,2%). Keolis est le leader
mondial avec 104 kilomètres de lignes exploitées et 137 stations, notamment à Dubaï
où la ligne rouge constitue la plus longue ligne de métro automatique sans conducteur
au monde avec 52 kilomètres.
Les lignes françaises se distinguent particulièrement en matière de performance
globale. Selon les études comparatives, Lille (lignes 1 et 2), Londres (DLR), Toulouse
(ligne A) et Taipei figurent parmi les meilleurs réseaux au monde. Malgré des dates
de mise en service anciennes, ces réseaux affichent des performances solides en
matière de fiabilité et de qualité de service.
5.2. Classement des systèmes de transport public urbain
L'étude « Urban Mobility Readiness Index 2022 » du cabinet Oliver Wyman classe 60
grandes villes mondiales selon leurs systèmes de transport public. Hong Kong arrive
en tête avec un score de 77 sur 100, suivi de Zurich (73). Paris se classe en huitième
position avec un score de 66, à égalité avec Tokyo.
La majorité des meilleurs systèmes de transport public au monde se trouvent en
Europe. Les critères évalués incluent les infrastructures, l'impact social, l'attractivité,
l'efficacité et l'innovation du réseau. Le système multimodal de Zurich est
particulièrement salué pour son efficacité, son accessibilité financière et sa facilité
d'accès.
5.3. Satisfaction des usagers dans les capitales européennes
Les enquêtes de satisfaction menées dans les capitales européennes révèlent des
disparités géographiques. Les villes d'Europe du Nord et de l'Ouest déclarent des taux
de satisfaction plus élevés concernant les transports publics, tandis que les villes
d'Europe du Sud et de l'Est affichent des taux de satisfaction plus faibles.
Les temps de déplacement constituent également un facteur de qualité de vie
différencié. À Londres et Budapest, les navetteurs sont susceptibles de voyager plus
d'une heure pour aller au travail. En revanche, dans de nombreuses villes
européennes, l'amélioration des infrastructures cyclables et le développement des
transports publics ont permis de réduire la dépendance à la voiture individuelle.
5.4. Initiatives européennes pour la mobilité urbaine
Le groupe d'experts de la Commission européenne sur la mobilité urbaine (EGUM) a
adopté en juillet 2024 des recommandations sur la complémentarité des transports
publics avec la mobilité partagée et l'utilisation du Fonds social pour le climat. Le
Fonds social pour le climat a été créé pour permettre aux États membres de soutenir
les groupes touchés par la transition écologique, y compris ceux exposés au risque
de précarité en matière de transport. Les recommandations incluent des mesures
relatives aux infrastructures, à la sécurité, à la redistribution des espaces publics, à
l'intégration numérique des données de transport et à la multimodalité.
6. Principales lacunes identifiées et données manquantes
6.1. Absence de plateforme nationale consolidée
La principale lacune identifiée concerne l'absence d'une plateforme nationale
consolidée de données sur la qualité de service des transports collectifs urbains en
province, à l'image de ce qui existe en Île-de-France avec Omnil.
Cette fragmentation rend difficile toute comparaison systématique entre réseaux et
limite la capacité d'identifier les meilleures pratiques. Les données sont dispersées
entre les AOM, les exploitants et diverses sources institutionnelles, sans
harmonisation des méthodes de mesure et des périodicités de publication.
6.2. Indicateurs de ponctualité et régularité en province
Les indicateurs détaillés de ponctualité et de régularité par ligne sont rarement publiés
de manière systématique pour les réseaux de province. Contrairement à l'Île-de-
France où ces données sont suivies mensuellement voire hebdomadairement et font
l'objet de bonus-malus contractuels, la plupart des AOM ne publient pas de
statistiques régulières sur la performance réelle de leurs lignes. Cette absence de
données limite la capacité des usagers et des décideurs à évaluer la qualité effective
du service.
6.3. Impact quantifié du site propre
Si l'impact positif du site propre sur la régularité et la vitesse commerciale est établi
qualitativement, les données quantifiées précises et comparatives font défaut. La base
de données BHNS du Cerema constitue un premier pas, mais elle ne permet pas
encore d'établir des corrélations précises entre le pourcentage de site propre, la
régularité effective et la satisfaction des usagers. Des études approfondies comparant
la performance de lignes avec différents taux de site propre seraient nécessaires pour
objectiver ces impacts.
6.4. Données sur le confort et la propreté
Les enquêtes de satisfaction des usagers concernant le confort et la propreté existent
dans de nombreux réseaux, mais elles ne sont pas systématiquement publiées ni
harmonisées dans leur méthodologie. Les taux de satisfaction varient
considérablement selon les questions posées et les échelles utilisées, rendant les
comparaisons difficiles. Une standardisation des enquêtes de satisfaction selon les
critères de la norme NF EN 13816 permettrait d'établir des comparaisons fiables entre
réseaux.
6.5. Analyse économique de la qualité de service
Les données sur la relation entre investissements dans la qualité de service et gains
de fréquentation restent parcellaires. Si le Cerema a publié des analyses sur les coûts
et performances des réseaux entre 2002 et 2014, des mises à jour régulières seraient
nécessaires pour suivre l'évolution de ces indicateurs. L'analyse économique de
l'impact des améliorations de qualité sur les recettes et sur le report modal depuis la
voiture individuelle mériterait d'être approfondie.
6.6. Suivi de l'information voyageurs
Bien que l'information voyageurs soit reconnue comme un critère essentiel de qualité,
peu de données quantitatives sont disponibles sur la qualité effective de cette
information. Les indicateurs sur les délais de diffusion de l'information en situation
perturbée, sur la fiabilité des informations temps réel, ou sur l'accessibilité des
informations pour les personnes en situation de handicap sont rarement publiés.
Le nouveau contrat RATP-IDFM fixe des exigences précises sur ce point, mais de
telles exigences devraient être généralisées.
6.7. Données environnementales détaillées
Les données sur l'impact environnemental des transports collectifs urbains restent
globales. Des indicateurs détaillés par réseau sur les consommations énergétiques
réelles, les émissions de CO2 évitées par rapport à l'usage de la voiture individuelle,
ou les niveaux de bruit, seraient nécessaires pour évaluer précisément la contribution
des transports collectifs aux objectifs environnementaux.
L'avancement de l'électrification des flottes de bus est documenté au niveau national,
mais les données par agglomération sont incomplètes.
7. Conclusion et perspectives
L'année 2024 marque une étape significative dans l'amélioration de la qualité de
service des transports collectifs urbains en France. En Île-de-France, le redressement
de la ponctualité, avec un score global de 96,3%, démontre l'efficacité des plans
d'action ciblés et des investissements dans le renouvellement du matériel roulant. Le
nouveau contrat RATP-IDFM 2025-2029, avec son accent renforcé sur les indicateurs
de qualité et un système de bonus-malus plus incitatif, constitue un levier prometteur
pour pérenniser ces améliorations.
La France conserve une position de leader mondial en matière de métros
automatiques, tant par l'étendue de son réseau que par les performances atteintes.
Les six premières lignes mondiales en termes de capacité à répondre aux attentes
des usagers sont françaises. Cette excellence technologique et opérationnelle
constitue un atout majeur et un modèle exportable, comme en témoigne le rôle de
Keolis dans l'exploitation de réseaux automatiques à l'international.
Le développement des bus à haut niveau de service en province offre une alternative
pertinente au tramway pour de nombreuses agglomérations. L'impact du site propre
sur la régularité et la vitesse commerciale est avéré, et la base de données du Cerema
permet désormais de mieux caractériser ces systèmes. L'électrification des flottes
s'accélère, contribuant aux objectifs de décarbonation des transports.
Toutefois, des lacunes importantes subsistent dans la disponibilité et l'harmonisation
des données de qualité de service, particulièrement en province. L'absence d'une
plateforme nationale consolidée, comparable à Omnil, limite la capacité d'analyse
comparative et d'identification des meilleures pratiques. La publication systématique
d'indicateurs harmonisés selon les huit critères de la norme NF EN 13816 permettrait
d'améliorer significativement la transparence et la gouvernance de la qualité de
service.
À l'échelle européenne, les systèmes français se positionnent honorablement, Paris
se classant en huitième position mondiale selon l'Urban Mobility Readiness Index
2022. Les initiatives de la Commission européenne en matière de mobilité urbaine
durable et le Fonds social pour le climat offrent des opportunités de financement pour
poursuivre les investissements dans la qualité de service.
Les perspectives d'évolution sont nombreuses. Le Plan des mobilités 2030 en Île-de-
France prévoit un doublement de la taille du réseau avec le Grand Paris Express. Les
projets de Services Express Régionaux Métropolitains dans dix métropoles françaises
visent à créer un choc d'offre de services et à améliorer la desserte des grandes
périphéries urbaines. L'accélération de l'automatisation des lignes de métro,
l'amélioration de l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite et le développement
de l'information voyageurs multimodale constituent autant de leviers pour améliorer
encore la qualité de service.
La qualité de service des transports collectifs urbains est désormais pleinement
reconnue comme un enjeu stratégique pour la mobilité durable, l'attractivité des
territoires et la lutte contre le changement climatique. Les progrès réalisés en 2024,
tant en Île-de-France qu'en province, témoignent de l'engagement des autorités
organisatrices et des exploitants. La poursuite de cette dynamique nécessitera un
effort soutenu d'investissement, d'innovation et de transparence dans le suivi et la
publication des indicateurs de performance.
Annexe bibliographique
Cette annexe bibliographique recense les principales sources utilisées pour
l'élaboration de ce bilan. Les sources sont organisées par thématique et
accompagnées d'une description de leur utilité spécifique. Tous les liens ont été
vérifiés et sont accessibles au moment de la rédaction de ce document.
1. Sources Île-de-France Mobilités et Omnil
1.1. Île-de-France Mobilités - Communiqué de presse sur le nouveau contrat
RATP 2025-2029
URL : https://presse.iledefrance-mobilites.fr/?p=33222
Cette source détaille les objectifs de qualité de service du nouveau contrat entre Île-
de-France Mobilités et la RATP pour 2025-2029, incluant les investissements de 10,5
milliards d'euros, la repondération des bonus-malus en faveur de la ponctualité (45%)
et les objectifs de réduction de la fraude. Elle fournit des données chiffrées sur la
ponctualité du métro en 2024 (96,18%) et les résultats d'avril 2025.
1.2. Observatoire de la mobilité en Île-de-France (Omnil) - Site principal
URL : https://omnil.fr/
L'Omnil met à disposition des fichiers Excel détaillés sur le trafic annuel et journalier
2024, l'offre de transport 2024, la qualité de service 2024, les caractéristiques du
réseau 2024 et le matériel roulant 2024. Ces données constituent la base statistique
la plus complète sur les transports collectifs franciliens.
1.3. Omnil - Qualité de service
URL : https://omnil.fr/qualite-de-service
Cette page détaille les indicateurs de qualité de service inscrits dans les contrats
d'exploitation, notamment la régularité et la ponctualité. Elle explique le système de
bonus et malus appliqué aux transporteurs (RATP, SNCF, Optile) et fournit un fichier
téléchargeable avec les données historiques de qualité de service.
1.4. Plan des mobilités en Île-de-France 2030
URL : https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/2024-
04/Plan_Mobilités_6_PDMIF_Stratégie.pdf
Ce document stratégique adopté le 6 février 2024 présente les orientations d'Île-de-
France Mobilités pour la période 2024-2030, incluant le développement du Grand
Paris Express, l'amélioration de la qualité de service et l'information voyageurs. Il
fournit le cadre stratégique des investissements et des objectifs à moyen terme.
1.5. Ponctualité des transports en Île-de-France en 2024
URL : https://www.lyftvnews.com/t9186-ponctualite-des-transports-en-ile-de-france-
en-2024-bilan-et-dedommagements
https://presse.iledefrance-mobilites.fr/?p=33222
https://omnil.fr/
https://omnil.fr/qualite-de-service
https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/2024-04/Plan_Mobilit%C3%A9s_6_PDMIF_Strat%C3%A9gie.pdf
https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/2024-04/Plan_Mobilit%C3%A9s_6_PDMIF_Strat%C3%A9gie.pdf
https://www.lyftvnews.com/t9186-ponctualite-des-transports-en-ile-de-france-en-2024-bilan-et-dedommagements
https://www.lyftvnews.com/t9186-ponctualite-des-transports-en-ile-de-france-en-2024-bilan-et-dedommagements
Cette source presse synthétise les résultats de ponctualité 2024 publiés par Île-de-
France Mobilités, avec le détail des performances par type de réseau (métro 96,18%,
hausse de 3,45 points) et l'analyse des lignes ayant franchi la barre des 90%.
2. Norme NF EN 13816 et qualité de service
2.1. Cerema - Qualité de service dans les transports collectifs urbains (2015)
URL : http://www.bv.transports.gouv.qc.ca/mono/1169452.pdf
Ce document de référence du Cerema de juin 2015 analyse la prise en compte de la
qualité de service dans les contrats entre autorités organisatrices et exploitants. Il
présente en détail les huit critères de la norme NF EN 13816 (offre de service,
accessibilité, informations, durée, attention portée au client, confort, sécurité, impact
environnemental) et leur déclinaison opérationnelle.
2.2. AFNOR - Norme NF EN 13816
URL : https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/
La page de présentation officielle de la norme européenne qui spécifie les exigences
permettant de définir, de cibler et de mesurer la qualité de service dans le domaine du
transport public de voyageurs. Cette norme constitue le référentiel partagé en Europe
pour l'évaluation de la qualité de service.
3. Métros automatiques
3.1. Eurogroup Consulting - Étude métros automatiques (2023)
URL : https://www.eurogroupconsulting.com/fr/actualites/publications/smart-cities-
mobilite-metros-automatiques/
Cette étude publiée en juin 2023, quarante ans après l'inauguration du premier métro
automatique à Lille, analyse le marché mondial des métros automatiques. Elle classe
la France en 3ème position mondiale avec 120 kilomètres de lignes automatisées et
identifie six lignes françaises parmi les meilleures au monde en termes de capacité à
répondre aux attentes des usagers. L'étude fournit des données comparatives sur la
rentabilité (jusqu'à 30% d'économies opérationnelles) et la performance.
3.2. Wavestone - Les métros automatiques pour la ville de demain
URL : https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/les-metros-automatiques-
pour-la-ville-de-demain-43165/
L'étude Wavestone compare les différentes lignes de métros automatiques selon trois
axes (performance de l'infrastructure et du matériel roulant, fiabilité et qualité du
service, innovation). Elle positionne Lille lignes 1 et 2 en première position mondiale
pour la performance globale, Lyon avec 99,3% d'avis positifs en matière de propreté,
et Paris en tête pour l'innovation au service des voyageurs.
3.3. TransportShaker - La France en pointe sur les métros automatiques
URL : https://www.transportshaker-wavestone.com/la-france-en-pointe-sur-le-
marche-strategique-des-metros-automatiques/
http://www.bv.transports.gouv.qc.ca/mono/1169452.pdf
https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/
https://www.eurogroupconsulting.com/fr/actualites/publications/smart-cities-mobilite-metros-automatiques/
https://www.eurogroupconsulting.com/fr/actualites/publications/smart-cities-mobilite-metros-automatiques/
https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/les-metros-automatiques-pour-la-ville-de-demain-43165/
https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/les-metros-automatiques-pour-la-ville-de-demain-43165/
https://www.transportshaker-wavestone.com/la-france-en-pointe-sur-le-marche-strategique-des-metros-automatiques/
https://www.transportshaker-wavestone.com/la-france-en-pointe-sur-le-marche-strategique-des-metros-automatiques/
Cette analyse complémentaire de Wavestone (2017) détaille les performances des
réseaux français par catégorie (infrastructure, exploitation quotidienne, innovation) et
compare les niveaux de satisfaction usagers sur la propreté et la sûreté entre les
différents réseaux mondiaux.
3.4. Keolis - Métro automatique
URL : https://www.keolis.com/metro/
La page institutionnelle de Keolis présente son expertise en tant que leader mondial
du métro automatique avec 517 kilomètres de lignes exploitées. Elle fournit des
données sur l'intervalle de 66 secondes à Lille (le plus court au monde), le
cadencement capacitif à Rennes et Lille, et les projets en cours notamment le Grand
Paris Express.
3.5. Wikipédia - Liste des métros en France
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_m%C3%A9tros_en_France
Cette page encyclopédique recense l'ensemble des réseaux de métro en France avec
leurs caractéristiques techniques, dates de mise en service et technologies utilisées
(VAL, Neoval, métro conventionnel). Elle permet de contextualiser l'évolution
historique des métros automatiques en France depuis 1983.
4. Bus à haut niveau de service et site propre
4.1. Cerema - Un panorama détaillé des BHNS en France
URL : https://www.cerema.fr/fr/actualites/panorama-detaille-bus-haut-niveau-service-
bhns-france
Le Cerema tient à jour depuis 2022 une base de données nationale des BHNS
(Panorama BHNS). Cette publication de 2025 présente les premiers résultats
d'exploitation de la base, avec les critères retenus pour qualifier le niveau de service
(infrastructure, véhicules, information voyageurs, coûts). Elle constitue la référence
pour caractériser la diversité des BHNS français.
4.2. Wikipédia - Bus à haut niveau de service
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bus_%C3%A0_haut_niveau_de_service
Cette page encyclopédique définit le concept de BHNS, son historique (premier
système à Ottawa en 1973, Curitiba en 1974), ses caractéristiques principales (site
propre, priorité aux feux) et son domaine de pertinence en Europe (2.000 à 3.000
personnes par heure et par sens). Elle fournit le contexte international du
développement des BHNS.
4.3. Bordeaux Métropole - Présentation des bus express
URL : https://www.bordeaux-metropole.fr/metropole/projets-en-cours/deplacements-
infrastructures/bus-express/presentation-bus-express
https://www.keolis.com/metro/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_m%C3%A9tros_en_France
https://www.cerema.fr/fr/actualites/panorama-detaille-bus-haut-niveau-service-bhns-france
https://www.cerema.fr/fr/actualites/panorama-detaille-bus-haut-niveau-service-bhns-france
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bus_%C3%A0_haut_niveau_de_service
https://www.bordeaux-metropole.fr/metropole/projets-en-cours/deplacements-infrastructures/bus-express/presentation-bus-express
https://www.bordeaux-metropole.fr/metropole/projets-en-cours/deplacements-infrastructures/bus-express/presentation-bus-express
Cette source présente le premier BHNS de Bordeaux Métropole mis en service en
2024 sur 21 kilomètres avec 50% d'aménagements en site propre. Elle illustre
concrètement les caractéristiques d'un BHNS récent (vitesse, régularité, priorité aux
feux, couloirs bus dédiés).
4.4. Limoges Métropole - Le projet de BHNS
URL : https://mobilites.limoges-metropole.fr/les-projets/le-bus-a-haut-niveau-de-
service/
Le projet Moovéo de Limoges Métropole, avec un coût de 161,6 millions d'euros,
prévoit deux lignes A et B de BHNS électrique avec des fréquences de 6 à 8 minutes
en heure de pointe. Cette source détaille les caractéristiques techniques d'un projet
récent et l'importance du site propre pour garantir régularité et vitesse moyenne
élevée.
4.5. Métropole TPM - Le BHNS de Toulon
URL : https://metropoletpm.fr/grands-projets/le-bus-haut-niveau-de-service-bhns
Le projet de BHNS de Toulon s'étendra sur 28 kilomètres avec 70% du tracé en site
propre, desservant 65 stations. Cette source illustre l'ambition des métropoles de
province en matière de TCSP et l'importance accordée au site propre pour garantir la
performance du système.
5. Données nationales et statistiques
5.1. Ministère de la Transition écologique - Chiffres clés des transports 2024
URL : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-
numerique/chiffres-cles-transports-2024/15-transport-collectif-urbain-de-voyageurs
Cette publication officielle du Service des données et études statistiques (SDES)
fournit les statistiques nationales sur les transports collectifs urbains. Elle indique
qu'en 2022, 40 milliards de voyageurs-kilomètres ont été réalisés, avec une
progression de 23,7% par rapport à 2021 mais un retrait de 11,4% par rapport à 2019.
5.2. Cerema - Lancement de la 4ème enquête sur l'accessibilité
URL : https://www.cerema.fr/fr/actualites/lancement-4eme-enquete-accessibilite-
transports-urbains
Cette publication présente les résultats de l'enquête annuelle sur la mise en
accessibilité des transports urbains et interurbains. En 2024, 150 AOM ont répondu,
révélant que 67% des arrêts prioritaires sont accessibles, mais 33% restent à rendre
accessibles alors que les délais sont dépassés. Ces données sont essentielles pour
évaluer le critère accessibilité de la norme NF EN 13816.
5.3. Cerema - Tout savoir sur les réseaux de transport en France
URL : https://www.cerema.fr/fr/actualites/savoir-reseaux-transport-france
Cette page présente l'enquête TCU (Transports Collectifs Urbains) menée chaque
année par le partenariat Gart, UTP, DGITM et Cerema auprès des 330 AOM. Elle
https://mobilites.limoges-metropole.fr/les-projets/le-bus-a-haut-niveau-de-service/
https://mobilites.limoges-metropole.fr/les-projets/le-bus-a-haut-niveau-de-service/
https://metropoletpm.fr/grands-projets/le-bus-haut-niveau-de-service-bhns
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transports-2024/15-transport-collectif-urbain-de-voyageurs
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transports-2024/15-transport-collectif-urbain-de-voyageurs
https://www.cerema.fr/fr/actualites/lancement-4eme-enquete-accessibilite-transports-urbains
https://www.cerema.fr/fr/actualites/lancement-4eme-enquete-accessibilite-transports-urbains
https://www.cerema.fr/fr/actualites/savoir-reseaux-transport-france
détaille les caractéristiques collectées (modes, lignes, kilomètres parcourus,
accessibilité, infrastructures en site propre, parc de véhicules) qui alimentent les
statistiques nationales.
5.4. UTPF - Bilan social Transports Urbains édition 2024
URL : https://www.utpf-mobilites.fr/note-publication/bilan-social-transports-urbains-
edition-2024
Ce bilan social établi à partir de l'enquête annuelle auprès de 131 réseaux adhérents
à l'UTPF fournit des données sur les effectifs, la durée de travail, l'absentéisme et les
salaires dans les entreprises de transport urbain, complétant ainsi les données
opérationnelles par des indicateurs sociaux.
6. Comparaisons européennes et internationales
6.1. AQST - Comparaisons de ponctualité en Europe et au Japon
URL : https://www.qualitetransports.gouv.fr/l-aqst-produit-des-comparaisons-
relatives-a-la-a383.html
L'AQST a produit une estimation normative des taux de ponctualité au seuil commun
de 5 minutes pour tous les pays et types de trains, permettant une comparaison
harmonisée malgré les différences de méthodologie entre pays. Cette approche
méthodologique s'appuie sur les programmes de recherche européens BOB
(benchmarking of benchmarking).
6.2. Oliver Wyman - Urban Mobility Readiness Index 2022
URL : https://fr.statista.com/infographie/28937/top-10-des-grandes-villes-avec-les-
meilleurs-transports-publics/
Cette étude classe 60 grandes villes mondiales selon leurs systèmes de transport
public sur cinq critères (infrastructures, impact social, attractivité, efficacité,
innovation). Hong Kong arrive en tête (77 sur 100), Zurich deuxième (73), Paris
huitième (66). Cette source permet de positionner les systèmes français dans le
contexte international.
6.3. Euronews - Transports publics : quelle ville est la meilleure
URL : https://fr.euronews.com/my-europe/2024/10/11/transports-publics-quelle-ville-
est-la-meilleure-et-laquelle-est-la-pire
Cette publication d'octobre 2024 synthétise les enquêtes de satisfaction dans les
capitales européennes, montrant que les villes d'Europe du Nord et de l'Ouest
déclarent des taux de satisfaction plus élevés que celles d'Europe du Sud et de l'Est.
6.4. Commission européenne - Recommandations sur les transports publics
urbains
URL : https://france.representation.ec.europa.eu/informations/transports-publics-
urbains-de-nouvelles-recommandations-adoptees-2024-07-10_fr
https://www.utpf-mobilites.fr/note-publication/bilan-social-transports-urbains-edition-2024
https://www.utpf-mobilites.fr/note-publication/bilan-social-transports-urbains-edition-2024
https://www.qualitetransports.gouv.fr/l-aqst-produit-des-comparaisons-relatives-a-la-a383.html
https://www.qualitetransports.gouv.fr/l-aqst-produit-des-comparaisons-relatives-a-la-a383.html
https://fr.statista.com/infographie/28937/top-10-des-grandes-villes-avec-les-meilleurs-transports-publics/
https://fr.statista.com/infographie/28937/top-10-des-grandes-villes-avec-les-meilleurs-transports-publics/
https://fr.euronews.com/my-europe/2024/10/11/transports-publics-quelle-ville-est-la-meilleure-et-laquelle-est-la-pire
https://fr.euronews.com/my-europe/2024/10/11/transports-publics-quelle-ville-est-la-meilleure-et-laquelle-est-la-pire
https://france.representation.ec.europa.eu/informations/transports-publics-urbains-de-nouvelles-recommandations-adoptees-2024-07-10_fr
https://france.representation.ec.europa.eu/informations/transports-publics-urbains-de-nouvelles-recommandations-adoptees-2024-07-10_fr
Le groupe d'experts EGUM a adopté en juillet 2024 des recommandations sur la
complémentarité des transports publics avec la mobilité partagée et l'utilisation du
Fonds social pour le climat. Ces recommandations portent sur les infrastructures, la
sécurité, l'intégration numérique et la multimodalité, fournissant le cadre européen des
politiques de mobilité urbaine.
6.5. Cairn.info - Analyse comparative des performances des systèmes de tpl en
Europe
URL : https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2003-2-
page-261.htm
Cette étude académique de 2003 propose une méthodologie pour comparer les
performances des systèmes de transports publics locaux en Europe selon quatre
catégories de facteurs (contextuels, politiques, financiers, opérationnels). Bien
qu'ancienne, elle fournit un cadre méthodologique toujours pertinent pour les
comparaisons européennes.
7. Publications institutionnelles complémentaires
7.1. FNAUT - Les services express régionaux métropolitains
URL : https://www.fnaut.fr/uploads/2024/08/Etude-les-services-express-regionaux-
metropolitains-v3.1.pdf
Cette étude de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports
(version 3.1 de janvier 2024) analyse le projet de développement de RER
métropolitains dans dix métropoles françaises annoncé en novembre 2022. Elle
insiste sur l'importance de la qualité de service pour créer un véritable choc d'offre et
favoriser les changements de comportements.
7.2. Banque des Territoires - Accord de financement IDFM 2024-2031
URL : https://www.banquedesterritoires.fr/ile-de-france-mobilites-boucle-un-accord-
de-financement-perenne-avec-letat-pour-la-periode-2024
Cette source détaille le protocole de financement signé en septembre 2023 entre l'État
et Île-de-France Mobilités pour la période 2024-2031, prévoyant une répartition 52,5%
de recettes fiscales et 47,5% de recettes locales et tarifaires, avec une hausse du
versement mobilité de 0,25 point et une augmentation de 200% de la taxe de séjour.
7.3. Transbus.org - Dossier BHNS
URL : https://www.transbus.org/dossiers/bhns.html
Ce dossier thématique présente le concept de BHNS issu du BRT américain, ses
caractéristiques (axe dédié en site propre, priorité aux feux, stations aménagées) et
les réalisations françaises. Il constitue une ressource pédagogique sur l'évolution des
BHNS en France.
7.4. Transbus.org - Organisation des transports publics de voyageurs
URL : https://www.transbus.org/dossiers/ao.html
https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2003-2-page-261.htm
https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2003-2-page-261.htm
https://www.fnaut.fr/uploads/2024/08/Etude-les-services-express-regionaux-metropolitains-v3.1.pdf
https://www.fnaut.fr/uploads/2024/08/Etude-les-services-express-regionaux-metropolitains-v3.1.pdf
https://www.banquedesterritoires.fr/ile-de-france-mobilites-boucle-un-accord-de-financement-perenne-avec-letat-pour-la-periode-2024
https://www.banquedesterritoires.fr/ile-de-france-mobilites-boucle-un-accord-de-financement-perenne-avec-letat-pour-la-periode-2024
https://www.transbus.org/dossiers/bhns.html
https://www.transbus.org/dossiers/ao.html
Cette ressource détaille l'organisation institutionnelle des transports publics en
France, le rôle des autorités organisatrices de la mobilité, l'évolution réglementaire
depuis la loi NOTRe. Elle fournit le contexte institutionnel nécessaire à la
compréhension du système français.
AQST
Partie D
BILAN DE QUALITÉ DE SERVICE
DES TRANSPORTS DE VOYAGEURS PAR AUTOCAR
LIBREMENT ORGANISÉ (SLO)
ANNÉE 2024
1. SYNTHÈSE
Le secteur du transport par autocar en service librement organisé (SLO) en France a
connu en 2024 une année contrastée marquée par une reprise significative du trafic,
mais également par une dégradation notable de la qualité de service, dans un
contexte de perturbations multiples.
1.1. Une reprise du trafic confirmée
Avec 11,1 millions de passagers sur les liaisons domestiques en 2024, le secteur
dépasse enfin son niveau de 2019 de 5 %, après plusieurs années de recul post crise
sanitaire. La fréquentation totale, incluant les passagers internationaux, atteint près
de 18 millions de voyageurs, soit une progression de 25 % par rapport à 2019. Cette
performance traduit une forte dynamique du marché avec une hausse de 14 % du
trafic domestique sur un an et 6 % pour l'international.
L'offre a également progressé de manière record. Avec 120 millions d'autocars-
kilomètres parcourus et 832 départs quotidiens en moyenne, les niveaux de 2024
constituent les plus élevés jamais enregistrés depuis la libéralisation du secteur en
2015. Le réseau stabilisé autour de 200 villes desservies témoigne d'une densification
des liaisons plutôt que d'une extension géographique.
1.2. Une dégradation préoccupante de la qualité de
service
Les indicateurs de qualité de service se sont nettement détériorés en 2024, plaçant
cette année parmi les plus difficiles de la décennie pour les voyageurs. Le taux de
retard au-delà de 15 minutes a atteint 24 % des trajets, soit une hausse de 2,5 points
par rapport à 2023 et de 12 points par rapport à 2019.
Le taux d'annulation, bien que demeurant relativement modéré à 1 %, a augmenté de
0,2 point par rapport à 2023. Ces annulations et retards sont d'autant plus
problématiques que les autocars SLO constituent souvent la principale solution de
mobilité pour les populations à revenus modestes (avec le covoiturage dans une
certaine mesure) ainsi que dans les territoires mal desservis par le train.
1.3. Des facteurs explicatifs conjoncturels et structurels
Facteurs conjoncturels.
L'année 2024 a été marquée par deux événements majeurs ayant fortement perturbé
la circulation routière. Les mobilisations agricoles de janvier-février 2024 ont entraîné
des blocages massifs d'autoroutes avec plus d'une centaine d'échangeurs fermés et
une trentaine d'autoroutes coupées au pic du mouvement. Les épisodes neigeux et
verglas de janvier et novembre 2024 ont également causé d'importantes perturbations
en Île-de-France avec des centaines de véhicules bloqués et des fermetures d'axes
structurants comme l'A13.
Facteurs structurels.
Au-delà de ces éléments conjoncturels, des facteurs structurels pèsent sur la qualité
de service. La congestion croissante du réseau routier français, particulièrement aux
abords des grandes agglomérations, constitue un défi permanent. Le marché français
se caractérise également par un duopole FlixBus-BlaBlaCar qui concentre 94 % des
passagers sur les liaisons en concurrence, situation de pression concurrentielle limitée
qui pourrait contribuer à une moindre tension sur la qualité de service
1.4. Infrastructure des gares routières inadaptée
Le rapport de l'ART met en évidence un déficit significatif de la qualité des gares
routières. Parmi les dix gares les plus fréquentées de France, 3 ne remplissent pas la
moitié des critères de qualité attendus. Des équipements essentiels font défaut dans
de nombreuses gares : 3 gares sur 10 ne disposent pas d'information dynamique, la
moitié n'offre pas de billetterie physique, et certaines gares comme Lille-Europe
accueillent plus d'un million de passagers annuels avec pour seul équipement un
simple abribus.
Cette situation contraste avec les standards internationaux observés dans les grandes
gares européennes et constitue un frein à l'attractivité du mode autocar. Le tarif moyen
d'accès aux gares payantes a augmenté de 5 % pour s'établir à 5,17 euros HT par
« toucher de quai », mais cette augmentation ne s'est pas traduite par une
amélioration proportionnelle des équipements.
1.5. Des atouts à préserver
Malgré ces difficultés, le transport par autocar SLO conserve des atouts majeurs. Avec
un tarif moyen de 6 euros pour 100 kilomètres, il demeure le mode de transport
collectif le moins cher. Sur le plan environnemental, les émissions de CO2 par
passager restent stables autour de 23 grammes d'équivalent CO2 par passager-
kilomètre, soit près de cinq fois moins qu'une voiture particulière et mieux que les
trains Intercités thermiques.
Le secteur a généré 181 millions d'euros de recettes domestiques en 2024 et emploie
2 745 équivalents temps plein, contribuant ainsi significativement à l'économie du
transport. Le taux d'occupation moyen de 65 % témoigne d'une utilisation relativement
efficace des capacités.
1.6. Perspectives et recommandations
L'année 2024 soulève des interrogations sur la capacité du secteur à maintenir sa
dynamique de croissance tout en améliorant significativement sa qualité de service.
Les défis sont multiples : modernisation et équipement des gares routières, adaptation
aux nouvelles exigences des voyageurs en matière d'information en temps réel et de
billetterie, gestion des perturbations climatiques appelées à se multiplier avec le
réchauffement climatique.
Une attention particulière devra être portée à l'évolution de la concurrence sur le
marché, au développement d'une gouvernance adaptée des gares routières, et à la
prise en compte plus systématique des flux SLO dans la planification des
infrastructures de transport. L'enjeu est de permettre à ce mode de transport
accessible et peu émetteur de carbone de jouer pleinement son rôle dans la mobilité
durable des Français.
2. CONTEXTE GÉNÉRAL DE L'ANNÉE 2024
2.1. Un marché en pleine maturité
Dix ans après la libéralisation du secteur par la loi du 6 août 2015, le marché du
transport par autocar librement organisé a transporté plus de 100 millions de
passagers cumulés. Le secteur s'est consolidé autour d'un duopole constitué de
FlixBus et BlaBlaCar qui dominent désormais 94 % du trafic sur les liaisons en
concurrence. Cette concentration du marché, en hausse par rapport aux années
précédentes, s'accompagne d'une stabilisation du réseau autour de 200 villes
desservies depuis 2022.
Le modèle économique du secteur repose sur des tarifs attractifs, un taux de
remplissage élevé et une optimisation continue des coûts d'exploitation. Les recettes
domestiques cumulées depuis 2015 dépassent un milliard d'euros, démontrant la
viabilité économique de ce mode de transport. Le secteur emploie en moyenne 2 200
équivalents temps plein par an, avec une très forte proportion de conducteurs
représentant 96 % des effectifs.
2.2. Les perturbations majeures de 2024
Les mobilisations agricoles de janvier-février 2024
À partir du 18 janvier 2024, le mouvement des agriculteurs s'est intensifié avec des
blocages d'autoroutes dans toute la France. Le mouvement a atteint son paroxysme
fin janvier avec le siège de Paris et le blocage de huit autoroutes autour de la capitale.
Au pic du mouvement, le concessionnaire Vinci Autoroutes recensait plus d'une
centaine d'échangeurs fermés et une trentaine d'autoroutes coupées.
Les axes les plus touchés incluaient l'A9 fermée entre Orange et Perpignan pendant
plusieurs jours, l'A64 entre Toulouse et Bayonne, l'A63 en Gironde, ainsi que de
nombreux axes en Occitanie, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Grand Est. Ces
blocages ont désorganisé le transport routier pendant près de deux semaines,
entraînant des détournements massifs sur le réseau secondaire et des allongements
de trajets de 20 à 30 %.
Une seconde vague de mobilisation a eu lieu en novembre et décembre 2024, avec
notamment des blocages sur l'A9 au péage du Boulou, des perturbations en Île-de-
France sur la N118, et des actions ciblées dans le Sud-Ouest. Bien que moins
intenses que la première vague, ces mobilisations ont continué d'affecter la régularité
du trafic autoroutier jusqu'en fin d'année.
Les épisodes neigeux et verglas
L'année 2024 a été marquée par plusieurs épisodes neigeux et de verglas
particulièrement perturbateurs pour la circulation routière. En janvier 2024, des chutes
de neige en Île-de-France ont entraîné le blocage de près de 1 000 véhicules sur les
routes, principalement sur l'autoroute A13 qui a dû être fermée sur une dizaine de
kilomètres entre Orgeval et Rocquencourt. Le plan neige-verglas de niveau 2 a été
activé avec limitation de vitesse à 70 kilomètres par heure sur les axes structurants.
En novembre 2024, un nouvel épisode lié à la dépression Caetano a touché l'Île-de-
France avec plus de 250 kilomètres de bouchons recensés. La circulation a été
particulièrement difficile sur la N10 à hauteur de Trappes et sur la N12. En
Champagne-Ardenne, les pluies verglaçantes du 17 janvier ont immobilisé 550 poids
lourds dans les Ardennes et 600 dans la Marne, bloquant notamment l'A26 à la sortie
de Reims. Ces conditions météorologiques ont également affecté le Calvados,
l'Aveyron et le Tarn avec des vigilances orange neige-verglas.
Ces épisodes météorologiques, bien que ponctuels, ont eu un impact significatif sur
la ponctualité des autocars, avec des retards pouvant atteindre plusieurs heures et
des annulations en cascade. Ils soulignent la vulnérabilité du transport routier face aux
aléas climatiques, phénomène appelé à s'amplifier avec le dérèglement climatique.
2.3. Le cadre réglementaire et institutionnel
En 2024, l?ART a publié son dixième rapport annuel sur le secteur, confirmant son rôle
central dans la transparence du marché et l'équité d'accès aux infrastructures. La
régulation des liaisons de 100 kilomètres ou moins, mise en place depuis 2015, a fait
l'objet d'un bilan décennal qui conclut d?après elle à un impact négligeable des
services librement organisés sur l'équilibre économique des services conventionnés.
Sur les 2 247 liaisons déclarées en 2024, seules quelques-unes ont donné lieu à des
saisines de l'ART, confirmant que les craintes initiales d'un écrémage massif du
marché ne se seraient pas concrétisées. Le dispositif de déclaration préalable, bien
qu'il impose des contraintes aux opérateurs avec un délai pouvant atteindre quatre
mois, n'a finalement conduit qu'à 159 avis depuis 2015, dont la majorité ont autorisé
l'exploitation des liaisons.
3. INDICATEURS DE QUALITÉ DE SERVICE
3.1. Ponctualité : une dégradation continue
Le taux de retard au-delà de 15 minutes, indicateur clé de la qualité de service, s'est
établi à 24 % en 2024. Cette performance constitue une dégradation significative de
2,5 points par rapport à 2023 et de 12 points par rapport à 2019. La ponctualité des
autocars SLO n'a cessé de se dégrader depuis 2021, plaçant 2024 parmi les années
les plus difficiles de la décennie pour les voyageurs.
Cette performance est nettement moins favorable que celle observée dans le secteur
ferroviaire, où les trains Intercités affichent un taux de retard de 16 % et les trains
aptes à la grande vitesse de 10 % à un seuil voisin de 15 minutes en général. L'écart
s'est donc creusé entre le transport par autocar et le transport ferroviaire en matière
de ponctualité.
Parmi les retards constatés, la majorité se situe entre 15 et 30 minutes (57 % des
cas), suivis par les retards de 30 à 60 minutes (30 %). Seule une petite proportion de
retards (3 %) dépasse les deux heures. Cette distribution montre que si les retards
massifs restent exceptionnels, les perturbations modérées affectent désormais près
d'un quart des trajets.
3.2. Régularité : un taux d'annulation en légère hausse
En 2024, 2 938 trajets ont été annulés, hors déprogrammations anticipées, ce qui se
traduit par un taux d'annulation de 1 % sur l'année. Alors qu'il était stable depuis
plusieurs années à 0,8 %, le taux d'annulation a très légèrement augmenté de 0,2
point en 2024. Ce niveau demeure modéré comparé aux standards européens, mais
la tendance à la hausse mérite d'être surveillée.
Les liaisons domestiques et internationales sont concernées de manière comparable
par les suppressions de services. Les causes d'annulation sont multiples : conditions
météorologiques défavorables, blocages routiers, pannes mécaniques, ou encore
problèmes de personnel. Les mouvements sociaux des agriculteurs ont
particulièrement contribué aux annulations du premier trimestre 2024.
3.3. Information et gestion des perturbations
Au-delà des indicateurs quantitatifs de ponctualité et de régularité, la qualité de
l'information fournie aux voyageurs en cas de perturbation constitue un élément
essentiel du service. Les témoignages recueillis sur les forums de consommateurs et
les avis en ligne révèlent des lacunes importantes dans ce domaine.
Les voyageurs déplorent fréquemment un manque de communication proactive de la
part des opérateurs en cas de retard ou d'annulation. L'information arrive souvent
tardivement, parfois seulement à l'heure prévue de départ du bus. Les applications
mobiles ne permettent pas toujours un suivi en temps réel fiable de la localisation des
autocars. De plus, en cas d'annulation, les solutions de remplacement proposées ne
sont pas toujours satisfaisantes.
Un phénomène particulier a été rapporté à plusieurs reprises par les associations de
consommateurs : des cas de voyageurs n'ayant pas pu remonter dans le bus après
les pauses pendant les trajets. Bien que ces incidents soient liés au mode
d'exploitation visant à prévenir des retards trop importants, ils génèrent des
désagréments majeurs pour les voyageurs et nuisent à l'image du secteur.
3.4. Droits des passagers et réclamations
Le règlement européen 181/2011 définit les droits des passagers voyageant en
autocar.
Pour les trajets de plus de 250 kilomètres, en cas d'annulation ou de retard excédant
deux heures, les transporteurs sont tenus de proposer la poursuite du voyage ou le
remboursement du billet. En cas d'annulation sans solution alternative, les passagers
ont droit à une indemnisation équivalente à 50 % du prix du billet.
Pour les retards de plus de 90 minutes sur des voyages de plus de trois heures, les
transporteurs doivent offrir gratuitement des collations, repas ou rafraîchissements, et
si nécessaire un hébergement dans la limite de 80 euros par nuit pour deux nuits
maximum. Toutefois, les retours d'expérience des voyageurs suggèrent que ces
obligations ne seraient pas toujours respectées de manière systématique.
Les procédures de réclamation auprès des opérateurs sont jugées complexes par de
nombreux voyageurs. Les délais de réponse sont parfois longs, et l'obtention d'un
dédommagement nécessite souvent une démarche active et trop souvent
persévérante de la part du passager. Cette situation contraste avec les standards
observés dans d'autres modes de transport comme le ferroviaire ou l'aérien.
4. INFRASTRUCTURES ET GARES ROUTIÈRES
4.1. Un niveau d'équipement insuffisant
L'analyse des équipements disponibles dans les dix gares routières les plus
fréquentées de France révèle des carences importantes. Trois de ces gares ne
remplissent pas la moitié des critères de qualité attendus. La gare de Lille-Europe, qui
accueille plus d'un million de passagers par an, ne propose qu'un simple abribus sans
aucun des neuf services essentiels identifiés par l'ART.
L'information dynamique fait défaut dans 3 des 10 gares les plus fréquentées.
Pourtant, cette information en temps réel est indispensable pour les opérateurs SLO
dont les horaires évoluent fréquemment et qui ne disposent généralement pas de
quais qui leur soient spécifiquement attribués. Sans affichage dynamique, les
voyageurs peuvent souvent peiner à localiser leur autocar et à être informés des
retards éventuels.
La billetterie physique, autre service essentiel, n'est présente que dans la moitié des
grandes gares. Or, environ 10 % des titres des SLO seraient achetés sur place,
principalement par des voyageurs soit recherchant le contact humain, soit préférant le
paiement comptant, ou peu familiers avec les outils numériques. L'absence de
billetterie pénalise ces publics et limite l'accessibilité du service.
4.2. Les recommandations du comité de concertation
Le premier comité de concertation des gares routières réuni en 2024 a identifié deux
axes prioritaires d'amélioration. Premièrement, l'information diffusée en gare doit
devenir pleinement dynamique. Elle doit indiquer en temps réel le quai de départ,
l'horaire actualisé et les éventuels retards. Cette information doit être centralisée,
claire, et équitablement accessible à tous les opérateurs.
Deuxièmement, l'accès à une billetterie physique doit être garanti selon des standards
adaptés à la taille de chaque gare. Dans les petites gares, la mutualisation des
guichets existants ou l'installation d'automates multimodaux est recommandée,
particulièrement lorsque la fréquentation dépasse 300 000 voyageurs par an. Dans
les grandes gares, la mise en place d'automates ou de guichets dédiés est préconisée.
Le comité a également souligné la nécessité d'améliorer la qualité, la fiabilité et le
format des données transmises par les opérateurs pour permettre une large
interopérabilité.
L'intégration de tous les services réguliers, y compris les SLO, dans les outils de
mobilité en tant que service (MaaS) devrait constituer un objectif important pour
faciliter la planification des déplacements multimodaux.
4.3. La question de la gouvernance des gares
Les « Rencontres sur les gares routières » organisées par l'ART en septembre 2024
ont mis en lumière une carence majeure en matière de gouvernance. L'autorité
organisatrice de la mobilité locale, chargée du transport public conventionné, n'est
généralement pas responsable de l'accueil des services librement organisés. Cette
situation engendre un manque de coordination et de vision stratégique pour le
développement des infrastructures.
Une meilleure prise en compte des flux SLO dans la planification des infrastructures
constitue un levier stratégique. Dans certaines gares comme celles de Grenoble ou
Toulouse, ces flux peuvent représenter environ 30 % du trafic total. Leur anticipation
permettrait d'optimiser la gestion des infrastructures existantes et d'ajuster le
dimensionnement de projets structurants comme le Pôle d'Échanges Multimodal de
Bordeaux.
La refonte du modèle de gouvernance des gares, identifiée comme un enjeu central
du secteur, pourrait s'appuyer sur un cadre législatif rénové et mieux adapté aux
territoires.
L'instauration d'une instance de gouvernance locale chargée de coordonner la
politique d'accueil des SLO apparaît donc nécessaire pour garantir une cohérence
entre les différents services de transport.
4.4. L'équilibre économique des gares
Le tarif moyen d'accès aux gares payantes s'est établi à 5,17 euros HT par toucher
de quai en 2024, en hausse de 5 %. Les gares de Paris-Bercy et du terminal Jules
Verne à La Défense pratiquent les tarifs les plus élevés, respectivement 16,04 euros
et 17,52 euros, se rapprochant de la fourchette observée dans les grandes gares
européennes située entre 15 et 20 euros.
Plusieurs modèles économiques coexistent. Certaines gares comme celle d'Aix-en-
Provence sont financées à 100 % par les recettes et ne dépendent pas des
financements publics. D'autres comme Grenoble s'appuient davantage sur des
subventions publiques avec un ratio recettes sur dépenses de seulement 33 %. Les
analyses de l'ART montreraient qu'une tarification adaptée pourraient souvent assurer
l'équilibre économique des gares significatives en couvrant les charges d'exploitation
et les investissements courants.
5. ANALYSE COMPARATIVE ET PERSPECTIVES
5.1. Comparaison avec les autres modes de transport
Avec un taux de retard de 24 % en 2024, les autocars affichent une performance
moins favorable que les trains grande vitesse (10 %) et les Intercités (16 %) à un seuil
voisin de 15 mn. Le taux d'annulation de 1 % des autocars est en revanche inférieur
à celui des TGV qui a atteint 3,4 % en 2023.
Sur le plan tarifaire, les autocars SLO conservent un avantage décisif avec un prix
moyen de 6 euros pour 100 kilomètres, soit significativement moins cher que le train
à longue distance, aux alentours de 10 euros pour 100 kilomètres. Cet écart tarifaire
explique le maintien de la demande malgré la plus grande lenteur de l?autocar SLO en
général.
5.2. Comparaison internationale
Le marché allemand, principale référence européenne, présente une trajectoire
différente de celle du marché français. La fréquentation domestique des autocars SLO
en Allemagne stagne en 2024 par rapport à 2023, avec 10,5 millions de passagers
légèrement inférieurs aux 11,1 millions de la France. Surtout, le marché allemand
n'atteint en 2024 qu'environ 60 %des passagers-kilomètres de 2019, alors que le
marché français a retrouvé et dépassé son niveau d'avant crise sanitaire.
Cette divergence s'explique par plusieurs facteurs. Le réseau ferroviaire allemand
offre une concurrence plus forte avec le « Deutschland-Ticket » à 49 euros par mois
permettant des trajets illimités en transport régional.
Les difficultés économiques de FlixBus en Allemagne, avec une rentabilité souvent
moindre que sur le marché français, ont conduit à une rationalisation de l'offre. Ces
éléments soulignent la spécificité du marché français où les autocars occupent
finalement une place plus importante dans l'offre de mobilité longue distance.
5.3. Les défis structurels à relever
Au-delà des facteurs conjoncturels ayant affecté 2024, le secteur fait face à des défis
structurels majeurs. La congestion du réseau routier français, particulièrement aux
abords des grandes métropoles, constitue une contrainte croissante. Les temps de
parcours s'allongent mécaniquement, rendant plus difficile le respect des horaires
annoncés. Cette tendance devrait s'accentuer avec la croissance démographique et
urbaine.
Le dérèglement climatique pose également des défis inédits. Les épisodes de canicule
provoquent la dilatation des chaussées et augmentent les risques d'incident. Les
tempêtes, inondations et chutes de neige se multiplient et gagnent en intensité. Le
réseau routier français, conçu pour un climat tempéré stable, n'est souvent pas
suffisamment adapté à ces nouvelles contraintes. Les investissements nécessaires
pour renforcer la résilience du réseau face aux aléas climatiques représentent des
montants considérables.
Le manque de personnel qualifié, notamment de conducteurs, constitue un autre défi
structurel. Bien que le secteur ait augmenté ses effectifs de 658 équivalents temps
plein en 2024, l'écart avec le niveau de 2019 reste de 7 %. Les difficultés de
recrutement dans les métiers de la conduite affectent l'ensemble du transport routier
et pourraient limiter la capacité du secteur à développer son offre.
5.4. Les axes d'amélioration prioritaires
L'amélioration de la qualité de service passe en premier lieu par une modernisation
significative des infrastructures de gares routières. L'installation systématique
d'informations dynamiques dans toutes les grandes gares fréquentées, le
développement de la billetterie physique et multimodale, et l'amélioration des
équipements de base constituent des priorités immédiates. Le plan d'investissement
nécessaire doit être chiffré et financé, idéalement par une combinaison à déterminer
de redevances d'usage et de soutien public, en maintenant l?attractivité prix qui fait
l?attractivité du transport par autocar SLO.
Le renforcement de l'information voyageurs en temps réel doit être poursuivi. Les
applications mobiles doivent offrir un suivi GPS précis et fiable des autocars, avec des
alertes proactives en cas de retard ou d'annulation. La communication avec les
voyageurs en situation de perturbation doit être améliorée, avec des protocoles clairs
et des solutions de remplacement systématiquement proposées.
La mise en place d'une gouvernance adaptée des gares routières apparaît comme un
prérequis pour une amélioration durable. Cette gouvernance doit associer les autorités
organisatrices de la mobilité, les gestionnaires d'infrastructures, les opérateurs de
transport et les représentants des usagers. Elle doit permettre une planification
cohérente du développement des gares en tenant compte de l'ensemble des besoins
de mobilité du territoire.
6. CONCLUSION
L'année 2024 aura été une année paradoxale pour le transport par autocar librement
organisé en France. D'un côté, le secteur a confirmé sa dynamique de croissance
avec un dépassement du niveau de trafic de 2019 et des records historiques en termes
d'offre et de fréquentation. De l'autre, la qualité de service s'est dégradée de manière
préoccupante, plaçant 2024 parmi les années les plus difficiles de la décennie pour
les voyageurs en matière de ponctualité.
Cette situation révèle les tensions auxquelles le secteur doit faire face. La demande
de mobilité accessible continue de progresser, stimulée par des tarifs attractifs et une
offre géographiquement étendue. Mais les infrastructures routières et les gares
routières peinent à absorber cette croissance tout en maintenant un niveau de service
satisfaisant. Les perturbations conjoncturelles de 2024 ont agi comme un révélateur
de fragilités structurelles plus profondes.
Le transport par autocar SLO conserve néanmoins des atouts décisifs. Son
accessibilité tarifaire en fait un mode de transport irremplaçable pour de nombreuses
populations, notamment dans les territoires peu denses. Ses performances
environnementales, avec des émissions de CO2 par passager cinq fois inférieures à
la voiture particulière, certes moins bonnes en général que celles du train électrique,
en font un contributeur essentiel à la transition écologique de la mobilité. Son modèle
économique viable sans subventions publiques garantit sa pérennité.
Les années à venir seront déterminantes. Le secteur devra relever simultanément
plusieurs défis : moderniser les gares routières et les adapter aux standards
européens, améliorer la ponctualité malgré la congestion croissante du réseau routier,
s'adapter aux perturbations climatiques de plus en plus fréquentes, et maintenir la
pression concurrentielle malgré la concentration du marché autour d'un duopole.
L'enjeu n'est pas seulement économique ou technique. Il s'agit de garantir à tous, quel
que soit leur lieu de résidence et leur niveau de revenus, un accès effectif à une
mobilité de qualité. Le transport par autocar librement organisé, par son
positionnement unique entre service public et marché concurrentiel, peut et doit jouer
pleinement ce rôle d'inclusion sociale et territoriale.
L'amélioration de la qualité de service dans ce secteur n'est donc pas qu'une question
de confort pour les usagers. Elle conditionne la crédibilité et l'acceptabilité sociale d'un
mode de transport qui constitue, pour des millions de Français, l'unique alternative à
la voiture individuelle pour leurs déplacements longue distance. C'est à cette aune
que devront être jugés les progrès accomplis dans les années à venir.
7. ANNEXE BIBLIOGRAPHIQUE
Les sources suivantes ont été consultées et analysées pour l'élaboration de ce bilan.
Pour chaque source, les principaux enseignements sont synthétisés.
1. Autorité de régulation des transports. Rapport annuel sur le marché du
transport par autocar et sur les gares routières en France en 2024. Juin 2025.
Ce document constitue la source principale de données quantitatives sur le secteur. Il
fournit les indicateurs clés de trafic avec 11,1 millions de passagers domestiques et
18 millions au total, le taux de retard de 24 % et le taux d'annulation de 1 %. Il
documente également l'état des infrastructures avec l'analyse des équipements dans
les dix gares les plus fréquentées, et présente les travaux du comité de concertation
sur l'information dynamique et la billetterie. Le rapport confirme la reprise du trafic au-
dessus du niveau de 2019 et identifie les lacunes majeures des gares routières.
2. Autorité de la qualité de service dans les transports. Bilan 2023 de la
qualité de service des transports de voyageurs en France. 2024.
Ce bilan multimodal permet une mise en perspective des performances du transport
par autocar avec les autres modes. Il révèle que 2023 a été l'une des pires années de
la décennie pour la ponctualité ferroviaire et aérienne, avec des taux de retard
respectifs de 14,6 % pour les TGV et supérieurs à 15 % pour l'aérien. Le rapport
identifie les causes structurelles comme le manque de personnel et le dérèglement
climatique, ainsi que les causes conjoncturelles dont les mouvements sociaux. Cette
analyse contextuelle éclaire les difficultés rencontrées également par le secteur
routier.
3. Mouvement des agriculteurs de 2024 en France. Article Wikipédia consulté
le 26 décembre 2025.
Cet article documente précisément la chronologie et l'ampleur des blocages routiers
liés aux mobilisations agricoles. Il détaille le « siège » de Paris fin janvier avec huit
autoroutes bloquées, les fermetures de l'A9 entre Orange et Perpignan, de l'A64 et de
l'A63 dans le Sud-Ouest. Le bilan fait état de plus d'une centaine d'échangeurs fermés
et d'une trentaine d'autoroutes coupées au pic du mouvement. Cette source permet
de quantifier l'impact des perturbations de janvier-février puis de novembre-décembre
2024 sur la circulation routière et donc indirectement sur la ponctualité des autocars.
4. Lyseo. Grève des agriculteurs point de situation et impacts sur le transport de
marchandises. Blog Lyseo, janvier 2024.
Cet article professionnel du secteur logistique apporte un éclairage sur les
conséquences concrètes des blocages agricoles. Il mentionne des retards significatifs
dans les livraisons, une hausse des coûts de transport, et des difficultés de circulation
notamment sur les axes A1, A4, A5, A6, A7, A10, A13, A15 et A16. Il confirme que le
secteur du transport routier a subi des perturbations majeures pendant plusieurs
semaines, avec des détours obligeant à emprunter le réseau secondaire et des
allongements de trajets de 20 à 30 %.
5. Préfecture de police de Paris et préfectures départementales.
Communiqués sur les épisodes neige-verglas, janvier et novembre 2024.
Ces communiqués officiels documentent les épisodes météorologiques ayant
perturbé la circulation en Île-de-France et dans plusieurs régions. Ils font état du
blocage de près de 1 000 véhicules sur l'A13 en janvier, de l'activation du plan neige-
verglas de niveau 2 avec limitation à 70 kilomètres par heure, et de plus de 250
kilomètres de bouchons en novembre. En Champagne-Ardenne, 550 poids lourds ont
été immobilisés dans les Ardennes et 600 dans la Marne. Ces sources officielles
permettent de quantifier précisément l'ampleur des perturbations météorologiques de
2024.
6. France Bleu et médias régionaux. Articles sur les manifestations agricoles et
conditions météorologiques. Novembre-décembre 2024.
La couverture médiatique régionale a permis de suivre en temps réel l'évolution des
blocages agricoles de fin 2024, avec notamment des informations sur les
perturbations sur l'A63 en Gironde, l'A64 en Haute-Garonne, et les actions en Île-de-
France sur la N118. Ces sources confirment que malgré une intensité moindre qu'en
janvier-février, les perturbations se sont poursuivies jusqu'en fin d'année avec un
impact sur la régularité des transports routiers.
7. Ministère de l'Économie. Voyage en autocar annulation retard accident quels
sont vos droits. Site economie.gouv.fr, 2024.
Ce document officiel rappelle le cadre réglementaire européen applicable aux droits
des passagers d'autocar. Il précise les obligations des transporteurs en cas
d'annulation ou de retard de plus de 90 minutes sur des trajets de plus de 250
kilomètres, incluant le remboursement, le réacheminement, et dans certains cas
l'hébergement et les repas. Cette source permet de contextualiser les manquements
éventuels des opérateurs par rapport à leurs obligations légales.
8. Forums de consommateurs et avis en ligne. Témoignages d'usagers sur les
services FlixBus et BlaBlaCar. Tripadvisor, Trustpilot, Forum Que Choisir,
2024.
Les témoignages de voyageurs collectés sur ces plateformes révèlent des
problématiques récurrentes de qualité de service. Les retards fréquents, parfois de 1
à 2 heures, les annulations de dernière minute avec information tardive, et les
difficultés à obtenir un dédommagement sont largement documentés. Des cas de
voyageurs oubliés sur les aires d'autoroute lors des pauses sont également rapportés.
Ces sources qualitatives complètent les données quantitatives de l'ART en illustrant
le vécu des usagers.
9. Banque des Territoires. Observatoire 2023 de la qualité de service dans les
transports retards et annulations toujours en hausse. 11 juin 2024.
Cet article analyse le bilan de l'AQST et met en perspective la dégradation généralisée
de la qualité de service dans tous les modes de transport en 2023. Il souligne que le
retour du trafic post-COVID coïncide avec de nouveaux défis que les exploitants
peinent à relever, notamment en matière de sûreté, fréquence et gestion. Les
mouvements sociaux et les aléas météorologiques sont identifiés comme des facteurs
aggravants dans un contexte structurellement difficile.
10. L'Antenne avec l'AFP. Manifestations agricoles retour à la normale pour les
transporteurs routiers. 5 février 2024.
Cet article professionnel du secteur transport confirme l'ampleur des perturbations
subies par le transport routier pendant les deux semaines de mobilisation agricole. Il
mentionne la désorganisation majeure du secteur, les détours obligatoires sur le
réseau secondaire entraînant des allongements de 20 à 30 %, et les incidents avec
pillages de camions étrangers. L'article indique qu'au pic du mouvement, Vinci
Autoroutes recensait plus d'une centaine d'échangeurs fermés et une trentaine
d'autoroutes coupées, chiffres confirmant l'impact massif sur la circulation.
AQST
Partie E
Bilan de la qualité de service des
transports réguliers de voyageurs
par autocar conventionné en France
en 2024
Hors autocars SLO et bus urbains
Analyse basée sur la norme NF EN 13816
1. Introduction et cadre de l'analyse
Le présent bilan porte exclusivement sur les transports réguliers de voyageurs par
autocar conventionné en France métropolitaine en 2024, à savoir les services
d'autocars régionaux et ex-départementaux organisés par les autorités organisatrices
de la mobilité. Sont expressément exclus de cette analyse les services librement
organisés (SLO) et les transports urbains qui relèvent d'autres cadres réglementaires
et organisationnels.
Depuis la loi NOTRe du 7 août 2015, les régions sont devenues autorités
organisatrices des transports non urbains et des transports scolaires, reprenant les
compétences anciennement dévolues aux départements. Cette réorganisation
territoriale a profondément modifié la gouvernance du secteur, avec des transferts
effectifs réalisés le 1er janvier 2017 pour les transports non urbains et le 1er
septembre 2017 pour les transports scolaires.
En 2024, le secteur des autocars régionaux et interurbains transportait
quotidiennement environ 200 000 voyageurs hors transports scolaires, avec un réseau
composé d'environ 2 650 autocars régionaux et 120 minibus desservant près de 28
000 points d'arrêts routiers. Les lignes régulières interurbaines représentent environ
13,8 millions de voyages annuels sur l'ensemble du territoire français.
La norme européenne NF EN 13816, adoptée en septembre 2002 et toujours en
vigueur, constitue le référentiel méthodologique de cette analyse. Cette norme spécifie
les exigences pour définir, cibler et mesurer la qualité de service dans le transport
public de voyageurs. Elle structure l'approche qualité autour de huit critères majeurs
qui couvrent de façon exhaustive les principales dimensions des attentes des usagers.
2. Cadre normatif et réglementaire
2.1. La norme NF EN 13816 et ses principes
La norme NF EN 13816 définit la qualité de service comme la capacité d'un service
de transport à répondre aux attentes des clients. Elle s'articule autour de huit critères
fondamentaux qui permettent d'évaluer la performance globale d'un service de
transport public.
Les huit critères de la norme sont :
? Disponibilité : couverture géographique et temporelle du service
? Accessibilité : facilité d'accès au système de transport
? Information : renseignement systématique sur le service
? Temps : respect des horaires et durées de trajets
? Attention portée au client : prise en compte des besoins individuels
? Confort : agrément du voyage
? Sécurité : sentiment de protection personnelle
? Impact environnemental : effets sur l'environnement
Cette norme est complétée par le fascicule de documentation FD X50-808 qui fournit
des lignes directrices pour l'application de la NF EN 13816 aux lignes de transport
terrestres et lieux d'échanges, ainsi que par la norme NF EN 15140 qui définit les
exigences fondamentales pour les systèmes de mesure de la qualité réalisée dans les
services de transport public de voyageurs.
2.2. Cadre réglementaire français et européen
Le transport interurbain par autocar en France s'inscrit dans un cadre réglementaire
complexe articulant normes européennes et dispositions nationales. Au niveau
européen, le règlement CE n° 1073/2009 établit les règles communes pour l'accès au
marché international des transports par autocar et autobus. La directive 2001/85/CE
impose des prescriptions techniques particulières concernant la structure renforcée
des véhicules, les issues de secours et les équipements de sécurité obligatoires.
En France, la loi Macron du 6 août 2015 a introduit une libéralisation partielle du
secteur en créant les services librement organisés (SLO) sur les liaisons de plus de
100 kilomètres, tout en maintenant le cadre conventionné pour les services régionaux
et départementaux.
Les conditions de travail des conducteurs sont encadrées par le règlement CE n°
561/2006 relatif aux temps de conduite et de repos, qui limite la conduite continue à
4h30 suivies d'une pause obligatoire de 45 minutes, avec une durée quotidienne
maximale de travail fixée à 10 heures. Ces dispositions visent à garantir la sécurité
des voyageurs et des conducteurs tout en assurant des conditions de travail
acceptables.
3. État des lieux de la qualité de service en 2024
3.1. Disponibilité et accessibilité du service
La disponibilité du service d'autocars régionaux en France présente une couverture
territoriale relativement étendue avec 114 lignes régulières interurbaines et environ 3
400 circuits scolaires. Cette offre assure une desserte de 477 municipalités et permet
de réaliser environ 13,8 millions de voyages annuels sur les lignes commerciales
routières interurbaines. Les régions investissent massivement dans ce secteur, avec
par exemple la région Pays de la Loire consacrant un budget de 445 millions d'euros
en fonctionnement et 102 millions en investissement pour 2025.
L'accessibilité aux personnes à mobilité réduite constitue un enjeu majeur. La plupart
des véhicules récents sont équipés d'élévateurs UFR permettant le transport d'une
personne en fauteuil roulant. Les lignes de courte distance en zone périurbaine
utilisent majoritairement des autocars avec plancher bas à l'avant, facilitant
l'embarquement. Cependant, tous les arrêts ne disposent pas des aménagements
nécessaires, créant des ruptures dans la chaîne d'accessibilité.
3.2. Information voyageurs : un critère essentiel en
développement
L'information voyageurs représente l'un des critères les plus critiques selon la norme
NF EN 13816. En 2024, ce domaine connaît une évolution contrastée dans le secteur
des autocars interurbains. Les Systèmes d'Aide à l'Exploitation et d'Information
Voyageurs (SAEIV) se développent progressivement, permettant de fournir une
information en temps réel sur la localisation des véhicules, les horaires de passage
aux arrêts et les perturbations éventuelles.
Les solutions technologiques déployées comprennent des girouettes à LEDs pour
l'identification des véhicules, des bandeaux lumineux et écrans TFT embarqués
affichant les prochains arrêts et correspondances, ainsi que des applications mobiles
permettant la géolocalisation en temps réel des autocars. Certains réseaux proposent
des bornes d'information voyageurs aux principaux arrêts, tandis que des alternatives
numériques via QR Code se développent pour les points d'arrêts non équipés.
Néanmoins, la généralisation de ces dispositifs reste inégale sur le territoire. De
nombreux réseaux interurbains accusent un retard technologique par rapport aux
réseaux urbains, avec des systèmes d'information statiques limités aux fiches horaires
papier et plans de lignes. L'absence d'information en temps réel constitue un frein
majeur à l'attractivité du service, particulièrement pour les usagers occasionnels et les
nouveaux clients potentiels.
3.3. Ponctualité et respect des horaires
La ponctualité constitue un indicateur fondamental de la qualité de service.
Les conventions TER entre régions et les transporteurs ferroviaires intègrent
désormais de plus en plus des mécanismes de bonus-malus pour l'atteinte des
objectifs en matière de ponctualité. Des dispositifs similaires devraient être
généralisés pour les services routiers conventionnés afin d'inciter les opérateurs à
améliorer leurs performances. Les SAEIV permettent aux exploitants de suivre en
temps réel l'avance ou le retard des véhicules et d'analyser la ponctualité des lignes
pour ajuster les horaires de passage aux arrêts.
3.4. Confort et équipements des véhicules
Le niveau de confort des autocars interurbains s'est significativement amélioré ces
dernières années. Les véhicules modernes sont équipés de sièges confortables avec
tablettes et repose-pieds, de climatisation, et parfois de prises électriques individuelles
et de connexion WiFi.
La transition énergétique du parc progresse avec la conversion progressive vers des
motorisations moins polluantes. Cette évolution contribue à l'amélioration du critère
impact environnemental de la norme EN 13816.
3.5. Sécurité et formation des conducteurs
La sécurité des transports par autocar bénéficie d'un cadre réglementaire strict. Selon
l'Institut français des sciences et technologies des transports, l'autocar est 20 fois
moins accidentogène que la voiture individuelle. Cette performance s'explique par
plusieurs facteurs : la formation rigoureuse et continue des conducteurs, le bridage en
vitesse des véhicules, et les contrôles réguliers tant des conducteurs que des
véhicules.
Les conducteurs d'autocar doivent obtenir le permis D et suivre une formation continue
obligatoire conformément au règlement CE n° 1073/2009. Les véhicules sont soumis
aux prescriptions de la directive 2001/85/CE imposant une structure renforcée,
plusieurs issues de secours, des équipements obligatoires (extincteurs, marteaux
brise-vitres) et une signalisation claire des sorties. Les contrôles techniques
périodiques vérifient le respect de ces normes de sécurité.
4. Données disponibles et lacunes analytiques
4.1. Sources de données existantes
L'Autorité de régulation des transports (ART) collecte depuis 2016 des informations
auprès des entreprises autocaristes concernant les services réguliers conventionnés.
Cette collecte, réalisée selon les décisions des 2 décembre 2015, 25 mai 2016, 29
mars 2017 et 23 janvier 2020, porte sur l'offre de lignes, la fréquentation, la qualité de
service et certaines informations économiques, sociales et financières. Les données
sont collectées à un rythme trimestriel, semestriel et annuel.
Les régions, en tant qu'autorités organisatrices, disposent également de données sur
leurs réseaux respectifs. Cependant, l'hétérogénéité des systèmes d'information et
des indicateurs de suivi entre régions limite les possibilités de comparaisons
nationales. Certaines régions comme les Hauts-de-France publient des observatoires
régionaux des transports avec des chiffres clés annuels, mais cette pratique n'est
malheureusement pas généralisée.
L'INSEE fournit des données macroéconomiques sur le secteur des transports,
notamment sur les immatriculations de véhicules et l'évolution générale de la
fréquentation des transports en commun. L'association Régions de France compile
également des statistiques globales montrant qu'environ 200 000 voyageurs par jour
utilisent les autocars interurbains hors transports scolaires, et 2,1 millions d'élèves par
jour sont transportés dans le cadre des transports scolaires hors agglomération.
4.2. Lacunes majeures dans l'évaluation de la qualité
Malgré ces sources de données, plusieurs lacunes importantes limitent la capacité à
réaliser une évaluation exhaustive de la qualité de service selon les critères de la
norme NF EN 13816. Premièrement, il n'existe pas de système national unifié de
mesure de la qualité de service pour les autocars conventionnés, contrairement au
secteur ferroviaire où des indicateurs standardisés sont suivis systématiquement dans
le cadre des conventions TER.
L'absence de données consolidées sur la ponctualité constitue une lacune majeure.
Contrairement aux services ferroviaires qui disposent de systèmes automatisés de
mesure des retards, les services d'autocars régionaux ne font pas l'objet d'un suivi
systématique de cet indicateur pourtant fondamental. Les quelques données
disponibles proviennent d'études ponctuelles ou de réseaux ayant déployé des
SAEIV, mais ne permettent pas une vision d'ensemble du secteur.
Les enquêtes de satisfaction voyageurs restent rares et non harmonisées. Chaque
région détermine ses propres critères et méthodologies, rendant impossible toute
comparaison interrégionale robuste. Il manque également des données précises sur
l'accessibilité réelle du service aux personnes à mobilité réduite, au-delà du simple
décompte des véhicules équipés d'élévateurs.
Enfin, l'évaluation de l'information voyageurs souffre d'un manque de données
quantitatives. Bien que des progrès technologiques soient constatés, il n'existe pas
d'indicateur permettant de mesurer le taux de déploiement des systèmes d'information
en temps réel ou le taux de couverture des points d'arrêts équipés. Cette absence de
mesure rend difficile l'appréciation objective des progrès réalisés dans ce domaine
pourtant identifié comme prioritaire par les usagers.
5. Comparaisons européennes
5.1. Cadre normatif européen commun
La norme EN 13816 constitue un référentiel commun à l'ensemble de l'Union
européenne pour l'évaluation de la qualité de service dans les transports publics de
voyageurs. Adoptée dans tous les États membres, elle offre théoriquement une base
commune pour des comparaisons internationales. Cependant, son application
pratique varie considérablement d'un pays à l'autre, chaque État ayant développé ses
propres méthodes et indicateurs de suivi.
Au niveau de la sécurité, l'Union européenne a harmonisé les exigences techniques
par la directive 2001/85/CE qui s'applique uniformément dans tous les États membres.
Cette harmonisation garantit un niveau de sécurité comparable des véhicules circulant
en Europe. Les normes environnementales Euro VI, entrées en vigueur le 1er janvier
2014, imposent également des standards communs pour les émissions polluantes des
autocars, avec une réduction significative des émissions de NOx et de particules par
rapport aux normes antérieures.
5.2. Pratiques européennes en matière de qualité de
service
Plusieurs pays européens ont développé des approches plus systématiques de
mesure et d'amélioration de la qualité de service dans les transports interurbains.
L'Allemagne dispose de systèmes de certification qualité pour les services de cars
express régionaux, avec des audits réguliers vérifiant le respect de standards
minimums en termes d'information, de ponctualité et de confort. Les Länder allemands
intègrent dans leurs contrats de délégation des clauses de pénalités financières en
cas de non-respect des objectifs de qualité.
Les Pays-Bas ont mis en place un système national d'évaluation de la satisfaction
voyageurs avec des enquêtes standardisées réalisées annuellement sur l'ensemble
des réseaux de transport public, y compris les services interurbains par autocar. Ces
enquêtes permettent des comparaisons objectives entre opérateurs et régions, et les
résultats sont publiés pour informer les usagers et créer une émulation entre
opérateurs.
La Grande-Bretagne a développé une approche basée sur des obligations de service
public précises intégrant des indicateurs de performance chiffrés. Les opérateurs de
services subventionnés doivent rendre compte mensuellement de leurs performances
sur des critères définis contractuellement. Cette transparence favorise l'amélioration
continue et permet aux autorités organisatrices d'intervenir rapidement en cas de
dégradation de la qualité.
En Suède, l'agence nationale des transports publie un rapport annuel comparant les
performances de l'ensemble des réseaux de transport public du pays, incluant les
services d'autocars régionaux. Cette publication nationale crée une pression positive
sur les opérateurs et les autorités organisatrices pour améliorer leurs résultats. Elle
permet également d'identifier et de diffuser les bonnes pratiques entre régions.
5.3. Position de la France dans le contexte européen
La France se situe dans une position intermédiaire en Europe concernant la
structuration de l'évaluation de la qualité de service des autocars interurbains. Le
cadre normatif français est solide avec l'adoption de la norme NF EN 13816 et ses
documents d'accompagnement, mais l'application pratique reste fragmentée.
Contrairement à certains pays nordiques ou germaniques qui ont développé des
systèmes nationaux de suivi de la qualité, la France laisse une grande autonomie aux
régions dans la définition et le suivi de leurs indicateurs.
Cette décentralisation présente des avantages en permettant d'adapter les indicateurs
aux spécificités territoriales, mais elle limite la capacité à établir des comparaisons
nationales et à diffuser les bonnes pratiques. L'absence d'observatoire national de la
qualité des services d'autocars conventionnés contraste avec l'existence d'un tel
dispositif pour le secteur ferroviaire notamment.
Sur le plan technologique, la France accuse un certain retard dans le déploiement
généralisé des systèmes d'information voyageurs en temps réel par rapport à des
pays comme l'Allemagne ou les Pays-Bas où ces dispositifs sont quasi-systématiques
sur les réseaux interurbains. Cependant, des initiatives régionales innovantes
émergent, comme le déploiement de systèmes d'information par QR Code ou
d'applications mobiles intégrées offrant une information multimodale.
6. Recommandations pour l'amélioration
6.1. Structuration d'un système national de mesure de la
qualité
La première recommandation concerne la mise en place d'un système national
harmonisé de mesure de la qualité de service des autocars conventionnés, s'inspirant
des dispositifs existants dans le secteur ferroviaire. Ce système devrait définir un socle
d'indicateurs obligatoires alignés sur les huit critères de la norme NF EN 13816, tout
en laissant aux régions la possibilité de compléter avec des indicateurs spécifiques à
leurs enjeux locaux.
Les indicateurs minimums recommandés pourraient inclure : le taux de ponctualité
mesuré au seuil de 5 et 15 minutes de retard, le taux de réalisation des courses
prévues, le taux d'information en temps réel des voyageurs, le taux d'accessibilité
effective aux personnes à mobilité réduite, la fréquence des enquêtes de satisfaction
et le score global de satisfaction, le taux d'équipement en SAEIV et dispositifs
d'information dynamique, ainsi que les émissions de CO2 par voyageur-kilomètre.
Un observatoire national des services d'autocars conventionnés pourrait être créé,
rattaché à une entité existante. Cet observatoire aurait pour mission de collecter les
données, de produire des analyses comparatives annuelles et de diffuser les bonnes
pratiques identifiées. La publication annuelle d'un rapport national de synthèse
permettrait d'instaurer une dynamique d'amélioration continue par comparaison entre
régions.
6.2. Généralisation de l'information voyageurs en temps
réel
L'information voyageurs constitue un levier majeur d'amélioration de la qualité perçue
et de l'attractivité des services. Il est recommandé d'accélérer le déploiement des
SAEIV sur l'ensemble des réseaux interurbains, avec un objectif d'équipement à 100%
des véhicules d'ici 2030. Ce déploiement devrait être soutenu financièrement par l'État
dans le cadre des contrats de plan État-régions, compte tenu des investissements
significatifs requis.
Les points d'arrêts majeurs devraient être équipés de bornes d'information voyageurs
affichant en temps réel les horaires de passage et les éventuelles perturbations. Pour
les arrêts secondaires où l'installation de bornes n'est pas rentable, le déploiement de
codes QR permettant d'accéder à l'information via smartphone constitue une solution
économique et efficace. Les régions devraient également développer des applications
mobiles unifiées permettant d'accéder à l'information multimodale intégrant cars,
trains et autres modes de transport.
La centralisation des données sur le Point d'Accès National (PAN) aux données de
transport, conformément à la loi d'orientation des mobilités de 2019, devrait être
accélérée. Cette centralisation faciliterait le développement d'applications tierces
d'information multimodale et améliorerait la visibilité de l'offre d'autocars interurbains
auprès du grand public.
6.3. Renforcement des mécanismes incitatifs dans les
contrats
Les conventions liant les régions aux opérateurs devraient systématiquement intégrer
des mécanismes de bonus-malus liés à l'atteinte d'objectifs de qualité de service, sur
le modèle des conventions TER. Ces mécanismes créent une incitation financière
forte pour les opérateurs à améliorer leurs performances sur les critères identifiés
comme prioritaires par l'autorité organisatrice.
Les indicateurs clés sur lesquels pourraient porter ces bonus-malus incluent la
ponctualité, le taux de réalisation des services, la fiabilité de l'information voyageurs,
les résultats des enquêtes de satisfaction, et le respect des engagements en matière
d'accessibilité. L'amplitude des bonus-malus devrait être significative, représentant
potentiellement 2% à 5% de la rémunération contractuelle, pour constituer un véritable
levier d'action.
Les conventions devraient également prévoir des clauses d'amélioration continue
avec des objectifs pluriannuels progressifs. Cette approche permet aux opérateurs de
planifier leurs investissements tout en garantissant une amélioration constante de la
qualité du service rendu aux usagers. Des bilans annuels publics des performances
permettraient d'assurer la transparence vis-à-vis des voyageurs et des élus locaux.
7. Conclusion
Le bilan de la qualité de service des transports réguliers de voyageurs par autocar
conventionné en France en 2024 révèle un secteur en mutation profonde, porté par
des investissements importants des régions et une modernisation progressive du parc
de véhicules et des systèmes d'information. La norme NF EN 13816 fournit un cadre
méthodologique solide pour évaluer cette qualité, mais son application pratique reste
insuffisamment systématisée.
Les progrès sont réels dans plusieurs domaines : amélioration du confort des
véhicules, transition énergétique vers des motorisations moins polluantes,
déploiement croissant de systèmes d'information en temps réel, et maintien d'un
excellent niveau de sécurité. Le secteur transporte quotidiennement environ 200 000
voyageurs hors transports scolaires, démontrant son rôle essentiel dans la mobilité
des territoires ruraux et périurbains.
Cependant, des lacunes importantes subsistent. L'absence de système national unifié
de mesure de la qualité limite la capacité à évaluer objectivement les performances et
à comparer les pratiques entre régions. L'information voyageurs en temps réel reste
inégalement déployée sur le territoire. Les données sur la ponctualité, critère
fondamental pour les usagers, font défaut pour la plupart des réseaux. L'accessibilité
effective aux personnes à mobilité réduite nécessite encore des progrès significatifs.
La comparaison européenne montre que la France se situe dans une position
intermédiaire. Le cadre normatif est solide mais l'application pratique est fragmentée.
Des pays comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Suède disposent de systèmes plus
structurés de mesure et de publication de la qualité de service, créant une dynamique
d'amélioration continue par la comparaison et la transparence.
Les principales recommandations portent sur la structuration d'un système national
harmonisé de mesure de la qualité, la généralisation de l'information voyageurs en
temps réel et le renforcement des mécanismes incitatifs dans les conventions. Ces
évolutions nécessiteront des investissements importants mais sont indispensables
pour faire des autocars interurbains un mode de transport attractif, contribuant ainsi
aux objectifs de report modal et de transition écologique.
Le succès de cette transformation repose sur une coopération étroite entre l'État, les
régions, les opérateurs et les autorités de régulation. L'enjeu est considérable : offrir
aux habitants des territoires non desservis par le rail une alternative crédible à la
voiture individuelle, tout en répondant aux défis environnementaux et sociaux de la
mobilité durable.
8. Annexe bibliographique
Cette annexe présente les sources utilisées pour l'élaboration de ce bilan, en précisant
pour chacune leur contribution spécifique à l'analyse. Les liens ont été vérifiés en
décembre 2024.
8.1. Normes et référentiels qualité
AFNOR. (2002). NF EN 13816 - Transport, Logistique et services - Transport public
de voyageurs - Définition de la qualité de service, objectifs et mesures.
Lien : https://www.boutique.afnor.org/fr-fr/norme/nf-en-13816
Utilité : Document normatif de référence définissant les huit critères de qualité de
service et la méthodologie d'évaluation. Base conceptuelle de l'ensemble du bilan.
AFNOR. (2002). FD X50-808 - Qualité des services dans les transports - Identification
des critères de qualité pour le transport de voyageurs - Guide d'application.
Utilité : Fascicule de documentation précisant l'application pratique de la norme EN
13816 aux lignes de transport terrestres et lieux d'échanges.
AFNOR. (2007). NF EN 15140 - Transport public de voyageurs - Exigences
fondamentales et recommandations pour les systèmes de mesure de la qualité
réalisée.
Utilité : Définit les exigences pour les systèmes de mesure de la qualité dans
l'application de la norme EN 13816.
Bidault, J.-M. et Jallageas, M. (2002). Transport public de voyageurs : Qualité de
service - La Norme NF EN 13816. AFNOR Éditions.
Utilité : Ouvrage de référence commentant la norme EN 13816 et proposant une
méthodologie pratique de mise en oeuvre, rédigé par deux responsables qualité de la
RATP.
8.2. Rapports institutionnels et données de référence
Autorité de régulation des transports. (2025, juin). Un marché des autocars longue
distance dynamique, dont la fréquentation en 2024 dépasse largement le niveau de
2019 - Rapport annuel du transport routier de voyageurs et des gares routières 2024.
Lien : https://www.autorite-transports.fr/communiques/un-marche-des-autocars-longue-distance-
dynamique-dont-la-frequentation-en-2024-depasse-largement-le-niveau-de-2019
Utilité : Données chiffrées sur la fréquentation 2024, comparaisons avec les autres
modes de transport, et analyse de la qualité de service des gares routières.
Régions de France. (2024). Mobilité, transports, infrastructures - Compétences et
données des régions.
Lien : https://regions-france.org/mobilite-transports-infrastructures
Utilité : Données nationales consolidées sur les transports régionaux : 200 000
voyageurs par jour en autocars interurbains hors transports scolaires, 2,1 millions
d'élèves transportés quotidiennement, description des compétences régionales.
https://www.boutique.afnor.org/fr-fr/norme/nf-en-13816
https://www.autorite-transports.fr/communiques/un-marche-des-autocars-longue-distance-dynamique-dont-la-frequentation-en-2024-depasse-largement-le-niveau-de-2019
https://www.autorite-transports.fr/communiques/un-marche-des-autocars-longue-distance-dynamique-dont-la-frequentation-en-2024-depasse-largement-le-niveau-de-2019
https://regions-france.org/mobilite-transports-infrastructures
Région Pays de la Loire. (2024). Transports et mobilités durables : Les transports en
commun.
Lien : https://www.paysdelaloire.fr/mon-conseil-regional/les-missions/transports-et-mobilites-
durables/les-transports-en-commun
Utilité : Exemple détaillé d'organisation régionale : 2 650 cars régionaux, 28 000
points d'arrêts, 114 lignes interurbaines, 140 000 élèves transportés, budget de 445
millions d'euros en fonctionnement.
INSEE. (2024). Transports - Une progression modérée en 2024 - Bilan économique
2024 Île-de-France.
Lien : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8354649
Utilité : Données sur l'évolution de la fréquentation des transports collectifs franciliens
en 2024, contexte de reprise post crise sanitaire, statistiques sur les immatriculations
de bus et autocars.
8.3. Information voyageurs et technologies
PYSAE. (2024). Transport interurbain de voyageurs et SAEIV.
Lien : https://web.pysae.com/blog/transport-interurbain
Utilité : Description détaillée des Systèmes d'Aide à l'Exploitation et d'Information
Voyageurs, fonctionnalités d'information en temps réel, enjeux spécifiques du
transport interurbain.
SPEC. SIV SAEIV Billettique transport interurbain et régional - Solutions d'information
voyageurs.
Lien : http://www.spec.fr/siv-saeiv-billettique-transport-interurbain-regional
Utilité : Catalogue des solutions techniques disponibles : girouettes LEDs, bandeaux
lumineux, bornes d'information voyageurs, applications mobiles par QR Code,
systèmes embarqués.
Transbus.org. Dossier : L'information dynamique des voyageurs.
Lien : https://www.transbus.org/dossiers/usagers.html
Utilité : Panorama des dispositifs d'information statique et dynamique déployés dans
les réseaux de transport public français, comparaison urbain-interurbain.
8.4. Organisation et réglementation des transports
Transbus.org. Dossier : Organisation des transports publics de voyageurs.
Lien : https://www.transbus.org/dossiers/ao.html
Utilité : Cadre institutionnel complet : rôle des régions comme autorités organisatrices
depuis la loi NOTRe, historique des transferts de compétences (1er janvier 2017 pour
l'interurbain, 1er septembre 2017 pour le scolaire), organisation des autorités
organisatrices de la mobilité.
Wikipédia. (2024). Lignes régulières d'autocar en France.
Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lignes_régulières_d'autocar_en_France
https://www.paysdelaloire.fr/mon-conseil-regional/les-missions/transports-et-mobilites-durables/les-transports-en-commun
https://www.paysdelaloire.fr/mon-conseil-regional/les-missions/transports-et-mobilites-durables/les-transports-en-commun
https://www.insee.fr/fr/statistiques/8354649
https://web.pysae.com/blog/transport-interurbain
http://www.spec.fr/siv-saeiv-billettique-transport-interurbain-regional
https://www.transbus.org/dossiers/usagers.html
https://www.transbus.org/dossiers/ao.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lignes_r%C3%A9guli%C3%A8res_d'autocar_en_France
Utilité : Historique de la collecte de données par l'Arafer puis l?ART depuis 2016 sur
les services conventionnés (offre, fréquentation, qualité de service, données
économiques), contexte de la libéralisation de 2015.
Transbus.org. Dossier : Services de transport public interurbain - développement des
cars express.
Lien : https://www.transbus.org/dossiers/transport-interurbain.html
Utilité : Description des différents types de lignes interurbaines (omnibus, express),
caractéristiques des véhicules utilisés, équipements pour l'accessibilité PMR,
développement des cars à haut niveau de service.
8.5. Réglementation européenne et comparaisons
Parlement européen. Transports routiers : harmonisation de la législation - Fiches
thématiques sur l'Union européenne.
Lien : https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/128/transports-routiers-harmonisation-de-
la-legislation
Utilité : Cadre réglementaire européen : règlement CE n° 561/2006 sur les temps de
conduite et repos, directive 2006/22/CE sur les contrôles, directive 96/53/CE sur les
dimensions des véhicules, harmonisation fiscale et technique.
Parlement européen. Le transport routier international et de cabotage - Fiches
thématiques sur l'Union européenne.
Lien : https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/127/le-transport-routier-international-et-de-
cabotage
Utilité : Règlement CE n° 1073/2009 sur le transport international de voyageurs par
autocar, conditions d'accès à la profession, règle des 12 jours pour les conducteurs
en service occasionnel.
France Bus. (2024). Sécurité en autocar : que dit la réglementation française et
européenne ?
Lien : https://francebus.com/securite-autocar-reglementation-francaise-europeenne
Utilité : Directive européenne 2001/85/CE sur les exigences de sécurité (structure
renforcée, issues de secours, équipements obligatoires), comparaison de la sécurité
de l'autocar avec les autres modes de transport (20 fois moins accidentogène que la
voiture selon l'IFSTTAR).
Wikipédia. (2024). Norme européenne d'émissions.
Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Norme_européenne_d'émissions
Utilité : Historique et évolution des normes Euro pour les autocars, norme Euro VI en
vigueur depuis 2014, projet de norme Euro 7 avec réduction des émissions de NOx et
particules, impact environnemental des différentes normes.
8.6. Note méthodologique
Les informations techniques sur les normes et réglementations s'appuient sur les
textes officiels publiés par l'AFNOR et les institutions européennes. Les sources
professionnelles (PYSAE, SPEC, Transbus.org) ont été utilisées pour documenter les
https://www.transbus.org/dossiers/transport-interurbain.html
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/128/transports-routiers-harmonisation-de-la-legislation
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/128/transports-routiers-harmonisation-de-la-legislation
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/127/le-transport-routier-international-et-de-cabotage
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/127/le-transport-routier-international-et-de-cabotage
https://francebus.com/securite-autocar-reglementation-francaise-europeenne
https://fr.wikipedia.org/wiki/Norme_europ%C3%A9enne_d'%C3%A9missions
aspects technologiques et opérationnels non couverts par les sources
institutionnelles.
La diversité des sources permet de donner quelques informations dans le contexte de
l'absence de données consolidées nationales sur certains aspects de la qualité de
service. Les lacunes identifiées dans ce bilan reflètent les limites actuelles du système
d'information et de suivi du secteur des autocars conventionnés en France.
AQST
Partie F
Bilan de qualité de service des
transports réguliers de voyageurs
maritimes et fluviaux en France en
2024
1. Introduction
Le présent bilan analyse la qualité de service des transports maritimes réguliers de
voyageurs en France en 2024, hors croisières. Cette analyse couvre les liaisons
transmanche, les liaisons vers la Corse, les passages d'eau, ainsi que les liaisons
maritimes intérieures à l'outre-mer. L'évaluation s'appuie notamment sur les critères
de la norme NF EN 13816 relative à la qualité de service dans les transports publics
de voyageurs.
Sont également traités mais de manière très succincte faute de données le transport
fluvial régulier de voyageurs, dont les flux demeurent très limités.
En 2024, le transport maritime de voyageurs en France s'inscrit dans une dynamique
de reprise progressive après les perturbations liées à la crise sanitaire et au Brexit.
Selon les données du Service de la donnée et des études statistiques (SDES), le trafic
maritime a progressé de 3,7% en 2024, témoignant d'un regain d'activité dans
l'ensemble du secteur.
2. Contexte général et données de trafic en 2024
2.1. Évolution du trafic maritime de voyageurs
Le transport maritime de voyageurs en France a connu une évolution contrastée ces
dernières années. Après avoir atteint environ 28 millions de voyageurs en moyenne
annuelle sur la période 2003-2019, le secteur a subi un effondrement brutal en 2020
avec une chute de 60,3% liée à la crise sanitaire.
La reprise s'est amorcée progressivement, avec 11,1 millions de passagers en 2021
et 20,9 millions en 2022, soit encore 24,3% en dessous du niveau de 2019.
En 2024, les données préliminaires indiquent une progression de 3,7% du trafic
maritime de passagers, confirmant la tendance à la normalisation de l'activité. Cette
reprise s'observe sur l'ensemble des façades maritimes françaises, bien que de
manière inégale selon les destinations.
2.2. Répartition géographique du trafic
La répartition du trafic maritime de voyageurs en France se concentre sur trois
grandes zones géographiques.
En Méditerranée, les liaisons vers la Corse représentent la part la plus importante
avec environ 58,7% du trafic méditerranéen. Les ports de Bastia, Toulon et Marseille
concentrent 60% du trafic maritime de passagers national.
Sur la façade Manche et Mer du Nord, les liaisons transmanche sont dominées à
99,5% par les échanges avec la Grande-Bretagne. Les ports normands (Calais,
Dieppe, Cherbourg, Caen-Ouistreham, Le Havre) ont enregistré en 2024 une hausse
de 6% du trafic passagers par rapport à 2023, atteignant approximativement 2,2
millions de passagers.
Dans les départements et régions d'outre-mer (DROM), le trafic maritime représente
une composante essentielle de la mobilité insulaire, bien que les volumes restent
modestes à l'échelle nationale.
3. La norme NF EN 13816 et ses critères de qualité
3.1. Présentation de la norme
La norme NF EN 13816, adoptée en septembre 2002, spécifie les exigences
permettant de définir, de cibler et de mesurer la qualité de service dans le domaine du
transport public de voyageurs. Cette norme européenne fournit une méthode pratique
de définition du service offert au travers d'indicateurs qualité couvrant de façon
exhaustive les principales dimensions des attentes des clients.
Bien que conçue principalement pour les transports terrestres, la norme NF EN 13816
s'applique également aux services de transport maritime de voyageurs.
L'Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST), créée par décrets en
2012, a pour mission de contribuer à l'amélioration de la qualité de service dans les
transports de voyageurs terrestres, maritimes et aériens.
3.2. Les huit critères de qualité
La norme NF EN 13816 définit huit catégories de critères de qualité qui constituent le
cadre d'analyse de la qualité de service. Ces critères permettent de traduire les
attentes des clients et leur perception de la qualité en termes de paramètres
mesurables et réalistes.
Critère Description
1. Offre de
service
Disponibilité, fréquence, amplitude horaire,
correspondances
2. Accessibilité Facilité d'accès au réseau, PMR, billettique, tarification
3. Information Information générale et en temps réel, clarté, fiabilité
4. Durée Temps de parcours, ponctualité, régularité, fiabilité
5. Attention
portée au client
Assistance, réclamations, engagements de service
6. Confort Équipements, propreté, restauration, services à bord
7. Sécurité Sécurité des personnes, prévention des risques, sûreté
8. Impact
environnemental
Pollution, nuisances sonores, transition énergétique
4. Analyse de la qualité de service par type de liaison
4.1. Liaisons transmanche
4.1.1. Offre de service et trafic
Les liaisons transmanche constituent un axe majeur du transport maritime de
voyageurs en France. En 2024, l'offre s'est maintenue avec une diversité de routes
desservies par plusieurs compagnies. Les ports normands ont enregistré une hausse
de trafic de 6% entre 2023 et 2024, atteignant environ 2,2 millions de passagers.
Les principales liaisons transmanche comprennent Calais-Douvres (P&O Ferries,
DFDS, Irish Ferries), Dieppe-Newhaven (DFDS Seaways opérant sous la marque
Transmanche Ferries), Caen-Ouistreham-Portsmouth (Brittany Ferries), Cherbourg-
Portsmouth et Cherbourg-Poole (Brittany Ferries), ainsi que Le Havre-Portsmouth
(Brittany Ferries). Ces liaisons proposent des fréquences variées allant de plusieurs
départs quotidiens sur le détroit du Pas-de-Calais à des rotations plus espacées sur
les lignes longues.
4.1.2. Ponctualité et régularité
Les données disponibles sur la ponctualité des liaisons transmanche en 2024 restent
fragmentaires. Les compagnies maritimes ne publient généralement pas de
statistiques détaillées de ponctualité, contrairement aux opérateurs ferroviaires.
Toutefois, plusieurs éléments permettent d'apprécier la situation. Les armateurs ont
adapté leurs horaires en 2024 pour intégrer des marges de sécurité permettant de
mieux absorber les aléas opérationnels et météorologiques.
Sur la liaison Dieppe-Newhaven, l'organisation repose sur une programmation
saisonnière avec quatre traversées par jour en semaine et six le week-end en basse
saison (octobre à avril), six traversées quotidiennes en moyenne saison (mai à juillet
et septembre), et jusqu'à six traversées par jour avec des rotations complémentaires
le week-end en haute saison (juillet-août). Cette organisation vise à maintenir une
régularité de service adaptée à la demande.
4.1.3. Information voyageurs
L'information voyageurs s'est considérablement développée avec la généralisation
des systèmes de réservation en ligne et des applications mobiles. Les principales
compagnies (Brittany Ferries, DFDS, P&O Ferries, Irish Ferries) proposent des
plateformes permettant la réservation, la modification de billets et l'accès aux
informations en temps réel sur l'état des traversées.
Néanmoins, des lacunes persistent dans la communication proactive des retards et
modifications. Les voyageurs signalent des situations où les retards ne sont
communiqués qu'au moment de l'embarquement, ne permettant pas une
réorganisation optimale des déplacements.
4.2. Liaisons vers la Corse
4.2.1. Contexte et opérateurs
Les liaisons maritimes vers la Corse représentent un enjeu crucial pour la desserte de
l'île.
Trois principaux opérateurs assurent ces liaisons en 2024. Corsica Ferries,
compagnie privée, détient la part de marché la plus importante avec douze navires de
type Mega Express pouvant transporter entre 1900 et 2500 passagers. Corsica Linea,
issue du rachat de la SNCM en 2016 et acquise par CMA-CGM en 2023, propose des
services depuis Marseille, Toulon et Nice. La Méridionale, également propriété de
CMA-CGM depuis 2023, assure principalement les liaisons depuis Marseille.
4.2.2. Problématiques de ponctualité et de régularité
La qualité de service sur les liaisons corses fait l'objet de critiques récurrentes de la
part des usagers, particulièrement concernant la ponctualité et la régularité. Les
retards constituent une problématique majeure et chronique sur ces liaisons. Des
témoignages d'usagers rapportent des retards fréquents pouvant atteindre deux à
trois heures, sans information préalable adéquate.
En août 2024, Corsica Ferries a connu une période particulièrement difficile avec des
annulations et retards importants. La compagnie a justifié ces perturbations par une
avarie moteur sur le Mega Express 5, l'un des plus gros navires de la flotte, capable
de transporter 2500 passagers. Selon Corsica Ferries, cette avarie a perturbé environ
3% des voyages de la haute saison, bien que les témoignages d'usagers suggèrent
un impact plus large.
Les avis des voyageurs sur les plateformes comme Trustpilot et Tripadvisor révèlent
une insatisfaction significative. De nombreux usagers mentionnent des retards de une
à trois heures à l'embarquement, des annulations communiquées tardivement (parfois
quelques heures avant le départ), et des changements d'itinéraire non anticipés. Un
groupe Facebook intitulé "Clients Corsica Ferries en colère" rassemble plus de 15000
personnes, témoignant de l'ampleur du mécontentement.
4.2.3. Information voyageurs et communication
L'information voyageurs apparaît comme un point faible majeur sur les liaisons vers
la Corse. Les retards seraient souvent communiqués à la dernière minute, sans
explication détaillée des raisons. Les voyageurs déplorent un manque de
transparence et de proactivité de la part des compagnies dans la gestion des
perturbations.
La réglementation européenne du 6 juillet 2010, en vigueur depuis le 18 décembre
2012, prévoit des indemnisations pour les passagers maritimes en cas de retard à
l'arrivée supérieur à deux heures. Toutefois, aucune indemnité n'est prévue en cas de
force majeure (conditions météorologiques, avaries techniques dans certains cas). Le
retard est calculé sur l'arrivée et non sur le départ.
4.2.4. Confort et état des navires
Les retours d'usagers soulignent un état vétuste de certains navires, avec des
équipements vieillissants nécessitant une modernisation. Les cabines sont décrites
comme souvent peu propres ou avec une odeur désagréable, une robinetterie hors
d'âge et un entretien insuffisant. Les espaces communs présentent des signes de
vieillissement avec des moquettes parfois sales et une décoration ressentie comme
datée.
Le nombre insuffisant de toilettes en service par rapport au nombre de passagers est
régulièrement mentionné comme source d'inconfort. Les équipements destinés au
repos (fauteuils inclinables) sont souvent non fonctionnels, obligeant les passagers à
dormir parfois en position inconfortable durant les traversées de nuit.
4.2.5. Stratégies d'amélioration des compagnies
Face à ces difficultés, Corsica Ferries a adapté ses horaires pour 2024 en intégrant
des marges de sécurité accrues permettant de substituer un navire à l'autre en
fonction de la demande ou de rattraper des retards dus aux opérations portuaires ou
à la météo. Cette mesure vise à améliorer la régularité du service.
Par ailleurs, le rachat de La Méridionale par le groupe CMA-CGM pourrait conduire à
des investissements dans la modernisation des flottes et l'amélioration de la qualité
de service, bien que ces évolutions restent à confirmer.
4.3. Passages d'eau et liaisons maritimes d'outre-mer
Les passages d'eau et liaisons maritimes intérieures à l'outre-mer représentent un
segment spécifique du transport maritime de voyageurs en France. Ces services
assurent des dessertes essentielles pour la mobilité locale et touristique dans les
territoires insulaires.
4.3.1. Liaisons insulaires en métropole
En Bretagne, la Compagnie Maritime BreizhGo Penn Ar Bed, opérée par Keolis depuis
1992, assure la desserte quotidienne des îles de Molène, Sein et Ouessant depuis le
continent (Brest, Le Conquet, Audierne). Ce service essentiel fonctionne 365 jours par
an, excepté lors de conditions météorologiques extrêmes, et achemine également des
marchandises et denrées alimentaires. Cette liaison se caractérise par une très haute
qualité de service avec un taux de satisfaction voyageurs de 98%.
Les opérateurs de ces liaisons appliquent des normes de sécurité strictes conformes
aux réglementations internationales. Les équipages reçoivent une formation
approfondie sur les procédures d'urgence et les pratiques de sécurité, assurant une
réactivité maximale en cas d'incident. L'accessibilité aux personnes à mobilité réduite
constitue également un point d'attention particulier, avec des rampes hydrauliques
d'embarquement et des espaces dédiés à bord.
4.3.2. Liaisons en outre-mer
Dans les départements et régions d'outre-mer, le transport maritime joue un rôle
fondamental pour la mobilité inter-îles. Ces liaisons présentent des spécificités liées
aux distances, aux conditions météorologiques tropicales et aux infrastructures
portuaires disponibles.
Les données disponibles sur la qualité de service de ces liaisons restent très limitées.
Le trafic dans les DROM s'élèverait à environ 0,6 million de passagers en 2021, soit
une part modeste du trafic maritime national. Les principaux enjeux de qualité de
service sur ces liaisons portent notamment sur la régularité face aux aléas
météorologiques, la modernisation des infrastructures portuaires et l'adaptation de
l'offre aux besoins des populations locales.
5. Données disponibles et lacunes de l'analyse
5.1. Éléments disponibles pour l'analyse
L'analyse de la qualité de service des transports maritimes de voyageurs en France
en 2024 s'appuie sur plusieurs sources d'information.
Les données statistiques du SDES fournissent des informations sur les volumes de
trafic et leur évolution.
Les retours d'usagers via les plateformes d'avis en ligne (Trustpilot, Tripadvisor, sites
d'évaluation spécialisés) constituent une source précieuse d'information sur la
perception de la qualité de service. Les communications des compagnies maritimes
et des autorités portuaires apportent des éléments sur l'offre de service et les projets
d'amélioration.
Enfin, la réglementation européenne sur les droits des passagers maritimes
(règlement du 6 juillet 2010) établit un cadre normatif pour l'indemnisation en cas de
retard ou d'annulation.
5.2. Lacunes significatives dans les données
Plusieurs lacunes importantes limitent la portée de cette analyse.
L'absence de statistiques de ponctualité publiées régulièrement par les compagnies
maritimes constitue un obstacle majeur. Contrairement aux opérateurs ferroviaires et
aériens qui publient des indicateurs de ponctualité détaillés, les armateurs maritimes
ne communiquent généralement pas ces données de manière systématique et
transparente.
Les données sur les taux de satisfaction voyageurs font également défaut. Hormis
quelques opérateurs comme la Compagnie Maritime Penn Ar Bed qui affiche un taux
de satisfaction de 98%, la plupart des compagnies ne publient pas d'enquêtes de
satisfaction régulières et méthodologiques. Les informations sur l'accessibilité aux
personnes à mobilité réduite restent parcellaires. Les taux d'annulation et leurs causes
ne sont pas systématiquement communiqués, rendant difficile l'évaluation de la
fiabilité du service.
Enfin, les comparaisons européennes sont entravées par l'hétérogénéité des
systèmes de collecte de données et de reporting entre les États membres, limitant la
possibilité d'établir des benchmarks pertinents.
6. Qualité du service de transport fluvial de voyageurs en
2024
Le transport fluvial de voyageurs en France représente un segment de niche mais en
développement du transport public. En 2024, l'indice d'activité des services de
transports fluviaux intérieurs a progressé de 1,9%, témoignant d'un regain d'intérêt
pour ce mode de transport alternatif.
6.1. Initiatives et projets en cours
Plusieurs projets de navettes fluviales ont vu le jour ou sont en cours de
développement en France. À Lyon, le service Navigône a été mis en service le 18 juin
2025 sur la Saône, reliant Vaise-Industrie à Confluence avec quatre haltes
intermédiaires. Ce service vise à transporter 560 000 voyages par an avec un bateau
toutes les 15 minutes. La mise en oeuvre progressive prévoit l'utilisation de bateaux
électriques à partir d'avril 2026.
En Île-de-France, la coopérative RiverCat a ouvert trois lignes de navettes fluviales en
2024, après avoir remporté un appel à projets pour un démonstrateur de bateaux
décarbonés. Le projet vise à relier notamment Alfortville et Issy-les-Moulineaux en
passant par les escales parisiennes, avec des bateaux à propulsion biocarburant et
partiellement électrique.
À Bordeaux, le service Bat3 opéré par Keolis assure des liaisons sur la Garonne. À
Newcastle en Australie, Keolis exploite également un service de navettes maritimes.
Ces services illustrent le potentiel du transport fluvial et maritime urbain pour
désengorger les villes et offrir une expérience de déplacement alternative.
6.2. Qualité de service et caractéristiques
Les services de transport fluvial de voyageurs se caractérisent par plusieurs atouts en
termes de qualité de service. L'accessibilité universelle est privilégiée avec des
rampes hydrauliques d'embarquement permettant l'accès aux personnes à mobilité
réduite et aux vélos. Les navettes sont conçues pour accueillir entre 70 et 150
passagers selon les modèles, avec des espaces dédiés au rangement des vélos.
L'intégration tarifaire avec les réseaux de transport en commun locaux constitue un
point fort. À Lyon, le service Navigône est accessible avec un abonnement TCL
classique. En Île-de-France, les projets prévoient également une intégration au réseau
Île-de-France Mobilités. Cette intégration facilite l'intermodalité et encourage l'usage
de ce mode de transport.
Les systèmes d'information voyageurs en temps réel se développent, avec des
applications permettant de suivre la position des navettes et de recevoir des alertes
en cas de perturbation. La ponctualité apparaît généralement satisfaisante sur ces
services, les opérateurs adaptant leurs horaires aux contraintes de navigation
(écluses, conditions de niveau d'eau).
6.3. Défis et limites
Le transport fluvial de voyageurs fait face à plusieurs défis. La rentabilité économique
reste problématique, nécessitant des subventions publiques importantes. À Paris, le
service Voguéo lancé en 2008 a été abandonné en 2011 en raison d'une fréquentation
insuffisante, illustrant les difficultés de ce mode de transport à trouver son public.
Les jours de non-navigabilité dus aux crues ou aux basses eaux constituent une
contrainte technique. Sur la Saône à Lyon, le nombre moyen de jours de non-
navigabilité est de 12 à 19 jours par an. Les coûts d'infrastructure restent élevés avec
les aménagements nécessaires pour les haltes et les zones de remisage des bateaux.
Enfin, les questions d'accès au domaine public fluvial et d'exclusivités d'usage
constituent un frein au développement de nouveaux services, comme l'illustre le
différend entre la coopérative RiverCat et Haropa Port en Île-de-France.
7. Comparaisons européennes
7.1. Tarification et rapport qualité-prix
Une étude réalisée par Vivanoda en 2024, portant sur près de 150 000 prix de
traversées maritimes en Europe, révèle des disparités importantes entre les pays.
L'indice des prix, représentant le coût moyen par personne pour parcourir 100
kilomètres par ferry, place la France dans une position médiane.
Les pays les plus chers pour les traversées en ferry sont la Turquie, le Royaume-Uni,
l'Islande, le Maroc, Malte, l'Italie, la Slovénie et le Portugal. À l'inverse, les destinations
offrant les tarifs les plus abordables sont la Lettonie, la Tunisie, la Lituanie, la Pologne,
la Suède, la Finlande et la Croatie. La France se situe dans une position intermédiaire,
avec des tarifs variables selon les liaisons.
Pour 2024, FerryGoGo évalue le coût moyen d'une traversée pour deux personnes et
une voiture en haute saison à 1097 euros.
7.2. Confort et équipements à bord
Les ferries européens offrent généralement un niveau de confort élevé, avec des
aménagements comparables à de petits navires de croisière. Une étude d'Omio sur
les 50 routes de ferry les plus recherchées en Europe souligne que les opérateurs ont
massivement investi dans le confort, proposant des équipements de type croisière
avec boutiques, espaces de restauration, divertissements et cabines.
Les routes méditerranéennes, notamment entre l'Italie et la Corse ou la Sardaigne, se
distinguent par la qualité de leurs services. Les liaisons Gênes-Palerme, Livourne-
Bastia, Gênes-Porto Torres figurent parmi les plus confortables selon cette étude. En
Europe du Nord, les liaisons Stockholm-Turku, Oslo-Copenhague et Stockholm-
Helsinki sont également reconnues pour leur qualité de service.
Par comparaison, les retours d'usagers sur les ferries français vers la Corse suggèrent
un retard en termes de modernisation des équipements par rapport à certains
concurrents européens, bien que des différences existent entre compagnies.
7.3. Sécurité et réglementation
Les ferries européens sont reconnus comme l'un des modes de transport public les
plus sûrs au monde. Des normes de sécurité rigoureuses, des inspections
quotidiennes et des équipages hautement qualifiés garantissent un niveau élevé de
sécurité. La réglementation européenne impose des standards stricts en matière de
sécurité maritime, d'équipements de sauvetage et de formation des équipages.
La France applique ces normes européennes et bénéficie d'un bon niveau de sécurité
maritime. Les compagnies françaises respectent les réglementations internationales,
avec des systèmes de navigation avancés et des équipements de sauvetage
conformes aux standards.
7.4. Principales compagnies européennes et leur
positionnement qualité
Le marché européen du transport maritime de voyageurs est dominé par plusieurs
grands groupes. DFDS est l'un des plus importants opérateurs en Europe du Nord,
offrant des services de haute qualité vers le Royaume-Uni, la Norvège, la Suède et
les Pays-Bas avec des ferries modernes et bien équipés.
Stena Line est une compagnie leader proposant des traversées vers l'Irlande, la
Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas, la Suède, la Norvège, le Danemark,
l'Allemagne et la Pologne, avec des ferries modernes et spacieux. Irish Ferries assure
des liaisons vers l'Irlande et le Royaume-Uni avec une flotte bien équipée et une
expérience de voyage confortable.
En Méditerranée, Grimaldi Lines, Moby Lines, GNV (Grandi Navi Veloci) et Baleària
figurent parmi les principaux opérateurs. Ces compagnies proposent généralement un
bon niveau de service avec des navires modernes, bien que des différences existent
selon les routes et les navires. Corsica Ferries et Corsica Linea occupent une position
spécifique sur le marché français, avec des niveaux de satisfaction variables selon les
retours d'usagers.
8. Conclusion
Le bilan de la qualité de service des transports maritimes réguliers de voyageurs en
France en 2024 révèle une situation contrastée selon les types de liaisons et les
opérateurs. Le secteur connaît une reprise progressive de son activité avec une
hausse de 3,7% du trafic maritime de passagers, confirmant une normalisation après
les perturbations liées à la crise sanitaire et au Brexit.
Les liaisons transmanche affichent une bonne dynamique avec une hausse de trafic
de 6% dans les ports normands. L'offre de service reste diversifiée avec plusieurs
compagnies et routes. Néanmoins, des marges de progrès existent en matière
d'information voyageurs, particulièrement concernant la communication proactive des
retards et modifications.
Les liaisons vers la Corse constituent le point le plus problématique en termes de
qualité de service. Les retards chroniques, les annulations tardives, le manque
d'information préalable et le vieillissement de certains navires génèrent une
insatisfaction importante des usagers. La situation constatée en août 2024 avec les
perturbations liées à une avarie technique illustre la fragilité du système et la nécessité
d'investissements dans la modernisation des flottes et l'amélioration des processus
opérationnels.
Les passages d'eau et liaisons insulaires en métropole, notamment en Bretagne,
démontrent qu'un service maritime de haute qualité est possible avec des taux de
satisfaction très élevés. Ces exemples montrent l'importance d'une approche orientée
service public, d'investissements adaptés et d'une attention constante portée aux
besoins des usagers.
Le transport fluvial de voyageurs, bien que marginal, connaît un développement
encourageant avec des projets innovants à Lyon, en Île-de-France et dans d'autres
agglomérations. Ces initiatives démontrent le potentiel de ce mode de transport pour
contribuer à la mobilité urbaine durable, à condition de surmonter les défis
économiques et réglementaires.
L'application de la norme NF EN 13816 au transport maritime de voyageurs reste
partielle et hétérogène. L'absence de publication systématique d'indicateurs de qualité
de service (ponctualité, régularité, satisfaction) par les compagnies maritimes limite la
transparence et la comparabilité des performances.
Les comparaisons européennes montrent que la France se situe dans une position
médiane en termes de tarification, avec des niveaux de confort et de service variables
selon les liaisons et les opérateurs. Les exemples de bonnes pratiques observés chez
certains opérateurs européens (DFDS, Stena Line) en matière d'information
voyageurs, de modernité des équipements et de respect des horaires constituent des
références vers lesquelles tendre.
Pour améliorer la qualité de service des transports maritimes de voyageurs en France,
plusieurs axes d'action se dégagent.
La mise en place d'un système de publication obligatoire et standardisé d'indicateurs
de qualité de service (ponctualité, taux d'annulation, satisfaction) permettrait une plus
grande transparence et une émulation entre opérateurs. Le renforcement de
l'information voyageurs en temps réel et de la communication proactive des
perturbations doit être une priorité.
Des investissements dans la modernisation des flottes, particulièrement sur les
liaisons corses, apparaissent nécessaires pour améliorer le confort et la fiabilité. Le
développement de l'intermodalité avec une meilleure intégration tarifaire et
informationnelle entre le transport maritime et les autres modes de transport
contribuerait à améliorer l'expérience globale des voyageurs.
Enfin, la poursuite du verdissement de la flotte avec des navires moins polluants et
plus économes en énergie répond aux enjeux environnementaux tout en améliorant
le confort acoustique et vibratoire à bord.
9. Annexe bibliographique
Sources officielles et statistiques
10. Service de la donnée et des études statistiques (SDES) - Bilan annuel des
transports en 2024
URL : https://statistiques.developpement-
durable.gouv.fr/media/8868/download
Utilité : Source statistique officielle fournissant les données de trafic maritime
de voyageurs pour 2024, incluant la progression de 3,7% du transport maritime
de passagers, les données sur les différentes façades maritimes et l'évolution
de l'activité fluviale. Document de référence pour les chiffres globaux du
secteur.
11. SDES - Chiffres clés des transports 2024 - Transport maritime de
voyageurs
URL : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-
numerique/chiffres-cles-transports-2024/18-transport-maritime-de-voyageurs
Utilité : Données historiques sur le trafic maritime de voyageurs, permettant de
contextualiser l'évolution depuis la crise sanitaire. Fournit les chiffres de 20,9
millions de passagers en 2022 et la comparaison avec 2019.
12. SDES - Chiffres clés de la mer et du littoral 2024 - Transport maritime de
voyageurs
URL : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-
numerique/chiffres-cles-mer-littoral-2024/17-transport-maritime-de-voyageurs
Utilité : Répartition détaillée du trafic par façade maritime (Méditerranée 6,7
millions, Manche et Mer du Nord 3,8 millions, DROM 0,6 million en 2021).
Données sur la concentration dans les principaux ports (Calais, Bastia, Toulon,
Marseille).
Documentation sur la norme NF EN 13816
13. AFNOR - Norme NF EN 13816 (Transport public de voyageurs - Définition
de la qualité de service)
URL : https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/transport-
logistique-et-services-transport-public-de-voyageurs-definition-de-la-qualite-
de-service-objectifs-et-mesures/82340
Utilité : Présentation officielle de la norme NF EN 13816 définissant les huit
critères de qualité de service (offre de service, accessibilité, information, durée,
attention portée au client, confort, sécurité, impact environnemental). Base
normative pour l'analyse de la qualité de service.
14. FAQ Logistique - Les Normes du Transport de Voyageurs
URL : https://www.faq-logistique.com/Normes-Transport-Voyageur.htm
https://statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/8868/download
https://statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/8868/download
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transports-2024/18-transport-maritime-de-voyageurs
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transports-2024/18-transport-maritime-de-voyageurs
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-mer-littoral-2024/17-transport-maritime-de-voyageurs
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-mer-littoral-2024/17-transport-maritime-de-voyageurs
https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/transport-logistique-et-services-transport-public-de-voyageurs-definition-de-la-qualite-de-service-objectifs-et-mesures/82340
https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/transport-logistique-et-services-transport-public-de-voyageurs-definition-de-la-qualite-de-service-objectifs-et-mesures/82340
https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/transport-logistique-et-services-transport-public-de-voyageurs-definition-de-la-qualite-de-service-objectifs-et-mesures/82340
https://www.faq-logistique.com/Normes-Transport-Voyageur.htm
Utilité : Explication détaillée de la norme NF EN 13816 et des normes associées
(FD X50-808, NF EN 15140). Liste détaillée des critères de qualité et de leur
application pratique dans le transport de voyageurs.
Liaisons transmanche
15. Région Normandie - Embarquement immédiat pour l'Angleterre
URL : https://www.normandie.fr/embarquement-immediat-pour-langleterre-
tout-savoir-sur-les-liaisons-transmanche
Utilité : Données sur la hausse de 6% du trafic passagers entre 2023 et 2024
dans les ports de Normandie. Informations sur les 800000 passagers annuels
de la liaison Ouistreham-Portsmouth et le nouveau navire Guillaume de
Normandie.
16. Ports de Normandie - Transmanche
URL : https://portsdenormandie.fr/fr/filieres/transmanche
Utilité : Description détaillée des terminaux transmanche de Dieppe, Cherbourg
et Caen-Ouistreham. Données sur les 600000 passagers de Cherbourg, les
350000 passagers de Dieppe. Informations sur les compagnies opérantes et
les fréquences de service.
17. Syndicat Mixte Transmanche - Dieppe-Newhaven
URL : https://smpat76.fr/liaison-dieppe-newhaven/
Utilité : Organisation détaillée des traversées Dieppe-Newhaven avec la
programmation saisonnière (4 traversées en semaine en basse saison, 6 en
moyenne et haute saison). Présentation des navires Côte d'Albâtre et Seven
Sisters.
18. Upply Market Insights - Transmanche : une offre redessinée par le Brexit
URL : https://market-insights.upply.com/fr/transmanche-une-offre-en-partie-
redessinee-par-le-brexit
Utilité : Analyse détaillée du trafic transmanche en 2024 avec données par
compagnie. Irish Ferries : 767200 unités de fret (+6%), DFDS : 16,6 millions de
mètres linéaires (+4,1%), Brittany Ferries : 162000 camions (+4%). Impact du
Brexit sur l'organisation des services.
Liaisons vers la Corse
19. Corse Net Infos - Traversées annulées ou retardées : la galère des
voyageurs
URL : https://www.corsenetinfos.corsica/Traversees-annulees-ou-retardees-
la-galere-des-voyageurs-de-Corsica-Ferries_a73052.html
Utilité : Témoignages d'usagers sur les retards et annulations de Corsica
Ferries en août 2024. Mention de l'avarie moteur du Mega Express 5 ayant
https://www.normandie.fr/embarquement-immediat-pour-langleterre-tout-savoir-sur-les-liaisons-transmanche
https://www.normandie.fr/embarquement-immediat-pour-langleterre-tout-savoir-sur-les-liaisons-transmanche
https://portsdenormandie.fr/fr/filieres/transmanche
https://smpat76.fr/liaison-dieppe-newhaven/
https://market-insights.upply.com/fr/transmanche-une-offre-en-partie-redessinee-par-le-brexit
https://market-insights.upply.com/fr/transmanche-une-offre-en-partie-redessinee-par-le-brexit
https://www.corsenetinfos.corsica/Traversees-annulees-ou-retardees-la-galere-des-voyageurs-de-Corsica-Ferries_a73052.html
https://www.corsenetinfos.corsica/Traversees-annulees-ou-retardees-la-galere-des-voyageurs-de-Corsica-Ferries_a73052.html
perturbé 3% des voyages selon la compagnie. Référence au groupe Facebook
"Clients Corsica Ferries en colère" rassemblant 15000 personnes.
20. Trustpilot - Avis sur Corsica Ferries
URL : https://fr.trustpilot.com/review/corsica-ferries.fr
Utilité : Compilation de 214 avis clients sur Corsica Ferries révélant les
problématiques récurrentes : retards de 2-3 heures, cabines vétustes et mal
entretenues, manque d'information. Permet d'évaluer la perception qualitative
du service par les usagers.
21. Corsica Ferries - FAQ Retard de traversée
URL : https://www.corsica-ferries.fr/faq/retard.html
Utilité : Explication de la réglementation européenne du 6 juillet 2010 sur les
droits des passagers maritimes. Précisions sur les conditions d'indemnisation
(retard supérieur à 2 heures à l'arrivée) et les cas de force majeure exonérant
le transporteur.
22. Car-ferries Corse - Nouveautés saison 2024
URL : http://mapage.noos.fr/croussel/div/nouv24.html
Utilité : Analyse détaillée de l'offre des différentes compagnies pour la saison
2024. Informations sur l'adaptation des horaires de Corsica Ferries avec
marges de sécurité accrues. Données sur les flottes et les projets d'acquisition
ou de rachat par CMA-CGM.
Transport fluvial de voyageurs
23. SYTRAL Mobilités - Navettes fluviales Navigône
URL : https://sytral-mobilites.fr/fr/travaux-en-cours/navettes-fluviales_-r.html
Utilité : Présentation complète du service Navigône mis en service le 18 juin
2025 à Lyon. Objectif de 560000 voyages par an, fréquence de 15 minutes,
quatre haltes, budget de 26 millions d'euros. Informations sur la tarification
intégrée au réseau TCL.
24. RiverCat France - Coopérative de navettes fluviales
URL : https://www.rivercatfrance.com/
Utilité : Projet de navettes fluviales en Île-de-France avec trois lignes ouvertes
en 2024. Bateaux de 150 passagers avec 30 vélos, propulsion biocarburant et
électrique. Informations sur les objectifs de désengorgement et d'intermodalité.
25. Keolis - Transport fluvial et maritime
URL : https://www.keolis.com/transport-fluvial-et-maritime/
Utilité : Présentation des services exploités par Keolis : Compagnie Maritime
Penn Ar Bed en Bretagne avec taux de satisfaction de 98%, service Bat3 à
Bordeaux. Informations sur les normes de sécurité et l'accessibilité universelle.
https://fr.trustpilot.com/review/corsica-ferries.fr
https://www.corsica-ferries.fr/faq/retard.html
http://mapage.noos.fr/croussel/div/nouv24.html
https://sytral-mobilites.fr/fr/travaux-en-cours/navettes-fluviales_-r.html
https://www.rivercatfrance.com/
https://www.keolis.com/transport-fluvial-et-maritime/
26. Wikipédia - Transport fluvial en France
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Transport_fluvial_en_France
Utilité : Vue d'ensemble du transport fluvial en France avec historique des
projets. Mention de l'échec de Voguéo (2008-2011) à Paris. Données sur le
réseau fluvial de 8500 kilomètres et les contraintes de navigabilité.
Comparaisons européennes
27. Vivanoda - Étude des prix des ferries en Europe 2024
URL : https://www.vivanoda.com/study-ferry/ferry-prices-europe-en-us.html
Utilité : Étude portant sur près de 150000 prix de traversées en Europe.
Classement des pays par indice de prix (coût pour 100 kilomètres). Pays les
plus chers : Turquie, Royaume-Uni, Islande. Pays les moins chers : Lettonie,
Tunisie, Lituanie. Position médiane de la France.
28. Euronews - Ferry fares increase in 2025
URL : https://www.euronews.com/travel/2024/12/11/ferry-fares-increase-in-
2025-here-are-the-best-value-routes
Utilité : Analyse de FerryGoGo sur l'évolution des tarifs pour 2025. Coût moyen
de 1017 euros pour une traversée avec deux personnes et une voiture en haute
saison, contre 1097 euros en 2024. Hausse du prix par kilomètre de sept
centimes.
29. Omio - European Excellence Aboard Ferries
URL : https://www.einpresswire.com/article/705808002/european-excellence-
aboard-ferries-unveiling-the-top-routes
Utilité : Étude sur les 50 routes de ferry les plus recherchées en Europe.
Classement des routes les plus confortables : Gênes-Palerme, Livourne-
Bastia, Gênes-Porto Torres en tête. Comparaison avec les vols montrant une
économie moyenne de 49% en faveur du ferry.
30. SmartFerry - Ferry Companies
URL : https://smartferry.com/ferry-companies/
Utilité : Présentation des principales compagnies de ferries en Europe. DFDS,
Stena Line, Irish Ferries en Europe du Nord. Corsica Ferries, GNV, Moby Lines,
Baleària en Méditerranée. Permet d'établir un panorama des opérateurs et de
leur positionnement qualité.
Opérateurs de transport maritime et fluvial
31. Transdev - Transport maritime et fluvial
URL : https://www.transdev.com/fr/nos-solutions-et-innovations/maritime/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Transport_fluvial_en_France
https://www.vivanoda.com/study-ferry/ferry-prices-europe-en-us.html
https://www.euronews.com/travel/2024/12/11/ferry-fares-increase-in-2025-here-are-the-best-value-routes
https://www.euronews.com/travel/2024/12/11/ferry-fares-increase-in-2025-here-are-the-best-value-routes
https://www.einpresswire.com/article/705808002/european-excellence-aboard-ferries-unveiling-the-top-routes
https://www.einpresswire.com/article/705808002/european-excellence-aboard-ferries-unveiling-the-top-routes
https://smartferry.com/ferry-companies/
https://www.transdev.com/fr/nos-solutions-et-innovations/maritime/
Utilité : Présentation de l'expertise de Transdev dans le transport maritime avec
l'exemple de Styrsöbolaget à Göteborg (Suède) affichant un taux de
satisfaction de 98%. Informations sur l'intégration des services maritimes aux
réseaux de transport terrestre comme à Toulon.
Documents d'études et de recherche
32. Insee - Indice des prix à la consommation des services de transport
maritime
URL : https://fr.statista.com/statistiques/507651/indices-prix-consommation-
services-transport-maritime-ou-fluvial-des-passagers-france/
Utilité : Évolution de l'indice des prix à la consommation des achats de services
de transport maritime et fluvial de passagers en France de janvier 2021 à
janvier 2024. Valeur de 102,35 en janvier 2024 (base 100 en 2015).
Notes méthodologiques
Ce bilan s'appuie sur des données officielles de cadrage issues des organismes
statistiques publics (SDES), des informations fournies par les compagnies maritimes
et les autorités portuaires, ainsi que sur des retours d'expérience d'usagers collectés
via des plateformes d'avis en ligne. L'absence de données complètes et standardisées
sur la ponctualité et la régularité des liaisons maritimes constitue une limite importante
de cette analyse.
Les comparaisons européennes se fondent sur des études sectorielles réalisées par
des organismes indépendants (Vivanoda, FerryGoGo, Omio) portant sur les tarifs et
la qualité perçue des services. L'hétérogénéité des méthodes de collecte et de
traitement des données entre pays limite la portée de ces comparaisons.
L'application de la norme NF EN 13816 au transport maritime reste très partielle. Cette
norme ayant été conçue principalement pour les transports terrestres, cependant les
huit critères de qualité définis par la norme (offre de service, accessibilité, information,
durée, attention portée au client, confort, sécurité, impact environnemental)
constituent un cadre d'analyse globalement pertinent et transposable au transport
maritime régulier de voyageurs.
https://fr.statista.com/statistiques/507651/indices-prix-consommation-services-transport-maritime-ou-fluvial-des-passagers-france/
https://fr.statista.com/statistiques/507651/indices-prix-consommation-services-transport-maritime-ou-fluvial-des-passagers-france/
Sommaire
1. Contexte général et méthodologie
1.1. Présentation du système ferroviaire français
1.2. Sources et méthodologie d'analyse
2. Performance globale du système ferroviaire en 2024
2.1. Évolution du trafic et de la fréquentation
2.2. Taux de réalisation de l'offre ferroviaire
3. Analyse détaillée de la ponctualité par type de service
3.1. Services à grande vitesse
3.1.1. Performance globale et évolution
3.1.2. Disparités entre axes
3.2. Services Intercités et trains de nuit
3.3. Trains express régionaux
3.4. Services franciliens
4. Qualité de service et satisfaction des usagers
4.1. Indemnisations pour retard
4.2. Information des voyageurs
5. État des infrastructures et investissements
5.1. Vieillissement du réseau
5.2. Investissements et modernisation
6. Impact de la concurrence sur la qualité de service
7. Comparaison européenne
8. Défis et perspectives
9. Conclusion
Annexe A : Contexte de l?année et faits marquants 2024
A. 1. Évolution du trafic et de la fréquentation
A. 2. Absence de mouvements sociaux d'ampleur nationale
A. 3. Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris
A. 4. Impact des conditions météorologiques
Annexe bibliographique
1. Sources de l'Autorité de régulation des transports
2. Sources des gestionnaires d'infrastructure
3. Sources des autres autorités publiques et organismes officiels
4. Sources diverses sectorielles et de presse
5. Sources de données ouvertes
6. Sources sur les événements météorologiques
7. Sources sur les transports pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024
8. Sources sur les mouvements sociaux
1. Synthèse
2. Trafic aérien et contexte opérationnel
2.1. Évolution du trafic passagers
2.2. Structure du marché et compagnies aériennes
2.3. Événements de contexte de 2024
2.3.1. Mouvements sociaux
2.3.2. Conditions météorologiques
3. Ponctualité et régularité
3.1. Performance globale de ponctualité
3.2. Causes des retards
3.3. Performance du contrôle aérien en Europe
4. Expérience passagers et satisfaction
4.1. Satisfaction globale des passagers
4.2. Transparence sur les indicateurs de qualité
4.3. Assistance aux personnes handicapées et à mobilité réduite
5. Perspectives et recommandations
5.1. Tendances pour 2025 et au-delà
5.2. Enjeux de qualité de service
Annexe bibliographique
1. Introduction et contexte général
2. La qualité de service en Île-de-France
2.1. Performance globale et ponctualité
2.2. Le nouveau contrat RATP-IDFM (2025-2029)
2.3. Données Omnil et indicateurs disponibles
2.4. Plan des mobilités 2030
3. La qualité de service en province
3.1. Panorama général
3.2. Les métros automatiques : un atout de performance en général
3.3. Bus à haut niveau de service (BHNS) et site propre
3.4. Disparités dans la disponibilité des données
4. Analyse selon les critères de la norme NF EN 13816
4.1. Offre de service
4.2. Accessibilité
4.3. Information des voyageurs
4.4. Durée et ponctualité
4.5. Attention portée au client
4.6. Confort
4.7. Sécurité et sûreté
4.8. Impact environnemental
5. Comparaisons européennes
5.1. Performance des métros automatiques
5.2. Classement des systèmes de transport public urbain
5.3. Satisfaction des usagers dans les capitales européennes
5.4. Initiatives européennes pour la mobilité urbaine
6. Principales lacunes identifiées et données manquantes
6.1. Absence de plateforme nationale consolidée
6.2. Indicateurs de ponctualité et régularité en province
6.3. Impact quantifié du site propre
6.4. Données sur le confort et la propreté
6.5. Analyse économique de la qualité de service
6.6. Suivi de l'information voyageurs
6.7. Données environnementales détaillées
7. Conclusion et perspectives
Annexe bibliographique
1. Sources Île-de-France Mobilités et Omnil
2. Norme NF EN 13816 et qualité de service
3. Métros automatiques
4. Bus à haut niveau de service et site propre
5. Données nationales et statistiques
6. Comparaisons européennes et internationales
7. Publications institutionnelles complémentaires
1. SYNTHÈSE
1.1. Une reprise du trafic confirmée
1.2. Une dégradation préoccupante de la qualité de service
1.3. Des facteurs explicatifs conjoncturels et structurels
1.4. Infrastructure des gares routières inadaptée
1.5. Des atouts à préserver
1.6. Perspectives et recommandations
2. CONTEXTE GÉNÉRAL DE L'ANNÉE 2024
2.1. Un marché en pleine maturité
2.2. Les perturbations majeures de 2024
Les mobilisations agricoles de janvier-février 2024
Les épisodes neigeux et verglas
2.3. Le cadre réglementaire et institutionnel
3. INDICATEURS DE QUALITÉ DE SERVICE
3.1. Ponctualité : une dégradation continue
3.2. Régularité : un taux d'annulation en légère hausse
3.3. Information et gestion des perturbations
3.4. Droits des passagers et réclamations
4. INFRASTRUCTURES ET GARES ROUTIÈRES
4.1. Un niveau d'équipement insuffisant
4.2. Les recommandations du comité de concertation
4.3. La question de la gouvernance des gares
4.4. L'équilibre économique des gares
5. ANALYSE COMPARATIVE ET PERSPECTIVES
5.1. Comparaison avec les autres modes de transport
5.2. Comparaison internationale
5.3. Les défis structurels à relever
5.4. Les axes d'amélioration prioritaires
6. CONCLUSION
7. ANNEXE BIBLIOGRAPHIQUE
1. Introduction et cadre de l'analyse
2. Cadre normatif et réglementaire
2.1. La norme NF EN 13816 et ses principes
2.2. Cadre réglementaire français et européen
3. État des lieux de la qualité de service en 2024
3.1. Disponibilité et accessibilité du service
3.2. Information voyageurs : un critère essentiel en développement
3.3. Ponctualité et respect des horaires
3.4. Confort et équipements des véhicules
3.5. Sécurité et formation des conducteurs
4. Données disponibles et lacunes analytiques
4.1. Sources de données existantes
4.2. Lacunes majeures dans l'évaluation de la qualité
5. Comparaisons européennes
5.1. Cadre normatif européen commun
5.2. Pratiques européennes en matière de qualité de service
5.3. Position de la France dans le contexte européen
6. Recommandations pour l'amélioration
6.1. Structuration d'un système national de mesure de la qualité
6.2. Généralisation de l'information voyageurs en temps réel
6.3. Renforcement des mécanismes incitatifs dans les contrats
7. Conclusion
8. Annexe bibliographique
8.1. Normes et référentiels qualité
8.2. Rapports institutionnels et données de référence
8.3. Information voyageurs et technologies
8.4. Organisation et réglementation des transports
8.5. Réglementation européenne et comparaisons
8.6. Note méthodologique
1. Introduction
2. Contexte général et données de trafic en 2024
2.1. Évolution du trafic maritime de voyageurs
2.2. Répartition géographique du trafic
3. La norme NF EN 13816 et ses critères de qualité
3.1. Présentation de la norme
3.2. Les huit critères de qualité
4. Analyse de la qualité de service par type de liaison
4.1. Liaisons transmanche
4.1.1. Offre de service et trafic
4.1.2. Ponctualité et régularité
4.1.3. Information voyageurs
4.2. Liaisons vers la Corse
4.2.1. Contexte et opérateurs
4.2.2. Problématiques de ponctualité et de régularité
4.2.3. Information voyageurs et communication
4.2.4. Confort et état des navires
4.2.5. Stratégies d'amélioration des compagnies
4.3. Passages d'eau et liaisons maritimes d'outre-mer
4.3.1. Liaisons insulaires en métropole
4.3.2. Liaisons en outre-mer
5. Données disponibles et lacunes de l'analyse
5.1. Éléments disponibles pour l'analyse
5.2. Lacunes significatives dans les données
6. Qualité du service de transport fluvial de voyageurs en 2024
6.1. Initiatives et projets en cours
6.2. Qualité de service et caractéristiques
6.3. Défis et limites
7. Comparaisons européennes
7.1. Tarification et rapport qualité-prix
7.2. Confort et équipements à bord
7.3. Sécurité et réglementation
7.4. Principales compagnies européennes et leur positionnement qualité
8. Conclusion
9. Annexe bibliographique
(ATTENTION: OPTION aa.com.tr/fr/monde/france-le-trafic-fortement-perturb%C3%A9-par-la-gr%C3%A8ve-des-contr%C3%B4leurs-a%C3%A9riens/3202292
https://www.aa.com.tr/fr/monde/france-le-trafic-fortement-perturb%C3%A9-par-la-gr%C3%A8ve-des-contr%C3%B4leurs-a%C3%A9riens/3202292
https://fr.euronews.com/voyages/2024/04/23/70-des-vols-annules-les-aeroports-francais-sappretent-a-subir-de-graves-perturbations-dans
https://fr.euronews.com/voyages/2024/04/23/70-des-vols-annules-les-aeroports-francais-sappretent-a-subir-de-graves-perturbations-dans
https://fr.euronews.com/voyages/2025/10/08/un-nouveau-rapport-montre-que-le-trafic-aerien-europeen-est-a-la-traine-par-rapport-aux-ob
https://fr.euronews.com/voyages/2025/10/08/un-nouveau-rapport-montre-que-le-trafic-aerien-europeen-est-a-la-traine-par-rapport-aux-ob
https://www.aerobuzz.fr/breves-transport-aerien/service-minimum-pour-le-controle-aerien-le-5-decembre/
https://www.aerobuzz.fr/breves-transport-aerien/service-minimum-pour-le-controle-aerien-le-5-decembre/
URL : https://www.air-indemnite.com/fr/blog/reforme-2024-greve-des-controleurs-
aeriens
Données utilisées : réforme du droit de grève votée 22 décembre 2023, surcoûts
grèves entre 100 et 350 millions d'euros pour compagnies selon Eurocontrol, coût
entre 40 et 147 euros par minute de retard.
L'Écho Touristique, France : en 2024, le trafic aérien retrouve quasiment son
niveau de 2019, 24 janvier 2025.
URL : https://www.lechotouristique.com/article/france-en-2024-le-trafic-aerien-
retrouve-quasiment-son-niveau-de-2019
Données utilisées : 178 millions de voyageurs en 2024 soit 99,1 % de 2019,
émissions CO2 inférieures de 9 %, trafic intérieur seulement 80,3 % de 2019.
Ulysse, Compagnies aériennes : Une grève est prévue à partir de cette date, 8
novembre 2024.
URL : https://ulysse.com/news/compagnies-aeriennes-greve
Ulysse, Plusieurs vols à travers la France annulés à cette date : Voici ce que l'on
sait, 4 décembre 2024.
URL : https://ulysse.com/news/vols-france-annules
Données utilisées : grève du 5 décembre 2024, réduction 10 % à CDG entre 6h et
12h, réduction 25 % à Orly à partir de 18h.
FlyWest, Eurocontrol scrute les raisons des retards de vols pour améliorer la
ponctualité, 31 mai 2024.
URL : https://www.flywest.fr/aeroports/eurocontrol-se-concentre-sur-lanalyse-des-
raisons-des-retards-de-vols
4.3. Autorités de régulation et surveillance
ACNUSA, Selon Eurocontrol, l'été 2024 a été marqué par une hausse des retards
en Europe, 2024.
URL : https://www.acnusa.fr/selon-eurocontrol-lete-2024-ete-marque-par-une-
hausse-des-retards-en-europe-893
Données utilisées : conditions météorologiques principal facteur de détérioration
ponctualité été 2024, trafic français en hausse de 2 à 6 % selon semaines par
rapport à été 2023.
5. Organisations professionnelles
Union des Aéroports Français, Le Bulletin statistique annuel du transport aérien de
la DGAC, 2024.
URL : https://www.aeroport.fr/public/page/le-bulletin-statistique-annuel-du-
transport-aerien-de-la-dgac-187
https://www.air-indemnite.com/fr/blog/reforme-2024-greve-des-controleurs-aeriens
https://www.air-indemnite.com/fr/blog/reforme-2024-greve-des-controleurs-aeriens
https://www.lechotouristique.com/article/france-en-2024-le-trafic-aerien-retrouve-quasiment-son-niveau-de-2019
https://www.lechotouristique.com/article/france-en-2024-le-trafic-aerien-retrouve-quasiment-son-niveau-de-2019
https://ulysse.com/news/compagnies-aeriennes-greve
https://ulysse.com/news/vols-france-annules
https://www.flywest.fr/aeroports/eurocontrol-se-concentre-sur-lanalyse-des-raisons-des-retards-de-vols
https://www.flywest.fr/aeroports/eurocontrol-se-concentre-sur-lanalyse-des-raisons-des-retards-de-vols
https://www.acnusa.fr/selon-eurocontrol-lete-2024-ete-marque-par-une-hausse-des-retards-en-europe-893
https://www.acnusa.fr/selon-eurocontrol-lete-2024-ete-marque-par-une-hausse-des-retards-en-europe-893
https://www.aeroport.fr/public/page/le-bulletin-statistique-annuel-du-transport-aerien-de-la-dgac-187
https://www.aeroport.fr/public/page/le-bulletin-statistique-annuel-du-transport-aerien-de-la-dgac-187
Données utilisées : référence aux bulletins statistiques DGAC disponibles via
l'UAF.
AQST
Partie C
Bilan de qualité de service des
transports collectifs urbains (TCU)
en France en 2024
Analyse comparative nationale et européenne
1. Introduction et contexte général
La qualité de service des transports collectifs urbains constitue un enjeu majeur pour
la mobilité quotidienne de millions de Français.
En 2024, le réseau de transports collectifs français représente environ 40 milliards de
voyageurs-kilomètres, dont 75% sont réalisés en Île-de-France.
L'année 2024 marque une évolution significative avec un redressement notable de la
ponctualité et de la performance globale des réseaux, particulièrement visible après
les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 qui ont constitué un catalyseur
d'amélioration.
Le présent bilan s'appuie sur les publications des autorités organisatrices de la
mobilité (y compris Ile-de-France mobilités (IDFM)), des transporteurs, de
l'Observatoire de la mobilité en Île-de-France (Omnil), du ministère chargé des
transports, du Cerema et d?autres sources.
Il tente d?examiner les indicateurs de performance selon les huit critères définis par la
norme NF EN 13816 et propose des comparaisons européennes.
2. La qualité de service en Île-de-France
2.1. Performance globale et ponctualité
L'année 2024 marque un redressement significatif de la qualité de service en Île-de-
France. La ponctualité globale du réseau a atteint 96,3%, soit une progression de 3
points par rapport à 2023. Cette amélioration résulte des efforts conjugués de la
RATP, de Transilien SNCF Voyageurs et de SNCF Réseau sous l'impulsion d'Île-de-
France Mobilités, avec un pic de performance lors des Jeux Olympiques et
Paralympiques.
Pour le métro, la ponctualité moyenne a atteint 96,18% en 2024, marquant une hausse
de 3,45 points par rapport à 2023. Ce résultat s'explique par des plans d'action ciblés
sur les lignes en difficulté. Les lignes 3, 6, 7 et 13 ont franchi la barre des 90%, la ligne
8 restant à 88%. Aucune ligne de métro n'affichait un taux inférieur à 90% au mois
d'avril 2025, démontrant la pérennité des améliorations.
L'extension des lignes 14 et 11 ainsi que l'introduction de nouveaux matériels roulants
ont également contribué à ces améliorations. Depuis 2016, 1.200 métros et trains ont
été renouvelés ou rénovés. La ligne 4 a achevé son automatisation en 2024, tandis
que la ligne 11 a reçu de nouveaux trains largement automatisés.
2.2. Le nouveau contrat RATP-IDFM (2025-2029)
Le nouveau contrat entre Île-de-France Mobilités et la RATP pour la période 2025-
2029 place la qualité de service au coeur de ses exigences. Les investissements
prévus s'élèvent à 2,1 milliards d'euros par an sur cinq ans, soit un montant total de
10,5 milliards d'euros, représentant une augmentation de 30% par rapport au
précédent contrat 2021-2024.
La ponctualité et la régularité sont repondérées à la hausse, passant de 40% à 45%
de l'enveloppe de bonus-malus. L'enveloppe totale de bonus-malus est augmentée
de 72 millions d'euros à 100 millions d'euros. Les incitations financières seront
calculées à la ligne dès 2025 sur une base mensuelle, puis hebdomadaire au plus tard
en 2028, permettant un suivi plus fin de la performance au plus proche du ressenti
voyageurs.
Le contrat prévoit également des objectifs ambitieux de réduction de la fraude. Pour
le tramway, l'objectif est de réduire le taux de fraude de 15,4% en 2024 à 4,4% sur la
durée du contrat. Pour le métro, l'objectif est de passer de 4% en 2024 à 3% maximum.
2.3. Données Omnil et indicateurs disponibles
L'Observatoire de la mobilité en Île-de-France (Omnil) met à disposition des données
détaillées sur la qualité de service. Les derniers fichiers publiés en 2024 comprennent
des données sur le trafic annuel et journalier, l'offre de transport, la qualité de service,
les caractéristiques du réseau et le matériel roulant.
Île-de-France Mobilités confie l'exploitation des réseaux aux transporteurs (RATP,
SNCF, Optile) avec des objectifs annuels de qualité de service assortis de bonus ou
de malus selon leur performance. L'indicateur principal représente le pourcentage de
voyageurs arrivant à l'heure ou avec un retard de moins de 5 minutes à leur gare de
destination, sur l'ensemble de la ligne, pendant toute la journée.
2.4. Plan des mobilités 2030
Le Plan des mobilités en Île-de-France 2030, adopté par le conseil d'administration
d'Île-de-France Mobilités le 6 février 2024, fixe des ambitions élevées. Il prévoit
notamment le développement du réseau de « mass transit », l'amélioration de la
gestion des situations perturbées, le développement des réseaux de surface et
l'amélioration de leur performance.
Le plan intègre une action spécifique visant à proposer une information voyageurs de
qualité dans tous les transports collectifs, reconnaissant que l'information est un
critère essentiel de la qualité de service selon la norme NF EN 13816. L'objectif est
d'assurer la réalisation de l'offre et la qualité de service par un suivi renforcé des
opérateurs.
3. La qualité de service en province
3.1. Panorama général
En province, la qualité de service des transports collectifs urbains présente une
grande diversité selon les agglomérations. Les réseaux de plus de 100.000 habitants
ont connu un développement significatif de leur offre depuis une quinzaine d'années,
notamment avec la mise en service de transports en commun en site propre (TCSP).
En 2022, les transports collectifs urbains en province ont progressé de 14,9% par
rapport à 2021, mais restent en retrait de 11,4% par rapport au niveau d'avant crise
sanitaire..
En 2024, la France compte 712 autorités organisatrices des mobilités (AOM). Ces
AOM développent des démarches en matière de qualité de service, notamment dans
le cadre de leurs conventions d'exploitation. Cependant, l'absence d'une base de
données nationale consolidée limite fortement la comparabilité des performances
entre réseaux.
3.2. Les métros automatiques : un atout de performance en général
La France détient une position de leader mondial en matière de métros automatiques,
avec 120 kilomètres de lignes automatisées, devant le Canada (93,2 km), Singapour
(76,5 km) et les Émirats Arabes Unis (74,6 km). Les six premières lignes au
classement mondial de la capacité à répondre aux attentes des usagers sont
françaises : Lille lignes 1 et 2, Lyon ligne D, Paris ligne 14, Toulouse ligne A et Rennes
ligne A.
Les métros automatiques français excellent dans plusieurs domaines. À Lille, les
lignes 1 et 2 arrivent en première position mondiale pour la performance globale. Le
temps d'intervalle entre deux rames peut être réduit à 66 secondes aux heures de
pointe, soit un des intervalles les plus courts au monde.
En matière de propreté, Lyon atteint 99,3% d'avis positifs des usagers, tandis que
Rennes et Lyon figurent parmi les lignes les mieux notées en Europe.
Les métros automatiques présentent des avantages significatifs en termes de qualité
de service. Ils permettent une réduction jusqu'à 30% des dépenses opérationnelles
grâce à la flexibilité dans la gestion des ressources humaines, la réduction du nombre
de trains en service, les économies d'énergie et l'augmentation de la qualité de service
qui attire plus de voyageurs. La régularité et la fréquence élevée constituent des atouts
majeurs pour les usagers.
Lille, pionnière avec le premier métro automatique au monde en 1983, dispose
aujourd'hui de 44 kilomètres de lignes automatisées. Lyon a automatisé sa ligne D en
1992 et plus récemment sa ligne B. Toulouse exploite deux lignes automatiques de
type VAL, tandis que Rennes dispose de deux lignes avec des technologies
différentes (VAL et Neoval). À Paris, les lignes 1, 4, 14 sont automatisées, avec un
programme d'extension de lignes automatisées prévu notamment dans le cadre du
Grand Paris Express, concernant également la ligne 11 récemment prolongée.
3.3. Bus à haut niveau de service (BHNS) et site propre
Les bus à haut niveau de service (BHNS) connaissent depuis une quinzaine d'années
un fort développement en France. Le Cerema tient à jour depuis 2022 une base de
données nationale recensant ces lignes. Les BHNS présentent des caractéristiques
très variables d'une agglomération à l'autre, avec des niveaux de service allant de la
ligne de bus traditionnel améliorée jusqu'à l'équivalent d'une ligne de tramway.
Les BHNS bénéficient généralement de site propre sur une majorité de leur parcours,
de priorité aux feux et d'une large plage horaire de service. Ces aménagements
permettent de garantir une vitesse moyenne plus élevée et une régularité de l'offre de
transport en limitant les aléas liés à la circulation routière. Le site propre constitue ainsi
un facteur déterminant de la qualité de service.
L'impact du site propre sur la performance est documenté. Les couloirs bus dédiés
permettent d'améliorer sensiblement la régularité et la vitesse commerciale, qui peut
atteindre environ 20 km/h contre environ 15 km/h pour une situation typique de bus
en circulation mixte. La priorité aux feux, couplée au site propre, représente une des
mesures les plus efficaces pour améliorer la régularité d'une ligne.
3.4. Disparités dans la disponibilité des données
La disponibilité des données de qualité de service en province présente des disparités
importantes. Contrairement à l'Île-de-France qui dispose d'un observatoire dédié
(Omnil), les réseaux de province ne disposent pas d'une plateforme centralisée de
publication des indicateurs de qualité de service. Les AOM publient leurs données de
manière hétérogène, rendant difficile toute comparaison nationale systématique.
L'enquête annuelle sur les transports collectifs urbains menée par le Cerema, la
DGITM, le GART et l'UTP constitue la principale source de données consolidées, mais
elle se concentre davantage sur les caractéristiques structurelles des réseaux que sur
les indicateurs détaillés de qualité de service.
4. Analyse selon les critères de la norme NF EN 13816
La norme NF EN 13816 définit huit critères de qualité de service pour les transports
publics de voyageurs. Cette norme européenne spécifie les exigences permettant de
définir, de cibler et de mesurer la qualité de service dans le domaine du transport
public. Elle constitue un référentiel partagé en France et en Europe pour évaluer la
performance des réseaux.
4.1. Offre de service
L'offre de service mesure l'adéquation entre le service proposé et les besoins des
usagers. En Île-de-France, l'offre de service est particulièrement développée avec 9,4
millions de trajets quotidiens et un réseau qui est le 2ème le plus dense et le 4ème le
plus long au monde. Le Plan des mobilités 2030 prévoit un doublement de la taille du
réseau grâce au Grand Paris Express, au prolongement du RER E et aux extensions
de lignes de tramway.
En province, l'offre s'est considérablement accrue ces vingt dernières années. Dans
les aires de plus de 50.000 habitants, les surfaces desservies par le transport collectif
urbain ont été multipliées par 4,4. Cette extension traduit une volonté d'améliorer
l'accessibilité territoriale, même si l'usage et la fréquentation n'ont pas toujours suivi
les efforts d'investissement des collectivités.
4.2. Accessibilité
L'accessibilité des transports aux personnes à mobilité réduite constitue une obligation
légale en France. L'enquête menée en 2024 par le Cerema et la Délégation
Ministérielle à l'Accessibilité auprès de 150 AOM montre que 47% des arrêts sont
accessibles. Sur les 30.752 arrêts prioritaires recensés, 20.601 sont accessibles
(67%), mais 10.151 arrêts prioritaires restent à rendre accessibles (33%), alors même
que les délais accordés sont dépassés.
En Île-de-France, environ 70% du trafic voyageur serait couvert par l'accessibilité. Les
investissements se poursuivent avec l'installation d'ascenseurs dans les stations de
métro et l'acquisition de matériel roulant entièrement accessible. Les Jeux Olympiques
et Paralympiques de 2024 ont constitué un catalyseur pour accélérer la mise en
accessibilité de nombreuses infrastructures.
4.3. Information des voyageurs
L'information voyageurs représente un critère essentiel de la qualité de service. Le
nouveau contrat RATP-IDFM contient des exigences plus fortes et plus précises sur
les temporalités de diffusion de l'information en fonction de chaque type de situation
(normale, perturbée prévue, imprévue) et sur l'ensemble des canaux de diffusion
(équipements en stations et gares, dans les véhicules, médias à distance).
Les innovations en matière d'information voyageurs se développent. L'application
Transport Public Paris 2024, développée pour les Jeux Olympiques, a permis de tester
des fonctionnalités avancées d'information en temps réel.
Pour les BHNS, l'information dynamique constitue une caractéristique standard avec
l'affichage du temps d'attente et des éventuelles perturbations dans les stations. Cette
information contribue significativement à la perception de qualité par les usagers.
4.4. Durée et ponctualité
La ponctualité et la régularité constituent les indicateurs privilégiés dans les contrats
d'exploitation. Comme indiqué précédemment, l'Île-de-France a enregistré une
amélioration significative en 2024 avec une ponctualité globale de 96,3%. Cette
performance résulte de plans d'action ciblés, du renouvellement du matériel roulant et
de l'automatisation de certaines lignes.
Les métros automatiques excellent particulièrement sur ce critère grâce à leur
capacité à maintenir des intervalles très courts et réguliers entre les rames. À Lille,
l'intervalle de 66 secondes aux heures de pointe garantit une quasi-absence d'attente
pour les voyageurs. Pour les BHNS en site propre, la vitesse commerciale et la
régularité constituent les principaux avantages par rapport aux bus classiques.
4.5. Attention portée au client
L'attention portée au client se manifeste notamment par le traitement des réclamations
et la qualité de l'accueil. Les démarches de certification NF Service, développées dans
certains réseaux comme Lyon et Lille depuis les années 1990, intègrent des
engagements précis sur le traitement des réclamations et l'accueil des voyageurs. Le
nouveau contrat RATP-IDFM renforce les exigences en matière de traitement des
situations perturbées et d'accompagnement des voyageurs.
4.6. Confort
Le confort englobe la propreté, la qualité de conduite et l'aménagement des véhicules.
En matière de propreté, Lyon atteint 99,3% d'avis positifs pour son métro automatique,
contre moins de 70% pour Vancouver et Milan. Rennes, Barcelone et Taipei figurent
également parmi les réseaux les mieux notés en Europe pour ce critère.
Le renouvellement du matériel roulant contribue significativement à l'amélioration du
confort. En Île-de-France, le programme de renouvellement prévoit du matériel neuf
ou récent sur toutes les lignes de métro, avec notamment le MF19 sur 8 lignes. Le
nouveau tramway TW20 est conçu avec une réduction de la consommation d'énergie
d'au moins 30% grâce à une gestion efficace du confort climatique et des éclairages
100% LED peu consommateurs en électricité.
4.7. Sécurité et sûreté
La sécurité et la sûreté constituent une priorité constante. Île-de-France Mobilités a
accru les moyens de la RATP, notamment les brigades cynophiles qui ont mené 1.000
opérations en 2024 et permis d'éviter 115 heures d'interruption de trafic. Un contrat
spécifique a été signé entre la RATP et IDFM sur la sûreté fin 2024.
Le réseau francilien dispose de 80.000 caméras de vidéoprotection et près de 100%
des trains, RER, bus et trams sont vidéo-protégés. Le sentiment de sécurité, critère
défini par la norme NF EN 13816, fait l'objet d'une attention particulière. D?importants
progrès sont encore possibles, car, selon une étude de l'Université Paris 1 Panthéon
Sorbonne, 51% des femmes ne se sentiraient pas toujours en sécurité dans les
transports en commun, contre 38% des hommes.
Pour les métros automatiques, les lignes de Copenhague, Dubaï et Taipei arrivent en
tête avec des taux de satisfaction usager qui dépassent 90% en matière de sûreté.
Les dispositifs de portes palières, généralisés sur les lignes automatiques, contribuent
ainsi significativement à la sécurité des voyageurs et à la fluidité de l?exploitation.
4.8. Impact environnemental
L'impact environnemental des transports collectifs fait l'objet d'une attention
croissante. La décarbonation des flottes de bus s'accélère avec le déploiement de
véhicules électriques, au bioGNV ou à l'hydrogène. La Programmation Pluriannuelle
de l'Énergie (PPE) prévoyait 2.200 autobus et autocars électriques en 2023 et 5.900
en 2028. Les BHNS récents, comme celui de Bordeaux ou les projets de Limoges et
Toulon, sont conçus avec des flottes 100% électriques. Le tramway TW20 est
recyclable à 95% et revalorisable à 99%, illustrant les progrès en matière d'éco-
conception du matériel roulant.
5. Comparaisons européennes
5.1. Performance des métros automatiques
À l'échelle européenne, la France occupe une position de premier plan en matière de
métros automatiques. Les opérateurs français opèrent 23,1% des réseaux de métros
automatiques dans le monde, suivis par les italiens (19,2%). Keolis est le leader
mondial avec 104 kilomètres de lignes exploitées et 137 stations, notamment à Dubaï
où la ligne rouge constitue la plus longue ligne de métro automatique sans conducteur
au monde avec 52 kilomètres.
Les lignes françaises se distinguent particulièrement en matière de performance
globale. Selon les études comparatives, Lille (lignes 1 et 2), Londres (DLR), Toulouse
(ligne A) et Taipei figurent parmi les meilleurs réseaux au monde. Malgré des dates
de mise en service anciennes, ces réseaux affichent des performances solides en
matière de fiabilité et de qualité de service.
5.2. Classement des systèmes de transport public urbain
L'étude « Urban Mobility Readiness Index 2022 » du cabinet Oliver Wyman classe 60
grandes villes mondiales selon leurs systèmes de transport public. Hong Kong arrive
en tête avec un score de 77 sur 100, suivi de Zurich (73). Paris se classe en huitième
position avec un score de 66, à égalité avec Tokyo.
La majorité des meilleurs systèmes de transport public au monde se trouvent en
Europe. Les critères évalués incluent les infrastructures, l'impact social, l'attractivité,
l'efficacité et l'innovation du réseau. Le système multimodal de Zurich est
particulièrement salué pour son efficacité, son accessibilité financière et sa facilité
d'accès.
5.3. Satisfaction des usagers dans les capitales européennes
Les enquêtes de satisfaction menées dans les capitales européennes révèlent des
disparités géographiques. Les villes d'Europe du Nord et de l'Ouest déclarent des taux
de satisfaction plus élevés concernant les transports publics, tandis que les villes
d'Europe du Sud et de l'Est affichent des taux de satisfaction plus faibles.
Les temps de déplacement constituent également un facteur de qualité de vie
différencié. À Londres et Budapest, les navetteurs sont susceptibles de voyager plus
d'une heure pour aller au travail. En revanche, dans de nombreuses villes
européennes, l'amélioration des infrastructures cyclables et le développement des
transports publics ont permis de réduire la dépendance à la voiture individuelle.
5.4. Initiatives européennes pour la mobilité urbaine
Le groupe d'experts de la Commission européenne sur la mobilité urbaine (EGUM) a
adopté en juillet 2024 des recommandations sur la complémentarité des transports
publics avec la mobilité partagée et l'utilisation du Fonds social pour le climat. Le
Fonds social pour le climat a été créé pour permettre aux États membres de soutenir
les groupes touchés par la transition écologique, y compris ceux exposés au risque
de précarité en matière de transport. Les recommandations incluent des mesures
relatives aux infrastructures, à la sécurité, à la redistribution des espaces publics, à
l'intégration numérique des données de transport et à la multimodalité.
6. Principales lacunes identifiées et données manquantes
6.1. Absence de plateforme nationale consolidée
La principale lacune identifiée concerne l'absence d'une plateforme nationale
consolidée de données sur la qualité de service des transports collectifs urbains en
province, à l'image de ce qui existe en Île-de-France avec Omnil.
Cette fragmentation rend difficile toute comparaison systématique entre réseaux et
limite la capacité d'identifier les meilleures pratiques. Les données sont dispersées
entre les AOM, les exploitants et diverses sources institutionnelles, sans
harmonisation des méthodes de mesure et des périodicités de publication.
6.2. Indicateurs de ponctualité et régularité en province
Les indicateurs détaillés de ponctualité et de régularité par ligne sont rarement publiés
de manière systématique pour les réseaux de province. Contrairement à l'Île-de-
France où ces données sont suivies mensuellement voire hebdomadairement et font
l'objet de bonus-malus contractuels, la plupart des AOM ne publient pas de
statistiques régulières sur la performance réelle de leurs lignes. Cette absence de
données limite la capacité des usagers et des décideurs à évaluer la qualité effective
du service.
6.3. Impact quantifié du site propre
Si l'impact positif du site propre sur la régularité et la vitesse commerciale est établi
qualitativement, les données quantifiées précises et comparatives font défaut. La base
de données BHNS du Cerema constitue un premier pas, mais elle ne permet pas
encore d'établir des corrélations précises entre le pourcentage de site propre, la
régularité effective et la satisfaction des usagers. Des études approfondies comparant
la performance de lignes avec différents taux de site propre seraient nécessaires pour
objectiver ces impacts.
6.4. Données sur le confort et la propreté
Les enquêtes de satisfaction des usagers concernant le confort et la propreté existent
dans de nombreux réseaux, mais elles ne sont pas systématiquement publiées ni
harmonisées dans leur méthodologie. Les taux de satisfaction varient
considérablement selon les questions posées et les échelles utilisées, rendant les
comparaisons difficiles. Une standardisation des enquêtes de satisfaction selon les
critères de la norme NF EN 13816 permettrait d'établir des comparaisons fiables entre
réseaux.
6.5. Analyse économique de la qualité de service
Les données sur la relation entre investissements dans la qualité de service et gains
de fréquentation restent parcellaires. Si le Cerema a publié des analyses sur les coûts
et performances des réseaux entre 2002 et 2014, des mises à jour régulières seraient
nécessaires pour suivre l'évolution de ces indicateurs. L'analyse économique de
l'impact des améliorations de qualité sur les recettes et sur le report modal depuis la
voiture individuelle mériterait d'être approfondie.
6.6. Suivi de l'information voyageurs
Bien que l'information voyageurs soit reconnue comme un critère essentiel de qualité,
peu de données quantitatives sont disponibles sur la qualité effective de cette
information. Les indicateurs sur les délais de diffusion de l'information en situation
perturbée, sur la fiabilité des informations temps réel, ou sur l'accessibilité des
informations pour les personnes en situation de handicap sont rarement publiés.
Le nouveau contrat RATP-IDFM fixe des exigences précises sur ce point, mais de
telles exigences devraient être généralisées.
6.7. Données environnementales détaillées
Les données sur l'impact environnemental des transports collectifs urbains restent
globales. Des indicateurs détaillés par réseau sur les consommations énergétiques
réelles, les émissions de CO2 évitées par rapport à l'usage de la voiture individuelle,
ou les niveaux de bruit, seraient nécessaires pour évaluer précisément la contribution
des transports collectifs aux objectifs environnementaux.
L'avancement de l'électrification des flottes de bus est documenté au niveau national,
mais les données par agglomération sont incomplètes.
7. Conclusion et perspectives
L'année 2024 marque une étape significative dans l'amélioration de la qualité de
service des transports collectifs urbains en France. En Île-de-France, le redressement
de la ponctualité, avec un score global de 96,3%, démontre l'efficacité des plans
d'action ciblés et des investissements dans le renouvellement du matériel roulant. Le
nouveau contrat RATP-IDFM 2025-2029, avec son accent renforcé sur les indicateurs
de qualité et un système de bonus-malus plus incitatif, constitue un levier prometteur
pour pérenniser ces améliorations.
La France conserve une position de leader mondial en matière de métros
automatiques, tant par l'étendue de son réseau que par les performances atteintes.
Les six premières lignes mondiales en termes de capacité à répondre aux attentes
des usagers sont françaises. Cette excellence technologique et opérationnelle
constitue un atout majeur et un modèle exportable, comme en témoigne le rôle de
Keolis dans l'exploitation de réseaux automatiques à l'international.
Le développement des bus à haut niveau de service en province offre une alternative
pertinente au tramway pour de nombreuses agglomérations. L'impact du site propre
sur la régularité et la vitesse commerciale est avéré, et la base de données du Cerema
permet désormais de mieux caractériser ces systèmes. L'électrification des flottes
s'accélère, contribuant aux objectifs de décarbonation des transports.
Toutefois, des lacunes importantes subsistent dans la disponibilité et l'harmonisation
des données de qualité de service, particulièrement en province. L'absence d'une
plateforme nationale consolidée, comparable à Omnil, limite la capacité d'analyse
comparative et d'identification des meilleures pratiques. La publication systématique
d'indicateurs harmonisés selon les huit critères de la norme NF EN 13816 permettrait
d'améliorer significativement la transparence et la gouvernance de la qualité de
service.
À l'échelle européenne, les systèmes français se positionnent honorablement, Paris
se classant en huitième position mondiale selon l'Urban Mobility Readiness Index
2022. Les initiatives de la Commission européenne en matière de mobilité urbaine
durable et le Fonds social pour le climat offrent des opportunités de financement pour
poursuivre les investissements dans la qualité de service.
Les perspectives d'évolution sont nombreuses. Le Plan des mobilités 2030 en Île-de-
France prévoit un doublement de la taille du réseau avec le Grand Paris Express. Les
projets de Services Express Régionaux Métropolitains dans dix métropoles françaises
visent à créer un choc d'offre de services et à améliorer la desserte des grandes
périphéries urbaines. L'accélération de l'automatisation des lignes de métro,
l'amélioration de l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite et le développement
de l'information voyageurs multimodale constituent autant de leviers pour améliorer
encore la qualité de service.
La qualité de service des transports collectifs urbains est désormais pleinement
reconnue comme un enjeu stratégique pour la mobilité durable, l'attractivité des
territoires et la lutte contre le changement climatique. Les progrès réalisés en 2024,
tant en Île-de-France qu'en province, témoignent de l'engagement des autorités
organisatrices et des exploitants. La poursuite de cette dynamique nécessitera un
effort soutenu d'investissement, d'innovation et de transparence dans le suivi et la
publication des indicateurs de performance.
Annexe bibliographique
Cette annexe bibliographique recense les principales sources utilisées pour
l'élaboration de ce bilan. Les sources sont organisées par thématique et
accompagnées d'une description de leur utilité spécifique. Tous les liens ont été
vérifiés et sont accessibles au moment de la rédaction de ce document.
1. Sources Île-de-France Mobilités et Omnil
1.1. Île-de-France Mobilités - Communiqué de presse sur le nouveau contrat
RATP 2025-2029
URL : https://presse.iledefrance-mobilites.fr/?p=33222
Cette source détaille les objectifs de qualité de service du nouveau contrat entre Île-
de-France Mobilités et la RATP pour 2025-2029, incluant les investissements de 10,5
milliards d'euros, la repondération des bonus-malus en faveur de la ponctualité (45%)
et les objectifs de réduction de la fraude. Elle fournit des données chiffrées sur la
ponctualité du métro en 2024 (96,18%) et les résultats d'avril 2025.
1.2. Observatoire de la mobilité en Île-de-France (Omnil) - Site principal
URL : https://omnil.fr/
L'Omnil met à disposition des fichiers Excel détaillés sur le trafic annuel et journalier
2024, l'offre de transport 2024, la qualité de service 2024, les caractéristiques du
réseau 2024 et le matériel roulant 2024. Ces données constituent la base statistique
la plus complète sur les transports collectifs franciliens.
1.3. Omnil - Qualité de service
URL : https://omnil.fr/qualite-de-service
Cette page détaille les indicateurs de qualité de service inscrits dans les contrats
d'exploitation, notamment la régularité et la ponctualité. Elle explique le système de
bonus et malus appliqué aux transporteurs (RATP, SNCF, Optile) et fournit un fichier
téléchargeable avec les données historiques de qualité de service.
1.4. Plan des mobilités en Île-de-France 2030
URL : https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/2024-
04/Plan_Mobilités_6_PDMIF_Stratégie.pdf
Ce document stratégique adopté le 6 février 2024 présente les orientations d'Île-de-
France Mobilités pour la période 2024-2030, incluant le développement du Grand
Paris Express, l'amélioration de la qualité de service et l'information voyageurs. Il
fournit le cadre stratégique des investissements et des objectifs à moyen terme.
1.5. Ponctualité des transports en Île-de-France en 2024
URL : https://www.lyftvnews.com/t9186-ponctualite-des-transports-en-ile-de-france-
en-2024-bilan-et-dedommagements
https://presse.iledefrance-mobilites.fr/?p=33222
https://omnil.fr/
https://omnil.fr/qualite-de-service
https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/2024-04/Plan_Mobilit%C3%A9s_6_PDMIF_Strat%C3%A9gie.pdf
https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/2024-04/Plan_Mobilit%C3%A9s_6_PDMIF_Strat%C3%A9gie.pdf
https://www.lyftvnews.com/t9186-ponctualite-des-transports-en-ile-de-france-en-2024-bilan-et-dedommagements
https://www.lyftvnews.com/t9186-ponctualite-des-transports-en-ile-de-france-en-2024-bilan-et-dedommagements
Cette source presse synthétise les résultats de ponctualité 2024 publiés par Île-de-
France Mobilités, avec le détail des performances par type de réseau (métro 96,18%,
hausse de 3,45 points) et l'analyse des lignes ayant franchi la barre des 90%.
2. Norme NF EN 13816 et qualité de service
2.1. Cerema - Qualité de service dans les transports collectifs urbains (2015)
URL : http://www.bv.transports.gouv.qc.ca/mono/1169452.pdf
Ce document de référence du Cerema de juin 2015 analyse la prise en compte de la
qualité de service dans les contrats entre autorités organisatrices et exploitants. Il
présente en détail les huit critères de la norme NF EN 13816 (offre de service,
accessibilité, informations, durée, attention portée au client, confort, sécurité, impact
environnemental) et leur déclinaison opérationnelle.
2.2. AFNOR - Norme NF EN 13816
URL : https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/
La page de présentation officielle de la norme européenne qui spécifie les exigences
permettant de définir, de cibler et de mesurer la qualité de service dans le domaine du
transport public de voyageurs. Cette norme constitue le référentiel partagé en Europe
pour l'évaluation de la qualité de service.
3. Métros automatiques
3.1. Eurogroup Consulting - Étude métros automatiques (2023)
URL : https://www.eurogroupconsulting.com/fr/actualites/publications/smart-cities-
mobilite-metros-automatiques/
Cette étude publiée en juin 2023, quarante ans après l'inauguration du premier métro
automatique à Lille, analyse le marché mondial des métros automatiques. Elle classe
la France en 3ème position mondiale avec 120 kilomètres de lignes automatisées et
identifie six lignes françaises parmi les meilleures au monde en termes de capacité à
répondre aux attentes des usagers. L'étude fournit des données comparatives sur la
rentabilité (jusqu'à 30% d'économies opérationnelles) et la performance.
3.2. Wavestone - Les métros automatiques pour la ville de demain
URL : https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/les-metros-automatiques-
pour-la-ville-de-demain-43165/
L'étude Wavestone compare les différentes lignes de métros automatiques selon trois
axes (performance de l'infrastructure et du matériel roulant, fiabilité et qualité du
service, innovation). Elle positionne Lille lignes 1 et 2 en première position mondiale
pour la performance globale, Lyon avec 99,3% d'avis positifs en matière de propreté,
et Paris en tête pour l'innovation au service des voyageurs.
3.3. TransportShaker - La France en pointe sur les métros automatiques
URL : https://www.transportshaker-wavestone.com/la-france-en-pointe-sur-le-
marche-strategique-des-metros-automatiques/
http://www.bv.transports.gouv.qc.ca/mono/1169452.pdf
https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/
https://www.eurogroupconsulting.com/fr/actualites/publications/smart-cities-mobilite-metros-automatiques/
https://www.eurogroupconsulting.com/fr/actualites/publications/smart-cities-mobilite-metros-automatiques/
https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/les-metros-automatiques-pour-la-ville-de-demain-43165/
https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/les-metros-automatiques-pour-la-ville-de-demain-43165/
https://www.transportshaker-wavestone.com/la-france-en-pointe-sur-le-marche-strategique-des-metros-automatiques/
https://www.transportshaker-wavestone.com/la-france-en-pointe-sur-le-marche-strategique-des-metros-automatiques/
Cette analyse complémentaire de Wavestone (2017) détaille les performances des
réseaux français par catégorie (infrastructure, exploitation quotidienne, innovation) et
compare les niveaux de satisfaction usagers sur la propreté et la sûreté entre les
différents réseaux mondiaux.
3.4. Keolis - Métro automatique
URL : https://www.keolis.com/metro/
La page institutionnelle de Keolis présente son expertise en tant que leader mondial
du métro automatique avec 517 kilomètres de lignes exploitées. Elle fournit des
données sur l'intervalle de 66 secondes à Lille (le plus court au monde), le
cadencement capacitif à Rennes et Lille, et les projets en cours notamment le Grand
Paris Express.
3.5. Wikipédia - Liste des métros en France
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_m%C3%A9tros_en_France
Cette page encyclopédique recense l'ensemble des réseaux de métro en France avec
leurs caractéristiques techniques, dates de mise en service et technologies utilisées
(VAL, Neoval, métro conventionnel). Elle permet de contextualiser l'évolution
historique des métros automatiques en France depuis 1983.
4. Bus à haut niveau de service et site propre
4.1. Cerema - Un panorama détaillé des BHNS en France
URL : https://www.cerema.fr/fr/actualites/panorama-detaille-bus-haut-niveau-service-
bhns-france
Le Cerema tient à jour depuis 2022 une base de données nationale des BHNS
(Panorama BHNS). Cette publication de 2025 présente les premiers résultats
d'exploitation de la base, avec les critères retenus pour qualifier le niveau de service
(infrastructure, véhicules, information voyageurs, coûts). Elle constitue la référence
pour caractériser la diversité des BHNS français.
4.2. Wikipédia - Bus à haut niveau de service
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bus_%C3%A0_haut_niveau_de_service
Cette page encyclopédique définit le concept de BHNS, son historique (premier
système à Ottawa en 1973, Curitiba en 1974), ses caractéristiques principales (site
propre, priorité aux feux) et son domaine de pertinence en Europe (2.000 à 3.000
personnes par heure et par sens). Elle fournit le contexte international du
développement des BHNS.
4.3. Bordeaux Métropole - Présentation des bus express
URL : https://www.bordeaux-metropole.fr/metropole/projets-en-cours/deplacements-
infrastructures/bus-express/presentation-bus-express
https://www.keolis.com/metro/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_m%C3%A9tros_en_France
https://www.cerema.fr/fr/actualites/panorama-detaille-bus-haut-niveau-service-bhns-france
https://www.cerema.fr/fr/actualites/panorama-detaille-bus-haut-niveau-service-bhns-france
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bus_%C3%A0_haut_niveau_de_service
https://www.bordeaux-metropole.fr/metropole/projets-en-cours/deplacements-infrastructures/bus-express/presentation-bus-express
https://www.bordeaux-metropole.fr/metropole/projets-en-cours/deplacements-infrastructures/bus-express/presentation-bus-express
Cette source présente le premier BHNS de Bordeaux Métropole mis en service en
2024 sur 21 kilomètres avec 50% d'aménagements en site propre. Elle illustre
concrètement les caractéristiques d'un BHNS récent (vitesse, régularité, priorité aux
feux, couloirs bus dédiés).
4.4. Limoges Métropole - Le projet de BHNS
URL : https://mobilites.limoges-metropole.fr/les-projets/le-bus-a-haut-niveau-de-
service/
Le projet Moovéo de Limoges Métropole, avec un coût de 161,6 millions d'euros,
prévoit deux lignes A et B de BHNS électrique avec des fréquences de 6 à 8 minutes
en heure de pointe. Cette source détaille les caractéristiques techniques d'un projet
récent et l'importance du site propre pour garantir régularité et vitesse moyenne
élevée.
4.5. Métropole TPM - Le BHNS de Toulon
URL : https://metropoletpm.fr/grands-projets/le-bus-haut-niveau-de-service-bhns
Le projet de BHNS de Toulon s'étendra sur 28 kilomètres avec 70% du tracé en site
propre, desservant 65 stations. Cette source illustre l'ambition des métropoles de
province en matière de TCSP et l'importance accordée au site propre pour garantir la
performance du système.
5. Données nationales et statistiques
5.1. Ministère de la Transition écologique - Chiffres clés des transports 2024
URL : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-
numerique/chiffres-cles-transports-2024/15-transport-collectif-urbain-de-voyageurs
Cette publication officielle du Service des données et études statistiques (SDES)
fournit les statistiques nationales sur les transports collectifs urbains. Elle indique
qu'en 2022, 40 milliards de voyageurs-kilomètres ont été réalisés, avec une
progression de 23,7% par rapport à 2021 mais un retrait de 11,4% par rapport à 2019.
5.2. Cerema - Lancement de la 4ème enquête sur l'accessibilité
URL : https://www.cerema.fr/fr/actualites/lancement-4eme-enquete-accessibilite-
transports-urbains
Cette publication présente les résultats de l'enquête annuelle sur la mise en
accessibilité des transports urbains et interurbains. En 2024, 150 AOM ont répondu,
révélant que 67% des arrêts prioritaires sont accessibles, mais 33% restent à rendre
accessibles alors que les délais sont dépassés. Ces données sont essentielles pour
évaluer le critère accessibilité de la norme NF EN 13816.
5.3. Cerema - Tout savoir sur les réseaux de transport en France
URL : https://www.cerema.fr/fr/actualites/savoir-reseaux-transport-france
Cette page présente l'enquête TCU (Transports Collectifs Urbains) menée chaque
année par le partenariat Gart, UTP, DGITM et Cerema auprès des 330 AOM. Elle
https://mobilites.limoges-metropole.fr/les-projets/le-bus-a-haut-niveau-de-service/
https://mobilites.limoges-metropole.fr/les-projets/le-bus-a-haut-niveau-de-service/
https://metropoletpm.fr/grands-projets/le-bus-haut-niveau-de-service-bhns
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transports-2024/15-transport-collectif-urbain-de-voyageurs
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transports-2024/15-transport-collectif-urbain-de-voyageurs
https://www.cerema.fr/fr/actualites/lancement-4eme-enquete-accessibilite-transports-urbains
https://www.cerema.fr/fr/actualites/lancement-4eme-enquete-accessibilite-transports-urbains
https://www.cerema.fr/fr/actualites/savoir-reseaux-transport-france
détaille les caractéristiques collectées (modes, lignes, kilomètres parcourus,
accessibilité, infrastructures en site propre, parc de véhicules) qui alimentent les
statistiques nationales.
5.4. UTPF - Bilan social Transports Urbains édition 2024
URL : https://www.utpf-mobilites.fr/note-publication/bilan-social-transports-urbains-
edition-2024
Ce bilan social établi à partir de l'enquête annuelle auprès de 131 réseaux adhérents
à l'UTPF fournit des données sur les effectifs, la durée de travail, l'absentéisme et les
salaires dans les entreprises de transport urbain, complétant ainsi les données
opérationnelles par des indicateurs sociaux.
6. Comparaisons européennes et internationales
6.1. AQST - Comparaisons de ponctualité en Europe et au Japon
URL : https://www.qualitetransports.gouv.fr/l-aqst-produit-des-comparaisons-
relatives-a-la-a383.html
L'AQST a produit une estimation normative des taux de ponctualité au seuil commun
de 5 minutes pour tous les pays et types de trains, permettant une comparaison
harmonisée malgré les différences de méthodologie entre pays. Cette approche
méthodologique s'appuie sur les programmes de recherche européens BOB
(benchmarking of benchmarking).
6.2. Oliver Wyman - Urban Mobility Readiness Index 2022
URL : https://fr.statista.com/infographie/28937/top-10-des-grandes-villes-avec-les-
meilleurs-transports-publics/
Cette étude classe 60 grandes villes mondiales selon leurs systèmes de transport
public sur cinq critères (infrastructures, impact social, attractivité, efficacité,
innovation). Hong Kong arrive en tête (77 sur 100), Zurich deuxième (73), Paris
huitième (66). Cette source permet de positionner les systèmes français dans le
contexte international.
6.3. Euronews - Transports publics : quelle ville est la meilleure
URL : https://fr.euronews.com/my-europe/2024/10/11/transports-publics-quelle-ville-
est-la-meilleure-et-laquelle-est-la-pire
Cette publication d'octobre 2024 synthétise les enquêtes de satisfaction dans les
capitales européennes, montrant que les villes d'Europe du Nord et de l'Ouest
déclarent des taux de satisfaction plus élevés que celles d'Europe du Sud et de l'Est.
6.4. Commission européenne - Recommandations sur les transports publics
urbains
URL : https://france.representation.ec.europa.eu/informations/transports-publics-
urbains-de-nouvelles-recommandations-adoptees-2024-07-10_fr
https://www.utpf-mobilites.fr/note-publication/bilan-social-transports-urbains-edition-2024
https://www.utpf-mobilites.fr/note-publication/bilan-social-transports-urbains-edition-2024
https://www.qualitetransports.gouv.fr/l-aqst-produit-des-comparaisons-relatives-a-la-a383.html
https://www.qualitetransports.gouv.fr/l-aqst-produit-des-comparaisons-relatives-a-la-a383.html
https://fr.statista.com/infographie/28937/top-10-des-grandes-villes-avec-les-meilleurs-transports-publics/
https://fr.statista.com/infographie/28937/top-10-des-grandes-villes-avec-les-meilleurs-transports-publics/
https://fr.euronews.com/my-europe/2024/10/11/transports-publics-quelle-ville-est-la-meilleure-et-laquelle-est-la-pire
https://fr.euronews.com/my-europe/2024/10/11/transports-publics-quelle-ville-est-la-meilleure-et-laquelle-est-la-pire
https://france.representation.ec.europa.eu/informations/transports-publics-urbains-de-nouvelles-recommandations-adoptees-2024-07-10_fr
https://france.representation.ec.europa.eu/informations/transports-publics-urbains-de-nouvelles-recommandations-adoptees-2024-07-10_fr
Le groupe d'experts EGUM a adopté en juillet 2024 des recommandations sur la
complémentarité des transports publics avec la mobilité partagée et l'utilisation du
Fonds social pour le climat. Ces recommandations portent sur les infrastructures, la
sécurité, l'intégration numérique et la multimodalité, fournissant le cadre européen des
politiques de mobilité urbaine.
6.5. Cairn.info - Analyse comparative des performances des systèmes de tpl en
Europe
URL : https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2003-2-
page-261.htm
Cette étude académique de 2003 propose une méthodologie pour comparer les
performances des systèmes de transports publics locaux en Europe selon quatre
catégories de facteurs (contextuels, politiques, financiers, opérationnels). Bien
qu'ancienne, elle fournit un cadre méthodologique toujours pertinent pour les
comparaisons européennes.
7. Publications institutionnelles complémentaires
7.1. FNAUT - Les services express régionaux métropolitains
URL : https://www.fnaut.fr/uploads/2024/08/Etude-les-services-express-regionaux-
metropolitains-v3.1.pdf
Cette étude de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports
(version 3.1 de janvier 2024) analyse le projet de développement de RER
métropolitains dans dix métropoles françaises annoncé en novembre 2022. Elle
insiste sur l'importance de la qualité de service pour créer un véritable choc d'offre et
favoriser les changements de comportements.
7.2. Banque des Territoires - Accord de financement IDFM 2024-2031
URL : https://www.banquedesterritoires.fr/ile-de-france-mobilites-boucle-un-accord-
de-financement-perenne-avec-letat-pour-la-periode-2024
Cette source détaille le protocole de financement signé en septembre 2023 entre l'État
et Île-de-France Mobilités pour la période 2024-2031, prévoyant une répartition 52,5%
de recettes fiscales et 47,5% de recettes locales et tarifaires, avec une hausse du
versement mobilité de 0,25 point et une augmentation de 200% de la taxe de séjour.
7.3. Transbus.org - Dossier BHNS
URL : https://www.transbus.org/dossiers/bhns.html
Ce dossier thématique présente le concept de BHNS issu du BRT américain, ses
caractéristiques (axe dédié en site propre, priorité aux feux, stations aménagées) et
les réalisations françaises. Il constitue une ressource pédagogique sur l'évolution des
BHNS en France.
7.4. Transbus.org - Organisation des transports publics de voyageurs
URL : https://www.transbus.org/dossiers/ao.html
https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2003-2-page-261.htm
https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2003-2-page-261.htm
https://www.fnaut.fr/uploads/2024/08/Etude-les-services-express-regionaux-metropolitains-v3.1.pdf
https://www.fnaut.fr/uploads/2024/08/Etude-les-services-express-regionaux-metropolitains-v3.1.pdf
https://www.banquedesterritoires.fr/ile-de-france-mobilites-boucle-un-accord-de-financement-perenne-avec-letat-pour-la-periode-2024
https://www.banquedesterritoires.fr/ile-de-france-mobilites-boucle-un-accord-de-financement-perenne-avec-letat-pour-la-periode-2024
https://www.transbus.org/dossiers/bhns.html
https://www.transbus.org/dossiers/ao.html
Cette ressource détaille l'organisation institutionnelle des transports publics en
France, le rôle des autorités organisatrices de la mobilité, l'évolution réglementaire
depuis la loi NOTRe. Elle fournit le contexte institutionnel nécessaire à la
compréhension du système français.
AQST
Partie D
BILAN DE QUALITÉ DE SERVICE
DES TRANSPORTS DE VOYAGEURS PAR AUTOCAR
LIBREMENT ORGANISÉ (SLO)
ANNÉE 2024
1. SYNTHÈSE
Le secteur du transport par autocar en service librement organisé (SLO) en France a
connu en 2024 une année contrastée marquée par une reprise significative du trafic,
mais également par une dégradation notable de la qualité de service, dans un
contexte de perturbations multiples.
1.1. Une reprise du trafic confirmée
Avec 11,1 millions de passagers sur les liaisons domestiques en 2024, le secteur
dépasse enfin son niveau de 2019 de 5 %, après plusieurs années de recul post crise
sanitaire. La fréquentation totale, incluant les passagers internationaux, atteint près
de 18 millions de voyageurs, soit une progression de 25 % par rapport à 2019. Cette
performance traduit une forte dynamique du marché avec une hausse de 14 % du
trafic domestique sur un an et 6 % pour l'international.
L'offre a également progressé de manière record. Avec 120 millions d'autocars-
kilomètres parcourus et 832 départs quotidiens en moyenne, les niveaux de 2024
constituent les plus élevés jamais enregistrés depuis la libéralisation du secteur en
2015. Le réseau stabilisé autour de 200 villes desservies témoigne d'une densification
des liaisons plutôt que d'une extension géographique.
1.2. Une dégradation préoccupante de la qualité de
service
Les indicateurs de qualité de service se sont nettement détériorés en 2024, plaçant
cette année parmi les plus difficiles de la décennie pour les voyageurs. Le taux de
retard au-delà de 15 minutes a atteint 24 % des trajets, soit une hausse de 2,5 points
par rapport à 2023 et de 12 points par rapport à 2019.
Le taux d'annulation, bien que demeurant relativement modéré à 1 %, a augmenté de
0,2 point par rapport à 2023. Ces annulations et retards sont d'autant plus
problématiques que les autocars SLO constituent souvent la principale solution de
mobilité pour les populations à revenus modestes (avec le covoiturage dans une
certaine mesure) ainsi que dans les territoires mal desservis par le train.
1.3. Des facteurs explicatifs conjoncturels et structurels
Facteurs conjoncturels.
L'année 2024 a été marquée par deux événements majeurs ayant fortement perturbé
la circulation routière. Les mobilisations agricoles de janvier-février 2024 ont entraîné
des blocages massifs d'autoroutes avec plus d'une centaine d'échangeurs fermés et
une trentaine d'autoroutes coupées au pic du mouvement. Les épisodes neigeux et
verglas de janvier et novembre 2024 ont également causé d'importantes perturbations
en Île-de-France avec des centaines de véhicules bloqués et des fermetures d'axes
structurants comme l'A13.
Facteurs structurels.
Au-delà de ces éléments conjoncturels, des facteurs structurels pèsent sur la qualité
de service. La congestion croissante du réseau routier français, particulièrement aux
abords des grandes agglomérations, constitue un défi permanent. Le marché français
se caractérise également par un duopole FlixBus-BlaBlaCar qui concentre 94 % des
passagers sur les liaisons en concurrence, situation de pression concurrentielle limitée
qui pourrait contribuer à une moindre tension sur la qualité de service
1.4. Infrastructure des gares routières inadaptée
Le rapport de l'ART met en évidence un déficit significatif de la qualité des gares
routières. Parmi les dix gares les plus fréquentées de France, 3 ne remplissent pas la
moitié des critères de qualité attendus. Des équipements essentiels font défaut dans
de nombreuses gares : 3 gares sur 10 ne disposent pas d'information dynamique, la
moitié n'offre pas de billetterie physique, et certaines gares comme Lille-Europe
accueillent plus d'un million de passagers annuels avec pour seul équipement un
simple abribus.
Cette situation contraste avec les standards internationaux observés dans les grandes
gares européennes et constitue un frein à l'attractivité du mode autocar. Le tarif moyen
d'accès aux gares payantes a augmenté de 5 % pour s'établir à 5,17 euros HT par
« toucher de quai », mais cette augmentation ne s'est pas traduite par une
amélioration proportionnelle des équipements.
1.5. Des atouts à préserver
Malgré ces difficultés, le transport par autocar SLO conserve des atouts majeurs. Avec
un tarif moyen de 6 euros pour 100 kilomètres, il demeure le mode de transport
collectif le moins cher. Sur le plan environnemental, les émissions de CO2 par
passager restent stables autour de 23 grammes d'équivalent CO2 par passager-
kilomètre, soit près de cinq fois moins qu'une voiture particulière et mieux que les
trains Intercités thermiques.
Le secteur a généré 181 millions d'euros de recettes domestiques en 2024 et emploie
2 745 équivalents temps plein, contribuant ainsi significativement à l'économie du
transport. Le taux d'occupation moyen de 65 % témoigne d'une utilisation relativement
efficace des capacités.
1.6. Perspectives et recommandations
L'année 2024 soulève des interrogations sur la capacité du secteur à maintenir sa
dynamique de croissance tout en améliorant significativement sa qualité de service.
Les défis sont multiples : modernisation et équipement des gares routières, adaptation
aux nouvelles exigences des voyageurs en matière d'information en temps réel et de
billetterie, gestion des perturbations climatiques appelées à se multiplier avec le
réchauffement climatique.
Une attention particulière devra être portée à l'évolution de la concurrence sur le
marché, au développement d'une gouvernance adaptée des gares routières, et à la
prise en compte plus systématique des flux SLO dans la planification des
infrastructures de transport. L'enjeu est de permettre à ce mode de transport
accessible et peu émetteur de carbone de jouer pleinement son rôle dans la mobilité
durable des Français.
2. CONTEXTE GÉNÉRAL DE L'ANNÉE 2024
2.1. Un marché en pleine maturité
Dix ans après la libéralisation du secteur par la loi du 6 août 2015, le marché du
transport par autocar librement organisé a transporté plus de 100 millions de
passagers cumulés. Le secteur s'est consolidé autour d'un duopole constitué de
FlixBus et BlaBlaCar qui dominent désormais 94 % du trafic sur les liaisons en
concurrence. Cette concentration du marché, en hausse par rapport aux années
précédentes, s'accompagne d'une stabilisation du réseau autour de 200 villes
desservies depuis 2022.
Le modèle économique du secteur repose sur des tarifs attractifs, un taux de
remplissage élevé et une optimisation continue des coûts d'exploitation. Les recettes
domestiques cumulées depuis 2015 dépassent un milliard d'euros, démontrant la
viabilité économique de ce mode de transport. Le secteur emploie en moyenne 2 200
équivalents temps plein par an, avec une très forte proportion de conducteurs
représentant 96 % des effectifs.
2.2. Les perturbations majeures de 2024
Les mobilisations agricoles de janvier-février 2024
À partir du 18 janvier 2024, le mouvement des agriculteurs s'est intensifié avec des
blocages d'autoroutes dans toute la France. Le mouvement a atteint son paroxysme
fin janvier avec le siège de Paris et le blocage de huit autoroutes autour de la capitale.
Au pic du mouvement, le concessionnaire Vinci Autoroutes recensait plus d'une
centaine d'échangeurs fermés et une trentaine d'autoroutes coupées.
Les axes les plus touchés incluaient l'A9 fermée entre Orange et Perpignan pendant
plusieurs jours, l'A64 entre Toulouse et Bayonne, l'A63 en Gironde, ainsi que de
nombreux axes en Occitanie, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Grand Est. Ces
blocages ont désorganisé le transport routier pendant près de deux semaines,
entraînant des détournements massifs sur le réseau secondaire et des allongements
de trajets de 20 à 30 %.
Une seconde vague de mobilisation a eu lieu en novembre et décembre 2024, avec
notamment des blocages sur l'A9 au péage du Boulou, des perturbations en Île-de-
France sur la N118, et des actions ciblées dans le Sud-Ouest. Bien que moins
intenses que la première vague, ces mobilisations ont continué d'affecter la régularité
du trafic autoroutier jusqu'en fin d'année.
Les épisodes neigeux et verglas
L'année 2024 a été marquée par plusieurs épisodes neigeux et de verglas
particulièrement perturbateurs pour la circulation routière. En janvier 2024, des chutes
de neige en Île-de-France ont entraîné le blocage de près de 1 000 véhicules sur les
routes, principalement sur l'autoroute A13 qui a dû être fermée sur une dizaine de
kilomètres entre Orgeval et Rocquencourt. Le plan neige-verglas de niveau 2 a été
activé avec limitation de vitesse à 70 kilomètres par heure sur les axes structurants.
En novembre 2024, un nouvel épisode lié à la dépression Caetano a touché l'Île-de-
France avec plus de 250 kilomètres de bouchons recensés. La circulation a été
particulièrement difficile sur la N10 à hauteur de Trappes et sur la N12. En
Champagne-Ardenne, les pluies verglaçantes du 17 janvier ont immobilisé 550 poids
lourds dans les Ardennes et 600 dans la Marne, bloquant notamment l'A26 à la sortie
de Reims. Ces conditions météorologiques ont également affecté le Calvados,
l'Aveyron et le Tarn avec des vigilances orange neige-verglas.
Ces épisodes météorologiques, bien que ponctuels, ont eu un impact significatif sur
la ponctualité des autocars, avec des retards pouvant atteindre plusieurs heures et
des annulations en cascade. Ils soulignent la vulnérabilité du transport routier face aux
aléas climatiques, phénomène appelé à s'amplifier avec le dérèglement climatique.
2.3. Le cadre réglementaire et institutionnel
En 2024, l?ART a publié son dixième rapport annuel sur le secteur, confirmant son rôle
central dans la transparence du marché et l'équité d'accès aux infrastructures. La
régulation des liaisons de 100 kilomètres ou moins, mise en place depuis 2015, a fait
l'objet d'un bilan décennal qui conclut d?après elle à un impact négligeable des
services librement organisés sur l'équilibre économique des services conventionnés.
Sur les 2 247 liaisons déclarées en 2024, seules quelques-unes ont donné lieu à des
saisines de l'ART, confirmant que les craintes initiales d'un écrémage massif du
marché ne se seraient pas concrétisées. Le dispositif de déclaration préalable, bien
qu'il impose des contraintes aux opérateurs avec un délai pouvant atteindre quatre
mois, n'a finalement conduit qu'à 159 avis depuis 2015, dont la majorité ont autorisé
l'exploitation des liaisons.
3. INDICATEURS DE QUALITÉ DE SERVICE
3.1. Ponctualité : une dégradation continue
Le taux de retard au-delà de 15 minutes, indicateur clé de la qualité de service, s'est
établi à 24 % en 2024. Cette performance constitue une dégradation significative de
2,5 points par rapport à 2023 et de 12 points par rapport à 2019. La ponctualité des
autocars SLO n'a cessé de se dégrader depuis 2021, plaçant 2024 parmi les années
les plus difficiles de la décennie pour les voyageurs.
Cette performance est nettement moins favorable que celle observée dans le secteur
ferroviaire, où les trains Intercités affichent un taux de retard de 16 % et les trains
aptes à la grande vitesse de 10 % à un seuil voisin de 15 minutes en général. L'écart
s'est donc creusé entre le transport par autocar et le transport ferroviaire en matière
de ponctualité.
Parmi les retards constatés, la majorité se situe entre 15 et 30 minutes (57 % des
cas), suivis par les retards de 30 à 60 minutes (30 %). Seule une petite proportion de
retards (3 %) dépasse les deux heures. Cette distribution montre que si les retards
massifs restent exceptionnels, les perturbations modérées affectent désormais près
d'un quart des trajets.
3.2. Régularité : un taux d'annulation en légère hausse
En 2024, 2 938 trajets ont été annulés, hors déprogrammations anticipées, ce qui se
traduit par un taux d'annulation de 1 % sur l'année. Alors qu'il était stable depuis
plusieurs années à 0,8 %, le taux d'annulation a très légèrement augmenté de 0,2
point en 2024. Ce niveau demeure modéré comparé aux standards européens, mais
la tendance à la hausse mérite d'être surveillée.
Les liaisons domestiques et internationales sont concernées de manière comparable
par les suppressions de services. Les causes d'annulation sont multiples : conditions
météorologiques défavorables, blocages routiers, pannes mécaniques, ou encore
problèmes de personnel. Les mouvements sociaux des agriculteurs ont
particulièrement contribué aux annulations du premier trimestre 2024.
3.3. Information et gestion des perturbations
Au-delà des indicateurs quantitatifs de ponctualité et de régularité, la qualité de
l'information fournie aux voyageurs en cas de perturbation constitue un élément
essentiel du service. Les témoignages recueillis sur les forums de consommateurs et
les avis en ligne révèlent des lacunes importantes dans ce domaine.
Les voyageurs déplorent fréquemment un manque de communication proactive de la
part des opérateurs en cas de retard ou d'annulation. L'information arrive souvent
tardivement, parfois seulement à l'heure prévue de départ du bus. Les applications
mobiles ne permettent pas toujours un suivi en temps réel fiable de la localisation des
autocars. De plus, en cas d'annulation, les solutions de remplacement proposées ne
sont pas toujours satisfaisantes.
Un phénomène particulier a été rapporté à plusieurs reprises par les associations de
consommateurs : des cas de voyageurs n'ayant pas pu remonter dans le bus après
les pauses pendant les trajets. Bien que ces incidents soient liés au mode
d'exploitation visant à prévenir des retards trop importants, ils génèrent des
désagréments majeurs pour les voyageurs et nuisent à l'image du secteur.
3.4. Droits des passagers et réclamations
Le règlement européen 181/2011 définit les droits des passagers voyageant en
autocar.
Pour les trajets de plus de 250 kilomètres, en cas d'annulation ou de retard excédant
deux heures, les transporteurs sont tenus de proposer la poursuite du voyage ou le
remboursement du billet. En cas d'annulation sans solution alternative, les passagers
ont droit à une indemnisation équivalente à 50 % du prix du billet.
Pour les retards de plus de 90 minutes sur des voyages de plus de trois heures, les
transporteurs doivent offrir gratuitement des collations, repas ou rafraîchissements, et
si nécessaire un hébergement dans la limite de 80 euros par nuit pour deux nuits
maximum. Toutefois, les retours d'expérience des voyageurs suggèrent que ces
obligations ne seraient pas toujours respectées de manière systématique.
Les procédures de réclamation auprès des opérateurs sont jugées complexes par de
nombreux voyageurs. Les délais de réponse sont parfois longs, et l'obtention d'un
dédommagement nécessite souvent une démarche active et trop souvent
persévérante de la part du passager. Cette situation contraste avec les standards
observés dans d'autres modes de transport comme le ferroviaire ou l'aérien.
4. INFRASTRUCTURES ET GARES ROUTIÈRES
4.1. Un niveau d'équipement insuffisant
L'analyse des équipements disponibles dans les dix gares routières les plus
fréquentées de France révèle des carences importantes. Trois de ces gares ne
remplissent pas la moitié des critères de qualité attendus. La gare de Lille-Europe, qui
accueille plus d'un million de passagers par an, ne propose qu'un simple abribus sans
aucun des neuf services essentiels identifiés par l'ART.
L'information dynamique fait défaut dans 3 des 10 gares les plus fréquentées.
Pourtant, cette information en temps réel est indispensable pour les opérateurs SLO
dont les horaires évoluent fréquemment et qui ne disposent généralement pas de
quais qui leur soient spécifiquement attribués. Sans affichage dynamique, les
voyageurs peuvent souvent peiner à localiser leur autocar et à être informés des
retards éventuels.
La billetterie physique, autre service essentiel, n'est présente que dans la moitié des
grandes gares. Or, environ 10 % des titres des SLO seraient achetés sur place,
principalement par des voyageurs soit recherchant le contact humain, soit préférant le
paiement comptant, ou peu familiers avec les outils numériques. L'absence de
billetterie pénalise ces publics et limite l'accessibilité du service.
4.2. Les recommandations du comité de concertation
Le premier comité de concertation des gares routières réuni en 2024 a identifié deux
axes prioritaires d'amélioration. Premièrement, l'information diffusée en gare doit
devenir pleinement dynamique. Elle doit indiquer en temps réel le quai de départ,
l'horaire actualisé et les éventuels retards. Cette information doit être centralisée,
claire, et équitablement accessible à tous les opérateurs.
Deuxièmement, l'accès à une billetterie physique doit être garanti selon des standards
adaptés à la taille de chaque gare. Dans les petites gares, la mutualisation des
guichets existants ou l'installation d'automates multimodaux est recommandée,
particulièrement lorsque la fréquentation dépasse 300 000 voyageurs par an. Dans
les grandes gares, la mise en place d'automates ou de guichets dédiés est préconisée.
Le comité a également souligné la nécessité d'améliorer la qualité, la fiabilité et le
format des données transmises par les opérateurs pour permettre une large
interopérabilité.
L'intégration de tous les services réguliers, y compris les SLO, dans les outils de
mobilité en tant que service (MaaS) devrait constituer un objectif important pour
faciliter la planification des déplacements multimodaux.
4.3. La question de la gouvernance des gares
Les « Rencontres sur les gares routières » organisées par l'ART en septembre 2024
ont mis en lumière une carence majeure en matière de gouvernance. L'autorité
organisatrice de la mobilité locale, chargée du transport public conventionné, n'est
généralement pas responsable de l'accueil des services librement organisés. Cette
situation engendre un manque de coordination et de vision stratégique pour le
développement des infrastructures.
Une meilleure prise en compte des flux SLO dans la planification des infrastructures
constitue un levier stratégique. Dans certaines gares comme celles de Grenoble ou
Toulouse, ces flux peuvent représenter environ 30 % du trafic total. Leur anticipation
permettrait d'optimiser la gestion des infrastructures existantes et d'ajuster le
dimensionnement de projets structurants comme le Pôle d'Échanges Multimodal de
Bordeaux.
La refonte du modèle de gouvernance des gares, identifiée comme un enjeu central
du secteur, pourrait s'appuyer sur un cadre législatif rénové et mieux adapté aux
territoires.
L'instauration d'une instance de gouvernance locale chargée de coordonner la
politique d'accueil des SLO apparaît donc nécessaire pour garantir une cohérence
entre les différents services de transport.
4.4. L'équilibre économique des gares
Le tarif moyen d'accès aux gares payantes s'est établi à 5,17 euros HT par toucher
de quai en 2024, en hausse de 5 %. Les gares de Paris-Bercy et du terminal Jules
Verne à La Défense pratiquent les tarifs les plus élevés, respectivement 16,04 euros
et 17,52 euros, se rapprochant de la fourchette observée dans les grandes gares
européennes située entre 15 et 20 euros.
Plusieurs modèles économiques coexistent. Certaines gares comme celle d'Aix-en-
Provence sont financées à 100 % par les recettes et ne dépendent pas des
financements publics. D'autres comme Grenoble s'appuient davantage sur des
subventions publiques avec un ratio recettes sur dépenses de seulement 33 %. Les
analyses de l'ART montreraient qu'une tarification adaptée pourraient souvent assurer
l'équilibre économique des gares significatives en couvrant les charges d'exploitation
et les investissements courants.
5. ANALYSE COMPARATIVE ET PERSPECTIVES
5.1. Comparaison avec les autres modes de transport
Avec un taux de retard de 24 % en 2024, les autocars affichent une performance
moins favorable que les trains grande vitesse (10 %) et les Intercités (16 %) à un seuil
voisin de 15 mn. Le taux d'annulation de 1 % des autocars est en revanche inférieur
à celui des TGV qui a atteint 3,4 % en 2023.
Sur le plan tarifaire, les autocars SLO conservent un avantage décisif avec un prix
moyen de 6 euros pour 100 kilomètres, soit significativement moins cher que le train
à longue distance, aux alentours de 10 euros pour 100 kilomètres. Cet écart tarifaire
explique le maintien de la demande malgré la plus grande lenteur de l?autocar SLO en
général.
5.2. Comparaison internationale
Le marché allemand, principale référence européenne, présente une trajectoire
différente de celle du marché français. La fréquentation domestique des autocars SLO
en Allemagne stagne en 2024 par rapport à 2023, avec 10,5 millions de passagers
légèrement inférieurs aux 11,1 millions de la France. Surtout, le marché allemand
n'atteint en 2024 qu'environ 60 %des passagers-kilomètres de 2019, alors que le
marché français a retrouvé et dépassé son niveau d'avant crise sanitaire.
Cette divergence s'explique par plusieurs facteurs. Le réseau ferroviaire allemand
offre une concurrence plus forte avec le « Deutschland-Ticket » à 49 euros par mois
permettant des trajets illimités en transport régional.
Les difficultés économiques de FlixBus en Allemagne, avec une rentabilité souvent
moindre que sur le marché français, ont conduit à une rationalisation de l'offre. Ces
éléments soulignent la spécificité du marché français où les autocars occupent
finalement une place plus importante dans l'offre de mobilité longue distance.
5.3. Les défis structurels à relever
Au-delà des facteurs conjoncturels ayant affecté 2024, le secteur fait face à des défis
structurels majeurs. La congestion du réseau routier français, particulièrement aux
abords des grandes métropoles, constitue une contrainte croissante. Les temps de
parcours s'allongent mécaniquement, rendant plus difficile le respect des horaires
annoncés. Cette tendance devrait s'accentuer avec la croissance démographique et
urbaine.
Le dérèglement climatique pose également des défis inédits. Les épisodes de canicule
provoquent la dilatation des chaussées et augmentent les risques d'incident. Les
tempêtes, inondations et chutes de neige se multiplient et gagnent en intensité. Le
réseau routier français, conçu pour un climat tempéré stable, n'est souvent pas
suffisamment adapté à ces nouvelles contraintes. Les investissements nécessaires
pour renforcer la résilience du réseau face aux aléas climatiques représentent des
montants considérables.
Le manque de personnel qualifié, notamment de conducteurs, constitue un autre défi
structurel. Bien que le secteur ait augmenté ses effectifs de 658 équivalents temps
plein en 2024, l'écart avec le niveau de 2019 reste de 7 %. Les difficultés de
recrutement dans les métiers de la conduite affectent l'ensemble du transport routier
et pourraient limiter la capacité du secteur à développer son offre.
5.4. Les axes d'amélioration prioritaires
L'amélioration de la qualité de service passe en premier lieu par une modernisation
significative des infrastructures de gares routières. L'installation systématique
d'informations dynamiques dans toutes les grandes gares fréquentées, le
développement de la billetterie physique et multimodale, et l'amélioration des
équipements de base constituent des priorités immédiates. Le plan d'investissement
nécessaire doit être chiffré et financé, idéalement par une combinaison à déterminer
de redevances d'usage et de soutien public, en maintenant l?attractivité prix qui fait
l?attractivité du transport par autocar SLO.
Le renforcement de l'information voyageurs en temps réel doit être poursuivi. Les
applications mobiles doivent offrir un suivi GPS précis et fiable des autocars, avec des
alertes proactives en cas de retard ou d'annulation. La communication avec les
voyageurs en situation de perturbation doit être améliorée, avec des protocoles clairs
et des solutions de remplacement systématiquement proposées.
La mise en place d'une gouvernance adaptée des gares routières apparaît comme un
prérequis pour une amélioration durable. Cette gouvernance doit associer les autorités
organisatrices de la mobilité, les gestionnaires d'infrastructures, les opérateurs de
transport et les représentants des usagers. Elle doit permettre une planification
cohérente du développement des gares en tenant compte de l'ensemble des besoins
de mobilité du territoire.
6. CONCLUSION
L'année 2024 aura été une année paradoxale pour le transport par autocar librement
organisé en France. D'un côté, le secteur a confirmé sa dynamique de croissance
avec un dépassement du niveau de trafic de 2019 et des records historiques en termes
d'offre et de fréquentation. De l'autre, la qualité de service s'est dégradée de manière
préoccupante, plaçant 2024 parmi les années les plus difficiles de la décennie pour
les voyageurs en matière de ponctualité.
Cette situation révèle les tensions auxquelles le secteur doit faire face. La demande
de mobilité accessible continue de progresser, stimulée par des tarifs attractifs et une
offre géographiquement étendue. Mais les infrastructures routières et les gares
routières peinent à absorber cette croissance tout en maintenant un niveau de service
satisfaisant. Les perturbations conjoncturelles de 2024 ont agi comme un révélateur
de fragilités structurelles plus profondes.
Le transport par autocar SLO conserve néanmoins des atouts décisifs. Son
accessibilité tarifaire en fait un mode de transport irremplaçable pour de nombreuses
populations, notamment dans les territoires peu denses. Ses performances
environnementales, avec des émissions de CO2 par passager cinq fois inférieures à
la voiture particulière, certes moins bonnes en général que celles du train électrique,
en font un contributeur essentiel à la transition écologique de la mobilité. Son modèle
économique viable sans subventions publiques garantit sa pérennité.
Les années à venir seront déterminantes. Le secteur devra relever simultanément
plusieurs défis : moderniser les gares routières et les adapter aux standards
européens, améliorer la ponctualité malgré la congestion croissante du réseau routier,
s'adapter aux perturbations climatiques de plus en plus fréquentes, et maintenir la
pression concurrentielle malgré la concentration du marché autour d'un duopole.
L'enjeu n'est pas seulement économique ou technique. Il s'agit de garantir à tous, quel
que soit leur lieu de résidence et leur niveau de revenus, un accès effectif à une
mobilité de qualité. Le transport par autocar librement organisé, par son
positionnement unique entre service public et marché concurrentiel, peut et doit jouer
pleinement ce rôle d'inclusion sociale et territoriale.
L'amélioration de la qualité de service dans ce secteur n'est donc pas qu'une question
de confort pour les usagers. Elle conditionne la crédibilité et l'acceptabilité sociale d'un
mode de transport qui constitue, pour des millions de Français, l'unique alternative à
la voiture individuelle pour leurs déplacements longue distance. C'est à cette aune
que devront être jugés les progrès accomplis dans les années à venir.
7. ANNEXE BIBLIOGRAPHIQUE
Les sources suivantes ont été consultées et analysées pour l'élaboration de ce bilan.
Pour chaque source, les principaux enseignements sont synthétisés.
1. Autorité de régulation des transports. Rapport annuel sur le marché du
transport par autocar et sur les gares routières en France en 2024. Juin 2025.
Ce document constitue la source principale de données quantitatives sur le secteur. Il
fournit les indicateurs clés de trafic avec 11,1 millions de passagers domestiques et
18 millions au total, le taux de retard de 24 % et le taux d'annulation de 1 %. Il
documente également l'état des infrastructures avec l'analyse des équipements dans
les dix gares les plus fréquentées, et présente les travaux du comité de concertation
sur l'information dynamique et la billetterie. Le rapport confirme la reprise du trafic au-
dessus du niveau de 2019 et identifie les lacunes majeures des gares routières.
2. Autorité de la qualité de service dans les transports. Bilan 2023 de la
qualité de service des transports de voyageurs en France. 2024.
Ce bilan multimodal permet une mise en perspective des performances du transport
par autocar avec les autres modes. Il révèle que 2023 a été l'une des pires années de
la décennie pour la ponctualité ferroviaire et aérienne, avec des taux de retard
respectifs de 14,6 % pour les TGV et supérieurs à 15 % pour l'aérien. Le rapport
identifie les causes structurelles comme le manque de personnel et le dérèglement
climatique, ainsi que les causes conjoncturelles dont les mouvements sociaux. Cette
analyse contextuelle éclaire les difficultés rencontrées également par le secteur
routier.
3. Mouvement des agriculteurs de 2024 en France. Article Wikipédia consulté
le 26 décembre 2025.
Cet article documente précisément la chronologie et l'ampleur des blocages routiers
liés aux mobilisations agricoles. Il détaille le « siège » de Paris fin janvier avec huit
autoroutes bloquées, les fermetures de l'A9 entre Orange et Perpignan, de l'A64 et de
l'A63 dans le Sud-Ouest. Le bilan fait état de plus d'une centaine d'échangeurs fermés
et d'une trentaine d'autoroutes coupées au pic du mouvement. Cette source permet
de quantifier l'impact des perturbations de janvier-février puis de novembre-décembre
2024 sur la circulation routière et donc indirectement sur la ponctualité des autocars.
4. Lyseo. Grève des agriculteurs point de situation et impacts sur le transport de
marchandises. Blog Lyseo, janvier 2024.
Cet article professionnel du secteur logistique apporte un éclairage sur les
conséquences concrètes des blocages agricoles. Il mentionne des retards significatifs
dans les livraisons, une hausse des coûts de transport, et des difficultés de circulation
notamment sur les axes A1, A4, A5, A6, A7, A10, A13, A15 et A16. Il confirme que le
secteur du transport routier a subi des perturbations majeures pendant plusieurs
semaines, avec des détours obligeant à emprunter le réseau secondaire et des
allongements de trajets de 20 à 30 %.
5. Préfecture de police de Paris et préfectures départementales.
Communiqués sur les épisodes neige-verglas, janvier et novembre 2024.
Ces communiqués officiels documentent les épisodes météorologiques ayant
perturbé la circulation en Île-de-France et dans plusieurs régions. Ils font état du
blocage de près de 1 000 véhicules sur l'A13 en janvier, de l'activation du plan neige-
verglas de niveau 2 avec limitation à 70 kilomètres par heure, et de plus de 250
kilomètres de bouchons en novembre. En Champagne-Ardenne, 550 poids lourds ont
été immobilisés dans les Ardennes et 600 dans la Marne. Ces sources officielles
permettent de quantifier précisément l'ampleur des perturbations météorologiques de
2024.
6. France Bleu et médias régionaux. Articles sur les manifestations agricoles et
conditions météorologiques. Novembre-décembre 2024.
La couverture médiatique régionale a permis de suivre en temps réel l'évolution des
blocages agricoles de fin 2024, avec notamment des informations sur les
perturbations sur l'A63 en Gironde, l'A64 en Haute-Garonne, et les actions en Île-de-
France sur la N118. Ces sources confirment que malgré une intensité moindre qu'en
janvier-février, les perturbations se sont poursuivies jusqu'en fin d'année avec un
impact sur la régularité des transports routiers.
7. Ministère de l'Économie. Voyage en autocar annulation retard accident quels
sont vos droits. Site economie.gouv.fr, 2024.
Ce document officiel rappelle le cadre réglementaire européen applicable aux droits
des passagers d'autocar. Il précise les obligations des transporteurs en cas
d'annulation ou de retard de plus de 90 minutes sur des trajets de plus de 250
kilomètres, incluant le remboursement, le réacheminement, et dans certains cas
l'hébergement et les repas. Cette source permet de contextualiser les manquements
éventuels des opérateurs par rapport à leurs obligations légales.
8. Forums de consommateurs et avis en ligne. Témoignages d'usagers sur les
services FlixBus et BlaBlaCar. Tripadvisor, Trustpilot, Forum Que Choisir,
2024.
Les témoignages de voyageurs collectés sur ces plateformes révèlent des
problématiques récurrentes de qualité de service. Les retards fréquents, parfois de 1
à 2 heures, les annulations de dernière minute avec information tardive, et les
difficultés à obtenir un dédommagement sont largement documentés. Des cas de
voyageurs oubliés sur les aires d'autoroute lors des pauses sont également rapportés.
Ces sources qualitatives complètent les données quantitatives de l'ART en illustrant
le vécu des usagers.
9. Banque des Territoires. Observatoire 2023 de la qualité de service dans les
transports retards et annulations toujours en hausse. 11 juin 2024.
Cet article analyse le bilan de l'AQST et met en perspective la dégradation généralisée
de la qualité de service dans tous les modes de transport en 2023. Il souligne que le
retour du trafic post-COVID coïncide avec de nouveaux défis que les exploitants
peinent à relever, notamment en matière de sûreté, fréquence et gestion. Les
mouvements sociaux et les aléas météorologiques sont identifiés comme des facteurs
aggravants dans un contexte structurellement difficile.
10. L'Antenne avec l'AFP. Manifestations agricoles retour à la normale pour les
transporteurs routiers. 5 février 2024.
Cet article professionnel du secteur transport confirme l'ampleur des perturbations
subies par le transport routier pendant les deux semaines de mobilisation agricole. Il
mentionne la désorganisation majeure du secteur, les détours obligatoires sur le
réseau secondaire entraînant des allongements de 20 à 30 %, et les incidents avec
pillages de camions étrangers. L'article indique qu'au pic du mouvement, Vinci
Autoroutes recensait plus d'une centaine d'échangeurs fermés et une trentaine
d'autoroutes coupées, chiffres confirmant l'impact massif sur la circulation.
AQST
Partie E
Bilan de la qualité de service des
transports réguliers de voyageurs
par autocar conventionné en France
en 2024
Hors autocars SLO et bus urbains
Analyse basée sur la norme NF EN 13816
1. Introduction et cadre de l'analyse
Le présent bilan porte exclusivement sur les transports réguliers de voyageurs par
autocar conventionné en France métropolitaine en 2024, à savoir les services
d'autocars régionaux et ex-départementaux organisés par les autorités organisatrices
de la mobilité. Sont expressément exclus de cette analyse les services librement
organisés (SLO) et les transports urbains qui relèvent d'autres cadres réglementaires
et organisationnels.
Depuis la loi NOTRe du 7 août 2015, les régions sont devenues autorités
organisatrices des transports non urbains et des transports scolaires, reprenant les
compétences anciennement dévolues aux départements. Cette réorganisation
territoriale a profondément modifié la gouvernance du secteur, avec des transferts
effectifs réalisés le 1er janvier 2017 pour les transports non urbains et le 1er
septembre 2017 pour les transports scolaires.
En 2024, le secteur des autocars régionaux et interurbains transportait
quotidiennement environ 200 000 voyageurs hors transports scolaires, avec un réseau
composé d'environ 2 650 autocars régionaux et 120 minibus desservant près de 28
000 points d'arrêts routiers. Les lignes régulières interurbaines représentent environ
13,8 millions de voyages annuels sur l'ensemble du territoire français.
La norme européenne NF EN 13816, adoptée en septembre 2002 et toujours en
vigueur, constitue le référentiel méthodologique de cette analyse. Cette norme spécifie
les exigences pour définir, cibler et mesurer la qualité de service dans le transport
public de voyageurs. Elle structure l'approche qualité autour de huit critères majeurs
qui couvrent de façon exhaustive les principales dimensions des attentes des usagers.
2. Cadre normatif et réglementaire
2.1. La norme NF EN 13816 et ses principes
La norme NF EN 13816 définit la qualité de service comme la capacité d'un service
de transport à répondre aux attentes des clients. Elle s'articule autour de huit critères
fondamentaux qui permettent d'évaluer la performance globale d'un service de
transport public.
Les huit critères de la norme sont :
? Disponibilité : couverture géographique et temporelle du service
? Accessibilité : facilité d'accès au système de transport
? Information : renseignement systématique sur le service
? Temps : respect des horaires et durées de trajets
? Attention portée au client : prise en compte des besoins individuels
? Confort : agrément du voyage
? Sécurité : sentiment de protection personnelle
? Impact environnemental : effets sur l'environnement
Cette norme est complétée par le fascicule de documentation FD X50-808 qui fournit
des lignes directrices pour l'application de la NF EN 13816 aux lignes de transport
terrestres et lieux d'échanges, ainsi que par la norme NF EN 15140 qui définit les
exigences fondamentales pour les systèmes de mesure de la qualité réalisée dans les
services de transport public de voyageurs.
2.2. Cadre réglementaire français et européen
Le transport interurbain par autocar en France s'inscrit dans un cadre réglementaire
complexe articulant normes européennes et dispositions nationales. Au niveau
européen, le règlement CE n° 1073/2009 établit les règles communes pour l'accès au
marché international des transports par autocar et autobus. La directive 2001/85/CE
impose des prescriptions techniques particulières concernant la structure renforcée
des véhicules, les issues de secours et les équipements de sécurité obligatoires.
En France, la loi Macron du 6 août 2015 a introduit une libéralisation partielle du
secteur en créant les services librement organisés (SLO) sur les liaisons de plus de
100 kilomètres, tout en maintenant le cadre conventionné pour les services régionaux
et départementaux.
Les conditions de travail des conducteurs sont encadrées par le règlement CE n°
561/2006 relatif aux temps de conduite et de repos, qui limite la conduite continue à
4h30 suivies d'une pause obligatoire de 45 minutes, avec une durée quotidienne
maximale de travail fixée à 10 heures. Ces dispositions visent à garantir la sécurité
des voyageurs et des conducteurs tout en assurant des conditions de travail
acceptables.
3. État des lieux de la qualité de service en 2024
3.1. Disponibilité et accessibilité du service
La disponibilité du service d'autocars régionaux en France présente une couverture
territoriale relativement étendue avec 114 lignes régulières interurbaines et environ 3
400 circuits scolaires. Cette offre assure une desserte de 477 municipalités et permet
de réaliser environ 13,8 millions de voyages annuels sur les lignes commerciales
routières interurbaines. Les régions investissent massivement dans ce secteur, avec
par exemple la région Pays de la Loire consacrant un budget de 445 millions d'euros
en fonctionnement et 102 millions en investissement pour 2025.
L'accessibilité aux personnes à mobilité réduite constitue un enjeu majeur. La plupart
des véhicules récents sont équipés d'élévateurs UFR permettant le transport d'une
personne en fauteuil roulant. Les lignes de courte distance en zone périurbaine
utilisent majoritairement des autocars avec plancher bas à l'avant, facilitant
l'embarquement. Cependant, tous les arrêts ne disposent pas des aménagements
nécessaires, créant des ruptures dans la chaîne d'accessibilité.
3.2. Information voyageurs : un critère essentiel en
développement
L'information voyageurs représente l'un des critères les plus critiques selon la norme
NF EN 13816. En 2024, ce domaine connaît une évolution contrastée dans le secteur
des autocars interurbains. Les Systèmes d'Aide à l'Exploitation et d'Information
Voyageurs (SAEIV) se développent progressivement, permettant de fournir une
information en temps réel sur la localisation des véhicules, les horaires de passage
aux arrêts et les perturbations éventuelles.
Les solutions technologiques déployées comprennent des girouettes à LEDs pour
l'identification des véhicules, des bandeaux lumineux et écrans TFT embarqués
affichant les prochains arrêts et correspondances, ainsi que des applications mobiles
permettant la géolocalisation en temps réel des autocars. Certains réseaux proposent
des bornes d'information voyageurs aux principaux arrêts, tandis que des alternatives
numériques via QR Code se développent pour les points d'arrêts non équipés.
Néanmoins, la généralisation de ces dispositifs reste inégale sur le territoire. De
nombreux réseaux interurbains accusent un retard technologique par rapport aux
réseaux urbains, avec des systèmes d'information statiques limités aux fiches horaires
papier et plans de lignes. L'absence d'information en temps réel constitue un frein
majeur à l'attractivité du service, particulièrement pour les usagers occasionnels et les
nouveaux clients potentiels.
3.3. Ponctualité et respect des horaires
La ponctualité constitue un indicateur fondamental de la qualité de service.
Les conventions TER entre régions et les transporteurs ferroviaires intègrent
désormais de plus en plus des mécanismes de bonus-malus pour l'atteinte des
objectifs en matière de ponctualité. Des dispositifs similaires devraient être
généralisés pour les services routiers conventionnés afin d'inciter les opérateurs à
améliorer leurs performances. Les SAEIV permettent aux exploitants de suivre en
temps réel l'avance ou le retard des véhicules et d'analyser la ponctualité des lignes
pour ajuster les horaires de passage aux arrêts.
3.4. Confort et équipements des véhicules
Le niveau de confort des autocars interurbains s'est significativement amélioré ces
dernières années. Les véhicules modernes sont équipés de sièges confortables avec
tablettes et repose-pieds, de climatisation, et parfois de prises électriques individuelles
et de connexion WiFi.
La transition énergétique du parc progresse avec la conversion progressive vers des
motorisations moins polluantes. Cette évolution contribue à l'amélioration du critère
impact environnemental de la norme EN 13816.
3.5. Sécurité et formation des conducteurs
La sécurité des transports par autocar bénéficie d'un cadre réglementaire strict. Selon
l'Institut français des sciences et technologies des transports, l'autocar est 20 fois
moins accidentogène que la voiture individuelle. Cette performance s'explique par
plusieurs facteurs : la formation rigoureuse et continue des conducteurs, le bridage en
vitesse des véhicules, et les contrôles réguliers tant des conducteurs que des
véhicules.
Les conducteurs d'autocar doivent obtenir le permis D et suivre une formation continue
obligatoire conformément au règlement CE n° 1073/2009. Les véhicules sont soumis
aux prescriptions de la directive 2001/85/CE imposant une structure renforcée,
plusieurs issues de secours, des équipements obligatoires (extincteurs, marteaux
brise-vitres) et une signalisation claire des sorties. Les contrôles techniques
périodiques vérifient le respect de ces normes de sécurité.
4. Données disponibles et lacunes analytiques
4.1. Sources de données existantes
L'Autorité de régulation des transports (ART) collecte depuis 2016 des informations
auprès des entreprises autocaristes concernant les services réguliers conventionnés.
Cette collecte, réalisée selon les décisions des 2 décembre 2015, 25 mai 2016, 29
mars 2017 et 23 janvier 2020, porte sur l'offre de lignes, la fréquentation, la qualité de
service et certaines informations économiques, sociales et financières. Les données
sont collectées à un rythme trimestriel, semestriel et annuel.
Les régions, en tant qu'autorités organisatrices, disposent également de données sur
leurs réseaux respectifs. Cependant, l'hétérogénéité des systèmes d'information et
des indicateurs de suivi entre régions limite les possibilités de comparaisons
nationales. Certaines régions comme les Hauts-de-France publient des observatoires
régionaux des transports avec des chiffres clés annuels, mais cette pratique n'est
malheureusement pas généralisée.
L'INSEE fournit des données macroéconomiques sur le secteur des transports,
notamment sur les immatriculations de véhicules et l'évolution générale de la
fréquentation des transports en commun. L'association Régions de France compile
également des statistiques globales montrant qu'environ 200 000 voyageurs par jour
utilisent les autocars interurbains hors transports scolaires, et 2,1 millions d'élèves par
jour sont transportés dans le cadre des transports scolaires hors agglomération.
4.2. Lacunes majeures dans l'évaluation de la qualité
Malgré ces sources de données, plusieurs lacunes importantes limitent la capacité à
réaliser une évaluation exhaustive de la qualité de service selon les critères de la
norme NF EN 13816. Premièrement, il n'existe pas de système national unifié de
mesure de la qualité de service pour les autocars conventionnés, contrairement au
secteur ferroviaire où des indicateurs standardisés sont suivis systématiquement dans
le cadre des conventions TER.
L'absence de données consolidées sur la ponctualité constitue une lacune majeure.
Contrairement aux services ferroviaires qui disposent de systèmes automatisés de
mesure des retards, les services d'autocars régionaux ne font pas l'objet d'un suivi
systématique de cet indicateur pourtant fondamental. Les quelques données
disponibles proviennent d'études ponctuelles ou de réseaux ayant déployé des
SAEIV, mais ne permettent pas une vision d'ensemble du secteur.
Les enquêtes de satisfaction voyageurs restent rares et non harmonisées. Chaque
région détermine ses propres critères et méthodologies, rendant impossible toute
comparaison interrégionale robuste. Il manque également des données précises sur
l'accessibilité réelle du service aux personnes à mobilité réduite, au-delà du simple
décompte des véhicules équipés d'élévateurs.
Enfin, l'évaluation de l'information voyageurs souffre d'un manque de données
quantitatives. Bien que des progrès technologiques soient constatés, il n'existe pas
d'indicateur permettant de mesurer le taux de déploiement des systèmes d'information
en temps réel ou le taux de couverture des points d'arrêts équipés. Cette absence de
mesure rend difficile l'appréciation objective des progrès réalisés dans ce domaine
pourtant identifié comme prioritaire par les usagers.
5. Comparaisons européennes
5.1. Cadre normatif européen commun
La norme EN 13816 constitue un référentiel commun à l'ensemble de l'Union
européenne pour l'évaluation de la qualité de service dans les transports publics de
voyageurs. Adoptée dans tous les États membres, elle offre théoriquement une base
commune pour des comparaisons internationales. Cependant, son application
pratique varie considérablement d'un pays à l'autre, chaque État ayant développé ses
propres méthodes et indicateurs de suivi.
Au niveau de la sécurité, l'Union européenne a harmonisé les exigences techniques
par la directive 2001/85/CE qui s'applique uniformément dans tous les États membres.
Cette harmonisation garantit un niveau de sécurité comparable des véhicules circulant
en Europe. Les normes environnementales Euro VI, entrées en vigueur le 1er janvier
2014, imposent également des standards communs pour les émissions polluantes des
autocars, avec une réduction significative des émissions de NOx et de particules par
rapport aux normes antérieures.
5.2. Pratiques européennes en matière de qualité de
service
Plusieurs pays européens ont développé des approches plus systématiques de
mesure et d'amélioration de la qualité de service dans les transports interurbains.
L'Allemagne dispose de systèmes de certification qualité pour les services de cars
express régionaux, avec des audits réguliers vérifiant le respect de standards
minimums en termes d'information, de ponctualité et de confort. Les Länder allemands
intègrent dans leurs contrats de délégation des clauses de pénalités financières en
cas de non-respect des objectifs de qualité.
Les Pays-Bas ont mis en place un système national d'évaluation de la satisfaction
voyageurs avec des enquêtes standardisées réalisées annuellement sur l'ensemble
des réseaux de transport public, y compris les services interurbains par autocar. Ces
enquêtes permettent des comparaisons objectives entre opérateurs et régions, et les
résultats sont publiés pour informer les usagers et créer une émulation entre
opérateurs.
La Grande-Bretagne a développé une approche basée sur des obligations de service
public précises intégrant des indicateurs de performance chiffrés. Les opérateurs de
services subventionnés doivent rendre compte mensuellement de leurs performances
sur des critères définis contractuellement. Cette transparence favorise l'amélioration
continue et permet aux autorités organisatrices d'intervenir rapidement en cas de
dégradation de la qualité.
En Suède, l'agence nationale des transports publie un rapport annuel comparant les
performances de l'ensemble des réseaux de transport public du pays, incluant les
services d'autocars régionaux. Cette publication nationale crée une pression positive
sur les opérateurs et les autorités organisatrices pour améliorer leurs résultats. Elle
permet également d'identifier et de diffuser les bonnes pratiques entre régions.
5.3. Position de la France dans le contexte européen
La France se situe dans une position intermédiaire en Europe concernant la
structuration de l'évaluation de la qualité de service des autocars interurbains. Le
cadre normatif français est solide avec l'adoption de la norme NF EN 13816 et ses
documents d'accompagnement, mais l'application pratique reste fragmentée.
Contrairement à certains pays nordiques ou germaniques qui ont développé des
systèmes nationaux de suivi de la qualité, la France laisse une grande autonomie aux
régions dans la définition et le suivi de leurs indicateurs.
Cette décentralisation présente des avantages en permettant d'adapter les indicateurs
aux spécificités territoriales, mais elle limite la capacité à établir des comparaisons
nationales et à diffuser les bonnes pratiques. L'absence d'observatoire national de la
qualité des services d'autocars conventionnés contraste avec l'existence d'un tel
dispositif pour le secteur ferroviaire notamment.
Sur le plan technologique, la France accuse un certain retard dans le déploiement
généralisé des systèmes d'information voyageurs en temps réel par rapport à des
pays comme l'Allemagne ou les Pays-Bas où ces dispositifs sont quasi-systématiques
sur les réseaux interurbains. Cependant, des initiatives régionales innovantes
émergent, comme le déploiement de systèmes d'information par QR Code ou
d'applications mobiles intégrées offrant une information multimodale.
6. Recommandations pour l'amélioration
6.1. Structuration d'un système national de mesure de la
qualité
La première recommandation concerne la mise en place d'un système national
harmonisé de mesure de la qualité de service des autocars conventionnés, s'inspirant
des dispositifs existants dans le secteur ferroviaire. Ce système devrait définir un socle
d'indicateurs obligatoires alignés sur les huit critères de la norme NF EN 13816, tout
en laissant aux régions la possibilité de compléter avec des indicateurs spécifiques à
leurs enjeux locaux.
Les indicateurs minimums recommandés pourraient inclure : le taux de ponctualité
mesuré au seuil de 5 et 15 minutes de retard, le taux de réalisation des courses
prévues, le taux d'information en temps réel des voyageurs, le taux d'accessibilité
effective aux personnes à mobilité réduite, la fréquence des enquêtes de satisfaction
et le score global de satisfaction, le taux d'équipement en SAEIV et dispositifs
d'information dynamique, ainsi que les émissions de CO2 par voyageur-kilomètre.
Un observatoire national des services d'autocars conventionnés pourrait être créé,
rattaché à une entité existante. Cet observatoire aurait pour mission de collecter les
données, de produire des analyses comparatives annuelles et de diffuser les bonnes
pratiques identifiées. La publication annuelle d'un rapport national de synthèse
permettrait d'instaurer une dynamique d'amélioration continue par comparaison entre
régions.
6.2. Généralisation de l'information voyageurs en temps
réel
L'information voyageurs constitue un levier majeur d'amélioration de la qualité perçue
et de l'attractivité des services. Il est recommandé d'accélérer le déploiement des
SAEIV sur l'ensemble des réseaux interurbains, avec un objectif d'équipement à 100%
des véhicules d'ici 2030. Ce déploiement devrait être soutenu financièrement par l'État
dans le cadre des contrats de plan État-régions, compte tenu des investissements
significatifs requis.
Les points d'arrêts majeurs devraient être équipés de bornes d'information voyageurs
affichant en temps réel les horaires de passage et les éventuelles perturbations. Pour
les arrêts secondaires où l'installation de bornes n'est pas rentable, le déploiement de
codes QR permettant d'accéder à l'information via smartphone constitue une solution
économique et efficace. Les régions devraient également développer des applications
mobiles unifiées permettant d'accéder à l'information multimodale intégrant cars,
trains et autres modes de transport.
La centralisation des données sur le Point d'Accès National (PAN) aux données de
transport, conformément à la loi d'orientation des mobilités de 2019, devrait être
accélérée. Cette centralisation faciliterait le développement d'applications tierces
d'information multimodale et améliorerait la visibilité de l'offre d'autocars interurbains
auprès du grand public.
6.3. Renforcement des mécanismes incitatifs dans les
contrats
Les conventions liant les régions aux opérateurs devraient systématiquement intégrer
des mécanismes de bonus-malus liés à l'atteinte d'objectifs de qualité de service, sur
le modèle des conventions TER. Ces mécanismes créent une incitation financière
forte pour les opérateurs à améliorer leurs performances sur les critères identifiés
comme prioritaires par l'autorité organisatrice.
Les indicateurs clés sur lesquels pourraient porter ces bonus-malus incluent la
ponctualité, le taux de réalisation des services, la fiabilité de l'information voyageurs,
les résultats des enquêtes de satisfaction, et le respect des engagements en matière
d'accessibilité. L'amplitude des bonus-malus devrait être significative, représentant
potentiellement 2% à 5% de la rémunération contractuelle, pour constituer un véritable
levier d'action.
Les conventions devraient également prévoir des clauses d'amélioration continue
avec des objectifs pluriannuels progressifs. Cette approche permet aux opérateurs de
planifier leurs investissements tout en garantissant une amélioration constante de la
qualité du service rendu aux usagers. Des bilans annuels publics des performances
permettraient d'assurer la transparence vis-à-vis des voyageurs et des élus locaux.
7. Conclusion
Le bilan de la qualité de service des transports réguliers de voyageurs par autocar
conventionné en France en 2024 révèle un secteur en mutation profonde, porté par
des investissements importants des régions et une modernisation progressive du parc
de véhicules et des systèmes d'information. La norme NF EN 13816 fournit un cadre
méthodologique solide pour évaluer cette qualité, mais son application pratique reste
insuffisamment systématisée.
Les progrès sont réels dans plusieurs domaines : amélioration du confort des
véhicules, transition énergétique vers des motorisations moins polluantes,
déploiement croissant de systèmes d'information en temps réel, et maintien d'un
excellent niveau de sécurité. Le secteur transporte quotidiennement environ 200 000
voyageurs hors transports scolaires, démontrant son rôle essentiel dans la mobilité
des territoires ruraux et périurbains.
Cependant, des lacunes importantes subsistent. L'absence de système national unifié
de mesure de la qualité limite la capacité à évaluer objectivement les performances et
à comparer les pratiques entre régions. L'information voyageurs en temps réel reste
inégalement déployée sur le territoire. Les données sur la ponctualité, critère
fondamental pour les usagers, font défaut pour la plupart des réseaux. L'accessibilité
effective aux personnes à mobilité réduite nécessite encore des progrès significatifs.
La comparaison européenne montre que la France se situe dans une position
intermédiaire. Le cadre normatif est solide mais l'application pratique est fragmentée.
Des pays comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Suède disposent de systèmes plus
structurés de mesure et de publication de la qualité de service, créant une dynamique
d'amélioration continue par la comparaison et la transparence.
Les principales recommandations portent sur la structuration d'un système national
harmonisé de mesure de la qualité, la généralisation de l'information voyageurs en
temps réel et le renforcement des mécanismes incitatifs dans les conventions. Ces
évolutions nécessiteront des investissements importants mais sont indispensables
pour faire des autocars interurbains un mode de transport attractif, contribuant ainsi
aux objectifs de report modal et de transition écologique.
Le succès de cette transformation repose sur une coopération étroite entre l'État, les
régions, les opérateurs et les autorités de régulation. L'enjeu est considérable : offrir
aux habitants des territoires non desservis par le rail une alternative crédible à la
voiture individuelle, tout en répondant aux défis environnementaux et sociaux de la
mobilité durable.
8. Annexe bibliographique
Cette annexe présente les sources utilisées pour l'élaboration de ce bilan, en précisant
pour chacune leur contribution spécifique à l'analyse. Les liens ont été vérifiés en
décembre 2024.
8.1. Normes et référentiels qualité
AFNOR. (2002). NF EN 13816 - Transport, Logistique et services - Transport public
de voyageurs - Définition de la qualité de service, objectifs et mesures.
Lien : https://www.boutique.afnor.org/fr-fr/norme/nf-en-13816
Utilité : Document normatif de référence définissant les huit critères de qualité de
service et la méthodologie d'évaluation. Base conceptuelle de l'ensemble du bilan.
AFNOR. (2002). FD X50-808 - Qualité des services dans les transports - Identification
des critères de qualité pour le transport de voyageurs - Guide d'application.
Utilité : Fascicule de documentation précisant l'application pratique de la norme EN
13816 aux lignes de transport terrestres et lieux d'échanges.
AFNOR. (2007). NF EN 15140 - Transport public de voyageurs - Exigences
fondamentales et recommandations pour les systèmes de mesure de la qualité
réalisée.
Utilité : Définit les exigences pour les systèmes de mesure de la qualité dans
l'application de la norme EN 13816.
Bidault, J.-M. et Jallageas, M. (2002). Transport public de voyageurs : Qualité de
service - La Norme NF EN 13816. AFNOR Éditions.
Utilité : Ouvrage de référence commentant la norme EN 13816 et proposant une
méthodologie pratique de mise en oeuvre, rédigé par deux responsables qualité de la
RATP.
8.2. Rapports institutionnels et données de référence
Autorité de régulation des transports. (2025, juin). Un marché des autocars longue
distance dynamique, dont la fréquentation en 2024 dépasse largement le niveau de
2019 - Rapport annuel du transport routier de voyageurs et des gares routières 2024.
Lien : https://www.autorite-transports.fr/communiques/un-marche-des-autocars-longue-distance-
dynamique-dont-la-frequentation-en-2024-depasse-largement-le-niveau-de-2019
Utilité : Données chiffrées sur la fréquentation 2024, comparaisons avec les autres
modes de transport, et analyse de la qualité de service des gares routières.
Régions de France. (2024). Mobilité, transports, infrastructures - Compétences et
données des régions.
Lien : https://regions-france.org/mobilite-transports-infrastructures
Utilité : Données nationales consolidées sur les transports régionaux : 200 000
voyageurs par jour en autocars interurbains hors transports scolaires, 2,1 millions
d'élèves transportés quotidiennement, description des compétences régionales.
https://www.boutique.afnor.org/fr-fr/norme/nf-en-13816
https://www.autorite-transports.fr/communiques/un-marche-des-autocars-longue-distance-dynamique-dont-la-frequentation-en-2024-depasse-largement-le-niveau-de-2019
https://www.autorite-transports.fr/communiques/un-marche-des-autocars-longue-distance-dynamique-dont-la-frequentation-en-2024-depasse-largement-le-niveau-de-2019
https://regions-france.org/mobilite-transports-infrastructures
Région Pays de la Loire. (2024). Transports et mobilités durables : Les transports en
commun.
Lien : https://www.paysdelaloire.fr/mon-conseil-regional/les-missions/transports-et-mobilites-
durables/les-transports-en-commun
Utilité : Exemple détaillé d'organisation régionale : 2 650 cars régionaux, 28 000
points d'arrêts, 114 lignes interurbaines, 140 000 élèves transportés, budget de 445
millions d'euros en fonctionnement.
INSEE. (2024). Transports - Une progression modérée en 2024 - Bilan économique
2024 Île-de-France.
Lien : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8354649
Utilité : Données sur l'évolution de la fréquentation des transports collectifs franciliens
en 2024, contexte de reprise post crise sanitaire, statistiques sur les immatriculations
de bus et autocars.
8.3. Information voyageurs et technologies
PYSAE. (2024). Transport interurbain de voyageurs et SAEIV.
Lien : https://web.pysae.com/blog/transport-interurbain
Utilité : Description détaillée des Systèmes d'Aide à l'Exploitation et d'Information
Voyageurs, fonctionnalités d'information en temps réel, enjeux spécifiques du
transport interurbain.
SPEC. SIV SAEIV Billettique transport interurbain et régional - Solutions d'information
voyageurs.
Lien : http://www.spec.fr/siv-saeiv-billettique-transport-interurbain-regional
Utilité : Catalogue des solutions techniques disponibles : girouettes LEDs, bandeaux
lumineux, bornes d'information voyageurs, applications mobiles par QR Code,
systèmes embarqués.
Transbus.org. Dossier : L'information dynamique des voyageurs.
Lien : https://www.transbus.org/dossiers/usagers.html
Utilité : Panorama des dispositifs d'information statique et dynamique déployés dans
les réseaux de transport public français, comparaison urbain-interurbain.
8.4. Organisation et réglementation des transports
Transbus.org. Dossier : Organisation des transports publics de voyageurs.
Lien : https://www.transbus.org/dossiers/ao.html
Utilité : Cadre institutionnel complet : rôle des régions comme autorités organisatrices
depuis la loi NOTRe, historique des transferts de compétences (1er janvier 2017 pour
l'interurbain, 1er septembre 2017 pour le scolaire), organisation des autorités
organisatrices de la mobilité.
Wikipédia. (2024). Lignes régulières d'autocar en France.
Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lignes_régulières_d'autocar_en_France
https://www.paysdelaloire.fr/mon-conseil-regional/les-missions/transports-et-mobilites-durables/les-transports-en-commun
https://www.paysdelaloire.fr/mon-conseil-regional/les-missions/transports-et-mobilites-durables/les-transports-en-commun
https://www.insee.fr/fr/statistiques/8354649
https://web.pysae.com/blog/transport-interurbain
http://www.spec.fr/siv-saeiv-billettique-transport-interurbain-regional
https://www.transbus.org/dossiers/usagers.html
https://www.transbus.org/dossiers/ao.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lignes_r%C3%A9guli%C3%A8res_d'autocar_en_France
Utilité : Historique de la collecte de données par l'Arafer puis l?ART depuis 2016 sur
les services conventionnés (offre, fréquentation, qualité de service, données
économiques), contexte de la libéralisation de 2015.
Transbus.org. Dossier : Services de transport public interurbain - développement des
cars express.
Lien : https://www.transbus.org/dossiers/transport-interurbain.html
Utilité : Description des différents types de lignes interurbaines (omnibus, express),
caractéristiques des véhicules utilisés, équipements pour l'accessibilité PMR,
développement des cars à haut niveau de service.
8.5. Réglementation européenne et comparaisons
Parlement européen. Transports routiers : harmonisation de la législation - Fiches
thématiques sur l'Union européenne.
Lien : https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/128/transports-routiers-harmonisation-de-
la-legislation
Utilité : Cadre réglementaire européen : règlement CE n° 561/2006 sur les temps de
conduite et repos, directive 2006/22/CE sur les contrôles, directive 96/53/CE sur les
dimensions des véhicules, harmonisation fiscale et technique.
Parlement européen. Le transport routier international et de cabotage - Fiches
thématiques sur l'Union européenne.
Lien : https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/127/le-transport-routier-international-et-de-
cabotage
Utilité : Règlement CE n° 1073/2009 sur le transport international de voyageurs par
autocar, conditions d'accès à la profession, règle des 12 jours pour les conducteurs
en service occasionnel.
France Bus. (2024). Sécurité en autocar : que dit la réglementation française et
européenne ?
Lien : https://francebus.com/securite-autocar-reglementation-francaise-europeenne
Utilité : Directive européenne 2001/85/CE sur les exigences de sécurité (structure
renforcée, issues de secours, équipements obligatoires), comparaison de la sécurité
de l'autocar avec les autres modes de transport (20 fois moins accidentogène que la
voiture selon l'IFSTTAR).
Wikipédia. (2024). Norme européenne d'émissions.
Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Norme_européenne_d'émissions
Utilité : Historique et évolution des normes Euro pour les autocars, norme Euro VI en
vigueur depuis 2014, projet de norme Euro 7 avec réduction des émissions de NOx et
particules, impact environnemental des différentes normes.
8.6. Note méthodologique
Les informations techniques sur les normes et réglementations s'appuient sur les
textes officiels publiés par l'AFNOR et les institutions européennes. Les sources
professionnelles (PYSAE, SPEC, Transbus.org) ont été utilisées pour documenter les
https://www.transbus.org/dossiers/transport-interurbain.html
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/128/transports-routiers-harmonisation-de-la-legislation
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/128/transports-routiers-harmonisation-de-la-legislation
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/127/le-transport-routier-international-et-de-cabotage
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/127/le-transport-routier-international-et-de-cabotage
https://francebus.com/securite-autocar-reglementation-francaise-europeenne
https://fr.wikipedia.org/wiki/Norme_europ%C3%A9enne_d'%C3%A9missions
aspects technologiques et opérationnels non couverts par les sources
institutionnelles.
La diversité des sources permet de donner quelques informations dans le contexte de
l'absence de données consolidées nationales sur certains aspects de la qualité de
service. Les lacunes identifiées dans ce bilan reflètent les limites actuelles du système
d'information et de suivi du secteur des autocars conventionnés en France.
AQST
Partie F
Bilan de qualité de service des
transports réguliers de voyageurs
maritimes et fluviaux en France en
2024
1. Introduction
Le présent bilan analyse la qualité de service des transports maritimes réguliers de
voyageurs en France en 2024, hors croisières. Cette analyse couvre les liaisons
transmanche, les liaisons vers la Corse, les passages d'eau, ainsi que les liaisons
maritimes intérieures à l'outre-mer. L'évaluation s'appuie notamment sur les critères
de la norme NF EN 13816 relative à la qualité de service dans les transports publics
de voyageurs.
Sont également traités mais de manière très succincte faute de données le transport
fluvial régulier de voyageurs, dont les flux demeurent très limités.
En 2024, le transport maritime de voyageurs en France s'inscrit dans une dynamique
de reprise progressive après les perturbations liées à la crise sanitaire et au Brexit.
Selon les données du Service de la donnée et des études statistiques (SDES), le trafic
maritime a progressé de 3,7% en 2024, témoignant d'un regain d'activité dans
l'ensemble du secteur.
2. Contexte général et données de trafic en 2024
2.1. Évolution du trafic maritime de voyageurs
Le transport maritime de voyageurs en France a connu une évolution contrastée ces
dernières années. Après avoir atteint environ 28 millions de voyageurs en moyenne
annuelle sur la période 2003-2019, le secteur a subi un effondrement brutal en 2020
avec une chute de 60,3% liée à la crise sanitaire.
La reprise s'est amorcée progressivement, avec 11,1 millions de passagers en 2021
et 20,9 millions en 2022, soit encore 24,3% en dessous du niveau de 2019.
En 2024, les données préliminaires indiquent une progression de 3,7% du trafic
maritime de passagers, confirmant la tendance à la normalisation de l'activité. Cette
reprise s'observe sur l'ensemble des façades maritimes françaises, bien que de
manière inégale selon les destinations.
2.2. Répartition géographique du trafic
La répartition du trafic maritime de voyageurs en France se concentre sur trois
grandes zones géographiques.
En Méditerranée, les liaisons vers la Corse représentent la part la plus importante
avec environ 58,7% du trafic méditerranéen. Les ports de Bastia, Toulon et Marseille
concentrent 60% du trafic maritime de passagers national.
Sur la façade Manche et Mer du Nord, les liaisons transmanche sont dominées à
99,5% par les échanges avec la Grande-Bretagne. Les ports normands (Calais,
Dieppe, Cherbourg, Caen-Ouistreham, Le Havre) ont enregistré en 2024 une hausse
de 6% du trafic passagers par rapport à 2023, atteignant approximativement 2,2
millions de passagers.
Dans les départements et régions d'outre-mer (DROM), le trafic maritime représente
une composante essentielle de la mobilité insulaire, bien que les volumes restent
modestes à l'échelle nationale.
3. La norme NF EN 13816 et ses critères de qualité
3.1. Présentation de la norme
La norme NF EN 13816, adoptée en septembre 2002, spécifie les exigences
permettant de définir, de cibler et de mesurer la qualité de service dans le domaine du
transport public de voyageurs. Cette norme européenne fournit une méthode pratique
de définition du service offert au travers d'indicateurs qualité couvrant de façon
exhaustive les principales dimensions des attentes des clients.
Bien que conçue principalement pour les transports terrestres, la norme NF EN 13816
s'applique également aux services de transport maritime de voyageurs.
L'Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST), créée par décrets en
2012, a pour mission de contribuer à l'amélioration de la qualité de service dans les
transports de voyageurs terrestres, maritimes et aériens.
3.2. Les huit critères de qualité
La norme NF EN 13816 définit huit catégories de critères de qualité qui constituent le
cadre d'analyse de la qualité de service. Ces critères permettent de traduire les
attentes des clients et leur perception de la qualité en termes de paramètres
mesurables et réalistes.
Critère Description
1. Offre de
service
Disponibilité, fréquence, amplitude horaire,
correspondances
2. Accessibilité Facilité d'accès au réseau, PMR, billettique, tarification
3. Information Information générale et en temps réel, clarté, fiabilité
4. Durée Temps de parcours, ponctualité, régularité, fiabilité
5. Attention
portée au client
Assistance, réclamations, engagements de service
6. Confort Équipements, propreté, restauration, services à bord
7. Sécurité Sécurité des personnes, prévention des risques, sûreté
8. Impact
environnemental
Pollution, nuisances sonores, transition énergétique
4. Analyse de la qualité de service par type de liaison
4.1. Liaisons transmanche
4.1.1. Offre de service et trafic
Les liaisons transmanche constituent un axe majeur du transport maritime de
voyageurs en France. En 2024, l'offre s'est maintenue avec une diversité de routes
desservies par plusieurs compagnies. Les ports normands ont enregistré une hausse
de trafic de 6% entre 2023 et 2024, atteignant environ 2,2 millions de passagers.
Les principales liaisons transmanche comprennent Calais-Douvres (P&O Ferries,
DFDS, Irish Ferries), Dieppe-Newhaven (DFDS Seaways opérant sous la marque
Transmanche Ferries), Caen-Ouistreham-Portsmouth (Brittany Ferries), Cherbourg-
Portsmouth et Cherbourg-Poole (Brittany Ferries), ainsi que Le Havre-Portsmouth
(Brittany Ferries). Ces liaisons proposent des fréquences variées allant de plusieurs
départs quotidiens sur le détroit du Pas-de-Calais à des rotations plus espacées sur
les lignes longues.
4.1.2. Ponctualité et régularité
Les données disponibles sur la ponctualité des liaisons transmanche en 2024 restent
fragmentaires. Les compagnies maritimes ne publient généralement pas de
statistiques détaillées de ponctualité, contrairement aux opérateurs ferroviaires.
Toutefois, plusieurs éléments permettent d'apprécier la situation. Les armateurs ont
adapté leurs horaires en 2024 pour intégrer des marges de sécurité permettant de
mieux absorber les aléas opérationnels et météorologiques.
Sur la liaison Dieppe-Newhaven, l'organisation repose sur une programmation
saisonnière avec quatre traversées par jour en semaine et six le week-end en basse
saison (octobre à avril), six traversées quotidiennes en moyenne saison (mai à juillet
et septembre), et jusqu'à six traversées par jour avec des rotations complémentaires
le week-end en haute saison (juillet-août). Cette organisation vise à maintenir une
régularité de service adaptée à la demande.
4.1.3. Information voyageurs
L'information voyageurs s'est considérablement développée avec la généralisation
des systèmes de réservation en ligne et des applications mobiles. Les principales
compagnies (Brittany Ferries, DFDS, P&O Ferries, Irish Ferries) proposent des
plateformes permettant la réservation, la modification de billets et l'accès aux
informations en temps réel sur l'état des traversées.
Néanmoins, des lacunes persistent dans la communication proactive des retards et
modifications. Les voyageurs signalent des situations où les retards ne sont
communiqués qu'au moment de l'embarquement, ne permettant pas une
réorganisation optimale des déplacements.
4.2. Liaisons vers la Corse
4.2.1. Contexte et opérateurs
Les liaisons maritimes vers la Corse représentent un enjeu crucial pour la desserte de
l'île.
Trois principaux opérateurs assurent ces liaisons en 2024. Corsica Ferries,
compagnie privée, détient la part de marché la plus importante avec douze navires de
type Mega Express pouvant transporter entre 1900 et 2500 passagers. Corsica Linea,
issue du rachat de la SNCM en 2016 et acquise par CMA-CGM en 2023, propose des
services depuis Marseille, Toulon et Nice. La Méridionale, également propriété de
CMA-CGM depuis 2023, assure principalement les liaisons depuis Marseille.
4.2.2. Problématiques de ponctualité et de régularité
La qualité de service sur les liaisons corses fait l'objet de critiques récurrentes de la
part des usagers, particulièrement concernant la ponctualité et la régularité. Les
retards constituent une problématique majeure et chronique sur ces liaisons. Des
témoignages d'usagers rapportent des retards fréquents pouvant atteindre deux à
trois heures, sans information préalable adéquate.
En août 2024, Corsica Ferries a connu une période particulièrement difficile avec des
annulations et retards importants. La compagnie a justifié ces perturbations par une
avarie moteur sur le Mega Express 5, l'un des plus gros navires de la flotte, capable
de transporter 2500 passagers. Selon Corsica Ferries, cette avarie a perturbé environ
3% des voyages de la haute saison, bien que les témoignages d'usagers suggèrent
un impact plus large.
Les avis des voyageurs sur les plateformes comme Trustpilot et Tripadvisor révèlent
une insatisfaction significative. De nombreux usagers mentionnent des retards de une
à trois heures à l'embarquement, des annulations communiquées tardivement (parfois
quelques heures avant le départ), et des changements d'itinéraire non anticipés. Un
groupe Facebook intitulé "Clients Corsica Ferries en colère" rassemble plus de 15000
personnes, témoignant de l'ampleur du mécontentement.
4.2.3. Information voyageurs et communication
L'information voyageurs apparaît comme un point faible majeur sur les liaisons vers
la Corse. Les retards seraient souvent communiqués à la dernière minute, sans
explication détaillée des raisons. Les voyageurs déplorent un manque de
transparence et de proactivité de la part des compagnies dans la gestion des
perturbations.
La réglementation européenne du 6 juillet 2010, en vigueur depuis le 18 décembre
2012, prévoit des indemnisations pour les passagers maritimes en cas de retard à
l'arrivée supérieur à deux heures. Toutefois, aucune indemnité n'est prévue en cas de
force majeure (conditions météorologiques, avaries techniques dans certains cas). Le
retard est calculé sur l'arrivée et non sur le départ.
4.2.4. Confort et état des navires
Les retours d'usagers soulignent un état vétuste de certains navires, avec des
équipements vieillissants nécessitant une modernisation. Les cabines sont décrites
comme souvent peu propres ou avec une odeur désagréable, une robinetterie hors
d'âge et un entretien insuffisant. Les espaces communs présentent des signes de
vieillissement avec des moquettes parfois sales et une décoration ressentie comme
datée.
Le nombre insuffisant de toilettes en service par rapport au nombre de passagers est
régulièrement mentionné comme source d'inconfort. Les équipements destinés au
repos (fauteuils inclinables) sont souvent non fonctionnels, obligeant les passagers à
dormir parfois en position inconfortable durant les traversées de nuit.
4.2.5. Stratégies d'amélioration des compagnies
Face à ces difficultés, Corsica Ferries a adapté ses horaires pour 2024 en intégrant
des marges de sécurité accrues permettant de substituer un navire à l'autre en
fonction de la demande ou de rattraper des retards dus aux opérations portuaires ou
à la météo. Cette mesure vise à améliorer la régularité du service.
Par ailleurs, le rachat de La Méridionale par le groupe CMA-CGM pourrait conduire à
des investissements dans la modernisation des flottes et l'amélioration de la qualité
de service, bien que ces évolutions restent à confirmer.
4.3. Passages d'eau et liaisons maritimes d'outre-mer
Les passages d'eau et liaisons maritimes intérieures à l'outre-mer représentent un
segment spécifique du transport maritime de voyageurs en France. Ces services
assurent des dessertes essentielles pour la mobilité locale et touristique dans les
territoires insulaires.
4.3.1. Liaisons insulaires en métropole
En Bretagne, la Compagnie Maritime BreizhGo Penn Ar Bed, opérée par Keolis depuis
1992, assure la desserte quotidienne des îles de Molène, Sein et Ouessant depuis le
continent (Brest, Le Conquet, Audierne). Ce service essentiel fonctionne 365 jours par
an, excepté lors de conditions météorologiques extrêmes, et achemine également des
marchandises et denrées alimentaires. Cette liaison se caractérise par une très haute
qualité de service avec un taux de satisfaction voyageurs de 98%.
Les opérateurs de ces liaisons appliquent des normes de sécurité strictes conformes
aux réglementations internationales. Les équipages reçoivent une formation
approfondie sur les procédures d'urgence et les pratiques de sécurité, assurant une
réactivité maximale en cas d'incident. L'accessibilité aux personnes à mobilité réduite
constitue également un point d'attention particulier, avec des rampes hydrauliques
d'embarquement et des espaces dédiés à bord.
4.3.2. Liaisons en outre-mer
Dans les départements et régions d'outre-mer, le transport maritime joue un rôle
fondamental pour la mobilité inter-îles. Ces liaisons présentent des spécificités liées
aux distances, aux conditions météorologiques tropicales et aux infrastructures
portuaires disponibles.
Les données disponibles sur la qualité de service de ces liaisons restent très limitées.
Le trafic dans les DROM s'élèverait à environ 0,6 million de passagers en 2021, soit
une part modeste du trafic maritime national. Les principaux enjeux de qualité de
service sur ces liaisons portent notamment sur la régularité face aux aléas
météorologiques, la modernisation des infrastructures portuaires et l'adaptation de
l'offre aux besoins des populations locales.
5. Données disponibles et lacunes de l'analyse
5.1. Éléments disponibles pour l'analyse
L'analyse de la qualité de service des transports maritimes de voyageurs en France
en 2024 s'appuie sur plusieurs sources d'information.
Les données statistiques du SDES fournissent des informations sur les volumes de
trafic et leur évolution.
Les retours d'usagers via les plateformes d'avis en ligne (Trustpilot, Tripadvisor, sites
d'évaluation spécialisés) constituent une source précieuse d'information sur la
perception de la qualité de service. Les communications des compagnies maritimes
et des autorités portuaires apportent des éléments sur l'offre de service et les projets
d'amélioration.
Enfin, la réglementation européenne sur les droits des passagers maritimes
(règlement du 6 juillet 2010) établit un cadre normatif pour l'indemnisation en cas de
retard ou d'annulation.
5.2. Lacunes significatives dans les données
Plusieurs lacunes importantes limitent la portée de cette analyse.
L'absence de statistiques de ponctualité publiées régulièrement par les compagnies
maritimes constitue un obstacle majeur. Contrairement aux opérateurs ferroviaires et
aériens qui publient des indicateurs de ponctualité détaillés, les armateurs maritimes
ne communiquent généralement pas ces données de manière systématique et
transparente.
Les données sur les taux de satisfaction voyageurs font également défaut. Hormis
quelques opérateurs comme la Compagnie Maritime Penn Ar Bed qui affiche un taux
de satisfaction de 98%, la plupart des compagnies ne publient pas d'enquêtes de
satisfaction régulières et méthodologiques. Les informations sur l'accessibilité aux
personnes à mobilité réduite restent parcellaires. Les taux d'annulation et leurs causes
ne sont pas systématiquement communiqués, rendant difficile l'évaluation de la
fiabilité du service.
Enfin, les comparaisons européennes sont entravées par l'hétérogénéité des
systèmes de collecte de données et de reporting entre les États membres, limitant la
possibilité d'établir des benchmarks pertinents.
6. Qualité du service de transport fluvial de voyageurs en
2024
Le transport fluvial de voyageurs en France représente un segment de niche mais en
développement du transport public. En 2024, l'indice d'activité des services de
transports fluviaux intérieurs a progressé de 1,9%, témoignant d'un regain d'intérêt
pour ce mode de transport alternatif.
6.1. Initiatives et projets en cours
Plusieurs projets de navettes fluviales ont vu le jour ou sont en cours de
développement en France. À Lyon, le service Navigône a été mis en service le 18 juin
2025 sur la Saône, reliant Vaise-Industrie à Confluence avec quatre haltes
intermédiaires. Ce service vise à transporter 560 000 voyages par an avec un bateau
toutes les 15 minutes. La mise en oeuvre progressive prévoit l'utilisation de bateaux
électriques à partir d'avril 2026.
En Île-de-France, la coopérative RiverCat a ouvert trois lignes de navettes fluviales en
2024, après avoir remporté un appel à projets pour un démonstrateur de bateaux
décarbonés. Le projet vise à relier notamment Alfortville et Issy-les-Moulineaux en
passant par les escales parisiennes, avec des bateaux à propulsion biocarburant et
partiellement électrique.
À Bordeaux, le service Bat3 opéré par Keolis assure des liaisons sur la Garonne. À
Newcastle en Australie, Keolis exploite également un service de navettes maritimes.
Ces services illustrent le potentiel du transport fluvial et maritime urbain pour
désengorger les villes et offrir une expérience de déplacement alternative.
6.2. Qualité de service et caractéristiques
Les services de transport fluvial de voyageurs se caractérisent par plusieurs atouts en
termes de qualité de service. L'accessibilité universelle est privilégiée avec des
rampes hydrauliques d'embarquement permettant l'accès aux personnes à mobilité
réduite et aux vélos. Les navettes sont conçues pour accueillir entre 70 et 150
passagers selon les modèles, avec des espaces dédiés au rangement des vélos.
L'intégration tarifaire avec les réseaux de transport en commun locaux constitue un
point fort. À Lyon, le service Navigône est accessible avec un abonnement TCL
classique. En Île-de-France, les projets prévoient également une intégration au réseau
Île-de-France Mobilités. Cette intégration facilite l'intermodalité et encourage l'usage
de ce mode de transport.
Les systèmes d'information voyageurs en temps réel se développent, avec des
applications permettant de suivre la position des navettes et de recevoir des alertes
en cas de perturbation. La ponctualité apparaît généralement satisfaisante sur ces
services, les opérateurs adaptant leurs horaires aux contraintes de navigation
(écluses, conditions de niveau d'eau).
6.3. Défis et limites
Le transport fluvial de voyageurs fait face à plusieurs défis. La rentabilité économique
reste problématique, nécessitant des subventions publiques importantes. À Paris, le
service Voguéo lancé en 2008 a été abandonné en 2011 en raison d'une fréquentation
insuffisante, illustrant les difficultés de ce mode de transport à trouver son public.
Les jours de non-navigabilité dus aux crues ou aux basses eaux constituent une
contrainte technique. Sur la Saône à Lyon, le nombre moyen de jours de non-
navigabilité est de 12 à 19 jours par an. Les coûts d'infrastructure restent élevés avec
les aménagements nécessaires pour les haltes et les zones de remisage des bateaux.
Enfin, les questions d'accès au domaine public fluvial et d'exclusivités d'usage
constituent un frein au développement de nouveaux services, comme l'illustre le
différend entre la coopérative RiverCat et Haropa Port en Île-de-France.
7. Comparaisons européennes
7.1. Tarification et rapport qualité-prix
Une étude réalisée par Vivanoda en 2024, portant sur près de 150 000 prix de
traversées maritimes en Europe, révèle des disparités importantes entre les pays.
L'indice des prix, représentant le coût moyen par personne pour parcourir 100
kilomètres par ferry, place la France dans une position médiane.
Les pays les plus chers pour les traversées en ferry sont la Turquie, le Royaume-Uni,
l'Islande, le Maroc, Malte, l'Italie, la Slovénie et le Portugal. À l'inverse, les destinations
offrant les tarifs les plus abordables sont la Lettonie, la Tunisie, la Lituanie, la Pologne,
la Suède, la Finlande et la Croatie. La France se situe dans une position intermédiaire,
avec des tarifs variables selon les liaisons.
Pour 2024, FerryGoGo évalue le coût moyen d'une traversée pour deux personnes et
une voiture en haute saison à 1097 euros.
7.2. Confort et équipements à bord
Les ferries européens offrent généralement un niveau de confort élevé, avec des
aménagements comparables à de petits navires de croisière. Une étude d'Omio sur
les 50 routes de ferry les plus recherchées en Europe souligne que les opérateurs ont
massivement investi dans le confort, proposant des équipements de type croisière
avec boutiques, espaces de restauration, divertissements et cabines.
Les routes méditerranéennes, notamment entre l'Italie et la Corse ou la Sardaigne, se
distinguent par la qualité de leurs services. Les liaisons Gênes-Palerme, Livourne-
Bastia, Gênes-Porto Torres figurent parmi les plus confortables selon cette étude. En
Europe du Nord, les liaisons Stockholm-Turku, Oslo-Copenhague et Stockholm-
Helsinki sont également reconnues pour leur qualité de service.
Par comparaison, les retours d'usagers sur les ferries français vers la Corse suggèrent
un retard en termes de modernisation des équipements par rapport à certains
concurrents européens, bien que des différences existent entre compagnies.
7.3. Sécurité et réglementation
Les ferries européens sont reconnus comme l'un des modes de transport public les
plus sûrs au monde. Des normes de sécurité rigoureuses, des inspections
quotidiennes et des équipages hautement qualifiés garantissent un niveau élevé de
sécurité. La réglementation européenne impose des standards stricts en matière de
sécurité maritime, d'équipements de sauvetage et de formation des équipages.
La France applique ces normes européennes et bénéficie d'un bon niveau de sécurité
maritime. Les compagnies françaises respectent les réglementations internationales,
avec des systèmes de navigation avancés et des équipements de sauvetage
conformes aux standards.
7.4. Principales compagnies européennes et leur
positionnement qualité
Le marché européen du transport maritime de voyageurs est dominé par plusieurs
grands groupes. DFDS est l'un des plus importants opérateurs en Europe du Nord,
offrant des services de haute qualité vers le Royaume-Uni, la Norvège, la Suède et
les Pays-Bas avec des ferries modernes et bien équipés.
Stena Line est une compagnie leader proposant des traversées vers l'Irlande, la
Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas, la Suède, la Norvège, le Danemark,
l'Allemagne et la Pologne, avec des ferries modernes et spacieux. Irish Ferries assure
des liaisons vers l'Irlande et le Royaume-Uni avec une flotte bien équipée et une
expérience de voyage confortable.
En Méditerranée, Grimaldi Lines, Moby Lines, GNV (Grandi Navi Veloci) et Baleària
figurent parmi les principaux opérateurs. Ces compagnies proposent généralement un
bon niveau de service avec des navires modernes, bien que des différences existent
selon les routes et les navires. Corsica Ferries et Corsica Linea occupent une position
spécifique sur le marché français, avec des niveaux de satisfaction variables selon les
retours d'usagers.
8. Conclusion
Le bilan de la qualité de service des transports maritimes réguliers de voyageurs en
France en 2024 révèle une situation contrastée selon les types de liaisons et les
opérateurs. Le secteur connaît une reprise progressive de son activité avec une
hausse de 3,7% du trafic maritime de passagers, confirmant une normalisation après
les perturbations liées à la crise sanitaire et au Brexit.
Les liaisons transmanche affichent une bonne dynamique avec une hausse de trafic
de 6% dans les ports normands. L'offre de service reste diversifiée avec plusieurs
compagnies et routes. Néanmoins, des marges de progrès existent en matière
d'information voyageurs, particulièrement concernant la communication proactive des
retards et modifications.
Les liaisons vers la Corse constituent le point le plus problématique en termes de
qualité de service. Les retards chroniques, les annulations tardives, le manque
d'information préalable et le vieillissement de certains navires génèrent une
insatisfaction importante des usagers. La situation constatée en août 2024 avec les
perturbations liées à une avarie technique illustre la fragilité du système et la nécessité
d'investissements dans la modernisation des flottes et l'amélioration des processus
opérationnels.
Les passages d'eau et liaisons insulaires en métropole, notamment en Bretagne,
démontrent qu'un service maritime de haute qualité est possible avec des taux de
satisfaction très élevés. Ces exemples montrent l'importance d'une approche orientée
service public, d'investissements adaptés et d'une attention constante portée aux
besoins des usagers.
Le transport fluvial de voyageurs, bien que marginal, connaît un développement
encourageant avec des projets innovants à Lyon, en Île-de-France et dans d'autres
agglomérations. Ces initiatives démontrent le potentiel de ce mode de transport pour
contribuer à la mobilité urbaine durable, à condition de surmonter les défis
économiques et réglementaires.
L'application de la norme NF EN 13816 au transport maritime de voyageurs reste
partielle et hétérogène. L'absence de publication systématique d'indicateurs de qualité
de service (ponctualité, régularité, satisfaction) par les compagnies maritimes limite la
transparence et la comparabilité des performances.
Les comparaisons européennes montrent que la France se situe dans une position
médiane en termes de tarification, avec des niveaux de confort et de service variables
selon les liaisons et les opérateurs. Les exemples de bonnes pratiques observés chez
certains opérateurs européens (DFDS, Stena Line) en matière d'information
voyageurs, de modernité des équipements et de respect des horaires constituent des
références vers lesquelles tendre.
Pour améliorer la qualité de service des transports maritimes de voyageurs en France,
plusieurs axes d'action se dégagent.
La mise en place d'un système de publication obligatoire et standardisé d'indicateurs
de qualité de service (ponctualité, taux d'annulation, satisfaction) permettrait une plus
grande transparence et une émulation entre opérateurs. Le renforcement de
l'information voyageurs en temps réel et de la communication proactive des
perturbations doit être une priorité.
Des investissements dans la modernisation des flottes, particulièrement sur les
liaisons corses, apparaissent nécessaires pour améliorer le confort et la fiabilité. Le
développement de l'intermodalité avec une meilleure intégration tarifaire et
informationnelle entre le transport maritime et les autres modes de transport
contribuerait à améliorer l'expérience globale des voyageurs.
Enfin, la poursuite du verdissement de la flotte avec des navires moins polluants et
plus économes en énergie répond aux enjeux environnementaux tout en améliorant
le confort acoustique et vibratoire à bord.
9. Annexe bibliographique
Sources officielles et statistiques
10. Service de la donnée et des études statistiques (SDES) - Bilan annuel des
transports en 2024
URL : https://statistiques.developpement-
durable.gouv.fr/media/8868/download
Utilité : Source statistique officielle fournissant les données de trafic maritime
de voyageurs pour 2024, incluant la progression de 3,7% du transport maritime
de passagers, les données sur les différentes façades maritimes et l'évolution
de l'activité fluviale. Document de référence pour les chiffres globaux du
secteur.
11. SDES - Chiffres clés des transports 2024 - Transport maritime de
voyageurs
URL : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-
numerique/chiffres-cles-transports-2024/18-transport-maritime-de-voyageurs
Utilité : Données historiques sur le trafic maritime de voyageurs, permettant de
contextualiser l'évolution depuis la crise sanitaire. Fournit les chiffres de 20,9
millions de passagers en 2022 et la comparaison avec 2019.
12. SDES - Chiffres clés de la mer et du littoral 2024 - Transport maritime de
voyageurs
URL : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-
numerique/chiffres-cles-mer-littoral-2024/17-transport-maritime-de-voyageurs
Utilité : Répartition détaillée du trafic par façade maritime (Méditerranée 6,7
millions, Manche et Mer du Nord 3,8 millions, DROM 0,6 million en 2021).
Données sur la concentration dans les principaux ports (Calais, Bastia, Toulon,
Marseille).
Documentation sur la norme NF EN 13816
13. AFNOR - Norme NF EN 13816 (Transport public de voyageurs - Définition
de la qualité de service)
URL : https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/transport-
logistique-et-services-transport-public-de-voyageurs-definition-de-la-qualite-
de-service-objectifs-et-mesures/82340
Utilité : Présentation officielle de la norme NF EN 13816 définissant les huit
critères de qualité de service (offre de service, accessibilité, information, durée,
attention portée au client, confort, sécurité, impact environnemental). Base
normative pour l'analyse de la qualité de service.
14. FAQ Logistique - Les Normes du Transport de Voyageurs
URL : https://www.faq-logistique.com/Normes-Transport-Voyageur.htm
https://statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/8868/download
https://statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/8868/download
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transports-2024/18-transport-maritime-de-voyageurs
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transports-2024/18-transport-maritime-de-voyageurs
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-mer-littoral-2024/17-transport-maritime-de-voyageurs
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-mer-littoral-2024/17-transport-maritime-de-voyageurs
https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/transport-logistique-et-services-transport-public-de-voyageurs-definition-de-la-qualite-de-service-objectifs-et-mesures/82340
https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/transport-logistique-et-services-transport-public-de-voyageurs-definition-de-la-qualite-de-service-objectifs-et-mesures/82340
https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/transport-logistique-et-services-transport-public-de-voyageurs-definition-de-la-qualite-de-service-objectifs-et-mesures/82340
https://www.faq-logistique.com/Normes-Transport-Voyageur.htm
Utilité : Explication détaillée de la norme NF EN 13816 et des normes associées
(FD X50-808, NF EN 15140). Liste détaillée des critères de qualité et de leur
application pratique dans le transport de voyageurs.
Liaisons transmanche
15. Région Normandie - Embarquement immédiat pour l'Angleterre
URL : https://www.normandie.fr/embarquement-immediat-pour-langleterre-
tout-savoir-sur-les-liaisons-transmanche
Utilité : Données sur la hausse de 6% du trafic passagers entre 2023 et 2024
dans les ports de Normandie. Informations sur les 800000 passagers annuels
de la liaison Ouistreham-Portsmouth et le nouveau navire Guillaume de
Normandie.
16. Ports de Normandie - Transmanche
URL : https://portsdenormandie.fr/fr/filieres/transmanche
Utilité : Description détaillée des terminaux transmanche de Dieppe, Cherbourg
et Caen-Ouistreham. Données sur les 600000 passagers de Cherbourg, les
350000 passagers de Dieppe. Informations sur les compagnies opérantes et
les fréquences de service.
17. Syndicat Mixte Transmanche - Dieppe-Newhaven
URL : https://smpat76.fr/liaison-dieppe-newhaven/
Utilité : Organisation détaillée des traversées Dieppe-Newhaven avec la
programmation saisonnière (4 traversées en semaine en basse saison, 6 en
moyenne et haute saison). Présentation des navires Côte d'Albâtre et Seven
Sisters.
18. Upply Market Insights - Transmanche : une offre redessinée par le Brexit
URL : https://market-insights.upply.com/fr/transmanche-une-offre-en-partie-
redessinee-par-le-brexit
Utilité : Analyse détaillée du trafic transmanche en 2024 avec données par
compagnie. Irish Ferries : 767200 unités de fret (+6%), DFDS : 16,6 millions de
mètres linéaires (+4,1%), Brittany Ferries : 162000 camions (+4%). Impact du
Brexit sur l'organisation des services.
Liaisons vers la Corse
19. Corse Net Infos - Traversées annulées ou retardées : la galère des
voyageurs
URL : https://www.corsenetinfos.corsica/Traversees-annulees-ou-retardees-
la-galere-des-voyageurs-de-Corsica-Ferries_a73052.html
Utilité : Témoignages d'usagers sur les retards et annulations de Corsica
Ferries en août 2024. Mention de l'avarie moteur du Mega Express 5 ayant
https://www.normandie.fr/embarquement-immediat-pour-langleterre-tout-savoir-sur-les-liaisons-transmanche
https://www.normandie.fr/embarquement-immediat-pour-langleterre-tout-savoir-sur-les-liaisons-transmanche
https://portsdenormandie.fr/fr/filieres/transmanche
https://smpat76.fr/liaison-dieppe-newhaven/
https://market-insights.upply.com/fr/transmanche-une-offre-en-partie-redessinee-par-le-brexit
https://market-insights.upply.com/fr/transmanche-une-offre-en-partie-redessinee-par-le-brexit
https://www.corsenetinfos.corsica/Traversees-annulees-ou-retardees-la-galere-des-voyageurs-de-Corsica-Ferries_a73052.html
https://www.corsenetinfos.corsica/Traversees-annulees-ou-retardees-la-galere-des-voyageurs-de-Corsica-Ferries_a73052.html
perturbé 3% des voyages selon la compagnie. Référence au groupe Facebook
"Clients Corsica Ferries en colère" rassemblant 15000 personnes.
20. Trustpilot - Avis sur Corsica Ferries
URL : https://fr.trustpilot.com/review/corsica-ferries.fr
Utilité : Compilation de 214 avis clients sur Corsica Ferries révélant les
problématiques récurrentes : retards de 2-3 heures, cabines vétustes et mal
entretenues, manque d'information. Permet d'évaluer la perception qualitative
du service par les usagers.
21. Corsica Ferries - FAQ Retard de traversée
URL : https://www.corsica-ferries.fr/faq/retard.html
Utilité : Explication de la réglementation européenne du 6 juillet 2010 sur les
droits des passagers maritimes. Précisions sur les conditions d'indemnisation
(retard supérieur à 2 heures à l'arrivée) et les cas de force majeure exonérant
le transporteur.
22. Car-ferries Corse - Nouveautés saison 2024
URL : http://mapage.noos.fr/croussel/div/nouv24.html
Utilité : Analyse détaillée de l'offre des différentes compagnies pour la saison
2024. Informations sur l'adaptation des horaires de Corsica Ferries avec
marges de sécurité accrues. Données sur les flottes et les projets d'acquisition
ou de rachat par CMA-CGM.
Transport fluvial de voyageurs
23. SYTRAL Mobilités - Navettes fluviales Navigône
URL : https://sytral-mobilites.fr/fr/travaux-en-cours/navettes-fluviales_-r.html
Utilité : Présentation complète du service Navigône mis en service le 18 juin
2025 à Lyon. Objectif de 560000 voyages par an, fréquence de 15 minutes,
quatre haltes, budget de 26 millions d'euros. Informations sur la tarification
intégrée au réseau TCL.
24. RiverCat France - Coopérative de navettes fluviales
URL : https://www.rivercatfrance.com/
Utilité : Projet de navettes fluviales en Île-de-France avec trois lignes ouvertes
en 2024. Bateaux de 150 passagers avec 30 vélos, propulsion biocarburant et
électrique. Informations sur les objectifs de désengorgement et d'intermodalité.
25. Keolis - Transport fluvial et maritime
URL : https://www.keolis.com/transport-fluvial-et-maritime/
Utilité : Présentation des services exploités par Keolis : Compagnie Maritime
Penn Ar Bed en Bretagne avec taux de satisfaction de 98%, service Bat3 à
Bordeaux. Informations sur les normes de sécurité et l'accessibilité universelle.
https://fr.trustpilot.com/review/corsica-ferries.fr
https://www.corsica-ferries.fr/faq/retard.html
http://mapage.noos.fr/croussel/div/nouv24.html
https://sytral-mobilites.fr/fr/travaux-en-cours/navettes-fluviales_-r.html
https://www.rivercatfrance.com/
https://www.keolis.com/transport-fluvial-et-maritime/
26. Wikipédia - Transport fluvial en France
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Transport_fluvial_en_France
Utilité : Vue d'ensemble du transport fluvial en France avec historique des
projets. Mention de l'échec de Voguéo (2008-2011) à Paris. Données sur le
réseau fluvial de 8500 kilomètres et les contraintes de navigabilité.
Comparaisons européennes
27. Vivanoda - Étude des prix des ferries en Europe 2024
URL : https://www.vivanoda.com/study-ferry/ferry-prices-europe-en-us.html
Utilité : Étude portant sur près de 150000 prix de traversées en Europe.
Classement des pays par indice de prix (coût pour 100 kilomètres). Pays les
plus chers : Turquie, Royaume-Uni, Islande. Pays les moins chers : Lettonie,
Tunisie, Lituanie. Position médiane de la France.
28. Euronews - Ferry fares increase in 2025
URL : https://www.euronews.com/travel/2024/12/11/ferry-fares-increase-in-
2025-here-are-the-best-value-routes
Utilité : Analyse de FerryGoGo sur l'évolution des tarifs pour 2025. Coût moyen
de 1017 euros pour une traversée avec deux personnes et une voiture en haute
saison, contre 1097 euros en 2024. Hausse du prix par kilomètre de sept
centimes.
29. Omio - European Excellence Aboard Ferries
URL : https://www.einpresswire.com/article/705808002/european-excellence-
aboard-ferries-unveiling-the-top-routes
Utilité : Étude sur les 50 routes de ferry les plus recherchées en Europe.
Classement des routes les plus confortables : Gênes-Palerme, Livourne-
Bastia, Gênes-Porto Torres en tête. Comparaison avec les vols montrant une
économie moyenne de 49% en faveur du ferry.
30. SmartFerry - Ferry Companies
URL : https://smartferry.com/ferry-companies/
Utilité : Présentation des principales compagnies de ferries en Europe. DFDS,
Stena Line, Irish Ferries en Europe du Nord. Corsica Ferries, GNV, Moby Lines,
Baleària en Méditerranée. Permet d'établir un panorama des opérateurs et de
leur positionnement qualité.
Opérateurs de transport maritime et fluvial
31. Transdev - Transport maritime et fluvial
URL : https://www.transdev.com/fr/nos-solutions-et-innovations/maritime/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Transport_fluvial_en_France
https://www.vivanoda.com/study-ferry/ferry-prices-europe-en-us.html
https://www.euronews.com/travel/2024/12/11/ferry-fares-increase-in-2025-here-are-the-best-value-routes
https://www.euronews.com/travel/2024/12/11/ferry-fares-increase-in-2025-here-are-the-best-value-routes
https://www.einpresswire.com/article/705808002/european-excellence-aboard-ferries-unveiling-the-top-routes
https://www.einpresswire.com/article/705808002/european-excellence-aboard-ferries-unveiling-the-top-routes
https://smartferry.com/ferry-companies/
https://www.transdev.com/fr/nos-solutions-et-innovations/maritime/
Utilité : Présentation de l'expertise de Transdev dans le transport maritime avec
l'exemple de Styrsöbolaget à Göteborg (Suède) affichant un taux de
satisfaction de 98%. Informations sur l'intégration des services maritimes aux
réseaux de transport terrestre comme à Toulon.
Documents d'études et de recherche
32. Insee - Indice des prix à la consommation des services de transport
maritime
URL : https://fr.statista.com/statistiques/507651/indices-prix-consommation-
services-transport-maritime-ou-fluvial-des-passagers-france/
Utilité : Évolution de l'indice des prix à la consommation des achats de services
de transport maritime et fluvial de passagers en France de janvier 2021 à
janvier 2024. Valeur de 102,35 en janvier 2024 (base 100 en 2015).
Notes méthodologiques
Ce bilan s'appuie sur des données officielles de cadrage issues des organismes
statistiques publics (SDES), des informations fournies par les compagnies maritimes
et les autorités portuaires, ainsi que sur des retours d'expérience d'usagers collectés
via des plateformes d'avis en ligne. L'absence de données complètes et standardisées
sur la ponctualité et la régularité des liaisons maritimes constitue une limite importante
de cette analyse.
Les comparaisons européennes se fondent sur des études sectorielles réalisées par
des organismes indépendants (Vivanoda, FerryGoGo, Omio) portant sur les tarifs et
la qualité perçue des services. L'hétérogénéité des méthodes de collecte et de
traitement des données entre pays limite la portée de ces comparaisons.
L'application de la norme NF EN 13816 au transport maritime reste très partielle. Cette
norme ayant été conçue principalement pour les transports terrestres, cependant les
huit critères de qualité définis par la norme (offre de service, accessibilité, information,
durée, attention portée au client, confort, sécurité, impact environnemental)
constituent un cadre d'analyse globalement pertinent et transposable au transport
maritime régulier de voyageurs.
https://fr.statista.com/statistiques/507651/indices-prix-consommation-services-transport-maritime-ou-fluvial-des-passagers-france/
https://fr.statista.com/statistiques/507651/indices-prix-consommation-services-transport-maritime-ou-fluvial-des-passagers-france/
Sommaire
1. Contexte général et méthodologie
1.1. Présentation du système ferroviaire français
1.2. Sources et méthodologie d'analyse
2. Performance globale du système ferroviaire en 2024
2.1. Évolution du trafic et de la fréquentation
2.2. Taux de réalisation de l'offre ferroviaire
3. Analyse détaillée de la ponctualité par type de service
3.1. Services à grande vitesse
3.1.1. Performance globale et évolution
3.1.2. Disparités entre axes
3.2. Services Intercités et trains de nuit
3.3. Trains express régionaux
3.4. Services franciliens
4. Qualité de service et satisfaction des usagers
4.1. Indemnisations pour retard
4.2. Information des voyageurs
5. État des infrastructures et investissements
5.1. Vieillissement du réseau
5.2. Investissements et modernisation
6. Impact de la concurrence sur la qualité de service
7. Comparaison européenne
8. Défis et perspectives
9. Conclusion
Annexe A : Contexte de l?année et faits marquants 2024
A. 1. Évolution du trafic et de la fréquentation
A. 2. Absence de mouvements sociaux d'ampleur nationale
A. 3. Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris
A. 4. Impact des conditions météorologiques
Annexe bibliographique
1. Sources de l'Autorité de régulation des transports
2. Sources des gestionnaires d'infrastructure
3. Sources des autres autorités publiques et organismes officiels
4. Sources diverses sectorielles et de presse
5. Sources de données ouvertes
6. Sources sur les événements météorologiques
7. Sources sur les transports pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024
8. Sources sur les mouvements sociaux
1. Synthèse
2. Trafic aérien et contexte opérationnel
2.1. Évolution du trafic passagers
2.2. Structure du marché et compagnies aériennes
2.3. Événements de contexte de 2024
2.3.1. Mouvements sociaux
2.3.2. Conditions météorologiques
3. Ponctualité et régularité
3.1. Performance globale de ponctualité
3.2. Causes des retards
3.3. Performance du contrôle aérien en Europe
4. Expérience passagers et satisfaction
4.1. Satisfaction globale des passagers
4.2. Transparence sur les indicateurs de qualité
4.3. Assistance aux personnes handicapées et à mobilité réduite
5. Perspectives et recommandations
5.1. Tendances pour 2025 et au-delà
5.2. Enjeux de qualité de service
Annexe bibliographique
1. Introduction et contexte général
2. La qualité de service en Île-de-France
2.1. Performance globale et ponctualité
2.2. Le nouveau contrat RATP-IDFM (2025-2029)
2.3. Données Omnil et indicateurs disponibles
2.4. Plan des mobilités 2030
3. La qualité de service en province
3.1. Panorama général
3.2. Les métros automatiques : un atout de performance en général
3.3. Bus à haut niveau de service (BHNS) et site propre
3.4. Disparités dans la disponibilité des données
4. Analyse selon les critères de la norme NF EN 13816
4.1. Offre de service
4.2. Accessibilité
4.3. Information des voyageurs
4.4. Durée et ponctualité
4.5. Attention portée au client
4.6. Confort
4.7. Sécurité et sûreté
4.8. Impact environnemental
5. Comparaisons européennes
5.1. Performance des métros automatiques
5.2. Classement des systèmes de transport public urbain
5.3. Satisfaction des usagers dans les capitales européennes
5.4. Initiatives européennes pour la mobilité urbaine
6. Principales lacunes identifiées et données manquantes
6.1. Absence de plateforme nationale consolidée
6.2. Indicateurs de ponctualité et régularité en province
6.3. Impact quantifié du site propre
6.4. Données sur le confort et la propreté
6.5. Analyse économique de la qualité de service
6.6. Suivi de l'information voyageurs
6.7. Données environnementales détaillées
7. Conclusion et perspectives
Annexe bibliographique
1. Sources Île-de-France Mobilités et Omnil
2. Norme NF EN 13816 et qualité de service
3. Métros automatiques
4. Bus à haut niveau de service et site propre
5. Données nationales et statistiques
6. Comparaisons européennes et internationales
7. Publications institutionnelles complémentaires
1. SYNTHÈSE
1.1. Une reprise du trafic confirmée
1.2. Une dégradation préoccupante de la qualité de service
1.3. Des facteurs explicatifs conjoncturels et structurels
1.4. Infrastructure des gares routières inadaptée
1.5. Des atouts à préserver
1.6. Perspectives et recommandations
2. CONTEXTE GÉNÉRAL DE L'ANNÉE 2024
2.1. Un marché en pleine maturité
2.2. Les perturbations majeures de 2024
Les mobilisations agricoles de janvier-février 2024
Les épisodes neigeux et verglas
2.3. Le cadre réglementaire et institutionnel
3. INDICATEURS DE QUALITÉ DE SERVICE
3.1. Ponctualité : une dégradation continue
3.2. Régularité : un taux d'annulation en légère hausse
3.3. Information et gestion des perturbations
3.4. Droits des passagers et réclamations
4. INFRASTRUCTURES ET GARES ROUTIÈRES
4.1. Un niveau d'équipement insuffisant
4.2. Les recommandations du comité de concertation
4.3. La question de la gouvernance des gares
4.4. L'équilibre économique des gares
5. ANALYSE COMPARATIVE ET PERSPECTIVES
5.1. Comparaison avec les autres modes de transport
5.2. Comparaison internationale
5.3. Les défis structurels à relever
5.4. Les axes d'amélioration prioritaires
6. CONCLUSION
7. ANNEXE BIBLIOGRAPHIQUE
1. Introduction et cadre de l'analyse
2. Cadre normatif et réglementaire
2.1. La norme NF EN 13816 et ses principes
2.2. Cadre réglementaire français et européen
3. État des lieux de la qualité de service en 2024
3.1. Disponibilité et accessibilité du service
3.2. Information voyageurs : un critère essentiel en développement
3.3. Ponctualité et respect des horaires
3.4. Confort et équipements des véhicules
3.5. Sécurité et formation des conducteurs
4. Données disponibles et lacunes analytiques
4.1. Sources de données existantes
4.2. Lacunes majeures dans l'évaluation de la qualité
5. Comparaisons européennes
5.1. Cadre normatif européen commun
5.2. Pratiques européennes en matière de qualité de service
5.3. Position de la France dans le contexte européen
6. Recommandations pour l'amélioration
6.1. Structuration d'un système national de mesure de la qualité
6.2. Généralisation de l'information voyageurs en temps réel
6.3. Renforcement des mécanismes incitatifs dans les contrats
7. Conclusion
8. Annexe bibliographique
8.1. Normes et référentiels qualité
8.2. Rapports institutionnels et données de référence
8.3. Information voyageurs et technologies
8.4. Organisation et réglementation des transports
8.5. Réglementation européenne et comparaisons
8.6. Note méthodologique
1. Introduction
2. Contexte général et données de trafic en 2024
2.1. Évolution du trafic maritime de voyageurs
2.2. Répartition géographique du trafic
3. La norme NF EN 13816 et ses critères de qualité
3.1. Présentation de la norme
3.2. Les huit critères de qualité
4. Analyse de la qualité de service par type de liaison
4.1. Liaisons transmanche
4.1.1. Offre de service et trafic
4.1.2. Ponctualité et régularité
4.1.3. Information voyageurs
4.2. Liaisons vers la Corse
4.2.1. Contexte et opérateurs
4.2.2. Problématiques de ponctualité et de régularité
4.2.3. Information voyageurs et communication
4.2.4. Confort et état des navires
4.2.5. Stratégies d'amélioration des compagnies
4.3. Passages d'eau et liaisons maritimes d'outre-mer
4.3.1. Liaisons insulaires en métropole
4.3.2. Liaisons en outre-mer
5. Données disponibles et lacunes de l'analyse
5.1. Éléments disponibles pour l'analyse
5.2. Lacunes significatives dans les données
6. Qualité du service de transport fluvial de voyageurs en 2024
6.1. Initiatives et projets en cours
6.2. Qualité de service et caractéristiques
6.3. Défis et limites
7. Comparaisons européennes
7.1. Tarification et rapport qualité-prix
7.2. Confort et équipements à bord
7.3. Sécurité et réglementation
7.4. Principales compagnies européennes et leur positionnement qualité
8. Conclusion
9. Annexe bibliographique
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION r%C3%A8ve-des-contr%C3%B4leurs-a%C3%A9riens/3202292
https://fr.euronews.com/voyages/2024/04/23/70-des-vols-annules-les-aeroports-francais-sappretent-a-subir-de-graves-perturbations-dans
https://fr.euronews.com/voyages/2024/04/23/70-des-vols-annules-les-aeroports-francais-sappretent-a-subir-de-graves-perturbations-dans
https://fr.euronews.com/voyages/2025/10/08/un-nouveau-rapport-montre-que-le-trafic-aerien-europeen-est-a-la-traine-par-rapport-aux-ob
https://fr.euronews.com/voyages/2025/10/08/un-nouveau-rapport-montre-que-le-trafic-aerien-europeen-est-a-la-traine-par-rapport-aux-ob
https://www.aerobuzz.fr/breves-transport-aerien/service-minimum-pour-le-controle-aerien-le-5-decembre/
https://www.aerobuzz.fr/breves-transport-aerien/service-minimum-pour-le-controle-aerien-le-5-decembre/
URL : https://www.air-indemnite.com/fr/blog/reforme-2024-greve-des-controleurs-
aeriens
Données utilisées : réforme du droit de grève votée 22 décembre 2023, surcoûts
grèves entre 100 et 350 millions d'euros pour compagnies selon Eurocontrol, coût
entre 40 et 147 euros par minute de retard.
L'Écho Touristique, France : en 2024, le trafic aérien retrouve quasiment son
niveau de 2019, 24 janvier 2025.
URL : https://www.lechotouristique.com/article/france-en-2024-le-trafic-aerien-
retrouve-quasiment-son-niveau-de-2019
Données utilisées : 178 millions de voyageurs en 2024 soit 99,1 % de 2019,
émissions CO2 inférieures de 9 %, trafic intérieur seulement 80,3 % de 2019.
Ulysse, Compagnies aériennes : Une grève est prévue à partir de cette date, 8
novembre 2024.
URL : https://ulysse.com/news/compagnies-aeriennes-greve
Ulysse, Plusieurs vols à travers la France annulés à cette date : Voici ce que l'on
sait, 4 décembre 2024.
URL : https://ulysse.com/news/vols-france-annules
Données utilisées : grève du 5 décembre 2024, réduction 10 % à CDG entre 6h et
12h, réduction 25 % à Orly à partir de 18h.
FlyWest, Eurocontrol scrute les raisons des retards de vols pour améliorer la
ponctualité, 31 mai 2024.
URL : https://www.flywest.fr/aeroports/eurocontrol-se-concentre-sur-lanalyse-des-
raisons-des-retards-de-vols
4.3. Autorités de régulation et surveillance
ACNUSA, Selon Eurocontrol, l'été 2024 a été marqué par une hausse des retards
en Europe, 2024.
URL : https://www.acnusa.fr/selon-eurocontrol-lete-2024-ete-marque-par-une-
hausse-des-retards-en-europe-893
Données utilisées : conditions météorologiques principal facteur de détérioration
ponctualité été 2024, trafic français en hausse de 2 à 6 % selon semaines par
rapport à été 2023.
5. Organisations professionnelles
Union des Aéroports Français, Le Bulletin statistique annuel du transport aérien de
la DGAC, 2024.
URL : https://www.aeroport.fr/public/page/le-bulletin-statistique-annuel-du-
transport-aerien-de-la-dgac-187
https://www.air-indemnite.com/fr/blog/reforme-2024-greve-des-controleurs-aeriens
https://www.air-indemnite.com/fr/blog/reforme-2024-greve-des-controleurs-aeriens
https://www.lechotouristique.com/article/france-en-2024-le-trafic-aerien-retrouve-quasiment-son-niveau-de-2019
https://www.lechotouristique.com/article/france-en-2024-le-trafic-aerien-retrouve-quasiment-son-niveau-de-2019
https://ulysse.com/news/compagnies-aeriennes-greve
https://ulysse.com/news/vols-france-annules
https://www.flywest.fr/aeroports/eurocontrol-se-concentre-sur-lanalyse-des-raisons-des-retards-de-vols
https://www.flywest.fr/aeroports/eurocontrol-se-concentre-sur-lanalyse-des-raisons-des-retards-de-vols
https://www.acnusa.fr/selon-eurocontrol-lete-2024-ete-marque-par-une-hausse-des-retards-en-europe-893
https://www.acnusa.fr/selon-eurocontrol-lete-2024-ete-marque-par-une-hausse-des-retards-en-europe-893
https://www.aeroport.fr/public/page/le-bulletin-statistique-annuel-du-transport-aerien-de-la-dgac-187
https://www.aeroport.fr/public/page/le-bulletin-statistique-annuel-du-transport-aerien-de-la-dgac-187
Données utilisées : référence aux bulletins statistiques DGAC disponibles via
l'UAF.
AQST
Partie C
Bilan de qualité de service des
transports collectifs urbains (TCU)
en France en 2024
Analyse comparative nationale et européenne
1. Introduction et contexte général
La qualité de service des transports collectifs urbains constitue un enjeu majeur pour
la mobilité quotidienne de millions de Français.
En 2024, le réseau de transports collectifs français représente environ 40 milliards de
voyageurs-kilomètres, dont 75% sont réalisés en Île-de-France.
L'année 2024 marque une évolution significative avec un redressement notable de la
ponctualité et de la performance globale des réseaux, particulièrement visible après
les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 qui ont constitué un catalyseur
d'amélioration.
Le présent bilan s'appuie sur les publications des autorités organisatrices de la
mobilité (y compris Ile-de-France mobilités (IDFM)), des transporteurs, de
l'Observatoire de la mobilité en Île-de-France (Omnil), du ministère chargé des
transports, du Cerema et d?autres sources.
Il tente d?examiner les indicateurs de performance selon les huit critères définis par la
norme NF EN 13816 et propose des comparaisons européennes.
2. La qualité de service en Île-de-France
2.1. Performance globale et ponctualité
L'année 2024 marque un redressement significatif de la qualité de service en Île-de-
France. La ponctualité globale du réseau a atteint 96,3%, soit une progression de 3
points par rapport à 2023. Cette amélioration résulte des efforts conjugués de la
RATP, de Transilien SNCF Voyageurs et de SNCF Réseau sous l'impulsion d'Île-de-
France Mobilités, avec un pic de performance lors des Jeux Olympiques et
Paralympiques.
Pour le métro, la ponctualité moyenne a atteint 96,18% en 2024, marquant une hausse
de 3,45 points par rapport à 2023. Ce résultat s'explique par des plans d'action ciblés
sur les lignes en difficulté. Les lignes 3, 6, 7 et 13 ont franchi la barre des 90%, la ligne
8 restant à 88%. Aucune ligne de métro n'affichait un taux inférieur à 90% au mois
d'avril 2025, démontrant la pérennité des améliorations.
L'extension des lignes 14 et 11 ainsi que l'introduction de nouveaux matériels roulants
ont également contribué à ces améliorations. Depuis 2016, 1.200 métros et trains ont
été renouvelés ou rénovés. La ligne 4 a achevé son automatisation en 2024, tandis
que la ligne 11 a reçu de nouveaux trains largement automatisés.
2.2. Le nouveau contrat RATP-IDFM (2025-2029)
Le nouveau contrat entre Île-de-France Mobilités et la RATP pour la période 2025-
2029 place la qualité de service au coeur de ses exigences. Les investissements
prévus s'élèvent à 2,1 milliards d'euros par an sur cinq ans, soit un montant total de
10,5 milliards d'euros, représentant une augmentation de 30% par rapport au
précédent contrat 2021-2024.
La ponctualité et la régularité sont repondérées à la hausse, passant de 40% à 45%
de l'enveloppe de bonus-malus. L'enveloppe totale de bonus-malus est augmentée
de 72 millions d'euros à 100 millions d'euros. Les incitations financières seront
calculées à la ligne dès 2025 sur une base mensuelle, puis hebdomadaire au plus tard
en 2028, permettant un suivi plus fin de la performance au plus proche du ressenti
voyageurs.
Le contrat prévoit également des objectifs ambitieux de réduction de la fraude. Pour
le tramway, l'objectif est de réduire le taux de fraude de 15,4% en 2024 à 4,4% sur la
durée du contrat. Pour le métro, l'objectif est de passer de 4% en 2024 à 3% maximum.
2.3. Données Omnil et indicateurs disponibles
L'Observatoire de la mobilité en Île-de-France (Omnil) met à disposition des données
détaillées sur la qualité de service. Les derniers fichiers publiés en 2024 comprennent
des données sur le trafic annuel et journalier, l'offre de transport, la qualité de service,
les caractéristiques du réseau et le matériel roulant.
Île-de-France Mobilités confie l'exploitation des réseaux aux transporteurs (RATP,
SNCF, Optile) avec des objectifs annuels de qualité de service assortis de bonus ou
de malus selon leur performance. L'indicateur principal représente le pourcentage de
voyageurs arrivant à l'heure ou avec un retard de moins de 5 minutes à leur gare de
destination, sur l'ensemble de la ligne, pendant toute la journée.
2.4. Plan des mobilités 2030
Le Plan des mobilités en Île-de-France 2030, adopté par le conseil d'administration
d'Île-de-France Mobilités le 6 février 2024, fixe des ambitions élevées. Il prévoit
notamment le développement du réseau de « mass transit », l'amélioration de la
gestion des situations perturbées, le développement des réseaux de surface et
l'amélioration de leur performance.
Le plan intègre une action spécifique visant à proposer une information voyageurs de
qualité dans tous les transports collectifs, reconnaissant que l'information est un
critère essentiel de la qualité de service selon la norme NF EN 13816. L'objectif est
d'assurer la réalisation de l'offre et la qualité de service par un suivi renforcé des
opérateurs.
3. La qualité de service en province
3.1. Panorama général
En province, la qualité de service des transports collectifs urbains présente une
grande diversité selon les agglomérations. Les réseaux de plus de 100.000 habitants
ont connu un développement significatif de leur offre depuis une quinzaine d'années,
notamment avec la mise en service de transports en commun en site propre (TCSP).
En 2022, les transports collectifs urbains en province ont progressé de 14,9% par
rapport à 2021, mais restent en retrait de 11,4% par rapport au niveau d'avant crise
sanitaire..
En 2024, la France compte 712 autorités organisatrices des mobilités (AOM). Ces
AOM développent des démarches en matière de qualité de service, notamment dans
le cadre de leurs conventions d'exploitation. Cependant, l'absence d'une base de
données nationale consolidée limite fortement la comparabilité des performances
entre réseaux.
3.2. Les métros automatiques : un atout de performance en général
La France détient une position de leader mondial en matière de métros automatiques,
avec 120 kilomètres de lignes automatisées, devant le Canada (93,2 km), Singapour
(76,5 km) et les Émirats Arabes Unis (74,6 km). Les six premières lignes au
classement mondial de la capacité à répondre aux attentes des usagers sont
françaises : Lille lignes 1 et 2, Lyon ligne D, Paris ligne 14, Toulouse ligne A et Rennes
ligne A.
Les métros automatiques français excellent dans plusieurs domaines. À Lille, les
lignes 1 et 2 arrivent en première position mondiale pour la performance globale. Le
temps d'intervalle entre deux rames peut être réduit à 66 secondes aux heures de
pointe, soit un des intervalles les plus courts au monde.
En matière de propreté, Lyon atteint 99,3% d'avis positifs des usagers, tandis que
Rennes et Lyon figurent parmi les lignes les mieux notées en Europe.
Les métros automatiques présentent des avantages significatifs en termes de qualité
de service. Ils permettent une réduction jusqu'à 30% des dépenses opérationnelles
grâce à la flexibilité dans la gestion des ressources humaines, la réduction du nombre
de trains en service, les économies d'énergie et l'augmentation de la qualité de service
qui attire plus de voyageurs. La régularité et la fréquence élevée constituent des atouts
majeurs pour les usagers.
Lille, pionnière avec le premier métro automatique au monde en 1983, dispose
aujourd'hui de 44 kilomètres de lignes automatisées. Lyon a automatisé sa ligne D en
1992 et plus récemment sa ligne B. Toulouse exploite deux lignes automatiques de
type VAL, tandis que Rennes dispose de deux lignes avec des technologies
différentes (VAL et Neoval). À Paris, les lignes 1, 4, 14 sont automatisées, avec un
programme d'extension de lignes automatisées prévu notamment dans le cadre du
Grand Paris Express, concernant également la ligne 11 récemment prolongée.
3.3. Bus à haut niveau de service (BHNS) et site propre
Les bus à haut niveau de service (BHNS) connaissent depuis une quinzaine d'années
un fort développement en France. Le Cerema tient à jour depuis 2022 une base de
données nationale recensant ces lignes. Les BHNS présentent des caractéristiques
très variables d'une agglomération à l'autre, avec des niveaux de service allant de la
ligne de bus traditionnel améliorée jusqu'à l'équivalent d'une ligne de tramway.
Les BHNS bénéficient généralement de site propre sur une majorité de leur parcours,
de priorité aux feux et d'une large plage horaire de service. Ces aménagements
permettent de garantir une vitesse moyenne plus élevée et une régularité de l'offre de
transport en limitant les aléas liés à la circulation routière. Le site propre constitue ainsi
un facteur déterminant de la qualité de service.
L'impact du site propre sur la performance est documenté. Les couloirs bus dédiés
permettent d'améliorer sensiblement la régularité et la vitesse commerciale, qui peut
atteindre environ 20 km/h contre environ 15 km/h pour une situation typique de bus
en circulation mixte. La priorité aux feux, couplée au site propre, représente une des
mesures les plus efficaces pour améliorer la régularité d'une ligne.
3.4. Disparités dans la disponibilité des données
La disponibilité des données de qualité de service en province présente des disparités
importantes. Contrairement à l'Île-de-France qui dispose d'un observatoire dédié
(Omnil), les réseaux de province ne disposent pas d'une plateforme centralisée de
publication des indicateurs de qualité de service. Les AOM publient leurs données de
manière hétérogène, rendant difficile toute comparaison nationale systématique.
L'enquête annuelle sur les transports collectifs urbains menée par le Cerema, la
DGITM, le GART et l'UTP constitue la principale source de données consolidées, mais
elle se concentre davantage sur les caractéristiques structurelles des réseaux que sur
les indicateurs détaillés de qualité de service.
4. Analyse selon les critères de la norme NF EN 13816
La norme NF EN 13816 définit huit critères de qualité de service pour les transports
publics de voyageurs. Cette norme européenne spécifie les exigences permettant de
définir, de cibler et de mesurer la qualité de service dans le domaine du transport
public. Elle constitue un référentiel partagé en France et en Europe pour évaluer la
performance des réseaux.
4.1. Offre de service
L'offre de service mesure l'adéquation entre le service proposé et les besoins des
usagers. En Île-de-France, l'offre de service est particulièrement développée avec 9,4
millions de trajets quotidiens et un réseau qui est le 2ème le plus dense et le 4ème le
plus long au monde. Le Plan des mobilités 2030 prévoit un doublement de la taille du
réseau grâce au Grand Paris Express, au prolongement du RER E et aux extensions
de lignes de tramway.
En province, l'offre s'est considérablement accrue ces vingt dernières années. Dans
les aires de plus de 50.000 habitants, les surfaces desservies par le transport collectif
urbain ont été multipliées par 4,4. Cette extension traduit une volonté d'améliorer
l'accessibilité territoriale, même si l'usage et la fréquentation n'ont pas toujours suivi
les efforts d'investissement des collectivités.
4.2. Accessibilité
L'accessibilité des transports aux personnes à mobilité réduite constitue une obligation
légale en France. L'enquête menée en 2024 par le Cerema et la Délégation
Ministérielle à l'Accessibilité auprès de 150 AOM montre que 47% des arrêts sont
accessibles. Sur les 30.752 arrêts prioritaires recensés, 20.601 sont accessibles
(67%), mais 10.151 arrêts prioritaires restent à rendre accessibles (33%), alors même
que les délais accordés sont dépassés.
En Île-de-France, environ 70% du trafic voyageur serait couvert par l'accessibilité. Les
investissements se poursuivent avec l'installation d'ascenseurs dans les stations de
métro et l'acquisition de matériel roulant entièrement accessible. Les Jeux Olympiques
et Paralympiques de 2024 ont constitué un catalyseur pour accélérer la mise en
accessibilité de nombreuses infrastructures.
4.3. Information des voyageurs
L'information voyageurs représente un critère essentiel de la qualité de service. Le
nouveau contrat RATP-IDFM contient des exigences plus fortes et plus précises sur
les temporalités de diffusion de l'information en fonction de chaque type de situation
(normale, perturbée prévue, imprévue) et sur l'ensemble des canaux de diffusion
(équipements en stations et gares, dans les véhicules, médias à distance).
Les innovations en matière d'information voyageurs se développent. L'application
Transport Public Paris 2024, développée pour les Jeux Olympiques, a permis de tester
des fonctionnalités avancées d'information en temps réel.
Pour les BHNS, l'information dynamique constitue une caractéristique standard avec
l'affichage du temps d'attente et des éventuelles perturbations dans les stations. Cette
information contribue significativement à la perception de qualité par les usagers.
4.4. Durée et ponctualité
La ponctualité et la régularité constituent les indicateurs privilégiés dans les contrats
d'exploitation. Comme indiqué précédemment, l'Île-de-France a enregistré une
amélioration significative en 2024 avec une ponctualité globale de 96,3%. Cette
performance résulte de plans d'action ciblés, du renouvellement du matériel roulant et
de l'automatisation de certaines lignes.
Les métros automatiques excellent particulièrement sur ce critère grâce à leur
capacité à maintenir des intervalles très courts et réguliers entre les rames. À Lille,
l'intervalle de 66 secondes aux heures de pointe garantit une quasi-absence d'attente
pour les voyageurs. Pour les BHNS en site propre, la vitesse commerciale et la
régularité constituent les principaux avantages par rapport aux bus classiques.
4.5. Attention portée au client
L'attention portée au client se manifeste notamment par le traitement des réclamations
et la qualité de l'accueil. Les démarches de certification NF Service, développées dans
certains réseaux comme Lyon et Lille depuis les années 1990, intègrent des
engagements précis sur le traitement des réclamations et l'accueil des voyageurs. Le
nouveau contrat RATP-IDFM renforce les exigences en matière de traitement des
situations perturbées et d'accompagnement des voyageurs.
4.6. Confort
Le confort englobe la propreté, la qualité de conduite et l'aménagement des véhicules.
En matière de propreté, Lyon atteint 99,3% d'avis positifs pour son métro automatique,
contre moins de 70% pour Vancouver et Milan. Rennes, Barcelone et Taipei figurent
également parmi les réseaux les mieux notés en Europe pour ce critère.
Le renouvellement du matériel roulant contribue significativement à l'amélioration du
confort. En Île-de-France, le programme de renouvellement prévoit du matériel neuf
ou récent sur toutes les lignes de métro, avec notamment le MF19 sur 8 lignes. Le
nouveau tramway TW20 est conçu avec une réduction de la consommation d'énergie
d'au moins 30% grâce à une gestion efficace du confort climatique et des éclairages
100% LED peu consommateurs en électricité.
4.7. Sécurité et sûreté
La sécurité et la sûreté constituent une priorité constante. Île-de-France Mobilités a
accru les moyens de la RATP, notamment les brigades cynophiles qui ont mené 1.000
opérations en 2024 et permis d'éviter 115 heures d'interruption de trafic. Un contrat
spécifique a été signé entre la RATP et IDFM sur la sûreté fin 2024.
Le réseau francilien dispose de 80.000 caméras de vidéoprotection et près de 100%
des trains, RER, bus et trams sont vidéo-protégés. Le sentiment de sécurité, critère
défini par la norme NF EN 13816, fait l'objet d'une attention particulière. D?importants
progrès sont encore possibles, car, selon une étude de l'Université Paris 1 Panthéon
Sorbonne, 51% des femmes ne se sentiraient pas toujours en sécurité dans les
transports en commun, contre 38% des hommes.
Pour les métros automatiques, les lignes de Copenhague, Dubaï et Taipei arrivent en
tête avec des taux de satisfaction usager qui dépassent 90% en matière de sûreté.
Les dispositifs de portes palières, généralisés sur les lignes automatiques, contribuent
ainsi significativement à la sécurité des voyageurs et à la fluidité de l?exploitation.
4.8. Impact environnemental
L'impact environnemental des transports collectifs fait l'objet d'une attention
croissante. La décarbonation des flottes de bus s'accélère avec le déploiement de
véhicules électriques, au bioGNV ou à l'hydrogène. La Programmation Pluriannuelle
de l'Énergie (PPE) prévoyait 2.200 autobus et autocars électriques en 2023 et 5.900
en 2028. Les BHNS récents, comme celui de Bordeaux ou les projets de Limoges et
Toulon, sont conçus avec des flottes 100% électriques. Le tramway TW20 est
recyclable à 95% et revalorisable à 99%, illustrant les progrès en matière d'éco-
conception du matériel roulant.
5. Comparaisons européennes
5.1. Performance des métros automatiques
À l'échelle européenne, la France occupe une position de premier plan en matière de
métros automatiques. Les opérateurs français opèrent 23,1% des réseaux de métros
automatiques dans le monde, suivis par les italiens (19,2%). Keolis est le leader
mondial avec 104 kilomètres de lignes exploitées et 137 stations, notamment à Dubaï
où la ligne rouge constitue la plus longue ligne de métro automatique sans conducteur
au monde avec 52 kilomètres.
Les lignes françaises se distinguent particulièrement en matière de performance
globale. Selon les études comparatives, Lille (lignes 1 et 2), Londres (DLR), Toulouse
(ligne A) et Taipei figurent parmi les meilleurs réseaux au monde. Malgré des dates
de mise en service anciennes, ces réseaux affichent des performances solides en
matière de fiabilité et de qualité de service.
5.2. Classement des systèmes de transport public urbain
L'étude « Urban Mobility Readiness Index 2022 » du cabinet Oliver Wyman classe 60
grandes villes mondiales selon leurs systèmes de transport public. Hong Kong arrive
en tête avec un score de 77 sur 100, suivi de Zurich (73). Paris se classe en huitième
position avec un score de 66, à égalité avec Tokyo.
La majorité des meilleurs systèmes de transport public au monde se trouvent en
Europe. Les critères évalués incluent les infrastructures, l'impact social, l'attractivité,
l'efficacité et l'innovation du réseau. Le système multimodal de Zurich est
particulièrement salué pour son efficacité, son accessibilité financière et sa facilité
d'accès.
5.3. Satisfaction des usagers dans les capitales européennes
Les enquêtes de satisfaction menées dans les capitales européennes révèlent des
disparités géographiques. Les villes d'Europe du Nord et de l'Ouest déclarent des taux
de satisfaction plus élevés concernant les transports publics, tandis que les villes
d'Europe du Sud et de l'Est affichent des taux de satisfaction plus faibles.
Les temps de déplacement constituent également un facteur de qualité de vie
différencié. À Londres et Budapest, les navetteurs sont susceptibles de voyager plus
d'une heure pour aller au travail. En revanche, dans de nombreuses villes
européennes, l'amélioration des infrastructures cyclables et le développement des
transports publics ont permis de réduire la dépendance à la voiture individuelle.
5.4. Initiatives européennes pour la mobilité urbaine
Le groupe d'experts de la Commission européenne sur la mobilité urbaine (EGUM) a
adopté en juillet 2024 des recommandations sur la complémentarité des transports
publics avec la mobilité partagée et l'utilisation du Fonds social pour le climat. Le
Fonds social pour le climat a été créé pour permettre aux États membres de soutenir
les groupes touchés par la transition écologique, y compris ceux exposés au risque
de précarité en matière de transport. Les recommandations incluent des mesures
relatives aux infrastructures, à la sécurité, à la redistribution des espaces publics, à
l'intégration numérique des données de transport et à la multimodalité.
6. Principales lacunes identifiées et données manquantes
6.1. Absence de plateforme nationale consolidée
La principale lacune identifiée concerne l'absence d'une plateforme nationale
consolidée de données sur la qualité de service des transports collectifs urbains en
province, à l'image de ce qui existe en Île-de-France avec Omnil.
Cette fragmentation rend difficile toute comparaison systématique entre réseaux et
limite la capacité d'identifier les meilleures pratiques. Les données sont dispersées
entre les AOM, les exploitants et diverses sources institutionnelles, sans
harmonisation des méthodes de mesure et des périodicités de publication.
6.2. Indicateurs de ponctualité et régularité en province
Les indicateurs détaillés de ponctualité et de régularité par ligne sont rarement publiés
de manière systématique pour les réseaux de province. Contrairement à l'Île-de-
France où ces données sont suivies mensuellement voire hebdomadairement et font
l'objet de bonus-malus contractuels, la plupart des AOM ne publient pas de
statistiques régulières sur la performance réelle de leurs lignes. Cette absence de
données limite la capacité des usagers et des décideurs à évaluer la qualité effective
du service.
6.3. Impact quantifié du site propre
Si l'impact positif du site propre sur la régularité et la vitesse commerciale est établi
qualitativement, les données quantifiées précises et comparatives font défaut. La base
de données BHNS du Cerema constitue un premier pas, mais elle ne permet pas
encore d'établir des corrélations précises entre le pourcentage de site propre, la
régularité effective et la satisfaction des usagers. Des études approfondies comparant
la performance de lignes avec différents taux de site propre seraient nécessaires pour
objectiver ces impacts.
6.4. Données sur le confort et la propreté
Les enquêtes de satisfaction des usagers concernant le confort et la propreté existent
dans de nombreux réseaux, mais elles ne sont pas systématiquement publiées ni
harmonisées dans leur méthodologie. Les taux de satisfaction varient
considérablement selon les questions posées et les échelles utilisées, rendant les
comparaisons difficiles. Une standardisation des enquêtes de satisfaction selon les
critères de la norme NF EN 13816 permettrait d'établir des comparaisons fiables entre
réseaux.
6.5. Analyse économique de la qualité de service
Les données sur la relation entre investissements dans la qualité de service et gains
de fréquentation restent parcellaires. Si le Cerema a publié des analyses sur les coûts
et performances des réseaux entre 2002 et 2014, des mises à jour régulières seraient
nécessaires pour suivre l'évolution de ces indicateurs. L'analyse économique de
l'impact des améliorations de qualité sur les recettes et sur le report modal depuis la
voiture individuelle mériterait d'être approfondie.
6.6. Suivi de l'information voyageurs
Bien que l'information voyageurs soit reconnue comme un critère essentiel de qualité,
peu de données quantitatives sont disponibles sur la qualité effective de cette
information. Les indicateurs sur les délais de diffusion de l'information en situation
perturbée, sur la fiabilité des informations temps réel, ou sur l'accessibilité des
informations pour les personnes en situation de handicap sont rarement publiés.
Le nouveau contrat RATP-IDFM fixe des exigences précises sur ce point, mais de
telles exigences devraient être généralisées.
6.7. Données environnementales détaillées
Les données sur l'impact environnemental des transports collectifs urbains restent
globales. Des indicateurs détaillés par réseau sur les consommations énergétiques
réelles, les émissions de CO2 évitées par rapport à l'usage de la voiture individuelle,
ou les niveaux de bruit, seraient nécessaires pour évaluer précisément la contribution
des transports collectifs aux objectifs environnementaux.
L'avancement de l'électrification des flottes de bus est documenté au niveau national,
mais les données par agglomération sont incomplètes.
7. Conclusion et perspectives
L'année 2024 marque une étape significative dans l'amélioration de la qualité de
service des transports collectifs urbains en France. En Île-de-France, le redressement
de la ponctualité, avec un score global de 96,3%, démontre l'efficacité des plans
d'action ciblés et des investissements dans le renouvellement du matériel roulant. Le
nouveau contrat RATP-IDFM 2025-2029, avec son accent renforcé sur les indicateurs
de qualité et un système de bonus-malus plus incitatif, constitue un levier prometteur
pour pérenniser ces améliorations.
La France conserve une position de leader mondial en matière de métros
automatiques, tant par l'étendue de son réseau que par les performances atteintes.
Les six premières lignes mondiales en termes de capacité à répondre aux attentes
des usagers sont françaises. Cette excellence technologique et opérationnelle
constitue un atout majeur et un modèle exportable, comme en témoigne le rôle de
Keolis dans l'exploitation de réseaux automatiques à l'international.
Le développement des bus à haut niveau de service en province offre une alternative
pertinente au tramway pour de nombreuses agglomérations. L'impact du site propre
sur la régularité et la vitesse commerciale est avéré, et la base de données du Cerema
permet désormais de mieux caractériser ces systèmes. L'électrification des flottes
s'accélère, contribuant aux objectifs de décarbonation des transports.
Toutefois, des lacunes importantes subsistent dans la disponibilité et l'harmonisation
des données de qualité de service, particulièrement en province. L'absence d'une
plateforme nationale consolidée, comparable à Omnil, limite la capacité d'analyse
comparative et d'identification des meilleures pratiques. La publication systématique
d'indicateurs harmonisés selon les huit critères de la norme NF EN 13816 permettrait
d'améliorer significativement la transparence et la gouvernance de la qualité de
service.
À l'échelle européenne, les systèmes français se positionnent honorablement, Paris
se classant en huitième position mondiale selon l'Urban Mobility Readiness Index
2022. Les initiatives de la Commission européenne en matière de mobilité urbaine
durable et le Fonds social pour le climat offrent des opportunités de financement pour
poursuivre les investissements dans la qualité de service.
Les perspectives d'évolution sont nombreuses. Le Plan des mobilités 2030 en Île-de-
France prévoit un doublement de la taille du réseau avec le Grand Paris Express. Les
projets de Services Express Régionaux Métropolitains dans dix métropoles françaises
visent à créer un choc d'offre de services et à améliorer la desserte des grandes
périphéries urbaines. L'accélération de l'automatisation des lignes de métro,
l'amélioration de l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite et le développement
de l'information voyageurs multimodale constituent autant de leviers pour améliorer
encore la qualité de service.
La qualité de service des transports collectifs urbains est désormais pleinement
reconnue comme un enjeu stratégique pour la mobilité durable, l'attractivité des
territoires et la lutte contre le changement climatique. Les progrès réalisés en 2024,
tant en Île-de-France qu'en province, témoignent de l'engagement des autorités
organisatrices et des exploitants. La poursuite de cette dynamique nécessitera un
effort soutenu d'investissement, d'innovation et de transparence dans le suivi et la
publication des indicateurs de performance.
Annexe bibliographique
Cette annexe bibliographique recense les principales sources utilisées pour
l'élaboration de ce bilan. Les sources sont organisées par thématique et
accompagnées d'une description de leur utilité spécifique. Tous les liens ont été
vérifiés et sont accessibles au moment de la rédaction de ce document.
1. Sources Île-de-France Mobilités et Omnil
1.1. Île-de-France Mobilités - Communiqué de presse sur le nouveau contrat
RATP 2025-2029
URL : https://presse.iledefrance-mobilites.fr/?p=33222
Cette source détaille les objectifs de qualité de service du nouveau contrat entre Île-
de-France Mobilités et la RATP pour 2025-2029, incluant les investissements de 10,5
milliards d'euros, la repondération des bonus-malus en faveur de la ponctualité (45%)
et les objectifs de réduction de la fraude. Elle fournit des données chiffrées sur la
ponctualité du métro en 2024 (96,18%) et les résultats d'avril 2025.
1.2. Observatoire de la mobilité en Île-de-France (Omnil) - Site principal
URL : https://omnil.fr/
L'Omnil met à disposition des fichiers Excel détaillés sur le trafic annuel et journalier
2024, l'offre de transport 2024, la qualité de service 2024, les caractéristiques du
réseau 2024 et le matériel roulant 2024. Ces données constituent la base statistique
la plus complète sur les transports collectifs franciliens.
1.3. Omnil - Qualité de service
URL : https://omnil.fr/qualite-de-service
Cette page détaille les indicateurs de qualité de service inscrits dans les contrats
d'exploitation, notamment la régularité et la ponctualité. Elle explique le système de
bonus et malus appliqué aux transporteurs (RATP, SNCF, Optile) et fournit un fichier
téléchargeable avec les données historiques de qualité de service.
1.4. Plan des mobilités en Île-de-France 2030
URL : https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/2024-
04/Plan_Mobilités_6_PDMIF_Stratégie.pdf
Ce document stratégique adopté le 6 février 2024 présente les orientations d'Île-de-
France Mobilités pour la période 2024-2030, incluant le développement du Grand
Paris Express, l'amélioration de la qualité de service et l'information voyageurs. Il
fournit le cadre stratégique des investissements et des objectifs à moyen terme.
1.5. Ponctualité des transports en Île-de-France en 2024
URL : https://www.lyftvnews.com/t9186-ponctualite-des-transports-en-ile-de-france-
en-2024-bilan-et-dedommagements
https://presse.iledefrance-mobilites.fr/?p=33222
https://omnil.fr/
https://omnil.fr/qualite-de-service
https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/2024-04/Plan_Mobilit%C3%A9s_6_PDMIF_Strat%C3%A9gie.pdf
https://www.iledefrance.fr/sites/default/files/2024-04/Plan_Mobilit%C3%A9s_6_PDMIF_Strat%C3%A9gie.pdf
https://www.lyftvnews.com/t9186-ponctualite-des-transports-en-ile-de-france-en-2024-bilan-et-dedommagements
https://www.lyftvnews.com/t9186-ponctualite-des-transports-en-ile-de-france-en-2024-bilan-et-dedommagements
Cette source presse synthétise les résultats de ponctualité 2024 publiés par Île-de-
France Mobilités, avec le détail des performances par type de réseau (métro 96,18%,
hausse de 3,45 points) et l'analyse des lignes ayant franchi la barre des 90%.
2. Norme NF EN 13816 et qualité de service
2.1. Cerema - Qualité de service dans les transports collectifs urbains (2015)
URL : http://www.bv.transports.gouv.qc.ca/mono/1169452.pdf
Ce document de référence du Cerema de juin 2015 analyse la prise en compte de la
qualité de service dans les contrats entre autorités organisatrices et exploitants. Il
présente en détail les huit critères de la norme NF EN 13816 (offre de service,
accessibilité, informations, durée, attention portée au client, confort, sécurité, impact
environnemental) et leur déclinaison opérationnelle.
2.2. AFNOR - Norme NF EN 13816
URL : https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/
La page de présentation officielle de la norme européenne qui spécifie les exigences
permettant de définir, de cibler et de mesurer la qualité de service dans le domaine du
transport public de voyageurs. Cette norme constitue le référentiel partagé en Europe
pour l'évaluation de la qualité de service.
3. Métros automatiques
3.1. Eurogroup Consulting - Étude métros automatiques (2023)
URL : https://www.eurogroupconsulting.com/fr/actualites/publications/smart-cities-
mobilite-metros-automatiques/
Cette étude publiée en juin 2023, quarante ans après l'inauguration du premier métro
automatique à Lille, analyse le marché mondial des métros automatiques. Elle classe
la France en 3ème position mondiale avec 120 kilomètres de lignes automatisées et
identifie six lignes françaises parmi les meilleures au monde en termes de capacité à
répondre aux attentes des usagers. L'étude fournit des données comparatives sur la
rentabilité (jusqu'à 30% d'économies opérationnelles) et la performance.
3.2. Wavestone - Les métros automatiques pour la ville de demain
URL : https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/les-metros-automatiques-
pour-la-ville-de-demain-43165/
L'étude Wavestone compare les différentes lignes de métros automatiques selon trois
axes (performance de l'infrastructure et du matériel roulant, fiabilité et qualité du
service, innovation). Elle positionne Lille lignes 1 et 2 en première position mondiale
pour la performance globale, Lyon avec 99,3% d'avis positifs en matière de propreté,
et Paris en tête pour l'innovation au service des voyageurs.
3.3. TransportShaker - La France en pointe sur les métros automatiques
URL : https://www.transportshaker-wavestone.com/la-france-en-pointe-sur-le-
marche-strategique-des-metros-automatiques/
http://www.bv.transports.gouv.qc.ca/mono/1169452.pdf
https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/
https://www.eurogroupconsulting.com/fr/actualites/publications/smart-cities-mobilite-metros-automatiques/
https://www.eurogroupconsulting.com/fr/actualites/publications/smart-cities-mobilite-metros-automatiques/
https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/les-metros-automatiques-pour-la-ville-de-demain-43165/
https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/les-metros-automatiques-pour-la-ville-de-demain-43165/
https://www.transportshaker-wavestone.com/la-france-en-pointe-sur-le-marche-strategique-des-metros-automatiques/
https://www.transportshaker-wavestone.com/la-france-en-pointe-sur-le-marche-strategique-des-metros-automatiques/
Cette analyse complémentaire de Wavestone (2017) détaille les performances des
réseaux français par catégorie (infrastructure, exploitation quotidienne, innovation) et
compare les niveaux de satisfaction usagers sur la propreté et la sûreté entre les
différents réseaux mondiaux.
3.4. Keolis - Métro automatique
URL : https://www.keolis.com/metro/
La page institutionnelle de Keolis présente son expertise en tant que leader mondial
du métro automatique avec 517 kilomètres de lignes exploitées. Elle fournit des
données sur l'intervalle de 66 secondes à Lille (le plus court au monde), le
cadencement capacitif à Rennes et Lille, et les projets en cours notamment le Grand
Paris Express.
3.5. Wikipédia - Liste des métros en France
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_m%C3%A9tros_en_France
Cette page encyclopédique recense l'ensemble des réseaux de métro en France avec
leurs caractéristiques techniques, dates de mise en service et technologies utilisées
(VAL, Neoval, métro conventionnel). Elle permet de contextualiser l'évolution
historique des métros automatiques en France depuis 1983.
4. Bus à haut niveau de service et site propre
4.1. Cerema - Un panorama détaillé des BHNS en France
URL : https://www.cerema.fr/fr/actualites/panorama-detaille-bus-haut-niveau-service-
bhns-france
Le Cerema tient à jour depuis 2022 une base de données nationale des BHNS
(Panorama BHNS). Cette publication de 2025 présente les premiers résultats
d'exploitation de la base, avec les critères retenus pour qualifier le niveau de service
(infrastructure, véhicules, information voyageurs, coûts). Elle constitue la référence
pour caractériser la diversité des BHNS français.
4.2. Wikipédia - Bus à haut niveau de service
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bus_%C3%A0_haut_niveau_de_service
Cette page encyclopédique définit le concept de BHNS, son historique (premier
système à Ottawa en 1973, Curitiba en 1974), ses caractéristiques principales (site
propre, priorité aux feux) et son domaine de pertinence en Europe (2.000 à 3.000
personnes par heure et par sens). Elle fournit le contexte international du
développement des BHNS.
4.3. Bordeaux Métropole - Présentation des bus express
URL : https://www.bordeaux-metropole.fr/metropole/projets-en-cours/deplacements-
infrastructures/bus-express/presentation-bus-express
https://www.keolis.com/metro/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_m%C3%A9tros_en_France
https://www.cerema.fr/fr/actualites/panorama-detaille-bus-haut-niveau-service-bhns-france
https://www.cerema.fr/fr/actualites/panorama-detaille-bus-haut-niveau-service-bhns-france
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bus_%C3%A0_haut_niveau_de_service
https://www.bordeaux-metropole.fr/metropole/projets-en-cours/deplacements-infrastructures/bus-express/presentation-bus-express
https://www.bordeaux-metropole.fr/metropole/projets-en-cours/deplacements-infrastructures/bus-express/presentation-bus-express
Cette source présente le premier BHNS de Bordeaux Métropole mis en service en
2024 sur 21 kilomètres avec 50% d'aménagements en site propre. Elle illustre
concrètement les caractéristiques d'un BHNS récent (vitesse, régularité, priorité aux
feux, couloirs bus dédiés).
4.4. Limoges Métropole - Le projet de BHNS
URL : https://mobilites.limoges-metropole.fr/les-projets/le-bus-a-haut-niveau-de-
service/
Le projet Moovéo de Limoges Métropole, avec un coût de 161,6 millions d'euros,
prévoit deux lignes A et B de BHNS électrique avec des fréquences de 6 à 8 minutes
en heure de pointe. Cette source détaille les caractéristiques techniques d'un projet
récent et l'importance du site propre pour garantir régularité et vitesse moyenne
élevée.
4.5. Métropole TPM - Le BHNS de Toulon
URL : https://metropoletpm.fr/grands-projets/le-bus-haut-niveau-de-service-bhns
Le projet de BHNS de Toulon s'étendra sur 28 kilomètres avec 70% du tracé en site
propre, desservant 65 stations. Cette source illustre l'ambition des métropoles de
province en matière de TCSP et l'importance accordée au site propre pour garantir la
performance du système.
5. Données nationales et statistiques
5.1. Ministère de la Transition écologique - Chiffres clés des transports 2024
URL : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-
numerique/chiffres-cles-transports-2024/15-transport-collectif-urbain-de-voyageurs
Cette publication officielle du Service des données et études statistiques (SDES)
fournit les statistiques nationales sur les transports collectifs urbains. Elle indique
qu'en 2022, 40 milliards de voyageurs-kilomètres ont été réalisés, avec une
progression de 23,7% par rapport à 2021 mais un retrait de 11,4% par rapport à 2019.
5.2. Cerema - Lancement de la 4ème enquête sur l'accessibilité
URL : https://www.cerema.fr/fr/actualites/lancement-4eme-enquete-accessibilite-
transports-urbains
Cette publication présente les résultats de l'enquête annuelle sur la mise en
accessibilité des transports urbains et interurbains. En 2024, 150 AOM ont répondu,
révélant que 67% des arrêts prioritaires sont accessibles, mais 33% restent à rendre
accessibles alors que les délais sont dépassés. Ces données sont essentielles pour
évaluer le critère accessibilité de la norme NF EN 13816.
5.3. Cerema - Tout savoir sur les réseaux de transport en France
URL : https://www.cerema.fr/fr/actualites/savoir-reseaux-transport-france
Cette page présente l'enquête TCU (Transports Collectifs Urbains) menée chaque
année par le partenariat Gart, UTP, DGITM et Cerema auprès des 330 AOM. Elle
https://mobilites.limoges-metropole.fr/les-projets/le-bus-a-haut-niveau-de-service/
https://mobilites.limoges-metropole.fr/les-projets/le-bus-a-haut-niveau-de-service/
https://metropoletpm.fr/grands-projets/le-bus-haut-niveau-de-service-bhns
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transports-2024/15-transport-collectif-urbain-de-voyageurs
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transports-2024/15-transport-collectif-urbain-de-voyageurs
https://www.cerema.fr/fr/actualites/lancement-4eme-enquete-accessibilite-transports-urbains
https://www.cerema.fr/fr/actualites/lancement-4eme-enquete-accessibilite-transports-urbains
https://www.cerema.fr/fr/actualites/savoir-reseaux-transport-france
détaille les caractéristiques collectées (modes, lignes, kilomètres parcourus,
accessibilité, infrastructures en site propre, parc de véhicules) qui alimentent les
statistiques nationales.
5.4. UTPF - Bilan social Transports Urbains édition 2024
URL : https://www.utpf-mobilites.fr/note-publication/bilan-social-transports-urbains-
edition-2024
Ce bilan social établi à partir de l'enquête annuelle auprès de 131 réseaux adhérents
à l'UTPF fournit des données sur les effectifs, la durée de travail, l'absentéisme et les
salaires dans les entreprises de transport urbain, complétant ainsi les données
opérationnelles par des indicateurs sociaux.
6. Comparaisons européennes et internationales
6.1. AQST - Comparaisons de ponctualité en Europe et au Japon
URL : https://www.qualitetransports.gouv.fr/l-aqst-produit-des-comparaisons-
relatives-a-la-a383.html
L'AQST a produit une estimation normative des taux de ponctualité au seuil commun
de 5 minutes pour tous les pays et types de trains, permettant une comparaison
harmonisée malgré les différences de méthodologie entre pays. Cette approche
méthodologique s'appuie sur les programmes de recherche européens BOB
(benchmarking of benchmarking).
6.2. Oliver Wyman - Urban Mobility Readiness Index 2022
URL : https://fr.statista.com/infographie/28937/top-10-des-grandes-villes-avec-les-
meilleurs-transports-publics/
Cette étude classe 60 grandes villes mondiales selon leurs systèmes de transport
public sur cinq critères (infrastructures, impact social, attractivité, efficacité,
innovation). Hong Kong arrive en tête (77 sur 100), Zurich deuxième (73), Paris
huitième (66). Cette source permet de positionner les systèmes français dans le
contexte international.
6.3. Euronews - Transports publics : quelle ville est la meilleure
URL : https://fr.euronews.com/my-europe/2024/10/11/transports-publics-quelle-ville-
est-la-meilleure-et-laquelle-est-la-pire
Cette publication d'octobre 2024 synthétise les enquêtes de satisfaction dans les
capitales européennes, montrant que les villes d'Europe du Nord et de l'Ouest
déclarent des taux de satisfaction plus élevés que celles d'Europe du Sud et de l'Est.
6.4. Commission européenne - Recommandations sur les transports publics
urbains
URL : https://france.representation.ec.europa.eu/informations/transports-publics-
urbains-de-nouvelles-recommandations-adoptees-2024-07-10_fr
https://www.utpf-mobilites.fr/note-publication/bilan-social-transports-urbains-edition-2024
https://www.utpf-mobilites.fr/note-publication/bilan-social-transports-urbains-edition-2024
https://www.qualitetransports.gouv.fr/l-aqst-produit-des-comparaisons-relatives-a-la-a383.html
https://www.qualitetransports.gouv.fr/l-aqst-produit-des-comparaisons-relatives-a-la-a383.html
https://fr.statista.com/infographie/28937/top-10-des-grandes-villes-avec-les-meilleurs-transports-publics/
https://fr.statista.com/infographie/28937/top-10-des-grandes-villes-avec-les-meilleurs-transports-publics/
https://fr.euronews.com/my-europe/2024/10/11/transports-publics-quelle-ville-est-la-meilleure-et-laquelle-est-la-pire
https://fr.euronews.com/my-europe/2024/10/11/transports-publics-quelle-ville-est-la-meilleure-et-laquelle-est-la-pire
https://france.representation.ec.europa.eu/informations/transports-publics-urbains-de-nouvelles-recommandations-adoptees-2024-07-10_fr
https://france.representation.ec.europa.eu/informations/transports-publics-urbains-de-nouvelles-recommandations-adoptees-2024-07-10_fr
Le groupe d'experts EGUM a adopté en juillet 2024 des recommandations sur la
complémentarité des transports publics avec la mobilité partagée et l'utilisation du
Fonds social pour le climat. Ces recommandations portent sur les infrastructures, la
sécurité, l'intégration numérique et la multimodalité, fournissant le cadre européen des
politiques de mobilité urbaine.
6.5. Cairn.info - Analyse comparative des performances des systèmes de tpl en
Europe
URL : https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2003-2-
page-261.htm
Cette étude académique de 2003 propose une méthodologie pour comparer les
performances des systèmes de transports publics locaux en Europe selon quatre
catégories de facteurs (contextuels, politiques, financiers, opérationnels). Bien
qu'ancienne, elle fournit un cadre méthodologique toujours pertinent pour les
comparaisons européennes.
7. Publications institutionnelles complémentaires
7.1. FNAUT - Les services express régionaux métropolitains
URL : https://www.fnaut.fr/uploads/2024/08/Etude-les-services-express-regionaux-
metropolitains-v3.1.pdf
Cette étude de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports
(version 3.1 de janvier 2024) analyse le projet de développement de RER
métropolitains dans dix métropoles françaises annoncé en novembre 2022. Elle
insiste sur l'importance de la qualité de service pour créer un véritable choc d'offre et
favoriser les changements de comportements.
7.2. Banque des Territoires - Accord de financement IDFM 2024-2031
URL : https://www.banquedesterritoires.fr/ile-de-france-mobilites-boucle-un-accord-
de-financement-perenne-avec-letat-pour-la-periode-2024
Cette source détaille le protocole de financement signé en septembre 2023 entre l'État
et Île-de-France Mobilités pour la période 2024-2031, prévoyant une répartition 52,5%
de recettes fiscales et 47,5% de recettes locales et tarifaires, avec une hausse du
versement mobilité de 0,25 point et une augmentation de 200% de la taxe de séjour.
7.3. Transbus.org - Dossier BHNS
URL : https://www.transbus.org/dossiers/bhns.html
Ce dossier thématique présente le concept de BHNS issu du BRT américain, ses
caractéristiques (axe dédié en site propre, priorité aux feux, stations aménagées) et
les réalisations françaises. Il constitue une ressource pédagogique sur l'évolution des
BHNS en France.
7.4. Transbus.org - Organisation des transports publics de voyageurs
URL : https://www.transbus.org/dossiers/ao.html
https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2003-2-page-261.htm
https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2003-2-page-261.htm
https://www.fnaut.fr/uploads/2024/08/Etude-les-services-express-regionaux-metropolitains-v3.1.pdf
https://www.fnaut.fr/uploads/2024/08/Etude-les-services-express-regionaux-metropolitains-v3.1.pdf
https://www.banquedesterritoires.fr/ile-de-france-mobilites-boucle-un-accord-de-financement-perenne-avec-letat-pour-la-periode-2024
https://www.banquedesterritoires.fr/ile-de-france-mobilites-boucle-un-accord-de-financement-perenne-avec-letat-pour-la-periode-2024
https://www.transbus.org/dossiers/bhns.html
https://www.transbus.org/dossiers/ao.html
Cette ressource détaille l'organisation institutionnelle des transports publics en
France, le rôle des autorités organisatrices de la mobilité, l'évolution réglementaire
depuis la loi NOTRe. Elle fournit le contexte institutionnel nécessaire à la
compréhension du système français.
AQST
Partie D
BILAN DE QUALITÉ DE SERVICE
DES TRANSPORTS DE VOYAGEURS PAR AUTOCAR
LIBREMENT ORGANISÉ (SLO)
ANNÉE 2024
1. SYNTHÈSE
Le secteur du transport par autocar en service librement organisé (SLO) en France a
connu en 2024 une année contrastée marquée par une reprise significative du trafic,
mais également par une dégradation notable de la qualité de service, dans un
contexte de perturbations multiples.
1.1. Une reprise du trafic confirmée
Avec 11,1 millions de passagers sur les liaisons domestiques en 2024, le secteur
dépasse enfin son niveau de 2019 de 5 %, après plusieurs années de recul post crise
sanitaire. La fréquentation totale, incluant les passagers internationaux, atteint près
de 18 millions de voyageurs, soit une progression de 25 % par rapport à 2019. Cette
performance traduit une forte dynamique du marché avec une hausse de 14 % du
trafic domestique sur un an et 6 % pour l'international.
L'offre a également progressé de manière record. Avec 120 millions d'autocars-
kilomètres parcourus et 832 départs quotidiens en moyenne, les niveaux de 2024
constituent les plus élevés jamais enregistrés depuis la libéralisation du secteur en
2015. Le réseau stabilisé autour de 200 villes desservies témoigne d'une densification
des liaisons plutôt que d'une extension géographique.
1.2. Une dégradation préoccupante de la qualité de
service
Les indicateurs de qualité de service se sont nettement détériorés en 2024, plaçant
cette année parmi les plus difficiles de la décennie pour les voyageurs. Le taux de
retard au-delà de 15 minutes a atteint 24 % des trajets, soit une hausse de 2,5 points
par rapport à 2023 et de 12 points par rapport à 2019.
Le taux d'annulation, bien que demeurant relativement modéré à 1 %, a augmenté de
0,2 point par rapport à 2023. Ces annulations et retards sont d'autant plus
problématiques que les autocars SLO constituent souvent la principale solution de
mobilité pour les populations à revenus modestes (avec le covoiturage dans une
certaine mesure) ainsi que dans les territoires mal desservis par le train.
1.3. Des facteurs explicatifs conjoncturels et structurels
Facteurs conjoncturels.
L'année 2024 a été marquée par deux événements majeurs ayant fortement perturbé
la circulation routière. Les mobilisations agricoles de janvier-février 2024 ont entraîné
des blocages massifs d'autoroutes avec plus d'une centaine d'échangeurs fermés et
une trentaine d'autoroutes coupées au pic du mouvement. Les épisodes neigeux et
verglas de janvier et novembre 2024 ont également causé d'importantes perturbations
en Île-de-France avec des centaines de véhicules bloqués et des fermetures d'axes
structurants comme l'A13.
Facteurs structurels.
Au-delà de ces éléments conjoncturels, des facteurs structurels pèsent sur la qualité
de service. La congestion croissante du réseau routier français, particulièrement aux
abords des grandes agglomérations, constitue un défi permanent. Le marché français
se caractérise également par un duopole FlixBus-BlaBlaCar qui concentre 94 % des
passagers sur les liaisons en concurrence, situation de pression concurrentielle limitée
qui pourrait contribuer à une moindre tension sur la qualité de service
1.4. Infrastructure des gares routières inadaptée
Le rapport de l'ART met en évidence un déficit significatif de la qualité des gares
routières. Parmi les dix gares les plus fréquentées de France, 3 ne remplissent pas la
moitié des critères de qualité attendus. Des équipements essentiels font défaut dans
de nombreuses gares : 3 gares sur 10 ne disposent pas d'information dynamique, la
moitié n'offre pas de billetterie physique, et certaines gares comme Lille-Europe
accueillent plus d'un million de passagers annuels avec pour seul équipement un
simple abribus.
Cette situation contraste avec les standards internationaux observés dans les grandes
gares européennes et constitue un frein à l'attractivité du mode autocar. Le tarif moyen
d'accès aux gares payantes a augmenté de 5 % pour s'établir à 5,17 euros HT par
« toucher de quai », mais cette augmentation ne s'est pas traduite par une
amélioration proportionnelle des équipements.
1.5. Des atouts à préserver
Malgré ces difficultés, le transport par autocar SLO conserve des atouts majeurs. Avec
un tarif moyen de 6 euros pour 100 kilomètres, il demeure le mode de transport
collectif le moins cher. Sur le plan environnemental, les émissions de CO2 par
passager restent stables autour de 23 grammes d'équivalent CO2 par passager-
kilomètre, soit près de cinq fois moins qu'une voiture particulière et mieux que les
trains Intercités thermiques.
Le secteur a généré 181 millions d'euros de recettes domestiques en 2024 et emploie
2 745 équivalents temps plein, contribuant ainsi significativement à l'économie du
transport. Le taux d'occupation moyen de 65 % témoigne d'une utilisation relativement
efficace des capacités.
1.6. Perspectives et recommandations
L'année 2024 soulève des interrogations sur la capacité du secteur à maintenir sa
dynamique de croissance tout en améliorant significativement sa qualité de service.
Les défis sont multiples : modernisation et équipement des gares routières, adaptation
aux nouvelles exigences des voyageurs en matière d'information en temps réel et de
billetterie, gestion des perturbations climatiques appelées à se multiplier avec le
réchauffement climatique.
Une attention particulière devra être portée à l'évolution de la concurrence sur le
marché, au développement d'une gouvernance adaptée des gares routières, et à la
prise en compte plus systématique des flux SLO dans la planification des
infrastructures de transport. L'enjeu est de permettre à ce mode de transport
accessible et peu émetteur de carbone de jouer pleinement son rôle dans la mobilité
durable des Français.
2. CONTEXTE GÉNÉRAL DE L'ANNÉE 2024
2.1. Un marché en pleine maturité
Dix ans après la libéralisation du secteur par la loi du 6 août 2015, le marché du
transport par autocar librement organisé a transporté plus de 100 millions de
passagers cumulés. Le secteur s'est consolidé autour d'un duopole constitué de
FlixBus et BlaBlaCar qui dominent désormais 94 % du trafic sur les liaisons en
concurrence. Cette concentration du marché, en hausse par rapport aux années
précédentes, s'accompagne d'une stabilisation du réseau autour de 200 villes
desservies depuis 2022.
Le modèle économique du secteur repose sur des tarifs attractifs, un taux de
remplissage élevé et une optimisation continue des coûts d'exploitation. Les recettes
domestiques cumulées depuis 2015 dépassent un milliard d'euros, démontrant la
viabilité économique de ce mode de transport. Le secteur emploie en moyenne 2 200
équivalents temps plein par an, avec une très forte proportion de conducteurs
représentant 96 % des effectifs.
2.2. Les perturbations majeures de 2024
Les mobilisations agricoles de janvier-février 2024
À partir du 18 janvier 2024, le mouvement des agriculteurs s'est intensifié avec des
blocages d'autoroutes dans toute la France. Le mouvement a atteint son paroxysme
fin janvier avec le siège de Paris et le blocage de huit autoroutes autour de la capitale.
Au pic du mouvement, le concessionnaire Vinci Autoroutes recensait plus d'une
centaine d'échangeurs fermés et une trentaine d'autoroutes coupées.
Les axes les plus touchés incluaient l'A9 fermée entre Orange et Perpignan pendant
plusieurs jours, l'A64 entre Toulouse et Bayonne, l'A63 en Gironde, ainsi que de
nombreux axes en Occitanie, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Grand Est. Ces
blocages ont désorganisé le transport routier pendant près de deux semaines,
entraînant des détournements massifs sur le réseau secondaire et des allongements
de trajets de 20 à 30 %.
Une seconde vague de mobilisation a eu lieu en novembre et décembre 2024, avec
notamment des blocages sur l'A9 au péage du Boulou, des perturbations en Île-de-
France sur la N118, et des actions ciblées dans le Sud-Ouest. Bien que moins
intenses que la première vague, ces mobilisations ont continué d'affecter la régularité
du trafic autoroutier jusqu'en fin d'année.
Les épisodes neigeux et verglas
L'année 2024 a été marquée par plusieurs épisodes neigeux et de verglas
particulièrement perturbateurs pour la circulation routière. En janvier 2024, des chutes
de neige en Île-de-France ont entraîné le blocage de près de 1 000 véhicules sur les
routes, principalement sur l'autoroute A13 qui a dû être fermée sur une dizaine de
kilomètres entre Orgeval et Rocquencourt. Le plan neige-verglas de niveau 2 a été
activé avec limitation de vitesse à 70 kilomètres par heure sur les axes structurants.
En novembre 2024, un nouvel épisode lié à la dépression Caetano a touché l'Île-de-
France avec plus de 250 kilomètres de bouchons recensés. La circulation a été
particulièrement difficile sur la N10 à hauteur de Trappes et sur la N12. En
Champagne-Ardenne, les pluies verglaçantes du 17 janvier ont immobilisé 550 poids
lourds dans les Ardennes et 600 dans la Marne, bloquant notamment l'A26 à la sortie
de Reims. Ces conditions météorologiques ont également affecté le Calvados,
l'Aveyron et le Tarn avec des vigilances orange neige-verglas.
Ces épisodes météorologiques, bien que ponctuels, ont eu un impact significatif sur
la ponctualité des autocars, avec des retards pouvant atteindre plusieurs heures et
des annulations en cascade. Ils soulignent la vulnérabilité du transport routier face aux
aléas climatiques, phénomène appelé à s'amplifier avec le dérèglement climatique.
2.3. Le cadre réglementaire et institutionnel
En 2024, l?ART a publié son dixième rapport annuel sur le secteur, confirmant son rôle
central dans la transparence du marché et l'équité d'accès aux infrastructures. La
régulation des liaisons de 100 kilomètres ou moins, mise en place depuis 2015, a fait
l'objet d'un bilan décennal qui conclut d?après elle à un impact négligeable des
services librement organisés sur l'équilibre économique des services conventionnés.
Sur les 2 247 liaisons déclarées en 2024, seules quelques-unes ont donné lieu à des
saisines de l'ART, confirmant que les craintes initiales d'un écrémage massif du
marché ne se seraient pas concrétisées. Le dispositif de déclaration préalable, bien
qu'il impose des contraintes aux opérateurs avec un délai pouvant atteindre quatre
mois, n'a finalement conduit qu'à 159 avis depuis 2015, dont la majorité ont autorisé
l'exploitation des liaisons.
3. INDICATEURS DE QUALITÉ DE SERVICE
3.1. Ponctualité : une dégradation continue
Le taux de retard au-delà de 15 minutes, indicateur clé de la qualité de service, s'est
établi à 24 % en 2024. Cette performance constitue une dégradation significative de
2,5 points par rapport à 2023 et de 12 points par rapport à 2019. La ponctualité des
autocars SLO n'a cessé de se dégrader depuis 2021, plaçant 2024 parmi les années
les plus difficiles de la décennie pour les voyageurs.
Cette performance est nettement moins favorable que celle observée dans le secteur
ferroviaire, où les trains Intercités affichent un taux de retard de 16 % et les trains
aptes à la grande vitesse de 10 % à un seuil voisin de 15 minutes en général. L'écart
s'est donc creusé entre le transport par autocar et le transport ferroviaire en matière
de ponctualité.
Parmi les retards constatés, la majorité se situe entre 15 et 30 minutes (57 % des
cas), suivis par les retards de 30 à 60 minutes (30 %). Seule une petite proportion de
retards (3 %) dépasse les deux heures. Cette distribution montre que si les retards
massifs restent exceptionnels, les perturbations modérées affectent désormais près
d'un quart des trajets.
3.2. Régularité : un taux d'annulation en légère hausse
En 2024, 2 938 trajets ont été annulés, hors déprogrammations anticipées, ce qui se
traduit par un taux d'annulation de 1 % sur l'année. Alors qu'il était stable depuis
plusieurs années à 0,8 %, le taux d'annulation a très légèrement augmenté de 0,2
point en 2024. Ce niveau demeure modéré comparé aux standards européens, mais
la tendance à la hausse mérite d'être surveillée.
Les liaisons domestiques et internationales sont concernées de manière comparable
par les suppressions de services. Les causes d'annulation sont multiples : conditions
météorologiques défavorables, blocages routiers, pannes mécaniques, ou encore
problèmes de personnel. Les mouvements sociaux des agriculteurs ont
particulièrement contribué aux annulations du premier trimestre 2024.
3.3. Information et gestion des perturbations
Au-delà des indicateurs quantitatifs de ponctualité et de régularité, la qualité de
l'information fournie aux voyageurs en cas de perturbation constitue un élément
essentiel du service. Les témoignages recueillis sur les forums de consommateurs et
les avis en ligne révèlent des lacunes importantes dans ce domaine.
Les voyageurs déplorent fréquemment un manque de communication proactive de la
part des opérateurs en cas de retard ou d'annulation. L'information arrive souvent
tardivement, parfois seulement à l'heure prévue de départ du bus. Les applications
mobiles ne permettent pas toujours un suivi en temps réel fiable de la localisation des
autocars. De plus, en cas d'annulation, les solutions de remplacement proposées ne
sont pas toujours satisfaisantes.
Un phénomène particulier a été rapporté à plusieurs reprises par les associations de
consommateurs : des cas de voyageurs n'ayant pas pu remonter dans le bus après
les pauses pendant les trajets. Bien que ces incidents soient liés au mode
d'exploitation visant à prévenir des retards trop importants, ils génèrent des
désagréments majeurs pour les voyageurs et nuisent à l'image du secteur.
3.4. Droits des passagers et réclamations
Le règlement européen 181/2011 définit les droits des passagers voyageant en
autocar.
Pour les trajets de plus de 250 kilomètres, en cas d'annulation ou de retard excédant
deux heures, les transporteurs sont tenus de proposer la poursuite du voyage ou le
remboursement du billet. En cas d'annulation sans solution alternative, les passagers
ont droit à une indemnisation équivalente à 50 % du prix du billet.
Pour les retards de plus de 90 minutes sur des voyages de plus de trois heures, les
transporteurs doivent offrir gratuitement des collations, repas ou rafraîchissements, et
si nécessaire un hébergement dans la limite de 80 euros par nuit pour deux nuits
maximum. Toutefois, les retours d'expérience des voyageurs suggèrent que ces
obligations ne seraient pas toujours respectées de manière systématique.
Les procédures de réclamation auprès des opérateurs sont jugées complexes par de
nombreux voyageurs. Les délais de réponse sont parfois longs, et l'obtention d'un
dédommagement nécessite souvent une démarche active et trop souvent
persévérante de la part du passager. Cette situation contraste avec les standards
observés dans d'autres modes de transport comme le ferroviaire ou l'aérien.
4. INFRASTRUCTURES ET GARES ROUTIÈRES
4.1. Un niveau d'équipement insuffisant
L'analyse des équipements disponibles dans les dix gares routières les plus
fréquentées de France révèle des carences importantes. Trois de ces gares ne
remplissent pas la moitié des critères de qualité attendus. La gare de Lille-Europe, qui
accueille plus d'un million de passagers par an, ne propose qu'un simple abribus sans
aucun des neuf services essentiels identifiés par l'ART.
L'information dynamique fait défaut dans 3 des 10 gares les plus fréquentées.
Pourtant, cette information en temps réel est indispensable pour les opérateurs SLO
dont les horaires évoluent fréquemment et qui ne disposent généralement pas de
quais qui leur soient spécifiquement attribués. Sans affichage dynamique, les
voyageurs peuvent souvent peiner à localiser leur autocar et à être informés des
retards éventuels.
La billetterie physique, autre service essentiel, n'est présente que dans la moitié des
grandes gares. Or, environ 10 % des titres des SLO seraient achetés sur place,
principalement par des voyageurs soit recherchant le contact humain, soit préférant le
paiement comptant, ou peu familiers avec les outils numériques. L'absence de
billetterie pénalise ces publics et limite l'accessibilité du service.
4.2. Les recommandations du comité de concertation
Le premier comité de concertation des gares routières réuni en 2024 a identifié deux
axes prioritaires d'amélioration. Premièrement, l'information diffusée en gare doit
devenir pleinement dynamique. Elle doit indiquer en temps réel le quai de départ,
l'horaire actualisé et les éventuels retards. Cette information doit être centralisée,
claire, et équitablement accessible à tous les opérateurs.
Deuxièmement, l'accès à une billetterie physique doit être garanti selon des standards
adaptés à la taille de chaque gare. Dans les petites gares, la mutualisation des
guichets existants ou l'installation d'automates multimodaux est recommandée,
particulièrement lorsque la fréquentation dépasse 300 000 voyageurs par an. Dans
les grandes gares, la mise en place d'automates ou de guichets dédiés est préconisée.
Le comité a également souligné la nécessité d'améliorer la qualité, la fiabilité et le
format des données transmises par les opérateurs pour permettre une large
interopérabilité.
L'intégration de tous les services réguliers, y compris les SLO, dans les outils de
mobilité en tant que service (MaaS) devrait constituer un objectif important pour
faciliter la planification des déplacements multimodaux.
4.3. La question de la gouvernance des gares
Les « Rencontres sur les gares routières » organisées par l'ART en septembre 2024
ont mis en lumière une carence majeure en matière de gouvernance. L'autorité
organisatrice de la mobilité locale, chargée du transport public conventionné, n'est
généralement pas responsable de l'accueil des services librement organisés. Cette
situation engendre un manque de coordination et de vision stratégique pour le
développement des infrastructures.
Une meilleure prise en compte des flux SLO dans la planification des infrastructures
constitue un levier stratégique. Dans certaines gares comme celles de Grenoble ou
Toulouse, ces flux peuvent représenter environ 30 % du trafic total. Leur anticipation
permettrait d'optimiser la gestion des infrastructures existantes et d'ajuster le
dimensionnement de projets structurants comme le Pôle d'Échanges Multimodal de
Bordeaux.
La refonte du modèle de gouvernance des gares, identifiée comme un enjeu central
du secteur, pourrait s'appuyer sur un cadre législatif rénové et mieux adapté aux
territoires.
L'instauration d'une instance de gouvernance locale chargée de coordonner la
politique d'accueil des SLO apparaît donc nécessaire pour garantir une cohérence
entre les différents services de transport.
4.4. L'équilibre économique des gares
Le tarif moyen d'accès aux gares payantes s'est établi à 5,17 euros HT par toucher
de quai en 2024, en hausse de 5 %. Les gares de Paris-Bercy et du terminal Jules
Verne à La Défense pratiquent les tarifs les plus élevés, respectivement 16,04 euros
et 17,52 euros, se rapprochant de la fourchette observée dans les grandes gares
européennes située entre 15 et 20 euros.
Plusieurs modèles économiques coexistent. Certaines gares comme celle d'Aix-en-
Provence sont financées à 100 % par les recettes et ne dépendent pas des
financements publics. D'autres comme Grenoble s'appuient davantage sur des
subventions publiques avec un ratio recettes sur dépenses de seulement 33 %. Les
analyses de l'ART montreraient qu'une tarification adaptée pourraient souvent assurer
l'équilibre économique des gares significatives en couvrant les charges d'exploitation
et les investissements courants.
5. ANALYSE COMPARATIVE ET PERSPECTIVES
5.1. Comparaison avec les autres modes de transport
Avec un taux de retard de 24 % en 2024, les autocars affichent une performance
moins favorable que les trains grande vitesse (10 %) et les Intercités (16 %) à un seuil
voisin de 15 mn. Le taux d'annulation de 1 % des autocars est en revanche inférieur
à celui des TGV qui a atteint 3,4 % en 2023.
Sur le plan tarifaire, les autocars SLO conservent un avantage décisif avec un prix
moyen de 6 euros pour 100 kilomètres, soit significativement moins cher que le train
à longue distance, aux alentours de 10 euros pour 100 kilomètres. Cet écart tarifaire
explique le maintien de la demande malgré la plus grande lenteur de l?autocar SLO en
général.
5.2. Comparaison internationale
Le marché allemand, principale référence européenne, présente une trajectoire
différente de celle du marché français. La fréquentation domestique des autocars SLO
en Allemagne stagne en 2024 par rapport à 2023, avec 10,5 millions de passagers
légèrement inférieurs aux 11,1 millions de la France. Surtout, le marché allemand
n'atteint en 2024 qu'environ 60 %des passagers-kilomètres de 2019, alors que le
marché français a retrouvé et dépassé son niveau d'avant crise sanitaire.
Cette divergence s'explique par plusieurs facteurs. Le réseau ferroviaire allemand
offre une concurrence plus forte avec le « Deutschland-Ticket » à 49 euros par mois
permettant des trajets illimités en transport régional.
Les difficultés économiques de FlixBus en Allemagne, avec une rentabilité souvent
moindre que sur le marché français, ont conduit à une rationalisation de l'offre. Ces
éléments soulignent la spécificité du marché français où les autocars occupent
finalement une place plus importante dans l'offre de mobilité longue distance.
5.3. Les défis structurels à relever
Au-delà des facteurs conjoncturels ayant affecté 2024, le secteur fait face à des défis
structurels majeurs. La congestion du réseau routier français, particulièrement aux
abords des grandes métropoles, constitue une contrainte croissante. Les temps de
parcours s'allongent mécaniquement, rendant plus difficile le respect des horaires
annoncés. Cette tendance devrait s'accentuer avec la croissance démographique et
urbaine.
Le dérèglement climatique pose également des défis inédits. Les épisodes de canicule
provoquent la dilatation des chaussées et augmentent les risques d'incident. Les
tempêtes, inondations et chutes de neige se multiplient et gagnent en intensité. Le
réseau routier français, conçu pour un climat tempéré stable, n'est souvent pas
suffisamment adapté à ces nouvelles contraintes. Les investissements nécessaires
pour renforcer la résilience du réseau face aux aléas climatiques représentent des
montants considérables.
Le manque de personnel qualifié, notamment de conducteurs, constitue un autre défi
structurel. Bien que le secteur ait augmenté ses effectifs de 658 équivalents temps
plein en 2024, l'écart avec le niveau de 2019 reste de 7 %. Les difficultés de
recrutement dans les métiers de la conduite affectent l'ensemble du transport routier
et pourraient limiter la capacité du secteur à développer son offre.
5.4. Les axes d'amélioration prioritaires
L'amélioration de la qualité de service passe en premier lieu par une modernisation
significative des infrastructures de gares routières. L'installation systématique
d'informations dynamiques dans toutes les grandes gares fréquentées, le
développement de la billetterie physique et multimodale, et l'amélioration des
équipements de base constituent des priorités immédiates. Le plan d'investissement
nécessaire doit être chiffré et financé, idéalement par une combinaison à déterminer
de redevances d'usage et de soutien public, en maintenant l?attractivité prix qui fait
l?attractivité du transport par autocar SLO.
Le renforcement de l'information voyageurs en temps réel doit être poursuivi. Les
applications mobiles doivent offrir un suivi GPS précis et fiable des autocars, avec des
alertes proactives en cas de retard ou d'annulation. La communication avec les
voyageurs en situation de perturbation doit être améliorée, avec des protocoles clairs
et des solutions de remplacement systématiquement proposées.
La mise en place d'une gouvernance adaptée des gares routières apparaît comme un
prérequis pour une amélioration durable. Cette gouvernance doit associer les autorités
organisatrices de la mobilité, les gestionnaires d'infrastructures, les opérateurs de
transport et les représentants des usagers. Elle doit permettre une planification
cohérente du développement des gares en tenant compte de l'ensemble des besoins
de mobilité du territoire.
6. CONCLUSION
L'année 2024 aura été une année paradoxale pour le transport par autocar librement
organisé en France. D'un côté, le secteur a confirmé sa dynamique de croissance
avec un dépassement du niveau de trafic de 2019 et des records historiques en termes
d'offre et de fréquentation. De l'autre, la qualité de service s'est dégradée de manière
préoccupante, plaçant 2024 parmi les années les plus difficiles de la décennie pour
les voyageurs en matière de ponctualité.
Cette situation révèle les tensions auxquelles le secteur doit faire face. La demande
de mobilité accessible continue de progresser, stimulée par des tarifs attractifs et une
offre géographiquement étendue. Mais les infrastructures routières et les gares
routières peinent à absorber cette croissance tout en maintenant un niveau de service
satisfaisant. Les perturbations conjoncturelles de 2024 ont agi comme un révélateur
de fragilités structurelles plus profondes.
Le transport par autocar SLO conserve néanmoins des atouts décisifs. Son
accessibilité tarifaire en fait un mode de transport irremplaçable pour de nombreuses
populations, notamment dans les territoires peu denses. Ses performances
environnementales, avec des émissions de CO2 par passager cinq fois inférieures à
la voiture particulière, certes moins bonnes en général que celles du train électrique,
en font un contributeur essentiel à la transition écologique de la mobilité. Son modèle
économique viable sans subventions publiques garantit sa pérennité.
Les années à venir seront déterminantes. Le secteur devra relever simultanément
plusieurs défis : moderniser les gares routières et les adapter aux standards
européens, améliorer la ponctualité malgré la congestion croissante du réseau routier,
s'adapter aux perturbations climatiques de plus en plus fréquentes, et maintenir la
pression concurrentielle malgré la concentration du marché autour d'un duopole.
L'enjeu n'est pas seulement économique ou technique. Il s'agit de garantir à tous, quel
que soit leur lieu de résidence et leur niveau de revenus, un accès effectif à une
mobilité de qualité. Le transport par autocar librement organisé, par son
positionnement unique entre service public et marché concurrentiel, peut et doit jouer
pleinement ce rôle d'inclusion sociale et territoriale.
L'amélioration de la qualité de service dans ce secteur n'est donc pas qu'une question
de confort pour les usagers. Elle conditionne la crédibilité et l'acceptabilité sociale d'un
mode de transport qui constitue, pour des millions de Français, l'unique alternative à
la voiture individuelle pour leurs déplacements longue distance. C'est à cette aune
que devront être jugés les progrès accomplis dans les années à venir.
7. ANNEXE BIBLIOGRAPHIQUE
Les sources suivantes ont été consultées et analysées pour l'élaboration de ce bilan.
Pour chaque source, les principaux enseignements sont synthétisés.
1. Autorité de régulation des transports. Rapport annuel sur le marché du
transport par autocar et sur les gares routières en France en 2024. Juin 2025.
Ce document constitue la source principale de données quantitatives sur le secteur. Il
fournit les indicateurs clés de trafic avec 11,1 millions de passagers domestiques et
18 millions au total, le taux de retard de 24 % et le taux d'annulation de 1 %. Il
documente également l'état des infrastructures avec l'analyse des équipements dans
les dix gares les plus fréquentées, et présente les travaux du comité de concertation
sur l'information dynamique et la billetterie. Le rapport confirme la reprise du trafic au-
dessus du niveau de 2019 et identifie les lacunes majeures des gares routières.
2. Autorité de la qualité de service dans les transports. Bilan 2023 de la
qualité de service des transports de voyageurs en France. 2024.
Ce bilan multimodal permet une mise en perspective des performances du transport
par autocar avec les autres modes. Il révèle que 2023 a été l'une des pires années de
la décennie pour la ponctualité ferroviaire et aérienne, avec des taux de retard
respectifs de 14,6 % pour les TGV et supérieurs à 15 % pour l'aérien. Le rapport
identifie les causes structurelles comme le manque de personnel et le dérèglement
climatique, ainsi que les causes conjoncturelles dont les mouvements sociaux. Cette
analyse contextuelle éclaire les difficultés rencontrées également par le secteur
routier.
3. Mouvement des agriculteurs de 2024 en France. Article Wikipédia consulté
le 26 décembre 2025.
Cet article documente précisément la chronologie et l'ampleur des blocages routiers
liés aux mobilisations agricoles. Il détaille le « siège » de Paris fin janvier avec huit
autoroutes bloquées, les fermetures de l'A9 entre Orange et Perpignan, de l'A64 et de
l'A63 dans le Sud-Ouest. Le bilan fait état de plus d'une centaine d'échangeurs fermés
et d'une trentaine d'autoroutes coupées au pic du mouvement. Cette source permet
de quantifier l'impact des perturbations de janvier-février puis de novembre-décembre
2024 sur la circulation routière et donc indirectement sur la ponctualité des autocars.
4. Lyseo. Grève des agriculteurs point de situation et impacts sur le transport de
marchandises. Blog Lyseo, janvier 2024.
Cet article professionnel du secteur logistique apporte un éclairage sur les
conséquences concrètes des blocages agricoles. Il mentionne des retards significatifs
dans les livraisons, une hausse des coûts de transport, et des difficultés de circulation
notamment sur les axes A1, A4, A5, A6, A7, A10, A13, A15 et A16. Il confirme que le
secteur du transport routier a subi des perturbations majeures pendant plusieurs
semaines, avec des détours obligeant à emprunter le réseau secondaire et des
allongements de trajets de 20 à 30 %.
5. Préfecture de police de Paris et préfectures départementales.
Communiqués sur les épisodes neige-verglas, janvier et novembre 2024.
Ces communiqués officiels documentent les épisodes météorologiques ayant
perturbé la circulation en Île-de-France et dans plusieurs régions. Ils font état du
blocage de près de 1 000 véhicules sur l'A13 en janvier, de l'activation du plan neige-
verglas de niveau 2 avec limitation à 70 kilomètres par heure, et de plus de 250
kilomètres de bouchons en novembre. En Champagne-Ardenne, 550 poids lourds ont
été immobilisés dans les Ardennes et 600 dans la Marne. Ces sources officielles
permettent de quantifier précisément l'ampleur des perturbations météorologiques de
2024.
6. France Bleu et médias régionaux. Articles sur les manifestations agricoles et
conditions météorologiques. Novembre-décembre 2024.
La couverture médiatique régionale a permis de suivre en temps réel l'évolution des
blocages agricoles de fin 2024, avec notamment des informations sur les
perturbations sur l'A63 en Gironde, l'A64 en Haute-Garonne, et les actions en Île-de-
France sur la N118. Ces sources confirment que malgré une intensité moindre qu'en
janvier-février, les perturbations se sont poursuivies jusqu'en fin d'année avec un
impact sur la régularité des transports routiers.
7. Ministère de l'Économie. Voyage en autocar annulation retard accident quels
sont vos droits. Site economie.gouv.fr, 2024.
Ce document officiel rappelle le cadre réglementaire européen applicable aux droits
des passagers d'autocar. Il précise les obligations des transporteurs en cas
d'annulation ou de retard de plus de 90 minutes sur des trajets de plus de 250
kilomètres, incluant le remboursement, le réacheminement, et dans certains cas
l'hébergement et les repas. Cette source permet de contextualiser les manquements
éventuels des opérateurs par rapport à leurs obligations légales.
8. Forums de consommateurs et avis en ligne. Témoignages d'usagers sur les
services FlixBus et BlaBlaCar. Tripadvisor, Trustpilot, Forum Que Choisir,
2024.
Les témoignages de voyageurs collectés sur ces plateformes révèlent des
problématiques récurrentes de qualité de service. Les retards fréquents, parfois de 1
à 2 heures, les annulations de dernière minute avec information tardive, et les
difficultés à obtenir un dédommagement sont largement documentés. Des cas de
voyageurs oubliés sur les aires d'autoroute lors des pauses sont également rapportés.
Ces sources qualitatives complètent les données quantitatives de l'ART en illustrant
le vécu des usagers.
9. Banque des Territoires. Observatoire 2023 de la qualité de service dans les
transports retards et annulations toujours en hausse. 11 juin 2024.
Cet article analyse le bilan de l'AQST et met en perspective la dégradation généralisée
de la qualité de service dans tous les modes de transport en 2023. Il souligne que le
retour du trafic post-COVID coïncide avec de nouveaux défis que les exploitants
peinent à relever, notamment en matière de sûreté, fréquence et gestion. Les
mouvements sociaux et les aléas météorologiques sont identifiés comme des facteurs
aggravants dans un contexte structurellement difficile.
10. L'Antenne avec l'AFP. Manifestations agricoles retour à la normale pour les
transporteurs routiers. 5 février 2024.
Cet article professionnel du secteur transport confirme l'ampleur des perturbations
subies par le transport routier pendant les deux semaines de mobilisation agricole. Il
mentionne la désorganisation majeure du secteur, les détours obligatoires sur le
réseau secondaire entraînant des allongements de 20 à 30 %, et les incidents avec
pillages de camions étrangers. L'article indique qu'au pic du mouvement, Vinci
Autoroutes recensait plus d'une centaine d'échangeurs fermés et une trentaine
d'autoroutes coupées, chiffres confirmant l'impact massif sur la circulation.
AQST
Partie E
Bilan de la qualité de service des
transports réguliers de voyageurs
par autocar conventionné en France
en 2024
Hors autocars SLO et bus urbains
Analyse basée sur la norme NF EN 13816
1. Introduction et cadre de l'analyse
Le présent bilan porte exclusivement sur les transports réguliers de voyageurs par
autocar conventionné en France métropolitaine en 2024, à savoir les services
d'autocars régionaux et ex-départementaux organisés par les autorités organisatrices
de la mobilité. Sont expressément exclus de cette analyse les services librement
organisés (SLO) et les transports urbains qui relèvent d'autres cadres réglementaires
et organisationnels.
Depuis la loi NOTRe du 7 août 2015, les régions sont devenues autorités
organisatrices des transports non urbains et des transports scolaires, reprenant les
compétences anciennement dévolues aux départements. Cette réorganisation
territoriale a profondément modifié la gouvernance du secteur, avec des transferts
effectifs réalisés le 1er janvier 2017 pour les transports non urbains et le 1er
septembre 2017 pour les transports scolaires.
En 2024, le secteur des autocars régionaux et interurbains transportait
quotidiennement environ 200 000 voyageurs hors transports scolaires, avec un réseau
composé d'environ 2 650 autocars régionaux et 120 minibus desservant près de 28
000 points d'arrêts routiers. Les lignes régulières interurbaines représentent environ
13,8 millions de voyages annuels sur l'ensemble du territoire français.
La norme européenne NF EN 13816, adoptée en septembre 2002 et toujours en
vigueur, constitue le référentiel méthodologique de cette analyse. Cette norme spécifie
les exigences pour définir, cibler et mesurer la qualité de service dans le transport
public de voyageurs. Elle structure l'approche qualité autour de huit critères majeurs
qui couvrent de façon exhaustive les principales dimensions des attentes des usagers.
2. Cadre normatif et réglementaire
2.1. La norme NF EN 13816 et ses principes
La norme NF EN 13816 définit la qualité de service comme la capacité d'un service
de transport à répondre aux attentes des clients. Elle s'articule autour de huit critères
fondamentaux qui permettent d'évaluer la performance globale d'un service de
transport public.
Les huit critères de la norme sont :
? Disponibilité : couverture géographique et temporelle du service
? Accessibilité : facilité d'accès au système de transport
? Information : renseignement systématique sur le service
? Temps : respect des horaires et durées de trajets
? Attention portée au client : prise en compte des besoins individuels
? Confort : agrément du voyage
? Sécurité : sentiment de protection personnelle
? Impact environnemental : effets sur l'environnement
Cette norme est complétée par le fascicule de documentation FD X50-808 qui fournit
des lignes directrices pour l'application de la NF EN 13816 aux lignes de transport
terrestres et lieux d'échanges, ainsi que par la norme NF EN 15140 qui définit les
exigences fondamentales pour les systèmes de mesure de la qualité réalisée dans les
services de transport public de voyageurs.
2.2. Cadre réglementaire français et européen
Le transport interurbain par autocar en France s'inscrit dans un cadre réglementaire
complexe articulant normes européennes et dispositions nationales. Au niveau
européen, le règlement CE n° 1073/2009 établit les règles communes pour l'accès au
marché international des transports par autocar et autobus. La directive 2001/85/CE
impose des prescriptions techniques particulières concernant la structure renforcée
des véhicules, les issues de secours et les équipements de sécurité obligatoires.
En France, la loi Macron du 6 août 2015 a introduit une libéralisation partielle du
secteur en créant les services librement organisés (SLO) sur les liaisons de plus de
100 kilomètres, tout en maintenant le cadre conventionné pour les services régionaux
et départementaux.
Les conditions de travail des conducteurs sont encadrées par le règlement CE n°
561/2006 relatif aux temps de conduite et de repos, qui limite la conduite continue à
4h30 suivies d'une pause obligatoire de 45 minutes, avec une durée quotidienne
maximale de travail fixée à 10 heures. Ces dispositions visent à garantir la sécurité
des voyageurs et des conducteurs tout en assurant des conditions de travail
acceptables.
3. État des lieux de la qualité de service en 2024
3.1. Disponibilité et accessibilité du service
La disponibilité du service d'autocars régionaux en France présente une couverture
territoriale relativement étendue avec 114 lignes régulières interurbaines et environ 3
400 circuits scolaires. Cette offre assure une desserte de 477 municipalités et permet
de réaliser environ 13,8 millions de voyages annuels sur les lignes commerciales
routières interurbaines. Les régions investissent massivement dans ce secteur, avec
par exemple la région Pays de la Loire consacrant un budget de 445 millions d'euros
en fonctionnement et 102 millions en investissement pour 2025.
L'accessibilité aux personnes à mobilité réduite constitue un enjeu majeur. La plupart
des véhicules récents sont équipés d'élévateurs UFR permettant le transport d'une
personne en fauteuil roulant. Les lignes de courte distance en zone périurbaine
utilisent majoritairement des autocars avec plancher bas à l'avant, facilitant
l'embarquement. Cependant, tous les arrêts ne disposent pas des aménagements
nécessaires, créant des ruptures dans la chaîne d'accessibilité.
3.2. Information voyageurs : un critère essentiel en
développement
L'information voyageurs représente l'un des critères les plus critiques selon la norme
NF EN 13816. En 2024, ce domaine connaît une évolution contrastée dans le secteur
des autocars interurbains. Les Systèmes d'Aide à l'Exploitation et d'Information
Voyageurs (SAEIV) se développent progressivement, permettant de fournir une
information en temps réel sur la localisation des véhicules, les horaires de passage
aux arrêts et les perturbations éventuelles.
Les solutions technologiques déployées comprennent des girouettes à LEDs pour
l'identification des véhicules, des bandeaux lumineux et écrans TFT embarqués
affichant les prochains arrêts et correspondances, ainsi que des applications mobiles
permettant la géolocalisation en temps réel des autocars. Certains réseaux proposent
des bornes d'information voyageurs aux principaux arrêts, tandis que des alternatives
numériques via QR Code se développent pour les points d'arrêts non équipés.
Néanmoins, la généralisation de ces dispositifs reste inégale sur le territoire. De
nombreux réseaux interurbains accusent un retard technologique par rapport aux
réseaux urbains, avec des systèmes d'information statiques limités aux fiches horaires
papier et plans de lignes. L'absence d'information en temps réel constitue un frein
majeur à l'attractivité du service, particulièrement pour les usagers occasionnels et les
nouveaux clients potentiels.
3.3. Ponctualité et respect des horaires
La ponctualité constitue un indicateur fondamental de la qualité de service.
Les conventions TER entre régions et les transporteurs ferroviaires intègrent
désormais de plus en plus des mécanismes de bonus-malus pour l'atteinte des
objectifs en matière de ponctualité. Des dispositifs similaires devraient être
généralisés pour les services routiers conventionnés afin d'inciter les opérateurs à
améliorer leurs performances. Les SAEIV permettent aux exploitants de suivre en
temps réel l'avance ou le retard des véhicules et d'analyser la ponctualité des lignes
pour ajuster les horaires de passage aux arrêts.
3.4. Confort et équipements des véhicules
Le niveau de confort des autocars interurbains s'est significativement amélioré ces
dernières années. Les véhicules modernes sont équipés de sièges confortables avec
tablettes et repose-pieds, de climatisation, et parfois de prises électriques individuelles
et de connexion WiFi.
La transition énergétique du parc progresse avec la conversion progressive vers des
motorisations moins polluantes. Cette évolution contribue à l'amélioration du critère
impact environnemental de la norme EN 13816.
3.5. Sécurité et formation des conducteurs
La sécurité des transports par autocar bénéficie d'un cadre réglementaire strict. Selon
l'Institut français des sciences et technologies des transports, l'autocar est 20 fois
moins accidentogène que la voiture individuelle. Cette performance s'explique par
plusieurs facteurs : la formation rigoureuse et continue des conducteurs, le bridage en
vitesse des véhicules, et les contrôles réguliers tant des conducteurs que des
véhicules.
Les conducteurs d'autocar doivent obtenir le permis D et suivre une formation continue
obligatoire conformément au règlement CE n° 1073/2009. Les véhicules sont soumis
aux prescriptions de la directive 2001/85/CE imposant une structure renforcée,
plusieurs issues de secours, des équipements obligatoires (extincteurs, marteaux
brise-vitres) et une signalisation claire des sorties. Les contrôles techniques
périodiques vérifient le respect de ces normes de sécurité.
4. Données disponibles et lacunes analytiques
4.1. Sources de données existantes
L'Autorité de régulation des transports (ART) collecte depuis 2016 des informations
auprès des entreprises autocaristes concernant les services réguliers conventionnés.
Cette collecte, réalisée selon les décisions des 2 décembre 2015, 25 mai 2016, 29
mars 2017 et 23 janvier 2020, porte sur l'offre de lignes, la fréquentation, la qualité de
service et certaines informations économiques, sociales et financières. Les données
sont collectées à un rythme trimestriel, semestriel et annuel.
Les régions, en tant qu'autorités organisatrices, disposent également de données sur
leurs réseaux respectifs. Cependant, l'hétérogénéité des systèmes d'information et
des indicateurs de suivi entre régions limite les possibilités de comparaisons
nationales. Certaines régions comme les Hauts-de-France publient des observatoires
régionaux des transports avec des chiffres clés annuels, mais cette pratique n'est
malheureusement pas généralisée.
L'INSEE fournit des données macroéconomiques sur le secteur des transports,
notamment sur les immatriculations de véhicules et l'évolution générale de la
fréquentation des transports en commun. L'association Régions de France compile
également des statistiques globales montrant qu'environ 200 000 voyageurs par jour
utilisent les autocars interurbains hors transports scolaires, et 2,1 millions d'élèves par
jour sont transportés dans le cadre des transports scolaires hors agglomération.
4.2. Lacunes majeures dans l'évaluation de la qualité
Malgré ces sources de données, plusieurs lacunes importantes limitent la capacité à
réaliser une évaluation exhaustive de la qualité de service selon les critères de la
norme NF EN 13816. Premièrement, il n'existe pas de système national unifié de
mesure de la qualité de service pour les autocars conventionnés, contrairement au
secteur ferroviaire où des indicateurs standardisés sont suivis systématiquement dans
le cadre des conventions TER.
L'absence de données consolidées sur la ponctualité constitue une lacune majeure.
Contrairement aux services ferroviaires qui disposent de systèmes automatisés de
mesure des retards, les services d'autocars régionaux ne font pas l'objet d'un suivi
systématique de cet indicateur pourtant fondamental. Les quelques données
disponibles proviennent d'études ponctuelles ou de réseaux ayant déployé des
SAEIV, mais ne permettent pas une vision d'ensemble du secteur.
Les enquêtes de satisfaction voyageurs restent rares et non harmonisées. Chaque
région détermine ses propres critères et méthodologies, rendant impossible toute
comparaison interrégionale robuste. Il manque également des données précises sur
l'accessibilité réelle du service aux personnes à mobilité réduite, au-delà du simple
décompte des véhicules équipés d'élévateurs.
Enfin, l'évaluation de l'information voyageurs souffre d'un manque de données
quantitatives. Bien que des progrès technologiques soient constatés, il n'existe pas
d'indicateur permettant de mesurer le taux de déploiement des systèmes d'information
en temps réel ou le taux de couverture des points d'arrêts équipés. Cette absence de
mesure rend difficile l'appréciation objective des progrès réalisés dans ce domaine
pourtant identifié comme prioritaire par les usagers.
5. Comparaisons européennes
5.1. Cadre normatif européen commun
La norme EN 13816 constitue un référentiel commun à l'ensemble de l'Union
européenne pour l'évaluation de la qualité de service dans les transports publics de
voyageurs. Adoptée dans tous les États membres, elle offre théoriquement une base
commune pour des comparaisons internationales. Cependant, son application
pratique varie considérablement d'un pays à l'autre, chaque État ayant développé ses
propres méthodes et indicateurs de suivi.
Au niveau de la sécurité, l'Union européenne a harmonisé les exigences techniques
par la directive 2001/85/CE qui s'applique uniformément dans tous les États membres.
Cette harmonisation garantit un niveau de sécurité comparable des véhicules circulant
en Europe. Les normes environnementales Euro VI, entrées en vigueur le 1er janvier
2014, imposent également des standards communs pour les émissions polluantes des
autocars, avec une réduction significative des émissions de NOx et de particules par
rapport aux normes antérieures.
5.2. Pratiques européennes en matière de qualité de
service
Plusieurs pays européens ont développé des approches plus systématiques de
mesure et d'amélioration de la qualité de service dans les transports interurbains.
L'Allemagne dispose de systèmes de certification qualité pour les services de cars
express régionaux, avec des audits réguliers vérifiant le respect de standards
minimums en termes d'information, de ponctualité et de confort. Les Länder allemands
intègrent dans leurs contrats de délégation des clauses de pénalités financières en
cas de non-respect des objectifs de qualité.
Les Pays-Bas ont mis en place un système national d'évaluation de la satisfaction
voyageurs avec des enquêtes standardisées réalisées annuellement sur l'ensemble
des réseaux de transport public, y compris les services interurbains par autocar. Ces
enquêtes permettent des comparaisons objectives entre opérateurs et régions, et les
résultats sont publiés pour informer les usagers et créer une émulation entre
opérateurs.
La Grande-Bretagne a développé une approche basée sur des obligations de service
public précises intégrant des indicateurs de performance chiffrés. Les opérateurs de
services subventionnés doivent rendre compte mensuellement de leurs performances
sur des critères définis contractuellement. Cette transparence favorise l'amélioration
continue et permet aux autorités organisatrices d'intervenir rapidement en cas de
dégradation de la qualité.
En Suède, l'agence nationale des transports publie un rapport annuel comparant les
performances de l'ensemble des réseaux de transport public du pays, incluant les
services d'autocars régionaux. Cette publication nationale crée une pression positive
sur les opérateurs et les autorités organisatrices pour améliorer leurs résultats. Elle
permet également d'identifier et de diffuser les bonnes pratiques entre régions.
5.3. Position de la France dans le contexte européen
La France se situe dans une position intermédiaire en Europe concernant la
structuration de l'évaluation de la qualité de service des autocars interurbains. Le
cadre normatif français est solide avec l'adoption de la norme NF EN 13816 et ses
documents d'accompagnement, mais l'application pratique reste fragmentée.
Contrairement à certains pays nordiques ou germaniques qui ont développé des
systèmes nationaux de suivi de la qualité, la France laisse une grande autonomie aux
régions dans la définition et le suivi de leurs indicateurs.
Cette décentralisation présente des avantages en permettant d'adapter les indicateurs
aux spécificités territoriales, mais elle limite la capacité à établir des comparaisons
nationales et à diffuser les bonnes pratiques. L'absence d'observatoire national de la
qualité des services d'autocars conventionnés contraste avec l'existence d'un tel
dispositif pour le secteur ferroviaire notamment.
Sur le plan technologique, la France accuse un certain retard dans le déploiement
généralisé des systèmes d'information voyageurs en temps réel par rapport à des
pays comme l'Allemagne ou les Pays-Bas où ces dispositifs sont quasi-systématiques
sur les réseaux interurbains. Cependant, des initiatives régionales innovantes
émergent, comme le déploiement de systèmes d'information par QR Code ou
d'applications mobiles intégrées offrant une information multimodale.
6. Recommandations pour l'amélioration
6.1. Structuration d'un système national de mesure de la
qualité
La première recommandation concerne la mise en place d'un système national
harmonisé de mesure de la qualité de service des autocars conventionnés, s'inspirant
des dispositifs existants dans le secteur ferroviaire. Ce système devrait définir un socle
d'indicateurs obligatoires alignés sur les huit critères de la norme NF EN 13816, tout
en laissant aux régions la possibilité de compléter avec des indicateurs spécifiques à
leurs enjeux locaux.
Les indicateurs minimums recommandés pourraient inclure : le taux de ponctualité
mesuré au seuil de 5 et 15 minutes de retard, le taux de réalisation des courses
prévues, le taux d'information en temps réel des voyageurs, le taux d'accessibilité
effective aux personnes à mobilité réduite, la fréquence des enquêtes de satisfaction
et le score global de satisfaction, le taux d'équipement en SAEIV et dispositifs
d'information dynamique, ainsi que les émissions de CO2 par voyageur-kilomètre.
Un observatoire national des services d'autocars conventionnés pourrait être créé,
rattaché à une entité existante. Cet observatoire aurait pour mission de collecter les
données, de produire des analyses comparatives annuelles et de diffuser les bonnes
pratiques identifiées. La publication annuelle d'un rapport national de synthèse
permettrait d'instaurer une dynamique d'amélioration continue par comparaison entre
régions.
6.2. Généralisation de l'information voyageurs en temps
réel
L'information voyageurs constitue un levier majeur d'amélioration de la qualité perçue
et de l'attractivité des services. Il est recommandé d'accélérer le déploiement des
SAEIV sur l'ensemble des réseaux interurbains, avec un objectif d'équipement à 100%
des véhicules d'ici 2030. Ce déploiement devrait être soutenu financièrement par l'État
dans le cadre des contrats de plan État-régions, compte tenu des investissements
significatifs requis.
Les points d'arrêts majeurs devraient être équipés de bornes d'information voyageurs
affichant en temps réel les horaires de passage et les éventuelles perturbations. Pour
les arrêts secondaires où l'installation de bornes n'est pas rentable, le déploiement de
codes QR permettant d'accéder à l'information via smartphone constitue une solution
économique et efficace. Les régions devraient également développer des applications
mobiles unifiées permettant d'accéder à l'information multimodale intégrant cars,
trains et autres modes de transport.
La centralisation des données sur le Point d'Accès National (PAN) aux données de
transport, conformément à la loi d'orientation des mobilités de 2019, devrait être
accélérée. Cette centralisation faciliterait le développement d'applications tierces
d'information multimodale et améliorerait la visibilité de l'offre d'autocars interurbains
auprès du grand public.
6.3. Renforcement des mécanismes incitatifs dans les
contrats
Les conventions liant les régions aux opérateurs devraient systématiquement intégrer
des mécanismes de bonus-malus liés à l'atteinte d'objectifs de qualité de service, sur
le modèle des conventions TER. Ces mécanismes créent une incitation financière
forte pour les opérateurs à améliorer leurs performances sur les critères identifiés
comme prioritaires par l'autorité organisatrice.
Les indicateurs clés sur lesquels pourraient porter ces bonus-malus incluent la
ponctualité, le taux de réalisation des services, la fiabilité de l'information voyageurs,
les résultats des enquêtes de satisfaction, et le respect des engagements en matière
d'accessibilité. L'amplitude des bonus-malus devrait être significative, représentant
potentiellement 2% à 5% de la rémunération contractuelle, pour constituer un véritable
levier d'action.
Les conventions devraient également prévoir des clauses d'amélioration continue
avec des objectifs pluriannuels progressifs. Cette approche permet aux opérateurs de
planifier leurs investissements tout en garantissant une amélioration constante de la
qualité du service rendu aux usagers. Des bilans annuels publics des performances
permettraient d'assurer la transparence vis-à-vis des voyageurs et des élus locaux.
7. Conclusion
Le bilan de la qualité de service des transports réguliers de voyageurs par autocar
conventionné en France en 2024 révèle un secteur en mutation profonde, porté par
des investissements importants des régions et une modernisation progressive du parc
de véhicules et des systèmes d'information. La norme NF EN 13816 fournit un cadre
méthodologique solide pour évaluer cette qualité, mais son application pratique reste
insuffisamment systématisée.
Les progrès sont réels dans plusieurs domaines : amélioration du confort des
véhicules, transition énergétique vers des motorisations moins polluantes,
déploiement croissant de systèmes d'information en temps réel, et maintien d'un
excellent niveau de sécurité. Le secteur transporte quotidiennement environ 200 000
voyageurs hors transports scolaires, démontrant son rôle essentiel dans la mobilité
des territoires ruraux et périurbains.
Cependant, des lacunes importantes subsistent. L'absence de système national unifié
de mesure de la qualité limite la capacité à évaluer objectivement les performances et
à comparer les pratiques entre régions. L'information voyageurs en temps réel reste
inégalement déployée sur le territoire. Les données sur la ponctualité, critère
fondamental pour les usagers, font défaut pour la plupart des réseaux. L'accessibilité
effective aux personnes à mobilité réduite nécessite encore des progrès significatifs.
La comparaison européenne montre que la France se situe dans une position
intermédiaire. Le cadre normatif est solide mais l'application pratique est fragmentée.
Des pays comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Suède disposent de systèmes plus
structurés de mesure et de publication de la qualité de service, créant une dynamique
d'amélioration continue par la comparaison et la transparence.
Les principales recommandations portent sur la structuration d'un système national
harmonisé de mesure de la qualité, la généralisation de l'information voyageurs en
temps réel et le renforcement des mécanismes incitatifs dans les conventions. Ces
évolutions nécessiteront des investissements importants mais sont indispensables
pour faire des autocars interurbains un mode de transport attractif, contribuant ainsi
aux objectifs de report modal et de transition écologique.
Le succès de cette transformation repose sur une coopération étroite entre l'État, les
régions, les opérateurs et les autorités de régulation. L'enjeu est considérable : offrir
aux habitants des territoires non desservis par le rail une alternative crédible à la
voiture individuelle, tout en répondant aux défis environnementaux et sociaux de la
mobilité durable.
8. Annexe bibliographique
Cette annexe présente les sources utilisées pour l'élaboration de ce bilan, en précisant
pour chacune leur contribution spécifique à l'analyse. Les liens ont été vérifiés en
décembre 2024.
8.1. Normes et référentiels qualité
AFNOR. (2002). NF EN 13816 - Transport, Logistique et services - Transport public
de voyageurs - Définition de la qualité de service, objectifs et mesures.
Lien : https://www.boutique.afnor.org/fr-fr/norme/nf-en-13816
Utilité : Document normatif de référence définissant les huit critères de qualité de
service et la méthodologie d'évaluation. Base conceptuelle de l'ensemble du bilan.
AFNOR. (2002). FD X50-808 - Qualité des services dans les transports - Identification
des critères de qualité pour le transport de voyageurs - Guide d'application.
Utilité : Fascicule de documentation précisant l'application pratique de la norme EN
13816 aux lignes de transport terrestres et lieux d'échanges.
AFNOR. (2007). NF EN 15140 - Transport public de voyageurs - Exigences
fondamentales et recommandations pour les systèmes de mesure de la qualité
réalisée.
Utilité : Définit les exigences pour les systèmes de mesure de la qualité dans
l'application de la norme EN 13816.
Bidault, J.-M. et Jallageas, M. (2002). Transport public de voyageurs : Qualité de
service - La Norme NF EN 13816. AFNOR Éditions.
Utilité : Ouvrage de référence commentant la norme EN 13816 et proposant une
méthodologie pratique de mise en oeuvre, rédigé par deux responsables qualité de la
RATP.
8.2. Rapports institutionnels et données de référence
Autorité de régulation des transports. (2025, juin). Un marché des autocars longue
distance dynamique, dont la fréquentation en 2024 dépasse largement le niveau de
2019 - Rapport annuel du transport routier de voyageurs et des gares routières 2024.
Lien : https://www.autorite-transports.fr/communiques/un-marche-des-autocars-longue-distance-
dynamique-dont-la-frequentation-en-2024-depasse-largement-le-niveau-de-2019
Utilité : Données chiffrées sur la fréquentation 2024, comparaisons avec les autres
modes de transport, et analyse de la qualité de service des gares routières.
Régions de France. (2024). Mobilité, transports, infrastructures - Compétences et
données des régions.
Lien : https://regions-france.org/mobilite-transports-infrastructures
Utilité : Données nationales consolidées sur les transports régionaux : 200 000
voyageurs par jour en autocars interurbains hors transports scolaires, 2,1 millions
d'élèves transportés quotidiennement, description des compétences régionales.
https://www.boutique.afnor.org/fr-fr/norme/nf-en-13816
https://www.autorite-transports.fr/communiques/un-marche-des-autocars-longue-distance-dynamique-dont-la-frequentation-en-2024-depasse-largement-le-niveau-de-2019
https://www.autorite-transports.fr/communiques/un-marche-des-autocars-longue-distance-dynamique-dont-la-frequentation-en-2024-depasse-largement-le-niveau-de-2019
https://regions-france.org/mobilite-transports-infrastructures
Région Pays de la Loire. (2024). Transports et mobilités durables : Les transports en
commun.
Lien : https://www.paysdelaloire.fr/mon-conseil-regional/les-missions/transports-et-mobilites-
durables/les-transports-en-commun
Utilité : Exemple détaillé d'organisation régionale : 2 650 cars régionaux, 28 000
points d'arrêts, 114 lignes interurbaines, 140 000 élèves transportés, budget de 445
millions d'euros en fonctionnement.
INSEE. (2024). Transports - Une progression modérée en 2024 - Bilan économique
2024 Île-de-France.
Lien : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8354649
Utilité : Données sur l'évolution de la fréquentation des transports collectifs franciliens
en 2024, contexte de reprise post crise sanitaire, statistiques sur les immatriculations
de bus et autocars.
8.3. Information voyageurs et technologies
PYSAE. (2024). Transport interurbain de voyageurs et SAEIV.
Lien : https://web.pysae.com/blog/transport-interurbain
Utilité : Description détaillée des Systèmes d'Aide à l'Exploitation et d'Information
Voyageurs, fonctionnalités d'information en temps réel, enjeux spécifiques du
transport interurbain.
SPEC. SIV SAEIV Billettique transport interurbain et régional - Solutions d'information
voyageurs.
Lien : http://www.spec.fr/siv-saeiv-billettique-transport-interurbain-regional
Utilité : Catalogue des solutions techniques disponibles : girouettes LEDs, bandeaux
lumineux, bornes d'information voyageurs, applications mobiles par QR Code,
systèmes embarqués.
Transbus.org. Dossier : L'information dynamique des voyageurs.
Lien : https://www.transbus.org/dossiers/usagers.html
Utilité : Panorama des dispositifs d'information statique et dynamique déployés dans
les réseaux de transport public français, comparaison urbain-interurbain.
8.4. Organisation et réglementation des transports
Transbus.org. Dossier : Organisation des transports publics de voyageurs.
Lien : https://www.transbus.org/dossiers/ao.html
Utilité : Cadre institutionnel complet : rôle des régions comme autorités organisatrices
depuis la loi NOTRe, historique des transferts de compétences (1er janvier 2017 pour
l'interurbain, 1er septembre 2017 pour le scolaire), organisation des autorités
organisatrices de la mobilité.
Wikipédia. (2024). Lignes régulières d'autocar en France.
Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lignes_régulières_d'autocar_en_France
https://www.paysdelaloire.fr/mon-conseil-regional/les-missions/transports-et-mobilites-durables/les-transports-en-commun
https://www.paysdelaloire.fr/mon-conseil-regional/les-missions/transports-et-mobilites-durables/les-transports-en-commun
https://www.insee.fr/fr/statistiques/8354649
https://web.pysae.com/blog/transport-interurbain
http://www.spec.fr/siv-saeiv-billettique-transport-interurbain-regional
https://www.transbus.org/dossiers/usagers.html
https://www.transbus.org/dossiers/ao.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lignes_r%C3%A9guli%C3%A8res_d'autocar_en_France
Utilité : Historique de la collecte de données par l'Arafer puis l?ART depuis 2016 sur
les services conventionnés (offre, fréquentation, qualité de service, données
économiques), contexte de la libéralisation de 2015.
Transbus.org. Dossier : Services de transport public interurbain - développement des
cars express.
Lien : https://www.transbus.org/dossiers/transport-interurbain.html
Utilité : Description des différents types de lignes interurbaines (omnibus, express),
caractéristiques des véhicules utilisés, équipements pour l'accessibilité PMR,
développement des cars à haut niveau de service.
8.5. Réglementation européenne et comparaisons
Parlement européen. Transports routiers : harmonisation de la législation - Fiches
thématiques sur l'Union européenne.
Lien : https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/128/transports-routiers-harmonisation-de-
la-legislation
Utilité : Cadre réglementaire européen : règlement CE n° 561/2006 sur les temps de
conduite et repos, directive 2006/22/CE sur les contrôles, directive 96/53/CE sur les
dimensions des véhicules, harmonisation fiscale et technique.
Parlement européen. Le transport routier international et de cabotage - Fiches
thématiques sur l'Union européenne.
Lien : https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/127/le-transport-routier-international-et-de-
cabotage
Utilité : Règlement CE n° 1073/2009 sur le transport international de voyageurs par
autocar, conditions d'accès à la profession, règle des 12 jours pour les conducteurs
en service occasionnel.
France Bus. (2024). Sécurité en autocar : que dit la réglementation française et
européenne ?
Lien : https://francebus.com/securite-autocar-reglementation-francaise-europeenne
Utilité : Directive européenne 2001/85/CE sur les exigences de sécurité (structure
renforcée, issues de secours, équipements obligatoires), comparaison de la sécurité
de l'autocar avec les autres modes de transport (20 fois moins accidentogène que la
voiture selon l'IFSTTAR).
Wikipédia. (2024). Norme européenne d'émissions.
Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Norme_européenne_d'émissions
Utilité : Historique et évolution des normes Euro pour les autocars, norme Euro VI en
vigueur depuis 2014, projet de norme Euro 7 avec réduction des émissions de NOx et
particules, impact environnemental des différentes normes.
8.6. Note méthodologique
Les informations techniques sur les normes et réglementations s'appuient sur les
textes officiels publiés par l'AFNOR et les institutions européennes. Les sources
professionnelles (PYSAE, SPEC, Transbus.org) ont été utilisées pour documenter les
https://www.transbus.org/dossiers/transport-interurbain.html
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/128/transports-routiers-harmonisation-de-la-legislation
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/128/transports-routiers-harmonisation-de-la-legislation
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/127/le-transport-routier-international-et-de-cabotage
https://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/sheet/127/le-transport-routier-international-et-de-cabotage
https://francebus.com/securite-autocar-reglementation-francaise-europeenne
https://fr.wikipedia.org/wiki/Norme_europ%C3%A9enne_d'%C3%A9missions
aspects technologiques et opérationnels non couverts par les sources
institutionnelles.
La diversité des sources permet de donner quelques informations dans le contexte de
l'absence de données consolidées nationales sur certains aspects de la qualité de
service. Les lacunes identifiées dans ce bilan reflètent les limites actuelles du système
d'information et de suivi du secteur des autocars conventionnés en France.
AQST
Partie F
Bilan de qualité de service des
transports réguliers de voyageurs
maritimes et fluviaux en France en
2024
1. Introduction
Le présent bilan analyse la qualité de service des transports maritimes réguliers de
voyageurs en France en 2024, hors croisières. Cette analyse couvre les liaisons
transmanche, les liaisons vers la Corse, les passages d'eau, ainsi que les liaisons
maritimes intérieures à l'outre-mer. L'évaluation s'appuie notamment sur les critères
de la norme NF EN 13816 relative à la qualité de service dans les transports publics
de voyageurs.
Sont également traités mais de manière très succincte faute de données le transport
fluvial régulier de voyageurs, dont les flux demeurent très limités.
En 2024, le transport maritime de voyageurs en France s'inscrit dans une dynamique
de reprise progressive après les perturbations liées à la crise sanitaire et au Brexit.
Selon les données du Service de la donnée et des études statistiques (SDES), le trafic
maritime a progressé de 3,7% en 2024, témoignant d'un regain d'activité dans
l'ensemble du secteur.
2. Contexte général et données de trafic en 2024
2.1. Évolution du trafic maritime de voyageurs
Le transport maritime de voyageurs en France a connu une évolution contrastée ces
dernières années. Après avoir atteint environ 28 millions de voyageurs en moyenne
annuelle sur la période 2003-2019, le secteur a subi un effondrement brutal en 2020
avec une chute de 60,3% liée à la crise sanitaire.
La reprise s'est amorcée progressivement, avec 11,1 millions de passagers en 2021
et 20,9 millions en 2022, soit encore 24,3% en dessous du niveau de 2019.
En 2024, les données préliminaires indiquent une progression de 3,7% du trafic
maritime de passagers, confirmant la tendance à la normalisation de l'activité. Cette
reprise s'observe sur l'ensemble des façades maritimes françaises, bien que de
manière inégale selon les destinations.
2.2. Répartition géographique du trafic
La répartition du trafic maritime de voyageurs en France se concentre sur trois
grandes zones géographiques.
En Méditerranée, les liaisons vers la Corse représentent la part la plus importante
avec environ 58,7% du trafic méditerranéen. Les ports de Bastia, Toulon et Marseille
concentrent 60% du trafic maritime de passagers national.
Sur la façade Manche et Mer du Nord, les liaisons transmanche sont dominées à
99,5% par les échanges avec la Grande-Bretagne. Les ports normands (Calais,
Dieppe, Cherbourg, Caen-Ouistreham, Le Havre) ont enregistré en 2024 une hausse
de 6% du trafic passagers par rapport à 2023, atteignant approximativement 2,2
millions de passagers.
Dans les départements et régions d'outre-mer (DROM), le trafic maritime représente
une composante essentielle de la mobilité insulaire, bien que les volumes restent
modestes à l'échelle nationale.
3. La norme NF EN 13816 et ses critères de qualité
3.1. Présentation de la norme
La norme NF EN 13816, adoptée en septembre 2002, spécifie les exigences
permettant de définir, de cibler et de mesurer la qualité de service dans le domaine du
transport public de voyageurs. Cette norme européenne fournit une méthode pratique
de définition du service offert au travers d'indicateurs qualité couvrant de façon
exhaustive les principales dimensions des attentes des clients.
Bien que conçue principalement pour les transports terrestres, la norme NF EN 13816
s'applique également aux services de transport maritime de voyageurs.
L'Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST), créée par décrets en
2012, a pour mission de contribuer à l'amélioration de la qualité de service dans les
transports de voyageurs terrestres, maritimes et aériens.
3.2. Les huit critères de qualité
La norme NF EN 13816 définit huit catégories de critères de qualité qui constituent le
cadre d'analyse de la qualité de service. Ces critères permettent de traduire les
attentes des clients et leur perception de la qualité en termes de paramètres
mesurables et réalistes.
Critère Description
1. Offre de
service
Disponibilité, fréquence, amplitude horaire,
correspondances
2. Accessibilité Facilité d'accès au réseau, PMR, billettique, tarification
3. Information Information générale et en temps réel, clarté, fiabilité
4. Durée Temps de parcours, ponctualité, régularité, fiabilité
5. Attention
portée au client
Assistance, réclamations, engagements de service
6. Confort Équipements, propreté, restauration, services à bord
7. Sécurité Sécurité des personnes, prévention des risques, sûreté
8. Impact
environnemental
Pollution, nuisances sonores, transition énergétique
4. Analyse de la qualité de service par type de liaison
4.1. Liaisons transmanche
4.1.1. Offre de service et trafic
Les liaisons transmanche constituent un axe majeur du transport maritime de
voyageurs en France. En 2024, l'offre s'est maintenue avec une diversité de routes
desservies par plusieurs compagnies. Les ports normands ont enregistré une hausse
de trafic de 6% entre 2023 et 2024, atteignant environ 2,2 millions de passagers.
Les principales liaisons transmanche comprennent Calais-Douvres (P&O Ferries,
DFDS, Irish Ferries), Dieppe-Newhaven (DFDS Seaways opérant sous la marque
Transmanche Ferries), Caen-Ouistreham-Portsmouth (Brittany Ferries), Cherbourg-
Portsmouth et Cherbourg-Poole (Brittany Ferries), ainsi que Le Havre-Portsmouth
(Brittany Ferries). Ces liaisons proposent des fréquences variées allant de plusieurs
départs quotidiens sur le détroit du Pas-de-Calais à des rotations plus espacées sur
les lignes longues.
4.1.2. Ponctualité et régularité
Les données disponibles sur la ponctualité des liaisons transmanche en 2024 restent
fragmentaires. Les compagnies maritimes ne publient généralement pas de
statistiques détaillées de ponctualité, contrairement aux opérateurs ferroviaires.
Toutefois, plusieurs éléments permettent d'apprécier la situation. Les armateurs ont
adapté leurs horaires en 2024 pour intégrer des marges de sécurité permettant de
mieux absorber les aléas opérationnels et météorologiques.
Sur la liaison Dieppe-Newhaven, l'organisation repose sur une programmation
saisonnière avec quatre traversées par jour en semaine et six le week-end en basse
saison (octobre à avril), six traversées quotidiennes en moyenne saison (mai à juillet
et septembre), et jusqu'à six traversées par jour avec des rotations complémentaires
le week-end en haute saison (juillet-août). Cette organisation vise à maintenir une
régularité de service adaptée à la demande.
4.1.3. Information voyageurs
L'information voyageurs s'est considérablement développée avec la généralisation
des systèmes de réservation en ligne et des applications mobiles. Les principales
compagnies (Brittany Ferries, DFDS, P&O Ferries, Irish Ferries) proposent des
plateformes permettant la réservation, la modification de billets et l'accès aux
informations en temps réel sur l'état des traversées.
Néanmoins, des lacunes persistent dans la communication proactive des retards et
modifications. Les voyageurs signalent des situations où les retards ne sont
communiqués qu'au moment de l'embarquement, ne permettant pas une
réorganisation optimale des déplacements.
4.2. Liaisons vers la Corse
4.2.1. Contexte et opérateurs
Les liaisons maritimes vers la Corse représentent un enjeu crucial pour la desserte de
l'île.
Trois principaux opérateurs assurent ces liaisons en 2024. Corsica Ferries,
compagnie privée, détient la part de marché la plus importante avec douze navires de
type Mega Express pouvant transporter entre 1900 et 2500 passagers. Corsica Linea,
issue du rachat de la SNCM en 2016 et acquise par CMA-CGM en 2023, propose des
services depuis Marseille, Toulon et Nice. La Méridionale, également propriété de
CMA-CGM depuis 2023, assure principalement les liaisons depuis Marseille.
4.2.2. Problématiques de ponctualité et de régularité
La qualité de service sur les liaisons corses fait l'objet de critiques récurrentes de la
part des usagers, particulièrement concernant la ponctualité et la régularité. Les
retards constituent une problématique majeure et chronique sur ces liaisons. Des
témoignages d'usagers rapportent des retards fréquents pouvant atteindre deux à
trois heures, sans information préalable adéquate.
En août 2024, Corsica Ferries a connu une période particulièrement difficile avec des
annulations et retards importants. La compagnie a justifié ces perturbations par une
avarie moteur sur le Mega Express 5, l'un des plus gros navires de la flotte, capable
de transporter 2500 passagers. Selon Corsica Ferries, cette avarie a perturbé environ
3% des voyages de la haute saison, bien que les témoignages d'usagers suggèrent
un impact plus large.
Les avis des voyageurs sur les plateformes comme Trustpilot et Tripadvisor révèlent
une insatisfaction significative. De nombreux usagers mentionnent des retards de une
à trois heures à l'embarquement, des annulations communiquées tardivement (parfois
quelques heures avant le départ), et des changements d'itinéraire non anticipés. Un
groupe Facebook intitulé "Clients Corsica Ferries en colère" rassemble plus de 15000
personnes, témoignant de l'ampleur du mécontentement.
4.2.3. Information voyageurs et communication
L'information voyageurs apparaît comme un point faible majeur sur les liaisons vers
la Corse. Les retards seraient souvent communiqués à la dernière minute, sans
explication détaillée des raisons. Les voyageurs déplorent un manque de
transparence et de proactivité de la part des compagnies dans la gestion des
perturbations.
La réglementation européenne du 6 juillet 2010, en vigueur depuis le 18 décembre
2012, prévoit des indemnisations pour les passagers maritimes en cas de retard à
l'arrivée supérieur à deux heures. Toutefois, aucune indemnité n'est prévue en cas de
force majeure (conditions météorologiques, avaries techniques dans certains cas). Le
retard est calculé sur l'arrivée et non sur le départ.
4.2.4. Confort et état des navires
Les retours d'usagers soulignent un état vétuste de certains navires, avec des
équipements vieillissants nécessitant une modernisation. Les cabines sont décrites
comme souvent peu propres ou avec une odeur désagréable, une robinetterie hors
d'âge et un entretien insuffisant. Les espaces communs présentent des signes de
vieillissement avec des moquettes parfois sales et une décoration ressentie comme
datée.
Le nombre insuffisant de toilettes en service par rapport au nombre de passagers est
régulièrement mentionné comme source d'inconfort. Les équipements destinés au
repos (fauteuils inclinables) sont souvent non fonctionnels, obligeant les passagers à
dormir parfois en position inconfortable durant les traversées de nuit.
4.2.5. Stratégies d'amélioration des compagnies
Face à ces difficultés, Corsica Ferries a adapté ses horaires pour 2024 en intégrant
des marges de sécurité accrues permettant de substituer un navire à l'autre en
fonction de la demande ou de rattraper des retards dus aux opérations portuaires ou
à la météo. Cette mesure vise à améliorer la régularité du service.
Par ailleurs, le rachat de La Méridionale par le groupe CMA-CGM pourrait conduire à
des investissements dans la modernisation des flottes et l'amélioration de la qualité
de service, bien que ces évolutions restent à confirmer.
4.3. Passages d'eau et liaisons maritimes d'outre-mer
Les passages d'eau et liaisons maritimes intérieures à l'outre-mer représentent un
segment spécifique du transport maritime de voyageurs en France. Ces services
assurent des dessertes essentielles pour la mobilité locale et touristique dans les
territoires insulaires.
4.3.1. Liaisons insulaires en métropole
En Bretagne, la Compagnie Maritime BreizhGo Penn Ar Bed, opérée par Keolis depuis
1992, assure la desserte quotidienne des îles de Molène, Sein et Ouessant depuis le
continent (Brest, Le Conquet, Audierne). Ce service essentiel fonctionne 365 jours par
an, excepté lors de conditions météorologiques extrêmes, et achemine également des
marchandises et denrées alimentaires. Cette liaison se caractérise par une très haute
qualité de service avec un taux de satisfaction voyageurs de 98%.
Les opérateurs de ces liaisons appliquent des normes de sécurité strictes conformes
aux réglementations internationales. Les équipages reçoivent une formation
approfondie sur les procédures d'urgence et les pratiques de sécurité, assurant une
réactivité maximale en cas d'incident. L'accessibilité aux personnes à mobilité réduite
constitue également un point d'attention particulier, avec des rampes hydrauliques
d'embarquement et des espaces dédiés à bord.
4.3.2. Liaisons en outre-mer
Dans les départements et régions d'outre-mer, le transport maritime joue un rôle
fondamental pour la mobilité inter-îles. Ces liaisons présentent des spécificités liées
aux distances, aux conditions météorologiques tropicales et aux infrastructures
portuaires disponibles.
Les données disponibles sur la qualité de service de ces liaisons restent très limitées.
Le trafic dans les DROM s'élèverait à environ 0,6 million de passagers en 2021, soit
une part modeste du trafic maritime national. Les principaux enjeux de qualité de
service sur ces liaisons portent notamment sur la régularité face aux aléas
météorologiques, la modernisation des infrastructures portuaires et l'adaptation de
l'offre aux besoins des populations locales.
5. Données disponibles et lacunes de l'analyse
5.1. Éléments disponibles pour l'analyse
L'analyse de la qualité de service des transports maritimes de voyageurs en France
en 2024 s'appuie sur plusieurs sources d'information.
Les données statistiques du SDES fournissent des informations sur les volumes de
trafic et leur évolution.
Les retours d'usagers via les plateformes d'avis en ligne (Trustpilot, Tripadvisor, sites
d'évaluation spécialisés) constituent une source précieuse d'information sur la
perception de la qualité de service. Les communications des compagnies maritimes
et des autorités portuaires apportent des éléments sur l'offre de service et les projets
d'amélioration.
Enfin, la réglementation européenne sur les droits des passagers maritimes
(règlement du 6 juillet 2010) établit un cadre normatif pour l'indemnisation en cas de
retard ou d'annulation.
5.2. Lacunes significatives dans les données
Plusieurs lacunes importantes limitent la portée de cette analyse.
L'absence de statistiques de ponctualité publiées régulièrement par les compagnies
maritimes constitue un obstacle majeur. Contrairement aux opérateurs ferroviaires et
aériens qui publient des indicateurs de ponctualité détaillés, les armateurs maritimes
ne communiquent généralement pas ces données de manière systématique et
transparente.
Les données sur les taux de satisfaction voyageurs font également défaut. Hormis
quelques opérateurs comme la Compagnie Maritime Penn Ar Bed qui affiche un taux
de satisfaction de 98%, la plupart des compagnies ne publient pas d'enquêtes de
satisfaction régulières et méthodologiques. Les informations sur l'accessibilité aux
personnes à mobilité réduite restent parcellaires. Les taux d'annulation et leurs causes
ne sont pas systématiquement communiqués, rendant difficile l'évaluation de la
fiabilité du service.
Enfin, les comparaisons européennes sont entravées par l'hétérogénéité des
systèmes de collecte de données et de reporting entre les États membres, limitant la
possibilité d'établir des benchmarks pertinents.
6. Qualité du service de transport fluvial de voyageurs en
2024
Le transport fluvial de voyageurs en France représente un segment de niche mais en
développement du transport public. En 2024, l'indice d'activité des services de
transports fluviaux intérieurs a progressé de 1,9%, témoignant d'un regain d'intérêt
pour ce mode de transport alternatif.
6.1. Initiatives et projets en cours
Plusieurs projets de navettes fluviales ont vu le jour ou sont en cours de
développement en France. À Lyon, le service Navigône a été mis en service le 18 juin
2025 sur la Saône, reliant Vaise-Industrie à Confluence avec quatre haltes
intermédiaires. Ce service vise à transporter 560 000 voyages par an avec un bateau
toutes les 15 minutes. La mise en oeuvre progressive prévoit l'utilisation de bateaux
électriques à partir d'avril 2026.
En Île-de-France, la coopérative RiverCat a ouvert trois lignes de navettes fluviales en
2024, après avoir remporté un appel à projets pour un démonstrateur de bateaux
décarbonés. Le projet vise à relier notamment Alfortville et Issy-les-Moulineaux en
passant par les escales parisiennes, avec des bateaux à propulsion biocarburant et
partiellement électrique.
À Bordeaux, le service Bat3 opéré par Keolis assure des liaisons sur la Garonne. À
Newcastle en Australie, Keolis exploite également un service de navettes maritimes.
Ces services illustrent le potentiel du transport fluvial et maritime urbain pour
désengorger les villes et offrir une expérience de déplacement alternative.
6.2. Qualité de service et caractéristiques
Les services de transport fluvial de voyageurs se caractérisent par plusieurs atouts en
termes de qualité de service. L'accessibilité universelle est privilégiée avec des
rampes hydrauliques d'embarquement permettant l'accès aux personnes à mobilité
réduite et aux vélos. Les navettes sont conçues pour accueillir entre 70 et 150
passagers selon les modèles, avec des espaces dédiés au rangement des vélos.
L'intégration tarifaire avec les réseaux de transport en commun locaux constitue un
point fort. À Lyon, le service Navigône est accessible avec un abonnement TCL
classique. En Île-de-France, les projets prévoient également une intégration au réseau
Île-de-France Mobilités. Cette intégration facilite l'intermodalité et encourage l'usage
de ce mode de transport.
Les systèmes d'information voyageurs en temps réel se développent, avec des
applications permettant de suivre la position des navettes et de recevoir des alertes
en cas de perturbation. La ponctualité apparaît généralement satisfaisante sur ces
services, les opérateurs adaptant leurs horaires aux contraintes de navigation
(écluses, conditions de niveau d'eau).
6.3. Défis et limites
Le transport fluvial de voyageurs fait face à plusieurs défis. La rentabilité économique
reste problématique, nécessitant des subventions publiques importantes. À Paris, le
service Voguéo lancé en 2008 a été abandonné en 2011 en raison d'une fréquentation
insuffisante, illustrant les difficultés de ce mode de transport à trouver son public.
Les jours de non-navigabilité dus aux crues ou aux basses eaux constituent une
contrainte technique. Sur la Saône à Lyon, le nombre moyen de jours de non-
navigabilité est de 12 à 19 jours par an. Les coûts d'infrastructure restent élevés avec
les aménagements nécessaires pour les haltes et les zones de remisage des bateaux.
Enfin, les questions d'accès au domaine public fluvial et d'exclusivités d'usage
constituent un frein au développement de nouveaux services, comme l'illustre le
différend entre la coopérative RiverCat et Haropa Port en Île-de-France.
7. Comparaisons européennes
7.1. Tarification et rapport qualité-prix
Une étude réalisée par Vivanoda en 2024, portant sur près de 150 000 prix de
traversées maritimes en Europe, révèle des disparités importantes entre les pays.
L'indice des prix, représentant le coût moyen par personne pour parcourir 100
kilomètres par ferry, place la France dans une position médiane.
Les pays les plus chers pour les traversées en ferry sont la Turquie, le Royaume-Uni,
l'Islande, le Maroc, Malte, l'Italie, la Slovénie et le Portugal. À l'inverse, les destinations
offrant les tarifs les plus abordables sont la Lettonie, la Tunisie, la Lituanie, la Pologne,
la Suède, la Finlande et la Croatie. La France se situe dans une position intermédiaire,
avec des tarifs variables selon les liaisons.
Pour 2024, FerryGoGo évalue le coût moyen d'une traversée pour deux personnes et
une voiture en haute saison à 1097 euros.
7.2. Confort et équipements à bord
Les ferries européens offrent généralement un niveau de confort élevé, avec des
aménagements comparables à de petits navires de croisière. Une étude d'Omio sur
les 50 routes de ferry les plus recherchées en Europe souligne que les opérateurs ont
massivement investi dans le confort, proposant des équipements de type croisière
avec boutiques, espaces de restauration, divertissements et cabines.
Les routes méditerranéennes, notamment entre l'Italie et la Corse ou la Sardaigne, se
distinguent par la qualité de leurs services. Les liaisons Gênes-Palerme, Livourne-
Bastia, Gênes-Porto Torres figurent parmi les plus confortables selon cette étude. En
Europe du Nord, les liaisons Stockholm-Turku, Oslo-Copenhague et Stockholm-
Helsinki sont également reconnues pour leur qualité de service.
Par comparaison, les retours d'usagers sur les ferries français vers la Corse suggèrent
un retard en termes de modernisation des équipements par rapport à certains
concurrents européens, bien que des différences existent entre compagnies.
7.3. Sécurité et réglementation
Les ferries européens sont reconnus comme l'un des modes de transport public les
plus sûrs au monde. Des normes de sécurité rigoureuses, des inspections
quotidiennes et des équipages hautement qualifiés garantissent un niveau élevé de
sécurité. La réglementation européenne impose des standards stricts en matière de
sécurité maritime, d'équipements de sauvetage et de formation des équipages.
La France applique ces normes européennes et bénéficie d'un bon niveau de sécurité
maritime. Les compagnies françaises respectent les réglementations internationales,
avec des systèmes de navigation avancés et des équipements de sauvetage
conformes aux standards.
7.4. Principales compagnies européennes et leur
positionnement qualité
Le marché européen du transport maritime de voyageurs est dominé par plusieurs
grands groupes. DFDS est l'un des plus importants opérateurs en Europe du Nord,
offrant des services de haute qualité vers le Royaume-Uni, la Norvège, la Suède et
les Pays-Bas avec des ferries modernes et bien équipés.
Stena Line est une compagnie leader proposant des traversées vers l'Irlande, la
Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas, la Suède, la Norvège, le Danemark,
l'Allemagne et la Pologne, avec des ferries modernes et spacieux. Irish Ferries assure
des liaisons vers l'Irlande et le Royaume-Uni avec une flotte bien équipée et une
expérience de voyage confortable.
En Méditerranée, Grimaldi Lines, Moby Lines, GNV (Grandi Navi Veloci) et Baleària
figurent parmi les principaux opérateurs. Ces compagnies proposent généralement un
bon niveau de service avec des navires modernes, bien que des différences existent
selon les routes et les navires. Corsica Ferries et Corsica Linea occupent une position
spécifique sur le marché français, avec des niveaux de satisfaction variables selon les
retours d'usagers.
8. Conclusion
Le bilan de la qualité de service des transports maritimes réguliers de voyageurs en
France en 2024 révèle une situation contrastée selon les types de liaisons et les
opérateurs. Le secteur connaît une reprise progressive de son activité avec une
hausse de 3,7% du trafic maritime de passagers, confirmant une normalisation après
les perturbations liées à la crise sanitaire et au Brexit.
Les liaisons transmanche affichent une bonne dynamique avec une hausse de trafic
de 6% dans les ports normands. L'offre de service reste diversifiée avec plusieurs
compagnies et routes. Néanmoins, des marges de progrès existent en matière
d'information voyageurs, particulièrement concernant la communication proactive des
retards et modifications.
Les liaisons vers la Corse constituent le point le plus problématique en termes de
qualité de service. Les retards chroniques, les annulations tardives, le manque
d'information préalable et le vieillissement de certains navires génèrent une
insatisfaction importante des usagers. La situation constatée en août 2024 avec les
perturbations liées à une avarie technique illustre la fragilité du système et la nécessité
d'investissements dans la modernisation des flottes et l'amélioration des processus
opérationnels.
Les passages d'eau et liaisons insulaires en métropole, notamment en Bretagne,
démontrent qu'un service maritime de haute qualité est possible avec des taux de
satisfaction très élevés. Ces exemples montrent l'importance d'une approche orientée
service public, d'investissements adaptés et d'une attention constante portée aux
besoins des usagers.
Le transport fluvial de voyageurs, bien que marginal, connaît un développement
encourageant avec des projets innovants à Lyon, en Île-de-France et dans d'autres
agglomérations. Ces initiatives démontrent le potentiel de ce mode de transport pour
contribuer à la mobilité urbaine durable, à condition de surmonter les défis
économiques et réglementaires.
L'application de la norme NF EN 13816 au transport maritime de voyageurs reste
partielle et hétérogène. L'absence de publication systématique d'indicateurs de qualité
de service (ponctualité, régularité, satisfaction) par les compagnies maritimes limite la
transparence et la comparabilité des performances.
Les comparaisons européennes montrent que la France se situe dans une position
médiane en termes de tarification, avec des niveaux de confort et de service variables
selon les liaisons et les opérateurs. Les exemples de bonnes pratiques observés chez
certains opérateurs européens (DFDS, Stena Line) en matière d'information
voyageurs, de modernité des équipements et de respect des horaires constituent des
références vers lesquelles tendre.
Pour améliorer la qualité de service des transports maritimes de voyageurs en France,
plusieurs axes d'action se dégagent.
La mise en place d'un système de publication obligatoire et standardisé d'indicateurs
de qualité de service (ponctualité, taux d'annulation, satisfaction) permettrait une plus
grande transparence et une émulation entre opérateurs. Le renforcement de
l'information voyageurs en temps réel et de la communication proactive des
perturbations doit être une priorité.
Des investissements dans la modernisation des flottes, particulièrement sur les
liaisons corses, apparaissent nécessaires pour améliorer le confort et la fiabilité. Le
développement de l'intermodalité avec une meilleure intégration tarifaire et
informationnelle entre le transport maritime et les autres modes de transport
contribuerait à améliorer l'expérience globale des voyageurs.
Enfin, la poursuite du verdissement de la flotte avec des navires moins polluants et
plus économes en énergie répond aux enjeux environnementaux tout en améliorant
le confort acoustique et vibratoire à bord.
9. Annexe bibliographique
Sources officielles et statistiques
10. Service de la donnée et des études statistiques (SDES) - Bilan annuel des
transports en 2024
URL : https://statistiques.developpement-
durable.gouv.fr/media/8868/download
Utilité : Source statistique officielle fournissant les données de trafic maritime
de voyageurs pour 2024, incluant la progression de 3,7% du transport maritime
de passagers, les données sur les différentes façades maritimes et l'évolution
de l'activité fluviale. Document de référence pour les chiffres globaux du
secteur.
11. SDES - Chiffres clés des transports 2024 - Transport maritime de
voyageurs
URL : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-
numerique/chiffres-cles-transports-2024/18-transport-maritime-de-voyageurs
Utilité : Données historiques sur le trafic maritime de voyageurs, permettant de
contextualiser l'évolution depuis la crise sanitaire. Fournit les chiffres de 20,9
millions de passagers en 2022 et la comparaison avec 2019.
12. SDES - Chiffres clés de la mer et du littoral 2024 - Transport maritime de
voyageurs
URL : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-
numerique/chiffres-cles-mer-littoral-2024/17-transport-maritime-de-voyageurs
Utilité : Répartition détaillée du trafic par façade maritime (Méditerranée 6,7
millions, Manche et Mer du Nord 3,8 millions, DROM 0,6 million en 2021).
Données sur la concentration dans les principaux ports (Calais, Bastia, Toulon,
Marseille).
Documentation sur la norme NF EN 13816
13. AFNOR - Norme NF EN 13816 (Transport public de voyageurs - Définition
de la qualité de service)
URL : https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/transport-
logistique-et-services-transport-public-de-voyageurs-definition-de-la-qualite-
de-service-objectifs-et-mesures/82340
Utilité : Présentation officielle de la norme NF EN 13816 définissant les huit
critères de qualité de service (offre de service, accessibilité, information, durée,
attention portée au client, confort, sécurité, impact environnemental). Base
normative pour l'analyse de la qualité de service.
14. FAQ Logistique - Les Normes du Transport de Voyageurs
URL : https://www.faq-logistique.com/Normes-Transport-Voyageur.htm
https://statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/8868/download
https://statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/8868/download
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transports-2024/18-transport-maritime-de-voyageurs
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transports-2024/18-transport-maritime-de-voyageurs
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-mer-littoral-2024/17-transport-maritime-de-voyageurs
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-mer-littoral-2024/17-transport-maritime-de-voyageurs
https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/transport-logistique-et-services-transport-public-de-voyageurs-definition-de-la-qualite-de-service-objectifs-et-mesures/82340
https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/transport-logistique-et-services-transport-public-de-voyageurs-definition-de-la-qualite-de-service-objectifs-et-mesures/82340
https://norminfo.afnor.org/norme/NF%20EN%2013816/transport-logistique-et-services-transport-public-de-voyageurs-definition-de-la-qualite-de-service-objectifs-et-mesures/82340
https://www.faq-logistique.com/Normes-Transport-Voyageur.htm
Utilité : Explication détaillée de la norme NF EN 13816 et des normes associées
(FD X50-808, NF EN 15140). Liste détaillée des critères de qualité et de leur
application pratique dans le transport de voyageurs.
Liaisons transmanche
15. Région Normandie - Embarquement immédiat pour l'Angleterre
URL : https://www.normandie.fr/embarquement-immediat-pour-langleterre-
tout-savoir-sur-les-liaisons-transmanche
Utilité : Données sur la hausse de 6% du trafic passagers entre 2023 et 2024
dans les ports de Normandie. Informations sur les 800000 passagers annuels
de la liaison Ouistreham-Portsmouth et le nouveau navire Guillaume de
Normandie.
16. Ports de Normandie - Transmanche
URL : https://portsdenormandie.fr/fr/filieres/transmanche
Utilité : Description détaillée des terminaux transmanche de Dieppe, Cherbourg
et Caen-Ouistreham. Données sur les 600000 passagers de Cherbourg, les
350000 passagers de Dieppe. Informations sur les compagnies opérantes et
les fréquences de service.
17. Syndicat Mixte Transmanche - Dieppe-Newhaven
URL : https://smpat76.fr/liaison-dieppe-newhaven/
Utilité : Organisation détaillée des traversées Dieppe-Newhaven avec la
programmation saisonnière (4 traversées en semaine en basse saison, 6 en
moyenne et haute saison). Présentation des navires Côte d'Albâtre et Seven
Sisters.
18. Upply Market Insights - Transmanche : une offre redessinée par le Brexit
URL : https://market-insights.upply.com/fr/transmanche-une-offre-en-partie-
redessinee-par-le-brexit
Utilité : Analyse détaillée du trafic transmanche en 2024 avec données par
compagnie. Irish Ferries : 767200 unités de fret (+6%), DFDS : 16,6 millions de
mètres linéaires (+4,1%), Brittany Ferries : 162000 camions (+4%). Impact du
Brexit sur l'organisation des services.
Liaisons vers la Corse
19. Corse Net Infos - Traversées annulées ou retardées : la galère des
voyageurs
URL : https://www.corsenetinfos.corsica/Traversees-annulees-ou-retardees-
la-galere-des-voyageurs-de-Corsica-Ferries_a73052.html
Utilité : Témoignages d'usagers sur les retards et annulations de Corsica
Ferries en août 2024. Mention de l'avarie moteur du Mega Express 5 ayant
https://www.normandie.fr/embarquement-immediat-pour-langleterre-tout-savoir-sur-les-liaisons-transmanche
https://www.normandie.fr/embarquement-immediat-pour-langleterre-tout-savoir-sur-les-liaisons-transmanche
https://portsdenormandie.fr/fr/filieres/transmanche
https://smpat76.fr/liaison-dieppe-newhaven/
https://market-insights.upply.com/fr/transmanche-une-offre-en-partie-redessinee-par-le-brexit
https://market-insights.upply.com/fr/transmanche-une-offre-en-partie-redessinee-par-le-brexit
https://www.corsenetinfos.corsica/Traversees-annulees-ou-retardees-la-galere-des-voyageurs-de-Corsica-Ferries_a73052.html
https://www.corsenetinfos.corsica/Traversees-annulees-ou-retardees-la-galere-des-voyageurs-de-Corsica-Ferries_a73052.html
perturbé 3% des voyages selon la compagnie. Référence au groupe Facebook
"Clients Corsica Ferries en colère" rassemblant 15000 personnes.
20. Trustpilot - Avis sur Corsica Ferries
URL : https://fr.trustpilot.com/review/corsica-ferries.fr
Utilité : Compilation de 214 avis clients sur Corsica Ferries révélant les
problématiques récurrentes : retards de 2-3 heures, cabines vétustes et mal
entretenues, manque d'information. Permet d'évaluer la perception qualitative
du service par les usagers.
21. Corsica Ferries - FAQ Retard de traversée
URL : https://www.corsica-ferries.fr/faq/retard.html
Utilité : Explication de la réglementation européenne du 6 juillet 2010 sur les
droits des passagers maritimes. Précisions sur les conditions d'indemnisation
(retard supérieur à 2 heures à l'arrivée) et les cas de force majeure exonérant
le transporteur.
22. Car-ferries Corse - Nouveautés saison 2024
URL : http://mapage.noos.fr/croussel/div/nouv24.html
Utilité : Analyse détaillée de l'offre des différentes compagnies pour la saison
2024. Informations sur l'adaptation des horaires de Corsica Ferries avec
marges de sécurité accrues. Données sur les flottes et les projets d'acquisition
ou de rachat par CMA-CGM.
Transport fluvial de voyageurs
23. SYTRAL Mobilités - Navettes fluviales Navigône
URL : https://sytral-mobilites.fr/fr/travaux-en-cours/navettes-fluviales_-r.html
Utilité : Présentation complète du service Navigône mis en service le 18 juin
2025 à Lyon. Objectif de 560000 voyages par an, fréquence de 15 minutes,
quatre haltes, budget de 26 millions d'euros. Informations sur la tarification
intégrée au réseau TCL.
24. RiverCat France - Coopérative de navettes fluviales
URL : https://www.rivercatfrance.com/
Utilité : Projet de navettes fluviales en Île-de-France avec trois lignes ouvertes
en 2024. Bateaux de 150 passagers avec 30 vélos, propulsion biocarburant et
électrique. Informations sur les objectifs de désengorgement et d'intermodalité.
25. Keolis - Transport fluvial et maritime
URL : https://www.keolis.com/transport-fluvial-et-maritime/
Utilité : Présentation des services exploités par Keolis : Compagnie Maritime
Penn Ar Bed en Bretagne avec taux de satisfaction de 98%, service Bat3 à
Bordeaux. Informations sur les normes de sécurité et l'accessibilité universelle.
https://fr.trustpilot.com/review/corsica-ferries.fr
https://www.corsica-ferries.fr/faq/retard.html
http://mapage.noos.fr/croussel/div/nouv24.html
https://sytral-mobilites.fr/fr/travaux-en-cours/navettes-fluviales_-r.html
https://www.rivercatfrance.com/
https://www.keolis.com/transport-fluvial-et-maritime/
26. Wikipédia - Transport fluvial en France
URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Transport_fluvial_en_France
Utilité : Vue d'ensemble du transport fluvial en France avec historique des
projets. Mention de l'échec de Voguéo (2008-2011) à Paris. Données sur le
réseau fluvial de 8500 kilomètres et les contraintes de navigabilité.
Comparaisons européennes
27. Vivanoda - Étude des prix des ferries en Europe 2024
URL : https://www.vivanoda.com/study-ferry/ferry-prices-europe-en-us.html
Utilité : Étude portant sur près de 150000 prix de traversées en Europe.
Classement des pays par indice de prix (coût pour 100 kilomètres). Pays les
plus chers : Turquie, Royaume-Uni, Islande. Pays les moins chers : Lettonie,
Tunisie, Lituanie. Position médiane de la France.
28. Euronews - Ferry fares increase in 2025
URL : https://www.euronews.com/travel/2024/12/11/ferry-fares-increase-in-
2025-here-are-the-best-value-routes
Utilité : Analyse de FerryGoGo sur l'évolution des tarifs pour 2025. Coût moyen
de 1017 euros pour une traversée avec deux personnes et une voiture en haute
saison, contre 1097 euros en 2024. Hausse du prix par kilomètre de sept
centimes.
29. Omio - European Excellence Aboard Ferries
URL : https://www.einpresswire.com/article/705808002/european-excellence-
aboard-ferries-unveiling-the-top-routes
Utilité : Étude sur les 50 routes de ferry les plus recherchées en Europe.
Classement des routes les plus confortables : Gênes-Palerme, Livourne-
Bastia, Gênes-Porto Torres en tête. Comparaison avec les vols montrant une
économie moyenne de 49% en faveur du ferry.
30. SmartFerry - Ferry Companies
URL : https://smartferry.com/ferry-companies/
Utilité : Présentation des principales compagnies de ferries en Europe. DFDS,
Stena Line, Irish Ferries en Europe du Nord. Corsica Ferries, GNV, Moby Lines,
Baleària en Méditerranée. Permet d'établir un panorama des opérateurs et de
leur positionnement qualité.
Opérateurs de transport maritime et fluvial
31. Transdev - Transport maritime et fluvial
URL : https://www.transdev.com/fr/nos-solutions-et-innovations/maritime/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Transport_fluvial_en_France
https://www.vivanoda.com/study-ferry/ferry-prices-europe-en-us.html
https://www.euronews.com/travel/2024/12/11/ferry-fares-increase-in-2025-here-are-the-best-value-routes
https://www.euronews.com/travel/2024/12/11/ferry-fares-increase-in-2025-here-are-the-best-value-routes
https://www.einpresswire.com/article/705808002/european-excellence-aboard-ferries-unveiling-the-top-routes
https://www.einpresswire.com/article/705808002/european-excellence-aboard-ferries-unveiling-the-top-routes
https://smartferry.com/ferry-companies/
https://www.transdev.com/fr/nos-solutions-et-innovations/maritime/
Utilité : Présentation de l'expertise de Transdev dans le transport maritime avec
l'exemple de Styrsöbolaget à Göteborg (Suède) affichant un taux de
satisfaction de 98%. Informations sur l'intégration des services maritimes aux
réseaux de transport terrestre comme à Toulon.
Documents d'études et de recherche
32. Insee - Indice des prix à la consommation des services de transport
maritime
URL : https://fr.statista.com/statistiques/507651/indices-prix-consommation-
services-transport-maritime-ou-fluvial-des-passagers-france/
Utilité : Évolution de l'indice des prix à la consommation des achats de services
de transport maritime et fluvial de passagers en France de janvier 2021 à
janvier 2024. Valeur de 102,35 en janvier 2024 (base 100 en 2015).
Notes méthodologiques
Ce bilan s'appuie sur des données officielles de cadrage issues des organismes
statistiques publics (SDES), des informations fournies par les compagnies maritimes
et les autorités portuaires, ainsi que sur des retours d'expérience d'usagers collectés
via des plateformes d'avis en ligne. L'absence de données complètes et standardisées
sur la ponctualité et la régularité des liaisons maritimes constitue une limite importante
de cette analyse.
Les comparaisons européennes se fondent sur des études sectorielles réalisées par
des organismes indépendants (Vivanoda, FerryGoGo, Omio) portant sur les tarifs et
la qualité perçue des services. L'hétérogénéité des méthodes de collecte et de
traitement des données entre pays limite la portée de ces comparaisons.
L'application de la norme NF EN 13816 au transport maritime reste très partielle. Cette
norme ayant été conçue principalement pour les transports terrestres, cependant les
huit critères de qualité définis par la norme (offre de service, accessibilité, information,
durée, attention portée au client, confort, sécurité, impact environnemental)
constituent un cadre d'analyse globalement pertinent et transposable au transport
maritime régulier de voyageurs.
https://fr.statista.com/statistiques/507651/indices-prix-consommation-services-transport-maritime-ou-fluvial-des-passagers-france/
https://fr.statista.com/statistiques/507651/indices-prix-consommation-services-transport-maritime-ou-fluvial-des-passagers-france/
Sommaire
1. Contexte général et méthodologie
1.1. Présentation du système ferroviaire français
1.2. Sources et méthodologie d'analyse
2. Performance globale du système ferroviaire en 2024
2.1. Évolution du trafic et de la fréquentation
2.2. Taux de réalisation de l'offre ferroviaire
3. Analyse détaillée de la ponctualité par type de service
3.1. Services à grande vitesse
3.1.1. Performance globale et évolution
3.1.2. Disparités entre axes
3.2. Services Intercités et trains de nuit
3.3. Trains express régionaux
3.4. Services franciliens
4. Qualité de service et satisfaction des usagers
4.1. Indemnisations pour retard
4.2. Information des voyageurs
5. État des infrastructures et investissements
5.1. Vieillissement du réseau
5.2. Investissements et modernisation
6. Impact de la concurrence sur la qualité de service
7. Comparaison européenne
8. Défis et perspectives
9. Conclusion
Annexe A : Contexte de l?année et faits marquants 2024
A. 1. Évolution du trafic et de la fréquentation
A. 2. Absence de mouvements sociaux d'ampleur nationale
A. 3. Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris
A. 4. Impact des conditions météorologiques
Annexe bibliographique
1. Sources de l'Autorité de régulation des transports
2. Sources des gestionnaires d'infrastructure
3. Sources des autres autorités publiques et organismes officiels
4. Sources diverses sectorielles et de presse
5. Sources de données ouvertes
6. Sources sur les événements météorologiques
7. Sources sur les transports pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024
8. Sources sur les mouvements sociaux
1. Synthèse
2. Trafic aérien et contexte opérationnel
2.1. Évolution du trafic passagers
2.2. Structure du marché et compagnies aériennes
2.3. Événements de contexte de 2024
2.3.1. Mouvements sociaux
2.3.2. Conditions météorologiques
3. Ponctualité et régularité
3.1. Performance globale de ponctualité
3.2. Causes des retards
3.3. Performance du contrôle aérien en Europe
4. Expérience passagers et satisfaction
4.1. Satisfaction globale des passagers
4.2. Transparence sur les indicateurs de qualité
4.3. Assistance aux personnes handicapées et à mobilité réduite
5. Perspectives et recommandations
5.1. Tendances pour 2025 et au-delà
5.2. Enjeux de qualité de service
Annexe bibliographique
1. Introduction et contexte général
2. La qualité de service en Île-de-France
2.1. Performance globale et ponctualité
2.2. Le nouveau contrat RATP-IDFM (2025-2029)
2.3. Données Omnil et indicateurs disponibles
2.4. Plan des mobilités 2030
3. La qualité de service en province
3.1. Panorama général
3.2. Les métros automatiques : un atout de performance en général
3.3. Bus à haut niveau de service (BHNS) et site propre
3.4. Disparités dans la disponibilité des données
4. Analyse selon les critères de la norme NF EN 13816
4.1. Offre de service
4.2. Accessibilité
4.3. Information des voyageurs
4.4. Durée et ponctualité
4.5. Attention portée au client
4.6. Confort
4.7. Sécurité et sûreté
4.8. Impact environnemental
5. Comparaisons européennes
5.1. Performance des métros automatiques
5.2. Classement des systèmes de transport public urbain
5.3. Satisfaction des usagers dans les capitales européennes
5.4. Initiatives européennes pour la mobilité urbaine
6. Principales lacunes identifiées et données manquantes
6.1. Absence de plateforme nationale consolidée
6.2. Indicateurs de ponctualité et régularité en province
6.3. Impact quantifié du site propre
6.4. Données sur le confort et la propreté
6.5. Analyse économique de la qualité de service
6.6. Suivi de l'information voyageurs
6.7. Données environnementales détaillées
7. Conclusion et perspectives
Annexe bibliographique
1. Sources Île-de-France Mobilités et Omnil
2. Norme NF EN 13816 et qualité de service
3. Métros automatiques
4. Bus à haut niveau de service et site propre
5. Données nationales et statistiques
6. Comparaisons européennes et internationales
7. Publications institutionnelles complémentaires
1. SYNTHÈSE
1.1. Une reprise du trafic confirmée
1.2. Une dégradation préoccupante de la qualité de service
1.3. Des facteurs explicatifs conjoncturels et structurels
1.4. Infrastructure des gares routières inadaptée
1.5. Des atouts à préserver
1.6. Perspectives et recommandations
2. CONTEXTE GÉNÉRAL DE L'ANNÉE 2024
2.1. Un marché en pleine maturité
2.2. Les perturbations majeures de 2024
Les mobilisations agricoles de janvier-février 2024
Les épisodes neigeux et verglas
2.3. Le cadre réglementaire et institutionnel
3. INDICATEURS DE QUALITÉ DE SERVICE
3.1. Ponctualité : une dégradation continue
3.2. Régularité : un taux d'annulation en légère hausse
3.3. Information et gestion des perturbations
3.4. Droits des passagers et réclamations
4. INFRASTRUCTURES ET GARES ROUTIÈRES
4.1. Un niveau d'équipement insuffisant
4.2. Les recommandations du comité de concertation
4.3. La question de la gouvernance des gares
4.4. L'équilibre économique des gares
5. ANALYSE COMPARATIVE ET PERSPECTIVES
5.1. Comparaison avec les autres modes de transport
5.2. Comparaison internationale
5.3. Les défis structurels à relever
5.4. Les axes d'amélioration prioritaires
6. CONCLUSION
7. ANNEXE BIBLIOGRAPHIQUE
1. Introduction et cadre de l'analyse
2. Cadre normatif et réglementaire
2.1. La norme NF EN 13816 et ses principes
2.2. Cadre réglementaire français et européen
3. État des lieux de la qualité de service en 2024
3.1. Disponibilité et accessibilité du service
3.2. Information voyageurs : un critère essentiel en développement
3.3. Ponctualité et respect des horaires
3.4. Confort et équipements des véhicules
3.5. Sécurité et formation des conducteurs
4. Données disponibles et lacunes analytiques
4.1. Sources de données existantes
4.2. Lacunes majeures dans l'évaluation de la qualité
5. Comparaisons européennes
5.1. Cadre normatif européen commun
5.2. Pratiques européennes en matière de qualité de service
5.3. Position de la France dans le contexte européen
6. Recommandations pour l'amélioration
6.1. Structuration d'un système national de mesure de la qualité
6.2. Généralisation de l'information voyageurs en temps réel
6.3. Renforcement des mécanismes incitatifs dans les contrats
7. Conclusion
8. Annexe bibliographique
8.1. Normes et référentiels qualité
8.2. Rapports institutionnels et données de référence
8.3. Information voyageurs et technologies
8.4. Organisation et réglementation des transports
8.5. Réglementation européenne et comparaisons
8.6. Note méthodologique
1. Introduction
2. Contexte général et données de trafic en 2024
2.1. Évolution du trafic maritime de voyageurs
2.2. Répartition géographique du trafic
3. La norme NF EN 13816 et ses critères de qualité
3.1. Présentation de la norme
3.2. Les huit critères de qualité
4. Analyse de la qualité de service par type de liaison
4.1. Liaisons transmanche
4.1.1. Offre de service et trafic
4.1.2. Ponctualité et régularité
4.1.3. Information voyageurs
4.2. Liaisons vers la Corse
4.2.1. Contexte et opérateurs
4.2.2. Problématiques de ponctualité et de régularité
4.2.3. Information voyageurs et communication
4.2.4. Confort et état des navires
4.2.5. Stratégies d'amélioration des compagnies
4.3. Passages d'eau et liaisons maritimes d'outre-mer
4.3.1. Liaisons insulaires en métropole
4.3.2. Liaisons en outre-mer
5. Données disponibles et lacunes de l'analyse
5.1. Éléments disponibles pour l'analyse
5.2. Lacunes significatives dans les données
6. Qualité du service de transport fluvial de voyageurs en 2024
6.1. Initiatives et projets en cours
6.2. Qualité de service et caractéristiques
6.3. Défis et limites
7. Comparaisons européennes
7.1. Tarification et rapport qualité-prix
7.2. Confort et équipements à bord
7.3. Sécurité et réglementation
7.4. Principales compagnies européennes et leur positionnement qualité
8. Conclusion
9. Annexe bibliographique
INVALIDE)