Rapport annuel 2024 de l'Autorité Environnementale
Auteur moral
France. Autorité environnementale
Auteur secondaire
Résumé
"Rapport annuel de l'Autorité environnementale, qui comme chaque année retrace les enseignements tirés de l'ensemble des avis rendus, tant sur les projets que sur les plans et programmes, et des décisions prises dans le cadre de l'examen au cas par cas. Outre une présentation des chacun des avis et des enseignements généraux qui en sont tirés, ce rapport annuel consacre des focus spécifiques à certaines thématiques. Sont ainsi synthétisés les enseignements tirés des sujets aussi variés que les programmations pluriannuelles de l'énergie [(PPE)], les volets mobilités des contrats de plan État-Région (CPER), les projets d'aménagement de l'Opération d'intérêt national [(OIN)] conduite par l'État en Guyane, les projets dans les grands ports maritimes, la prise en compte du changement climatique dans les évaluations environnementales des projets et les modifications des schémas régionaux d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (Sraddet) intervenues en 2023 et 2024, en particulier pour décliner dans les territoires la politique de réduction de l'artificialisation nette." L'Ae s'est réunie à 23 reprises en 2024 et a rendu 133 avis portant sur 85 projets et 48 plans et programmes (dont 6 sans observations). (Source : Ae)
Editeur
Autorité environnementale
Descripteur Urbamet
impact environnemental
;évaluation
;mobilité
;énergie
;schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires
;opération d'intérêt national
;port maritime
Descripteur écoplanete
Autorité environnementale
;évaluation environnementale
;changement climatique
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
RAPPORT
ANNUEL
2024
de l?Autorité
Environnementale
Rapport d?activité 2024
de l?Autorité environnementale. Septembre 2025.
Directeur de publication : Laurent MICHEL
Rédactrice en chef : Karine GAL
Conception-réalisation :
SG/DAF/SAS/SETI/SETI22, La Défense
Crédits images : Adobe Stock, 123RF, Terra
Remerciements aux membres de l?Ae et à l'équipe
du Bureau de la communication pour leurs
contributions à ce rapport annuel.
Sommaire
L'évaluation environnementale :
un outil de progrès pour l'environnement
et la démocratie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
L?Autorité environnementale en 2024 . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Compétences et missions. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
Membres de l?Ae . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Méthodes et fonctionnement interne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2024 : Des dossiers toujours nombreux
et variés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
Les avis rendus en 2024 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
Les décisions au « cas par cas » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .124
De rares décisions d?évocation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .126
Zoom sur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
CPER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .130
PPE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .134
La prise en compte du changement climatique dans les évaluations
environnementales. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .140
Sraddet et autres schémas régionaux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .144
OIN Guyane. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .156
Grands ports maritimes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .160
Annexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
Évaluer pour connaître, connaître pour agir et prévenir. Ainsi
pourrait-on résumer l?objectif de l?évaluation environnemen-
tale. C?est aussi la (modeste) ambition du rapport annuel de
l?Autorité environnementale, qui comme chaque année re-
trace les enseignements tirés de l?ensemble des avis rendus,
tant sur les projets que sur les plans et programmes, et des
décisions prises dans le cadre de l?examen au cas par cas.
Outre une présentation des chacun des avis et des enseigne-
ments généraux qui en sont tirés, ce rapport annuel consacre
des focus spécifiques à certaines thématiques. Sont ainsi syn-
thétisés les enseignements tirés des sujets aussi variés que les
programmations pluriannuelles de l?énergie, les volets mobili-
tés des contrats de plan État-Région (CPER), les projets d?amé-
nagement de l?Opération d?intérêt national conduite par l?État
en Guyane, les projets dans les grands ports maritimes, la prise
en compte du changement climatique dans les évaluations
environnementales des projets et les modifications des sché-
mas régionaux d?aménagement, de développement durable
et d?égalité des territoires (Sraddet) intervenues en 2023 et
2024, en particulier pour décliner dans les territoires la poli-
tique de réduction de l?artificialisation nette.
Dans une période où les « procédures » environnementales
sont attaquées au motif qu?elles retarderaient les projets et où
des pans entiers de la réglementation et des politiques envi-
ronnementales sont remis en cause sans beaucoup d?examen
de leurs enjeux et des bénéfices ou coûts associés, ces focus
montrent l?apport de l?évaluation environnementale, bien
conduite et utilisée, ou ce qui fait défaut dans le cas contraire
quand elle est lacunaire.
Des progrès, encore partiels ou à consolider, sont consta-
tés dans l?approche de bon nombre de porteurs de projets,
ou dans l?appropriation de certaines thématiques. Ainsi les
émissions de gaz à effet de serre sont désormais analysées
de manière plus détaillées par divers maîtres d?ouvrage (amé-
nagements urbains, infrastructures de transport etc.), mais
les études ne débouchent encore que trop rarement ou trop
partiellement sur des mesures de réduction ambitieuse des
émissions dans la réalisation et l?exploitation des projets. Bien
souvent, l?évaluation environnementale des volets Mobilités
des CPER a été trop formelle, et n?a que peu permis de faire
évoluer ces contrats. Ceux-ci présentent cependant une
inflexion, avec une augmentation forte des financements
dédiés aux modes non routiers, orientation qui devra être
concrétisée par un ensemble d?actions pour tirer le meilleur
parti des investissements dans les infrastructures.
Les évaluations environnementales des projets portuaires té-
moignent à la fois de la volonté d?anticiper la prise en compte
de leurs incidences, au travers par exemple de demandes de
cadrage préalable, et des difficultés récurrentes à certains su-
jets comme les effets cumulés à l?échelle portuaire de projets
très divers.
Les modifications des Sraddet ont révélé un travail important
de déclinaison dans les territoires des objectifs de réduction
de consommation d?espace. Ce travail est le résultat d?une
concertation avec les parties prenantes et se traduit aussi par
la mise en place de nombreux outils d?aide à la connaissance
et à la décision et d?actions de facilitation. Cette mobilisation
collective au plus près des territoires porte ses fruits, bien loin
des commentaires entendus au niveau national sur l?impossi-
bilité ou le caractère stérilisant de cette politique et ce, d?au-
tant plus que des aménagements ont été prévus pour prendre
en compte les particularités et besoins spécifiques.
É D I T O É D I T O
L?évaluation environnementale, et plus généralement l?appro-
fondissement des connaissances sur les enjeux environnemen-
taux, sur les moyens de les intégrer aux politiques publiques et
aux projets, sur les difficultés mais aussi les voies de progrès,
sont plus que jamais nécessaires. Il s?agit d?éviter de confondre
l?objectif légitime de fluidifier les procédures et le déroule-
ment des projets, avec des simplifications qui conduiraient à
des approches incomplètes et mal fondées, ratant ainsi l?ob-
jectif d?anticiper et réduire les impacts sur l?environnement et
la santé et de déployer des politiques de progrès partagées
par les acteurs.
Dans l?exercice de ses missions l?Autorité environnementale
continuera de contribuer à faire encore davantage de l?évalua-
tion environnementale un outil de connaissance et de progrès.
L?évaluation
environnementale :
un outil de progrès
pour l?environnement
et la démocratie
Laurent MICHEL
Par Laurent MICHEL, président de l?Autorité environnementale
6 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 7
Titre
L?A e E N 2 0 24
10
Compétences et missions
20
Les membres de l?Ae
au 31 décembre 2024
22
Méthodes et fonctionnement
interne
L?AUTORITÉ
ENVIRONNEMENTALE
EN 2024
L?A e E N 2 0 24 1
Compétences
et missions
PROJETS
La fonction d?autorité environnementale peut être exercée
par l?Ae, ou une mission régionale d?autorité environnemen-
tale (MRAe)6, ou par le ministre de l?environnement.
L?article R. 122-6 précise le champ de compétence des auto-
rités environnementales pour rendre les avis sur les projets.
Le champ de compétence de l?Ae s?applique aux décisions
relevant du Ministre de l?environnement, aux projets élaborés
par ses services ou par les établissements publics relevant
de sa tutelle.
Les attributions de ce ministre ont évolué suite à la publi-
cation du décret n° 2024-915 du 10 octobre 2024 relatif aux
attributions du ministre de la transition écologique, de l?éner-
gie, du climat et de la prévention des risques7.
Les établissements publics d?aménagement (EPA) relèvent
désormais de la tutelle du ministre du logement et de la réno-
vation urbaine, ce qui transfère à compter de la publication
des décrets d?attributions la compétence pour rendre les
avis sur les projets portés par ces établissements aux MRAe
(et non plus à l?Ae), sauf lorsque l?Ae a déjà rendu un premier
avis sur le projet.
Dans un souci de pragmatisme, la ministre de la transition
écologique, de l?énergie du climat et de la prévention des
risques a décidé de déléguer à l?Ae par une décision du 9
décembre 20248 la compétence pour émettre les avis ou
prendre les décisions au cas par cas sur un ensemble de pro-
jets concernant les transports.
Projets, plans
et programmes
soumis à évaluation
environnementale
Pour mémoire, selon le code de l?environnement9, l?Ae exerce
la compétence d?autorité environnementale sur les évalua-
tions environnementales des projets notamment dans les
cas suivants :
? lorsque le ministre chargé de l?Environnement est l?autorité
qui, au titre de l?une de ses compétences, prend la décision
d?autorisation du projet, ou la propose au gouvernement
(décret du Premier ministre pris sur rapport du ministre
chargé de l?environnement) ;
? lorsque le projet est élaboré par l?État, représenté par un
service placé sous l?autorité de ce ministre ou par des ser-
vices agissant dans des domaines relevant de ses attribu-
tions, ou encore par un établissement public placé sous sa
tutelle ou agissant pour le compte de celui-ci ;
? pour les projets situés sur plusieurs régions ou internatio-
naux ;
? pour l?ensemble des projets de travaux, d?aménagement
ou d?ouvrages de la société SNCF Réseau et de sa filiale
mentionnée au 5° de l?article L. 2111-9 du Code des transports 10.
Le champ de compétence de l?Ae s?étend également à tous
les projets nécessitant plusieurs décisions administratives,
dès lors que l?une d?elles relève de la compétence de ce
même ministre ou est proposée par ses soins au gouverne-
ment, ou encore lorsque le ministre décide de se saisir d?un
dossier et d?en confier l?instruction à l?Ae, au regard de ses
incidences potentielles sur l?environnement.
1.
Formation d?autorité environnementale de l?Inspection générale de l?environ-
nement et du développement durable suite au décret n° 2022-1025 du 20
juillet 2022.
2.
L?évaluation environnementale est un processus itératif constitué de l'éla-
boration, par le maître d'ouvrage, d'un rapport d'évaluation des incidences
sur l'environnement, de la réalisation des consultations prévues, notamment
celle du public, ainsi que de l'examen, par l'autorité compétente pour au-
toriser le projet, de l'ensemble des informations présentées dans l'étude
d'impact ou le rapport environnemental et reçues dans le cadre des consul-
tations effectuées. « L?étude d?impact » désigne le rapport d?évaluation des
incidences des projets alors qu?on parle pour les plans, schémas, programmes
et documents de planification de « rapport environnemental ».
3.
Au sens des directives communautaires sur l?évaluation environnementale,
l?environnement comprend notamment la diversité biologique, la popula-
tion, la santé humaine, la faune, la flore, les sols, les eaux, l?air, les facteurs cli-
matiques, les biens matériels, le patrimoine culturel, y compris le patrimoine
architectural et archéologique, les paysages et les interactions entre ces fac-
teurs (annexe I, point f de la directive 2001/42/CE sur l?évaluation environne-
mentale des plans et programmes : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/
FR/ALL/?uri=CELEX%3A32001L0042, annexe IV, point I 4 de la directive
2011/92/UE modifiée relative à l?évaluation des incidences de certains projets
sur l?environnement : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=ce-
lex:32011L0092).
4.
Le présent rapport utilise indifféremment les termes « maître d?ouvrage » ou
« pétitionnaire »
5.
La convention d?Aarhus donne au public (personnes physiques et associa-
tions qui les représentent) un droit d?accès à l?information et de participation
au processus décisionnel en matière d?environnement, ainsi que celui d?exiger
réparation si ces droits ne sont pas respectés. Convention sur l?accès à l?in-
formation, la participation du public au processus décisionnel et l?accès à la
justice en matière d?environnement (convention d?Aarhus).
6.
Au nombre de 20, les MRAe s?appuient sur les services régionaux de l?envi-
ronnement.
7.
Le périmètre du ministre de l?environnement a de nouveau changé depuis
la nomination du nouveau gouvernement le 23 décembre 2024 (Décret n°
2025-29 du 8 janvier 2025 relatif aux attributions du ministre de la transition
écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche) https://
www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050960172#:~:text=biodiver-
sit%C3%A9%2C%20...-,D%C3%A9cret%20n%C2%B0%202025%2D29%20
du%208%20janvier%202025%20relatif,mer%20et%20de%20la%20
p%C3%AAche
8.
Cette décision confie à l?Ae la compétence pour se prononcer sur les pro-
jets élaborés par les services placés sous l?autorité du ministre chargé des
transports ainsi que sur les projets qui donnent lieu à un décret, une déci-
sion d?autorisation, d?approbation ou d?exécution du ministre en charge des
transports.
9.
Article R. 122-6 du code de l?environnement : la compétence de l?Ae est dé-
finie au 2° du I de cet article ainsi qu?au 3° (dernière phrase) qui précise que
« lorsque le projet est situé sur plusieurs régions, l?autorité environnementale
est celle située au 2° ».
10.
SNCF Réseau et sa filiale SNCF Gares & Connexions.
10 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
C O M P É T E N C E S E T M I S S I O N S
Certains projets, plans et programmes sont soumis à évalua-
tion environnementale2 en fonction de leurs caractéristiques
propres et de leur impact potentiel sur les différents champs
de l?environnement3 ou la santé humaine.
Ces évaluations sont réalisées sous la responsabilité des
maîtres d?ouvrage4. Pour permettre au public d?être correcte-
ment informé au moment de sa consultation et de participer
à l?élaboration de la décision5 autorisant ou non le projet (ou
approuvant le plan), comme pour éclairer l?autorité déci-
sionnaire, il est prévu qu?une « autorité environnementale »
indépendante de cette dernière rende un avis public sur la
qualité de l?évaluation et la prise en compte de l?environne-
ment par le projet, le plan ou le programme évalué.
10 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 11
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A32001L0042
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A32001L0042
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=celex:32011L0092
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=celex:32011L0092
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A22005A0517%2801%29
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A22005A0517%2801%29
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A22005A0517%2801%29
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050960172#:~:text=biodiversit%C3%A9%2C%20...-,D%C3%A9cret%20n%C2%B0%202025%2D29%20du%208%20janvier%202025%20relatif,mer%20et%20de%20la%20p%C3%AAche
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050960172#:~:text=biodiversit%C3%A9%2C%20...-,D%C3%A9cret%20n%C2%B0%202025%2D29%20du%208%20janvier%202025%20relatif,mer%20et%20de%20la%20p%C3%AAche
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050960172#:~:text=biodiversit%C3%A9%2C%20...-,D%C3%A9cret%20n%C2%B0%202025%2D29%20du%208%20janvier%202025%20relatif,mer%20et%20de%20la%20p%C3%AAche
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050960172#:~:text=biodiversit%C3%A9%2C%20...-,D%C3%A9cret%20n%C2%B0%202025%2D29%20du%208%20janvier%202025%20relatif,mer%20et%20de%20la%20p%C3%AAche
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000050960172#:~:text=biodiversit%C3%A9%2C%20...-,D%C3%A9cret%20n%C2%B0%202025%2D29%20du%208%20janvier%202025%20relatif,mer%20et%20de%20la%20p%C3%AAche
L?A e E N 2 0 24
Le ministre peut ainsi décider d?évoquer un dossier pré-
sentant une complexité ou des enjeux environnementaux
particuliers et confier l?instruction de l?avis à l?Ae en lieu et
place de la mission régionale d?autorité environnementale
(MRAe)11. À titre d?exemple, le ministre a par décision du 18
novembre 202412 évoqué le projet d?exploitation de sables
siliceux porté par le GIE Loire Grand Large et décidé que
la formation d'autorité environnementale de l?inspection
générale de l'environnement et du développement durable
se prononcera sur les différentes demandes.
Enfin le ministre chargé de l?environnement peut aussi déci-
der de confier à l?Ae l?émission d?un avis sur un projet relevant
en première approche de la compétence d?autorité environ-
nementale du ministre de l?environnement13.
Une autorité de cas par cas distincte de l?autorité
compétente pour rendre l?avis
Pour les projets, l?article L. 122-1 du code de l?environnement,
confie l?examen au cas par cas à une autorité « spécifique-
ment créée » à cette fin15.
L?article R. 122-3 du code de l?environnement, modifié, énu-
mère les autorités chargées de l?examen au cas par cas et
définit leurs champs de compétence ; ainsi l?examen au cas
par cas des projets relève selon les cas du ministre chargé
de l?environnement, de l?Ae, des préfets de région ou (II de
cet article) « des autorités désignées par l?article L. 512-7-2
chargées de l?examen au cas par cas pour les catégories de
projets qu?elles mentionnent ».
Le préfet de département est compétent pour l?examen au
cas par cas des installations classées pour la protection de
l?environnement (ICPE) soumises au régime de l?enregistre-
ment. L?article L. 122-1 prévoit quant à lui une compétence
d?attribution particulière à « l?autorité mentionnée à l?article
L. 171-8 » pour les projets consistant en une modification ou
extension d?activités, installations, ouvrages ou travaux (ICPE
et IOTA16 notamment) relevant du champ de l?autorisation
environnementale17 à certaines canalisations de transport
ou installations nucléaires de base. La décision de cas par
cas concernant des projets dont le périmètre concerne plu-
sieurs régions est rendue conjointement par les préfets de
région concernés. Les avis sur des projets dont le périmètre
concerne plusieurs régions relèvent en revanche de l?Ae (der-
nière phrase du 3° du I de l?article R. 122-6).
La clause-filet
L?article R. 122-2-1 du code de l?environnement prévoit une
clause-filet permettant de soumettre à un examen au cas par
cas des projets relevant de ce champ mais situés en deçà des
seuils18 de cas par cas19 définis à l?annexe à l?article R. 122-2 du
code de l?environnement. Un maître d'ouvrage peut, de sa
propre initiative, saisir l'autorité chargée de l'examen au cas
par cas de tout projet situé en deçà des seuils.
11.
Cf. 2e, 3e et 4e alinéa du 1° du I de ce même article.
12.
Décision du 18 novembre 2024 d?évocation du projet d?exploitation de sables
siliceux porté par le GIE Loire Grand Large
13.
Disposition prévue au III de l?article R. 122-24-2 du code de l?environne-
ment ; par une décision du 1er février 2024, le ministre de l?environnement
M. Christophe Béchu a ainsi chargé l?Ae de rendre l?avis relatif au projet de
construction du centre pénitentiaire d?Angers « Au regard des mandats pas-
sés et actuels du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des
territoires ».
14.
Présenté et défini aux articles L. 122-1 (IV), R. 122-2 et R. 122-3 du code de l?en-
vironnement pour les « projets » et L. 122 4 (III) et R. 122-17 (II) pour les plans
et programmes.
15.
La loi n°2019-1147 du 8 novembre 2019 relative à l?énergie et au climat (article
31) est revenue sur le principe posé par la loi no 2010-788 du 12 juillet 2010,
dite « loi Grenelle 2 » de confier à une seule et même autorité ? environne-
mentale ? la compétence pour rendre les « avis » comme pour arrêter les «
décisions de cas par cas ».
16.
Nomenclature « installations, ouvrages, travaux, activités » au titre de la légis-
lation sur l?eau .
17.
2e alinéa du IV de l?article L. 122-1.
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047303065/2025-07-04/
18.
C?est à l?autorité compétente chargée d?autoriser ou de valider la déclaration
relative au projet pour la première fois, d?informer le maître d?ouvrage, par
décision motivée, dans un délai de quinze jours à compter du dépôt du dos-
sier, que son projet doit faire l?objet d?un examen au cas par cas par l?autorité
environnementale.
19.
La clause-filet a été introduite suite à l?arrêt du Conseil d?État n° 425424 du 15
avril 2021 : https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000043385960.
Le droit français a été jugé contraire à la directive « projet » en tant qu?il ne
prévoyait pas de dispositions permettant de soumettre à évaluation environ-
nementale un projet susceptible d?avoir une incidence notable sur l?environ-
nement pour d?autres caractéristiques que sa dimension, qui conditionne
souvent l?application des seuils de la nomenclature annexée à l?article R. 122-2.
En outre, contrairement aux MRAe, qui ne rendent pas de
décision de « cas par cas » pour les projets, l?Ae rend des
décisions de soumission ou de non soumission de projets
à étude d?impact après un examen au cas par cas14. Elle se
fonde sur les incidences notables probables du projet sur
l?environnement et la santé humaine et les mesures envisa-
gées par le maître d?ouvrage pour les éviter ou les réduire.
Un projet de décret, initialement prévu pour la fin de l?année
2024, a pour objet de clarifier la compétence respective des
autorités environnementales, et notamment celle de l?Ae,
qui fluctue en fonction du périmètre de compétence du mi-
nistre de l?environnement et est donc susceptible d?évoluer
à chaque changement gouvernemental. Ce décret prévoit
aussi de supprimer l?autorité environnementale « Ministre »
et d?en transférer les missions à l?Ae.
12 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 13
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-0033787/TECD2430242S.pdf
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-0033787/TECD2430242S.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000046079902
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000046079902
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047303065/2025-07-04/
https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000043385960
L?A e E N 2 0 24
Plans et programmes
L?article R. 122-17 du code de l?environnement établit la liste
des plans et programmes soumis à évaluation environne-
mentale. Comme pour les projets, certains de ces plans re-
lèvent obligatoirement d?une telle évaluation, d?autres d?un
examen au cas par cas.
La compétence de l?Ae est définie au 1° du IV de cet article.
Sa compétence s?exerce sur « les plans et programmes dont
le périmètre excède les limites territoriales d'une région ou
qui donnent lieu à une approbation par décret ou à une
décision ministérielle » avec toutefois une exception pour
les plans d?exposition au bruit20.
La compétence de l?Ae s?exerce également sur une liste de
plans et programmes spécifiquement énumérés par cet ar-
ticle : elle est ainsi compétente de plein droit pour émettre
un avis sur treize catégories de plans et programmes soumis
obligatoirement à une évaluation environnementale21.
Sur 16 plans relevant d?un examen au cas par cas, sa compé-
tence d?attribution n?est désormais plus que très résiduelle,
étant limitée désormais aux seuls plans de protection de
l'atmosphère (PPA) et à ceux dont le périmètre excède les
limites territoriales d'une région.
Le III de l?article R. 122-17 ouvre, par ailleurs, la possibilité pour
le ministre chargé de l'environnement de soumettre à éva-
luation environnementale systématique ou après examen
au cas par cas une catégorie de plans ou de programmes ne
figurant pas sur cette liste.
Le Conseil d?État a jugé, à la lumière du droit de l?Union eu-
ropéenne, le 16 mai 2018 (arrêt n° 408887), que la liste pré-
sentée à l?article R. 122-17 ne pouvait pas être exhaustive et
que des plans qui n?y figuraient pas pouvaient néanmoins
être soumis à évaluation environnementale.
Dans un arrêt du 28 octobre 2021 (n° 447123), le Conseil
d?État précise que « les plans d?exposition au bruit [?] déter-
minent les conditions d?utilisation des sols, qui s?imposent
aux projets de construction et d?aménagement ». Il indique
que « ces plans doivent, en conséquence, être regardés
comme définissant, au sens des dispositions de l?article L.
122-4 du code de l?environnement, le cadre d?autorisation et
de mise en oeuvre de projets et comme devant faire l?objet
d?une évaluation environnementale ».
Plus récemment, le Conseil d?État, dans un arrêt du 12 juillet
202422 considère qu?une décision relative à l?octroi, l?exten-
sion ou la prolongation d?une concession minière doit être re-
gardée comme un plan ou programme au sens de l?article L.
122-4 du code de l?environnement et de la directive 2001/42/
CE du 27 juin 2001, la décision déterminant le cadre général
et le périmètre des travaux miniers qui seront ultérieurement
réalisés.
La liste de l?article R. 122-17 n?a donc qu?un caractère indi-
catif.
Le VII de cet article précise que les règles relatives à l'évaluation
environnementale des plans et programmes mentionnés aux
rubriques 43° à 51° du I et 12° à 12° ter du II sont régies par les
dispositions du chapitre IV du titre préliminaire du code de
l'urbanisme. L?article R. 104-21 du code de l?urbanisme liste les
20.
« à l'exception de ceux mentionnés au 53° du I et au 11° du II »
21.
IV. ? « Pour les plans et programmes soumis à évaluation environnementale
en application du I, du II ou du III, l'autorité environnementale est : 1° La for-
mation d'autorité environnementale de l'inspection générale de l'environne-
ment et du développement durable pour les plans et programmes dont le
périmètre excède les limites territoriales d'une région ou qui donnent lieu à
une approbation par décret ou à une décision ministérielle, à l'exception de
ceux mentionnés au 53° du I et au 11° du II, ainsi que pour les plans et pro-
grammes mentionnés aux 1°, 4°, 8°, 8° ter, 9°, 11°, 15°, 17°, 22°, 24°, 30°, 37° et
38° du I et au 13° du II »
22 .
https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-07-12/468529 « 15.
Il résulte des dispositions du code minier et des décrets pris pour leur appli-
cation, citées aux points 13 et 14, que la décision d?octroi, d?extension ou de
prolongation d?une concession minière détermine le cadre général et le pé-
rimètre des travaux miniers qui seront ultérieurement réalisés. Si elle confère
à son bénéficiaire un droit immobilier lui garantissant le droit de procéder à
des travaux de recherches, d?exploration ou d?exploitation miniers, elle a éga-
lement pour objet d?encadrer les conditions dans lesquelles de tels travaux
pourront être réalisés et, dans ce cadre, de prendre en compte les consé-
quences sur l?environnement de la concession, nonobstant la circonstance
que certaines d?entre elles pourront, le cas échéant, être prises en considé-
ration ultérieurement à l?occasion des autorisations ou déclarations de re-
cherches et de travaux devant se dérouler sur le périmètre de la concession.
En conséquence, et compte tenu de ce qui a été dit au point 12, une telle
décision doit être regardée comme définissant, au sens de l?article L. 122-4 du
code de l?environnement pris pour la transposition de la directive 2001/42/
CE du 27 juin 2001, le cadre d?autorisation et de mise en oeuvre de projets et
comme devant faire l?objet d?une évaluation environnementale. ».
documents d?urbanisme relevant de la compétence de l?Ae et
ceux relevant de la compétence des MRAe.
Comme pour les projets, le ministre chargé de l'environnement
peut, par décision motivée au regard de la complexité et des
enjeux environnementaux du dossier, confier à l?Ae la charge
de se prononcer en lieu et place de la MRAe territorialement
compétente.
La responsabilité d?assurer une cohérence entre les avis ren-
dus par l?Ae, les MRAe et le ministre (dans sa mission d?autorité
environnementale, jusqu?à publication à venir du décret en
projet) est exercée par la « conférence des autorités environ-
nementales » présidée par le chef de service de l?Inspection
générale de l?environnement et du développement durable
(IGEDD) et composée des présidents de l?Ae et des MRAe, et du
commissaire général au développement durable, représentant
le ministre chargé de l'environnement en sa qualité d'autorité
environnementale.
14 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 15
https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-07-12/468529
L?A e E N 2 0 24
Un cadre d?exercice européen dont la transposition évolue
Les avis et décisions d?une autorité environnementale s?ins-
crivent dans le cadre des dispositions de la convention d?Aa-
rhus et de la convention d?Espoo et de celles de deux direc-
tives de l?Union européenne23 transposées en droit français
et codifiées aux articles L. 122-1 à L. 122-3-4 du code de l?envi-
ronnement pour les projets et les articles L. 122-4 à L. 122-14
du code de l'environnement et L. 104-1 à L. 104-8 du code de
l'urbanisme pour les plans et programmes. L?article L. 122-15
du code de l?environnement comprend des dispositions par-
ticulières pour la Guyane et Mayotte.
Le cadre juridique national qui, pour les études d?impact des
projets, date des lois sur la protection de la nature et sur les
installations classées pour la protection de l?environnement
de 1976, a été profondément revu en 2010 suite à un avis mo-
tivé de la Commission européenne. Des modifications impor-
tantes ont été apportées par l'ordonnance n°2016-1058 du 3
août 2016 en vue de transposer la directive 2014/52/UE, et par
les décrets n° 2016-519 du 28 avril 2016 et n° 2016-1110 du 11
août 2016 qui ont conduit à la création des MRAe et modifié
les nomenclatures des projets et des plans et programmes.
L?entrée en vigueur de ces textes s'est échelonnée entre le 12
mai 2016 et le 17 mai 2017.
La France a fait l?objet de mises en demeure de la Commission
européenne le 7 mars 2019 et le 18 février 2021 pour non-res-
pect de la directive « projets » 2011/92/UE telle que modifiée
par la directive 2014/52/UE, la Commission interrogeant l?ob-
jectivité des autorités chargées du cas par cas. Une nouvelle
mise en demeure du 2 décembre 2021 met en cause la trans-
position de la directive « plans et programmes » 2001/42/CE.
Un avis motivé portant sur la transposition de la directive «
projets » a été adressé à la France le 15 juillet 2022.
Un objectif d?amélioration des projets, plans ou programmes
pour une meilleure prise en compte de l?environnement
Le processus d?évaluation environnementale doit être
conduit simultanément au processus d?élaboration du pro-
jet, plan ou programme afin que le maître d?ouvrage choisisse
une variante au regard de ses incidences sur l?environnement
et la santé humaine.
Émis en amont du processus de décision, quel qu?en soit
l?objet, les avis visent à améliorer la qualité du processus
d?évaluation environnementale et la prise en compte de
l?environnement par les projets, les plans ou les programmes
concernés. Ils portent sur la qualité de l?étude d?impact du
projet ou du rapport d?évaluation des incidences du plan et
analysent la façon dont l?environnement et la santé humaine
ont été pris en compte par le projet, le plan ou le programme.
Les avis se placent dans la perspective d?une amélioration
des dossiers en matière de prise en compte de l?environne-
ment et s?adressent :
? au maître d?ouvrage, responsable de l?évaluation, géné-
ralement assisté de bureaux d?étude qui ont préparé les
documents transmis à l?Ae ;
? au public, conformément au principe de participation et
au droit d?accès à l?information environnementale, afin de
l?éclairer sur la qualité des documents qui lui sont présentés
et de lui permettre de prendre part aux débats ;
? à l?autorité chargée d?autoriser le projet ou d?approuver le
plan ou le programme à l?issue de l?ensemble du processus.
Ils visent à recommander des améliorations du dossier pour
permettre une participation effective du public à l'élabora-
tion des décisions et à éclairer l?autorité chargée d?autoriser
le projet sur ses effets sur l?environnement et la santé hu-
maine, qu?elle ne peut dès lors ignorer et dont elle pourra ti-
rer les conséquences, y compris en matière de prescriptions.
Il appartient en effet à celle-ci de préciser dans la décision
autorisant le projet les mesures d?évitement, de réduction et
de compensation (ERC) que le projet doit respecter.
23.
La directive 2001/42/CE du 27 juin 2001 relative à l?évaluation des inci-
dences de certains plans et programmes sur l?environnement dite « Plans
et programmes » : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CE-
LEX%3A32001L0042 et la directive 2011/92/UE du 13 décembre 2011 concer-
nant l?évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur
l?environnement : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=ce-
lex:32011L0092 modifiée, dite directive « projets », modifiée par la directive
2014/52/UE : https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2014/52/oj?locale=fr
POUR TOUT SAVOIR SUR L?Ae
Composition, fonctionnement, saisines, avis et décisions
rendus, sur le site Internet de l?Ae :
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/
l-autorite-environnementale-r145.html
16 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 17
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A32001L0042
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A32001L0042
https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2014/52/oj?locale=fr
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/l-autorite-environnementale-r145.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/l-autorite-environnementale-r145.html
L?A e E N 2 0 24 L?A e E N 2 0 24
Une autorité environnementale dont le mode de fonction-
nement garantit l?indépendance
La fonction de l?Ae est celle d?un garant qui apprécie la prise
en compte des enjeux environnementaux par les maîtres
d?ouvrage et par les autorités décisionnaires. La crédibilité
du garant suppose l?absence de tout lien avec ces derniers.
C?est ce qui a conduit à mettre en place une instance dédiée,
adossée à l?IGEDD, mais dotée de règles de fonctionnement
spécifiques qui préservent son autonomie de jugement et
d?expression pour les cas où la décision à prendre relève de
l?une des attributions du ministre chargé de l?environnement.
Bien qu?antérieure à la directive 2014/52/UE, elle s?inscrit dans
l?objectif poursuivi par celle-ci24.
L?Ae, qui n?est pas une autorité administrative indépen-
dante25 , veille à écarter toute suspicion de partialité, voire
d?instrumentalisation de ses avis. La collégialité de ses délibé-
rations, ses membres, pour partie non membres de l?IGEDD
(cas des membres associés), aux compétences variées et
complémentaires, le caractère public des avis et décisions,
leur mise en ligne immédiate à l?issue des délibérations et la
critique publique à laquelle ils sont soumis constituent de
solides garanties en la matière. Depuis quelques temps, assez
régulièrement, l?Ae met en ligne des « Posts »26 sur certains
dossiers ce qui contribuent à la faire connaître et à diffuser
plus largement ses avis.
24.
Voir loi n° 2017-55 du 20 janvier 2017 portant statut général des autorités ad-
ministratives indépendantes et des autorités publiques indépendantes. Son
président n?est soumis à aucun statut spécifique.
25.
Voir loi n° 2017-55 du 20 janvier 2017 portant statut général des autorités ad-
ministratives indépendantes et des autorités publiques indépendantes. Son
président n?est soumis à aucun statut spécifique.
26.
L?Ae a un compte LinkedIn.
Le règlement intérieur de l?Ae, qui est adopté par délibéra-
tion collégiale et disponible sur son site Internet, comprend
les dispositions nécessaires à la transparence de l?action
de l?Ae, notamment les déclarations individuelles d?intérêt
produites par tous les membres, la publication des noms
des membres délibérants sur chaque avis. Il prévoit que les
membres susceptibles de conflits d?intérêt ne participent
pas à certaines délibérations. Ce déport est mentionné en
préambule des avis.
18 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 19
https://www.linkedin.com/company/autorite-environnementale/
M E M B R E S D E L?A eL?A e E N 2 0 24
Membres de l?Ae
au 31 décembre 2024
Les membres permanents de l?IGEDD
Laurent MICHEL,
président de Président de l?Ae
Sylvie BANOUN,
également membre de la MRAe Île-de-
France
Karine BRULÉ
Virginie DUMOULIN
Bertrand GALTIER,
également vice-président du Comité
national de la biodiversité, jusqu?au 31
août 2024
Louis HUBERT
jusqu?au 1er mai 2024
Noël JOUTEUR,
à compter du 1er septembre 2024
Olivier MILAN
Jean-Michel NATAF
Alby SCHMITT
Laure TOURJANSKY
Véronique WORMSER, également prési-
dente de la MRAe Auvergne Rhône-Alpes
Laurent MICHEL
Daniel CANARDON
François VAUGLIN
Alby SCHMITT
Pierre-François CLERC
Nathalie BERTRAND
Marie-Françoise FACONGilles CROQUETTE
Karine BRULÉ
Caroll GARDET
Sylvie BANOUN
Céline DEBRIEU-LEVRAT
Virginie DUMOULIN
Aranaïz MONDÉSIR
Bertrand GALTIER
Olivier MILANLouis HUBERT Jean-Michel NATAF Véronique WORMSER
Jonathan BENALI,
assistant (remplacement
de Daniel Canardon)
Daniel CANARDON,
assistant (retraite à
compter du 1er juillet
2024)
Gilles CROQUETTE,
chargé de mission
Céline
DEBRIEU-LEVRAT,
chargée de mission
Marie-Françoise FACON,
secrétaire générale
et chargée de mission
Camille FOSSANO,
chargée de mission
Caroll GARDET,
chargée de mission
Aranaïz MONDÉSIR,
assistante
François VAUGLIN,
chargé de mission
Les membres désignés en tant que membres associés
Nathalie BERTRAND
Chercheure associée à l?Inrae depuis le 1er
janvier 2020, membre du comité scienti-
fique de la revue de transfert Sciences,
Eaux, Territoires, membre permanente de
l?Ae jusqu?au 30 septembre 2023.
Barbara BOUR DESPREZ
Président de chambre au tribunal admi-
nistratif de Lyon, membre fondateur de
l?Institut européen du droit (European
Law Institute). Vice-président du comi-
té d?examen du respect des dispositions
de la Convention d?Aarhus (ONU).
Marc CLÉMENT
Président de chambre au tribunal adminis-
tratif de Lyon, membre fondateur de l?Ins-
titut européen du droit (European Law Ins-
titute). Vice-président du comité d?examen
du respect des dispositions de la Conven-
tion d?Aarhus (ONU).
Christine JEAN
Trésorière adjointe de la ligue de protec-
tion des oiseaux (LPO) France..
François LETOURNEUX
Vice-président du comité français de
l?Union internationale pour la conserva-
tion de la nature (UICN), ancien directeur
du Conservatoire de l?espace littoral et des
rivages lacustres, ancien directeur de la na-
ture et des paysages au ministère chargé de
l?environnement.
Serge MULLER
Professeur émérite du Muséum national
d?histoire naturelle. Ancien président du
Conseil national de la protection de la na-
ture (CNPN) et du conseil scientifique ré-
gional du patrimoine naturel (CSRPN) du
Grand Est.
Éric VINDIMIAN
Écotoxicologue, président du comité de
dialogue de Santé publique France et du
comité de dialogue radiofréquences de
l'Anses, membre de France nature envi-
ronnement, ancien membre permanent
de l'Ae.
L?équipe permanente
L?équipe permanente de l?Autorité environnementale comprend, au 31 décembre 2024, dix personnes27 , dont le président.
Elle est chargée du fonctionnement quotidien de l?Ae : analyse des dossiers entrants (complétude du dossier, compétence
de l?Ae), suivi administratif des dossiers et de l?activité, mises en ligne, organisation des réunions, réponses aux questions des
maîtres d?ouvrage, autorités administratives, et autres structures intéressées. Huit de ses membres participent en tant que
rapporteurs à l?analyse technique des dossiers et à l?élaboration des projets d?avis ou de décisions après examen au cas par
cas, ainsi qu?à la rédaction des projets de notes délibérées.
27.
dont une chargée de mission recrutée en contrat à durée déterminée, une
membre de l?équipe permanente ayant été mise à disposition en 2024 de la
direction de l?eau et de la biodiversité pour assurer le pilotage du Plan Eau de
Mayotte.
Noël JOUTEUR Laure TOURJANSKY
Jonathan BENALI Camille FOSSANO
20 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 21
M É T H O D E S E T F O N C T I O N N E M E N T I N T E R N E
22 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 23
L?A e E N 2 0 24
Méthodes
et fonctionnement
interne
LES AVIS
Comment s'élabore un avis
L?Ae délibère collégialement ses avis, à partir de projets préparés
par ses membres, ou par des rapporteurs de l?équipe perma-
nente de l?Ae. Des membres de MRAe, des membres perma-
nents de l?IGEDD non membres de l?Ae, et parfois des services
« évaluation environnementale » des Dreal peuvent également
être ponctuellement co-rapporteurs de projets d?avis de l?Ae,
dans l?optique de développer une culture commune. Cette
pratique, initiée en 2016, s?est poursuivie depuis lors. Outre
d?enrichir les débats de l?Ae, cette pratique permet d?éviter de
rendre des avis « sans observation » faute parfois de disposer
d?un nombre suffisant de rapporteurs.
Les rapporteurs, en règle générale au nombre de deux par pro-
jet, mènent leurs investigations en toute indépendance28 , à
partir d?une analyse des dossiers fournis par les pétitionnaires,
en organisant les visites sur place et les entretiens qui leur pa-
raissent utiles. Les dates de ces visites figurent dans les avis.
Les rapporteurs sollicitent, le cas échéant, des contributions
d?experts éclairant l?Ae sur des points complexes. Ils préparent
les projets d?avis selon un canevas commun.
L?Ae évalue et adapte
régulièrement
son fonctionnement,
elle en débat
en particulier
lors de séminaires
périodiques.
Diffusés à tous les membres, au moins une semaine avant
les réunions plénières bimensuelles de l?Ae, les projets d?avis
préparés par les rapporteurs font l?objet de la part des autres
membres de remarques et d?échanges écrits avant la séance,
puis de débats en séance portant sur chacune des questions
de fond soulevées lors de cet examen préalable. Qu?elle soit de
fond ou de forme, chaque remarque fait l?objet d?une prise en
compte explicite. La rédaction définitive, toujours consensuelle
depuis la création de l?Ae, est arrêtée en séance.
L?apport de la discussion collégiale est déterminant : elle per-
met de croiser des expertises ou des lectures complémentaires
sur chacun des avis, de hiérarchiser les enjeux, d?arrêter la to-
nalité de l?avis et d?établir progressivement des éléments de
réponse stabilisés aux questions de principe évoquées plus loin
dans ce rapport.
Les avis sont mis en ligne sur le site internet de l?Ae29 le jour
même de la séance où ils sont délibérés et diffusés au pétition-
naire et à l?autorité chargée d?instruire les dossiers, au plus tard
et très exceptionnellement le lendemain. Le VI de l?article L.
122-1 du code de l?environnement fait obligation au pétition-
naire d?apporter une réponse écrite à l?avis de l?autorité envi-
ronnementale sur les projets et de la mettre à disposition du
public au plus tard au moment de la procédure de participation
du public. Pour les plans et programmes, l?article L. 122-9 du
de l?environnement prévoit une fois le plan adopté l?obligation
pour le maître d?ouvrage d?informer notamment le public et
l?autorité environnementale et de mettre à leur disposition un
certain nombre d?informations parmi lesquelles une déclara-
tion résumant la manière dont il a été tenu compte du rapport
établi en application de l'article L. 122-6 et des consultations
auxquelles il a été procédé.
Avis explicite et avis « réputé sans observation »
Depuis la création de l?Ae en 2009, tous les dossiers avaient
fait l?objet d?un avis explicite dans un délai de trois mois. Le
décret n° 2021-1000 du 30 juillet 2021 portant diverses dis-
positions d'application de la loi d'accélération et de simpli-
fication de l'action publique et de simplification en matière
d'environnement a réduit à deux mois30 le délai de l?Ae pour
rendre les avis sur les projets31.
La modification de la procédure d?autorisation environne-
mentale par la loi « Industrie verte » du 23 octobre 2023
en vigueur pour les demandes d?autorisation déposées à
compter du 22 octobre 202432 , encadre encore davantage
les délais, l?instruction du dossier par les services de l?État,
les consultations obligatoires notamment celle de l?auto-
rité environnementale et la participation du public étant
désormais menées de concert, à compter du dépôt par les
pétitionnaires d?un dossier complet et régulier.
28.
Cf. règlement intérieur de l?Ae, et notamment son article 3
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/version_cor-
rigee_reglement_interieur_de_l_ae_du_20_octobre_2022_cle035db8.pdf
29.
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/avis-rendus-r171.html
30.
Modification du II de l?article R. 122-7
31.
Cf. l'avis de l'Ae du 10 février 2022 sur le projet de décret. https://www.
igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/avis_ae_-_de_cret_clause_
seance-1_cle0c156c.pdf
32.
Décret n° 2024-742 du 6 juillet 2024 portant diverses dispositions d'applica-
tion de la loi industrie verte et de simplification en matière d'environnement.
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/avis_ae_-_de_
cret_clause_seance-1_cle0c156c.pdf
22 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/version_corrigee_reglement_interieur_de_l_ae_du_20_octobre_2022_cle035db8.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/version_corrigee_reglement_interieur_de_l_ae_du_20_octobre_2022_cle035db8.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/avis_ae_-_de_cret_clause_seance-1_cle0c156c.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/avis_ae_-_de_cret_clause_seance-1_cle0c156c.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/avis_ae_-_de_cret_clause_seance-1_cle0c156c.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/avis_ae_-_de_cret_clause_seance-1_cle0c156c.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/avis_ae_-_de_cret_clause_seance-1_cle0c156c.pdf
L?A e E N 2 0 24 M É T H O D E S E T F O N C T I O N N E M E N T I N T E R N E
24 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 25
Chaque fois que possible, l?Ae privilégie la production d?un
avis explicite dans des délais convenus avec chaque maître
d?ouvrage tenant compte au mieux des moyens disponibles.
Cette posture est conforme aux directives « projet » et « plan
et programme » qui poursuivent l?objectif d?assurer un haut
niveau de protection de l?environnement : l?évaluation en-
vironnementale et les avis des autorités environnementales
en sont un levier majeur.
Un avis rendu, même au-delà du délai de deux mois (ou trois
pour les plans et programmes), garantit une meilleure sécu-
rité juridique au porteur de projet (ou plan) et à l?autorité
compétente qu?une absence d?avis. Le trop grand nombre
d?avis sans observation (dits « tacites ») est par ailleurs un des
griefs récurrents de la Commission européenne à l?encontre
de la France.
Comme elle l?avait fait pour la première fois en 2021, tirant
toutes les conséquences de l?impossibilité de délibérer
des avis dans les délais prévus par la réglementation, l?Ae a
collégialement décidé de ne pas rendre d?avis sur six plans
(quatre plans de prévention des risques et deux contrat de
plan Etat régions). Sur son site, pour chaque plan concerné,
l?Ae précise qu?elle ne rendra pas d?avis sur ce dossier faute
de moyens suffisants pour l?examiner.
Le cadrage préalable : une possibilité insuffisamment utilisée
par les maîtres d?ouvrage
Conformément à l'article R.122-4 du code de l'environne-
ment, un maître d?ouvrage peut demander à l?autorité char-
gée d?approuver le projet - qui doit alors saisir l?autorité envi-
ronnementale - de « rendre un avis sur le champ et le degré
de précision des informations à fournir dans l?étude d?impact
». Le maître d?ouvrage doit préciser les éléments dont il dis-
pose sur les caractéristiques spécifiques du projet et, dans
la zone qui est susceptible d'être affectée, les principaux
enjeux environnementaux et ses principaux impacts. L?Ae
l?invite à préciser les questions particulières qu'il se pose et
les difficultés d'interprétation des dispositions du code de
l'environnement qui justifient sa demande. La même faculté
est ouverte pour les plans et programmes (article R. 122-19
du code de l?environnement). Ces avis, appelés « cadrages
préalables », sont délibérés et publiés, comme tous les avis
de l'Ae.
Le caractère de l?avis
L?Ae ne donne pas d?avis sur l?opportunité d?un projet : elle
ne conclut donc jamais ses avis par la mention synthétique
d?une prise de position « favorable » ou « défavorable » à
l?autorisation du projet.
L?article L. 122-1-1 du code de l?environnement précise que «
l?autorité compétente pour autoriser un projet soumis à éva-
luation environnementale prend en considération (...) l?avis
des autorités mentionnées au V de l?article L. 122 1 », au
nombre desquels figure l?avis de l?autorité environnementale.
L?Ae rappelle ces éléments dans un encadré en préambule
de chacun de ses avis.
Pour les plans et programmes, les articles L. 122-7 et R. 122-21
prévoient que l?Ae formule un avis sur le rapport d?évaluation
environnementale et le projet de plan ou de programme.
Comme pour les projets, elle précise, dans un encadré en
préambule de l?avis, que ce dernier n?est ni favorable, ni dé-
favorable et ne porte pas sur l?opportunité du plan ou du
programme. Elle rappelle qu?aux termes de l?article L. 122-9
(2° du I) du code de l?environnement, l'autorité qui a arrêté
le plan ou le programme met à disposition du public une
déclaration résumant la manière dont elle a tenu compte
du rapport environnemental et des consultations auxquelles
elle a procédé.
Projet AmeLi à Dunkerque
Projet AmeLi à Dunkerque
L?A e E N 2 0 24 M É T H O D E S E T F O N C T I O N N E M E N T I N T E R N E
26 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 27
Les décisions de soumission ou non à évaluation
environnementale après examen « au cas par cas »
L?examen au cas par cas des projets, des plans ou des pro-
grammes ainsi que la décision qui le clôt suivent le même
principe d?élaboration : les projets de décision, établis par
un membre de l?équipe permanente, sont examinés par une
commission d?examen, composée d?au moins deux membres
permanents de l?Ae, puis présentés à la signature du pré-
sident auquel l?Ae a donné délégation.
Les décisions sont rendues dans les délais réglementaires de
35 jours après saisine pour les projets et de deux mois pour
les plans et programmes (à partir du moment où le dossier
est déclaré complet). Elles sont immédiatement rendues
publiques. Dans le cadre de la délégation accordée au pré-
sident de l?Ae33 , ce dernier, de même que tout membre de
la commission d?examen, a la possibilité, s?il l?estime utile, de
demander que soit inscrit à l?ordre du jour d?une séance de
l?Ae l?examen d?un projet de décision en vue de son adop-
tion par délibération collégiale. Cette inscription est systé-
matique pour tout examen de réponse à un recours gracieux
ou contentieux déposé à l?encontre d?une décision.
Là aussi, l?apport de la discussion collégiale est déterminant,
tant dans la motivation de la décision que dans le sens rete-
nu. Les décisions sont fondées sur trois catégories de consi-
dérations :
? pour les projets : nature du projet, localisation et incidences
potentielles significatives sur l?environnement ou la santé
humaine ;
? pour les plans et programmes34 : caractéristiques du plan,
caractéristiques des zones susceptibles d?être touchées et
incidences vraisemblables sur l?environnement ou la santé
humaine.
Lorsque le dossier est une opération d?un projet35 d?ensemble
soumis à étude d?impact (par exemple, un défrichement
dans le cadre de la réalisation d?une ligne à grande vitesse,
un poste de compression dans le contexte de la réalisation
d?une canalisation de gaz ou une opération au sein d?une
zone d?aménagement concerté), les dossiers peuvent, selon
le cas, faire l?objet d?un courrier en réponse pour préciser que
la demande d?examen au cas par cas n?est pas recevable,
ou d?une décision indiquant que c?est au titre du projet
d?ensemble qu?une étude d?impact doit être produite.
33.
Décision de délégation du 14 janvier 2019, publiée au bulletin officiel du mi-
nistère de la transition écologique et solidaire
34.
En s?inspirant des critères décrits respectivement à l?annexe III de la direc-
tive 2011/92/UE du 13 décembre 2011 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/
FR/ALL/?uri=celex:32011L0092 et à l?annexe II de la directive 2001/42/CE
du 27 juin 2001 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CE-
LEX%3A32001L0042.
35.
Dernier alinéa du III de l?article L. 122-1 : « Lorsqu'un projet est constitué de
plusieurs travaux, installations, ouvrages ou autres interventions dans le milieu
naturel ou le paysage, il doit être appréhendé dans son ensemble, y compris
en cas de fractionnement dans le temps et dans l'espace et en cas de multipli-
cité de maîtres d'ouvrage, afin que ses incidences sur l'environnement soient
évaluées dans leur globalité ».
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=celex:32011L0092
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=celex:32011L0092
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A32001L0042
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A32001L0042
L?A e E N 2 0 24 L?A e E N 2 0 24
La décision prise dans le cadre d?un examen au cas par cas est
soit la soumission à évaluation environnementale, soit la non
soumission. Elle n?est assortie d?aucune recommandation.
La décision mentionne, en revanche, pour les projets, l?obli-
gation pour l?autorité décisionnaire, en cas de non soumis-
sion à évaluation environnementale, de vérifier, au stade de
l?autorisation, que le projet correspond aux caractéristiques
et mesures qui ont justifié la décision d?exemption (VI de
l?article R. 122-3-1 du code de l?environnement).
L'absence de réponse de l?Ae dans le délai vaut obligation
de réaliser une évaluation environnementale sauf décision
explicite de non soumission prise ultérieurement.
Depuis l?entrée en vigueur de la loi n° 2018-1021 du 23 no-
vembre 2018 portant évolution du logement, de l'aména-
gement et du numérique, lorsque l'autorité chargée de
l?examen au cas par cas décide, après un examen au cas par
cas, de soumettre un projet ou un plan à évaluation envi-
ronnementale, la décision précise les objectifs spécifiques
poursuivis par la réalisation de l'évaluation environnemen-
tale du projet ou du plan.
Les recours
Recours contentieux : deux recours ont été déposés, concer-
nant des décisions prises en 2022 et 2023, et jugés en 2024 :
? un recours de la Région Auvergne-Rhône-Alpes deman-
dant l'annulation de la décision du Président de l?Autorité
environnementale du 25 août 2022 (référence AE/22/579)
rejetant la demande de la Région d'abroger la décision n°
F - 084?21?C-0125 du 19 octobre 2021 par laquelle l?Autori-
té environnementale a soumis à étude environnementale
la construction du Technicentre TER de maintenance de
Saint-Etienne ; le tribunal administratif de Lyon précise
dans sa décision n° 2208814 du 28 juin 2024 que « la re-
quérante n?est pas fondée à demander l?abrogation de la
décision du 25 août 2022 refusant d?abroger la décision
du 19 octobre 2021 soumettant à étude environnementale
la construction du technicentre TER ». Le tribunal relève
que « Pour contester la décision du président de l?autorité
environnementale du 25 août 2022 portant refus d?abro-
ger la décision du 19 octobre 2021 par laquelle l?autorité
environnementale a soumis à étude environnementale
la construction du technicentre TER de maintenance de
Saint-Etienne, la requérante se borne à invoquer l?illégali-
té initiale de la décision et n?invoque aucun changement
dans les circonstances de droit ou de fait, postérieur à cette
décision, qui l?aurait rendue illégale. Elle n?est par suite pas
fondée à demander l?annulation de la décision refusant
de l?abroger ».
? un recours de la société Réseau de Transport d?électricité
(RTE) demandant l?annulation de la décision de l?autorité
environnementale du 9 novembre 2023, confirmant la dé-
cision de soumission à évaluation environnementale du
projet de création du poste électrique 225/20 kV RTE-SRD
de Sud-Vienne sur la commune de Payroux et de son rac-
cordement par une liaison souterraine 225 kV au poste de
Rom : le TA de Cergy Pontoise (n° 2400356, 20 septembre
2024) rejette la demande. Il précise notamment en point
6 que « D?une part, il ressort des pièces du dossier et plus
particulièrement du recours administratif préalable obliga-
toire formé par la société RTE qu?il existe un lien fonctionnel
entre le poste électrique RTE-SRD situé à Payroux dont la
réalisation est projetée et la liaison souterraine permettant
le raccordement de ce poste au poste électrique existant
situé à Rom. Dans ces conditions, l?Autorité environnemen-
tale devait tenir compte de cette liaison souterraine pour
apprécier si le projet de création de poste électrique était
susceptible d?avoir des incidences notables sur l?environ-
nement et la santé humaine alors même que la création
d?une liaison souterraine ne serait pas soumise à évaluation
environnementale. Si la société RTE fait valoir que le choix
d?une liaison souterraine a des impacts moindres sur l?en-
vironnement qu?une ligne aérienne, cette circonstance ne
fait pas obstacle à ce que le projet soit susceptible d?avoir
des incidences notables sur l?environnement et la santé
humaine. Dans ces conditions, la société RTE n?est pas fon-
dée à soutenir que l?Autorité environnementale a entaché
sa décision d?une erreur d?appréciation en ne tenant pas
suffisamment compte des caractéristiques de la liaison
souterraine projetée ».
Raccordement RTE LE THUEL - LES HOQUINS (02)
28 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 29
32
Les avis rendus en 2024
124
Les décisions au cas par cas
126
De rares décisions d?évocation
2024 : DES DOSSIERS
TOUJOURS NOMBREUX
ET VARIÉS1
31.
Liste des avis en annexe.
1.
Liste des avis en annexe
L?Ae s?est réunie à 23 reprises en 2024,
pour délibérer ses avis, ainsi que certaines
décisions complexes après examen au
cas par cas. Tous les avis sont publiés
sur son site, immédiatement après leur
délibération. Les conditions de saisine de
l?Ae sont précisées sur son site internet2
ainsi que son règlement intérieur
L?Ae a rendu 133 avis
en 2024, portant sur
85 projets et 48 plans
et programmes (dont
6 sans observations).
L?Ae, conformément aux dispositions du code de l?environ-
nement, délibère quatre types d?avis :
? des avis de cadrage préalable d?une évaluation environne-
mentale, à la demande du maître d?ouvrage, sur saisine de
l?Ae par l?autorité compétente pour délivrer à terme l?auto-
risation ou approuver le plan ;
? des avis sur des rapports environnementaux ou études d?im-
pact présentés à l?occasion de processus d?approbation ou
d?autorisation ;
? des avis visant à analyser si une étude d?impact doit être
actualisée lors de demandes d?autorisations ultérieures.
? des avis « conformes » en application des dispositions des
articles R. 104-8 à 16 du code de l?urbanisme.
Dans le cadre de cette dernière procédure, c?est la collec-
tivité territoriale qui prend la décision de cas par cas, sur
la base de l?avis conforme de l?Autorité environnementale.
L?Ae a rendu deux « avis conformes » :
? le 21 mars 2024 un avis conforme portant sur la modifica-
tion n°1 du plan local d?urbanisme intercommunal Adour
Madiran (64-65), enregistré sous le n° F-076-24-P-0002. L?Ae a
conclu que la modification envisagée nécessite une actuali-
sation de l?évaluation environnementale du plan en vigueur ;
? le 27 juin 2024 sur la révision allégée n°1 du plan local d?urba-
nisme intercommunal de la communauté urbaine d?Alençon,
sous le numéro F-028- 24-P-000427 : l?Ae a décidé de ne pas
soumettre à évaluation environnementale cette révision.
Concernant les projets, l?Ae n?a rendu aucun avis « réputé sans
observation » (dit « tacite »). Pour les plans et programmes,
elle a rendu six avis « réputés sans observation », deux concer-
nant un contrat de plan État-Région (CPER) « Normandie »
et son volet « mobilités » et quatre concernant des plans de
prévention des risques naturels inondations (PPRi), dont deux
avec des risques de submersion marine (sm) :
? PPRi de la Commune de Baix (07),
? PPRi-sm des communes d?Erquy et Pléneuf-Val-André (22),
? PPRi-sm de la commune de Perros-Guirec (22),
? PPRi des bassins versants du Golo et des cours d?eau du sud
de la région bastiaise (2B).
Sur son site, pour chaque plan concerné, l?Ae précise qu?elle
ne rendra pas d?avis autre qu?un avis « réputé sans obser-
vation » sur ce dossier « faute de moyens suffisants pour
l?examiner ».
2.
Site internet de l?Autorité environnementale.
0
107
2018 2020 20222019 2021 2023
123
91
172
120
141
Avis rendus
en 2024
32 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
2024
133
32 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 33
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/l-autorite-environnementale-de-l-inspection-a376.html
Les cadrages préalables
Cinq avis portent sur le cadrage de l?étude d?impact de pro-
jets3.
La nature des questions posées à l?Ae, comme leur nombre
varient d?un projet à l?autre comme le montrent les exemples
ci-après :
L?Ae a rendu le 25 avril 2024 un avis (n°2024-10) sur le projet
de création d?un four à chaux (projet « AMeLi ») situé sur
le Grand port maritime de Dunkerque, sur les communes
de Gravelines et de Loon-plage (59). Au-delà des questions
spécifiques posées par le maître d?ouvrage, l?Ae présente le
projet et son contexte et apporte un éclairage sur ses princi-
paux enjeux environnementaux et les points spécifiques d?at-
tention à apporter dans l?étude d?impact. Elle note que les
informations contenues dans le dossier qui accompagne la
demande de cadrage sont à ce stade très limitées et précise
que des compléments importants devront être apportés au
dossier en particulier sur la logistique des matières premières,
des produits et du gaz carbonique, ainsi que sur la captation.
En ce qui concerne la plateforme industrielle « Zone Indus-
trie d'Avenir » (ZIA) sur le port de Dunkerque (59), l?Ae dans
son avis du 11 avril 2024 (n°2024-03) apporte des réponses
notamment sur le périmètre de l?évaluation environnemen-
tale, sur l?articulation entre les demandes d?autorisation
environnementale successives et l?actualisation de l?étude
d?impact ainsi que sur les projets à prendre en compte dans
le cadre des incidences cumulés.
Le projet XTC-Orano de fabrication de matériaux et recy-
clage de batteries électriques dans le Dunkerquois à Grave-
lines et Loon-Plage (59) participe de la mise en place d?une
filière de production de batteries pour véhicules électriques
en France. L?avis du 13 juin 2024 (n°2024-35) apporte des
réponses à toutes les questions initialement posées. Trois
questions ont été cependant identifiées comme appelant
tout particulièrement des précisions : les impacts sur l?air ou
encore l?articulation de l?évaluation environnementale avec
différents plans et programmes.
L?Ae a été saisie d?une demande de cadrage préalable concer-
nant le projet de restauration de la dynamique fluviale de la
Loire forézienne (42). Ce projet est porté par quatre maîtres
d?ouvrage intervenant à différents titres : l?État, le Départe-
ment de la Loire, France Nature Environnement (FNE Loire),
et l?établissement public territorial de bassin de la Loire.
L?Ae, dans son avis du 21 mars 2024 (n°2023-136), présente le
projet et son contexte et, au-delà des questions spécifiques
posées par le maître d?ouvrage, apporte un éclairage sur les
principaux enjeux environnementaux du projet et les points
spécifiques d?attention à apporter dans l?étude d?impact.
L?Ae a enfin été saisie d?une demande de cadrage préalable
de l?étude d?impact d?un projet de remplacement d?une ca-
nalisation de transport d?hydrocarbures liquides du réseaux
d?oléoducs de défense commune (ODC) (76), qui contribue
à l?approvisionnement énergétique national. La nouvelle
canalisation (projet nommé CIMA-LH2) sera intégralement
enterrée sur environ 20 km. Elle contournera les zones forte-
ment urbanisées reliant les installations de la CIM du Havre
à la station LH2.
Dans son avis de cadrage du 5 décembre 2024 (n°2024-103),
l?Ae répond à des questions concernant l?application de la
notion de site pour le projet, le périmètre de l?évaluation
environnementale, les aires d?étude envisagées pour celle-ci,
l?état initial et quelques questions d?ordre méthodologique.
Enfin, l?Ae émet des observations tenant par exemple à la
bonne prise en compte des étapes des travaux dans l?évalua-
tion environnementale, à la gestion des espèces exotiques
Watergang (avant / après)
plateforme ZIA Dunkerque
3.
Nb : Les avis de cadrage ne préjugent pas des analyses et des études que de-
vront mener les maîtres d?ouvrage pour fournir une étude d?impact complète.
34 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 35
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
envahissantes présentes sur leur tracé, ou encore à la néces-
sité éventuelle de compensations.
Trois demandes concernaient le cadrage de l?évaluation en-
vironnementale de plans et programmes :
Pour le schéma d?aménagement régional (SAR) de La Réunion
(974), l?Ae a été initialement saisie d?une unique question
portant sur « l?ampleur et le degré de précision des infor-
mations à fournir dans le rapport de présentation du Sar et
son évaluation environnementale ». Les échanges avec les
rapporteurs ont conduit l?Ae dans son avis du 24 octobre
2024 (n°2024-61) à préciser le questionnement portant, par
exemple, sur la nécessité d?une évaluation spécifique des
incidences sur l?environnement de chaque chapitre indivi-
dualisé ou sur une évaluation globale des incidences du Sar
ou encore sur le degré de précision attendu de l?évaluation
environnementale au regard des équipements et infrastruc-
tures localisés au futur Sar.
Pour la troisième stratégie nationale bas carbone (SNBC) et
la troisième programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE)
les questions portaient sur les principales pressions sur l?en-
vironnement et la santé humaine, les principaux enjeux en-
vironnementaux des deux planifications, sur le périmètre de
l?évaluation environnementale stratégique et la répartition
entre l?évaluation de la PPE et celle de la SNBC. L?Ae, dans
son avis (n°2024-88 du 12 septembre 2024) était également
questionnée sur la réflexion menée relative au suivi des in-
dicateurs de l?évaluation environnementale, sur la métho-
dologie proposée pour intégrer une dimension territoriale à
l?évaluation environnementale ainsi que sur les diverses ap-
proches thématiques proposées (biomasse, ressources du
sous-sol, transports). En parallèle de la demande de cadrage
préalable l?Ae a été saisie pour avis sur le projet de troisième
PPE lui-même, avis rendu le 19 décembre 2024 (cf. ci-après).
En ce qui concerne, le volet stratégique des documents stra-
tégiques de façades maritimes (DSF), l?Ae a été saisie d?une
demande de cadrage préalable de l?évaluation environne-
mentale par les trois directions générales du Ministère direc-
tement concernées par l?élaboration de ces documents : la
direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de
l'aquaculture (DGAMPA), la direction générale de l?aménage-
ment, du logement et de la nature (DGALN) et la direction
générale de l?énergie et du climat (DGEC). Par rapport aux
versions antérieures des DSF, l?importance du volet éolien en
mer est une nouveauté forte qui a tout particulièrement mo-
tivé la demande de cadrage. Le dossier comprend une liste
de questions spécifiques (périmètre de la révision, interac-
tions avec autres plans et programmes, priorité à l?évitement
dans la séquence « Éviter, Réduire, Compenser » (ERC), éolien
en mer et sensibilité des espèces, effets cumulés) auxquelles
l?Ae apporte des réponses en section 3 de son avis (n°2024-
39) du 13 juin 2024. Elle rappelle préalablement le contexte
des DSF et de la demande de cadrage et les éléments clés
sur les DSF en vigueur.
Un rapport de l?IGEDD4 souligne l?intérêt du cadrage pré-
alable intervenant en amont ou en accompagnement de
l?élaboration de l?étude d?impact ou du rapport environne-
mental pour identifier le plus en amont possible les enjeux
environnementaux et méthodoloqiques et aider le maître
d?ouvrage à répondre à ses questionnements.
L?Ae a rendu deux avis en 2024 sur des dossiers ayant fait
l?objet d?avis de cadrage en 2023 :
? le 21 novembre 2024 un avis (2024-104) sur le projet Emili
(extraction et traitements de lithium - galerie d?exploration,
4e campagne de sondages et pilotes industriels de traite-
ments ? dans l?Allier (03)) qui avait fait l?objet d?un cadrage
préalable le 21 décembre 2023 (n°2023-100) ;
? le 26 septembre 2024 (n°2024-65) sur le Parc naturel régional
du Gâtinais français (charte 2026-2041), objet d?un avis de
cadrage préalable en date du 19 octobre 20235 .
PLANS ET PROGRAMMES :
UN NOMBRE D?AVIS EN DIMINUTION
L?Ae a instruit 48 dossiers de plans et programmes, comme
en 2022, soit davantage qu?en 2019 (45) ou en 2020 (26) mais
moins qu?en 2023 (58) ou qu?en 2021 (83), année exception-
nelle.
Les Parcs naturels régionaux (PNR) :
L?Ae a rendu huit avis sur des PNR, pour des renouvellements
de charte.
Charte du Parc naturel régional du Gâtinais français 2026-
2041 (77 et 91) ? Avis n°2024-65 du 26 septembre 2024 :
L?Ae souligne dans son avis du 26 septembre 2024 (n°2024-65)
la qualité des documents produits et des démarches menées
pour leur élaboration. Le projet de charte présenté est qua-
lifié de réaliste et ambitieux. Parmi les recommandations de
l?Ae on relèvera principalement celles de renforcer la place
de la désimperméabilisation des sols dans la mesure intitulée
4.
Rapport de juillet 2023 « Mobilisation des autorités environnementales lors
de l?élaboration des projets, plans et programmes ?phase amont dont ca-
drage préalable » : https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/mobili-
sation-des-autorites-environnementales-lors-a3834.html. Philippe Gratadour,
Philippe Ledenvic et Vincent Motyka.
5.
ibid.
Cressonnière de la Noue à Moigny-sur-Ecole
« Luttons pour améliorer la qualité de l?eau » en y associant
un objectif quantitatif (sous réserve de sa faisabilité), d?ins-
crire clairement dans la charte que ses ambitions pour le
développement d?une trame de vieux bois ont vocation à
s?appliquer quelle que soit la nature de la propriété, et de
prévoir des mesures de compensation en cas d?atteinte aux
continuités écologiques, aux espèces et aux habitats naturels
dont la conservation est identifiée comme prioritaire dans la
charte. L?Ae note que la réalité du périmètre d?application de
la charte après adhésion des nouvelles communes au syndi-
cat mixte pourra influer sur les impacts de sa mise en oeuvre.
oeillet sauvage
36 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 37
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/mobilisation-des-autorites-environnementales-lors-a3834.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/mobilisation-des-autorites-environnementales-lors-a3834.html
Charte du parc naturel régional (PNR) de la Brenne (36) en
Centre-Val-de-Loire ? Avis n°2024-63 adopté lors de la séance
du 26 septembre 2024
Le projet de quatrième charte s?appuie sur un diagnostic
territorial de qualité et un bilan synthétique de la charte
en vigueur. La nouvelle charte est clairement présentée, le
diagnostic territorial et l?évaluation de la charte sont d?un
abord aisé, illustrés et détaillés. Toutefois la différence entre
la structure de ces documents, et l?absence de consolidation
de leurs constats respectifs ne permettent pas au lecteur de
disposer d?une clé de lecture directe du projet de nouvelle
charte. Les principales recommandations de l?Ae dans son
avis du 26 septembre 2024 (n°2024-63) portent notamment
sur les ressources nécessaires à la réalisation des mesures
prévues par la Charte, leur phasage, ainsi que sur les critères
de répartition des moyens disponibles et d?engagement des
mesures et sur le dispositif de suivi de la Charte qui doit être
étendu à toutes les mesures de celle-ci. L?Ae émet d?autres
recommandations telles que de renforcer la prise en compte
de l?environnement dans les mesures relatives au dévelop-
pement des énergies renouvelables (EnR) et du tourisme et
d?apporter l?assurance de l?absence d?incidences résiduelles
significatives ou encore d?exposer les mesures prises ou
moyens mis à disposition pour accompagner les élus dans
l?application de la mesure relative à un urbanisme durable.
Des recommandations concernent plus particulièrement le
rapport environnemental : faire porter l?état initial sur l?en-
semble des thématiques environnementales nécessaires à
sa caractérisation, justifier le choix des mesures phares, par
exemple.
Charte du parc naturel régional (PNR) du Perche (2025-2040)
(28-41-61) ? Avis n°2024-57 du 29 août 2024
La saisine de l?Ae porte sur la révision de la charte du PNR
du Perche pour la période 2025-2040. L?Ae note dans son
avis du 29 août 2024 (n°2022-57) que le bilan de la Charte
2010-2025 ne fournit qu?une appréciation approximative de
l?atteinte des objectifs de la Charte, et conduit à identifier
un déficit en matière de stratégies et de compétences par-
tagées avec les autres acteurs ainsi qu?un manque d?ancrage
du Parc pour peser sur la volonté politique locale en matière
d?urbanisme notamment alors même que la majorité des
actions prévues ont été réalisées et que la plus-value du Parc
est reconnue. La dynamique de gouvernance du Parc a été
relancée dans le cadre de l?élaboration du projet de Charte.
Pour l?Ae, ces points d?ancrage et relais locaux, au même titre
par exemple que les déclinaisons de la Charte à prévoir dans
les documents d?urbanisme, nécessitent d?être formalisés et
suffisamment précis, y compris à travers les engagements
des signataires.
Le diagnostic territorial est assez complet et de qualité
même si certaines précisions et compléments sont attendus.
Le projet de Charte se décline en objectifs dits opérationnels
et comporte un dispositif de suivi assorti d?indicateurs pour
la plupart chiffrés. Le caractère opérationnel des mesures
gagnerait toutefois à être renforcé et parfois précisé.
En ce qui concerne l?évaluation environnementale, certaines
alternatives auraient dû être examinées et comparées (no-
tamment choix du périmètre du Parc et la priorisation des
mesures). L?analyse des incidences nécessite d?être approfon-
die et les mesures d?évitement, de réduction et de compen-
sation, ou « points de vigilance » dans la mise en oeuvre de
certaines actions, d?être explicitées et accompagnées d?un
dispositif de suivi les prenant en compte spécifiquement.
Charte du parc naturel régional (PNR) du Queyras (05)
? Avis n°2024-028 du 27 juin 2024
Dans son avis (n°2024-28) du 27 juin 2024, l?Ae note que le dia-
gnostic territorial et le bilan sont de qualité. Ils témoignent
du contexte difficile dans lequel la 3e charte avait été éla-
borée et mise en oeuvre. La nouvelle Charte est clairement
présentée. Si l?évaluation est d?un abord aisé, la hiérarchi-
sation des enjeux et des actions à mener n?est toutefois ni
explicite, ni justifiée. L?évaluation des incidences de la Charte
est à poursuivre en prenant en compte les liens existant entre
les mesures et en complétant l?analyse des effets probables
des mesures relatives à l?offre de logement et au paysage. Des
mesures de compensation en cas d?atteinte aux continuités
écologiques, aux espèces et aux habitats naturels, dont les
zones humides, sont à prévoir et les effets de la Charte sur
les sites du réseau Natura 2000 sont à analyser plus finement.
Pour l?Ae, l?ambition des mesures en matière d?urbanisme,
de mobilité et d?évolution des activités touristiques est à
rehausser significativement afin d?engager de réelles adap-
tations dans le contexte du changement climatique et les
opportunités de faire du PNR un espace d?expérimentation
en faveur de la transition écologique sont à approfondir.
Charte du Parc naturel régional de la Montagne de Reims «
Objectif 2040 » (51) - Avis n°2024-06 du 25 avril 2024
L?Ae souligne dans son avis du 25 avril 2024 (n°2024-06) l?im-
portant travail de concertation mené. Des recommanda-
tions sont faites pour mieux présenter l?ensemble des me-
sures prévues qui concourront à l?adaptation du territoire
vulnérable au changement climatique. L?Ae note que le
projet de Charte distingue, de façon opportune, les actions
portées par le syndicat mixte du Parc et les engagements des
partenaires du Parc : elle recommande de préciser les modes
de conventionnement ou de contractualisation qui préside-
ront aux engagements des signataires de la Charte ainsi que
ceux des acteurs susceptibles d?être les relais opérationnels
de la Charte sur le territoire. L?évaluation environnementale
est méthodique, détaillée, et proportionnée.
L?Ae recommande que les leviers pour garantir l?atteinte de
l?objectif d?amélioration des masses d?eau soient explicités,
d?examiner les effets potentiels des mesures envisagées pour
la réduction des GES et de préciser les leviers pour garantir
l?atteinte de l?objectif d?accroissement des aires naturelles
sous protection forte, voire d?avoir une perspective plus
ambitieuse.
38 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 39
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Charte du Parc naturel régional (PNR) du Luberon (04-84) -
Avis n°2023-122 du 7 mars 2024
Le dossier de révision de la Charte du PNR du Lubéron est
bien structuré et présente clairement les éléments de dia-
gnostic et de bilan de la Charte en vigueur qui justifient les
« défis stratégiques » de la nouvelle Charte. L?Ae note ce-
pendant dans son avis du 7 mars 2024 (n°2023-112), qu?il ne
justifie pas suffisamment, par l?analyse de scénarios alterna-
tifs, la solution retenue notamment en ce qui concerne le
périmètre du parc. Parmi les principales recommandations,
elle préconise de prioriser les actions, les moyens du Parc
étant limités au regard de ses ambitions. Concernant ces
dernières, l?Ae recommande que les objectifs de diminution
d?artificialisation nette, de consommation énergétique et
de production d?énergies renouvelables du schéma régional
d?aménagement, de développement durable et d?égalité des
territoires (Sraddet) de la Région Sud (Provence-Alpes-Côte
d?Azur) soient traduits à l?échelle du PNR et territorialisés.
Plus généralement, l?Ae recommande que chacune des me-
sures soit territorialisée. Elle suggère également que le dossier
soit complété pour montrer la cohérence de traitement des
continuités écologiques partagées avec les PNR voisins. En-
fin, elle recommande que l?engagement des partenaires soit
cohérent avec le projet de Charte, y compris sur le territoire
d?extension et la commune de Cruis, au sein de la réserve
de biosphère labellisée par l?Unesco, où un projet de parc
photovoltaïque est développé.
Charte du Parc naturel régional du Vexin français « Horizon
2040 » (78 - 95) ? Avis n°2023-131 adopté lors de la séance
du 21 mars 2024
Le bilan de la Charte précédente montre l?atteinte de la plu-
part des objectifs fixés. Les mesures sur l'artificialisation du
territoire ont permis de limiter l?urbanisation et un plan éner-
gie-climat a été démarré. La question de la mobilité demeure
cependant une préoccupation majeure, la transition agricole
n'a pas encore été pleinement enclenchée, et la qualité de
l'eau continue de se dégrader.
Le projet de Charte est ambitieux et fait suite à une longue
concertation. La solution retenue pour le périmètre est bien
argumentée. Les mesures opérationnelles sont nombreuses,
reliées entre elles le plus souvent. Le dispositif de suivi est
très complet mais souffre d?un manque d?opérationnalité,
de valeurs initiales et de valeurs cibles des indicateurs. Les
ambitions apparaissant parfois aller au-delà des moyens ac-
cordés au Parc, l?Ae recommande une hiérarchisation des
actions. L?Ae note que les engagements des signataires et «
les apports des partenaires » de la Charte sont très détaillés,
traduisant une volonté réelle des acteurs d?accompagner la
mise en oeuvre de la nouvelle Charte.
Charte du Parc naturel régional (PNR) des Marais du Coten-
tin et du Bessin (50 et 14) ? Avis n°2023-119 du 22 février 2024
Le bilan de la Charte 2010-2025 du Parc naturel régional des
Marais du Cotentin et du Bessin met en évidence les points
forts comme les difficultés rencontrées. Face à certains
constats, l?amélioration de la gouvernance et du fonction-
nement de la structure « Parc » constitue une priorité de la
nouvelle Charte. Le diagnostic territorial, actualisé, est com-
plet mais manque parfois d?analyse, tout comme l?état initial
du rapport environnemental, sur les causes anthropiques des
dégradations environnementales.
L?évaluation environnementale permet de développer la sé-
quence « éviter, réduire, compenser » en même temps que la
construction du projet de charte, et de justifier les priorités
retenues au regard de critères environnementaux.
PNR Perche
40 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 41
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
L?Ae souligne certains points nécessitant cependant d?être
approfondis ou affinés, par exemple, l?évaluation des inci-
dences des mesures de l?ambition 2 (« Accroître la résilience
de nos patrimoines naturels et paysagers ») en matière de
contribution à la mise en oeuvre de la stratégie nationale
des aires protégées.
L?atténuation et l?adaptation au dérèglement climatique
avec comme conséquence la montée des eaux et le risque
de submersion marine sont au coeur des réflexions et des
actions de la Charte. L?Ae émet plusieurs recommandations
telles que renforcer la concertation avec le public sur les
perspectives de recomposition spatiale du littoral du Coten-
tin, ou encore préciser les échéances envisageables pour les
actions de réduction de la vulnérabilité aux risques littoraux
jusqu?en 2040.
Charte du Parc naturel régional (PNR) des Pyrénées arié-
geoises (09) ? Avis n°2024-53 du 25 juillet 2024
L?avis n° 2024-53, adopté lors de la séance du 25 juillet 2024,
porte sur la première révision de la Charte du parc naturel
des Pyrénées ariégeoises. L?Ae constate qu?en dépit de ses
atouts, le projet de Charte n?aborde pas frontalement des
sujets clés et semble cantonner le rôle du syndicat mixte à
un catalogue de services, sans définir des objectifs concrets
qui pourraient valoriser sa forte attractivité paysagère et
environnementale. L?ambition de cohérence et d?équilibre
entre les différentes ressources ne semble pas totalement
partagée par les acteurs, privant la Charte d?une stratégie
plus explicite et de leviers efficaces. Pour l?Ae, la révision de
la Charte doit être le moment clé pour affirmer le portage
politique d?un parc naturel régional à l?échelle de l?ensemble
de son territoire.
L?Ae recommande principalement de simplifier et sélection-
ner significativement les mesures, dispositions, et engage-
ments de la Charte en ciblant des priorités et des objectifs
plus concrets et opérationnels, cohérents entre eux ainsi
qu?avec le plan d?adaptation du parc récemment adopté,
et de compléter chaque mesure par des indicateurs. L?éva-
luation environnementale est à reprendre sur cette base. L?Ae
recommande de démontrer la compatibilité du projet de
Charte avec le Sraddet d?Occitanie et de définir des objectifs
concrets d?adaptation au changement climatique (gestion
des puits de carbone, de la ressource en eau, des risques
naturels) comme de compléter la Charte de mesures plus
volontaristes en termes de biodiversité, sobriété énergétique
et de production d?énergies renouvelables, ainsi que sur l?eau.
D?autres dossiers de PNR feront l?objet d?un avis en 2025
compte tenu de la date de saisine (PNR du Livradois-Forez,
PNR du Pilat (07-42-43-69), PNR de l?Avesnois (59), projet de
création du PNR Comminges Barousse Pyrénées (31-65)).
Contrats de plan État-Région (CPER)*
L?Ae a émis en 2024 onze avis sur des volets Mobilités des
contrats de plan Etat-Région. Les résumés de chaque avis
sont présentés ci-après et une synthèse sur l?ensemble de
ces avis est présentée dans la partie consacrée aux focus
thématiques de ce rapport. (cf. le zoom consacré à ce sujet)
CPER Hauts-de-France, volet Mobilités 2023-2027 - Avis
n°2024-94 du 7 novembre 2024
Les orientations du volet Mobilités du CPER Hauts-de-France
2021-2027 sont tournées vers la décarbonation des trans-
ports et le report modal (voyageurs et marchandises). Le
montant contractualisé s?élève à 1 460 M¤ (notamment 693,5
M¤ pour l?État, 693,5 M¤ pour la Région).
Des investissements importants sont prévus pour dévelop-
per le fret ferroviaire et fluvial. L?évaluation environnementale
de l?ensemble du CPER, complétée pour prendre en compte
le volet Mobilités, comporte une analyse détaillée des enjeux
des secteurs susceptibles d?être affectés et des incidences
des projets importants. Elle reste cependant trop générale,
en particulier dans l?analyse des effets du volet Mobilités, y
compris positifs (émissions de GES et polluants) et dans la
définition des mesures d?évitement, réduction, compensa-
tion, ainsi que du dispositif de suivi.
L?Ae émet plusieurs recommandations telles que compléter
l?état initial avec une synthèse spécifique des données et en-
jeux relatifs aux transports, préciser l?analyse des incidences,
la définition des mesures d?évitement, réduction et compen-
sation et préciser les états initiaux et cibles des indicateurs
retenus pour le suivi ou encore d?actualiser la présentation,
pour certains projets importants, des incidences (en particu-
lier sur les milieux naturels) et des mesures les limitant. La co-
hérence du CPER avec les stratégies régionale et sectorielles
pour les transports, son articulation avec les autres finan-
cements ainsi que les gouvernances mises en place doivent
être présentées, ces dernières constituant un facteur clé de
définition et de mise en oeuvre des actions pour concrétiser
les objectifs de report modal sous-tendus par l?important
effort d?investissement.
42 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 43
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
CPER 2021-2027 de Nouvelle-Aquitaine Avenant relatif au
volet Mobilités 2023-2027 - Avis n° 2024-090 du 7 novembre
2024
Le volet Mobilités du CPER 2021-2027 de la région Nouvelle
Aquitaine affiche une priorité pour le transport ferroviaire et
les « transports du quotidien », ainsi qu?une attention portée
à l?amélioration des réseaux de transport existants.
Le volet Mobilités présente de nombreux effets positifs sur
l?environnement en termes d?émissions de GES et de qualité
de l?air, tout en limitant les impacts sur les milieux naturels.
L?Ae souligne le travail considérable réalisé pour dévelop-
per une gouvernance des politiques de mobilité, déclinée
à toutes les échelles qui nécessite d?être dotée des outils de
pilotage aptes à garantir l?atteinte des objectifs de ce volet
du CPER, en particulier environnementaux.
Elle relève toutefois que l?apport de l?évaluation environne-
mentale aux réflexions portées sur la politique des Mobilités
en Nouvelle-Aquitaine est faible. Elle ne permet pas d?en
quantifier les effets et donc de donner de la visibilité quant
aux choix effectués. Elle n?éclaire pas les maîtres d?ouvrage ni
le public quant à l?intérêt environnemental réel de certaines
opérations. Elle ne propose ni mesures ERC ni mesures per-
mettant d?accroître les effets positifs du volet Mobilités. L?Ae
rappelle les obligations réglementaires auxquelles doit ré-
pondre l?évaluation environnementale. Elle recommande de
revoir celle du volet Mobilités du CPER qui devrait s?inscrire
dans une vision beaucoup plus large de la politique régionale
des mobilités et de l?articulation entre mobilités intra et in-
terrégionales. Cette politique mériterait d?être formalisée,
par exemple par une stratégie régionale, établie en lien avec
l'ensemble des parties prenantes, incluant infrastructures de
transport, services de mobilités, politiques tarifaires et autres
moyens d?accompagnement, et faire l?objet d?une évaluation
environnementale.
Contrat de plan interrégional État-Régions (CPIER) Rhône
? Saône ? Avis n°2024-86 adopté lors de la séance du 7 no-
vembre 2024
L?avenant Mobilité du CPIER est consacré au développement
du transport fluvial, en lien avec le développement portuaire
et le transport ferroviaire, pour contribuer au report modal
du transport de marchandises sur l?axe Méditerranée Rhône
Saône, en cohérence aussi avec les objectifs de développe-
ment industriel sur cet axe. Il soutiendra un ensemble d?ac-
tions en faveur du transport fluvial (voies navigables, offre de
service aux navigants, modernisation de la flotte) et d?opé-
rations portuaires sur le Rhône, la Saône et l?interface mer/
fleuve sur les terminaux à conteneurs de Fos sur Mer. Son
montant contractualisé s?élève à 176,3 M¤ (100 M¤ pour l?État
et ses établissements publics, 40,6 M¤ pour les Régions, 35,7
M¤ pour la Compagnie nationale du Rhône (CNR), et 30 M¤
de financements complémentaires d?ores déjà identifiés).
Les actions du CPIER sont cohérentes au regard de l?ob-
jectif de développement du transport fluvial. Leurs ob-
jectifs quantitatifs et les incidences visées (réduction des
émissions de GES en particulier) doivent cependant être
précisés, en perspective avec l?état actuel du transport de
marchandises (tous modes confondus) sur l?axe et avec
les différentes stratégiques thématiques, nationales, ré-
gionales et locales déployées. Les investissements porte-
ront largement sur des infrastructures existantes ce qui
contribuera à limiter leurs incidences. L?Ae recommande
cependant de préciser les incidences environnementales
sur les milieux naturels pour les sites les plus sensibles, de
détailler certaines des mesures d?évitement ou réduction
des incidences envisagées, de compléter les indicateurs
de suivi prévus, en termes tant de résultats pour le trans-
port fluvial que d?incidences, et d?en partager largement
le suivi. Elle recommande enfin de présenter plus en détail
les opérations prévues pour conforter et moderniser le
canal du Rhône à Sète ainsi que les mesures prévues pour
y redresser le trafic de fret.
CPER 2021-2027 État et Région Occitanie Avenant n°1 relatif
au volet Mobilités 2023-2027 - Avis n°2024-85 du 24 octobre
2024
Le volet Mobilités du CPER 2021-2027 de la région Occita-
nie affiche une priorité pour le transport ferroviaire et les «
transports du quotidien », ainsi qu?une attention portée à
l?amélioration des réseaux de transport existants (51 % des
crédits sont accordés aux transports ferroviaires de passager
et de fret et 16 % aux services express régionaux (SERM) des
deux métropoles de Toulouse et Montpellier).
Ce volet Mobilités présente de nombreux effets positifs sur
l?environnement en termes d?émissions de GES et de qualité
de l?air, tout en limitant les impacts sur les milieux naturels.
Les actions sont de plus clairement ciblées sur les points noirs
environnementaux de la région, sans oublier le désenclave-
ment des départements excentrés.
Pour l?Ae, l?évaluation environnementale n?est cependant
pas à la hauteur des réflexions portées sur la politique des
mobilités et des convergences de vues entre les acteurs de
cette politique. Elle ne permet en effet pas d?en quantifier
les effets et donc de donner de la visibilité aux choix effec-
tués. Elle n?éclaire ni les maîtres d?ouvrage ni le public quant
à l?intérêt environnemental réel de certaines opérations.
Elle ne propose ni mesures d?évitement, de réduction ou de
compensation ni mesures permettant d?accroître les effets
positifs du volet Mobilités.
Pour l?Ae, l?évaluation du volet Mobilités devrait s?inscrire
dans une vision beaucoup plus large de la politique régionale
des mobilités, à laquelle elle ne contribue que pour une part.
Cette politique mériterait d?être formalisée, par exemple par
une stratégie régionale, incluant infrastructures de transport,
services de mobilités, politiques tarifaires et autres moyens
d?accompagnement, et faire l?objet d?une réelle évaluation
environnementale. La mise en place d?une gouvernance et
d?un pilotage aptes à garantir l?atteinte des objectifs du volet
Mobilités doit être accélérée.
44 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 45
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
CPER 2021-2027 État-Région Centre-Val de Loire, Avenant
relatif au volet Mobilités 2023-2027 - Avis n°2024-44 du 12
septembre 2024
Le Conseil régional de Centre ? Val de Loire et l?État pré-
sentent un avenant 2023-2027 concernant la mobilité au
contrat de plan État-Région (CPER) Centre Val de Loire 2021-
2027, signé le 7 mars 2022.
Le montant contractualisé de cet avenant s?élève à 514,1 M¤
(189 M¤ pour l?État, 193 M¤ pour la Région, et 132,1 M¤ à ap-
porter par d?autres financeurs).
Les orientations du volet mobilités du CPER sont clairement
tournées vers la décarbonation des transports avec un ac-
cent mis particulièrement sur le ferroviaire (amélioration des
réseaux structurants et désengorgement des étoiles ferro-
viaires, renforcement des lignes de desserte fine du territoire,
fret, accessibilité des gares).
Le réseau routier ne bénéficie que de travaux de sécurité et
deux projets d?infrastructures nouvelles du CPER précédent
sont abandonnés. Pour l?un de ces deux projets, l?Ae recom-
mande de poursuivre la recherche de solutions alternatives
permettant d?améliorer la situation de la commune de Mau-
boué traversée par la RN10.
Le volet mobilités fait l?objet de sa propre évaluation envi-
ronnementale, de qualité. Elle est notamment dotée d?une
analyse pertinente des secteurs géographiques susceptibles
d?être impactés par les projets et d?un dispositif de suivi. L?Ae
recommande néanmoins de compléter l?état initial avec une
synthèse spécifique des données et enjeux relatifs aux trans-
ports et aux mobilités. Le niveau d?enjeu relatif à la biodiver-
sité et aux milieux naturels devrait être reconsidéré et les
enjeux relatifs à la qualité de l?eau pourraient être mieux pris
en compte. Le rapport environnemental devrait être com-
plété par des éléments sur les incidences des politiques de
transports sur les émissions de GES, y compris en analyse de
cycle de vie et en incluant les émissions liées aux chantiers,
et sur l?adaptation au changement climatique.
CPER 2021-2027 État-Région Provence-Alpes-Côte d?Azur :
Avenant relatif au volet Mobilités 2023-2027 ? Avis n°2024-
50 du 25 juillet 2024
Le montant contractualisé de l?avenant « mobilité » du CPER
2021-2027 soumis à l?Ae pour avis, s?élève à 1 462,9 M¤, (385
M¤ part État, 385 M¤ part Région, et 692,9 M¤ d?autres finan-
ceurs). L?objectif de l?avenant est d?améliorer et moderniser
la mobilité avec, comme fil directeur, le report modal.
L?Ae relève que le dossier est dans l?ensemble de qualité avec
un rapport environnemental détaillé, par exemple sur les
incidences de plusieurs projets importants. Elle émet plu-
sieurs recommandations parmi lesquelles celle de présen-
ter et quantifier la contribution du volet mobilités au regard
des objectifs régionaux (protocole État-Région pour la mo-
bilité décarbonée d?août 2023, « orientations stratégiques
régionales pour la transition écologique de la mobilité »
de la Région), de compléter la présentation des incidences
sur les émissions de GES, le renforcement des démarches
d?éco-conditionnalité, pour la sélection et le suivi des projets,
et le respect des objectifs et procédures Natura 2000 pour
les infrastructures routières neuves.
Si le volet Mobilités s?avère positif en termes de mobilité
durable, la prise en compte de l?environnement paraît ce-
pendant perfectible. L?Ae recommande d?approfondir les
mesures Éviter-Réduire-Compenser, de compléter le rapport
environnemental par les motifs qui ont conduit à retenir les
projets routiers du projet d?avenant (notamment du point
de vue de l?environnement), et de concentrer les finance-
ments « routiers » sur les évolutions de l?usage de la route au
bénéfice de l?ensemble des modes de transport plutôt qu?au
développement de capacités nouvelles.
46 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 47
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
CPER État ? Région du Grand Est, volet Mobilités 2023 ? 2027
? Avis n°2024-27 du 27 juin 2024
Le volet Mobilités du CPER 2021-2027 de la région Grand Est
privilégie les mobilités décarbonées ou plus économes en
énergie, les aménagements et la valorisation des infrastruc-
tures existantes plutôt que la création de nouvelles, en par-
ticulier routières et présente donc a priori, de nombreux
effets positifs sur l?environnement notamment en termes
d?émissions de GES et de qualité de l?air. L?évaluation environ-
nementale n?est pas à la hauteur des réflexions portées sur
la politique des mobilités dans le Grand Est et des conver-
gences de vues entre les acteurs de cette politique. Elle ne
permet pas de quantifier les effets des différentes options
étudiées et donc de donner de la visibilité sur les choix ef-
fectués. L?évaluation du volet Mobilités devrait s?inscrire dans
une vision beaucoup plus large de la politique régionale des
mobilités, dont le CPER ne constitue qu?une composante
financière. Cette politique nécessiterait d?être formalisée,
par exemple par une stratégie régionale, incluant infrastruc-
tures de transport, services de mobilité, écocontributions et
autres politiques d?accompagnement, et faire l?objet d?une
évaluation environnementale.
CPER 2021-2027 État-Région Île-de-France, Avenant relatif
au volet Mobilités 2023-2027 ? Avis n°2024-23 du 13 juin 24
Le volet Mobilités du CPER 2021-2027, d?un montant de 8,4
milliards d?euros, représente près des trois-quarts des crédits
contractualisés dans le CPER. Il comprend trois chapitres :
transports en commun (7,4 milliards d?euros), ferroviaire (378
millions d?euros - (M¤)) et route (622 M¤). Il porte principale-
ment sur le transport de voyageurs, enjeu indéniable dans
la région avec environ quarante millions de déplacements
quotidiens, même s?il cible aussi le développement du fret
ferroviaire dans un contexte où la part modale de la route
pour les transports de marchandises est de 91 %.
Bien qu?il ambitionne une baisse de l?usage de la voiture indi-
viduelle, le volet Mobilités joue exclusivement, via un effort
d?investissement conséquent, sur l?offre d?infrastructures et
de services de transports en commun fiables et mieux mail-
lés et sur celle de cars express et de covoiturage, tout en
prévoyant des aménagements routiers destinés pour partie
à améliorer la fluidité de la circulation automobile, parfois
en articulation avec le réseau cyclable.
L?étude d?impact, intéressante et riche sur l?état initial, est
purement qualitative dans l?appréciation des incidences et
les indicateurs de suivi ne comprennent ni valeur de réfé-
rence, ni cible, ni calendrier. Elle met l?accent à juste titre sur
les inégalités socio-environnementales de santé.
Les principales recommandations de l?Ae portent sur la
justification des choix opérés au regard d?un bilan du CPER
2015-2020 qui devrait être détaillé et analysé, sur l?articula-
tion avec les autres instruments de planification et soutien
relatifs aux transports, sur l?apport du CPER conjointement
avec ces instruments au regard des objectifs des politiques
de mobilité durable, sur l?évaluation fine des effets des opé-
rations soutenues, notamment sur la santé humaine, sur l?ex-
plicitation d?un dispositif d?éco-conditionnalité spécifique
valorisant aussi l?intermodalité avec le fer et la voie d?eau
et sur la prise en compte du changement climatique, pour
les infrastructures de transport comme pour le confort des
voyageurs.
48 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 49
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
CPER État ? Région Bretagne, volet mobilité 2023 ? 2027 ?
Avis n°2023-110 du 25 janvier 24 (2e avis)
L?avenant concernant le volet « mobilité » du CPER de Bre-
tagne 2021-2027 porte sur les orientations d?augmentation
de l?usage du train par le développement des infrastructures
ferroviaires et l?inscription de l?offre ferroviaire dans une ap-
proche multimodale, d?amélioration de l?accès à la pointe
bretonne, de desserte fine et durable des territoires et de
décarbonation du transport de fret. Il est doté de 233 M¤
par l?État pour un montant total estimé de travaux et études
de 686 M¤.
L?évaluation environnementale souffre de la difficulté d?une
approche partielle, le volet mobilité du CPER ne finançant pas
l?intégralité des projets régionaux de mobilité de la Bretagne.
Son inscription dans la continuité des précédents CPER ne
lui permet pas de réaliser une analyse critique des projets
d?infrastructures dont l?inscription dans le CPER semble da-
vantage fondée sur leur maturité socio-économique que sur
des critères environnementaux. L?absence de définition et
d?application de critères d?éco-conditionnalité, pourtant
demandés par le mandat de négociation, ne permet pas
de disposer des outils qui faciliteraient l?analyse critique et
sélective attendue. L?Ae recommande en conséquence la
mise en place dans le cadre de la nouvelle gouvernance des
transports à l?échelle régionale, inscrite dans le projet de vo-
let mobilité, de critères d?éco-conditionnalité permettant à
la fois d?affiner les choix de projets de transport et d?assurer
le suivi du projet mobilité du CPER.
De façon à avoir une vision d?ensemble des impacts, elle
recommande également de prendre en compte, au moins
pour l?artificialisation, les atteintes à la biodiversité et les
émissions de GES, l?intégralité des projets de mobilité ayant
un lien avec le volet mobilité du CPER.
CPER État ? Région des Pays de la Loire, volet Mobilités 2023
? 2027 ? Avis n°2023-130 du 11 avril 24 2e avis
Le volet « mobilité » du contrat de plan État-Région (CPER)
des Pays de la Loire 2021-2027 met en oeuvre des crédits
contractualisés pour les mobilités pour un montant estimé
à 734 M¤ (dont 306 M¤ de l?État et 235 M¤ de la Région).
L?objectif est d?accompagner la transition des mobilités et
d?augmenter l?offre de transports durables sur tous les terri-
toires. Le volet Mobilités ne finance pas la totalité des projets
régionaux de mobilité. L?Ae relève que si le volet Mobilités
du CPER relève le défi du développement ferroviaire et des
mobilités durables, avec un investissement financier sensi-
blement renforcé, et s?il permet de soutenir des investisse-
ments de décarbonation au grand port maritime de Nantes-
Saint-Nazaire, sa prise en compte de l?environnement paraît
perfectible. L?Ae recommande à l?État de réduire sa partici-
pation au volet routier au profit des transports décarbonés
en cohérence avec les objectifs nationaux de réduction des
émissions de GES.
CPER de la région Normandie (n°2023-106) : Dans sa séance
du 24 octobre 2024, l?Ae indique que le CPER n?a pas fait
l?objet d?un avis explicite « faute de moyens suffisants pour
l?examiner ».
Les Plans climat énergie territoriaux (PCAET)
Les quatre dossiers examinés concernent tous l?élaboration
d?un premier PCAET, en application de l?obligation pour les
EPCI de plus de 20 000 habitants d?élaborer un PCAET d?ici
fin 2018. Certaines de ces intercommunalités sont de créa-
tion relativement récente (entre 2016 et 2018) et souvent
l?élaboration du PCAET a été retardée par la période du Co-
vid qui n?a pas permis de tenir les concertations nécessaires
pour ce type de programme, puis par le renouvellement des
conseils municipaux en 2020-2021.
L?examen des projets fait apparaître un bilan contrasté. Au
plan positif on relèvera que l?élaboration de ces plans permet
de structurer une action dans le domaine climat-air-énergie,
souvent pour la première fois à l?échelle de l?EPCI. Ils per-
mettent d?accélérer des actions lancées ou parfois en retard,
comme l?élaboration des plans locaux de prévention des dé-
chets ménagers et assimilés, ou d?entamer une réflexion opé-
rationnelle sur des thématiques nouvelles, comme l?adapta-
tion au changement climatique.
A contrario les actions sont souvent encore peu précises,
dans un contexte où les EPCI doivent aussi arriver à mobiliser
de nombreux partenaires et n?ont pas, ou pas encore, pu
consacrer des moyens dédiés très conséquents pour la mise
en oeuvre de ces PCAET (il s?agit par ailleurs d?EPCI de taille
relativement modeste, entre 24 000 et 30 000 habitants). Les
actions identifiées sont souvent nombreuses et une priori-
sation plus claire serait parfois nécessaire. Les objectifs ap-
paraissent dans certains cas comme devant être renforcés
ou comme n?étant pas étayés par une analyse détaillée des
potentiels et des leviers à mobiliser.
Des dynamiques sont souvent bien engagées sur le sujet de
la rénovation énergétique des logements, en lien avec le
réseau France Rénov (cas du PCAET de la communauté de
communes de l?Enclave des Papes et du Pays de Grignan),
sur les bâtiments ou l?éclairage public (communauté de com-
munes du Sisteronais Buëch par exemple). La planification
du développement des énergies renouvelables connaît des
développements variables : par exemple les schémas de dé-
veloppement du solaire photovoltaïque sur les toitures des
bâtiments publics (communautés de communes Sisteronais
Buëch ou Adour Madiran) ou les études pour le déploiement
de réseaux de chaleur sont souvent bien avancées, mais c?est
moins le cas pour d?autres énergies.
Dans l?ensemble les actions sur le secteur agricole, les mo-
bilités ou le renforcement de la séquestration carbone sont
d?ambition inégale, voire faible.
PCAET de la communauté de communes Adour Madiran
(64,65) - Avis n°2024-56 du 29 août 2024
Pour ce dossier clair mais comprenant des données un peu
anciennes, l?Ae recommande principalement de mieux jus-
tifier la faisabilité des potentiels présentés (énergie renouve-
lable (EnR), stockage carbone, polluants atmosphériques?),
d?envisager un relèvement du niveau d?ambition du PCAET,
qualifiée de réduite au regard de la plupart des objectifs na-
tionaux et régionaux, d?approfondir l?analyse des incidences
du déploiement d?EnR, de réseaux de chaleur et de rénova-
tion énergétique sur l?environnement. Les mesures d?évite-
ment et de réduction doivent être mieux caractérisées et
le cas échéant les mesures compensatoires requises mieux
définies.
50 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 51
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
PCAET de la communauté de communes du Pays Houdanais
(28, 78) - Avis n°2024-48 du 25 juillet 2024
Le PCAET a un niveau d?ambition important (par exemple
diminuer de 38 % les émissions de GES d?ici 2030 par rapport
à 2019 et de 85 % d?ici 2050, diminuer de 24 % la consomma-
tion énergétique d?ici 2030 et de 54 % d?ici 2050). Le dossier
est détaillé et, en général, de bonne qualité, notamment sur
le diagnostic. Il s?appuie cependant sur des données souvent
anciennes. Les actions détaillées du PCAET, structurées par
secteur thématique, ont souvent des cibles d?indicateurs ou
des calendriers manquants.
L?Ae recommande principalement de mettre à jour les don-
nées là où c?est possible, de détailler l?articulation avec les
plans et programmes concomitants, de compléter et préci-
ser les objectifs opérationnels et clarifier ceux qui sont du
ressort du PCAET. Les moyens concrets mis en oeuvre doivent
être précisés.
PCAET de la communauté de communes du Sistero-
nais-Buëch ? Avis n°2024-09 du 16 mai 2024
Le dossier est détaillé et, en général, de bonne qualité. Le
PCAET vise un ensemble large d?actions, dont des actions
structurantes (charte forestière, un projet d?écologie indus-
trielle territoriale, une opération programmée d?améliora-
tion de l?habitat). Certaines actions sont toutefois encore
peu précises ou limitées à de la sensibilisation et communi-
cation. Pour l?Ae, certains objectifs devraient pouvoir être
relevés. Elle insiste sur le fait que les moyens et une organi-
sation cohérente devront être renforcés et concentrés sur
les projets structurants.
L?Ae relève les thématiques opérationnelles qui soulèvent des
interrogations telles que le renforcement de la planification
territoriale du développement des EnR, la définition d?ac-
tions d?accompagnement et d?incitation pour la rénovation
des bâtiments tertiaires privés, ou encore par exemple l?évo-
lution des pratiques agricoles et dans l?industrie. Les recom-
mandations de l?Ae invitent le maître d?ouvrage à traiter ces
points, en concentrant si besoin l?action sur les enjeux princi-
paux, en veillant à l?efficience des actions secondaires et en
finalisant un dispositif d?indicateurs et de suivi proportionné.
PCAET de la communauté de communes de l?Enclave des
Papes et du Pays de Grignan (26-84) - Avis n°2023-113 du 25
janvier 2024
La stratégie territoriale de la communauté de communes
de l?Enclave des Papes et du Pays de Grignan poursuit des
objectifs ambitieux et le PCAET ambitionne de créer des
dynamiques et collaborations entre acteurs. Les actions
identifient globalement des pistes souvent pertinentes, dans
une optique volontariste. Le dossier est cependant fondé sur
des données anciennes ou parfois éparses, et les actions en-
core fréquemment à des phases embryonnaires. Le dossier
renvoie trop souvent à des démarches d?un plan d?action à
venir. Les objectifs, calendriers, indicateurs sont encore fré-
quemment peu précis.
Le dossier gagnerait à être actualisé sur les éléments de dia-
gnostic et état des lieux et sur l?avancement de certaines
actions. L?Ae invite le maître d?ouvrage à prévoir la mise en
place de moyens humains et financiers adéquats pour mener
un indispensable travail d?animation, accélérer la définition
des actions opérationnelles, et mettre en place un dispositif
de suivi et d?évaluation précis permettant d?infléchir l?action
si besoin sur les enjeux et actions prioritaires pour atteindre
les objectifs fixés.
Plans de protection de l?atmosphère (PPA)
PPA du Vaucluse (84) - Avis n°2024-66 du 10 octobre 2024
Le PPA, décliné en 95 actions, vise notamment la réduction
des émissions liées au trafic routier et au chauffage au bois.
Le dossier comprend beaucoup d?actions de mobilisation
des partenaires et des citoyens. Il est exhaustif et de bonne
qualité. L?Ae souligne un problème de méthode quant à la
bonne appréciation du PPA : le dossier ne quantifie les im-
pacts que d?une partie des actions, par rapport au scénario
tendanciel « au fil de l?eau », qui contient d?ailleurs des ac-
tions déjà lancées du PPA.
Parmi les principales recommandations de l?Ae, la mise en
cohérence et l?actualisation de certaines données ou ana-
lyses du dossier, l?explicitation des écarts entre les objectifs
de réduction du PPA et ceux du PREPA et du Sraddet, et une
clarification de la gouvernance. L?adéquation entre les ob-
jectifs et les mesures du plan doit être démontrée.
52 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 53
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
LES PROGRAMMATIONS
PLURIANNUELLES DE L?ÉNERGIE
(PPE)* (CF ZOOM)
PPE - Avis n°2024-92 du 19 décembre 2024
L?Ae a été saisie de l?évaluation environnementale straté-
gique de la troisième PPE (PPE3). Cette troisième version de
la PPE, qui porte sur les périodes 2025-2030 et 2031-2035, est
présentée à l?issue de près de quatre années d?élaboration
et de concertation selon un processus très approfondi. Elle
intervient dans un contexte d?atteinte de l?essentiel des ob-
jectifs de la précédente PPE (PPE2, 2019-2023 et 2024-2028)
en matière de réduction des émissions de GES, sauf pour le
secteur des transports, mais également dans un contexte
marqué par une dégradation des puits naturels de carbone
(sécheresses, incendies de forêt, changement d?affectation
des terres?) et la non-atteinte des cibles en matière de ré-
duction de la consommation énergétique.
L?Ae formule un certain nombre de recommandations pour
améliorer l?évaluation environnementale stratégique de la
PPE3, en particulier concernant l?analyse de son articulation
avec les autres plans et programmes pertinents (dont la stra-
tégie nationale bas carbone), pour intégrer le transport aé-
rien, apprécier les perspectives d?évolution de la disponibilité
de la ressource en eau et les incidences environnementales
des importations de combustibles et métaux nécessaires à
la production d?énergie et son utilisation. Elle recommande
également de renforcer la justification des choix énergé-
tiques (infrastructures tous secteurs, installations, filières)
présentant des incidences environnementales impor-
tantes, notamment les interconnexions électriques. Enfin,
l?Ae recommande de compléter ou approfondir la PPE3 sur
plusieurs points, parmi lesquels : baisser d?au moins 12 %
l?objectif 2030 de consommation énergétique finale pour
atteindre les objectifs européens « fit for 55 », renforcer les
objectifs et améliorer le suivi relatif à l?efficacité du système
énergétique convertissant l?énergie primaire en énergie fi-
nale, et expliciter les conséquences des choix réalisés entre
sources d?énergie primaire ou encore renforcer les objectifs
de recyclage des métaux et terres rares ou encore préciser
les conséquences d?une éventuelle moindre disponibilité
des réacteurs nucléaires, la PPE3 projetant leur mobilisation
maximale ininterrompue jusqu?en 2035.
PPA des agglomérations de Lille et du bassin minier (59, 62)
- Avis n°2024-20 du 13 Juin 2024
L?Ae, saisie pour avis sur le plan de protection de l?atmosphère
(PPA) de Lille et du bassin minier, rappelle que les objectifs
des PPA sont d?éviter, prévenir ou réduire sur l?ensemble de
son territoire les effets nocifs des substances polluantes sur
la santé humaine et l?environnement, et non, comme l?in-
dique le dossier, de simplement respecter les valeurs limites
actuelles de qualité de l?air.
Le PPA est synthétique, et ses fiches-actions, claires et pré-
cises ; il vise en priorité les émissions de particules fines (PM2,5
et PM10), notamment par l?interdiction et le renouvellement
du chauffage au bois à foyer ouvert. L?Ae relève que le PPA ne
précise pas clairement ses objectifs et ses échéances. Selon
la modélisation annexée au dossier, les mesures et actions
inscrites sont insuffisantes à ce stade pour garantir la réduc-
tion des émissions au moins aussi fortement que prévu par
le plan national de réduction des émissions de polluants at-
mosphériques (Prepa) aux horizons 2025 et 2030.
L?Ae recommande de relever le niveau d?ambition du PPA et
de compléter l?exposé de la situation actuelle en présentant
le nombre de personnes exposées à des niveaux de pollu-
tion supérieurs aux valeurs limites actuelles, à celles envisa-
gées dans la directive européenne sur la qualité de l?air en
révision, et enfin aux valeurs de référence (2021) de l?OMS,
cibles souhaitables à terme. Elle recommande également de
développer une analyse plus territorialisée des enjeux relatifs
à l?amélioration de la qualité de l?air et à ses incidences sur la
santé, de renforcer le plan d?actions dans certains secteurs
(transport aérien, agriculture, ?) et de compléter le dispositif
de gouvernance et de suivi du PPA avant son approbation.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 5554 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L e s d o s s i e r s 2 0 24
PPE de Guadeloupe 2024-2028 (971) - avis n° 2023-124 du 7
mars 2024
L?État et la Région de Guadeloupe présentent une révision
complète de la PPE (approuvée en 2017), pour les périodes
2024-2028 et 2029-2033.
Le bilan de la première PPE est inégal.
Les principaux objectifs de la nouvelle PPE sont à nouveau
une baisse des consommations d?énergie finale et une élec-
tricité intégralement produite à partir d?énergies renouve-
lables, au moyen d?importants imports de biomasse pour
alimenter les centrales thermiques.
L?évaluation environnementale stratégique du dossier n?est
pas conforme à ce qui est attendu d?un tel exercice. Le rap-
port environnemental reste à un niveau de généralités qui
réduit son utilité, en particulier sur les incidences qui ne sont
pas quantifiées.
L?Ae recommande notamment de fixer un objectif quantifié
de baisse des émissions de GES, et de fournir une première
évaluation des incidences des choix opérés par la PPE en
matière d?émissions. L?Ae recommande également d?évaluer
les incidences du recours à la biomasse importée pour la
production électrique et d?améliorer l?efficience du système
énergétique. L?Ae recommande d?accompagner la maîtrise
de la demande d?énergie par des mesures concrètes pour
atteindre les objectifs affichés, en s'appuyant sur les tech-
niques connues et maîtrisées en milieu littoral tropical, telles
le chauffe-eau solaire. Elle recommande enfin de prévoir des
mesures en faveur des transports en commun et des mo-
des actifs et de s?assurer que le développement du véhicule
électrique est organisé de manière à garantir une utilisation
rationnelle de l?énergie.
Concernant les transports, le projet manque d?ambition et
de crédibilité, l?objectif visé (10 % de report modal dans les
transports) semblant ainsi hors de portée en l?absence d?ac-
tions fortes et peu cohérent avec l?augmentation prévue du
parc automobile thermique concomitamment au dévelop-
pement du véhicule électrique. Les conditions et effets du
développement du véhicule électrique doivent être mieux
évalués. Enfin, parmi les recommandations de l?Ae, figurent
notamment celles de fournir une évaluation de l?évolution
des émissions de GES attendue de la mise en oeuvre de la PPE
et de la compléter par des objectifs quantifiés par secteur
des baisses qui sont visées.
PPE de Saint-Martin (978) ? Avis n°2023-118 du 22 février 2024
L?État et la collectivité de Saint-Martin ont co-élaboré une
programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) pour les
deux périodes 2024-2028 et 2029-2033 qui s?inscrit dans un
contexte particulier lié aux suites de l?ouragan Irma et à un
territoire très dépendant du tourisme.
L?Ae recommande de mieux évaluer les effets des actions
de maîtrise de la demande en énergie et recommande à la
collectivité d?orienter les choix des consommateurs grâce
à une fiscalité favorisant des choix énergétiques rationnels.
La présentation de la PPE est claire. Son rapport environne-
mental reste cependant à un niveau de généralité qui réduit
son utilité. Il décrit les incidences en termes trop généraux
et ne les quantifie que rarement.
56 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 57
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
LES SCHÉMAS RÉGIONAUX
D?AMÉNAGEMENT, DE
DÉVELOPPEMENT DURABLE ET
D?ÉGALITÉ DES TERRITOIRES* (CF
ZOOM)
En ce qui concerne les schémas régionaux d?aménagement,
de développement durable et d?égalité des territoires (Srad-
det) les saisines portent essentiellement sur des modifica-
tions des documents approuvés en général au début des
années 2020, afin de prendre en compte des évolutions
législatives récentes, en particulier sur la limitation de l?arti-
ficialisation des sols (suite aux dispositions introduites par le
loi Climat et résilience de 2023), ainsi que dans certains cas
sur la prévention et la gestion des déchets ou la logistique.
Sraddet Centre-Val de Loire (CVL) ? Avis n°2024-44 du 11
juillet 2024
La présentation du Sraddet Centre-Val de Loire et le rapport
environnemental sont détaillés et dans l?ensemble de bonne
qualité. Les objectifs et les règles du Sraddet traduisent une
démarche concertée avec les acteurs pour mettre en oeuvre
une dynamique concrète de réduction de l?artificialisation
nette. Des actions d?accompagnement concrètes sont d?ores
et déjà prévues par le Conseil Régional, en partenariat avec
les acteurs, dont l?État.
Les principales recommandations de l?Ae portent notam-
ment sur la mise en oeuvre opérationnelle des politiques
portées par cette modification du Sraddet : renforcement
des actions d?information et accompagnement des acteurs,
mise en place d?un suivi partagé et réactif et de contrôles de
l?application des règles dans l?élaboration des documents
de planification auxquels le Sraddet s?impose ainsi que la
réalisation de point d?étape détaillé.
Sraddet Hauts de France - Avis n°2024-13 du 30 mai 2024
La modification porte principalement sur la déclinaison et la
territorialisation de la lutte contre l?artificialisation des sols,
les questions d?élimination et de valorisation des déchets,
d?atténuation et d?adaptation au changement climatique
et de qualité de l?air.
Le dossier est d?accès peu aisé en raison notamment de
l?absence d?une synthèse permettant d?appréhender sim-
plement les modifications apportées selon les thématiques.
Le degré d?approfondissement des analyses est très variable
selon les thèmes. La démarche retenue, de mise à jour du
Sraddet sans modification de l?économie générale du sché-
ma, conduit à limiter l?analyse des effets croisés de ces mo-
difications et de leurs incidences.
Les principales recommandations de l?Ae concernent une
plus grande transparence des objectifs de lutte contre l?ar-
tificialisation des sols et de leur territorialisation ainsi qu?une
prise en compte, à l?échelle du schéma, de leurs incidences
sur la biodiversité ; elles portent notamment aussi sur les
enjeux d?adaptation au changement climatique.
Sraddet Bourgogne- Franche Comté (BFC) - Avis n°2024-12
du 30 mai 2024
La modification porte principalement sur les questions d?éli-
mination et de valorisation des déchets, de lutte contre l?ar-
tificialisation des sols et intègre des éléments en matière de
logistique. Elle s?accompagne d?une actualisation partielle
du rapport environnemental sur ces thèmes et prend en
compte la révision des schémas directeurs d?aménagement
et de gestion des eaux (Sdage) et la Stratégie nationale des
aires protégées (Snap). Une modification n°2 est menée en
parallèle afin d?unifier le volet biodiversité issu des deux an-
ciens schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE), à
la suite de son annulation par le tribunal administratif.
Les modifications apportées aux divers documents sont
clairement identifiables. Elles résultent d?un processus de
concertation, sans que le dossier ne présente d?analyse des
variantes et de justification des choix retenus au regard de
critères environnementaux. En matière d?artificialisation des
sols, la garantie communale introduite par la loi du 20 juil-
let 2023 représente plus de 70 % de l?enveloppe régionale
sur la période 2021-2030, limitant d?autant les marges de
manoeuvre.
Les principales recommandations de l?Ae concernent des
sujets sur lesquels elle s?était déjà exprimée dans son avis sur
le Sraddet initial : territorialisation des enjeux, des objectifs
et des règles du Sraddet, protection des espèces et milieux
naturels et justification des outils de protection au regard
des enjeux.
L?Ae souligne la nécessité de renforcer la portée du docu-
ment en matière de planification de la logistique et invite la
Région à mieux prendre en considération les enjeux quanti-
tatifs et qualitatifs relatifs à la ressource en eau et les enjeux
de réduction des émissions de GES.
58 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 59
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Sraddet Nouvelle Aquitaine - Avis n°2024-43 du 25 juillet
2024
L?Ae a examiné le Sraddet de Nouvelle-Aquitaine modifié,
élaboré par la Région Nouvelle-Aquitaine. Les principales
modifications concernent l?objectif de réduction de la
consommation d?espaces. Pour la période 2021-2031, une
« réserve » foncière régionale de 500 ha est instituée pour
les projets régionaux et un objectif régional de réduction
de 52 % par rapport à 2011-2021, modulé selon les types de
territoire, est fixé pour les projets dits « de territoire ». Des ob-
jectifs sont également définis pour les décennies 2031-2041
et 2041-2050. La modification a été engagée en décembre
2021 et son élaboration s?est appuyée sur un travail prépa-
ratoire conséquent. Le dossier est présenté de façon claire
et didactique.
Les recommandations de l?Ae concernent notamment la
nécessité d?approfondir l?analyse des effets du Sraddet sur
la localisation d?activités, d?équipements et d?infrastructures
et de leurs incidences et de définir en conséquence des me-
sures d?évitement, de réduction, voire de compensation. Le
dispositif de suivi du Sraddet est à compléter et des mesures
correctives doivent être définies afin de prévenir le risque de
non-respect de l?objectif de réduction de la consommation
d?espace.
Sraddet PACA ? Avis n°2024-84 du 24 octobre 2024
La première modification du Sraddet est de qualité, suivant
en cela le Sraddet en vigueur. Elle propose en particulier un
objectif de territorialisation de l?effort d?économie foncière
en s?appuyant sur une notion d?efficacité foncière et de mail-
lage territorial, et sur la mobilisation des outils de planifica-
tion pour la mettre en oeuvre. Les modifications introduites
sur la prévention et la gestion des déchets, notamment sur
sa territorialisation, ont fait l?objet d?un travail approfondi.
Certains points restent cependant à préciser et améliorer.
Ainsi la définition de l?efficacité foncière n?intègre pas à ce
jour d?indicateurs environnementaux et la dynamique de
l?artificialisation post 2030 ne fait pas la démonstration de
l?atteinte du « zéro artificialisation nette d?ici 2050 » ; l?Ae
recommande donc de préciser cet objectif afin que la ré-
gion soit en mesure de respecter la loi. Elle recommande de
davantage territorialiser les prescriptions et les propositions
contenues dans le fascicule des règles et de mettre en place
un suivi plus rapproché de la consommation brute d?espace
par usage. Enfin les mesures correctives envisagées en cas
de non atteinte des trajectoires retenues pour s?assurer de
l?atteinte à terme des objectifs visés doivent être précisées.
Confortement berges bléone
STEU Pleumeur Bodou
60 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 61
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Les plans d?action régionaux nitrates (PAR)
PAR Normandie 7e génération ? Avis n°2024-62 en date du
12 septembre 2024
L?avis de l?Ae sur le 7e PAR nitrates de la région Normandie
fait suite à l?avis rendu sur le projet de 7e PAN (plan d?action
nitrates) le 18 novembre 2021. L?évaluation environnemen-
tale expose bien la situation en matière de pollution des
eaux par les nitrates et les bilans des actions précédentes.
Elle ne remplit cependant que partiellement les objectifs
attendus d?une telle démarche. Alors que l?objectif premier
du programme est de réduire les incidences de l?utilisation
des fertilisants agricoles sur l?environnement et la santé hu-
maine, le 7e PAR se borne à adapter le programme au 7e
PAN sans prendre en compte les spécificités de la zone, alors
que le bilan du 6e PAR et la dégradation de la qualité des
eaux souterraines et superficielles de la région exigeraient
des mesures vigoureuses.
Si des mesures renforcées sont examinées dans l?évaluation,
celles-ci, « rejetées par la profession agricole », n?ont pas été
retenues en dépit de leur intérêt en termes de gain environ-
nemental, comme l?atteste l?évaluation environnementale.
L?Ae constate qu?à l?instar du 7e PAN et du précédent PAR,
le 7e PAR ne permettra pas à la région d?améliorer la qualité
des eaux et des milieux. Elle réitère l?ensemble de ses recom-
mandations antérieures. L?Ae rappelle qu?elle a rendu une
note délibérée portant sur les programmes d?actions nitrates
qu?elle a examinés lors de la séance du 23 novembre 2023.
Les plans de prévention des risques :
PPRM de la Vallée de l?Ondaine (42) - Avis n°2024-76 en date
du 29 août 2024
Le plan de prévention des risques miniers (PPRM) de la vallée
de l?Ondaine, qui concerne neuf communes situées dans
le département de la Loire, succède à un premier PPRM,
approuvé par le préfet de la Loire en 2018, annulé en 2021
avec effet différé à début 2023 par le tribunal administratif
de Lyon notamment pour non prise en compte des enjeux
relatifs aux gaz de mine et aux eaux d?exhaure. La démarche
d?élaboration a été relancée, intégrant des études complé-
mentaires de 2021.
L?Ae note que l?évaluation environnementale est claire,
concise et proportionnée aux enjeux et que les enjeux spé-
cifiques à chaque aléa sont traités de manière adaptée. Elle
émet quelques recommandations notamment sur la néces-
sité de mieux expliquer les choix réalisés lors de l?élaboration
du document ou encore, même si la gestion des eaux d?ex-
haure ne relève pas de la compétence du PPRM, de présen-
ter dans l?évaluation environnementale les modalités de leur
gestion ainsi que les structures responsables de leur mise en
oeuvre. L?Ae recommande également à l?État de finaliser dans
les meilleurs délais la réalisation du plan de prévention des
risques inondations (PPRI) de l?Ondaine qui concerne égale-
ment une partie du territoire.
PPRi Seine dans l?Eure (27) ? Avis n°2023-133 du 11 avril 2024
Le plan de prévention des risques d?inondation (PPRi) Seine
dans l?Eure concerne 21 communes membres des commu-
nautés d?agglomération Seine Eure Agglomération et Seine
Normandie Agglomération. Seine Eure Agglomération (SEA)
a sollicité une demande d?exception (au principe général
d?inconstructibilité) pour un projet d?aménagement d?une
zone d?activité économique logistique multimodale et ré-
siliente sur les communes de Gaillon, Le Val-d?Hazey, Saint-
Pierre-la-Garenne et Saint-Aubin-sur-Gaillon (aménagement
de 70 ha sous forme de renouvellement du tissu existant et
37 ha en extension d?urbanisation en secteur d?aléa faible à
modéré). L?Ae souligne que l?étude d?impact est proportion-
née aux enjeux et identifie en particulier les biens exposés
au risque d?inondation (logements et activités). Sa principale
recommandation concerne l?intégration de l?analyse des in-
cidences du projet de secteur d?exception, fournie dans le
dossier de demande, à l?étude d?impact du PPRI.
Faute de moyens suffisants, l?Ae a dû se résoudre à rendre
des « avis sans observation » sur quatre plans de prévention
des risques : révision du PPRI des bassins versants du Golo
et des cours d?eau du sud de la région Bastiaise (2B) ; PPRI
de Perros-Guirec ; PPRI d'Erquy - Pleneuf -Val-André (22) et
révision du PPRI de la commune de Baix (07).
Les schémas de cohérence territoriale (Scot)
SCot du Mâconnais Sud Bourgogne ? Avis n° 2024-49 du 25
juillet 2024
L?Ae note le contenu très diversement prescriptif du SCoT
du Mâconnais Sud Bourgogne : alors que l?encadrement de
l?implantation de surfaces commerciales en périphérie est
très précis, de grandes marges de manoeuvre sont laissées
quant à la réalisation d?inventaires du patrimoine naturel ou à
l?organisation des mobilités. La thématique relative au chan-
gement climatique est peu transversale dans le document.
L?étude d?impact apporte peu d?éclairages argumentés per-
mettant un regard critique sur les choix effectués et n?ap-
précie pas l?effet de levier du SCoT sur chacun des enjeux.
Le scénario de croissance démographique est très décalé par
rapport aux tendances constatées. Il emporte des effets sur
plusieurs thématiques, notamment l?appréciation du besoin
en logements, qui entraîne une consommation d?espace ne
permettant pas de s?inscrire dans une perspective d?absence
d?artificialisation nette à l?horizon 2050. L?Ae recommande
principalement d?articuler le projet avec les documents de
planification territoriale des deux régions et de fonder l?ana-
lyse des enjeux sur l?effet de levier du SCoT afin d?engager le
territoire sur une trajectoire de consommation de ressources
à la hauteur de l?enjeu du changement climatique. Le SCoT
pourrait également utilement saisir l?opportunité, en élabo-
rant un projet d?aménagement stratégique, de constituer
un plan climat air énergie à l?échelle du territoire, doté d?un
plan d?action et d?un suivi adéquats.
SCOT Gâtinais Montargois
62 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 63
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Les schémas régionaux de carrière
Schéma régional des carrières (SRC) Grand Est ? Avis n°2024-
02 du 25 avril 2024
Le dossier du projet n°1 du schéma régional des carrières
(SRC) Grand Est aborde l?ensemble des enjeux environne-
mentaux bien que de manière inégale.
L?évaluation environnementale présente deux défauts ma-
jeurs : celui de se fonder sur des données anciennes qui
rendent la crédibilité du dossier incertaine et, par ailleurs,
celui de proposer une classification du territoire par niveaux
d?enjeux qui paraissent inadaptés (par exemple pour les
zones humides), ce qui ne permet pas de garantir l?absence
d?effet négatif à l?échelle régionale. L?analyse des incidences
sur les sites Natura 2000 et la définition des mesures géné-
rales d?évitement et de réduction permettant de garantir
l?absence d?effet significatif de l?ensemble des projets suscep-
tibles de les affecter ne sont pas suffisamment approfondies.
Le SRC prend mal en compte le changement climatique.
S?il promeut dans le discours par exemple le report modal,
il n?engage aucune action concrète en faveur de modes de
transport moins émetteurs de GES que le transport routier.
Le levier de réemploi de matériaux secondaires n?est pas mis
nettement en avant comme il le devrait. Le maître d?ouvrage
s?est engagé oralement à tenir compte des recommanda-
tions de l?Ae dans un nouveau projet de SRC qui sera établi
après l?ensemble des consultations en cours.
Le classement d?un projet dans une catégorie est par nature
subjectif. Certains projets pourraient relever de plusieurs
rubriques.
L?Ae a parfois rendu un seul avis pour plusieurs projets. C?est
par exemple le cas pour l?avis n°2024 68a à 68e du 24 oc-
tobre 2024 qui porte sur cinq dossiers d?aménagements
fonciers, agricoles, forestiers et environnementaux (Afafe,
anciennement appelés « remembrements »), conséquences
du contournement ouest de Strasbourg (COS). C?est égale-
ment le cas de l?avis (n°2024-83) du 10 octobre 2024 relatif
au projet de création de poste RTE (Foulventour) et de poste
Énedis à Saint-Hilaire-la-Treille (87).
Une grande variété de projets
Quelques exemples :
TYPE DE
DOSSIERS
AMÉNAGEMENTS INFRASTRUCTURES
ROUTIÈRES
MINES ET INB ASSAINISSEMENT AFAFE ÉNERGIE
Nombre 34 12 2 1
3
(pour 7
Afafe)
20
Le classement d?un projet dans une catégorie est par nature
subjectif. Certains projets pourraient relever de plusieurs
rubriques.
L?Ae a parfois rendu un seul avis pour plusieurs projets. C?est
par exemple le cas pour l?avis n°2024 68a à 68e du 24 oc-
tobre 2024 qui porte sur cinq dossiers d?aménagements
fonciers, agricoles, forestiers et environnementaux (Afafe,
anciennement appelés « remembrements »), conséquences
du contournement ouest de Strasbourg (COS). C?est égale-
ment le cas de l?avis (n°2024-83) du 10 octobre 2024 relatif
au projet de création de poste RTE (Foulventour) et de poste
Énedis à Saint-Hilaire-la-Treille (87).
Aménagement
Les zones d?aménagement concerté (hors Mayotte et
Guyane)
Les dossiers examinés concernent tous des projets urbains,
sauf un qui traite du développement d?une zone industrielle.
Huit dossiers de Zac concernent l?Île-de-France.
Zac Noisy-Pôle Gare à Noisy-le-Grand (93) - Avis n°2024-25
du 25 juillet 2024
L?Ae a été saisie du projet de la Zac Noisy Pôle Gare, sur la
commune de Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis (93), dé-
claré d?intérêt métropolitain par délibération du conseil de la
Métropole du Grand Paris. Il s?inscrit dans une démarche de
recomposition et reconstruction territoriale de l?Est parisien,
en lien avec la démarche globale d?aménagement du Grand
Paris et des travaux en cours du Grand Paris Express (GPE).
L?Ae note que l?ensemble des projets en cours sur ce secteur
(plusieurs Zac) va contribuer à la fragmentation du corridor
écologique boisé inscrit dans le schéma directeur de la ré-
gion Île-de-France ainsi qu?à la destruction d?une partie de
la biodiversité, ce qui nécessite d?analyser leurs effets sur les
milieux physiques et naturels à l?échelle de l?ensemble des
aménagements. L?Ae recommande de compléter de façon
significative les plans d?action et les mesures permettant de
compenser les incidences du projet et de ceux en cours,
en prenant notamment en compte les incidences en phase
chantier. Elle recommande aussi de renforcer encore l?ana-
lyse des effets cumulés de ces projets. L?Ae recommande
enfin la prise en compte du PCAET Grand-Paris Grand-Est
pour la mise en oeuvre du projet et encourage à la mise en
place d?une gouvernance élargie, associant les acteurs des
transports, les promoteurs ou les aménageurs, voire les ha-
bitants eux-mêmes.
64 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 65
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Zac de l?Éco-quartier du Fort d?Aubervilliers (phase 2), si-
tuée à Aubervilliers et Pantin (93) ? Avis n°2024-73 du 26
septembre 2024
L?Ae est saisie du dossier de réalisation du projet de Zac de
l?Éco-quartier du Fort d?Aubervilliers (phase 2) prévoyant la
programmation de logements, d'activités de commerces et
de services sur le quartier du Fort d'Aubervilliers et la mise
en compatibilité du plan local d?urbanisme intercommunal
(Mecdu) de l?établissement public territorial Plaine-Com-
mune. La première phase (920 logements et le réaménage-
ment du théâtre équestre Zingaro) est en cours de livraison.
La saisine concerne la deuxième phase d?aménagement
(aménagement du Coeur de Fort, des liaisons avec le quar-
tier gare, pôle d'échanges multimodal qui accueillera la ligne
M15 du Grand Paris Express, et notamment la réhabilitation
des quatre tours dites de la gendarmerie).
L?Ae souligne un dossier de très bonne facture malgré
quelques imperfections. Elle recommande de compléter le
dossier par une vision à l'échelle de la Zac, intégrant la phase
1, d?objectiver les risques sanitaires auxquels seront exposés
les nouveaux habitants de la Zac, et de tracer les évolutions
de la programmation et les choix opérés, y compris pour la
prise en compte des risques et pollutions identifiés.
Zone d?aménagement concerté (Zac) du Bas Clichy à Cli-
chy-sous-Bois (93) - Avis n°2023-128 du 22 février 2024 et
n°2024-46 le 30 mai 2024
L?Ae a été saisie à deux reprises en 2024 d?un projet de Zac
sur le quartier dit du « Bas Clichy », lequel comprend des
copropriétés très fortement dégradées. Une opération de
requalification des copropriétés dégradées d?intérêt national
(Orcod-IN) a été décidée en 2015.
L?Ae a rendu un premier avis n° 2023-128 le 22 février 2024
dans lequel elle relevait la bonne qualité de l?étude d?im-
pact actualisée et notamment les ambitions affichées sur
certains enjeux, comme la biodiversité même si certains
compléments méritaient d?être apportés sur certains sujets.
Elle a rendu un deuxième avis n°2024-46 le 30 mai. L?étude
d?impact, actualisée, apporte des éléments de réponse dé-
taillés et pertinents aux recommandations de l?avis précité.
L?Ae émet des recommandations pour un suivi régulier des
émissions de GES du projet et définir, si besoin des mesures
complémentaires pour contrôler et améliorer le bilan GES du
projet. L?Ae recommande également de réaliser de manière
rigoureuse le plan de travaux de renaturation de la boucle de
Sévigné, puis les mesures de gestion, et de mettre en place
un suivi précis de l?état du site et des fonctionnalités écolo-
giques, et de prévoir le cas échéant des mesures complé-
mentaires. Elle émet également des recommandations en
matière de prise en compte du bruit.
66 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 67
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Zac « Sevran Terre d?avenir Centre-ville ? Montceleux » (93)
- Avis n°2024-98 du 24 octobre 2024
La programmation initiale de la Zac « Sevran Terre d?avenir
Centre-ville ? Montceleux », portée par l?établissement pu-
blic Grand Paris aménagement (GPA), a été profondément
remaniée suite à la concertation menée en 2021. Un premier
avis du 20 juillet 2019 a été rendu par la MRAe Île-de-France.
L?Ae a été saisie d?un dossier actualisé dans le cadre du dossier
de réalisation de la phase 1.
L?Ae souligne des lacunes dans le dossier et la nécessité d?ap-
porter des réponses à court terme dans le cadre de l?actua-
lisation prévue début 2025. Ses recommandations portent
principalement sur la mise à jour de la programmation de
la Zac, la suppression des incohérences ou ambiguïtés du
dossier et sur les précisions à apporter sur les incidences et
les mesures associées pour les thématiques environnemen-
tales insuffisamment approfondies à ce stade (nuisances
acoustiques, consommations énergétiques, émissions de
GES, etc.).
Aménagement du Senia à Thiais et Orly (94) ? Avis n°2024-97
du 24 octobre 2024 (2ème avis)
L?Ae a été saisie d?une étude d?impact actualisée dans le
cadre d?une demande d?autorisation environnementale
déposée par l?établissement public d?aménagement Orly
Rungis Seine amont (EPA Orsa), maître d?ouvrage de la Zac
intercommunale Thiais-Orly. L?Ae rappelle les principaux en-
jeux environnementaux déjà relevés dans son avis initial de
2022, en lien avec la mutation du quartier.
Elle relève que les principales recommandations émises dans
son avis de 2022 ont pour partie été prises en compte ou
ont donné lieu à des précisions dans le mémoire en réponse,
dont certaines gagneraient à être intégrées dans l?étude d?im-
pact. Le principal enjeu reste la nécessité d?une évaluation
du projet dans son ensemble, en particulier pour ce qui
concerne la gestion des eaux.
Avis sur la nécessité de réaliser une actualisation de l?étude
d?impact de la Zac Marne Europe à Villiers-sur-Marne (94) ?
Avis n° 2024-112 du 21 novembre 2024
La Zac Marne Europe à Villiers-sur-Marne (94) a fait l?objet a
fait l?objet de deux avis d?autorité environnementale le 30
août 2015 puis le 21 juillet 2021 à l?occasion de la création de
la Zac et d?une actualisation liée à l?avancement du projet.
À l?occasion de la procédure de permis de construire des
lots MA1A-1B et MA3-4, l?Ae est questionnée sur la nécessité
d?actualiser l?étude d?impact à ce stade. Dans son avis du 21
novembre 2024, et eu égard aux éléments fournis dans le
dossier, l?Ae conclut qu?il n?y a pas lieu d?actualiser l?étude
d?impact de la Zac s?agissant de la construction de ces lots.
ZAC Sevran
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 6968 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L e s d o s s i e r s 2 0 24
Zone d?aménagement concerté (Zac) Dame Blanche Nord
à Garges-lès-Gonesse (95), Avis n°2024-77 du 12 septembre
2024 (2ème avis)
L?Ae a déjà rendu en 2022 un avis sur le projet de renouvel-
lement urbain de la Zac Dame Blanche Nord, à Garges-lès-
Gonesse (95). Le dossier a été complété ce qui permet de
disposer d?une évaluation environnementale souvent bien
documentée, et assez structurée, permettant de mettre en
exergue la stratégie visée et de documenter des incidences
visées positives, par exemple sur la biodiversité, les circula-
tions pour les modes actifs de déplacement etc. L?Ae note
que certaines thématiques restent insuffisamment précisées
ou sont exposées de manière parfois difficile à appréhen-
der (comme par exemple le bilan des émissions de GES ou,
encore l?analyse des variantes et solutions de substitution
raisonnables) et que la réduction des incidences sur l?envi-
ronnement et, dans certains cas, la concrétisation d?inci-
dences escomptées positives, reposeront sur la précision de
certaines orientations, leur bonne mise en oeuvre et la mise
en place d?un dispositif de suivi adéquat pendant et après
les travaux. L?Ae recommande en particulier de reprendre
les éléments relatifs aux émissions de GES en présentant un
bilan carbone précis et les mesures pour l?améliorer ou d?ap-
porter des précisions en matière de réduction des nuisances
sonores pouvant affecter certains bâtiments.
Zone d?aménagement concerté (Zac) « Plante- des-Champs
» à Montmagny (95) ?avis n°2024-99 du 21 novembre 2024
(2ème avis)
L?Ae est saisie par l?établissement public Grand Paris Aména-
gement (GPA) du dossier préalable de demande de déclara-
tion d?utilité publique (DUP) de la Zac « Plante des Champs
» à Montmagny. Cette Zac a fait l?objet d?un premier avis de
l?Ae en 2022 (avis n° 2022-03). L?Ae réitère sa recommanda-
tion de 2022 relative au périmètre du projet à prendre en
compte et de reprendre donc la démarche « éviter, réduire,
compenser » à l?échelle de l?ensemble du projet sur cette
base. Au-delà de cette remarque préalable, l?Ae note que la
plupart des enjeux (à l?exception de ceux concernant l?ap-
provisionnement en énergie renouvelable et les nuisances
sonores) sont au niveau de précision attendu pour un dossier
de création de Zac.
Elle émet différentes recommandations relatives au coef-
ficient d?artificialisation de l?opération dans son ensemble
ou encore de reconsidérer les conclusions de l?étude sur
les zones humides. Différents approfondissements sont
également attendus (sur les espèces, la préservation des
arbres remarquables et la trame noire ou encore la réalisa-
tion d?études hydrogéotechniques complémentaires?). Le
choix d?énergie produite à partir d?énergie renouvelable est
à préciser et pris en compte pour le bilan carbone du projet.
Zac Cambacérès Nord à Montpellier (34) ? Avis n°2024-101
du 21 novembre 2024 (2ème avis)
L?Ae est saisie dans le cadre de la modification du dossier de
réalisation de la Zac Cambacérès Nord. Cette dernière se
situe au sein du projet urbain global « Cambacérès » de 350
ha au sud-est de la ville de Montpellier. Montpellier Méditer-
ranée Métropole, maître d?ouvrage, a confié la réalisation
à la société d?aménagement de Montpellier Méditerranée
Métropole (SA3M).
La question centrale concerne le périmètre du projet à
prendre en compte.
Contrairement aux recommandations des différents avis et
décisions déjà rendus par l?Ae sur ce territoire, l?étude d?im-
pact est limitée aux seuls aménagements dont la réalisation
relève de la SA3M, en excluant les opérations réalisées de
manière concomitante sur le territoire de la Zac auxquelles
ils sont fonctionnellement liés : extension de la ligne 1 du
tramway, contournement ferroviaire Nîmes Montpellier et
construction de la nouvelle gare Montpellier Sud de France,
transformation de l?A709 en boulevard urbain et centrale
géothermique.
L?actualisation de l?étude d?impact est limitée aux théma-
tiques de la mobilité, du bruit et de la qualité de l?air, les
seules pour lesquelles le dossier considère que la modifica-
tion du projet constitue une évolution notable, sans prendre
en compte celles soulevées par les avis et décisions de l?Ae.
L?actualisation est marquée par des erreurs méthodologiques
et des insuffisances majeures, notamment en matière de dé-
finition du nouvel état de référence, des aires d?études et po-
pulations concernées, et des solutions alternatives étudiées
; elle n?inclut pas de résumé non technique.
Zac Flaubert sur les communes de Petit-Quevilly et Rouen
(76) - Complément à l?étude d?impact suite à la décision n°
F- 028-23-C077 (îlot A ? macrolot 2) ? Avis n°2024-01 du 7
mars 2024
L?étude d?impact de la Zac a été actualisée suite à une déci-
sion de l?Ae du 30 mai 2023 (après un examen au cas par cas)
relative à la construction d?un ensemble immobilier sur l?îlot
A (macrolot 2) de la Zac Flaubert à Rouen. L?étude d?impact
est circonscrite à la pollution des eaux souterraines par les
substances per- et poly-fluoroalkylées (PFAS), et à la gestion
d?une telle pollution le cas échéant.
L?Ae émet plusieurs recommandations au maître d?ouvrage
de la Zac visant à mieux identifier les PFAS ou encore de
pratiquer des analyses de PFAS dans les sols des terrains ac-
cueillant des pavillons individuels, ou des jardins d?enfants
afin d?assurer l?absence de pollution susceptible d?exposer
les enfants. Elle préconise des interdictions en fonction de
certains usages et des mesures de précaution.
L?Ae recommande à l?État et à la collectivité locale de
conduire une réflexion d?ensemble sur la gestion et le devenir
de la pollution aux PFAS sur le quartier Flaubert et plus large-
ment à une échelle adéquate au regard des pollutions iden-
tifiées et potentielles dans la nappe alluviale, en particulier
en examinant la pertinence d?un certain nombre d?actions
précisées dans son avis.
ZAC plante des champs Montmagny
70 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 71
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Actualisation de l?étude d?impact de la Zac Littorale dans
l?opération d?intérêt national (OIN) Euroméditerranée à
Marseille (13) à l?occasion de plusieurs opérations de l?OIN
(dont XXL05B1 « The Shed » ? Cap Pinède Capitaine Gèze ?
Château-Vert) ? Avis n°2024-80 du 26 septembre 2024
L?Ae est saisie par l?Établissement public d?aménagement
Euroméditerranée de l?actualisation de l?étude d?impact
de la Zac Littorale à l?occasion de la demande de permis
de construire pour l?un de ses îlots (5B1 ou « The Shed »,
construit par Bouygues Immobilier). L?actualisation concerne
aussi sur d?autres opérations de la Zac, partie de l?opération
d?intérêt national (OIN) Euromed II.
L?Ae note que l?évaluation environnementale de la Zac Litto-
rale tient partiellement compte des recommandations déjà
émises par les autorités environnementales aux différentes
étapes du projet.
L?opération de construction semble cependant s?exonérer
de certaines mesures prévues dans l?étude d?impact de la
Zac. Les principales recommandations de l?Ae portent sur
le traitement des terres polluées sur le périmètre du pro-
jet de Zac, le traitement du risque d?inondation ou encore
les mesures d?évitement et de réduction de la Zac Littorale
concernant les eaux souterraines. L?Ae recommande de ré-
évaluer, au moins au niveau de la Zac, les conséquences et
effets des aménagements réalisés dans le cadre du projet sur
les risques d?inondations.
Zone d?aménagement concerté (Zac) Inspira (38) ?- Avis
n°2024-16 du 25 avril 2024 (5e avis)
Quatre avis d'autorité environnementale ont déjà été émis
sur la Zac « Inspira » sur les communes de Salaise-sur-Sanne
et Sablons, en Isère (38) ou ses opérations6.
L?étude d?impact mise à jour est présentée à l?appui des de-
mandes d?autorisations environnementales pour l?aménage-
ment du secteur nord de la Zac, pour l?installation classée
pour la protection de l?environnement Floor to Floor, ainsi
que pour le dossier d?exécution de l?extension ferroviaire et
le projet Hympulsion.
L?Ae note que le dossier est complété sur de nombreux volets
et tient désormais compte du projet de territoire pour la
gestion de l?eau. D?autres questions concernent le traitement
de la multimodalité (route/fleuve/fer) pourtant au coeur du
projet et l?artificialisation des sols. Elle invite à préciser les
responsabilités et engagements des différents maîtres d?ou-
vrage en matière de compensation des incidences sur les
espèces et les milieux naturels, et d?accroître la pérennité
des mesures compensatoires.
Zone d?aménagement concerté Garonne Eiffel sur les com-
munes de Bordeaux et Floirac (33) - Avis n°2024-79 du 24
octobre 2024 (4e avis)
L?Ae rend un quatrième avis sur la Zac Garonne Eiffel (un des
secteurs d?aménagement de l?opération d?intérêt national
Bordeaux-Euratlantique).
L?Ae note que le caractère parfois daté des éléments de
l?étude d?impact, des lacunes parfois importantes pour de
nombreuses thématiques (bruit, mobilités, inondations?) et,
compte tenu de l?état d?avancement du projet, la nécessité
de précisions sur le contenu du projet, son calendrier, ses
incidences et les mesures adoptées, en particulier pour les
opérations déjà réalisées ou en cours de réalisation. L?Ae re-
commande de consolider l?état initial, notamment concer-
nant les zones humides, la biodiversité, les inondations ou
la qualité de l?air. D?une façon générale, le dossier présente
le paradoxe de s?appuyer sur du génie urbain conventionnel
pour la gestion des eaux (qui reste à préciser sur les inonda-
tions) pour la construction d?une ville-éponge (biodiversité
notamment commune, gestion des eaux pluviales et des
inondations, trame verte).
Actualisation de l?étude d?impact de la Zac de la Part-Dieu
Ouest à Lyon (69) - Avis n°2024-42 du 16 mai 2024
L?Ae a été interrogée sur la nécessité d?actualiser l?étude
d?impact de la zone d?aménagement concertée (Zac) de la
Part-Dieu Ouest à Lyon (69) à l?occasion de la procédure de
demande de déclaration d?utilité publique de l?îlot Milan.
Au regard des informations communiquées, l?Ae a considéré
qu?il n?était pas nécessaire d?actualiser l?étude d?impact.
6.
Avis préfectoral du 27 septembre 2013
Avis MRAe n° 2017-ARA-AP-00482 du 20 février 2018
Avis Ae n° 2019-64 du 10 juillet 2019
Avis Ae n° 2021-019 du 5 mai 2021
72 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 73
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/les-avis-rendus-en-2021-a3212.html#H_Seance-du-5-mai-2021
https://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/20180208-avisae_inspira_delibere-1.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/20190708_plateforme_cnr-gca_sur_zac_inspira_delibere_cle738491.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/210505_inspira_38_delibere_cle1f7e88.pdf
Les autres projets d?aménagement
Création et l?exploitation du centre de données informa-
tiques Dugny Digital Hub sur la commune de Dugny (93)
- Avis n°2024-08 du 11 avril 2024
Le projet Dugny Digital Hub (41 500 m² d?emprise au sol) a
pour objet la création de trois centres de données sur un an-
cien terrain militaire en limite de l?aéroport du Bourget. Il né-
cessite notamment un poste de transformation électrique,
deux lignes électriques souterraines d?une longueur totale
de 28 km, 108 groupes électrogènes pour l?alimentation de
secours, d?une puissance cumulée de 814 MWth (mégawatts
thermiques) et des batteries pour une puissance électrique
cumulée maximale de 283 MW. Une demande de dérogation
au titre des espèces protégées est nécessaire.
Dans son avis du 11 avril 2024 (n°2024-08), l?Ae souligne la
nécessité de compléter l?étude d'impact sur de nombreux
points : analyser les effets du projet en termes d?îlot de
chaleur urbain, corriger et compléter la partie consacrée
aux rejets d?oxydes d?azote (NOx), compléter le périmètre
du projet (en y intégrant les infrastructures numériques, la
double liaison de 20 kV prévue et les équipements infor-
matiques qui seront hébergés), finaliser des engagements
permettant la récupération d?une partie significative de la
chaleur fatale, démontrer l?absence de perte nette de bio-
diversité, approfondir l?analyse des émissions de GES par le
projet en construction et en exploitation ainsi que celle des
effets cumulés et revoir les mesures de suivi des pollutions
atmosphériques et sonores. L?Ae recommande d?inclure dans
l?arrêté d?autorisation une condition visant à fortement limi-
ter les rejets de polluants atmosphériques liés à l?utilisation
des groupes électrogènes.
Opération de construction d?un cantonnement sur le labo-
ratoire souterrain de recherche de l?Andra à Bure (55) - Avis
n°2024-17 du 25 avril 2024
L?Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs
(Andra), qui exploite depuis plus de 20 ans un laboratoire de
recherche sur le stockage souterrain de déchets radioactifs à
Bure dans la Meuse, envisage la réalisation de constructions
supplémentaires en surface pour héberger l?unité de gen-
darmerie mobile présente sur le site, ainsi que la transfor-
mation d?un bâtiment existant en local informatique. L?Ae
note que dans l?ensemble, les incidences du site sont faibles
et traitées par des mesures appropriées. Elle recommande
néanmoins de compléter le dossier sur différents aspects
tels que le suivi des eaux de ruissellement des verses et des
eaux aux points de captage AEP ou encore de présenter dans
l?étude d?impact l?estimation des émissions de GES liées à la
phase de construction de l?opération. Elle recommande par
ailleurs d?examiner la pollution lumineuse provoquée par les
nouveaux bâtiments afin de mettre en place des mesures de
réduction adaptées aux espèces installées dans cette partie
du site.
Réaménagement du pôle gare de Noisy-le?Sec (93) ? Avis
n°2024-19 du 16 mai 24
Le projet d?aménagement du pôle gare de Noisy-le-Sec vise
à adapter la gare qui connaît déjà des difficultés dans son
fonctionnement, alors que sa fréquentation pourrait aug-
menter de 78 % d?ici 2035 en raison du renforcement et de
l?évolution de l?offre de transports en commun. Le dossier
est soumis à l?avis de l?Ae dans le cadre d?une demande de
déclaration d?utilité publique.
Dans son avis du 16 mai 2024 (n°2024-19) l?Ae souligne que le
dossier et son évaluation environnementale sont de qualité
et permettent de bien appréhender les enjeux du projet,
dans l?ensemble bien traités. Le projet permettra à la gare de
faire face à l?augmentation du trafic, de développer l?inter-
modalité, et de faciliter les mobilités actives vers la gare et
plus largement dans le quartier. En exploitation les impacts
résiduels seront faibles ou positifs.
L?ampleur et la durée du chantier amènent cependant l?Ae à
recommander d?anticiper ses effets. Elle recommande aussi
d?étudier les moyens de réduire les émissions de GES de la
phase de construction, de préciser la prise en compte des
effets du changement climatique pour l?ensemble du projet
et d?articuler les aménagements prévus pour les mobilités
actives avec les projets envisagés par les collectivités à une
échelle plus large.
Réalisation d?un quai d?amarrage de bateaux porte-conte-
neurs à Village-Neuf (68) et mise en compatibilité du plan
local d?urbanisme ? Avis n°2024-29 du 13 juin 2024
L?Ae a été saisie d?un projet portant sur la création d?un quai
d?amarrage de bateaux porte-conteneurs de 6 750 m² dans
le lit mineur du Rhin sur le port de Huningue Village-Neuf
(68) et d?une plateforme de 2 ha au droit du futur quai (en
partie déjà construite) pouvant accueillir des matériaux en
vrac puis, dans un second temps, des conteneurs.
Dans son avis du 13 juin 2024 (n°2024-29), l?Ae souligne que
la description de plateforme trimodale (train, route, fleuve)
reste à compléter dans le dossier. Celui-ci soufre d?incohé-
rences internes résultant d?une élaboration faite au fil de
l?eau sur plusieurs années et comprend des parties qui ne
sont plus d?actualité.
L?étude d?impact omet de présenter le scénario de référence,
qui doit décrire l?évolution la plus probable en l?absence de
projet. Les impacts du projet sont le plus souvent évalués
en comparant l?état initial actuel et l?état futur avec projet,
ce qui est un biais méthodologique. L?Ae recommande de
reprendre ce point fondamental de l?évaluation environ-
nementale et d?actualiser en conséquence l?étude d?im-
pact (trafic, bruit, pollution de l?air, émissions de GES etc.).
D?autres recommandations sont émises, notamment pour
prendre en compte les risques technologiques eu égard à la
proximité de plusieurs installations industrielles.
74 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 75
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Projet de rénovation urbaine des quartiers « Puits-la-Marlière
» et « Derrière-les-Murs-de- Monseigneur » à Villiers-le-Bel
(95) ? Avis n°2024-60 du 26 septembre 2024
L?opération d?aménagement urbain des quartiers « Puits-la-
Marlière » (PLM) et « Derrière- les- Murs- de- Monseigneur »
(DLM) à Villiers-le-Bel (95) s?insère dans le cadre du Nouveau
programme national de renouvellement urbain (NPNRU),
lancé en 2014, qui doit contribuer à une transformation pro-
fonde des quartiers prioritaires de la ville (QPV).
L?Ae souligne un manque de lisibilité du dossier en raison
de la grande complexité de l?articulation de ces différentes
opérations. L?évaluation environnementale ne présente pas
les variantes et l?exposé des effets cumulés ne prend pas en
compte certaines opérations structurantes pour le projet,
comme la réalisation d?un bus à haut niveau de service. L?état
initial reste à réaliser pour les émissions de GES.
D?une façon générale, l?Ae recommande de renforcer la qua-
lification et la quantification des incidences et d?en déduire
les mesures d?évitement, de réduction et le cas échéant, de
compensation. Elle souligne, par exemple, que dans un envi-
ronnement soumis aux nuisances de l?aéroport Charles-de-
Gaulle, les incidences acoustiques de toutes les modifica-
tions du réseau de voirie sont à reconsidérer pour s?assurer
de l?absence de création de points noirs de bruit et, sinon,
d?en déduire les mesures ad hoc.
Requalification urbaine du quartier de l?Esplanade à Gre-
noble (38) - Avis n° 2024-81 du 10 octobre 2024 (2ème avis)
Le projet de requalification du quartier de l?Esplanade à Gre-
noble (38), dont la durée de la phase travaux est estimée
à 15 ans, comporte plusieurs opérations articulées autour
des questions de déplacements, de gestion d?énergie et de
réduction des nuisances.
L?Ae relève que l?étude d?impact est bien présentée et di-
dactique. Réalisée pour la première opération du projet
Grande Esplanade, elle a été complétée et adaptées aux
évolutions du projet après un premier avis de l?Ae de juillet
2021 et apporte des réponses globalement satisfaisantes aux
précédentes remarques de l?Ae. Des actualisations seront
nécessaires à l?occasion des prochaines phases de réalisation
du projet, notamment pour ce qui concerne l?évolution des
trafics.
Aménagement du domaine viticole de Château Léoube
- plantation de vignes et oliveraie - à Bormes-les-Mimosas
(83) ? Avis n°2023-117 du 11 janvier 2024
Le domaine viticole de Château Léoube à Bormes-les-Mimo-
sas est inclus dans le site classé du « Cap Bénat ». Les aména-
gements projetés, qui portent sur une surface totale de 38,1
ha, s?inscrivent dans le cadre d?un schéma d?aménagement
validé en 2000 par la commission départementale de la na-
ture, des paysages et des sites.
Les parties de l?étude d?impact relatives à l?analyse paysagère
sont bien traitées. L?Ae relève toutefois une incomplétude de
la séquence éviter, réduire, compenser liée, pour certaines
espèces, à l?absence d?évaluation des impacts résiduels,
après mesures d?évitement et de réduction. Elle relève que
l?ensemble des surfaces mobilisées dans l?opération d?amé-
nagement et comptées dans le plan de gestion écologique
n?ont pas été incluses dans l?aire d?étude et que certaines thé-
matiques environnementales (ressource en eau, émissions
de GES devraient être traitées de façon plus complète. L?Ae
émet plusieurs recommandations afin d?améliorer le dossier
qui devrait démontrer que le projet n?affecte pas des espèces
protégées.
Campus hospitalo-universitaire Grand Paris Nord à Saint-
Ouen-sur-Seine (93) ?? Avis n°2024-102 du 21 novembre 2024
(2e avis)
Le campus hospitalo-universitaire Saint-Ouen Grand Paris
Nord (CHUSOGPN), qui vise à rééquilibrer l'offre hospitalière
et universitaire au profit du nord francilien et à regrouper
sur un même site des activités de soin, d?enseignement et
de recherche a fait l?objet d?un premier avis de l?Ae délibéré
le 21 avril 2021 au stade de la déclaration d?utilité publique
et de la mise en compatibilité du plan local d?urbanisme
intercommunal de Plaine Commune.
Le contenu du volet hospitalier est désormais bien défini
mais certains aspects, notamment de gestion des eaux plu-
viales et usées, restent à approfondir. Celui du volet univer-
sitaire est encore au stade d?esquisse. L?Ae conclut en consé-
quence qu?elle n?aurait pas dû être ressaisie à ce stade en
raison du caractère inabouti du dossier d?étude d?impact.
Sa principale recommandation vise donc à conduire les
maîtres d?ouvrage à compléter et actualiser l?étude d?impact.
L?Ae devra être saisie à nouveau sur cette base à l?occasion
de toute autorisation à venir relative au projet.
Il convient de noter que l?Ae a appris, après avoir rendu son
avis, que des compléments avaient été demandés et que la
procédure d?instruction de l?autorisation était suspendue.
Construction du centre pénitentiaire « Angers ? Les Landes
» et la mise en compatibilité du plan local d?urbanisme in-
tercommunal et de l?habitat d?Angers Loire Métropole et du
schéma de cohérence territoriale Loire Angers (49) ? Avis
n°2024-05 du 25 avril 2024
L?Ae est saisie pour avis d?un projet de nouvel établissement
pénitentiaire de 850 places sur les communes de Loire-Au-
thion et Trélazé dans le Maine-et-Loire (49), à une dizaine de
kilomètres d?Angers qui a pour objet de remplacer la maison
d'arrêt d?Angers, vétuste et surpeuplée.
Le dossier ne présente qu'un schéma de principe des implan-
tations et ne décrit aucun des aménagements nécessaires
au fonctionnement de la future maison d?arrêt. L?analyse
des solutions de substitution est sommaire. Au stade de la
demande de déclaration d'utilité publique et de la mise en
compatibilité des documents d'urbanisme, le dossier est
insuffisant à la bonne information du public sur le projet
d?ensemble.
L'étude d'impact s'en ressent. Si la présentation de l'état ini-
tial des milieux naturels est convenable, l'appréciation des
incidences est incomplète à bien des égards (déplacements,
consommation énergétique, émissions de GES, prise en
compte du changement climatique...). La démarche "éviter,
réduire, et, à défaut, compenser" n'a pu être conduite correc-
tement, les mesures de compensation n'étant par exemple
pas même décrites.
L'Ae émet plusieurs recommandations parmi lesquelles celles
de revoir le périmètre du projet pour y intégrer l'ensemble
des composantes nécessaires à son fonctionnement, et de
reprendre intégralement l'étude d'impact, qui sera alors sou-
mise à un nouvel avis de l'Ae en amont de toute procédure
de consultation du public.
76 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 77
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Parc Grand Ouest, à Argentré et Bonchamp-lès-Laval (53) ?
Avis n°2024-71 du 12 septembre 2024
Parc Grand Ouest est un parc d?activités industrielles, logis-
tiques, agricoles et alimentaires, initié en 2007 et implanté
sur 150 ha de terrains agricoles et naturels au nord-est de La-
val, sur les communes d?Argentré et de Bonchamp-lès-Laval.
Le projet, qui comporte la création d?un échangeur sur l?auto-
route A81 assurant l?accès au parc, a significativement évolué
du fait de la démarche d?évitement conduite depuis 2019
par la maîtrise d?ouvrage. Dans son avis du n°2024-71 du 12
septembre 2024, l?Ae souligne que les enjeux environnemen-
taux du projet seront à préciser dès que les types d?activités
au sein du parc d?activité seront mieux définis. L?étude d?im-
pact est à compléter de l?évaluation de leurs incidences. À
ce stade, en effet, l?Ae recommande de mieux justifier les
choix effectués, en particulier de préciser les besoins aux-
quels répond le projet et d?intégrer les critères « consom-
mation d?espaces agricoles et naturels » et « artificialisation
des sols » dans ces choix.
L?Ae émet d?autres recommandations telles que clarifier les
types d?activités pour lesquels le projet est engagé ou en-
core, par exemple, dresser la liste de l?ensemble des mesures
d?évitement, réduction et compensation annoncées dans
le dossier comme devant y être inscrites, la compléter pour
les enjeux environnementaux actuellement sous-évalués et
s?engager explicitement à les inscrire en tant que prescrip-
tions contractuelles. L?Ae recommande aussi de justifier, dans
le cadre du changement climatique, le choix d?une pluie de
période de retour décennale pour dimensionner le dispositif
de gestion des eaux pluviales et, le cas échéant, de le recons-
idérer, ainsi que d?intégrer la raréfaction de la ressource en
eau dans la conception du projet. Enfin, l?Ae recommande de
produire un bilan carbone complet du projet et d?identifier
les leviers pour l?améliorer. Aménagement d?une zone d?activité économique et d?un
site de production de ballons dirigeables à Laruscade (33)
- Avis n° 2024-87 du 24 octobre 2024 (2e avis)
L?Ae a été saisie d'un projet de zone d'activité économique
(ZAE) de 75 ha à Laruscade (33) dont l?objet est d'accueillir
une usine de fabrication de dirigeables destinés au transport
de fret lourd avec chargement et déchargement en vol sta-
tionnaire sans pose au sol du dirigeable.
Ce projet de nouvelle filière industrielle, initié par la société
Flying Whales, et auquel de nombreux partenaires publics
et privés se sont associés, est intéressant dans le cadre de la
transition énergétique.
Le principal problème posé par ce dossier est le lieu d'im-
plantation envisagé pour la ZAE.
Il s?agit en effet d?une zone humide de grande dimension que
le dossier qualifie de particulièrement fonctionnelle sur le
plan de la biodiversité (diversité des cortèges et espèces ob-
servées ; patrimonialité (nombre de ces espèces sont rares et
ou menacées, souvent protégées) ; qualité et fonctionnalité
des milieux (réalisation de l?ensemble du cycle de vie sur site
pour la plupart des espèces citées). Elle est en outre consti-
tuée de secteurs complémentaires dans leurs fonctionna-
lités. Cette zone humide constitue par ailleurs un corridor
écologique important et reconnu comme tel pour plusieurs
espèces protégées et jouxte deux zones Natura 2000.
Le dossier transmis à l'Ae correspond à l'actualisation (avril
2024) de l'étude d'impact sur laquelle portait le 1er avis de
l'Ae (n°2023-100) rendu le 19 octobre; malgré des avancées
indéniables sur la gestion des eaux pluviales et de ruisselle-
ment et sur les démarches de recherche de nouveaux sites
de compensation, le dossier met en évidence l'importance
des atteintes aux milieux naturels et aux espèces protégées,
qu?il continue cependant de sous-estimer significativement.
Pour l?Ae, « eu égard à la richesse particulière de ces milieux
naturels, les compensations à hauteur de la dette écologique
que générerait le projet de ZAE, ne sont à ce stade pas at-
teintes et ne paraissent pas atteignables ; le projet ne saurait,
par conséquent, être autorisé en l?état (article L. 163-I du
code de l?environnement) ».
Dès lors, l?Ae recommande principalement de rechercher,
avec le concours de la DGAC, une autre localisation pour
le projet.
78 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 79
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Les projets d?aménagement à Mayotte
L?Ae a été saisie par l?établissement public foncier d?amé-
nagement de Mayotte (Epfam) de plusieurs projets de Zac
à Mayotte, conçus avant le cyclone Chido du 14 décembre
2024 qui a provoqué des destructions considérables sur
toute l?île, et dont les conséquences ne sont évidemment
pas prises en compte dans ces projets et dans les avis cor-
respondants de l?Ae.
Zone d?aménagement concerté (Zac) de Doujani sur la com-
mune de Mamoudzou, à Mayotte (976) - 2e avis - Avis n°2024-
38 du 13 juin 2024
L?Ae est saisie une seconde fois sur le projet de Zac de Dou-
jani, dans (partie sud de la commune de Mamoudzou).
Le projet nécessite la mise en compatibilité du plan local
d?urbanisme de la commune. L?Ae souligne que le maître
d?ouvrage développe un projet de Zac intégré prenant en
compte l?ensemble des facteurs environnementaux qui per-
mettent de réduire les aléas auxquels sont soumis les popu-
lations habitantes et l?habitat indigne.
L?efficacité des aménagements prévus en particulier pour la
gestion des eaux de surface et de leur pérennité constituant
un des enjeux forts, l?Ae recommande d?inscrire l?analyse des
impacts du projet et l?efficacité des ouvrages et dispositifs
mis en place, dans une prise en compte du changement
climatique et dans la durée (engagements des collectivités
locales et les acteurs privés moyens dédiés) avec mise en
oeuvre d?un suivi robuste. L?Ae émet d?autres recommanda-
tions (prise en compte du bruit routier à son juste niveau,
intégration de l?exutoire de la rivière Doujani sur le littoral
dans ses analyses etc.).
Aménagement de la zone d?activités économiques (ZAE)
Malamani à Chirongui à Mayotte (976) et sur la mise en com-
patibilité du plan local d?urbanisme - Avis n°2023-56 du 25
janvier 2024
L?Ae a également été saisie d?un projet d?aménagement
d?une zone d?activités économiques (ZAE) sur la commune
de Chirongui (village de Malamani) dont l?objectif est de par-
ticiper à un rééquilibrage territorial en rapprochant l?emploi
de l?habitat.
L?étude d?impact est bien menée, avec une démarche « évi-
ter, réduire, compenser » maîtrisée. Parmi les recommanda-
tions de l?Ae, celles de mieux justifier le périmètre de la ZAE,
et notamment ses extensions en zones de risques naturels,
de renforcer la lutte contre les espèces exotiques envahis-
santes, de prévoir des mesures pour freiner ou stopper le
recul de la mangrove, de l?arrière-mangrove et des zones
humides.
Le projet n?étant pas compatible avec le plan d?aménage-
ment et de développement durable (PADD) de Mayotte en
vigueur, l?Ae recommande de publier le schéma d?aménage-
ment régional (Sar) au plus vite afin de clarifier la situation
réglementaire compliquée que rencontrent les acteurs de
l?aménagement à Mayotte.
Réalisation de la zone d?aménagement concerté (Zac) Mji-
ni-Héritage et mise en compatibilité du PLU de la commune
de Bandrélé (976) ? Avis n°2024-91 du 5 décembre 2024
L?Ae a été saisie du dossier de réalisation d?une Zac de 27 ha
à Bandrélé (sud de Mayotte) qui prévoit la création d?envi-
ron 696 logements, des écoles, des équipements culturels et
sportifs. Pour l?Ae, en l?absence de schéma d?aménagement
régional (Sar), le dossier devrait mieux expliquer comment
ont été définis le dimensionnement et les choix d?implan-
tation de Zac.
Le dossier de réalisation de la Zac prend correctement en
compte les risques naturels, prégnants mais écarte en re-
vanche trop rapidement les autres sujets environnementaux
qui présente des enjeux non négligeables.
Les mesures d?évitement, de réduction et de compensation
des impacts sur la biodiversité doivent être renforcées pour
tenir compte du fait que le projet va affecter des terrains
où se pratique aujourd?hui une agroforesterie extensive, où
la biodiversité a toute sa place et où ont été reconnues plus
de 20 espèces protégées d?oiseaux ou de reptiles. L?étude
paysagère, comme celles sur le bruit, l?air ou les transports
sont à compléter.
80 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 81
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Zac « Écoparc des Badamiers » à Dzaoudzi-Labattoir (976)
- Avis n°2023-58 du 25 janvier 2024 (2e avis)
L?« Écoparc des Badamiers », sur la commune de Dzaoudzi-La-
battoir (Petite-Terre) est une Zac à dominante économique
présentant une mixité fonctionnelle dont l?objectif est de
pallier le manque d?activités économiques dans le secteur de
la pointe des Badamiers. Le dossier est présenté à l?occasion
de la demande d?autorisation environnementale nécessaire
à la réalisation de la Zac.
La majorité des recommandations de l?Ae formulées dans
son 1er avis ont fait l?objet d?une prise en compte même si
certaines d?entre-elles, majeures, restent en suspens, telles
qu?élargir l?étude d?impact à l?ensemble des opérations pré-
vues sur le secteur (appontement, station de traitement des
eaux usées ? STEU -, évolution de la centrale thermique des
Badamiers?) ou nécessitent de renforcer très significative-
ment les mesures d?évitement, de réduction et de compen-
sation pour ramener les impacts résiduels sur la faune, la flore
et les habitats naturels à un niveau négligeable. L?analyse de
certaines incidences du projet (en matière d?écoulement des
eaux, d?emports de matières en suspension dans le lagon
ou de protection du lycée de la mer contre les inondations)
doivent être renforcées.
Les projets d?aménagement en Guyane*(cf Zoom)
L?Ae a été saisie à plusieurs reprises par l?Établissement pu-
blic foncier et d?aménagement de Guyane (EPFAG) de divers
projets de Zac situés dans l?opération d?intérêt national (OIN)
qui porte sur 24 sites autour des principaux pôles urbains
de Guyane : Cayenne, Kourou, et Saint-Laurent-du-Maroni.
Opération d?intérêt national (OIN) n° 2 ? Tigre-Maringouins,
première phase opérationnelle : Zac 1 à Cayenne (973) ?Avis
n°2024-04 du 21 mars 2024 (2e avis)
L?Ae a été saisie de la demande d?autorisation environne-
mentale et de la déclaration d?utilité publique d?une zone
d?activité concertée, concernant le site numéro 2 de l?OIN
sur la commune de Cayenne en Guyane. L?étude d?impact
présentée porte sur l?OIN 2, mais se concentre sur la Zac
1 (le projet est scindé en deux Zac). Le projet porte sur la
construction d?un « écoquartier » (notamment 1 234 loge-
ments, des équipements, des services, des commerces, un
groupe scolaire...), desservi par deux arrêts du transport en
commun en site propre (TCSP) actuellement en chantier.
L?étude d?impact est bien présentée et repose sur une mé-
thodologie solide et des analyses et études fouillées.
Parmi les recommandations de l?Ae, celle d?actualiser le dos-
sier sur plusieurs points (intégrer les plans et programmes
à jour, les informations sur l?avenir de la décharge des Ma-
ringouins et de la carrière de Cabassou), de développer les
raisons, notamment environnementales, ayant conduit à ne
pas éviter le remblai et l?aménagement d?une zone humide
et inondable, en clarifiant les conséquences du projet sur les
inondations et la manière dont l?opération va s?articuler avec
la révision du PPRI en cours.
L?Ae recommande également de garantir l?intégrité des mi-
lieux naturels sensibles pendant toute la durée du projet,
mieux justifier la hiérarchisation des incidences sur les milieux
naturels et, à défaut, reprendre à la hausse leur qualifica-
tion. L?Ae souligne l?intérêt de mettre en place des obliga-
tions réelles environnementales (ORE), et d?augmenter très
significativement le taux des mesures de « compensation »,
en recherchant des terrains sur lesquels des travaux de re-
naturation apporteraient une plus-value écologique ou une
protection effective face à des pressions avérées. Enfin, l?Ae
recommande de conditionner la livraison des logements à
la mise à l?arrêt de la décharge, privilégier la réduction du
bruit routier à la source, éviter et réduire les vibrations afin
de les ramener à un niveau compatible avec la tranquillité
des futurs habitants et usagers des équipements sensibles.
82 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 83
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Opération d?intérêt national (OIN) n° 5 ? Cogneau-Lari-
vot, création et réalisation d?une Zac à Matoury (973) Avis
n°2024-24 du 16 mai 2024
L?Ae a été saisie au stade de la demande de déclaration d?uti-
lité publique et de l?autorisation environnementale d?un pro-
jet de zone d?aménagement concerté (Zac) de 47 ha sur la
commune de Matoury en Guyane (site numéro 5 de l?OIN).
L?étude d?impact et ses nombreuses annexes sont disparates
et ne reposent pas toujours sur les mêmes hypothèses. L?en-
semble présente des lacunes sur des sujets importants (bruit,
pollutions, santé) et sur les effets de la création de voiries.
L?Ae émet plusieurs recommandations : nécessité pour
l?étude d?impact de traiter des incidences environnemen-
tales de toutes les opérations faisant partie du projet, com-
pléter l?étude des risques sanitaires (importantes pollutions
des sols sur certains secteurs), garantir que des solutions
efficaces pour protéger la santé humaine seront mises en
oeuvre, en absence de filières dédiées aux terres polluées
en Guyane, ou encore compléter certaines études (acous-
tique, de trafic). Elle recommande de phaser le projet avec
la réalisation d?aménagements routiers visant à réduire la
congestion. Concernant les atteintes aux habitats naturels,
à la faune et à la flore, l?Ae recommande de mieux décrire la
compensation prévue et d?en renforcer l?ambition. L?étude
d?impact montre que les travaux de la Zac, ceux du pont du
Larivot et de la centrale du Larivot produiront des incidences
négatives cumulées. L?Ae recommande de prévoir des me-
sures pour réduire celles-ci.
Opération d?intérêt national (OIN) n° 22 ? Zac Margot, Saint-
Laurent-du-Maroni (973) - Avis n°2024-105 du 10 octobre 2024
L?Ae a été saisie à l?occasion de la demande d?autorisation
environnementale permettant la création et la réalisation
d?une zone d?aménagement concerté (Zac) de 150 ha sur la
commune de Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, site n° 22
de l?OIN (« OIN 22 »). La Zac Margot, a pour objectif principal
d?accueillir de l?activité économique, un palais omnisport,
une école, et environ 500 logements et un centre judiciaire
et pénitentiaire. Le dossier présenté traite de la première
phase de cette Zac, sur une zone mixant actuellement des
zones naturelles (forêt et crique), des zones agricoles, et des
zones d?habitat informel dispersé. L?OIN Margot fait partie
d?un ensemble de trois OIN sur le territoire de Saint-Laurent-
du-Maroni, très proches les unes des autres. L?Ae souligne
que les trois OIN ne peuvent être créées que sous condition
de la mise en service d?un service de transport en commun.
L?opération de construction d?un pôle judiciaire et péni-
tentiaire fait l?objet d?une demande d?autorisation environ-
nementale indépendante, d?une étude d?impact et d?une
dérogation à l?interdiction de destruction d?espèces proté-
gées spécifiques. L?Ae recommande qu?une étude d?impact
unique soit présentée, cette opération et la réalisation de la
Zac relevant d?un même projet au sens du code de l?environ-
nement. L?Ae recommande également de compléter la pré-
sentation des mesures ERC pour l?ensemble des champs thé-
matiques susceptibles d?être concernés par des incidences
environnementales, au-delà de la biodiversité.
Les projets de Zac (et plus largement d?aménagement urbain)
font souvent ressortir des problématiques communes ou au
moins assez fréquentes (sans que la liste soit exhaustive) :
? l?actualisation des études d?impact au stade des phases de
réalisation de la Zac ou d?autorisation environnementale,
quand le projet est mieux défini, ou lors d?évolutions des
projets est parfois insuffisante, alors qu?une étude de ses in-
cidences et un traitement adéquat sont possibles. De telles
insuffisances de l?actualisation se rencontrent par exemple
pour la Zac Garonne Eiffel à Bordeaux ou la Zac Cambacé-
rès à Montpellier alors que l?étude d?impact actualisée de
la Zac Dame Blanche Nord à Garges-lès-Gonesse, de la Zac
de l?éco-quartier du fort d?Aubervilliers ou celle du quartier
Esplanade à Grenoble ont permis un approfondissement et
des évolutions notables de la prise en compte des enjeux
environnementaux ;
? la thématique de la biodiversité, y compris ordinaire, et de
la nature en ville, est de plus en plus appréhendée par ces
projets urbains, comme par exemple pour la Zac du Bas
Clichy à Clichy-sous-Bois mais peut rester insuffisamment
traitée, l?Ae étant amenée à formuler des recommanda-
tions par exemple sur la prise en compte de la biodiversité,
de l?évolution des corridors boisés, des effets cumulés (cas
par exemple du projet Noisy Pôle Gare à Noisy-Champs),
? le changement climatique est pris en compte de manière
plus approfondie au travers de bilans d?émissions de gaz à
effet de serre, établis en analyse de cycle de vie, souvent
assez précis, mais d?une part ces bilans ne sont pas toujours
de qualité homogène, et d?autre part les plans d?actions
pour améliorer ces bilans sont encore souvent peu précis.
De même pour l?adaptation au changement climatique on
peut commencer à rencontrer des traitements précis (cas
des îlots de chaleur urbains dans la Zac Dame Blanche Nord
par exemple) mais le sujet reste largement à approfondir
par l?ensemble des responsables chargés de planification.
Les quelques dossiers d?aménagement de zones d?activité
économique examinés par l?Ae sont très divers mais font sou-
vent ressortir l?importance de l?enjeu de l?évitement, dès la
conception des projets et aussi dès le choix du site, des prin-
cipales zones sensibles en termes d?enjeux naturels. Le projet
de Parc Grand Ouest, à Argentré et Bonchamp-lès-Laval en
Mayenne a ainsi beaucoup évolué depuis 2019 du fait de la
démarche d?évitement conduite par le porteur de projet,
tandis que le deuxième avis de l?Ae sur le projet de zone d?ac-
tivités dédiée à la filière dirigeables à Laruscade en Gironde
n?a pu que constater que, malgré l?amélioration sensible du
dossier et des études fournies, les incidences liées à l?implan-
tation du site sur un site riche en biodiversité et largement
en zone humide restaient non compensées à ce stade de
présentation du projet.
84 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 85
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Aménagements fonciers agricoles, forestiers et environne-
mentaux (Afafe)
L?Ae a rendu trois avis concernant sept Afafe.
Aménagement foncier agricole, forestier et environnemen-
tal (Afafe) de Toulon-sur-Allier lié aux travaux sur l?A79-RCEA
(03) ? Avis n°2024-15 du 11 avril 2024
L?Ae a rendu le 11 avril 2024 un avis (n°2024-15) sur le projet
d?aménagement foncier, agricole, forestier et environnemen-
tal (Afafe) de Toulon-sur-Allier. L?Afafe, qui porte sur 316 ha,
est une conséquence de l?aménagement de la route Centre
Europe Atlantique (RCEA) à 2x2 voies, aménagée en auto-
route sur les 88,45 km séparant Sazeret (03) et Digoin (71) et
devenue l?A79.
Le secteur a déjà été remembré à plusieurs reprises. L?Ae
émet plusieurs recommandations notamment celle de re-
considérer l?abattage des arbres isolés anciens et de privi-
légier l?évitement, de compléter le projet par des mesures
apportant des fonctionnalités compensant la destruction
des haies (120 m de haie arrachée dans un secteur qui ne dis-
pose déjà plus de beaucoup de haies et d?arbres isolés), et par
des mesures de maintien pérenne des prairies permanentes.
Elle recommande aussi de justifier la cohérence et la complé-
mentarité entre les mesures environnementales des travaux
routiers et celles des travaux connexes de l?Afafe comme de
mieux justifier certains travaux d?irrigation dans des zones
humides, d?analyser leurs conséquences et d?en déduire si
besoin des mesures d?évitement, de réduction ou de com-
pensation complémentaires7 . Enfin, l?Ae recommande de
présenter l?évolution des surfaces irriguées et de celles en
prairies avant et après les travaux connexes, d?allonger la
durée du suivi des plantations et de prévoir si besoin des
mesures correctives.
Aménagement foncier, agricole, forestier et environnemen-
tal (AFAFE) de Ligny-en-Barrois lié à la déviation de la RN 135
à Velaines (55) ? Avis n°2023-33 du 13 juin 2024
L?Ae est saisie du dossier d?Afafe de Ligny-en Barrois, sous maî-
trise d?ouvrage du Département de la Meuse, afin de réduire
les désordres et les dommages au parcellaire agricole et les
dommages environnementaux provoqués par l?emprise de
l?aménagement routier de la RN 135 (mise à 2x2 voies de la
section comprise entre Longeville-en-Barrois et Ligny-en-Bar-
rois). Un précédent avis avait été émis le 6 juillet 2023 sur
les deux premiers Afafe de ce projet routier, portant sur les
communes de Velaines et Nançois-sur-Ornain.
L?Ae rappelle que le projet routier et les trois Afafe sont
constitutifs d?un même projet.
L?Ae émet plusieurs recommandations parmi lesquelles celle
d?identifier les suppressions potentielles de boisements et
de haies et prévoir, le cas échéant, des plantations compen-
satoires, de fournir les résultats du suivi environnemental des
aménagements routiers déjà réalisés, de compléter les in-
ventaires de la faune pour couvrir le périmètre de cet Afafe
et d?inclure dans les défrichements à compenser ceux qui
seront induits par les Afafe après les travaux connexes.
Actualisation de l?aménagement foncier agricole, forestier
et environnemental (Afafe) de Stutzheim-Offenheim, Ding-
sheim, Griesheim-sur-Souffel et Hurtigheim et sur les Afafe
de Truchtersheim, Lampertheim, Pfulgriesheim et Schner-
sheim, Ittenheim, Handschuheim et Achenheim, - Ernol-
sheim-Bruche, Breuschwickersheim et Kolbsheim, Venden-
heim, Bietlenheim, Geudertheim, Hoerdt et Weyersheim
tous liés au contournement ouest de Strasbourg (67) - Avis
2024-68a et 68e du 24 octobre 2024
L?Ae a été amenée à se prononcer le 24 octobre 2024 (2024-
68a et 68 e) sur cinq Afafe8 qui visent à remédier aux effets
du prélèvement de surfaces agricoles et forestières liés à la
réalisation du contournement ouest de Strasbourg (COS)
constituant désormais l?autoroute A355. Les cinq Afafe
concernent un total de 10 362 ha et comportent chacun
une restructuration parcellaire et un programme de travaux
connexes.
Si le COS a artificialisé 347 ha, les Afafe créent 49 km de
chemins et en détruisent 100 km (remis en terre), produisant
pour l?ensemble des Afafe un bilan positif de désartificiali-
sation nette de 15,47 ha. L?Ae note que dans l?ensemble, la
démarche « éviter, réduire, compenser » (ERC) a été bien me-
née, et que l?évitement a été privilégié. La démarche comme
les dossiers sont de qualité.
L?Ae émet néanmoins quelques recommandations pour en-
courager la Collectivité européenne d?Alsace (CeA) à pour-
suivre sa démarche positive. L?Ae émet également quelques
recommandations plus spécifiques sur certains des Afafe.
7.
Le mémoire en réponse a pris en compte certaines des recommandations
puisqu?il supprime l?arrachage de 7 arbres et le remplacement du comble-
ment du fossé par un curage et la pose de buses.
8.
L?un porte sur les communes de Stutzheim-Offenheim, Dingsheim, Grie-
sheim-sur-Souffel et Hurtigheim (1 813 ha), sur lequel l?Ae a déjà rendu un
avis (n° 2023-28) : https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/
pdf/23_06_22_afafe_stutzheim_delibere__cle59d27e.pdf. Les autres portent
sur Truchtersheim, Lampertheim, Pfulgriesheim et Schnersheim (3 120
ha), Ittenheim, Handschuheim et Achenheim (793 ha), Ernolsheim-Bruche,
Breuschwickersheim et Kolbsheim (1 117 ha) et Vendenheim, Bietlenheim,
Geudertheim, Hoerdt et Weyersheim (3 519 ha).
86 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 87
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/23_06_22_afafe_stutzheim_delibere__cle59d27e.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/23_06_22_afafe_stutzheim_delibere__cle59d27e.pdf
Les projets ayant trait à l?Énergie
Projets de création des postes électriques « Gallais-Rampeau
» et « Les Chevreaux » et leur raccordement au poste de Rom
(16, 79, 86) - Avis n°2024-95-96 du 21 novembre 2024
Les avis (n°2024-95-96) du 21 novembre 2024 portent sur deux
projets de création de postes électriques de transformation,
d?une capacité de 80 MW chacun, «Gallais Rampeau» et «Les
Chevreaux», portés par Réseau de transport d?électricité
(RTE), Enedis et SRD Energie Vienne, ainsi que sur la liaison
électrique de chacun d?eux, en 225 kV portée par RTE, au
poste de Rom. Ces projets s?inscrivent dans le cadre de la
mise en oeuvre du schéma régional de raccordement au ré-
seau des énergies renouvelables (S3REnR) de Nouvelle-Aqui-
taine.
L?Ae recommande de développer, dans l?étude d?impact,
l?analyse et la justification des choix effectués lors des pré-
cédentes étapes d?élaboration du projet, notamment dans
le cadre du S3REnR et de la concertation dite « Fontaine ».
Les différentes variantes possibles au stade de la réalisation
des projets doivent être mieux présentées. Certains endroits
où passent les lignes (traversées de cours d?eau, de haies, de
zones humides) sont insuffisamment identifiés dans le dos-
sier et de nombreuses mesures d?évitement et de réduction
sont renvoyées à des étapes ultérieures sans garantie de mise
en oeuvre effective adaptée aux enjeux identifiés.
Création de postes RTE (Foulventour) et Enedis (Saint-Hi-
laire-la-Treille) et raccordement à la ligne Éguzon-Plaud (87)
- Avis n°2024-83 du 10 octobre 2024
L?Ae a été saisie d?un dossier de demande d?autorisation en-
vironnementale avec mise en compatibilité des documents
d?urbanisme relatif à la construction sur la commune de
Saint-Hilaire-la-Treille (Haute-Vienne) d?un poste 400 kV/225
kV à relier à une ligne 400 kV existante et un poste 225 kV/20
kV.
Le dossier est de bonne qualité. Il présente cependant
quelques incohérences (inventaires, impacts) et manques
(mesures compensatoires non abouties à la date du dépôt,
mais en cours de finalisation). L?Ae émet plusieurs recom-
mandations visant à compléter le dossier sur l?état initial
(qualité de l?air, compatibilité avec plans et programmes liés
à l?eau, trafic), la quantification des impacts du chantier et
la justification des ouvrages de rétention des eaux pluviales.
Des recommandations portent également sur la demande
de dérogation relative aux espèces protégées affectées par
le projet, les mesures compensatoires, les impacts sur les
zones Natura 2000 et la prise en compte des effets cumulés
dans les mesures.
Projet « Val de Serre » de renforcement du réseau public de
transport d?électricité pour accueillir les énergies renouve-
lables à l?est de Laon (02) ? Avis n°2024-69 du 29 août 2024
Le projet Val de Serre, présenté par RTE et Enedis vise à ren-
forcer le réseau électrique de l?est de Laon (02), saturé. Dans
la zone de Lislet, un nouveau poste source 250 000/20 000
volts est prévu avec trois transformateurs de 80 MW chacun,
ainsi qu?une nouvelle liaison souterraine à 225 000 volts de
27 km jusqu?à un autre nouveau poste de transformation à
400 000/225 000 volts.
Dans son avis du 29 août 2024 (n°2024-69) l?Ae souligne
que l?étude d'impact est d?une manière générale de bonne
facture et proportionnée aux enjeux. Certains aspects mé-
ritent cependant d?être complétés ou mis à jour comme, par
exemple, l?état des lieux de la production existante d?EnR et
celle en projet. Le dimensionnement des postes est à justifier
sur ces bases et sur les capacités du territoire à accueillir ces
projets. Le périmètre de l?étude d?impact doit avec celui du
projet, l?aire d?étude élargie à celles des projets d?EnR qui
seront raccordés au poste du Thuel, les niveaux des impacts
et les mesures d?évitement et de réduction présentés étayés
par les retours d?expérience des postes et lignes déjà réali-
sés par la maîtrise d?ouvrage. L?Ae recommande de fournir
un bilan carbone complet du projet en s?appuyant sur les
mêmes bases.
Nouveau poste électrique de Flandre Maritime (59) ? Avis
n°2024-22 du 30 mai 2024
RTE a saisi l?Ae d?un dossier de demande de déclaration d?uti-
lité publique (DUP) pour la construction d?un nouveau poste
électrique dit « Flandre Maritime » à Saint-Georges-sur-l?Aa
(59) et pour les lignes électriques ainsi que d?un dossier de
demande d?autorisation environnementale (DAE) avec mise
en conformité des documents d?urbanisme (Mecdu). Le dos-
sier comprend une demande de dérogation à l?interdiction
de destruction de spécimens d?espèces protégées et de leurs
habitats.
Si le dossier comporte beaucoup d?informations, l?Ae dans
son avis du 30 mai 2024 (n°2024-22) relève que celles-ci sont
éparpillées, parfois redondantes ou incohérentes. Le choix
du site doit être mieux justifié, les zones humides et boise-
ments mieux documentés. Les incidences et compensations
sur les zones humides, et les incidences et mesures de la
séquence « éviter, réduire ou à défaut compenser » en phase
chantier doivent être précisées.
Construction du poste source 225 000 volts « Bâtisseurs » et
son raccordement par deux liaisons électriques souterraines
à 225 000 volts à la ligne aéro-souterraine Morbras - Ville-
neuve-Saint-Georges (91-94) ? Avis n°2024-30 du 16 mai 2024
Le projet présenté par RTE et Enedis concerne la création
d?un poste source à Crosne (91) sur le site dit « des Bâtisseurs
» qui sera raccordé à la ligne aéro-souterraine 225 000 volts
Morbras - Villeneuve-Saint-Georges par deux liaisons souter-
raines de 4 km, au niveau de Valenton (94). L?Ae est saisie de
la demande de déclaration d?utilité publique (DUP).
Dans son avis du 16 mai 2024 (n°2024-30), l?Ae souligne que
l?évaluation environnementale devrait être approfondie sur
certains sujets. Ainsi la mesure de compensation prévue
pour la restitution d?un habitat favorable à la reproduction
de l?Hypolaïs polyglotte doit être décrite plus précisément
et un bilan des émissions de GES portant sur les phases de
construction et d?exploitation établi.
L?étude des solutions alternatives quant au choix du tracé
appelle des observations, le choix du fuseau de moindre im-
pact (FMI) ayant été validé sur la base d?études écologiques
partielles alors même que le choix du tracé retenu devrait
des incidences significatives sur le milieu naturel.
L?Ae recommande de réviser les procédures d?élaboration
des projets de RTE et Enedis afin de ne pas restreindre de
façon excessive le choix des variantes lors de la définition
du fuseau de moindre impact, à un stade où les données
et analyses sont encore partielles et où la participation du
public ne peut être assurée de façon appropriée.
88 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 89
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Projet d?interconnexion électrique AQUIND entre la France
(76) et le Royaume-Uni ? Avis n°2024-14 Aquind du 16 mai
2024
Le projet consiste en la création d?une nouvelle inter-
connexion électrique entre la France et le Royaume-Uni.
L?étude d?impact communiquée concerne la partie française
du projet (création de deux liaisons sous-marines en courant
continu d?une longueur de 73 km, d?un point d?atterrage à
Pourville-sur-Mer, de deux liaisons terrestres souterraines en
courant continu d?une longueur de 36 km, d?un poste de
conversion du courant à Varneville-Bretteville et d?un rac-
cordement souterrain de 300 mètres en courant alternatif
jusqu?au poste existant de Barnabos (76)), sur laquelle porte
l?avis de l?Ae.
Le dossier comporte un volet terrestre et un volet marin.
Des encadrés et des tableaux résument régulièrement les
éléments saillants à retenir, ce qui facilite la compréhension
du projet et de ses incidences. Le document a été mis à jour
à plusieurs reprises pour tenir compte des avis reçus, de la
concertation publique ou des évolutions du territoire.
L?Ae dans son avis du 16 mai 24 (n°2024-14) recommande de
compléter le dossier par des éléments permettant de s?assu-
rer que les solutions techniques, non encore connues en l?at-
tente d?appels d?offres ou du résultat d?études en cours sur
le tracé, aient des conséquences environnementales mini-
males, évaluées et maîtrisées : exigences de résultat, contrôle
des sous-traitants, révision du dossier en cas de solutions plus
pénalisantes que le scénario enveloppe. L?Ae recommande
également de préciser les incidences, mesures et risques en
phase chantier terrestre (émissions de GES, pollutions de
l?air, de l?eau, des sols, bruit, circulation, déchets, espèces
exotiques envahissantes) et marin (bruit notamment), ainsi
qu?en phase exploitation (bruit) pour le poste de conversion.
Liaison souterraine entre le poste électrique de Gavrelle et
le futur poste de Lambres Envision - actualisation de l'avis
n°2022-24 (59-62) - Avis n°2023-138 du 7 mars 2024
L?Ae a rendu un premier avis (n°2022-24) sur un projet de
construction et d?exploitation d?une usine de composants de
batteries pour véhicules électriques au sud-ouest de Douai
sur des terrains de l?usine Georges Besse de Renault. Le projet
est divisé en quatre phases.
L?Ae est saisie du dossier de renforcement du réseau élec-
trique, nécessaire pour les trois dernières phases du projet,
opéré au moyen de la création d?une liaison électrique sou-
terraine à 225 000 volts d?environ 13 km entre le poste élec-
trique existant de Gavrelle (62) et le futur poste électrique
d?Envision AESC à Lambres (59).
Dans son avis du 7 mars 2024 (n°2023-138) l?Ae note que le
dossier actualise l?étude d?impact initiale sur le seul sujet des
raccordements et que les recommandations de l?avis préci-
té de 2022 restent largement pertinentes. Quelques recom-
mandations complémentaires sont faites, notamment de
clarifier le tracé de la nouvelle ligne souterraine et les consé-
quences de l?abandon de la ligne de secours, de documenter
davantage les incidences sur l?environnement et de préciser
les mesures d?évitement, de réduction et de compensation
relatives aux travaux de la liaison souterraine, du nouveau
poste électrique et du raccordement au poste existant.
Aménagement agri-énergie « Engie PV Bois Charpin » à Thiel-
sur-Acolin et Saint-Pourçain-sur-Besbre (03) - Avis n°2023-120
du 11 janvier 2024
Le projet, consiste en une centrale photovoltaïque au sol
d?une puissance de 68 MWc, pour une production annuelle
d?électricité de 88 GWh, sur une surface totale de 104 hec-
tares de parcelles agricoles. Il prévoit le maintien d?une pro-
duction agricole significative au niveau de ces parcelles. Deux
liaisons électriques souterraines de 13 et 9 km sont néces-
saires pour le raccordement.
L?étude d?impact est claire, elle comporte de nombreuses
illustrations et des synthèses sur les enjeux et impacts mais
nécessite des mises à jour au regard des incidences du pro-
jet sur les enjeux environnementaux identifiés par l?Ae. Elle
ne permet pas de justifier le choix de localisation du projet
au regard de l?ensemble des critères environnementaux en
présence, qui restent à concilier.
Dans son avis du 11 janvier 2024 (n°2023-120), l?Ae recom-
mande de justifier le choix du site retenu au regard des orien-
tations préconisées au niveau national et dans les deux plans
climat-air-énergie territorial (PCAET) et de préciser le posi-
tionnement du projet par rapport à la notion d?installation
agrivoltaïque, de corriger l?évaluation des émissions de GES
évitées, d?en prévoir un suivi et de privilégier les périodes
entre octobre et janvier pour les travaux lourds, au plus tard
février pour les travaux d?installation des tables photovol-
taïques. L?Ae recommande aussi de déposer une demande
de dérogation au titre de l?article L. 411-2 relatif à l?interdic-
tion de destruction d?individus et d?habitats d?espèces pro-
tégées et d?approfondir l?évaluation des incidences du projet
sur les fonctions des sols, et de compléter le cas échéant les
mesures prises pour les éviter, les réduire et si nécessaire les
compenser. Enfin, l?Ae recommande de prévoir par contrat
la mise en place d'une obligation réelle environnementale
(ORE) pour la durée minimale du projet (35 ans).
Centrale biomasse de Provence à Meyreuil et Gardanne (13)
? Avis n°2024-108 adopté lors de la séance du 5 décembre
2024
L?Ae a eu à se prononcer sur le projet « Centrale biomasse de
Provence » à Meyreuil et Gardanne (13). Le projet a fait l?objet
de plusieurs recours et annulation d?autorisations. La Cour
administrative d?appel de Marseille (arrêt du 10 novembre
2023) a demandé à l?exploitant (GazelEnergie) de compléter
l?étude d?impact en particulier sur les effets indirects de l'ap-
provisionnement en bois, le bilan carbone, ainsi que l'étude
des incidences Natura 2000. L?Ae a été appelée à se pronon-
cer sur l?étude d?impact ainsi complétée.
L?avis de l?Ae porte sur les trois points ciblés par la cour ad-
ministrative et sur d?autres thématiques environnementales
pour lesquelles les incidences ou les mesures restaient à pré-
ciser ou pour lesquelles des éléments nouveaux sont inter-
venus.
90 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 91
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Plusieurs recommandations sont émises parmi lesquelles
celle de mettre à jour le dossier en présentant les résultats
des études réalisées depuis 2012 (qualité de l?air, gestion et
traitement des eaux et bruit) et de compléter le bilan des
émissions de GES.
L?Ae recommande également de préciser les règles de du-
rabilité auxquelles les approvisionnements en biomasse fo-
restière sont soumis et de documenter les incidences des
approvisionnements à partir de la culture d?Eucalyptus.
Projet de construction de la centrale hydroélectrique de
Poses sur la commune d?Amfreville-sous-les-Monts (27) - Avis
n°2024-55 du 25 juillet 2024
L?Ae a été saisie du projet de centrale hydroélectrique de
Poses, sur la commune d?Amfreville-sous-les-Monts dans
l?Eure (27), projet soumis à autorisation environnementale
au titre de la législation sur l?eau emportant autorisation d?ex-
ploiter au titre du code de l?énergie.
Le projet a fait l?objet d?un certain nombre d?améliorations,
en particulier sur les continuités piscicoles. Dans son avis
n°2024-55 du 25 juillet 2024, l?Ae note que ces améliorations,
ainsi que l?ensemble des mesures d?évitement, de réduction
et de compensation n?apparaissent pas de manière com-
plète et cohérente dans l?ensemble des pièces, en particulier
dans l?étude d?impact, dont l?Ae recommande de mettre à
jour le contenu et les pièces graphiques. L?Ae recommande
également de décrire davantage la consistance et les in-
cidences des travaux de dragage et de mieux expliquer la
contribution du projet aux stratégies applicables en ma-
tière d?eau et de milieux aquatiques, de présenter le bilan
du projet en matière de réduction des GES et de préciser sa
contribution aux objectifs nationaux et locaux, de compléter
l?étude d?impact pour l?annexe hydraulique créée à l?amont
de la zone de projet, et de préciser les modalités de limita-
tion des nuisances sonores en phase chantier.
Projet T. H2, installation de production de bioéthanol de
2e génération à Blainville-sur-Orne (14) ? Avis n°2023-137 du
21 mars 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de production de bioéthanol,
destiné à la fabrication de carburant, à partir de déchets
de bois « B » (bois issu de déchets de bois non dangereux,
mais contenant des substances chimiques à des concentra-
tions supérieures aux teneurs naturellement présentes dans
la biomasse) par pyrogazéification, situé sur la commune de
Blainville-sur-Orne (14).
L?Ae, dans son avis du 21 mars 2024 (n°2023-137) relève que
l?étude d?impact est correctement structurée et d?une lon-
gueur adaptée. Les résumés non techniques sont très déve-
loppés et gagneraient à être simplifiés. L?Ae recommande de
mieux étayer la nécessité de proximité de l?eau pour justifier
un projet en zone rouge du PPRM de la basse vallée de l?Orne
et de préciser les mesures de gestions prises pour assurer la
fonctionnalité écologique de la compensation de l?impact
aux zones humides et d?en démontrer l?efficacité.
L?Ae émet également des recommandations sur les rejets
atmosphériques des installations de séchage, évaporation et
combustion des gaz (quantification des valeurs limite d?émis-
sion et des flux) et de démontrer l?absence d?impact sur l?en-
vironnement et la santé, puis, le cas échéant, demander des
dérogations s?appuyant notamment sur une démonstration
de l?absence d?impact de ces rejets. Enfin, l?Ae recommande
de préciser le bilan des émissions de GES en comparant le
projet à des scénarios alternatifs, comme par exemple l?inci-
nération des déchets de bois avec récupération de l?énergie.
Extension d?une usine de fabrication d?éoliennes en mer au
Havre (76) ? Avis n°2024-106 du 21 novembre 2024 (2e avis)
L?Ae a été saisie du projet d?extension d?une usine de fabrica-
tion d?éoliennes en mer au Havre (76), qui doit permettre la
production d?une nouvelle génération de pales de 115 mètres
de long. Le projet est présenté par la société Siemens Game-
sa Renewable Energy (SGRE).
Le dossier comporte un « porter à connaissance » qui ap-
porte des réponses à la plupart des recommandations
émises par l?Ae dans un premier avis n°2019-54 en date du
24 juillet 2019.
L?Ae dans son avis du 21 novembre 2024 (n°2024-106) souligne
les quelques points qui n?ont pas fait l?objet d?une réponse
satisfaisante, tels que la présentation d?un bilan des émis-
sions de GES et des mesures d?évitement et de réduction
pour améliorer ce bilan et d?une analyse des dépassements
constatés à la sortie de la station d?épuration et de solutions
pour y remédier.
L?Ae émet également des recommandations sur le périmètre
du projet, sur le trafic routier généré ou encore de présenter
une synthèse des contrôles réalisés dans le cadre de la surveil-
lance des rejets atmosphériques liés au procédé industriel.
Parc éolien de Sapinois (08, 02) - Avis n°2024-74 du 26 sep-
tembre 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de parc de sept éoliennes de 7
MW chacune au maximum, de 200 mètres de hauteur en
bout de pale, situé sur la commune de Sévigny-Waleppe (Ar-
dennes ? 08). Le parc est localisé dans un milieu de grandes
cultures, avec quelques boisements. Le nombre d?éoliennes
a été réduit de sept à six avec augmentation de la puissance
unitaire.
L?Ae note dans son avis du 26 septembre 2024 (n°2024-74)
que l?étude d?impact est de qualité. Le descriptif du projet
est toutefois succinct sur le raccordement électrique du parc
au réseau de transport national. L?Ae recommande princi-
palement de justifier l?installation du projet dans une zone
déjà fortement saturée, et hors des zones favorables au dé-
veloppement de l?éolien, de mettre à jour le dossier sur sa
récente évolution (notamment acoustique), sur les éléments
géotechniques trop succincts, ou encore approfondir les in-
ventaires faunistiques en prévision des impacts du chantier
et renforcer certaines analyses sur les niveaux d?impact ré-
siduel sur certaines espèces protégées, enfin de préciser les
émissions de polluants atmosphériques et de GES en phase
travaux, et les éléments de suivi.
92 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 93
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Développement du pôle de recyclage et de production
d?énergies renouvelables à Montmirail ? Terra 72 (72) ? Avis
n° 2024-70 du 12 septembre 2024
L?Ae a été saisie d?un projet visant à développer sur un site de
30 ha de traitement et de valorisation de déchets à Mont-
mirail (72) les capacités de stockage de certains déchets du
bâtiment non recyclables, d?y installer des filières de valo-
risation, de diminuer le volume de déchets annuellement
enfouis et de produire de l?électricité issue de panneaux
photovoltaïques. Le méthane produit par les déchets sera
injecté sur le réseau GRDF via une canalisation à créer, dont
les incidences restent à analyser dans l?étude d?impact. Ce
projet induit la consommation de 20 ha à défricher.
Dans l?avis du 12 septembre 2024 (n°2024-70), parmi plu-
sieurs recommandations, les principales sont d?assurer la
cohérence des données présentées dans l?étude d'impact,
d?opérer des vérifications par rapport aux niveaux décennal
et centennal de la nappe, de joindre au dossier le bilan dé-
taillé des émissions de GES ou encore d?éviter tout épandage
à proximité des captages d?eau et des Znieff, sauf à démon-
trer leur compatibilité. Enfin, l?Ae recommande d?assurer que
les compensations permettent la reconstitution de milieux
offrant les mêmes services écosystémiques et d?analyser la
reconstitution de la trame verte par les mesures compen-
satoires.
Cap décarbonation (59-62) - Avis n°2024-75 du 12 septembre
2024
La cimenterie Eqiom de Lumbres (62) et l?usine de fabrication
de chaux Lhoist de Réty (62) portent un projet de capture
et transport du CO2 - dit « Cap décarbonation » - jusqu?à
des sites de séquestration géologique en mer du Nord. La
cimenterie et les fours à chaux émettent de l?ordre de 1,8
million de tonnes de CO2 par an. La séquestration géolo-
gique portera sur 1,4 million de tonnes par an, soit environ
trois quarts des émissions.
Dans son avis n° 2024-75 du 12 septembre 2024, l?Ae carac-
térise l?étude d?impact « globale » de peu hiérarchisée, com-
pilant des enjeux et incidences de nature et d?importance
très variables, et difficile à appréhender. L?Ae souligne l?im-
portance de délimiter clairement le périmètre du projet et
d?en tirer toutes les conséquences afin de pouvoir établir un
bilan environnemental correct. La présentation du bilan des
émissions de GES devrait être reprise, en distinguant ce qui
relève du programme d?ensemble. Il conviendra également
de démontrer que tous les leviers autres que la séquestration
du CO2 ont été engagés. Le dossier est incomplet sur la par-
tie canalisations (absence d?études de danger et de certains
aspects des études d?incidences). L?évaluation des incidences
n?est qu?esquissée pour le transport maritime. Celle du site
« captation fours à chaux » est en grande partie à revoir.
La demande de dérogation à l?interdiction de destruction
d'individus d?espèces protégées et de leurs habitats reste
à finaliser.
L?Ae conclut à la nécessité d?une actualisation de l?étude
d?impact et précise les éléments nécessitant approfondis-
sements ou compléments.
Unité de fabrication de panneaux photovoltaïques à Ham-
bach (57) ? Avis n°2024-72 du 12 septembre 2024
L?Ae a été saisie d?un projet d?usine de production de cellules
et panneaux photovoltaïques, d?une surface de 52 hectares
et d?une capacité de production de cinq GWc en phase fi-
nale, près de Sarreguemines, sur un terrain déjà pré-aménagé
d?une zone d?activité de 340 hectares. Dans son avis du 12
septembre 2024 (n°2024-72) l?Ae souligne que cette opéra-
tion est partie intégrante du projet d?ensemble de la zone
d?activité dont les incidences doivent être présentées dans
une vision globale et s?appuyant sur le suivi de sa mise en
oeuvre, dont les mesures compensatoires.
94 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 95
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Le dossier est présenté de manière claire et détaillée. Les
recommandations de l?Ae portent principalement sur les
compléments à apporter par chacun des maîtres d?ouvrage
pour assurer la bonne articulation entre leurs opérations, et
d?autre part sur l?importance des besoins en eau de l?usine
qui seront prélevés dans des eaux de surface dont la vulnéra-
bilité au changement climatique est déjà avérée. L?Ae recom-
mande enfin de compléter certaines des mesures de suivi.
Centre de stockage Cigéo (52-55), actualisation de l?avis n°
2020-79 - Avis n°2024-40 du 27 juin 2024
L?Ae a rendu un premier avis (n°2020-79) le 13 janvier 2021 sur
le projet Cigéo qui a été déclaré d?utilité publique le 7 juillet
2022 (décret n° 2022-993). L?Agence nationale pour la gestion
des déchets radioactifs (Andra) sollicite les autorisations en-
vironnementales nécessaires pour réaliser les opérations de
la phase d?aménagements préalables « dite DR0 ».
L?avis de l?Ae du 27 juin 2024 (n°2024-40) s?applique à l?étude
d?impact actualisée d?ensemble. Il complète, sans les re-
prendre, les recommandations de l?avis de 2021. L?Ae rap-
pelle les principaux enjeux environnementaux du projet,
inchangés.
Elle émet plusieurs recommandations auprès du maître d?ou-
vrage notamment dans le domaine des risques sur le long
terme (surveillance à long terme prévue, moyens envisagés
pour prévenir les risques d?intrusion par forage dans le stoc-
kage après fermeture, réflexion sur les options permettant de
maximiser la mémoire du centre de stockage et de minimiser
les risques de contact des générations futures avec les colis
de déchets etc.).
La phase DR0 des opérations d?aménagement préalable a
des incidences résiduelles faibles bien décrites dans le dos-
sier, elles font l?objet de mesures d?évitement et de réduction
appropriées et détaillées.
Nucléaire, INB
Extension de l'unité Nord de l'INB n°168 "Usine Georges
Besse II" sur la plateforme nucléaire du Tricastin (26-84) ?
Avis n°2023-125 du 8 février 2024
L?Ae a été saisie d?un projet visant à augmenter de plus d?un
tiers à l?horizon 2028 la capacité d?enrichissement d?uranium
par ultracentrifugation à des fins civiles de l?unité Nord de
l?usine Georges Besse II (installation nucléaire de base ? INB
? 168) sur le site du Tricastin (Drôme et Vaucluse). L?augmen-
tation du taux d?enrichissement fait l?objet d?une demande
parallèle auprès de l?Autorité de sûreté nucléaire. Ce dernier
élément, qui ne figure pas au dossier, constitue selon l?Ae une
composante du projet.
L?Ae note dans son avis n°2023-125 du 8 février 2024 que
l?étude d?impact, de bonne facture, souffre de quelques er-
reurs méthodologiques.
L?Ae recommande notamment de compléter certaines
données et d?intégrer l?ensemble des évolutions projetées
sur l?installation dans le périmètre du projet (y compris la
demande d?autorisation d?enrichissement à un taux accru).
L?Ae recommande de reprendre l?analyse de la vulnérabilité
du projet au changement climatique sur le fondement des
dernières modélisations et en revoyant l?horizon considéré
compte tenu de la durée de fonctionnement et de déman-
tèlement des installations.
Démantèlement de l?INB n°22 sur le site de Cadarache sur
la commune de Saint-Paul-lez-Durance (13) ? Avis n°2024-52
du 11 juillet 2024
L?Ae a été saisie du projet de démantèlement d?un réacteur
du centre de Cadarache (Pégase), arrêté en 1975, d?une puis-
sance de 35 MW qui réalisait des tests de combustibles. Pé-
gase forme avec la casemate de Cadarache (Cascad, toujours
en fonctionnement) l?installation nucléaire de base (INB) 22.
L?Ae dans son avis du 11 juillet 2024 (n°2024-52) note que le
dossier est de qualité avec une étude d?impact proportion-
née aux enjeux du territoire et du projet. Comme l?Ae l?a
souligné dans de précédents avis sur des projets de déman-
tèlement du CEA, il convient de justifier les choix opérés
en matière d?étalement du démantèlement eu égard à leurs
incidences environnementales. L?Ae émet d?autres recom-
mandations tels que, par exemple, d?indiquer si d?autres dé-
chets sans filière immédiate sont susceptibles d?être générés
par le projet, ou encore si la prise en compte d?un incident
déjà survenu dans Pégase (chute d?un palan-moteur dans un
bassin d?entreposage) dans l?étude de maîtrise des risques
serait de nature à en modifier l?évaluation des effets sur l?en-
vironnement et la santé humaine.
ICPE
Dépôts d?hydrocarbures de Langres D à Violot, de Langres
E à Heuilley-le-Grand et de Chaumont à Autreville-sur-la-
Renne (52) ? Avis n°2023-127 du 8 février 2024
L?Ae a été saisie sur les dossiers de trois dépôts d?hydrocar-
bure dont l?exploitation était autorisée par arrêté ministériel
avec une date limite fixée au 31 décembre 2020. Les trois dos-
siers de demande d?autorisation environnementale déposés
visent à régulariser la situation. Il n'est pas prévu de travaux
ou de modifications sur les trois dépôts.
L?Ae souligne dans son avis n°2023-127 du 8 février 2024 que
les études d?impact sont clairement présentées et les dif-
férentes thématiques environnementales abordées, dans
l?ensemble, de façon proportionnée aux enjeux. Elle émet
plusieurs recommandations dont la fourniture d?éléments de
contexte sur le réseau ODC (oléoduc de défense commune),
celle d?intégrer dans le périmètre de chacun des projets les
installations et canalisations reliant le dépôt à ce réseau, ou
encore de mettre à jour l?état initial de la biodiversité des
trois sites et renforcer l?analyse des incidences sur les milieux
naturels. Le dossier doit en outre être complété sur plusieurs
points, notamment la gestion des eaux pluviales, le renfor-
cement de la surveillance des eaux souterraines ou encore
le risque de fuite d?hydrocarbure.
96 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 97
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
PROLOGIUM ? exploitation d?une usine de fabrication de
batteries électriques (Gigafactory) sur les communes de
Bourbourg et Craywick (59) - Avis n°2024-51 du 11 juillet 2024
Le projet consiste dans une opération de construction et
d?exploitation d?une usine de production de batteries per-
mettant d?équiper entre 350 000 et 500 000 véhicules élec-
triques par an. Réseau de transport d?électricité (RTE) et le
grand port maritime de Dunkerque (GPMD) sont associés, en
particulier pour les renforcements des réseaux nécessaires à
l?opération qui est l?une des composantes du projet « zone
grandes industries 2 » (ZGI 2) aménagée par le GPMD, sur
les communes de Bourbourg et Craywick, plateforme ayant
déjà fait l?objet d?un avis de l'Ae et d?une autorisation de
création. Le dossier est globalement clair et détaillé sur les
points qu?il traite.
Sans procéder à sa mise à jour, il s?appuie sur le dossier
d?étude d?impact de la ZGI 2 pour les impacts dans cette
zone et le complète par l?analyse des incidences dans les
zones mobilisées par le projet en dehors du périmètre initial
de la ZGI 2, et de celles liées au procédé industriel.
Pour l?Ae, dans son avis n°2024-51 du 11 juillet 2024, l?articu-
lation et la complémentarité entre l?étude des impacts de
l?opération ProLogium et les études d?impact des projets ZGI
2 et CAP 2020 doivent être clarifiées et l?étude d?impact de
la ZGI 2 doit être actualisée en fonction des caractéristiques
de l?opération qui s?y implante pour donner une vue d?en-
semble à jour.
Parmi les recommandations de l?Autorité environnementale
: les émissions de GES et les leviers pour les réduire, la mise
en oeuvre des mesures compensatoires des atteintes à la
biodiversité de l?opération ProLogium, et sur celles d?autres
projets concernés par le tracé du raccordement électrique
de ProLogium au poste RTE, les concentrations de rejets des
effluents issus du traitement de l?eau industrielle et sur la
solution de régénération de solvants dans une installation
distante du site. L?Ae émet également quelques recomman-
dations sur l?étude de dangers.
Modification de l?unité de méthanisation de la société
BioPommeria à Sèvremont (85) ? Avis n°2024-78 du 26 sep-
tembre 2024
Le projet concerne l?extension de capacité de l?unité de
méthanisation de BioPommeria, située sur la commune de
Sèvremont en Vendée. Une nouvelle modification de l?auto-
risation environnementale est demandée pour porter la ca-
pacité d?intrants traités à 85 000 t/an et pour l?actualisation
correspondante du plan d?épandage des digestats.
L?étude d?impact aurait pu mieux documenter certains
points du bilan du fonctionnement du site depuis sa mise
en service. Elle manque de précisions sur certains aspects : en
particulier, l?Ae recommande d?approfondir la description de
l?état des eaux superficielles et profondes dans l?état initial,
de mettre en cohérence les différentes pièces du dossier
concernant les données relatives aux captages d?alimenta-
tion en eau potable concernés par le plan d?épandage et
également de préciser les mesures à mettre en oeuvre dans
le plan d?épandage pour limiter la pollution de l?eau par les
nitrates.
L?étude d?impact nécessiterait une vision d?ensemble et ac-
tualisée en ce qui concerne les émissions de GES. La méthode
de calcul du contenu carbone du biogaz produit n?étant pas
décrite, l?Ae recommande de la préciser et de donner une
estimation du « bilan carbone » fondée sur l?analyse de cycle
de vie du projet, par rapport à un scénario de référence sans
méthanisation. Les mesures envisageables pour améliorer à
l?avenir le bilan carbone du site et les émissions de gaz à effet
de serre évitées doivent être présentées ainsi qu?une étude
de danger actualisée et autoportante.
Projets miniers
Projet Emili, d?extraction et traitements de lithium - galerie
d?exploration, 4e campagne de sondages et pilotes indus-
triels de traitements ? dans l?Allier (03) - Avis n°2024-104 du
21 novembre 2024
L?Ae est saisie au stade de l?autorisation environnementale
des pilotes de concentration et conversion et de la qua-
trième campagne de forages nécessaires au projet Emili
(« exploitation de mica lithinifère par Imerys »). Ce projet,
complexe, consiste à exploiter le gisement de lithium situé
sous la carrière de kaolin de Beauvoir au sud de l?Allier, afin
de produire de l?hydroxyde de lithium (34 000 t annuelles)
pour équiper en batterie électrique lithium ion 700 000 vé-
hicules par an.
Il s?articule autour d?une étape pilote et d?une étape indus-
trielle. L?étape pilote doit permettre de préciser les caracté-
ristiques de l?étape industrielle du projet qui ne sont donc à
ce stade pas toutes définies, de même que leurs incidences.
Le dossier fourni témoigne de ce décalage, faisant état de
nombreuses études environnementales en cours, tout en
proposant déjà un certain nombre de pistes de mesures
d?évitement, de réduction et de compensation des inci-
dences de l?étape industrielle. Il témoigne ainsi d?une dé-
marche de réduction de ses besoins en eau brute (recours à
des procédés en circuits fermés et à la réutilisation des eaux
usées traitées sur une station de traitement d?eaux usées
urbaines).
Des éléments dimensionnants pour le projet doivent toute-
fois être abordés ou approfondis tels que par exemple la sen-
sibilité des ressources en eau au changement climatique ou
les effets des modes d?exploitation et de gestion des stériles
et résidus de concentration du minerai sur l?eau souterraine.
Certaines options ou solutions de substitution sont, en ce
sens, à approfondir ou confirmer. Disposer de l?ensemble des
résultats des études relatives à la ressource en eau et à son
évolution, notamment du fait du changement climatique,
et d?une évaluation quantitative des risques sanitaires (EQRS)
robuste sera indispensable à la prise de décision relative à
l?engagement de l?étape industrielle.
98 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 99
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Infrastructures routières
Requalification de la RD7 de Suresnes à Saint-Cloud (92) -
Avis n°2024-93 du 19 décembre 2024
Il s?agit d?un 2e avis rendu par l?Ae sur ce dossier portant
sur la requalification d?environ 3 300 m de la route dépar-
tementale n° 7 (RD7) entre le parc du château à Suresnes
et la place Georges Clemenceau à Saint-Cloud (un premier
avis n°2019-105 a été rendu le 22 janvier 2020). L?Ae note que
l?étude d?impact a été complétée, en particulier sur la théma-
tique inondations, tenant compte des recommandations du
premier avis, qu?elle est proportionnée aux enjeux et intègre
de manière effective la démarche « éviter ? réduire ? com-
penser » mais que certains sujets restent cependant encore
à approfondir, comme les interactions avec d?autres travaux
(future ligne 15 de métro) ou encore l?analyse en termes de
bruit, de qualité de l?air et d?émissions de GES, insuffisam-
ment détaillée.
Projet de liaison routière Jonction Est à Toulouse (31) ? Avis
n°2024-67 du 10 octobre 2024
L?Ae a été saisie du projet de liaison routière « Jonction Est de
Toulouse » qui comprend la réalisation d?un nouvel échan-
geur sur le périphérique est de Toulouse (A61), entre ceux de
Montaudran et de Lasbordes et vise à fluidifier la circulation
entre Toulouse et sa première couronne. L?intérêt multimo-
dal du projet est mis en avant, la réalisation de l?infrastructure
(qui ne se traduirait pas, selon le dossier, par un trafic induit)
permettant une amélioration du service de transports en
commun et de l?offre de déplacements actifs, en particulier
à vélo. Dans un contexte très anthropisé, le projet pourrait
contribuer, in fine, à la restauration de milieux dégradés à
l?occasion de la construction du périphérique dans les an-
nées 1980, et s?inscrit dans une logique nouvelle de préserva-
tion d?une importante zone non encore urbanisée en sortie
de ville.
Dans son avis du 10 octobre 2024 (n°2024-67) l?Ae recom-
mande principalement de compléter l?analyse des solutions
de substitution raisonnables, de préciser les engagements sur
le développement des transports en commun et de condi-
tionner l?autorisation du projet à la programmation précise
de ce renforcement. Parmi d?autres recommandations, celles
d?assurer la pérennité des mesures compensatoires aux at-
teintes à la biodiversité (zones humides, milieux naturels),
la prise en compte du risque d?inondation dans l?aménage-
ment de ce territoire, l?interdiction d?urbanisation autour
de la nouvelle voirie, et la réduction et compensation des
émissions de gaz à effet de serre liées au trafic routier et au
chantier.
Déviation Saint-Hostien - Le Pertuis RN88 (43) ? Avis n°2024-
82 du 26 septembre 2024 (3e avis)
Le dossier concerne la déviation Saint-Hostien - Le Pertuis,
d?une longueur de 10,7 km, et évoque la déviation d?Yssin-
geaux (mise en service en 2022), dernières opérations en
Haute-Loire de l?aménagement à 2x2 voies de la RN88.
L?opération a été déclarée d?utilité publique en 1997. Une
autorisation environnementale a été accordée en 2020 mal-
gré un avis défavorable du conseil national de la protection
de la nature (CNPN) du 6 mai 2020. Un premier avis d?Ae en
2020 soulignait de nombreuses insuffisances dans le dossier.
Dans son avis du 26 septembre 2024 (n°2024-82) l?Ae note
que les principales modifications depuis le précédent dossier
concernent la découverte d?une nouvelle espèce protégée,
le Triton palmé, dans le périmètre du projet, ainsi que les
réponses apportées au précédent avis de l?Ae.
L?Ae observe que les raisons impératives d?intérêt public
majeur du projet (condition d?octroi de la dérogation à l?in-
terdiction d?atteinte aux individus et aux habitats d'espèces
protégées), évoquées dans le dossier actualisé, restent insuf-
fisamment étayées ; la rentabilité socioéconomique du pro-
jet, évaluée dans le dossier, repose sur des hypothèses non
justifiées de croissance du trafic à courte distance et suppose
une augmentation de la vitesse de circulation (jusqu?à 110
km/h).
L?Ae réitère ses recommandations concernant la préserva-
tion de la biodiversité, les précédentes n?ayant pas été prises
en considération à ce stade. Elle rappelle également que
la totalité des mesures compensatoires doivent être listées
dans l?arrêté d?autorisation ; le dossier reste incomplet sur
ce point. L?Ae recommande enfin d?intégrer au dossier une
demande de dérogation à l?interdiction d?atteinte à des indi-
vidus d?espèces protégées et à leurs habitats, et formule aussi
des recommandations concernant le traitement du bruit et
des émissions de gaz à effet de serre.
Déviation de la RD 1017 à La Chapelle-en-Serval et Survil-
liers (60-95) et sur la mise en compatibilité des plans locaux
d?urbanisme ? Avis n°2024-36 du 27 juin 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de déviation de la route dépar-
tementale 1017 qui permet notamment d?accéder depuis le
sud de l?Oise à l?aéroport Paris-Charles de Gaulle et au nord
de l?unité urbaine parisienne. Cette déviation a pour objet
de remédier aux problèmes de congestions en centre-ville
et de nuisances pour les riverains (pollution de l?air et bruit)
liés à la route.
Dans son avis du 27 juin 2024 (n°24-36), l?Ae relève que l?étude
d?impact permet dans l?ensemble d?appréhender correcte-
ment les enjeux avec une approche de la séquence Éviter-Ré-
duire-Compenser bien conduite. La problématique des émis-
sions de gaz à effet de serre n?est cependant pas présentée,
ce qui doit être corrigé.
Si l?Ae note que le projet aura des effets positifs sur la qualité
de l?air et les nuisances sonores en centre-ville, elle souligne
deux points de vigilance à destination des collectivités lo-
cales et de l?État : ne pas exposer de nouvelles populations
à ces pollutions par des constructions trop proches de la
déviation et veiller à ne pas générer des apports de trafic
supplémentaire sur celle-ci.
D?autres recommandations sont formulées telles qu?optimi-
ser et contrôler la gestion des terres et déblais, préciser le
suivi du projet et de ses incidences, étudier l?intérêt d?une
limitation de vitesse plus basse sur la déviation, ou encore
envisager une politique de développement des mobilités
actives.
100 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 101
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Sécurisation et l?aménagement de la RN 296 à Aix-en-Pro-
vence (13) et sur la mise en compatibilité du plan local d?ur-
banisme d?Aix-en-Provence - Avis n°2024-07 du 25 avril 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de sécurisation et d?aménage-
ment de la RN 296 à Aix-en-Provence en vue de l?obtention
d?une déclaration d?utilité publique. Une mise en compati-
bilité du plan local d?urbanisme est aussi nécessaire.
L?étude d?impact est de bonne qualité et les incidences sont
en général correctement appréhendées, avec des analyses
approfondies des options d?aménagement, un traitement
paysager de qualité, une amélioration du traitement des
eaux de chaussée. Le projet permettra de développer le vo-
lume et la qualité de l?offre de transports en commun.
L?Ae recommande cependant dans son avis du 25 avril 2024
(n°2024-07) d?approfondir l?analyse des impacts en termes de
bruit, de concrétiser les mesures prévues en termes de limi-
tation de vitesse (au regard des bénéfices induits en termes
de sécurité, bruit généré, émissions de polluants atmosphé-
riques et de GES). L?Ae émet d?autres recommandations, par-
mi lesquelles inscrire les systèmes de traitement de l?eau dans
une démarche plus globale de mise aux normes des rejets de
la RN existante, ou encore d?étudier des options complémen-
taires de renforcement de l?offre de transports en commun
et de développement des modes actifs de déplacement.
Contournement ouest de Besançon, aménagement de la RN
57 sur la section comprise entre les « Boulevards » et Beure
(25) - Avis n°2023-129 du 25 avril 2024 (2ème avis)
Sous maîtrise d?ouvrage de l?État, le projet de Contourne-
ment Ouest de Besançon (16,5 km) vise à aménager l?in-
frastructure en voie rapide urbaine à deux fois deux voies.
Dans le cadre d?un premier avis sur l?évaluation environne-
mentale de la déclaration d?utilité publique (DUP) en 2022,
l?Ae relevait des insuffisances sur le contenu de l?étude d?im-
pact qui n?intégrait pas toutes les composantes nécessaires
au projet. L?avis interrogeait aussi le maître d?ouvrage sur le
choix d?un aménagement en voie rapide. Le projet est pré-
senté aujourd?hui en vue de l?obtention des autorisations
nécessaires à sa réalisation.
L?étude d?impact a été notablement complétée sur plusieurs
points, ce que relève l?Ae dans son avis du 25 avril 24 (n°2023-
129). Des questions restent cependant posées sur le péri-
mètre d?analyse des incidences, le parti d?aménagement rou-
tier restant inchangé par rapport au projet étudié en 2022.
Dans ce contexte, l?Ae réitère certaines de ses recommanda-
tions. Elle recommande par ailleurs d?envisager des mesures
supplémentaires, par exemple pour soutenir le développe-
ment des modes actifs de déplacement, préciser certaines
mesures de compensation des impacts sur les milieux na-
turels, ou encore d?envisager des mesures de réduction des
émissions de GES pendant la phase chantier (voire de com-
pensation de ces émissions).
RN141 ? section Chasseneuil-sur-Bonnieure ? Rouma-
zières-Loubert et aire de repos de Roumazières-Loubert
(16) ? Avis n°2023-134 du 21 mars 2024 (2e avis)
La route Centre-Europe-Atlantique (RCEA) a été mise à 2x2
voies entre Angoulême et Limoges (RN141). L?Ae été saisie du
projet d?aménagement à 2x2 voies de la dernière portion,
de 9 km, située entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Rouma-
zières-Loubert (16) et de l?aire de repos associée.
Dans son premier avis n° 2022-113 du 22 janvier 2023, l?Ae
relevait que l?étude d?impact du projet restait à produire,
les insuffisances du dossier ne permettant pas d'assurer la
complète information du public et sa participation lors de
l'enquête publique. Le dossier a depuis été significativement
revu et complété. Le projet s?est précisé et a évolué, du fait
de l?approfondissement de la démarche d?évitement, de ré-
duction et de compensation de ses incidences, ce que l?Ae
relève dans son avis du 21 mars 2024 (n°2023-134).
L?Ae interroge la lisibilité du dossier pour le public du fait
de ces évolutions successives, et des compléments d?inven-
taires insérés au dossier. La maîtrise d?ouvrage n?a pas fourni
d?étude d?impact du projet d?ensemble (les deux sections
achevant la mise à 2x2 voies de la RN141 entre Angoulême
et Limoges) et des Afafe afférents.
L?Ae émet plusieurs recommandations complémentaires par-
mi lesquelles présenter les mesures prises pour compenser
les 30 ha imperméabilisés par le projet, ou encore démontrer
la valeur ajoutée, à l?échelle de chacun des sites, de la gestion
qui sera appliquée sur les sites de compensation en partie
en « bon état de conservation ». Elle recommande enfin de
conduire certaines études (trafic, bruit, qualité de l?air et
d?émissions de gaz à effet de serre), sur la base d?hypothèses
alternatives prenant en compte un report plus important
du trafic poids lourd sur la nouvelle RN et de présenter les
mesures prises pour diminuer l?empreinte carbone du projet.
102 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 103
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Création du demi-échangeur de Carresse-Cassaber sur l?A64
(40, 64) ? Avis n°2024-135 du 7 mars 2024
L?Ae a été saisie du projet d?aménagement du demi-échan-
geur de l?A64 sur les communes de Carresse-Cassaber et
Sorde-l?Abbaye, entre Bayonne et Pau (40, 64), inscrit dans
le plan de relance autoroutier approuvé par le décret du 6
novembre 2018.
Le dossier ne s?interroge pas sur la pertinence d?ensemble
des projets d?aménagements envisagés sur cette portion de
route. L?Ae souligne l?insuffisance de la prise en compte du
niveau d?enjeu de certaines espèces (Saumon atlantique) et
de l?analyse de l?incidence résiduelle du projet sur certaines
espèces (le Vison d?Europe, la Loutre d?Europe ?) alors même
que plus de 80 espèces protégées sont recensées, des études
de trafic anciennes et insuffisamment documentées et des
mesures compensatoires en faveur du milieu naturel (elles
consistent en une opération importante enclavée dans la
bretelle autoroutière, ce que l?Ae considère comme inadap-
té).
Autoroute A7 - Diffuseur de Porte de DrômArdèche et sur
la mise en compatibilité des plans locaux d?urbanisme des
communes de Saint-Rambert-d?Albon, Albon et Saint-Bar-
thélémy-de-Vals (26) ? Avis n°2023-123 du 7 mars 2024
La création de deux demi-diffuseurs sur l?A7 (entre celui de
Chanas au nord et celui de Tain-L?Hermitage à 32 km au sud) a
des effets positifs sur les congestions et sur le cadre de vie de
nombreux riverains des axes routiers mais induit toutefois un
report significatif de trafic (jusqu?à +74%) sur deux axes du ré-
seau départemental (RD 112 et RD53) qui ne sont ni décrits ni
évalués dans l?étude d?impact, ce qui représente une lacune
majeure du dossier. L?Ae recommande de revoir l?ensemble
des incidences et mesures du projet à cette échelle.
Elle souligne l?absence d?analyse détaillée de solutions de
substitution faisant appel à d?autres modes de transport, ce
qui nuit à la justification du choix retenu, en particulier au
regard des objectifs du plan climat air énergie du territoire.
Les mesures prises afin de garantir l?absence de perte nette
de biodiversité sont à compléter. L?Ae émet d?autres recom-
mandations afin d?ajuster les mesures présentées, en prenant
en compte le périmètre du projet d?ensemble. Elle souligne
enfin que le dossier doit être explicite sur l?inscription du
projet dans la trajectoire nécessaire à l?atteinte des objectifs
de la stratégie nationale bas carbone (SNBC).
Contournement nord de Maubeuge et la mise en compatibi-
lité des plans locaux d?urbanisme intercommunaux (PLUi) du
pays de Mormal et de la communauté d?agglomération Mau-
beuge - Val de Sambre (59) ? Avis 2023-126 du 22 février 2024
L?Ae a été saisie du dossier d?enquête préalable à la décla-
ration d?utilité publique et à la déclaration de projet du
contournement nord de Maubeuge, d?une longueur de 12,7
km, et d?un coût estimé à 105 millions d?euros (valeur 2021).
L?Ae note dans son avis du 22 février 2024 (2023-116) que
l?étude d?impact est correctement structurée et d?une lon-
gueur adaptée. Elle comporte toutefois des imprécisions et
des manques et reste non conclusive sur de nombreux volets.
En outre, certaines affirmations sur les bénéfices attendus
ne sont pas suffisamment étayées, notamment concernant
l?amélioration de la qualité de vie des riverains et la sécurité
routière.
L?étude d?impact doit être complétée avant la mise à l?en-
quête publique afin de permettre une bonne information
du public, ce qui n?est pas le cas à ce stade. Une actualisation
de l?ensemble des thématiques de l?étude d?impact sera en
outre nécessaire et devra notamment définir précisément
les mesures de compensation.
L?Ae émet de nombreuses recommandations par exemple
sur la hiérarchisation et la motivation des objectifs du pro-
jet, sur la nécessité d?envisager des variantes complémen-
taires ou encore sur la quantification des émissions de GES
générées. Elle recommande enfin la reprise de l?évaluation
socio-économique afin de présenter un bilan complet per-
mettant de rendre compte des avantages et des inconvé-
nients monétarisés du projet et d?évaluer les conséquences
de celui-ci sur le développement éventuel de l'urbanisation.
Aménagements de la RN 20 sur les communes d?Ussat et
d?Ornolac-Ussat-les-Bains (09) ? Avis n°2023-68 du 22 février
2024
Le projet d?aménagement à 2 x 2 voies de la RN 20 entre
Tarascon et Ax-les-Thermes a fait l?objet d?une procédure de
déclaration d?utilité publique (DUP) le 26 décembre 2000,
portant mise en compatibilité des documents d?urbanisme
et lui conférant le statut de route express. L?amélioration de
la sécurité des personnes constitue un des objectifs du projet
d?aménagement, constitué de huit tronçons, de même que
l?amélioration de la fluidité du trafic.
L?Ae note dans son avis du 22 février 2024 (n°2023-68), que
l?étude d?impact n?aborde pas les impacts à l?échelle globale
du projet, remarque déjà formulée dans son avis n°2023-42
au sujet de la déviation de Tarascon et du tunnel de Quié.
L?état initial permet l?identification des principaux éléments
d?intérêt patrimonial. Une démarche « éviter, réduire, com-
penser » a été conduite, ce qui a permis de retenir des op-
tions plus favorables à l?environnement. En dépit de ces me-
sures, des atteintes à certains habitats d?espèces protégées
persistent. L?Ae rappelle qu?une dérogation n?est possible
que moyennant la justification de raisons impératives d?in-
térêt public majeur et la démonstration de l?absence d?autre
solution satisfaisante. L?Ae formule quelques recommanda-
tions mineures, sauf dans le domaine de la qualité de l?air qui
a vocation à être complété.
104 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 105
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Confortement des berges de la Bléone pour la protection
de la RN85 à Aiglun (04) ? Avis n°2024-31 du 30 mai 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de confortement des berges de la
Bléone afin de sécuriser les talus de la route Napoléon (RN85)
sur la commune d?Aiglun près de Digne-les-Bains (04) dans le
cadre d?une demande d?autorisation environnementale au
titre de la législation sur l?eau et d?une demande de déroga-
tion à l?interdiction de destruction d?individus et d?habitats
d?espèces protégées.
Le projet a été retravaillé suite à un premier dossier examiné
en 2017 (qui avait fait l?objet d?un avis de l?Ae et d?un avis dé-
favorable du Conseil national de la protection de la nature).
Parmi les recommandations de l?Ae formulées dans son avis
du 30 mai 24 (n°2024-31) est relevée une recommandation
portant sur l?analyse des solutions de substitution raison-
nables, réalisée sur un nombre trop limité de scénarios ou
encore celle de mener une étude de sensibilité sur les para-
mètres de dimensionnement de l?ouvrage afin d?intégrer une
marge de sécurité suffisante.
Enfin au regard des incidences du projet sur les habitats natu-
rels (destruction d?habitats) et espèces patrimoniales, l?Ae re-
commande d?étudier le renforcement possible des mesures
d?évitement (concernant en particulier les possibilités de ni-
dification du Guêpier d?Europe sur la berge) et de mieux pré-
ciser les mesures compensatoires (scarification de bancs de
galets, localisation des nichoirs artificiels). La mise en place
d?un suivi pertinent de l?évolution de l?hydromorphologie du
lit de la Bléone figure également dans les recommandations.
Création d?une voie verte entre Nogent-sur-Seine (77) et
Crancey (10) - Avis 2024-64 du 29 août 2024
L?Ae a été saisie de l?aménagement en voie verte d?un chemin
de halage inusité de la Seine et de ses canaux de dérivation,
de vingt kilomètres de long, entre Crancey et Nogent-sur-
Seine (un des maillons manquants de la véloroute « La Seine
à vélo » (EV 33), inscrite au schéma national des véloroutes).
Dans son avis du 29 août 2024 (n°2024-64), l?Ae note que le
dossier présente la seule section de voie actuellement ac-
cessible, prenant place sur le chemin existant (sans prendre
en compte une future autre section liée à la création du
nouveau canal à grand gabarit de Bray-sur-Seine à Nogent-
sur-Seine) et que son niveau de définition ne paraît pas tou-
jours suffisant pour évaluer correctement les incidences
de l?aménagement ou s?assurer de leur absence. L?absence
d?incidence hydraulique sur les bassins versants interceptés
et de réduction du volume d?expansion des crues devra être
étayée. Les incidences sur les espèces et habitats naturels
devraient être évaluées en prenant le cas le plus défavorable
pour l?environnement, après examen de la situation actuelle
et du scénario de référence.
Routes
L?Ae examine régulièrement des dossiers d?aménagements
routiers, routes nationales sous maîtrise d?ouvrage de l?État,
autoroutes réalisées par des concessionnaires, ou aménage-
ments routiers supposant le franchissement d?une voie fer-
rée. Les évaluations environnementales font souvent l?objet
de plusieurs avis, au stade de la DUP, puis de la réalisation, en
lien avec les procédures d?autorisation environnementale, de
défrichement ou encore de dérogation à l?interdiction d?at-
teinte aux individus d?espèces protégées et à leurs habitats.
L?Ae et la direction générale des infrastructures, des trans-
ports et des mobilités (DGITM) ont organisé en juin 2024 un
séminaire d?échange entre les services de l?État chargés de
la maîtrise d?ouvrage (DREAL en général), la DGITM et l?Ae
pour échanger sur la pratique et les difficultés de l?évaluation
environnementale des projets et sur les voies de progrès pour
leur conception et réalisation.
Les enjeux et constats rencontrés mettent en évidence des
constantes, des lacunes fréquentes mais également des amé-
liorations et des projets de qualité :
? les principales recommandations portent sur l?insuffi-
sance des mesures d?évitement, de réduction et, à défaut,
de compensation constatées dans les actualisations ou dans
les réponses aux avis de l?Ae (déviation Sant Hostien ? Le
Pertuis sur la RN88 par exemple), même si d?autres projets
témoignent de la prise en compte des enjeux au fur et à
mesure de leur définition et leur réalisation (RD7 à Suresnes
et Saint Cloud par exemple) ;
? dans certains projets on note une approche convaincante
de l?appréhension de l?impact de l?ouvrage sur les milieux
naturels et de la séquence ERC (cas des projets de Jonction
Est à Toulouse, de la RD 1017 à La Chapelle en Serval, choix
plus favorables à l?environnement sur la RN20, etc.), mais
la démarche d?évitement en particulier des impacts sur la
biodiversité reste perfectible dans plusieurs dossiers (RN85
à Aiglun, RN88) et les mesures compensatoires sont par-
fois à renforcer ou revoir (recommandations en ce sens par
exemple pour le contournement ouest de Besançon ou le
demi-échangeur de Caresse-Cassaber). Un enjeu commun
est par ailleurs de veiller à la pérennisation des mesures com-
pensatoires ;
? les données et justifications sont souvent parcellaires, an-
ciennes, ou peu étayées s?agissant du trafic, dont le trafic
potentiellement induit et ses incidences, que ce soit sur la
nouvelle infrastructure ou par report (cas du demi-diffuseur
sur l?A7)
? le constat déjà fait les années précédentes, que la quanti-
fication des émissions de gaz à effet de serre (en intégrant
celles de la construction) se développe, mais est encore ab-
sente de certains dossiers ou manque de précisions, reste
assez largement valable. La définition de mesures de réduc-
tion reste encore rare. Il convient pour les maîtres d?ouvrage
d?y remédier compte tenu de l?enjeu ;
? les projets routiers sont peu accompagnés (ou ne décrivent
pas) de projets concomitants pour renforcer l?offre de mo-
bilités alternatives au véhicule individuel Le projet d?aména-
gement et sécurisation de la RN 296 à Aix-en-Provence, qui
prévoit l?aménagement d?une voie réservée aux transports
en commun, permettant un plus que doublement de l?offre
de cars et bus à haut niveau de service en heure de pointe,
est à signaler dans ce contexte. L?Ae souligne aussi pour cer-
tains projets l?intérêt d?examiner la possibilité d?imposer une
limitation de vitesse plus basse.
106 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 107
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
FER - Infrastructures ferroviaires et Pôles d?échanges mul-
timodaux (PEM)
Aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux (33) ? Avis
n°2024-11 du 25 avril 2024
L?Ae est saisie d?une demande d?autorisation environnemen-
tale pour les aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux
(AFSB), composante du programme « grands projets du sud-
ouest » (GPSO) déclarés d?utilité publique le 25 novembre
2015.
Pour ces aménagements, SNCF Réseau a tenu compte des re-
commandations émises par l?Ae dans son avis Ae n° 2023-51
du 7 septembre 2023 relatif aux aménagements ferroviaires
au nord de Toulouse (AFNT).
Le dossier, dans son ensemble, traite plusieurs volets de fa-
çon satisfaisante et même parfois à un niveau peu commun
dans les études d?impact analysées par l?Ae.
L?objectif d?un dossier autonome n?est toutefois atteint que
partiellement pour certains volets importants (description
du projet, trafics et déplacements non traités, démarche
éviter-réduire-compenser encore inaboutie pour la biodi-
versité et le bruit) et l?étude d?impact doit donc être encore
complétée pour atteindre ce but.
L?Ae recommande de prendre en compte toutes les compo-
santes du projet dans l?analyse des incidences. Elle recom-
mande aussi de démontrer l?équivalence fonctionnelle des
mesures de compensation pour les atteintes aux zones hu-
mides et à la biodiversité. L?Ae recommande de compléter
l?étude d?impact sur certains volets, notamment spécifiques
aux AFSB, la prévention des nuisances en phase travaux et le
dispositif de suivi, pour l?instant absents du dossier.
Pôle d?échange multimodal de Plan de Campagne aux
Pennes-Mirabeau (13) et mise en compatibilité du plan local
d?urbanisme ? Avis n°2024-100 du 21 novembre 2024
La métropole d?Aix-Marseille-Provence souhaite développer
le report modal vers les transports en commun et modes
alternatifs et prévoit ainsi la création d?un pôle d?échange
multimodal (PEM) à Plan de Campagne, sur la commune des
Pennes Mirabeau (13), en lien avec la création d?une halte
ferroviaire sur la ligne Marseille-Aix et la prolongation d?une
ligne de bus à haut niveau de service « Zenibus » dont elle
constituera le terminus.
Le dossier présente très peu ces articulations et les niveaux
de fréquentation attendus qui en résultent et qui justifient
le dimensionnement du PEM. La qualité de l ?étude d?impact
du PEM en pâtit s?agissant de toutes les incidences liées aux
trafics des différents modes. L?Ae recommande dans son avis
du 21 novembre 2024 de reconsidérer le scénario de réfé-
rence et de compléter le dossier par une analyse des effets
cumulés des projets en matière de mobilité et des projets
immobiliers au voisinage du pôle.
Une grande partie de la zone commerciale de Plan de Cam-
pagne étant concernée par des inondations récurrentes par
ruissellement, l?Ae recommande d?expliquer la cohérence
des dispositions retenues pour le PEM avec le projet de re-
mise à niveau de la gestion des eaux dans le secteur. Parmi
d?autres recommandations, on notera celles d?expliquer la
suppression sans compensation d?une petite zone humide
et de justifier de la bonne prise en compte des risques liés à
la présence d?un oléoduc traversant les emprises du projet,
au regard de la fréquentation attendue sur le PEM.
Transports collectifs
Tram T13 phase 2 entre Saint-Germain-en-Laye et Achères
(78) ? Avis n°2024-18 du 25 avril 2024
L?Ae a été saisie de la phase 2 du projet de tram-train T13,
d?une longueur de 9,9 km pouvant circuler à la fois sur le ré-
seau ferré national (RFN) et sur la voirie urbaine. Ce tram-train
reliera Saint-Germain-en Laye à Achères dans les Yvelines
(78). Il succède à un premier projet, la phase 1, mis en service
le 6 juillet 2022, et comprend quatre nouvelles stations. Sa
maîtrise d?ouvrage est partagée entre SNCF Réseau pour la
partie « RFN » et Île-de-France Mobilités (IDFM) pour la partie
« tram urbain ». Sa mise en service est prévue en 2028.
Le projet, qui a fait l?objet de deux avis de l?Ae en 2014 et
2017, a été déclaré d?utilité publique en décembre 2018. Un
nouvel avis de l?Ae est requis à l?occasion de la demande
d?autorisation environnementale.
Dans son avis du 25 avril 2024 (n°2024-18) l?Ae émet des re-
commandations pour améliorer la lisibilité de l?étude d?im-
pact. Elle recommande également de mettre à jour la pré-
sentation de l?état initial des mobilités et de leur évolution,
de reprendre l?évaluation des consommations énergétiques
et des émissions de gaz à effet de serre et d?envisager des
mesures de nature à améliorer le bilan énergétique et car-
bone du projet et enfin de revoir à la hausse les mesures de
compensation prévues au titre des défrichements et de la
suppression des arbres, notamment d?alignement, situés à
proximité de l?infrastructure.
L?Ae recommande par ailleurs aux porteurs de projets et aux
collectivités, d'orienter plus nettement les moyens dispo-
nibles vers des projets susceptibles de favoriser le report des
usagers de la voiture particulière vers toutes les mobilités
décarbonées en cohérence avec les objectifs locaux et na-
tionaux.
Ligne 15 Est du Grand Paris express reliant Saint-Denis
Pleyel à Champigny Centre (93, 94) - Actualisation des avis
n° 2015-93, 2017-33, 2018-60 et 2020-55 - Avis n°2024-32 du
16 mai 2024
Dans le cadre de la réalisation du projet de création de la
ligne 15 de métro, porté par la Société des grands projets
(SGP), un arrêté de cessibilité en date du 21 juillet 2022 por-
tant notamment sur les parcelles nécessaires à la création
d?une emprise déportée pour la réalisation du chantier de
la gare Bondy (93) a été contesté devant le tribunal admi-
nistratif de Montreuil.
Celui-ci a prescrit, par deux jugements du 17 juillet 2023, de
compléter l?étude d?impact de la ligne 15 Est du Grand Paris
Express (GPE), en ce qui concerne spécifiquement le chan-
tier de la gare Bondy (plan de circulation, incidences de la
circulation des poids lourds sur la qualité de l?air, nuisances
sonores à proximité d?une la crèche) et de soumettre ces
compléments à une nouvelle procédure de consultation du
public. L?Ae est saisie de cette étude d?impact actualisée.
L?actualisation de l?étude d?impact est claire et les réponses
requises par le jugement du tribunal administratif y figurent.
L?Ae dans son avis du 16 mai 2024 (n°2024-32) recommande
que les évaluations de trafic soient précisées sur les axes du
plan de circulation établi, afin de rendre compte de façon
plus fine des incidences du chantier. Par ailleurs, et dans
la suite des recommandations déjà formulées précédem-
ment, elle recommande que l?évaluation des impacts en
matière d?émissions de GES soit mieux détaillée. Enfin, le tra-
vail d?estimation des bénéfices potentiels du GPE doit être
poursuivi, en collaboration avec les autres acteurs régionaux
concernés par la politique des transports, afin d?aboutir à
une stratégie régionale à l?horizon 2050 compatible avec
l?objectif de neutralité carbone.
108 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 109
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Extension du réseau de tramway sur la commune principale
du Havre (76) - Avis n°2024-37 du 25 juillet 2024
L?Ae a été saisie d?un projet d?extension du réseau de tramway
du Havre (14 km et 19 stations) par la création d?une troisième
ligne, du sud du Havre (station Vallée Béreult) à Montivilliers
(arrêt Parc Jardin) en traversant Harfleur (arrêt Coeur histo-
rique). La ligne, principalement en site propre s?inscrit pour
partie en remplacement partiel d?une ligne de train, la Lé-
zarde express régionale (LER) qui relie aujourd?hui la gare du
Havre et les bourgs de Rolleville et Épouville.
L?étude d?impact, très détaillée sur les choix techniques entre
variantes d?aménagement, garde les traces d?une sédimen-
tation chronologique avec des données disparates et né-
cessite, pour une bonne information du public, la rédaction
d?un guide de lecture avec un index intégrant le contenu
des annexes.
Dans son avis du 25 juillet 2024 (2024-37), l?Ae recommande
principalement de reconsidérer certaines options et de
mettre en oeuvre des mesures d?accompagnement de l?amé-
nagement en vue d?accroître la contribution du tramway au
transfert modal, à l?amélioration de la qualité de l?air et du
cadre de vie et à la réduction des émissions de gaz à effet
de serre. Dans cette optique, la remise à plat de la caractéri-
sation de l?ambiance sonore aux alentours du tracé compte
tenu des autres sources de bruit participerait d?une transpa-
rence bienvenue sur ses incidences sanitaires. L?Ae recom-
mande également de préciser et compléter les plantations
ligneuses à effectuer en compensation des nombreux arbres
qu?il est prévu d?abattre.
Ferroviaire
Les projets ferroviaires et de transport en commun ont été
moins nombreux en 2024 que lors des années précédentes,
ce qui ne permet pas forcément de dégager des tendances
communes.
Les deux dossiers de tramways examinés ont fait l?objet de
considérations et recommandations de l?Ae sur l?intérêt,
voire la nécessité, d?approfondir les mesures et actions à
mettre en oeuvre pour en augmenter l?efficacité en termes
de report modal et d?effets positifs induits comme la baisse
des émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmos-
phériques.
L?Ae a été saisie d?un deuxième volet du grand projet du sud-
ouest (GPSO) de nouvelles lignes à grande vitesse entre Bor-
deaux, Toulouse et Dax, avec les aménagements ferroviaires
Sud Bordeaux. Ce dossier a largement pris en compte le re-
tour d?expérience et les recommandations formulées par
l?Ae en 2023 sur le dossier des aménagements ferroviaires
Nord Toulouse.
Grands Ports maritimes (GPM)* (cf zoom)
Une synthèse thématique est consacrée dans ce rapport aux
dossiers des grands ports maritimes examinés ces dernières
années par l?Ae.
Extension de la Zone de services portuaires, ZSP2, sur les
bassins ouest du Grand Port Maritime de Marseille à Fos-
sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône (13) ? Avis n°2024-59
du 25 juillet 2024
Le projet présenté par le Grand port maritime de Marseille
(GPMM) s?inscrit dans sa stratégie de développement du
trafic de conteneurs en créant une extension de la zone de
services portuaires (ZSP1) dédiés à cette activité, projet ap-
pelé ZSP2. Une plateforme d?environ 36 ha à terme est créée.
Dans son avis du 25 juillet 2024 (n°2024-59), l?Ae recom-
mande de renforcer la présentation du besoin motivant
le projet et de son évolution, ainsi que celle des choix faits
en conséquence pour sa mise en oeuvre. Elle recommande
également de produire un scénario de référence (évolution
sans projet) fondé sur des hypothèses (notamment flux de
marchandises et de trafic) explicitées et étayées. Elle formule
aussi des recommandations sur plusieurs thématiques, par
exemple, de renforcer la protection règlementaire ou fon-
cière des milieux naturels évités par le projet, de démontrer,
si besoin en prévoyant des mesures complémentaires, que
le projet ne porte pas atteinte à la biodiversité, ou encore de
renforcer significativement la quantité des compensations
pour les zones humides et pour les habitats naturels d?intérêt
ou accueillant une faune et une flore patrimoniales.
Dragage du grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire
(44) ? Avis n°2024-47 du 11 juillet 2024
Le projet sur lequel l?Ae a été saisie porte sur les opérations
de dragage et d?immersion à réaliser par le Grand port ma-
ritime de Nantes Saint-Nazaire (GPMNSN) durant la période
allant du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2034 ; ces opé-
rations sont encadrées par un arrêté préfectoral expirant le
31 décembre 2024.
L?Ae souligne dans son avis n°2024-47 du 11 juillet 2024 que
l?étude d?impact est claire, didactique et bien documentée.
Le dossier met en lumière les compléments substantiels ap-
portés au dossier lors d?échanges avec le service instructeur.
L?Ae relève la nécessité de faire évoluer le dossier afin de
présenter un bilan prévisionnel des émissions de GES pour la
période 2025-2034, de limiter les incidences des opérations
de dragage pour l?ensemble des sections concernées par des
phénomènes d?hypoxie ou d?anoxie et de mieux justifier les
mesures d?évitement et de réduction des incidences sur
l?habitat des populations de crustacés marins. Par ailleurs,
compte tenu des évolutions des moyens de dragage et des
pratiques envisagées sur la période 2025-2034, une actuali-
sation de l?étude d?impact est à prévoir.
110 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 111
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Assainissement
Mise en conformité des systèmes d?assainissement du bourg
et de l?Île-Grande de la commune de Pleumeur-Bodou (22)
? Avis n°2024- 45 du 27 juin 2024
Afin de résoudre les problèmes de non-conformité du sys-
tème d?assainissement de l?Île-Grande sur la commune
littorale de Plumeur-Bodou dans le département des
Côtes-d?Armor (22), deux stations de traitement des eaux
usées existantes (Île-Grande et Pleumeur-bourg) sont rempla-
cées par une station permettant d?améliorer très nettement
la qualité des eaux rejetées dans le milieu.
L?Ae dans son avis du 27 juin 2024 (n°2024-45) recommande
de définir toutes les opérations nécessaires à la réalisation
du projet, de faire porter l?étude d?impact sur le projet d?en-
semble et de veiller à ce que la définition du projet soit la
même dans les différentes pièces du dossier qui souffre d?un
éparpillement des informations, partiellement répétées, et
dont la cohérence n?est pas assurée, compte-tenu de mises à
jour à des dates différentes des pièces qui le composent. Plu-
sieurs imprécisions méthodologiques rendent la démarche
d?évaluation environnementale peu lisible.
L?Ae émet plusieurs recommandations parmi lesquelles dé-
finir des aires d?étude adaptées à la caractérisation de l?état
initial et l?identification des effets probables des différentes
opérations du projet d?ensemble, établir un bilan énergé-
tique et des émissions de gaz à effet de serre du projet, cla-
rifier la situation des zones humides ou encore par exemple
clarifier la nature des incidences résiduelles notables néces-
sitant des mesures de compensation.
L?évaluation environnementale : encore souvent perçue
comme une procédure contraignante et non comme un
outil de réflexion ou d?enrichissement des projets même si
des évolutions notables sont constatées.
Le thème de la « nécessaire accélération des procédures »
est plus que jamais d?actualité notamment pour les projets
industriels.
Une réflexion, la plus en amont possible, sur la localisation
envisagée pour le futur projet et « Éviter » autant que faire
se peut, la destruction d?espaces naturels et d?écosystèmes
et d?autres impacts (exposition des populations aux bruits
des infrastructures par exemple) paraît une des meilleures
manières de faciliter la délivrance des autorisations et d?évi-
ter des mesures coûteuses pour le maître d?ouvrage ou la
collectivité.
Des projets sont pourtant trop souvent encore envisagés sur
des espaces naturels riches et fragiles, présentant un intérêt
fonctionnel, sur la seule base de l?opportunité foncière, sans
véritable réflexion sur des localisations alternatives, détrui-
sant durablement des écosystèmes dont la richesse et les
services qu?ils rendent ne sont pas appréhendés correcte-
ment et que l?on a le plus grand mal à recréer avec toutes
leurs fonctionnalités, quand on tente de le faire. Au mieux
les corrections des incidences sont alors coûteuses, au pire
les incidences sont sous-évaluées et les mesures proposées
pas toujours adaptées.
Les inondations qui ont ravagé de nombreuses villes n?ont
pas pour cause les réglementations environnementales qui
empêcheraient le « curage des fossés », comme on a pu
l?entendre, mais sont bien souvent liées à une absence de
réflexion amont, à l?artificialisation des sols, à la destruction
des haies ou encore à des constructions autorisées parfois
même dans le lit des cours d?eau ou à proximité immédiate
de ceux-ci.
C?est donc bien au stade de la préparation des projets (très
en amont) que doit être menée la réflexion sur la conception
et la localisation du projet, les zones potentiellement affec-
tées par celui-ci, l?insertion des projets dans les politiques
d?aménagement et mobilités, et en l?absence de solutions
alternatives, sur les mesures de réduction, voire de compen-
sation, qu?il faudra mettre en place.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 113112 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L e s d o s s i e r s 2 0 24
Ce qui semble une évidence de bon sens et est désormais
pleinement intégré par nombre de maîtres d?ouvrage ne l?est
pourtant toujours pas systématiquement, au vu de certains
dossiers que l?Ae a eu à connaître cette année encore.
L?évaluation environnementale des incidences d?un projet (ou
d?un plan) sur l?environnement, l?intégration de la démarche
« éviter, réduire, compenser » doit permettre d?améliorer les
projets en réduisant leurs impacts environnementaux no-
tamment en éclairant ceux-ci et en en prenant conscience.
L?avis des autorités environnementales y participe.
Or trop souvent l?avis des autorités environnementales est
perçu seulement comme un élément de procédure, pièce
obligatoire à joindre au dossier de participation du public
préalable à l?autorisation.
L?enquête publique est parfois ouverte rapidement après
l?émission de l?avis alors que celui-ci implique le plus sou-
vent de compléter ou d?approfondir l?étude d'impact sur
certaines thématiques voire d?en reprendre certaines parties
et devrait donc conduire en bonne logique à une évolution,
voire une modification du projet.
Le mémoire en réponse du maître d?ouvrage à l?avis de l?Ae9
consiste parfois en une simple réfutation des recommanda-
tions sans démonstration approfondie.
L?Ae constate que, dans certains projets, les bureaux d?étude
et les porteurs de projet ont tendance à minimiser les enjeux
relatifs aux espèces protégées présentes et à leurs habitats,
ainsi que les impacts prévisibles des projets sur des individus
ou des habitats de ces espèces protégées, afin de conclure à
l?absence de nécessité de demande de dérogation relative à
ces espèces protégées. L?Ae insiste sur la nécessité de mener
cette évaluation de manière complète et rigoureuse, afin
d?estimer si le risque d?atteinte aux espèces protégées est
suffisamment caractérisé après les mesures d?évitement et
de réduction proposées, ce qui doit alors conduire à une
demande de dérogation10.
Un projet dont on n?est pas en capacité, après évitement et
réduction, de compenser les effets significatifs sur l?environ-
nement ne peut pas être autorisé en l?état (article R. 163-1 du
code de l?environnement).
La récurrence de certains constats ne doit cependant pas
occulter des tendances positives constatées dans nombre
de projets.
Ainsi l?établissement de bilans détaillés des émissions de gaz
à effet de serre générées par un projet se rencontre désor-
mais plus fréquemment, notamment pour des zones d?amé-
nagement concerté ou des projets de transport (cas du pôle
gare de Noisy-le-Sec par exemple). De même, la question de
l?adaptation au changement climatique commence à faire
l?objet d?analyses plus détaillées, débouchant sur des me-
sures opérationnelles dans certains dossiers, par exemple en
ce qui concerne les îlots de chaleur urbain dans les projets
d?aménagement. Concernant les impacts sur les milieux na-
turels, la biodiversité, les espèces, les analyses d?état initial et
souvent d?incidences sont dans l?ensemble plus détaillées,
fondées sur des expertises et inventaires de terrain appro-
fondis. Les démarches de recherche et définition de mesures
de compensation sont en revanche plus hétérogènes, parti-
culièrement sur l?additionnalité effective et la fonctionnalité
des compensations proposées.
9.
VI.-« Les maîtres d'ouvrage tenus de produire une étude d'impact la mettent
à disposition du public, ainsi que la réponse écrite à l'avis de l'autorité envi-
ronnementale, par voie électronique au plus tard au moment de l'ouverture
de l'enquête publique prévue à l'article L. 123-2 ou de la participation du pu-
blic par voie électronique prévue à l'article L. 123-19 ».
10.
Cf avis du Conseil d?État du 9 décembre 2022
114 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 115
La décision d?autorisation
L?article L. 122-1-1 du code d?environnement précise que « La
décision de l'autorité compétente est motivée au regard des
incidences notables du projet sur l'environnement. Elle pré-
cise les prescriptions que devra respecter le maître d'ouvrage
ainsi que les mesures et caractéristiques du projet destinées
à éviter les incidences négatives notables, réduire celles qui
ne peuvent être évitées et compenser celles qui ne peuvent
être évitées ni réduites. Elle précise également les modalités
du suivi des incidences du projet sur l'environnement ou la
santé humaine ».
Dans un souci de transparence et d?information du public, et
conformément à la disposition ci-avant, la décision d?autori-
sation, d?approbation ou d?exécution du projet11 devrait indi-
quer dans le corps de décision ou, à tout le moins dans une
annexe directement accessible en ligne, les mesures à charge
du maître d?ouvrage destinées à éviter, réduire ou compenser
(ERC) les incidences du projet sur l?environnement.
L?Ae a cependant constaté que ce n?était pas toujours le cas,
les DUP renvoyant à des annexes non accessibles en ligne
comme en témoigne l?exemple suivant parmi d?autres :
Le décret n°2023-111 du 16 février 2023 (publié au JO du 19
février 2023) déclarant d?utilité publique et urgents les tra-
vaux nécessaires à la réalisation de la ligne ferroviaire nouvelle
entre Montpellier et Béziers et portant mise en compatibilité
des documents d?urbanisme des communes concernées pré-
cise dans son article 4 que « Conformément aux dispositions
de l?article L. 122-1-1 du code de l?environnement, l?annexe 3
au présent décret (1) mentionne les mesures à la charge du
maître d?ouvrage destinées à éviter, réduire et compenser les
effets négatifs notables du projet sur l?environnement et la
santé humaine et les modalités de suivi associées. Les études
détaillées préciseront, le cas échéant, ces mesures avant le
début des travaux ».
Le renvoi à une note de bas de page (1)12 ne fournit pas le lien
numérique où ces informations seraient disponibles mais
renvoie à une adresse postale peu précise. Les prescriptions
environnementales ne sont donc pas accessibles simple-
ment et directement mais nécessitent pour les obtenir une
demande spécifique alors qu?elles fondent la décision, ce
que l?Ae ne peut que déplorer.
Ces textes ajoutent que « Les mesures relatives à la protec-
tion de l?eau, des milieux aquatiques et des zones humides,
ainsi que celles relatives aux espèces et habitats d?espèces
protégées pourront être adaptées, dans le respect des
mêmes objectifs, par des prescriptions fixées dans le cadre
d?un arrêté ultérieur, pris en application des articles L. 181-1
à L. 181-31 du code de l?environnement ».
La finalité de l?évaluation environnementale est qu?à la fin
du processus décisionnel l?ensemble des incidences aient
été évaluées avec, si besoin, des mesures définies par l?ar-
rêté d?autorisation pour éviter, réduire ou compenser ces
incidences. Toutes n?étant pas forcément connues au mo-
ment de la première autorisation, les autorisations suivantes
doivent compléter les mesures de la première décision par
des prescriptions adaptées, comme le précisent d?ailleurs les
autorisations précitées.
Encore faudrait-il que ces informations soient aisément dis-
ponibles et accessibles notamment aux différentes autorités
décisionnaires. L?Ae a pu constater que ce n?était pas le cas,
ce qui questionne par voie de conséquence dans ces cas
l?efficience du dispositif.
L?actualisation de l?étude d?impact
Les projets ou aménagements dont la mise en oeuvre s?étend
sur une longue période (routes, projets d?aménagement ?)
nécessitent le plus souvent une actualisation de l?étude
d?impact, du fait des précisions apportées progressivement
aux projets et des autorisations nécessaires pour les phases
successives de travaux. La DUP, quand elle est nécessaire, ou
les premières autorisations (comme la création des zones
d?aménagement concerté) intervenant en amont, certaines
incidences peuvent être difficilement connues à ce stade et
nécessitent donc d?être approfondies ultérieurement (inci-
dences sur les zones humides, sur la biodiversité, le bruit, la
pollution de l?air etc.).
Le maître d?ouvrage actualise le plus souvent l?étude d'im-
pact au stade de l?autorisation environnementale « dans le
périmètre de l'opération pour laquelle l'autorisation a été
sollicitée et en appréciant leurs conséquences à l'échelle
globale du projet ». L?article L. 122-1-1 précise que « En cas
de doute quant à l'appréciation du caractère notable de
celles-ci et à la nécessité d'actualiser l'étude d'impact, il peut
consulter pour avis l'autorité environnementale ».
L?actualisation soulève deux difficultés récurrentes liées à la
lisibilité de celle-ci et au champ sur lequel elle porte :
Ainsi, les parties actualisées ne sont pas clairement indiquées
dans le dossier, même si de plus en plus de maîtres d?ouvrage
améliorent nettement cet aspect. En effet, pour la bonne
information du public, l?étude d?impact doit être datée et
les parties actualisées facilement repérables (modifications
en couleur par exemple). L?ensemble des documents doit
impérativement être mis en cohérence et ne pas consister
en une superposition d?études dont l?étude d?impact ne tire
pas parti pour faire évoluer le projet.
En ce qui concerne le champ de l?actualisation, dans une in-
terprétation restrictive des dispositions de l?article L. 122-1-113
, l?actualisation est souvent limitée aux seuls champs traités
par l?autorisation sollicitée.
Or cette lecture ne peut s?entendre que si l?autorisation solli-
citée n?est pas la dernière du processus décisionnel. En effet,
faute d?autorisations ultérieures, certaines incidences ne se-
raient pas examinées, ce qui ne serait pas conforme au droit.
L?Ae a cependant pu constater que la construction des
projets s?appuie parfois pleinement sur la démarche d?éva-
luation environnementale pour préciser et faire évoluer les
projets dans le sens d?une meilleure limitation des impacts
négatifs et d?une meilleure intégration des projets avec leur
environnement. C?est le cas par exemple de la deuxième
étude d?impact du projet de Zac Dame Blanche Nord à
Garges-Lès-Gonesse (95) pour sa phase de réalisation (avis
de l?Ae n° n°2024-77 du 12 septembre 2024).
11.
La décision d?autorisation ne recouvre pas les seules autorisations relevant
du code de l?environnement ; la décision peut être une DUP, une autorisa-
tion environnementale bien sûr mais également un permis de construire ou
d?aménager.
12.
(1) Il peut être pris connaissance de ces plans et documents, du document
prévu à l?article L. 122-1 du code de l?expropriation pour cause d?utilité pu-
blique exposant les motifs et considérations justifiant le caractère d?utilité
publique du projet ainsi que du document mentionnant les mesures à la
charge du maître d?ouvrage destinées à éviter, réduire et compenser les effets
négatifs notables du projet sur l?environnement et la santé humaine et les
modalités de suivi associées auprès du ministère de la transition écologique et
de la cohésion des territoires (direction des transports ferroviaires et fluviaux
et des ports, sous-direction des infrastructures ferroviaires, Tour Séquoia, 1,
place Carpeaux, 92055 Paris-La Défense Cedex) et auprès de la préfecture de
l?Hérault (34, place des Martyrs-de-la-Résistance, 34000 Montpellier)
13.
« Le maître d?ouvrage actualise l?étude d'impact en procédant à une évalua-
tion de ces incidences dans le périmètre de l?opération pour laquelle l?autori-
sation a été sollicitée et en appréciant leurs conséquences à l?échelle globale
du projet ».
116 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 117
Choix entre « Actualisation » et demande d?examen « au
cas par cas »
Une difficulté se rencontre parfois lorsqu?une opération se
situe dans un projet d?ensemble plus vaste mais relève, pris
isolément, du champ du cas par cas (par exemple, aména-
gement d?un îlot d?une Zac relevant de la rubrique 39 du
tableau annexé à l?article R. 122-2 du code de l?environne-
ment nécessitant un PA ou un PC, ou dans certains projets
d?infrastructures).
Dans ce cas, l?Ae ne serait pas saisie de la demande de cas par
cas, suite à la réforme distinguant « l?autorité de cas par cas
» des autorités en charge de rendre l?avis alors même qu?elle
serait compétente, si elle était interrogée à l?occasion de
cette opération sur la nécessité d?actualiser l?étude d?impact
globale conformément à l?article R. 122-8 du même code.
Le délai, dont dispose l?Ae pour rendre un avis sur la nécessité
d?actualiser l?étude d?impact, est d?un mois, soit un délai un
peu plus court que le délai de 35 jours pour rendre la décision
de cas par cas.
Il serait donc plus simple et cohérent que le maître d?ouvrage
d?une opération s'intégrant dans un projet plus large, ayant
fait l?objet d?une évaluation environnementale, questionne
l?Ae sur la nécessité d?actualiser celle-ci.
L?entrée par « autorisation » se rencontre encore et toujours.
En témoigne l?exemple des Afafe rendus nécessaires suite
à un aménagement routier ou ferroviaire qui sont, selon
l?Ae, constitutifs du projet routier, ce qui n?est parfois pas
l?approche retenue par les MO. L?étude d'impact du projet
routier, y compris au stade de la DUP, devrait donc traiter de
ses conséquences potentielles sur les exploitations agricoles,
l?étude devant ensuite être actualisée dans le cadre de la pro-
cédure d?Afafe. Au minimum, lorsque l?Afafe a lieu plusieurs
années après le projet routier, un lien doit être opéré entre les
deux aménagements et un bilan des actions réalisées au titre
du projet routier mené, notamment sur les résultats du suivi
des mesures d?évitement, de réduction et de compensation.
Le suivi des mesures ERC
Le caractère opérationnel et l?effectivité des mesures d?évite-
ment, de réduction, voire de compensation (séquence dite «
ERC ») sont attestés par la mise en place d?un suivi de ces me-
sures, l?article R. 122-13 du code de l?environnement imposant
« un ou [de] plusieurs bilans réalisés sur une période donnée
et selon un calendrier que l'autorité compétente détermine
afin de vérifier le degré d'efficacité et la pérennité de ces
prescriptions, mesures et caractéristiques ». Mesures, cibles
à atteindre, calendrier et trajectoire sont souvent à préciser,
ainsi que les mesures correctives en cas de déviation par
rapport à la trajectoire envisagée. Le même article prévoit
notamment la transmission pour information aux autorités
environnementales de ce ou ces bilans par l?autorité com-
pétente pour prendre la décision d'autorisation.
Le respect des mesures ERC et le contrôle de leur mise en
oeuvre effective sont un enjeu de progrès pour les années
à venir.
Le contenu de l?étude d?impact ou du rapport environne-
mental
Les constats du précédent rapport annuel restent souvent
d?actualité.
Suivre le contenu de l?étude d?impact tel que défini par l?ar-
ticle R. 122-5 pour les projets ou l?article R. 122-20 pour les
« plans et programmes » constitue peut-être la méthode la
plus simple pour ne rien oublier, quitte à indiquer que tel
item n?est pas abordé lorsqu?il n?est pas adapté au projet ou
plan concerné.
Sur le fond, certaines études d?impact, rapports d?évaluation
des incidences ou rapports environnementaux sont trop gé-
néraux, ou incomplets. Dans certains cas, le bureau d?étude
se contente d?une compilation de données existantes parfois
anciennes, sans collecte de nouvelles données de terrain, no-
tamment pour les plans et programmes (ce n?est en général
pas le cas pour les projets, dont les états initiaux, en particu-
lier sur les milieux naturels, sont généralement de meilleure
qualité et, de plus, en amélioration). L?étude d?impact ou le
rapport environnemental doivent indiquer précisément la
date et le nombre d?inventaires de terrain effectués ainsi que
la qualité de l?écologue qui effectue ces inventaires.
L?analyse de l?articulation avec les autres plans, schémas ou
programmes (II de l?article R. 122-20 du code de l?environ-
nement) n?est pas toujours menée correctement y compris
lorsque les différents plans relèvent du même maître d?ou-
vrage. Cette analyse doit pourtant permettre d?apprécier la
non-contradiction, et si possible, la cohérence des politiques
environnementales menées.
À titre d?exemple, l?évaluation environnementale des pro-
grammes régionaux forêt-bois (PRFB) ou celle des parcs na-
turels régionaux lorsqu?ils existent devraient être utilisées
pour enrichir celles d?autres plans ou programmes plus vastes
118 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 119
ayant un volet « forêt » ou « biodiversité ». En outre le volet
« articulation » du rapport environnemental du plan ou pro-
gramme devrait préciser les mesures prévues qui viennent
compléter le plan ou programme avec lequel il doit être com-
patible, par exemple dans le cas de projets ayant des inci-
dences positives ou négatives sur l?eau au regard des schémas
directeurs d?aménagement et de gestion de l?eau (Sdage).
Enfin, la hiérarchisation des enjeux pourrait dans certains cas
être mieux justifiée.
« Projet » et Mise en compatibilité des documents d?urba-
nisme
La mise en compatibilité d?un document d?urbanisme relève
du champ de l?évaluation environnementale (articles R. 104-9
et R. 104-10 du code de l?urbanisme pour les Scot et R. 104-13
et R. 104-14 pour les PLU).
La procédure commune (articles L. 122-14 et R. 122-27 du
code de l?environnement), mesure de simplification permet
à l?Ae de rendre un avis unique portant à la fois sur le projet et
sur la mise en compatibilité du plan. Dans ce cas, l?évaluation
environnementale de la mise en compatibilité du plan doit
être transmise. Soit elle figure dans un document particulier,
soit elle constitue un chapitre de l?étude d?impact. L?avis a
vocation à être rendu dans un délai de trois mois.
La saisine doit indiquer explicitement si le maître d?ouvrage
souhaite recourir à la procédure prévue par l?article R. 122-27
du code de l?environnement, car la compétence de l?Ae est
dans ce cas dérogatoire à la compétence de droit commun
de la MRAe.
Sur le fond, l?autorité environnementale vérifie que la mise
en compatibilité du document d?urbanisme prend en
compte les mesures ERC qui s?imposent au projet, mesures
qui peuvent, pour certaines, être traduites dans les docu-
ments graphiques du document d?urbanisme. Les nouvelles
règles du PLU peuvent dans certains cas devoir reprendre les
mesures compensatoires des zonages qui évoluent.
Le cumul des incidences avec d?autres projets : approfondir
cette dimension essentielle des projets
La nécessité d?étudier le cumul des incidences des projets
est prévu tant dans le cadre de l?examen au cas par cas des
projets14 que dans le contenu de l?étude d?impact15.
La prise en compte des effets cumulés du projet avec
d?autres projets a pour objet de mesurer l?ensemble des
effets, entre autres au regard de la capacité de l?environne-
ment à les supporter. L?analyse faite dans les études d?impact
est trop souvent réduite à des paragraphes listant quelques
projets à proximité et concluant, avec des démonstrations
trop rapides et simplistes, à l?absence d?effets cumulés. Or
suivant les projets, de réels effets cumulés peuvent appa-
raître en matière de bruit, de fragmentation des espaces,
de consommation d?espaces, de capacité des sols ou des
eaux à accepter les incidences, de pollution, d?utilisation
des ressources (besoin en matériaux par exemple), d?atteinte
à la biodiversité et aux paysages, d?étalement urbain, etc.
14.
Cf. annexe à l?article R. 122-3-1 et Annexe III de la directive 2014/52/UE : b) du
1 et g) du 3.
15.
Cf. 5e e) du II de l?article R. 122-5 du code de l?environnement et 5° de l?annexe
IV de la directive précitée.
16.
Les projets d?EnR au sens de l'article L. 211-2 du code de l?énergie, ou de stoc-
kage d'énergie dans le système électrique, y compris leurs ouvrages de raccor-
dement aux réseaux de transport et de distribution d'énergie, sont réputés
répondre à une raison impérative d'intérêt public majeur, au sens du c du 4°
du I de l'article L. 411-2 du code de l'environnement, dès lors qu'ils satisfont à
des conditions définies par décret en Conseil d'État.
17.
Décret n° 2024-281 du 29 mars 2024 pris pour l'application du III de l'article
27 de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la pro-
duction d'énergies renouvelable https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORF-
TEXT000049343029
Évolutions législatives ou règlementaires
Deux lois intervenues en 2023 ont des répercussions sur
l?évaluation environnementale et le travail des autorités
environnementales : celle d?accélération de la production
d'énergies renouvelables et celle relative à l'industrie verte.
Seules quelques dispositions (art 27 et 31) en sont présentées
ci-après.
La loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération
de la production d'énergies renouvelables
Cette loi instaure une présomption de « raison impérative
d'intérêt public majeur » pour certains projets de produc-
tion d?énergie à partir de ressources renouvelables (EnR) et
certains projets déclarés d?utilité publique16.
L?article 27 prévoit la possibilité de bénéficier de déroga-
tions du ministre de l?environnement quant à l?obligation
de produire une étude d?impact sur l?environnement et la
santé humaine et notamment de dispenser d?évaluation
environnementale les projets de création ou de modifica-
tion d'ouvrages du réseau public de transport d'électricité
lorsque ceux-ci ont pour objet le raccordement de projets
se rapportant :
? aux installations de production ou de stockage d'hydro-
gène renouvelable ou bas-carbone, défini à l'article L. 811-1
du code de l?énergie,
? aux opérations de modifications d'installations industrielles
ayant pour objectif le remplacement de combustibles fos-
siles pour la production d'énergie, l'amélioration de l'effica-
cité énergétique ou la diminution significative des émissions
de GES,
L?article 19 de la loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative
à l'industrie verte a élargi cette possibilité de dérogation :
? « aux projets de création ou de modification d'ouvrages
du réseau public de transport d'électricité lorsque ceux-ci
ont pour objet le raccordement des installations d'un projet
industriel qualifié de projet d'intérêt national majeur pour
la transition écologique ou la souveraineté nationale par le
décret prévu au premier alinéa du I de l'article L. 300-6-2 du
code de l'urbanisme ».
Les projets pour lesquels le raccordement électrique est ré-
alisé doivent concourir de manière directe à une réduction
significative des émissions de GES d'installations industrielles
soumises aux articles L. 229-6 à L. 229-12 du code de l'envi-
ronnement (le décret n° 2024-281 du 29 mars 202417 a pris
en compte les émissions de GES pour fixer la liste des sites
éligibles).
Les projets de raccordement doivent, en plus de remplir ces
conditions, être localisés sur les sites dont la liste est fixée par
décret (décret du 29 mars 2024 précité).
Le fait d?être inscrit sur cette liste ne justifie pas en lui-même
l?obtention de la dérogation à l?évaluation environnementale
qui doit rester exceptionnelle.
Enfin, les dispositions du III de l?article 27 de la loi s'appliquent
aux projets de raccordement mentionnés pour lesquels une
demande de dérogation a été présentée à l'autorité compé-
tente dans un délai de deux ans à compter de la promulga-
tion de la loi. Ce délai peut être prorogé par décret en Conseil
d'État, dans la limite de deux ans.
120 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 121
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049343029
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049343029
Pour l?instant un seul arrêté a été pris en application de ces
dispositions : l?arrêté du 29 août 2024 dispensant d?évalua-
tion environnementale à titre exceptionnel le « projet des
Boucles de la Seine » en application du III de l?article 27 de
la loi no 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l?accélération
de la production d?énergies renouvelables (publié au JO du
4 septembre 2024).
La loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l'industrie
verte :
Pour mémoire, cette loi a réformé les autorisations environ-
nementales et prévu que les phases d'examen et de consul-
tation auront lieu (sauf cas particulier, notamment en cas de
pluralité de procédures) en même temps : la consultation
publique est lancée dès que le dossier de demande d?auto-
risation est jugé complet et régulier, et se déroule parallèle-
ment à l?instruction du dossier et au recueil des avis requis
(dont l?avis de l?Ae), qui sont mis en ligne au fur et à mesure,
de même que les observations du public et les réponses du
pétitionnaire. À la fin de la consultation, le commissaire en-
quêteur remet un rapport et des conclusions motivées. La
durée de cette consultation du public est de trois mois.
En application de l?article 70 du décret n° 2024-742 du 6
juillet 2024 portant diverses dispositions d'application de
la loi industrie verte et de simplification en matière d'envi-
ronnement, ces dispositions sont entrées en vigueur le 22
octobre 2024.
122 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 123
18.
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/examen-au-cas-par-cas-
et-autres-decisions-r432.html
L?Ae a rendu 65 décisions
après examen au « cas
par cas » de projets,
plans ou programmes
217
2019
156
2020
166
2021
121
2022
79
2023
90
127
74 73
41
2
82
93
80 77
Les décisions figurent également sur le site internet de l?Ae.
En 2024 (comme en 2023), aucune décision n?a été « tacite
». L?absence de décision notifiée au terme du délai régle-
mentaire (35 jours pour les projets ou 2 mois pour les plans
et programmes à partir de la réception du dossier complet)
vaut obligation de réaliser une évaluation environnementale.
DÉCOMPOSITION DES DÉCISIONS
ENTRE EXEMPTIONS ET SOUMISSIONS
ÉVOLUTION DU TAUX DE SOUMISSION
POUR LES DÉCISIONS SUR PROJETS
Décisions 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Soumissions 40 36 42 35 31 9
Pourcentage 44% 44% 45% 44% 39% 15%
Total 90 82 93 80 77 61
La catégorie la plus représentée au sein des dossiers soumis
à une demande d?examen au cas par cas sont les projets
d?aménagement (22) dont une Zac, d?infrastructures rou-
tières (11) devant les dossiers relatifs à l?énergie (7) et ferro-
viaires (6), cinq dossiers concernent le domaine fluvial, 2 le
domaine maritime.
Les quatre décisions de cas par cas relatives à des plans et
programmes ont concerné 1 PPRT, 1 PPA, la modification du
schéma d?ensemble du Réseau de Transport Public du Grand
Paris et le projet de modification du SAR de la Martinique.
Dans trois cas, l?Ae a répondu à une demande d?examen au
cas par cas par un courrier publié sur son site. Ces courriers
concernent des opérations qui ne relèvent pas en soi d?un
tel examen puisqu?ils s?inscrivent dans un projet plus vaste.
Décisions au
« cas par cas »18
Chaque dossier de demande d?examen au cas par cas est
confié pour instruction à un rapporteur appartenant à
l?équipe permanente de l?Ae. Celui-ci étudie le dossier, de-
mande éventuellement des compléments, puis propose un
projet de décision à une commission d?examen composée
de deux, (parfois trois) membres permanents de l?Ae. Après
échanges, le projet de décision est proposé au président de
l?Ae pour signature de la décision. Si nécessaire, le projet de
décision est délibéré collégialement.
Exemptions
Soumissions
Courriers
50
9
2
2024
65
4
61
Projets Plans-programmes
124 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 125
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/examen-au-cas-par-cas-et-autres-decisions-r432.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/examen-au-cas-par-cas-et-autres-decisions-r432.html
L?A e E N 2 0 24
19.
L?évocation est prévue par le dernier alinéa du 1° du I de l?article R. 122-6 qui
dispose que « Le ministre chargé de l'environnement peut, en outre, se saisir,
par décision motivée au regard de la complexité et des enjeux environnemen-
taux du dossier, de tout projet relevant de la compétence de la mission ré-
gionale d'autorité environnementale en application du 3° du présent article,
aux fins d'en confier l'instruction à l'autorité mentionnée au 2°. En ce cas, la
mission régionale transmet le dossier à cette dernière sans délai ». Elle est à
distinguer de la délégation qui porte sur un projet ou une catégorie de projet
qui relève du Ministre de l?environnement appelé à rendre un avis en qualité
d?autorité environnementale. Dans ce cas il a la possibilité de confier à l?Ae-
Igedd le soin de rendre l?avis à sa place (cf décision précitée du 9 décembre
2024 sur la délégation des catégories de projets « transport »).
De rares décisions
d?évocation19
Pour l'année 2024, deux dossiers ont été évoqués : l?instal-
lation du site de production de bioéthanol dans la zone
portuaire de Blainville-sur-Orne (14) n° 2023-137 et le pro-
jet d?exploitation de sables siliceux porté par le GIE Loire
Grand Large (décision du 18 novembre 2024) enregistré sous
le n°2024-125. L?avis sera rendu en 2025 compte tenu de la
date de dépôt du dossier.
Pour mémoire par décision du 25 juillet 2023, le ministre char-
gé de l?environnement a confié à l?Ae la compétence pour
produire les avis sur l?opération d'achèvement de la nouvelle
route du littoral à La Réunion ainsi que sur la mise en com-
patibilité des documents d?urbanisme nécessaires à la réa-
lisation du projet (article R. 104-21 du code de l?urbanisme).
Par décision du 18 septembre 2023, le ministre chargé de
l?environnement a également confié à l?Ae l?établissement
des avis concernant les projets relatifs à l?extraction de mica
lithinifère par Imerys (EMILI) depuis le gisement de Beauvoir
à Échassières dans l?Allier. Compétence lui a également été
donnée pour se prononcer sur la mise en compatibilité des
documents d?urbanisme nécessaire à la réalisation de ce
projet.
Il faut enfin rappeler la décision du 15 septembre 2022 par
laquelle le ministre chargé de l?environnement donne déléga-
tion à l?Ae pour se prononcer tant dans le cadre de l?examen
au cas par cas que de l?émission des avis pour les projets
donnant lieu à une décision d'autorisation, d'approbation
ou d'exécution du ministre chargé de l'énergie ou à un décret
pris sur son rapport ou ceux élaborés par les services placés
sous l'autorité du ministre chargé de l'énergie ou par des ser-
vices agissant dans les domaines relevant de ses attributions.
C?est par exemple en application de cette décision que l?Ae
s?est prononcée sur le dossier Imerys.
Cette année encore, aucun plan ou programme n?a fait l?ob-
jet d?une évocation.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 127126 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L e s d o s s i e r s 2 0 24
ZOOM SUR
130
Volet des mobilités
des CPER 2023-2027
134
PPE
140
La prise en compte du changement
climatique dans les évaluations
environnementales
144
Schémas régionaux d'aménagement,
de développement durable
et d'égalité des territoires ,
autres schémas régionaux
concernant l'aménagement
156
OIN de Guyane
160
Projets sur les grands ports martimes
168
Capitaliser, valoriser, partager
Les contrats de plan État-Région (CPER), qui comprennent un
volet mobilités, sont des contrats financiers qui permettent
à leurs signataires, l?État et la Région, de s?accorder sur une
stratégie, sur des projets et sur la répartition de la charge
financière pour qu?ils voient le jour (d?autres collectivités lo-
cales participent également au financement).
La dernière génération de CPER couvre la période 2021-2027
et ils ont en général été conclus entre l?État et les Régions
en 2021 ou 2022, sans prévoir de financements sur le sujet
transports-mobilités : une réflexion d?ensemble était en effet
conduite au niveau national, avec en particulier la saisine
du conseil d?orientation des infrastructures (COI), chargé de
formuler des propositions stratégiques et de programmation
pour la politique de pérennisation et de développement des
infrastructures de transport. Le rapport du COI a été remis
le 24 février 2023 à la Première ministre qui a communiqué
en juin 2023 un mandat de négociation des volets mobilités
aux préfets de région. La Première ministre a annoncé retenir
parmi les scénarios proposés par le COI celui de « planifica-
tion écologique », qui recommandait une inflexion vers une
mobilité plus durable. Les échanges entre l?État et les Régions
ont débouché sur des protocoles d?accord signés en 2023
ou 2024, puis sur le lancement de la procédure d?élabora-
tion et validation des volets mobilités des CPER, qui sont
(comme les CPER dans leur ensemble) soumis à évaluation
environnementale et font l?objet à ce titre d?un avis de l?Ae,
avant la consultation du public. L?Ae a donc été saisie en 2024
des volets Mobilités 2023-2027 des CPER de presque toutes
les régions ; elle a aussi été saisie sur ce volet pour la région
Bourgogne-Franche Comté fin 2024.
En 2024, l?Ae a rendu des avis sur les volets Mobilités CPER
des régions Bretagne, Pays de Loire, Île-de-France, Grand Est,
Provence-Alpes-Côte d?Azur, Centre-Val de Loire, Occitanie
et Nouvelle-Aquitaine1 ainsi que sur le volet Mobilités du
contrat de plan interrégional Rhône-Saône qui est consacré
exclusivement aux investissements fluviaux et portuaires sur
l?axe Rhône-Saône.
Alors que l'adoption des volets Mobilités couvrant normale-
ment la période 2023-2027 intervient souvent fin 2024 voire
en 2025, et manifestant ainsi un retard important par rap-
port à la période affichée de mise en oeuvre des CPER, l?Ae
estime que l'exercice de participation du public ne pourra
avoir qu'un sens limité notamment du fait que les program-
mations sont désormais non seulement largement définies,
mais aussi en partie engagées depuis 2 ans.
Cette nouvelle génération de volet Mobilités des CPER
marque une inflexion forte, comme recommandé par le
COI, vers le soutien à des mobilités plus durables, qui reste
cependant à conforter et concrétiser, tandis que l?évaluation
environnementale de ces programmes est encore assez loin
d?atteindre toutes ses potentialités.
En effet, alors même que l?évaluation environnementale
(obligatoire) de ces plans aurait permis de s?assurer de la
bonne prise en compte du pilier environnemental, peu de
régions ont saisi correctement cette opportunité. Les évalua-
tions environnementales présentées à l'Ae ont bien souvent
été conduites sans réelle démarche itérative entre la concep-
tion du contrat et son évaluation environnementale. Elles
n'ont mené qu?à peu de mesures d?évitement, de réduction
ou compensation alors que l?on sait que les infrastructures
font du bruit, que certaines sont émettrices, en travaux et
exploitation, de gaz à effet de serre et de polluants de l?air,
que la plupart marquent le paysage et les milieux naturels
et artificialisent des sols. Les évaluations environnementales
renvoient systématiquement à la mise en oeuvre des projets
alors que l?échelle régionale pourrait être examinée pour ré-
pondre à certaines de ces incidences, en complémentarité
avec les réponses à l?échelle des projets. Alors que les projets
inscrits dans les CPER sont souvent bien avancés dans leur
définition, et donc dans la connaissance de leurs incidences
potentielles et des mesures pour les prévenir, les descriptions
fournies sont de qualité variable, parfois imprécises. La qua-
lité de certains dossiers sur ces sujets, comme en Centre-Val
de Loire, Provence-Alpes-Côte d?Azur, Hauts-de-France, est
cependant à souligner.
Les critères d?éco-conditionnalité sont à des degrés de dé-
finition variables selon les régions et employés de manière
inégale, et quand ils le sont, les évaluations environnemen-
tales peinent à mettre en valeur leur usage. L?Ae a souvent
recommandé d?en formaliser davantage l?emploi pour réin-
terroger chaque opération inscrite au contrat au regard de
l?atteinte d?objectifs de transition écologique.
Les indicateurs de suivi du contrat ne paraissent pas tou-
jours opérationnels pour permettre le suivi de ses effets et la
réorientation éventuelle de la programmation notamment
à l?occasion de sa révision à mi-parcours. Le suivi risque de
se borner à la possibilité de consommation de crédits (des
indicateurs de réalisation pourront devoir être ajoutés, ainsi
que les valeurs initiales et cibles des indicateurs retenus). A
contrario, dans nombre de régions, une dynamique forte
d?évolution des gouvernances des transports est constatée,
tant autour des CPER que par mise en oeuvre des instances
prévues par la Loi d?organisation des mobilités de 2019 (bas-
sins opérationnels de mobilité et comités des partenaires,
contrats opérationnels de mobilité, plans d?action de mo-
bilité solidaire), la constitution de conférences régionales
sur la logistique, ou l?évolution des observatoires régionaux
des transports vers des observatoires régionaux de la mo-
bilité (souvent mobilisés pour le suivi de la mise en oeuvre
des CPER).
Enfin et surtout, ces contrats ont montré, pour la plupart,
un réel tournant vers des mobilités plus durables, notam-
ment ferroviaires, avec principalement des projets de mise
en accessibilité des gares, de modernisation de lignes struc-
turantes, de régénération des lignes de desserte fine des ter-
ritoires, et de pérennisation et développement du fret fer-
roviaire, ainsi que les études préliminaires voire les premiers
travaux pour la mise en place des futurs services express
régionaux métropolitains (SERM). Pour les projets de fret
ferroviaire, les contrats sont à consolider, en commençant
par une analyse des freins à leur réalisation et usage. L?Ae a
pu signaler que, par exemple sur le cas de l?Île de France, où
les investissements sont très conséquents et à souligner, l?ap-
proche repose principalement sur une politique incitative et
d?augmentation de l?offre de transports en commun, sans
totalement approfondir suffisamment la question d?autres
mesures, potentiellement plus contraignantes de nature à
garantir un report modal, pour diminuer les mobilités car-
bonées et l?autosolisme.
1.
Faute de moyens l?Ae n?a pas délibéré d?avis sur le volet Mobilités du CPER
Normandie
C P E R
Volet des
mobilités
des CPER
2023-2027
Tramaway T13
130 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 131
Z O O M S U R
Les investissements restent importants néanmoins sur les
projets routiers pour lesquels l'État est désormais le principal
financeur, sans que ne soit toujours démontrée la conformité
avec ses politiques environnementales en faveur de la décar-
bonation de la mobilité, la préservation de la biodiversité et
la réduction de l?artificialisation nette. Les investissements
routiers permettent encore le développement de nouvelles
capacités sans être toujours accompagnés d?investissements
en faveur de l?évolution de l?usage de la route (aménagements
de voies pour les transports en commun ou covoiturage) ou
d?engagement d?apaisement des flux sur les voies délestées.
À ce titre, le volet Mobilités du CPER Provence Alpes Côte
d?Azur comporte une intéressante action d?investissement,
assez fortement dotée, pour la création de voies réservées
aux transports en commun, cohérente avec la politique de
développement des bus et cars à haut niveau de service
menée au niveau régional.
Plusieurs CPER comportent un investissement fort en faveur
du développement des véloroutes, dans l?optique de l?achè-
vement de la mise en place des véloroutes inscrites dans
les schémas national et régionaux. Les véloroutes ont une
vocation touristique plus marquée que pour les mobilités
du quotidien. Les investissements en faveur de celles-ci sont
soutenus par des fonds de l?État mis en place depuis le début
des années 2020 sous forme d?appel à projets et par des
actions des Régions, non inscrits dans les CPER, alors que
ceci pourrait les pérenniser sur le moyen terme, pour des
investissements souvent longs à définir sur les territoires, vu
l?ensemble des enjeux et des contraintes à appréhender.
L?investissement en faveur des mobilités plus durables est
conséquent au plan financier, mais les dossiers pourraient
exposer plus précisément leur cohérence avec les straté-
gies nationales (suites du rapport du COI, fret et logistique,
développement portuaire etc.) ou régionales (orientations
retenues dans les Sraddet, stratégies régionales État-Région
élaborées ou en voie de l?être pour le développement du fret
ferroviaire, etc.). L?Ae a pu, dans certains cas, recommander
d?accélérer (ou de mieux formaliser) la définition des stra-
tégies régionales. Les objectifs en termes d?évolution des
indicateurs spécifiques aux transports (évolution des parts
La démonstration de la cohérence avec des besoins bien
définis reste souvent à renforcer. Les projets se concentrent
majoritairement sur l?adaptation de tracés existants, ce qui
limite les emprises affectées et les incidences liées (artificia-
lisation des sols, fragmentation et atteinte aux milieux natu-
rels). La démarche conduite en région Centre-Val de Loire,
qui a conduit à renoncer explicitement à certains projets qui
étaient annoncés dans le CPER 2021-2027 comme devant
être soutenus dans le futur volet Mobilités, est à signaler. A
contrario, certains grands projets, comme l?aménagement
de la RN2 en région Hauts de France, devraient être analysés
plus en profondeur s?agissant de leur définition au regard des
trafics constatés et de la réduction des incidences associées
à leur emprise ainsi que des émissions de gaz à effet de serre
par les chantiers.
Les volets fluviaux et portuaires concernent certaines des
régions où sont présents des grands ports fluviaux et mari-
times de l?État, portant tant sur leur développement por-
tuaire et industriel, le renforcement dans certains cas de leur
desserte ferroviaire et fluviale, que la décarbonation de leurs
activités. Si la volonté de développement du report modal
se traduit par des investissements parfois conséquents, les
problématiques de consommation d?espace, atteinte aux
milieux naturels, effets cumulés des nombreux investisse-
ments portuaires et industriels font l?objet d?approches peu
décrites dans les CPER et sont encore appréhendées avec
certaines difficultés au stade de la mise en oeuvre des projets
(voir partie spécifique du rapport de l?Ae sur ce sujet).
modales par exemple) et d?incidences positives attendues
(réduction des émissions de gaz à effet de serre ou de pol-
luants atmosphériques en particulier) sont certes difficiles
à définir eu égard au caractère systémique des mobilités,
mais pourraient néanmoins faire l?objet de plus de préci-
sions. Enfin le caractère partiel des CPER, qui ne couvrent
pas tous les investissements de l?État (qui intervient en pa-
rallèle sur des grands projets ou par des appels à projets)
et des Régions (et des autres collectivités) dans le domaine
des transports, ne facilite pas l?appréhension d?ensemble des
politiques conduites et de leurs impacts, même si les dossiers
s?efforcent, à un degré de précision variable, de présenter ces
autres interventions.
L?avis de l?Ae sur chaque volet Mobilités des CPER, prenant
en compte les spécificités de chaque région, est résumé en
partie 2 de ce rapport
C P E R
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 133132 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
PPE
LES PROGRAMMATIONS
PLURIANNUELLES DE L?ÉNERGIE
Les outils organisant les moyens mobilisés pour atteindre les
objectifs énergétiques et climatiques de la France
La stratégie française sur l?énergie et le climat (SFEC) com-
prend la stratégie nationale bas carbone (SNBC), la program-
mation pluriannuelle de l?énergie (PPE) et le plan national
d?adaptation au changement climatique (PNACC). Le prin-
cipe d?élaboration de la SNBC et de « budgets carbone »
(plafonds d?émissions de gaz à effet de serre) par grands sec-
teurs, domaines d?activité et, par catégories de gaz à effet de
serre (GES) a été introduit par la loi de transition énergétique
pour la croissance verte (LTECV) du 17 août 2015 et codifié
à l?article L. 222 1 B du code de l?environnement. Les « bud-
gets carbone » sont fixés pour trois périodes successives de
cinq ans chacune, qui doivent permettre l?atteinte d?une
trajectoire respectant les objectifs de la France en matière
de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces objec-
tifs sont définis par l?article L. 100 4 du code de l?énergie, et
comprennent notamment : réduction des émissions de gaz
à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 et atteinte de la
neutralité carbone en 2050, réduction de la consommation
énergétique primaire1 des énergies fossiles de 40 % en 2030
par rapport à l'année de référence 2012. Ces ambitions ont
été renforcées par l?adoption du paquet législatif européen
« Fit for 55 »2 .
La loi a également créé, encadré et codifié les PPE pour le
territoire métropolitain continental ainsi que pour la plupart
des autres zones non interconnectées, la Corse, les départe-
ments et régions d?Outre mer ainsi que certaines collectivités
d?Outre mer. Les PPE portent sur deux périodes successives
de cinq ans chacune. Elles doivent être compatibles avec la
SNBC et les objectifs de réduction des émissions de gaz à
effet de serre fixés dans les « budgets carbone », révisés eux
aussi tous les cinq ans.
La troisième PPE (ou « PPE3 ») du territoire métropolitain
continental constitue la déclinaison opérationnelle pour la
décennie à venir des orientations de la politique énergétique
de la SNBC, dont une version révisée (SNBC3) devait être
arrêtée début 2025. La PPE3 anticipe sur les objectifs de la
SNBC3, notamment la réduction des émissions territoriales
brutes (hors puits de de gaz à effet de serre de moitié à l?ho-
rizon 2030 par rapport à 1990 et la réduction de 30 % de la
consommation d?énergie à la même date par rapport à 2012.
La SNBC3 modifiera les budgets carbone par grands sec-
teurs, domaines d?activité et, à titre indicatif, par catégories
de gaz à effet de serre, arrêtés dans le cadre de la SNBC2 et
définira des nouvelles cibles pour les périodes 2025-2030 et
2031-2035, en correspondance avec la PPE3.
Les PPE vus par l?Ae en 2024
Après avoir rendu antérieurement des avis sur les 1e et 2e
versions des PPE, l?Ae a été saisie en 2024 d?une demande de
cadrage préalable sur l?évaluation environnementale de la
PPE33 , puis a rendu un avis sur la PPE3 elle-même4 . Elle a éga-
lement été saisie d?une demande d?avis sur l?évaluation envi-
ronnementale de la PPE de Guadeloupe5 et de Saint-Martin6
(elle avait rendu fin 2023 un avis sur la PPE de Corse).
Dans l?avis de cadrage préalable, l?Ae a souligné que le bi-
lan des documents antérieurs (PPE2 en particulier) n?est que
rapidement dressé sans être analysé. Il manque ainsi une
analyse des écarts observés au regard des moyens mis en
oeuvre, secteur par secteur. C?est une lacune importante,
dans un contexte où plusieurs objectifs n?ont pas été atteints.
En effet, la PPE2 prévoyait une réduction de 16,5 % de la
consommation finale d?énergie entre 2012 et 2028. Cette
consommation a diminué de seulement 10,7 % entre 2012
et 2022 et il serait donc nécessaire de doubler le rythme de
réduction constaté pour respecter les nouveaux objectifs,
plus ambitieux, du paquet législatif européen « Fit for 55 ».
La PPE2 prévoyait également une réduction des consomma-
tions d?énergie primaire de produits fossiles (charbon, gaz,
produits pétroliers) par rapport à 2012. Pour le pétrole, la
réduction attendue était de 19 % en 2023 et 34 % en 2028.
Selon le dossier, en 2022, cette réduction était de 17,2 %. Pour
le gaz naturel, la réduction attendue en 2023 était de 10 %
et 22 % en 2028 ; la réduction constatée était de 5,8 % en
2022. Pour le charbon, il était attendu 66 % en 2023 et 80 %
en 2028 ; elle s?établit à 48,2 % en 2022. Le dossier insiste sur
l?importance d?accélérer la sortie des énergies fossiles. Enfin
l?analyse des écarts aux objectifs n?a pas non plus été effec-
tuée pour le secteur des transports, dont la consommation
finale augmente et dont la part passe, entre 1990 à 2022, de
30 à 33 %, ni pour le secteur tertiaire, dont la part passe de
13 % à 17 % de l?ensemble des consommations pour la même
période. Une telle analyse serait importante pour tirer les le-
çons des raisons ayant conduit aux écarts aux objectifs alors
que la PPE3 renforce certains de ces objectifs sans proposer
une méthode ou des outils tenant compte des difficultés
rencontrées dans les deux PPE précédentes.
1.
Énergie primaire : énergie non transformée tirée de la nature (soleil, fleuves,
chaleur, vent) ou contenue dans les produits énergétiques tirés de la nature
(comme les combustibles fossiles ou le bois). L?uranium n?est pas considé-
ré comme une énergie primaire. Par convention, c?est la chaleur produite
par les centrales nucléaires qui est comptabilisée comme énergie primaire.
Consommation finale énergétique : consommation d?énergie à toutes fins
autres que la transformation, le transport, la distribution et le stockage d?éner-
gie et hors utilisation comme matière première ou pour certaines propriétés
physiques. C?est donc la consommation d?énergie primaire dont sont déduites
les pertes d?énergie lors de la transformation des ressources énergétiques en
énergies utilisées dans la consommation finale ainsi que lors de leur transport.
L?énergie finale est l?énergie livrée au consommateur pour sa consommation
finale (essence à la pompe, électricité au foyer, gaz pour chauffer une serre?).
2.
Paquet législatif européen « Ajustement à l?objectif » pour réduire les émis-
sions nettes européennes de gaz à effet de serre d?au moins 55 % en 2030 par
rapport à 1990 ; il fixe également une cible de consommation finale d?énergie
à la même date, plus ambitieuse que celle inscrite dans la PPE.
3.
Avis délibéré de l?Ae pour le cadrage préalable des évaluations environne-
mentales stratégiques de la troisième stratégie nationale bas carbone et de
la troisième programmation pluriannuelle de l?énergie du territoire métropo-
litain continental, n° 2024 088 du 12 septembre 2024 : https://www.igedd.de-
veloppement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_240910_cadrage_snbc3-ppe3_de-
libere_cle521dfa.pdf.
4.
Avis délibéré de l?Autorité environnementale sur la 3e programmation plu-
riannuelle de l?énergie (2025-2030, 2031-2035) du territoire métropolitain
continental, n° 2024 092 du 19 décembre 2024 : https://www.igedd.develop-
pement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_ppe_delibere_cle13ef69.pdf.
5.
Avis délibéré de l?Autorité environnementale sur la programmation plurian-
nuelle de l?énergie (PPE) 2024-2028 / 2029-2033 de Guadeloupe (971), n° 2023-
124 du 7 mars 2024 : https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/
pdf/7__0240304_ppe_guadeloupe_delibere_cle553a48.pdf.
6.
Avis délibéré de l?Autorité environnementale sur la programmation plurian-
nuelle de l?énergie (PPE) 2024-2028 / 2029-2033 de Saint-Martin (978), n° 2023
118 du 22 février 2024 : https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/
IMG/pdf/240220_ppe_saint-martin_-a_publier_cle593a91.pdf.
P P E
134 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 135
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_240910_cadrage_snbc3-ppe3_delibere_cle521dfa.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_240910_cadrage_snbc3-ppe3_delibere_cle521dfa.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_240910_cadrage_snbc3-ppe3_delibere_cle521dfa.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_ppe_delibere_cle13ef69.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_ppe_delibere_cle13ef69.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/7__0240304_ppe_guadeloupe_delibere_cle553a48.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/7__0240304_ppe_guadeloupe_delibere_cle553a48.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/240220_ppe_saint-martin_-a_publier_cle593a91.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/240220_ppe_saint-martin_-a_publier_cle593a91.pdf
Z O O M S U R
Le cadrage a été sollicité sur certaines questions précises,
dont la bonne prise en compte des pressions et enjeux en-
vironnementaux à prendre en compte dans l?évaluation en-
vironnementale, le périmètre de cette évaluation, ou le suivi
des indicateurs environnementaux?
Une question portait spécifiquement sur l?intégration d?une
dimension territoriale à l?évaluation environnementale stra-
tégique de la PPE. Celle-ci passe par la prise en compte des
projets majeurs dans les territoires ainsi que l?établissement
de planifications stratégiques territoriales.
La PPE comprenant un volet dédié aux mobilités, au regard
de leur part conséquente en termes de consommation
d?énergie et d?émissions croissantes jusqu?à il y a peu de gaz
à effet de serre, une question de cadrage portait sur la prise
en compte de la sobriété dans les transports et son intégra-
tion dans l?évaluation environnementale. D?autres questions
étaient thématiques : biomasse, ressources du sous-sol, etc.
LES AVIS RENDUS SUR LES PPE
La PPE métropolitaine
Pour l?Ae, les principaux enjeux environnementaux de la PPE
sont la réduction des émissions de gaz à effet de serre, des
consommations d?énergie primaire et finale et de l?utilisation
des autres ressources (matériaux, eau, espace) mobilisées di-
rectement ou indirectement pour les besoins en énergie, en
France et dans les pays d?origine des importations.
Le suivi des préconisations émises par l?Ae dans le cadrage
préalable relative à la PPE métropolitaine a été dans l?en-
semble bien assuré et l?évaluation environnementale est
souvent de bonne qualité. L?Ae a toutefois émis des recom-
mandations reprenant des éléments du cadrage non en-
tièrement pris en compte, dont la présentation d?objectifs
régionalisés de production d?énergie à partir de ressources
renouvelables, et concernant la hiérarchie des usages de la
biomasse, faire en sorte que la PPE respecte la hiérarchie éta-
blie. Alors que la stratégie nationale pour le développement
durable (SNDD) a fixé ainsi la hiérarchie des usages : aliments,
puis biofertilisants, puis matériaux, puis molécules, puis car-
burants liquides, puis gaz, puis chaleur, puis électricité, la PPE
met ensemble (sans respecter la hiérarchie jusqu?ici établie)
l?alimentation humaine, les puits de carbone, l?alimentation
animale, la fertilité des sols ainsi que les réseaux de chaleur,
les consommations énergétiques de l?agriculture, de la filière
bois, les engins lourds de chantier et l?industrie . L?Ae a aussi
émis des recommandations sur l?analyse de l?articulation de
la PPE3 avec les autres plans et programmes pertinents (dont
la SNBC),
L?Ae a formulé un certain nombre de recommandations
pour améliorer l?évaluation environnementale stratégique
de la PPE3 en particulier pour intégrer le transport aérien,
apprécier les perspectives d?évolution de la disponibilité de
la ressource en eau et la biomasse et les incidences environ-
nementales des importations de combustibles et métaux
nécessaires à la production d?énergie et son utilisation. Elle
a recommandé de renforcer la justification des choix éner-
gétiques (infrastructures tous secteurs, installations, filières)
présentant des incidences environnementales importantes,
notamment les interconnexions électriques.
Sur des points plus spécifiques, l?Ae a recommandé de com-
pléter ou d?approfondir la PPE3, et notamment de baisser
d?au moins 12 % l?objectif 2030 de consommation énergé-
tique finale pour atteindre les objectifs européens « fit for 55
», de renforcer les objectifs de recyclage des métaux et terres
rares, d?approfondir les mesures en matière de mobilité pour
améliorer la qualité de l?air, réduire les incidences sanitaires
et les consommations d?énergie, de rehausser l?ambition en
matière de numérique et de solaire thermique, et de préci-
ser les conséquences d?une éventuelle moindre disponibilité
des réacteurs nucléaires, la PPE3 projetant leur mobilisation
maximale ininterrompue jusqu?en 2035. Elle a enfin recom-
mandé de compléter les actions de la PPE3 par des dispo-
sitions visant à réduire l?artificialisation des sols et l?érosion
de la biodiversité ainsi qu?à protéger et restaurer les puits de
carbone, et en donnant la priorité aux usages alimentaires et
constructifs de la biomasse sur sa transformation en énergie,
y compris s?agissant de biomasse importée.
7.
Le projet de PPE soumis à consultation comprend un tableau modifié sur ce
point mais différant toujours de la hiérarchie fixée par la SNDD.
P P E
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 137136 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
Z O O M S U R
Les PPE de Guadeloupe et de Saint-Martin
Les PPE de Guadeloupe et Saint-Martin comportent un
certain nombre de caractéristiques communes du fait de
l?insularité des deux territoires, avec toutefois leurs propres
spécificités.
La Guadeloupe comme Saint-Martin sont très dépendantes
des importations énergétiques. L?un des enjeux centraux de
leurs PPE est d?accroître leur autonomie énergétique.
En Guadeloupe, les principaux objectifs de la nouvelle PPE
restent une baisse des consommations d?énergie finale (-3 %
en 2028 et -4 % en 2033 par rapport à 2022) et une électricité
intégralement produite à partir de ressources renouvelables,
au moyen d?importantes importations de biomasse pour
alimenter les centrales, dont l?Ae a recommandé de mieux
évaluer les incidences complètes, y compris dans les pays
d?origine. Concernant les transports, le manque d?ambition
et de crédibilité du projet de PPE est l?objet de recomman-
dations de l?Ae. L?objectif visé de 10 % de report modal dans
les transports semble hors de portée en l?absence d?actions
fortes. Il est en outre peu cohérent avec l?augmentation pré-
vue du parc automobile thermique concomitamment au
développement du véhicule électrique, qui atteindrait 15 %
du parc total (le nombre total de voitures augmenterait de
30 000 unités entre 2022 et 2030). Le contexte est pourtant
celui d?une baisse de la population. L?Ae a aussi recommandé
de mieux évaluer les effets du développement du véhicule
électrique et de définir les conditions et modalités de l?im-
plantation et de la gestion des bornes de recharge.
La présentation de la PPE est claire, mais son rapport envi-
ronnemental reste à un niveau de généralité qui réduit son
utilité, en particulier sur les incidences qui ne sont pas quan-
tifiées. L?Ae a émis des recommandations pour en améliorer
la portée.
D?autres recommandations ont été émises, notamment de
fournir une évaluation de l?évolution des émissions de gaz
à effet de serre attendue de la mise en oeuvre de la PPE et
de la compléter par des objectifs quantifiés par secteur des
baisses qui sont visées.
Concernant Saint-Martin, l?Ae a recommandé de fixer un
objectif quantifié de baisse des émissions de gaz à effet de
serre, et de fournir une première évaluation des incidences
des choix opérés par la PPE en matière d?émissions. Elle a
aussi recommandé de prendre en compte les risques natu-
rels et les effets du changement climatique, de définir les
zones d?exclusion des nouveaux moyens de production et
des réseaux, d?évaluer les incidences du recours à la biomasse
importée pour la production électrique, d?améliorer l?effi-
cience du système énergétique constitué des moyens de
production thermique et de l?usine de dessalement d?eau
de mer, de prévoir des mesures en faveur des transports en
commun et des modes actifs et de s?assurer que le dévelop-
pement du véhicule électrique est organisé de manière à
garantir une utilisation rationnelle de l?énergie.
Au sujet de la maîtrise de la demande d?énergie, l?Ae a recom-
mandé de prévoir des mesures concrètes pour atteindre les
objectifs affichés, en s'appuyant sur les techniques connues
et maîtrisées en milieu littoral tropical, telles le chauffe-eau
solaire.
P P E
Conclusion
L?examen de l?ensemble de ces évaluations environnemen-
tales stratégiques met en évidence des faiblesses liées à l?in-
suffisante territorialisation des objectifs et à leur articulation
avec les stratégies locales, à l?insuffisance tendancielle de la
contribution du secteur des transports aux objectifs natio-
naux, et à l?exploitation du retour d?expérience acquise lors
des précédentes périodes des PPE. La hiérarchie des usages
de la biomasse apparaît implicitement avoir été remise en
cause à l?occasion des PPE alors que ce sujet semblait réglé
depuis plusieurs années.
Pour les PPE des zones non interconnectées, la question des
choix stratégiques de l?autonomie énergétique et de leurs
incidences environnementales a été soulevée, ainsi que celle
des incidences carbone du déploiement du véhicule élec-
trique et de l?utilisation rationnelle de l?énergie.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 139138 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
LA NOTE DE L?AE PUBLIÉE EN
2024 : RETOUR D?EXPÉRIENCE,
ATTENTES ET PERSPECTIVES
SUR LA PRISE EN COMPTE DU
CHANGEMENT CLIMATIQUE
DANS LES ÉVALUATIONS
ENVIRONNEMENTALES.
L?Ae a publié en mars 2024, conjointement avec les MRAe,
une note relative à la prise en compte des émissions de gaz
à effet de serre et du changement climatique avec pour
objectif de préciser ce qui est attendu par les autorités
environnementales. Une annexe à cette note, ciblée sur
la question de la compensation carbone, a été publiée en
septembre 2024.
Les recommandations formulées dans cette note et son
annexe s?appuient sur les contributions de l?Ae et des
MRAe, dans le cadre d?un groupe de travail commun lancé
LES DOSSIERS VUS EN 2024
Des progrès sensibles pour les opérations d?aménagement
notamment
L?Ae observe dans le cadre des avis rendus en 2024 une
amélioration notable pour certains dossiers. Ceci concerne
notamment les dossiers d?aménagement, en particulier les
zones d?aménagement concerté (Zac), avec un effet visible
de l?entrée en vigueur de la réglementation environnemen-
tale 2020 sur les constructions neuves (RE 2020). Cette ré-
glementation applicable depuis 2022 conduit les porteurs
de projet à des analyses plus poussées du bilan carbone de
leurs opérations et à la recherche de solutions afin de l?amé-
liorer, même s?il manque bien souvent un bilan énergétique
de l?opération.
Le développement des outils, tels que UrbanPrint, dévelop-
pé par Efficacity et le Centre scientifique et technique du
bâtiment (CSTB) et fondé sur la méthode Quartier Énergie
Carbone de l?Ademe, constitue une aide efficace pour les
porteurs de projet qui souhaitent mener une réflexion sur
l?amélioration de leur empreinte carbone.
Dans le cas de la Zac du Bas Clichy à Clichy-sous-Bois (93),
portée par l?Établissement public foncier d?Île-de-France, l?Ae
a ainsi relevé dans son avis2 que « les éléments [du dossier]
témoignent d?une démarche assez poussée et du souhait de
rendre opérationnelle la volonté de réduction des émissions
de gaz à effet de serre ». L?étude fournie en annexe est dé-
taillée. Trois scénarios d?émissions sont envisagés à l?échelle
du territoire, incluant les émissions dues aux chantiers, les
déplacements des habitants, les émissions des bâtiments
et équipements, celles dues à la gestion des déchets, la sé-
questration carbone, etc. Les émissions de chaque scénario,
en analyse du cycle de vie sur 50 ans, sont respectivement
de 318 000 tCO2e, 278 000 tCO2e et 191 000 tCO2e. Ceci
illustre à la fois l?importance des émissions en jeu dans le
cadre de tels projets et aussi les marges de manoeuvre qui
peuvent exister.
en 2020. Elles sont fondées sur les avis émis par l?Ae et les
MRAe. Elles portent également des propositions sur des sujets
qui ne sont pas encore « stabilisés », notamment la question
des trajectoires à prendre en compte pour s?assurer de la
compatibilité avec les objectifs de réduction des émissions
de gaz à effet de serre.
Cette note est complémentaire au guide méthodologique
du Commissariat général au développement durable (CGDD)
en février 2022 à destination des maîtres d?ouvrage. Elle com-
porte les onze « messages-clés » suivants :
La prise en compte du
changement climatique
dans les évaluations
environnementales
1 Les émissions de gaz à effet de serre et la vulnérabilité au changement climatique concernent tous les
projets, plans et programmes. Ceci doit être analysé de façon systématique
2 L?état initial ne doit pas être limité à la description des conditions météorologiques locales historiques
3 La définition des scénarios de référence et de projet est déterminante pour évaluer les incidences d?un projet
sur les émissions de gaz à effet de serre
4 La démarche d?évaluation environnementale doit être fondée sur une quantification exhaustive des
émissions de GES
5
Pour la comparaison avec les objectifs nationaux, le premier niveau d?analyse consiste à vérifier si le projet
prend pleinement en compte les orientations stratégiques de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) en
vigueur
6
Pour analyser le projet par rapport à la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre,
notamment la neutralité carbone à l?horizon 2050, une déclinaison de la trajectoire à différentes échelles
(temporelles, géographiques et thématiques) est nécessaire mais les différents travaux sur le sujet n?ont pas
encore totalement abouti
7
Sans attendre les déclinaisons de la trajectoire de réduction permettant d?apprécier si un projet, un plan
ou un programme est compatible avec les objectifs, il convient d?appliquer la démarche éviter, réduire et
compenser à l?ensemble des émissions générées par le projet, le plan ou le programme
8 L?analyse doit inclure celle de la vulnérabilité des projets, plans et programmes
9
Lorsqu?une analyse coûts avantages doit être réalisée, elle doit être cohérente avec l?évaluation présentée
pour les émissions de GES et les effets sur le climat doivent être monétarisés en prenant en compte les
dernières valeurs tutélaires disponibles1
10 La prise en compte des émissions liées à la production et à la consommation d?électricité nécessite des
précautions particulières (consommation évitée ou substituée)
11 Les demandes d?examen au cas par cas doivent aussi traiter du sujet de l?atténuation et de l?adaptation
1.
Les valeurs tutélaires ont été mises à jour en mars 2025 avec des valeurs fixées
à 256 ¤2023 en 2025, 300 ¤2023 en 2030 et 563 ¤2023 en 2050 (source : « La
valeur de l?action pour le climat » ? Mars 2025).
2.
Avis délibéré n°2023-128 du 22 février 2024 ? Zac du Bas Clichy à Clichy-sous-
Bois (93)
140 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 141
http://UrbanPrint
https://www.strategie.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-03-20 - Valeur de l'action pour le climat/FS-2025-RAPPORT QUINET_19mars20h-COUV-vdef.pdf
https://www.strategie.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-03-20 - Valeur de l'action pour le climat/FS-2025-RAPPORT QUINET_19mars20h-COUV-vdef.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/240211_avis_zac_bas_clichy_delibere_1__cle58c244.pdf
Z O O M S U R L a p r i s e e n c o m p t e d u c h a n g e m e n t c l i m a t i q u e
d a n s l e s é v a l u a t i o n s e n v i r o n n e m e n t a l e s
Dans le cas du réaménagement du pôle gare de Noisy-le-Sec3,
projet coordonné par Île-de-France Mobilités et associant
SNCF Gares et Connexions, le Département de Seine-Saint-
Denis et la ville de Noisy-le-Sec, des pistes de réduction des
émissions du chantier sont indiquées (choix de matériaux
bas carbone, d?engins et méthodes de construction moins
émetteurs, maximisation du recyclage des déchets) et les
estimations ont été conçues pour servir de base à un travail
plus approfondi en phase de projet détaillé.
Des projets aux enjeux significatifs avec des analyses ap-
profondies
Certaines études peuvent être particulièrement fouillées
lorsque l?enjeu des émissions de gaz à effet de serre (GES)
est majeur.
Dans le cas du projet Cap décarbonation (59?62)4 , l?objectif
est de séquestrer les trois-quarts des 1,8 million de tonnes de
CO2 émis annuellement par la cimenterie Eqiom de Lumbres
(62) et l?usine de fabrication de chaux Lhoist de Réty (62).
Le projet comprend les installations de captation du CO2,
les canalisations et installations nécessaires à son transport
jusqu?au port de Dunkerque et à son transfert sur des navires,
son transport maritime jusqu?à un site de stockage en Mer
du Nord (potentiellement celui de Northern Lights en Nor-
vège), ainsi que l?alimentation en oxygène de la cimenterie,
ce qui facilitera la capture du CO2, et les divers raccorde-
ments électriques.
Le projet présenté, qui n?intègre pas les opérations de stoc-
kage, sera émetteur d?un peu plus de 100 000 tCO2 par an et
l?objectif de stockage sur une durée de 50 ans est de 72 mil-
lions de tonnes de CO2. Malgré des améliorations à apporter
dans la présentation du bilan et des précisions à fournir sur le
rendement prévu, le dossier soumis à l?avis de l?Ae constitue
un exemple d?analyse approfondie.
Dans le cas de la centrale de Provence à Meyreuil et Gar-
danne (13)5 , l?alimentation en combustible d?une tranche de
la centrale a été modifiée afin de remplacer le charbon et le
coke de pétrole par un mélange composé essentiellement
de bois (avec un plan d?approvisionnement de 545 000 t
par an dont 150 000 t de bois importé) complété par des
énergies fossiles. L?étude fournie dans le cadre de l?étude
d?impact développe de façon détaillée les hypothèses utili-
sées pour établir le bilan des émissions de CO2 fossile, estimé
à 234 gCO2e/kWh, que l?Ae a recommandé de compléter
par l?évaluation des émissions de CO2 d?origine biogénique
ainsi que par des éléments sur la durabilité de la biomasse
consommée, qui constitue un enjeu très important.
Dans le domaine des transports, le projet du Grand Paris Ex-
press porté par la Société des grands projets (SGP) constitue
un enjeu majeur. L?actualisation de l?avis sur la ligne 15 Est du
Grand Paris express reliant Saint-Denis Pleyel à Champigny
Centre (93, 94)6 a été l?occasion de prendre acte de la ver-
sion mise à jour du bilan attendu en termes d?émissions de
GES. À l?horizon 2050, les gains attendus ne permettraient
pas, selon les estimations actuelles, de compenser les émis-
sions induites par la construction et le fonctionnement des
infrastructures (les émissions « nettes » sont estimées à 142
000 tCO2e). Partant de ce constat, la SGP s?est fixé comme
ambition de réduire, d?ici l?achèvement des travaux, de 25 %
les émissions de gaz à effet de serre liées à la construction du
GPE, par rapport à l?évaluation prévisionnelle. Si la construc-
tion d?infrastructures de transport en commun est une né-
cessité pour aboutir à la neutralité carbone, cet exemple
comme d?autres portant sur des projets de moindre ampleur
vus par l?Ae7, illustrent qu?il ne s?agit pas d?une condition suf-
fisante. D?autres mesures visant la décarbonation des mobili-
tés, notamment le développement d?alternatives à la voiture
individuelle, doivent également être adoptées à l?échelle des
agglomérations concernées. En outre, l?efficacité du report
modal ne résulte pas seulement d?un choc d?offre mais égale-
ment de mesures volontaristes visant à décourager l?usage du
véhicule individuel motorisé (réduction de vitesse, réduction
de voiries, plan de circulation, restriction du stationnement,
etc.).
Des premières estimations enfin disponibles dans les dos-
siers d?examen au cas par cas
Pour les demandes d?examen au cas par cas, l'article R. 122-3-1
du code de l?environnement impose au maître d'ouvrage de
présenter les incidences notables que son projet est suscep-
tible d'avoir sur l'environnement et la santé humaine. Si les
incidences sur les émissions de gaz à effet de serre sont signi-
ficatives, alors celles-ci doivent être exposées. Néanmoins,
comme relevé par l?Ae et les MRae dans leur note de mars
2024, les demandes d?examen au cas par cas présentées ne
comportent que rarement une estimation des émissions de
gaz à effet de serre ou une évaluation de la vulnérabilité des
projets aux effets du changement climatique.
Bien que cela reste une minorité de cas, l?Ae a observé une
tendance positive avec par exemple la présentation par
Enedis et RTE des premières estimations à un stade amont
dans le cadre de projets de développements des réseaux de
transport et de distribution de l?électricité. Ces premières
estimations enfin disponibles permettent de confirmer l?im-
portance des émissions générées par ce type de projet avec
par exemple environ 30 000 tCO2e, dont 22 000 tCO2e pour
l?extraction et la fabrication des matériaux, dans le cas du
poste électrique 225 000 / 20 000 volts des Landes d?Arma-
gnac (40) . Dans ce cas, la décision d?exonération d?étude
d?impact a pu prendre en compte le recours aux matières
recyclées, au recyclage, à la réduction de l?utilisation de SF6
et de ses fuites, à la réutilisation de terres excavées et au re-
cours à des bétons « bas carbone » pour réduire l?empreinte
carbone du projet.
Une prise en compte du changement climatique qui doit
encore être étendue à tous les projets, plans et programmes
Si des progrès sont constatés, bon nombre de dossiers vus
par l?Ae présentent néanmoins toujours des lacunes impor-
tantes en matière de changement climatique. Ceci se tra-
duit en premier lieu par un contenu consacré au sujet de
l?atténuation et de l?adaptation très pauvre par rapport aux
autres thématiques environnementales. À titre d?illustration,
sur un échantillon de cinq dossiers vus en 2024 par l?Ae, les
incidences et mesures dédiées au climat ne représentent sur
cet échantillon que 2 % de l?ensemble des incidences et me-
sures, contre 17% pour les milieux naturels et la biodiversité.
Pire, de nombreux dossiers examinés par l?Ae en 2024 ont
encore tenté de plaider que des mesures de réduction ou
de compensation des émissions de GES du projet n?étaient
pas nécessaires à l?issue d?un raisonnement fallacieux, fondé
sur une comparaison des émissions du projet aux émissions
régionales, nationales ou même mondiales. Le changement
climatique étant un fait mondial provoqué par les émissions
anthropiques, la seule conclusion qui s?impose est qu?aucun
projet ne peut s?exonérer de l?effort à faire.
Sur un total de 78 dossiers ayant fait l?objet d?un avis en 2024,
l?Ae a été amenée à recommander la présentation d?un bilan
GES (faute d?éléments dans le dossier) pour 17 projets, de
reprendre le bilan (cinq dossiers), de le corriger (cinq dos-
siers), de le compléter (15 dossiers). Au total, plus de la moitié
des dossiers (42 sur 78) présentent des lacunes importantes,
voire majeures sur cet aspect.
Le changement climatique est pourtant identifié par l?Ae
comme faisant partie des principaux enjeux environnemen-
taux dans 75 % des cas pour ces projets. Concernant l?at-
ténuation, les volumes en jeu à l?échelle de la durée de vie
du projet sont souvent significatifs, voire majeurs, pouvant
aller d?une ou quelques dizaines de milliers de tonnes de
CO2 (pour un projet de déviation routière avec infrastructure
nouvelle de quelques kilomètres) à des centaines de milliers
(projets de Zac), voire des millions de tonnes de CO2e (projets
industriels d?envergure).
De plus, la quantification ne constitue que la première
étape pour permettre l?application de la démarche éviter-ré-
duire-compenser. Pour les étapes suivantes, l?Ae a insisté en
2024 de façon régulière dans ses avis sur la nécessité d?appli-
quer aussi au sujet du climat cette démarche, au même titre
que les autres thématiques listées aux articles L. 122-1 (pour
les projets) et R. 122-20 (pour les plans et programmes) du
code de l?environnement. Pour 35 des 78 avis rendus pour
des projets, l?Ae a demandé que la démarche soit effective-
ment appliquée, ou que soient définies des mesures appro-
priées ou encore que des engagements fermes soient pris
lorsque des pistes de réduction étaient seulement évoquées.
Les autres recommandations émises ont porté sur la descrip-
tion des évolutions attendues du climat, la qualification de
l?enjeu, la description de l?état initial en termes d?émissions
de GES, la justification de la cohérence avec les planifications
locales ou nationales, le suivi des émissions, l?analyse de la
vulnérabilité au changement climatique, la prise en compte
de l?aggravation des risques naturels (inondation, feux de
forêt, montée du niveau de la mer), la problématique de la
ressource en eau, les îlots de chaleur urbains ou encore les
effets du changement climatique sur les milieux naturels.
3.
Avis délibéré n°2024-019 du 16 mai 2024 Réaménagement du pôle gare de
Noisy-le-Sec
4.
Avis délibéré n°2024-75 du 12 septembre 2024 Cap décarbonation (59-62),
projet porté conjointement par les sociétés Lhoist, Eqiom, Air Liquide, RTE
et LNG Terminal
5.
Avis délibéré n°2024-108 du 5 décembre 2024 Centrale biomasse de Provence
à Meyreuil et Gardanne (13), projet porté par l?exploitant de la centrale Gaze-
lEnergie Generation
6.
Avis délibéré n° 2024-032 du 16 mai 2024 sur la ligne 15 Est du Grand Paris
express reliant Saint-Denis Pleyel à Champigny Centre (93, 94)
7.
Cf. pour les avis délibérés en 2024, l?avis délibéré n° 2024-18 du 25 avril 2024
sur le projet de Tram T13 phase 2 entre Saint-Germain-en-Laye et Achères (78)
8.
Décision en date du 21 octobre 2024 de l?Autorité environnementale (non
soumission à réalisation d?une étude d?impact), après examen au cas par cas
relatif au poste électrique 225 000 / 20 000 volts des Landes d?Armagnac rac-
cordé en technique souterraine au poste étendu 225 000 volts de Naoutot
(40)
142 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 143
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/reamenagement_pole_noisy_le_sec_delibere_cle733824.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/4_-_240912_cap_decarbonation_delibere_cle2bf334.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2_-_241205_centrale_gardanne_projet_delibere_cle5cf4e9.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/01__240425_tramway_t13_phase_2_delibere_cle0ddabe.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/decision_rendue_cle2bc52a-25.pdf
144 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 145
L?A e E N 2 0 24
Presque toutes les Régions ont engagé la modification de
leur schéma régional d?aménagement, de développement
durable et d?égalité des territoires (Sraddet), pour décliner
au plan régional diverses dispositions législatives récentes, en
particulier sur la politique de réduction de l?artificialisation
nette, initiée et cadrée par la loi Climat et résilience de 20211
(loi n°2021-1104 portant lutte contre le dérèglement clima-
tique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite
LCR), complétée par la loi n° 2023-630 du 20 juillet 2023 vi-
sant à faciliter la mise en oeuvre des objectifs de lutte contre
l'artificialisation des sols et à renforcer l'accompagnement
des élus locaux. Ces révisions ont aussi porté sur l?écono-
mie circulaire (application de la loi n° 2020-105 du 10 février
20202 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie
circulaire dite AGEC), ou sur la logistique (modification du
contenu des Sraddet dans ce domaine, introduite par la
LCR) et parfois sur les conséquences de la loi n° 2019-1428
du 24 décembre 2019 d?orientation des mobilités (dite LOM).
Les révisions de schémas régionaux ont aussi été conduites
ou initiées en Île-de-France (révision périodique du schéma
directeur de la région île-de-France, datant de 2013) ou en
outre-mer.
Schémas régionaux
d?aménagement,
de développement
durable et d?égalité
des territoires,
autres schémas
régionaux
concernant
l?aménagement
L?Autorité environnementale a ainsi pu examiner à la fin
de l?année 2023 et tout au long de l?année 2024 les projets
de modification des Sraddet des régions Normandie, Bre-
tagne, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Nou-
velle-Aquitaine, Centre-Val de Loire, Provence-Alpes-Côte
d?Azur, le projet de schéma directeur d?Île de France dit «
Environnemental » (Sdrif E), et leurs évaluations environ-
nementales, ainsi que le pré-projet de schéma d?aménage-
ment régional de la Martinique (examen au « cas par cas ») et
émettre un avis de cadrage pour celui de La Réunion.
L?analyse qui suit porte sur la traduction dans les schémas
des enjeux motivant les modifications, sans aborder d?autres
sujets, traités ou pas par certaines de ces modifications de
Sraddet.
Prise en compte de la politique de réduction de l?artificia-
lisation nette.
La déclinaison au niveau régional d?une part passe par la défi-
nition et la répartition territoriale des enveloppes maximales
d?artificialisation sur 2021-2031 dans les Sraddet, mais aussi
d?autre part par la mise en place d?outils d?accompagnement
pour apporter un appui aux territoires dans la mise en oeuvre
de cette politique, eux aussi inscrits dans les Sraddet.
144 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
De manière générale l?Ae considère, au vu des projets exa-
minés, que les modifications des Sraddet à la fois reflètent
une appropriation concertée et en voie de traduction opé-
rationnelle de la politique de réduction de l?artificialisation
(dite Zan en abrégé) et illustrent la mise en place d?outils pour
progresser concrètement dans les territoires.
1.
Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement clima-
tique et renforcement de la résilience face à ses effets, https://www.legifrance.
gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
2.
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000041553759/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000041553759/
S R A D D E TZ O O M S U R
146 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L?Ae retient en particulier les points positifs suivants :
? formalisation et détermination au niveau régional d?un
objectif de réduction de la consommation d?espace,
puis transcription dans des enveloppes territorialisées le
plus souvent au niveau des ScoT ou à défaut des PLUi, qui
concrétisent l?objectif en général à hauteur d?une réduction
de l?artificialisation de 54,5 % par rapport à la référence
précédente,
? large concertation, aux niveaux politique et technique,
sur ces objectifs et aussi sur les outils d?une politique Zan
(différentes formes de concertation avec les collectivités
territoriales, réunions ouvertes, mobilisation de la « confé-
rence des ScoT », de la conférence territoriale de l?action
publique, réunions des agences régionales d?urbanisme
etc?), avec un fort portage politique par le conseil régio-
nal ; la nouvelle conférence régionale de gouvernance de
la politique de réduction de l?artificialisation des sols (créée
par la loi) a été mobilisée à partir de 2023,
? prise en compte quasi systématique par les objectifs
des pressions démographique et économique et des
contraintes des territoires (niveaux de croissance différents,
importance des espaces sensibles et à risque) ainsi que de
l?effort récent des collectivités pour maîtriser la consom-
mation d?espace ; la prise en considération des critères en-
vironnementaux est cependant moins manifeste,
? au-delà des objectifs et règles, les modifications des Srad-
det proposent souvent des outils (formations, diagnostics,
identification de friches, accompagnement) pour aider à
la mise en oeuvre de la politique de réduction de l?artifi-
cialisation nette, et il est prévu de mobiliser les réseaux
techniques et politiques pour suivre cette mise en oeuvre,
? l?État est présent et son concours est sollicité par les col-
lectivités (proposition d?outils conjoints, interventions du
Cerema en appui?),
? les dispositifs de solidarité-péréquation sont mobilisés et
semble-t-il bien compris et acceptés : contribution régio-
nale à l?enveloppe des projets d?envergure européenne et
nationale (pas de contestation sur un mauvais traitement
d?une région en particulier) et non décompte dans les
consommations des territoires, souvent enveloppe régio-
nale de projets jugés d?intérêt commun au niveau territorial
(industrie, infrastructures, lycées etc..)
? les Régions se sont fortement impliquées dans le suivi des
surfaces artificialisées, avec notamment les travaux des
observatoires régionaux qui permettent aux acteurs des
territoires de disposer d?une vision fine et de s?approprier
un sujet où des interprétations différentes sont possibles.
Des points plus mitigés apparaissent cependant :
? les dossiers ne sont pas toujours clairs sur les enveloppes de
référence au regard des consommations passées d?espace
(consommation réelle ou enveloppe autorisée, période de
référence retenue), avec des risques dans certaines régions
d?effet d?aubaine ou d?effort peu accru par rapport au sché-
ma initial,
? corrélativement des difficultés de suivi des consommations
passées ou à court terme, et donc potentiellement des
difficultés pour le suivi et les mesures correctives en cas de
difficultés à tenir les objectifs,
? si certaines régions affichent des objectifs assez clairs pour
la période post 2031, d?autres renvoient à des discussions
ultérieures, ce qui n?est pas forcément la meilleure manière
d?anticiper la poursuite et l?amplification du rythme de ré-
duction de l?artificialisation ,
? des différenciations selon les types d?espaces existent et
l?effort de réduction demandé en tient compte pour adap-
ter la dynamique, mais l?approche est parfois trop comp-
table (consommation d?espaces en hectares), sans prise en
compte de la sensibilité environnementale et de la qualité
biologique et agronomique des sols, ni des aléas naturels,
et sans chercher à réduire encore plus la consommation
de tels espaces,
? dans certaines régions le caractère prescriptif des règles
du Sraddet s?imposant aux ScoT et PLU est renforcé, mais
dans d?autres des marges de souplesse introduisent un cer-
tain flou,
? la « garantie rurale » introduite par la loi de 2023 d?un hec-
tare par commune (dotée d?un document d?urbanisme
approuvé ou en élaboration) se révèle avoir des effets per-
vers : elle répond certes aux éventuels besoins des « petites
communes » mais conduit dans certaines régions au mor-
cellement communal élevé à des taux d?effort théoriques
négatifs pour certains territoires (nombreuses petites com-
munes à faible consommation et faible besoin pour l?ave-
nir, et donc enveloppe ouverte largement supérieure tant
aux besoins qu?aux consommations passées). Ceci réduit
la portée des critères de territorialisation définis, et, dans
un total régional contraint, induit a contrario des fortes
tensions pour des territoires plus dynamiques, même s?ils
sont dans une approche de recherche de moindre artificia-
lisation, et nuit donc à la compréhension, l?acceptabilité et
la pertinence du dispositif,
? les objectifs de maîtrise de la mobilité des personnes et
des biens sont encore trop peu pris en compte pour la ré-
partition des efforts (polarisation de la logistique vers la
multimodalité et du développement urbain autour des
projets de services express régionaux métropolitains en
particulier) ;
? pour les régions littorales, la prise en compte de la problé-
matique du recul du trait de côte est parfois seulement
amorcée.
3.
Certains ScoT ou PLU en cours d?élaboration ou d?évolution adoptent le prin-
cipe d?une prolongation, sur la décennie 2031-2040, de la logique de division
par deux de la consommation d?espace alors qu?un tel principe n?a pas à ce
stade de fondement juridique clair et apparaît incompatible avec la nécessité
de prévoir une trajectoire non asymptotique vers l?objectif du Zan à 2050.
Z O O M S U R
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 147146 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
S R A D D E TZ O O M S U R
Une question importante pour l?effectivité du dispositif est
sa transcription, sur la base des Sraddet ou des Sar, dans les
documents de planification et d?urbanisme, ScoT, PLU(i). L?Ae
examine peu de dossiers de ce type, qui sont de la compé-
tence des MRAe, sauf documents interrégionaux.
Même si la situation est hétérogène, avec des collectivités
qui souvent surestiment les besoins intrinsèques et leurs dé-
terminants et, pour certaines, n?ont pas encore approfondi
la démarche, d?autres, déjà nombreuses, anticipent cette
politique, à l?occasion de la révision de leurs documents d?ur-
banisme, sans forcément attendre l?adoption des Sraddet
modifiés. Ceci se traduit par la réduction des enveloppes
ouvertes à l?urbanisation, ou la transformation de zones ou-
vertes à l?urbanisation dans les actuels documents d?urba-
nisme en zones naturelles ou agricoles à préserver dans les
futurs documents (PLUi en particulier).
La notion de « réduction de l?artificialisation nette » pour-
rait être interprétée à tort comme une baisse des surfaces
artificialisées alors qu?il ne s?agit en fait que d?un objectif de
ralentissement du rythme de la consommation de nouveaux
espaces. Les incidences de cette consommation, que ce soit
en terme de qualité des eaux, d?érosion de la biodiversité,
d?augmentation de certains risques naturels (inondations,
coulées de boues, etc.) ou encore de destruction des sols
sont bien connues. ?
La dynamique engagée par la modification des Sraddet et
documents d?urbanisme locaux apparaît donc prometteuse,
témoignant d?une appropriation par les élus et les parties
prenantes et d?un déploiement dans une bonne partie des
territoires entre les différents niveaux de collectivités, y com-
pris désormais dans des révisions de ScoT et PLU(i). En réaf-
firmant les grands objectifs et modalités et en renforçant les
actions d?accompagnement les années à venir pourraient
être celles d?une consolidation et d?une généralisation de
ces politiques essentielles pour assurer la prise en compte
de nombreux enjeux environnementaux et la résilience des
territoires.
Les évolutions législatives imaginées, comme exclure certains
projets du calcul de l?objectif à atteindre, ou un report des
dates et périodes de mise en oeuvre seraient pourraient au
contraire une régression affaiblissant le niveau d?ambition
et créeraient des incertitudes de nature à ralentir le rythme
des actions nécessaires pour la mise en oeuvre de cette poli-
tique, y compris celles déjà engagées par les acteurs les plus
avancés à ce jour .
Économie circulaire
Dans l?ensemble les modifications des Sraddet ont permis
d?y intégrer les nouveaux objectifs de prévention, valorisa-
tion et traitement des déchets, fixés par la loi AGEC, ainsi
que d?introduire des mesures contre l?abandon des déchets,
comme demandé par ladite loi. Dans quelques cas des ob-
jectifs plus ambitieux ont été fixés (par exemple, en Hauts-
de-France, 58 % de valorisation des déchets ménagers et
assimilés en 2025 contre 55 % prévus par la loi, ou en Nor-
mandie des objectifs relevés pour la prévention du gaspillage
alimentaire). Les progrès à réaliser sont encore souvent très
importants : ainsi en Hauts-de-France pour les déchets non
inertes non dangereux déchets du BTP/les (DNIND), le taux
de mise en décharge doit fortement diminuer pour atteindre
10 % en 2031, contre 32 % en 2015 et 23 % en 2020.
La préparation de la modification des Sraddet en concer-
tation avec les acteurs a aussi été l?occasion d?identifier les
leviers nécessaires pour atteindre ces objectifs renforcés.
L?examen par l?Ae des projets de Sraddet qui lui étaient sou-
mis amène à constater que cet approfondissement est hé-
térogène, et ne débouche pas toujours sur l?identification
d?actions, ainsi que le cas échéant sur la modification de
règles dans les Sraddet, permettant de tracer une voie claire
pour l?atteinte de ces objectifs. Ainsi les plans régionaux de
prévention et gestion des déchets (PRPGD), désormais inté-
grés aux Sraddet, sont modifiés dans certaines régions mais
pas dans toutes.
Pour la région Provence-Alpes-Côte d?Azur l?Ae relève un tra-
vail approfondi avec la définition d?une politique d?accom-
pagnement et d?animation des parties prenantes, une éva-
luation des financements nécessaires, une territorialisation
de l?action à conduire par type de déchets, avec analyse une
pour les quatre espaces régionaux sur lesquels se déploie le
Sraddet (alpin, rhodanien, azuréen, provençal), et une iden-
tification des installations à fermer, adapter, créer.
Dans d?autres régions comme la Normandie, la Bretagne ou
la Bourgogne-Franche-Comté l?Ae a recommandé d?appro-
fondir les leviers opérationnels nécessaires pour atteindre les
objectifs. En Hauts-de-France le PRPGD et certaines règles
du Sraddet sont modifiés ; les recommandations de l?Ae ont
porté sur le besoin de préciser certains outils d?accompagne-
ment et de mobiliser d?entraîner les établissements publics
de coopération intercommunale (le Sraddet fixe opportu-
nément un objectif de couvrir 100 % de la population par
des plans locaux de prévention des déchets ménagers et
assimilés, qui ne concernent aujourd?hui que 47 % de la po-
pulation et un quart des EPCI, alors que la mise en place de
ces outils est obligatoire depuis 2012).
Logistique
La loi climat et résilience de 2021 (LCR) a introduit la logis-
tique comme composante des Sraddet, avec en particu-
lier l?objectif de définir des politiques d?implantation des
infrastructures logistiques. Cette thématique a été dans
l?ensemble abordée par les modifications des Sraddet, mais
souvent sous un angle d?abord foncier, avec des objectifs de
sobriété, et certes en promouvant la multi-modalité, mais le
plus souvent sans se fonder sur l ?analyse des flux de marchan-
dises et ni sur des objectifs explicites de report modal et de
décarbonation. Ceux-ci ne dépendent évidemment pas de
la seule implantation des centres logistiques et les Sraddet
peuvent déjà contenir des dispositions en faveur de l?atteinte
de ces objectifs, mais l?analyse des projets de Sraddet soumis
à l?avis de l?Ae amène à considérer que l?opportunité présen-
tée par ces modifications aurait pu être nettement mieux
exploitée pour cette thématique.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 149148 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
S R A D D E TZ O O M S U R
Ainsi le Sraddet Bourgogne Franche Comté propose une
approche foncière et statique de la logistique, affirmant un
objectif bienvenu de sobriété des ressources foncières et
énergétiques, sans cependant comporter de règles, et sans
aborder la question des flux (maîtrise des flux de poids lourds
et développement du report modal), et sans mentionner
non plus les objectifs de la LCR (sur l?augmentation des parts
modales du fret ferroviaire ou fluvial).
Le Sraddet Hauts-de-France définit un parti pris sur la locali-
sation préférentielle des constructions logistiques, comme
demandé par la LCR, en recherchant un équilibre entre proxi-
mité des grands axes ferroviaires et voies d?eau et la prise
en compte des déplacements avec les centres urbains. Il
ne comporte pas de modification de ses règles. Un schéma
régional des sites d?implantation logistique est prévu (son
échéance de réalisation n?était pas précisée dans le projet
examiné en 2024 par l?Ae).
Le Sraddet PACA définit des conditions pour la création de
nouveaux sites logistiques : justification du besoin, contribu-
tion à la sobriété foncière et énergétique, et pose le principe
d?une sanctuarisation du foncier sur les zones d?activité éco-
nomique et les friches, en cohérence avec la politique de ré-
duction de l?artificialisation nette. Il affirme aussi la nécessité
de préservation des capacités multimodales, dont les instal-
lations terminales embranchées de fret ferroviaire et définit
une liste de secteurs stratégiques, avec préservation des sites
existants. Il fait partie des quelques Sraddet qui ont opportu-
nément traduit leurs objectifs en règles opposables. Un point
de vigilance, mentionné dans le Sraddet, apparaît avec les
projets routiers induits par le développement du grand port
maritime de Marseille et leurs incidences possibles.
Le Sraddet Nouvelle Aquitaine affiche le souhait de privilé-
gier les sites favorisant le report modal et l?implantation sur
des sites urbanisés et artificialisés.
Le Sraddet Bretagne pose l?objectif de développer le trans-
port combiné rail-route en lien avec les ports bretons et dé-
velopper une logistique bas-carbone, les leviers d?actions
restant selon l?Ae à décrire et objectiver.
De son côté le projet de Sdrif-e comporte dix orientations
sur la logistique, en fixant comme stratégie de s?appuyer sur
une armature multimodale de sites fluviaux et ferroviaires,
de limiter les sites exclusivement routiers, d?aménager des
grands sites multimodaux. L?implantation de nouveaux sites
n?est cependant pas conditionnée à une desserte ferroviaire
ou fluviale effective, ce qui limite la portée du schéma et
conduira à un besoin de vigilance accrue lors de l?examen
de chaque projet (entre autres au moment de l?agrément
du préfet nécessaire pour la construction, la reconstruction
ou l?extension des locaux, installations et annexes, prévu aux
articles L 510-1 et suivants du code de l?urbanisme (bureaux,
logistique, activités techniques et industrielles dont centres
de données ?). Le projet de SDRIF-e n?aborde pas non plus
la question de l?accessibilité hors automobile pour les 400
000 salariés du secteur.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 151150 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
S R A D D E TZ O O M S U R
Synthèse sur le thème
de la rédaction de
l?artificialisation nette
des schémas régionaux
examinés
PAGE 5 DU WORD PARTIE 5!!!
Nota : cette analyse porte sur les schémas soumis à l?avis de
l?Ae, sans intégrer les modifications apportées éventuelle-
ment suite à l?avis de l?Ae
Région, avis de l?Ae Points positifs Points de vigilance Commentaires
Sraddet Normandie, 2023-
71, 9 novembre 2023
Premier Sraddet modifié
pour le Zan, modification
lancée avant même la loi de
juillet 2023
Des différenciations du taux
de réduction par territoire
en tenant compte des
pressions/dynamiques, de la
biodiversité
Besoin de précision sur
les objectifs/indicateurs,
et le calcul de certaines
sous-enveloppes, pour les
méthodes correctives en
cas d?écart par rapport aux
objectifs
Variation assez modérée
du taux de réduction entre
espaces/ScoT/EPCI
Modification adoptée en
mai 2023, avant vote de la
loi de juillet 2023, même si
elle a tenté d?en anticiper
les concepts
Sraddet Bretagne, 2023-77,
9 novembre 2023
Nouveaux outils (méthode
développée par agence
d?urbanisme de Brest et
étendue à la région)
Acceptation facilitée par
une couverture quasi
exhaustive par des ScoT
et une forte concertation,
démarche participative
Critères de répartition
et territorialisation de la
consommation d?espace
précis, tenant compte de
la biodiversité, de la qualité
de l?eau, des risques, des
efforts de densification
Besoin de suivi régulier
et rigoureux pour vérifier
l?usage des enveloppes et la
juste prise en compte des
critères
Modification qui aborde
aussi la gestion du trait
de côte (prise en compte
des risques dans les
ScoT littoraux, réflexion
et expérimentation sur
relocalisations)
Sdrif-E Île-de-France, 2023-
98, 21 décembre 2023
Introduit une trajectoire
de réduction de
l?artificialisation dès la
décennie 2021-2031 (la
région IDF n?est pas tenue
de respecter l?objectif
intermédiaire de réduction
de moitié à l?horizon 2030)
Cependant la réduction de
20 % par décennie sera loin
de permettre d?atteindre
l?absence d?artificialisation
nette en 2050 et l?effort de
réduction apparaît in fine
assez réduit
Des outils, analyses
concrètes seraient à
déployer (analyse des
possibilités de densification
des zones d?activité par
exemple)
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 153152 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
S R A D D E TZ O O M S U R
Région, avis de l?Ae Points positifs Points de vigilance Commentaires
Sraddet Hauts-de-France,
2024-13, 30 mai 2024
Répartition territorialisée
de la consommation avec
un objectif de baisse,
pour 2/3 sur la base des
consommations passées et
pour 1/3 sur d?autres critères
dont efforts réalisés et
gestion économe espace
Evolution de diverses
règles (prescriptives pour
ScoT PLU..), définition de
modalités de suivi
Non prise en compte
des risques naturels, de
l?évolution du trait de côte,
de la biodiversité dans les
critères de répartition
Suppression d?une règle sur
le renouvellement urbain
Modalités de comptage et
suivi à préciser
L?enveloppe des projets
d?envergure régionale est
fixée sur base de critères,
sans avoir encore défini les
projets concernés
Sraddet Bourgogne-
Franche-Comté, 2024-12, 30
mai 2024
Concertation initiale
en 2022-2023 sur une
méthode multi-critère
(dont l?efficacité en termes
de densité de l?utilisation
de l?espace et des critères
environnementaux),
mais dont les résultats,
difficilement acceptés,
ont été mis à mal par le
dispositif « garantie rurale »
Affichage de trajectoires
post 2031
L?application de la «
garantie rurale » et le grand
nombre de communes
(3710) aboutissent à des
taux d?effort négatifs
pour certains territoires
à dominante rurale et
naturelle et à une capacité
très limitée à prioriser des
territoires de centralité au
contraire très contraints
ou des projets d?ampleur
régionale. Ceci a conduit
à abandonner les critères
environnementaux de
répartition
Sraddet Centre-Val de Loire,
2024-44, 11 juillet 2024
Concertation très intense
et multi-forme (conférence
ScoT, réunions d?échanges,
réunions avec services
techniques des collectivités,
de l?Etat, agences
d?urbanisme), portée à haut
niveau
Affichage des cibles post
2031
Règles modifiées pour
imposer concrètement des
priorités à la réutilisation
des logements, locaux
vacants, densification
des zones d?activité,
préservation des zones
d?expansion des crues etc..
Actions
d?accompagnement des
collectivités locales, pour
certaines déjà lancées,
réflexions en cours entre
Etat et Région pour
proposer de nouveaux
outils (qualification des
friches, outils de suivi de
la vacance des logements
etc..)
Outils de suivi de la
consommation et de la
mise en oeuvre à finaliser
pour préparer rapidement
le bilan de point d?étape
prévu en 2027
Région, avis de l?Ae Points positifs Points de vigilance Commentaires
Sraddet Nouvelle-
Aquitaine, 2024-43, 25 juillet
2024
Affichage d?une poursuite
de la réduction sur les
décennies 31-40, 41-50 (30 %
à chaque fois)
Répartition de l?effort
différenciée par type de
territoire et tenant compte
de l?effort passé
Inscription de la facilitation
de la renaturation dans les
règles du Sraddet
Méthodes de
comptabilisation de la
consommation d?espaces
Des outils (conseil,
accompagnement,
sensibilisation et mise
en réseau des acteurs
du foncier et de
l?aménagement) prévus
mais à préciser
Sraddet PACA, 2024-84, 24
octobre 2024
Large concertation,
utilisation des travaux de
la conférence des ScoT sur
l?efficacité foncière
Gouvernance, outils
numériques, appui aux
partenaires, valorisation
des initiatives, utilisation
affichée du Sraddet dans
les contractualisations avec
les territoires
Un certain renforcement
du caractère prescriptif
des règles (mais pas sur
tous les points, ce qui est à
reconsidérer)
Des précisions à apporter
sur les consommations
prises en référence et bien
vérifier l?ambition par
rapport à celle du Sraddet
en vigueur (pour chaque
territoire)
La répartition de
l?effort s?inscrit plus
dans la continuité des
consommations passées
que dans une priorisation
par rapport à des critères
clairs.
S?assurer de l?homogénéité
des méthodes de suivi,
définir comment prévenir le
risque de dépassement des
seuils fixés par ScoT et PLUi
Sar Martinique (examen cas
par cas)
Projet ambitieux et réaliste
(prise en compte de la
consommation réelle des
dernières années et de
l?évolution démographique
dans l?analyse des besoins),
en retenant (au stade de
l?élaboration du projet)
un objectif de ralentir la
consommation de 60 %
pour la prochaine décennie
par rapport à la décennie
passée
Vigilance à avoir sur le
maintien effectif de
cette ambition dans la
modification du SAR qui
sera finalement adoptée
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 155154 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 157
OIN de Guyane
L?OPÉRATION D?INTÉRÊT NATIONAL
(OIN) DE GUYANE
Une OIN multisites
Le territoire de la Guyane doit faire face à un fort développe-
ment démographique, entraînant un besoin de logements
non couvert par une offre correspondante, et induisant le
développement de l?habitat informel, devenu très prégnant.
L?État a décidé de lancer une opération d?intérêt national
(OIN) afin de permettre au territoire de rattraper son retard
dans le domaine du logement, de réduire l?habitat informel,
et de contribuer au développement économique et à l?équi-
pement guyanais. Le Conseil général de l?environnement et
du développement durable (CGEDD) a produit en juillet 2016
un rapport (n° 008034 03) qui préfigure cette OIN. Le besoin
en logements neufs y est évalué à 95 000, y compris la résorp-
tion de l?habitat indigne. L?OIN a été créée par le décret 2016
1736 du 14 décembre 2016.
L?OIN de Guyane est dite « multisites » car elle comprend
24 sites répartis sur trois bassins de vie : l?agglomération de
Cayenne, Kourou, et l?agglomération de Saint-Laurent-du-
Maroni. Au total, les périmètres concernent environ 5 800
ha. L?OIN vise la réalisation de logements ainsi que l?accueil
des services et équipements publics nécessaires et le dé-
veloppement d?activités économiques. Ces orientations
prennent en compte le schéma d?aménagement régional
(SAR) de Guyane.
Les projets vus par l?Ae en 2024
L?Ae a été saisie de plusieurs projets liés à l?OIN ces dernières
années. En 2024, il s?est agi de trois zones d?aménagement
concerté (Zac) dont la création et la réalisation concernent :
? le périmètre n° 2 de l?OIN « Tigre-Maringouins »1, avec une
première phase opérationnelle sur la « Zac 1 » à Cayenne,
? le périmètre n° 5 de l?OIN « Cogneau-Larivot »2, avec la
création et la réalisation d?une Zac à Matoury,
? le périmètre n° 22 de l?OIN « Zac Margot »3, avec la création
et la réalisation d?une Zac à Saint-Laurent-du-Maroni.
O I N d e G u y a n e
LES ENJEUX MARQUANTS DE CES
DOSSIERS
La création de pans entiers de ville et de leurs aménités
Ces projets visent à répondre avant tout au manque de loge-
ments, mais aussi d?équipements, tout en prévoyant l?accueil
et le développement d?activités économiques, sans omettre
la création d?aménités (parcs urbains, parcours sportifs, jar-
dins?). La Zac Margot comprend aussi la construction d?un
pôle judiciaire et pénitentiaire, sur lequel l?Ae a ensuite été
saisie le 12 décembre 2024, puis a rendu un avis début 20254.
À des degrés divers, l?ensemble des projets sont confrontés à
des enjeux de biodiversité, d?inondation, de pollutions et de
santé humaine. Tous sont aussi concernés par les difficultés
induites par le recours massif et en croissance à la voiture
individuelle (nuisances et saturation des infrastructures) et
par l?inexistence ou la faiblesse des transports en commun.
L?Ae a donc émis des recommandations liées à la bonne prise
en compte de ces enjeux, et plus globalement à la préoccu-
pation de créer de nouveaux secteurs urbains fonctionnels.
La construction de logements et d?équipements attirant de
nouvelles populations, il est nécessaire de l?accompagner de
dessertes suffisamment dimensionnées : nouvelles voies rou-
tières, pistes cyclables, cheminements piétons, transports en
commun. Ces développements ne sont pas toujours suffi-
samment décrits dans les études d?impact, ou font parfois
craindre un sous-dimensionnement des infrastructures, ap-
pelant des recommandations de l?Ae. Les études d?impact
doivent aussi étudier le bruit pour les riverains de ces zones
ou qui seront installés dans les nouvelles constructions, afin
de pouvoir assurer aux habitants que les seuils réglementaires
relatifs au bruit seront respectés. Il en va de même concer-
nant l?exposition aux polluants (air et eau). Concernant la
Zac « Cogneau-Larivot » à Matoury, l?Ae a recommandé une
meilleure prise en compte de la pollution des sols.
L?Ae a aussi émis des recommandations pour une meilleure
prise en compte de l?ensemble des projets dans leurs diffé-
rentes dimensions : la création d?un quartier dans le cadre
d?une Zac induit la création de voies de dessertes ainsi que
d?autres réseaux (électriques, eau potable, eaux usées?) et
parfois le développement des moyens de production asso-
ciés (électricité, eau?) ou de traitement des eaux usées, cer-
taines Zac de l?OIN vues par l?Ae nécessitant par exemple une
extension de la station d?épuration. Lorsque ces extensions
sont motivées par le seul projet et qu?elles sont indispen-
sables à son bon fonctionnement, elles doivent alors être
analysées par l?étude d?impact comme étant une partie
constitutive du projet.
1.
Avis n° 2024 004 du 21 mars 2024 : https://www.igedd.developpement-du-
rable.gouv.fr/IMG/pdf/6_-_240316_oin_tigre-maringouins_973__delibere_
cle1f1114.pdf.
2.
Avis n° 2024 024 du 16 mai 2024 : https://www.igedd.developpement-durable.
gouv.fr/IMG/pdf/oin_cogneau_larivot_973_delibere_cle7bcf25.pdf.
3.
Avis n° 2024 105 du 10 octobre 2024 : https://www.igedd.developpement-du-
rable.gouv.fr/IMG/pdf/03_-_avis_zac_margot-bleu-delibere_cle57e3bf.pdf
4.
Avis délibéré de l?Autorité environnementale sur la cité du ministère de la Jus-
tice à Saint-Laurent-du-Maroni (973) (2e avis), n° 2024-130 du 27 février 2025 :
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_cite_justice_
slm_bleu_delibere_cle5112ab.pdf. Cet avis porte sur une demande de permis
de construire et d?autorisation environnementale au titre de la loi sur l?eau et
des installations classées pour la protection de l?environnement. Elle actua-
lise aussi la demande de dérogation relative aux espèces protégées, ce volet
ayant été emporté dans le premier dossier sur lequel l?Ae a rendu un premier
avis en 2020 dans le cadre d?une demande de déclaration d?utilité publique
valant mise en compatibilité du plan local d?urbanisme, demande de déroga-
tion relative aux espèces protégées et autorisation de défrichement.
156 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/6_-_240316_oin_tigre-maringouins_973__delibere_cle1f1114.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/6_-_240316_oin_tigre-maringouins_973__delibere_cle1f1114.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/6_-_240316_oin_tigre-maringouins_973__delibere_cle1f1114.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/oin_cogneau_larivot_973_delibere_cle7bcf25.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/oin_cogneau_larivot_973_delibere_cle7bcf25.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/03_-_avis_zac_margot-bleu-delibere_cle57e3bf.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/03_-_avis_zac_margot-bleu-delibere_cle57e3bf.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_cite_justice_slm_bleu_delibere_cle5112ab.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_cite_justice_slm_bleu_delibere_cle5112ab.pdf
Z O O M S U R
Un territoire aux enjeux environnementaux et risques natu-
rels spécifiques
Pour chacun des projets de l?OIN de Guyane vus par l?Ae, la
protection d?une biodiversité remarquable reconnue au ni-
veau mondial et des continuités écologiques présentes sur le
site doit être mieux assurée. Les enjeux associés aux habitats
naturels, à la faune et à la flore locales doivent être évalués à
l?aune des spécificités et des besoins du territoire guyanais,
sans en négliger la valeur intrinsèque. La nécessité d?obtenir
une dérogation à l?interdiction de destruction d?espèces pro-
tégées et de leurs habitats est parfois mal analysée.
La prise en compte du risque d?inondation (et pour certains
dossiers, en articulation avec la montée du niveau de la
mer), très présent dans de nombreuses zones urbanisées en
Guyane, conduit l?aménageur à prévoir parfois des remblais
en zone inondable, voire en zone humide, ce qui ce qui pose
problème sur l?application des règles régissant cette problé-
matique.
Autres remarques
Concernant l?évaluation des émissions de gaz à effet de
serre, l?Ae a régulièrement émis des recommandations pour
compléter leur évaluation et pour effectuer des choix moins
émissifs en carbone, notamment par les choix d?énergie dé-
ployées dans les Zac.
Pour deux des projets vus par l?Ae en 2024, la présence d?ins-
tallations qui sont des sources potentielles de nuisances de-
vra mieux être prise en compte : centrale électrique, carrière,
décharge.
Conclusion
L?une des spécificités des projets de l?OIN de Guyane est
que l?Ae a peu soulevé la question de l?artificialisation des
sols, de la consommation d?espaces induits et de l?étalement
urbain qu?ils facilitent. Cela est dû aux particularités du terri-
toire, très peu dense, et surtout au fait que l?OIN ambitionne
de réduire l?habitat informel, souvent exposé aux risques
naturels et pouvant générer de plus fortes incidences sur
l?environnement car dénué de réseaux d?assainissement et
négligeant les précautions constructives qui seraient prises
par un opérateur public.
Pour les trois projets examinés en 2024, l?Ae a à nouveau mis
en avant l'importance de développer des infrastructures
de transport en commun et dédiées aux mobilités actives,
afin de réduire les incidences environnementales et d?amé-
liorer la qualité de vie. Elle a aussi insisté sur la démarche
d?évitement qui, dans la séquence ERC, doit être privilégiée
prioritairement sur la réduction et à la compensation, cette
dernière pouvant ne pas être très opérationnelle dans sa
définition comme dans son exécution et souvent l?objet de
recommandations visant à la consolider.
Les enjeux environnementaux principaux sur lesquels l?Ae a
émis des recommandations sont analogues à ceux sur les-
quels elle s?était déjà exprimée dans des avis émis antérieu-
rement sur des projets analogues de cette OIN : biodiversité,
inondations, transports en commun, modes actifs, réseaux,
nuisances?
O I N d e G u y a n e
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 159158 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
Projets
sur les grands ports
maritimes
G r a n d s p o r t s m a r i t i m e s
Selon les termes d?un communiqué de presse du ministre
de l?économie de mars 2024, « les grands ports maritimes
constituent des atouts majeurs pour la réindustrialisation
de la France. Outre leur rôle d?actifs stratégiques pour le
transport et la logistique maritime, fluviale et ferroviaire de
marchandises, les zones industrialo-portuaires disposent de
surfaces foncières importantes qui bénéficient d?une bonne
connexion au réseau de transport massifié, et constituent
des lieux privilégiés d?implantation d?industries vertes ».
Sur le plan environnemental, l?article L. 5312-2 du code des
transports prévoit, parmi les missions des grands ports ma-
ritimes et fluvio-maritimes, « 4° La gestion et la préservation
du domaine public naturel et des espaces naturels dont il est
propriétaire ou qui lui sont affectés ».
En 2023 et 2024, l?Ae a rendu plusieurs avis sur des projets
situés dans des ports, en particulier ceux de Dunkerque et
Marseille1, dont des avis de cadrage préalable : cela témoigne
d?une attention des autorités ou des pétitionnaires à mettre
en oeuvre leurs projets en les insérant au mieux dans des ter-
ritoires présentant des spécificités fortes et d?un besoin de
méthode dès l?amont de la réalisation de l?étude d?impact.
La mobilisation rapide et massive du domaine public por-
tuaire, foncier maîtrisé de longue date par les grands ports,
soulève plusieurs types de questions. Les parcelles non en-
core aménagées sont souvent exploitées en bail précaire par
des agriculteurs ; les projets qui s?y implantent sont consom-
mateurs de ressources locales qui peuvent être ou mena-
cer d?être sous tension (matériaux de remblaiement pour
tenir compte de la montée des eaux due au réchauffement
climatique, eau ou énergie nécessaires pour les procédés
industriels, etc.) ; les impacts inévitables sur la biodiversité
doivent être compensés, au sein ou hors des grands ports.
Le grand port maritime de Dunkerque (GPMD), comme tous
les grands ports, est doté d?un projet stratégique, dont deux
parties2 font l?objet d?une évaluation environnementale ; il
a fait l?objet de plusieurs avis d?autorité environnementale3.
Cela permet, en particulier, une appréciation d?ensemble
des enjeux de biodiversité les plus forts, l?anticipation de la
démarche d?évitement et de réduction des incidences des
projets à venir, et la pré-identification des milieux naturels
dont la restauration des fonctionnalités présenterait un in-
térêt. Ces secteurs pourront ainsi être renaturés au titre de
la compensation des incidences résiduelles notables4 des fu-
turs projets. Le GPMD, comme la plupart des grands ports,
s?est aussi doté en 2011 d?un schéma directeur de protection
de la nature (SDPN), document d'orientation pour la prise
en compte des milieux naturels dans sa politique d'aména-
gement.
En pratique, le projet stratégique d?un grand port fixe des
orientations d?aménagement et organise l?occupation fu-
ture du foncier en identifiant les zones d?implantation des
industries, des infrastructures de transport, des réseaux et
des espaces naturels à préserver. Une partie de la séquence
d?évitement, de réduction, voire de compensation (« ERC »)
des incidences des choix faits peut être conduite à l?échelle
du projet stratégique, comme cela est possible pour tout
plan/programme. À défaut, ou en complément, le grand
port peut conduire des projets d?aménagement de certaines
zones d?activités en son sein, projets au niveau desquels la
séquence « ERC » peut être précisée. Les industriels peuvent
ainsi inscrire leur opération dans ces projets d?ensemble, qui
constituent alors des sites voulus « clés en main ». Des accès
et autres infrastructures sont préparés et l?évaluation envi-
ronnementale est menée, pour ce qui peut l?être en anti-
cipation, telle que les questions d?artificialisation des sols,
d?incidence sur le fonctionnement hydraulique du secteur,
etc. La prise en compte des enjeux environnementaux et de
la séquence « ERC » est d?autant plus pertinente qu?elle se
traduit par des prescriptions relatives aux mesures et oppo-
sables aux industriels, qui peuvent alors se concentrer sur
les volets de l?évaluation environnementale dépendant de
l?installation industrielle.
1.
L?Ae a également rendu des avis sur les travaux d?aménagement dans divers
ports ou sur des opérations de dragage, qui ne sont pas repris dans ce zoom,
centré sur l?industrialisation dans les ports.
2.
Article R.5312-63 du code des transports : « Le projet stratégique traite notam-
ment : (?) 4° De la politique d'aménagement et de développement durable
du port, identifiant la vocation des différents espaces portuaires, notamment
ceux présentant des enjeux de protection de la nature dont il prévoit les mo-
dalités de gestion. Cette section du projet stratégique comporte les docu-
ments graphiques mentionnés à l'article L. 5312-13. Elle traite également des
relations du port avec les collectivités sur le territoire desquelles il s'étend,
ainsi qu'avec les résidents des communes situées dans sa circonscription et
des communes limitrophes ;
5° Des dessertes du port et de la politique du grand port maritime en fa-
veur de l'intermodalité, notamment de la stratégie du port pour le transport
ferroviaire et le transport fluvial. » et article R. 122-17 du code de l?environ-
nement « I. ? Les plans et programmes devant faire l'objet d'une évaluation
environnementale sont énumérés ci-dessous : (?) 31° Les 4° et 5° du projet
stratégique des grands ports maritimes, prévus à l'article R. 5312-63 du code
des transports ; »
3.
Avis Ae n°2014-107 du 25 février 2015 sur le projet stratégique 2014-18 du
grand port maritime de Dunkerque (59)
Avis MRae Hauts-de-France n°2021-5393 du 21 juillet 2021 sur l?élaboration du
projet stratégique du Grand Port Maritime de Dunkerque (59)
Avis MRae Hauts-de-France n°2024-8184 du 15 octobre 2024, cadrage préa-
lable du projet stratégique 2025-2029 du Grand Port Maritime de Dunkerque
(59)
4.
Les incidences brutes significatives ou notables font l?objet des mesures d?évi-
tement et de réduction, si des incidences résiduelles significatives perdurent,
elles doivent faire l?objet de compensations (source : approche standardisée
du dimensionnement de la compensation écologique, CGDD, 2021)
160 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 161
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023086525/LEGISCTA000023073134/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041838509
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/150225_Projet_strategique_du_GPM_de_Dunkerque_59_-_delibere_cle0766f4.pdf
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5393_avis_ps-gpmd.pdf
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/8184_cadrage_ps_gpmd.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Approche_standardis%C3%A9e_dimensionnement_compensation_%C3%A9cologique.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Approche_standardis%C3%A9e_dimensionnement_compensation_%C3%A9cologique.pdf
Z O O M S U R
Dans cet emboîtement, vertueux, l?Ae relève cependant plu-
sieurs points de vigilance, pour l?industrialisation à venir, dans
l?ensemble des grands ports.
Les dossiers des grands ports présentent des spécificités du
point de vue la prise en compte des enjeux environnemen-
taux, à différentes échelles : l?organisation de la circonscrip-
tion portuaire (projet stratégique), la création et l?utilisation
de zones aménagées, les caractéristiques des entreprises qui
s?y implantent et la prise en compte des impacts cumulés.
Ces spécificités peuvent être illustrées par quelques dossiers.
Création de zones destinées à accueillir des industries ou
d?autres activités
L?avis de l?Ae sur le projet de zone de services portuaires «
ZSP2 » dans le grand port maritime de Marseille (GPMM)5
souligne que les besoins et le phasage d?une nouvelle zone
doivent être précisément justifiées par un scénario de ré-
férence (évolution de l?aire d?étude en l?absence de projet)
fondé sur des hypothèses (notamment flux de marchandises
et de trafic) explicitées et étayées.
Un enjeu majeur dans les zones portuaires, par nature litto-
rales ou rétro-littorales, est la prise en compte des risques
naturels, à commencer par la submersion marine. S?appuyer
sur des plans de prévention des risques d?inondation (PPRi)6
n?apparaît pas suffisant, dans la mesure où, d?une part,
ils sont centrés sur les territoires présentant les plus forts
risques7, donc des villes, et, d?autre part, ils tiennent compte
des événements passés ou modélisés à la date de leur éla-
boration, sans que le corpus juridique prévoie systémati-
quement la prise en compte des effets du changement cli-
matique qui vont accentuer les phénomènes d?inondation.
L?avis de l?Ae sur la « ZSP2 » du GPMM souligne ainsi qu?il est
nécessaire de fournir une vision du risque inondation qui ne
se limite pas aux zones du PPRi, et d?y intégrer une analyse de
risque de submersion marine fondée sur les connaissances
les plus récentes et se référant à la trajectoire de référence
de réchauffement climatique pour l?adaptation au change-
ment climatique (Tracc), ce en particulier pour accueillir des
projets industriels qui ont vocation à fonctionner plusieurs
dizaines d?années.
Utilisation des zones d?activité
- Un premier point d?attention de l?Ae est la bonne articu-
lation du projet stratégique et de son étude d?impact avec
celle du projet « zone d?activité » et celle du projet industriel
considéré, ainsi que la pertinence des analyses en fonction
de la précision des études d?impact à chaque niveau et des
prescriptions qui en découlent. En l?absence de vision d?en-
semble offerte par le projet stratégique, le projet « zone d?ac-
tivité » ou le dossier du projet industriel doit encore plus
contenir l?ensemble des analyses attendues. Si le projet stra-
tégique est ancien et n?a pas été actualisé, l?étude d?impact
du projet doit analyser, à son niveau, les conséquences de
l?ensemble des évolutions du plan/programme.
? En réponse à la demande de cadrage préalable de l?évalua-
tion environnementale de la plateforme industrielle « Zone
Industrie d?Avenir » (ZIA)8 sur le GPMD (59), l?Ae a fait le
constat que le projet présenté remplaçait la « Zone Chimie
» prévue par le projet stratégique. Or, l?emprise foncière
prévue pour la ZIA est plus vaste et couvre non seulement
l?emprise envisagée pour la « Zone Chimie » mais aussi des
terrains censés rester des espaces agricoles à l?échéance du
projet stratégique 2020-2024. La justification du projet ne
peut donc pas se référer aux seuls choix faits et justifiés dans
le cadre du projet stratégique. Le maître d?ouvrage du projet
doit veiller à réaliser un état initial sur l?aire d?étude adaptée,
permettant d?examiner les fonctionnalités des milieux et
les déplacements des espèces, sans s?appuyer sur les inven-
taires globaux réalisés pour l?évaluation environnementale
du projet stratégique, non pertinents en l?espèce. Les inci-
dences de la ZIA, notamment en matière d?artificialisation
des sols, de fonctionnement des surfaces en eau et des
watergangs9 , de suppression des externalités positive de
l?agriculture, de gestion des déblais/remblais? n?avaient, de
fait, pas pu être anticipées. L?Ae a rappelé que la compensa-
tion des incidences résiduelles négatives doit être fonction-
nelle au moment de l?effectivité de l?incidence, ce qui, pour
une telle emprise foncière, peut contraindre le planning
des travaux à conduire. L?Ae a également suggéré de faire
des hypothèses majorantes, dès le projet d?aménagement,
pour un certain nombre de paramètres : consommations
d?eau, émissions de gaz à effet de serre, trafic routier afin
de prendre les dispositions adéquates en amont de l?arrivée
des opérations industrielles. Dès lors que l?évaluation envi-
ronnementale de la plateforme ZIA est complète, incluant
une séquence « ERC » adaptée, et des prescriptions, par
exemple en matière de consommation maximale d?eau, les
maîtres d?ouvrage des opérations industrielles s?installent
en connaissance des enjeux et peuvent actualiser cette
étude d?impact sur les seuls aspects nouveaux liées à la
construction et au fonctionnement des outils industriels.
5.
Avis Ae n°2024-059 du 25 juillet 2024
6.
Article L. 562-1 du code de l?environnement et suivants
7.
Le niveau de risque traduit la combinaison d?un aléa, par exemple une hau-
teur d?eau lors d?une hausse du niveau de la mer qui a une chance sur cent de
se produire chaque année, et les enjeux exposés à cet aléa.
8.
Avis Ae n°2024-03 du 11 avril 2024
9.
Système hydraulique complexe qui a permis de gagner des terres sur la mer
dans l?ancien delta du fleuve côtier Aa, canalisé dès le XIIe siècle (source :
Institution intercommunale des Wateringues)
G r a n d s p o r t s m a r i t i m e s
Grand port maritime de Marseille - Ferry de la ligne Corsica Linea © Arnaud Bouissou
Camions en attente d'embarquement dans le port de Marseille © Arnaud Bouissou
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 163162 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/trajectoire-rechauffement-reference-ladaptation-changement-climatique-tracc
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5-_240721_zsp2_gpmm_-_delibere_cle71b13e.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000006159296/#LEGISCTA000006159296
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5__003_cadrage_plateformeindustrielle_zia_gpmd_59_delibere_cle51bdbd.pdf
https://www.institution-wateringues.fr/
Z O O M S U R
? S?agissant de la réalisation d?un quai d?amarrage de bateaux
porte-conteneurs à Village-Neuf10 (68)11, l?Ae a constaté de
nombreuses lacunes : le projet présenté n?intègre pas l?en-
semble des opérations permettant une intermodalité effec-
tive train, route, fleuve ; il manque une stratégie por-tuaire
justifiant le choix de l?implantation du projet, l?état initial et
le scénario de référence sont incomplets, (par exemple sur
le trafic de marchandises), la prise en compte des risques
cumulés avec les autres entreprises insuffisante. .
? Le projet porté par Prologium12 , de production de com-po-
sants de batteries électriques, fournit un autre exemple
de site industriel prévoyant de s?implanter dans la « Zone
grandes industries 2 » (ZGI2) aménagée par le GPMD,
celle-ci ayant elle-même fait l?objet d?une évaluation envi-
ron-nementale et répondant la notion de « site clé en main
Pour autant, les emprises du site industriel débordent pour
une petite surface de la ZGI2. L?Ae a été amenée à formu-
ler plusieurs recommandations pour tirer pleinement parti
de cet « emboitement » a priori vertueux, dont cer-taines
s?adressent non au pétitionnaire mais au GPMD. Il re-vient
en effet au GPMD de mettre à jour en continu l?étude
d?impact des ZGI, pour intégrer les précisions apportées
au dossier au fur et à mesure de l?avancement des projets
industriels. En l?espèce, les consommations d?eau avaient
été estimées ex ante à un niveau enveloppe : Prologium
a pu les réduire considérablement ; les émissions de GES
étaient également maximisées ; a contrario les besoins en
énergie étaient sous-estimés. Ce type d?évolution, dans un
sens ou dans l?autre, mérite de figurer dans l?étude d?im-
pact de la ZGI mise à jour. De manière complémentaire, les
indus-triels doivent contribuer à la mise à jour de l?étude
d?impact de la zone : dans l?avis sur la ZSP2 du GPMM, l?Ae
rappelle que l?évaluation environnementale doit être ac-
tualisée en fonction des pollutions des eaux générées par
les futurs preneurs de parcelles.
- Un deuxième point de vigilance récurrent est l?identifica-
tion des industries pour lesquelles une implantation dans un
grand port est indispensable.
? Dans le cas de Prologium, la motivation de l?installation sur
le GPMD est liée à la livraison de matières premières par la
mer mais aussi par la route et le fer, eux-mêmes bien connec-
tés au port, sans que cela soit documenté préci-sément. L?Ae
remarque que, compte tenu de la tension sur le foncier, de
la pression sur les ressources, en eau en particulier, et des
enjeux de mise en oeuvre effective des compensations au
titre des incidences sur la biodiversité dans la circonscrip-
tion portuaire, la localisation d?un pro-jet industriel dans le
GPMD ne peut être justifiée que si elle est étroitement liée
à l?utilisation des infrastructures portuaires.
10.
Ce port, géré par le syndicat mixte pour la gestion des Ports du Sud Alsace
n?est pas un « grand port » au sens de l?article L. 5312-2 du code des transports.
11.
Avis Ae n°2024-029 du 13 juin 2024
12.
Avis Ae n°2024-51 du 11 juillet 2024
G r a n d s p o r t s m a r i t i m e s
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 165164 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/quai_amarrage_villageneuf_cle2e3cf1.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/03_051_prologium_v0_31_delibere_cle6bd9af.pdf
Z O O M S U R
? Dans le cas du projet T. H2, installation d?une unité de
pro-duction de bioéthanol de 2e génération dans le port13
à Blainville-sur-Orne (14)14 , l?Ae a constaté que le projet est
situé en zone rouge du PPR multirisques de la Basse vallée
de l?Orne, qui interdit toute construction nouvelle de bâ-ti-
ment et d?extension, sauf si les activités exercées exigent
la proximité immédiate de l?eau. Or, les bateaux apportant
le bois par voie fluviale sont déchargés sur des quais exis-
tants situés à un kilomètre de l?installation, et la sortie des
produits se fait par l?intermédiaire du quai de chargement,
relié à l?installation par une canalisation de 900 m ; en cas
de problème, le recours à du transport par camion pour
une partie du flux, est possible ; l?eau du canal n?est pas non
plus utilisée pour le process. L?Ae a donc recommandé de
mieux étayer, dans le dossier, le besoin d?une installation à
proximi-té de l?eau et donc, la justification de son implan-
tation en zone rouge du PPR multirisques de la basse vallée
de l?Orne.
- un troisième enjeu fort est la bonne mise en oeuvre des
compensations, qui doit être facilitée par le SDPN.
? Dans le cas de la ZSP2 du GPMM, l?Ae recommande au
GPMM et à l?État de mettre en place une mesure de pro-
tec-tion renforcée sur une parcelle évitée par la ZSP2 pré-
sen-tant des enjeux de biodiversité, et de généraliser cette
pra-tique sur d?autres parcelles utilisées pour la compen-
sation.
? Dans le cas de la ZGI2 du GPMD, l?Ae recommande
d?ap-porter des garanties sur les mesures de compensation
pré-vues pour le projet Prologium. En effet, il s?avère qu?elles
se trouvent sous le tracé de lignes électriques enterrées, ce
qui implique qu?en cas d?intervention sur ces réseaux, les
fonc-tionnalités des milieux naturels, objet de la compensa-
tion, pourraient être remises en question. Ce choix traduit
une tension sur le schéma de compensation initialement
prévu. L?Ae recommande « de dissocier, pour des projets
futurs, les zones de compensation et les zones de projet
pour assurer la fonctionnalité et la pérennité des premières,
et d?intégrer cette approche dans la révision de son projet
stratégique » ainsi que de « compléter l?étude d?impact de
la ZGI2 par des informations sur la mise en oeuvre et la fonc-
tionnalité des mesures de compensation ».
? La concrétisation des opérations dans les zones aména-
gées peut conduire à une tension sur la compensation pré-
vue, qui s?avère alors insuffisante, demandant la recherche
de mesures de compensation à l?extérieur du port, qui, au
contraire de la démarche d?ensemble, n?est pas anticipée15.
L?avis de l?Ae de cadrage préalable de l?évaluation environ-ne-
mentale du projet XTC-Orano de fabrication de maté-riaux
et de recyclage de batteries électriques à Gravelines et Loon-
plage16 souligne que les zones de compensation prévue dans
le SDPN du GPMD apparaissent insuffisantes pour l?ensemble
des compensations des nombreux projets prévus dans le
port. Une stratégie d?équilibre encore plus ambitieuse du
GPMD aurait consisté à dimensionner l?em-prise de tous les
projets ou des installations existantes au regard de la capaci-
té de compensation au sein du GPMD.- Enfin, un point délicat
est la bonne définition du périmètre du projet et la prise en
compte des impacts cumulés.
- Enfin, un point délicat est la bonne définition du périmètre
du projet et la prise en compte des impacts cumulés.
Dans son avis pour le cadrage préalable du projet de créa-
tion d?un four à chaux (Projet « AMeLi ») sur les communes
de Gravelines et de Loon-Plage (59)17, l?Ae a rappelé l?impor-
tance d?une définition précise du périmètre du projet. En
effet les incidences sont évaluées soit au titre des incidences
des composantes du projet, soit au titre des incidences cu-
mu-lées avec d?autres projets. Il est de la responsabilité du
maître d?ouvrage de définir et de justifier un périmètre de
projet qui garantit que l?ensemble de ses incidences, inté-
grant tout ou partie des travaux ou activités associés, sur
l?environnement et la santé humaine aura été évalué. Dans
des espaces aussi denses que ceux des grands ports, il est
essentiel de différen-cier de façon explicite les travaux sont
centraux (donc com-posante du projet) et les travaux péri-
phériques (dont éva-lués au titre d?un autre projet), comme
l?y incite le « test du centre de gravité » de la note de la Com-
mission européenne ENV.A/SA.sb Ares (2011) 33433 du 25
mars 2011 interpréta-tive de la directive 85/337/CEE modifiée
et relative à la prise en compte ou non de « travaux associés
» dans l?évaluation environnementale d?une infrastructure
principale.
Compte tenu du nombre et des calendriers des opérations
prévues dans les grands ports, la question des impacts cu-mu-
lés est sensible, notamment en ce qui concerne les trafics
et les nuisances associées. Sur la circonscription du GPMD
est prévue, par exemple, la mise en place d?un système de
parkings relai et de navettes qui a le mérite d?être documenté
dans l?étude d?impact, et mis à jour régulièrement, tant pour
ce qui concerne les impacts des infrastructures prévues que
des trafics. De manière générale les questions de décarbo-
na-tion et de report modal pour les déplacements des sa-
lariés et le transport des marchandises ne sont pas simples
et né-cessiteront des actions d?ensemble d?ampleur pour
atteindre les trajectoires de décarbonation visées.
13.
Ce port, géré par le syndicat mixte « Ports Normands Associés » n?est pas un
« grand port » au sens de l?article L. 5312-2 du code des transports.
14.
Avis Ae n°2023-137 du 21 mars 2024
15.
Cette question a donné lieu à la « Mission d?appui au préfet du nord : com-
pensation écologique des projets d?aménagements du Dunkerquois et fon-
cier agricole », Juillet 2024, Rapport IGEDD (n°015665-01) ? CGAAER (n°24043)
16.
Avis n°2014-035 du 13 juin 2024
17.
Avis n°2024-10 du 25 avril 2024
G r a n d s p o r t s m a r i t i m e s
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 167166 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://circabc.europa.eu/ui/group/3b48eff1-b955-423f-9086-0d85ad1c5879/library/0c214726-db18-48f1-ad4d-e0156e3db3dd/details
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_th2_0312_delibere_cle629fe6.pdf
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013779&&reqId=b16f69c0-e632-443c-b0eb-dd7dc2c7fe58&&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013779&&reqId=b16f69c0-e632-443c-b0eb-dd7dc2c7fe58&&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013779&&reqId=b16f69c0-e632-443c-b0eb-dd7dc2c7fe58&&pos=1
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/avis_cadrage_orano_xtc_v4_delibere_cle56d9fc.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/08__11042024_cadrage_amelie_delibere_cle169251.pdf
Capitaliser,
valoriser,
partager
L?Autorité environnementale s?applique à capitaliser des
enseignements issus de ses travaux. Ceci peut se traduire
par des notes délibérées, publiées sur son site internet, ou
des fiches méthodologiques. Ce travail est souvent effectué
en commun avec les missions régionales d?autorité environ-
nementale (MRAe), au sein de la Conférence des autorités
environnementales.
Ces éléments sont diffusés largement tant dans les autorités
environnementales que vers les parties prenantes, dont les
maîtres d?ouvrage, ainsi que les services de l?Etat, dans l?ob-
jectif de partager les constats, attentes et recommandations
des autorités environnementales.
Des échanges avec les acteurs sont développés, en parti-
culier au travers d?organisation de séminaires, webinaires,
participation à des événements et formations tant initiales
que continues.
Notes et fiches méthodologiques élaborées en 2024.
L?Ae a élaboré en 2024 une note sur la prise en compte du
changement climatique dans les évaluations environnemen-
tales, et une note « annexe » à celle-ci, consacrée spécifique-
ment à la question de la compensation des émissions de gaz
à effet de serre dans les projets.
Ces notes ont été validées en commun avec les MRAe et
donc publiées comme éléments d?éclairage communs aux
autorités environnementales.
Notes délibérées : https://www.mrae.developpement-du-
rable.gouv.fr/prise-en-compte-des-emissions-de-gaz-a-ef-
fet-de-a1394.html
Un groupe de travail sur l?eau a associé des membres de l?Ae,
des MRAe, mais aussi des participants de services décon-
centrés de l?État et d?établissements publics. Ce groupe a
élaboré 24 fiches sur les problématiques de l?eau, les enjeux
et points de vigilance examinés par les autorités environne-
mentales dans l?étude des dossiers. Ces fiches ont été vali-
dées par l?Ae et les MRAe, puis publiées sur internet.
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/l-eau-
dans-les-dossiers-soumis-a-evaluation-a1400.html
Échanges avec les maîtres d?ouvrage, séminaires sur les pro-
jets routiers et les projets portuaires
Il est important d?échanger régulièrement avec les maîtres
d?ouvrage sur les enseignements tirés de l?examen des pro-
jets : bonnes pratiques, difficultés, points de méthodes etc?
On notera à ce titre l?organisation en 2024 de deux séminaires
d?échange, préparés conjointement avec la Direction géné-
rale des infrastructures, des transports et des mobilités du
ministère chargée des transports (DGITM).
Un séminaire tenu le 26 juin 2024 a ainsi permis d?échanger
sur les projets du réseau routier national, avec en particulier
la DGTIM et les services de maîtrise d?ouvrage (directions
régionales de l?environnement, de l?aménagement et du
logement ? DREAL, directions interdépartementales des
routes ? DIR).
Un deuxième séminaire a aussi été organisé le 10 décembre
2024 sur les projets portuaires et les Grands ports maritimes
et fluvio-maritimes de l?Etat, associant la DGITM, les ports et
certaines directions d?administration centrale du ministère
(commissariat général au développement durable, direction
de l?eau et de la biodiversité).
Participation à des événements et des formations.
Les autorités environnementales échangent régulièrement
avec les parties prenantes à l?occasion d?événements orga-
nisés par celle-ci.
En 2024 les présidents de l?Ae et des MRAe Auvergne-Rhô-
ne-Alpes et Bourgogne ? Franche-Comté ont ainsi partici-
pé à un webinaire organisé par la Compagnie nationale des
commissaires enquêteurs, rassemblant plusieurs centaines
de ses membres.
L?Ae intervient aussi régulièrement dans des formations, col-
loques, réunions techniques, par exemple en 2024 :
? formation continue sur la prise en compte de l?environne-
ment dans les projets nucléaires organisée par l?Institut des
sciences et techniques du nucléaire (INSTN),
? formations continues de l?Ecole nationale des Ponts et
Chaussées,
? formation sur les bilans carbones des projets organisée
par le Commissariat général au développement durable
(CGDD) à destination des MRAe,
? colloque national «Energies renouvelables et biodiversité »,
organisé par le syndicat des énergies renouvelables,
? séminaire organisé par EDF sur le partage d?expériences au
sujet des évaluations environnementales (présentation sur
la prise en compte des émissions de GES dans les évalua-
tions environnementales).
168 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 169
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/prise-en-compte-des-emissions-de-gaz-a-effet-de-a1394.html
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/prise-en-compte-des-emissions-de-gaz-a-effet-de-a1394.html
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/prise-en-compte-des-emissions-de-gaz-a-effet-de-a1394.html
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/l-eau-dans-les-dossiers-soumis-a-evaluation-a1400.html
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/l-eau-dans-les-dossiers-soumis-a-evaluation-a1400.html
ANNEXES
172
133 avis de la saisine
à la publication de l?avis
174
Les avis 2024 : 85 projets
175
Les avis 2024 : 48 plans
et programmes
176
65 décisions de la saisine
à la publication des décisions
178
Les décisions 2024 : 61 projets
179
Les décisions 2024 : 4 plans
et programmes
A N N E X E SA N N E X E S
133 avis
de la saisine
à la publication
de l?avis
Saisine Instruction Avis
Réception de l?évaluation
environnementale et du dossier
de demande d?autorisation
du projet ou d?approbation
du plan/programme
Désignation des rapporteurs
par le président de l?Ae
Analyse du dossier par les
rapporteurs et rédaction
d?un projet d?avis
Débat contradictoire
collégial durant une semaine
Publication immédiate
de l?avis sur le site de l?Ae
et notification au pétitionnaire
et à l?autorité chargée
d?instruire les dossiers
Insertion de l?avis au dossier
mis à l?enquête publique
Réponses du maître
d?ouvrage aux
recommandations de l?Ae
Réception Vérification Dossier complet L?Ae accuse réception du dossier
Rédaction d?un projet
d?avis amendé
Discussion du texte
de l?avis au collège
Avis délibéré en séance
DÉLAI APRÈS SAISINE
2 mois pour un projet
3 mois pour un plan/programme
Avis sur des projets ou des plans/
programmes soumis obligatoirement
à évaluation environnementale
Rendre un avis public sur la qualité
des évaluations et la bonne prise
en compte de l?environnement
par le projet ou le plan/programme.
A N N E X E S
172 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 173
A N N E X E SA N N E X E S
4
2
6
9
1
4
4
1
13
1
1
2
3
12
1 1 1
3
1
2
2
20
1
34
3
Avis 2024
85 projets
Au total 133
avis rendus (projets
et plans programmes)
85
avis relatifs
aux projets
85
avis sur
projets
48
avis
explicites
48 avis
sur plans/
programmes
11
avis tacites
GRAND EST
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
NOUVELLE-
AQUITAINE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES
OCCITANIE
PROVENCE-
ALPES-CÔTE
D?AZUR
BRETAGNE
NORMANDIE
HAUTS-
DE-FRANCE
ÎLE-DE-
FRANCE
PAYS DE
LA LOIRE
CENTRE-VAL
DE LOIRE
GUYANE
FRANÇAISE
MARTINIQUE
SAINT-PIERRE-
ET-MIQUELON
MAYOTTE
LA RÉUNION
GUADELOUPE
Des avis peuvent être rendus sur plusieurs régions.
Un même avis peut être comptabilisé dans plusieurs
régions
< 15 ____________________________________
Île-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
Auvergne-Rhône-Alpes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
Hauts-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
Grand Est . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Nouvelle-Aquitaine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Normandie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Provence-Alpes-Côte d?Azur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
< 5 _____________________________________
Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Pays de la Loire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Occitanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Bourgogne-Franche-Comté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Bretagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Centre-Val de Loire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
CORSE
AFAFE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3
Aménagement. . . . . . . .34
Assainissement . . . . . . . . . 1
Énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .20
Fer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
Fluvial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
GPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
ICPE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3
Maritime . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Mines. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Nucléaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Route . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Transp. collectifs . . . . . . .3
Avis 2024
48 plans et programmes
48
avis relatifs
aux plans/programmes
GRAND EST
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
NOUVELLE-
AQUITAINE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES
OCCITANIE
PROVENCE-
ALPES-CÔTE
D?AZUR
BRETAGNE
NORMANDIE
HAUTS-
DE-FRANCE
ÎLE-DE-
FRANCE
PAYS DE
LA LOIRE
CENTRE-VAL
DE LOIRE
GUYANE
FRANÇAISE
MARTINIQUE
SAINT-PIERRE-
ET-MIQUELON
MAYOTTE
LA RÉUNION
GUADELOUPE
Des avis peuvent être rendus sur plusieurs régions.
Un même avis peut être comptabilisé dans plusieurs
régions
< 10 ____________________________________
Normandie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Provence-Alpes-Côte d?Azur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Île-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
< 5 _____________________________________
Centre-Val de Loire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Auvergne-Rhône-Alpes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Bretagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Grand Est . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Occitanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Outre-Mer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Bourgogne-Franche-Comté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Hauts-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
National . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Nouvelle-Aquitaine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Pays de la Loire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Corse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Guyane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
La Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
CORSE
Aérien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
Aménagement. . . . . . . . . . 1
Carrières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
CPER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
DSF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4
Énergie/Climat . . . . . . . . . .4
PAR. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
PNR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
PPR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
SCot. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
SRADDET. . . . . . . . . . . . . . . . . .4
48
avis plans/
programmes
85
avis projets
3
174 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 175
A N N E X E SA N N E X E S
65 décisions
de la saisine
à la publication
des décisions
Saisine Instruction Avis
Décisions au cas par cas
sur des projets ou des plans/programmes.
Décider si une étude d?impact
est nécessaire ou non en fonction
des incidences du projet
sur l?environnement
Saisine de l?Ae par le maître d'ouvrage
pour les projets et plans/programmes
relevant du champ de l?examen
au cas par cas
Désignation des rapporteurs
au sein de l?équipe permanente de l?Ae
Préparation du projet de décision
par un membre de l?équipe permanente
Analyse du projet de décision
par une commission composée
de deux membres permanents
Publication immédiate
de la décision sur le site
de l?Ae
L?Ae accuse réception du dossier
Transmission au président
de l?Ae d?une proposition de
décision
Décision du président de l?Ae
de soumettre ou non le projet
à étude d?impact
DÉLAI APRÈS SAISINE
35 jours pour les projets
2 mois pour les
plans/programmes
(dossiers complets)
POUR LES PROJETS
Critères à prendre en considération
(annexe III relative à la directive « Projets »)
? Caractéristiques des projets
? Localisation des projets
? Types et caractéristiques de l?impact potentiel
POUR LES PLANS/PROGRAMMES
Critères à prendre en considération
(annexe II de la directive « Plans et programmes »)
? Caractéristiques des plans et programmes
? Caractéristiques des incidences et de la zone
susceptible d?être touchée
A N N E X E S
176 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 177
A N N E X E SA N N E X E S
2
11
1
2
1
6
6
1
8
2
1
20
Décisions 2024
4 plans et programmes
4
décisions relatives
aux plans et programmes
GRAND EST
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
NOUVELLE-
AQUITAINE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES
OCCITANIE
PROVENCE-
ALPES-CÔTE
D?AZUR
BRETAGNE
NORMANDIE
HAUTS-
DE-FRANCE
ÎLE-DE-
FRANCE
PAYS DE
LA LOIRE
CENTRE-VAL
DE LOIRE
GUYANE
FRANÇAISE
MARTINIQUE
SAINT-PIERRE-
ET-MIQUELON
MAYOTTE
LA RÉUNION
GUADELOUPE
Des avis peuvent être rendus sur plusieurs régions.
Un même avis peut être comptabilisé dans plusieurs
régions
< 5 _____________________________________
Ile-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Martinique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Occitanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Provence-Alpes-Côte d'Azur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
CORSE
Les 4 décisions sont explicites dont une soumission
et trois non-soumissions.
Décisions 2024
61 projets
61
décisions relatives
aux projets
GRAND EST
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
NOUVELLE-
AQUITAINE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES
OCCITANIE
PROVENCE-
ALPES-CÔTE
D?AZUR
BRETAGNE
NORMANDIE
HAUTS-
DE-FRANCE
ÎLE-DE-
FRANCE
PAYS DE
LA LOIRE
CENTRE-VAL
DE LOIRE
GUYANE
FRANÇAISE
MARTINIQUE
SAINT-PIERRE-
ET-MIQUELON
MAYOTTE
LA RÉUNION
GUADELOUPE
Des avis peuvent être rendus sur plusieurs régions.
Un même avis peut être comptabilisé dans plusieurs
régions
< 15 ____________________________________
Île-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
< 10 ____________________________________
Grand Est . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Nouvelle-Aquitaine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Provence-Alpes-Côte d?Azur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Auvergne-Rhône-Alpes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Bretagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
< 5 _____________________________________
Bourgogne-Franche-Comté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Centre-Val de Loire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Occitanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Hauts-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Normandie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
La Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Guyane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Pays de la Loire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
CORSE
61
décisions
Aménagement. . . . . . . .20
Énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .8
Assainissement . . . . . . . . . 1
Fer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
Maritime . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
ICPE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Route . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
Transports. . . . . . . . . . . . . . . . .2
Dragage. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
Mines. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Fluvial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
Études sismique . . . . . . . . 1
1.
Schéma directeur d?assainissement
50 Non
2
Courriers
de l?Ae
9 Oui
3
1
178 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 179
Autorité environnementale (Ae)
Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/l-autorite-environnementale-r145.html
Crédit photo : © AdobeStock, 123RF, Médiathèque Terra
Tour Séquoia, 1 Place Carpeaux
92055 Paris la Défense cedex
L'évaluation environnementale :
un outil de progrès pour l'environnement
et la démocratie
Compétences et missions
(ATTENTION: OPTION rire dans
une vision beaucoup plus large de la politique régionale des
mobilités, dont le CPER ne constitue qu?une composante
financière. Cette politique nécessiterait d?être formalisée,
par exemple par une stratégie régionale, incluant infrastruc-
tures de transport, services de mobilité, écocontributions et
autres politiques d?accompagnement, et faire l?objet d?une
évaluation environnementale.
CPER 2021-2027 État-Région Île-de-France, Avenant relatif
au volet Mobilités 2023-2027 ? Avis n°2024-23 du 13 juin 24
Le volet Mobilités du CPER 2021-2027, d?un montant de 8,4
milliards d?euros, représente près des trois-quarts des crédits
contractualisés dans le CPER. Il comprend trois chapitres :
transports en commun (7,4 milliards d?euros), ferroviaire (378
millions d?euros - (M¤)) et route (622 M¤). Il porte principale-
ment sur le transport de voyageurs, enjeu indéniable dans
la région avec environ quarante millions de déplacements
quotidiens, même s?il cible aussi le développement du fret
ferroviaire dans un contexte où la part modale de la route
pour les transports de marchandises est de 91 %.
Bien qu?il ambitionne une baisse de l?usage de la voiture indi-
viduelle, le volet Mobilités joue exclusivement, via un effort
d?investissement conséquent, sur l?offre d?infrastructures et
de services de transports en commun fiables et mieux mail-
lés et sur celle de cars express et de covoiturage, tout en
prévoyant des aménagements routiers destinés pour partie
à améliorer la fluidité de la circulation automobile, parfois
en articulation avec le réseau cyclable.
L?étude d?impact, intéressante et riche sur l?état initial, est
purement qualitative dans l?appréciation des incidences et
les indicateurs de suivi ne comprennent ni valeur de réfé-
rence, ni cible, ni calendrier. Elle met l?accent à juste titre sur
les inégalités socio-environnementales de santé.
Les principales recommandations de l?Ae portent sur la
justification des choix opérés au regard d?un bilan du CPER
2015-2020 qui devrait être détaillé et analysé, sur l?articula-
tion avec les autres instruments de planification et soutien
relatifs aux transports, sur l?apport du CPER conjointement
avec ces instruments au regard des objectifs des politiques
de mobilité durable, sur l?évaluation fine des effets des opé-
rations soutenues, notamment sur la santé humaine, sur l?ex-
plicitation d?un dispositif d?éco-conditionnalité spécifique
valorisant aussi l?intermodalité avec le fer et la voie d?eau
et sur la prise en compte du changement climatique, pour
les infrastructures de transport comme pour le confort des
voyageurs.
48 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 49
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
CPER État ? Région Bretagne, volet mobilité 2023 ? 2027 ?
Avis n°2023-110 du 25 janvier 24 (2e avis)
L?avenant concernant le volet « mobilité » du CPER de Bre-
tagne 2021-2027 porte sur les orientations d?augmentation
de l?usage du train par le développement des infrastructures
ferroviaires et l?inscription de l?offre ferroviaire dans une ap-
proche multimodale, d?amélioration de l?accès à la pointe
bretonne, de desserte fine et durable des territoires et de
décarbonation du transport de fret. Il est doté de 233 M¤
par l?État pour un montant total estimé de travaux et études
de 686 M¤.
L?évaluation environnementale souffre de la difficulté d?une
approche partielle, le volet mobilité du CPER ne finançant pas
l?intégralité des projets régionaux de mobilité de la Bretagne.
Son inscription dans la continuité des précédents CPER ne
lui permet pas de réaliser une analyse critique des projets
d?infrastructures dont l?inscription dans le CPER semble da-
vantage fondée sur leur maturité socio-économique que sur
des critères environnementaux. L?absence de définition et
d?application de critères d?éco-conditionnalité, pourtant
demandés par le mandat de négociation, ne permet pas
de disposer des outils qui faciliteraient l?analyse critique et
sélective attendue. L?Ae recommande en conséquence la
mise en place dans le cadre de la nouvelle gouvernance des
transports à l?échelle régionale, inscrite dans le projet de vo-
let mobilité, de critères d?éco-conditionnalité permettant à
la fois d?affiner les choix de projets de transport et d?assurer
le suivi du projet mobilité du CPER.
De façon à avoir une vision d?ensemble des impacts, elle
recommande également de prendre en compte, au moins
pour l?artificialisation, les atteintes à la biodiversité et les
émissions de GES, l?intégralité des projets de mobilité ayant
un lien avec le volet mobilité du CPER.
CPER État ? Région des Pays de la Loire, volet Mobilités 2023
? 2027 ? Avis n°2023-130 du 11 avril 24 2e avis
Le volet « mobilité » du contrat de plan État-Région (CPER)
des Pays de la Loire 2021-2027 met en oeuvre des crédits
contractualisés pour les mobilités pour un montant estimé
à 734 M¤ (dont 306 M¤ de l?État et 235 M¤ de la Région).
L?objectif est d?accompagner la transition des mobilités et
d?augmenter l?offre de transports durables sur tous les terri-
toires. Le volet Mobilités ne finance pas la totalité des projets
régionaux de mobilité. L?Ae relève que si le volet Mobilités
du CPER relève le défi du développement ferroviaire et des
mobilités durables, avec un investissement financier sensi-
blement renforcé, et s?il permet de soutenir des investisse-
ments de décarbonation au grand port maritime de Nantes-
Saint-Nazaire, sa prise en compte de l?environnement paraît
perfectible. L?Ae recommande à l?État de réduire sa partici-
pation au volet routier au profit des transports décarbonés
en cohérence avec les objectifs nationaux de réduction des
émissions de GES.
CPER de la région Normandie (n°2023-106) : Dans sa séance
du 24 octobre 2024, l?Ae indique que le CPER n?a pas fait
l?objet d?un avis explicite « faute de moyens suffisants pour
l?examiner ».
Les Plans climat énergie territoriaux (PCAET)
Les quatre dossiers examinés concernent tous l?élaboration
d?un premier PCAET, en application de l?obligation pour les
EPCI de plus de 20 000 habitants d?élaborer un PCAET d?ici
fin 2018. Certaines de ces intercommunalités sont de créa-
tion relativement récente (entre 2016 et 2018) et souvent
l?élaboration du PCAET a été retardée par la période du Co-
vid qui n?a pas permis de tenir les concertations nécessaires
pour ce type de programme, puis par le renouvellement des
conseils municipaux en 2020-2021.
L?examen des projets fait apparaître un bilan contrasté. Au
plan positif on relèvera que l?élaboration de ces plans permet
de structurer une action dans le domaine climat-air-énergie,
souvent pour la première fois à l?échelle de l?EPCI. Ils per-
mettent d?accélérer des actions lancées ou parfois en retard,
comme l?élaboration des plans locaux de prévention des dé-
chets ménagers et assimilés, ou d?entamer une réflexion opé-
rationnelle sur des thématiques nouvelles, comme l?adapta-
tion au changement climatique.
A contrario les actions sont souvent encore peu précises,
dans un contexte où les EPCI doivent aussi arriver à mobiliser
de nombreux partenaires et n?ont pas, ou pas encore, pu
consacrer des moyens dédiés très conséquents pour la mise
en oeuvre de ces PCAET (il s?agit par ailleurs d?EPCI de taille
relativement modeste, entre 24 000 et 30 000 habitants). Les
actions identifiées sont souvent nombreuses et une priori-
sation plus claire serait parfois nécessaire. Les objectifs ap-
paraissent dans certains cas comme devant être renforcés
ou comme n?étant pas étayés par une analyse détaillée des
potentiels et des leviers à mobiliser.
Des dynamiques sont souvent bien engagées sur le sujet de
la rénovation énergétique des logements, en lien avec le
réseau France Rénov (cas du PCAET de la communauté de
communes de l?Enclave des Papes et du Pays de Grignan),
sur les bâtiments ou l?éclairage public (communauté de com-
munes du Sisteronais Buëch par exemple). La planification
du développement des énergies renouvelables connaît des
développements variables : par exemple les schémas de dé-
veloppement du solaire photovoltaïque sur les toitures des
bâtiments publics (communautés de communes Sisteronais
Buëch ou Adour Madiran) ou les études pour le déploiement
de réseaux de chaleur sont souvent bien avancées, mais c?est
moins le cas pour d?autres énergies.
Dans l?ensemble les actions sur le secteur agricole, les mo-
bilités ou le renforcement de la séquestration carbone sont
d?ambition inégale, voire faible.
PCAET de la communauté de communes Adour Madiran
(64,65) - Avis n°2024-56 du 29 août 2024
Pour ce dossier clair mais comprenant des données un peu
anciennes, l?Ae recommande principalement de mieux jus-
tifier la faisabilité des potentiels présentés (énergie renouve-
lable (EnR), stockage carbone, polluants atmosphériques?),
d?envisager un relèvement du niveau d?ambition du PCAET,
qualifiée de réduite au regard de la plupart des objectifs na-
tionaux et régionaux, d?approfondir l?analyse des incidences
du déploiement d?EnR, de réseaux de chaleur et de rénova-
tion énergétique sur l?environnement. Les mesures d?évite-
ment et de réduction doivent être mieux caractérisées et
le cas échéant les mesures compensatoires requises mieux
définies.
50 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 51
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
PCAET de la communauté de communes du Pays Houdanais
(28, 78) - Avis n°2024-48 du 25 juillet 2024
Le PCAET a un niveau d?ambition important (par exemple
diminuer de 38 % les émissions de GES d?ici 2030 par rapport
à 2019 et de 85 % d?ici 2050, diminuer de 24 % la consomma-
tion énergétique d?ici 2030 et de 54 % d?ici 2050). Le dossier
est détaillé et, en général, de bonne qualité, notamment sur
le diagnostic. Il s?appuie cependant sur des données souvent
anciennes. Les actions détaillées du PCAET, structurées par
secteur thématique, ont souvent des cibles d?indicateurs ou
des calendriers manquants.
L?Ae recommande principalement de mettre à jour les don-
nées là où c?est possible, de détailler l?articulation avec les
plans et programmes concomitants, de compléter et préci-
ser les objectifs opérationnels et clarifier ceux qui sont du
ressort du PCAET. Les moyens concrets mis en oeuvre doivent
être précisés.
PCAET de la communauté de communes du Sistero-
nais-Buëch ? Avis n°2024-09 du 16 mai 2024
Le dossier est détaillé et, en général, de bonne qualité. Le
PCAET vise un ensemble large d?actions, dont des actions
structurantes (charte forestière, un projet d?écologie indus-
trielle territoriale, une opération programmée d?améliora-
tion de l?habitat). Certaines actions sont toutefois encore
peu précises ou limitées à de la sensibilisation et communi-
cation. Pour l?Ae, certains objectifs devraient pouvoir être
relevés. Elle insiste sur le fait que les moyens et une organi-
sation cohérente devront être renforcés et concentrés sur
les projets structurants.
L?Ae relève les thématiques opérationnelles qui soulèvent des
interrogations telles que le renforcement de la planification
territoriale du développement des EnR, la définition d?ac-
tions d?accompagnement et d?incitation pour la rénovation
des bâtiments tertiaires privés, ou encore par exemple l?évo-
lution des pratiques agricoles et dans l?industrie. Les recom-
mandations de l?Ae invitent le maître d?ouvrage à traiter ces
points, en concentrant si besoin l?action sur les enjeux princi-
paux, en veillant à l?efficience des actions secondaires et en
finalisant un dispositif d?indicateurs et de suivi proportionné.
PCAET de la communauté de communes de l?Enclave des
Papes et du Pays de Grignan (26-84) - Avis n°2023-113 du 25
janvier 2024
La stratégie territoriale de la communauté de communes
de l?Enclave des Papes et du Pays de Grignan poursuit des
objectifs ambitieux et le PCAET ambitionne de créer des
dynamiques et collaborations entre acteurs. Les actions
identifient globalement des pistes souvent pertinentes, dans
une optique volontariste. Le dossier est cependant fondé sur
des données anciennes ou parfois éparses, et les actions en-
core fréquemment à des phases embryonnaires. Le dossier
renvoie trop souvent à des démarches d?un plan d?action à
venir. Les objectifs, calendriers, indicateurs sont encore fré-
quemment peu précis.
Le dossier gagnerait à être actualisé sur les éléments de dia-
gnostic et état des lieux et sur l?avancement de certaines
actions. L?Ae invite le maître d?ouvrage à prévoir la mise en
place de moyens humains et financiers adéquats pour mener
un indispensable travail d?animation, accélérer la définition
des actions opérationnelles, et mettre en place un dispositif
de suivi et d?évaluation précis permettant d?infléchir l?action
si besoin sur les enjeux et actions prioritaires pour atteindre
les objectifs fixés.
Plans de protection de l?atmosphère (PPA)
PPA du Vaucluse (84) - Avis n°2024-66 du 10 octobre 2024
Le PPA, décliné en 95 actions, vise notamment la réduction
des émissions liées au trafic routier et au chauffage au bois.
Le dossier comprend beaucoup d?actions de mobilisation
des partenaires et des citoyens. Il est exhaustif et de bonne
qualité. L?Ae souligne un problème de méthode quant à la
bonne appréciation du PPA : le dossier ne quantifie les im-
pacts que d?une partie des actions, par rapport au scénario
tendanciel « au fil de l?eau », qui contient d?ailleurs des ac-
tions déjà lancées du PPA.
Parmi les principales recommandations de l?Ae, la mise en
cohérence et l?actualisation de certaines données ou ana-
lyses du dossier, l?explicitation des écarts entre les objectifs
de réduction du PPA et ceux du PREPA et du Sraddet, et une
clarification de la gouvernance. L?adéquation entre les ob-
jectifs et les mesures du plan doit être démontrée.
52 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 53
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
LES PROGRAMMATIONS
PLURIANNUELLES DE L?ÉNERGIE
(PPE)* (CF ZOOM)
PPE - Avis n°2024-92 du 19 décembre 2024
L?Ae a été saisie de l?évaluation environnementale straté-
gique de la troisième PPE (PPE3). Cette troisième version de
la PPE, qui porte sur les périodes 2025-2030 et 2031-2035, est
présentée à l?issue de près de quatre années d?élaboration
et de concertation selon un processus très approfondi. Elle
intervient dans un contexte d?atteinte de l?essentiel des ob-
jectifs de la précédente PPE (PPE2, 2019-2023 et 2024-2028)
en matière de réduction des émissions de GES, sauf pour le
secteur des transports, mais également dans un contexte
marqué par une dégradation des puits naturels de carbone
(sécheresses, incendies de forêt, changement d?affectation
des terres?) et la non-atteinte des cibles en matière de ré-
duction de la consommation énergétique.
L?Ae formule un certain nombre de recommandations pour
améliorer l?évaluation environnementale stratégique de la
PPE3, en particulier concernant l?analyse de son articulation
avec les autres plans et programmes pertinents (dont la stra-
tégie nationale bas carbone), pour intégrer le transport aé-
rien, apprécier les perspectives d?évolution de la disponibilité
de la ressource en eau et les incidences environnementales
des importations de combustibles et métaux nécessaires à
la production d?énergie et son utilisation. Elle recommande
également de renforcer la justification des choix énergé-
tiques (infrastructures tous secteurs, installations, filières)
présentant des incidences environnementales impor-
tantes, notamment les interconnexions électriques. Enfin,
l?Ae recommande de compléter ou approfondir la PPE3 sur
plusieurs points, parmi lesquels : baisser d?au moins 12 %
l?objectif 2030 de consommation énergétique finale pour
atteindre les objectifs européens « fit for 55 », renforcer les
objectifs et améliorer le suivi relatif à l?efficacité du système
énergétique convertissant l?énergie primaire en énergie fi-
nale, et expliciter les conséquences des choix réalisés entre
sources d?énergie primaire ou encore renforcer les objectifs
de recyclage des métaux et terres rares ou encore préciser
les conséquences d?une éventuelle moindre disponibilité
des réacteurs nucléaires, la PPE3 projetant leur mobilisation
maximale ininterrompue jusqu?en 2035.
PPA des agglomérations de Lille et du bassin minier (59, 62)
- Avis n°2024-20 du 13 Juin 2024
L?Ae, saisie pour avis sur le plan de protection de l?atmosphère
(PPA) de Lille et du bassin minier, rappelle que les objectifs
des PPA sont d?éviter, prévenir ou réduire sur l?ensemble de
son territoire les effets nocifs des substances polluantes sur
la santé humaine et l?environnement, et non, comme l?in-
dique le dossier, de simplement respecter les valeurs limites
actuelles de qualité de l?air.
Le PPA est synthétique, et ses fiches-actions, claires et pré-
cises ; il vise en priorité les émissions de particules fines (PM2,5
et PM10), notamment par l?interdiction et le renouvellement
du chauffage au bois à foyer ouvert. L?Ae relève que le PPA ne
précise pas clairement ses objectifs et ses échéances. Selon
la modélisation annexée au dossier, les mesures et actions
inscrites sont insuffisantes à ce stade pour garantir la réduc-
tion des émissions au moins aussi fortement que prévu par
le plan national de réduction des émissions de polluants at-
mosphériques (Prepa) aux horizons 2025 et 2030.
L?Ae recommande de relever le niveau d?ambition du PPA et
de compléter l?exposé de la situation actuelle en présentant
le nombre de personnes exposées à des niveaux de pollu-
tion supérieurs aux valeurs limites actuelles, à celles envisa-
gées dans la directive européenne sur la qualité de l?air en
révision, et enfin aux valeurs de référence (2021) de l?OMS,
cibles souhaitables à terme. Elle recommande également de
développer une analyse plus territorialisée des enjeux relatifs
à l?amélioration de la qualité de l?air et à ses incidences sur la
santé, de renforcer le plan d?actions dans certains secteurs
(transport aérien, agriculture, ?) et de compléter le dispositif
de gouvernance et de suivi du PPA avant son approbation.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 5554 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L e s d o s s i e r s 2 0 24
PPE de Guadeloupe 2024-2028 (971) - avis n° 2023-124 du 7
mars 2024
L?État et la Région de Guadeloupe présentent une révision
complète de la PPE (approuvée en 2017), pour les périodes
2024-2028 et 2029-2033.
Le bilan de la première PPE est inégal.
Les principaux objectifs de la nouvelle PPE sont à nouveau
une baisse des consommations d?énergie finale et une élec-
tricité intégralement produite à partir d?énergies renouve-
lables, au moyen d?importants imports de biomasse pour
alimenter les centrales thermiques.
L?évaluation environnementale stratégique du dossier n?est
pas conforme à ce qui est attendu d?un tel exercice. Le rap-
port environnemental reste à un niveau de généralités qui
réduit son utilité, en particulier sur les incidences qui ne sont
pas quantifiées.
L?Ae recommande notamment de fixer un objectif quantifié
de baisse des émissions de GES, et de fournir une première
évaluation des incidences des choix opérés par la PPE en
matière d?émissions. L?Ae recommande également d?évaluer
les incidences du recours à la biomasse importée pour la
production électrique et d?améliorer l?efficience du système
énergétique. L?Ae recommande d?accompagner la maîtrise
de la demande d?énergie par des mesures concrètes pour
atteindre les objectifs affichés, en s'appuyant sur les tech-
niques connues et maîtrisées en milieu littoral tropical, telles
le chauffe-eau solaire. Elle recommande enfin de prévoir des
mesures en faveur des transports en commun et des mo-
des actifs et de s?assurer que le développement du véhicule
électrique est organisé de manière à garantir une utilisation
rationnelle de l?énergie.
Concernant les transports, le projet manque d?ambition et
de crédibilité, l?objectif visé (10 % de report modal dans les
transports) semblant ainsi hors de portée en l?absence d?ac-
tions fortes et peu cohérent avec l?augmentation prévue du
parc automobile thermique concomitamment au dévelop-
pement du véhicule électrique. Les conditions et effets du
développement du véhicule électrique doivent être mieux
évalués. Enfin, parmi les recommandations de l?Ae, figurent
notamment celles de fournir une évaluation de l?évolution
des émissions de GES attendue de la mise en oeuvre de la PPE
et de la compléter par des objectifs quantifiés par secteur
des baisses qui sont visées.
PPE de Saint-Martin (978) ? Avis n°2023-118 du 22 février 2024
L?État et la collectivité de Saint-Martin ont co-élaboré une
programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) pour les
deux périodes 2024-2028 et 2029-2033 qui s?inscrit dans un
contexte particulier lié aux suites de l?ouragan Irma et à un
territoire très dépendant du tourisme.
L?Ae recommande de mieux évaluer les effets des actions
de maîtrise de la demande en énergie et recommande à la
collectivité d?orienter les choix des consommateurs grâce
à une fiscalité favorisant des choix énergétiques rationnels.
La présentation de la PPE est claire. Son rapport environne-
mental reste cependant à un niveau de généralité qui réduit
son utilité. Il décrit les incidences en termes trop généraux
et ne les quantifie que rarement.
56 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 57
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
LES SCHÉMAS RÉGIONAUX
D?AMÉNAGEMENT, DE
DÉVELOPPEMENT DURABLE ET
D?ÉGALITÉ DES TERRITOIRES* (CF
ZOOM)
En ce qui concerne les schémas régionaux d?aménagement,
de développement durable et d?égalité des territoires (Srad-
det) les saisines portent essentiellement sur des modifica-
tions des documents approuvés en général au début des
années 2020, afin de prendre en compte des évolutions
législatives récentes, en particulier sur la limitation de l?arti-
ficialisation des sols (suite aux dispositions introduites par le
loi Climat et résilience de 2023), ainsi que dans certains cas
sur la prévention et la gestion des déchets ou la logistique.
Sraddet Centre-Val de Loire (CVL) ? Avis n°2024-44 du 11
juillet 2024
La présentation du Sraddet Centre-Val de Loire et le rapport
environnemental sont détaillés et dans l?ensemble de bonne
qualité. Les objectifs et les règles du Sraddet traduisent une
démarche concertée avec les acteurs pour mettre en oeuvre
une dynamique concrète de réduction de l?artificialisation
nette. Des actions d?accompagnement concrètes sont d?ores
et déjà prévues par le Conseil Régional, en partenariat avec
les acteurs, dont l?État.
Les principales recommandations de l?Ae portent notam-
ment sur la mise en oeuvre opérationnelle des politiques
portées par cette modification du Sraddet : renforcement
des actions d?information et accompagnement des acteurs,
mise en place d?un suivi partagé et réactif et de contrôles de
l?application des règles dans l?élaboration des documents
de planification auxquels le Sraddet s?impose ainsi que la
réalisation de point d?étape détaillé.
Sraddet Hauts de France - Avis n°2024-13 du 30 mai 2024
La modification porte principalement sur la déclinaison et la
territorialisation de la lutte contre l?artificialisation des sols,
les questions d?élimination et de valorisation des déchets,
d?atténuation et d?adaptation au changement climatique
et de qualité de l?air.
Le dossier est d?accès peu aisé en raison notamment de
l?absence d?une synthèse permettant d?appréhender sim-
plement les modifications apportées selon les thématiques.
Le degré d?approfondissement des analyses est très variable
selon les thèmes. La démarche retenue, de mise à jour du
Sraddet sans modification de l?économie générale du sché-
ma, conduit à limiter l?analyse des effets croisés de ces mo-
difications et de leurs incidences.
Les principales recommandations de l?Ae concernent une
plus grande transparence des objectifs de lutte contre l?ar-
tificialisation des sols et de leur territorialisation ainsi qu?une
prise en compte, à l?échelle du schéma, de leurs incidences
sur la biodiversité ; elles portent notamment aussi sur les
enjeux d?adaptation au changement climatique.
Sraddet Bourgogne- Franche Comté (BFC) - Avis n°2024-12
du 30 mai 2024
La modification porte principalement sur les questions d?éli-
mination et de valorisation des déchets, de lutte contre l?ar-
tificialisation des sols et intègre des éléments en matière de
logistique. Elle s?accompagne d?une actualisation partielle
du rapport environnemental sur ces thèmes et prend en
compte la révision des schémas directeurs d?aménagement
et de gestion des eaux (Sdage) et la Stratégie nationale des
aires protégées (Snap). Une modification n°2 est menée en
parallèle afin d?unifier le volet biodiversité issu des deux an-
ciens schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE), à
la suite de son annulation par le tribunal administratif.
Les modifications apportées aux divers documents sont
clairement identifiables. Elles résultent d?un processus de
concertation, sans que le dossier ne présente d?analyse des
variantes et de justification des choix retenus au regard de
critères environnementaux. En matière d?artificialisation des
sols, la garantie communale introduite par la loi du 20 juil-
let 2023 représente plus de 70 % de l?enveloppe régionale
sur la période 2021-2030, limitant d?autant les marges de
manoeuvre.
Les principales recommandations de l?Ae concernent des
sujets sur lesquels elle s?était déjà exprimée dans son avis sur
le Sraddet initial : territorialisation des enjeux, des objectifs
et des règles du Sraddet, protection des espèces et milieux
naturels et justification des outils de protection au regard
des enjeux.
L?Ae souligne la nécessité de renforcer la portée du docu-
ment en matière de planification de la logistique et invite la
Région à mieux prendre en considération les enjeux quanti-
tatifs et qualitatifs relatifs à la ressource en eau et les enjeux
de réduction des émissions de GES.
58 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 59
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Sraddet Nouvelle Aquitaine - Avis n°2024-43 du 25 juillet
2024
L?Ae a examiné le Sraddet de Nouvelle-Aquitaine modifié,
élaboré par la Région Nouvelle-Aquitaine. Les principales
modifications concernent l?objectif de réduction de la
consommation d?espaces. Pour la période 2021-2031, une
« réserve » foncière régionale de 500 ha est instituée pour
les projets régionaux et un objectif régional de réduction
de 52 % par rapport à 2011-2021, modulé selon les types de
territoire, est fixé pour les projets dits « de territoire ». Des ob-
jectifs sont également définis pour les décennies 2031-2041
et 2041-2050. La modification a été engagée en décembre
2021 et son élaboration s?est appuyée sur un travail prépa-
ratoire conséquent. Le dossier est présenté de façon claire
et didactique.
Les recommandations de l?Ae concernent notamment la
nécessité d?approfondir l?analyse des effets du Sraddet sur
la localisation d?activités, d?équipements et d?infrastructures
et de leurs incidences et de définir en conséquence des me-
sures d?évitement, de réduction, voire de compensation. Le
dispositif de suivi du Sraddet est à compléter et des mesures
correctives doivent être définies afin de prévenir le risque de
non-respect de l?objectif de réduction de la consommation
d?espace.
Sraddet PACA ? Avis n°2024-84 du 24 octobre 2024
La première modification du Sraddet est de qualité, suivant
en cela le Sraddet en vigueur. Elle propose en particulier un
objectif de territorialisation de l?effort d?économie foncière
en s?appuyant sur une notion d?efficacité foncière et de mail-
lage territorial, et sur la mobilisation des outils de planifica-
tion pour la mettre en oeuvre. Les modifications introduites
sur la prévention et la gestion des déchets, notamment sur
sa territorialisation, ont fait l?objet d?un travail approfondi.
Certains points restent cependant à préciser et améliorer.
Ainsi la définition de l?efficacité foncière n?intègre pas à ce
jour d?indicateurs environnementaux et la dynamique de
l?artificialisation post 2030 ne fait pas la démonstration de
l?atteinte du « zéro artificialisation nette d?ici 2050 » ; l?Ae
recommande donc de préciser cet objectif afin que la ré-
gion soit en mesure de respecter la loi. Elle recommande de
davantage territorialiser les prescriptions et les propositions
contenues dans le fascicule des règles et de mettre en place
un suivi plus rapproché de la consommation brute d?espace
par usage. Enfin les mesures correctives envisagées en cas
de non atteinte des trajectoires retenues pour s?assurer de
l?atteinte à terme des objectifs visés doivent être précisées.
Confortement berges bléone
STEU Pleumeur Bodou
60 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 61
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Les plans d?action régionaux nitrates (PAR)
PAR Normandie 7e génération ? Avis n°2024-62 en date du
12 septembre 2024
L?avis de l?Ae sur le 7e PAR nitrates de la région Normandie
fait suite à l?avis rendu sur le projet de 7e PAN (plan d?action
nitrates) le 18 novembre 2021. L?évaluation environnemen-
tale expose bien la situation en matière de pollution des
eaux par les nitrates et les bilans des actions précédentes.
Elle ne remplit cependant que partiellement les objectifs
attendus d?une telle démarche. Alors que l?objectif premier
du programme est de réduire les incidences de l?utilisation
des fertilisants agricoles sur l?environnement et la santé hu-
maine, le 7e PAR se borne à adapter le programme au 7e
PAN sans prendre en compte les spécificités de la zone, alors
que le bilan du 6e PAR et la dégradation de la qualité des
eaux souterraines et superficielles de la région exigeraient
des mesures vigoureuses.
Si des mesures renforcées sont examinées dans l?évaluation,
celles-ci, « rejetées par la profession agricole », n?ont pas été
retenues en dépit de leur intérêt en termes de gain environ-
nemental, comme l?atteste l?évaluation environnementale.
L?Ae constate qu?à l?instar du 7e PAN et du précédent PAR,
le 7e PAR ne permettra pas à la région d?améliorer la qualité
des eaux et des milieux. Elle réitère l?ensemble de ses recom-
mandations antérieures. L?Ae rappelle qu?elle a rendu une
note délibérée portant sur les programmes d?actions nitrates
qu?elle a examinés lors de la séance du 23 novembre 2023.
Les plans de prévention des risques :
PPRM de la Vallée de l?Ondaine (42) - Avis n°2024-76 en date
du 29 août 2024
Le plan de prévention des risques miniers (PPRM) de la vallée
de l?Ondaine, qui concerne neuf communes situées dans
le département de la Loire, succède à un premier PPRM,
approuvé par le préfet de la Loire en 2018, annulé en 2021
avec effet différé à début 2023 par le tribunal administratif
de Lyon notamment pour non prise en compte des enjeux
relatifs aux gaz de mine et aux eaux d?exhaure. La démarche
d?élaboration a été relancée, intégrant des études complé-
mentaires de 2021.
L?Ae note que l?évaluation environnementale est claire,
concise et proportionnée aux enjeux et que les enjeux spé-
cifiques à chaque aléa sont traités de manière adaptée. Elle
émet quelques recommandations notamment sur la néces-
sité de mieux expliquer les choix réalisés lors de l?élaboration
du document ou encore, même si la gestion des eaux d?ex-
haure ne relève pas de la compétence du PPRM, de présen-
ter dans l?évaluation environnementale les modalités de leur
gestion ainsi que les structures responsables de leur mise en
oeuvre. L?Ae recommande également à l?État de finaliser dans
les meilleurs délais la réalisation du plan de prévention des
risques inondations (PPRI) de l?Ondaine qui concerne égale-
ment une partie du territoire.
PPRi Seine dans l?Eure (27) ? Avis n°2023-133 du 11 avril 2024
Le plan de prévention des risques d?inondation (PPRi) Seine
dans l?Eure concerne 21 communes membres des commu-
nautés d?agglomération Seine Eure Agglomération et Seine
Normandie Agglomération. Seine Eure Agglomération (SEA)
a sollicité une demande d?exception (au principe général
d?inconstructibilité) pour un projet d?aménagement d?une
zone d?activité économique logistique multimodale et ré-
siliente sur les communes de Gaillon, Le Val-d?Hazey, Saint-
Pierre-la-Garenne et Saint-Aubin-sur-Gaillon (aménagement
de 70 ha sous forme de renouvellement du tissu existant et
37 ha en extension d?urbanisation en secteur d?aléa faible à
modéré). L?Ae souligne que l?étude d?impact est proportion-
née aux enjeux et identifie en particulier les biens exposés
au risque d?inondation (logements et activités). Sa principale
recommandation concerne l?intégration de l?analyse des in-
cidences du projet de secteur d?exception, fournie dans le
dossier de demande, à l?étude d?impact du PPRI.
Faute de moyens suffisants, l?Ae a dû se résoudre à rendre
des « avis sans observation » sur quatre plans de prévention
des risques : révision du PPRI des bassins versants du Golo
et des cours d?eau du sud de la région Bastiaise (2B) ; PPRI
de Perros-Guirec ; PPRI d'Erquy - Pleneuf -Val-André (22) et
révision du PPRI de la commune de Baix (07).
Les schémas de cohérence territoriale (Scot)
SCot du Mâconnais Sud Bourgogne ? Avis n° 2024-49 du 25
juillet 2024
L?Ae note le contenu très diversement prescriptif du SCoT
du Mâconnais Sud Bourgogne : alors que l?encadrement de
l?implantation de surfaces commerciales en périphérie est
très précis, de grandes marges de manoeuvre sont laissées
quant à la réalisation d?inventaires du patrimoine naturel ou à
l?organisation des mobilités. La thématique relative au chan-
gement climatique est peu transversale dans le document.
L?étude d?impact apporte peu d?éclairages argumentés per-
mettant un regard critique sur les choix effectués et n?ap-
précie pas l?effet de levier du SCoT sur chacun des enjeux.
Le scénario de croissance démographique est très décalé par
rapport aux tendances constatées. Il emporte des effets sur
plusieurs thématiques, notamment l?appréciation du besoin
en logements, qui entraîne une consommation d?espace ne
permettant pas de s?inscrire dans une perspective d?absence
d?artificialisation nette à l?horizon 2050. L?Ae recommande
principalement d?articuler le projet avec les documents de
planification territoriale des deux régions et de fonder l?ana-
lyse des enjeux sur l?effet de levier du SCoT afin d?engager le
territoire sur une trajectoire de consommation de ressources
à la hauteur de l?enjeu du changement climatique. Le SCoT
pourrait également utilement saisir l?opportunité, en élabo-
rant un projet d?aménagement stratégique, de constituer
un plan climat air énergie à l?échelle du territoire, doté d?un
plan d?action et d?un suivi adéquats.
SCOT Gâtinais Montargois
62 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 63
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Les schémas régionaux de carrière
Schéma régional des carrières (SRC) Grand Est ? Avis n°2024-
02 du 25 avril 2024
Le dossier du projet n°1 du schéma régional des carrières
(SRC) Grand Est aborde l?ensemble des enjeux environne-
mentaux bien que de manière inégale.
L?évaluation environnementale présente deux défauts ma-
jeurs : celui de se fonder sur des données anciennes qui
rendent la crédibilité du dossier incertaine et, par ailleurs,
celui de proposer une classification du territoire par niveaux
d?enjeux qui paraissent inadaptés (par exemple pour les
zones humides), ce qui ne permet pas de garantir l?absence
d?effet négatif à l?échelle régionale. L?analyse des incidences
sur les sites Natura 2000 et la définition des mesures géné-
rales d?évitement et de réduction permettant de garantir
l?absence d?effet significatif de l?ensemble des projets suscep-
tibles de les affecter ne sont pas suffisamment approfondies.
Le SRC prend mal en compte le changement climatique.
S?il promeut dans le discours par exemple le report modal,
il n?engage aucune action concrète en faveur de modes de
transport moins émetteurs de GES que le transport routier.
Le levier de réemploi de matériaux secondaires n?est pas mis
nettement en avant comme il le devrait. Le maître d?ouvrage
s?est engagé oralement à tenir compte des recommanda-
tions de l?Ae dans un nouveau projet de SRC qui sera établi
après l?ensemble des consultations en cours.
Le classement d?un projet dans une catégorie est par nature
subjectif. Certains projets pourraient relever de plusieurs
rubriques.
L?Ae a parfois rendu un seul avis pour plusieurs projets. C?est
par exemple le cas pour l?avis n°2024 68a à 68e du 24 oc-
tobre 2024 qui porte sur cinq dossiers d?aménagements
fonciers, agricoles, forestiers et environnementaux (Afafe,
anciennement appelés « remembrements »), conséquences
du contournement ouest de Strasbourg (COS). C?est égale-
ment le cas de l?avis (n°2024-83) du 10 octobre 2024 relatif
au projet de création de poste RTE (Foulventour) et de poste
Énedis à Saint-Hilaire-la-Treille (87).
Une grande variété de projets
Quelques exemples :
TYPE DE
DOSSIERS
AMÉNAGEMENTS INFRASTRUCTURES
ROUTIÈRES
MINES ET INB ASSAINISSEMENT AFAFE ÉNERGIE
Nombre 34 12 2 1
3
(pour 7
Afafe)
20
Le classement d?un projet dans une catégorie est par nature
subjectif. Certains projets pourraient relever de plusieurs
rubriques.
L?Ae a parfois rendu un seul avis pour plusieurs projets. C?est
par exemple le cas pour l?avis n°2024 68a à 68e du 24 oc-
tobre 2024 qui porte sur cinq dossiers d?aménagements
fonciers, agricoles, forestiers et environnementaux (Afafe,
anciennement appelés « remembrements »), conséquences
du contournement ouest de Strasbourg (COS). C?est égale-
ment le cas de l?avis (n°2024-83) du 10 octobre 2024 relatif
au projet de création de poste RTE (Foulventour) et de poste
Énedis à Saint-Hilaire-la-Treille (87).
Aménagement
Les zones d?aménagement concerté (hors Mayotte et
Guyane)
Les dossiers examinés concernent tous des projets urbains,
sauf un qui traite du développement d?une zone industrielle.
Huit dossiers de Zac concernent l?Île-de-France.
Zac Noisy-Pôle Gare à Noisy-le-Grand (93) - Avis n°2024-25
du 25 juillet 2024
L?Ae a été saisie du projet de la Zac Noisy Pôle Gare, sur la
commune de Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis (93), dé-
claré d?intérêt métropolitain par délibération du conseil de la
Métropole du Grand Paris. Il s?inscrit dans une démarche de
recomposition et reconstruction territoriale de l?Est parisien,
en lien avec la démarche globale d?aménagement du Grand
Paris et des travaux en cours du Grand Paris Express (GPE).
L?Ae note que l?ensemble des projets en cours sur ce secteur
(plusieurs Zac) va contribuer à la fragmentation du corridor
écologique boisé inscrit dans le schéma directeur de la ré-
gion Île-de-France ainsi qu?à la destruction d?une partie de
la biodiversité, ce qui nécessite d?analyser leurs effets sur les
milieux physiques et naturels à l?échelle de l?ensemble des
aménagements. L?Ae recommande de compléter de façon
significative les plans d?action et les mesures permettant de
compenser les incidences du projet et de ceux en cours,
en prenant notamment en compte les incidences en phase
chantier. Elle recommande aussi de renforcer encore l?ana-
lyse des effets cumulés de ces projets. L?Ae recommande
enfin la prise en compte du PCAET Grand-Paris Grand-Est
pour la mise en oeuvre du projet et encourage à la mise en
place d?une gouvernance élargie, associant les acteurs des
transports, les promoteurs ou les aménageurs, voire les ha-
bitants eux-mêmes.
64 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 65
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Zac de l?Éco-quartier du Fort d?Aubervilliers (phase 2), si-
tuée à Aubervilliers et Pantin (93) ? Avis n°2024-73 du 26
septembre 2024
L?Ae est saisie du dossier de réalisation du projet de Zac de
l?Éco-quartier du Fort d?Aubervilliers (phase 2) prévoyant la
programmation de logements, d'activités de commerces et
de services sur le quartier du Fort d'Aubervilliers et la mise
en compatibilité du plan local d?urbanisme intercommunal
(Mecdu) de l?établissement public territorial Plaine-Com-
mune. La première phase (920 logements et le réaménage-
ment du théâtre équestre Zingaro) est en cours de livraison.
La saisine concerne la deuxième phase d?aménagement
(aménagement du Coeur de Fort, des liaisons avec le quar-
tier gare, pôle d'échanges multimodal qui accueillera la ligne
M15 du Grand Paris Express, et notamment la réhabilitation
des quatre tours dites de la gendarmerie).
L?Ae souligne un dossier de très bonne facture malgré
quelques imperfections. Elle recommande de compléter le
dossier par une vision à l'échelle de la Zac, intégrant la phase
1, d?objectiver les risques sanitaires auxquels seront exposés
les nouveaux habitants de la Zac, et de tracer les évolutions
de la programmation et les choix opérés, y compris pour la
prise en compte des risques et pollutions identifiés.
Zone d?aménagement concerté (Zac) du Bas Clichy à Cli-
chy-sous-Bois (93) - Avis n°2023-128 du 22 février 2024 et
n°2024-46 le 30 mai 2024
L?Ae a été saisie à deux reprises en 2024 d?un projet de Zac
sur le quartier dit du « Bas Clichy », lequel comprend des
copropriétés très fortement dégradées. Une opération de
requalification des copropriétés dégradées d?intérêt national
(Orcod-IN) a été décidée en 2015.
L?Ae a rendu un premier avis n° 2023-128 le 22 février 2024
dans lequel elle relevait la bonne qualité de l?étude d?im-
pact actualisée et notamment les ambitions affichées sur
certains enjeux, comme la biodiversité même si certains
compléments méritaient d?être apportés sur certains sujets.
Elle a rendu un deuxième avis n°2024-46 le 30 mai. L?étude
d?impact, actualisée, apporte des éléments de réponse dé-
taillés et pertinents aux recommandations de l?avis précité.
L?Ae émet des recommandations pour un suivi régulier des
émissions de GES du projet et définir, si besoin des mesures
complémentaires pour contrôler et améliorer le bilan GES du
projet. L?Ae recommande également de réaliser de manière
rigoureuse le plan de travaux de renaturation de la boucle de
Sévigné, puis les mesures de gestion, et de mettre en place
un suivi précis de l?état du site et des fonctionnalités écolo-
giques, et de prévoir le cas échéant des mesures complé-
mentaires. Elle émet également des recommandations en
matière de prise en compte du bruit.
66 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 67
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Zac « Sevran Terre d?avenir Centre-ville ? Montceleux » (93)
- Avis n°2024-98 du 24 octobre 2024
La programmation initiale de la Zac « Sevran Terre d?avenir
Centre-ville ? Montceleux », portée par l?établissement pu-
blic Grand Paris aménagement (GPA), a été profondément
remaniée suite à la concertation menée en 2021. Un premier
avis du 20 juillet 2019 a été rendu par la MRAe Île-de-France.
L?Ae a été saisie d?un dossier actualisé dans le cadre du dossier
de réalisation de la phase 1.
L?Ae souligne des lacunes dans le dossier et la nécessité d?ap-
porter des réponses à court terme dans le cadre de l?actua-
lisation prévue début 2025. Ses recommandations portent
principalement sur la mise à jour de la programmation de
la Zac, la suppression des incohérences ou ambiguïtés du
dossier et sur les précisions à apporter sur les incidences et
les mesures associées pour les thématiques environnemen-
tales insuffisamment approfondies à ce stade (nuisances
acoustiques, consommations énergétiques, émissions de
GES, etc.).
Aménagement du Senia à Thiais et Orly (94) ? Avis n°2024-97
du 24 octobre 2024 (2ème avis)
L?Ae a été saisie d?une étude d?impact actualisée dans le
cadre d?une demande d?autorisation environnementale
déposée par l?établissement public d?aménagement Orly
Rungis Seine amont (EPA Orsa), maître d?ouvrage de la Zac
intercommunale Thiais-Orly. L?Ae rappelle les principaux en-
jeux environnementaux déjà relevés dans son avis initial de
2022, en lien avec la mutation du quartier.
Elle relève que les principales recommandations émises dans
son avis de 2022 ont pour partie été prises en compte ou
ont donné lieu à des précisions dans le mémoire en réponse,
dont certaines gagneraient à être intégrées dans l?étude d?im-
pact. Le principal enjeu reste la nécessité d?une évaluation
du projet dans son ensemble, en particulier pour ce qui
concerne la gestion des eaux.
Avis sur la nécessité de réaliser une actualisation de l?étude
d?impact de la Zac Marne Europe à Villiers-sur-Marne (94) ?
Avis n° 2024-112 du 21 novembre 2024
La Zac Marne Europe à Villiers-sur-Marne (94) a fait l?objet a
fait l?objet de deux avis d?autorité environnementale le 30
août 2015 puis le 21 juillet 2021 à l?occasion de la création de
la Zac et d?une actualisation liée à l?avancement du projet.
À l?occasion de la procédure de permis de construire des
lots MA1A-1B et MA3-4, l?Ae est questionnée sur la nécessité
d?actualiser l?étude d?impact à ce stade. Dans son avis du 21
novembre 2024, et eu égard aux éléments fournis dans le
dossier, l?Ae conclut qu?il n?y a pas lieu d?actualiser l?étude
d?impact de la Zac s?agissant de la construction de ces lots.
ZAC Sevran
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 6968 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L e s d o s s i e r s 2 0 24
Zone d?aménagement concerté (Zac) Dame Blanche Nord
à Garges-lès-Gonesse (95), Avis n°2024-77 du 12 septembre
2024 (2ème avis)
L?Ae a déjà rendu en 2022 un avis sur le projet de renouvel-
lement urbain de la Zac Dame Blanche Nord, à Garges-lès-
Gonesse (95). Le dossier a été complété ce qui permet de
disposer d?une évaluation environnementale souvent bien
documentée, et assez structurée, permettant de mettre en
exergue la stratégie visée et de documenter des incidences
visées positives, par exemple sur la biodiversité, les circula-
tions pour les modes actifs de déplacement etc. L?Ae note
que certaines thématiques restent insuffisamment précisées
ou sont exposées de manière parfois difficile à appréhen-
der (comme par exemple le bilan des émissions de GES ou,
encore l?analyse des variantes et solutions de substitution
raisonnables) et que la réduction des incidences sur l?envi-
ronnement et, dans certains cas, la concrétisation d?inci-
dences escomptées positives, reposeront sur la précision de
certaines orientations, leur bonne mise en oeuvre et la mise
en place d?un dispositif de suivi adéquat pendant et après
les travaux. L?Ae recommande en particulier de reprendre
les éléments relatifs aux émissions de GES en présentant un
bilan carbone précis et les mesures pour l?améliorer ou d?ap-
porter des précisions en matière de réduction des nuisances
sonores pouvant affecter certains bâtiments.
Zone d?aménagement concerté (Zac) « Plante- des-Champs
» à Montmagny (95) ?avis n°2024-99 du 21 novembre 2024
(2ème avis)
L?Ae est saisie par l?établissement public Grand Paris Aména-
gement (GPA) du dossier préalable de demande de déclara-
tion d?utilité publique (DUP) de la Zac « Plante des Champs
» à Montmagny. Cette Zac a fait l?objet d?un premier avis de
l?Ae en 2022 (avis n° 2022-03). L?Ae réitère sa recommanda-
tion de 2022 relative au périmètre du projet à prendre en
compte et de reprendre donc la démarche « éviter, réduire,
compenser » à l?échelle de l?ensemble du projet sur cette
base. Au-delà de cette remarque préalable, l?Ae note que la
plupart des enjeux (à l?exception de ceux concernant l?ap-
provisionnement en énergie renouvelable et les nuisances
sonores) sont au niveau de précision attendu pour un dossier
de création de Zac.
Elle émet différentes recommandations relatives au coef-
ficient d?artificialisation de l?opération dans son ensemble
ou encore de reconsidérer les conclusions de l?étude sur
les zones humides. Différents approfondissements sont
également attendus (sur les espèces, la préservation des
arbres remarquables et la trame noire ou encore la réalisa-
tion d?études hydrogéotechniques complémentaires?). Le
choix d?énergie produite à partir d?énergie renouvelable est
à préciser et pris en compte pour le bilan carbone du projet.
Zac Cambacérès Nord à Montpellier (34) ? Avis n°2024-101
du 21 novembre 2024 (2ème avis)
L?Ae est saisie dans le cadre de la modification du dossier de
réalisation de la Zac Cambacérès Nord. Cette dernière se
situe au sein du projet urbain global « Cambacérès » de 350
ha au sud-est de la ville de Montpellier. Montpellier Méditer-
ranée Métropole, maître d?ouvrage, a confié la réalisation
à la société d?aménagement de Montpellier Méditerranée
Métropole (SA3M).
La question centrale concerne le périmètre du projet à
prendre en compte.
Contrairement aux recommandations des différents avis et
décisions déjà rendus par l?Ae sur ce territoire, l?étude d?im-
pact est limitée aux seuls aménagements dont la réalisation
relève de la SA3M, en excluant les opérations réalisées de
manière concomitante sur le territoire de la Zac auxquelles
ils sont fonctionnellement liés : extension de la ligne 1 du
tramway, contournement ferroviaire Nîmes Montpellier et
construction de la nouvelle gare Montpellier Sud de France,
transformation de l?A709 en boulevard urbain et centrale
géothermique.
L?actualisation de l?étude d?impact est limitée aux théma-
tiques de la mobilité, du bruit et de la qualité de l?air, les
seules pour lesquelles le dossier considère que la modifica-
tion du projet constitue une évolution notable, sans prendre
en compte celles soulevées par les avis et décisions de l?Ae.
L?actualisation est marquée par des erreurs méthodologiques
et des insuffisances majeures, notamment en matière de dé-
finition du nouvel état de référence, des aires d?études et po-
pulations concernées, et des solutions alternatives étudiées
; elle n?inclut pas de résumé non technique.
Zac Flaubert sur les communes de Petit-Quevilly et Rouen
(76) - Complément à l?étude d?impact suite à la décision n°
F- 028-23-C077 (îlot A ? macrolot 2) ? Avis n°2024-01 du 7
mars 2024
L?étude d?impact de la Zac a été actualisée suite à une déci-
sion de l?Ae du 30 mai 2023 (après un examen au cas par cas)
relative à la construction d?un ensemble immobilier sur l?îlot
A (macrolot 2) de la Zac Flaubert à Rouen. L?étude d?impact
est circonscrite à la pollution des eaux souterraines par les
substances per- et poly-fluoroalkylées (PFAS), et à la gestion
d?une telle pollution le cas échéant.
L?Ae émet plusieurs recommandations au maître d?ouvrage
de la Zac visant à mieux identifier les PFAS ou encore de
pratiquer des analyses de PFAS dans les sols des terrains ac-
cueillant des pavillons individuels, ou des jardins d?enfants
afin d?assurer l?absence de pollution susceptible d?exposer
les enfants. Elle préconise des interdictions en fonction de
certains usages et des mesures de précaution.
L?Ae recommande à l?État et à la collectivité locale de
conduire une réflexion d?ensemble sur la gestion et le devenir
de la pollution aux PFAS sur le quartier Flaubert et plus large-
ment à une échelle adéquate au regard des pollutions iden-
tifiées et potentielles dans la nappe alluviale, en particulier
en examinant la pertinence d?un certain nombre d?actions
précisées dans son avis.
ZAC plante des champs Montmagny
70 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 71
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Actualisation de l?étude d?impact de la Zac Littorale dans
l?opération d?intérêt national (OIN) Euroméditerranée à
Marseille (13) à l?occasion de plusieurs opérations de l?OIN
(dont XXL05B1 « The Shed » ? Cap Pinède Capitaine Gèze ?
Château-Vert) ? Avis n°2024-80 du 26 septembre 2024
L?Ae est saisie par l?Établissement public d?aménagement
Euroméditerranée de l?actualisation de l?étude d?impact
de la Zac Littorale à l?occasion de la demande de permis
de construire pour l?un de ses îlots (5B1 ou « The Shed »,
construit par Bouygues Immobilier). L?actualisation concerne
aussi sur d?autres opérations de la Zac, partie de l?opération
d?intérêt national (OIN) Euromed II.
L?Ae note que l?évaluation environnementale de la Zac Litto-
rale tient partiellement compte des recommandations déjà
émises par les autorités environnementales aux différentes
étapes du projet.
L?opération de construction semble cependant s?exonérer
de certaines mesures prévues dans l?étude d?impact de la
Zac. Les principales recommandations de l?Ae portent sur
le traitement des terres polluées sur le périmètre du pro-
jet de Zac, le traitement du risque d?inondation ou encore
les mesures d?évitement et de réduction de la Zac Littorale
concernant les eaux souterraines. L?Ae recommande de ré-
évaluer, au moins au niveau de la Zac, les conséquences et
effets des aménagements réalisés dans le cadre du projet sur
les risques d?inondations.
Zone d?aménagement concerté (Zac) Inspira (38) ?- Avis
n°2024-16 du 25 avril 2024 (5e avis)
Quatre avis d'autorité environnementale ont déjà été émis
sur la Zac « Inspira » sur les communes de Salaise-sur-Sanne
et Sablons, en Isère (38) ou ses opérations6.
L?étude d?impact mise à jour est présentée à l?appui des de-
mandes d?autorisations environnementales pour l?aménage-
ment du secteur nord de la Zac, pour l?installation classée
pour la protection de l?environnement Floor to Floor, ainsi
que pour le dossier d?exécution de l?extension ferroviaire et
le projet Hympulsion.
L?Ae note que le dossier est complété sur de nombreux volets
et tient désormais compte du projet de territoire pour la
gestion de l?eau. D?autres questions concernent le traitement
de la multimodalité (route/fleuve/fer) pourtant au coeur du
projet et l?artificialisation des sols. Elle invite à préciser les
responsabilités et engagements des différents maîtres d?ou-
vrage en matière de compensation des incidences sur les
espèces et les milieux naturels, et d?accroître la pérennité
des mesures compensatoires.
Zone d?aménagement concerté Garonne Eiffel sur les com-
munes de Bordeaux et Floirac (33) - Avis n°2024-79 du 24
octobre 2024 (4e avis)
L?Ae rend un quatrième avis sur la Zac Garonne Eiffel (un des
secteurs d?aménagement de l?opération d?intérêt national
Bordeaux-Euratlantique).
L?Ae note que le caractère parfois daté des éléments de
l?étude d?impact, des lacunes parfois importantes pour de
nombreuses thématiques (bruit, mobilités, inondations?) et,
compte tenu de l?état d?avancement du projet, la nécessité
de précisions sur le contenu du projet, son calendrier, ses
incidences et les mesures adoptées, en particulier pour les
opérations déjà réalisées ou en cours de réalisation. L?Ae re-
commande de consolider l?état initial, notamment concer-
nant les zones humides, la biodiversité, les inondations ou
la qualité de l?air. D?une façon générale, le dossier présente
le paradoxe de s?appuyer sur du génie urbain conventionnel
pour la gestion des eaux (qui reste à préciser sur les inonda-
tions) pour la construction d?une ville-éponge (biodiversité
notamment commune, gestion des eaux pluviales et des
inondations, trame verte).
Actualisation de l?étude d?impact de la Zac de la Part-Dieu
Ouest à Lyon (69) - Avis n°2024-42 du 16 mai 2024
L?Ae a été interrogée sur la nécessité d?actualiser l?étude
d?impact de la zone d?aménagement concertée (Zac) de la
Part-Dieu Ouest à Lyon (69) à l?occasion de la procédure de
demande de déclaration d?utilité publique de l?îlot Milan.
Au regard des informations communiquées, l?Ae a considéré
qu?il n?était pas nécessaire d?actualiser l?étude d?impact.
6.
Avis préfectoral du 27 septembre 2013
Avis MRAe n° 2017-ARA-AP-00482 du 20 février 2018
Avis Ae n° 2019-64 du 10 juillet 2019
Avis Ae n° 2021-019 du 5 mai 2021
72 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 73
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/les-avis-rendus-en-2021-a3212.html#H_Seance-du-5-mai-2021
https://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/20180208-avisae_inspira_delibere-1.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/20190708_plateforme_cnr-gca_sur_zac_inspira_delibere_cle738491.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/210505_inspira_38_delibere_cle1f7e88.pdf
Les autres projets d?aménagement
Création et l?exploitation du centre de données informa-
tiques Dugny Digital Hub sur la commune de Dugny (93)
- Avis n°2024-08 du 11 avril 2024
Le projet Dugny Digital Hub (41 500 m² d?emprise au sol) a
pour objet la création de trois centres de données sur un an-
cien terrain militaire en limite de l?aéroport du Bourget. Il né-
cessite notamment un poste de transformation électrique,
deux lignes électriques souterraines d?une longueur totale
de 28 km, 108 groupes électrogènes pour l?alimentation de
secours, d?une puissance cumulée de 814 MWth (mégawatts
thermiques) et des batteries pour une puissance électrique
cumulée maximale de 283 MW. Une demande de dérogation
au titre des espèces protégées est nécessaire.
Dans son avis du 11 avril 2024 (n°2024-08), l?Ae souligne la
nécessité de compléter l?étude d'impact sur de nombreux
points : analyser les effets du projet en termes d?îlot de
chaleur urbain, corriger et compléter la partie consacrée
aux rejets d?oxydes d?azote (NOx), compléter le périmètre
du projet (en y intégrant les infrastructures numériques, la
double liaison de 20 kV prévue et les équipements infor-
matiques qui seront hébergés), finaliser des engagements
permettant la récupération d?une partie significative de la
chaleur fatale, démontrer l?absence de perte nette de bio-
diversité, approfondir l?analyse des émissions de GES par le
projet en construction et en exploitation ainsi que celle des
effets cumulés et revoir les mesures de suivi des pollutions
atmosphériques et sonores. L?Ae recommande d?inclure dans
l?arrêté d?autorisation une condition visant à fortement limi-
ter les rejets de polluants atmosphériques liés à l?utilisation
des groupes électrogènes.
Opération de construction d?un cantonnement sur le labo-
ratoire souterrain de recherche de l?Andra à Bure (55) - Avis
n°2024-17 du 25 avril 2024
L?Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs
(Andra), qui exploite depuis plus de 20 ans un laboratoire de
recherche sur le stockage souterrain de déchets radioactifs à
Bure dans la Meuse, envisage la réalisation de constructions
supplémentaires en surface pour héberger l?unité de gen-
darmerie mobile présente sur le site, ainsi que la transfor-
mation d?un bâtiment existant en local informatique. L?Ae
note que dans l?ensemble, les incidences du site sont faibles
et traitées par des mesures appropriées. Elle recommande
néanmoins de compléter le dossier sur différents aspects
tels que le suivi des eaux de ruissellement des verses et des
eaux aux points de captage AEP ou encore de présenter dans
l?étude d?impact l?estimation des émissions de GES liées à la
phase de construction de l?opération. Elle recommande par
ailleurs d?examiner la pollution lumineuse provoquée par les
nouveaux bâtiments afin de mettre en place des mesures de
réduction adaptées aux espèces installées dans cette partie
du site.
Réaménagement du pôle gare de Noisy-le?Sec (93) ? Avis
n°2024-19 du 16 mai 24
Le projet d?aménagement du pôle gare de Noisy-le-Sec vise
à adapter la gare qui connaît déjà des difficultés dans son
fonctionnement, alors que sa fréquentation pourrait aug-
menter de 78 % d?ici 2035 en raison du renforcement et de
l?évolution de l?offre de transports en commun. Le dossier
est soumis à l?avis de l?Ae dans le cadre d?une demande de
déclaration d?utilité publique.
Dans son avis du 16 mai 2024 (n°2024-19) l?Ae souligne que le
dossier et son évaluation environnementale sont de qualité
et permettent de bien appréhender les enjeux du projet,
dans l?ensemble bien traités. Le projet permettra à la gare de
faire face à l?augmentation du trafic, de développer l?inter-
modalité, et de faciliter les mobilités actives vers la gare et
plus largement dans le quartier. En exploitation les impacts
résiduels seront faibles ou positifs.
L?ampleur et la durée du chantier amènent cependant l?Ae à
recommander d?anticiper ses effets. Elle recommande aussi
d?étudier les moyens de réduire les émissions de GES de la
phase de construction, de préciser la prise en compte des
effets du changement climatique pour l?ensemble du projet
et d?articuler les aménagements prévus pour les mobilités
actives avec les projets envisagés par les collectivités à une
échelle plus large.
Réalisation d?un quai d?amarrage de bateaux porte-conte-
neurs à Village-Neuf (68) et mise en compatibilité du plan
local d?urbanisme ? Avis n°2024-29 du 13 juin 2024
L?Ae a été saisie d?un projet portant sur la création d?un quai
d?amarrage de bateaux porte-conteneurs de 6 750 m² dans
le lit mineur du Rhin sur le port de Huningue Village-Neuf
(68) et d?une plateforme de 2 ha au droit du futur quai (en
partie déjà construite) pouvant accueillir des matériaux en
vrac puis, dans un second temps, des conteneurs.
Dans son avis du 13 juin 2024 (n°2024-29), l?Ae souligne que
la description de plateforme trimodale (train, route, fleuve)
reste à compléter dans le dossier. Celui-ci soufre d?incohé-
rences internes résultant d?une élaboration faite au fil de
l?eau sur plusieurs années et comprend des parties qui ne
sont plus d?actualité.
L?étude d?impact omet de présenter le scénario de référence,
qui doit décrire l?évolution la plus probable en l?absence de
projet. Les impacts du projet sont le plus souvent évalués
en comparant l?état initial actuel et l?état futur avec projet,
ce qui est un biais méthodologique. L?Ae recommande de
reprendre ce point fondamental de l?évaluation environ-
nementale et d?actualiser en conséquence l?étude d?im-
pact (trafic, bruit, pollution de l?air, émissions de GES etc.).
D?autres recommandations sont émises, notamment pour
prendre en compte les risques technologiques eu égard à la
proximité de plusieurs installations industrielles.
74 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 75
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Projet de rénovation urbaine des quartiers « Puits-la-Marlière
» et « Derrière-les-Murs-de- Monseigneur » à Villiers-le-Bel
(95) ? Avis n°2024-60 du 26 septembre 2024
L?opération d?aménagement urbain des quartiers « Puits-la-
Marlière » (PLM) et « Derrière- les- Murs- de- Monseigneur »
(DLM) à Villiers-le-Bel (95) s?insère dans le cadre du Nouveau
programme national de renouvellement urbain (NPNRU),
lancé en 2014, qui doit contribuer à une transformation pro-
fonde des quartiers prioritaires de la ville (QPV).
L?Ae souligne un manque de lisibilité du dossier en raison
de la grande complexité de l?articulation de ces différentes
opérations. L?évaluation environnementale ne présente pas
les variantes et l?exposé des effets cumulés ne prend pas en
compte certaines opérations structurantes pour le projet,
comme la réalisation d?un bus à haut niveau de service. L?état
initial reste à réaliser pour les émissions de GES.
D?une façon générale, l?Ae recommande de renforcer la qua-
lification et la quantification des incidences et d?en déduire
les mesures d?évitement, de réduction et le cas échéant, de
compensation. Elle souligne, par exemple, que dans un envi-
ronnement soumis aux nuisances de l?aéroport Charles-de-
Gaulle, les incidences acoustiques de toutes les modifica-
tions du réseau de voirie sont à reconsidérer pour s?assurer
de l?absence de création de points noirs de bruit et, sinon,
d?en déduire les mesures ad hoc.
Requalification urbaine du quartier de l?Esplanade à Gre-
noble (38) - Avis n° 2024-81 du 10 octobre 2024 (2ème avis)
Le projet de requalification du quartier de l?Esplanade à Gre-
noble (38), dont la durée de la phase travaux est estimée
à 15 ans, comporte plusieurs opérations articulées autour
des questions de déplacements, de gestion d?énergie et de
réduction des nuisances.
L?Ae relève que l?étude d?impact est bien présentée et di-
dactique. Réalisée pour la première opération du projet
Grande Esplanade, elle a été complétée et adaptées aux
évolutions du projet après un premier avis de l?Ae de juillet
2021 et apporte des réponses globalement satisfaisantes aux
précédentes remarques de l?Ae. Des actualisations seront
nécessaires à l?occasion des prochaines phases de réalisation
du projet, notamment pour ce qui concerne l?évolution des
trafics.
Aménagement du domaine viticole de Château Léoube
- plantation de vignes et oliveraie - à Bormes-les-Mimosas
(83) ? Avis n°2023-117 du 11 janvier 2024
Le domaine viticole de Château Léoube à Bormes-les-Mimo-
sas est inclus dans le site classé du « Cap Bénat ». Les aména-
gements projetés, qui portent sur une surface totale de 38,1
ha, s?inscrivent dans le cadre d?un schéma d?aménagement
validé en 2000 par la commission départementale de la na-
ture, des paysages et des sites.
Les parties de l?étude d?impact relatives à l?analyse paysagère
sont bien traitées. L?Ae relève toutefois une incomplétude de
la séquence éviter, réduire, compenser liée, pour certaines
espèces, à l?absence d?évaluation des impacts résiduels,
après mesures d?évitement et de réduction. Elle relève que
l?ensemble des surfaces mobilisées dans l?opération d?amé-
nagement et comptées dans le plan de gestion écologique
n?ont pas été incluses dans l?aire d?étude et que certaines thé-
matiques environnementales (ressource en eau, émissions
de GES devraient être traitées de façon plus complète. L?Ae
émet plusieurs recommandations afin d?améliorer le dossier
qui devrait démontrer que le projet n?affecte pas des espèces
protégées.
Campus hospitalo-universitaire Grand Paris Nord à Saint-
Ouen-sur-Seine (93) ?? Avis n°2024-102 du 21 novembre 2024
(2e avis)
Le campus hospitalo-universitaire Saint-Ouen Grand Paris
Nord (CHUSOGPN), qui vise à rééquilibrer l'offre hospitalière
et universitaire au profit du nord francilien et à regrouper
sur un même site des activités de soin, d?enseignement et
de recherche a fait l?objet d?un premier avis de l?Ae délibéré
le 21 avril 2021 au stade de la déclaration d?utilité publique
et de la mise en compatibilité du plan local d?urbanisme
intercommunal de Plaine Commune.
Le contenu du volet hospitalier est désormais bien défini
mais certains aspects, notamment de gestion des eaux plu-
viales et usées, restent à approfondir. Celui du volet univer-
sitaire est encore au stade d?esquisse. L?Ae conclut en consé-
quence qu?elle n?aurait pas dû être ressaisie à ce stade en
raison du caractère inabouti du dossier d?étude d?impact.
Sa principale recommandation vise donc à conduire les
maîtres d?ouvrage à compléter et actualiser l?étude d?impact.
L?Ae devra être saisie à nouveau sur cette base à l?occasion
de toute autorisation à venir relative au projet.
Il convient de noter que l?Ae a appris, après avoir rendu son
avis, que des compléments avaient été demandés et que la
procédure d?instruction de l?autorisation était suspendue.
Construction du centre pénitentiaire « Angers ? Les Landes
» et la mise en compatibilité du plan local d?urbanisme in-
tercommunal et de l?habitat d?Angers Loire Métropole et du
schéma de cohérence territoriale Loire Angers (49) ? Avis
n°2024-05 du 25 avril 2024
L?Ae est saisie pour avis d?un projet de nouvel établissement
pénitentiaire de 850 places sur les communes de Loire-Au-
thion et Trélazé dans le Maine-et-Loire (49), à une dizaine de
kilomètres d?Angers qui a pour objet de remplacer la maison
d'arrêt d?Angers, vétuste et surpeuplée.
Le dossier ne présente qu'un schéma de principe des implan-
tations et ne décrit aucun des aménagements nécessaires
au fonctionnement de la future maison d?arrêt. L?analyse
des solutions de substitution est sommaire. Au stade de la
demande de déclaration d'utilité publique et de la mise en
compatibilité des documents d'urbanisme, le dossier est
insuffisant à la bonne information du public sur le projet
d?ensemble.
L'étude d'impact s'en ressent. Si la présentation de l'état ini-
tial des milieux naturels est convenable, l'appréciation des
incidences est incomplète à bien des égards (déplacements,
consommation énergétique, émissions de GES, prise en
compte du changement climatique...). La démarche "éviter,
réduire, et, à défaut, compenser" n'a pu être conduite correc-
tement, les mesures de compensation n'étant par exemple
pas même décrites.
L'Ae émet plusieurs recommandations parmi lesquelles celles
de revoir le périmètre du projet pour y intégrer l'ensemble
des composantes nécessaires à son fonctionnement, et de
reprendre intégralement l'étude d'impact, qui sera alors sou-
mise à un nouvel avis de l'Ae en amont de toute procédure
de consultation du public.
76 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 77
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Parc Grand Ouest, à Argentré et Bonchamp-lès-Laval (53) ?
Avis n°2024-71 du 12 septembre 2024
Parc Grand Ouest est un parc d?activités industrielles, logis-
tiques, agricoles et alimentaires, initié en 2007 et implanté
sur 150 ha de terrains agricoles et naturels au nord-est de La-
val, sur les communes d?Argentré et de Bonchamp-lès-Laval.
Le projet, qui comporte la création d?un échangeur sur l?auto-
route A81 assurant l?accès au parc, a significativement évolué
du fait de la démarche d?évitement conduite depuis 2019
par la maîtrise d?ouvrage. Dans son avis du n°2024-71 du 12
septembre 2024, l?Ae souligne que les enjeux environnemen-
taux du projet seront à préciser dès que les types d?activités
au sein du parc d?activité seront mieux définis. L?étude d?im-
pact est à compléter de l?évaluation de leurs incidences. À
ce stade, en effet, l?Ae recommande de mieux justifier les
choix effectués, en particulier de préciser les besoins aux-
quels répond le projet et d?intégrer les critères « consom-
mation d?espaces agricoles et naturels » et « artificialisation
des sols » dans ces choix.
L?Ae émet d?autres recommandations telles que clarifier les
types d?activités pour lesquels le projet est engagé ou en-
core, par exemple, dresser la liste de l?ensemble des mesures
d?évitement, réduction et compensation annoncées dans
le dossier comme devant y être inscrites, la compléter pour
les enjeux environnementaux actuellement sous-évalués et
s?engager explicitement à les inscrire en tant que prescrip-
tions contractuelles. L?Ae recommande aussi de justifier, dans
le cadre du changement climatique, le choix d?une pluie de
période de retour décennale pour dimensionner le dispositif
de gestion des eaux pluviales et, le cas échéant, de le recons-
idérer, ainsi que d?intégrer la raréfaction de la ressource en
eau dans la conception du projet. Enfin, l?Ae recommande de
produire un bilan carbone complet du projet et d?identifier
les leviers pour l?améliorer. Aménagement d?une zone d?activité économique et d?un
site de production de ballons dirigeables à Laruscade (33)
- Avis n° 2024-87 du 24 octobre 2024 (2e avis)
L?Ae a été saisie d'un projet de zone d'activité économique
(ZAE) de 75 ha à Laruscade (33) dont l?objet est d'accueillir
une usine de fabrication de dirigeables destinés au transport
de fret lourd avec chargement et déchargement en vol sta-
tionnaire sans pose au sol du dirigeable.
Ce projet de nouvelle filière industrielle, initié par la société
Flying Whales, et auquel de nombreux partenaires publics
et privés se sont associés, est intéressant dans le cadre de la
transition énergétique.
Le principal problème posé par ce dossier est le lieu d'im-
plantation envisagé pour la ZAE.
Il s?agit en effet d?une zone humide de grande dimension que
le dossier qualifie de particulièrement fonctionnelle sur le
plan de la biodiversité (diversité des cortèges et espèces ob-
servées ; patrimonialité (nombre de ces espèces sont rares et
ou menacées, souvent protégées) ; qualité et fonctionnalité
des milieux (réalisation de l?ensemble du cycle de vie sur site
pour la plupart des espèces citées). Elle est en outre consti-
tuée de secteurs complémentaires dans leurs fonctionna-
lités. Cette zone humide constitue par ailleurs un corridor
écologique important et reconnu comme tel pour plusieurs
espèces protégées et jouxte deux zones Natura 2000.
Le dossier transmis à l'Ae correspond à l'actualisation (avril
2024) de l'étude d'impact sur laquelle portait le 1er avis de
l'Ae (n°2023-100) rendu le 19 octobre; malgré des avancées
indéniables sur la gestion des eaux pluviales et de ruisselle-
ment et sur les démarches de recherche de nouveaux sites
de compensation, le dossier met en évidence l'importance
des atteintes aux milieux naturels et aux espèces protégées,
qu?il continue cependant de sous-estimer significativement.
Pour l?Ae, « eu égard à la richesse particulière de ces milieux
naturels, les compensations à hauteur de la dette écologique
que générerait le projet de ZAE, ne sont à ce stade pas at-
teintes et ne paraissent pas atteignables ; le projet ne saurait,
par conséquent, être autorisé en l?état (article L. 163-I du
code de l?environnement) ».
Dès lors, l?Ae recommande principalement de rechercher,
avec le concours de la DGAC, une autre localisation pour
le projet.
78 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 79
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Les projets d?aménagement à Mayotte
L?Ae a été saisie par l?établissement public foncier d?amé-
nagement de Mayotte (Epfam) de plusieurs projets de Zac
à Mayotte, conçus avant le cyclone Chido du 14 décembre
2024 qui a provoqué des destructions considérables sur
toute l?île, et dont les conséquences ne sont évidemment
pas prises en compte dans ces projets et dans les avis cor-
respondants de l?Ae.
Zone d?aménagement concerté (Zac) de Doujani sur la com-
mune de Mamoudzou, à Mayotte (976) - 2e avis - Avis n°2024-
38 du 13 juin 2024
L?Ae est saisie une seconde fois sur le projet de Zac de Dou-
jani, dans (partie sud de la commune de Mamoudzou).
Le projet nécessite la mise en compatibilité du plan local
d?urbanisme de la commune. L?Ae souligne que le maître
d?ouvrage développe un projet de Zac intégré prenant en
compte l?ensemble des facteurs environnementaux qui per-
mettent de réduire les aléas auxquels sont soumis les popu-
lations habitantes et l?habitat indigne.
L?efficacité des aménagements prévus en particulier pour la
gestion des eaux de surface et de leur pérennité constituant
un des enjeux forts, l?Ae recommande d?inscrire l?analyse des
impacts du projet et l?efficacité des ouvrages et dispositifs
mis en place, dans une prise en compte du changement
climatique et dans la durée (engagements des collectivités
locales et les acteurs privés moyens dédiés) avec mise en
oeuvre d?un suivi robuste. L?Ae émet d?autres recommanda-
tions (prise en compte du bruit routier à son juste niveau,
intégration de l?exutoire de la rivière Doujani sur le littoral
dans ses analyses etc.).
Aménagement de la zone d?activités économiques (ZAE)
Malamani à Chirongui à Mayotte (976) et sur la mise en com-
patibilité du plan local d?urbanisme - Avis n°2023-56 du 25
janvier 2024
L?Ae a également été saisie d?un projet d?aménagement
d?une zone d?activités économiques (ZAE) sur la commune
de Chirongui (village de Malamani) dont l?objectif est de par-
ticiper à un rééquilibrage territorial en rapprochant l?emploi
de l?habitat.
L?étude d?impact est bien menée, avec une démarche « évi-
ter, réduire, compenser » maîtrisée. Parmi les recommanda-
tions de l?Ae, celles de mieux justifier le périmètre de la ZAE,
et notamment ses extensions en zones de risques naturels,
de renforcer la lutte contre les espèces exotiques envahis-
santes, de prévoir des mesures pour freiner ou stopper le
recul de la mangrove, de l?arrière-mangrove et des zones
humides.
Le projet n?étant pas compatible avec le plan d?aménage-
ment et de développement durable (PADD) de Mayotte en
vigueur, l?Ae recommande de publier le schéma d?aménage-
ment régional (Sar) au plus vite afin de clarifier la situation
réglementaire compliquée que rencontrent les acteurs de
l?aménagement à Mayotte.
Réalisation de la zone d?aménagement concerté (Zac) Mji-
ni-Héritage et mise en compatibilité du PLU de la commune
de Bandrélé (976) ? Avis n°2024-91 du 5 décembre 2024
L?Ae a été saisie du dossier de réalisation d?une Zac de 27 ha
à Bandrélé (sud de Mayotte) qui prévoit la création d?envi-
ron 696 logements, des écoles, des équipements culturels et
sportifs. Pour l?Ae, en l?absence de schéma d?aménagement
régional (Sar), le dossier devrait mieux expliquer comment
ont été définis le dimensionnement et les choix d?implan-
tation de Zac.
Le dossier de réalisation de la Zac prend correctement en
compte les risques naturels, prégnants mais écarte en re-
vanche trop rapidement les autres sujets environnementaux
qui présente des enjeux non négligeables.
Les mesures d?évitement, de réduction et de compensation
des impacts sur la biodiversité doivent être renforcées pour
tenir compte du fait que le projet va affecter des terrains
où se pratique aujourd?hui une agroforesterie extensive, où
la biodiversité a toute sa place et où ont été reconnues plus
de 20 espèces protégées d?oiseaux ou de reptiles. L?étude
paysagère, comme celles sur le bruit, l?air ou les transports
sont à compléter.
80 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 81
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Zac « Écoparc des Badamiers » à Dzaoudzi-Labattoir (976)
- Avis n°2023-58 du 25 janvier 2024 (2e avis)
L?« Écoparc des Badamiers », sur la commune de Dzaoudzi-La-
battoir (Petite-Terre) est une Zac à dominante économique
présentant une mixité fonctionnelle dont l?objectif est de
pallier le manque d?activités économiques dans le secteur de
la pointe des Badamiers. Le dossier est présenté à l?occasion
de la demande d?autorisation environnementale nécessaire
à la réalisation de la Zac.
La majorité des recommandations de l?Ae formulées dans
son 1er avis ont fait l?objet d?une prise en compte même si
certaines d?entre-elles, majeures, restent en suspens, telles
qu?élargir l?étude d?impact à l?ensemble des opérations pré-
vues sur le secteur (appontement, station de traitement des
eaux usées ? STEU -, évolution de la centrale thermique des
Badamiers?) ou nécessitent de renforcer très significative-
ment les mesures d?évitement, de réduction et de compen-
sation pour ramener les impacts résiduels sur la faune, la flore
et les habitats naturels à un niveau négligeable. L?analyse de
certaines incidences du projet (en matière d?écoulement des
eaux, d?emports de matières en suspension dans le lagon
ou de protection du lycée de la mer contre les inondations)
doivent être renforcées.
Les projets d?aménagement en Guyane*(cf Zoom)
L?Ae a été saisie à plusieurs reprises par l?Établissement pu-
blic foncier et d?aménagement de Guyane (EPFAG) de divers
projets de Zac situés dans l?opération d?intérêt national (OIN)
qui porte sur 24 sites autour des principaux pôles urbains
de Guyane : Cayenne, Kourou, et Saint-Laurent-du-Maroni.
Opération d?intérêt national (OIN) n° 2 ? Tigre-Maringouins,
première phase opérationnelle : Zac 1 à Cayenne (973) ?Avis
n°2024-04 du 21 mars 2024 (2e avis)
L?Ae a été saisie de la demande d?autorisation environne-
mentale et de la déclaration d?utilité publique d?une zone
d?activité concertée, concernant le site numéro 2 de l?OIN
sur la commune de Cayenne en Guyane. L?étude d?impact
présentée porte sur l?OIN 2, mais se concentre sur la Zac
1 (le projet est scindé en deux Zac). Le projet porte sur la
construction d?un « écoquartier » (notamment 1 234 loge-
ments, des équipements, des services, des commerces, un
groupe scolaire...), desservi par deux arrêts du transport en
commun en site propre (TCSP) actuellement en chantier.
L?étude d?impact est bien présentée et repose sur une mé-
thodologie solide et des analyses et études fouillées.
Parmi les recommandations de l?Ae, celle d?actualiser le dos-
sier sur plusieurs points (intégrer les plans et programmes
à jour, les informations sur l?avenir de la décharge des Ma-
ringouins et de la carrière de Cabassou), de développer les
raisons, notamment environnementales, ayant conduit à ne
pas éviter le remblai et l?aménagement d?une zone humide
et inondable, en clarifiant les conséquences du projet sur les
inondations et la manière dont l?opération va s?articuler avec
la révision du PPRI en cours.
L?Ae recommande également de garantir l?intégrité des mi-
lieux naturels sensibles pendant toute la durée du projet,
mieux justifier la hiérarchisation des incidences sur les milieux
naturels et, à défaut, reprendre à la hausse leur qualifica-
tion. L?Ae souligne l?intérêt de mettre en place des obliga-
tions réelles environnementales (ORE), et d?augmenter très
significativement le taux des mesures de « compensation »,
en recherchant des terrains sur lesquels des travaux de re-
naturation apporteraient une plus-value écologique ou une
protection effective face à des pressions avérées. Enfin, l?Ae
recommande de conditionner la livraison des logements à
la mise à l?arrêt de la décharge, privilégier la réduction du
bruit routier à la source, éviter et réduire les vibrations afin
de les ramener à un niveau compatible avec la tranquillité
des futurs habitants et usagers des équipements sensibles.
82 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 83
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Opération d?intérêt national (OIN) n° 5 ? Cogneau-Lari-
vot, création et réalisation d?une Zac à Matoury (973) Avis
n°2024-24 du 16 mai 2024
L?Ae a été saisie au stade de la demande de déclaration d?uti-
lité publique et de l?autorisation environnementale d?un pro-
jet de zone d?aménagement concerté (Zac) de 47 ha sur la
commune de Matoury en Guyane (site numéro 5 de l?OIN).
L?étude d?impact et ses nombreuses annexes sont disparates
et ne reposent pas toujours sur les mêmes hypothèses. L?en-
semble présente des lacunes sur des sujets importants (bruit,
pollutions, santé) et sur les effets de la création de voiries.
L?Ae émet plusieurs recommandations : nécessité pour
l?étude d?impact de traiter des incidences environnemen-
tales de toutes les opérations faisant partie du projet, com-
pléter l?étude des risques sanitaires (importantes pollutions
des sols sur certains secteurs), garantir que des solutions
efficaces pour protéger la santé humaine seront mises en
oeuvre, en absence de filières dédiées aux terres polluées
en Guyane, ou encore compléter certaines études (acous-
tique, de trafic). Elle recommande de phaser le projet avec
la réalisation d?aménagements routiers visant à réduire la
congestion. Concernant les atteintes aux habitats naturels,
à la faune et à la flore, l?Ae recommande de mieux décrire la
compensation prévue et d?en renforcer l?ambition. L?étude
d?impact montre que les travaux de la Zac, ceux du pont du
Larivot et de la centrale du Larivot produiront des incidences
négatives cumulées. L?Ae recommande de prévoir des me-
sures pour réduire celles-ci.
Opération d?intérêt national (OIN) n° 22 ? Zac Margot, Saint-
Laurent-du-Maroni (973) - Avis n°2024-105 du 10 octobre 2024
L?Ae a été saisie à l?occasion de la demande d?autorisation
environnementale permettant la création et la réalisation
d?une zone d?aménagement concerté (Zac) de 150 ha sur la
commune de Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, site n° 22
de l?OIN (« OIN 22 »). La Zac Margot, a pour objectif principal
d?accueillir de l?activité économique, un palais omnisport,
une école, et environ 500 logements et un centre judiciaire
et pénitentiaire. Le dossier présenté traite de la première
phase de cette Zac, sur une zone mixant actuellement des
zones naturelles (forêt et crique), des zones agricoles, et des
zones d?habitat informel dispersé. L?OIN Margot fait partie
d?un ensemble de trois OIN sur le territoire de Saint-Laurent-
du-Maroni, très proches les unes des autres. L?Ae souligne
que les trois OIN ne peuvent être créées que sous condition
de la mise en service d?un service de transport en commun.
L?opération de construction d?un pôle judiciaire et péni-
tentiaire fait l?objet d?une demande d?autorisation environ-
nementale indépendante, d?une étude d?impact et d?une
dérogation à l?interdiction de destruction d?espèces proté-
gées spécifiques. L?Ae recommande qu?une étude d?impact
unique soit présentée, cette opération et la réalisation de la
Zac relevant d?un même projet au sens du code de l?environ-
nement. L?Ae recommande également de compléter la pré-
sentation des mesures ERC pour l?ensemble des champs thé-
matiques susceptibles d?être concernés par des incidences
environnementales, au-delà de la biodiversité.
Les projets de Zac (et plus largement d?aménagement urbain)
font souvent ressortir des problématiques communes ou au
moins assez fréquentes (sans que la liste soit exhaustive) :
? l?actualisation des études d?impact au stade des phases de
réalisation de la Zac ou d?autorisation environnementale,
quand le projet est mieux défini, ou lors d?évolutions des
projets est parfois insuffisante, alors qu?une étude de ses in-
cidences et un traitement adéquat sont possibles. De telles
insuffisances de l?actualisation se rencontrent par exemple
pour la Zac Garonne Eiffel à Bordeaux ou la Zac Cambacé-
rès à Montpellier alors que l?étude d?impact actualisée de
la Zac Dame Blanche Nord à Garges-lès-Gonesse, de la Zac
de l?éco-quartier du fort d?Aubervilliers ou celle du quartier
Esplanade à Grenoble ont permis un approfondissement et
des évolutions notables de la prise en compte des enjeux
environnementaux ;
? la thématique de la biodiversité, y compris ordinaire, et de
la nature en ville, est de plus en plus appréhendée par ces
projets urbains, comme par exemple pour la Zac du Bas
Clichy à Clichy-sous-Bois mais peut rester insuffisamment
traitée, l?Ae étant amenée à formuler des recommanda-
tions par exemple sur la prise en compte de la biodiversité,
de l?évolution des corridors boisés, des effets cumulés (cas
par exemple du projet Noisy Pôle Gare à Noisy-Champs),
? le changement climatique est pris en compte de manière
plus approfondie au travers de bilans d?émissions de gaz à
effet de serre, établis en analyse de cycle de vie, souvent
assez précis, mais d?une part ces bilans ne sont pas toujours
de qualité homogène, et d?autre part les plans d?actions
pour améliorer ces bilans sont encore souvent peu précis.
De même pour l?adaptation au changement climatique on
peut commencer à rencontrer des traitements précis (cas
des îlots de chaleur urbains dans la Zac Dame Blanche Nord
par exemple) mais le sujet reste largement à approfondir
par l?ensemble des responsables chargés de planification.
Les quelques dossiers d?aménagement de zones d?activité
économique examinés par l?Ae sont très divers mais font sou-
vent ressortir l?importance de l?enjeu de l?évitement, dès la
conception des projets et aussi dès le choix du site, des prin-
cipales zones sensibles en termes d?enjeux naturels. Le projet
de Parc Grand Ouest, à Argentré et Bonchamp-lès-Laval en
Mayenne a ainsi beaucoup évolué depuis 2019 du fait de la
démarche d?évitement conduite par le porteur de projet,
tandis que le deuxième avis de l?Ae sur le projet de zone d?ac-
tivités dédiée à la filière dirigeables à Laruscade en Gironde
n?a pu que constater que, malgré l?amélioration sensible du
dossier et des études fournies, les incidences liées à l?implan-
tation du site sur un site riche en biodiversité et largement
en zone humide restaient non compensées à ce stade de
présentation du projet.
84 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 85
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Aménagements fonciers agricoles, forestiers et environne-
mentaux (Afafe)
L?Ae a rendu trois avis concernant sept Afafe.
Aménagement foncier agricole, forestier et environnemen-
tal (Afafe) de Toulon-sur-Allier lié aux travaux sur l?A79-RCEA
(03) ? Avis n°2024-15 du 11 avril 2024
L?Ae a rendu le 11 avril 2024 un avis (n°2024-15) sur le projet
d?aménagement foncier, agricole, forestier et environnemen-
tal (Afafe) de Toulon-sur-Allier. L?Afafe, qui porte sur 316 ha,
est une conséquence de l?aménagement de la route Centre
Europe Atlantique (RCEA) à 2x2 voies, aménagée en auto-
route sur les 88,45 km séparant Sazeret (03) et Digoin (71) et
devenue l?A79.
Le secteur a déjà été remembré à plusieurs reprises. L?Ae
émet plusieurs recommandations notamment celle de re-
considérer l?abattage des arbres isolés anciens et de privi-
légier l?évitement, de compléter le projet par des mesures
apportant des fonctionnalités compensant la destruction
des haies (120 m de haie arrachée dans un secteur qui ne dis-
pose déjà plus de beaucoup de haies et d?arbres isolés), et par
des mesures de maintien pérenne des prairies permanentes.
Elle recommande aussi de justifier la cohérence et la complé-
mentarité entre les mesures environnementales des travaux
routiers et celles des travaux connexes de l?Afafe comme de
mieux justifier certains travaux d?irrigation dans des zones
humides, d?analyser leurs conséquences et d?en déduire si
besoin des mesures d?évitement, de réduction ou de com-
pensation complémentaires7 . Enfin, l?Ae recommande de
présenter l?évolution des surfaces irriguées et de celles en
prairies avant et après les travaux connexes, d?allonger la
durée du suivi des plantations et de prévoir si besoin des
mesures correctives.
Aménagement foncier, agricole, forestier et environnemen-
tal (AFAFE) de Ligny-en-Barrois lié à la déviation de la RN 135
à Velaines (55) ? Avis n°2023-33 du 13 juin 2024
L?Ae est saisie du dossier d?Afafe de Ligny-en Barrois, sous maî-
trise d?ouvrage du Département de la Meuse, afin de réduire
les désordres et les dommages au parcellaire agricole et les
dommages environnementaux provoqués par l?emprise de
l?aménagement routier de la RN 135 (mise à 2x2 voies de la
section comprise entre Longeville-en-Barrois et Ligny-en-Bar-
rois). Un précédent avis avait été émis le 6 juillet 2023 sur
les deux premiers Afafe de ce projet routier, portant sur les
communes de Velaines et Nançois-sur-Ornain.
L?Ae rappelle que le projet routier et les trois Afafe sont
constitutifs d?un même projet.
L?Ae émet plusieurs recommandations parmi lesquelles celle
d?identifier les suppressions potentielles de boisements et
de haies et prévoir, le cas échéant, des plantations compen-
satoires, de fournir les résultats du suivi environnemental des
aménagements routiers déjà réalisés, de compléter les in-
ventaires de la faune pour couvrir le périmètre de cet Afafe
et d?inclure dans les défrichements à compenser ceux qui
seront induits par les Afafe après les travaux connexes.
Actualisation de l?aménagement foncier agricole, forestier
et environnemental (Afafe) de Stutzheim-Offenheim, Ding-
sheim, Griesheim-sur-Souffel et Hurtigheim et sur les Afafe
de Truchtersheim, Lampertheim, Pfulgriesheim et Schner-
sheim, Ittenheim, Handschuheim et Achenheim, - Ernol-
sheim-Bruche, Breuschwickersheim et Kolbsheim, Venden-
heim, Bietlenheim, Geudertheim, Hoerdt et Weyersheim
tous liés au contournement ouest de Strasbourg (67) - Avis
2024-68a et 68e du 24 octobre 2024
L?Ae a été amenée à se prononcer le 24 octobre 2024 (2024-
68a et 68 e) sur cinq Afafe8 qui visent à remédier aux effets
du prélèvement de surfaces agricoles et forestières liés à la
réalisation du contournement ouest de Strasbourg (COS)
constituant désormais l?autoroute A355. Les cinq Afafe
concernent un total de 10 362 ha et comportent chacun
une restructuration parcellaire et un programme de travaux
connexes.
Si le COS a artificialisé 347 ha, les Afafe créent 49 km de
chemins et en détruisent 100 km (remis en terre), produisant
pour l?ensemble des Afafe un bilan positif de désartificiali-
sation nette de 15,47 ha. L?Ae note que dans l?ensemble, la
démarche « éviter, réduire, compenser » (ERC) a été bien me-
née, et que l?évitement a été privilégié. La démarche comme
les dossiers sont de qualité.
L?Ae émet néanmoins quelques recommandations pour en-
courager la Collectivité européenne d?Alsace (CeA) à pour-
suivre sa démarche positive. L?Ae émet également quelques
recommandations plus spécifiques sur certains des Afafe.
7.
Le mémoire en réponse a pris en compte certaines des recommandations
puisqu?il supprime l?arrachage de 7 arbres et le remplacement du comble-
ment du fossé par un curage et la pose de buses.
8.
L?un porte sur les communes de Stutzheim-Offenheim, Dingsheim, Grie-
sheim-sur-Souffel et Hurtigheim (1 813 ha), sur lequel l?Ae a déjà rendu un
avis (n° 2023-28) : https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/
pdf/23_06_22_afafe_stutzheim_delibere__cle59d27e.pdf. Les autres portent
sur Truchtersheim, Lampertheim, Pfulgriesheim et Schnersheim (3 120
ha), Ittenheim, Handschuheim et Achenheim (793 ha), Ernolsheim-Bruche,
Breuschwickersheim et Kolbsheim (1 117 ha) et Vendenheim, Bietlenheim,
Geudertheim, Hoerdt et Weyersheim (3 519 ha).
86 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 87
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/23_06_22_afafe_stutzheim_delibere__cle59d27e.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/23_06_22_afafe_stutzheim_delibere__cle59d27e.pdf
Les projets ayant trait à l?Énergie
Projets de création des postes électriques « Gallais-Rampeau
» et « Les Chevreaux » et leur raccordement au poste de Rom
(16, 79, 86) - Avis n°2024-95-96 du 21 novembre 2024
Les avis (n°2024-95-96) du 21 novembre 2024 portent sur deux
projets de création de postes électriques de transformation,
d?une capacité de 80 MW chacun, «Gallais Rampeau» et «Les
Chevreaux», portés par Réseau de transport d?électricité
(RTE), Enedis et SRD Energie Vienne, ainsi que sur la liaison
électrique de chacun d?eux, en 225 kV portée par RTE, au
poste de Rom. Ces projets s?inscrivent dans le cadre de la
mise en oeuvre du schéma régional de raccordement au ré-
seau des énergies renouvelables (S3REnR) de Nouvelle-Aqui-
taine.
L?Ae recommande de développer, dans l?étude d?impact,
l?analyse et la justification des choix effectués lors des pré-
cédentes étapes d?élaboration du projet, notamment dans
le cadre du S3REnR et de la concertation dite « Fontaine ».
Les différentes variantes possibles au stade de la réalisation
des projets doivent être mieux présentées. Certains endroits
où passent les lignes (traversées de cours d?eau, de haies, de
zones humides) sont insuffisamment identifiés dans le dos-
sier et de nombreuses mesures d?évitement et de réduction
sont renvoyées à des étapes ultérieures sans garantie de mise
en oeuvre effective adaptée aux enjeux identifiés.
Création de postes RTE (Foulventour) et Enedis (Saint-Hi-
laire-la-Treille) et raccordement à la ligne Éguzon-Plaud (87)
- Avis n°2024-83 du 10 octobre 2024
L?Ae a été saisie d?un dossier de demande d?autorisation en-
vironnementale avec mise en compatibilité des documents
d?urbanisme relatif à la construction sur la commune de
Saint-Hilaire-la-Treille (Haute-Vienne) d?un poste 400 kV/225
kV à relier à une ligne 400 kV existante et un poste 225 kV/20
kV.
Le dossier est de bonne qualité. Il présente cependant
quelques incohérences (inventaires, impacts) et manques
(mesures compensatoires non abouties à la date du dépôt,
mais en cours de finalisation). L?Ae émet plusieurs recom-
mandations visant à compléter le dossier sur l?état initial
(qualité de l?air, compatibilité avec plans et programmes liés
à l?eau, trafic), la quantification des impacts du chantier et
la justification des ouvrages de rétention des eaux pluviales.
Des recommandations portent également sur la demande
de dérogation relative aux espèces protégées affectées par
le projet, les mesures compensatoires, les impacts sur les
zones Natura 2000 et la prise en compte des effets cumulés
dans les mesures.
Projet « Val de Serre » de renforcement du réseau public de
transport d?électricité pour accueillir les énergies renouve-
lables à l?est de Laon (02) ? Avis n°2024-69 du 29 août 2024
Le projet Val de Serre, présenté par RTE et Enedis vise à ren-
forcer le réseau électrique de l?est de Laon (02), saturé. Dans
la zone de Lislet, un nouveau poste source 250 000/20 000
volts est prévu avec trois transformateurs de 80 MW chacun,
ainsi qu?une nouvelle liaison souterraine à 225 000 volts de
27 km jusqu?à un autre nouveau poste de transformation à
400 000/225 000 volts.
Dans son avis du 29 août 2024 (n°2024-69) l?Ae souligne
que l?étude d'impact est d?une manière générale de bonne
facture et proportionnée aux enjeux. Certains aspects mé-
ritent cependant d?être complétés ou mis à jour comme, par
exemple, l?état des lieux de la production existante d?EnR et
celle en projet. Le dimensionnement des postes est à justifier
sur ces bases et sur les capacités du territoire à accueillir ces
projets. Le périmètre de l?étude d?impact doit avec celui du
projet, l?aire d?étude élargie à celles des projets d?EnR qui
seront raccordés au poste du Thuel, les niveaux des impacts
et les mesures d?évitement et de réduction présentés étayés
par les retours d?expérience des postes et lignes déjà réali-
sés par la maîtrise d?ouvrage. L?Ae recommande de fournir
un bilan carbone complet du projet en s?appuyant sur les
mêmes bases.
Nouveau poste électrique de Flandre Maritime (59) ? Avis
n°2024-22 du 30 mai 2024
RTE a saisi l?Ae d?un dossier de demande de déclaration d?uti-
lité publique (DUP) pour la construction d?un nouveau poste
électrique dit « Flandre Maritime » à Saint-Georges-sur-l?Aa
(59) et pour les lignes électriques ainsi que d?un dossier de
demande d?autorisation environnementale (DAE) avec mise
en conformité des documents d?urbanisme (Mecdu). Le dos-
sier comprend une demande de dérogation à l?interdiction
de destruction de spécimens d?espèces protégées et de leurs
habitats.
Si le dossier comporte beaucoup d?informations, l?Ae dans
son avis du 30 mai 2024 (n°2024-22) relève que celles-ci sont
éparpillées, parfois redondantes ou incohérentes. Le choix
du site doit être mieux justifié, les zones humides et boise-
ments mieux documentés. Les incidences et compensations
sur les zones humides, et les incidences et mesures de la
séquence « éviter, réduire ou à défaut compenser » en phase
chantier doivent être précisées.
Construction du poste source 225 000 volts « Bâtisseurs » et
son raccordement par deux liaisons électriques souterraines
à 225 000 volts à la ligne aéro-souterraine Morbras - Ville-
neuve-Saint-Georges (91-94) ? Avis n°2024-30 du 16 mai 2024
Le projet présenté par RTE et Enedis concerne la création
d?un poste source à Crosne (91) sur le site dit « des Bâtisseurs
» qui sera raccordé à la ligne aéro-souterraine 225 000 volts
Morbras - Villeneuve-Saint-Georges par deux liaisons souter-
raines de 4 km, au niveau de Valenton (94). L?Ae est saisie de
la demande de déclaration d?utilité publique (DUP).
Dans son avis du 16 mai 2024 (n°2024-30), l?Ae souligne que
l?évaluation environnementale devrait être approfondie sur
certains sujets. Ainsi la mesure de compensation prévue
pour la restitution d?un habitat favorable à la reproduction
de l?Hypolaïs polyglotte doit être décrite plus précisément
et un bilan des émissions de GES portant sur les phases de
construction et d?exploitation établi.
L?étude des solutions alternatives quant au choix du tracé
appelle des observations, le choix du fuseau de moindre im-
pact (FMI) ayant été validé sur la base d?études écologiques
partielles alors même que le choix du tracé retenu devrait
des incidences significatives sur le milieu naturel.
L?Ae recommande de réviser les procédures d?élaboration
des projets de RTE et Enedis afin de ne pas restreindre de
façon excessive le choix des variantes lors de la définition
du fuseau de moindre impact, à un stade où les données
et analyses sont encore partielles et où la participation du
public ne peut être assurée de façon appropriée.
88 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 89
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Projet d?interconnexion électrique AQUIND entre la France
(76) et le Royaume-Uni ? Avis n°2024-14 Aquind du 16 mai
2024
Le projet consiste en la création d?une nouvelle inter-
connexion électrique entre la France et le Royaume-Uni.
L?étude d?impact communiquée concerne la partie française
du projet (création de deux liaisons sous-marines en courant
continu d?une longueur de 73 km, d?un point d?atterrage à
Pourville-sur-Mer, de deux liaisons terrestres souterraines en
courant continu d?une longueur de 36 km, d?un poste de
conversion du courant à Varneville-Bretteville et d?un rac-
cordement souterrain de 300 mètres en courant alternatif
jusqu?au poste existant de Barnabos (76)), sur laquelle porte
l?avis de l?Ae.
Le dossier comporte un volet terrestre et un volet marin.
Des encadrés et des tableaux résument régulièrement les
éléments saillants à retenir, ce qui facilite la compréhension
du projet et de ses incidences. Le document a été mis à jour
à plusieurs reprises pour tenir compte des avis reçus, de la
concertation publique ou des évolutions du territoire.
L?Ae dans son avis du 16 mai 24 (n°2024-14) recommande de
compléter le dossier par des éléments permettant de s?assu-
rer que les solutions techniques, non encore connues en l?at-
tente d?appels d?offres ou du résultat d?études en cours sur
le tracé, aient des conséquences environnementales mini-
males, évaluées et maîtrisées : exigences de résultat, contrôle
des sous-traitants, révision du dossier en cas de solutions plus
pénalisantes que le scénario enveloppe. L?Ae recommande
également de préciser les incidences, mesures et risques en
phase chantier terrestre (émissions de GES, pollutions de
l?air, de l?eau, des sols, bruit, circulation, déchets, espèces
exotiques envahissantes) et marin (bruit notamment), ainsi
qu?en phase exploitation (bruit) pour le poste de conversion.
Liaison souterraine entre le poste électrique de Gavrelle et
le futur poste de Lambres Envision - actualisation de l'avis
n°2022-24 (59-62) - Avis n°2023-138 du 7 mars 2024
L?Ae a rendu un premier avis (n°2022-24) sur un projet de
construction et d?exploitation d?une usine de composants de
batteries pour véhicules électriques au sud-ouest de Douai
sur des terrains de l?usine Georges Besse de Renault. Le projet
est divisé en quatre phases.
L?Ae est saisie du dossier de renforcement du réseau élec-
trique, nécessaire pour les trois dernières phases du projet,
opéré au moyen de la création d?une liaison électrique sou-
terraine à 225 000 volts d?environ 13 km entre le poste élec-
trique existant de Gavrelle (62) et le futur poste électrique
d?Envision AESC à Lambres (59).
Dans son avis du 7 mars 2024 (n°2023-138) l?Ae note que le
dossier actualise l?étude d?impact initiale sur le seul sujet des
raccordements et que les recommandations de l?avis préci-
té de 2022 restent largement pertinentes. Quelques recom-
mandations complémentaires sont faites, notamment de
clarifier le tracé de la nouvelle ligne souterraine et les consé-
quences de l?abandon de la ligne de secours, de documenter
davantage les incidences sur l?environnement et de préciser
les mesures d?évitement, de réduction et de compensation
relatives aux travaux de la liaison souterraine, du nouveau
poste électrique et du raccordement au poste existant.
Aménagement agri-énergie « Engie PV Bois Charpin » à Thiel-
sur-Acolin et Saint-Pourçain-sur-Besbre (03) - Avis n°2023-120
du 11 janvier 2024
Le projet, consiste en une centrale photovoltaïque au sol
d?une puissance de 68 MWc, pour une production annuelle
d?électricité de 88 GWh, sur une surface totale de 104 hec-
tares de parcelles agricoles. Il prévoit le maintien d?une pro-
duction agricole significative au niveau de ces parcelles. Deux
liaisons électriques souterraines de 13 et 9 km sont néces-
saires pour le raccordement.
L?étude d?impact est claire, elle comporte de nombreuses
illustrations et des synthèses sur les enjeux et impacts mais
nécessite des mises à jour au regard des incidences du pro-
jet sur les enjeux environnementaux identifiés par l?Ae. Elle
ne permet pas de justifier le choix de localisation du projet
au regard de l?ensemble des critères environnementaux en
présence, qui restent à concilier.
Dans son avis du 11 janvier 2024 (n°2023-120), l?Ae recom-
mande de justifier le choix du site retenu au regard des orien-
tations préconisées au niveau national et dans les deux plans
climat-air-énergie territorial (PCAET) et de préciser le posi-
tionnement du projet par rapport à la notion d?installation
agrivoltaïque, de corriger l?évaluation des émissions de GES
évitées, d?en prévoir un suivi et de privilégier les périodes
entre octobre et janvier pour les travaux lourds, au plus tard
février pour les travaux d?installation des tables photovol-
taïques. L?Ae recommande aussi de déposer une demande
de dérogation au titre de l?article L. 411-2 relatif à l?interdic-
tion de destruction d?individus et d?habitats d?espèces pro-
tégées et d?approfondir l?évaluation des incidences du projet
sur les fonctions des sols, et de compléter le cas échéant les
mesures prises pour les éviter, les réduire et si nécessaire les
compenser. Enfin, l?Ae recommande de prévoir par contrat
la mise en place d'une obligation réelle environnementale
(ORE) pour la durée minimale du projet (35 ans).
Centrale biomasse de Provence à Meyreuil et Gardanne (13)
? Avis n°2024-108 adopté lors de la séance du 5 décembre
2024
L?Ae a eu à se prononcer sur le projet « Centrale biomasse de
Provence » à Meyreuil et Gardanne (13). Le projet a fait l?objet
de plusieurs recours et annulation d?autorisations. La Cour
administrative d?appel de Marseille (arrêt du 10 novembre
2023) a demandé à l?exploitant (GazelEnergie) de compléter
l?étude d?impact en particulier sur les effets indirects de l'ap-
provisionnement en bois, le bilan carbone, ainsi que l'étude
des incidences Natura 2000. L?Ae a été appelée à se pronon-
cer sur l?étude d?impact ainsi complétée.
L?avis de l?Ae porte sur les trois points ciblés par la cour ad-
ministrative et sur d?autres thématiques environnementales
pour lesquelles les incidences ou les mesures restaient à pré-
ciser ou pour lesquelles des éléments nouveaux sont inter-
venus.
90 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 91
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Plusieurs recommandations sont émises parmi lesquelles
celle de mettre à jour le dossier en présentant les résultats
des études réalisées depuis 2012 (qualité de l?air, gestion et
traitement des eaux et bruit) et de compléter le bilan des
émissions de GES.
L?Ae recommande également de préciser les règles de du-
rabilité auxquelles les approvisionnements en biomasse fo-
restière sont soumis et de documenter les incidences des
approvisionnements à partir de la culture d?Eucalyptus.
Projet de construction de la centrale hydroélectrique de
Poses sur la commune d?Amfreville-sous-les-Monts (27) - Avis
n°2024-55 du 25 juillet 2024
L?Ae a été saisie du projet de centrale hydroélectrique de
Poses, sur la commune d?Amfreville-sous-les-Monts dans
l?Eure (27), projet soumis à autorisation environnementale
au titre de la législation sur l?eau emportant autorisation d?ex-
ploiter au titre du code de l?énergie.
Le projet a fait l?objet d?un certain nombre d?améliorations,
en particulier sur les continuités piscicoles. Dans son avis
n°2024-55 du 25 juillet 2024, l?Ae note que ces améliorations,
ainsi que l?ensemble des mesures d?évitement, de réduction
et de compensation n?apparaissent pas de manière com-
plète et cohérente dans l?ensemble des pièces, en particulier
dans l?étude d?impact, dont l?Ae recommande de mettre à
jour le contenu et les pièces graphiques. L?Ae recommande
également de décrire davantage la consistance et les in-
cidences des travaux de dragage et de mieux expliquer la
contribution du projet aux stratégies applicables en ma-
tière d?eau et de milieux aquatiques, de présenter le bilan
du projet en matière de réduction des GES et de préciser sa
contribution aux objectifs nationaux et locaux, de compléter
l?étude d?impact pour l?annexe hydraulique créée à l?amont
de la zone de projet, et de préciser les modalités de limita-
tion des nuisances sonores en phase chantier.
Projet T. H2, installation de production de bioéthanol de
2e génération à Blainville-sur-Orne (14) ? Avis n°2023-137 du
21 mars 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de production de bioéthanol,
destiné à la fabrication de carburant, à partir de déchets
de bois « B » (bois issu de déchets de bois non dangereux,
mais contenant des substances chimiques à des concentra-
tions supérieures aux teneurs naturellement présentes dans
la biomasse) par pyrogazéification, situé sur la commune de
Blainville-sur-Orne (14).
L?Ae, dans son avis du 21 mars 2024 (n°2023-137) relève que
l?étude d?impact est correctement structurée et d?une lon-
gueur adaptée. Les résumés non techniques sont très déve-
loppés et gagneraient à être simplifiés. L?Ae recommande de
mieux étayer la nécessité de proximité de l?eau pour justifier
un projet en zone rouge du PPRM de la basse vallée de l?Orne
et de préciser les mesures de gestions prises pour assurer la
fonctionnalité écologique de la compensation de l?impact
aux zones humides et d?en démontrer l?efficacité.
L?Ae émet également des recommandations sur les rejets
atmosphériques des installations de séchage, évaporation et
combustion des gaz (quantification des valeurs limite d?émis-
sion et des flux) et de démontrer l?absence d?impact sur l?en-
vironnement et la santé, puis, le cas échéant, demander des
dérogations s?appuyant notamment sur une démonstration
de l?absence d?impact de ces rejets. Enfin, l?Ae recommande
de préciser le bilan des émissions de GES en comparant le
projet à des scénarios alternatifs, comme par exemple l?inci-
nération des déchets de bois avec récupération de l?énergie.
Extension d?une usine de fabrication d?éoliennes en mer au
Havre (76) ? Avis n°2024-106 du 21 novembre 2024 (2e avis)
L?Ae a été saisie du projet d?extension d?une usine de fabrica-
tion d?éoliennes en mer au Havre (76), qui doit permettre la
production d?une nouvelle génération de pales de 115 mètres
de long. Le projet est présenté par la société Siemens Game-
sa Renewable Energy (SGRE).
Le dossier comporte un « porter à connaissance » qui ap-
porte des réponses à la plupart des recommandations
émises par l?Ae dans un premier avis n°2019-54 en date du
24 juillet 2019.
L?Ae dans son avis du 21 novembre 2024 (n°2024-106) souligne
les quelques points qui n?ont pas fait l?objet d?une réponse
satisfaisante, tels que la présentation d?un bilan des émis-
sions de GES et des mesures d?évitement et de réduction
pour améliorer ce bilan et d?une analyse des dépassements
constatés à la sortie de la station d?épuration et de solutions
pour y remédier.
L?Ae émet également des recommandations sur le périmètre
du projet, sur le trafic routier généré ou encore de présenter
une synthèse des contrôles réalisés dans le cadre de la surveil-
lance des rejets atmosphériques liés au procédé industriel.
Parc éolien de Sapinois (08, 02) - Avis n°2024-74 du 26 sep-
tembre 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de parc de sept éoliennes de 7
MW chacune au maximum, de 200 mètres de hauteur en
bout de pale, situé sur la commune de Sévigny-Waleppe (Ar-
dennes ? 08). Le parc est localisé dans un milieu de grandes
cultures, avec quelques boisements. Le nombre d?éoliennes
a été réduit de sept à six avec augmentation de la puissance
unitaire.
L?Ae note dans son avis du 26 septembre 2024 (n°2024-74)
que l?étude d?impact est de qualité. Le descriptif du projet
est toutefois succinct sur le raccordement électrique du parc
au réseau de transport national. L?Ae recommande princi-
palement de justifier l?installation du projet dans une zone
déjà fortement saturée, et hors des zones favorables au dé-
veloppement de l?éolien, de mettre à jour le dossier sur sa
récente évolution (notamment acoustique), sur les éléments
géotechniques trop succincts, ou encore approfondir les in-
ventaires faunistiques en prévision des impacts du chantier
et renforcer certaines analyses sur les niveaux d?impact ré-
siduel sur certaines espèces protégées, enfin de préciser les
émissions de polluants atmosphériques et de GES en phase
travaux, et les éléments de suivi.
92 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 93
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Développement du pôle de recyclage et de production
d?énergies renouvelables à Montmirail ? Terra 72 (72) ? Avis
n° 2024-70 du 12 septembre 2024
L?Ae a été saisie d?un projet visant à développer sur un site de
30 ha de traitement et de valorisation de déchets à Mont-
mirail (72) les capacités de stockage de certains déchets du
bâtiment non recyclables, d?y installer des filières de valo-
risation, de diminuer le volume de déchets annuellement
enfouis et de produire de l?électricité issue de panneaux
photovoltaïques. Le méthane produit par les déchets sera
injecté sur le réseau GRDF via une canalisation à créer, dont
les incidences restent à analyser dans l?étude d?impact. Ce
projet induit la consommation de 20 ha à défricher.
Dans l?avis du 12 septembre 2024 (n°2024-70), parmi plu-
sieurs recommandations, les principales sont d?assurer la
cohérence des données présentées dans l?étude d'impact,
d?opérer des vérifications par rapport aux niveaux décennal
et centennal de la nappe, de joindre au dossier le bilan dé-
taillé des émissions de GES ou encore d?éviter tout épandage
à proximité des captages d?eau et des Znieff, sauf à démon-
trer leur compatibilité. Enfin, l?Ae recommande d?assurer que
les compensations permettent la reconstitution de milieux
offrant les mêmes services écosystémiques et d?analyser la
reconstitution de la trame verte par les mesures compen-
satoires.
Cap décarbonation (59-62) - Avis n°2024-75 du 12 septembre
2024
La cimenterie Eqiom de Lumbres (62) et l?usine de fabrication
de chaux Lhoist de Réty (62) portent un projet de capture
et transport du CO2 - dit « Cap décarbonation » - jusqu?à
des sites de séquestration géologique en mer du Nord. La
cimenterie et les fours à chaux émettent de l?ordre de 1,8
million de tonnes de CO2 par an. La séquestration géolo-
gique portera sur 1,4 million de tonnes par an, soit environ
trois quarts des émissions.
Dans son avis n° 2024-75 du 12 septembre 2024, l?Ae carac-
térise l?étude d?impact « globale » de peu hiérarchisée, com-
pilant des enjeux et incidences de nature et d?importance
très variables, et difficile à appréhender. L?Ae souligne l?im-
portance de délimiter clairement le périmètre du projet et
d?en tirer toutes les conséquences afin de pouvoir établir un
bilan environnemental correct. La présentation du bilan des
émissions de GES devrait être reprise, en distinguant ce qui
relève du programme d?ensemble. Il conviendra également
de démontrer que tous les leviers autres que la séquestration
du CO2 ont été engagés. Le dossier est incomplet sur la par-
tie canalisations (absence d?études de danger et de certains
aspects des études d?incidences). L?évaluation des incidences
n?est qu?esquissée pour le transport maritime. Celle du site
« captation fours à chaux » est en grande partie à revoir.
La demande de dérogation à l?interdiction de destruction
d'individus d?espèces protégées et de leurs habitats reste
à finaliser.
L?Ae conclut à la nécessité d?une actualisation de l?étude
d?impact et précise les éléments nécessitant approfondis-
sements ou compléments.
Unité de fabrication de panneaux photovoltaïques à Ham-
bach (57) ? Avis n°2024-72 du 12 septembre 2024
L?Ae a été saisie d?un projet d?usine de production de cellules
et panneaux photovoltaïques, d?une surface de 52 hectares
et d?une capacité de production de cinq GWc en phase fi-
nale, près de Sarreguemines, sur un terrain déjà pré-aménagé
d?une zone d?activité de 340 hectares. Dans son avis du 12
septembre 2024 (n°2024-72) l?Ae souligne que cette opéra-
tion est partie intégrante du projet d?ensemble de la zone
d?activité dont les incidences doivent être présentées dans
une vision globale et s?appuyant sur le suivi de sa mise en
oeuvre, dont les mesures compensatoires.
94 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 95
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Le dossier est présenté de manière claire et détaillée. Les
recommandations de l?Ae portent principalement sur les
compléments à apporter par chacun des maîtres d?ouvrage
pour assurer la bonne articulation entre leurs opérations, et
d?autre part sur l?importance des besoins en eau de l?usine
qui seront prélevés dans des eaux de surface dont la vulnéra-
bilité au changement climatique est déjà avérée. L?Ae recom-
mande enfin de compléter certaines des mesures de suivi.
Centre de stockage Cigéo (52-55), actualisation de l?avis n°
2020-79 - Avis n°2024-40 du 27 juin 2024
L?Ae a rendu un premier avis (n°2020-79) le 13 janvier 2021 sur
le projet Cigéo qui a été déclaré d?utilité publique le 7 juillet
2022 (décret n° 2022-993). L?Agence nationale pour la gestion
des déchets radioactifs (Andra) sollicite les autorisations en-
vironnementales nécessaires pour réaliser les opérations de
la phase d?aménagements préalables « dite DR0 ».
L?avis de l?Ae du 27 juin 2024 (n°2024-40) s?applique à l?étude
d?impact actualisée d?ensemble. Il complète, sans les re-
prendre, les recommandations de l?avis de 2021. L?Ae rap-
pelle les principaux enjeux environnementaux du projet,
inchangés.
Elle émet plusieurs recommandations auprès du maître d?ou-
vrage notamment dans le domaine des risques sur le long
terme (surveillance à long terme prévue, moyens envisagés
pour prévenir les risques d?intrusion par forage dans le stoc-
kage après fermeture, réflexion sur les options permettant de
maximiser la mémoire du centre de stockage et de minimiser
les risques de contact des générations futures avec les colis
de déchets etc.).
La phase DR0 des opérations d?aménagement préalable a
des incidences résiduelles faibles bien décrites dans le dos-
sier, elles font l?objet de mesures d?évitement et de réduction
appropriées et détaillées.
Nucléaire, INB
Extension de l'unité Nord de l'INB n°168 "Usine Georges
Besse II" sur la plateforme nucléaire du Tricastin (26-84) ?
Avis n°2023-125 du 8 février 2024
L?Ae a été saisie d?un projet visant à augmenter de plus d?un
tiers à l?horizon 2028 la capacité d?enrichissement d?uranium
par ultracentrifugation à des fins civiles de l?unité Nord de
l?usine Georges Besse II (installation nucléaire de base ? INB
? 168) sur le site du Tricastin (Drôme et Vaucluse). L?augmen-
tation du taux d?enrichissement fait l?objet d?une demande
parallèle auprès de l?Autorité de sûreté nucléaire. Ce dernier
élément, qui ne figure pas au dossier, constitue selon l?Ae une
composante du projet.
L?Ae note dans son avis n°2023-125 du 8 février 2024 que
l?étude d?impact, de bonne facture, souffre de quelques er-
reurs méthodologiques.
L?Ae recommande notamment de compléter certaines
données et d?intégrer l?ensemble des évolutions projetées
sur l?installation dans le périmètre du projet (y compris la
demande d?autorisation d?enrichissement à un taux accru).
L?Ae recommande de reprendre l?analyse de la vulnérabilité
du projet au changement climatique sur le fondement des
dernières modélisations et en revoyant l?horizon considéré
compte tenu de la durée de fonctionnement et de déman-
tèlement des installations.
Démantèlement de l?INB n°22 sur le site de Cadarache sur
la commune de Saint-Paul-lez-Durance (13) ? Avis n°2024-52
du 11 juillet 2024
L?Ae a été saisie du projet de démantèlement d?un réacteur
du centre de Cadarache (Pégase), arrêté en 1975, d?une puis-
sance de 35 MW qui réalisait des tests de combustibles. Pé-
gase forme avec la casemate de Cadarache (Cascad, toujours
en fonctionnement) l?installation nucléaire de base (INB) 22.
L?Ae dans son avis du 11 juillet 2024 (n°2024-52) note que le
dossier est de qualité avec une étude d?impact proportion-
née aux enjeux du territoire et du projet. Comme l?Ae l?a
souligné dans de précédents avis sur des projets de déman-
tèlement du CEA, il convient de justifier les choix opérés
en matière d?étalement du démantèlement eu égard à leurs
incidences environnementales. L?Ae émet d?autres recom-
mandations tels que, par exemple, d?indiquer si d?autres dé-
chets sans filière immédiate sont susceptibles d?être générés
par le projet, ou encore si la prise en compte d?un incident
déjà survenu dans Pégase (chute d?un palan-moteur dans un
bassin d?entreposage) dans l?étude de maîtrise des risques
serait de nature à en modifier l?évaluation des effets sur l?en-
vironnement et la santé humaine.
ICPE
Dépôts d?hydrocarbures de Langres D à Violot, de Langres
E à Heuilley-le-Grand et de Chaumont à Autreville-sur-la-
Renne (52) ? Avis n°2023-127 du 8 février 2024
L?Ae a été saisie sur les dossiers de trois dépôts d?hydrocar-
bure dont l?exploitation était autorisée par arrêté ministériel
avec une date limite fixée au 31 décembre 2020. Les trois dos-
siers de demande d?autorisation environnementale déposés
visent à régulariser la situation. Il n'est pas prévu de travaux
ou de modifications sur les trois dépôts.
L?Ae souligne dans son avis n°2023-127 du 8 février 2024 que
les études d?impact sont clairement présentées et les dif-
férentes thématiques environnementales abordées, dans
l?ensemble, de façon proportionnée aux enjeux. Elle émet
plusieurs recommandations dont la fourniture d?éléments de
contexte sur le réseau ODC (oléoduc de défense commune),
celle d?intégrer dans le périmètre de chacun des projets les
installations et canalisations reliant le dépôt à ce réseau, ou
encore de mettre à jour l?état initial de la biodiversité des
trois sites et renforcer l?analyse des incidences sur les milieux
naturels. Le dossier doit en outre être complété sur plusieurs
points, notamment la gestion des eaux pluviales, le renfor-
cement de la surveillance des eaux souterraines ou encore
le risque de fuite d?hydrocarbure.
96 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 97
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
PROLOGIUM ? exploitation d?une usine de fabrication de
batteries électriques (Gigafactory) sur les communes de
Bourbourg et Craywick (59) - Avis n°2024-51 du 11 juillet 2024
Le projet consiste dans une opération de construction et
d?exploitation d?une usine de production de batteries per-
mettant d?équiper entre 350 000 et 500 000 véhicules élec-
triques par an. Réseau de transport d?électricité (RTE) et le
grand port maritime de Dunkerque (GPMD) sont associés, en
particulier pour les renforcements des réseaux nécessaires à
l?opération qui est l?une des composantes du projet « zone
grandes industries 2 » (ZGI 2) aménagée par le GPMD, sur
les communes de Bourbourg et Craywick, plateforme ayant
déjà fait l?objet d?un avis de l'Ae et d?une autorisation de
création. Le dossier est globalement clair et détaillé sur les
points qu?il traite.
Sans procéder à sa mise à jour, il s?appuie sur le dossier
d?étude d?impact de la ZGI 2 pour les impacts dans cette
zone et le complète par l?analyse des incidences dans les
zones mobilisées par le projet en dehors du périmètre initial
de la ZGI 2, et de celles liées au procédé industriel.
Pour l?Ae, dans son avis n°2024-51 du 11 juillet 2024, l?articu-
lation et la complémentarité entre l?étude des impacts de
l?opération ProLogium et les études d?impact des projets ZGI
2 et CAP 2020 doivent être clarifiées et l?étude d?impact de
la ZGI 2 doit être actualisée en fonction des caractéristiques
de l?opération qui s?y implante pour donner une vue d?en-
semble à jour.
Parmi les recommandations de l?Autorité environnementale
: les émissions de GES et les leviers pour les réduire, la mise
en oeuvre des mesures compensatoires des atteintes à la
biodiversité de l?opération ProLogium, et sur celles d?autres
projets concernés par le tracé du raccordement électrique
de ProLogium au poste RTE, les concentrations de rejets des
effluents issus du traitement de l?eau industrielle et sur la
solution de régénération de solvants dans une installation
distante du site. L?Ae émet également quelques recomman-
dations sur l?étude de dangers.
Modification de l?unité de méthanisation de la société
BioPommeria à Sèvremont (85) ? Avis n°2024-78 du 26 sep-
tembre 2024
Le projet concerne l?extension de capacité de l?unité de
méthanisation de BioPommeria, située sur la commune de
Sèvremont en Vendée. Une nouvelle modification de l?auto-
risation environnementale est demandée pour porter la ca-
pacité d?intrants traités à 85 000 t/an et pour l?actualisation
correspondante du plan d?épandage des digestats.
L?étude d?impact aurait pu mieux documenter certains
points du bilan du fonctionnement du site depuis sa mise
en service. Elle manque de précisions sur certains aspects : en
particulier, l?Ae recommande d?approfondir la description de
l?état des eaux superficielles et profondes dans l?état initial,
de mettre en cohérence les différentes pièces du dossier
concernant les données relatives aux captages d?alimenta-
tion en eau potable concernés par le plan d?épandage et
également de préciser les mesures à mettre en oeuvre dans
le plan d?épandage pour limiter la pollution de l?eau par les
nitrates.
L?étude d?impact nécessiterait une vision d?ensemble et ac-
tualisée en ce qui concerne les émissions de GES. La méthode
de calcul du contenu carbone du biogaz produit n?étant pas
décrite, l?Ae recommande de la préciser et de donner une
estimation du « bilan carbone » fondée sur l?analyse de cycle
de vie du projet, par rapport à un scénario de référence sans
méthanisation. Les mesures envisageables pour améliorer à
l?avenir le bilan carbone du site et les émissions de gaz à effet
de serre évitées doivent être présentées ainsi qu?une étude
de danger actualisée et autoportante.
Projets miniers
Projet Emili, d?extraction et traitements de lithium - galerie
d?exploration, 4e campagne de sondages et pilotes indus-
triels de traitements ? dans l?Allier (03) - Avis n°2024-104 du
21 novembre 2024
L?Ae est saisie au stade de l?autorisation environnementale
des pilotes de concentration et conversion et de la qua-
trième campagne de forages nécessaires au projet Emili
(« exploitation de mica lithinifère par Imerys »). Ce projet,
complexe, consiste à exploiter le gisement de lithium situé
sous la carrière de kaolin de Beauvoir au sud de l?Allier, afin
de produire de l?hydroxyde de lithium (34 000 t annuelles)
pour équiper en batterie électrique lithium ion 700 000 vé-
hicules par an.
Il s?articule autour d?une étape pilote et d?une étape indus-
trielle. L?étape pilote doit permettre de préciser les caracté-
ristiques de l?étape industrielle du projet qui ne sont donc à
ce stade pas toutes définies, de même que leurs incidences.
Le dossier fourni témoigne de ce décalage, faisant état de
nombreuses études environnementales en cours, tout en
proposant déjà un certain nombre de pistes de mesures
d?évitement, de réduction et de compensation des inci-
dences de l?étape industrielle. Il témoigne ainsi d?une dé-
marche de réduction de ses besoins en eau brute (recours à
des procédés en circuits fermés et à la réutilisation des eaux
usées traitées sur une station de traitement d?eaux usées
urbaines).
Des éléments dimensionnants pour le projet doivent toute-
fois être abordés ou approfondis tels que par exemple la sen-
sibilité des ressources en eau au changement climatique ou
les effets des modes d?exploitation et de gestion des stériles
et résidus de concentration du minerai sur l?eau souterraine.
Certaines options ou solutions de substitution sont, en ce
sens, à approfondir ou confirmer. Disposer de l?ensemble des
résultats des études relatives à la ressource en eau et à son
évolution, notamment du fait du changement climatique,
et d?une évaluation quantitative des risques sanitaires (EQRS)
robuste sera indispensable à la prise de décision relative à
l?engagement de l?étape industrielle.
98 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 99
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Infrastructures routières
Requalification de la RD7 de Suresnes à Saint-Cloud (92) -
Avis n°2024-93 du 19 décembre 2024
Il s?agit d?un 2e avis rendu par l?Ae sur ce dossier portant
sur la requalification d?environ 3 300 m de la route dépar-
tementale n° 7 (RD7) entre le parc du château à Suresnes
et la place Georges Clemenceau à Saint-Cloud (un premier
avis n°2019-105 a été rendu le 22 janvier 2020). L?Ae note que
l?étude d?impact a été complétée, en particulier sur la théma-
tique inondations, tenant compte des recommandations du
premier avis, qu?elle est proportionnée aux enjeux et intègre
de manière effective la démarche « éviter ? réduire ? com-
penser » mais que certains sujets restent cependant encore
à approfondir, comme les interactions avec d?autres travaux
(future ligne 15 de métro) ou encore l?analyse en termes de
bruit, de qualité de l?air et d?émissions de GES, insuffisam-
ment détaillée.
Projet de liaison routière Jonction Est à Toulouse (31) ? Avis
n°2024-67 du 10 octobre 2024
L?Ae a été saisie du projet de liaison routière « Jonction Est de
Toulouse » qui comprend la réalisation d?un nouvel échan-
geur sur le périphérique est de Toulouse (A61), entre ceux de
Montaudran et de Lasbordes et vise à fluidifier la circulation
entre Toulouse et sa première couronne. L?intérêt multimo-
dal du projet est mis en avant, la réalisation de l?infrastructure
(qui ne se traduirait pas, selon le dossier, par un trafic induit)
permettant une amélioration du service de transports en
commun et de l?offre de déplacements actifs, en particulier
à vélo. Dans un contexte très anthropisé, le projet pourrait
contribuer, in fine, à la restauration de milieux dégradés à
l?occasion de la construction du périphérique dans les an-
nées 1980, et s?inscrit dans une logique nouvelle de préserva-
tion d?une importante zone non encore urbanisée en sortie
de ville.
Dans son avis du 10 octobre 2024 (n°2024-67) l?Ae recom-
mande principalement de compléter l?analyse des solutions
de substitution raisonnables, de préciser les engagements sur
le développement des transports en commun et de condi-
tionner l?autorisation du projet à la programmation précise
de ce renforcement. Parmi d?autres recommandations, celles
d?assurer la pérennité des mesures compensatoires aux at-
teintes à la biodiversité (zones humides, milieux naturels),
la prise en compte du risque d?inondation dans l?aménage-
ment de ce territoire, l?interdiction d?urbanisation autour
de la nouvelle voirie, et la réduction et compensation des
émissions de gaz à effet de serre liées au trafic routier et au
chantier.
Déviation Saint-Hostien - Le Pertuis RN88 (43) ? Avis n°2024-
82 du 26 septembre 2024 (3e avis)
Le dossier concerne la déviation Saint-Hostien - Le Pertuis,
d?une longueur de 10,7 km, et évoque la déviation d?Yssin-
geaux (mise en service en 2022), dernières opérations en
Haute-Loire de l?aménagement à 2x2 voies de la RN88.
L?opération a été déclarée d?utilité publique en 1997. Une
autorisation environnementale a été accordée en 2020 mal-
gré un avis défavorable du conseil national de la protection
de la nature (CNPN) du 6 mai 2020. Un premier avis d?Ae en
2020 soulignait de nombreuses insuffisances dans le dossier.
Dans son avis du 26 septembre 2024 (n°2024-82) l?Ae note
que les principales modifications depuis le précédent dossier
concernent la découverte d?une nouvelle espèce protégée,
le Triton palmé, dans le périmètre du projet, ainsi que les
réponses apportées au précédent avis de l?Ae.
L?Ae observe que les raisons impératives d?intérêt public
majeur du projet (condition d?octroi de la dérogation à l?in-
terdiction d?atteinte aux individus et aux habitats d'espèces
protégées), évoquées dans le dossier actualisé, restent insuf-
fisamment étayées ; la rentabilité socioéconomique du pro-
jet, évaluée dans le dossier, repose sur des hypothèses non
justifiées de croissance du trafic à courte distance et suppose
une augmentation de la vitesse de circulation (jusqu?à 110
km/h).
L?Ae réitère ses recommandations concernant la préserva-
tion de la biodiversité, les précédentes n?ayant pas été prises
en considération à ce stade. Elle rappelle également que
la totalité des mesures compensatoires doivent être listées
dans l?arrêté d?autorisation ; le dossier reste incomplet sur
ce point. L?Ae recommande enfin d?intégrer au dossier une
demande de dérogation à l?interdiction d?atteinte à des indi-
vidus d?espèces protégées et à leurs habitats, et formule aussi
des recommandations concernant le traitement du bruit et
des émissions de gaz à effet de serre.
Déviation de la RD 1017 à La Chapelle-en-Serval et Survil-
liers (60-95) et sur la mise en compatibilité des plans locaux
d?urbanisme ? Avis n°2024-36 du 27 juin 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de déviation de la route dépar-
tementale 1017 qui permet notamment d?accéder depuis le
sud de l?Oise à l?aéroport Paris-Charles de Gaulle et au nord
de l?unité urbaine parisienne. Cette déviation a pour objet
de remédier aux problèmes de congestions en centre-ville
et de nuisances pour les riverains (pollution de l?air et bruit)
liés à la route.
Dans son avis du 27 juin 2024 (n°24-36), l?Ae relève que l?étude
d?impact permet dans l?ensemble d?appréhender correcte-
ment les enjeux avec une approche de la séquence Éviter-Ré-
duire-Compenser bien conduite. La problématique des émis-
sions de gaz à effet de serre n?est cependant pas présentée,
ce qui doit être corrigé.
Si l?Ae note que le projet aura des effets positifs sur la qualité
de l?air et les nuisances sonores en centre-ville, elle souligne
deux points de vigilance à destination des collectivités lo-
cales et de l?État : ne pas exposer de nouvelles populations
à ces pollutions par des constructions trop proches de la
déviation et veiller à ne pas générer des apports de trafic
supplémentaire sur celle-ci.
D?autres recommandations sont formulées telles qu?optimi-
ser et contrôler la gestion des terres et déblais, préciser le
suivi du projet et de ses incidences, étudier l?intérêt d?une
limitation de vitesse plus basse sur la déviation, ou encore
envisager une politique de développement des mobilités
actives.
100 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 101
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Sécurisation et l?aménagement de la RN 296 à Aix-en-Pro-
vence (13) et sur la mise en compatibilité du plan local d?ur-
banisme d?Aix-en-Provence - Avis n°2024-07 du 25 avril 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de sécurisation et d?aménage-
ment de la RN 296 à Aix-en-Provence en vue de l?obtention
d?une déclaration d?utilité publique. Une mise en compati-
bilité du plan local d?urbanisme est aussi nécessaire.
L?étude d?impact est de bonne qualité et les incidences sont
en général correctement appréhendées, avec des analyses
approfondies des options d?aménagement, un traitement
paysager de qualité, une amélioration du traitement des
eaux de chaussée. Le projet permettra de développer le vo-
lume et la qualité de l?offre de transports en commun.
L?Ae recommande cependant dans son avis du 25 avril 2024
(n°2024-07) d?approfondir l?analyse des impacts en termes de
bruit, de concrétiser les mesures prévues en termes de limi-
tation de vitesse (au regard des bénéfices induits en termes
de sécurité, bruit généré, émissions de polluants atmosphé-
riques et de GES). L?Ae émet d?autres recommandations, par-
mi lesquelles inscrire les systèmes de traitement de l?eau dans
une démarche plus globale de mise aux normes des rejets de
la RN existante, ou encore d?étudier des options complémen-
taires de renforcement de l?offre de transports en commun
et de développement des modes actifs de déplacement.
Contournement ouest de Besançon, aménagement de la RN
57 sur la section comprise entre les « Boulevards » et Beure
(25) - Avis n°2023-129 du 25 avril 2024 (2ème avis)
Sous maîtrise d?ouvrage de l?État, le projet de Contourne-
ment Ouest de Besançon (16,5 km) vise à aménager l?in-
frastructure en voie rapide urbaine à deux fois deux voies.
Dans le cadre d?un premier avis sur l?évaluation environne-
mentale de la déclaration d?utilité publique (DUP) en 2022,
l?Ae relevait des insuffisances sur le contenu de l?étude d?im-
pact qui n?intégrait pas toutes les composantes nécessaires
au projet. L?avis interrogeait aussi le maître d?ouvrage sur le
choix d?un aménagement en voie rapide. Le projet est pré-
senté aujourd?hui en vue de l?obtention des autorisations
nécessaires à sa réalisation.
L?étude d?impact a été notablement complétée sur plusieurs
points, ce que relève l?Ae dans son avis du 25 avril 24 (n°2023-
129). Des questions restent cependant posées sur le péri-
mètre d?analyse des incidences, le parti d?aménagement rou-
tier restant inchangé par rapport au projet étudié en 2022.
Dans ce contexte, l?Ae réitère certaines de ses recommanda-
tions. Elle recommande par ailleurs d?envisager des mesures
supplémentaires, par exemple pour soutenir le développe-
ment des modes actifs de déplacement, préciser certaines
mesures de compensation des impacts sur les milieux na-
turels, ou encore d?envisager des mesures de réduction des
émissions de GES pendant la phase chantier (voire de com-
pensation de ces émissions).
RN141 ? section Chasseneuil-sur-Bonnieure ? Rouma-
zières-Loubert et aire de repos de Roumazières-Loubert
(16) ? Avis n°2023-134 du 21 mars 2024 (2e avis)
La route Centre-Europe-Atlantique (RCEA) a été mise à 2x2
voies entre Angoulême et Limoges (RN141). L?Ae été saisie du
projet d?aménagement à 2x2 voies de la dernière portion,
de 9 km, située entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Rouma-
zières-Loubert (16) et de l?aire de repos associée.
Dans son premier avis n° 2022-113 du 22 janvier 2023, l?Ae
relevait que l?étude d?impact du projet restait à produire,
les insuffisances du dossier ne permettant pas d'assurer la
complète information du public et sa participation lors de
l'enquête publique. Le dossier a depuis été significativement
revu et complété. Le projet s?est précisé et a évolué, du fait
de l?approfondissement de la démarche d?évitement, de ré-
duction et de compensation de ses incidences, ce que l?Ae
relève dans son avis du 21 mars 2024 (n°2023-134).
L?Ae interroge la lisibilité du dossier pour le public du fait
de ces évolutions successives, et des compléments d?inven-
taires insérés au dossier. La maîtrise d?ouvrage n?a pas fourni
d?étude d?impact du projet d?ensemble (les deux sections
achevant la mise à 2x2 voies de la RN141 entre Angoulême
et Limoges) et des Afafe afférents.
L?Ae émet plusieurs recommandations complémentaires par-
mi lesquelles présenter les mesures prises pour compenser
les 30 ha imperméabilisés par le projet, ou encore démontrer
la valeur ajoutée, à l?échelle de chacun des sites, de la gestion
qui sera appliquée sur les sites de compensation en partie
en « bon état de conservation ». Elle recommande enfin de
conduire certaines études (trafic, bruit, qualité de l?air et
d?émissions de gaz à effet de serre), sur la base d?hypothèses
alternatives prenant en compte un report plus important
du trafic poids lourd sur la nouvelle RN et de présenter les
mesures prises pour diminuer l?empreinte carbone du projet.
102 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 103
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Création du demi-échangeur de Carresse-Cassaber sur l?A64
(40, 64) ? Avis n°2024-135 du 7 mars 2024
L?Ae a été saisie du projet d?aménagement du demi-échan-
geur de l?A64 sur les communes de Carresse-Cassaber et
Sorde-l?Abbaye, entre Bayonne et Pau (40, 64), inscrit dans
le plan de relance autoroutier approuvé par le décret du 6
novembre 2018.
Le dossier ne s?interroge pas sur la pertinence d?ensemble
des projets d?aménagements envisagés sur cette portion de
route. L?Ae souligne l?insuffisance de la prise en compte du
niveau d?enjeu de certaines espèces (Saumon atlantique) et
de l?analyse de l?incidence résiduelle du projet sur certaines
espèces (le Vison d?Europe, la Loutre d?Europe ?) alors même
que plus de 80 espèces protégées sont recensées, des études
de trafic anciennes et insuffisamment documentées et des
mesures compensatoires en faveur du milieu naturel (elles
consistent en une opération importante enclavée dans la
bretelle autoroutière, ce que l?Ae considère comme inadap-
té).
Autoroute A7 - Diffuseur de Porte de DrômArdèche et sur
la mise en compatibilité des plans locaux d?urbanisme des
communes de Saint-Rambert-d?Albon, Albon et Saint-Bar-
thélémy-de-Vals (26) ? Avis n°2023-123 du 7 mars 2024
La création de deux demi-diffuseurs sur l?A7 (entre celui de
Chanas au nord et celui de Tain-L?Hermitage à 32 km au sud) a
des effets positifs sur les congestions et sur le cadre de vie de
nombreux riverains des axes routiers mais induit toutefois un
report significatif de trafic (jusqu?à +74%) sur deux axes du ré-
seau départemental (RD 112 et RD53) qui ne sont ni décrits ni
évalués dans l?étude d?impact, ce qui représente une lacune
majeure du dossier. L?Ae recommande de revoir l?ensemble
des incidences et mesures du projet à cette échelle.
Elle souligne l?absence d?analyse détaillée de solutions de
substitution faisant appel à d?autres modes de transport, ce
qui nuit à la justification du choix retenu, en particulier au
regard des objectifs du plan climat air énergie du territoire.
Les mesures prises afin de garantir l?absence de perte nette
de biodiversité sont à compléter. L?Ae émet d?autres recom-
mandations afin d?ajuster les mesures présentées, en prenant
en compte le périmètre du projet d?ensemble. Elle souligne
enfin que le dossier doit être explicite sur l?inscription du
projet dans la trajectoire nécessaire à l?atteinte des objectifs
de la stratégie nationale bas carbone (SNBC).
Contournement nord de Maubeuge et la mise en compatibi-
lité des plans locaux d?urbanisme intercommunaux (PLUi) du
pays de Mormal et de la communauté d?agglomération Mau-
beuge - Val de Sambre (59) ? Avis 2023-126 du 22 février 2024
L?Ae a été saisie du dossier d?enquête préalable à la décla-
ration d?utilité publique et à la déclaration de projet du
contournement nord de Maubeuge, d?une longueur de 12,7
km, et d?un coût estimé à 105 millions d?euros (valeur 2021).
L?Ae note dans son avis du 22 février 2024 (2023-116) que
l?étude d?impact est correctement structurée et d?une lon-
gueur adaptée. Elle comporte toutefois des imprécisions et
des manques et reste non conclusive sur de nombreux volets.
En outre, certaines affirmations sur les bénéfices attendus
ne sont pas suffisamment étayées, notamment concernant
l?amélioration de la qualité de vie des riverains et la sécurité
routière.
L?étude d?impact doit être complétée avant la mise à l?en-
quête publique afin de permettre une bonne information
du public, ce qui n?est pas le cas à ce stade. Une actualisation
de l?ensemble des thématiques de l?étude d?impact sera en
outre nécessaire et devra notamment définir précisément
les mesures de compensation.
L?Ae émet de nombreuses recommandations par exemple
sur la hiérarchisation et la motivation des objectifs du pro-
jet, sur la nécessité d?envisager des variantes complémen-
taires ou encore sur la quantification des émissions de GES
générées. Elle recommande enfin la reprise de l?évaluation
socio-économique afin de présenter un bilan complet per-
mettant de rendre compte des avantages et des inconvé-
nients monétarisés du projet et d?évaluer les conséquences
de celui-ci sur le développement éventuel de l'urbanisation.
Aménagements de la RN 20 sur les communes d?Ussat et
d?Ornolac-Ussat-les-Bains (09) ? Avis n°2023-68 du 22 février
2024
Le projet d?aménagement à 2 x 2 voies de la RN 20 entre
Tarascon et Ax-les-Thermes a fait l?objet d?une procédure de
déclaration d?utilité publique (DUP) le 26 décembre 2000,
portant mise en compatibilité des documents d?urbanisme
et lui conférant le statut de route express. L?amélioration de
la sécurité des personnes constitue un des objectifs du projet
d?aménagement, constitué de huit tronçons, de même que
l?amélioration de la fluidité du trafic.
L?Ae note dans son avis du 22 février 2024 (n°2023-68), que
l?étude d?impact n?aborde pas les impacts à l?échelle globale
du projet, remarque déjà formulée dans son avis n°2023-42
au sujet de la déviation de Tarascon et du tunnel de Quié.
L?état initial permet l?identification des principaux éléments
d?intérêt patrimonial. Une démarche « éviter, réduire, com-
penser » a été conduite, ce qui a permis de retenir des op-
tions plus favorables à l?environnement. En dépit de ces me-
sures, des atteintes à certains habitats d?espèces protégées
persistent. L?Ae rappelle qu?une dérogation n?est possible
que moyennant la justification de raisons impératives d?in-
térêt public majeur et la démonstration de l?absence d?autre
solution satisfaisante. L?Ae formule quelques recommanda-
tions mineures, sauf dans le domaine de la qualité de l?air qui
a vocation à être complété.
104 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 105
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Confortement des berges de la Bléone pour la protection
de la RN85 à Aiglun (04) ? Avis n°2024-31 du 30 mai 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de confortement des berges de la
Bléone afin de sécuriser les talus de la route Napoléon (RN85)
sur la commune d?Aiglun près de Digne-les-Bains (04) dans le
cadre d?une demande d?autorisation environnementale au
titre de la législation sur l?eau et d?une demande de déroga-
tion à l?interdiction de destruction d?individus et d?habitats
d?espèces protégées.
Le projet a été retravaillé suite à un premier dossier examiné
en 2017 (qui avait fait l?objet d?un avis de l?Ae et d?un avis dé-
favorable du Conseil national de la protection de la nature).
Parmi les recommandations de l?Ae formulées dans son avis
du 30 mai 24 (n°2024-31) est relevée une recommandation
portant sur l?analyse des solutions de substitution raison-
nables, réalisée sur un nombre trop limité de scénarios ou
encore celle de mener une étude de sensibilité sur les para-
mètres de dimensionnement de l?ouvrage afin d?intégrer une
marge de sécurité suffisante.
Enfin au regard des incidences du projet sur les habitats natu-
rels (destruction d?habitats) et espèces patrimoniales, l?Ae re-
commande d?étudier le renforcement possible des mesures
d?évitement (concernant en particulier les possibilités de ni-
dification du Guêpier d?Europe sur la berge) et de mieux pré-
ciser les mesures compensatoires (scarification de bancs de
galets, localisation des nichoirs artificiels). La mise en place
d?un suivi pertinent de l?évolution de l?hydromorphologie du
lit de la Bléone figure également dans les recommandations.
Création d?une voie verte entre Nogent-sur-Seine (77) et
Crancey (10) - Avis 2024-64 du 29 août 2024
L?Ae a été saisie de l?aménagement en voie verte d?un chemin
de halage inusité de la Seine et de ses canaux de dérivation,
de vingt kilomètres de long, entre Crancey et Nogent-sur-
Seine (un des maillons manquants de la véloroute « La Seine
à vélo » (EV 33), inscrite au schéma national des véloroutes).
Dans son avis du 29 août 2024 (n°2024-64), l?Ae note que le
dossier présente la seule section de voie actuellement ac-
cessible, prenant place sur le chemin existant (sans prendre
en compte une future autre section liée à la création du
nouveau canal à grand gabarit de Bray-sur-Seine à Nogent-
sur-Seine) et que son niveau de définition ne paraît pas tou-
jours suffisant pour évaluer correctement les incidences
de l?aménagement ou s?assurer de leur absence. L?absence
d?incidence hydraulique sur les bassins versants interceptés
et de réduction du volume d?expansion des crues devra être
étayée. Les incidences sur les espèces et habitats naturels
devraient être évaluées en prenant le cas le plus défavorable
pour l?environnement, après examen de la situation actuelle
et du scénario de référence.
Routes
L?Ae examine régulièrement des dossiers d?aménagements
routiers, routes nationales sous maîtrise d?ouvrage de l?État,
autoroutes réalisées par des concessionnaires, ou aménage-
ments routiers supposant le franchissement d?une voie fer-
rée. Les évaluations environnementales font souvent l?objet
de plusieurs avis, au stade de la DUP, puis de la réalisation, en
lien avec les procédures d?autorisation environnementale, de
défrichement ou encore de dérogation à l?interdiction d?at-
teinte aux individus d?espèces protégées et à leurs habitats.
L?Ae et la direction générale des infrastructures, des trans-
ports et des mobilités (DGITM) ont organisé en juin 2024 un
séminaire d?échange entre les services de l?État chargés de
la maîtrise d?ouvrage (DREAL en général), la DGITM et l?Ae
pour échanger sur la pratique et les difficultés de l?évaluation
environnementale des projets et sur les voies de progrès pour
leur conception et réalisation.
Les enjeux et constats rencontrés mettent en évidence des
constantes, des lacunes fréquentes mais également des amé-
liorations et des projets de qualité :
? les principales recommandations portent sur l?insuffi-
sance des mesures d?évitement, de réduction et, à défaut,
de compensation constatées dans les actualisations ou dans
les réponses aux avis de l?Ae (déviation Sant Hostien ? Le
Pertuis sur la RN88 par exemple), même si d?autres projets
témoignent de la prise en compte des enjeux au fur et à
mesure de leur définition et leur réalisation (RD7 à Suresnes
et Saint Cloud par exemple) ;
? dans certains projets on note une approche convaincante
de l?appréhension de l?impact de l?ouvrage sur les milieux
naturels et de la séquence ERC (cas des projets de Jonction
Est à Toulouse, de la RD 1017 à La Chapelle en Serval, choix
plus favorables à l?environnement sur la RN20, etc.), mais
la démarche d?évitement en particulier des impacts sur la
biodiversité reste perfectible dans plusieurs dossiers (RN85
à Aiglun, RN88) et les mesures compensatoires sont par-
fois à renforcer ou revoir (recommandations en ce sens par
exemple pour le contournement ouest de Besançon ou le
demi-échangeur de Caresse-Cassaber). Un enjeu commun
est par ailleurs de veiller à la pérennisation des mesures com-
pensatoires ;
? les données et justifications sont souvent parcellaires, an-
ciennes, ou peu étayées s?agissant du trafic, dont le trafic
potentiellement induit et ses incidences, que ce soit sur la
nouvelle infrastructure ou par report (cas du demi-diffuseur
sur l?A7)
? le constat déjà fait les années précédentes, que la quanti-
fication des émissions de gaz à effet de serre (en intégrant
celles de la construction) se développe, mais est encore ab-
sente de certains dossiers ou manque de précisions, reste
assez largement valable. La définition de mesures de réduc-
tion reste encore rare. Il convient pour les maîtres d?ouvrage
d?y remédier compte tenu de l?enjeu ;
? les projets routiers sont peu accompagnés (ou ne décrivent
pas) de projets concomitants pour renforcer l?offre de mo-
bilités alternatives au véhicule individuel Le projet d?aména-
gement et sécurisation de la RN 296 à Aix-en-Provence, qui
prévoit l?aménagement d?une voie réservée aux transports
en commun, permettant un plus que doublement de l?offre
de cars et bus à haut niveau de service en heure de pointe,
est à signaler dans ce contexte. L?Ae souligne aussi pour cer-
tains projets l?intérêt d?examiner la possibilité d?imposer une
limitation de vitesse plus basse.
106 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 107
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
FER - Infrastructures ferroviaires et Pôles d?échanges mul-
timodaux (PEM)
Aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux (33) ? Avis
n°2024-11 du 25 avril 2024
L?Ae est saisie d?une demande d?autorisation environnemen-
tale pour les aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux
(AFSB), composante du programme « grands projets du sud-
ouest » (GPSO) déclarés d?utilité publique le 25 novembre
2015.
Pour ces aménagements, SNCF Réseau a tenu compte des re-
commandations émises par l?Ae dans son avis Ae n° 2023-51
du 7 septembre 2023 relatif aux aménagements ferroviaires
au nord de Toulouse (AFNT).
Le dossier, dans son ensemble, traite plusieurs volets de fa-
çon satisfaisante et même parfois à un niveau peu commun
dans les études d?impact analysées par l?Ae.
L?objectif d?un dossier autonome n?est toutefois atteint que
partiellement pour certains volets importants (description
du projet, trafics et déplacements non traités, démarche
éviter-réduire-compenser encore inaboutie pour la biodi-
versité et le bruit) et l?étude d?impact doit donc être encore
complétée pour atteindre ce but.
L?Ae recommande de prendre en compte toutes les compo-
santes du projet dans l?analyse des incidences. Elle recom-
mande aussi de démontrer l?équivalence fonctionnelle des
mesures de compensation pour les atteintes aux zones hu-
mides et à la biodiversité. L?Ae recommande de compléter
l?étude d?impact sur certains volets, notamment spécifiques
aux AFSB, la prévention des nuisances en phase travaux et le
dispositif de suivi, pour l?instant absents du dossier.
Pôle d?échange multimodal de Plan de Campagne aux
Pennes-Mirabeau (13) et mise en compatibilité du plan local
d?urbanisme ? Avis n°2024-100 du 21 novembre 2024
La métropole d?Aix-Marseille-Provence souhaite développer
le report modal vers les transports en commun et modes
alternatifs et prévoit ainsi la création d?un pôle d?échange
multimodal (PEM) à Plan de Campagne, sur la commune des
Pennes Mirabeau (13), en lien avec la création d?une halte
ferroviaire sur la ligne Marseille-Aix et la prolongation d?une
ligne de bus à haut niveau de service « Zenibus » dont elle
constituera le terminus.
Le dossier présente très peu ces articulations et les niveaux
de fréquentation attendus qui en résultent et qui justifient
le dimensionnement du PEM. La qualité de l ?étude d?impact
du PEM en pâtit s?agissant de toutes les incidences liées aux
trafics des différents modes. L?Ae recommande dans son avis
du 21 novembre 2024 de reconsidérer le scénario de réfé-
rence et de compléter le dossier par une analyse des effets
cumulés des projets en matière de mobilité et des projets
immobiliers au voisinage du pôle.
Une grande partie de la zone commerciale de Plan de Cam-
pagne étant concernée par des inondations récurrentes par
ruissellement, l?Ae recommande d?expliquer la cohérence
des dispositions retenues pour le PEM avec le projet de re-
mise à niveau de la gestion des eaux dans le secteur. Parmi
d?autres recommandations, on notera celles d?expliquer la
suppression sans compensation d?une petite zone humide
et de justifier de la bonne prise en compte des risques liés à
la présence d?un oléoduc traversant les emprises du projet,
au regard de la fréquentation attendue sur le PEM.
Transports collectifs
Tram T13 phase 2 entre Saint-Germain-en-Laye et Achères
(78) ? Avis n°2024-18 du 25 avril 2024
L?Ae a été saisie de la phase 2 du projet de tram-train T13,
d?une longueur de 9,9 km pouvant circuler à la fois sur le ré-
seau ferré national (RFN) et sur la voirie urbaine. Ce tram-train
reliera Saint-Germain-en Laye à Achères dans les Yvelines
(78). Il succède à un premier projet, la phase 1, mis en service
le 6 juillet 2022, et comprend quatre nouvelles stations. Sa
maîtrise d?ouvrage est partagée entre SNCF Réseau pour la
partie « RFN » et Île-de-France Mobilités (IDFM) pour la partie
« tram urbain ». Sa mise en service est prévue en 2028.
Le projet, qui a fait l?objet de deux avis de l?Ae en 2014 et
2017, a été déclaré d?utilité publique en décembre 2018. Un
nouvel avis de l?Ae est requis à l?occasion de la demande
d?autorisation environnementale.
Dans son avis du 25 avril 2024 (n°2024-18) l?Ae émet des re-
commandations pour améliorer la lisibilité de l?étude d?im-
pact. Elle recommande également de mettre à jour la pré-
sentation de l?état initial des mobilités et de leur évolution,
de reprendre l?évaluation des consommations énergétiques
et des émissions de gaz à effet de serre et d?envisager des
mesures de nature à améliorer le bilan énergétique et car-
bone du projet et enfin de revoir à la hausse les mesures de
compensation prévues au titre des défrichements et de la
suppression des arbres, notamment d?alignement, situés à
proximité de l?infrastructure.
L?Ae recommande par ailleurs aux porteurs de projets et aux
collectivités, d'orienter plus nettement les moyens dispo-
nibles vers des projets susceptibles de favoriser le report des
usagers de la voiture particulière vers toutes les mobilités
décarbonées en cohérence avec les objectifs locaux et na-
tionaux.
Ligne 15 Est du Grand Paris express reliant Saint-Denis
Pleyel à Champigny Centre (93, 94) - Actualisation des avis
n° 2015-93, 2017-33, 2018-60 et 2020-55 - Avis n°2024-32 du
16 mai 2024
Dans le cadre de la réalisation du projet de création de la
ligne 15 de métro, porté par la Société des grands projets
(SGP), un arrêté de cessibilité en date du 21 juillet 2022 por-
tant notamment sur les parcelles nécessaires à la création
d?une emprise déportée pour la réalisation du chantier de
la gare Bondy (93) a été contesté devant le tribunal admi-
nistratif de Montreuil.
Celui-ci a prescrit, par deux jugements du 17 juillet 2023, de
compléter l?étude d?impact de la ligne 15 Est du Grand Paris
Express (GPE), en ce qui concerne spécifiquement le chan-
tier de la gare Bondy (plan de circulation, incidences de la
circulation des poids lourds sur la qualité de l?air, nuisances
sonores à proximité d?une la crèche) et de soumettre ces
compléments à une nouvelle procédure de consultation du
public. L?Ae est saisie de cette étude d?impact actualisée.
L?actualisation de l?étude d?impact est claire et les réponses
requises par le jugement du tribunal administratif y figurent.
L?Ae dans son avis du 16 mai 2024 (n°2024-32) recommande
que les évaluations de trafic soient précisées sur les axes du
plan de circulation établi, afin de rendre compte de façon
plus fine des incidences du chantier. Par ailleurs, et dans
la suite des recommandations déjà formulées précédem-
ment, elle recommande que l?évaluation des impacts en
matière d?émissions de GES soit mieux détaillée. Enfin, le tra-
vail d?estimation des bénéfices potentiels du GPE doit être
poursuivi, en collaboration avec les autres acteurs régionaux
concernés par la politique des transports, afin d?aboutir à
une stratégie régionale à l?horizon 2050 compatible avec
l?objectif de neutralité carbone.
108 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 109
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Extension du réseau de tramway sur la commune principale
du Havre (76) - Avis n°2024-37 du 25 juillet 2024
L?Ae a été saisie d?un projet d?extension du réseau de tramway
du Havre (14 km et 19 stations) par la création d?une troisième
ligne, du sud du Havre (station Vallée Béreult) à Montivilliers
(arrêt Parc Jardin) en traversant Harfleur (arrêt Coeur histo-
rique). La ligne, principalement en site propre s?inscrit pour
partie en remplacement partiel d?une ligne de train, la Lé-
zarde express régionale (LER) qui relie aujourd?hui la gare du
Havre et les bourgs de Rolleville et Épouville.
L?étude d?impact, très détaillée sur les choix techniques entre
variantes d?aménagement, garde les traces d?une sédimen-
tation chronologique avec des données disparates et né-
cessite, pour une bonne information du public, la rédaction
d?un guide de lecture avec un index intégrant le contenu
des annexes.
Dans son avis du 25 juillet 2024 (2024-37), l?Ae recommande
principalement de reconsidérer certaines options et de
mettre en oeuvre des mesures d?accompagnement de l?amé-
nagement en vue d?accroître la contribution du tramway au
transfert modal, à l?amélioration de la qualité de l?air et du
cadre de vie et à la réduction des émissions de gaz à effet
de serre. Dans cette optique, la remise à plat de la caractéri-
sation de l?ambiance sonore aux alentours du tracé compte
tenu des autres sources de bruit participerait d?une transpa-
rence bienvenue sur ses incidences sanitaires. L?Ae recom-
mande également de préciser et compléter les plantations
ligneuses à effectuer en compensation des nombreux arbres
qu?il est prévu d?abattre.
Ferroviaire
Les projets ferroviaires et de transport en commun ont été
moins nombreux en 2024 que lors des années précédentes,
ce qui ne permet pas forcément de dégager des tendances
communes.
Les deux dossiers de tramways examinés ont fait l?objet de
considérations et recommandations de l?Ae sur l?intérêt,
voire la nécessité, d?approfondir les mesures et actions à
mettre en oeuvre pour en augmenter l?efficacité en termes
de report modal et d?effets positifs induits comme la baisse
des émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmos-
phériques.
L?Ae a été saisie d?un deuxième volet du grand projet du sud-
ouest (GPSO) de nouvelles lignes à grande vitesse entre Bor-
deaux, Toulouse et Dax, avec les aménagements ferroviaires
Sud Bordeaux. Ce dossier a largement pris en compte le re-
tour d?expérience et les recommandations formulées par
l?Ae en 2023 sur le dossier des aménagements ferroviaires
Nord Toulouse.
Grands Ports maritimes (GPM)* (cf zoom)
Une synthèse thématique est consacrée dans ce rapport aux
dossiers des grands ports maritimes examinés ces dernières
années par l?Ae.
Extension de la Zone de services portuaires, ZSP2, sur les
bassins ouest du Grand Port Maritime de Marseille à Fos-
sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône (13) ? Avis n°2024-59
du 25 juillet 2024
Le projet présenté par le Grand port maritime de Marseille
(GPMM) s?inscrit dans sa stratégie de développement du
trafic de conteneurs en créant une extension de la zone de
services portuaires (ZSP1) dédiés à cette activité, projet ap-
pelé ZSP2. Une plateforme d?environ 36 ha à terme est créée.
Dans son avis du 25 juillet 2024 (n°2024-59), l?Ae recom-
mande de renforcer la présentation du besoin motivant
le projet et de son évolution, ainsi que celle des choix faits
en conséquence pour sa mise en oeuvre. Elle recommande
également de produire un scénario de référence (évolution
sans projet) fondé sur des hypothèses (notamment flux de
marchandises et de trafic) explicitées et étayées. Elle formule
aussi des recommandations sur plusieurs thématiques, par
exemple, de renforcer la protection règlementaire ou fon-
cière des milieux naturels évités par le projet, de démontrer,
si besoin en prévoyant des mesures complémentaires, que
le projet ne porte pas atteinte à la biodiversité, ou encore de
renforcer significativement la quantité des compensations
pour les zones humides et pour les habitats naturels d?intérêt
ou accueillant une faune et une flore patrimoniales.
Dragage du grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire
(44) ? Avis n°2024-47 du 11 juillet 2024
Le projet sur lequel l?Ae a été saisie porte sur les opérations
de dragage et d?immersion à réaliser par le Grand port ma-
ritime de Nantes Saint-Nazaire (GPMNSN) durant la période
allant du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2034 ; ces opé-
rations sont encadrées par un arrêté préfectoral expirant le
31 décembre 2024.
L?Ae souligne dans son avis n°2024-47 du 11 juillet 2024 que
l?étude d?impact est claire, didactique et bien documentée.
Le dossier met en lumière les compléments substantiels ap-
portés au dossier lors d?échanges avec le service instructeur.
L?Ae relève la nécessité de faire évoluer le dossier afin de
présenter un bilan prévisionnel des émissions de GES pour la
période 2025-2034, de limiter les incidences des opérations
de dragage pour l?ensemble des sections concernées par des
phénomènes d?hypoxie ou d?anoxie et de mieux justifier les
mesures d?évitement et de réduction des incidences sur
l?habitat des populations de crustacés marins. Par ailleurs,
compte tenu des évolutions des moyens de dragage et des
pratiques envisagées sur la période 2025-2034, une actuali-
sation de l?étude d?impact est à prévoir.
110 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 111
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Assainissement
Mise en conformité des systèmes d?assainissement du bourg
et de l?Île-Grande de la commune de Pleumeur-Bodou (22)
? Avis n°2024- 45 du 27 juin 2024
Afin de résoudre les problèmes de non-conformité du sys-
tème d?assainissement de l?Île-Grande sur la commune
littorale de Plumeur-Bodou dans le département des
Côtes-d?Armor (22), deux stations de traitement des eaux
usées existantes (Île-Grande et Pleumeur-bourg) sont rempla-
cées par une station permettant d?améliorer très nettement
la qualité des eaux rejetées dans le milieu.
L?Ae dans son avis du 27 juin 2024 (n°2024-45) recommande
de définir toutes les opérations nécessaires à la réalisation
du projet, de faire porter l?étude d?impact sur le projet d?en-
semble et de veiller à ce que la définition du projet soit la
même dans les différentes pièces du dossier qui souffre d?un
éparpillement des informations, partiellement répétées, et
dont la cohérence n?est pas assurée, compte-tenu de mises à
jour à des dates différentes des pièces qui le composent. Plu-
sieurs imprécisions méthodologiques rendent la démarche
d?évaluation environnementale peu lisible.
L?Ae émet plusieurs recommandations parmi lesquelles dé-
finir des aires d?étude adaptées à la caractérisation de l?état
initial et l?identification des effets probables des différentes
opérations du projet d?ensemble, établir un bilan énergé-
tique et des émissions de gaz à effet de serre du projet, cla-
rifier la situation des zones humides ou encore par exemple
clarifier la nature des incidences résiduelles notables néces-
sitant des mesures de compensation.
L?évaluation environnementale : encore souvent perçue
comme une procédure contraignante et non comme un
outil de réflexion ou d?enrichissement des projets même si
des évolutions notables sont constatées.
Le thème de la « nécessaire accélération des procédures »
est plus que jamais d?actualité notamment pour les projets
industriels.
Une réflexion, la plus en amont possible, sur la localisation
envisagée pour le futur projet et « Éviter » autant que faire
se peut, la destruction d?espaces naturels et d?écosystèmes
et d?autres impacts (exposition des populations aux bruits
des infrastructures par exemple) paraît une des meilleures
manières de faciliter la délivrance des autorisations et d?évi-
ter des mesures coûteuses pour le maître d?ouvrage ou la
collectivité.
Des projets sont pourtant trop souvent encore envisagés sur
des espaces naturels riches et fragiles, présentant un intérêt
fonctionnel, sur la seule base de l?opportunité foncière, sans
véritable réflexion sur des localisations alternatives, détrui-
sant durablement des écosystèmes dont la richesse et les
services qu?ils rendent ne sont pas appréhendés correcte-
ment et que l?on a le plus grand mal à recréer avec toutes
leurs fonctionnalités, quand on tente de le faire. Au mieux
les corrections des incidences sont alors coûteuses, au pire
les incidences sont sous-évaluées et les mesures proposées
pas toujours adaptées.
Les inondations qui ont ravagé de nombreuses villes n?ont
pas pour cause les réglementations environnementales qui
empêcheraient le « curage des fossés », comme on a pu
l?entendre, mais sont bien souvent liées à une absence de
réflexion amont, à l?artificialisation des sols, à la destruction
des haies ou encore à des constructions autorisées parfois
même dans le lit des cours d?eau ou à proximité immédiate
de ceux-ci.
C?est donc bien au stade de la préparation des projets (très
en amont) que doit être menée la réflexion sur la conception
et la localisation du projet, les zones potentiellement affec-
tées par celui-ci, l?insertion des projets dans les politiques
d?aménagement et mobilités, et en l?absence de solutions
alternatives, sur les mesures de réduction, voire de compen-
sation, qu?il faudra mettre en place.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 113112 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L e s d o s s i e r s 2 0 24
Ce qui semble une évidence de bon sens et est désormais
pleinement intégré par nombre de maîtres d?ouvrage ne l?est
pourtant toujours pas systématiquement, au vu de certains
dossiers que l?Ae a eu à connaître cette année encore.
L?évaluation environnementale des incidences d?un projet (ou
d?un plan) sur l?environnement, l?intégration de la démarche
« éviter, réduire, compenser » doit permettre d?améliorer les
projets en réduisant leurs impacts environnementaux no-
tamment en éclairant ceux-ci et en en prenant conscience.
L?avis des autorités environnementales y participe.
Or trop souvent l?avis des autorités environnementales est
perçu seulement comme un élément de procédure, pièce
obligatoire à joindre au dossier de participation du public
préalable à l?autorisation.
L?enquête publique est parfois ouverte rapidement après
l?émission de l?avis alors que celui-ci implique le plus sou-
vent de compléter ou d?approfondir l?étude d'impact sur
certaines thématiques voire d?en reprendre certaines parties
et devrait donc conduire en bonne logique à une évolution,
voire une modification du projet.
Le mémoire en réponse du maître d?ouvrage à l?avis de l?Ae9
consiste parfois en une simple réfutation des recommanda-
tions sans démonstration approfondie.
L?Ae constate que, dans certains projets, les bureaux d?étude
et les porteurs de projet ont tendance à minimiser les enjeux
relatifs aux espèces protégées présentes et à leurs habitats,
ainsi que les impacts prévisibles des projets sur des individus
ou des habitats de ces espèces protégées, afin de conclure à
l?absence de nécessité de demande de dérogation relative à
ces espèces protégées. L?Ae insiste sur la nécessité de mener
cette évaluation de manière complète et rigoureuse, afin
d?estimer si le risque d?atteinte aux espèces protégées est
suffisamment caractérisé après les mesures d?évitement et
de réduction proposées, ce qui doit alors conduire à une
demande de dérogation10.
Un projet dont on n?est pas en capacité, après évitement et
réduction, de compenser les effets significatifs sur l?environ-
nement ne peut pas être autorisé en l?état (article R. 163-1 du
code de l?environnement).
La récurrence de certains constats ne doit cependant pas
occulter des tendances positives constatées dans nombre
de projets.
Ainsi l?établissement de bilans détaillés des émissions de gaz
à effet de serre générées par un projet se rencontre désor-
mais plus fréquemment, notamment pour des zones d?amé-
nagement concerté ou des projets de transport (cas du pôle
gare de Noisy-le-Sec par exemple). De même, la question de
l?adaptation au changement climatique commence à faire
l?objet d?analyses plus détaillées, débouchant sur des me-
sures opérationnelles dans certains dossiers, par exemple en
ce qui concerne les îlots de chaleur urbain dans les projets
d?aménagement. Concernant les impacts sur les milieux na-
turels, la biodiversité, les espèces, les analyses d?état initial et
souvent d?incidences sont dans l?ensemble plus détaillées,
fondées sur des expertises et inventaires de terrain appro-
fondis. Les démarches de recherche et définition de mesures
de compensation sont en revanche plus hétérogènes, parti-
culièrement sur l?additionnalité effective et la fonctionnalité
des compensations proposées.
9.
VI.-« Les maîtres d'ouvrage tenus de produire une étude d'impact la mettent
à disposition du public, ainsi que la réponse écrite à l'avis de l'autorité envi-
ronnementale, par voie électronique au plus tard au moment de l'ouverture
de l'enquête publique prévue à l'article L. 123-2 ou de la participation du pu-
blic par voie électronique prévue à l'article L. 123-19 ».
10.
Cf avis du Conseil d?État du 9 décembre 2022
114 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 115
La décision d?autorisation
L?article L. 122-1-1 du code d?environnement précise que « La
décision de l'autorité compétente est motivée au regard des
incidences notables du projet sur l'environnement. Elle pré-
cise les prescriptions que devra respecter le maître d'ouvrage
ainsi que les mesures et caractéristiques du projet destinées
à éviter les incidences négatives notables, réduire celles qui
ne peuvent être évitées et compenser celles qui ne peuvent
être évitées ni réduites. Elle précise également les modalités
du suivi des incidences du projet sur l'environnement ou la
santé humaine ».
Dans un souci de transparence et d?information du public, et
conformément à la disposition ci-avant, la décision d?autori-
sation, d?approbation ou d?exécution du projet11 devrait indi-
quer dans le corps de décision ou, à tout le moins dans une
annexe directement accessible en ligne, les mesures à charge
du maître d?ouvrage destinées à éviter, réduire ou compenser
(ERC) les incidences du projet sur l?environnement.
L?Ae a cependant constaté que ce n?était pas toujours le cas,
les DUP renvoyant à des annexes non accessibles en ligne
comme en témoigne l?exemple suivant parmi d?autres :
Le décret n°2023-111 du 16 février 2023 (publié au JO du 19
février 2023) déclarant d?utilité publique et urgents les tra-
vaux nécessaires à la réalisation de la ligne ferroviaire nouvelle
entre Montpellier et Béziers et portant mise en compatibilité
des documents d?urbanisme des communes concernées pré-
cise dans son article 4 que « Conformément aux dispositions
de l?article L. 122-1-1 du code de l?environnement, l?annexe 3
au présent décret (1) mentionne les mesures à la charge du
maître d?ouvrage destinées à éviter, réduire et compenser les
effets négatifs notables du projet sur l?environnement et la
santé humaine et les modalités de suivi associées. Les études
détaillées préciseront, le cas échéant, ces mesures avant le
début des travaux ».
Le renvoi à une note de bas de page (1)12 ne fournit pas le lien
numérique où ces informations seraient disponibles mais
renvoie à une adresse postale peu précise. Les prescriptions
environnementales ne sont donc pas accessibles simple-
ment et directement mais nécessitent pour les obtenir une
demande spécifique alors qu?elles fondent la décision, ce
que l?Ae ne peut que déplorer.
Ces textes ajoutent que « Les mesures relatives à la protec-
tion de l?eau, des milieux aquatiques et des zones humides,
ainsi que celles relatives aux espèces et habitats d?espèces
protégées pourront être adaptées, dans le respect des
mêmes objectifs, par des prescriptions fixées dans le cadre
d?un arrêté ultérieur, pris en application des articles L. 181-1
à L. 181-31 du code de l?environnement ».
La finalité de l?évaluation environnementale est qu?à la fin
du processus décisionnel l?ensemble des incidences aient
été évaluées avec, si besoin, des mesures définies par l?ar-
rêté d?autorisation pour éviter, réduire ou compenser ces
incidences. Toutes n?étant pas forcément connues au mo-
ment de la première autorisation, les autorisations suivantes
doivent compléter les mesures de la première décision par
des prescriptions adaptées, comme le précisent d?ailleurs les
autorisations précitées.
Encore faudrait-il que ces informations soient aisément dis-
ponibles et accessibles notamment aux différentes autorités
décisionnaires. L?Ae a pu constater que ce n?était pas le cas,
ce qui questionne par voie de conséquence dans ces cas
l?efficience du dispositif.
L?actualisation de l?étude d?impact
Les projets ou aménagements dont la mise en oeuvre s?étend
sur une longue période (routes, projets d?aménagement ?)
nécessitent le plus souvent une actualisation de l?étude
d?impact, du fait des précisions apportées progressivement
aux projets et des autorisations nécessaires pour les phases
successives de travaux. La DUP, quand elle est nécessaire, ou
les premières autorisations (comme la création des zones
d?aménagement concerté) intervenant en amont, certaines
incidences peuvent être difficilement connues à ce stade et
nécessitent donc d?être approfondies ultérieurement (inci-
dences sur les zones humides, sur la biodiversité, le bruit, la
pollution de l?air etc.).
Le maître d?ouvrage actualise le plus souvent l?étude d'im-
pact au stade de l?autorisation environnementale « dans le
périmètre de l'opération pour laquelle l'autorisation a été
sollicitée et en appréciant leurs conséquences à l'échelle
globale du projet ». L?article L. 122-1-1 précise que « En cas
de doute quant à l'appréciation du caractère notable de
celles-ci et à la nécessité d'actualiser l'étude d'impact, il peut
consulter pour avis l'autorité environnementale ».
L?actualisation soulève deux difficultés récurrentes liées à la
lisibilité de celle-ci et au champ sur lequel elle porte :
Ainsi, les parties actualisées ne sont pas clairement indiquées
dans le dossier, même si de plus en plus de maîtres d?ouvrage
améliorent nettement cet aspect. En effet, pour la bonne
information du public, l?étude d?impact doit être datée et
les parties actualisées facilement repérables (modifications
en couleur par exemple). L?ensemble des documents doit
impérativement être mis en cohérence et ne pas consister
en une superposition d?études dont l?étude d?impact ne tire
pas parti pour faire évoluer le projet.
En ce qui concerne le champ de l?actualisation, dans une in-
terprétation restrictive des dispositions de l?article L. 122-1-113
, l?actualisation est souvent limitée aux seuls champs traités
par l?autorisation sollicitée.
Or cette lecture ne peut s?entendre que si l?autorisation solli-
citée n?est pas la dernière du processus décisionnel. En effet,
faute d?autorisations ultérieures, certaines incidences ne se-
raient pas examinées, ce qui ne serait pas conforme au droit.
L?Ae a cependant pu constater que la construction des
projets s?appuie parfois pleinement sur la démarche d?éva-
luation environnementale pour préciser et faire évoluer les
projets dans le sens d?une meilleure limitation des impacts
négatifs et d?une meilleure intégration des projets avec leur
environnement. C?est le cas par exemple de la deuxième
étude d?impact du projet de Zac Dame Blanche Nord à
Garges-Lès-Gonesse (95) pour sa phase de réalisation (avis
de l?Ae n° n°2024-77 du 12 septembre 2024).
11.
La décision d?autorisation ne recouvre pas les seules autorisations relevant
du code de l?environnement ; la décision peut être une DUP, une autorisa-
tion environnementale bien sûr mais également un permis de construire ou
d?aménager.
12.
(1) Il peut être pris connaissance de ces plans et documents, du document
prévu à l?article L. 122-1 du code de l?expropriation pour cause d?utilité pu-
blique exposant les motifs et considérations justifiant le caractère d?utilité
publique du projet ainsi que du document mentionnant les mesures à la
charge du maître d?ouvrage destinées à éviter, réduire et compenser les effets
négatifs notables du projet sur l?environnement et la santé humaine et les
modalités de suivi associées auprès du ministère de la transition écologique et
de la cohésion des territoires (direction des transports ferroviaires et fluviaux
et des ports, sous-direction des infrastructures ferroviaires, Tour Séquoia, 1,
place Carpeaux, 92055 Paris-La Défense Cedex) et auprès de la préfecture de
l?Hérault (34, place des Martyrs-de-la-Résistance, 34000 Montpellier)
13.
« Le maître d?ouvrage actualise l?étude d'impact en procédant à une évalua-
tion de ces incidences dans le périmètre de l?opération pour laquelle l?autori-
sation a été sollicitée et en appréciant leurs conséquences à l?échelle globale
du projet ».
116 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 117
Choix entre « Actualisation » et demande d?examen « au
cas par cas »
Une difficulté se rencontre parfois lorsqu?une opération se
situe dans un projet d?ensemble plus vaste mais relève, pris
isolément, du champ du cas par cas (par exemple, aména-
gement d?un îlot d?une Zac relevant de la rubrique 39 du
tableau annexé à l?article R. 122-2 du code de l?environne-
ment nécessitant un PA ou un PC, ou dans certains projets
d?infrastructures).
Dans ce cas, l?Ae ne serait pas saisie de la demande de cas par
cas, suite à la réforme distinguant « l?autorité de cas par cas
» des autorités en charge de rendre l?avis alors même qu?elle
serait compétente, si elle était interrogée à l?occasion de
cette opération sur la nécessité d?actualiser l?étude d?impact
globale conformément à l?article R. 122-8 du même code.
Le délai, dont dispose l?Ae pour rendre un avis sur la nécessité
d?actualiser l?étude d?impact, est d?un mois, soit un délai un
peu plus court que le délai de 35 jours pour rendre la décision
de cas par cas.
Il serait donc plus simple et cohérent que le maître d?ouvrage
d?une opération s'intégrant dans un projet plus large, ayant
fait l?objet d?une évaluation environnementale, questionne
l?Ae sur la nécessité d?actualiser celle-ci.
L?entrée par « autorisation » se rencontre encore et toujours.
En témoigne l?exemple des Afafe rendus nécessaires suite
à un aménagement routier ou ferroviaire qui sont, selon
l?Ae, constitutifs du projet routier, ce qui n?est parfois pas
l?approche retenue par les MO. L?étude d'impact du projet
routier, y compris au stade de la DUP, devrait donc traiter de
ses conséquences potentielles sur les exploitations agricoles,
l?étude devant ensuite être actualisée dans le cadre de la pro-
cédure d?Afafe. Au minimum, lorsque l?Afafe a lieu plusieurs
années après le projet routier, un lien doit être opéré entre les
deux aménagements et un bilan des actions réalisées au titre
du projet routier mené, notamment sur les résultats du suivi
des mesures d?évitement, de réduction et de compensation.
Le suivi des mesures ERC
Le caractère opérationnel et l?effectivité des mesures d?évite-
ment, de réduction, voire de compensation (séquence dite «
ERC ») sont attestés par la mise en place d?un suivi de ces me-
sures, l?article R. 122-13 du code de l?environnement imposant
« un ou [de] plusieurs bilans réalisés sur une période donnée
et selon un calendrier que l'autorité compétente détermine
afin de vérifier le degré d'efficacité et la pérennité de ces
prescriptions, mesures et caractéristiques ». Mesures, cibles
à atteindre, calendrier et trajectoire sont souvent à préciser,
ainsi que les mesures correctives en cas de déviation par
rapport à la trajectoire envisagée. Le même article prévoit
notamment la transmission pour information aux autorités
environnementales de ce ou ces bilans par l?autorité com-
pétente pour prendre la décision d'autorisation.
Le respect des mesures ERC et le contrôle de leur mise en
oeuvre effective sont un enjeu de progrès pour les années
à venir.
Le contenu de l?étude d?impact ou du rapport environne-
mental
Les constats du précédent rapport annuel restent souvent
d?actualité.
Suivre le contenu de l?étude d?impact tel que défini par l?ar-
ticle R. 122-5 pour les projets ou l?article R. 122-20 pour les
« plans et programmes » constitue peut-être la méthode la
plus simple pour ne rien oublier, quitte à indiquer que tel
item n?est pas abordé lorsqu?il n?est pas adapté au projet ou
plan concerné.
Sur le fond, certaines études d?impact, rapports d?évaluation
des incidences ou rapports environnementaux sont trop gé-
néraux, ou incomplets. Dans certains cas, le bureau d?étude
se contente d?une compilation de données existantes parfois
anciennes, sans collecte de nouvelles données de terrain, no-
tamment pour les plans et programmes (ce n?est en général
pas le cas pour les projets, dont les états initiaux, en particu-
lier sur les milieux naturels, sont généralement de meilleure
qualité et, de plus, en amélioration). L?étude d?impact ou le
rapport environnemental doivent indiquer précisément la
date et le nombre d?inventaires de terrain effectués ainsi que
la qualité de l?écologue qui effectue ces inventaires.
L?analyse de l?articulation avec les autres plans, schémas ou
programmes (II de l?article R. 122-20 du code de l?environ-
nement) n?est pas toujours menée correctement y compris
lorsque les différents plans relèvent du même maître d?ou-
vrage. Cette analyse doit pourtant permettre d?apprécier la
non-contradiction, et si possible, la cohérence des politiques
environnementales menées.
À titre d?exemple, l?évaluation environnementale des pro-
grammes régionaux forêt-bois (PRFB) ou celle des parcs na-
turels régionaux lorsqu?ils existent devraient être utilisées
pour enrichir celles d?autres plans ou programmes plus vastes
118 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 119
ayant un volet « forêt » ou « biodiversité ». En outre le volet
« articulation » du rapport environnemental du plan ou pro-
gramme devrait préciser les mesures prévues qui viennent
compléter le plan ou programme avec lequel il doit être com-
patible, par exemple dans le cas de projets ayant des inci-
dences positives ou négatives sur l?eau au regard des schémas
directeurs d?aménagement et de gestion de l?eau (Sdage).
Enfin, la hiérarchisation des enjeux pourrait dans certains cas
être mieux justifiée.
« Projet » et Mise en compatibilité des documents d?urba-
nisme
La mise en compatibilité d?un document d?urbanisme relève
du champ de l?évaluation environnementale (articles R. 104-9
et R. 104-10 du code de l?urbanisme pour les Scot et R. 104-13
et R. 104-14 pour les PLU).
La procédure commune (articles L. 122-14 et R. 122-27 du
code de l?environnement), mesure de simplification permet
à l?Ae de rendre un avis unique portant à la fois sur le projet et
sur la mise en compatibilité du plan. Dans ce cas, l?évaluation
environnementale de la mise en compatibilité du plan doit
être transmise. Soit elle figure dans un document particulier,
soit elle constitue un chapitre de l?étude d?impact. L?avis a
vocation à être rendu dans un délai de trois mois.
La saisine doit indiquer explicitement si le maître d?ouvrage
souhaite recourir à la procédure prévue par l?article R. 122-27
du code de l?environnement, car la compétence de l?Ae est
dans ce cas dérogatoire à la compétence de droit commun
de la MRAe.
Sur le fond, l?autorité environnementale vérifie que la mise
en compatibilité du document d?urbanisme prend en
compte les mesures ERC qui s?imposent au projet, mesures
qui peuvent, pour certaines, être traduites dans les docu-
ments graphiques du document d?urbanisme. Les nouvelles
règles du PLU peuvent dans certains cas devoir reprendre les
mesures compensatoires des zonages qui évoluent.
Le cumul des incidences avec d?autres projets : approfondir
cette dimension essentielle des projets
La nécessité d?étudier le cumul des incidences des projets
est prévu tant dans le cadre de l?examen au cas par cas des
projets14 que dans le contenu de l?étude d?impact15.
La prise en compte des effets cumulés du projet avec
d?autres projets a pour objet de mesurer l?ensemble des
effets, entre autres au regard de la capacité de l?environne-
ment à les supporter. L?analyse faite dans les études d?impact
est trop souvent réduite à des paragraphes listant quelques
projets à proximité et concluant, avec des démonstrations
trop rapides et simplistes, à l?absence d?effets cumulés. Or
suivant les projets, de réels effets cumulés peuvent appa-
raître en matière de bruit, de fragmentation des espaces,
de consommation d?espaces, de capacité des sols ou des
eaux à accepter les incidences, de pollution, d?utilisation
des ressources (besoin en matériaux par exemple), d?atteinte
à la biodiversité et aux paysages, d?étalement urbain, etc.
14.
Cf. annexe à l?article R. 122-3-1 et Annexe III de la directive 2014/52/UE : b) du
1 et g) du 3.
15.
Cf. 5e e) du II de l?article R. 122-5 du code de l?environnement et 5° de l?annexe
IV de la directive précitée.
16.
Les projets d?EnR au sens de l'article L. 211-2 du code de l?énergie, ou de stoc-
kage d'énergie dans le système électrique, y compris leurs ouvrages de raccor-
dement aux réseaux de transport et de distribution d'énergie, sont réputés
répondre à une raison impérative d'intérêt public majeur, au sens du c du 4°
du I de l'article L. 411-2 du code de l'environnement, dès lors qu'ils satisfont à
des conditions définies par décret en Conseil d'État.
17.
Décret n° 2024-281 du 29 mars 2024 pris pour l'application du III de l'article
27 de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la pro-
duction d'énergies renouvelable https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORF-
TEXT000049343029
Évolutions législatives ou règlementaires
Deux lois intervenues en 2023 ont des répercussions sur
l?évaluation environnementale et le travail des autorités
environnementales : celle d?accélération de la production
d'énergies renouvelables et celle relative à l'industrie verte.
Seules quelques dispositions (art 27 et 31) en sont présentées
ci-après.
La loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération
de la production d'énergies renouvelables
Cette loi instaure une présomption de « raison impérative
d'intérêt public majeur » pour certains projets de produc-
tion d?énergie à partir de ressources renouvelables (EnR) et
certains projets déclarés d?utilité publique16.
L?article 27 prévoit la possibilité de bénéficier de déroga-
tions du ministre de l?environnement quant à l?obligation
de produire une étude d?impact sur l?environnement et la
santé humaine et notamment de dispenser d?évaluation
environnementale les projets de création ou de modifica-
tion d'ouvrages du réseau public de transport d'électricité
lorsque ceux-ci ont pour objet le raccordement de projets
se rapportant :
? aux installations de production ou de stockage d'hydro-
gène renouvelable ou bas-carbone, défini à l'article L. 811-1
du code de l?énergie,
? aux opérations de modifications d'installations industrielles
ayant pour objectif le remplacement de combustibles fos-
siles pour la production d'énergie, l'amélioration de l'effica-
cité énergétique ou la diminution significative des émissions
de GES,
L?article 19 de la loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative
à l'industrie verte a élargi cette possibilité de dérogation :
? « aux projets de création ou de modification d'ouvrages
du réseau public de transport d'électricité lorsque ceux-ci
ont pour objet le raccordement des installations d'un projet
industriel qualifié de projet d'intérêt national majeur pour
la transition écologique ou la souveraineté nationale par le
décret prévu au premier alinéa du I de l'article L. 300-6-2 du
code de l'urbanisme ».
Les projets pour lesquels le raccordement électrique est ré-
alisé doivent concourir de manière directe à une réduction
significative des émissions de GES d'installations industrielles
soumises aux articles L. 229-6 à L. 229-12 du code de l'envi-
ronnement (le décret n° 2024-281 du 29 mars 202417 a pris
en compte les émissions de GES pour fixer la liste des sites
éligibles).
Les projets de raccordement doivent, en plus de remplir ces
conditions, être localisés sur les sites dont la liste est fixée par
décret (décret du 29 mars 2024 précité).
Le fait d?être inscrit sur cette liste ne justifie pas en lui-même
l?obtention de la dérogation à l?évaluation environnementale
qui doit rester exceptionnelle.
Enfin, les dispositions du III de l?article 27 de la loi s'appliquent
aux projets de raccordement mentionnés pour lesquels une
demande de dérogation a été présentée à l'autorité compé-
tente dans un délai de deux ans à compter de la promulga-
tion de la loi. Ce délai peut être prorogé par décret en Conseil
d'État, dans la limite de deux ans.
120 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 121
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049343029
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049343029
Pour l?instant un seul arrêté a été pris en application de ces
dispositions : l?arrêté du 29 août 2024 dispensant d?évalua-
tion environnementale à titre exceptionnel le « projet des
Boucles de la Seine » en application du III de l?article 27 de
la loi no 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l?accélération
de la production d?énergies renouvelables (publié au JO du
4 septembre 2024).
La loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l'industrie
verte :
Pour mémoire, cette loi a réformé les autorisations environ-
nementales et prévu que les phases d'examen et de consul-
tation auront lieu (sauf cas particulier, notamment en cas de
pluralité de procédures) en même temps : la consultation
publique est lancée dès que le dossier de demande d?auto-
risation est jugé complet et régulier, et se déroule parallèle-
ment à l?instruction du dossier et au recueil des avis requis
(dont l?avis de l?Ae), qui sont mis en ligne au fur et à mesure,
de même que les observations du public et les réponses du
pétitionnaire. À la fin de la consultation, le commissaire en-
quêteur remet un rapport et des conclusions motivées. La
durée de cette consultation du public est de trois mois.
En application de l?article 70 du décret n° 2024-742 du 6
juillet 2024 portant diverses dispositions d'application de
la loi industrie verte et de simplification en matière d'envi-
ronnement, ces dispositions sont entrées en vigueur le 22
octobre 2024.
122 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 123
18.
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/examen-au-cas-par-cas-
et-autres-decisions-r432.html
L?Ae a rendu 65 décisions
après examen au « cas
par cas » de projets,
plans ou programmes
217
2019
156
2020
166
2021
121
2022
79
2023
90
127
74 73
41
2
82
93
80 77
Les décisions figurent également sur le site internet de l?Ae.
En 2024 (comme en 2023), aucune décision n?a été « tacite
». L?absence de décision notifiée au terme du délai régle-
mentaire (35 jours pour les projets ou 2 mois pour les plans
et programmes à partir de la réception du dossier complet)
vaut obligation de réaliser une évaluation environnementale.
DÉCOMPOSITION DES DÉCISIONS
ENTRE EXEMPTIONS ET SOUMISSIONS
ÉVOLUTION DU TAUX DE SOUMISSION
POUR LES DÉCISIONS SUR PROJETS
Décisions 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Soumissions 40 36 42 35 31 9
Pourcentage 44% 44% 45% 44% 39% 15%
Total 90 82 93 80 77 61
La catégorie la plus représentée au sein des dossiers soumis
à une demande d?examen au cas par cas sont les projets
d?aménagement (22) dont une Zac, d?infrastructures rou-
tières (11) devant les dossiers relatifs à l?énergie (7) et ferro-
viaires (6), cinq dossiers concernent le domaine fluvial, 2 le
domaine maritime.
Les quatre décisions de cas par cas relatives à des plans et
programmes ont concerné 1 PPRT, 1 PPA, la modification du
schéma d?ensemble du Réseau de Transport Public du Grand
Paris et le projet de modification du SAR de la Martinique.
Dans trois cas, l?Ae a répondu à une demande d?examen au
cas par cas par un courrier publié sur son site. Ces courriers
concernent des opérations qui ne relèvent pas en soi d?un
tel examen puisqu?ils s?inscrivent dans un projet plus vaste.
Décisions au
« cas par cas »18
Chaque dossier de demande d?examen au cas par cas est
confié pour instruction à un rapporteur appartenant à
l?équipe permanente de l?Ae. Celui-ci étudie le dossier, de-
mande éventuellement des compléments, puis propose un
projet de décision à une commission d?examen composée
de deux, (parfois trois) membres permanents de l?Ae. Après
échanges, le projet de décision est proposé au président de
l?Ae pour signature de la décision. Si nécessaire, le projet de
décision est délibéré collégialement.
Exemptions
Soumissions
Courriers
50
9
2
2024
65
4
61
Projets Plans-programmes
124 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 125
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/examen-au-cas-par-cas-et-autres-decisions-r432.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/examen-au-cas-par-cas-et-autres-decisions-r432.html
L?A e E N 2 0 24
19.
L?évocation est prévue par le dernier alinéa du 1° du I de l?article R. 122-6 qui
dispose que « Le ministre chargé de l'environnement peut, en outre, se saisir,
par décision motivée au regard de la complexité et des enjeux environnemen-
taux du dossier, de tout projet relevant de la compétence de la mission ré-
gionale d'autorité environnementale en application du 3° du présent article,
aux fins d'en confier l'instruction à l'autorité mentionnée au 2°. En ce cas, la
mission régionale transmet le dossier à cette dernière sans délai ». Elle est à
distinguer de la délégation qui porte sur un projet ou une catégorie de projet
qui relève du Ministre de l?environnement appelé à rendre un avis en qualité
d?autorité environnementale. Dans ce cas il a la possibilité de confier à l?Ae-
Igedd le soin de rendre l?avis à sa place (cf décision précitée du 9 décembre
2024 sur la délégation des catégories de projets « transport »).
De rares décisions
d?évocation19
Pour l'année 2024, deux dossiers ont été évoqués : l?instal-
lation du site de production de bioéthanol dans la zone
portuaire de Blainville-sur-Orne (14) n° 2023-137 et le pro-
jet d?exploitation de sables siliceux porté par le GIE Loire
Grand Large (décision du 18 novembre 2024) enregistré sous
le n°2024-125. L?avis sera rendu en 2025 compte tenu de la
date de dépôt du dossier.
Pour mémoire par décision du 25 juillet 2023, le ministre char-
gé de l?environnement a confié à l?Ae la compétence pour
produire les avis sur l?opération d'achèvement de la nouvelle
route du littoral à La Réunion ainsi que sur la mise en com-
patibilité des documents d?urbanisme nécessaires à la réa-
lisation du projet (article R. 104-21 du code de l?urbanisme).
Par décision du 18 septembre 2023, le ministre chargé de
l?environnement a également confié à l?Ae l?établissement
des avis concernant les projets relatifs à l?extraction de mica
lithinifère par Imerys (EMILI) depuis le gisement de Beauvoir
à Échassières dans l?Allier. Compétence lui a également été
donnée pour se prononcer sur la mise en compatibilité des
documents d?urbanisme nécessaire à la réalisation de ce
projet.
Il faut enfin rappeler la décision du 15 septembre 2022 par
laquelle le ministre chargé de l?environnement donne déléga-
tion à l?Ae pour se prononcer tant dans le cadre de l?examen
au cas par cas que de l?émission des avis pour les projets
donnant lieu à une décision d'autorisation, d'approbation
ou d'exécution du ministre chargé de l'énergie ou à un décret
pris sur son rapport ou ceux élaborés par les services placés
sous l'autorité du ministre chargé de l'énergie ou par des ser-
vices agissant dans les domaines relevant de ses attributions.
C?est par exemple en application de cette décision que l?Ae
s?est prononcée sur le dossier Imerys.
Cette année encore, aucun plan ou programme n?a fait l?ob-
jet d?une évocation.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 127126 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L e s d o s s i e r s 2 0 24
ZOOM SUR
130
Volet des mobilités
des CPER 2023-2027
134
PPE
140
La prise en compte du changement
climatique dans les évaluations
environnementales
144
Schémas régionaux d'aménagement,
de développement durable
et d'égalité des territoires ,
autres schémas régionaux
concernant l'aménagement
156
OIN de Guyane
160
Projets sur les grands ports martimes
168
Capitaliser, valoriser, partager
Les contrats de plan État-Région (CPER), qui comprennent un
volet mobilités, sont des contrats financiers qui permettent
à leurs signataires, l?État et la Région, de s?accorder sur une
stratégie, sur des projets et sur la répartition de la charge
financière pour qu?ils voient le jour (d?autres collectivités lo-
cales participent également au financement).
La dernière génération de CPER couvre la période 2021-2027
et ils ont en général été conclus entre l?État et les Régions
en 2021 ou 2022, sans prévoir de financements sur le sujet
transports-mobilités : une réflexion d?ensemble était en effet
conduite au niveau national, avec en particulier la saisine
du conseil d?orientation des infrastructures (COI), chargé de
formuler des propositions stratégiques et de programmation
pour la politique de pérennisation et de développement des
infrastructures de transport. Le rapport du COI a été remis
le 24 février 2023 à la Première ministre qui a communiqué
en juin 2023 un mandat de négociation des volets mobilités
aux préfets de région. La Première ministre a annoncé retenir
parmi les scénarios proposés par le COI celui de « planifica-
tion écologique », qui recommandait une inflexion vers une
mobilité plus durable. Les échanges entre l?État et les Régions
ont débouché sur des protocoles d?accord signés en 2023
ou 2024, puis sur le lancement de la procédure d?élabora-
tion et validation des volets mobilités des CPER, qui sont
(comme les CPER dans leur ensemble) soumis à évaluation
environnementale et font l?objet à ce titre d?un avis de l?Ae,
avant la consultation du public. L?Ae a donc été saisie en 2024
des volets Mobilités 2023-2027 des CPER de presque toutes
les régions ; elle a aussi été saisie sur ce volet pour la région
Bourgogne-Franche Comté fin 2024.
En 2024, l?Ae a rendu des avis sur les volets Mobilités CPER
des régions Bretagne, Pays de Loire, Île-de-France, Grand Est,
Provence-Alpes-Côte d?Azur, Centre-Val de Loire, Occitanie
et Nouvelle-Aquitaine1 ainsi que sur le volet Mobilités du
contrat de plan interrégional Rhône-Saône qui est consacré
exclusivement aux investissements fluviaux et portuaires sur
l?axe Rhône-Saône.
Alors que l'adoption des volets Mobilités couvrant normale-
ment la période 2023-2027 intervient souvent fin 2024 voire
en 2025, et manifestant ainsi un retard important par rap-
port à la période affichée de mise en oeuvre des CPER, l?Ae
estime que l'exercice de participation du public ne pourra
avoir qu'un sens limité notamment du fait que les program-
mations sont désormais non seulement largement définies,
mais aussi en partie engagées depuis 2 ans.
Cette nouvelle génération de volet Mobilités des CPER
marque une inflexion forte, comme recommandé par le
COI, vers le soutien à des mobilités plus durables, qui reste
cependant à conforter et concrétiser, tandis que l?évaluation
environnementale de ces programmes est encore assez loin
d?atteindre toutes ses potentialités.
En effet, alors même que l?évaluation environnementale
(obligatoire) de ces plans aurait permis de s?assurer de la
bonne prise en compte du pilier environnemental, peu de
régions ont saisi correctement cette opportunité. Les évalua-
tions environnementales présentées à l'Ae ont bien souvent
été conduites sans réelle démarche itérative entre la concep-
tion du contrat et son évaluation environnementale. Elles
n'ont mené qu?à peu de mesures d?évitement, de réduction
ou compensation alors que l?on sait que les infrastructures
font du bruit, que certaines sont émettrices, en travaux et
exploitation, de gaz à effet de serre et de polluants de l?air,
que la plupart marquent le paysage et les milieux naturels
et artificialisent des sols. Les évaluations environnementales
renvoient systématiquement à la mise en oeuvre des projets
alors que l?échelle régionale pourrait être examinée pour ré-
pondre à certaines de ces incidences, en complémentarité
avec les réponses à l?échelle des projets. Alors que les projets
inscrits dans les CPER sont souvent bien avancés dans leur
définition, et donc dans la connaissance de leurs incidences
potentielles et des mesures pour les prévenir, les descriptions
fournies sont de qualité variable, parfois imprécises. La qua-
lité de certains dossiers sur ces sujets, comme en Centre-Val
de Loire, Provence-Alpes-Côte d?Azur, Hauts-de-France, est
cependant à souligner.
Les critères d?éco-conditionnalité sont à des degrés de dé-
finition variables selon les régions et employés de manière
inégale, et quand ils le sont, les évaluations environnemen-
tales peinent à mettre en valeur leur usage. L?Ae a souvent
recommandé d?en formaliser davantage l?emploi pour réin-
terroger chaque opération inscrite au contrat au regard de
l?atteinte d?objectifs de transition écologique.
Les indicateurs de suivi du contrat ne paraissent pas tou-
jours opérationnels pour permettre le suivi de ses effets et la
réorientation éventuelle de la programmation notamment
à l?occasion de sa révision à mi-parcours. Le suivi risque de
se borner à la possibilité de consommation de crédits (des
indicateurs de réalisation pourront devoir être ajoutés, ainsi
que les valeurs initiales et cibles des indicateurs retenus). A
contrario, dans nombre de régions, une dynamique forte
d?évolution des gouvernances des transports est constatée,
tant autour des CPER que par mise en oeuvre des instances
prévues par la Loi d?organisation des mobilités de 2019 (bas-
sins opérationnels de mobilité et comités des partenaires,
contrats opérationnels de mobilité, plans d?action de mo-
bilité solidaire), la constitution de conférences régionales
sur la logistique, ou l?évolution des observatoires régionaux
des transports vers des observatoires régionaux de la mo-
bilité (souvent mobilisés pour le suivi de la mise en oeuvre
des CPER).
Enfin et surtout, ces contrats ont montré, pour la plupart,
un réel tournant vers des mobilités plus durables, notam-
ment ferroviaires, avec principalement des projets de mise
en accessibilité des gares, de modernisation de lignes struc-
turantes, de régénération des lignes de desserte fine des ter-
ritoires, et de pérennisation et développement du fret fer-
roviaire, ainsi que les études préliminaires voire les premiers
travaux pour la mise en place des futurs services express
régionaux métropolitains (SERM). Pour les projets de fret
ferroviaire, les contrats sont à consolider, en commençant
par une analyse des freins à leur réalisation et usage. L?Ae a
pu signaler que, par exemple sur le cas de l?Île de France, où
les investissements sont très conséquents et à souligner, l?ap-
proche repose principalement sur une politique incitative et
d?augmentation de l?offre de transports en commun, sans
totalement approfondir suffisamment la question d?autres
mesures, potentiellement plus contraignantes de nature à
garantir un report modal, pour diminuer les mobilités car-
bonées et l?autosolisme.
1.
Faute de moyens l?Ae n?a pas délibéré d?avis sur le volet Mobilités du CPER
Normandie
C P E R
Volet des
mobilités
des CPER
2023-2027
Tramaway T13
130 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 131
Z O O M S U R
Les investissements restent importants néanmoins sur les
projets routiers pour lesquels l'État est désormais le principal
financeur, sans que ne soit toujours démontrée la conformité
avec ses politiques environnementales en faveur de la décar-
bonation de la mobilité, la préservation de la biodiversité et
la réduction de l?artificialisation nette. Les investissements
routiers permettent encore le développement de nouvelles
capacités sans être toujours accompagnés d?investissements
en faveur de l?évolution de l?usage de la route (aménagements
de voies pour les transports en commun ou covoiturage) ou
d?engagement d?apaisement des flux sur les voies délestées.
À ce titre, le volet Mobilités du CPER Provence Alpes Côte
d?Azur comporte une intéressante action d?investissement,
assez fortement dotée, pour la création de voies réservées
aux transports en commun, cohérente avec la politique de
développement des bus et cars à haut niveau de service
menée au niveau régional.
Plusieurs CPER comportent un investissement fort en faveur
du développement des véloroutes, dans l?optique de l?achè-
vement de la mise en place des véloroutes inscrites dans
les schémas national et régionaux. Les véloroutes ont une
vocation touristique plus marquée que pour les mobilités
du quotidien. Les investissements en faveur de celles-ci sont
soutenus par des fonds de l?État mis en place depuis le début
des années 2020 sous forme d?appel à projets et par des
actions des Régions, non inscrits dans les CPER, alors que
ceci pourrait les pérenniser sur le moyen terme, pour des
investissements souvent longs à définir sur les territoires, vu
l?ensemble des enjeux et des contraintes à appréhender.
L?investissement en faveur des mobilités plus durables est
conséquent au plan financier, mais les dossiers pourraient
exposer plus précisément leur cohérence avec les straté-
gies nationales (suites du rapport du COI, fret et logistique,
développement portuaire etc.) ou régionales (orientations
retenues dans les Sraddet, stratégies régionales État-Région
élaborées ou en voie de l?être pour le développement du fret
ferroviaire, etc.). L?Ae a pu, dans certains cas, recommander
d?accélérer (ou de mieux formaliser) la définition des stra-
tégies régionales. Les objectifs en termes d?évolution des
indicateurs spécifiques aux transports (évolution des parts
La démonstration de la cohérence avec des besoins bien
définis reste souvent à renforcer. Les projets se concentrent
majoritairement sur l?adaptation de tracés existants, ce qui
limite les emprises affectées et les incidences liées (artificia-
lisation des sols, fragmentation et atteinte aux milieux natu-
rels). La démarche conduite en région Centre-Val de Loire,
qui a conduit à renoncer explicitement à certains projets qui
étaient annoncés dans le CPER 2021-2027 comme devant
être soutenus dans le futur volet Mobilités, est à signaler. A
contrario, certains grands projets, comme l?aménagement
de la RN2 en région Hauts de France, devraient être analysés
plus en profondeur s?agissant de leur définition au regard des
trafics constatés et de la réduction des incidences associées
à leur emprise ainsi que des émissions de gaz à effet de serre
par les chantiers.
Les volets fluviaux et portuaires concernent certaines des
régions où sont présents des grands ports fluviaux et mari-
times de l?État, portant tant sur leur développement por-
tuaire et industriel, le renforcement dans certains cas de leur
desserte ferroviaire et fluviale, que la décarbonation de leurs
activités. Si la volonté de développement du report modal
se traduit par des investissements parfois conséquents, les
problématiques de consommation d?espace, atteinte aux
milieux naturels, effets cumulés des nombreux investisse-
ments portuaires et industriels font l?objet d?approches peu
décrites dans les CPER et sont encore appréhendées avec
certaines difficultés au stade de la mise en oeuvre des projets
(voir partie spécifique du rapport de l?Ae sur ce sujet).
modales par exemple) et d?incidences positives attendues
(réduction des émissions de gaz à effet de serre ou de pol-
luants atmosphériques en particulier) sont certes difficiles
à définir eu égard au caractère systémique des mobilités,
mais pourraient néanmoins faire l?objet de plus de préci-
sions. Enfin le caractère partiel des CPER, qui ne couvrent
pas tous les investissements de l?État (qui intervient en pa-
rallèle sur des grands projets ou par des appels à projets)
et des Régions (et des autres collectivités) dans le domaine
des transports, ne facilite pas l?appréhension d?ensemble des
politiques conduites et de leurs impacts, même si les dossiers
s?efforcent, à un degré de précision variable, de présenter ces
autres interventions.
L?avis de l?Ae sur chaque volet Mobilités des CPER, prenant
en compte les spécificités de chaque région, est résumé en
partie 2 de ce rapport
C P E R
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 133132 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
PPE
LES PROGRAMMATIONS
PLURIANNUELLES DE L?ÉNERGIE
Les outils organisant les moyens mobilisés pour atteindre les
objectifs énergétiques et climatiques de la France
La stratégie française sur l?énergie et le climat (SFEC) com-
prend la stratégie nationale bas carbone (SNBC), la program-
mation pluriannuelle de l?énergie (PPE) et le plan national
d?adaptation au changement climatique (PNACC). Le prin-
cipe d?élaboration de la SNBC et de « budgets carbone »
(plafonds d?émissions de gaz à effet de serre) par grands sec-
teurs, domaines d?activité et, par catégories de gaz à effet de
serre (GES) a été introduit par la loi de transition énergétique
pour la croissance verte (LTECV) du 17 août 2015 et codifié
à l?article L. 222 1 B du code de l?environnement. Les « bud-
gets carbone » sont fixés pour trois périodes successives de
cinq ans chacune, qui doivent permettre l?atteinte d?une
trajectoire respectant les objectifs de la France en matière
de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces objec-
tifs sont définis par l?article L. 100 4 du code de l?énergie, et
comprennent notamment : réduction des émissions de gaz
à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 et atteinte de la
neutralité carbone en 2050, réduction de la consommation
énergétique primaire1 des énergies fossiles de 40 % en 2030
par rapport à l'année de référence 2012. Ces ambitions ont
été renforcées par l?adoption du paquet législatif européen
« Fit for 55 »2 .
La loi a également créé, encadré et codifié les PPE pour le
territoire métropolitain continental ainsi que pour la plupart
des autres zones non interconnectées, la Corse, les départe-
ments et régions d?Outre mer ainsi que certaines collectivités
d?Outre mer. Les PPE portent sur deux périodes successives
de cinq ans chacune. Elles doivent être compatibles avec la
SNBC et les objectifs de réduction des émissions de gaz à
effet de serre fixés dans les « budgets carbone », révisés eux
aussi tous les cinq ans.
La troisième PPE (ou « PPE3 ») du territoire métropolitain
continental constitue la déclinaison opérationnelle pour la
décennie à venir des orientations de la politique énergétique
de la SNBC, dont une version révisée (SNBC3) devait être
arrêtée début 2025. La PPE3 anticipe sur les objectifs de la
SNBC3, notamment la réduction des émissions territoriales
brutes (hors puits de de gaz à effet de serre de moitié à l?ho-
rizon 2030 par rapport à 1990 et la réduction de 30 % de la
consommation d?énergie à la même date par rapport à 2012.
La SNBC3 modifiera les budgets carbone par grands sec-
teurs, domaines d?activité et, à titre indicatif, par catégories
de gaz à effet de serre, arrêtés dans le cadre de la SNBC2 et
définira des nouvelles cibles pour les périodes 2025-2030 et
2031-2035, en correspondance avec la PPE3.
Les PPE vus par l?Ae en 2024
Après avoir rendu antérieurement des avis sur les 1e et 2e
versions des PPE, l?Ae a été saisie en 2024 d?une demande de
cadrage préalable sur l?évaluation environnementale de la
PPE33 , puis a rendu un avis sur la PPE3 elle-même4 . Elle a éga-
lement été saisie d?une demande d?avis sur l?évaluation envi-
ronnementale de la PPE de Guadeloupe5 et de Saint-Martin6
(elle avait rendu fin 2023 un avis sur la PPE de Corse).
Dans l?avis de cadrage préalable, l?Ae a souligné que le bi-
lan des documents antérieurs (PPE2 en particulier) n?est que
rapidement dressé sans être analysé. Il manque ainsi une
analyse des écarts observés au regard des moyens mis en
oeuvre, secteur par secteur. C?est une lacune importante,
dans un contexte où plusieurs objectifs n?ont pas été atteints.
En effet, la PPE2 prévoyait une réduction de 16,5 % de la
consommation finale d?énergie entre 2012 et 2028. Cette
consommation a diminué de seulement 10,7 % entre 2012
et 2022 et il serait donc nécessaire de doubler le rythme de
réduction constaté pour respecter les nouveaux objectifs,
plus ambitieux, du paquet législatif européen « Fit for 55 ».
La PPE2 prévoyait également une réduction des consomma-
tions d?énergie primaire de produits fossiles (charbon, gaz,
produits pétroliers) par rapport à 2012. Pour le pétrole, la
réduction attendue était de 19 % en 2023 et 34 % en 2028.
Selon le dossier, en 2022, cette réduction était de 17,2 %. Pour
le gaz naturel, la réduction attendue en 2023 était de 10 %
et 22 % en 2028 ; la réduction constatée était de 5,8 % en
2022. Pour le charbon, il était attendu 66 % en 2023 et 80 %
en 2028 ; elle s?établit à 48,2 % en 2022. Le dossier insiste sur
l?importance d?accélérer la sortie des énergies fossiles. Enfin
l?analyse des écarts aux objectifs n?a pas non plus été effec-
tuée pour le secteur des transports, dont la consommation
finale augmente et dont la part passe, entre 1990 à 2022, de
30 à 33 %, ni pour le secteur tertiaire, dont la part passe de
13 % à 17 % de l?ensemble des consommations pour la même
période. Une telle analyse serait importante pour tirer les le-
çons des raisons ayant conduit aux écarts aux objectifs alors
que la PPE3 renforce certains de ces objectifs sans proposer
une méthode ou des outils tenant compte des difficultés
rencontrées dans les deux PPE précédentes.
1.
Énergie primaire : énergie non transformée tirée de la nature (soleil, fleuves,
chaleur, vent) ou contenue dans les produits énergétiques tirés de la nature
(comme les combustibles fossiles ou le bois). L?uranium n?est pas considé-
ré comme une énergie primaire. Par convention, c?est la chaleur produite
par les centrales nucléaires qui est comptabilisée comme énergie primaire.
Consommation finale énergétique : consommation d?énergie à toutes fins
autres que la transformation, le transport, la distribution et le stockage d?éner-
gie et hors utilisation comme matière première ou pour certaines propriétés
physiques. C?est donc la consommation d?énergie primaire dont sont déduites
les pertes d?énergie lors de la transformation des ressources énergétiques en
énergies utilisées dans la consommation finale ainsi que lors de leur transport.
L?énergie finale est l?énergie livrée au consommateur pour sa consommation
finale (essence à la pompe, électricité au foyer, gaz pour chauffer une serre?).
2.
Paquet législatif européen « Ajustement à l?objectif » pour réduire les émis-
sions nettes européennes de gaz à effet de serre d?au moins 55 % en 2030 par
rapport à 1990 ; il fixe également une cible de consommation finale d?énergie
à la même date, plus ambitieuse que celle inscrite dans la PPE.
3.
Avis délibéré de l?Ae pour le cadrage préalable des évaluations environne-
mentales stratégiques de la troisième stratégie nationale bas carbone et de
la troisième programmation pluriannuelle de l?énergie du territoire métropo-
litain continental, n° 2024 088 du 12 septembre 2024 : https://www.igedd.de-
veloppement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_240910_cadrage_snbc3-ppe3_de-
libere_cle521dfa.pdf.
4.
Avis délibéré de l?Autorité environnementale sur la 3e programmation plu-
riannuelle de l?énergie (2025-2030, 2031-2035) du territoire métropolitain
continental, n° 2024 092 du 19 décembre 2024 : https://www.igedd.develop-
pement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_ppe_delibere_cle13ef69.pdf.
5.
Avis délibéré de l?Autorité environnementale sur la programmation plurian-
nuelle de l?énergie (PPE) 2024-2028 / 2029-2033 de Guadeloupe (971), n° 2023-
124 du 7 mars 2024 : https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/
pdf/7__0240304_ppe_guadeloupe_delibere_cle553a48.pdf.
6.
Avis délibéré de l?Autorité environnementale sur la programmation plurian-
nuelle de l?énergie (PPE) 2024-2028 / 2029-2033 de Saint-Martin (978), n° 2023
118 du 22 février 2024 : https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/
IMG/pdf/240220_ppe_saint-martin_-a_publier_cle593a91.pdf.
P P E
134 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 135
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_240910_cadrage_snbc3-ppe3_delibere_cle521dfa.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_240910_cadrage_snbc3-ppe3_delibere_cle521dfa.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_240910_cadrage_snbc3-ppe3_delibere_cle521dfa.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_ppe_delibere_cle13ef69.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_ppe_delibere_cle13ef69.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/7__0240304_ppe_guadeloupe_delibere_cle553a48.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/7__0240304_ppe_guadeloupe_delibere_cle553a48.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/240220_ppe_saint-martin_-a_publier_cle593a91.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/240220_ppe_saint-martin_-a_publier_cle593a91.pdf
Z O O M S U R
Le cadrage a été sollicité sur certaines questions précises,
dont la bonne prise en compte des pressions et enjeux en-
vironnementaux à prendre en compte dans l?évaluation en-
vironnementale, le périmètre de cette évaluation, ou le suivi
des indicateurs environnementaux?
Une question portait spécifiquement sur l?intégration d?une
dimension territoriale à l?évaluation environnementale stra-
tégique de la PPE. Celle-ci passe par la prise en compte des
projets majeurs dans les territoires ainsi que l?établissement
de planifications stratégiques territoriales.
La PPE comprenant un volet dédié aux mobilités, au regard
de leur part conséquente en termes de consommation
d?énergie et d?émissions croissantes jusqu?à il y a peu de gaz
à effet de serre, une question de cadrage portait sur la prise
en compte de la sobriété dans les transports et son intégra-
tion dans l?évaluation environnementale. D?autres questions
étaient thématiques : biomasse, ressources du sous-sol, etc.
LES AVIS RENDUS SUR LES PPE
La PPE métropolitaine
Pour l?Ae, les principaux enjeux environnementaux de la PPE
sont la réduction des émissions de gaz à effet de serre, des
consommations d?énergie primaire et finale et de l?utilisation
des autres ressources (matériaux, eau, espace) mobilisées di-
rectement ou indirectement pour les besoins en énergie, en
France et dans les pays d?origine des importations.
Le suivi des préconisations émises par l?Ae dans le cadrage
préalable relative à la PPE métropolitaine a été dans l?en-
semble bien assuré et l?évaluation environnementale est
souvent de bonne qualité. L?Ae a toutefois émis des recom-
mandations reprenant des éléments du cadrage non en-
tièrement pris en compte, dont la présentation d?objectifs
régionalisés de production d?énergie à partir de ressources
renouvelables, et concernant la hiérarchie des usages de la
biomasse, faire en sorte que la PPE respecte la hiérarchie éta-
blie. Alors que la stratégie nationale pour le développement
durable (SNDD) a fixé ainsi la hiérarchie des usages : aliments,
puis biofertilisants, puis matériaux, puis molécules, puis car-
burants liquides, puis gaz, puis chaleur, puis électricité, la PPE
met ensemble (sans respecter la hiérarchie jusqu?ici établie)
l?alimentation humaine, les puits de carbone, l?alimentation
animale, la fertilité des sols ainsi que les réseaux de chaleur,
les consommations énergétiques de l?agriculture, de la filière
bois, les engins lourds de chantier et l?industrie . L?Ae a aussi
émis des recommandations sur l?analyse de l?articulation de
la PPE3 avec les autres plans et programmes pertinents (dont
la SNBC),
L?Ae a formulé un certain nombre de recommandations
pour améliorer l?évaluation environnementale stratégique
de la PPE3 en particulier pour intégrer le transport aérien,
apprécier les perspectives d?évolution de la disponibilité de
la ressource en eau et la biomasse et les incidences environ-
nementales des importations de combustibles et métaux
nécessaires à la production d?énergie et son utilisation. Elle
a recommandé de renforcer la justification des choix éner-
gétiques (infrastructures tous secteurs, installations, filières)
présentant des incidences environnementales importantes,
notamment les interconnexions électriques.
Sur des points plus spécifiques, l?Ae a recommandé de com-
pléter ou d?approfondir la PPE3, et notamment de baisser
d?au moins 12 % l?objectif 2030 de consommation énergé-
tique finale pour atteindre les objectifs européens « fit for 55
», de renforcer les objectifs de recyclage des métaux et terres
rares, d?approfondir les mesures en matière de mobilité pour
améliorer la qualité de l?air, réduire les incidences sanitaires
et les consommations d?énergie, de rehausser l?ambition en
matière de numérique et de solaire thermique, et de préci-
ser les conséquences d?une éventuelle moindre disponibilité
des réacteurs nucléaires, la PPE3 projetant leur mobilisation
maximale ininterrompue jusqu?en 2035. Elle a enfin recom-
mandé de compléter les actions de la PPE3 par des dispo-
sitions visant à réduire l?artificialisation des sols et l?érosion
de la biodiversité ainsi qu?à protéger et restaurer les puits de
carbone, et en donnant la priorité aux usages alimentaires et
constructifs de la biomasse sur sa transformation en énergie,
y compris s?agissant de biomasse importée.
7.
Le projet de PPE soumis à consultation comprend un tableau modifié sur ce
point mais différant toujours de la hiérarchie fixée par la SNDD.
P P E
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 137136 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
Z O O M S U R
Les PPE de Guadeloupe et de Saint-Martin
Les PPE de Guadeloupe et Saint-Martin comportent un
certain nombre de caractéristiques communes du fait de
l?insularité des deux territoires, avec toutefois leurs propres
spécificités.
La Guadeloupe comme Saint-Martin sont très dépendantes
des importations énergétiques. L?un des enjeux centraux de
leurs PPE est d?accroître leur autonomie énergétique.
En Guadeloupe, les principaux objectifs de la nouvelle PPE
restent une baisse des consommations d?énergie finale (-3 %
en 2028 et -4 % en 2033 par rapport à 2022) et une électricité
intégralement produite à partir de ressources renouvelables,
au moyen d?importantes importations de biomasse pour
alimenter les centrales, dont l?Ae a recommandé de mieux
évaluer les incidences complètes, y compris dans les pays
d?origine. Concernant les transports, le manque d?ambition
et de crédibilité du projet de PPE est l?objet de recomman-
dations de l?Ae. L?objectif visé de 10 % de report modal dans
les transports semble hors de portée en l?absence d?actions
fortes. Il est en outre peu cohérent avec l?augmentation pré-
vue du parc automobile thermique concomitamment au
développement du véhicule électrique, qui atteindrait 15 %
du parc total (le nombre total de voitures augmenterait de
30 000 unités entre 2022 et 2030). Le contexte est pourtant
celui d?une baisse de la population. L?Ae a aussi recommandé
de mieux évaluer les effets du développement du véhicule
électrique et de définir les conditions et modalités de l?im-
plantation et de la gestion des bornes de recharge.
La présentation de la PPE est claire, mais son rapport envi-
ronnemental reste à un niveau de généralité qui réduit son
utilité, en particulier sur les incidences qui ne sont pas quan-
tifiées. L?Ae a émis des recommandations pour en améliorer
la portée.
D?autres recommandations ont été émises, notamment de
fournir une évaluation de l?évolution des émissions de gaz
à effet de serre attendue de la mise en oeuvre de la PPE et
de la compléter par des objectifs quantifiés par secteur des
baisses qui sont visées.
Concernant Saint-Martin, l?Ae a recommandé de fixer un
objectif quantifié de baisse des émissions de gaz à effet de
serre, et de fournir une première évaluation des incidences
des choix opérés par la PPE en matière d?émissions. Elle a
aussi recommandé de prendre en compte les risques natu-
rels et les effets du changement climatique, de définir les
zones d?exclusion des nouveaux moyens de production et
des réseaux, d?évaluer les incidences du recours à la biomasse
importée pour la production électrique, d?améliorer l?effi-
cience du système énergétique constitué des moyens de
production thermique et de l?usine de dessalement d?eau
de mer, de prévoir des mesures en faveur des transports en
commun et des modes actifs et de s?assurer que le dévelop-
pement du véhicule électrique est organisé de manière à
garantir une utilisation rationnelle de l?énergie.
Au sujet de la maîtrise de la demande d?énergie, l?Ae a recom-
mandé de prévoir des mesures concrètes pour atteindre les
objectifs affichés, en s'appuyant sur les techniques connues
et maîtrisées en milieu littoral tropical, telles le chauffe-eau
solaire.
P P E
Conclusion
L?examen de l?ensemble de ces évaluations environnemen-
tales stratégiques met en évidence des faiblesses liées à l?in-
suffisante territorialisation des objectifs et à leur articulation
avec les stratégies locales, à l?insuffisance tendancielle de la
contribution du secteur des transports aux objectifs natio-
naux, et à l?exploitation du retour d?expérience acquise lors
des précédentes périodes des PPE. La hiérarchie des usages
de la biomasse apparaît implicitement avoir été remise en
cause à l?occasion des PPE alors que ce sujet semblait réglé
depuis plusieurs années.
Pour les PPE des zones non interconnectées, la question des
choix stratégiques de l?autonomie énergétique et de leurs
incidences environnementales a été soulevée, ainsi que celle
des incidences carbone du déploiement du véhicule élec-
trique et de l?utilisation rationnelle de l?énergie.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 139138 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
LA NOTE DE L?AE PUBLIÉE EN
2024 : RETOUR D?EXPÉRIENCE,
ATTENTES ET PERSPECTIVES
SUR LA PRISE EN COMPTE DU
CHANGEMENT CLIMATIQUE
DANS LES ÉVALUATIONS
ENVIRONNEMENTALES.
L?Ae a publié en mars 2024, conjointement avec les MRAe,
une note relative à la prise en compte des émissions de gaz
à effet de serre et du changement climatique avec pour
objectif de préciser ce qui est attendu par les autorités
environnementales. Une annexe à cette note, ciblée sur
la question de la compensation carbone, a été publiée en
septembre 2024.
Les recommandations formulées dans cette note et son
annexe s?appuient sur les contributions de l?Ae et des
MRAe, dans le cadre d?un groupe de travail commun lancé
LES DOSSIERS VUS EN 2024
Des progrès sensibles pour les opérations d?aménagement
notamment
L?Ae observe dans le cadre des avis rendus en 2024 une
amélioration notable pour certains dossiers. Ceci concerne
notamment les dossiers d?aménagement, en particulier les
zones d?aménagement concerté (Zac), avec un effet visible
de l?entrée en vigueur de la réglementation environnemen-
tale 2020 sur les constructions neuves (RE 2020). Cette ré-
glementation applicable depuis 2022 conduit les porteurs
de projet à des analyses plus poussées du bilan carbone de
leurs opérations et à la recherche de solutions afin de l?amé-
liorer, même s?il manque bien souvent un bilan énergétique
de l?opération.
Le développement des outils, tels que UrbanPrint, dévelop-
pé par Efficacity et le Centre scientifique et technique du
bâtiment (CSTB) et fondé sur la méthode Quartier Énergie
Carbone de l?Ademe, constitue une aide efficace pour les
porteurs de projet qui souhaitent mener une réflexion sur
l?amélioration de leur empreinte carbone.
Dans le cas de la Zac du Bas Clichy à Clichy-sous-Bois (93),
portée par l?Établissement public foncier d?Île-de-France, l?Ae
a ainsi relevé dans son avis2 que « les éléments [du dossier]
témoignent d?une démarche assez poussée et du souhait de
rendre opérationnelle la volonté de réduction des émissions
de gaz à effet de serre ». L?étude fournie en annexe est dé-
taillée. Trois scénarios d?émissions sont envisagés à l?échelle
du territoire, incluant les émissions dues aux chantiers, les
déplacements des habitants, les émissions des bâtiments
et équipements, celles dues à la gestion des déchets, la sé-
questration carbone, etc. Les émissions de chaque scénario,
en analyse du cycle de vie sur 50 ans, sont respectivement
de 318 000 tCO2e, 278 000 tCO2e et 191 000 tCO2e. Ceci
illustre à la fois l?importance des émissions en jeu dans le
cadre de tels projets et aussi les marges de manoeuvre qui
peuvent exister.
en 2020. Elles sont fondées sur les avis émis par l?Ae et les
MRAe. Elles portent également des propositions sur des sujets
qui ne sont pas encore « stabilisés », notamment la question
des trajectoires à prendre en compte pour s?assurer de la
compatibilité avec les objectifs de réduction des émissions
de gaz à effet de serre.
Cette note est complémentaire au guide méthodologique
du Commissariat général au développement durable (CGDD)
en février 2022 à destination des maîtres d?ouvrage. Elle com-
porte les onze « messages-clés » suivants :
La prise en compte du
changement climatique
dans les évaluations
environnementales
1 Les émissions de gaz à effet de serre et la vulnérabilité au changement climatique concernent tous les
projets, plans et programmes. Ceci doit être analysé de façon systématique
2 L?état initial ne doit pas être limité à la description des conditions météorologiques locales historiques
3 La définition des scénarios de référence et de projet est déterminante pour évaluer les incidences d?un projet
sur les émissions de gaz à effet de serre
4 La démarche d?évaluation environnementale doit être fondée sur une quantification exhaustive des
émissions de GES
5
Pour la comparaison avec les objectifs nationaux, le premier niveau d?analyse consiste à vérifier si le projet
prend pleinement en compte les orientations stratégiques de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) en
vigueur
6
Pour analyser le projet par rapport à la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre,
notamment la neutralité carbone à l?horizon 2050, une déclinaison de la trajectoire à différentes échelles
(temporelles, géographiques et thématiques) est nécessaire mais les différents travaux sur le sujet n?ont pas
encore totalement abouti
7
Sans attendre les déclinaisons de la trajectoire de réduction permettant d?apprécier si un projet, un plan
ou un programme est compatible avec les objectifs, il convient d?appliquer la démarche éviter, réduire et
compenser à l?ensemble des émissions générées par le projet, le plan ou le programme
8 L?analyse doit inclure celle de la vulnérabilité des projets, plans et programmes
9
Lorsqu?une analyse coûts avantages doit être réalisée, elle doit être cohérente avec l?évaluation présentée
pour les émissions de GES et les effets sur le climat doivent être monétarisés en prenant en compte les
dernières valeurs tutélaires disponibles1
10 La prise en compte des émissions liées à la production et à la consommation d?électricité nécessite des
précautions particulières (consommation évitée ou substituée)
11 Les demandes d?examen au cas par cas doivent aussi traiter du sujet de l?atténuation et de l?adaptation
1.
Les valeurs tutélaires ont été mises à jour en mars 2025 avec des valeurs fixées
à 256 ¤2023 en 2025, 300 ¤2023 en 2030 et 563 ¤2023 en 2050 (source : « La
valeur de l?action pour le climat » ? Mars 2025).
2.
Avis délibéré n°2023-128 du 22 février 2024 ? Zac du Bas Clichy à Clichy-sous-
Bois (93)
140 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 141
http://UrbanPrint
https://www.strategie.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-03-20 - Valeur de l'action pour le climat/FS-2025-RAPPORT QUINET_19mars20h-COUV-vdef.pdf
https://www.strategie.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-03-20 - Valeur de l'action pour le climat/FS-2025-RAPPORT QUINET_19mars20h-COUV-vdef.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/240211_avis_zac_bas_clichy_delibere_1__cle58c244.pdf
Z O O M S U R L a p r i s e e n c o m p t e d u c h a n g e m e n t c l i m a t i q u e
d a n s l e s é v a l u a t i o n s e n v i r o n n e m e n t a l e s
Dans le cas du réaménagement du pôle gare de Noisy-le-Sec3,
projet coordonné par Île-de-France Mobilités et associant
SNCF Gares et Connexions, le Département de Seine-Saint-
Denis et la ville de Noisy-le-Sec, des pistes de réduction des
émissions du chantier sont indiquées (choix de matériaux
bas carbone, d?engins et méthodes de construction moins
émetteurs, maximisation du recyclage des déchets) et les
estimations ont été conçues pour servir de base à un travail
plus approfondi en phase de projet détaillé.
Des projets aux enjeux significatifs avec des analyses ap-
profondies
Certaines études peuvent être particulièrement fouillées
lorsque l?enjeu des émissions de gaz à effet de serre (GES)
est majeur.
Dans le cas du projet Cap décarbonation (59?62)4 , l?objectif
est de séquestrer les trois-quarts des 1,8 million de tonnes de
CO2 émis annuellement par la cimenterie Eqiom de Lumbres
(62) et l?usine de fabrication de chaux Lhoist de Réty (62).
Le projet comprend les installations de captation du CO2,
les canalisations et installations nécessaires à son transport
jusqu?au port de Dunkerque et à son transfert sur des navires,
son transport maritime jusqu?à un site de stockage en Mer
du Nord (potentiellement celui de Northern Lights en Nor-
vège), ainsi que l?alimentation en oxygène de la cimenterie,
ce qui facilitera la capture du CO2, et les divers raccorde-
ments électriques.
Le projet présenté, qui n?intègre pas les opérations de stoc-
kage, sera émetteur d?un peu plus de 100 000 tCO2 par an et
l?objectif de stockage sur une durée de 50 ans est de 72 mil-
lions de tonnes de CO2. Malgré des améliorations à apporter
dans la présentation du bilan et des précisions à fournir sur le
rendement prévu, le dossier soumis à l?avis de l?Ae constitue
un exemple d?analyse approfondie.
Dans le cas de la centrale de Provence à Meyreuil et Gar-
danne (13)5 , l?alimentation en combustible d?une tranche de
la centrale a été modifiée afin de remplacer le charbon et le
coke de pétrole par un mélange composé essentiellement
de bois (avec un plan d?approvisionnement de 545 000 t
par an dont 150 000 t de bois importé) complété par des
énergies fossiles. L?étude fournie dans le cadre de l?étude
d?impact développe de façon détaillée les hypothèses utili-
sées pour établir le bilan des émissions de CO2 fossile, estimé
à 234 gCO2e/kWh, que l?Ae a recommandé de compléter
par l?évaluation des émissions de CO2 d?origine biogénique
ainsi que par des éléments sur la durabilité de la biomasse
consommée, qui constitue un enjeu très important.
Dans le domaine des transports, le projet du Grand Paris Ex-
press porté par la Société des grands projets (SGP) constitue
un enjeu majeur. L?actualisation de l?avis sur la ligne 15 Est du
Grand Paris express reliant Saint-Denis Pleyel à Champigny
Centre (93, 94)6 a été l?occasion de prendre acte de la ver-
sion mise à jour du bilan attendu en termes d?émissions de
GES. À l?horizon 2050, les gains attendus ne permettraient
pas, selon les estimations actuelles, de compenser les émis-
sions induites par la construction et le fonctionnement des
infrastructures (les émissions « nettes » sont estimées à 142
000 tCO2e). Partant de ce constat, la SGP s?est fixé comme
ambition de réduire, d?ici l?achèvement des travaux, de 25 %
les émissions de gaz à effet de serre liées à la construction du
GPE, par rapport à l?évaluation prévisionnelle. Si la construc-
tion d?infrastructures de transport en commun est une né-
cessité pour aboutir à la neutralité carbone, cet exemple
comme d?autres portant sur des projets de moindre ampleur
vus par l?Ae7, illustrent qu?il ne s?agit pas d?une condition suf-
fisante. D?autres mesures visant la décarbonation des mobili-
tés, notamment le développement d?alternatives à la voiture
individuelle, doivent également être adoptées à l?échelle des
agglomérations concernées. En outre, l?efficacité du report
modal ne résulte pas seulement d?un choc d?offre mais égale-
ment de mesures volontaristes visant à décourager l?usage du
véhicule individuel motorisé (réduction de vitesse, réduction
de voiries, plan de circulation, restriction du stationnement,
etc.).
Des premières estimations enfin disponibles dans les dos-
siers d?examen au cas par cas
Pour les demandes d?examen au cas par cas, l'article R. 122-3-1
du code de l?environnement impose au maître d'ouvrage de
présenter les incidences notables que son projet est suscep-
tible d'avoir sur l'environnement et la santé humaine. Si les
incidences sur les émissions de gaz à effet de serre sont signi-
ficatives, alors celles-ci doivent être exposées. Néanmoins,
comme relevé par l?Ae et les MRae dans leur note de mars
2024, les demandes d?examen au cas par cas présentées ne
comportent que rarement une estimation des émissions de
gaz à effet de serre ou une évaluation de la vulnérabilité des
projets aux effets du changement climatique.
Bien que cela reste une minorité de cas, l?Ae a observé une
tendance positive avec par exemple la présentation par
Enedis et RTE des premières estimations à un stade amont
dans le cadre de projets de développements des réseaux de
transport et de distribution de l?électricité. Ces premières
estimations enfin disponibles permettent de confirmer l?im-
portance des émissions générées par ce type de projet avec
par exemple environ 30 000 tCO2e, dont 22 000 tCO2e pour
l?extraction et la fabrication des matériaux, dans le cas du
poste électrique 225 000 / 20 000 volts des Landes d?Arma-
gnac (40) . Dans ce cas, la décision d?exonération d?étude
d?impact a pu prendre en compte le recours aux matières
recyclées, au recyclage, à la réduction de l?utilisation de SF6
et de ses fuites, à la réutilisation de terres excavées et au re-
cours à des bétons « bas carbone » pour réduire l?empreinte
carbone du projet.
Une prise en compte du changement climatique qui doit
encore être étendue à tous les projets, plans et programmes
Si des progrès sont constatés, bon nombre de dossiers vus
par l?Ae présentent néanmoins toujours des lacunes impor-
tantes en matière de changement climatique. Ceci se tra-
duit en premier lieu par un contenu consacré au sujet de
l?atténuation et de l?adaptation très pauvre par rapport aux
autres thématiques environnementales. À titre d?illustration,
sur un échantillon de cinq dossiers vus en 2024 par l?Ae, les
incidences et mesures dédiées au climat ne représentent sur
cet échantillon que 2 % de l?ensemble des incidences et me-
sures, contre 17% pour les milieux naturels et la biodiversité.
Pire, de nombreux dossiers examinés par l?Ae en 2024 ont
encore tenté de plaider que des mesures de réduction ou
de compensation des émissions de GES du projet n?étaient
pas nécessaires à l?issue d?un raisonnement fallacieux, fondé
sur une comparaison des émissions du projet aux émissions
régionales, nationales ou même mondiales. Le changement
climatique étant un fait mondial provoqué par les émissions
anthropiques, la seule conclusion qui s?impose est qu?aucun
projet ne peut s?exonérer de l?effort à faire.
Sur un total de 78 dossiers ayant fait l?objet d?un avis en 2024,
l?Ae a été amenée à recommander la présentation d?un bilan
GES (faute d?éléments dans le dossier) pour 17 projets, de
reprendre le bilan (cinq dossiers), de le corriger (cinq dos-
siers), de le compléter (15 dossiers). Au total, plus de la moitié
des dossiers (42 sur 78) présentent des lacunes importantes,
voire majeures sur cet aspect.
Le changement climatique est pourtant identifié par l?Ae
comme faisant partie des principaux enjeux environnemen-
taux dans 75 % des cas pour ces projets. Concernant l?at-
ténuation, les volumes en jeu à l?échelle de la durée de vie
du projet sont souvent significatifs, voire majeurs, pouvant
aller d?une ou quelques dizaines de milliers de tonnes de
CO2 (pour un projet de déviation routière avec infrastructure
nouvelle de quelques kilomètres) à des centaines de milliers
(projets de Zac), voire des millions de tonnes de CO2e (projets
industriels d?envergure).
De plus, la quantification ne constitue que la première
étape pour permettre l?application de la démarche éviter-ré-
duire-compenser. Pour les étapes suivantes, l?Ae a insisté en
2024 de façon régulière dans ses avis sur la nécessité d?appli-
quer aussi au sujet du climat cette démarche, au même titre
que les autres thématiques listées aux articles L. 122-1 (pour
les projets) et R. 122-20 (pour les plans et programmes) du
code de l?environnement. Pour 35 des 78 avis rendus pour
des projets, l?Ae a demandé que la démarche soit effective-
ment appliquée, ou que soient définies des mesures appro-
priées ou encore que des engagements fermes soient pris
lorsque des pistes de réduction étaient seulement évoquées.
Les autres recommandations émises ont porté sur la descrip-
tion des évolutions attendues du climat, la qualification de
l?enjeu, la description de l?état initial en termes d?émissions
de GES, la justification de la cohérence avec les planifications
locales ou nationales, le suivi des émissions, l?analyse de la
vulnérabilité au changement climatique, la prise en compte
de l?aggravation des risques naturels (inondation, feux de
forêt, montée du niveau de la mer), la problématique de la
ressource en eau, les îlots de chaleur urbains ou encore les
effets du changement climatique sur les milieux naturels.
3.
Avis délibéré n°2024-019 du 16 mai 2024 Réaménagement du pôle gare de
Noisy-le-Sec
4.
Avis délibéré n°2024-75 du 12 septembre 2024 Cap décarbonation (59-62),
projet porté conjointement par les sociétés Lhoist, Eqiom, Air Liquide, RTE
et LNG Terminal
5.
Avis délibéré n°2024-108 du 5 décembre 2024 Centrale biomasse de Provence
à Meyreuil et Gardanne (13), projet porté par l?exploitant de la centrale Gaze-
lEnergie Generation
6.
Avis délibéré n° 2024-032 du 16 mai 2024 sur la ligne 15 Est du Grand Paris
express reliant Saint-Denis Pleyel à Champigny Centre (93, 94)
7.
Cf. pour les avis délibérés en 2024, l?avis délibéré n° 2024-18 du 25 avril 2024
sur le projet de Tram T13 phase 2 entre Saint-Germain-en-Laye et Achères (78)
8.
Décision en date du 21 octobre 2024 de l?Autorité environnementale (non
soumission à réalisation d?une étude d?impact), après examen au cas par cas
relatif au poste électrique 225 000 / 20 000 volts des Landes d?Armagnac rac-
cordé en technique souterraine au poste étendu 225 000 volts de Naoutot
(40)
142 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 143
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/reamenagement_pole_noisy_le_sec_delibere_cle733824.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/4_-_240912_cap_decarbonation_delibere_cle2bf334.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2_-_241205_centrale_gardanne_projet_delibere_cle5cf4e9.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/01__240425_tramway_t13_phase_2_delibere_cle0ddabe.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/decision_rendue_cle2bc52a-25.pdf
144 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 145
L?A e E N 2 0 24
Presque toutes les Régions ont engagé la modification de
leur schéma régional d?aménagement, de développement
durable et d?égalité des territoires (Sraddet), pour décliner
au plan régional diverses dispositions législatives récentes, en
particulier sur la politique de réduction de l?artificialisation
nette, initiée et cadrée par la loi Climat et résilience de 20211
(loi n°2021-1104 portant lutte contre le dérèglement clima-
tique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite
LCR), complétée par la loi n° 2023-630 du 20 juillet 2023 vi-
sant à faciliter la mise en oeuvre des objectifs de lutte contre
l'artificialisation des sols et à renforcer l'accompagnement
des élus locaux. Ces révisions ont aussi porté sur l?écono-
mie circulaire (application de la loi n° 2020-105 du 10 février
20202 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie
circulaire dite AGEC), ou sur la logistique (modification du
contenu des Sraddet dans ce domaine, introduite par la
LCR) et parfois sur les conséquences de la loi n° 2019-1428
du 24 décembre 2019 d?orientation des mobilités (dite LOM).
Les révisions de schémas régionaux ont aussi été conduites
ou initiées en Île-de-France (révision périodique du schéma
directeur de la région île-de-France, datant de 2013) ou en
outre-mer.
Schémas régionaux
d?aménagement,
de développement
durable et d?égalité
des territoires,
autres schémas
régionaux
concernant
l?aménagement
L?Autorité environnementale a ainsi pu examiner à la fin
de l?année 2023 et tout au long de l?année 2024 les projets
de modification des Sraddet des régions Normandie, Bre-
tagne, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Nou-
velle-Aquitaine, Centre-Val de Loire, Provence-Alpes-Côte
d?Azur, le projet de schéma directeur d?Île de France dit «
Environnemental » (Sdrif E), et leurs évaluations environ-
nementales, ainsi que le pré-projet de schéma d?aménage-
ment régional de la Martinique (examen au « cas par cas ») et
émettre un avis de cadrage pour celui de La Réunion.
L?analyse qui suit porte sur la traduction dans les schémas
des enjeux motivant les modifications, sans aborder d?autres
sujets, traités ou pas par certaines de ces modifications de
Sraddet.
Prise en compte de la politique de réduction de l?artificia-
lisation nette.
La déclinaison au niveau régional d?une part passe par la défi-
nition et la répartition territoriale des enveloppes maximales
d?artificialisation sur 2021-2031 dans les Sraddet, mais aussi
d?autre part par la mise en place d?outils d?accompagnement
pour apporter un appui aux territoires dans la mise en oeuvre
de cette politique, eux aussi inscrits dans les Sraddet.
144 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
De manière générale l?Ae considère, au vu des projets exa-
minés, que les modifications des Sraddet à la fois reflètent
une appropriation concertée et en voie de traduction opé-
rationnelle de la politique de réduction de l?artificialisation
(dite Zan en abrégé) et illustrent la mise en place d?outils pour
progresser concrètement dans les territoires.
1.
Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement clima-
tique et renforcement de la résilience face à ses effets, https://www.legifrance.
gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
2.
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000041553759/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000041553759/
S R A D D E TZ O O M S U R
146 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L?Ae retient en particulier les points positifs suivants :
? formalisation et détermination au niveau régional d?un
objectif de réduction de la consommation d?espace,
puis transcription dans des enveloppes territorialisées le
plus souvent au niveau des ScoT ou à défaut des PLUi, qui
concrétisent l?objectif en général à hauteur d?une réduction
de l?artificialisation de 54,5 % par rapport à la référence
précédente,
? large concertation, aux niveaux politique et technique,
sur ces objectifs et aussi sur les outils d?une politique Zan
(différentes formes de concertation avec les collectivités
territoriales, réunions ouvertes, mobilisation de la « confé-
rence des ScoT », de la conférence territoriale de l?action
publique, réunions des agences régionales d?urbanisme
etc?), avec un fort portage politique par le conseil régio-
nal ; la nouvelle conférence régionale de gouvernance de
la politique de réduction de l?artificialisation des sols (créée
par la loi) a été mobilisée à partir de 2023,
? prise en compte quasi systématique par les objectifs
des pressions démographique et économique et des
contraintes des territoires (niveaux de croissance différents,
importance des espaces sensibles et à risque) ainsi que de
l?effort récent des collectivités pour maîtriser la consom-
mation d?espace ; la prise en considération des critères en-
vironnementaux est cependant moins manifeste,
? au-delà des objectifs et règles, les modifications des Srad-
det proposent souvent des outils (formations, diagnostics,
identification de friches, accompagnement) pour aider à
la mise en oeuvre de la politique de réduction de l?artifi-
cialisation nette, et il est prévu de mobiliser les réseaux
techniques et politiques pour suivre cette mise en oeuvre,
? l?État est présent et son concours est sollicité par les col-
lectivités (proposition d?outils conjoints, interventions du
Cerema en appui?),
? les dispositifs de solidarité-péréquation sont mobilisés et
semble-t-il bien compris et acceptés : contribution régio-
nale à l?enveloppe des projets d?envergure européenne et
nationale (pas de contestation sur un mauvais traitement
d?une région en particulier) et non décompte dans les
consommations des territoires, souvent enveloppe régio-
nale de projets jugés d?intérêt commun au niveau territorial
(industrie, infrastructures, lycées etc..)
? les Régions se sont fortement impliquées dans le suivi des
surfaces artificialisées, avec notamment les travaux des
observatoires régionaux qui permettent aux acteurs des
territoires de disposer d?une vision fine et de s?approprier
un sujet où des interprétations différentes sont possibles.
Des points plus mitigés apparaissent cependant :
? les dossiers ne sont pas toujours clairs sur les enveloppes de
référence au regard des consommations passées d?espace
(consommation réelle ou enveloppe autorisée, période de
référence retenue), avec des risques dans certaines régions
d?effet d?aubaine ou d?effort peu accru par rapport au sché-
ma initial,
? corrélativement des difficultés de suivi des consommations
passées ou à court terme, et donc potentiellement des
difficultés pour le suivi et les mesures correctives en cas de
difficultés à tenir les objectifs,
? si certaines régions affichent des objectifs assez clairs pour
la période post 2031, d?autres renvoient à des discussions
ultérieures, ce qui n?est pas forcément la meilleure manière
d?anticiper la poursuite et l?amplification du rythme de ré-
duction de l?artificialisation ,
? des différenciations selon les types d?espaces existent et
l?effort de réduction demandé en tient compte pour adap-
ter la dynamique, mais l?approche est parfois trop comp-
table (consommation d?espaces en hectares), sans prise en
compte de la sensibilité environnementale et de la qualité
biologique et agronomique des sols, ni des aléas naturels,
et sans chercher à réduire encore plus la consommation
de tels espaces,
? dans certaines régions le caractère prescriptif des règles
du Sraddet s?imposant aux ScoT et PLU est renforcé, mais
dans d?autres des marges de souplesse introduisent un cer-
tain flou,
? la « garantie rurale » introduite par la loi de 2023 d?un hec-
tare par commune (dotée d?un document d?urbanisme
approuvé ou en élaboration) se révèle avoir des effets per-
vers : elle répond certes aux éventuels besoins des « petites
communes » mais conduit dans certaines régions au mor-
cellement communal élevé à des taux d?effort théoriques
négatifs pour certains territoires (nombreuses petites com-
munes à faible consommation et faible besoin pour l?ave-
nir, et donc enveloppe ouverte largement supérieure tant
aux besoins qu?aux consommations passées). Ceci réduit
la portée des critères de territorialisation définis, et, dans
un total régional contraint, induit a contrario des fortes
tensions pour des territoires plus dynamiques, même s?ils
sont dans une approche de recherche de moindre artificia-
lisation, et nuit donc à la compréhension, l?acceptabilité et
la pertinence du dispositif,
? les objectifs de maîtrise de la mobilité des personnes et
des biens sont encore trop peu pris en compte pour la ré-
partition des efforts (polarisation de la logistique vers la
multimodalité et du développement urbain autour des
projets de services express régionaux métropolitains en
particulier) ;
? pour les régions littorales, la prise en compte de la problé-
matique du recul du trait de côte est parfois seulement
amorcée.
3.
Certains ScoT ou PLU en cours d?élaboration ou d?évolution adoptent le prin-
cipe d?une prolongation, sur la décennie 2031-2040, de la logique de division
par deux de la consommation d?espace alors qu?un tel principe n?a pas à ce
stade de fondement juridique clair et apparaît incompatible avec la nécessité
de prévoir une trajectoire non asymptotique vers l?objectif du Zan à 2050.
Z O O M S U R
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 147146 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
S R A D D E TZ O O M S U R
Une question importante pour l?effectivité du dispositif est
sa transcription, sur la base des Sraddet ou des Sar, dans les
documents de planification et d?urbanisme, ScoT, PLU(i). L?Ae
examine peu de dossiers de ce type, qui sont de la compé-
tence des MRAe, sauf documents interrégionaux.
Même si la situation est hétérogène, avec des collectivités
qui souvent surestiment les besoins intrinsèques et leurs dé-
terminants et, pour certaines, n?ont pas encore approfondi
la démarche, d?autres, déjà nombreuses, anticipent cette
politique, à l?occasion de la révision de leurs documents d?ur-
banisme, sans forcément attendre l?adoption des Sraddet
modifiés. Ceci se traduit par la réduction des enveloppes
ouvertes à l?urbanisation, ou la transformation de zones ou-
vertes à l?urbanisation dans les actuels documents d?urba-
nisme en zones naturelles ou agricoles à préserver dans les
futurs documents (PLUi en particulier).
La notion de « réduction de l?artificialisation nette » pour-
rait être interprétée à tort comme une baisse des surfaces
artificialisées alors qu?il ne s?agit en fait que d?un objectif de
ralentissement du rythme de la consommation de nouveaux
espaces. Les incidences de cette consommation, que ce soit
en terme de qualité des eaux, d?érosion de la biodiversité,
d?augmentation de certains risques naturels (inondations,
coulées de boues, etc.) ou encore de destruction des sols
sont bien connues. ?
La dynamique engagée par la modification des Sraddet et
documents d?urbanisme locaux apparaît donc prometteuse,
témoignant d?une appropriation par les élus et les parties
prenantes et d?un déploiement dans une bonne partie des
territoires entre les différents niveaux de collectivités, y com-
pris désormais dans des révisions de ScoT et PLU(i). En réaf-
firmant les grands objectifs et modalités et en renforçant les
actions d?accompagnement les années à venir pourraient
être celles d?une consolidation et d?une généralisation de
ces politiques essentielles pour assurer la prise en compte
de nombreux enjeux environnementaux et la résilience des
territoires.
Les évolutions législatives imaginées, comme exclure certains
projets du calcul de l?objectif à atteindre, ou un report des
dates et périodes de mise en oeuvre seraient pourraient au
contraire une régression affaiblissant le niveau d?ambition
et créeraient des incertitudes de nature à ralentir le rythme
des actions nécessaires pour la mise en oeuvre de cette poli-
tique, y compris celles déjà engagées par les acteurs les plus
avancés à ce jour .
Économie circulaire
Dans l?ensemble les modifications des Sraddet ont permis
d?y intégrer les nouveaux objectifs de prévention, valorisa-
tion et traitement des déchets, fixés par la loi AGEC, ainsi
que d?introduire des mesures contre l?abandon des déchets,
comme demandé par ladite loi. Dans quelques cas des ob-
jectifs plus ambitieux ont été fixés (par exemple, en Hauts-
de-France, 58 % de valorisation des déchets ménagers et
assimilés en 2025 contre 55 % prévus par la loi, ou en Nor-
mandie des objectifs relevés pour la prévention du gaspillage
alimentaire). Les progrès à réaliser sont encore souvent très
importants : ainsi en Hauts-de-France pour les déchets non
inertes non dangereux déchets du BTP/les (DNIND), le taux
de mise en décharge doit fortement diminuer pour atteindre
10 % en 2031, contre 32 % en 2015 et 23 % en 2020.
La préparation de la modification des Sraddet en concer-
tation avec les acteurs a aussi été l?occasion d?identifier les
leviers nécessaires pour atteindre ces objectifs renforcés.
L?examen par l?Ae des projets de Sraddet qui lui étaient sou-
mis amène à constater que cet approfondissement est hé-
térogène, et ne débouche pas toujours sur l?identification
d?actions, ainsi que le cas échéant sur la modification de
règles dans les Sraddet, permettant de tracer une voie claire
pour l?atteinte de ces objectifs. Ainsi les plans régionaux de
prévention et gestion des déchets (PRPGD), désormais inté-
grés aux Sraddet, sont modifiés dans certaines régions mais
pas dans toutes.
Pour la région Provence-Alpes-Côte d?Azur l?Ae relève un tra-
vail approfondi avec la définition d?une politique d?accom-
pagnement et d?animation des parties prenantes, une éva-
luation des financements nécessaires, une territorialisation
de l?action à conduire par type de déchets, avec analyse une
pour les quatre espaces régionaux sur lesquels se déploie le
Sraddet (alpin, rhodanien, azuréen, provençal), et une iden-
tification des installations à fermer, adapter, créer.
Dans d?autres régions comme la Normandie, la Bretagne ou
la Bourgogne-Franche-Comté l?Ae a recommandé d?appro-
fondir les leviers opérationnels nécessaires pour atteindre les
objectifs. En Hauts-de-France le PRPGD et certaines règles
du Sraddet sont modifiés ; les recommandations de l?Ae ont
porté sur le besoin de préciser certains outils d?accompagne-
ment et de mobiliser d?entraîner les établissements publics
de coopération intercommunale (le Sraddet fixe opportu-
nément un objectif de couvrir 100 % de la population par
des plans locaux de prévention des déchets ménagers et
assimilés, qui ne concernent aujourd?hui que 47 % de la po-
pulation et un quart des EPCI, alors que la mise en place de
ces outils est obligatoire depuis 2012).
Logistique
La loi climat et résilience de 2021 (LCR) a introduit la logis-
tique comme composante des Sraddet, avec en particu-
lier l?objectif de définir des politiques d?implantation des
infrastructures logistiques. Cette thématique a été dans
l?ensemble abordée par les modifications des Sraddet, mais
souvent sous un angle d?abord foncier, avec des objectifs de
sobriété, et certes en promouvant la multi-modalité, mais le
plus souvent sans se fonder sur l ?analyse des flux de marchan-
dises et ni sur des objectifs explicites de report modal et de
décarbonation. Ceux-ci ne dépendent évidemment pas de
la seule implantation des centres logistiques et les Sraddet
peuvent déjà contenir des dispositions en faveur de l?atteinte
de ces objectifs, mais l?analyse des projets de Sraddet soumis
à l?avis de l?Ae amène à considérer que l?opportunité présen-
tée par ces modifications aurait pu être nettement mieux
exploitée pour cette thématique.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 149148 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
S R A D D E TZ O O M S U R
Ainsi le Sraddet Bourgogne Franche Comté propose une
approche foncière et statique de la logistique, affirmant un
objectif bienvenu de sobriété des ressources foncières et
énergétiques, sans cependant comporter de règles, et sans
aborder la question des flux (maîtrise des flux de poids lourds
et développement du report modal), et sans mentionner
non plus les objectifs de la LCR (sur l?augmentation des parts
modales du fret ferroviaire ou fluvial).
Le Sraddet Hauts-de-France définit un parti pris sur la locali-
sation préférentielle des constructions logistiques, comme
demandé par la LCR, en recherchant un équilibre entre proxi-
mité des grands axes ferroviaires et voies d?eau et la prise
en compte des déplacements avec les centres urbains. Il
ne comporte pas de modification de ses règles. Un schéma
régional des sites d?implantation logistique est prévu (son
échéance de réalisation n?était pas précisée dans le projet
examiné en 2024 par l?Ae).
Le Sraddet PACA définit des conditions pour la création de
nouveaux sites logistiques : justification du besoin, contribu-
tion à la sobriété foncière et énergétique, et pose le principe
d?une sanctuarisation du foncier sur les zones d?activité éco-
nomique et les friches, en cohérence avec la politique de ré-
duction de l?artificialisation nette. Il affirme aussi la nécessité
de préservation des capacités multimodales, dont les instal-
lations terminales embranchées de fret ferroviaire et définit
une liste de secteurs stratégiques, avec préservation des sites
existants. Il fait partie des quelques Sraddet qui ont opportu-
nément traduit leurs objectifs en règles opposables. Un point
de vigilance, mentionné dans le Sraddet, apparaît avec les
projets routiers induits par le développement du grand port
maritime de Marseille et leurs incidences possibles.
Le Sraddet Nouvelle Aquitaine affiche le souhait de privilé-
gier les sites favorisant le report modal et l?implantation sur
des sites urbanisés et artificialisés.
Le Sraddet Bretagne pose l?objectif de développer le trans-
port combiné rail-route en lien avec les ports bretons et dé-
velopper une logistique bas-carbone, les leviers d?actions
restant selon l?Ae à décrire et objectiver.
De son côté le projet de Sdrif-e comporte dix orientations
sur la logistique, en fixant comme stratégie de s?appuyer sur
une armature multimodale de sites fluviaux et ferroviaires,
de limiter les sites exclusivement routiers, d?aménager des
grands sites multimodaux. L?implantation de nouveaux sites
n?est cependant pas conditionnée à une desserte ferroviaire
ou fluviale effective, ce qui limite la portée du schéma et
conduira à un besoin de vigilance accrue lors de l?examen
de chaque projet (entre autres au moment de l?agrément
du préfet nécessaire pour la construction, la reconstruction
ou l?extension des locaux, installations et annexes, prévu aux
articles L 510-1 et suivants du code de l?urbanisme (bureaux,
logistique, activités techniques et industrielles dont centres
de données ?). Le projet de SDRIF-e n?aborde pas non plus
la question de l?accessibilité hors automobile pour les 400
000 salariés du secteur.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 151150 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
S R A D D E TZ O O M S U R
Synthèse sur le thème
de la rédaction de
l?artificialisation nette
des schémas régionaux
examinés
PAGE 5 DU WORD PARTIE 5!!!
Nota : cette analyse porte sur les schémas soumis à l?avis de
l?Ae, sans intégrer les modifications apportées éventuelle-
ment suite à l?avis de l?Ae
Région, avis de l?Ae Points positifs Points de vigilance Commentaires
Sraddet Normandie, 2023-
71, 9 novembre 2023
Premier Sraddet modifié
pour le Zan, modification
lancée avant même la loi de
juillet 2023
Des différenciations du taux
de réduction par territoire
en tenant compte des
pressions/dynamiques, de la
biodiversité
Besoin de précision sur
les objectifs/indicateurs,
et le calcul de certaines
sous-enveloppes, pour les
méthodes correctives en
cas d?écart par rapport aux
objectifs
Variation assez modérée
du taux de réduction entre
espaces/ScoT/EPCI
Modification adoptée en
mai 2023, avant vote de la
loi de juillet 2023, même si
elle a tenté d?en anticiper
les concepts
Sraddet Bretagne, 2023-77,
9 novembre 2023
Nouveaux outils (méthode
développée par agence
d?urbanisme de Brest et
étendue à la région)
Acceptation facilitée par
une couverture quasi
exhaustive par des ScoT
et une forte concertation,
démarche participative
Critères de répartition
et territorialisation de la
consommation d?espace
précis, tenant compte de
la biodiversité, de la qualité
de l?eau, des risques, des
efforts de densification
Besoin de suivi régulier
et rigoureux pour vérifier
l?usage des enveloppes et la
juste prise en compte des
critères
Modification qui aborde
aussi la gestion du trait
de côte (prise en compte
des risques dans les
ScoT littoraux, réflexion
et expérimentation sur
relocalisations)
Sdrif-E Île-de-France, 2023-
98, 21 décembre 2023
Introduit une trajectoire
de réduction de
l?artificialisation dès la
décennie 2021-2031 (la
région IDF n?est pas tenue
de respecter l?objectif
intermédiaire de réduction
de moitié à l?horizon 2030)
Cependant la réduction de
20 % par décennie sera loin
de permettre d?atteindre
l?absence d?artificialisation
nette en 2050 et l?effort de
réduction apparaît in fine
assez réduit
Des outils, analyses
concrètes seraient à
déployer (analyse des
possibilités de densification
des zones d?activité par
exemple)
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 153152 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
S R A D D E TZ O O M S U R
Région, avis de l?Ae Points positifs Points de vigilance Commentaires
Sraddet Hauts-de-France,
2024-13, 30 mai 2024
Répartition territorialisée
de la consommation avec
un objectif de baisse,
pour 2/3 sur la base des
consommations passées et
pour 1/3 sur d?autres critères
dont efforts réalisés et
gestion économe espace
Evolution de diverses
règles (prescriptives pour
ScoT PLU..), définition de
modalités de suivi
Non prise en compte
des risques naturels, de
l?évolution du trait de côte,
de la biodiversité dans les
critères de répartition
Suppression d?une règle sur
le renouvellement urbain
Modalités de comptage et
suivi à préciser
L?enveloppe des projets
d?envergure régionale est
fixée sur base de critères,
sans avoir encore défini les
projets concernés
Sraddet Bourgogne-
Franche-Comté, 2024-12, 30
mai 2024
Concertation initiale
en 2022-2023 sur une
méthode multi-critère
(dont l?efficacité en termes
de densité de l?utilisation
de l?espace et des critères
environnementaux),
mais dont les résultats,
difficilement acceptés,
ont été mis à mal par le
dispositif « garantie rurale »
Affichage de trajectoires
post 2031
L?application de la «
garantie rurale » et le grand
nombre de communes
(3710) aboutissent à des
taux d?effort négatifs
pour certains territoires
à dominante rurale et
naturelle et à une capacité
très limitée à prioriser des
territoires de centralité au
contraire très contraints
ou des projets d?ampleur
régionale. Ceci a conduit
à abandonner les critères
environnementaux de
répartition
Sraddet Centre-Val de Loire,
2024-44, 11 juillet 2024
Concertation très intense
et multi-forme (conférence
ScoT, réunions d?échanges,
réunions avec services
techniques des collectivités,
de l?Etat, agences
d?urbanisme), portée à haut
niveau
Affichage des cibles post
2031
Règles modifiées pour
imposer concrètement des
priorités à la réutilisation
des logements, locaux
vacants, densification
des zones d?activité,
préservation des zones
d?expansion des crues etc..
Actions
d?accompagnement des
collectivités locales, pour
certaines déjà lancées,
réflexions en cours entre
Etat et Région pour
proposer de nouveaux
outils (qualification des
friches, outils de suivi de
la vacance des logements
etc..)
Outils de suivi de la
consommation et de la
mise en oeuvre à finaliser
pour préparer rapidement
le bilan de point d?étape
prévu en 2027
Région, avis de l?Ae Points positifs Points de vigilance Commentaires
Sraddet Nouvelle-
Aquitaine, 2024-43, 25 juillet
2024
Affichage d?une poursuite
de la réduction sur les
décennies 31-40, 41-50 (30 %
à chaque fois)
Répartition de l?effort
différenciée par type de
territoire et tenant compte
de l?effort passé
Inscription de la facilitation
de la renaturation dans les
règles du Sraddet
Méthodes de
comptabilisation de la
consommation d?espaces
Des outils (conseil,
accompagnement,
sensibilisation et mise
en réseau des acteurs
du foncier et de
l?aménagement) prévus
mais à préciser
Sraddet PACA, 2024-84, 24
octobre 2024
Large concertation,
utilisation des travaux de
la conférence des ScoT sur
l?efficacité foncière
Gouvernance, outils
numériques, appui aux
partenaires, valorisation
des initiatives, utilisation
affichée du Sraddet dans
les contractualisations avec
les territoires
Un certain renforcement
du caractère prescriptif
des règles (mais pas sur
tous les points, ce qui est à
reconsidérer)
Des précisions à apporter
sur les consommations
prises en référence et bien
vérifier l?ambition par
rapport à celle du Sraddet
en vigueur (pour chaque
territoire)
La répartition de
l?effort s?inscrit plus
dans la continuité des
consommations passées
que dans une priorisation
par rapport à des critères
clairs.
S?assurer de l?homogénéité
des méthodes de suivi,
définir comment prévenir le
risque de dépassement des
seuils fixés par ScoT et PLUi
Sar Martinique (examen cas
par cas)
Projet ambitieux et réaliste
(prise en compte de la
consommation réelle des
dernières années et de
l?évolution démographique
dans l?analyse des besoins),
en retenant (au stade de
l?élaboration du projet)
un objectif de ralentir la
consommation de 60 %
pour la prochaine décennie
par rapport à la décennie
passée
Vigilance à avoir sur le
maintien effectif de
cette ambition dans la
modification du SAR qui
sera finalement adoptée
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 155154 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 157
OIN de Guyane
L?OPÉRATION D?INTÉRÊT NATIONAL
(OIN) DE GUYANE
Une OIN multisites
Le territoire de la Guyane doit faire face à un fort développe-
ment démographique, entraînant un besoin de logements
non couvert par une offre correspondante, et induisant le
développement de l?habitat informel, devenu très prégnant.
L?État a décidé de lancer une opération d?intérêt national
(OIN) afin de permettre au territoire de rattraper son retard
dans le domaine du logement, de réduire l?habitat informel,
et de contribuer au développement économique et à l?équi-
pement guyanais. Le Conseil général de l?environnement et
du développement durable (CGEDD) a produit en juillet 2016
un rapport (n° 008034 03) qui préfigure cette OIN. Le besoin
en logements neufs y est évalué à 95 000, y compris la résorp-
tion de l?habitat indigne. L?OIN a été créée par le décret 2016
1736 du 14 décembre 2016.
L?OIN de Guyane est dite « multisites » car elle comprend
24 sites répartis sur trois bassins de vie : l?agglomération de
Cayenne, Kourou, et l?agglomération de Saint-Laurent-du-
Maroni. Au total, les périmètres concernent environ 5 800
ha. L?OIN vise la réalisation de logements ainsi que l?accueil
des services et équipements publics nécessaires et le dé-
veloppement d?activités économiques. Ces orientations
prennent en compte le schéma d?aménagement régional
(SAR) de Guyane.
Les projets vus par l?Ae en 2024
L?Ae a été saisie de plusieurs projets liés à l?OIN ces dernières
années. En 2024, il s?est agi de trois zones d?aménagement
concerté (Zac) dont la création et la réalisation concernent :
? le périmètre n° 2 de l?OIN « Tigre-Maringouins »1, avec une
première phase opérationnelle sur la « Zac 1 » à Cayenne,
? le périmètre n° 5 de l?OIN « Cogneau-Larivot »2, avec la
création et la réalisation d?une Zac à Matoury,
? le périmètre n° 22 de l?OIN « Zac Margot »3, avec la création
et la réalisation d?une Zac à Saint-Laurent-du-Maroni.
O I N d e G u y a n e
LES ENJEUX MARQUANTS DE CES
DOSSIERS
La création de pans entiers de ville et de leurs aménités
Ces projets visent à répondre avant tout au manque de loge-
ments, mais aussi d?équipements, tout en prévoyant l?accueil
et le développement d?activités économiques, sans omettre
la création d?aménités (parcs urbains, parcours sportifs, jar-
dins?). La Zac Margot comprend aussi la construction d?un
pôle judiciaire et pénitentiaire, sur lequel l?Ae a ensuite été
saisie le 12 décembre 2024, puis a rendu un avis début 20254.
À des degrés divers, l?ensemble des projets sont confrontés à
des enjeux de biodiversité, d?inondation, de pollutions et de
santé humaine. Tous sont aussi concernés par les difficultés
induites par le recours massif et en croissance à la voiture
individuelle (nuisances et saturation des infrastructures) et
par l?inexistence ou la faiblesse des transports en commun.
L?Ae a donc émis des recommandations liées à la bonne prise
en compte de ces enjeux, et plus globalement à la préoccu-
pation de créer de nouveaux secteurs urbains fonctionnels.
La construction de logements et d?équipements attirant de
nouvelles populations, il est nécessaire de l?accompagner de
dessertes suffisamment dimensionnées : nouvelles voies rou-
tières, pistes cyclables, cheminements piétons, transports en
commun. Ces développements ne sont pas toujours suffi-
samment décrits dans les études d?impact, ou font parfois
craindre un sous-dimensionnement des infrastructures, ap-
pelant des recommandations de l?Ae. Les études d?impact
doivent aussi étudier le bruit pour les riverains de ces zones
ou qui seront installés dans les nouvelles constructions, afin
de pouvoir assurer aux habitants que les seuils réglementaires
relatifs au bruit seront respectés. Il en va de même concer-
nant l?exposition aux polluants (air et eau). Concernant la
Zac « Cogneau-Larivot » à Matoury, l?Ae a recommandé une
meilleure prise en compte de la pollution des sols.
L?Ae a aussi émis des recommandations pour une meilleure
prise en compte de l?ensemble des projets dans leurs diffé-
rentes dimensions : la création d?un quartier dans le cadre
d?une Zac induit la création de voies de dessertes ainsi que
d?autres réseaux (électriques, eau potable, eaux usées?) et
parfois le développement des moyens de production asso-
ciés (électricité, eau?) ou de traitement des eaux usées, cer-
taines Zac de l?OIN vues par l?Ae nécessitant par exemple une
extension de la station d?épuration. Lorsque ces extensions
sont motivées par le seul projet et qu?elles sont indispen-
sables à son bon fonctionnement, elles doivent alors être
analysées par l?étude d?impact comme étant une partie
constitutive du projet.
1.
Avis n° 2024 004 du 21 mars 2024 : https://www.igedd.developpement-du-
rable.gouv.fr/IMG/pdf/6_-_240316_oin_tigre-maringouins_973__delibere_
cle1f1114.pdf.
2.
Avis n° 2024 024 du 16 mai 2024 : https://www.igedd.developpement-durable.
gouv.fr/IMG/pdf/oin_cogneau_larivot_973_delibere_cle7bcf25.pdf.
3.
Avis n° 2024 105 du 10 octobre 2024 : https://www.igedd.developpement-du-
rable.gouv.fr/IMG/pdf/03_-_avis_zac_margot-bleu-delibere_cle57e3bf.pdf
4.
Avis délibéré de l?Autorité environnementale sur la cité du ministère de la Jus-
tice à Saint-Laurent-du-Maroni (973) (2e avis), n° 2024-130 du 27 février 2025 :
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_cite_justice_
slm_bleu_delibere_cle5112ab.pdf. Cet avis porte sur une demande de permis
de construire et d?autorisation environnementale au titre de la loi sur l?eau et
des installations classées pour la protection de l?environnement. Elle actua-
lise aussi la demande de dérogation relative aux espèces protégées, ce volet
ayant été emporté dans le premier dossier sur lequel l?Ae a rendu un premier
avis en 2020 dans le cadre d?une demande de déclaration d?utilité publique
valant mise en compatibilité du plan local d?urbanisme, demande de déroga-
tion relative aux espèces protégées et autorisation de défrichement.
156 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/6_-_240316_oin_tigre-maringouins_973__delibere_cle1f1114.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/6_-_240316_oin_tigre-maringouins_973__delibere_cle1f1114.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/6_-_240316_oin_tigre-maringouins_973__delibere_cle1f1114.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/oin_cogneau_larivot_973_delibere_cle7bcf25.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/oin_cogneau_larivot_973_delibere_cle7bcf25.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/03_-_avis_zac_margot-bleu-delibere_cle57e3bf.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/03_-_avis_zac_margot-bleu-delibere_cle57e3bf.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_cite_justice_slm_bleu_delibere_cle5112ab.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_cite_justice_slm_bleu_delibere_cle5112ab.pdf
Z O O M S U R
Un territoire aux enjeux environnementaux et risques natu-
rels spécifiques
Pour chacun des projets de l?OIN de Guyane vus par l?Ae, la
protection d?une biodiversité remarquable reconnue au ni-
veau mondial et des continuités écologiques présentes sur le
site doit être mieux assurée. Les enjeux associés aux habitats
naturels, à la faune et à la flore locales doivent être évalués à
l?aune des spécificités et des besoins du territoire guyanais,
sans en négliger la valeur intrinsèque. La nécessité d?obtenir
une dérogation à l?interdiction de destruction d?espèces pro-
tégées et de leurs habitats est parfois mal analysée.
La prise en compte du risque d?inondation (et pour certains
dossiers, en articulation avec la montée du niveau de la
mer), très présent dans de nombreuses zones urbanisées en
Guyane, conduit l?aménageur à prévoir parfois des remblais
en zone inondable, voire en zone humide, ce qui ce qui pose
problème sur l?application des règles régissant cette problé-
matique.
Autres remarques
Concernant l?évaluation des émissions de gaz à effet de
serre, l?Ae a régulièrement émis des recommandations pour
compléter leur évaluation et pour effectuer des choix moins
émissifs en carbone, notamment par les choix d?énergie dé-
ployées dans les Zac.
Pour deux des projets vus par l?Ae en 2024, la présence d?ins-
tallations qui sont des sources potentielles de nuisances de-
vra mieux être prise en compte : centrale électrique, carrière,
décharge.
Conclusion
L?une des spécificités des projets de l?OIN de Guyane est
que l?Ae a peu soulevé la question de l?artificialisation des
sols, de la consommation d?espaces induits et de l?étalement
urbain qu?ils facilitent. Cela est dû aux particularités du terri-
toire, très peu dense, et surtout au fait que l?OIN ambitionne
de réduire l?habitat informel, souvent exposé aux risques
naturels et pouvant générer de plus fortes incidences sur
l?environnement car dénué de réseaux d?assainissement et
négligeant les précautions constructives qui seraient prises
par un opérateur public.
Pour les trois projets examinés en 2024, l?Ae a à nouveau mis
en avant l'importance de développer des infrastructures
de transport en commun et dédiées aux mobilités actives,
afin de réduire les incidences environnementales et d?amé-
liorer la qualité de vie. Elle a aussi insisté sur la démarche
d?évitement qui, dans la séquence ERC, doit être privilégiée
prioritairement sur la réduction et à la compensation, cette
dernière pouvant ne pas être très opérationnelle dans sa
définition comme dans son exécution et souvent l?objet de
recommandations visant à la consolider.
Les enjeux environnementaux principaux sur lesquels l?Ae a
émis des recommandations sont analogues à ceux sur les-
quels elle s?était déjà exprimée dans des avis émis antérieu-
rement sur des projets analogues de cette OIN : biodiversité,
inondations, transports en commun, modes actifs, réseaux,
nuisances?
O I N d e G u y a n e
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 159158 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
Projets
sur les grands ports
maritimes
G r a n d s p o r t s m a r i t i m e s
Selon les termes d?un communiqué de presse du ministre
de l?économie de mars 2024, « les grands ports maritimes
constituent des atouts majeurs pour la réindustrialisation
de la France. Outre leur rôle d?actifs stratégiques pour le
transport et la logistique maritime, fluviale et ferroviaire de
marchandises, les zones industrialo-portuaires disposent de
surfaces foncières importantes qui bénéficient d?une bonne
connexion au réseau de transport massifié, et constituent
des lieux privilégiés d?implantation d?industries vertes ».
Sur le plan environnemental, l?article L. 5312-2 du code des
transports prévoit, parmi les missions des grands ports ma-
ritimes et fluvio-maritimes, « 4° La gestion et la préservation
du domaine public naturel et des espaces naturels dont il est
propriétaire ou qui lui sont affectés ».
En 2023 et 2024, l?Ae a rendu plusieurs avis sur des projets
situés dans des ports, en particulier ceux de Dunkerque et
Marseille1, dont des avis de cadrage préalable : cela témoigne
d?une attention des autorités ou des pétitionnaires à mettre
en oeuvre leurs projets en les insérant au mieux dans des ter-
ritoires présentant des spécificités fortes et d?un besoin de
méthode dès l?amont de la réalisation de l?étude d?impact.
La mobilisation rapide et massive du domaine public por-
tuaire, foncier maîtrisé de longue date par les grands ports,
soulève plusieurs types de questions. Les parcelles non en-
core aménagées sont souvent exploitées en bail précaire par
des agriculteurs ; les projets qui s?y implantent sont consom-
mateurs de ressources locales qui peuvent être ou mena-
cer d?être sous tension (matériaux de remblaiement pour
tenir compte de la montée des eaux due au réchauffement
climatique, eau ou énergie nécessaires pour les procédés
industriels, etc.) ; les impacts inévitables sur la biodiversité
doivent être compensés, au sein ou hors des grands ports.
Le grand port maritime de Dunkerque (GPMD), comme tous
les grands ports, est doté d?un projet stratégique, dont deux
parties2 font l?objet d?une évaluation environnementale ; il
a fait l?objet de plusieurs avis d?autorité environnementale3.
Cela permet, en particulier, une appréciation d?ensemble
des enjeux de biodiversité les plus forts, l?anticipation de la
démarche d?évitement et de réduction des incidences des
projets à venir, et la pré-identification des milieux naturels
dont la restauration des fonctionnalités présenterait un in-
térêt. Ces secteurs pourront ainsi être renaturés au titre de
la compensation des incidences résiduelles notables4 des fu-
turs projets. Le GPMD, comme la plupart des grands ports,
s?est aussi doté en 2011 d?un schéma directeur de protection
de la nature (SDPN), document d'orientation pour la prise
en compte des milieux naturels dans sa politique d'aména-
gement.
En pratique, le projet stratégique d?un grand port fixe des
orientations d?aménagement et organise l?occupation fu-
ture du foncier en identifiant les zones d?implantation des
industries, des infrastructures de transport, des réseaux et
des espaces naturels à préserver. Une partie de la séquence
d?évitement, de réduction, voire de compensation (« ERC »)
des incidences des choix faits peut être conduite à l?échelle
du projet stratégique, comme cela est possible pour tout
plan/programme. À défaut, ou en complément, le grand
port peut conduire des projets d?aménagement de certaines
zones d?activités en son sein, projets au niveau desquels la
séquence « ERC » peut être précisée. Les industriels peuvent
ainsi inscrire leur opération dans ces projets d?ensemble, qui
constituent alors des sites voulus « clés en main ». Des accès
et autres infrastructures sont préparés et l?évaluation envi-
ronnementale est menée, pour ce qui peut l?être en anti-
cipation, telle que les questions d?artificialisation des sols,
d?incidence sur le fonctionnement hydraulique du secteur,
etc. La prise en compte des enjeux environnementaux et de
la séquence « ERC » est d?autant plus pertinente qu?elle se
traduit par des prescriptions relatives aux mesures et oppo-
sables aux industriels, qui peuvent alors se concentrer sur
les volets de l?évaluation environnementale dépendant de
l?installation industrielle.
1.
L?Ae a également rendu des avis sur les travaux d?aménagement dans divers
ports ou sur des opérations de dragage, qui ne sont pas repris dans ce zoom,
centré sur l?industrialisation dans les ports.
2.
Article R.5312-63 du code des transports : « Le projet stratégique traite notam-
ment : (?) 4° De la politique d'aménagement et de développement durable
du port, identifiant la vocation des différents espaces portuaires, notamment
ceux présentant des enjeux de protection de la nature dont il prévoit les mo-
dalités de gestion. Cette section du projet stratégique comporte les docu-
ments graphiques mentionnés à l'article L. 5312-13. Elle traite également des
relations du port avec les collectivités sur le territoire desquelles il s'étend,
ainsi qu'avec les résidents des communes situées dans sa circonscription et
des communes limitrophes ;
5° Des dessertes du port et de la politique du grand port maritime en fa-
veur de l'intermodalité, notamment de la stratégie du port pour le transport
ferroviaire et le transport fluvial. » et article R. 122-17 du code de l?environ-
nement « I. ? Les plans et programmes devant faire l'objet d'une évaluation
environnementale sont énumérés ci-dessous : (?) 31° Les 4° et 5° du projet
stratégique des grands ports maritimes, prévus à l'article R. 5312-63 du code
des transports ; »
3.
Avis Ae n°2014-107 du 25 février 2015 sur le projet stratégique 2014-18 du
grand port maritime de Dunkerque (59)
Avis MRae Hauts-de-France n°2021-5393 du 21 juillet 2021 sur l?élaboration du
projet stratégique du Grand Port Maritime de Dunkerque (59)
Avis MRae Hauts-de-France n°2024-8184 du 15 octobre 2024, cadrage préa-
lable du projet stratégique 2025-2029 du Grand Port Maritime de Dunkerque
(59)
4.
Les incidences brutes significatives ou notables font l?objet des mesures d?évi-
tement et de réduction, si des incidences résiduelles significatives perdurent,
elles doivent faire l?objet de compensations (source : approche standardisée
du dimensionnement de la compensation écologique, CGDD, 2021)
160 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 161
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023086525/LEGISCTA000023073134/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041838509
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/150225_Projet_strategique_du_GPM_de_Dunkerque_59_-_delibere_cle0766f4.pdf
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5393_avis_ps-gpmd.pdf
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/8184_cadrage_ps_gpmd.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Approche_standardis%C3%A9e_dimensionnement_compensation_%C3%A9cologique.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Approche_standardis%C3%A9e_dimensionnement_compensation_%C3%A9cologique.pdf
Z O O M S U R
Dans cet emboîtement, vertueux, l?Ae relève cependant plu-
sieurs points de vigilance, pour l?industrialisation à venir, dans
l?ensemble des grands ports.
Les dossiers des grands ports présentent des spécificités du
point de vue la prise en compte des enjeux environnemen-
taux, à différentes échelles : l?organisation de la circonscrip-
tion portuaire (projet stratégique), la création et l?utilisation
de zones aménagées, les caractéristiques des entreprises qui
s?y implantent et la prise en compte des impacts cumulés.
Ces spécificités peuvent être illustrées par quelques dossiers.
Création de zones destinées à accueillir des industries ou
d?autres activités
L?avis de l?Ae sur le projet de zone de services portuaires «
ZSP2 » dans le grand port maritime de Marseille (GPMM)5
souligne que les besoins et le phasage d?une nouvelle zone
doivent être précisément justifiées par un scénario de ré-
férence (évolution de l?aire d?étude en l?absence de projet)
fondé sur des hypothèses (notamment flux de marchandises
et de trafic) explicitées et étayées.
Un enjeu majeur dans les zones portuaires, par nature litto-
rales ou rétro-littorales, est la prise en compte des risques
naturels, à commencer par la submersion marine. S?appuyer
sur des plans de prévention des risques d?inondation (PPRi)6
n?apparaît pas suffisant, dans la mesure où, d?une part,
ils sont centrés sur les territoires présentant les plus forts
risques7, donc des villes, et, d?autre part, ils tiennent compte
des événements passés ou modélisés à la date de leur éla-
boration, sans que le corpus juridique prévoie systémati-
quement la prise en compte des effets du changement cli-
matique qui vont accentuer les phénomènes d?inondation.
L?avis de l?Ae sur la « ZSP2 » du GPMM souligne ainsi qu?il est
nécessaire de fournir une vision du risque inondation qui ne
se limite pas aux zones du PPRi, et d?y intégrer une analyse de
risque de submersion marine fondée sur les connaissances
les plus récentes et se référant à la trajectoire de référence
de réchauffement climatique pour l?adaptation au change-
ment climatique (Tracc), ce en particulier pour accueillir des
projets industriels qui ont vocation à fonctionner plusieurs
dizaines d?années.
Utilisation des zones d?activité
- Un premier point d?attention de l?Ae est la bonne articu-
lation du projet stratégique et de son étude d?impact avec
celle du projet « zone d?activité » et celle du projet industriel
considéré, ainsi que la pertinence des analyses en fonction
de la précision des études d?impact à chaque niveau et des
prescriptions qui en découlent. En l?absence de vision d?en-
semble offerte par le projet stratégique, le projet « zone d?ac-
tivité » ou le dossier du projet industriel doit encore plus
contenir l?ensemble des analyses attendues. Si le projet stra-
tégique est ancien et n?a pas été actualisé, l?étude d?impact
du projet doit analyser, à son niveau, les conséquences de
l?ensemble des évolutions du plan/programme.
? En réponse à la demande de cadrage préalable de l?évalua-
tion environnementale de la plateforme industrielle « Zone
Industrie d?Avenir » (ZIA)8 sur le GPMD (59), l?Ae a fait le
constat que le projet présenté remplaçait la « Zone Chimie
» prévue par le projet stratégique. Or, l?emprise foncière
prévue pour la ZIA est plus vaste et couvre non seulement
l?emprise envisagée pour la « Zone Chimie » mais aussi des
terrains censés rester des espaces agricoles à l?échéance du
projet stratégique 2020-2024. La justification du projet ne
peut donc pas se référer aux seuls choix faits et justifiés dans
le cadre du projet stratégique. Le maître d?ouvrage du projet
doit veiller à réaliser un état initial sur l?aire d?étude adaptée,
permettant d?examiner les fonctionnalités des milieux et
les déplacements des espèces, sans s?appuyer sur les inven-
taires globaux réalisés pour l?évaluation environnementale
du projet stratégique, non pertinents en l?espèce. Les inci-
dences de la ZIA, notamment en matière d?artificialisation
des sols, de fonctionnement des surfaces en eau et des
watergangs9 , de suppression des externalités positive de
l?agriculture, de gestion des déblais/remblais? n?avaient, de
fait, pas pu être anticipées. L?Ae a rappelé que la compensa-
tion des incidences résiduelles négatives doit être fonction-
nelle au moment de l?effectivité de l?incidence, ce qui, pour
une telle emprise foncière, peut contraindre le planning
des travaux à conduire. L?Ae a également suggéré de faire
des hypothèses majorantes, dès le projet d?aménagement,
pour un certain nombre de paramètres : consommations
d?eau, émissions de gaz à effet de serre, trafic routier afin
de prendre les dispositions adéquates en amont de l?arrivée
des opérations industrielles. Dès lors que l?évaluation envi-
ronnementale de la plateforme ZIA est complète, incluant
une séquence « ERC » adaptée, et des prescriptions, par
exemple en matière de consommation maximale d?eau, les
maîtres d?ouvrage des opérations industrielles s?installent
en connaissance des enjeux et peuvent actualiser cette
étude d?impact sur les seuls aspects nouveaux liées à la
construction et au fonctionnement des outils industriels.
5.
Avis Ae n°2024-059 du 25 juillet 2024
6.
Article L. 562-1 du code de l?environnement et suivants
7.
Le niveau de risque traduit la combinaison d?un aléa, par exemple une hau-
teur d?eau lors d?une hausse du niveau de la mer qui a une chance sur cent de
se produire chaque année, et les enjeux exposés à cet aléa.
8.
Avis Ae n°2024-03 du 11 avril 2024
9.
Système hydraulique complexe qui a permis de gagner des terres sur la mer
dans l?ancien delta du fleuve côtier Aa, canalisé dès le XIIe siècle (source :
Institution intercommunale des Wateringues)
G r a n d s p o r t s m a r i t i m e s
Grand port maritime de Marseille - Ferry de la ligne Corsica Linea © Arnaud Bouissou
Camions en attente d'embarquement dans le port de Marseille © Arnaud Bouissou
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 163162 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/trajectoire-rechauffement-reference-ladaptation-changement-climatique-tracc
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5-_240721_zsp2_gpmm_-_delibere_cle71b13e.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000006159296/#LEGISCTA000006159296
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5__003_cadrage_plateformeindustrielle_zia_gpmd_59_delibere_cle51bdbd.pdf
https://www.institution-wateringues.fr/
Z O O M S U R
? S?agissant de la réalisation d?un quai d?amarrage de bateaux
porte-conteneurs à Village-Neuf10 (68)11, l?Ae a constaté de
nombreuses lacunes : le projet présenté n?intègre pas l?en-
semble des opérations permettant une intermodalité effec-
tive train, route, fleuve ; il manque une stratégie por-tuaire
justifiant le choix de l?implantation du projet, l?état initial et
le scénario de référence sont incomplets, (par exemple sur
le trafic de marchandises), la prise en compte des risques
cumulés avec les autres entreprises insuffisante. .
? Le projet porté par Prologium12 , de production de com-po-
sants de batteries électriques, fournit un autre exemple
de site industriel prévoyant de s?implanter dans la « Zone
grandes industries 2 » (ZGI2) aménagée par le GPMD,
celle-ci ayant elle-même fait l?objet d?une évaluation envi-
ron-nementale et répondant la notion de « site clé en main
Pour autant, les emprises du site industriel débordent pour
une petite surface de la ZGI2. L?Ae a été amenée à formu-
ler plusieurs recommandations pour tirer pleinement parti
de cet « emboitement » a priori vertueux, dont cer-taines
s?adressent non au pétitionnaire mais au GPMD. Il re-vient
en effet au GPMD de mettre à jour en continu l?étude
d?impact des ZGI, pour intégrer les précisions apportées
au dossier au fur et à mesure de l?avancement des projets
industriels. En l?espèce, les consommations d?eau avaient
été estimées ex ante à un niveau enveloppe : Prologium
a pu les réduire considérablement ; les émissions de GES
étaient également maximisées ; a contrario les besoins en
énergie étaient sous-estimés. Ce type d?évolution, dans un
sens ou dans l?autre, mérite de figurer dans l?étude d?im-
pact de la ZGI mise à jour. De manière complémentaire, les
indus-triels doivent contribuer à la mise à jour de l?étude
d?impact de la zone : dans l?avis sur la ZSP2 du GPMM, l?Ae
rappelle que l?évaluation environnementale doit être ac-
tualisée en fonction des pollutions des eaux générées par
les futurs preneurs de parcelles.
- Un deuxième point de vigilance récurrent est l?identifica-
tion des industries pour lesquelles une implantation dans un
grand port est indispensable.
? Dans le cas de Prologium, la motivation de l?installation sur
le GPMD est liée à la livraison de matières premières par la
mer mais aussi par la route et le fer, eux-mêmes bien connec-
tés au port, sans que cela soit documenté préci-sément. L?Ae
remarque que, compte tenu de la tension sur le foncier, de
la pression sur les ressources, en eau en particulier, et des
enjeux de mise en oeuvre effective des compensations au
titre des incidences sur la biodiversité dans la circonscrip-
tion portuaire, la localisation d?un pro-jet industriel dans le
GPMD ne peut être justifiée que si elle est étroitement liée
à l?utilisation des infrastructures portuaires.
10.
Ce port, géré par le syndicat mixte pour la gestion des Ports du Sud Alsace
n?est pas un « grand port » au sens de l?article L. 5312-2 du code des transports.
11.
Avis Ae n°2024-029 du 13 juin 2024
12.
Avis Ae n°2024-51 du 11 juillet 2024
G r a n d s p o r t s m a r i t i m e s
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 165164 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/quai_amarrage_villageneuf_cle2e3cf1.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/03_051_prologium_v0_31_delibere_cle6bd9af.pdf
Z O O M S U R
? Dans le cas du projet T. H2, installation d?une unité de
pro-duction de bioéthanol de 2e génération dans le port13
à Blainville-sur-Orne (14)14 , l?Ae a constaté que le projet est
situé en zone rouge du PPR multirisques de la Basse vallée
de l?Orne, qui interdit toute construction nouvelle de bâ-ti-
ment et d?extension, sauf si les activités exercées exigent
la proximité immédiate de l?eau. Or, les bateaux apportant
le bois par voie fluviale sont déchargés sur des quais exis-
tants situés à un kilomètre de l?installation, et la sortie des
produits se fait par l?intermédiaire du quai de chargement,
relié à l?installation par une canalisation de 900 m ; en cas
de problème, le recours à du transport par camion pour
une partie du flux, est possible ; l?eau du canal n?est pas non
plus utilisée pour le process. L?Ae a donc recommandé de
mieux étayer, dans le dossier, le besoin d?une installation à
proximi-té de l?eau et donc, la justification de son implan-
tation en zone rouge du PPR multirisques de la basse vallée
de l?Orne.
- un troisième enjeu fort est la bonne mise en oeuvre des
compensations, qui doit être facilitée par le SDPN.
? Dans le cas de la ZSP2 du GPMM, l?Ae recommande au
GPMM et à l?État de mettre en place une mesure de pro-
tec-tion renforcée sur une parcelle évitée par la ZSP2 pré-
sen-tant des enjeux de biodiversité, et de généraliser cette
pra-tique sur d?autres parcelles utilisées pour la compen-
sation.
? Dans le cas de la ZGI2 du GPMD, l?Ae recommande
d?ap-porter des garanties sur les mesures de compensation
pré-vues pour le projet Prologium. En effet, il s?avère qu?elles
se trouvent sous le tracé de lignes électriques enterrées, ce
qui implique qu?en cas d?intervention sur ces réseaux, les
fonc-tionnalités des milieux naturels, objet de la compensa-
tion, pourraient être remises en question. Ce choix traduit
une tension sur le schéma de compensation initialement
prévu. L?Ae recommande « de dissocier, pour des projets
futurs, les zones de compensation et les zones de projet
pour assurer la fonctionnalité et la pérennité des premières,
et d?intégrer cette approche dans la révision de son projet
stratégique » ainsi que de « compléter l?étude d?impact de
la ZGI2 par des informations sur la mise en oeuvre et la fonc-
tionnalité des mesures de compensation ».
? La concrétisation des opérations dans les zones aména-
gées peut conduire à une tension sur la compensation pré-
vue, qui s?avère alors insuffisante, demandant la recherche
de mesures de compensation à l?extérieur du port, qui, au
contraire de la démarche d?ensemble, n?est pas anticipée15.
L?avis de l?Ae de cadrage préalable de l?évaluation environ-ne-
mentale du projet XTC-Orano de fabrication de maté-riaux
et de recyclage de batteries électriques à Gravelines et Loon-
plage16 souligne que les zones de compensation prévue dans
le SDPN du GPMD apparaissent insuffisantes pour l?ensemble
des compensations des nombreux projets prévus dans le
port. Une stratégie d?équilibre encore plus ambitieuse du
GPMD aurait consisté à dimensionner l?em-prise de tous les
projets ou des installations existantes au regard de la capaci-
té de compensation au sein du GPMD.- Enfin, un point délicat
est la bonne définition du périmètre du projet et la prise en
compte des impacts cumulés.
- Enfin, un point délicat est la bonne définition du périmètre
du projet et la prise en compte des impacts cumulés.
Dans son avis pour le cadrage préalable du projet de créa-
tion d?un four à chaux (Projet « AMeLi ») sur les communes
de Gravelines et de Loon-Plage (59)17, l?Ae a rappelé l?impor-
tance d?une définition précise du périmètre du projet. En
effet les incidences sont évaluées soit au titre des incidences
des composantes du projet, soit au titre des incidences cu-
mu-lées avec d?autres projets. Il est de la responsabilité du
maître d?ouvrage de définir et de justifier un périmètre de
projet qui garantit que l?ensemble de ses incidences, inté-
grant tout ou partie des travaux ou activités associés, sur
l?environnement et la santé humaine aura été évalué. Dans
des espaces aussi denses que ceux des grands ports, il est
essentiel de différen-cier de façon explicite les travaux sont
centraux (donc com-posante du projet) et les travaux péri-
phériques (dont éva-lués au titre d?un autre projet), comme
l?y incite le « test du centre de gravité » de la note de la Com-
mission européenne ENV.A/SA.sb Ares (2011) 33433 du 25
mars 2011 interpréta-tive de la directive 85/337/CEE modifiée
et relative à la prise en compte ou non de « travaux associés
» dans l?évaluation environnementale d?une infrastructure
principale.
Compte tenu du nombre et des calendriers des opérations
prévues dans les grands ports, la question des impacts cu-mu-
lés est sensible, notamment en ce qui concerne les trafics
et les nuisances associées. Sur la circonscription du GPMD
est prévue, par exemple, la mise en place d?un système de
parkings relai et de navettes qui a le mérite d?être documenté
dans l?étude d?impact, et mis à jour régulièrement, tant pour
ce qui concerne les impacts des infrastructures prévues que
des trafics. De manière générale les questions de décarbo-
na-tion et de report modal pour les déplacements des sa-
lariés et le transport des marchandises ne sont pas simples
et né-cessiteront des actions d?ensemble d?ampleur pour
atteindre les trajectoires de décarbonation visées.
13.
Ce port, géré par le syndicat mixte « Ports Normands Associés » n?est pas un
« grand port » au sens de l?article L. 5312-2 du code des transports.
14.
Avis Ae n°2023-137 du 21 mars 2024
15.
Cette question a donné lieu à la « Mission d?appui au préfet du nord : com-
pensation écologique des projets d?aménagements du Dunkerquois et fon-
cier agricole », Juillet 2024, Rapport IGEDD (n°015665-01) ? CGAAER (n°24043)
16.
Avis n°2014-035 du 13 juin 2024
17.
Avis n°2024-10 du 25 avril 2024
G r a n d s p o r t s m a r i t i m e s
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 167166 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://circabc.europa.eu/ui/group/3b48eff1-b955-423f-9086-0d85ad1c5879/library/0c214726-db18-48f1-ad4d-e0156e3db3dd/details
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_th2_0312_delibere_cle629fe6.pdf
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013779&&reqId=b16f69c0-e632-443c-b0eb-dd7dc2c7fe58&&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013779&&reqId=b16f69c0-e632-443c-b0eb-dd7dc2c7fe58&&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013779&&reqId=b16f69c0-e632-443c-b0eb-dd7dc2c7fe58&&pos=1
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/avis_cadrage_orano_xtc_v4_delibere_cle56d9fc.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/08__11042024_cadrage_amelie_delibere_cle169251.pdf
Capitaliser,
valoriser,
partager
L?Autorité environnementale s?applique à capitaliser des
enseignements issus de ses travaux. Ceci peut se traduire
par des notes délibérées, publiées sur son site internet, ou
des fiches méthodologiques. Ce travail est souvent effectué
en commun avec les missions régionales d?autorité environ-
nementale (MRAe), au sein de la Conférence des autorités
environnementales.
Ces éléments sont diffusés largement tant dans les autorités
environnementales que vers les parties prenantes, dont les
maîtres d?ouvrage, ainsi que les services de l?Etat, dans l?ob-
jectif de partager les constats, attentes et recommandations
des autorités environnementales.
Des échanges avec les acteurs sont développés, en parti-
culier au travers d?organisation de séminaires, webinaires,
participation à des événements et formations tant initiales
que continues.
Notes et fiches méthodologiques élaborées en 2024.
L?Ae a élaboré en 2024 une note sur la prise en compte du
changement climatique dans les évaluations environnemen-
tales, et une note « annexe » à celle-ci, consacrée spécifique-
ment à la question de la compensation des émissions de gaz
à effet de serre dans les projets.
Ces notes ont été validées en commun avec les MRAe et
donc publiées comme éléments d?éclairage communs aux
autorités environnementales.
Notes délibérées : https://www.mrae.developpement-du-
rable.gouv.fr/prise-en-compte-des-emissions-de-gaz-a-ef-
fet-de-a1394.html
Un groupe de travail sur l?eau a associé des membres de l?Ae,
des MRAe, mais aussi des participants de services décon-
centrés de l?État et d?établissements publics. Ce groupe a
élaboré 24 fiches sur les problématiques de l?eau, les enjeux
et points de vigilance examinés par les autorités environne-
mentales dans l?étude des dossiers. Ces fiches ont été vali-
dées par l?Ae et les MRAe, puis publiées sur internet.
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/l-eau-
dans-les-dossiers-soumis-a-evaluation-a1400.html
Échanges avec les maîtres d?ouvrage, séminaires sur les pro-
jets routiers et les projets portuaires
Il est important d?échanger régulièrement avec les maîtres
d?ouvrage sur les enseignements tirés de l?examen des pro-
jets : bonnes pratiques, difficultés, points de méthodes etc?
On notera à ce titre l?organisation en 2024 de deux séminaires
d?échange, préparés conjointement avec la Direction géné-
rale des infrastructures, des transports et des mobilités du
ministère chargée des transports (DGITM).
Un séminaire tenu le 26 juin 2024 a ainsi permis d?échanger
sur les projets du réseau routier national, avec en particulier
la DGTIM et les services de maîtrise d?ouvrage (directions
régionales de l?environnement, de l?aménagement et du
logement ? DREAL, directions interdépartementales des
routes ? DIR).
Un deuxième séminaire a aussi été organisé le 10 décembre
2024 sur les projets portuaires et les Grands ports maritimes
et fluvio-maritimes de l?Etat, associant la DGITM, les ports et
certaines directions d?administration centrale du ministère
(commissariat général au développement durable, direction
de l?eau et de la biodiversité).
Participation à des événements et des formations.
Les autorités environnementales échangent régulièrement
avec les parties prenantes à l?occasion d?événements orga-
nisés par celle-ci.
En 2024 les présidents de l?Ae et des MRAe Auvergne-Rhô-
ne-Alpes et Bourgogne ? Franche-Comté ont ainsi partici-
pé à un webinaire organisé par la Compagnie nationale des
commissaires enquêteurs, rassemblant plusieurs centaines
de ses membres.
L?Ae intervient aussi régulièrement dans des formations, col-
loques, réunions techniques, par exemple en 2024 :
? formation continue sur la prise en compte de l?environne-
ment dans les projets nucléaires organisée par l?Institut des
sciences et techniques du nucléaire (INSTN),
? formations continues de l?Ecole nationale des Ponts et
Chaussées,
? formation sur les bilans carbones des projets organisée
par le Commissariat général au développement durable
(CGDD) à destination des MRAe,
? colloque national «Energies renouvelables et biodiversité »,
organisé par le syndicat des énergies renouvelables,
? séminaire organisé par EDF sur le partage d?expériences au
sujet des évaluations environnementales (présentation sur
la prise en compte des émissions de GES dans les évalua-
tions environnementales).
168 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 169
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/prise-en-compte-des-emissions-de-gaz-a-effet-de-a1394.html
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/prise-en-compte-des-emissions-de-gaz-a-effet-de-a1394.html
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/prise-en-compte-des-emissions-de-gaz-a-effet-de-a1394.html
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/l-eau-dans-les-dossiers-soumis-a-evaluation-a1400.html
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/l-eau-dans-les-dossiers-soumis-a-evaluation-a1400.html
ANNEXES
172
133 avis de la saisine
à la publication de l?avis
174
Les avis 2024 : 85 projets
175
Les avis 2024 : 48 plans
et programmes
176
65 décisions de la saisine
à la publication des décisions
178
Les décisions 2024 : 61 projets
179
Les décisions 2024 : 4 plans
et programmes
A N N E X E SA N N E X E S
133 avis
de la saisine
à la publication
de l?avis
Saisine Instruction Avis
Réception de l?évaluation
environnementale et du dossier
de demande d?autorisation
du projet ou d?approbation
du plan/programme
Désignation des rapporteurs
par le président de l?Ae
Analyse du dossier par les
rapporteurs et rédaction
d?un projet d?avis
Débat contradictoire
collégial durant une semaine
Publication immédiate
de l?avis sur le site de l?Ae
et notification au pétitionnaire
et à l?autorité chargée
d?instruire les dossiers
Insertion de l?avis au dossier
mis à l?enquête publique
Réponses du maître
d?ouvrage aux
recommandations de l?Ae
Réception Vérification Dossier complet L?Ae accuse réception du dossier
Rédaction d?un projet
d?avis amendé
Discussion du texte
de l?avis au collège
Avis délibéré en séance
DÉLAI APRÈS SAISINE
2 mois pour un projet
3 mois pour un plan/programme
Avis sur des projets ou des plans/
programmes soumis obligatoirement
à évaluation environnementale
Rendre un avis public sur la qualité
des évaluations et la bonne prise
en compte de l?environnement
par le projet ou le plan/programme.
A N N E X E S
172 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 173
A N N E X E SA N N E X E S
4
2
6
9
1
4
4
1
13
1
1
2
3
12
1 1 1
3
1
2
2
20
1
34
3
Avis 2024
85 projets
Au total 133
avis rendus (projets
et plans programmes)
85
avis relatifs
aux projets
85
avis sur
projets
48
avis
explicites
48 avis
sur plans/
programmes
11
avis tacites
GRAND EST
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
NOUVELLE-
AQUITAINE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES
OCCITANIE
PROVENCE-
ALPES-CÔTE
D?AZUR
BRETAGNE
NORMANDIE
HAUTS-
DE-FRANCE
ÎLE-DE-
FRANCE
PAYS DE
LA LOIRE
CENTRE-VAL
DE LOIRE
GUYANE
FRANÇAISE
MARTINIQUE
SAINT-PIERRE-
ET-MIQUELON
MAYOTTE
LA RÉUNION
GUADELOUPE
Des avis peuvent être rendus sur plusieurs régions.
Un même avis peut être comptabilisé dans plusieurs
régions
< 15 ____________________________________
Île-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
Auvergne-Rhône-Alpes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
Hauts-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
Grand Est . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Nouvelle-Aquitaine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Normandie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Provence-Alpes-Côte d?Azur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
< 5 _____________________________________
Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Pays de la Loire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Occitanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Bourgogne-Franche-Comté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Bretagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Centre-Val de Loire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
CORSE
AFAFE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3
Aménagement. . . . . . . .34
Assainissement . . . . . . . . . 1
Énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .20
Fer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
Fluvial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
GPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
ICPE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3
Maritime . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Mines. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Nucléaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Route . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Transp. collectifs . . . . . . .3
Avis 2024
48 plans et programmes
48
avis relatifs
aux plans/programmes
GRAND EST
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
NOUVELLE-
AQUITAINE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES
OCCITANIE
PROVENCE-
ALPES-CÔTE
D?AZUR
BRETAGNE
NORMANDIE
HAUTS-
DE-FRANCE
ÎLE-DE-
FRANCE
PAYS DE
LA LOIRE
CENTRE-VAL
DE LOIRE
GUYANE
FRANÇAISE
MARTINIQUE
SAINT-PIERRE-
ET-MIQUELON
MAYOTTE
LA RÉUNION
GUADELOUPE
Des avis peuvent être rendus sur plusieurs régions.
Un même avis peut être comptabilisé dans plusieurs
régions
< 10 ____________________________________
Normandie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Provence-Alpes-Côte d?Azur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Île-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
< 5 _____________________________________
Centre-Val de Loire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Auvergne-Rhône-Alpes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Bretagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Grand Est . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Occitanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Outre-Mer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Bourgogne-Franche-Comté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Hauts-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
National . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Nouvelle-Aquitaine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Pays de la Loire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Corse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Guyane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
La Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
CORSE
Aérien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
Aménagement. . . . . . . . . . 1
Carrières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
CPER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
DSF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4
Énergie/Climat . . . . . . . . . .4
PAR. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
PNR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
PPR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
SCot. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
SRADDET. . . . . . . . . . . . . . . . . .4
48
avis plans/
programmes
85
avis projets
3
174 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 175
A N N E X E SA N N E X E S
65 décisions
de la saisine
à la publication
des décisions
Saisine Instruction Avis
Décisions au cas par cas
sur des projets ou des plans/programmes.
Décider si une étude d?impact
est nécessaire ou non en fonction
des incidences du projet
sur l?environnement
Saisine de l?Ae par le maître d'ouvrage
pour les projets et plans/programmes
relevant du champ de l?examen
au cas par cas
Désignation des rapporteurs
au sein de l?équipe permanente de l?Ae
Préparation du projet de décision
par un membre de l?équipe permanente
Analyse du projet de décision
par une commission composée
de deux membres permanents
Publication immédiate
de la décision sur le site
de l?Ae
L?Ae accuse réception du dossier
Transmission au président
de l?Ae d?une proposition de
décision
Décision du président de l?Ae
de soumettre ou non le projet
à étude d?impact
DÉLAI APRÈS SAISINE
35 jours pour les projets
2 mois pour les
plans/programmes
(dossiers complets)
POUR LES PROJETS
Critères à prendre en considération
(annexe III relative à la directive « Projets »)
? Caractéristiques des projets
? Localisation des projets
? Types et caractéristiques de l?impact potentiel
POUR LES PLANS/PROGRAMMES
Critères à prendre en considération
(annexe II de la directive « Plans et programmes »)
? Caractéristiques des plans et programmes
? Caractéristiques des incidences et de la zone
susceptible d?être touchée
A N N E X E S
176 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 177
A N N E X E SA N N E X E S
2
11
1
2
1
6
6
1
8
2
1
20
Décisions 2024
4 plans et programmes
4
décisions relatives
aux plans et programmes
GRAND EST
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
NOUVELLE-
AQUITAINE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES
OCCITANIE
PROVENCE-
ALPES-CÔTE
D?AZUR
BRETAGNE
NORMANDIE
HAUTS-
DE-FRANCE
ÎLE-DE-
FRANCE
PAYS DE
LA LOIRE
CENTRE-VAL
DE LOIRE
GUYANE
FRANÇAISE
MARTINIQUE
SAINT-PIERRE-
ET-MIQUELON
MAYOTTE
LA RÉUNION
GUADELOUPE
Des avis peuvent être rendus sur plusieurs régions.
Un même avis peut être comptabilisé dans plusieurs
régions
< 5 _____________________________________
Ile-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Martinique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Occitanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Provence-Alpes-Côte d'Azur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
CORSE
Les 4 décisions sont explicites dont une soumission
et trois non-soumissions.
Décisions 2024
61 projets
61
décisions relatives
aux projets
GRAND EST
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
NOUVELLE-
AQUITAINE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES
OCCITANIE
PROVENCE-
ALPES-CÔTE
D?AZUR
BRETAGNE
NORMANDIE
HAUTS-
DE-FRANCE
ÎLE-DE-
FRANCE
PAYS DE
LA LOIRE
CENTRE-VAL
DE LOIRE
GUYANE
FRANÇAISE
MARTINIQUE
SAINT-PIERRE-
ET-MIQUELON
MAYOTTE
LA RÉUNION
GUADELOUPE
Des avis peuvent être rendus sur plusieurs régions.
Un même avis peut être comptabilisé dans plusieurs
régions
< 15 ____________________________________
Île-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
< 10 ____________________________________
Grand Est . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Nouvelle-Aquitaine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Provence-Alpes-Côte d?Azur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Auvergne-Rhône-Alpes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Bretagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
< 5 _____________________________________
Bourgogne-Franche-Comté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Centre-Val de Loire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Occitanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Hauts-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Normandie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
La Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Guyane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Pays de la Loire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
CORSE
61
décisions
Aménagement. . . . . . . .20
Énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .8
Assainissement . . . . . . . . . 1
Fer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
Maritime . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
ICPE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Route . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
Transports. . . . . . . . . . . . . . . . .2
Dragage. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
Mines. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Fluvial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
Études sismique . . . . . . . . 1
1.
Schéma directeur d?assainissement
50 Non
2
Courriers
de l?Ae
9 Oui
3
1
178 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 179
Autorité environnementale (Ae)
Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/l-autorite-environnementale-r145.html
Crédit photo : © AdobeStock, 123RF, Médiathèque Terra
Tour Séquoia, 1 Place Carpeaux
92055 Paris la Défense cedex
L'évaluation environnementale :
un outil de progrès pour l'environnement
et la démocratie
Compétences et missions
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION exemple par une stratégie régionale, incluant infrastruc-
tures de transport, services de mobilité, écocontributions et
autres politiques d?accompagnement, et faire l?objet d?une
évaluation environnementale.
CPER 2021-2027 État-Région Île-de-France, Avenant relatif
au volet Mobilités 2023-2027 ? Avis n°2024-23 du 13 juin 24
Le volet Mobilités du CPER 2021-2027, d?un montant de 8,4
milliards d?euros, représente près des trois-quarts des crédits
contractualisés dans le CPER. Il comprend trois chapitres :
transports en commun (7,4 milliards d?euros), ferroviaire (378
millions d?euros - (M¤)) et route (622 M¤). Il porte principale-
ment sur le transport de voyageurs, enjeu indéniable dans
la région avec environ quarante millions de déplacements
quotidiens, même s?il cible aussi le développement du fret
ferroviaire dans un contexte où la part modale de la route
pour les transports de marchandises est de 91 %.
Bien qu?il ambitionne une baisse de l?usage de la voiture indi-
viduelle, le volet Mobilités joue exclusivement, via un effort
d?investissement conséquent, sur l?offre d?infrastructures et
de services de transports en commun fiables et mieux mail-
lés et sur celle de cars express et de covoiturage, tout en
prévoyant des aménagements routiers destinés pour partie
à améliorer la fluidité de la circulation automobile, parfois
en articulation avec le réseau cyclable.
L?étude d?impact, intéressante et riche sur l?état initial, est
purement qualitative dans l?appréciation des incidences et
les indicateurs de suivi ne comprennent ni valeur de réfé-
rence, ni cible, ni calendrier. Elle met l?accent à juste titre sur
les inégalités socio-environnementales de santé.
Les principales recommandations de l?Ae portent sur la
justification des choix opérés au regard d?un bilan du CPER
2015-2020 qui devrait être détaillé et analysé, sur l?articula-
tion avec les autres instruments de planification et soutien
relatifs aux transports, sur l?apport du CPER conjointement
avec ces instruments au regard des objectifs des politiques
de mobilité durable, sur l?évaluation fine des effets des opé-
rations soutenues, notamment sur la santé humaine, sur l?ex-
plicitation d?un dispositif d?éco-conditionnalité spécifique
valorisant aussi l?intermodalité avec le fer et la voie d?eau
et sur la prise en compte du changement climatique, pour
les infrastructures de transport comme pour le confort des
voyageurs.
48 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 49
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
CPER État ? Région Bretagne, volet mobilité 2023 ? 2027 ?
Avis n°2023-110 du 25 janvier 24 (2e avis)
L?avenant concernant le volet « mobilité » du CPER de Bre-
tagne 2021-2027 porte sur les orientations d?augmentation
de l?usage du train par le développement des infrastructures
ferroviaires et l?inscription de l?offre ferroviaire dans une ap-
proche multimodale, d?amélioration de l?accès à la pointe
bretonne, de desserte fine et durable des territoires et de
décarbonation du transport de fret. Il est doté de 233 M¤
par l?État pour un montant total estimé de travaux et études
de 686 M¤.
L?évaluation environnementale souffre de la difficulté d?une
approche partielle, le volet mobilité du CPER ne finançant pas
l?intégralité des projets régionaux de mobilité de la Bretagne.
Son inscription dans la continuité des précédents CPER ne
lui permet pas de réaliser une analyse critique des projets
d?infrastructures dont l?inscription dans le CPER semble da-
vantage fondée sur leur maturité socio-économique que sur
des critères environnementaux. L?absence de définition et
d?application de critères d?éco-conditionnalité, pourtant
demandés par le mandat de négociation, ne permet pas
de disposer des outils qui faciliteraient l?analyse critique et
sélective attendue. L?Ae recommande en conséquence la
mise en place dans le cadre de la nouvelle gouvernance des
transports à l?échelle régionale, inscrite dans le projet de vo-
let mobilité, de critères d?éco-conditionnalité permettant à
la fois d?affiner les choix de projets de transport et d?assurer
le suivi du projet mobilité du CPER.
De façon à avoir une vision d?ensemble des impacts, elle
recommande également de prendre en compte, au moins
pour l?artificialisation, les atteintes à la biodiversité et les
émissions de GES, l?intégralité des projets de mobilité ayant
un lien avec le volet mobilité du CPER.
CPER État ? Région des Pays de la Loire, volet Mobilités 2023
? 2027 ? Avis n°2023-130 du 11 avril 24 2e avis
Le volet « mobilité » du contrat de plan État-Région (CPER)
des Pays de la Loire 2021-2027 met en oeuvre des crédits
contractualisés pour les mobilités pour un montant estimé
à 734 M¤ (dont 306 M¤ de l?État et 235 M¤ de la Région).
L?objectif est d?accompagner la transition des mobilités et
d?augmenter l?offre de transports durables sur tous les terri-
toires. Le volet Mobilités ne finance pas la totalité des projets
régionaux de mobilité. L?Ae relève que si le volet Mobilités
du CPER relève le défi du développement ferroviaire et des
mobilités durables, avec un investissement financier sensi-
blement renforcé, et s?il permet de soutenir des investisse-
ments de décarbonation au grand port maritime de Nantes-
Saint-Nazaire, sa prise en compte de l?environnement paraît
perfectible. L?Ae recommande à l?État de réduire sa partici-
pation au volet routier au profit des transports décarbonés
en cohérence avec les objectifs nationaux de réduction des
émissions de GES.
CPER de la région Normandie (n°2023-106) : Dans sa séance
du 24 octobre 2024, l?Ae indique que le CPER n?a pas fait
l?objet d?un avis explicite « faute de moyens suffisants pour
l?examiner ».
Les Plans climat énergie territoriaux (PCAET)
Les quatre dossiers examinés concernent tous l?élaboration
d?un premier PCAET, en application de l?obligation pour les
EPCI de plus de 20 000 habitants d?élaborer un PCAET d?ici
fin 2018. Certaines de ces intercommunalités sont de créa-
tion relativement récente (entre 2016 et 2018) et souvent
l?élaboration du PCAET a été retardée par la période du Co-
vid qui n?a pas permis de tenir les concertations nécessaires
pour ce type de programme, puis par le renouvellement des
conseils municipaux en 2020-2021.
L?examen des projets fait apparaître un bilan contrasté. Au
plan positif on relèvera que l?élaboration de ces plans permet
de structurer une action dans le domaine climat-air-énergie,
souvent pour la première fois à l?échelle de l?EPCI. Ils per-
mettent d?accélérer des actions lancées ou parfois en retard,
comme l?élaboration des plans locaux de prévention des dé-
chets ménagers et assimilés, ou d?entamer une réflexion opé-
rationnelle sur des thématiques nouvelles, comme l?adapta-
tion au changement climatique.
A contrario les actions sont souvent encore peu précises,
dans un contexte où les EPCI doivent aussi arriver à mobiliser
de nombreux partenaires et n?ont pas, ou pas encore, pu
consacrer des moyens dédiés très conséquents pour la mise
en oeuvre de ces PCAET (il s?agit par ailleurs d?EPCI de taille
relativement modeste, entre 24 000 et 30 000 habitants). Les
actions identifiées sont souvent nombreuses et une priori-
sation plus claire serait parfois nécessaire. Les objectifs ap-
paraissent dans certains cas comme devant être renforcés
ou comme n?étant pas étayés par une analyse détaillée des
potentiels et des leviers à mobiliser.
Des dynamiques sont souvent bien engagées sur le sujet de
la rénovation énergétique des logements, en lien avec le
réseau France Rénov (cas du PCAET de la communauté de
communes de l?Enclave des Papes et du Pays de Grignan),
sur les bâtiments ou l?éclairage public (communauté de com-
munes du Sisteronais Buëch par exemple). La planification
du développement des énergies renouvelables connaît des
développements variables : par exemple les schémas de dé-
veloppement du solaire photovoltaïque sur les toitures des
bâtiments publics (communautés de communes Sisteronais
Buëch ou Adour Madiran) ou les études pour le déploiement
de réseaux de chaleur sont souvent bien avancées, mais c?est
moins le cas pour d?autres énergies.
Dans l?ensemble les actions sur le secteur agricole, les mo-
bilités ou le renforcement de la séquestration carbone sont
d?ambition inégale, voire faible.
PCAET de la communauté de communes Adour Madiran
(64,65) - Avis n°2024-56 du 29 août 2024
Pour ce dossier clair mais comprenant des données un peu
anciennes, l?Ae recommande principalement de mieux jus-
tifier la faisabilité des potentiels présentés (énergie renouve-
lable (EnR), stockage carbone, polluants atmosphériques?),
d?envisager un relèvement du niveau d?ambition du PCAET,
qualifiée de réduite au regard de la plupart des objectifs na-
tionaux et régionaux, d?approfondir l?analyse des incidences
du déploiement d?EnR, de réseaux de chaleur et de rénova-
tion énergétique sur l?environnement. Les mesures d?évite-
ment et de réduction doivent être mieux caractérisées et
le cas échéant les mesures compensatoires requises mieux
définies.
50 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 51
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
PCAET de la communauté de communes du Pays Houdanais
(28, 78) - Avis n°2024-48 du 25 juillet 2024
Le PCAET a un niveau d?ambition important (par exemple
diminuer de 38 % les émissions de GES d?ici 2030 par rapport
à 2019 et de 85 % d?ici 2050, diminuer de 24 % la consomma-
tion énergétique d?ici 2030 et de 54 % d?ici 2050). Le dossier
est détaillé et, en général, de bonne qualité, notamment sur
le diagnostic. Il s?appuie cependant sur des données souvent
anciennes. Les actions détaillées du PCAET, structurées par
secteur thématique, ont souvent des cibles d?indicateurs ou
des calendriers manquants.
L?Ae recommande principalement de mettre à jour les don-
nées là où c?est possible, de détailler l?articulation avec les
plans et programmes concomitants, de compléter et préci-
ser les objectifs opérationnels et clarifier ceux qui sont du
ressort du PCAET. Les moyens concrets mis en oeuvre doivent
être précisés.
PCAET de la communauté de communes du Sistero-
nais-Buëch ? Avis n°2024-09 du 16 mai 2024
Le dossier est détaillé et, en général, de bonne qualité. Le
PCAET vise un ensemble large d?actions, dont des actions
structurantes (charte forestière, un projet d?écologie indus-
trielle territoriale, une opération programmée d?améliora-
tion de l?habitat). Certaines actions sont toutefois encore
peu précises ou limitées à de la sensibilisation et communi-
cation. Pour l?Ae, certains objectifs devraient pouvoir être
relevés. Elle insiste sur le fait que les moyens et une organi-
sation cohérente devront être renforcés et concentrés sur
les projets structurants.
L?Ae relève les thématiques opérationnelles qui soulèvent des
interrogations telles que le renforcement de la planification
territoriale du développement des EnR, la définition d?ac-
tions d?accompagnement et d?incitation pour la rénovation
des bâtiments tertiaires privés, ou encore par exemple l?évo-
lution des pratiques agricoles et dans l?industrie. Les recom-
mandations de l?Ae invitent le maître d?ouvrage à traiter ces
points, en concentrant si besoin l?action sur les enjeux princi-
paux, en veillant à l?efficience des actions secondaires et en
finalisant un dispositif d?indicateurs et de suivi proportionné.
PCAET de la communauté de communes de l?Enclave des
Papes et du Pays de Grignan (26-84) - Avis n°2023-113 du 25
janvier 2024
La stratégie territoriale de la communauté de communes
de l?Enclave des Papes et du Pays de Grignan poursuit des
objectifs ambitieux et le PCAET ambitionne de créer des
dynamiques et collaborations entre acteurs. Les actions
identifient globalement des pistes souvent pertinentes, dans
une optique volontariste. Le dossier est cependant fondé sur
des données anciennes ou parfois éparses, et les actions en-
core fréquemment à des phases embryonnaires. Le dossier
renvoie trop souvent à des démarches d?un plan d?action à
venir. Les objectifs, calendriers, indicateurs sont encore fré-
quemment peu précis.
Le dossier gagnerait à être actualisé sur les éléments de dia-
gnostic et état des lieux et sur l?avancement de certaines
actions. L?Ae invite le maître d?ouvrage à prévoir la mise en
place de moyens humains et financiers adéquats pour mener
un indispensable travail d?animation, accélérer la définition
des actions opérationnelles, et mettre en place un dispositif
de suivi et d?évaluation précis permettant d?infléchir l?action
si besoin sur les enjeux et actions prioritaires pour atteindre
les objectifs fixés.
Plans de protection de l?atmosphère (PPA)
PPA du Vaucluse (84) - Avis n°2024-66 du 10 octobre 2024
Le PPA, décliné en 95 actions, vise notamment la réduction
des émissions liées au trafic routier et au chauffage au bois.
Le dossier comprend beaucoup d?actions de mobilisation
des partenaires et des citoyens. Il est exhaustif et de bonne
qualité. L?Ae souligne un problème de méthode quant à la
bonne appréciation du PPA : le dossier ne quantifie les im-
pacts que d?une partie des actions, par rapport au scénario
tendanciel « au fil de l?eau », qui contient d?ailleurs des ac-
tions déjà lancées du PPA.
Parmi les principales recommandations de l?Ae, la mise en
cohérence et l?actualisation de certaines données ou ana-
lyses du dossier, l?explicitation des écarts entre les objectifs
de réduction du PPA et ceux du PREPA et du Sraddet, et une
clarification de la gouvernance. L?adéquation entre les ob-
jectifs et les mesures du plan doit être démontrée.
52 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 53
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
LES PROGRAMMATIONS
PLURIANNUELLES DE L?ÉNERGIE
(PPE)* (CF ZOOM)
PPE - Avis n°2024-92 du 19 décembre 2024
L?Ae a été saisie de l?évaluation environnementale straté-
gique de la troisième PPE (PPE3). Cette troisième version de
la PPE, qui porte sur les périodes 2025-2030 et 2031-2035, est
présentée à l?issue de près de quatre années d?élaboration
et de concertation selon un processus très approfondi. Elle
intervient dans un contexte d?atteinte de l?essentiel des ob-
jectifs de la précédente PPE (PPE2, 2019-2023 et 2024-2028)
en matière de réduction des émissions de GES, sauf pour le
secteur des transports, mais également dans un contexte
marqué par une dégradation des puits naturels de carbone
(sécheresses, incendies de forêt, changement d?affectation
des terres?) et la non-atteinte des cibles en matière de ré-
duction de la consommation énergétique.
L?Ae formule un certain nombre de recommandations pour
améliorer l?évaluation environnementale stratégique de la
PPE3, en particulier concernant l?analyse de son articulation
avec les autres plans et programmes pertinents (dont la stra-
tégie nationale bas carbone), pour intégrer le transport aé-
rien, apprécier les perspectives d?évolution de la disponibilité
de la ressource en eau et les incidences environnementales
des importations de combustibles et métaux nécessaires à
la production d?énergie et son utilisation. Elle recommande
également de renforcer la justification des choix énergé-
tiques (infrastructures tous secteurs, installations, filières)
présentant des incidences environnementales impor-
tantes, notamment les interconnexions électriques. Enfin,
l?Ae recommande de compléter ou approfondir la PPE3 sur
plusieurs points, parmi lesquels : baisser d?au moins 12 %
l?objectif 2030 de consommation énergétique finale pour
atteindre les objectifs européens « fit for 55 », renforcer les
objectifs et améliorer le suivi relatif à l?efficacité du système
énergétique convertissant l?énergie primaire en énergie fi-
nale, et expliciter les conséquences des choix réalisés entre
sources d?énergie primaire ou encore renforcer les objectifs
de recyclage des métaux et terres rares ou encore préciser
les conséquences d?une éventuelle moindre disponibilité
des réacteurs nucléaires, la PPE3 projetant leur mobilisation
maximale ininterrompue jusqu?en 2035.
PPA des agglomérations de Lille et du bassin minier (59, 62)
- Avis n°2024-20 du 13 Juin 2024
L?Ae, saisie pour avis sur le plan de protection de l?atmosphère
(PPA) de Lille et du bassin minier, rappelle que les objectifs
des PPA sont d?éviter, prévenir ou réduire sur l?ensemble de
son territoire les effets nocifs des substances polluantes sur
la santé humaine et l?environnement, et non, comme l?in-
dique le dossier, de simplement respecter les valeurs limites
actuelles de qualité de l?air.
Le PPA est synthétique, et ses fiches-actions, claires et pré-
cises ; il vise en priorité les émissions de particules fines (PM2,5
et PM10), notamment par l?interdiction et le renouvellement
du chauffage au bois à foyer ouvert. L?Ae relève que le PPA ne
précise pas clairement ses objectifs et ses échéances. Selon
la modélisation annexée au dossier, les mesures et actions
inscrites sont insuffisantes à ce stade pour garantir la réduc-
tion des émissions au moins aussi fortement que prévu par
le plan national de réduction des émissions de polluants at-
mosphériques (Prepa) aux horizons 2025 et 2030.
L?Ae recommande de relever le niveau d?ambition du PPA et
de compléter l?exposé de la situation actuelle en présentant
le nombre de personnes exposées à des niveaux de pollu-
tion supérieurs aux valeurs limites actuelles, à celles envisa-
gées dans la directive européenne sur la qualité de l?air en
révision, et enfin aux valeurs de référence (2021) de l?OMS,
cibles souhaitables à terme. Elle recommande également de
développer une analyse plus territorialisée des enjeux relatifs
à l?amélioration de la qualité de l?air et à ses incidences sur la
santé, de renforcer le plan d?actions dans certains secteurs
(transport aérien, agriculture, ?) et de compléter le dispositif
de gouvernance et de suivi du PPA avant son approbation.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 5554 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L e s d o s s i e r s 2 0 24
PPE de Guadeloupe 2024-2028 (971) - avis n° 2023-124 du 7
mars 2024
L?État et la Région de Guadeloupe présentent une révision
complète de la PPE (approuvée en 2017), pour les périodes
2024-2028 et 2029-2033.
Le bilan de la première PPE est inégal.
Les principaux objectifs de la nouvelle PPE sont à nouveau
une baisse des consommations d?énergie finale et une élec-
tricité intégralement produite à partir d?énergies renouve-
lables, au moyen d?importants imports de biomasse pour
alimenter les centrales thermiques.
L?évaluation environnementale stratégique du dossier n?est
pas conforme à ce qui est attendu d?un tel exercice. Le rap-
port environnemental reste à un niveau de généralités qui
réduit son utilité, en particulier sur les incidences qui ne sont
pas quantifiées.
L?Ae recommande notamment de fixer un objectif quantifié
de baisse des émissions de GES, et de fournir une première
évaluation des incidences des choix opérés par la PPE en
matière d?émissions. L?Ae recommande également d?évaluer
les incidences du recours à la biomasse importée pour la
production électrique et d?améliorer l?efficience du système
énergétique. L?Ae recommande d?accompagner la maîtrise
de la demande d?énergie par des mesures concrètes pour
atteindre les objectifs affichés, en s'appuyant sur les tech-
niques connues et maîtrisées en milieu littoral tropical, telles
le chauffe-eau solaire. Elle recommande enfin de prévoir des
mesures en faveur des transports en commun et des mo-
des actifs et de s?assurer que le développement du véhicule
électrique est organisé de manière à garantir une utilisation
rationnelle de l?énergie.
Concernant les transports, le projet manque d?ambition et
de crédibilité, l?objectif visé (10 % de report modal dans les
transports) semblant ainsi hors de portée en l?absence d?ac-
tions fortes et peu cohérent avec l?augmentation prévue du
parc automobile thermique concomitamment au dévelop-
pement du véhicule électrique. Les conditions et effets du
développement du véhicule électrique doivent être mieux
évalués. Enfin, parmi les recommandations de l?Ae, figurent
notamment celles de fournir une évaluation de l?évolution
des émissions de GES attendue de la mise en oeuvre de la PPE
et de la compléter par des objectifs quantifiés par secteur
des baisses qui sont visées.
PPE de Saint-Martin (978) ? Avis n°2023-118 du 22 février 2024
L?État et la collectivité de Saint-Martin ont co-élaboré une
programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) pour les
deux périodes 2024-2028 et 2029-2033 qui s?inscrit dans un
contexte particulier lié aux suites de l?ouragan Irma et à un
territoire très dépendant du tourisme.
L?Ae recommande de mieux évaluer les effets des actions
de maîtrise de la demande en énergie et recommande à la
collectivité d?orienter les choix des consommateurs grâce
à une fiscalité favorisant des choix énergétiques rationnels.
La présentation de la PPE est claire. Son rapport environne-
mental reste cependant à un niveau de généralité qui réduit
son utilité. Il décrit les incidences en termes trop généraux
et ne les quantifie que rarement.
56 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 57
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
LES SCHÉMAS RÉGIONAUX
D?AMÉNAGEMENT, DE
DÉVELOPPEMENT DURABLE ET
D?ÉGALITÉ DES TERRITOIRES* (CF
ZOOM)
En ce qui concerne les schémas régionaux d?aménagement,
de développement durable et d?égalité des territoires (Srad-
det) les saisines portent essentiellement sur des modifica-
tions des documents approuvés en général au début des
années 2020, afin de prendre en compte des évolutions
législatives récentes, en particulier sur la limitation de l?arti-
ficialisation des sols (suite aux dispositions introduites par le
loi Climat et résilience de 2023), ainsi que dans certains cas
sur la prévention et la gestion des déchets ou la logistique.
Sraddet Centre-Val de Loire (CVL) ? Avis n°2024-44 du 11
juillet 2024
La présentation du Sraddet Centre-Val de Loire et le rapport
environnemental sont détaillés et dans l?ensemble de bonne
qualité. Les objectifs et les règles du Sraddet traduisent une
démarche concertée avec les acteurs pour mettre en oeuvre
une dynamique concrète de réduction de l?artificialisation
nette. Des actions d?accompagnement concrètes sont d?ores
et déjà prévues par le Conseil Régional, en partenariat avec
les acteurs, dont l?État.
Les principales recommandations de l?Ae portent notam-
ment sur la mise en oeuvre opérationnelle des politiques
portées par cette modification du Sraddet : renforcement
des actions d?information et accompagnement des acteurs,
mise en place d?un suivi partagé et réactif et de contrôles de
l?application des règles dans l?élaboration des documents
de planification auxquels le Sraddet s?impose ainsi que la
réalisation de point d?étape détaillé.
Sraddet Hauts de France - Avis n°2024-13 du 30 mai 2024
La modification porte principalement sur la déclinaison et la
territorialisation de la lutte contre l?artificialisation des sols,
les questions d?élimination et de valorisation des déchets,
d?atténuation et d?adaptation au changement climatique
et de qualité de l?air.
Le dossier est d?accès peu aisé en raison notamment de
l?absence d?une synthèse permettant d?appréhender sim-
plement les modifications apportées selon les thématiques.
Le degré d?approfondissement des analyses est très variable
selon les thèmes. La démarche retenue, de mise à jour du
Sraddet sans modification de l?économie générale du sché-
ma, conduit à limiter l?analyse des effets croisés de ces mo-
difications et de leurs incidences.
Les principales recommandations de l?Ae concernent une
plus grande transparence des objectifs de lutte contre l?ar-
tificialisation des sols et de leur territorialisation ainsi qu?une
prise en compte, à l?échelle du schéma, de leurs incidences
sur la biodiversité ; elles portent notamment aussi sur les
enjeux d?adaptation au changement climatique.
Sraddet Bourgogne- Franche Comté (BFC) - Avis n°2024-12
du 30 mai 2024
La modification porte principalement sur les questions d?éli-
mination et de valorisation des déchets, de lutte contre l?ar-
tificialisation des sols et intègre des éléments en matière de
logistique. Elle s?accompagne d?une actualisation partielle
du rapport environnemental sur ces thèmes et prend en
compte la révision des schémas directeurs d?aménagement
et de gestion des eaux (Sdage) et la Stratégie nationale des
aires protégées (Snap). Une modification n°2 est menée en
parallèle afin d?unifier le volet biodiversité issu des deux an-
ciens schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE), à
la suite de son annulation par le tribunal administratif.
Les modifications apportées aux divers documents sont
clairement identifiables. Elles résultent d?un processus de
concertation, sans que le dossier ne présente d?analyse des
variantes et de justification des choix retenus au regard de
critères environnementaux. En matière d?artificialisation des
sols, la garantie communale introduite par la loi du 20 juil-
let 2023 représente plus de 70 % de l?enveloppe régionale
sur la période 2021-2030, limitant d?autant les marges de
manoeuvre.
Les principales recommandations de l?Ae concernent des
sujets sur lesquels elle s?était déjà exprimée dans son avis sur
le Sraddet initial : territorialisation des enjeux, des objectifs
et des règles du Sraddet, protection des espèces et milieux
naturels et justification des outils de protection au regard
des enjeux.
L?Ae souligne la nécessité de renforcer la portée du docu-
ment en matière de planification de la logistique et invite la
Région à mieux prendre en considération les enjeux quanti-
tatifs et qualitatifs relatifs à la ressource en eau et les enjeux
de réduction des émissions de GES.
58 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 59
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Sraddet Nouvelle Aquitaine - Avis n°2024-43 du 25 juillet
2024
L?Ae a examiné le Sraddet de Nouvelle-Aquitaine modifié,
élaboré par la Région Nouvelle-Aquitaine. Les principales
modifications concernent l?objectif de réduction de la
consommation d?espaces. Pour la période 2021-2031, une
« réserve » foncière régionale de 500 ha est instituée pour
les projets régionaux et un objectif régional de réduction
de 52 % par rapport à 2011-2021, modulé selon les types de
territoire, est fixé pour les projets dits « de territoire ». Des ob-
jectifs sont également définis pour les décennies 2031-2041
et 2041-2050. La modification a été engagée en décembre
2021 et son élaboration s?est appuyée sur un travail prépa-
ratoire conséquent. Le dossier est présenté de façon claire
et didactique.
Les recommandations de l?Ae concernent notamment la
nécessité d?approfondir l?analyse des effets du Sraddet sur
la localisation d?activités, d?équipements et d?infrastructures
et de leurs incidences et de définir en conséquence des me-
sures d?évitement, de réduction, voire de compensation. Le
dispositif de suivi du Sraddet est à compléter et des mesures
correctives doivent être définies afin de prévenir le risque de
non-respect de l?objectif de réduction de la consommation
d?espace.
Sraddet PACA ? Avis n°2024-84 du 24 octobre 2024
La première modification du Sraddet est de qualité, suivant
en cela le Sraddet en vigueur. Elle propose en particulier un
objectif de territorialisation de l?effort d?économie foncière
en s?appuyant sur une notion d?efficacité foncière et de mail-
lage territorial, et sur la mobilisation des outils de planifica-
tion pour la mettre en oeuvre. Les modifications introduites
sur la prévention et la gestion des déchets, notamment sur
sa territorialisation, ont fait l?objet d?un travail approfondi.
Certains points restent cependant à préciser et améliorer.
Ainsi la définition de l?efficacité foncière n?intègre pas à ce
jour d?indicateurs environnementaux et la dynamique de
l?artificialisation post 2030 ne fait pas la démonstration de
l?atteinte du « zéro artificialisation nette d?ici 2050 » ; l?Ae
recommande donc de préciser cet objectif afin que la ré-
gion soit en mesure de respecter la loi. Elle recommande de
davantage territorialiser les prescriptions et les propositions
contenues dans le fascicule des règles et de mettre en place
un suivi plus rapproché de la consommation brute d?espace
par usage. Enfin les mesures correctives envisagées en cas
de non atteinte des trajectoires retenues pour s?assurer de
l?atteinte à terme des objectifs visés doivent être précisées.
Confortement berges bléone
STEU Pleumeur Bodou
60 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 61
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Les plans d?action régionaux nitrates (PAR)
PAR Normandie 7e génération ? Avis n°2024-62 en date du
12 septembre 2024
L?avis de l?Ae sur le 7e PAR nitrates de la région Normandie
fait suite à l?avis rendu sur le projet de 7e PAN (plan d?action
nitrates) le 18 novembre 2021. L?évaluation environnemen-
tale expose bien la situation en matière de pollution des
eaux par les nitrates et les bilans des actions précédentes.
Elle ne remplit cependant que partiellement les objectifs
attendus d?une telle démarche. Alors que l?objectif premier
du programme est de réduire les incidences de l?utilisation
des fertilisants agricoles sur l?environnement et la santé hu-
maine, le 7e PAR se borne à adapter le programme au 7e
PAN sans prendre en compte les spécificités de la zone, alors
que le bilan du 6e PAR et la dégradation de la qualité des
eaux souterraines et superficielles de la région exigeraient
des mesures vigoureuses.
Si des mesures renforcées sont examinées dans l?évaluation,
celles-ci, « rejetées par la profession agricole », n?ont pas été
retenues en dépit de leur intérêt en termes de gain environ-
nemental, comme l?atteste l?évaluation environnementale.
L?Ae constate qu?à l?instar du 7e PAN et du précédent PAR,
le 7e PAR ne permettra pas à la région d?améliorer la qualité
des eaux et des milieux. Elle réitère l?ensemble de ses recom-
mandations antérieures. L?Ae rappelle qu?elle a rendu une
note délibérée portant sur les programmes d?actions nitrates
qu?elle a examinés lors de la séance du 23 novembre 2023.
Les plans de prévention des risques :
PPRM de la Vallée de l?Ondaine (42) - Avis n°2024-76 en date
du 29 août 2024
Le plan de prévention des risques miniers (PPRM) de la vallée
de l?Ondaine, qui concerne neuf communes situées dans
le département de la Loire, succède à un premier PPRM,
approuvé par le préfet de la Loire en 2018, annulé en 2021
avec effet différé à début 2023 par le tribunal administratif
de Lyon notamment pour non prise en compte des enjeux
relatifs aux gaz de mine et aux eaux d?exhaure. La démarche
d?élaboration a été relancée, intégrant des études complé-
mentaires de 2021.
L?Ae note que l?évaluation environnementale est claire,
concise et proportionnée aux enjeux et que les enjeux spé-
cifiques à chaque aléa sont traités de manière adaptée. Elle
émet quelques recommandations notamment sur la néces-
sité de mieux expliquer les choix réalisés lors de l?élaboration
du document ou encore, même si la gestion des eaux d?ex-
haure ne relève pas de la compétence du PPRM, de présen-
ter dans l?évaluation environnementale les modalités de leur
gestion ainsi que les structures responsables de leur mise en
oeuvre. L?Ae recommande également à l?État de finaliser dans
les meilleurs délais la réalisation du plan de prévention des
risques inondations (PPRI) de l?Ondaine qui concerne égale-
ment une partie du territoire.
PPRi Seine dans l?Eure (27) ? Avis n°2023-133 du 11 avril 2024
Le plan de prévention des risques d?inondation (PPRi) Seine
dans l?Eure concerne 21 communes membres des commu-
nautés d?agglomération Seine Eure Agglomération et Seine
Normandie Agglomération. Seine Eure Agglomération (SEA)
a sollicité une demande d?exception (au principe général
d?inconstructibilité) pour un projet d?aménagement d?une
zone d?activité économique logistique multimodale et ré-
siliente sur les communes de Gaillon, Le Val-d?Hazey, Saint-
Pierre-la-Garenne et Saint-Aubin-sur-Gaillon (aménagement
de 70 ha sous forme de renouvellement du tissu existant et
37 ha en extension d?urbanisation en secteur d?aléa faible à
modéré). L?Ae souligne que l?étude d?impact est proportion-
née aux enjeux et identifie en particulier les biens exposés
au risque d?inondation (logements et activités). Sa principale
recommandation concerne l?intégration de l?analyse des in-
cidences du projet de secteur d?exception, fournie dans le
dossier de demande, à l?étude d?impact du PPRI.
Faute de moyens suffisants, l?Ae a dû se résoudre à rendre
des « avis sans observation » sur quatre plans de prévention
des risques : révision du PPRI des bassins versants du Golo
et des cours d?eau du sud de la région Bastiaise (2B) ; PPRI
de Perros-Guirec ; PPRI d'Erquy - Pleneuf -Val-André (22) et
révision du PPRI de la commune de Baix (07).
Les schémas de cohérence territoriale (Scot)
SCot du Mâconnais Sud Bourgogne ? Avis n° 2024-49 du 25
juillet 2024
L?Ae note le contenu très diversement prescriptif du SCoT
du Mâconnais Sud Bourgogne : alors que l?encadrement de
l?implantation de surfaces commerciales en périphérie est
très précis, de grandes marges de manoeuvre sont laissées
quant à la réalisation d?inventaires du patrimoine naturel ou à
l?organisation des mobilités. La thématique relative au chan-
gement climatique est peu transversale dans le document.
L?étude d?impact apporte peu d?éclairages argumentés per-
mettant un regard critique sur les choix effectués et n?ap-
précie pas l?effet de levier du SCoT sur chacun des enjeux.
Le scénario de croissance démographique est très décalé par
rapport aux tendances constatées. Il emporte des effets sur
plusieurs thématiques, notamment l?appréciation du besoin
en logements, qui entraîne une consommation d?espace ne
permettant pas de s?inscrire dans une perspective d?absence
d?artificialisation nette à l?horizon 2050. L?Ae recommande
principalement d?articuler le projet avec les documents de
planification territoriale des deux régions et de fonder l?ana-
lyse des enjeux sur l?effet de levier du SCoT afin d?engager le
territoire sur une trajectoire de consommation de ressources
à la hauteur de l?enjeu du changement climatique. Le SCoT
pourrait également utilement saisir l?opportunité, en élabo-
rant un projet d?aménagement stratégique, de constituer
un plan climat air énergie à l?échelle du territoire, doté d?un
plan d?action et d?un suivi adéquats.
SCOT Gâtinais Montargois
62 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 63
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Les schémas régionaux de carrière
Schéma régional des carrières (SRC) Grand Est ? Avis n°2024-
02 du 25 avril 2024
Le dossier du projet n°1 du schéma régional des carrières
(SRC) Grand Est aborde l?ensemble des enjeux environne-
mentaux bien que de manière inégale.
L?évaluation environnementale présente deux défauts ma-
jeurs : celui de se fonder sur des données anciennes qui
rendent la crédibilité du dossier incertaine et, par ailleurs,
celui de proposer une classification du territoire par niveaux
d?enjeux qui paraissent inadaptés (par exemple pour les
zones humides), ce qui ne permet pas de garantir l?absence
d?effet négatif à l?échelle régionale. L?analyse des incidences
sur les sites Natura 2000 et la définition des mesures géné-
rales d?évitement et de réduction permettant de garantir
l?absence d?effet significatif de l?ensemble des projets suscep-
tibles de les affecter ne sont pas suffisamment approfondies.
Le SRC prend mal en compte le changement climatique.
S?il promeut dans le discours par exemple le report modal,
il n?engage aucune action concrète en faveur de modes de
transport moins émetteurs de GES que le transport routier.
Le levier de réemploi de matériaux secondaires n?est pas mis
nettement en avant comme il le devrait. Le maître d?ouvrage
s?est engagé oralement à tenir compte des recommanda-
tions de l?Ae dans un nouveau projet de SRC qui sera établi
après l?ensemble des consultations en cours.
Le classement d?un projet dans une catégorie est par nature
subjectif. Certains projets pourraient relever de plusieurs
rubriques.
L?Ae a parfois rendu un seul avis pour plusieurs projets. C?est
par exemple le cas pour l?avis n°2024 68a à 68e du 24 oc-
tobre 2024 qui porte sur cinq dossiers d?aménagements
fonciers, agricoles, forestiers et environnementaux (Afafe,
anciennement appelés « remembrements »), conséquences
du contournement ouest de Strasbourg (COS). C?est égale-
ment le cas de l?avis (n°2024-83) du 10 octobre 2024 relatif
au projet de création de poste RTE (Foulventour) et de poste
Énedis à Saint-Hilaire-la-Treille (87).
Une grande variété de projets
Quelques exemples :
TYPE DE
DOSSIERS
AMÉNAGEMENTS INFRASTRUCTURES
ROUTIÈRES
MINES ET INB ASSAINISSEMENT AFAFE ÉNERGIE
Nombre 34 12 2 1
3
(pour 7
Afafe)
20
Le classement d?un projet dans une catégorie est par nature
subjectif. Certains projets pourraient relever de plusieurs
rubriques.
L?Ae a parfois rendu un seul avis pour plusieurs projets. C?est
par exemple le cas pour l?avis n°2024 68a à 68e du 24 oc-
tobre 2024 qui porte sur cinq dossiers d?aménagements
fonciers, agricoles, forestiers et environnementaux (Afafe,
anciennement appelés « remembrements »), conséquences
du contournement ouest de Strasbourg (COS). C?est égale-
ment le cas de l?avis (n°2024-83) du 10 octobre 2024 relatif
au projet de création de poste RTE (Foulventour) et de poste
Énedis à Saint-Hilaire-la-Treille (87).
Aménagement
Les zones d?aménagement concerté (hors Mayotte et
Guyane)
Les dossiers examinés concernent tous des projets urbains,
sauf un qui traite du développement d?une zone industrielle.
Huit dossiers de Zac concernent l?Île-de-France.
Zac Noisy-Pôle Gare à Noisy-le-Grand (93) - Avis n°2024-25
du 25 juillet 2024
L?Ae a été saisie du projet de la Zac Noisy Pôle Gare, sur la
commune de Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis (93), dé-
claré d?intérêt métropolitain par délibération du conseil de la
Métropole du Grand Paris. Il s?inscrit dans une démarche de
recomposition et reconstruction territoriale de l?Est parisien,
en lien avec la démarche globale d?aménagement du Grand
Paris et des travaux en cours du Grand Paris Express (GPE).
L?Ae note que l?ensemble des projets en cours sur ce secteur
(plusieurs Zac) va contribuer à la fragmentation du corridor
écologique boisé inscrit dans le schéma directeur de la ré-
gion Île-de-France ainsi qu?à la destruction d?une partie de
la biodiversité, ce qui nécessite d?analyser leurs effets sur les
milieux physiques et naturels à l?échelle de l?ensemble des
aménagements. L?Ae recommande de compléter de façon
significative les plans d?action et les mesures permettant de
compenser les incidences du projet et de ceux en cours,
en prenant notamment en compte les incidences en phase
chantier. Elle recommande aussi de renforcer encore l?ana-
lyse des effets cumulés de ces projets. L?Ae recommande
enfin la prise en compte du PCAET Grand-Paris Grand-Est
pour la mise en oeuvre du projet et encourage à la mise en
place d?une gouvernance élargie, associant les acteurs des
transports, les promoteurs ou les aménageurs, voire les ha-
bitants eux-mêmes.
64 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 65
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Zac de l?Éco-quartier du Fort d?Aubervilliers (phase 2), si-
tuée à Aubervilliers et Pantin (93) ? Avis n°2024-73 du 26
septembre 2024
L?Ae est saisie du dossier de réalisation du projet de Zac de
l?Éco-quartier du Fort d?Aubervilliers (phase 2) prévoyant la
programmation de logements, d'activités de commerces et
de services sur le quartier du Fort d'Aubervilliers et la mise
en compatibilité du plan local d?urbanisme intercommunal
(Mecdu) de l?établissement public territorial Plaine-Com-
mune. La première phase (920 logements et le réaménage-
ment du théâtre équestre Zingaro) est en cours de livraison.
La saisine concerne la deuxième phase d?aménagement
(aménagement du Coeur de Fort, des liaisons avec le quar-
tier gare, pôle d'échanges multimodal qui accueillera la ligne
M15 du Grand Paris Express, et notamment la réhabilitation
des quatre tours dites de la gendarmerie).
L?Ae souligne un dossier de très bonne facture malgré
quelques imperfections. Elle recommande de compléter le
dossier par une vision à l'échelle de la Zac, intégrant la phase
1, d?objectiver les risques sanitaires auxquels seront exposés
les nouveaux habitants de la Zac, et de tracer les évolutions
de la programmation et les choix opérés, y compris pour la
prise en compte des risques et pollutions identifiés.
Zone d?aménagement concerté (Zac) du Bas Clichy à Cli-
chy-sous-Bois (93) - Avis n°2023-128 du 22 février 2024 et
n°2024-46 le 30 mai 2024
L?Ae a été saisie à deux reprises en 2024 d?un projet de Zac
sur le quartier dit du « Bas Clichy », lequel comprend des
copropriétés très fortement dégradées. Une opération de
requalification des copropriétés dégradées d?intérêt national
(Orcod-IN) a été décidée en 2015.
L?Ae a rendu un premier avis n° 2023-128 le 22 février 2024
dans lequel elle relevait la bonne qualité de l?étude d?im-
pact actualisée et notamment les ambitions affichées sur
certains enjeux, comme la biodiversité même si certains
compléments méritaient d?être apportés sur certains sujets.
Elle a rendu un deuxième avis n°2024-46 le 30 mai. L?étude
d?impact, actualisée, apporte des éléments de réponse dé-
taillés et pertinents aux recommandations de l?avis précité.
L?Ae émet des recommandations pour un suivi régulier des
émissions de GES du projet et définir, si besoin des mesures
complémentaires pour contrôler et améliorer le bilan GES du
projet. L?Ae recommande également de réaliser de manière
rigoureuse le plan de travaux de renaturation de la boucle de
Sévigné, puis les mesures de gestion, et de mettre en place
un suivi précis de l?état du site et des fonctionnalités écolo-
giques, et de prévoir le cas échéant des mesures complé-
mentaires. Elle émet également des recommandations en
matière de prise en compte du bruit.
66 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 67
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Zac « Sevran Terre d?avenir Centre-ville ? Montceleux » (93)
- Avis n°2024-98 du 24 octobre 2024
La programmation initiale de la Zac « Sevran Terre d?avenir
Centre-ville ? Montceleux », portée par l?établissement pu-
blic Grand Paris aménagement (GPA), a été profondément
remaniée suite à la concertation menée en 2021. Un premier
avis du 20 juillet 2019 a été rendu par la MRAe Île-de-France.
L?Ae a été saisie d?un dossier actualisé dans le cadre du dossier
de réalisation de la phase 1.
L?Ae souligne des lacunes dans le dossier et la nécessité d?ap-
porter des réponses à court terme dans le cadre de l?actua-
lisation prévue début 2025. Ses recommandations portent
principalement sur la mise à jour de la programmation de
la Zac, la suppression des incohérences ou ambiguïtés du
dossier et sur les précisions à apporter sur les incidences et
les mesures associées pour les thématiques environnemen-
tales insuffisamment approfondies à ce stade (nuisances
acoustiques, consommations énergétiques, émissions de
GES, etc.).
Aménagement du Senia à Thiais et Orly (94) ? Avis n°2024-97
du 24 octobre 2024 (2ème avis)
L?Ae a été saisie d?une étude d?impact actualisée dans le
cadre d?une demande d?autorisation environnementale
déposée par l?établissement public d?aménagement Orly
Rungis Seine amont (EPA Orsa), maître d?ouvrage de la Zac
intercommunale Thiais-Orly. L?Ae rappelle les principaux en-
jeux environnementaux déjà relevés dans son avis initial de
2022, en lien avec la mutation du quartier.
Elle relève que les principales recommandations émises dans
son avis de 2022 ont pour partie été prises en compte ou
ont donné lieu à des précisions dans le mémoire en réponse,
dont certaines gagneraient à être intégrées dans l?étude d?im-
pact. Le principal enjeu reste la nécessité d?une évaluation
du projet dans son ensemble, en particulier pour ce qui
concerne la gestion des eaux.
Avis sur la nécessité de réaliser une actualisation de l?étude
d?impact de la Zac Marne Europe à Villiers-sur-Marne (94) ?
Avis n° 2024-112 du 21 novembre 2024
La Zac Marne Europe à Villiers-sur-Marne (94) a fait l?objet a
fait l?objet de deux avis d?autorité environnementale le 30
août 2015 puis le 21 juillet 2021 à l?occasion de la création de
la Zac et d?une actualisation liée à l?avancement du projet.
À l?occasion de la procédure de permis de construire des
lots MA1A-1B et MA3-4, l?Ae est questionnée sur la nécessité
d?actualiser l?étude d?impact à ce stade. Dans son avis du 21
novembre 2024, et eu égard aux éléments fournis dans le
dossier, l?Ae conclut qu?il n?y a pas lieu d?actualiser l?étude
d?impact de la Zac s?agissant de la construction de ces lots.
ZAC Sevran
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 6968 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L e s d o s s i e r s 2 0 24
Zone d?aménagement concerté (Zac) Dame Blanche Nord
à Garges-lès-Gonesse (95), Avis n°2024-77 du 12 septembre
2024 (2ème avis)
L?Ae a déjà rendu en 2022 un avis sur le projet de renouvel-
lement urbain de la Zac Dame Blanche Nord, à Garges-lès-
Gonesse (95). Le dossier a été complété ce qui permet de
disposer d?une évaluation environnementale souvent bien
documentée, et assez structurée, permettant de mettre en
exergue la stratégie visée et de documenter des incidences
visées positives, par exemple sur la biodiversité, les circula-
tions pour les modes actifs de déplacement etc. L?Ae note
que certaines thématiques restent insuffisamment précisées
ou sont exposées de manière parfois difficile à appréhen-
der (comme par exemple le bilan des émissions de GES ou,
encore l?analyse des variantes et solutions de substitution
raisonnables) et que la réduction des incidences sur l?envi-
ronnement et, dans certains cas, la concrétisation d?inci-
dences escomptées positives, reposeront sur la précision de
certaines orientations, leur bonne mise en oeuvre et la mise
en place d?un dispositif de suivi adéquat pendant et après
les travaux. L?Ae recommande en particulier de reprendre
les éléments relatifs aux émissions de GES en présentant un
bilan carbone précis et les mesures pour l?améliorer ou d?ap-
porter des précisions en matière de réduction des nuisances
sonores pouvant affecter certains bâtiments.
Zone d?aménagement concerté (Zac) « Plante- des-Champs
» à Montmagny (95) ?avis n°2024-99 du 21 novembre 2024
(2ème avis)
L?Ae est saisie par l?établissement public Grand Paris Aména-
gement (GPA) du dossier préalable de demande de déclara-
tion d?utilité publique (DUP) de la Zac « Plante des Champs
» à Montmagny. Cette Zac a fait l?objet d?un premier avis de
l?Ae en 2022 (avis n° 2022-03). L?Ae réitère sa recommanda-
tion de 2022 relative au périmètre du projet à prendre en
compte et de reprendre donc la démarche « éviter, réduire,
compenser » à l?échelle de l?ensemble du projet sur cette
base. Au-delà de cette remarque préalable, l?Ae note que la
plupart des enjeux (à l?exception de ceux concernant l?ap-
provisionnement en énergie renouvelable et les nuisances
sonores) sont au niveau de précision attendu pour un dossier
de création de Zac.
Elle émet différentes recommandations relatives au coef-
ficient d?artificialisation de l?opération dans son ensemble
ou encore de reconsidérer les conclusions de l?étude sur
les zones humides. Différents approfondissements sont
également attendus (sur les espèces, la préservation des
arbres remarquables et la trame noire ou encore la réalisa-
tion d?études hydrogéotechniques complémentaires?). Le
choix d?énergie produite à partir d?énergie renouvelable est
à préciser et pris en compte pour le bilan carbone du projet.
Zac Cambacérès Nord à Montpellier (34) ? Avis n°2024-101
du 21 novembre 2024 (2ème avis)
L?Ae est saisie dans le cadre de la modification du dossier de
réalisation de la Zac Cambacérès Nord. Cette dernière se
situe au sein du projet urbain global « Cambacérès » de 350
ha au sud-est de la ville de Montpellier. Montpellier Méditer-
ranée Métropole, maître d?ouvrage, a confié la réalisation
à la société d?aménagement de Montpellier Méditerranée
Métropole (SA3M).
La question centrale concerne le périmètre du projet à
prendre en compte.
Contrairement aux recommandations des différents avis et
décisions déjà rendus par l?Ae sur ce territoire, l?étude d?im-
pact est limitée aux seuls aménagements dont la réalisation
relève de la SA3M, en excluant les opérations réalisées de
manière concomitante sur le territoire de la Zac auxquelles
ils sont fonctionnellement liés : extension de la ligne 1 du
tramway, contournement ferroviaire Nîmes Montpellier et
construction de la nouvelle gare Montpellier Sud de France,
transformation de l?A709 en boulevard urbain et centrale
géothermique.
L?actualisation de l?étude d?impact est limitée aux théma-
tiques de la mobilité, du bruit et de la qualité de l?air, les
seules pour lesquelles le dossier considère que la modifica-
tion du projet constitue une évolution notable, sans prendre
en compte celles soulevées par les avis et décisions de l?Ae.
L?actualisation est marquée par des erreurs méthodologiques
et des insuffisances majeures, notamment en matière de dé-
finition du nouvel état de référence, des aires d?études et po-
pulations concernées, et des solutions alternatives étudiées
; elle n?inclut pas de résumé non technique.
Zac Flaubert sur les communes de Petit-Quevilly et Rouen
(76) - Complément à l?étude d?impact suite à la décision n°
F- 028-23-C077 (îlot A ? macrolot 2) ? Avis n°2024-01 du 7
mars 2024
L?étude d?impact de la Zac a été actualisée suite à une déci-
sion de l?Ae du 30 mai 2023 (après un examen au cas par cas)
relative à la construction d?un ensemble immobilier sur l?îlot
A (macrolot 2) de la Zac Flaubert à Rouen. L?étude d?impact
est circonscrite à la pollution des eaux souterraines par les
substances per- et poly-fluoroalkylées (PFAS), et à la gestion
d?une telle pollution le cas échéant.
L?Ae émet plusieurs recommandations au maître d?ouvrage
de la Zac visant à mieux identifier les PFAS ou encore de
pratiquer des analyses de PFAS dans les sols des terrains ac-
cueillant des pavillons individuels, ou des jardins d?enfants
afin d?assurer l?absence de pollution susceptible d?exposer
les enfants. Elle préconise des interdictions en fonction de
certains usages et des mesures de précaution.
L?Ae recommande à l?État et à la collectivité locale de
conduire une réflexion d?ensemble sur la gestion et le devenir
de la pollution aux PFAS sur le quartier Flaubert et plus large-
ment à une échelle adéquate au regard des pollutions iden-
tifiées et potentielles dans la nappe alluviale, en particulier
en examinant la pertinence d?un certain nombre d?actions
précisées dans son avis.
ZAC plante des champs Montmagny
70 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 71
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Actualisation de l?étude d?impact de la Zac Littorale dans
l?opération d?intérêt national (OIN) Euroméditerranée à
Marseille (13) à l?occasion de plusieurs opérations de l?OIN
(dont XXL05B1 « The Shed » ? Cap Pinède Capitaine Gèze ?
Château-Vert) ? Avis n°2024-80 du 26 septembre 2024
L?Ae est saisie par l?Établissement public d?aménagement
Euroméditerranée de l?actualisation de l?étude d?impact
de la Zac Littorale à l?occasion de la demande de permis
de construire pour l?un de ses îlots (5B1 ou « The Shed »,
construit par Bouygues Immobilier). L?actualisation concerne
aussi sur d?autres opérations de la Zac, partie de l?opération
d?intérêt national (OIN) Euromed II.
L?Ae note que l?évaluation environnementale de la Zac Litto-
rale tient partiellement compte des recommandations déjà
émises par les autorités environnementales aux différentes
étapes du projet.
L?opération de construction semble cependant s?exonérer
de certaines mesures prévues dans l?étude d?impact de la
Zac. Les principales recommandations de l?Ae portent sur
le traitement des terres polluées sur le périmètre du pro-
jet de Zac, le traitement du risque d?inondation ou encore
les mesures d?évitement et de réduction de la Zac Littorale
concernant les eaux souterraines. L?Ae recommande de ré-
évaluer, au moins au niveau de la Zac, les conséquences et
effets des aménagements réalisés dans le cadre du projet sur
les risques d?inondations.
Zone d?aménagement concerté (Zac) Inspira (38) ?- Avis
n°2024-16 du 25 avril 2024 (5e avis)
Quatre avis d'autorité environnementale ont déjà été émis
sur la Zac « Inspira » sur les communes de Salaise-sur-Sanne
et Sablons, en Isère (38) ou ses opérations6.
L?étude d?impact mise à jour est présentée à l?appui des de-
mandes d?autorisations environnementales pour l?aménage-
ment du secteur nord de la Zac, pour l?installation classée
pour la protection de l?environnement Floor to Floor, ainsi
que pour le dossier d?exécution de l?extension ferroviaire et
le projet Hympulsion.
L?Ae note que le dossier est complété sur de nombreux volets
et tient désormais compte du projet de territoire pour la
gestion de l?eau. D?autres questions concernent le traitement
de la multimodalité (route/fleuve/fer) pourtant au coeur du
projet et l?artificialisation des sols. Elle invite à préciser les
responsabilités et engagements des différents maîtres d?ou-
vrage en matière de compensation des incidences sur les
espèces et les milieux naturels, et d?accroître la pérennité
des mesures compensatoires.
Zone d?aménagement concerté Garonne Eiffel sur les com-
munes de Bordeaux et Floirac (33) - Avis n°2024-79 du 24
octobre 2024 (4e avis)
L?Ae rend un quatrième avis sur la Zac Garonne Eiffel (un des
secteurs d?aménagement de l?opération d?intérêt national
Bordeaux-Euratlantique).
L?Ae note que le caractère parfois daté des éléments de
l?étude d?impact, des lacunes parfois importantes pour de
nombreuses thématiques (bruit, mobilités, inondations?) et,
compte tenu de l?état d?avancement du projet, la nécessité
de précisions sur le contenu du projet, son calendrier, ses
incidences et les mesures adoptées, en particulier pour les
opérations déjà réalisées ou en cours de réalisation. L?Ae re-
commande de consolider l?état initial, notamment concer-
nant les zones humides, la biodiversité, les inondations ou
la qualité de l?air. D?une façon générale, le dossier présente
le paradoxe de s?appuyer sur du génie urbain conventionnel
pour la gestion des eaux (qui reste à préciser sur les inonda-
tions) pour la construction d?une ville-éponge (biodiversité
notamment commune, gestion des eaux pluviales et des
inondations, trame verte).
Actualisation de l?étude d?impact de la Zac de la Part-Dieu
Ouest à Lyon (69) - Avis n°2024-42 du 16 mai 2024
L?Ae a été interrogée sur la nécessité d?actualiser l?étude
d?impact de la zone d?aménagement concertée (Zac) de la
Part-Dieu Ouest à Lyon (69) à l?occasion de la procédure de
demande de déclaration d?utilité publique de l?îlot Milan.
Au regard des informations communiquées, l?Ae a considéré
qu?il n?était pas nécessaire d?actualiser l?étude d?impact.
6.
Avis préfectoral du 27 septembre 2013
Avis MRAe n° 2017-ARA-AP-00482 du 20 février 2018
Avis Ae n° 2019-64 du 10 juillet 2019
Avis Ae n° 2021-019 du 5 mai 2021
72 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 73
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/les-avis-rendus-en-2021-a3212.html#H_Seance-du-5-mai-2021
https://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/20180208-avisae_inspira_delibere-1.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/20190708_plateforme_cnr-gca_sur_zac_inspira_delibere_cle738491.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/210505_inspira_38_delibere_cle1f7e88.pdf
Les autres projets d?aménagement
Création et l?exploitation du centre de données informa-
tiques Dugny Digital Hub sur la commune de Dugny (93)
- Avis n°2024-08 du 11 avril 2024
Le projet Dugny Digital Hub (41 500 m² d?emprise au sol) a
pour objet la création de trois centres de données sur un an-
cien terrain militaire en limite de l?aéroport du Bourget. Il né-
cessite notamment un poste de transformation électrique,
deux lignes électriques souterraines d?une longueur totale
de 28 km, 108 groupes électrogènes pour l?alimentation de
secours, d?une puissance cumulée de 814 MWth (mégawatts
thermiques) et des batteries pour une puissance électrique
cumulée maximale de 283 MW. Une demande de dérogation
au titre des espèces protégées est nécessaire.
Dans son avis du 11 avril 2024 (n°2024-08), l?Ae souligne la
nécessité de compléter l?étude d'impact sur de nombreux
points : analyser les effets du projet en termes d?îlot de
chaleur urbain, corriger et compléter la partie consacrée
aux rejets d?oxydes d?azote (NOx), compléter le périmètre
du projet (en y intégrant les infrastructures numériques, la
double liaison de 20 kV prévue et les équipements infor-
matiques qui seront hébergés), finaliser des engagements
permettant la récupération d?une partie significative de la
chaleur fatale, démontrer l?absence de perte nette de bio-
diversité, approfondir l?analyse des émissions de GES par le
projet en construction et en exploitation ainsi que celle des
effets cumulés et revoir les mesures de suivi des pollutions
atmosphériques et sonores. L?Ae recommande d?inclure dans
l?arrêté d?autorisation une condition visant à fortement limi-
ter les rejets de polluants atmosphériques liés à l?utilisation
des groupes électrogènes.
Opération de construction d?un cantonnement sur le labo-
ratoire souterrain de recherche de l?Andra à Bure (55) - Avis
n°2024-17 du 25 avril 2024
L?Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs
(Andra), qui exploite depuis plus de 20 ans un laboratoire de
recherche sur le stockage souterrain de déchets radioactifs à
Bure dans la Meuse, envisage la réalisation de constructions
supplémentaires en surface pour héberger l?unité de gen-
darmerie mobile présente sur le site, ainsi que la transfor-
mation d?un bâtiment existant en local informatique. L?Ae
note que dans l?ensemble, les incidences du site sont faibles
et traitées par des mesures appropriées. Elle recommande
néanmoins de compléter le dossier sur différents aspects
tels que le suivi des eaux de ruissellement des verses et des
eaux aux points de captage AEP ou encore de présenter dans
l?étude d?impact l?estimation des émissions de GES liées à la
phase de construction de l?opération. Elle recommande par
ailleurs d?examiner la pollution lumineuse provoquée par les
nouveaux bâtiments afin de mettre en place des mesures de
réduction adaptées aux espèces installées dans cette partie
du site.
Réaménagement du pôle gare de Noisy-le?Sec (93) ? Avis
n°2024-19 du 16 mai 24
Le projet d?aménagement du pôle gare de Noisy-le-Sec vise
à adapter la gare qui connaît déjà des difficultés dans son
fonctionnement, alors que sa fréquentation pourrait aug-
menter de 78 % d?ici 2035 en raison du renforcement et de
l?évolution de l?offre de transports en commun. Le dossier
est soumis à l?avis de l?Ae dans le cadre d?une demande de
déclaration d?utilité publique.
Dans son avis du 16 mai 2024 (n°2024-19) l?Ae souligne que le
dossier et son évaluation environnementale sont de qualité
et permettent de bien appréhender les enjeux du projet,
dans l?ensemble bien traités. Le projet permettra à la gare de
faire face à l?augmentation du trafic, de développer l?inter-
modalité, et de faciliter les mobilités actives vers la gare et
plus largement dans le quartier. En exploitation les impacts
résiduels seront faibles ou positifs.
L?ampleur et la durée du chantier amènent cependant l?Ae à
recommander d?anticiper ses effets. Elle recommande aussi
d?étudier les moyens de réduire les émissions de GES de la
phase de construction, de préciser la prise en compte des
effets du changement climatique pour l?ensemble du projet
et d?articuler les aménagements prévus pour les mobilités
actives avec les projets envisagés par les collectivités à une
échelle plus large.
Réalisation d?un quai d?amarrage de bateaux porte-conte-
neurs à Village-Neuf (68) et mise en compatibilité du plan
local d?urbanisme ? Avis n°2024-29 du 13 juin 2024
L?Ae a été saisie d?un projet portant sur la création d?un quai
d?amarrage de bateaux porte-conteneurs de 6 750 m² dans
le lit mineur du Rhin sur le port de Huningue Village-Neuf
(68) et d?une plateforme de 2 ha au droit du futur quai (en
partie déjà construite) pouvant accueillir des matériaux en
vrac puis, dans un second temps, des conteneurs.
Dans son avis du 13 juin 2024 (n°2024-29), l?Ae souligne que
la description de plateforme trimodale (train, route, fleuve)
reste à compléter dans le dossier. Celui-ci soufre d?incohé-
rences internes résultant d?une élaboration faite au fil de
l?eau sur plusieurs années et comprend des parties qui ne
sont plus d?actualité.
L?étude d?impact omet de présenter le scénario de référence,
qui doit décrire l?évolution la plus probable en l?absence de
projet. Les impacts du projet sont le plus souvent évalués
en comparant l?état initial actuel et l?état futur avec projet,
ce qui est un biais méthodologique. L?Ae recommande de
reprendre ce point fondamental de l?évaluation environ-
nementale et d?actualiser en conséquence l?étude d?im-
pact (trafic, bruit, pollution de l?air, émissions de GES etc.).
D?autres recommandations sont émises, notamment pour
prendre en compte les risques technologiques eu égard à la
proximité de plusieurs installations industrielles.
74 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 75
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Projet de rénovation urbaine des quartiers « Puits-la-Marlière
» et « Derrière-les-Murs-de- Monseigneur » à Villiers-le-Bel
(95) ? Avis n°2024-60 du 26 septembre 2024
L?opération d?aménagement urbain des quartiers « Puits-la-
Marlière » (PLM) et « Derrière- les- Murs- de- Monseigneur »
(DLM) à Villiers-le-Bel (95) s?insère dans le cadre du Nouveau
programme national de renouvellement urbain (NPNRU),
lancé en 2014, qui doit contribuer à une transformation pro-
fonde des quartiers prioritaires de la ville (QPV).
L?Ae souligne un manque de lisibilité du dossier en raison
de la grande complexité de l?articulation de ces différentes
opérations. L?évaluation environnementale ne présente pas
les variantes et l?exposé des effets cumulés ne prend pas en
compte certaines opérations structurantes pour le projet,
comme la réalisation d?un bus à haut niveau de service. L?état
initial reste à réaliser pour les émissions de GES.
D?une façon générale, l?Ae recommande de renforcer la qua-
lification et la quantification des incidences et d?en déduire
les mesures d?évitement, de réduction et le cas échéant, de
compensation. Elle souligne, par exemple, que dans un envi-
ronnement soumis aux nuisances de l?aéroport Charles-de-
Gaulle, les incidences acoustiques de toutes les modifica-
tions du réseau de voirie sont à reconsidérer pour s?assurer
de l?absence de création de points noirs de bruit et, sinon,
d?en déduire les mesures ad hoc.
Requalification urbaine du quartier de l?Esplanade à Gre-
noble (38) - Avis n° 2024-81 du 10 octobre 2024 (2ème avis)
Le projet de requalification du quartier de l?Esplanade à Gre-
noble (38), dont la durée de la phase travaux est estimée
à 15 ans, comporte plusieurs opérations articulées autour
des questions de déplacements, de gestion d?énergie et de
réduction des nuisances.
L?Ae relève que l?étude d?impact est bien présentée et di-
dactique. Réalisée pour la première opération du projet
Grande Esplanade, elle a été complétée et adaptées aux
évolutions du projet après un premier avis de l?Ae de juillet
2021 et apporte des réponses globalement satisfaisantes aux
précédentes remarques de l?Ae. Des actualisations seront
nécessaires à l?occasion des prochaines phases de réalisation
du projet, notamment pour ce qui concerne l?évolution des
trafics.
Aménagement du domaine viticole de Château Léoube
- plantation de vignes et oliveraie - à Bormes-les-Mimosas
(83) ? Avis n°2023-117 du 11 janvier 2024
Le domaine viticole de Château Léoube à Bormes-les-Mimo-
sas est inclus dans le site classé du « Cap Bénat ». Les aména-
gements projetés, qui portent sur une surface totale de 38,1
ha, s?inscrivent dans le cadre d?un schéma d?aménagement
validé en 2000 par la commission départementale de la na-
ture, des paysages et des sites.
Les parties de l?étude d?impact relatives à l?analyse paysagère
sont bien traitées. L?Ae relève toutefois une incomplétude de
la séquence éviter, réduire, compenser liée, pour certaines
espèces, à l?absence d?évaluation des impacts résiduels,
après mesures d?évitement et de réduction. Elle relève que
l?ensemble des surfaces mobilisées dans l?opération d?amé-
nagement et comptées dans le plan de gestion écologique
n?ont pas été incluses dans l?aire d?étude et que certaines thé-
matiques environnementales (ressource en eau, émissions
de GES devraient être traitées de façon plus complète. L?Ae
émet plusieurs recommandations afin d?améliorer le dossier
qui devrait démontrer que le projet n?affecte pas des espèces
protégées.
Campus hospitalo-universitaire Grand Paris Nord à Saint-
Ouen-sur-Seine (93) ?? Avis n°2024-102 du 21 novembre 2024
(2e avis)
Le campus hospitalo-universitaire Saint-Ouen Grand Paris
Nord (CHUSOGPN), qui vise à rééquilibrer l'offre hospitalière
et universitaire au profit du nord francilien et à regrouper
sur un même site des activités de soin, d?enseignement et
de recherche a fait l?objet d?un premier avis de l?Ae délibéré
le 21 avril 2021 au stade de la déclaration d?utilité publique
et de la mise en compatibilité du plan local d?urbanisme
intercommunal de Plaine Commune.
Le contenu du volet hospitalier est désormais bien défini
mais certains aspects, notamment de gestion des eaux plu-
viales et usées, restent à approfondir. Celui du volet univer-
sitaire est encore au stade d?esquisse. L?Ae conclut en consé-
quence qu?elle n?aurait pas dû être ressaisie à ce stade en
raison du caractère inabouti du dossier d?étude d?impact.
Sa principale recommandation vise donc à conduire les
maîtres d?ouvrage à compléter et actualiser l?étude d?impact.
L?Ae devra être saisie à nouveau sur cette base à l?occasion
de toute autorisation à venir relative au projet.
Il convient de noter que l?Ae a appris, après avoir rendu son
avis, que des compléments avaient été demandés et que la
procédure d?instruction de l?autorisation était suspendue.
Construction du centre pénitentiaire « Angers ? Les Landes
» et la mise en compatibilité du plan local d?urbanisme in-
tercommunal et de l?habitat d?Angers Loire Métropole et du
schéma de cohérence territoriale Loire Angers (49) ? Avis
n°2024-05 du 25 avril 2024
L?Ae est saisie pour avis d?un projet de nouvel établissement
pénitentiaire de 850 places sur les communes de Loire-Au-
thion et Trélazé dans le Maine-et-Loire (49), à une dizaine de
kilomètres d?Angers qui a pour objet de remplacer la maison
d'arrêt d?Angers, vétuste et surpeuplée.
Le dossier ne présente qu'un schéma de principe des implan-
tations et ne décrit aucun des aménagements nécessaires
au fonctionnement de la future maison d?arrêt. L?analyse
des solutions de substitution est sommaire. Au stade de la
demande de déclaration d'utilité publique et de la mise en
compatibilité des documents d'urbanisme, le dossier est
insuffisant à la bonne information du public sur le projet
d?ensemble.
L'étude d'impact s'en ressent. Si la présentation de l'état ini-
tial des milieux naturels est convenable, l'appréciation des
incidences est incomplète à bien des égards (déplacements,
consommation énergétique, émissions de GES, prise en
compte du changement climatique...). La démarche "éviter,
réduire, et, à défaut, compenser" n'a pu être conduite correc-
tement, les mesures de compensation n'étant par exemple
pas même décrites.
L'Ae émet plusieurs recommandations parmi lesquelles celles
de revoir le périmètre du projet pour y intégrer l'ensemble
des composantes nécessaires à son fonctionnement, et de
reprendre intégralement l'étude d'impact, qui sera alors sou-
mise à un nouvel avis de l'Ae en amont de toute procédure
de consultation du public.
76 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 77
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Parc Grand Ouest, à Argentré et Bonchamp-lès-Laval (53) ?
Avis n°2024-71 du 12 septembre 2024
Parc Grand Ouest est un parc d?activités industrielles, logis-
tiques, agricoles et alimentaires, initié en 2007 et implanté
sur 150 ha de terrains agricoles et naturels au nord-est de La-
val, sur les communes d?Argentré et de Bonchamp-lès-Laval.
Le projet, qui comporte la création d?un échangeur sur l?auto-
route A81 assurant l?accès au parc, a significativement évolué
du fait de la démarche d?évitement conduite depuis 2019
par la maîtrise d?ouvrage. Dans son avis du n°2024-71 du 12
septembre 2024, l?Ae souligne que les enjeux environnemen-
taux du projet seront à préciser dès que les types d?activités
au sein du parc d?activité seront mieux définis. L?étude d?im-
pact est à compléter de l?évaluation de leurs incidences. À
ce stade, en effet, l?Ae recommande de mieux justifier les
choix effectués, en particulier de préciser les besoins aux-
quels répond le projet et d?intégrer les critères « consom-
mation d?espaces agricoles et naturels » et « artificialisation
des sols » dans ces choix.
L?Ae émet d?autres recommandations telles que clarifier les
types d?activités pour lesquels le projet est engagé ou en-
core, par exemple, dresser la liste de l?ensemble des mesures
d?évitement, réduction et compensation annoncées dans
le dossier comme devant y être inscrites, la compléter pour
les enjeux environnementaux actuellement sous-évalués et
s?engager explicitement à les inscrire en tant que prescrip-
tions contractuelles. L?Ae recommande aussi de justifier, dans
le cadre du changement climatique, le choix d?une pluie de
période de retour décennale pour dimensionner le dispositif
de gestion des eaux pluviales et, le cas échéant, de le recons-
idérer, ainsi que d?intégrer la raréfaction de la ressource en
eau dans la conception du projet. Enfin, l?Ae recommande de
produire un bilan carbone complet du projet et d?identifier
les leviers pour l?améliorer. Aménagement d?une zone d?activité économique et d?un
site de production de ballons dirigeables à Laruscade (33)
- Avis n° 2024-87 du 24 octobre 2024 (2e avis)
L?Ae a été saisie d'un projet de zone d'activité économique
(ZAE) de 75 ha à Laruscade (33) dont l?objet est d'accueillir
une usine de fabrication de dirigeables destinés au transport
de fret lourd avec chargement et déchargement en vol sta-
tionnaire sans pose au sol du dirigeable.
Ce projet de nouvelle filière industrielle, initié par la société
Flying Whales, et auquel de nombreux partenaires publics
et privés se sont associés, est intéressant dans le cadre de la
transition énergétique.
Le principal problème posé par ce dossier est le lieu d'im-
plantation envisagé pour la ZAE.
Il s?agit en effet d?une zone humide de grande dimension que
le dossier qualifie de particulièrement fonctionnelle sur le
plan de la biodiversité (diversité des cortèges et espèces ob-
servées ; patrimonialité (nombre de ces espèces sont rares et
ou menacées, souvent protégées) ; qualité et fonctionnalité
des milieux (réalisation de l?ensemble du cycle de vie sur site
pour la plupart des espèces citées). Elle est en outre consti-
tuée de secteurs complémentaires dans leurs fonctionna-
lités. Cette zone humide constitue par ailleurs un corridor
écologique important et reconnu comme tel pour plusieurs
espèces protégées et jouxte deux zones Natura 2000.
Le dossier transmis à l'Ae correspond à l'actualisation (avril
2024) de l'étude d'impact sur laquelle portait le 1er avis de
l'Ae (n°2023-100) rendu le 19 octobre; malgré des avancées
indéniables sur la gestion des eaux pluviales et de ruisselle-
ment et sur les démarches de recherche de nouveaux sites
de compensation, le dossier met en évidence l'importance
des atteintes aux milieux naturels et aux espèces protégées,
qu?il continue cependant de sous-estimer significativement.
Pour l?Ae, « eu égard à la richesse particulière de ces milieux
naturels, les compensations à hauteur de la dette écologique
que générerait le projet de ZAE, ne sont à ce stade pas at-
teintes et ne paraissent pas atteignables ; le projet ne saurait,
par conséquent, être autorisé en l?état (article L. 163-I du
code de l?environnement) ».
Dès lors, l?Ae recommande principalement de rechercher,
avec le concours de la DGAC, une autre localisation pour
le projet.
78 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 79
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Les projets d?aménagement à Mayotte
L?Ae a été saisie par l?établissement public foncier d?amé-
nagement de Mayotte (Epfam) de plusieurs projets de Zac
à Mayotte, conçus avant le cyclone Chido du 14 décembre
2024 qui a provoqué des destructions considérables sur
toute l?île, et dont les conséquences ne sont évidemment
pas prises en compte dans ces projets et dans les avis cor-
respondants de l?Ae.
Zone d?aménagement concerté (Zac) de Doujani sur la com-
mune de Mamoudzou, à Mayotte (976) - 2e avis - Avis n°2024-
38 du 13 juin 2024
L?Ae est saisie une seconde fois sur le projet de Zac de Dou-
jani, dans (partie sud de la commune de Mamoudzou).
Le projet nécessite la mise en compatibilité du plan local
d?urbanisme de la commune. L?Ae souligne que le maître
d?ouvrage développe un projet de Zac intégré prenant en
compte l?ensemble des facteurs environnementaux qui per-
mettent de réduire les aléas auxquels sont soumis les popu-
lations habitantes et l?habitat indigne.
L?efficacité des aménagements prévus en particulier pour la
gestion des eaux de surface et de leur pérennité constituant
un des enjeux forts, l?Ae recommande d?inscrire l?analyse des
impacts du projet et l?efficacité des ouvrages et dispositifs
mis en place, dans une prise en compte du changement
climatique et dans la durée (engagements des collectivités
locales et les acteurs privés moyens dédiés) avec mise en
oeuvre d?un suivi robuste. L?Ae émet d?autres recommanda-
tions (prise en compte du bruit routier à son juste niveau,
intégration de l?exutoire de la rivière Doujani sur le littoral
dans ses analyses etc.).
Aménagement de la zone d?activités économiques (ZAE)
Malamani à Chirongui à Mayotte (976) et sur la mise en com-
patibilité du plan local d?urbanisme - Avis n°2023-56 du 25
janvier 2024
L?Ae a également été saisie d?un projet d?aménagement
d?une zone d?activités économiques (ZAE) sur la commune
de Chirongui (village de Malamani) dont l?objectif est de par-
ticiper à un rééquilibrage territorial en rapprochant l?emploi
de l?habitat.
L?étude d?impact est bien menée, avec une démarche « évi-
ter, réduire, compenser » maîtrisée. Parmi les recommanda-
tions de l?Ae, celles de mieux justifier le périmètre de la ZAE,
et notamment ses extensions en zones de risques naturels,
de renforcer la lutte contre les espèces exotiques envahis-
santes, de prévoir des mesures pour freiner ou stopper le
recul de la mangrove, de l?arrière-mangrove et des zones
humides.
Le projet n?étant pas compatible avec le plan d?aménage-
ment et de développement durable (PADD) de Mayotte en
vigueur, l?Ae recommande de publier le schéma d?aménage-
ment régional (Sar) au plus vite afin de clarifier la situation
réglementaire compliquée que rencontrent les acteurs de
l?aménagement à Mayotte.
Réalisation de la zone d?aménagement concerté (Zac) Mji-
ni-Héritage et mise en compatibilité du PLU de la commune
de Bandrélé (976) ? Avis n°2024-91 du 5 décembre 2024
L?Ae a été saisie du dossier de réalisation d?une Zac de 27 ha
à Bandrélé (sud de Mayotte) qui prévoit la création d?envi-
ron 696 logements, des écoles, des équipements culturels et
sportifs. Pour l?Ae, en l?absence de schéma d?aménagement
régional (Sar), le dossier devrait mieux expliquer comment
ont été définis le dimensionnement et les choix d?implan-
tation de Zac.
Le dossier de réalisation de la Zac prend correctement en
compte les risques naturels, prégnants mais écarte en re-
vanche trop rapidement les autres sujets environnementaux
qui présente des enjeux non négligeables.
Les mesures d?évitement, de réduction et de compensation
des impacts sur la biodiversité doivent être renforcées pour
tenir compte du fait que le projet va affecter des terrains
où se pratique aujourd?hui une agroforesterie extensive, où
la biodiversité a toute sa place et où ont été reconnues plus
de 20 espèces protégées d?oiseaux ou de reptiles. L?étude
paysagère, comme celles sur le bruit, l?air ou les transports
sont à compléter.
80 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 81
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Zac « Écoparc des Badamiers » à Dzaoudzi-Labattoir (976)
- Avis n°2023-58 du 25 janvier 2024 (2e avis)
L?« Écoparc des Badamiers », sur la commune de Dzaoudzi-La-
battoir (Petite-Terre) est une Zac à dominante économique
présentant une mixité fonctionnelle dont l?objectif est de
pallier le manque d?activités économiques dans le secteur de
la pointe des Badamiers. Le dossier est présenté à l?occasion
de la demande d?autorisation environnementale nécessaire
à la réalisation de la Zac.
La majorité des recommandations de l?Ae formulées dans
son 1er avis ont fait l?objet d?une prise en compte même si
certaines d?entre-elles, majeures, restent en suspens, telles
qu?élargir l?étude d?impact à l?ensemble des opérations pré-
vues sur le secteur (appontement, station de traitement des
eaux usées ? STEU -, évolution de la centrale thermique des
Badamiers?) ou nécessitent de renforcer très significative-
ment les mesures d?évitement, de réduction et de compen-
sation pour ramener les impacts résiduels sur la faune, la flore
et les habitats naturels à un niveau négligeable. L?analyse de
certaines incidences du projet (en matière d?écoulement des
eaux, d?emports de matières en suspension dans le lagon
ou de protection du lycée de la mer contre les inondations)
doivent être renforcées.
Les projets d?aménagement en Guyane*(cf Zoom)
L?Ae a été saisie à plusieurs reprises par l?Établissement pu-
blic foncier et d?aménagement de Guyane (EPFAG) de divers
projets de Zac situés dans l?opération d?intérêt national (OIN)
qui porte sur 24 sites autour des principaux pôles urbains
de Guyane : Cayenne, Kourou, et Saint-Laurent-du-Maroni.
Opération d?intérêt national (OIN) n° 2 ? Tigre-Maringouins,
première phase opérationnelle : Zac 1 à Cayenne (973) ?Avis
n°2024-04 du 21 mars 2024 (2e avis)
L?Ae a été saisie de la demande d?autorisation environne-
mentale et de la déclaration d?utilité publique d?une zone
d?activité concertée, concernant le site numéro 2 de l?OIN
sur la commune de Cayenne en Guyane. L?étude d?impact
présentée porte sur l?OIN 2, mais se concentre sur la Zac
1 (le projet est scindé en deux Zac). Le projet porte sur la
construction d?un « écoquartier » (notamment 1 234 loge-
ments, des équipements, des services, des commerces, un
groupe scolaire...), desservi par deux arrêts du transport en
commun en site propre (TCSP) actuellement en chantier.
L?étude d?impact est bien présentée et repose sur une mé-
thodologie solide et des analyses et études fouillées.
Parmi les recommandations de l?Ae, celle d?actualiser le dos-
sier sur plusieurs points (intégrer les plans et programmes
à jour, les informations sur l?avenir de la décharge des Ma-
ringouins et de la carrière de Cabassou), de développer les
raisons, notamment environnementales, ayant conduit à ne
pas éviter le remblai et l?aménagement d?une zone humide
et inondable, en clarifiant les conséquences du projet sur les
inondations et la manière dont l?opération va s?articuler avec
la révision du PPRI en cours.
L?Ae recommande également de garantir l?intégrité des mi-
lieux naturels sensibles pendant toute la durée du projet,
mieux justifier la hiérarchisation des incidences sur les milieux
naturels et, à défaut, reprendre à la hausse leur qualifica-
tion. L?Ae souligne l?intérêt de mettre en place des obliga-
tions réelles environnementales (ORE), et d?augmenter très
significativement le taux des mesures de « compensation »,
en recherchant des terrains sur lesquels des travaux de re-
naturation apporteraient une plus-value écologique ou une
protection effective face à des pressions avérées. Enfin, l?Ae
recommande de conditionner la livraison des logements à
la mise à l?arrêt de la décharge, privilégier la réduction du
bruit routier à la source, éviter et réduire les vibrations afin
de les ramener à un niveau compatible avec la tranquillité
des futurs habitants et usagers des équipements sensibles.
82 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 83
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Opération d?intérêt national (OIN) n° 5 ? Cogneau-Lari-
vot, création et réalisation d?une Zac à Matoury (973) Avis
n°2024-24 du 16 mai 2024
L?Ae a été saisie au stade de la demande de déclaration d?uti-
lité publique et de l?autorisation environnementale d?un pro-
jet de zone d?aménagement concerté (Zac) de 47 ha sur la
commune de Matoury en Guyane (site numéro 5 de l?OIN).
L?étude d?impact et ses nombreuses annexes sont disparates
et ne reposent pas toujours sur les mêmes hypothèses. L?en-
semble présente des lacunes sur des sujets importants (bruit,
pollutions, santé) et sur les effets de la création de voiries.
L?Ae émet plusieurs recommandations : nécessité pour
l?étude d?impact de traiter des incidences environnemen-
tales de toutes les opérations faisant partie du projet, com-
pléter l?étude des risques sanitaires (importantes pollutions
des sols sur certains secteurs), garantir que des solutions
efficaces pour protéger la santé humaine seront mises en
oeuvre, en absence de filières dédiées aux terres polluées
en Guyane, ou encore compléter certaines études (acous-
tique, de trafic). Elle recommande de phaser le projet avec
la réalisation d?aménagements routiers visant à réduire la
congestion. Concernant les atteintes aux habitats naturels,
à la faune et à la flore, l?Ae recommande de mieux décrire la
compensation prévue et d?en renforcer l?ambition. L?étude
d?impact montre que les travaux de la Zac, ceux du pont du
Larivot et de la centrale du Larivot produiront des incidences
négatives cumulées. L?Ae recommande de prévoir des me-
sures pour réduire celles-ci.
Opération d?intérêt national (OIN) n° 22 ? Zac Margot, Saint-
Laurent-du-Maroni (973) - Avis n°2024-105 du 10 octobre 2024
L?Ae a été saisie à l?occasion de la demande d?autorisation
environnementale permettant la création et la réalisation
d?une zone d?aménagement concerté (Zac) de 150 ha sur la
commune de Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, site n° 22
de l?OIN (« OIN 22 »). La Zac Margot, a pour objectif principal
d?accueillir de l?activité économique, un palais omnisport,
une école, et environ 500 logements et un centre judiciaire
et pénitentiaire. Le dossier présenté traite de la première
phase de cette Zac, sur une zone mixant actuellement des
zones naturelles (forêt et crique), des zones agricoles, et des
zones d?habitat informel dispersé. L?OIN Margot fait partie
d?un ensemble de trois OIN sur le territoire de Saint-Laurent-
du-Maroni, très proches les unes des autres. L?Ae souligne
que les trois OIN ne peuvent être créées que sous condition
de la mise en service d?un service de transport en commun.
L?opération de construction d?un pôle judiciaire et péni-
tentiaire fait l?objet d?une demande d?autorisation environ-
nementale indépendante, d?une étude d?impact et d?une
dérogation à l?interdiction de destruction d?espèces proté-
gées spécifiques. L?Ae recommande qu?une étude d?impact
unique soit présentée, cette opération et la réalisation de la
Zac relevant d?un même projet au sens du code de l?environ-
nement. L?Ae recommande également de compléter la pré-
sentation des mesures ERC pour l?ensemble des champs thé-
matiques susceptibles d?être concernés par des incidences
environnementales, au-delà de la biodiversité.
Les projets de Zac (et plus largement d?aménagement urbain)
font souvent ressortir des problématiques communes ou au
moins assez fréquentes (sans que la liste soit exhaustive) :
? l?actualisation des études d?impact au stade des phases de
réalisation de la Zac ou d?autorisation environnementale,
quand le projet est mieux défini, ou lors d?évolutions des
projets est parfois insuffisante, alors qu?une étude de ses in-
cidences et un traitement adéquat sont possibles. De telles
insuffisances de l?actualisation se rencontrent par exemple
pour la Zac Garonne Eiffel à Bordeaux ou la Zac Cambacé-
rès à Montpellier alors que l?étude d?impact actualisée de
la Zac Dame Blanche Nord à Garges-lès-Gonesse, de la Zac
de l?éco-quartier du fort d?Aubervilliers ou celle du quartier
Esplanade à Grenoble ont permis un approfondissement et
des évolutions notables de la prise en compte des enjeux
environnementaux ;
? la thématique de la biodiversité, y compris ordinaire, et de
la nature en ville, est de plus en plus appréhendée par ces
projets urbains, comme par exemple pour la Zac du Bas
Clichy à Clichy-sous-Bois mais peut rester insuffisamment
traitée, l?Ae étant amenée à formuler des recommanda-
tions par exemple sur la prise en compte de la biodiversité,
de l?évolution des corridors boisés, des effets cumulés (cas
par exemple du projet Noisy Pôle Gare à Noisy-Champs),
? le changement climatique est pris en compte de manière
plus approfondie au travers de bilans d?émissions de gaz à
effet de serre, établis en analyse de cycle de vie, souvent
assez précis, mais d?une part ces bilans ne sont pas toujours
de qualité homogène, et d?autre part les plans d?actions
pour améliorer ces bilans sont encore souvent peu précis.
De même pour l?adaptation au changement climatique on
peut commencer à rencontrer des traitements précis (cas
des îlots de chaleur urbains dans la Zac Dame Blanche Nord
par exemple) mais le sujet reste largement à approfondir
par l?ensemble des responsables chargés de planification.
Les quelques dossiers d?aménagement de zones d?activité
économique examinés par l?Ae sont très divers mais font sou-
vent ressortir l?importance de l?enjeu de l?évitement, dès la
conception des projets et aussi dès le choix du site, des prin-
cipales zones sensibles en termes d?enjeux naturels. Le projet
de Parc Grand Ouest, à Argentré et Bonchamp-lès-Laval en
Mayenne a ainsi beaucoup évolué depuis 2019 du fait de la
démarche d?évitement conduite par le porteur de projet,
tandis que le deuxième avis de l?Ae sur le projet de zone d?ac-
tivités dédiée à la filière dirigeables à Laruscade en Gironde
n?a pu que constater que, malgré l?amélioration sensible du
dossier et des études fournies, les incidences liées à l?implan-
tation du site sur un site riche en biodiversité et largement
en zone humide restaient non compensées à ce stade de
présentation du projet.
84 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 85
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Aménagements fonciers agricoles, forestiers et environne-
mentaux (Afafe)
L?Ae a rendu trois avis concernant sept Afafe.
Aménagement foncier agricole, forestier et environnemen-
tal (Afafe) de Toulon-sur-Allier lié aux travaux sur l?A79-RCEA
(03) ? Avis n°2024-15 du 11 avril 2024
L?Ae a rendu le 11 avril 2024 un avis (n°2024-15) sur le projet
d?aménagement foncier, agricole, forestier et environnemen-
tal (Afafe) de Toulon-sur-Allier. L?Afafe, qui porte sur 316 ha,
est une conséquence de l?aménagement de la route Centre
Europe Atlantique (RCEA) à 2x2 voies, aménagée en auto-
route sur les 88,45 km séparant Sazeret (03) et Digoin (71) et
devenue l?A79.
Le secteur a déjà été remembré à plusieurs reprises. L?Ae
émet plusieurs recommandations notamment celle de re-
considérer l?abattage des arbres isolés anciens et de privi-
légier l?évitement, de compléter le projet par des mesures
apportant des fonctionnalités compensant la destruction
des haies (120 m de haie arrachée dans un secteur qui ne dis-
pose déjà plus de beaucoup de haies et d?arbres isolés), et par
des mesures de maintien pérenne des prairies permanentes.
Elle recommande aussi de justifier la cohérence et la complé-
mentarité entre les mesures environnementales des travaux
routiers et celles des travaux connexes de l?Afafe comme de
mieux justifier certains travaux d?irrigation dans des zones
humides, d?analyser leurs conséquences et d?en déduire si
besoin des mesures d?évitement, de réduction ou de com-
pensation complémentaires7 . Enfin, l?Ae recommande de
présenter l?évolution des surfaces irriguées et de celles en
prairies avant et après les travaux connexes, d?allonger la
durée du suivi des plantations et de prévoir si besoin des
mesures correctives.
Aménagement foncier, agricole, forestier et environnemen-
tal (AFAFE) de Ligny-en-Barrois lié à la déviation de la RN 135
à Velaines (55) ? Avis n°2023-33 du 13 juin 2024
L?Ae est saisie du dossier d?Afafe de Ligny-en Barrois, sous maî-
trise d?ouvrage du Département de la Meuse, afin de réduire
les désordres et les dommages au parcellaire agricole et les
dommages environnementaux provoqués par l?emprise de
l?aménagement routier de la RN 135 (mise à 2x2 voies de la
section comprise entre Longeville-en-Barrois et Ligny-en-Bar-
rois). Un précédent avis avait été émis le 6 juillet 2023 sur
les deux premiers Afafe de ce projet routier, portant sur les
communes de Velaines et Nançois-sur-Ornain.
L?Ae rappelle que le projet routier et les trois Afafe sont
constitutifs d?un même projet.
L?Ae émet plusieurs recommandations parmi lesquelles celle
d?identifier les suppressions potentielles de boisements et
de haies et prévoir, le cas échéant, des plantations compen-
satoires, de fournir les résultats du suivi environnemental des
aménagements routiers déjà réalisés, de compléter les in-
ventaires de la faune pour couvrir le périmètre de cet Afafe
et d?inclure dans les défrichements à compenser ceux qui
seront induits par les Afafe après les travaux connexes.
Actualisation de l?aménagement foncier agricole, forestier
et environnemental (Afafe) de Stutzheim-Offenheim, Ding-
sheim, Griesheim-sur-Souffel et Hurtigheim et sur les Afafe
de Truchtersheim, Lampertheim, Pfulgriesheim et Schner-
sheim, Ittenheim, Handschuheim et Achenheim, - Ernol-
sheim-Bruche, Breuschwickersheim et Kolbsheim, Venden-
heim, Bietlenheim, Geudertheim, Hoerdt et Weyersheim
tous liés au contournement ouest de Strasbourg (67) - Avis
2024-68a et 68e du 24 octobre 2024
L?Ae a été amenée à se prononcer le 24 octobre 2024 (2024-
68a et 68 e) sur cinq Afafe8 qui visent à remédier aux effets
du prélèvement de surfaces agricoles et forestières liés à la
réalisation du contournement ouest de Strasbourg (COS)
constituant désormais l?autoroute A355. Les cinq Afafe
concernent un total de 10 362 ha et comportent chacun
une restructuration parcellaire et un programme de travaux
connexes.
Si le COS a artificialisé 347 ha, les Afafe créent 49 km de
chemins et en détruisent 100 km (remis en terre), produisant
pour l?ensemble des Afafe un bilan positif de désartificiali-
sation nette de 15,47 ha. L?Ae note que dans l?ensemble, la
démarche « éviter, réduire, compenser » (ERC) a été bien me-
née, et que l?évitement a été privilégié. La démarche comme
les dossiers sont de qualité.
L?Ae émet néanmoins quelques recommandations pour en-
courager la Collectivité européenne d?Alsace (CeA) à pour-
suivre sa démarche positive. L?Ae émet également quelques
recommandations plus spécifiques sur certains des Afafe.
7.
Le mémoire en réponse a pris en compte certaines des recommandations
puisqu?il supprime l?arrachage de 7 arbres et le remplacement du comble-
ment du fossé par un curage et la pose de buses.
8.
L?un porte sur les communes de Stutzheim-Offenheim, Dingsheim, Grie-
sheim-sur-Souffel et Hurtigheim (1 813 ha), sur lequel l?Ae a déjà rendu un
avis (n° 2023-28) : https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/
pdf/23_06_22_afafe_stutzheim_delibere__cle59d27e.pdf. Les autres portent
sur Truchtersheim, Lampertheim, Pfulgriesheim et Schnersheim (3 120
ha), Ittenheim, Handschuheim et Achenheim (793 ha), Ernolsheim-Bruche,
Breuschwickersheim et Kolbsheim (1 117 ha) et Vendenheim, Bietlenheim,
Geudertheim, Hoerdt et Weyersheim (3 519 ha).
86 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 87
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/23_06_22_afafe_stutzheim_delibere__cle59d27e.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/23_06_22_afafe_stutzheim_delibere__cle59d27e.pdf
Les projets ayant trait à l?Énergie
Projets de création des postes électriques « Gallais-Rampeau
» et « Les Chevreaux » et leur raccordement au poste de Rom
(16, 79, 86) - Avis n°2024-95-96 du 21 novembre 2024
Les avis (n°2024-95-96) du 21 novembre 2024 portent sur deux
projets de création de postes électriques de transformation,
d?une capacité de 80 MW chacun, «Gallais Rampeau» et «Les
Chevreaux», portés par Réseau de transport d?électricité
(RTE), Enedis et SRD Energie Vienne, ainsi que sur la liaison
électrique de chacun d?eux, en 225 kV portée par RTE, au
poste de Rom. Ces projets s?inscrivent dans le cadre de la
mise en oeuvre du schéma régional de raccordement au ré-
seau des énergies renouvelables (S3REnR) de Nouvelle-Aqui-
taine.
L?Ae recommande de développer, dans l?étude d?impact,
l?analyse et la justification des choix effectués lors des pré-
cédentes étapes d?élaboration du projet, notamment dans
le cadre du S3REnR et de la concertation dite « Fontaine ».
Les différentes variantes possibles au stade de la réalisation
des projets doivent être mieux présentées. Certains endroits
où passent les lignes (traversées de cours d?eau, de haies, de
zones humides) sont insuffisamment identifiés dans le dos-
sier et de nombreuses mesures d?évitement et de réduction
sont renvoyées à des étapes ultérieures sans garantie de mise
en oeuvre effective adaptée aux enjeux identifiés.
Création de postes RTE (Foulventour) et Enedis (Saint-Hi-
laire-la-Treille) et raccordement à la ligne Éguzon-Plaud (87)
- Avis n°2024-83 du 10 octobre 2024
L?Ae a été saisie d?un dossier de demande d?autorisation en-
vironnementale avec mise en compatibilité des documents
d?urbanisme relatif à la construction sur la commune de
Saint-Hilaire-la-Treille (Haute-Vienne) d?un poste 400 kV/225
kV à relier à une ligne 400 kV existante et un poste 225 kV/20
kV.
Le dossier est de bonne qualité. Il présente cependant
quelques incohérences (inventaires, impacts) et manques
(mesures compensatoires non abouties à la date du dépôt,
mais en cours de finalisation). L?Ae émet plusieurs recom-
mandations visant à compléter le dossier sur l?état initial
(qualité de l?air, compatibilité avec plans et programmes liés
à l?eau, trafic), la quantification des impacts du chantier et
la justification des ouvrages de rétention des eaux pluviales.
Des recommandations portent également sur la demande
de dérogation relative aux espèces protégées affectées par
le projet, les mesures compensatoires, les impacts sur les
zones Natura 2000 et la prise en compte des effets cumulés
dans les mesures.
Projet « Val de Serre » de renforcement du réseau public de
transport d?électricité pour accueillir les énergies renouve-
lables à l?est de Laon (02) ? Avis n°2024-69 du 29 août 2024
Le projet Val de Serre, présenté par RTE et Enedis vise à ren-
forcer le réseau électrique de l?est de Laon (02), saturé. Dans
la zone de Lislet, un nouveau poste source 250 000/20 000
volts est prévu avec trois transformateurs de 80 MW chacun,
ainsi qu?une nouvelle liaison souterraine à 225 000 volts de
27 km jusqu?à un autre nouveau poste de transformation à
400 000/225 000 volts.
Dans son avis du 29 août 2024 (n°2024-69) l?Ae souligne
que l?étude d'impact est d?une manière générale de bonne
facture et proportionnée aux enjeux. Certains aspects mé-
ritent cependant d?être complétés ou mis à jour comme, par
exemple, l?état des lieux de la production existante d?EnR et
celle en projet. Le dimensionnement des postes est à justifier
sur ces bases et sur les capacités du territoire à accueillir ces
projets. Le périmètre de l?étude d?impact doit avec celui du
projet, l?aire d?étude élargie à celles des projets d?EnR qui
seront raccordés au poste du Thuel, les niveaux des impacts
et les mesures d?évitement et de réduction présentés étayés
par les retours d?expérience des postes et lignes déjà réali-
sés par la maîtrise d?ouvrage. L?Ae recommande de fournir
un bilan carbone complet du projet en s?appuyant sur les
mêmes bases.
Nouveau poste électrique de Flandre Maritime (59) ? Avis
n°2024-22 du 30 mai 2024
RTE a saisi l?Ae d?un dossier de demande de déclaration d?uti-
lité publique (DUP) pour la construction d?un nouveau poste
électrique dit « Flandre Maritime » à Saint-Georges-sur-l?Aa
(59) et pour les lignes électriques ainsi que d?un dossier de
demande d?autorisation environnementale (DAE) avec mise
en conformité des documents d?urbanisme (Mecdu). Le dos-
sier comprend une demande de dérogation à l?interdiction
de destruction de spécimens d?espèces protégées et de leurs
habitats.
Si le dossier comporte beaucoup d?informations, l?Ae dans
son avis du 30 mai 2024 (n°2024-22) relève que celles-ci sont
éparpillées, parfois redondantes ou incohérentes. Le choix
du site doit être mieux justifié, les zones humides et boise-
ments mieux documentés. Les incidences et compensations
sur les zones humides, et les incidences et mesures de la
séquence « éviter, réduire ou à défaut compenser » en phase
chantier doivent être précisées.
Construction du poste source 225 000 volts « Bâtisseurs » et
son raccordement par deux liaisons électriques souterraines
à 225 000 volts à la ligne aéro-souterraine Morbras - Ville-
neuve-Saint-Georges (91-94) ? Avis n°2024-30 du 16 mai 2024
Le projet présenté par RTE et Enedis concerne la création
d?un poste source à Crosne (91) sur le site dit « des Bâtisseurs
» qui sera raccordé à la ligne aéro-souterraine 225 000 volts
Morbras - Villeneuve-Saint-Georges par deux liaisons souter-
raines de 4 km, au niveau de Valenton (94). L?Ae est saisie de
la demande de déclaration d?utilité publique (DUP).
Dans son avis du 16 mai 2024 (n°2024-30), l?Ae souligne que
l?évaluation environnementale devrait être approfondie sur
certains sujets. Ainsi la mesure de compensation prévue
pour la restitution d?un habitat favorable à la reproduction
de l?Hypolaïs polyglotte doit être décrite plus précisément
et un bilan des émissions de GES portant sur les phases de
construction et d?exploitation établi.
L?étude des solutions alternatives quant au choix du tracé
appelle des observations, le choix du fuseau de moindre im-
pact (FMI) ayant été validé sur la base d?études écologiques
partielles alors même que le choix du tracé retenu devrait
des incidences significatives sur le milieu naturel.
L?Ae recommande de réviser les procédures d?élaboration
des projets de RTE et Enedis afin de ne pas restreindre de
façon excessive le choix des variantes lors de la définition
du fuseau de moindre impact, à un stade où les données
et analyses sont encore partielles et où la participation du
public ne peut être assurée de façon appropriée.
88 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 89
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Projet d?interconnexion électrique AQUIND entre la France
(76) et le Royaume-Uni ? Avis n°2024-14 Aquind du 16 mai
2024
Le projet consiste en la création d?une nouvelle inter-
connexion électrique entre la France et le Royaume-Uni.
L?étude d?impact communiquée concerne la partie française
du projet (création de deux liaisons sous-marines en courant
continu d?une longueur de 73 km, d?un point d?atterrage à
Pourville-sur-Mer, de deux liaisons terrestres souterraines en
courant continu d?une longueur de 36 km, d?un poste de
conversion du courant à Varneville-Bretteville et d?un rac-
cordement souterrain de 300 mètres en courant alternatif
jusqu?au poste existant de Barnabos (76)), sur laquelle porte
l?avis de l?Ae.
Le dossier comporte un volet terrestre et un volet marin.
Des encadrés et des tableaux résument régulièrement les
éléments saillants à retenir, ce qui facilite la compréhension
du projet et de ses incidences. Le document a été mis à jour
à plusieurs reprises pour tenir compte des avis reçus, de la
concertation publique ou des évolutions du territoire.
L?Ae dans son avis du 16 mai 24 (n°2024-14) recommande de
compléter le dossier par des éléments permettant de s?assu-
rer que les solutions techniques, non encore connues en l?at-
tente d?appels d?offres ou du résultat d?études en cours sur
le tracé, aient des conséquences environnementales mini-
males, évaluées et maîtrisées : exigences de résultat, contrôle
des sous-traitants, révision du dossier en cas de solutions plus
pénalisantes que le scénario enveloppe. L?Ae recommande
également de préciser les incidences, mesures et risques en
phase chantier terrestre (émissions de GES, pollutions de
l?air, de l?eau, des sols, bruit, circulation, déchets, espèces
exotiques envahissantes) et marin (bruit notamment), ainsi
qu?en phase exploitation (bruit) pour le poste de conversion.
Liaison souterraine entre le poste électrique de Gavrelle et
le futur poste de Lambres Envision - actualisation de l'avis
n°2022-24 (59-62) - Avis n°2023-138 du 7 mars 2024
L?Ae a rendu un premier avis (n°2022-24) sur un projet de
construction et d?exploitation d?une usine de composants de
batteries pour véhicules électriques au sud-ouest de Douai
sur des terrains de l?usine Georges Besse de Renault. Le projet
est divisé en quatre phases.
L?Ae est saisie du dossier de renforcement du réseau élec-
trique, nécessaire pour les trois dernières phases du projet,
opéré au moyen de la création d?une liaison électrique sou-
terraine à 225 000 volts d?environ 13 km entre le poste élec-
trique existant de Gavrelle (62) et le futur poste électrique
d?Envision AESC à Lambres (59).
Dans son avis du 7 mars 2024 (n°2023-138) l?Ae note que le
dossier actualise l?étude d?impact initiale sur le seul sujet des
raccordements et que les recommandations de l?avis préci-
té de 2022 restent largement pertinentes. Quelques recom-
mandations complémentaires sont faites, notamment de
clarifier le tracé de la nouvelle ligne souterraine et les consé-
quences de l?abandon de la ligne de secours, de documenter
davantage les incidences sur l?environnement et de préciser
les mesures d?évitement, de réduction et de compensation
relatives aux travaux de la liaison souterraine, du nouveau
poste électrique et du raccordement au poste existant.
Aménagement agri-énergie « Engie PV Bois Charpin » à Thiel-
sur-Acolin et Saint-Pourçain-sur-Besbre (03) - Avis n°2023-120
du 11 janvier 2024
Le projet, consiste en une centrale photovoltaïque au sol
d?une puissance de 68 MWc, pour une production annuelle
d?électricité de 88 GWh, sur une surface totale de 104 hec-
tares de parcelles agricoles. Il prévoit le maintien d?une pro-
duction agricole significative au niveau de ces parcelles. Deux
liaisons électriques souterraines de 13 et 9 km sont néces-
saires pour le raccordement.
L?étude d?impact est claire, elle comporte de nombreuses
illustrations et des synthèses sur les enjeux et impacts mais
nécessite des mises à jour au regard des incidences du pro-
jet sur les enjeux environnementaux identifiés par l?Ae. Elle
ne permet pas de justifier le choix de localisation du projet
au regard de l?ensemble des critères environnementaux en
présence, qui restent à concilier.
Dans son avis du 11 janvier 2024 (n°2023-120), l?Ae recom-
mande de justifier le choix du site retenu au regard des orien-
tations préconisées au niveau national et dans les deux plans
climat-air-énergie territorial (PCAET) et de préciser le posi-
tionnement du projet par rapport à la notion d?installation
agrivoltaïque, de corriger l?évaluation des émissions de GES
évitées, d?en prévoir un suivi et de privilégier les périodes
entre octobre et janvier pour les travaux lourds, au plus tard
février pour les travaux d?installation des tables photovol-
taïques. L?Ae recommande aussi de déposer une demande
de dérogation au titre de l?article L. 411-2 relatif à l?interdic-
tion de destruction d?individus et d?habitats d?espèces pro-
tégées et d?approfondir l?évaluation des incidences du projet
sur les fonctions des sols, et de compléter le cas échéant les
mesures prises pour les éviter, les réduire et si nécessaire les
compenser. Enfin, l?Ae recommande de prévoir par contrat
la mise en place d'une obligation réelle environnementale
(ORE) pour la durée minimale du projet (35 ans).
Centrale biomasse de Provence à Meyreuil et Gardanne (13)
? Avis n°2024-108 adopté lors de la séance du 5 décembre
2024
L?Ae a eu à se prononcer sur le projet « Centrale biomasse de
Provence » à Meyreuil et Gardanne (13). Le projet a fait l?objet
de plusieurs recours et annulation d?autorisations. La Cour
administrative d?appel de Marseille (arrêt du 10 novembre
2023) a demandé à l?exploitant (GazelEnergie) de compléter
l?étude d?impact en particulier sur les effets indirects de l'ap-
provisionnement en bois, le bilan carbone, ainsi que l'étude
des incidences Natura 2000. L?Ae a été appelée à se pronon-
cer sur l?étude d?impact ainsi complétée.
L?avis de l?Ae porte sur les trois points ciblés par la cour ad-
ministrative et sur d?autres thématiques environnementales
pour lesquelles les incidences ou les mesures restaient à pré-
ciser ou pour lesquelles des éléments nouveaux sont inter-
venus.
90 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 91
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Plusieurs recommandations sont émises parmi lesquelles
celle de mettre à jour le dossier en présentant les résultats
des études réalisées depuis 2012 (qualité de l?air, gestion et
traitement des eaux et bruit) et de compléter le bilan des
émissions de GES.
L?Ae recommande également de préciser les règles de du-
rabilité auxquelles les approvisionnements en biomasse fo-
restière sont soumis et de documenter les incidences des
approvisionnements à partir de la culture d?Eucalyptus.
Projet de construction de la centrale hydroélectrique de
Poses sur la commune d?Amfreville-sous-les-Monts (27) - Avis
n°2024-55 du 25 juillet 2024
L?Ae a été saisie du projet de centrale hydroélectrique de
Poses, sur la commune d?Amfreville-sous-les-Monts dans
l?Eure (27), projet soumis à autorisation environnementale
au titre de la législation sur l?eau emportant autorisation d?ex-
ploiter au titre du code de l?énergie.
Le projet a fait l?objet d?un certain nombre d?améliorations,
en particulier sur les continuités piscicoles. Dans son avis
n°2024-55 du 25 juillet 2024, l?Ae note que ces améliorations,
ainsi que l?ensemble des mesures d?évitement, de réduction
et de compensation n?apparaissent pas de manière com-
plète et cohérente dans l?ensemble des pièces, en particulier
dans l?étude d?impact, dont l?Ae recommande de mettre à
jour le contenu et les pièces graphiques. L?Ae recommande
également de décrire davantage la consistance et les in-
cidences des travaux de dragage et de mieux expliquer la
contribution du projet aux stratégies applicables en ma-
tière d?eau et de milieux aquatiques, de présenter le bilan
du projet en matière de réduction des GES et de préciser sa
contribution aux objectifs nationaux et locaux, de compléter
l?étude d?impact pour l?annexe hydraulique créée à l?amont
de la zone de projet, et de préciser les modalités de limita-
tion des nuisances sonores en phase chantier.
Projet T. H2, installation de production de bioéthanol de
2e génération à Blainville-sur-Orne (14) ? Avis n°2023-137 du
21 mars 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de production de bioéthanol,
destiné à la fabrication de carburant, à partir de déchets
de bois « B » (bois issu de déchets de bois non dangereux,
mais contenant des substances chimiques à des concentra-
tions supérieures aux teneurs naturellement présentes dans
la biomasse) par pyrogazéification, situé sur la commune de
Blainville-sur-Orne (14).
L?Ae, dans son avis du 21 mars 2024 (n°2023-137) relève que
l?étude d?impact est correctement structurée et d?une lon-
gueur adaptée. Les résumés non techniques sont très déve-
loppés et gagneraient à être simplifiés. L?Ae recommande de
mieux étayer la nécessité de proximité de l?eau pour justifier
un projet en zone rouge du PPRM de la basse vallée de l?Orne
et de préciser les mesures de gestions prises pour assurer la
fonctionnalité écologique de la compensation de l?impact
aux zones humides et d?en démontrer l?efficacité.
L?Ae émet également des recommandations sur les rejets
atmosphériques des installations de séchage, évaporation et
combustion des gaz (quantification des valeurs limite d?émis-
sion et des flux) et de démontrer l?absence d?impact sur l?en-
vironnement et la santé, puis, le cas échéant, demander des
dérogations s?appuyant notamment sur une démonstration
de l?absence d?impact de ces rejets. Enfin, l?Ae recommande
de préciser le bilan des émissions de GES en comparant le
projet à des scénarios alternatifs, comme par exemple l?inci-
nération des déchets de bois avec récupération de l?énergie.
Extension d?une usine de fabrication d?éoliennes en mer au
Havre (76) ? Avis n°2024-106 du 21 novembre 2024 (2e avis)
L?Ae a été saisie du projet d?extension d?une usine de fabrica-
tion d?éoliennes en mer au Havre (76), qui doit permettre la
production d?une nouvelle génération de pales de 115 mètres
de long. Le projet est présenté par la société Siemens Game-
sa Renewable Energy (SGRE).
Le dossier comporte un « porter à connaissance » qui ap-
porte des réponses à la plupart des recommandations
émises par l?Ae dans un premier avis n°2019-54 en date du
24 juillet 2019.
L?Ae dans son avis du 21 novembre 2024 (n°2024-106) souligne
les quelques points qui n?ont pas fait l?objet d?une réponse
satisfaisante, tels que la présentation d?un bilan des émis-
sions de GES et des mesures d?évitement et de réduction
pour améliorer ce bilan et d?une analyse des dépassements
constatés à la sortie de la station d?épuration et de solutions
pour y remédier.
L?Ae émet également des recommandations sur le périmètre
du projet, sur le trafic routier généré ou encore de présenter
une synthèse des contrôles réalisés dans le cadre de la surveil-
lance des rejets atmosphériques liés au procédé industriel.
Parc éolien de Sapinois (08, 02) - Avis n°2024-74 du 26 sep-
tembre 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de parc de sept éoliennes de 7
MW chacune au maximum, de 200 mètres de hauteur en
bout de pale, situé sur la commune de Sévigny-Waleppe (Ar-
dennes ? 08). Le parc est localisé dans un milieu de grandes
cultures, avec quelques boisements. Le nombre d?éoliennes
a été réduit de sept à six avec augmentation de la puissance
unitaire.
L?Ae note dans son avis du 26 septembre 2024 (n°2024-74)
que l?étude d?impact est de qualité. Le descriptif du projet
est toutefois succinct sur le raccordement électrique du parc
au réseau de transport national. L?Ae recommande princi-
palement de justifier l?installation du projet dans une zone
déjà fortement saturée, et hors des zones favorables au dé-
veloppement de l?éolien, de mettre à jour le dossier sur sa
récente évolution (notamment acoustique), sur les éléments
géotechniques trop succincts, ou encore approfondir les in-
ventaires faunistiques en prévision des impacts du chantier
et renforcer certaines analyses sur les niveaux d?impact ré-
siduel sur certaines espèces protégées, enfin de préciser les
émissions de polluants atmosphériques et de GES en phase
travaux, et les éléments de suivi.
92 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 93
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Développement du pôle de recyclage et de production
d?énergies renouvelables à Montmirail ? Terra 72 (72) ? Avis
n° 2024-70 du 12 septembre 2024
L?Ae a été saisie d?un projet visant à développer sur un site de
30 ha de traitement et de valorisation de déchets à Mont-
mirail (72) les capacités de stockage de certains déchets du
bâtiment non recyclables, d?y installer des filières de valo-
risation, de diminuer le volume de déchets annuellement
enfouis et de produire de l?électricité issue de panneaux
photovoltaïques. Le méthane produit par les déchets sera
injecté sur le réseau GRDF via une canalisation à créer, dont
les incidences restent à analyser dans l?étude d?impact. Ce
projet induit la consommation de 20 ha à défricher.
Dans l?avis du 12 septembre 2024 (n°2024-70), parmi plu-
sieurs recommandations, les principales sont d?assurer la
cohérence des données présentées dans l?étude d'impact,
d?opérer des vérifications par rapport aux niveaux décennal
et centennal de la nappe, de joindre au dossier le bilan dé-
taillé des émissions de GES ou encore d?éviter tout épandage
à proximité des captages d?eau et des Znieff, sauf à démon-
trer leur compatibilité. Enfin, l?Ae recommande d?assurer que
les compensations permettent la reconstitution de milieux
offrant les mêmes services écosystémiques et d?analyser la
reconstitution de la trame verte par les mesures compen-
satoires.
Cap décarbonation (59-62) - Avis n°2024-75 du 12 septembre
2024
La cimenterie Eqiom de Lumbres (62) et l?usine de fabrication
de chaux Lhoist de Réty (62) portent un projet de capture
et transport du CO2 - dit « Cap décarbonation » - jusqu?à
des sites de séquestration géologique en mer du Nord. La
cimenterie et les fours à chaux émettent de l?ordre de 1,8
million de tonnes de CO2 par an. La séquestration géolo-
gique portera sur 1,4 million de tonnes par an, soit environ
trois quarts des émissions.
Dans son avis n° 2024-75 du 12 septembre 2024, l?Ae carac-
térise l?étude d?impact « globale » de peu hiérarchisée, com-
pilant des enjeux et incidences de nature et d?importance
très variables, et difficile à appréhender. L?Ae souligne l?im-
portance de délimiter clairement le périmètre du projet et
d?en tirer toutes les conséquences afin de pouvoir établir un
bilan environnemental correct. La présentation du bilan des
émissions de GES devrait être reprise, en distinguant ce qui
relève du programme d?ensemble. Il conviendra également
de démontrer que tous les leviers autres que la séquestration
du CO2 ont été engagés. Le dossier est incomplet sur la par-
tie canalisations (absence d?études de danger et de certains
aspects des études d?incidences). L?évaluation des incidences
n?est qu?esquissée pour le transport maritime. Celle du site
« captation fours à chaux » est en grande partie à revoir.
La demande de dérogation à l?interdiction de destruction
d'individus d?espèces protégées et de leurs habitats reste
à finaliser.
L?Ae conclut à la nécessité d?une actualisation de l?étude
d?impact et précise les éléments nécessitant approfondis-
sements ou compléments.
Unité de fabrication de panneaux photovoltaïques à Ham-
bach (57) ? Avis n°2024-72 du 12 septembre 2024
L?Ae a été saisie d?un projet d?usine de production de cellules
et panneaux photovoltaïques, d?une surface de 52 hectares
et d?une capacité de production de cinq GWc en phase fi-
nale, près de Sarreguemines, sur un terrain déjà pré-aménagé
d?une zone d?activité de 340 hectares. Dans son avis du 12
septembre 2024 (n°2024-72) l?Ae souligne que cette opéra-
tion est partie intégrante du projet d?ensemble de la zone
d?activité dont les incidences doivent être présentées dans
une vision globale et s?appuyant sur le suivi de sa mise en
oeuvre, dont les mesures compensatoires.
94 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 95
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Le dossier est présenté de manière claire et détaillée. Les
recommandations de l?Ae portent principalement sur les
compléments à apporter par chacun des maîtres d?ouvrage
pour assurer la bonne articulation entre leurs opérations, et
d?autre part sur l?importance des besoins en eau de l?usine
qui seront prélevés dans des eaux de surface dont la vulnéra-
bilité au changement climatique est déjà avérée. L?Ae recom-
mande enfin de compléter certaines des mesures de suivi.
Centre de stockage Cigéo (52-55), actualisation de l?avis n°
2020-79 - Avis n°2024-40 du 27 juin 2024
L?Ae a rendu un premier avis (n°2020-79) le 13 janvier 2021 sur
le projet Cigéo qui a été déclaré d?utilité publique le 7 juillet
2022 (décret n° 2022-993). L?Agence nationale pour la gestion
des déchets radioactifs (Andra) sollicite les autorisations en-
vironnementales nécessaires pour réaliser les opérations de
la phase d?aménagements préalables « dite DR0 ».
L?avis de l?Ae du 27 juin 2024 (n°2024-40) s?applique à l?étude
d?impact actualisée d?ensemble. Il complète, sans les re-
prendre, les recommandations de l?avis de 2021. L?Ae rap-
pelle les principaux enjeux environnementaux du projet,
inchangés.
Elle émet plusieurs recommandations auprès du maître d?ou-
vrage notamment dans le domaine des risques sur le long
terme (surveillance à long terme prévue, moyens envisagés
pour prévenir les risques d?intrusion par forage dans le stoc-
kage après fermeture, réflexion sur les options permettant de
maximiser la mémoire du centre de stockage et de minimiser
les risques de contact des générations futures avec les colis
de déchets etc.).
La phase DR0 des opérations d?aménagement préalable a
des incidences résiduelles faibles bien décrites dans le dos-
sier, elles font l?objet de mesures d?évitement et de réduction
appropriées et détaillées.
Nucléaire, INB
Extension de l'unité Nord de l'INB n°168 "Usine Georges
Besse II" sur la plateforme nucléaire du Tricastin (26-84) ?
Avis n°2023-125 du 8 février 2024
L?Ae a été saisie d?un projet visant à augmenter de plus d?un
tiers à l?horizon 2028 la capacité d?enrichissement d?uranium
par ultracentrifugation à des fins civiles de l?unité Nord de
l?usine Georges Besse II (installation nucléaire de base ? INB
? 168) sur le site du Tricastin (Drôme et Vaucluse). L?augmen-
tation du taux d?enrichissement fait l?objet d?une demande
parallèle auprès de l?Autorité de sûreté nucléaire. Ce dernier
élément, qui ne figure pas au dossier, constitue selon l?Ae une
composante du projet.
L?Ae note dans son avis n°2023-125 du 8 février 2024 que
l?étude d?impact, de bonne facture, souffre de quelques er-
reurs méthodologiques.
L?Ae recommande notamment de compléter certaines
données et d?intégrer l?ensemble des évolutions projetées
sur l?installation dans le périmètre du projet (y compris la
demande d?autorisation d?enrichissement à un taux accru).
L?Ae recommande de reprendre l?analyse de la vulnérabilité
du projet au changement climatique sur le fondement des
dernières modélisations et en revoyant l?horizon considéré
compte tenu de la durée de fonctionnement et de déman-
tèlement des installations.
Démantèlement de l?INB n°22 sur le site de Cadarache sur
la commune de Saint-Paul-lez-Durance (13) ? Avis n°2024-52
du 11 juillet 2024
L?Ae a été saisie du projet de démantèlement d?un réacteur
du centre de Cadarache (Pégase), arrêté en 1975, d?une puis-
sance de 35 MW qui réalisait des tests de combustibles. Pé-
gase forme avec la casemate de Cadarache (Cascad, toujours
en fonctionnement) l?installation nucléaire de base (INB) 22.
L?Ae dans son avis du 11 juillet 2024 (n°2024-52) note que le
dossier est de qualité avec une étude d?impact proportion-
née aux enjeux du territoire et du projet. Comme l?Ae l?a
souligné dans de précédents avis sur des projets de déman-
tèlement du CEA, il convient de justifier les choix opérés
en matière d?étalement du démantèlement eu égard à leurs
incidences environnementales. L?Ae émet d?autres recom-
mandations tels que, par exemple, d?indiquer si d?autres dé-
chets sans filière immédiate sont susceptibles d?être générés
par le projet, ou encore si la prise en compte d?un incident
déjà survenu dans Pégase (chute d?un palan-moteur dans un
bassin d?entreposage) dans l?étude de maîtrise des risques
serait de nature à en modifier l?évaluation des effets sur l?en-
vironnement et la santé humaine.
ICPE
Dépôts d?hydrocarbures de Langres D à Violot, de Langres
E à Heuilley-le-Grand et de Chaumont à Autreville-sur-la-
Renne (52) ? Avis n°2023-127 du 8 février 2024
L?Ae a été saisie sur les dossiers de trois dépôts d?hydrocar-
bure dont l?exploitation était autorisée par arrêté ministériel
avec une date limite fixée au 31 décembre 2020. Les trois dos-
siers de demande d?autorisation environnementale déposés
visent à régulariser la situation. Il n'est pas prévu de travaux
ou de modifications sur les trois dépôts.
L?Ae souligne dans son avis n°2023-127 du 8 février 2024 que
les études d?impact sont clairement présentées et les dif-
férentes thématiques environnementales abordées, dans
l?ensemble, de façon proportionnée aux enjeux. Elle émet
plusieurs recommandations dont la fourniture d?éléments de
contexte sur le réseau ODC (oléoduc de défense commune),
celle d?intégrer dans le périmètre de chacun des projets les
installations et canalisations reliant le dépôt à ce réseau, ou
encore de mettre à jour l?état initial de la biodiversité des
trois sites et renforcer l?analyse des incidences sur les milieux
naturels. Le dossier doit en outre être complété sur plusieurs
points, notamment la gestion des eaux pluviales, le renfor-
cement de la surveillance des eaux souterraines ou encore
le risque de fuite d?hydrocarbure.
96 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 97
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
PROLOGIUM ? exploitation d?une usine de fabrication de
batteries électriques (Gigafactory) sur les communes de
Bourbourg et Craywick (59) - Avis n°2024-51 du 11 juillet 2024
Le projet consiste dans une opération de construction et
d?exploitation d?une usine de production de batteries per-
mettant d?équiper entre 350 000 et 500 000 véhicules élec-
triques par an. Réseau de transport d?électricité (RTE) et le
grand port maritime de Dunkerque (GPMD) sont associés, en
particulier pour les renforcements des réseaux nécessaires à
l?opération qui est l?une des composantes du projet « zone
grandes industries 2 » (ZGI 2) aménagée par le GPMD, sur
les communes de Bourbourg et Craywick, plateforme ayant
déjà fait l?objet d?un avis de l'Ae et d?une autorisation de
création. Le dossier est globalement clair et détaillé sur les
points qu?il traite.
Sans procéder à sa mise à jour, il s?appuie sur le dossier
d?étude d?impact de la ZGI 2 pour les impacts dans cette
zone et le complète par l?analyse des incidences dans les
zones mobilisées par le projet en dehors du périmètre initial
de la ZGI 2, et de celles liées au procédé industriel.
Pour l?Ae, dans son avis n°2024-51 du 11 juillet 2024, l?articu-
lation et la complémentarité entre l?étude des impacts de
l?opération ProLogium et les études d?impact des projets ZGI
2 et CAP 2020 doivent être clarifiées et l?étude d?impact de
la ZGI 2 doit être actualisée en fonction des caractéristiques
de l?opération qui s?y implante pour donner une vue d?en-
semble à jour.
Parmi les recommandations de l?Autorité environnementale
: les émissions de GES et les leviers pour les réduire, la mise
en oeuvre des mesures compensatoires des atteintes à la
biodiversité de l?opération ProLogium, et sur celles d?autres
projets concernés par le tracé du raccordement électrique
de ProLogium au poste RTE, les concentrations de rejets des
effluents issus du traitement de l?eau industrielle et sur la
solution de régénération de solvants dans une installation
distante du site. L?Ae émet également quelques recomman-
dations sur l?étude de dangers.
Modification de l?unité de méthanisation de la société
BioPommeria à Sèvremont (85) ? Avis n°2024-78 du 26 sep-
tembre 2024
Le projet concerne l?extension de capacité de l?unité de
méthanisation de BioPommeria, située sur la commune de
Sèvremont en Vendée. Une nouvelle modification de l?auto-
risation environnementale est demandée pour porter la ca-
pacité d?intrants traités à 85 000 t/an et pour l?actualisation
correspondante du plan d?épandage des digestats.
L?étude d?impact aurait pu mieux documenter certains
points du bilan du fonctionnement du site depuis sa mise
en service. Elle manque de précisions sur certains aspects : en
particulier, l?Ae recommande d?approfondir la description de
l?état des eaux superficielles et profondes dans l?état initial,
de mettre en cohérence les différentes pièces du dossier
concernant les données relatives aux captages d?alimenta-
tion en eau potable concernés par le plan d?épandage et
également de préciser les mesures à mettre en oeuvre dans
le plan d?épandage pour limiter la pollution de l?eau par les
nitrates.
L?étude d?impact nécessiterait une vision d?ensemble et ac-
tualisée en ce qui concerne les émissions de GES. La méthode
de calcul du contenu carbone du biogaz produit n?étant pas
décrite, l?Ae recommande de la préciser et de donner une
estimation du « bilan carbone » fondée sur l?analyse de cycle
de vie du projet, par rapport à un scénario de référence sans
méthanisation. Les mesures envisageables pour améliorer à
l?avenir le bilan carbone du site et les émissions de gaz à effet
de serre évitées doivent être présentées ainsi qu?une étude
de danger actualisée et autoportante.
Projets miniers
Projet Emili, d?extraction et traitements de lithium - galerie
d?exploration, 4e campagne de sondages et pilotes indus-
triels de traitements ? dans l?Allier (03) - Avis n°2024-104 du
21 novembre 2024
L?Ae est saisie au stade de l?autorisation environnementale
des pilotes de concentration et conversion et de la qua-
trième campagne de forages nécessaires au projet Emili
(« exploitation de mica lithinifère par Imerys »). Ce projet,
complexe, consiste à exploiter le gisement de lithium situé
sous la carrière de kaolin de Beauvoir au sud de l?Allier, afin
de produire de l?hydroxyde de lithium (34 000 t annuelles)
pour équiper en batterie électrique lithium ion 700 000 vé-
hicules par an.
Il s?articule autour d?une étape pilote et d?une étape indus-
trielle. L?étape pilote doit permettre de préciser les caracté-
ristiques de l?étape industrielle du projet qui ne sont donc à
ce stade pas toutes définies, de même que leurs incidences.
Le dossier fourni témoigne de ce décalage, faisant état de
nombreuses études environnementales en cours, tout en
proposant déjà un certain nombre de pistes de mesures
d?évitement, de réduction et de compensation des inci-
dences de l?étape industrielle. Il témoigne ainsi d?une dé-
marche de réduction de ses besoins en eau brute (recours à
des procédés en circuits fermés et à la réutilisation des eaux
usées traitées sur une station de traitement d?eaux usées
urbaines).
Des éléments dimensionnants pour le projet doivent toute-
fois être abordés ou approfondis tels que par exemple la sen-
sibilité des ressources en eau au changement climatique ou
les effets des modes d?exploitation et de gestion des stériles
et résidus de concentration du minerai sur l?eau souterraine.
Certaines options ou solutions de substitution sont, en ce
sens, à approfondir ou confirmer. Disposer de l?ensemble des
résultats des études relatives à la ressource en eau et à son
évolution, notamment du fait du changement climatique,
et d?une évaluation quantitative des risques sanitaires (EQRS)
robuste sera indispensable à la prise de décision relative à
l?engagement de l?étape industrielle.
98 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 99
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Infrastructures routières
Requalification de la RD7 de Suresnes à Saint-Cloud (92) -
Avis n°2024-93 du 19 décembre 2024
Il s?agit d?un 2e avis rendu par l?Ae sur ce dossier portant
sur la requalification d?environ 3 300 m de la route dépar-
tementale n° 7 (RD7) entre le parc du château à Suresnes
et la place Georges Clemenceau à Saint-Cloud (un premier
avis n°2019-105 a été rendu le 22 janvier 2020). L?Ae note que
l?étude d?impact a été complétée, en particulier sur la théma-
tique inondations, tenant compte des recommandations du
premier avis, qu?elle est proportionnée aux enjeux et intègre
de manière effective la démarche « éviter ? réduire ? com-
penser » mais que certains sujets restent cependant encore
à approfondir, comme les interactions avec d?autres travaux
(future ligne 15 de métro) ou encore l?analyse en termes de
bruit, de qualité de l?air et d?émissions de GES, insuffisam-
ment détaillée.
Projet de liaison routière Jonction Est à Toulouse (31) ? Avis
n°2024-67 du 10 octobre 2024
L?Ae a été saisie du projet de liaison routière « Jonction Est de
Toulouse » qui comprend la réalisation d?un nouvel échan-
geur sur le périphérique est de Toulouse (A61), entre ceux de
Montaudran et de Lasbordes et vise à fluidifier la circulation
entre Toulouse et sa première couronne. L?intérêt multimo-
dal du projet est mis en avant, la réalisation de l?infrastructure
(qui ne se traduirait pas, selon le dossier, par un trafic induit)
permettant une amélioration du service de transports en
commun et de l?offre de déplacements actifs, en particulier
à vélo. Dans un contexte très anthropisé, le projet pourrait
contribuer, in fine, à la restauration de milieux dégradés à
l?occasion de la construction du périphérique dans les an-
nées 1980, et s?inscrit dans une logique nouvelle de préserva-
tion d?une importante zone non encore urbanisée en sortie
de ville.
Dans son avis du 10 octobre 2024 (n°2024-67) l?Ae recom-
mande principalement de compléter l?analyse des solutions
de substitution raisonnables, de préciser les engagements sur
le développement des transports en commun et de condi-
tionner l?autorisation du projet à la programmation précise
de ce renforcement. Parmi d?autres recommandations, celles
d?assurer la pérennité des mesures compensatoires aux at-
teintes à la biodiversité (zones humides, milieux naturels),
la prise en compte du risque d?inondation dans l?aménage-
ment de ce territoire, l?interdiction d?urbanisation autour
de la nouvelle voirie, et la réduction et compensation des
émissions de gaz à effet de serre liées au trafic routier et au
chantier.
Déviation Saint-Hostien - Le Pertuis RN88 (43) ? Avis n°2024-
82 du 26 septembre 2024 (3e avis)
Le dossier concerne la déviation Saint-Hostien - Le Pertuis,
d?une longueur de 10,7 km, et évoque la déviation d?Yssin-
geaux (mise en service en 2022), dernières opérations en
Haute-Loire de l?aménagement à 2x2 voies de la RN88.
L?opération a été déclarée d?utilité publique en 1997. Une
autorisation environnementale a été accordée en 2020 mal-
gré un avis défavorable du conseil national de la protection
de la nature (CNPN) du 6 mai 2020. Un premier avis d?Ae en
2020 soulignait de nombreuses insuffisances dans le dossier.
Dans son avis du 26 septembre 2024 (n°2024-82) l?Ae note
que les principales modifications depuis le précédent dossier
concernent la découverte d?une nouvelle espèce protégée,
le Triton palmé, dans le périmètre du projet, ainsi que les
réponses apportées au précédent avis de l?Ae.
L?Ae observe que les raisons impératives d?intérêt public
majeur du projet (condition d?octroi de la dérogation à l?in-
terdiction d?atteinte aux individus et aux habitats d'espèces
protégées), évoquées dans le dossier actualisé, restent insuf-
fisamment étayées ; la rentabilité socioéconomique du pro-
jet, évaluée dans le dossier, repose sur des hypothèses non
justifiées de croissance du trafic à courte distance et suppose
une augmentation de la vitesse de circulation (jusqu?à 110
km/h).
L?Ae réitère ses recommandations concernant la préserva-
tion de la biodiversité, les précédentes n?ayant pas été prises
en considération à ce stade. Elle rappelle également que
la totalité des mesures compensatoires doivent être listées
dans l?arrêté d?autorisation ; le dossier reste incomplet sur
ce point. L?Ae recommande enfin d?intégrer au dossier une
demande de dérogation à l?interdiction d?atteinte à des indi-
vidus d?espèces protégées et à leurs habitats, et formule aussi
des recommandations concernant le traitement du bruit et
des émissions de gaz à effet de serre.
Déviation de la RD 1017 à La Chapelle-en-Serval et Survil-
liers (60-95) et sur la mise en compatibilité des plans locaux
d?urbanisme ? Avis n°2024-36 du 27 juin 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de déviation de la route dépar-
tementale 1017 qui permet notamment d?accéder depuis le
sud de l?Oise à l?aéroport Paris-Charles de Gaulle et au nord
de l?unité urbaine parisienne. Cette déviation a pour objet
de remédier aux problèmes de congestions en centre-ville
et de nuisances pour les riverains (pollution de l?air et bruit)
liés à la route.
Dans son avis du 27 juin 2024 (n°24-36), l?Ae relève que l?étude
d?impact permet dans l?ensemble d?appréhender correcte-
ment les enjeux avec une approche de la séquence Éviter-Ré-
duire-Compenser bien conduite. La problématique des émis-
sions de gaz à effet de serre n?est cependant pas présentée,
ce qui doit être corrigé.
Si l?Ae note que le projet aura des effets positifs sur la qualité
de l?air et les nuisances sonores en centre-ville, elle souligne
deux points de vigilance à destination des collectivités lo-
cales et de l?État : ne pas exposer de nouvelles populations
à ces pollutions par des constructions trop proches de la
déviation et veiller à ne pas générer des apports de trafic
supplémentaire sur celle-ci.
D?autres recommandations sont formulées telles qu?optimi-
ser et contrôler la gestion des terres et déblais, préciser le
suivi du projet et de ses incidences, étudier l?intérêt d?une
limitation de vitesse plus basse sur la déviation, ou encore
envisager une politique de développement des mobilités
actives.
100 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 101
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Sécurisation et l?aménagement de la RN 296 à Aix-en-Pro-
vence (13) et sur la mise en compatibilité du plan local d?ur-
banisme d?Aix-en-Provence - Avis n°2024-07 du 25 avril 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de sécurisation et d?aménage-
ment de la RN 296 à Aix-en-Provence en vue de l?obtention
d?une déclaration d?utilité publique. Une mise en compati-
bilité du plan local d?urbanisme est aussi nécessaire.
L?étude d?impact est de bonne qualité et les incidences sont
en général correctement appréhendées, avec des analyses
approfondies des options d?aménagement, un traitement
paysager de qualité, une amélioration du traitement des
eaux de chaussée. Le projet permettra de développer le vo-
lume et la qualité de l?offre de transports en commun.
L?Ae recommande cependant dans son avis du 25 avril 2024
(n°2024-07) d?approfondir l?analyse des impacts en termes de
bruit, de concrétiser les mesures prévues en termes de limi-
tation de vitesse (au regard des bénéfices induits en termes
de sécurité, bruit généré, émissions de polluants atmosphé-
riques et de GES). L?Ae émet d?autres recommandations, par-
mi lesquelles inscrire les systèmes de traitement de l?eau dans
une démarche plus globale de mise aux normes des rejets de
la RN existante, ou encore d?étudier des options complémen-
taires de renforcement de l?offre de transports en commun
et de développement des modes actifs de déplacement.
Contournement ouest de Besançon, aménagement de la RN
57 sur la section comprise entre les « Boulevards » et Beure
(25) - Avis n°2023-129 du 25 avril 2024 (2ème avis)
Sous maîtrise d?ouvrage de l?État, le projet de Contourne-
ment Ouest de Besançon (16,5 km) vise à aménager l?in-
frastructure en voie rapide urbaine à deux fois deux voies.
Dans le cadre d?un premier avis sur l?évaluation environne-
mentale de la déclaration d?utilité publique (DUP) en 2022,
l?Ae relevait des insuffisances sur le contenu de l?étude d?im-
pact qui n?intégrait pas toutes les composantes nécessaires
au projet. L?avis interrogeait aussi le maître d?ouvrage sur le
choix d?un aménagement en voie rapide. Le projet est pré-
senté aujourd?hui en vue de l?obtention des autorisations
nécessaires à sa réalisation.
L?étude d?impact a été notablement complétée sur plusieurs
points, ce que relève l?Ae dans son avis du 25 avril 24 (n°2023-
129). Des questions restent cependant posées sur le péri-
mètre d?analyse des incidences, le parti d?aménagement rou-
tier restant inchangé par rapport au projet étudié en 2022.
Dans ce contexte, l?Ae réitère certaines de ses recommanda-
tions. Elle recommande par ailleurs d?envisager des mesures
supplémentaires, par exemple pour soutenir le développe-
ment des modes actifs de déplacement, préciser certaines
mesures de compensation des impacts sur les milieux na-
turels, ou encore d?envisager des mesures de réduction des
émissions de GES pendant la phase chantier (voire de com-
pensation de ces émissions).
RN141 ? section Chasseneuil-sur-Bonnieure ? Rouma-
zières-Loubert et aire de repos de Roumazières-Loubert
(16) ? Avis n°2023-134 du 21 mars 2024 (2e avis)
La route Centre-Europe-Atlantique (RCEA) a été mise à 2x2
voies entre Angoulême et Limoges (RN141). L?Ae été saisie du
projet d?aménagement à 2x2 voies de la dernière portion,
de 9 km, située entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Rouma-
zières-Loubert (16) et de l?aire de repos associée.
Dans son premier avis n° 2022-113 du 22 janvier 2023, l?Ae
relevait que l?étude d?impact du projet restait à produire,
les insuffisances du dossier ne permettant pas d'assurer la
complète information du public et sa participation lors de
l'enquête publique. Le dossier a depuis été significativement
revu et complété. Le projet s?est précisé et a évolué, du fait
de l?approfondissement de la démarche d?évitement, de ré-
duction et de compensation de ses incidences, ce que l?Ae
relève dans son avis du 21 mars 2024 (n°2023-134).
L?Ae interroge la lisibilité du dossier pour le public du fait
de ces évolutions successives, et des compléments d?inven-
taires insérés au dossier. La maîtrise d?ouvrage n?a pas fourni
d?étude d?impact du projet d?ensemble (les deux sections
achevant la mise à 2x2 voies de la RN141 entre Angoulême
et Limoges) et des Afafe afférents.
L?Ae émet plusieurs recommandations complémentaires par-
mi lesquelles présenter les mesures prises pour compenser
les 30 ha imperméabilisés par le projet, ou encore démontrer
la valeur ajoutée, à l?échelle de chacun des sites, de la gestion
qui sera appliquée sur les sites de compensation en partie
en « bon état de conservation ». Elle recommande enfin de
conduire certaines études (trafic, bruit, qualité de l?air et
d?émissions de gaz à effet de serre), sur la base d?hypothèses
alternatives prenant en compte un report plus important
du trafic poids lourd sur la nouvelle RN et de présenter les
mesures prises pour diminuer l?empreinte carbone du projet.
102 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 103
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Création du demi-échangeur de Carresse-Cassaber sur l?A64
(40, 64) ? Avis n°2024-135 du 7 mars 2024
L?Ae a été saisie du projet d?aménagement du demi-échan-
geur de l?A64 sur les communes de Carresse-Cassaber et
Sorde-l?Abbaye, entre Bayonne et Pau (40, 64), inscrit dans
le plan de relance autoroutier approuvé par le décret du 6
novembre 2018.
Le dossier ne s?interroge pas sur la pertinence d?ensemble
des projets d?aménagements envisagés sur cette portion de
route. L?Ae souligne l?insuffisance de la prise en compte du
niveau d?enjeu de certaines espèces (Saumon atlantique) et
de l?analyse de l?incidence résiduelle du projet sur certaines
espèces (le Vison d?Europe, la Loutre d?Europe ?) alors même
que plus de 80 espèces protégées sont recensées, des études
de trafic anciennes et insuffisamment documentées et des
mesures compensatoires en faveur du milieu naturel (elles
consistent en une opération importante enclavée dans la
bretelle autoroutière, ce que l?Ae considère comme inadap-
té).
Autoroute A7 - Diffuseur de Porte de DrômArdèche et sur
la mise en compatibilité des plans locaux d?urbanisme des
communes de Saint-Rambert-d?Albon, Albon et Saint-Bar-
thélémy-de-Vals (26) ? Avis n°2023-123 du 7 mars 2024
La création de deux demi-diffuseurs sur l?A7 (entre celui de
Chanas au nord et celui de Tain-L?Hermitage à 32 km au sud) a
des effets positifs sur les congestions et sur le cadre de vie de
nombreux riverains des axes routiers mais induit toutefois un
report significatif de trafic (jusqu?à +74%) sur deux axes du ré-
seau départemental (RD 112 et RD53) qui ne sont ni décrits ni
évalués dans l?étude d?impact, ce qui représente une lacune
majeure du dossier. L?Ae recommande de revoir l?ensemble
des incidences et mesures du projet à cette échelle.
Elle souligne l?absence d?analyse détaillée de solutions de
substitution faisant appel à d?autres modes de transport, ce
qui nuit à la justification du choix retenu, en particulier au
regard des objectifs du plan climat air énergie du territoire.
Les mesures prises afin de garantir l?absence de perte nette
de biodiversité sont à compléter. L?Ae émet d?autres recom-
mandations afin d?ajuster les mesures présentées, en prenant
en compte le périmètre du projet d?ensemble. Elle souligne
enfin que le dossier doit être explicite sur l?inscription du
projet dans la trajectoire nécessaire à l?atteinte des objectifs
de la stratégie nationale bas carbone (SNBC).
Contournement nord de Maubeuge et la mise en compatibi-
lité des plans locaux d?urbanisme intercommunaux (PLUi) du
pays de Mormal et de la communauté d?agglomération Mau-
beuge - Val de Sambre (59) ? Avis 2023-126 du 22 février 2024
L?Ae a été saisie du dossier d?enquête préalable à la décla-
ration d?utilité publique et à la déclaration de projet du
contournement nord de Maubeuge, d?une longueur de 12,7
km, et d?un coût estimé à 105 millions d?euros (valeur 2021).
L?Ae note dans son avis du 22 février 2024 (2023-116) que
l?étude d?impact est correctement structurée et d?une lon-
gueur adaptée. Elle comporte toutefois des imprécisions et
des manques et reste non conclusive sur de nombreux volets.
En outre, certaines affirmations sur les bénéfices attendus
ne sont pas suffisamment étayées, notamment concernant
l?amélioration de la qualité de vie des riverains et la sécurité
routière.
L?étude d?impact doit être complétée avant la mise à l?en-
quête publique afin de permettre une bonne information
du public, ce qui n?est pas le cas à ce stade. Une actualisation
de l?ensemble des thématiques de l?étude d?impact sera en
outre nécessaire et devra notamment définir précisément
les mesures de compensation.
L?Ae émet de nombreuses recommandations par exemple
sur la hiérarchisation et la motivation des objectifs du pro-
jet, sur la nécessité d?envisager des variantes complémen-
taires ou encore sur la quantification des émissions de GES
générées. Elle recommande enfin la reprise de l?évaluation
socio-économique afin de présenter un bilan complet per-
mettant de rendre compte des avantages et des inconvé-
nients monétarisés du projet et d?évaluer les conséquences
de celui-ci sur le développement éventuel de l'urbanisation.
Aménagements de la RN 20 sur les communes d?Ussat et
d?Ornolac-Ussat-les-Bains (09) ? Avis n°2023-68 du 22 février
2024
Le projet d?aménagement à 2 x 2 voies de la RN 20 entre
Tarascon et Ax-les-Thermes a fait l?objet d?une procédure de
déclaration d?utilité publique (DUP) le 26 décembre 2000,
portant mise en compatibilité des documents d?urbanisme
et lui conférant le statut de route express. L?amélioration de
la sécurité des personnes constitue un des objectifs du projet
d?aménagement, constitué de huit tronçons, de même que
l?amélioration de la fluidité du trafic.
L?Ae note dans son avis du 22 février 2024 (n°2023-68), que
l?étude d?impact n?aborde pas les impacts à l?échelle globale
du projet, remarque déjà formulée dans son avis n°2023-42
au sujet de la déviation de Tarascon et du tunnel de Quié.
L?état initial permet l?identification des principaux éléments
d?intérêt patrimonial. Une démarche « éviter, réduire, com-
penser » a été conduite, ce qui a permis de retenir des op-
tions plus favorables à l?environnement. En dépit de ces me-
sures, des atteintes à certains habitats d?espèces protégées
persistent. L?Ae rappelle qu?une dérogation n?est possible
que moyennant la justification de raisons impératives d?in-
térêt public majeur et la démonstration de l?absence d?autre
solution satisfaisante. L?Ae formule quelques recommanda-
tions mineures, sauf dans le domaine de la qualité de l?air qui
a vocation à être complété.
104 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 105
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Confortement des berges de la Bléone pour la protection
de la RN85 à Aiglun (04) ? Avis n°2024-31 du 30 mai 2024
L?Ae a été saisie d?un projet de confortement des berges de la
Bléone afin de sécuriser les talus de la route Napoléon (RN85)
sur la commune d?Aiglun près de Digne-les-Bains (04) dans le
cadre d?une demande d?autorisation environnementale au
titre de la législation sur l?eau et d?une demande de déroga-
tion à l?interdiction de destruction d?individus et d?habitats
d?espèces protégées.
Le projet a été retravaillé suite à un premier dossier examiné
en 2017 (qui avait fait l?objet d?un avis de l?Ae et d?un avis dé-
favorable du Conseil national de la protection de la nature).
Parmi les recommandations de l?Ae formulées dans son avis
du 30 mai 24 (n°2024-31) est relevée une recommandation
portant sur l?analyse des solutions de substitution raison-
nables, réalisée sur un nombre trop limité de scénarios ou
encore celle de mener une étude de sensibilité sur les para-
mètres de dimensionnement de l?ouvrage afin d?intégrer une
marge de sécurité suffisante.
Enfin au regard des incidences du projet sur les habitats natu-
rels (destruction d?habitats) et espèces patrimoniales, l?Ae re-
commande d?étudier le renforcement possible des mesures
d?évitement (concernant en particulier les possibilités de ni-
dification du Guêpier d?Europe sur la berge) et de mieux pré-
ciser les mesures compensatoires (scarification de bancs de
galets, localisation des nichoirs artificiels). La mise en place
d?un suivi pertinent de l?évolution de l?hydromorphologie du
lit de la Bléone figure également dans les recommandations.
Création d?une voie verte entre Nogent-sur-Seine (77) et
Crancey (10) - Avis 2024-64 du 29 août 2024
L?Ae a été saisie de l?aménagement en voie verte d?un chemin
de halage inusité de la Seine et de ses canaux de dérivation,
de vingt kilomètres de long, entre Crancey et Nogent-sur-
Seine (un des maillons manquants de la véloroute « La Seine
à vélo » (EV 33), inscrite au schéma national des véloroutes).
Dans son avis du 29 août 2024 (n°2024-64), l?Ae note que le
dossier présente la seule section de voie actuellement ac-
cessible, prenant place sur le chemin existant (sans prendre
en compte une future autre section liée à la création du
nouveau canal à grand gabarit de Bray-sur-Seine à Nogent-
sur-Seine) et que son niveau de définition ne paraît pas tou-
jours suffisant pour évaluer correctement les incidences
de l?aménagement ou s?assurer de leur absence. L?absence
d?incidence hydraulique sur les bassins versants interceptés
et de réduction du volume d?expansion des crues devra être
étayée. Les incidences sur les espèces et habitats naturels
devraient être évaluées en prenant le cas le plus défavorable
pour l?environnement, après examen de la situation actuelle
et du scénario de référence.
Routes
L?Ae examine régulièrement des dossiers d?aménagements
routiers, routes nationales sous maîtrise d?ouvrage de l?État,
autoroutes réalisées par des concessionnaires, ou aménage-
ments routiers supposant le franchissement d?une voie fer-
rée. Les évaluations environnementales font souvent l?objet
de plusieurs avis, au stade de la DUP, puis de la réalisation, en
lien avec les procédures d?autorisation environnementale, de
défrichement ou encore de dérogation à l?interdiction d?at-
teinte aux individus d?espèces protégées et à leurs habitats.
L?Ae et la direction générale des infrastructures, des trans-
ports et des mobilités (DGITM) ont organisé en juin 2024 un
séminaire d?échange entre les services de l?État chargés de
la maîtrise d?ouvrage (DREAL en général), la DGITM et l?Ae
pour échanger sur la pratique et les difficultés de l?évaluation
environnementale des projets et sur les voies de progrès pour
leur conception et réalisation.
Les enjeux et constats rencontrés mettent en évidence des
constantes, des lacunes fréquentes mais également des amé-
liorations et des projets de qualité :
? les principales recommandations portent sur l?insuffi-
sance des mesures d?évitement, de réduction et, à défaut,
de compensation constatées dans les actualisations ou dans
les réponses aux avis de l?Ae (déviation Sant Hostien ? Le
Pertuis sur la RN88 par exemple), même si d?autres projets
témoignent de la prise en compte des enjeux au fur et à
mesure de leur définition et leur réalisation (RD7 à Suresnes
et Saint Cloud par exemple) ;
? dans certains projets on note une approche convaincante
de l?appréhension de l?impact de l?ouvrage sur les milieux
naturels et de la séquence ERC (cas des projets de Jonction
Est à Toulouse, de la RD 1017 à La Chapelle en Serval, choix
plus favorables à l?environnement sur la RN20, etc.), mais
la démarche d?évitement en particulier des impacts sur la
biodiversité reste perfectible dans plusieurs dossiers (RN85
à Aiglun, RN88) et les mesures compensatoires sont par-
fois à renforcer ou revoir (recommandations en ce sens par
exemple pour le contournement ouest de Besançon ou le
demi-échangeur de Caresse-Cassaber). Un enjeu commun
est par ailleurs de veiller à la pérennisation des mesures com-
pensatoires ;
? les données et justifications sont souvent parcellaires, an-
ciennes, ou peu étayées s?agissant du trafic, dont le trafic
potentiellement induit et ses incidences, que ce soit sur la
nouvelle infrastructure ou par report (cas du demi-diffuseur
sur l?A7)
? le constat déjà fait les années précédentes, que la quanti-
fication des émissions de gaz à effet de serre (en intégrant
celles de la construction) se développe, mais est encore ab-
sente de certains dossiers ou manque de précisions, reste
assez largement valable. La définition de mesures de réduc-
tion reste encore rare. Il convient pour les maîtres d?ouvrage
d?y remédier compte tenu de l?enjeu ;
? les projets routiers sont peu accompagnés (ou ne décrivent
pas) de projets concomitants pour renforcer l?offre de mo-
bilités alternatives au véhicule individuel Le projet d?aména-
gement et sécurisation de la RN 296 à Aix-en-Provence, qui
prévoit l?aménagement d?une voie réservée aux transports
en commun, permettant un plus que doublement de l?offre
de cars et bus à haut niveau de service en heure de pointe,
est à signaler dans ce contexte. L?Ae souligne aussi pour cer-
tains projets l?intérêt d?examiner la possibilité d?imposer une
limitation de vitesse plus basse.
106 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 107
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
FER - Infrastructures ferroviaires et Pôles d?échanges mul-
timodaux (PEM)
Aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux (33) ? Avis
n°2024-11 du 25 avril 2024
L?Ae est saisie d?une demande d?autorisation environnemen-
tale pour les aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux
(AFSB), composante du programme « grands projets du sud-
ouest » (GPSO) déclarés d?utilité publique le 25 novembre
2015.
Pour ces aménagements, SNCF Réseau a tenu compte des re-
commandations émises par l?Ae dans son avis Ae n° 2023-51
du 7 septembre 2023 relatif aux aménagements ferroviaires
au nord de Toulouse (AFNT).
Le dossier, dans son ensemble, traite plusieurs volets de fa-
çon satisfaisante et même parfois à un niveau peu commun
dans les études d?impact analysées par l?Ae.
L?objectif d?un dossier autonome n?est toutefois atteint que
partiellement pour certains volets importants (description
du projet, trafics et déplacements non traités, démarche
éviter-réduire-compenser encore inaboutie pour la biodi-
versité et le bruit) et l?étude d?impact doit donc être encore
complétée pour atteindre ce but.
L?Ae recommande de prendre en compte toutes les compo-
santes du projet dans l?analyse des incidences. Elle recom-
mande aussi de démontrer l?équivalence fonctionnelle des
mesures de compensation pour les atteintes aux zones hu-
mides et à la biodiversité. L?Ae recommande de compléter
l?étude d?impact sur certains volets, notamment spécifiques
aux AFSB, la prévention des nuisances en phase travaux et le
dispositif de suivi, pour l?instant absents du dossier.
Pôle d?échange multimodal de Plan de Campagne aux
Pennes-Mirabeau (13) et mise en compatibilité du plan local
d?urbanisme ? Avis n°2024-100 du 21 novembre 2024
La métropole d?Aix-Marseille-Provence souhaite développer
le report modal vers les transports en commun et modes
alternatifs et prévoit ainsi la création d?un pôle d?échange
multimodal (PEM) à Plan de Campagne, sur la commune des
Pennes Mirabeau (13), en lien avec la création d?une halte
ferroviaire sur la ligne Marseille-Aix et la prolongation d?une
ligne de bus à haut niveau de service « Zenibus » dont elle
constituera le terminus.
Le dossier présente très peu ces articulations et les niveaux
de fréquentation attendus qui en résultent et qui justifient
le dimensionnement du PEM. La qualité de l ?étude d?impact
du PEM en pâtit s?agissant de toutes les incidences liées aux
trafics des différents modes. L?Ae recommande dans son avis
du 21 novembre 2024 de reconsidérer le scénario de réfé-
rence et de compléter le dossier par une analyse des effets
cumulés des projets en matière de mobilité et des projets
immobiliers au voisinage du pôle.
Une grande partie de la zone commerciale de Plan de Cam-
pagne étant concernée par des inondations récurrentes par
ruissellement, l?Ae recommande d?expliquer la cohérence
des dispositions retenues pour le PEM avec le projet de re-
mise à niveau de la gestion des eaux dans le secteur. Parmi
d?autres recommandations, on notera celles d?expliquer la
suppression sans compensation d?une petite zone humide
et de justifier de la bonne prise en compte des risques liés à
la présence d?un oléoduc traversant les emprises du projet,
au regard de la fréquentation attendue sur le PEM.
Transports collectifs
Tram T13 phase 2 entre Saint-Germain-en-Laye et Achères
(78) ? Avis n°2024-18 du 25 avril 2024
L?Ae a été saisie de la phase 2 du projet de tram-train T13,
d?une longueur de 9,9 km pouvant circuler à la fois sur le ré-
seau ferré national (RFN) et sur la voirie urbaine. Ce tram-train
reliera Saint-Germain-en Laye à Achères dans les Yvelines
(78). Il succède à un premier projet, la phase 1, mis en service
le 6 juillet 2022, et comprend quatre nouvelles stations. Sa
maîtrise d?ouvrage est partagée entre SNCF Réseau pour la
partie « RFN » et Île-de-France Mobilités (IDFM) pour la partie
« tram urbain ». Sa mise en service est prévue en 2028.
Le projet, qui a fait l?objet de deux avis de l?Ae en 2014 et
2017, a été déclaré d?utilité publique en décembre 2018. Un
nouvel avis de l?Ae est requis à l?occasion de la demande
d?autorisation environnementale.
Dans son avis du 25 avril 2024 (n°2024-18) l?Ae émet des re-
commandations pour améliorer la lisibilité de l?étude d?im-
pact. Elle recommande également de mettre à jour la pré-
sentation de l?état initial des mobilités et de leur évolution,
de reprendre l?évaluation des consommations énergétiques
et des émissions de gaz à effet de serre et d?envisager des
mesures de nature à améliorer le bilan énergétique et car-
bone du projet et enfin de revoir à la hausse les mesures de
compensation prévues au titre des défrichements et de la
suppression des arbres, notamment d?alignement, situés à
proximité de l?infrastructure.
L?Ae recommande par ailleurs aux porteurs de projets et aux
collectivités, d'orienter plus nettement les moyens dispo-
nibles vers des projets susceptibles de favoriser le report des
usagers de la voiture particulière vers toutes les mobilités
décarbonées en cohérence avec les objectifs locaux et na-
tionaux.
Ligne 15 Est du Grand Paris express reliant Saint-Denis
Pleyel à Champigny Centre (93, 94) - Actualisation des avis
n° 2015-93, 2017-33, 2018-60 et 2020-55 - Avis n°2024-32 du
16 mai 2024
Dans le cadre de la réalisation du projet de création de la
ligne 15 de métro, porté par la Société des grands projets
(SGP), un arrêté de cessibilité en date du 21 juillet 2022 por-
tant notamment sur les parcelles nécessaires à la création
d?une emprise déportée pour la réalisation du chantier de
la gare Bondy (93) a été contesté devant le tribunal admi-
nistratif de Montreuil.
Celui-ci a prescrit, par deux jugements du 17 juillet 2023, de
compléter l?étude d?impact de la ligne 15 Est du Grand Paris
Express (GPE), en ce qui concerne spécifiquement le chan-
tier de la gare Bondy (plan de circulation, incidences de la
circulation des poids lourds sur la qualité de l?air, nuisances
sonores à proximité d?une la crèche) et de soumettre ces
compléments à une nouvelle procédure de consultation du
public. L?Ae est saisie de cette étude d?impact actualisée.
L?actualisation de l?étude d?impact est claire et les réponses
requises par le jugement du tribunal administratif y figurent.
L?Ae dans son avis du 16 mai 2024 (n°2024-32) recommande
que les évaluations de trafic soient précisées sur les axes du
plan de circulation établi, afin de rendre compte de façon
plus fine des incidences du chantier. Par ailleurs, et dans
la suite des recommandations déjà formulées précédem-
ment, elle recommande que l?évaluation des impacts en
matière d?émissions de GES soit mieux détaillée. Enfin, le tra-
vail d?estimation des bénéfices potentiels du GPE doit être
poursuivi, en collaboration avec les autres acteurs régionaux
concernés par la politique des transports, afin d?aboutir à
une stratégie régionale à l?horizon 2050 compatible avec
l?objectif de neutralité carbone.
108 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 109
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Extension du réseau de tramway sur la commune principale
du Havre (76) - Avis n°2024-37 du 25 juillet 2024
L?Ae a été saisie d?un projet d?extension du réseau de tramway
du Havre (14 km et 19 stations) par la création d?une troisième
ligne, du sud du Havre (station Vallée Béreult) à Montivilliers
(arrêt Parc Jardin) en traversant Harfleur (arrêt Coeur histo-
rique). La ligne, principalement en site propre s?inscrit pour
partie en remplacement partiel d?une ligne de train, la Lé-
zarde express régionale (LER) qui relie aujourd?hui la gare du
Havre et les bourgs de Rolleville et Épouville.
L?étude d?impact, très détaillée sur les choix techniques entre
variantes d?aménagement, garde les traces d?une sédimen-
tation chronologique avec des données disparates et né-
cessite, pour une bonne information du public, la rédaction
d?un guide de lecture avec un index intégrant le contenu
des annexes.
Dans son avis du 25 juillet 2024 (2024-37), l?Ae recommande
principalement de reconsidérer certaines options et de
mettre en oeuvre des mesures d?accompagnement de l?amé-
nagement en vue d?accroître la contribution du tramway au
transfert modal, à l?amélioration de la qualité de l?air et du
cadre de vie et à la réduction des émissions de gaz à effet
de serre. Dans cette optique, la remise à plat de la caractéri-
sation de l?ambiance sonore aux alentours du tracé compte
tenu des autres sources de bruit participerait d?une transpa-
rence bienvenue sur ses incidences sanitaires. L?Ae recom-
mande également de préciser et compléter les plantations
ligneuses à effectuer en compensation des nombreux arbres
qu?il est prévu d?abattre.
Ferroviaire
Les projets ferroviaires et de transport en commun ont été
moins nombreux en 2024 que lors des années précédentes,
ce qui ne permet pas forcément de dégager des tendances
communes.
Les deux dossiers de tramways examinés ont fait l?objet de
considérations et recommandations de l?Ae sur l?intérêt,
voire la nécessité, d?approfondir les mesures et actions à
mettre en oeuvre pour en augmenter l?efficacité en termes
de report modal et d?effets positifs induits comme la baisse
des émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmos-
phériques.
L?Ae a été saisie d?un deuxième volet du grand projet du sud-
ouest (GPSO) de nouvelles lignes à grande vitesse entre Bor-
deaux, Toulouse et Dax, avec les aménagements ferroviaires
Sud Bordeaux. Ce dossier a largement pris en compte le re-
tour d?expérience et les recommandations formulées par
l?Ae en 2023 sur le dossier des aménagements ferroviaires
Nord Toulouse.
Grands Ports maritimes (GPM)* (cf zoom)
Une synthèse thématique est consacrée dans ce rapport aux
dossiers des grands ports maritimes examinés ces dernières
années par l?Ae.
Extension de la Zone de services portuaires, ZSP2, sur les
bassins ouest du Grand Port Maritime de Marseille à Fos-
sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône (13) ? Avis n°2024-59
du 25 juillet 2024
Le projet présenté par le Grand port maritime de Marseille
(GPMM) s?inscrit dans sa stratégie de développement du
trafic de conteneurs en créant une extension de la zone de
services portuaires (ZSP1) dédiés à cette activité, projet ap-
pelé ZSP2. Une plateforme d?environ 36 ha à terme est créée.
Dans son avis du 25 juillet 2024 (n°2024-59), l?Ae recom-
mande de renforcer la présentation du besoin motivant
le projet et de son évolution, ainsi que celle des choix faits
en conséquence pour sa mise en oeuvre. Elle recommande
également de produire un scénario de référence (évolution
sans projet) fondé sur des hypothèses (notamment flux de
marchandises et de trafic) explicitées et étayées. Elle formule
aussi des recommandations sur plusieurs thématiques, par
exemple, de renforcer la protection règlementaire ou fon-
cière des milieux naturels évités par le projet, de démontrer,
si besoin en prévoyant des mesures complémentaires, que
le projet ne porte pas atteinte à la biodiversité, ou encore de
renforcer significativement la quantité des compensations
pour les zones humides et pour les habitats naturels d?intérêt
ou accueillant une faune et une flore patrimoniales.
Dragage du grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire
(44) ? Avis n°2024-47 du 11 juillet 2024
Le projet sur lequel l?Ae a été saisie porte sur les opérations
de dragage et d?immersion à réaliser par le Grand port ma-
ritime de Nantes Saint-Nazaire (GPMNSN) durant la période
allant du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2034 ; ces opé-
rations sont encadrées par un arrêté préfectoral expirant le
31 décembre 2024.
L?Ae souligne dans son avis n°2024-47 du 11 juillet 2024 que
l?étude d?impact est claire, didactique et bien documentée.
Le dossier met en lumière les compléments substantiels ap-
portés au dossier lors d?échanges avec le service instructeur.
L?Ae relève la nécessité de faire évoluer le dossier afin de
présenter un bilan prévisionnel des émissions de GES pour la
période 2025-2034, de limiter les incidences des opérations
de dragage pour l?ensemble des sections concernées par des
phénomènes d?hypoxie ou d?anoxie et de mieux justifier les
mesures d?évitement et de réduction des incidences sur
l?habitat des populations de crustacés marins. Par ailleurs,
compte tenu des évolutions des moyens de dragage et des
pratiques envisagées sur la période 2025-2034, une actuali-
sation de l?étude d?impact est à prévoir.
110 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 111
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
Assainissement
Mise en conformité des systèmes d?assainissement du bourg
et de l?Île-Grande de la commune de Pleumeur-Bodou (22)
? Avis n°2024- 45 du 27 juin 2024
Afin de résoudre les problèmes de non-conformité du sys-
tème d?assainissement de l?Île-Grande sur la commune
littorale de Plumeur-Bodou dans le département des
Côtes-d?Armor (22), deux stations de traitement des eaux
usées existantes (Île-Grande et Pleumeur-bourg) sont rempla-
cées par une station permettant d?améliorer très nettement
la qualité des eaux rejetées dans le milieu.
L?Ae dans son avis du 27 juin 2024 (n°2024-45) recommande
de définir toutes les opérations nécessaires à la réalisation
du projet, de faire porter l?étude d?impact sur le projet d?en-
semble et de veiller à ce que la définition du projet soit la
même dans les différentes pièces du dossier qui souffre d?un
éparpillement des informations, partiellement répétées, et
dont la cohérence n?est pas assurée, compte-tenu de mises à
jour à des dates différentes des pièces qui le composent. Plu-
sieurs imprécisions méthodologiques rendent la démarche
d?évaluation environnementale peu lisible.
L?Ae émet plusieurs recommandations parmi lesquelles dé-
finir des aires d?étude adaptées à la caractérisation de l?état
initial et l?identification des effets probables des différentes
opérations du projet d?ensemble, établir un bilan énergé-
tique et des émissions de gaz à effet de serre du projet, cla-
rifier la situation des zones humides ou encore par exemple
clarifier la nature des incidences résiduelles notables néces-
sitant des mesures de compensation.
L?évaluation environnementale : encore souvent perçue
comme une procédure contraignante et non comme un
outil de réflexion ou d?enrichissement des projets même si
des évolutions notables sont constatées.
Le thème de la « nécessaire accélération des procédures »
est plus que jamais d?actualité notamment pour les projets
industriels.
Une réflexion, la plus en amont possible, sur la localisation
envisagée pour le futur projet et « Éviter » autant que faire
se peut, la destruction d?espaces naturels et d?écosystèmes
et d?autres impacts (exposition des populations aux bruits
des infrastructures par exemple) paraît une des meilleures
manières de faciliter la délivrance des autorisations et d?évi-
ter des mesures coûteuses pour le maître d?ouvrage ou la
collectivité.
Des projets sont pourtant trop souvent encore envisagés sur
des espaces naturels riches et fragiles, présentant un intérêt
fonctionnel, sur la seule base de l?opportunité foncière, sans
véritable réflexion sur des localisations alternatives, détrui-
sant durablement des écosystèmes dont la richesse et les
services qu?ils rendent ne sont pas appréhendés correcte-
ment et que l?on a le plus grand mal à recréer avec toutes
leurs fonctionnalités, quand on tente de le faire. Au mieux
les corrections des incidences sont alors coûteuses, au pire
les incidences sont sous-évaluées et les mesures proposées
pas toujours adaptées.
Les inondations qui ont ravagé de nombreuses villes n?ont
pas pour cause les réglementations environnementales qui
empêcheraient le « curage des fossés », comme on a pu
l?entendre, mais sont bien souvent liées à une absence de
réflexion amont, à l?artificialisation des sols, à la destruction
des haies ou encore à des constructions autorisées parfois
même dans le lit des cours d?eau ou à proximité immédiate
de ceux-ci.
C?est donc bien au stade de la préparation des projets (très
en amont) que doit être menée la réflexion sur la conception
et la localisation du projet, les zones potentiellement affec-
tées par celui-ci, l?insertion des projets dans les politiques
d?aménagement et mobilités, et en l?absence de solutions
alternatives, sur les mesures de réduction, voire de compen-
sation, qu?il faudra mettre en place.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 113112 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L e s d o s s i e r s 2 0 24
Ce qui semble une évidence de bon sens et est désormais
pleinement intégré par nombre de maîtres d?ouvrage ne l?est
pourtant toujours pas systématiquement, au vu de certains
dossiers que l?Ae a eu à connaître cette année encore.
L?évaluation environnementale des incidences d?un projet (ou
d?un plan) sur l?environnement, l?intégration de la démarche
« éviter, réduire, compenser » doit permettre d?améliorer les
projets en réduisant leurs impacts environnementaux no-
tamment en éclairant ceux-ci et en en prenant conscience.
L?avis des autorités environnementales y participe.
Or trop souvent l?avis des autorités environnementales est
perçu seulement comme un élément de procédure, pièce
obligatoire à joindre au dossier de participation du public
préalable à l?autorisation.
L?enquête publique est parfois ouverte rapidement après
l?émission de l?avis alors que celui-ci implique le plus sou-
vent de compléter ou d?approfondir l?étude d'impact sur
certaines thématiques voire d?en reprendre certaines parties
et devrait donc conduire en bonne logique à une évolution,
voire une modification du projet.
Le mémoire en réponse du maître d?ouvrage à l?avis de l?Ae9
consiste parfois en une simple réfutation des recommanda-
tions sans démonstration approfondie.
L?Ae constate que, dans certains projets, les bureaux d?étude
et les porteurs de projet ont tendance à minimiser les enjeux
relatifs aux espèces protégées présentes et à leurs habitats,
ainsi que les impacts prévisibles des projets sur des individus
ou des habitats de ces espèces protégées, afin de conclure à
l?absence de nécessité de demande de dérogation relative à
ces espèces protégées. L?Ae insiste sur la nécessité de mener
cette évaluation de manière complète et rigoureuse, afin
d?estimer si le risque d?atteinte aux espèces protégées est
suffisamment caractérisé après les mesures d?évitement et
de réduction proposées, ce qui doit alors conduire à une
demande de dérogation10.
Un projet dont on n?est pas en capacité, après évitement et
réduction, de compenser les effets significatifs sur l?environ-
nement ne peut pas être autorisé en l?état (article R. 163-1 du
code de l?environnement).
La récurrence de certains constats ne doit cependant pas
occulter des tendances positives constatées dans nombre
de projets.
Ainsi l?établissement de bilans détaillés des émissions de gaz
à effet de serre générées par un projet se rencontre désor-
mais plus fréquemment, notamment pour des zones d?amé-
nagement concerté ou des projets de transport (cas du pôle
gare de Noisy-le-Sec par exemple). De même, la question de
l?adaptation au changement climatique commence à faire
l?objet d?analyses plus détaillées, débouchant sur des me-
sures opérationnelles dans certains dossiers, par exemple en
ce qui concerne les îlots de chaleur urbain dans les projets
d?aménagement. Concernant les impacts sur les milieux na-
turels, la biodiversité, les espèces, les analyses d?état initial et
souvent d?incidences sont dans l?ensemble plus détaillées,
fondées sur des expertises et inventaires de terrain appro-
fondis. Les démarches de recherche et définition de mesures
de compensation sont en revanche plus hétérogènes, parti-
culièrement sur l?additionnalité effective et la fonctionnalité
des compensations proposées.
9.
VI.-« Les maîtres d'ouvrage tenus de produire une étude d'impact la mettent
à disposition du public, ainsi que la réponse écrite à l'avis de l'autorité envi-
ronnementale, par voie électronique au plus tard au moment de l'ouverture
de l'enquête publique prévue à l'article L. 123-2 ou de la participation du pu-
blic par voie électronique prévue à l'article L. 123-19 ».
10.
Cf avis du Conseil d?État du 9 décembre 2022
114 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 115
La décision d?autorisation
L?article L. 122-1-1 du code d?environnement précise que « La
décision de l'autorité compétente est motivée au regard des
incidences notables du projet sur l'environnement. Elle pré-
cise les prescriptions que devra respecter le maître d'ouvrage
ainsi que les mesures et caractéristiques du projet destinées
à éviter les incidences négatives notables, réduire celles qui
ne peuvent être évitées et compenser celles qui ne peuvent
être évitées ni réduites. Elle précise également les modalités
du suivi des incidences du projet sur l'environnement ou la
santé humaine ».
Dans un souci de transparence et d?information du public, et
conformément à la disposition ci-avant, la décision d?autori-
sation, d?approbation ou d?exécution du projet11 devrait indi-
quer dans le corps de décision ou, à tout le moins dans une
annexe directement accessible en ligne, les mesures à charge
du maître d?ouvrage destinées à éviter, réduire ou compenser
(ERC) les incidences du projet sur l?environnement.
L?Ae a cependant constaté que ce n?était pas toujours le cas,
les DUP renvoyant à des annexes non accessibles en ligne
comme en témoigne l?exemple suivant parmi d?autres :
Le décret n°2023-111 du 16 février 2023 (publié au JO du 19
février 2023) déclarant d?utilité publique et urgents les tra-
vaux nécessaires à la réalisation de la ligne ferroviaire nouvelle
entre Montpellier et Béziers et portant mise en compatibilité
des documents d?urbanisme des communes concernées pré-
cise dans son article 4 que « Conformément aux dispositions
de l?article L. 122-1-1 du code de l?environnement, l?annexe 3
au présent décret (1) mentionne les mesures à la charge du
maître d?ouvrage destinées à éviter, réduire et compenser les
effets négatifs notables du projet sur l?environnement et la
santé humaine et les modalités de suivi associées. Les études
détaillées préciseront, le cas échéant, ces mesures avant le
début des travaux ».
Le renvoi à une note de bas de page (1)12 ne fournit pas le lien
numérique où ces informations seraient disponibles mais
renvoie à une adresse postale peu précise. Les prescriptions
environnementales ne sont donc pas accessibles simple-
ment et directement mais nécessitent pour les obtenir une
demande spécifique alors qu?elles fondent la décision, ce
que l?Ae ne peut que déplorer.
Ces textes ajoutent que « Les mesures relatives à la protec-
tion de l?eau, des milieux aquatiques et des zones humides,
ainsi que celles relatives aux espèces et habitats d?espèces
protégées pourront être adaptées, dans le respect des
mêmes objectifs, par des prescriptions fixées dans le cadre
d?un arrêté ultérieur, pris en application des articles L. 181-1
à L. 181-31 du code de l?environnement ».
La finalité de l?évaluation environnementale est qu?à la fin
du processus décisionnel l?ensemble des incidences aient
été évaluées avec, si besoin, des mesures définies par l?ar-
rêté d?autorisation pour éviter, réduire ou compenser ces
incidences. Toutes n?étant pas forcément connues au mo-
ment de la première autorisation, les autorisations suivantes
doivent compléter les mesures de la première décision par
des prescriptions adaptées, comme le précisent d?ailleurs les
autorisations précitées.
Encore faudrait-il que ces informations soient aisément dis-
ponibles et accessibles notamment aux différentes autorités
décisionnaires. L?Ae a pu constater que ce n?était pas le cas,
ce qui questionne par voie de conséquence dans ces cas
l?efficience du dispositif.
L?actualisation de l?étude d?impact
Les projets ou aménagements dont la mise en oeuvre s?étend
sur une longue période (routes, projets d?aménagement ?)
nécessitent le plus souvent une actualisation de l?étude
d?impact, du fait des précisions apportées progressivement
aux projets et des autorisations nécessaires pour les phases
successives de travaux. La DUP, quand elle est nécessaire, ou
les premières autorisations (comme la création des zones
d?aménagement concerté) intervenant en amont, certaines
incidences peuvent être difficilement connues à ce stade et
nécessitent donc d?être approfondies ultérieurement (inci-
dences sur les zones humides, sur la biodiversité, le bruit, la
pollution de l?air etc.).
Le maître d?ouvrage actualise le plus souvent l?étude d'im-
pact au stade de l?autorisation environnementale « dans le
périmètre de l'opération pour laquelle l'autorisation a été
sollicitée et en appréciant leurs conséquences à l'échelle
globale du projet ». L?article L. 122-1-1 précise que « En cas
de doute quant à l'appréciation du caractère notable de
celles-ci et à la nécessité d'actualiser l'étude d'impact, il peut
consulter pour avis l'autorité environnementale ».
L?actualisation soulève deux difficultés récurrentes liées à la
lisibilité de celle-ci et au champ sur lequel elle porte :
Ainsi, les parties actualisées ne sont pas clairement indiquées
dans le dossier, même si de plus en plus de maîtres d?ouvrage
améliorent nettement cet aspect. En effet, pour la bonne
information du public, l?étude d?impact doit être datée et
les parties actualisées facilement repérables (modifications
en couleur par exemple). L?ensemble des documents doit
impérativement être mis en cohérence et ne pas consister
en une superposition d?études dont l?étude d?impact ne tire
pas parti pour faire évoluer le projet.
En ce qui concerne le champ de l?actualisation, dans une in-
terprétation restrictive des dispositions de l?article L. 122-1-113
, l?actualisation est souvent limitée aux seuls champs traités
par l?autorisation sollicitée.
Or cette lecture ne peut s?entendre que si l?autorisation solli-
citée n?est pas la dernière du processus décisionnel. En effet,
faute d?autorisations ultérieures, certaines incidences ne se-
raient pas examinées, ce qui ne serait pas conforme au droit.
L?Ae a cependant pu constater que la construction des
projets s?appuie parfois pleinement sur la démarche d?éva-
luation environnementale pour préciser et faire évoluer les
projets dans le sens d?une meilleure limitation des impacts
négatifs et d?une meilleure intégration des projets avec leur
environnement. C?est le cas par exemple de la deuxième
étude d?impact du projet de Zac Dame Blanche Nord à
Garges-Lès-Gonesse (95) pour sa phase de réalisation (avis
de l?Ae n° n°2024-77 du 12 septembre 2024).
11.
La décision d?autorisation ne recouvre pas les seules autorisations relevant
du code de l?environnement ; la décision peut être une DUP, une autorisa-
tion environnementale bien sûr mais également un permis de construire ou
d?aménager.
12.
(1) Il peut être pris connaissance de ces plans et documents, du document
prévu à l?article L. 122-1 du code de l?expropriation pour cause d?utilité pu-
blique exposant les motifs et considérations justifiant le caractère d?utilité
publique du projet ainsi que du document mentionnant les mesures à la
charge du maître d?ouvrage destinées à éviter, réduire et compenser les effets
négatifs notables du projet sur l?environnement et la santé humaine et les
modalités de suivi associées auprès du ministère de la transition écologique et
de la cohésion des territoires (direction des transports ferroviaires et fluviaux
et des ports, sous-direction des infrastructures ferroviaires, Tour Séquoia, 1,
place Carpeaux, 92055 Paris-La Défense Cedex) et auprès de la préfecture de
l?Hérault (34, place des Martyrs-de-la-Résistance, 34000 Montpellier)
13.
« Le maître d?ouvrage actualise l?étude d'impact en procédant à une évalua-
tion de ces incidences dans le périmètre de l?opération pour laquelle l?autori-
sation a été sollicitée et en appréciant leurs conséquences à l?échelle globale
du projet ».
116 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 117
Choix entre « Actualisation » et demande d?examen « au
cas par cas »
Une difficulté se rencontre parfois lorsqu?une opération se
situe dans un projet d?ensemble plus vaste mais relève, pris
isolément, du champ du cas par cas (par exemple, aména-
gement d?un îlot d?une Zac relevant de la rubrique 39 du
tableau annexé à l?article R. 122-2 du code de l?environne-
ment nécessitant un PA ou un PC, ou dans certains projets
d?infrastructures).
Dans ce cas, l?Ae ne serait pas saisie de la demande de cas par
cas, suite à la réforme distinguant « l?autorité de cas par cas
» des autorités en charge de rendre l?avis alors même qu?elle
serait compétente, si elle était interrogée à l?occasion de
cette opération sur la nécessité d?actualiser l?étude d?impact
globale conformément à l?article R. 122-8 du même code.
Le délai, dont dispose l?Ae pour rendre un avis sur la nécessité
d?actualiser l?étude d?impact, est d?un mois, soit un délai un
peu plus court que le délai de 35 jours pour rendre la décision
de cas par cas.
Il serait donc plus simple et cohérent que le maître d?ouvrage
d?une opération s'intégrant dans un projet plus large, ayant
fait l?objet d?une évaluation environnementale, questionne
l?Ae sur la nécessité d?actualiser celle-ci.
L?entrée par « autorisation » se rencontre encore et toujours.
En témoigne l?exemple des Afafe rendus nécessaires suite
à un aménagement routier ou ferroviaire qui sont, selon
l?Ae, constitutifs du projet routier, ce qui n?est parfois pas
l?approche retenue par les MO. L?étude d'impact du projet
routier, y compris au stade de la DUP, devrait donc traiter de
ses conséquences potentielles sur les exploitations agricoles,
l?étude devant ensuite être actualisée dans le cadre de la pro-
cédure d?Afafe. Au minimum, lorsque l?Afafe a lieu plusieurs
années après le projet routier, un lien doit être opéré entre les
deux aménagements et un bilan des actions réalisées au titre
du projet routier mené, notamment sur les résultats du suivi
des mesures d?évitement, de réduction et de compensation.
Le suivi des mesures ERC
Le caractère opérationnel et l?effectivité des mesures d?évite-
ment, de réduction, voire de compensation (séquence dite «
ERC ») sont attestés par la mise en place d?un suivi de ces me-
sures, l?article R. 122-13 du code de l?environnement imposant
« un ou [de] plusieurs bilans réalisés sur une période donnée
et selon un calendrier que l'autorité compétente détermine
afin de vérifier le degré d'efficacité et la pérennité de ces
prescriptions, mesures et caractéristiques ». Mesures, cibles
à atteindre, calendrier et trajectoire sont souvent à préciser,
ainsi que les mesures correctives en cas de déviation par
rapport à la trajectoire envisagée. Le même article prévoit
notamment la transmission pour information aux autorités
environnementales de ce ou ces bilans par l?autorité com-
pétente pour prendre la décision d'autorisation.
Le respect des mesures ERC et le contrôle de leur mise en
oeuvre effective sont un enjeu de progrès pour les années
à venir.
Le contenu de l?étude d?impact ou du rapport environne-
mental
Les constats du précédent rapport annuel restent souvent
d?actualité.
Suivre le contenu de l?étude d?impact tel que défini par l?ar-
ticle R. 122-5 pour les projets ou l?article R. 122-20 pour les
« plans et programmes » constitue peut-être la méthode la
plus simple pour ne rien oublier, quitte à indiquer que tel
item n?est pas abordé lorsqu?il n?est pas adapté au projet ou
plan concerné.
Sur le fond, certaines études d?impact, rapports d?évaluation
des incidences ou rapports environnementaux sont trop gé-
néraux, ou incomplets. Dans certains cas, le bureau d?étude
se contente d?une compilation de données existantes parfois
anciennes, sans collecte de nouvelles données de terrain, no-
tamment pour les plans et programmes (ce n?est en général
pas le cas pour les projets, dont les états initiaux, en particu-
lier sur les milieux naturels, sont généralement de meilleure
qualité et, de plus, en amélioration). L?étude d?impact ou le
rapport environnemental doivent indiquer précisément la
date et le nombre d?inventaires de terrain effectués ainsi que
la qualité de l?écologue qui effectue ces inventaires.
L?analyse de l?articulation avec les autres plans, schémas ou
programmes (II de l?article R. 122-20 du code de l?environ-
nement) n?est pas toujours menée correctement y compris
lorsque les différents plans relèvent du même maître d?ou-
vrage. Cette analyse doit pourtant permettre d?apprécier la
non-contradiction, et si possible, la cohérence des politiques
environnementales menées.
À titre d?exemple, l?évaluation environnementale des pro-
grammes régionaux forêt-bois (PRFB) ou celle des parcs na-
turels régionaux lorsqu?ils existent devraient être utilisées
pour enrichir celles d?autres plans ou programmes plus vastes
118 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 119
ayant un volet « forêt » ou « biodiversité ». En outre le volet
« articulation » du rapport environnemental du plan ou pro-
gramme devrait préciser les mesures prévues qui viennent
compléter le plan ou programme avec lequel il doit être com-
patible, par exemple dans le cas de projets ayant des inci-
dences positives ou négatives sur l?eau au regard des schémas
directeurs d?aménagement et de gestion de l?eau (Sdage).
Enfin, la hiérarchisation des enjeux pourrait dans certains cas
être mieux justifiée.
« Projet » et Mise en compatibilité des documents d?urba-
nisme
La mise en compatibilité d?un document d?urbanisme relève
du champ de l?évaluation environnementale (articles R. 104-9
et R. 104-10 du code de l?urbanisme pour les Scot et R. 104-13
et R. 104-14 pour les PLU).
La procédure commune (articles L. 122-14 et R. 122-27 du
code de l?environnement), mesure de simplification permet
à l?Ae de rendre un avis unique portant à la fois sur le projet et
sur la mise en compatibilité du plan. Dans ce cas, l?évaluation
environnementale de la mise en compatibilité du plan doit
être transmise. Soit elle figure dans un document particulier,
soit elle constitue un chapitre de l?étude d?impact. L?avis a
vocation à être rendu dans un délai de trois mois.
La saisine doit indiquer explicitement si le maître d?ouvrage
souhaite recourir à la procédure prévue par l?article R. 122-27
du code de l?environnement, car la compétence de l?Ae est
dans ce cas dérogatoire à la compétence de droit commun
de la MRAe.
Sur le fond, l?autorité environnementale vérifie que la mise
en compatibilité du document d?urbanisme prend en
compte les mesures ERC qui s?imposent au projet, mesures
qui peuvent, pour certaines, être traduites dans les docu-
ments graphiques du document d?urbanisme. Les nouvelles
règles du PLU peuvent dans certains cas devoir reprendre les
mesures compensatoires des zonages qui évoluent.
Le cumul des incidences avec d?autres projets : approfondir
cette dimension essentielle des projets
La nécessité d?étudier le cumul des incidences des projets
est prévu tant dans le cadre de l?examen au cas par cas des
projets14 que dans le contenu de l?étude d?impact15.
La prise en compte des effets cumulés du projet avec
d?autres projets a pour objet de mesurer l?ensemble des
effets, entre autres au regard de la capacité de l?environne-
ment à les supporter. L?analyse faite dans les études d?impact
est trop souvent réduite à des paragraphes listant quelques
projets à proximité et concluant, avec des démonstrations
trop rapides et simplistes, à l?absence d?effets cumulés. Or
suivant les projets, de réels effets cumulés peuvent appa-
raître en matière de bruit, de fragmentation des espaces,
de consommation d?espaces, de capacité des sols ou des
eaux à accepter les incidences, de pollution, d?utilisation
des ressources (besoin en matériaux par exemple), d?atteinte
à la biodiversité et aux paysages, d?étalement urbain, etc.
14.
Cf. annexe à l?article R. 122-3-1 et Annexe III de la directive 2014/52/UE : b) du
1 et g) du 3.
15.
Cf. 5e e) du II de l?article R. 122-5 du code de l?environnement et 5° de l?annexe
IV de la directive précitée.
16.
Les projets d?EnR au sens de l'article L. 211-2 du code de l?énergie, ou de stoc-
kage d'énergie dans le système électrique, y compris leurs ouvrages de raccor-
dement aux réseaux de transport et de distribution d'énergie, sont réputés
répondre à une raison impérative d'intérêt public majeur, au sens du c du 4°
du I de l'article L. 411-2 du code de l'environnement, dès lors qu'ils satisfont à
des conditions définies par décret en Conseil d'État.
17.
Décret n° 2024-281 du 29 mars 2024 pris pour l'application du III de l'article
27 de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la pro-
duction d'énergies renouvelable https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORF-
TEXT000049343029
Évolutions législatives ou règlementaires
Deux lois intervenues en 2023 ont des répercussions sur
l?évaluation environnementale et le travail des autorités
environnementales : celle d?accélération de la production
d'énergies renouvelables et celle relative à l'industrie verte.
Seules quelques dispositions (art 27 et 31) en sont présentées
ci-après.
La loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération
de la production d'énergies renouvelables
Cette loi instaure une présomption de « raison impérative
d'intérêt public majeur » pour certains projets de produc-
tion d?énergie à partir de ressources renouvelables (EnR) et
certains projets déclarés d?utilité publique16.
L?article 27 prévoit la possibilité de bénéficier de déroga-
tions du ministre de l?environnement quant à l?obligation
de produire une étude d?impact sur l?environnement et la
santé humaine et notamment de dispenser d?évaluation
environnementale les projets de création ou de modifica-
tion d'ouvrages du réseau public de transport d'électricité
lorsque ceux-ci ont pour objet le raccordement de projets
se rapportant :
? aux installations de production ou de stockage d'hydro-
gène renouvelable ou bas-carbone, défini à l'article L. 811-1
du code de l?énergie,
? aux opérations de modifications d'installations industrielles
ayant pour objectif le remplacement de combustibles fos-
siles pour la production d'énergie, l'amélioration de l'effica-
cité énergétique ou la diminution significative des émissions
de GES,
L?article 19 de la loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative
à l'industrie verte a élargi cette possibilité de dérogation :
? « aux projets de création ou de modification d'ouvrages
du réseau public de transport d'électricité lorsque ceux-ci
ont pour objet le raccordement des installations d'un projet
industriel qualifié de projet d'intérêt national majeur pour
la transition écologique ou la souveraineté nationale par le
décret prévu au premier alinéa du I de l'article L. 300-6-2 du
code de l'urbanisme ».
Les projets pour lesquels le raccordement électrique est ré-
alisé doivent concourir de manière directe à une réduction
significative des émissions de GES d'installations industrielles
soumises aux articles L. 229-6 à L. 229-12 du code de l'envi-
ronnement (le décret n° 2024-281 du 29 mars 202417 a pris
en compte les émissions de GES pour fixer la liste des sites
éligibles).
Les projets de raccordement doivent, en plus de remplir ces
conditions, être localisés sur les sites dont la liste est fixée par
décret (décret du 29 mars 2024 précité).
Le fait d?être inscrit sur cette liste ne justifie pas en lui-même
l?obtention de la dérogation à l?évaluation environnementale
qui doit rester exceptionnelle.
Enfin, les dispositions du III de l?article 27 de la loi s'appliquent
aux projets de raccordement mentionnés pour lesquels une
demande de dérogation a été présentée à l'autorité compé-
tente dans un délai de deux ans à compter de la promulga-
tion de la loi. Ce délai peut être prorogé par décret en Conseil
d'État, dans la limite de deux ans.
120 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 121
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049343029
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049343029
Pour l?instant un seul arrêté a été pris en application de ces
dispositions : l?arrêté du 29 août 2024 dispensant d?évalua-
tion environnementale à titre exceptionnel le « projet des
Boucles de la Seine » en application du III de l?article 27 de
la loi no 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l?accélération
de la production d?énergies renouvelables (publié au JO du
4 septembre 2024).
La loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023 relative à l'industrie
verte :
Pour mémoire, cette loi a réformé les autorisations environ-
nementales et prévu que les phases d'examen et de consul-
tation auront lieu (sauf cas particulier, notamment en cas de
pluralité de procédures) en même temps : la consultation
publique est lancée dès que le dossier de demande d?auto-
risation est jugé complet et régulier, et se déroule parallèle-
ment à l?instruction du dossier et au recueil des avis requis
(dont l?avis de l?Ae), qui sont mis en ligne au fur et à mesure,
de même que les observations du public et les réponses du
pétitionnaire. À la fin de la consultation, le commissaire en-
quêteur remet un rapport et des conclusions motivées. La
durée de cette consultation du public est de trois mois.
En application de l?article 70 du décret n° 2024-742 du 6
juillet 2024 portant diverses dispositions d'application de
la loi industrie verte et de simplification en matière d'envi-
ronnement, ces dispositions sont entrées en vigueur le 22
octobre 2024.
122 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 123
18.
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/examen-au-cas-par-cas-
et-autres-decisions-r432.html
L?Ae a rendu 65 décisions
après examen au « cas
par cas » de projets,
plans ou programmes
217
2019
156
2020
166
2021
121
2022
79
2023
90
127
74 73
41
2
82
93
80 77
Les décisions figurent également sur le site internet de l?Ae.
En 2024 (comme en 2023), aucune décision n?a été « tacite
». L?absence de décision notifiée au terme du délai régle-
mentaire (35 jours pour les projets ou 2 mois pour les plans
et programmes à partir de la réception du dossier complet)
vaut obligation de réaliser une évaluation environnementale.
DÉCOMPOSITION DES DÉCISIONS
ENTRE EXEMPTIONS ET SOUMISSIONS
ÉVOLUTION DU TAUX DE SOUMISSION
POUR LES DÉCISIONS SUR PROJETS
Décisions 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Soumissions 40 36 42 35 31 9
Pourcentage 44% 44% 45% 44% 39% 15%
Total 90 82 93 80 77 61
La catégorie la plus représentée au sein des dossiers soumis
à une demande d?examen au cas par cas sont les projets
d?aménagement (22) dont une Zac, d?infrastructures rou-
tières (11) devant les dossiers relatifs à l?énergie (7) et ferro-
viaires (6), cinq dossiers concernent le domaine fluvial, 2 le
domaine maritime.
Les quatre décisions de cas par cas relatives à des plans et
programmes ont concerné 1 PPRT, 1 PPA, la modification du
schéma d?ensemble du Réseau de Transport Public du Grand
Paris et le projet de modification du SAR de la Martinique.
Dans trois cas, l?Ae a répondu à une demande d?examen au
cas par cas par un courrier publié sur son site. Ces courriers
concernent des opérations qui ne relèvent pas en soi d?un
tel examen puisqu?ils s?inscrivent dans un projet plus vaste.
Décisions au
« cas par cas »18
Chaque dossier de demande d?examen au cas par cas est
confié pour instruction à un rapporteur appartenant à
l?équipe permanente de l?Ae. Celui-ci étudie le dossier, de-
mande éventuellement des compléments, puis propose un
projet de décision à une commission d?examen composée
de deux, (parfois trois) membres permanents de l?Ae. Après
échanges, le projet de décision est proposé au président de
l?Ae pour signature de la décision. Si nécessaire, le projet de
décision est délibéré collégialement.
Exemptions
Soumissions
Courriers
50
9
2
2024
65
4
61
Projets Plans-programmes
124 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 125
L e s d o s s i e r s 2 0 24 L e s d o s s i e r s 2 0 24
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/examen-au-cas-par-cas-et-autres-decisions-r432.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/examen-au-cas-par-cas-et-autres-decisions-r432.html
L?A e E N 2 0 24
19.
L?évocation est prévue par le dernier alinéa du 1° du I de l?article R. 122-6 qui
dispose que « Le ministre chargé de l'environnement peut, en outre, se saisir,
par décision motivée au regard de la complexité et des enjeux environnemen-
taux du dossier, de tout projet relevant de la compétence de la mission ré-
gionale d'autorité environnementale en application du 3° du présent article,
aux fins d'en confier l'instruction à l'autorité mentionnée au 2°. En ce cas, la
mission régionale transmet le dossier à cette dernière sans délai ». Elle est à
distinguer de la délégation qui porte sur un projet ou une catégorie de projet
qui relève du Ministre de l?environnement appelé à rendre un avis en qualité
d?autorité environnementale. Dans ce cas il a la possibilité de confier à l?Ae-
Igedd le soin de rendre l?avis à sa place (cf décision précitée du 9 décembre
2024 sur la délégation des catégories de projets « transport »).
De rares décisions
d?évocation19
Pour l'année 2024, deux dossiers ont été évoqués : l?instal-
lation du site de production de bioéthanol dans la zone
portuaire de Blainville-sur-Orne (14) n° 2023-137 et le pro-
jet d?exploitation de sables siliceux porté par le GIE Loire
Grand Large (décision du 18 novembre 2024) enregistré sous
le n°2024-125. L?avis sera rendu en 2025 compte tenu de la
date de dépôt du dossier.
Pour mémoire par décision du 25 juillet 2023, le ministre char-
gé de l?environnement a confié à l?Ae la compétence pour
produire les avis sur l?opération d'achèvement de la nouvelle
route du littoral à La Réunion ainsi que sur la mise en com-
patibilité des documents d?urbanisme nécessaires à la réa-
lisation du projet (article R. 104-21 du code de l?urbanisme).
Par décision du 18 septembre 2023, le ministre chargé de
l?environnement a également confié à l?Ae l?établissement
des avis concernant les projets relatifs à l?extraction de mica
lithinifère par Imerys (EMILI) depuis le gisement de Beauvoir
à Échassières dans l?Allier. Compétence lui a également été
donnée pour se prononcer sur la mise en compatibilité des
documents d?urbanisme nécessaire à la réalisation de ce
projet.
Il faut enfin rappeler la décision du 15 septembre 2022 par
laquelle le ministre chargé de l?environnement donne déléga-
tion à l?Ae pour se prononcer tant dans le cadre de l?examen
au cas par cas que de l?émission des avis pour les projets
donnant lieu à une décision d'autorisation, d'approbation
ou d'exécution du ministre chargé de l'énergie ou à un décret
pris sur son rapport ou ceux élaborés par les services placés
sous l'autorité du ministre chargé de l'énergie ou par des ser-
vices agissant dans les domaines relevant de ses attributions.
C?est par exemple en application de cette décision que l?Ae
s?est prononcée sur le dossier Imerys.
Cette année encore, aucun plan ou programme n?a fait l?ob-
jet d?une évocation.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 127126 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L e s d o s s i e r s 2 0 24
ZOOM SUR
130
Volet des mobilités
des CPER 2023-2027
134
PPE
140
La prise en compte du changement
climatique dans les évaluations
environnementales
144
Schémas régionaux d'aménagement,
de développement durable
et d'égalité des territoires ,
autres schémas régionaux
concernant l'aménagement
156
OIN de Guyane
160
Projets sur les grands ports martimes
168
Capitaliser, valoriser, partager
Les contrats de plan État-Région (CPER), qui comprennent un
volet mobilités, sont des contrats financiers qui permettent
à leurs signataires, l?État et la Région, de s?accorder sur une
stratégie, sur des projets et sur la répartition de la charge
financière pour qu?ils voient le jour (d?autres collectivités lo-
cales participent également au financement).
La dernière génération de CPER couvre la période 2021-2027
et ils ont en général été conclus entre l?État et les Régions
en 2021 ou 2022, sans prévoir de financements sur le sujet
transports-mobilités : une réflexion d?ensemble était en effet
conduite au niveau national, avec en particulier la saisine
du conseil d?orientation des infrastructures (COI), chargé de
formuler des propositions stratégiques et de programmation
pour la politique de pérennisation et de développement des
infrastructures de transport. Le rapport du COI a été remis
le 24 février 2023 à la Première ministre qui a communiqué
en juin 2023 un mandat de négociation des volets mobilités
aux préfets de région. La Première ministre a annoncé retenir
parmi les scénarios proposés par le COI celui de « planifica-
tion écologique », qui recommandait une inflexion vers une
mobilité plus durable. Les échanges entre l?État et les Régions
ont débouché sur des protocoles d?accord signés en 2023
ou 2024, puis sur le lancement de la procédure d?élabora-
tion et validation des volets mobilités des CPER, qui sont
(comme les CPER dans leur ensemble) soumis à évaluation
environnementale et font l?objet à ce titre d?un avis de l?Ae,
avant la consultation du public. L?Ae a donc été saisie en 2024
des volets Mobilités 2023-2027 des CPER de presque toutes
les régions ; elle a aussi été saisie sur ce volet pour la région
Bourgogne-Franche Comté fin 2024.
En 2024, l?Ae a rendu des avis sur les volets Mobilités CPER
des régions Bretagne, Pays de Loire, Île-de-France, Grand Est,
Provence-Alpes-Côte d?Azur, Centre-Val de Loire, Occitanie
et Nouvelle-Aquitaine1 ainsi que sur le volet Mobilités du
contrat de plan interrégional Rhône-Saône qui est consacré
exclusivement aux investissements fluviaux et portuaires sur
l?axe Rhône-Saône.
Alors que l'adoption des volets Mobilités couvrant normale-
ment la période 2023-2027 intervient souvent fin 2024 voire
en 2025, et manifestant ainsi un retard important par rap-
port à la période affichée de mise en oeuvre des CPER, l?Ae
estime que l'exercice de participation du public ne pourra
avoir qu'un sens limité notamment du fait que les program-
mations sont désormais non seulement largement définies,
mais aussi en partie engagées depuis 2 ans.
Cette nouvelle génération de volet Mobilités des CPER
marque une inflexion forte, comme recommandé par le
COI, vers le soutien à des mobilités plus durables, qui reste
cependant à conforter et concrétiser, tandis que l?évaluation
environnementale de ces programmes est encore assez loin
d?atteindre toutes ses potentialités.
En effet, alors même que l?évaluation environnementale
(obligatoire) de ces plans aurait permis de s?assurer de la
bonne prise en compte du pilier environnemental, peu de
régions ont saisi correctement cette opportunité. Les évalua-
tions environnementales présentées à l'Ae ont bien souvent
été conduites sans réelle démarche itérative entre la concep-
tion du contrat et son évaluation environnementale. Elles
n'ont mené qu?à peu de mesures d?évitement, de réduction
ou compensation alors que l?on sait que les infrastructures
font du bruit, que certaines sont émettrices, en travaux et
exploitation, de gaz à effet de serre et de polluants de l?air,
que la plupart marquent le paysage et les milieux naturels
et artificialisent des sols. Les évaluations environnementales
renvoient systématiquement à la mise en oeuvre des projets
alors que l?échelle régionale pourrait être examinée pour ré-
pondre à certaines de ces incidences, en complémentarité
avec les réponses à l?échelle des projets. Alors que les projets
inscrits dans les CPER sont souvent bien avancés dans leur
définition, et donc dans la connaissance de leurs incidences
potentielles et des mesures pour les prévenir, les descriptions
fournies sont de qualité variable, parfois imprécises. La qua-
lité de certains dossiers sur ces sujets, comme en Centre-Val
de Loire, Provence-Alpes-Côte d?Azur, Hauts-de-France, est
cependant à souligner.
Les critères d?éco-conditionnalité sont à des degrés de dé-
finition variables selon les régions et employés de manière
inégale, et quand ils le sont, les évaluations environnemen-
tales peinent à mettre en valeur leur usage. L?Ae a souvent
recommandé d?en formaliser davantage l?emploi pour réin-
terroger chaque opération inscrite au contrat au regard de
l?atteinte d?objectifs de transition écologique.
Les indicateurs de suivi du contrat ne paraissent pas tou-
jours opérationnels pour permettre le suivi de ses effets et la
réorientation éventuelle de la programmation notamment
à l?occasion de sa révision à mi-parcours. Le suivi risque de
se borner à la possibilité de consommation de crédits (des
indicateurs de réalisation pourront devoir être ajoutés, ainsi
que les valeurs initiales et cibles des indicateurs retenus). A
contrario, dans nombre de régions, une dynamique forte
d?évolution des gouvernances des transports est constatée,
tant autour des CPER que par mise en oeuvre des instances
prévues par la Loi d?organisation des mobilités de 2019 (bas-
sins opérationnels de mobilité et comités des partenaires,
contrats opérationnels de mobilité, plans d?action de mo-
bilité solidaire), la constitution de conférences régionales
sur la logistique, ou l?évolution des observatoires régionaux
des transports vers des observatoires régionaux de la mo-
bilité (souvent mobilisés pour le suivi de la mise en oeuvre
des CPER).
Enfin et surtout, ces contrats ont montré, pour la plupart,
un réel tournant vers des mobilités plus durables, notam-
ment ferroviaires, avec principalement des projets de mise
en accessibilité des gares, de modernisation de lignes struc-
turantes, de régénération des lignes de desserte fine des ter-
ritoires, et de pérennisation et développement du fret fer-
roviaire, ainsi que les études préliminaires voire les premiers
travaux pour la mise en place des futurs services express
régionaux métropolitains (SERM). Pour les projets de fret
ferroviaire, les contrats sont à consolider, en commençant
par une analyse des freins à leur réalisation et usage. L?Ae a
pu signaler que, par exemple sur le cas de l?Île de France, où
les investissements sont très conséquents et à souligner, l?ap-
proche repose principalement sur une politique incitative et
d?augmentation de l?offre de transports en commun, sans
totalement approfondir suffisamment la question d?autres
mesures, potentiellement plus contraignantes de nature à
garantir un report modal, pour diminuer les mobilités car-
bonées et l?autosolisme.
1.
Faute de moyens l?Ae n?a pas délibéré d?avis sur le volet Mobilités du CPER
Normandie
C P E R
Volet des
mobilités
des CPER
2023-2027
Tramaway T13
130 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 131
Z O O M S U R
Les investissements restent importants néanmoins sur les
projets routiers pour lesquels l'État est désormais le principal
financeur, sans que ne soit toujours démontrée la conformité
avec ses politiques environnementales en faveur de la décar-
bonation de la mobilité, la préservation de la biodiversité et
la réduction de l?artificialisation nette. Les investissements
routiers permettent encore le développement de nouvelles
capacités sans être toujours accompagnés d?investissements
en faveur de l?évolution de l?usage de la route (aménagements
de voies pour les transports en commun ou covoiturage) ou
d?engagement d?apaisement des flux sur les voies délestées.
À ce titre, le volet Mobilités du CPER Provence Alpes Côte
d?Azur comporte une intéressante action d?investissement,
assez fortement dotée, pour la création de voies réservées
aux transports en commun, cohérente avec la politique de
développement des bus et cars à haut niveau de service
menée au niveau régional.
Plusieurs CPER comportent un investissement fort en faveur
du développement des véloroutes, dans l?optique de l?achè-
vement de la mise en place des véloroutes inscrites dans
les schémas national et régionaux. Les véloroutes ont une
vocation touristique plus marquée que pour les mobilités
du quotidien. Les investissements en faveur de celles-ci sont
soutenus par des fonds de l?État mis en place depuis le début
des années 2020 sous forme d?appel à projets et par des
actions des Régions, non inscrits dans les CPER, alors que
ceci pourrait les pérenniser sur le moyen terme, pour des
investissements souvent longs à définir sur les territoires, vu
l?ensemble des enjeux et des contraintes à appréhender.
L?investissement en faveur des mobilités plus durables est
conséquent au plan financier, mais les dossiers pourraient
exposer plus précisément leur cohérence avec les straté-
gies nationales (suites du rapport du COI, fret et logistique,
développement portuaire etc.) ou régionales (orientations
retenues dans les Sraddet, stratégies régionales État-Région
élaborées ou en voie de l?être pour le développement du fret
ferroviaire, etc.). L?Ae a pu, dans certains cas, recommander
d?accélérer (ou de mieux formaliser) la définition des stra-
tégies régionales. Les objectifs en termes d?évolution des
indicateurs spécifiques aux transports (évolution des parts
La démonstration de la cohérence avec des besoins bien
définis reste souvent à renforcer. Les projets se concentrent
majoritairement sur l?adaptation de tracés existants, ce qui
limite les emprises affectées et les incidences liées (artificia-
lisation des sols, fragmentation et atteinte aux milieux natu-
rels). La démarche conduite en région Centre-Val de Loire,
qui a conduit à renoncer explicitement à certains projets qui
étaient annoncés dans le CPER 2021-2027 comme devant
être soutenus dans le futur volet Mobilités, est à signaler. A
contrario, certains grands projets, comme l?aménagement
de la RN2 en région Hauts de France, devraient être analysés
plus en profondeur s?agissant de leur définition au regard des
trafics constatés et de la réduction des incidences associées
à leur emprise ainsi que des émissions de gaz à effet de serre
par les chantiers.
Les volets fluviaux et portuaires concernent certaines des
régions où sont présents des grands ports fluviaux et mari-
times de l?État, portant tant sur leur développement por-
tuaire et industriel, le renforcement dans certains cas de leur
desserte ferroviaire et fluviale, que la décarbonation de leurs
activités. Si la volonté de développement du report modal
se traduit par des investissements parfois conséquents, les
problématiques de consommation d?espace, atteinte aux
milieux naturels, effets cumulés des nombreux investisse-
ments portuaires et industriels font l?objet d?approches peu
décrites dans les CPER et sont encore appréhendées avec
certaines difficultés au stade de la mise en oeuvre des projets
(voir partie spécifique du rapport de l?Ae sur ce sujet).
modales par exemple) et d?incidences positives attendues
(réduction des émissions de gaz à effet de serre ou de pol-
luants atmosphériques en particulier) sont certes difficiles
à définir eu égard au caractère systémique des mobilités,
mais pourraient néanmoins faire l?objet de plus de préci-
sions. Enfin le caractère partiel des CPER, qui ne couvrent
pas tous les investissements de l?État (qui intervient en pa-
rallèle sur des grands projets ou par des appels à projets)
et des Régions (et des autres collectivités) dans le domaine
des transports, ne facilite pas l?appréhension d?ensemble des
politiques conduites et de leurs impacts, même si les dossiers
s?efforcent, à un degré de précision variable, de présenter ces
autres interventions.
L?avis de l?Ae sur chaque volet Mobilités des CPER, prenant
en compte les spécificités de chaque région, est résumé en
partie 2 de ce rapport
C P E R
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 133132 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
PPE
LES PROGRAMMATIONS
PLURIANNUELLES DE L?ÉNERGIE
Les outils organisant les moyens mobilisés pour atteindre les
objectifs énergétiques et climatiques de la France
La stratégie française sur l?énergie et le climat (SFEC) com-
prend la stratégie nationale bas carbone (SNBC), la program-
mation pluriannuelle de l?énergie (PPE) et le plan national
d?adaptation au changement climatique (PNACC). Le prin-
cipe d?élaboration de la SNBC et de « budgets carbone »
(plafonds d?émissions de gaz à effet de serre) par grands sec-
teurs, domaines d?activité et, par catégories de gaz à effet de
serre (GES) a été introduit par la loi de transition énergétique
pour la croissance verte (LTECV) du 17 août 2015 et codifié
à l?article L. 222 1 B du code de l?environnement. Les « bud-
gets carbone » sont fixés pour trois périodes successives de
cinq ans chacune, qui doivent permettre l?atteinte d?une
trajectoire respectant les objectifs de la France en matière
de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces objec-
tifs sont définis par l?article L. 100 4 du code de l?énergie, et
comprennent notamment : réduction des émissions de gaz
à effet de serre de 40 % entre 1990 et 2030 et atteinte de la
neutralité carbone en 2050, réduction de la consommation
énergétique primaire1 des énergies fossiles de 40 % en 2030
par rapport à l'année de référence 2012. Ces ambitions ont
été renforcées par l?adoption du paquet législatif européen
« Fit for 55 »2 .
La loi a également créé, encadré et codifié les PPE pour le
territoire métropolitain continental ainsi que pour la plupart
des autres zones non interconnectées, la Corse, les départe-
ments et régions d?Outre mer ainsi que certaines collectivités
d?Outre mer. Les PPE portent sur deux périodes successives
de cinq ans chacune. Elles doivent être compatibles avec la
SNBC et les objectifs de réduction des émissions de gaz à
effet de serre fixés dans les « budgets carbone », révisés eux
aussi tous les cinq ans.
La troisième PPE (ou « PPE3 ») du territoire métropolitain
continental constitue la déclinaison opérationnelle pour la
décennie à venir des orientations de la politique énergétique
de la SNBC, dont une version révisée (SNBC3) devait être
arrêtée début 2025. La PPE3 anticipe sur les objectifs de la
SNBC3, notamment la réduction des émissions territoriales
brutes (hors puits de de gaz à effet de serre de moitié à l?ho-
rizon 2030 par rapport à 1990 et la réduction de 30 % de la
consommation d?énergie à la même date par rapport à 2012.
La SNBC3 modifiera les budgets carbone par grands sec-
teurs, domaines d?activité et, à titre indicatif, par catégories
de gaz à effet de serre, arrêtés dans le cadre de la SNBC2 et
définira des nouvelles cibles pour les périodes 2025-2030 et
2031-2035, en correspondance avec la PPE3.
Les PPE vus par l?Ae en 2024
Après avoir rendu antérieurement des avis sur les 1e et 2e
versions des PPE, l?Ae a été saisie en 2024 d?une demande de
cadrage préalable sur l?évaluation environnementale de la
PPE33 , puis a rendu un avis sur la PPE3 elle-même4 . Elle a éga-
lement été saisie d?une demande d?avis sur l?évaluation envi-
ronnementale de la PPE de Guadeloupe5 et de Saint-Martin6
(elle avait rendu fin 2023 un avis sur la PPE de Corse).
Dans l?avis de cadrage préalable, l?Ae a souligné que le bi-
lan des documents antérieurs (PPE2 en particulier) n?est que
rapidement dressé sans être analysé. Il manque ainsi une
analyse des écarts observés au regard des moyens mis en
oeuvre, secteur par secteur. C?est une lacune importante,
dans un contexte où plusieurs objectifs n?ont pas été atteints.
En effet, la PPE2 prévoyait une réduction de 16,5 % de la
consommation finale d?énergie entre 2012 et 2028. Cette
consommation a diminué de seulement 10,7 % entre 2012
et 2022 et il serait donc nécessaire de doubler le rythme de
réduction constaté pour respecter les nouveaux objectifs,
plus ambitieux, du paquet législatif européen « Fit for 55 ».
La PPE2 prévoyait également une réduction des consomma-
tions d?énergie primaire de produits fossiles (charbon, gaz,
produits pétroliers) par rapport à 2012. Pour le pétrole, la
réduction attendue était de 19 % en 2023 et 34 % en 2028.
Selon le dossier, en 2022, cette réduction était de 17,2 %. Pour
le gaz naturel, la réduction attendue en 2023 était de 10 %
et 22 % en 2028 ; la réduction constatée était de 5,8 % en
2022. Pour le charbon, il était attendu 66 % en 2023 et 80 %
en 2028 ; elle s?établit à 48,2 % en 2022. Le dossier insiste sur
l?importance d?accélérer la sortie des énergies fossiles. Enfin
l?analyse des écarts aux objectifs n?a pas non plus été effec-
tuée pour le secteur des transports, dont la consommation
finale augmente et dont la part passe, entre 1990 à 2022, de
30 à 33 %, ni pour le secteur tertiaire, dont la part passe de
13 % à 17 % de l?ensemble des consommations pour la même
période. Une telle analyse serait importante pour tirer les le-
çons des raisons ayant conduit aux écarts aux objectifs alors
que la PPE3 renforce certains de ces objectifs sans proposer
une méthode ou des outils tenant compte des difficultés
rencontrées dans les deux PPE précédentes.
1.
Énergie primaire : énergie non transformée tirée de la nature (soleil, fleuves,
chaleur, vent) ou contenue dans les produits énergétiques tirés de la nature
(comme les combustibles fossiles ou le bois). L?uranium n?est pas considé-
ré comme une énergie primaire. Par convention, c?est la chaleur produite
par les centrales nucléaires qui est comptabilisée comme énergie primaire.
Consommation finale énergétique : consommation d?énergie à toutes fins
autres que la transformation, le transport, la distribution et le stockage d?éner-
gie et hors utilisation comme matière première ou pour certaines propriétés
physiques. C?est donc la consommation d?énergie primaire dont sont déduites
les pertes d?énergie lors de la transformation des ressources énergétiques en
énergies utilisées dans la consommation finale ainsi que lors de leur transport.
L?énergie finale est l?énergie livrée au consommateur pour sa consommation
finale (essence à la pompe, électricité au foyer, gaz pour chauffer une serre?).
2.
Paquet législatif européen « Ajustement à l?objectif » pour réduire les émis-
sions nettes européennes de gaz à effet de serre d?au moins 55 % en 2030 par
rapport à 1990 ; il fixe également une cible de consommation finale d?énergie
à la même date, plus ambitieuse que celle inscrite dans la PPE.
3.
Avis délibéré de l?Ae pour le cadrage préalable des évaluations environne-
mentales stratégiques de la troisième stratégie nationale bas carbone et de
la troisième programmation pluriannuelle de l?énergie du territoire métropo-
litain continental, n° 2024 088 du 12 septembre 2024 : https://www.igedd.de-
veloppement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_240910_cadrage_snbc3-ppe3_de-
libere_cle521dfa.pdf.
4.
Avis délibéré de l?Autorité environnementale sur la 3e programmation plu-
riannuelle de l?énergie (2025-2030, 2031-2035) du territoire métropolitain
continental, n° 2024 092 du 19 décembre 2024 : https://www.igedd.develop-
pement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_ppe_delibere_cle13ef69.pdf.
5.
Avis délibéré de l?Autorité environnementale sur la programmation plurian-
nuelle de l?énergie (PPE) 2024-2028 / 2029-2033 de Guadeloupe (971), n° 2023-
124 du 7 mars 2024 : https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/
pdf/7__0240304_ppe_guadeloupe_delibere_cle553a48.pdf.
6.
Avis délibéré de l?Autorité environnementale sur la programmation plurian-
nuelle de l?énergie (PPE) 2024-2028 / 2029-2033 de Saint-Martin (978), n° 2023
118 du 22 février 2024 : https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/
IMG/pdf/240220_ppe_saint-martin_-a_publier_cle593a91.pdf.
P P E
134 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 135
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_240910_cadrage_snbc3-ppe3_delibere_cle521dfa.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_240910_cadrage_snbc3-ppe3_delibere_cle521dfa.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_240910_cadrage_snbc3-ppe3_delibere_cle521dfa.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_ppe_delibere_cle13ef69.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_ppe_delibere_cle13ef69.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/7__0240304_ppe_guadeloupe_delibere_cle553a48.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/7__0240304_ppe_guadeloupe_delibere_cle553a48.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/240220_ppe_saint-martin_-a_publier_cle593a91.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/240220_ppe_saint-martin_-a_publier_cle593a91.pdf
Z O O M S U R
Le cadrage a été sollicité sur certaines questions précises,
dont la bonne prise en compte des pressions et enjeux en-
vironnementaux à prendre en compte dans l?évaluation en-
vironnementale, le périmètre de cette évaluation, ou le suivi
des indicateurs environnementaux?
Une question portait spécifiquement sur l?intégration d?une
dimension territoriale à l?évaluation environnementale stra-
tégique de la PPE. Celle-ci passe par la prise en compte des
projets majeurs dans les territoires ainsi que l?établissement
de planifications stratégiques territoriales.
La PPE comprenant un volet dédié aux mobilités, au regard
de leur part conséquente en termes de consommation
d?énergie et d?émissions croissantes jusqu?à il y a peu de gaz
à effet de serre, une question de cadrage portait sur la prise
en compte de la sobriété dans les transports et son intégra-
tion dans l?évaluation environnementale. D?autres questions
étaient thématiques : biomasse, ressources du sous-sol, etc.
LES AVIS RENDUS SUR LES PPE
La PPE métropolitaine
Pour l?Ae, les principaux enjeux environnementaux de la PPE
sont la réduction des émissions de gaz à effet de serre, des
consommations d?énergie primaire et finale et de l?utilisation
des autres ressources (matériaux, eau, espace) mobilisées di-
rectement ou indirectement pour les besoins en énergie, en
France et dans les pays d?origine des importations.
Le suivi des préconisations émises par l?Ae dans le cadrage
préalable relative à la PPE métropolitaine a été dans l?en-
semble bien assuré et l?évaluation environnementale est
souvent de bonne qualité. L?Ae a toutefois émis des recom-
mandations reprenant des éléments du cadrage non en-
tièrement pris en compte, dont la présentation d?objectifs
régionalisés de production d?énergie à partir de ressources
renouvelables, et concernant la hiérarchie des usages de la
biomasse, faire en sorte que la PPE respecte la hiérarchie éta-
blie. Alors que la stratégie nationale pour le développement
durable (SNDD) a fixé ainsi la hiérarchie des usages : aliments,
puis biofertilisants, puis matériaux, puis molécules, puis car-
burants liquides, puis gaz, puis chaleur, puis électricité, la PPE
met ensemble (sans respecter la hiérarchie jusqu?ici établie)
l?alimentation humaine, les puits de carbone, l?alimentation
animale, la fertilité des sols ainsi que les réseaux de chaleur,
les consommations énergétiques de l?agriculture, de la filière
bois, les engins lourds de chantier et l?industrie . L?Ae a aussi
émis des recommandations sur l?analyse de l?articulation de
la PPE3 avec les autres plans et programmes pertinents (dont
la SNBC),
L?Ae a formulé un certain nombre de recommandations
pour améliorer l?évaluation environnementale stratégique
de la PPE3 en particulier pour intégrer le transport aérien,
apprécier les perspectives d?évolution de la disponibilité de
la ressource en eau et la biomasse et les incidences environ-
nementales des importations de combustibles et métaux
nécessaires à la production d?énergie et son utilisation. Elle
a recommandé de renforcer la justification des choix éner-
gétiques (infrastructures tous secteurs, installations, filières)
présentant des incidences environnementales importantes,
notamment les interconnexions électriques.
Sur des points plus spécifiques, l?Ae a recommandé de com-
pléter ou d?approfondir la PPE3, et notamment de baisser
d?au moins 12 % l?objectif 2030 de consommation énergé-
tique finale pour atteindre les objectifs européens « fit for 55
», de renforcer les objectifs de recyclage des métaux et terres
rares, d?approfondir les mesures en matière de mobilité pour
améliorer la qualité de l?air, réduire les incidences sanitaires
et les consommations d?énergie, de rehausser l?ambition en
matière de numérique et de solaire thermique, et de préci-
ser les conséquences d?une éventuelle moindre disponibilité
des réacteurs nucléaires, la PPE3 projetant leur mobilisation
maximale ininterrompue jusqu?en 2035. Elle a enfin recom-
mandé de compléter les actions de la PPE3 par des dispo-
sitions visant à réduire l?artificialisation des sols et l?érosion
de la biodiversité ainsi qu?à protéger et restaurer les puits de
carbone, et en donnant la priorité aux usages alimentaires et
constructifs de la biomasse sur sa transformation en énergie,
y compris s?agissant de biomasse importée.
7.
Le projet de PPE soumis à consultation comprend un tableau modifié sur ce
point mais différant toujours de la hiérarchie fixée par la SNDD.
P P E
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 137136 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
Z O O M S U R
Les PPE de Guadeloupe et de Saint-Martin
Les PPE de Guadeloupe et Saint-Martin comportent un
certain nombre de caractéristiques communes du fait de
l?insularité des deux territoires, avec toutefois leurs propres
spécificités.
La Guadeloupe comme Saint-Martin sont très dépendantes
des importations énergétiques. L?un des enjeux centraux de
leurs PPE est d?accroître leur autonomie énergétique.
En Guadeloupe, les principaux objectifs de la nouvelle PPE
restent une baisse des consommations d?énergie finale (-3 %
en 2028 et -4 % en 2033 par rapport à 2022) et une électricité
intégralement produite à partir de ressources renouvelables,
au moyen d?importantes importations de biomasse pour
alimenter les centrales, dont l?Ae a recommandé de mieux
évaluer les incidences complètes, y compris dans les pays
d?origine. Concernant les transports, le manque d?ambition
et de crédibilité du projet de PPE est l?objet de recomman-
dations de l?Ae. L?objectif visé de 10 % de report modal dans
les transports semble hors de portée en l?absence d?actions
fortes. Il est en outre peu cohérent avec l?augmentation pré-
vue du parc automobile thermique concomitamment au
développement du véhicule électrique, qui atteindrait 15 %
du parc total (le nombre total de voitures augmenterait de
30 000 unités entre 2022 et 2030). Le contexte est pourtant
celui d?une baisse de la population. L?Ae a aussi recommandé
de mieux évaluer les effets du développement du véhicule
électrique et de définir les conditions et modalités de l?im-
plantation et de la gestion des bornes de recharge.
La présentation de la PPE est claire, mais son rapport envi-
ronnemental reste à un niveau de généralité qui réduit son
utilité, en particulier sur les incidences qui ne sont pas quan-
tifiées. L?Ae a émis des recommandations pour en améliorer
la portée.
D?autres recommandations ont été émises, notamment de
fournir une évaluation de l?évolution des émissions de gaz
à effet de serre attendue de la mise en oeuvre de la PPE et
de la compléter par des objectifs quantifiés par secteur des
baisses qui sont visées.
Concernant Saint-Martin, l?Ae a recommandé de fixer un
objectif quantifié de baisse des émissions de gaz à effet de
serre, et de fournir une première évaluation des incidences
des choix opérés par la PPE en matière d?émissions. Elle a
aussi recommandé de prendre en compte les risques natu-
rels et les effets du changement climatique, de définir les
zones d?exclusion des nouveaux moyens de production et
des réseaux, d?évaluer les incidences du recours à la biomasse
importée pour la production électrique, d?améliorer l?effi-
cience du système énergétique constitué des moyens de
production thermique et de l?usine de dessalement d?eau
de mer, de prévoir des mesures en faveur des transports en
commun et des modes actifs et de s?assurer que le dévelop-
pement du véhicule électrique est organisé de manière à
garantir une utilisation rationnelle de l?énergie.
Au sujet de la maîtrise de la demande d?énergie, l?Ae a recom-
mandé de prévoir des mesures concrètes pour atteindre les
objectifs affichés, en s'appuyant sur les techniques connues
et maîtrisées en milieu littoral tropical, telles le chauffe-eau
solaire.
P P E
Conclusion
L?examen de l?ensemble de ces évaluations environnemen-
tales stratégiques met en évidence des faiblesses liées à l?in-
suffisante territorialisation des objectifs et à leur articulation
avec les stratégies locales, à l?insuffisance tendancielle de la
contribution du secteur des transports aux objectifs natio-
naux, et à l?exploitation du retour d?expérience acquise lors
des précédentes périodes des PPE. La hiérarchie des usages
de la biomasse apparaît implicitement avoir été remise en
cause à l?occasion des PPE alors que ce sujet semblait réglé
depuis plusieurs années.
Pour les PPE des zones non interconnectées, la question des
choix stratégiques de l?autonomie énergétique et de leurs
incidences environnementales a été soulevée, ainsi que celle
des incidences carbone du déploiement du véhicule élec-
trique et de l?utilisation rationnelle de l?énergie.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 139138 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
LA NOTE DE L?AE PUBLIÉE EN
2024 : RETOUR D?EXPÉRIENCE,
ATTENTES ET PERSPECTIVES
SUR LA PRISE EN COMPTE DU
CHANGEMENT CLIMATIQUE
DANS LES ÉVALUATIONS
ENVIRONNEMENTALES.
L?Ae a publié en mars 2024, conjointement avec les MRAe,
une note relative à la prise en compte des émissions de gaz
à effet de serre et du changement climatique avec pour
objectif de préciser ce qui est attendu par les autorités
environnementales. Une annexe à cette note, ciblée sur
la question de la compensation carbone, a été publiée en
septembre 2024.
Les recommandations formulées dans cette note et son
annexe s?appuient sur les contributions de l?Ae et des
MRAe, dans le cadre d?un groupe de travail commun lancé
LES DOSSIERS VUS EN 2024
Des progrès sensibles pour les opérations d?aménagement
notamment
L?Ae observe dans le cadre des avis rendus en 2024 une
amélioration notable pour certains dossiers. Ceci concerne
notamment les dossiers d?aménagement, en particulier les
zones d?aménagement concerté (Zac), avec un effet visible
de l?entrée en vigueur de la réglementation environnemen-
tale 2020 sur les constructions neuves (RE 2020). Cette ré-
glementation applicable depuis 2022 conduit les porteurs
de projet à des analyses plus poussées du bilan carbone de
leurs opérations et à la recherche de solutions afin de l?amé-
liorer, même s?il manque bien souvent un bilan énergétique
de l?opération.
Le développement des outils, tels que UrbanPrint, dévelop-
pé par Efficacity et le Centre scientifique et technique du
bâtiment (CSTB) et fondé sur la méthode Quartier Énergie
Carbone de l?Ademe, constitue une aide efficace pour les
porteurs de projet qui souhaitent mener une réflexion sur
l?amélioration de leur empreinte carbone.
Dans le cas de la Zac du Bas Clichy à Clichy-sous-Bois (93),
portée par l?Établissement public foncier d?Île-de-France, l?Ae
a ainsi relevé dans son avis2 que « les éléments [du dossier]
témoignent d?une démarche assez poussée et du souhait de
rendre opérationnelle la volonté de réduction des émissions
de gaz à effet de serre ». L?étude fournie en annexe est dé-
taillée. Trois scénarios d?émissions sont envisagés à l?échelle
du territoire, incluant les émissions dues aux chantiers, les
déplacements des habitants, les émissions des bâtiments
et équipements, celles dues à la gestion des déchets, la sé-
questration carbone, etc. Les émissions de chaque scénario,
en analyse du cycle de vie sur 50 ans, sont respectivement
de 318 000 tCO2e, 278 000 tCO2e et 191 000 tCO2e. Ceci
illustre à la fois l?importance des émissions en jeu dans le
cadre de tels projets et aussi les marges de manoeuvre qui
peuvent exister.
en 2020. Elles sont fondées sur les avis émis par l?Ae et les
MRAe. Elles portent également des propositions sur des sujets
qui ne sont pas encore « stabilisés », notamment la question
des trajectoires à prendre en compte pour s?assurer de la
compatibilité avec les objectifs de réduction des émissions
de gaz à effet de serre.
Cette note est complémentaire au guide méthodologique
du Commissariat général au développement durable (CGDD)
en février 2022 à destination des maîtres d?ouvrage. Elle com-
porte les onze « messages-clés » suivants :
La prise en compte du
changement climatique
dans les évaluations
environnementales
1 Les émissions de gaz à effet de serre et la vulnérabilité au changement climatique concernent tous les
projets, plans et programmes. Ceci doit être analysé de façon systématique
2 L?état initial ne doit pas être limité à la description des conditions météorologiques locales historiques
3 La définition des scénarios de référence et de projet est déterminante pour évaluer les incidences d?un projet
sur les émissions de gaz à effet de serre
4 La démarche d?évaluation environnementale doit être fondée sur une quantification exhaustive des
émissions de GES
5
Pour la comparaison avec les objectifs nationaux, le premier niveau d?analyse consiste à vérifier si le projet
prend pleinement en compte les orientations stratégiques de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) en
vigueur
6
Pour analyser le projet par rapport à la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre,
notamment la neutralité carbone à l?horizon 2050, une déclinaison de la trajectoire à différentes échelles
(temporelles, géographiques et thématiques) est nécessaire mais les différents travaux sur le sujet n?ont pas
encore totalement abouti
7
Sans attendre les déclinaisons de la trajectoire de réduction permettant d?apprécier si un projet, un plan
ou un programme est compatible avec les objectifs, il convient d?appliquer la démarche éviter, réduire et
compenser à l?ensemble des émissions générées par le projet, le plan ou le programme
8 L?analyse doit inclure celle de la vulnérabilité des projets, plans et programmes
9
Lorsqu?une analyse coûts avantages doit être réalisée, elle doit être cohérente avec l?évaluation présentée
pour les émissions de GES et les effets sur le climat doivent être monétarisés en prenant en compte les
dernières valeurs tutélaires disponibles1
10 La prise en compte des émissions liées à la production et à la consommation d?électricité nécessite des
précautions particulières (consommation évitée ou substituée)
11 Les demandes d?examen au cas par cas doivent aussi traiter du sujet de l?atténuation et de l?adaptation
1.
Les valeurs tutélaires ont été mises à jour en mars 2025 avec des valeurs fixées
à 256 ¤2023 en 2025, 300 ¤2023 en 2030 et 563 ¤2023 en 2050 (source : « La
valeur de l?action pour le climat » ? Mars 2025).
2.
Avis délibéré n°2023-128 du 22 février 2024 ? Zac du Bas Clichy à Clichy-sous-
Bois (93)
140 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 141
http://UrbanPrint
https://www.strategie.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-03-20 - Valeur de l'action pour le climat/FS-2025-RAPPORT QUINET_19mars20h-COUV-vdef.pdf
https://www.strategie.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-03-20 - Valeur de l'action pour le climat/FS-2025-RAPPORT QUINET_19mars20h-COUV-vdef.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/240211_avis_zac_bas_clichy_delibere_1__cle58c244.pdf
Z O O M S U R L a p r i s e e n c o m p t e d u c h a n g e m e n t c l i m a t i q u e
d a n s l e s é v a l u a t i o n s e n v i r o n n e m e n t a l e s
Dans le cas du réaménagement du pôle gare de Noisy-le-Sec3,
projet coordonné par Île-de-France Mobilités et associant
SNCF Gares et Connexions, le Département de Seine-Saint-
Denis et la ville de Noisy-le-Sec, des pistes de réduction des
émissions du chantier sont indiquées (choix de matériaux
bas carbone, d?engins et méthodes de construction moins
émetteurs, maximisation du recyclage des déchets) et les
estimations ont été conçues pour servir de base à un travail
plus approfondi en phase de projet détaillé.
Des projets aux enjeux significatifs avec des analyses ap-
profondies
Certaines études peuvent être particulièrement fouillées
lorsque l?enjeu des émissions de gaz à effet de serre (GES)
est majeur.
Dans le cas du projet Cap décarbonation (59?62)4 , l?objectif
est de séquestrer les trois-quarts des 1,8 million de tonnes de
CO2 émis annuellement par la cimenterie Eqiom de Lumbres
(62) et l?usine de fabrication de chaux Lhoist de Réty (62).
Le projet comprend les installations de captation du CO2,
les canalisations et installations nécessaires à son transport
jusqu?au port de Dunkerque et à son transfert sur des navires,
son transport maritime jusqu?à un site de stockage en Mer
du Nord (potentiellement celui de Northern Lights en Nor-
vège), ainsi que l?alimentation en oxygène de la cimenterie,
ce qui facilitera la capture du CO2, et les divers raccorde-
ments électriques.
Le projet présenté, qui n?intègre pas les opérations de stoc-
kage, sera émetteur d?un peu plus de 100 000 tCO2 par an et
l?objectif de stockage sur une durée de 50 ans est de 72 mil-
lions de tonnes de CO2. Malgré des améliorations à apporter
dans la présentation du bilan et des précisions à fournir sur le
rendement prévu, le dossier soumis à l?avis de l?Ae constitue
un exemple d?analyse approfondie.
Dans le cas de la centrale de Provence à Meyreuil et Gar-
danne (13)5 , l?alimentation en combustible d?une tranche de
la centrale a été modifiée afin de remplacer le charbon et le
coke de pétrole par un mélange composé essentiellement
de bois (avec un plan d?approvisionnement de 545 000 t
par an dont 150 000 t de bois importé) complété par des
énergies fossiles. L?étude fournie dans le cadre de l?étude
d?impact développe de façon détaillée les hypothèses utili-
sées pour établir le bilan des émissions de CO2 fossile, estimé
à 234 gCO2e/kWh, que l?Ae a recommandé de compléter
par l?évaluation des émissions de CO2 d?origine biogénique
ainsi que par des éléments sur la durabilité de la biomasse
consommée, qui constitue un enjeu très important.
Dans le domaine des transports, le projet du Grand Paris Ex-
press porté par la Société des grands projets (SGP) constitue
un enjeu majeur. L?actualisation de l?avis sur la ligne 15 Est du
Grand Paris express reliant Saint-Denis Pleyel à Champigny
Centre (93, 94)6 a été l?occasion de prendre acte de la ver-
sion mise à jour du bilan attendu en termes d?émissions de
GES. À l?horizon 2050, les gains attendus ne permettraient
pas, selon les estimations actuelles, de compenser les émis-
sions induites par la construction et le fonctionnement des
infrastructures (les émissions « nettes » sont estimées à 142
000 tCO2e). Partant de ce constat, la SGP s?est fixé comme
ambition de réduire, d?ici l?achèvement des travaux, de 25 %
les émissions de gaz à effet de serre liées à la construction du
GPE, par rapport à l?évaluation prévisionnelle. Si la construc-
tion d?infrastructures de transport en commun est une né-
cessité pour aboutir à la neutralité carbone, cet exemple
comme d?autres portant sur des projets de moindre ampleur
vus par l?Ae7, illustrent qu?il ne s?agit pas d?une condition suf-
fisante. D?autres mesures visant la décarbonation des mobili-
tés, notamment le développement d?alternatives à la voiture
individuelle, doivent également être adoptées à l?échelle des
agglomérations concernées. En outre, l?efficacité du report
modal ne résulte pas seulement d?un choc d?offre mais égale-
ment de mesures volontaristes visant à décourager l?usage du
véhicule individuel motorisé (réduction de vitesse, réduction
de voiries, plan de circulation, restriction du stationnement,
etc.).
Des premières estimations enfin disponibles dans les dos-
siers d?examen au cas par cas
Pour les demandes d?examen au cas par cas, l'article R. 122-3-1
du code de l?environnement impose au maître d'ouvrage de
présenter les incidences notables que son projet est suscep-
tible d'avoir sur l'environnement et la santé humaine. Si les
incidences sur les émissions de gaz à effet de serre sont signi-
ficatives, alors celles-ci doivent être exposées. Néanmoins,
comme relevé par l?Ae et les MRae dans leur note de mars
2024, les demandes d?examen au cas par cas présentées ne
comportent que rarement une estimation des émissions de
gaz à effet de serre ou une évaluation de la vulnérabilité des
projets aux effets du changement climatique.
Bien que cela reste une minorité de cas, l?Ae a observé une
tendance positive avec par exemple la présentation par
Enedis et RTE des premières estimations à un stade amont
dans le cadre de projets de développements des réseaux de
transport et de distribution de l?électricité. Ces premières
estimations enfin disponibles permettent de confirmer l?im-
portance des émissions générées par ce type de projet avec
par exemple environ 30 000 tCO2e, dont 22 000 tCO2e pour
l?extraction et la fabrication des matériaux, dans le cas du
poste électrique 225 000 / 20 000 volts des Landes d?Arma-
gnac (40) . Dans ce cas, la décision d?exonération d?étude
d?impact a pu prendre en compte le recours aux matières
recyclées, au recyclage, à la réduction de l?utilisation de SF6
et de ses fuites, à la réutilisation de terres excavées et au re-
cours à des bétons « bas carbone » pour réduire l?empreinte
carbone du projet.
Une prise en compte du changement climatique qui doit
encore être étendue à tous les projets, plans et programmes
Si des progrès sont constatés, bon nombre de dossiers vus
par l?Ae présentent néanmoins toujours des lacunes impor-
tantes en matière de changement climatique. Ceci se tra-
duit en premier lieu par un contenu consacré au sujet de
l?atténuation et de l?adaptation très pauvre par rapport aux
autres thématiques environnementales. À titre d?illustration,
sur un échantillon de cinq dossiers vus en 2024 par l?Ae, les
incidences et mesures dédiées au climat ne représentent sur
cet échantillon que 2 % de l?ensemble des incidences et me-
sures, contre 17% pour les milieux naturels et la biodiversité.
Pire, de nombreux dossiers examinés par l?Ae en 2024 ont
encore tenté de plaider que des mesures de réduction ou
de compensation des émissions de GES du projet n?étaient
pas nécessaires à l?issue d?un raisonnement fallacieux, fondé
sur une comparaison des émissions du projet aux émissions
régionales, nationales ou même mondiales. Le changement
climatique étant un fait mondial provoqué par les émissions
anthropiques, la seule conclusion qui s?impose est qu?aucun
projet ne peut s?exonérer de l?effort à faire.
Sur un total de 78 dossiers ayant fait l?objet d?un avis en 2024,
l?Ae a été amenée à recommander la présentation d?un bilan
GES (faute d?éléments dans le dossier) pour 17 projets, de
reprendre le bilan (cinq dossiers), de le corriger (cinq dos-
siers), de le compléter (15 dossiers). Au total, plus de la moitié
des dossiers (42 sur 78) présentent des lacunes importantes,
voire majeures sur cet aspect.
Le changement climatique est pourtant identifié par l?Ae
comme faisant partie des principaux enjeux environnemen-
taux dans 75 % des cas pour ces projets. Concernant l?at-
ténuation, les volumes en jeu à l?échelle de la durée de vie
du projet sont souvent significatifs, voire majeurs, pouvant
aller d?une ou quelques dizaines de milliers de tonnes de
CO2 (pour un projet de déviation routière avec infrastructure
nouvelle de quelques kilomètres) à des centaines de milliers
(projets de Zac), voire des millions de tonnes de CO2e (projets
industriels d?envergure).
De plus, la quantification ne constitue que la première
étape pour permettre l?application de la démarche éviter-ré-
duire-compenser. Pour les étapes suivantes, l?Ae a insisté en
2024 de façon régulière dans ses avis sur la nécessité d?appli-
quer aussi au sujet du climat cette démarche, au même titre
que les autres thématiques listées aux articles L. 122-1 (pour
les projets) et R. 122-20 (pour les plans et programmes) du
code de l?environnement. Pour 35 des 78 avis rendus pour
des projets, l?Ae a demandé que la démarche soit effective-
ment appliquée, ou que soient définies des mesures appro-
priées ou encore que des engagements fermes soient pris
lorsque des pistes de réduction étaient seulement évoquées.
Les autres recommandations émises ont porté sur la descrip-
tion des évolutions attendues du climat, la qualification de
l?enjeu, la description de l?état initial en termes d?émissions
de GES, la justification de la cohérence avec les planifications
locales ou nationales, le suivi des émissions, l?analyse de la
vulnérabilité au changement climatique, la prise en compte
de l?aggravation des risques naturels (inondation, feux de
forêt, montée du niveau de la mer), la problématique de la
ressource en eau, les îlots de chaleur urbains ou encore les
effets du changement climatique sur les milieux naturels.
3.
Avis délibéré n°2024-019 du 16 mai 2024 Réaménagement du pôle gare de
Noisy-le-Sec
4.
Avis délibéré n°2024-75 du 12 septembre 2024 Cap décarbonation (59-62),
projet porté conjointement par les sociétés Lhoist, Eqiom, Air Liquide, RTE
et LNG Terminal
5.
Avis délibéré n°2024-108 du 5 décembre 2024 Centrale biomasse de Provence
à Meyreuil et Gardanne (13), projet porté par l?exploitant de la centrale Gaze-
lEnergie Generation
6.
Avis délibéré n° 2024-032 du 16 mai 2024 sur la ligne 15 Est du Grand Paris
express reliant Saint-Denis Pleyel à Champigny Centre (93, 94)
7.
Cf. pour les avis délibérés en 2024, l?avis délibéré n° 2024-18 du 25 avril 2024
sur le projet de Tram T13 phase 2 entre Saint-Germain-en-Laye et Achères (78)
8.
Décision en date du 21 octobre 2024 de l?Autorité environnementale (non
soumission à réalisation d?une étude d?impact), après examen au cas par cas
relatif au poste électrique 225 000 / 20 000 volts des Landes d?Armagnac rac-
cordé en technique souterraine au poste étendu 225 000 volts de Naoutot
(40)
142 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 143
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/reamenagement_pole_noisy_le_sec_delibere_cle733824.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/4_-_240912_cap_decarbonation_delibere_cle2bf334.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2_-_241205_centrale_gardanne_projet_delibere_cle5cf4e9.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/01__240425_tramway_t13_phase_2_delibere_cle0ddabe.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/decision_rendue_cle2bc52a-25.pdf
144 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 145
L?A e E N 2 0 24
Presque toutes les Régions ont engagé la modification de
leur schéma régional d?aménagement, de développement
durable et d?égalité des territoires (Sraddet), pour décliner
au plan régional diverses dispositions législatives récentes, en
particulier sur la politique de réduction de l?artificialisation
nette, initiée et cadrée par la loi Climat et résilience de 20211
(loi n°2021-1104 portant lutte contre le dérèglement clima-
tique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite
LCR), complétée par la loi n° 2023-630 du 20 juillet 2023 vi-
sant à faciliter la mise en oeuvre des objectifs de lutte contre
l'artificialisation des sols et à renforcer l'accompagnement
des élus locaux. Ces révisions ont aussi porté sur l?écono-
mie circulaire (application de la loi n° 2020-105 du 10 février
20202 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie
circulaire dite AGEC), ou sur la logistique (modification du
contenu des Sraddet dans ce domaine, introduite par la
LCR) et parfois sur les conséquences de la loi n° 2019-1428
du 24 décembre 2019 d?orientation des mobilités (dite LOM).
Les révisions de schémas régionaux ont aussi été conduites
ou initiées en Île-de-France (révision périodique du schéma
directeur de la région île-de-France, datant de 2013) ou en
outre-mer.
Schémas régionaux
d?aménagement,
de développement
durable et d?égalité
des territoires,
autres schémas
régionaux
concernant
l?aménagement
L?Autorité environnementale a ainsi pu examiner à la fin
de l?année 2023 et tout au long de l?année 2024 les projets
de modification des Sraddet des régions Normandie, Bre-
tagne, Hauts-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Nou-
velle-Aquitaine, Centre-Val de Loire, Provence-Alpes-Côte
d?Azur, le projet de schéma directeur d?Île de France dit «
Environnemental » (Sdrif E), et leurs évaluations environ-
nementales, ainsi que le pré-projet de schéma d?aménage-
ment régional de la Martinique (examen au « cas par cas ») et
émettre un avis de cadrage pour celui de La Réunion.
L?analyse qui suit porte sur la traduction dans les schémas
des enjeux motivant les modifications, sans aborder d?autres
sujets, traités ou pas par certaines de ces modifications de
Sraddet.
Prise en compte de la politique de réduction de l?artificia-
lisation nette.
La déclinaison au niveau régional d?une part passe par la défi-
nition et la répartition territoriale des enveloppes maximales
d?artificialisation sur 2021-2031 dans les Sraddet, mais aussi
d?autre part par la mise en place d?outils d?accompagnement
pour apporter un appui aux territoires dans la mise en oeuvre
de cette politique, eux aussi inscrits dans les Sraddet.
144 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
De manière générale l?Ae considère, au vu des projets exa-
minés, que les modifications des Sraddet à la fois reflètent
une appropriation concertée et en voie de traduction opé-
rationnelle de la politique de réduction de l?artificialisation
(dite Zan en abrégé) et illustrent la mise en place d?outils pour
progresser concrètement dans les territoires.
1.
Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement clima-
tique et renforcement de la résilience face à ses effets, https://www.legifrance.
gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
2.
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000041553759/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000041553759/
S R A D D E TZ O O M S U R
146 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
L?Ae retient en particulier les points positifs suivants :
? formalisation et détermination au niveau régional d?un
objectif de réduction de la consommation d?espace,
puis transcription dans des enveloppes territorialisées le
plus souvent au niveau des ScoT ou à défaut des PLUi, qui
concrétisent l?objectif en général à hauteur d?une réduction
de l?artificialisation de 54,5 % par rapport à la référence
précédente,
? large concertation, aux niveaux politique et technique,
sur ces objectifs et aussi sur les outils d?une politique Zan
(différentes formes de concertation avec les collectivités
territoriales, réunions ouvertes, mobilisation de la « confé-
rence des ScoT », de la conférence territoriale de l?action
publique, réunions des agences régionales d?urbanisme
etc?), avec un fort portage politique par le conseil régio-
nal ; la nouvelle conférence régionale de gouvernance de
la politique de réduction de l?artificialisation des sols (créée
par la loi) a été mobilisée à partir de 2023,
? prise en compte quasi systématique par les objectifs
des pressions démographique et économique et des
contraintes des territoires (niveaux de croissance différents,
importance des espaces sensibles et à risque) ainsi que de
l?effort récent des collectivités pour maîtriser la consom-
mation d?espace ; la prise en considération des critères en-
vironnementaux est cependant moins manifeste,
? au-delà des objectifs et règles, les modifications des Srad-
det proposent souvent des outils (formations, diagnostics,
identification de friches, accompagnement) pour aider à
la mise en oeuvre de la politique de réduction de l?artifi-
cialisation nette, et il est prévu de mobiliser les réseaux
techniques et politiques pour suivre cette mise en oeuvre,
? l?État est présent et son concours est sollicité par les col-
lectivités (proposition d?outils conjoints, interventions du
Cerema en appui?),
? les dispositifs de solidarité-péréquation sont mobilisés et
semble-t-il bien compris et acceptés : contribution régio-
nale à l?enveloppe des projets d?envergure européenne et
nationale (pas de contestation sur un mauvais traitement
d?une région en particulier) et non décompte dans les
consommations des territoires, souvent enveloppe régio-
nale de projets jugés d?intérêt commun au niveau territorial
(industrie, infrastructures, lycées etc..)
? les Régions se sont fortement impliquées dans le suivi des
surfaces artificialisées, avec notamment les travaux des
observatoires régionaux qui permettent aux acteurs des
territoires de disposer d?une vision fine et de s?approprier
un sujet où des interprétations différentes sont possibles.
Des points plus mitigés apparaissent cependant :
? les dossiers ne sont pas toujours clairs sur les enveloppes de
référence au regard des consommations passées d?espace
(consommation réelle ou enveloppe autorisée, période de
référence retenue), avec des risques dans certaines régions
d?effet d?aubaine ou d?effort peu accru par rapport au sché-
ma initial,
? corrélativement des difficultés de suivi des consommations
passées ou à court terme, et donc potentiellement des
difficultés pour le suivi et les mesures correctives en cas de
difficultés à tenir les objectifs,
? si certaines régions affichent des objectifs assez clairs pour
la période post 2031, d?autres renvoient à des discussions
ultérieures, ce qui n?est pas forcément la meilleure manière
d?anticiper la poursuite et l?amplification du rythme de ré-
duction de l?artificialisation ,
? des différenciations selon les types d?espaces existent et
l?effort de réduction demandé en tient compte pour adap-
ter la dynamique, mais l?approche est parfois trop comp-
table (consommation d?espaces en hectares), sans prise en
compte de la sensibilité environnementale et de la qualité
biologique et agronomique des sols, ni des aléas naturels,
et sans chercher à réduire encore plus la consommation
de tels espaces,
? dans certaines régions le caractère prescriptif des règles
du Sraddet s?imposant aux ScoT et PLU est renforcé, mais
dans d?autres des marges de souplesse introduisent un cer-
tain flou,
? la « garantie rurale » introduite par la loi de 2023 d?un hec-
tare par commune (dotée d?un document d?urbanisme
approuvé ou en élaboration) se révèle avoir des effets per-
vers : elle répond certes aux éventuels besoins des « petites
communes » mais conduit dans certaines régions au mor-
cellement communal élevé à des taux d?effort théoriques
négatifs pour certains territoires (nombreuses petites com-
munes à faible consommation et faible besoin pour l?ave-
nir, et donc enveloppe ouverte largement supérieure tant
aux besoins qu?aux consommations passées). Ceci réduit
la portée des critères de territorialisation définis, et, dans
un total régional contraint, induit a contrario des fortes
tensions pour des territoires plus dynamiques, même s?ils
sont dans une approche de recherche de moindre artificia-
lisation, et nuit donc à la compréhension, l?acceptabilité et
la pertinence du dispositif,
? les objectifs de maîtrise de la mobilité des personnes et
des biens sont encore trop peu pris en compte pour la ré-
partition des efforts (polarisation de la logistique vers la
multimodalité et du développement urbain autour des
projets de services express régionaux métropolitains en
particulier) ;
? pour les régions littorales, la prise en compte de la problé-
matique du recul du trait de côte est parfois seulement
amorcée.
3.
Certains ScoT ou PLU en cours d?élaboration ou d?évolution adoptent le prin-
cipe d?une prolongation, sur la décennie 2031-2040, de la logique de division
par deux de la consommation d?espace alors qu?un tel principe n?a pas à ce
stade de fondement juridique clair et apparaît incompatible avec la nécessité
de prévoir une trajectoire non asymptotique vers l?objectif du Zan à 2050.
Z O O M S U R
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 147146 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
S R A D D E TZ O O M S U R
Une question importante pour l?effectivité du dispositif est
sa transcription, sur la base des Sraddet ou des Sar, dans les
documents de planification et d?urbanisme, ScoT, PLU(i). L?Ae
examine peu de dossiers de ce type, qui sont de la compé-
tence des MRAe, sauf documents interrégionaux.
Même si la situation est hétérogène, avec des collectivités
qui souvent surestiment les besoins intrinsèques et leurs dé-
terminants et, pour certaines, n?ont pas encore approfondi
la démarche, d?autres, déjà nombreuses, anticipent cette
politique, à l?occasion de la révision de leurs documents d?ur-
banisme, sans forcément attendre l?adoption des Sraddet
modifiés. Ceci se traduit par la réduction des enveloppes
ouvertes à l?urbanisation, ou la transformation de zones ou-
vertes à l?urbanisation dans les actuels documents d?urba-
nisme en zones naturelles ou agricoles à préserver dans les
futurs documents (PLUi en particulier).
La notion de « réduction de l?artificialisation nette » pour-
rait être interprétée à tort comme une baisse des surfaces
artificialisées alors qu?il ne s?agit en fait que d?un objectif de
ralentissement du rythme de la consommation de nouveaux
espaces. Les incidences de cette consommation, que ce soit
en terme de qualité des eaux, d?érosion de la biodiversité,
d?augmentation de certains risques naturels (inondations,
coulées de boues, etc.) ou encore de destruction des sols
sont bien connues. ?
La dynamique engagée par la modification des Sraddet et
documents d?urbanisme locaux apparaît donc prometteuse,
témoignant d?une appropriation par les élus et les parties
prenantes et d?un déploiement dans une bonne partie des
territoires entre les différents niveaux de collectivités, y com-
pris désormais dans des révisions de ScoT et PLU(i). En réaf-
firmant les grands objectifs et modalités et en renforçant les
actions d?accompagnement les années à venir pourraient
être celles d?une consolidation et d?une généralisation de
ces politiques essentielles pour assurer la prise en compte
de nombreux enjeux environnementaux et la résilience des
territoires.
Les évolutions législatives imaginées, comme exclure certains
projets du calcul de l?objectif à atteindre, ou un report des
dates et périodes de mise en oeuvre seraient pourraient au
contraire une régression affaiblissant le niveau d?ambition
et créeraient des incertitudes de nature à ralentir le rythme
des actions nécessaires pour la mise en oeuvre de cette poli-
tique, y compris celles déjà engagées par les acteurs les plus
avancés à ce jour .
Économie circulaire
Dans l?ensemble les modifications des Sraddet ont permis
d?y intégrer les nouveaux objectifs de prévention, valorisa-
tion et traitement des déchets, fixés par la loi AGEC, ainsi
que d?introduire des mesures contre l?abandon des déchets,
comme demandé par ladite loi. Dans quelques cas des ob-
jectifs plus ambitieux ont été fixés (par exemple, en Hauts-
de-France, 58 % de valorisation des déchets ménagers et
assimilés en 2025 contre 55 % prévus par la loi, ou en Nor-
mandie des objectifs relevés pour la prévention du gaspillage
alimentaire). Les progrès à réaliser sont encore souvent très
importants : ainsi en Hauts-de-France pour les déchets non
inertes non dangereux déchets du BTP/les (DNIND), le taux
de mise en décharge doit fortement diminuer pour atteindre
10 % en 2031, contre 32 % en 2015 et 23 % en 2020.
La préparation de la modification des Sraddet en concer-
tation avec les acteurs a aussi été l?occasion d?identifier les
leviers nécessaires pour atteindre ces objectifs renforcés.
L?examen par l?Ae des projets de Sraddet qui lui étaient sou-
mis amène à constater que cet approfondissement est hé-
térogène, et ne débouche pas toujours sur l?identification
d?actions, ainsi que le cas échéant sur la modification de
règles dans les Sraddet, permettant de tracer une voie claire
pour l?atteinte de ces objectifs. Ainsi les plans régionaux de
prévention et gestion des déchets (PRPGD), désormais inté-
grés aux Sraddet, sont modifiés dans certaines régions mais
pas dans toutes.
Pour la région Provence-Alpes-Côte d?Azur l?Ae relève un tra-
vail approfondi avec la définition d?une politique d?accom-
pagnement et d?animation des parties prenantes, une éva-
luation des financements nécessaires, une territorialisation
de l?action à conduire par type de déchets, avec analyse une
pour les quatre espaces régionaux sur lesquels se déploie le
Sraddet (alpin, rhodanien, azuréen, provençal), et une iden-
tification des installations à fermer, adapter, créer.
Dans d?autres régions comme la Normandie, la Bretagne ou
la Bourgogne-Franche-Comté l?Ae a recommandé d?appro-
fondir les leviers opérationnels nécessaires pour atteindre les
objectifs. En Hauts-de-France le PRPGD et certaines règles
du Sraddet sont modifiés ; les recommandations de l?Ae ont
porté sur le besoin de préciser certains outils d?accompagne-
ment et de mobiliser d?entraîner les établissements publics
de coopération intercommunale (le Sraddet fixe opportu-
nément un objectif de couvrir 100 % de la population par
des plans locaux de prévention des déchets ménagers et
assimilés, qui ne concernent aujourd?hui que 47 % de la po-
pulation et un quart des EPCI, alors que la mise en place de
ces outils est obligatoire depuis 2012).
Logistique
La loi climat et résilience de 2021 (LCR) a introduit la logis-
tique comme composante des Sraddet, avec en particu-
lier l?objectif de définir des politiques d?implantation des
infrastructures logistiques. Cette thématique a été dans
l?ensemble abordée par les modifications des Sraddet, mais
souvent sous un angle d?abord foncier, avec des objectifs de
sobriété, et certes en promouvant la multi-modalité, mais le
plus souvent sans se fonder sur l ?analyse des flux de marchan-
dises et ni sur des objectifs explicites de report modal et de
décarbonation. Ceux-ci ne dépendent évidemment pas de
la seule implantation des centres logistiques et les Sraddet
peuvent déjà contenir des dispositions en faveur de l?atteinte
de ces objectifs, mais l?analyse des projets de Sraddet soumis
à l?avis de l?Ae amène à considérer que l?opportunité présen-
tée par ces modifications aurait pu être nettement mieux
exploitée pour cette thématique.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 149148 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
S R A D D E TZ O O M S U R
Ainsi le Sraddet Bourgogne Franche Comté propose une
approche foncière et statique de la logistique, affirmant un
objectif bienvenu de sobriété des ressources foncières et
énergétiques, sans cependant comporter de règles, et sans
aborder la question des flux (maîtrise des flux de poids lourds
et développement du report modal), et sans mentionner
non plus les objectifs de la LCR (sur l?augmentation des parts
modales du fret ferroviaire ou fluvial).
Le Sraddet Hauts-de-France définit un parti pris sur la locali-
sation préférentielle des constructions logistiques, comme
demandé par la LCR, en recherchant un équilibre entre proxi-
mité des grands axes ferroviaires et voies d?eau et la prise
en compte des déplacements avec les centres urbains. Il
ne comporte pas de modification de ses règles. Un schéma
régional des sites d?implantation logistique est prévu (son
échéance de réalisation n?était pas précisée dans le projet
examiné en 2024 par l?Ae).
Le Sraddet PACA définit des conditions pour la création de
nouveaux sites logistiques : justification du besoin, contribu-
tion à la sobriété foncière et énergétique, et pose le principe
d?une sanctuarisation du foncier sur les zones d?activité éco-
nomique et les friches, en cohérence avec la politique de ré-
duction de l?artificialisation nette. Il affirme aussi la nécessité
de préservation des capacités multimodales, dont les instal-
lations terminales embranchées de fret ferroviaire et définit
une liste de secteurs stratégiques, avec préservation des sites
existants. Il fait partie des quelques Sraddet qui ont opportu-
nément traduit leurs objectifs en règles opposables. Un point
de vigilance, mentionné dans le Sraddet, apparaît avec les
projets routiers induits par le développement du grand port
maritime de Marseille et leurs incidences possibles.
Le Sraddet Nouvelle Aquitaine affiche le souhait de privilé-
gier les sites favorisant le report modal et l?implantation sur
des sites urbanisés et artificialisés.
Le Sraddet Bretagne pose l?objectif de développer le trans-
port combiné rail-route en lien avec les ports bretons et dé-
velopper une logistique bas-carbone, les leviers d?actions
restant selon l?Ae à décrire et objectiver.
De son côté le projet de Sdrif-e comporte dix orientations
sur la logistique, en fixant comme stratégie de s?appuyer sur
une armature multimodale de sites fluviaux et ferroviaires,
de limiter les sites exclusivement routiers, d?aménager des
grands sites multimodaux. L?implantation de nouveaux sites
n?est cependant pas conditionnée à une desserte ferroviaire
ou fluviale effective, ce qui limite la portée du schéma et
conduira à un besoin de vigilance accrue lors de l?examen
de chaque projet (entre autres au moment de l?agrément
du préfet nécessaire pour la construction, la reconstruction
ou l?extension des locaux, installations et annexes, prévu aux
articles L 510-1 et suivants du code de l?urbanisme (bureaux,
logistique, activités techniques et industrielles dont centres
de données ?). Le projet de SDRIF-e n?aborde pas non plus
la question de l?accessibilité hors automobile pour les 400
000 salariés du secteur.
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 151150 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
S R A D D E TZ O O M S U R
Synthèse sur le thème
de la rédaction de
l?artificialisation nette
des schémas régionaux
examinés
PAGE 5 DU WORD PARTIE 5!!!
Nota : cette analyse porte sur les schémas soumis à l?avis de
l?Ae, sans intégrer les modifications apportées éventuelle-
ment suite à l?avis de l?Ae
Région, avis de l?Ae Points positifs Points de vigilance Commentaires
Sraddet Normandie, 2023-
71, 9 novembre 2023
Premier Sraddet modifié
pour le Zan, modification
lancée avant même la loi de
juillet 2023
Des différenciations du taux
de réduction par territoire
en tenant compte des
pressions/dynamiques, de la
biodiversité
Besoin de précision sur
les objectifs/indicateurs,
et le calcul de certaines
sous-enveloppes, pour les
méthodes correctives en
cas d?écart par rapport aux
objectifs
Variation assez modérée
du taux de réduction entre
espaces/ScoT/EPCI
Modification adoptée en
mai 2023, avant vote de la
loi de juillet 2023, même si
elle a tenté d?en anticiper
les concepts
Sraddet Bretagne, 2023-77,
9 novembre 2023
Nouveaux outils (méthode
développée par agence
d?urbanisme de Brest et
étendue à la région)
Acceptation facilitée par
une couverture quasi
exhaustive par des ScoT
et une forte concertation,
démarche participative
Critères de répartition
et territorialisation de la
consommation d?espace
précis, tenant compte de
la biodiversité, de la qualité
de l?eau, des risques, des
efforts de densification
Besoin de suivi régulier
et rigoureux pour vérifier
l?usage des enveloppes et la
juste prise en compte des
critères
Modification qui aborde
aussi la gestion du trait
de côte (prise en compte
des risques dans les
ScoT littoraux, réflexion
et expérimentation sur
relocalisations)
Sdrif-E Île-de-France, 2023-
98, 21 décembre 2023
Introduit une trajectoire
de réduction de
l?artificialisation dès la
décennie 2021-2031 (la
région IDF n?est pas tenue
de respecter l?objectif
intermédiaire de réduction
de moitié à l?horizon 2030)
Cependant la réduction de
20 % par décennie sera loin
de permettre d?atteindre
l?absence d?artificialisation
nette en 2050 et l?effort de
réduction apparaît in fine
assez réduit
Des outils, analyses
concrètes seraient à
déployer (analyse des
possibilités de densification
des zones d?activité par
exemple)
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 153152 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
S R A D D E TZ O O M S U R
Région, avis de l?Ae Points positifs Points de vigilance Commentaires
Sraddet Hauts-de-France,
2024-13, 30 mai 2024
Répartition territorialisée
de la consommation avec
un objectif de baisse,
pour 2/3 sur la base des
consommations passées et
pour 1/3 sur d?autres critères
dont efforts réalisés et
gestion économe espace
Evolution de diverses
règles (prescriptives pour
ScoT PLU..), définition de
modalités de suivi
Non prise en compte
des risques naturels, de
l?évolution du trait de côte,
de la biodiversité dans les
critères de répartition
Suppression d?une règle sur
le renouvellement urbain
Modalités de comptage et
suivi à préciser
L?enveloppe des projets
d?envergure régionale est
fixée sur base de critères,
sans avoir encore défini les
projets concernés
Sraddet Bourgogne-
Franche-Comté, 2024-12, 30
mai 2024
Concertation initiale
en 2022-2023 sur une
méthode multi-critère
(dont l?efficacité en termes
de densité de l?utilisation
de l?espace et des critères
environnementaux),
mais dont les résultats,
difficilement acceptés,
ont été mis à mal par le
dispositif « garantie rurale »
Affichage de trajectoires
post 2031
L?application de la «
garantie rurale » et le grand
nombre de communes
(3710) aboutissent à des
taux d?effort négatifs
pour certains territoires
à dominante rurale et
naturelle et à une capacité
très limitée à prioriser des
territoires de centralité au
contraire très contraints
ou des projets d?ampleur
régionale. Ceci a conduit
à abandonner les critères
environnementaux de
répartition
Sraddet Centre-Val de Loire,
2024-44, 11 juillet 2024
Concertation très intense
et multi-forme (conférence
ScoT, réunions d?échanges,
réunions avec services
techniques des collectivités,
de l?Etat, agences
d?urbanisme), portée à haut
niveau
Affichage des cibles post
2031
Règles modifiées pour
imposer concrètement des
priorités à la réutilisation
des logements, locaux
vacants, densification
des zones d?activité,
préservation des zones
d?expansion des crues etc..
Actions
d?accompagnement des
collectivités locales, pour
certaines déjà lancées,
réflexions en cours entre
Etat et Région pour
proposer de nouveaux
outils (qualification des
friches, outils de suivi de
la vacance des logements
etc..)
Outils de suivi de la
consommation et de la
mise en oeuvre à finaliser
pour préparer rapidement
le bilan de point d?étape
prévu en 2027
Région, avis de l?Ae Points positifs Points de vigilance Commentaires
Sraddet Nouvelle-
Aquitaine, 2024-43, 25 juillet
2024
Affichage d?une poursuite
de la réduction sur les
décennies 31-40, 41-50 (30 %
à chaque fois)
Répartition de l?effort
différenciée par type de
territoire et tenant compte
de l?effort passé
Inscription de la facilitation
de la renaturation dans les
règles du Sraddet
Méthodes de
comptabilisation de la
consommation d?espaces
Des outils (conseil,
accompagnement,
sensibilisation et mise
en réseau des acteurs
du foncier et de
l?aménagement) prévus
mais à préciser
Sraddet PACA, 2024-84, 24
octobre 2024
Large concertation,
utilisation des travaux de
la conférence des ScoT sur
l?efficacité foncière
Gouvernance, outils
numériques, appui aux
partenaires, valorisation
des initiatives, utilisation
affichée du Sraddet dans
les contractualisations avec
les territoires
Un certain renforcement
du caractère prescriptif
des règles (mais pas sur
tous les points, ce qui est à
reconsidérer)
Des précisions à apporter
sur les consommations
prises en référence et bien
vérifier l?ambition par
rapport à celle du Sraddet
en vigueur (pour chaque
territoire)
La répartition de
l?effort s?inscrit plus
dans la continuité des
consommations passées
que dans une priorisation
par rapport à des critères
clairs.
S?assurer de l?homogénéité
des méthodes de suivi,
définir comment prévenir le
risque de dépassement des
seuils fixés par ScoT et PLUi
Sar Martinique (examen cas
par cas)
Projet ambitieux et réaliste
(prise en compte de la
consommation réelle des
dernières années et de
l?évolution démographique
dans l?analyse des besoins),
en retenant (au stade de
l?élaboration du projet)
un objectif de ralentir la
consommation de 60 %
pour la prochaine décennie
par rapport à la décennie
passée
Vigilance à avoir sur le
maintien effectif de
cette ambition dans la
modification du SAR qui
sera finalement adoptée
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 155154 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 157
OIN de Guyane
L?OPÉRATION D?INTÉRÊT NATIONAL
(OIN) DE GUYANE
Une OIN multisites
Le territoire de la Guyane doit faire face à un fort développe-
ment démographique, entraînant un besoin de logements
non couvert par une offre correspondante, et induisant le
développement de l?habitat informel, devenu très prégnant.
L?État a décidé de lancer une opération d?intérêt national
(OIN) afin de permettre au territoire de rattraper son retard
dans le domaine du logement, de réduire l?habitat informel,
et de contribuer au développement économique et à l?équi-
pement guyanais. Le Conseil général de l?environnement et
du développement durable (CGEDD) a produit en juillet 2016
un rapport (n° 008034 03) qui préfigure cette OIN. Le besoin
en logements neufs y est évalué à 95 000, y compris la résorp-
tion de l?habitat indigne. L?OIN a été créée par le décret 2016
1736 du 14 décembre 2016.
L?OIN de Guyane est dite « multisites » car elle comprend
24 sites répartis sur trois bassins de vie : l?agglomération de
Cayenne, Kourou, et l?agglomération de Saint-Laurent-du-
Maroni. Au total, les périmètres concernent environ 5 800
ha. L?OIN vise la réalisation de logements ainsi que l?accueil
des services et équipements publics nécessaires et le dé-
veloppement d?activités économiques. Ces orientations
prennent en compte le schéma d?aménagement régional
(SAR) de Guyane.
Les projets vus par l?Ae en 2024
L?Ae a été saisie de plusieurs projets liés à l?OIN ces dernières
années. En 2024, il s?est agi de trois zones d?aménagement
concerté (Zac) dont la création et la réalisation concernent :
? le périmètre n° 2 de l?OIN « Tigre-Maringouins »1, avec une
première phase opérationnelle sur la « Zac 1 » à Cayenne,
? le périmètre n° 5 de l?OIN « Cogneau-Larivot »2, avec la
création et la réalisation d?une Zac à Matoury,
? le périmètre n° 22 de l?OIN « Zac Margot »3, avec la création
et la réalisation d?une Zac à Saint-Laurent-du-Maroni.
O I N d e G u y a n e
LES ENJEUX MARQUANTS DE CES
DOSSIERS
La création de pans entiers de ville et de leurs aménités
Ces projets visent à répondre avant tout au manque de loge-
ments, mais aussi d?équipements, tout en prévoyant l?accueil
et le développement d?activités économiques, sans omettre
la création d?aménités (parcs urbains, parcours sportifs, jar-
dins?). La Zac Margot comprend aussi la construction d?un
pôle judiciaire et pénitentiaire, sur lequel l?Ae a ensuite été
saisie le 12 décembre 2024, puis a rendu un avis début 20254.
À des degrés divers, l?ensemble des projets sont confrontés à
des enjeux de biodiversité, d?inondation, de pollutions et de
santé humaine. Tous sont aussi concernés par les difficultés
induites par le recours massif et en croissance à la voiture
individuelle (nuisances et saturation des infrastructures) et
par l?inexistence ou la faiblesse des transports en commun.
L?Ae a donc émis des recommandations liées à la bonne prise
en compte de ces enjeux, et plus globalement à la préoccu-
pation de créer de nouveaux secteurs urbains fonctionnels.
La construction de logements et d?équipements attirant de
nouvelles populations, il est nécessaire de l?accompagner de
dessertes suffisamment dimensionnées : nouvelles voies rou-
tières, pistes cyclables, cheminements piétons, transports en
commun. Ces développements ne sont pas toujours suffi-
samment décrits dans les études d?impact, ou font parfois
craindre un sous-dimensionnement des infrastructures, ap-
pelant des recommandations de l?Ae. Les études d?impact
doivent aussi étudier le bruit pour les riverains de ces zones
ou qui seront installés dans les nouvelles constructions, afin
de pouvoir assurer aux habitants que les seuils réglementaires
relatifs au bruit seront respectés. Il en va de même concer-
nant l?exposition aux polluants (air et eau). Concernant la
Zac « Cogneau-Larivot » à Matoury, l?Ae a recommandé une
meilleure prise en compte de la pollution des sols.
L?Ae a aussi émis des recommandations pour une meilleure
prise en compte de l?ensemble des projets dans leurs diffé-
rentes dimensions : la création d?un quartier dans le cadre
d?une Zac induit la création de voies de dessertes ainsi que
d?autres réseaux (électriques, eau potable, eaux usées?) et
parfois le développement des moyens de production asso-
ciés (électricité, eau?) ou de traitement des eaux usées, cer-
taines Zac de l?OIN vues par l?Ae nécessitant par exemple une
extension de la station d?épuration. Lorsque ces extensions
sont motivées par le seul projet et qu?elles sont indispen-
sables à son bon fonctionnement, elles doivent alors être
analysées par l?étude d?impact comme étant une partie
constitutive du projet.
1.
Avis n° 2024 004 du 21 mars 2024 : https://www.igedd.developpement-du-
rable.gouv.fr/IMG/pdf/6_-_240316_oin_tigre-maringouins_973__delibere_
cle1f1114.pdf.
2.
Avis n° 2024 024 du 16 mai 2024 : https://www.igedd.developpement-durable.
gouv.fr/IMG/pdf/oin_cogneau_larivot_973_delibere_cle7bcf25.pdf.
3.
Avis n° 2024 105 du 10 octobre 2024 : https://www.igedd.developpement-du-
rable.gouv.fr/IMG/pdf/03_-_avis_zac_margot-bleu-delibere_cle57e3bf.pdf
4.
Avis délibéré de l?Autorité environnementale sur la cité du ministère de la Jus-
tice à Saint-Laurent-du-Maroni (973) (2e avis), n° 2024-130 du 27 février 2025 :
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_cite_justice_
slm_bleu_delibere_cle5112ab.pdf. Cet avis porte sur une demande de permis
de construire et d?autorisation environnementale au titre de la loi sur l?eau et
des installations classées pour la protection de l?environnement. Elle actua-
lise aussi la demande de dérogation relative aux espèces protégées, ce volet
ayant été emporté dans le premier dossier sur lequel l?Ae a rendu un premier
avis en 2020 dans le cadre d?une demande de déclaration d?utilité publique
valant mise en compatibilité du plan local d?urbanisme, demande de déroga-
tion relative aux espèces protégées et autorisation de défrichement.
156 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/6_-_240316_oin_tigre-maringouins_973__delibere_cle1f1114.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/6_-_240316_oin_tigre-maringouins_973__delibere_cle1f1114.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/6_-_240316_oin_tigre-maringouins_973__delibere_cle1f1114.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/oin_cogneau_larivot_973_delibere_cle7bcf25.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/oin_cogneau_larivot_973_delibere_cle7bcf25.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/03_-_avis_zac_margot-bleu-delibere_cle57e3bf.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/03_-_avis_zac_margot-bleu-delibere_cle57e3bf.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_cite_justice_slm_bleu_delibere_cle5112ab.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1_-_cite_justice_slm_bleu_delibere_cle5112ab.pdf
Z O O M S U R
Un territoire aux enjeux environnementaux et risques natu-
rels spécifiques
Pour chacun des projets de l?OIN de Guyane vus par l?Ae, la
protection d?une biodiversité remarquable reconnue au ni-
veau mondial et des continuités écologiques présentes sur le
site doit être mieux assurée. Les enjeux associés aux habitats
naturels, à la faune et à la flore locales doivent être évalués à
l?aune des spécificités et des besoins du territoire guyanais,
sans en négliger la valeur intrinsèque. La nécessité d?obtenir
une dérogation à l?interdiction de destruction d?espèces pro-
tégées et de leurs habitats est parfois mal analysée.
La prise en compte du risque d?inondation (et pour certains
dossiers, en articulation avec la montée du niveau de la
mer), très présent dans de nombreuses zones urbanisées en
Guyane, conduit l?aménageur à prévoir parfois des remblais
en zone inondable, voire en zone humide, ce qui ce qui pose
problème sur l?application des règles régissant cette problé-
matique.
Autres remarques
Concernant l?évaluation des émissions de gaz à effet de
serre, l?Ae a régulièrement émis des recommandations pour
compléter leur évaluation et pour effectuer des choix moins
émissifs en carbone, notamment par les choix d?énergie dé-
ployées dans les Zac.
Pour deux des projets vus par l?Ae en 2024, la présence d?ins-
tallations qui sont des sources potentielles de nuisances de-
vra mieux être prise en compte : centrale électrique, carrière,
décharge.
Conclusion
L?une des spécificités des projets de l?OIN de Guyane est
que l?Ae a peu soulevé la question de l?artificialisation des
sols, de la consommation d?espaces induits et de l?étalement
urbain qu?ils facilitent. Cela est dû aux particularités du terri-
toire, très peu dense, et surtout au fait que l?OIN ambitionne
de réduire l?habitat informel, souvent exposé aux risques
naturels et pouvant générer de plus fortes incidences sur
l?environnement car dénué de réseaux d?assainissement et
négligeant les précautions constructives qui seraient prises
par un opérateur public.
Pour les trois projets examinés en 2024, l?Ae a à nouveau mis
en avant l'importance de développer des infrastructures
de transport en commun et dédiées aux mobilités actives,
afin de réduire les incidences environnementales et d?amé-
liorer la qualité de vie. Elle a aussi insisté sur la démarche
d?évitement qui, dans la séquence ERC, doit être privilégiée
prioritairement sur la réduction et à la compensation, cette
dernière pouvant ne pas être très opérationnelle dans sa
définition comme dans son exécution et souvent l?objet de
recommandations visant à la consolider.
Les enjeux environnementaux principaux sur lesquels l?Ae a
émis des recommandations sont analogues à ceux sur les-
quels elle s?était déjà exprimée dans des avis émis antérieu-
rement sur des projets analogues de cette OIN : biodiversité,
inondations, transports en commun, modes actifs, réseaux,
nuisances?
O I N d e G u y a n e
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 159158 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
Projets
sur les grands ports
maritimes
G r a n d s p o r t s m a r i t i m e s
Selon les termes d?un communiqué de presse du ministre
de l?économie de mars 2024, « les grands ports maritimes
constituent des atouts majeurs pour la réindustrialisation
de la France. Outre leur rôle d?actifs stratégiques pour le
transport et la logistique maritime, fluviale et ferroviaire de
marchandises, les zones industrialo-portuaires disposent de
surfaces foncières importantes qui bénéficient d?une bonne
connexion au réseau de transport massifié, et constituent
des lieux privilégiés d?implantation d?industries vertes ».
Sur le plan environnemental, l?article L. 5312-2 du code des
transports prévoit, parmi les missions des grands ports ma-
ritimes et fluvio-maritimes, « 4° La gestion et la préservation
du domaine public naturel et des espaces naturels dont il est
propriétaire ou qui lui sont affectés ».
En 2023 et 2024, l?Ae a rendu plusieurs avis sur des projets
situés dans des ports, en particulier ceux de Dunkerque et
Marseille1, dont des avis de cadrage préalable : cela témoigne
d?une attention des autorités ou des pétitionnaires à mettre
en oeuvre leurs projets en les insérant au mieux dans des ter-
ritoires présentant des spécificités fortes et d?un besoin de
méthode dès l?amont de la réalisation de l?étude d?impact.
La mobilisation rapide et massive du domaine public por-
tuaire, foncier maîtrisé de longue date par les grands ports,
soulève plusieurs types de questions. Les parcelles non en-
core aménagées sont souvent exploitées en bail précaire par
des agriculteurs ; les projets qui s?y implantent sont consom-
mateurs de ressources locales qui peuvent être ou mena-
cer d?être sous tension (matériaux de remblaiement pour
tenir compte de la montée des eaux due au réchauffement
climatique, eau ou énergie nécessaires pour les procédés
industriels, etc.) ; les impacts inévitables sur la biodiversité
doivent être compensés, au sein ou hors des grands ports.
Le grand port maritime de Dunkerque (GPMD), comme tous
les grands ports, est doté d?un projet stratégique, dont deux
parties2 font l?objet d?une évaluation environnementale ; il
a fait l?objet de plusieurs avis d?autorité environnementale3.
Cela permet, en particulier, une appréciation d?ensemble
des enjeux de biodiversité les plus forts, l?anticipation de la
démarche d?évitement et de réduction des incidences des
projets à venir, et la pré-identification des milieux naturels
dont la restauration des fonctionnalités présenterait un in-
térêt. Ces secteurs pourront ainsi être renaturés au titre de
la compensation des incidences résiduelles notables4 des fu-
turs projets. Le GPMD, comme la plupart des grands ports,
s?est aussi doté en 2011 d?un schéma directeur de protection
de la nature (SDPN), document d'orientation pour la prise
en compte des milieux naturels dans sa politique d'aména-
gement.
En pratique, le projet stratégique d?un grand port fixe des
orientations d?aménagement et organise l?occupation fu-
ture du foncier en identifiant les zones d?implantation des
industries, des infrastructures de transport, des réseaux et
des espaces naturels à préserver. Une partie de la séquence
d?évitement, de réduction, voire de compensation (« ERC »)
des incidences des choix faits peut être conduite à l?échelle
du projet stratégique, comme cela est possible pour tout
plan/programme. À défaut, ou en complément, le grand
port peut conduire des projets d?aménagement de certaines
zones d?activités en son sein, projets au niveau desquels la
séquence « ERC » peut être précisée. Les industriels peuvent
ainsi inscrire leur opération dans ces projets d?ensemble, qui
constituent alors des sites voulus « clés en main ». Des accès
et autres infrastructures sont préparés et l?évaluation envi-
ronnementale est menée, pour ce qui peut l?être en anti-
cipation, telle que les questions d?artificialisation des sols,
d?incidence sur le fonctionnement hydraulique du secteur,
etc. La prise en compte des enjeux environnementaux et de
la séquence « ERC » est d?autant plus pertinente qu?elle se
traduit par des prescriptions relatives aux mesures et oppo-
sables aux industriels, qui peuvent alors se concentrer sur
les volets de l?évaluation environnementale dépendant de
l?installation industrielle.
1.
L?Ae a également rendu des avis sur les travaux d?aménagement dans divers
ports ou sur des opérations de dragage, qui ne sont pas repris dans ce zoom,
centré sur l?industrialisation dans les ports.
2.
Article R.5312-63 du code des transports : « Le projet stratégique traite notam-
ment : (?) 4° De la politique d'aménagement et de développement durable
du port, identifiant la vocation des différents espaces portuaires, notamment
ceux présentant des enjeux de protection de la nature dont il prévoit les mo-
dalités de gestion. Cette section du projet stratégique comporte les docu-
ments graphiques mentionnés à l'article L. 5312-13. Elle traite également des
relations du port avec les collectivités sur le territoire desquelles il s'étend,
ainsi qu'avec les résidents des communes situées dans sa circonscription et
des communes limitrophes ;
5° Des dessertes du port et de la politique du grand port maritime en fa-
veur de l'intermodalité, notamment de la stratégie du port pour le transport
ferroviaire et le transport fluvial. » et article R. 122-17 du code de l?environ-
nement « I. ? Les plans et programmes devant faire l'objet d'une évaluation
environnementale sont énumérés ci-dessous : (?) 31° Les 4° et 5° du projet
stratégique des grands ports maritimes, prévus à l'article R. 5312-63 du code
des transports ; »
3.
Avis Ae n°2014-107 du 25 février 2015 sur le projet stratégique 2014-18 du
grand port maritime de Dunkerque (59)
Avis MRae Hauts-de-France n°2021-5393 du 21 juillet 2021 sur l?élaboration du
projet stratégique du Grand Port Maritime de Dunkerque (59)
Avis MRae Hauts-de-France n°2024-8184 du 15 octobre 2024, cadrage préa-
lable du projet stratégique 2025-2029 du Grand Port Maritime de Dunkerque
(59)
4.
Les incidences brutes significatives ou notables font l?objet des mesures d?évi-
tement et de réduction, si des incidences résiduelles significatives perdurent,
elles doivent faire l?objet de compensations (source : approche standardisée
du dimensionnement de la compensation écologique, CGDD, 2021)
160 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 161
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023086525/LEGISCTA000023073134/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041838509
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/150225_Projet_strategique_du_GPM_de_Dunkerque_59_-_delibere_cle0766f4.pdf
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5393_avis_ps-gpmd.pdf
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/8184_cadrage_ps_gpmd.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Approche_standardis%C3%A9e_dimensionnement_compensation_%C3%A9cologique.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Approche_standardis%C3%A9e_dimensionnement_compensation_%C3%A9cologique.pdf
Z O O M S U R
Dans cet emboîtement, vertueux, l?Ae relève cependant plu-
sieurs points de vigilance, pour l?industrialisation à venir, dans
l?ensemble des grands ports.
Les dossiers des grands ports présentent des spécificités du
point de vue la prise en compte des enjeux environnemen-
taux, à différentes échelles : l?organisation de la circonscrip-
tion portuaire (projet stratégique), la création et l?utilisation
de zones aménagées, les caractéristiques des entreprises qui
s?y implantent et la prise en compte des impacts cumulés.
Ces spécificités peuvent être illustrées par quelques dossiers.
Création de zones destinées à accueillir des industries ou
d?autres activités
L?avis de l?Ae sur le projet de zone de services portuaires «
ZSP2 » dans le grand port maritime de Marseille (GPMM)5
souligne que les besoins et le phasage d?une nouvelle zone
doivent être précisément justifiées par un scénario de ré-
férence (évolution de l?aire d?étude en l?absence de projet)
fondé sur des hypothèses (notamment flux de marchandises
et de trafic) explicitées et étayées.
Un enjeu majeur dans les zones portuaires, par nature litto-
rales ou rétro-littorales, est la prise en compte des risques
naturels, à commencer par la submersion marine. S?appuyer
sur des plans de prévention des risques d?inondation (PPRi)6
n?apparaît pas suffisant, dans la mesure où, d?une part,
ils sont centrés sur les territoires présentant les plus forts
risques7, donc des villes, et, d?autre part, ils tiennent compte
des événements passés ou modélisés à la date de leur éla-
boration, sans que le corpus juridique prévoie systémati-
quement la prise en compte des effets du changement cli-
matique qui vont accentuer les phénomènes d?inondation.
L?avis de l?Ae sur la « ZSP2 » du GPMM souligne ainsi qu?il est
nécessaire de fournir une vision du risque inondation qui ne
se limite pas aux zones du PPRi, et d?y intégrer une analyse de
risque de submersion marine fondée sur les connaissances
les plus récentes et se référant à la trajectoire de référence
de réchauffement climatique pour l?adaptation au change-
ment climatique (Tracc), ce en particulier pour accueillir des
projets industriels qui ont vocation à fonctionner plusieurs
dizaines d?années.
Utilisation des zones d?activité
- Un premier point d?attention de l?Ae est la bonne articu-
lation du projet stratégique et de son étude d?impact avec
celle du projet « zone d?activité » et celle du projet industriel
considéré, ainsi que la pertinence des analyses en fonction
de la précision des études d?impact à chaque niveau et des
prescriptions qui en découlent. En l?absence de vision d?en-
semble offerte par le projet stratégique, le projet « zone d?ac-
tivité » ou le dossier du projet industriel doit encore plus
contenir l?ensemble des analyses attendues. Si le projet stra-
tégique est ancien et n?a pas été actualisé, l?étude d?impact
du projet doit analyser, à son niveau, les conséquences de
l?ensemble des évolutions du plan/programme.
? En réponse à la demande de cadrage préalable de l?évalua-
tion environnementale de la plateforme industrielle « Zone
Industrie d?Avenir » (ZIA)8 sur le GPMD (59), l?Ae a fait le
constat que le projet présenté remplaçait la « Zone Chimie
» prévue par le projet stratégique. Or, l?emprise foncière
prévue pour la ZIA est plus vaste et couvre non seulement
l?emprise envisagée pour la « Zone Chimie » mais aussi des
terrains censés rester des espaces agricoles à l?échéance du
projet stratégique 2020-2024. La justification du projet ne
peut donc pas se référer aux seuls choix faits et justifiés dans
le cadre du projet stratégique. Le maître d?ouvrage du projet
doit veiller à réaliser un état initial sur l?aire d?étude adaptée,
permettant d?examiner les fonctionnalités des milieux et
les déplacements des espèces, sans s?appuyer sur les inven-
taires globaux réalisés pour l?évaluation environnementale
du projet stratégique, non pertinents en l?espèce. Les inci-
dences de la ZIA, notamment en matière d?artificialisation
des sols, de fonctionnement des surfaces en eau et des
watergangs9 , de suppression des externalités positive de
l?agriculture, de gestion des déblais/remblais? n?avaient, de
fait, pas pu être anticipées. L?Ae a rappelé que la compensa-
tion des incidences résiduelles négatives doit être fonction-
nelle au moment de l?effectivité de l?incidence, ce qui, pour
une telle emprise foncière, peut contraindre le planning
des travaux à conduire. L?Ae a également suggéré de faire
des hypothèses majorantes, dès le projet d?aménagement,
pour un certain nombre de paramètres : consommations
d?eau, émissions de gaz à effet de serre, trafic routier afin
de prendre les dispositions adéquates en amont de l?arrivée
des opérations industrielles. Dès lors que l?évaluation envi-
ronnementale de la plateforme ZIA est complète, incluant
une séquence « ERC » adaptée, et des prescriptions, par
exemple en matière de consommation maximale d?eau, les
maîtres d?ouvrage des opérations industrielles s?installent
en connaissance des enjeux et peuvent actualiser cette
étude d?impact sur les seuls aspects nouveaux liées à la
construction et au fonctionnement des outils industriels.
5.
Avis Ae n°2024-059 du 25 juillet 2024
6.
Article L. 562-1 du code de l?environnement et suivants
7.
Le niveau de risque traduit la combinaison d?un aléa, par exemple une hau-
teur d?eau lors d?une hausse du niveau de la mer qui a une chance sur cent de
se produire chaque année, et les enjeux exposés à cet aléa.
8.
Avis Ae n°2024-03 du 11 avril 2024
9.
Système hydraulique complexe qui a permis de gagner des terres sur la mer
dans l?ancien delta du fleuve côtier Aa, canalisé dès le XIIe siècle (source :
Institution intercommunale des Wateringues)
G r a n d s p o r t s m a r i t i m e s
Grand port maritime de Marseille - Ferry de la ligne Corsica Linea © Arnaud Bouissou
Camions en attente d'embarquement dans le port de Marseille © Arnaud Bouissou
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 163162 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/trajectoire-rechauffement-reference-ladaptation-changement-climatique-tracc
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5-_240721_zsp2_gpmm_-_delibere_cle71b13e.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000006159296/#LEGISCTA000006159296
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5__003_cadrage_plateformeindustrielle_zia_gpmd_59_delibere_cle51bdbd.pdf
https://www.institution-wateringues.fr/
Z O O M S U R
? S?agissant de la réalisation d?un quai d?amarrage de bateaux
porte-conteneurs à Village-Neuf10 (68)11, l?Ae a constaté de
nombreuses lacunes : le projet présenté n?intègre pas l?en-
semble des opérations permettant une intermodalité effec-
tive train, route, fleuve ; il manque une stratégie por-tuaire
justifiant le choix de l?implantation du projet, l?état initial et
le scénario de référence sont incomplets, (par exemple sur
le trafic de marchandises), la prise en compte des risques
cumulés avec les autres entreprises insuffisante. .
? Le projet porté par Prologium12 , de production de com-po-
sants de batteries électriques, fournit un autre exemple
de site industriel prévoyant de s?implanter dans la « Zone
grandes industries 2 » (ZGI2) aménagée par le GPMD,
celle-ci ayant elle-même fait l?objet d?une évaluation envi-
ron-nementale et répondant la notion de « site clé en main
Pour autant, les emprises du site industriel débordent pour
une petite surface de la ZGI2. L?Ae a été amenée à formu-
ler plusieurs recommandations pour tirer pleinement parti
de cet « emboitement » a priori vertueux, dont cer-taines
s?adressent non au pétitionnaire mais au GPMD. Il re-vient
en effet au GPMD de mettre à jour en continu l?étude
d?impact des ZGI, pour intégrer les précisions apportées
au dossier au fur et à mesure de l?avancement des projets
industriels. En l?espèce, les consommations d?eau avaient
été estimées ex ante à un niveau enveloppe : Prologium
a pu les réduire considérablement ; les émissions de GES
étaient également maximisées ; a contrario les besoins en
énergie étaient sous-estimés. Ce type d?évolution, dans un
sens ou dans l?autre, mérite de figurer dans l?étude d?im-
pact de la ZGI mise à jour. De manière complémentaire, les
indus-triels doivent contribuer à la mise à jour de l?étude
d?impact de la zone : dans l?avis sur la ZSP2 du GPMM, l?Ae
rappelle que l?évaluation environnementale doit être ac-
tualisée en fonction des pollutions des eaux générées par
les futurs preneurs de parcelles.
- Un deuxième point de vigilance récurrent est l?identifica-
tion des industries pour lesquelles une implantation dans un
grand port est indispensable.
? Dans le cas de Prologium, la motivation de l?installation sur
le GPMD est liée à la livraison de matières premières par la
mer mais aussi par la route et le fer, eux-mêmes bien connec-
tés au port, sans que cela soit documenté préci-sément. L?Ae
remarque que, compte tenu de la tension sur le foncier, de
la pression sur les ressources, en eau en particulier, et des
enjeux de mise en oeuvre effective des compensations au
titre des incidences sur la biodiversité dans la circonscrip-
tion portuaire, la localisation d?un pro-jet industriel dans le
GPMD ne peut être justifiée que si elle est étroitement liée
à l?utilisation des infrastructures portuaires.
10.
Ce port, géré par le syndicat mixte pour la gestion des Ports du Sud Alsace
n?est pas un « grand port » au sens de l?article L. 5312-2 du code des transports.
11.
Avis Ae n°2024-029 du 13 juin 2024
12.
Avis Ae n°2024-51 du 11 juillet 2024
G r a n d s p o r t s m a r i t i m e s
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 165164 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/quai_amarrage_villageneuf_cle2e3cf1.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/03_051_prologium_v0_31_delibere_cle6bd9af.pdf
Z O O M S U R
? Dans le cas du projet T. H2, installation d?une unité de
pro-duction de bioéthanol de 2e génération dans le port13
à Blainville-sur-Orne (14)14 , l?Ae a constaté que le projet est
situé en zone rouge du PPR multirisques de la Basse vallée
de l?Orne, qui interdit toute construction nouvelle de bâ-ti-
ment et d?extension, sauf si les activités exercées exigent
la proximité immédiate de l?eau. Or, les bateaux apportant
le bois par voie fluviale sont déchargés sur des quais exis-
tants situés à un kilomètre de l?installation, et la sortie des
produits se fait par l?intermédiaire du quai de chargement,
relié à l?installation par une canalisation de 900 m ; en cas
de problème, le recours à du transport par camion pour
une partie du flux, est possible ; l?eau du canal n?est pas non
plus utilisée pour le process. L?Ae a donc recommandé de
mieux étayer, dans le dossier, le besoin d?une installation à
proximi-té de l?eau et donc, la justification de son implan-
tation en zone rouge du PPR multirisques de la basse vallée
de l?Orne.
- un troisième enjeu fort est la bonne mise en oeuvre des
compensations, qui doit être facilitée par le SDPN.
? Dans le cas de la ZSP2 du GPMM, l?Ae recommande au
GPMM et à l?État de mettre en place une mesure de pro-
tec-tion renforcée sur une parcelle évitée par la ZSP2 pré-
sen-tant des enjeux de biodiversité, et de généraliser cette
pra-tique sur d?autres parcelles utilisées pour la compen-
sation.
? Dans le cas de la ZGI2 du GPMD, l?Ae recommande
d?ap-porter des garanties sur les mesures de compensation
pré-vues pour le projet Prologium. En effet, il s?avère qu?elles
se trouvent sous le tracé de lignes électriques enterrées, ce
qui implique qu?en cas d?intervention sur ces réseaux, les
fonc-tionnalités des milieux naturels, objet de la compensa-
tion, pourraient être remises en question. Ce choix traduit
une tension sur le schéma de compensation initialement
prévu. L?Ae recommande « de dissocier, pour des projets
futurs, les zones de compensation et les zones de projet
pour assurer la fonctionnalité et la pérennité des premières,
et d?intégrer cette approche dans la révision de son projet
stratégique » ainsi que de « compléter l?étude d?impact de
la ZGI2 par des informations sur la mise en oeuvre et la fonc-
tionnalité des mesures de compensation ».
? La concrétisation des opérations dans les zones aména-
gées peut conduire à une tension sur la compensation pré-
vue, qui s?avère alors insuffisante, demandant la recherche
de mesures de compensation à l?extérieur du port, qui, au
contraire de la démarche d?ensemble, n?est pas anticipée15.
L?avis de l?Ae de cadrage préalable de l?évaluation environ-ne-
mentale du projet XTC-Orano de fabrication de maté-riaux
et de recyclage de batteries électriques à Gravelines et Loon-
plage16 souligne que les zones de compensation prévue dans
le SDPN du GPMD apparaissent insuffisantes pour l?ensemble
des compensations des nombreux projets prévus dans le
port. Une stratégie d?équilibre encore plus ambitieuse du
GPMD aurait consisté à dimensionner l?em-prise de tous les
projets ou des installations existantes au regard de la capaci-
té de compensation au sein du GPMD.- Enfin, un point délicat
est la bonne définition du périmètre du projet et la prise en
compte des impacts cumulés.
- Enfin, un point délicat est la bonne définition du périmètre
du projet et la prise en compte des impacts cumulés.
Dans son avis pour le cadrage préalable du projet de créa-
tion d?un four à chaux (Projet « AMeLi ») sur les communes
de Gravelines et de Loon-Plage (59)17, l?Ae a rappelé l?impor-
tance d?une définition précise du périmètre du projet. En
effet les incidences sont évaluées soit au titre des incidences
des composantes du projet, soit au titre des incidences cu-
mu-lées avec d?autres projets. Il est de la responsabilité du
maître d?ouvrage de définir et de justifier un périmètre de
projet qui garantit que l?ensemble de ses incidences, inté-
grant tout ou partie des travaux ou activités associés, sur
l?environnement et la santé humaine aura été évalué. Dans
des espaces aussi denses que ceux des grands ports, il est
essentiel de différen-cier de façon explicite les travaux sont
centraux (donc com-posante du projet) et les travaux péri-
phériques (dont éva-lués au titre d?un autre projet), comme
l?y incite le « test du centre de gravité » de la note de la Com-
mission européenne ENV.A/SA.sb Ares (2011) 33433 du 25
mars 2011 interpréta-tive de la directive 85/337/CEE modifiée
et relative à la prise en compte ou non de « travaux associés
» dans l?évaluation environnementale d?une infrastructure
principale.
Compte tenu du nombre et des calendriers des opérations
prévues dans les grands ports, la question des impacts cu-mu-
lés est sensible, notamment en ce qui concerne les trafics
et les nuisances associées. Sur la circonscription du GPMD
est prévue, par exemple, la mise en place d?un système de
parkings relai et de navettes qui a le mérite d?être documenté
dans l?étude d?impact, et mis à jour régulièrement, tant pour
ce qui concerne les impacts des infrastructures prévues que
des trafics. De manière générale les questions de décarbo-
na-tion et de report modal pour les déplacements des sa-
lariés et le transport des marchandises ne sont pas simples
et né-cessiteront des actions d?ensemble d?ampleur pour
atteindre les trajectoires de décarbonation visées.
13.
Ce port, géré par le syndicat mixte « Ports Normands Associés » n?est pas un
« grand port » au sens de l?article L. 5312-2 du code des transports.
14.
Avis Ae n°2023-137 du 21 mars 2024
15.
Cette question a donné lieu à la « Mission d?appui au préfet du nord : com-
pensation écologique des projets d?aménagements du Dunkerquois et fon-
cier agricole », Juillet 2024, Rapport IGEDD (n°015665-01) ? CGAAER (n°24043)
16.
Avis n°2014-035 du 13 juin 2024
17.
Avis n°2024-10 du 25 avril 2024
G r a n d s p o r t s m a r i t i m e s
? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 167166 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ
https://circabc.europa.eu/ui/group/3b48eff1-b955-423f-9086-0d85ad1c5879/library/0c214726-db18-48f1-ad4d-e0156e3db3dd/details
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/5_-_th2_0312_delibere_cle629fe6.pdf
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013779&&reqId=b16f69c0-e632-443c-b0eb-dd7dc2c7fe58&&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013779&&reqId=b16f69c0-e632-443c-b0eb-dd7dc2c7fe58&&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013779&&reqId=b16f69c0-e632-443c-b0eb-dd7dc2c7fe58&&pos=1
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/avis_cadrage_orano_xtc_v4_delibere_cle56d9fc.pdf
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/08__11042024_cadrage_amelie_delibere_cle169251.pdf
Capitaliser,
valoriser,
partager
L?Autorité environnementale s?applique à capitaliser des
enseignements issus de ses travaux. Ceci peut se traduire
par des notes délibérées, publiées sur son site internet, ou
des fiches méthodologiques. Ce travail est souvent effectué
en commun avec les missions régionales d?autorité environ-
nementale (MRAe), au sein de la Conférence des autorités
environnementales.
Ces éléments sont diffusés largement tant dans les autorités
environnementales que vers les parties prenantes, dont les
maîtres d?ouvrage, ainsi que les services de l?Etat, dans l?ob-
jectif de partager les constats, attentes et recommandations
des autorités environnementales.
Des échanges avec les acteurs sont développés, en parti-
culier au travers d?organisation de séminaires, webinaires,
participation à des événements et formations tant initiales
que continues.
Notes et fiches méthodologiques élaborées en 2024.
L?Ae a élaboré en 2024 une note sur la prise en compte du
changement climatique dans les évaluations environnemen-
tales, et une note « annexe » à celle-ci, consacrée spécifique-
ment à la question de la compensation des émissions de gaz
à effet de serre dans les projets.
Ces notes ont été validées en commun avec les MRAe et
donc publiées comme éléments d?éclairage communs aux
autorités environnementales.
Notes délibérées : https://www.mrae.developpement-du-
rable.gouv.fr/prise-en-compte-des-emissions-de-gaz-a-ef-
fet-de-a1394.html
Un groupe de travail sur l?eau a associé des membres de l?Ae,
des MRAe, mais aussi des participants de services décon-
centrés de l?État et d?établissements publics. Ce groupe a
élaboré 24 fiches sur les problématiques de l?eau, les enjeux
et points de vigilance examinés par les autorités environne-
mentales dans l?étude des dossiers. Ces fiches ont été vali-
dées par l?Ae et les MRAe, puis publiées sur internet.
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/l-eau-
dans-les-dossiers-soumis-a-evaluation-a1400.html
Échanges avec les maîtres d?ouvrage, séminaires sur les pro-
jets routiers et les projets portuaires
Il est important d?échanger régulièrement avec les maîtres
d?ouvrage sur les enseignements tirés de l?examen des pro-
jets : bonnes pratiques, difficultés, points de méthodes etc?
On notera à ce titre l?organisation en 2024 de deux séminaires
d?échange, préparés conjointement avec la Direction géné-
rale des infrastructures, des transports et des mobilités du
ministère chargée des transports (DGITM).
Un séminaire tenu le 26 juin 2024 a ainsi permis d?échanger
sur les projets du réseau routier national, avec en particulier
la DGTIM et les services de maîtrise d?ouvrage (directions
régionales de l?environnement, de l?aménagement et du
logement ? DREAL, directions interdépartementales des
routes ? DIR).
Un deuxième séminaire a aussi été organisé le 10 décembre
2024 sur les projets portuaires et les Grands ports maritimes
et fluvio-maritimes de l?Etat, associant la DGITM, les ports et
certaines directions d?administration centrale du ministère
(commissariat général au développement durable, direction
de l?eau et de la biodiversité).
Participation à des événements et des formations.
Les autorités environnementales échangent régulièrement
avec les parties prenantes à l?occasion d?événements orga-
nisés par celle-ci.
En 2024 les présidents de l?Ae et des MRAe Auvergne-Rhô-
ne-Alpes et Bourgogne ? Franche-Comté ont ainsi partici-
pé à un webinaire organisé par la Compagnie nationale des
commissaires enquêteurs, rassemblant plusieurs centaines
de ses membres.
L?Ae intervient aussi régulièrement dans des formations, col-
loques, réunions techniques, par exemple en 2024 :
? formation continue sur la prise en compte de l?environne-
ment dans les projets nucléaires organisée par l?Institut des
sciences et techniques du nucléaire (INSTN),
? formations continues de l?Ecole nationale des Ponts et
Chaussées,
? formation sur les bilans carbones des projets organisée
par le Commissariat général au développement durable
(CGDD) à destination des MRAe,
? colloque national «Energies renouvelables et biodiversité »,
organisé par le syndicat des énergies renouvelables,
? séminaire organisé par EDF sur le partage d?expériences au
sujet des évaluations environnementales (présentation sur
la prise en compte des émissions de GES dans les évalua-
tions environnementales).
168 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 169
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/prise-en-compte-des-emissions-de-gaz-a-effet-de-a1394.html
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/prise-en-compte-des-emissions-de-gaz-a-effet-de-a1394.html
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/prise-en-compte-des-emissions-de-gaz-a-effet-de-a1394.html
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/l-eau-dans-les-dossiers-soumis-a-evaluation-a1400.html
https://www.mrae.developpement-durable.gouv.fr/l-eau-dans-les-dossiers-soumis-a-evaluation-a1400.html
ANNEXES
172
133 avis de la saisine
à la publication de l?avis
174
Les avis 2024 : 85 projets
175
Les avis 2024 : 48 plans
et programmes
176
65 décisions de la saisine
à la publication des décisions
178
Les décisions 2024 : 61 projets
179
Les décisions 2024 : 4 plans
et programmes
A N N E X E SA N N E X E S
133 avis
de la saisine
à la publication
de l?avis
Saisine Instruction Avis
Réception de l?évaluation
environnementale et du dossier
de demande d?autorisation
du projet ou d?approbation
du plan/programme
Désignation des rapporteurs
par le président de l?Ae
Analyse du dossier par les
rapporteurs et rédaction
d?un projet d?avis
Débat contradictoire
collégial durant une semaine
Publication immédiate
de l?avis sur le site de l?Ae
et notification au pétitionnaire
et à l?autorité chargée
d?instruire les dossiers
Insertion de l?avis au dossier
mis à l?enquête publique
Réponses du maître
d?ouvrage aux
recommandations de l?Ae
Réception Vérification Dossier complet L?Ae accuse réception du dossier
Rédaction d?un projet
d?avis amendé
Discussion du texte
de l?avis au collège
Avis délibéré en séance
DÉLAI APRÈS SAISINE
2 mois pour un projet
3 mois pour un plan/programme
Avis sur des projets ou des plans/
programmes soumis obligatoirement
à évaluation environnementale
Rendre un avis public sur la qualité
des évaluations et la bonne prise
en compte de l?environnement
par le projet ou le plan/programme.
A N N E X E S
172 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 173
A N N E X E SA N N E X E S
4
2
6
9
1
4
4
1
13
1
1
2
3
12
1 1 1
3
1
2
2
20
1
34
3
Avis 2024
85 projets
Au total 133
avis rendus (projets
et plans programmes)
85
avis relatifs
aux projets
85
avis sur
projets
48
avis
explicites
48 avis
sur plans/
programmes
11
avis tacites
GRAND EST
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
NOUVELLE-
AQUITAINE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES
OCCITANIE
PROVENCE-
ALPES-CÔTE
D?AZUR
BRETAGNE
NORMANDIE
HAUTS-
DE-FRANCE
ÎLE-DE-
FRANCE
PAYS DE
LA LOIRE
CENTRE-VAL
DE LOIRE
GUYANE
FRANÇAISE
MARTINIQUE
SAINT-PIERRE-
ET-MIQUELON
MAYOTTE
LA RÉUNION
GUADELOUPE
Des avis peuvent être rendus sur plusieurs régions.
Un même avis peut être comptabilisé dans plusieurs
régions
< 15 ____________________________________
Île-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
Auvergne-Rhône-Alpes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
Hauts-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
Grand Est . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Nouvelle-Aquitaine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Normandie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Provence-Alpes-Côte d?Azur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
< 5 _____________________________________
Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Pays de la Loire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Occitanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Bourgogne-Franche-Comté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Bretagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Centre-Val de Loire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
CORSE
AFAFE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3
Aménagement. . . . . . . .34
Assainissement . . . . . . . . . 1
Énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .20
Fer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
Fluvial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
GPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
ICPE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3
Maritime . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Mines. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Nucléaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Route . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Transp. collectifs . . . . . . .3
Avis 2024
48 plans et programmes
48
avis relatifs
aux plans/programmes
GRAND EST
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
NOUVELLE-
AQUITAINE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES
OCCITANIE
PROVENCE-
ALPES-CÔTE
D?AZUR
BRETAGNE
NORMANDIE
HAUTS-
DE-FRANCE
ÎLE-DE-
FRANCE
PAYS DE
LA LOIRE
CENTRE-VAL
DE LOIRE
GUYANE
FRANÇAISE
MARTINIQUE
SAINT-PIERRE-
ET-MIQUELON
MAYOTTE
LA RÉUNION
GUADELOUPE
Des avis peuvent être rendus sur plusieurs régions.
Un même avis peut être comptabilisé dans plusieurs
régions
< 10 ____________________________________
Normandie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Provence-Alpes-Côte d?Azur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Île-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
< 5 _____________________________________
Centre-Val de Loire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Auvergne-Rhône-Alpes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Bretagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Grand Est . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Occitanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Outre-Mer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Bourgogne-Franche-Comté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Hauts-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
National . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Nouvelle-Aquitaine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Pays de la Loire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Corse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Guyane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
La Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
CORSE
Aérien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
Aménagement. . . . . . . . . . 1
Carrières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
CPER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
DSF. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4
Énergie/Climat . . . . . . . . . .4
PAR. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
PNR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
PPR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
SCot. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
SRADDET. . . . . . . . . . . . . . . . . .4
48
avis plans/
programmes
85
avis projets
3
174 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 175
A N N E X E SA N N E X E S
65 décisions
de la saisine
à la publication
des décisions
Saisine Instruction Avis
Décisions au cas par cas
sur des projets ou des plans/programmes.
Décider si une étude d?impact
est nécessaire ou non en fonction
des incidences du projet
sur l?environnement
Saisine de l?Ae par le maître d'ouvrage
pour les projets et plans/programmes
relevant du champ de l?examen
au cas par cas
Désignation des rapporteurs
au sein de l?équipe permanente de l?Ae
Préparation du projet de décision
par un membre de l?équipe permanente
Analyse du projet de décision
par une commission composée
de deux membres permanents
Publication immédiate
de la décision sur le site
de l?Ae
L?Ae accuse réception du dossier
Transmission au président
de l?Ae d?une proposition de
décision
Décision du président de l?Ae
de soumettre ou non le projet
à étude d?impact
DÉLAI APRÈS SAISINE
35 jours pour les projets
2 mois pour les
plans/programmes
(dossiers complets)
POUR LES PROJETS
Critères à prendre en considération
(annexe III relative à la directive « Projets »)
? Caractéristiques des projets
? Localisation des projets
? Types et caractéristiques de l?impact potentiel
POUR LES PLANS/PROGRAMMES
Critères à prendre en considération
(annexe II de la directive « Plans et programmes »)
? Caractéristiques des plans et programmes
? Caractéristiques des incidences et de la zone
susceptible d?être touchée
A N N E X E S
176 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 177
A N N E X E SA N N E X E S
2
11
1
2
1
6
6
1
8
2
1
20
Décisions 2024
4 plans et programmes
4
décisions relatives
aux plans et programmes
GRAND EST
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
NOUVELLE-
AQUITAINE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES
OCCITANIE
PROVENCE-
ALPES-CÔTE
D?AZUR
BRETAGNE
NORMANDIE
HAUTS-
DE-FRANCE
ÎLE-DE-
FRANCE
PAYS DE
LA LOIRE
CENTRE-VAL
DE LOIRE
GUYANE
FRANÇAISE
MARTINIQUE
SAINT-PIERRE-
ET-MIQUELON
MAYOTTE
LA RÉUNION
GUADELOUPE
Des avis peuvent être rendus sur plusieurs régions.
Un même avis peut être comptabilisé dans plusieurs
régions
< 5 _____________________________________
Ile-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Martinique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Occitanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Provence-Alpes-Côte d'Azur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
CORSE
Les 4 décisions sont explicites dont une soumission
et trois non-soumissions.
Décisions 2024
61 projets
61
décisions relatives
aux projets
GRAND EST
BOURGOGNE-
FRANCHE-COMTÉ
NOUVELLE-
AQUITAINE AUVERGNE-
RHÔNE-ALPES
OCCITANIE
PROVENCE-
ALPES-CÔTE
D?AZUR
BRETAGNE
NORMANDIE
HAUTS-
DE-FRANCE
ÎLE-DE-
FRANCE
PAYS DE
LA LOIRE
CENTRE-VAL
DE LOIRE
GUYANE
FRANÇAISE
MARTINIQUE
SAINT-PIERRE-
ET-MIQUELON
MAYOTTE
LA RÉUNION
GUADELOUPE
Des avis peuvent être rendus sur plusieurs régions.
Un même avis peut être comptabilisé dans plusieurs
régions
< 15 ____________________________________
Île-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
< 10 ____________________________________
Grand Est . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Nouvelle-Aquitaine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Provence-Alpes-Côte d?Azur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Auvergne-Rhône-Alpes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Bretagne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
< 5 _____________________________________
Bourgogne-Franche-Comté. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Centre-Val de Loire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Occitanie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Hauts-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Normandie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
La Réunion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
Guyane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Mayotte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
Pays de la Loire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .1
CORSE
61
décisions
Aménagement. . . . . . . .20
Énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .8
Assainissement . . . . . . . . . 1
Fer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
Maritime . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
ICPE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Route . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
Transports. . . . . . . . . . . . . . . . .2
Dragage. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
Mines. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
Fluvial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
Études sismique . . . . . . . . 1
1.
Schéma directeur d?assainissement
50 Non
2
Courriers
de l?Ae
9 Oui
3
1
178 ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE ? RAPPORT D?ACTIVITÉ ? 179
Autorité environnementale (Ae)
Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/l-autorite-environnementale-r145.html
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Tour Séquoia, 1 Place Carpeaux
92055 Paris la Défense cedex
L'évaluation environnementale :
un outil de progrès pour l'environnement
et la démocratie
Compétences et missions
INVALIDE)