Rapport d'enquête sur l'incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024
Auteur moral
France. Bureau d'enquêtes et d'analyses sur les risques industriels
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">
Editeur
BEA-RI
Descripteur Urbamet
incendie
;enquête
;comportement des matériaux
;équipement industriel
Descripteur écoplanete
hydrocarbure
;distillation
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
Inspection générale de l?environnement
et du développement durable
Bureau d?Enquêtes et d?Analyses
sur les Risques Industriels
Rapport d?enquête
Sur l?incendie survenu au sein de
la raffinerie exploitée par Esso
Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine
(76) le 11 mars 2024
Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine
(76) le 11 mars 2024
N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 2 | 25
Bordereau documentaire
Organisme auteur : Bureau d?enquêtes et d?analyses sur les risques industriels (BEA-RI)
Titre du document : rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso
Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024
N° : MTE-BEARI-2024-06
Date du rapport : 28/11/2024
Proposition de mots-clés : incendie, raffinerie, intégrité des tuyauteries, corrosion, vieillissement,
conception
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N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 3 | 25
Avertissement
L?enquête technique faisant l?objet du présent rapport est réalisée dans le cadre des articles L. 501-1 à
L. 501-19 du Code de l?Environnement.
Cette enquête a pour seul objet de prévenir de futurs accidents. Sans préjudice, le cas échéant, de
l?enquête judiciaire qui peut être ouverte, elle consiste à collecter et analyser les informations utiles, à
déterminer les circonstances et les causes certaines ou possibles de l?évènement, de l?accident ou de
l?incident et, s?il y a lieu, à établir des recommandations de sécurité. Elle ne vise pas à déterminer des
responsabilités.
En conséquence, l?utilisation de ce rapport à d?autres fins que la prévention pourrait conduire à des
interprétations erronées.
Au titre de ce rapport on entend par :
- Cause de l?accident : toute action ou événement de nature technique ou organisationnelle, volontaire
ou involontaire, active ou passive, ayant conduit à la survenance de l?accident. Elle peut être établie par
les éléments collectés lors de l?enquête, ou supposée de manière indirecte. Dans ce cas le rapport
d?enquête le précise explicitement.
- Facteur contributif : élément qui, sans être déterminant, a pu jouer un rôle dans la survenance ou dans
l?aggravation de l?accident.
- Enseignement de sécurité : élément de retour d?expérience tiré de l?analyse de l?évènement. Il peut
s?agir de pratiques à développer car de nature à éviter ou limiter les conséquences d?un accident, ou à
éviter car pouvant favoriser la survenance de l?accident ou aggraver ses conséquences.
- Recommandation de sécurité : proposition d?amélioration de la sécurité formulée par le BEA-RI, sur la
base des informations rassemblées dans le cadre de l?enquête de sécurité, en vue de prévenir des
accidents ou des incidents. Cette recommandation est adressée, au moment de la parution du rapport
définitif, à une personne physique ou morale qui dispose de deux mois à réception, pour faire part au
BEA des suites qu?elle entend y donner. La réponse est publiée sur le site du BEA-RI.
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Synthèse
Le lundi 11 mars 2024, peu après 15 heures, alors que la raffinerie exploitée par Esso Raffinage sur la
plateforme de Gravenchon (76) fonctionne de manière nominale, un départ de feu est constaté autour
de la section Naphta de l?une des unités de distillation. Les équipes opérationnelles de l?unité alertent le
poste central incendie et mettent en uvre les moyens locaux de défense incendie. À l?arrivée du
responsable local des secours et des premiers moyens, il est décidé de déclencher le POI et de mettre
en sécurité l?unité. Le feu sera contrôlé à 16h30 et déclaré éteint à 00h45. Le POI sera levé à 3h30. Le
bilan humain fera état de 5 personnes impliquées lors de l?accident.
À la suite de l?incendie, les installations sont maintenues à l?arrêt et en l?état, dans l?attente des
différentes investigations. Le plan d?action consistera à la mise en sécurité de l?unité, et à la gestion des
eaux et des déchets issus de l?incendie. Puis une évaluation précise des dégâts et dommages aux
installations sera menée pour définir les travaux nécessaires à la remise en état. En parallèle, une cellule
d?investigation pluridisciplinaire a été constituée par l?exploitant pour déterminer les causes directes et
racines. Le directeur du bureau d?enquêtes et d?analyses sur les risques industriels (BEA-RI) a décidé le 14
mars 2024 de l?ouverture d?une enquête, et les enquêteurs techniques du BEA-RI se sont rendus sur place
le 27 mars 2024.
Deux points de fuites ayant alimenté l'incendie ont rapidement été identifiés : la fuite initiale
d?hydrocarbures lourds (overflash1) en provenance de la distillation sous vide et une secondaire sur une
ligne d?essence légère à 6 mètres de hauteur, résultant d?une exposition prolongée au feu. De
nombreuses investigations ont été réalisées et commandées par l'exploitant sur la ligne d'overflash de
sa propre initiative et/ou à la demande du BEA-RI pour déterminer les causes de l'événement. Elles
concluent que la rupture de la ligne d'overflash constituée d'acier en 5%Cr résulte d'un amincissement
de paroi progressif en service dû à un phénomène de corrosion interne de type sulfuration à chaud par
réaction des composés soufrés du fluide véhiculé avec le métal du tube. Le tube a subi des pertes
d'épaisseur très importantes : vraisemblablement 9,8 mm sur une période de 11 ans pour une épaisseur
nominale de 10,31 mm.
Le 11 mars 2024, au moment de l?événement, il est vraisemblable que l?épaisseur du tube à certains
endroits était de moins d?1 mm. Des opérations de nettoyage à proximité, puis une surpression
ponctuelle, ont suffi à provoquer l?ouverture du tube, et à générer un incendie qui a lui-même conduit à
la rupture d?une deuxième tuyauterie exposée au flux thermique.
Les simulations réalisées sur l?écoulement des fluides dans le tronçon de tuyauterie infirment l?hypothèse
d?une corrosion accélérée par point de mélange (mix-point). La géométrie du tronçon incriminé
(agrandissement excentrique) a potentiellement pu être un facteur accélérateur de la corrosion même
si les simulations d?écoulement des fluides ne permettent pas de conclure sur son impact. Il est
également difficile de suivre l?évolution de la composition de l?overflash (notamment en matière de H2S
dissous) et donc de se positionner sur son impact sur la dégradation survenue.
Les enseignements de sécurité suivants sont évoqués dans le rapport : la nécessité d?une meilleure
caractérisation de l?overflash et de son impact sur les vitesses de corrosion des aciers, le caractère
indispensable du suivi et de la traçabilité des installations et de leurs évolutions dans le temps, ainsi que
l?importance du monitoring du vieillissement des ouvrages.
1 L?overflash est dans une colonne de distillation le surplus de liquide entrainé par les fractions légères depuis la zone de flash. Il
est reflué sur les plateaux au-dessus de la zone de flash pour ramener les fractions lourdes au fond de la colonne. L?overflash
maintient les contaminants hors des produits légers.
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Le BEA-RI recommande à l'exploitant de mettre en uvre jusqu?à son terme le plan d'action qu?il a
élaboré. À savoir :
? Remplacement de l?acier à 5%Cr du circuit d?overflash par de l?acier inoxydable ;
? Réalisation et mise en uvre d'un plan de contrôle de tous les circuits de fond de tour sous vide
en acier carbone ou 5%Cr et remplacement en cas de besoin ;
? Revue des stratégies de suivi de tous les équipements de l'usine potentiellement soumis à ce mode
de dégradation ;
? Étude de la possibilité d?abaisser la température des produits de fond de tour ;
? Partage du retour d'expérience de l'événement avec les autres sites ExxonMobil.
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Sommaire
I. Rappel sur l?enquête de sécurité .............................................................................................................. 7
II. Constats immédiats et engagement de l?enquête ............................................................................... 7
II.1 Les circonstances de l?accident ........................................................................................................................... 7
II.2 Le bilan de l?accident ............................................................................................................................................ 7
II.3 Les mesures prises après l?accident .................................................................................................................... 8
II.4 L?engagement et l?organisation de l?enquête ................................................................................................... 8
III. Contextualisation ........................................................................................................................................ 8
III.1 La plateforme de Gravenchon ............................................................................................................................ 8
III.2 L?unité de distillation ............................................................................................................................................ 9
IV. Déroulement de l?évènement .................................................................................................................. 11
IV.1 Chronologie de l?évènement ............................................................................................................................. 11
IV.2 L?intervention des secours publics ...................................................................................................................12
V. Compte-rendu des investigations menées........................................................................................... 12
V.1 Reconnaissance de terrain ..................................................................................................................................12
V.2 Investigations complémentaires ........................................................................................................................14
V.3 Résultats des investigations ................................................................................................................................16
V.3.1 Analyses métallurgiques ................................................................................................................... 16
V.3.2 Analyse dynamique des fluides ....................................................................................................... 17
VI. Conclusions sur le scénario de l?événement ........................................................................................ 18
VI.1 Scénario .................................................................................................................................................................18
VI.2 Facteurs contributifs .......................................................................................................................................... 20
VI.2.1 Phénomène de corrosion à chaud de type sulfuration .............................................................. 20
VI.2.2 Caractérisation de l?overflash ........................................................................................................ 20
VI.2.3 Traçabilité des caractéristiques des équipements ...................................................................... 20
VII. Enseignements de sécurité ...................................................................................................................... 21
VII.1 Caractérisation de l?overflash ..........................................................................................................................21
VII.2 Suivi des installations dans le temps ..............................................................................................................21
VII.3 Vieillissement des ouvrages..............................................................................................................................21
VIII. Recommandations de sécurité à destination de l?exploitant ........................................................ 21
IX. Annexes ....................................................................................................................................................... 22
Annexe 1 Rapport technique Institut de Soudure ...................................................................................... 23
Annexe 2 Gravenchon Computational Fluid Dynamics analysis ............................................................... 24
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Rapport d?enquête
Sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par
Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024
I. Rappel sur l?enquête de sécurité
L?enquête technique faisant l?objet du présent rapport est réalisée dans le cadre des articles L. 501-1 à
L. 501-19 du Code de l?Environnement. Cette enquête a pour seul objet de prévenir de futurs accidents.
Sans préjudice, le cas échéant, de l?enquête judiciaire qui peut être ouverte, elle consiste à collecter et
analyser les informations utiles, à déterminer les circonstances et les causes certaines ou possibles de
l?évènement, de l?accident ou de l?incident et, s?il y a lieu, à établir des recommandations de sécurité.
Elle ne vise pas à déterminer des responsabilités. En conséquence, l?utilisation de ce rapport à d?autres
fins que la prévention pourrait conduire à des interprétations erronées.
II. Constats immédiats et engagement de l?enquête
II.1 Les circonstances de l?accident
Le lundi 11 mars, quelques minutes après 15 heures, alors que la raffinerie exploitée par Esso Raffinage
sur la plateforme de Gravenchon fonctionne de manière nominale, un départ de feu est constaté autour
de la section Naphta de l?une des unités de distillation. Les équipes opérationnelles de l?unité alertent le
poste central incendie et mettent en uvre les moyens locaux de défense incendie (lances et robinet
incendie armé (RIA)). À l?arrivée du responsable local des secours et des premiers moyens, il est décidé
de déclencher le POI et de mettre en sécurité l?unité. Le feu sera contrôlé à 16h30 et déclaré éteint à
00h45. Le POI sera levé à 3h30.
II.2 Le bilan de l?accident
Sur le plan humain, 5 personnes ont été impliquées lors de l?accident. Trois personnes ont été soignées
sur place, une placée en observation à l?hôpital pendant quelques heures et une pendant plus de
24 heures.
La quantité de produits impliqués dans l?incendie est de l?ordre de 5 tonnes d?essence légère et de l?ordre
de 70 tonnes d?hydrocarbures lourds (résidus sous vide ou résidus atmosphériques). Les eaux
d?extinction contenant des émulseurs ont été isolées, et conservées pour être traitées. Leur volume a
été évalué entre 10 000 et 20 000 m3. Les mesures dans l?air réalisées n?ont pas signalé d?éléments
notables.
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II.3 Les mesures prises après l?accident
À la suite de l?incendie, les installations ont été maintenues à l?arrêt et en l?état dans l?attente des
différentes investigations. Le plan d?action a tout d?abord consisté à la mise en sécurité de l?unité, et à
la gestion des eaux et des déchets issus de l?incendie. Puis une évaluation précise des dégâts et
dommages aux installations a été menée pour définir les travaux nécessaires à la remise en état.
En parallèle, une cellule d?investigation pluridisciplinaire composée d?experts internes, de spécialistes et
de directeurs d?autres sites du groupe, a été montée pour déterminer les causes directes et racines.
II.4 L?engagement et l?organisation de l?enquête
Au vu des circonstances et du contexte de l?accident, le directeur du bureau d?enquêtes et d?analyses
sur les risques industriels (BEA-RI) a décidé le 14 mars 2024 de l?ouverture d?une enquête.
Les enquêteurs techniques du BEA-RI se sont rendus sur place le 27 mars 2024. Ils ont rencontré les
représentants de la société Esso Raffinage. Ils ont recueilli les témoignages des acteurs impliqués dans
l?évènement et dans sa gestion. Ils ont eu, consécutivement à ces entretiens, communication des pièces,
documents et résultats d?investigations nécessaires à leur enquête.
III. Contextualisation
III.1 La plateforme de Gravenchon
La raffinerie Esso Raffinage de Port-Jérôme-sur-Seine (76) fait partie de la plateforme de Gravenchon qui
regroupe des activités de raffinage et de pétrochimie du groupe ExxonMobil.
Les activités de production du groupe ExxonMobil sont assurées en France par les sociétés Esso Raffinage
qui couvre l?activité du raffinage (producteur, fournisseur et distributeur des produits du raffinage :
carburant, lubrifiants, huiles, paraffine et bitume) et ExxonMobil Chemical France (EMCF) qui regroupe
toute l?activité chimie (production et vente d'oléfines, d'aromatiques, de fluides, de caoutchouc
synthétique, de polyéthylène, de polypropylène, de plastifiants, de bases pour les lubrifiants
synthétiques, d'additifs pour les carburants, ?).
Sur près de 700 hectares, la plateforme de Gravenchon regroupe une raffinerie et une usine de
fabrication de lubrifiants finis exploitées par Esso Raffinage, ainsi qu?un site pétrochimique exploité par
EMCF. Ces deux entités emploient 2150 collaborateurs.
Les produits issus des procédés sont utilisés dans de nombreux domaines d?application : carburants
routiers, maritimes ou aviation, lubrifiants, produits de base pour la fabrication d?emballages ou de
conditionnements plastiques, matières premières pour l?industrie ou les équipementiers du secteur de
l?automobile.
Administrativement, compte tenu des procédés employés et des substances stockées, le site relève de
la directive Seveso, pour le stockage de matières dangereuses (produits inflammables, toxiques,
dangereux pour l?environnement ou réagissant avec l?eau) et de la directive IED relative aux émissions
industrielles pour le raffinage et l?activité de fabrication de produits chimiques organiques.
De par son statut Seveso seuil haut, le site dispose d?un plan d?opération interne (POI) qui s?appuie sur
une organisation interne de la sécurité et un service interne d?incendie et de secours. Cette organisation
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vaut pour les deux entités qui exploitent les installations. En outre, la plateforme figure depuis l?arrêté
du 6 janvier 2022 sur la liste des plateformes industrielles reconnues au niveau national.
Pour les situations présentant un danger grave à l?extérieur de l?emprise foncière de l?établissement, le
Préfet du département dispose du Plan Particulier d?Intervention (PPI) de la zone industrielle de Port-
Jérôme qui a été approuvé le 12 novembre 2020.
III.2 L?unité de distillation
Les raffineries disposent d?unités de distillation. Une unité de distillation a pour fonction de fractionner
le pétrole brut en différentes coupes pétrolières répondant à des spécifications précises.
Figure n°1 : schéma de principe de la distillation atmosphérique du pétrole brut (crédit OSHA)
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Figure n°2 : schéma de principe de la distillation sous vide (crédit OSHA)
Sur la plateforme de Gravenchon, l?unité au sein de laquelle l?incendie s?est déclaré le 11 mars 2024
regroupe les unités de distillation atmosphérique et sous vide de pétrole brut et les unités de séparation-
désulfuration des essences, gazoles et kérosènes qui sont implantées sur le site de la raffinerie au sud du
bloc 17 et au centre du site. Les installations des unités du bloc 17 distillent des bruts d?origines diverses.
Le produit en provenance des bacs de stockage y est préchauffé, traité, et partiellement vaporisé dans
un four avant de subir un fractionnement atmosphérique.
Le brut réduit issu du fond de la tour atmosphérique est ensuite distillé sous vide. L?abaissement de
pression permet d?obtenir la vaporisation à des températures inférieures à 410°C d?une gamme de
produits normalement liquides à cette température et à pression atmosphérique, ce qui évite la
dégradation thermique de ces produits.
En fond de la tour sous vide plusieurs produits intermédiaires sont redirigés vers d?autres tours qui
refractionnent les produits les plus lourds.
Dans le voisinage immédiat des unités du bloc 17 on compte également les unités qui servent à la
séparation des essences des Gaz de Pétrole Liquéfiés (GPL) et à la désulfuration de l?essence légère en
vue de son utilisation dans les unités en aval. Ces unités ont également été impliquées dans la séquence
accidentelle par effet domino.
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IV. Déroulement de l?évènement
IV.1 Chronologie de l?évènement
Le 11 mars 2024 à 15h l'unité de distillation DIST2 est
en opération, la situation est stable. Un feu est détecté
autour de la section Naphta. Le poste central incendie
est prévenu.
À 15h08 (premier schéma ci-contre), la fuite est
identifiée à distance, au niveau d'une vanne de
contrôle de la section. Le chef opérateur arrête alors
les pompes Naphta et essences légères puis ferme les
vannes de contrôle au refoulement. 10 minutes plus
tard, la vanne de sécurité de fond du ballon en amont
des pompes est fermée également.
À 15h15, les opérateurs observent une fuite de produit
noir suggérant la présence d'une fuite sur le circuit
d'overflash2 de la distillation sous vide. La pompe
d'overflash est alors arrêtée également.
Le POI est activé à 15h22.
À 15h27 (deuxième schéma ci-contre), le feu se
développant toujours, la décision est prise de bipasser
la distillation sous vide. Mais le feu s'intensifie alors
fortement dès que le circuit de fond est alimenté en
résidu atmosphérique (RAT), à une pression de 24 bars
(alors que l?Overflash et le résidu sous vide (RSV)
étaient opérés à une pression de 5 bars). Le chef
opérateur décide alors d'arrêter l'intégralité de l'unité
de distillation de brut et les hydrotraitements associés.
Un second incendie survient brutalement à 15h43,
suite à la rupture d'une ligne d'essence exposée au feu
à 6 mètres de hauteur.
Le feu est contrôlé à 16h30 et éteint à 00h45. Le POI
est levé à 3h30.
2 L?overflash est dans une colonne de distillation le surplus de liquide entrainé par les fractions légères depuis la zone de flash. Il
est reflué sur les plateaux au-dessus de la zone de flash pour ramener les fractions lourdes au fond de la colonne. L?overflash
maintient les contaminants hors des produits légers.
Figure n°3 : coupure des vannes (crédit ExxonMobil)
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IV.2 L?intervention des secours publics
En application de la réglementation applicable aux sites de stockage de liquides inflammables3,
l'exploitant a choisi d?être autonome en matière de lutte contre l?incendie. Cela signifie que l?exploitant
s?est doté de moyens de lutte contre l?incendie suffisants pour faire face à une liste de scénarios
d?accidents préétablis par la réglementation et l?étude de dangers de l?installation. Les services
d?incendie et de secours publics demeurent mobilisables pour les accidents les plus importants et
notamment ceux qui ont été retenus pour élaborer le PPI. Pour les autres, l?exploitant doit se doter des
moyens suffisants pour y faire face seul.
Pour rendre opérationnelle cette stratégie, l'industriel s?appuie, entre autres, sur un service de secours
interne basé au Poste de commandement Incendie (PCI) implanté sur le site.
Une équipe de 24 sapeurs-pompiers d?usine dispose de 4 fourgons-pompes mousse et de 4 camions-
citernes émulseur. Ces moyens généraux s?ajoutent aux installations fixes présentes au sein de chaque
unité (réseau d?hydrants) et aux équipiers de seconde intervention que chaque unité met à disposition
en cas d?incendie.
Les opérations de secours se font sous la direction d?une organisation bien définie qui fait intervenir les
fonctions de chef d?unité, de superintendant et de directeur de la raffinerie en fonction de l?ampleur de
l?évènement et du niveau de plan mis en uvre (POI, PPI).
L?intervention a été essentiellement conduite par les services d?incendie et de secours internes de
l?industriel. Dans le cadre des procédures en place, dès l?activation du POI, les services de secours publics
ainsi que l?inspection des installations classées ont été informés de cette activation.
V. Compte-rendu des investigations menées
V.1 Reconnaissance de terrain
Les enquêteurs techniques du BEA-RI se sont rendus sur site le 27 mars 2024, après avoir échangé la veille
avec l'inspection des installations classées de la DREAL Normandie.
La visite de terrain a permis de visualiser les installations impliquées dans la séquence accidentelle et de
comprendre le fonctionnement de ces dernières.
Deux points de fuites ayant alimenté l'incendie ont été identifiés : un premier sur le circuit d'overflash
de la distillation sous vide et un secondaire sur une ligne de naphta à 6 mètres de hauteur, résultant
d?une exposition prolongée au feu.
3 Arrêté du 3 octobre 2010 relatif au stockage en réservoirs aériens manufacturés exploités au sein d'une installation classée
soumise à autorisation au titre de l'une ou plusieurs des rubriques 1436, 4330, 4331, 4722, 4734, 4742, 4743, 4744, 4746, 4747 ou
4748, ou pour le pétrole brut au titre de l'une ou plusieurs des rubriques 4510 ou 4511 de la législation des installations classées
pour la protection de l'environnement.
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Figure n°4 : point de rupture au niveau de la ligne d?overflash, la ligne d?overflash
est en inox, seul le tronçon visible sur la photo était en 5%Cr (crédit ExxonMobil)
Figure n°5 : point de rupture au niveau de la ligne de naphta (crédit ExxonMobil)
La visite a également permis de prendre connaissance de l?organisation mise en place par l'exploitant
pour évaluer l'impact de l'incendie sur les installations, en déterminer les causes et mettre en uvre un
plan d'action issu du retour d'expérience. Les enquêteurs ont également pu échanger avec l'exploitant
sur le déroulement de l'intervention et sur les éventuelles difficultés rencontrées.
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V.2 Investigations complémentaires
De nombreuses investigations ont été réalisées par l'exploitant sur la ligne d'Overflash de sa propre
initiative et/ou à la demande du BEA-RI pour déterminer les causes de l'événement, on évoquera
notamment :
? Des analyses permettant de déterminer les caractéristiques chimiques du tube à l'origine de la
fuite enflammée ;
? Des analyses permettant de déterminer les épaisseurs résiduelles du tube à l'origine de
l'événement ;
? Des recherches documentaires sur les données relatives à la conception de l'installation ;
? Une analyse de dynamique des fluides pour évaluer l'impact de la géométrie des tubes et des
différents flux à proximité du point de fuite.
En complément, une expertise métallurgique dont le contenu a fait l?objet d?une concertation avec le
BEA-RI a été commandée par l?exploitant à l'Institut de Soudure. Elle a consisté à réaliser :
? Un examen visuel externe du tube ;
? Des relevés dimensionnels ;
? Des mesures d'épaisseur par ultrasons ;
? Un scan 3D ? numérisation laser du tube ;
? Un examen visuel interne ;
? Un examen métallographique ;
? Des mesures de dureté ;
? Des analyses chimiques ;
? Des microanalyses en zone fondue de la soudure ;
? Des essais mécaniques en métal de base du tube4 ;
? Un examen fractographique de la déchirure ;
? Des microanalyses du dépôt et de la couche interne de produits de corrosion ;
? Et une analyse du dépôt interne prélevé dans le tube.
4 Zone non affectée par les soudures
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Figure n°6 : vue d?ensemble du tronçon de tuyauterie côté déchirure ? repérage des soudures et relevé des diamètres extérieurs en
millimètres (crédit Institut de Soudure)
Figure n°7 : vue d?ensemble du tronçon de tuyauterie côté opposé à la déchirure (crédit Institut de Soudure)
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Figure n°8 : vue du tronçon de tuyauterie ayant fait l?objet des expertises (crédit Institut de Soudure)
V.3 Résultats des investigations
V.3.1 Analyses métallurgiques
Le rapport technique de l'Institut de Soudure détaillant les résultats des analyses réalisées figure en
annexe 1 de ce rapport. Il émet les conclusions suivantes.
Le tube de diamètre 8 pouces n'a pas subi de déformation plastique d'ensemble (gonflement) avant sa
rupture. Les relevés d'épaisseur montrent des pertes d'épaisseur importantes par l'intérieur. Les
épaisseurs résiduelles de paroi à ce niveau vont d'un minimum de 1,26 mm à un maximum de 5,87 mm,
pour une épaisseur nominale annoncée de 10,31 mm. La cartographie réalisée par ultrasons confirme ces
mesures et met en évidence une diminution d'épaisseur généralisée quasiment sur l'ensemble du tube
en 8 pouces avec une épaisseur résiduelle moyenne estimée à 2 mm. On note que le phénomène de
perte d'épaisseur est moins important à proximité des soudures S32 et S35 ainsi qu'autour de la semelle
de renfort du support.
Les microstructures observées sur les différentes coupes ne montrent pas de signe d'évolution ou de
dégradation du matériau en service, ni même d'indice de transformation métallurgique notable liée à
l'exposition en température lors de l'incendie.
Les microanalyses réalisées sur la coupe métallographique en zone fondue de la soudure entre le tube
8 pouces et le té montrent que la composition du métal fondu de la soudure est conforme à l'attendu.
La composition chimique du matériau du tube et les caractéristiques mécaniques déterminées lors de
l'essai de traction en métal de base satisfont aux exigences du standard pour la nuance annoncée. Les
valeurs d'énergie de rupture obtenues lors de l'essai de résilience ne mettent pas en évidence une
quelconque fragilité du matériau.
Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine
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N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 17 | 25
L'amincissement généralisé de la paroi du tube par l'intérieur et la présence de dépôts internes riches
en soufre constatés apparaissent caractéristiques d'un endommagement par corrosion à chaud de type
sulfuration provoqué par le fluide véhiculé contenant des produits soufrés.
Par rapport au phénomène d?endommagement identifié et responsable de l'amincissement de la paroi,
les épaisseurs résiduelles plus importantes constatées au voisinage des soudures sont liées à la meilleure
résistance des cordons de soudure à la sulfuration (vraisemblablement car l'acier fondu a une teneur en
chrome plus importante que celle du métal de base), celles-ci ont eu un effet protecteur sur le métal de
base environnant sans doute par rapport à l'action de l'écoulement du fluide (les cordons étant
proéminents par rapport aux surfaces environnantes.
Concernant l'amincissement moindre de la paroi du tube au droit de la semelle support, il s'agit là
probablement d'un effet thermique. La paroi du tube est alors à une température moindre du fait du
tube support dépassant du calorifuge qui évacue des calories. La vitesse de sulfuration à chaud
dépendant de la température, cela peut-être une cause de la perte d'épaisseur plus faible à ce niveau.
En conclusion, la rupture de la ligne d'overflash constituée d'acier en 5%Cr résulte d'un amincissement
de paroi progressif en service dû à un phénomène de corrosion interne de type sulfuration à chaud par
réaction des composés soufrés du fluide process avec le métal du tube, mode d'endommagement bien
identifié dans les installations de raffinage. Le tube a subi des pertes d'épaisseur très importantes :
vraisemblablement 9,8 mm sur une période de 11 ans, ce qui pourrait correspondre à une vitesse de
corrosion de 0,89 mm/an.
V.3.2 Analyse dynamique des fluides
Une analyse de dynamique des fluides a été réalisée par ExxonMobil à la demande du BEA-RI. Les
résultats de cette analyse figurent en annexe 2 de ce rapport. L?objectif était d?évaluer l?impact potentiel
de plusieurs facteurs sur le phénomène de corrosion subit par l?ouvrage :
? La géométrie du Té ;
? La différence de vitesse entre les deux produits arrivant au niveau du Té, l?overflash et le résidu
sous vide ;
? La différence de température entre les deux produits.
L?hypothèse est faite que les deux produits sont en phase liquide. La section étudiée a les
caractéristiques suivantes :
Figure n°9 : schématisation du tronçon de tuyauterie ayant fait l?objet de l?analyse (ExxonMobil)
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N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 18 | 25
L?analyse réalisée statue sur les points suivants :
? On n?observe pas de corrélation claire entre la différence de vitesse de chacun des deux fluides
et les dommages observés ;
? La majorité des particules ont un temps de présence dans la zone corrodée inférieur à 5
secondes.
Elle ne permet donc pas de conclure sur l?impact de la géométrie de l?assemblage (augmentation de
diamètre) ni sur celui de la différence de débit entre l?arrivée d?overflash et l?arrivée de résidu sous vide.
Par contre, la simulation montre que le profil de température ressenti en surface interne de la tuyauterie
ne correspond pas à un profil engendrant une corrosion de type "mix point5".
Figure n°10 : représentation de la température dans le tube (CFD analysis ExxonMobil)
VI. Conclusions sur le scénario de l?événement
VI.1 Scénario
Historiquement la ligne d?Overflash était en acier à 5%Cr. Il avait toutefois été observé qu?elle avait une
vitesse de corrosion (0,35 mm/an) plus importante que prévu (0,17 mm/an) et c?est le mécanisme de
corrosion qui avait motivé son remplacement, pour l?essentiel en acier inoxydable 316L, entre 2005 et
2009.
Le raccordement de la ligne d'Overflash à celle de résidu sous vide est réalisé en 2013 dans le cadre du
projet Epiphany relatif à l'optimisation des raffineries Esso & Mobil. Le raccordement de l?overflash a été
réalisé en acier inoxydable 316L. Seul le tronçon réducteur excentré jusqu?au Té (environ 80cm) a été
réalisé en acier 5%Cr.
5 Une corrosion de type "mix point" est une corrosion par point de mélange
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N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 19 | 25
Ce raccordement est intégré à l?issu du projet dans le circuit de résidu sous vide lors de l?élaboration de
la stratégie d?équipement6. Cette intégration a été, de ce fait, prise en compte pour le développement
du plan d?inspection.
L?overflash et le résidu sous vide sont considérés comme très semblables en composition, pression et
température. Pourtant, des différences existent, l?overflash est plus chaud et il n?est pas strippé7, les
débits sont également différents. Mais le taux de corrosion propre à la tuyauterie historique d?overflash
permettait de justifier tout de même d?une durée de vie estimée supérieure à 20 ans.
Le Plan d?Inspection ne prévoyait pas de mesure d?épaisseur avant l?apparition de la fuite en 2024, étant
donné la circuitisation et le taux de corrosion appliqué dans la stratégie. Une mesure a toutefois été faite
à proximité, mais sur un piquage et peu de temps après la construction de l?ouvrage (2015), elle n?a donc
pas permis d?apporter d?information sur l?évolution de la corrosion dans cette zone.
En 2016, suite aux résultats des campagnes de mesures menées sur d?autres ouvrages, une attention
particulière est portée sur les zones d?aspiration des pompes, les recirculations pompes et les coudes.
Mais le circuit en résidu sous vide auquel était rattaché le tronçon de tuyauterie en acier 5%Cr véhiculant
de l?overflash, n?a pas été contrôlé car la dégradation crainte n?était pas observée aux refoulements des
pompes. De plus, il sera ensuite considéré que l?ensemble du circuit d?overflash a été upgradé en acier
inoxydable 316L.
Entre 2013 et 2024, le tube subit un amincissement de paroi progressif en service dû à un phénomène
de corrosion interne de type sulfuration à chaud par réaction des composés soufrés du fluide process
avec le métal du tube. On peut estimer les pertes d'épaisseur à 9,8 mm sur une période de 11 ans, ce qui
pourrait correspondre à une vitesse de corrosion de 0,89 mm/an. Cela représente une vitesse de
corrosion très rapide et très largement supérieure à celle théoriquement prévue pour ce tube
(0,17 mm/an).
Le 11 mars 2024, au moment de l?événement, il est vraisemblable que l?épaisseur du tube à certains
endroits était de moins d?1 mm. Des opérations de nettoyage à proximité ont pu déclencher la fuite
initiale (choc thermique par exemple), puis une surpression ponctuelle, a suffi à provoquer l?ouverture
du tube, et à générer un incendie qui a lui-même conduit à la rupture d?un deuxième tronçon de
tuyauterie exposé au flux thermique.
Les simulations réalisées sur l?écoulement des fluides infirment l?hypothèse d?une corrosion accélérée
par point de mélange. La géométrie du tronçon incriminé a potentiellement pu être un facteur
accélérateur de la corrosion même si les simulations d?écoulement des fluides ne permettent pas de
conclure sur son impact. La température plus importante de l?overflash aurait par contre pu être un
facteur contributif de la vitesse de corrosion très rapide. Il est difficile de caractériser les flux de fond
de tour en matière de H2S dissous, et donc de se positionner sur son impact sur la dégradation survenue.
Enfin, la seconde rupture est la conséquence logique de l'exposition d'une tuyauterie de transport
d'essence soumise aux effets du premier incendie. Son occurrence et son ampleur n'ont donc pas appelé
d'investigation complémentaire.
6 Pour Esso Raffinage la stratégie d?équipement se définit de la manière suivante : "Combinaison la plus rentable de taches
d?opération, d?inspection et de maintenance nécessaires pour atteindre les objectifs de performance attendus de l?unité et de
l?équipement avec un niveau de risque acceptable".
7 Le terme de strippage fait référence à un procédé de séparation dans lequel un composant volatil est retiré d?un liquide par un
gaz de balayage. Le procédé est utilisé dans les raffineries pour éliminer les composés légers indésirables ou pour purifier les
produits intermédiaires ou finaux.
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VI.2 Facteurs contributifs
Les facteurs contributifs sont des éléments qui, sans être déterminant, ont pu jouer un rôle dans la
survenance, l?atténuation ou l?aggravation de l?événement.
VI.2.1 Phénomène de corrosion à chaud de type sulfuration
Le phénomène de sulfuration à chaud en présence d?H2S dissous est un phénomène à considérer à partir
d?une température de service de 260°C (l?overflash était véhiculé à une température de 389°C), sa
cinétique est difficile à prédire mais dépend notamment des facteurs suivants :
? La résistance des aciers augmente avec la teneur en chrome car le chrome participe à
l?élaboration des produits de corrosion qui forment des couches protectrices en surface du
matériau (couches constituées de sulfure de fer et de chrome) ;
? La vitesse de corrosion augmente avec la température ;
? La concentration totale en soufre dans le fluide et la nature des composés organiques soufrés
joue un rôle car tous les composés n?ont pas la même activité corrosive sur l?acier. Cela constitue
un facteur d?incertitude important sur la prévision de la vitesse de corrosion, notamment quand,
comme dans le cas de l?overflash, il n?est pas possible de suivre précisément les caractéristiques
du produit ;
? De la présence d?acides organiques dans le fluide (acides naphténiques que l?on peut retrouver
dans l?overflash), qui ont tendance à dissoudre la couche de sulfure de fer et à accélérer la vitesse
de corrosion ;
? Des caractéristiques du fluide dont dépendent les contraintes de cisaillement exercées sur les
couches protectrices de produits de corrosion au contact du fluide.
VI.2.2 Caractérisation de l?overflash
L?overflash est un produit difficile à caractériser car difficilement prélevable compte-tenu de sa
localisation dans le process. Non échantillonnable, il n?est donc pas possible d?évaluer une évolution de
sa composition dans le temps. Pourtant sa sensibilité était identifiée par l?exploitant : le produit est
véhiculé à une température importante et il n?est pas strippé. De même un taux de corrosion important
avait été constaté sur l?ancienne ligne d?overflash. Pourtant dans la circuitisation, le tronçon de
tuyauterie en overflash a été catégorisé en résidu sous vide et par suite suivi comme tel par la stratégie
d?équipement.
VI.2.3 Traçabilité des caractéristiques des équipements
Au moment du raccordement de la ligne d?overflash en 2013, le tronçon réducteur excentré jusqu?au Té,
où a eu lieu la fuite, a été réalisé en acier 5%Cr alors que le reste du circuit overflash était en acier
inoxydable 316L. Ce tronçon a été regroupé au même moment avec le circuit de résidu sous vide (de
même nuance 5%Cr) pour le développement du plan d?inspection.
Puis compte-tenu de cette circuitisation, pendant la période d?exploitation du tronçon de tuyauterie, il
n?a pas été prévu de mesures d?épaisseur qui auraient pu permettre de détecter une vitesse de corrosion
plus rapide que celle prévue. En parallèle, les informations qu?une tuyauterie véhiculant de l?overflash et
construite en acier 5%Cr était présente à cet endroit et qu?aucune modification liée à la mise en uvre
d?un retour d?expérience sur l?overflash n?y avait été réalisée, n?étaient plus accessibles aisément.
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VII. Enseignements de sécurité
VII.1 Caractérisation de l?overflash
L?overflash est un produit qui peut évoluer en fonction du process et des produits d?entrée, mais
difficilement échantillonnable. Il serait toutefois intéressant de mieux connaitre ses caractéristiques,
leurs évolutions possibles dans le temps et leur impact sur la vitesse de corrosion de l?acier, pour mieux
caractériser les durées de vie des matériaux à son contact.
VII.2 Suivi des installations dans le temps
Malgré la connaissance de la sensibilité du produit, et de sa présence à cet endroit du process, le tube
n?a pas été construit en acier inoxydable, et n?a pas été identifié comme à risque dans les études menées
postérieurement à sa construction. Le suivi des installations et de leurs évolutions dans le temps est une
opération délicate car minutieuse et nécessitant un lourd investissement en ressources humaines mais
c?est un travail indispensable pour la maitrise des risques.
VII.3 Vieillissement des ouvrages
La connaissance théorique des vitesses de corrosion des matériaux en fonction des produits transportés
a beaucoup évolué et est maintenant robuste. Toutefois, la variabilité de certains facteurs ne peut être
exclue et peut remettre en cause les prévisions. Le monitoring du vieillissement des ouvrages doit rester
un sujet de vigilance et de réflexion.
VIII. Recommandations de sécurité à destination de l?exploitant
Le BEA-RI recommande à l'exploitant de mettre en uvre jusqu?à son terme son plan d'action. À savoir :
? Remplacement de l?acier à 5%Cr du circuit d?overflash par de l?acier inoxydable ;
? Réalisation et mise en uvre d'un plan de contrôle de tous les circuits de fond de tour sous vide
en acier carbone ou 5%Cr et remplacement en cas de besoin ;
? Revue des stratégies d'équipement de tous les équipements de l'usine potentiellement soumis à
ce mode de dégradation ;
? Étude de la possibilité d?abaisser la température des produits de fond de tour ;
? Partage du retour d'expérience de l'événement avec les autres sites ExxonMobil.
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IX. Annexes
Annexe 1 Rapport technique Institut de Soudure ...................................................................................... 23
Annexe 2 Gravenchon Computational Fluid Dynamics analysis ............................................................... 24
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Annexe 1 Rapport technique Institut de Soudure
ANNEXEA
EXAMENVISUE LEXTERNE
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EXAMEN VISUEL
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@
FIGURE 1
VUE D?ENSEMBLE COTE DECHIRURE
REPERAGE DES SOUDURES ET RELEVE DU DIAMETRE EXTERIEUR DU TUBE (EN mm)
@
FIGURE 2
VUE D?ENSEMBLE COTE OPPOSE A LA DECHIRURE
sSV@
sSV@
sSR@
sSS@ sST@
c@
@
bride@
tube@
cote@
te@
piquage@SOTB@
reduction@
support@
semelle@
øRQYLVP@øRQXLRR@øRQYLUT@
øRQYLPR@øRQYLYV@øRQYLYV@
Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1
Annexe A
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EXAMEN VISUEL
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FIGURE 3
VUE D?ENSEMBLE COTE GENERATRICE HAUTE
@
FIGURE 4
VUE D?ENSEMBLE COTE GENERATRICE BASSE
ET REPERAGE DES SOUDURES
sSR@
sSS@
sST@
c@
sSV@
sSU@
Q@
R@
Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1
Annexe A
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EXAMEN VISUEL
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FIGURE 5
DETAIL 1 DE LA FIGURE 3 COTE GENERATRICE HAUTE
@
FIGURE 6
DETAIL 2 DE LA FIGURE 3 COTE GENERATRICE HAUTE
sSU@
sST@
reduction@
bride@
cote@
te@
tube@
tube@
Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1
Annexe A
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EXAMEN VISUEL
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FIGURE 7
VUE COTE GENERATRICE HAUTE
@
FIGURE 8
AUTRE VUE COTE GENERATRICE HAUTE
piquage@SOTB@
tube@
tube@
reduction@
support@
dechirure@sST@
sSV@
Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1
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EXAMEN VISUEL
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FIGURE 9
VUE D?ENSEMBLE COTE BRIDE
@
FIGURE 10
VUE INTERNE COTE SOUDURE TUBE / TE ET RELEVE DE L?EPAISSEUR DU TUBE (EN mm)
ULXW@
TLWV@
SLWT@
RLUT@
QLWT@
QLRV@
QLXS@
TLVP@
dechirure@
reduction@
tube@
piquage@SOTB@
Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1
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EXAMEN VISUEL
PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015 EN L?ETAT DE RECEPTION
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FIGURE 11
DETAIL DE LA SURFACE INTERNE VUE COTE TE
@
FIGURE 12
DETAIL 1 DE LA FIGURE 1
VUE D?ENSEMBLE DE LA DECHIRURE ET RELEVE DE L?EPAISSEUR DES BORDS ROMPUS (EN mm)
PLUV@
PLXX@
PLWY@ PLWT@ PLVT@
QLPT@
PLUX@
PLXU@
PLVR@
PLWS@
PLUS@
PLVQ@
PLWP@
PLXT@
PLYU@
PLYS@
PLXS@
QLPQ@
QLPU@
reduction@
tube@
dechirure@
dechirure@
Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1
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EXAMEN VISUEL
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EN L?ETAT DE RECEPTION
@ @ @
FIGURE 13 FIGURE 14
DETAIL DE LA FIGURE 1 DETAIL DE LA FIGURE 10
VUE EXTERNE DU PIQUAGE 3/4" VUE INTERNE DU PIQUAGE 3/4"
sSS@
sST@
tube@
tube@
piquage@SOTB@
piquage@SOTB@
weldolet@
Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1
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EXAMEN VISUEL
PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015
RELEVE DES MARQUAGES DE LA BRIDE
@
FIGURE 15
VUE D?ENSEMBLE DES MARQUAGES
@
FIGURE 16
DETAIL 1 DE LA FIGURE 15
@
FIGURE 17
DETAIL 2 DE LA FIGURE 15
Q@
R@
sSV@
bride@
reduction@
Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1
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EXAMEN VISUEL
PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015
RELEVE DES MARQUAGES DE LA REDUCTION ET DU TUBE
FIGURE 18
MARQUAGE DE LA REDUCTION
FIGURE 19
MARQUAGE DU TUBE
sSU@
tube@
reduction@
Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1
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EXAMEN VISUEL
PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015
FIGURE 20
VUE D?ENSEMBLE APRES NETTOYAGE DE LA SURFACE EXTERNE
FIGURE 21 FIGURE 22
DETAIL 1 DE LA FIGURE 20 DETAIL 2 DE LA FIGURE 20
COTE REDUCTION AU NIVEAU DE LA DECHIRURE@
Q@
R@
ANNEXE B
CARTOGRAPHIES D'EPAISSEUR
PAR METHODES ULTRASONORES
ANNEXE C
SCAN 3D
ANNEXE
EXAMENV
ANNEXE
EXAMEN
ANNEXE
ANNEXE
ANNEXE
ANNEXE
E
ANNEXE
EXAMEN
ANNEXE
ANNEXE
Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine
(76) le 11 mars 2024
N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 24 | 25
Annexe 2 Gravenchon Computational Fluid Dynamics analysis
Gravenchon Computational Fluid
Dynamics analysis
June 25th 2024,
? This PowerPoint summarize the results of the CFD analysis performed on the failed
piping section of the VPS tower.
? The objective of the CFD analysis is to explain the increased corrosion rate observed
in the failed pipe with a single phase flow analysis.
? The streams are described below
Objective
2
? The following assumptions and technical information were included in this analysis
? There is no steam in the fluids
? The general metal loss observed in the failed section does not suggest a dual phase flow in
that pipe section
? The CFD model will be designed to simulate the failed section ( before and after). There is no
other simulation to take place elsewhere in the system.
Assumptions / Technical Information
3
? The current analysis done does not demonstrate significant correlation between the
velocity as well as the shear stress with the damaged observed.
? The majority of particles have a residence time of 5 seconds and less, and therefore
the residence time was not a factor in the observed general metal loss in this
section.
? The simulation demonstrate that the temperature profile of the overflash is higher
than the residue. Current theories suggest that the corrosion rate increases with
temperature. The measurement shows a generalized loss of thickness in the
overflash pipe section.
Conclusions
4
Front View
Top View
Mid Plane
Mid Plane
Front View (mid-plane)
Top View (1? below mid-plane)
Top View (1? above mid-plane)
Fluid Velocity
Front View (mid-plane)
Top View (mid-plane)
Fluid Velocity
Front View (mid-plane)
Fluid Velocity
Front View (mid-plane)
Top View (1? below mid-plane)
Top View (1? above mid-plane)
Temperature
Front View (Pipe Surface)
Back View (Pipe Surface)
Temperature
Front View (Pipe Surface)
Back View (Pipe Surface)
Fluid Shear Stress
Volume Fraction of
VacRes Fluid
A B C
A
D
E
13
A B C
Volume Fraction of
VacRes Fluid
14
D
E
Volume Fraction of
VacRes Fluid
OVF 1000 points)
Row Labels
Count of Number of
Particles
0 - 5 sec 862
5 - 10 sec 84
10 - 30 sec 41
30 - 60 sec 11
60 - 90 sec 2
Grand Total 1000
P a g e 25 | 25
Bureau d?enquêtes et d?Analyses
sur les Risques Industriels
MTECT / IGEDD / BEA-RI
Tour Séquoïa
92055 La Défense Cedex
+33 1 40 81 21 22
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https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/bea-ri-r549.html