Rapport d'enquête sur l'incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024

Auteur moral
France. Bureau d'enquêtes et d'analyses sur les risques industriels
Auteur secondaire
Résumé
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Editeur
BEA-RI
Descripteur Urbamet
incendie ; enquête ; comportement des matériaux ; équipement industriel
Descripteur écoplanete
hydrocarbure ; distillation
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
Inspection générale de l?environnement et du développement durable Bureau d?Enquêtes et d?Analyses sur les Risques Industriels Rapport d?enquête Sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 2 | 25 Bordereau documentaire Organisme auteur : Bureau d?enquêtes et d?analyses sur les risques industriels (BEA-RI) Titre du document : rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° : MTE-BEARI-2024-06 Date du rapport : 28/11/2024 Proposition de mots-clés : incendie, raffinerie, intégrité des tuyauteries, corrosion, vieillissement, conception Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 3 | 25 Avertissement L?enquête technique faisant l?objet du présent rapport est réalisée dans le cadre des articles L. 501-1 à L. 501-19 du Code de l?Environnement. Cette enquête a pour seul objet de prévenir de futurs accidents. Sans préjudice, le cas échéant, de l?enquête judiciaire qui peut être ouverte, elle consiste à collecter et analyser les informations utiles, à déterminer les circonstances et les causes certaines ou possibles de l?évènement, de l?accident ou de l?incident et, s?il y a lieu, à établir des recommandations de sécurité. Elle ne vise pas à déterminer des responsabilités. En conséquence, l?utilisation de ce rapport à d?autres fins que la prévention pourrait conduire à des interprétations erronées. Au titre de ce rapport on entend par : - Cause de l?accident : toute action ou événement de nature technique ou organisationnelle, volontaire ou involontaire, active ou passive, ayant conduit à la survenance de l?accident. Elle peut être établie par les éléments collectés lors de l?enquête, ou supposée de manière indirecte. Dans ce cas le rapport d?enquête le précise explicitement. - Facteur contributif : élément qui, sans être déterminant, a pu jouer un rôle dans la survenance ou dans l?aggravation de l?accident. - Enseignement de sécurité : élément de retour d?expérience tiré de l?analyse de l?évènement. Il peut s?agir de pratiques à développer car de nature à éviter ou limiter les conséquences d?un accident, ou à éviter car pouvant favoriser la survenance de l?accident ou aggraver ses conséquences. - Recommandation de sécurité : proposition d?amélioration de la sécurité formulée par le BEA-RI, sur la base des informations rassemblées dans le cadre de l?enquête de sécurité, en vue de prévenir des accidents ou des incidents. Cette recommandation est adressée, au moment de la parution du rapport définitif, à une personne physique ou morale qui dispose de deux mois à réception, pour faire part au BEA des suites qu?elle entend y donner. La réponse est publiée sur le site du BEA-RI. Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 4 | 25 Synthèse Le lundi 11 mars 2024, peu après 15 heures, alors que la raffinerie exploitée par Esso Raffinage sur la plateforme de Gravenchon (76) fonctionne de manière nominale, un départ de feu est constaté autour de la section Naphta de l?une des unités de distillation. Les équipes opérationnelles de l?unité alertent le poste central incendie et mettent en uvre les moyens locaux de défense incendie. À l?arrivée du responsable local des secours et des premiers moyens, il est décidé de déclencher le POI et de mettre en sécurité l?unité. Le feu sera contrôlé à 16h30 et déclaré éteint à 00h45. Le POI sera levé à 3h30. Le bilan humain fera état de 5 personnes impliquées lors de l?accident. À la suite de l?incendie, les installations sont maintenues à l?arrêt et en l?état, dans l?attente des différentes investigations. Le plan d?action consistera à la mise en sécurité de l?unité, et à la gestion des eaux et des déchets issus de l?incendie. Puis une évaluation précise des dégâts et dommages aux installations sera menée pour définir les travaux nécessaires à la remise en état. En parallèle, une cellule d?investigation pluridisciplinaire a été constituée par l?exploitant pour déterminer les causes directes et racines. Le directeur du bureau d?enquêtes et d?analyses sur les risques industriels (BEA-RI) a décidé le 14 mars 2024 de l?ouverture d?une enquête, et les enquêteurs techniques du BEA-RI se sont rendus sur place le 27 mars 2024. Deux points de fuites ayant alimenté l'incendie ont rapidement été identifiés : la fuite initiale d?hydrocarbures lourds (overflash1) en provenance de la distillation sous vide et une secondaire sur une ligne d?essence légère à 6 mètres de hauteur, résultant d?une exposition prolongée au feu. De nombreuses investigations ont été réalisées et commandées par l'exploitant sur la ligne d'overflash de sa propre initiative et/ou à la demande du BEA-RI pour déterminer les causes de l'événement. Elles concluent que la rupture de la ligne d'overflash constituée d'acier en 5%Cr résulte d'un amincissement de paroi progressif en service dû à un phénomène de corrosion interne de type sulfuration à chaud par réaction des composés soufrés du fluide véhiculé avec le métal du tube. Le tube a subi des pertes d'épaisseur très importantes : vraisemblablement 9,8 mm sur une période de 11 ans pour une épaisseur nominale de 10,31 mm. Le 11 mars 2024, au moment de l?événement, il est vraisemblable que l?épaisseur du tube à certains endroits était de moins d?1 mm. Des opérations de nettoyage à proximité, puis une surpression ponctuelle, ont suffi à provoquer l?ouverture du tube, et à générer un incendie qui a lui-même conduit à la rupture d?une deuxième tuyauterie exposée au flux thermique. Les simulations réalisées sur l?écoulement des fluides dans le tronçon de tuyauterie infirment l?hypothèse d?une corrosion accélérée par point de mélange (mix-point). La géométrie du tronçon incriminé (agrandissement excentrique) a potentiellement pu être un facteur accélérateur de la corrosion même si les simulations d?écoulement des fluides ne permettent pas de conclure sur son impact. Il est également difficile de suivre l?évolution de la composition de l?overflash (notamment en matière de H2S dissous) et donc de se positionner sur son impact sur la dégradation survenue. Les enseignements de sécurité suivants sont évoqués dans le rapport : la nécessité d?une meilleure caractérisation de l?overflash et de son impact sur les vitesses de corrosion des aciers, le caractère indispensable du suivi et de la traçabilité des installations et de leurs évolutions dans le temps, ainsi que l?importance du monitoring du vieillissement des ouvrages. 1 L?overflash est dans une colonne de distillation le surplus de liquide entrainé par les fractions légères depuis la zone de flash. Il est reflué sur les plateaux au-dessus de la zone de flash pour ramener les fractions lourdes au fond de la colonne. L?overflash maintient les contaminants hors des produits légers. Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 5 | 25 Le BEA-RI recommande à l'exploitant de mettre en uvre jusqu?à son terme le plan d'action qu?il a élaboré. À savoir : ? Remplacement de l?acier à 5%Cr du circuit d?overflash par de l?acier inoxydable ; ? Réalisation et mise en uvre d'un plan de contrôle de tous les circuits de fond de tour sous vide en acier carbone ou 5%Cr et remplacement en cas de besoin ; ? Revue des stratégies de suivi de tous les équipements de l'usine potentiellement soumis à ce mode de dégradation ; ? Étude de la possibilité d?abaisser la température des produits de fond de tour ; ? Partage du retour d'expérience de l'événement avec les autres sites ExxonMobil. Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 6 | 25 Sommaire I. Rappel sur l?enquête de sécurité .............................................................................................................. 7 II. Constats immédiats et engagement de l?enquête ............................................................................... 7 II.1 Les circonstances de l?accident ........................................................................................................................... 7 II.2 Le bilan de l?accident ............................................................................................................................................ 7 II.3 Les mesures prises après l?accident .................................................................................................................... 8 II.4 L?engagement et l?organisation de l?enquête ................................................................................................... 8 III. Contextualisation ........................................................................................................................................ 8 III.1 La plateforme de Gravenchon ............................................................................................................................ 8 III.2 L?unité de distillation ............................................................................................................................................ 9 IV. Déroulement de l?évènement .................................................................................................................. 11 IV.1 Chronologie de l?évènement ............................................................................................................................. 11 IV.2 L?intervention des secours publics ...................................................................................................................12 V. Compte-rendu des investigations menées........................................................................................... 12 V.1 Reconnaissance de terrain ..................................................................................................................................12 V.2 Investigations complémentaires ........................................................................................................................14 V.3 Résultats des investigations ................................................................................................................................16 V.3.1 Analyses métallurgiques ................................................................................................................... 16 V.3.2 Analyse dynamique des fluides ....................................................................................................... 17 VI. Conclusions sur le scénario de l?événement ........................................................................................ 18 VI.1 Scénario .................................................................................................................................................................18 VI.2 Facteurs contributifs .......................................................................................................................................... 20 VI.2.1 Phénomène de corrosion à chaud de type sulfuration .............................................................. 20 VI.2.2 Caractérisation de l?overflash ........................................................................................................ 20 VI.2.3 Traçabilité des caractéristiques des équipements ...................................................................... 20 VII. Enseignements de sécurité ...................................................................................................................... 21 VII.1 Caractérisation de l?overflash ..........................................................................................................................21 VII.2 Suivi des installations dans le temps ..............................................................................................................21 VII.3 Vieillissement des ouvrages..............................................................................................................................21 VIII. Recommandations de sécurité à destination de l?exploitant ........................................................ 21 IX. Annexes ....................................................................................................................................................... 22 Annexe 1 Rapport technique Institut de Soudure ...................................................................................... 23 Annexe 2 Gravenchon Computational Fluid Dynamics analysis ............................................................... 24 Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 7 | 25 Rapport d?enquête Sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 I. Rappel sur l?enquête de sécurité L?enquête technique faisant l?objet du présent rapport est réalisée dans le cadre des articles L. 501-1 à L. 501-19 du Code de l?Environnement. Cette enquête a pour seul objet de prévenir de futurs accidents. Sans préjudice, le cas échéant, de l?enquête judiciaire qui peut être ouverte, elle consiste à collecter et analyser les informations utiles, à déterminer les circonstances et les causes certaines ou possibles de l?évènement, de l?accident ou de l?incident et, s?il y a lieu, à établir des recommandations de sécurité. Elle ne vise pas à déterminer des responsabilités. En conséquence, l?utilisation de ce rapport à d?autres fins que la prévention pourrait conduire à des interprétations erronées. II. Constats immédiats et engagement de l?enquête II.1 Les circonstances de l?accident Le lundi 11 mars, quelques minutes après 15 heures, alors que la raffinerie exploitée par Esso Raffinage sur la plateforme de Gravenchon fonctionne de manière nominale, un départ de feu est constaté autour de la section Naphta de l?une des unités de distillation. Les équipes opérationnelles de l?unité alertent le poste central incendie et mettent en uvre les moyens locaux de défense incendie (lances et robinet incendie armé (RIA)). À l?arrivée du responsable local des secours et des premiers moyens, il est décidé de déclencher le POI et de mettre en sécurité l?unité. Le feu sera contrôlé à 16h30 et déclaré éteint à 00h45. Le POI sera levé à 3h30. II.2 Le bilan de l?accident Sur le plan humain, 5 personnes ont été impliquées lors de l?accident. Trois personnes ont été soignées sur place, une placée en observation à l?hôpital pendant quelques heures et une pendant plus de 24 heures. La quantité de produits impliqués dans l?incendie est de l?ordre de 5 tonnes d?essence légère et de l?ordre de 70 tonnes d?hydrocarbures lourds (résidus sous vide ou résidus atmosphériques). Les eaux d?extinction contenant des émulseurs ont été isolées, et conservées pour être traitées. Leur volume a été évalué entre 10 000 et 20 000 m3. Les mesures dans l?air réalisées n?ont pas signalé d?éléments notables. Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 8 | 25 II.3 Les mesures prises après l?accident À la suite de l?incendie, les installations ont été maintenues à l?arrêt et en l?état dans l?attente des différentes investigations. Le plan d?action a tout d?abord consisté à la mise en sécurité de l?unité, et à la gestion des eaux et des déchets issus de l?incendie. Puis une évaluation précise des dégâts et dommages aux installations a été menée pour définir les travaux nécessaires à la remise en état. En parallèle, une cellule d?investigation pluridisciplinaire composée d?experts internes, de spécialistes et de directeurs d?autres sites du groupe, a été montée pour déterminer les causes directes et racines. II.4 L?engagement et l?organisation de l?enquête Au vu des circonstances et du contexte de l?accident, le directeur du bureau d?enquêtes et d?analyses sur les risques industriels (BEA-RI) a décidé le 14 mars 2024 de l?ouverture d?une enquête. Les enquêteurs techniques du BEA-RI se sont rendus sur place le 27 mars 2024. Ils ont rencontré les représentants de la société Esso Raffinage. Ils ont recueilli les témoignages des acteurs impliqués dans l?évènement et dans sa gestion. Ils ont eu, consécutivement à ces entretiens, communication des pièces, documents et résultats d?investigations nécessaires à leur enquête. III. Contextualisation III.1 La plateforme de Gravenchon La raffinerie Esso Raffinage de Port-Jérôme-sur-Seine (76) fait partie de la plateforme de Gravenchon qui regroupe des activités de raffinage et de pétrochimie du groupe ExxonMobil. Les activités de production du groupe ExxonMobil sont assurées en France par les sociétés Esso Raffinage qui couvre l?activité du raffinage (producteur, fournisseur et distributeur des produits du raffinage : carburant, lubrifiants, huiles, paraffine et bitume) et ExxonMobil Chemical France (EMCF) qui regroupe toute l?activité chimie (production et vente d'oléfines, d'aromatiques, de fluides, de caoutchouc synthétique, de polyéthylène, de polypropylène, de plastifiants, de bases pour les lubrifiants synthétiques, d'additifs pour les carburants, ?). Sur près de 700 hectares, la plateforme de Gravenchon regroupe une raffinerie et une usine de fabrication de lubrifiants finis exploitées par Esso Raffinage, ainsi qu?un site pétrochimique exploité par EMCF. Ces deux entités emploient 2150 collaborateurs. Les produits issus des procédés sont utilisés dans de nombreux domaines d?application : carburants routiers, maritimes ou aviation, lubrifiants, produits de base pour la fabrication d?emballages ou de conditionnements plastiques, matières premières pour l?industrie ou les équipementiers du secteur de l?automobile. Administrativement, compte tenu des procédés employés et des substances stockées, le site relève de la directive Seveso, pour le stockage de matières dangereuses (produits inflammables, toxiques, dangereux pour l?environnement ou réagissant avec l?eau) et de la directive IED relative aux émissions industrielles pour le raffinage et l?activité de fabrication de produits chimiques organiques. De par son statut Seveso seuil haut, le site dispose d?un plan d?opération interne (POI) qui s?appuie sur une organisation interne de la sécurité et un service interne d?incendie et de secours. Cette organisation Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 9 | 25 vaut pour les deux entités qui exploitent les installations. En outre, la plateforme figure depuis l?arrêté du 6 janvier 2022 sur la liste des plateformes industrielles reconnues au niveau national. Pour les situations présentant un danger grave à l?extérieur de l?emprise foncière de l?établissement, le Préfet du département dispose du Plan Particulier d?Intervention (PPI) de la zone industrielle de Port- Jérôme qui a été approuvé le 12 novembre 2020. III.2 L?unité de distillation Les raffineries disposent d?unités de distillation. Une unité de distillation a pour fonction de fractionner le pétrole brut en différentes coupes pétrolières répondant à des spécifications précises. Figure n°1 : schéma de principe de la distillation atmosphérique du pétrole brut (crédit OSHA) Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 10 | 25 Figure n°2 : schéma de principe de la distillation sous vide (crédit OSHA) Sur la plateforme de Gravenchon, l?unité au sein de laquelle l?incendie s?est déclaré le 11 mars 2024 regroupe les unités de distillation atmosphérique et sous vide de pétrole brut et les unités de séparation- désulfuration des essences, gazoles et kérosènes qui sont implantées sur le site de la raffinerie au sud du bloc 17 et au centre du site. Les installations des unités du bloc 17 distillent des bruts d?origines diverses. Le produit en provenance des bacs de stockage y est préchauffé, traité, et partiellement vaporisé dans un four avant de subir un fractionnement atmosphérique. Le brut réduit issu du fond de la tour atmosphérique est ensuite distillé sous vide. L?abaissement de pression permet d?obtenir la vaporisation à des températures inférieures à 410°C d?une gamme de produits normalement liquides à cette température et à pression atmosphérique, ce qui évite la dégradation thermique de ces produits. En fond de la tour sous vide plusieurs produits intermédiaires sont redirigés vers d?autres tours qui refractionnent les produits les plus lourds. Dans le voisinage immédiat des unités du bloc 17 on compte également les unités qui servent à la séparation des essences des Gaz de Pétrole Liquéfiés (GPL) et à la désulfuration de l?essence légère en vue de son utilisation dans les unités en aval. Ces unités ont également été impliquées dans la séquence accidentelle par effet domino. Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 11 | 25 IV. Déroulement de l?évènement IV.1 Chronologie de l?évènement Le 11 mars 2024 à 15h l'unité de distillation DIST2 est en opération, la situation est stable. Un feu est détecté autour de la section Naphta. Le poste central incendie est prévenu. À 15h08 (premier schéma ci-contre), la fuite est identifiée à distance, au niveau d'une vanne de contrôle de la section. Le chef opérateur arrête alors les pompes Naphta et essences légères puis ferme les vannes de contrôle au refoulement. 10 minutes plus tard, la vanne de sécurité de fond du ballon en amont des pompes est fermée également. À 15h15, les opérateurs observent une fuite de produit noir suggérant la présence d'une fuite sur le circuit d'overflash2 de la distillation sous vide. La pompe d'overflash est alors arrêtée également. Le POI est activé à 15h22. À 15h27 (deuxième schéma ci-contre), le feu se développant toujours, la décision est prise de bipasser la distillation sous vide. Mais le feu s'intensifie alors fortement dès que le circuit de fond est alimenté en résidu atmosphérique (RAT), à une pression de 24 bars (alors que l?Overflash et le résidu sous vide (RSV) étaient opérés à une pression de 5 bars). Le chef opérateur décide alors d'arrêter l'intégralité de l'unité de distillation de brut et les hydrotraitements associés. Un second incendie survient brutalement à 15h43, suite à la rupture d'une ligne d'essence exposée au feu à 6 mètres de hauteur. Le feu est contrôlé à 16h30 et éteint à 00h45. Le POI est levé à 3h30. 2 L?overflash est dans une colonne de distillation le surplus de liquide entrainé par les fractions légères depuis la zone de flash. Il est reflué sur les plateaux au-dessus de la zone de flash pour ramener les fractions lourdes au fond de la colonne. L?overflash maintient les contaminants hors des produits légers. Figure n°3 : coupure des vannes (crédit ExxonMobil) Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 12 | 25 IV.2 L?intervention des secours publics En application de la réglementation applicable aux sites de stockage de liquides inflammables3, l'exploitant a choisi d?être autonome en matière de lutte contre l?incendie. Cela signifie que l?exploitant s?est doté de moyens de lutte contre l?incendie suffisants pour faire face à une liste de scénarios d?accidents préétablis par la réglementation et l?étude de dangers de l?installation. Les services d?incendie et de secours publics demeurent mobilisables pour les accidents les plus importants et notamment ceux qui ont été retenus pour élaborer le PPI. Pour les autres, l?exploitant doit se doter des moyens suffisants pour y faire face seul. Pour rendre opérationnelle cette stratégie, l'industriel s?appuie, entre autres, sur un service de secours interne basé au Poste de commandement Incendie (PCI) implanté sur le site. Une équipe de 24 sapeurs-pompiers d?usine dispose de 4 fourgons-pompes mousse et de 4 camions- citernes émulseur. Ces moyens généraux s?ajoutent aux installations fixes présentes au sein de chaque unité (réseau d?hydrants) et aux équipiers de seconde intervention que chaque unité met à disposition en cas d?incendie. Les opérations de secours se font sous la direction d?une organisation bien définie qui fait intervenir les fonctions de chef d?unité, de superintendant et de directeur de la raffinerie en fonction de l?ampleur de l?évènement et du niveau de plan mis en uvre (POI, PPI). L?intervention a été essentiellement conduite par les services d?incendie et de secours internes de l?industriel. Dans le cadre des procédures en place, dès l?activation du POI, les services de secours publics ainsi que l?inspection des installations classées ont été informés de cette activation. V. Compte-rendu des investigations menées V.1 Reconnaissance de terrain Les enquêteurs techniques du BEA-RI se sont rendus sur site le 27 mars 2024, après avoir échangé la veille avec l'inspection des installations classées de la DREAL Normandie. La visite de terrain a permis de visualiser les installations impliquées dans la séquence accidentelle et de comprendre le fonctionnement de ces dernières. Deux points de fuites ayant alimenté l'incendie ont été identifiés : un premier sur le circuit d'overflash de la distillation sous vide et un secondaire sur une ligne de naphta à 6 mètres de hauteur, résultant d?une exposition prolongée au feu. 3 Arrêté du 3 octobre 2010 relatif au stockage en réservoirs aériens manufacturés exploités au sein d'une installation classée soumise à autorisation au titre de l'une ou plusieurs des rubriques 1436, 4330, 4331, 4722, 4734, 4742, 4743, 4744, 4746, 4747 ou 4748, ou pour le pétrole brut au titre de l'une ou plusieurs des rubriques 4510 ou 4511 de la législation des installations classées pour la protection de l'environnement. Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 13 | 25 Figure n°4 : point de rupture au niveau de la ligne d?overflash, la ligne d?overflash est en inox, seul le tronçon visible sur la photo était en 5%Cr (crédit ExxonMobil) Figure n°5 : point de rupture au niveau de la ligne de naphta (crédit ExxonMobil) La visite a également permis de prendre connaissance de l?organisation mise en place par l'exploitant pour évaluer l'impact de l'incendie sur les installations, en déterminer les causes et mettre en uvre un plan d'action issu du retour d'expérience. Les enquêteurs ont également pu échanger avec l'exploitant sur le déroulement de l'intervention et sur les éventuelles difficultés rencontrées. Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 14 | 25 V.2 Investigations complémentaires De nombreuses investigations ont été réalisées par l'exploitant sur la ligne d'Overflash de sa propre initiative et/ou à la demande du BEA-RI pour déterminer les causes de l'événement, on évoquera notamment : ? Des analyses permettant de déterminer les caractéristiques chimiques du tube à l'origine de la fuite enflammée ; ? Des analyses permettant de déterminer les épaisseurs résiduelles du tube à l'origine de l'événement ; ? Des recherches documentaires sur les données relatives à la conception de l'installation ; ? Une analyse de dynamique des fluides pour évaluer l'impact de la géométrie des tubes et des différents flux à proximité du point de fuite. En complément, une expertise métallurgique dont le contenu a fait l?objet d?une concertation avec le BEA-RI a été commandée par l?exploitant à l'Institut de Soudure. Elle a consisté à réaliser : ? Un examen visuel externe du tube ; ? Des relevés dimensionnels ; ? Des mesures d'épaisseur par ultrasons ; ? Un scan 3D ? numérisation laser du tube ; ? Un examen visuel interne ; ? Un examen métallographique ; ? Des mesures de dureté ; ? Des analyses chimiques ; ? Des microanalyses en zone fondue de la soudure ; ? Des essais mécaniques en métal de base du tube4 ; ? Un examen fractographique de la déchirure ; ? Des microanalyses du dépôt et de la couche interne de produits de corrosion ; ? Et une analyse du dépôt interne prélevé dans le tube. 4 Zone non affectée par les soudures Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 15 | 25 Figure n°6 : vue d?ensemble du tronçon de tuyauterie côté déchirure ? repérage des soudures et relevé des diamètres extérieurs en millimètres (crédit Institut de Soudure) Figure n°7 : vue d?ensemble du tronçon de tuyauterie côté opposé à la déchirure (crédit Institut de Soudure) Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 16 | 25 Figure n°8 : vue du tronçon de tuyauterie ayant fait l?objet des expertises (crédit Institut de Soudure) V.3 Résultats des investigations V.3.1 Analyses métallurgiques Le rapport technique de l'Institut de Soudure détaillant les résultats des analyses réalisées figure en annexe 1 de ce rapport. Il émet les conclusions suivantes. Le tube de diamètre 8 pouces n'a pas subi de déformation plastique d'ensemble (gonflement) avant sa rupture. Les relevés d'épaisseur montrent des pertes d'épaisseur importantes par l'intérieur. Les épaisseurs résiduelles de paroi à ce niveau vont d'un minimum de 1,26 mm à un maximum de 5,87 mm, pour une épaisseur nominale annoncée de 10,31 mm. La cartographie réalisée par ultrasons confirme ces mesures et met en évidence une diminution d'épaisseur généralisée quasiment sur l'ensemble du tube en 8 pouces avec une épaisseur résiduelle moyenne estimée à 2 mm. On note que le phénomène de perte d'épaisseur est moins important à proximité des soudures S32 et S35 ainsi qu'autour de la semelle de renfort du support. Les microstructures observées sur les différentes coupes ne montrent pas de signe d'évolution ou de dégradation du matériau en service, ni même d'indice de transformation métallurgique notable liée à l'exposition en température lors de l'incendie. Les microanalyses réalisées sur la coupe métallographique en zone fondue de la soudure entre le tube 8 pouces et le té montrent que la composition du métal fondu de la soudure est conforme à l'attendu. La composition chimique du matériau du tube et les caractéristiques mécaniques déterminées lors de l'essai de traction en métal de base satisfont aux exigences du standard pour la nuance annoncée. Les valeurs d'énergie de rupture obtenues lors de l'essai de résilience ne mettent pas en évidence une quelconque fragilité du matériau. Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 17 | 25 L'amincissement généralisé de la paroi du tube par l'intérieur et la présence de dépôts internes riches en soufre constatés apparaissent caractéristiques d'un endommagement par corrosion à chaud de type sulfuration provoqué par le fluide véhiculé contenant des produits soufrés. Par rapport au phénomène d?endommagement identifié et responsable de l'amincissement de la paroi, les épaisseurs résiduelles plus importantes constatées au voisinage des soudures sont liées à la meilleure résistance des cordons de soudure à la sulfuration (vraisemblablement car l'acier fondu a une teneur en chrome plus importante que celle du métal de base), celles-ci ont eu un effet protecteur sur le métal de base environnant sans doute par rapport à l'action de l'écoulement du fluide (les cordons étant proéminents par rapport aux surfaces environnantes. Concernant l'amincissement moindre de la paroi du tube au droit de la semelle support, il s'agit là probablement d'un effet thermique. La paroi du tube est alors à une température moindre du fait du tube support dépassant du calorifuge qui évacue des calories. La vitesse de sulfuration à chaud dépendant de la température, cela peut-être une cause de la perte d'épaisseur plus faible à ce niveau. En conclusion, la rupture de la ligne d'overflash constituée d'acier en 5%Cr résulte d'un amincissement de paroi progressif en service dû à un phénomène de corrosion interne de type sulfuration à chaud par réaction des composés soufrés du fluide process avec le métal du tube, mode d'endommagement bien identifié dans les installations de raffinage. Le tube a subi des pertes d'épaisseur très importantes : vraisemblablement 9,8 mm sur une période de 11 ans, ce qui pourrait correspondre à une vitesse de corrosion de 0,89 mm/an. V.3.2 Analyse dynamique des fluides Une analyse de dynamique des fluides a été réalisée par ExxonMobil à la demande du BEA-RI. Les résultats de cette analyse figurent en annexe 2 de ce rapport. L?objectif était d?évaluer l?impact potentiel de plusieurs facteurs sur le phénomène de corrosion subit par l?ouvrage : ? La géométrie du Té ; ? La différence de vitesse entre les deux produits arrivant au niveau du Té, l?overflash et le résidu sous vide ; ? La différence de température entre les deux produits. L?hypothèse est faite que les deux produits sont en phase liquide. La section étudiée a les caractéristiques suivantes : Figure n°9 : schématisation du tronçon de tuyauterie ayant fait l?objet de l?analyse (ExxonMobil) Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 18 | 25 L?analyse réalisée statue sur les points suivants : ? On n?observe pas de corrélation claire entre la différence de vitesse de chacun des deux fluides et les dommages observés ; ? La majorité des particules ont un temps de présence dans la zone corrodée inférieur à 5 secondes. Elle ne permet donc pas de conclure sur l?impact de la géométrie de l?assemblage (augmentation de diamètre) ni sur celui de la différence de débit entre l?arrivée d?overflash et l?arrivée de résidu sous vide. Par contre, la simulation montre que le profil de température ressenti en surface interne de la tuyauterie ne correspond pas à un profil engendrant une corrosion de type "mix point5". Figure n°10 : représentation de la température dans le tube (CFD analysis ExxonMobil) VI. Conclusions sur le scénario de l?événement VI.1 Scénario Historiquement la ligne d?Overflash était en acier à 5%Cr. Il avait toutefois été observé qu?elle avait une vitesse de corrosion (0,35 mm/an) plus importante que prévu (0,17 mm/an) et c?est le mécanisme de corrosion qui avait motivé son remplacement, pour l?essentiel en acier inoxydable 316L, entre 2005 et 2009. Le raccordement de la ligne d'Overflash à celle de résidu sous vide est réalisé en 2013 dans le cadre du projet Epiphany relatif à l'optimisation des raffineries Esso & Mobil. Le raccordement de l?overflash a été réalisé en acier inoxydable 316L. Seul le tronçon réducteur excentré jusqu?au Té (environ 80cm) a été réalisé en acier 5%Cr. 5 Une corrosion de type "mix point" est une corrosion par point de mélange Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 19 | 25 Ce raccordement est intégré à l?issu du projet dans le circuit de résidu sous vide lors de l?élaboration de la stratégie d?équipement6. Cette intégration a été, de ce fait, prise en compte pour le développement du plan d?inspection. L?overflash et le résidu sous vide sont considérés comme très semblables en composition, pression et température. Pourtant, des différences existent, l?overflash est plus chaud et il n?est pas strippé7, les débits sont également différents. Mais le taux de corrosion propre à la tuyauterie historique d?overflash permettait de justifier tout de même d?une durée de vie estimée supérieure à 20 ans. Le Plan d?Inspection ne prévoyait pas de mesure d?épaisseur avant l?apparition de la fuite en 2024, étant donné la circuitisation et le taux de corrosion appliqué dans la stratégie. Une mesure a toutefois été faite à proximité, mais sur un piquage et peu de temps après la construction de l?ouvrage (2015), elle n?a donc pas permis d?apporter d?information sur l?évolution de la corrosion dans cette zone. En 2016, suite aux résultats des campagnes de mesures menées sur d?autres ouvrages, une attention particulière est portée sur les zones d?aspiration des pompes, les recirculations pompes et les coudes. Mais le circuit en résidu sous vide auquel était rattaché le tronçon de tuyauterie en acier 5%Cr véhiculant de l?overflash, n?a pas été contrôlé car la dégradation crainte n?était pas observée aux refoulements des pompes. De plus, il sera ensuite considéré que l?ensemble du circuit d?overflash a été upgradé en acier inoxydable 316L. Entre 2013 et 2024, le tube subit un amincissement de paroi progressif en service dû à un phénomène de corrosion interne de type sulfuration à chaud par réaction des composés soufrés du fluide process avec le métal du tube. On peut estimer les pertes d'épaisseur à 9,8 mm sur une période de 11 ans, ce qui pourrait correspondre à une vitesse de corrosion de 0,89 mm/an. Cela représente une vitesse de corrosion très rapide et très largement supérieure à celle théoriquement prévue pour ce tube (0,17 mm/an). Le 11 mars 2024, au moment de l?événement, il est vraisemblable que l?épaisseur du tube à certains endroits était de moins d?1 mm. Des opérations de nettoyage à proximité ont pu déclencher la fuite initiale (choc thermique par exemple), puis une surpression ponctuelle, a suffi à provoquer l?ouverture du tube, et à générer un incendie qui a lui-même conduit à la rupture d?un deuxième tronçon de tuyauterie exposé au flux thermique. Les simulations réalisées sur l?écoulement des fluides infirment l?hypothèse d?une corrosion accélérée par point de mélange. La géométrie du tronçon incriminé a potentiellement pu être un facteur accélérateur de la corrosion même si les simulations d?écoulement des fluides ne permettent pas de conclure sur son impact. La température plus importante de l?overflash aurait par contre pu être un facteur contributif de la vitesse de corrosion très rapide. Il est difficile de caractériser les flux de fond de tour en matière de H2S dissous, et donc de se positionner sur son impact sur la dégradation survenue. Enfin, la seconde rupture est la conséquence logique de l'exposition d'une tuyauterie de transport d'essence soumise aux effets du premier incendie. Son occurrence et son ampleur n'ont donc pas appelé d'investigation complémentaire. 6 Pour Esso Raffinage la stratégie d?équipement se définit de la manière suivante : "Combinaison la plus rentable de taches d?opération, d?inspection et de maintenance nécessaires pour atteindre les objectifs de performance attendus de l?unité et de l?équipement avec un niveau de risque acceptable". 7 Le terme de strippage fait référence à un procédé de séparation dans lequel un composant volatil est retiré d?un liquide par un gaz de balayage. Le procédé est utilisé dans les raffineries pour éliminer les composés légers indésirables ou pour purifier les produits intermédiaires ou finaux. Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 20 | 25 VI.2 Facteurs contributifs Les facteurs contributifs sont des éléments qui, sans être déterminant, ont pu jouer un rôle dans la survenance, l?atténuation ou l?aggravation de l?événement. VI.2.1 Phénomène de corrosion à chaud de type sulfuration Le phénomène de sulfuration à chaud en présence d?H2S dissous est un phénomène à considérer à partir d?une température de service de 260°C (l?overflash était véhiculé à une température de 389°C), sa cinétique est difficile à prédire mais dépend notamment des facteurs suivants : ? La résistance des aciers augmente avec la teneur en chrome car le chrome participe à l?élaboration des produits de corrosion qui forment des couches protectrices en surface du matériau (couches constituées de sulfure de fer et de chrome) ; ? La vitesse de corrosion augmente avec la température ; ? La concentration totale en soufre dans le fluide et la nature des composés organiques soufrés joue un rôle car tous les composés n?ont pas la même activité corrosive sur l?acier. Cela constitue un facteur d?incertitude important sur la prévision de la vitesse de corrosion, notamment quand, comme dans le cas de l?overflash, il n?est pas possible de suivre précisément les caractéristiques du produit ; ? De la présence d?acides organiques dans le fluide (acides naphténiques que l?on peut retrouver dans l?overflash), qui ont tendance à dissoudre la couche de sulfure de fer et à accélérer la vitesse de corrosion ; ? Des caractéristiques du fluide dont dépendent les contraintes de cisaillement exercées sur les couches protectrices de produits de corrosion au contact du fluide. VI.2.2 Caractérisation de l?overflash L?overflash est un produit difficile à caractériser car difficilement prélevable compte-tenu de sa localisation dans le process. Non échantillonnable, il n?est donc pas possible d?évaluer une évolution de sa composition dans le temps. Pourtant sa sensibilité était identifiée par l?exploitant : le produit est véhiculé à une température importante et il n?est pas strippé. De même un taux de corrosion important avait été constaté sur l?ancienne ligne d?overflash. Pourtant dans la circuitisation, le tronçon de tuyauterie en overflash a été catégorisé en résidu sous vide et par suite suivi comme tel par la stratégie d?équipement. VI.2.3 Traçabilité des caractéristiques des équipements Au moment du raccordement de la ligne d?overflash en 2013, le tronçon réducteur excentré jusqu?au Té, où a eu lieu la fuite, a été réalisé en acier 5%Cr alors que le reste du circuit overflash était en acier inoxydable 316L. Ce tronçon a été regroupé au même moment avec le circuit de résidu sous vide (de même nuance 5%Cr) pour le développement du plan d?inspection. Puis compte-tenu de cette circuitisation, pendant la période d?exploitation du tronçon de tuyauterie, il n?a pas été prévu de mesures d?épaisseur qui auraient pu permettre de détecter une vitesse de corrosion plus rapide que celle prévue. En parallèle, les informations qu?une tuyauterie véhiculant de l?overflash et construite en acier 5%Cr était présente à cet endroit et qu?aucune modification liée à la mise en uvre d?un retour d?expérience sur l?overflash n?y avait été réalisée, n?étaient plus accessibles aisément. Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 21 | 25 VII. Enseignements de sécurité VII.1 Caractérisation de l?overflash L?overflash est un produit qui peut évoluer en fonction du process et des produits d?entrée, mais difficilement échantillonnable. Il serait toutefois intéressant de mieux connaitre ses caractéristiques, leurs évolutions possibles dans le temps et leur impact sur la vitesse de corrosion de l?acier, pour mieux caractériser les durées de vie des matériaux à son contact. VII.2 Suivi des installations dans le temps Malgré la connaissance de la sensibilité du produit, et de sa présence à cet endroit du process, le tube n?a pas été construit en acier inoxydable, et n?a pas été identifié comme à risque dans les études menées postérieurement à sa construction. Le suivi des installations et de leurs évolutions dans le temps est une opération délicate car minutieuse et nécessitant un lourd investissement en ressources humaines mais c?est un travail indispensable pour la maitrise des risques. VII.3 Vieillissement des ouvrages La connaissance théorique des vitesses de corrosion des matériaux en fonction des produits transportés a beaucoup évolué et est maintenant robuste. Toutefois, la variabilité de certains facteurs ne peut être exclue et peut remettre en cause les prévisions. Le monitoring du vieillissement des ouvrages doit rester un sujet de vigilance et de réflexion. VIII. Recommandations de sécurité à destination de l?exploitant Le BEA-RI recommande à l'exploitant de mettre en uvre jusqu?à son terme son plan d'action. À savoir : ? Remplacement de l?acier à 5%Cr du circuit d?overflash par de l?acier inoxydable ; ? Réalisation et mise en uvre d'un plan de contrôle de tous les circuits de fond de tour sous vide en acier carbone ou 5%Cr et remplacement en cas de besoin ; ? Revue des stratégies d'équipement de tous les équipements de l'usine potentiellement soumis à ce mode de dégradation ; ? Étude de la possibilité d?abaisser la température des produits de fond de tour ; ? Partage du retour d'expérience de l'événement avec les autres sites ExxonMobil. Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 22 | 25 IX. Annexes Annexe 1 Rapport technique Institut de Soudure ...................................................................................... 23 Annexe 2 Gravenchon Computational Fluid Dynamics analysis ............................................................... 24 Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 23 | 25 Annexe 1 Rapport technique Institut de Soudure ANNEXEA EXAMENVISUE LEXTERNE Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1 Annexe A @ Nom Date Signature Rédigé par M. MONTALBETTI 16/04/2024 Siège Social: ZI Paris Nord 2 ? 90 rue des Vanesses ? BP 51362 ? 95942 Roissy Charles De Gaulle Cedex Tél : + 33 (0)1 49 90 36 00 ? Fax : + 33 (0)1 49 90 36 50 ? www.isgroupe.com L?utilisation des résultats des prestations de services vendues par Institut de Soudure Groupe, conformément à ses conditions générales de vente est effectuée sous la propre responsabilité du client. 1/10@ @ EXAMEN VISUEL PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015 EN L?ETAT DE RECEPTION @ FIGURE 1 VUE D?ENSEMBLE COTE DECHIRURE REPERAGE DES SOUDURES ET RELEVE DU DIAMETRE EXTERIEUR DU TUBE (EN mm) @ FIGURE 2 VUE D?ENSEMBLE COTE OPPOSE A LA DECHIRURE sSV@ sSV@ sSR@ sSS@ sST@ c@ @ bride@ tube@ cote@ te@ piquage@SOTB@ reduction@ support@ semelle@ øRQYLVP@øRQXLRR@øRQYLUT@ øRQYLPR@øRQYLYV@øRQYLYV@ Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1 Annexe A @ Nom Date Signature Rédigé par M. MONTALBETTI 16/04/2024 Siège Social: ZI Paris Nord 2 ? 90 rue des Vanesses ? BP 51362 ? 95942 Roissy Charles De Gaulle Cedex Tél : + 33 (0)1 49 90 36 00 ? Fax : + 33 (0)1 49 90 36 50 ? www.isgroupe.com L?utilisation des résultats des prestations de services vendues par Institut de Soudure Groupe, conformément à ses conditions générales de vente est effectuée sous la propre responsabilité du client. 2/10@ @ EXAMEN VISUEL PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015 EN L?ETAT DE RECEPTION @ FIGURE 3 VUE D?ENSEMBLE COTE GENERATRICE HAUTE @ FIGURE 4 VUE D?ENSEMBLE COTE GENERATRICE BASSE ET REPERAGE DES SOUDURES sSR@ sSS@ sST@ c@ sSV@ sSU@ Q@ R@ Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1 Annexe A @ Nom Date Signature Rédigé par M. MONTALBETTI 16/04/2024 Siège Social: ZI Paris Nord 2 ? 90 rue des Vanesses ? BP 51362 ? 95942 Roissy Charles De Gaulle Cedex Tél : + 33 (0)1 49 90 36 00 ? Fax : + 33 (0)1 49 90 36 50 ? www.isgroupe.com L?utilisation des résultats des prestations de services vendues par Institut de Soudure Groupe, conformément à ses conditions générales de vente est effectuée sous la propre responsabilité du client. 3/10@ @ EXAMEN VISUEL PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015 EN L?ETAT DE RECEPTION @ FIGURE 5 DETAIL 1 DE LA FIGURE 3 COTE GENERATRICE HAUTE @ FIGURE 6 DETAIL 2 DE LA FIGURE 3 COTE GENERATRICE HAUTE sSU@ sST@ reduction@ bride@ cote@ te@ tube@ tube@ Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1 Annexe A @ Nom Date Signature Rédigé par M. MONTALBETTI 16/04/2024 Siège Social: ZI Paris Nord 2 ? 90 rue des Vanesses ? BP 51362 ? 95942 Roissy Charles De Gaulle Cedex Tél : + 33 (0)1 49 90 36 00 ? Fax : + 33 (0)1 49 90 36 50 ? www.isgroupe.com L?utilisation des résultats des prestations de services vendues par Institut de Soudure Groupe, conformément à ses conditions générales de vente est effectuée sous la propre responsabilité du client. 4/10@ @ EXAMEN VISUEL PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015 EN L?ETAT DE RECEPTION @ FIGURE 7 VUE COTE GENERATRICE HAUTE @ FIGURE 8 AUTRE VUE COTE GENERATRICE HAUTE piquage@SOTB@ tube@ tube@ reduction@ support@ dechirure@sST@ sSV@ Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1 Annexe A @ Nom Date Signature Rédigé par M. MONTALBETTI 16/04/2024 Siège Social: ZI Paris Nord 2 ? 90 rue des Vanesses ? BP 51362 ? 95942 Roissy Charles De Gaulle Cedex Tél : + 33 (0)1 49 90 36 00 ? Fax : + 33 (0)1 49 90 36 50 ? www.isgroupe.com L?utilisation des résultats des prestations de services vendues par Institut de Soudure Groupe, conformément à ses conditions générales de vente est effectuée sous la propre responsabilité du client. 5/10@ @ EXAMEN VISUEL PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015 EN L?ETAT DE RECEPTION @ FIGURE 9 VUE D?ENSEMBLE COTE BRIDE @ FIGURE 10 VUE INTERNE COTE SOUDURE TUBE / TE ET RELEVE DE L?EPAISSEUR DU TUBE (EN mm) ULXW@ TLWV@ SLWT@ RLUT@ QLWT@ QLRV@ QLXS@ TLVP@ dechirure@ reduction@ tube@ piquage@SOTB@ Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1 Annexe A @ Nom Date Signature Rédigé par M. MONTALBETTI 16/04/2024 Siège Social: ZI Paris Nord 2 ? 90 rue des Vanesses ? BP 51362 ? 95942 Roissy Charles De Gaulle Cedex Tél : + 33 (0)1 49 90 36 00 ? Fax : + 33 (0)1 49 90 36 50 ? www.isgroupe.com L?utilisation des résultats des prestations de services vendues par Institut de Soudure Groupe, conformément à ses conditions générales de vente est effectuée sous la propre responsabilité du client. 6/10@ @ EXAMEN VISUEL PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015 EN L?ETAT DE RECEPTION @ FIGURE 11 DETAIL DE LA SURFACE INTERNE VUE COTE TE @ FIGURE 12 DETAIL 1 DE LA FIGURE 1 VUE D?ENSEMBLE DE LA DECHIRURE ET RELEVE DE L?EPAISSEUR DES BORDS ROMPUS (EN mm) PLUV@ PLXX@ PLWY@ PLWT@ PLVT@ QLPT@ PLUX@ PLXU@ PLVR@ PLWS@ PLUS@ PLVQ@ PLWP@ PLXT@ PLYU@ PLYS@ PLXS@ QLPQ@ QLPU@ reduction@ tube@ dechirure@ dechirure@ Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1 Annexe A @ Nom Date Signature Rédigé par M. MONTALBETTI 16/04/2024 Siège Social: ZI Paris Nord 2 ? 90 rue des Vanesses ? BP 51362 ? 95942 Roissy Charles De Gaulle Cedex Tél : + 33 (0)1 49 90 36 00 ? Fax : + 33 (0)1 49 90 36 50 ? www.isgroupe.com L?utilisation des résultats des prestations de services vendues par Institut de Soudure Groupe, conformément à ses conditions générales de vente est effectuée sous la propre responsabilité du client. 7/10@ @ EXAMEN VISUEL PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015 EN L?ETAT DE RECEPTION @ @ @ FIGURE 13 FIGURE 14 DETAIL DE LA FIGURE 1 DETAIL DE LA FIGURE 10 VUE EXTERNE DU PIQUAGE 3/4" VUE INTERNE DU PIQUAGE 3/4" sSS@ sST@ tube@ tube@ piquage@SOTB@ piquage@SOTB@ weldolet@ Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1 Annexe A @ Nom Date Signature Rédigé par M. MONTALBETTI 16/04/2024 Siège Social: ZI Paris Nord 2 ? 90 rue des Vanesses ? BP 51362 ? 95942 Roissy Charles De Gaulle Cedex Tél : + 33 (0)1 49 90 36 00 ? Fax : + 33 (0)1 49 90 36 50 ? www.isgroupe.com L?utilisation des résultats des prestations de services vendues par Institut de Soudure Groupe, conformément à ses conditions générales de vente est effectuée sous la propre responsabilité du client. 8/10@ @ EXAMEN VISUEL PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015 RELEVE DES MARQUAGES DE LA BRIDE @ FIGURE 15 VUE D?ENSEMBLE DES MARQUAGES @ FIGURE 16 DETAIL 1 DE LA FIGURE 15 @ FIGURE 17 DETAIL 2 DE LA FIGURE 15 Q@ R@ sSV@ bride@ reduction@ Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1 Annexe A @ Nom Date Signature Rédigé par M. MONTALBETTI 16/04/2024 Siège Social: ZI Paris Nord 2 ? 90 rue des Vanesses ? BP 51362 ? 95942 Roissy Charles De Gaulle Cedex Tél : + 33 (0)1 49 90 36 00 ? Fax : + 33 (0)1 49 90 36 50 ? www.isgroupe.com L?utilisation des résultats des prestations de services vendues par Institut de Soudure Groupe, conformément à ses conditions générales de vente est effectuée sous la propre responsabilité du client. 9/10@ @ EXAMEN VISUEL PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015 RELEVE DES MARQUAGES DE LA REDUCTION ET DU TUBE FIGURE 18 MARQUAGE DE LA REDUCTION FIGURE 19 MARQUAGE DU TUBE sSU@ tube@ reduction@ Affaire n°: AFE-24-ISI21168 Rapport n°: 0102-7COE9K-V1 / 0102-7COE6N-V1 Annexe A @ Nom Date Signature Rédigé par M. MONTALBETTI 16/04/2024 Siège Social: ZI Paris Nord 2 ? 90 rue des Vanesses ? BP 51362 ? 95942 Roissy Charles De Gaulle Cedex Tél : + 33 (0)1 49 90 36 00 ? Fax : + 33 (0)1 49 90 36 50 ? www.isgroupe.com L?utilisation des résultats des prestations de services vendues par Institut de Soudure Groupe, conformément à ses conditions générales de vente est effectuée sous la propre responsabilité du client. 10/10@ @ EXAMEN VISUEL PRELEVEMENT DE LIGNE 8" PJR-L-VPS018BC015 FIGURE 20 VUE D?ENSEMBLE APRES NETTOYAGE DE LA SURFACE EXTERNE FIGURE 21 FIGURE 22 DETAIL 1 DE LA FIGURE 20 DETAIL 2 DE LA FIGURE 20 COTE REDUCTION AU NIVEAU DE LA DECHIRURE@ Q@ R@ ANNEXE B CARTOGRAPHIES D'EPAISSEUR PAR METHODES ULTRASONORES ANNEXE C SCAN 3D ANNEXE EXAMENV ANNEXE EXAMEN ANNEXE ANNEXE ANNEXE ANNEXE E ANNEXE EXAMEN ANNEXE ANNEXE Rapport d?enquête sur l?incendie survenu au sein de la raffinerie exploitée par Esso Raffinage à Port-Jérôme-sur-Seine (76) le 11 mars 2024 N° MTE-BEARI-2024-06 P a g e 24 | 25 Annexe 2 Gravenchon Computational Fluid Dynamics analysis Gravenchon Computational Fluid Dynamics analysis June 25th 2024, ? This PowerPoint summarize the results of the CFD analysis performed on the failed piping section of the VPS tower. ? The objective of the CFD analysis is to explain the increased corrosion rate observed in the failed pipe with a single phase flow analysis. ? The streams are described below Objective 2 ? The following assumptions and technical information were included in this analysis ? There is no steam in the fluids ? The general metal loss observed in the failed section does not suggest a dual phase flow in that pipe section ? The CFD model will be designed to simulate the failed section ( before and after). There is no other simulation to take place elsewhere in the system. Assumptions / Technical Information 3 ? The current analysis done does not demonstrate significant correlation between the velocity as well as the shear stress with the damaged observed. ? The majority of particles have a residence time of 5 seconds and less, and therefore the residence time was not a factor in the observed general metal loss in this section. ? The simulation demonstrate that the temperature profile of the overflash is higher than the residue. Current theories suggest that the corrosion rate increases with temperature. The measurement shows a generalized loss of thickness in the overflash pipe section. Conclusions 4 Front View Top View Mid Plane Mid Plane Front View (mid-plane) Top View (1? below mid-plane) Top View (1? above mid-plane) Fluid Velocity Front View (mid-plane) Top View (mid-plane) Fluid Velocity Front View (mid-plane) Fluid Velocity Front View (mid-plane) Top View (1? below mid-plane) Top View (1? above mid-plane) Temperature Front View (Pipe Surface) Back View (Pipe Surface) Temperature Front View (Pipe Surface) Back View (Pipe Surface) Fluid Shear Stress Volume Fraction of VacRes Fluid A B C A D E 13 A B C Volume Fraction of VacRes Fluid 14 D E Volume Fraction of VacRes Fluid OVF 1000 points) Row Labels Count of Number of Particles 0 - 5 sec 862 5 - 10 sec 84 10 - 30 sec 41 30 - 60 sec 11 60 - 90 sec 2 Grand Total 1000 P a g e 25 | 25 Bureau d?enquêtes et d?Analyses sur les Risques Industriels MTECT / IGEDD / BEA-RI Tour Séquoïa 92055 La Défense Cedex +33 1 40 81 21 22 bea-ri.igedd@developpement-durable.gouv.fr https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/bea-ri-r549.html

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