Revue des politiques du ministère au regard des objectifs de développement durable (Agenda 2030)
AUBERT, Marie-Hélène ;BESSE, Geneviève ;BELLEC, Philippe
Auteur moral
France. Conseil général de l'environnement et du développement durable
Auteur secondaire
Résumé
<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal; font-weight: normal; text-decoration: none; text-align: justify;"><span style="font-size:12px;"><font color="#000000"><font face="Liberation Sans, sans-serif"><font style="font-size: 10pt">Le 25 septembre 2015, l'Assemblée générale des Nations Unies adoptait une résolution définissant le cadre de l'Agenda 2030, composé de 17 objectifs de développement durable (ODD), assortis de 169 cibles à atteindre, et rassemblés autour de cinq « P » : peuples, planète, prospérité, paix, partenariats. Ce nouvel agenda du développement intègre les enjeux écologiques, économiques et sociaux globaux. Les 17 ODD sont universels, indivisibles et interdépendants. La France s'est investie activement dans l'élaboration de l'Agenda 2030. Le CGEDD a effectué une « Revue des politiques publiques au regard des ODD », qui a porté sur les ODD relevant du périmètre des deux ministères. Plusieurs enseignements peuvent être tirés des analyses conduites. La France figure dans le peloton de tête en matière de stratégies et plans d'action sur les aspects sectoriels du développement durable. Mais la dimension humaine et sociale est peu présente dans la façon dont les ministères appréhendent l'élaboration et la mise en oeuvre des politiques publiques. La mobilisation des territoires constitue une clé déterminante pour la prise en compte des ODD au plus près des populations, de même que l'implication des parties prenantes dans l'élaboration des politiques qui les concernent. La mission propose dix pistes d'action en termes de stratégie, de gouvernance, de politiques territoriales et de méthodologie. Une impulsion politique donnée au plus haut niveau pour une prise en compte structurelle des ODD est indispensable. Elle peut s'appuyer sur le bilan de la SNTEDD, et saisir l'opportunité des réformes en cours pour inscrire la démarche des ODD dans les processus de co-construction des politiques avec les acteurs de la société civile, et relancer les travaux de prise en compte du temps long. Un rapport annuel devrait être fait au Parlement, étayé par un tableau de bord lisible et évolutif réalisé à l'échelon national et territorial.</font></font></font></span>
Editeur
CGEDD
Descripteur Urbamet
évaluation des politiques publiques
;ministère
;politique publique
;objectif
;développement durable
;gouvernance
;qualité de l'environnement
;protection de la nature
;eau
;énergie
;changement climatique
;écosystème
;législation
Descripteur écoplanete
politique de développement durable
;stratégie nationale de développement durable
;concepts du développement durable
;ville durable
;biodiversité
Thème
Administration publique
;Environnement - Paysage
Texte intégral
MINIST?E DE LA TRANSITION ?OLOGIQUE ET SOLIDAIRE
Revue des politiques du ministerre au regard des objectifs de devveloppement durable (Agenda 2030)
Rapport n° 010982-01 ?bli par
Marie-H?ne AUBERT (coordonnatrice), Genevi? BESSE et Philippe BELLEC
D?mbre 2017
Les auteurs attestent qu'aucun des ?ments de leurs activit?pass? ou pr?ntes n'a affect?eur impartialit?ans la r?ction de ce rapport.
Sommaire
R?m?...................................................................................................................4 Liste des recommandations...................................................................................5 Introduction..............................................................................................................7 1. L'apport des ODD par rapport aux agendas internationaux ant?eurs.........8
1.1. l'origine, une volont?e convergence des agendas du d?loppement, de l'Agenda 21 ?'Agenda 2030.............................................................................................8 1.2. Principes et structuration des 17 ODD.......................................................................9 1.3. L'originalit?t la valeur ajout?des ODD.................................................................10
2. Quels enjeux pour la France ?...........................................................................11
2.1. Un enjeu de comparaison internationale, et donc d'image.......................................11 2.2. Un enjeu s?ntique interne ?a France : transition ou d?loppement durable ?. 12 2.3. Un enjeu de mise en coh?nce des politiques publiques, ce qui implique un niveau de gouvernance adapt?.................................................................................................13 2.4. Un enjeu de justice sociale, selon un mod? de soutenabilit?orte.........................14 2.5. Un enjeu de politiques territoriales, au plus pr?des citoyens.................................14
3. Une d?rche encore jeune, un travail d'organisation et d'?luation en cours de structuration, une appropriation des ODD par la France encore limit?.......................................................................................................................16 4. Comment ?luer la situation de la France et analyser ses ?rts par rapport aux objectifs et leurs cibles ?'horizon 2030 ?......................................19
4.1. Comment renseigner, d?iner et compl?r les indicateurs retenus par l'ONU de fa? fiable et lisible ?.....................................................................................................19 4.1.1. Un important travail statistique et m?odologique reste encore ?ener......19 4.1.2. Le n?ssaire suivi des tendances et trajectoires ?oyen terme.................26 4.1.3. L'int?t du parangonnage (ONU, OCDE, UE), stimulant mais ?anier avec pr?ution................................................................................................................ 27 4.2. Comment identifier et traiter les interactions entre les ODD et leurs cibles, leur transversalit?t leur indivisibilit?..................................................................................29 4.2.1. Esquisse de m?ode....................................................................................30 4.2.2. Quels outils syst?ques ?isposition pour analyser la durabilit?..............32 4.2.3. La gestion int??des piliers du d?loppement durable demeure un d? en France et en Europe................................................................................................33
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5. Les ODD relevant du MTES et du MCT : synth?s des analyses et tendances.................................................................................................................35
5.1. ODD 6 : Garantir l'acc?de tous ?es services d'alimentation en eau et d'assainissement g?s de fa? durable.......................................................................35 5.1.1. Des objectifs plus ambitieux pour l'eau que dans les OMD............................35 5.1.2. Un objectif assez complet dans ses attendus................................................35 5.1.3. Trajectoire de la France : les bons r?ltats obtenus ne doivent pas masquer des situations h?rog?s, voire contrast?.........................................................36 5.1.4. Perspectives et recommandations.................................................................37 5.2. ODD 7 : Garantir l'acc?de tous ?es services ?rg?ques fiables, durables et modernes ?n co?bordable........................................................................................38 5.2.1. L'?rgie, enjeu majeur du d?loppement durable.......................................38 5.2.2. Une structuration de l'ODD 7 minimale..........................................................38 5.2.3. Trajectoire de la France : des retards d? bien identifi?.............................38 5.2.4. Perspectives et recommandations.................................................................39 5.3. ODD 11 : Faire en sorte que les villes et ?blissements humains soient ouverts ?ous, s? r?lients et durables......................................................................................40 5.3.1. L'agenda 2030 donne un r?majeur aux villes et aux ?blissements humains................................................................................................................... 40 5.3.2. Un objectif transversal et strat?que qui marque « la reconnaissance que les villes font le lien avec tous les objectifs ».................................................................40 5.3.3. Trajectoire de la France : des difficult?d'acc?persistantes pour les plus d?nis................................................................................................................... 41 5.3.4. Perspectives et recommandations ................................................................41 5.4. ODD 12 : ?ablir des modes de consommation et de production durables...............42 5.4.1. Un ODD tr?transversal, qui renvoie ?a transition vers une ?nomie verte ................................................................................................................................. 42 5.4.2. Les cibles tracent des chemins de transition vers une gestion efficace des ressources, en impliquant tous les acteurs..............................................................43 5.4.3. Trajectoire de la France : des r?ltats contrast?........................................43 5.4.4. Perspectives et recommandations.................................................................44 5.5. ODD 13 : Prendre d'urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs r?rcussions...................................................................................45 5.5.1. La lutte contre les changements climatiques fait d?rmais partie int?ante de l'Agenda 2030 ....................................................................................................45 5.5.2. Les cibles de cet ODD sont en nombre limit?..............................................45 5.5.3. Trajectoire de la France : des manques malgr?n niveau d'exigence relativement peu ?v?our la France.....................................................................47 5.5.4. Perspectives et recommandations.................................................................47 5.6. ODD 14 : Conserver et exploiter de mani? durable les oc?s, les mers et les ressources marines aux fins du d?loppement durable.................................................49 5.6.1. Une int?ation r?nte des oc?s dans le calendrier international.............49
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5.6.2. Un manque de donn? fiables sur bon nombre de cibles, qui d?ssent le cadre national.......................................................................................................... 49 5.6.3. Trajectoire de la France : des objectifs largement remplis formellement........49 5.6.4. Perspectives et recommandations.................................................................50 5.7. ODD 15 : Pr?rver et restaurer les ?syst?s terrestres ..................................50 5.7.1. L'ODD 15 prend sa source dans le septi? Objectif du Mill?ire, «Pr?rver l'environnement»...................................................................................51 5.7.2. Un ODD cal?ur les engagements d'Aichi....................................................51 5.7.3. La trajectoire n'est pas assur?pour toutes les cibles, mais trois chantiers ont ? lanc?......................................................................................................... 52 5.7.4. Perspectives et recommandations.................................................................53 5.8. Quels enseignements tirer de ces analyses ?..........................................................53
6. Dix pistes d'actions pour construire l'Agenda 2030 de la France................58 Conclusion..............................................................................................................60 Annexes..................................................................................................................61 1. Lettre de mission................................................................................................63 2. Liste des personnes rencontr?.....................................................................65 3. Les 17 ODD et les 169 cibles.............................................................................67 4. Analyses des sept ODD qui rel?nt du MTES et du MTC (ODD 6, 7, 11, 12, 13, 14, 15)..................................................................................................................82 5. ?ude de l'OCDE...............................................................................................173 6. Tableau des interactions entre ODD...............................................................179 7. Glossaire des sigles et acronymes.................................................................182
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R?m?e 25 septembre 2015, l'Assembl?g?rale des Nations Unies adoptait une r?lution d?nissant le cadre de l'Agenda 2030, compos?e 17 objectifs de d?loppement durable (ODD), assortis de 169 cibles ?tteindre (suivies par 229 indicateurs), et rassembl?autour de cinq « P » : peuples, plan?, prosp?t?paix, partenariats. Ce nouvel agenda du d?loppement, issu des Objectifs du Mill?ire pour le d?loppement et de l'Agenda 21 lanc? Rio en 1992 lors du sommet de la Terre, int?e les enjeux ?logiques, ?nomiques et sociaux globaux. Les 17 ODD sont universels, indivisibles et interd?ndants. La France, qui s'est investie activement dans l'?boration de l'Agenda 2030, a ? une des premi?s nations ? souscrire. C'est pour elle un important d? ?elever, d'abord pour s'approprier cette d?rche innovante, qui devra la conduire ?erme ?lus de transversalit?t de coh?nce dans ses politiques publiques, et plus d'attention aux territoires et populations vuln?bles, en particulier en outre-mer. C'est aussi une question d'image et de rang dans les comparaisons internationales d? en cours. Afin de commencer ?laborer l'Agenda 2030 propre ?a France, le CGEDD a effectu?ne « Revue des politiques publiques au regard des ODD », qui a port?ur les ODD relevant du p?m?e du Minist? de la transition ?logique et solidaire (MTES) et du Minist? de la Coh?on des territoires (MCT), ?avoir les ODD 6 (eau), 7 (?rgie), 11 (villes et territoires durables), 12 (production et consommation responsables), 13 (climat), 14 (oc?s), et 15 (biodiversit?errestre). Pour mener cette mission ?ien de fa? approfondie et rigoureuse, un important travail statistique et m?odologique reste ?ener, dans la mesure o?n nombre de donn? et d'indicateurs manquent encore pour ?luer les ?rts de la France, notamment en outre-mer, entre les cibles ?tteindre et ses r?ltats actuels, et pour prendre la mesure des interactions entre les ODD et leurs cibles. Les rapports budg?ires ne sont pas encore structur?en fonction des ODD, ce qui ne facilite pas leur ?luation et leur lisibilit?Plusieurs enseignements peuvent ?e tir?n?moins des analyses conduites sur les 7 ODD trait? La France figure souvent dans le peloton de t? des pays d?lopp?en mati? de strat?es et plans d'action sur les diff?nts aspects sectoriels du d?loppement durable, m? si elle accuse du retard sur certaines cibles. Mais la dimension humaine et sociale est encore peu pr?nte dans la fa? dont les minist?s, construits ?'origine sur des comp?nces essentiellement techniques, appr?ndent l'?boration et la mise en oeuvre des politiques publiques. La mobilisation des territoires, en outre-mer au premier chef, constitue par ailleurs une cl??rminante pour la prise en compte des ODD au plus pr?des populations, de m? que l'implication de toutes les parties prenantes dans l'?boration des politiques qui les concernent. Sur ces trois points, la France avance trop lentement. La mission propose ainsi dix pistes d'action concr? en termes de strat?e, de gouvernance, de politiques territoriales et de m?odologie. Une impulsion politique donn?au plus haut niveau pour une prise en compte structurelle des ODD est indispensable si la France veut progresser r?lement dans la voie du d?loppement durable. Elle peut s'appuyer ?ette fin sur le bilan de la SNTEDD, qui devra ?e r?s?prochainement, et saisir l'opportunit?es r?rmes en cours (CESE, CNTE...) pour inscrire la d?rche des ODD dans les processus de co-construction des politiques avec les acteurs de la soci? civile, et relancer les travaux de prospective et de prise en compte du temps long. Un rapport annuel devrait ?e fait au Parlement pr?ntant les avanc? et les difficult?rencontr? dans la mise en oeuvre de l'Agenda 2030, ?y?ar un tableau de bord lisible et ?lutif r?is? cette fin ?'?elon national et territorial.
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Liste des recommandations
Strat?e 1. Donner une impulsion politique au plus haut niveau de l'?at pour une prise en compte structurelle des ODD par la France - Elargir les pr?gatives et les moyens du/de la D?gu? interminist?el-le au d?loppement durable, plac? aupr?du Premier ministre, qui pourrait ?e le pilote d'une mission interminist?elle de mise en oeuvre des ODD (?'instar de la Mission Interminist?elle de l'Effet de Serre par exemple) 2. Faire de la prochaine Strat?e nationale de d?loppement durable, qui s'appuiera sur le bilan de l'actuelle SNTEDD, l'Agenda 2030 de la France, d?in? 5 ans, selon les ?pes suivantes : - Saisir les inspections et conseils g?raux des minist?s les plus concern?pour une revue conjointe des politiques publiques au regard des ODD - Mettre en d?t avec l'ensemble des parties prenantes, incluant les territoires, le diagnostic r?is?our la France et les priorit???nir pour son Agenda 2030 3. Promouvoir au niveau europ? la prise en compte des ODD dans l'?boration de la strat?e europ?ne post 2020 - D?lopper ?ette fin une veille et des ?anges sur les bonnes pratiques utilis? par les pays (UE, OCDE) engag?dans l'?boration de leur Agenda 2030 Gouvernance participative 4 . Saisir l'opportunit?e la r?rme engag?du CESE et du CNTE pour inscrire formellement la d?rche ODD dans les processus de consultation et de participation de la soci? civile 5. Instituer ?artir de 2018 une conf?nce annuelle sur l'Agenda ODD 2030 de la France, en utilisant une m?odologie inspir?du Grenelle de l'environnement, et en ?rgissant le champ des conf?nces environnementales annuelles ant?eures (2012-2016). Politiques territoriales Les territoires d?ennent de nombreux leviers pour mettre en oeuvre concr?ment l'Agenda 2030. 6. Mieux prendre en compte les enjeux majeurs des ODD pour les espaces ultramarins et leurs populations, en s'appuyant sur un diagnostic partag?e ces territoires sensibles, ?'aide d'un travail sp?fique du CNIS qui permette de combler les indicateurs manquants ou incomplets pour ces territoires. 7. Faire des ODD des leviers du d?loppement durable dans les territoires - en favorisant l'?boration de programmes r?onaux ou locaux de d?loppement durable ?orizon 2030, en r?vant les agendas 21 locaux et les dispositifs en vigueur (TEPCV, TEPOS...) pour relancer la dynamique, en croisant les outils r?ementaires (SRADDET, PCAET, PLU...), contractuels (CPER), et les outils d'incitation ?es d?rches volontaires. - en faisant des ODD un axe majeur de la Conf?nce des Territoires.
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- en suscitant ?'?elon r?onal une conf?nce annuelle de la transition ?logique et solidaire fond?sur la d?rche des ODD, ainsi que des forums participatifs territoriaux, avec l'appui des CESER. - en organisant l'observation des pratiques innovantes qui se mettent en place dans les r?ons pionni?s et en favorisant leur partage entre territoires, avec l'appui du CGDD et du CGET. Des outils pour prendre en compte le temps long 8. D?lopper et renforcer les programmes de connaissance et de recherche sur le d?loppement durable (appel ?rojets ANR, r?au ALLENVI, GIS au sein des universit?..) 9. Revaloriser la fonction prospective au sein du MTES et d?lopper le travail en r?au avec France-Strat?e notamment, pour favoriser la prise en compte du temps long dans les politiques publiques, les approches comportementales et l'?lution des styles de vie. 10. Remettre au Parlement chaque automne un rapport de suivi des progr?accomplis pour atteindre l'ensemble des cibles des ODD, ce rapport ?nt fusionn?vec le rapport annuel sur les indicateurs de richesse, et indiquant les inflexions apport? dans le projet de loi de finances pour contribuer ?m?orer la situation. A cette fin : - Elaborer un tableau de bord national, lisible et actualis??li?ment, ?artir de la base de l'INSEE, pr?ntant notamment les ?rts restant ?ombler, qui permettra aussi d'?yer le rapportage annuel pr?nt?u FPHN de l'ONU. - Structurer les rapports budg?ires pr?nt?au Parlement selon les ODD, ?ommencer par les indicateurs de pilotage des programmes relevant du MTES, utilis?pour les rapports annuels de performance et d?in?dans les objectifs de pilotage des services. - Conforter la mission transversale de coordination des services statistiques qui a ? confi?en mars 2017 au CNIS, pour assurer dans la dur?le recensement, l'?boration et le suivi des indicateurs renseignant les cibles des 17 ODD, dans la perspective des FPHN de 2018 et de 2019, et ?'horizon 2030.
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Introduction
En France comme partout dans le monde, l'actualit?et de fa? r?rrente en lumi? des fractures, des disparit? voire des ruptures ?'oeuvre dans notre environnement et notre soci?, confront??ne mondialisation qui l'inqui?. Les enjeux ?logiques, d'?it?de coh?on et, plus largement de gouvernance de la transition, que visent ?raiter ?'horizon 2030 les 17 objectifs de d?loppement durable (ODD) et leurs 169 cibles, concernent tous les pays, et pas seulement les pays en d?loppement. Adopt?ar l'Assembl?g?rale des Nations Unies (AGNU) le 25 septembre 2015, quelques semaines avant la conclusion de l'Accord de Paris sur le climat, l'Agenda 2030 a ainsi jet?es bases d'un monde potentiellement plus durable et plus ?itable. Afin de commencer ?ettre en oeuvre les Objectifs de d?loppement durable en France, la ministre S?l? Royal avait saisi, le 3 f?ier 2017, le Conseil g?ral de l'environnement et du d?loppement durable (CGEDD) pour mener une « revue des politiques publiques [du minist?] au regard des ODD » (voir lettre de mission en annexe 1). Une note strat?que1 a ? remise ?a ministre le 17 f?ier 2017, comme elle l'avait demand?La mission a ensuite men?e nombreux entretiens, consult?ne vaste documentation et recens?es outils disponibles pour mener une telle ?luation, la premi? du genre au niveau national. travers une note d'?pe de juillet 2017, elle a sollicit?e nouveau ministre, Nicolas Hulot, sur ses intentions quant ?a prise en compte des ODD dans les politiques publiques de son minist?. Il est apparu que, dans un premier temps, une estimation de la situation de la France par rapport aux cibles des ODD, sous forme d'une analyse des ?rts (« gap analysis » en anglais) entre la situation actuelle et celle ?tteindre en 2030, constituait une ?pe essentielle ?ranchir, dans la perspective de l'?boration d'un Agenda 2030 correspondant aux forces et faiblesses nationales. Le pr?nt rapport traite donc d'abord du contexte et des enjeux des ODD pour la France, puis d?loppe les analyses des sept ODD (voir liste compl? en annexe 3) relevant du minist? de la transition ?logique et solidaire (MTES) et du minist? de la coh?on des territoires (MCT), ?avoir les ODD 6 (eau), 7 (?rgie), 11 (ville et territoire durables),12 (production et consommation responsables),13 (climat),14 (oc?s),15 (biodiversit? Des questions essentielles de m?odologie et de fond ont ?rg?ors de ce travail, que la France devra traiter pour ?e en mesure de conduire une ?luation rigoureuse de sa position par rapport aux cibles des ODD, et mettre en place v?tablement un Agenda 2030 conforme aux engagements pris.
1
Aubert M.H., Lavarde P., R?sir la mise en oeuvre en France des objectifs de d?loppement durable, une exigence pour r?udre les crises d'aujourd'hui et ?ter celles de demain, CGEDD, f?ier 2017.
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1. L'apport des ODD par rapport aux agendas internationaux ant?eurs
1.1. l'origine, une volont?e convergence des agendas du d?loppement, de l'Agenda 21 ?'Agenda 2030
La d?rche des ODD a ? lanc?lors du sommet de Rio+20 en juin 2012, 20 ans apr?le Sommet de la Terre de 1992, ?'initiative de la Colombie et d'autres pays d'Am?que latine. Cet ensemble d'objectifs universels a ? ?bor?ar l'ONU avec l'ambition de « relever de fa? coh?nte les d?s urgents auxquels le monde est confront?ur le plan ?logique, politique et ?nomique », selon les termes du Programme des Nations Unies pour le d?loppement (PNUD). Les ODD ont co?id?vec un autre accord historique, conclu le 12 d?mbre 2015 lors de la Conf?nce de Paris sur les changements climatiques (COP21). Avec le Cadre de Sendai pour la r?ction des risques de catastrophe, adopt?u Japon en mars 2015, ces accords d?nissent ainsi un ensemble de normes communes et de cibles atteignables pour r?ire les ?ssions de gaz ?ffet de serre, g?r les risques li?aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles et renforcer les capacit?de r?lience, bref mieux prendre soin de l'environnement global et de la biosph?. La France a jou?n r?moteur dans l'?boration et l'adoption des Objectifs de d?loppement durable. Le chef de l'?at ?it pr?nt ?a conf?nce Rio+20 qui les a vus ?rger, le ministre d?gu?u d?loppement avait particip?n 2012-2014 au groupe de travail de haut niveau qui les a ?bor?et structur? le minist? de l'?logie et du d?loppement durable s'y est beaucoup impliqu?galement, ainsi que de nombreux experts. Une large concertation a eu lieu avec la soci? civile. La France a ? l'un des premiers pays ? souscrire volontairement. Les ODD succ?nt aux huit Objectifs du Mill?ire pour le d?loppement (OMD), avec lesquels avait d?t?n 2000 le nouveau programme mondial destin? combattre la pauvret?sur le principe d? de cibles ?tteindre pr?ses, dans le cadre d'une approche plus pragmatique et op?tionnelle de r?ltats port?par l'expert Jeffrey Sachs et un comit?estreint ?'ONU. Les OMD avaient ainsi fix?es objectifs simples et mesurables, faisant l'objet d'un consensus universel, pour notamment ?diquer l'extr? pauvret?t la faim, pr?nir les maladies mortelles, et ?ndre la scolarisation ?ous les enfants en ? de fr?enter l'?le primaire, entre autres priorit?de d?loppement. En l'espace de 15 ans, les OMD ont permis des avanc? dans plusieurs domaines importants : la r?ction de la pauvret?l'acc??'eau et ?'assainissement, le recul de la mortalit?nfantile et une tr?nette am?oration de la sant?aternelle. Ils ont aussi enclench?n mouvement mondial en faveur d'une ?cation primaire gratuite, en incitant les pays ?nvestir dans leurs g?rations futures. Les OMD ont g?r?ussi des progr?notables dans la lutte contre le VIH/SIDA et d'autres maladies telles que le paludisme et la tuberculose. Mais les enjeux ?logiques globaux, trait?notamment ?ravers l'Agenda 21 issu du sommet de Rio en 1992, avec ses trois conventions internationales (climat, biodiversit?d?rtification), ne faisaient pas partie des OMD, qui ne s'adressaient encore qu'aux pays en d?loppement. Et partout dans le monde, on constate depuis plusieurs d?nnies un accroissement des in?lit?sociales et une d?adation acc?r?des milieux et ressources naturels. L'Agenda 2000, tel qu'on a appel?es
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OMD, faisait peu de cas par ailleurs de la croissance ?nomique (qui ?lle seule a permis ?es millions de Chinois de sortir de la pauvret?et de l'approche par les droits, consubstantielle aux ODD. La mise en oeuvre de l'Agenda 2000 , m? s'il n'a pas tenu toutes ses promesses, a livr??moins de pr?eux enseignements pour celle ?enir de l'Agenda 2030, plus int?atrice et coh?nte.
1.2. Principes et structuration des 17 ODD
Les 17 Objectifs de d?loppement durable (ODD), d?in?en 169 cibles (voir annexe 3), dot? d'objectifs chiffr? et d'indicateurs de suivi, constituent le cadre d'action du programme de d?loppement durable ?'horizon 2030, appel?genda 2030. Les ODD couvrent transversalement tous les enjeux du d?loppement et sont universels, ?a diff?nce des pr?dents Objectifs du Mill?ire. L'ONU a voulu regrouper les ODD et illustrer la d?rche par 5 « P » : peuples, plan?, prosp?t?paix, partenariats, plac?au coeur du concept de d?loppement durable. Le mot d'ordre « leaving no one behind » (ne laisser personne en arri?/ sur le bord du chemin) lui donne une dimension sociale importante, liant ?oitement les questions ?logiques et sociales. Dans son pr?bule, notamment l'extrait ci-dessous, la r?lution adopt?par l'Assembl?g?rale des Nations Unies met ainsi en ?dence les graves menaces qui p?nt actuellement sur les ?ilibres ?nomiques, sociaux et ?logiques, partout sur la plan?, et donc l'urgence d'agir ?ous les niveaux de fa? plus r?lue et plus coh?nte. « Il y a d'?rmes disparit?en termes de perspectives, de richesse et de pouvoir. Les in?lit?entre les sexes constituent toujours un probl? de taille. Le ch?e est un sujet de pr?cupation majeur, surtout le ch?e des jeunes. Les menaces sanitaires mondiales, les catastrophes naturelles de plus en plus fr?entes et intenses, la recrudescence des conflits, le terrorisme et les crises humanitaires connexes, et les d?acements forc?de populations risquent de r?ire ??t une grande partie des progr?accomplis au cours des derni?s d?nnies en mati? de d?loppement. L'?isement des ressources naturelles et les effets n?stes de la d?adation de l'environnement, notamment la d?rtification, la s?eresse, la d?adation des terres, la p?rie des ressources en eau douce et l'appauvrissement de la biodiversit?iennent s'ajouter ?a liste des difficult?avec lesquelles l'humanit?st aux prises aujourd'hui, ce qui rend la situation encore plus difficile. Les changements climatiques repr?ntent l'un des plus grands d?s de notre temps et leurs incidences risquent d'emp?er certains pays de parvenir au d?loppement durable. L'?vation des temp?tures ?'?elle mondiale et du niveau de la mer, l'acidification des oc?s et d'autres effets des changements climatiques ont de graves r?rcussions sur les zones c?res et les pays c?rs de basse altitude, y compris nombre de pays parmi les moins avanc?et de petits ?ats insulaires en d?loppement. C'est la survie de bien des soci?s qui est en jeu ainsi que celle des syst?s biologiques dont la plan? a besoin. ».
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La plupart des cibles visent plusieurs r?ltats ?tteindre, dont certains sont quantifi?et d'autres pas. 43 cibles portent sur les moyens.
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1.3. L'originalit?t la valeur ajout?des ODD
Certains experts consid?nt que « fixer des objectifs identiques ?ous les pays, quel que soit leur niveau de d?loppement ?nomique, rel? de l'utopie »3. Mais elle peut aussi susciter une mobilisation nouvelle, comme le souligne Jean-Michel Severino, ancien directeur de l'Agence fran?se de d?loppement (AFD) et membre du groupe de l'ONU qui a initi?a d?rche : « Il faut saisir les opportunit?qui s'offrent », dit-il, « faire ?rger certaines pr?cupations de politiques publiques dans l'agenda national fran?s, valoriser la contribution de notre pays ?'am?oration du bien-?e mondial. Il faut travailler sur la convergence de la politique fran?se avec les politiques internationales ». La d?rche induite par les ODD int?e pour la premi? fois les enjeux de l'aide au d?loppement et les enjeux ?logiques globaux, dans le cadre d'un processus fond?ur des engagements volontaires de r?ltats (et non seulement de moyens), ?lu??'aide d'une batterie d'indicateurs chiffr?ou qualitatifs. Cette volont?e mesurer les r?ltats r?lement obtenus, ?'aide de crit?s communs aux diff?nts pays, constitue en soi un des apports essentiels des ODD. Chacun des 17 Objectifs est interd?ndant avec les autres. Ils doivent donc ?e appr?nd?de fa? indivisible, selon les principes inh?nts au d?loppement durable. Les ODD cr?t en outre un langage commun, utilis?e plus en plus par les acteurs qui exercent tout ou partie de leur activit?ans le champ international, en particulier les grandes entreprises et les grandes villes. Enfin, la n?ssaire implication de l'ensemble des acteurs de la soci? civile pour ?borer et mettre en oeuvre l'Agenda 2030 constitue un autre apport fondamental de la d?rche, traduit dans l'ODD 17 « Partenariats », corr? ?ous les autres.
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Serge Michailof (Table-ronde sur les ODD ?'Assembl?nationale du 1 er avril 2015).
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2. Quels enjeux pour la France ?
2.1. Un enjeu de comparaison internationale, et donc d'image
Bien qu'il ne soit pas obligatoire, le rapportage (reporting en anglais) annuel aupr?des Nations Unies, lors d'un Forum politique de haut niveau, permet de comparer la situation de la France, qui s'est engag??e r?iser, avec celle de l'ensemble des pays signataires, que ce soit ?'initiative des institutions publiques internationales, ou des organisations de la soci? civile, notamment les organisations non gouvernementales (ONG) sociales ou environnementales. L'Organisation de coop?tion et de d?loppement ?nomique (OCDE) a ainsi r?is?d?2016, des analyses comparatives entre pays membres, dont une sur la France (voir annexe 5), qui illustre, selon ses indicateurs et ses crit?s, les ?rts de nos politiques par rapport aux cibles. S'il montre une situation globalement favorable de la France par rapport ?a moyenne des pays de l'OCDE, ce travail souligne n?moins un retard parfois significatif pour certaines cibles. L'Institut du D?loppement durable et de la recherche internationale (IDDRI), la fondation Bertelsman et le R?au de solutions pour le d?loppement durable (Sustainable development solutions network, SDSN) ont ?lement produit de premi?s analyses, partielles ?e stade, de la situation de la France par rapport aux ODD (voir 4.1.1). Le sujet est sensible, puisque ces « fiches pays » donnent une image, qu'il est n?ssaire d'approfondir, des performances de la France ?'?rd des 17 ODD, selon les diff?nts indicateurs utilis? Il convient ainsi de bien analyser les productions internationales qui nous concernent. Parall?ment, la qualit?u rapport annuel de la France et de son processus d'?boration constitue un enjeu d'image essentiel pour notre pays, en raison notamment de ces comparaisons internationales, qui ne manqueront pas de s'amplifier d'ici 2030. Pour l'instant, les rapports pr?r?par la France en vue des Forums politiques de haut niveau (FPHN) de juillet 2016 et 2017 ont surtout pr?nt?es mesures ponctuelles qui rel?nt davantage de l'illustration que de politiques clairement d?nies, structur?, chiffr?, planifi? et mesur?. A titre d'exemple, alors que le gouvernement avait inscrit ?on agenda politique la tenue d'?ats g?raux de l'agriculture et de l'alimentation, la partie du rapport pr?nt?u Forum de 2017 concernant l'ODD 2 (?iminer la faim, assurer la s?rit?limentaire, am?orer la nutrition et promouvoir l'agriculture durable) ?n?t surtout des g?ralit? sans proc?r ?n examen plus d?ill?cible par cible, identifiant pour chacune la situation particuli? de la France au regard de l'atteinte des objectifs, et les mesures envisag? pour y rem?er. Ce travail reste encore ?onduire alors qu'il aurait ? utile pour ?airer les travaux des ?ats g?raux. Or la France devra produire en 2018, et surtout en 2019, ?'occasion du premier grand rendez- vous de l'ONU sur les ODD, un rapport plus cons?ent qu'en 2016 et 2017. Cet exercice demande anticipation et m?ode. L'?boration d'un plan national d'actions de l'Agenda 2030 pour la France, avec toutes les ?pes de validation qu'il requiert, rehausserait l'ambition de l'exercice de rapportage, qui rel? actuellement
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pour l'essentiel d'une d?rche de communication et de promotion nationales, l?time par ailleurs, mais se situant sur un autre plan. Les choses avancent n?moins. Le 25 septembre 2017, jour de l'anniversaire de l'adoption de l'Agenda 2030, la secr?ire d'?at ?'?logie, Brune Poirson, a inaugur?a journ?collaborative organis?par le Commissariat g?ral au D?loppement durable. Lors de la conf?nce de la matin? ont ? lanc?les travaux pr?ratoires du Forum politique de haut niveau (FPHN) de juillet 2018, ciblant les six ODD qui seront ?'ordre du jour4, particuli?ment importants pour les minist?s charg?de l'?logie et de la coh?on territoriale, et trait?dans le pr?nt rapport. cette occasion, la secr?ire d'?at a appel?a communaut?es ODD ?a mobilisation et annonc?a mise en place prochaine d'une feuille de route nationale.
2.2. Un enjeu s?ntique interne ?a France : transition ou d?loppement durable ?
Le retour de l'ONU au concept de « d?loppement durable », initi?n 1992 par l'Agenda 21 mondial et repris en 2015 avec les ODD, n'est pas sans poser un probl? s?ntique ?a France. Depuis cinq ans, en effet, la parole de l'?at s'est plut??r??a « transition » ?rg?que et ?logique, en tant que mise en oeuvre de la capacit?e r?lience (c'est-?ire la capacit? traverser et surmonter des chocs, et ?hercher des solutions innovantes), dans un monde plus contraint en ressources disponibles par habitant. Ce changement s?ntique a fait suite aux critiques r?rrentes du concept de d?loppement durable, la principale ?nt que les compromis entre objectifs depuis 1992 ont abouti ?n trop grand maintien du « business as usual » (cf. Zaccai, 2002, 2011, et D. Bourg, 2015), ?avoir une vision conventionnelle de la croissance ?nomique, m? verdie, face ?'urgence ?logique av?e. Ainsi, la loi vot?en 2015 est relative « ?a transition ?rg?que pour la croissance verte » et ne fait pas r?rence au concept de d?loppement durable. Dans les territoires, on parle d?rmais de « territoire ?nergie positive pour la croissance verte » (TEPCV), semblant rel?er les agendas 21 locaux (d?inaison territoriale de l'Agenda 21 mondial) vers le pass?Et si la production du rapport annuel sur « la situation en mati? de d?loppement durable » demeure une obligation issue de la loi du 12 juillet 2010 pour les collectivit?de plus de 50 000 habitants, les ?luations sur sa mise en oeuvre montrent la difficult?es approches territoriales int??. Par ailleurs, le terme de « transition » ne pr?se pas le but ?tteindre en mati? de mod? de d?loppement, ?avoir le d?loppement durable, dont le cadre et les principes restent encore flous pour une majorit?e nos concitoyens. Le lien entre d?loppement durable et transition ?rg?que et ?logique n'est pas explicite en dehors d'un cercle d'experts, ce qui est de nature ?ccro?e la confusion entre les deux notions. Il convient donc que la France pr?se et articule les concepts et les termes qu'elle veut utiliser, en lien avec celui de « d?loppement durable » ou soutenable (sustainable en anglais), qui continue de constituer la r?rence ?'?elle internationale.
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Les 6 ODD ?'ordre du jour du FPHN de 2018 sont les ODD 6, 7, 11, 12, 15 et 17.
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2.3. Un enjeu de mise en coh?nce des politiques publiques, ce qui implique un niveau de gouvernance adapt?omme d?lopp?ans la note strat?que du CGEDD de f?ier 2017, les ODD visent un d?loppement conjoint des sph?s ?nomique, sociale et environnementale, dans une gouvernance plus int?? La plupart des objectifs reposent sur des cibles qui associent diff?ntes dimensions du d?loppement durable5. Les ODD fournissent ainsi un cadre de r?rence pour suivre et ?luer les politiques publiques ?'aune des trois dimensions du d?loppement durable et de leurs interrelations. L'Agenda 2030 encourage les ?ats ??iner les ODD dans un plan national d'actions, ?artir des strat?es nationales de d?loppement durable (SNDD) existantes, et ?ettre en place un dispositif d'?luation de leurs progr?en prenant en compte les indicateurs propos?par l'ONU. Certains ?ats-membres de l'Union europ?ne ont d? pris des initiatives fortes en ce sens. L'Allemagne, par exemple, a fait le choix d'adopter une nouvelle SNDD align?sur l'architecture des ODD. La Finlande a quant ?lle concentr?on plan d'actions sur les points cl?r?ltant de l'analyse des ?rts entre sa situation actuelle et celle ?aquelle elle aspire. En France, la Strat?e nationale de transition ?logique vers un d?loppement durable (SNTEDD) adopt?en 2015 est surtout ax?sur le volet environnemental du d?loppement durable et son horizon s'arr? en 2020. Il serait donc souhaitable d'?blir un nouveau document strat?que qui viendrait compl?r la SNTEDD sur les volets ?nomiques et sociaux du d?loppement durable, et affirmerait la vision que collectivement nous voulons de la France en 2030. Ce document pourrait constituer id?ement le cadre de coh?nce pour r?ser l'ensemble des strat?es et plans d'action sectoriels, et aligner ?erme leur ambition et leur horizon temporel avec ceux des ODD. Les ODD appellent ?lement ?rendre des mesures relatives aux changements climatiques (ODD 13), et la convergence entre les agendas du climat et du d?loppement durable est un acquis fondamental. La mise en oeuvre des ODD doit donc se faire en coh?nce avec celle de l'Accord de Paris sur le climat en favorisant les actions qui g?rent des co-b?fices. La plupart des initiatives engag? ou annonc? dans le cadre de l'agenda de l'action pour le climat devraient ainsi servir d'exemples et de points d'appui pour mettre en place des programmes au carrefour des enjeux climatiques et de d?loppement durable. En France, l'?boration du deuxi? Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC), bient?inalis?constitue une opportunit?our concr?ser cette orientation (voir partie 5.5, fiche ODD 13). Il conviendrait enfin de mettre en coh?nce les moyens de l'action publique avec les objectifs ?tteindre. A cet ?rd, le cas de la Norv? est exemplaire puisque ce pays
5
Par exemple, l'ODD 9 (Infrastructure et industrie fait r?rence aux ODD In?lit?(?l acc?aux infrastructures), production et consommation durables (utilisation efficace des ressources) ou croissance (acc?des petites et moyennes entreprises aux services financiers). L'ODD relatif ?a sant?st li?our sa part ?'?cation (?cation sanitaire), l'environnement, l'eau (r?ction des d?s li??a pollution de l'eau), les in?lit?(couverture sant?niverselle) et les villes (s?rit?es transports).
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a choisi de structurer l'?boration et la discussion budg?ire autour des ODD. Un premier pas a ? fait en France avec la loi n° 2015-411 du 13 avril 2015 qui demande au gouvernement de soumettre ?haque exercice budg?ire annuel un rapport concernant 10 indicateurs de richesse, diff?nts de ceux propos?par les ODD, mais qui pourraient ?e harmonis?avec ces derniers. Il serait utile, pour aller plus loin, que le gouvernement remette chaque ann?au Parlement un rapport de suivi des progr?accomplis vers l'atteinte de l'ensemble des cibles des ODD, et les inflexions apport? dans le projet de loi de finances pour contribuer ?m?orer la situation, ce qui suppose que les indicateurs de performance li??a LOLF soient coh?nts avec ceux des ODD. Cette initiative renforcerait le poids politique accord?ux ODD.
2.4. Un enjeu de justice sociale, selon un mod? de soutenabilit?orte
Dans l'ensemble, les ODD enjoignent ?raiter les interactions entre les questions de justice sociale et celles de gestion des biens communs. La d?rche pose, dans le pr?bule du texte, que la perspective d'un monde fini oblige ?enser la protection de l'environnement comme un souci collectif de justice sociale, et non plus de consid?r la nature comme une ressource rempla?le et substituable. Sym?iquement, la justice sociale, la lutte contre les in?lit?territoriales et environnementales, ne peuvent plus ?e pens? uniquement comme une question de biens ?edistribuer entre humains : le fait de pouvoir manquer d'un acc?aux ressources naturelles ou d'?e contraint ?igrer en raison du climat montre bien que notre organisation sociale et les syst?s ?logiques sont fondamentalement li? L'Agenda 2030 constitue de ce fait une grille d'analyse pertinente pour g?r les interfaces entre politiques relevant de domaines diff?nts. Il permet de tracer, certes parfois de fa? complexe, redondante et encore impr?se, les chemins d'une transition ?logique et solidaire.
2.5. Un enjeu de politiques territoriales, au plus pr?des citoyens
Pour ne pas risquer une d?rche trop d?nnect?des r?it?et pr?cupations locales, et pour tenir compte des disparit?territoriales masqu? par les moyennes nationales, les ODD doivent ?e mis en oeuvre ?ravers une approche de terrain. En France, la soci? civile (Comit?1, ONG, entreprises et collectivit?locales) commence ?e mobiliser efficacement. De m?, les plates-formes th?tiques et multi-acteurs, issues pour certaines notamment de la COP21, conduisent d? depuis plusieurs mois des actions de sensibilisation et d'information sur la d?rche ODD, ?'instar du Partenariat fran?s pour l'eau (PFE) ou de la plate-forme Climat-Oc?. Le Comit?1 et l'association 4D par exemple, que la mission a rencontr? d?loppent des outils de sensibilisation et de mobilisation originaux, faisant appel ?es approches sociologiques et socio-culturelles de la vie quotidienne, outils qu'il conviendrait de diffuser plus largement sur l'ensemble des territoires. Les comit?21 r?onaux tentent de promouvoir les ODD ?'?elon territorial, en lien avec les collectivit? C'est le cas notamment en Gironde, dans les Pays de la Loire ou en Bourgogne France-Comt?Il s'agit de rapprocher les ODD des citoyens, d'en faire un outil d'innovation, de dialogue territorial participatif et de suivi renforc?es politiques
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publiques, comme ont tent?e le faire, souvent avec succ? les agendas 21 locaux mis en place depuis 1992. Cette dynamique doit ?e maintenue et relanc? Sous r?rve que le calendrier puisse ?e tenu, l'appropriation de la d?rche ODD par les 13 grandes r?ons m?opolitaines, ?ravers l'?boration des futurs Sch?s r?onaux d'am?gement, de d?loppement durable et d'?lit?es territoires (SRADDET) pr?s ?'horizon 2019, pourrait par ailleurs permettre d'aller vers des strat?es territoriales en coh?nce avec un plan d'actions national de l'Agenda 2030, co-construites et suivies dans le temps. Les territoires d'outremer constituent ?et ?rd un enjeu particulier. L'articulation de la d?rche ODD avec la mise en oeuvre de la loi sur l'?lit??le en outremer, qui pr?it des plans de convergence ?orizon juillet 20186, devrait ?e clarifi? alors m? que cette loi fait r?rence aux indicateurs de la loi Sas, pr?t? relative ?a prise en compte des nouveaux indicateurs de richesse dans la d?nition et l'?luation des politiques publiques, et que les plans de convergence couvrent de nombreux sujets qui rel?nt des ODD et de l'Agenda 20307.
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cf article 73 de la loi relative ?'?lit??le Outre-mer du 28 f?ier 2017, vot?apr?la publication de plusieurs rapports et qui attestent de la volont?es pouvoirs publics d'agir en urgence pour le d?loppement de ces territoires ; cf de plus l'accord de Guyane d'avril 2017. Audition du Commissariat g?ral ?'?lit?es territoires.
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3. Une d?rche encore jeune, un travail d'organisation et d'?luation en cours de structuration, une appropriation des ODD par la France encore limit?La d?rche propre aux ODD est encore r?nte, et m? si la France a ? pr?nte aux FPHN de 2016 ?'ONU, o?le a ? pr?rseur, et en 2017, son appropriation par l'ensemble de la sph? gouvernementale, ?nomique et sociale, est loin d'?e acquise. Il y a sans doute ?ela des raisons propres ?a culture de la soci? et de l'?at fran?s, peu enclins ?dopter une vision de l'action politique et du d?loppement d'inspiration essentiellement anglo-saxonne, fond?sur des objectifs quantifiables et simples en apparence, associ??es indicateurs mesurables, et une mobilisation positive d'ordre moral pour les atteindre. Par ailleurs la France, pays d?lopp?se per?t comme un acteur majeur de la communaut?nternationale, plus habitu? « ?airer » le monde qu'?ettre en oeuvre le fruit d'une d?rche collective. La mission a pu constater une connaissance et une prise en compte des ODD le plus souvent limit?, ?ravers les entretiens men?avec les directions g?rales du minist? de la transition ?logique et solidaire (MTES), avec France-Strat?e et le Commissariat g?ral ?'?lit?es territoires (CGET), ainsi qu'avec des repr?ntants de la soci? civile parties prenantes de la mise en oeuvre d'ODD th?tiques, hormis concernant l'eau8 et le climat. Les r?ions du comit?e pilotage interminist?el n?ssitent une impulsion forte et renouvel?de la Commissaire g?rale, d?gu?interminist?elle au d?loppement durable. Les ?nements organis?par le Commissariat g?ral au d?loppement durable (CGDD), comme le lancement de la Semaine europ?ne du d?loppement durable le 29 mai, ou la journ?anniversaire du 25 septembre, peinent ?tteindre un large public, m? si les ODD rencontrent un int?t confirm?ans diff?ntes sph?s parapubliques et de la soci? civile. Les difficult??e saisir des ODD en termes de politique int?eure recouvrent plusieurs r?it?: · une volont?olitique encore peu affirm?: la d?rche ODD est certes r?nte et reste peu visible par rapport ?'enjeu climatique qui a capt?outes les ?rgies en France de 2013 ?016. Elle n'a pas encore fait l'objet d'un discours ni d'une vision politique articul?de la part du MTES et du gouvernement ; · faute d'instructions politiques fortes et de moyens, on constate une appropriation in?le des ODD par les diff?nts minist?s, leurs ?elons d?ncentr? les diff?ntes directions g?rales du MTES, les collectivit?locales, voire les ?blissements publics du MTES, qui portent eux aussi des politiques publiques cons?entes (agences de l'eau, Agence Fran?se de la Biodiversit?AFB), Agence de l'environnement et de la ma?ise de l'?rgie (Ademe)...) ; · une organisation interminist?elle inachev?: effectivement mise en place par le CGDD depuis quelques mois, elle reste ?onsolider et est en attente aussi bien d'instructions et de soutien politique que de moyens. Il conviendrait de
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Cf. notamment les travaux de l'ASTEE et du PFE sur les indicateurs de l'ODD 6, du CFE sur les priorit?de l'eau en France.
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conforter une organisation de l'?at en mesure de porter la mise en oeuvre des ODD, de fa? ?e que leurs interrelations puissent ?e davantage prises en compte ; · des outils d'analyse et d'?luation ?erfectionner : les indicateurs sur les th?tiques de d?loppement durable sont multiples au niveau national (SNTEDD, Strat?e nationale bas carbone (SNBC) ...), et produits en nombre par les diff?nts services statistiques minist?els. Le Conseil national de l'information statistique (CNIS) a pris l'initiative d'un groupe de travail transversal ?es diff?ntes sections pour ?borer la liste des indicateurs destin??uivre les engagements de la France en mati? d'ODD, comme Eurostat l'a fait pour la zone europ?ne. cet effet, la publication par l'Institut National de la Statistique et des ?udes ?onomiques (INSEE) d'un premier rapport le 24 mars 20179 compl? en ao?ervira de base ?e groupe ouvert, dont la pr?guration a ? lanc?fin juin 2017 (voir 4.1.1). · Certes, la plupart de nos politiques publiques n'ont pas attendu l'Agenda 2030 pour prendre en charge les probl?tiques auxquelles il se r?re :plusieurs responsables publics consid?nt qu'ils « font des ODD sans le savoir » ! Certains bilans de l'action de l'?at commencent ?rendre en compte l'existence des ODD, comme le rapport au Parlement de la SNTEDD en 2016. Mais l'ad?ation de nos politiques publiques avec l'Agenda 2030 n'est pas qu'une question de forme. Lorsque les cibles prioritaires pour la France pourront ?e identifi?, ce ?uoi le pr?nt rapport peut contribuer, il conviendra encore de mesurer l'efficience des moyens mis en oeuvre pour s'assurer qu'?olitiques constantes l'ensemble des cibles pourra ?e atteint. Les constats et les ?luations, m? alarmants, ne suffisent pas toujours en effet ??encher l'action qui infl?irait en cons?ence les politiques publiques concern?. · Les mobilisations de la soci? civile suscit? par le MTES et le MCT touchent prioritairement les « professionnels » de la repr?ntation de ces acteurs, habitu?des couloirs et r?ions minist?els, ou des forums internationaux consacr?aux questions environnementales, de d?loppement et de coop?tion internationale. Si cette mobilisation est bienvenue, elle gagnerait ?'approfondir. La sensibilisation ?a d?rche des ODD doit p?trer plus en profondeur les milieux associatifs locaux, ce que ne peuvent assurer ?ux seuls les « hackathons » et autres rencontres num?ques organis?par le CGDD. Rappelons qu'une des ONG fran?ses les plus impliqu? dans l'?boration des ODD ?'ONU fut ATD Quart monde. L'appropriation par les corps interm?aires au plan local ainsi que par l'ensemble de la population reste ?onduire, en faisant le lien dans un pays comme la France entre les avanc? r?ntes sur des chemins de transition crois?(num?que, ?rg?que, ?logique), qu'impulsent ou s'approprient les acteurs les plus conscientis? et les enjeux du d?loppement.
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Les premiers travaux de l'INSEE permettent de constater que dans de nombreux cas, la France ne dispose pas des indicateurs permettant de mesurer, ni m? d'appr?er sa situation eu ?rd au contenu des cibles. Dans d'autres cas, les indicateurs retenus ne sont gu? satisfaisants, car ils ne sont que partiels ou mesurent mal l'action consid?e. La mise en place d'indicateurs territoriaux cal?sur les ODD, devrait permettre par ailleurs de mieux identifier les enjeux ?raiter ?'?elle des r?ons, des m?opoles urbaines et des espaces ruraux (peu denses mais tr??ndus et cruciaux pour la qualit?e l'environnement).
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La transition doit aussi ?e un d?loppement pour tous, au sens des « capabilit?» d'Amartya Sen. Elle ne r?de pas seulement dans les avanc? technologiques d?d? par quelques-uns pour tous. C'est le message sousjacent des ODD, comme c'?it celui auparavant de l'Agenda 21 issu du sommet de Rio et de ses d?inaisons locales. cet ?rd, l'implication des diff?nts minist?s, et tout particuli?ment des minist?s charg?de l'?cation nationale et de la culture, est fondamentale pour toucher au plus pr?l'ensemble des citoyens et particuli?ment les jeunes10.
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Les politiques culturelles sont peu pr?ntes dans les ODD (hormis les questions de patrimoine), mais cela renvoie aussi ?a d?nition de la culture.
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4. Comment ?luer la situation de la France et analyser ses ?rts par rapport aux objectifs et leurs cibles ?'horizon 2030 ?
Il appara?d'embl?que les ODD analys?par la mission (6, 7, 11, 12, 13, 14, 15) recouvrent des enjeux trait?de fa? tr?h?rog?. Certains font l'objet d'une organisation structur?des cibles, et d'une participation engag?des parties prenantes (eau douce, avec le PFE), d'autres d'une mobilisation plus r?nte ou r?firm??'?elle nationale et internationale, ?'occasion notamment de la COP21 (climat, ?rgie, oc?s...). Pour d'autres encore, cette organisation et cette mobilisation structur? de la soci? restent ?ccomplir. Par ailleurs, certains ODD sont th?tiques (eau, ?rgie, biodiversit?oc?...), d'autres touchent ?e nombreux domaines de fa? transversale, sous le chapeau du « territoire » (ODD 11), ou de « l'?nomie durable » (ODD 8 et 12). D'autres encore constituent de fait des conditions pr?ables ?a r?site des ODD, ?avoir justice, paix, ?t de droit (ODD16) et partenariats (ODD 17). Les 17 ODD eux-m?s et leurs cibles sont issus d'un compromis entre des nations aux contextes et situations tr?divers, aussi peuvent-ils appara?e comme des « cotes mal taill? », adopt?par tous les pays mais adapt?sp?fiquement ?ucun. cet ?rd, la structuration de la SNTEDD, ?ominante essentiellement environnementale il est vrai, peut appara?e plus claire et coh?nte, en d?nissant 4 d?s ?logiques et 5 axes autour desquels s'articulent des actions th?tiques, assorties d'indicateurs de suivi. La difficult?ue tentent de surmonter les ODD r?de bien dans l'int?ation des enjeux ?nomiques, ?logiques, sociaux et institutionnels. Dans ce contexte, ?luer les performances ou les ?rts de la France par rapport aux cibles des ODD, avec les indicateurs d?nis par l'ONU, soul? donc des questions m?odologiques importantes, d?ill? ci-apr?
4.1. Comment renseigner, d?iner et compl?r les indicateurs retenus par l'ONU de fa? fiable et lisible ? 4.1.1. Un important travail statistique et m?odologique reste encore ?ener
- M?ode suivie pour d?nir les indicateurs ODD (ONU, France, UE), les travaux en cours L'objet de la mission ne porte pas sp?fiquement sur les indicateurs ODD, mais sur l'analyse des trajectoires des politiques publiques susceptibles d'aboutir aux cibles d?inant les 17 ODD. Pour autant, qui dit trajectoire dit « balistique », ce qui renvoie ?ne logique de mesure de r?ltats et donc d'indicateurs. Les 17 objectifs de l'agenda 2030 sont d?in?en 169 cibles, donnant lieu ?41 indicateurs d?nis par la Commission statistique de l'ONU en 2016 (229 sans compter les indicateurs communs ?lusieurs ODD). Parmi ceux-ci, 31 ne rel?nt pas du domaine statistique, ce qui aboutit ?98 indicateurs « quantifiables », class?en trois niveaux (tier en anglais) :
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Tier (niveau) 1 : Indicateurs conceptuellement clairs, avec une m?odologie ?blie et standardis??'international et des donn? r?li?ment produites par la plupart des pays ; Tier 2 : Indicateurs conceptuellement clairs, avec une m?odologie ?blie et standardis??'international, mais des donn? produites de mani? ponctuelle ou inexistantes dans certaines parties du monde ; Tier 3 : Indicateurs pour lesquels il n'y a pas de m?odologie standardis?ou dont la m?odologie est en train d'?e test?ou ?bor? Cette classification doit ?e r?s?chaque ann?en fonction des d?loppements m?odologiques. Seuls les indicateurs en tier 1 et ?ntuellement ceux en tier 2, sont collect?pour le rapport mondial. Au niveau international, le suivi des objectifs politiques est effectu?ar le Secr?riat g?ral de l'ONU, qui s'appuie sur un rapport statistique pr?r?ar la Division statistique des Nations Unies (United Nations Statistics Division, UNSD). Les indicateurs mondiaux sont calcul?par les agences onusiennes ?artir des donn? nationales fournies par les pays, apr?harmonisation, ou estimation dans le cas de donn? manquantes. Au niveau europ?, une premi? ?pe a consist? analyser la contribution des politiques europ?nes aux ODD et, ?lus long terme, ?aire en sorte que celles-ci les prennent en compte. La Commission europ?ne souhaite, dans ce cadre, d?nir un tableau d'indicateurs pour le suivi r?lier des ODD dans le contexte europ? ?artir de 2017. Pour ?borer la s?ction d'indicateurs, Eurostat a lanc?ne consultation aupr?des diff?ntes directions g?rales de la Commission et des instituts statistiques europ?s. Environ 90 indicateurs ont ? retenus ?e stade. Eurostat a publi?n premier rapport sur la situation de l'UE, prise comme un tout, par rapport aux cibles des ODD en novembre 2017. D'autres travaux sont men?par d'autres organisations, notamment par l'OCDE, qui n'a cependant pas re?l'aval de la France pour diffuser des donn? d?ill? la concernant. En France, l'Insee a proc? ?n premier recensement des indicateurs onusiens adapt??a situation nationale, ainsi que de leur disponibilit?ans une version exacte ou approch? Parmi les 198 indicateurs statistiques, 35% seraient disponibles dans une version exacte (tier 1) et 30% pourraient l'?e dans une version approch?(tier 2). Enfin 13% des indicateurs ne lui semblent pas r?isables ?oyen terme, principalement du fait de la complexit? construire l'indicateur (tier 3, d?nition floue, m?odologie inexistante). L'objectif annonc?st que d'ici 2020, 87 % des indicateurs ONU puissent ?e disponibles. - Probl?tique de l'acc?aux donn?, de leur recensement et de leur croisement Sur les 77 indicateurs recens?par le service des donn? statistiques du MTES pour les 7 ODD examin?par la mission, la moiti?38) sont class?en tier 3, 27% en tier 2 (21) et seulement moins d'un quart en tier 1. Une premi? batterie d'indicateurs nationaux a ? publi?par l'Insee en mars 2017, accompagn?des m?donn? associ?. 58 de ces indicateurs concernent les 7 ODD examin?par la mission : 15 pour l'ODD 6 ; 4 pour l'ODD 7 ; 15 pour l'ODD 11 ; 8 pour l' ODD 12 ; 1 pour l'ODD 13 ; 4 pour l'ODD 14 ; 11 pour l'ODD 15. Dans certains cas, il peut y avoir plusieurs indicateurs Insee pour un indicateur ONU.
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La nature de l'enjeu a amen?e Conseil national de l'information statistique (CNIS) ?'emparer du sujet, et ?r? en son sein un groupe de travail dont l'objectif est de renseigner les indicateurs onusiens devant ?e examin?par le Forum politique de haut niveau. Il lui a ?lement ? demand?e proposer d'autres indicateurs, en nombre restreint, qu'il consid?rait n?ssaires au suivi des strat?es nationales. Il est enfin invit? faire valoir des manques au dispositif statistique actuel, ?ugg?r des ?lutions et ?mettre des recommandations quant ?a mise ?isposition des indicateurs. Ce groupe de travail, compos?e 90 personnalit?(experts, directions g?rales, parties prenantes) et pr?d?ar Jean-Ren?runeti?, pr?it deux r?ions en session pl??, une premi? le 22 novembre 2017 puis une seconde en mai 2018, de fa? ?ournir en amont du FPHN 2018 une liste d'indicateurs la plus compl? et pertinente possible. Il devra pour cela traiter plusieurs difficult?: · Certaines cibles ne sont pas renseign? par des indicateurs, ou seulement de mani? partielle. C'est le cas par exemple de la cible 6.1, « assurer l'acc?universel et ?itable ?'eau potable, ?n co?bordable », dont l'indicateur ONU correspondant, « Proportion de la population utilisant des services d'alimentation en eau potable g?s en toute s?rit?, ne couvre de fait qu'une partie du probl?, laissant de c?l'?it?t le co?bordable (cf. fiche ODD 6). Le m? constat peut ?e fait pour l'ODD 7 (acc??'?rgie). On peut citer ?lement la cible 13.1 « Renforcer, dans tous les pays, la r?lience et les capacit?d'adaptation face aux al? climatiques et aux catastrophes naturelles li? au climat » qui se traduit par un indicateur national d?mbrant les ?nements de gravit? ou plus (ayant fait plus de 10 morts ou plus de 30 millions d'euros courants de dommages mat?els), qui ne traduit pas r?lement la r?lience et les capacit?d'adaptation. · Certaines valeurs « approch? », peuvent correspondre ?es d?nitions de contenu assez diff?ntes, ce qui rend leur analyse d'une grande complexit?C'est le cas, par exemple de l'indicateur ONU 6.3.1, « Proportion des eaux us? trait? sans danger », renseign?ar trois indicateurs Insee : « Taux de conformit?e la performance des stations de traitement des eaux us? domestiques », « Population raccord??es stations d'?ration des eaux us? » et « Capacit?e traitement des stations d'?ration des eaux us? (en termes de DBO5) », qui, d'une part, ne permet pas de conna?e le degr?e danger ?ntuel des eaux qui ne sont pas trait? par les stations de traitement des eaux, mais pas non plus d'appr?er l'ad?ation entre la capacit?e traitement et le volume des besoins. · Dans certains cas, la donn?fournie par l'indicateur n'?nt pas reli??n objectif quantitatif clair, elle est difficilement interpr?ble en l'?t. Les exemples sont multiples, comme dans le cas de l'indicateur 13.1.3, o? « proportion d'administrations locales ayant adopt?t mis en place des strat?es locales de r?ction des risques de catastrophe, conform?nt aux strat?es suivies ?'?elle nationale» (indicateur ONU), conduit pour la France au nombre de communes faisant l'objet d'un Plan de pr?ntion des risques d'inondation (PPRI) (voir fiche ODD 13). Dans le cadre d'une politique ancienne et largement d?lopp?en France, pourquoi l'indicateur national ne permet-il pas d'appr?er le nombre de PPRI applicables eu ?rd ?elui des communes qui devraient en ?e pourvues, les PPRN et les PAPI ? Pourquoi uniquement les inondations et pas les autres risques ?
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· Derri? les indicateurs peuvent se cacher des r?it?tr?diverses, masqu? par un statut juridique ou une moyenne nationale. C'est ainsi que la situation particuli? des territoires ultramarins, dont il convient de diff?ncier les d?rtements et les collectivit? ne transpara?pas dans les statistiques officielles nationales, la collecte de donn? ?nt d?illante par insuffisance de moyens allou? Ainsi, la quasi totalit?es cibles de l'ODD 15 (Vie terrestre) est renseign?par des indicateurs qui ne couvrent que la m?opole. Il en est de m? des populations vivant en situation marginale ou pr?ire (migrants, sans abri). · Enfin, la prise en compte des ODD par les politiques publiques est tr?diff?nte d'un domaine ?'autre. Assez bien renseign?pour certains objectifs th?tiques, comme l'objectif 6 sur l'acc?de tous ?es services d'alimentation en eau et d'assainissement g?s de fa? durable (sous r?rve des remarques pr?dentes), elle n?ssite souvent la mise au point d'indicateurs complexes quand il s'agit des politiques du climat, de la ville r?liente ou des oc?s. · L'approche ODD met ainsi en lumi? le besoin de r?aminer les donn? disponibles permettant de satisfaire les indicateurs ONU, mais surtout l'atteinte des cibles auxquelles ils se rapportent. Exercice d'autant plus n?ssaire que le principe des ODD est de croiser les donn?, afin de faire ressortir les interrelations des politiques entre elles.
- Traitement des indicateurs et ?luations qualitatifs : sous le « soleil » des ODD Dans beaucoup de domaines, les politiques men? depuis de nombreuses ann? par les pays d?lopp?leur permettent d'afficher des r?ltats satisfaisants. Plus que de comparer les pays entre eux, l'objectif de l'ONU est de mesurer les progr?accomplis mondialement au travers des actions concourant ?'atteinte des cibles. Il n'en demeure pas moins que la production et la publication multilat?le des donn? selon un r?rentiel commun conduit ?tablir des comparaisons internationales (voir 4.1.3).
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L'int?t majeur de la production des indicateurs par des organisations internationales (Eurostat, OCDE, UNSD...) est de pouvoir utiliser des donn? ?eu pr?homog?s, obtenues dans des contextes technologiques proches, sur la base de politiques coh?ntes et r?lt? par le biais de r?aux professionnels r?liers. L'IDDRI et l'OCDE se sont livr??e type d'exercice selon des principes diff?nts, pr?nt?ci-dessous.
Cible Iddri - janvier 2017
La m?ode utilis?par l'IDDRI n'est pas exhaustive. Elle a consist? s?ctionner 29 cibles pr?ntant un enjeu particulier pour la France parmi les 169 de l'Agenda 2030 et ?omparer les objectifs chiffr?figurant dans les ODD par rapport aux donn? collect? pour la France. Il appara?que seulement sept cibles examin? permettent d'atteindre les objectifs. Pour 15 autres, les moyens allou?seraient insuffisants et pour sept cibles, la tendance serait n?tive. La m?ode de l'OCDE est tr?diff?nte. partir des derni?s donn? disponibles (OCDE et Nations Unies), l'OCDE a ?bor?n outil qui permet de d?rminer la position actuelle des pays vis-?is de toutes les cibles sous-jacentes aux ODD, par
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rapport ?a distance restant ?arcourir d'ici 2030 pour atteindre les objectifs d?rmin? Seuls les r?ltats d'un nombre limit?es 230 indicateurs adopt?par les Nations Unies sont actuellement disponibles. Le graphique ci-apr?montre la position de la France vis-?is de 96 cibles sur 169. Plus une barre est proche du cercle gris, plus faible est la distance ?arcourir pour atteindre la cible en question ?'horizon 2030. Les cibles sont regroup? selon les 17 objectifs, eux-m?s regroup?au sein des «5 P» des Nations Unies (Population, Plan?, Prosp?t?Paix et Partenariats).
Cible OCDE pour la France - juin 2017
Les r?ltats de l'?de de l'OCDE montrent que la France affiche une bonne performance dans de nombreux domaines, notamment ceux relatifs ?a lutte contre la pauvret?t les in?lit? les partenariats pour la r?isation des ODD et de mani? g?rale les cibles relatives ?a th?tique « Plan? »11. Lorsqu'on effectue la moyenne des indicateurs disponibles pour les cibles au niveau de chacun des 17 objectifs, on voit que la France devra fournir plus d'efforts dans les domaines de
11
L'OCDE note concernant les ODD « plan? » que m? si ces r?ltats doivent ?e interpr?s avec pr?ution en raison du faible nombre d'indicateurs disponibles (couvrant seulement 39% des cibles), la France a une eau de qualit?t accessible, elle a d? atteint les cibles sur le climat et les oc?s, et elle est en bonne voie pour atteindre l'objectif de consommation et de production responsables et celui de la biodiversit?Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 24/188
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l'?cation, de l'?nomie et surtout de la transparence et de l'efficacit?es institutions. Les r?ltats agr?s par objectif montrent cependant que la France a g?ralement moins de distance, ou la m? distance, ?arcourir que la moyenne des pays de l'OCDE, ?'exception des objectifs 4 et 16 relatifs ?'?cation et aux institutions. On note aussi la relativit?es r?ltats obtenus selon les m?odes (ou les pr?ppos?, car pour l'IDDRI ce sont les objectifs sociaux que la France aura le plus de mal ?tteindre.
(Les barres repr?ntent les r?ltats pour la France, les losanges les r?ltats pour la moyenne des pays de l'OCDE. Pour chaque objectif, la distance est calcul?comme la moyenne des distances restant ?arcourir pour atteindre les diff?ntes cibles sous-jacentes)
Les deux analyses (Iddri et OCDE) font donc ressortir un ?t assez h?rog? de la situation de la France par rapport ?'atteinte des cibles des ODD. Ces sch?s synth?ques pr?ntent l'avantage d'?e imm?atement parlants, et l'inconv?ent ou le risque d'?e simplificateurs, simplisme auquel il ne faudrait pas r?ire les indicateurs et les politiques publiques ainsi r?m?. Par ailleurs, les moyennes tendent ?isser des ?rts significatifs au sein de l'ensemble national. Certains des probl?s sociaux que conna?la France depuis plusieurs ann? trouvent leur origine dans des in?lit?sociales et territoriales que les chiffres globaux ne permettent pas de faire ressortir clairement. Les travaux en cours, notamment sous l'?de de l'Insee et du Cnis, devraient permettre d'affiner ces analyses. Par ailleurs, elles ne permettent pas de figurer les interactions des ODD entre eux (voir 4.2). - Les indicateurs de l'aide publique au d?loppement sont en cours d'?boration Tous les ODD comportent dans leur domaine plusieurs cibles qui concernent l'aide apport?aux pays en d?loppement. A ce stade, les indicateurs correspondants ?bor?par l'ONU n'ont pas encore ? renseign?par la France. Le minist? de l'Europe et des affaires ?ang?s (MEAE) a n?moins cr?un groupe de travail charg?e mettre au point une m?odologie qui permette de renseigner ces indicateurs de fa? lisible et pertinente. Les donn? (rapports
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annuels de l'AFD, d?arations au Comit?'Aide au D?loppement (CAD) de l'OCDE, rapports budg?ires...) ne manquent pourtant pas en la mati?, mais elles sont dispers?, de nature et de format divers, et agglom?es diff?mment selon les besoins. Il serait donc souhaitable qu'une circulaire interminist?elle fixe au moins un cadre des rapports budg?ires annuels conforme ?a structuration des ODD, ce qui n'est m? pas le cas aujourd'hui pour la discussion budg?ire concernant l'Aide publique au d?loppement (APD). L'Agence fran?se de d?loppement (AFD) et sa filiale Proparco, et Expertise France n'ont pas encore adopt?e cadre non plus, mais envisagent de le faire prochainement. Le prochain Comit?nterminist?el de la coop?tion internationale et du d?loppement (CICID), pr? en f?ier 2018, devrait aussi ?e amen? discuter d'une feuille de route de mise en oeuvre des ODD d'ici 2019. Mais l?ussi, les instructions politiques ?aut niveau et les moyens humains manquent. Ce ne serait pas le moindre apport des ODD que de permettre une meilleure lisibilit?t compr?nsion de l'aide publique au d?loppement fran?se en mati? d'enjeux globaux, ?logiques en particulier.
4.1.2. Le n?ssaire suivi des tendances et trajectoires ?oyen terme
Les objectifs ?orizon 2030 n?ssitent un suivi dans le temps des tendances et trajectoires, qui devra ?e r?lier, effectif, lisible, partag?accessible. Ce suivi renvoie ?ne m?ode d'analyse des ?rts par rapport aux objectifs et aux cibles. L'approche par ODD effectu?par la mission tente d'examiner la distance qui reste ?arcourir entre la situation pr?nte, telle qu'elle ressort des donn? fournies par l'Insee et autres ?luations existantes, et la cible onusienne, lorsqu'elle est chiffr? En l'absence de donn? chiffr?, et d'indicateurs qualitatifs lorsque c'est n?ssaire, l'?luation est forc?nt limit? Il s'agit de sujets pour lesquels les ODD, en raison notamment de leur indivisibilit?offrent un angle d'approche inhabituel ou non trait?ar les politiques publiques en France. Ces angles morts ou d?illants de nos politiques sont peu nombreux (voir partie 5), mais c'est la richesse de l'approche ODD de permettre leur mise en ?dence. L'analyse de l'?lution des indicateurs fournis par l'Insee dans son rapport d'ao?017, avec des donn? disponibles de 2010 ?015 pour les cibles qui recouvrent des domaines statistiques connus, permet de d?ger une tendance, ?artir de laquelle la mission appr?e, toutes choses ?les par ailleurs, si la France est sur la bonne trajectoire ou non pour atteindre la cible. La mission prend ?lement en compte les strat?es publiques dans chaque domaine, strat?es internationale, europ?ne, nationale, voire r?onale, et examine si ces strat?es sont en phase avec les ODD. Une premi? difficult?st que les donn? ne sont pas toujours disponibles sur la p?ode consid?e (2010-2015). L'analyse des ?rts et l'appr?ation des trajectoires doivent ?lement int?er les liens entre les cibles, tels que l'illustre, par exemple, la lutte contre la pr?rit?nerg?que. Il ne s'agit pas de tout traiter, mais de cerner les liens les plus pertinents en termes de politiques publiques. La m?ode peut s'inspirer de celle qui pr?ut en droit fran?s, inspir?ur ce point du droit anglo-saxon, pour la responsabilit?oci?le des entreprises (RSE). Ainsi, le dispositif fran?s sur le reporting de d?loppement durable (environnemental social et de gouvernance, ESG) des entreprises laisse ?Rapport n° 010982-01
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l'entreprise le choix de renseigner la totalit?es 42 items ?m?s par le d?et, ou d'expliquer pourquoi elle ne renseigne pas certains indicateurs12 (cf infra 4.2). De m?, pour bien appr?er les trajectoires et les tendances dans l'action publique, une coh?nce devrait ?e assur?avec les indicateurs de pilotage utilis?pour les rapports annuels de performance pr?nt?au Parlement, et d?in?ensuite dans les objectifs de pilotage des services. Il faut par ailleurs distinguer la prospective des tendances et trajectoires ?orizon 2030 et le suivi de celles-ci. Les d?rches de prospective, comme celles men? par l'Alliance nationale de recherche pour l'environnement (Allenvi) 13, peuvent aider par les visions du futur qu'elles forgent ?artir des tendances observ? ?a prise de conscience des enjeux, et ?nvisager le cas ??t des ruptures. Allenvi a ?bor?insi de grandes familles de sc?rios impliquant l'environnement. La prospective est ?rivil?er en tant qu'outil de pilotage des syst?s complexes. Les tendances et trajectoires de moyen et long terme ont ? ?bor? sur plusieurs d?s environnementaux (changement climatique, biodiversit?eau, sant?vironnement) par l'OCDE, en s'appuyant sur des m?odes de mod?sation14. La mission recommande que les deux minist?s (MTES et MCT), en lien avec le minist? de la recherche, favorisent rapidement l'int?ation de l'Agenda 2030 dans les travaux de prospective. La place de la Prospective au sein du minist? de la transition ?logique et solidaire est un sujet important. Cette fonction devrait ?e visible et suffisamment dot? Or les missions d?? ?a prospective au sein du minist? pourtant en charge du long terme sont pour le moins difficiles ?ep?r dans les organigrammes.
4.1.3. L'int?t du parangonnage (ONU, OCDE, UE), stimulant mais ?anier avec pr?ution
L'existence d'un langage et d'indicateurs communs ?ous les pays qui ont souscrit aux ODD, permet ?hacun de se situer par rapport aux autres dans les diff?nts domaines trait? Ces comparaisons doivent ?e n?moins faites avec pr?ution tant les contextes, les histoires et les cultures de chaque pays sont diff?nts. L'ONU ?bore tous les ans, ?'occasion du Forum politique de haut niveau, un rapport global sur l'avancement de la communaut?nternationale vers les ODD (le premier rapport est sorti en 2016), o? est difficile cependant de distinguer de fa? fine les probl?tiques des diff?nts pays, les r?ltats des indicateurs ?nt pr?nt??'?elle continentale. L'OCDE s'est empar?tr?t?e la d?rche des ODD, en mobilisant ses services statistiques en particulier. La « roue » ?bor?par l'OCDE (voir 4.1.1) pour la France
12
La base juridique est le d?et d'application de l'article 225 de la Loi Grenelle 2 de Juillet 2010. La logique de mat?alit?ermet de d?rminer la pertinence et la port?d'un enjeu pour une organisation au regard de son activit?Appliquer ou expliquer/ Comply or explain ) :voir notamment les principes de l'AA1000 d?nis par Accountability. L'approche par la mat?alit?st un outil d'aide ?a hi?rchisation des enjeux. Voir aussi : « Territoire durable 2030 », enjeux, tendances, scenarios, collection Etudes et documents du CGDD trois volumes, 2013. Et M?ires de la prospective, 15 ans de travaux de prospective au sein des minist?s de l'?uipement et de l'Environnement, 1993-2007, CGDD. Cf Perspectives de l'environnement de l'OCDE ?'horizon 2050, les cons?ences de l'inaction, OCDE, 2012.
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(non publi? a ? r?is? avec la m? m?ode rigoureuse, pour d'autres pays membres de l'organisation. L'OCDE a ainsi rassembl?ans un rapport 15 publi?n juin 2017 les fiches concernant 13 pays, dont 11 pays membres de l'Union europ?ne (Belgique, R?blique tch?e, Danemark, Finlande, Italie, Lituanie, Luxembourg, Pays Bas, R?blique slovaque, Slov?e, Su?). Les ?anges entre pairs, ?artir de ces diagrammes synth?ques, permettraient sans nul doute de stimuler les efforts en particulier pour combler les lacunes identifi?, ?'instar de ceux qu'ont suscit?par exemple le classement PISA en mati? d'?cation, quelles que soient les critiques apport? aux crit?s utilis?par ce classement. Il serait utile et souhaitable ?et ?rd que la France puisse approfondir son propre travail d'?luation en collaboration avec les services de l'OCDE. La Commission europ?ne a publi?e 22 novembre 2016 la communication «Prochaines ?pes pour un avenir europ? durable» 16 et une batterie d'indicateurs 17. Sa m?ode est int?ssante, car elle retient des indicateurs multi objectifs, mettant ainsi en ?dence les interconnexions entre ODD. La Commission s'est dot?d'une plateforme destin??outenir la mise en oeuvre des 17 objectifs et ?ournir un cadre d'?ange d'exp?ences et bonnes pratiques en cours au sein de l'Union. Elle travaille par ailleurs ?n "document de r?exion", outil de suivi de la r?isation des ODD et de l'Accord de Paris sur le climat. Depuis le 12 octobre, une trentaine d'experts sont charg? sous la conduite de Frans Timmermans, premier vicepr?dent de la Commission europ?ne, de contribuer ?'?boration du document de r?exion annonc?Ces experts issus de diff?nts pays de l'Union repr?ntent une diversit?e secteurs (?nomique, ?catif, syndical...) et d'ONG europ?nes ou internationales. Ils comprennent aussi des repr?ntants des collectivit?locales et des personnalit?qualifi? pour leurs comp?nces en mati? d'environnement, de finance durable, d'?lit?ntre les femmes et les hommes notamment. Des instituts, fondations ou grandes ONG, ont entrepris par ailleurs d'?blir des diagnostics nationaux au prisme des ODD, avec leurs m?odes propres, parfois critiquables par les biais qu'elles peuvent induire en fonction de leurs pr?cupations et priorit? On verra ci-dessous ?itre d'exemple le classement des pays r?is?n 2016 par la fondation Bertelsmann et le SDSN pour les Nations Unies, avec l'explication correspondante sur la m?ode utilis? La France y figure en quinzi? position, devanc?par bon nombre de pays d'Europe du Nord, mais aussi la Suisse, la Norv? et le Canada. Elle reste cependant bien plac?dans le groupe de t? des pays d?lopp??iveau de vie comparable. Quoi qu'on puisse objecter ?a m?ode utilis?ou aux r?ltats obtenus, la confrontation ouverte des ?luations et le focus mis sur les manques constat? aspect essentiel de l'approche ODD, est de nature ?obiliser positivement l'opinion publique et les gouvernants pour les combler. La France comme les autres pays pourraient utilement tirer parti de ces classements.
15
Measuring distance to the SDG targets, an assessment of where OECD countries stand, OECD, June 2017. COM, 2016 739 final. EU SDG Indicator Set , 28 avril 2017, publication d'Eurostat.
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Extrait du rapport Bertelsmann/SDSN Classement des pays selon l'Indice de d?loppement durable « augment?
4.2. Comment identifier et traiter les interactions entre les ODD et leurs cibles, leur transversalit?t leur indivisibilit?
La question des interactions entre ODD ne va pas de soi, mais elle est au coeur de l'Agenda 2030. Ces interactions peuvent ?e de nature diverse. D'une part, beaucoup
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de d?quilibres sont cumulatifs, comme ceux concernant les ?rts de richesse (ou de pauvret? d'?cation, de logement, d'acc?aux services publics et aux r?aux. D'autre part, des injonctions peuvent ?e contradictoires. La croissance durable des plus d?nis doit par exemple imp?tivement se conjuguer ?a sobri? des plus nantis pour que l'utopie des ODD devienne r?it?Ainsi que signal?certains indicateurs sont communs ?lusieurs ODD, mat?alisant ainsi la volont?es Nations Unies d'?blir des relations organiques entre eux. De nombreuses politiques publiques int?ent de fait des param?es multiples relevant de plusieurs ODD. C'est le cas du climat, de l'alimentation, de l'eau, ainsi que des objectifs « composites », comme la ville durable ou l'industrie et les infrastructures. Outre l'accord sur le climat, un syst? d'interactions (ou nexus) fait l'objet d'analyses approfondies au plan international, celui sur l'eau, le climat, l'?rgie et l'alimentation, mais il rel? pour l'essentiel d'une politique de coop?tion au d?loppement18. Une mise en oeuvre de l'Agenda 2030 demande donc de g?r les d?s environnementaux de fa? ?e que ces derniers sous-tendent la r?isation d'une ?nomie inclusive et la prosp?t?tout en favorisant la s?rit?t la r?lience des ?es humains. Les ODD, pour ?e vraiment mis en oeuvre, impliquent donc une transformation profonde de notre mod? de d?loppement, et non un simple toilettage ou verdissement du mod? industriel d'?nomie lin?re issu des « trente glorieuses ». La d?rche d'?luation des ODD doit servir ?ccompagner ensemble les transitions de la soci?, transitions territoriale, ?logique et ?rg?que, num?que, d?graphique, ?nomique et sociale.
4.2.1. Esquisse de m?ode
Il s'agit de faire travailler les cibles « en synergie » : l'acc??'eau permet de promouvoir la sant?t la s?rit?limentaire, d'?ter les conflits ; ?ndre les terres agricoles pour de grandes cultures intensives peut nuire ?a lutte contre les pertes de biodiversit? des institutions transparentes pour la gestion de l'eau soutiennent les efforts pour l'acc??'eau, des ?lutions institutionnelles peuvent favoriser une d?ntralisation de l'?rgie, ?itre d'exemples. Pour la mission, cette approche des interconnexions pourrait ?e faite ?n triple niveau : · les liens entre cibles au sein d'un ODD ; certains ODD sont en effet h?rog?s ou comportent des axes multiples, c'est le cas des ODD transversaux (11, 12) ; · les liens entre les cibles des sept ODD (6, 7, 9, 11, 12, 13, 14, 15) qu'analyse la mission dans le pr?nt rapport ; · les liens de ces sept ODD avec les autres ODD. Il convient de les rep?r, d'appr?er leur port?au regard des politiques men?, de d?ger des priorit? Une matrice des relations entre les ODD offre en annexe 6 un exemple, non exhaustif, de rep?ge. Un crit? de couleur indique la nature de la relation (de forte ?aible jusqu'?nexistante). Pour les ODD qui recouvrent ?itre
18
Cf colloque des 6 et 7 d?mbre 2016 intitul? l'?luation des interactions (nexus) entre l'eau, l'alimentation, l'?rgie et les ?syst?s et les mesures pour y r?ndre dans les bassins transfronti?s », avec la participation de diff?ntes institutions onusiennes, et l'UICN, le Global Water Partnership.
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principal des politiques du MTES et du MCT une soixantaine de relations fortes avec des cibles d'autres ODD sont rep?es dans ce tableau. Si diff?nts organismes (OCDE, OMS) ont mis en ?dence les liens entre cibles par des sch?s, pour autant, l'analyse fine en termes d'?luation de politiques publiques de ces connexions reste ?aire, ce qu'esquisse le pr?nt rapport (voir partie 5 et annexes par ODD). Dans certains cas les donn? existent, dans d'autres les liens sont peu appr?nd? les donn? manquent et les politiques publiques nationales sont insuffisantes, peu visibles ou ?rgentes (s?rit?es femmes dans l'espace public, r?rgence des bidonvilles). C'est souvent le niveau territorial qui serait pertinent pour l'?luation et l'action. Les DOM sont insuffisamment renseign? Le classement des Nations Unies des ODD en cinq parties : Peuple (1, 2, 3, 4, 5) ; Plan? (6, 12, 13, 14, 15) ; Prosp?t?7, 8, 9, 10, 11) ; Paix (16) ; Partenariats (17), offre une approche pragmatique pour tester l'approche syst?que. Par exemple, les cinq ODD Plan? et les deux ODD Prosp?t?elevant du MTES et du MCT (7, 11) pourraient ainsi ?e soumis au questionnement simple suivant : · au regard de la dimension « Peuple » : en quoi la politique men?est elle inclusive, ne laisse-t-elle personne de c?: situation des femmes, des jeunes, des personnes ?es, des migrants. En quoi l'objectif (eau, climat...) contribue-til ?radiquer la faim, ??iser la s?rit?limentaire, ?m?orer la nutrition, ?romouvoir une agriculture durable ; sant?bien-?e, ?cation pour tous ; ?lit?ommes-femmes ; · au regard de la dimension « Prosp?t?(8, 9, 10): quels liens avec la cr?ion d'emplois d?nts et durables, ?es infrastructures plus r?lientes, ?'innovation ; en quoi la trajectoire de l'objectif contribue-t-elle ou non ??ire les in?lit? etc ; · au regard de la dimension « Paix » (16) : liens avec ?cation citoyenne, villes et espaces s? eau, ?rgie, etc ; · au regard de la dimension « Partenariats» (17) : quelle gouvernance, avec quelles parties prenantes, quelle accessibilit?es donn? (notamment num?ques), quelle capacit?'action des parties prenantes (eau, climat, villes...) ? Cette premi? ?pe devrait ?e compl?e par une approche sous l'angle des territoires19 : lien de toutes les cibles des ODD avec l'objectif 11, dimension territoriale, n?ssit?e traiter l'outremer sp?fiquement. Enfin, une analyse fine des liens les plus pertinents entre les cibles devra ?e conduite, ce qui demande une certaine vigilance pour ne pas ?ter les angles morts ou les sujets transversaux les plus difficiles ?raiter. Elle peut ?e aid?par le regard d'un tiers, ?nventer (analyses crois?, revues par les pairs entre minist?s r?li?s ...). Les cibles se font d'ailleurs ?o d'un ODD ?'autre, favorisant l'approche syst?que (voir partie 5, Synth?s des analyses et tendances par ODD et les annexes par ODD). En conclusion, les ODD supposent un questionnement en profondeur des approches habituelles, bousculent les approches en silos. Cette m?ode assez simple peut en faire un outil efficace permettant de prioriser les objectifs ?orizon 2020 ou 2030, m?ode qui pourrait ?e utilis?par chacun des minist?s ou services pilotes d'un ODD.
19
« C'est essentiellement ?'?elle des territoires que les probl?s de d?loppement durable sont per? et qu'ils peuvent trouver des solutions d?cratiques » (J.Theys, 2002).
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4.2.2. Quels outils syst?ques ?isposition pour analyser la durabilit?
« Il y a une n?ssit?'int?er une pens?syst?que plus large qui pourrait expliquer les interactions positives et n?tives entre les objectifs et les cibles, au fil du temps, et leur apport ?'atteinte de l'objectif final »20. Les outils syst?ques les plus aboutis ont vu le jour au niveau de l'entreprise et des organisations. Les outils de la responsabilit?oci?le (RSE) aident en effet les organisations ??nir une strat?e pour anticiper et r?ire les impacts de leurs activit?: leviers des rapports de d?loppement durable en France depuis 2002, obligation renforc?et ?rgie en 2012, directive europ?ne. L'adoption en 2010 de la norme Iso 26 000 sur la responsabilit?oci?le des organisations (RSO) ?a suite d'un dialogue entre six coll?s de parties prenantes au niveau mondial a consacr?ar ailleurs un instrument universel d'int?ation des dimensions du d?loppement durable, pour les organisations priv? et publiques. Les institutions publiques en France en ont fait peu d'usage et g?ralement m? l'ignorent21. Les rapports de d?loppement durable des entreprises sont progressivement devenus plus complets et constituent des outils de dialogue. Les « matrices de mat?alit? ont permis de hi?rchiser la multitude des enjeux du d?loppement durable. Les ODD apparaissent par ailleurs 22pour les grandes entreprises comme une opportunit?our dynamiser la politique de RSE. Au niveau des projets, l'?luation environnementale, comme son nom l'indique et au regard des textes qui la fondent, n'est pas transversale, m? si elle int?e cependant les enjeux sanitaires. Des approches de politiques publiques int?? existent partiellement (Programme national Sant?nvironnement, LTECV et pr?rit?nerg?que, ?nomie circulaire), mais les outils de mesure sont lacunaires (probl? de diagnostic territorial en sant?environnement par exemple). L'OCDE a d?lopp?n outil de mise en coh?nce : « policy coherence for sustainable development » (PCSD). Le Canada a ?lement mis au point un outil syst?que. En France, si les rapports sur la situation en mati? de d?loppement durable que doivent produire les collectivit?de plus de 50 000 habitants au titre du d?et d'application de la loi du 12 juillet 2010, peinent ?'affirmer, comme la mission l'a ?qu?lus haut, les agendas 21, ou des r?aux tels que celui des « Villes en transition », offrent un riche terreau aux r?ons qui cherchent ?aire des ODD leur nouvel outil territorial23. Les ODD en tant qu'outil syst?que de pilotage des politiques de moyen terme sont encore un sujet ?rgent. La mission recommande aux deux minist?s d'observer les outils syst?ques qui se mettent en place dans des r?ons pionni?s en mati? d'ODD, et d'en faire la synth? afin de stabiliser les concepts et de favoriser ensuite leur diffusion dans les territoires. Elle recommande ?lement une analyse comparative de ces outils dans quelques pays (Europe du Nord, Canada ...).
20
Review of targets for the Sustainable development goals, CSU et ISCC, 2015. Iso 26 000 d?loppe sept « questions centrales » : droits de l'homme, gouvernance de l'organisation, relations et conditions de travail, environnement, bonnes pratiques des affaires, questions relatives aux consommateurs et engagement soci?l ». Voir ?e sujet l'?de du cabinet B § L Evolution de septembre 2017 sur la mobilisation des entreprises fran?ses pour les ODD. Exemple de la R?on Aquitaine.
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4.2.3. La gestion int??des piliers du d?loppement durable demeure un d? en France et en Europe
Les ODD, r?aux de cibles, constituent donc un syst? op?tionnel pour piloter la complexit?Ils « s'appuient sur les engagements pr?demment pris, contribuent ?a mise en oeuvre int?ale des textes issus des grandes r?ions au sommet consacr? aux questions ?nomiques, sociales et environnementales (et qui) doivent tenir compte, de mani? ?ilibr? des trois volets du d?loppement durable et des liens qui existent entre eux ».24 La capacit?u syst? politique et administratif fran?s et europ? ?raiter le d?loppement durable reste cependant un d?. Dans l'anthropoc?, l'approche syst?que, qui placerait les limites de la biosph? au centre du syst?, se heurte encore ?'organisation institutionnelle, o?s niveaux de responsabilit?ont sectoriels, et ?a pr?minance du PIB pour orienter et ?luer les politiques publiques ?nomiques. La dimension sociale rel? de l'?at, des d?rtements et des communes. Les dimensions ?nomiques rel?nt de l'?at et de l'UE, des r?ons et des intercommunalit? Le mode d'?boration et le contenu de ce qui constitue le coeur des programmes adress?par les ?ats membres ?a Commission, les programmes nationaux de r?rme dans le cadre d'Europe 2020, montrent que les questions ?nomiques et sociales sont toujours au centre des mod?s sans int?er pleinement la dimension ?logique. Les programmes nationaux de r?rme (PNR) transmis ?a Commission dans le cadre du suivi de la strat?e Europe 2020 pour une croissance « intelligente, durable, et inclusive », sont en effet pilot?par le ministre en charge de l'?nomie. Le PNR adopt?n avril 2017 comporte un suivi des progr?dans la mise en oeuvre des objectifs UE 2020, selon trois volets: emploi et inclusion sociale ; ?cation, enseignement et Recherche et D?loppement ; transition ?rg?que. Le PNR incarne la politique fran?se et entend r?ndre ? d?s cl? en r?nse ?a strat?e 2020 : redresser les comptes publics, restaurer la comp?tivit?o?es entreprises; mettre en place un environnement des entreprises favorable ?'innovation et ?a productivit?am?orer le fonctionnement du march?u travail pour lutter contre le ch?e et promouvoir un emploi de qualit?renforcer la justice et l'inclusion sociales et redistribuer les fruits de la croissance 25. L'environnement appara?comme une dimension d?illante de ces documents, h?tiers au fond des sch?s du livre blanc pour la croissance et l'emploi de 1993. Il existe bien deux dispositifs en France qui prennent en compte le d?loppement durable et placent les limites de la plan? davantage au coeur des strat?es politiques, mais ce sont de simples rapports annuels d'information d?s?sur le bureau du Parlement : le rapport sur les indicateurs de richesse, remis dans le cadre de la loi Sas d? mentionn?(2015); le rapport annuel sur la SNTEDD, obligation pos?par la premi? loi Grenelle dans son article premier. Mais ces exercices sont fragiles, comme tend ?e montrer le fait que le rapport sur les indicateurs de richesse n'est ?e jour paru qu'une fois 26 , et ne disposent pas de moyens comparables ?'?blissement du PNR. Le m? d?quilibre existe au niveau europ? puisque l'ambition d'une nouvelle strat?e europ?ne de d?loppement durable a ?
24
Nations,A/Conf.216/L1*. Cf synth? du PNR 2017, Site du minist? des finances document/18/22401.pdf. Aux termes de la loi, un rapport est remis dans la deuxi? semaine d'octobre. Ce rapport a ? remis en 2016, il n'est pas paru ?e jour en 2017.
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abandonn?apr?l'adoption d'Europe 2020, l'argument invoqu?tant la pr?nce de la question ?rg?que dans le document Europe 2020, ce qui r?it de facto le pilier environnemental ?a transition ?rg?que. Force est de constater que la rar?ction des mati?s premi?s et autres d?s environnementaux majeurs ne sont pas au coeur du logiciel, ni des politiques ni des mod?s ?nomiques. Transformer notre mod? de croissance en une ?nomie durable n'est donc inscrit ni dans l'organisation institutionnelle fran?se et europ?ne, ni dans l'ordre comptable et sa pierre angulaire, le PIB, h?t?e la p?ode de la reconstruction d'apr?guerre. Les ODD reposent donc la question de la hi?rchie des « piliers ». Comme les indicateurs compl?ntaires au PIB, l'approche syst?que des ODD devrait jouer d'abord un r?de catalyseur des mutations, ??ut de transformer ?ourt terme le « logiciel » du mod? de d?loppement actuel.
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5. Les ODD relevant du MTES et du MCT : synth?s des analyses et tendances
Avec les outils et indicateurs disponibles ?e stade27, la mission a proc? ?'analyse des ?rts (« gap analysis ») de la France par rapport aux cibles des sept ODD relevant du MTES et du MCT (voir liste compl? des ODD et cibles en annexe 3), ?ravers sept fiches d?ill? qui figurent en annexe 4 du rapport, et synth?s? cidessous. Bien qu'h?rog?s dans leur probl?tique et leur structure, les ODD trait?r?lent n?moins des enjeux transversaux propres ?a France, qui constituent la valeur ajout?de la d?rche. En d?t de ces « angles morts », la France figure dans le peloton de t? des pays d?lopp?sur bon nombre des cibles examin?. Les recommandations ?ses en conclusion de chaque fiche de synth? ne constituent qu'une premi? esquisse d'actions ?r?niser, pour certaines issues d'?luations et de rapports sectoriels existants. La mission s'est efforc?surtout d'en d?ger les aspects transversaux, suite aux analyses conduites au regard des cibles des ODD.
5.1. ODD 6 : Garantir l'acc?de tous ?es services d'alimentation en eau et d'assainissement g?s de fa? durable 5.1.1. Des objectifs plus ambitieux pour l'eau que dans les OMD
L'objectif 7C des OMD visait ??ire de moiti?entre 2000 et 2015, le pourcentage de la population qui n'a pas acc?de fa? durable ?n approvisionnement en eau potable ni ?es services d'assainissement de base. L'agenda 2030 sur les ODD est beaucoup plus ambitieux, puisque l'objectif 6 est consacr?nti?ment ?a probl?tique de l'eau douce et de l'assainissement. Concernant l'eau potable, l'objectif des OMD a ? atteint, m? si les enjeux qualitatifs demeurent. Il n'en est pas de m? pour l'assainissement, puisqu'en 2015, 2,4 milliards de personnes utilisaient encore des services d'assainissement non am?or? dont 946 millions de personnes qui d?quent encore ?'air libre28.
5.1.2. Un objectif assez complet dans ses attendus
Les cibles de r?ltat de l'ODD 6 abordent l'ensemble des probl?tiques li? ?'eau : l'acc??'eau potable (6.1) et ?'assainissement (6.2), la qualit?e l'eau (6.3), l'utilisation de la ressource (6.4), la gestion int??de la ressource (6.5) et la gestion des zones humides (6.6), auxquelles s'ajoutent deux cibles concernant la coop?tion internationale (6.a) et la participation de la population locale (6.b). L'ODD 6 est par ailleurs en interconnexion avec de nombreux autres objectifs relatifs notamment ?a
27
La mission se r?re dans cette partie, ainsi que dans les analyses des ODD en annexe 4, au document suivant de l'Insee : Indicateurs pour le suivi des ODD, 2017. Il est disponible ?'adresse suivante : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2654964. Cf. rapport ONU de 2015 sur les OMD.
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pauvret?la faim, la sant?t les oc?s. Bien qu'ax?rincipalement sur la coop?tion au d?loppement, l'eau fait l'objet d'un nexus visant ?ravailler sur les interactions parfois conflictuelles entre l'utilisation de la ressource en eau pour la vie quotidienne, l'?rgie et l'alimentation. Ces tensions sont susceptibles de s'accro?e avec le changement climatique, qui r?ira la ressource tout en augmentant la demande d'irrigation.
5.1.3. Trajectoire de la France : les bons r?ltats obtenus ne doivent pas masquer des situations h?rog?s, voire contrast?
La politique de l'eau est ancienne en France et mobilise des moyens cons?ents permettant d'atteindre des objectifs satisfaisants en mati? d'acc??'eau potable, d'assainissement des eaux us? et de lutte contre les pollutions de toutes natures, m? si la situation reste critique pour les pollutions diffuses d'origine agricole. Les bons r?ltats obtenus par la France ne doivent pas masquer des situations h?rog?s, voire contrast?. Si l'Insee indique que 99% de la population est raccord??n approvisionnement public en eau potable, l'ONU note que seulement 93,3% de la population m?opolitaine utilise des services d'alimentation en eau potable g?s en toute s?rit?La diff?nce exc? les 3,3% de non qualit?ot?par l'Insee (eau non conforme au regard de la qualit?icrobiologique sur plus de 5% des analyses). Il serait utile de bien conna?e le 1% de la population qui n'est pas raccord??n r?au d'eau potable et qui repr?nte donc environ 650 000 habitants. L'acc??'eau potable et ?'assainissement d'une partie de la population pr?ire (SDF, migrants en situation ill?le, habitat informel...), estim??lusieurs centaines de milliers de personnes, demeure probl?tique, n'ayant pas un acc?direct ou permanent ?'eau potable et subissant des conditions d'hygi? tr?insuffisantes. Il n'y a ?'heure actuelle aucun programme global permettant d'y rem?er. Le fait d'?e raccord? un r?au d'alimentation ne signifie pas n?ssairement pouvoir b?ficier du service de mani? continue. Ainsi, dans certains d?rtements ultramarins, une partie significative de la population (estim??% en Guadeloupe), est victime de fr?entes coupures d'eau tout au long de l'ann? La question des Outre-mer ne doit cependant pas masquer celle des populations marginalis? sur l'ensemble des territoires de la R?blique et notamment en m?opole. Un plan d'actions pour les services d'eau et d'assainissement en Guadeloupe, Guyane, Martinique, La R?ion, Mayotte et Saint-Martin a ? annonc?our une dur?de dix ans. Un appel ?andidatures a ? lanc?ans chaque territoire concern?upr?des collectivit?retenues dans ce dispositif. La trajectoire para?ainsi trac? sous r?rve d'un bilan effectif de ces orientations, du moins pour les Drom 29. En revanche, la question reste enti? pour les collectivit?d'Outre-mer, ainsi que pour le grand cycle de l'eau.
29
Pour autant, le rapport de l'observatoire des services publics d'eau et assainissement paru en mai 2017 constate que la Guyane ne dispose d'aucun jeu de donn? exploitable, que ce soit en eau potable ou en assainissement.
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5.1.4. Perspectives et recommandations
La tarification sociale de l'eau conduit ?'interroger sur le prix de l'eau potable et de l'assainissement et sur la connaissance du co?u service. La France para?avoir bien cern?a question du co?bordable de l'eau, mais sans avoir pour l'instant mis en place les outils p?nnes n?ssaires ?a bonne prise en compte. Puisque la norme de 3% des revenus d'un m?ge consacr??a facture d'eau semble ?e admise, il pourrait ?e pertinent de conna?e le nombre de m?ges et son ?lution dans une telle situation sur le sol fran?s 30. Une proposition de loi a ? adopt?par l'Assembl?nationale visant ?r? une aide pr?ntive pour l'acc??'eau, vers?sous condition de ressources aux personnes qui ont des difficult???er leurs factures d'eau, ?'instar du ch?e ?rgie adopt?ar la loi du 17 ao?015. Ce texte est actuellement en discussion devant le S?t. L'am?oration de la qualit?e l'eau ressort directement des objectifs europ?s : directive-cadre sur l'eau (DCE), directive sur les eaux r?duaires urbaines et directive nitrates. Si les indicateurs ressortant du rapportage de la DCE montrent une am?oration globale de la qualit?es masses d'eau de surface et souterraine et si le taux de mise en conformit?e l'assainissement des agglom?tions de plus de 2000 ?ivalents habitants d?ssait 95% fin 2011, les objectifs assign?par la DCE risquent de ne pas ?e atteints pour l'ensemble des masses d'eau ?'??ce 2027. Il y a en France des nappes, ou des cours d'eau en ?age, surexploit?dont il conviendrait d'identifier les surexploitations et prendre des mesures correctrices, comme fixer des seuils de pr?vements, assurer leur respect, mettre en place les moyens de contr? de compensation et de sanction (?iscuter avec tous les types d'utilisateurs bassin par bassin). Il conviendrait de syst?tiser les objectifs quantitatifs (en commen?t par les masses d'eau critiques les plus importantes) dans le cadre d'une approche int??multi-usages assurant la compatibilit?es approches sectorielles avec les objectifs globaux. Pour ce faire, le d?loppement de syst?s « intelligents » pourrait ?e envisag?susceptibles de ventiler les volumes en fonction de l'?t r? des nappes et cours d'eau, et d'int?er des enjeux autres que celui de l'agriculture (?rgie, eau potable...) et le d?loppement de syst?s de cultures moins gourmands en eau et de vari?s plus r?stantes au stress hydrique. Un risque ?nc?ar le Plan national sant?nvironnement (PNSE 3) de pollutions des eaux par des micropolluants (nitrosamines, perchlorates, perfluor? etc.) conduit parfois ?es restrictions d'usage des captages d'eau destin??a consommation humaine ou de la consommation de produits issus de la p?e. Ceci s'explique par la quantit?e substances chimiques (environ 100 000) pr?ntes sur le march?ommunautaire et notre incapacit? surveiller syst?tiquement toutes ces substances dans l'environnement, pour des raisons techniques et ?nomiques. Des travaux de recherche restent ainsi ?ccomplir pour am?orer les connaissances li? ?a toxicit?es substances chimiques (r?dus de m?caments...). La France dispose d'une importante marge de progr?pour ce qui concerne les processus de participation des habitants. L'indicateur retenu par l'Insee, dont on pourrait interroger la pertinence, est celui de l'existence de Sch? d'am?gement et de gestion des eaux (SAGE) sans doute parce que leur ?boration r?lte d'un processus participatif au sein des commissions locales de l'eau (CLE). Leur couverture
30
La loi Brottes ayant interdit de proc?r ?es coupures d'eau pour impay? « le taux des impay?traditionnellement qui est habituellement de l'ordre de 0,6-0,7% a plus que doubl?n huit mois », a d?ar?. Fr?t lors de la pr?ntation des r?ltats annuels 2015 de Veolia (Le Parisien 25 f?ier 2016).
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du territoire est inf?eure ?0% du territoire, avec un ralentissement significatif au cours des 6 derni?s ann? (+9 entre 2010 et 2012 ; +2% entre 2012 et 2015). Aucun Sage n'existe ou est en pr?ration en Martinique, Guadeloupe, Guyane ou Mayotte. En revanche, les processus de participation des citoyens ?a gestion des services publics d'eau et d'assainissement au travers des Commissions consultatives des services publics locaux (CCSPL) a ? oubli?
5.2. ODD 7 : Garantir l'acc?de tous ?es services ?rg?ques fiables, durables et modernes ?n co?bordable 5.2.1. L'?rgie, enjeu majeur du d?loppement durable
L'ODD 7, qui ne figurait pas parmi les OMD, vise ?ccro?e de mani? significative l'acc??'?ctricit?la part des ?rgies renouvelables (EnR) dans le mix ?rg?que, ?'heure o?us de 80% de la consommation de la plan? reposent sur des ?rgies fossiles, et ?ultiplier par deux l'am?oration de l'efficacit?nerg?que. Ces enjeux constituent les trois cibles essentielles de l'ODD 7, qui est loin de couvrir tous les aspects des enjeux ?rg?ques. S'y ajoutent deux cibles, ?'intitul?eu pr?s, concernant la coop?tion internationale et l'aide au d?loppement dans ces trois domaines, par l'appui technologique ?a r?isation des infrastructures n?ssaires, ?'intention en particulier des pays les plus vuln?bles (Pays les moins avanc?PMA, ?ts insulaires). Pour un sujet aussi sensible et strat?que que l'?rgie, l'ODD 7 semble n'avoir retenu que des cibles faisant consensus dans l'Accord de Paris sur le climat en particulier, en ?tant les questions plus conflictuelles que sont la r?rtition des sources d'?rgie, l'organisation de leur march?t leur co?
5.2.2. Une structuration de l'ODD 7 minimale
· Il n'y a pas de cible concernant la r?ction de la pr?rit?nerg?que, alors que l'ODD ?que clairement la question du « co?bordable » de l'acc??'?rgie ; · Seul l'acc??'?ctricit?ait l'objet d'un indicateur, assez r?cteur, alors que l'acc??'?rgie recouvre des probl?tiques plus vastes : d?ndance aux ?rgies fossiles pour produire l'?ctricit?part de la production et d'importation d'?rgies fossiles, place de l'?rgie nucl?re, in?lit?d'acc??'?rgie, voire conflits li??'?rgie ; · L'interaction forte des cibles de l'ODD 7 avec l'ensemble des ODD relevant du d?loppement ?nomique et territorial durable ne fait l'objet d'aucune cible ou indicateur sp?fique.
5.2.3. Trajectoire de la France : des retards d? bien identifi?Concernant les objectifs en mati? d'?rgies renouvelables et d'efficacit?nerg?que, la France est en retard par rapport aux objectifs auxquels elle a souscrit au sein de l'Union europ?ne notamment. Le plan climat annonc?ar le ministre est
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destin? combler ces retards, et des mesures ont d'ores et d? ? prises dans ce but. Si l'acc??'?ctricit?ara?une ?dence en France, il reste qu'1% de la population est encore priv?e cet acc? en Guyane notamment, et pour les populations les plus pr?ires en outremer et en m?opole (sans abri, migrants sans papier...). La France a accru ses efforts en 2015, lors de la COP21, pour augmenter les moyens allou??'acc??'?rgie et aux ?rgies renouvelables dans le cadre de son aide publique au d?loppement (APD), ?'intention des pays africains les plus pauvres notamment. Mais la complexit?e la structure de notre APD ne rend pas ces efforts tr?lisibles.
5.2.4. Perspectives et recommandations
La loi relative ?a Transition Energ?que pour la Croissance Verte (TECV) de 2015, si elle ?it mise en oeuvre efficacement et rapidement, r?ndrait aux difficult?et retards point?par les r?ltats des indicateurs. Mais, comme le souligne notamment l'OCDE dans l'?t de l'environnement en France 2016, plusieurs probl?s devront ?e r?lus au pr?able, tels que : · Pr?ser et revoir la programmation pluriannuelle de l'?rgie (PPE) nationale pour la rendre plus coh?nte, plus r?isable, et plus concr? dans sa mise en oeuvre. Les EnR se d?lopperont difficilement sans r?ire la part du nucl?re et des ?rgies fossiles, comme inscrit dans la loi, dans le domaine de la production d'?ctricit?des transports et du b?ment. · Adopter une gouvernance de la politique ?rg?que plus d?ntralis?et adapt?aux sp?ficit?des territoires, en outremer en particulier, qui disposent d'une PPE propre, en allant vers la simplification et la clarification des ?elons administratifs. · Mieux d?nir et traiter la pr?rit?nerg?que, et pas seulement en all?ant la facture des plus d?nis, mais aussi par des actions d'information, de sensibilisation et d'accompagnement, adapt? aux territoires et aux populations concern?. En renfor?t ?lement les actions des bailleurs sociaux dans ce domaine. · Prendre l'initiative en faveur d'une politique ?rg?que europ?ne plus ambitieuse, plus coordonn? et plus coh?nte avec les objectifs de lutte contre le r?auffement climatique. Ces pr?nisations ne sont pas nouvelles et sont au coeur des d?ts actuels autour des politiques publiques de transition ?rg?que. Moins de plans et de feuilles de route, plus d'actions et de r?ltats concrets, permettrait sans doute de tendre plus rapidement vers les objectifs fix?
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5.3. ODD 11 : Faire en sorte que les villes et ?blissements humains soient ouverts ?ous, s? r?lients et durables 5.3.1. L'agenda 2030 donne ?blissements humains un r?majeur aux villes et aux
Il leur consacre en effet un objectif sp?fique, alors que Les OMD ne comportaient pas d'objectif d??ux villes. Seul le sujet des taudis ?it explicitement mentionn?OMD 7, cible 4 :« parvenir ?m?orer sensiblement, d'ici 2020, la vie d'au moins 100 millions d'habitants de bidonvilles ou de taudis »,) sujet repris par la premi? cible de l'ODD 11. Les deux tiers de l'humanit?abiteront en zone urbaine en 2050. Le rapport de l'Onu sur les ODD de juillet 2017 alerte sur l'expansion de l'espace urbain, plus rapide que la croissance d?graphique, et une de ses cons?ences, un nombre toujours accru de taudis31. La ville est au centre des enjeux de durabilit?Avec ses dix cibles et ses quinze indicateurs, cet objectif vise ?aire la ville autrement, pour la rendre s?et r?liente.
5.3.2. Un objectif transversal et strat?que qui marque « la reconnaissance que les villes font le lien avec tous les objectifs »32
La structuration de l'ODD en deux types de cibles, sectorielles et sur la gouvernance, permet de tracer des chemins de durabilit?de s?rit?t de r?lience pour des territoires et des populations dont l'urbanisation acc?r?accro?la vuln?bilit?L'ODD 11 recouvre les politiques sectorielles qui fabriquent et fa?nent la ville. Ces politiques sont abord? sous un prisme social, et la dimension de d?loppement est pr?ante en lien avec les ambitions des objectifs 1, 2, 3, 5 : acc?de tous, ?n co?bordable, ?es services de base, un logement d?nt, des transports publics, des espaces verts, patrimoine. La question de la s?rit?notamment pour les femmes et les enfants, renvoie ?'objectif de soci?s pacifiques (16). C'est la cible 11.6 qui r?me ce qu'on entend par ville durable en Europe : r?ire l'impact environnemental n?tif des villes, avec des indicateurs sur la qualit?e l'air, les d?ets, l'artificialisation des sols. La lecture doit s'articuler avec les autres ODD « plan? »: ODD 15, 7, 6, 9 (r?lience des infrastructures). Les b?ments « durables et r?lients » sont abord?quant ?ux dans l'ODD 11 sous l'angle de l'aide au d?loppement (11.C). Un des apports de cet objectif, au-del?'une dispersion apparente des sujets, est son approche de la r?lience trait?par d'importantes cibles sur la gouvernance : renforcer la planification urbaine, la gestion participative, les strat?es de r?lience (11.3, 11b), la solidarit?ntre territoires et l'inter-territorialit?11.a) ; r?ire le nombre de victimes de catastrophes (11.5). « Les villes sont les premi?s confront? ?'obligation d' inventer des solutions aux maux cr? par notre mod? de d?loppement »33.
31
Rapport sur les objectifs de d?loppement durable, ONU, juillet 2017. Le nombre de taudis approche le million. Habitat III, 2016. Contribution de la France au sommet Habitat III, Quito, 2016.
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Selon Habitat III, un tiers des 231 indicateurs retenus par la commission statistique de l'ONU peuvent ?e mesur??'?elle locale.
5.3.3. Trajectoire de la France : des difficult?d'acc?persistantes pour les plus d?nis
La France a d?lopp?es politiques de transports publics et de logement efficaces, qui ont cherch? ?diquer les taudis d?les ann? 60. Les politiques du patrimoine sont anciennes, celles d'acc??a nature plus r?ntes, la ville durable est ?'agenda. Pour autant, la France ne s'inscrit pas toujours dans une bonne trajectoire au regard des diff?ntes cibles : probl? de co?u logement, r?rgence des bidonvilles 34, des sans-abri, en lien avec les mouvements de population d'un monde en conflits. Si des bouquets de solutions de mobilit?mergent dans les territoires moins denses, la cible 11.2 r?terroge sur la lutte contre la vuln?bilit?i??a mobilit?et un suivi plus fin que celui que permet le seul nombre de p?m?es de transports urbains (PTU), indicateur national retenu ?e stade, serait n?ssaire pour ?luer les progr?en mati? d'accessibilit?sujet en lien avec le vieillissement d?graphique, ?a suite des sch?s directeurs d'accessibilit?qui visent l'accessibilit?ans la cha? de d?acement35. L'artificialisation des sols progresse plus vite en France que la d?graphie, le m? constat est fait au niveau mondial.
5.3.4. Perspectives et recommandations
Concevoir la ville ?'ombre des catastrophes : l'ODD 11 invite ?evisiter les politiques urbaines ?'aune de la r?lience et de la mise en capacit?es populations vuln?bles. A l'avenir, c'est moins la part de la population rurale qui va compter que les ?lutions au sein des diff?nts types de villes. avoir presque tout englob?l'urbain perd de sa valeur explicative. Les villes moyennes et les r?ons rurales qui ne sont pas dynamis? par une m?opole perdent du terrain. L'un des enjeux pour la France est de savoir si l'habitat va se densifier ou continuer ?'?ndre, ce qui consomme de l'espace et entra? le d?loppement de l'usage de la voiture. Plusieurs recommandations peuvent ?e formul? : · Compl?r les indicateurs nationaux, y compris en fournissant des indicateurs de qualit?pour r?ndre ?a dimension sociale et soci?le de l'ODD 11, et permettre d'affiner son suivi : nombre de taudis et sans abri ; besoin d'indicateurs plus fins que le PTU sur la qualit?e la desserte en transports publics, sur la gestion participative (que ne couvre pas les SCOT), sur le patrimoine naturel (absence d'indicateur), sur les victimes des catastrophes (ce qui diff? du nombre de catastrophes), sur l'occupation de l'espace public. · Aborder de fa? syst?que la politique du logement et des transports est un objectif ?enouveler, ?'aune de l'approche syst?que des ODD. Une des alertes porte sur le co?u logement, frein ?a mobilit?t ?'emploi, facteur d'exclusion sociale et de s??tion spatiale, et d'artificialisation des sols.
34
571 bidonvilles en France, DIHAL, octobre 2017 Ordonnance de septembre 2014
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· Progresser sur les strat?es de r?lience. Prendre en compte les diff?nts types de population dans les strat?es de gestion des risques. Saisir la r?rme territoriale, qui offre aux r?ons la perspective d'accro?e leurs capacit??tre les ensembliers de politiques coh?ntes. · Cette appropriation renvoie aussi ?es indicateurs territoriaux refl?nt la vision de leur territoire avec et par les habitants 36 . Des outils et des indicateurs territoriaux de r?lience sont ?onstruire, adapt??a diversit?es territoires (mer, montagne, villes moyennes en d?ise, outremer...), dans un objectif de coh?on territoriale, s'appuyant sur les agendas 21, le PNACC. Les deux minist?s pourraient ?e force de proposition sur la base des travaux existants du Cerema et de chercheurs37. Ces indicateurs devraient traverser l'ensemble des objectifs : indicateurs de d?ndance aux flux de mati?s, d'?rgie, flux ?nomiques et de population ; indicateurs sur les infrastructures et les sols ; indicateurs de savoir faire, de formation, de capabilit? indicateurs de confiance dans ses voisins etc, ?'image des villes en transition. Il est indispensable d'enrichir les indicateurs de suivi pour toutes les cibles d'indicateurs sur l'Outremer. L'enjeu est de reconstruire une ?nomie locale vigoureuse, de retrouver un certain niveau de relocalisation avec les qualifications n?ssaires, pour rendre soutenables les activit?de production d'?rgie, d'alimentation, de biens et services pour tous, gr? ?'?nomie circulaire38, les circuits courts, en un mot de b?r une ?logie urbaine. · Promouvoir au titre des outils la norme ISO 37101 : l'organisation internationale de normalisation (ISO) a ?bor?ne norme de management des projets ISO 37101 relative au « d?loppement durable et intelligent des communaut?», approuv?par 57 pays. Cette norme publi?en d?mbre 2016 conna?une diffusion rapide notamment en Chine. Elle a ? initi?par la France qui continue ?a porter avec des d?inaisons techniques adapt? ?iff?ntes typologies de territoires.
5.4. ODD 12 : ?ablir des modes de consommation et de production durables 5.4.1. Un ODD tr?transversal, qui renvoie ?a transition vers une ?nomie
verte L'objectif 7 des OMD visait ? assurer un environnement humain durable ». La premi? cible avait pour ambition d' « int?er les principes du d?loppement durable dans les politiques et les programmes nationaux et inverser la tendance actuelle ?a d?rdition des ressources naturelles ».Les autres cibles visaient la ressource en eau et les pertes de biodiversit?sujets d?oy?par l'agenda 2030 dans des ODD ?art enti?.
36
Int?er les travaux de l'Ocde et de la France sur le bien-?e territorial, l'apport des indicateurs de richesse (Loi Sas). Les contrats territoriaux pourraient ?e ces outils syst?ques.
Cf travaux de Luc Semal sur les villes en transition. urbanisme et ?nomie circulaire : adopter la bonne ?elle strat?que pour int?er la gestion des ressources , agir sur le fonctionnement m?bolique des territoires, cf travaux de l'Ademe.
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Cet ODD est centr?ur le d? de la rar?ction des mati?s, un des quatre d?s majeurs de la SNTEDD qui l'aborde dans son axe sur l'?nomie circulaire. Le d? est immense au plan global. Durant la premi? d?nnie de ce si?e, la quantit?e mati?s premi?s extraites pour satisfaire la demande de consommation finale a augment?e 20%, passant de 8,1 tonnes par habitant en 2000 ?0,1 tonnes en 2010. L'Asie, l'Europe et les ?ats-Unis sont les r?ons qui ont contribu? la grande partie de cette empreinte mat?elle39. Aussi l'ODD 12 s'ouvre-t-il sur une cible qui rappelle l'action internationale en marche dans ce domaine, le « cadre d?nnal de programmation concernant les modes de consommation et de production durables », au sein duquel la France est active40.
5.4.2. Les cibles tracent des chemins de transition vers une gestion efficace
des ressources, en impliquant tous les acteurs Riche d'une quinzaine de cibles, cet objectif est li?ux autres objectifs « Plan? ». L'?ilibre de la biosph? suppose d'assurer des modes de production et de consommation respectueux de l'eau, de l'?rgie, des sols, d'assurer la transition vers une soci? bas. Il est aussi li?ux autres objectifs, notamment 1, 5, 8, 9, 11, 17. L'ODD 12 comporte deux axes strat?ques : Le premier concerne les deux enjeux majeurs de la r?ction de l'empreinte mat?elle par unit?e PIB (12.2) et des d?ets. Les deux sont li? la pr?ntion, r?ction et recyclage de ces derniers r?isent l'empreinte. Le sujet renvoie en Europe et en France ?'?-industrie et l'essor des fili?s vertes, ?'?nomie du recyclage et de la fonctionnalit?Plusieurs cibles dot? d'indicateurs onusiens souvent chiffr?et exigeants traitent de la question des d?ets (12.3, 12, 4, 12,5). La volont?e r?ire de moiti?e gaspillage alimentaire marque le lien avec les objectifs de lutte contre la faim (ODD2) et contre la pauvret?1), bonne sant?t bien ?e (3), bonne gestion de la ressource en eau (6)... Le second axe vise ?rrimer l'ensemble des parties prenantes ?es chemins de transition : responsabilisation des entreprises (12.6),des collectivit?locales pour des pratiques durables de march?publics (12.7); et de tous par l'?cation en visant « le degr?'int?ation de l'?cation ?a citoyennet?ondiale », selon les termes de l'indicateur onusien (12.7), ce qui recouvre un enjeu d?cratique. Un secteur fait l'objet d'une cible ?ui seul, le tourisme durable, qui est li?ux ODD environnementaux mais aussi aux objectifs d'emploi et de travail d?nt (8), de la possibilit?e circuler dans un monde en paix (15), d'un d?loppement territorial et urbain respectueux des patrimoines culturel et naturel (11). L'objectif de r?ction des subventions aux combustibles fossiles fait l'objet de la derni? cible.
5.4.3. Trajectoire de la France : des r?ltats contrast?L'indicateur-cl?la consommation int?eure de mati?s, est aussi celui de la SNTEDD. Il permet de suivre la ressource, et la « productivit?ati?s », d?nie comme la richesse ?nomique produite par unit?e mati?s consomm? La LTECV place la France dans une trajectoire vertueuse pour la consommation de mati?s, en
39
Rapport de l'ONU sur les ODD, juillet 2017. Cf annexe sur cet ODD.
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pr?yant une diminution de sa consommation de mati?s par habitant. La productivit?es ressources a augment?e 31% entre 2000 et 2012. Cependant, si l'on inclut les flux cach?li?aux mati?s consomm? ?'?anger pour fabriquer des biens import?consomm?en France, la consommation de mati?s est deux fois plus ?v? S'agissant des d?ets alimentaires, les strat?es adopt? inscrivent la France dans la bonne trajectoire et montrent la volont?olitique sur ce sujet, mais l'enjeu est immense et le manque d'indicateur ne permet pas ?e stade d'appr?er si l'objectif de passer en France de 152 kg de d?ets alimentaires par habitant ?6 kg d'ici 2030 est atteignable. L'enjeu de la gestion des d?ets chimiques reste fort. L'objectif de diminuer de 50% la consommation de produits phytosanitaires comme pr? par le plan Ecophyto de 2008 ne pouvait pas ?e atteint. Le nombre de dose-unit?par hectare a augment?e 29% entre 2008 ?01441. La pr?nce de pesticides dans les cours d'eau est pr?cupante. La mise en oeuvre du plan Ecophyto 2 approuv?n 2015 repose sur les certificats d'?nomie de produits phytopharmaceutiques (CEPP). Le taux de valorisation des d?ets municipaux est inf?eur ?elui de la moyenne europ?ne (39% versus 43% dans l'UE en 2014) ; l'?lution de ce taux ralentit depuis 2000, tandis que l'Allemagne, la Belgique et l'Autriche obtiennent les meilleurs scores. Il n'est pas certain que la cible europ?ne de recyclage de 38% des d?ets m?gers soit atteinte. La part des d?ets non min?ux mis en d?arge dans les DOM doit ?e r?ite. La commande publique durable est mal suivie, en l'absence d'indicateur d??et semble ne pas d?ller. Les d?nses fiscales d?vorables ?'environnement sont « presque trois fois plus co?ses pour le budget de l'?at que celles favorables ?'environnement »42.
5.4.4. Perspectives et recommandations
L'analyse de la trajectoire de la France au regard de cet objectif offre un bilan contrast?De nombreuses initiatives vont dans le bon sens, mais les r?ltats sont souvent mitig? si l'on compare la France aux pays europ?s les plus performants. Ainsi, la France est dans les leaders europ?s de l'?-innovation, mais moins de 7% des march?publics comportaient une clause environnementale en 2013. Pour arriver ?ne ?nomie moins d?ndante des ressources non renouvelables et transformer les modes de production et de consommation, plusieurs recommandations peuvent ?e formul? : · Acc?rer la tarification incitative de la gestion des d?ets municipaux. · Cr? un dispositif de suivi des d?ets alimentaires, avec un indicateur de moyens. · Poursuivre la promotion de l'?-innovation, de l'?nomie circulaire, de l'?nomie de la fonctionnalit?pour changer de paradigme. · D?lopper les march?publics responsables, combler le manque d'indicateurs.
41
Source : examens environnementaux de l'OCDE , France, 2016. Fiscalit?nvironnementale, un ?t des lieux, CGDD, Thema, f?ier 2017, page 11.
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· Suivre, de m?, le tourisme durable avec des indicateurs de qualit?our changer d'?elle dans son d?loppement. · Acc?rer la r?ction de l'usage des pesticides et des substances chimiques, par une rupture dans la trajectoire. · Valoriser l'?nomie sociale et solidaire et les initiatives locales fond? sur un mod? d'?nomie ?logique et sur la sobri?. · Valoriser les modes de vie sobres pour r?ire les flux cach?de l'empreinte mati? de la France. · Augmenter le poids de la fiscalit?cologique. · Mieux int?er l'?nomie ?logique et les indicateurs hors PIB dans les mod?s ?nomiques et comptables nationaux.
5.5. ODD 13 : Prendre d'urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs r?rcussions 5.5.1. La lutte contre les changements climatiques fait d?rmais partie int?ante de l'Agenda 2030 ...
... apr?un long d?t sur la n?ssit?e retenir cet objectif, dans la mesure o?action climatique fait d? l'objet d'une convention internationale (la CCNUCC) et de conf?nces annuelles des parties. La proximit?in 2015 des deux ?nements de l'AGNU sur les ODD et de la COP 21 a sans doute favoris?'int?ation d'un ODD climat, mais a minima, dans l'agenda 2030. Ainsi, les cinq cibles de cet objectif 13 visent davantage la gestion des risques, l'adaptation au changement climatique, les strat?es nationales, l'?cation et la sensibilisation des populations, l'appui aux pays en d?loppement (PED) et en particulier l'abondement des 100 milliards de dollars promis ?'horizon 2020, que des objectifs en mati? de r?ction d'?ssions de gaz ?ffet de serre par exemple. Si la France pouvait s'estimer moins vuln?ble que d'autres aux impacts du r?auffement climatique, le passage de l'ouragan Irma dans les Antilles fran?ses aura montr?'il en ?it besoin la n?ssit?e renforcer les politiques de pr?ntion des risques et d'adaptation, en particulier dans les territoires littoraux, en outremer notamment.
5.5.2. Les cibles de cet ODD sont en nombre limit?..
... par rapport aux autres, l'essentiel des enjeux ?nt trait? travers les travaux et n?ciations de la CCNUCC. Les trois indicateurs de l'ONU pour la cible 13.1 concernent le nombre de victimes des catastrophes naturelles, les plans de r?ction des risques conform?nt au cadre de Senda?2015-2030), et la proportion d'administrations locales ayant adopt?n plan de r?ction des risques. La France a retenu deux indicateurs : le nombre d'?nements naturels tr?graves, ayant entra? plus de 10 morts, ou plus de 30 millions d'euros de dommages
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mat?els, et la prise en compte des zones ?isque dans les documents d'urbanisme, ?ravers le nombre de plans de pr?ntion des risques d'inondation (PPRi) uniquement. Ils sont clairement insuffisants pour d?ire ?a fois les impacts des ?nements m?orologiques extr?s sur le territoire fran?s (y compris les outremer), et les outils dont dispose la France pour pr?nir ces risques et y faire face. L'indicateur pour la cible 13.2 vise l'existence « d'un plan d'adaptation, d'une contribution d?rmin?au niveau national, d'une communication nationale et d'un rapport biennal actualis?. Dans le cadre de ses obligations europ?nes, la France a ?bor?ne strat?e nationale bas carbone (SNBC) adopt?en 2015. La loi TECV renforce encore l'arsenal l?slatif dont dispose la France pour r?ire ses ?ssions de gaz ?ffet de serre. travers son rapport biennal ?'UE et ?a CCNUCC, et ses indicateurs de suivi de la SNBC, la France dispose donc des outils de reporting et de « transparence » n?ssaires. La situation est diff?nte concernant l'adaptation au changement climatique. En effet, le premier plan national d'adaptation au changement climatique, adopt?our la p?ode 2011-2015, ?'ambition modeste, va ?e rehauss?ar un second, plus ?bor?qui sera pr?nt?in 2017. Le PNACC 2 propose six axes d'actions (gouvernance, connaissance et information, pr?ntion et r?lience, fili?s ?nomiques, nature et milieux, international), ?bor? suite ?n long travail de concertation avec les parties prenantes. Il reste que ces plans, dot?d'indicateurs de suivi, ne garantissent pas que les mesures pr?nis? seront effectivement mises en oeuvre ?ourt terme, l'urgence ?nt sp?fi?dans l'intitul?e l'ODD. La Cible 13.3 vise ?'am?oration de l'?cation, la formation et la sensibilisation du public sur le changement climatique, et le renforcement des capacit?institutionnelles. L?ncore les deux indicateurs retenus par l'ONU concernent le nombre de pays ayant initi?ne telle politique, ce qui ne dit rien du contenu de cette politique ni de son r?ltat. La France a beaucoup progress?ur ce plan, notamment lors de la pr?ration et de l'organisation de la COP 21, qui a mobilis?ortement le minist? de l'?cation nationale, de l'enseignement sup?eur et de la recherche, et tous les r?aux d'?cation populaire. Enfin les cibles 13 a et 13 b concernent l'aide publique au d?loppement fournie, en particulier aux pays les moins avanc?et insulaires, pour venir en appui des politiques d'att?ation et d'adaptation aux changements climatiques. La France a d?lopp?ortement sa politique dans ce domaine, mais il est difficile n?moins d'avoir une vision claire et pr?se des objectifs fix?et des moyens mobilis? L'Agence fran?se de d?loppement (AFD) a en revanche mis au point des grilles d'analyse des projets qu'elle soutient, au regard de l'ODD 13, particuli?ment performantes. Le Minist? de l'Europe et des Affaires ?ang?s (MEAE) a entrepris en septembre 2017 de mettre au point une m?odologie pour identifier de fa? plus lisible les engagements de la France dans ce domaine. Ce travail est en cours.
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5.5.3. Trajectoire de la France : des manques malgr?n niveau d'exigence relativement peu ?v?our la France
La France s'est en effet dot?de strat?es et de plans tr?complets, de nature ??ire ses ?ssions de gaz ?ffet de serre, et plus r?mment, ?'adapter au changement climatique. Elle a par ailleurs renforc?ur son territoire les obligations en mati? de plans de pr?ntion des risques naturels et d'inondations. Cela suffirait donc en th?ie ?a mettre en conformit?vec les cibles de l'ODD 13. Mais plusieurs faiblesses peuvent ?e mises en ?dence : · la prise en compte tardive de l'importance de l'adaptation au changement climatique, et de la n?ssit?'y consacrer des moyens ; · le retard pris sur les objectifs en mati? d'?rgies renouvelables et d'efficacit?nerg?que (voir fiche ODD 7), bien identifi?ar ailleurs ; · une politique de communication et d'information de grande ampleur ?estination du grand public sur les enjeux du changement climatique et les actions conduites ou ?ener reste ?ettre en oeuvre ; · les indicateurs concernant l'aide publique au d?loppement ne sont pas encore renseign? m? si de nombreuses donn? ?rses existent ; · la situation des territoires d'outremer, tr?vuln?bles par rapport aux impacts du r?auffement climatique, m?teraient une attention particuli? et une politique plus ambitieuse.
5.5.4. Perspectives et recommandations
L'ODD 7 et l'ODD 13 sont ?oitement li?et devraient ?e trait?de fa? transversale. Plus globalement, si on ne peut que se r?uir que l'enjeu climatique ait pris en France une place importante dans l'action et le d?t publics, ?'occasion de la COP 21 notamment, il pourrait ?e mieux int?? une politique de d?loppement durable coh?nte concernant tous les domaines d'activit?Les cibles de l'ODD 13 portent sp?fiquement sur des secteurs, adaptation, sensibilisation et formation, renforcement de capacit? qui n'ont pas fait l'objet en France d'un investissement aussi important que ceux de la transition ?rg?que, de l'innovation technologique ou de la finance verte. C'est le m?te de cet ODD, qui peut sembler modeste par rapport aux pr?gatives et aux actions de la CCNUCC, de mettre ces aspects importants en valeur. Par ailleurs, les actions pr?es par le PNACC2 renvoient ?es cibles pr?ses d'autres ODD, comme le montre le sch? ci-dessous, et leur mise oeuvre n?ssitera donc une mobilisation transversale ?lusieurs minist?s. La question de l'adaptation au changement climatique constitue par essence une question multidimensionnelle.
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Carte synth?que des actions inscrites au PNACC2 avec cibles ODD correspondantes Source MTES
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5.6. ODD 14 : Conserver et exploiter de mani? durable les oc?s, les mers et les ressources marines aux fins du d?loppement durable 5.6.1. Une int?ation r?nte des oc?s dans le calendrier international
Les oc?s n'avaient pas ? pris en compte dans le cadre des OMD. L'oc? a compl?ment int??e calendrier international. En 2015, l'agenda ODD 2030 et l'accord de Paris pour le climat lui ont reconnu un r?central. En juin 2017, la premi? conf?nce mondiale sur les oc?s s'est termin?sur un appel « ?'action » de l'Onu qui demande ?a communaut?nternationale de s'engager pour la pr?rvation des oc?s. Les ODD affirment les enjeux primordiaux des oc?s pour l'ensemble de la plan? et tr?directement pour les petits ?ts insulaires en d?loppement (PEID).
5.6.2. Un manque de donn? fiables sur bon nombre de cibles, qui d?ssent le cadre national
L'ODD 14 est d?in?n sept cibles de r?ltat et trois cibles de moyens. Le probl? rencontr?st celui de la raret?es donn? fiables. Seuls deux des dix indicateurs ONU sont classifi?en « tier1 » correspondant ?n « indicateur conceptuellement clair, avec une m?odologie ?blie et standardis??'international et des donn? r?li?ment produites par la plupart des pays ». Tous les autres sont en « tier 3 » : « indicateur pour lesquels il n'y a pas de m?odologie standardis?ou dont la m?odologie est en train d'?e test?ou ?bor? ». Les seules donn? nationales fiables permettant de renseigner les indicateurs ONU se rapportent aux aires marines prot?es. Contrairement aux programmes mis en place en Europe au profit de la qualit?u milieu marin, le programme ODD 2030 concerne l'ensemble des Outre-mer nationales. Certaines cibles se r?rent ?es conventions ant?eures, notamment la convention d'A?i. Beaucoup de politiques vis? sont mises en oeuvre via les conventions de mers r?onales. La France est concern?par les quatre conventions existantes : Ospar (Nord-Est Atlantique), Barcelone (M?terran?, Noum?(Pacifique) et Antarctique. La r?it?arine s'affranchissant des fronti?s institutionnelles, beaucoup de donn? se r?rent aux observations effectu? dans le cadre des mers r?onales. La plupart des politiques mises en oeuvre rel?nt de conventions internationales et de directives europ?nes que la France s'est engag??especter ?ettre en oeuvre, mais dont peu rel?nt de sa responsabilit?irecte.
5.6.3. Trajectoire de formellement
la
France :
des
objectifs
largement
remplis
Il ne fait pas de doute que la France remplit largement ses objectifs internationaux sur le plan formel. Il faut cependant assurer maintenant une gestion efficace des sites. Si la moiti?es aires marines prot?es fran?ses cr?s depuis plus de plus de trois ans disposaient d'un plan de gestion en 2016, peu d'entre elles b?ficiaient d'un dispositif complet de gestion et d'?luation43.
43
Source site web de l'AAMP : « L'Agence des aires marines prot?es et les parcs naturels marins : 10 ans d? ! » 14/04/2016.
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La France s'est donn?pour objectif d'?borer des plans d'action afin de prot?r 75% des r?fs coralliens d'ici 2021 et 55 000 hectares de mangroves d'ici 2020 dans ses d?rtements et territoires d'Outre-mer. La cr?ion du parc marin de la Mer de Corail permet ?ui seul quasiment de r?ndre ?et engagement. La mise sous protection juridique ne signifie pas pour autant protection naturelle, ceci d'autant plus que des moyens plus cons?ents consacr??a gestion des parcs marins, dont celui de la Mer de Corail, restent ?obiliser44.
5.6.4. Perspectives et recommandations
Les politiques relatives au milieu marin sont relativement r?ntes, la plupart ayant ? initi? au cours des ann? 2000. Un retard important a ? pris en mati? de connaissance scientifique, y compris concernant les ressources halieutiques. Les directives communautaires, notamment celle relative ?a strat?e des milieux marins (DCSMM) commencent seulement ?tre mises en oeuvre de mani? op?tionnelle. Bien que datant de 2008, la DCSMM n'a ? transcrite en droit fran?s qu'en 2010. Plusieurs politiques nationales essentielles pour la mise en oeuvre de l'ODD 14 ?appent d?rmais au minist? de la transition ?logique et solidaire, c'est le cas notamment de la p?e et en grande partie de la recherche oc?ographique. Les cibles concernant le minist? se rapportent principalement aux d?rches de protection et d'?t du milieu, ces derni?s ?nt mises en oeuvre pour beaucoup dans le cadre de la DCSMM. Il est difficile d'?luer si les trajectoires d'action mises en place permettront d'atteindre les r?ltats escompt? mais les ?pes franchies au niveau national pour la mise en place des plans d'action pour le milieu marin (PAMM) et les documents strat?ques de fa?e, vont clairement dans la bonne direction. Pour ce qui concerne les syst?s de protection juridique du milieu marin, la France est largement au-del?es engagements de 10% pris ??i et repris dans le cadre de l'ODD 14. Gr? ?eux immenses aires marines prot?es (Mer de Corail et Clipperton), elle d?sse m? l'engagement de 20% de la zone ?nomique exclusive (ZEE) pris unilat?lement. Engagement juridique ne signifie cependant protection effective que d?lors que les moyens humains, techniques et financiers sont mobilis?de mani? suffisante. Certains rapports r?nts du CGEDD ont pu constater que ce n'?it pas encore le cas ces derniers mois.
5.7. ODD 15 : Pr?rver et restaurer les ?syst?s terrestres ...
... en veillant ?es exploiter de fa? durable, g?r durablement les for?, lutter contre la d?rtification, enrayer et inverser le processus de d?adation des terres et mettre fin ?`appauvrissement de la biodiversit?
44
Cf. Audit de l'Agence des aires marines prot?es. CGEDD septembre 2016.
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5.7.1. L'ODD 15 prend sa source dans le septi? Objectif du Mill?ire, «Pr?rver l'environnement»
L'OMD 7 A visait ? inverser la tendance actuelle de d?rdition des ressources environnementales », reconnaissant que les for? sont des moyens de subsistance pour les personnes pauvres ; l'OMD 7B tendait ? r?ire la perte de la biodiversit?t atteindre, d'ici ?010, une diminution significative du taux de perte ». Cet objectif est en interaction avec les autres ODD, le rapport de l'ONU sur les ODD de juillet 2017 r?firme sa dimension sociale : « Des ?syst?s sains procurent ?outes les populations de multiples avantages : de l'air propre, de l'eau, de la nourriture, des mat?aux et des m?caments ». La protection et la valorisation de la biodiversit??ssitent l'essor des m?ers verts et des emplois induits (cf. ODD8). La France est un des 18 pays « m?divers »45 du monde et l'un des dix pays abritant le plus grand nombre d'esp?s menac?. Elle n'a pas atteint l'objectif assign?ar la Convention sur le diversit?iologique (CDB) de r?ire la perte de biodiversit?'ici 2010. La richesse et les potentialit?de sa biodiversit?utremer sont encore ?nventorier, prot?r, valoriser.
5.7.2. Un ODD cal?ur les engagements d'Aichi
L'approche nationale ne recoupe pas pleinement les 12 cibles et les 14 indicateurs de l'ODD 15, un des ODD « plan? » les plus fournis. L'ODD 15 est h?rog?, ?a fois au-del?t en de?des priorit?affich? par la France en mati? de lutte contre la perte de biodiversit?'ici 2010. Apr?une cible initiale de port?g?rale (15.1), les autres cibles d?inent diff?ntes th?tiques46, que l'on ne retrouve pas toutes dans les cinq indicateurs de suivi de la SNTEDD et r?proquement. Trois th?tiques de l'ODD 15 sont bien d?in? au plan national : la d?adation des sols (taux d'artificialisation des sols 15.3), pr?nt aussi dans l'ODD 11 sur les villes ; la proportion d'esp?s ?intes ou menac? dans les listes rouges (15.7) ; l'?t de conservation des habitats naturels, mesur? la fois par la proportion de sites prot?s et par l'effort de conservation. Mais deux sujets essentiels, indicateurs de la SNTEDD, ne figurent pas dans l'ODD 15 : l'?lution des populations d'oiseaux communs et la consommation de produits phytosanitaires. On pourrait aussi mentionner les indicateurs indirects li??'objectif sur la finance verte, la recherche, les impacts des ?activit? qui figurent dans la strat?e nationale au titre du suivi de la biodiversit? l'inverse, plusieurs cibles de l'ODD ne sont pas assorties au niveau national, en l'?t actuel des documents fournis par l'Insee, d'indicateurs qui en permettraient le suivi : progr?vers la gestion durable des for?; indice de couvert v?tal des montagnes ; suivi de l'acc?au partage des avantages (cible 15-6 47); suivi des progr?vers
45
Un pays est qualifi?e m?divers s'il abrite au moins 1% des esp?s de plantes vasculaires end?ques du monde. La Nouvelle-Cal?nie explique en grande partie cette classification de la France. Les th?tiques : les for? 15.2, les terres et sols d?ad?(15.3), les sites montagneux (15.4), les esp?s menac? d'extinction (15.5), l'acc?au partage des avantages (15.6), le braconnage et le trafic d'esp?s (15.7). Les autres cibles concernent la gouvernance (quelle planification pour la protection des ?syt?s, 15.9) et les moyens allou?( 15.a, 15b, 15c), notamment ?'international. L'acc?au partage des avantages est encore ?onstruire en Outre-mer, notamment en Guyane.
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l'objectif 2 d'Aichi, cible relative ?'int?ation de la protection des ?syst?s dans les strat?es de r?ction de la pauvret?t dans la comptabilit?15.9) 48 ; trafic de flore sauvage (cible 15.7, indicateur onusien 15.7.1); lutte contre les esp?s exotiques envahissantes (15.8). Ce manque d'indicateurs pour un suivi national m?te d'?e soulign?Enfin, la tr?grande majorit?es indicateurs nationaux, ne couvrent pas l'outremer, alors que la richesse de la biodiversit? dans ces territoires conf? ?a France une grande responsabilit?
5.7.3. La trajectoire n'est pas assur?pour toutes les cibles, mais trois chantiers ont ? lanc?0
Compte tenu du relatif d?lage entre l'approche onusienne et l'approche nationale expos?u paragraphe pr?dent, l'appr?ation de la trajectoire de la France au regard de l'ODD 15 n'est pas chose ais? Cependant cette trajectoire de la France n'est pas assur?pour la majorit?es cibles. Certes des points positifs existent, du c?de la gouvernance. La strat?e nationale de la biodiversit?SNB) a d?in?es 20 objectifs d'A?i d?2004. La loi pour la reconqu? de la biodiversit?de la nature et des paysages du 20 juillet 2016 a marqu?n changement de gouvernance avec la cr?ion d'une agence d??(sans moyens nouveaux) et celle, en cours, d'agences r?onales de la biodiversit?A l'international, la France a d?lopp?n leadership en quasi triplant son aide publique au d?loppement en mati? de biodiversit?t en soutenant la plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversit?t les services ?syst?ques. La superficie des aires prot?es augmente, la France a atteint les objectifs de la Convention sur la diversit?iologique (CDB) de prot?r au moins 17% de sa superficie terrestre d'ici 2020. Gr? ?es dispositifs qui restent ?endre plus performants, comme les plans nationaux d'action, des progr?ont ? obtenus sur quelques esp?s cibl?, tels que les vautours. Le renforcement du volet compensation de la s?ence Eviter-r?ire-compenser (ERC) est une des avanc? les plus notables. Mais les points faibles rendent la situation critique. Les milieux naturels sont sous pression en raison de l'artificialisation continue du territoire. Les esp?s exotiques envahissantes menacent la biodiversit?. En m?opole, trois quarts des habitats d'int?t communautaire52 sont en ?t d?vorable, prairies, zones humides, milieux littoraux sont les touch? Le taux d'esp?s menac? est ?v?une esp? sur cinq est menac?en m?opole ; en outremer, jusqu'?0% des oiseaux sont menac?ou
48
Cf recommandation formul?en lien ?ropos de l'ODD 12. Les Com abritent 96% de la faune vert??et 97% des plantes vasculaires sp?fiques ?a France, la Guyane abrite une for?primaire. Trois grands chantiers en faveur de la reconqu? de la biodiversit?nt ? annonc?par le ministre fin octobre2017 : la mise en place du dispositif "Territoires engag?pour la biodiversit?qui vise ?romouvoir ?'?elle du territoire des actions exemplaires en faveur de la reconqu? de la biodiversit?Ce dispositif sera pr?r?n lien ?oit avec les r?ons pour sa mise en oeuvre qui mobilisera prioritairement les agences r?onales de la biodiversit? Six de ces agences sont en phase de pr?guration. Un budget participatif pour la biodiversit?t le climat visant ?outenir les citoyens dans "le d?loppement de projets exemplaires et qui auront vocation ?tre reproduits"sera lanc?Enfin, la France est candidate ?'accueil en 2020 du Congr?mondial de la nature de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), pour mobiliser et sensibiliser la population ?es enjeux. Une des premi?s causes d'?sion de la diversit?iologique au niveau mondial selon l'Uicn, effet notamment du changement climatique. Vis??'annexe 1 de la Directive habitats-faune-flore 92/43/CE).
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ont disparu. Et la SNB ne comporte pas d'objectifs chiffr?ni de plan d'actions avec des moyens identifi?pour les atteindre...
5.7.4. Perspectives et recommandations53
· Permettre le suivi des cibles cit? en 5.7.3 qui ne font pas l'objet d'indicateurs, par des indicateurs ou des ?luations appropri?, notamment gestion durable de la for? trafic d'esp?s v?tales, acc?au partage des avantages. · D?lopper une approche syst?que et interminist?elle de la biodiversit?· Am?orer la connaissance, le niveau de connaissance actuel ne permettant pas d'obtenir une image exhaustive de l'?t de la biodiversit?ran?se (donn? dispers?, h?rog?s). · Fixer des indicateurs de suivi et de moyens pour l'outremer. · Poursuivre les mesures agro-environnementales territorialis? et changer d'?elle pour le soutien ?'agriculture biologique. · Op?r une rupture de trajectoire dans l'utilisation des pesticides agricoles pour r?ire la pression qui s'exerce sur certaines esp?s. · R?ire les aides dommageables ?a biodiversit?et mieux utiliser les dispositifs existants b?fiques ?a biodiversit?· Soutenir le tissu associatif pour la production des donn? brutes de biodiversit?t les observatoires qui s'appuient sur les sciences participatives, mobiliser les t?s de r?aux associatifs et professionnels.
5.8. Quels enseignements tirer de ces analyses ?
La mission a tent?avec les outils dont elle a dispos?de faire une premi? analyse de la situation de la France par rapport aux cibles des sept ODD relevant du MTES et du MCT. Si la France appara?bien plac? dans le peloton de t? de nombreux classements, l'analyse des trajectoires offre cependant un bilan contrast?Quatre s?es de remarques peuvent ?e formul? : 1/ L'approche par les ODD des politiques du MTES fait ressortir que celles-ci ne mettent pas toujours au coeur de leur objectif la dimension humaine et sociale. Quelques exemples illustrent cette tendance structurelle d'un minist? avant tout technique : en mati? de changement climatique, c'est l'adaptation qui est au coeur
53
Trois grands chantiers en faveur de la reconqu? de la biodiversit?nt ? annonc?par le ministre fin octobre2017 : la mise en place du dispositif "Territoires engag?pour la biodiversit?qui vise ?romouvoir ?'?elle du territoire des actions exemplaires en faveur de la reconqu? de la biodiversit?Ce dispositif sera pr?r?n lien ?oit avec les r?ons pour sa mise en oeuvre qui mobilisera prioritairement les agences r?onales de la biodiversit? Six de ces agences sont en phase de pr?guration. Un budget participatif pour la biodiversit?t le climat visant ?outenir les citoyens dans "le d?loppement de projets exemplaires et qui auront vocation ?tre reproduits"sera lanc?Enfin, la France est candidate ?'accueil en 2020 du Congr?mondial de la nature de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), pour mobiliser et sensibiliser la population ?es enjeux.
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de l'ODD 13. Or les politiques climatiques sont surtout centr? sur l'att?ation, elles peinent ?ettre l'accent sur la n?ssit?e travailler avec les populations pour lutter contre les impacts ?enir et d'anticiper les conversions d'activit?dans une perspective d'adaptation. Le PNACC2 devrait offrir des possibilit?nouvelles de ce point de vue, s'il est dot?es moyens n?ssaires. En mati? de politique de l'eau, la vuln?bilit?es m?ges ?a pr?rit?ydrique semble une zone d'ombre dans un pays exemplaire en mati? de technologies de l'eau, notamment ?'export. En mati? de pr?ntion des catastrophes, quand l'ONU pr?la diminution des victimes et la prise en compte des populations vuln?bles, la France r?nd par le nombre d'?nements survenus et une gestion technique des catastrophes. Les impacts humains des politiques environnementales sont souvent absents des statistiques. En mati? de ville « durable », les ?quartiers coexistent avec d'autres fabriques urbaines peu visibles ou ignor?, mais qui exp?mentent pourtant parfois des capacit?de r?lience. La prise en compte des notions de « co?bordable », et d'accessibilit?omnipr?ntes (logement, services de base, eau, ?rgie, transports) reste ?arfaire. Si depuis 2007, la prise en compte des aspects sociaux des politiques environnementales tend ?rogresser, force est de constater qu'elle se limite le plus souvent ?ne approche ex post, par la redistribution, par la compensation des co?dits sociaux, voire sanitaires. Or c'est ?ne approche en amont de cette dimension humaine qu'invitent les ODD. Cette richesse de l'approche ODD suppose que des ?ats aussi d?lopp?que la France, attach??eur r?tation d'exemplarit?acceptent, au-del?'une approbation dans l'enceinte prestigieuse de l'ONU, de consid?r que les probl?s du Sud peuvent se poser aussi au Nord. 2/ Il n'est pas surprenant que des indicateurs d?in?au plan national soient d?illants ou manquants, d?lors que les cibles sont centr? sur la dimension sociale d'une politique environnementale, mettant l'accent sur des zones d'ombre ou de vrais sujets de d?loppement (en Outre-mer notamment). Comment suivre la r?ction par deux des d?ets alimentaires, objectif politique mais encore d?urvu d'indicateur ? Comment appr?er le volume des march?publics responsables, levier pourtant essentiel de transformation ? Quels objectifs chiffr?et quels indicateurs de suivi pour r?ire les bidonvilles et les populations sans abri, sujet qui renvoie aussi ?elui des mouvements migratoires d'ici 2030 ? Quelle appr?ation de la situation des personnes, notamment des femmes, en pr?rit?nerg?que ou hydrique ? Quelle mesure de la qualit?e la desserte en transports publics, ou de l'effectivit?e la gestion participative des territoires, question ?aquelle le nombre de SCOT, indicateur propos? ce stade, ne r?nd pas ? Quelle prise en compte des femmes dans ces sujets et dans l'espace public urbain ? Quels indicateurs pour le tourisme durable, au-del?e la part du tourisme dans le PIB, seule donn?apparemment disponible ? La question des oc?s reste ?lement enti? : comment renseigner des indicateurs pertinents pour mesurer des ph?m?s encore mal identifi?par l'?t de la recherche ? Comment articuler la responsabilit?ndividuelle des ?ats dans l'?lution d'un milieu ouvert ? Il est donc n?ssaire de combler les indicateurs manquants, ce pour quoi le groupe de travail du CNIS est mandat?ou de lancer des suivis et ?luations sp?fiques pour que ces sujets ne restent pas orphelins. Les ODD devraient conduire ?nt?er les indicateurs compl?ntaires au PIB, ou de richesse, dans les mod?s ?nomiques et la comptabilit?sujet mis en lumi? par le rapport Stiglitz, Sen, Fitoussi de 2009 et qui a connu une avanc?avec la loi de 2015 d? cit? Une partie de cet objectif figure dans l'ODD 15, issu de l'objectif 2 d'Aichi,
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qui vise « l'int?ation d'ici 2020 de la protection des ?syst?s et de la biodiversit?ans les m?nismes de d?loppement, dans les strat?es de r?ction de la pauvret?t dans la comptabilit? (cible 15.9). Cette cible constitue ?lle seule un v?table programme de d?loppement durable pour nos territoires d'outre mer, riches de leur biodiversit?tels que la Guyane. 3/ C'est l'?elle territoriale qui est pertinente pour l'action. Il s'agit en effet d'adopter la bonne ?elle strat?que pour agir sur le fonctionnement m?bolique du territoire. Des outils syst?ques se mettent en place dans les r?ons pionni?s. Ainsi, le dernier « rapport de redevabilit? 54 de la Gironde (2017) illustre l'int?ation des ODD au processus de reportage annuel. Neuf « Labos mobiles » ont permis de renforcer la participation citoyenne aux politiques publiques. L'appui de l'?at au partage et ?a diffusion de ces exp?mentations est strat?que. Un sujet central pour la mission de la dimension territoriale est celui des collectivit?et r?ons/d?rtements d'outremer, qui ne font pas l'objet d'une attention suffisante, aussi bien en termes de connaissances et d'indicateurs, qui pour la majorit?es cibles ne couvrent que la m?opole, qu'en termes de mise en oeuvre d'un d?loppement durable et int??Ces territoires conjuguent souvent accroissement d?graphique, pr?rit?ociale, manque de fili?s ?nomiques structur? pour mettre en valeur la richesse de leur biodiversit?ant marine que terrestre. Les territoires insulaires ont besoin d'une capacit?e r?lience accrue, pens?en amont. La d?station caus?par le cyclone Irma aux Antilles rend ?'?dence cette approche int??du d?loppement imp?tive. 4/ Enfin, l'?at et les autres acteurs publics devraient plus et mieux s'appuyer sur l'?lution des modes de vie pour concevoir et ajuster les politiques de transition (att?ation du changement climatique, production et consommation durables, mobilit?tc.. ).La co-construction des politiques se d?loppe, avec la gouvernance ? puis ?, institu?par le Grenelle de l'environnement, et au-del?vec des avanc? telles que l'ordonnance d'ao?015 relative ?a participation. Mais l'OCDE note s?rement la France sur cet aspect. Le d?loppement durable est un projet de soci?, un cadre de d?ts, et l'ODD 17 est la cl?e vo?de tous les autres objectifs. Une ?de internationale consacr?aux modes de vie futurs et aux aspirations li? ?a mobilit?ontre que 78% de personnes interrog? dans six pays au mode de vie "occidental" aspirent ?alentir leur rythme de vie, et 51% ?oins travailler. Les mod?s du changement en mati? de styles de vie sont la substitution d'une pratique non durable par une pratique plus durable et la micro-rupture progressive. Il faudrait s'appuyer sur ces leviers individuels et collectifs des changements de consommation et de modes de vie durables55. Une meilleure prise en compte des populations vuln?bles, de l'?lution des modes de vie et des disparit?territoriales permettrait donc ?a France de progresser dans les domaines o?le avance trop lentement pour atteindre les cibles de l'Agenda 2030. L'encadr?i-dessous pr?nte plusieurs propositions d'actions th?tiques, issues des analyses r?is? par la mission, et regroup? selon les enjeux transversaux identifi? Il ne constitue cependant que l'esquisse d'un travail qu'il conviendrait de mener de fa? plus exhaustive et approfondie.
54
Rapport sur la situation en mati? de d?loppement durable, qui s'impose aux collectivit?de plus de 50 000 habitants, cf partie 4.2.2. Cf www.programme-movida.fr : programme de recherche du MTES : Lever les freins ?'adoption de modes de vie durables.
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Quelques actions prioritaires d' un futur Agenda 2030, relatives aux 7 ODD analys? ?'interface de plusieurs ODD : Dimension sociale Am?orer les modalit?d'acc??'eau potable de qualit?t mieux traiter les risques de pr?rit?ydrique pour certaines cat?ries sociales en situation pr?ire et pour certains territoires, notamment ultramarins (ODD6, ODD 1). Mieux d?nir et traiter la pr?rit?nerg?que, et pas seulement en all?ant la facture des plus d?nis, mais aussi par des actions d'information, de sensibilisation et d'accompagnement, adapt? aux territoires et aux populations concern? (ODD 7, ODD 1, ODD 3, ODD 11). Mettre en oeuvre une approche syst?que des politiques de logement, d'emploi, de transport, en ciblant les jeunes, pour lutter contre l'exclusion et le creusement des in?lit?(ODD 11, 1, 5, 12, 10, 3). D?lopper ou encourager des politiques visant ?ieux accueillir les femmes dans l'espace public (ODD 11, ODD 5, ODD 10, ODD 16).
Participation Faire progresser les processus de participation des habitants via des commissions locales de l'eau (CLE), notamment en outremer (ODD 6, ODD 17, ODD 11). D?lopper une politique de communication et d'information de grande ampleur ?estination du grand public sur les enjeux du changement climatique et les actions conduites ou ?ener (ODD 13, ODD 4), ODD 11). Pr?ser et revoir r?li?ment la programmation pluriannuelle de l'?rgie (PPE) nationale pour la rendre plus coh?nte, plus r?isable, plus lisible et plus concr? dans sa mise en oeuvre, en associant toutes les parties prenantes (ODD 7, ODD 12, ODD 17).
Simplification, moyens et efficacit?es politiques Mettre en place une approche int??multi-usages des masses d'eau les plus exploit? via des syst?s « intelligents » de ventiler les volumes en fonction de leur ?t r? et d'int?er des enjeux autres que celui de l'agriculture (?rgie, assainissement et eau potable...) et le d?loppement de s?ctions vari?les moins gourmandes en eau et plus r?stantes au stress hydrique (ODD 6, ODD2, ODD 7). Simplifier et stabiliser le cadre r?ementaire et financier des EnR (ODD 7, ODD 12). Renforcer les moyens humains, techniques et financiers en faveur des syst?s de protection du milieu marin (ODD 14, ODD 8) Des efforts ?roduire en faveur de la qualit?es eaux c?res et de transition (ODD 14). Territoires Adopter une gouvernance de la politique ?rg?que plus d?ntralis?et adapt?aux sp?ficit?des territoires, en outremer en particulier, qui disposent d'une PPE propre, en la simplifiant et en clarifiant les pr?gatives des diff?nts ?elons administratifs (ODD 7, ODD 11). Mettre en oeuvre le PNACC-2 rapidement et y consacrer les moyens n?ssaires, en priorit?ur les territoires d'outremer (ODD 13, ODD 11, ODD 10)
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Changer d'?elle, acc?rer D?lopper un plan ambitieux en mati? d'?nomies d'?rgie et d'efficacit?nerg?que Faire changer d'?elle les march?publics responsables, par l'introduction d'une mesure des progr? inexistante aujourd'hui, et en proc?nt r?li?ment ?'?luation des r?ltats obtenus ; produire un premier bilan annuel en 2020 puis une ?luation tous les trois ans d'ici 2030 (ODD 12, ODD 11) Op?r une rupture de trajectoire dans l'utilisation des pesticides agricoles pour r?ire la pression qui s'exerce sur certaines esp?s et la sant?umaine (ODD 15, ODD 2, ODD 3) Changer d'?elle dans le soutien ?'agro-?logie, et ?'agriculture biologique (ODD 15, ODD2, ODD 3, ODD 6) en particulier Mettre en place rapidement des indicateurs op?tionnels permettant de mesurer et d'?luer la r?isation de l'objectif de diviser par deux le gaspillage alimentaire (ODD 12, ODD 1, ODD 2, ODD 10, ODD 14, ODD 6) R?ire les d?nses fiscales et subventions d?vorables ?'environnement et augmenter le poids de la fiscalit?nvironnementale (ODD 6, ODD 12, ODD 14, ODD 15) Priorit?en mati? de recherche et de connaissance Renforcer la connaissance scientifique du milieu marin et des ressources halieutiques (ODD 14, ODD 8 ) D?lopper la recherche et la connaissance de la biodiversit?n outre mer (ODD 15 , ODD 11, ODD 10) Mieux ?dier le risque ?nc?ar le PNSE 3 de pollutions des eaux par des micropolluants (nitrosamines, perchlorates, perfluor? etc.), ainsi que par les pesticides et les nitrates (ODD 6, ODD 3)
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6. Dix pistes d'actions pour construire l'Agenda 2030 de la France
Aux termes de ses travaux, la mission recommande de b?r une s?ence ?lusieurs niveaux qui permette d'aboutir ?n Agenda 2030 partag?t int?ant pleinement la d?rche transversale induite par les 17 ODD. Strat?e 1. Donner une impulsion politique au plus haut niveau de l'?at pour une prise en compte structurelle des ODD par la France - Elargir les pr?gatives et les moyens du/de la D?gu? interminist?el-le au d?loppement durable, plac? aupr?du Premier ministre, qui pourrait ?e le pilote d'une mission interminist?elle de mise en oeuvre des ODD (?'instar de la Mission Interminist?elle de l'Effet de Serre par exemple) 2. Faire de la prochaine Strat?e nationale de d?loppement durable, qui s'appuiera sur le bilan de l'actuelle SNTEDD, l'Agenda 2030 de la France, d?in? 5 ans, selon les ?pes suivantes : - Saisir les inspections et conseils g?raux des minist?s les plus concern?pour une revue conjointe des politiques publiques au regard des ODD - Mettre en d?t avec l'ensemble des parties prenantes, incluant les territoires, le diagnostic r?is?our la France et les priorit???nir pour son Agenda 2030 3. Promouvoir au niveau europ? la prise en compte des ODD dans l'?boration de la strat?e europ?ne post 2020 - D?lopper ?ette fin une veille et des ?anges sur les bonnes pratiques utilis? par les pays (UE, OCDE) engag?dans l'?boration de leur Agenda 2030 Gouvernance participative 4 . Saisir l'opportunit?e la r?rme engag?du CESE et du CNTE pour inscrire formellement la d?rche ODD dans les processus de consultation et de participation de la soci? civile 5. Instituer ?artir de 2018 une conf?nce annuelle sur l'Agenda ODD 2030 de la France, en utilisant une m?odologie inspir?du Grenelle de l'environnement, et en ?rgissant le champ des conf?nces environnementales annuelles ant?eures (2012-2016). Politiques territoriales Les territoires d?ennent de nombreux leviers pour mettre en oeuvre concr?ment l'Agenda 2030. 6. Mieux prendre en compte les enjeux majeurs des ODD pour les espaces ultramarins et leurs populations, en s'appuyant sur un diagnostic partag?e ces territoires sensibles, ?'aide d'un travail sp?fique du CNIS qui permette de combler les indicateurs manquants ou incomplets pour ces territoires. 7. Faire des ODD des leviers du d?loppement durable dans les territoires - en favorisant l'?boration des programmes r?onaux ou locaux de d?loppement durable ?orizon 2030 en r?vant les agendas 21 locaux et les dispositifs en vigueur (TEPCV, TEPOS...) pour relancer une dynamique, en croisant les outils r?ementaires (SRADDET, PCAET, PLU...), contractuels (CPER), et les outils d'incitation ?es d?rches volontaires.
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- en faisant des ODD un axe majeur de la Conf?nce des Territoires. - en suscitant ?'?elon r?onal une conf?nce annuelle de la transition ?logique et solidaire fond?sur la d?rche des ODD, ainsi que des forums participatifs territoriaux, avec l'appui des CESER. - en organisant l'observation des pratiques innovantes qui se mettent en place dans les r?ons pionni?s et en favorisant leur partage entre territoires, avec l'appui du CGDD et du CGET. Des outils pour prendre en compte le temps long 8. D?lopper et renforcer les programmes de connaissance et de recherche sur le d?loppement durable (appel ?rojets ANR, r?au ALLENVI, GIS associant des universit?..) 9. Revaloriser la fonction prospective au sein du MTES et d?lopper le travail en r?au avec France-Strat?e notamment, pour favoriser la prise en compte du temps long dans les politiques publiques, les approches comportementales et l'?lution des styles de vie. 10. Remettre au Parlement chaque automne un rapport de suivi des progr?accomplis pour atteindre l'ensemble des cibles des ODD, ce rapport ?nt fusionn?vec le rapport annuel sur les indicateurs de richesse et indiquant les inflexions apport? dans le projet de loi de finances pour contribuer ?m?orer la situation. A cette fin : - Elaborer un tableau de bord national, lisible et actualis??li?ment, ?artir de la base de l'INSEE, pr?ntant notamment les ?rts restant ?ombler, qui permettra aussi d'?yer le rapportage annuel pr?nt?u FPHN de l'ONU. - Structurer les rapports budg?ires pr?nt?au Parlement selon les ODD, ?ommencer par les indicateurs de pilotage des programmes relevant du MTES, utilis?pour les rapports annuels de performance et d?in?dans les objectifs de pilotage des services. - Conforter la mission transversale de coordination des services statistiques qui a ? confi?en mars 2017 au CNIS, pour assurer dans la dur?le recensement, l'?boration et le suivi des indicateurs renseignant les cibles des 17 ODD, dans la perspective des FPHN de 2018 et de 2019, et ?'horizon 2030.
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Conclusion
Le travail de la mission ne constitue qu'un premier pas dans la perspective d'une revue des politiques publiques plus compl? et plus transversale, n?ssaire si l'on veut v?tablement valoriser l'approche novatrice des ODD, indivisibles et interd?ndants. Il contribue ?evisiter la fa? dont sont suivies et ?lu? nos politiques publiques, de l'?elon le plus global (ONU) ?'?elon le plus local (le territoire), en croisant les enjeux et les objectifs. Ce besoin de « transparence », ?y?par des indicateurs plus fins, pertinents et coh?nts, par la mise en ?dence des synergies ou des tensions entre objectifs, doit ?e mieux satisfait pour que l'action publique et son efficacit?oient mieux per? par les citoyens. Cette confiance retrouv?passe essentiellement par une large appropriation de la d?rche par la soci?, dans l'ensemble de ses composantes. Ce qui doit conduire ??er des probl?s de s?ntique qui, entre transition ?rg?que et d?loppement durable, n'est pas sans engendrer des confusions dans l'esprit de beaucoup, et pas seulement du grand public. Ce qui conduit surtout ?'int?sser ?a vie quotidienne des gens, en particulier des plus fragiles, et ?ravailler de fa? syst?que ?a r?ction des tensions sociales, ?nomiques, environnementales, auxquelles ils sont confront?au quotidien56. Mesure fiable de l'efficacit?e l'action publique, et attention port?aux plus vuln?bles, dans une vision transversale et syst?que du d?loppement, constituent bien les deux apports essentiels des ODD, devenus depuis 2015 un langage partag?ar un nombre toujours plus grand d'acteurs, institutionnels, ?nomiques et sociaux, de par le monde. La France, qui a ? l'une des premi?s nations ?outenir cette d?rche universelle de d?loppement durable et ?'y engager volontairement, a le devoir et la responsabilit? pr?nt de la faire vivre au sein de ses propres politiques publiques.
Marie-H?ne Aubert
Genevi? Besse
Philippe Bellec
Inspectrice g?rale de l'administration du d?loppement durable
Inspectrice g?rale de l'administration du d?loppement durable
Inspecteur g?ral de l'administration du d?loppement durable
56
Cf. supra les travaux du comit?D.
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Annexes
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1. Lettre de mission
R? CGEDD W 010982 -01
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La ministre Je ('Environnement, Je ('Energie et Je fa ;Mer,
en cliarge Jes 'l(gfations intemationa{es sur re cfilTUlt
Paris, fe 3 fi:vrier 2017
La Ministre ?Maaame fil Vice-prisiaente au Consei( (j?raf ae ("Environnement et ?'D?loppement Vura6fe
Objet: Revue des politiques publiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) En septembre 2015, rassembl?g?rale de l'Organisation des Nations unies (ONU) a adopt?'Agenda 2030 d?in?utour de 17 objectifs de d?loppement durable (000). Ces 17 ODD se d?inent en 169 cibles, dont la mise en oeuvre sera ?lu?par 24U indicateurs. A travers ces 17 000, l'Agenda 2030 offre un cadre structurant et universel pour la mise en oeuvre d'un nouveau mode de d?loppement, juste et efficace, compatible avec le fait que nos ressources naturelles ne sont pas in?isables. cet agenda propose une approche globale qui met en convergence les grands enleux de soci?: ?diquer l'extr? pauvret?combattre les in?lit?et pr?rver la plan?. Le suM des 000 doit constiruer une base de comparaison entre pays et recevoir un ?o m?atique non n?igeable dans les ann? ?enir quant aux r?ltats des politiques publiques des diff?nts Etats. L'ambition fix?par l'Agenda 2030 requiert une action pUblique coh?nte, lisible et efficace. Compte tenu de son engagement ancien et constant en faveur du d?loppement durable, la France s'est pan?candidate pour pr?nter sa d?rche de mise en oeuvre de « l'Agenda 2030 », en juillet 2016, d?e premier forum politique de haut niveau orgarlis?epuis l'adoption de cet agenda. Le Minist? charg?e l'environnement doit maintenant coordonner la mise en oeuvre de l'Agenda 2030 pour la France. L'Accord de Paris a ? un premier exemple fort d'int?ation des 000 en ?rgissant ses enjeux bien au-del?u changement climatique. Sa r?site a ? aussi le fait d'une mobilisation sans pr?dent de la soci? civile (citoyens, entreprises, associations). regroup?au sein de coalitions th?tiques.
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L'ampleur du cadre, sa forte dimension ?nomique et sociale d?rdent du champ d'intervention classique du minist?. Fort de l'exp?ence acquise lors de la pr?ration de l'Accord de Paris, le Minist? doit analyser la situation des politiques conduites par notre pays relevant directement de son p?m?e, notamment l'apport de la strat?e nationale de transition ?logique afin d'identifier les propositions d'actions nouvelles destin? ?tteindre les cibles fix? par les 000, Cet exercice doit ?lement contribuer ?'appropriation des ODO par la soci? civile et les coalitions, et servir d'exemple pour mobiliser les autres minist?s. Afin de conforter les orientations des politiques ?bor? et mises en oeuvre par le minist?, d'en valoriser le potentiel et d'en mesurer les ?rts au regard des 000, je souhaite vous confier la r?isation d'une revue des politiques publiques conduites par le minist?, sous le prisme des 000, Vous veillerez ?artager votre approche avec les autres Inspections g?rales et Conseils effecttJant un travail similaire sur les politiques de leur champ de comp?nce, Votre mission comprendra un premier volet m?odologique permettant de rapprocher les objectifs et indicateurs des 000 avec les politiques th?tiques minist?elles et leurs donn? statistiques de suivi. Vous dresserez ensuite un ?t des lieux des politiques publiques conduites par le minist? au regard de leur contribution ?'atteinte des 000, Vous identifierez, ?a lumi? des tendances pass?, les cibles qui devraient ?e atteintes ?olitique constante, celles qui pourraient l'?e avec des adaptations et celles qui n?ssitent des inflexions marqu? des politiques actuelles. Vous r?iserez un travail plus approfondi sur les ODD 9 (infrastructures) et 14 (Oc?s 1 vie aquatique), qui int?ssent plus particuli?ment le minist?, et qui figurent parmi les ODD retenus par l'ONU pour un rapportage lors du forum politique de haut niveau de juillet 2017 (000 1, 2, 5, 3, 9, 14), Vous mobiliserez les directions g?rales et services concern? en tant que de besoin, tout au long de votre mission, Vous produirez une note strat?que pour le 17 f?ier prochain, Vous remettrez ensuite votre rapport pour le 15 juin 2017, II sera publi?fin que la m?ode utilis?et vos conclusions puissent ?e mises en d?t et approfondies dans l'esprit d'ouverture des ODO,
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2. Liste des personnes rencontr?
Nom Administrations LORIOUX SENNA BERNAUDON BOISSONADE SAPIJANSKAS MIGNOT PIERRE R?ion ODD interdac VEY Fr?ric CGDD/SDES/SDVSD/BD DT DGALN/DEB/MI DGALN/DHUP Chef de bureau Vanessa Philippe St?ane L?Jurgis Gautier Cyrille CGDD/DDD CGDD/DDD/DPVS CGDD/DDD/DPVS CGDD/DDD/DPVS SG/DAEI/CCDD3 MEAE / DGM MEAE / DGM Directeur Cheffe de d?gation Charg?e mission Charg?e mission Charg?de mission Charg?e mission 14/02/2017 14/02/2017 14/02/2017 14/02/2017 14/02/2017 16/02/2017 16/02/2017 01/03/2017 22/03/2017 Pr?m Organisme Fonction Date de rencontre
QUEMENER SAPOVAL
Jean-Marie Yves-Laurent
Chef de mission directeur de projet aupr?du DHUP Directeur g?ral Directrice Charg?e mission Charg?e mission Directeur g?ral Directrice de cabinet Pr?dent DGM adjoint
05/05/2017 10/05/2017
MICHEL DUMOULIN SAPIJANSKAS SENNA DELDUC PAPPALARDO BRUNETIERE CLAVERIE
Laurent Virginie Jurgis Philippe Paul Mich? Jean-Ren?lisabeth
DGEC SG/DAEI SG/DAEI/CCDD3 CGDD/DDD/DPVS DGALN MTES GT ODD (CNIS° MEAE
15/05/2017 01/06/2017 01/06/2017 09/06/2017 19/07/2017 25/07/2017 05/10/2017 29/11/2017
R?ions et ?nements Participation au colloque « R?ire les in?lit? une exigence ?logique et sociale », organis?u CESE par la revue Projet, atelier « Et si on prenait les nouveaux indicateurs de richesse au s?eux ? » Comit?e pilotage interminist?el ODD (CGDD) Lancement de la semaine europ?ne du d?loppement durable (Roquelaure) Pr?ntation et d?t bilan FPHN 2017 par le Comit?1 Comit?e pilotage interminist?el ODD Deuxi? anniversaire de la r?lution ODD ONU, conf?nce et ateliers R?rents ODD DIDIER Anne-France CCM/DML D?gation ?a Pilote ODD14 oc? 08/03/2017 16/02/2017
23/05/2017 29/05/2017 07/09/2017 15/09/2017 25/09/2017
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Nom
Pr?m
Organisme mer et au littoral
Fonction
Date de rencontre
CAMPANA BONNET MEHEUT DUPUIS MONDON Soci? civile DEMAILLY
Mireille Xavier Guillaume Pascal Sylvain
CGE CGDD/SEEIDD DGEC/DG DGEC/SCEE DGEC/ONERC
Membre permanent Chef de service Directeur de cabinet Chef de service Charg?e mission
17/05/2017 04/10/2017 06/10/2017 25/10/2017 25/10/2017
Damien
IDDRI
Coordinateur du programme Nouvelle prosp?t?hercheure Financement du d?loppement au sein du programme gouvernance Pr?dent D?gu?g?rale Vice-Pr?dent Adjointe au directeur du PFE Pr?dente Directeur r?onal Grand Ouest Responsable prospective
07/03/2017
VAILLE
Julie
IDDRI
07/03/2017
RADANNE TUIA PAYEN CRAN
Pierre Vaia G?rd M?sa
Association 4D Association 4D ASTEE PFE
26/04/2017 26/04/2017 09/05/2017 09/05/2017
LAVILLE CHARLOT
Bettina Antoine
Comit?1 Comit?1
10/05/2017 10/05/2017
RIBIERE
Georges
Comit?1
10/05/2017
Commissariats g?raux YAHIEL AUVERLOT Michel Dominique France Strat?e France Strat?e Commissaire g?ral Chef du d?rtement d?loppement durable 03/05/2017 03/05/2017
LAPASSE
Bernard
CGET
01/06/2017
Organisations internationales AKHMOUCH Aziza OCDE Directrice du programme de gouvernance de l'eau Analyste politique et statisticien au sein de la direction des statistiques 30/06/2017
COHEN
Guillaume
OCDE
30/06/2017
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3. Les 17 ODD et les 169 cibles
Objectif 1. ?iminer la pauvret?ous toutes ses formes et partout dans le monde
1.1 D'ici ?030, ?miner compl?ment l'extr? pauvret?ans le monde entier (moins de 1,25 dollar/jour/personne) 1.2 D'ici ?030, r?ire de moiti?u moins la proportion d'hommes, de femmes et d'enfants de tous ?s qui souffrent d'une forme ou l'autre de pauvret?telle que d?nie par chaque pays 1.3 Mettre en place des syst?s et mesures de protection sociale pour tous, adapt?au contexte national, y compris des socles de protection sociale, et faire en sorte que, d'ici ?030, une part importante des pauvres et des personnes vuln?bles en b?ficient 1.4 D'ici ?030, faire en sorte que tous les hommes et les femmes, en particulier les pauvres et les personnes vuln?bles, aient les m?s droits aux ressources ?nomiques et qu'ils aient acc?aux services de base, ?a propri? fonci?, au contr?des terres et ?'autres formes de propri?, ?'h?tage, aux ressources naturelles et ?es nouvelles technologies et des services financiers adapt??eurs besoins, y compris la microfinance 1.5 D'ici ?030, renforcer la r?lience des pauvres et des personnes en situation vuln?ble et r?ire leur exposition aux ph?m?s climatiques extr?s et ?'autres chocs et catastrophes d'ordre ?nomique, social ou environnemental et leur vuln?bilit?.a Garantir une mobilisation importante de ressources provenant de sources multiples, y compris par le renforcement de la coop?tion pour le d?loppement, afin de doter les pays en d?loppement, en particulier les pays les moins avanc? de moyens ad?ats et pr?sibles de mettre en oeuvre des programmes et politiques visant ?ettre fin ?a pauvret?ous toutes ses formes 1.b Mettre en place aux niveaux national, r?onal et international des cadres d'action viables, qui se fondent sur des strat?es de d?loppement favorables aux pauvres et soucieuses de la probl?tique hommes-femmes, afin d'acc?rer l'investissement dans des mesures d'?mination de la pauvret?Objectif 2. ?iminer la faim, assurer la s?rit?limentaire, am?orer la nutrition et promouvoir l'agriculture durable
2.1 D'ici ?030, ?miner la faim et faire en sorte que chacun, en particulier les pauvres et les personnes en situation vuln?ble, y compris les nourrissons, ait acc?toute l'ann??ne alimentation nutritive et suffisante 2.2 D'ici ?030, mettre fin ?outes les formes de malnutrition, y compris en atteignant d'ici ?025 les objectifs arr?s ?'?elle internationale relatifs aux retards de croissance et ?'?ciation chez les enfants de moins de 5 ans, et r?ndre aux besoins nutritionnels des adolescentes, des femmes enceintes ou allaitantes et des personnes ?es
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2.3 D'ici ?030, doubler la productivit?gricole et les revenus des petits producteurs alimentaires, en particulier des femmes, des autochtones, des exploitants familiaux, des ?veurs et des p?eurs, y compris en assurant l'?lit?'acc?aux terres, aux autres ressources productives et facteurs de production, au savoir, aux services financiers, aux march?et aux possibilit?d'ajout de valeur et d'emplois autres qu'agricoles 2.4 D'ici ?030, assurer la viabilit?es syst?s de production alimentaire et mettre en oeuvre des pratiques agricoles r?lientes qui permettent d'accro?e la productivit?t la production, contribuent ?a pr?rvation des ?syst?s, renforcent la capacit?'adaptation aux changements climatiques, aux ph?m?s m?orologiques extr?s, ?a s?eresse, aux inondations et ?'autres catastrophes et am?orent progressivement la qualit?es terres et des sols 2.5 D'ici ?020, pr?rver la diversit??tique des semences, des cultures et des animaux d'?vage ou domestiqu?et des esp?s sauvages apparent?, y compris au moyen de banques de semences et de plantes bien g?es et diversifi? aux niveaux national, r?onal et international, et favoriser l'acc?aux avantages que pr?nte l'utilisation des ressources g?tiques et du savoir traditionnel associ?insi que le partage juste et ?itable de ces avantages, comme convenu ?'?elle internationale 2.a Accro?e, notamment gr? au renforcement de la coop?tion internationale, l'investissement dans l'infrastructure rurale, les services de recherche et de vulgarisation agricoles et la mise au point de technologies et de banques de plantes et de g?s d'animaux d'?vage, afin de renforcer les capacit?productives agricoles des pays en d?loppement, en particulier des pays les moins avanc? 2.b Corriger et pr?nir les restrictions et distorsions entravant le fonctionnement des march?agricoles mondiaux, y compris par l'?mination parall? de toutes les formes de subventions aux exportations agricoles et de toutes les mesures ?'exportation ayant un effet ?ivalent, conform?nt au mandat du Cycle de n?ciations de Doha pour le d?loppement. 2.c Adopter des mesures visant ?ssurer le bon fonctionnement des march?de denr? alimentaires et de produits d?v?et ?aciliter l'acc?rapide aux informations relatives ?es march? y compris le niveau des r?rves alimentaires, afin de contribuer ?imiter l'extr? volatilit?es prix alimentaires.
Objectif 3. Permettre ?ous de vivre en bonne sant?t promouvoir le bien-?e de tous ?out ?
3.1 D'ici ?030, faire passer le taux mondial de mortalit?aternelle au-dessous de 70 pour 100 000 naissances vivantes 3.2 D'ici ?030, ?miner les d?s ?tables de nouveau-n?et d'enfants de moins de 5 ans, tous les pays devant chercher ?amener la mortalit??natale ?2 pour 1 000 naissances vivantes au plus et la mortalit?es enfants de moins de 5 ans ?5 pour 1 000 naissances vivantes au plus 3.3 D'ici ?030, mettre fin ?'?d?e de VIH/SIDA, ?a tuberculose, au paludisme et aux maladies tropicales n?ig? et combattre l'h?tite, les maladies transmises par l'eau et autres maladies transmissibles
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3.4 D'ici ?030, r?ire d'un tiers, par la pr?ntion et le traitement, le taux de mortalit?r?tur?due ?es maladies non transmissibles et promouvoir la sant?entale et le bien?e 3.5 Renforcer la pr?ntion et le traitement de l'abus de substances psychoactives, notamment de stup?ants et d'alcool 3.6 D'ici ?020, diminuer de moiti? l'?elle mondiale le nombre de d?s et de blessures dus ?es accidents de la route 3.7 D'ici ?030, assurer l'acc?de tous ?es services de soins de sant?exuelle et procr?ive, y compris ?es fins de planification familiale, d'information et d'?cation, et veiller ?a prise en compte de la sant?rocr?ive dans les strat?es et programmes nationaux 3.8 Faire en sorte que chacun b?ficie d'une couverture sanitaire universelle, comprenant une protection contre les risques financiers et donnant acc??es services de sant?ssentiels de qualit?t ?es m?caments et vaccins essentiels s? efficaces, de qualit?t d'un co?bordable 3.9 D'ici ?030, r?ire nettement le nombre de d?s et de maladies dus ?es substances chimiques dangereuses et ?a pollution et ?a contamination de l'air, de l'eau et du sol 3.a Renforcer dans tous les pays, selon qu'il convient, l'application de la Convention-cadre de l'Organisation mondiale de la Sant?our la lutte antitabac 3.b Appuyer la recherche et le d?loppement de vaccins et de m?caments contre les maladies, transmissibles ou non, qui touchent principalement les habitants des pays en d?loppement, donner acc? ?n co?bordable, aux m?caments et vaccins essentiels, conform?nt ?a D?aration de Doha sur l'Accord sur les aspects des droits de propri? intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) et la sant?ublique, qui r?firme le droit qu'ont les pays en d?loppement de tirer pleinement parti des dispositions de cet accord qui m?gent une flexibilit?orsqu'il s'agit de prot?r la sant?ublique et, en particulier, d'assurer l'acc?universel aux m?caments 3.c Accro?e consid?blement le budget de la sant?t le recrutement, le perfectionnement, la formation et le maintien en poste du personnel de sant?ans les pays en d?loppement, notamment dans les pays les moins avanc?et les petits ?ats insulaires en d?loppement 3.d Renforcer les moyens dont disposent tous les pays, en particulier les pays en d?loppement, en mati? d'alerte rapide, de r?ction des risques et de gestion des risques sanitaires nationaux et mondiaux
Objectif 4. Assurer ?ous une ?cation ?itable, inclusive et de qualit?t des possibilit?d'apprentissage tout au long de la vie
4.1 D'ici ?030, faire en sorte que toutes les filles et tous les gar?s suivent, sur un pied d'?lit?un cycle complet d'enseignement primaire et secondaire, gratuit et de qualit?es dotant d'acquis v?tablement utiles 4.2 D'ici ?030, faire en sorte que toutes les filles et tous les gar?s aient acc??es services de d?loppement et de prise en charge de la petite enfance et ?ne ?cation pr?olaire de qualit?ui les pr?rent ?uivre un enseignement primaire
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4.3 D'ici ?030, faire en sorte que toutes les femmes et tous les hommes aient acc?dans des conditions d'?lit? un enseignement technique, professionnel ou tertiaire, y compris universitaire, de qualit?t d'un co?bordable 4.4 D'ici ?030, augmenter nettement le nombre de jeunes et d'adultes disposant des comp?nces, notamment techniques et professionnelles, n?ssaires ?'emploi, ?'obtention d'un travail d?nt et ?'entrepreneuriat 4.5 D'ici ?030, ?miner les in?lit?entre les sexes dans le domaine de l'?cation et assurer l'?lit?'acc?des personnes vuln?bles, y compris les personnes handicap?, les autochtones et les enfants en situation vuln?ble, ?ous les niveaux d'enseignement et de formation professionnelle 4.6 D'ici ?030, faire en sorte que tous les jeunes et une proportion consid?ble d'adultes, hommes et femmes, sachent lire, ?ire et compter 4.7 D'ici ?030, faire en sorte que tous les ?ves acqui?nt les connaissances et comp?nces n?ssaires pour promouvoir le d?loppement durable, notamment par l'?cation en faveur du d?loppement et de modes de vie durables, des droits de l'homme, de l'?lit?es sexes, de la promotion d'une culture de paix et de la non-violence, de la citoyennet?ondiale et de l'appr?ation de la diversit?ulturelle et de la contribution de la culture au d?loppement durable 4.a Construire des ?blissements scolaires qui soient adapt?aux enfants, aux personnes handicap? et aux deux sexes ou adapter les ?blissements existants ?ette fin et fournir ?ous un cadre d'apprentissage s?non violent, inclusif et efficace 4.b D'ici ?020, augmenter nettement ?'?elle mondiale le nombre de bourses d'?des offertes ?es ?diants des pays en d?loppement, en particulier des pays les moins avanc? des petits ?ats insulaires en d?loppement et des pays d'Afrique, pour leur permettre de suivre des ?des sup?eures, y compris une formation professionnelle, des cursus informatiques, techniques et scientifiques et des ?des d'ing?eur, dans des pays d?lopp?et d'autres pays en d?loppement 4.c D'ici ?030, accro?e nettement le nombre d'enseignants qualifi? notamment au moyen de la coop?tion internationale pour la formation d'enseignants dans les pays en d?loppement, surtout dans les pays les moins avanc?et les petits ?ats insulaires en d?loppement
Objectif 5. ?alit?es genres : parvenir ?'?lit?es sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles
5.1 Mettre fin, partout dans le monde, ?outes les formes de discrimination ?'?rd des femmes et des filles 5.2 ?iminer de la vie publique et de la vie priv?toutes les formes de violence faite aux femmes et aux filles, y compris la traite et l'exploitation sexuelle et d'autres types d'exploitation 5.3 ?iminer toutes les pratiques pr?diciables, telles que le mariage des enfants, le mariage pr?ce ou forc?t la mutilation g?tale f?nine 5.4 Prendre en compte et valoriser les soins et travaux domestiques non r?n?s, par la mise en place de services publics, d'infrastructures et de politiques de protection sociale et par la
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promotion du partage des responsabilit?dans le m?ge et la famille, en fonction du contexte national 5.5 Veiller ?e que les femmes participent pleinement et effectivement aux fonctions de direction ?ous les niveaux de d?sion, dans la vie politique, ?nomique et publique, et y acc?nt sur un pied d'?lit?.6 Assurer l'acc?de tous aux soins de sant?exuelle et procr?ive et faire en sorte que chacun puisse exercer ses droits en mati? de procr?ion, ainsi qu'il a ? d?d?ans le Programme d'action de la Conf?nce internationale sur la population et le d?loppement et le Programme d'action de Beijing et les documents finals des conf?nces d'examen qui ont suivi 5.a Entreprendre des r?rmes visant ?onner aux femmes les m?s droits aux ressources ?nomiques, ainsi que l'acc??a propri? et au contr?des terres et d'autres formes de propri?, aux services financiers, ?'h?tage et aux ressources naturelles, dans le respect de la l?slation interne 5.b Renforcer l'utilisation des technologies clefs, en particulier de l'informatique et des communications, pour favoriser l'autonomisation des femmes 5.c Adopter des politiques bien con?s et des dispositions l?slatives applicables en faveur de la promotion de l'?lit?es sexes et de l'autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles ?ous les niveaux et renforcer celles qui existent
Objectif 6. Garantir l'acc?de tous ?es services d'alimentation en eau et d'assainissement g?s de fa? durable
6.1 D'ici ?030, assurer l'acc?universel et ?itable ?'eau potable, ?n co?bordable 6.2 D'ici ?030, assurer l'acc?de tous, dans des conditions ?itables, ?es services d'assainissement et d'hygi? ad?ats et mettre fin ?a d?cation en plein air, en accordant une attention particuli? aux besoins des femmes et des filles et des personnes en situation vuln?ble 6.3 D'ici ?030, am?orer la qualit?e l'eau en r?isant la pollution, en ?minant l'immersion de d?ets et en r?isant au minimum les ?ssions de produits chimiques et de mati?s dangereuses, en diminuant de moiti?a proportion d'eaux us? non trait? et en augmentant nettement ?'?elle mondiale le recyclage et la r?ilisation sans danger de l'eau 6.4 D'ici ?030, faire en sorte que les ressources en eau soient utilis? beaucoup plus efficacement dans tous les secteurs et garantir la viabilit?es pr?vements et de l'approvisionnement en eau douce afin de rem?er ?a p?rie d'eau et de r?ire nettement le nombre de personnes qui manquent d'eau 6.5 D'ici ?030, assurer la gestion int??des ressources en eau ?ous les niveaux, y compris au moyen de la coop?tion transfronti? selon qu'il convient 6.6 D'ici ?020, prot?r et restaurer les ?syst?s li??'eau, notamment les montagnes, les for?, les zones humides, les rivi?s, les aquif?s et les lacs 6.a D'ici ?030, d?lopper la coop?tion internationale et l'appui au renforcement des capacit?des pays en d?loppement en ce qui concerne les activit?et programmes relatifs ?Rapport n° 010982-01
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l'eau et ?'assainissement, y compris la collecte, la d?linisation et l'utilisation rationnelle de l'eau, le traitement des eaux us?, le recyclage et les techniques de r?ilisation 6.b Appuyer et renforcer la participation de la population locale ?'am?oration de la gestion de l'eau et de l'assainissement
Objectif 7. Garantir l'acc?de tous ?es services ?rg?ques fiables, durables et modernes, ?n co?bordable
7.1 D'ici ?030, garantir l'acc?de tous ?es services ?rg?ques fiables et modernes, ?n co?bordable 7.2 D'ici ?030, accro?e nettement la part de l'?rgie renouvelable dans le bouquet ?rg?que mondial 7.3 D'ici ?030, multiplier par deux le taux mondial d'am?oration de l'efficacit?nerg?que 7.a D'ici ?030, renforcer la coop?tion internationale en vue de faciliter l'acc?aux sciences et technologies de l'?rgie propre, notamment les ?rgies renouvelables, l'efficacit?nerg?que et les nouvelles technologies de combustion propre des combustibles fossiles, et encourager l'investissement dans l'infrastructure ?rg?que et les technologies propres dans le domaine de l'?rgie 7.b D'ici ?030, d?lopper l'infrastructure et am?orer la technologie afin de fournir des services ?rg?ques modernes et durables ?ous les habitants des pays en d?loppement, en particulier des pays les moins avanc? des petits ?ats insulaires en d?loppement et des pays en d?loppement sans littoral, dans le respect des programmes d'aide qui les concernent
Objectif 8. Promouvoir une croissance ?nomique soutenue, partag?et durable, le plein emploi productif et un travail d?nt pour tous
8.1 Maintenir un taux de croissance ?nomique par habitant adapt?u contexte national (et >7% pour les PMA) 8.2 Parvenir ?n niveau ?v?e productivit?conomique par la diversification, la modernisation technologique et l'innovation, notamment en mettant l'accent sur les secteurs ?orte valeur ajout?et ?orte intensit?e main-d'oeuvre 8.3 Promouvoir des politiques ax? sur le d?loppement qui favorisent les activit?productives, la cr?ion d'emplois d?nts, l'entrepreneuriat, la cr?ivit?t l'innovation et stimulent la croissance des micro-entreprises et des petites et moyennes entreprises et facilitent leur int?ation dans le secteur formel, y compris par l'acc?aux services financiers 8.4 Am?orer progressivement, jusqu'en 2030, l'efficacit?e l'utilisation des ressources mondiales dans les modes de consommation et de production et s'attacher ?issocier croissance ?nomique et d?adation de l'environnement, comme pr? dans le Cadre d?nnal de programmation concernant les modes de consommation et de production durables, les pays d?lopp?montrant l'exemple en la mati?
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8.5 D'ici ?030, parvenir au plein emploi productif et garantir ?outes les femmes et ?ous les hommes, y compris les jeunes et les personnes handicap?, un travail d?nt et un salaire ?l pour un travail de valeur ?le 8.6 D'ici ?020, r?ire nettement la proportion de jeunes non scolaris?et sans emploi ni formation 8.7 Prendre des mesures imm?ates et efficaces pour supprimer le travail forc?mettre fin ?'esclavage moderne et ?a traite d'?es humains, interdire et ?miner les pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats, et, d'ici ?025, mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes 8.8 D?ndre les droits des travailleurs, promouvoir la s?rit?ur le lieu de travail et assurer la protection de tous les travailleurs, y compris les migrants, en particulier les femmes, et ceux qui ont un emploi pr?ire 8.9 D'ici ?030, ?borer et mettre en oeuvre des politiques visant ??lopper un tourisme durable qui cr?des emplois et met en valeur la culture et les produits locaux 8.10 Renforcer la capacit?es institutions financi?s nationales de favoriser et g?raliser l'acc?de tous aux services bancaires et financiers et aux services d'assurance 8.a Accro?e l'appui apport?ans le cadre de l'initiative Aide pour le commerce aux pays en d?loppement, en particulier aux pays les moins avanc? y compris par l'interm?aire du Cadre int??enforc?our l'assistance technique li?au commerce en faveur des pays les moins avanc?8.b D'ici ?020, ?borer et mettre en oeuvre une strat?e mondiale en faveur de l'emploi des jeunes et appliquer le Pacte mondial pour l'emploi de l'Organisation internationale du Travail
Objectif 9. B?r une infrastructure r?liente, promouvoir une industrialisation durable qui profite ?ous et encourager l'innovation
9.1 Mettre en place une infrastructure de qualit?fiable, durable et r?liente, y compris une infrastructure r?onale et transfronti?, pour favoriser le d?loppement ?nomique et le bien-?e de l'?e humain, en privil?ant un acc?universel, financi?ment abordable et ?itable 9.2 Promouvoir une industrialisation durable qui profite ?ous et, d'ici ?030, augmenter nettement la contribution de l'industrie ?'emploi et au produit int?eur brut, en fonction du contexte national, et la multiplier par deux dans les pays les moins avanc?9.3 Accro?e, en particulier dans les pays en d?loppement, l'acc?des entreprises, notamment des petites entreprises industrielles, aux services financiers, y compris aux pr? consentis ?es conditions abordables, et leur int?ation aux cha?s de valeur et aux march?9.4 D'ici ?030, moderniser l'infrastructure et adapter les industries afin de les rendre durables, par une utilisation plus rationnelle des ressources et un recours accru aux technologies et proc?s industriels propres et respectueux de l'environnement, chaque pays agissant dans la mesure de ses moyens 9.5 Renforcer la recherche scientifique, perfectionner les capacit?technologiques des secteurs industriels de tous les pays, en particulier des pays en d?loppement, notamment en
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encourageant l'innovation et en augmentant nettement le nombre de personnes travaillant dans le secteur de la recherche-d?loppement pour 1 million d'habitants et en accroissant les d?nses publiques et priv? consacr? ?a recherche-d?loppement d'ici ?030 9.a Faciliter la mise en place d'une infrastructure durable et r?liente dans les pays en d?loppement en renfor?t l'appui financier, technologique et technique apport?ux pays d'Afrique, aux pays les moins avanc? aux pays en d?loppement sans littoral et aux petits ?ats insulaires en d?loppement 9.b Soutenir les activit?de recherche-d?loppement et d'innovation des pays en d?loppement dans le secteur technologique, notamment en instaurant des conditions propices, entre autres, ?a diversification industrielle et ?'ajout de valeur aux marchandises 9.c Accro?e nettement l'acc?aux technologies de l'information et des communications et faire en sorte que tous les habitants des pays les moins avanc?aient acc??nternet ?n co?bordable d'ici ?020
Objectif 10. R?ire les in?lit?dans les pays et d'un pays ?'autre
10.1 D'ici ?030, assurer progressivement et durablement une croissance des revenus des 40 pour cent de la population les plus pauvres ?n rythme plus rapide que celle du revenu moyen national 10.2 D'ici ?030, autonomiser toutes les personnes et favoriser leur int?ation sociale, ?nomique et politique, ind?ndamment de leur ?, de leur sexe, de leur handicap, de leur race, de leur appartenance ethnique, de leurs origines, de leur religion ou de leur statut ?nomique ou autre 10.3 Assurer l'?lit?es chances et r?ire l'in?lit?es r?ltats, notamment en ?minant les lois, politiques et pratiques discriminatoires et en encourageant l'adoption de lois, politiques et mesures ad?ates en la mati? 10.4 Adopter des politiques, notamment sur les plans budg?ire, salarial et dans le domaine de la protection sociale, afin de parvenir progressivement ?ne plus grande ?lit?0.5 Am?orer la r?ementation et la surveillance des institutions et march?financiers mondiaux et renforcer l'application des r?es 10.6 Faire en sorte que les pays en d?loppement soient davantage repr?nt?et entendus lors de la prise de d?sions dans les institutions ?nomiques et financi?s internationales, afin que celles-ci soient plus efficaces, cr?bles, transparentes et l?times 10.7 Faciliter la migration et la mobilit?e fa? ordonn? s? r?li? et responsable, notamment par la mise en oeuvre de politiques migratoires planifi? et bien g?es 10.a Mettre en oeuvre le principe d'un traitement sp?al et diff?nci?our les pays en d?loppement, en particulier les pays les moins avanc? conform?nt aux accords de l'Organisation mondiale du commerce 10.b Stimuler l'aide publique au d?loppement et les flux financiers, y compris les investissements ?angers directs, en faveur des ?ats qui en ont le plus besoin, en particulier les pays les moins avanc? les pays d'Afrique, les petits ?ats insulaires en d?loppement et les pays en d?loppement sans littoral, conform?nt ?eurs plans et programmes nationaux
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10.c D'ici ?030, faire baisser au-dessous de 3% les co?de transaction des envois de fonds effectu?par les migrants et ?miner les circuits d'envois de fonds dont les co?sont sup?eurs ?%
Objectif 11. Faire en sorte que les villes et les ?blissements humains soient ouverts ?ous, s? r?lients et durables
11.1 D'ici ?030, assurer l'acc?de tous ?n logement et des services de base ad?ats et s? ?n co?bordable, et assainir les quartiers de taudis 11.2 D'ici ?030, assurer l'acc?de tous ?es syst?s de transport s? accessibles et viables, ?n co?bordable, en am?orant la s?rit?outi?, notamment en d?loppant les transports publics, une attention particuli? devant ?e accord?aux besoins des personnes en situation vuln?ble, des femmes, des enfants, des personnes handicap? et des personnes ?es 11.3 D'ici ?030, renforcer l'urbanisation durable pour tous et les capacit?de planification et de gestion participatives, int?? et durables des ?blissements humains dans tous les pays 11.4 Redoubler d'efforts pour prot?r et pr?rver le patrimoine culturel et naturel mondial 11.5 D'ici ?030, r?ire nettement le nombre de personnes tu? et le nombre de personnes touch? par les catastrophes, y compris celles qui sont li? ?'eau, et r?ire nettement la part du produit int?eur brut mondial repr?nt?par les pertes ?nomiques directement imputables ?es catastrophes, l'accent ?nt mis sur la protection des pauvres et des personnes en situation vuln?ble 11.6 D'ici ?030, r?ire l'impact environnemental n?tif des villes par habitant, y compris en accordant une attention particuli? ?a qualit?e l'air et ?a gestion, notamment municipale, des d?ets 11.7 D'ici ?030, assurer l'acc?de tous, en particulier des femmes et des enfants, des personnes ?es et des personnes handicap?, ?es espaces verts et des espaces publics s?11.a Favoriser l'?blissement de liens ?nomiques, sociaux et environnementaux positifs entre zones urbaines, p?urbaines et rurales en renfor?t la planification du d?loppement ?'?elle nationale et r?onale 11.b D'ici ?020, accro?e nettement le nombre de villes et d'?blissements humains qui adoptent et mettent en oeuvre des politiques et plans d'action int??en faveur de l'insertion de tous, de l'utilisation rationnelle des ressources, de l'adaptation aux effets des changements climatiques et de leur att?ation et de la r?lience face aux catastrophes, et ?borer et mettre en oeuvre, conform?nt au Cadre de Sendai pour la r?ction des risques de catastrophe (2015-2030), une gestion globale des risques de catastrophe ?ous les niveaux 11.c Aider les pays les moins avanc? y compris par une assistance financi? et technique, ?onstruire des b?ments durables et r?lients en utilisant des mat?aux locaux
Objectif 12. ?ablir des modes de consommation et de production durables
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12.1 Mettre en oeuvre le Cadre d?nnal de programmation concernant les modes de consommation et de production durables avec la participation de tous les pays, les pays d?lopp?montrant l'exemple en la mati?, compte tenu du degr?e d?loppement et des capacit?des pays en d?loppement 12.2 D'ici ?030, parvenir ?ne gestion durable et ?ne utilisation rationnelle des ressources naturelles 12.3 D'ici ?030, r?ire de moiti? l'?elle mondiale le volume de d?ets alimentaires par habitant, au niveau de la distribution comme de la consommation, et diminuer les pertes de produits alimentaires tout au long des cha?s de production et d'approvisionnement, y compris les pertes apr?r?lte 12.4 D'ici ?020, parvenir ?ne gestion ?logiquement rationnelle des produits chimiques et de tous les d?ets tout au long de leur cycle de vie, conform?nt aux principes directeurs arr?s ?'?elle internationale, et r?ire nettement leur d?rsement dans l'air, l'eau et le sol, afin de minimiser leurs effets n?tifs sur la sant?t l'environnement 12.5 D'ici ?030, r?ire nettement la production de d?ets par la pr?ntion, la r?ction, le recyclage et la r?ilisation 12.6 Encourager les entreprises, en particulier les grandes entreprises et les soci?s transnationales, ?dopter des pratiques viables et ?nt?er dans les rapports qu'elles ?blissent des informations sur la viabilit?2.7 Promouvoir des pratiques durables dans le cadre de la passation des march?publics, conform?nt aux politiques et priorit?nationales 12.8 D'ici ?030, faire en sorte que toutes les personnes, partout dans le monde, aient les informations et connaissances n?ssaires au d?loppement durable et ?n style de vie en harmonie avec la nature 12.a Aider les pays en d?loppement ?e doter des moyens scientifiques et technologiques qui leur permettent de s'orienter vers des modes de consommation et de production plus durables 12.b Mettre au point et utiliser des outils de contr?de l'impact sur le d?loppement durable d'un tourisme durable cr?eur d'emplois et valorisant la culture et les produits locaux 12.c Rationaliser les subventions aux combustibles fossiles qui sont source de gaspillage, gr? ?'?mination des distorsions du march?eu ?rd au contexte national, y compris au moyen de la restructuration de la fiscalit?t de la suppression progressive des subventions pr?diciables qui sont en place, en mettant en ?dence leur impact sur l'environnement, en tenant pleinement compte des besoins et de la situation propres aux pays en d?loppement et en r?isant au minimum les ?ntuels effets n?tifs sur le d?loppement de ces pays tout en prot?ant les pauvres et les populations concern?
Objectif 13. Prendre d'urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs r?rcussions
13.1 Renforcer, dans tous les pays, la r?lience et les capacit?d'adaptation face aux al? climatiques et aux catastrophes naturelles li? au climat
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13.2 Incorporer des mesures relatives aux changements climatiques dans les politiques, les strat?es et la planification nationales 13.3 Am?orer l'?cation, la sensibilisation et les capacit?individuelles et institutionnelles en ce qui concerne l'adaptation aux changements climatiques, l'att?ation de leurs effets et la r?ction de leur impact et les syst?s d'alerte rapide 13.a Mettre en oeuvre l'engagement que les pays d?lopp?parties ?a Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ont pris de mobiliser ensemble aupr?de multiples sources 100 milliards de dollars par an d'ici ?020 pour r?ndre aux besoins des pays en d?loppement en ce qui concerne les mesures concr?s d'att?ation et la transparence de leur mise en oeuvre et rendre le Fonds vert pour le climat pleinement op?tionnel en le dotant dans les plus brefs d?is des moyens financiers n?ssaires 13.b Promouvoir des m?nismes de renforcement des capacit?afin que les pays les moins avanc?et les petits ?ats insulaires en d?loppement se dotent de moyens efficaces de planification et de gestion pour faire face aux changements climatiques, l'accent ?nt mis, notamment, sur les femmes, les jeunes, la population locale et les groupes marginalis?
Objectif 14. Conserver et exploiter de mani? durable les oc?s, les mers et les ressources marines aux fins du d?loppement durable
14.1 D'ici ?025, pr?nir et r?ire nettement la pollution marine de tous types, en particulier celle r?ltant des activit?terrestres, y compris les d?ets en mer et la pollution par les nutriments 14.2 D'ici ?020, g?r et prot?r durablement les ?syst?s marins et c?rs, notamment en renfor?t leur r?lience, afin d'?ter les graves cons?ences de leur d?adation et prendre des mesures en faveur de leur restauration pour r?blir la sant?t la productivit?es oc?s 14.3 R?ire au maximum l'acidification des oc?s et lutter contre ses effets, notamment en renfor?t la coop?tion scientifique ?ous les niveaux 14.4 D'ici ?020, r?ementer efficacement la p?e, mettre un terme ?a surp?e, ?a p?e illicite, non d?ar?et non r?ement?et aux pratiques de p?e destructrices et ex?ter des plans de gestion fond?sur des donn? scientifiques, l'objectif ?nt de r?blir les stocks de poissons le plus rapidement possible, au moins ?es niveaux permettant d'obtenir un rendement constant maximal compte tenu des caract?stiques biologiques 14.5 D'ici ?020, pr?rver au moins 10 pour cent des zones marines et c?res, conform?nt au droit national et international et compte tenu des meilleures informations scientifiques disponibles 14.6 D'ici ?020, interdire les subventions ?a p?e qui contribuent ?a surcapacit?t ?a surp?e, supprimer celles qui favorisent la p?e illicite, non d?ar?et non r?ement?et s'abstenir d'en accorder de nouvelles, sachant que l'octroi d'un traitement sp?al et diff?nci?fficace et appropri?ux pays en d?loppement et aux pays les moins avanc?doit faire partie int?ante des n?ciations sur les subventions ?a p?e men? dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce 14.7 D'ici ?030, faire b?ficier plus largement les petits ?ats insulaires en d?loppement et les pays les moins avanc?des retomb? ?nomiques de l'exploitation durable des
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ressources marines, notamment gr? ?ne gestion durable des p?es, de l'aquaculture et du tourisme 14.a Approfondir les connaissances scientifiques, renforcer les moyens de recherche et transf?r les techniques marines, conform?nt aux Crit?s et principes directeurs de la Commission oc?ographique intergouvernementale concernant le transfert de techniques marines, l'objectif ?nt d'am?orer la sant?es oc?s et de renforcer la contribution de la biodiversit?arine au d?loppement des pays en d?loppement, en particulier des petits ?ats insulaires en d?loppement et des pays les moins avanc?14.b Garantir aux petits p?eurs l'acc?aux ressources marines et aux march?14.c Am?orer la conservation et l'utilisation durable des oc?s et de leurs ressources, en application des dispositions du droit international, ?nc? dans la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, qui fournit le cadre juridique requis pour la conservation et l'utilisation durable des oc?s et de leurs ressources
Objectif 15. Pr?rver et restaurer les ?syst?s terrestres, en veillant ?es exploiter de fa? durable, g?r durablement les for?, lutter contre la d?rtification, enrayer et inverser le processus de d?adation des terres et mettre fin ?'appauvrissement de la biodiversit?5.1 D'ici ?020, garantir la pr?rvation, la restauration et l'exploitation durable des ?syst?s terrestres et des ?syst?s d'eau douce et des services connexes, en particulier des for?, des zones humides, des montagnes et des zones arides, conform?nt aux obligations d?ulant des accords internationaux 15.2 D'ici ?020, promouvoir la gestion durable de tous les types de for? mettre un terme ?a d?restation, restaurer les for? d?ad? et accro?e nettement le boisement et le reboisement au niveau mondial 15.3 D'ici ?030, lutter contre la d?rtification, restaurer les terres et sols d?ad? notamment les terres touch? par la d?rtification, la s?eresse et les inondations, et s'efforcer de parvenir ?n monde sans d?adation des terres 15.4 D'ici ?030, assurer la pr?rvation des ?syst?s montagneux, notamment de leur biodiversit?afin de mieux tirer parti de leurs bienfaits essentiels pour le d?loppement durable 15.5 Prendre d'urgence des mesures ?rgiques pour r?ire la d?adation du milieu naturel, mettre un terme ?'appauvrissement de la biodiversit?t, d'ici ?020, prot?r les esp?s menac? et pr?nir leur extinction 15.6 Favoriser le partage juste et ?itable des b?fices d?ulant de l'utilisation des ressources g?tiques et promouvoir un acc?appropri? celles-ci, ainsi que cela a ? d?d? l'?elle internationale 15.7 Prendre d'urgence des mesures pour mettre un terme au braconnage et au trafic d'esp?s v?tales et animales prot?es et s'attaquer au probl? sous l'angle de l'offre et de la demande 15.8 D'ici ?020, prendre des mesures pour emp?er l'introduction d'esp?s exotiques envahissantes, att?er sensiblement les effets que ces esp?s ont sur les ?syst?s terrestres et aquatiques et contr? ou ?diquer les esp?s prioritaires
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15.9 D'ici ?020, int?er la protection des ?syst?s et de la biodiversit?ans la planification nationale, dans les m?nismes de d?loppement, dans les strat?es de r?ction de la pauvret?t dans la comptabilit?5.a Mobiliser des ressources financi?s de toutes provenances et les augmenter nettement pour pr?rver la biodiversit?t les ?syst?s et les exploiter durablement 15.b Mobiliser d'importantes ressources de toutes provenances et ?ous les niveaux pour financer la gestion durable des for? et inciter les pays en d?loppement ?rivil?er ce type de gestion, notamment aux fins de la pr?rvation des for? et du reboisement 15.c Apporter, ?'?elon mondial, un soutien accru ?'action men?pour lutter contre le braconnage et le trafic d'esp?s prot?es, notamment en donnant aux populations locales d'autres moyens d'assurer durablement leur subsistance
Objectif 16. Promouvoir l'av?ment de soci?s pacifiques et inclusives aux fins du d?loppement durable, assurer l'acc?de tous ?a justice et mettre en place, ?ous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes ?ous
16.1 R?ire nettement, partout dans le monde, toutes les formes de violence et les taux de mortalit?ui y sont associ?16.2 Mettre un terme ?a maltraitance, ?'exploitation et ?a traite, et ?outes les formes de violence et de torture dont sont victimes les enfants 16.3 Promouvoir l'?t de droit dans l'ordre interne et international et garantir ?ous un ?l acc??a justice 16.4 D'ici ?030, r?ire nettement les flux financiers illicites et le trafic d'armes, renforcer les activit?de r?p?tion et de restitution des biens vol?et lutter contre toutes les formes de criminalit?rganis?16.5 R?ire nettement la corruption et la pratique des pots-de-vin sous toutes leurs formes 16.6 Mettre en place des institutions efficaces, responsables et transparentes ?ous les niveaux 16.7 Faire en sorte que le dynamisme, l'ouverture, la participation et la repr?ntation ?ous les niveaux caract?sent la prise de d?sions 16.8 ?argir et renforcer la participation des pays en d?loppement aux institutions charg? de la gouvernance au niveau mondial 16.9 D'ici ?030, garantir ?ous une identit?uridique, notamment gr? ?'enregistrement des naissances 16.10 Garantir l'acc?public ?'information et prot?r les libert?fondamentales, conform?nt ?a l?slation nationale et aux accords internationaux 16.a Appuyer, notamment dans le cadre de la coop?tion internationale, les institutions nationales charg? de renforcer, ?ous les niveaux, les moyens de pr?nir la violence et de lutter contre le terrorisme et la criminalit?en particulier dans les pays en d?loppement
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16.b Promouvoir et appliquer des lois et politiques non discriminatoires pour le d?loppement durable
Objectif 17. Renforcer les moyens de mettre en oeuvre le Partenariat mondial pour le d?loppement durable et le revitaliser
Finances 17.1 Am?orer, notamment gr? ?'aide internationale aux pays en d?loppement, la mobilisation de ressources nationales en vue de renforcer les capacit?nationales de collecte de l'imp?t d'autres recettes 17.2 Faire en sorte que les pays d?lopp?honorent tous leurs engagements en mati? d'aide publique au d?loppement, notamment celui pris par nombre d'entre eux de consacrer 0,7% de leur revenu national brut ?'aide aux pays en d?loppement et entre 0,15% et 0,20% ?'aide aux pays les moins avanc? les bailleurs de fonds ?nt encourag??nvisager de se fixer pour objectif de consacrer au moins 0,20% de leur revenu national brut ?'aide aux pays les moins avanc?17.3 Mobiliser des ressources financi?s suppl?ntaires de diverses provenances en faveur des pays en d?loppement 17.4 Aider les pays en d?loppement ?ssurer la viabilit? long terme de leur dette au moyen de politiques concert? visant ?avoriser le financement de la dette, son all?ment ou sa restructuration, selon le cas, et r?ire le surendettement en r?ant le probl? de la dette ext?eure des pays pauvres tr?endett?17.5 Adopter et mettre en oeuvre des dispositifs visant ?ncourager l'investissement en faveur des pays les moins avanc?Technologie 17.6 Renforcer l'acc??a science, ?a technologie et ?'innovation et la coop?tion Nord-Sud et Sud-Sud et la coop?tion triangulaire r?onale et internationale dans ces domaines et am?orer le partage des savoirs selon des modalit?arr?es d'un commun accord, notamment en coordonnant mieux les m?nismes existants, en particulier au niveau des organismes des Nations Unies, et dans le cadre d'un m?nisme mondial de facilitation des technologies 17.7 Promouvoir la mise au point, le transfert et la diffusion de technologies respectueuses de l'environnement en faveur des pays en d?loppement, ?es conditions favorables, y compris privil?? et pr?rentielles, arr?es d'un commun accord 17.8 Faire en sorte que la banque de technologies et le m?nisme de renforcement des capacit?scientifiques et technologiques et des capacit?d'innovation des pays les moins avanc?soient pleinement op?tionnels d'ici ?017 et renforcer l'utilisation des technologies clefs, en particulier de l'informatique et des communications Renforcement des capacit?17.9 Apporter, ?'?elon international, un soutien accru pour assurer le renforcement efficace et cibl?es capacit?des pays en d?loppement et appuyer ainsi les plans nationaux visant ?tteindre tous les objectifs de d?loppement durable, notamment dans le cadre de la coop?tion Nord-Sud et Sud-Sud et de la coop?tion triangulaire
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Commerce 17.10 Promouvoir un syst? commercial multilat?l universel, r?ement?ouvert, non discriminatoire et ?itable sous l'?de de l'Organisation mondiale du commerce, notamment gr? ?a tenue de n?ciations dans le cadre du Programme de Doha pour le d?loppement 17.11 Accro?e nettement les exportations des pays en d?loppement, en particulier en vue de doubler la part des pays les moins avanc?dans les exportations mondiales d'ici ?020 17.12 Permettre l'acc?rapide de tous les pays les moins avanc?aux march?en franchise de droits et sans contingent, conform?nt aux d?sions de l'Organisation mondiale du commerce, notamment en veillant ?e que les r?es pr?rentielles applicables aux importations provenant des pays les moins avanc?soient transparentes et simples et facilitent l'acc?aux march?Coh?nce des politiques et des structures institutionnelles 17.13 Renforcer la stabilit?acro?nomique mondiale, notamment en favorisant la coordination et la coh?nce des politiques 17.14 Renforcer la coh?nce des politiques de d?loppement durable 17.15 Respecter la marge de manoeuvre et l'autorit?e chaque pays en ce qui concerne l'?boration et l'application des politiques d'?mination de la pauvret?t de d?loppement durable Partenariats multipartites 17.16 Renforcer le Partenariat mondial pour le d?loppement durable, associ? des partenariats multipartites permettant de mobiliser et de partager des savoirs, des connaissances sp?alis?, des technologies et des ressources financi?s, afin d'aider tous les pays, en particulier les pays en d?loppement, ?tteindre les objectifs de d?loppement durable 17.17 Encourager et promouvoir les partenariats publics, les partenariats public/priv?t les partenariats avec la soci? civile, en faisant fond sur l'exp?ence acquise et les strat?es de financement appliqu? en la mati? Donn?, suivi et application du principe de responsabilit?7.18 D'ici ?020, apporter un soutien accru au renforcement des capacit?des pays en d?loppement, notamment des pays les moins avanc?et des petits ?ats insulaires en d?loppement, l'objectif ?nt de disposer d'un beaucoup plus grand nombre de donn? de qualit?actualis? et exactes, ventil? par niveau de revenu, sexe, ?, race, appartenance ethnique, statut migratoire, handicap et emplacement g?raphique, et selon d'autres caract?stiques propres ?haque pays 17.19 D'ici ?030, tirer parti des initiatives existantes pour ?blir des indicateurs de progr?en mati? de d?loppement durable qui viendraient compl?r le produit int?eur brut, et appuyer le renforcement des capacit?statistiques des pays en d?loppement
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4. Analyses des sept ODD qui rel?nt du MTES et du MTC (ODD 6, 7, 11, 12, 13, 14, 15)
Les 7 fiches d?ill? qui suivent sont structur? de la fa? suivante : 1/ Contexte et pr?ntation 2/ Analyses par cibles et interactions avec d'autres cibles d'autres ODD 3/ Appr?ation g?rale de la trajectoire de la France 4/ Perspectives et recommnandations La liste compl? des ODD et de leurs cibles figurent en annexe 3. Les indicateurs mentionn?figurent au complet dans le tableau r?is?ar l'INSEE, disponible sur le lien https://www.insee.fr/fr/statistiques/2654964.
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Fiche ODD 6 Garantir l'acc?de tous ?es services d'alimentation en eau et d'assainissement g?s de fa? durable
La politique de l'eau est ancienne en France et mobilise des moyens cons?ents permettant des r?ltats satisfaisants en mati? d'acc??'eau potable, d'assainissement et de lutte contre les pollutions de toutes natures. L'objectif 7C des OMD visait ??ire de moiti?entre 2000 et 2015, le pourcentage de la population qui n'a pas acc?de fa? durable ?n approvisionnement en eau potable ni ?es services d'assainissement de base. Concernant l'eau potable l'objectif a ? atteint, mais les enjeux qualitatifs demeurent. Il n'en est pas de m? en mati? d'assainissement, puisqu'en 2015, 2,4 milliards de personnes utilisent encore des services d'assainissement non am?or? dont 946 millions de personnes qui d?quent encore ?'air libre57. L'agenda 2030 sur les ODD est beaucoup plus ambitieux, puisque l'objectif 6 est consacr?nti?ment ?a probl?tique de l'eau douce et de l'assainissement. Le fait que des politiques volontaristes et efficaces ont ? mises en oeuvre de longue date sur le territoire national et europ? n'exon? cependant pas la France de poursuivre les efforts entrepris en direction de certaines parties de son territoire et des populations les plus pr?ires. Dans un contexte international o? communaut?e l'eau est tr?fortement mobilis?sur la mise en oeuvre des ODD, les principales institutions nationales comp?ntes, ?ommencer par le comit?ational de l'eau, ainsi que le cercle fran?s de l'eau (CFE)58, le partenariat fran?s pour l'eau (PFE) 59 ou l'Astee60, ne font pas d'autre constat. Un travail important a ? produit depuis 2015 au sein de ces instances, afin d'analyser les conditions de mise en oeuvre de l'ODD 6 et la situation de la France eu ?rd aux cibles fix?.
1. Huit cibles pour un objectif en forte interconnexion avec les autres ODD
Les cibles de r?ltat de l'ODD 6 abordent l'ensemble des probl?tiques li? ?'eau : l'acc??'eau potable (6.1), l'assainissement (6.2), la qualit?e l'eau (6.3), l'utilisation de la ressource (6.4), la gestion int??de la ressource (6.5) et la gestion des zones humides (6.6), auxquelles s'ajoutent deux cibles concernant la coop?tion internationale (6.a) et la participation de la population locale (6.b).
57
Cf. rapport 2015 sur les OMD. Cr?en 1990, le cercle fran?s de l'eau regroupe un ensemble de partenaires institutionnels et professionnels, autour de repr?ntants des collectivit?territoriales, sous une pr?dence de parlementaires. Le Partenariat Fran?s pour l'Eau (PFE) est un r?au multi-acteurs cr?en 2007 pour r?ndre aux enjeux du secteur l'eau et de l'assainissement en s'appuyant sur l'expertise de l'ensemble des acteurs fran?s et ?ontribuer ?ettre l'eau ?'ordre du jour de l'agenda international. Association Scientifique et Technique pour l'Eau et l'Environnement. Plateforme multi-acteurs cr? en 1905, reconnue d'utilit?ublique, rassemblant 3 800 professionnels des services publics de l'eau et de l'environnement.
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L'ODD 6 est en interconnexion avec plusieurs autres objectifs61 : · ODD1 ?iminer la pauvret?a cible ODD 1.4 vise ?aire en sorte que tous les hommes et les femmes, en particulier les pauvres et les personnes vuln?bles, aient les m?s droits aux ressources ?nomiques et qu'ils aient acc?aux services de base et donc, en particulier l'acc??'eau potable et ?'assainissement. Le PFE consid? que la France a des progr?importants ?aire pour assurer cet acc?universel, en particulier en Outre-mer (Drom-Com) et demande qu'un tel indicateur d'acc?aux services de base soit ajout? la liste propos?par l'Insee. La cible 1.5 vise ?enforcer la r?lience des pauvres et des personnes en situation vuln?ble et r?ire leur exposition aux ph?m?s climatiques extr?s et ?'autres chocs et catastrophes. Dans le monde, la grande majorit?es personnes affect? par des catastrophes le sont en raison de catastrophes li? ?'eau : orages violents, inondations, tsunamis, s?eresses, etc. Le PFE demande que la France suive le nombre de personnes affect? par ces catastrophes conform?nt aux attentes internationales des indicateurs 1.5.1 et 11.5.1. · ODD2 ?iminer la faim Assurer la s?rit?limentaire, notamment en doublant la productivit?gricole et les revenus des petits producteurs alimentaires (cible 2,3) et en assurant la viabilit?es syst?s de production alimentaire et mettre en oeuvre des pratiques agricoles r?lientes (2,4), n?ssite de disposer de suffisamment d'eau ?'endroit des productions agricoles, ce qui requiert non seulement des usages ?nomes de l'eau mais aussi une gestion appropri?des ressources en eau dans les territoires o? stress hydrique a tendance ?ro?e. A contrario, assurer un bon acc??'eau potable est un facteur essentiel de lutte contre la sous-nutrition ainsi que l'OMS le rappelle r?li?ment, pour la cuisson des aliments et, pour la consommation directe. · ODD3 Sant?a cible ODD 3.3 vise notamment ?ombattre les maladies transmises par l'eau. Les rapports de l'organisation mondiale de la sant?OMS) font appara?e que les maladies diarrh?ues sont la cause de 20% de la mortalit?nfantile (0-5 ans). Le PFE consid? qu'il n'est pas exclu que dans certains territoires Outre-mer o?s services publics d'eau et d'assainissement n'atteignent pas la totalit?e la population il y ait des d?s en r?ltant. Il demande que l'indicateur 3.9.2 Taux de mortalit?ttribuable ?'insalubrit?e l'eau, aux d?ciences du syst? d'assainissement et au manque d'hygi? (acc??es services WASH inad?ats) soit renseign?our l'ensemble du territoire fran?s.
61
Le partenariat fran?s pour l'eau a ?s des propositions sur ceux ayant fait l'objet d'une pr?ntation lors du forum politique de haut niveau de juillet 2017 (ODD 1 (?miner la pauvret? 2 (?miner la faim), 3 (permettre ?ous de vivre en bonne sant? 5 (parvenir ?'?lit?es sexes), 9 (b?r une infrastructure r?liente, promouvoir une industrialisation durable) et 14 (Conserver et exploiter de mani? durable les oc?s).
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· ODD 14 Oc?s Les pollutions d'origine tellurique sont ?'origine d'environ 80% des pollutions marines. Raison pour laquelle le PFE consid? qu'un seul indicateur d'?t des zones c?res parait insuffisant et que les rejets en mer de mati?s polluantes, en particulier les nutriments qui favorisent l'eutrophisation, devraient ?lement ?e suivis, en ajoutant les rejets directs des r?aux urbains ou industriels et les rejets via les r?aux hydrographiques. D'autres interconnexions peuvent ?e identifi? notamment avec les ODD 4 (?cation), 7 (?rgie), 11 (ville durable), 13 (climat), 15 (biodiversit? La probl?tique de l'eau est par ailleurs au coeur du nexus eau-?rgie-alimentation. Le nexus eau ?rgie alimentation Le domaine de l'eau est concern?ar des enjeux sp?fiques li?aux conflits d'usage pouvant affecter la ressource hydrique. C'est particuli?ment vrai dans des pays connaissant d'importantes s?eresses, c'est ?lement vrai, ?n degr?oindre sur le territoire fran?s. Le partage de l'eau est une priorit?Le CFE pr?nise pour ce faire plusieurs orientations auxquelles la mission ne peut que souscrire : favoriser une agriculture ?nome par des syst?s de cultures moins gourmands et des vari?s v?tales plus r?stantes au stress hydrique ; r?venter l'eau dans la ville en r?ilisant l'eau de pluie62 ; modifier la gouvernance de mani? ?assembler des syst?s ?at?dans une logique d'?nomie circulaire. L'utilisation plus syst?tique des outils d'analyse ?nomique (co?fficacit?co??fices...) peut contribuer ??sser ce conflit gr? ?ne approche d?oisonn?entre diff?nts types d'usages, notamment pour la consommation humaine, la production agricole, la production d'?rgie. Toutefois, comme le note le CFE, « l'?rgie se construit ?'?elle nationale, voire europ?ne, et celui de l'eau, principalement ?'?elon local », de m? que la production agricole. 2. Des indicateurs nombreux mais tr?h?rog?s dans leur ad?ation aux cibles Onze indicateurs ont ? d?nis par l'ONU pour observer les r?ltats obtenus pour les huit cibles de l'ODD. Ces indicateurs sont class?en trois niveaux (tier) en fonction de leur d?loppement m?odologique et de la disponibilit?es donn? ?'?elle mondiale63.
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Une gestion int??de l'eau dans les villes favorise le d?loppement ds techniques de stockage et d'infiltration et permettent une meilleure perm?ilit?es sols. Tier I : indicateur conceptuellement clair. Une m?odologie est ?blie ?'?elle internationale et des normes sont disponibles. Les donn? sont produites r?li?ment par les pays. Tier II : indicateur conceptuellement clair. Une m?odologie est ?blie ?'?elle internationale et des normes sont disponibles. Cependant les donn? ne sont pas produites r?li?ment par les pays. Tier III : aucune m?odologie ou norme internationalement ?blie n'est encore disponible pour l'indicateur, mais la m?odologie / les normes sont (ou seront) d?lopp? ou test?.
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Concernant l'ODD 6, les indicateurs sont class?en tier 1 (6.1.1, 6.2.1, 6.a.1 et 6.b.1) en tier 2 (6.3.1, 6.4.2, 6.5.1 et 6.5.2) ou en tier 3 (6.3.2, 6.4.1, 6.6.1). Ce classement, correspondant ?a disponibilit?es donn? ?'?elon mondial, n'est pas n?ssairement significatif pour la France et l'Europe. Il en est ainsi des donn? issues de l'application de la directive-cadre sur l'eau et de la directive nitrates, disponibles en Europe, mais pas ailleurs dans le monde sous une m? forme. La liste des indicateurs diffus?par le CGDD en mai 2017 et actualis?en septembre, d?ine pour l'instant les 11 indicateurs ONU par 15 indicateurs nationaux auxquels s'ajoutent quatre indicateurs Eurostat, ainsi que les donn? ONU ?lement pour quatre indicateurs. La multiplicit?es indicateurs ne garantit cependant pas leur compl? ad?ation avec les cibles. 6-1 : assurer l'acc?universel et ?itable ?'eau potable, ?n co?bordable L'ONU affiche un indicateur : « Proportion de la population utilisant des services d'alimentation en eau potable g?s en toute s?rit?. Cet indicateur ne permet pas de r?ndre ?'int?alit?e l'?nc?e la cible, notamment en mati? d'universalit?d'?it?t de co?bordable64. Pour la France, la proportion de la population utilisatrice concern?tend vers 100%. Selon les donn? fournies par l'ONU, 93,3% de la population b?ficient d'un service de grande qualit?t 6,7% d'un niveau de moindre qualit?. Deux indicateurs nationaux ont ? formalis??e stade : « Population desservie par une eau non conforme au regard de la qualit?icrobiologique sur plus de 5% des analyses » et « Population raccord??'approvisionnement public en eau ». Le taux de raccordement est estim? 99%, dont 3,3% de la population b?ficiant en 2012 d'une eau de moindre qualit?Ces r?ltats sont de m? niveau que ceux de l'ensemble des pays d?lopp? L'Astee66 consid? toutefois que pour un pays comme la France, le taux de r?rence de 5% d'analyses non conformes est trop ?v?L'indicateur retenu par l'Insee porte par ailleurs sur la seule qualit?icrobiologique de l'eau distribu?par le r?au public et ne tient pas compte de l'utilisation de pompages directs, via des puits par exemple, pour lesquelles le contr?qualitatif rel? de l'initiative priv? Le fait d'?e raccord? un r?au d'alimentation ne signifie pas n?ssairement pouvoir b?ficier du service de mani? continue. Ainsi, dans certains d?rtements ultramarins, une partie significative de la population (estim??% en Guadeloupe), est victime de fr?entes coupures d'eau tout au long de l'ann?7. Il serait par ailleurs utile de mieux conna?e les conditions d'acc??'eau potable et ?'assainissement de la population en position pr?ire (SDF, migrants en situation ill?le, habitat informel...), estim??lusieurs centaines de milliers de personnes.
64
Cf. infra « ce qui n'est pas trait?u de mani? marginale par les indicateurs ». Population desservie par une eau non conforme au regard de la qualit?icrobiologique sur plus de 5% des analyses. Astee : R?exions des professionnels de l'eau sur les actions eau ?ener en France pour r?sir la contribution fran?se aux ODD mondiaux r?sion 5 8 juin 2017. Cf. infra.
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Le partenariat fran?s pour l'eau note en outre que « la qualit?e l'eau, que l'on pensait stable et durable du fait des standards et normes europ?s particuli?ment exigeants, est parfois remise en cause par l'?rgence de nouveaux polluants. ». De fait, sans remettre en cause la fiabilit?es mesures, il conviendrait d'approfondir l'analyse de ces r?ltats eu ?rd aux standards de potabilit?6-2 : assurer l'acc?de tous, dans des conditions ?itables, ?es services d'assainissement et d'hygi? ad?ats et mettre fin ?a d?cation en plein air Concernant les « services d'assainissement g?s en toute s?rit?, l'Insee n'identifie aucun indicateur sp?fique. Des donn? France sont toutefois donn? par l'ONU et Eurostat L'indicateur ONU est d?ni comme l'utilisation par la population d'installations sanitaires am?or? (toilettes ?hasse d'eau vers un r?au d'?ut ou une fosse septique, latrines am?or??osse ventil? latrines ?osse avec dalle, toilettes ?ompostage), o?s excr?nts sont ?min?en toute s?rit?n situ ou transport?et trait?hors site, et non partag?avec d'autres m?ges. Selon cette d?nition, 92,1% de la population fran?se est consid?e comme b?ficiant d'installations am?or? et 6,55% d'installations basiques. L'ONU ne fournit pas d'indicateur sur les questions d'hygi?, mais pour Eurostat 0,3% de la population n'y aurait pas acc? soit environ 200 000 personnes. Une m? observation que pour la cible 6.1 peut ?e faite concernant l'identification de ces personnes et les moyens mis en oeuvre pour rem?er ?ette situation. 6-3 : am?orer la qualit?e l'eau en r?isant la pollution La cible 6.3 vise ?m?orer d'ici ?030 la qualit?e l'eau en r?isant la pollution. Son intitul?iste plusieurs objectifs de r?ltat sans fixer de niveau ?tteindre : ?miner l'immersion de d?ets ; r?ire au minimum les ?ssions de produits chimiques et de mati?s dangereuses ; diminuer de moiti?a proportion d'eaux us? non trait? ; augmenter nettement ?'?elle mondiale le recyclage et la r?ilisation sans danger de l'eau. Deux indicateurs ONU ont ? d?nis : 6.3.1 Proportion des eaux us? trait? sans danger ; 6.3.2 Proportion des plans d'eau dont la qualit?e l'eau ambiante est bonne. De m? que pour la cible 6.1, les indicateurs de la cible 6.3 ne permettent pas de renseigner compl?ment l'objectif, notamment sur l'aspect pollution et recyclage. L'indicateur 6.3.1 de l'ONU est d?in?our la France par un indicateur Eurostat et trois indicateurs Insee. L'indicateur 06.13 d'Eurostat concerne la « population reli?au traitement des eaux us? urbaines avec au moins un traitement secondaire (une ?mination de la BCO d'au moins 70% et une DCO d'au moins 75% 68) ». Le r?ltat affich?Enqu? OCDE/ EUROSTAT, juillet 2017), de 80,4% en 2014, est stable depuis 2012. Il est assez proche de la donn?fournie par l'Insee (Banque de donn? Sispea, septembre 2016), de 81% en 2012. Pour ce qui concerne la France, l'am?oration de la qualit?e l'eau ressort directement des objectifs europ?s : directive-cadre sur l'eau, directive sur les eaux r?duaires urbaines et directive nitrates. Les indicateurs ressortant du rapportage de la DCE montrent une am?oration globale de la qualit?es masses d'eau de surface et souterraine. Le taux de mise en conformit?e l'assainissement des agglom?tions de plus de 2000 ?ivalents habitants d?ssait 95% fin 2011. Toutefois, si le taux de
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BDO : demande biochimique en oxyg? ; DCO : demande chimique en oxyg?.
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mise aux normes s'am?ore, celui de conformit?es eaux en sortie de stations d'?ration tend lui ?aisser, de 91,5% en 2010 ?8,8% en 201469. Les indicateurs ne font pas appara?e la situation des 19% de la population n'utilisant pas un syst? d'assainissement collectif (environ 12 millions en ANC) 70. Ainsi que le souligne l'Astee, de nombreux assainissements individuels sont inop?nts ou non conformes et donc susceptibles d'engendrer des pollutions non contr?s des milieux. Le Sispea71 ?lue ?0,3% le taux de conformit?es dispositifs d'assainissement non collectif contr?, ce qui peut para?e faible72. La situation en Outre-mer para?particuli?ment d?cate, puisqu'en 2010, l'ANC ?it le principal contributeur des pollutions organiques rejet? en Guadeloupe73. Il serait utile de faire appara?e ces donn? dans les indicateurs de la cible 6.3. La qualit?es eaux terrestres interagit de mani? importante avec celle des eaux marines, dont elles constituent de l'ordre de 80% de l'origine des pollutions. L'indicateur Insee relatif ?'?lution de l'indice de pollution des cours d'eau (nitrates, orthophosphates) et de l'indice de pollution des eaux souterraines (nitrates) n'est pas suffisant pour rendre compte de la contribution des eaux terrestres aux pollutions marines : immersion des d?ets, ?ssion de produits chimiques et de mati?s dangereuses. Afin de mieux cerner les effets, le PFE pr?nise de « privil?er l'approche par les milieux (?des d'impact) plut?ue l'approche par les rejets (normes d'?ssion) »74. Il n'est pas certain que la France soit dans une logique totalement vertueuse sur ce point. Malgr?e plan Ecophyto, la lutte contre les pollutions d'origine agricole reste par exemple un enjeu majeur. Il serait par ailleurs opportun de faire un premier bilan de la mesure de suppression des sacs plastiques non r?ilisables, mesure mise en avant dans le cadre du rapportage au FPHN de juillet 2017 pour l'ODD 14 : il appara?en effet que des sacs plastiques en principes r?ilisables soient utilis?en lieu et place des premiers, ce qui est susceptible d'en annihiler les effets. En 2014, 94,1 % des points de surveillance (soit 3 148 sur 3 344) des eaux de baignades ont ? jug?conformes ?a r?ementation europ?ne dont : 97,2 % des points de baignade en mer, 89,3 % des points de baignade en eau douce. En Europe, en 2014, 96,8 % des zones de baignade c?res et 97,6 % des sites de baignade en eaux int?eures r?ndaient aux normes europ?nes75. l'?elle europ?ne, la France m?opolitaine appara?ainsi dans une situation plut?eilleure pour les eaux marines, mais plus d?vorable pour les eaux int?eures. Cet indicateur est ?qu?9
Indicateurs Insee. Assainissement non collectif. Cf. Rapport de l'observatoire des services publics d'eau et d'assainissement mai 2017. Syst? d'information sur les services publics de l'eau et de l'assainissement. La moyenne nationale du taux de conformit?st ?lu??0,3%, en 2014, pour les 1 124 (sur les 3 800 services d'ANC) services qui ont renseign?a valeur de cet indicateur. Les services exploit?pour cet indicateur « desservent » 5,1 millions d'habitants, soit environ 42% de la population concern?par l'ANC en France. (Sispea : Observatoire des services publics d'eau et d'assainissement - Panorama des services et de leur performance en 2014, mai 2017 p.64). Comment d?lopper un assainissement durable dans les DOM ? ?at des lieux de l'assainissement des d?rtements d'Outre-mer et proposition d'actions pour le d?lopper, Th? professionnelle de Nicolas RICHEZ, Ecole des Ponts ParisTech, Mast? d'action publique Promotion 2010-2011 p. 79. Livret CFE p.33.
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comme indicateur suppl?ntaire de source Eurostat, pour les objectifs 6 et 14, mais aurait sans doute sa place dans le cadre de la cible 6.3. Concernant le recyclage et la r?ilisation de l'eau, des dispositions ont ? prises d?201076 pour permettre l'irrigation de cultures ou d'espaces verts par des eaux issues du traitement des eaux r?duaires urbaines. L'Onema consid? que la situation hydrique fran?se ne justifie pas, pour l'heure, des ?lutions radicales de la gestion relative ?a r?ilisation des eaux us? trait? dans le cycle de l'eau 77. La Commission europ?ne a cependant lanc?ne consultation jusqu'au 27 janvier 2017 afin de d?rminer les exigences de qualit?inimales pour les eaux ?r? r?ilis? dans l'Union europ?ne en vue d'une nouvelle l?slation sur les exigences minimales pour la r?ilisation de l'eau dans l'irrigation et la recharge des aquif?s. ce stade, la question est donc prise en compte et l'on peut consid?r que les orientations de la cible 6.3 sont respect? sur ce point. Il y a un facteur suppl?ntaire de risque ?nc?ar le PNSE 3 : « les pouvoirs publics ont ? confront?ces derni?s ann? ?es ?sodes de pollutions des eaux par des micropolluants (nitrosamines, perchlorates, perfluor? etc.) conduisant parfois ?es restrictions d'usage des captages d'eau destin??a consommation humaine ou de la consommation de produits issus de la p?e). Ceci s'explique par la quantit?e substances chimiques (environ 100 000) pr?ntes sur le march?ommunautaire et notre incapacit? surveiller syst?tiquement toutes ces substances dans l'environnement, pour des raisons techniques et ?nomiques. L'objectif du PNSE3 vise ?rioriser des actions permettant une meilleure connaissance des ?ssions (vente, utilisation, etc.). Des travaux de recherche restent ainsi ?ccomplir pour am?orer les connaissances li? ?a toxicit?es r?dus de m?caments. »78. Ce risque est toutefois trait?ar le nouveau plan micropolluants 2016-2021 dont la vocation est de prendre en compte toutes les mol?les susceptibles de polluer les ressources en eau et qui int?e les plans ant?eurs : plan national de lutte contre les polychlorobiph?les (PCB), plan national sur les micropolluants, plan national sur les r?dus de m?caments.
Ce nouveau plan est d?? la protection des eaux de surface continentales et littorales, des eaux souterraines, du biote, des s?ments et des eaux destin? ?a consommation humaine. Il vise ??ndre aux objectifs de bon ?t des eaux fix?par la directive cadre sur l'eau (DCE) et participe ?eux de la directive cadre strat?e milieu marin (DCSMM) en limitant l'apport de polluants via les cours d'eau79.
75
Donn? : Minist? charg?e la sant? WISE (AEE) - 2014 / Source : Etat sanitaire des eaux de baignade en mer et en eau douce : bilan de la saison baln?re 2014, Minist? charg?e la sant?2015 (pas de rapport trouv?our l'ann?2016). Arr? du 2 ao?010 relatif ?'utilisation d'eaux issues du traitement d'?ration des eaux r?duaires urbaines pour l'irrigation de cultures ou d'espaces verts modifi?ar l'arr? du 25 juin 2014. http://www.onema.fr/eaux-usees-traitees. PNSE 3 pp. 54-55. Plan micropolluants 2016-2021 pour pr?rver la qualit?es eaux et la biodiversit?.3.
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6-4 : faire en sorte que les ressources en eau soient utilis? beaucoup plus efficacement dans tous les secteurs et garantir la viabilit?es pr?vements et de l'approvisionnement en eau douce La France a une politique ancienne de gestion quantitative de l'eau de nature ?ermettre ?'ensemble de la population nationale un acc??'eau potable et la pr?rvation de la vie aquatique. Certains d?rtements sont toutefois en situation de d?cit chronique d'alimentation en eau pour l'alimentation80 et l'agriculture. Ainsi que le souligne le CFE dans son document de janvier 2017, « bien que la consommation d'eau d'irrigation soit orient??a baisse, les conflits d'usage perdurent l'? lors des ?sodes de s?eresse, en raison ?lement des d?ts r?rv? Ces tensions sont susceptibles de s'accro?e avec le changement climatique, qui r?ira la ressource tout en augmentant la demande d'irrigation. »81. Pour l'indicateur 6.4.1, variation de l'efficacit?e l'utilisation des ressources en eau, n'est pas compl?ment renseign?ar l'indicateur national (pr?vements en eau selon les grands usages) qui ne prend pas en compte la notion d'efficacit?'usage. Peut?e du fait que la ressource en eau est relativement abondante en m?opole, la notion d'efficacit?e son usage est assez peu mise en avant en France. Les campagnes publiques de communication men? en ce sens concernent principalement les usages domestiques. Il serait pourtant utile d'approfondir cette question en tentant d'identifier les ?ntuels exc?de consommation en prenant en compte la diversit?es usages, de mieux cerner les comportements par rapport ?'eau (substitution de douches aux baignoires, mieux g?r le flux des robinets...), y compris pour les usages productifs agricoles et industriels, et de quantifier les pertes g?r? par un mauvais ?t des r?aux publics d'eau potable82. L'Astee83 consid? qu'il y a en France des nappes aquif?s surexploit? dont il conviendrait d'identifier les surexploitations et prendre des mesures correctrices, comme fixer des seuils de pr?vement, assurer leur respect, mettre en place les moyens de contr? de compensation et de sanction (?iscuter avec tous les types d'utilisateurs bassin par bassin). Elle consid? de m? qu'il conviendrait de syst?tiser les objectifs quantitatifs (en commen?t par les masses d'eau critiques les plus importantes) dans le cadre d'une approche int??multi-usages assurant la compatibilit?es approches sectorielles avec les objectifs globaux. Le CFE84 pr?nise
80
Cf. infra le cas de la Guadeloupe : « ce qui n'est pas trait?u de mani? marginale par les indicateurs ». Quelles priorit?pour l'eau en France ?'horizon 2025 _ janvier 2017 p.8. Le taux moyen national de rendement sur les r?aux d'eau potable ?it estim? 78% en 2013 (rapport sur l'?luation de la politique de l'eau p. 36. R?exions des professionnels de l'Eau sur les actions Eau ?ener en France pour r?sir la contribution fran?se aux ODD mondiaux R?sion 5 8 juin 2017 (document de travail non valid?ais adress? la mission). Quelles priorit?pour l'eau en France ?'horizon 2025 janvier 2017 p.9.
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pour ce faire le d?loppement de syst?s « intelligents » susceptibles de ventiler les volumes en fonction de l'?t r? des nappes et d'int?er des enjeux autres que celui de l'agriculture (?rgie, assainissement et eau potable...) et le d?loppement de s?ctions vari?les moins gourmandes en eau et plus r?stantes au stress hydrique85. 6-5 : assurer la gestion int??des ressources en eau ?ous les niveaux Deux indicateurs ONU correspondent ?et objectif : 6.5.1 degr?e mise en oeuvre de la gestion int??des ressources en eau (0-100) et 6.5.2 proportion de bassins hydriques transfrontaliers o?t en place un dispositif de coop?tion op?tionnel. Deux indicateurs nationaux correspondant ont ? identifi?: pourcentage du territoire couvert par un sch? directeur d'am?gement et de gestion des eaux (SDAGE) ; proportion de bassins hydriques transfrontaliers o?t en place un dispositif de coop?tion op?tionnel (Directive-cadre sur l'eau, DCE). Dans les deux cas, le r?ltat est de 100%. Cette couverture correspondant ?ne directive europ?ne ne s'applique cependant pas directement aux collectivit?ultramarines (hors Dom). Pour autant les plus grandes d'entre elles ont mis en place des d?rches transpos? de celles de la m?opole, sur tout ou partie du domaine de l'eau et de l'assainissement.86 Des accords avec les pays voisins ont ? pass?pour les eaux transfrontali?s, sauf avec le Br?l et le Surinam. En Europe, les organismes de bassins transfrontaliers sont soit inexistants, soit peu actifs, pour les bassins de la Garonne, du Rh?et de la Meuse. La satisfaction des objectifs de cette cible semble pouvoir ?e consid?e comme satisfaisante au sens des indicateurs choisis, qui sont toutefois des indicateurs de moyen ne permettant pas d'appr?er la nature et l'efficience des dispositifs de gestion int??mis en oeuvre. 6-6 : D'ici ?020, prot?r et restaurer les ?syst?s li??'eau, notamment les montagnes, les for?, les zones humides, les rivi?s, les aquif?s et les lacs La m?odologie de l'indicateur de l'ONU : variation de l'?ndue des ?syst?s tributaires de l'eau, n'?nt pas encore finalis?aucune donn?n'est produite. Il n'en demeure pas moins que dans le cadre de la convention Ramsar sur la pr?rvation des zones humides, dont la France est partie contractante depuis 1985, de nombreuses dispositions ont ? mises en oeuvre au profit de ces derni?s. Tous les 6 ans les fiches descriptives des sites doivent ?e remises ?our. Par ailleurs, pour chaque site, conform?nt ?a circulaire du 24 d?mbre 2009 sur la mise en oeuvre de la convention de Ramsar en France, un plan de gestion, un organisme coordinateur, un comit?e suivi et un correspondant de site doivent ?e identifi? La France en est ?on troisi? plan national d'actions en faveur des milieux humides (2014-2018). Un observatoire national des zones humides (ONZH) a ? cr?en 1995 dans le cadre du premier plan national d'action pour les zones humides (1995-2002). Int??epuis ?'observatoire national de la biodiversit?sa mission ?it d'assurer le suivi de l'?lution des zones humides d'importance majeure. Un rapport ?itre
85
« la carte de la s?eresse se confond avec la carte de l'irrigation agricole » (dossier Futura http://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/developpement-durable-geopolitique-guerre-eau622/ p.41) Cf. infra
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d'expert sur l'?t des zones humides a ? produit en 2011 dans le cadre du deuxi? plan national (2010-2012) sur la base de 132 sites, mais il n'a pas ? renouvel?epuis.
Les donn? produites en 2011 faisaient appara?e une situation pr?cupante de l'?lution des zones humides, puisque 48% des zones observ? pr?ntaient une plus ou moins forte d?adation. Un rapport du CGEDD de 2013 sur l'?luation du plan pr?dent a cependant not?au travers des travaux de l'ONZH, qu'aucun infl?issement des tendances ant?eures ne s'est produite au cours des deux plans pr?dents. Il semble que les pr?nisations du rapport de 2013 consistant d'une part ?ccro?e la fr?ence et la repr?ntativit?e l'enqu? ?ire d'experts, d'autre part ?roiser les donn? de cet inventaire avec l'?t des masses d'eau n'aient pas ? suivie d'effet ?e jour. Sur son site consacr?ux zones humides87, Eau-France parle de « quelques signes encourageants [qui] apparaissent ici et l?avec des progr?en mati? de protection, voire de restauration des milieux humides ». Malgr?es actions men? par la France notamment depuis 2010, il appara?donc que la situation ne soit pas en position favorable quant aux objectifs de l'ODD 6 concernant les zones humides.
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http://www.zones-humides.org/milieux-en-danger: page actualis?en septembre 2015
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6-a : aide publique au d?loppement consacr??'eau et ?'assainissement
L'indicateur unique de la cible est identique pour la France ?elui de l'ONU, ?avoir le montant total d'aide publique au d?loppement (APD) nette dans le secteur de Distribution d'eau et Assainissement. On constate une tr?grande variabilit?ans le temps des aides accord? (donn? OCDE Cad 5 pour la France) : L'AFD consacre dans ce cadre une part significative de ses actions ?'eau et ?'assainissement, ainsi qu'?a mesure des impacts correspondants. Selon les travaux du Partenariat fran?s pour l'eau88, la r?ction des ressources en eau renouvelables de la plan? (de surface et souterraine) du fait du r?auffement climatique va exacerber les conflits d'usages, avec notamment l'agriculture et l'?rgie. En conjugaison avec la pression d?graphique, on risque une aggravation des in?lit? et potentiellement de la stabilit?olitique des pays. D'ici 2025, 1,8 milliard de personnes vivront dans des pays ou des r?ons victimes de p?ries d'eau absolues (moins de 500 m3 par an/personne) (FAO). La loi du 9 f?ier 2005 permet aux communes, aux ?blissements publics de coop?tion intercommunale et aux syndicats mixtes charg?des services publics de distribution d'eau potable et d'assainissement, de mener, dans la limite de 1% des ressources affect? aux budgets de ces services, des actions de coop?tion avec les collectivit?territoriales ?ang?s et leurs groupements, des actions d'aide d'urgence au b?fice de ces collectivit?et groupements, ainsi que des actions de solidarit?nternationale dans les domaines de l'eau et de l'assainissement. Il en est de m? pour les agences de l'eau.
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Cf. quelles priorit?pour l'eau en France ?'horizon 2025 p.31.
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Dans ce cadre, les orientations du comit?nterminist?el de la coop?tion internationale et du d?loppement du 30 novembre 2016 a ?bli que « l'acc?de tous ?es services d'alimentation en eau potable et d'assainissement g?s de fa? durable constituera une priorit?our la France, contribuant ainsi ?m?orer la sant?l'acc??'?cation, la s?rit?limentaire et ?utter contre la malnutrition. Face aux enjeux d?graphiques, la France ?borera, en concertation avec toutes les parties prenantes, une strat?e pluriannuelle promouvant les droits ?'acc??'eau potable. Elle agira en faveur de l'assainissement, ainsi que de la pr?rvation et de la bonne gestion des ressources en eau, dans un contexte de changement climatique ». 6.b : appuyer et renforcer la participation de la population locale ?'am?oration de la gestion de l'eau et de l'assainissement L'indicateur ONU correspondant vise ?esurer la proportion d'administrations locales ayant mis en place des politiques et proc?res op?tionnelles encourageant la participation de la population locale ?a gestion de l'eau et de l'assainissement. La France dispose d'une importante marge de progr?pour ce qui concerne les processus de participation des habitants. L'indicateur retenu par l'Insee est celui de l'existence de Sage sans doute parce que leur ?boration r?lte d'un processus participatif au sein des commissions locales de l'eau (CLE). Leur couverture du territoire est inf?eure ?0% du territoire, avec un ralentissement significatif au cours des 6 derni?s ann? (+9% entre 2010 et 2012 ; +2% entre 2012 et 2015). Aucun Sage n'existe ou est en pr?ration en Martinique, Guadeloupe, Guyane ou Mayotte. L'Astee regrette que les donn? concernant la France n'int?ent pas les commissions consultatives des services publics locaux (CCSPL)89. La mise en place de CCSPL est obligatoire pour les communes de plus de 10 000 habitants, les ?blissements publics de coop?tion intercommunale de plus de 50 000 habitants et les syndicats mixtes comprenant au moins une commune de plus de 10 000 habitants. Depuis 2007, elle est facultative pour les EPCI comptant entre 20 000 et 50 000 habitants. Selon le Sispea, en 2013 sur 13 586 services publics d'eau potable, 1001 CCSPL avaient ? cr?s et 1099 sur les 17 032 services d'assainissement collectif90. Ces commissions examinent particuli?ment chaque ann?les rapports sur le prix et la qualit?u service public d'eau potable et sur les services d'assainissement destin?notamment ?'information des usagers (et qui doivent en outre ?e mis ?a disposition du public), ainsi que tout projet de participation du service de l'eau ou de l'assainissement ?n programme de recherche et de d?loppement, avant la d?sion d'y engager le service. Ces commissions ont une fonction principalement consultative, sinon informative, plus que r?lement participative. Il convient de noter que les communes de moins de 10 000 habitants souhaitant s'engager dans une d?rche similaire peuvent cr?, en vertu de l'article L. 2143-2 du Code g?ral des collectivit?territoriales des comit?consultatifs « sur tout probl? d'int?t communal ». Ces comit? dont la dur?ne peut exc?r celle du mandat municipal, sont compos?de citoyens et notamment de
89
La CCSPL, pr?e par l'article L. 1413-1 du code g?ral des collectivit?territoriales (CGCT) est une instance consultative ayant pour vocation de permettre l'expression des usagers des services publics par la voie des associations repr?ntatives. pour l'ensemble des services publics confi??n tiers par convention de d?gation de service public ou exploit?en r?e dot?de l'autonomie financi?. Rapport Sispea septembre 2016 p.5. A titre de comparaison, le nombre de SPL eau potable et de SPL assainissement de plus de 10000 habitants ?it de 1346. Par contre, Sispea ne fournit pas le nombre de CCSPL cr? par rapport ?eux qui auraient d??e dans les collectivit?concern?.
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repr?ntants des associations locales. Ils sont « consult?par le maire sur toute question ou projet int?ssant les services publics ». Il s'agit, donc, d'un succ?n?e CCSPL pour les plus petites communes. Ces comit?ne peuvent, toutefois, pas d?nir les m?s pr?gatives que les CCSPL, notamment en ce qui concerne l'obligation de consultation.
3. Ce qui n'est pas trait?u de mani? marginale par les indicateurs : la situation des Outre-mer et la notion de co?bordable Quelques ?ments chiffr?sont fournis pour les Outre-mer, souvent dans le cadre des indicateurs ONU. La situation tr?sp?fique de ces territoires en fait pourtant un enjeu majeur de territorialisation des ODD. De m?, la prise en compte d'un « co?bordable » pour le consommateur, malgr?es avanc? l?slatives anciennes et notoires, reste encore ?ravailler, tant au niveau des consommateurs eux-m?s, qu'?elui des autorit?organisatrices, dont les diff?nces de tarifications de l'eau et de l'assainissement m?teraient d'?e clarifi?91. La situation Outre-mer92 Le principe des ODD est de s'appliquer ?'ensemble de la plan?. Il peut ?e consid? de la responsabilit?e la France de mettre en place un syst? d'observation permettant de renseigner des indicateurs fiables pour l'ensemble de son territoire, y compris ultramarins. Un rapport de 2013 relatif ?'?luation de la politique de l'eau 93 a constat?ue « les DOM sont confront??uarante ans de retard dans la mise en oeuvre de la politique de l'eau. » Une ?de de 201194 a fait appara?e que les 5 DOM accusaient en 2010 des retards dans la mise en oeuvre des directives ERU et DCE. La mise en oeuvre de la directive ERU a ? g?ratrice de nombreux contentieux. La France a ainsi ? condamn?en 2004 par la Cour de Justice Europ?ne pour, d'une part avoir insuffisamment d?gn?es zones sensibles dans lesquelles le traitement aurait d?re plus pouss?et d'autre part pour le non-respect de la premi? ??ce de fin 1998 par de nombreuses agglom?tions de plus de 100 000 ?ivalents habitants devant mettre en place un traitement plus rigoureux. Suite ?ette condamnation, la France a mis en oeuvre plusieurs plans d'actions, en novembre 2007, puis en septembre 2011. Pour ce qui concerne l'eau potable, la situation reste ?lement contrast? A Saint Martin, la situation ant?eurement ?'ouragan Irma semblait satisfaisante. En Guadeloupe, l'ensemble de la population est desservie en eau potable, mais une partie du sud de la Grande terre est soumise ?es coupures r?li?s dues ?'insuffisance de production et ?es fuites qui d?ssent 50%. Le compte pr?s de la
91
Cf. Rapport CGEDD IGA « Eau potable et assainissement : ?uel prix ? » f?ier 2016. Cf. le rapport « Propositions pour un plan d'action pour l'eau dans les d?rtements et r?ons d'Outre-mer et ?aint-Martin » (Rapport CGEDD-CGAAER-IGA juin 2015). Rapport CGEDD, CGAAER, IGF, IGA, CGEIET, Universit?aris-Diderot ?bli sous la direction de Anne-Marie Levraut juin 2013 p. 35. Th? professionnelle de Nicolas RICHEZ.
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population touch?n'est pas tenu mais pourrait repr?nter pr?de 9% de la population de l'?. En Guyane et ?ayotte, la couverture par le service ne permet de desservir que 75 ?0% de la population95. En Martinique, la population est traditionnellement soumise ?es coupures de courte dur?en p?odes s?e (Car?), avec un niveau de fuite ?v?Le service appara?bien ?bli ?a R?ion o?s probl?s de conformit?anitaire touchent cependant une importante part de la distribution. Un plan d'actions sp?fique pour les services d'eau et d'assainissement en Guadeloupe, Guyane, Martinique, La R?ion, Mayotte et Saint-Martin a ? annonc?our une dur?de dix ans lors de la conf?nce environnementale du 26 avril 2016, sur la base de trois priorit?: · Mettre ?iveau les services ?'usager et r?ndre ainsi aux attentes l?times des populations ?isposer d'un acc?permanent ?ne eau de qualit?r?ndant aux normes sanitaires, ?n co?aisonnable. · Am?orer la gestion des eaux us?, en particulier en ce qui concerne le raccordement des usagers et la collecte. · Assurer la soutenabilit?es services d'eau et ma?iser les prix : r?blir les ?ilibres financiers, am?orer au plus vite la facturation et le recouvrement, en d?loppant les tarifications sociales pour ?ter, l??s prix sont d? ?v? d'alourdir encore la charge pour les m?ges les plus d?nis. Un appel ?andidatures a ? lanc?ans chaque territoire concern?upr?des collectivit?retenues dans ce dispositif. Ces derni?s ayant pour t?e de d?nir les objectifs d'am?oration, les op?tions prioritaires d'investissement et de renforcement des capacit?pour une dur?de 5 ans. La trajectoire para?ainsi trac? sous r?rve d'un bilan effectif des orientations trac?, du moins pour les Drom96. Le plan d'actions ne concerne pas les Com. Pour les collectivit?d'Outre-mer, les informations disponibles sont plus ?rpill? et d?tent des situations assez h?rog?s. L'Astee souligne qu'en Polyn?e, 2% de la population n'a pas acc?aux r?aux publics d'eau potable et n'a pas d'assainissement de base (dont 1% pratiquent la d?cation en plein air). Une ?de de l'AFD de 2011 soulignait le caract? pr?cupant de la situation de l'assainissement en Polyn?e, en termes de niveau d'?ipement et de performance de ces ?ipements (traitement) : absence de r?aux collectifs, petites stations dont pr?de la moiti?ejettent des eaux nonconformes aux normes de rejets, etc.97 Par contre, la qualit?es eaux potables semble s'am?orer 98, puisque le pourcentage de la population ayant acc??ne eau de qualit?cceptable (potable ?lus de 90%) a consid?blement ?lu?passant de 15% en 1995 ?3% en 2012. Mais ces
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A Mayotte, 22% de la population n'a pas l'eau courante Pour autant, le rapport de l'observatoire des services publics d'eau et assainissement paru en mai 2017 constate que la Guyane ne dispose d'aucun jeu de donn? exploitable, que ce soit en eau potable ou en assainissement Le co?conomique des d?ciences de l'assainissement en Polyn?e fran?se AFD 2011 p.3 Cf. L'eau douce en Polyn?e fran?se
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chiffres cachent la disparit?xistant entre les ?s, puisque l'eau restait impropre ?a consommation dans l'archipel des Marquises et des Tuamotu : · 58% de la population dans l'archipel de la Soci?, · 45% aux Australes, · 9% aux Tuamotu-Gambier, · 0,05% aux Marquises. Le tableau bross?ar l'?t de l'environnement en Polyn?e fran?se concernant l'eau douce permet de mesurer les efforts en cours, mais ?lement l'importance des progr?restant ?ccomplir, mais que les indicateurs ODD, dans leur ?t actuel, ne permettent pas d'identifier. En Nouvelle-Cal?nie, en 2004, la totalit?es habitants avait acc??'eau potable, soit par un r?au amenant l'eau aux habitations individuelles (96%), soit via des points d'eau collectifs (4%)99. Par contre, en 2011, sur 230.000 habitants, seulement 30.000 ?ient raccord??ne station de traitement des eaux us?100. Un macrosch? de l'assainissement a par ailleurs ? mis en place. Le co?bordable de l'eau et de l'assainissement La France s'est empar?depuis de nombreuses ann? de la question de l'acc??'eau et de l'assainissement par les plus fragiles. Le code de l'environnement (article L210-1) stipule que « dans le cadre des lois et r?ements ainsi que des droits ant?eurement ?blis, l'usage de l'eau appartient ?ous et chaque personne physique, pour son alimentation et son hygi?, a le droit d'acc?r ?'eau potable dans des conditions ?nomiquement acceptables par tous. Les co?li??'utilisation de l'eau, y compris les co?pour l'environnement et les ressources ellesm?s, sont support?par les utilisateurs en tenant compte des cons?ences sociales, environnementales et ?nomiques ainsi que des conditions g?raphiques et climatiques ». La notion de co? abordable » pose en soi question. Le taux de 3% du budget des m?ges est souvent ?qu?1 comme une limite raisonnable, alors que les m?ges fran?s consacrent en moyenne 0,8% de leur budget au poste eau (part calcul?sur un volume de 120 m3 par an). Comme le pr?se le projet de Creil d'exp?mentation pour une tarification sociale de l'eau : « les simulations faites sur le dispositif montrent que la r?e des 3% ne touche que les m?ges en tr?grande pr?rit? le minimum vieillesse, le RSA pour une personne seule ou un couple sans enfant ne sont pas
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Gouvernement de Nouvelle-Cal?nie : Rapport d'?pe du macro-sch? d'assainissement de la Nouvelle-Cal?nie 15 f?ier 2009. Site OIE : Les nouvelles N° 21 - janvier 2011. Toutefois, l'obligation pour les communes d'assurer le service de la distribution d'eau potable en 2016 et le service de l'assainissement en 2020, a ? repouss?au 31 d?mbre 2024, sous r?rve que les communes pr?ntent un plan pr?sionnel d'?ipement et de mise ?iveau relatif aux services de distribution d'eau potable et d'assainissement au plus tard le 31 d?mbre 2019. (CGCT article L. 2573-27). FNCCR 2008 : le prix abordable de l'eau potable (Henri Smets) ; le financement des aides pour les d?nses d'eau potable pour les m?ges Henri Smets 2014 ; rapport OCDE « De l'eau pour tous, perspectives de l'OCDE sur la tarification et le financement messages cl?pour les d?deurs » 2009 p.22.
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?gibles. »102. La m?odologie de cette limite g?ralement admise ?'?elle internationale m?terait d'?e pr?s?03. Dans cet objectif, la loi « Brottes » du 15 avril 2013104 a introduit la possibilit?'une exp?mentation permettant « de favoriser l'acc??'eau et de mettre en oeuvre une tarification sociale de l'eau ». L'exp?mentation peut porter sur : · la d?nition de tarifs tenant compte de la composition ou des revenus du foyer pouvant inclure une premi? tranche de consommation gratuite ; · l'attribution d'une aide au paiement des factures d'eau ou pour l'acc??'eau. Pour le financement des dispositifs, l'exp?mentation permet ?lement : · le financement par le budget g?ral de tout ou partie du montant de l'aide attribu?pour le paiement des factures d'eau ; · d'?ver le montant maximal de la subvention attribu?au fonds social du logement (FSL) ?%. l'issue de cette exp?mentation, les solutions mises en oeuvre qui se seront r?l? les plus pertinentes, coh?ntes et efficaces, pourront ?e g?ralis? ?'ensemble du territoire. Le rapport d'?pe produit en avril 2017 par le comit?ational de l'eau (CNE) fait ressortir que 47 collectivit?ont ? candidates ?ette exp?mentation, mais que seulement 25 d'entre elles ont ? en mesure d'?borer un projet entre 2015 et 2017 (la ville de Bayonne distinguant les individualis?et les collectifs). Le CNE constate cependant que la dur?de l'exp?mentation est de 5 ans ?ompter de la promulgation de la loi, soit avril 2018, ce qui ne permettra pas ?outes les communes d'?blir un projet, ni d'obtenir un recul suffisant pour beaucoup d'entre eux. Le cercle fran?s de l'eau (CFE) propose que dans un contexte de pr?risation croissante de la population, il convient de clarifier rapidement les conditions d'exercice du droit d'acc??'eau. Les familles en grande pr?rit?oivent ?e identifi? et aid?. Elles ne doivent pas subir les effets d'un syst? qui, avec l'interdiction des coupures d'eau, favorise les mauvais payeurs et met en p?l l'?ilibre financier des services et la ma?ise des prix. Un dispositif alternatif adoss? l'exp?mentation du ch?e ?rgie et permettant un bon recouvrement des factures doit ?e ?di?Le droit d'acc??'assainissement devrait aussi ?e inscrit dans la loi105. La tarification sociale de l'eau conduit ?'interroger sur le prix de l'eau potable et de l'assainissement et sur la connaissance du co?u service. Un rapport conjoint r?nt du CGEDD et de l'IGA106 a pu relever que malgr?es gains importants de productivit?102
Rapport d'?pe du comit?ational de l'eau sur la mise en oeuvre de l'exp?mentation pour une tarification sociale de l'eau - Avril 2017. Rapport « Acc??'eau et ?'assainissement dans des conditions ?nomiquement acceptables par tous » (CGEDD rapport n°007643-01, 07-2011). Visant ?r?rer la transition vers un syst? ?rg?que sobre et portant diverses dispositions sur la tarification de l'eau et sur les ?iennes. Quelles priorit?pour l'eau en France ?'horizon 2025 - janvier 2017. Eau potable et assainissement : ?uel prix ? - f?ier 2016.
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les prix unitaires ont continu? cro?e. Les causes en ont multiples, mais sans que que l'on soit en mesure « de r?ndre s?eusement ?ette question ?mentaire : pourquoi les prix sont-ils diff?nts ? ». Le rapport ?t plusieurs recommandations permettant une meilleure connaissance et une meilleure ma?ise des co?par les collectivit?concern?107. Une proposition de loi a ? adopt?par l'Assembl?nationale visant ?r? une aide pr?ntive pour l'acc??'eau, vers?sous condition de ressources aux personnes qui ont des difficult???er leurs factures d'eau, ?'instar du ch?e ?rgie adopt?ar la loi du 17 ao?015. Ce texte est actuellement en discussion devant le S?t. On peut consid?r que la France a bien cern?a question du co?bordable de l'eau, mais sans avoir pour l'instant mis en place les outils p?nnes n?ssaires ?a bonne prise en compte. Puisque la norme de 3% des revenus d'un m?ge consacr??a facture d'eau semble ?e admise, il pourrait ?e pertinent de conna?e le nombre de m?ges et son ?lution dans une telle situation sur le sol fran?s108. 4. Conclusions De mani? g?rale, comme les pays de m? niveau de d?loppement, la situation de la France para?assez satisfaisante en mati? d'eau et assainissement, mais avec des faiblesses et des points de vigilance. L'acc?facile ?'eau potable de qualit?st quasiment total dans notre pays, mais certaines parties du territoire et certaines cat?ries sociales en situation pr?ire en sont exclues ponctuellement ou contin?t. Il en est de m? pour les ?ipements sanitaires. L'universalit?e l'agenda ODD devrait amener ?ieux observer et traiter ces situations marginales. Si les indicateurs ressortant du rapportage de la DCE montrent une am?oration globale de la qualit?es masses d'eau de surface et souterraine et si le taux de mise en conformit?e l'assainissement des agglom?tions de plus de 2000 ?ivalents habitants d?ssait 95% fin 2011, les objectifs assign?par la DCE risquent de ne pas ?e atteints ?'??ce 2027. Par ailleurs, sur le plan qualitatif, la mise en oeuvre de la directive ERU dans les d?rtements ultramarins m?terait d'?e suivie avec attention, m? si le risque de contentieux europ? para??rt?De m?, le risque ?nc?ar le PNSE 3 de pollutions des eaux par des micropolluants (nitrosamines, perchlorates, perfluor? etc.), bien que pris en charge par un plan sp?fique r?nt, devrait faire l'objet d'une attention particuli?. Sur le plan quantitatif, il y a en France des masses d'eau surexploit? qu'il conviendrait de mieux g?r. Une approche int??multi-usages devrait permettre de faciliter la compatibilit?es approches sectorielles avec les objectifs globaux. Il pourrait ?e envisag?par des syst?s « intelligents » de ventiler les volumes en fonction de l'?t r? des nappes et d'int?er des enjeux autres que celui de l'agriculture (?rgie, assainissement et eau potable...) et le d?loppement de s?ctions vari?les moins gourmandes en eau et plus r?stantes au stress hydrique.
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Le prix de l'eau et de l'assainissement est en moyenne de 4 /m³ et la consommation moyenne, de 120 m³, soit une facture de pr?de 500 par an, avec cependant un ?rt de 1 ? (cf. PPL Lesage et l'intervention de Michel Lesage ?'AG du CFE le 23 juin 2014). La loi Brottes ayant interdit de proc?r ?es coupures d'eau pour impay? « le taux des impay?traditionnellement qui est habituellement "de l'ordre de 0,6-0,7% a plus que doubl?n huit mois", a d?ar?. Fr?t lors de la pr?ntation des r?ltats annuels 2015 de Veolia (Le Parisien 25 f?ier 2016).
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La France para?avoir bien cern?a question du co?bordable de l'eau au travers de la tarification sociale de l'eau, mais sans avoir pour l'instant mis en place les outils p?nnes n?ssaires ?a bonne prise en compte des risques de pr?rit?ydrique pour certaines cat?ries sociales en situation pr?ire et pour certains territoires, notamment ultramarins. Puisque la norme de 3% des revenus d'un m?ge consacr??a facture d'eau semble ?e admise, il pourrait ?e pertinent de conna?e le nombre de m?ges et son ?lution dans une telle situation sur le sol fran?s109. Enfin, la France dispose d'une importante marge de progr?pour ce qui concerne les processus de participation des habitants. L'indicateur retenu par l'Insee est celui de l'existence de Sage sans doute parce que leur ?boration r?lte d'un processus participatif au sein des commissions locales de l'eau (CLE). Leur couverture du territoire est inf?eure ?0% du territoire, avec un ralentissement significatif au cours des six derni?s ann? (+9% entre 2010 et 2012 ; +2% entre 2012 et 2015). Aucun Sage n'existe ou est en pr?ration en Martinique, Guadeloupe, Guyane ou Mayotte.
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La loi Brottes ayant interdit de proc?r ?es coupures d'eau pour impay? « le taux des impay?traditionnellement qui est habituellement "de l'ordre de 0,6-0,7% a plus que doubl?n huit mois", a d?ar?. Fr?t lors de la pr?ntation des r?ltats annuels 2015 de Veolia (Le Parisien 25 f?ier 2016).
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FICHE ODD 7 Garantir l'acc?de tous ?es services ?rg?ques fiables, durables et modernes ?n co?bordable
1. Contexte et pr?ntation g?rale : un ODD aux enjeux tr?sensibles Alors que l'?rgie ?it absente des Objectifs du mill?ire pour le d?loppement, l'ODD 7 int?e l'acc??es services ?rg?ques modernes, indispensables au d?loppement. Il vise ?ccro?e de mani? significative la part des ?rgies renouvelables dans le mix ?rg?que, ?'heure o?us de 80% de la consommation de la plan? reposent sur des ?rgies fossiles, et ?ultiplier par deux l'am?oration de l'efficacit?nerg?que. Ces enjeux constituent les trois cibles essentielles de l'ODD 7, peu d?ill?t d?lopp?ar rapport ?'autres (ODD 11 et 12 par exemple). S'y ajoutent deux cibles concernant la coop?tion internationale et l'aide au d?loppement dans ces trois domaines, par l'appui technologique ?a r?isation des infrastructures n?ssaires, ?'intention en particulier des pays les plus vuln?bles (PMA, ?ts insulaires). Transition ?rg?que et lutte contre le changement climatique sont ?oitement li?, et l'articulation entre l'ODD 7 et l'ODD 13 est ?dente et n?ssaire. La concomitance de l'adoption de l'Agenda 2030 (septembre 2015) et de l'accord de Paris sur le climat (d?mbre 2015) a donn?ar ailleurs ?es sujets une place ?nente, qu'ils n'avaient pas auparavant, dans l'agenda global du d?loppement durable. La France ayant ? le pays h?de la COP 21 fin 2015, apr?le vote de la loi TECV en ao?e la m? ann? s'est beaucoup investie sur les enjeux ?rgie-climat, y compris dans sa politique d'aide au d?loppement. De nombreux indicateurs de suivi de sa strat?e nationale bas carbone, qui devra ?e r?s?fin 2018, ont ? mis en place. Les caract?stiques, les forces et les faiblesses, du syst? ?rg?que fran?s sont n?moins d? bien connues. Mais l'ODD 7 vise ?lement la question sociale de l'acc?aux sources d'?rgie et du co?e cet acc? ce qui renvoie au traitement de la pr?rit?nerg?que en France. C'est ce lien entre enjeu ?logique et enjeu social qui en fait sans doute l'originalit?L'implication de la soci? civile sur l'ODD 7 est ?oitement li??a mobilisation sur les enjeux climatiques, lors de la COP 21 notamment, o? sont structur? de nombreuses coalitions d'acteurs en faveur d'?rgies et d'?nomies bas-carbone. 2. Analyse par cibles : de nombreux angles morts - Le premier indicateur de la cible 7.1 donne la proportion de la population ayant acc??'?ctricit?c'est-?ire 99% en France. Il conviendrait sans doute de nuancer ce score par une analyse plus fine des disparit?territoriales. Le plus difficile reste en effet de combler le 1% de la population encore priv?de cet acc? que ce
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soit au sein de cat?ries sociales d?voris? ou au sein de territoires ?ign?des r?aux, en outremer tout particuli?ment (en Guyane surtout). Par ailleurs, l'?ctricit?'est pas la seule source d'?rgie loin s'en faut, les ?rgies fossiles repr?ntant encore 48% environ de la consommation d'?rgie primaire en France. On peut donc s'?nner que seul l'acc??'?ctricit?oit mentionn?Il est plus facile il est vrai de mesurer l'acc?au r?au d'?ctricit?es populations, que leur capacit? se procurer des ?rgies fossiles ?n co? abordable », pour des usages diversifi?tels que le transport ou le chauffage. La proportion des volumes de production, de consommation, d'importation ou d'exportation, d'?rgies fossiles, corr?s au niveau de vie des populations, dans les pays d?lopp?comme dans les pays en d?loppement, constituerait pourtant un indicateur signifiant sur la d?ndance ?e type d'?rgie, et les in?lit?d'acc? L'autre indicateur que l'Onu a retenu pour la cible 7.1 est la proportion de la population utilisant principalement des carburants et des technologies propres, non renseign?ar la France ?e jour. Cet indicateur vise notamment l'?rgie utilis?pour la cuisson, qui reste un enjeu majeur dans de nombreux pays en d?loppement. Dans un pays d?lopp?omme la France, les secteurs du transport et du logement sont davantage vis?par cet indicateur. Le nombre de v?cules utilisant une ?rgie pas ou peu ?ttrice de GES (bien qu'en progression, la voiture ?ctrique ne repr?nte encore qu'1% des immatriculations), ou celui de logements les plus performants sur le plan ?rg?que (RT 2012 pour le neuf, DPE A ou B pour les autres), est connu mais ne donne pas la proportion de la population y ayant acc? Le terme « propre » concernant les technologies et les ?rgies prend par ailleurs dans le d?t fran?s une connotation particuli?, l'?ctricit?ran?se ?nt issue ?6% de l'?rgie nucl?re, certes non ?ttrice de GES mais g?ratrice de d?ets et de risques qui soul?nt d'autres probl?s. De m? le charbon « propre » (clean coal), qui suscite d?t ?lement, fait-il partie des technologies propres ?qu? ? Exclut-on les biocarburants de 1? g?ration ?De quoi parle-t-on au juste ? Le compromis onusien n'aborde pas ces questions sensibles. Un indicateur compl?ntaire pourrait ?lement concerner la ou les sources d'?rgie qui permettent de g?rer l'?ctricit?roduite et consomm?sur le territoire (charbon, p?ole, gaz, nucl?re, biomasse...), et leur part respective. - La part de l'?rgie renouvelable dans la consommation finale d'?rgie est l'indicateur correspondant ?a cible 7.2.
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La part des ?rgies renouvelables dans la consommation finale brute d'?rgie s'?ve en France ?4,9% en 2015, selon des estimations provisoires, en progression de 5,7 points par rapport au niveau de 2005. La directive 2009/28/CE du Parlement europ? et du Conseil du 23 avril 2009 relative ?a promotion de l'utilisation de l'?rgie produite ?artir de sources renouvelables d?nit pour chaque pays de l'Union europ?ne l'objectif ?tteindre concernant la part des ?rgies renouvelables dans la consommation finale brute d'?rgie. L'objectif de la France est ainsi fix? 23% pour 2020, avec une part d'au moins 10% ?tteindre pour le seul secteur des transports. Toutes les donn? indiquent qu'il ne sera pas atteint. La consommation finale brute d'?rgie d'origine renouvelable s'?ve ?2,7 millions de tonnes-?ivalent p?ole (soit 7,3 Mtep de plus qu'en 2005), principalement du fait
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de la biomasse solide et des d?ets urbains renouvelables (42%), et de l'hydraulique (23%). Pr?d'un tiers de la croissance des ?rgies renouvelables sur les dix derni?s ann? est imputable au d?loppement des biocarburants (+ 2,4 Mtep depuis 2005), et plus d'un quart ?elui des pompes ?haleur (+ 1,8 Mtep). L'essor de l'?ien (+ 1,6 Mtep), de la biomasse solide pour le chauffage (+ 0,8 Mtep) et du solaire photovolta?e (+ 0,7 Mtep) y contribue ?lement. l'inverse, l'hydro?ctricit?'est repli?de 8% sur la m? p?ode, ne repr?ntant plus que 23% de la consommation d'?rgie renouvelable en 2015, contre 37% en 2005. Dans l'UE ?8 pays, les ?rgies renouvelables couvraient 16% de la consommation finale brute ?rg?que en 2014, l'objectif ?nt d'atteindre 20% ?'horizon 2020. La loi relative ?a transition ?rg?que pour la croissance verte fixe des objectifs ambitieux en mati? de r?ction des ?ssions de gaz ?ffet de serre, d'?nomies d'?rgie et de diversification du mix ?rg?que : les ?rgies renouvelables devront ainsi repr?nter 32% de la consommation finale brute d'?rgie en 2030. - Le troisi? indicateur concerne l'intensit?nerg?que, c'est-?ire le rapport entre ?rgie primaire et PIB. La fa? de le mesurer est diff?nte selon la France (77,6 en 2015 sur une base 100 en 1990), l'ONU et l'AIE (4,12 Megajoules par USD), ou Eurostat (8,3 par Kg eq p?ole), ce qui ne facilite pas la lecture et l'interpr?tion. Ces chiffres placent tous la France dans une position moyenne par rapport aux autres pays de l'OCDE. L'intensit?nerg?que finale (consommation finale ?sage ?rg?que/PIB) de la France est en baisse continue depuis le milieu des ann? 1990. Sur la derni? d?nnie, elle recule en moyenne chaque ann?de 1,4%, apr?correction des variations climatiques. Le repli observ?n 2015 (- 1,3%), conjonction d'une quasistabilit?e la consommation finale ?rg?que et d'une croissance ?nomique de 1,3%, est proche de cette tendance moyenne. Dans la loi TECV, la France s'engage par ailleurs ??ire la consommation d'?rgie finale de 50% en 2050, avec un objectif interm?aire de 20% en 2030, et de r?ire la consommation ?rg?que primaire des ?rgies fossiles de 30% en 2030 (par rapport ?012). Si l'on se r?re aux quinze derni?s ann?, la consommation d'?rgie et l'intensit?nerg?que sont donc incontestablement ?a baisse, mais insuffisamment pour atteindre l'objectif fix?n 2030. Il faudrait en effet une baisse annuelle de 3% au lieu de 1,5%. - Les indicateurs compl?ntaires retenus par la France Curieusement, bien que la notion de « co?bordable » figure dans l'intitul?? de l'ODD 7, aucun indicateur n'est propos?ar l'ONU sur ce point. Pour traiter cet enjeu, un indicateur compl?ntaire est propos?ar la France, qui mesure la part de la population touch?par la pr?rit?nerg?que. Ainsi la part de la population concern?en France est pass?selon Eurostat de 5,7% en 2010 ?,5% en 2015, ce qui ne constitue pas un progr?significatif. En France, trois indicateurs traduisent la pr?rit?nerg?que : le taux d'effort ?rg?que, de bas revenus pour des d?nses d'?rgie ?v?, la sensation de froid. Un million de
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personnes sont concern? en France par les trois indicateurs, 5,6 millions pour l'un des trois. Plusieurs aides ont ? mises en place progressivement pour lutter contre la pr?rit?nerg?que : r?vation thermique des logements (programme « habiter mieux » de l'ANAH, objectif sp?fique pr?rit?es certificats d'?nomie d'?rgie, surprime pour les m?ges modestes ?a conversion de v?cules polluants). Des mesures nouvelles ont ? prises dans le PLF 2018 pour apporter des solutions plus efficaces ?ette probl?tique, notamment la g?ralisation ? millions de m?ges du ch?e ?rgie, augment?e 50 euros en 2019 (de 150 en 2018 ?00 euros en 2019). - Les cibles 7.a et 7.b visent ??lopper la coop?tion internationale en mati? de technologies et d'acc?aux services ?rg?ques La question ?rg?que sous-tend de nombreux objectifs de d?loppement durable. Aujourd'hui encore, plus d'un milliard de personnes n'ont pas acc??'?ctricit?t dans les pays en d?loppement 40% de la population n'utilisent que le bois, le charbon de bois ou des sous-produits animaux pour la cuisson des aliments, ce qui provoque des maladies respiratoires et le rejet de nombreux d?ets. 4 millions de personnes par an y laissent leurs vies pr?tur?nt. Dans la perspective de la COP 21, la France a men?ne ?luation quantitative et qualitative de l'aide qu'elle apporte aux pays en d?loppement en mati? d'acc?aux ?rgies renouvelables et aux technologies propres, et de lutte contre le changement climatique (voir analyse ODD 13). Elle a aussi pris plusieurs engagements : contribuer au Fonds vert ?auteur de 1 Md d'euros, doubler ?'horizon 2020 la part de son APD consacr??'action climatique. Le rapport annuel de l'AFD en 2016, et les d?arations de la France au Comit?'aide au d?loppement de l'OCDE, permettent d'avoir des donn? pr?ses sur le montant des fonds allou?et la nature des projets soutenus dans ce domaine. Ainsi 3 Mds euros seront notamment consacr?par la France au d?loppement des ?rgies renouvelables en Afrique sur la p?ode 2016-2020. Exemples de projets : · · · · · · AFD - ?ectricit?enouvelable et mini-r?aux : projet d'hybridation des minir?aux de Kenya Power AFD - Extension du r?au d'?ctricit?ans les provinces rurales du Cambodge Expertise France - Favoriser les investissements verts pour accompagner l'Afrique de l'Ouest dans sa transition ?rg?que Participation financi? de la France ?nitiatives climat-?rgie : Initiative Africaine pour les ?ergies renouvelables. Appui ?E4All (sustainable energy for all) en Afrique (2 experts d?ch? Alliance solaire internationale dans la zone intertropicale, partenariat francoindien
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L'indicateur retenu pour la cible 7.a.1 par l'ONU, non renseign? ce stade par la France, est le montant des « flux financiers internationaux ?estination des pays en d?loppement ?'appui de la recherche et d?loppement dans le domaine des ?rgies propres et de la production d'?rgie renouvelable, notamment au moyen de syst?s hybrides ». Le MAEE m? actuellement une concertation interminist?elle (avec le minist? des finances notamment) pour rassembler les donn?, et ?ntuellement proposer des indicateurs compl?ntaires sur ce point. L'indicateur 7.b.1 de l'ONU concerne « l'investissement dans l'efficacit?nerg?que en proportion du PIB, et le montant de l'investissement ?anger direct sous la forme de transferts financiers destin??'infrastructure et ?a technologie n?ssaires aux services de d?loppement durable ». L'indicateur national retenu ne renseigne que la « part des investissements consacr??'?nomie d'?rgie dans l'industrie », dont le rapport ne semble pas direct avec la cible d?nie. Ainsi en 2015, 8% des investissements r?is?dans l'industrie sont destin??conomiser l'?rgie. Cette part a fortement augment?ur les 20 derni?s ann?. De 3% en 1994, la part des investissements pour ?nomiser l'?rgie augmente pour atteindre 6% entre 1998 et 2006. Cette part augmente ?ouveau au-del?e 2007, alors que l'on est en phase de r?ssion puis de croissance atone. En p?ode de contexte ?nomique peu porteur, les entreprises sont sans doute encore plus enclines ?nvestir dans des ?ipements plus performants et entra?nts des ?nomies d'?rgie. Leurs actions dans ce domaine sont li? pour une bonne part, comme pour les particuliers, au prix du p?ole. Aucun indicateur national n'est mentionn?our l'instant concernant les transferts financiers dans ce domaine. 3. De multiples interactions avec d'autres cibles d'autres ODD Vu le r?central de l'?rgie dans le champ de la prosp?t?conomique et la protection de la plan?, les 5 cibles de l'ODD 7 sont interconnect? (voir tableau des interconnexions en annexe du rapport) avec les cibles en particulier de : - l'ODD 9 : b?r une infrastructure r?liente, promouvoir une industrialisation durable qui profite ?ous et encourager l'innovation - l'ODD 10 : r?ire les in?lit?dans les pays et d'un pays ?'autre - l'ODD 11 : faire en sorte que les villes et les ?blissements humains soient ouverts ?ous, s? r?lients et durables - l'ODD 12 : ?blir des modes de consommation et de production durables, notamment ?ravers l'?nomie circulaire - l'ODD 13 : prendre d'urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs r?rcussions En revanche, il n'y a pas d'ODD sp?fique sur les transports, cibl?uniquement dans l'ODD 11. Or c'est sans doute dans ce secteur, tr?d?ndant du p?ole, et dont les ?ssions de GES ont cr?core pour la deuxi? ann?cons?tive, que la France a une marge de progression importante. Les Assises de la mobilit?t la loi qui suivra devraient mieux traiter ces enjeux.
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Par ailleurs le nexus eau-alimentation-?rgie fait l'objet d'une attention particuli? de la part de la FAO notamment (en raison du r?de l'hydro?ctricit?ar exemple) et a d? suscit?ne abondante litt?ture, sans que les politiques publiques correspondantes en aient ? vraiment transform? n?moins. En France, l'agence nationale pour la recherche (ANR) s'est saisie du sujet et a lanc?n mars 2017, en collaboration avec 30 agences de financement de 23 pays, un appel ?rojets ERA-NET Cofund destin? financer des projets de recherche adoptant des approches transdisciplinaires et trans-sectorielles entre alimentation, eau et ?rgie (Sustainable Urban Global Initiative /Food-Water-Energy Nexus) L'objectif de cet appel ?rojets est « d'aborder de mani? transdisciplinaire et conjointe, syst?que, des secteurs qui sont en g?ral ?di?s?r?nt : l'alimentation, l'eau et l'?rgie. En effet, aborder en silo chacun de ces secteurs revient ?gnorer les interrelations qui existent entre eux (ou les impacts d'un secteur sur un autre) et peut conduire ?ne gestion sous optimale de l'ensemble, voire ?es dysfonctionnements. Il s'agira de faire progresser les connaissances que nous avons des liens entre ces diff?nts secteurs, de travailler sur les modes de gouvernance et de gestion int??de ces secteurs, et d'?dier des strat?es et des solutions innovantes pour r?ire les tensions possibles dans et entre ces secteurs et mieux g?r globalement les ressources tant en terme de quantit?que de qualit?de fiabilit?de s?rit?t d'accessibilit? dans une perspective de d?loppement durable. Il vise ?ssocier dans les projets des disciplines ?ign? (sciences de l'environnement, sciences de l'ing?eur, sciences humaines et sociales) pour mieux traiter des questions de recherche soulev? par cette probl?tique du m?bolisme urbain. L'association de parties prenantes (entreprises, municipalit? organisations non gouvernementales...) aux projets est vivement encourag?». Les Etats g?raux de l'alimentation auraient pu ?et ?rd constituer une opportunit?our aborder ces interactions, m? si d'autres priorit?ont ? d?nies pour l'instant. 4. Appr?ation g?rale de la trajectoire de la France sur l'ODD 7: des probl?tiques fran?ses d? bien identifi?, et des inconnues L'analyse des performances de la France sur les cibles de l'ODD 7 n'apporte rien qu'on ne sache d?, en mati? de retard sur les objectifs d'EnR et d'intensit?nerg?que ?tteindre notamment, du moins sur les indicateurs renseign? La France se situe dans la moyenne des pays de l'OCDE sur l'ODD 7. La strat?e nationale bas carbone et les indicateurs de suivi de sa mise en oeuvre offrent par ailleurs un ensemble plus coh?nt et plus ambitieux pour la France en mati? de politique ?rg?que que les cibles de l'ODD7. En revanche, les indicateurs manquent pour mesurer la part de la population ayant acc??es technologies et carburants propres, dont la marge de progression reste ?'?dence importante dans le secteur du transport et du logement. Dans le domaine de l'aide publique au d?loppement de la France, la COP 21 a suscit?ertes une r?ientation significative des programmes vers les ?rgies renouvelables et l'action climatique, en Afrique tout particuli?ment, m? s'il n'est pas toujours ais?e distinguer dans l'ensemble des donn? ce qui rel? partiellement ou totalement de projets d'?rgies durables.
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Mais les aides en lien avec des projets d'exploitation d'?rgies fossiles perdurent, selon des proportions qu'il conviendrait de pr?ser de fa? plus lisible. Le secteur priv?TOTAL en particulier) continue par ailleurs d'exploiter des ressources fossiles dans bon nombre de pays en d?loppement, qui n'en b?ficient pas forc?nt, et dans certains pays d?lopp?(au Canada par exemple). Dans ce domaine ?lement, les donn? ne sont pas suffisantes ou pas assez claires, et malgr?es progr?accomplis, la France peut mieux faire pour expliciter davantage sa politique ext?eure et d'aide au d?loppement dans le secteur d?rminant de l'?rgie, et pas seulement dans celui des ?rgies renouvelables. 5. Perspectives et recommandations La loi TECV de 2015, si elle est mise en oeuvre efficacement et rapidement, r?nd en grande partie aux difficult?et retards point?par les r?ltats des indicateurs, de m? que les programmations pluriannuelles de l'?rgie (m?opole et outremer). Mais, comme le souligne notamment l'OCDE dans l'Etat de l'environnement en France 2016, plusieurs probl?s devront ?e r?lus au pr?able, tels que : - Pr?ser et revoir la programmation pluriannuelle de l'?rgie (PPE) nationale pour la rendre plus coh?nte, plus r?isable, et plus concr? dans sa mise en oeuvre. Les EnR se d?lopperont difficilement sans r?ire la part du nucl?re et des ?rgies fossiles, comme inscrit dans la loi, dans le domaine de la production d'?ctricit?des transports et du b?ment. - Adopter une gouvernance de la politique ?rg?que plus d?ntralis?et adapt?aux sp?ficit?des territoires, en outremer tout particuli?ment, qui disposent d'une PPE propre, en allant vers la simplification et la clarification des ?elons administratifs, en impliquant davantage les populations concern?. - Mieux d?nir et traiter la pr?rit?nerg?que, et pas seulement en all?ant la facture des plus d?nis, mais aussi par des actions d'information, de sensibilisation et d'accompagnement, adapt? aux territoires et aux populations concern?. En renfor?t ?lement les actions des bailleurs sociaux dans ce domaine. - Prendre l'initiative en faveur d'une politique ?rg?que europ?ne plus ambitieuse, plus coordonn? et plus coh?nte avec les objectifs de lutte contre le r?auffement climatique. Ces pr?nisations ne sont pas nouvelles et sont au coeur des d?ts actuels autour des politiques publiques de transition ?rg?que. Moins de plans et de feuilles de route, davantage d'actions et de r?ltats concrets, au b?fice des populations dans leur ensemble, permettrait sans doute de tendre plus rapidement vers les objectifs fix?
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Fiche ODD 11
Faire en sorte que les villes et ?blissements humains soient ouverts ?ous, s? r?lients et durables
1.Contexte et pr?ntation g?rale de l'ODD 11 : un objectif de port?nationale et locale La moiti?e l'humanit?3,5 milliards de personnes, vit aujourd'hui en ville. D'ici 2050, cette proportion atteindra les deux tiers de la population mondiale. La croissance rapide des villes dans les pays en d?loppement, nourrie par la hausse de l'exode rural, a produit une explosion du nombre de m?lopoles110africaines, latinoam?caines et asiatiques. Ces agglom?tions r?issent les grands enjeux du 21 e si?e. Moteurs de croissance ?nomique et d'innovation, elles concentrent aussi les pr?rit?et les vuln?bilit? l'instabilit?t les in?lit?sociales, les pollutions. D'ici 2035, la majorit?es pauvres du monde vivra dans les zones urbaines; aujourd'hui d? pr?d'un milliard d'?es humains vivent dans des bidonvilles. Les objectifs du mill?ire ne comportaient pas d'objectif visant sp?fiquement les territoires. Comme l'a soulign?a conf?nce Habitat III, «l'agenda 2030 donne un r?pr?nd?nt ?'urbanisation et aux villes, avec l'inclusion d'un Objectif d??« stand alone ») pour les villes et les ?blissements humains. Cet objectif est la reconnaissance que les villes font le lien avec tous les Objectifs de d?loppement durable». Les d?s abord?par l'ODD 11 sont nombreux: acc?de tous aux services essentiels, au logement, au transport, gestion des risques et catastrophes urbaines, planification urbaine, r?ction de l'impact environnemental des villes, pr?rvation du patrimoine culturel et naturel, s?rit?es espaces publics, l'attention aux personnes vuln?bles traversant l'ensemble des cibles. Dans sa contribution au sommet de Quito 111, la France souligne que « les villes sont les premi?s confront? ?'obligation d'inventer des solutions aux maux cr? par notre mod? de d?loppement ». La d?aration finale de Quito promeut un droit ?a ville112 et le nouvel agenda urbain met l'accent sur la mise en oeuvre de cet ODD. L'objectif 11 rev?donc une importance particuli? au sein des ODD. Il est ?a fois de port?nationale et locale. Avec ses 10 cibles et ses 15 indicateurs, il couvre de nombreux sujets sans pour autant parvenir ?'exhaustivit?Il s'articule donc aux nombreuses cibles d'autres Objectifs qui exigent une action forte au niveau des villes (eau et assainissement,
110
111
. En 1990, il existait 10 m?lopoles d'au moins 10 millions d'habitants ; en 2014, elles sont 28 .
Www.pfvt.fr/un-habitat-2016/la-france-et-habitat-iii http://base.socioeco.org/docs/statement-gtf-fr-.pdf
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gouvernance et partenariats multi-niveaux, emploi, sant?ublique, changement climatique, etc.). Selon la commission statistique de l'ONU, un tiers en effet des 231 indicateurs peuvent ?e mesur??'?elle locale, en raison de leur effet direct sur les politiques urbaines. La mise en oeuvre de l'agenda 2030 ouvre ainsi la voie ?es agendas 2030 territoriaux. En France, ?a diff?nce des pays moins d?lopp?qui vivent depuis quelques d?nnies une urbanisation rapide, le processus d'urbanisation s'est acc?r??1945113. A l'avenir, c'est moins la part de la population rurale qui va compter que les ?lutions au sein des diff?nts types de villes et entre elles. A avoir presque tout englob?l'urbain perd de sa valeur explicative. Les villes moyennes et les r?ons rurales qui ne sont pas dynamis? par la proximit?'une m?opole perdent du terrain. L'un des enjeux pour la France est de savoir si l'habitat va se densifier ou continuer de s'?ndre avec pour cons?ences une poursuite de l'artificialisation des sols et une augmentation des besoins en d?acements. Selon l'Insee en 2015, 33 000 communes « peu ou tr?peu denses » rassembleraient un tiers des habitants du pays avec une densit?oyenne inf?eure ?4 habitants au km² ; les 609 communes les plus dens?nt peupl? (plus de 2 969 hab./km2) regrouperaient, elles aussi, un gros tiers de la population. La distinction entre urbain et rural tend ?aract?ser les in?lit?d'acc?aux ?ipements collectifs, qui touchent les zones les moins denses, tandis que la croissance urbaine continue d'engendrer des processus de s??tion sociale et spatiale . L'ambition du premier axe de la SNTEDD, « Construire des territoires durables et r?lients », rejoint la probl?tique g?rale de l'ODD 11. 2. Appr?ation des indicateurs 114et ?luation par cible de l'ODD 11 Cible 11.1 « Assurer l'acc?de tous ?n logement et des services de base ad?ats et s? ?n co?bordable et assainir les quartiers de taudis ». L'indicateur retenu par l'Onu est la proportion de la population urbaine vivant dans des quartiers de taudis, des implantations sauvages ou des logements inad?ats. L'OCDE retient le nombre de pi?s par personne, Eurostat la « suroccupation ». L' Insee retient deux indicateurs pour cette cible : 1/ le taux de difficult?e logement 2/ la proportion de m?ges vivant dans un logement avec au moins un d?ut grave de confort.
113
La part de la population urbaine passe de 53 % en 1946 ?0 % en 1968: l'emploi agricole s'?oule sous l'effet de la modernisation et les ruraux viennent grossir la population des villes port? par la progression de l'industrie et des services. A partir des ann? 1970, le rythme de l'urbanisation ralentit : la population urbaine repr?nte d? les trois quarts de la population totale au milieu des ann? 1990 ; ensuite l'urbanisation s'?nd surtout dans l'Ouest et au Sud-Est de la France.
114
Voir Insee , ao?017, Indicateurs pour https://www.insee.fr/fr/statistiques/2654964
les
ODD ,
disponibles
?'adresse
suivante:
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Les donn? fournies pour le premier indicateur associ? l'indicateur onusien montre une am?oration du taux de difficult?de logement 115, qui passe de 7,4 % de la population en 2010 ?, 7 % en 2015. Le deuxi? indicateur montre qu'un cinqui? des logements comporte au moins un d?ut grave de confort116(19,1 avec un d?ut), seules l'ann?2013 et la m?opole ?nt renseign?. D'autres donn? pourraient ?e mobilis? en compl?nt pour r?ndre ?a cible, par exemple: un indicateur de tension dans le parc social de logement (rapport du nombre de logements sociaux attribu?sur le nombre de logement)117 ; un indicateur d'impact avec le taux d'effort m?an en logement par quintile de niveau de vie en distinguant locataires et acc?nts ?a propri? ; un indicateur de performance de la part des personnes relog? parmi les personnes d?gn? prioritaires par les commissions de m?ation DALO. Les politiques engag? dans les ann? 60118 et apr?avaient permis de r?ire l'habitat indigne en France, mais la r?rgence de bidonvilles, en lien avec la question des migrations, appelle des mesures mieux identifi?. 141500 personnes ?ient sans domicile fixe en 2013 (Insee) et 16 000 personnes en m?opole vivent dans des bidonvilles en 2017 (qui sont au nombre de 571 bidonvilles selon la D?gation interminist?elle ?'h?rgement et ?'acc?au logement119). La loi du 27 janvier 2017 relative ?'?lit?t ?a citoyennet?omporte de nombreuses dispositions en faveur du logement social, mais il est trop t?our mesurer son impact. La question du « co?bordable », vraie probl?tique, est un point d'alerte pour la France. La m?opolisation a rench? le co?es logements. Les Fran?s y consacrent une part de leur budget plus importante que les autres europ?s ; beaucoup de logements sont inoccup?: les dispositifs successifs d'investissements locatifs ont abouti ?es constructions dans des endroits peu recherch? tendance que le dispositif Pinel, recentr?ur les zones tendues, a cherch? corriger. Les politiques du logement doivent ?e mieux diff?nci? en fonction de l'attractivit?es territoires, dans un contexte d'?nomie mondialis?qui a creus?es ?rts entre territoires.
115
Les valeurs de l'indicateur repr?ntent le pourcentage des m?ges dont le logement concentre au moins 3 difficult?sur les 9 difficult?d?nies en France m?opolitaine ( Insee, Dispositif Statistique sur les Ressources et les Conditions de Vie des m?ges, SRCV). Crit?s de confort sanitaire (enqu? logement, Insee) Audition du Cget
116
117 118
. Les dispositifs successifs des politiques de logement mises en oeuvre ont jou?eur r? tels que la loi SRU qui impose 25% de logements sociaux dans toute commune urbaine (article 55) et le droit au logement opposable (loi Dalo). Les dispositifs du parcours r?dentiel et de la m?ation collective couvrent les probl?tiques li? au logement.
119
article du Monde, 20 octobre 2017.
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Les indicateurs et les donn? sont donc partiels. Par ailleurs, ils ne couvrent que la France m?opolitaine, alors que l'outre mer concentre les probl?s. Il est donc difficile d'assurer que la France atteindra pleinement cette cible . Cible 11. 2 : « Assurer l'acc?de tous ?es syst?s de transports s? accessibles et viables, ?n co?bordable, en am?orant la s?rit?outi?, notamment en d?loppant les transports publics, avec une attention aux personnes vuln?bles, femmes, enfants, personnes handicap? » Indicateur Onu : Proportion de la population ayant ais?nt acc?aux transports publics, par groupe d'?, sexe et situation au regard du handicap. Indicateur Insee : la liste et composition des p?m?es de transports urbains (PTU). Une tradition de service public a contribu? mailler le territoire fran?s avec un r?au ferroviaire et routier important qui place la France sur une trajectoire historiquement favorable. Certaines politiques publiques mises en place depuis une douzaine d'ann?, tels que les plans de d?acement urbain, favorisent le d?loppement des transports collectifs. Les plans pour l'acc?en libre service de v?s et v?cules ?ctriques se sont multipli? Les donn? d'Eurostat font ressortir la bonne place de la France compar?aux autres pays europ?s au regard de la difficult?'acc?aux transports publics: seuls 10 % de la population se trouveraient en tr?grande difficult?La lutte contre les in?lit?et la vuln?bilit?ace ?a mobilit?st un enjeu important des politiques publiques. L'indicateur national retenu (liste et composition des PTU) appara?comme une donn?partielle au regard de la cible, pour plusieurs raisons : il ne renseigne pas sur la qualit?e la desserte (qui inclut l'acc?des personnes vuln?bles), vis?par la cible ; il ne concerne que les transports quotidiens. Un seul chiffre est fourni par l'Insee, pour l'ann?2012 : 32,7 millions d'habitants, soit la moiti?e la population fran?se, sont couverts par un PTU. D'autres donn? pourraient ?e mobilis? : l'indicateur sur la part modale des transports en commun sur les trajets domicile-travail, qui rend compte du comportement des m?ges ; des indicateurs sur la s?rit?outi?, qui sont disponibles. S''agissant de l'acc?des personnes vuln?bles aux transports publics, un suivi des sch?s directeurs d'accessibilit?qui visent l'accessibilit?ans la cha? de d?acement des personnes en situation de handicap pourrait ?e utile120. Le vieillissement de la population rend ce sujet central. L'atteinte de la cible requiert que les politiques men? ?outes les ?elles conjuguent
120
Ces sch?s s'inscrivent dans la politique en faveur du handicap (loi Handicap du 11 f?ier 2005) ; ils figurent dans l' ordonnance de septembre 2014 Rapport n° 010982-01 Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 112/188
innovation (villes intelligentes), desserte des territoires peu denses, prise en compte des populations vuln?bles et aux revenus modestes. Des bouquets de solutions sont mis en place dans de nombreux territoires (aide et accompagnement des m?ges, diversification de l'offre de mobilit? Ces initiatives ont besoin de soutien ?'essaimage. L'?at devra maintenir cette question ?'agenda national pour atteindre la cible dans ses nombreuses dimensions (s?rit?outi?, ?it?ociale et territoriale, genre, handicap, outre mer ). Cible 11.3 : « D'ici ?030, renforcer l'urbanisation durable pour tous et les capacit?de planification et de gestion participatives, int?? et durables, des ?blissements humains dans tous les pays ». 1/ Les indicateurs pour renforcer l'urbanisation durable pour tous: L''Onu retient le ratio entre le taux d'utilisation des terres et le taux de croissance d?graphique. L'Insee retient le ratio entre le taux d'artificialisation des sols et le taux de croissance d?graphique, pour la France m?opolitaine. Ce ratio permet d'appr?er l'ampleur de l'?lement urbain. Les zones artificialis? repr?ntaient, en 2015, 9,4% du territoire de la France m?opolitaine (soit environ 51 000 km2) 121. Elles ont augment?n moyenne de + 1, 36 % par an entre 2006 et 2015. Le rythme de progression entre 2009 et 2012 est un peu plus ?v?n France que dans les pays europ?s (+2,7 % de sols artificialis?contre 2, 5% en moyenne europ?ne) En outre, l'artificialisation des sols progresse plus vite que la population, constat dress?ussi au plan mondial par le bilan de l'Onu de 2017 sur les ODD. Des informations compl?ntaires sur l'affectation de ces sols artificialis?(extension commerciale, zones logistiques, logements) permettraient de relier cet enjeu aux autres objectifs, notamment 8, 11, et 12. La France n'est donc pas sur une bonne trajectoire pour l'artificialisation des sols. 2/ Pour « renforcer les capacit?de planification et de gestion participatives, int?? et durables des ?blissements humains dans tous les pays », l'Onu retient la proportion de villes dot? d'une structure de participation directe de la soci? civile ?a gestion et ?'am?gement des villes, fonctionnant de mani? r?li? et d?cratique. L'Insee retient la part du territoire national couverte par des sch?s de coh?nce territoriale (Scot).
121
Les espaces artificialis?se sont accrus de 5 916 km2 entre 2006 et 2015, surtout aux d?ns de terres agricoles mais aussi de milieux semi-naturels. Le rythme de cette consommation d'espace s'est un peu ralenti depuis 2010, passant de +1,7% par an entre 2006 et 2010 ? 1,1 % par an de 2010 ?015 » , selon l'analyse de l'Insee. Rapport n° 010982-01 Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 113/188
L'indicateur national choisi ne r?nd pas tout ?ait au libell?e l'indicateur onusien. Les Scot en effet ne sont pas en soi des outils participatifs, comme le souligne le CGEDD dans un rapport r?nt : « Une meilleure mobilisation du public ?'?boration des Scot est un objectif essentiel »122 . Aussi des donn? sur les agendas 21123, les PLUI (concertation et enqu? publique 124), ou les conseils de quartier, pourraient se r?ler plus adapt? ?a cible. La gestion participative, mesur?par la proportion de villes dot? de structures de participation directes, peut appara?e comme un point ?enforcer en France, ce que met en ?dence l''analyse de l'OCDE sur la situation de la France au regard des ODD125. Cible 11.4: « Redoubler d'efforts pour prot?r et pr?rver le patrimoine culturel et naturel mondial ». Indicateurs : L'Onu retient les d?nses publiques et priv? par habitant consacr? ?a pr?rvation de l'ensemble du patrimoine, par type de patrimoine (culturel, naturel, mixte, inscrit au patrimoine mondial...), par type de d?nse et de financement (public, priv?parrainage..) L'Insee ne retient que des indicateurs sur le patrimoine culturel, l'un sur les d?nses des collectivit?locales par habitant consacr? ?a pr?rvation, ?a protection et ?a conservation de l'ensemble du patrimoine culturel, l'autre sur les d?nses directes et indirectes de l'?at en faveur des patrimoines culturels. Sur le patrimoine culturel (m? si, selon le minist? de la culture interrog?ar la mission, la question est complexe au plan mondial car le patrimoine ne fait pas l'objet d'une d?nition claire), on note sur la p?ode en France de 2010 ?014 une mont?en charge des r?ons en mati? d'investissement, un fl?issement de l'investissement des d?rtements, une baisse du fonctionnement et une mont?de l'investissement des communes. S'agissant des d?nses de l'?at, le montant par habitant est stable de 2010 ?015 (16 euros par habitant par an en moyenne ), mais ces chiffres r?ltent de l'addition de donn? de nature diff?nte (d?nses budg?ires, taxes affect?, d?nses fiscales). La pertinence d'un doublement du budget pour la France pour le patrimoine culturel n'est cependant pas av?e, la France consacrant un budget ?v?our la conservation de son patrimoine, en vertu d'une politique ancienne et assez exemplaire. En volume, les cr?ts sont
122
Rapport du Cgedd, Quelles ?lutions pour les sch?s de coh?nce territoriale ? (2017). Le rapport pr?nise de rendre moins contraignantes les dispositions r?ementaires encadrant les modalit?de concertation. Par ailleurs,il indique que « si l'?boration d'un Scot est un processus concert?'inscrivant
dans la dur?et mobilisant une grande diversit?'acteurs, il est n?ssaire de mettre au point des dispositifs visant ?ne conduite concert?et partenariale de sa mise en oeuvre » ».
123
Cf indicateur existant pour le suivi de la SNTEDD (axe 1 « Territoires durables et r?lients ») sur le nombre d'agendas 21 locaux et la part de la population concern? PLUI : suggestion lors de l'audition de la Dhup. Cf analyse de l'OCDE, en annexe au pr?nt rapport.
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cependant en baisse et dans le contexte de restrictions budg?ires et de vente de patrimoine public, cela m?te attention, l'innovation dans les financements (participatifs, citoyens, m?nat) faisant partie des solutions. Sur le patrimoine naturel, l'Insee ne propose pas d'indicateur. Les indicateurs pour cette cible sont incomplets et ne permettent pas d'appr?er la trajectoire de la France par rapport ?a pr?rvation des deux types de patrimoine. Pour le patrimoine culturel, seul le financement public est retenu, le financement priv?dont le m?nat) pourrait compl?r ces donn?. Pour le patrimoine naturel, la cible renvoie ?a question des moyens de sa pr?rvation, un indicateur devra ?e fourni. Il pourra inclure les d?nses publiques li? ?a biodiversit?soit environ 3 % de la d?nse li??'environnement )126 , aux sites naturels class? parcs naturels, Znieff, territoires de la biodiversit?Le m?nat environnemental pourrait aussi ?e pris en compte. Cible 11.5 : « R?ire nettement le nombre des personnes tu? et le nombre de personnes touch? par les catastrophes ». Indicateurs : L'Onu retient d'une part le nombre de personnes d?d?, disparues ou directement touch? par des catastrophes pour 10 000 personnes et d'autre part les pertes ?nomiques directes par rapport au PIB, dommages caus?aux infrastructures et perturbations de services L'Insee retient deux indicateurs pour la cible 11.5, qui couvrent la France enti? (m?opole et outre mer) : 1/ le nombre d'?nements naturels tr?graves127 2/ le montant des indemnisations vers? par les assurances au titre des catastrophes naturelles 128( indicateur de la SNTEDD,enjeu Changement climatique et Axe 3 Pr?nir et r?ire les in?lit?environnementales, sociales et territoriales) Cette cible est ?elier aux ODD 1 (pauvret? 5 (?lit?emmes-hommes), 8 (croissance durable et emploi). 30 % des ?nements naturels tr?graves129 qui ont eu lieu entre 1950 et 2014 sont survenus au cours de la derni? d?nnie. Deux tiers sont des
126
Cgdd, L'environnement en France, rapport pour l'Union europ?ne, 2014.
127
c'est l'indicateur de la SNTEDD pour l'enjeu « changement climatique »), il permet de suivre la hausse de la fr?ence et de l'intensit?es ?nements naturels tr?graves. Il met en lumi? la n?ssit?e mener des politiques de pr?ntion et d'adaptation locales (Sntedd, 3.2)
128
Indicateur de la SNTEDD,enjeu « changement climatique » et Axe 3 Pr?nir et r?ire les in?lit?environnementales, sociales et territoriales)
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De gravit? : ayant fait plus de 10 morts ou plus de 30 millions d'euros courants de dommages mat?els (Insee).
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inondations. La fr?ence moyenne des inondations tr?graves est de 1,8 par an entre 1950 et 2014, mais atteint 3,3 par an depuis 1992. Les effets du changement climatique aggravent la situation de vuln?bilit?es populations et des territoires aux risques naturels. Le montant des indemnisations, qui concernent l'ensemble des biens assur? conna?une baisse continue, de 1436 milliards d'euros en 2010 ?01 milliards d'euros en 2015. Selon l'Insee, « les mesures d'adaptation au risque, de pr?ntion, de sauvegarde ou de r?ction de la vuln?bilit?euvent influer ?a baisse ces indemnisations. »130 Cette chute des indemnisations, surprenante si les ?nements graves se sont multipli? serait ?clairer en prenant en compte le Catnat et le Fipol. Ces deux indicateurs nationaux s'approchent de la cible mais ne r?ndent pas ?on objectif qui est de r?ire les pertes humaines et ?nomiques dans les situations de catastrophe. Des donn? humaines (morts, bless? d?ac? types de population touch? sont n?ssaires pour appr?er la situation de la France au regard de cette cible. Les ?nements r?nts (Irma) soulignent l'importance de cette dimension proprement humaine (distinction entre pauvres et vuln?bles, personnes ?es, enfants, handicap?, qui d?sse l'approche technique de la gestion des risques. La cible renvoie ?a n?ssit?'acc?rer les politiques d'adaptation au changement climatique : un indicateur pourrait ?e ici mobilis?our mesurer l'?rt entre les plans et strat?es d'adaptation au changement climatique et leur efficacit??le. Cible 11.6: «D'ici ?030 r?ire l'impact environnemental n?tif des villes par habitant, y compris en accordant une attention particuli? ?a qualit?e l'air et ?a gestion, notamment municipale, des d?ets ». 1/ Indicateur agenda 2030 : Proportion de d?ets urbains solides r?li?ment collect?et ?min?de fa? ad?ate sur le total des d?ets urbains solides g?r? par ville. L'Insee retient deux indicateurs pour les d?ets :1/ le traitement des d?ets m?gers par type de traitement. 2/ les d?ets collect?par les municipalit? La loi du 17 ao?015 relative ?a transition ?rg?que pour la croissance verte f ixe l'objectif de r?ire de 50 % la mise en d?arge ?'horizon 2025. L'incin?tion sans r?p?tion d'?rgie est aujourd'hui marginale. l'inverse, l'incin?tion avec r?p?tion d'?rgie s'accro?puis se stabilise, passant de 28% du poids des d?ets en 2000 ?4% en 2013. Les fili?s structur? de responsabilit?largie du producteur (pneus, v?cules hors d'usage, huiles us?, d?ets d'?ipements ?ctriques et ?ctroniques...) depuis 2000 ont accru la collecte pour des d?ets n?ssitant des traitements sp?fiques.
130
L'indicateur montre la forte variabilit?u montant des indemnisations, principalement li?au caract? al?oire de la survenance et de l'intensit?es ?nements catastrophiques. L'ajout de nouveaux exercices de survenance devrait permettre d'affiner cette analyse dans les prochaines ann?. » Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 116/188
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Le taux de valorisation par recyclage et par valorisation ?rg?que ou organique (compostage, m?anisation, traitement m?no-biologique) atteint 73 % des d?ets municipaux en 2013, contre 53 % en 2000. Mais la valorisation des d?ets collect?par les municipalit?reste insuffisante et en dessous de la moyenne europ?ne (cf d?loppement sous ODD 12, ?nomie circulaire, d?ets). 2/ Indicateur onusien pour la qualit?e l'air: niveau moyen annuel de particules fines dans les villes, pond? au nombre d'habitants. Indicateur OCDE : exposition aux particules fines. Exposition ?a pollution de l'air . L'insee retient deux indicateurs131 : la part des stations de mesure ayant d?ss?ans l'ann?le seuil journalier de protection de la sant?umaine pour les particules PM10 et les concentrations moyennes annuelles de PM10. La cible onusienne ne fournit pas d'indication chiffr? la directive sur la qualit?e l'air indique quant ?lle que le niveau moyen de particules fines annuel (PM 2, 5) ne doit pas d?sser 20 microgrammes par m³ en 2020. Fr?emment confront??es ?sodes de pollution de l'air avec d?ssements des seuils, la France fait de la lutte contre ce type de pollution un enjeu important de sant?ublique. Si par ses objectifs la France r?nd aux exigences europ?nes, les r?ltats obtenus marquent un ?rt par rapport aux objectifs pour deux raisons : le d?ssement du seuil journalier de protection de la sant?umaine pour les particules PM10 dans les agglom?tions de plus de 250000 habitants ; le d?ssement des concentrations moyennes annuelles de PM10 ?roximit?u trafic routier. En 2013, 20 Etats membres ne respectaient pas le seuil journalier en PM10. Le suivi de la mise en oeuvre de la loi LTECV sur les zones ?irculation restreinte pourrait compl?r ces donn? par un indicateur de moyen. Cible 11.7 : « D'ici ?030 assurer l'acc?de tous, en particulier des femmes et des enfants, des personnes ?es et handicap?, ?es espaces verts et des espaces publics s?» Les deux indicateurs retenus par l'ONU sont d'une part la « proportion moyenne de surface urbaine construite consacr??es espaces publics, par sexe, ? et situation au regard du handicap », et d'autre part la « proportion de personnes victimes de harc?ment physique ou sexuel, par sexe, ?, situation au regard du handicap et lieu des faits (au cours des 12 mois pr?dents) ». Ce sont des indicateurs « Tier III », en construction. L'Insee ne propose pas d'indicateur ?e stade.
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Dans les agglom?tions de plus de 250 000 habitants, dans les agglom?tions de 50 000 ?50 000 habitants (indicateur SNTEDD, Axe 3 ) Rapport n° 010982-01 Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 117/188
La cible est assez h?rog? mais couvre des sujets sensibles, en lien avec les ODD 1, 5, 15, 16, 17. Des indicateurs approchants de l'indicateur onusien devront ?e propos?dans le cadre des travaux du Cnis. Des donn? pourraient nourrir en particulier l'acc?aux espaces verts. Les objectifs de trame verte et bleue132 rendent les villes fran?ses plus vertes. « L'acc?de tous » est difficile ?valuer et l'on manque d'?ments pour appr?er l'efficience des strat?es et politiques tant nationales que locales. Un des points qui peut compliquer l'?luation est de s'accorder sur ce que recouvre l'acc??a nature. Les objectifs de cadre de vie, de maintien de la biodiversit?t d'acc?de tous ?es espaces verts ne sont pas forc?nt congruents. La participation des citoyens au projet de territoire permettant de d?nir collectivement le projet urbain dans sa complexit?des ?ments d'?luation de la participation pourraient faire partie des indicateurs de suivi de cette cible. La question de l'accessibilit?es espaces publics aux personnes en situation de handicap devrait ?e assortie d'un indicateur de suivi. La probl?tique de l'ins?rit?t du sentiment d'ins?rit?en particulier des femmes, dans l'espace public urbain est un sujet ?rgent qui conduit des villes ?epenser l'espace public133. Certaines villes europ?nes sont avanc?134. S'appuyant sur une enqu? r?onale conduite en 2011, l'Iaurif d?2012 135affirmait que « l'approche en fonction du genre sur le sentiment d'ins?rit?n Ile de France pourrait tracer de nouvelles orientations urbanistiques». L'indicateur de l'Insee retenu pour l'ODD16, cible 16.1, « la proportion de personnes d?arant qu'il leur arrive de se sentir souvent ou de temps en temps en ins?rit? r?nd ?a cible, sous r?rve d'ajouter une dimension de genre. L'?luation de la trajectoire rel? d'une analyse interminist?elle. Cette cible recouvre des politiques peu suivies en France, les indicateurs sont ?onstruire ou ?ompl?r. L'appropriation de la d?rche ODD par les R?ons m?opolitaines, ?ravers l'?boration des SRADDET pr?s ?'horizon 2019, permettrait d'aller vers des strat?es territoriales en coh?nce avec cette cible.
Cible 11.a: «Favoriser l'?blissement de liens ?nomiques, sociaux et environnementaux positifs entre zones urbaines, p?urbaines et rurales, en renfor?t la planification du d?loppement ?'?elle nationale et r?onale ».
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Renforc?par la loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des m?opoles « Mieux accueillir les femmes dans l'espace public, le casse t? des urbanistes et des chercheurs » Le monde 26 juin 2017 ; le sentiment d'ins?rit?es femmes dans l'espace public cairn info, nouvelles questions f?nistes
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cf skatepark r?rv?ux femmes une fois par semaine ?almo
Www.iau-idf.fr
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L'indicateur de l'ONU pour la cible 11.a est la « proportion d'habitants vivant dans des villes qui mettent en oeuvre des plans de d?loppement urbains et r?onaux, tenant compte des projections d?graphiques et des ressources n?ssaires, par taille de la ville. » L'insee retient la part du territoire national couvert par des Scot opposables et la part de la population couverte par un Scot opposable. Cette cible recouvre des enjeux qui, s'ils ne sont pas nouveaux, ont une actualit?orte. A travers cette cible, c'est la probl?tique de l « 'interterritorialit? et ses difficult?qui est pos? celles de l'?ilibre et de l'?it?ntre les territoires. Si l'essor des m?opoles se confirme, la d?ise des villes petites et moyennes demandera une vigilance renforc? Le sujet est connect? la cible 11.1 relative ?'acc?de tous ?es services essentiels. L'?luation de la loi NOTRE pourra documenter la r?rption ou non des in?lit?p?urbaines et p?ph?ques. Les donn? qui permettent d'alimenter les ?rts de dynamisme entre les r?ons fran?ses (en croisant dynamisme d?graphique, ?lution des taux d'emploi, co?es logements) devraient ?e mobilis?. Pour la France, une indication devr ait ?e donn?sur l'acc?au num?que des territoires ruraux, qui s'inscrit dans une trajectoire trop lente. Par ailleurs, la France tend ?ultiplier les outils de planification territoriale (top down) au d?iment parfois de leur lisibilit?Favoriser les initiatives locales et les accompagner suppose une mise en capacit?es territoires et de leurs habitants (bottom up). Les territoires d' « arri? front », loin des villes, sont souvent riches de ce que mesurent pr?s?nt les indicateurs de richesse compl?ntaires ou alternatifs (bien-?e territorial, biodiversit?tc). Ils sont utilis?par des territoires pionniers qui exp?mentent d'autres m?odes de planification du d?loppement. La mobilisation des acteurs pour b?r ou renforcer la planification des territoires renvoie ?a cible 11.3. Les indicateurs choisis par l'Insee (Scot) pour cette cible paraissent pertinents, les SRADDET ?nt de cr?ion trop r?nte pour ?e ?lu? Ils m?teraient d'?e compl?s (num?que).. Cible 11.b : « D'ici ?020, accro?e nettement le nombre de villes et d'?blissements humains qui adoptent et mettent en place des politiques et plans d'action int??en faveur de l'insertion de tous, de l'utilisation rationnelle des ressources, de l'adaptation aux effets des changements climatiques et de leur att?ation et de la r?lience face aux catastrophes, et ?borer et mettre en oeuvre, conform?nt au cadre de Sendai pour la r?ction des risques de catastrophe (2015-2020), une gestion durable des risques de catastrophes ?ous les niveaux ».
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Indicateur Onu : proportion d'administrations nationales et locales ayant mis en place des strat?es de r?ction des catastrophes etc Indicateur Insee : nombre de communes faisant l'objet d'un plan de pr?ntion des risques d'inondation approuv?y compris r?s?t approuv?. Les PPRI apparaissent comme un bon indicateur, les catastrophes ?nt pour deux tiers des inondations (cf supra, cible 11.5). Pour autant, des plans globaux comme le PNACC doivent aussi ?e pris en compte (cf analyse de l'ODD 13). La trajectoire de la France est bonne au regard de l'indicateur choisi par l'Insee, la France ?nt pass?de 6361 PPRI en 2011 ?038 PPRI en 2016. Cible 11c : « Aider les pays les moins avanc? y compris par une assistance financi? et technique, ?onstruire des b?ments durables et r?lients en utilisant des mat?aux locaux ». L'indicateur retenu par l'Onu est la proportion de l'assistance financi? allou?aux pays les moins avanc?consacr??a construction de b?ments durables, r?lients et ?nomes en ressources et ?a remise ?iveau d'anciens b?ments, en utilisant des mat?aux locaux. L''Insee ne propose pas d'indicateur ?e stade. Les initiatives de la France sont nombreuses, depuis le lancement en 2008 par UN Habitat de l' initiative Villes et climat, au sein de ICLEI 136. Elles sont compl?es par l'action des m?opoles r?ies dans le C40, groupe des m?opoles pour le climat, actuellement pr?d?ar la maire de Paris. L'Alliance Mondiale pour les B?ments et le Climat137, lanc?par la France avec l'appui du PNUE ?a COP 21, r?it ?arge ?elle les acteurs mondiaux du b?ment et vise notamment ?ugmenter la part du b?ment ?logique dans les financements internationaux, ??lopper des programmes op?tionnels et mettre en r?au les acteurs publics et priv? La ville durable fait partie des th?tiques privil?? de l'aide publique au d?loppement 138 . Le programme budg?ire 123 couvre les conditions de vie en Outre mer. Les enjeux de ville et am?gement durable font l'objet d'un programme de recherche (ligne 190). Les actions ?'international des collectivit?se
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http://www.iclei.org/activities/agendas/resilient-city.html: « A 'Resilient City' is prepared to absorb and recover from any shock or stress whilemaintaining its essential functions, structures, and identity as well as adapting and thriving in the face of continual change. Building resilience requires identifying and assessing hazard risks, reducing vulnerability and exposure, and lastly, increasing resistance, adaptive capacity, and emergency » preparedness. www.globalabc.org.
https://www.performancepublique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/farandole/ressources/2017/pap/pdf/DPT/DPT2017_politique_deve loppement.pdf et http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/aide-au-developpement/l-agenda-international-dudeveloppement
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d?loppent 139, comme celles de l' Arene Ile de France. La France a lanc?ne initiative ?abitat III sur le b?ment durable, coalition de plusieurs acteurs. Par ailleurs, le r?au Vivapolis a produit un outil commun pour int?er les ODD aux strat?es des responsables des commandes urbaines inclusive. Enfin, la France a initi?a norme de management ISO 37101 relative au « d?loppement durable et intelligent des communaut?». La politique fran?se de coop?tion et ?'international est donc tr?active. 3. Principales interactions de l'objectif 11 avec d'autres objectifs et leurs cibles L'ODD 11 montre que les ODD forment un syst? indivisible, avec des priorit?nationales et territoriales. Cet ODD fait le lien avec tous les objectifs. Des indicateurs sont communs ?'objectif 11 et ?'autres cibles et objectifs, par exemple 1.22 (r?ire la pauvret?ous toutes ses formes), 6.31 (traitement de l'eau) ; 9 (9.1 : r?lience des infrastructures ; 9.4 :modes de partage des transports collectifs); 15.21 et 15.24 (artificialisation des sols); 16.19 (perception de s?rit?t d'exposition ?a violence).Les enjeux de protection du patrimoine sont li??a question de la revitalisation des centres urbains (liens 11.4 et 11 a). En lien avec l'ODD 12, il faut prendre en compte l'?elle territoriale strat?que pour int?er la gestion des ressources et developper la circularit?es flux. Comme le montrent l'analyse de cet ODD, la cible 11.1 sur le logement est en particulier li??'ODD 1 ( insalubrit?ind?nce, indignit?et ?'ODD 8 (croissance et emploi durables), des ?des pointant depuis plusieurs ann? le fait que le co?u logement freine la mobilit?0 et peut aggraver le ch?e. Le syst? global (co?acc??a propri?) tendrait ?avoriser les comportements de s?risation, freins ?'innovation. Le co?u logement accro?le poids des in?lit?de patrimoine (ODD 10). La cible 11.2 sur les transports peut ?e abord?de fa? syst?que avec de nombreux objectifs : 5 (femmes, ?lit?'acc? s?rit? 1, 2, 3, 9 (infrastructures r?lientes), 12 (des modes de production et de consommation), 7 et 13 (?rgie et changements climatiques, etc... 4. Appr?ation de la trajectoire de la France et conclusions La France a d?lopp?es politiques de transports publics et de logement efficaces, qui ont cherch? ?diquer les taudis d?les ann? 60. Les politiques du patrimoine sont anciennes, celles d'acc??a nature plus r?ntes, la ville durable est ?'agenda.
139
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cf Arene idf « Agendas 21 et action internationale, quelles articulations ?
Cf notamment les analyses de l'Insee
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Pour autant, la France ne s'inscrit pas toujours dans une bonne trajectoire au regard des diff?ntes cibles : probl? de co?u logement, r?rgence des bidonvilles 141, des sans-abri, en lien avec les mouvements de population d'un monde en conflits. Si des bouquets de solutions de mobilit?mergent dans les territoires moins denses, la cible 11.2 r?terroge sur la lutte contre la vuln?bilit?i??a mobilit?et un suivi plus fin que celui que permet le seul nombre de p?m?es de transports urbains (PTU), indicateur national retenu ?e stade, serait n?ssaire pour ?luer les progr?en mati? d'accessibilit?sujet en lien avec le vieillissement d?graphique, ?a suite des sch?s directeurs d'accessibilit?qui visent l'accessibilit?ans la cha? de d?acement142. L'artificialisation des sols progresse plus vite que la population. Cet ODD est un d? multidimensionnel. Il invite ?roiser les approches de la ville durable avec les questions sociales, de s?rit?ublique et de s??n lien avec la mont?des effets du changement climatique, qui aggravent la situation de vuln?bilit?es populations et des territoires aux risques naturels. Il renvoie ?a d?inaison territoriale de l'ensemble des objectifs . Les priorit?sont notamment l'attention et le soutien ?'innovation locale. Face aux peurs li? aux d?glements environnementaux, aux crises ?nomiques et sociales, des projets urbains innovent, renouent avec des savoirs anciens, mettent des techniques en constante progression au service des projets. Des entreprises de l'?nomie sociale et solidaire sont souvent ?'origine de cette innovation territoriale. Une autre priorit?st l'attention sp?fique ?orter ? 'outre mer, notamment par des strat?es de r?lience prenant en compte les plus vuln?bles.
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571 bidonvilles en France, DIHAL, octobre 2017 Ordonnance de septembre 2014
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FICHE ODD 12 Etablir des modes de consommation et de production durables
1. Pr?ntation g?rale : un objectif transversal cibl?ur la lutte contre la rar?ction des mati?s, l' ?nomie circulaire et la mobilisation de tous les acteurs L'objectif 12 est un objectif central par sa formulation tr?large, qui poursuit l'ambition du changement de paradigme en mati? de production et de consommation annonc?epuis plusieurs d?nnies. Il est par nature transversal et interagit avec les autres objectifs. Il exige la mise en place d'un cadre national solide dans les plans nationaux et sectoriels pour assurer des modes de consommation et de production durables.
Les OMD ne comportaient pas un tel objectif qui trouve cependant ses racines dans l'OMD 7. Ce dernier visait en effet ? assurer un environnement humain durable » et sa premi? cible ? int?er les principes du d?loppement durable dans les politiques et les programmes nationaux et inverser la tendance actuelle ?a d?rdition des ressources naturelles ». La d?rdition des ressources naturelles est un sujet large qui renvoie ?ous les milieux (sols, eau, oc?s, air) et n'est donc pas seulement trait?ans cet ODD mais aussi dans les ODD relatifs ?'eau, aux, sols, aux oc?s. La pr?rvation des ?ilibres de la biosph? suppose d'assurer des modes de production et de consommation respectueux de l'eau, des sols, d'assurer la transition vers une soci? sobre en carbone et respectueuse de l'environnement.
L'ODD 12 est centr?ur la lutte contre la rar?ction des mati?s premi?s, d? immense. Durant la premi? d?nnie de ce si?e, la quantit?e mati?s premi?s extraites pour satisfaire la demande de consommation finale a augment?e 20 %, passant de 8,1 tonnes par habitant en 2000 ?0,1 tonnes en 2010. L'Asie, l'Europe et les Etats-Unis ont contribu?ajoritairement ?ette empreinte mat?elle 143.
L'ODD 12 comporte 11 cibles, qui ne couvrent pas de fa? exhaustive le champ annonc?ar son intitul?t sont un peu h?rog?s. Il s'ouvre sur un rappel du cadre international, le Cadre d?nnal de programmation concernant les modes de consommation et de production durables (10 YFP 144). L'agenda 2030, agenda international, reprend et r?firme les engagements et
143
Rapport de l'ONU sur les ODD, juillet 2017 10 Y F P est l'acronyme de Ten Years Framework of Programs
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programmes internationaux, qui lient les ?ats : 10 YFP est au coeur de l'agenda 2030. Ce rappel montre le r?que les ?ats ont ?ouer dans leur relation de solidarit?t de coop?tion, entre eux, et avec les organisations r?onales ou internationales pour progresser vers des modes de consommation et de production responsables . Les 7 cibles suivantes de l'ODD 12 s'articulent autour de deux axes essentiels. Le premier axe vise la consommation int?eure de mati?s qui permet de suivre l'?nomie de la ressource (12.2) et corollairement, la question des d?ets, qui renvoie ?'instauration d'un syst? ?nomique plus circulaire, ?nome en ressources, sobre en carbone et pr?rvant les ?syst?s. Les 3 cibles 12.3, 12.4 et 12.5 placent ainsi la probl?tique des d?ets au coeur des modes de consommation et production durables.
Un deuxi? axe de l'ODD 12 vise chacune des parties prenantes pour l'inciter ?odifier ses modes de production et de consommation : responsabilisation des entreprises (12.6), des collectivit?locales pour des pratiques durables de march?publics (12.7); et de tous par l'?cation en visant « le degr?'int?ation de l'?cation ?a citoyennet?ondiale » (selon les termes de l'indicateur onusien de la cible 12.7). Enfin, les derni?s cibles (12a, 12b, 12c) visent respectivement l'aide internationale, ?o ?a premi? cible, le tourisme durable et la question des subventions aux ?rgies fossiles et pr?diciables ?'environnement. Longtemps per? par les pays en d?loppement et ?rgents comme un frein ?eur d?loppement et une probl?tique de pays riches, l'?nomie verte est aujourd'hui un objectif universel partag?L'Inde compte 13 des 20 villes les plus pollu? au monde, 80% de ses eaux de surface sont pollu? et 1,1 million de personnes meurent pr?tur?nt ?ause de la pollution de l'air tous les ans. Selon l'OCDE, la croissance verte est « l'ensemble des moyens engag?pour cr? de la croissance ?nomique et du d?loppement tout en veillant ?e que les actifs naturels continuent de fournir les ressources et les services environnementaux sur lesquels reposent notre bien-?e. » 2. Appr?ation des indicateurs et ?luation par cible de l'ODD 12 Les 11 cibles de l'Objectif sont assorties de 13 indicateurs onusiens, d?in??e stade en 8 indicateurs nationaux145. Cible 12.1 : »Mettre en oeuvre le Cadre d?nnal de programmation concernant les modes de consommation et de production durables (10 YFP) avec la
145
Voir Insee , ao?017, Indicateurs https://www.insee.fr/fr/statistiques/2654964
pour
les
ODD ,
disponibles
?l'adresse
suivante:
Rapport n° 010982-01
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participation de tous les pays, les pays d?lopp?montrant l'exemple en la mati?, compte tenu du degr?e d?loppement et des capacit?des pays en d?loppement « Indicateur ONU : nombre de pays ayant adopt?es plans d'actions nationaux relatifs aux modes de consommation et production durables ou ayant inscrit cette question parmi les priorit?ou objectifs de leurs politiques nationales. Pr? dans la d?aration de Rio+20 adopt?par les chefs d'?at et de gouvernement en 2012, le 10 YFP vise ?outenir les politiques qui acc?rent le passage ?ne consommation et une production durables (CPD). Il comprend des actions pour am?orer l'efficacit?e l'utilisation des ressources naturelles et pour faciliter l'acc??ne assistance technique et financi? pour les pays en d?loppement. Il sert de plateforme d'information et de connaissances sur la consommation et la production durables (CPD) afin de permettre ?outes les parties prenantes de partager outils, initiatives et bonnes pratiques. Le « 10YFP », est un cadre int?ssant en faveur des modes de CPD, au renforcement duquel la France doit continuer ?ontribuer, avec un budget suffisant pour soutenir les actions correspondantes. Cible 12.2 : « D'ici ?030, parvenir ?ne gestion durable et ?ne utilisation rationnelle des ressources naturelles » Indicateurs onusiens : 1/Empreinte mat?elle par habitant et par unit?e PIB. 2/ Consommation mat?elle nationale par habitant et par unit?e PIB. Les indicateurs nationaux retenus par l'Insee sont ceux de la Sntedd, la consommation int?eure de mati?s , qui permet de suivre la ressource, et la productivit?ati?s, d?nie comme la richesse ?nomique produite par unit?e mati? consomm? L'?lution des stocks de ressources naturelles est aujourd'hui le principal motif invoqu?our d?lopper l'?nomie circulaire. En France, la consommation int?eure de mati?s par habitant est stable entre 1970 et 2008, elle diminue ?artir de 2008, o?le s'?vait ?4 tonnes par habitant, pour se stabiliser ?nviron 12 tonnes par habitant, elle est l?rement inf?eure ?a moyenne de l'UE (13 tonnes/h). Les mat?aux utilis?principalement dans la construction constituent la moiti?es mati?s premi?s consomm? en France. Plus du quart est compos?e la biomasse issue de l'agriculture et de la p?e. Les combustibles fossiles (dont 2/3 de produits p?oliers) repr?ntent 17 % du total. Ces chiffres ne tiennent cependant pas compte des mati?s consomm? ?'?anger pour fabriquer les biens import?et consomm?en France : en tenant compte de ces flux cach? la consommation de mati?s par la France est deux fois plus ?v? Le chiffre ?nt tr?sensible ?'?lution du secteur de la construction, il
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est toutefois difficile d'interpr?r ses ?lutions en termes de d?uplage. Depuis 2000, la productivit?at?elle de la France a augment?e 31 %, en raison de la baisse de consommation de mat?aux de construction li??a crise ?nomique146.
La loi de transition ?rg?que pour la croissance verte dans son article 74 inscrit la France dans une trajectoire vertueuse puisqu'elle pr?it une augmentation de 30 %, de 2010 ?030, du rapport entre son PIB et sa consommation int?eure de mati?s ainsi qu'une diminution de sa consommation int?eure de mati?s par habitant. En outre, l'?boration d'une strat?e nationale de transition vers l'?nomie circulaire est pr?e tous les cinq ans, elle doit inclure notamment « un plan de programmation des ressources n?ssaires aux principaux secteurs d'activit??nomiques qui permet d'identifier les potentiels de pr?ntion de l'utilisation de mati?s premi?s, primaires et secondaires, afin d'utiliser plus efficacement les ressources, ainsi que les ressources strat?ques en volume ou en valeur et de d?ger les actions n?ssaires pour prot?r l'?nomie fran?se. »(LTECV, article 69) Cependant, ces objectifs sont et seront ?onfronter avec la r?it?es consommations. D'abord, en tenant compte des flux cach? la consommation de mati?s de la France n'est pas r?lement compatible avec l'objectif de gestion durable et d'utilisation rationnelle des mati?s. La France contribue aujourd'hui pour une part importante aux masses de ressources extraites et consomm? dans le monde. Ensuite, dans un contexte de multiplication des grands travaux d'infrastructure (Grand Paris Express, Jeux Olympiques etc), l'enjeu de l'am?oration de la productivit?ati? devient crucial dans le domaine des travaux publics. Les tonnages sont tels que ce sont ces consommations qui influeront le plus sur les indices globaux. . Une des cl?de r?site de l'agenda 2030 r?de dans l'articulation de cette cible avec la cible 8.42 qui pr?la croissance, et ?ter leur mise en contradiction. La cible 12.2 repose sur le d?uplage entre la croissance ?nomique et la consommation de ressources non renouvelables, condition d'un d?loppement ?nomique soutenable. Le rapport de l'ONU sur les ODD de 2017 appelle l'attention sur le rythme insuffisant du d?uplage. L'enjeu de la transition vers un mod? d'?nomie durable rend cet indicateur central, tant au niveau europ?, national que territorial147. La r?ction, pr?ntion et r?ilisation des d?ets et le d?loppement de l'?nomie circulaire sont l'un des principaux moyens pour am?orer le d?uplage.
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source OCDE, rapport de 2016 sur la France Cf recommandations pour des indicateurs de r?lience territoriale, rapport, partie 5.3, relative ?'ODD 11 sur les villes et communaut?durables.
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Cible 12.3 : « D'ici ?030, r?ire de moiti? l'?elle mondiale le volume de d?ets alimentaires par habitant, au niveau de la distribution comme de la consommation, et diminuer les pertes de produits alimentaires tout au long des cha?s de production et d'approvisionnement, y compris les pertes apr?r?lte". L'indicateur onusien est l'indice mondial des pertes alimentaires, non renseignable ?e stade (Tier III). Eurostat ne mentionne pas d'indicateur pour cet objectif. L'indicateur Insee couvre les pertes et gaspillage alimentaires en France, en kg et par habitant, indicateur en construction.
Appr?ation des indicateurs et de la tendance par rapport ?a cible La cible est chiffr? l'objectif est d'?ter le gaspillage et de favoriser l'alimentation de tous sur une plan? en croissance d?graphique. En France,10 millions de tonnes d'aliments sont perdus ou gaspill?sur l'ensemble de la cha?, soit 150 kilos par habitant148. Ces pertes et gaspillages s'?vent ainsi ?8 % :32 % au niveau de la production ; 21 % au niveau de la transformation (industrie agroalimentaire); 1 % au niveau de la distribution ; 33 % au niveau de la consommation. Le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire sign?n 2013 entre l'?at et les repr?ntants des acteurs de la cha? alimentaire s'inscrit dans l'objectif fix?ar la cible puisqu'il d?ine en onze mesures un objectif national de division par deux le gaspillage alimentaire d'ici ?025. La loi n°2016-138 relative ?a lutte contre le gaspillage alimentaire (loi Garot) instaure une hi?rchie des actions ?ettre en place par chaque acteur de la cha? alimentaire149. La lutte contre le gaspillage alimentaire est aussi un des axes du Programme National de Pr?ntion des D?ets port?ar le minist? de l'?logie. La loi TECV impose la mise en place d'une d?rche de lutte contre le gaspillage alimentaire au sein des services de restauration collective g?s par l'?at, ses ?blissements publics et les collectivit?territoriales et interdit l'apposition de la date de durabilit?inimale (p?mption) sur un certain nombre de produits. Ces actions devraient ?e reprises
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?de ADEME de mai 2016 : « Etat des lieux des masses de gaspillages alimentaires et de sa gestion aux diff?ntes ?pes de la cha? alimentaire »
1) la pr?ntion du gaspillage alimentaire; 2) l'utilisation des invendus propres ?a consommation humaine, par le don ou la transformation ; (la loi interdit aux acteurs de la grande distribution alimentaire de d?uire leurs invendus et impose de contractualiser avec des associations d'aide alimentaire habilit? pour am?orer le don de ces invendus.) 3)la valorisation destin??'alimentation animale ; 4)l'utilisation ?es fins de compost pour l'agriculture ou la valorisation ?rg?que, notamment par m?anisation. Rapport n° 010982-01 Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 127/188
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dans la prochaine feuille de route pour l'?nomie circulaire annonc?pour mars 2018 . R?ire de moiti?'ici 2030 les pertes et gaspillages alimentaires, ainsi que les suralimentations (nombre de personnes souffrant de surpoids et d'ob?t?est aussi un objectif port?ar les acteurs de l'eau ?a COP 23150 . Si la France affiche ainsi une trajectoire conforme ?ette cible, la r?isation des objectifs est devant nous. L'indicateur choisi, actuellement en construction, devrait permettrait d'observer l'?lution de la quantit?e pertes et gaspillage. Pour mesurer et assurer la mise en oeuvre de la r?rme, le minist? en charge pourrait recenser et rendre public le nombre de conventions pass? entre les distributeurs alimentaires et les associations caritatives. Le lien avec l'ODD1 (lutte contre la pauvret? cibles 1.3 et 1.a) devrait faire l'objet d'un suivi explicite, avec la mesure de l'impact de la r?rme sur les banques alimentaires. Enfin, des donn? territorialis? sur l'implication des acteurs seraient utiles pour mesurer les progr? Cible 12.4 : « D'ici ?020, parvenir ?ne gestion ?logiquement rationnelle des produits chimiques et de tous les d?ets tout au long de leur cycle de vie, conform?nt aux principes directeurs arr?s ?'?elle internationale, et r?ire nettement leur d?rsement dans l'air, l'eau et le sol, afin de minimiser leurs effets n?tifs sur la sant?t l'environnement. »
Indicateur onusien: 1/ nombre de parties aux accords multilat?ux sur l'environnement .2/ Production par habitant de d?ets dangereux et proportion de d?ets dangereux trait?par type de traitement Indicateur Insee : 2/ production de d?ets dangereux (en millions de tonnes ) et part des modes de traitement des d?ets dangereux par type de traitement
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Le partenariat fran?s pour l'eau indique que cette r?ction par deux « permettrait de n'avoir ?ccro?e la production alimentaire mondiale que de 43 % ?'horizon 2050 au lieu des 70 % annonc?par les projections de la FAO. La mod?tion de la consommation de lait et de viande non produits ?artir de l'eau verte des p?rages ou des coproduits de l'agriculture fait partie des solutions ». Rapport n° 010982-01 Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 128/188
La France est partie ?n certain nombre de conventions et protocoles relatifs aux polluants et d?ets151, qui encadrent la gestion des produits chimiques et des d?ets au niveau international. Au plan europ?, il s'agit des r?ements REACH et CLP152. L'enjeu de la gestion des d?ets chimiques est important pour la France, en lien avec les objectifs 3 et 15. Lors du Conseil du 19 d?mbre 2016, les ministres de l'environnement de l'UE ont rappel?eur engagement ?vancer vers une bonne gestion des produits chimiques autour de 4 priorit? la s?rit?es nano-mat?aux, la diminution de l'exposition aux perturbateurs endocriniens, la prise en compte des effets combin? la mise en place d'une strat?e pour un environnement non toxique par la Commission, qui n'a pas encore donn?uite aux demandes du Conseil. La France a d?lopp?es actions nationales d?2014 avec une strat?e sur les perturbateurs endocriniens et un troisi? plan national sant?nvironnement. Au niveau national les d?ets issus des produits chimiques pouvant pr?nter un risque significatif pour la sant?t l'environnement sont ?lement soumis ?a responsabilit?largie du producteur, avec la cr?ion d'une fili? en 2012. Les metteurs sur le march?e sont organis?pour exercer leur responsabilit?u travers trois ?organismes agr?, qui sont des organisations ?ut non-lucratif, pour la gestion de la fin de vie de leurs produits chimiques153. Cependant, la r?ction trop lente de l'usage des pesticides dans l'agriculture ne place pas la France sur une trajectoire satisfaisante au regard de l'objectif de gestion ?logiquement rationnelle des produits chimiques. Cible 12.5 : « D'ici ?030, r?ire consid?blement la production de d?ets par la pr?ntion, la r?ction, le recyclage et la r?ilisation » L'indicateur onusien est le taux de recyclage national, tonnes de mat?aux recycl? L'Insee retient le taux de recyclage des d?ets municipaux. La cible n'a pas d'objectif chiffr?151
La Convention de Vienne (1985) sur la protection de la couche d'ozone et le Protocole de Montr? (1987) sur les substances appauvrissant la couche d'ozone (197 Parties (universel)). La France est le 4e contributeur au Fonds multilat?l du Protocole de Montr? (environ 24 millions d'euros pour le triennium 2015-2017). La Convention de B? (1989) sur les mouvements transfronti?s de d?ets dangereux et leur ?mination (186 Parties) La Convention de Rotterdam (1998) sur l'encadrement des mouvements transfronti?s des produits chimiques (158 Parties) La Convention de Stockholm (2001) sur les polluants organiques persistants (POP) (181 Parties) La Convention de Minamata (2013) sur le mercure 75 Parties > la convention a ? adopt?en 2013 et est entr?en vigueur le 16 ao?017.
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classification, '?quetage et emballage des substances chimiques
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EcoDDS pour les produits chimiques des cat?ries 3 ?0, Aper Pyro pour les produits pyrotechniques de plaisance et R?lum pour les extincteurs. Des engagements existent aussi pour les m?caments et les produits chimiques m?gers. Rapport n° 010982-01 Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 129/188
Tant au niveau europ?n que national, l'ambition est forte. La directive europ?ne de 2008 relative aux d?ets a clarifi?es notions de gestion des d?ets. Elle fixe un objectif de r?ploi ?0 % .Le Programme National de Pr?ntion des D?ets (2014-2020) fixe des objectifs chiffr?de r?ction des d?ets visant ??upler la production de d?ets de la croissance ?nomique, objectifs r?s?par la LTECV en 2015 pour les rendre plus ambitieux154 . Le tri ?a source des biod?ets sera obligatoire d'ici 2025. La lutte contre l'obsolescence programm?a par ailleurs ? d?nie par la loi, qui en fait un d?t. La France est le seul pays europ? ?isposer d'une telle loi. L'ADEME r?ise de nombreuses actions de sensibilisation et de communication. Par ailleurs, la LTECV et la loi pour la reconqu? de la biodiversit?'ao?016 contiennent des mesures d'interdiction des plastiques ?sage unique 155, qui r?ndent ?'ODD 14 sur les oc?s Cependant, le recyclage des d?ets reste en France un d? important, les performances sont contrast? selon les cat?ries de d?ets. 38 % des d?ets m?gers et assimil??ient orient?vers le recyclage en 2013, la progression est de 4% en moyenne par an depuis 1997, de 2 % par an depuis 2010. Compar?aux autres pays europ?s, la valorisation des d?ets municipaux est moindre en France, et il n'est pas certain que la cible soit atteinte. Nos partenaires valorisent en effet, en moyenne, 43 % de ces d?ets contre 39 % pour notre pays156.
Les Etats les plus performants sont l'Autriche, l'Allemagne, les Pays Bas ou la Belgique. Les modes de comptabilisation sont cependant h?rog?s.
Cible 12.6 « Encourager les entreprises, en particulier les grandes entreprises et les soci?s transnationales, ?dopter des pratiques viables et ?nt?er dans les rapports qu'elles ?blissent des informations sur la viabilit?L' indicateur onusien est le nombre de soci?s publiant des rapports sur la viabilit?l'OCDE ne propose pas d''indicateur, l'Insee retient la r?rtition des certificats Iso 14001 dans les entreprises fran?ses.
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Les dispositions sont les suivantes : r?ction de 10% des d?ets m?gers et assimil?entre 2010 et 2020 ; r?ction de la production de d?ets des activit??nomiques, notamment des d?ets du BTP entre 2010 et 2020 ; r?ctionire de 50% de la mise en d?arge d'ici 2025 ; extension?ndre ldes consignes de tri ?'ensemble des emballages plastiques sur l'ensemble du territoire d'ici 2022 ; r?ctionire de 50 % dles quantit?de produits manufactur?non recyclables mis sur le march?vant 2020 (base 2010). Interdiction des sacs plastiques ?sage unique en caisse au 1er juillet 2016; Interdiction des gobelets, verres et assiettes jetables en plastique en 2020 ; Interdiction des cosm?ques rinc?comportant des particules plastiques solides en 2018 Indicateurs de transition ?logique, comparaisons internationales, Datalab, Cgdd, 2017, page 18.
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Depuis 2001, la France impose aux grandes entreprises cot? en bourse la publication d'un rapport annuel dit « extra-financier » incluant des crit?s sur la gestion environnementale et sociale de l'entreprise. Ces dispositions ont ? renforc? et ?ndues aux entreprises non cot?, selon un crit? de taille en 2012. En 2014, l'UE a introduit un cadre harmonis?inimal de d?aration non financi?. R?mment, en mars 2017, la loi sur le devoir de vigilance des soci?s m?s et des entreprises donneuses d'ordre157 est venue renforcer le dispositif de RSE des entreprises transnationales. Au regard de ces avanc? de la France en mati? de RSE, l'indicateur retenu, la r?rtition des certificats ISO 14001 dans les entreprises fran?ses , traduit une approche purement environnementale de la RSE et donc tr?r?ctrice de la RSE , qui comporte au moins trois piliers et des enjeux de gouvernance, comme le montre la loi de 2017. Pour r?ndre ?a cible, il conviendrait par exemple de s'appuyer sur les rapports annuels de d?loppement durable rendus obligatoires par le dispositif fran?s de 2012 et leur ?luation, qualitative, ou sur les donn? concernant le nombre d'entreprises qui utilisent la norme ISO 26 000, norme adopt?en 2005 pour la responsabilit?oci?le des entreprises. La France est dans une trajectoire plut?atisfaisante pour cette cible, avec une l?slation pionni? et des entreprises mobilis?, comme le montrent des r?aux comme C3D158. Les ODD sont actuellement exp?ment?comme nouvelle « grille » de la RSE dans plusieurs r?aux d'entreprise. L' Indicateur retenu peut ?e consid? comme d?illant. Cible 12 .7 : « Promouvoir des pratiques durables dans le cadre de la passation des march?publics, conform?nt aux politiques et priorit?nationales « L'Onu retient pour indicateur le nombre de pays mettant en oeuvre des politiques et plan d'actions en faveur de pratiques durables de passation des march?publics. L'Insee ne propose pas d'indicateur . La cible n'est pas chiffr? Les march?publics repr?ntent environ un quart du PIB et constituent un important levier de la production et de la consommation responsables. Cette politique est ?lement port?au niveau mondial : le programme 10 YFP pr?t?ispose d'un programme d??ux achats durables. La norme ISO 20400 sur les Achats responsables a ? adopt?en 2016. La politique de prise en compte par les achats
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obligation pour les entreprises multinationales employant plus de 5 000 salari?en France ou plus de 10 000 salari?dans le monde (en incluant leurs filiales) d'identifier les risques et pr?nir les atteintes graves envers les droits humains et les libert?fondamentales, la sant?t la s?rit?es personnes ainsi que l'environnement, que cela r?lte des activit?de leurs filiales ou de celles de leurs sous-traitants ou fournisseurs, ?ravers l'?boration de plans de vigilance
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Club des directeurs du d?loppement durable
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publics durables des pr?cupations environnementales, int?ant les probl?tiques de l'?nomie circulaire, a pris son essor depuis 2008. Ainsi, le code des march?publics permet d'int?er des clauses environnementales, la directive europ?ne sur les achats publics recommande l'utilisation du crit? de « co?u cycle de vie ». Un d?et de 2016 oblige l'?at et ses ?blissements publics ?cheter des produits ?aute performance ?rg?que et ?'acheter ou de ne prendre ?ail que des b?ments ?aute performance ?rg?que. En d?t de ce contexte, les r?ltats atteints par les diff?nts dispositifs sont incertains. L'observatoire ?nomique des achats publics note bien une progression des march?publics qui comportent une clause environnementale mais le pourcentage reste faible, inf?eur ? %. L'?at devrait sans doute afficher des objectifs en termes de parts des produits achet?r?ndant ?es crit?s li??'?nomie circulaire, former les acheteurs publics et animer leurs r?aux159. Un indicateur de suivi de ce levier potentiel majeur de la CPD et de l'?nomie circulaire reste ?onstruire, pour mieux ?luer et faire progresser cette politique en faveur des march?publics durables. Cible 12.8 : « D'ici ?030, faire en sorte que toutes les personnes, partout dans le monde, aient les informations et connaissances n?ssaires au d?loppement durable et ?n style de vie en harmonie avec la nature » Indicateur onusien : degr?'int?ation de l'?cation ?a citoyennet?ondiale, de l'?cation au DD, y compris au changement climatique, dans les politiques d'?cation Indicateurs Insee : 1/ nombre de projets d'?cation au DD dans les ?les, les coll?s et les lyc? 2/ nombre d'inscrits en derni? ann?de formation initiale environnementale. Ces deux indicateurs sont ceux de l'axe 7 de la SNTEDD intitul? Eduquer, former, et sensibiliser pour la transition ?logique ». La cible vise les actions de l'?cation nationale, en formation initiale. Les r?ltats sont en progression, les chiffres disponibles n'existant cependant que pour 2015 et 2016, avec une progression de 160 % sur un an, li? un afflux de projets. Les indicateurs choisis sont pertinents mais devraient ?e compl?s pour r?ndre ?a cible qui vise toutes les personnes. Il faudrait prendre en compte la formation au d?loppement durable de la formation professionnelle et l'?cation populaire, en lien avec les ODD 1 et 8.
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Voir le rapport CGEDD, » L'?nomie circulaire, Etat des lieux et perspectives » novembre 2014, sous la coordination de B. Perret
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Cible 12.a : "Aider les pays en d?loppement ?e doter des moyens scientifiques et technologiques qui leur permettent de s'orienter vers des modes de consommation et de production plus durables » La France participe ?e nombreux programmes internationaux 10 YFP : tourisme durable, information du consommateur, b?ment durable, alimentation durable, ?cation et styles de vie, achats publics durables. Un financement est disponible pour les pays en d?loppement. La France s'appuie pour cette coop?tion sur l'Agence fran?se de d?loppement (AFD) et le Fonds fran?s pour l'environnement mondial (FFEM), qui a adopt?n 2015, dans son Cadre de programmation strat?que (CPS) 2015-2018, un objectif transversal « consommation et production durables »160. Celui-ci privil?e plusieurs axes de la CPD : la promotion de la responsabilit?oci?le des entreprises et l'encouragement de la coop?tion entre tous les acteurs de la cha? de production 161. La France lance des initiatives internationales afin de promouvoir des modes de CPD aupr?des autres pays, les encourageant ?aire ?luer leur l?slation et r?ementation dans les secteurs concern? Ainsi, la coalition internationale « Stop aux d?ets plastiques » lanc?en septembre 2016 lors de la Conf?nce Our Ocean ?ashington est une initiative internationale qui fait suite ?'interdiction en France des sacs plastiques ?sage unique en juillet 2016. La loi « 1% d?ets » autorise les collectivit?comp?ntes en mati? de collecte et de traitement des d?ets m?gers ?ffecter jusqu'?% des ressources des services correspondants ?es actions de coop?tion internationale. La part de l'APD de la France pour l'environnement est nettement sup?eure en 2013 ?a moyenne europ?ne (20 % compar??1%).
Cible 12.b : « Mettre au point et utiliser des outils de contr?de l'impact sur le d?loppement durable d'un tourisme durable cr?eur d'emplois et valorisant la culture et les produits locaux » L'indicateur onusien est le nombre de strat?es ou politiques en place dans le domaine du tourisme durable. L'Insee ne propose pas d'indicateur pour cette cible. Cette cible rejoint la cible 8.9 sur le tourisme durable, r?g??'identique :« D'ici ?030, ?borer et mettre en oeuvre des politiques visant ??lopper un tourisme
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Un certain nombre de projets peuvent se raccrocher ?ette th?tique comme le soutien de la fili? de valorisation des d?ets d'?ipement ?ctriques et ?ctroniques au Cameroun, l'am?oration des pratiques d'?vage nomade li? ?a production de cachemire durable en Mongolie ou l'am?oration de la distillerie d'Ylang-Ylang pour la production d'huiles essentielles en Guyane et au S?gal.
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20 projets majeurs sont fl??« CPD » sur le site web de l'AFD. Ils portent souvent sur l'am?oration de l'efficacit?nerg?que et des infrastructures en eau et assainissement ou encore le d?loppement de pratiques agricoles plus durables.
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durable qui cr?des emplois et mette en valeur la culture et les produits locaux. ». L'Insee retient pour cette cible le poids de la consommation touristique dans le PIB, qui vaut donc pour la cible 12.b Cet indicateur ne r?nd cependant pas ?a cible, et ne d?ine pas l`indicateur onusien. non plus
Le gouvernement a mis en place un comit?nterminist?el sur le tourisme durable. L'affichage environnemental est test?ar un certain nombre d'h?s. La France est impliqu?sur ce sujet ?ravers le programme 10 YFP. L'?label europ? est tr?pr?nt en France parmi les h?rgements touristiques. Un indicateur permettant de suivre les progr?en mati? de durabilit?u secteur du tourisme est ?onstruire, la part du secteur dans le PIB ne donnant aucune information ?et ?rd. Il devrait permettre d'int?er les questions d'h?rgement, de transport, de pr?rvation et valorisation des patrimoines culturel et naturel (ODD 11) et d'emploi d?nt. Cette cible est li?par ailleurs ?'ODD 16, le tourisme ne pouvant se d?lopper que dans un monde en paix, auquel il contribue, s'il est durable et respectueux des diff?ntes cultures et patrimoines. Cible 12.c « Rationaliser les subventions aux combustibles fossiles qui sont source de gaspillage, gr? ?'?mination des distorsions du march?eu ?rd au contexte national, y compris au moyen de la restructuration de la fiscalit?t de la suppression progressive des subventions pr?diciables qui sont en place, en mettant en ?dence leur impact sur l'environnement, en tenant pleinement compte des besoins et de la situation propres aux pays en d?loppement et en r?isant au minimum les ?ntuels effets n?tifs sur le d?loppement de ces pays tout en prot?ant les pauvres et les populations concern? » L'ONU retient pour indicateur les subventions aux combustibles fossiles, l'Insee ne retient pas d'indicateur. Si on interpr? cette cible pour la France, qui en raison de son ?rgie nucl?re a peu d'?rgie fossile, comme les d?nses fiscales d?vorables ?'environnement, le sujet est sensible pour notre pays. Selon le FMI, les subventions directes ?a production et ?a consommation (SCF) sont quasiment inexistantes dans les pays d?lopp?mais en retenant une d?nition, les pays d?lopp?sont davantage concern? et repr?ntent 40 % des subventions aux ?rgies fossiles. Des engagements ont ? pris dans le cadre du G20 ou du G7 pour r?ire ces subventions.
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L'absence de taxes sur la consommation de gaz naturel pour les particuliers en France a ? corrig?avec l'entr?en vigueur de la contribution climat-?rgie, qui a conduit ?nstituer une taxe sur le gaz naturel pour les m?ges (TICGN), et devrait monter en puissance d'ici 2022. Malgr?es avanc?, des exon?tions partielles ou totales de taxes sur les combustibles fossiles continuent ?xister dans le secteur du transport, de la p?e ou de l'agriculture. Ils repr?ntent un co?udg?ire de plus de 5 milliards d'euros et engendrent des ?ssions de CO2 de l'ordre d'1 Mt par an ainsi que d'autres probl?s de pollution. La r?rme de ces d?nses fiscales n?ssiterait cependant de concilier les objectifs environnementaux avec des objectifs ?nomiques.
Malgr?es progr?accomplis depuis 2011, les d?nses fiscales d?vorables ?'environnement sont, selon le CGDD, « presque trois fois plus co?ses pour le budget de l'?at que celles favorables ?'environnement : 7, 1 Mdeuros contre 2, 3 M en 2015162. L'?lution vers une inversion de tendance est ?cc?rer.
3/ Interactions avec d'autres ODD et leurs cibles
Comme soulign?n introduction, l'intitul?e cet ODD est plus vaste que les cibles qu'il d?ine. Le th? de l'Objectif renvoie en Europe et en France ?a transformation progressive du mod? ?nomique de production (? industrie, essor des fili?s vertes, ?nomie circulaire, du recyclage et de l'?nomie de la fonctionnalit?lutte contre l'obsolescence des produits), et du c?de la consommation, ?a transformation des modes de vie favoris?par l'?cation et la citoyennet?esponsable. Si la r?ction de l'empreinte mat?elle concerne tous les ODD « plan? »., cet objectif est ?lement indissociable des th?tiques de la croissance ?nomique partag?et durable (ODD 8), de la promotion d'une industrialisation durable (ODD 9), de l'objectif de prosp?t?our tous (ODD 11 sur les villes, ODD 7 sur l'?rgie, ODD 1 sur lutte contre la pauvret?t 10 sur la r?ction des in?lit?. L'articulation de l'ODD 12 avec l'ODD 8 devrait pouvoir conduire ?n pilotage de la croissance qui int?e dans la fonction de production la consommation de ressources naturelles et d'?rgie. Ce lien peut conduire aussi ?onjuguer les chemins d'une croissance durable pour les plus d?nis et un mod? de sobri? pour ceux dont l'empreinte ?logique est ?v? pour tenir compte des limites du d?uplage. L'?nomie circulaire appara?comme un levier pour renforcer l'?nomie coop?tive et territoriale, en lien avec l'ODD 11. C'est la collaboration entre des collectivit?locales, des entreprises, des acteurs de l'?nomie sociale et solidaire et des producteurs agricoles qui cr?les dynamiques territoriales d'?nomie circulaire.
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Fiscalit?nvironnementale, un ?t des lieux, CGDD, collection Thema, f?ier 2017, page 11
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L'?lution vers une ?nomie circulaire s'accompagne aussi de modifications dans la r?rtition du travail, comme le soulignait le CGEDD dans son rapport de 2014 163. Les effets r?s de l'?nomie circulaire sur l'emploi et sa qualit?ODD 8) gagneraient ?tre mieux connus et ?lu? Enfin, la cible consacr??a lutte contre le gaspillage alimentaire, dans le contexte d'essor de la population mondiale, sert les objectifs visant ?liminer la faim (ODD2), r?ire la pauvret?ODD1), d?lopper la bonne sant?t le bien ?e (ODD3) ainsi que la bonne gestion de la ressource en eau (ODD6). .
4/ Appr?ation de la trajectoire de la France au regard de l'Objectif et conclusions
L'analyse de la trajectoire de la France au regard de cet objectif transversal offre un bilan contrast?De nombreuses politiques publiques, que ce soit en mati? de gestion des d?ets, y compris alimentaires, ou d'?nomie circulaire vont dans le bon sens mais les r?ltats sont souvent mitig? si l'on compare la France aux pays europ?s les plus performants . Ainsi, la valorisation des d?ets municipaux est inf?eure ?a moyenne europ?ne. La France fait partie des leaders europ?s de l'?-innovation, mais moins de 7 % des march?publics comportaient une clause environnementale en 2013. La surface agricole consacr??'agriculture biologique est de 4 % alors qu'elle repr?nte 5, 9 % en Europe. La part des ?rgies renouvelables dans la consommation finale brute d'?rgie (2014) est inf?eure ?a moyenne europ?ne (14, 3 % compar??6%). La consommation de produits phytosanitaires est l?rement sup?eure ?a moyenne europ?ne. La part des recettes fiscales environnementales dans les pr?vements obligatoires et dans le PIB sont inf?eures ?a moyenne europ?ne (PO : 4,5 % compar??, 4 en moyenne dans l'UE) 164 et les d?nses fiscales d?vorables ?'environnement sont presque trois fois plus co?ses pour le budget de l'?at que celles favorables ?'environnement. Ce tableau doit conduire ?egarder les points faibles. Les 13 indicateurs retenus par l'Onu pour cet ODD ne sont d?in? ?e stade provisoire des travaux, que par 8 indicateurs au plan national, et certains sont incomplets. L'exemplarit?e l'?at passe par la commande publique. Du point de vue de l'?nomie des ressources, il conviendrait d'encourager l'achat de services plut?ue de produits, de d?lopper la m?ode de l'analyse de cycle de vie dans les ?des d'impact et l'?luation ex-post des politiques et des projets.
163
Rapport intitul? L'?nomie circulaire, ?t des lieux et perspectives », pr?t?Ces chiffres de comparaison avec la moyenne europ?ne sont issus la Synth? des comparaisons internationales des indicateurs de la Sntedd (Cgdd), 2017), ouvrage pr?t?Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 136/188
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La mise en place d'une politique industrielle et agricole plus ?nome en ressources requiert aussi des investissements en recherche et d?loppement et l'orientation de la finance vers le verdissement de l'?nomie.
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Fiche ODD 13 Prendre d'urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs r?rcussions
1. Pr?ntation g?rale : un ODD compl?ntaire de l'Accord de Paris, cibl?ur les risques, l'adaptation, et le d?loppement humain La lutte contre les changements climatiques fait d?rmais partie int?ante de l'Agenda 2030, apr?un long d?t sur la n?ssit?e retenir cet objectif, dans la mesure o?action climatique fait d? l'objet d'une convention internationale (la CCNUCC) et de conf?nces annuelles telle la COP 21, depuis 1994. La proximit?in 2015 des deux ?nements a sans doute favoris?'int?ation d'un ODD climat dans l'agenda 2030. Comme l'ODD 7, l'ODD 13 est peu d?ill?t d?lopp?et comporte un nombre limit?e cibles. Ni l'un ni l'autre ne figuraient ?'Agenda du mill?ire pour le d?loppement. N?moins, les cinq cibles de cet objectif 13, dont deux concernent l'aide au d?loppement, visent davantage la gestion des risques, l'adaptation au changement climatique, les strat?es nationales, l'?cation et la sensibilisation des populations, l'appui aux PED et en particulier l'abondement des 100 milliards de dollars promis ?'horizon 2020, que des objectifs en mati? de r?ction d'?ssions de gaz ?ffet de serre, pas m? mentionn? Il est vrai que l'adoption de l'Agenda 2030 ayant eu lieu en septembre 2015, soit deux mois avant la COP 21 dont on ignorait la conclusion ?e moment-l?il ?it difficile de pr?ger des termes d'un accord ?ntuel. Mais selon la DGEC si l'Agenda 2030 s'efforce d'int?er l'ensemble des enjeux ?logiques globaux, la CCNUCC peine pour sa part ?nt?er plus globalement la d?rche transversale des ODD. M? si la France peut s'estimer moins vuln?ble que d'autres aux impacts du r?auffement climatique, le passage de l'ouragan Irma dans les Antilles fran?ses aura montr?'il en ?it besoin la n?ssit?e renforcer les politiques de pr?ntion des risques et d'adaptation, en particulier dans les territoires littoraux, en outremer notamment.
2. Analyse par cibles
Ainsi les trois indicateurs de l'ONU pour la cible 13.1 concernent le nombre de
victimes des catastrophes naturelles, les plans de r?ction des risques conform?nt au cadre de Senda?2015-2030), et la proportion d'administrations locales ayant adopt?n plan de r?ction des risques.
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La France a retenu deux indicateurs : le nombre d'?nements naturels tr?graves, ayant entra? plus de 10 morts, ou plus de 30 millions d'euros de dommages mat?els, et la prise en compte des zones ?isque dans les documents d'urbanisme ?ravers le seul risque d'inondation (nombre de PPRi). En tendance, les chiffres indiqu?montrent clairement une augmentation de ces ?nements et du nombre de PPRi, entre 2010 et 2015. Cependant, ces donn? ne permettent pas de mesurer ?lles seules l'exposition aux risques climatiques de la France, et les moyens qu'elle utilise pour y faire face. Il est vrai que, depuis l'adoption du protocole de Kyoto en 1997, l'effort a port?urtout sur les politiques d'att?ation, consid?es comme prioritaires. La France pourrait retenir comme indicateurs compl?ntaires le nombre de PPRN, de PCAET, et de r?ons qui ont adopt?es mesures d'adaptation, dans les zones littorales en particulier. Au-del?es plans, il serait utile d'avoir un suivi r?lier de la mise en oeuvre effective des mesures pr?nis?. De fait, c'est le plus souvent l'?nement extr? et ses lourds impacts qui suscitent une am?oration et une acc?ration des mesures de pr?ntion et de protection, parfois co?ses, alors que les ma?es d'ouvrage et les d?deurs peinent encore ?nt?er dans leurs projets d'urbanisme ou d'infrastructures la vuln?bilit?u changement climatique et aux risques nouveaux qu'il comporte.
L'indicateur pour la cible 13.2 vise l'existence « d'un plan d'adaptation,
d'une contribution d?rmin?au niveau national, d'une communication nationale et d'un rapport biennal actualis?. Dans le cadre de ses obligations europ?nes, la France a ?bor?ne strat?e nationale bas carbone adopt?en 2015. La loi TECV renforce encore l'arsenal l?slatif dont dispose la France pour r?ire ses ?ssions de gaz ?ffet de serre. A travers son rapport biennal ?'UE et ?a CCNUCC, et ses indicateurs de suivi de la SNBC, la France dispose donc des outils de reporting et « transparence » n?ssaires. La 7 i? communication nationale est ?ara?e fin 2017. Le Gouvernement publiera ?lement avant la fin de l'ann?2017 un nouveau Plan national d'adaptation au changement climatique qui devra ?e mis en oeuvre pendant le quinquennat. Son objectif sera de mieux prot?r les Fran?s face aux ?nements climatiques extr?s, mais aussi de construire la r?lience des principaux secteurs de l'?nomie (agriculture, industrie, tourisme) face aux changements climatiques. Son r?m?r?nte la situation de la France quant aux impacts du changement climatique sur son territoire.
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L'adaptation ?ravers le PNACC-2 L'adaptation du territoire fran?s au changement climatique est un enjeu majeur qui doit ?e envisag?omme un compl?nt d?rmais indispensable aux actions d'att?ation d? engag?. Au niveau r?onal et local, les politiques d'adaptation sont d?in? dans les Sch?s R?onaux Climat Air et ?ergie, et dans les Plans Climat ?ergie et Territoire qui doivent ?lement poss?r un volet adaptation. En juillet 2011, un premier Plan National d'Adaptation au Changement Climatique avait ? adopt?aux ambitions relativement modestes. Ce premier plan d'adaptation ne traitait que des mesures qui relevaient du niveau national. En juin 2015, une ?luation a ? confi?au Conseil G?ral de l'Environnement et du D?loppement Durable. Le rapport remis ?adame la Ministre S?l? Royal
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en octobre 2015 contient une synth? de l'?luation et des recommandations pour un futur plan couvrant la p?ode 2017-2021. Cette ?luation sert de base ?'?boration du deuxi? plan, qui profitera ?lement des connaissances acquises en particulier gr? aux actions d'?de et de recherche, men? dans le cadre du premier plan, et du cinqui? rapport du GIEC publi?n 2013 et 2014. L'objectif g?ral du Plan national d'adaptation au changement climatique 2017-2022 (PNACC-2) sera de mettre en oeuvre les actions n?ssaires pour adapter les territoires de la France m?opolitaine et Outre-mer aux changements climatiques r?onaux, coh?nts avec l'objectif de long terme de l'Accord de Paris. En s'appuyant sur les recommandations issues de l'?luation du 1er PNACC (20112015), le PNACC-2 a ? ?bor?elon un des grands principes qui r?ssent le Plan Climat, ?avoir la mobilisation de l'intelligence collective d'une grande diversit?e parties prenantes, ce qui a permis de co-construire les actions inscrites dans ce Plan d'adaptation. La concertation a ? organis?selon 6 domaines d'action qui structurent ainsi les priorit?du PNACC-2: Gouvernance, Pr?ntion et r?lience, Fili?s ?nomiques, Connaissance et informations, Nature et milieux, International. En r?it?c'est l'ensemble des politiques publiques traditionnelles qui doit int?er les enjeux de l'adaptation en son sein. Mais c'est une th?tique encore r?nte, et les incertitudes sur les impacts pr?s et territorialis?du changement climatique sont encore trop grandes, pour que la mise en oeuvre de politiques strictement « adaptation » soit ais?nt r?isable. Celles-ci se combineront de fait avec des politiques de gestions durable de l'eau, en quantit?t en qualit?de r?ction des pollutions de toute nature, et d'urbanisme mieux ma?is?Le sch? ci-dessous montre comment s'imbriquent les politiques d'att?ation et d'adaptation ?'?elon national et territorial, o?on voit le r?structurant des futurs SRADDET, encore en gestation.
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Sch? simplifi?e l'articulation des politiques d'att?ation et d'adaptation ?lusieurs ?elles de l'international ?'intercommunal L?nde : SRADDET, Sch? r?onal d'am?gement, de d?loppement durable et d'?lit?es territoires PCAET : Plan Climat Air Energie Territorial ; SCOT : Sch? de Coh?nce Territorial ; PLUi : Plan Local Urbanisme Intercommunal
Cible 13.3 ?ucation, formation et sensibilisation du public, et
renforcement des capacit?institutionnelles Sensibilisation du public, ?t de l'opinion, participation du public et acc?aux donn? En suivant la m? tendance des sondages report?dans la 6 i? Communication nationale de la France ?a Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, les r?ltats plus r?nts confirment l'existence d'une forte relation entre la prise de conscience des Fran?s, l'actualit?et les n?ciations internationales sur le climat. Cette forte prise de conscience a ? favoris?par deux ?nements majeurs en 2015: l'organisation en France de la COP21 avec l'Accord de Paris et les d?ts sur la loi de transition ?rg?que pour la croissance verte. Ces deux ?nements ont mobilis?es m?as et l'opinion publique en France pendant plusieurs mois et expliquent les niveaux record de prise de conscience. Les campagnes d'information organis? par la France entre 2014 et 2017 sur l'importance de lutte contre le changement climatique ont ?, de mani? directe ou indirecte, motiv? par ce contexte. Ce fort niveau de sensibilisation a ? refl? dans les attentes des Fran?s vis-?is des candidats aux ?ctions pr?dentielles de 2017. Fin 2016, 73% des Fran?s souhaitaient que le candidat ? respecte les engagements pris dans le cadre de la COP21; 83 % des Fran?s souhaitaient que le nouveau gouvernement mette en oeuvre l'ensemble de la Loi de transition ?rg?que pour la croissance verte. Fin 2016, 77 % des Fran?s souhaitent que le gouvernement traite le d?loppement des ?rgies renouvelables en priorit?Pour autant, la participation du public dans l'?boration des politiques nationales d'att?ation et d'adaptation, m? si elle est affich?comme une pr?cupation majeure de la France et a progress?n'a pas toujours ? une ?dence dans un pays o??at tient une place pro?nente. Le sujet a n?moins fait l'objet d'une consultation du public et des parties prenantes men?ar le minist? en charge de l'Environnement en novembre 2015 qui a r?i plus de 200 repr?ntants de plusieurs secteurs de la soci? fran?se, afin de constituer une Charte pour la participation du public. L'action de la France dans le domaine de la participation du public et de l'acc??'information sur le changement climatique a re?une nouvelle impulsion en avril 2014 avec l'adh?on au Partenariat pour un gouvernement ouvert, qui regroupe aujourd'hui 75 pays et des centaines d'organisations de la soci? civile qui agissent ?ravers le
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monde pour la transparence de l'action publique, pour sa co-construction avec les citoyens et pour l'innovation d?cratique. En tant que membre du Partenariat pour un gouvernement ouvert, la France doit ?borer, de mani? ouverte et participative, un Plan d'action national tous les deux ans. Dans son premier Plan d'action, d?oy?ntre 2015 et 2017, la France a donn?ne place importante ?a lutte contre le changement climatique et le d?loppement durable, avec trois engagements dans ce domaine : associer la soci? civile ?a COP21 et favoriser la transparence sur l'agenda et les n?ciations, mettre ?isposition des donn? et des mod?s relatifs au climat et au d?loppement durable et engager de nouvelles collaborations avec la soci? civile afin de d?lopper des solutions innovantes pour r?ndre aux d?s du climat et du d?loppement durable.
Education-Formation L'?cation nationale et l'enseignement sup?eur fran?s constituent un levier essentiel pour mettre en oeuvre la transition ?rg?que et ?logique de l'ensemble de la soci?, dans une d?rche globale de d?loppement durable. Dans les ?blissements scolaires fran?s, l'?cation ?'environnement et au d?loppement durable (politique EEDD) est au programme depuis 2004. D?l'?le primaire, et ce depuis 2008, les programmes de science, culture humaniste et g?raphie int?ent les notions de d?loppement durable. Au coll?, les notions de climat et de l'?rgie sont int?? depuis 2009. Par ailleurs les initiatives se multiplient en termes d'?cation populaire, ?ravers le tissu associatif, et au niveau des ?blissements d'enseignement, via les rectorats, la conf?nce des pr?dents d'universit?les organismes de recherche, pour promouvoir et mettre en oeuvre concr?ment des actions de r?ction des ?ssions de GES et d'adaptation au changement climatique.
Cibles 13a et 13b : La coop?tion pour l'att?ation et l'adaptation L'indicateur 13.1.a d?gne le « montant (en US dollars) des ressources mobilis? par ann? de 2020 ?025, au titre de l'engagement de 100 milliards de dollars » de la part des pays d?lopp? L'indicateur 13.1.b vise pr?s?nt « le nombre de pays les moins avanc?et de petits ?ts insulaires en d?loppement recevant un appui sp?alis?aux fins de mise en place de moyens efficaces de planification et de gestion face aux changements climatiques, en privil?ant notamment les femmes, les jeunes, la population locale et les groupes marginalis? et importance de cet appui en termes de financement, de technologie et de renforcement de capacit?». La France pr?nte en la mati? un bilan substantiel, m? si globalement le montant de son APD a baiss?es derni?s ann?. Il devrait n?moins atteindre
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0,55% du budget national en 2022 (contre 0,36% en 2017), selon l'annonce du gouvernement actuel. De nouvelles annonces ont ? faites lors du « one climate summit » du 12 d?mbre 2017, notamment une augmentation de 300 M d'euros (sur 5 ans) du fonds de financement de l'adaptation destin?ux pays en d?loppement.
Ressources financi?s et transfert de technologie Entre 2013 et 2016, la France a augment?e 48,5% ses financements publics pour l'att?ation et l'adaptation aux changements climatiques dans les pays en d?loppement, ?ravers des sources bilat?les et multi-lat?les. En 2016, le volume total de financements fournis par la France s'?blissait ainsi ?lus 3,3 milliards d'euros (3,7 milliards USD), contre 2,2 milliards d'euros en 2013 (3 milliards USD). En outre, la France fournit une coop?tion technologique et soutient le renforcement des capacit?des pays en d?loppement ?ravers de nombreux canaux.
L'aide publique au d?loppement/la coop?tion bilat?le En 2016, les autorisations de financement « ?o-b?fice climat » du Groupe Agence fran?se de d?loppement (AFD) s'?vent ?,06 milliards d'euros de financements (soit 3,38 Mds USD), contre 2,6 milliards d'euros en 2015. Les financements du Groupe octroy?en 2016 en faveur de l'att?ation ont connu une forte hausse (+31,5% par rapport ?015) et atteignent pr?de 2,2 Mds (hors projets mixtes att?ation/adaptation). Les octrois dans le domaine de l'adaptation repr?ntent 394,5 M en 2016 et repr?ntent 13% de l'activit? climat » de l'AFD (hors projets mixtes att?ation/adaptation). Afin de s'assurer que les financements fournis r?ndent aux besoins des pays r?piendaires en mati? d'att?ation et d'adaptation aux changements climatiques, les agences locales de l'AFD identifient les projets et besoins des pays r?piendaires en lien avec les partenaires et la ma?ise d'ouvrage assur?par ces pays.
L'aide publique au d?loppement/la coop?tion multilat?le Avec une contribution de 9,5 milliards de dollars en 2016, la France est le cinqui? bailleur mondial en volume parmi les pays de l'OCDE en mati? d'aide publique au d?loppement multilat?le et se situe au troisi? rang des pays du G7 en termes de contribution rapport?au revenu national brut. La France est l'un des principaux contributeurs aux institutions financi?s et fonds multilat?ux d??au climat. Une part importante de l'action de la France est d???a participation aux banques de d?loppement et aux fonds multilat?ux de d?loppement, tels l'Association internationale de d?loppement (AID), guichet concessionnel de la Banque mondiale, le Fonds africain de d?loppement (FAD), le guichet concessionnel de la Banque africaine de d?loppement, le Fonds asiatique de d?loppement (FAsD), le
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fonds sp?al de la banque interam?caine de d?loppement et le fonds international de d?loppement agricole (FIDA). En 2016, la part « climat » des d?issements r?is?dans ces institutions est estim??03 M. Le Fonds vert pour le climat a vocation ?evenir le principal fonds multilat?l consacr?u financement de l'att?ation et l'adaptation des pays en d?loppement vers des ?nomies sobres en carbone et r?lientes. Sa capitalisation initiale est de 10,3 Mds USD. La France contribue ?auteur d'un milliard de dollars au Fonds vert pour le climat, soit la quatri? contribution en montant et la cinqui? en ?ivalent-don. La France contribue ?auteur de 57 M sp?fiquement au financement d'actions li? aux changements climatiques.
La coop?tion technologique Depuis la sixi? communication nationale, le contexte technologique a fortement ?lu?On a vu se d?lopper et se d?oyer ?rande ?elle des fili?s bascarbone, particuli?ment dans le secteur des ?rgies renouvelables et de l'efficacit?nerg?que. Les pays sont de plus en plus nombreux ?ouloir mettre en oeuvre ces technologies, au Nord comme au Sud, puisqu'on estime ?lus de 164 le nombre de pays s'?nt dot?d'un objectif de production d'?rgie renouvelable, dont la moiti?armi les pays en d?loppement. Au plan bilat?l, la coop?tion technologique passe par le biais de travaux avec l'Afrique notamment, mais ?lement de pays comme le Br?l, l'Indon?e ou la Chine, dans le domaine des ?rgies renouvelables et de l'efficacit?nerg?que. Dans cette phase de mise en oeuvre des politiques publiques, le secteur priv?t la coop?tion d?ntralis?jouent un r?particuli?ment important en tant qu'acteurs op?tionnels d?loppant sur le terrain les capacit?n?ssaires ?mplanter les projets bas-carbone et portant ces transferts de technologie. Sur le plan multilat?l, la coop?tion technologique de la France se fait au travers des grands partenariats ?rg?ques internationaux, comme l'Agence internationale de l'?rgie (AIE), et notamment au sein de la plate-forme internationale de l'AIE sur les technologies sobres en carbone ?blie en octobre 2010, la CEM (Clean Energy Ministerial) ou encore l'IPEEC (International Partnership for Energy Efficiency Cooperation). Ce bilan honorable ne dit rien cependant de l'implication des femmes, des jeunes et des populations marginalis? dans la mise en oeuvre des projets soutenus par la France. Il manque ?'?dence des indicateurs pertinents pour en rendre compte.
3. Interactions avec d'autres cibles d'autres ODD
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L'ODD 13 est logiquement connect? beaucoup d'autres. Le sch? ci-dessous pr?nte la fa? dont les objectifs du PNACC-2 s'articulent avec les cibles d'autres ODD, dans de nombreux domaines (sant?agriculture et alimentation, ville durable ...).
Carte synth?que des actions inscrites au PNACC2 avec cibles ODD correspondantes- source MTES-
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4. Appr?ation g?rale de la trajectoire de la France pour l'ODD 13
premi? vue, l'ODD 13 ne montre pas un niveau d'exigence consid?ble pour la France. La France s'est en effet dot?de strat?es et de plans tr?complets, de nature ??ire ses ?ssions de gaz ?ffet de serre, et plus r?mment, ?'adapter au changement climatique. Elle a par ailleurs renforc?ur son territoire les obligations en mati? de plans de pr?ntion des risques naturels et d'inondations. Cela suffirait donc en th?ie ?a mettre en conformit?vec les cibles de l'ODD 13. Mais plusieurs faiblesses peuvent ?e mises en ?dence : - la prise en compte tardive de l'importance de l'adaptation au changement climatique, et de la n?ssit?'y consacrer des moyens ; - l'insuffisante mobilisation de secteurs ?nomiques vuln?bles pour anticiper les cons?ences du changement climatique et s'y adapter ; - le retard pris sur les Objectifs en mati? d'?rgies renouvelables et d'efficacit?nerg?que (voir fiche ODD 7), bien identifi?ar ailleurs ; - une politique de communication et d'information de grande ampleur ?estination du grand public sur les enjeux du changement climatique et les actions conduites ou ?ener, reste ?ettre en oeuvre ; - les indicateurs concernant l'aide publique au d?loppement ne sont pas encore renseign? m? si de nombreuses donn? ?rses existent ; - la situation des territoires d'outremer, tr?vuln?bles par rapport aux impacts du r?auffement climatique, m?teraient une attention particuli? et une politique plus ambitieuse. 5. Conclusions L'ODD 7 et l'ODD 13 sont ?oitement li?et devraient ?e trait?de fa? transversale. Plus globalement, si on ne peut que se r?uir que l'enjeu climatique ait pris en France une place importante dans l'action et le d?t publics, ?'occasion de la COP 21 notamment, il pourrait ?e mieux int?? une politique de d?loppement durable coh?nte concernant tous les domaines d'activit?Par ailleurs, les cibles de l'ODD 13 portent sp?fiquement sur des secteurs, adaptation, sensibilisation et formation, renforcement de capacit? qui n'ont pas fait l'objet en France d'un investissement aussi important que ceux de la transition
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?rg?que, de l'innovation technologique ou de la finance vertes. C'est le m?te de cet ODD 13, qui peut sembler ?ort secondaire par rapport aux pr?gatives et aux actions de la CCNUCC, de mettre ces aspects importants en valeur.
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Fiche ODD 14 Conserver et exploiter de mani? durable les oc?s, les mers, et les ressources marines aux fins du d?loppement durable
1. Pr?ntation g?rale de l'ODD Ses caract?stiques essentielles Les oc?s n'avaient pas ? pris en compte dans le cadre des OMD. Les ODD affirment leur importance pour les pays les moins avanc?(PMA), ainsi que les petits ?ts insulaires en d?loppement (PEID). Contrairement aux programmes mis en place en Europe au profit de la qualit?u milieu marin, le programme ODD 2030 concerne l'ensemble des Outre-mer nationales, qui repr?ntent 97% de l'espace maritime et dont le positionnement, hormis la Guyane, est proche de celui des petits ?ts insulaires en d?loppement. L'oc?, longtemps parent pauvre des grandes conventions internationales ?aract? environnemental, a ? mis depuis 2015 ?'agenda international. En juin 2017, la premi? conf?nce mondiale sur les oc?s a abouti ?n appel « ?'action » de l'Onu, qui demande ?a communaut?nternationale de s'engager pour la pr?rvation des oc?s. Modalit?de pilotage de l'ODD 14 La d?gation ?a mer et au littoral (DML) a ? charg?de piloter l'ODD 14. Une charg?de mission de haut niveau a pris en charge ce pilotage, en s'appuyant sur « l'?ipe mer » mise en place par la DML. Cette derni? r?it les principaux services de l'?at en charge des politiques maritimes civiles, au sein du MTES, mais aussi ?'ext?eur, notamment DPMA et SGMer. Un tableau ?bli par le CGDD identifie pour chaque cible, la liste des services et des personnes r?rentes au sein de ces services : transition ?logique et solidaire ; Europe et affaires ?ang?s ; Outremer ; agriculture et alimentation ; arm? ; enseignement sup?eur et recherche. Les travaux r?nts d'?boration de la strat?e de la mer et des littoraux et tout particuli?ment la mobilisation des partenaires de l'administration servent utilement de base ?'organisation du pilotage de l'ODD 14. 2. ?aluation par cible des politiques nationales L'ODD 14 comporte sept cibles et trois dispositions sur les moyens : · · 14.1 types. D'ici ?025, pr?nir et r?ire nettement la pollution marine de tous
14.2 D'ici ?020, g?r et prot?r durablement les ?syst?s marins et c?rs.
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14.3 effets.
R?ire au maximum l'acidification des oc?s et lutter contre ses
· 14.4 D'ici ?020, r?ementer efficacement la p?e, mettre un terme ?a surp?e, ?a p?e illicite, non d?ar?et non r?ement?et aux pratiques de p?e destructrices et ex?ter des plans de gestion fond?sur des donn? scientifiques. · 14.5 D'ici ?020, pr?rver au moins 10 pour cent des zones marines et c?res. · 14.6 D'ici ?020, interdire les subventions ?a p?e qui contribuent ?a surcapacit?t ?a surp?e, supprimer celles qui favorisent la p?e illicite, non d?ar?et non r?ement?et s'abstenir d'en accorder de nouvelles. · 14.7 D'ici ?030, faire b?ficier plus largement les petits ?ats insulaires en d?loppement et les pays les moins avanc?des retomb? ?nomiques de l'exploitation durable des ressources marines. · 14.a Approfondir les connaissances scientifiques, renforcer les moyens de recherche et transf?r les techniques marines, conform?nt aux crit?s et principes directeurs de la Commission oc?ographique intergouvernementale concernant le transfert de techniques marines. · 14.b Garantir aux petits p?eurs l'acc?aux ressources marines et aux march? · 14.c Am?orer la conservation et l'utilisation durable des oc?s et de leurs ressources, en application des dispositions du droit international, ?nc? dans la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Certaines cibles se r?rent ?es conventions ant?eures, notamment la convention d'A?i. Beaucoup de politiques vis? sont mises en oeuvre via les conventions de mers r?onales. La France est concern?par les quatre conventions existantes : Ospar (Nord-Est Atlantique), Barcelone (M?terran?, Noum?(Pacifique) et Antarctique.
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Les indicateurs retenus par l'Insee et les r?ltats obtenus par la France, pour chaque cible. Chaque cible donne lieu ?a d?nition d'un indicateur international. Seuls les indicateurs relevant des cibles 14.4 et 14.5 sont class?en Tier I, toutes les autres sont en Tier III165. o Cible 14.1 : D'ici ?025, pr?nir et r?ire nettement la pollution marine de tous types, en particulier celle r?ltant des activit?terrestres, y compris les d?ets en mer et la pollution par les nutriments
Cette cible est d?in?par un indicateur ONU class?n tier 3 : Indicateur du potentiel d'eutrophisation c?re (ICEP) et densit?es d?is de plastiques flottant en surface des oc?s. Aucun indicateur national n'a pour l'instant ? identifi?Si la densit?es d?is plastiques ?a surface des oc?s ne peut relever d'une seule politique nationale, la France peut se targuer d'avoir mis en place une l?slation visant ?nterdire l'utilisation de sacs plastiques non r?ilisables (cf. rapportage au FPHN de juillet 2017).
165
Tier I : indicateur conceptuellement clair. Une m?odologie est ?blie ?'?elle internationale et des normes sont disponibles. Les donn? sont produites r?li?ment par les pays. Tier II : indicateur conceptuellement clair. Une m?odologie est ?blie ?'?elle internationale et des normes sont disponibles. Cependant les donn? ne sont pas produites r?li?ment par les pays. Tier III : aucune m?odologie ou norme internationalement ?blie n'est encore disponible pour l'indicateur, mais la m?odologie / les normes sont (ou seront) d?lopp? ou test?.
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Une disposition qu'il serait int?ssant toutefois utile d'?luer au bout de deux ann? d'application. L'ICEP est un indicateur entrant dans l'observation du bon ?t ?logique des eaux marines (BEE) par la directive-cadre strat?e du milieu marin (DCSMM). Il devrait donc pouvoir ?e fourni par Ifremer. L'indicateur 14.13 d'Eurostat relatif ?a qualit?es eaux de baignade 166 a ? identifi?ans le recensement ?bli par le CGDD. Il fait appara?e pour 2016 une qualit?atisfaisante, bonne ou excellente des eaux de baignade ?auteur de 95,3%. dans son rapport sur « l'?t sanitaire des eaux de baignade en mer et en eau douce : bilan de la saison baln?re 2014"167, il est pr?s?ue pour 2014, 97,2% des points de surveillance (soit 3 148 sur 3 344) des eaux de baignades en mer ont ? jug?conformes ?a r?ementation europ?ne, la moyenne europ?ne ?nt de 96,8%. l'?elle europ?ne, la France m?opolitaine appara?ainsi dans une situation plut?eilleure pour les eaux marines, alors qu'elle est plus d?vorable pour les eaux int?eures (cf. ODD 6). L'observatoire national de la mer et du littoral (ONML) a par ailleurs diffus?n 2014 des donn? sur les masses d'eau c?res et les masses d'eau de transition. Les masses d'eau c?res sont les eaux marines situ? entre la ligne de base (laisse de basse mer pour les secteurs peu d?up? et une distance d'un mille marin. Les masses d'eau de transition correspondent grossi?ment aux estuaires et aux lagunes de M?terran? entre eaux douces et eaux sal?. Les eaux c?res apparaissent dans un meilleur ?t chimique que les eaux de transition. Ainsi, deux tiers des 179 masses d'eau c?res ont un bon ?t ou un bon potentiel chimique (66,5%). Cela concerne seulement 41,9% des 93 masses d'eau de transition, cette part ?nt de 48,2% pour l'ensemble des masses d'eau de surface de France (rivi?s, lacs et ?ngs, littoral). Par ailleurs, plus de la moiti?es 179 masses d'eau c?res ont un bon ou un tr?bon ?t/potentiel ?logique (50,3%). Cela concerne seulement 24,7% des 93 masses d'eau de transition, cette part ?nt de 43,5% pour l'ensemble des masses d'eau de surface de France (rivi?s, lacs et ?ngs, littoral). A contrario, 11,7% des masses d'eau c?re ont un ?t/potentiel ?logique m?ocre ou mauvais. Les masses d'eau de transition sont 39,8% dans cette situation, soit plus d'une sur trois, et 3,5 fois plus que pour les masses d'eau c?res. Plus des trois quarts des masses d'eau de transition dans un mauvais ?t ?logique sont des lagunes m?terran?nes.
166
La qualit?es eaux de baignade en mer correspond aux teneurs en germes bact?ens dans l'eau et ?ntuellement les coquillages, ainsi qu'au potentiel de prolif?tion des macro-algues et du phytoplancton Donn? : Minist? charg?e la sant? WISE (AEE) - 2014 / Source : Etat sanitaire des eaux de baignade en mer et en eau douce : bilan de la saison baln?re 2014, Minist? charg?e la sant?2015 (pas de rapport trouv?our l'ann?2016)
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Seulement 7,3% des masses d'eau c?re ont un ?t/potentiel chimique m?ocre, plus d'un quart ayant une qualit?himique ind?rmin? surtout en Outre-mer. Pr?de la moiti?es masses d'eau de transition sont en mauvais ?t ou potentiel chimique, seulement 12% ayant une qualit?nd?rmin? Au regard de ces donn?, il pourrait ?e pertinent que la France ?blisse une feuille de route de la mise en oeuvre de l'ODD 14 en int?ant les plan d'actions mis en oeuvre par ailleurs et en fasse un rendu annuel au travers de l'ONML.
o
Cible 14.2 : D'ici ?020, g?r et prot?r durablement les ?syst?s marins et c?rs
L'Insee fournit des donn? rapproch? pour la cible 14.2, dont l'indicateur ONU est « Proportion de zones ?nomiques exclusives (ZEE) nationales g?es en utilisant des approches ?syst?ques ». Les donn? Insee sont pour partie identiques ?elles de l'indicateur de la cible 14.5 : « part des eaux marines fran?ses en aires marines prot?es ». Elles montrent une augmentation par 13 en 6 ans de la surface prot?e entre 2010 et 2015. Depuis d?mbre 2016, gr? ?'extension de la r?rve des Terres australes et antarctiques fran?ses, 22% des eaux fran?ses sont couvertes par au moins une aire marine prot?e. Au titre du code de l'environnement, notre pays dispose de neuf cat?ries d'aires marines prot?es (AMP)168, auxquelles il faut ajouter des AMP « internationales » telles que Pelagos, en M?terran? d??ux mammif?s marins. Le parc naturel de la mer de Corail en Nouvelle-Cal?nie (1 291 000 km²), cr?en avril 2014, repr?nte ?ui seul 11,7% de la ZEE. Le r?au des AMP m?opolitaines reste principalement concentr?ur les zones c?res (pr?minance des sites Natura 2000), seulement 0,3% de r?rves naturelles marines et peu de protection au large (uniquement avec les parcs naturels marins et le parc national des Calanques). Pour la m?opole, la couverture est de 45% en M?terran? de 30% en Manche, mer du Nord et de 12% en Atlantique169. Ce r?au compte peu de protection forte.
168
Au titre du code de l'environnement (article L334-1), la France dispose de neuf cat?ries d'aires marines prot?es, qui r?ndent chacune ?es objectifs propres tout en ?nt compl?ntaires. Il s'agit : des parcs nationaux*, des parcs naturels r?onaux*, des r?rves naturelles*, des aires de protection de biotope*, des sites Natura 2000*, des parties du domaine public maritime confi? au Conservatoire du littoral, des parcs naturels marins, des zones de conservation halieutiques (depuis le 19 avril 2017), des r?rves nationales de chasse et de faune sauvage ayant une partie maritime. Une gamme d'outils tr?large ?aquelle il faut ajouter des AMP "internationales" telles que : les r?rves de biosph?* (UNESCO), les Biens inscrits sur la liste du Patrimoine mondial* (UNESCO), les zones humides d'importance internationale* (convention RAmsar), les aires sp?alement prot?es du trait?e l'Antarctique*, les zones marines prot?es de la convention Oslo-Paris (convention OSPAR), les aires sp?alement prot?es d'importance m?terran?ne (convention de Barcelone), les aires sp?alement prot?es de la convention de Carthag? (exemple : sanctuaire Agoa), les zones marines prot?es de la convention de Nairobi. * ayant une partie marine. La moiti?e l'?ndue du r?au des AMP de m?opole est assur?par le sanctuaire Pelagos.
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En outremer, la situation est contrast? Si certaines zones maritimes sont couvertes ?lus de 99% par des AMP (Mayotte et Glorieuses, Nouvelle-Cal?nie (Mer de Corail) et Antilles (Agoa)), d'autres ont un taux de couverture inf?eur ?0%, voire m? inf?eur ?% si l'on exclut les ?s ?arses de l'oc? Indien. C'est le cas des ?s subantarctiques (1%), de la Guyane (0,6%), de Saint-Pierre et Miquelon (0,08%), de la Polyn?e fran?se (0,07%), de la R?ion (0,01%) et de Wallis et Futuna (0%). Un arr? de protection de biotope cr?t une aire marine prot?e dans les 12 milles marins autour de l'?e de Clipperton ?ependant ? publi?e 23 novembre 2016. L'Insee compl? les donn? en fournissant un autre indicateur rapproch?elatif aux espaces faisant l'objet d'engagements europ?s (Natura 2000) ou internationaux (Ramsar). Ces donn?, fournies par le MNHN en nombre d'hectares, est complexe ?nterpr?r, d?lors qu'il n'est pas indiqu?e r?ltat cible. Il ne fait pas de doute que facialement, la France remplit largement ses objectifs internationaux. Il faut cependant assurer maintenant une gestion efficace des sites. Si la moiti?es aires marines prot?es fran?ses cr?s depuis plus de trois ans disposaient d'un plan de gestion en 2016, peu d'entre elles b?ficiaient d'un dispositif complet de gestion et d'?luation170. Un rapport du CGEDD de juillet 2016 171 a not?'importants besoins de financement suppl?ntaires pour satisfaire les obligations li? ?a gestion des aires marines prot?es, parcs marins et Natura 2000 en mer. Faute de moyens humains, techniques et financiers adapt? l'importante couverture en aires marines prot?es d?d? par la France risque de ne pas produire les effets de protection escompt? Le comit?nterminist?el de la mer (Cimer) du 17 novembre 2017 a toutefois mis l'accent sur « la mise en oeuvre effective des mesures de gestion dans les aires marines prot?es existantes et leur contr?qui doivent ?e am?or?[...] avec une priorit? donner aux aires marines prot?es en outremer » et en favorisant « une logique plus pro active en faveur de la « reconqu? » de la biodiversit?t de l'am?oration de la r?lience de ces ?syst?s. ». o Cible 14.3 : R?ire au maximum l'acidification des oc?s et lutter contre ses effets
L'Insee ne propose aucun indicateur national d?inant l'indicateur ONU : « Acidit?oyenne des mers (pH) mesur??lusieurs points de pr?vement repr?ntatifs ». Si par nature cet indicateur ne peut ?e renseign?u'?es ?elles larges, il n'en est pas de m? des effets de l'acidification des eaux marines sur les coraux. La France est le seul pays au monde ?oss?r des r?fs coralliens dans les trois oc?s de la plan?. Les r?fs et leurs lagons couvrent
170
Source site web de l'AAMP : « L'Agence des aires marines prot?es et les parcs naturels marins : 10 ans d? ! » 14/04/2016. Proposition de sc?rios de financement des politiques publiques de pr?rvation des ressources en eau, de la biodiversit?t des milieux marins CGEDD juillet 2016.
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57557 km2, soit en moyenne le double de la surface des terres ?rg? qu'ils entourent. Les neuf collectivit?fran?ses d'Outre-mer abritent ainsi pr?de 10% des r?fs et 20% des atolls du monde 172. Les r?fs coralliens, herbiers et mangroves contribuent chaque ann??auteur de 1,3 milliards d'euros aux ?nomies de neuf collectivit?d'Outre-mer173. Or, il est estim?ue 10% des r?fs dans le monde sont irr?diablement condamn?et que 30% d'entre eux sont tr?fortement menac? Dans les Antilles fran?ses (Martinique, Guadeloupe, Saint-Barth?my, Saint-Martin), la situation s'est d?rior?depuis 1980 : s?mentation terrig?, pollution en nutriments, fertilisants, pesticides et eaux us? ont amen?ne d?adation des coraux au profit des algues. Par ailleurs, les cyclones de 1980 et de 1989 ont grandement atteint des coraux (d?adation par casse et s?mentation), tandis que les blanchissements de 1998 ont eu pour cons?ence une mortalit?e l'ordre de 20 ?0%, de m? que ceux de 2005. la R?ion, les r?fs coralliens subissent de tr?fortes pressions anthropiques en raison d'une urbanisation tr?forte du littoral et de nombreuses activit?agricoles intensives sur les bassins versants, auxquelles s'ajoutent des ?nements de blanchissement de plus en plus fr?ents. Ainsi, depuis une vingtaine d'ann?, le recouvrement corallien diminue-t-il tr?rapidement (il est pass?e 41 ?7% en 2003) et les esp?s les plus sensibles disparaissent au profit de communaut?plus robustes mais moins diversifi?, notamment domin? par les algues et les poissons herbivores. Mayotte, l'explosion ?nomique et d?graphique contribue directement ?'augmentation de l'?sion des sols et ?a s?mentation dans le lagon. Les r?fs frangeants sont notablement d?ad? Les ph?m?s de blanchissement au cours de la derni? d?nnie ont provoqu?es r?ctions de la couverture corallienne. Les ?es ?arses (Tromelin, Europa, Bassas da India, Les Glorieuses et Juan de Nova), sont presque toutes class? en r?rve naturelle pr?ctorales depuis 1975 et sans population r?dente importante. Elles sont relativement bien pr?rv? de la surexploitation de leurs ressources halieutiques mais subissent les cons?ences du r?auffement global, comme en 1998 (blanchissement et mortalit?orallienne). Quelques d?zages avec hydrocarbures ont pollu?es plages de quelques ?s. En Nouvelle-Cal?nie, c'est aussi la s?mentation terrig? issue des bassins miniers qui a engendr?a plus grande d?adation de certains r?fs et lagons. Cependant, compte-tenu de la grande superficie de l'?syst? et d'une pression mod?e d'exploitation des ressources, la situation reste relativement satisfaisante. Les zones les plus atteintes se situent au sud de la Grande ?, au large du centre urbain de
172
Andr?u?et al, 2008. Atlas des r?fs de https://www.coralguardian.org/recifs-coralliens-france/.
France
Outre-mer,
IRD,
cit?par
173
Cf. Ifrecor : valeur ?nomique des syst?s coralliens fran?s des Outre-mer fran?s juin 2016.
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Noum?avec les inconv?ents d'activit?r??ives importantes pour le milieu, ses biotopes et sa faune (poissons en particulier). Wallis et Futuna, le second ?syst? corallien appara?plus d?ad?ue le premier. La s?mentation et les eaux us? nontrait? ont endommag?es r?fs, de m? que des extractions de mat?aux coralliens pour les besoin du d?loppement. Par ailleurs, certaines m?odes de p?e traditionnelles sont destructives du milieu. En Polyn?e fran?se, les probl?s de d?adation li?aux activit?anthropiques se rencontrent surtout dans les ?s de la Soci?, plus particuli?ment ?ahiti, Moorea et Bora Bora. Si les impacts r?ltant des extractions de mat?aux coralliens sont presque ma?is? le d?loppement ?nomique induit la pertes de zones frangeantes, remblay?, et la d?rioration des lagons. Au cours des ann? 80, l'explosion d?graphique de l'?ile de mer ?neuse et les cyclones ont mis a mal les r?fs polyn?ens, de m? que les blanchissements de 1991 et 2002. Mais l'immensit?c?ique de la Polyn?e fran?se contient de tr?nombreux ?syst?s coralliens encore pr?rv? pr?d'un tiers des ?s basses coralliennes ?nt inhabit?L'? de Clipperton, qui dispose d'une zone ?nomique exclusive d'une superficie presque ?le ?elle de la France, est ?lement bien conserv?174
174
La pr?rvation des ?syst?s coralliens : principaux aspects scientifiques, institutionnels et socio?nomiques. MEDAD 2007.
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La France s'est donn?pour objectif d'?borer des plans d'action afin de prot?r 75% des r?fs coralliens d'ici 2021 et 55 000 hectares de mangroves d'ici 2020 dans ses d?rtements et territoires d'Outre-mer. La cr?ion du parc marin de la Mer de Corail permet ?ui seul quasiment de r?ndre ?et engagement pour ce qui concerne les r?fs coralliens. La mise sous protection juridique ne signifie cependant pas pour autant protection r?le, ceci d'autant plus que des moyens plus cons?ents consacr??a gestion des parcs marins, dont celui de la Mer de Corail, restent ?obiliser175. o Cible 14.4 : D'ici ?020, r?ementer efficacement la p?e, mettre un terme ?a surp?e, ?a p?e illicite, non d?ar?et non r?ement?et aux pratiques de p?e destructrices et ex?ter des plans de gestion fond?sur des donn? scientifiques
Dans un rapport de 2016, la FAO soulignait que la p?e illicite repr?nte quelque 26 millions de tonnes de poisson par an, soit plus de 15 pour cent de la production totale de la p?e de capture dans le monde176. Pour autant, l'indicateur li? « Proportion de stocks de poissons dont le niveau est biologiquement viable » ne prend en compte que le deuxi? aspect de la cible, estim? partir des d?arations de p?e et du r?ltat de campagnes d'observation, sans toutefois qualifier la fiabilit?e ces derni?s. L'Europe a d?lopp?ne politique volontariste en la mati? au travers de la politique commune des p?es. Cette politique semble donner des r?ltats probants. Les donn? fournies dans le document de l'Insee proviennent du Conseil International pour l'Exploration de la Mer (Ciem), dont le si? est ?openhague. Elles concernent la situation des stocks de p?e en Atlantique Nord-Est et M?terran?en 2013 et correspond assez bien ?a d?nition de l'indicateur Onu. Ces donn? de r?ltat sont essentielles. Elles montrent qu'en 10 ans, les stocks se situant en dehors des limites biologiques de s?rit?nt r?ess?'un tiers, qu'?'inverse, les stocks situ?dans les limites de s?rit?nt progress?e 240%, tandis que les stocks dont l'?t est inconnu sont rest??eu pr?stables. Pour autant, Greenpeace consid? que « l'?t des populations de poisson dans les eaux europ?nes est pire que dans l'ensemble de nos oc?s : 90% des esp?s p?? dans les eaux europ?nes sont surexploit? ou au bord de la surexploitation. La flotte industrielle europ?ne est en capacit?e p?er 2 ? fois plus que ce que les oc?s europ?s contiennent ! »177. Ces objectifs croisent tr?largement ceux de la politique europ?ne des p?es mis en oeuvre via le fonds europ? pour les affaires maritimes et la p?e (Feamp). L'analyse SWOT 178 du programme op?tionnel du Feamp 2014-2020 pour la France pr?se ainsi les
175
Cf. Audit de l'Agence des aires marines prot?es. CGEDD septembre 2016. FAO. 2016. La situation mondiale des p?es et de l'aquaculture 2016. Contribuer ?a s?rit?limentaire et ?a nutrition de tous. Rome. p. V. https://www.greenpeace.fr/politique-commune-peches/ Publi?e 6 mars 2017.
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besoins en mati? de r?ction de l'incidence de la p?e sur les milieux marins : 1. Renforcer l'implication des p?eurs et leurs partenariats avec les scientifiques pour l'acquisition de connaissances sur la ressource et sur les activit?de p?e. 2. D?lopper des ?ipements et des pratiques de p?e innovantes permettant de r?ire l'incidence de la p?e sur le milieu marin. 3. Am?orer les connaissances sur les interactions entre la p?e et le milieu marin et compl?r les mesures de gestion concernant la p?e dans les aires marines prot?es. 4. Encourager les p?eurs ?nvestir dans des ?ipements et ?dopter des pratiques de p?e permettant de r?ire l'incidence de la p?e sur le milieu marin. 5. Impliquer les professionnels de la p?e maritime dans les d?rches des ?ats membres en mati? de limitation de l'incidence de la p?e sur le milieu marin, dans le cadre de la coop?tion r?onale179 . Le tout ?nt assorti d'un syst? de lutte contre les produits de la p?e illicite, non d?ar?et non r?ement?(INN) efficace lors des contr? ?'importation par la douane180. L'activit??e ne rel? pas de la comp?nce du minist? en charge de la transition ?logique et solidaire et le CGEDD n'est donc plus l?time ?mettre des observations et des recommandations en la mati?. On peut toutefois ?ttre l'id?que des ?ments plus circonstanci?pourraient ?e ?s par la France pour mettre en valeur les actions men? en faveur de la cible 14.4, ainsi d'ailleurs que de la cible 14.6 relative aux subventions favorisant la surcapacit?la surp?e et la p?e INN. o Cible 14.a : Approfondir les connaissances scientifiques, renforcer les moyens de recherche et transf?r les techniques marines, conform?nt aux Crit?s et principes directeurs de la Commission oc?ographique intergouvernementale concernant le transfert de techniques marines
La r?lation des activit?de p?e n?ssite une bonne connaissance du milieu et de la biodiversit?arine. Ces connaissances se rapportent directement ?a mise en oeuvre de la directive cadre sur la strat?e des milieux marins, dont la responsabilit?el? pour partie du MTES. La strat?e nationale pour la mer et les littoraux (SNML) fait de la structuration de la recherche sur le milieux marins un enjeu majeur : « Le d?loppement des connaissances scientifiques n?ssite une
178
De l'anglais strengths (forces), weaknesses (faiblesses), opportunities (opportunit?, threats (menaces). PO Feamp p. 25. PO Feamp p. 38.
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programmation coordonn?des recherches et le d?loppement des capacit?n?ssaires ?a mise en oeuvre de ces programmes ». Un ?t des lieux et des enjeux de la recherche et de l'innovation en sciences marines a ? ?bli en 2012 ?'occasion du grenelle de la mer. Il conviendrait de reprendre ce travail en lien avec le minist? de l'enseignement sup?eur et de la recherche, afin d'une part d'?blir un v?table ?t des lieux global des efforts de recherche int??sur les milieux marins et de d?nir une strat?e interdisciplinaire en la mati?. 3. Identification et ?luation des interactions majeures entre cibles de l'ODD consid? et cibles des autres ODD Les interfaces entre l'ODD 14 et les autres ODD sont nombreuses. Les principales concernent les objectifs 1 (pauvret?et 2 (faim) et dans une moindre mesure 7 (?rgie), 8 (travail d?nt), 9 (infrastructures), 11 (ville durable) et 13 (climat) : 1.5 : D'ici ?030, renforcer la r?lience des pauvres et des personnes en situation vuln?ble et r?ire leur exposition et leur vuln?bilit?ux ph?m?s climatiques extr?s et ?'autres chocs et catastrophes d'ordre ?nomique, social ou environnemental 2.3 : D'ici ?030, doubler la productivit?gricole et les revenus des petits producteurs alimentaires, en particulier les femmes, les autochtones, les exploitants familiaux, les ?veurs et les p?eurs, y compris en assurant l'?lit?'acc?aux terres, aux autres ressources productives et intrants, au savoir, aux services financiers, aux march?et aux possibilit?d'ajout de valeur et d'emploi autres qu'agricoles 7.2 : D'ici ?030, accro?e nettement la part de l'?rgie renouvelable dans le bouquet ?rg?que mondial 9.1 : Mettre en place une infrastructure de qualit?fiable, durable et r?liente, y compris une infrastructure r?onale et transfronti?, pour favoriser le d?loppement ?nomique et le bien-?e de l'?e humain, en mettant l'accent sur un acc?universel, ?n co?bordable et dans des conditions d'?it?1.6 : D'ici ?030, r?ire l'impact environnemental n?tif des villes par habitant, y compris en accordant une attention particuli? ?a qualit?e l'air et ?a gestion, notamment municipale, des d?ets 11.a : Favoriser l'?blissement de liens ?nomiques, sociaux et environnementaux positifs entre zones urbaines, p?urbaines et rurales en renfor?t la planification du d?loppement ?'?elle nationale et r?onale 11.b : D'ici ?020, accro?e consid?blement le nombre de villes et d'?blissements humains qui adoptent et mettent en oeuvre des politiques et plans d'action int??en faveur de l'insertion de tous, de l'utilisation rationnelle des ressources, de l'adaptation aux effets des changements climatiques et de leur att?ation et de la r?lience face aux catastrophes, et ?borer et mettre en oeuvre, conform?nt au Cadre de Sendai pour la
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r?ction des risques de catastrophe (2015-2030), une gestion globale des risques de catastrophe ?ous les niveaux.
4. Synth? en vue de d?ger des priorit?pour l'agenda 2030 de la France Les politiques relatives au milieu marin sont relativement r?ntes, la plupart ayant ? initi? au cours des ann? 2000. Un retard important a ? pris en mati? de connaissance scientifique, y compris concernant les ressources halieutiques. Les directives communautaires, notamment celle relative ?a strat?e des milieux marins commence seulement ?tre mise en oeuvre de mani? op?tionnelle. Bien que datant de 2008, la directive n'a ? transcrite en droit fran?s qu'en 2010. Concernant les politiques du MTES, la direction des p?es maritimes et de l'aquaculture (DPMA) d?ndant d?rmais du minist? en charge de l'agriculture, et la recherche oc?ographique relevant principalement du minist? en charge de la recherche (DGRI), les cibles concern? se rapportent essentiellement aux d?rches de protection et d'?t du milieu, ces derni? ?nt mises en oeuvre pour beaucoup dans le cadre de la DCSMM. Il est difficile d'?luer si les trajectoires d'action mises en place permettront d'atteindre les r?ltats escompt? mais les ?pes franchies au niveau
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national pour la mise en place des plans d'action pour le milieu marin (PAMM) et les documents strat?ques de fa?e, vont clairement dans la bonne direction. Pour ce qui concerne les syst?s de protection juridique du milieu marin, la France est largement au-del?es engagements de 10% pris ??i et repris dans le cadre de l'ODD 14. Gr? ?eux immenses aires marines prot?es (Mer de Corail et Clipperton), elle d?sse m? l'engagement de 20% de la ZEE pris unilat?lement. Engagement juridique ne signifie cependant protection effective que d?lors que les moyens humains, techniques et financiers sont mobilis?de mani? suffisante. Certains rapports r?nts du CGEDD ont pu constater que ce n'?it pas encore le cas ces derniers mois. Il conviendra cependant de suivre la mise en place des mesures annonc? en Cimer le 17 novembre 2017.
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Fiche ODD 15 Pr?rver et restaurer les ?syst?s terrestres, en veillant ?es exploiter de fa? durable, g?r durablement les for?, lutter contre la d?rtification, enrayer et inverser le processus de d?adation des terres et mettre fin ?`appauvrissement de la biodiversit?. Contexte et pr?ntation g?rale : un ODD qui r?firme les objectifs d'Aichi pour 2020 Plusieurs ?pes internationales vont mettre la France en situation de pr?nter ses progr?en mati? de pr?rvation de sa biodiversit?La COP biennale de la Convention sur la biodiversit?era le bilan en 2020 des « objectifs d' Aichi », plan strat?que pour la diversit?iologique 2011-2020 adopt?ar les Parties ?a CDB en 2010, ?ichi. Aussi les principales cibles de l'ODD 15 sont-elles cal? sur le bilan pr? en 2020 de cette vingtaine d' engagements et la plupart des cibles de l'ODD 15 ont donc pour ??ce 2020 et non 2030. En 2021 se tiendra un point d'?pe de la directive europ?ne sur l'eau, qui relancera les d?ts sur l'?t ?logique des milieux aquatiques. 2020 est aussi la date de la r?rme de la politique agricole commune, occasion de pr?nter une PAC qui pr?rve la viabilit?cologique et ?nomique ?ong terme et accompagne les agriculteurs dans les transitions n?ssaires, au regard des imp?tifs de pr?rver les sols, l'air, les paysages, de contr? les ?ssions de gaz ?ffet de serre, de prot?r la sant?es consommateurs. La protection de la vie terrestre est aussi un enjeu climatique, la bataille du climat passe par la pr?rvation des ?syst?s. La France est un des 18 pays m?divers 181 du monde et l'un des dix pays abritant le plus grand nombre d'esp?s menac?. Sa responsabilit?ondiale est forte. Le bassin m?terran?, les Antilles, l'Amazonie, les ?s de l'oc? indien, la Nouvelle Cal?nie et les iles du Pacifique font partie des trente cinq « points chauds » de la biodiversit?lan?ire. La France est l'un des pays h?rgeant le plus d'esp?s menac? au niveau mondial, et des milliers de nouvelles esp?s sont d?uvertes chaque ann?182. Comme d'autres pays, elle n'a pas atteint l'objectif assign?ar la CDB de r?ire la perte de biodiversit?'ici 2010. La richesse et les potentialit?de sa biodiversit?utre-mer sont encore ?nventorier, prot?r, valoriser. La lutte
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Un pays est qualifi?e m?divers s' il abrite au moins 1 % (3000) des esp?s de plantes vasculaires end?ques du monde. La Nouvelle Cal?nie explique en grande partie cette classification de la France .
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Environ 10 000 par an selon l'inventaire national du patrimoine naturel (source : OCDE , Examen environnemental de la France, 2016) Rapport n° 010982-01 Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 162/188
contre la perte acc?r?de biodiversit?st un des quatre enjeux majeurs de la SNTEDD 2015-2020. Comme le souligne le SDES dans un rapport de juillet 2017, « les indicateurs d'?t de la biodiversit?ndiquent que la tendance en France comme en Europe n'est pas favorable »183. Avec 12 cibles et 14 indicateurs, l'ODD 15 est quantitativement le plus fourni des ODD « plan? ». Apr?une premi? cible de port?g?rale, les suivantes d?inent les th?tiques de la pr?rvation et de la gestion durables des for? (15.2), des terres et sols d?ad?(15.3), des sites montagneux (15.4), des esp?s menac? d'extinction (15.5), de l'acc?au partage des avantages (15.6), du braconnage et du trafic d'esp?s (15.7, 15c). Les derni?s cibles concernent la gouvernance (planification pour la protection des ?syt?s 15.9) et les moyens allou?(15.a,15 b), notamment ?'international. Les indicateurs de la SNTEDD relatifs ?a lutte contre la perte de biodiversit?t ceux de l'ODD 15 ne se recouvrent que partiellement. Cet ODD comporte des priorit?qui vont ?a fois au-del?t en de?des priorit?affich? par la France dans ce domaine.
2. Appr?ation des indicateurs et ?luation par cible de l'ODD 15
Les 14 indicateurs onusiens sont d?in?au moyen de 11 indicateurs par l'Insee, ?e stade de ses travaux184. Cible 15.1 : « D'ici ?020, garantir la pr?rvation, la restauration et l'exploitation durable des ?syst?s terrestres, des ?syst?s d'eau douce et des services connexes, en particulier des for?, des zones humides, des montagnes et des zones arides, conform?nt aux obligations d?ulant des accords internationaux ». L'ONU retient deux indicateurs pour cette cible. Le premier est la « surface des zones foresti?s, en proportion de la surface terrestre » (15.1.1) ; il est d?in?ar l'Insee avec le taux de boisement en France m?opolitaine. Le second est la proportion des sites importants pour la biodiversit?errestre et la biodiversit?es eaux douces qui se trouvent dans des aires prot?es (par type d'?syst? (15.1.2) ; il est d?in?ar l'Insee en deux indicateurs, d'une part la proportion du territoire m?opolitain couvert pour les surfaces terrestres par des protections r?ementaires, d'autre part, l'effort de conservation des secteurs de nature remarquable. Selon les donn? existantes pour l'indicateur 15.1.1, le taux de boisement s'?ve en France m?opolitaine ?0, 5 %. Ce taux est stable mais il est loin d'?e uniforme. En effet, si la superficie foresti? a beaucoup augment?epuis le d?t du 19? si?e, les cons?ences sont contrast? sur le
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Indicateurs de la transition ?logique vers un d?loppement durable, comparaisons internationales, CGDD, collection DATALAB, num? 19, mai 2017, page 10.
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Voir Insee , ao?017, Indicateurs https://www.insee.fr/fr/statistiques/2654964
pour
les
ODD ,
disponibles
?l'adresse
suivante:
Rapport n° 010982-01
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territoire, comme le montrent par exemple les nuisances caus? par les populations de grands herbivores. Selon l'observatoire national de la biodiversit?ONB), des tendances temporelles de surface pour des types forestiers plus pr?s devraient ?e produits. Selon l'ONB, « les m?odes actuelles pour analyser les transitions dans l'usage des sols ont toutes leurs limites», qu'il s'agisse des donn? Corine Land ou des donn? terrain IGN/inventaire forestier. Faire appara?e les diff?nces de boisement entre r?ons serait utile pour compl?r ces donn?, un taux de boisement sup?eur ?0,% dans toutes les r?ons ?nt consid? comme souhaitable. L'indicateur propos?ar l'insee ne couvre pas l'Outre mer. Il devra ?e compl?. Les donn? relatives au taux de boisement dans les territoires d'outre mer paraissent indispensables au suivi de cette cible pour la France. S'agissant de la proportion du territoire m?opolitain couvert pour les surfaces terrestres par des protections r?ementaires (indicateur 15.1.2), cette proportion progresse entre 2010 et 2015, passant de 1, 28 % ?, 40 %. La France dispose de nombreux instruments pour la protection des espaces naturels et remarquables. La surface des espaces sous protection r?ementaire a augment?e 45 % par rapport ?998. La France a atteint les objectifs de la CDB de prot?r au moins 17 % de sa superficie terrestre (et au moins 10 % des eaux sous sa juridiction) d'ici 2020. Quant ?'effort de conservation des secteurs de nature remarquable 185 (indicateur 15.1.2), la France est sur une bonne trajectoire avec 57% de Znieff, notamment celles de type 1, coeurs de biodiversit?b?ficiant d'un statut de protection ou de gestion favorable ?a conservation du patrimoine naturel. Les sites Natura 2000 apportent une forte contribution ?et effort. Cependant, des r?rves ?e bilan positif peuvent ?e formul? : en 2015, la proportion du territoire m?opolitain couvert par des zones prot?es de cat?rie I et II de la classification UICN, qui correspondent aux niveaux de protection les plus stricts, n'est que de 0, 7 %, contre 3 % en moyenne dans l'OCDE186. Et l'indicateur propos?ar l'Insee ?e stade n'inclut pas l'outremer. L'indicateur de la SNTEDD relatif ?'?t de conservation des habitats naturels, qui rend compte du niveau de pr?rvation des ?syst?s, pourrait ?e mobilis?our la France. Il montre en moyenne un meilleur ?t de conservation en France que dans l'UE (22, 6 % des habitats en ?t favorable en France, 16 % dans l'UE187). Des donn? sur les zones humides seraient aussi ?obiliser. Elles figurent dans la cible mais sans ?e assorties d'indicateur de suivi.
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La notion d'effort de conservation des secteurs de nature remarquable recouvre la proportion des surfaces de nature identifi?comme remarquable (ZNIEFF de type 1 et 2) qui fait l'objet d'un statut de protection, de r?ementation ou de gestion destin? favoriser sa conservation (aires prot?es, site Natura 2000, PNR, CEN). Source : Examens environnementaux de l'OCDE, France, 2016.
186
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Pour le groupe de pays consid?. Chiffres de 2012, in Indicateurs de la transition ?logique vers un d?loppement durable, comparaisons internationales, CGDD, collection DATALAB, num? 19, mai 2017 Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 164/188
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Pour les ?syst?s d'eau douce, il convient de se reporter aux d?loppements relatifs ?'ODD 6, cible 6.6.
Cible 15.2 : « D'ici ?020, promouvoir la gestion durable de tous les types de for?, mettre un terme ?a d?restation, restaurer les for? d?ad? et accro?e nettement le boisement et le reboisement au niveau mondial » Le progr?vers la gestion durable des for?, indicateur de l'Onu 15.2.1 est difficile ?enseigner, indicateur qualitatif de tier 3, qu'il faudrait construire. L'Insee n'en propose pas ?e stade188. La proportion de surfaces foresti?s certifi? « gestion durable » et son ?lution dans le temps pourrait contribuer ?enseigner cet aspect essentiel. Cible 15.3 : « D'ici ?030, lutter contre la d?rtification, restaurer les terres et les sols d?ad? notamment les terres touch? par la d?rtification, la s?eresse et les inondations, et s'efforcer de parvenir ?n monde sans d?adation des terres. » L'Onu retient un seul indicateur (15.3.1), celui de la Surface des zones d?ad?, en proportion de surface terrestre. L'Insee retient pour mesurer cette cible, trois indicateurs: 1/ les stocks de carbone organique dans la partie superficielle des sols; 2/ les surfaces concern? par les pertes en terre par ?sion hydrique des sols; 3/ la surface occup?par des sols artificialis? des terres agricoles et par des espaces naturels et forestiers. L'indicateur sur les stocks de carbone organique permet de cerner la richesse des sols, les mati?s organiques du sol assurant de nombreuses fonctions agronomiques189. Certains changements d'usage et de pratiques agricoles favorisent le stockage de carbone dans les sols. Entre 1995-1999 et 2000-2004, la teneur en carbone organique des sols a diminu?ans environ 20 % des cantons en France, sur la fa?e atlantique, le Nord et l'Est, tandis qu'elle a au contraire progress?ans 10% des cantons. A d?ut de donn? plus r?ntes, il est difficile d'appr?er la trajectoire de la France. Il s'agit de v?fier si la tendance ?a perte de teneur en carbone, en lien avec la progression de l'urbanisation et l'artificialisation des sols, poursuit sa tendance n?tive190. L'indicateur et les donn? sont lacunaires, ?ouveau elles ne couvrent pas l'outre mer, or les stocks de carbone organique peuvent s'y r?ler importants, comme l'illustre la carte ci-dessous pour la partie superficielle des sols du nord de la Martinique.
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Une version des indicateurs parue fin novembre mentionne toutefois « la biomasse au dessus du sol dans la for? en millions de tonnes m?iques et en million de tonnes par hectare.», les donn? pour la France provenant de la FAO.
189
Les stocks de carbone jouent un r?de tampon vis ?is des milieux et participent au cycle des gaz ?ffet de serre. Le carbone stock?ans le sol est depuis le protocole de Kyoto comptabilis?omme une ?ssion n?tive (puits de carbone).
190
Les stocks les plus faibles sont observ?sous culture permanente, les stocks moyens se rencontrent dans les sols des terres arables comme dans les grandes plaines de cultures intensives. Les stocks de carbone organique les plus ?v?sont observ?dans les sols de prairies, dans les for? et les milieux ??tation arbustive et/ou herbac? Les sols de montagne (Alpes, Ardennes, Jura, Massif Central, Pyr?es, Vosges) renferment les stocks de carbone les plus importants (plus de 130 t/ha), en raison des faibles temp?tures et de l'humidit?d?vorables ?'activit?es microorganismes (source : SDES). Rapport n° 010982-01 Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 165/188
Les stocks de carbone organique dans la partie superficielle des sols de Martinique
Stock5 d ~ carbono "'Y"n"1u~ de. sola (G-3Ocm), .." !CIIa ·
·
Entr<o go et t20
Entre 75 et 90 Enlre 65 et 7S Entre 55 et &S Entre
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EnlIe 30 et oIS
·
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·
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, ,
sOes, 2013
20 km
Source IRD, 2007 . Traitements
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L'?sion hydrique des sols, deuxi? indicateur propos?ar l'Insee pour cette cible 15.3, est un processus majeur de la d?adation des sols, estim?en France ?, 5 tonnes par hectare et par an en moyenne, 20 % du territoire pouvant ?e affect?par des taux tr??v? Les donn? datent de 2010. Enfin, les sols artificialis? objet du troisi? indicateur mobilis?our cette cible, s'?vent en France ?, 2% du territoire, soit une superficie sup?eure ?a moyenne europ?ne qui se situe ?, 1%. Le rythme de progression est aussi l?rement plus ?v?avec un taux de progression de 2, 7%, que la moyenne europ?ne, ?lu??, 5%. Cette progression est plus forte depuis 2006. Ces donn? issues de la source europ?ne Corine Land Cover diff?nt cependant de celles qu'utilise le minist? charg?e l'agriculture (Teruti-Lucas), qui inclut dans la d?nition d'autres sols comme les mines, les carri?s , les d?arges, les espaces verts urbains et les zones r??ives de loisirs, ce qui fait passer la proportion des sols fran?s artificialis??, 3%. En toute hypoth?, l'artificialisation des sols est consid?e comme la principale menace sur les sols en Europe. Elle fractionne les habitats et les ?syst?s, provoquant ainsi des impacts suppl?ntaires sur les syst?s naturels. La feuille de route europ?ne pour une" Europe efficace dans l'utilisation des ressources" recommande d'?ter toute augmentation nette de la surface de terres occup? La France n'est pas sur une trajectoire satisfaisante, comme la mission a d? eu l'occasion de le
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souligner dans l'analyse de l'ODD 11 relatif ?a ville durable.
Cible 15.4: « D'ici ?030, assurer la pr?rvation des ?syst?s montagneux, notamment de leur biodiversit?afin de mieux tirer parti de leurs bienfaits essentiels pour le d?loppement durable. » Si l'ONU retient deux indicateurs pour cette cible, les sites importants pour la biodiversit?es montagnes qui se trouvent sous aires prot?es (15. 4. 1) et l'indice de couvert v?tal 15. 4. 2), l'Insee ne fournit pas de donn?. Le sujet peut ?e reli? la couverture par zones prot?es de sites importants pour la biodiversit?es montagnes (parcs nationaux et r?onaux notamment). L'indice de couvert v?tal des montagnes permet d'?luer l'?lution de l'environnement en montagne et l'?t de sa conversion. La communaut?cientifique a ?bli un lien entre le couvert v?tal et l'?t de sant?es montagnes. Aucune donn?n'est cependant disponible sur la base de donn? de l'Onu ni au niveau national pour renseigner cet indice. Cible 15.5 : « Prendre d'urgence des mesures ?rgiques pour r?ire la d?adation du milieu naturel, mettre un terme ?a d?adation du milieu naturel, mettre un terme ?'appauvrissement de la biodiversit?et, d'ici 2020, prot?r les esp?s menac? et pr?nir leur extinction. » L'indicateur 15.5.1 de l'ONU renvoie ?'indice de la liste rouge des esp?s menac? de l'UICN, v?tales et animales. L'Insee retient la proportion d'esp?s ?intes ou menac?, en pourcentage du nombre total d'esp?s ?lu?. Avec 15 % des esp?s mondiales ?intes ou menac? pr?ntes en France et outre mer, la France a une forte responsabilit?Elle se situe ?n bon niveau de protection sans ?e toutefois sur une trajectoire positive car la probabilit?e survie des esp?s menac? a diminu?Selon le SDES, en 2014, « La France est l'un des 10 pays h?rgeant le plus grand nombre d'esp?s menac? au niveau mondial, notamment en raison des pressions s'exer?t sur la riche biodiversit?e ses territoires d'Outre-mer. Pour la France m?opolitaine et ultramarine, o? statut de menace sur le territoire a pu ?e ?lu?our 3 671 esp?s, 4 % sont ?intes et 27 % sont menac?, traduisant une perte ou un risque de perte de biodiversit?on n?igeable». Esp?s menac? :
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Cet indicateur sur la liste rouge est un indicateur de la SNTEDD pour la perte de biodiversit?Cette cible est ?approcher des cibles 15.7 « prendre d'urgence des mesures pour mettre un terme au braconnage et au trafic d'esp?s animales et v?tales et 15c qui traite le m? sujet sous l'angle de l'aide internationale. Pour ces deux cibles, l'Insee retient le nombre de constatations CITES et d'animaux vivants saisis, l'indicateur porte sur la France enti?. Si le nombre de constatations au titre de la Cites est en baisse de 2010 ?015 (de 649 ?27), le nombre d'animaux vivants saisis a presque doubl?ur la m? p?ode (de 713 ?392). Il convient de noter que l'ODD 15 ne couvre pas le suivi des esp?s communes, qui repr?nte une menace au moins aussi grande que celle qui p? sur les esp?s patrimoniales (menac?, rares, prot?es) et qui est tr?importante pour la compr?nsion des ?lutions en cours de la biodiversit?Ceci s'explique par le fait que l'agenda 2030, et en particulier cet ODD comme d? soulign?est corr? aux engagements pris ?ichi. Les effectifs des oiseaux communs sp?alistes des milieux agricoles sont en r?ession de fa? plus ou moins marqu?partout en Europe, ce d?in est attribu?ux pratiques intensives agricoles (suppression des haies, drainage, m?nisation, engrais et pesticides, moindre diversit?es cultures et simplification des rotations..), ph?m?s corrobor?par des s?es d'?des. Des financements de la PAC pour des pratiques agro-environnementales et
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anticipant le changement climatique seraient susceptibles d' apporter des r?nses ?es menaces sur les esp?s communes. Cible 15.8 : « D'ici ?020, prendre des mesures pour emp?er l'introduction d'esp?s exotiques envahissantes, att?er sensiblement les effets que ces esp?s ont sur les ?syst?s terrestres et aquatiques et contr? ou ?diquer les esp?s prioritaires » L'indicateur 15. 8. 1 vise la proportion de pays ayant adopt?ne l?slation nationale sur ce sujet. L'indicateur n'est donc pas d?inable en tant que tel par l'Insee. Un indicateur de suivi devrait ?e construit pour mesurer les effets des esp?s exotiques (EEE) en France, m?opole et outremer et suivre les politiques mises en oeuvre.. Les EEE menacent la biodiversit?n outre mer. La France prend des mesures pour lutter contre cette menace, avec une d?nse de 19 millions d'euros par an environ dont 68 % en outre mer (CGDD, 2015). Les dommages sanitaires corr?s sont estim??9 millions d'euros selon l'Ocde. Cible 15.9 : « D'ici ?020, int?er la protection des ?syst?s et de la biodiversit?ans la planification nationale, dans les m?nismes de d?loppement, dans les strat?es de r?ction de la pauvret?t dans la comptabilit? L'Insee ne d?ine pas l'indicateur onusien qui retient les progr?r?is?vers les objectifs nationaux ?blis conform?nt aux objectifs d'Aichi (15.9.1). La France a rationalis?a gouvernance de la biodiversit?ar la cr?ion de l'Agence fran?se pour la biodiversit?La mise en oeuvre de l'acc?au partage des avantages reste ?ccomplir. L'int?ation de la biodiversit?ans les projets d' am?gement du territoire est encore insuffisante m? si elle tend ?rogresser avec le renforcement du tryptique « ?ter, r?ire, compenser » et les dispositions en mati? de compensation ?logique introduites par la loi de 2016 sur la biodiversit?L'int?ation de la biodiversit?ans les syst?s comptables, objectif d'Aichi, renvoie ?a question du PIB et du besoin d'int?er dans les mod?s ?nomiques et le syst? comptable les indicateurs de richesse dits alternatifs ou compl?ntaires ou PIB , sujet abord?ans le pr?nt rapport. Les cibles 15 a et 15 b visent ? mobiliser des ressources financi?s de toutes provenances et les augmenter nettement pour pr?rver la biodiversit?t les ?syst?s et les exploiter durablement (15 a), et pour financer la gestion durable des for? et inciter les pays en d?loppement ?rivil?er ce type de gestion (15b). L'Insee mentionne le montant de l'APD dans le secteur de la protection de l'environnement. Ce montant a diminu?e plus de la moiti?n cinq ans, passant de 1682 ?20 millions de dollars US entre 2010 et 2015. 3. Interactions avec d'autres ODD
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Pour permettre une vision d'ensemble des enjeux de biodiversit?errestre, l'ODD 15 doit ?e reli?n particulier aux ODD relatifs ?'eau, au changement climatique, aux villes et communaut?durables, aux modes de production et de consommation durables. La premi? cible de l'ODD est transversale, elle inclut explicitement les questions relatives ?'eau, trait? par l'ODD 6. 4. Appr?ation de la trajectoire de la France et situation par rapport ?'autres pays comparables en fonction des donn? disponibles L'ODD 15 ne permet pas de dresser ?ui seul un tableau des efforts et de la trajectoire de la France en mati? de biodiversit?errestre. Les indicateurs de la SNTEDD et ceux de l'ODD 15 sur la vie terrestre ne se recouvrent que partiellement, l'?lution des populations d'oiseaux communs sp?alistes et la
consommation de produits phytosanitaires n'entrant pas dans le champ de l'ODD 15.
Les indicateurs de la SNTEDD offrent un panorama sans doute plus lisible des enjeux li??a lutte contre la perte de biodiversit?ans notre pays, qui concernent l'air, l'eau , le sol, les esp?s animales et v?tales, y compris communes. La France a une politique volontariste en mati? de biodiversit?ais les pressions que subit la biodiversit?ur ses diff?nts territoires sont fortes. Sa trajectoire est bonne en mati? d'am?oration du cadre d'action et de la gouvernance, la SNB permet de susciter l'adh?on des acteurs. La superficie des aires prot?es augmente, L' application des orientations de l'Etat dans les territoires est cependant h?rog?. La prise en compte dans les politiques et les projets d'am?gement du territoire des enjeux de biodiversit?st ?m?orer. Les agences r?onales de la biodiversit?ourraient y contribuer. Le ministre de la Transition ?logique a annonc?91 un dispositif "Territoires engag?pour la biodiversit? qui vise ?romouvoir ?'?elle du territoire des actions exemplaires en faveur de la reconqu? de la biodiversit?Il sera pr?r?n lien ?oit avec les r?ons et mobilisera les agences r?onales de la biodiversit?dont six sont en phase de pr?guration. Un budget participatif pour la biodiversit?t le climat visant ?outenir les citoyens dans "le d?loppement de projets exemplaires et qui auront vocation ?tre reproduits" devrait ?e lanc?La France s'est construit un r?de leader international en mati? de biodiversit?qu'elle r?firme avec sa candidature pour accueillir en 2020 le Congr?mondial de la nature de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). L'objectif du gouvernement est une mobilisation forte de fran?s autour de la reconqu? de la biodiversit?omme la COP21 l'a ? en mati? de changement climatique, ce qui pourrait permettre de progresser en mati? d' ?cation, de sensibilisation et de mobilisation (ODD 4 et 17). La France dispose encore d'une bonne marge de manoeuvre pour r?ire les financements dommageables ?a biodiversit?191
Allocution du ministre lors de la premi? r?ion pl?? du Comit?ational de la biodiversit?ardi 31 octobre 2017.
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En mati? de connaissance, malgr?es avanc?, des lacunes demeurent. Ainsi, les r?rentiels taxinomiques sont encore tr?partiels pour des groupes entiers d'esp? notamment en outremer. Les indicateurs synth?ques cachent de fortes disparit?et masquent parfois des pans entiers de biodiversit?La dimension g?tique de la biodiversit?qu'elle soit domestique ou sauvage, souffre d'un manque d'indicateurs. Par ailleurs, les donn? sont peu accessibles en dehors du monde la recherche.
Les enjeux demeurent donc immenses, tant en mati? de recherche et d'acc??a connaissance que d'efficacit?t d'efficience des politiques, en particulier en outremer.
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5. ?ude de l'OCDE
Mesure de la distance pour atteindre les ODD, le cas de la France, juin 2017
)) OECD
?UDE DE L'OCDE SUR LA MESURE DE LA DISTANCE POUR ATTEINDRE LES OBJECTIFS DU D?ELOPPEMENT DURABLE (ODD)
LE CAS DE LA FRANCE
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?UDE DE L'OCDE SUR LA DISTANCE PARCOURIR POUR ADEINDRE LES ODD LE CAS DE LA FRANCE
l e s Objectifs de O?" loppe me nt Durab le s (0 0 0 ) co nsti tue nt un age nd a a mbitie ux po ur la populat ion, la pla n?, la pro'p?t?t la pa ix et par le, partenariats (Ies « 5P .). Cet age nd a, qu e tous le, pays ,e ,o nt e ngag??ettre e n oe uvre se d?line e n 17 objecti f, et 169 cibies sous·jacente,. Il a po ur bilt de tra nsforme r notre monde ?'ho ri zo n 20~ O, e n ne laissant pe rsonne de rot? Co mpte te nu de la co mple xit?e cette fe uille de ro ute , chaqu e pay' devra ?abl ir de, priorit?d'action e n fo nctio n de sa situation prop re et de ses capacit?futu res. l'?de pilote de rOCOE « Me.urer 10 distonce ?arcourir pour otteindre le. cibles ooa . a ? condu ite ?a de mande de certa ins pays me mbres qui o nt co mme nc? int?re r les 0 0 0 dans le urs proce ss u, polit ique, nationaux. Ce, pays ,o uha ita ie nt dispo,e r d' un outil le ur permettant d'a ppr?e nde r la complexit?e , 0 0 0 et d' ide nti f", r les do ma ine s qui le ur de mande ront le plu s d'effort da ns la mise e n oe uvre de l'Agenda 2 0 ~ O .
partir des dem i?e s do nn? dis ponible s de rOCOE et de , Natio ns Unie s, rOC OE a do nc ?abor?n outil qui, sur la base d'un e m? ri que commune, permet de d? rm iner la pos ition actue lle de s pays vis· ?is de toute, les c ibles so us·jace nte, a ux 0 00 et d?nie co mme la distance resta nt ?a rcourir d' ici 20~ O (grap hique 1). Il convie nt de note r que les r?uM ts pr? nt? ci-dessous ,o nt , u,cepti bles d'?lue r da ns la me sure ou se ul un no mbre limit?armi les 230 ind icate urs ado pt? pa r le s Natio ns Unie, pour mesurer le s 0 0 0 ,o nt actue lle me nt di'po nible,. Da ns le ca, de la f ra nce, le, do nn? dis ponibles couvre nt 96 des 169 cible, de r Agenda 2 0 ~ O (vo ir le gra ph ique e n a nne xe ).
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Graphique 1 : Position de la France vi.-il-vi. de. dbl", sotl' -jacente. a ux ooD
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Sur la base de , indicate ur< actue lle me nt dispon ible" le , r?lta t, de l'?de de rOCDE montre nt que la f rance affiche une bonne performa nce dam de nombre ux domaine" notamment ce ux re latif, il la lutte contre pauvret? t le , in?a lit? aux pa rtenariat, pour la r?li.. tion de, 000 et de mani?e g??a le dan, ce "" recouvrant le, cible , re lative , il la · Plan? ·. lorsqu 'o n e ffectue la moye nne de , indica te urs di'pon ible , pou r le , cible , au nive au de chacun de , 17 objecti fs, on vo it que , i e lle ve ut atte ind re ce, objectifs, la France devra fournir le plu, d' effo rt, dans le , doma ine , de r?ucat ion, de r ?nomie et ,u rtout de la tran'pa re nce et de l'e fficacit?e , in,titution, (grapil ique 2, pane l de ga uche ). Le , r?ultat, ag r?? par objectif montre nt a ussi que Il France a g? rale me nt mo ins de di,tance , ou la m? di,tance, il parcourir qu e la moye nne de , pay' de l'OCDE, il r exce ption des obje ctifs 4 e t 16 re latifs il l'?cat ion et a"" in,titutions .
Graphique 2 : Po,ition de Id France vi,O'iI O'vi, de , 17 0 00 et de, . SP . e t compara i,on ave r la moyen ne de, pays de l' OCDE
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Au nive au d'ag r?ation sup?eur des . 5 P » (g raphique 2, pane l de dro ite ), on note qu e : La France pr?nte des r?lta" contrast?d ans le doma ine de la « Popula tion » pour le quel bealJCoup d'indicate urs sont actue lle ment dispon ible, (couvrant 81% des cible s) . Il reste peu de distance ?arcourir ?a France pou r atte indre l'objectif de lutte contre la palJ1l ret?and is que la situat ion est un peu moins favo rable e n mati?e d'al imen t ation et de sant?ave c une cOlJ1le rture de soin ?ndu e et une lu tte effi cace con tre I<>s malad ies transmissibles mais une consommatio n ?ev?d'akoo l et de tabac). La « Plon<'te» est le doma ine o? France affiche une e ue lle nte position, m?e , i ces r<'sultats doivent ?re inte rpr?s avec pr?u tion e n raison du faible nombre d' ind icate urs dispon ibles (colJ1l rant seuleme nt 39% des cibles). La France a une ea u de qua lit?t acce ssible, e lle a d? atte int les cibles su r le climat et le s oc?" et e lle est en bonne vo ie pou r atte indre l'objectif de consomma tion et de prodlJCtion re spon,ables e t ce lui de la biod ivers it?La France affiche une performance cOrltrast? d ans le doma ine de la «Pro<p?t ? su r la base des 56% d'ind icate urs actue lle me nt dispon ibles. Ces r?lta ts refl?nt ?a fo is de s n ive aux de cro issance et de la productivit?elativeme nt fa ible, ainsi q u'un march?u trava il trop peu inclus if et les bons r?tta ts observ? sur le front de la lutte contre les in? lit?ou de la qu a lit?es in frastructu res. La · Pu;x », avec 67% d' ind icate urs disponible s, e st le do ma ine o? f rance concentre " ,. mo in. bons r?ultat s. Il reste une grande distance ?a rcourir pou r atte indre les objectifs en mati?e de gouve rna nce e t de r?le mentation (haut niveau de corruption pe r?, faible nivea u de confiance de la population dans les institutions, pe u d'engageme nt des parties pre nantes dans la d?n it ion des politique, pub lique s et niveau de r?leme nta tion ?ev?). Enfi n, le s «Purtena,iat. » SOrlt une a utre force de la f ran ce avec une po<; ition ?ev?et sign ificativement au-<le"us de la moyenne obse rv?d an. les pays de rOCOE. Les indicate urs disponible s (couvra nt 37% des cibles) montre nt en particu lie r qu'une part importante de la popu lation fran?se a acc?aux te chnolog ies et que la France pourvoit une a ide publ iqu e au d? loppement importante et dive rsifi?, proche des obje ctifs ?tte ind re .
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ANN EXE En France, ... ulement % cibles "",s-jacentes au. 000 s ur 169 '>Ont actuellement mesurables avec le s indicateurs disponible-; dans les ba ... s de donn? de l'OCOE et de-; Nations Unie s
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6. Tableau des interactions entre ODD
(source CGDD)
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7. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ADEME AFB AFD AGNU AID AIE ALLENVI AME ANAH ANC ANR APA APD ASTEE BID BTP CAD CCNUCC CCSPL CDB CEM CEPP CESE CFE CGDD CGEDD CITES CLE CLP
Agence de l'environnement et de la ma?ise de l'?rgie Agence fran?se pour la biodiversit?gence fran?se de d?loppement Assembl?g?rale des Nations Unies Association internationale de d?loppement Agence internationale de l'?rgie Alliance nationale de recherche pour l'environnement Accords multilat?ux sur l'environnement Agence nationale de l'am?oration de l'habitat Assainissement non collectif Agence nationale de la recherche Acc?au partage des avantages Aide publique au d?loppement Association scientifique et technique pour l'eau et l'environnement Banque inter-am?caine de d?loppement B?ment et travaux publics Comit?'aide au d?loppement Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques Commissions consultatives des services publics locaux Convention sur la diversit?iologique Clean Energy Ministerial Certificats d'?nomie de produits phytopharmaceutiques Conseil ?nomique, social et environnemental Cercle fran?s de l'eau Commissariat g?ral au d?loppement durable Conseil g?ral de l'environnement et du d?loppement durable Convention on International Trade of Endangered Species Commissions locales de l'eau Classification, Labelling, Packaging
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Acronyme
Signification
CNIS CNTE COP CPD CPER CPS DCE DCSMM DGEC DGRI DPE DPMA EEDD EEE ENR ERC FAD FAO FASD FEAMP FFEM FIDA FMI FPHN GES GIEC GIS GT ICLEI IDDRI IGAS
Conseil national de l'information statistique Conseil national de la transition ?logique Conferences of the Parties Consommation et production durables Contrat de plan ?at-r?on Cadre de programmation strat?que Directive-cadre sur l'eau Directive-cadre strat?e des milieux marins Direction g?rale de l'?rgie et du climat Direction g?rale de la recherche et de l'innovation Diagnostic de performance ?rg?que Direction des p?es maritimes et de l'aquaculture ?ucation ?'environnement et au d?loppement durable Esp?s exotiques envahissantes ?ergies renouvelables ?iter r?ire compenser Fonds africain de d?loppement Food and Agriculture Organization Fonds asiatique de d?loppement Fonds europ? pour les affaires maritimes et la p?e Fonds fran?s pour l'environnement mondial Fonds international de d?loppement agricole Fonds mon?ire international Forum politique de haut niveau Gaz ?ffet de serre Groupe d'experts intergouvernemental sur l'?lution du climat Groupement d'int?t scientifique Gigatonne International Council for Local Environmental Initiatives Institut du d?loppement durable et des relations internationales Inspection g?rale des affaires sociales
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Signification
IGF INN INSEE IPEEC ISO
Inspection g?rale des finances P?e illicite, non d?ar?et non r?ement?Institut national de la statistique et des ?des ?nomiques International Partnership for Energy Efficiency Cooperation International Organization for Standardization - Organisation internationale de normalisation Jardin d'agronomie tropicale de Paris Loi sur la transition ?rg?que pour la croissance verte Minist? de la coh?on des territoires Minist? de l'Europe et des affaires ?ang?s Museum national d'histoire naturelle Million de tonnes ?ivalent p?ole Minist? de la transition ?logique et solidaire Nouvelle organisation territoriale de la R?blique Organisation de coop?tion et de d?loppement ?nomiques Objectifs de d?loppement durable Objectif du Mill?ire pour le d?loppement Organisation mondiale de la sant?ffice national de l'eau et des milieux aquatiques Organisation non gouvernementale Organisation des Nations Unies Observatoire national des zones humides Politique agricole commune Plans d'action pour le milieu marin Plan climat air ?rgie territorial Pays en d?loppement Petits ?ts insulaires en d?loppement Partenariat fran?s pour l'eau Produit int?eur brut Projet de loi de finances Plan local d'urbanisme
JATP LTECV MCT MEAE MNHN Mtep MTES NOTRE OCDE ODD OMD OMS ONEMA ONG ONU ONZH PAC PAMM PCAET PED PEID PFE PIB PLF PLU
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Signification
PLUI PMA PNACC PNR PNSE PNUD PPE PPRI PPRN PTU REACH REP RSE RT SAGE SCF SCOT SDAGE SDES SDSN SNB SNBC SNDD SNML SNTEDD SRADDET SRCAE SWOT TEPCV TEPOS TICGN
Plan local d'urbanisme intercommunal Pays les moins avanc?Plan national d'adaptation au changement climatique Programmes nationaux de r?rme Plan national sant?nvironnement Programme des Nations Unies pour le d?loppement Programmation pluriannuelle de l'?rgie Plan de pr?ntion des risques d'inondation Plan de pr?ntion des risques naturels P?m?es de transports urbains Registration, Evaluation, Autorisation of Chemical products Responsabilit?largie des entreprises Responsabilit?oci?le des entreprises R?ementation technique Sch? d'am?gement et de gestion des eaux Subventions aux combustibles fossiles Sch? de coh?nce territoriale Sch? directeur d'am?gement et de gestion des eaux Service de la donn?et des ?des statistiques Sustainable Development Solutions Network Strat?e nationale de la biodiversit?trat?e nationale bas carbone Strat?e nationale de d?loppement durable Strat?e nationale mer et littoral Strat?e nationale de transition ?logique vers un d?loppement durable Sch? r?onal d'am?gement, de d?loppement durable et d'?lit?u territoire Sch?s r?onaux climat air ?rgie Strengths (forces), Weaknesses (faiblesses), Opportunites (opportunit?, Threats (menaces) Territoire ?nergie positive pour la croissance verte Territoire ?nergie positive Taxe int?eure de consommation sur le gaz naturel
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Acronyme
Signification
UE UICN UNSD USD ZEE 10YFP
Union europ?ne Union internationale pour la conservation de la nature United Nations Statistics Division United States Dollar Zone ?nomique exclusive 10 Year Framework of Programmes on Sustainable Consumption and Production Patterns
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http://www.developpement-durable.gouv.fr/
lions de tonnes de poisson par an, soit plus de 15 pour cent de la production totale de la p?e de capture dans le monde176. Pour autant, l'indicateur li? « Proportion de stocks de poissons dont le niveau est biologiquement viable » ne prend en compte que le deuxi? aspect de la cible, estim? partir des d?arations de p?e et du r?ltat de campagnes d'observation, sans toutefois qualifier la fiabilit?e ces derni?s. L'Europe a d?lopp?ne politique volontariste en la mati? au travers de la politique commune des p?es. Cette politique semble donner des r?ltats probants. Les donn? fournies dans le document de l'Insee proviennent du Conseil International pour l'Exploration de la Mer (Ciem), dont le si? est ?openhague. Elles concernent la situation des stocks de p?e en Atlantique Nord-Est et M?terran?en 2013 et correspond assez bien ?a d?nition de l'indicateur Onu. Ces donn? de r?ltat sont essentielles. Elles montrent qu'en 10 ans, les stocks se situant en dehors des limites biologiques de s?rit?nt r?ess?'un tiers, qu'?'inverse, les stocks situ?dans les limites de s?rit?nt progress?e 240%, tandis que les stocks dont l'?t est inconnu sont rest??eu pr?stables. Pour autant, Greenpeace consid? que « l'?t des populations de poisson dans les eaux europ?nes est pire que dans l'ensemble de nos oc?s : 90% des esp?s p?? dans les eaux europ?nes sont surexploit? ou au bord de la surexploitation. La flotte industrielle europ?ne est en capacit?e p?er 2 ? fois plus que ce que les oc?s europ?s contiennent ! »177. Ces objectifs croisent tr?largement ceux de la politique europ?ne des p?es mis en oeuvre via le fonds europ? pour les affaires maritimes et la p?e (Feamp). L'analyse SWOT 178 du programme op?tionnel du Feamp 2014-2020 pour la France pr?se ainsi les
175
Cf. Audit de l'Agence des aires marines prot?es. CGEDD septembre 2016. FAO. 2016. La situation mondiale des p?es et de l'aquaculture 2016. Contribuer ?a s?rit?limentaire et ?a nutrition de tous. Rome. p. V. https://www.greenpeace.fr/politique-commune-peches/ Publi?e 6 mars 2017.
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besoins en mati? de r?ction de l'incidence de la p?e sur les milieux marins : 1. Renforcer l'implication des p?eurs et leurs partenariats avec les scientifiques pour l'acquisition de connaissances sur la ressource et sur les activit?de p?e. 2. D?lopper des ?ipements et des pratiques de p?e innovantes permettant de r?ire l'incidence de la p?e sur le milieu marin. 3. Am?orer les connaissances sur les interactions entre la p?e et le milieu marin et compl?r les mesures de gestion concernant la p?e dans les aires marines prot?es. 4. Encourager les p?eurs ?nvestir dans des ?ipements et ?dopter des pratiques de p?e permettant de r?ire l'incidence de la p?e sur le milieu marin. 5. Impliquer les professionnels de la p?e maritime dans les d?rches des ?ats membres en mati? de limitation de l'incidence de la p?e sur le milieu marin, dans le cadre de la coop?tion r?onale179 . Le tout ?nt assorti d'un syst? de lutte contre les produits de la p?e illicite, non d?ar?et non r?ement?(INN) efficace lors des contr? ?'importation par la douane180. L'activit??e ne rel? pas de la comp?nce du minist? en charge de la transition ?logique et solidaire et le CGEDD n'est donc plus l?time ?mettre des observations et des recommandations en la mati?. On peut toutefois ?ttre l'id?que des ?ments plus circonstanci?pourraient ?e ?s par la France pour mettre en valeur les actions men? en faveur de la cible 14.4, ainsi d'ailleurs que de la cible 14.6 relative aux subventions favorisant la surcapacit?la surp?e et la p?e INN. o Cible 14.a : Approfondir les connaissances scientifiques, renforcer les moyens de recherche et transf?r les techniques marines, conform?nt aux Crit?s et principes directeurs de la Commission oc?ographique intergouvernementale concernant le transfert de techniques marines
La r?lation des activit?de p?e n?ssite une bonne connaissance du milieu et de la biodiversit?arine. Ces connaissances se rapportent directement ?a mise en oeuvre de la directive cadre sur la strat?e des milieux marins, dont la responsabilit?el? pour partie du MTES. La strat?e nationale pour la mer et les littoraux (SNML) fait de la structuration de la recherche sur le milieux marins un enjeu majeur : « Le d?loppement des connaissances scientifiques n?ssite une
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De l'anglais strengths (forces), weaknesses (faiblesses), opportunities (opportunit?, threats (menaces). PO Feamp p. 25. PO Feamp p. 38.
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programmation coordonn?des recherches et le d?loppement des capacit?n?ssaires ?a mise en oeuvre de ces programmes ». Un ?t des lieux et des enjeux de la recherche et de l'innovation en sciences marines a ? ?bli en 2012 ?'occasion du grenelle de la mer. Il conviendrait de reprendre ce travail en lien avec le minist? de l'enseignement sup?eur et de la recherche, afin d'une part d'?blir un v?table ?t des lieux global des efforts de recherche int??sur les milieux marins et de d?nir une strat?e interdisciplinaire en la mati?. 3. Identification et ?luation des interactions majeures entre cibles de l'ODD consid? et cibles des autres ODD Les interfaces entre l'ODD 14 et les autres ODD sont nombreuses. Les principales concernent les objectifs 1 (pauvret?et 2 (faim) et dans une moindre mesure 7 (?rgie), 8 (travail d?nt), 9 (infrastructures), 11 (ville durable) et 13 (climat) : 1.5 : D'ici ?030, renforcer la r?lience des pauvres et des personnes en situation vuln?ble et r?ire leur exposition et leur vuln?bilit?ux ph?m?s climatiques extr?s et ?'autres chocs et catastrophes d'ordre ?nomique, social ou environnemental 2.3 : D'ici ?030, doubler la productivit?gricole et les revenus des petits producteurs alimentaires, en particulier les femmes, les autochtones, les exploitants familiaux, les ?veurs et les p?eurs, y compris en assurant l'?lit?'acc?aux terres, aux autres ressources productives et intrants, au savoir, aux services financiers, aux march?et aux possibilit?d'ajout de valeur et d'emploi autres qu'agricoles 7.2 : D'ici ?030, accro?e nettement la part de l'?rgie renouvelable dans le bouquet ?rg?que mondial 9.1 : Mettre en place une infrastructure de qualit?fiable, durable et r?liente, y compris une infrastructure r?onale et transfronti?, pour favoriser le d?loppement ?nomique et le bien-?e de l'?e humain, en mettant l'accent sur un acc?universel, ?n co?bordable et dans des conditions d'?it?1.6 : D'ici ?030, r?ire l'impact environnemental n?tif des villes par habitant, y compris en accordant une attention particuli? ?a qualit?e l'air et ?a gestion, notamment municipale, des d?ets 11.a : Favoriser l'?blissement de liens ?nomiques, sociaux et environnementaux positifs entre zones urbaines, p?urbaines et rurales en renfor?t la planification du d?loppement ?'?elle nationale et r?onale 11.b : D'ici ?020, accro?e consid?blement le nombre de villes et d'?blissements humains qui adoptent et mettent en oeuvre des politiques et plans d'action int??en faveur de l'insertion de tous, de l'utilisation rationnelle des ressources, de l'adaptation aux effets des changements climatiques et de leur att?ation et de la r?lience face aux catastrophes, et ?borer et mettre en oeuvre, conform?nt au Cadre de Sendai pour la
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r?ction des risques de catastrophe (2015-2030), une gestion globale des risques de catastrophe ?ous les niveaux.
4. Synth? en vue de d?ger des priorit?pour l'agenda 2030 de la France Les politiques relatives au milieu marin sont relativement r?ntes, la plupart ayant ? initi? au cours des ann? 2000. Un retard important a ? pris en mati? de connaissance scientifique, y compris concernant les ressources halieutiques. Les directives communautaires, notamment celle relative ?a strat?e des milieux marins commence seulement ?tre mise en oeuvre de mani? op?tionnelle. Bien que datant de 2008, la directive n'a ? transcrite en droit fran?s qu'en 2010. Concernant les politiques du MTES, la direction des p?es maritimes et de l'aquaculture (DPMA) d?ndant d?rmais du minist? en charge de l'agriculture, et la recherche oc?ographique relevant principalement du minist? en charge de la recherche (DGRI), les cibles concern? se rapportent essentiellement aux d?rches de protection et d'?t du milieu, ces derni? ?nt mises en oeuvre pour beaucoup dans le cadre de la DCSMM. Il est difficile d'?luer si les trajectoires d'action mises en place permettront d'atteindre les r?ltats escompt? mais les ?pes franchies au niveau
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national pour la mise en place des plans d'action pour le milieu marin (PAMM) et les documents strat?ques de fa?e, vont clairement dans la bonne direction. Pour ce qui concerne les syst?s de protection juridique du milieu marin, la France est largement au-del?es engagements de 10% pris ??i et repris dans le cadre de l'ODD 14. Gr? ?eux immenses aires marines prot?es (Mer de Corail et Clipperton), elle d?sse m? l'engagement de 20% de la ZEE pris unilat?lement. Engagement juridique ne signifie cependant protection effective que d?lors que les moyens humains, techniques et financiers sont mobilis?de mani? suffisante. Certains rapports r?nts du CGEDD ont pu constater que ce n'?it pas encore le cas ces derniers mois. Il conviendra cependant de suivre la mise en place des mesures annonc? en Cimer le 17 novembre 2017.
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Fiche ODD 15 Pr?rver et restaurer les ?syst?s terrestres, en veillant ?es exploiter de fa? durable, g?r durablement les for?, lutter contre la d?rtification, enrayer et inverser le processus de d?adation des terres et mettre fin ?`appauvrissement de la biodiversit?. Contexte et pr?ntation g?rale : un ODD qui r?firme les objectifs d'Aichi pour 2020 Plusieurs ?pes internationales vont mettre la France en situation de pr?nter ses progr?en mati? de pr?rvation de sa biodiversit?La COP biennale de la Convention sur la biodiversit?era le bilan en 2020 des « objectifs d' Aichi », plan strat?que pour la diversit?iologique 2011-2020 adopt?ar les Parties ?a CDB en 2010, ?ichi. Aussi les principales cibles de l'ODD 15 sont-elles cal? sur le bilan pr? en 2020 de cette vingtaine d' engagements et la plupart des cibles de l'ODD 15 ont donc pour ??ce 2020 et non 2030. En 2021 se tiendra un point d'?pe de la directive europ?ne sur l'eau, qui relancera les d?ts sur l'?t ?logique des milieux aquatiques. 2020 est aussi la date de la r?rme de la politique agricole commune, occasion de pr?nter une PAC qui pr?rve la viabilit?cologique et ?nomique ?ong terme et accompagne les agriculteurs dans les transitions n?ssaires, au regard des imp?tifs de pr?rver les sols, l'air, les paysages, de contr? les ?ssions de gaz ?ffet de serre, de prot?r la sant?es consommateurs. La protection de la vie terrestre est aussi un enjeu climatique, la bataille du climat passe par la pr?rvation des ?syst?s. La France est un des 18 pays m?divers 181 du monde et l'un des dix pays abritant le plus grand nombre d'esp?s menac?. Sa responsabilit?ondiale est forte. Le bassin m?terran?, les Antilles, l'Amazonie, les ?s de l'oc? indien, la Nouvelle Cal?nie et les iles du Pacifique font partie des trente cinq « points chauds » de la biodiversit?lan?ire. La France est l'un des pays h?rgeant le plus d'esp?s menac? au niveau mondial, et des milliers de nouvelles esp?s sont d?uvertes chaque ann?182. Comme d'autres pays, elle n'a pas atteint l'objectif assign?ar la CDB de r?ire la perte de biodiversit?'ici 2010. La richesse et les potentialit?de sa biodiversit?utre-mer sont encore ?nventorier, prot?r, valoriser. La lutte
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Un pays est qualifi?e m?divers s' il abrite au moins 1 % (3000) des esp?s de plantes vasculaires end?ques du monde. La Nouvelle Cal?nie explique en grande partie cette classification de la France .
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Environ 10 000 par an selon l'inventaire national du patrimoine naturel (source : OCDE , Examen environnemental de la France, 2016) Rapport n° 010982-01 Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 162/188
contre la perte acc?r?de biodiversit?st un des quatre enjeux majeurs de la SNTEDD 2015-2020. Comme le souligne le SDES dans un rapport de juillet 2017, « les indicateurs d'?t de la biodiversit?ndiquent que la tendance en France comme en Europe n'est pas favorable »183. Avec 12 cibles et 14 indicateurs, l'ODD 15 est quantitativement le plus fourni des ODD « plan? ». Apr?une premi? cible de port?g?rale, les suivantes d?inent les th?tiques de la pr?rvation et de la gestion durables des for? (15.2), des terres et sols d?ad?(15.3), des sites montagneux (15.4), des esp?s menac? d'extinction (15.5), de l'acc?au partage des avantages (15.6), du braconnage et du trafic d'esp?s (15.7, 15c). Les derni?s cibles concernent la gouvernance (planification pour la protection des ?syt?s 15.9) et les moyens allou?(15.a,15 b), notamment ?'international. Les indicateurs de la SNTEDD relatifs ?a lutte contre la perte de biodiversit?t ceux de l'ODD 15 ne se recouvrent que partiellement. Cet ODD comporte des priorit?qui vont ?a fois au-del?t en de?des priorit?affich? par la France dans ce domaine.
2. Appr?ation des indicateurs et ?luation par cible de l'ODD 15
Les 14 indicateurs onusiens sont d?in?au moyen de 11 indicateurs par l'Insee, ?e stade de ses travaux184. Cible 15.1 : « D'ici ?020, garantir la pr?rvation, la restauration et l'exploitation durable des ?syst?s terrestres, des ?syst?s d'eau douce et des services connexes, en particulier des for?, des zones humides, des montagnes et des zones arides, conform?nt aux obligations d?ulant des accords internationaux ». L'ONU retient deux indicateurs pour cette cible. Le premier est la « surface des zones foresti?s, en proportion de la surface terrestre » (15.1.1) ; il est d?in?ar l'Insee avec le taux de boisement en France m?opolitaine. Le second est la proportion des sites importants pour la biodiversit?errestre et la biodiversit?es eaux douces qui se trouvent dans des aires prot?es (par type d'?syst? (15.1.2) ; il est d?in?ar l'Insee en deux indicateurs, d'une part la proportion du territoire m?opolitain couvert pour les surfaces terrestres par des protections r?ementaires, d'autre part, l'effort de conservation des secteurs de nature remarquable. Selon les donn? existantes pour l'indicateur 15.1.1, le taux de boisement s'?ve en France m?opolitaine ?0, 5 %. Ce taux est stable mais il est loin d'?e uniforme. En effet, si la superficie foresti? a beaucoup augment?epuis le d?t du 19? si?e, les cons?ences sont contrast? sur le
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Indicateurs de la transition ?logique vers un d?loppement durable, comparaisons internationales, CGDD, collection DATALAB, num? 19, mai 2017, page 10.
184
Voir Insee , ao?017, Indicateurs https://www.insee.fr/fr/statistiques/2654964
pour
les
ODD ,
disponibles
?l'adresse
suivante:
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territoire, comme le montrent par exemple les nuisances caus? par les populations de grands herbivores. Selon l'observatoire national de la biodiversit?ONB), des tendances temporelles de surface pour des types forestiers plus pr?s devraient ?e produits. Selon l'ONB, « les m?odes actuelles pour analyser les transitions dans l'usage des sols ont toutes leurs limites», qu'il s'agisse des donn? Corine Land ou des donn? terrain IGN/inventaire forestier. Faire appara?e les diff?nces de boisement entre r?ons serait utile pour compl?r ces donn?, un taux de boisement sup?eur ?0,% dans toutes les r?ons ?nt consid? comme souhaitable. L'indicateur propos?ar l'insee ne couvre pas l'Outre mer. Il devra ?e compl?. Les donn? relatives au taux de boisement dans les territoires d'outre mer paraissent indispensables au suivi de cette cible pour la France. S'agissant de la proportion du territoire m?opolitain couvert pour les surfaces terrestres par des protections r?ementaires (indicateur 15.1.2), cette proportion progresse entre 2010 et 2015, passant de 1, 28 % ?, 40 %. La France dispose de nombreux instruments pour la protection des espaces naturels et remarquables. La surface des espaces sous protection r?ementaire a augment?e 45 % par rapport ?998. La France a atteint les objectifs de la CDB de prot?r au moins 17 % de sa superficie terrestre (et au moins 10 % des eaux sous sa juridiction) d'ici 2020. Quant ?'effort de conservation des secteurs de nature remarquable 185 (indicateur 15.1.2), la France est sur une bonne trajectoire avec 57% de Znieff, notamment celles de type 1, coeurs de biodiversit?b?ficiant d'un statut de protection ou de gestion favorable ?a conservation du patrimoine naturel. Les sites Natura 2000 apportent une forte contribution ?et effort. Cependant, des r?rves ?e bilan positif peuvent ?e formul? : en 2015, la proportion du territoire m?opolitain couvert par des zones prot?es de cat?rie I et II de la classification UICN, qui correspondent aux niveaux de protection les plus stricts, n'est que de 0, 7 %, contre 3 % en moyenne dans l'OCDE186. Et l'indicateur propos?ar l'Insee ?e stade n'inclut pas l'outremer. L'indicateur de la SNTEDD relatif ?'?t de conservation des habitats naturels, qui rend compte du niveau de pr?rvation des ?syst?s, pourrait ?e mobilis?our la France. Il montre en moyenne un meilleur ?t de conservation en France que dans l'UE (22, 6 % des habitats en ?t favorable en France, 16 % dans l'UE187). Des donn? sur les zones humides seraient aussi ?obiliser. Elles figurent dans la cible mais sans ?e assorties d'indicateur de suivi.
185
La notion d'effort de conservation des secteurs de nature remarquable recouvre la proportion des surfaces de nature identifi?comme remarquable (ZNIEFF de type 1 et 2) qui fait l'objet d'un statut de protection, de r?ementation ou de gestion destin? favoriser sa conservation (aires prot?es, site Natura 2000, PNR, CEN). Source : Examens environnementaux de l'OCDE, France, 2016.
186
187
Pour le groupe de pays consid?. Chiffres de 2012, in Indicateurs de la transition ?logique vers un d?loppement durable, comparaisons internationales, CGDD, collection DATALAB, num? 19, mai 2017 Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 164/188
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Pour les ?syst?s d'eau douce, il convient de se reporter aux d?loppements relatifs ?'ODD 6, cible 6.6.
Cible 15.2 : « D'ici ?020, promouvoir la gestion durable de tous les types de for?, mettre un terme ?a d?restation, restaurer les for? d?ad? et accro?e nettement le boisement et le reboisement au niveau mondial » Le progr?vers la gestion durable des for?, indicateur de l'Onu 15.2.1 est difficile ?enseigner, indicateur qualitatif de tier 3, qu'il faudrait construire. L'Insee n'en propose pas ?e stade188. La proportion de surfaces foresti?s certifi? « gestion durable » et son ?lution dans le temps pourrait contribuer ?enseigner cet aspect essentiel. Cible 15.3 : « D'ici ?030, lutter contre la d?rtification, restaurer les terres et les sols d?ad? notamment les terres touch? par la d?rtification, la s?eresse et les inondations, et s'efforcer de parvenir ?n monde sans d?adation des terres. » L'Onu retient un seul indicateur (15.3.1), celui de la Surface des zones d?ad?, en proportion de surface terrestre. L'Insee retient pour mesurer cette cible, trois indicateurs: 1/ les stocks de carbone organique dans la partie superficielle des sols; 2/ les surfaces concern? par les pertes en terre par ?sion hydrique des sols; 3/ la surface occup?par des sols artificialis? des terres agricoles et par des espaces naturels et forestiers. L'indicateur sur les stocks de carbone organique permet de cerner la richesse des sols, les mati?s organiques du sol assurant de nombreuses fonctions agronomiques189. Certains changements d'usage et de pratiques agricoles favorisent le stockage de carbone dans les sols. Entre 1995-1999 et 2000-2004, la teneur en carbone organique des sols a diminu?ans environ 20 % des cantons en France, sur la fa?e atlantique, le Nord et l'Est, tandis qu'elle a au contraire progress?ans 10% des cantons. A d?ut de donn? plus r?ntes, il est difficile d'appr?er la trajectoire de la France. Il s'agit de v?fier si la tendance ?a perte de teneur en carbone, en lien avec la progression de l'urbanisation et l'artificialisation des sols, poursuit sa tendance n?tive190. L'indicateur et les donn? sont lacunaires, ?ouveau elles ne couvrent pas l'outre mer, or les stocks de carbone organique peuvent s'y r?ler importants, comme l'illustre la carte ci-dessous pour la partie superficielle des sols du nord de la Martinique.
188
Une version des indicateurs parue fin novembre mentionne toutefois « la biomasse au dessus du sol dans la for? en millions de tonnes m?iques et en million de tonnes par hectare.», les donn? pour la France provenant de la FAO.
189
Les stocks de carbone jouent un r?de tampon vis ?is des milieux et participent au cycle des gaz ?ffet de serre. Le carbone stock?ans le sol est depuis le protocole de Kyoto comptabilis?omme une ?ssion n?tive (puits de carbone).
190
Les stocks les plus faibles sont observ?sous culture permanente, les stocks moyens se rencontrent dans les sols des terres arables comme dans les grandes plaines de cultures intensives. Les stocks de carbone organique les plus ?v?sont observ?dans les sols de prairies, dans les for? et les milieux ??tation arbustive et/ou herbac? Les sols de montagne (Alpes, Ardennes, Jura, Massif Central, Pyr?es, Vosges) renferment les stocks de carbone les plus importants (plus de 130 t/ha), en raison des faibles temp?tures et de l'humidit?d?vorables ?'activit?es microorganismes (source : SDES). Rapport n° 010982-01 Revue des politiques du minist? au regard des objectifs de d?loppement durable (Agenda 2030) Page 165/188
Les stocks de carbone organique dans la partie superficielle des sols de Martinique
Stock5 d ~ carbono "'Y"n"1u~ de. sola (G-3Ocm), .." !CIIa ·
·
Entr<o go et t20
Entre 75 et 90 Enlre 65 et 7S Entre 55 et &S Entre
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EnlIe 30 et oIS
·
Enlr. 0 ~t 30
·
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, ,
sOes, 2013
20 km
Source IRD, 2007 . Traitements
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L'?sion hydrique des sols, deuxi? indicateur propos?ar l'Insee pour cette cible 15.3, est un processus majeur de la d?adation des sols, estim?en France ?, 5 tonnes par hectare et par an en moyenne, 20 % du territoire pouvant ?e affect?par des taux tr??v? Les donn? datent de 2010. Enfin, les sols artificialis? objet du troisi? indicateur mobilis?our cette cible, s'?vent en France ?, 2% du territoire, soit une superficie sup?eure ?a moyenne europ?ne qui se situe ?, 1%. Le rythme de progression est aussi l?rement plus ?v?avec un taux de progression de 2, 7%, que la moyenne europ?ne, ?lu??, 5%. Cette progression est plus forte depuis 2006. Ces donn? issues de la source europ?ne Corine Land Cover diff?nt cependant de celles qu'utilise le minist? charg?e l'agriculture (Teruti-Lucas), qui inclut dans la d?nition d'autres sols comme les mines, les carri?s , les d?arges, les espaces verts urbains et les zones r??ives de loisirs, ce qui fait passer la proportion des sols fran?s artificialis??, 3%. En toute hypoth?, l'artificialisation des sols est consid?e comme la principale menace sur les sols en Europe. Elle fractionne les habitats et les ?syst?s, provoquant ainsi des impacts suppl?ntaires sur les syst?s naturels. La feuille de route europ?ne pour une" Europe efficace dans l'utilisation des ressources" recommande d'?ter toute augmentation nette de la surface de terres occup? La France n'est pas sur une trajectoire satisfaisante, comme la mission a d? eu l'occasion de le
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souligner dans l'analyse de l'ODD 11 relatif ?a ville durable.
Cible 15.4: « D'ici ?030, assurer la pr?rvation des ?syst?s montagneux, notamment de leur biodiversit?afin de mieux tirer parti de leurs bienfaits essentiels pour le d?loppement durable. » Si l'ONU retient deux indicateurs pour cette cible, les sites importants pour la biodiversit?es montagnes qui se trouvent sous aires prot?es (15. 4. 1) et l'indice de couvert v?tal 15. 4. 2), l'Insee ne fournit pas de donn?. Le sujet peut ?e reli? la couverture par zones prot?es de sites importants pour la biodiversit?es montagnes (parcs nationaux et r?onaux notamment). L'indice de couvert v?tal des montagnes permet d'?luer l'?lution de l'environnement en montagne et l'?t de sa conversion. La communaut?cientifique a ?bli un lien entre le couvert v?tal et l'?t de sant?es montagnes. Aucune donn?n'est cependant disponible sur la base de donn? de l'Onu ni au niveau national pour renseigner cet indice. Cible 15.5 : « Prendre d'urgence des mesures ?rgiques pour r?ire la d?adation du milieu naturel, mettre un terme ?a d?adation du milieu naturel, mettre un terme ?'appauvrissement de la biodiversit?et, d'ici 2020, prot?r les esp?s menac? et pr?nir leur extinction. » L'indicateur 15.5.1 de l'ONU renvoie ?'indice de la liste rouge des esp?s menac? de l'UICN, v?tales et animales. L'Insee retient la proportion d'esp?s ?intes ou menac?, en pourcentage du nombre total d'esp?s ?lu?. Avec 15 % des esp?s mondiales ?intes ou menac? pr?ntes en France et outre mer, la France a une forte responsabilit?Elle se situe ?n bon niveau de protection sans ?e toutefois sur une trajectoire positive car la probabilit?e survie des esp?s menac? a diminu?Selon le SDES, en 2014, « La France est l'un des 10 pays h?rgeant le plus grand nombre d'esp?s menac? au niveau mondial, notamment en raison des pressions s'exer?t sur la riche biodiversit?e ses territoires d'Outre-mer. Pour la France m?opolitaine et ultramarine, o? statut de menace sur le territoire a pu ?e ?lu?our 3 671 esp?s, 4 % sont ?intes et 27 % sont menac?, traduisant une perte ou un risque de perte de biodiversit?on n?igeable». Esp?s menac? :
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Cet indicateur sur la liste rouge est un indicateur de la SNTEDD pour la perte de biodiversit?Cette cible est ?approcher des cibles 15.7 « prendre d'urgence des mesures pour mettre un terme au braconnage et au trafic d'esp?s animales et v?tales et 15c qui traite le m? sujet sous l'angle de l'aide internationale. Pour ces deux cibles, l'Insee retient le nombre de constatations CITES et d'animaux vivants saisis, l'indicateur porte sur la France enti?. Si le nombre de constatations au titre de la Cites est en baisse de 2010 ?015 (de 649 ?27), le nombre d'animaux vivants saisis a presque doubl?ur la m? p?ode (de 713 ?392). Il convient de noter que l'ODD 15 ne couvre pas le suivi des esp?s communes, qui repr?nte une menace au moins aussi grande que celle qui p? sur les esp?s patrimoniales (menac?, rares, prot?es) et qui est tr?importante pour la compr?nsion des ?lutions en cours de la biodiversit?Ceci s'explique par le fait que l'agenda 2030, et en particulier cet ODD comme d? soulign?est corr? aux engagements pris ?ichi. Les effectifs des oiseaux communs sp?alistes des milieux agricoles sont en r?ession de fa? plus ou moins marqu?partout en Europe, ce d?in est attribu?ux pratiques intensives agricoles (suppression des haies, drainage, m?nisation, engrais et pesticides, moindre diversit?es cultures et simplification des rotations..), ph?m?s corrobor?par des s?es d'?des. Des financements de la PAC pour des pratiques agro-environnementales et
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anticipant le changement climatique seraient susceptibles d' apporter des r?nses ?es menaces sur les esp?s communes. Cible 15.8 : « D'ici ?020, prendre des mesures pour emp?er l'introduction d'esp?s exotiques envahissantes, att?er sensiblement les effets que ces esp?s ont sur les ?syst?s terrestres et aquatiques et contr? ou ?diquer les esp?s prioritaires » L'indicateur 15. 8. 1 vise la proportion de pays ayant adopt?ne l?slation nationale sur ce sujet. L'indicateur n'est donc pas d?inable en tant que tel par l'Insee. Un indicateur de suivi devrait ?e construit pour mesurer les effets des esp?s exotiques (EEE) en France, m?opole et outremer et suivre les politiques mises en oeuvre.. Les EEE menacent la biodiversit?n outre mer. La France prend des mesures pour lutter contre cette menace, avec une d?nse de 19 millions d'euros par an environ dont 68 % en outre mer (CGDD, 2015). Les dommages sanitaires corr?s sont estim??9 millions d'euros selon l'Ocde. Cible 15.9 : « D'ici ?020, int?er la protection des ?syst?s et de la biodiversit?ans la planification nationale, dans les m?nismes de d?loppement, dans les strat?es de r?ction de la pauvret?t dans la comptabilit? L'Insee ne d?ine pas l'indicateur onusien qui retient les progr?r?is?vers les objectifs nationaux ?blis conform?nt aux objectifs d'Aichi (15.9.1). La France a rationalis?a gouvernance de la biodiversit?ar la cr?ion de l'Agence fran?se pour la biodiversit?La mise en oeuvre de l'acc?au partage des avantages reste ?ccomplir. L'int?ation de la biodiversit?ans les projets d' am?gement du territoire est encore insuffisante m? si elle tend ?rogresser avec le renforcement du tryptique « ?ter, r?ire, compenser » et les dispositions en mati? de compensation ?logique introduites par la loi de 2016 sur la biodiversit?L'int?ation de la biodiversit?ans les syst?s comptables, objectif d'Aichi, renvoie ?a question du PIB et du besoin d'int?er dans les mod?s ?nomiques et le syst? comptable les indicateurs de richesse dits alternatifs ou compl?ntaires ou PIB , sujet abord?ans le pr?nt rapport. Les cibles 15 a et 15 b visent ? mobiliser des ressources financi?s de toutes provenances et les augmenter nettement pour pr?rver la biodiversit?t les ?syst?s et les exploiter durablement (15 a), et pour financer la gestion durable des for? et inciter les pays en d?loppement ?rivil?er ce type de gestion (15b). L'Insee mentionne le montant de l'APD dans le secteur de la protection de l'environnement. Ce montant a diminu?e plus de la moiti?n cinq ans, passant de 1682 ?20 millions de dollars US entre 2010 et 2015. 3. Interactions avec d'autres ODD
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Pour permettre une vision d'ensemble des enjeux de biodiversit?errestre, l'ODD 15 doit ?e reli?n particulier aux ODD relatifs ?'eau, au changement climatique, aux villes et communaut?durables, aux modes de production et de consommation durables. La premi? cible de l'ODD est transversale, elle inclut explicitement les questions relatives ?'eau, trait? par l'ODD 6. 4. Appr?ation de la trajectoire de la France et situation par rapport ?'autres pays comparables en fonction des donn? disponibles L'ODD 15 ne permet pas de dresser ?ui seul un tableau des efforts et de la trajectoire de la France en mati? de biodiversit?errestre. Les indicateurs de la SNTEDD et ceux de l'ODD 15 sur la vie terrestre ne se recouvrent que partiellement, l'?lution des populations d'oiseaux communs sp?alistes et la
consommation de produits phytosanitaires n'entrant pas dans le champ de l'ODD 15.
Les indicateurs de la SNTEDD offrent un panorama sans doute plus lisible des enjeux li??a lutte contre la perte de biodiversit?ans notre pays, qui concernent l'air, l'eau , le sol, les esp?s animales et v?tales, y compris communes. La France a une politique volontariste en mati? de biodiversit?ais les pressions que subit la biodiversit?ur ses diff?nts territoires sont fortes. Sa trajectoire est bonne en mati? d'am?oration du cadre d'action et de la gouvernance, la SNB permet de susciter l'adh?on des acteurs. La superficie des aires prot?es augmente, L' application des orientations de l'Etat dans les territoires est cependant h?rog?. La prise en compte dans les politiques et les projets d'am?gement du territoire des enjeux de biodiversit?st ?m?orer. Les agences r?onales de la biodiversit?ourraient y contribuer. Le ministre de la Transition ?logique a annonc?91 un dispositif "Territoires engag?pour la biodiversit? qui vise ?romouvoir ?'?elle du territoire des actions exemplaires en faveur de la reconqu? de la biodiversit?Il sera pr?r?n lien ?oit avec les r?ons et mobilisera les agences r?onales de la biodiversit?dont six sont en phase de pr?guration. Un budget participatif pour la biodiversit?t le climat visant ?outenir les citoyens dans "le d?loppement de projets exemplaires et qui auront vocation ?tre reproduits" devrait ?e lanc?La France s'est construit un r?de leader international en mati? de biodiversit?qu'elle r?firme avec sa candidature pour accueillir en 2020 le Congr?mondial de la nature de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). L'objectif du gouvernement est une mobilisation forte de fran?s autour de la reconqu? de la biodiversit?omme la COP21 l'a ? en mati? de changement climatique, ce qui pourrait permettre de progresser en mati? d' ?cation, de sensibilisation et de mobilisation (ODD 4 et 17). La France dispose encore d'une bonne marge de manoeuvre pour r?ire les financements dommageables ?a biodiversit?191
Allocution du ministre lors de la premi? r?ion pl?? du Comit?ational de la biodiversit?ardi 31 octobre 2017.
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En mati? de connaissance, malgr?es avanc?, des lacunes demeurent. Ainsi, les r?rentiels taxinomiques sont encore tr?partiels pour des groupes entiers d'esp? notamment en outremer. Les indicateurs synth?ques cachent de fortes disparit?et masquent parfois des pans entiers de biodiversit?La dimension g?tique de la biodiversit?qu'elle soit domestique ou sauvage, souffre d'un manque d'indicateurs. Par ailleurs, les donn? sont peu accessibles en dehors du monde la recherche.
Les enjeux demeurent donc immenses, tant en mati? de recherche et d'acc??a connaissance que d'efficacit?t d'efficience des politiques, en particulier en outremer.
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5. ?ude de l'OCDE
Mesure de la distance pour atteindre les ODD, le cas de la France, juin 2017
)) OECD
?UDE DE L'OCDE SUR LA MESURE DE LA DISTANCE POUR ATTEINDRE LES OBJECTIFS DU D?ELOPPEMENT DURABLE (ODD)
LE CAS DE LA FRANCE
.JUIN 2017
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?UDE DE L'OCDE SUR LA DISTANCE PARCOURIR POUR ADEINDRE LES ODD LE CAS DE LA FRANCE
l e s Objectifs de O?" loppe me nt Durab le s (0 0 0 ) co nsti tue nt un age nd a a mbitie ux po ur la populat ion, la pla n?, la pro'p?t?t la pa ix et par le, partenariats (Ies « 5P .). Cet age nd a, qu e tous le, pays ,e ,o nt e ngag??ettre e n oe uvre se d?line e n 17 objecti f, et 169 cibies sous·jacente,. Il a po ur bilt de tra nsforme r notre monde ?'ho ri zo n 20~ O, e n ne laissant pe rsonne de rot? Co mpte te nu de la co mple xit?e cette fe uille de ro ute , chaqu e pay' devra ?abl ir de, priorit?d'action e n fo nctio n de sa situation prop re et de ses capacit?futu res. l'?de pilote de rOCOE « Me.urer 10 distonce ?arcourir pour otteindre le. cibles ooa . a ? condu ite ?a de mande de certa ins pays me mbres qui o nt co mme nc? int?re r les 0 0 0 dans le urs proce ss u, polit ique, nationaux. Ce, pays ,o uha ita ie nt dispo,e r d' un outil le ur permettant d'a ppr?e nde r la complexit?e , 0 0 0 et d' ide nti f", r les do ma ine s qui le ur de mande ront le plu s d'effort da ns la mise e n oe uvre de l'Agenda 2 0 ~ O .
partir des dem i?e s do nn? dis ponible s de rOCOE et de , Natio ns Unie s, rOC OE a do nc ?abor?n outil qui, sur la base d'un e m? ri que commune, permet de d? rm iner la pos ition actue lle de s pays vis· ?is de toute, les c ibles so us·jace nte, a ux 0 00 et d?nie co mme la distance resta nt ?a rcourir d' ici 20~ O (grap hique 1). Il convie nt de note r que les r?uM ts pr? nt? ci-dessous ,o nt , u,cepti bles d'?lue r da ns la me sure ou se ul un no mbre limit?armi les 230 ind icate urs ado pt? pa r le s Natio ns Unie, pour mesurer le s 0 0 0 ,o nt actue lle me nt di'po nible,. Da ns le ca, de la f ra nce, le, do nn? dis ponibles couvre nt 96 des 169 cible, de r Agenda 2 0 ~ O (vo ir le gra ph ique e n a nne xe ).
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Graphique 1 : Position de la France vi.-il-vi. de. dbl", sotl' -jacente. a ux ooD
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Sur la base de , indicate ur< actue lle me nt dispon ible" le , r?lta t, de l'?de de rOCDE montre nt que la f rance affiche une bonne performa nce dam de nombre ux domaine" notamment ce ux re latif, il la lutte contre pauvret? t le , in?a lit? aux pa rtenariat, pour la r?li.. tion de, 000 et de mani?e g??a le dan, ce "" recouvrant le, cible , re lative , il la · Plan? ·. lorsqu 'o n e ffectue la moye nne de , indica te urs di'pon ible , pou r le , cible , au nive au de chacun de , 17 objecti fs, on vo it que , i e lle ve ut atte ind re ce, objectifs, la France devra fournir le plu, d' effo rt, dans le , doma ine , de r?ucat ion, de r ?nomie et ,u rtout de la tran'pa re nce et de l'e fficacit?e , in,titution, (grapil ique 2, pane l de ga uche ). Le , r?ultat, ag r?? par objectif montre nt a ussi que Il France a g? rale me nt mo ins de di,tance , ou la m? di,tance, il parcourir qu e la moye nne de , pay' de l'OCDE, il r exce ption des obje ctifs 4 e t 16 re latifs il l'?cat ion et a"" in,titutions .
Graphique 2 : Po,ition de Id France vi,O'iI O'vi, de , 17 0 00 et de, . SP . e t compara i,on ave r la moyen ne de, pays de l' OCDE
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Au nive au d'ag r?ation sup?eur des . 5 P » (g raphique 2, pane l de dro ite ), on note qu e : La France pr?nte des r?lta" contrast?d ans le doma ine de la « Popula tion » pour le quel bealJCoup d'indicate urs sont actue lle ment dispon ible, (couvrant 81% des cible s) . Il reste peu de distance ?arcourir ?a France pou r atte indre l'objectif de lutte contre la palJ1l ret?and is que la situat ion est un peu moins favo rable e n mati?e d'al imen t ation et de sant?ave c une cOlJ1le rture de soin ?ndu e et une lu tte effi cace con tre I<>s malad ies transmissibles mais une consommatio n ?ev?d'akoo l et de tabac). La « Plon<'te» est le doma ine o? France affiche une e ue lle nte position, m?e , i ces r<'sultats doivent ?re inte rpr?s avec pr?u tion e n raison du faible nombre d' ind icate urs dispon ibles (colJ1l rant seuleme nt 39% des cibles). La France a une ea u de qua lit?t acce ssible, e lle a d? atte int les cibles su r le climat et le s oc?" et e lle est en bonne vo ie pou r atte indre l'objectif de consomma tion et de prodlJCtion re spon,ables e t ce lui de la biod ivers it?La France affiche une performance cOrltrast? d ans le doma ine de la «Pro<p?t ? su r la base des 56% d'ind icate urs actue lle me nt dispon ibles. Ces r?lta ts refl?nt ?a fo is de s n ive aux de cro issance et de la productivit?elativeme nt fa ible, ainsi q u'un march?u trava il trop peu inclus if et les bons r?tta ts observ? sur le front de la lutte contre les in? lit?ou de la qu a lit?es in frastructu res. La · Pu;x », avec 67% d' ind icate urs disponible s, e st le do ma ine o? f rance concentre " ,. mo in. bons r?ultat s. Il reste une grande distance ?a rcourir pou r atte indre les objectifs en mati?e de gouve rna nce e t de r?le mentation (haut niveau de corruption pe r?, faible nivea u de confiance de la population dans les institutions, pe u d'engageme nt des parties pre nantes dans la d?n it ion des politique, pub lique s et niveau de r?leme nta tion ?ev?). Enfi n, le s «Purtena,iat. » SOrlt une a utre force de la f ran ce avec une po<; ition ?ev?et sign ificativement au-<le"us de la moyenne obse rv?d an. les pays de rOCOE. Les indicate urs disponible s (couvra nt 37% des cibles) montre nt en particu lie r qu'une part importante de la popu lation fran?se a acc?aux te chnolog ies et que la France pourvoit une a ide publ iqu e au d? loppement importante et dive rsifi?, proche des obje ctifs ?tte ind re .
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6. Tableau des interactions entre ODD
(source CGDD)
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7. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ADEME AFB AFD AGNU AID AIE ALLENVI AME ANAH ANC ANR APA APD ASTEE BID BTP CAD CCNUCC CCSPL CDB CEM CEPP CESE CFE CGDD CGEDD CITES CLE CLP
Agence de l'environnement et de la ma?ise de l'?rgie Agence fran?se pour la biodiversit?gence fran?se de d?loppement Assembl?g?rale des Nations Unies Association internationale de d?loppement Agence internationale de l'?rgie Alliance nationale de recherche pour l'environnement Accords multilat?ux sur l'environnement Agence nationale de l'am?oration de l'habitat Assainissement non collectif Agence nationale de la recherche Acc?au partage des avantages Aide publique au d?loppement Association scientifique et technique pour l'eau et l'environnement Banque inter-am?caine de d?loppement B?ment et travaux publics Comit?'aide au d?loppement Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques Commissions consultatives des services publics locaux Convention sur la diversit?iologique Clean Energy Ministerial Certificats d'?nomie de produits phytopharmaceutiques Conseil ?nomique, social et environnemental Cercle fran?s de l'eau Commissariat g?ral au d?loppement durable Conseil g?ral de l'environnement et du d?loppement durable Convention on International Trade of Endangered Species Commissions locales de l'eau Classification, Labelling, Packaging
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Acronyme
Signification
CNIS CNTE COP CPD CPER CPS DCE DCSMM DGEC DGRI DPE DPMA EEDD EEE ENR ERC FAD FAO FASD FEAMP FFEM FIDA FMI FPHN GES GIEC GIS GT ICLEI IDDRI IGAS
Conseil national de l'information statistique Conseil national de la transition ?logique Conferences of the Parties Consommation et production durables Contrat de plan ?at-r?on Cadre de programmation strat?que Directive-cadre sur l'eau Directive-cadre strat?e des milieux marins Direction g?rale de l'?rgie et du climat Direction g?rale de la recherche et de l'innovation Diagnostic de performance ?rg?que Direction des p?es maritimes et de l'aquaculture ?ucation ?'environnement et au d?loppement durable Esp?s exotiques envahissantes ?ergies renouvelables ?iter r?ire compenser Fonds africain de d?loppement Food and Agriculture Organization Fonds asiatique de d?loppement Fonds europ? pour les affaires maritimes et la p?e Fonds fran?s pour l'environnement mondial Fonds international de d?loppement agricole Fonds mon?ire international Forum politique de haut niveau Gaz ?ffet de serre Groupe d'experts intergouvernemental sur l'?lution du climat Groupement d'int?t scientifique Gigatonne International Council for Local Environmental Initiatives Institut du d?loppement durable et des relations internationales Inspection g?rale des affaires sociales
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Acronyme
Signification
IGF INN INSEE IPEEC ISO
Inspection g?rale des finances P?e illicite, non d?ar?et non r?ement?Institut national de la statistique et des ?des ?nomiques International Partnership for Energy Efficiency Cooperation International Organization for Standardization - Organisation internationale de normalisation Jardin d'agronomie tropicale de Paris Loi sur la transition ?rg?que pour la croissance verte Minist? de la coh?on des territoires Minist? de l'Europe et des affaires ?ang?s Museum national d'histoire naturelle Million de tonnes ?ivalent p?ole Minist? de la transition ?logique et solidaire Nouvelle organisation territoriale de la R?blique Organisation de coop?tion et de d?loppement ?nomiques Objectifs de d?loppement durable Objectif du Mill?ire pour le d?loppement Organisation mondiale de la sant?ffice national de l'eau et des milieux aquatiques Organisation non gouvernementale Organisation des Nations Unies Observatoire national des zones humides Politique agricole commune Plans d'action pour le milieu marin Plan climat air ?rgie territorial Pays en d?loppement Petits ?ts insulaires en d?loppement Partenariat fran?s pour l'eau Produit int?eur brut Projet de loi de finances Plan local d'urbanisme
JATP LTECV MCT MEAE MNHN Mtep MTES NOTRE OCDE ODD OMD OMS ONEMA ONG ONU ONZH PAC PAMM PCAET PED PEID PFE PIB PLF PLU
Rapport n° 010982-01
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Acronyme
Signification
PLUI PMA PNACC PNR PNSE PNUD PPE PPRI PPRN PTU REACH REP RSE RT SAGE SCF SCOT SDAGE SDES SDSN SNB SNBC SNDD SNML SNTEDD SRADDET SRCAE SWOT TEPCV TEPOS TICGN
Plan local d'urbanisme intercommunal Pays les moins avanc?Plan national d'adaptation au changement climatique Programmes nationaux de r?rme Plan national sant?nvironnement Programme des Nations Unies pour le d?loppement Programmation pluriannuelle de l'?rgie Plan de pr?ntion des risques d'inondation Plan de pr?ntion des risques naturels P?m?es de transports urbains Registration, Evaluation, Autorisation of Chemical products Responsabilit?largie des entreprises Responsabilit?oci?le des entreprises R?ementation technique Sch? d'am?gement et de gestion des eaux Subventions aux combustibles fossiles Sch? de coh?nce territoriale Sch? directeur d'am?gement et de gestion des eaux Service de la donn?et des ?des statistiques Sustainable Development Solutions Network Strat?e nationale de la biodiversit?trat?e nationale bas carbone Strat?e nationale de d?loppement durable Strat?e nationale mer et littoral Strat?e nationale de transition ?logique vers un d?loppement durable Sch? r?onal d'am?gement, de d?loppement durable et d'?lit?u territoire Sch?s r?onaux climat air ?rgie Strengths (forces), Weaknesses (faiblesses), Opportunites (opportunit?, Threats (menaces) Territoire ?nergie positive pour la croissance verte Territoire ?nergie positive Taxe int?eure de consommation sur le gaz naturel
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Acronyme
Signification
UE UICN UNSD USD ZEE 10YFP
Union europ?ne Union internationale pour la conservation de la nature United Nations Statistics Division United States Dollar Zone ?nomique exclusive 10 Year Framework of Programmes on Sustainable Consumption and Production Patterns
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http://www.developpement-durable.gouv.fr/