Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône.

CHAPELON, Jean ; PIPIEN, Gilles

Auteur moral
France. Conseil général de l'environnement et du développement durable
Auteur secondaire
Résumé
Le préfet des Bouches-du-Rhône a donné suite à la mission d'inspection de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques en mettant au point un plan d'action correspondant à six recommandations du rapport. D'autres recommandations pourront être prises en considération par les services: faire un point sur l'enjeu du ruissellement urbain, fixer la position de l'État sur la submersion marine en Camargue, terminer le recensement des digues et ouvrages relevant de propriétaires privés, faire un point sur l'enjeu des risques inondation des canaux et ouvrages hydrauliques. Ceci devrait permettre de développer une stratégie de généralisation des PAPI et de finaliser la mise en place d'un système de communication fiable en situation de crise. La mission rappelle l'enjeu de la prévention des inondations du Rhône en renvoyant aux recommandations d'une mission précédente. Elle souligne l'importance à accorder à l'avancement du programme de protection et aux quatre zones de danger identifiées. Le rapport adresse également deux recommandations au niveau central, l'une relative à la prise en compte du risque sismique dans les documents d'urbanisme, l'autre, à la cohérence et à la simplification des procédures permettant d'autoriser des travaux de protection.
Editeur
CGEDD
Descripteur Urbamet
audit ; matériau de construction ; prévention des risques ; risques naturels ; ruissellement ; inondation ; canal ; ouvrage hydraulique ; zone à risque ; plan d'aménagement régional
Descripteur écoplanete
prévention des risques ; prévention des inondations
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
Fiche qualité La mission du CGEDD qui a donné lieu à la rédaction du présent rapport a été conduite conformément au dispositif qualité du Conseil(1). Rapport CGEDD n° 008226-01 Date du rapport : mai 2013 Titre : Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Commanditaire : direction générale de la prévention des risques Date de la commande : 5 septembre 2012 Auteurs du rapport (CGEDD) : Jean CHAPELON Gilles PIPIEN Superviseur : Christian de Verclos Relecteur : Laurent Fayein Nombre de pages du rapport (sans les annexes) : 61 (1) Guide méthodologique s'appliquant aux missions confiées au CGEDD Les rapporteurs attestent que l'impartialité d'aucun d'entre eux n'a été mise en cause par des intérêts particuliers ou par des éléments de ses activités passées ou présentes. http://webissimo.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/00720402_guide_methodologique_cgedd_2012_05_04_cle2e6cae.pdf Sommaire Résumé.....................................................................................................................4 Liste hiérarchisée des recommandations ............................................................6 Recommandations de niveau 1........................................................................................6 Recommandations de niveau 2........................................................................................7 Recommandations DGPR ...............................................................................................9 Introduction - Le déroulement de l'audit.............................................................10 1. Le contexte départemental ; géographie et enjeux ........................................12 1.1. La situation du département et ses caractéristiques géographiques et climatiques . 12 1.2. Les principaux aléas.................................................................................................13 1.3. Les grands éÎnements connus...............................................................................15 2. La stratégie de l'État ..........................................................................................16 2.1. Au niveau du bassin..................................................................................................16 2.1.1. Le document stratégique préparé par la DREAL de bassin............................16 2.1.2. Le document stratégique du Service de prévision de crues Grand Delta.......17 2.2. Au niveau de la région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur (PACA)..................................17 2.3. Au niveau départemental..........................................................................................19 2.3.1. Le schéma départemental de prévention des risques....................................19 2.3.2. Le schéma départemental d'analyse et de couverture des risques (SDACR) 20 2.3.3. La politique de mise en oeuvre des plans de prévention du risque incendie de forêt (PPRIF)............................................................................................................ 20 2.4. Les commissions consultatives.................................................................................20 3. Les moyens de la stratégie ...............................................................................22 3.1. L'organisation régionale et supra-régionale..............................................................22 3.1.1. Le préfet délégué de bassin Rhône Méditerranée et la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) de Bassin................22 3.1.2. Auprès du préfet de région PACA, la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) «PACA»..............................................23 3.1.3. Le service de prévision de crues Grand Delta................................................23 3.2. L'organisation départementale de l'État ...................................................................24 3.2.1. La DDTM........................................................................................................24 3.2.2. La direction départementale de la protection des populations (DDPP)..........25 3.2.3. Le Service Interministériel Régional des Affaires Civiles et Économiques de Défense et de la Protection Civile (SIRACEDPC)....................................................25 3.2.4. La réflexion sur l'organisation générale :........................................................26 3.3. Les autres partenaires ............................................................................................27 3.3.1. Le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) et le Bataillon des marins pompiers de Marseille..................................................................................27 3.3.2. Les syndicats mixtes de gestion des massifs forestiers.................................28 3.3.3. Les services du Conseil général....................................................................28 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 1/101 3.3.4. L'office national des Forêts (ONF)..................................................................28 3.3.5. Les syndicats mixtes gestionnaires de digues ..............................................29 3.3.5.1.Le syndicat mixte d'aménagement de la vallée de la Durance...................29 3.3.5.2.Le syndicat mixte interrégional d'aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer.................................................................................................29 3.3.6. Les syndicats aménageurs de rivières ..........................................................29 3.3.7. Le cas spécifique de la ville de Marseille ......................................................30 4. Les outils de la prévention ................................................................................31 4.1. L'information préventive............................................................................................31 4.1.1. Le dossier départemental sur les risques majeurs (DDRM)...........................31 4.1.2. L'information préventive communale..............................................................31 4.2. Les plans de prévention des risques / programmation et état d'avancement ...........32 4.3. Les DICRIM et les plans communaux de sauvegarde..............................................34 4.4. Les mesures de protection et de réduction de la vulnérabilité..................................35 4.4.1. Les projets de protection contre les inondations prévus dans les PAPI,.........35 4.4.2. Le plan Rhône,...............................................................................................35 4.4.3. L'émergence de nouveaux PAPI....................................................................35 4.4.4. Les orientations générales.............................................................................36 5. Les considérations particulières à certains risques naturels........................37 5.1. Les maîtrises d'ouvrage............................................................................................37 5.2. Les risques hydrologiques ......................................................................................37 5.2.1. La mise en oeuvre de la directive européenne cadre sur les inondations.......37 5.2.2. Les inondations du Rhône :............................................................................38 5.2.3. Les inondations de la Durance.......................................................................39 5.2.4. Les inondations à Marseille, et de l'Huveaune...............................................41 5.2.5. Les autres problématiques d'inondation propres aux Bouches-du-Rhône......43 5.3. Les risques de mouvements de terrain.....................................................................44 5.3.1. Le cas de Roquevaire :..................................................................................44 5.3.2. Le Rove..........................................................................................................45 5.4. Le risque séisme......................................................................................................45 5.5. Les feux de forêt.......................................................................................................46 5.6. Les campings dans les zones à risque ....................................................................50 6. Les risques hydrauliques...................................................................................51 7. L'urbanisme et l'application du droit des sols (ADS).....................................53 7.1. Les documents d'urbanisme (avec ou sans PPR)....................................................53 7.2. L'instruction ADS / Instruction des dossiers ( avec PPR et sans PPR mais risque connu )............................................................................................................................ 53 7.3. Le contentieux ( sur le PPR, sur les actes d'urbanisme )..........................................53 8. La prévision et la préparation à la gestion de crise .......................................55 8.1. La DDTM en gestion de crise...................................................................................55 8.2. La préparation à la crise..........................................................................................55 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-duRhône Page 2/101 8.3. La participation des services à la gestion de crise....................................................57 9. Avis de la mission sur le plan d'action proposé par le Préfet suite à l'envoi du document dans le cadre de la procédure contradictoire...............................59 Conclusion .............................................................................................................61 Annexes..................................................................................................................62 1. Lettre de mission ...............................................................................................63 2. Liste des personnes rencontrées.....................................................................68 3. Phase contradictoire : Réponse en date du 18 septembre 2013 du préfet au rapport provisoire....................................................................................................70 4. Les remarques du DDTM sur le rapport ..........................................................74 5. Organigramme de la DDTM 13...........................................................................95 6. Glossaire des sigles et acronymes...................................................................96 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-duRhône Page 3/101 Résumé Le département des Bouches du Rhône, très urbanisé, très peuplé (environ deux millions d'habitants, dont les deux tiers dans la métropole Aix-Marseille), est soumis à la totalité des risques naturels connus en métropole, hormis les avalanches. La quasitotalité des communes est concernée par les risques de séismes, d'inondations, de feux de forêts, de mouvement de terrain, de submersion marine, ... sans évoquer le risque de rupture de barrages (comme celui de Bimont près d'Aix-en-Provence). Régulièrement des éÎnements graves affectent les populations, tant par des décès qu'avec des dégâts économiques importants : séisme de 1909 ; crues de 1993, 1994, 2003, ... ; grands incendies de 1989 (montagne Sainte-Victoire), 1990, 1999, 2004, ... ; submersion marine de 1985 ; ... Pourtant, sauf les élus des communes très récemment touchées par une catastrophe naturelle (comme les inondations du Rhône en Arles en 2003), il n'y a pas une conscience générale du risque dans la population. Heureusement, on peut constater d'excellentes initiatives locales, comme le comité « risques urbains » de Marseille (qui instruit les permis de construire au regard des risques), la mobilisation du Syndicat Mixte d'Aménagement du Val de Durance (SMAVD) pour prévenir les inondations en Durance, la mise en place d'un poste de commandement (PC) de gestion de crise à Tarascon, doté d'outils cartographiques et de simulation efficients, ou le très exemplaire, et quasi unique en France, Syndicat Mixte d'Aménagement du Delta du Rhône et de la Mer (SYMADREM), assurant la gestion des digues et ouvrages de protection et investissant lourdement dans la prévention des inondations du Rhône (avec un programme de plus de 400 M de travaux de protection). Le Conseil Général joue un rôle clef dans la lutte contre les feux de forêts, tant avec un service départemental d'incendie et de secours (SDIS) solide, qu'en soutenant les syndicats de massif (aménagement de pistes, ...). Dans ce contexte, l'État a pourtant, jusqu'en 2010, pris du retard dans la mobilisation pour la prévention des risques naturels : plans de prévention des risques (PPR) prescrits en 2000 toujours à l'étude (comme à Marseille), commissions départementales non réunies, absence de stratégie départementale (au-delà d'un dossier départemental des risques majeurs de qualité, mais ancien et non réactualisé), ... Les efforts de rattrapage récemment engagés sous l'impulsion du préfet, s'appuyant sur des instructions ministérielles claires en 2010, sont entraÎs par une organisation globalement peu lisible. Au moins trois services se mobilisent de manière peu coordonnée : le Service Interministériel Régional des Affaires Civiles et Économiques de Défense et de la Protection Civile (SIRACEDPC), directement auprès du préfet et de son directeur de cabinet, et les deux DDI concernées, la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) et la direction départementale de la Protection des Populations (DDPP). Les multiples réorganisations récentes ont fragilisé les compétences. Les collectivités elles-mêmes ne sont pas assez organisées, par exemple sur l'Huveaune. Des syndicats de massif sont parfois trop faibles et mériteraient d'être regroupés. Il n'y a aucune structure publique solide de gestion des canaux de l'arrondissement d'Arles. Et, quand elles s'engagent, ce n'est pas toujours à la hauteur, comme le montre l'existence d'un seul, et encore très petit (pour la Touloubre), programme d'action et de prévention des inondations (PAPI). Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 4/101 Aucun lieu ne permet les échanges d'expériences et la définition partagée de plans d'action. Le pôle prévention des risques naturels et majeurs créé en 2007, en fusionnant diverses commissions existantes, dont la commission départementale des risques naturels majeurs (CDRNM), n'a, en fait, jamais été réuni. La préfecture ne s'est que très récemment engagée dans une démarche d'appui aux communes dans l'élaboration de leurs plans communaux de sauvegarde (PCS).Malgré un exercice en 2012, le travail de retour d'expérience reste à construire. Les moyens de communications en crise sont inadaptés et risquent d'être inopérants en crise. Dans ces conditions, les éléments d'une catastrophe naturelle sont malheureusement réunis. La mission, considérant la volonté affichée du préfet, ainsi que la mobilisation forte des différents services déconcentrés, ainsi que les heureuses initiatives de quelques collectivités, propose diverses pistes d'amélioration afin de mettre en place une Îritable stratégie départementale de prévention des risques, portée par l'ensemble des services de l'État et partagée avec les collectivités territoriales. Un plan d'action établi rapidement, avec une mise en oeuvre à court terme, devrait permettre de retrouver une efficacité indispensable pour faire face aux conséquences dramatiques d'un nouvel épisode, comme ceux qu'a déjà régulièrement connus ce département. La sécurité des populations est au coeur des responsabilités des pouvoirs publics. Ce plan d'action devrait essentiellement porter sur : · La clarification des rôles des services ; · La mise en place d'un lieu d'échanges ouvert aux collectivités territoriales ; · La définition d'une stratégie départementale de prévention des risques, fondée sur un dossier départemental des risques majeurs (DDRM) actualisé, et décliné par un schéma départemental d'analyse et de couverture des risques (SDACR) lui aussi actualisé ; · La définition d `un planning de finalisation des plans de prévention des risques naturels (PPRN), en intégrant des approches multirisques dans les communes les plus concernées ; · La relance de l'actualisation et de la réalisation des documents d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM) et des plans communaux de sauvegarde (PCS) ; · Une mobilisation renforcée des communes pour la mise en place des repères de crues. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 5/101 Liste hiérarchisée des recommandations Pages Recommandations de niveau 1 Engager la réactualisation du dossier départemental sur les risques majeurs (DDRM) et élaborer un Îritable schéma départemental de prévention des risques conçu comme un outil opérationnel favorisant la synergie entre les services. Actualiser le schéma départemental d'analyse et de couverture des risques (SDACR), en liaison avec le DDRM et le schéma départemental de prévention des risques majeurs Mettre en place et réunir régulièrement les commissions ayant à connaître de la politique des risques (CDRNM, CDSC), qui constituent des lieux importants de réflexion et des relais d'information. Faire une répartition claire et formalisée des tâches en confiant à la DDTM les missions liées à la prévention (PPR, CDRM et DDRM) ainsi qu'un appui au moment de la crise8 (prévision des crues, réquisition des matériels de transport et de TP, PC opérationnel) et au SIRACEDPC la gestion proprement dite des crises. Pour ce qui est des campings, soit attribuer cette mission à la DTTM soit mettre en oeuvre une meilleure synergie entre la DDPP et le DDTM/SU, la DTTM donnant un avis précis sur les données sur la base desquelles les autorisations ou les refus sont donnés. La DTTM doit en liaison avec le SIRACED PC relancer le pilotage et l'animation de l'information préventive (DICRIM, PCS, IAL, repères de crues) Accélérer la finalisation des PPRN, en particulier des PPRI pour les communes concernées par le Rhône (enquêtes en 2013 et 2014), la Durance (enquête en 2013), L'Huveaune, L'Arc et la Touloubre, en se donnant un planning ambitieux de rattrapage, en affichant des échéances rapprochées et en assurant le suivi de la prise en compte dans les documents d'urbanisme ; Mieux diffuser la culture du risque et aller vers une plus importante responsabilisation des acteurs politiques, économiques et sociaux. Ceci devrait être accompagné d'une logique de co-construction avec les collectivités territoriales. Il importe donc de relancer le rôle d'animation de l'État, et pas seulement en réunissant régulièrement les commissions ad hoc (CDRM, ...), ou en soutenant la mise au point des DICRIM, PCS 20 20 21 27 31 34 36 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 6/101 Recommandations de niveau 2 Renforcer le rôle des Services Territoriaux de la DDTM en leur confiant l'animation des concertations des PPRN, la mise en cohérence territoriale des différents PPRN portant sur différents types de risques, le contrôle du respect des mesures des PPRN, en particulier en liaison avec les polices de l'urbanisme et de l'eau. Mener à bien les regroupements des syndicats de massif, en liaison avec le Conseil Général, en cohérence avec les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et en veillant à mettre en place un dispositif de contrôle de la qualité des travaux et de cadrage des indispensables servitudes pérennisant les ouvrages. Généraliser les approches multirisques, avec une superposition des PPR concernant différents risques, pour accompagner les communes dans leur planification urbaine Finaliser des dossiers d'acquisitions/destructions à Roquevaire, Niolon, Arles, voire Marseille (cité de la Gardanne) Se doter, après une analyse systématique des enjeux inondations du département, d'une stratégie de généralisation de PAPI Sur Marseille, où le risque inondation est fort, tant du fait des divers fleuves côtiers, que du ruissellement urbain, il est urgent de stabiliser la prévention des risques, d'une part en accélérant la finalisation des études si possible dès 2013 et, d'autre part, en liaison avec la ville, très mobilisée, en envisageant sans attendre un PPRI anticipé. Faire un point général sur l'enjeu du ruissellement urbain dans le département, et mettre au point une méthode d'accompagnement des communes dans la prise en compte de ce risque dans l'élaboration ou l'évolution de leurs documents d'urbanisme ; Faire un point général sur l'enjeu des risques inondation des canaux et ouvrages hydrauliques et soutenir l'émergence d'entités publiques en capacité de gérer ces ouvrages, en étudiant les modalités de protection contre leurs risques d'inondation, notamment avec en lançant des PAPI et/ou contrats de canaux ; Caler la position de l'État, en liaison avec les communes concernées, sur l'enjeu submersion marine en Camargue et accélérer la mise au point de PPRI submersion marine (en liaison avec la problématique d'inondation du Rhône, en particulier dans la secteur des salins). Être particulièrement attentif aux contradictions pouvant exister (pas forcément du fait de la DDTM 13) entre les cotes de crues des PPRi ou les cotes d'immersion entre les différents départements. 24 28 34 34 36 42 43 43 44 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 7/101 Accélérer les études concernant les mouvements de terrain à Roquevaire, en vue de prendre rapidement des décisions, en liaison avec la commune, tant d'interventions (démolition de constructions, confortement ou comblement des carrières) qu'en termes de documents de prévention, dans une approche multirisques. Une programmation devrait utilement être définie. Accélérer la mise au point des PPRIF, en se donnant une programmation Établir un recensement des digues et ouvrages relevant de propriétaires priÎs, ayant un rôle dans la protection des populations le long des fleuves et rivières à risque d'inondation, et engager un travail de reprise de responsabilité par des acteurs publics compétents. Augmenter le nombre d'agents assermentés pour faire des contrôles sur le terrain, et rechercher une meilleure coordination avec la Justice. Repenser le rôle et la mobilisation de la DDTM en crise, en vue de mobiliser ses compétences techniques en matière de risques, et veiller à assurer la pérennité du dispositif. Assurer une meilleure liaison entre prévention et préparation à la crise, en associant plus étroitement, dans un pôle coordonné les principaux services mobilisés, dont le SIRACED PC, le SDIS et la DDTM ; associer les autorités locales, dont le Conseil Général et les syndicats compétents (SYMADREM, SMAVD, ... syndicats de massifs, ...). Animer une réflexion technique avec le SDIS et le BMP en vue de rapprocher les doctrines et pratiques Mettre en place un système de communication fiable en crise entre services de l'État, y compris en termes cartographiques Recenser les moyens de l'État, mobilisables en crise, et assurer une coordination ces moyens; ; mettre en place un protocole et un dispositif de 57 communication et initier une démarche de formation dans une approche métier Mettre en place un dispositif de retour d'expérience systématique à chaque catastrophe naturelle ou éÎnement grave et de suivi de l'application des mesures repérées, tant dans la mise au point des PPRN, que dans la préparation de la gestion des crises. 58 45 50 52 54 55 56 57 57 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 8/101 Recommandations DGPR (DGPR) : Finaliser rapidement la réflexion nationale sur la prise en compte du risque séisme dans les documents d'urbanisme, (et apporter une réponse au courrier du préfet de région, préfet des Bouches du Rhône sur ce sujet, en date du 12 avril 2011). (DGPR) réexaminer les procédures administratives d'autorisation des ouvrages de protection, en assurant une meilleure cohérence entre ce qui relève de la loi sur l'eau, et ce qui relève de la qualification, y compris l'avis du Comité technique permanent des barrages et des ouvrages hydrauliques (CTPBOH); 46 52 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 9/101 Introduction - Le déroulement de l'audit À la demande du ministre chargé de la prévention des risques, la ministre de l'écologie, du développement durable, et de l'énergie, en lien avec le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques par les services déconcentrés au niveau départemental fait l'objet d'un programme annuel d'inspection depuis 1997. Ces missions d'inspection, aujourd'hui d'audits, chargés d'apprécier également la coordination du niveau départemental par le niveau régional, ont été confiées aux Conseils généraux de l'environnement et du développement durable (CGEDD) et de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER), Le champ de la mission d'audit porte sur l'ensemble des services ou établissements publics participant à la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques, quel que soit leur ministère de rattachement ou de tutelle et leur champ de compétence géographique. L'audit doit donc : · examiner le lien entre la prévention et la gestion de crise (ainsi qu'éventuellement entre la prévention des risques naturels et celle des risques technologiques : mais ce point n'a pas été approfondi dans le présent audit, vu l'ampleur des enjeux risques naturels, et le fait que l'essentiel des sites industriels sont situés en zone hors principaux risques naturels, autour de l'Étang de Berre) ; · conformément aux grands objectifs du Grenelle, étudier comment la prévention des risques naturels s'insère dans l'aménagement et l'urbanisme et comment elle est prise en compte dans les prescriptions de construction ; · analyser la façon dont est assurée la prévention dans les campings situés dans les zones à risques ; · procéder à un examen des documents de prévention (plan de prévention des risques naturels majeurs), et en particulier analyser les choix des aléas de référence. Examiner leur mise en oeuvre (annexion aux documents d'urbanisme, contrôle de légalité des permis de construire, ..) ; · étudier la façon dont les services assurent leurs attributions de contrôle de la sécurité des ouvrages hydrauliques. Le département des Bouches-du-Rhône a été inscrit au programme d'audit 2012 et les soussignés, Jean Chapelon et Gilles Pipien ingénieurs généraux des ponts, des eaux et des forêts, désignés par les vice-présidents des deux conseils généraux 1 ont procédé à l'audit de novembre 20122 à janvier 2013. Un courrier a été adressé le 18 octobre 2012 au préfet du département des Bouchesdu-Rhône annonçant l'engagement de l'audit et adressant un questionnaire destiné à éclairer les auditeurs préalablement à la mission sur place. Conformément à la demande de la mission d'audit, le préfet des Bouches-du-Rhône a 1 Lettre de mission du 5 septembre 2012 (cf annexe 1) Programme donné en annexe 2 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 10/101 2 Rapport n008226-01 transmis aux auditeurs les réponses au questionnaire, accompagnées des documents et dossiers nécessaires (environ près de 500 fichiers représentant plus de 2 Go). Au cours de leurs entretiens, les auditeurs ont pu accéder à tous les documents complémentaires dont il leur a semblé utile de prendre connaissance et ont consulté les documents disponibles sur les sites internet de la Préfecture ou de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL). L'équipe d'inspection a eu des entretiens avec M. le Préfet de Région, Préfet des Bouches-du-Rhône, le secrétaire général de la préfecture, le directeur de cabinet de M. le Préfet, le directeur départemental des territoires et de la mer et ses collaborateurs, ainsi qu'avec leurs principaux partenaires sur le champ des risques comme le directeur départemental de la Protection des Populations. Dans ce cadre, des réunions de travail ont été organisées avec les services du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, ainsi qu'avec le SDIS et le Bataillon des Marins-Pompiers de Marseille. La mission s'est également rendue à la rencontre des acteurs à Arles, Mallemort et Marseille. Il est à noter que les questions liés au Bassin du Rhône ont été vues dans le cadre d'une réunion spécifique de la DREAL de Bassin (DREAL Rhône-Alpes) le 10 décembre 2012. La liste des personnes rencontrées est donnée en annexe n° 2. Dans le cadre de la procédure contradictoire, le rapport provisoire a été transmis à M le préfet des Bouches-du-Rhône, avec copie au DDTM le 6 juin 2013. Par courrier en date du 18 septembre 2013, le préfet a répondu à ce rapport en présentant un plan d'action (cf. annexe3). La présentation de la réponse de M le préfet des Bouches-du-Rhône ainsi que de sa prise en compte par la mission est faite au chapitre 9. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 11/101 1. Le contexte départemental ; géographie et enjeux 1.1. La situation du département et ses caractéristiques géographiques et climatiques Le territoire départemental, occupant 5 087 km2, apparaît à la fois contrasté et compartimenté : · contrasté entre plaines, chaînes et bassins, entre régions sèches et régions humides, · compartimenté entre bassins séparés par des reliefs aux pentes accentuées, mais aussi à l'Ouest par les bras du delta du Rhône et les zones humides associées. Les 119 communes du département accueillaient une population estimée en 2012 de 1 982 195 habitants. En 2009, les 49 communes (41 % de l'ensemble des communes) de l'Unité urbaine de Marseille-Aix-en-Provence représentaient une population municipale de 1 563 036 (79,2 % du total du département) sachant que les deux communes de Marseille et d'Aix-en-Provence représentent près de un million d'habitants. En 2009, l'économie départementale représentait 782 765 emplois et un produit Intérieur Brut (PIB) par habitant de 27 820 soit un total d'environ 55 milliards d'euros. Les principaux points forts de cette économie dans le secteur industriel sont les activités portuaire, de logistique et de recherche (microélectronique, ITER, aéronautique, pétrochimie...). De plus le département bénéficie d'une agriculture performante, placée au 4ème rang français pour son chiffre d'affaires, et d'un important potentiel touristique. La partie Ouest du département est composée de territoires distincts: · au Sud, la Camargue et la Crau, marquées par la présence d'écosystèmes spécifiques et d'une activité agricole soit très intensive (riziculture), soit très extensive (élevage, sel), · la partie Nord, délimitée à l'Ouest par le Rhône et au Nord par la Durance, regroupe la quasi-totalité des centres urbains, · Arles, la ville centre, est la troisième ville et le seul port fluvial du département. A l'Est, l'aire métropolitaine marseillaise est une région urbaine très dense, avec 614 hab./km2 en moyenne. La géographie physique y est très compartimentée. Entre chaînes de montagne, étang de Berre et littoral très découpé et les empiétements territoriaux de l'urbanisation, l'occupation humaine s'est concentrée dans les bassins et vallées, notamment de la Touloubre, de l'Arc et de l'Huveaune, en contact avec des massifs forestiers. Des zones d'habitat dispersé se sont également développées au sein des unités naturelles boisées. L'attractivité du département, la densité du patrimoine naturel et un mode de développement très consommateur d'espace alimentent une pression foncière qui se Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 12/101 renforce au fil du temps. 1.2. Les principaux aléas Comme le reste de la région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur, l'exposition aux risques naturels du département des Bouches-du-Rhône est directement associée aux caractéristiques du climat méditerranéen avec une forte sécheresse estivale et des précipitations automnales violentes favorisant feux de forêt, inondations et mouvements de terrains. La présence de reliefs abrupts contribue d'ailleurs au caractère torrentiel des écoulements et à la fréquence des mouvements de terrains. Enfin, le département des Bouches-du-Rhône est situé dans la région la plus sismique de France métropolitaine. Enfin, ce département littoral est soumis au risque de submersion marine. En conséquence, à l'exclusion des avalanches, le département des Bouches-du-Rhône est concerné par tous les risques que connaît la France métropolitaine. La quasi totalité des 119 communes sont considérées comme exposées à un risque naturel majeur. Le dossier départemental sur les risques majeurs (DDRM) (qui remonte à 2006 : voir infra paragraphe 4-1-1) identifie huit types de risques naturels qui sont : · le risque inondations : ce risque concerne l'ensemble du département, soit par crues lentes (Rhône, Durance, sauf si formation de brèche(s) dans un ouvrage de protection), soit par crues rapides (fleuves côtiers : l'Huveaune, l'Arc, la Touloubre, la Cadière). Il est considéré comme « majeur » dans 51 communes, et est très marqué sur le département du fait de la densité importante du réseau hydrographique, des caractéristiques des crues qui sont de type rapide et de la présence d'enjeux importants dans la partie ouest du département. · le risque feux de forêts : le département comprend 23 massifs forestiers représentant 180 000 ha de Îgétation classés en inflammabilité très forte. De ce fait, la moitié de la superficie du département soit 110 communes sur 119 sont concernées par les obligations légales de débroussaillement ; · le risque submersion marine et érosion côtière : concerne la partie ouest du département ( Golfe de Fos). 3 communes de Camargue sont classées prioritaires pour le risque inondation par submersion marine. Les enjeux de la submersion marine et l'érosion côtière dans le golfe de Fos sont : des enjeux sociaux économiques : deux exploitations salinières, les activités agricoles, les activités industrialo-portuaires, le tourisme très présent sur la frange littorale (camping hôtellerie, baignade, activités nautiques liées au port de plaisance des Saintes maries de la Mer), sans compter le camping sauvage sur la Plage de Piémanson sur Arles et les cabanons sans droit ni titre sur le DPM. des enjeux patrimoniaux : biodiversité, risque de disparition ou transformation de systèmes à très forte valeur environnementale et patrimoniale par pénétration d'eau de mer, rupture du cordon littoral · le risque mouvements de terrain toutes les communes sont impactées par ce phénomène dont l'origine peut être très variée : affaissements de sols liés à des travaux miniers ou des carrières, retraits gonflements d'argiles, glissements de Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 13/101 terrain, effondrements de cavités souterraines, écroulements et chutes de blocs, coulées boueuses et torrentielles et érosion littorale ; · le risque ruissellement urbain concerne la plupart des communes, avec une acuité particulière pour les secteurs très imperméabilisés, au relief marqué (Aix, Marseille etc) · le risque tempête : Le Mistral souffle près de 100 jours par an à des pointes de plus de 100 km/h. Mais il existe aussi des vents violents localisés liés à des perturbations atmosphériques (trombes ou mini-tornades sur le littoral de La Ciotat par exemple). Carte des risques potentiels par commune (extrait du DDRM) · le risque sismique : 32 communes sont classées en zone d'aléa moyen les communes les plus exposées étant au Nord de la ligne Salon/Aix. Ce risque présente d'autant plus de problème qu'il se situe sur certains sites présentant des risques technologiques (centrale de Cadarache sur la moyenne Durance). · le risque rupture de grand barrage : ce risque est lié aux barrages de Serre Ponçon (Hautes Alpes), Sainte Croix et Quinson (Alpes de Haute Provence) et Bimont (St Marc Jaumegarde). 44 communes sont concernées : 34 communes de la vallée de la Durance et du Rhône et 10 communes de la vallée de l'Arc. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 14/101 1.3. Les grands éÎnements connus Les grands éÎnements concernent : · Pour le risque inondations : la plus forte crue obserÎe sur la partie Rhône aval est celle du mois de mai 1856 mais le Rhône a également connu des crues importantes en octobre 1993, janvier 1994, décembre 2003, septembre 2010 et octobre 2012. La Durance a connu quand à elle des crues en 1994 de même que les bassins versants de l'Arc et de la Touloubre (janvier 1978, septembre 1993, octobre 1994 et décembre 2003) et de l'Huveaune (janvier 1978) ; · Pour le risque feux de forêts : des grands feux ont été recensés en 1989 (14 081 ha brûlés dont le feu de Sainte-Victoire (4 500ha)), en 1990 (7 500 ha dont La Barben (3 000 ha et les Calanques (2 900ha)), en 1999, 2004 et 2005 des feux de l'ordre de 2 500 ha ; 2009 Marseille/Carpiagne (1069ha ; cet incendie a été marquant surtout par les zones péri-urbaines impactées) ; · Pour le risque mouvements de terrain : le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) a recensé 400 mouvements de terrain depuis 2001. les exemples de ces mouvements de terrain sont nombreux. Pour ne prendre que quelques exemples, on citera les affaissements de sols liés à des travaux miniers à Fuveau en 1998, les retraits gonflements d'argiles par exemple à Aixen-Provence ou Aubagne, les glissements de terrain à Cassis en 2004, les effondrements de cavités souterraines à Roquevaire en 2005, écroulements et chutes de blocs à Marseille en 2005 (Calanque de Sormiou), coulées boueuses et torrentielles aux Baux-de-Provence ou à Eguilles et érosion littorale à Carry-leRouet ou aux Saintes- Maries-de-la-Mer · Pour le risque submersion marine et érosion côtière : le dernier raz de marée connu concerne le Golfe de Fos les 5 et 6 août 1985 ; · Pour le risque sismique : le principal séisme recensé est celui de Lambesc en 1909. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 15/101 2. La stratégie de l'État Ce chapitre présente la stratégie de l'État. En préalable, il convient de rappeler que d'une part cette stratégie ne se conçoit pas au niveau seulement du département mais, en ce qui concerne les inondations, au niveau du bassin et que d'autre part, de nombreux partenaires sont partie prenante dans la mise en oeuvre de cette stratégie (collectivités locales en particulier). Le département connaissait jusqu'en 2010 un retard très important dans l'application des directives ministérielles, en particulier le lancement de plans de prévention des risques naturels (PPRN). L'actuel préfet, se fondant sur les instructions ministérielles de 2010, en particulier dans le contexte des éÎnements de Xynthia et des inondations du Var, a donné un élan énergique mais le retard n'est pas encore comblé. Il est clair que le nombre éleÎ de changements dans les structures et dans les personnes, a participé de ce retard. En tout état de cause, on peut dire que, hormis pour les communes ayant subi très récemment une catastrophe (cf Arles en 2003), dans leur grande majorité ni les citoyens ni leurs élus n'ont, d'une manière générale, une grande conscience des risques et ceci ne facilite pas les choses. Aujourd'hui, si la stratégie est bien définie au niveau de bassin (Plan Rhône etc..) et en partie au niveau local (cf lettre de priorités du Secrétaire Général au DDTM en 2012), elle ne semble pas partagée (y compris au sein des services de l'État) 2.1. Au niveau du bassin 2.1.1. Le document stratégique préparé par la DREAL de bassin. En ce qui concerne l'hydrologie, le département des Bouches-du-Rhône fait partie du bassin Rhône-Méditerranée, qui comprend la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le préfet coordonnateur est le préfet de la région Rhône-Alpes, qui s'appuie sur le DREAL Rhône-Alpes, délégué de bassin. La stratégie du comité de bassin est définie au travers du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux 2010-2015 (SDAGE) et du programme de mesure (PDM), adoptés le 16 novembre 2009 par le préfet de bassin. La prévention des risques se situe à la marge des préoccupations principales du SDAGE, qui se contente de rappeler les principes généraux et la nécessité de : · renforcer la concertation et l'information du public, des riverains et des maires · anticiper les problèmes émergents liés au changement climatique · favoriser des démarches de prévention à l'échelle des bassins, en restaurant des zones naturelles d'expansion de crues par exemple. Le PDM accompagne ce dernier objectif en prévoyant de développer des aménagements de ralentissement dynamiques, notamment dans le cadre des PAPI. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 16/101 Le principal document de la stratégie de Bassin est la « doctrine commune »3. Ce document d'une centaine de pages fixe les cinq grands objectifs des plans de prévention de risque inondation : (i) affichage de l'aléa, (ii) préservation des champs d'expansion des crues, (iii) obligation de ne pas augmenter la vulnérabilité, (iv) réduction de la vulnérabilité de l'existant, (v) préparation à la crise et gestion de la crise. Ce document préconise les modalités de détermination de l'aléa avec le choix des crues de référence et les cas particuliers des espaces en arrière des digues et des aléas conjugués. Il préconise également le mode d'évaluation des enjeux dans les zones urbaines et dans les zones d'expansion des crues (ZEC). Il conclut sur les règles de zonage en fonction du type de construction (habitat, établissements de secours, établissements sensibles, équipements publics et campings) du type d'intervention (nouvelle, ..., aménagement) de l'aléa, des enjeux et de la présence ou non d'un ouvrage de protection résistant ou non à la crue de référence. La question de la validité juridique de la doctrine Rhône a été posée notamment par le sous-préfet dans le cadre d'une mission de bons offices commanditée par le préfet pour essayer de voir un peu plus clair sur le contentieux en cours avec la commune d'Arles. Le point de vue de la mission est que la « doctrine Rhône » n'a pas à être jugée légale ou illégale : ce n'est qu'un document de travail de l'administration visant à harmoniser les préparations des différents PPRi. Ne pas se référer à cette doctrine présenterait deux écueils : celui de la non égalité des citoyens devant la loi et celui de l'erreur manifeste d'appréciation. C'est la légalité de chaque PPRi qui doit être assurée individuellement. En tout état de cause, la question se pose de savoir s'il ne faudrait pas extraire de ce document les éléments forts et les traduire sous un format réglementaire par exemple dans le code de l'environnement ? (voir infra 5.2.2) 2.1.2. Le document stratégique du Service de prévision de crues Grand Delta Ce service (cf. 3.1.3) a établi un schéma directeur de prévision des crues actualisé en août 2011 : ce schéma fixe un règlement de surveillance de prévision et de transformation de l'information sur les crues (RIC) qui donne tout le détail. Il est complété par un règlement de service. 2.2. Au niveau de la région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur (PACA) La stratégie régionale est définie dans une « note stratégique régionale 2012-2014 en matière de risques naturels et hydrauliques » Cette note définit 7 grandes orientations : 3 « Les plans de prévention des risques d'inondation du fleuve Rhône et de ses affluents à crue lente ; doctrine commune » direction régionale de l'environnement, juillet 2006 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 17/101 · Renforcer le pilotage et la lisibilité de l'action de l'État · Maîtriser l'urbanisation dans les zones à risque - poursuivre et rationaliser le programme des PPRN · Promouvoir et animer les démarches partenariales : mise en oeuvre de la directive inondation (DI), programmes d'action de prévention des inondations (PAPI), Plan Submersions Rapides (PSR) · Contribuer à l'élaboration d'actions de réduction de vulnérabilité · Améliorer la connaissance sur les risques et son accessibilité · Informer et développer la conscience du risque · Progresser dans la gestion de crise et le retour d'expérience associé Ces grandes orientations sont complétées par des orientations thématiques · Le risque inondation · Le risque incendies de forêt · Le risque mouvement de terrain Retrait ­ Gonflement ­ Argiles; Erosion des falaises côtières; améliorer la connaissance sur les cavités souterraines et les risques d'effondrement ; participer à l'harmonisation des méthodologies de détermination des aléas ; le risque avalanche ; · le risque sismique ; · l'information préventive Ce qu'on peut reprocher à ce document est qu'il présente l'ensemble de la stratégie nationale de manière très exhaustive : c'est sûrement pédagogique mais pas très opérationnel. En complément de ce document, la DREAL assure le pilotage et l'animation de la filière notamment par des réunions périodiques. Elle assure la circulation de l'information descendante de la direction générale de la prévention des risques (DGPR) et de la remontée des questions des services. En tant que responsable du budget opérationnel de programme (BOP), elle assure la répartition des moyens dans le cadre du dialogue de gestion. La DDTM a vocation à décliner de manière opérationnelle cette stratégie au plus près des territoires. Par ailleurs, la DREAL a adressé le 6 mars 2012 aux préfectures un courrier sur les modalités d'actualisation et de révision des DDRM. Le bilan, à fin 2012, est que le DDRM des Bouches-du-Rhône aurait dû être révisé. On doit toutefois rappelé que d'autres départements de la région sont aussi dans ce cas (Haute Alpes et Alpes Maritimes). Outre le document de stratégie régionale, la DREAL a produit deux documents de stratégie thématique : Incendies de forêt La DREAL a diffusé aux DDT(M)4, en juin 2010, une note de 8 pages très complète sur 4 Même si la DDTM, dans son questionnaire de réponse à la mission, prétend que « pour les feux de Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 18/101 Rapport n008226-01 la politique des plans de prévention aux risques incendie de forêts (PPRIF) comprenant un rappel des grands principes d'élaboration et des propositions de pistes de réflexion. Submersion marine : La DREAL a diffusé aux DDT(M) en novembre 2012 une note de 12 pages sur les plans de prévention au risque submersion marine : Elle définit le niveau marin de référence qui comprend : · le niveau marin moyen à la côte intégrant la surcote barométrique et la surélévation liée à la houle ; ce niveau est le maximum connu entre un éÎnement centennal et un éÎnement historique (l'éÎnement centennal en Méditerranée est obtenu par sommation de la surcote centennale et de la houle centennale) ; · une marge de sécurité permettant de prendre en compte les incertitudes ; · une élévation du niveau de la mer du fait de l'impact du changement climatique. De plus une analyse particulière doit être faite pour les zones soumises à l'action directe des vagues. 2.3. Au niveau départemental 2.3.1. Le schéma départemental de prévention des risques A l'heure présente, au-delà du Dossier Départemental des Risques Majeurs, ancien (2006) et non réactualisé, il n'y a pas de document général de stratégie sur la prévention des risques majeurs . La DDTM a bien rassemblé un certain nombre de réflexions « stratégiques » comme par exemple la note sur les feux de forêts (cf. plus bas 2.3.3) mais pas à proprement parler un Îritable schéma départemental de prévention des risques qui fasse le point sur ce qui a été fait (AZI5, PPR etc...), sur ce qu'il reste à faire et sur les conséquences de la directive cadre européenne inondation et qui soit ainsi conçu comme un outil opérationnel favorisant la synergie entre les services. Le dossier départemental de prévention des risques majeurs (DDRM) (cf. plus bas 4.1.1 et 8.2) outre le fait qu'il date de 2006 constitue plus un document d'information grand public sur la prévention des risques qu'un document de stratégie pour le service. La mission recommande donc l'élaboration à partir des matériaux existants de ce document de stratégie qui donnerait du sens à tout le travail globalement satisfaisant engagé au cours des dernières années. Recommandation : forêt, il n'y a pas de coordination régionale ni de doctrine » !!! 5 Atlas des zones inondables Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 19/101 Rapport n°008226-01 1. Engager la réactualisation du dossier départemental sur les risques majeurs (DDRM) et élaborer un Îritable schéma départemental de prévention des risques conçu comme un outil opérationnel favorisant la synergie entre les services. 2.3.2. Le schéma départemental d'analyse et de couverture des risques (SDACR) De son côté, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) a mis au point un schéma départemental d'analyse et de couverture des risques (SDACR) dont la dernière version date de 2002. Ce document qui s'appuie sur le DDRM en cours (voir ci-dessus) ne porte que sur la zone de compétence du SDIS à savoir le département hors Marseille, le Grand Port de Marseille et l'aéroport de Marignane (voir plus loin & 3.3.1). Ce document dépasse le thème des risques naturels puisqu'il aborde les risques technologiques, sanitaires, les accidents de circulation, tous les accidents de la vie courante etc.. Au titre des risques naturels, il porte sur les feux de forêts, les inondations, les mouvements de terrain et les risques sismiques et les risques climatiques. Le SDACR décrit en particulier les modalités d'organisation et d'intervention des 1149 sapeurs pompiers professionnels, 4284 sapeurs pompiers volontaires et 389 personnels administratifs techniques et spécialisés répartis entre 4 pôles de gestion, 5 groupements territoriaux et 64 centres d'incendie. Ce document reste toutefois ancien et mériterait d'être réactualisé. Recommandation : 2. Actualiser le schéma départemental d'analyse et de couverture des risques (SDACR), en liaison avec le DDRM et le schéma départemental de prévention des risques majeurs 2.3.3. La politique de mise en oeuvre des plans de prévention du risque incendie de forêt (PPRIF) Une note particulière de la DREAL du 30 juin 2010 précise la politique en matière de prévention du risque incendie portant plus particulièrement sur la mise en oeuvre des plans de prévention du risque incendie de forêt (PPRIF). Dans un contexte de contentieux de plus en plus fréquent, cette note propose une doctrine pour l'élaboration des PPRIF: caractérisation de l'aléa, zonage, règlement. Mais elle ne définit pas de priorités pour le planning d'élaboration de ces PPRIF. 2.4. Les commissions consultatives Selon les dispositions réglementaires en vigueur, il devrait exister au niveau départemental un certain nombre de commissions consultatives : · Le Conseil départemental de la sécurité civile (CDSC) qui doit évaluer les risques pour les biens, personnes et l'environnement, préparer la gestion de Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 20/101 crise (Orsec, notamment), définir les modalités de l'alerte et de la protection des populations, donner un avis sur les documents de prévention d'information sur les risques naturels et de sensibilisation, établir un bilan des catastrophes naturelles et formule des recommandations et promouvoir le volontariat. Il s'est réuni le 11 janvier 2010 pour valider le projet de plan ORSEC. · La Commission départementale des risques naturels majeurs (CDRNM)6 qui doit rendre son avis et suivre la mise en oeuvre des plans de prévention ; elle doit également émettre des avis sur les délimitations des zones de rétention des eaux, des zones d'érosion. Cette CDRMN a été constituée, puis fusionnée avec deux autres commissions dans un pôle unique sur les risques en 2007, à l'instar de ce qui s'est fait dans de nombreux autres départements ; · Cependant ce pôle unique ne se réunit plus alors qu'il apporterait un plus indéniable à la fois dans la gestion globale de la prévention des risques mais également dans le dialogue nécessaire avec les collectivités locales notamment sur le sujet très sensible de la priorisation des études de PPRI. Le renouvellement du DDRM, l'élaboration d'un schéma départemental ou encore la politique des campings à risques sont des sujets qui permettrait d'alimenter les débats. Recommandation : 3. Mettre en place et réunir régulièrement les commissions ayant à connaître de la politique des risques (CDRNM, CDSC), qui constituent des lieux importants de réflexion et des relais d'information. 6 C'est le décret n°2006-665 du 7 juin 2006 qui a remis en place cette commission, dont l'existence avait été abrogée par l'ordonnance n° 2004-637 du 1er juillet 2004 relative à la simplification de la composition et du fonctionnement des commissions administratives. Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 21/101 Rapport n°008226-01 3. Les moyens de la stratégie Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, vient de se mettre en place une profonde réforme de l'administration territoriale de l'État fondée sur le schéma suivant : · la circonscription régionale, en l'occurrence la région «PACA», est désormais l'échelon de pilotage stratégique des politiques de l'État sur le territoire, · le département par l'institution de directions départementales interministérielles (DDI) est celui de la mise en oeuvre opérationnelle des politiques publiques au plus près des usagers. Cette reconfiguration des services de l'État s'est traduite par des fusions de directions ou de services, avec un objectif de mise en cohérence de l'ensemble des politiques publiques à impact territorial dans une approche intégrée. Elle conduit à des mutualisations et vise à faire émerger des synergies de nature à rendre plus efficace l'appareil administratif. Toutefois, le recul est encore insuffisant pour dégager un jugement pertinent à ce sujet, d'autant que cette période a connu les inévitables difficultés liées à une fusion de services, des réductions budgétaires de même que des réductions d'effectifs et une certaine fragilisation des compétences. En tout état de cause, s'agissant de la mise en oeuvre de la politique de la prévention des risques, cette réforme a permis d'effectuer un état des lieux et de se poser des questions pour l'avenir, notamment à l'occasion de l'élaboration d'un projet de service. Au surplus, les éÎnements dramatiques dus à la tempête « Xynthia » et aux inondations du Var, ont été l'occasion pour les administrations centrales concernées (circulaire du 25 juin 2010 du ministère de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales et circulaire du 28 juin 2010 du ministère de l'écologie, de l'énergie,du développement durable et de la mer (MEEDDM), comme souvent dans des circonstances similaires, de rappeler les fondamentaux de cette politique et de demander que soit élaboré localement un plan d'action. Enfin, le département des Bouches-du-Rhône étant concerné principalement par les inondations et les risques hydrauliques, il est incontournable de faire référence à la notion géographique de bassin hydrographique. 3.1. L'organisation régionale et supra-régionale 3.1.1. Le préfet délégué de bassin Rhône Méditerranée et la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) de Bassin C'est le préfet de la région Rhône Alpes qui est préfet délégué pour le bassin Rhône Méditerranée. Il s'appuie sur le DREAL Rhône Alpes. La DREAL de Bassin est donc compétente pour tous les problèmes hydrologiques concernant le département des Bouches-du-Rhône. Au sein de cette direction, c'est le service de la « Prévention des risques» qui est le Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 22/101 service compétent. Au sein de ce service, trois unités sont concernés : l'unité hydrométrie/prévision des crues, l'unité mission Rhône, l'unité sécurité des ouvrages hydrauliques. Outre la publication de documents de référence (« doctrine Rhône : cf. & 2.1), elle anime un réseau de DREAL et de DDT(M) avec des réunions régulières. 3.1.2. Auprès du préfet de région PACA, la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) «PACA» Cette direction est elle-même structurée en services : c'est le service de la « Prévention des risques» qui est le service compétent Au sein de ce service, une chargée de mission « risques naturels majeurs» est l'interlocuteur de la DTTM pour le document de stratégie régional (cf. 2.3). Le service est chargé de l'animation du club risque qui se réunit deux fois par an. Il se charge avec le responsable « pilotage, information, crédits » de la mise en place des moyens financiers et de personnel ainsi que de leur suivi. Un autre chargé de mission « sous-sol et canalisation » est également concerné par les thématiques des risques naturels majeurs. 3.1.3. Le service de prévision de crues Grand Delta Rattaché à la DDTM 30 et demain à la DREAL de bassin, le Service de Prévision de Crues Grand Delta couvre le Rhône aval depuis le département de la Loire jusqu'à la mer ce qui représente quinze cours d'eau à surveiller. Il est composé de 21 personnes dont 15 basées à Nîmes et deux équipes délocalisées sur l'Ardèche et le Var. Il dispose de 150 stations de mesure de crues avec moins de stations sur la Durance car moins torrentielle. De plus ils échangent avec Météo France et EDF dans le cadre de conventions prévoyant des échanges d'information dans les deux sens (convention nationale DGPR et météo, convention locale pour EDF). Toutes les données recueillies sont mises en ligne sur Vigicrue. La prévision hydrologique est élaborée avec des modèles précis qui disent « dans 4 ou 5 heures la côte sera la suivante ». Ces modèles ont été développés par le service pour les problèmes simples ; pour le Rhône, ils disposent d'un partenariat entre la compagnie générale du Rhône et le service de prévision des crues (SPC) Rhône amont Saône. Tout le monde a accès au site mais le préfet est prévenu de manière automatique par le réseau Rescom. Dans certains cas, ils préviennent directement la préfecture. Ils n'interviennent pas immédiatement sauf demande du préfet dans le cadre de la mobilisation du centre opérationnel départemental COD. Le service s'inquiète du problème des départs à la retraite. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 23/101 3.2. L'organisation départementale de l'État Le préfet du département des Bouches du Rhône s'appuie sur le secrétaire général de la préfecture, le directeur de cabinet et les sous-préfets, ainsi que sur les DDI concernées (DDTM, DDPP) par la prévention des risques majeurs. 3.2.1. La DDTM L'organisation actuelle au sein de la DDTM qui s'est mise en place au 01/01/2010 avec la création de la DDTM apparaît correcte. La DDTM a fait deux choix judicieux qu'il convient d'approuver : · le regroupement dans un même service de toutes les équipes risques en particulier PPRN et PPRIF ; · le regroupement de ces pôles risques au sein du service urbanisme, ce qui devrait permettre une meilleure prise en compte justement dans les enjeux d'urbanisme, en particulier dans les documents de planification urbaine. Cette orientation s'est renforcée courant 2012, avec la création d'un poste de chargé de mission eau et hydraulique, référent départemental dans le cadre de la mise en oeuvre de la Directive Inondation et de la mise en place et du suivi des Programmes d'Actions de Prévention des inondations (PAPI). En revanche, deux points apparaissent plus faibles : · le lien entre pôles risques et police de l'environnement, en particulier la MISEN, · l'articulation difficile entre Service Urbanisme en charge des schémas de cohérence territoriale (SCOT) et les Services Territoriaux (ST) en charge des plans locaux d'urbanisme (PLU), la culture risque étant bien moindre dans ces derniers (à l'exception notable du ST d'Arles). D'abord, la présence simultanée de plusieurs services pour une même compétence et sur un même territoire est difficile à défendre dans le contexte budgétaire actuel. Ensuite, pour ce qui concerne seulement les ST, le risque est fort avec la diminution de leur compétence et donc de leurs effectifs d'un décrochage. Ceci n'aide d'ailleurs pas à une présence active non seulement auprès des élus, mais aussi des souspréfets en ce domaine. La responsabilisation des ST devrait être renforcée en leur confiant l'animation des concertations des PPRN, la mise en cohérence territoriale des différents PPRN portant sur différents types de risques, le contrôle du respect des mesures des PPRN, en particulier en liaison avec les polices de l'urbanisme et de l'eau. Recommandation : 4. Renforcer le rôle des Services Territoriaux de la DDTM en leur confiant l'animation des concertations des PPRN, la mise en cohérence territoriale des différents PPRN portant sur différents types de risques, le contrôle du respect des mesures des PPRN, en particulier en liaison avec les polices de l'urbanisme et de l'eau. Conformément à la circulaire du Secrétaire général du gouvernement du 15 décembre 2011, le secrétaire général de la préfecture a fixé le 16 mai 2012 les objectifs pour l'année de la DDT. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 24/101 On retiendra, concernant les risques les principaux points suivants : · l'organisation du contrôle de légalité des actes d'urbanisme et de planification · la mise en oeuvre du « plan national contre les crues et submersions rapides » · le tableau de bord de suivi de l'association des personnes publiques et de la concertation ainsi que le tableau de bord de suivi des PPR ; · l'approbation de 3 PPRIF d'ici fin 2012. Les moyens humains (nombre, compétence) nous semblent pour l'instant corrects. Mais il faut prendre en compte les départs à la retraite qui sont prévus à court terme dans les unités en charge de la police de l'eau (service environnement) et de la gestion des crises (service d'appui). 3.2.2. La direction départementale de la protection des populations (DDPP) Dans le cadre de la réorganisation de 2009, la DDPP a été chargée d'animer la politique de prévention des risques. Fort naturellement, c'est elle qui aurait dû avoir en charge la réactualisation du DDRM (cf. 2.3.1) mais faute de moyens en nombre et en compétences techniques et compte tenu des tâches importantes assurées dans la coordination de la Commission centrale départementale de sécurité et d'accessibilité (CCDSA), elle n'a pu s'atteler à la tâche et seule une réunion préparatoire avec la DDTM a pu être organisée. On notera qu'à aucun moment la lettre d'objectif que le directeur de la DDPP a reçu de Monsieur le secrétaire général de la Préfecture ne mentionne la réactualisation du DDRM dans ses objectifs. Dans le cadre de la CCDSA, la DDPP est en charge de la sécurité des campings. Elle s'acquitte très correctement de sa tâche ne se contentant pas de formuler des prescriptions mais en programmant régulièrement des visites de façon à contrôler tous les campings progressivement. C'est ainsi que 20 visites sont programmées chaque année en priorité pour les 46 campings sur 72 soumis au risque naturel. On ne peut que saluer les progrès accomplis suite à la volonté du directeur de la DDPP. Toutefois, il apparaît que la DDPP n'associe pas assez la DDTM, en particulier pour tenir compte des PPRN dans les prescriptions pour la création puis la gestion des campings (voir plus bas 5.6). 3.2.3. Le Service Interministériel Régional des Affaires Civiles et Économiques de Défense et de la Protection Civile (SIRACEDPC) Il a pour rôle la planification des crises et la préparation des exercices . Ce service devait partir à la DPPP en 2007 mais l'actuel préfet a gelé cette opération en 2010 et le SIRACEDPC a été recréé. Il n'est composé que de 6 personnes mais qui travaillent en réseau avec les autres services de l'État, les collectivités locales et les associations. En particulier, il a beaucoup de lien avec le service en charge de la gestion de crise de la DDTM. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 25/101 Il lui demande en particulier de faire le lien avec les services routiers (société d'autoroutes, direction interrégionale des routes, service du Conseil général), alors que la DDTM n'a plus aucune compétence opérationnelle directe en la matière. Un des problèmes importants est la nécessité d'avoir des outils cartographiques communs au sein de l'État : à l'heure actuelle, le portail ORSEC semble s'être imposé. L'autre problème est celui des communications(voir plus bas 8.2). Le service entretient de très bonnes relations avec la DDTM ou la DREAL 3.2.4. La réflexion sur l'organisation générale : Les rôles des différents services ne sont donc pas très clairs : lors de la création des DDI, le choix initial de favoriser la DDPP pour la gestion de crise pouvait avoir une certain logique mais, d'une part, le SIRACED-PC initialement incorporé au sein de la DDPP est revenu à la Préfecture en 2012 et, d'autre part, la DDPP n'a pas été doté de moyens humains techniques compétents. Par ailleurs, la DDTM, fortement investie dans les PPRN, travaille peu avec la DDPP (et réciproquement) et ne se préoccupe pas (puisque la DDPP en a officiellement la charge) de relancer les instruments essentiels que sont la CDRM (il y avait pourtant eu la création en 2007 d'un « pôle risques » par fusion de trois commissions existantes) et le DDRM (établi en 2006, non réactualisé depuis). Dans la plupart des autres départements, ce sont les DDT qui ont en charge l'animation de la CDRM qui est l'instance de concertation naturelle dans ce domaine, permettant de diffuser la prise de conscience des risques auprès des acteurs, en particulier des élus. Par ailleurs, le lien prévention (surtout portée par la DDTM) et gestion de crise (SIRACED-PC) n'est pas réellement assuré. . L'option évoquée par le directeur de cabinet de créer un service risque unique intégrant toutes les missions (prévention et gestion de crise) ne semble pas complètement répondre à l'enjeu pour plusieurs raisons : (i) la priorité à l'heure actuelle au sein de l'administration centrale est de cesser les modifications dans l'organisation territoriale qui désorganisent les services (ii) un PPR ne vaut que s'il est inscrit dans un document d'urbanisme : de proche en proche c'est tout le service d'urbanisme qui aurait vocation à rejoindre le pôle risque. Or ce service aborde beaucoup d'autres questions que les seuls aspects risque : environnement, économie etc.. (iii) un lien indispensable est à conserver avec les polices de l'environnement, en particulier la police des eaux (assurée par la DDTM). Il conviendrait plutôt de faire une répartition des tâches plus claires en confiant à la DDTM les missions liées à la prévention (PPR, CDRM et DDRM) ainsi qu'un appui au moment de la crise7 (prévision des crues, réquisition des matériels de transport et de travaux publics, PC opérationnel) et au SIRACEDPC la gestion proprement dite des crises. La mission suggère de renforcer la synergie entre les deux services (le SIRACEDPC et le DDTM/SU) qui manifestement travaillent en bonne intelligence. Une des tâches prioritaires de la DDTM devrait être d'ailleurs de mettre en place la CDRM (cf. 2.4) et de faire adopter un DDRM (cf. 2.3.1). Cette organisation devra être formalisée de même que sa coordination, sous l'autorité conjointe du secrétaire 7 Les responsabilités au moment de la crise ne nous semblent pas vraiment clarifiées mais cette question est en dehors du champ de l'audit Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 26/101 général et du directeur de cabinet du préfet, afin de renforcer le lien prévention/crise, et le partage des données (en particulier cartographiques). S'agissant des campings, l'estimation des risques encourus nécessite une approche très technique (problème des embâcles par exemple) à partir des PPRI qui sont établis par la DDTM. Dans ces conditions, la mission considère que la logique voudrait que cette mission revienne à la DTT. Si un tel transfert n'était pas jugé opportun ou difficile à mettre en oeuvre, il faudrait, à tout le moins, travailler vers une meilleure synergie entre la DDPP et le DDTM/SU, la DTT donnant un avis précis sur les données sur la base desquelles les autorisations ou les refus seraient donnés. Cette clarification des rôles au sein de l'État est importante, en particulier au regard des relations avec les autres partenaires. L'État a un rôle majeur en matière de prévention des risques naturels, en particulier de prescription. Les autres acteurs viennent mettre en oeuvre ces orientations (soit les communes dans le cadre du droit de l'urbanisme, soit d'autres collectivités territoriales pour assurer la réalisation et la gestion des ouvrages nécessaires). Recommandation : 5. Faire une répartition claire et formalisée des tâches en confiant à la DDTM les missions liées à la prévention (PPR, CDRM et DDRM) ainsi qu'un appui au moment de la crise8 (prévision des crues, réquisition des matériels de transport et de TP, PC opérationnel) et au SIRACEDPC la gestion proprement dite des crises. Pour ce qui est des campings, soit attribuer cette mission à la DTTM soit mettre en oeuvre une meilleure synergie entre la DDPP et le DDTM/SU, la DTTM donnant un avis précis sur les données sur la base desquelles les autorisations ou les refus sont donnés. 3.3. Les autres partenaires 3.3.1. Le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) et le Bataillon des marins pompiers de Marseille Le SDIS des Bouches-du-Rhône présente la particularité d'avoir une compétence limitée par l'existence d'un autre service, le Bataillon des marins pompiers de Marseille qui est compétent sur la ville de Marseille, le port de Marseille et l'aéroport Marseille. Comme indiqué plus haut (& 2.3.1), le SDIS est composé de 1149 sapeurs pompiers professionnels, 4284 sapeurs pompiers volontaires et 389 personnels administratifs techniques et spécialisés répartis entre 4 pôles de gestion, 5 groupements territoriaux et 64 centres d'incendie. Le SDIS dispose de plus de 1 535 Îhicules. Le département dispose de trois écoles : une école nationale pour les officiers ; une école régionale pour les formations de différents niveaux (dans le Îhicule, ou pour le conducteur) ; une école départementale terminée en 2013 avec une aire d'entraînement aux feux de forêt pour le maintien des acquits. 8 Les responsabilités au moment de la crise ne nous semblent pas vraiment clarifiées mais cette question est en dehors du champ de l'audit Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 27/101 Le Bataillon des marins pompiers de Marseille comprend 2 500 personnes dont 2 400 militaires. Ces moyens sont de plus de 400 engins d'intervention et de 16 engins nautiques répartis dans 28 sites dont 16 centres de secours. Le Bataillon des marins pompiers joue un rôle très actif pour les feux de forêts et leur avis peut aller jusqu'à l'avis défavorable. Ils suivent également les problèmes de crues. Ils ne savent pas exactement si les repères de crues sont bien posés. Ils utilisent préférentiellement un système de SMS car le système de sirènes ne marche pas très bien. L'organisation en cas de feu est d'abord confiée au maire puis suivant l'importance au préfet (directeur de cabinet). L'entente interdépartementale est un facilitateur d'harmonisation. 3.3.2. Les syndicats mixtes de gestion des massifs forestiers La sylviculture n'existe quasiment pas. La forêt n'est donc pas rentable. Les syndicats mixtes de gestion des massifs forestiers ont élaboré des plans de massif de débroussaillement et d'aménagement des forets (PMDAF) comportant leurs travaux d'entretien des massifs forestiers et en particulier les travaux de création et d'entretien de plus de 1700 km de pistes forestières (prioritaires et secondaires). Ces actions bénéficient de soutiens coordonnés de l'État et du Conseil Général. Ces subventions sont au taux de 80% au maximum et les petites structures ont du mal à mobiliser les 20% restants. Il faut aussi reconnaître une forte disparité dans les compétences techniques de ces syndicats. Le préfet a donc engagé un travail de regroupement, auquel le Conseil Général souhaite être associé. Le Conseil Général considère aussi qu'il faudrait veiller à un meilleur encadrement technique des travaux menés par ces structures. 6. Mener à bien les regroupements des syndicats de massif, en liaison avec le Conseil Général, en cohérence avec les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) et en veillant à mettre en place un dispositif de contrôle de la qualité des travaux et de cadrage des indispensables servitudes pérennisant les ouvrages. 3.3.3. Les services du Conseil général Le Conseil Général assure le financement de l'entretien des pistes forestières avec l'État à 50%-50%. Compte tenu délais (les syndicats mettent deux ans pour faire les travaux, le résultat étant la dégradation de la piste) et pour pouvoir utiliser les budgets européens, le Conseil Général a accepté de subventionner les travaux en même temps que les dossiers de servitude. L'arrêté de subvention demande un engagement de 15 ans. Le Conseil Général a écrit en demandant de fournir des exemples de création de servitudes qui marchent. 3.3.4. L'office national des Forêts (ONF) L'ONF accompagne les collectivités territoriales dans la prévention des risques, en particulier au travers d'une gestion forestière adaptée. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 28/101 3.3.5. Les syndicats mixtes gestionnaires de digues Le département comprend plusieurs syndicats mixtes gestionnaires de digues : le syndicat mixte d'aménagement de la vallée de la Durance (SMAVD) et le syndicat mixte interrégional d'aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer (SYMADREM). 3.3.5.1. Le syndicat mixte d'aménagement de la vallée de la Durance Le SMAVD regroupe 78 communes les quatre départements concernés et la Région. Son champ de compétence porte sur 250 km de rivières sur les 305 km de la Durance. Son budget qui représente 18 M en exécution 12 M , est réparti en trois tiers entre la Région les Départements et les communes. Son fonctionnement nécessite l'unanimité au conseil d'administration. Le SMAVD n'a aucune dette et dispose d'une trésorerie importante, 3.3.5.2. Le syndicat mixte interrégional d'aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer Le SYMADREM se compose de : · 2 Régions : Conseils Régionaux Provence Alpes Côte d'Azur et LanguedocRoussillon · 2 Départements : Conseils généraux des Bouches du Rhône et du Gard · 4 Communes des Bouches du Rhône : Arles, Tarascon, Port Saint Louis du Rhône et Les Saintes Maries de la Mer · 11 Communes du Gard : Aimargues, Beaucaire, Beauvoisin, Bellegarde, le Cailar, Fourques, Saint-Gilles, Vauvert, La Communauté de Communes Terre de Camargue (regroupant les Communes de Aigues-Mortes, Grau du Roi, Saint Laurent d'Aigouze). Le SYMADREM en tant que syndicat mixte, a pour missions, l'entretien, la gestion et la surveillance des digues, quais et ouvrages maritimes et de leurs dépendances, sauf la gestion des échanges en eau. Il réalise des études et des travaux sur son territoire de compétence, en vue d'améliorer la protection des biens et des personnes concernant les risques d'inondation du Rhône et de submersion marine. 3.3.6. Les syndicats aménageurs de rivières Le département comprend plusieurs syndicats aménageurs de rivières dont le Syndicat Intercommunal d'Aménagement de la Touloubre (SIAT), décrit ci-dessous, et le Syndicat d'Aménagement du bassin de l'Arc (SABA) Le Syndicat Intercommunal d'Aménagement de la Touloubre (SIAT), créé en 1995 et succédant à un petit syndicat de 6 communes créé en 1972, regroupe 18 communes du bassin versant de la Touloubre. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 29/101 Il est soutenu par l'agence de l'eau au titre du contrat de rivière et du programme de mise en oeuvre du SDAGE. Jusqu'en 2004, il ne disposait que d'un seul cadre et d'un faible budget de 350 000 par an. Ses principales actions concernent · la mise en place d'un suivi hydrométrique (valant appui à la prévision des crues), avec 5 stations (reprenant l'une de la DREAL) : interrogeable par le SIAT, le SPC et la DREAL ; · le recensement et matérialisation des repères de crues ; · la cartographie des zones inondables · et un certain nombre de travaux : régulation d'un ruisseau sur Pélissane (1,8M), via une rétention (protection centennale) et dérivation ; régulation d'un autre ruisseau à Lambesc (amélioration en 2009) ; confortement de berges et mise en place d'un clapet mobile sur un seuil, tout en assurant la continuité écologique (2010) ; etc.. Cependant, il n'existe aucune structure pour gérer les canaux d'Arles. 3.3.7. Le cas spécifique de la ville de Marseille Le territoire de la commune est énorme ; 24 000 ha dont 14 000 urbain ; le reste (nord et sud) étant des collines protégées. La prise en compte du risque est très forte et se traduit par un comité risque et urbanisme qui regroupe l'ensemble des acteurs : pompiers, urbanistes, etc.. environ 15 pers qui statuent sur toutes les décisions d'urbanisme, sur les risques feux, glissement terrain, inondation. Ce comité se réunit tous les jeudis et est présidé par un maire adjoint. Le résultat est une approche pragmatique, un repérage des voies inondables, des prescriptions à la parcelle sur des bassins de rétention. Il n'y a plus de coefficient d'occupation des sols mais l'exigence de 10 % à 50 % de pleine terre ou de rétention à la parcelle. L'enquête du PLU se termine ; ils ont pris en considération les plus récentes études terrain par terrain. Un PCS spécifique a été élaboré. Mais, les différents acteurs n'ont pas encore une vision globale et partagée des risques : les études de la DDTM sont en retard : il y a des refus de permis sur la base d'études non publiées et non valables compte tenu des aménagements. De même, il faut remettre à jour les études pour le risque forêt Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 30/101 4. Les outils de la prévention 4.1. L'information préventive 4.1.1. Le dossier départemental sur les risques majeurs (DDRM) Comme cela a été expliqué un peu plus haut, le DDRM a été confié lors de la réorganisation de 2007 à la DDPP qui ne dispose pas des moyens en effectifs et en compétence technique pour prendre en charge la réactualisation de ce document. De ce fait, le DDRM n'a pas été réactualisé depuis 2006 alors que les circulaires de la DGPR recommandent une réactualisation tous les 3 ans. Toutefois le document actuel est très complet et sa réactualisation ne demanderait qu'un travail limité. Ce travail devrait être confié à la DDTM (cf. 2.3.1 et 3.2.4). 4.1.2. L'information préventive communale L'action préventive en matière de risques naturels repose en grande partie sur l'action des collectivités locales. C'est en particulier le cas pour (voir aussi plus bas 4.3) : · les dossiers d'information communaux sur les risques majeurs (DICRIM) · les plans communaux de sauvegarde (PCS) · l'information des acquéreurs et des locataires (IAL) · les réunions d'information à l'initiative des maires · les documents de communication sur les risques · les études historiques ; les repères de crue Au cours de ses différents entretiens avec les maires, les responsables de syndicats, les représentants du corps préfectoral, la mission a retenu que la DDTM n'avait pas d'informations précises sur ce qui est réellement réalisé par les communes. Le SIRACED PC, conscient de l'enjeu de l'information préventive, vient juste de mobiliser un bureau d'études, le centre d'information pour la prévention des risques majeurs (CYPRES), pour établir un dossier d'accompagnement à l'élaboration des PCS. Recommandation : 7. La DTTM doit en liaison avec le SIRACED PC relancer le pilotage et l'animation de l'information préventive (DICRIM, PCS, IAL, repères de crues) Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 31/101 4.2. Les plans de prévention des risques / programmation et état d'avancement Transmis initialement par la DREAL PACA, un tableau de bord existe, complété récemment par la DDTM, avec l'introduction d'un suivi de la prise en compte dans les documents d'urbanisme. Il faut bien constater des prescriptions très anciennes de PPRN, et peu d'approbations, en particulier dans le domaine des inondations. Il a fallu par exemple, en 2010, pour les inondations du Rhône, une relance sur demande expresse du préfet. De plus, les concertations sont multiples et longues (en particulier sur la Durance, avec plus d'une centaine de réunions diverses), et pour le cas d'Arles, le préfet a même demandé une mission spécifique d'écoute des élus au sous-préfet d'Arles. Enfin, les études s'éternisent, peut-être par un souci de perfection technique : c'est le cas des études de l'Huveaune à Marseille. En conclusion, dans le département des Bouches-du-Rhône, les délais entre prescription et approbation sont trop longs et ne sont pas dans l'esprit des textes récents prévoyant un délai de trois ans renouvelable une fois9. Les services de l'État sont donc obligés de prendre des dispositions d'attente, avec des mesures provisoires : porter à connaissance en 2006 pour les bassins de l'Arc et de la Touloubre ; PPRI anticipé (conformément à l'article L562-2 du Code de l'Environnement) pour les quatre communes concernées sur le Rhône (en 2012) ; ou enfin, intégration d'éléments sur les risques dans le PLU de Marseille (2012), avis au coup par coup, par exemple en contrôle de légalité d'autorisations de construire (par exemple en Arles ou à Boulbon). Ceci fragilise le dire de l'État. Et les élus réagissent, soit pour demander instamment un PPRI (comme Aix-en-Provence par courrier de 2007, resté pourtant sans réponse à ce jour), soit pour remettre en cause les avancées (par exemple en Basse Durance), soit carrément pour attaquer l'État au Tribunal administratif contre des contrôles de légalité d'autorisations de construire (par exemple en Arles, avec annulation en première instance) ou même contre les PPRIa (communes concernées sur le Rhône, en 2012/2013). Dans ce contexte, d'autant plus tendu que les élus ne sont pas associés à la stratégie générale dans une commission départementale ad hoc, et que le DDRM est lui aussi ancien et non révisé, le porter à connaissance dans la préparation des documents d'urbanisme est donc clef : (i) en amont pour intégrer les mesures en l'attente de la finalisation des PPRN, (ii) puis en aval, pour l'intégration des PPRI dans les documents d'urbanisme (la DDTM n'assure un suivi précis que depuis très très récemment). 10 Il faut toutefois noter que la planification urbaine est relativement en retard dans les Bouches du Rhône, avec par exemple, pas de SCOT en Pays d'Aix, ni de PLU à Aixen-Provence. Globalement, la prise en compte officielle de la prévention des risques accuse un important déficit dans ce département. 11 Sous l'impulsion du préfet, les services (dont 9 Voir code de l'environnement, article R562-5, dernier alinéa (applicable aux PPRI prescrits après 2011) Voir code de l'environnement Article L562-4 et code de l'urbanisme Article L126-1 Ceci rejoint d'ailleurs le constat encore récent dans un domaine proche, d'un retard dans le domaine des plans de secours, tant généraux (ORSEC, ..) que spécifique (usines, aéroports, ...).. 10 11 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 32/101 la DDTM) accélèrent, mais sans suffisante coordination entre eux. Un point mérite maintenant une attention de la DDTM : le cas des communes soumises à plusieurs risques. Il importe en effet de mener un rapprochement des règlements (travail lancé en 2012 par la DDTM) et la superposition des cartographies (cf exemple engagé par DDTM sur une commune, Auriol). Le chantier est vaste, et il reste beaucoup à faire. De de ce point de vue, on peut citer le cas de Roquevaire : soumise à divers risques (inondations (Huveaune), Incendies de Forêts, effondrement, séisme et argiles), le maire de cette commune est inquiet, d'autant plus que le travail est d'actualité, avec le PLU à l'étude. Le maire constate que le travail de superposition des PPR va aboutir à montrer le blocage total de toute urbanisation, en particulier pour permettre la construction de logements sociaux (alors même que la commune est pénalisée par l'État du fait de son retard en ce domaine). Et la DDTM confirme qu'elle n'a pas encore assuré le recouvrement des zonages PPRI, PPR effondrement et PPRI. Une telle cartographie permettrait de démontrer l'impossibilité de construire et ainsi d'exonérer la commune des pénalités de la loi solidarité et rénovation urbaine (SRU). Compte tenu du cas un peu exceptionnel de la couverture des risques dans les Bouches-du-Rhône, et de la complexité des procédures, ne faudrait-il pas un lieu de concertation/débat technique interne à l'État ? Le directeur du cabinet du préfet, très sensibilisé et mobilisé, va plus loin en évoquant le regroupement en un service unique. (voir partie 3.2.4) Au-delà, dans certains cas, il faut passer à l'acquisition de biens désormais inutilisables : c'est le cas à Roquevaire (effondrement de terrain, du fait d'anciennes carrières de gypse), et de Niolon (effondrement de falaise en surplomb de résidences) (voir plus bas 5.3). Mais ce pourrait être le cas de la cité Gardanne à Marseille (logements sociaux en zone inondable). Il semble qu'il serait opportun de mieux coordonner ces démarches, entre DDTM, DREAL, préfecture, mais aussi services des domaines. Dans le cas de la cité Gardanne, la mobilisation en appui de l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) est peut-être à rechercher, même si, tout récemment (fin 2012, début 2013), les discussions entre DDTM, ville et organisme social semblent aboutir à des solutions simples. On peut aussi noter le cas des maisons dans les ségonnaux au nord d`Arles. Les crues du Rhône étant considérées comme lente, nul n'a pensé à lancer une démarche d'expropriation ou au moins d'acquisition en mobilisant le Fonds de Prévention des Risques Majeurs Naturels (dit « fonds Barnier »). Or, et le SDIS le confirme, ayant eu à intervenir lors des dernières crues de 2003 et 2011, ces maisons subissent des hauteurs d'eau de 2,50 m, avec des courants forts, puisqu'elles se situent au droit du resserrement entre Arles et Fourques. La mission recommande une étude détaillée, en particulier de la domanialité (au regard du domaine public fluvial) et de la légalité des autorisations, précisant l'aléa (vitesse, hauteur) et les enjeux, rappelant les interventions du SDIS, en vue de faire une proposition précise au ministère (DGPR).12 12 Ce point de danger a été récemment signalé par la mission d'appui au préfet du Rhône pour les PPRI des quatre communes concernées : Arles, Boulbon, Saint-Pierre de Mezoargues, Tarascon Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 33/101 Rapport n°008226-01 Recommandations : 8. Accélérer la finalisation des PPRN, en particulier des PPRI pour les communes concernées par le Rhône (enquêtes en 2013 et 2014), la Durance (enquête en 2013), L'Huveaune, L'Arc et la Touloubre, en se donnant un planning ambitieux de rattrapage, en affichant des échéances rapprochées et en assurant le suivi de la prise en compte dans les documents d'urbanisme ; 9. Généraliser les approches multirisques, avec une superposition des PPR concernant différents risques, pour accompagner les communes dans leur planification urbaine 10.Finaliser des dossiers d'acquisitions/destructions à Roquevaire, Niolon, Arles, voire Marseille (cité de la Gardanne) 4.3. Les DICRIM et les plans communaux de sauvegarde En l'absence de DDRM, et sans une réelle animation par les services de l'État, il est heureux de constater une mobilisation de certaines communes, très consciente de l'enjeu de l'information du public et de la préparation des crises. Le SIRACED PC vient récemment de reprendre l'initiative, en faisant appel à une association spécialisée, le CYPRES. On peut citer divers cas de bonne mobilisation locale : · Tarascon (sous l'impulsion de son maire et d'un adjoint motiÎ, assisté d'un chargé de mission dédié) a mis en place, avec le SDIS, un centre de gestion de crise, doté d'un système d'information géographique performant ; · Aix-en-Provence, et les communes du Pays d'Aix, se sont doté d'un DICRIM largement diffusé et accessible en ligne ; · Marseille réactualise ses documents en allant au-delà, dans certains quartiers très exposés (incendies + ruissellement) en envisageant des conseils de kit d'urgence ; · Arles s'est doté d'un Plan Communal de Sauvegarde précis. D'ailleurs, divers syndicats dédiés se mobilisent, tant en prévention, qu'en gestion de crise, parmi lesquels : Le Syndicat Mixte d'Aménagement des Digues du Rhône et de la Mer (SYMADREM), qui regroupe toutes les collectivités territoriales concernées, dont les deux régions, les deux départements, les communes des Bouches-du-Rhône et du Gard : propriétaire de digues, qu'il entretient, et surveille, avec l'appui de gardes digues, et la possibilité de mobiliser en crues des agents municipaux ; Le Syndicat Mixte d'Aménagement de la Vallée de la Durance (SMAVD), qui appuie les communes pour les travaux de protection et la gestion de crise, Le Syndicat d'Aménagement du bassin de l'Arc (SABA) Le Syndicat d'Aménagement de la Touloubre (SIAT), porteur d'un PAPI Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 34/101 Ici aussi, nous ne pouvons que répéter la recommandation faite plus haut de renforcer l'animation de la mobilisation pour l'information préventive et la préparation de crise par les collectivités territoriales, en privilégiant le partage d'expérience entre acteurs déjà mobilisés, et l'appui aux petites communes ou structures, dans le but de généraliser DICRIM et PCS. 4.4. Les mesures de protection et de réduction de la vulnérabilité 4.4.1. Les projets de protection contre les inondations prévus dans les PAPI, Il n'y a pas de PSR dans ce département. Et, il n'existe qu'un seul PAPI (ancien et modeste), qui concerne La Touloubre, porté par syndicat de rivière, le SIAT (précité) 4.4.2. Le plan Rhône,. Le Plan Rhône, porté par le préfet coordonnateur de bassin, assisté de la DREAL Rhône Alpes, dotée d'une mission Rhône, concerne directement le département pour la partie aval. C'est le SYMADREM (précité) qui assure la maîtrise d'ouvrage du programme de travaux défini dans le Plan Rhône-schéma sud, adopté en 2005, révisé en 2010. Dès l'actuel Contrat de Projets Interrégional Plan Rhône (CPIER) 180 M ont été mobilisés, dont 40 % d'apports de l'État, et de premiers travaux ont été mené, en particulier au nord d`Arles. Mais le niveau de mandatement est faible (20 %) et en ce moment même, il n'y a aucun chantier en cours. La récente mission d `appui au préfet des Bouches-du-Rhône pour accélérer les PPRI des communes concernées, a aussi noté ce retard inquiétant : dix ans après les crues de 2003, il reste encore beaucoup à faire pour réellement protéger les populations. Cette mission a notamment recommandé qu'un chef de projet soit désigné par le préfet, au sein de la DDTM, et qu'un comité technique réunisse les services de l'État concernés et le SYMADREM. Il est impératif d'accélérer de projet ambitieux et indispensable de protection des populations (voir plus bas 5.2.2). Il faut saluer l'existence et la mobilisation du SYMADREM, maître d'ouvrage complet. Un exemple à suivre en France, à commencer par la Durance, en faisant évoluer le SMAVD vers une plus grande responsabilisation, dans un contexte de petites communes sans moyens propres suffisants. 4.4.3. L'émergence de nouveaux PAPI.. Le Syndicat Intercommunal d'Aménagement de la Touloubre (SIAT) souhaite poursuivre la démarche et l'on note une demande récente du Syndicat d'Aménagement du bassin de l'Arc (SABA, précité). L'État a pris l'heureuse initiative de tenter d'organiser la gestion des canaux et ouvrages hydrauliques de l'arrondissement d'Arles, qui peuvent occasionner des inondations, ou Îhiculer les surverses du Rhône. Dans ce cadre, il a suscité l'émergence d'une maîtrise d'ouvrage pour un contrat de rivière, qui serait complété par un PAPI. Dans le contexte de la protection indispensable des populations face aux inondations du Rhône, mais aussi des ruissellements, notamment issus des Alpilles, de Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 35/101 la Montagnette, il importe de se donner une ambition plus forte, et de Îrifier si certaines actions ne pourraient pas relever du plan Rhône, avec mobilisation du SYMADREM. On peut se demander s'il ne serait pas utile d'engager les collectivités territoriales du bassin de l'Huveaune vers une démarche similaire, avec un PAPI. Il faut noter l'étonnante réticence du SMAVD, qui craint que l'insertion de ses actions dans un PAPI ne retardent, voire stoppent les travaux et investissements en cours, Il considère que le mieux serait d'utiliser cette procédure plutôt pour les investissements futurs au-delà de l'actuel contrat de rivière. D'une manière générale, et conformément à l'esprit de la directive cadre inondations, il convient de généraliser les PAPI dans le département. Recommandation : 11.Se doter, après une analyse systématique des enjeux inondations du département, d'une stratégie de généralisation de PAPI 4.4.4. Les orientations générales Recommandations : 12.Mieux diffuser la culture du risque et aller vers une plus importante responsabilisation des acteurs politiques, économiques et sociaux. Ceci devrait être accompagné d'une logique de co-construction avec les collectivités territoriales. Il importe donc de relancer le rôle d'animation de l'État, et pas seulement en réunissant régulièrement les commissions ad hoc (CDRM, ...), ou en soutenant la mise au point des DICRIM, PCS La priorité du Rhône a été rappelé récemment par le préfet à l'occasion de sa demande d'expertise au CGEDD. Par ailleurs, il faut répondre formellement au courrier du 26 novembre 2007 du maire d'Aix Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 36/101 5. Les considérations particulières à certains risques naturels 5.1. Les maîtrises d'ouvrage L'actuelle sensibilité des collectivités territoriales, en particulier en matière d'incendie, et plus ponctuellement en matière d'inondation, doit être soutenue et renforcée, en vue de les accompagner dans une meilleure prise en charge la défense de leur territoire, vis-à-vis de tous les risques naturels majeurs. L'État peut s'appuyer sur les bonnes pratiques de certaines de ces collectivités territoriales (voir plus haut); La mission peut évoquer cinq exemples : · Celui déjà cité de Tarascon ; · Celui déjà cité du SYMADREM, Îritable exemple de niveau national, qui assure une responsabilité complète tant de travaux, de gestion des digues, et d'intervention en crise, tant le long du Rhône, qu'en partie v/v de la submersion marine; · Celui de la ville de Marseille, et de son comité risques urbanisme, qui assure en continu la prise en compte des risques (surtout incendie et inondation) dans les opérations d'aménagement et d'urbanisme ; · Celui du Conseil Général des Bouches-du-Rhône très engagé dans la lutte contre incendies ; · Enfin celui du SMAVD, qui est un établissement public territorial de bassin (EPTB), mais dont la responsabilité reste limitée, puisqu'il n'est pas propriétaire des digues et n'en assure pas la surveillance, notamment en crues (et donc il y a des digues « orphelines »). Il s'est doté d'un dispositif très utile de recueil de données et mène des travaux de protection des populations en assistance aux petites communes de cette vallée. Opérateur Natura 2000, il envisage de porter un SAGE, au-delà de l'actuel important contrat de rivière (2008/2014, à prolonger en 2016), avec un volet inondations importants (50M). Mais cette ambition suppose une pérennisation de ses ressources : l'actuelle concession de l'État pour la Durance est déficitaire et ne s'équilibre que via une contribution volontaire des carriers intervenant en lit majeur. Cette présentation montre en revanche les manques comme la relative faiblesse de certaines structures intercommunales de prévention des incendies, ou l'absence d'une structure solide de prévention des inondations dans le bassin de l'Huveaune. 5.2. Les risques hydrologiques 5.2.1. La mise en oeuvre de la directive européenne cadre sur les inondations Dans le cadre de la directive européenne cadre sur les inondations, une large partie du Rhône va être concernée (6 « territoires à risque important »/TRI de Lyon au delta), avec une méthodologie cohérente (transposition directe par la DREAL de bassin dans le lit majeur des lignes d'eau, via une cartographie spécifique). Les risques derrière les Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 37/101 ouvrages seront pris en compte. · 2011 : le préfet de bassin, a calé les EPRI. · 2012 : il a arrêté les Territoires à risque d'inondation (TRI) (25 dans le bassin, dont 6 Rhône) · Fin 2013 : établissement des trois cartographies (aléa faible, moyen, fort) · 2014 : arrêt de la liste des stratégies locales de gestion (en // mise en consultation du SDAGE) : pour le Rhône, on dispose du Plan Rhône et des trois schémas de gestion existant (dont Rhône aval) · 2015 : Plan de gestion des risques d'inondations (en // à l'approbation du SDAGE) Il appartiendra alors aux structures locales de gestion, comme le SYMADREM ou les EPCI, de mettre en oeuvre. Ceci suppose de bien les associer. On peut noter par exemple que Le SMAVD, qui a participé à l'EPRI et aux propositions de TRI, a le souci de ne pas voir remettre en cause le travail sur le bassin versant engagé depuis des années De plus, il est essentiel d'assurer la cohérence des cartographies entre cette directive et les PPRI en cours de préparation. La DDTM s'est très bien préparée. Le TRI de Marseille sera l'occasion de relancer la mobilisation des collectivités sur l'Huveaune 5.2.2. Les inondations du Rhône : Les PPRI Rhône sont prescrits depuis 2000, mais ne sont pas encore approuÎs. Sous l'impulsion du préfet, il y a eu une réelle accélération en 2010, en s'appuyant sur les apports techniques d'une mission du CGEDD (2008 « Quevremont » ), Comme l'y autorise la loi, le préfet a décidé d'approuver des PPRI anticipés (sans enquête publique, avec concertation réduite auprès des communes, sur deux mois : novembre 2011/janvier 2012), le 29 février 2012 (suite réunion présidée par le préfet lui-même). Ceci a provoqué la vive réaction des communes concernées, en particulier avec un recours gracieux d'Arles, puis un recours/référé en octobre 2012 : le référé a été rejeté. Le tribunal administratif de Marseille s'est engagé à juger au fond au premier trimestre 2013. Les réflexions de la DDTM ont abouti dès juin 2010 à une présentation en mairies, dans un contexte déjà conflictuel à Arles. Les échanges techniques n'ont finalement pas eu lieu avec les services municipaux d'Arles (refusant la doctrine Rhône). En novembre 2010 une position État a été finalisée. Le nouveau préfet a missionné le sous-préfet, qui a remis un rapport en avril 2011. Une réunion au niveau ministre s'est tenue en présence du président du Conseil Régional et des maires. Le maire d'Arles considère que son territoire est « vitrifié » par le PPRIa ; il invoque son PLH approuÎ (pourtant, tout près du centre-ville, hors zone inondable, sur foncier public, un secteur dit des ateliers SNCF est en cours d'aménagement, mais sans aucun logement : vocation culturelle, espace naturel, ... A noter qu'il existe un autre secteur hors zone inondable : le Pont de Crau13). Le préfet a annoncé l'échéance de 13 A noter que pendant ce temps-là, en concurrence, la commune de Saint-Martin de Crau se développe aussi Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 38/101 Rapport n008226-01 l'été 2013 pour finaliser les PPRI. Une équipe projet a été constituée au sein de la DDTM pour aller du PPRIa à un PPRI à l'été 2013 (sachant qu'il n'y a pas d'échéance légale, du fait qu'il a été prescrit en 2000). Un groupe de travail technique a été créé entre ville d'Arles et DDTM. Et le dialogue a commencé avec des réunions, à ce jour, constructives. Au-delà du centre-ville et des extensions en continuité, la ville d'Arles souhaite aussi développer ses villages en Camargue. Il y a une équation non dite entre développement économique et extension urbaine. La notion de densification n'est pas dans les esprits de certains élus. Fin 2012, sur demande du préfet, la ministre en charge de la prévention des risques a demandé une mission d'appui au CGEDD, afin d'accompagner la mise au point des PPRI. Elle a remis ses conclusions en mars 2013. La présente mission a été surprise d'entendre au sein de l'État un questionnement sur la validité juridique de la doctrine Rhône. Or, littérature administrative non opposable, c'est simplement un document technique de cohérence, au vu de l'état de l'art, ayant pour objectif un traitement à égalité des citoyens le long de l'axe du Rhône. L'ignorer, pour un préfet, dans la préparation d'un PPRI, pourrait en fait éventuellement être considéré comme une erreur manifeste d'appréciation. Bien sûr, ce sont les PPRI, soumis à enquête publique, seuls documents opposables aux tiers, qui ont une valeur juridique. Cependant, à l'écoute des interrogations, peut-être faudrait-il en extraire des éléments forts, et les traduire réglementairement (par exemple dans le code de l'environnement) ? D'ailleurs, il serait de bonne politique, sept ans après son adoption, d'examiner son éventuelle actualisation, en en profitant pour traiter certains manques, comme celui de la pérennisation et de l'encadrement de l'agriculture dans les ZEC, ou préciser mieux les priorités entre protection des personnes et préservation des biens (pour lesquels une logique relevant plus du champ économique serait à explorer). 5.2.3. Les inondations de la Durance La Durance est une rivière interdépartementale, avec 19 PPRI prescrits, dans le département des Bouches-du-Rhône (tous ces PPRI ont été re-prescrits en 2011, tout en conservant une cohérence technique). La phase de concertation officielle peut commencer, elle a été prévue avec des réunions publiques intercommunales. Fin 2010, des présentations avaient été faites aux élus, suivi d'un PAC, qui avait provoqué des réactions, dont celle du maire de Château-Renard, avec échanges de lettres et réunions. Le sous-préfet d'Arles et celui d`Aix ont mené une mission d'écoute début 2012. Un courrier de tous les élus a reçu réponse du préfet, après mai 2012. Cette réponse a rappelé le cadre. Dès septembre 2012, les sous-préfets ont rencontré les élus les uns après les autres pour leur remettre les documents, pour avis avant mi-novembre, et annoncer le lancement de la concertation officielle. Le sous-préfet d'Arles, par exemple, a fait le Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 39/101 tour de tous les maires, pour informer et écouter, appuyé par un cadre de la DDTM, avec visite de terrain à chaque fois. A chaque fois, le dialogue s'est ouvert pour adapter le projet de zonage, au regard des attentes locales, sans remettre en cause la doctrine. Ce travail fin a permis des avancées, permettant de finaliser la version État du projet de PPRI. Ceci s'est terminé à l'automne 2012, par une série de rencontres sous-préfet + DDTM pour remettre à chaque maire une mouture quasi définitive. Ceci a été apprécié. Pendant ce temps, coté Vaucluse (où il y a la majorité des problématiques du développement urbain), la DDT 84 a fait évoluer la carte d'aléas, avec anticipation de création d'ouvrages (dès 2007, alors même qu'ils ne sont toujours pas réalisés), ceci aboutissant à des décalages. Il a donc fallu caler le langage commun pour les deux rives, avec l'appui d'un bureau d'études de communication commun (objectif de faire des panneaux d'exposition communs). Et surtout, que la DDTM veille désormais à ne plus accompagner des évolutions sans cette cohérence. Les deux DDT souhaitent aboutir à un accord des deux préfets, avant de lancer effectivement la concertation. L'objectif affiché fin 2012 prévoyait des expositions puis des réunions dès début 2013, et en parallèle la consultation des personnes associées, afin de mener l'enquête publique au plus tard à l'été 2013. Mais ceci est tendu. La démarche TRI doit aider à la cohérence. Reste la problématique posée par les élus, dont du SMAVD : pourquoi avoir des digues si l'on ne peut pas construire derrière ? Les élus du SMAVD considèrent que les PPRI sont une procédure totalement complémentaire au confortement des ouvrages en cours. Mais ils stigmatisent la lourdeur, en rappelant que la procédure a été lancée il y a plus de dix ans, avec un nombre « astronomique » de réunions (plus d'une centaine). Ils relèvent les difficultés avec les interprétations par les services de l'État : par exemple non prise en compte des autoroutes (A7 et A51) comme ouvrage sûr. Les élus ne comprennent pas que, après avoir pris la responsabilité de toutes les digues (les communes ont repris la propriété des digues, et en assure la gestion avec l'appui du SMAVD), et les efforts financiers faits, on ne permette pas d'assurer l'urbanisation. Ils citent par exemple le cas de Château Renard où il y a eu un investissement lourd pour une digue résistante à l'aléa de référence (RAR) (15 M de travaux), mais sans aucune possibilité d'ouverture au développement de zones économiques. Les échanges techniques avec les services de l'État sont bons (même si le SMAVD s'étonne de la non utilisation par les services de l'État des modèles 2D, récemment mis au point et largement utilisés. D'ailleurs le SYMADREM s'interroge de même), mais la doctrine apparaît rigide, et les élus ont le sentiment que la concertation n'est que factice, se limitant de fait à de l'information. Les élus sont certes plus conscients aujourd'hui, du fait des crues récentes et récurrentes. Donc, clairement, ils ont compris qu'il fallait éviter de construire des logements en zones inondables. Mais ils s'interrogent plus sur les quelques cas de zones économiques (cf Cadenet). Le président du SMAVD considère qu'il faudrait plutôt travailler en finesse au cas par cas. Ces positions n'évolueraient-elles pas si le SMAVD acceptait de voir évoluer et s'élargir ses responsabilités, au-delà de la simple réparation des digues (notamment vers une gestion complète de l'ensemble des ouvrages de protection) ? Jouant pleinement un Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 40/101 rôle d'EPTB, prenant en charge un PAPI, permettant, de par sa compétence géographique, d'aider à l'émergence d'une vision partagée du risque, cohérente entre les deux rives, étant pleinement associé à la mise en oeuvre de la directive inondation, le SMAVD pourrait devenir un acteur clef et proactif de la prévention des risques et de la protection des populations. Conformément à la recommandation n°6, il faut mener à bien, en Durance, rapidement les enquêtes publiques permettant d'approuver les PPRI en Durance bien avant fin 2013, et accompagner et soutenir, l'élargissement des compétences du SMAVD, afin d'en faire un outil fort et complet de la prévention des risques et de la protection des populations. 5.2.4. Les inondations à Marseille, et de l'Huveaune La ville de Marseille est soumise aux inondations de divers fleuves côtiers (dont l'Huveaune, les Aygalades, le Jarret) et au ruissellement urbain, sans parler du ruissellement provoqué après incendie dans les massifs proches, l'absence d'arbre laissant les boues liquides se déverser par temps d'orage sur les quartiers en contrebas. L'Huveaune a connu une crue importante en 1978. Dans ce contexte, un état des lieux hydrologique a permis de caler les débits à prendre en compte. En 1998, la Ville a établi une étude pour caler la crue centennale, et a intégré les éléments au POS, en identifiant aussi le risque de ruissellement (en particulier en repérant les axes routiers à risque). Mais la grille d'aléa ne correspond pas à la grille nationale. En 2000 et 2003, la ville a subi de fortes inondations par ruissellement (avec un mort). L'État a donc prescrit, fin 2003, un PPR inondation sur l'ensemble de la ville (Huveaune, Aygalades, Jarret, et ruissellement). Une étude confiée au Centre d'études de l'Équipement (CETE) Méditerranée en 2005 a remis en cause les éléments alors pris en compte par la commune sur la caractérisation du ruissellement. Une nouvelle étude du CETE, menée en liaison avec le Laboratoire central des Ponts et Chaussées (LCPC) en 2009 (méthode reprise aujourd'hui pour la directive inondation) sert de base à la DDTM pour caractériser l'aléa, en se recalant sur les éÎnements 2000 et 2003 (avec des débits constatés comparables à ce qui s'est passé ailleurs). Les premiers résultats ont été présentés à la ville fin 2012. Et, parallèlement, une étude hydrologique sur l'Huveaune en cours, avec modélisation, dont les résultats sont attendus au premier semestre 2013. Pour les Aygalades, la ville disposait d'études dès 1998. La ville prévoit un recalibrage à l'aval. Mais il y a divergence entre la DDTM et la Ville sur le niveau de débit à prendre en compte. De plus, il faut prévoir l'extension d'aménagement dans le cadre du projet Euro-méditerranée. Dans le cahier des charges, l'aspect hydraulique a été intégré, dans une optique de redonner de l'espace au fleuve. Des études hydrologiques ont alors été menées sur le bassin versant, confirmant les orientations de débit de la DDTM. Toutes ces études sont très longues, et la ville de Marseille non seulement s'en étonne, mais considère que des approches plus pragmatiques seraient pertinentes, sachant qu'à chaque évolution de l'urbanisation, le ruissellement évolue. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 41/101 Toujours est-il que l'État ne semble pas en mesure d'approuver un PPRI sur Marseille avant 2014 ou 2015. Certains s'interrogeraient donc sur l'opportunité d'arrêter rapidement un PPRI anticipé. En l'attente, dans le cadre du PLU arrêté en 2012, la DDTM a obtenu la prise en compte des inondations de l'Huveaune, avec des inconstructibilités, mais la zone inondable n'apparaît pas fiable. Le PPRIa pourrait permettre aux particuliers de recevoir des aides pour réduire leur vulnérabilité. Pour le Jarret, au regard des difficultés en amont (Château Gombert), la Ville avait souhaité des compléments, mais ceci n'a pas été retenu par l'État dans l'avis après arrêt du PLU. Pour les Aygalades, le différend reste sur la zone inondable. Sans éléments, la DDTM n'a pas réagi en avis après arrêt. La DDTM attend donc la modification du PLU qui sera nécessaire pour Euro-méditerranée. Pour limiter le ruissellement, la Ville considère que des travaux de bassin de rétention ne semblent pas nécessaires (rapport coût/efficacité) ; ce sont les règles du schéma directeur pluvial imposées par la Ville qui permettront d'intervenir Mais, la réalisation si progressive d'aménagements au coup par coup, au fur et à mesure d'opérations d'aménagement risque de s'étaler sur des dizaines d'années. Il y a là un décalage entre le risque aÎré et la prévention affichée. Enfin, il faut évoquer le cas particulier de la Cité HLM de la Gardanne, située en zone inondable de l'Huveaune. L'office HLM a récemment proposé la vente aux locataires de maisons de très faible valeur. Mais, un particulier a saisi le préfet, qui a donc demandé, en 2011, l'arrêt des ventes, du fait du risque inondation. Le mur antibruit réalisé récemment par l'État au droit de l'autoroute peut apparaître comme ayant aggraÎ le risque. Par ailleurs, en face, de l'autre côté de la rive, des particuliers ont construit des murs de protections renvoyant les flux sur la cité (sans réaction, semble-til, de la police des eaux). La position de la DDTM a donc été de rechercher la démolition des maisons exposées au risque inondation, mais s'est heurtée au refus de l'office. L'expropriation serait nécessaire, mais n'est pas légale, du fait que l'on est sur un cours d'eau à crue lente. Le code de l'environnement au titre du risque ne permet pas d'intervenir. Un temps, l'idée d'une intégration dans une opération du type de l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) a pu être envisagée. Un compromis pourrait être trouÎ avec démolition au moins dans la zone d'aléa fort. Une étude de vulnérabilité est en cours, et des contacts fructueux ont eu lieu entre la DDTM et la ville dès fin 2012. Recommandation : 13.Sur Marseille, où le risque inondation est fort, tant du fait des divers fleuves côtiers, que du ruissellement urbain, il est urgent de stabiliser la prévention des risques, d'une part en accélérant la finalisation des études si possible dès 2013 et, d'autre part, en liaison avec la ville, très mobilisée, en envisageant sans attendre un PPRI anticipé. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 42/101 5.2.5. Les autres problématiques d'inondation propres aux Bouches-duRhône Le département des Bouches du Rhône présente quelques caractéristiques locales, à prendre en compte dans la stratégie de prévention des inondations : · La question du ruissellement est importante, tant à Marseille que dans l'ensemble du département, car récurrente et prégnante, et comprise par les élus. Dans l'optique de mieux intégrer cette problématique dans l'urbanisation. Il faudrait vraisemblablement plus travailler concomitamment PPRI et PLU, car la méthode de porter à connaissance ne permet pas le dialogue et une vraie coélaboration/appropriation entre les élus et l'État (dans une approche cohérente aménagement + risques). · Le département, en particulier à l'ouest dans l'arrondissement d'Arles, est sillonné de canaux et ouvrages hydrauliques, pouvant provoquer des débordements et inondations, ou pouvant (cf cas du Rhône) accélérer des écoulements en cas de crues de fleuves et rivières. Au-delà de l'excellent travail engagé par la DDTM sur Arles, tendant à faire émerger une maîtrise d'ouvrage, puis à aller vers un PAPI et un contrat de canaux, il serait utile d'avoir un état plus systématique de l'enjeu sur tout le département, et de se doter d'une stratégie spécifique. Elle serait utilement débattu dans un lieu départemental dédié au débat et à la concertation sur la prévention des risques. · Submersion marine : l'enjeu se situe sur le littoral sableux, en Camargue, en continuité avec le Gard. Ce territoire bénéficie d'une protection ancienne par la digue à la mer (construite au XIXème siècle par des propriétaires priÎs, dont la Compagnie des Salins du Midi), gérée par le SYMADREM (sauf au sein des salins). En 1982, à la suite d'une tempête qui a détruit des ouvrages au droit des Saintes Maries de la mer, le SYMADREM s'est lancé dans la réalisation d'un dispositif de protection (épis, ..., avec financement par l'État à 40% via contrat de plan). Ces ouvrages ont permis de fixer le trait de côte. Mais à l'est du village, il reste un risque de contournement de la submersion marine, via la digue à la mer. Il faudrait protéger cette digue par rechargement de la plage. En vue de préparer un PPR submersion marine, la DDTM a fait étudier la recherche de l'aléa de référence, avec un niveau d `eau (sur base de recueil historique). Les communes ont été consultées. Le niveau a été fixé à : 1,50 m NGF + 0,20 (de prise en compte du changement climatique, pouvant aller à terme à 0,60). Cependant, des divergences subsistent au sein des services de l'État pour la détermination de ce niveau. Puis a été établie une cartographie des déferlements de la houle, à dire d'experts, qui mériterait confortement par modélisation.: Recommandations : 14.Faire un point général sur l'enjeu du ruissellement urbain dans le département, et mettre au point une méthode d'accompagnement des communes dans la prise en compte de ce risque dans l'élaboration ou l'évolution de leurs documents d'urbanisme ; 15.Faire un point général sur l'enjeu des risques inondation des canaux et ouvrages hydrauliques et soutenir l'émergence d'entités publiques en capacité de gérer ces ouvrages, en étudiant les modalités de protection contre leurs risques d'inondation, Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 43/101 notamment avec en lançant des PAPI et/ou contrats de canaux ; 16. Caler la position de l'État, en liaison avec les communes concernées, sur l'enjeu submersion marine en Camargue et accélérer la mise au point de PPRI submersion marine (en liaison avec la problématique d'inondation du Rhône, en particulier dans la secteur des salins). Être particulièrement attentif aux contradictions pouvant exister (pas forcément du fait de la DDTM 13) entre les cotes de crues des PPRi ou les cotes d'immersion entre les différents départements. 5.3. Les risques de mouvements de terrain Le risque d'effondrement soit lié à la dynamique de massifs calcaires, soit aux conséquences d'exploitations de carrières souterraines, se retrouve en différents points bien identifiés du département, dont plus particulièrement sur la commune de Roquevaire (anciennes carrières de gypse) et sur la Côte Bleue (effondrement du tunnel fluvial du Rove, effondrement de la falaise de Niolon). 5.3.1. Le cas de Roquevaire : A la suite de l'exploitation de carrières souterraines de gypse, exploitées dès le XIXème siècle, la commune a subi de premiers effondrements dès les années 1940, aggraÎs dans les années 1980, puis 2000, avec des progressions très rapides. Un PPR effondrement a été approuÎ en 1999. Les affaissements déclenchent de plus des glissements de terrain. Le périmètre de sécurité, base d'expropriation, risque de devoir être étendu, si l'on n'arrive pas à circonscrire le problème (ne serait-ce qu'en évitant la coupure d'un accès unique à certaines habitations). L'eau est en permanence dans les galeries. La DDTM s'appuie sur un maître d'oeuvre, en vue d'éventuel confortement des piliers (le foudroyage étant exclu) et/ou de terrassement. Ceci devrait permettre la prise d'un arrêté de mise en sécurité du site, avec démolition des constructions expropriées. Le CETE, l'Institut national de l'environnement et des risques (INERIS) et le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) travaillent à l'instrumentation du site. Les expropriations ont commencé en 2004, avec appui d'un avocat (une entreprise, une copropriété, une maison et des terrains). Toutefois, deux dossiers sont encore en appel, pour contestation des indemnités (avec consignation de crédits à la Caisse des Dépôts et Consignation). Les procédures sont lourdes, sans compétences spécifiques au sein de la DDTM (surtout depuis la scission avec les services routiers). Les démolitions sont à engager : le marché est prêt, et la réalisation est prévue en 2013. Le maire s'étonne des délais et lenteurs. Il serait favorable à l'hypothèse d'un comblement des cavités, ce qui nécessite une étude hydrologique. Il s'étonne du flou des études et du fait que des capteurs aient été mis en place sur site, mais non reliés et réellement utilisés. D'autre part, il dit ne pas être informé des disponibilités des crédits nécessaires à ces interventions. Au sein de la DDTM, mettre en sécurité un site n'est pas nécessairement combler. Mais le maire demande au contraire une décision définitive, le comblement permettant Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 44/101 de reprendre un aménagement du secteur. Par ailleurs, dans la partie non expropriée, la ville pompe tous les jours (400 m3), mais sans raison apparente : personne ne peut dire à quoi sert le pompage ou son arrêt. L'exaspération du maire croît du fait que la commune est de plus soumise à d'autres risques : inondation, incendie. Il ne conteste pas l'utilité de PPRI, mais demande de la cohérence, et surtout des décisions rapides, permettant d'envisager de manière stable l'évolution du développement communal. Recommandation : 17.Accélérer les études concernant les mouvements de terrain à Roquevaire, en vue de prendre rapidement des décisions, en liaison avec la commune, tant d'interventions (démolition de constructions, confortement ou comblement des carrières) qu'en termes de documents de prévention, dans une approche multirisques. Une programmation devrait utilement être définie. 5.3.2. Le Rove Une falaise domine une calanque (de la Vesse) et est très fracturée, avec des chutes de blocs, menaçant directement des cabanons (illégaux) en pied. Une étude de caractérisation de l'aléa a confirmé que c'est un aléa fort. En 2009, le maire a pris un arrêté de péril, et désormais l'accès est interdit aux cabanons menacés. L'arrêté a été attaqué, mais confirmé en appel. La DDTM a mobilisé le CETE pour voir si le confortement est possible : partiellement possible, mais sans garantie à moyen terme. Le Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres (CELRL), propriétaire de la falaise, a demandé en 2009 une estimation des cabanons : 300 000 le cabanon ! Puis il a lancé une procédure amiable avec les douze propriétaires : sept ont donné leur accord. Le CELRL a priorisé l'achat des résidences permanentes et a acheté un premier cabanon et l'a démoli. Mais, le statut du CELRL ne permet pas l'acquisition dans un tel cas. Dès lors, il s'est arrêté, et les propriétaires ont attaqué. D'où l'idée d'une reprise par l'État. La DDTM a redemandé en 2011 une estimation au service des domaines : 150 000 par cabanon. Un accord a été donné par la DGPR pour des acquisitions amiables ou expropriations, sur la base du fonds Barnier. La DDTM a mobilisé en septembre 2012 un bureau foncier priÎ spécialisé. La situation juridique est complexe. 5.4. Le risque séisme Le département des Bouches du Rhône est soumis au risque de séisme, en particulier dû à une faille en vallée de Durance. Au début du XXème siècle, un tremblement de terre a fait des victimes au nord du département. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 45/101 Actuellement , il existe 26 plans de prévention des risques sismiques (PPRS) approuÎs. Toutefois, l'évolution récente des textes, en particulier le décret du 22 octobre 2010, a amené la DDTM à saisir la DGPR (courrier du 12 avril 2011) concernant la fiabilité de ces PPRS et la stratégie à adopter pour la prise en compte du risque sismique dans les documents d'urbanisme. Considérant que la question se pose au delà du département, le préfet évoquait l'utilité d'un cadrage national. Ce courrier est sans réponse à ce jour. Recommandation pour la DGPR : 18.(DGPR) : Finaliser rapidement la réflexion nationale sur la prise en compte du risque séisme dans les documents d'urbanisme, (et apporter une réponse au courrier du préfet de région, préfet des Bouches du Rhône sur ce sujet, en date du 12 avril 2011). 5.5. Les feux de forêt Les feux de forêt constitue un risque permanent sur l'ensemble du département, et les populations, donc leurs élus sont très sensibilisés, mais avec une propension à privilégier la préparation et la gestion de crise à la prévention. Les services de l'État et le Conseil Général jouent un rôle majeur. Il faut toutefois noter le cas particulier de Marseille, qui dispose d'un corps spécifique de lutte contre les incendies, avec le bataillon des marins pompiers. (cf.3.3.3) On distingue habituellement l'aléa induit (éclosion d'un feu à proximité/à partir de zones urbaines ou d'infrastructures, et se diffusant dans les massifs) et l'aléa subi (le feu qui se déclare dans un massif qui menace les zones urbanisées). La très forte urbanisation du département crée une grande vulnérabilité, mais aussi un facteur d'aggravation de l'aléa avec de nombreux départs de feux issus des secteurs urbanisés. Le problème spécifique dans les Bouches du Rhône est en effet surtout l'interface urbain/forêt, avec des risques de départs multiples mobilisant au même moment les forces et donc les affaiblissant, avec aussi des problèmes d'accès à ces franges urbaines. L'enjeu prend une dimension supérieure avec le cas spécifique de grandes zones commerciales et la problématique d'évacuation ainsi qu'avec celui des installations industrielles (Fos, ...). On compte encore 400 départs de feux chaque année. Au final, cependant, on note actuellement de bons résultats, avec très peu de maisons brûlées, une faible surface en hectares brûlés (sur les 180 000 hectares de forêts) et des non extensions de feux, directement liées à une bonne organisation. Mais de grands feux peuvent revenir, ne serait-ce que par malveillance (cf Orgon en 2012) ou accident, ou avec des comportements inadaptés : 95% des feux sont d'origine humaine dans ce département. La prévention passe par : · La cartographie des risques et des mesures de limitation de la constructibilité ; · La prévention en site, avec surveillance, primo-intervention, en liaison avec le Conseil Général (SDIS, forestiers-sapeurs), et parfois des comités communaux feux de forêt, avec des vigies, des Îhicules, ... Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 46/101 Trois volets : · Saisonnier : avec réglementation (arrêté préfectoral annuel) des accès en période estivale et information en continu des usagers (symbolique noir, rouge, ...) suivant les conditions météo : la DDTM élabore l'arrêté préfectoral (ordre d'opération) en liaison avec l'ONF, le SDIS et la direction de l'environnement du Conseil Général, les communes concernées. La DDTM est aussi partie de la mise en oeuvre, avec des astreinte de personnel ; · Équipement des massifs, via les Plan Intercommunal de. Débroussaillement et d'Aménagement. Forestier (PIDAF) portés par des EPCI et syndicats dédiés (avec aides de l'État, de l'Union Européenne, du Conseil Régional et du Conseil Général) : la DDTM propose l'évolution de l'organisation, prépare la programmation des aides à la protection de la forêt, via une stratégie départementale, anime un comité technique (ONF, SDIS, CGal, ...) et un comité financier; · Diminution de la vulnérabilité : écobuage, débroussaillement (pour diminuer la masse combustible), PPRIF. La DDTM prépare les arrêtés encadrant les pratiques, prépare les PAC, ainsi que les PPRIF, et enfin organise la sensibilisation du public et un plan de contrôle départemental des débroussaillements, en liaison avec les maires (les agents municipaux n'étant assermentés pour ce faire que depuis juillet 2012 via la réforme récente du code forestier). La DDTM aide les maires à prioriser leurs actions, avec un outil élaboré avec le SDIS et l'ONF, sur la base d'une étude CEMAGREF (cartographie repérant les bâtis en fonction des priorités). La DDTM a su s'organiser, en intégrant le pôle forêt au sein du service en charge de l'urbanisme (Service Urbanisme/SU). Elle analyse les éÎnements les plus importants et travaille alors à déterminer les priorités d'action, dont les PPRIF (cf cas de la Côte Bleue, suite incendie de 2010). Pour chaque incendie, une fiche de retour d'expérience est établie.14 Un Plan de Défense des forêts Contre les Incendies (PDFCI) a été approuÎ en 2009 par le préfet, pour 7 ans. Par ailleurs, une déclinaison de la feuille de route forêt ministérielle est faite au niveau régional (DRAAF) et départemental (DDTM), avec accent sur les incendies. La DGPR et la DREAL sont peu présentes. Hors PPRIF, les porter à connaissance pour les documents d'urbanisme s'appuient sur un règlement départemental (en liaison étroite avec le SDIS 15). Le risque doit apparaître dans les documents graphiques et règlements des documents d'urbanisme. Dans les zones d'aléa fort, l'État prône une doctrine claire : pas de constructions nouvelles. Ceci incite donc à l'urbanisation dans la continuité, avec les aménagements adaptés pour les interventions (accès, points d'eau, ...). Un ciblage particulier est fait sur les établissements recevant du public (cf cas du collège de Cassis dans le massif 14 Cette excellente pratique du retour d'expérience serait utile à généraliser à tous les éÎnements liés à un risque naturel, comme les inondations par exemple NB : pour Marseille, il semblerait que le Bataillon des Marins Pompiers apparaisse trop dépendant de la ville, et qu'il accepterait trop des conditions dégradées d'accessibilité et de points d'eau. Ce qui est clair, c'est qu'il n'y a pas d'harmonisation des conditions de défendabilité au niveau du département, avec cette exception de Marseille. Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 47/101 15 Rapport n°008226-01 des Calanques). 9 PPRIF sont prescrits, avec 1 à l'enquête publique (Auriol). 1 en consultation des personnes publiques (Carnoux). 3 avec zonages affinés (Allauch, Cassis, Trets), mais avec des réticences des élus à poursuivre : la DDTM va mobiliser le préfet. La DDTM rappelle qu'il ne faut pas oublier que les incendies de forêts ne sont pas considérés juridiquement comme des catastrophes naturelles. Ceci entraîne pour conséquence en termes d'assurances qu'il n'existe pas d'indemnisation de constructions en zone rouge incendies pour permettre de reconstruire ailleurs que dans cette zone ! Ceci pose problème lors de la mise en place des PPRIF. La DDTM veille donc à limiter l'inclusion de constructions existantes en zone rouge. De plus, il n'y a pas d'aides pour l'adaptation de maisons (par exemple : remplacement de volets en plastiques par des volets en bois, ...). Dans certains cas (cf Auriol), la DDTM superpose les différents PPR : PPRIF, PPRI. Mais c'est de l'initiative d'un agent. Il n'y a pas à ce jour de démarche généralisée et systématique de superposition des PPR (voire de travail sur les symboles) dans la DDTM. Un travail spécifique a été demandé en 2012 à une stagiaire de comparaison de règlement de PPR (PPRI, PPRT, PPRIF, PPRMT). Les résultats montrent des convergences fortes, mais encore des contradictions à traiter (sur les enjeux par exemple, puis donc les règlements). La notion de défendabilité reste spécifique aux PPRIF. Cas particulier de Marseille : un test de zonage sur 9 quartiers a été tenté. En fait, avec la ville, il n'y a aujourd'hui qu'un travail purement technique depuis trois ans, et jamais les élus n'ont été mobilisés. Il va donc bien falloir passer au niveau politique. La présence de sites classés pose des problèmes pour les débroussaillement et la mise en place d'accès DFCI. Ceci suppose un travail avec la DREAL et le Parc National. Le PIDAF n'a jamais été porté dans les Calanques : ce peut être une mission pour le Parc National des Calanques. Dans le cadre du PLU, la DDTM a demandé d'intégrer la carte l'aléa. La ville voulait en fait s'en tenir à un zonage plus étroit, sur la base de données du Bataillon des marins pompiers (BMP). La DDTM a affiné, dans le cadre des études du PPRIF. Ce zonage a été repris dans le PLU. Puis la DDTM a travaillé sur l'aspect équipements (voirie, point d'eau). Des prescriptions du BMP n'ont même pas été reprises dans le règlement du PLU. La DDTM a donc émis des réserves importantes dans l'avis officiel, en ciblant les zones de franges (Calanques, ...). Il conviendra donc de revenir sur cette question à l'occasion du PPRIF. Mais, vu le contexte et la complexité, la DDTM ne voit pas d'aboutissement du PPRIF avant 2015.16 En ce qui concerne l'intervention en crise, sous l'autorité du préfet et coordination du SIRACED PC, le SDIS joue le rôle majeur, et dispose de moyens conséquents. Il travaille avec l'entente interdépartementale (établissement public depuis la loi de 2004): cartographie (harmonisation), appui technologique (aide à mise en place du portail SDIS), formation (avec le centre régional à Valabre/13). 16 Un cas problématique : le plan campus de Luminy, qui n'a pas du tout pris en compte le risque incendies. Divers échanges de courriers entre le préfet et le président de l'université évoquent ce sujet. Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 48/101 Rapport n008226-01 Conformément aux orientations nationales, sur l'attaque des feux naissants, il mise sur un dispositif d'intervention rapide (6 à 7 minutes) par des patrouilles, avant l'intervention lourde. Les groupes d'intervention sont prépositionnés face aux zones à risques. Des renforts sont prévus. Des travaux d'accès importants ont été faits, avec des pistes, complétés par une trentaine de vigies, et la mobilisation de 300 personnes sur sites (1/3 du temps des forestiers sapeurs en surveillance d'été). Le SDIS veille au broyage des sous-bois, y compris en lutte (accès et limitation du combustible) et aux travaux de débroussaillement (Le Conseil Général donne l'exemple avec 1,5 M / an sur les routes départementales, ceci en complément des obligations légales des propriétaires17). En cas de crise, est mise en place une direction des opérations de secours, au départ le maire, puis très vite le préfet (via le directeur de cabinet). Le SDIS procède, avec l'appui du Conseil Général, sur trois volets : · Attaque des feux naissants : détection (30 vigies avec personnels départemental, de l'ONF, du SDIS ; patrouilles, systèmes automatiques et de vidéosurveillance, avion de surveillance chaque été), avec l'appui des comités locaux feux de forêts (faisant aussi de la sensibilisation des populations) et intervention rapide (le SDIS a sorti les pompiers des casernes, pour les mettre en pré-positionnement, en les répartissant en dix groupes), avec des équipes sur terrain avec petites cuves (intervention dans les 6 à 7 minutes), avec hélicoptères bombardiers d'eau. L'État complète par des avions sur départs de feux. · Limitation des développements catastrophiques : c'est le cas des 3 à 4 % des feux naissants non maîtrisés. Il est essentiel de compartimenter les massifs : c'est assez naturellement le cas dans les Bouches-du-Rhône. Mais la disparition de terres agricoles supprime des coupures : les friches n'arrêtent pas les feux. Les types de cultures ont un rôle, avec importance de l'entretien de ces terrains. La déprise agricole en cours accentue la problématique. Il est essentiel d'assurer un cloisonnement interne aux massifs via les réseaux de piste et les coupures (sylvo-pastoralisme : travail avec la Chambre d'Agriculture). A noter un avantage géophysique particulier au département : les massifs y sont perpendiculaires aux vents (situation différente dans le Var). · Réhabilitation des sites : éviter l'érosion (du fait des nombreux orages), couper les arbres après incendies, mettre des fascines, voire, après quelques années, éventuellement des plantations de complément (mais après avoir laissé faire la repousse naturelle).... Le Conseil Régional et le Conseil Général subventionnent les syndicats de massif ou acteurs locaux (comme les Parcs Naturels Régionaux (PNR). Le SDIS veille particulièrement à la sécurité de ses personnels : depuis le début des années 1990 il a procédé à la généralisation de dispositifs de sécurité sur les Îhicules (visibilité des Îhicules en zones de fumées, protection des pneus, renforcement des pare-brise, arriÎe d'air frais, ...) et sur les personnes (masques de fuite, ..). La politique d'attaque rapide sur feux naissants a diminué les grands feux, et donc l'habitude des pompiers à y faire face. Dans la nouvelle (2013) école départementale des plateaux techniques permettront des mises en situation. Les formations sont 17 NB : C'est le maire qui doit faire respecter. Or Les maires n'assument pas tous ce suivi, source de difficultés avec les propriétaires. Le SDIS considère que les textes auraient dû s'en tenir à la coresponsabilité de l'État et du maire. Les maires n'assument pas tous ce suivi. Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 49/101 Rapport n°008226-01 désormais très précises suivant les fonctions des personnels. Le département bénéficie de plus de la récente installation de l'école nationale des officiers de sapeurspompiers (Vitrolles, plateau de l'Arbois). Mais tout ce dispositif repose sur un travail préalable des communes, ou plutôt de syndicats de massif, qui portent des PIDAF ou « plans de massif ». Les travaux sur les pistes ne seront pérennes que s'ils sont assortis de servitude, en particulier d'entretien, or il n'y a pas de statut juridique des pistes forestières. Il importe qu'une réflexion soit donc menée sur le portage des servitudes indispensables pour maintenir une qualité d'usage essentielle en intervention. Recommandation : 19.Accélérer la mise au point des PPRIF, en se donnant une programmation Comme proposé dans la recommandation 7, il faut travailler à la cohérence des PPRIF avec les autres PPRN sur les communes soumises à plusieurs risques 5.6. Les campings dans les zones à risque Le département compte 46 campings soumis à risques, sur les 72 autorisés dans le département. Le directeur de la DDPP est très conscient de l'importance de l'enjeu et a relancé les visites systématiques, tous les trois ans. Une sous-commission campings a été constituée. 0,5 ETP sont mobilisés sur cette thématique. Une vingtaine de campings ont été vus en 2012. Cette tâche est très reliée aux compétences tant ERP que sécurité de produits (aires de jeux, ...). Il faut que les citoyens (clients des campings) aient l'information sur les risques et la sécurité. A noter toutefois que la DDTM n'est pas associée, et, en particulier, elle n'est pas sollicitée sur l'existence de PPRI concernant les territoires des campings concernés. A noter deux cas sensibles : le camping de Tartarin à Tarascon, dans les Ségonaux du Rhône ; le camping sauvage sur la plage de Piemanson en Camargue. La récente mission du CGEDD sur les PPRI du Rhône formule des recommandations précises. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 50/101 6. Les risques hydrauliques Le contrôle des barrages et digues contre les inondations (depuis 2010) relève du service énergie, construction, air et barrages de la DREAL (SECAB). Le service mobilise 6 ETP pour la région PACA. Ce qui est suffisant. La problématique digues est plus récente et une formation semble nécessaire pour ce volet. Le suivi des barrages était assuré en DDE jusqu'en 2009, avec une personne très compétente. La Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt (DDAF) s'était mobilisée pour recenser les digues, mais a stoppé le travail à la sortie du décret de 2007. C'est la DREAL qui a remis en chantier le recensement, en obtenant des crédits DGPR pour la DDTM : acheÎ à l'été 2012 (hors axe Rhône). L'enjeu aujourd'hui est de trouver des gestionnaires. C'est la priorité, avec finalisation du classement. La circulaire de juillet 2010 confirme que c'est bien le service de police des eaux qui propose le classement, la DREAL validant et contrôlant. Le recensement des digues maritimes a été fait avec appui du CETE Méditerranée : en fait peu d'ouvrages. A noter, sur le Rhône, le dépôt récent par le SYMADREM d'un dossier d'autorisation de travaux sur les quais d'Arles, en amont et en aval, à soumettre au comité technique permanent des barrages et ouvrages hydrauliques (CTPBOH), venu sur place en février 2013). La DREAL Rhône Alpes (qui assure désormais, depuis janvier 2013, la police des eaux sur le fleuve, en lieu et place de l'ancien Service de la Navigation Rhône Saône) a reçu le dossier, en tant que guichet unique police des eaux, puis la DREAL PACA, service de contrôles (sous autorité du préfet de département) instruit, avec l'appui technique du CETE Méditerranée. A termes, une qualification d'ouvrage « résistant à la crue de référence » sera sollicitée et instruite. La problématique de cette procédure de sécurité des ouvrages associée à la procédure loi sur l'eau, pose un problème : au niveau de l'instruction au regard de loi sur l'eau, on se contente d'un avant-projet, or le CTPBOH demande des dossiers plus précis de niveau projet. Ce niveau n'est en général atteint qu'après autorisation loi sur l'eau. Les maîtres d'ouvrage sont réticents à aller au-delà de l'avant-projet au stade loi sur l'eau. Par exemple, une rehausse de digue sur place peut supposer un élargissement, qui va alors remettre en cause y compris la position de l'ouvrage et remettre en cause l'autorisation loi sur l'eau. Autre cas : constat in fine que l'ouvrage ne permet pas la mise en sécurité, dès lors, ceci devrait remettre en cause l'autorisation même loi sur l'eau. Or, pour les ouvrages concédés, il y a bien deux autorisations : 1/ concession (avec enquête publique) ; 2/ dossier d'exécution (en direct entre gestionnaire et service État) ... décret de 1994. Par ailleurs, en cas de travaux d'urgence, liée à la découverte d'un problème de structure (donc hors crue), en temps normal ou après un éÎnement, des gestionnaires demandent une procédure adaptée et rapide, mais ceci n'est pas prévu par les textes (on doit donc s'en tenir à la procédure classique qui dure environ une année). Enfin, la logique de l'application de la loi sur l'eau amène à prévoir une programmation Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 51/101 des interventions limitant les effets sur la ligne d'eau. Or, la logique de protection des populations suppose de mettre en oeuvre des systèmes d'ouvrages protégeant des territoires, avec une programmation cohérente (et in fine une qualification éventuelle Résistant à l'aléa de référence « RAR » de ces systèmes). Le cas du Plan Rhône schéma sud met en évidence ces difficultés. Au-delà des structures présentées plus haut (SYMADREM, SMAVD, ...) il faut noter que l'emprise foncière de nombreuses digues relève de propriétaires priÎs. Les textes s'imposent à ces propriétaires, qui en fait sont totalement non conscients de leur responsabilité. Or, si un gestionnaire intervient en sus, il n'a ni la propriété, ni la possibilité d'accès. Il faudrait donc aboutir au transfert de propriété, via une déclaration d'intérêt général, à instruire par les DDT. Dans les Bouches du Rhône on peut citer le cas de l'Arc : le SABA ne sait pas comment intervenir face à des propriétaires réticents, alors que l'ouvrage apparaît dangereux. Recommandation pour la DGPR : 20.(DGPR) réexaminer les procédures administratives d'autorisation des ouvrages de protection, en assurant une meilleure cohérence entre ce qui relève de la loi sur l'eau, et ce qui relève de la qualification, y compris l'avis du Comité technique permanent des barrages et des ouvrages hydrauliques (CTPBOH); Recommandation : 21.Établir un recensement des digues et ouvrages relevant de propriétaires priÎs, ayant un rôle dans la protection des populations le long des fleuves et rivières à risque d'inondation, et engager un travail de reprise de responsabilité par des acteurs publics compétents. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 52/101 7. L'urbanisme et l'application du droit des sols (ADS) 7.1. Les documents d'urbanisme (avec ou sans PPR) les Services Territoriaux ont, depuis 2010, en charge l'association aux POS/PLU, et le Service Urbanisme l'association aux SCoT . Jusqu'en 2010 le risque était abordé en fin de PLU. Maintenant, il est abordé en amont ce qui est nettement meilleur. Comme on l'a vu, les PPR connaissent dans les Bouches-du-Rhône un grand retard : de fait l'annexion des PPR aux documents d'urbanisme n'a concerné qu'un très petit nombre de PPR. Par ailleurs, comme on le verra plus loin l'annexion des PPRI anticipés ne s'est pas faite facilement. Depuis très peu de temps (octobre 2012), le Service d'Urbanisme tient à jour un tableau de bord très complet des procédures d'urbanisme : cela faisait partie d'ailleurs des objectifs fixés par Monsieur le secrétaire général dans sa note d'objectif (cf. 3.2.1) 7.2. L'instruction ADS / Instruction des dossiers ( avec PPR et sans PPR mais risque connu ) L'instruction des permis de construire est confiée aux arrondissements territoriaux : le nombre de communes laissant l'instruction des permis à la DDTM a cependant été réduit de manière conséquente au cours des dernières années. De ce fait, le travail se concentre de plus en plus sur le contrôle de légalité (cf. ci-dessous). Au total, 6 postes ETP sont consacrés à ces tâches. L'organisation mise en place devrait aboutir au 1 er janvier 2014 à la situation suivante : instruction ADS pour seulement 12 communes (26 communes au 01/06/2013), et cette mission sera concentrée au siège/SU qui conserve un pôle ADS pour les PC État, l'accompagnement des communes et la fiscalité (dont une partie assurée dans les ST) » et remplacer la dernière phrase par « l'ADS occupera 2,5 ETP strictement au siège/SU. 5,8 ETP sont affectés au contrôle de légalité (3) et contentieux (2,8) 7.3. Le contentieux ( sur le PPR, sur les actes d'urbanisme ) En 2011, 10 905 actes ont été enregistrés dont 9 395 permis de construire. 11,25 % de ces actes ont fait l'objet d'un contrôle. 4,16 % des actes contrôlés étaient illégaux et ont nécessité l'engagement d'une procédure. La procédure commence par une simple lettre d'observation et peut aller jusqu'au renvoi de l'acte incriminé au tribunal administratif. L'examen se fait prioritairement sur les lotissements et les zones inondables. Le taux de contrôle et l'orientation générale des contrôle sont donc tout à fait satisfaisants. Il y a par contre un problème concernant les contrôles sur place, notamment vu le faible nombre d'agents assermentés, et il y a une certaine confusion entre les types de contrôles, soit au regard de la police des eaux, soit au regard de la Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 53/101 police de l'urbanisme. Recommandation : 22.Augmenter le nombre d'agents assermentés pour faire des contrôles sur le terrain, et rechercher une meilleure coordination avec la Justice. En sens inverse, les décisions prises en matière d'urbanisme font l'objet de recours gracieux ou contentieux en grand nombre : par exemple le PPRI anticipé d'Arles a donné lieu 17 recours gracieux, 2 interventions du Maire, une requête en suspension (rejetée par le tribunal le 5/11/2012) et une requête en annulation . Dans le cas des contentieux liés à des PPR, vu le zonage précis et la règle claire, la DDTM gagne aisément les contentieux. Dans le cas où l'on est dans le cadre du R111-2, les interprétations sont plus larges, et donc l'issue des contentieux n'est pas évidente. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 54/101 8. La prévision et la préparation à la gestion de crise 8.1. La DDTM en gestion de crise Un agent très compétent est mobilisé pour préparer et gérer les crises. Mais il est en fin de carrière, et son remplacement devrait être dès maintenant préparé. De plus, son rôle théorique se limite à la réquisition des matériels de transport et de travaux publics. Or, la DDTM est attendu pour sa compétence technique en matière de risques, qui ne semble pas clairement mobilisée (au-delà des astreintes tournantes de cadres, chefs de services). Recommandation : 23. Repenser le rôle et la mobilisation de la DDTM en crise, en vue de mobiliser ses compétences techniques en matière de risques, et veiller à assurer la pérennité du dispositif. 8.2. La préparation à la crise Le directeur de cabinet du préfet a en charge la planification et la gestion des crises. Il a constaté à son arriÎe de nombreux retards, tant en sûreté ou sécurité civile. Les services n'ont pas pris totalement la mesure des enjeux. Mais ceci a été aggraÎ par des problèmes organisationnels : ainsi le SIRACED PC a été transféré à la DDPP en 2009, puis est revenu en 2012 (mais avec 50% d'effectifs en moins, de 24 ETP à 12). On est en logique de rattrapage. En première urgence, le directeur de cabinet a mis l'accent sur les plans de secours (plan électrosecours, plan métro-pirate, plan secours de l'aéroport, ...). La CCDSA n'avait pas été réuni depuis trois ans, et il a fallu tout remettre en place, y compris des comités locaux de sûreté. Le directeur de cabinet a une vision claire des enjeux : identifier le risque, se préparer à la survenue, prévenir les populations, prévenir les éÎnements. Mais, il manque un élément clef : le DDRM. Établi en 2006 (et de qualité) il est en partie obsolète, ne tenant pas compte des éÎnements majeurs dans le monde et en France (cf inondations du Var de 2010 et rapport inter-juridictionnel de la Cour des Comptes). La DDPP ne se mobilise pas sur ce DDRM, et n'a pas les agents compétents. Le SDACR proposé par le SDIS semble en partie inadapté : il prévoit des moyens pour répondre aux risques, non pour les prévenir. Le SDIS ne tient pas compte par exemple du PPRI en cours de préparation sur Arles, par la DDTM. On ne tire pas leçons des éÎnements et crises pour refaire des exercices (désormais le directeur de cabinet impose un exercice par mois) et retravailler les documents. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 55/101 La préfecture travaille à la mise en place d'un outil cartographique partagé (sur la base d'éléments du niveau zonal). Le centre opérationnel départemental (COD) lui-même, établi en 1999, est aussi obsolète. La rénovation est prévu en 2013 (300 000 ). Pour mieux travailler avec les élus, la préfecture (SIRACED PC) a, avec l'appui du CYPRES, établi un dossier d'accompagnement à l'élaboration des PCS. D'autre part, il y a des tensions entre le SDIS et le bataillon des marins-pompiers de Marseille. Ceci apparaît dans les doctrines vis-à-vis de la prévention, ou par exemple dans le cadre du projet de Métropole, ou plus à court terme, sur le Port (qui n'a pas moderniser ses procédures, et veut se dégager de l'emprise très onéreuse du BMP, via un appel d'offre). Globalement, hormis en partie dans des communes où des éÎnements ont récemment eu lieu, les populations n'ont pas une conscience suffisante des risques. Il faudrait aller vers des exercices mobilisant les populations (niveau IV) : le directeur de cabinet a programmé deux exercices (dont un à Marseille). Le préfet est de nouveau représenté au sein du conseil d'administration du SDIS. L'État doit faire un inventaire précis des risques, tirer les leçons des grands éÎnements, puis se donner des priorités. Il faut intégrer l'imprévisibilité de certains risques (cf cas récent de tornade à Plan de Campagne, ou des cas de grêle intense, ...). En crise, les moyens de communication semblent inadaptés (la DDTM utilise ses mobiles, comme d'autres services de l'État) et doivent être renforcés, peut-être en s'appuyant sur le réseau ANTARES (bien que sans liaison sol/air, avec par exemple les bombardiers d'eau). La préfecture envisage l'acquisition d'un dispositif de téléphones satellitaires (voix et données) pour équiper tous les sous-préfets et les représentants de l'État en COD (les décisionnaires sur le département). Est-ce suffisant ? en particulier pour assurer la liaison avec les services opérationnels dans l'action ? Par ailleurs, les lettres de mission du Secrétaire Général aux DDI ont été établies en 2012, sans associer le directeur du cabinet. A noter que la lettre au DDPP n'évoque pas du tout la question des risques. Il serait sûrement utile d'envisager une meilleure coordination autour du préfet en matière de risques, pour dépasser l'éclatement des compétences dans les DDI. En termes de moyens humains, les acteurs s'accorde à constater une perte de la compétence (avec les multiples réorganisations et le départ des cadres expérimentés), par baisse de recrutement des spécialistes, des ingénieurs, de techniciens ... Recommandations : 24.Assurer une meilleure liaison entre prévention et préparation à la crise, en associant plus étroitement, dans un pôle coordonné les principaux services mobilisés, dont le SIRACED PC, le SDIS et la DDTM ; associer les autorités locales, dont le Conseil Général et les syndicats compétents (SYMADREM, SMAVD, ... syndicats de massifs, ...). Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 56/101 25. Animer une réflexion technique avec le SDIS et le BMP en vue de rapprocher les doctrines et pratiques 26. Mettre en place un système de communication fiable en crise entre services de l'État, y compris en termes cartographiques 8.3. La participation des services à la gestion de crise Le SIRACED PC devait en 2008 être démantelé et rattaché à la DDPP. Le préfet arriÎ en 2010 a stoppé cette évolution, avec recréation en janvier 2011. Pendant trois ans, il n'y avait plus de lieu identifié. Le SIRACED PC est de niveau départemental malgré son « R ». Le service met au point les plans d'intervention pour les établissements SEVESO et de très nombreux plans d'urgence (Plan d'intervention contre les pollutions marines/POLMAR, transports de matières dangereuses, ...). Le préfet de département, assisté de son directeur de cabinet, a autorité. Le service établi les plans et assure l'organisation d'exercice. En crise, il n'y a pas d'outil partagé : la plupart des services utilisent leurs mobiles. Seul le SDIS dispose d'un outil de communication satellitaire, et a d'ailleurs du le mettre à disposition en urgence du préfet lors d'une récente crise. Chaque service dispose de son système (RIMBAUD pour le préfet, RUBIS pour les gendarmes, ...). En crise, on se retrouve finalement avec peu d'acteurs joignables aisément. L'État n'a plus assez de personnel mobilisable en urgence (le recours à l'Armée est désormais limité, avec la disparition de la conscription, et le grand nombre d'opérations extérieures). De plus, dans les collectivités, hormis le cas positif du SYMADREM, les personnels ne sont plus mobilisables hors de leurs missions quotidiennes (les personnels routiers ne s'occupent que de l'entretien des routes, et n'interviennent plus en crise, comme c'était le cas de l'État). Les entreprises priÎes n'interviennent que si des crédits peuvent les mobiliser : opérateurs de téléphonie, SNCF, ASF ... Enfin, il n'y a pas de plate-forme de mise en commun des expériences, au-delà du travail post-ORSEC du ministère de l'Intérieur. Il manque une approche interministérielle, et un lien plus fort entre crise et prévention, afin de mieux faire travailler ensemble les services en charge des PPR et ceux travaillant sur les plans de préparation de crise. Recommandations : 27.Recenser les moyens de l'État, mobilisables en crise, et assurer une coordination ces moyens; ; mettre en place un protocole et un dispositif de communication et initier une démarche de formation dans une approche métier Les retours d'expérience sur les éÎnements de crise Il y a eu un retour d'expérience sur un exercice de crise simulée (ERIDAN), mené en 2012. Mais il n'y a aucun recensement des catastrophes ou éÎnements graves, avec Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 57/101 leçons tirées tant de la gestion de crise que de la prévention nécessaire, ni de tableau des mesures à prendre et de leur suivi. Dans un département où le risque est si prégnant, et où des crises ou éÎnements sont récurrents et fréquents, ceci est indispensable. Recommandation : 28.Mettre en place un dispositif de retour d'expérience systématique à chaque catastrophe naturelle ou éÎnement grave et de suivi de l'application des mesures repérées, tant dans la mise au point des PPRN, que dans la préparation de la gestion des crises. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 58/101 9. Avis de la mission sur le plan d'action proposé par le Préfet suite à l'envoi du document dans le cadre de la procédure contradictoire La mission a pris connaissance du plan d'action transmis par le préfet le 18 septembre 2013. Ce plan est annexé au rapport ainsi que les commentaires du DDTM. Globalement, la mission se félicite des suites données par le préfet, en particulier sur proposition du DDTM, à ses recommandations et estime que ce plan constitue un document de qualité qu'il s'agit maintenant de mettre en oeuvre. Au vu de la réponse du préfet, la mission fait les commentaires suivants : 1. il y a bien adéquation entre l'analyse du préfet et l'analyse de la mission puisque le plan d'action en 5 points correspond bien aux 7 recommandations les plus importantes du rapport : 1, 2, 3, 5, 7, 8, 12 ; 2. mais le rapport comportait 21 autres recommandations et certaines auraient méritées de figurer dans le plan d'action. En effet si la réponse montre que certaines recommandations du rapport sont d'ores et déjà bien prises en compte : · pour les syndicats de massifs, · les services territoriaux, · les agents assermentés, · les PPRIF, · les expropriations · Marseille. Par contre, dans un certain nombre de domaines, la réponse actuelle est insuffisante et aurait méritée de figurer dans le plan d'action : · PAPI, ruissellement urbain, · submersion marine, · digues, · canaux, · moyens de communication. On peut en effet considérer que les sujets · séisme, · moyens de crise méritent plus de réflexion (le premier en attente d'une position de la DGPR, le second, dans une démarche plus vaste, qui découlera du plan d'action en matière d'organisation des services) ; 3. Par ailleurs, la mission avait évoqué l'enjeu de la prévention des inondations du Rhône, en renvoyant à une mission menée par ailleurs, sur demande du préfet : le rapport de cette dernière, outre les recommandations en matière de Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 59/101 PPRI, pointaient quatre points de danger à traiter rapidement : il est indispensable que le département prenne rapidement les mesures nécessaires, qui auraient eu toute leur place dans le plan d'action ; 4. Enfin, la Direction départementale des territoires et de la mer a releÎ un certain nombre d'erreurs18 qui ont été corrigées. Au printemps 2013, après saisie de la ministre par le préfet, une mission du CGEDD a examiné l'élaboration des PPRI du Rhône pour les communes concernées des Bouches-du-Rhône. Parmi ses recommandations, au-delà de la question des PPRI, la mission indiquait qu'il fallait traiter, de manière opérationnelle, plusieurs points où les risques pour les personnes sont aÎrés : · Les maisons construites hors les digues, dans le lit du Rhône · La zone de Fourchon et les quartiers sud inondables en raison du faible transit au col de Fourchon · Le camping sauvage en zone de submersions marines sur la plage de Piemanson (Arles) · Le camping de Tartarin à Tarascon Les auteurs suggéraient en particulier la suppression du camping sauvage existant sur la plage de Piemanson ( commune d'Arles) et son remplacement par, d'une part un parking aménagé en arrière plage, d'autre part un camping à créer en zone d'aléas moyens à proximité immédiate du coeur du village de Salin-de-Giraud, commune d'Arles. En résumé, la mission et le préfet sont d'accord sur les points essentiels et stratégiques qui figurent dans le plan d'action. Le préfet a démontré que certaines recommandations étaient d'ores et déjà bien prises en compte. La mission en prend acte. Par contre, elle regrette que certains points de n'aient pas figuré en tant que tel dans le plan d'action, en particulier les suites à donner à la mission du CGEDD sur les PPRI du Rhône, au moins pour les quatre points de danger signalés. 18 incendie de 2009, priorité des PPRIF, PPRI anticipé, instruction ADS des ST, effectif contentieux ADS Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 60/101 Rapport n008226-01 Conclusion Le département des Bouches du Rhône, très urbanisé, très peuplé, est soumis à la totalité des risques naturels connus en métropole, hormis les avalanches. La quasitotalité des communes est concernée par les risques de séismes, d'inondations, de feux de forêts, de mouvement de terrain, de submersion marine, etc... Pourtant, sauf les élus des communes très récemment touchées par une catastrophe naturelle (comme les inondations du Rhône en Arles en 2003), il n'y a pas une conscience générale du risque dans la population. Heureusement, on peut constater d'excellentes initiatives locales, comme le comité risques urbains de Marseille, la mobilisation du SMAVD pour prévenir les inondations en Durance, la mise en place exemplaire d'un PC de gestion de crise à Tarascon ou le très exemplaire et quasi unique en France SYMADREM investissant lourdement dans la prévention des inondations du Rhône. Le Conseil Général joue un rôle clef dans la lutte contre les feux de forêts, tant avec un SDIS solide, qu'en soutenant les syndicats de massif. Dans ce contexte, l'État a pourtant, jusqu'en 2010, pris du retard dans la mobilisation pour la prévention des risques : PPR prescrits en 2000 et toujours à l'étude, commissions départementales non réunies, absence de stratégie départementale, ... Les efforts récemment engagés de rattrapage sont entraÎs par une organisation globalement peu lisible. La mission, considérant la volonté affichée du préfet, ainsi que la mobilisation forte des différents services déconcentrés, propose diverses pistes d'amélioration afin de mettre en place une Îritable stratégie départementale de prévention des risques, portée par l'ensemble des services de l'État et partagée avec les collectivités territoriales. Un plan d'action, établi rapidement avec une mise en oeuvre à court terme, devrait permettre de retrouver une efficacité indispensable pour faire face aux conséquences dramatiques d'un nouvel épisode, comme ceux qu'a déjà régulièrement connus ce département. La sécurité des populations est au coeur des responsabilités des pouvoirs publics. Jean CHAPELON Gilles PIPIEN Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 61/101 Annexes Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 62/101 1. Lettre de mission Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 63/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 64/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 65/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 66/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 67/101 2. Liste des personnes rencontrées Nom Parant Prénom Hugues Organisme Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône DREAL Rhône-Alpes DREAL Rhône-Alpes DREAL Rhône-Alpes Fonction Préfet de région Provence Alpes Cote d'Azur, préfet des Bouches du Rhône Secrétaire général de la préfecture des Bouches du Rhône date 19/12/2012 Laugier Louis 08/01/2013 Merlin Christophe Directeur du cabinet du préfet des Bouches du Rhône 08/01/2013 Petit JD SIRACED-PC/chef du service 12/12/2012 Robert JM SIRACED-PC 12/12/2012 Castoldi Pierre Sous-préfet d'Arles 22/11/2012 Quaix-Raviol Caroline Sous préfecture d'Arles / chef bureau contrôle de légalité 22/11/2012 Van de Migom Karin Sous préfecture d'Arles / adjointechef bureau contrôle de légalité 22/11/2012 Ledenvic Vauterin Norotte Philippe Patrick Olivier Directeur, délégué de bassin Directeur-adjoint, délégué de bassin Délégation de bassin /Mission Rhône/chef de la mission Délégation de bassin /Mission Rhône UT69/police des eaux UT69/police des eaux directeur-adjoint Chef du SPR Adjointe au chef du SECAB SECAB 10/12/2012 10/12/2012 10/12/2012 Langumier Julien DREAL Rhône-Alpes 10/12/2012 Issartel Halgrain Neyer Normand Mièvre Criado Emmanuelle Jérôme Laurent Thibault Annick David DREAL Rhône-Alpes DREAL Rhône-Alpes DREAL PACA DREAL PACA DREAL PACA DREAL PACA 10/12/2012 10/12/2012 12/12/2012 12/12/2012 23/11/2012 23/11/2012 Page 68/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Nom Prénom Organisme Fonction date Servanton Cotillon Callier Fremeaux Michels Moisson de Vaux Guérin Chaptal Terrarraorsi Soubié Banet Bary Caselles Sourdioux Brandli Haas Biesbrouck Bressand Llamas Gilles Anne Cécile Hubert Guy Laurent Bénédicte DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 Directeur Directrice-adjointe Chef du STA Chargé de mission Chef du ST Centre Chef du SU 21/11/2012 21/11/2012 22/11/2012 22/11/2012 22/11/2012 21/11/2012 Didier Frédéric Serge Anne Syvie Serge Ghislaine Sandrine Jean-Claude DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM 13 DDTM 13 DDTM 13 DDTM13 Adjoint chef SU chef pôle risques/SU Adjoint au chef du pôle risque/SU Pôle risques/SU Chef du pôle forêts/SU Chef du service d'appui SA/Pôle juridique SA/Gestion de crises chef du pôle aménagement/SML directeur Chef du bureau de la prévention 21/11/2012 21 et 23/11/2012 23/11/2012 21/11/2012 21/11/2012 23/11/2012 23/11/2012 23/11/2012 23/11/2012 08/01/2013 08/01/2013 22/11/2012 Benoit DDPP 13 DDPP 13 François SPC Grand Delta ONF Directeur Bouches-du-Rhône et Vaucluse 12/12/2012 Seilles L'Henaff EPA Euroméditerranée Bataillon des marins pompiers de Marseille Vice amiral, commandant le BMPM 12/12/2012 13/12/2013 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 69/101 3. Phase contradictoire : Réponse en date du 18 septembre 2013 du préfet au rapport provisoire Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 70/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 71/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 72/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 73/101 4. Les remarques du DDTM sur le rapport Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 74/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 75/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 76/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 77/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 78/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 79/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 80/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 81/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 82/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 83/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 84/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 85/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 86/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 87/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 88/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 89/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 90/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 91/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 92/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 93/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 94/101 5. Organigramme de la DDTM 13 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouchesdu-Rhône Page 95/101 6. Glossaire des sigles et acronymes Acronyme ADS ANRU ASF AZI BMP BOP BRGM CCDSA CDRNM CDSC Application du droit des sols Signification Agence national pour la rénovation urbaine Autoroutes du Sud de la France Atlas des zones inondables Bataillon des marins pompiers Budget opérationnel de programme Bureau des recherches géologiques et minières Commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité Commission départementale des risques naturels majeurs Conseil départemental de sécurité civile CELRL CEMAGREF Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts devenu l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea) CETE CGAAER CGEDD COD CPIER CTBOH CYPRES DCS DDAF DDE Centres d'études techniques de équipement Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux Conseil général de l'environnement et du développement durable Centre opérationnel départemental Contrat de projets interrégional Plan Rhône Comité technique permanent des barrages et des ouvrages hydrauliques Centre d'information pour la prévention des risques majeurs Dossier communal de sauvegarde Direction départementale de l'agriculture et de la forêt Direction départementale de l'équipement Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 96/101 Acronyme DDI DDPP DDRM DDT DDTM DDTM/SU DGPR DI DICRIM DREAL DREAL PACA Signification Direction départementale interministérielle Direction départementale de la protection des populations Dossier départemental sur les risques majeurs Direction départementale des territoires Direction départementale des territoires et de la mer Service d'Urbanisme de la DDTM Direction générale de la prévention des risques (MEEDDM) Directive inondation Documents d'information communal sur les risques majeurs Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de Provence-AlpesCôte-d'Azur Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Rhône-Alpes DREAL RA EdF EPCI EPTB ETP FPRNM Électricité de France Établissements publics de coopération intercommunale Établissement public territorial de bassin Équivalent temps plein Fonds de prévention des risques naturels majeurs Grand Port Maritime de Marseille Information des acquéreurs et locataires Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts Institut national de l'environnement et des risques Laboratoire central des Ponts et Chaussées (inséré depuis au sein de l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux IFSTAR) Office National des Forêts Organisation de la Réponse de la Sécurité Civile GPMM IAL IGPEF INERIS LCPC ONF ORSEC Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 97/101 Acronyme PACA PAPI PC PCS PDFCI PDM PIDAF PLU PNR POS PMDAF région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur Signification Programme d'actions de prévention des inondations Poste de commandement Plan communal de sauvegarde Plan de Défense des forêts Contre les Incendies Plan de mesures Plan Intercommunal de. Débroussaillement et d'Aménagement. Forestier Plan local d'urbanisme Parcs naturels régionaux Plan d'occupation des sols plan de massif de débroussaillement et d'aménagement des forets Plan de prévention des risques Plan de prévention des risques inondations Plan de prévention des risques naturels Plan de prévention des risques sismiques Plan de prévention aux risques incendie de forêts Plan Submersions Rapides Résistant à l'aléa de référence Règlement de surveillance de prévision et de transformation de l'information sur les crues Syndicat d'Aménagement du bassin de l'Arc Schéma d'aménagement et de gestion des eaux Syndicat Mixte d'Aménagement du Val de Durance Service aménagement urbanisme (DDTM) Schéma de cohérence territoriale Schéma départemental d'analyse et de couverture des risques PPR PPRi PPRN PPRS PPRIF PSR RAR RIC SABA SAGE SMAVD SAU SCOT SDACR Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 98/101 Acronyme SDAGE SDIS SDPRNM SECAB SIACEDPC Signification Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux Service départemental d'incendie et de secours Schéma départemental de prévention des risques naturels majeurs Service énergie, construction, air et barrages Service interministériel des affaires civiles économiques, de défense et de la protection civile (Préfecture) Syndicat Intercommunal d'Aménagement de la Touloubre Système d'information géographique Service Interministériel Régional des Affaires Civiles et Économiques de Défense et de la Protection Civile Syndicat Mixte d'Aménagement du Val de Durance Société nationale des chemins de fer français Service de prévision des crues Loi Solidarité et rénovation urbaine Services Territoriaux Syndicat mixte interrégional d'aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer Territoire à risque d'inondation zones d'expansion des crues SIAT SIG SIRACED-PC SMAVD SNCF SPC SRU ST SYMADREM TRI ZEC Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 99/101 Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie Conseil général de l'Environnement et du Développement durable 7e section ­ secrétariat général bureau Rapports et Documentation Tour Pascal B - 92055 La Défense cedex Tél. (33) 01 40 81 68 73 http://www.developpement-durable.gouv.fr (ATTENTION: OPTION de l'Huveaune. 5.2. Les risques hydrologiques 5.2.1. La mise en oeuvre de la directive européenne cadre sur les inondations Dans le cadre de la directive européenne cadre sur les inondations, une large partie du Rhône va être concernée (6 « territoires à risque important »/TRI de Lyon au delta), avec une méthodologie cohérente (transposition directe par la DREAL de bassin dans le lit majeur des lignes d'eau, via une cartographie spécifique). Les risques derrière les Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 37/101 ouvrages seront pris en compte. · 2011 : le préfet de bassin, a calé les EPRI. · 2012 : il a arrêté les Territoires à risque d'inondation (TRI) (25 dans le bassin, dont 6 Rhône) · Fin 2013 : établissement des trois cartographies (aléa faible, moyen, fort) · 2014 : arrêt de la liste des stratégies locales de gestion (en // mise en consultation du SDAGE) : pour le Rhône, on dispose du Plan Rhône et des trois schémas de gestion existant (dont Rhône aval) · 2015 : Plan de gestion des risques d'inondations (en // à l'approbation du SDAGE) Il appartiendra alors aux structures locales de gestion, comme le SYMADREM ou les EPCI, de mettre en oeuvre. Ceci suppose de bien les associer. On peut noter par exemple que Le SMAVD, qui a participé à l'EPRI et aux propositions de TRI, a le souci de ne pas voir remettre en cause le travail sur le bassin versant engagé depuis des années De plus, il est essentiel d'assurer la cohérence des cartographies entre cette directive et les PPRI en cours de préparation. La DDTM s'est très bien préparée. Le TRI de Marseille sera l'occasion de relancer la mobilisation des collectivités sur l'Huveaune 5.2.2. Les inondations du Rhône : Les PPRI Rhône sont prescrits depuis 2000, mais ne sont pas encore approuÎs. Sous l'impulsion du préfet, il y a eu une réelle accélération en 2010, en s'appuyant sur les apports techniques d'une mission du CGEDD (2008 « Quevremont » ), Comme l'y autorise la loi, le préfet a décidé d'approuver des PPRI anticipés (sans enquête publique, avec concertation réduite auprès des communes, sur deux mois : novembre 2011/janvier 2012), le 29 février 2012 (suite réunion présidée par le préfet lui-même). Ceci a provoqué la vive réaction des communes concernées, en particulier avec un recours gracieux d'Arles, puis un recours/référé en octobre 2012 : le référé a été rejeté. Le tribunal administratif de Marseille s'est engagé à juger au fond au premier trimestre 2013. Les réflexions de la DDTM ont abouti dès juin 2010 à une présentation en mairies, dans un contexte déjà conflictuel à Arles. Les échanges techniques n'ont finalement pas eu lieu avec les services municipaux d'Arles (refusant la doctrine Rhône). En novembre 2010 une position État a été finalisée. Le nouveau préfet a missionné le sous-préfet, qui a remis un rapport en avril 2011. Une réunion au niveau ministre s'est tenue en présence du président du Conseil Régional et des maires. Le maire d'Arles considère que son territoire est « vitrifié » par le PPRIa ; il invoque son PLH approuÎ (pourtant, tout près du centre-ville, hors zone inondable, sur foncier public, un secteur dit des ateliers SNCF est en cours d'aménagement, mais sans aucun logement : vocation culturelle, espace naturel, ... A noter qu'il existe un autre secteur hors zone inondable : le Pont de Crau13). Le préfet a annoncé l'échéance de 13 A noter que pendant ce temps-là, en concurrence, la commune de Saint-Martin de Crau se développe aussi Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 38/101 Rapport n008226-01 l'été 2013 pour finaliser les PPRI. Une équipe projet a été constituée au sein de la DDTM pour aller du PPRIa à un PPRI à l'été 2013 (sachant qu'il n'y a pas d'échéance légale, du fait qu'il a été prescrit en 2000). Un groupe de travail technique a été créé entre ville d'Arles et DDTM. Et le dialogue a commencé avec des réunions, à ce jour, constructives. Au-delà du centre-ville et des extensions en continuité, la ville d'Arles souhaite aussi développer ses villages en Camargue. Il y a une équation non dite entre développement économique et extension urbaine. La notion de densification n'est pas dans les esprits de certains élus. Fin 2012, sur demande du préfet, la ministre en charge de la prévention des risques a demandé une mission d'appui au CGEDD, afin d'accompagner la mise au point des PPRI. Elle a remis ses conclusions en mars 2013. La présente mission a été surprise d'entendre au sein de l'État un questionnement sur la validité juridique de la doctrine Rhône. Or, littérature administrative non opposable, c'est simplement un document technique de cohérence, au vu de l'état de l'art, ayant pour objectif un traitement à égalité des citoyens le long de l'axe du Rhône. L'ignorer, pour un préfet, dans la préparation d'un PPRI, pourrait en fait éventuellement être considéré comme une erreur manifeste d'appréciation. Bien sûr, ce sont les PPRI, soumis à enquête publique, seuls documents opposables aux tiers, qui ont une valeur juridique. Cependant, à l'écoute des interrogations, peut-être faudrait-il en extraire des éléments forts, et les traduire réglementairement (par exemple dans le code de l'environnement) ? D'ailleurs, il serait de bonne politique, sept ans après son adoption, d'examiner son éventuelle actualisation, en en profitant pour traiter certains manques, comme celui de la pérennisation et de l'encadrement de l'agriculture dans les ZEC, ou préciser mieux les priorités entre protection des personnes et préservation des biens (pour lesquels une logique relevant plus du champ économique serait à explorer). 5.2.3. Les inondations de la Durance La Durance est une rivière interdépartementale, avec 19 PPRI prescrits, dans le département des Bouches-du-Rhône (tous ces PPRI ont été re-prescrits en 2011, tout en conservant une cohérence technique). La phase de concertation officielle peut commencer, elle a été prévue avec des réunions publiques intercommunales. Fin 2010, des présentations avaient été faites aux élus, suivi d'un PAC, qui avait provoqué des réactions, dont celle du maire de Château-Renard, avec échanges de lettres et réunions. Le sous-préfet d'Arles et celui d`Aix ont mené une mission d'écoute début 2012. Un courrier de tous les élus a reçu réponse du préfet, après mai 2012. Cette réponse a rappelé le cadre. Dès septembre 2012, les sous-préfets ont rencontré les élus les uns après les autres pour leur remettre les documents, pour avis avant mi-novembre, et annoncer le lancement de la concertation officielle. Le sous-préfet d'Arles, par exemple, a fait le Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 39/101 tour de tous les maires, pour informer et écouter, appuyé par un cadre de la DDTM, avec visite de terrain à chaque fois. A chaque fois, le dialogue s'est ouvert pour adapter le projet de zonage, au regard des attentes locales, sans remettre en cause la doctrine. Ce travail fin a permis des avancées, permettant de finaliser la version État du projet de PPRI. Ceci s'est terminé à l'automne 2012, par une série de rencontres sous-préfet + DDTM pour remettre à chaque maire une mouture quasi définitive. Ceci a été apprécié. Pendant ce temps, coté Vaucluse (où il y a la majorité des problématiques du développement urbain), la DDT 84 a fait évoluer la carte d'aléas, avec anticipation de création d'ouvrages (dès 2007, alors même qu'ils ne sont toujours pas réalisés), ceci aboutissant à des décalages. Il a donc fallu caler le langage commun pour les deux rives, avec l'appui d'un bureau d'études de communication commun (objectif de faire des panneaux d'exposition communs). Et surtout, que la DDTM veille désormais à ne plus accompagner des évolutions sans cette cohérence. Les deux DDT souhaitent aboutir à un accord des deux préfets, avant de lancer effectivement la concertation. L'objectif affiché fin 2012 prévoyait des expositions puis des réunions dès début 2013, et en parallèle la consultation des personnes associées, afin de mener l'enquête publique au plus tard à l'été 2013. Mais ceci est tendu. La démarche TRI doit aider à la cohérence. Reste la problématique posée par les élus, dont du SMAVD : pourquoi avoir des digues si l'on ne peut pas construire derrière ? Les élus du SMAVD considèrent que les PPRI sont une procédure totalement complémentaire au confortement des ouvrages en cours. Mais ils stigmatisent la lourdeur, en rappelant que la procédure a été lancée il y a plus de dix ans, avec un nombre « astronomique » de réunions (plus d'une centaine). Ils relèvent les difficultés avec les interprétations par les services de l'État : par exemple non prise en compte des autoroutes (A7 et A51) comme ouvrage sûr. Les élus ne comprennent pas que, après avoir pris la responsabilité de toutes les digues (les communes ont repris la propriété des digues, et en assure la gestion avec l'appui du SMAVD), et les efforts financiers faits, on ne permette pas d'assurer l'urbanisation. Ils citent par exemple le cas de Château Renard où il y a eu un investissement lourd pour une digue résistante à l'aléa de référence (RAR) (15 M de travaux), mais sans aucune possibilité d'ouverture au développement de zones économiques. Les échanges techniques avec les services de l'État sont bons (même si le SMAVD s'étonne de la non utilisation par les services de l'État des modèles 2D, récemment mis au point et largement utilisés. D'ailleurs le SYMADREM s'interroge de même), mais la doctrine apparaît rigide, et les élus ont le sentiment que la concertation n'est que factice, se limitant de fait à de l'information. Les élus sont certes plus conscients aujourd'hui, du fait des crues récentes et récurrentes. Donc, clairement, ils ont compris qu'il fallait éviter de construire des logements en zones inondables. Mais ils s'interrogent plus sur les quelques cas de zones économiques (cf Cadenet). Le président du SMAVD considère qu'il faudrait plutôt travailler en finesse au cas par cas. Ces positions n'évolueraient-elles pas si le SMAVD acceptait de voir évoluer et s'élargir ses responsabilités, au-delà de la simple réparation des digues (notamment vers une gestion complète de l'ensemble des ouvrages de protection) ? Jouant pleinement un Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 40/101 rôle d'EPTB, prenant en charge un PAPI, permettant, de par sa compétence géographique, d'aider à l'émergence d'une vision partagée du risque, cohérente entre les deux rives, étant pleinement associé à la mise en oeuvre de la directive inondation, le SMAVD pourrait devenir un acteur clef et proactif de la prévention des risques et de la protection des populations. Conformément à la recommandation n°6, il faut mener à bien, en Durance, rapidement les enquêtes publiques permettant d'approuver les PPRI en Durance bien avant fin 2013, et accompagner et soutenir, l'élargissement des compétences du SMAVD, afin d'en faire un outil fort et complet de la prévention des risques et de la protection des populations. 5.2.4. Les inondations à Marseille, et de l'Huveaune La ville de Marseille est soumise aux inondations de divers fleuves côtiers (dont l'Huveaune, les Aygalades, le Jarret) et au ruissellement urbain, sans parler du ruissellement provoqué après incendie dans les massifs proches, l'absence d'arbre laissant les boues liquides se déverser par temps d'orage sur les quartiers en contrebas. L'Huveaune a connu une crue importante en 1978. Dans ce contexte, un état des lieux hydrologique a permis de caler les débits à prendre en compte. En 1998, la Ville a établi une étude pour caler la crue centennale, et a intégré les éléments au POS, en identifiant aussi le risque de ruissellement (en particulier en repérant les axes routiers à risque). Mais la grille d'aléa ne correspond pas à la grille nationale. En 2000 et 2003, la ville a subi de fortes inondations par ruissellement (avec un mort). L'État a donc prescrit, fin 2003, un PPR inondation sur l'ensemble de la ville (Huveaune, Aygalades, Jarret, et ruissellement). Une étude confiée au Centre d'études de l'Équipement (CETE) Méditerranée en 2005 a remis en cause les éléments alors pris en compte par la commune sur la caractérisation du ruissellement. Une nouvelle étude du CETE, menée en liaison avec le Laboratoire central des Ponts et Chaussées (LCPC) en 2009 (méthode reprise aujourd'hui pour la directive inondation) sert de base à la DDTM pour caractériser l'aléa, en se recalant sur les éÎnements 2000 et 2003 (avec des débits constatés comparables à ce qui s'est passé ailleurs). Les premiers résultats ont été présentés à la ville fin 2012. Et, parallèlement, une étude hydrologique sur l'Huveaune en cours, avec modélisation, dont les résultats sont attendus au premier semestre 2013. Pour les Aygalades, la ville disposait d'études dès 1998. La ville prévoit un recalibrage à l'aval. Mais il y a divergence entre la DDTM et la Ville sur le niveau de débit à prendre en compte. De plus, il faut prévoir l'extension d'aménagement dans le cadre du projet Euro-méditerranée. Dans le cahier des charges, l'aspect hydraulique a été intégré, dans une optique de redonner de l'espace au fleuve. Des études hydrologiques ont alors été menées sur le bassin versant, confirmant les orientations de débit de la DDTM. Toutes ces études sont très longues, et la ville de Marseille non seulement s'en étonne, mais considère que des approches plus pragmatiques seraient pertinentes, sachant qu'à chaque évolution de l'urbanisation, le ruissellement évolue. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 41/101 Toujours est-il que l'État ne semble pas en mesure d'approuver un PPRI sur Marseille avant 2014 ou 2015. Certains s'interrogeraient donc sur l'opportunité d'arrêter rapidement un PPRI anticipé. En l'attente, dans le cadre du PLU arrêté en 2012, la DDTM a obtenu la prise en compte des inondations de l'Huveaune, avec des inconstructibilités, mais la zone inondable n'apparaît pas fiable. Le PPRIa pourrait permettre aux particuliers de recevoir des aides pour réduire leur vulnérabilité. Pour le Jarret, au regard des difficultés en amont (Château Gombert), la Ville avait souhaité des compléments, mais ceci n'a pas été retenu par l'État dans l'avis après arrêt du PLU. Pour les Aygalades, le différend reste sur la zone inondable. Sans éléments, la DDTM n'a pas réagi en avis après arrêt. La DDTM attend donc la modification du PLU qui sera nécessaire pour Euro-méditerranée. Pour limiter le ruissellement, la Ville considère que des travaux de bassin de rétention ne semblent pas nécessaires (rapport coût/efficacité) ; ce sont les règles du schéma directeur pluvial imposées par la Ville qui permettront d'intervenir Mais, la réalisation si progressive d'aménagements au coup par coup, au fur et à mesure d'opérations d'aménagement risque de s'étaler sur des dizaines d'années. Il y a là un décalage entre le risque aÎré et la prévention affichée. Enfin, il faut évoquer le cas particulier de la Cité HLM de la Gardanne, située en zone inondable de l'Huveaune. L'office HLM a récemment proposé la vente aux locataires de maisons de très faible valeur. Mais, un particulier a saisi le préfet, qui a donc demandé, en 2011, l'arrêt des ventes, du fait du risque inondation. Le mur antibruit réalisé récemment par l'État au droit de l'autoroute peut apparaître comme ayant aggraÎ le risque. Par ailleurs, en face, de l'autre côté de la rive, des particuliers ont construit des murs de protections renvoyant les flux sur la cité (sans réaction, semble-til, de la police des eaux). La position de la DDTM a donc été de rechercher la démolition des maisons exposées au risque inondation, mais s'est heurtée au refus de l'office. L'expropriation serait nécessaire, mais n'est pas légale, du fait que l'on est sur un cours d'eau à crue lente. Le code de l'environnement au titre du risque ne permet pas d'intervenir. Un temps, l'idée d'une intégration dans une opération du type de l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) a pu être envisagée. Un compromis pourrait être trouÎ avec démolition au moins dans la zone d'aléa fort. Une étude de vulnérabilité est en cours, et des contacts fructueux ont eu lieu entre la DDTM et la ville dès fin 2012. Recommandation : 13.Sur Marseille, où le risque inondation est fort, tant du fait des divers fleuves côtiers, que du ruissellement urbain, il est urgent de stabiliser la prévention des risques, d'une part en accélérant la finalisation des études si possible dès 2013 et, d'autre part, en liaison avec la ville, très mobilisée, en envisageant sans attendre un PPRI anticipé. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 42/101 5.2.5. Les autres problématiques d'inondation propres aux Bouches-duRhône Le département des Bouches du Rhône présente quelques caractéristiques locales, à prendre en compte dans la stratégie de prévention des inondations : · La question du ruissellement est importante, tant à Marseille que dans l'ensemble du département, car récurrente et prégnante, et comprise par les élus. Dans l'optique de mieux intégrer cette problématique dans l'urbanisation. Il faudrait vraisemblablement plus travailler concomitamment PPRI et PLU, car la méthode de porter à connaissance ne permet pas le dialogue et une vraie coélaboration/appropriation entre les élus et l'État (dans une approche cohérente aménagement + risques). · Le département, en particulier à l'ouest dans l'arrondissement d'Arles, est sillonné de canaux et ouvrages hydrauliques, pouvant provoquer des débordements et inondations, ou pouvant (cf cas du Rhône) accélérer des écoulements en cas de crues de fleuves et rivières. Au-delà de l'excellent travail engagé par la DDTM sur Arles, tendant à faire émerger une maîtrise d'ouvrage, puis à aller vers un PAPI et un contrat de canaux, il serait utile d'avoir un état plus systématique de l'enjeu sur tout le département, et de se doter d'une stratégie spécifique. Elle serait utilement débattu dans un lieu départemental dédié au débat et à la concertation sur la prévention des risques. · Submersion marine : l'enjeu se situe sur le littoral sableux, en Camargue, en continuité avec le Gard. Ce territoire bénéficie d'une protection ancienne par la digue à la mer (construite au XIXème siècle par des propriétaires priÎs, dont la Compagnie des Salins du Midi), gérée par le SYMADREM (sauf au sein des salins). En 1982, à la suite d'une tempête qui a détruit des ouvrages au droit des Saintes Maries de la mer, le SYMADREM s'est lancé dans la réalisation d'un dispositif de protection (épis, ..., avec financement par l'État à 40% via contrat de plan). Ces ouvrages ont permis de fixer le trait de côte. Mais à l'est du village, il reste un risque de contournement de la submersion marine, via la digue à la mer. Il faudrait protéger cette digue par rechargement de la plage. En vue de préparer un PPR submersion marine, la DDTM a fait étudier la recherche de l'aléa de référence, avec un niveau d `eau (sur base de recueil historique). Les communes ont été consultées. Le niveau a été fixé à : 1,50 m NGF + 0,20 (de prise en compte du changement climatique, pouvant aller à terme à 0,60). Cependant, des divergences subsistent au sein des services de l'État pour la détermination de ce niveau. Puis a été établie une cartographie des déferlements de la houle, à dire d'experts, qui mériterait confortement par modélisation.: Recommandations : 14.Faire un point général sur l'enjeu du ruissellement urbain dans le département, et mettre au point une méthode d'accompagnement des communes dans la prise en compte de ce risque dans l'élaboration ou l'évolution de leurs documents d'urbanisme ; 15.Faire un point général sur l'enjeu des risques inondation des canaux et ouvrages hydrauliques et soutenir l'émergence d'entités publiques en capacité de gérer ces ouvrages, en étudiant les modalités de protection contre leurs risques d'inondation, Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 43/101 notamment avec en lançant des PAPI et/ou contrats de canaux ; 16. Caler la position de l'État, en liaison avec les communes concernées, sur l'enjeu submersion marine en Camargue et accélérer la mise au point de PPRI submersion marine (en liaison avec la problématique d'inondation du Rhône, en particulier dans la secteur des salins). Être particulièrement attentif aux contradictions pouvant exister (pas forcément du fait de la DDTM 13) entre les cotes de crues des PPRi ou les cotes d'immersion entre les différents départements. 5.3. Les risques de mouvements de terrain Le risque d'effondrement soit lié à la dynamique de massifs calcaires, soit aux conséquences d'exploitations de carrières souterraines, se retrouve en différents points bien identifiés du département, dont plus particulièrement sur la commune de Roquevaire (anciennes carrières de gypse) et sur la Côte Bleue (effondrement du tunnel fluvial du Rove, effondrement de la falaise de Niolon). 5.3.1. Le cas de Roquevaire : A la suite de l'exploitation de carrières souterraines de gypse, exploitées dès le XIXème siècle, la commune a subi de premiers effondrements dès les années 1940, aggraÎs dans les années 1980, puis 2000, avec des progressions très rapides. Un PPR effondrement a été approuÎ en 1999. Les affaissements déclenchent de plus des glissements de terrain. Le périmètre de sécurité, base d'expropriation, risque de devoir être étendu, si l'on n'arrive pas à circonscrire le problème (ne serait-ce qu'en évitant la coupure d'un accès unique à certaines habitations). L'eau est en permanence dans les galeries. La DDTM s'appuie sur un maître d'oeuvre, en vue d'éventuel confortement des piliers (le foudroyage étant exclu) et/ou de terrassement. Ceci devrait permettre la prise d'un arrêté de mise en sécurité du site, avec démolition des constructions expropriées. Le CETE, l'Institut national de l'environnement et des risques (INERIS) et le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) travaillent à l'instrumentation du site. Les expropriations ont commencé en 2004, avec appui d'un avocat (une entreprise, une copropriété, une maison et des terrains). Toutefois, deux dossiers sont encore en appel, pour contestation des indemnités (avec consignation de crédits à la Caisse des Dépôts et Consignation). Les procédures sont lourdes, sans compétences spécifiques au sein de la DDTM (surtout depuis la scission avec les services routiers). Les démolitions sont à engager : le marché est prêt, et la réalisation est prévue en 2013. Le maire s'étonne des délais et lenteurs. Il serait favorable à l'hypothèse d'un comblement des cavités, ce qui nécessite une étude hydrologique. Il s'étonne du flou des études et du fait que des capteurs aient été mis en place sur site, mais non reliés et réellement utilisés. D'autre part, il dit ne pas être informé des disponibilités des crédits nécessaires à ces interventions. Au sein de la DDTM, mettre en sécurité un site n'est pas nécessairement combler. Mais le maire demande au contraire une décision définitive, le comblement permettant Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 44/101 de reprendre un aménagement du secteur. Par ailleurs, dans la partie non expropriée, la ville pompe tous les jours (400 m3), mais sans raison apparente : personne ne peut dire à quoi sert le pompage ou son arrêt. L'exaspération du maire croît du fait que la commune est de plus soumise à d'autres risques : inondation, incendie. Il ne conteste pas l'utilité de PPRI, mais demande de la cohérence, et surtout des décisions rapides, permettant d'envisager de manière stable l'évolution du développement communal. Recommandation : 17.Accélérer les études concernant les mouvements de terrain à Roquevaire, en vue de prendre rapidement des décisions, en liaison avec la commune, tant d'interventions (démolition de constructions, confortement ou comblement des carrières) qu'en termes de documents de prévention, dans une approche multirisques. Une programmation devrait utilement être définie. 5.3.2. Le Rove Une falaise domine une calanque (de la Vesse) et est très fracturée, avec des chutes de blocs, menaçant directement des cabanons (illégaux) en pied. Une étude de caractérisation de l'aléa a confirmé que c'est un aléa fort. En 2009, le maire a pris un arrêté de péril, et désormais l'accès est interdit aux cabanons menacés. L'arrêté a été attaqué, mais confirmé en appel. La DDTM a mobilisé le CETE pour voir si le confortement est possible : partiellement possible, mais sans garantie à moyen terme. Le Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres (CELRL), propriétaire de la falaise, a demandé en 2009 une estimation des cabanons : 300 000 le cabanon ! Puis il a lancé une procédure amiable avec les douze propriétaires : sept ont donné leur accord. Le CELRL a priorisé l'achat des résidences permanentes et a acheté un premier cabanon et l'a démoli. Mais, le statut du CELRL ne permet pas l'acquisition dans un tel cas. Dès lors, il s'est arrêté, et les propriétaires ont attaqué. D'où l'idée d'une reprise par l'État. La DDTM a redemandé en 2011 une estimation au service des domaines : 150 000 par cabanon. Un accord a été donné par la DGPR pour des acquisitions amiables ou expropriations, sur la base du fonds Barnier. La DDTM a mobilisé en septembre 2012 un bureau foncier priÎ spécialisé. La situation juridique est complexe. 5.4. Le risque séisme Le département des Bouches du Rhône est soumis au risque de séisme, en particulier dû à une faille en vallée de Durance. Au début du XXème siècle, un tremblement de terre a fait des victimes au nord du département. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 45/101 Actuellement , il existe 26 plans de prévention des risques sismiques (PPRS) approuÎs. Toutefois, l'évolution récente des textes, en particulier le décret du 22 octobre 2010, a amené la DDTM à saisir la DGPR (courrier du 12 avril 2011) concernant la fiabilité de ces PPRS et la stratégie à adopter pour la prise en compte du risque sismique dans les documents d'urbanisme. Considérant que la question se pose au delà du département, le préfet évoquait l'utilité d'un cadrage national. Ce courrier est sans réponse à ce jour. Recommandation pour la DGPR : 18.(DGPR) : Finaliser rapidement la réflexion nationale sur la prise en compte du risque séisme dans les documents d'urbanisme, (et apporter une réponse au courrier du préfet de région, préfet des Bouches du Rhône sur ce sujet, en date du 12 avril 2011). 5.5. Les feux de forêt Les feux de forêt constitue un risque permanent sur l'ensemble du département, et les populations, donc leurs élus sont très sensibilisés, mais avec une propension à privilégier la préparation et la gestion de crise à la prévention. Les services de l'État et le Conseil Général jouent un rôle majeur. Il faut toutefois noter le cas particulier de Marseille, qui dispose d'un corps spécifique de lutte contre les incendies, avec le bataillon des marins pompiers. (cf.3.3.3) On distingue habituellement l'aléa induit (éclosion d'un feu à proximité/à partir de zones urbaines ou d'infrastructures, et se diffusant dans les massifs) et l'aléa subi (le feu qui se déclare dans un massif qui menace les zones urbanisées). La très forte urbanisation du département crée une grande vulnérabilité, mais aussi un facteur d'aggravation de l'aléa avec de nombreux départs de feux issus des secteurs urbanisés. Le problème spécifique dans les Bouches du Rhône est en effet surtout l'interface urbain/forêt, avec des risques de départs multiples mobilisant au même moment les forces et donc les affaiblissant, avec aussi des problèmes d'accès à ces franges urbaines. L'enjeu prend une dimension supérieure avec le cas spécifique de grandes zones commerciales et la problématique d'évacuation ainsi qu'avec celui des installations industrielles (Fos, ...). On compte encore 400 départs de feux chaque année. Au final, cependant, on note actuellement de bons résultats, avec très peu de maisons brûlées, une faible surface en hectares brûlés (sur les 180 000 hectares de forêts) et des non extensions de feux, directement liées à une bonne organisation. Mais de grands feux peuvent revenir, ne serait-ce que par malveillance (cf Orgon en 2012) ou accident, ou avec des comportements inadaptés : 95% des feux sont d'origine humaine dans ce département. La prévention passe par : · La cartographie des risques et des mesures de limitation de la constructibilité ; · La prévention en site, avec surveillance, primo-intervention, en liaison avec le Conseil Général (SDIS, forestiers-sapeurs), et parfois des comités communaux feux de forêt, avec des vigies, des Îhicules, ... Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 46/101 Trois volets : · Saisonnier : avec réglementation (arrêté préfectoral annuel) des accès en période estivale et information en continu des usagers (symbolique noir, rouge, ...) suivant les conditions météo : la DDTM élabore l'arrêté préfectoral (ordre d'opération) en liaison avec l'ONF, le SDIS et la direction de l'environnement du Conseil Général, les communes concernées. La DDTM est aussi partie de la mise en oeuvre, avec des astreinte de personnel ; · Équipement des massifs, via les Plan Intercommunal de. Débroussaillement et d'Aménagement. Forestier (PIDAF) portés par des EPCI et syndicats dédiés (avec aides de l'État, de l'Union Européenne, du Conseil Régional et du Conseil Général) : la DDTM propose l'évolution de l'organisation, prépare la programmation des aides à la protection de la forêt, via une stratégie départementale, anime un comité technique (ONF, SDIS, CGal, ...) et un comité financier; · Diminution de la vulnérabilité : écobuage, débroussaillement (pour diminuer la masse combustible), PPRIF. La DDTM prépare les arrêtés encadrant les pratiques, prépare les PAC, ainsi que les PPRIF, et enfin organise la sensibilisation du public et un plan de contrôle départemental des débroussaillements, en liaison avec les maires (les agents municipaux n'étant assermentés pour ce faire que depuis juillet 2012 via la réforme récente du code forestier). La DDTM aide les maires à prioriser leurs actions, avec un outil élaboré avec le SDIS et l'ONF, sur la base d'une étude CEMAGREF (cartographie repérant les bâtis en fonction des priorités). La DDTM a su s'organiser, en intégrant le pôle forêt au sein du service en charge de l'urbanisme (Service Urbanisme/SU). Elle analyse les éÎnements les plus importants et travaille alors à déterminer les priorités d'action, dont les PPRIF (cf cas de la Côte Bleue, suite incendie de 2010). Pour chaque incendie, une fiche de retour d'expérience est établie.14 Un Plan de Défense des forêts Contre les Incendies (PDFCI) a été approuÎ en 2009 par le préfet, pour 7 ans. Par ailleurs, une déclinaison de la feuille de route forêt ministérielle est faite au niveau régional (DRAAF) et départemental (DDTM), avec accent sur les incendies. La DGPR et la DREAL sont peu présentes. Hors PPRIF, les porter à connaissance pour les documents d'urbanisme s'appuient sur un règlement départemental (en liaison étroite avec le SDIS 15). Le risque doit apparaître dans les documents graphiques et règlements des documents d'urbanisme. Dans les zones d'aléa fort, l'État prône une doctrine claire : pas de constructions nouvelles. Ceci incite donc à l'urbanisation dans la continuité, avec les aménagements adaptés pour les interventions (accès, points d'eau, ...). Un ciblage particulier est fait sur les établissements recevant du public (cf cas du collège de Cassis dans le massif 14 Cette excellente pratique du retour d'expérience serait utile à généraliser à tous les éÎnements liés à un risque naturel, comme les inondations par exemple NB : pour Marseille, il semblerait que le Bataillon des Marins Pompiers apparaisse trop dépendant de la ville, et qu'il accepterait trop des conditions dégradées d'accessibilité et de points d'eau. Ce qui est clair, c'est qu'il n'y a pas d'harmonisation des conditions de défendabilité au niveau du département, avec cette exception de Marseille. Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 47/101 15 Rapport n°008226-01 des Calanques). 9 PPRIF sont prescrits, avec 1 à l'enquête publique (Auriol). 1 en consultation des personnes publiques (Carnoux). 3 avec zonages affinés (Allauch, Cassis, Trets), mais avec des réticences des élus à poursuivre : la DDTM va mobiliser le préfet. La DDTM rappelle qu'il ne faut pas oublier que les incendies de forêts ne sont pas considérés juridiquement comme des catastrophes naturelles. Ceci entraîne pour conséquence en termes d'assurances qu'il n'existe pas d'indemnisation de constructions en zone rouge incendies pour permettre de reconstruire ailleurs que dans cette zone ! Ceci pose problème lors de la mise en place des PPRIF. La DDTM veille donc à limiter l'inclusion de constructions existantes en zone rouge. De plus, il n'y a pas d'aides pour l'adaptation de maisons (par exemple : remplacement de volets en plastiques par des volets en bois, ...). Dans certains cas (cf Auriol), la DDTM superpose les différents PPR : PPRIF, PPRI. Mais c'est de l'initiative d'un agent. Il n'y a pas à ce jour de démarche généralisée et systématique de superposition des PPR (voire de travail sur les symboles) dans la DDTM. Un travail spécifique a été demandé en 2012 à une stagiaire de comparaison de règlement de PPR (PPRI, PPRT, PPRIF, PPRMT). Les résultats montrent des convergences fortes, mais encore des contradictions à traiter (sur les enjeux par exemple, puis donc les règlements). La notion de défendabilité reste spécifique aux PPRIF. Cas particulier de Marseille : un test de zonage sur 9 quartiers a été tenté. En fait, avec la ville, il n'y a aujourd'hui qu'un travail purement technique depuis trois ans, et jamais les élus n'ont été mobilisés. Il va donc bien falloir passer au niveau politique. La présence de sites classés pose des problèmes pour les débroussaillement et la mise en place d'accès DFCI. Ceci suppose un travail avec la DREAL et le Parc National. Le PIDAF n'a jamais été porté dans les Calanques : ce peut être une mission pour le Parc National des Calanques. Dans le cadre du PLU, la DDTM a demandé d'intégrer la carte l'aléa. La ville voulait en fait s'en tenir à un zonage plus étroit, sur la base de données du Bataillon des marins pompiers (BMP). La DDTM a affiné, dans le cadre des études du PPRIF. Ce zonage a été repris dans le PLU. Puis la DDTM a travaillé sur l'aspect équipements (voirie, point d'eau). Des prescriptions du BMP n'ont même pas été reprises dans le règlement du PLU. La DDTM a donc émis des réserves importantes dans l'avis officiel, en ciblant les zones de franges (Calanques, ...). Il conviendra donc de revenir sur cette question à l'occasion du PPRIF. Mais, vu le contexte et la complexité, la DDTM ne voit pas d'aboutissement du PPRIF avant 2015.16 En ce qui concerne l'intervention en crise, sous l'autorité du préfet et coordination du SIRACED PC, le SDIS joue le rôle majeur, et dispose de moyens conséquents. Il travaille avec l'entente interdépartementale (établissement public depuis la loi de 2004): cartographie (harmonisation), appui technologique (aide à mise en place du portail SDIS), formation (avec le centre régional à Valabre/13). 16 Un cas problématique : le plan campus de Luminy, qui n'a pas du tout pris en compte le risque incendies. Divers échanges de courriers entre le préfet et le président de l'université évoquent ce sujet. Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 48/101 Rapport n008226-01 Conformément aux orientations nationales, sur l'attaque des feux naissants, il mise sur un dispositif d'intervention rapide (6 à 7 minutes) par des patrouilles, avant l'intervention lourde. Les groupes d'intervention sont prépositionnés face aux zones à risques. Des renforts sont prévus. Des travaux d'accès importants ont été faits, avec des pistes, complétés par une trentaine de vigies, et la mobilisation de 300 personnes sur sites (1/3 du temps des forestiers sapeurs en surveillance d'été). Le SDIS veille au broyage des sous-bois, y compris en lutte (accès et limitation du combustible) et aux travaux de débroussaillement (Le Conseil Général donne l'exemple avec 1,5 M / an sur les routes départementales, ceci en complément des obligations légales des propriétaires17). En cas de crise, est mise en place une direction des opérations de secours, au départ le maire, puis très vite le préfet (via le directeur de cabinet). Le SDIS procède, avec l'appui du Conseil Général, sur trois volets : · Attaque des feux naissants : détection (30 vigies avec personnels départemental, de l'ONF, du SDIS ; patrouilles, systèmes automatiques et de vidéosurveillance, avion de surveillance chaque été), avec l'appui des comités locaux feux de forêts (faisant aussi de la sensibilisation des populations) et intervention rapide (le SDIS a sorti les pompiers des casernes, pour les mettre en pré-positionnement, en les répartissant en dix groupes), avec des équipes sur terrain avec petites cuves (intervention dans les 6 à 7 minutes), avec hélicoptères bombardiers d'eau. L'État complète par des avions sur départs de feux. · Limitation des développements catastrophiques : c'est le cas des 3 à 4 % des feux naissants non maîtrisés. Il est essentiel de compartimenter les massifs : c'est assez naturellement le cas dans les Bouches-du-Rhône. Mais la disparition de terres agricoles supprime des coupures : les friches n'arrêtent pas les feux. Les types de cultures ont un rôle, avec importance de l'entretien de ces terrains. La déprise agricole en cours accentue la problématique. Il est essentiel d'assurer un cloisonnement interne aux massifs via les réseaux de piste et les coupures (sylvo-pastoralisme : travail avec la Chambre d'Agriculture). A noter un avantage géophysique particulier au département : les massifs y sont perpendiculaires aux vents (situation différente dans le Var). · Réhabilitation des sites : éviter l'érosion (du fait des nombreux orages), couper les arbres après incendies, mettre des fascines, voire, après quelques années, éventuellement des plantations de complément (mais après avoir laissé faire la repousse naturelle).... Le Conseil Régional et le Conseil Général subventionnent les syndicats de massif ou acteurs locaux (comme les Parcs Naturels Régionaux (PNR). Le SDIS veille particulièrement à la sécurité de ses personnels : depuis le début des années 1990 il a procédé à la généralisation de dispositifs de sécurité sur les Îhicules (visibilité des Îhicules en zones de fumées, protection des pneus, renforcement des pare-brise, arriÎe d'air frais, ...) et sur les personnes (masques de fuite, ..). La politique d'attaque rapide sur feux naissants a diminué les grands feux, et donc l'habitude des pompiers à y faire face. Dans la nouvelle (2013) école départementale des plateaux techniques permettront des mises en situation. Les formations sont 17 NB : C'est le maire qui doit faire respecter. Or Les maires n'assument pas tous ce suivi, source de difficultés avec les propriétaires. Le SDIS considère que les textes auraient dû s'en tenir à la coresponsabilité de l'État et du maire. Les maires n'assument pas tous ce suivi. Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 49/101 Rapport n°008226-01 désormais très précises suivant les fonctions des personnels. Le département bénéficie de plus de la récente installation de l'école nationale des officiers de sapeurspompiers (Vitrolles, plateau de l'Arbois). Mais tout ce dispositif repose sur un travail préalable des communes, ou plutôt de syndicats de massif, qui portent des PIDAF ou « plans de massif ». Les travaux sur les pistes ne seront pérennes que s'ils sont assortis de servitude, en particulier d'entretien, or il n'y a pas de statut juridique des pistes forestières. Il importe qu'une réflexion soit donc menée sur le portage des servitudes indispensables pour maintenir une qualité d'usage essentielle en intervention. Recommandation : 19.Accélérer la mise au point des PPRIF, en se donnant une programmation Comme proposé dans la recommandation 7, il faut travailler à la cohérence des PPRIF avec les autres PPRN sur les communes soumises à plusieurs risques 5.6. Les campings dans les zones à risque Le département compte 46 campings soumis à risques, sur les 72 autorisés dans le département. Le directeur de la DDPP est très conscient de l'importance de l'enjeu et a relancé les visites systématiques, tous les trois ans. Une sous-commission campings a été constituée. 0,5 ETP sont mobilisés sur cette thématique. Une vingtaine de campings ont été vus en 2012. Cette tâche est très reliée aux compétences tant ERP que sécurité de produits (aires de jeux, ...). Il faut que les citoyens (clients des campings) aient l'information sur les risques et la sécurité. A noter toutefois que la DDTM n'est pas associée, et, en particulier, elle n'est pas sollicitée sur l'existence de PPRI concernant les territoires des campings concernés. A noter deux cas sensibles : le camping de Tartarin à Tarascon, dans les Ségonaux du Rhône ; le camping sauvage sur la plage de Piemanson en Camargue. La récente mission du CGEDD sur les PPRI du Rhône formule des recommandations précises. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 50/101 6. Les risques hydrauliques Le contrôle des barrages et digues contre les inondations (depuis 2010) relève du service énergie, construction, air et barrages de la DREAL (SECAB). Le service mobilise 6 ETP pour la région PACA. Ce qui est suffisant. La problématique digues est plus récente et une formation semble nécessaire pour ce volet. Le suivi des barrages était assuré en DDE jusqu'en 2009, avec une personne très compétente. La Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt (DDAF) s'était mobilisée pour recenser les digues, mais a stoppé le travail à la sortie du décret de 2007. C'est la DREAL qui a remis en chantier le recensement, en obtenant des crédits DGPR pour la DDTM : acheÎ à l'été 2012 (hors axe Rhône). L'enjeu aujourd'hui est de trouver des gestionnaires. C'est la priorité, avec finalisation du classement. La circulaire de juillet 2010 confirme que c'est bien le service de police des eaux qui propose le classement, la DREAL validant et contrôlant. Le recensement des digues maritimes a été fait avec appui du CETE Méditerranée : en fait peu d'ouvrages. A noter, sur le Rhône, le dépôt récent par le SYMADREM d'un dossier d'autorisation de travaux sur les quais d'Arles, en amont et en aval, à soumettre au comité technique permanent des barrages et ouvrages hydrauliques (CTPBOH), venu sur place en février 2013). La DREAL Rhône Alpes (qui assure désormais, depuis janvier 2013, la police des eaux sur le fleuve, en lieu et place de l'ancien Service de la Navigation Rhône Saône) a reçu le dossier, en tant que guichet unique police des eaux, puis la DREAL PACA, service de contrôles (sous autorité du préfet de département) instruit, avec l'appui technique du CETE Méditerranée. A termes, une qualification d'ouvrage « résistant à la crue de référence » sera sollicitée et instruite. La problématique de cette procédure de sécurité des ouvrages associée à la procédure loi sur l'eau, pose un problème : au niveau de l'instruction au regard de loi sur l'eau, on se contente d'un avant-projet, or le CTPBOH demande des dossiers plus précis de niveau projet. Ce niveau n'est en général atteint qu'après autorisation loi sur l'eau. Les maîtres d'ouvrage sont réticents à aller au-delà de l'avant-projet au stade loi sur l'eau. Par exemple, une rehausse de digue sur place peut supposer un élargissement, qui va alors remettre en cause y compris la position de l'ouvrage et remettre en cause l'autorisation loi sur l'eau. Autre cas : constat in fine que l'ouvrage ne permet pas la mise en sécurité, dès lors, ceci devrait remettre en cause l'autorisation même loi sur l'eau. Or, pour les ouvrages concédés, il y a bien deux autorisations : 1/ concession (avec enquête publique) ; 2/ dossier d'exécution (en direct entre gestionnaire et service État) ... décret de 1994. Par ailleurs, en cas de travaux d'urgence, liée à la découverte d'un problème de structure (donc hors crue), en temps normal ou après un éÎnement, des gestionnaires demandent une procédure adaptée et rapide, mais ceci n'est pas prévu par les textes (on doit donc s'en tenir à la procédure classique qui dure environ une année). Enfin, la logique de l'application de la loi sur l'eau amène à prévoir une programmation Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 51/101 des interventions limitant les effets sur la ligne d'eau. Or, la logique de protection des populations suppose de mettre en oeuvre des systèmes d'ouvrages protégeant des territoires, avec une programmation cohérente (et in fine une qualification éventuelle Résistant à l'aléa de référence « RAR » de ces systèmes). Le cas du Plan Rhône schéma sud met en évidence ces difficultés. Au-delà des structures présentées plus haut (SYMADREM, SMAVD, ...) il faut noter que l'emprise foncière de nombreuses digues relève de propriétaires priÎs. Les textes s'imposent à ces propriétaires, qui en fait sont totalement non conscients de leur responsabilité. Or, si un gestionnaire intervient en sus, il n'a ni la propriété, ni la possibilité d'accès. Il faudrait donc aboutir au transfert de propriété, via une déclaration d'intérêt général, à instruire par les DDT. Dans les Bouches du Rhône on peut citer le cas de l'Arc : le SABA ne sait pas comment intervenir face à des propriétaires réticents, alors que l'ouvrage apparaît dangereux. Recommandation pour la DGPR : 20.(DGPR) réexaminer les procédures administratives d'autorisation des ouvrages de protection, en assurant une meilleure cohérence entre ce qui relève de la loi sur l'eau, et ce qui relève de la qualification, y compris l'avis du Comité technique permanent des barrages et des ouvrages hydrauliques (CTPBOH); Recommandation : 21.Établir un recensement des digues et ouvrages relevant de propriétaires priÎs, ayant un rôle dans la protection des populations le long des fleuves et rivières à risque d'inondation, et engager un travail de reprise de responsabilité par des acteurs publics compétents. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 52/101 7. L'urbanisme et l'application du droit des sols (ADS) 7.1. Les documents d'urbanisme (avec ou sans PPR) les Services Territoriaux ont, depuis 2010, en charge l'association aux POS/PLU, et le Service Urbanisme l'association aux SCoT . Jusqu'en 2010 le risque était abordé en fin de PLU. Maintenant, il est abordé en amont ce qui est nettement meilleur. Comme on l'a vu, les PPR connaissent dans les Bouches-du-Rhône un grand retard : de fait l'annexion des PPR aux documents d'urbanisme n'a concerné qu'un très petit nombre de PPR. Par ailleurs, comme on le verra plus loin l'annexion des PPRI anticipés ne s'est pas faite facilement. Depuis très peu de temps (octobre 2012), le Service d'Urbanisme tient à jour un tableau de bord très complet des procédures d'urbanisme : cela faisait partie d'ailleurs des objectifs fixés par Monsieur le secrétaire général dans sa note d'objectif (cf. 3.2.1) 7.2. L'instruction ADS / Instruction des dossiers ( avec PPR et sans PPR mais risque connu ) L'instruction des permis de construire est confiée aux arrondissements territoriaux : le nombre de communes laissant l'instruction des permis à la DDTM a cependant été réduit de manière conséquente au cours des dernières années. De ce fait, le travail se concentre de plus en plus sur le contrôle de légalité (cf. ci-dessous). Au total, 6 postes ETP sont consacrés à ces tâches. L'organisation mise en place devrait aboutir au 1 er janvier 2014 à la situation suivante : instruction ADS pour seulement 12 communes (26 communes au 01/06/2013), et cette mission sera concentrée au siège/SU qui conserve un pôle ADS pour les PC État, l'accompagnement des communes et la fiscalité (dont une partie assurée dans les ST) » et remplacer la dernière phrase par « l'ADS occupera 2,5 ETP strictement au siège/SU. 5,8 ETP sont affectés au contrôle de légalité (3) et contentieux (2,8) 7.3. Le contentieux ( sur le PPR, sur les actes d'urbanisme ) En 2011, 10 905 actes ont été enregistrés dont 9 395 permis de construire. 11,25 % de ces actes ont fait l'objet d'un contrôle. 4,16 % des actes contrôlés étaient illégaux et ont nécessité l'engagement d'une procédure. La procédure commence par une simple lettre d'observation et peut aller jusqu'au renvoi de l'acte incriminé au tribunal administratif. L'examen se fait prioritairement sur les lotissements et les zones inondables. Le taux de contrôle et l'orientation générale des contrôle sont donc tout à fait satisfaisants. Il y a par contre un problème concernant les contrôles sur place, notamment vu le faible nombre d'agents assermentés, et il y a une certaine confusion entre les types de contrôles, soit au regard de la police des eaux, soit au regard de la Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 53/101 police de l'urbanisme. Recommandation : 22.Augmenter le nombre d'agents assermentés pour faire des contrôles sur le terrain, et rechercher une meilleure coordination avec la Justice. En sens inverse, les décisions prises en matière d'urbanisme font l'objet de recours gracieux ou contentieux en grand nombre : par exemple le PPRI anticipé d'Arles a donné lieu 17 recours gracieux, 2 interventions du Maire, une requête en suspension (rejetée par le tribunal le 5/11/2012) et une requête en annulation . Dans le cas des contentieux liés à des PPR, vu le zonage précis et la règle claire, la DDTM gagne aisément les contentieux. Dans le cas où l'on est dans le cadre du R111-2, les interprétations sont plus larges, et donc l'issue des contentieux n'est pas évidente. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 54/101 8. La prévision et la préparation à la gestion de crise 8.1. La DDTM en gestion de crise Un agent très compétent est mobilisé pour préparer et gérer les crises. Mais il est en fin de carrière, et son remplacement devrait être dès maintenant préparé. De plus, son rôle théorique se limite à la réquisition des matériels de transport et de travaux publics. Or, la DDTM est attendu pour sa compétence technique en matière de risques, qui ne semble pas clairement mobilisée (au-delà des astreintes tournantes de cadres, chefs de services). Recommandation : 23. Repenser le rôle et la mobilisation de la DDTM en crise, en vue de mobiliser ses compétences techniques en matière de risques, et veiller à assurer la pérennité du dispositif. 8.2. La préparation à la crise Le directeur de cabinet du préfet a en charge la planification et la gestion des crises. Il a constaté à son arriÎe de nombreux retards, tant en sûreté ou sécurité civile. Les services n'ont pas pris totalement la mesure des enjeux. Mais ceci a été aggraÎ par des problèmes organisationnels : ainsi le SIRACED PC a été transféré à la DDPP en 2009, puis est revenu en 2012 (mais avec 50% d'effectifs en moins, de 24 ETP à 12). On est en logique de rattrapage. En première urgence, le directeur de cabinet a mis l'accent sur les plans de secours (plan électrosecours, plan métro-pirate, plan secours de l'aéroport, ...). La CCDSA n'avait pas été réuni depuis trois ans, et il a fallu tout remettre en place, y compris des comités locaux de sûreté. Le directeur de cabinet a une vision claire des enjeux : identifier le risque, se préparer à la survenue, prévenir les populations, prévenir les éÎnements. Mais, il manque un élément clef : le DDRM. Établi en 2006 (et de qualité) il est en partie obsolète, ne tenant pas compte des éÎnements majeurs dans le monde et en France (cf inondations du Var de 2010 et rapport inter-juridictionnel de la Cour des Comptes). La DDPP ne se mobilise pas sur ce DDRM, et n'a pas les agents compétents. Le SDACR proposé par le SDIS semble en partie inadapté : il prévoit des moyens pour répondre aux risques, non pour les prévenir. Le SDIS ne tient pas compte par exemple du PPRI en cours de préparation sur Arles, par la DDTM. On ne tire pas leçons des éÎnements et crises pour refaire des exercices (désormais le directeur de cabinet impose un exercice par mois) et retravailler les documents. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 55/101 La préfecture travaille à la mise en place d'un outil cartographique partagé (sur la base d'éléments du niveau zonal). Le centre opérationnel départemental (COD) lui-même, établi en 1999, est aussi obsolète. La rénovation est prévu en 2013 (300 000 ). Pour mieux travailler avec les élus, la préfecture (SIRACED PC) a, avec l'appui du CYPRES, établi un dossier d'accompagnement à l'élaboration des PCS. D'autre part, il y a des tensions entre le SDIS et le bataillon des marins-pompiers de Marseille. Ceci apparaît dans les doctrines vis-à-vis de la prévention, ou par exemple dans le cadre du projet de Métropole, ou plus à court terme, sur le Port (qui n'a pas moderniser ses procédures, et veut se dégager de l'emprise très onéreuse du BMP, via un appel d'offre). Globalement, hormis en partie dans des communes où des éÎnements ont récemment eu lieu, les populations n'ont pas une conscience suffisante des risques. Il faudrait aller vers des exercices mobilisant les populations (niveau IV) : le directeur de cabinet a programmé deux exercices (dont un à Marseille). Le préfet est de nouveau représenté au sein du conseil d'administration du SDIS. L'État doit faire un inventaire précis des risques, tirer les leçons des grands éÎnements, puis se donner des priorités. Il faut intégrer l'imprévisibilité de certains risques (cf cas récent de tornade à Plan de Campagne, ou des cas de grêle intense, ...). En crise, les moyens de communication semblent inadaptés (la DDTM utilise ses mobiles, comme d'autres services de l'État) et doivent être renforcés, peut-être en s'appuyant sur le réseau ANTARES (bien que sans liaison sol/air, avec par exemple les bombardiers d'eau). La préfecture envisage l'acquisition d'un dispositif de téléphones satellitaires (voix et données) pour équiper tous les sous-préfets et les représentants de l'État en COD (les décisionnaires sur le département). Est-ce suffisant ? en particulier pour assurer la liaison avec les services opérationnels dans l'action ? Par ailleurs, les lettres de mission du Secrétaire Général aux DDI ont été établies en 2012, sans associer le directeur du cabinet. A noter que la lettre au DDPP n'évoque pas du tout la question des risques. Il serait sûrement utile d'envisager une meilleure coordination autour du préfet en matière de risques, pour dépasser l'éclatement des compétences dans les DDI. En termes de moyens humains, les acteurs s'accorde à constater une perte de la compétence (avec les multiples réorganisations et le départ des cadres expérimentés), par baisse de recrutement des spécialistes, des ingénieurs, de techniciens ... Recommandations : 24.Assurer une meilleure liaison entre prévention et préparation à la crise, en associant plus étroitement, dans un pôle coordonné les principaux services mobilisés, dont le SIRACED PC, le SDIS et la DDTM ; associer les autorités locales, dont le Conseil Général et les syndicats compétents (SYMADREM, SMAVD, ... syndicats de massifs, ...). Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 56/101 25. Animer une réflexion technique avec le SDIS et le BMP en vue de rapprocher les doctrines et pratiques 26. Mettre en place un système de communication fiable en crise entre services de l'État, y compris en termes cartographiques 8.3. La participation des services à la gestion de crise Le SIRACED PC devait en 2008 être démantelé et rattaché à la DDPP. Le préfet arriÎ en 2010 a stoppé cette évolution, avec recréation en janvier 2011. Pendant trois ans, il n'y avait plus de lieu identifié. Le SIRACED PC est de niveau départemental malgré son « R ». Le service met au point les plans d'intervention pour les établissements SEVESO et de très nombreux plans d'urgence (Plan d'intervention contre les pollutions marines/POLMAR, transports de matières dangereuses, ...). Le préfet de département, assisté de son directeur de cabinet, a autorité. Le service établi les plans et assure l'organisation d'exercice. En crise, il n'y a pas d'outil partagé : la plupart des services utilisent leurs mobiles. Seul le SDIS dispose d'un outil de communication satellitaire, et a d'ailleurs du le mettre à disposition en urgence du préfet lors d'une récente crise. Chaque service dispose de son système (RIMBAUD pour le préfet, RUBIS pour les gendarmes, ...). En crise, on se retrouve finalement avec peu d'acteurs joignables aisément. L'État n'a plus assez de personnel mobilisable en urgence (le recours à l'Armée est désormais limité, avec la disparition de la conscription, et le grand nombre d'opérations extérieures). De plus, dans les collectivités, hormis le cas positif du SYMADREM, les personnels ne sont plus mobilisables hors de leurs missions quotidiennes (les personnels routiers ne s'occupent que de l'entretien des routes, et n'interviennent plus en crise, comme c'était le cas de l'État). Les entreprises priÎes n'interviennent que si des crédits peuvent les mobiliser : opérateurs de téléphonie, SNCF, ASF ... Enfin, il n'y a pas de plate-forme de mise en commun des expériences, au-delà du travail post-ORSEC du ministère de l'Intérieur. Il manque une approche interministérielle, et un lien plus fort entre crise et prévention, afin de mieux faire travailler ensemble les services en charge des PPR et ceux travaillant sur les plans de préparation de crise. Recommandations : 27.Recenser les moyens de l'État, mobilisables en crise, et assurer une coordination ces moyens; ; mettre en place un protocole et un dispositif de communication et initier une démarche de formation dans une approche métier Les retours d'expérience sur les éÎnements de crise Il y a eu un retour d'expérience sur un exercice de crise simulée (ERIDAN), mené en 2012. Mais il n'y a aucun recensement des catastrophes ou éÎnements graves, avec Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 57/101 leçons tirées tant de la gestion de crise que de la prévention nécessaire, ni de tableau des mesures à prendre et de leur suivi. Dans un département où le risque est si prégnant, et où des crises ou éÎnements sont récurrents et fréquents, ceci est indispensable. Recommandation : 28.Mettre en place un dispositif de retour d'expérience systématique à chaque catastrophe naturelle ou éÎnement grave et de suivi de l'application des mesures repérées, tant dans la mise au point des PPRN, que dans la préparation de la gestion des crises. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 58/101 9. Avis de la mission sur le plan d'action proposé par le Préfet suite à l'envoi du document dans le cadre de la procédure contradictoire La mission a pris connaissance du plan d'action transmis par le préfet le 18 septembre 2013. Ce plan est annexé au rapport ainsi que les commentaires du DDTM. Globalement, la mission se félicite des suites données par le préfet, en particulier sur proposition du DDTM, à ses recommandations et estime que ce plan constitue un document de qualité qu'il s'agit maintenant de mettre en oeuvre. Au vu de la réponse du préfet, la mission fait les commentaires suivants : 1. il y a bien adéquation entre l'analyse du préfet et l'analyse de la mission puisque le plan d'action en 5 points correspond bien aux 7 recommandations les plus importantes du rapport : 1, 2, 3, 5, 7, 8, 12 ; 2. mais le rapport comportait 21 autres recommandations et certaines auraient méritées de figurer dans le plan d'action. En effet si la réponse montre que certaines recommandations du rapport sont d'ores et déjà bien prises en compte : · pour les syndicats de massifs, · les services territoriaux, · les agents assermentés, · les PPRIF, · les expropriations · Marseille. Par contre, dans un certain nombre de domaines, la réponse actuelle est insuffisante et aurait méritée de figurer dans le plan d'action : · PAPI, ruissellement urbain, · submersion marine, · digues, · canaux, · moyens de communication. On peut en effet considérer que les sujets · séisme, · moyens de crise méritent plus de réflexion (le premier en attente d'une position de la DGPR, le second, dans une démarche plus vaste, qui découlera du plan d'action en matière d'organisation des services) ; 3. Par ailleurs, la mission avait évoqué l'enjeu de la prévention des inondations du Rhône, en renvoyant à une mission menée par ailleurs, sur demande du préfet : le rapport de cette dernière, outre les recommandations en matière de Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 59/101 PPRI, pointaient quatre points de danger à traiter rapidement : il est indispensable que le département prenne rapidement les mesures nécessaires, qui auraient eu toute leur place dans le plan d'action ; 4. Enfin, la Direction départementale des territoires et de la mer a releÎ un certain nombre d'erreurs18 qui ont été corrigées. Au printemps 2013, après saisie de la ministre par le préfet, une mission du CGEDD a examiné l'élaboration des PPRI du Rhône pour les communes concernées des Bouches-du-Rhône. Parmi ses recommandations, au-delà de la question des PPRI, la mission indiquait qu'il fallait traiter, de manière opérationnelle, plusieurs points où les risques pour les personnes sont aÎrés : · Les maisons construites hors les digues, dans le lit du Rhône · La zone de Fourchon et les quartiers sud inondables en raison du faible transit au col de Fourchon · Le camping sauvage en zone de submersions marines sur la plage de Piemanson (Arles) · Le camping de Tartarin à Tarascon Les auteurs suggéraient en particulier la suppression du camping sauvage existant sur la plage de Piemanson ( commune d'Arles) et son remplacement par, d'une part un parking aménagé en arrière plage, d'autre part un camping à créer en zone d'aléas moyens à proximité immédiate du coeur du village de Salin-de-Giraud, commune d'Arles. En résumé, la mission et le préfet sont d'accord sur les points essentiels et stratégiques qui figurent dans le plan d'action. Le préfet a démontré que certaines recommandations étaient d'ores et déjà bien prises en compte. La mission en prend acte. Par contre, elle regrette que certains points de n'aient pas figuré en tant que tel dans le plan d'action, en particulier les suites à donner à la mission du CGEDD sur les PPRI du Rhône, au moins pour les quatre points de danger signalés. 18 incendie de 2009, priorité des PPRIF, PPRI anticipé, instruction ADS des ST, effectif contentieux ADS Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 60/101 Rapport n008226-01 Conclusion Le département des Bouches du Rhône, très urbanisé, très peuplé, est soumis à la totalité des risques naturels connus en métropole, hormis les avalanches. La quasitotalité des communes est concernée par les risques de séismes, d'inondations, de feux de forêts, de mouvement de terrain, de submersion marine, etc... Pourtant, sauf les élus des communes très récemment touchées par une catastrophe naturelle (comme les inondations du Rhône en Arles en 2003), il n'y a pas une conscience générale du risque dans la population. Heureusement, on peut constater d'excellentes initiatives locales, comme le comité risques urbains de Marseille, la mobilisation du SMAVD pour prévenir les inondations en Durance, la mise en place exemplaire d'un PC de gestion de crise à Tarascon ou le très exemplaire et quasi unique en France SYMADREM investissant lourdement dans la prévention des inondations du Rhône. Le Conseil Général joue un rôle clef dans la lutte contre les feux de forêts, tant avec un SDIS solide, qu'en soutenant les syndicats de massif. Dans ce contexte, l'État a pourtant, jusqu'en 2010, pris du retard dans la mobilisation pour la prévention des risques : PPR prescrits en 2000 et toujours à l'étude, commissions départementales non réunies, absence de stratégie départementale, ... Les efforts récemment engagés de rattrapage sont entraÎs par une organisation globalement peu lisible. La mission, considérant la volonté affichée du préfet, ainsi que la mobilisation forte des différents services déconcentrés, propose diverses pistes d'amélioration afin de mettre en place une Îritable stratégie départementale de prévention des risques, portée par l'ensemble des services de l'État et partagée avec les collectivités territoriales. Un plan d'action, établi rapidement avec une mise en oeuvre à court terme, devrait permettre de retrouver une efficacité indispensable pour faire face aux conséquences dramatiques d'un nouvel épisode, comme ceux qu'a déjà régulièrement connus ce département. La sécurité des populations est au coeur des responsabilités des pouvoirs publics. Jean CHAPELON Gilles PIPIEN Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 61/101 Annexes Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 62/101 1. Lettre de mission Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 63/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 64/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 65/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 66/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 67/101 2. Liste des personnes rencontrées Nom Parant Prénom Hugues Organisme Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône DREAL Rhône-Alpes DREAL Rhône-Alpes DREAL Rhône-Alpes Fonction Préfet de région Provence Alpes Cote d'Azur, préfet des Bouches du Rhône Secrétaire général de la préfecture des Bouches du Rhône date 19/12/2012 Laugier Louis 08/01/2013 Merlin Christophe Directeur du cabinet du préfet des Bouches du Rhône 08/01/2013 Petit JD SIRACED-PC/chef du service 12/12/2012 Robert JM SIRACED-PC 12/12/2012 Castoldi Pierre Sous-préfet d'Arles 22/11/2012 Quaix-Raviol Caroline Sous préfecture d'Arles / chef bureau contrôle de légalité 22/11/2012 Van de Migom Karin Sous préfecture d'Arles / adjointechef bureau contrôle de légalité 22/11/2012 Ledenvic Vauterin Norotte Philippe Patrick Olivier Directeur, délégué de bassin Directeur-adjoint, délégué de bassin Délégation de bassin /Mission Rhône/chef de la mission Délégation de bassin /Mission Rhône UT69/police des eaux UT69/police des eaux directeur-adjoint Chef du SPR Adjointe au chef du SECAB SECAB 10/12/2012 10/12/2012 10/12/2012 Langumier Julien DREAL Rhône-Alpes 10/12/2012 Issartel Halgrain Neyer Normand Mièvre Criado Emmanuelle Jérôme Laurent Thibault Annick David DREAL Rhône-Alpes DREAL Rhône-Alpes DREAL PACA DREAL PACA DREAL PACA DREAL PACA 10/12/2012 10/12/2012 12/12/2012 12/12/2012 23/11/2012 23/11/2012 Page 68/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Nom Prénom Organisme Fonction date Servanton Cotillon Callier Fremeaux Michels Moisson de Vaux Guérin Chaptal Terrarraorsi Soubié Banet Bary Caselles Sourdioux Brandli Haas Biesbrouck Bressand Llamas Gilles Anne Cécile Hubert Guy Laurent Bénédicte DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 Directeur Directrice-adjointe Chef du STA Chargé de mission Chef du ST Centre Chef du SU 21/11/2012 21/11/2012 22/11/2012 22/11/2012 22/11/2012 21/11/2012 Didier Frédéric Serge Anne Syvie Serge Ghislaine Sandrine Jean-Claude DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM 13 DDTM 13 DDTM 13 DDTM13 Adjoint chef SU chef pôle risques/SU Adjoint au chef du pôle risque/SU Pôle risques/SU Chef du pôle forêts/SU Chef du service d'appui SA/Pôle juridique SA/Gestion de crises chef du pôle aménagement/SML directeur Chef du bureau de la prévention 21/11/2012 21 et 23/11/2012 23/11/2012 21/11/2012 21/11/2012 23/11/2012 23/11/2012 23/11/2012 23/11/2012 08/01/2013 08/01/2013 22/11/2012 Benoit DDPP 13 DDPP 13 François SPC Grand Delta ONF Directeur Bouches-du-Rhône et Vaucluse 12/12/2012 Seilles L'Henaff EPA Euroméditerranée Bataillon des marins pompiers de Marseille Vice amiral, commandant le BMPM 12/12/2012 13/12/2013 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 69/101 3. Phase contradictoire : Réponse en date du 18 septembre 2013 du préfet au rapport provisoire Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 70/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 71/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 72/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 73/101 4. Les remarques du DDTM sur le rapport Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 74/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 75/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 76/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 77/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 78/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 79/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 80/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 81/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 82/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 83/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 84/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 85/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 86/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 87/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 88/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 89/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 90/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 91/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 92/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 93/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 94/101 5. Organigramme de la DDTM 13 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouchesdu-Rhône Page 95/101 6. Glossaire des sigles et acronymes Acronyme ADS ANRU ASF AZI BMP BOP BRGM CCDSA CDRNM CDSC Application du droit des sols Signification Agence national pour la rénovation urbaine Autoroutes du Sud de la France Atlas des zones inondables Bataillon des marins pompiers Budget opérationnel de programme Bureau des recherches géologiques et minières Commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité Commission départementale des risques naturels majeurs Conseil départemental de sécurité civile CELRL CEMAGREF Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts devenu l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea) CETE CGAAER CGEDD COD CPIER CTBOH CYPRES DCS DDAF DDE Centres d'études techniques de équipement Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux Conseil général de l'environnement et du développement durable Centre opérationnel départemental Contrat de projets interrégional Plan Rhône Comité technique permanent des barrages et des ouvrages hydrauliques Centre d'information pour la prévention des risques majeurs Dossier communal de sauvegarde Direction départementale de l'agriculture et de la forêt Direction départementale de l'équipement Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 96/101 Acronyme DDI DDPP DDRM DDT DDTM DDTM/SU DGPR DI DICRIM DREAL DREAL PACA Signification Direction départementale interministérielle Direction départementale de la protection des populations Dossier départemental sur les risques majeurs Direction départementale des territoires Direction départementale des territoires et de la mer Service d'Urbanisme de la DDTM Direction générale de la prévention des risques (MEEDDM) Directive inondation Documents d'information communal sur les risques majeurs Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de Provence-AlpesCôte-d'Azur Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Rhône-Alpes DREAL RA EdF EPCI EPTB ETP FPRNM Électricité de France Établissements publics de coopération intercommunale Établissement public territorial de bassin Équivalent temps plein Fonds de prévention des risques naturels majeurs Grand Port Maritime de Marseille Information des acquéreurs et locataires Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts Institut national de l'environnement et des risques Laboratoire central des Ponts et Chaussées (inséré depuis au sein de l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux IFSTAR) Office National des Forêts Organisation de la Réponse de la Sécurité Civile GPMM IAL IGPEF INERIS LCPC ONF ORSEC Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 97/101 Acronyme PACA PAPI PC PCS PDFCI PDM PIDAF PLU PNR POS PMDAF région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur Signification Programme d'actions de prévention des inondations Poste de commandement Plan communal de sauvegarde Plan de Défense des forêts Contre les Incendies Plan de mesures Plan Intercommunal de. Débroussaillement et d'Aménagement. Forestier Plan local d'urbanisme Parcs naturels régionaux Plan d'occupation des sols plan de massif de débroussaillement et d'aménagement des forets Plan de prévention des risques Plan de prévention des risques inondations Plan de prévention des risques naturels Plan de prévention des risques sismiques Plan de prévention aux risques incendie de forêts Plan Submersions Rapides Résistant à l'aléa de référence Règlement de surveillance de prévision et de transformation de l'information sur les crues Syndicat d'Aménagement du bassin de l'Arc Schéma d'aménagement et de gestion des eaux Syndicat Mixte d'Aménagement du Val de Durance Service aménagement urbanisme (DDTM) Schéma de cohérence territoriale Schéma départemental d'analyse et de couverture des risques PPR PPRi PPRN PPRS PPRIF PSR RAR RIC SABA SAGE SMAVD SAU SCOT SDACR Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 98/101 Acronyme SDAGE SDIS SDPRNM SECAB SIACEDPC Signification Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux Service départemental d'incendie et de secours Schéma départemental de prévention des risques naturels majeurs Service énergie, construction, air et barrages Service interministériel des affaires civiles économiques, de défense et de la protection civile (Préfecture) Syndicat Intercommunal d'Aménagement de la Touloubre Système d'information géographique Service Interministériel Régional des Affaires Civiles et Économiques de Défense et de la Protection Civile Syndicat Mixte d'Aménagement du Val de Durance Société nationale des chemins de fer français Service de prévision des crues Loi Solidarité et rénovation urbaine Services Territoriaux Syndicat mixte interrégional d'aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer Territoire à risque d'inondation zones d'expansion des crues SIAT SIG SIRACED-PC SMAVD SNCF SPC SRU ST SYMADREM TRI ZEC Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 99/101 Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie Conseil général de l'Environnement et du Développement durable 7e section ­ secrétariat général bureau Rapports et Documentation Tour Pascal B - 92055 La Défense cedex Tél. (33) 01 40 81 68 73 http://www.developpement-durable.gouv.fr INVALIDE) (ATTENTION: OPTION arge partie du Rhône va être concernée (6 « territoires à risque important »/TRI de Lyon au delta), avec une méthodologie cohérente (transposition directe par la DREAL de bassin dans le lit majeur des lignes d'eau, via une cartographie spécifique). Les risques derrière les Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 37/101 ouvrages seront pris en compte. · 2011 : le préfet de bassin, a calé les EPRI. · 2012 : il a arrêté les Territoires à risque d'inondation (TRI) (25 dans le bassin, dont 6 Rhône) · Fin 2013 : établissement des trois cartographies (aléa faible, moyen, fort) · 2014 : arrêt de la liste des stratégies locales de gestion (en // mise en consultation du SDAGE) : pour le Rhône, on dispose du Plan Rhône et des trois schémas de gestion existant (dont Rhône aval) · 2015 : Plan de gestion des risques d'inondations (en // à l'approbation du SDAGE) Il appartiendra alors aux structures locales de gestion, comme le SYMADREM ou les EPCI, de mettre en oeuvre. Ceci suppose de bien les associer. On peut noter par exemple que Le SMAVD, qui a participé à l'EPRI et aux propositions de TRI, a le souci de ne pas voir remettre en cause le travail sur le bassin versant engagé depuis des années De plus, il est essentiel d'assurer la cohérence des cartographies entre cette directive et les PPRI en cours de préparation. La DDTM s'est très bien préparée. Le TRI de Marseille sera l'occasion de relancer la mobilisation des collectivités sur l'Huveaune 5.2.2. Les inondations du Rhône : Les PPRI Rhône sont prescrits depuis 2000, mais ne sont pas encore approuÎs. Sous l'impulsion du préfet, il y a eu une réelle accélération en 2010, en s'appuyant sur les apports techniques d'une mission du CGEDD (2008 « Quevremont » ), Comme l'y autorise la loi, le préfet a décidé d'approuver des PPRI anticipés (sans enquête publique, avec concertation réduite auprès des communes, sur deux mois : novembre 2011/janvier 2012), le 29 février 2012 (suite réunion présidée par le préfet lui-même). Ceci a provoqué la vive réaction des communes concernées, en particulier avec un recours gracieux d'Arles, puis un recours/référé en octobre 2012 : le référé a été rejeté. Le tribunal administratif de Marseille s'est engagé à juger au fond au premier trimestre 2013. Les réflexions de la DDTM ont abouti dès juin 2010 à une présentation en mairies, dans un contexte déjà conflictuel à Arles. Les échanges techniques n'ont finalement pas eu lieu avec les services municipaux d'Arles (refusant la doctrine Rhône). En novembre 2010 une position État a été finalisée. Le nouveau préfet a missionné le sous-préfet, qui a remis un rapport en avril 2011. Une réunion au niveau ministre s'est tenue en présence du président du Conseil Régional et des maires. Le maire d'Arles considère que son territoire est « vitrifié » par le PPRIa ; il invoque son PLH approuÎ (pourtant, tout près du centre-ville, hors zone inondable, sur foncier public, un secteur dit des ateliers SNCF est en cours d'aménagement, mais sans aucun logement : vocation culturelle, espace naturel, ... A noter qu'il existe un autre secteur hors zone inondable : le Pont de Crau13). Le préfet a annoncé l'échéance de 13 A noter que pendant ce temps-là, en concurrence, la commune de Saint-Martin de Crau se développe aussi Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 38/101 Rapport n008226-01 l'été 2013 pour finaliser les PPRI. Une équipe projet a été constituée au sein de la DDTM pour aller du PPRIa à un PPRI à l'été 2013 (sachant qu'il n'y a pas d'échéance légale, du fait qu'il a été prescrit en 2000). Un groupe de travail technique a été créé entre ville d'Arles et DDTM. Et le dialogue a commencé avec des réunions, à ce jour, constructives. Au-delà du centre-ville et des extensions en continuité, la ville d'Arles souhaite aussi développer ses villages en Camargue. Il y a une équation non dite entre développement économique et extension urbaine. La notion de densification n'est pas dans les esprits de certains élus. Fin 2012, sur demande du préfet, la ministre en charge de la prévention des risques a demandé une mission d'appui au CGEDD, afin d'accompagner la mise au point des PPRI. Elle a remis ses conclusions en mars 2013. La présente mission a été surprise d'entendre au sein de l'État un questionnement sur la validité juridique de la doctrine Rhône. Or, littérature administrative non opposable, c'est simplement un document technique de cohérence, au vu de l'état de l'art, ayant pour objectif un traitement à égalité des citoyens le long de l'axe du Rhône. L'ignorer, pour un préfet, dans la préparation d'un PPRI, pourrait en fait éventuellement être considéré comme une erreur manifeste d'appréciation. Bien sûr, ce sont les PPRI, soumis à enquête publique, seuls documents opposables aux tiers, qui ont une valeur juridique. Cependant, à l'écoute des interrogations, peut-être faudrait-il en extraire des éléments forts, et les traduire réglementairement (par exemple dans le code de l'environnement) ? D'ailleurs, il serait de bonne politique, sept ans après son adoption, d'examiner son éventuelle actualisation, en en profitant pour traiter certains manques, comme celui de la pérennisation et de l'encadrement de l'agriculture dans les ZEC, ou préciser mieux les priorités entre protection des personnes et préservation des biens (pour lesquels une logique relevant plus du champ économique serait à explorer). 5.2.3. Les inondations de la Durance La Durance est une rivière interdépartementale, avec 19 PPRI prescrits, dans le département des Bouches-du-Rhône (tous ces PPRI ont été re-prescrits en 2011, tout en conservant une cohérence technique). La phase de concertation officielle peut commencer, elle a été prévue avec des réunions publiques intercommunales. Fin 2010, des présentations avaient été faites aux élus, suivi d'un PAC, qui avait provoqué des réactions, dont celle du maire de Château-Renard, avec échanges de lettres et réunions. Le sous-préfet d'Arles et celui d`Aix ont mené une mission d'écoute début 2012. Un courrier de tous les élus a reçu réponse du préfet, après mai 2012. Cette réponse a rappelé le cadre. Dès septembre 2012, les sous-préfets ont rencontré les élus les uns après les autres pour leur remettre les documents, pour avis avant mi-novembre, et annoncer le lancement de la concertation officielle. Le sous-préfet d'Arles, par exemple, a fait le Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 39/101 tour de tous les maires, pour informer et écouter, appuyé par un cadre de la DDTM, avec visite de terrain à chaque fois. A chaque fois, le dialogue s'est ouvert pour adapter le projet de zonage, au regard des attentes locales, sans remettre en cause la doctrine. Ce travail fin a permis des avancées, permettant de finaliser la version État du projet de PPRI. Ceci s'est terminé à l'automne 2012, par une série de rencontres sous-préfet + DDTM pour remettre à chaque maire une mouture quasi définitive. Ceci a été apprécié. Pendant ce temps, coté Vaucluse (où il y a la majorité des problématiques du développement urbain), la DDT 84 a fait évoluer la carte d'aléas, avec anticipation de création d'ouvrages (dès 2007, alors même qu'ils ne sont toujours pas réalisés), ceci aboutissant à des décalages. Il a donc fallu caler le langage commun pour les deux rives, avec l'appui d'un bureau d'études de communication commun (objectif de faire des panneaux d'exposition communs). Et surtout, que la DDTM veille désormais à ne plus accompagner des évolutions sans cette cohérence. Les deux DDT souhaitent aboutir à un accord des deux préfets, avant de lancer effectivement la concertation. L'objectif affiché fin 2012 prévoyait des expositions puis des réunions dès début 2013, et en parallèle la consultation des personnes associées, afin de mener l'enquête publique au plus tard à l'été 2013. Mais ceci est tendu. La démarche TRI doit aider à la cohérence. Reste la problématique posée par les élus, dont du SMAVD : pourquoi avoir des digues si l'on ne peut pas construire derrière ? Les élus du SMAVD considèrent que les PPRI sont une procédure totalement complémentaire au confortement des ouvrages en cours. Mais ils stigmatisent la lourdeur, en rappelant que la procédure a été lancée il y a plus de dix ans, avec un nombre « astronomique » de réunions (plus d'une centaine). Ils relèvent les difficultés avec les interprétations par les services de l'État : par exemple non prise en compte des autoroutes (A7 et A51) comme ouvrage sûr. Les élus ne comprennent pas que, après avoir pris la responsabilité de toutes les digues (les communes ont repris la propriété des digues, et en assure la gestion avec l'appui du SMAVD), et les efforts financiers faits, on ne permette pas d'assurer l'urbanisation. Ils citent par exemple le cas de Château Renard où il y a eu un investissement lourd pour une digue résistante à l'aléa de référence (RAR) (15 M de travaux), mais sans aucune possibilité d'ouverture au développement de zones économiques. Les échanges techniques avec les services de l'État sont bons (même si le SMAVD s'étonne de la non utilisation par les services de l'État des modèles 2D, récemment mis au point et largement utilisés. D'ailleurs le SYMADREM s'interroge de même), mais la doctrine apparaît rigide, et les élus ont le sentiment que la concertation n'est que factice, se limitant de fait à de l'information. Les élus sont certes plus conscients aujourd'hui, du fait des crues récentes et récurrentes. Donc, clairement, ils ont compris qu'il fallait éviter de construire des logements en zones inondables. Mais ils s'interrogent plus sur les quelques cas de zones économiques (cf Cadenet). Le président du SMAVD considère qu'il faudrait plutôt travailler en finesse au cas par cas. Ces positions n'évolueraient-elles pas si le SMAVD acceptait de voir évoluer et s'élargir ses responsabilités, au-delà de la simple réparation des digues (notamment vers une gestion complète de l'ensemble des ouvrages de protection) ? Jouant pleinement un Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 40/101 rôle d'EPTB, prenant en charge un PAPI, permettant, de par sa compétence géographique, d'aider à l'émergence d'une vision partagée du risque, cohérente entre les deux rives, étant pleinement associé à la mise en oeuvre de la directive inondation, le SMAVD pourrait devenir un acteur clef et proactif de la prévention des risques et de la protection des populations. Conformément à la recommandation n°6, il faut mener à bien, en Durance, rapidement les enquêtes publiques permettant d'approuver les PPRI en Durance bien avant fin 2013, et accompagner et soutenir, l'élargissement des compétences du SMAVD, afin d'en faire un outil fort et complet de la prévention des risques et de la protection des populations. 5.2.4. Les inondations à Marseille, et de l'Huveaune La ville de Marseille est soumise aux inondations de divers fleuves côtiers (dont l'Huveaune, les Aygalades, le Jarret) et au ruissellement urbain, sans parler du ruissellement provoqué après incendie dans les massifs proches, l'absence d'arbre laissant les boues liquides se déverser par temps d'orage sur les quartiers en contrebas. L'Huveaune a connu une crue importante en 1978. Dans ce contexte, un état des lieux hydrologique a permis de caler les débits à prendre en compte. En 1998, la Ville a établi une étude pour caler la crue centennale, et a intégré les éléments au POS, en identifiant aussi le risque de ruissellement (en particulier en repérant les axes routiers à risque). Mais la grille d'aléa ne correspond pas à la grille nationale. En 2000 et 2003, la ville a subi de fortes inondations par ruissellement (avec un mort). L'État a donc prescrit, fin 2003, un PPR inondation sur l'ensemble de la ville (Huveaune, Aygalades, Jarret, et ruissellement). Une étude confiée au Centre d'études de l'Équipement (CETE) Méditerranée en 2005 a remis en cause les éléments alors pris en compte par la commune sur la caractérisation du ruissellement. Une nouvelle étude du CETE, menée en liaison avec le Laboratoire central des Ponts et Chaussées (LCPC) en 2009 (méthode reprise aujourd'hui pour la directive inondation) sert de base à la DDTM pour caractériser l'aléa, en se recalant sur les éÎnements 2000 et 2003 (avec des débits constatés comparables à ce qui s'est passé ailleurs). Les premiers résultats ont été présentés à la ville fin 2012. Et, parallèlement, une étude hydrologique sur l'Huveaune en cours, avec modélisation, dont les résultats sont attendus au premier semestre 2013. Pour les Aygalades, la ville disposait d'études dès 1998. La ville prévoit un recalibrage à l'aval. Mais il y a divergence entre la DDTM et la Ville sur le niveau de débit à prendre en compte. De plus, il faut prévoir l'extension d'aménagement dans le cadre du projet Euro-méditerranée. Dans le cahier des charges, l'aspect hydraulique a été intégré, dans une optique de redonner de l'espace au fleuve. Des études hydrologiques ont alors été menées sur le bassin versant, confirmant les orientations de débit de la DDTM. Toutes ces études sont très longues, et la ville de Marseille non seulement s'en étonne, mais considère que des approches plus pragmatiques seraient pertinentes, sachant qu'à chaque évolution de l'urbanisation, le ruissellement évolue. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 41/101 Toujours est-il que l'État ne semble pas en mesure d'approuver un PPRI sur Marseille avant 2014 ou 2015. Certains s'interrogeraient donc sur l'opportunité d'arrêter rapidement un PPRI anticipé. En l'attente, dans le cadre du PLU arrêté en 2012, la DDTM a obtenu la prise en compte des inondations de l'Huveaune, avec des inconstructibilités, mais la zone inondable n'apparaît pas fiable. Le PPRIa pourrait permettre aux particuliers de recevoir des aides pour réduire leur vulnérabilité. Pour le Jarret, au regard des difficultés en amont (Château Gombert), la Ville avait souhaité des compléments, mais ceci n'a pas été retenu par l'État dans l'avis après arrêt du PLU. Pour les Aygalades, le différend reste sur la zone inondable. Sans éléments, la DDTM n'a pas réagi en avis après arrêt. La DDTM attend donc la modification du PLU qui sera nécessaire pour Euro-méditerranée. Pour limiter le ruissellement, la Ville considère que des travaux de bassin de rétention ne semblent pas nécessaires (rapport coût/efficacité) ; ce sont les règles du schéma directeur pluvial imposées par la Ville qui permettront d'intervenir Mais, la réalisation si progressive d'aménagements au coup par coup, au fur et à mesure d'opérations d'aménagement risque de s'étaler sur des dizaines d'années. Il y a là un décalage entre le risque aÎré et la prévention affichée. Enfin, il faut évoquer le cas particulier de la Cité HLM de la Gardanne, située en zone inondable de l'Huveaune. L'office HLM a récemment proposé la vente aux locataires de maisons de très faible valeur. Mais, un particulier a saisi le préfet, qui a donc demandé, en 2011, l'arrêt des ventes, du fait du risque inondation. Le mur antibruit réalisé récemment par l'État au droit de l'autoroute peut apparaître comme ayant aggraÎ le risque. Par ailleurs, en face, de l'autre côté de la rive, des particuliers ont construit des murs de protections renvoyant les flux sur la cité (sans réaction, semble-til, de la police des eaux). La position de la DDTM a donc été de rechercher la démolition des maisons exposées au risque inondation, mais s'est heurtée au refus de l'office. L'expropriation serait nécessaire, mais n'est pas légale, du fait que l'on est sur un cours d'eau à crue lente. Le code de l'environnement au titre du risque ne permet pas d'intervenir. Un temps, l'idée d'une intégration dans une opération du type de l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) a pu être envisagée. Un compromis pourrait être trouÎ avec démolition au moins dans la zone d'aléa fort. Une étude de vulnérabilité est en cours, et des contacts fructueux ont eu lieu entre la DDTM et la ville dès fin 2012. Recommandation : 13.Sur Marseille, où le risque inondation est fort, tant du fait des divers fleuves côtiers, que du ruissellement urbain, il est urgent de stabiliser la prévention des risques, d'une part en accélérant la finalisation des études si possible dès 2013 et, d'autre part, en liaison avec la ville, très mobilisée, en envisageant sans attendre un PPRI anticipé. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 42/101 5.2.5. Les autres problématiques d'inondation propres aux Bouches-duRhône Le département des Bouches du Rhône présente quelques caractéristiques locales, à prendre en compte dans la stratégie de prévention des inondations : · La question du ruissellement est importante, tant à Marseille que dans l'ensemble du département, car récurrente et prégnante, et comprise par les élus. Dans l'optique de mieux intégrer cette problématique dans l'urbanisation. Il faudrait vraisemblablement plus travailler concomitamment PPRI et PLU, car la méthode de porter à connaissance ne permet pas le dialogue et une vraie coélaboration/appropriation entre les élus et l'État (dans une approche cohérente aménagement + risques). · Le département, en particulier à l'ouest dans l'arrondissement d'Arles, est sillonné de canaux et ouvrages hydrauliques, pouvant provoquer des débordements et inondations, ou pouvant (cf cas du Rhône) accélérer des écoulements en cas de crues de fleuves et rivières. Au-delà de l'excellent travail engagé par la DDTM sur Arles, tendant à faire émerger une maîtrise d'ouvrage, puis à aller vers un PAPI et un contrat de canaux, il serait utile d'avoir un état plus systématique de l'enjeu sur tout le département, et de se doter d'une stratégie spécifique. Elle serait utilement débattu dans un lieu départemental dédié au débat et à la concertation sur la prévention des risques. · Submersion marine : l'enjeu se situe sur le littoral sableux, en Camargue, en continuité avec le Gard. Ce territoire bénéficie d'une protection ancienne par la digue à la mer (construite au XIXème siècle par des propriétaires priÎs, dont la Compagnie des Salins du Midi), gérée par le SYMADREM (sauf au sein des salins). En 1982, à la suite d'une tempête qui a détruit des ouvrages au droit des Saintes Maries de la mer, le SYMADREM s'est lancé dans la réalisation d'un dispositif de protection (épis, ..., avec financement par l'État à 40% via contrat de plan). Ces ouvrages ont permis de fixer le trait de côte. Mais à l'est du village, il reste un risque de contournement de la submersion marine, via la digue à la mer. Il faudrait protéger cette digue par rechargement de la plage. En vue de préparer un PPR submersion marine, la DDTM a fait étudier la recherche de l'aléa de référence, avec un niveau d `eau (sur base de recueil historique). Les communes ont été consultées. Le niveau a été fixé à : 1,50 m NGF + 0,20 (de prise en compte du changement climatique, pouvant aller à terme à 0,60). Cependant, des divergences subsistent au sein des services de l'État pour la détermination de ce niveau. Puis a été établie une cartographie des déferlements de la houle, à dire d'experts, qui mériterait confortement par modélisation.: Recommandations : 14.Faire un point général sur l'enjeu du ruissellement urbain dans le département, et mettre au point une méthode d'accompagnement des communes dans la prise en compte de ce risque dans l'élaboration ou l'évolution de leurs documents d'urbanisme ; 15.Faire un point général sur l'enjeu des risques inondation des canaux et ouvrages hydrauliques et soutenir l'émergence d'entités publiques en capacité de gérer ces ouvrages, en étudiant les modalités de protection contre leurs risques d'inondation, Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 43/101 notamment avec en lançant des PAPI et/ou contrats de canaux ; 16. Caler la position de l'État, en liaison avec les communes concernées, sur l'enjeu submersion marine en Camargue et accélérer la mise au point de PPRI submersion marine (en liaison avec la problématique d'inondation du Rhône, en particulier dans la secteur des salins). Être particulièrement attentif aux contradictions pouvant exister (pas forcément du fait de la DDTM 13) entre les cotes de crues des PPRi ou les cotes d'immersion entre les différents départements. 5.3. Les risques de mouvements de terrain Le risque d'effondrement soit lié à la dynamique de massifs calcaires, soit aux conséquences d'exploitations de carrières souterraines, se retrouve en différents points bien identifiés du département, dont plus particulièrement sur la commune de Roquevaire (anciennes carrières de gypse) et sur la Côte Bleue (effondrement du tunnel fluvial du Rove, effondrement de la falaise de Niolon). 5.3.1. Le cas de Roquevaire : A la suite de l'exploitation de carrières souterraines de gypse, exploitées dès le XIXème siècle, la commune a subi de premiers effondrements dès les années 1940, aggraÎs dans les années 1980, puis 2000, avec des progressions très rapides. Un PPR effondrement a été approuÎ en 1999. Les affaissements déclenchent de plus des glissements de terrain. Le périmètre de sécurité, base d'expropriation, risque de devoir être étendu, si l'on n'arrive pas à circonscrire le problème (ne serait-ce qu'en évitant la coupure d'un accès unique à certaines habitations). L'eau est en permanence dans les galeries. La DDTM s'appuie sur un maître d'oeuvre, en vue d'éventuel confortement des piliers (le foudroyage étant exclu) et/ou de terrassement. Ceci devrait permettre la prise d'un arrêté de mise en sécurité du site, avec démolition des constructions expropriées. Le CETE, l'Institut national de l'environnement et des risques (INERIS) et le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) travaillent à l'instrumentation du site. Les expropriations ont commencé en 2004, avec appui d'un avocat (une entreprise, une copropriété, une maison et des terrains). Toutefois, deux dossiers sont encore en appel, pour contestation des indemnités (avec consignation de crédits à la Caisse des Dépôts et Consignation). Les procédures sont lourdes, sans compétences spécifiques au sein de la DDTM (surtout depuis la scission avec les services routiers). Les démolitions sont à engager : le marché est prêt, et la réalisation est prévue en 2013. Le maire s'étonne des délais et lenteurs. Il serait favorable à l'hypothèse d'un comblement des cavités, ce qui nécessite une étude hydrologique. Il s'étonne du flou des études et du fait que des capteurs aient été mis en place sur site, mais non reliés et réellement utilisés. D'autre part, il dit ne pas être informé des disponibilités des crédits nécessaires à ces interventions. Au sein de la DDTM, mettre en sécurité un site n'est pas nécessairement combler. Mais le maire demande au contraire une décision définitive, le comblement permettant Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 44/101 de reprendre un aménagement du secteur. Par ailleurs, dans la partie non expropriée, la ville pompe tous les jours (400 m3), mais sans raison apparente : personne ne peut dire à quoi sert le pompage ou son arrêt. L'exaspération du maire croît du fait que la commune est de plus soumise à d'autres risques : inondation, incendie. Il ne conteste pas l'utilité de PPRI, mais demande de la cohérence, et surtout des décisions rapides, permettant d'envisager de manière stable l'évolution du développement communal. Recommandation : 17.Accélérer les études concernant les mouvements de terrain à Roquevaire, en vue de prendre rapidement des décisions, en liaison avec la commune, tant d'interventions (démolition de constructions, confortement ou comblement des carrières) qu'en termes de documents de prévention, dans une approche multirisques. Une programmation devrait utilement être définie. 5.3.2. Le Rove Une falaise domine une calanque (de la Vesse) et est très fracturée, avec des chutes de blocs, menaçant directement des cabanons (illégaux) en pied. Une étude de caractérisation de l'aléa a confirmé que c'est un aléa fort. En 2009, le maire a pris un arrêté de péril, et désormais l'accès est interdit aux cabanons menacés. L'arrêté a été attaqué, mais confirmé en appel. La DDTM a mobilisé le CETE pour voir si le confortement est possible : partiellement possible, mais sans garantie à moyen terme. Le Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres (CELRL), propriétaire de la falaise, a demandé en 2009 une estimation des cabanons : 300 000 le cabanon ! Puis il a lancé une procédure amiable avec les douze propriétaires : sept ont donné leur accord. Le CELRL a priorisé l'achat des résidences permanentes et a acheté un premier cabanon et l'a démoli. Mais, le statut du CELRL ne permet pas l'acquisition dans un tel cas. Dès lors, il s'est arrêté, et les propriétaires ont attaqué. D'où l'idée d'une reprise par l'État. La DDTM a redemandé en 2011 une estimation au service des domaines : 150 000 par cabanon. Un accord a été donné par la DGPR pour des acquisitions amiables ou expropriations, sur la base du fonds Barnier. La DDTM a mobilisé en septembre 2012 un bureau foncier priÎ spécialisé. La situation juridique est complexe. 5.4. Le risque séisme Le département des Bouches du Rhône est soumis au risque de séisme, en particulier dû à une faille en vallée de Durance. Au début du XXème siècle, un tremblement de terre a fait des victimes au nord du département. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 45/101 Actuellement , il existe 26 plans de prévention des risques sismiques (PPRS) approuÎs. Toutefois, l'évolution récente des textes, en particulier le décret du 22 octobre 2010, a amené la DDTM à saisir la DGPR (courrier du 12 avril 2011) concernant la fiabilité de ces PPRS et la stratégie à adopter pour la prise en compte du risque sismique dans les documents d'urbanisme. Considérant que la question se pose au delà du département, le préfet évoquait l'utilité d'un cadrage national. Ce courrier est sans réponse à ce jour. Recommandation pour la DGPR : 18.(DGPR) : Finaliser rapidement la réflexion nationale sur la prise en compte du risque séisme dans les documents d'urbanisme, (et apporter une réponse au courrier du préfet de région, préfet des Bouches du Rhône sur ce sujet, en date du 12 avril 2011). 5.5. Les feux de forêt Les feux de forêt constitue un risque permanent sur l'ensemble du département, et les populations, donc leurs élus sont très sensibilisés, mais avec une propension à privilégier la préparation et la gestion de crise à la prévention. Les services de l'État et le Conseil Général jouent un rôle majeur. Il faut toutefois noter le cas particulier de Marseille, qui dispose d'un corps spécifique de lutte contre les incendies, avec le bataillon des marins pompiers. (cf.3.3.3) On distingue habituellement l'aléa induit (éclosion d'un feu à proximité/à partir de zones urbaines ou d'infrastructures, et se diffusant dans les massifs) et l'aléa subi (le feu qui se déclare dans un massif qui menace les zones urbanisées). La très forte urbanisation du département crée une grande vulnérabilité, mais aussi un facteur d'aggravation de l'aléa avec de nombreux départs de feux issus des secteurs urbanisés. Le problème spécifique dans les Bouches du Rhône est en effet surtout l'interface urbain/forêt, avec des risques de départs multiples mobilisant au même moment les forces et donc les affaiblissant, avec aussi des problèmes d'accès à ces franges urbaines. L'enjeu prend une dimension supérieure avec le cas spécifique de grandes zones commerciales et la problématique d'évacuation ainsi qu'avec celui des installations industrielles (Fos, ...). On compte encore 400 départs de feux chaque année. Au final, cependant, on note actuellement de bons résultats, avec très peu de maisons brûlées, une faible surface en hectares brûlés (sur les 180 000 hectares de forêts) et des non extensions de feux, directement liées à une bonne organisation. Mais de grands feux peuvent revenir, ne serait-ce que par malveillance (cf Orgon en 2012) ou accident, ou avec des comportements inadaptés : 95% des feux sont d'origine humaine dans ce département. La prévention passe par : · La cartographie des risques et des mesures de limitation de la constructibilité ; · La prévention en site, avec surveillance, primo-intervention, en liaison avec le Conseil Général (SDIS, forestiers-sapeurs), et parfois des comités communaux feux de forêt, avec des vigies, des Îhicules, ... Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 46/101 Trois volets : · Saisonnier : avec réglementation (arrêté préfectoral annuel) des accès en période estivale et information en continu des usagers (symbolique noir, rouge, ...) suivant les conditions météo : la DDTM élabore l'arrêté préfectoral (ordre d'opération) en liaison avec l'ONF, le SDIS et la direction de l'environnement du Conseil Général, les communes concernées. La DDTM est aussi partie de la mise en oeuvre, avec des astreinte de personnel ; · Équipement des massifs, via les Plan Intercommunal de. Débroussaillement et d'Aménagement. Forestier (PIDAF) portés par des EPCI et syndicats dédiés (avec aides de l'État, de l'Union Européenne, du Conseil Régional et du Conseil Général) : la DDTM propose l'évolution de l'organisation, prépare la programmation des aides à la protection de la forêt, via une stratégie départementale, anime un comité technique (ONF, SDIS, CGal, ...) et un comité financier; · Diminution de la vulnérabilité : écobuage, débroussaillement (pour diminuer la masse combustible), PPRIF. La DDTM prépare les arrêtés encadrant les pratiques, prépare les PAC, ainsi que les PPRIF, et enfin organise la sensibilisation du public et un plan de contrôle départemental des débroussaillements, en liaison avec les maires (les agents municipaux n'étant assermentés pour ce faire que depuis juillet 2012 via la réforme récente du code forestier). La DDTM aide les maires à prioriser leurs actions, avec un outil élaboré avec le SDIS et l'ONF, sur la base d'une étude CEMAGREF (cartographie repérant les bâtis en fonction des priorités). La DDTM a su s'organiser, en intégrant le pôle forêt au sein du service en charge de l'urbanisme (Service Urbanisme/SU). Elle analyse les éÎnements les plus importants et travaille alors à déterminer les priorités d'action, dont les PPRIF (cf cas de la Côte Bleue, suite incendie de 2010). Pour chaque incendie, une fiche de retour d'expérience est établie.14 Un Plan de Défense des forêts Contre les Incendies (PDFCI) a été approuÎ en 2009 par le préfet, pour 7 ans. Par ailleurs, une déclinaison de la feuille de route forêt ministérielle est faite au niveau régional (DRAAF) et départemental (DDTM), avec accent sur les incendies. La DGPR et la DREAL sont peu présentes. Hors PPRIF, les porter à connaissance pour les documents d'urbanisme s'appuient sur un règlement départemental (en liaison étroite avec le SDIS 15). Le risque doit apparaître dans les documents graphiques et règlements des documents d'urbanisme. Dans les zones d'aléa fort, l'État prône une doctrine claire : pas de constructions nouvelles. Ceci incite donc à l'urbanisation dans la continuité, avec les aménagements adaptés pour les interventions (accès, points d'eau, ...). Un ciblage particulier est fait sur les établissements recevant du public (cf cas du collège de Cassis dans le massif 14 Cette excellente pratique du retour d'expérience serait utile à généraliser à tous les éÎnements liés à un risque naturel, comme les inondations par exemple NB : pour Marseille, il semblerait que le Bataillon des Marins Pompiers apparaisse trop dépendant de la ville, et qu'il accepterait trop des conditions dégradées d'accessibilité et de points d'eau. Ce qui est clair, c'est qu'il n'y a pas d'harmonisation des conditions de défendabilité au niveau du département, avec cette exception de Marseille. Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 47/101 15 Rapport n°008226-01 des Calanques). 9 PPRIF sont prescrits, avec 1 à l'enquête publique (Auriol). 1 en consultation des personnes publiques (Carnoux). 3 avec zonages affinés (Allauch, Cassis, Trets), mais avec des réticences des élus à poursuivre : la DDTM va mobiliser le préfet. La DDTM rappelle qu'il ne faut pas oublier que les incendies de forêts ne sont pas considérés juridiquement comme des catastrophes naturelles. Ceci entraîne pour conséquence en termes d'assurances qu'il n'existe pas d'indemnisation de constructions en zone rouge incendies pour permettre de reconstruire ailleurs que dans cette zone ! Ceci pose problème lors de la mise en place des PPRIF. La DDTM veille donc à limiter l'inclusion de constructions existantes en zone rouge. De plus, il n'y a pas d'aides pour l'adaptation de maisons (par exemple : remplacement de volets en plastiques par des volets en bois, ...). Dans certains cas (cf Auriol), la DDTM superpose les différents PPR : PPRIF, PPRI. Mais c'est de l'initiative d'un agent. Il n'y a pas à ce jour de démarche généralisée et systématique de superposition des PPR (voire de travail sur les symboles) dans la DDTM. Un travail spécifique a été demandé en 2012 à une stagiaire de comparaison de règlement de PPR (PPRI, PPRT, PPRIF, PPRMT). Les résultats montrent des convergences fortes, mais encore des contradictions à traiter (sur les enjeux par exemple, puis donc les règlements). La notion de défendabilité reste spécifique aux PPRIF. Cas particulier de Marseille : un test de zonage sur 9 quartiers a été tenté. En fait, avec la ville, il n'y a aujourd'hui qu'un travail purement technique depuis trois ans, et jamais les élus n'ont été mobilisés. Il va donc bien falloir passer au niveau politique. La présence de sites classés pose des problèmes pour les débroussaillement et la mise en place d'accès DFCI. Ceci suppose un travail avec la DREAL et le Parc National. Le PIDAF n'a jamais été porté dans les Calanques : ce peut être une mission pour le Parc National des Calanques. Dans le cadre du PLU, la DDTM a demandé d'intégrer la carte l'aléa. La ville voulait en fait s'en tenir à un zonage plus étroit, sur la base de données du Bataillon des marins pompiers (BMP). La DDTM a affiné, dans le cadre des études du PPRIF. Ce zonage a été repris dans le PLU. Puis la DDTM a travaillé sur l'aspect équipements (voirie, point d'eau). Des prescriptions du BMP n'ont même pas été reprises dans le règlement du PLU. La DDTM a donc émis des réserves importantes dans l'avis officiel, en ciblant les zones de franges (Calanques, ...). Il conviendra donc de revenir sur cette question à l'occasion du PPRIF. Mais, vu le contexte et la complexité, la DDTM ne voit pas d'aboutissement du PPRIF avant 2015.16 En ce qui concerne l'intervention en crise, sous l'autorité du préfet et coordination du SIRACED PC, le SDIS joue le rôle majeur, et dispose de moyens conséquents. Il travaille avec l'entente interdépartementale (établissement public depuis la loi de 2004): cartographie (harmonisation), appui technologique (aide à mise en place du portail SDIS), formation (avec le centre régional à Valabre/13). 16 Un cas problématique : le plan campus de Luminy, qui n'a pas du tout pris en compte le risque incendies. Divers échanges de courriers entre le préfet et le président de l'université évoquent ce sujet. Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 48/101 Rapport n008226-01 Conformément aux orientations nationales, sur l'attaque des feux naissants, il mise sur un dispositif d'intervention rapide (6 à 7 minutes) par des patrouilles, avant l'intervention lourde. Les groupes d'intervention sont prépositionnés face aux zones à risques. Des renforts sont prévus. Des travaux d'accès importants ont été faits, avec des pistes, complétés par une trentaine de vigies, et la mobilisation de 300 personnes sur sites (1/3 du temps des forestiers sapeurs en surveillance d'été). Le SDIS veille au broyage des sous-bois, y compris en lutte (accès et limitation du combustible) et aux travaux de débroussaillement (Le Conseil Général donne l'exemple avec 1,5 M / an sur les routes départementales, ceci en complément des obligations légales des propriétaires17). En cas de crise, est mise en place une direction des opérations de secours, au départ le maire, puis très vite le préfet (via le directeur de cabinet). Le SDIS procède, avec l'appui du Conseil Général, sur trois volets : · Attaque des feux naissants : détection (30 vigies avec personnels départemental, de l'ONF, du SDIS ; patrouilles, systèmes automatiques et de vidéosurveillance, avion de surveillance chaque été), avec l'appui des comités locaux feux de forêts (faisant aussi de la sensibilisation des populations) et intervention rapide (le SDIS a sorti les pompiers des casernes, pour les mettre en pré-positionnement, en les répartissant en dix groupes), avec des équipes sur terrain avec petites cuves (intervention dans les 6 à 7 minutes), avec hélicoptères bombardiers d'eau. L'État complète par des avions sur départs de feux. · Limitation des développements catastrophiques : c'est le cas des 3 à 4 % des feux naissants non maîtrisés. Il est essentiel de compartimenter les massifs : c'est assez naturellement le cas dans les Bouches-du-Rhône. Mais la disparition de terres agricoles supprime des coupures : les friches n'arrêtent pas les feux. Les types de cultures ont un rôle, avec importance de l'entretien de ces terrains. La déprise agricole en cours accentue la problématique. Il est essentiel d'assurer un cloisonnement interne aux massifs via les réseaux de piste et les coupures (sylvo-pastoralisme : travail avec la Chambre d'Agriculture). A noter un avantage géophysique particulier au département : les massifs y sont perpendiculaires aux vents (situation différente dans le Var). · Réhabilitation des sites : éviter l'érosion (du fait des nombreux orages), couper les arbres après incendies, mettre des fascines, voire, après quelques années, éventuellement des plantations de complément (mais après avoir laissé faire la repousse naturelle).... Le Conseil Régional et le Conseil Général subventionnent les syndicats de massif ou acteurs locaux (comme les Parcs Naturels Régionaux (PNR). Le SDIS veille particulièrement à la sécurité de ses personnels : depuis le début des années 1990 il a procédé à la généralisation de dispositifs de sécurité sur les Îhicules (visibilité des Îhicules en zones de fumées, protection des pneus, renforcement des pare-brise, arriÎe d'air frais, ...) et sur les personnes (masques de fuite, ..). La politique d'attaque rapide sur feux naissants a diminué les grands feux, et donc l'habitude des pompiers à y faire face. Dans la nouvelle (2013) école départementale des plateaux techniques permettront des mises en situation. Les formations sont 17 NB : C'est le maire qui doit faire respecter. Or Les maires n'assument pas tous ce suivi, source de difficultés avec les propriétaires. Le SDIS considère que les textes auraient dû s'en tenir à la coresponsabilité de l'État et du maire. Les maires n'assument pas tous ce suivi. Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 49/101 Rapport n°008226-01 désormais très précises suivant les fonctions des personnels. Le département bénéficie de plus de la récente installation de l'école nationale des officiers de sapeurspompiers (Vitrolles, plateau de l'Arbois). Mais tout ce dispositif repose sur un travail préalable des communes, ou plutôt de syndicats de massif, qui portent des PIDAF ou « plans de massif ». Les travaux sur les pistes ne seront pérennes que s'ils sont assortis de servitude, en particulier d'entretien, or il n'y a pas de statut juridique des pistes forestières. Il importe qu'une réflexion soit donc menée sur le portage des servitudes indispensables pour maintenir une qualité d'usage essentielle en intervention. Recommandation : 19.Accélérer la mise au point des PPRIF, en se donnant une programmation Comme proposé dans la recommandation 7, il faut travailler à la cohérence des PPRIF avec les autres PPRN sur les communes soumises à plusieurs risques 5.6. Les campings dans les zones à risque Le département compte 46 campings soumis à risques, sur les 72 autorisés dans le département. Le directeur de la DDPP est très conscient de l'importance de l'enjeu et a relancé les visites systématiques, tous les trois ans. Une sous-commission campings a été constituée. 0,5 ETP sont mobilisés sur cette thématique. Une vingtaine de campings ont été vus en 2012. Cette tâche est très reliée aux compétences tant ERP que sécurité de produits (aires de jeux, ...). Il faut que les citoyens (clients des campings) aient l'information sur les risques et la sécurité. A noter toutefois que la DDTM n'est pas associée, et, en particulier, elle n'est pas sollicitée sur l'existence de PPRI concernant les territoires des campings concernés. A noter deux cas sensibles : le camping de Tartarin à Tarascon, dans les Ségonaux du Rhône ; le camping sauvage sur la plage de Piemanson en Camargue. La récente mission du CGEDD sur les PPRI du Rhône formule des recommandations précises. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 50/101 6. Les risques hydrauliques Le contrôle des barrages et digues contre les inondations (depuis 2010) relève du service énergie, construction, air et barrages de la DREAL (SECAB). Le service mobilise 6 ETP pour la région PACA. Ce qui est suffisant. La problématique digues est plus récente et une formation semble nécessaire pour ce volet. Le suivi des barrages était assuré en DDE jusqu'en 2009, avec une personne très compétente. La Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt (DDAF) s'était mobilisée pour recenser les digues, mais a stoppé le travail à la sortie du décret de 2007. C'est la DREAL qui a remis en chantier le recensement, en obtenant des crédits DGPR pour la DDTM : acheÎ à l'été 2012 (hors axe Rhône). L'enjeu aujourd'hui est de trouver des gestionnaires. C'est la priorité, avec finalisation du classement. La circulaire de juillet 2010 confirme que c'est bien le service de police des eaux qui propose le classement, la DREAL validant et contrôlant. Le recensement des digues maritimes a été fait avec appui du CETE Méditerranée : en fait peu d'ouvrages. A noter, sur le Rhône, le dépôt récent par le SYMADREM d'un dossier d'autorisation de travaux sur les quais d'Arles, en amont et en aval, à soumettre au comité technique permanent des barrages et ouvrages hydrauliques (CTPBOH), venu sur place en février 2013). La DREAL Rhône Alpes (qui assure désormais, depuis janvier 2013, la police des eaux sur le fleuve, en lieu et place de l'ancien Service de la Navigation Rhône Saône) a reçu le dossier, en tant que guichet unique police des eaux, puis la DREAL PACA, service de contrôles (sous autorité du préfet de département) instruit, avec l'appui technique du CETE Méditerranée. A termes, une qualification d'ouvrage « résistant à la crue de référence » sera sollicitée et instruite. La problématique de cette procédure de sécurité des ouvrages associée à la procédure loi sur l'eau, pose un problème : au niveau de l'instruction au regard de loi sur l'eau, on se contente d'un avant-projet, or le CTPBOH demande des dossiers plus précis de niveau projet. Ce niveau n'est en général atteint qu'après autorisation loi sur l'eau. Les maîtres d'ouvrage sont réticents à aller au-delà de l'avant-projet au stade loi sur l'eau. Par exemple, une rehausse de digue sur place peut supposer un élargissement, qui va alors remettre en cause y compris la position de l'ouvrage et remettre en cause l'autorisation loi sur l'eau. Autre cas : constat in fine que l'ouvrage ne permet pas la mise en sécurité, dès lors, ceci devrait remettre en cause l'autorisation même loi sur l'eau. Or, pour les ouvrages concédés, il y a bien deux autorisations : 1/ concession (avec enquête publique) ; 2/ dossier d'exécution (en direct entre gestionnaire et service État) ... décret de 1994. Par ailleurs, en cas de travaux d'urgence, liée à la découverte d'un problème de structure (donc hors crue), en temps normal ou après un éÎnement, des gestionnaires demandent une procédure adaptée et rapide, mais ceci n'est pas prévu par les textes (on doit donc s'en tenir à la procédure classique qui dure environ une année). Enfin, la logique de l'application de la loi sur l'eau amène à prévoir une programmation Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 51/101 des interventions limitant les effets sur la ligne d'eau. Or, la logique de protection des populations suppose de mettre en oeuvre des systèmes d'ouvrages protégeant des territoires, avec une programmation cohérente (et in fine une qualification éventuelle Résistant à l'aléa de référence « RAR » de ces systèmes). Le cas du Plan Rhône schéma sud met en évidence ces difficultés. Au-delà des structures présentées plus haut (SYMADREM, SMAVD, ...) il faut noter que l'emprise foncière de nombreuses digues relève de propriétaires priÎs. Les textes s'imposent à ces propriétaires, qui en fait sont totalement non conscients de leur responsabilité. Or, si un gestionnaire intervient en sus, il n'a ni la propriété, ni la possibilité d'accès. Il faudrait donc aboutir au transfert de propriété, via une déclaration d'intérêt général, à instruire par les DDT. Dans les Bouches du Rhône on peut citer le cas de l'Arc : le SABA ne sait pas comment intervenir face à des propriétaires réticents, alors que l'ouvrage apparaît dangereux. Recommandation pour la DGPR : 20.(DGPR) réexaminer les procédures administratives d'autorisation des ouvrages de protection, en assurant une meilleure cohérence entre ce qui relève de la loi sur l'eau, et ce qui relève de la qualification, y compris l'avis du Comité technique permanent des barrages et des ouvrages hydrauliques (CTPBOH); Recommandation : 21.Établir un recensement des digues et ouvrages relevant de propriétaires priÎs, ayant un rôle dans la protection des populations le long des fleuves et rivières à risque d'inondation, et engager un travail de reprise de responsabilité par des acteurs publics compétents. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 52/101 7. L'urbanisme et l'application du droit des sols (ADS) 7.1. Les documents d'urbanisme (avec ou sans PPR) les Services Territoriaux ont, depuis 2010, en charge l'association aux POS/PLU, et le Service Urbanisme l'association aux SCoT . Jusqu'en 2010 le risque était abordé en fin de PLU. Maintenant, il est abordé en amont ce qui est nettement meilleur. Comme on l'a vu, les PPR connaissent dans les Bouches-du-Rhône un grand retard : de fait l'annexion des PPR aux documents d'urbanisme n'a concerné qu'un très petit nombre de PPR. Par ailleurs, comme on le verra plus loin l'annexion des PPRI anticipés ne s'est pas faite facilement. Depuis très peu de temps (octobre 2012), le Service d'Urbanisme tient à jour un tableau de bord très complet des procédures d'urbanisme : cela faisait partie d'ailleurs des objectifs fixés par Monsieur le secrétaire général dans sa note d'objectif (cf. 3.2.1) 7.2. L'instruction ADS / Instruction des dossiers ( avec PPR et sans PPR mais risque connu ) L'instruction des permis de construire est confiée aux arrondissements territoriaux : le nombre de communes laissant l'instruction des permis à la DDTM a cependant été réduit de manière conséquente au cours des dernières années. De ce fait, le travail se concentre de plus en plus sur le contrôle de légalité (cf. ci-dessous). Au total, 6 postes ETP sont consacrés à ces tâches. L'organisation mise en place devrait aboutir au 1 er janvier 2014 à la situation suivante : instruction ADS pour seulement 12 communes (26 communes au 01/06/2013), et cette mission sera concentrée au siège/SU qui conserve un pôle ADS pour les PC État, l'accompagnement des communes et la fiscalité (dont une partie assurée dans les ST) » et remplacer la dernière phrase par « l'ADS occupera 2,5 ETP strictement au siège/SU. 5,8 ETP sont affectés au contrôle de légalité (3) et contentieux (2,8) 7.3. Le contentieux ( sur le PPR, sur les actes d'urbanisme ) En 2011, 10 905 actes ont été enregistrés dont 9 395 permis de construire. 11,25 % de ces actes ont fait l'objet d'un contrôle. 4,16 % des actes contrôlés étaient illégaux et ont nécessité l'engagement d'une procédure. La procédure commence par une simple lettre d'observation et peut aller jusqu'au renvoi de l'acte incriminé au tribunal administratif. L'examen se fait prioritairement sur les lotissements et les zones inondables. Le taux de contrôle et l'orientation générale des contrôle sont donc tout à fait satisfaisants. Il y a par contre un problème concernant les contrôles sur place, notamment vu le faible nombre d'agents assermentés, et il y a une certaine confusion entre les types de contrôles, soit au regard de la police des eaux, soit au regard de la Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 53/101 police de l'urbanisme. Recommandation : 22.Augmenter le nombre d'agents assermentés pour faire des contrôles sur le terrain, et rechercher une meilleure coordination avec la Justice. En sens inverse, les décisions prises en matière d'urbanisme font l'objet de recours gracieux ou contentieux en grand nombre : par exemple le PPRI anticipé d'Arles a donné lieu 17 recours gracieux, 2 interventions du Maire, une requête en suspension (rejetée par le tribunal le 5/11/2012) et une requête en annulation . Dans le cas des contentieux liés à des PPR, vu le zonage précis et la règle claire, la DDTM gagne aisément les contentieux. Dans le cas où l'on est dans le cadre du R111-2, les interprétations sont plus larges, et donc l'issue des contentieux n'est pas évidente. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 54/101 8. La prévision et la préparation à la gestion de crise 8.1. La DDTM en gestion de crise Un agent très compétent est mobilisé pour préparer et gérer les crises. Mais il est en fin de carrière, et son remplacement devrait être dès maintenant préparé. De plus, son rôle théorique se limite à la réquisition des matériels de transport et de travaux publics. Or, la DDTM est attendu pour sa compétence technique en matière de risques, qui ne semble pas clairement mobilisée (au-delà des astreintes tournantes de cadres, chefs de services). Recommandation : 23. Repenser le rôle et la mobilisation de la DDTM en crise, en vue de mobiliser ses compétences techniques en matière de risques, et veiller à assurer la pérennité du dispositif. 8.2. La préparation à la crise Le directeur de cabinet du préfet a en charge la planification et la gestion des crises. Il a constaté à son arriÎe de nombreux retards, tant en sûreté ou sécurité civile. Les services n'ont pas pris totalement la mesure des enjeux. Mais ceci a été aggraÎ par des problèmes organisationnels : ainsi le SIRACED PC a été transféré à la DDPP en 2009, puis est revenu en 2012 (mais avec 50% d'effectifs en moins, de 24 ETP à 12). On est en logique de rattrapage. En première urgence, le directeur de cabinet a mis l'accent sur les plans de secours (plan électrosecours, plan métro-pirate, plan secours de l'aéroport, ...). La CCDSA n'avait pas été réuni depuis trois ans, et il a fallu tout remettre en place, y compris des comités locaux de sûreté. Le directeur de cabinet a une vision claire des enjeux : identifier le risque, se préparer à la survenue, prévenir les populations, prévenir les éÎnements. Mais, il manque un élément clef : le DDRM. Établi en 2006 (et de qualité) il est en partie obsolète, ne tenant pas compte des éÎnements majeurs dans le monde et en France (cf inondations du Var de 2010 et rapport inter-juridictionnel de la Cour des Comptes). La DDPP ne se mobilise pas sur ce DDRM, et n'a pas les agents compétents. Le SDACR proposé par le SDIS semble en partie inadapté : il prévoit des moyens pour répondre aux risques, non pour les prévenir. Le SDIS ne tient pas compte par exemple du PPRI en cours de préparation sur Arles, par la DDTM. On ne tire pas leçons des éÎnements et crises pour refaire des exercices (désormais le directeur de cabinet impose un exercice par mois) et retravailler les documents. Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 55/101 La préfecture travaille à la mise en place d'un outil cartographique partagé (sur la base d'éléments du niveau zonal). Le centre opérationnel départemental (COD) lui-même, établi en 1999, est aussi obsolète. La rénovation est prévu en 2013 (300 000 ). Pour mieux travailler avec les élus, la préfecture (SIRACED PC) a, avec l'appui du CYPRES, établi un dossier d'accompagnement à l'élaboration des PCS. D'autre part, il y a des tensions entre le SDIS et le bataillon des marins-pompiers de Marseille. Ceci apparaît dans les doctrines vis-à-vis de la prévention, ou par exemple dans le cadre du projet de Métropole, ou plus à court terme, sur le Port (qui n'a pas moderniser ses procédures, et veut se dégager de l'emprise très onéreuse du BMP, via un appel d'offre). Globalement, hormis en partie dans des communes où des éÎnements ont récemment eu lieu, les populations n'ont pas une conscience suffisante des risques. Il faudrait aller vers des exercices mobilisant les populations (niveau IV) : le directeur de cabinet a programmé deux exercices (dont un à Marseille). Le préfet est de nouveau représenté au sein du conseil d'administration du SDIS. L'État doit faire un inventaire précis des risques, tirer les leçons des grands éÎnements, puis se donner des priorités. Il faut intégrer l'imprévisibilité de certains risques (cf cas récent de tornade à Plan de Campagne, ou des cas de grêle intense, ...). En crise, les moyens de communication semblent inadaptés (la DDTM utilise ses mobiles, comme d'autres services de l'État) et doivent être renforcés, peut-être en s'appuyant sur le réseau ANTARES (bien que sans liaison sol/air, avec par exemple les bombardiers d'eau). La préfecture envisage l'acquisition d'un dispositif de téléphones satellitaires (voix et données) pour équiper tous les sous-préfets et les représentants de l'État en COD (les décisionnaires sur le département). Est-ce suffisant ? en particulier pour assurer la liaison avec les services opérationnels dans l'action ? Par ailleurs, les lettres de mission du Secrétaire Général aux DDI ont été établies en 2012, sans associer le directeur du cabinet. A noter que la lettre au DDPP n'évoque pas du tout la question des risques. Il serait sûrement utile d'envisager une meilleure coordination autour du préfet en matière de risques, pour dépasser l'éclatement des compétences dans les DDI. En termes de moyens humains, les acteurs s'accorde à constater une perte de la compétence (avec les multiples réorganisations et le départ des cadres expérimentés), par baisse de recrutement des spécialistes, des ingénieurs, de techniciens ... Recommandations : 24.Assurer une meilleure liaison entre prévention et préparation à la crise, en associant plus étroitement, dans un pôle coordonné les principaux services mobilisés, dont le SIRACED PC, le SDIS et la DDTM ; associer les autorités locales, dont le Conseil Général et les syndicats compétents (SYMADREM, SMAVD, ... syndicats de massifs, ...). Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 56/101 25. Animer une réflexion technique avec le SDIS et le BMP en vue de rapprocher les doctrines et pratiques 26. Mettre en place un système de communication fiable en crise entre services de l'État, y compris en termes cartographiques 8.3. La participation des services à la gestion de crise Le SIRACED PC devait en 2008 être démantelé et rattaché à la DDPP. Le préfet arriÎ en 2010 a stoppé cette évolution, avec recréation en janvier 2011. Pendant trois ans, il n'y avait plus de lieu identifié. Le SIRACED PC est de niveau départemental malgré son « R ». Le service met au point les plans d'intervention pour les établissements SEVESO et de très nombreux plans d'urgence (Plan d'intervention contre les pollutions marines/POLMAR, transports de matières dangereuses, ...). Le préfet de département, assisté de son directeur de cabinet, a autorité. Le service établi les plans et assure l'organisation d'exercice. En crise, il n'y a pas d'outil partagé : la plupart des services utilisent leurs mobiles. Seul le SDIS dispose d'un outil de communication satellitaire, et a d'ailleurs du le mettre à disposition en urgence du préfet lors d'une récente crise. Chaque service dispose de son système (RIMBAUD pour le préfet, RUBIS pour les gendarmes, ...). En crise, on se retrouve finalement avec peu d'acteurs joignables aisément. L'État n'a plus assez de personnel mobilisable en urgence (le recours à l'Armée est désormais limité, avec la disparition de la conscription, et le grand nombre d'opérations extérieures). De plus, dans les collectivités, hormis le cas positif du SYMADREM, les personnels ne sont plus mobilisables hors de leurs missions quotidiennes (les personnels routiers ne s'occupent que de l'entretien des routes, et n'interviennent plus en crise, comme c'était le cas de l'État). Les entreprises priÎes n'interviennent que si des crédits peuvent les mobiliser : opérateurs de téléphonie, SNCF, ASF ... Enfin, il n'y a pas de plate-forme de mise en commun des expériences, au-delà du travail post-ORSEC du ministère de l'Intérieur. Il manque une approche interministérielle, et un lien plus fort entre crise et prévention, afin de mieux faire travailler ensemble les services en charge des PPR et ceux travaillant sur les plans de préparation de crise. Recommandations : 27.Recenser les moyens de l'État, mobilisables en crise, et assurer une coordination ces moyens; ; mettre en place un protocole et un dispositif de communication et initier une démarche de formation dans une approche métier Les retours d'expérience sur les éÎnements de crise Il y a eu un retour d'expérience sur un exercice de crise simulée (ERIDAN), mené en 2012. Mais il n'y a aucun recensement des catastrophes ou éÎnements graves, avec Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 57/101 leçons tirées tant de la gestion de crise que de la prévention nécessaire, ni de tableau des mesures à prendre et de leur suivi. Dans un département où le risque est si prégnant, et où des crises ou éÎnements sont récurrents et fréquents, ceci est indispensable. Recommandation : 28.Mettre en place un dispositif de retour d'expérience systématique à chaque catastrophe naturelle ou éÎnement grave et de suivi de l'application des mesures repérées, tant dans la mise au point des PPRN, que dans la préparation de la gestion des crises. Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 58/101 9. Avis de la mission sur le plan d'action proposé par le Préfet suite à l'envoi du document dans le cadre de la procédure contradictoire La mission a pris connaissance du plan d'action transmis par le préfet le 18 septembre 2013. Ce plan est annexé au rapport ainsi que les commentaires du DDTM. Globalement, la mission se félicite des suites données par le préfet, en particulier sur proposition du DDTM, à ses recommandations et estime que ce plan constitue un document de qualité qu'il s'agit maintenant de mettre en oeuvre. Au vu de la réponse du préfet, la mission fait les commentaires suivants : 1. il y a bien adéquation entre l'analyse du préfet et l'analyse de la mission puisque le plan d'action en 5 points correspond bien aux 7 recommandations les plus importantes du rapport : 1, 2, 3, 5, 7, 8, 12 ; 2. mais le rapport comportait 21 autres recommandations et certaines auraient méritées de figurer dans le plan d'action. En effet si la réponse montre que certaines recommandations du rapport sont d'ores et déjà bien prises en compte : · pour les syndicats de massifs, · les services territoriaux, · les agents assermentés, · les PPRIF, · les expropriations · Marseille. Par contre, dans un certain nombre de domaines, la réponse actuelle est insuffisante et aurait méritée de figurer dans le plan d'action : · PAPI, ruissellement urbain, · submersion marine, · digues, · canaux, · moyens de communication. On peut en effet considérer que les sujets · séisme, · moyens de crise méritent plus de réflexion (le premier en attente d'une position de la DGPR, le second, dans une démarche plus vaste, qui découlera du plan d'action en matière d'organisation des services) ; 3. Par ailleurs, la mission avait évoqué l'enjeu de la prévention des inondations du Rhône, en renvoyant à une mission menée par ailleurs, sur demande du préfet : le rapport de cette dernière, outre les recommandations en matière de Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 59/101 PPRI, pointaient quatre points de danger à traiter rapidement : il est indispensable que le département prenne rapidement les mesures nécessaires, qui auraient eu toute leur place dans le plan d'action ; 4. Enfin, la Direction départementale des territoires et de la mer a releÎ un certain nombre d'erreurs18 qui ont été corrigées. Au printemps 2013, après saisie de la ministre par le préfet, une mission du CGEDD a examiné l'élaboration des PPRI du Rhône pour les communes concernées des Bouches-du-Rhône. Parmi ses recommandations, au-delà de la question des PPRI, la mission indiquait qu'il fallait traiter, de manière opérationnelle, plusieurs points où les risques pour les personnes sont aÎrés : · Les maisons construites hors les digues, dans le lit du Rhône · La zone de Fourchon et les quartiers sud inondables en raison du faible transit au col de Fourchon · Le camping sauvage en zone de submersions marines sur la plage de Piemanson (Arles) · Le camping de Tartarin à Tarascon Les auteurs suggéraient en particulier la suppression du camping sauvage existant sur la plage de Piemanson ( commune d'Arles) et son remplacement par, d'une part un parking aménagé en arrière plage, d'autre part un camping à créer en zone d'aléas moyens à proximité immédiate du coeur du village de Salin-de-Giraud, commune d'Arles. En résumé, la mission et le préfet sont d'accord sur les points essentiels et stratégiques qui figurent dans le plan d'action. Le préfet a démontré que certaines recommandations étaient d'ores et déjà bien prises en compte. La mission en prend acte. Par contre, elle regrette que certains points de n'aient pas figuré en tant que tel dans le plan d'action, en particulier les suites à donner à la mission du CGEDD sur les PPRI du Rhône, au moins pour les quatre points de danger signalés. 18 incendie de 2009, priorité des PPRIF, PPRI anticipé, instruction ADS des ST, effectif contentieux ADS Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 60/101 Rapport n008226-01 Conclusion Le département des Bouches du Rhône, très urbanisé, très peuplé, est soumis à la totalité des risques naturels connus en métropole, hormis les avalanches. La quasitotalité des communes est concernée par les risques de séismes, d'inondations, de feux de forêts, de mouvement de terrain, de submersion marine, etc... Pourtant, sauf les élus des communes très récemment touchées par une catastrophe naturelle (comme les inondations du Rhône en Arles en 2003), il n'y a pas une conscience générale du risque dans la population. Heureusement, on peut constater d'excellentes initiatives locales, comme le comité risques urbains de Marseille, la mobilisation du SMAVD pour prévenir les inondations en Durance, la mise en place exemplaire d'un PC de gestion de crise à Tarascon ou le très exemplaire et quasi unique en France SYMADREM investissant lourdement dans la prévention des inondations du Rhône. Le Conseil Général joue un rôle clef dans la lutte contre les feux de forêts, tant avec un SDIS solide, qu'en soutenant les syndicats de massif. Dans ce contexte, l'État a pourtant, jusqu'en 2010, pris du retard dans la mobilisation pour la prévention des risques : PPR prescrits en 2000 et toujours à l'étude, commissions départementales non réunies, absence de stratégie départementale, ... Les efforts récemment engagés de rattrapage sont entraÎs par une organisation globalement peu lisible. La mission, considérant la volonté affichée du préfet, ainsi que la mobilisation forte des différents services déconcentrés, propose diverses pistes d'amélioration afin de mettre en place une Îritable stratégie départementale de prévention des risques, portée par l'ensemble des services de l'État et partagée avec les collectivités territoriales. Un plan d'action, établi rapidement avec une mise en oeuvre à court terme, devrait permettre de retrouver une efficacité indispensable pour faire face aux conséquences dramatiques d'un nouvel épisode, comme ceux qu'a déjà régulièrement connus ce département. La sécurité des populations est au coeur des responsabilités des pouvoirs publics. Jean CHAPELON Gilles PIPIEN Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 61/101 Annexes Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 62/101 1. Lettre de mission Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 63/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 64/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 65/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 66/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 67/101 2. Liste des personnes rencontrées Nom Parant Prénom Hugues Organisme Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône Préfecture du département des Bouches du Rhône DREAL Rhône-Alpes DREAL Rhône-Alpes DREAL Rhône-Alpes Fonction Préfet de région Provence Alpes Cote d'Azur, préfet des Bouches du Rhône Secrétaire général de la préfecture des Bouches du Rhône date 19/12/2012 Laugier Louis 08/01/2013 Merlin Christophe Directeur du cabinet du préfet des Bouches du Rhône 08/01/2013 Petit JD SIRACED-PC/chef du service 12/12/2012 Robert JM SIRACED-PC 12/12/2012 Castoldi Pierre Sous-préfet d'Arles 22/11/2012 Quaix-Raviol Caroline Sous préfecture d'Arles / chef bureau contrôle de légalité 22/11/2012 Van de Migom Karin Sous préfecture d'Arles / adjointechef bureau contrôle de légalité 22/11/2012 Ledenvic Vauterin Norotte Philippe Patrick Olivier Directeur, délégué de bassin Directeur-adjoint, délégué de bassin Délégation de bassin /Mission Rhône/chef de la mission Délégation de bassin /Mission Rhône UT69/police des eaux UT69/police des eaux directeur-adjoint Chef du SPR Adjointe au chef du SECAB SECAB 10/12/2012 10/12/2012 10/12/2012 Langumier Julien DREAL Rhône-Alpes 10/12/2012 Issartel Halgrain Neyer Normand Mièvre Criado Emmanuelle Jérôme Laurent Thibault Annick David DREAL Rhône-Alpes DREAL Rhône-Alpes DREAL PACA DREAL PACA DREAL PACA DREAL PACA 10/12/2012 10/12/2012 12/12/2012 12/12/2012 23/11/2012 23/11/2012 Page 68/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Nom Prénom Organisme Fonction date Servanton Cotillon Callier Fremeaux Michels Moisson de Vaux Guérin Chaptal Terrarraorsi Soubié Banet Bary Caselles Sourdioux Brandli Haas Biesbrouck Bressand Llamas Gilles Anne Cécile Hubert Guy Laurent Bénédicte DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 Directeur Directrice-adjointe Chef du STA Chargé de mission Chef du ST Centre Chef du SU 21/11/2012 21/11/2012 22/11/2012 22/11/2012 22/11/2012 21/11/2012 Didier Frédéric Serge Anne Syvie Serge Ghislaine Sandrine Jean-Claude DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM13 DDTM 13 DDTM 13 DDTM 13 DDTM13 Adjoint chef SU chef pôle risques/SU Adjoint au chef du pôle risque/SU Pôle risques/SU Chef du pôle forêts/SU Chef du service d'appui SA/Pôle juridique SA/Gestion de crises chef du pôle aménagement/SML directeur Chef du bureau de la prévention 21/11/2012 21 et 23/11/2012 23/11/2012 21/11/2012 21/11/2012 23/11/2012 23/11/2012 23/11/2012 23/11/2012 08/01/2013 08/01/2013 22/11/2012 Benoit DDPP 13 DDPP 13 François SPC Grand Delta ONF Directeur Bouches-du-Rhône et Vaucluse 12/12/2012 Seilles L'Henaff EPA Euroméditerranée Bataillon des marins pompiers de Marseille Vice amiral, commandant le BMPM 12/12/2012 13/12/2013 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 69/101 3. Phase contradictoire : Réponse en date du 18 septembre 2013 du préfet au rapport provisoire Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 70/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 71/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 72/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 73/101 4. Les remarques du DDTM sur le rapport Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 74/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 75/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 76/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 77/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 78/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 79/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 80/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 81/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 82/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 83/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 84/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 85/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 86/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 87/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 88/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 89/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 90/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 91/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 92/101 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 93/101 Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 94/101 5. Organigramme de la DDTM 13 Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouchesdu-Rhône Page 95/101 6. Glossaire des sigles et acronymes Acronyme ADS ANRU ASF AZI BMP BOP BRGM CCDSA CDRNM CDSC Application du droit des sols Signification Agence national pour la rénovation urbaine Autoroutes du Sud de la France Atlas des zones inondables Bataillon des marins pompiers Budget opérationnel de programme Bureau des recherches géologiques et minières Commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité Commission départementale des risques naturels majeurs Conseil départemental de sécurité civile CELRL CEMAGREF Conservatoire de l'Espace Littoral et des Rivages Lacustres Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts devenu l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea) CETE CGAAER CGEDD COD CPIER CTBOH CYPRES DCS DDAF DDE Centres d'études techniques de équipement Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux Conseil général de l'environnement et du développement durable Centre opérationnel départemental Contrat de projets interrégional Plan Rhône Comité technique permanent des barrages et des ouvrages hydrauliques Centre d'information pour la prévention des risques majeurs Dossier communal de sauvegarde Direction départementale de l'agriculture et de la forêt Direction départementale de l'équipement Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 96/101 Acronyme DDI DDPP DDRM DDT DDTM DDTM/SU DGPR DI DICRIM DREAL DREAL PACA Signification Direction départementale interministérielle Direction départementale de la protection des populations Dossier départemental sur les risques majeurs Direction départementale des territoires Direction départementale des territoires et de la mer Service d'Urbanisme de la DDTM Direction générale de la prévention des risques (MEEDDM) Directive inondation Documents d'information communal sur les risques majeurs Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de Provence-AlpesCôte-d'Azur Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Rhône-Alpes DREAL RA EdF EPCI EPTB ETP FPRNM Électricité de France Établissements publics de coopération intercommunale Établissement public territorial de bassin Équivalent temps plein Fonds de prévention des risques naturels majeurs Grand Port Maritime de Marseille Information des acquéreurs et locataires Ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts Institut national de l'environnement et des risques Laboratoire central des Ponts et Chaussées (inséré depuis au sein de l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux IFSTAR) Office National des Forêts Organisation de la Réponse de la Sécurité Civile GPMM IAL IGPEF INERIS LCPC ONF ORSEC Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 97/101 Acronyme PACA PAPI PC PCS PDFCI PDM PIDAF PLU PNR POS PMDAF région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur Signification Programme d'actions de prévention des inondations Poste de commandement Plan communal de sauvegarde Plan de Défense des forêts Contre les Incendies Plan de mesures Plan Intercommunal de. Débroussaillement et d'Aménagement. Forestier Plan local d'urbanisme Parcs naturels régionaux Plan d'occupation des sols plan de massif de débroussaillement et d'aménagement des forets Plan de prévention des risques Plan de prévention des risques inondations Plan de prévention des risques naturels Plan de prévention des risques sismiques Plan de prévention aux risques incendie de forêts Plan Submersions Rapides Résistant à l'aléa de référence Règlement de surveillance de prévision et de transformation de l'information sur les crues Syndicat d'Aménagement du bassin de l'Arc Schéma d'aménagement et de gestion des eaux Syndicat Mixte d'Aménagement du Val de Durance Service aménagement urbanisme (DDTM) Schéma de cohérence territoriale Schéma départemental d'analyse et de couverture des risques PPR PPRi PPRN PPRS PPRIF PSR RAR RIC SABA SAGE SMAVD SAU SCOT SDACR Rapport n008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 98/101 Acronyme SDAGE SDIS SDPRNM SECAB SIACEDPC Signification Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux Service départemental d'incendie et de secours Schéma départemental de prévention des risques naturels majeurs Service énergie, construction, air et barrages Service interministériel des affaires civiles économiques, de défense et de la protection civile (Préfecture) Syndicat Intercommunal d'Aménagement de la Touloubre Système d'information géographique Service Interministériel Régional des Affaires Civiles et Économiques de Défense et de la Protection Civile Syndicat Mixte d'Aménagement du Val de Durance Société nationale des chemins de fer français Service de prévision des crues Loi Solidarité et rénovation urbaine Services Territoriaux Syndicat mixte interrégional d'aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer Territoire à risque d'inondation zones d'expansion des crues SIAT SIG SIRACED-PC SMAVD SNCF SPC SRU ST SYMADREM TRI ZEC Rapport n°008226-01 Audit de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et hydrauliques dans le département des Bouches-du-Rhône Page 99/101 Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie Conseil général de l'Environnement et du Développement durable 7e section ­ secrétariat général bureau Rapports et Documentation Tour Pascal B - 92055 La Défense cedex Tél. (33) 01 40 81 68 73 http://www.developpement-durable.gouv.fr INVALIDE)

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