Structuration de la représentation de la filière pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon - Mission d'appui visant à orienter les professionnels de la filière et les services de l'État
CASTEL, Florence ;RICARD, Fabienne
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">L'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon connaît une période de transitions démographique et économique qui questionne la pérennité de son modèle de développement. Dans ce contexte, la structuration de la filière pêche constitue un enjeu pour consolider un socle d'activités productives et préserver la vocation maritime du territoire. Malgré un potentiel halieutique considérable (environ 30 000 tonnes de biomasse exploitable), la filière pêche souffre de dysfonctionnements structurels persistants. En pratique, seules 2 à 3 000 tonnes sont effectivement pêchées chaque année traduisant une sous-exploitation chronique des ressources disponibles. A cela s'ajoute un déficit d'évaluation scientifique sur certaines espèces dans la zone économique exclusive (ZEE) française, ce qui nuit à une gestion durable de la ressource. Enfin, l'absence d'une organisation professionnelle représentative freine la coordination des acteurs, entrave la mise en oeuvre de stratégies communes d'adaptation face aux défis environnementaux et économiques, d'investissements, de valorisation des produits de la pêche. Le rapport identifie trois axes d'intervention prioritaires. La création immédiate d'une structure regroupant pêcheurs artisanaux et hauturiers pour élaborer un plan pluriannuel de gestion des quotas et préparer les statuts d'une organisation professionnelle pérenne. Cette démarche doit s'appuyer sur un agent dédié et faire l'objet d'un suivi régulier par les inspections générales chargées respectivement de l'environnement et du développement durable et des affaires maritimes. Le renforcement de la connaissance scientifique, via si possible l'évolution de l'association de recherche et développement pour l'aquaculture (ARDA) vers un institut de recherche halieutique territorial, mis en place en partenariat avec l'Ifremer, pour une gestion adaptative de la ressource face aux mutations climatiques. L'optimisation de la flotte par un audit 360° permettant d'identifier la polyvalence et la performance des navires, préalable à une stratégie d'investissement cohérente et à la structuration de l'amont et de l'aval de la filière. L'État dispose, en raison du statut particulier de l'archipel, de leviers réglementaires spécifiques pour impulser cette transformation. L'enjeu dépasse la seule restructuration sectorielle : il s'agit de préserver l'identité maritime séculaire de Saint-Pierre-et-Miquelon tout en construisant un modèle économique durable. Un défaut de structuration efficace, exposerait l'archipel à une érosion progressive de ses quotas, de ses zones d'accès et à une gestion non durable de la ressource, compromettant à terme sa vocation maritime historique.</div>
Editeur
IGEDD
Descripteur Urbamet
gouvernance
Descripteur écoplanete
politique maritime
;ressource halieutique
;gestion durable
Thème
Ressources - Nuisances
;Economie
Texte intégral
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/
Rapport n° 016337-01
Novembre 2025
Mission d?appui visant à orienter les professionnels de la filière
et les services de l?Etat
Florence CASTEL, inspectrice générale
Avec l?appui de Fabienne RICARD, chargée de mission
Structuration de la représentation de la filière
pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon
P
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B
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L?auteure atteste qu'aucun des éléments de leurs activités passées
ou présentes n'a affecté leur impartialité dans la rédaction de ce
rapport
Statut de communication
? Préparatoire à une décision administrative
? Non communicable
? Communicable (données confidentielles occultées)
? Communicable
Ce rapport a été établi conformément aux normes de qualité de l?inspection générale, sous la
supervision de mesdames Christine Bouchet, présidente de la section audits, inspections et
transformation de l?action publique (AITAP) et Virginie Dumoulin, présidente de la section milieux,
ressources et risques (MRR). Il a bénéficié de la relecture de Patrick Lambert, inspecteur général
affecté à la section mobilités et transports (MT
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Table des matières
Résumé ........................................................................................................................... 5
Liste des recommandations .......................................................................................... 6
Introduction .................................................................................................................... 7
1 L?archipel est confronté à un risque de perte de son identité ................................. 8
1.1 La démographie s?érode et la population vieillit ..................................................... 8
1.1.1 La jeunesse est contrainte à un exil subi ...................................................... 8
1.1.2 Le vieillissement s?accélère et le solde naturel est négatif ........................... 9
1.2 Le poids de l'emploi public conduit à une économie administrée et décourage
l?entrepreneuriat ........................................................................................................... 9
1.3 L?esprit des pionniers et la culture maritime s?érodent ......................................... 10
1.3.1 Le patrimoine vivant devient vitrine touristique ........................................... 11
1.3.2 Les valeurs d'autonomie et d'initiative déclinent ......................................... 11
2 Un développement fondé sur l?économie de la mer est stratégique .................... 12
2.1 Le potentiel maritime offre des marges ................................................................ 12
2.2 Le positionnement géostratégique de l?archipel est unique mais fortement
contraint ..................................................................................................................... 12
2.3 L?économie maritime est structurante localement ................................................ 13
3 Une approche stratégique intégrée et partenariale est nécessaire ...................... 14
3.1 Des difficultés structurelles pénalisent la filière de pêche maritime ...................... 14
3.1.1 Le secteur est marqué par des constats récurrents.................................... 14
3.1.2 Le secteur a connu des évolutions sectorielles inabouties entre 2007 et
2024 .................................................................................................................... 15
3.1.3 Les défaillances de gouvernance persistent ............................................... 17
3.2 Quelques évolutions récentes offrent des perspectives à suivre.......................... 18
3.2.1 La reprise en 2024 reste à confirmer en 2025 ............................................ 18
3.2.2 De nouveaux projets structurants pourraient être exploités ........................ 18
3.3 Une gouvernance efficace constitue un préalable indispensable pour gérer
durablement et équitablement la ressource ............................................................... 19
3.3.1 La fédération des professionnels est nécessaire ........................................ 19
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3.3.2 La connaissance de la ressource est indispensable pour permettre une
gestion adaptative ............................................................................................... 24
3.3.3 L?instance de dialogue existante est pertinente et sa composition doit être
ajustée pour lui conférer un rôle stratégique ....................................................... 26
3.4 La structuration de l?aval de la filière doit accompagner celle des professionnels 27
3.4.1 L?appréciation de la polyvalence de la flotte est nécessaire pour assurer
l?adaptabilité de la filière ...................................................................................... 27
3.4.2 La structuration de la transformation et de la commercialisation favorisera
la résilience de la filière ....................................................................................... 29
Conclusion ................................................................................................................... 31
Annexes ........................................................................................................................ 32
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Résumé
L?archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon connaît une période de transitions démographique et
économique qui questionne la pérennité de son modèle de développement. La population diminue
d?environ 1% par an, le départ des jeunes se poursuit et l?économie reste marquée par une forte
présence de l?emploi public (45,3% de la valeur ajoutée). Dans ce contexte, la structuration de la
filière pêche constitue un enjeu pour consolider un socle d?activités productives et préserver la
vocation maritime du territoire.
Malgré un potentiel halieutique considérable ? estimé à environ 30 000 tonnes de biomasse
exploitable dans les eaux françaises, avec des quotas1 alloués de 7 à 8 000 tonnes - la filière pêche
souffre de dysfonctionnements structurels persistants. En pratique, seules 2 à 3 000 tonnes sont
effectivement pêchées chaque année, ce qui traduit une sous-exploitation chronique des
ressources disponibles. A cela s?ajoute un déficit d?évaluation scientifique sur certaines espèces
comme la coquille Saint-Jacques pêchée dans la zone économique exclusive (ZEE) française, ce
qui nuit à une gestion durable de la ressource.
Enfin, l'absence d'une organisation professionnelle représentative freine la coordination des
acteurs, entrave la mise en oeuvre de stratégies communes d?adaptation face aux défis
environnementaux et économiques, d?investissements, de valorisation des produits de la pêche.
Le rapport identifie trois axes d'intervention prioritaires :
? la création immédiate d'une structure de préfiguration regroupant pêcheurs artisanaux et
hauturiers, mandatée pour élaborer un plan pluriannuel de gestion des quotas (sur cinq
ans, un horizon offrant une visibilité suffisante) et préparer les statuts d'une organisation
professionnelle pérenne. Cette démarche doit s?appuyer sur un agent dédié et faire l?objet
d?un suivi régulier par les inspections générales chargées respectivement de
l?environnement et du développement durable et des affaires maritimes ;
? le renforcement de la connaissance scientifique, via si possible l'évolution de l'association
de recherche et développement pour l?aquaculture (ARDA) vers un institut de recherche
halieutique territorial, mis en place en partenariat avec l'Ifremer, condition indispensable
pour une gestion adaptative de la ressource face aux mutations climatiques : cela permettra
également d?appuyer efficacement les négociations franco-canadiennes ;
? l'optimisation de la flotte par un audit 360° permettant d'identifier la polyvalence et la per-
formance des navires, préalable à une stratégie d'investissement cohérente et à la struc-
turation de l?amont et de l'aval de la filière.
L'État dispose, en raison du statut particulier de l?archipel, de leviers réglementaires spécifiques
pour impulser cette transformation. L'enjeu dépasse la seule restructuration sectorielle : il s'agit de
préserver l'identité maritime séculaire de Saint-Pierre-et-Miquelon tout en construisant un modèle
économique durable. Un défaut de structuration efficace, exposerait l'archipel à une érosion
progressive de ses quotas, de ses zones d'accès ainsi qu?à une gestion non durable de la
ressource, notamment de la coquille Saint-Jacques, compromettant à terme sa vocation maritime
historique.
La réussite de cette démarche conditionnera la capacité de l'archipel à demeurer « témoin et
artisan » de la présence française en Amérique du Nord, selon les mots du Général de Gaulle en
1967, en renouant avec l'esprit pionnier qui a toujours caractérisé ses habitants face à l'adversité.
1 Autorisation de capturer une quantité donnée d?une espèce précise sur une période et une zone déterminées
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Liste des recommandations
Recommandation 1. (Préfet) Créer sans délai une structure de préfiguration professionnelle
associant les pêcheurs artisanaux et hauturiers, lui confier un mandat explicite pour
proposer a minima un plan de gestion pluriannuel des quotas (avec une visibilité d?au moins
5 ans) et préparer les statuts de la structure définitive, laquelle devra être opérationnelle
dans un délai de 12 mois (proposition d?arrêté ou de décision en Annexe 9). ................... 24
Recommandation 2. (Ministre chargée de la mer) Positionner en appui du préfet, pour une
durée d?un an, un préfigurateur chargé de l?accompagnement de la structuration
(accompagnement administratif de la création de la structure finale, organisation des travaux
et rédaction des documents statutaires). Cette personne devra posséder une expertise
reconnue des problématiques ultramarines. ....................................................................... 24
Recommandation 3. (Préfet) Dans l?attente de la désignation du préfigurateur, charger le
chef du service des affaires maritimes d?un appui transitoire aux professionnels. ............. 24
Recommandation 4. (État et collectivités territoriales) Expertiser la capacité de l?ARDA à se
transformer en institut de recherche halieutique territorial, en partenariat avec l?Ifremer, et
encourager la structure à mobiliser des financements privés............................................. 26
Recommandation 5. (Préfet) Faire évoluer le conseil consultatif d?orientation des pêches
(CCOP) en Conseil stratégique d'orientation et de développement au plus tard au terme de
la préfiguration de l?organisation professionnelle (projet d?arrêté en Annexe 10). ............. 27
Recommandation 6. (État et Collectivité territoriale) Financer un audit 360° de la flotte pour
apprécier la polyvalence et la performance des navires, et ainsi orienter les investissements
pour optimiser la flotte et accompagner les armements dans leur transition vers une
exploitation plus durable et résiliente des ressources halieutiques de l'archipel. .............. 29
Recommandation 7. (Préfet) Dans cette attente, limiter la flotte de navire de pêche
professionnelle de l?archipel à l?effectif actuel (18 navires), et conditionner toute attribution
de quota à un nouveau navire au remplacement d?un navire existant. .............................. 29
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Introduction
Le 15 juillet 1967, le général de Gaulle quitte la France à bord du croiseur Colbert pour se rendre
au Québec, évitant ainsi un atterrissage à Ottawa en zone anglophone. Le 20 juillet, il fait escale à
Saint-Pierre-et-Miquelon, archipel libéré en décembre 1941 par l?amiral Muselier sur ses ordres, et
parmi les premiers territoires à rejoindre la France Libre. Il prononcera ces mots « Vous êtes ici au
bord de l'Amérique, la France au bord de l'Amérique, et à ce titre, bien que les îles ne soient pas
très grandes, que la population ne soit pas très nombreuse, vous êtes des témoins et vous êtes
des artisans. La France vous aime, elle doit s'occuper de vous. ».
L'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon est le dernier vestige de la présence française en Amérique
du Nord. Il est entré dans une période critique qui menace son identité culturelle et sociale. La
décroissance démographique et la dépendance excessive à l'emploi public érodent
progressivement l'esprit pionnier des Acadiens, Basques, Bretons et Normands qui ont créé la
richesse de l?archipel, et se sont arrimés à cette terre qu?ils ont faite leur pour devenir, simplement,
des Saint-Pierrais et Miquelonnais, profondément attachés à la France et aux origines qui ont forgé
leur spécificité. La division géographique en quatre îles principales, dont deux sont habitées, crée
toutefois des déséquilibres : Saint-Pierre concentre l'activité administrative et économique (majorité
des 5 819 habitants), tandis que Miquelon-Langlade ne réunit que 604 habitants vivant
principalement de la pêche et de l'agriculture.
Pour ne pas perdre son identité, l'archipel doit et peut développer une stratégie de revitalisation
qui concilie la préservation de ses traditions et savoir-faire avec les exigences d?une concurrence
mondialisée. L'enjeu dépasse la simple survie démographique ou économique : il s'agit de
préserver un patrimoine culturel unique tout en évitant l'écueil d?une muséification. Les Saint-
Pierrais et Miquelonnais continueront à être « des témoins et des artisans » en renouant avec la
dynamique créatrice qui a toujours caractérisé les habitants de l?archipel face à l'adversité.
L'économie de la mer est la première opportunité de développement et de valorisation de l'identité
locale. Il s?agit donc de structurer la chaîne de valeur de la pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon, dans
le cadre d?un modèle durable et attractif et dans une logique mutualisée que requiert la situation
géographique et démographique de l?archipel.
Le développement de l'économie de la mer à Saint-Pierre-et-Miquelon nécessite pour ce faire une
approche stratégique intégrée qui s'appuie sur les atouts géographiques uniques du territoire tout
en surmontant ses contraintes structurelles. Les conditions essentielles incluent la modernisation
des infrastructures, la formation de ressources humaines qualifiées, la mobilisation de
financements adaptés, et la structuration d'une gouvernance maritime efficace, objet du présent
rapport.
La réussite reposera sur la mobilisation collective des acteurs, la coordination des investissements
publics et privés, et l'adaptation continue aux évolutions du marché. L?État est légitime à prendre
dès à présent certaines décisions en application du statut de l?archipel et des possibilités de
réglementations particulières. S?il ne lui appartient pas de décider des orientations de la filière à la
place des professionnels et des élus de l?archipel, il lui revient en revanche d?arrêter rapidement
certaines dispositions (dispositif de gestion des quotas de pêche, conditions d?attribution et de suivi
des crédits publics, etc.), pour favoriser la structuration de cette filière et l?accompagner dans le
cadre d?une démarche phasée.
Le présent rapport fonde ses recommandations sur un état des lieux aussi complet que possible
de la situation particulière de l?archipel ; il renvoie au sein d?annexes des éléments réglementaires
ou techniques, et les références en notes de bas de page, pour centrer le corps du texte sur les
éléments d?analyse et de proposition.
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1 L?archipel est confronté à un risque de perte de son
identité
1.1 La démographie s?érode et la population vieillit
Après une longue période de croissance démographique entre 1945 et 1999 (+0,7% en moyenne
par an), l'archipel a amorcé une lente mais constante diminution de sa population (-0,3% en
moyenne par an depuis 1999). Cette inversion de tendance s'est même accélérée récemment, la
population baissant désormais de près de 1% par an, passant de 6 316 habitants en 1999 à 5 819
en 2022, soit une baisse de 7,9% sur moins d?un quart de siècle. La décroissance annuelle est
trois fois plus rapide qu'entre 1999 et 2020.
Figure 1 - évolution démographique par tranche d'âge
Source : INSEE/IEDOM ? panorama démographique SPM 2022 pour 1999 et 2020 - graphique réalisé
par la mission
1.1.1 La jeunesse est contrainte à un exil subi
L'exode des jeunes constitue probablement le facteur le plus préoccupant de cette évolution
démographique. Environ 250 jeunes quitteraient l'archipel chaque année pour poursuivre leurs
études supérieures au Canada ou dans l?hexagone2, et la majorité d'entre eux ne revient pas
s'installer sur leur territoire natal. Cette hémorragie se traduit par une forte diminution de la part
des 15-29 ans dans la population, passant de 19,7% en 1999 à seulement 12,9% en 2020, soit
une baisse de 34,5%.
Le phénomène s'auto-entretient, car les jeunes diplômés ne trouvent pas d'opportunités
professionnelles correspondant à leurs qualifications sur l'archipel. Comme l'explique un rapport
sur la jeunesse saint-pierraise, « la construction des pistes d'avenir ne dépend pas particulièrement
2 D'après les données disponibles, 90% des boursiers effectuent leurs études en métropole, 8% au Canada et 2%
aux États-Unis.
5 500
5 600
5 700
5 800
5 900
6 000
6 100
6 200
6 300
6 400
0,00
20,00
40,00
60,00
80,00
100,00
120,00
1999 2010 2020 2022
N
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Titre de l'axe
0?14 ans (%) 15?29 ans (%) 30?59 ans (%) ? 60 ans (%) Population totale
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des jeunes. Elle nécessite une mobilisation collective »3. Cette situation crée un cercle vicieux :
moins il y a de jeunes, moins il y a d'innovation et d'entrepreneuriat, ce qui réduit encore les
opportunités d'emploi qualifié.
1.1.2 Le vieillissement s?accélère et le solde naturel est négatif
Parallèlement à l'exode des jeunes, l'archipel connaît un vieillissement démographique. L'indice de
vieillissement4 a pratiquement doublé, passant de 42,6% en 1999 à 82,7% en 2020. La part des
personnes de plus de 60 ans a augmenté de 60,9%, représentant désormais 25,1% de la
population contre 15,6% il y a vingt ans5.
Cette évolution a des conséquences directes sur la vitalité démographique du territoire. Le taux de
natalité s'est effondré, passant de 11,9? en 1999 à seulement 6,3? en 2020, tandis que le taux
de mortalité reste stable autour de 9,3?. En résulte un solde naturel négatif de -1,0? depuis 2016,
avec plus de décès que de naissances chaque année.
Cette transformation démographique a des répercussions profondes sur la structure sociale de
l'archipel. Le ratio de dépendance a augmenté de 45,6% en 1999 à 54,4% en 2020, signifiant
qu'une part croissante de la population active doit subvenir aux besoins d'une population inactive
vieillissante. À plus long terme, cette évolution menace la viabilité économique du territoire et sa
capacité à maintenir des services publics de qualité.
1.2 Le poids de l'emploi public conduit à une économie administrée
et décourage l?entrepreneuriat
Saint-Pierre-et-Miquelon présente une structure économique singulière marquée par une
hypertrophie du secteur public. Cette situation, bien qu'offrant une certaine stabilité sociale,
constitue un facteur de fragilité structurelle qui ne favorise pas l'innovation et l'esprit d'entreprise.
Figure 2 - Répartition de emplois en pourcentage
Source : IEDOM, panorama de Saint-Pierre-et-Miquelon, 20226 - graphique réalisé par la mission
3 https://www.saint-pierre-et-miquelon.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/DT_2007_web_cle677f76.pdf
4 L'indice de vieillissement est un indicateur démographique qui mesure le rapport entre la population âgée de 65
ans et plus et celle des moins de 20 ans. Plus cet indice est élevé, plus le vieillissement de la population est
important.
5 https://www.saint-pierre-et-miquelon.gouv.fr/contenu/telechargement/9492/77273/file/baro-
metre_sante_SPM2020_premiers_resultats.pdf
6 https://www.iedom.fr/IMG/pdf/panorama_spm_2022.pdf
Secteur public;
49,5
Commerce,
transport et
services divers;
37,2
Construction;
7,3
Industrie; 4,7 Secteur
primaire; 1,4
PUBLIÉ
https://www.saint-pierre-et-miquelon.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/DT_2007_web_cle677f76.pdf
https://www.saint-pierre-et-miquelon.gouv.fr/contenu/telechargement/9492/77273/file/barometre_sante_SPM2020_premiers_resultats.pdf
https://www.saint-pierre-et-miquelon.gouv.fr/contenu/telechargement/9492/77273/file/barometre_sante_SPM2020_premiers_resultats.pdf
https://www.iedom.fr/IMG/pdf/panorama_spm_2022.pdf
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L'administration publique représente 45,3% de la valeur ajoutée du territoire en 2015, soit plus du
double de la moyenne française (23%). En incluant l'enseignement, la santé et l'action sociale, le
secteur public élargi concentre plus de la moitié des emplois de l'archipel. L'archipel
comptait 1 fonctionnaire d'État actif pour environ 10 habitants en 2020 contre 1 pour environ
43 habitants en France entière. Cette proportion place Saint-Pierre-et-Miquelon parmi les territoires
les plus « administrés ».
Entre 2010 et 2020, les créations de postes dans l'administration publique ont augmenté de 9,9%,
tandis que les secteurs primaire et secondaire perdaient respectivement 24,5% et 17,2% de leurs
emplois. Cette évolution témoigne d'une tertiarisation forcée de l'économie, davantage subie que
choisie.
La prédominance du secteur public génère des distorsions importantes dans l'économie locale.
Le revenu moyen des agents de la fonction publique s'élève à 43 562 euros en 2020,
contre 28 975 euros dans le privé, soit un écart de 50,3% 7 . Cette différence considérable
décourage l'entrepreneuriat privé et oriente artificiellement les choix de carrière vers le secteur
public.
Cette situation crée un effet d'éviction : les emplois publics, mieux rémunérés et plus sécurisés,
attirent les compétences aux dépens du secteur privé. Paradoxalement, la sécurité de l'emploi
public peut devenir un frein à la prise de risque entrepreneuriale nécessaire au développement
économique du territoire.
La dépendance budgétaire aux transferts publics crée une fragilité structurelle de l?économie. Les
revenus perçus du personnel de la fonction publique soutiennent la consommation privée des
ménages, créant une économie en circuit fermé peu résiliente face aux chocs externes. Cette
situation rappelle le modèle économique de certaines communautés autochtones canadiennes, où
la dépendance aux transferts gouvernementaux a progressivement érodé l'autonomie économique
et l'initiative locale.
La commande publique représente en moyenne 24,6 millions d'euros par an sur les cinq dernières
années, soutenant artificiellement le secteur du BTP. Bien que cette intervention soit nécessaire
dans un territoire isolé, elle illustre le degré de dépendance structurelle de l'économie locale vis-à-
vis des décisions administratives.
1.3 L?esprit des pionniers et la culture maritime s?érodent
Saint-Pierre-et-Miquelon a été façonné par l'esprit pionnier des pêcheurs basques, bretons et
normands qui s'installèrent dès le XVIe siècle pour exploiter les richesses halieutiques des Grands
Bancs de Terre-Neuve. Cet héritage culturel, fondé sur l'autonomie, la prise de risque et
l'adaptation, tend aujourd'hui à s'effacer au profit d'une dépendance qui menace l'identité profonde
de l'archipel.
La culture maritime, pierre angulaire de l'identité saint-pierraise, connaît un déclin préoccupant
depuis l'effondrement de la pêche industrielle. Le moratoire sur la pêche à la morue de 1992 a
marqué la fin d'un modèle économique séculaire. Les prises annuelles ont en moyenne atteint 367
tonnes depuis 2017, contre 974 tonnes entre 2010 et 2017, soit une baisse de 62%.
Cette disparition progressive de l'activité halieutique s'accompagne de la perte des savoir-faire
traditionnels8.
7 Le traitement des fonctionnaires de l'État et des fonctionnaires hospitaliers en service à Saint-Pierre-et-Miquelon
est majoré de 25% (article L741-1 du code général de la fonction publique).
8 https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/pleins_textes_6/colloques2/36778.pdf
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000044424665
https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/pleins_textes_6/colloques2/36778.pdf
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1.3.1 Le patrimoine vivant devient vitrine touristique
L'archipel connaît une muséification progressive de son patrimoine, phénomène observable
notamment sur l'Île aux Marins, ancienne « île des pêcheurs » désormais inhabitée et transformée
en musée à ciel ouvert, témoin de la culture traditionnelle.
Les musées locaux (Musée Héritage, Musée de la nature et de l?environnement, Musée de
Miquelon) jouent un rôle important dans la préservation de la mémoire, mais ils témoignent aussi
du fait que les pratiques culturelles ne se transmettent plus naturellement.
1.3.2 Les valeurs d'autonomie et d'initiative déclinent
L'esprit pionnier historique de l'archipel reposait sur des valeurs d'autonomie, d'innovation et de
prise de risque. Les premiers colons avaient développé une culture de l'adaptation face aux
contraintes de l'insularité et aux aléas climatiques. Cette capacité d'innovation se manifestait dans
les techniques de pêche, l'architecture vernaculaire (tambours, maisons colorées) et les stratégies
de survie collective.
Aujourd'hui, la sécurisation excessive de l'environnement économique et social tend à étouffer
cette créativité. La prépondérance de l'emploi public, la réglementation extensive et la dépendance
aux transferts créent un environnement peu propice à l'innovation et à l'entrepreneuriat.
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Rapport n° 016337-01
Novembre 2025
Mission d?inspection sur la structuration de la représenta-
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2 Un développement fondé sur l?économie de la mer est
stratégique
Saint-Pierre-et-Miquelon se trouve à un tournant de son histoire. L'archipel doit et peut développer
une stratégie de revitalisation qui concilie la préservation de son identité avec les exigences d?une
économie mondialisée. Cette démarche implique de repenser simultanément les politiques
démographiques, la diversification économique et la transmission culturelle.
La jeunesse saint-pierraise et miquelonnaise exprime un attachement profond à son territoire, mais
elle a besoin de perspectives concrètes d'avenir.
La réappropriation de l'esprit pionnier historique, non pas comme nostalgie du passé, mais comme
ressource créative devrait permettre de renouer avec la dynamique qui a toujours caractérisé les
habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon face à l'adversité.
La diversification économique, notamment vers l'économie de la mer et le tourisme durable, peut
offrir ces opportunités tout en valorisant l'identité locale.
2.1 Le potentiel maritime offre des marges
Le potentiel maritime de l'archipel demeure a priori important malgré les contraintes actuelles de
la filière halieutique (Cf. Annexe 4). La ressource totale (biomasse exploitable) dans les eaux
françaises approcherait les 30 000 tonnes9. Le stock dans les eaux canadiennes serait de 6 à 7
fois supérieur. Compte tenu de la nécessité de préserver la ressource, le volume de quotas à
répartir pour l?archipel est, en fonction des négociations internationales, de l?ordre de 7 à
8 000 tonnes, dont 2 à 3 000 tonnes sont en moyenne effectivement pêchées10. La diversification
des espèces exploitables, incluant le crabe des neiges, la coquille Saint-Jacques, le homard et le
concombre de mer, offre par ailleurs des opportunités sur des créneaux potentiellement à haute
valeur ajoutée.
Il reste toutefois essentiel d?approfondir la connaissance de la ressource, en particulier d?évaluer
les stocks des espèces pêchées dans la zone économique exclusive française, zone de pêche
principale, afin de mieux anticiper les aléas et les fluctuations de la ressource, et, le cas échéant,
d?adapter les techniques de pêche ainsi que les équipements à bord des navires et à terre.
2.2 Le positionnement géostratégique de l?archipel est unique mais
fortement contraint
Le positionnement géostratégique de Saint-Pierre-et-Miquelon constitue un atout pour son
insertion dans l'économie nord-américaine. Situé à seulement 25 kilomètres de Terre-Neuve et à
proximité des grands axes commerciaux reliant l'Europe au Canada et aux États-Unis, l'archipel
bénéficie d'une localisation exceptionnelle. Cette position privilégiée en fait la dernière terre
française d'Amérique du Nord et une porte d'entrée francophone sur le marché continental. Par
ailleurs, la route maritime du nord s'ouvre progressivement à la navigation avec la fonte des glaces
arctiques, renforçant le potentiel logistique de l?archipel.
Le statut de pays et territoire d'Outre-Mer (PTOM) fait de Saint-Pierre-et-Miquelon un territoire
juridiquement assimilé à un pays tiers par rapport à l?Union européenne (Cf. Annexe 5) et exempte
donc les produits locaux des normes européennes. Cela facilite leur adaptation aux exigences des
9 https://www.isemar.org/wp-content/uploads/2024/09/Note-de-Synthese-263-SPM-ISEMAR.pdf
10 Le volume de captures autorisé (TAC) était de 7 767 tonnes en 2024, dont environ 2 800 tonnes ont été pêchées
(source : DTAM)
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https://www.isemar.org/wp-content/uploads/2024/09/Note-de-Synthese-263-SPM-ISEMAR.pdf
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marchés nord-américains et ouvre des perspectives d'exportation directe vers les marchés de
proximité du Canada ou des Etats-Unis11. Cette configuration géographique et juridique unique
positionne ainsi Saint-Pierre-et-Miquelon comme un hub maritime potentiel pour les échanges
transatlantiques, particulièrement dans le secteur des produits de la mer premium destinés aux
marchés nord-américains12.
2.3 L?économie maritime est structurante localement
La feuille de route pour l'économie bleue ultramarine 2024-203013, document stratégique signé en
juin 2025, vise à libérer le potentiel maritime des territoires ultramarins. A ce jour, l?économie
maritime de Saint-Pierre-et-Miquelon ne représente qu?une part infime de l?économie maritime
française, avec un poids inférieur à 0,1?% du total national14.
La filière principale de l?économie maritime de l?archipel est encore la pêche et la transformation
des produits de la mer, représentant, selon les années, 2?000 à 2?100 tonnes exportées pour
quelques dizaines d?emplois directs15. Ainsi, en valeur absolue, la filière pêche et aquaculture de
l?archipel génère un chiffre d?affaires de quelques millions d?euros par an, comparé aux dizaines
de milliards d?euros générés par l?économie maritime nationale.
Pour autant, si le secteur maritime local est marginal à l?échelle nationale, il reste très structurant
localement et la pêche reste la première activité exportatrice de l?archipel, dont la balance
commerciale, en valeur, est fortement déficitaire16.
Les deux communes de l?archipel se développent autour de leurs ports : chacun d?eux offre des
possibilités d?activités autres que liées seulement à la pêche, qui devraient être envisagées
(tourisme maritime, services portuaires et logistiques, réparation navale, énergies marines
renouvelables, biotechnologies marines?) pour développer une véritable économie maritime.
11 https://trade.ec.europa.eu/access-to-markets/fr/content/pays-et-territoires-doutre-mer-ptom
12 https://www.isemar.org/wp-content/uploads/2024/09/Note-de-Synthese-263-SPM-ISEMAR.pdf
13 https://www.mer.gouv.fr/sites/default/files/2025-07/fdr_eb_2025-26-06-version-signatures_compressed.pdf
14 La valeur ajoutée de l?économie maritime française est estimée à 43,3 milliards d?euros (soit 1,5?% du PIB fran-
çais), avec des secteurs prédominants comme le tourisme littoral et l?industrie navale (source : ministère de la
transition écologique, chiffres clés 2024 de la mer et du littoral https://www.statistiques.developpement-du-
rable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-mer-littoral/pdf/chiffres-cles-de-la-mer-et-du-littoral.pdf)
15 https://www.geolittoral.developpement-durable.gouv.fr/les-enjeux-du-document-strategique-de-bassin-
a1586.html
16 https://www.iedom.fr/IMG/pdf/ra_spm_2024.pdf
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https://trade.ec.europa.eu/access-to-markets/fr/content/pays-et-territoires-doutre-mer-ptom
https://www.isemar.org/wp-content/uploads/2024/09/Note-de-Synthese-263-SPM-ISEMAR.pdf
https://www.mer.gouv.fr/sites/default/files/2025-07/fdr_eb_2025-26-06-version-signatures_compressed.pdf
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-mer-littoral/pdf/chiffres-cles-de-la-mer-et-du-littoral.pdf
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-mer-littoral/pdf/chiffres-cles-de-la-mer-et-du-littoral.pdf
https://www.geolittoral.developpement-durable.gouv.fr/les-enjeux-du-document-strategique-de-bassin-a1586.html
https://www.geolittoral.developpement-durable.gouv.fr/les-enjeux-du-document-strategique-de-bassin-a1586.html
https://www.iedom.fr/IMG/pdf/ra_spm_2024.pdf
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3 Une approche stratégique intégrée et partenariale est
nécessaire
Le développement de l'économie de la mer à Saint-Pierre-et-Miquelon nécessite une approche
stratégique intégrée qui s'appuie sur les atouts géographiques uniques du territoire, mais surmonte
ses contraintes structurelles.
3.1 Des difficultés structurelles pénalisent la filière de pêche
maritime
Les rapports, audits et autres documents disponibles (audit de la filière en 2007, rapport du
CNPMEM en 2012, rapport de la Cour des Comptes en 2016, document stratégique de bassin
maritime en 2023, rapports annuels de l?Institut d?émission des départements d?outre-mer, l?IEDOM)
convergent tous sur le même diagnostic concernant la situation de la pêche professionnelle, que
le présent rapport confirme.
Cette convergence est notable concernant les dysfonctionnements structurels de la filière
halieutique saint-pierraise et miquelonnaise, en dépit de l'évolution du contexte économique. Les
principaux constats partagés sont exposés de manière synthétiques ci-après.
3.1.1 Le secteur est marqué par des constats récurrents
3.1.1.1 Une dépendance excessive à une ou deux espèces
Toutes les analyses documentent un modèle récurrent de mono-dépendance qui s'est déplacé
au fil des décennies. L'audit de 2007 identifiait déjà une concentration problématique sur trois
espèces représentant 87% de la valeur économique : morue (39%), lompe (30%) et crabe des
neiges (18%). Cette vulnérabilité s'est confirmée lors de la transition vers le concombre de mer
(holothurie) dont la consommation est essentiellement asiatique et qui représentait 68,4% des
prises en 2023. Les prix ont en effet chuté de 20-30% pendant la crise de la Covid 19 en raison
de l?accumulation de stocks du fait de l?arrêt des exportations.
3.1.1.2 Une sous-exploitation chronique des quotas
Cette problématique apparaît dans tous les rapports avec une constance préoccupante. La
Cour des Comptes relevait en 2016 un écart considérable entre les quotas autorisés
(7 622 tonnes) et les prises effectives (2 582 tonnes), soit un taux d'exploitation de seulement
34%. L'audit de 2007 pointait déjà cette sous-utilisation, particulièrement pour le sébaste (3%
d'exploitation), la plie grise (non exploitée) et le crabe des neiges (69% seulement). Cette
sous-consommation fait courir un risque non négligeable de remise en question de ces quotas
dans le cadre de l?accord franco-canadien qui fait régulièrement l?objet de débats et
d?amendements depuis 1994. Par ailleurs, cette faible exploitation, associée aux échanges et
à la monétisation des quotas, génère une forme de rente qui freine le dynamisme et le
développement de la filière pêche (Cf. 3.3.1.1).
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3.1.1.3 Une inadéquation structurelle de la flotte
L'audit de 2007 identifiait une flotte surdimensionnée avec 23 navires recensés, mais
seulement 15 réellement actifs, dont la moitié sortait moins de 75 jours par an. Cette
problématique persiste : le rapport IEDOM 2023 confirme une réduction drastique de la flotte
dite « industrielle » à trois navires, Le Cap Marie, le Marcel Angie III et l'arrivée récente du
Terre Neuvas, sur un total de 17 en activité. A ce jour, la flotte est donc essentiellement
adaptée à la pêche artisanale (petite pêche et pêche côtière), et non aux marées lointaines,
alors même que la zone qui leur est accessible est très limitée (Cf. Annexe 4 et Annexe 6). Il
convient également de souligner la différence des critères d?homologation et de sécurité des
navires de pêche entre la France et le Canada ; les réglementations de pêche canadiennes
s'appliquent en effet aux navires français dans les eaux canadiennes.
3.1.1.4 La quasi impossibilité de valorisation locale de la pêche
Le rapport du CNPMEM de 2012 souligne que la fermeture des usines de Miquelon et de
Saint-Pierre a contraint les pêcheurs, longtemps considérés comme des « fournisseurs
d?usine » à reporter la vente de leurs produits vers le Canada, en particulier Terre-Neuve pour
les pêcheurs artisanaux, ou encore les Etats-Unis, notamment Boston.
Les prix de vente obtenus au Canada sont plus avantageux, les services (nettoyage,
approvisionnement en glace disponibilité des infrastructures) y sont plus attractifs, et le
marché plus vaste que celui de Saint-Pierre-et-Miquelon. En contrepartie, cette situation
engendre une forte dépendance vis-à-vis du Canada.
Ainsi, seulement 5% des produits de la pêche sont écoulés sur le marché local, contre 95%
exportés vers le Canada. Par ailleurs, la pêche de loisir génère une offre importante de
poissons, obligeant les pêcheurs professionnels à sécuriser via la prise de commandes à
l?avance pour s?assurer d?un débouché local avant même de partir en mer.
Pourtant, les eaux de Saint-Pierre-et-Miquelon sont riches et la ressource est de grande qualité,
avec des espèces phares comme le crabe des neiges et le homard.
3.1.2 Le secteur a connu des évolutions sectorielles inabouties entre 2007
et 2024
3.1.2.1 Une restructuration des acteurs
La période récente est marquée par une concentration des opérateurs industriels.
Fin 2020, les quatre entreprises du pôle de pêche industrielle existantes ont été absorbées
par la société « Pêcheurs du Nord » pour en simplifier la gestion (regroupement de 4 sociétés
aux activités complémentaires dans le cadre de l?arrivée du groupe Le Garrec sur l?archipel).
La société a été placée en redressement judiciaire en avril 2023 malgré des investissements
importants et ses actifs ont été repris à vil prix par des acteurs locaux, donnant naissance à
une nouvelle entité « A Mare Labor », société anonyme d?économie mixte (SAEM) dont la
commune de Miquelon est actionnaire majoritaire. Les dissensions et antagonismes locaux,
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nourris par un fort régionalisme17, combinés au manque de compétences locales, de main
d?oeuvre et à la perte de quotas pour l?entreprise, ont contribué à l?échec de l?implantation du
groupe Le Garrec.
La SAEM a été créée dans le but d?approvisionner l?usine de Miquelon grâce à un navire dédié
à la pêche au large, le Cap Marie. Les pêcheurs artisanaux, exclus de ce projet, ont
parallèlement fondé la coopérative « 47 °Nord » afin de mieux valoriser leurs ressources. Cette
coopérative regroupe les quatre armements de Miquelon, un armement de Saint-Pierre ainsi
qu?un mytiliculteur, constituant ainsi une première étape importante vers la mutualisation entre
les deux îles de l?archipel.
Par ailleurs, l'émergence en 2022 de la SAS SPM Océan avec l'acquisition du seul navire
de 1ère catégorie (37,53 m) de la flotte, le Terre Neuvas, traduit une volonté de renouveau.
Cette initiative marque un tournant, car elle permet d?exploiter les quotas dans les zones de
l?OPANO18 plus éloignées de l?archipel (Cf. Annexe 7) ; ces quotas jusque-là inexploités
(échangés ou monétisés) sont désormais revendiqués par ce nouvel armement, ce qui est
source de questionnements, voire de tensions (Cf.3.3.1.1).
La situation actuelle de la filière à Saint-Pierre-et-Miquelon s?inscrit dans un modèle de pêche
artisanale, plutôt qu?industrielle. Ce positionnement, s?il impose certaines limites en termes de
volumes et de compétitivité, constitue un levier stratégique pour valoriser une pêche ancrée
dans les savoir-faire locaux.
3.1.2.2 La transition des modèles de dépendance
L?évolution la plus marquante des 10 dernières années concerne le passage de la pêche his-
torique et emblématique de la morue vers une nouvelle dépendance au concombre de mer
(holothurie), dominant dans les exports vers les marchés asiatiques.
La crise sanitaire de la Covid 19 a brutalement révélé la fragilité de ce modèle économique
fondé sur une seule espèce, encourageant un redéploiement vers d?autres ressources comme
la coquille (pétoncle géant), en 2022.
Face à ces enjeux, la flotte de pêche artisanale évolue vers une plus grande polyvalence. Les
navires initialement équipés de casiers pour la pêche aux crustacés (crabe des neiges, bulot)
se dotent désormais de portiques adaptés à la pêche du pétoncle géant. Par ailleurs certains
marins diversifient leurs activités en se tournant vers la pêche à la ligne du flétan blanc, qui
présente l?avantage de requérir peu d?investissements supplémentaires en matériel.
17 Les Saint-Pierrais ont été historiquement exclus des opportunités de pêche hauturière. Au XIXe siècle, le minis-
tère de la Marine n'octroie les « primes à l'embarquement » qu'aux pêcheurs métropolitains, futurs marins de guerre.
Les Saint-Pierrais, exemptés du service militaire, sont jugés « inutiles pour la métropole » et contraints à la pêche
côtière par obligation plutôt que par choix. Cette rivalité révèle une tension structurelle plus profonde : depuis la
réoccupation de l'archipel en 1816, Saint-Pierre a d?abord été un poste avancé pour la Grande Pêche métropolitaine
au détriment du développement d?une industrie locale autonome. Les armateurs métropolitains se plaignent que le
port de Saint-Pierre est « trop peu profond et mal équipé », préférant faire escale à Saint-Jean de Terre-Neuve. Le
poids de l?histoire a probablement joué un rôle dans certaines préventions devant les tentatives d?investissements
extérieurs à l?archipel.
18 L?organisation des pêches de l?Atlantique Nord-Ouest (OPANO) est une organisation régionale de gestion des
pêches fondée en 1979.
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3.1.2.3 L?émergence de nouveaux enjeux
Les rapports récents (notamment ceux de l?IEDOM) intègrent des préoccupations absentes
des diagnostics antérieurs : gestion durable des ressources, développement du pescatourisme,
nécessité d'un cadre réglementaire robuste et amélioration de l'attractivité sectorielle.
3.1.3 Les défaillances de gouvernance persistent
3.1.3.1 Le secteur reste marqué par un manque de coordination professionnelle
Toutes les analyses convergent sur l'absence de fédération efficace des professionnels, dans
le contexte pour partie historique de rivalité entre les deux îles de Saint-Pierre et Miquelon19.
Les difficultés d'application de la répartition des quotas soulignent la persistance des rivalités
locales.
La Cour des Comptes regrettait également en 2016 le manque d'initiatives privées et
l'insuffisante implication des acteurs locaux. Le document stratégique de bassin maritime de
2023 réaffirme la nécessité de « fédérer les professionnels » comme enjeu prioritaire, point
qui reste en suspens et objet du présent rapport.
3.1.3.2 Les aides publiques sont attribuées sans stratégie globale
L'audit de 2007 critiquait un système d'aides orienté vers le social plutôt que l'économie, avec
des primes d'hivernage contre-productives, car incitant les pêcheurs professionnels à
plafonner leurs prises pour en bénéficier. La Cour des Comptes confirmait en 2016 l'inefficacité
du soutien public du secteur de la pêche, avec plus de 3 millions d'euros investis par an sans
résultats probants. Le principe a évolué au profit de primes à la production, lesquelles pâtissent
des mêmes biais.
De manière globale, le fonds pêche est attribué à des projets isolés, sans qu?une vision
d?ensemble ait été définie pour engager des actions structurantes pour la filière. À titre
d?exemple, en l?absence d?installation locale de production à Saint-Pierre, des subventions ont
été accordées pour des aménagements à bord des navires afin de conserver de la glace, glace
actuellement achetée au Canada20. Dans ce contexte, les constats formulés dans le rapport
de la mission du CNPMEM de 2012 demeurent d?actualité.
3.1.3.3 Les compétences à terre sont insuffisantes pour soutenir la pêche
professionnelle
Les rapports notamment celui du CNPMEM, mettent en évidence le faible vivier de
compétences techniques à terre, accentué par la dynamique démographique de l?archipel, ce
qui complique l?accompagnement des pêcheurs professionnels, que ce soit au sein de
l?administration (Affaires maritimes), des opérateurs publics (Ifremer) ou du secteur privé. Ces
constats restent d?actualité.
19 L?une des personnes auditionnée a fait avec humour un parallèle avec le PSG et l?OM
20 Source DTAM
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3.1.3.4 Les données scientifiques manquent pour éclairer la décision publique et
soutenir les négociations internationales
Les quotas 2025 attribués pour Saint-Pierre-et-Miquelon sont généralement compris dans des
marges compatibles avec les recommandations scientifiques internationales de l?OPANO, du
conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) pour le stock de morue 3PS et de
l?ICCAT pour les thonidés.
S?agissant de certaines espèces locales (buccin encore appelé bulot, crabe des neiges), les
totaux admissibles de capture visent également à prévenir la surexploitation. Toutefois, les
données scientifiques sur l?évaluation des espèces pêchées sont insuffisantes, voire
inexistantes pour certaines d?entre elles, comme la coquille Saint-Jacques, ce qui fragilise la
capacité à assurer une exploitation responsable et équilibrée des ressources. Les études
disponibles sont souvent initiées par les chercheurs dans le cadre de programme de recherche,
sans réelle coordination avec l?administration ni partage systématique avec les professionnels
du secteur. La délégation locale d?Ifremer illustre ce recul : elle ne comporte aujourd?hui plus
qu?un seul agent, contre huit dans les années 1990, et ne dispose plus d?embarcation dédiée.
Or, la connaissance scientifique est indispensable pour permettre la prise en compte des
enjeux socio-économiques locaux (maintien de l?emploi, continuité de la flottille) dans le cadre
des négociations, et assurer une gestion durable de la ressource
3.2 Quelques évolutions récentes offrent des perspectives à suivre
3.2.1 La reprise en 2024 reste à confirmer en 2025
Après la chute de 19,5% des prises en 2023 (niveau le plus bas depuis 2013), l'année 2024
marque un rebond significatif avec +41,7% de prises. Cette reprise s'accompagne d'un marché
du travail en situation de plein emploi (3% de chômage selon l?IEDOM) et d'un tourisme de
croisière record (+234,5% de passagers).
Si le taux d'activité reste élevé à 81,6% contre 71,9% pour la France entière21, les entreprises
de l'archipel rencontrent d'importantes difficultés de recrutement, particulièrement dans le
secteur maritime et portuaire. La baisse continue de la population et son vieillissement
(Cf.1.1.2) soulèvent la question de l?accompagnement du développement d?une filière et de
son renouvellement.
Le début de l?année 2025 est marqué par une baisse des prises de pêche de 27,7% par rapport
à l?année précédente. La saison du crabe des neiges connaît une raréfaction de la ressource
dans les eaux de l?archipel. Cette tendance à la diminution s?observe également pour le
homard, dont la saison de pêche reprendra en octobre. En revanche, cette baisse est
compensée par une explosion des prises de coquilles (espèce non soumise à quota), en
hausse de 500% sur un an et par la pêche de flétan blanc (Cf.3.3.1.1).
3.2.2 De nouveaux projets structurants pourraient être exploités
Plusieurs initiatives ont eu pour objectif de structurer et accompagner la profession : le comité
consultatif d?orientation des pêches (CCOP) a été mis en place en 2017, présidé par le préfet,
qui aborde l?ensemble des sujets, et plus particulièrement la répartition des quotas et réunit
21 Source Insee
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des représentants de tous les acteurs locaux, l?association de recherche et de développement
pour la filière pêche et aquaculture (ARDA) engagée dans des projets de recherche appliquée
et de transformation, la coopérative maritime 47°Nord créée à Miquelon par deux armements
de Saint-Pierre et quatre armements de Miquelon. Il illustre ainsi une dynamique collective au
service du développement local de la filière, le lancement du label « La Mer en Commun »
dans le cadre de l'année de la mer 2025, la création en mai 2021 du premier centre de
formation d?apprentis de Saint-Pierre-et-Miquelon, etc. Ces initiatives se heurtent toutefois aux
tentations individualistes et au poids de dissensions historiques.
L'arrivée prochaine du cargo à voiles Neoline22 (Cf. 3.4.2) et l'achèvement du terminal de
croisières constituent des opportunités pour repositionner Saint-Pierre-et-Miquelon comme un
acteur significatif de l'économie maritime nord-américaine. La réussite de la transformation
économique dépendra donc probablement de la capacité du territoire à développer
simultanément plusieurs filières complémentaires - tourisme de croisière, aquaculture,
transport maritime innovant - tout en maintenant une pêche artisanale viable.
3.3 Une gouvernance efficace constitue un préalable indispensable
pour gérer durablement et équitablement la ressource
Il n?appartient pas à la mission de décider des choix économiques des professionnels et des
orientations de leurs entreprises.
En revanche, l?État attribue les quotas de pêche (Cf. Annexe 4) et est légitime à définir le
dispositif permettant d?éclairer ses décisions dans le respect du statut de l?archipel et des
possibilités de réglementations particulières (Cf. Annexe 5).
Certaines dispositions (dispositif de gestion des quotas de pêche, conditions d?attribution et
de suivi des crédits publics, etc.) peuvent favoriser la structuration de la filière et l?accompagner
dans le cadre d?une démarche progressive.
3.3.1 La fédération des professionnels est nécessaire
Les tentatives de fédération des professionnels de la pêche pour parvenir à une gestion
apaisée des quotas de pêche n?ont jusqu?alors jamais abouti. Elles se heurtent à un
enchevêtrement complexe de facteurs historiques, géographiques, économiques et politiques,
nourrissant des oppositions entre acteurs aux intérêts souvent divergents. Ces divisions, tant
professionnelles que politiques, trouvent leurs racines dans l'histoire particulière de cet
archipel français, tiraillé entre les enjeux géopolitiques franco-canadiens et des rivalités
économiques et politiques internes.
3.3.1.1 L?accord signé le 20 septembre 2024 entre la France et le Canada sur le flétan
blanc (flétan de l?Atlantique) a renforcé les difficultés de répartition des quotas
L?accès aux zones de pêche dépend de la catégorie des navires. Seuls les navires de pêche
au large dits « industriels » ont la capacité d?accéder aux zones de pêches les plus éloignées
de l?archipel, au-delà des 200 milles nautiques23.
22Le cargo Neoline fera escale à Saint-Pierre-et-Miquelon dans le cadre d?une liaison transatlantique transportant
du fret et disposant de quelques cabines passagers (https://www.neoline.eu/)
23 Les eaux territoriales s?étendent jusqu?à 12 milles et sont sous la pleine souveraineté des États. Les zones éco-
nomiques exclusives (ZEE) s?étendent généralement jusqu?à 200 milles. Au-delà, les eaux internationales n?appar-
tiennent à aucun État et sont régies par différentes conventions internationales.
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https://www.neoline.eu/
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Les navires artisanaux, qui constituent la très large majorité de la flotte saint-pierraise et
miquelonnaise, ne peuvent quant à eux pêcher que dans des zones plus ou moins restreintes
selon leur catégorie (Cf. Annexe 6).
Tous les navires sont donc en concurrence pour les quotas de la ZEE française et de la zone
3PS partagée entre la France et le Canada (Cf. Annexe 7) : crabe des neiges, concombre de
mer, flétan blanc, buccin, morue, sébaste, plie grise, pétoncle. Le pétoncle d'Islande (Chlamys
islandica) est pêché principalement dans la zone 3PS, tandis que le pétoncle géant
(Placopecten magellanicus), plus gros et communément appelé coquille Saint-Jacques24, l?est
essentiellement dans la ZEE française ; il existe une zone de recouvrement, mais le pétoncle
d?Islande se trouve à des profondeurs plus importantes.
La coquille Saint-Jacques, la limande à queue jaune et la raie ne sont pas soumises à quotas
dans la ZEE française.
Les navires de pêche au large ont également accès aux autres quotas, notamment ceux de la
zone OPANO : Flétan noir, Sébaste, Limande à queue jaune, Encornet, Merluche blanche.
La valeur commerciale des espèces est variable. La valeur des quotas peut être appréciée en
fonction des moyennes des cours. Elle peut ainsi être estimée en 202525 :
? ZEE française : 8 465 931 ¤ (exclusion faite de la coquille, espèce non soumise à quota),
dont 3 027 700 ¤ pour le crabe des neiges, 2 124 400 ¤ pour le concombre de mer et
2 080 711 ¤ pour le flétan blanc ;
? Zone 3PS : 2 369 672 ¤ (ces quotas ont été attribués en 2024, mais non exploités) ;
? ZEE canadienne : 1 315 869 ¤ (parmi lesquels seul le quota de flétan noir a été exploité en
2024 pour un équivalent commercial de 321 051 ¤, les autres quotas ayant été attribués,
mais non exploités) ;
? Zone OPANO : 1 610 425 ¤ (quotas exploités en totalité) ;
? Zone ICCAT : 892 700 ¤.
La pêche du flétan blanc, à forte valeur commerciale, est contrainte dans la saison pour les
navires artisans
La pêche du flétan blanc est autorisée du 1er avril au 31 mars de l?année suivante. Mais la
pêche artisanale n?est possible en pratique que du printemps jusqu'à mi-novembre, période
au-delà de laquelle l?activité diminue fortement, les navires artisans ne sortant plus en raison
de la météo, alors que les navires de pêche au large peuvent quant à eux exploiter la totalité
de la saison.
Or, si le quota de flétan blanc représente 3% du volume des quotas disponibles pour la ZEE
française et la zone 3PS, son potentiel de valorisation commerciale26 représente en revanche
près de 18 % du total des quotas de ces zones.
Dans ce contexte, l?accord intervenu le 24 septembre 2024 entre la France et le Canada a
ravivé les tensions entre les pêcheurs de l?archipel. Il prévoit notamment une augmentation
sensible du quota par rapport aux années précédentes (154,47 tonnes ont ainsi été attribués
24 L?arrêté interministériel du 26 juin 1996 relatif à la dénomination commerciale des coquillages de la famille des
pectinidés a étendu l'appellation noix de Saint-Jacques a la noix de pétoncle.
25 Données DTAM
26 Sources : DTAM et Pêches et Océan Canada (https://inter-w02.dfo-mpo.gc.ca/publications/reports_rap-
ports/Land_Nearshore_Debarquer_Pres_De_La_Cote_2025_fra.htm)
PUBLIÉ
https://inter-w02.dfo-mpo.gc.ca/publications/reports_rapports/Land_Nearshore_Debarquer_Pres_De_La_Cote_2025_fra.htm
https://inter-w02.dfo-mpo.gc.ca/publications/reports_rapports/Land_Nearshore_Debarquer_Pres_De_La_Cote_2025_fra.htm
Rapport n° 016337-01
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pour la campagne 2025-2026 contre 147,5 tonnes pour la campagne précédente), et autorise
également, et c?est un point déterminant, le débarquement du flétan blanc dans des ports
canadiens agréés.
Les pêcheurs artisans, cantonnés à la ZEE française et à la zone 3PS, étaient précédemment
contraints de débarquer le flétan blanc sur l?archipel, n?accédant ainsi qu?à un marché d?autant
plus limité que plus de 900 petits bateaux sont également immatriculés et pêchent pour leur
consommation familiale. L?accord leur ouvre désormais l?accès aux ports de Terre-Neuve et
au marché canadien et ils aspirent donc à obtenir des quotas de flétan blanc plus importants
(Cf. Annexe 7).
Certains quotas attribués aux navires de pêche au large ne sont pas pêchés, mais valorisés
économiquement dans le cadre de transferts
Certaines espèces de la zone OPANO dont les quotas sont accessibles aux navires de pêche au
large ne sont en réalité pas pêchées, mais l?attribution d?un quota permet aux navires bénéficiaires
de procéder à des transferts ou d?affréter des navires.
Les transferts de quotas de pêche désignent la possibilité, pour un titulaire de quota de céder tout
ou partie de ce droit à un autre opérateur ou navire, selon des modalités encadrées. C?est par
exemple le cas pour le flétan noir ou flétan du Groenland qui est ainsi échangé selon un barème
de conversion indexé sur la valeur économique : 5 tonnes de quota de flétan noir peuvent être
échangées contre un droit de pêche de 1 tonne de flétan blanc.
L?affrètement d?un navire de pêche consiste quant à lui à louer un navire auprès de son propriétaire
(fréteur), via un contrat formel avec un utilisateur (affréteur) qui souhaite exploiter ce navire pour
la pêche contre paiement d?un loyer. L?affrètement permet donc de déployer une capacité de pêche
sans nécessité d?être propriétaire du navire.
Ainsi, en 2023 et 2024, les quotas de la zone OPANO et de la ZEE canadienne n?ont pas été
pêchés, mais ont fait l?objet de transfert ou d?affrètement.
L?accès aux quotas de ces zones de pêche est donc considéré comme une rente par les navires
artisans dont la zone de pêche est restreinte, a fortiori lorsque le produit des échanges ne produit
pas de retombées économiques pour l?archipel.
3.3.1.2 La gestion des quotas doit permettre de préserver les intérêts de la pêche
artisanale et de la pêche au large dans le contexte international
Le système des quotas de pêche répartis entre plusieurs juridictions et organismes de gestion est
complexe (Cf. Annexe 7). Malgré des droits importants, l'archipel n'exploite qu'une fraction des
quotas qui lui sont alloués27, principalement en raison de contraintes techniques, économiques et
géographiques.
Une fois le volume global des quotas défini, la répartition entre les navires ou bénéficiaires locaux
est effectuée par le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon. Cette répartition se fait selon des critères
réglementaires et prend en compte les avis locaux, notamment du CCOP.
Les droits de pêche représentent un enjeu majeur pour les pêcheurs28, mais leur impact sur
l?économie locale reste paradoxalement réduit : environ 95% des quotas pêchés sont débarqués
au Canada, et non à Saint-Pierre-et-Miquelon.
La raréfaction de la morue a contraint les pêcheurs à diversifier leurs activités vers d?autres
27 Selon les données 2024, 2 792 tonnes ont été effectivement pêchées sur un quota global de 7 767 tonnes.
28 La valeur totale des quotas de l?archipel représente environ 15 millions d?euros (source : DTAM)
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espèces comme le crabe des neiges, le homard et le concombre de mer. Cependant, les aléas des
cours, les contraintes liées aux débarquements à Terre-Neuve et le caractère cyclique de certaines
ressources modifient les stratégies de pêche et alimentent des tensions entre les professionnels
pour l?accès aux espèces à forte valeur commerciale.
Contrairement à l?ensemble des autres territoires français de pêche maritime, Saint-Pierre-et-
Miquelon ne dispose d?aucune organisation professionnelle reconnue. Cette absence de structure
représentative contraint l?administration à assumer seule la répartition des quotas de pêche,
conformément aux dispositions de l?article R.954-7 du code rural et des pêches maritimes29, sur la
base des demandes des pêcheurs.
Dans le contexte particulier de l?archipel, ce système présente des limites :
? rigidité et lenteurs : les quotas sont parfois attribués avec retard, au détriment de la
planification et du lissage de l?effort de pêche et de la valorisation commerciale ;
? sous-consommation de quotas : le système administratif ne permet pas d?optimiser
l?utilisation du quota, alors qu?il conviendrait de maximiser la valorisation, notamment au
regard des négociations avec le Canada ;
? absence de portage collectif : l?attribution des quotas sur la base des demandes
individuelles ne favorise pas la mise en commun des moyens, l?innovation ou la défense
coordonnée des intérêts locaux.
Ainsi, si les décisions du préfet s?appuient sur les critères définis réglementairement (antériorité
des pratiques, capacité technique des navires, poids économique et social pour l?archipel), elles
influent de fait sur les résultats économique des armements et sont parfois perçues comme injustes
(Cf. Annexe 8).
3.3.1.3 La préfiguration d?une structure professionnelle à-façon est indispensable et
doit être engagée rapidement
Début 2025, la gestion des quotas de flétan blanc a provoqué une situation conflictuelle, en raison
notamment de la diminution de la ressource de crabe des neiges, une part importante de revenu
pour certains pêcheurs artisans (Cf. 3.3.1.1).
A la suite d?un courrier du 17 avril 2024 par lequel 14 pêcheurs, artisanaux et « industriels »,
représentant la quasi-totalité des entreprises de pêche en activité sur le territoire ont exprimé leur
volonté commune de constituer « dans les meilleurs délais, une organisation de producteurs pour
la filière pêche de l?archipel », le préfet a confirmé au printemps 2025 sa volonté de créer une
structure professionnelle dédiée30.
Les travaux menés dans le cadre du présent rapport pour accompagner la structuration de la
représentation des professionnels de la filière ont probablement joué un rôle catalyseur. Les
professionnels se sont ainsi saisis du sujet et ont commencé à débattre, peu avant la venue de la
mission sur l?archipel, d?un projet de répartition des quotas inspiré du modèle historique de gestion
de la morue31.
Cette initiative crée ainsi un cadre propice à la création d?une structure professionnelle rassemblant
29 https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006071367/LEGISCTA000032710836/?an-
chor=LEGIARTI000032710846#LEGIARTI000032710846
30 https://la1ere.franceinfo.fr/saintpierremiquelon/tout-le-monde-veut-du-quota-les-pecheurs-de-saint-pierre-et-mi-
quelon-dans-l-impasse-1573924.html
31 Le quota de morue alloué à Saint-Pierre-et-Miquelon était historiquement réparti selon une clé fixe : 30% pour la
pêche artisanale et 70% pour la pêche industrielle (Cf. rapport du Sénat de 2011), conditionnant l'organisation de
la filière locale.
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006071367/LEGISCTA000032710836/?anchor=LEGIARTI000032710846%23LEGIARTI000032710846
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006071367/LEGISCTA000032710836/?anchor=LEGIARTI000032710846%23LEGIARTI000032710846
https://la1ere.franceinfo.fr/saintpierremiquelon/tout-le-monde-veut-du-quota-les-pecheurs-de-saint-pierre-et-miquelon-dans-l-impasse-1573924.html
https://la1ere.franceinfo.fr/saintpierremiquelon/tout-le-monde-veut-du-quota-les-pecheurs-de-saint-pierre-et-miquelon-dans-l-impasse-1573924.html
https://www.senat.fr/rap/r10-308/r10-3081.pdf
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pêcheurs artisanaux et pêcheurs hauturiers. Elle pourrait constituer une base pour l?attribution des
quotas de la prochaine saison et permettre un retour d?expérience.
Les travaux et échanges de la mission confirment l?attente des professionnels pour un dispositif
impulsé par l?État. Ils montrent également que la réflexion, qui appartient aux professionnels, pour
aboutir à une gestion collégiale apaisée progresse, tout en nécessitant encore des ajustements.
Une telle démarche devra donc combiner un mandat préfectoral formalisé, une base provisoire,
une forte implication des acteurs professionnels, et un suivi attentif des pouvoirs publics.
La préfiguration peut être engagée rapidement
La compétence d'initiative locale et le contexte institutionnel particulier de l?archipel permettent au
préfet d?initier la création d?une structure de préfiguration. Le modèle souple d?une association loi
de 1901 est à cet égard approprié et souvent utilisé. Cette association devra, par habilitation
préfectorale, recevoir un mandat précisant les objectifs de la préfiguration.
Les points clés en sont les suivants :
? décision préfectorale formalisant la création d?un groupe de préfiguration réunissant les
pêcheurs artisanaux et hauturiers, avec mandat explicite (arrêté préfectoral ou mandat
officiel) ;
? utilisation d?un statut associatif (loi 1901) comme support juridique temporaire pour faciliter
l?inclusion de toutes les parties prenantes et permettre le portage institutionnel (volet
dialogue avec les autorités, préparation et animation des travaux) ;
? feuille de route sur les mécanismes de consultation des professionnels, le recensement
des membres, la désignation d?un bureau provisoire, et la déclinaison des objectifs (plan
de gestion quinquennal des stocks/quotas, rédaction des statuts d'une organisation
pérenne).
La préfiguration fournit le cadre pour permettre aux professionnels de construire les conditions
d?un fonctionnement collégial pour une gestion optimisée de la ressource
Les quotas ont une valeur commerciale importante, qu?ils soient effectivement pêchés ou fassent
l?objet de transferts ou d?affrêtement. L?organisation de producteurs doit constituer un levier
d?efficacité, de résilience et de pérennisation pour la pêche locale, capable d?optimiser des quotas
encore sous-exploités et de renforcer le tissu économique insulaire. Plusieurs objectifs peuvent
être fixés à la préfiguration :
? forum de concertation, interlocutrice des pouvoirs publics.
? élaboration d?un plan de gestion pluriannuel (modalités de répartition, propositions
d?ajustements, suivi du respect des quotas, plan dont l?horizon pourrait être fixé à 5 ans)
avec ajustement annuel sur la base de données d?évaluation scientifique de la ressource32 ;
? rédaction des statuts de la structure cible (association professionnelle, OP, coopérative,
etc.), incluant les modalités de financement du fonctionnement ;
? promotion de la filière, relations extérieures et soutien à la structuration économique
(valorisation, communication, logistique).
La préfiguration doit être encadrée dans le temps et accompagnée
32 A l?instar du plan de gestion de la légine dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).
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Une durée de 12 mois doit permettre de mener à son terme la préfiguration pour disposer d?une
structure professionnelle consolidée.
Le statut juridique final pourra évoluer : la structure cible pourra adopter, selon le choix des
professionnels, un statut d'organisation de producteurs ou de coopérative. A l?instar de l?exemple
de Saint-Barthélémy33, la structure définitive pourrait utilement bénéficier de l?accompagnement de
la Chambre économique multiprofessionnelle (CACIMA) de l?archipel.
Le pouvoir décisionnel en matière de gestion des quotas demeurera entre les mains de l?État ; la
structure professionnelle aura un rôle d?élaboration, de proposition et de suivi, la validation finale
relevant des autorités publiques. A terme, cette organisation pourrait évoluer vers une répartition
des quotas assurée directement pas la structure professionnelle mise en place.
Enfin, un fonctionnement transparent de la gouvernance et un système de contrôle rigoureux des
transferts seront indispensables pour prévenir la concentration excessive et maintenir une
répartition équilibrée. Ce mécanisme pourrait s?inspirer des meilleures pratiques internationales
tout en s'adaptant aux particularités locales34.
Recommandation 1. (Préfet) Créer sans délai une structure de préfiguration professionnelle
associant les pêcheurs artisanaux et hauturiers, lui confier un mandat explicite pour
proposer a minima un plan de gestion pluriannuel des quotas (avec une visibilité d?au moins
5 ans) et préparer les statuts de la structure définitive, laquelle devra être opérationnelle
dans un délai de 12 mois (proposition d?arrêté ou de décision en Annexe 9).
Recommandation 2. (Ministre chargée de la mer) Positionner en appui du préfet, pour une
durée d?un an, un préfigurateur chargé de l?accompagnement de la structuration
(accompagnement administratif de la création de la structure finale, organisation des
travaux et rédaction des documents statutaires). Cette personne devra posséder une
expertise reconnue des problématiques ultramarines.
Recommandation 3. (Préfet) Dans l?attente de la désignation du préfigurateur, charger le chef
du service des affaires maritimes d?un appui transitoire aux professionnels.
3.3.2 La connaissance de la ressource est indispensable pour permettre
une gestion adaptative
Les ressources halieutiques évoluent sous la pression conjuguée du changement climatique et des
pressions anthropiques.
La connaissance scientifique représente un véritable outil de souveraineté économique et politique
33 Le Comité Territorial des Pêches et de l?Aquaculture (CTPA) a été créé en 2021 sous la forme d?une association
loi 1901, dont l?objet consiste à défendre les intérêts des pêcheurs, gérer la ressource halieutique, représenter la
profession, et assurer la transmission de l?activité de pêche dans une perspective durable.
34 Global Fishing Watch (https://globalfishingwatch.org/fr/politique-internationale/)- Résolution des Nations Unies
sur la pêche durable de 2024 soulignant la transparence et le recours à la technologie dans la gestion halieutique
(Assemblée Générale des Nations Unies, A/79/L.38)?.
Fisheries Transparency Initiative (FiTI) : Initiative internationale encourageant la transparence et la gouvernance
participative pour lutter contre les risques de concentration et favoriser une gestion sociale équilibrée des
ressources.
Une approche néo-institutionnaliste des systèmes de gestion des pêches en Europe et en Amérique du Nord ?
Pascal le Floc?h et James R. Wilson, 2019 (https://stm.cairn.info/revue-natures-sciences-societes-2019-3-page-
297?lang=fr.
PUBLIÉ
https://globalfishingwatch.org/fr/politique-internationale/
https://stm.cairn.info/revue-natures-sciences-societes-2019-3-page-297?lang=fr
https://stm.cairn.info/revue-natures-sciences-societes-2019-3-page-297?lang=fr
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pour l'archipel. Son développement conditionne, d?une part, la capacité des professionnels à
s'adapter aux mutations en cours et, d?autre part, celle des autorités françaises à défendre
efficacement les intérêts de Saint-Pierre-et-Miquelon dans les instances internationales de gestion
des pêches.
L'impératif d'adaptation face aux évolutions climatiques et halieutiques
Dans l'Atlantique du Nord-Ouest, les effets du changement climatique sur les écosystèmes marins
s'intensifient. Les modèles scientifiques prévoient des déplacements d'espèces vers les pôles
pouvant atteindre plusieurs centaines de kilomètres d'ici 2050 35 . Ces modifications touchent
particulièrement les espèces d'eau froide comme la morue, déjà fragilisée dans la région, tandis
que de nouvelles opportunités émergent avec l'arrivée d'espèces à affinité plus tropicale36.
Pour les pêcheurs de l'archipel, cette évolution impose une capacité d'adaptation continue :
diversification des espèces ciblées, ajustement des calendriers de pêche, modification des zones
d'exploitation et adaptation des techniques de capture. Cette adaptabilité ne peut reposer sur
l'empirisme seul, mais nécessite un accompagnement scientifique permettant d'anticiper les
fluctuations, d'identifier les opportunités saisonnières et de mettre en place des stratégies
différenciées. La science halieutique devient ainsi l'outil indispensable pour orienter les décisions
opérationnelles des armements et accompagner les transitions professionnelles.
Un enjeu stratégique dans les négociations franco-canadiennes
La dimension bilatérale avec le Canada confère à cette exigence scientifique une portée
géopolitique. Les négociations annuelles autour des totaux admissibles de captures (TAC) dans le
cadre de l'OPANO s'appuient directement sur les évaluations scientifiques internationales.
L'accord récent sur le flétan blanc, conclu en septembre 2024, illustre l'importance de ces
fondements scientifiques : il prévoit un renforcement de la coopération scientifique entre nos deux
États pour accroître les connaissances sur cette espèce à forte valeur ajoutée37.
Pour peser face au partenaire canadien dans ces négociations cruciales, Saint-Pierre-et-Miquelon
doit pouvoir s'appuyer sur un appareil de connaissance scientifique autonome, capable de
confronter, compléter et parfois nuancer les évaluations produites par les instituts canadiens. Cette
capacité d'expertise indépendante constitue un levier de souveraineté scientifique dans un
contexte où le Canada tend à exercer une influence prépondérante sur la gestion des ressources
de l'Atlantique Nord-Ouest.
L'ARDA, créée initialement pour l?accompagnement de l?aquaculture, pourrait, sous certaines
conditions, être un point d?appui pour préfigurer un institut de recherche halieutique et associer
les professionnels
Face à ces enjeux, l'ARDA (association de recherche et développement pour l'aquaculture), créée
en 1996, après la dissolution de l?Institut scientifique et technique des pêches maritimes38, présente
un potentiel à approfondir, notamment en raison des moyens limités alloués par l?Ifremer à
l?antenne de l?archipel.
Initialement centrée sur l'accompagnement technique des projets aquacoles, notamment la
pectiniculture, l'ARDA a contribué à plusieurs programmes scientifiques ambitieux en partenariat
35 https://www.ocean-climate.org/wp-content/uploads/2017/02/biodiversit%C3%A9marine-changementclima-
tique_FichesScientifiques_04-13.pdf
36 https://www.msc.org/fr/nos-actions/mettre-fin-a-la-surpeche/changement-climatique-et-peche
37 https://www.mer.gouv.fr/gestion-du-fletan-blanc-aboutissement-des-negociations-entre-la-france-et-le-canada
38 https://francearchives.gouv.fr/fr/findingaid/ab8a469716d13ade67351fd7ef2f3ebc2bd7403a
PUBLIÉ
https://www.ocean-climate.org/wp-content/uploads/2017/02/biodiversit%C3%A9marine-changementclimatique_FichesScientifiques_04-13.pdf
https://www.ocean-climate.org/wp-content/uploads/2017/02/biodiversit%C3%A9marine-changementclimatique_FichesScientifiques_04-13.pdf
https://www.msc.org/fr/nos-actions/mettre-fin-a-la-surpeche/changement-climatique-et-peche
https://www.mer.gouv.fr/gestion-du-fletan-blanc-aboutissement-des-negociations-entre-la-france-et-le-canada
https://francearchives.gouv.fr/fr/findingaid/ab8a469716d13ade67351fd7ef2f3ebc2bd7403a
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avec l'Ifremer39. La création, sur son initiative, de la coopérative 47°Nord illustre une capacité
d?initiative qui mérite d?être valorisée.
L?association traverse actuellement une période difficile. Il conviendra d?abord de s?assurer de sa
solidité financière, et rechercher des financements, y compris privés, pour la renforcer. Si ces
conditions sont réunies, une adaptation de ses statuts pourrait lui permettre d?évoluer vers un
véritable institut de recherche halieutique territorial, en partenariat avec l?Ifremer, afin de mieux
servir les intérêts de l?archipel.
? Des capacités de recherche appliquée renforcées : développement d'une expertise
autonome en évaluation des stocks locaux, notamment sur les espèces suivantes (homard,
crabe des neiges, coquilles Saint-Jacques, holothurie, etc.) ;
? Un observatoire des pêches : mise en place d'un système intégré de collecte et d'analyse
des données halieutiques incluant l'échantillonnage biologique des captures, le suivi des
efforts de pêche, et la conduite d'enquêtes socio-économiques. Cette fonction répondrait
directement aux préconisations du document stratégique de bassin maritime qui identifie
comme objectif prioritaire de « déterminer les outils de gestion » et de « conduire un
inventaire et un diagnostic des zones fonctionnelles halieutiques" » ;
? Des partenariats scientifiques internationaux : consolidation des liens avec l'Institut France-
Québec Maritime (IFQM) et extension des collaborations avec les centres de recherche
canadiens spécialisés dans l'écologie halieutique, pour bénéficier des dernières avancées
méthodologiques, notamment en matière de modélisation écosystémique et d'adaptation
au changement climatique40.
? Le partage des données : élaboration de synthèses scientifiques destinées au premier chef
aux professionnels, aux gestionnaires et aux décideurs, le cas échéant au grand public,
pour favoriser l'appropriation locale des connaissances et l'engagement des acteurs dans
une démarche de gestion durable.
Cette transformation de l'ARDA nécessiterait un renforcement de ses moyens humains et
techniques, tout en s?inscrivant dans la continuité de son évolution. Elle répondrait également aux
enjeux identifiés par la Cour des comptes, qui préconisait « d'accompagner la restructuration de la
filière pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon, sous réserve d'une implication réelle de partenaires privés
fiables ».
Recommandation 4. (État et collectivités territoriales) Expertiser la capacité de l?ARDA à se
transformer en institut de recherche halieutique territorial, en partenariat avec l?Ifremer, et
encourager la structure à mobiliser des financements privés.
3.3.3 L?instance de dialogue existante est pertinente et sa composition
doit être ajustée pour lui conférer un rôle stratégique
Aux termes de son arrêté de création, le CCOP recueille l?avis des professionnels de la pêche et
émet des avis et recommandations sur tout sujet en lien avec le plan pêche et l?aquaculture durable.
La préfiguration d?une organisation professionnelle regroupant l?ensemble des pêcheurs
professionnels rend pertinente à moyen terme l?adaptation de ce conseil consultatif en un véritable
Conseil stratégique d'orientation et de développement. Cela lui permettrait de jouer un rôle central
dans la filière pêche, conformément à la logique du contrat stratégique de filière pêche maritime
39 Exemple du suivi des espèces envahissantes (https://especes-envahissantes-outremer.fr/wp-con-
tent/uploads/2017/07/suivi-eee-marines-spm-2014.pdf )
40 https://www.uqar.ca/104-la-chaire-de-recherche-du-canada-en-ecologie-halieutique-de-l-uqar-est-renouvelee/
PUBLIÉ
https://especes-envahissantes-outremer.fr/wp-content/uploads/2017/07/suivi-eee-marines-spm-2014.pdf
https://especes-envahissantes-outremer.fr/wp-content/uploads/2017/07/suivi-eee-marines-spm-2014.pdf
https://www.uqar.ca/104-la-chaire-de-recherche-du-canada-en-ecologie-halieutique-de-l-uqar-est-renouvelee/
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2025-203041.
Au plus tard au terme de la préfiguration de l?organisation professionnelle, il conviendra de faire
évoluer cet organe consultatif en une instance chargée de planification stratégique, de la
coordination des financements publics et du suivi-évaluation de la performance de la filière, en
élargissant son mandat pour :
? proposer et piloter une feuille de route pluriannuelle structurant les orientations
stratégiques et l?innovation dans la filière maritime et halieutique (pêche artisanale,
hauturière, aquaculture, transformation, export, activités complémentaires) ;
? assurer la concertation entre les professionnels, les institutions locales et les experts
scientifiques ;
? promouvoir l?évaluation de la ressource et sa gestion durable ainsi que la conciliation des
usages ;
? émettre des avis motivés sur les plans de gestion, quotas, licences, projets réglementaires
et dispositifs de soutien ou d?investissement ;
? suivre la mise en oeuvre des actions de formation, de soutien et de structuration de la filière ;
? formuler toute proposition relative au développement du secteur maritime et à la
valorisation innovante.
Recommandation 5. (Préfet) Faire évoluer le conseil consultatif d?orientation des pêches
(CCOP) en Conseil stratégique d'orientation et de développement au plus tard au terme de
la préfiguration de l?organisation professionnelle (projet d?arrêté en Annexe 10).
3.4 La structuration de l?aval de la filière doit accompagner celle des
professionnels
La préfiguration d?une organisation professionnelle, principalement dédiée à la gestion des quotas
et de la ressource, constitue une étape essentielle dans la structuration de la filière pêche. Elle doit
permettre une répartition plus équilibrée et collégiale entre les armements, mais reste insuffisante
pour garantir des débouchés et optimiser les retombées de la pêche pour l?archipel, compte tenu
des contraintes liées à l?insularité et au contexte international complexe.
3.4.1 L?appréciation de la polyvalence de la flotte est nécessaire pour
assurer l?adaptabilité de la filière
La polyvalence des navires de la flotte de pêche de Saint-Pierre-et-Miquelon constitue un levier
stratégique face aux aléas et aux fluctuations accrues des ressources halieutiques. Cette
polyvalence peut être appréciée tant à l?échelle globale de la flotte qu?au niveau de chaque navire.
La flotte artisanale de l?archipel est composée de 15 navires, dont la taille varie de 6,10 mètres à
19,80 mètres (Cf. Annexe 6). Ces navires présentent des caractéristiques favorables à cette
polyvalence, à condition de disposer des équipements adaptés. Cette polyvalence s'avère d'autant
plus cruciale dans le contexte du changement climatique, où les déplacements d'espèces vers les
pôles et les modifications des cycles biologiques nécessitent une capacité d'adaptation continue
41 https://www.francefilierepeche.fr/wp-content/uploads/2025/03/Contrat-strategique-filiere-maritime_fev2025_ver-
sion-web.pdf
PUBLIÉ
https://www.francefilierepeche.fr/wp-content/uploads/2025/03/Contrat-strategique-filiere-maritime_fev2025_version-web.pdf
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des stratégies de pêche. Les performances économiques et sociales des flottilles polyvalentes sont
par ailleurs généralement supérieures à celles des navires spécialisés, créant davantage d'emplois
et de valeur ajoutée par tonne pêchée42.
Un audit de la flotte pourrait s'articuler autour de cinq dimensions complémentaires, pour permettre
une évaluation exhaustive des performances et du potentiel d'adaptation.
Dimension technique et opérationnelle
? État des coques, motorisations et équipements de pêche
? Capacité de polyvalence : nombre d'engins différents embarqués et maîtrisés
? Conformité aux normes de sécurité et certification des navires
? Évaluation des capacités physiques : puissance, jauge, longueur
Dimension économique et financière
? Indicateurs de rentabilité : chiffre d'affaires, valeur ajoutée brute, excédent brut
d'exploitation
? Analyse de la productivité : revenus rapportés au capital engagé et à l'emploi généré
? Dépendance économique par espèce et vulnérabilité aux fluctuations
? Structure des coûts d'exploitation
Dimension environnementale et ressources
? Impact sur les stocks : évaluation de la déplétion et de l'impact sur les juvéniles
? Empreinte carbone et consommation énergétique par tonne débarquée
? Capacité d'adaptation aux évolutions climatiques et aux nouvelles espèces
? Pratiques de pêche responsable et sélectivité des engins
Dimension sociale et humaine
? Emplois directs créés et qualité des conditions de travail
? Compétences et formations des équipages pour la polyvalence
? Attractivité du secteur et renouvellement générationnel
? Contribution à l'économie territoriale
Dimension stratégique et gouvernance
? Capacité d'intégration dans une filière structurée
? Potentiel de modernisation et d'innovation technologique
? Positionnement face aux enjeux de négociation avec le Canada
? Contribution aux objectifs de développement durable du territoire
42Performances environnementales et socio-économiques des flottilles de pêche françaises (rapport provisoire à
mai 2025), étude du pôle halieutique, mer et littoral de l?Institut Agro, en partenariat avec AgroParisTech (https://ha-
lieutique.institut-agro.fr/files/fichiers/pdf/performances.pdf)
PUBLIÉ
https://halieutique.institut-agro.fr/files/fichiers/pdf/performances.pdf
https://halieutique.institut-agro.fr/files/fichiers/pdf/performances.pdf
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Recommandation 6. (État et Collectivité territoriale) Financer un audit 360° de la flotte pour
apprécier la polyvalence et la performance des navires, et ainsi orienter les investissements
pour optimiser la flotte et accompagner les armements dans leur transition vers une
exploitation plus durable et résiliente des ressources halieutiques de l'archipel.
Recommandation 7. (Préfet) Dans cette attente, limiter la flotte de navire de pêche
professionnelle de l?archipel à l?effectif actuel (18 navires), et conditionner toute attribution
de quota à un nouveau navire au remplacement d?un navire existant.
3.4.2 La structuration de la transformation et de la commercialisation
favorisera la résilience de la filière
Trois structures opérationnelles permettent ou permettront à brève échéance le traitement et la
valorisation locale des produits de la pêche :
? Saint-Pierre dispose d?une poissonnerie équipée d?une chaîne de traitement du saumon
(tranchage, fumage, conditionnement sous la marque « La boucanière ») et d?un
laboratoire de préparation de plats cuisinés43 ;
? à Miquelon, la création de la coopérative 47°Nord qui regroupe à ce stade les quatre
armements miquelonnais, le seul mytiliculteur de l?archipel et un armement saint-pierrais,
porte le projet de développement d?une filière maritime durable44. La mise en place d?un
atelier de transformation du crabe des neiges et de homard à Miquelon est en cours
d?implantation.
? l?usine de transformation de Miquelon, propriété de la SA d'économie mixte (SAEM) A Mare
Labor créée en 2023, devrait par ailleurs, au terme des restructurations en cours, faire
fonctionner, à partir du printemps 2026, une ligne de traitement du concombre de mer puis
étendre progressivement ses capacités à la coquille Saint-Jacques. La SAEM est égale-
ment propriétaire du Cap Marie, navire de pêche au large.
Ces développements doivent s?accompagner d?une offre de services attractive et de conditions
compétitives par rapport à celles proposées à Terre-Neuve (fourniture de glace, de boëtte45, délai
de paiements du produit de la pêche, etc.), afin de favoriser les débarquements sur l?archipel et
générer des retombées économiques directes, telles que l?approvisionnement du marché local et
la création d?emplois.
Cependant, la consommation locale demeure insuffisante pour absorber la totalité des produits de
la pêche, d?autant plus que la pêche de loisir fournit une part importante des ressources aux
habitants dans un cadre non commercial.
Il est donc essentiel de développer des débouchés extérieurs à l?archipel pour les produits de la
pêche, qu?il s?agisse des opportunités liées à la croissance du tourisme (plus de 13 500 passagers
de croisière ont posé le pied sur l?archipel en 2024, soit un bond de +234,5%), ou de l?arrivée
prévue en octobre 2025 du cargo à voiles Neoline, qui inaugurera des liaisons régulières entre
Saint-Nazaire, Saint-Pierre-et-Miquelon, Baltimore, sous réserve de soutenabilité des droits de
douanes mis en place par les Etats-Unis, et Halifax.
La première traversée permettra le transport de déchets destinés à un traitement spécifique dans
43 https://www.facebook.com/people/Poissonnerie-Paturel/100063832004371/
44 https://47dn.fr/activites/
45 Appâts
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https://47dn.fr/activites/
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l?Hexagone, et l?expérimentation du transport de homards vivants dans des conteneurs adaptés,
ouvrent la voie à de possibles exportations.
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Conclusion
L?État et les élus s?accordent sur la nécessité de préserver l'identité maritime séculaire de l'archipel,
morceau de France unique en Amérique du Nord. Cette spécificité culturelle et
économique constitue un atout qu'il convient de valoriser en construisant un modèle de
développement durable et attractif. Dans cette logique, la structuration de la filière pêche vise à
préserver l'identité territoriale, tout en l'adaptant aux exigences actuelles de durabilité et de
compétitivité.
L'archipel dispose d'atouts : des eaux poissonneuses, un savoir-faire traditionnel, une position
géographique stratégique et un cadre réglementaire spécifique. Pour tirer parti de ces forces, une
organisation professionnelle est nécessaire. Elle doit être capable de coordonner des actions et
projets structurants, de porter une vision collégiale et de représenter efficacement les intérêts des
professionnels auprès des instances locales, nationales et internationales. La mise en place d?une
organisation professionnelle des pêcheurs constitue une première étape essentielle dans la
transformation globale de la filière. Elle dépasse la seule dimension organisationnelle pour devenir
un levier central de développement économique, ancré dans la préservation de l'identité
maritime de l'archipel.
L?État est pleinement légitime pour engager dès à présent des décisions en matière de structuration
de la représentation des professionnels et de soutien public, dans le cadre du statut particulier de
l?archipel. Ce rôle moteur ouvre ainsi la voie à une modernisation de l?ensemble de la filière, dans
une vision prospective de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Au-delà de la structuration de la représentation des professionnels, c?est la filière tout entière qui
doit être repensée comme un moteur d'un développement territorial équilibré, conciliant identité
locale et prospérité future. Cette ambition repose sur la mobilisation collective des acteurs locaux,
la coordination des investissements publics et privés, et une capacité constante d'adaptation aux
évolutions du marché.
A contrario, l?absence de structuration des professionnels ou son échec exposeraient l'archipel au
risque de déclin. La gestion actuelle des quotas n?est pas pleinement optimisée, alors même que
la zone cogérée entre la France et le Canada représente un enjeu stratégique, à la fois économique
et de souveraineté. La capacité des professionnels saint-pierrais et miquelonnais à faire valoir leurs
droits historiques et leur expertise dans les négociations internationales dépend directement de
leur organisation collective, seule à même d?éviter une érosion progressive des quotas et des
zones d'accès.
Enfin, sans structuration, la filière restera dans une posture attentiste, subissant les effets du
changement climatique, des fluctuations des stocks halieutiques et de la concurrence
internationale, au lieu d?anticiper ces transformations pour saisir ou créer les opportunités.
Florence CASTEL
Inspectrice générale
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission de la ministre
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Annexe 2. Lettre de désignation des missionnées
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Annexe 3. Repères historiques de la pêche à Saint-
Pierre-et-Miquelon46
De poste saisonnier de Terre?Neuvas à pivot de la Grande Pêche, puis territoire aux
pêcheries recomposées, Saint?Pierre?et?Miquelon a bâti son histoire sur la morue et les
routes atlantiques, au prix d?une intense rivalité impériale et de crises halieutiques
contemporaines. Si le moratoire de 1992 a clos un cycle, il a aussi ouvert une phase
d?adaptation : diversification des espèces et des activités, valorisation patrimoniale, et
recherche d?un équilibre entre mémoire maritime, économie insulaire et gestion durable des
milieux. Dans cette trajectoire, la pêche demeure le fil rouge d?une identité collective, à la fois
héritage et horizon pour l?archipel.
Repères chronologiques essentiels
? 1536 : Jacques Cartier reconnaît et nomme Saint?Pierre ; présence attestée de pêcheurs
bretons et normands sur les bancs voisins.
? 1604 : début de l?occupation française ; Saint?Pierre devient une base de pêche et de
transformation de la morue.
? 1713 : traité d?Utrecht, l?archipel passe aux Anglais ; droit français maintenu sur le « French
Shore » à Terre?Neuve.
? 1763 : restitution de Saint?Pierre?et?Miquelon à la France ; installation d?Acadiens à
Miquelon ; essor de la pêche sédentaire et du commerce de la morue.
? 1786 : apogée de la Grande Pêche ; poids décisif dans les pêches maritimes françaises
(tonnage, emplois, volumes).
? 1815?1816 : restitution définitive à la France (traité de Paris) et recolonisation effective ;
redémarrage des armements.
? 1860?1890 : âge d?or local de la morue, industrialisation du séchage et des circuits
transatlantiques.
? Années 1970?1988 : ZEE, quotas, tensions franco?canadiennes et contentieux sur l?accès à
la ressource.
? 1992 : moratoire canadien sur la morue ; reconversions vers d?autres espèces et
diversification économique.
? 1983?2013 : transformations institutionnelles et économiques des pêches françaises,
incluant Saint?Pierre?et?Miquelon, sous l?effet des politiques communes et des marchés.
Aux origines : morue, courants et premiers pêcheurs
À l?extrémité sud de Terre-Neuve, l?archipel de Saint?Pierre?et?Miquelon s?inscrit depuis le
XVIe siècle au coeur de l?une des plus riches zones halieutiques du monde, alimentée par le
courant froid du Labrador et les bancs voisins ? un « vivier » qui attire très tôt Basques,
46 https://vent2facespm.wordpress.com/histoire/
https://francearchives.gouv.fr/fr/pages_histoire/293718376
https://fr.wikipedia.org/wiki/Colonisation_basque_des_Am%C3%A9riques
https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Pierre-et-Miquelon
https://grandcolombier.com/2020/08/04/1969-la-peche-et-le-commerce-de-la-morue-aux-iles-saint-pierre-
et-miquelon-par-jean-yves-ribault/
https://www.aqaf.fr/pecheurs-acadiens-miquelon/
https://www.histoirecanada.ca/consulter/paix-et-conflit/une-peche-contestee
PUBLIÉ
https://vent2facespm.wordpress.com/histoire/
https://francearchives.gouv.fr/fr/pages_histoire/293718376
https://fr.wikipedia.org/wiki/Colonisation_basque_des_Am%C3%A9riques
https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Pierre-et-Miquelon
https://grandcolombier.com/2020/08/04/1969-la-peche-et-le-commerce-de-la-morue-aux-iles-saint-pierre-et-miquelon-par-jean-yves-ribault/
https://grandcolombier.com/2020/08/04/1969-la-peche-et-le-commerce-de-la-morue-aux-iles-saint-pierre-et-miquelon-par-jean-yves-ribault/
https://www.aqaf.fr/pecheurs-acadiens-miquelon/
https://www.histoirecanada.ca/consulter/paix-et-conflit/une-peche-contestee
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Bretons, Normands et Portugais pour la morue atlantique. Jacques Cartier y fait relâche en
1536, témoignant d?une fréquentation déjà bien établie des Terre?Neuvas français qui
viennent y pêcher et traiter la morue, base d?un trafic transatlantique florissant. Si l?occupation
française permanente ne date que de 1604, des contrats du début du XVIe siècle
mentionnent déjà des campagnes bretonnes dans ces eaux, preuve d?un ancrage ancien de
la pêche dans l?archipel.
Les Basques, pionniers des chasses à la baleine et actifs dès les années 1510?1530 à
Terre?Neuve et au Labrador, participent aussi à la « colonisation halieutique » de la région,
aux côtés des Bretons, dont les techniques et routes de morue structurent rapidement des
postes saisonniers puis des implantations plus durables. L?archipel s?impose ainsi comme
base de repli, de ravitaillement et de transformation (salage, séchage sur graves) pour la
grande pêche, au croisement des routes vers les Antilles, la Nouvelle?Angleterre et l?Europe.
Un enjeu géopolitique majeur entre France et Angleterre
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la puissance de la pêche à la morue fait de
Saint?Pierre?et?Miquelon un enjeu stratégique des rivalités franco?britanniques. Par le traité
d?Utrecht (1713), l?archipel passe provisoirement sous contrôle anglais, même si la France
conserve des droits de pêche sur certaines côtes de Terre?Neuve, le « French Shore ». En
1763, à l?issue de la guerre de Sept Ans, l?archipel est restitué à la France, mais fait l?objet de
saisies, déportations et reprises successives jusqu?en 1815, date à laquelle le second traité
de Paris en assure définitivement la souveraineté française. Ces allers?retours politiques
reflètent l?importance économique de la morue : en 1786, la pêche de
Saint?Pierre?et?Miquelon représenterait 60% du tonnage des pêches maritimes françaises et
45% des hommes employés, avec des centaines de navires (goélettes, brigantins, grandes
chaloupes) et des centaines de milliers de quintaux de morue produits pour les marchés
atlantique et méditerranéen.
Techniques, saisons et produits d?une « grande pêche »
La « grande pêche » s?organise selon plusieurs modalités : pêche errante (au large, sur les
bancs), pêche à la côte et pêche sédentaire, cette dernière dominant à
Saint?Pierre?et?Miquelon. La saison d?été (fin mai à août) fournit des « primeurs » ? morues
plus grosses, séchées sur graves et mieux valorisées en France et aux États?Unis ; l?automne
(septembre?octobre) donne des morues conservées au sel, lavées et séchées au printemps
suivant, destinées notamment aux Antilles, où elles approvisionnent une consommation de
masse dans l?économie esclavagiste. À côté du filet et de la ligne, l?armement met en oeuvre
goélettes de 30?80 tx, brigantins de 80?120 tx pour la haute mer, et grandes chaloupes à
quille pour la pêche de proximité. La filière valorise intégralement la ressource : huile de foie
de morue (médicaments, chandelles, cuir), oeufs de morue (appâts), sous?produits pour
divers usages artisanaux et industriels. Cette économie maritime irrigue l?archipel et les ports
métropolitains d?armement, structurant le peuplement : Saint?Pierre concentre les activités de
pêche et de commerce ; Miquelon, plus agricole, accueille après 1763 des Acadiens, réfugiés
des colonies anglo?américaines.
Apogée, mutations et crises (XIXe?XXe siècles)
Après la restitution définitive à la France en 1815 et la recolonisation effective à partir de 1816,
l?archipel connaît un essor soutenu : dizaines de navires métropolitains relâchent à
Saint?Pierre dès 1816, et l?économie halieutique atteint son apogée dans les décennies
1860?1890. L?industrie locale s?organise autour des chantiers de transformation, des graves
de séchage et d?un négoce transatlantique de la morue sèche et « verte » (salée humide).
Toutefois, le XXe siècle apporte des mutations profondes : motorisation, chalutiers hauturiers,
concurrence internationale, changements de marchés et, plus tard, instauration des zones
économiques exclusives (ZEE) bouleversent les équilibres traditionnels. L?archipel reste une
plate?forme halieutique, mais plus dépendante des cadres réglementaires canadiens et
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
Novembre 2025
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français, et de la ressource commune du stock de morue du plateau néo?terreneuvien.
Les années 1970?1980 sont marquées par des tensions franco?canadiennes sur les droits de
pêche et les quotas, notamment après l?extension des ZEE à 200 milles, qui reconfigure
l?accès aux ressources et la présence des flottilles. L?accord de pêche de 1972, puis les
négociations des années 1987?1988, illustrent une impasse : Ottawa défend la conservation
des stocks et limite les allocations, Paris plaide pour les droits historiques et la survie des
communautés halieutiques, dont Saint?Pierre?et?Miquelon, aboutissant à des épisodes de
blocus portuaire, de quotas unilatéraux et de diplomatie tendue. Ces bras de fer préfigurent
la crise majeure de 1992 : le moratoire fédéral canadien sur la morue (2 juillet 1992)
interrompt brutalement une pêche pluriséculaire dans l?Atlantique Nord?Ouest. Pour l?archipel,
c?est un choc économique et social, qui accélère la reconversion vers d?autres espèces (crabe
des neiges, etc.) et la recherche de nouveaux modèles de valorisation.
De la crise à la diversification : XXIe siècle et héritages
Depuis les années 1990, Saint?Pierre?et?Miquelon compose avec un environnement
halieutique contraint : raréfaction ou gestion stricte des stocks emblématiques, dépendance
aux négociations avec le Canada, politiques de quotas et normes européennes pour la flotte
locale. Face à cette réalité, les acteurs du territoire ont développé des stratégies de
diversification : montée en puissance de pêcheries alternatives (crustacés, espèces de niche),
modernisation des outils, et, au?delà, marketing territorial, initiatives agro?alimentaires et
agro?touristiques (dont des distilleries artisanales), afin de réduire la vulnérabilité cyclique de
l?économie. Les politiques publiques de la pêche depuis les années 1980, en lien avec la
Politique commune de la pêche et les spécificités ultra?marines, ont également reconfiguré la
relation entre profession, État et institutions locales, pesant sur l?évolution des flottilles et des
débarquements.
Parallèlement, l?archipel valorise et transmet son patrimoine de la « Grande Pêche » : musées,
sites d?interprétation et médiations touristiques retracent les campagnes, les techniques, les
bateaux et la vie des Terre?Neuvas, entre mémoire des quartiers de graves et récits familiaux.
Cette mémoire explique l?empreinte durable de la morue sur l?identité locale, du vocabulaire
maritime aux sociabilités, en passant par l?urbanisme de Saint?Pierre et les paysages ouverts
de Miquelon?Langlade. Enfin, l?environnement naturel subarctique et les dynamiques
écologiques actuelles ? y compris l?arrivée d?espèces invasives littorales comme le crabe vert
? soulignent l?interdépendance entre pratiques halieutiques, conservation et gestion des
milieux côtiers de l?archipel.
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
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Annexe 4. Réglementation en matière de pêche à Saint-
Pierre-et-Miquelon
Le code rural et de la pêche maritime prévoit un ensemble de mesures précises pour encadrer
la pêche professionnelle comme la pêche de loisir. Ces règles sont adaptées à la spécificité
de l?archipel et déclinées à travers des décrets, arrêtés ministériels et règlements locaux.
Principes généraux
Le ministre chargé des pêches maritimes peut, par arrêté, prendre des mesures spécifiques
pour Saint-Pierre-et-Miquelon, comme interdire la pêche de certaines espèces, limiter les
périodes et zones de pêche, fixer les modes de pêche et les caractéristiques des navires
autorisés.
Des obligations déclaratives sur les captures et débarquements sont imposées aux pêcheurs,
précisées par arrêté ministériel (fréquence, forme, contenu et modalités des déclarations).
Pour certaines espèces (notamment coquillages), des restrictions et prescriptions techniques
peuvent s?appliquer aux opérations à bord (nettoyage, conservation, décorticage).
Pêche en mer
? Des arrêtés réglementent la pêche maritime selon les espèces, avec possibilité
d?ouverture ou de fermeture de la pêche au homard, morue, ou autres espèces
(périodes, tailles minimales, marquages particuliers pour certaines espèces comme
le homard femelle grainée à relâcher).
? La direction des territoires, de l?alimentation et de la mer (DTAM) est l?interlocuteur
technique de référence pour l?application locale de ces règles et la délivrance de
licences ou autorisations spécifiques.
? Les arrêtés locaux précisent les quotas, engins autorisés (nombre de casiers, lignes,
etc.) et modalités de contrôle pour les pêcheurs professionnels et plaisanciers.
Pêche en eau douce
? Les dates d?ouverture, lieux, modes de pêche et espèces autorisées sont détaillés
chaque année dans un arrêté préfectoral ou un règlement local spécifique consultable
sur les sites de la préfecture ou de la DTAM.
Particularités légales et adaptations
? Les adaptations locales et les mesures particulières sont publiées par la préfecture
via arrêtés consultables en ligne.
? Pour tout projet ou évolution réglementaire, des consultations publiques sont menées
en amont.
Application et contrôle
? Les infractions font l?objet de sanctions administratives ou pénales selon la gravité.
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
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Annexe 5. Particularités du statut de Pays et territoires
d?Outre-mer (PTOM)
Origine et principes du statut PTOM
Le statut de PTOM a été créé par le Traité de Rome en 1957 pour organiser les relations
entre l?Union européenne (UE) et certaines collectivités dépendant d?États membres mais
situées hors de l?Europe conventionnelle. Les PTOM sont aujourd?hui 13 (après le Brexit),
liés à la France, au Danemark et aux Pays-Bas. Contrairement aux Régions
Ultrapériphériques (RUP), les PTOM ne sont pas parties intégrantes de l?UE : ils bénéficient
d?un régime d?association, prévu aux articles 198 et suivants du Traité sur le fonctionnement
de l?Union européenne (TFUE).
Le but de ce statut est d?encourager le développement durable des PTOM par un soutien
économique, social et environnemental, ainsi qu?une coopération renforcée.
Adaptation et application du droit
Les PTOM ne sont pas soumis de plein droit à la législation européenne : le droit de l?UE ne
s?y applique pas sauf mention expresse et ils ne font pas partie de l?espace Schengen. En
particulier les PTOM ne sont pas soumis à la politique commune des pêches. Cependant, les
PTOM restent liés à l?UE via :
? La citoyenneté européenne pour leurs habitants ;
? La participation à certains programmes horizontaux, comme le Fonds Européen de
Développement (FED) ;
? Un accès préférentiel (avec règles d?origine spécifiques) au marché européen pour
certains produits locaux.
Ce régime d?adaptation du droit donne donc davantage de souplesse juridique, permet
d?instaurer des politiques publiques propres au contexte local, et offre des marges de
manoeuvre en matières fiscale et douanière. Toutefois, cette situation crée certaines
limitations, notamment l?inéligibilité aux fonds structurels européens réservés aux RUP.
Statut particulier de Saint-Pierre-et-Miquelon
Saint-Pierre-et-Miquelon est une collectivité territoriale à statut particulier en France (régie
dans le cadre de l?article 74 de la constitution par le principe d?identité législative, sauf pour
la fiscalité, le régime douanier, l?urbanisme et le logement). Au niveau européen, elle relève
du statut de PTOM et bénéficie d?une enveloppe territoriale de 27 millions d?euros au titre du
Fonds européen de développement (FED) pour la période 2021-2027. Cette allocation vise,
en priorité, le soutien au tourisme durable, mais reste mobilisable au profit d?autres axes du
développement territorial.
Lors de la période précédente (2014-2020), le territoire avait bénéficié d?une enveloppe
de 26,35 millions d?euros, au bénéfice de la coopération régionale, notamment avec le
Canada, et d?une aide d?urgence exceptionnelle de 1,1 million d?euros accordée en 2021 dans
le contexte de la crise COVID.
L?impossibilité d?accéder à certains dispositifs et cofinancements réservés aux RUP ou
adossés à des financements communautaires restreint toutefois certaines politiques
publiques (soutiens structurels, accompagnement de la politique commune de la pêche par
le fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l?aquaculture - FEAMPA, etc.).
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
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Annexe 6. Catégories des différents navires de pêche
professionnelle
Les navires de pêche de Saint-Pierre-et-Miquelon sont répartis inégalement au sein de quatre
catégories qui répondent à des définitions réglementaires et des conditions de délivrance des
permis de naviguer associés47.
1ère catégorie (1 navire de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation sans limitation géographique.
Conditions de permis de naviguer :
? Examen complet des plans et documents par le centre de sécurité des navires
? Visites périodiques obligatoires selon la réglementation internationale
? Équipement de sécurité le plus complet conforme aux conventions internationales
(SOLAS, MARPOL)
? Équipage qualifié avec brevets de niveau international requis
? Respect des normes les plus strictes en matière de construction, stabilité et sécurité
2ème catégorie (1 navire de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation au cours de laquelle le navire ne s'éloigne pas de plus de 200 milles
nautiques d'un port ou d'un lieu où les passagers et l'équipage peuvent être mis en sécurité,
avec une distance maximale de 600 milles entre le dernier port d'escale et le port final de
destination.
47 Sources réglementaires principales :
? Division 110 du règlement annexé à l'arrêté du 23 novembre 1987 relatif à la sécurité des navires
? Division 227 pour les navires de pêche de longueur inférieure à 12 mètres
? Instruction DAM n°2785 pour la 2ème catégorie restreinte
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Rapport n° 016337-01
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Conditions de permis de naviguer :
? Permis de navigation avec restrictions géographiques clairement définies
? Équipement de sécurité adapté aux limites de navigation imposées
? Visites périodiques selon la réglementation en vigueur
? Dotation médicale appropriée à l'éloignement autorisé
? Matériel de radiocommunication conforme aux zones de navigation[1][2]
2ème catégorie restreinte (4 navires de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : catégorie spéciale créée par instruction ministérielle pour certaines activités
spécifiques, notamment la pêche au thon dans l'Atlantique, permettant une extension jusqu'à
360 milles nautiques sous conditions particulières.
Conditions de permis de naviguer :
? Application de l'instruction DAM n°2785 pour la pêche au thon en Atlantique
? Dotation médicale de type « Abis » obligatoire
? Matériel de radiocommunication adapté à la navigation en zone A3 du système
mondial de détresse et de sécurité en mer (SMDSM)
? Conditions d'exploitation spécifiques définies par l'autorité maritime
? Réservée aux navires construits avant le 1er novembre 2015 ou conformes aux
exigences de 1ère catégorie pour les constructions neuves
3ème catégorie (8 navires de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation au cours de laquelle le navire ne s'éloigne pas de plus de 20 milles
nautiques de la terre la plus proche.
Conditions de permis de naviguer :
? Restriction aux navires pontés ou semi-pontés exclusivement
? Examen de stabilité obligatoire avec calcul du GM initial (? 0,70 m)
? Équipement de sécurité adapté à la navigation côtière
? Visites périodiques obligatoires incluant examen de la coque et des systèmes de
sécurité
? Pour les navires semi-pontés, possibilité de restrictions supplémentaires selon le
niveau de protection et la valeur du franc-bord
4ème catégorie (3 navires de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation au cours de laquelle le navire ne s'éloigne pas de plus de 5 milles
nautiques de la terre la plus proche ou de la limite des eaux abritées fixées pour les rades
non exposées.
Conditions de permis de naviguer :
? Navires pontés, semi-pontés et non-pontés autorisés
? Procédure de permis de navigation simplifiée
? Équipement de sécurité de base adapté à la proximité côtière
? Visites périodiques selon la taille et l'âge du navire
? Pour les navires non-pontés : restriction à la 4ème ou 5ème catégorie uniquement
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
Novembre 2025
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Pour rappel : 5ème catégorie (ne concerne aucun navire de pêche professionnelle
de Saint-Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation au cours de laquelle le navire demeure constamment dans les eaux
abritées telles que rades non exposées, lacs, bassins, étangs d'eaux salées, ou dans les
limites fixées par le directeur des territoires, de l'alimentation et de la mer (DTAM).
Conditions de permis de naviguer :
? Tous types de navires autorisés (pontés, semi-pontés, non-pontés)
? Permis de navigation avec restrictions strictes aux eaux abritées
? Équipement de sécurité minimal adapté à l'environnement protégé
? Visites selon la réglementation locale et les caractéristiques du navire
? Possibilité d'adaptations spécifiques selon les conditions locales de Saint-Pierre-et-
Miquelon
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
Novembre 2025
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Annexe 7. Articulation des zones de pêche à Saint-
Pierre-et-Miquelon
La réglementation de la pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon s?appuie sur un ensemble de
dispositifs nationaux, bilatéraux et internationaux, articulés autour de la gestion durable des
ressources marines.
Sources : https://www.worldmap1.com/map/saint-pierre-and-miquelon-map et rapport économique annuel
de Saint-Pierre-et-Miquelon
La gestion des quotas relève donc de différentes autorités selon leur origine :
? État français via les Affaires Maritimes pour les quotas sous souveraineté française
(zone économique exclusive)
? Négociations bilatérales franco-canadiennes pour les quotas cogérés (l?accord
franco-canadien de décembre 1994 autorise un droit d'accès de chaque partie dans
la ZEE de l'autre partie)
? Organismes internationaux (OPANO, CICTA) pour les quotas en eaux internationales
Zone économique exclusive (ZEE) de Saint-Pierre-et-Miquelon
L?archipel dispose d?une ZEE française délimitée après l?arbitrage de 1992, restreinte à une
langue de mer appelée couramment « baguette » de 12 348 km². Dans cette zone, la pêche
est réservée aux navires battant pavillon français. La réglementation locale impose :
? Des interdictions pour les navires étrangers.
? Des arrêtés préfectoraux qui fixent les dates, espèces et quotas, modalités de
déclaration des captures, caractéristiques des navires et engins autorisés, ainsi que
les périodes et zones de pêche autorisées, qui évoluent chaque saison.
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https://www.worldmap1.com/map/saint-pierre-and-miquelon-map
Rapport n° 016337-01
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Réglementation internationale : OPANO (NAFO)
L?archipel relève aussi de l?Organisation des pêches de l?Atlantique Nord-Ouest
(OPANO/NAFO), créée en 1979 48 , qui fixe des quotas sur les principales espèces
commerciales dans ses zones internationales (ex : morue, flétan, sébaste, plie, calmar) et
structure l'accès des pêcheurs saint-pierrais et miquelonnais aux stocks de poissons de
l'Atlantique Nord-Ouest. La France est en effet membre de l'OPANO depuis 1996 au titre
de Saint-Pierre-et-Miquelon, puisque l?archipel se situe géographiquement dans la sous-
division 3Ps de l'OPANO qui englobe les eaux autour de Saint-Pierre-et-Miquelon et
s'étend jusqu'aux côtes sud de Terre-Neuve. Cette zone est divisée en plusieurs unités
(a) à (h), avec une distinction entre les zones côtières au nord et extracôtières au sud.
L'OPANO ne gère que les pêcheries dans les eaux internationales de sa zone de compétence.
Pour Saint-Pierre-et-Miquelon, cela signifie que l'accès aux stocks de la zone 3Ps dépend
largement de l'accord franco-canadien de 1994 plutôt que directement de l'OPANO.
Ces quotas nécessitent des navires industriels adaptés et peuvent être exploités
par affrètement de navires étrangers.
Régime bilatéral : l?Accord franco-canadien de 1994
L?accord de 1994 (succédant à celui de 1972) institue une gestion concertée dans la division
3PS de l?OPANO (au sud de Terre-Neuve) pour certaines espèces (morue, sébaste, pétoncle,
plie, etc.). Chaque année, une commission mixte fixe les totaux admissibles de capture (TAC)
et la répartition des quotas pour les flottilles françaises et canadiennes. Les pêcheurs de
Saint-Pierre-et-Miquelon peuvent accéder à certains quotas dans la ZEE canadienne, mais
en respectant les réglementations canadiennes dans ces zones.
Cet accord nécessite des renégociations régulières. L'accord récent sur le flétan blanc
(septembre 2024) illustre la complexité de ces négociations.
Ainsi, les pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon font face à des restrictions strictes dans
les différentes unités de la zone 3Ps.
48 L'OPANO regroupe 12 parties contractantes : Canada, Cuba, Danemark (îles Féroé et Groenland), Union
européenne, France (au titre de Saint-Pierre-et-Miquelon), Islande, Japon, République de Corée, Norvège,
Fédération de Russie, Ukraine et États-Unis. Son siège est établi à Dartmouth en Nouvelle-Écosse.
PUBLIÉ
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Ainsi, les pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon font face à des restrictions strictes dans
les différentes unités de la zone 3Ps.
ICCAT (Thonidés et espèces migratrices)
La France, au titre de Saint-Pierre-et-Miquelon, participe à l?ICCAT. Les recommandations
définissent notamment les quotas et plans de gestion pour le thon rouge, l?espadon,
l?albacore, à l?échelle de l?Atlantique Nord. Les débarquements à Saint-Pierre-et-Miquelon
restent très modestes en volume pour ces espèces, avec des obligations de déclaration et
de respect des plans de gestion ICCAT spécifiques.
Réglementation locale spécifique
Les espèces, saisons, tailles minimales, modalités de remise à l?eau et réserves
complémentaires sont précisées chaque année par arrêtés du préfet et de la DTAM (direction
des territoires, de l?alimentation et de la mer).
Pour le homard (ex. : campagne 2025 du 1er mai au 31 août), flétan, morue et autres, chaque
campagne dispose de règles précises.
La pêche de loisir en eau douce est encadrée par arrêté (modalités depuis mai 2025).
PUBLIÉ
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Annexe 8. Références des charges de structure des
navires selon leur catégorie
Les charges de structure des navires varient fortement selon la catégorie de navire, leur taille,
leur motorisation, et le type d?activité de pêche. Les charges de structure désignent
l?ensemble des coûts fixes récurrents liés à la détention et à l?exploitation du navire, hors frais
de campagne (carburant, appâts, part de l?équipage, etc.).
En France hexagonale, on distingue habituellement trois grandes catégories :
? Petite pêche (navires <12 m)
? Pêche côtière (12-24 m)
? Pêche au large et grande pêche (>24 m)
Pour la pêche artisanale (petits fileyeurs, chalutiers côtiers, palangriers, etc.), la structure
moyenne annuelle comprend notamment :
? Amortissement du navire et des équipements
? Assurance du navire
? Entretien courant et carénage
? Impôts/Taxes portuaires
? Frais administratifs et réglementaires (permis, licences?)
À titre indicatif, pour la France métropolitaine :
? Navires <12 m : charges de structure de l?ordre de 20 000 à 40 000 ¤ par an selon le
niveau d?investissement initial et l?intensité d?utilisation.
? Navires côtiers (12-24 m) : de 40 000 à 100 000 ¤ par an, allant jusqu?à 150 000 ¤
pour des unités modernes ou polyvalentes ;
? Navires hauturiers (>24 m) : très variable, mais généralement entre 150 000 et 500
000 ¤ annuels pour de grandes unités équipées de congélation ou activités
polyvalentes.
La composition exacte varie selon le type de pêche (marée courte ou longue), la zone
géographique et la stratégie d?investissement.
À Saint-Pierre-et-Miquelon, la flotte étant plus réduite, parfois vieillissante ou sous forte
contrainte d?investissement :
? Pour un navire polyvalent moderne (32,8 m, congélation, palangre), un projet de la
filière avance en 2007 un coût d?investissement de 5 millions ¤ ? ce qui implique des
amortissements structurels annuels dépassant 350 000 ¤ sur 15 ans, sans compter
l?assurance, l?entretien et autres charges fixes ;
? Pour les petites unités artisanales (moins de 12 m), les charges structurelles sont
plus faibles, généralement entre 10 000 et 30 000 ¤ annuels.
La moindre rentabilité due à la saisonnalité, à la courte période de pêche (6-7 mois/an), et
l?accès limité aux ateliers de maintenance augmentent encore le poids relatif des charges
fixes comparé à la France.
Principaux postes budgétaires dans les charges de structure :
? Amortissement de la coque et des équipements
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Rapport n° 016337-01
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? Entretien lourd et révisions réglementaires
? Assurance (plus chère en milieu insulaire)
? Licences, permis et taxes portuaires
? Frais administratifs (contrôles, certifications, etc.)
Pour obtenir une ventilation plus précise, un tableau récapitulatif doit être construit à partir
des comptes de résultats type des associations, coopératives ou chambres de métiers locales
et des audits sectoriels.
En résumé, la charge de structure annuelle varie :
? De 10 000 à 40 000 ¤ pour les petits navires (<12 m),
? De 40 000 à 150 000 ¤ pour les 12-24 m,
? De plus de 150 000 ¤ à 500 000 ¤ pour les >24 m, avec des ratios un peu plus
défavorables à Saint-Pierre-et-Miquelon du fait des surcoûts structurels locaux et de
la moindre durée de campagne.
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
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Annexe 9. Projet d?arrêté / décision n° XXXX/2025 du
[date] relatif / relative à la création d?une
structure professionnelle temporaire de
préfiguration pour la gestion des quotas de
pêche et l?élaboration des statuts d?une
organisation professionnelle
Le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon,
VU l?article 74 de la Constitution de la République française, relatif aux collectivités d?outre-
mer dotées d?un statut particulier?;
VU la loi n° 85-595 du 11 juin 1985 portant dispositions statutaires relatives à Saint-Pierre-et-
Miquelon?;
VU la loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et
institutionnelles relatives à l?outre-mer?;
VU le code général des collectivités territoriales, notamment ses dispositions relatives à
Saint-Pierre-et-Miquelon?;
VU le code rural et de la pêche maritime, notamment ses articles L. 921-2 et suivants ainsi
que les dispositions spécifiques applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon?;
VU le code de l?environnement?;
VU la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d?association?;
VU le décret n°2010-146 du 16 février 2010 modifiant le décret du 29 avril 2004 relatif aux
pouvoirs des préfets, à l?organisation et à l?action des services de l?État dans les régions et
départements ;
VU le décret du 13 juillet 2023 portant nomination du préfet de la collectivité territoriale de
Saint-Pierre-et-Miquelon, Monsieur Bruno ANDRÉ ;
CONSIDERANT la nécessité de promouvoir une gestion durable et concertée des ressources
halieutiques dans le respect du cadre institutionnel particulier de l?archipel?;
CONSIDERANT l?intérêt pour les professionnels de la pêche et le territoire d?une démarche
collective structurante?;
SUR proposition de la directrice des territoires, de l'alimentation et de la mer de Saint-Pierre-
et-Miquelon ;
ARRÊTE?:
Article 1 ? Objet
Il est institué, dans le respect des compétences du Conseil territorial prévues à l?article 74 de
la Constitution, une structure professionnelle de préfiguration dénommée «?Comité de
préfiguration des pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon pour la gestion des quotas de pêche
et l?élaboration des statuts d?une organisation professionnelle?», réunissant les professionnels
des filières artisanales et hauturières.
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
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Article 2 ? Missions
Cette structure de préfiguration a pour mandat?:
? D?élaborer un projet de plan de gestion pluriannuelle des quotas de pêche pour une
durée minimale de cinq ans, révisable annuellement pour tenir compte des données
relatives aux ressources halieutiques?;
? De préparer les statuts de la future organisation professionnelle représentative de la
filière pêche locale.
Article 3 ? Appui administratif et contrôle
Durant cette phase de préfiguration, l?État appuiera le Comité de préfiguration des pêcheurs
notamment à travers la désignation d?un agent chargé d?accompagner administrativement la
création de la structure finale, l?organisation des travaux et la rédaction des documents
statutaires, qui sera positionné auprès du préfet auquel il rendra compte.
Article 4 ? Composition
La structure réunit les pêcheurs artisanaux et hauturiers, qui seront organisés au sein d?un
bureau provisoire composé d?un président, d?un secrétaire et d?un trésorier élus lors de la
première réunion constitutive.
Article 5 ? Fonctionnement
Le Comité de préfiguration pourra consulter toute personne ou organisme compétent,
organiser des groupes de travail, solliciter les administrations concernées et établir des
rapports ou propositions à soumettre au préfet et au Conseil territorial.
Article 6 ? Durée
Le mandat de la structure provisoire est fixé à une durée maximale de 12 mois.
Article 7 ? Transmission et publicité
Le plan de gestion et les statuts proposés seront transmis au Conseil stratégique d'orientation
et de développement de la filière pêche de Saint-Pierre-et-Miquelon pour analyse et avis,
puis approuvés par le préfet et rendus publics.
Article 8 ? Exécution
La secrétaire générale de la préfecture, la directrice des territoires, de l?alimentation et de la
mer, et l?agent de l?État mis à disposition en application de l?article 6 sont chargés, chacun en
ce qui le concerne, de l?exécution du présent arrêté.
Fait à Saint-Pierre, le [date]
Le préfet
[Nom et signature]
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Rapport n° 016337-01
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Annexe 10. Projet d?arrêté n° [XXX] du [DATE] relatif au
conseil stratégique d'orientation et de
développement de la filière pêche de Saint-
Pierre-et-Miquelon
Le Préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon,
VU l?article 74 de la Constitution de la République française, relatif aux collectivités d?outre-
mer dotées d?un statut particulier?;
VU la loi n° 85-595 du 11 juin 1985 portant dispositions statutaires relatives à Saint-Pierre-et-
Miquelon?;
VU la loi organique n° 2007-223 et la loi n° 2007-224 du 21 février 2007 portant dispositions
statutaires et institutionnelles relatives à l'Outre-mer ;
VU le code général des collectivités territoriales, notamment ses dispositions relatives à
Saint-Pierre-et-Miquelon?;
VU le code rural et de la pêche maritime, notamment ses articles L. 921-2 et suivants ainsi
que les dispositions spécifiques applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon?;
VU l?arrêté / décision n° XXXX/2025 du [date] relatif / relative à la création d?une structure
professionnelle temporaire de préfiguration pour la gestion des quotas de pêche et
l?élaboration des statuts d?une organisation professionnelle ;
VU la stratégie nationale pour la mer et le littoral 2023-2029 ;
VU le contrat stratégique de filière pêche maritime 2025-2030 ;
VU le décret n° 2010-146 du 16 février 2010 modifiant le décret du 29 avril 2004 relatif aux
pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'État dans les régions et
départements ;
VU le décret du 13 juillet 2023 portant nomination du préfet de la collectivité territoriale de
Saint-Pierre-et-Miquelon, Monsieur Bruno ANDRÉ ;
CONSIDÉRANT que dans le cadre de la coordination des politiques publiques et du
développement stratégique de la filière pêche, il apparaît indispensable de créer un organe
de gouvernance élargi, chargé d'orienter les politiques sectorielles et les investissements
publics et privés ;
CONSIDÉRANT l'importance stratégique de la filière pêche pour l'économie et l'identité
territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon, ainsi que la nécessité d'une approche intégrée
associant développement économique, durabilité environnementale et cohésion sociale ;
CONSIDÉRANT la nécessité d'optimiser l'utilisation des financements publics de soutien à la
filière, ainsi que de définir une stratégie de développement à moyen et long terme ;
CONSIDÉRANT qu'il convient de renforcer la structuration de la filière pêche par une
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Rapport n° 016337-01
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approche stratégique intégrée, incluant la coordination des aides publiques et l'orientation
des investissements structurants ;
SUR proposition de la directrice des territoires, de l'alimentation et de la mer de Saint-Pierre-
et-Miquelon ;
ARRÊTE
Article 1 : Création et missions du Conseil
Il est créé le Conseil stratégique d?orientation et de développement des pêches maritimes de
Saint-Pierre-et-Miquelon (CSODPM-SPM), instance de concertation, de proposition et de
coordination pour le développement durable, la structuration et la valorisation des filières
maritimes et halieutiques locales. Il se substitue au Conseil consultatif d?orientation des
pêches (CCOP) dissous par le présent arrêté.
Article 2 : Missions
Le CSODPM-SPM a pour missions :
? De proposer et piloter une feuille de route pluri-annuelle sectorielle structurant les
orientations stratégiques et l?innovation dans la filière maritime et halieutique (pêche
artisanale, industrielle, aquaculture, transformation, export, activités
complémentaires) ;
? D?assurer la concertation entre les professionnels, les institutions locales et les
experts scientifiques ;
? De promouvoir la protection de la ressource, la gestion durable et la conciliation des
usages ;
? D?émettre des avis motivés sur les plans de gestion, quotas, projets réglementaires
et dispositifs de soutien ou d?investissement ;
? De suivre la mise en oeuvre des actions de formation, de soutien et de structuration
de la filière ;
? De formuler toute proposition relative au développement du secteur maritime et à la
valorisation innovante.
Article 3 : Composition et présidence
Le Conseil stratégique d'orientation et de développement de la filière pêche est placé sous
la présidence du préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Il est composé des membres permanents suivants :
Collège institutionnel :
? Le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon ou son représentant, président ;
? Le président de la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon ou son
représentant ;
? Le maire de la commune de Saint-Pierre ou son représentant ;
? Le maire de la commune de Miquelon ou son représentant ;
? La présidente de la CACIMA ou son représentant ;
? La directrice des territoires, de l'alimentation et de la mer ou son représentant.
Collège professionnel :
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Rapport n° 016337-01
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? Cinq représentants désignés par la structure professionnelle de gestion des quotas
de pêche, dont au moins trois représentants de la pêche artisanale ;
? Un représentant du secteur de la transformation des produits de la mer ;
? Un représentant du secteur de la commercialisation et de l'exportation.
Collège scientifique et technique :
? Le délégué de l'IFREMER de Saint-Pierre-et-Miquelon ou son représentant ;
? Le président de l'ARDA ou son représentant ;
? Un expert en économie maritime désigné par le préfet.
Toute personne ressource ou expert peut par ailleurs être invité à titre consultatif.
Article 3 : Modalités de fonctionnement
Le Conseil se réunit au minimum deux fois par an, sur convocation de son président ou à la
demande du tiers des membres. Il ne peut valablement délibérer qu'en présence de la moitié
au moins de ses membres
Des groupes de travail ou commissions thématiques peuvent être créés pour préparer les
axes stratégiques ou traiter des questions spécifiques (ex : innovation, contrôle, relations
inter-îles, valorisation touristique).
Les membres permanents ont voix délibérative. Les décisions sont prises à la majorité simple
des membres présents. En cas d?égalité des voix, celle du président est prépondérante.
Convocation et ordre du jour :
? Le Conseil se réunit sur convocation de son président, au minimum deux fois par an ;
? L'ordre du jour est fixé par le président, après consultation du président du conseil
territorial ;
? Toute question peut être inscrite à l'ordre du jour à la demande d'au moins trois
membres.
Article 4 : Suivi et évaluation
Le Conseil établit un rapport annuel d'activité comprenant :
? L'évaluation de la mise en oeuvre du plan stratégique ;
? Le bilan de l'attribution des subventions et de leur impact ;
? Les recommandations pour l'amélioration des dispositifs d'aide ;
? Les perspectives d'évolution de la filière.
Article 5 : Secrétariat et moyens de fonctionnement
Le secrétariat permanent du Conseil est assuré par le service des affaires maritimes et
portuaires de direction des territoires, de l?agriculture et de la mer (DTAM) qui assure :
? La préparation des réunions et la diffusion des convocations ;
? La rédaction des comptes-rendus et délibérations ;
? Le suivi de l'exécution des décisions ;
? La gestion administrative et logistique du Conseil.
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Article 5 : Dispositions transitoires
Les membres actuels du conseil consultatif d'orientation des pêches conservent leur mandat
jusqu'à la désignation des nouveaux représentants selon les modalités du présent arrêté.
Le premier plan stratégique devra être adopté dans un délai de douze mois suivant la mise
en place effective du nouveau Conseil.
Article 6 : Abrogation
L'arrêté préfectoral n°795 du 30 novembre 2023 relatif à la composition du conseil consultatif
d'orientation des pêches de Saint-Pierre-et-Miquelon est abrogé.
Article 7 : Exécution
La secrétaire générale de la préfecture et la directrice des territoires de l'alimentation et de la
mer sont chargées, chacune en ce qui la concerne, de l'exécution du présent arrêté qui sera
publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Fait à Saint-Pierre, le [date]
Le préfet
[Nom et signature]
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Annexe 11. Liste des personnes rencontrées
Les entretiens antérieurs au déplacement sur l?archipel ont eu lieu de visu ou en visioconférence ; les partenaires locaux, professionnels, élus et services
de l?État, ont de nouveau été rencontrés entre le 6 et le 10 octobre 2025 lors du déplacement sur l?archipel.
Nom Prénom Organisme Fonction
Services de l?État
André Bruno Préfecture de Saint-Pierre-et-Miquelon Préfet
Bourgeois Patricia Direction des territoires, de l?alimentation et de la mer Directrice
Girier David Direction des territoires, de l?alimentation et de la mer
Chef du service des affaires
maritimes
Couston Constance Direction des territoires, de l?alimentation et de la mer
Adjointe au chef du service des
affaires maritimes
Couderc Sébastien
Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l?aquaculture /
Service des pêches maritimes et de l?aquaculture durables
Adjoint à la cheffe du service
Brunet Tristan
Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l?aquaculture /
Sous-direction des ressources halieutiques / Bureau de la gestion de la
ressource
Chef de bureau
Larrat Clémence
Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l?aquaculture /
Service des pêches maritimes et de l?aquaculture durables / Sous-direction des
ressources halieutiques / Bureau des affaires européennes et internationales
Chargée de mission
Seck
Joe-
Emmanuel
Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l?aquaculture /
Service des pêches maritimes et de l?aquaculture durables / Sous-direction de
l?aquaculture et de l?économie des pêches / Bureau de l?économie des pêches
Chargé de mission structuration
économique de la filière
Chapalain Marc Inspection générale des affaires maritimes Inspecteur général
Gatto Stéphane Inspection générale de l?environnement et du développement durable Inspecteur général
Vallée Raynald Inspection générale de l?environnement et du développement durable
Coordonnateur de la MIGT
Outre-mer
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Organisations de l?Hexagone
Le Nézet Olivier Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) Président
de Lambert
des Granges
Philippe CNPMEM Directeur général
Le Garrec Antoine Groupe Le Garrec
Directeur général délégué du
groupe
Matanowski Julie Groupe Le Garrec Attachée de direction
Leduc Xavier Union des Armateurs de la Pêche Française (UAPF)
Président de l?UAPF et
président d?Orthongel
Giglia Marc UAPF Délégué général
Bodmer Axelle UAPF Secrétaire générale
Jourdain Jérôme UAPF Secrétaire Général adjoint
Harlay Xavier Ifremer
Directeur du centre Manche
Mer du Nord
Zembonino José Ifremer Directeur de recherches
Petitgas Pierre Ifremer
Directeur adjoint du
département ressources
biologiques et environnement
Renaud Florent Ifremer
Coordinateur des conventions
nationales pour l?observation et
l?expertise halieutiques
Claireaux Guy Ifremer
Chef de la délégation Saint-
Pierre-et-Miquelon
Zanuttini Jean Neoline Président
Poulin-Poirier Madeleine Neoline Directrice commerciale
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
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Représentants de Saint-Pierre-et-Miquelon
Lenormand Stéphane Assemblée nationale Député
Girardin Annick Sénat Sénatrice, ancienne ministre
Briand Bernard Collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon Président
Cambray Yannick Commune de Saint-Pierre Maire
Mahé Yannick Commune de Saint-Pierre Directeur général des services
Detcheverry
Franck
Commune de Miquelon-Langlade Maire
SAEM A Mare Labor Président
Cormier Clémence SAEM A Mare Labor
Représentant le directeur
général
Cormier Janick CACIMA Directrice générale
Detcheverry Ludovic Coopérative maritime de Saint-Pierre-et-Miquelon Président
Norman Laurent ARDA Directeur
Briand Samuel Armement Ptit pêcheur Président
Jousseaume
Joël et
Patrick
Armement Capajoel Patrons pêcheurs
Poirier-Cusik Stéphane OPAP / Armement Aquapêche Président
De Lizaraga Guillaume ARDA et SPM Loumiden Président
Cormier Eric SPM Océan Président
Schmid Agathe Armement Molipa Présidente
De Arburn Jean-Noël Homard des Iles Président
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Rapport n° 016337-01
Novembre 2025
Structuration de la représentation de la filière pêche à
Saint-Pierre-et-Miquelon
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Annexe 12. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ARDA
Association de Recherche et Développement
pour la filière pêche et aquaculture
CCOP Conseil consultatif d?orientation des pêches
CIEM Conseil international pour l?exploration de la mer
CNPMEM
Comité national des pêches maritimes et des
élevages marins
IEDOM
Institut d?émission des départements d?outre-
mer
IGAM Inspection générale des affaires maritimes
IGEDD
Inspection générale de l?environnement et du
développement durable
MIGT Mission d?inspection générale territoriale
OPANO
Organisation des pêches de l?Atlantique Nord-
Ouest
OPAP
Organisation professionnelle des artisans
pêcheurs
SAEM Société anonyme d?économie mixte
UAPF Union des Armateurs de la Pêche Française
ZEE Zone économique exclusive
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 L?archipel est confronté à un risque de perte de son identité
1.1 La démographie s?érode et la population vieillit
1.1.1 La jeunesse est contrainte à un exil subi
1.1.2 Le vieillissement s?accélère et le solde naturel est négatif
1.2 Le poids de l'emploi public conduit à une économie administrée et décourage l?entrepreneuriat
1.3 L?esprit des pionniers et la culture maritime s?érodent
1.3.1 Le patrimoine vivant devient vitrine touristique
1.3.2 Les valeurs d'autonomie et d'initiative déclinent
2 Un développement fondé sur l?économie de la mer est stratégique
2.1 Le potentiel maritime offre des marges
2.2 Le positionnement géostratégique de l?archipel est unique mais fortement contraint
2.3 L?économie maritime est structurante localement
3 Une approche stratégique intégrée et partenariale est nécessaire
3.1 Des difficultés structurelles pénalisent la filière de pêche maritime
3.1.1 Le secteur est marqué par des constats récurrents
3.1.1.1 Une dépendance excessive à une ou deux espèces
3.1.1.2 Une sous-exploitation chronique des quotas
3.1.1.3 Une inadéquation structurelle de la flotte
3.1.1.4 La quasi impossibilité de valorisation locale de la pêche
3.1.2 Le secteur a connu des évolutions sectorielles inabouties entre 2007 et 2024
3.1.2.1 Une restructuration des acteurs
3.1.2.2 La transition des modèles de dépendance
3.1.2.3 L?émergence de nouveaux enjeux
3.1.3 Les défaillances de gouvernance persistent
3.1.3.1 Le secteur reste marqué par un manque de coordination professionnelle
3.1.3.2 Les aides publiques sont attribuées sans stratégie globale
3.1.3.3 Les compétences à terre sont insuffisantes pour soutenir la pêche professionnelle
3.1.3.4 Les données scientifiques manquent pour éclairer la décision publique et soutenir les négociations internationales
3.2 Quelques évolutions récentes offrent des perspectives à suivre
3.2.1 La reprise en 2024 reste à confirmer en 2025
3.2.2 De nouveaux projets structurants pourraient être exploités
3.3 Une gouvernance efficace constitue un préalable indispensable pour gérer durablement et équitablement la ressource
3.3.1 La fédération des professionnels est nécessaire
3.3.1.1 L?accord signé le 20 septembre 2024 entre la France et le Canada sur le flétan blanc (flétan de l?Atlantique) a renforcé les difficultés de répartition des quotas
3.3.1.2 La gestion des quotas doit permettre de préserver les intérêts de la pêche artisanale et de la pêche au large dans le contexte international
3.3.1.3 La préfiguration d?une structure professionnelle à-façon est indispensable et doit être engagée rapidement
3.3.2 La connaissance de la ressource est indispensable pour permettre une gestion adaptative
3.3.3 L?instance de dialogue existante est pertinente et sa composition doit être ajustée pour lui conférer un rôle stratégique
3.4 La structuration de l?aval de la filière doit accompagner celle des professionnels
3.4.1 L?appréciation de la polyvalence de la flotte est nécessaire pour assurer l?adaptabilité de la filière
3.4.2 La structuration de la transformation et de la commercialisation favorisera la résilience de la filière
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission de la ministre
Annexe 2. Lettre de désignation des missionnées
Annexe 3. Repères historiques de la pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon
Annexe 4. Réglementation en matière de pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon
Annexe 5. Particularités du statut de Pays et territoires d?Outre-mer (PTOM)
Annexe 6. Catégories des différents navires de pêche professionnelle
Annexe 7. Articulation des zones de pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon
Annexe 8. Références des charges de structure des navires selon leur catégorie
Annexe 9. Projet d?arrêté / décision n XXXX/2025 du [date] relatif / relative à la création d?une structure professionnelle temporaire de préfiguration pour la gestion des quotas de pêche et l?élaboration des statuts d?une organisation professionnelle
Annexe 10. Projet d?arrêté n [XXX] du [DATE] relatif au conseil stratégique d'orientation et de développement de la filière pêche de Saint-Pierre-et-Miquelon
Annexe 11. Liste des personnes rencontrées
Annexe 12. Glossaire des sigles et acronymes
(ATTENTION: OPTION lâche en
1536, témoignant d?une fréquentation déjà bien établie des Terre?Neuvas français qui
viennent y pêcher et traiter la morue, base d?un trafic transatlantique florissant. Si l?occupation
française permanente ne date que de 1604, des contrats du début du XVIe siècle
mentionnent déjà des campagnes bretonnes dans ces eaux, preuve d?un ancrage ancien de
la pêche dans l?archipel.
Les Basques, pionniers des chasses à la baleine et actifs dès les années 1510?1530 à
Terre?Neuve et au Labrador, participent aussi à la « colonisation halieutique » de la région,
aux côtés des Bretons, dont les techniques et routes de morue structurent rapidement des
postes saisonniers puis des implantations plus durables. L?archipel s?impose ainsi comme
base de repli, de ravitaillement et de transformation (salage, séchage sur graves) pour la
grande pêche, au croisement des routes vers les Antilles, la Nouvelle?Angleterre et l?Europe.
Un enjeu géopolitique majeur entre France et Angleterre
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la puissance de la pêche à la morue fait de
Saint?Pierre?et?Miquelon un enjeu stratégique des rivalités franco?britanniques. Par le traité
d?Utrecht (1713), l?archipel passe provisoirement sous contrôle anglais, même si la France
conserve des droits de pêche sur certaines côtes de Terre?Neuve, le « French Shore ». En
1763, à l?issue de la guerre de Sept Ans, l?archipel est restitué à la France, mais fait l?objet de
saisies, déportations et reprises successives jusqu?en 1815, date à laquelle le second traité
de Paris en assure définitivement la souveraineté française. Ces allers?retours politiques
reflètent l?importance économique de la morue : en 1786, la pêche de
Saint?Pierre?et?Miquelon représenterait 60% du tonnage des pêches maritimes françaises et
45% des hommes employés, avec des centaines de navires (goélettes, brigantins, grandes
chaloupes) et des centaines de milliers de quintaux de morue produits pour les marchés
atlantique et méditerranéen.
Techniques, saisons et produits d?une « grande pêche »
La « grande pêche » s?organise selon plusieurs modalités : pêche errante (au large, sur les
bancs), pêche à la côte et pêche sédentaire, cette dernière dominant à
Saint?Pierre?et?Miquelon. La saison d?été (fin mai à août) fournit des « primeurs » ? morues
plus grosses, séchées sur graves et mieux valorisées en France et aux États?Unis ; l?automne
(septembre?octobre) donne des morues conservées au sel, lavées et séchées au printemps
suivant, destinées notamment aux Antilles, où elles approvisionnent une consommation de
masse dans l?économie esclavagiste. À côté du filet et de la ligne, l?armement met en oeuvre
goélettes de 30?80 tx, brigantins de 80?120 tx pour la haute mer, et grandes chaloupes à
quille pour la pêche de proximité. La filière valorise intégralement la ressource : huile de foie
de morue (médicaments, chandelles, cuir), oeufs de morue (appâts), sous?produits pour
divers usages artisanaux et industriels. Cette économie maritime irrigue l?archipel et les ports
métropolitains d?armement, structurant le peuplement : Saint?Pierre concentre les activités de
pêche et de commerce ; Miquelon, plus agricole, accueille après 1763 des Acadiens, réfugiés
des colonies anglo?américaines.
Apogée, mutations et crises (XIXe?XXe siècles)
Après la restitution définitive à la France en 1815 et la recolonisation effective à partir de 1816,
l?archipel connaît un essor soutenu : dizaines de navires métropolitains relâchent à
Saint?Pierre dès 1816, et l?économie halieutique atteint son apogée dans les décennies
1860?1890. L?industrie locale s?organise autour des chantiers de transformation, des graves
de séchage et d?un négoce transatlantique de la morue sèche et « verte » (salée humide).
Toutefois, le XXe siècle apporte des mutations profondes : motorisation, chalutiers hauturiers,
concurrence internationale, changements de marchés et, plus tard, instauration des zones
économiques exclusives (ZEE) bouleversent les équilibres traditionnels. L?archipel reste une
plate?forme halieutique, mais plus dépendante des cadres réglementaires canadiens et
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Rapport n° 016337-01
Novembre 2025
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français, et de la ressource commune du stock de morue du plateau néo?terreneuvien.
Les années 1970?1980 sont marquées par des tensions franco?canadiennes sur les droits de
pêche et les quotas, notamment après l?extension des ZEE à 200 milles, qui reconfigure
l?accès aux ressources et la présence des flottilles. L?accord de pêche de 1972, puis les
négociations des années 1987?1988, illustrent une impasse : Ottawa défend la conservation
des stocks et limite les allocations, Paris plaide pour les droits historiques et la survie des
communautés halieutiques, dont Saint?Pierre?et?Miquelon, aboutissant à des épisodes de
blocus portuaire, de quotas unilatéraux et de diplomatie tendue. Ces bras de fer préfigurent
la crise majeure de 1992 : le moratoire fédéral canadien sur la morue (2 juillet 1992)
interrompt brutalement une pêche pluriséculaire dans l?Atlantique Nord?Ouest. Pour l?archipel,
c?est un choc économique et social, qui accélère la reconversion vers d?autres espèces (crabe
des neiges, etc.) et la recherche de nouveaux modèles de valorisation.
De la crise à la diversification : XXIe siècle et héritages
Depuis les années 1990, Saint?Pierre?et?Miquelon compose avec un environnement
halieutique contraint : raréfaction ou gestion stricte des stocks emblématiques, dépendance
aux négociations avec le Canada, politiques de quotas et normes européennes pour la flotte
locale. Face à cette réalité, les acteurs du territoire ont développé des stratégies de
diversification : montée en puissance de pêcheries alternatives (crustacés, espèces de niche),
modernisation des outils, et, au?delà, marketing territorial, initiatives agro?alimentaires et
agro?touristiques (dont des distilleries artisanales), afin de réduire la vulnérabilité cyclique de
l?économie. Les politiques publiques de la pêche depuis les années 1980, en lien avec la
Politique commune de la pêche et les spécificités ultra?marines, ont également reconfiguré la
relation entre profession, État et institutions locales, pesant sur l?évolution des flottilles et des
débarquements.
Parallèlement, l?archipel valorise et transmet son patrimoine de la « Grande Pêche » : musées,
sites d?interprétation et médiations touristiques retracent les campagnes, les techniques, les
bateaux et la vie des Terre?Neuvas, entre mémoire des quartiers de graves et récits familiaux.
Cette mémoire explique l?empreinte durable de la morue sur l?identité locale, du vocabulaire
maritime aux sociabilités, en passant par l?urbanisme de Saint?Pierre et les paysages ouverts
de Miquelon?Langlade. Enfin, l?environnement naturel subarctique et les dynamiques
écologiques actuelles ? y compris l?arrivée d?espèces invasives littorales comme le crabe vert
? soulignent l?interdépendance entre pratiques halieutiques, conservation et gestion des
milieux côtiers de l?archipel.
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Annexe 4. Réglementation en matière de pêche à Saint-
Pierre-et-Miquelon
Le code rural et de la pêche maritime prévoit un ensemble de mesures précises pour encadrer
la pêche professionnelle comme la pêche de loisir. Ces règles sont adaptées à la spécificité
de l?archipel et déclinées à travers des décrets, arrêtés ministériels et règlements locaux.
Principes généraux
Le ministre chargé des pêches maritimes peut, par arrêté, prendre des mesures spécifiques
pour Saint-Pierre-et-Miquelon, comme interdire la pêche de certaines espèces, limiter les
périodes et zones de pêche, fixer les modes de pêche et les caractéristiques des navires
autorisés.
Des obligations déclaratives sur les captures et débarquements sont imposées aux pêcheurs,
précisées par arrêté ministériel (fréquence, forme, contenu et modalités des déclarations).
Pour certaines espèces (notamment coquillages), des restrictions et prescriptions techniques
peuvent s?appliquer aux opérations à bord (nettoyage, conservation, décorticage).
Pêche en mer
? Des arrêtés réglementent la pêche maritime selon les espèces, avec possibilité
d?ouverture ou de fermeture de la pêche au homard, morue, ou autres espèces
(périodes, tailles minimales, marquages particuliers pour certaines espèces comme
le homard femelle grainée à relâcher).
? La direction des territoires, de l?alimentation et de la mer (DTAM) est l?interlocuteur
technique de référence pour l?application locale de ces règles et la délivrance de
licences ou autorisations spécifiques.
? Les arrêtés locaux précisent les quotas, engins autorisés (nombre de casiers, lignes,
etc.) et modalités de contrôle pour les pêcheurs professionnels et plaisanciers.
Pêche en eau douce
? Les dates d?ouverture, lieux, modes de pêche et espèces autorisées sont détaillés
chaque année dans un arrêté préfectoral ou un règlement local spécifique consultable
sur les sites de la préfecture ou de la DTAM.
Particularités légales et adaptations
? Les adaptations locales et les mesures particulières sont publiées par la préfecture
via arrêtés consultables en ligne.
? Pour tout projet ou évolution réglementaire, des consultations publiques sont menées
en amont.
Application et contrôle
? Les infractions font l?objet de sanctions administratives ou pénales selon la gravité.
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Rapport n° 016337-01
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Annexe 5. Particularités du statut de Pays et territoires
d?Outre-mer (PTOM)
Origine et principes du statut PTOM
Le statut de PTOM a été créé par le Traité de Rome en 1957 pour organiser les relations
entre l?Union européenne (UE) et certaines collectivités dépendant d?États membres mais
situées hors de l?Europe conventionnelle. Les PTOM sont aujourd?hui 13 (après le Brexit),
liés à la France, au Danemark et aux Pays-Bas. Contrairement aux Régions
Ultrapériphériques (RUP), les PTOM ne sont pas parties intégrantes de l?UE : ils bénéficient
d?un régime d?association, prévu aux articles 198 et suivants du Traité sur le fonctionnement
de l?Union européenne (TFUE).
Le but de ce statut est d?encourager le développement durable des PTOM par un soutien
économique, social et environnemental, ainsi qu?une coopération renforcée.
Adaptation et application du droit
Les PTOM ne sont pas soumis de plein droit à la législation européenne : le droit de l?UE ne
s?y applique pas sauf mention expresse et ils ne font pas partie de l?espace Schengen. En
particulier les PTOM ne sont pas soumis à la politique commune des pêches. Cependant, les
PTOM restent liés à l?UE via :
? La citoyenneté européenne pour leurs habitants ;
? La participation à certains programmes horizontaux, comme le Fonds Européen de
Développement (FED) ;
? Un accès préférentiel (avec règles d?origine spécifiques) au marché européen pour
certains produits locaux.
Ce régime d?adaptation du droit donne donc davantage de souplesse juridique, permet
d?instaurer des politiques publiques propres au contexte local, et offre des marges de
manoeuvre en matières fiscale et douanière. Toutefois, cette situation crée certaines
limitations, notamment l?inéligibilité aux fonds structurels européens réservés aux RUP.
Statut particulier de Saint-Pierre-et-Miquelon
Saint-Pierre-et-Miquelon est une collectivité territoriale à statut particulier en France (régie
dans le cadre de l?article 74 de la constitution par le principe d?identité législative, sauf pour
la fiscalité, le régime douanier, l?urbanisme et le logement). Au niveau européen, elle relève
du statut de PTOM et bénéficie d?une enveloppe territoriale de 27 millions d?euros au titre du
Fonds européen de développement (FED) pour la période 2021-2027. Cette allocation vise,
en priorité, le soutien au tourisme durable, mais reste mobilisable au profit d?autres axes du
développement territorial.
Lors de la période précédente (2014-2020), le territoire avait bénéficié d?une enveloppe
de 26,35 millions d?euros, au bénéfice de la coopération régionale, notamment avec le
Canada, et d?une aide d?urgence exceptionnelle de 1,1 million d?euros accordée en 2021 dans
le contexte de la crise COVID.
L?impossibilité d?accéder à certains dispositifs et cofinancements réservés aux RUP ou
adossés à des financements communautaires restreint toutefois certaines politiques
publiques (soutiens structurels, accompagnement de la politique commune de la pêche par
le fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l?aquaculture - FEAMPA, etc.).
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Rapport n° 016337-01
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Annexe 6. Catégories des différents navires de pêche
professionnelle
Les navires de pêche de Saint-Pierre-et-Miquelon sont répartis inégalement au sein de quatre
catégories qui répondent à des définitions réglementaires et des conditions de délivrance des
permis de naviguer associés47.
1ère catégorie (1 navire de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation sans limitation géographique.
Conditions de permis de naviguer :
? Examen complet des plans et documents par le centre de sécurité des navires
? Visites périodiques obligatoires selon la réglementation internationale
? Équipement de sécurité le plus complet conforme aux conventions internationales
(SOLAS, MARPOL)
? Équipage qualifié avec brevets de niveau international requis
? Respect des normes les plus strictes en matière de construction, stabilité et sécurité
2ème catégorie (1 navire de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation au cours de laquelle le navire ne s'éloigne pas de plus de 200 milles
nautiques d'un port ou d'un lieu où les passagers et l'équipage peuvent être mis en sécurité,
avec une distance maximale de 600 milles entre le dernier port d'escale et le port final de
destination.
47 Sources réglementaires principales :
? Division 110 du règlement annexé à l'arrêté du 23 novembre 1987 relatif à la sécurité des navires
? Division 227 pour les navires de pêche de longueur inférieure à 12 mètres
? Instruction DAM n°2785 pour la 2ème catégorie restreinte
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Conditions de permis de naviguer :
? Permis de navigation avec restrictions géographiques clairement définies
? Équipement de sécurité adapté aux limites de navigation imposées
? Visites périodiques selon la réglementation en vigueur
? Dotation médicale appropriée à l'éloignement autorisé
? Matériel de radiocommunication conforme aux zones de navigation[1][2]
2ème catégorie restreinte (4 navires de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : catégorie spéciale créée par instruction ministérielle pour certaines activités
spécifiques, notamment la pêche au thon dans l'Atlantique, permettant une extension jusqu'à
360 milles nautiques sous conditions particulières.
Conditions de permis de naviguer :
? Application de l'instruction DAM n°2785 pour la pêche au thon en Atlantique
? Dotation médicale de type « Abis » obligatoire
? Matériel de radiocommunication adapté à la navigation en zone A3 du système
mondial de détresse et de sécurité en mer (SMDSM)
? Conditions d'exploitation spécifiques définies par l'autorité maritime
? Réservée aux navires construits avant le 1er novembre 2015 ou conformes aux
exigences de 1ère catégorie pour les constructions neuves
3ème catégorie (8 navires de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation au cours de laquelle le navire ne s'éloigne pas de plus de 20 milles
nautiques de la terre la plus proche.
Conditions de permis de naviguer :
? Restriction aux navires pontés ou semi-pontés exclusivement
? Examen de stabilité obligatoire avec calcul du GM initial (? 0,70 m)
? Équipement de sécurité adapté à la navigation côtière
? Visites périodiques obligatoires incluant examen de la coque et des systèmes de
sécurité
? Pour les navires semi-pontés, possibilité de restrictions supplémentaires selon le
niveau de protection et la valeur du franc-bord
4ème catégorie (3 navires de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation au cours de laquelle le navire ne s'éloigne pas de plus de 5 milles
nautiques de la terre la plus proche ou de la limite des eaux abritées fixées pour les rades
non exposées.
Conditions de permis de naviguer :
? Navires pontés, semi-pontés et non-pontés autorisés
? Procédure de permis de navigation simplifiée
? Équipement de sécurité de base adapté à la proximité côtière
? Visites périodiques selon la taille et l'âge du navire
? Pour les navires non-pontés : restriction à la 4ème ou 5ème catégorie uniquement
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Pour rappel : 5ème catégorie (ne concerne aucun navire de pêche professionnelle
de Saint-Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation au cours de laquelle le navire demeure constamment dans les eaux
abritées telles que rades non exposées, lacs, bassins, étangs d'eaux salées, ou dans les
limites fixées par le directeur des territoires, de l'alimentation et de la mer (DTAM).
Conditions de permis de naviguer :
? Tous types de navires autorisés (pontés, semi-pontés, non-pontés)
? Permis de navigation avec restrictions strictes aux eaux abritées
? Équipement de sécurité minimal adapté à l'environnement protégé
? Visites selon la réglementation locale et les caractéristiques du navire
? Possibilité d'adaptations spécifiques selon les conditions locales de Saint-Pierre-et-
Miquelon
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Annexe 7. Articulation des zones de pêche à Saint-
Pierre-et-Miquelon
La réglementation de la pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon s?appuie sur un ensemble de
dispositifs nationaux, bilatéraux et internationaux, articulés autour de la gestion durable des
ressources marines.
Sources : https://www.worldmap1.com/map/saint-pierre-and-miquelon-map et rapport économique annuel
de Saint-Pierre-et-Miquelon
La gestion des quotas relève donc de différentes autorités selon leur origine :
? État français via les Affaires Maritimes pour les quotas sous souveraineté française
(zone économique exclusive)
? Négociations bilatérales franco-canadiennes pour les quotas cogérés (l?accord
franco-canadien de décembre 1994 autorise un droit d'accès de chaque partie dans
la ZEE de l'autre partie)
? Organismes internationaux (OPANO, CICTA) pour les quotas en eaux internationales
Zone économique exclusive (ZEE) de Saint-Pierre-et-Miquelon
L?archipel dispose d?une ZEE française délimitée après l?arbitrage de 1992, restreinte à une
langue de mer appelée couramment « baguette » de 12 348 km². Dans cette zone, la pêche
est réservée aux navires battant pavillon français. La réglementation locale impose :
? Des interdictions pour les navires étrangers.
? Des arrêtés préfectoraux qui fixent les dates, espèces et quotas, modalités de
déclaration des captures, caractéristiques des navires et engins autorisés, ainsi que
les périodes et zones de pêche autorisées, qui évoluent chaque saison.
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https://www.worldmap1.com/map/saint-pierre-and-miquelon-map
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Réglementation internationale : OPANO (NAFO)
L?archipel relève aussi de l?Organisation des pêches de l?Atlantique Nord-Ouest
(OPANO/NAFO), créée en 1979 48 , qui fixe des quotas sur les principales espèces
commerciales dans ses zones internationales (ex : morue, flétan, sébaste, plie, calmar) et
structure l'accès des pêcheurs saint-pierrais et miquelonnais aux stocks de poissons de
l'Atlantique Nord-Ouest. La France est en effet membre de l'OPANO depuis 1996 au titre
de Saint-Pierre-et-Miquelon, puisque l?archipel se situe géographiquement dans la sous-
division 3Ps de l'OPANO qui englobe les eaux autour de Saint-Pierre-et-Miquelon et
s'étend jusqu'aux côtes sud de Terre-Neuve. Cette zone est divisée en plusieurs unités
(a) à (h), avec une distinction entre les zones côtières au nord et extracôtières au sud.
L'OPANO ne gère que les pêcheries dans les eaux internationales de sa zone de compétence.
Pour Saint-Pierre-et-Miquelon, cela signifie que l'accès aux stocks de la zone 3Ps dépend
largement de l'accord franco-canadien de 1994 plutôt que directement de l'OPANO.
Ces quotas nécessitent des navires industriels adaptés et peuvent être exploités
par affrètement de navires étrangers.
Régime bilatéral : l?Accord franco-canadien de 1994
L?accord de 1994 (succédant à celui de 1972) institue une gestion concertée dans la division
3PS de l?OPANO (au sud de Terre-Neuve) pour certaines espèces (morue, sébaste, pétoncle,
plie, etc.). Chaque année, une commission mixte fixe les totaux admissibles de capture (TAC)
et la répartition des quotas pour les flottilles françaises et canadiennes. Les pêcheurs de
Saint-Pierre-et-Miquelon peuvent accéder à certains quotas dans la ZEE canadienne, mais
en respectant les réglementations canadiennes dans ces zones.
Cet accord nécessite des renégociations régulières. L'accord récent sur le flétan blanc
(septembre 2024) illustre la complexité de ces négociations.
Ainsi, les pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon font face à des restrictions strictes dans
les différentes unités de la zone 3Ps.
48 L'OPANO regroupe 12 parties contractantes : Canada, Cuba, Danemark (îles Féroé et Groenland), Union
européenne, France (au titre de Saint-Pierre-et-Miquelon), Islande, Japon, République de Corée, Norvège,
Fédération de Russie, Ukraine et États-Unis. Son siège est établi à Dartmouth en Nouvelle-Écosse.
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Ainsi, les pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon font face à des restrictions strictes dans
les différentes unités de la zone 3Ps.
ICCAT (Thonidés et espèces migratrices)
La France, au titre de Saint-Pierre-et-Miquelon, participe à l?ICCAT. Les recommandations
définissent notamment les quotas et plans de gestion pour le thon rouge, l?espadon,
l?albacore, à l?échelle de l?Atlantique Nord. Les débarquements à Saint-Pierre-et-Miquelon
restent très modestes en volume pour ces espèces, avec des obligations de déclaration et
de respect des plans de gestion ICCAT spécifiques.
Réglementation locale spécifique
Les espèces, saisons, tailles minimales, modalités de remise à l?eau et réserves
complémentaires sont précisées chaque année par arrêtés du préfet et de la DTAM (direction
des territoires, de l?alimentation et de la mer).
Pour le homard (ex. : campagne 2025 du 1er mai au 31 août), flétan, morue et autres, chaque
campagne dispose de règles précises.
La pêche de loisir en eau douce est encadrée par arrêté (modalités depuis mai 2025).
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
Novembre 2025
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Saint-Pierre-et-Miquelon
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Annexe 8. Références des charges de structure des
navires selon leur catégorie
Les charges de structure des navires varient fortement selon la catégorie de navire, leur taille,
leur motorisation, et le type d?activité de pêche. Les charges de structure désignent
l?ensemble des coûts fixes récurrents liés à la détention et à l?exploitation du navire, hors frais
de campagne (carburant, appâts, part de l?équipage, etc.).
En France hexagonale, on distingue habituellement trois grandes catégories :
? Petite pêche (navires <12 m)
? Pêche côtière (12-24 m)
? Pêche au large et grande pêche (>24 m)
Pour la pêche artisanale (petits fileyeurs, chalutiers côtiers, palangriers, etc.), la structure
moyenne annuelle comprend notamment :
? Amortissement du navire et des équipements
? Assurance du navire
? Entretien courant et carénage
? Impôts/Taxes portuaires
? Frais administratifs et réglementaires (permis, licences?)
À titre indicatif, pour la France métropolitaine :
? Navires <12 m : charges de structure de l?ordre de 20 000 à 40 000 ¤ par an selon le
niveau d?investissement initial et l?intensité d?utilisation.
? Navires côtiers (12-24 m) : de 40 000 à 100 000 ¤ par an, allant jusqu?à 150 000 ¤
pour des unités modernes ou polyvalentes ;
? Navires hauturiers (>24 m) : très variable, mais généralement entre 150 000 et 500
000 ¤ annuels pour de grandes unités équipées de congélation ou activités
polyvalentes.
La composition exacte varie selon le type de pêche (marée courte ou longue), la zone
géographique et la stratégie d?investissement.
À Saint-Pierre-et-Miquelon, la flotte étant plus réduite, parfois vieillissante ou sous forte
contrainte d?investissement :
? Pour un navire polyvalent moderne (32,8 m, congélation, palangre), un projet de la
filière avance en 2007 un coût d?investissement de 5 millions ¤ ? ce qui implique des
amortissements structurels annuels dépassant 350 000 ¤ sur 15 ans, sans compter
l?assurance, l?entretien et autres charges fixes ;
? Pour les petites unités artisanales (moins de 12 m), les charges structurelles sont
plus faibles, généralement entre 10 000 et 30 000 ¤ annuels.
La moindre rentabilité due à la saisonnalité, à la courte période de pêche (6-7 mois/an), et
l?accès limité aux ateliers de maintenance augmentent encore le poids relatif des charges
fixes comparé à la France.
Principaux postes budgétaires dans les charges de structure :
? Amortissement de la coque et des équipements
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Rapport n° 016337-01
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? Entretien lourd et révisions réglementaires
? Assurance (plus chère en milieu insulaire)
? Licences, permis et taxes portuaires
? Frais administratifs (contrôles, certifications, etc.)
Pour obtenir une ventilation plus précise, un tableau récapitulatif doit être construit à partir
des comptes de résultats type des associations, coopératives ou chambres de métiers locales
et des audits sectoriels.
En résumé, la charge de structure annuelle varie :
? De 10 000 à 40 000 ¤ pour les petits navires (<12 m),
? De 40 000 à 150 000 ¤ pour les 12-24 m,
? De plus de 150 000 ¤ à 500 000 ¤ pour les >24 m, avec des ratios un peu plus
défavorables à Saint-Pierre-et-Miquelon du fait des surcoûts structurels locaux et de
la moindre durée de campagne.
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
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Annexe 9. Projet d?arrêté / décision n° XXXX/2025 du
[date] relatif / relative à la création d?une
structure professionnelle temporaire de
préfiguration pour la gestion des quotas de
pêche et l?élaboration des statuts d?une
organisation professionnelle
Le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon,
VU l?article 74 de la Constitution de la République française, relatif aux collectivités d?outre-
mer dotées d?un statut particulier?;
VU la loi n° 85-595 du 11 juin 1985 portant dispositions statutaires relatives à Saint-Pierre-et-
Miquelon?;
VU la loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et
institutionnelles relatives à l?outre-mer?;
VU le code général des collectivités territoriales, notamment ses dispositions relatives à
Saint-Pierre-et-Miquelon?;
VU le code rural et de la pêche maritime, notamment ses articles L. 921-2 et suivants ainsi
que les dispositions spécifiques applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon?;
VU le code de l?environnement?;
VU la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d?association?;
VU le décret n°2010-146 du 16 février 2010 modifiant le décret du 29 avril 2004 relatif aux
pouvoirs des préfets, à l?organisation et à l?action des services de l?État dans les régions et
départements ;
VU le décret du 13 juillet 2023 portant nomination du préfet de la collectivité territoriale de
Saint-Pierre-et-Miquelon, Monsieur Bruno ANDRÉ ;
CONSIDERANT la nécessité de promouvoir une gestion durable et concertée des ressources
halieutiques dans le respect du cadre institutionnel particulier de l?archipel?;
CONSIDERANT l?intérêt pour les professionnels de la pêche et le territoire d?une démarche
collective structurante?;
SUR proposition de la directrice des territoires, de l'alimentation et de la mer de Saint-Pierre-
et-Miquelon ;
ARRÊTE?:
Article 1 ? Objet
Il est institué, dans le respect des compétences du Conseil territorial prévues à l?article 74 de
la Constitution, une structure professionnelle de préfiguration dénommée «?Comité de
préfiguration des pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon pour la gestion des quotas de pêche
et l?élaboration des statuts d?une organisation professionnelle?», réunissant les professionnels
des filières artisanales et hauturières.
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
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Article 2 ? Missions
Cette structure de préfiguration a pour mandat?:
? D?élaborer un projet de plan de gestion pluriannuelle des quotas de pêche pour une
durée minimale de cinq ans, révisable annuellement pour tenir compte des données
relatives aux ressources halieutiques?;
? De préparer les statuts de la future organisation professionnelle représentative de la
filière pêche locale.
Article 3 ? Appui administratif et contrôle
Durant cette phase de préfiguration, l?État appuiera le Comité de préfiguration des pêcheurs
notamment à travers la désignation d?un agent chargé d?accompagner administrativement la
création de la structure finale, l?organisation des travaux et la rédaction des documents
statutaires, qui sera positionné auprès du préfet auquel il rendra compte.
Article 4 ? Composition
La structure réunit les pêcheurs artisanaux et hauturiers, qui seront organisés au sein d?un
bureau provisoire composé d?un président, d?un secrétaire et d?un trésorier élus lors de la
première réunion constitutive.
Article 5 ? Fonctionnement
Le Comité de préfiguration pourra consulter toute personne ou organisme compétent,
organiser des groupes de travail, solliciter les administrations concernées et établir des
rapports ou propositions à soumettre au préfet et au Conseil territorial.
Article 6 ? Durée
Le mandat de la structure provisoire est fixé à une durée maximale de 12 mois.
Article 7 ? Transmission et publicité
Le plan de gestion et les statuts proposés seront transmis au Conseil stratégique d'orientation
et de développement de la filière pêche de Saint-Pierre-et-Miquelon pour analyse et avis,
puis approuvés par le préfet et rendus publics.
Article 8 ? Exécution
La secrétaire générale de la préfecture, la directrice des territoires, de l?alimentation et de la
mer, et l?agent de l?État mis à disposition en application de l?article 6 sont chargés, chacun en
ce qui le concerne, de l?exécution du présent arrêté.
Fait à Saint-Pierre, le [date]
Le préfet
[Nom et signature]
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Annexe 10. Projet d?arrêté n° [XXX] du [DATE] relatif au
conseil stratégique d'orientation et de
développement de la filière pêche de Saint-
Pierre-et-Miquelon
Le Préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon,
VU l?article 74 de la Constitution de la République française, relatif aux collectivités d?outre-
mer dotées d?un statut particulier?;
VU la loi n° 85-595 du 11 juin 1985 portant dispositions statutaires relatives à Saint-Pierre-et-
Miquelon?;
VU la loi organique n° 2007-223 et la loi n° 2007-224 du 21 février 2007 portant dispositions
statutaires et institutionnelles relatives à l'Outre-mer ;
VU le code général des collectivités territoriales, notamment ses dispositions relatives à
Saint-Pierre-et-Miquelon?;
VU le code rural et de la pêche maritime, notamment ses articles L. 921-2 et suivants ainsi
que les dispositions spécifiques applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon?;
VU l?arrêté / décision n° XXXX/2025 du [date] relatif / relative à la création d?une structure
professionnelle temporaire de préfiguration pour la gestion des quotas de pêche et
l?élaboration des statuts d?une organisation professionnelle ;
VU la stratégie nationale pour la mer et le littoral 2023-2029 ;
VU le contrat stratégique de filière pêche maritime 2025-2030 ;
VU le décret n° 2010-146 du 16 février 2010 modifiant le décret du 29 avril 2004 relatif aux
pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'État dans les régions et
départements ;
VU le décret du 13 juillet 2023 portant nomination du préfet de la collectivité territoriale de
Saint-Pierre-et-Miquelon, Monsieur Bruno ANDRÉ ;
CONSIDÉRANT que dans le cadre de la coordination des politiques publiques et du
développement stratégique de la filière pêche, il apparaît indispensable de créer un organe
de gouvernance élargi, chargé d'orienter les politiques sectorielles et les investissements
publics et privés ;
CONSIDÉRANT l'importance stratégique de la filière pêche pour l'économie et l'identité
territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon, ainsi que la nécessité d'une approche intégrée
associant développement économique, durabilité environnementale et cohésion sociale ;
CONSIDÉRANT la nécessité d'optimiser l'utilisation des financements publics de soutien à la
filière, ainsi que de définir une stratégie de développement à moyen et long terme ;
CONSIDÉRANT qu'il convient de renforcer la structuration de la filière pêche par une
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Rapport n° 016337-01
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approche stratégique intégrée, incluant la coordination des aides publiques et l'orientation
des investissements structurants ;
SUR proposition de la directrice des territoires, de l'alimentation et de la mer de Saint-Pierre-
et-Miquelon ;
ARRÊTE
Article 1 : Création et missions du Conseil
Il est créé le Conseil stratégique d?orientation et de développement des pêches maritimes de
Saint-Pierre-et-Miquelon (CSODPM-SPM), instance de concertation, de proposition et de
coordination pour le développement durable, la structuration et la valorisation des filières
maritimes et halieutiques locales. Il se substitue au Conseil consultatif d?orientation des
pêches (CCOP) dissous par le présent arrêté.
Article 2 : Missions
Le CSODPM-SPM a pour missions :
? De proposer et piloter une feuille de route pluri-annuelle sectorielle structurant les
orientations stratégiques et l?innovation dans la filière maritime et halieutique (pêche
artisanale, industrielle, aquaculture, transformation, export, activités
complémentaires) ;
? D?assurer la concertation entre les professionnels, les institutions locales et les
experts scientifiques ;
? De promouvoir la protection de la ressource, la gestion durable et la conciliation des
usages ;
? D?émettre des avis motivés sur les plans de gestion, quotas, projets réglementaires
et dispositifs de soutien ou d?investissement ;
? De suivre la mise en oeuvre des actions de formation, de soutien et de structuration
de la filière ;
? De formuler toute proposition relative au développement du secteur maritime et à la
valorisation innovante.
Article 3 : Composition et présidence
Le Conseil stratégique d'orientation et de développement de la filière pêche est placé sous
la présidence du préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Il est composé des membres permanents suivants :
Collège institutionnel :
? Le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon ou son représentant, président ;
? Le président de la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon ou son
représentant ;
? Le maire de la commune de Saint-Pierre ou son représentant ;
? Le maire de la commune de Miquelon ou son représentant ;
? La présidente de la CACIMA ou son représentant ;
? La directrice des territoires, de l'alimentation et de la mer ou son représentant.
Collège professionnel :
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Rapport n° 016337-01
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? Cinq représentants désignés par la structure professionnelle de gestion des quotas
de pêche, dont au moins trois représentants de la pêche artisanale ;
? Un représentant du secteur de la transformation des produits de la mer ;
? Un représentant du secteur de la commercialisation et de l'exportation.
Collège scientifique et technique :
? Le délégué de l'IFREMER de Saint-Pierre-et-Miquelon ou son représentant ;
? Le président de l'ARDA ou son représentant ;
? Un expert en économie maritime désigné par le préfet.
Toute personne ressource ou expert peut par ailleurs être invité à titre consultatif.
Article 3 : Modalités de fonctionnement
Le Conseil se réunit au minimum deux fois par an, sur convocation de son président ou à la
demande du tiers des membres. Il ne peut valablement délibérer qu'en présence de la moitié
au moins de ses membres
Des groupes de travail ou commissions thématiques peuvent être créés pour préparer les
axes stratégiques ou traiter des questions spécifiques (ex : innovation, contrôle, relations
inter-îles, valorisation touristique).
Les membres permanents ont voix délibérative. Les décisions sont prises à la majorité simple
des membres présents. En cas d?égalité des voix, celle du président est prépondérante.
Convocation et ordre du jour :
? Le Conseil se réunit sur convocation de son président, au minimum deux fois par an ;
? L'ordre du jour est fixé par le président, après consultation du président du conseil
territorial ;
? Toute question peut être inscrite à l'ordre du jour à la demande d'au moins trois
membres.
Article 4 : Suivi et évaluation
Le Conseil établit un rapport annuel d'activité comprenant :
? L'évaluation de la mise en oeuvre du plan stratégique ;
? Le bilan de l'attribution des subventions et de leur impact ;
? Les recommandations pour l'amélioration des dispositifs d'aide ;
? Les perspectives d'évolution de la filière.
Article 5 : Secrétariat et moyens de fonctionnement
Le secrétariat permanent du Conseil est assuré par le service des affaires maritimes et
portuaires de direction des territoires, de l?agriculture et de la mer (DTAM) qui assure :
? La préparation des réunions et la diffusion des convocations ;
? La rédaction des comptes-rendus et délibérations ;
? Le suivi de l'exécution des décisions ;
? La gestion administrative et logistique du Conseil.
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Rapport n° 016337-01
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Article 5 : Dispositions transitoires
Les membres actuels du conseil consultatif d'orientation des pêches conservent leur mandat
jusqu'à la désignation des nouveaux représentants selon les modalités du présent arrêté.
Le premier plan stratégique devra être adopté dans un délai de douze mois suivant la mise
en place effective du nouveau Conseil.
Article 6 : Abrogation
L'arrêté préfectoral n°795 du 30 novembre 2023 relatif à la composition du conseil consultatif
d'orientation des pêches de Saint-Pierre-et-Miquelon est abrogé.
Article 7 : Exécution
La secrétaire générale de la préfecture et la directrice des territoires de l'alimentation et de la
mer sont chargées, chacune en ce qui la concerne, de l'exécution du présent arrêté qui sera
publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Fait à Saint-Pierre, le [date]
Le préfet
[Nom et signature]
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Rapport n° 016337-01
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Annexe 11. Liste des personnes rencontrées
Les entretiens antérieurs au déplacement sur l?archipel ont eu lieu de visu ou en visioconférence ; les partenaires locaux, professionnels, élus et services
de l?État, ont de nouveau été rencontrés entre le 6 et le 10 octobre 2025 lors du déplacement sur l?archipel.
Nom Prénom Organisme Fonction
Services de l?État
André Bruno Préfecture de Saint-Pierre-et-Miquelon Préfet
Bourgeois Patricia Direction des territoires, de l?alimentation et de la mer Directrice
Girier David Direction des territoires, de l?alimentation et de la mer
Chef du service des affaires
maritimes
Couston Constance Direction des territoires, de l?alimentation et de la mer
Adjointe au chef du service des
affaires maritimes
Couderc Sébastien
Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l?aquaculture /
Service des pêches maritimes et de l?aquaculture durables
Adjoint à la cheffe du service
Brunet Tristan
Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l?aquaculture /
Sous-direction des ressources halieutiques / Bureau de la gestion de la
ressource
Chef de bureau
Larrat Clémence
Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l?aquaculture /
Service des pêches maritimes et de l?aquaculture durables / Sous-direction des
ressources halieutiques / Bureau des affaires européennes et internationales
Chargée de mission
Seck
Joe-
Emmanuel
Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l?aquaculture /
Service des pêches maritimes et de l?aquaculture durables / Sous-direction de
l?aquaculture et de l?économie des pêches / Bureau de l?économie des pêches
Chargé de mission structuration
économique de la filière
Chapalain Marc Inspection générale des affaires maritimes Inspecteur général
Gatto Stéphane Inspection générale de l?environnement et du développement durable Inspecteur général
Vallée Raynald Inspection générale de l?environnement et du développement durable
Coordonnateur de la MIGT
Outre-mer
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Rapport n° 016337-01
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Organisations de l?Hexagone
Le Nézet Olivier Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) Président
de Lambert
des Granges
Philippe CNPMEM Directeur général
Le Garrec Antoine Groupe Le Garrec
Directeur général délégué du
groupe
Matanowski Julie Groupe Le Garrec Attachée de direction
Leduc Xavier Union des Armateurs de la Pêche Française (UAPF)
Président de l?UAPF et
président d?Orthongel
Giglia Marc UAPF Délégué général
Bodmer Axelle UAPF Secrétaire générale
Jourdain Jérôme UAPF Secrétaire Général adjoint
Harlay Xavier Ifremer
Directeur du centre Manche
Mer du Nord
Zembonino José Ifremer Directeur de recherches
Petitgas Pierre Ifremer
Directeur adjoint du
département ressources
biologiques et environnement
Renaud Florent Ifremer
Coordinateur des conventions
nationales pour l?observation et
l?expertise halieutiques
Claireaux Guy Ifremer
Chef de la délégation Saint-
Pierre-et-Miquelon
Zanuttini Jean Neoline Président
Poulin-Poirier Madeleine Neoline Directrice commerciale
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Rapport n° 016337-01
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Représentants de Saint-Pierre-et-Miquelon
Lenormand Stéphane Assemblée nationale Député
Girardin Annick Sénat Sénatrice, ancienne ministre
Briand Bernard Collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon Président
Cambray Yannick Commune de Saint-Pierre Maire
Mahé Yannick Commune de Saint-Pierre Directeur général des services
Detcheverry
Franck
Commune de Miquelon-Langlade Maire
SAEM A Mare Labor Président
Cormier Clémence SAEM A Mare Labor
Représentant le directeur
général
Cormier Janick CACIMA Directrice générale
Detcheverry Ludovic Coopérative maritime de Saint-Pierre-et-Miquelon Président
Norman Laurent ARDA Directeur
Briand Samuel Armement Ptit pêcheur Président
Jousseaume
Joël et
Patrick
Armement Capajoel Patrons pêcheurs
Poirier-Cusik Stéphane OPAP / Armement Aquapêche Président
De Lizaraga Guillaume ARDA et SPM Loumiden Président
Cormier Eric SPM Océan Président
Schmid Agathe Armement Molipa Présidente
De Arburn Jean-Noël Homard des Iles Président
PUBLIÉ
Rapport n° 016337-01
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Annexe 12. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ARDA
Association de Recherche et Développement
pour la filière pêche et aquaculture
CCOP Conseil consultatif d?orientation des pêches
CIEM Conseil international pour l?exploration de la mer
CNPMEM
Comité national des pêches maritimes et des
élevages marins
IEDOM
Institut d?émission des départements d?outre-
mer
IGAM Inspection générale des affaires maritimes
IGEDD
Inspection générale de l?environnement et du
développement durable
MIGT Mission d?inspection générale territoriale
OPANO
Organisation des pêches de l?Atlantique Nord-
Ouest
OPAP
Organisation professionnelle des artisans
pêcheurs
SAEM Société anonyme d?économie mixte
UAPF Union des Armateurs de la Pêche Française
ZEE Zone économique exclusive
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 L?archipel est confronté à un risque de perte de son identité
1.1 La démographie s?érode et la population vieillit
1.1.1 La jeunesse est contrainte à un exil subi
1.1.2 Le vieillissement s?accélère et le solde naturel est négatif
1.2 Le poids de l'emploi public conduit à une économie administrée et décourage l?entrepreneuriat
1.3 L?esprit des pionniers et la culture maritime s?érodent
1.3.1 Le patrimoine vivant devient vitrine touristique
1.3.2 Les valeurs d'autonomie et d'initiative déclinent
2 Un développement fondé sur l?économie de la mer est stratégique
2.1 Le potentiel maritime offre des marges
2.2 Le positionnement géostratégique de l?archipel est unique mais fortement contraint
2.3 L?économie maritime est structurante localement
3 Une approche stratégique intégrée et partenariale est nécessaire
3.1 Des difficultés structurelles pénalisent la filière de pêche maritime
3.1.1 Le secteur est marqué par des constats récurrents
3.1.1.1 Une dépendance excessive à une ou deux espèces
3.1.1.2 Une sous-exploitation chronique des quotas
3.1.1.3 Une inadéquation structurelle de la flotte
3.1.1.4 La quasi impossibilité de valorisation locale de la pêche
3.1.2 Le secteur a connu des évolutions sectorielles inabouties entre 2007 et 2024
3.1.2.1 Une restructuration des acteurs
3.1.2.2 La transition des modèles de dépendance
3.1.2.3 L?émergence de nouveaux enjeux
3.1.3 Les défaillances de gouvernance persistent
3.1.3.1 Le secteur reste marqué par un manque de coordination professionnelle
3.1.3.2 Les aides publiques sont attribuées sans stratégie globale
3.1.3.3 Les compétences à terre sont insuffisantes pour soutenir la pêche professionnelle
3.1.3.4 Les données scientifiques manquent pour éclairer la décision publique et soutenir les négociations internationales
3.2 Quelques évolutions récentes offrent des perspectives à suivre
3.2.1 La reprise en 2024 reste à confirmer en 2025
3.2.2 De nouveaux projets structurants pourraient être exploités
3.3 Une gouvernance efficace constitue un préalable indispensable pour gérer durablement et équitablement la ressource
3.3.1 La fédération des professionnels est nécessaire
3.3.1.1 L?accord signé le 20 septembre 2024 entre la France et le Canada sur le flétan blanc (flétan de l?Atlantique) a renforcé les difficultés de répartition des quotas
3.3.1.2 La gestion des quotas doit permettre de préserver les intérêts de la pêche artisanale et de la pêche au large dans le contexte international
3.3.1.3 La préfiguration d?une structure professionnelle à-façon est indispensable et doit être engagée rapidement
3.3.2 La connaissance de la ressource est indispensable pour permettre une gestion adaptative
3.3.3 L?instance de dialogue existante est pertinente et sa composition doit être ajustée pour lui conférer un rôle stratégique
3.4 La structuration de l?aval de la filière doit accompagner celle des professionnels
3.4.1 L?appréciation de la polyvalence de la flotte est nécessaire pour assurer l?adaptabilité de la filière
3.4.2 La structuration de la transformation et de la commercialisation favorisera la résilience de la filière
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission de la ministre
Annexe 2. Lettre de désignation des missionnées
Annexe 3. Repères historiques de la pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon
Annexe 4. Réglementation en matière de pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon
Annexe 5. Particularités du statut de Pays et territoires d?Outre-mer (PTOM)
Annexe 6. Catégories des différents navires de pêche professionnelle
Annexe 7. Articulation des zones de pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon
Annexe 8. Références des charges de structure des navires selon leur catégorie
Annexe 9. Projet d?arrêté / décision n XXXX/2025 du [date] relatif / relative à la création d?une structure professionnelle temporaire de préfiguration pour la gestion des quotas de pêche et l?élaboration des statuts d?une organisation professionnelle
Annexe 10. Projet d?arrêté n [XXX] du [DATE] relatif au conseil stratégique d'orientation et de développement de la filière pêche de Saint-Pierre-et-Miquelon
Annexe 11. Liste des personnes rencontrées
Annexe 12. Glossaire des sigles et acronymes
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION ion
française permanente ne date que de 1604, des contrats du début du XVIe siècle
mentionnent déjà des campagnes bretonnes dans ces eaux, preuve d?un ancrage ancien de
la pêche dans l?archipel.
Les Basques, pionniers des chasses à la baleine et actifs dès les années 1510?1530 à
Terre?Neuve et au Labrador, participent aussi à la « colonisation halieutique » de la région,
aux côtés des Bretons, dont les techniques et routes de morue structurent rapidement des
postes saisonniers puis des implantations plus durables. L?archipel s?impose ainsi comme
base de repli, de ravitaillement et de transformation (salage, séchage sur graves) pour la
grande pêche, au croisement des routes vers les Antilles, la Nouvelle?Angleterre et l?Europe.
Un enjeu géopolitique majeur entre France et Angleterre
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la puissance de la pêche à la morue fait de
Saint?Pierre?et?Miquelon un enjeu stratégique des rivalités franco?britanniques. Par le traité
d?Utrecht (1713), l?archipel passe provisoirement sous contrôle anglais, même si la France
conserve des droits de pêche sur certaines côtes de Terre?Neuve, le « French Shore ». En
1763, à l?issue de la guerre de Sept Ans, l?archipel est restitué à la France, mais fait l?objet de
saisies, déportations et reprises successives jusqu?en 1815, date à laquelle le second traité
de Paris en assure définitivement la souveraineté française. Ces allers?retours politiques
reflètent l?importance économique de la morue : en 1786, la pêche de
Saint?Pierre?et?Miquelon représenterait 60% du tonnage des pêches maritimes françaises et
45% des hommes employés, avec des centaines de navires (goélettes, brigantins, grandes
chaloupes) et des centaines de milliers de quintaux de morue produits pour les marchés
atlantique et méditerranéen.
Techniques, saisons et produits d?une « grande pêche »
La « grande pêche » s?organise selon plusieurs modalités : pêche errante (au large, sur les
bancs), pêche à la côte et pêche sédentaire, cette dernière dominant à
Saint?Pierre?et?Miquelon. La saison d?été (fin mai à août) fournit des « primeurs » ? morues
plus grosses, séchées sur graves et mieux valorisées en France et aux États?Unis ; l?automne
(septembre?octobre) donne des morues conservées au sel, lavées et séchées au printemps
suivant, destinées notamment aux Antilles, où elles approvisionnent une consommation de
masse dans l?économie esclavagiste. À côté du filet et de la ligne, l?armement met en oeuvre
goélettes de 30?80 tx, brigantins de 80?120 tx pour la haute mer, et grandes chaloupes à
quille pour la pêche de proximité. La filière valorise intégralement la ressource : huile de foie
de morue (médicaments, chandelles, cuir), oeufs de morue (appâts), sous?produits pour
divers usages artisanaux et industriels. Cette économie maritime irrigue l?archipel et les ports
métropolitains d?armement, structurant le peuplement : Saint?Pierre concentre les activités de
pêche et de commerce ; Miquelon, plus agricole, accueille après 1763 des Acadiens, réfugiés
des colonies anglo?américaines.
Apogée, mutations et crises (XIXe?XXe siècles)
Après la restitution définitive à la France en 1815 et la recolonisation effective à partir de 1816,
l?archipel connaît un essor soutenu : dizaines de navires métropolitains relâchent à
Saint?Pierre dès 1816, et l?économie halieutique atteint son apogée dans les décennies
1860?1890. L?industrie locale s?organise autour des chantiers de transformation, des graves
de séchage et d?un négoce transatlantique de la morue sèche et « verte » (salée humide).
Toutefois, le XXe siècle apporte des mutations profondes : motorisation, chalutiers hauturiers,
concurrence internationale, changements de marchés et, plus tard, instauration des zones
économiques exclusives (ZEE) bouleversent les équilibres traditionnels. L?archipel reste une
plate?forme halieutique, mais plus dépendante des cadres réglementaires canadiens et
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Rapport n° 016337-01
Novembre 2025
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français, et de la ressource commune du stock de morue du plateau néo?terreneuvien.
Les années 1970?1980 sont marquées par des tensions franco?canadiennes sur les droits de
pêche et les quotas, notamment après l?extension des ZEE à 200 milles, qui reconfigure
l?accès aux ressources et la présence des flottilles. L?accord de pêche de 1972, puis les
négociations des années 1987?1988, illustrent une impasse : Ottawa défend la conservation
des stocks et limite les allocations, Paris plaide pour les droits historiques et la survie des
communautés halieutiques, dont Saint?Pierre?et?Miquelon, aboutissant à des épisodes de
blocus portuaire, de quotas unilatéraux et de diplomatie tendue. Ces bras de fer préfigurent
la crise majeure de 1992 : le moratoire fédéral canadien sur la morue (2 juillet 1992)
interrompt brutalement une pêche pluriséculaire dans l?Atlantique Nord?Ouest. Pour l?archipel,
c?est un choc économique et social, qui accélère la reconversion vers d?autres espèces (crabe
des neiges, etc.) et la recherche de nouveaux modèles de valorisation.
De la crise à la diversification : XXIe siècle et héritages
Depuis les années 1990, Saint?Pierre?et?Miquelon compose avec un environnement
halieutique contraint : raréfaction ou gestion stricte des stocks emblématiques, dépendance
aux négociations avec le Canada, politiques de quotas et normes européennes pour la flotte
locale. Face à cette réalité, les acteurs du territoire ont développé des stratégies de
diversification : montée en puissance de pêcheries alternatives (crustacés, espèces de niche),
modernisation des outils, et, au?delà, marketing territorial, initiatives agro?alimentaires et
agro?touristiques (dont des distilleries artisanales), afin de réduire la vulnérabilité cyclique de
l?économie. Les politiques publiques de la pêche depuis les années 1980, en lien avec la
Politique commune de la pêche et les spécificités ultra?marines, ont également reconfiguré la
relation entre profession, État et institutions locales, pesant sur l?évolution des flottilles et des
débarquements.
Parallèlement, l?archipel valorise et transmet son patrimoine de la « Grande Pêche » : musées,
sites d?interprétation et médiations touristiques retracent les campagnes, les techniques, les
bateaux et la vie des Terre?Neuvas, entre mémoire des quartiers de graves et récits familiaux.
Cette mémoire explique l?empreinte durable de la morue sur l?identité locale, du vocabulaire
maritime aux sociabilités, en passant par l?urbanisme de Saint?Pierre et les paysages ouverts
de Miquelon?Langlade. Enfin, l?environnement naturel subarctique et les dynamiques
écologiques actuelles ? y compris l?arrivée d?espèces invasives littorales comme le crabe vert
? soulignent l?interdépendance entre pratiques halieutiques, conservation et gestion des
milieux côtiers de l?archipel.
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Annexe 4. Réglementation en matière de pêche à Saint-
Pierre-et-Miquelon
Le code rural et de la pêche maritime prévoit un ensemble de mesures précises pour encadrer
la pêche professionnelle comme la pêche de loisir. Ces règles sont adaptées à la spécificité
de l?archipel et déclinées à travers des décrets, arrêtés ministériels et règlements locaux.
Principes généraux
Le ministre chargé des pêches maritimes peut, par arrêté, prendre des mesures spécifiques
pour Saint-Pierre-et-Miquelon, comme interdire la pêche de certaines espèces, limiter les
périodes et zones de pêche, fixer les modes de pêche et les caractéristiques des navires
autorisés.
Des obligations déclaratives sur les captures et débarquements sont imposées aux pêcheurs,
précisées par arrêté ministériel (fréquence, forme, contenu et modalités des déclarations).
Pour certaines espèces (notamment coquillages), des restrictions et prescriptions techniques
peuvent s?appliquer aux opérations à bord (nettoyage, conservation, décorticage).
Pêche en mer
? Des arrêtés réglementent la pêche maritime selon les espèces, avec possibilité
d?ouverture ou de fermeture de la pêche au homard, morue, ou autres espèces
(périodes, tailles minimales, marquages particuliers pour certaines espèces comme
le homard femelle grainée à relâcher).
? La direction des territoires, de l?alimentation et de la mer (DTAM) est l?interlocuteur
technique de référence pour l?application locale de ces règles et la délivrance de
licences ou autorisations spécifiques.
? Les arrêtés locaux précisent les quotas, engins autorisés (nombre de casiers, lignes,
etc.) et modalités de contrôle pour les pêcheurs professionnels et plaisanciers.
Pêche en eau douce
? Les dates d?ouverture, lieux, modes de pêche et espèces autorisées sont détaillés
chaque année dans un arrêté préfectoral ou un règlement local spécifique consultable
sur les sites de la préfecture ou de la DTAM.
Particularités légales et adaptations
? Les adaptations locales et les mesures particulières sont publiées par la préfecture
via arrêtés consultables en ligne.
? Pour tout projet ou évolution réglementaire, des consultations publiques sont menées
en amont.
Application et contrôle
? Les infractions font l?objet de sanctions administratives ou pénales selon la gravité.
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Annexe 5. Particularités du statut de Pays et territoires
d?Outre-mer (PTOM)
Origine et principes du statut PTOM
Le statut de PTOM a été créé par le Traité de Rome en 1957 pour organiser les relations
entre l?Union européenne (UE) et certaines collectivités dépendant d?États membres mais
situées hors de l?Europe conventionnelle. Les PTOM sont aujourd?hui 13 (après le Brexit),
liés à la France, au Danemark et aux Pays-Bas. Contrairement aux Régions
Ultrapériphériques (RUP), les PTOM ne sont pas parties intégrantes de l?UE : ils bénéficient
d?un régime d?association, prévu aux articles 198 et suivants du Traité sur le fonctionnement
de l?Union européenne (TFUE).
Le but de ce statut est d?encourager le développement durable des PTOM par un soutien
économique, social et environnemental, ainsi qu?une coopération renforcée.
Adaptation et application du droit
Les PTOM ne sont pas soumis de plein droit à la législation européenne : le droit de l?UE ne
s?y applique pas sauf mention expresse et ils ne font pas partie de l?espace Schengen. En
particulier les PTOM ne sont pas soumis à la politique commune des pêches. Cependant, les
PTOM restent liés à l?UE via :
? La citoyenneté européenne pour leurs habitants ;
? La participation à certains programmes horizontaux, comme le Fonds Européen de
Développement (FED) ;
? Un accès préférentiel (avec règles d?origine spécifiques) au marché européen pour
certains produits locaux.
Ce régime d?adaptation du droit donne donc davantage de souplesse juridique, permet
d?instaurer des politiques publiques propres au contexte local, et offre des marges de
manoeuvre en matières fiscale et douanière. Toutefois, cette situation crée certaines
limitations, notamment l?inéligibilité aux fonds structurels européens réservés aux RUP.
Statut particulier de Saint-Pierre-et-Miquelon
Saint-Pierre-et-Miquelon est une collectivité territoriale à statut particulier en France (régie
dans le cadre de l?article 74 de la constitution par le principe d?identité législative, sauf pour
la fiscalité, le régime douanier, l?urbanisme et le logement). Au niveau européen, elle relève
du statut de PTOM et bénéficie d?une enveloppe territoriale de 27 millions d?euros au titre du
Fonds européen de développement (FED) pour la période 2021-2027. Cette allocation vise,
en priorité, le soutien au tourisme durable, mais reste mobilisable au profit d?autres axes du
développement territorial.
Lors de la période précédente (2014-2020), le territoire avait bénéficié d?une enveloppe
de 26,35 millions d?euros, au bénéfice de la coopération régionale, notamment avec le
Canada, et d?une aide d?urgence exceptionnelle de 1,1 million d?euros accordée en 2021 dans
le contexte de la crise COVID.
L?impossibilité d?accéder à certains dispositifs et cofinancements réservés aux RUP ou
adossés à des financements communautaires restreint toutefois certaines politiques
publiques (soutiens structurels, accompagnement de la politique commune de la pêche par
le fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l?aquaculture - FEAMPA, etc.).
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Annexe 6. Catégories des différents navires de pêche
professionnelle
Les navires de pêche de Saint-Pierre-et-Miquelon sont répartis inégalement au sein de quatre
catégories qui répondent à des définitions réglementaires et des conditions de délivrance des
permis de naviguer associés47.
1ère catégorie (1 navire de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation sans limitation géographique.
Conditions de permis de naviguer :
? Examen complet des plans et documents par le centre de sécurité des navires
? Visites périodiques obligatoires selon la réglementation internationale
? Équipement de sécurité le plus complet conforme aux conventions internationales
(SOLAS, MARPOL)
? Équipage qualifié avec brevets de niveau international requis
? Respect des normes les plus strictes en matière de construction, stabilité et sécurité
2ème catégorie (1 navire de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation au cours de laquelle le navire ne s'éloigne pas de plus de 200 milles
nautiques d'un port ou d'un lieu où les passagers et l'équipage peuvent être mis en sécurité,
avec une distance maximale de 600 milles entre le dernier port d'escale et le port final de
destination.
47 Sources réglementaires principales :
? Division 110 du règlement annexé à l'arrêté du 23 novembre 1987 relatif à la sécurité des navires
? Division 227 pour les navires de pêche de longueur inférieure à 12 mètres
? Instruction DAM n°2785 pour la 2ème catégorie restreinte
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Conditions de permis de naviguer :
? Permis de navigation avec restrictions géographiques clairement définies
? Équipement de sécurité adapté aux limites de navigation imposées
? Visites périodiques selon la réglementation en vigueur
? Dotation médicale appropriée à l'éloignement autorisé
? Matériel de radiocommunication conforme aux zones de navigation[1][2]
2ème catégorie restreinte (4 navires de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : catégorie spéciale créée par instruction ministérielle pour certaines activités
spécifiques, notamment la pêche au thon dans l'Atlantique, permettant une extension jusqu'à
360 milles nautiques sous conditions particulières.
Conditions de permis de naviguer :
? Application de l'instruction DAM n°2785 pour la pêche au thon en Atlantique
? Dotation médicale de type « Abis » obligatoire
? Matériel de radiocommunication adapté à la navigation en zone A3 du système
mondial de détresse et de sécurité en mer (SMDSM)
? Conditions d'exploitation spécifiques définies par l'autorité maritime
? Réservée aux navires construits avant le 1er novembre 2015 ou conformes aux
exigences de 1ère catégorie pour les constructions neuves
3ème catégorie (8 navires de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation au cours de laquelle le navire ne s'éloigne pas de plus de 20 milles
nautiques de la terre la plus proche.
Conditions de permis de naviguer :
? Restriction aux navires pontés ou semi-pontés exclusivement
? Examen de stabilité obligatoire avec calcul du GM initial (? 0,70 m)
? Équipement de sécurité adapté à la navigation côtière
? Visites périodiques obligatoires incluant examen de la coque et des systèmes de
sécurité
? Pour les navires semi-pontés, possibilité de restrictions supplémentaires selon le
niveau de protection et la valeur du franc-bord
4ème catégorie (3 navires de la flotte de Saint -Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation au cours de laquelle le navire ne s'éloigne pas de plus de 5 milles
nautiques de la terre la plus proche ou de la limite des eaux abritées fixées pour les rades
non exposées.
Conditions de permis de naviguer :
? Navires pontés, semi-pontés et non-pontés autorisés
? Procédure de permis de navigation simplifiée
? Équipement de sécurité de base adapté à la proximité côtière
? Visites périodiques selon la taille et l'âge du navire
? Pour les navires non-pontés : restriction à la 4ème ou 5ème catégorie uniquement
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Rapport n° 016337-01
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Pour rappel : 5ème catégorie (ne concerne aucun navire de pêche professionnelle
de Saint-Pierre-et-Miquelon)
Définition : navigation au cours de laquelle le navire demeure constamment dans les eaux
abritées telles que rades non exposées, lacs, bassins, étangs d'eaux salées, ou dans les
limites fixées par le directeur des territoires, de l'alimentation et de la mer (DTAM).
Conditions de permis de naviguer :
? Tous types de navires autorisés (pontés, semi-pontés, non-pontés)
? Permis de navigation avec restrictions strictes aux eaux abritées
? Équipement de sécurité minimal adapté à l'environnement protégé
? Visites selon la réglementation locale et les caractéristiques du navire
? Possibilité d'adaptations spécifiques selon les conditions locales de Saint-Pierre-et-
Miquelon
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Annexe 7. Articulation des zones de pêche à Saint-
Pierre-et-Miquelon
La réglementation de la pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon s?appuie sur un ensemble de
dispositifs nationaux, bilatéraux et internationaux, articulés autour de la gestion durable des
ressources marines.
Sources : https://www.worldmap1.com/map/saint-pierre-and-miquelon-map et rapport économique annuel
de Saint-Pierre-et-Miquelon
La gestion des quotas relève donc de différentes autorités selon leur origine :
? État français via les Affaires Maritimes pour les quotas sous souveraineté française
(zone économique exclusive)
? Négociations bilatérales franco-canadiennes pour les quotas cogérés (l?accord
franco-canadien de décembre 1994 autorise un droit d'accès de chaque partie dans
la ZEE de l'autre partie)
? Organismes internationaux (OPANO, CICTA) pour les quotas en eaux internationales
Zone économique exclusive (ZEE) de Saint-Pierre-et-Miquelon
L?archipel dispose d?une ZEE française délimitée après l?arbitrage de 1992, restreinte à une
langue de mer appelée couramment « baguette » de 12 348 km². Dans cette zone, la pêche
est réservée aux navires battant pavillon français. La réglementation locale impose :
? Des interdictions pour les navires étrangers.
? Des arrêtés préfectoraux qui fixent les dates, espèces et quotas, modalités de
déclaration des captures, caractéristiques des navires et engins autorisés, ainsi que
les périodes et zones de pêche autorisées, qui évoluent chaque saison.
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https://www.worldmap1.com/map/saint-pierre-and-miquelon-map
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Réglementation internationale : OPANO (NAFO)
L?archipel relève aussi de l?Organisation des pêches de l?Atlantique Nord-Ouest
(OPANO/NAFO), créée en 1979 48 , qui fixe des quotas sur les principales espèces
commerciales dans ses zones internationales (ex : morue, flétan, sébaste, plie, calmar) et
structure l'accès des pêcheurs saint-pierrais et miquelonnais aux stocks de poissons de
l'Atlantique Nord-Ouest. La France est en effet membre de l'OPANO depuis 1996 au titre
de Saint-Pierre-et-Miquelon, puisque l?archipel se situe géographiquement dans la sous-
division 3Ps de l'OPANO qui englobe les eaux autour de Saint-Pierre-et-Miquelon et
s'étend jusqu'aux côtes sud de Terre-Neuve. Cette zone est divisée en plusieurs unités
(a) à (h), avec une distinction entre les zones côtières au nord et extracôtières au sud.
L'OPANO ne gère que les pêcheries dans les eaux internationales de sa zone de compétence.
Pour Saint-Pierre-et-Miquelon, cela signifie que l'accès aux stocks de la zone 3Ps dépend
largement de l'accord franco-canadien de 1994 plutôt que directement de l'OPANO.
Ces quotas nécessitent des navires industriels adaptés et peuvent être exploités
par affrètement de navires étrangers.
Régime bilatéral : l?Accord franco-canadien de 1994
L?accord de 1994 (succédant à celui de 1972) institue une gestion concertée dans la division
3PS de l?OPANO (au sud de Terre-Neuve) pour certaines espèces (morue, sébaste, pétoncle,
plie, etc.). Chaque année, une commission mixte fixe les totaux admissibles de capture (TAC)
et la répartition des quotas pour les flottilles françaises et canadiennes. Les pêcheurs de
Saint-Pierre-et-Miquelon peuvent accéder à certains quotas dans la ZEE canadienne, mais
en respectant les réglementations canadiennes dans ces zones.
Cet accord nécessite des renégociations régulières. L'accord récent sur le flétan blanc
(septembre 2024) illustre la complexité de ces négociations.
Ainsi, les pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon font face à des restrictions strictes dans
les différentes unités de la zone 3Ps.
48 L'OPANO regroupe 12 parties contractantes : Canada, Cuba, Danemark (îles Féroé et Groenland), Union
européenne, France (au titre de Saint-Pierre-et-Miquelon), Islande, Japon, République de Corée, Norvège,
Fédération de Russie, Ukraine et États-Unis. Son siège est établi à Dartmouth en Nouvelle-Écosse.
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Ainsi, les pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon font face à des restrictions strictes dans
les différentes unités de la zone 3Ps.
ICCAT (Thonidés et espèces migratrices)
La France, au titre de Saint-Pierre-et-Miquelon, participe à l?ICCAT. Les recommandations
définissent notamment les quotas et plans de gestion pour le thon rouge, l?espadon,
l?albacore, à l?échelle de l?Atlantique Nord. Les débarquements à Saint-Pierre-et-Miquelon
restent très modestes en volume pour ces espèces, avec des obligations de déclaration et
de respect des plans de gestion ICCAT spécifiques.
Réglementation locale spécifique
Les espèces, saisons, tailles minimales, modalités de remise à l?eau et réserves
complémentaires sont précisées chaque année par arrêtés du préfet et de la DTAM (direction
des territoires, de l?alimentation et de la mer).
Pour le homard (ex. : campagne 2025 du 1er mai au 31 août), flétan, morue et autres, chaque
campagne dispose de règles précises.
La pêche de loisir en eau douce est encadrée par arrêté (modalités depuis mai 2025).
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Annexe 8. Références des charges de structure des
navires selon leur catégorie
Les charges de structure des navires varient fortement selon la catégorie de navire, leur taille,
leur motorisation, et le type d?activité de pêche. Les charges de structure désignent
l?ensemble des coûts fixes récurrents liés à la détention et à l?exploitation du navire, hors frais
de campagne (carburant, appâts, part de l?équipage, etc.).
En France hexagonale, on distingue habituellement trois grandes catégories :
? Petite pêche (navires <12 m)
? Pêche côtière (12-24 m)
? Pêche au large et grande pêche (>24 m)
Pour la pêche artisanale (petits fileyeurs, chalutiers côtiers, palangriers, etc.), la structure
moyenne annuelle comprend notamment :
? Amortissement du navire et des équipements
? Assurance du navire
? Entretien courant et carénage
? Impôts/Taxes portuaires
? Frais administratifs et réglementaires (permis, licences?)
À titre indicatif, pour la France métropolitaine :
? Navires <12 m : charges de structure de l?ordre de 20 000 à 40 000 ¤ par an selon le
niveau d?investissement initial et l?intensité d?utilisation.
? Navires côtiers (12-24 m) : de 40 000 à 100 000 ¤ par an, allant jusqu?à 150 000 ¤
pour des unités modernes ou polyvalentes ;
? Navires hauturiers (>24 m) : très variable, mais généralement entre 150 000 et 500
000 ¤ annuels pour de grandes unités équipées de congélation ou activités
polyvalentes.
La composition exacte varie selon le type de pêche (marée courte ou longue), la zone
géographique et la stratégie d?investissement.
À Saint-Pierre-et-Miquelon, la flotte étant plus réduite, parfois vieillissante ou sous forte
contrainte d?investissement :
? Pour un navire polyvalent moderne (32,8 m, congélation, palangre), un projet de la
filière avance en 2007 un coût d?investissement de 5 millions ¤ ? ce qui implique des
amortissements structurels annuels dépassant 350 000 ¤ sur 15 ans, sans compter
l?assurance, l?entretien et autres charges fixes ;
? Pour les petites unités artisanales (moins de 12 m), les charges structurelles sont
plus faibles, généralement entre 10 000 et 30 000 ¤ annuels.
La moindre rentabilité due à la saisonnalité, à la courte période de pêche (6-7 mois/an), et
l?accès limité aux ateliers de maintenance augmentent encore le poids relatif des charges
fixes comparé à la France.
Principaux postes budgétaires dans les charges de structure :
? Amortissement de la coque et des équipements
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Rapport n° 016337-01
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? Entretien lourd et révisions réglementaires
? Assurance (plus chère en milieu insulaire)
? Licences, permis et taxes portuaires
? Frais administratifs (contrôles, certifications, etc.)
Pour obtenir une ventilation plus précise, un tableau récapitulatif doit être construit à partir
des comptes de résultats type des associations, coopératives ou chambres de métiers locales
et des audits sectoriels.
En résumé, la charge de structure annuelle varie :
? De 10 000 à 40 000 ¤ pour les petits navires (<12 m),
? De 40 000 à 150 000 ¤ pour les 12-24 m,
? De plus de 150 000 ¤ à 500 000 ¤ pour les >24 m, avec des ratios un peu plus
défavorables à Saint-Pierre-et-Miquelon du fait des surcoûts structurels locaux et de
la moindre durée de campagne.
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Annexe 9. Projet d?arrêté / décision n° XXXX/2025 du
[date] relatif / relative à la création d?une
structure professionnelle temporaire de
préfiguration pour la gestion des quotas de
pêche et l?élaboration des statuts d?une
organisation professionnelle
Le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon,
VU l?article 74 de la Constitution de la République française, relatif aux collectivités d?outre-
mer dotées d?un statut particulier?;
VU la loi n° 85-595 du 11 juin 1985 portant dispositions statutaires relatives à Saint-Pierre-et-
Miquelon?;
VU la loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007 portant dispositions statutaires et
institutionnelles relatives à l?outre-mer?;
VU le code général des collectivités territoriales, notamment ses dispositions relatives à
Saint-Pierre-et-Miquelon?;
VU le code rural et de la pêche maritime, notamment ses articles L. 921-2 et suivants ainsi
que les dispositions spécifiques applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon?;
VU le code de l?environnement?;
VU la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d?association?;
VU le décret n°2010-146 du 16 février 2010 modifiant le décret du 29 avril 2004 relatif aux
pouvoirs des préfets, à l?organisation et à l?action des services de l?État dans les régions et
départements ;
VU le décret du 13 juillet 2023 portant nomination du préfet de la collectivité territoriale de
Saint-Pierre-et-Miquelon, Monsieur Bruno ANDRÉ ;
CONSIDERANT la nécessité de promouvoir une gestion durable et concertée des ressources
halieutiques dans le respect du cadre institutionnel particulier de l?archipel?;
CONSIDERANT l?intérêt pour les professionnels de la pêche et le territoire d?une démarche
collective structurante?;
SUR proposition de la directrice des territoires, de l'alimentation et de la mer de Saint-Pierre-
et-Miquelon ;
ARRÊTE?:
Article 1 ? Objet
Il est institué, dans le respect des compétences du Conseil territorial prévues à l?article 74 de
la Constitution, une structure professionnelle de préfiguration dénommée «?Comité de
préfiguration des pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon pour la gestion des quotas de pêche
et l?élaboration des statuts d?une organisation professionnelle?», réunissant les professionnels
des filières artisanales et hauturières.
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Article 2 ? Missions
Cette structure de préfiguration a pour mandat?:
? D?élaborer un projet de plan de gestion pluriannuelle des quotas de pêche pour une
durée minimale de cinq ans, révisable annuellement pour tenir compte des données
relatives aux ressources halieutiques?;
? De préparer les statuts de la future organisation professionnelle représentative de la
filière pêche locale.
Article 3 ? Appui administratif et contrôle
Durant cette phase de préfiguration, l?État appuiera le Comité de préfiguration des pêcheurs
notamment à travers la désignation d?un agent chargé d?accompagner administrativement la
création de la structure finale, l?organisation des travaux et la rédaction des documents
statutaires, qui sera positionné auprès du préfet auquel il rendra compte.
Article 4 ? Composition
La structure réunit les pêcheurs artisanaux et hauturiers, qui seront organisés au sein d?un
bureau provisoire composé d?un président, d?un secrétaire et d?un trésorier élus lors de la
première réunion constitutive.
Article 5 ? Fonctionnement
Le Comité de préfiguration pourra consulter toute personne ou organisme compétent,
organiser des groupes de travail, solliciter les administrations concernées et établir des
rapports ou propositions à soumettre au préfet et au Conseil territorial.
Article 6 ? Durée
Le mandat de la structure provisoire est fixé à une durée maximale de 12 mois.
Article 7 ? Transmission et publicité
Le plan de gestion et les statuts proposés seront transmis au Conseil stratégique d'orientation
et de développement de la filière pêche de Saint-Pierre-et-Miquelon pour analyse et avis,
puis approuvés par le préfet et rendus publics.
Article 8 ? Exécution
La secrétaire générale de la préfecture, la directrice des territoires, de l?alimentation et de la
mer, et l?agent de l?État mis à disposition en application de l?article 6 sont chargés, chacun en
ce qui le concerne, de l?exécution du présent arrêté.
Fait à Saint-Pierre, le [date]
Le préfet
[Nom et signature]
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Rapport n° 016337-01
Novembre 2025
Structuration de la représentation de la filière pêche à
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Annexe 10. Projet d?arrêté n° [XXX] du [DATE] relatif au
conseil stratégique d'orientation et de
développement de la filière pêche de Saint-
Pierre-et-Miquelon
Le Préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon,
VU l?article 74 de la Constitution de la République française, relatif aux collectivités d?outre-
mer dotées d?un statut particulier?;
VU la loi n° 85-595 du 11 juin 1985 portant dispositions statutaires relatives à Saint-Pierre-et-
Miquelon?;
VU la loi organique n° 2007-223 et la loi n° 2007-224 du 21 février 2007 portant dispositions
statutaires et institutionnelles relatives à l'Outre-mer ;
VU le code général des collectivités territoriales, notamment ses dispositions relatives à
Saint-Pierre-et-Miquelon?;
VU le code rural et de la pêche maritime, notamment ses articles L. 921-2 et suivants ainsi
que les dispositions spécifiques applicables à Saint-Pierre-et-Miquelon?;
VU l?arrêté / décision n° XXXX/2025 du [date] relatif / relative à la création d?une structure
professionnelle temporaire de préfiguration pour la gestion des quotas de pêche et
l?élaboration des statuts d?une organisation professionnelle ;
VU la stratégie nationale pour la mer et le littoral 2023-2029 ;
VU le contrat stratégique de filière pêche maritime 2025-2030 ;
VU le décret n° 2010-146 du 16 février 2010 modifiant le décret du 29 avril 2004 relatif aux
pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'État dans les régions et
départements ;
VU le décret du 13 juillet 2023 portant nomination du préfet de la collectivité territoriale de
Saint-Pierre-et-Miquelon, Monsieur Bruno ANDRÉ ;
CONSIDÉRANT que dans le cadre de la coordination des politiques publiques et du
développement stratégique de la filière pêche, il apparaît indispensable de créer un organe
de gouvernance élargi, chargé d'orienter les politiques sectorielles et les investissements
publics et privés ;
CONSIDÉRANT l'importance stratégique de la filière pêche pour l'économie et l'identité
territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon, ainsi que la nécessité d'une approche intégrée
associant développement économique, durabilité environnementale et cohésion sociale ;
CONSIDÉRANT la nécessité d'optimiser l'utilisation des financements publics de soutien à la
filière, ainsi que de définir une stratégie de développement à moyen et long terme ;
CONSIDÉRANT qu'il convient de renforcer la structuration de la filière pêche par une
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approche stratégique intégrée, incluant la coordination des aides publiques et l'orientation
des investissements structurants ;
SUR proposition de la directrice des territoires, de l'alimentation et de la mer de Saint-Pierre-
et-Miquelon ;
ARRÊTE
Article 1 : Création et missions du Conseil
Il est créé le Conseil stratégique d?orientation et de développement des pêches maritimes de
Saint-Pierre-et-Miquelon (CSODPM-SPM), instance de concertation, de proposition et de
coordination pour le développement durable, la structuration et la valorisation des filières
maritimes et halieutiques locales. Il se substitue au Conseil consultatif d?orientation des
pêches (CCOP) dissous par le présent arrêté.
Article 2 : Missions
Le CSODPM-SPM a pour missions :
? De proposer et piloter une feuille de route pluri-annuelle sectorielle structurant les
orientations stratégiques et l?innovation dans la filière maritime et halieutique (pêche
artisanale, industrielle, aquaculture, transformation, export, activités
complémentaires) ;
? D?assurer la concertation entre les professionnels, les institutions locales et les
experts scientifiques ;
? De promouvoir la protection de la ressource, la gestion durable et la conciliation des
usages ;
? D?émettre des avis motivés sur les plans de gestion, quotas, projets réglementaires
et dispositifs de soutien ou d?investissement ;
? De suivre la mise en oeuvre des actions de formation, de soutien et de structuration
de la filière ;
? De formuler toute proposition relative au développement du secteur maritime et à la
valorisation innovante.
Article 3 : Composition et présidence
Le Conseil stratégique d'orientation et de développement de la filière pêche est placé sous
la présidence du préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Il est composé des membres permanents suivants :
Collège institutionnel :
? Le préfet de Saint-Pierre-et-Miquelon ou son représentant, président ;
? Le président de la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon ou son
représentant ;
? Le maire de la commune de Saint-Pierre ou son représentant ;
? Le maire de la commune de Miquelon ou son représentant ;
? La présidente de la CACIMA ou son représentant ;
? La directrice des territoires, de l'alimentation et de la mer ou son représentant.
Collège professionnel :
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? Cinq représentants désignés par la structure professionnelle de gestion des quotas
de pêche, dont au moins trois représentants de la pêche artisanale ;
? Un représentant du secteur de la transformation des produits de la mer ;
? Un représentant du secteur de la commercialisation et de l'exportation.
Collège scientifique et technique :
? Le délégué de l'IFREMER de Saint-Pierre-et-Miquelon ou son représentant ;
? Le président de l'ARDA ou son représentant ;
? Un expert en économie maritime désigné par le préfet.
Toute personne ressource ou expert peut par ailleurs être invité à titre consultatif.
Article 3 : Modalités de fonctionnement
Le Conseil se réunit au minimum deux fois par an, sur convocation de son président ou à la
demande du tiers des membres. Il ne peut valablement délibérer qu'en présence de la moitié
au moins de ses membres
Des groupes de travail ou commissions thématiques peuvent être créés pour préparer les
axes stratégiques ou traiter des questions spécifiques (ex : innovation, contrôle, relations
inter-îles, valorisation touristique).
Les membres permanents ont voix délibérative. Les décisions sont prises à la majorité simple
des membres présents. En cas d?égalité des voix, celle du président est prépondérante.
Convocation et ordre du jour :
? Le Conseil se réunit sur convocation de son président, au minimum deux fois par an ;
? L'ordre du jour est fixé par le président, après consultation du président du conseil
territorial ;
? Toute question peut être inscrite à l'ordre du jour à la demande d'au moins trois
membres.
Article 4 : Suivi et évaluation
Le Conseil établit un rapport annuel d'activité comprenant :
? L'évaluation de la mise en oeuvre du plan stratégique ;
? Le bilan de l'attribution des subventions et de leur impact ;
? Les recommandations pour l'amélioration des dispositifs d'aide ;
? Les perspectives d'évolution de la filière.
Article 5 : Secrétariat et moyens de fonctionnement
Le secrétariat permanent du Conseil est assuré par le service des affaires maritimes et
portuaires de direction des territoires, de l?agriculture et de la mer (DTAM) qui assure :
? La préparation des réunions et la diffusion des convocations ;
? La rédaction des comptes-rendus et délibérations ;
? Le suivi de l'exécution des décisions ;
? La gestion administrative et logistique du Conseil.
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Article 5 : Dispositions transitoires
Les membres actuels du conseil consultatif d'orientation des pêches conservent leur mandat
jusqu'à la désignation des nouveaux représentants selon les modalités du présent arrêté.
Le premier plan stratégique devra être adopté dans un délai de douze mois suivant la mise
en place effective du nouveau Conseil.
Article 6 : Abrogation
L'arrêté préfectoral n°795 du 30 novembre 2023 relatif à la composition du conseil consultatif
d'orientation des pêches de Saint-Pierre-et-Miquelon est abrogé.
Article 7 : Exécution
La secrétaire générale de la préfecture et la directrice des territoires de l'alimentation et de la
mer sont chargées, chacune en ce qui la concerne, de l'exécution du présent arrêté qui sera
publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Fait à Saint-Pierre, le [date]
Le préfet
[Nom et signature]
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Annexe 11. Liste des personnes rencontrées
Les entretiens antérieurs au déplacement sur l?archipel ont eu lieu de visu ou en visioconférence ; les partenaires locaux, professionnels, élus et services
de l?État, ont de nouveau été rencontrés entre le 6 et le 10 octobre 2025 lors du déplacement sur l?archipel.
Nom Prénom Organisme Fonction
Services de l?État
André Bruno Préfecture de Saint-Pierre-et-Miquelon Préfet
Bourgeois Patricia Direction des territoires, de l?alimentation et de la mer Directrice
Girier David Direction des territoires, de l?alimentation et de la mer
Chef du service des affaires
maritimes
Couston Constance Direction des territoires, de l?alimentation et de la mer
Adjointe au chef du service des
affaires maritimes
Couderc Sébastien
Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l?aquaculture /
Service des pêches maritimes et de l?aquaculture durables
Adjoint à la cheffe du service
Brunet Tristan
Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l?aquaculture /
Sous-direction des ressources halieutiques / Bureau de la gestion de la
ressource
Chef de bureau
Larrat Clémence
Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l?aquaculture /
Service des pêches maritimes et de l?aquaculture durables / Sous-direction des
ressources halieutiques / Bureau des affaires européennes et internationales
Chargée de mission
Seck
Joe-
Emmanuel
Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l?aquaculture /
Service des pêches maritimes et de l?aquaculture durables / Sous-direction de
l?aquaculture et de l?économie des pêches / Bureau de l?économie des pêches
Chargé de mission structuration
économique de la filière
Chapalain Marc Inspection générale des affaires maritimes Inspecteur général
Gatto Stéphane Inspection générale de l?environnement et du développement durable Inspecteur général
Vallée Raynald Inspection générale de l?environnement et du développement durable
Coordonnateur de la MIGT
Outre-mer
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Organisations de l?Hexagone
Le Nézet Olivier Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) Président
de Lambert
des Granges
Philippe CNPMEM Directeur général
Le Garrec Antoine Groupe Le Garrec
Directeur général délégué du
groupe
Matanowski Julie Groupe Le Garrec Attachée de direction
Leduc Xavier Union des Armateurs de la Pêche Française (UAPF)
Président de l?UAPF et
président d?Orthongel
Giglia Marc UAPF Délégué général
Bodmer Axelle UAPF Secrétaire générale
Jourdain Jérôme UAPF Secrétaire Général adjoint
Harlay Xavier Ifremer
Directeur du centre Manche
Mer du Nord
Zembonino José Ifremer Directeur de recherches
Petitgas Pierre Ifremer
Directeur adjoint du
département ressources
biologiques et environnement
Renaud Florent Ifremer
Coordinateur des conventions
nationales pour l?observation et
l?expertise halieutiques
Claireaux Guy Ifremer
Chef de la délégation Saint-
Pierre-et-Miquelon
Zanuttini Jean Neoline Président
Poulin-Poirier Madeleine Neoline Directrice commerciale
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Représentants de Saint-Pierre-et-Miquelon
Lenormand Stéphane Assemblée nationale Député
Girardin Annick Sénat Sénatrice, ancienne ministre
Briand Bernard Collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon Président
Cambray Yannick Commune de Saint-Pierre Maire
Mahé Yannick Commune de Saint-Pierre Directeur général des services
Detcheverry
Franck
Commune de Miquelon-Langlade Maire
SAEM A Mare Labor Président
Cormier Clémence SAEM A Mare Labor
Représentant le directeur
général
Cormier Janick CACIMA Directrice générale
Detcheverry Ludovic Coopérative maritime de Saint-Pierre-et-Miquelon Président
Norman Laurent ARDA Directeur
Briand Samuel Armement Ptit pêcheur Président
Jousseaume
Joël et
Patrick
Armement Capajoel Patrons pêcheurs
Poirier-Cusik Stéphane OPAP / Armement Aquapêche Président
De Lizaraga Guillaume ARDA et SPM Loumiden Président
Cormier Eric SPM Océan Président
Schmid Agathe Armement Molipa Présidente
De Arburn Jean-Noël Homard des Iles Président
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Annexe 12. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ARDA
Association de Recherche et Développement
pour la filière pêche et aquaculture
CCOP Conseil consultatif d?orientation des pêches
CIEM Conseil international pour l?exploration de la mer
CNPMEM
Comité national des pêches maritimes et des
élevages marins
IEDOM
Institut d?émission des départements d?outre-
mer
IGAM Inspection générale des affaires maritimes
IGEDD
Inspection générale de l?environnement et du
développement durable
MIGT Mission d?inspection générale territoriale
OPANO
Organisation des pêches de l?Atlantique Nord-
Ouest
OPAP
Organisation professionnelle des artisans
pêcheurs
SAEM Société anonyme d?économie mixte
UAPF Union des Armateurs de la Pêche Française
ZEE Zone économique exclusive
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PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
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https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 L?archipel est confronté à un risque de perte de son identité
1.1 La démographie s?érode et la population vieillit
1.1.1 La jeunesse est contrainte à un exil subi
1.1.2 Le vieillissement s?accélère et le solde naturel est négatif
1.2 Le poids de l'emploi public conduit à une économie administrée et décourage l?entrepreneuriat
1.3 L?esprit des pionniers et la culture maritime s?érodent
1.3.1 Le patrimoine vivant devient vitrine touristique
1.3.2 Les valeurs d'autonomie et d'initiative déclinent
2 Un développement fondé sur l?économie de la mer est stratégique
2.1 Le potentiel maritime offre des marges
2.2 Le positionnement géostratégique de l?archipel est unique mais fortement contraint
2.3 L?économie maritime est structurante localement
3 Une approche stratégique intégrée et partenariale est nécessaire
3.1 Des difficultés structurelles pénalisent la filière de pêche maritime
3.1.1 Le secteur est marqué par des constats récurrents
3.1.1.1 Une dépendance excessive à une ou deux espèces
3.1.1.2 Une sous-exploitation chronique des quotas
3.1.1.3 Une inadéquation structurelle de la flotte
3.1.1.4 La quasi impossibilité de valorisation locale de la pêche
3.1.2 Le secteur a connu des évolutions sectorielles inabouties entre 2007 et 2024
3.1.2.1 Une restructuration des acteurs
3.1.2.2 La transition des modèles de dépendance
3.1.2.3 L?émergence de nouveaux enjeux
3.1.3 Les défaillances de gouvernance persistent
3.1.3.1 Le secteur reste marqué par un manque de coordination professionnelle
3.1.3.2 Les aides publiques sont attribuées sans stratégie globale
3.1.3.3 Les compétences à terre sont insuffisantes pour soutenir la pêche professionnelle
3.1.3.4 Les données scientifiques manquent pour éclairer la décision publique et soutenir les négociations internationales
3.2 Quelques évolutions récentes offrent des perspectives à suivre
3.2.1 La reprise en 2024 reste à confirmer en 2025
3.2.2 De nouveaux projets structurants pourraient être exploités
3.3 Une gouvernance efficace constitue un préalable indispensable pour gérer durablement et équitablement la ressource
3.3.1 La fédération des professionnels est nécessaire
3.3.1.1 L?accord signé le 20 septembre 2024 entre la France et le Canada sur le flétan blanc (flétan de l?Atlantique) a renforcé les difficultés de répartition des quotas
3.3.1.2 La gestion des quotas doit permettre de préserver les intérêts de la pêche artisanale et de la pêche au large dans le contexte international
3.3.1.3 La préfiguration d?une structure professionnelle à-façon est indispensable et doit être engagée rapidement
3.3.2 La connaissance de la ressource est indispensable pour permettre une gestion adaptative
3.3.3 L?instance de dialogue existante est pertinente et sa composition doit être ajustée pour lui conférer un rôle stratégique
3.4 La structuration de l?aval de la filière doit accompagner celle des professionnels
3.4.1 L?appréciation de la polyvalence de la flotte est nécessaire pour assurer l?adaptabilité de la filière
3.4.2 La structuration de la transformation et de la commercialisation favorisera la résilience de la filière
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission de la ministre
Annexe 2. Lettre de désignation des missionnées
Annexe 3. Repères historiques de la pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon
Annexe 4. Réglementation en matière de pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon
Annexe 5. Particularités du statut de Pays et territoires d?Outre-mer (PTOM)
Annexe 6. Catégories des différents navires de pêche professionnelle
Annexe 7. Articulation des zones de pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon
Annexe 8. Références des charges de structure des navires selon leur catégorie
Annexe 9. Projet d?arrêté / décision n XXXX/2025 du [date] relatif / relative à la création d?une structure professionnelle temporaire de préfiguration pour la gestion des quotas de pêche et l?élaboration des statuts d?une organisation professionnelle
Annexe 10. Projet d?arrêté n [XXX] du [DATE] relatif au conseil stratégique d'orientation et de développement de la filière pêche de Saint-Pierre-et-Miquelon
Annexe 11. Liste des personnes rencontrées
Annexe 12. Glossaire des sigles et acronymes
INVALIDE)