Contrat d'objectifs et de performance (COP) de l'Office français de la biodiversité - Éléments d'analyse du bilan du premier COP (2020-2025) et perspectives pour le prochain (2026-2030)
HOCQUET, Stéphane ;PASCAL, Michel ;COUDERC-OBERT, Celine ;MOURIAUX, Stéphanie
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
;France. Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">La mission sur l'évaluation et les perspectives du contrat d'objectif et de performance (COP) de l'office français de la biodiversité (OFB) a établi une analyse du bilan quinquennal de l'établissement pour porter une appréciation, par objectifs opérationnels, de l'activité liée au COP. L'établissement a fourni de très gros efforts, en dépit d'un contexte de crises successives, dont celle du monde agricole, pour marier les cultures de l'agence française de la biodiversité (AFB) et de l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), et s'engager dans la nouvelle mission de mobilisation des parties prenantes, à poursuivre pour le prochain COP. L'OFB résolument inscrit dans son écosystème, (missions interservices de l'environnement et comités de lutte contre la délinquance environnementale) a une visibilité inégale auprès des collectivités ou des entreprises. En tant qu'établissement public de l'Etat, l'OFB met en oeuvre les priorités stratégiques gouvernementales en matière de biodiversité et d'eau aussi bien auprès du ministère en charge de la transition écologique notamment dans la mise en oeuvre de diverses stratégies (biodiversité 2030, sur les aires protégées...) qu'auprès du ministère en charge de l'agriculture en matière de surveillance de la santé de la faune sauvage (et donc de protection de la santé humaine et des animaux d'élevage), d'Ecophyto ou de sensibilisation dans l'enseignement agricole (actions à mieux valoriser). La tutelle est déséquilibrée, beaucoup plus présente de la part du ministère en charge de la transition écologique, la transversalité de ses activités (contrôles...) appelant un rééquilibrage entre les tutelles. Trois pistes d'orientations stratégiques fondatrices du futur COP sont proposées : concourir à la préservation du vivant se traduisant sur le plan opérationnel par une police, constitutive d'un des coeurs importants de l'action de l'OFB, au sens et à la légitimité à renforcer, en lien avec la prérogative de puissance publique de l'établissement. Sa contribution aux enjeux de protection de la biodiversité et de l'eau est à concrétiser en matière d'impact (sur les haies, les zones humides...). En matière de zones protégées sous protection forte, la France est en retard et l'OFB attendu sur la caractérisation de l'état de conservation des différents sites, ainsi que des pressions, (par exemple les analyses de risque pêche dans les sites Natura 2000 marins). La deuxième orientation stratégique porte sur la connaissance par une meilleure valorisation et exploitation des données et indicateurs produits, en donnant à l'OFB l'objectif de développer un indicateur composite / agrégé rendant compte de l'état de la biodiversité, (cf. le règlement restauration de la nature et la stratégie nationale biodiversité). La troisième orientation stratégique suppose d'engager l'ensemble des acteurs et des citoyens afin de favoriser la reconnaissance de l'OFB parmi les organismes de référence sur la biodiversité au plus près des territoires. La mission préconise que l'élaboration du COP soit largement partagée avec le personnel, de façon à renforcer la culture commune, direction que l'OFB a largement investie depuis cinq ans. Pour le suivi du COP, la mission recommande un nombre limité d'indicateurs (environ 20), devant intégrer les différents volets des politiques publiques auxquels l'OFB contribue.</div>
Editeur
IGEDD
;CGAAER
Descripteur Urbamet
biodiversité
;écosystème
;établissement public
;évaluation
;objectif
;stratégie
Descripteur écoplanete
Thème
Environnement - Paysage
;Ressources - Nuisances
Texte intégral
Rapport n° 016131-01 Rapport n°25027
Septembre 2025
Éléments d?analyse du bilan du premier COP (2020-2025) et
perspectives pour le prochain (2026-2030)
Céline Couderc-Obert ? IGEDD (coordinatrice)
Stéphane Hocquet - IGEDD
Michel Pascal - IGEDD
Stéphanie Mouriaux - CGAAER
Contrat d?objectifs et de performance (COP) de
l?Office français de la biodiversité
P
U
B
L
I É
Les auteurs attestent qu'aucun des éléments de leurs activités
passées ou présentes n'a affecté leur impartialité dans la rédaction
de ce rapport
Statut de communication
? Préparatoire à une décision administrative
? Non communicable
? Communicable (données confidentielles occultées)
? Communicable
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Sommaire
Sommaire........................................................................................................................ 3
Résumé ........................................................................................................................... 6
Liste des recommandations .......................................................................................... 8
1 L?Office français de la biodiversité, un établissement jeune, qui a trouvé sa
place malgré les crises successives...................................................................... 12
1.1 L?OFB a été créé en 2020 dans un contexte de déclin majeur et accéléré de la
biodiversité et de raréfaction et dégradation de la ressource en eau .................. 12
1.2 L?OFB, établissement public de l?État, résultat de fusions successives
rapprochées ........................................................................................................ 13
1.3 L?OFB, principal opérateur de l?État chargé de la mise en oeuvre des politiques
publiques sur l?eau et la biodiversité.................................................................... 16
1.4 Deux récents rapports de l?IPBES peuvent imprégner le futur COP de l?OFB ...... 17
2 Un premier COP 2020 ? 2025 au bilan non évalué par l?OFB, mais fondateur et
largement réalisé ..................................................................................................... 19
2.1 Le COP 2020 - 2025, un document fondateur ..................................................... 19
2.1.2 Un bilan très fourni et détaillé, mais pas d?évaluation ....................................... 19
2.2 L?analyse par la mission du bilan du COP ........................................................... 20
2.3 Un positionnement bien établi au sein de l?écosystème institutionnel (l?OFB
« joue collectif ») ................................................................................................. 23
2.4 Un dialogue pas totalement satisfaisant avec la tutelle environnement et une
double tutelle déséquilibrée................................................................................. 24
2.5 Les trois orientations stratégiques proposées ...................................................... 25
3 Première orientation stratégique : concourir à préserver et restaurer le vivant
et les ressources naturelles .................................................................................... 27
3.1 Une police à mieux assumer, expliquer et coordonner localement ...................... 27
3.2 Adapter la gestion des aires protégées aux changements globaux et enjeux de
santé et mieux concilier activités humaines et objectifs de conservation ............ 32
4 Deuxième orientation stratégique : faire progresser la connaissance sur l?eau
et la biodiversité, un pilier de l?action de l?OFB .................................................... 36
4.1 Contribuer à la connaissance : une mission bien investie mais qui doit être mieux
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évaluée et ciblée, à travers notamment des partenariats renforcés avec les
organismes de recherche .................................................................................... 36
4.2 Le futur COP doit accroître l?appropriation de la connaissance ........................... 39
5 Troisième orientation stratégique : la mobilisation des parties prenantes, une
mission encore récente ........................................................................................... 45
5.1 Un programme d?intervention qui n?est pas centré sur la mobilisation ................. 45
5.2 Le programme EFESE, un levier de mobilisation des parties prenantes.............. 46
5.3 Pour les collectivités, privilégier résolument le niveau régional et intercommunal 47
5.4 Pour les entreprises, cibler les secteurs/filières professionnels pour lesquels la
biodiversité est « matérielle » au sens de la directive CSRD .............................. 49
5.5 Investir le champ de la formation professionnelle continue .................................. 50
5.6 Définir des profils de citoyens en fonction de leur sensibilité aux questions
relatives à la biodiversité et y adapter les messages .......................................... 52
6 Des conditions de réussite du COP......................................................................... 53
6.1 Assurer une stabilité dans le périmètre des missions de l?établissement et dans
ses moyens ......................................................................................................... 53
6.2 Adopter un objectif transversal sur la culture commune et entraîner l?ensemble
du personnel ....................................................................................................... 53
6.3 Consolider l?ancrage territorial, véritable levier de mise en oeuvre des politiques
publiques ............................................................................................................. 53
6.4 Intégrer les politiques d?adaptation au changement climatique ............................ 54
6.5 Différenciation par territoire : mieux prendre en compte les spécificités
ultramarines ........................................................................................................ 54
Conclusion ................................................................................................................... 57
Annexes ........................................................................................................................ 58
Annexe 1. Lettre de mission........................................................................................ 59
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ............................................................. 65
Annexe 3. Glossaire des sigles et acronymes ........................................................... 84
Annexe 4. Lettre de cadrage du COP de l?OFB par le gouvernement ...................... 88
Annexe 5. Premiers constats de la mission présentés aux cabinets et à l?OFB en
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juillet 2025 ................................................................................................................ 90
Annexe 6. Détail par opérateur rencontré des pistes de progrès en matière de
partenariats scientifiques ..................................................................................... 105
Annexe 7. Le programme EFESE, valorisation et monétarisation des services
écosystémiques ..................................................................................................... 109
Annexe 8. La CSRD, une directive de rapportage extra financier comportant une
norme comptable ? l?ESRS E4 « biodiversité » ................................................... 111
Annexe 9. Secteurs/filières économiques pour lesquelles la biodiversité est
matérielle ................................................................................................................ 113
Annexe 10. Indicateurs proposés par la mission .................................................... 115
Annexe 11. Rappel du contexte des indicateurs du Cadre mondial de la
biodiversité ............................................................................................................ 117
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Résumé
La mission sur l?évaluation et les perspectives du contrat d?objectif et de performance (COP) de
l?office français de la biodiversité (OFB) s?est déroulée en parallèle aux travaux d?élaboration du
nouveau COP menés par l?OFB en relation avec ses tutelles. La lettre de mission saisissant les
deux inspections étant intervenue tardivement par rapport au calendrier d?élaboration, la mission
n?a pas contribué au cadrage ministériel, déjà paru au moment où elle a démarré ses travaux. Elle
s?est donc concentrée sur l?analyse du bilan du COP en cours et les orientations stratégiques et
indicateurs du futur COP.
La mission n?a pas pu produire les éléments demandés par la lettre de commande relatifs à la
répartition des moyens à l?échelle des missions1. Elle constate que l?OFB a produit un bilan très
fourni de toute son activité au cours de ces cinq premières années. La mission a établi une analyse
de ce bilan pour porter une appréciation, par objectifs opérationnels, de l?activité liée au COP2,
largement détaillée dans le corps du rapport. Le COP est largement réalisé en termes d?activité.
Ce bilan n?établit pas la contribution de l?OFB aux objectifs de politique publique qu?il porte, faute
d?indicateurs de résultat et de performance dont il faudra doter le futur COP. Son évaluation par
l?OFB aurait pu utilement nourrir les travaux d?élaboration du nouveau COP.
La mission constate que l?établissement a fourni de très gros efforts, en peu de temps et en dépit
d?un contexte de crises successives, en particulier celle du monde agricole, pour marier les cultures
de l?agence française de la biodiversité (AFB) et de l?office national de la chasse et de la faune
sauvage (ONCFS), mais aussi pour s?engager dans la nouvelle mission, très différente de celles
héritées de ses prédécesseurs, de mobilisation des parties prenantes. Cette action doit être
poursuivie pour le prochain COP.
L?OFB s?est aussi résolument inscrit dans son écosystème, en témoignent sa présence effective
dans toutes les missions interservices de l?environnement et tous les comités de lutte contre la
délinquance environnementale, et les protocoles de coopération avec l?ensemble des
établissements publics pertinents. Sa visibilité auprès des collectivités ou des entreprises est en
revanche inégale, comme les outils dont il dispose en termes de mobilisation de ces parties
prenantes.
En tant qu?établissement public de l?Etat, l?OFB met en oeuvre les priorités stratégiques
gouvernementales en matière de biodiversité et d?eau : son appui aux politiques publiques
intervient aussi bien auprès du ministère en charge de la transition écologique notamment dans la
mise en oeuvre de diverses stratégies (stratégie biodiversité 2030, stratégie nationale sur les aires
protégées?) qu?auprès du ministère en charge de l?agriculture en matière de surveillance de la
santé de la faune sauvage (et donc de protection de la santé humaine et des animaux d?élevage),
d?Ecophyto ou de sensibilisation dans l?enseignement agricole. Ces actions pour le compte du
ministère en charge de l?agriculture mériteraient d?être mieux valorisées.
La mission estime par ailleurs que la tutelle est déséquilibrée, beaucoup plus présente de la part
du ministère en charge de la transition écologique : même si le champ d?action et l?origine des
ressources de l?opérateur l?expliquent, la transversalité de ses activités (contrôles...) appelle un
rééquilibrage entre les tutelles.
Le rapport rappelle les différentes stratégies nationales élaborées par les tutelles auxquelles l?OFB
contribue et le cadrage du gouvernement pour le futur COP. Il propose ensuite que deux rapports
1 Comme demandé dans la lettre de commande, la mission a tenté de documenter autant que possible les effectifs
et le budget consacrés aux grandes missions de l?établissement. Elle n?a pas pu produire les éléments à une échelle
fine, ni distinguer les moyens dévolus aux échelles nationales et territoriales ou consacrés aux enjeux eaux et
biodiversité, faute d?éléments chiffrés de la part de l?OFB.
2 La lettre de commande spécifie : « l?objectif n?est pas de conduire sur plusieurs mois une évaluation poussée des
objectifs opérationnels, mais d?avoir une appréciation globale de l?atteinte du COP 2021-25. »
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récents de la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques
(IPBES)3 viennent inspirer les objectifs opérationnels du futur COP : le rapport « nexus », insistant
sur les liens entre biodiversité, eau, santé, alimentation et climat, et celui sur la nécessité d?engager
des changements transformateurs pour mettre fin au déclin de la biodiversité.
Le rapport présente en outre trois propositions d?orientations stratégiques fondatrices du futur
COP, différentes de celles qui sont débattues dans les instances de l?OFB.
La première orientation stratégique ressemble à celle proposée par l?OFB (concourir à la préser-
vation du vivant) puisqu?elle vise à contribuer à préserver et à restaurer le vivant et les ressources
naturelles. Cela se traduit sur le plan opérationnel par une police, qui constitue un des coeurs im-
portants de l?action de l?OFB, mobilisant la moitié de ses effectifs, et dont le sens et la légitimité,
en lien avec la prérogative de puissance publique de l?établissement, doivent être renforcés. Sa
contribution aux enjeux de protection de la biodiversité et de l?eau mérite aussi d?être traduite de
façon concrète en matière d?impact (sur les haies, les zones humides?). Enfin, en matière de
zones protégées sous protection forte, la France est en retard et l?OFB attendu sur la caractérisa-
tion de l?état de conservation des différents sites, ainsi que des pressions, à travers par exemple
les analyses de risque pêche dans les sites Natura 2000 marins.
La deuxième orientation stratégique proposée par la mission est certes présente dans les
orientations débattues par les instances sans être identifiée en tant qu?orientation spécifique : elle
porte sur la connaissance. Si l?OFB a fait de très gros progrès en la matière dans la période du
COP actuel, dépassant ses objectifs d?activité, il lui reste à mieux valoriser et exploiter les données
et indicateurs produits. La mission estime qu?à l?instar de ce qui existe sur l?eau (état écologique
tel qu?issu de la directive cadre sur l?eau), l?État pourrait donner à l?OFB pour objectif de développer
une batterie resserrée d?indicateurs voire un indicateur composite / agrégé rendant compte de l?état
de la biodiversité, en s?appuyant sur les objectifs et indicateurs du cadre mondial repris dans le
règlement restauration de la nature et la stratégie nationale biodiversité.
La troisième orientation stratégique s?apparente à la proposition de l?OFB d?engager l?ensemble
des acteurs et des citoyens : la mobilisation des parties prenantes. Il s?agit en fait pour l?OFB d?être
reconnu parmi les organismes de référence sur la biodiversité, qui non seulement protège et
connaît, mais aussi accompagne les partenaires dans leur propre action, et ce, au plus près des
territoires. L?argumentaire en faveur de la protection de la biodiversité peut être renforcé par une
déclinaison adaptée à chaque catégorie d?acteurs, basée sur l?évaluation socio-économique des
externalités en lien avec les impacts de son activité sur la biodiversité.
Pour terminer, la mission préconise que l?élaboration du COP soit largement partagée avec le
personnel. La culture commune, sur laquelle la direction de l?OFB a largement investi depuis cinq
ans, ne peut que se renforcer à l?occasion de cet exercice. Elle suggère par ailleurs une prise en
compte des enjeux spécifiques à l?Outre-mer à travers un renforcement de la gouvernance locale
de l?OFB.
Le rapport dresse une liste de 11 recommandations et propose une quinzaine d?indicateurs, qui
constituaient une demande appuyée des ministères, en privilégiant des indicateurs de résultat ou
d?efficience, parmi lesquels l?OFB pourra sélectionner ceux qu?il retient. Pour le suivi du COP, la
mission recommande un nombre limité d?indicateurs (environ 20), qui devront intégrer les différents
volets des politiques publiques auxquels l?OFB contribue. Les autres pourront être suivis par l?OFB
comme éléments de tableau de bord de son action.
3 Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services / plateforme
intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques.
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Liste des recommandations
(OFB, tutelles) Intégrer dans les objectifs opérationnels du COP
(partenariats, formation, communication, financement et suivi de projets) les enseignements
des rapports nexus et changements transformateurs de l?IPBES. ..................................... 18
(OFB, tutelles) Se doter dans le futur COP d?indicateurs permettant un
suivi des résultats, en lien avec la contribution de l?OFB à ses orientations stratégiques et
objectifs opérationnels, afin de permettre une réelle évaluation à son échéance. ............. 20
(OFB et services de l?État sous l?autorité du préfet) Communiquer sur
les impacts des contrôles sur la biodiversité et les milieux à travers des indicateurs concrets
de remise en état (zones humides, haies, bandes enherbées le long des cours d?eau?).
Développer la prévention via les contrôles pédagogiques pour tous les types d?usagers. 31
(OFB, tutelles) Développer des méthodes et outils pour adapter la
gestion des aires protégées au changement climatique et y développer l?approche une seule
santé. A cette fin, s?appuyer sur l?évaluation des mesures de gestion et de l?état de
conservation de ces zones et capitaliser les résultats des projets (LIFE notamment) en cours.
............................................................................................................................................. 35
(OFB, tutelles) S?assurer que le conseil scientifique assure l?intégralité
de ses missions, à savoir éclairer le conseil d?administration dans la définition de la politique
scientifique de l'établissement, contribuer à l'évaluation des activités de l'établissement en
matière de recherche et d'exploitation des résultats de celle-ci, de formation, de diffusion et
de valorisation de la recherche, veiller à la coordination des politiques scientifiques des
établissements publics rattachés à l'office. ......................................................................... 39
(OFB) Renforcer les synergies avec les partenaires scientifiques, Ã
travers le renouvellement d?accords de partenariats ciblés sur les questions de recherche
prioritaires qui répondent aux enjeux identifiés dans les rapports de l?IPBES ou les
prospectives scientifiques nationales sur l?eau et la biodiversité. ....................................... 39
(OFB, tutelles) Mieux valoriser et exploiter les chiffres de l?observatoire
national de la biodiversité (ONB) et mieux faire connaître les systèmes d?information et
données gérés et centralisés par l?OFB. Développer des indicateurs d?état de groupes
d?espèces « sentinelles » en lien avec les indicateurs proposés au niveau européen et
national et se donner un objectif de développement à cinq ans d?un indicateur composite /
agrégé de suivi de l?état de la biodiversité (type Mean Species Abundance). ................... 42
(OFB, DEB, CGDD) Utiliser les travaux issus de l?Évaluation française
des écosystèmes et services écosystémiques comme levier stratégique de la mobilisation
et de l?engagement des entreprises et collectivités, en leur permettant d?évaluer leurs
externalités (positives ou négatives). Concevoir sur cette base une méthode d?aide à la
décision pour appuyer ces parties prenantes dans l?élaboration de plans d?action. .......... 47
(OFB, tutelles) Cibler le dispositif « entreprises engagées pour la
nature » sur les secteurs / filières / entreprises identifiés comme prioritaires au vu de leurs
impacts sur la biodiversité en utilisant la méthode d?analyse de la directive européenne
relative à la publication d'informations en matière de durabilité. ........................................ 50
(OFB, tutelles) Investir le champ de la formation professionnelle en
proposant aux opérateurs de compétence des filières / branches les plus concernées et
notamment de l?agriculture, une offre de formation de formateurs combinant formation
naturaliste et en économie de l?environnement, notamment sur la valorisation des services
écosystémiques. .................................................................................................................. 52
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(OFB) Revoir l?organisation Outre-mer : placer les services
départementaux sous l?autorité du délégué régional. ......................................................... 56
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Introduction
L?Office français de la biodiversité (OFB) a été créé par la loi du 24 juillet 2019. Il a signé avec ses
tutelles en 2020 un premier contrat d?objectif et de performance (COP) qui arrive à échéance en
2025. Dans la perspective du prochain COP 2026-2030, les ministères de tutelle de l?OFB ont
diligenté une mission conjointe de l?Inspection générale de l?environnement et du développement
durable (IGEDD) et du Conseil général de l?agriculture, de l?alimentation et des espaces ruraux
(CGAAER).
La lettre de commande de la mission identifie trois enjeux pour l?OFB dans ce nouveau COP :
? Le positionnement sur les politiques qu?il met en oeuvre et auprès des acteurs institution-
nels et économiques.
? L?efficience.
? La reconnaissance.
La lettre de commande demande à la mission de proposer :
? Des évolutions ou précisions des priorités des ministères pour alimenter le cadrage du futur
COP de l?OFB.
? D?éventuelles évolutions ou précisions des objectifs opérationnels.
? Des indicateurs.
Le cadrage des ministères pour le futur COP ayant été produit avant la désignation des membres
de la mission, il a donc été proposé aux commanditaires de redéfinir quelque peu la mission, en
reprenant les items ci-dessus à l?exception du premier.
La lettre de commande demande également à la mission de rassembler les éléments utiles pour
l?évaluation des résultats obtenus par l?établissement afin d?avoir une appréciation globale de
l?atteinte du COP 2021-25 et d?examiner les questions relatives aux relations de l?établissement de
l?établissement avec ses tutelles et, au niveau local, à son inscription dans « l?écosystème » des
services et établissement publics de l?Etat.
Il est également attendu de la mission qu?elle documente, autant que possible, les effectifs et le
budget consacrés aux grandes missions de l?établissement en distinguant notamment les moyens
dévolus aux échelles nationales et territoriales.
Après l?historique de création de l?OFB dans un contexte de pressions croissantes sur la
biodiversité et l?eau, le présent rapport porte une appréciation sur le bilan du premier COP et
analyse les grands constats des entretiens menés par la mission, en rappelant le positionnement
de l?établissement dans l?écosystème d?acteurs. Il établit sur cette base trois orientations
stratégiques pour le futur COP, projection de ce que devrait être l?OFB à l?horizon 2030 : à savoir
un établissement qui contribue à préserver et restaurer le vivant, consolide et diffuse la
connaissance et mobilise les acteurs. Pour chacune de ces orientations sont déclinés des objectifs
opérationnels faisant l?objet d?un paragraphe dédié. Ces objectifs opérationnels sont assortis de
propositions d?indicateurs de résultat et d?efficience. Enfin, le rapport établit des conditions de
réussite du COP.
Pour mener à bien son travail, la mission a procédé à l?audition des tutelles de l?OFB, de tous les
services de l?établissement au niveau central jusqu?au niveau directeur, de la moitié environ des
administrateurs et des parties prenantes. Elle s?est rendue dans trois régions (Auvergne-Rhône-
Alpes, Normandie et Martinique), où elle a rencontré de nombreux interlocuteurs de l?Office. Elle a
pris connaissance d?une centaine de documents, dont une majorité produite par l?OFB. La mission
n?a pas été associée aux travaux d?élaboration du nouveau COP qui ont eu lieu en parallèle et sont
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portés par l?OFB et ses tutelles. Faute de données de la part de l?OFB, la mission n?a pu produire
les éléments relatifs à la répartition des moyens ni par mission (au-delà des trois grand blocs), ni
par niveau national ou territorial, ni par thématique (enjeux eaux et biodiversité). Au vu du calendrier
relativement serré de ces travaux et afin de les alimenter, la mission a présenté un état
d?avancement de ses réflexions aux cabinets, aux tutelles et à l?OFB le 30 juin 2025.
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1 L?Office français de la biodiversité, un établissement jeune,
qui a trouvé sa place malgré les crises successives
1.1 L?OFB a été créé en 2020 dans un contexte de déclin majeur et
accéléré de la biodiversité et de raréfaction et dégradation de la
ressource en eau
1.1.1 Un héritage de la première évaluation mondiale de la biodiversité
menée par l?IPBES
D?après le résumé à l?intention des décideurs du rapport de l?évaluation mondiale de la biodiversité
et des services écosystémiques publié par la Plateforme intergouvernementale scientifique et
politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) en 2019, la biodiversité et les
fonctions et services écosystémiques se détériorent dans le monde entier. Les facteurs directs et
indirects de changement se sont intensifiés au cours des 50 dernières années. Or les trajectoires
actuelles ne permettent pas d?atteindre les objectifs de conservation et d?exploitation durable de la
nature pour 2030 et au-delà , qui ne peuvent être réalisés que par des changements en profondeur
sur les plans économique, social, politique et technologique. Les scénarios étudiés par l?IPBES
démontrent qu?à l?avenir l?ampleur des répercussions régionales et mondiales des activités
humaines sur la biodiversité et les fonctions et services écosystémiques sera moins importante si
l?on privilégie une approche axée sur la durabilité et les changements transformateurs.
1.1.2 Une nécessité confortée par l?appropriation française des constats
globaux
L?évaluation française des écosystèmes et services écosystémiques (EFESE) précise ces constats
mondiaux et régionaux à l?échelle du pays.
Les pressions humaines sur les milieux et les ressources accentuées par le changement climatique
entraînent un appauvrissement de la biodiversité des écosystèmes et une dégradation de la qualité
de l?eau en France. La biodiversité et la qualité de l?eau des territoires agricoles4 ont tendance Ã
diminuer, parfois fortement, du fait des pratiques agricoles et de la simplification des structures
paysagères. La réduction des surfaces de prairies et des zones humides, ainsi que l?usage des
produits phytosanitaires sont en cause, en particulier dans les zones de grandes cultures. Le
nombre d?oiseaux s?est considérablement réduit - jusqu?à un tiers - depuis 1989. Les impacts
négatifs des intrants de synthèse s?étendent au-delà des écosystèmes agricoles - le long des cours
d?eau et dans les nappes phréatiques. Depuis 2010, les ventes de produits phytosanitaires sont
restées à des niveaux élevés même si en légère baisse depuis 2021, les ventes de substances
actives n?entrant pas dans les usages de l?agriculture biologique ou dans le cadre du biocontrôle
ont nettement diminué depuis 2011 et les molécules les plus préoccupantes sont moins
commercialisées.5
La haute montagne abrite certaines des espèces les plus menacées à l?échelle nationale. Les
glaciers sont réduits par le changement climatique, certaines zones humides, en particulier des
tourbières, sont détruites, fragmentées et polluées par l?urbanisation et les infrastructures skiables,
certaines formations herbacées sèches sont en cours d'embroussaillement suite à la déprise
agricole et les prés-bois à mélèzes ou pins cembro souffrent de la modification des pratiques
pastorales.
La moitié des zones humides a disparu entre 1960 et 1990, du fait de l?urbanisation et du drainage
4 Évaluer les services rendus par les écosystèmes agricoles pour mieux les gérer, INRAE, 2017.
5 État des lieux des ventes et des achats de produits phytosanitaires en France en 2023, CGDD, 2025.
PUBLIÉ
https://files.ipbes.net/ipbes-web-prod-public-files/2020-02/ipbes_global_assessment_report_summary_for_policymakers_fr.pdf
https://files.ipbes.net/ipbes-web-prod-public-files/2020-02/ipbes_global_assessment_report_summary_for_policymakers_fr.pdf
https://files.ipbes.net/ipbes-web-prod-public-files/2020-02/ipbes_global_assessment_report_summary_for_policymakers_fr.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/levaluation-francaise-ecosystemes-services-ecosystemiques
https://www.inrae.fr/actualites/evaluer-services-rendus-ecosystemes-agricoles-mieux-gerer
https://www.notre-environnement.gouv.fr/donnees-et-ressources/ressources/publications/article/etat-des-lieux-des-ventes-et-des-achats-de-produits-phytosanitaires-en-france-7296
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de terres. En 2013 moins de la moitié des masses d?eau françaises étaient en bon ou très bon état
écologique au sens de la directive cadre sur l?eau (DCE)6. Les teneurs en nitrates dans ces milieux
demeurent à des niveaux néfastes dans de nombreuses zones. La fragmentation et la destruction
des habitats ont le plus fort impact sur les milieux humides et aquatiques continentaux : 80 000
obstacles sur les cours d?eau altèrent la continuité écologique.
Les écosystèmes marins et littoraux sont de plus en plus menacés, car exposés aux pollutions
chroniques et à l?artificialisation du littoral. Les apports de nutriments, provenant des bassins
versants, excèdent la capacité de régulation sur de nombreux littoraux ce qui induit des
phénomènes d?eutrophisation. La pêche avec engins traînants, l?extraction de granulats, les
infrastructures marines peuvent avoir pour conséquence la destruction souvent définitive d?habitats
peu résilients comme les récifs coralliens. Le changement climatique induit des modifications
physico-chimiques des milieux : élévation de la température et du niveau de la mer, acidification,
désoxygénation, stratification, courantologie... Tous ces facteurs et pratiques affectent le
fonctionnement des écosystèmes marins, notamment le phytoplancton qui joue un rôle clé.
L?élévation du niveau de la mer modifie les conditions environnementales pour les herbiers,
mangroves et marais littoraux, et accroît les risques d?érosion côtière. En Outre-mer, l?élévation de
la température de l?eau constitue l?une des principales causes des épisodes de blanchissement
corallien, qui se multiplient et s?intensifient.
1.1.3 Un constat d?urgence à agir repris par le législateur
L?exposé des motifs de la loi n° 2019-773 du 24 juillet 2019 portant création de l'Office français de
la biodiversité, modifiant les missions des fédérations des chasseurs et renforçant la police de
l'environnement, met en exergue ces constats pour dessiner l?ambition du futur office : « Les
constats dressés à l?occasion de la préparation de la loi du 8 août 2016 de reconquête de la
biodiversité, de la nature et des paysages restent largement valables aujourd?hui : l?érosion
extrêmement préoccupante de la biodiversité est scientifiquement établie. Elle s?explique par le
maintien des pressions fortes s?exerçant sur les milieux naturels : le changement climatique, les
pollutions, l?artificialisation et la fragmentation des habitats naturels, les espèces exotiques
envahissantes, la surexploitation des ressources et les trafics d?espèces protégés. » Il s?agissait
donc de « replacer les enjeux des politiques environnementales à un niveau territorial en vue de
traiter les sources diffuses de pression sur les écosystèmes et de recentrer les actions sur des
approches préventives plutôt que curatives ».
1.2 L?OFB, établissement public de l?État, résultat de fusions
successives rapprochées
La création de l?OFB7, opérant la fusion en un seul établissement public administratif de l?Agence
française pour la biodiversité (AFB) et de l?Office national de la chasse et de la faune sauvage
(ONCFS) constituait, de fait, l?aboutissement d?une trajectoire de réorganisation progressive de
structures publiques en charge de la nature, de la qualité de l?eau et de la protection de la
biodiversité amorcée dès les années 2010. Plusieurs fusions et transformations avaient ainsi
précédé cette création ; chacune visant à renforcer la cohérence, l?efficacité et la lisibilité de l?action
publique dans ce domaine, avec comme point de départ la création en 2006 de l?ONEMA (Office
national de l?eau et des milieux aquatiques), fusionné en 2016 avec l?établissement public des
parcs nationaux (en partie), l?Atelier technique des espaces naturels (ATEN), la Fédération des
conservatoires botaniques nationaux (FCBN, en partie). Cet ensemble a donné naissance à l?AFB
6 Directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une
politique communautaire dans le domaine de l?eau. La DCE établit un cadre pour la protection des eaux intérieures
(douces et souterraines), de transition et côtières, avec l?objectif d?atteindre le bon état écologique et chimique des
eaux d?ici 2015, avec des possibilités de dérogation jusqu?en 2027.
7 Environ 500 millions d?euros de budget annuel, 2 800 équivalents temps plein, soit 3 000 agents dont 2 000 dans
les territoires et 1 700 inspecteurs de l?environnement.
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000038821234
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000038821234
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000038821234
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et visait déjà à renforcer les missions communes de ces opérateurs pour une bonne application de
la loi pour la reconquête de la biodiversité.
Le graphique ci-dessous est issu du document « raison d?être », élaboré par l?OFB et
diffusé à tous ses agents. Il illustre le fait que l?OFB constitue le rassemblement de
plusieurs organismes, en plusieurs étapes et sur une durée assez courte, moins de 20
ans.
PUBLIÉ
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1.2.1 Une organisation mise en place pour remplir les six missions
confiées par la loi
Au cours de ses cinq premières années d?exercice, l?OFB s?est structuré pour endosser les
missions élargies qui lui ont été confiées par l?article L. 131-9 du code de l?environnement : police,
connaissance, expertise en appui aux politiques publiques, expertise sur l'état de la faune sauvage ,
gestion d?espaces naturels et mobilisation de la société. La mission « mobilisation de la société »
était totalement nouvelle.
Placé sous la tutelle conjointe des ministères chargés de l?environnement et de l?agriculture, il a
construit sa gouvernance autour de trois instances : conseil d?administration (CA), conseil
scientifique et comité d?orientation. Celles-ci sont complétées par une commission des finances et
de l?audit chargée du contrôle interne financier. Il a adopté en 2022 trois documents stratégiques
fixant ses principaux objectifs jusqu?en 2025 : le premier contrat d?objectif et de performance 2021-
2025, le schéma pluriannuel de stratégie immobilière et le programme des interventions 2023-2025
qui fixe le cadre des interventions financières de l?établissement.
Les rapports de la Cour des comptes puis du sénateur Bacci sont venus confirmer en 2024 que
l?objectif de regrouper au sein d'un même établissement toutes les expertises de gestion, de
connaissance et de protection des espèces et milieux aquatiques et terrestres a été atteint et que
l?OFB est désormais un établissement public central dans la mise en oeuvre des politiques
environnementales, reconnu pour son expertise et sa contribution à la protection des milieux et
des espèces.
Le rapport du sénateur Bacci évoque un « établissement de référence », « produit de la volonté
du législateur de répondre aux enjeux grandissants de la biodiversité dans les politiques publiques,
(?) conçu comme un établissement ensemblier et coeur de réseau, afin de favoriser son
identification par les acteurs et asseoir sa légitimité institutionnelle et territoriale ».
1.2.2 Des moyens alimentés de manière soutenue
Des moyens conséquents8 ont accompagné la montée en puissance de l?OFB. La Cour des
comptes note toutefois que l?augmentation du plafond d?emplois de l?OFB « résulte avant tout
jusqu?en 2023 de mesures de périmètre et ne suffit pas à couvrir des attentes toujours croissantes
de la part des tutelles ». Malgré le fait que « les ressources mises à la disposition de l?établissement,
comparées à celles dont bénéficient ses homologues européens, ont été jusqu?en 2023
insuffisantes pour couvrir l?ampleur [des] missions et pour faire face à la hausse des besoins de
protection de la biodiversité », la situation financière de l?OFB a néanmoins été confortée par
l?attribution de financements ponctuels. La Cour salue également les efforts budgétaires annoncés
dans la stratégie nationale biodiversité - SNB 2030, et le plan d?action pour une gestion résiliente
et concertée de l?eau. Le rapport Bacci concède quant à lui qu?avec un effectif moyen inférieur Ã
15 agents par département, l?OFB n?est pas en mesure d?accompagner de façon satisfaisante les
acteurs et élus locaux sur le terrain.
Malgré des difficultés de recrutement, la Cour des comptes relève que l?établissement a cependant
« saturé ses plafonds et schémas d?emploi, déployé une politique de formation ambitieuse et posé
les bases d?une gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences ». La mission
a constaté que l?OFB a réalisé un très gros effort de formation interne pour l?acquisition d?une
culture commune, en particulier en matière de police. L?OFB reconnaît que le volet gestion des
compétences doit encore être développé.
La masse salariale a connu une forte croissance depuis 2020, portée par les dispositifs transverses
de la fonction publique, des mesures de requalification et d?accompagnement liées à la fusion mais
aussi une inflexion à la hausse des effectifs. Les emplois sous plafond sont ainsi passés de 2588
8 659 M¤ d?autorisation d?engagement pour le budget initial 2024, soit +132 M¤.
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045213133
https://www.ccomptes.fr/fr/publications/loffice-francais-de-la-biodiversite
https://www.senat.fr/travaux-parlementaires/commissions/commission-de-lamenagement-du-territoire-et-du-developpement-durable/suivi-application-de-la-loi-ofb.html
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ETP au 31 décembre 2020 à 2726 ETP (équivalents temps plein) au 31 décembre 2024 (+ 5,3%).
L?évolution positive du plafond d?emploi sur ces années s?explique par des mesures de périmètre
comme le transfert des laboratoires d?hydrobiologie des DREAL (direction régionale de
l?environnement, de l?aménagement et du logement) mais également par des efforts
complémentaires demandés à l?établissement dans le cadre de la SNB 2030 (la mise en oeuvre de
plusieurs mesures relevant de l?OFB), du plan loup ou du plan eau dans les Outre-mer.
L?OFB a communiqué à la mission une répartition des moyens en 2024 tant en effectifs que
budgétaires (hors masse salariale) par grandes missions de l?établissement : la connaissance
représente 743 ETPT et 76 M¤, l?accompagnement (incluant la mobilisation des acteurs et la
gestion des aires protégées) emploie 677 ETPT et 236 M¤, la police mobilise 1330 ETPT et 43 M¤.
Malgré plusieurs demandes, la mission n?a pas pu accéder à une donnée plus fine notamment sur
la répartition entre le siège et les directions régionales ou entre les thématiques (expertise versus
contrôle?) même si cette donnée est rapportée dans les applications de suivi d?activité comme
GEACO, dans la mesure où chaque agent déclare le temps passé mission par mission.
A noter que les programmes LIFE9 qui viennent souvent renforcer les effectifs et budgets de l?OFB
ne sont pas pérennes et posent la question de la continuité des actions menées.
1.3 L?OFB, principal opérateur de l?État chargé de la mise en oeuvre
des politiques publiques sur l?eau et la biodiversité
L?OFB a pour mission d'accompagner et d'apporter son appui à la conception, la mise en oeuvre et
l?évaluation des politiques, plans d?actions et stratégies publics pour la préservation de la ressource
en eau, la gestion et la protection de la biodiversité, notamment :
? La stratégie nationale pour la biodiversité, concrétisation de l?engagement de la France au
titre de la convention sur la diversité biologique et feuille de route nationale déclinant le
cadre mondial de Kunming-Montréal, ses cibles pour 2030 et indicateurs.
? Le futur plan national "Agir pour restaurer la nature" en cours d?élaboration en application
du règlement européen sur la restauration de la nature (RRN) adopté en 2024.
? La stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) 2021-2030.
? Le plan d?action pour une gestion résiliente et concertée de l?eau lancé en 2023.
? Le plan pour une gestion durable de l?eau potable et de l?assainissement dans les outre-
mer 2016-2026.
? Le plan d'actions 2022-2030 pour prévenir l?introduction et la propagation des espèces
exotiques envahissantes.
? Le Plan national en faveur des migrateurs amphihalins 2022-2032.
? Les orientations nationales pour la préservation et la remise en bon état des continuités
écologiques adoptées en 2019.
? Les plans nationaux d?action (PNA) pour les espèces dont PNA loup, ours, lynx, chauves-
souris, pollinisateurs, etc.
? Le plan Ecophyto (auquel il apporte un concours financiers en vertu des articles L 131-15
et 16 du code de l?environnement).
? Le réseau SAGIR, de surveillance de la santé de la faune sauvage terrestre vertébrée.
9 Le programme LIFE est un instrument financier de la Commission européenne, dédié au soutien de projets
innovants, privés ou publics, dans les domaines de l?environnement et du climat.
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Il constitue le « bras armé » de ses deux ministères de tutelle pour mettre en oeuvre sur les
territoires l?ensemble de ces politiques publiques.
Par courrier du 18 mars 2025 à la Présidente du Conseil d?administration de l?OFB, les ministères
de tutelle précisent les éléments de cadrage du Gouvernement pour l?élaboration du COP 2026-
30 dans la continuité du précédent COP et formulent les attentes suivantes à l?égard de l?OFB :
? soutenir l?activité de connaissance scientifique et technique sur l?eau et la biodiversité et
contribuer à sa valorisation et son appropriation par les décideurs et les citoyens,
? prévenir et contrôler les atteintes à l?eau et à la biodiversité et veiller à un usage équilibré
des ressources naturelles en lien étroit avec les usagers,
? mobiliser et intervenir sur les territoires, sur l?eau et la biodiversité, pour impulser à tous les
niveaux des changements transformateurs,
? renforcer une culture commune d?établissement orientée sur l?accompagnement du
changement dans un souci d?optimisation des ressources.
1.4 Deux récents rapports de l?IPBES peuvent imprégner le futur COP
de l?OFB
1.4.1 Le rapport « nexus »10
Ce premier rapport établit un lien direct et une interdépendance entre la biodiversité, l?alimentation,
l?eau, le climat et la santé, victimes de crises environnementales conjointes, et appelle à travailler
de la façon la plus décloisonnée possible et à créer des synergies entre les politiques sectorielles
pour tenter de mieux y répondre.
L?approche « une seule santé » est une de ces approches « nexus ». La mission préconise que
l?office, qui dispose déjà en son sein d?au moins deux leviers du nexus, l?eau et la biodiversité,
développe cette approche « une seule santé », en mobilisant davantage les leviers alimentation
(agriculture) et santé.
1.4.2 Le rapport « changements transformateurs »
Ce deuxième rapport récent de l?IPBES appelle à des transformations systémiques profondes, des
« changements transformateurs » en matière de répartition des richesses, de modes de
consommation et de production et de valeurs : de véritables révolutions, à l?instar de la révolution
industrielle ou de la révolution productiviste en agriculture, qui ont apporté croissance, richesse,
autonomie alimentaire et permis des progrès en matière de santé.
Ces deux dernières révolutions sont pourtant aujourd?hui la cause des cinq facteurs de dégradation
de la biodiversité. Il convient donc d?opérer d?autres types de révolutions dans les sphères de la
connaissance, de la gouvernance, de la régulation des activités humaines et des comportements.
Face au constat scientifique d?échec des politiques menées au niveau mondial jusqu?ici pour
inverser la courbe du déclin de la biodiversité et à l?urgence d?éviter le franchissement de points de
bascule dans le domaine de la biodiversité comme du climat, de la pollution ou de la désertification,
ce concept de changements transformateurs va plus loin que ceux de développement durable, de
transition ou de planification écologiques.
Les experts considèrent que reporter de dix ans de tels changements coûterait deux fois plus cher
que d?agir immédiatement. Le rapport identifie des obstacles « complexes, systémiques,
persistants, omniprésents et liés au pouvoir », mais présente 400 exemples de petites
10 Ensemble complexe mettant en relation différents éléments. Source : https://fr.wiktionary.org/wiki/nexus
PUBLIÉ
https://www.ipbes.net/nexus-assessment
https://www.ipbes.net/nexus-assessment
https://www.ipbes.net/transformative-change-assessment
https://www.ipbes.net/transformative-change-assessment
https://fr.wiktionary.org/wiki/nexus
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« révolutions » déjà accomplies dans toutes les régions du monde : conservation et restauration
de lieux à haute valeur sociétale et écologique ; intégration systématique de la biodiversité dans
les secteurs à fort impact ; identification et élimination des subventions néfastes à l?environnement ;
gouvernance plus inclusive, responsable et adaptative ; éducation à l?interconnexion avec la nature.
(OFB, tutelles) Intégrer dans les objectifs opérationnels du COP
(partenariats, formation, communication, financement et suivi de projets) les
enseignements des rapports nexus et changements transformateurs de l?IPBES.
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2 Un premier COP 2020 ? 2025 au bilan non évalué par l?OFB,
mais fondateur et largement réalisé
2.1 Le COP 2020 - 2025, un document fondateur
Il décline les quatre priorités des pouvoirs publics : connaissance-expertise et valorisation de
celles-ci, police, mobilisation des territoires pour des changements transformateurs, consolidation
de l?organisation pour l?émergence d?une culture commune.
Il en découle quatre orientations stratégiques :
? Concourir à la transition écologique.
? Agir dans les territoires.
? Avancer avec l?ensemble des partenaires.
? Bâtir une culture d?établissement.
2.1.1 Des indicateurs nombreux mais reflétant surtout l?activité
Le COP contient 31 indicateurs, qui sont des indicateurs d?activité. Aucun ne porte sur l?état de la
biodiversité ou de l?eau. Cinq d?entre eux sont des indicateurs non chiffrés (« oui/non ».)
2.1.2 Un bilan très fourni et détaillé, mais pas d?évaluation
L?OFB a présenté au conseil d?administration du 13 mars 2025 un bilan à fin 2024 du COP en 64
pages, assorti du tableau des indicateurs. Ce bilan, très détaillé, décrit les actions conduites sur
les six objectifs opérationnels sans toujours faire de lien direct avec les objectifs stratégiques du
COP, ni avec les indicateurs. Il s?agit d?un catalogue d?actions, certes très nourries et nombreuses,
mais sans qu?il y ait un avis porté sur le degré d?atteinte des objectifs, ni sur l?efficacité des actions
décrites en lien avec des objectifs de politique publique, et donc sans évaluation.
Sur la base de ces éléments, la mission a produit sur ce bilan, en mai 2025, un document de travail
à destination du directeur général de l?OFB11.
Il aurait été nécessaire de réaliser une véritable évaluation de ce bilan, qui réponde aux questions
suivantes :
? Les orientations stratégiques ont-elles été suivies, et est-ce que l?OFB a atteint aujourd?hui
les orientations stratégiques qui lui ont été attribuées il y a cinq ans ? Quelles ont été les
difficultés rencontrées ?
? Les objectifs opérationnels du COP ont-ils été atteints ? Exemple sur les aires protégées :
les aires sont-elles mieux protégées qu?il y a cinq ans et comment l?OFB a-t-il contribué aux
objectifs de la SNAP en matière d?extension des surfaces des aires protégées, de renfor-
cement de la protection forte, d?atteinte des objectifs des documents de gestion ? Quels
sont les indicateurs qui nous permettent de le dire ?
? Qu?est-ce qui a bien marché dans le COP notamment en termes d?appropriation et de mo-
bilisation interne et externe, et qu?est-ce qui a moins bien marché ? Quels ont été les fac-
teurs de succès, d?échec ou de moindre succès ?
11 Ce document a ensuite été formalisé dans un diaporama transmis au commanditaire et à la gouvernance de
l?OFB, le 11 juillet, et est annexé au présent rapport.
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Cette évaluation, qui pouvait être réalisée par l?OFB, aurait nécessité des objectifs stratégiques
assortis d?indicateurs de résultat prédéfinis. Le futur COP devra prévoir un tel dispositif, permettant
de dépasser la dimension de compte-rendu d?activité de son bilan annuel et final, en présentant
des résultats concrets en lien avec les objectifs de l?opérateur.
(OFB, tutelles) Se doter dans le futur COP d?indicateurs permettant un
suivi des résultats, en lien avec la contribution de l?OFB à ses orientations stratégiques et
objectifs opérationnels, afin de permettre une réelle évaluation à son échéance.
2.2 L?analyse par la mission du bilan du COP
La mission a analysé le bilan du COP réalisé par l?OFB, basé uniquement sur l?activité (et les
indicateurs afférents). Cette analyse est décrite ci-dessous selon les six objectifs opérationnels du
COP et commente l?atteinte des objectifs du COP, en soulignant les éléments manquants.
2.2.1 Police de l?environnement
L?activité a été maintenue à un niveau soutenu en répondant aux diverses priorités. Le bilan fait
état d?une explosion des sollicitations de l?OFB (le document ne donne pas de chiffres ni ne précise
de quels types de sollicitations on parle : expertise pour les services de l?État, saisine des
procureurs, signalements spontanés par un particulier, une association ou un professionnel?).
En matière d?équilibre police administrative / judiciaire, le volume de rapports de manquement
administratif reste très faible par rapport à celui des procédures judiciaires : 8%. Il y a sans doute
plusieurs causes à cela, et la mission estime qu?un travail sur ces causes serait profitable si les
tutelles veulent voir augmenter ce pourcentage. Il serait intéressant également de présenter un
bilan plus qualitatif, par exemple : quels sont les manquements ou infractions constatés par type
d?activité ou thématique environnementale ?
En matière d?origine des contrôles, l?OFB ne connaît pas le pourcentage de contrôles réalisés sur
signalement car il ne suit plus l?indicateur dédié depuis 2022.
Le bilan du COP de l?OFB mentionne un bilan grand public sur cette mission de police. Il est
dommage que ce bilan ne soit plus disponible après 2022. Il permettrait notamment au public de
mieux apprécier le type de contrôles réalisés, leur intérêt au regard de l?eau et de la biodiversité,
les types d?infractions constatées.
2.2.2 Connaissance
Les objectifs tels qu?exposés dans le COP semblent largement atteints, et même parfois dépassés
au regard des indicateurs d?activité (structuration de données, publications). Le bilan ne valorise
pas ces bons résultats, et la mission n?a pas été informée d?actions de communication sur ces
derniers. L?OFB s?efface derrière les nombreux sites d?information qu?il gère, à la demande des
tutelles (exemple du système d?information sur l?eau). La mission estime que l?image d?un OFB qui
connaît et fait connaître ? y compris en termes de politique et d?actions d?influence ? devrait être
mieux connue et constituer une orientation stratégique de l?établissement.
Paradoxalement, la mission a constaté que, si les objectifs sont dépassés (les cibles sont atteintes
pour les quatre indicateurs liés à la connaissance et l?expertise dotés de cible quantitative Ã
l?horizon 2025), il reste énormément de domaines à mieux connaître, la mission pense en
particulier aux aires marines protégées. Il lui manque des protocoles et des descripteurs pour
caractériser l?état écologique des différents milieux, information utile à communiquer pour les
tutelles.
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La mission estime également que la connaissance peut et doit induire les priorités d?action : utiliser
davantage la connaissance pour l?action et démontrer son efficacité dans ce rôle permettrait Ã
l?OFB une meilleure continuité et cohérence d?ensemble de son action.
Rappelons par ailleurs que la Cour des comptes appelle à davantage d?indicateurs d?impact. Sur
l?identification de solutions pour faire coexister l?activité humaine et le reste du vivant par exemple,
on note beaucoup de publications, mais sur le terrain observe-t-on des améliorations ? Et dans
l?affirmative, l?OFB en fait-il suffisamment la promotion au-delà de la communauté scientifique ?
2.2.3 Appui aux politiques publiques
A l?évidence, le bilan montre que l?OFB a été actif et proactif. Cet objectif opérationnel, qui gagnerait
peut-être à être mieux reconnu des tutelles, nous paraît bien atteint.
Plusieurs éléments semblent cependant manquer, dont les actions de « plaidoyer », sous une
forme pro-active mettant en avant les effets positifs de la protection de la biodiversité, la création
de valeur socioéconomique induite, se dégageant de l?attitude « défensive » souvent associée à la
protection et à la conservation. On peut ainsi citer l?action de connaissance participative qui semble
souvent exister avec le monde de la chasse ou encore les actions de recherche partenariales sur
la protection ? régulation des grands prédateurs, ainsi qu?une appréciation qualitative des
stratégies régionales biodiversité : succès, échecs ?
Il apparaît que la stratégie nationale biodiversité 2030 devrait être le fil conducteur et fédérateur de
l?activité de l?OFB, à côté des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (les deux
piliers de la vocation de l?OFB : l?eau et la biodiversité).
2.2.4 Aires protégées
Le bilan ne répond pas à la question de savoir si les aires sont mieux protégées et si leur état s?est
amélioré. Cette « omission » apparaît étonnante.
La mission a noté l?objectif d?avoir 10% du territoire en protection forte d?ici 2030. En 2025, 4,8 %
de la surface maritime française est classée en zone protégée. Il semble que la France ait du mal
à se rapprocher de cette cible et que la dynamique actuelle ne permettra pas de rattraper le retard.
Si cette faible dynamique n?est pas de la responsabilité de l?OFB, celui-ci est concerné par la mise
en oeuvre de la stratégie nationale sur les aires protégées.
2.2.5 Mobilisation
Il s?agit, pour mémoire, d?une mission nouvelle de l?établissement, que n?avaient pas l?AFB ou
l?ONCFS. A l?inverse du GIEC, dont les communications sont mobilisatrices et incitent à l?action
malgré la gravité des constats, l?OFB ne communique pas, ou peu, sur l?érosion de la biodiversité
et les perspectives à moyen terme.
Le document « raison d?être » produit en juin 2025 par l?OFB, et diffusé à l?ensemble des agents
contient ainsi plusieurs chiffres sur cette érosion. Mais de manière étonnante, la version disponible
de ce document sur internet est amputée de ces données. Plus regrettable encore, des chiffres sur
les espèces ou habitats sont présentés sous l?angle du pourcentage restant préservé ou encore
existant, plutôt que du pourcentage de perte ou de destruction. Une communication mettant en
exergue ces évolutions, dans l?objectif de faire comprendre le déclin de la biodiversité, pourrait être
adossée non seulement à la stratégie nationale biodiversité, mais aussi au plan national
d?adaptation au changement climatique qui vient d?être publié.
La mission a noté plusieurs initiatives intéressantes. Concernant les collectivités, elle note
l?existence des atlas de la biodiversité communaux et des labellisations « territoire engagé pour la
biodiversité ». Mais elle s?interroge sur la réalité des changements transformateurs que ces deux
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outils permettent, et encore plus sur le caractère réellement « systémique » de ces changements
qui, aujourd?hui, semblent plus constituer des expérimentations en opportunité, sans analyse,
exigence en matière de résultat, vision dynamique (l?atlas est une photo et pas un film) ni réelle
perspective d?une future mise en cohérence voire généralisation. Par ailleurs, les atlas de
biodiversité communale pourraient embarquer davantage de groupements ou communautés de
communes que de communes isolées. La mission perçoit un intérêt plus important, par rapport Ã
une démarche solitaire de la part d?une commune entourée d?autres communes non engagées, Ã
travailler à plusieurs communes sur les questions de continuités fonctionnalités (trame verte), de
corridors, qui sont essentielles pour la biodiversité. Enfin, la mission n?a pas de réelle vision sur la
caractère « évolutif » de ces atlas, en termes de prévisions, de préconisations face aux pressions
ainsi que dans un cadre d?adaptation au changement climatique.
Ecophyto 2030 n?apparaît pas dans le bilan du COP, alors que les projets financés par cet outil
témoignent des possibilités de conciliation des activités agricoles et de protection de la biodiversité.
L?OFB copilote le comité scientifique et technique du plan Ecophyto avec l?Anses et INRAE, mais
reste cantonné au financement du dispositif et à la mise à disposition de données (notamment
celles relatives à la Banque Nationale des Ventes distributeurs). L?OFB gagnerait, en collaboration
avec les autres organismes et structures travaillant sur le sujet (organismes de recherche,
chambres d?agriculture, services de l?État régionaux, région, associations, instituts techniques
agricoles...), à recenser les expériences de terrain réussies en la matière en fonction des
caractéristiques locales et à participer à la diffusion par ses réseaux.
Le bilan n?est pas très explicite et ne fournit pas d?indicateurs sur l?efficacité des agences régionales
de la biodiversité, en dehors d?un satisfecit sur le fait qu?elles existent, alors qu?elles constituent un
outil majeur de mobilisation des territoires. Il y a peu, voire pas d?indicateurs permettant de mesurer
le degré de mobilisation des acteurs et, en découlant, de l?efficience de l?action de l?OFB en matière
de « conviction », « d?influence » voire de « recrutement », si possible sur des métriques et
échelles communes et comparables entre elles.
La mission estime que la présence de l?OFB dans les territoires ne peut que favoriser la mobilisation,
par le biais d?actions peut-être moins nombreuses, mais plus ciblées, adaptées et finalement
structurantes selon les acteurs et parties prenantes à toucher. Cela peut passer par des indicateurs
et des métriques et méthodes d?évaluation plus homogènes et donc comparables et plus
généralement par une systématisation des retours d?expériences et suivis/évaluations sur la durée
avec comme indicateur de base la mesure de la préservation, de la restauration de la biodiversité
voire des effets d?éventuelles actions de compensation.
Dans tous les cas, ces analyses ex ante et ex post devraient comporter si possible un chiffrage de
la valeur socio-économique produite à la fois pour des raisons d?intérêt et de crédibilité. Sur les
indicateurs à retenir au final dans le COP, un recentrage pourrait être bénéfique autour de quelques
actions phare considérées comme visibles et efficaces en termes de création de valeur
socioéconomique, mais aussi reproductibles ou adaptables (sans aller jusqu?à un objectif de
généralisation sans doute encore trop ambitieux).
2.2.6 Construction de l?établissement
De nombreuses actions ont été conduites et la mission perçoit bien que cette construction a
mobilisé fortement l?ensemble de l?équipe de direction.
La mission a noté une démarche de baromètre social interne mais n?en a pas eu transmission. Il y
a encore des actions à conduire, qui, pour la mission, doivent porter sur la raison d?être/la vocation
transversale de l?établissement, laquelle devrait être définie dans le COP, partagée et finalement
intériorisée par l?ensemble des agents, aussi bien dans l?exercice de leur métier que dans leur
identité professionnelle d?agent public. Au final, il semble à la mission que des efforts restent à faire
sur le partage d?une culture commune de l?établissement public unique. De la même manière que
les orientations stratégiques de l?activité doivent se situer dans un continuum, chaque agent de
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l?OFB doit pouvoir internaliser son rôle, la contribution de son métier dans l?activité et, au final, sa
place et son utilité d?agent public dans la réussite de la stratégie générale de l?établissement. Pour
cela, une construction du COP plus « participative » avec la communauté des agents semble
indispensable à la mission.
Ainsi la question de la construction de l?établissement en elle-même ne doit pas constituer une
orientation stratégique du COP, mais les mesures managériales pour réussir le changement
transformateur de l?OFB lui-même devraient en tout état de cause en constituer un objectif
transversal et structurant.
Il est à noter que l?Outre-mer fait l?objet d?un traitement à part dans le bilan du fait de ses spécificités
et des enjeux qu?il représente : l?Outre-mer abrite 80 % de la biodiversité nationale. Le bilan est
très fourni sur ce volet mais toujours selon une présentation de « catalogue » d?actions.
2.3 Un positionnement bien établi au sein de l?écosystème
institutionnel (l?OFB « joue collectif »)
Au niveau national, l?OFB veille à agir en synergie et en complémentarité avec les établissements
publics avec lesquels il partage un intérêt à travailler, et dispose de protocoles très nourris avec
chacun d?entre eux contrairement à l?impression donnée par le titre du rapport Bacci (« l?OFB un
capitaine qui doit jouer plus collectif »)12. Certains protocoles sont parfois anciens, voire échus
(comme celui de l?ADEME, Agence de la transition écologique), il apparaît donc pertinent de les
mettre à jour, et d?en assurer un suivi régulier.
Au niveau territorial, l?OFB veille à maintenir sa bonne implantation dans l?écosystème des services
de l?État. Il exerce ses missions de police administrative sous l?autorité du préfet, délégué territorial
de l?OFB. La politique de l?établissement (instruction du 4 février 2025 du directeur général
confortant des instructions antérieures) est d?ailleurs de solliciter des contacts réguliers avec les
autorités et partenaires institutionnels régionaux et départementaux notamment à la prise de
fonction d?un nouveau préfet ou chef de service afin de présenter l?organisation, l?activité et les
priorités de l?établissement.
Le représentant de l?OFB est membre des Missions interservices de l'eau et de la nature (MISEN)
et Comités opérationnels de lutte contre la délinquance environnementale (COLDEN), et participe
à chaque réunion. Dans les territoires où la mission s?est rendue, il est également membre du
collège élargi des chefs de services de l?État. La coopération de l?OFB avec les autres services de
l?État est régulière. Au siège des bassins hydrographiques, le directeur régional de l?OFB est, Ã
côté du directeur de la DREAL et du directeur général de l?agence de l?eau, membre du secrétariat
technique de bassin. Pour autant, ces relations avec les autres services de l?Etat doivent être
entretenues en permanence et nécessitent de l?OFB une vigilance particulière pour être bien
associé aux instances régionales (exemple de la conférence des parties biodiversité dans une des
régions visitées).
La perception de l?établissement par les différentes parties prenantes est inégale. Avec les
collectivités, les Agences régionales de la biodiversité - ARB, constituent un outil de coopération
qui positionnent l?OFB comme un partenaire naturel des régions, voire d?autres collectivités
(départements notamment) dans certains territoires. L?image vis-à -vis des collectivités locales est
globalement bonne mais l?action de l?OFB vis-Ã -vis d?elles reste ponctuelle avec des outils comme
les ABC (atlas de la biodiversité communale) ou les TEN (territoires engagés pour la nature),
présentés comme des outils de mobilisation des acteurs). Dans les faits, l?ABC ne permet pas
forcément d?établir une collaboration suivie qui pourrait déboucher sur des engagements dans la
durée et des réalisations pour la protection de la biodiversité et des milieux naturels.
Concernant la relation avec le monde agricole, elle n?est globalement pas aussi détériorée que ce
12 Le rapport Bacci ne développe pas dans le corps du texte les constats ayant conduit à ce titre.
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qui a pu transparaitre dans l?actualité nationale en 2024 et début 2025. Le mécontentement d?une
frange des agriculteurs s?est cristallisé autour de la fonction de police de l?OFB s?appuyant sur
quelques cas de contrôles problématiques, et dans certains départements seulement. Les deux
rapports IGEDD-CGAAER sur la question montrent également clairement que le mécontentement
des agriculteurs vient aussi de la crise qu?ils traversent : revenu des agriculteurs notamment. La
mission a rencontré des représentants agricoles en Normandie qui travaillent localement avec
l?OFB comme avec les services de l?État afin de faciliter la prise en compte de la réglementation
par le monde agricole (exemple : guichet unique haies). En revanche, en Auvergne-Rhône-Alpes,
les offres de service de l?OFB auprès des organisations agricoles pour organiser des réunions de
sensibilisation ou de formation à la réglementation restent sans suite. L?OFB est attentif à entretenir
un dialogue avec la profession agricole via une réunion annuelle avec la chambre d?agriculture et
les syndicats agricoles. Dans les départements où le dialogue avec les professionnels agricoles
est dégradé, l?image de l?établissement gagnerait à une communication conjointe avec le préfet et
les services de l?État autour de politiques publiques portées conjointement en lien avec des enjeux
locaux, en particulier sur les actions de police, exercées aussi par les DDT.
2.4 Un dialogue pas totalement satisfaisant avec la tutelle
environnement et une double tutelle déséquilibrée
2.4.1 La DEB regrette un manque de lisibilité
L?OFB est un opérateur de l?État au service des politiques publiques impulsées par ses tutelles. La
Direction de l?eau et de la biodiversité (DEB) qui assure la tutelle de l?OFB côté ministère en charge
de l?écologie lui a attribué le pilotage de certaines actions dans les différentes stratégies liées aux
politiques de l?eau et de la biodiversité (stratégie nationale biodiversité, SNB 2030, Stratégie
nationale pour les aires protégées, SNAP, mise en oeuvre du règlement restauration de la nature?)
et s?appuie sur l?OFB dans l?élaboration de ces stratégies comme dans leur suivi. La DEB formalise
également ses demandes d?appui à l?égard de l?OFB sous la forme de mandats (exemple : mandat
sur les pollinisateurs). L?OFB apporte de façon active cet appui régulier à la DEB, mais son activité
ne se traduit pas nécessairement par des indicateurs de performance pour mesurer sa contribution
à l?atteinte des objectifs de politique publique.
Par ailleurs, la DEB souhaite disposer de plus de visibilité sur l?allocation des moyens de l?OFB Ã
ces différentes politiques publiques rejoignant la recommandation de la Cour des comptes à l?OFB
de se doter d?indicateurs d?efficience (qui rapportent le résultat aux ressources mobilisées pour
l?atteindre). A cette fin, l?établissement pourrait s?appuyer sur les outils numériques de suivi
d?activité (GEACO pour les services territoriaux et Virtualia au siège) en cours de convergence et
sur une pratique de rapportage du temps passé déjà bien instaurée chez les agents
Il est à noter que la mission, malgré ses demandes, n?a pas eu communication des données sur la
répartition des effectifs de l?OFB entre le siège et les services territoriaux, ni à un niveau de détail
allant au-delà de ce qui figure dans le compte financier.
Par conséquent, la mission n?a pas pu produire, comme il était demandé par la lettre de commande,
les éléments liés aux effectifs et au budget à une échelle fine, ni distinguer les moyens dévolus aux
échelles nationales et territoriales ou consacrés aux enjeux eaux et biodiversité, faute d?éléments
chiffrés de la part de l?OFB, malgré plusieurs demandes.
La mission a constaté que l?exercice de la tutelle par la DEB s?effectue parfois en mode dispersé
avec de multiples services impliqués à l?origine de commandes et un manque de centralisation et
de hiérarchisation.
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2.4.2 Une double tutelle insuffisamment équilibrée et des attentes Ã
clarifier sur l?agriculture
La tutelle assurée par le ministère en charge de la transition écologique est largement
prépondérante, du fait du champ des missions de l?établissement et de l?origine budgétaire de ses
ressources (la subvention pour charges de service public de l?établissement est uniquement portée
par le programme 113 du MTE). Le ministère en charge de l?agriculture a réinvesti son rôle de
tutelle dans le contexte de tension avec le monde agricole notamment en se mobilisant avec la
DEB sur la production conjointe de fiches pédagogiques sur des sujets « irritants ».
Afin de faciliter l?exercice partagé de la tutelle avec le ministère en charge de l?agriculture, la DEB
a prévu trois bilatérales de directions par an.
La coordination des deux tutelles à travers des échanges plus réguliers en associant l?OFB est
nécessaire dans un contexte où l?activité de l?opérateur a pu devenir un sujet politique incarnant
aux yeux du monde agricole les contraintes liées aux politiques environnementales. Pour autant,
les attentes de la tutelle agriculture vis-Ã -vis de l?OFB, qui visent en premier lieu un apaisement
entre l?OFB et le monde agricole, doivent être clarifiées sur les questions de sensibilisation, de
pédagogie et du conseil auprès des agriculteurs, en lien avec les chambres d?agriculture, sur les
sujets environnementaux en dehors du champ strict des contrôles.
A titre d?exemple, la SNAP indique que l?OFB a vocation à accompagner les acteurs de territoires
dont les acteurs des filières agricoles dans la transition agroécologique dans le cadre du projet
LIFE Biodiv?France.
L?OFB s?est dotée d?une stratégie pour intervenir dans le champ de l?agroécologie comportant des
actions de coopération sur le sujet avec le monde agricole, répondant ainsi à la demande
d?accompagner l?activité de contrôle du monde agricole d?une dimension pédagogique. Néanmoins,
les chefs de file des politiques agroécologiques côté État (ministère en charge de l?agriculture en
central et DRAAF au niveau régional) rencontrés par la mission n?ont pas exprimé d?attentes
particulières vis-à -vis de l?OFB en la matière, considérant que le sujet serait déjà investi par une
multitude d?acteurs institutionnels, de recherche et développement et associatifs.
Le positionnement attendu sur ce sujet de l?OFB comme facilitateur ou pourvoyeur de
connaissance aux côtés des chefs de file n?est pas explicité par les tutelles, alors que l?opérateur
dispose de ressources et de compétences qui pourraient être mobilisées sur ce sujet en tant
qu?animateur du centre de ressources captages, coordonnateur des projets LIFE Artisan et
Biodiv?France qui recensent des pratiques agroécologiques, et détenteur d?une expertise en
matière de biodiversité (haies, pollinisateurs)?
2.5 Les trois orientations stratégiques proposées
Forte de son analyse du premier COP et des entretiens qu?elle a menés, la mission propose trois
orientations stratégiques, détaillées dans la suite du rapport, pour le futur COP de l?OFB :
? un OFB qui concourt à protéger et restaurer le vivant et à assurer l?usage durable des
ressources naturelles que constituent l?eau et la biodiversité, en les valorisant, en contrô-
lant les usages les impactant, en faisant de la pédagogie, en déployant une activité d?in-
fluence, en appuyant ceux qui gèrent les territoires ou en gérant lui-même des aires proté-
gées. L?objectif est de limiter les cinq pressions qui pèsent sur la biodiversité, de développer
les solutions fondées sur la nature pour atténuer et s?adapter au changement climatique et
de regagner en biodiversité et en fonctionnalité des écosystèmes, créant ainsi de la valeur
socioéconomique. Pour ce faire, l?OFB s?inscrit dans un réseau partenarial avec l?ensemble
des opérateurs publics et des structures oeuvrant dans son domaine de compétence.
? un OFB qui contribue à connaître et faire connaître l?eau, la biodiversité, leurs dynamiques,
leurs valeurs et les services rendus par les écosystèmes, en se fondant sur la science, qui
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https://www.ofb.gouv.fr/le-projet-life-biodivfrance
https://www.ofb.gouv.fr/le-projet-life-integre-artisan
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s?inscrit dans une démarche prospective, d?adaptation de la biodiversité au changement
climatique et dans un réseau international et national d?acteurs. Un OFB qui produit, capi-
talise, met à disposition (notamment à des fins d?intégration de la biodiversité dans les
politiques publiques) et valorise la connaissance liée à l?état des milieux et de la biodiversité
ainsi que sur les pressions qu?elle subit du fait des activités humaines et de leurs impacts
dans le contexte du changement climatique.
? un OFB opérateur de l?État agissant en synergie pour impulser et accompagner la mobili-
sation de toutes les parties prenantes (chasse, pêche, agriculture, loisir, forêt, associations,
collectivités, entreprises, citoyens), grâce à son positionnement dans les territoires métro-
politains et Outre-mer. Au sein de la sphère Etat, il construit avec les régions et les autres
services et opérateurs publics les stratégies territoriales pour hiérarchiser et démultiplier
son action d?accompagnement et de conseil, mobiliser et entraîner les acteurs de terrain
dans une démarche de reconquête du vivant, en les orientant, les conseillant et les soute-
nant. En s?appuyant sur des actions, expérimentations et projets réussis sur le terrain et un
narratif issu de son expertise, il sensibilise ces acteurs jusqu?aux citoyens sur l?importance
d?écosystèmes et d?une biodiversité riches et fonctionnels pour la préservation des activités
humaines, de la santé, de la qualité et du cadre de vie.
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3 Première orientation stratégique : concourir à préserver
et restaurer le vivant et les ressources naturelles
Une raison d?être prépondérante de l?établissement en tant qu?opérateur de l?Etat sous la double
tutelle des ministères en charge de l?écologie et de l?agriculture consiste à contribuer à protéger et
à restaurer le vivant. Dans la poursuite de cet objectif, il est chargé de missions de police de
l?environnement et joue un rôle essentiel dans la gestion des espaces protégés, deux missions au
coeur des politiques publiques de l?environnement et mises en oeuvre aux côtés des autres services
de l?État et établissements publics agissant dans ce domaine. Cette orientation stratégique comme
les suivantes est déclinée en objectifs opérationnels, objets chacun d?un paragraphe.
3.1 Une police à mieux assumer, expliquer et coordonner localement
L?OFB exerce des missions de police judiciaire et administrative, sous l?autorité respective des
procureurs de la République et des préfets, dans le domaine de l?eau, des espaces naturels, de la
faune sauvage et de la flore, de la chasse et de la pêche notamment. En premier lieu, dans un
contexte où la police de l?environnement a pu être fragilisée par les tensions apparues avec le
monde agricole, il importe que le COP réaffirme l?importance de cette mission de l?établissement
en application de la législation nationale et pour la mise en oeuvre des politiques
environnementales, et que cette importance soit mise en avant par l?ensemble de l?appareil d?Etat,
dans chaque département, au même titre que les autres polices.
Pour conforter cette mission de police, il importe de travailler sur son image qui reste encore
brouillée, voire restreinte à l?aspect coercitif par la profession agricole qui conteste les modalités
de son exécution. Le contrôle des exploitants agricoles a fait l?objet de deux missions inter-
inspections IGEDD-CGAAER en 2024 13 . S?appuyant sur les recommandations de ces deux
rapports, la ministre en charge de la transition écologique et la ministre de l?agriculture ont annoncé
en avril 2025 dix mesures pour un dialogue renouvelé entre l?OFB et le monde agricole : ces
mesures vont dans le sens d?une pédagogie accrue vers le monde agricole, à travers notamment
des fiches pratiques sur les sujets potentiellement irritants, des contrôles à blanc ou des formations
pour mieux connaitre les enjeux du monde agricole côté agent de l?OFB et les enjeux de la
biodiversité pour les agents des chambres d?agriculture. Il est encore trop tôt pour tirer un bilan de
ces mesures qui ne relèvent pas toutes de l?OFB, puisque celui-ci agit dans un cadre national et
local (défini par le préfet de département ou le procureur).
Dans la perspective du COP, le présent rapport dresse quelques constats confortant ceux des
précédentes missions inter-inspections en en dégageant des orientations à visée opérationnelle.
L?exercice de cette mission de police par l?OFB, et en particulier de l?activité de contrôle, ne peut
être efficace et compris que s?il est entièrement intégré dans les orientations (plan de contrôle,
mais aussi doctrine sur les suites administratives aux contrôles et politique pénale des procureurs)
définies localement en application des instructions nationales.
13 Ces rapports sont intitulés :
? « Une meilleure compréhension des contrôles exercés par l?Office français de la biodiversité (OFB) sur
les exploitants agricoles et d?une amélioration des relations entre l?OFB et le monde agricole », décembre
2024.
? « Révision des procédures de contrôle et des échelles des peines dans l?objectif de construire un cadre
de confiance avec le monde agricole » en mai 2024.
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3.1.1 Valoriser les enjeux environnementaux au centre de l?activité de
police pour en améliorer la reconnaissance
Les tensions apparues autour de la mission de contrôle de l?OFB, décriée par le monde agricole,
ont mis en avant son côté coercitif. Elles ont pu fragiliser son exercice en poussant à privilégier
une « paix sociale » et à réduire certains contrôles ou les suites apportées aux contrôles sur
certaines activités agricoles14. Ces tensions ont aussi été un des éléments de réflexion sur les
modalités d?intervention et sur la pédagogie auprès des usagers. La mission de police représente
une prérogative de puissance publique essentielle pour l?application de la réglementation visant Ã
protéger les milieux naturels et la biodiversité mais aussi la santé (à travers la protection des
captages d?eau potable) ou le cadre de vie (activités de loisir dans les espaces naturels?). Dans
un contexte d?appauvrissement de la biodiversité, de multiplication et d?allongement des périodes
de déficit hydrique dans certaines régions, de détérioration des milieux naturels (fragmentation et
artificialisation, diminution des linéaires de haies?), cette mission devrait voir sa légitimité accrue.
Elle doit être réaffirmée dans le COP comme un coeur de métier indispensable de l?établissement
en rappelant qu?elle nécessite des compétences à la fois réglementaires et procédurales mais
aussi une appréciation des situations, une capacité de dialogue, d?explicitation de la réglementation
avec des publics divers dans un contexte où les infractions environnementales sont parfois
minimisées face aux enjeux économiques.
Les relations avec les préfets, les autres services de l?État (DDT, DDPP?) et les procureurs sont
généralement bonnes même si les enjeux environnementaux peuvent être plus au moins
considérés dans l?agenda local. De ce fait, les agents de l?OFB doivent s?adapter à différentes
configurations et proposer des approches qui pourront être basées sur les usages afin d?affirmer
une présence sur les territoires et appliquer la réglementation mais sans perdre de vue les enjeux
qui demandent d?établir des priorités en ciblant les pressions les plus fortes sur les milieux naturels.
L?OFB dispose de connaissances qui lui donnent une légitimité pour proposer des diagnostics
territoriaux sur les zones à enjeux en termes d?eau et de biodiversité afin d?orienter les décisions
des MISEN et des COLDEN dans la définition des priorités en matière de police.
La reconnaissance des missions de police d?un point de vue sociétal passe par une meilleure
appréhension des enjeux. Une communication basée sur la protection de la biodiversité et des
milieux naturels permettrait de mieux valoriser cette activité. Ainsi, la remise en état de zones
humides, la replantation de haies, la mise en place de bandes enherbées dans les zones non
traitées peuvent être des suites à des actions de contrôles et permettre d?illustrer concrètement les
résultats de l?action de police de l?OFB auprès des différents publics. L?OFB doit publier tous les
ans le rapport grand public de son action de police, en insistant sur son utilité pour protéger et
améliorer l?environnement et l?eau.
La police de l?environnement couvre des domaines relativement vastes qui demandent aux agents
d?investir des champs de connaissance divers et le droit de l?environnement évolue rapidement.
Dans ce contexte, la formation reste un élément essentiel à la prise de fonction mais aussi tout au
long de la carrière professionnelle. Elle doit couvrir les aspects liés aux postures ou à la gestion
des situations de tension avec certains usagers et être encouragée notamment par les encadrants
lors des entretiens professionnels et en poursuivant l?effort réalisé dans les programmes de
formation pour en tenir compte.
14 Extrait du rapport d?activité de police de l?eau et de la nature de l?OFB, enseignement tirés de cinq années
d?exercice (2020-24) : « Pour 2024, la baisse du nombre de contrôles ciblés s?explique en partie par le contexte de
crise agricole ».
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3.1.2 La condition d?une police de l?environnement efficace et bien
comprise : une doctrine coordonnée entre préfets et procureurs sur
les suites des contrôles
Dans les sujets liés à l?exercice du contrôle, la question de l?équilibre entre polices administrative
et judiciaire est régulièrement évoquée par les personnes auditionnées par la mission. Le rapport
Bacci souligne d?ailleurs que « l?articulation entre ces deux compétences (en matière de police
administrative et de police judiciaire) pose parfois un certain nombre de difficultés ». En particulier,
les inspecteurs de l?environnement de l?OFB ne peuvent pas prendre la responsabilité de
déterminer les seuils ou gravité d?infraction qui appellent des actions conjointes lorsque les deux
approches (rapport de manquement administratif, RMA, et procès-verbal, PV) peuvent être
envisagées. Le COLDEN joue un rôle indispensable en la matière comme le souligne l?inventaire
des contrôles prioritaires en matière de police de l?eau et de la nature et doit définir une politique
pénale qui couvre ces aspects.
Pour autant, des différents documents établis par les MISEN et COLDEN (plans de contrôle?), il
ne ressort pas nécessairement une doctrine définie en amont de façon coordonnée sur les suites
qui seront données aux différents types d?infractions ou de non-conformités constatées lors des
contrôles.
En effet, côté usagers, lorsque les sanctions en réponse à un certain type d?infraction sont connues
à l?avance, cela évite une incertitude. A ce titre, la mission a trouvé intéressante la convention entre
le procureur d?Evreux et la Chambre d?agriculture de l?Eure qui, pour certaines infractions, permet
comme alternative à des poursuites judiciaires, l?accomplissement d?un stage de sensibilisation
environnementale à la charge du contrevenant. Il est à noter que cette alternative ne s?applique
pas en cas de récidive.
En matière administrative, les relevés de manquement administratifs établis par l?OFB ne donnent
pas toujours lieu à des suites administratives qui permettraient pourtant de répondre de façon
proportionnée et progressive à des irrégularités, en articulation avec les suites pénales qui ont
d?abord vocation à sanctionner les atteintes intentionnelles ou non réparables. Ceci peut constituer
une source d?incertitude pour les inspecteurs de l?OFB et les démotiver d?établir des RMA. Cette
auto-censure constitue également un risque d?application non homogène du droit de
l?environnement.
Aussi la mission préconise-t-elle l?établissement d?une doctrine sur les suites données aux RMA
selon les irrégularités les plus fréquemment rencontrées qui serait actée au sein de la MISEN. En
tout état de cause ce qui relève du contrôle pédagogique doit être défini en amont de façon
partagée et formalisée entre les services de l?État et ne peut pas relever de la responsabilité d?un
seul service ou a fortiori d?un seul agent.
Au sein des MISEN et COLDEN, l?OFB peut jouer un rôle moteur dans l?établissement du dialogue
entre autorités administratives et judiciaires en proposant une déclinaison territoriale des
instructions nationales en matière d?articulation des polices judiciaires et administratives.
Il est à noter que le renouvellement des conventions tripartites conclues entre le préfet de
département, l?OFB (voire les parcs nationaux et l?ONF) et le procureur de la République en
application des circulaires du 22 août 2007, relative à la mise en oeuvre de la transaction pénale
dans le domaine de la police de l?eau et de la pêche en eau douce, et du 21 avril 2015 relative aux
orientations de politique pénale en matière d?atteintes à l?environnement, est laissé à l?appréciation
des parquets concernés et remplacé par la mise en place des COLDEN. L?OFB peut en tout état
de cause avec les services de l?État évaluer l?opportunité d?une reconduction des conventions pour
fournir une aide à la décision des préfets et Parquets.
L?OFB pourrait également être source d?information auprès de ses tutelles sur les actions mises
en oeuvre par les autorités de police en matière de police environnementale.
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Enfin, une partie des contrôles menés par l?OFB font suite à un signalement ce qui peut générer
une activité non négligeable dans certains départements. A la connaissance de la mission, aucune
politique ou mesure de gestion de ces signalements n?est établie au niveau national et dans le
rapportage lié aux contrôles, ne figure pas nécessairement le lien avec un signalement (même si
plus de la moitié des services de contrôle remplit cette information). Le rapportage sur ce point
devrait être systématique afin d?apprécier la nécessité de définir une politique de gestion selon
l?activité qu?ils représentent. Il est à noter que dans la région Grand Est pour faire face à la montée
des signalements sur les espèces protégées, la direction régionale de l?OFB et la DREAL, en
partenariat avec les associations, ont élaboré en octobre 2024 une stratégie pour identifier les
espèces à traiter en priorité et définir un mode de traitement de ces signalements.
3.1.3 Développer la coordination avec les services de l?État et les parquets
pour une meilleure compréhension de la réglementation et des
contrôles
Plus que la pression de contrôle (objectivement faible, comme le rappellent les rapports IGEDD
CGAAER cités plus haut), d?autres éléments liés à une mauvaise compréhension de la
réglementation, du déroulement des contrôles et des suites (notamment judiciaires) sont cités par
les représentants du monde agricole comme des causes de la perception parfois négative de ces
contrôles. Les tensions apparues sur le contrôle de l?activité agricole ont fait émerger un besoin
d?explicitation des contrôles en lien avec les enjeux qu?ils représentent en matière de protection
des milieux et de la biodiversité.
Le contrôle pédagogique fait partie des dix mesures identifiées pour apaiser les relations de l?OFB
avec le monde agricole. Le contrôle pédagogique doit bénéficier à l?ensemble des usagers en vue
d?améliorer la prévention des atteintes à la biodiversité et aux milieux. Il convient de souligner que
ce type de dispositif ne peut pas relever d?une décision de l?OFB qui agit en matière de police sous
l?autorité du préfet ou du procureur de la République. En revanche, l?OFB peut définir pour ses
agents en charge de la police de l?environnement et en lien avec ses tutelles un cadre leur indiquant
comment se monte une opération de contrôle pédagogique, avec l?ensemble des services de l?Etat
compétents, de la proposition au préfet ou au procureur à la réalisation de l?opération et à la
communication afférente. Il importe également que ce cadre indique aux agents la façon de
comptabiliser cette activité dans l?outil de suivi dédié.
En partenariat avec les autres services de l?État, l?OFB peut être un élément moteur pour des
opérations de contrôle pédagogique en s?appuyant sur un cadre national établi par l?opérateur en
lien avec ses tutelles.
En matière d?indicateur qualitatif sur le déroulement des contrôles, la mission rappelle que, dans
les dix mesures de sortie de crise est prévue la mise en place d?un guichet/adresse électronique
permettant de signaler les contrôles problématiques, ce qui peut permettre la mise en place d?un
suivi. Pour autant, il importe de faire la part dans ces contrôles rapportés comme problématiques
de ce qui relève du déroulement du contrôle (postures, écoute?) du fond considérant, que ces
signalements ne doivent pas interférer avec la réponse qui sera apportée par la puissance publique
aux irrégularités constatées.
Enfin, les priorités de contrôle retenues au niveau national comme départemental doivent être
explicitées auprès des différents acteurs.
La mission a ainsi noté que la fédération nationale des chasseurs comme la fédération
départementale de l?Allier déplorent un nombre de contrôles en matière de police de la chasse qui
a baissé depuis la création de l?OFB.
En effet, lors du passage de l?ONCFS à l?OFB, le champ des contrôles s?est considérablement
élargi en incluant celui des contrôles de l?AFB. Cela a nécessairement fait évoluer les priorités en
matière de contrôle du nouvel opérateur en fonction des pressions sur l?environnement et amené
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des réductions du nombre de contrôles en police de la chasse. Pour autant, l?OFB continue une
action conséquente en matière de police de la chasse comme l?attestent les chiffres des rapports
d?activité de contrôle : 29 % des opérations du plan de contrôle « eau et nature » 2022 relevaient
de la police de la chasse qui représente l?usage de la nature le plus contrôlé par l?OFB. Cela n?est
pas forcément bien connu du monde de la chasse. Plus globalement, une communication sur les
contrôles au niveau national, sous l?égide des tutelles et du ministère de l?intérieur, permettrait de
mieux se rendre compte du poids respectif des usages et pressions contrôlés, au regard de l?enjeu
de protéger les milieux naturels et la biodiversité par l?application de la réglementation.
En matière d?efficience de l?activité de contrôle, des indicateurs sont d?ores et déjà suivis par l?OFB
comme le ratio du nombre de contrôles par agent. Ils pourraient figurer dans le COP pour répondre
aux demandes des tutelles de disposer de tels indicateurs.
L?intégration de l?activité de contrôle dans les plans de contrôles départementaux pourrait
également faire l?objet d?un indicateur : ratio du nombre de contrôles programmés dans le plan de
contrôle (« eau et nature » ou « mer ») sur le nombre total de contrôles réalisés. Cet indicateur
permettrait aussi d?évaluer la part de l?activité de contrôle de l?OFB orientée vers les MISEN et
COLDEN. Il existait d?ailleurs jusqu?en 2022. Aucune explication n?a été fournie quant à sa
suspension.
(OFB et services de l?État sous l?autorité du préfet) Communiquer sur
les impacts des contrôles sur la biodiversité et les milieux à travers des indicateurs concrets
de remise en état (zones humides, haies, bandes enherbées le long des cours d?eau?).
Développer la prévention via les contrôles pédagogiques pour tous les types d?usagers.
3.1.4 Des compétences internes à mieux connaître afin de pérenniser un
appui technique de qualité aux services de l?État
Avec la création de l?OFB, une politique intense de formation a été menée pour mettre à niveau les
agents sur l?ensemble du nouveau champ de compétence de l?établissement. Par ailleurs, certains
agents détiennent une expertise particulière notamment des compétences naturalistes, des
connaissances des milieux marins et aquatiques, des espèces protégées et réglementées. Cette
expertise est indispensable pour fonder les avis techniques sollicités par les préfets et les services
de l?État dans l?instruction de certaines demandes d?autorisations et de dérogations en s?appuyant
sur la démarche « éviter, réduire, compenser ». Elle peut aussi intervenir en appui à l?élaboration
de certaines décisions (arrêtés sécheresse par exemple) ou documents stratégiques comme la
révision des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) dès lors que
l?OFB détient (parfois seul) la compétence nécessaire. Avec l?augmentation de la taille de
l?établissement et les nouvelles missions qui lui incombent il existe un risque de perte de ces
compétences dans certains départements.
Ces compétences spécifiques des agents de l?OFB nécessitent donc d?être répertoriées sous la
forme d?un inventaire ou d?une cartographie des compétences pour s?assurer qu?elles sont
suffisantes, adaptées aux besoins en termes de champs thématiques et au bon endroit ainsi que
pour anticiper leur renouvellement. Il importe que les directions régionales et les services
départementaux de l?OFB fassent remonter au siège les situations où ils n?ont pas été en mesure
de répondre à une demande d?appui technique des préfets ou des services de l?État. Sur la base
de ce diagnostic, une réflexion doit faire émerger des solutions temporaires comme la mobilisation
d?experts nationaux en renfort quand le recrutement des profils adéquats localement prend plus de
temps.
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3.2 Adapter la gestion des aires protégées aux changements globaux
et enjeux de santé et mieux concilier activités humaines et
objectifs de conservation
Début 2025, 31,2?% des surfaces terrestres et 33,6?% des surfaces marines françaises sont
officiellement protégées15. L?OFB est chargé de la gestion ou de la cogestion de certains territoires
remarquables dont la totalité des huit parcs naturels marins (plus de 140 000 km2) et une trentaine
de réserves (plus de 54 000 hectares). Il anime également différentes instances réunissant les
têtes des réseaux des gestionnaires d?aires protégées (conférence des aires protégées notamment)
et intervient, en partenariat avec d?autres organismes (Muséum national d?histoire naturel, MNHN,
Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer, IFREMER, Centre national de la
recherche scientifique, CNRS, Office national des Forêts, ONF?), en appui de ces gestionnaires
en fournissant des connaissances, en développant et diffusant des outils techniques et
méthodologiques.
A ce titre, l?OFB joue un rôle majeur dans la mise en oeuvre de la SNAP, tant dans l?appui au
ministère en charge de l?écologie et dans l?accompagnement des acteurs locaux que dans la
gestion des différents sites protégés dont il a la charge.
Le bilan de la mise en oeuvre de la SNAP en cours devrait permettre d?actualiser le plan d?actions
national (2021-23) et les plans d?actions territoriaux et contribuer ainsi au COP sur la thématique
des aires protégées. Le plan d?action national de la SNAP confie à l?OFB le soin de proposer un
dispositif de suivi et d?évaluation de la stratégie, contenant une liste d?indicateurs de suivi, ce qui
semble manquer à ce jour.
3.2.1 Développer des outils et méthodes de gestion des aires protégées
intégrant le changement climatique sur la base de l?évaluation de
leur état de conservation
Pour que la gestion du réseau d?aires protégées soit efficace et adaptée dans la poursuite des
objectifs de conservation, elle doit s?appuyer sur un suivi, une évaluation des mesures de gestion
et une acquisition de connaissances en continu sur les populations et les habitats. L?évaluation du
plan de gestion est une obligation réglementaire pour certaines aires protégées, notamment pour
les réserves naturelles, les sites Natura 2000 ou les parcs naturels marins.
L?OFB met à disposition des gestionnaires une méthodologie générale d?évaluation : le guide
d?élaboration des plans de gestion des espaces naturels en ligne sur son site internet préconise
ainsi certains outils d?évaluation comme le tableau de bord. En collaboration avec le MNHN, l?OFB
produit également des méthodologies pour l?évaluation de l?état de conservation de tous les
habitats d?intérêt communautaire. Pour autant, les évaluations de la gestion et de l?état de
conservation ne sont pas déployées selon un cadre unifié sur l?ensemble des aires protégées et
les méthodologies d?évaluation de l?état de conservation ne couvrent pas l?ensemble des aires
protégées selon les milieux et les espèces. Les résultats des dispositifs d?évaluation existants dans
les aires protégées sont peu valorisés. Fort de son activité de gestionnaire d?aires protégées et de
producteur de connaissances sur la biodiversité, l?OFB doit poursuivre le développement d?outils
d?évaluation adaptés aux différents milieux et enjeux de conservation à différentes échelles en
mobilisant les organismes scientifiques compétents sur ces thématiques (MNHN, CNRS, ONF?).
L?évaluation de l?état de conservation des aires protégées doit notamment permettre de mieux
intégrer l?enjeu de l?adaptation au changement climatique. En effet, le troisième plan national
d?adaptation au changement climatique (PNACC) de mars 2025 appelle les gestionnaires d?aires
protégées à adapter leurs règles de gestion pour y intégrer les effets du changement climatique et
pour rendre les territoires plus résilients grâce aux solutions fondées sur la nature.
15 Source : PatriNat, INPN, base des espaces protégés, janvier 2025. Traitement : SDES, 2025
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Plusieurs projets LIFE en cours produiront des méthodes et outils qui devront être capitalisés et
diffusés par l?OFB. C?est le cas du projet LIFE Natur?Adapt qui devrait aboutir à un guide
méthodologique pour réaliser un diagnostic de vulnérabilité et le traduire en plan d?adaptation au
changement climatique à l?échelle de l?aire protégée. Le projet LIFE Artisan pose un jalon important
pour définir les solutions fondées sur la nature comme moyen d?adaptation au changement
climatique. A cet égard, l?OFB, pilote de plusieurs projets européens LIFE, pourrait élargir le
partenariat de ces projets aux autres réseaux de gestionnaires (conservatoire du littoral?) qui n?ont
pas toujours la capacité pour porter seuls des projets mobilisateurs de ressources internes.
En 2024, l?OFB a réalisé un diagnostic de vulnérabilité des parcs naturels marins vis-à -vis du
changement climatique. Les actions pour favoriser l?adaptation ou l?atténuation aux différents
phénomènes ont été mises en évidence. Cette démarche mériterait d?être étendue aux autres aires
protégées afin d?inclure des actions d?adaptation dans les plans de gestion. Enfin, les interfaces
des zones gérées par l?OFB avec les sites gérés par d?autres entités (parc naturel marin et site
terrestre par exemple) méritent une bonne articulation entre gestionnaires afin que les objectifs et
pratiques de gestion soient cohérents.
3.2.2 Développer l?approche une seule santé dans les aires protégées
Au-delà des moyens dont elles disposent pour développer la connaissance sur la santé des
écosystèmes et de de la faune sauvage, les aires protégées, parmi lesquelles celles gérées ou
cogérées par l?OFB 16 , sont un territoire d?expérimentation privilégié pour mettre en oeuvre
concrètement l?approche une seule santé, à travers par exemple la surveillance sanitaire de la
faune sauvage (réseau SAGIR).
Elles possèdent en effet un panel d?outils (surveillance et gestion de la faune sauvage, déploiement
de solutions fondées sur la nature?) ayant pour but le maintien d?un bon équilibre global entre les
trois santés (biodiversité, animaux d?élevage, populations). Un exemple opérationnel est celui des
réseaux sentinelles alpins (collaboration entre parcs nationaux et conservatoires d?espaces
naturels : observation de la pollution chimique d?origine anthropique dans les lacs de montagne et
émergence de maladies virales et fongiques chez les amphibiens, surveillance transfrontalière des
agents pathogènes du bouquetin et étude des relations entre diversité génétique et sensibilité aux
maladies?). Un autre exemple est celui du Parc naturel de Camargue qui cherche à atténuer
l?impact du traitement antiparasitaire du cheptel bovin sur invertébrés et chiroptères en incitant des
éleveurs volontaires, à travers un projet LIFE+, à utiliser des traitements moins toxiques pour la
faune sauvage, en collaboration avec la fédération régionale des groupements de défense
sanitaire et des vétérinaires17.
Aux côtés d?autres gestionnaires d?espaces naturels déjà engagés18 sur ces questions, et comme
sur l?adaptation au changement climatique, l?OFB pourrait avoir un rôle moteur d?ampleur en la
matière. Là aussi le rapport nexus de l?IPBES peut être source d?inspiration, de même que d?autres
publications internationales telles que les Principes « Une seule santé » pour un tourisme durable
dans les aires protégées et conservées édités par l?UICN en 2023. De telles initiatives s?inscriraient
par ailleurs dans la mesure 29, intégrer l'approche "Une seule santé" dans les politiques publiques
et dans les territoires, de la SNB 2030.
16 Huit parcs naturels marins, le sanctuaire de mammifères marins Agoa aux Antilles, 110 sites Natura 2000 marins
et quatre sites Natura 2000 terrestres, huit réserves naturelles nationales, dix réserves nationales de chasse et de
faune sauvage, six réserves de chasse et de faune sauvage, trois réserves de chasse et de faune sauvage de
Corse, une réserve de biosphère, des sites du conservatoire du littoral et un arrêté de protection de biotope.
17 Les aires protégées françaises face aux approches conceptuelles « Une seule santé ? Ecohealth », Durand et
al., Environnement, risques et santé, 2022. Autre exemple cité dans cette publication : un projet LIFE dans les Alpes
mesure l?imprégnation au plomb des gypaètes barbus et conduit des campagnes de sensibilisation des chasseurs,
en vue de réduire les risques pour la santé humaine établis par l?Anses.
18 Voir le projet de motion « Intégrer l?approche une seule santé dans la gestion des réserves naturelles » Ã
l?assemblée générale statutaire des Réserves naturelles de France, 12 juin 2025.
PUBLIÉ
https://naturadapt.com/
https://portals.iucn.org/library/sites/library/files/documents/2022-056-Fr.pdf
https://portals.iucn.org/library/sites/library/files/documents/2022-056-Fr.pdf
https://stm.cairn.info/revue-environnement-risques-et-sante-2022-3-page-227?lang=fr
https://reserves-naturelles.org/wp-content/uploads/2025/06/integrer-lapproche-une-seule-sante-dans-la-gestion-des-reserves-naturelles-12-06-2025.pdf
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3.2.3 Faire des zones protégées des territoires d?expérimentation de la
conciliation des activités humaines et des objectifs de conservation
Les aires protégées sont des territoires où s?exercent des activités humaines, sources potentielles
de pressions. Dans les zones de protection forte, certaines activités humaines peuvent être limitées
ou interdites ce qui permet d?observer l?évolution de la biodiversité et ainsi de mieux connaitre les
effets des pressions et la capacité de résilience des écosystèmes. A ce titre, les aires protégées
constituent des territoires d?expérimentation, de transfert et de déploiement des politiques au
bénéfice de la biodiversité.
L?OFB a lancé un réseau de sites innovants (Sinapce) en aires protégées pour adapter les activités
humaines aux enjeux écologiques : sur la base d?expériences en aires protégées, des bonnes
pratiques sont transférées entre les aires protégées en dehors. Ce type d?initiative mériterait d?être
prolongé et enrichi sur la base de sites disposant d?activités plus diverses notamment en matière
d?agriculture. La capitalisation des retours d?expériences issus des projets passés (comme les
travaux sur Natura 2000 en milieu marin) est un axe prioritaire pour permettre aux décideurs
d?accéder à des informations fiables.
3.2.4 Finaliser les analyses de risque de I?activité de pêche
professionneIIe en zone Natura 2000 et dans les autres aires marines
protégées
Une des priorités sur lesquelles l?OFB intervient pour le compte des préfets maritimes en
partenariat avec les directions interrégionales de la mer (DIRM) concerne l?analyse du risque pêche
dans les sites Natura 2000 maritimes19. Pour tenir les engagements communautaires de la France,
123 sites Natura 200020 nécessitent une analyse risque pêche habitat au titre des fonds marins.
De plus, l?analyse risque pêche est un préalable nécessaire pour que ces aires marines protégées
puissent se porter candidates à une labellisation en protection forte, et l?objectif fixé par la SNB
2030 de classer 5 % de l?espace maritime hexagonal en zone de protection forte d?ici 2030 est loin
d?être atteint (0,1% en 2025). A la mi-2025, 56 sites avaient conclu ces analyses, des mesures
réglementaires de réduction du risque ayant été adoptées dans 15 d?entre eux. Il convient donc
d?accélérer la réalisation de ces analyses de risque pêche afin de renforcer la protection des milieux
marins.
L?OFB ne dispose pas forcément des données en matière de pêche nécessaires pour la conduite
de ces analyses, qui sont pourtant des données déclaratives des pêcheurs qui remontent à l?État
et qui sont indispensables pour proposer des mesures de gestion pertinentes et adaptées selon
les techniques de pêche employées. Par ailleurs, pour argumenter ces propositions, il est
nécessaire de disposer d?une connaissance des impacts des différentes activités humaines sur les
milieux et les espèces. En effet, les représentants des pêcheurs n?accepteront de revoir leurs
pratiques que s?il est établi de façon certaine qu?elles sont responsables de la baisse de stocks
observée alors que d?autres pressions existent, comme les pollutions telluriques ou le changement
climatique.
Cela implique pour l?OFB, en partenariat avec les différents acteurs scientifiques (IFREMER
notamment), de mener des études sur les aires bénéficiant des plus hauts niveaux de protection
afin de mesurer les bénéfices sur la biodiversité d?une régulation des activités (par exemple des
zones marines sans pêche). Ces zones de protection forte peuvent également profiter
indirectement aux activités économiques en permettant une reconstitution des stocks, y compris Ã
19 En vertu des directives européennes « Oiseaux » (DO) et « Habitats Faune Flore » (DHFF), le code de
l?environnement (article L. 414-4) prévoit que les activités de pêche maritime professionnelle au sein d'un site
Natura 2000 fassent l'objet d?une analyse des risques de porter atteinte aux objectifs de conservation du site. Ces
analyses sont conduites à l?échelle des sites au moment de l?adoption ou de la révision du DOCOB.
20 Dossier de presse « protéger la biodiversité marine », Ministère en charge de la transition écologique, juin 2025.
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https://professionnels.ofb.fr/fr/sinapce
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leur périphérie où la pêche est autorisée. Sur les parcs naturels marins les plus anciens, l?OFB
dispose d?un recul suffisant pour mener à bien un travail d?évaluation de l?état de conservation et
de l?efficacité des mesures de gestion. Ces travaux conforteraient la mise en oeuvre de la SNAP
en milieu marin tant au niveau national qu?au niveau territorial.
(OFB, tutelles) Développer des méthodes et outils pour adapter la
gestion des aires protégées au changement climatique et y développer l?approche une seule
santé. A cette fin, s?appuyer sur l?évaluation des mesures de gestion et de l?état de
conservation de ces zones et capitaliser les résultats des projets (LIFE notamment) en
cours.
Un indicateur de suivi de cette recommandation serait le nombre de sites ayant réalisé une
évaluation de leur plan de gestion sur le nombre total de sites ayant un plan de gestion (ou ayant
un plan de gestion en cours de révision) et le ratio de plans de gestion ayant intégré la TRACC
(trajectoire de réchauffement de référence pour l?adaptation au changement climatique). Un autre
indicateur serait le nombre d?analyses de risque pêche réalisées par l?OFB dans les zones Natura
2000 marines sur le nombre total à réaliser. Enfin, il serait souhaitable de rajouter un indicateur sur
les zones de protection forte : le pourcentage des aires protégées gérées par l'OFB qui obtiennent
la labellisation protection forte.
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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4 Deuxième orientation stratégique : faire progresser la
connaissance sur l?eau et la biodiversité, un pilier de
l?action de l?OFB
Dans ce deuxième COP, l?établissement devra s?efforcer de repérer les secteurs où la
connaissance21 sur l?eau et la biodiversité et leurs dynamiques doit progresser et faire reconnaître
les valeurs des services rendus par les écosystèmes, en s?inscrivant dans une démarche
prospective, d?adaptation de la biodiversité au changement climatique et s?appuyant sur un réseau
national et international. L?OFB en 2030 devrait être un établissement public reconnu, qui produit,
capitalise, met à disposition (notamment à des fins d?intégration de la biodiversité dans les
politiques publiques) et valorise la connaissance liée à l?état des milieux et de la biodiversité ainsi
que sur les pressions qu?elle subit du fait des activités humaines dans le contexte du changement
climatique, et ce de manière indiscutable.22
4.1 Contribuer à la connaissance : une mission bien investie mais qui
doit être mieux évaluée et ciblée, à travers notamment des
partenariats renforcés avec les organismes de recherche
L?OFB est bien organisé en interne pour améliorer la connaissance dans un objectif opérationnel,
qui irrigue les autres orientations stratégiques, à travers les données que l?OFB produit ou agrège
et les travaux de recherche qu?il mène ou soutient. La direction recherche et appui scientifique -
DRAS23 - dispose d?équipes spécialisées par types d?espèces24 et écosystèmes ainsi que d?une
cellule « valorisation et transfert ». Elle a élaboré un document comportant ses orientations
scientifiques très larges pour la période 2022-2026. Ce document décline pour les travaux menés
en interne comme pour les partenariats scientifiques externes : les axes de recherches privilégiés,
les questions qui restent à résoudre, les priorités en termes de valorisation scientifique et technique,
les spécificités en matière de conduite de projets de R&D, des propositions de changements
transformateurs à explorer. La DRAS promeut une recherche orientée vers des finalités
opérationnelles, coconstruite avec les acteurs, dont elle diffuse les résultats aux autres directions
comme aux acteurs des politiques publiques.
Toutefois, la présentation des actions liées à la connaissance, à la fois sur les sites Internet de
l?OFB et lors des entretiens, donne une impression de profusion, mais parfois de dispersion.
4.1.1 Le pilotage et la contribution en propre à la recherche
4.1.1.1 Une place reconnue au sein de l?écosystème
La recherche sur l?eau et la biodiversité en France est désormais coordonnée par l?agence de
programme « Climat, biodiversité et sociétés durables » confiée au Centre national de la recherche
scientifique (CNRS). L?OFB agit aux côtés de ce dernier, ainsi que le Muséum national d?Histoire
naturelle - MNHN - et l?Institut pour la recherche et le développement - IRD, au sein de Patrinat,
21 Par « recherche » on entend ici le processus de démonstration de long terme qui vise à répondre à des questions
dont on ne connaît pas la réponse. Par « science » ou « connaissance » l?ensemble des savoirs acquis et
nécessitent un transfert au terrain en temps réel pour servir à l?action, et par « données » les faits bruts et chiffres
qui rapportent une situation sans fournir d'interprétation, forme non traitée de connaissance qui ne véhicule pas de
valeur ni de signification. L?OFB intervient sur l?ensemble de ces champs.
22 Voir annexes 4 pour les recommandations spécifiques aux grands prédateurs terrestres et 5 pour celles sur les
aires protégées.
23 130 agents permanents, soit une « force de frappe » en termes de recherche sur le vivant bien moindre que celle
du CNRS ou d?INRAE.
24 Exploitées ou à enjeux ? autres que grands prédateurs terrestres traités dans une direction dédiée.
PUBLIÉ
https://www.patrinat.fr/fr
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centre d?expertise et de données sur le patrimoine naturel, Il contribue par ce biais à la coordination
de projets de recherche français ou européens25. Patrinat héberge par ailleurs le Pôle National de
Données de Biodiversité - PNDB, composante biodiversité de l?infrastructure de recherche Data
Terra26, qui propose aux communautés de recherche des outils et services facilitant l?accès, le
traitement et la combinaison des données de biodiversité afin d?avoir une vision intégrative face
aux enjeux environnementaux27.
Hors Patrinat, des équipes de l?OFB compétentes en gestion de l'environnement participent Ã
plusieurs projets financés par l?Agence nationale de la recherche - ANR28. L?OFB est identifié parmi
les acteurs-clés du programme d?équipement et de recherche prioritaire France 2030 Solubiod,
copiloté par le CNRS et l?INRAE et opéré par l?ANR, de par sa connaissance des projets de
solutions fondées sur la nature en France29.
L?expertise scientifique de l?établissement est enfin reconnue par la participation de ses chercheurs
au comité éditorial de revues scientifiques. L?OFB publie et copublie deux revues scientifiques
internationales. Les organismes de recherche partenaires de l?OFB soulignent que le premier COP
était un ?COP d?installation? dans un contexte difficile, et que l?établissement a su malgré tout
s?imposer dans le paysage institutionnel.
4.1.1.2 Mais des compétences et une légitimité scientifique à renforcer
Malgré ces atouts, les compétences et l?expertise de l?OFB demandent à être maintenues,
renforcées et reconnues sur certaines thématiques comme l?adaptation de la biodiversité au
changement climatique, sujet montant et incontournable, les compétences naturalistes et les
connaissances des milieux aquatiques, qui tendent à se perdre au fil des fusions successives, en
sciences humaines et en économie pour tenir compte des différentes valeurs de la biodiversité et
en faire des leviers d?action, parfois d?influence, plus efficients. Parmi les lacunes de connaissance,
le champ du développement de projections dynamiques de l?évolution de la biodiversité face aux
pressions humaines, et aussi face au changement climatique, reste par exemple largement Ã
explorer.
L?OFB, moins connu comme acteur académique, apparaît aussi comme moins « incontestable »,
comparé à d?autres plus exclusivement tournés vers la recherche, y compris fondamentale, et
moins au contact du terrain, lorsqu?il s?agit de faire appel à la science pour dépassionner un débat
sur des sujets controversés, comme par exemple les grands prédateurs. En témoignent les
attaques récentes qu?il a subies, focalisées sur ses missions de police de l?environnement, mais
aussi d?expertise en matière de dénombrement des grands prédateurs, alors que le MNHN qui
travaille également sur cette thématique ne voit pas sa crédibilité scientifique questionnée de la
25 Exemple l?étude pilote Eu Rock Fish, campagne de terrain et d?analyse d?images et de données financée par le
partenariat Horizon Europe Biodiversa+, qui ambitionne de mettre en place un réseau de surveillance des poissons
rocheux et récifaux à l?échelle européenne.
26 Observation, compréhension et modélisation de l?histoire, du fonctionnement et de l?évolution du système Terre
soumis aux changements globaux.
27 Ce « hub » rassemble la Fondation pour la recherche sur la biodiversité - FRB, et un réseau de partenaires
scientifiques et académiques (le CNRS, l?Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer - IFREMER,
l?Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement - INRAE, l?IRD, le Bureau de
recherches géologiques et minières - BRGM, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique
pour le développement - CIRAD, AgroParisTech, l?Ecole pratique des hautes études et sept universités. Le PNDB
fait par exemple partie du consortium d?animation du challenge de l?ANR sur intelligence artificielle et biodiversité
avec le Laboratoire national de métrologie et d'essais - LNE, et la FRB.
28 Exemple SMART-WING qui vise à catalyser le développement d'une nouvelle génération de drones (aile
intelligente pour le suivi aérien automatisé et à bas coût de la mégafaune marine) capables d'ajuster
dynamiquement leur trajectoire pour un suivi optimisé des espèces rares et vulnérables, en interaction avec des
équipes de chercheurs en robotique (Université Côte d?Azur et ISEN, école d?ingénieurs du numérique), en
intelligence artificielle (le Laboratoire d'Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier), et en
écologie marine (universités de Mayotte et de Montpellier, IRD, IFREMER, CNRS).
29 L?OFB coordonne le projet LIFE ARTISAN, lancé en 2020 pour une durée de huit ans (2020-2027) pour
encourager le recours aux solutions fondées sur la nature pour l?adaptation.
PUBLIÉ
https://data.pndb.fr/
https://data.pndb.fr/
https://www.pepr-solubiod.fr/
https://www.biodiversa.eu/biodiversity-monitoring/pilots/eurockfish-pilot/
https://www.biodiversa.eu/
https://anr.fr/fr/detail/call/challenge-ia-biodiv-recherche-en-intelligence-artificielle-dans-le-champ-de-la-biodiversite/
https://www.ird.fr/projet-smart-wing-suivi-de-la-megafaune-marine-par-drone-mayotte
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même manière.
Sur la connaissance des grands prédateurs terrestres par exemple, plusieurs pistes se dégagent
pour le futur COP : améliorer la communication sur les méthodes scientifiques utilisées pour
l?estimation des populations, poursuivre leur amélioration pour réduire les marges d?incertitude afin
de réduire les contestations, poursuivre et renforcer la communication sur les données.
La communication autour des actions de recherche menées est certainement perfectible, tout en
respectant les exigences de validation ministérielle. La production d?avis d?experts et de notes de
positionnement pourrait être intensifiée, afin de permettre une meilleure diffusion des réussites des
projets et une valorisation des actions réalisées par l?OFB et ses partenaires auprès du grand public,
toujours dans l?objectif de connaissance opérationnelle et de pédagogie qui constitue l?ADN
scientifique de l?OFB. Une plus grande publicité/communication sur les réalisations scientifiques,
notamment permettrait par ailleurs de répondre aux interrogations des tutelles concernant
l?organisation interne et la répartition des moyens de recherche.
En matière de recherche participative, l?OFB déploie plusieurs dispositifs. Cette activité n?atteint
pour autant pas la visibilité grand public de la politique volontariste menée par le MNHN. Ce dernier
souligne que les programmes de sciences participatives, vus comme outils de connaissance et de
mobilisation des acteurs, méritent d?être renforcés. Il souligne également que la remontée et le
partage des données issues de ces programmes, notamment par certains partenaires comme les
fédérations de chasse, méritent d?être améliorés. Le conseil scientifique prévoit justement de
continuer à explorer les capacités des sciences participatives pour compléter le recueil des
données, tout en veillant strictement à la rigueur des protocoles et à la qualité des métadonnées
associées, dans le but de soutenir efficacement l?évaluation des actions menées.
4.1.1.3 Le conseil scientifique doit évaluer la recherche menée et financée par l?OFB
Le conseil scientifique réunit des chercheurs membres d?organismes de recherche partenaires de
l?OFB. Il n?évalue que très ponctuellement la diversité, l?étendue et l?impact de cette recherche
menée en propre, avec des partenaires ou financée, comme le voudrait le décret n° 2019-1580 du
31 décembre 2019 relatif à l'OFB30 . Un avis a par exemple été donné sur les questions de
recherche autour des espèces en 2022. Le conseil scientifique devrait, conformément à l?article
R131-29 du Code de l?environnement qui définit ses missions, opportunément aider à définir la
politique scientifique de l?établissement en ciblant des priorités scientifiques dans le COP et
participant à l?élaboration de la stratégie de recherche 2027-2031. Plus généralement, il devrait
évaluer l?activité de recherche de l?établissement et d?exploitation des résultats de celle-ci, comme
l?a pointé le rapport Bacci.
Réglementairement, le conseil scientifique intervient en appui du conseil d?administration ou du
directeur général qui peuvent le saisir de toute question en lien avec les missions de l?OFB. Dans
les faits, le conseil d?administration ne saisit pratiquement jamais le conseil scientifique. Afin de
renforcer ses interactions avec le conseil d?administration, il pourrait lui proposer des sujets
scientifiques d?intérêt sur lesquels son avis pourrait être sollicité et qui pourraient éclairer les
décisions du CA. Un suivi devrait être mis en place pour identifier et compiler les documents de
travail et comptes-rendus issus des réunions du conseil scientifique, afin d?en assurer la publicité
et de permettre une meilleure circulation des informations dans l?ensemble des instances
impliquées.
30 Qui prévoit qu?il « contribue notamment à l'évaluation des activités de l'établissement en matière de recherche et
d'exploitation des résultats de celle-ci ».
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000039726400
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000039726400
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041463273
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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(OFB, tutelles) S?assurer que le conseil scientifique assure l?intégralité
de ses missions, à savoir éclairer le conseil d?administration dans la définition de la
politique scientifique de l'établissement, contribuer à l'évaluation des activités de
l'établissement en matière de recherche et d'exploitation des résultats de celle-ci, de
formation, de diffusion et de valorisation de la recherche, veiller à la coordination des
politiques scientifiques des établissements publics rattachés à l'office.
4.1.2 Mieux se positionner dans le dispositif national de recherche et
renforcer les partenariats avec les organismes de recherche
L?OFB contribue à orienter les priorités de recherche sur l?eau et la biodiversité selon diverses
modalités d?influence : participation aux agences de programmation de la recherche nationale sur
l?eau 31 et la biodiversité 32 , aux comités de programmation nationaux de l?ANR, aux actions
recherche de la SNB 2030, à la feuille de route recherche et innovation biodiversité et eau 2022-
2027 BRIEAU? Il soutient des projets de recherche et organise des appels à projets au niveau
national comme européen dans le cadre du partenariat Biodiversa+33.
En parallèle, l?OFB pourrait s?insérer plus efficacement dans le paysage des acteurs français de la
recherche, en identifiant de nouveaux projets collaboratifs, en alignant ses critères de financement
et en mettant en place des mécanismes pour attirer des financements complémentaires et limiter
la concurrence interne avec les dispositifs de l?ANR ou de l?ADEME. L?OFB noue des partenariats
dynamiques avec chacun des acteurs du paysage de la recherche française sur la biodiversité et
l?eau, accords-cadres ou conventions de collaboration qui aux dires de plusieurs partenaires
méritent d?être renforcés et facilités au niveau national comme dans les territoires (par exemple
dans le cadre des Programmes et équipements prioritaires de recherche, PEPR, dont au moins
deux concernent directement la biodiversité) et pourrait s?appuyer sur la mobilisation d?acteurs
régionaux. L?OFB conduit des projets de recherche appliquée dans ses pôles recherche et
développement34, avec le MNHN à travers les cellules recherche expertise?. Ces partenariats
pourraient être renouvelés à l?aune d?une stratégie de priorisation plutôt que d?opportunité (voir
annexe).
(OFB) Renforcer les synergies avec les partenaires scientifiques, Ã
travers le renouvellement d?accords de partenariats ciblés sur les questions de recherche
prioritaires qui répondent aux enjeux identifiés dans les rapports de l?IPBES ou les
prospectives scientifiques nationales sur l?eau et la biodiversité.
4.2 Le futur COP doit accroître l?appropriation de la connaissance
4.2.1 Une activité de recueil de données de terrain à rendre accessible
L?OFB dispose de dispositifs de surveillance, d?observation et d?expérimentation sur le terrain :
réseaux de suivi à long terme, sites de démonstration et territoires d?étude. Il pilote trois systèmes
31 Agralife, confiée à INRAE.
32 Climat, biodiversité et sociétés durables, confiée au CNRS.
33 Exemple Biodiv Mon, qui vise à améliorer la surveillance de la biodiversité et des changements écosystémiques
au niveau transnational pour la science et la société.
34 Ecosystèmes lacustres avec INRAE, migrateurs amphihalins avec INRAE, éco hydraulique avec le CNRS,
systèmes d?information sur l?eau avec le BRGM.
PUBLIÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/LBV%2010-10-V5-BRIEau_feuille%20de%20route.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/LBV%2010-10-V5-BRIEau_feuille%20de%20route.pdf
https://www.inrae.fr/Agralife
https://www.cnrs.fr/fr/le-cnrs/missions/agenceCBSD
https://www.biodiversa.eu/2022/10/07/2022-2023-joint-call/
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d?information fédérateurs sur la biodiversité et l?eau 35 et assure le rapportage national des
directives européennes dans ces domaines. Il recueille, structure dans des standards ouverts
réutilisables et exploitables par les systèmes d'information internationaux et met à disposition
gratuitement les informations issues de nombreux partenaires publics et associatifs.
Patrinat diffuse auprès du grand public l?Inventaire National du Patrimoine Naturel - INPN,
plateforme nationale du système d'information de l'inventaire du patrimoine naturel - SINP, portail
d?accès aux données sur les espèces et les milieux. Cet inventaire associe scientifiques,
collectivités territoriales, naturalistes et associations.
De multiples autres actions36 sont menées mais l?information est souvent éparse, en dépit du rôle
d?agrégateur de la connaissance sur l?eau et la biodiversité investi par l?OFB. L?Observatoire
national de la biodiversité, l?ONB, avec son bilan et ses indicateurs, et l?INPN s?adressent plutôt au
grand public qu?aux chercheurs faute de données à des formats exploitables pour la
recherche : cela complique par exemple l?intégration des données biodiversité au Green data for
health (plateforme de données environnementales pour la recherche en santé). Les autres portails
d?accès comme le système d?information sur l?eau restent plutôt réservés à des techniciens et d?un
abord peu aisé.
Dans ce paysage foisonnant, l?OFB pourrait explorer avec l?ADEME les possibilités de
mutualisation des systèmes d?information, notamment en exploitant l?outil SOFIA37 pour créer une
interface commune et faciliter le suivi des projets de recherche et la capitalisation des
connaissances. Il faudrait au préalable que les données sur la biodiversité soient intégrées à la
base de données utilisée par SOFIA. L?objectif serait de proposer un système centralisé accessible
par l?ensemble des parties prenantes afin de recenser et partager les études, rapports et
indicateurs produits par les différents acteurs nationaux publics intervenant dans le cadre de la
transition écologique, dont l?OFB, pour éviter les doublons et renforcer la cohérence des actions
menées. L?adhésion à des partenariats structurants avec d?autres acteurs institutionnels pourrait
venir enrichir la base de connaissance commune et permettre de bénéficier d?expertises
complémentaires. Il y a incontestablement un besoin d?organiser la connaissance et les
méthodologies pour faciliter leur appropriation par les différents acteurs38. En complément, le futur
COP devrait améliorer la lisibilité des systèmes d?information sur l?eau et la biodiversité (voir
annexe).
Pour améliorer la lisibilité des systèmes d?information, plusieurs pistes pour le futur COP ont été
identifiées :
? Renforcer la transversalité de la donnée en interne : améliorer les liens entre les différentes
directions, faire en sorte que les indicateurs développés alimentent les centres de res-
sources.
? Renforcer la visibilité externe des travaux de l?OFB sur les données (certains observatoires
comme celui du prix de l?eau n?étant pas clairement identifiés comme étant gérés par
l?OFB,), renforcer l?accessibilité, faciliter l?exploitation par les non-spécialistes, améliorer la
communication en développant des notes d?enjeux et de synthèse pour rendre les données
35 Nature France, le site de l?Observatoire national de la biodiversité ? ONB, complété par des données sur la
présence d?espèces sauvages en métropole sur le portail cartographique Carmen - Cartographie du Ministère de
l?Environnement), les milieux marins (système d'information sur les milieux marins - SIMM), l?eau et les milieux
aquatiques (portail Eau France).
36 Exemples : Patrinat pilote, en partenariat avec l?IGN, l?Université Jean Monnet de Saint-Étienne et le réseau des
conservatoires botaniques nationaux, la cartographie nationale des habitats naturels (CarHab) qui couvre 70
départements, ou publie un guide de recommandations pratiques sur l?ADN environnemental pour le suivi des
fleuves et des rivières, pour améliorer l?inventaire et le suivi de la biodiversité depuis l?échantillonnage jusqu?Ã
l?interprétation des résultats.
PUBLIÉ
https://inpn.mnhn.fr/accueil/index
https://naturefrance.fr/
https://www.milieumarinfrance.fr/
https://www.eaufrance.fr/les-donnees-des-sites-eaufrance
https://inpn.mnhn.fr/viewer-carto/CarHab/
https://www.patrinat.fr/fr/actualites/un-guide-pratique-adne-pour-le-suivi-des-fleuves-et-des-rivieres-7343
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plus compréhensibles par les citoyens et les acteurs et en renforçant la collaboration avec
la direction de la communication de l?OFB.
? Améliorer la coordination entre les différents producteurs de données pour faciliter leur
intégration dans les systèmes d?information fédérateurs, valoriser le rôle d?intermédiaire
technique joué par la direction Surveillance, évaluation, données (DSUED) entre les diffé-
rents acteurs de la biodiversité, collaborer plus étroitement avec des plateformes comme
celle de l?IGN, renforcer les collaborations : poursuivre le développement de l?alliance entre
opérateurs publics, approfondir la participation aux initiatives comme le Green Data for
Health.
? Améliorer la standardisation des protocoles de collecte, structurer les données sur les pres-
sions en développant la connaissance sur les prélèvements en eau, améliorant les don-
nées sur les usages et pressions sur la biodiversité, explorer de nouveaux champs en dé-
veloppant la mesure de la biodiversité des sols et cartographiant les habitats, notamment
marins, moderniser les techniques de collecte en étendant l?utilisation de l?ADN environne-
mental et développant l?interprétation d?images.
4.2.2 Un besoin d?indicateurs d?état de la biodiversité
Il serait extrêmement pertinent de se doter d?un indicateur intégré de l?état de la biodiversité pour
sensibiliser le public au sujet et permettre l?information des décideurs, y compris pour appréhender
l?effet des politiques publiques de préservation de la biodiversité et les impacts liés aux activités
humaines. Ce sujet complexe fait l?objet de nombreux débats scientifiques, et politiques dans le
cadre du suivi du cadre mondial pour la biodiversité. L?OFB s?insère dans un cadre national,
européen et mondial et ses ministères de tutelle pourraient lui confier un travail d?appropriation
nationale d?un tel indicateur.
Pour mesurer l?état de la biodiversité, l?indicateur agrégé MSA - Mean Species Abundance39
pourrait constituer une métrique intéressante, en le complétant d?indicateurs plus spécifiques de
localisation de hotspots de biodiversité, de proximité de réserves naturelles ou d?enjeux liés à l?eau,
à la désertification, etc. et d?approches qualitatives, à l?image de ce qui existe pour le climat. Le
suivi de la biodiversité nécessite également d?établir un cadre intellectuel complet permettant
l?analyse à un instant t, la projection sur une trajectoire, la comparaison entre différents secteurs et
avec d?autres pays. Pour l?instant, l?idée d?un indicateur agrégé unique est néanmoins jugée peu
opérationnelle par l?OFB, l?approche privilégiée consistant à développer plutôt des cartographies
d?enjeux et de pressions. Pour autant, le règlement « restauration de la nature » (RRN) s?appuie
sur des indicateurs d?état des écosystèmes dont un indicateur obligatoire qui est l?indice des
oiseaux agricoles ou forestiers selon la typologie d?écosystèmes. La SNB 2030 propose quant Ã
elle des indicateurs clés dont l?abondance des populations d?oiseaux communs spécialistes par
milieux agricoles, forestiers et urbains (STOC). Ces indicateurs mériteraient de compléter
l?indicateur MSA dans les indicateurs de contexte du COP.
Le nouveau COP devra également adopter des indicateurs mesurant l?impact des politiques
publiques portées par l?OFB en faveur de la biodiversité : cohérence avec les ?indicateurs boussole?
de la SNB et ceux du RRN, en particulier développement un outil de rapportage sur la restauration
active pour recenser les bonnes pratiques, suivre l?efficacité et répondre aux exigences du
règlement européen, objectivation de l?action sur des indicateurs mesurables40.
4.2.3 Des connaissances à mieux capitaliser et valoriser
L?OFB déploie plusieurs outils complémentaires : un portail technique à destination des
39 Cet indicateur, développé par les Pays-Bas, a été retenu comme indicateur complémentaire dans le cadre de
suivi du cadre mondial de la biodiversité.
40 Ex. linéaires de haies restaurés, milieux attractifs pour les espèces à restaurer.
PUBLIÉ
https://professionnels.ofb.fr/fr
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professionnels, principal outil de valorisation, des rapports scientifiques et publications techniques,
des événements. Tous ne figurent pas dans la rubrique connaissance et expertise du site grand
public qui dresse un panorama général sans forcément renvoyer aux pages dédiées ? et dont
l?architecture mériterait sans doute d?être modernisée et enrichie. La question de la fusion des sites
grand public et professionnels pour une meilleure compréhension des multiples terrains d?action
de l?OFB se pose. L?office dispose aussi de neuf centres de ressources thématiques41 : captages,
cours d?eau, espèces exotiques envahissantes, génie écologique, Natura 2000, Outre-mer / Te Me
Um, trame verte et bleue, zones humides, éviter ? réduire ? compenser.
Le conseil scientifique pourrait poursuivre et renforcer le travail collaboratif sur la définition
d?indicateurs intégrés pour mesurer l?impact des actions de l?OFB, tout en prenant en compte les
retours d?expérience et les apports interdisciplinaires. Il pourrait également contribuer Ã
l?amélioration de la communication en valorisant la qualité des recherches et données produites,
de manière à rendre perceptible l?impact réel des actions en faveur de la biodiversité auprès du
grand public et des décideurs.
En tout état de cause, les objectifs du COP actuels ne sont pas positionnés au bon niveau
concernant la diffusion des connaissances scientifiques et techniques. Un indicateur de
performance et d?impact des actions de diffusion des connaissances, plus qualitatif que l?indicateur
actuel sur le nombre de participants aux webinaires et journées d?échange, pourrait y être adossé.
Cet impact pourrait être accru par plusieurs actions : renforcer la médiation scientifique, développer
des scénarios prospectifs sur l?évolution de la biodiversité, valoriser aussi les exemples concrets
de réussites locales en matière de préservation de la biodiversité et communiquer sur la
réversibilité des atteintes à la biodiversité.
Pour renforcer les liens entre la production de connaissance et sa valorisation effective pour
éclairer les politiques publiques, un piste prioritaire pour le futur COP se dessine au vu des
entretiens menés par la mission : renforcer la connaissance sur les politiques prioritaires,
notamment le règlement européen sur la restauration de la nature, et anticiper les évolutions
possibles des missions.
Selon la DGER, qui reconnaît une large marge de progression dans l?expression par la tutelle
agriculture de ses besoins de connaissance, le futur COP pourrait clarifier la stratégie de l?OFB en
matière de connaissance, qui peut être perçue comme une agrégation d?actions individuelles plutôt
qu?une politique scientifique structurée. La valeur ajoutée scientifique de l?OFB dans certains do-
maines, par exemple dans le cadre du plan Ecophyto, n?est pas exploitée pour l?instant. Il y a éga-
lement un chaînon manquant entre la donnée brute et son utilisation pédagogique. La collecte de
données et la gestion de systèmes d?information sont reconnues comme un point fort, mais là aussi
le positionnement mérite d?être clarifié : l?OFB, référence en matière de biodiversité, pourrait mieux
valoriser et diffuser ses connaissances auprès du monde agricole.
(OFB, tutelles) Mieux valoriser et exploiter les chiffres de l?observatoire
national de la biodiversité (ONB) et mieux faire connaître les systèmes d?information et
données gérés et centralisés par l?OFB. Développer des indicateurs d?état de groupes
d?espèces « sentinelles » en lien avec les indicateurs proposés au niveau européen et
national et se donner un objectif de développement à cinq ans d?un indicateur composite /
agrégé de suivi de l?état de la biodiversité (type Mean Species Abundance).
4.2.4 La connaissance en appui aux politiques publiques
L?OFB a pour mission d'accompagner et d'apporter son appui aux acteurs publics42, privés et à la
41 Certains liens ne sont pas opérationnels sur le site grand public.
42 Ministères, agences, collectivités territoriales, institutions européennes et internationales.
PUBLIÉ
https://professionnels.ofb.fr/fr
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société civile pour la conception, la mise en oeuvre et l?évaluation des politiques publiques
(stratégies nationales notamment). Cette tâche suppose de partager les résultats de recherche
pour éclairer la décision et le débat publics et en retour de nourrir la recherche avec de nouveaux
questionnements, connaissances et données dans les domaines de l?eau et de la biodiversité.
Certaines actions de surveillance de l?OFB viennent directement en appui de mission de police.
C?est le cas du réseau SAGIR qui s?articule avec les missions de police sanitaire de l?OFB, et inclut
des surveillances renforcées de certaines maladies réglementées sur la faune sauvage, en
particulier des agents pathogènes transmissibles à l?homme et/ou partagés par la faune sauvage
et les animaux domestiques. Dans ces missions, l?OFB joue un rôle essentiel de par son
implantation territoriale et son expertise en matière de faune sauvage. Le partenariat avec le
ministère en charge de l?agriculture (DGAl) qui porte ces sujets de protection sanitaire sera sans
doute à renforcer dans les années à venir de fait de la recrudescence de certaines zoonoses.
L?OFB pourrait, en termes de valorisation, donner plus de visibilité à ses actions : ainsi, les
différentes expertises scientifiques collectives produites pourraient être rassemblées sur une page
dédiée (on retrouve les revues systématiques de la littérature scientifique sur le site de Patrinat).43
On peut retrouver de nombreuses actions de connaissance en appui aux politiques publiques
dispersées dans les bilans des plans ou stratégies qu?elles alimentent44. Les pistes évoquées par
les acteurs auditionnés pour renforcer ce volet sont listées en annexe.
En matière de connaissance sur les aires protégées, devant l?urgence d?agir face aux obligations
européennes (échéance 2026-2027), les risques de contentieux voire de suspension de la pêche
dans les zones Natura 2000, il est essentiel de faciliter l?accès pour l?OFB aux données détenues
par les acteurs économiques, notamment les pêcheurs.
4.2.5 Le transfert de la connaissance aux acteurs, clé de l?action
La production de nouvelles connaissances par l?OFB est accompagnée par des démarches de
recherche-action ou de recherche partenariale, impliquant directement les acteurs de terrain45. Une
piste de réflexion pour accroître l?impact de ces projets serait d?intégrer son évaluation dès la
conception du projet, en recourant le cas échéant à une méthodologie spécifique46.
Par ailleurs, en matière de données, le futur COP pourrait améliorer leur appropriation par les
acteurs en les sollicitant leur intégration dans les outils déjà utilisés par les aménageurs de territoire
comme la géo plateforme nationale de l?IGN.
43 Autre exemple : le projet Explore 2 sur l?adaptation au changement climatique de la gestion de l?eau, soutenu par
l?OFB, est valorisé de manière pédagogique (vidéos) sur les sites du copilote INRAE et du ministère de la transition
écologique, mais uniquement sur le portail professionnel de l?OFB.
44 Ainsi dans le bilan 2024 de la SNB 2030, on apprend que l'Observatoire national de l'éolien en mer, mis en oeuvre
par l'OFB et l'Ifremer, a financé, depuis 2022, 34 projets de valorisation et d'acquisition de nouvelles connaissances
sur le milieu marin et les impacts de l'éolien en mer sur les écosystèmes marins et côtiers.
45 Par exemple le programme Remmoa qui recense et suit l?évolution de la faune marine dans les eaux tropicales
françaises, et étudie l?impact des activités humaines, mais vise aussi à identifier les habitats prioritaires pour la
création et la délimitation ou la gestion d?aires marines protégées ou de sanctuaires pour les mammifères marins.
En 2024, un observatoire des énergies renouvelables - ENR, et de la biodiversité a été créé en application de la
SNB 2030 et de la loi n? 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies
renouvelables. Mis en oeuvre conjointement par l'OFB et l?ADEME, il réalise des bilans de la connaissance
scientifique et technique des incidences des ENR terrestres sur la biodiversité, les sols et les paysages et des
solutions de remédiation possibles, ainsi que des expertises ou études ciblées ponctuelles. Il assure également le
transfert des connaissances acquises via un centre national de ressources. Ces actions sont réalisées en
partenariat avec des équipes de recherche (dont Patrinat), les industriels, la fédération des parcs naturels régionaux,
les ONG, etc. Elles visent à accompagner les parties prenantes dans la conciliation de la transition énergétique en
cours, avec les objectifs de préservation de la biodiversité, des sols et des paysages.
46 De type Analyse des impacts sociétaux de la recherche - ASIRPA, développée par INRAE, basée sur une
approche anticipatrice en temps réel et des études de cas a posteriori.
PUBLIÉ
https://www.ign.fr/geoplateforme
https://www.inrae.fr/actualites/explore2-life-eauclimat-cles-ladaptation-gestion-leau
https://www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/pelagis-2/les-programmes/remmoa/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047294244/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047294244/
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Enfin, outre son portail technique, l?OFB propose, pour faire connaître les avancées scientifiques,
la revue trimestrielle technique « Biodiversité, des clés pour agir ». Mais elle est d?accès payant,
réservée aux professionnels en prise directe avec la gestion des territoires. On peut souhaiter
qu?elle soit accessible gratuitement.
PUBLIÉ
https://www.ofb.gouv.fr/revue-biodiversite
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5 Troisième orientation stratégique : la mobilisation des
parties prenantes, une mission encore récente
Confiée à l?OFB au moment de sa création en 2020, comme le souligne la Cour des comptes, la
mobilisation de la société, des acteurs économiques (entreprises) et des collectivités locales et
territoriales est encore émergente. De fait, si plusieurs dispositifs et stratégies existent, (de la sen-
sibilisation à l?éducation jusqu?à des processus de quasi-labellisation), toutes ces démarches re-
posent d?abord sur le volontariat des parties prenantes, et les outils ne paraissent pas toujours
adaptés à la mission.
Il apparaît aujourd?hui nécessaire de se reposer la question des objectifs de cette mission : quelles
cibles, quels messages, pour quels résultats ? Comment définir une partie prenante mobilisée ?
Il semble désormais indispensable d?adapter à chaque « cible » des approches et stratégie
spécifiques plus centrées sur « l?intérêt à agir » de chaque segment d?acteurs. Pour cette stratégie
d?influence que doit conduire l?OFB, l?enjeu principal doit être de construire des argumentaires et
démonstrations basés sur des outils et méthodes démontrant plus et mieux l?intérêt à agir pour
protéger et restaurer la biodiversité, en incluant la création de valeur socio-économique générée
par la biodiversité.
A ce titre, l?OFB, en collaboration avec ses tutelles, doit probablement se renforcer sur ses
compétences en matière d?étude et de diffusion de connaissances en sciences humaines et
sociales, en économie de l?environnement et sur les multiples valeurs de la biodiversité47. Il est vrai
que, pour les décideurs publics ou en entreprise, évaluer les externalités liées à la biodiversité et
à l?eau et connaître les meilleures manières de les internaliser est peut-être l?argument majeur pour
susciter l?engagement. L?OFB est réputé pour les compétences qu?il maîtrise et diffuse en matière
naturaliste (un de ses coeurs de métiers) et développe souvent ces argumentaires d?ordre
biologique et écologique dans des approches basées sur la science. Il y a sans doute une valeur
ajoutée pour lui à investir aussi les arguments socioéconomiques, comprenant la santé, les
paysages et la qualité de vie, les bénéfices et risques, pour convaincre et mobiliser plus
efficacement les acteurs.
5.1 Un programme d?intervention qui n?est pas centré sur la
mobilisation
L?OFB dispose d?un programme d?intervention conséquent : environ 300 M¤ (dont Ecophyto). La
répartition de cette enveloppe est illustrée dans le graphique ci-dessous.
47 Rapport sur l?estimation des valeurs de la nature (instrumentales, intrinsèques et relationnelles), IPBES, 2022.
PUBLIÉ
https://www.dropbox.com/scl/fo/zpmb0wpww07aiidjxp052/AP3QmNpg1xwagfwwUXx1ZAc?dl=0&e=1&preview=20220709+French+Media+Release+Values+Assessment+FINAL.pdf&rlkey=m7ywyonwzap9l7gtaz883yyof
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Evolution en 2024 des autorisations d?engagement en intervention par grand thème
Ce graphique met en évidence qu?une large part de ces crédits est consacrée au soutien en
fonctionnement des parcs nationaux et marins.
Autour de 40 M¤ (autorisations de programme 2024) sont consacrés à la mobilisation (la part
« appui aux stratégies et écocontribution), soit un peu plus de 10% des crédits d?intervention, ce
qui semble peu. La mission n?a pas été en mesure de réaliser d?étude plus détaillée. Une répartition
clarifiée et détaillée par action et bénéficiaire de ces 40 M¤ serait utile.
On peut noter le budget (en crédits de paiement) de 12 M¤ consacré à l?intervention auprès des
communes (atlas communaux de la biodiversité). Le budget dédié aux entreprises est de 2,2 M¤
(crédits de paiement), bien inférieur à la force de frappe des agences de l?eau par exemple.
En tout état de cause, l?OFB est dans une démarche proactive de recherche de fonds et fait appel
à des initiatives originales en la matière (exemple de « mission nature », le loto de la biodiversité).
5.2 Le programme EFESE, un levier de mobilisation des parties
prenantes
Dans le cadre du prochain COP de l?OFB, les travaux d?EFESE (l?Évaluation française des
écosystèmes et services écosystémiques) sur la valorisation des services écosystémiques peuvent
servir à mobiliser les entreprises et les collectivités territoriales, à condition d?être mieux intégrés
comme outil de démonstration de la valeur socio-économique des actions en faveur de la
PUBLIÉ
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biodiversité et de l?eau48.
Il s?agit donc de traduire les résultats d?EFESE en arguments opérationnels et valorisables49 pour
les acteurs et d?adapter les messages par public cible :
? Pour les collectivités : mettre en avant des co-bénéfices des politiques de biodiversité pour
la santé, la résilience climatique, le tourisme, la gestion des risques naturels, etc. et en
intégrer les résultats dans les outils de planification territoriale (SRADDET, SCOT, PCAET,
SAGE, etc.) pour en faire un référentiel d?aide à la décision.
? Pour les entreprises : valoriser plus et mieux les services écosystémiques qui soutiennent
ou découlent de l?activité économique (ex. : pollinisation, qualité de l?eau, réduction des
risques d?inondation, régulation climatique) ainsi que les externalités négatives induites par
leur activité. La première étape pourrait consister à créer des fiches sectorielles (agriculture,
BTP, tourisme, cosmétique, textile, industrie, aménagement du territoire, etc.) en montrant
les liens entre performance économique et santé des écosystèmes. L?image de l?entreprise
est également un levier pour l?inciter à se mobiliser en faveur de la biodiversité.
Pour consolider ces argumentaires en les ancrant dans les territoires, des évaluations localisées
des services écosystémiques peuvent être réalisées par les agences régionales de la biodiversité
(ARB) et certaines collectivités pilotes.
(OFB, DEB, CGDD) Utiliser les travaux issus de l?Évaluation française
des écosystèmes et services écosystémiques comme levier stratégique de la mobilisation
et de l?engagement des entreprises et collectivités, en leur permettant d?évaluer leurs
externalités (positives ou négatives). Concevoir sur cette base une méthode d?aide à la
décision pour appuyer ces parties prenantes dans l?élaboration de plans d?action.
Des indicateurs possibles de mise en oeuvre de cette recommandation seraient le nombre ou la
proportion d?entreprises et/ou de collectivités mobilisant le programme EFESE (étude ex ante et
ex post, projets, investissements) et/ou l?indicateur, ratio de territoires engagés pour la nature (TEN)
et d?entreprises engagées pour la nature (EEN) évalués selon une méthode d'évaluation des
services écosystémiques à construire par l?OFB et gains socioéconomiques associés à ces
démarches.
L?indicateur de la SNB 2030 suivant serait également pertinent pour le futur COP : nombre
d'entreprises engagées pour la nature ayant déposé un plan d?action ambitieux en faveur de la
biodiversité avec une cible totale de 300 en 2025 et 5 000 en 2030 (plans d'actions).
5.3 Pour les collectivités, privilégier résolument le niveau régional et
intercommunal
5.3.1 Dans les territoires, mieux structurer les agences régionales de la
biodiversité et leurs leviers de mobilisation de l?OFB à leur niveau
A la suite de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août
48 Depuis 2019 et son entrée en phase 2, EFESE est devenue un programme à la fois plus stratégique, avec un
cadre conceptuel qui a évolué selon les critères de la SNB d?une part et du RRN d?autre part - et réellement
opérationnel, avec des projets pilotes (ex. ID-EFESE en Île-de-France) pour intégrer les services écosystémiques
dans les décisions territoriales.
49 Pour une présentation complète d?EFESE : https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/levaluation-
francaise-ecosystemes-services-ecosystemiques
PUBLIÉ
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2016 (article L131-9 du Code de l?environnement) et afin de coordonner leurs actions, l?OFB et les
régions peuvent mettre en place conjointement, dans le cadre d'une convention signée entre les
parties, des agences régionales de la biodiversité auxquelles peuvent notamment s'associer les
départements et les collectivités territoriales exerçant les compétences des départements. Elles
peuvent être constituées en établissements publics de coopération environnementale?»50. La loi
confie également aux régions la responsabilité d?élaborer une Stratégie régionale pour la
biodiversité (SRB). Les ARB sont destinées à soutenir et suivre sa mise en oeuvre.
L?idée de base est de démultiplier l?action de l?OFB sur les champs non assumés par les DR et
conforter les missions en collaboration avec la région, chef de file en matière de biodiversité, avec
l?appui de l?OFB.
La majorité des ARB ont été constituées sous le statut d?établissements publics de coopération
environnementale (EPCE). Certaines, notamment en Normandie, sont structurées en Groupement
d'intérêt public (GIP)51.
Le dernier bilan de création des ARB disponible sur le site internet de l?OFB, en date de juillet 2023,
montre que 11 régions sur 18 sont dotées d?une ARB. Un processus de constitution (accords
partenariaux régionaux) est engagé dans cinq autres. Le processus est en phase d?émergence en
Guyane et en Corse. S?il n?existe pas de bilan normalisé des ARB, certains territoires publient des
rapports d?activité annuels (exemple : ARB Centre-Val-de-Loire, ARB Normandie). Cependant, il
n?existe pas d?évaluation nationale (éventuellement comparative) publiée pour les ARB à date. De
fait, l?intensité de l?activité et la performance des ARB, ainsi que leurs niveaux de compétences52,
ne fait aujourd?hui l?objet d?aucune évaluation.
La mission préconise qu?un processus de diagnostic/évaluation des ARB soit engagé et que, pour
chacune d?entre elles, des tableaux de bord sur les collaborations à rechercher, les actions Ã
privilégier et les compétences à acquérir soient constitués et suivis ; ceci permettant l?échange
d?expérience. L?OFB pourrait réunir les ARB régulièrement au-delà de rencontres annuelles.
La mission a pu noter la disparité du niveau de coopération avec la région, selon la présence d?une
l?ARB bénéficiant de l?appui (notamment financier) de la région comme en Normandie ou
l?existence d?un simple accord de partenariat avec une région limitant son engagement comme en
Auvergne-Rhône-Alpes. L?OFB, au niveau siège, éventuellement relayé par ses DR, pourrait pallier
le manque d?implication de certaines régions en investissant plus le champ de la mobilisation des
acteurs et en identifiant d?autres relais (départements, agglomérations?).
5.3.2 Privilégier les atlas de la biodiversité intercommunaux avec plans
d?action
Conçus à la base comme des outils d?inventaires de la biodiversité au niveau local, les ABC sont
très vite apparus comme un des outils principaux de mobilisation des collectivités actuellement
déployé par l?OFB. Ils semblent avoir le mérite de mettre en évidence les enjeux liés à la
biodiversité pour les territoires étudiés. Mais l?efficience des projets qui peuvent en découler semble
dépendre beaucoup de la qualité de l?accompagnement par des « prestataires » d?une part, et
éventuellement par les ARB d?autre part. Il semble nécessaire de mobiliser au niveau
intercommunal sur ce dispositif, mais également de favoriser, voire systématiser, les ABC tournés
vers l?action. Un indicateur qui pourrait être introduit dans le COP serait le nombre d?ABC financés
ayant conduit à la modification voire à la révision de documents d?urbanisme ? a minima une
intégration dans les PLU - ou à la mise en oeuvre d?actions spécifiques favorables à la biodiversité
(travaux de restauration?). De plus, les méthodes d?évaluation ex ante et ex post des éventuels
plans d?action qui en découlent semblent manquer d?homogénéité quand ces évaluations ont
50 Ministère de la transition écologique, par exemple sites Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée.
51 Agence Normande Biodiversité.
52 Eventuellement mutualisables ou échangeables sous forme de retours d?expérience.
PUBLIÉ
https://www2.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-biodiversite?utm_source=chatgpt.com
https://www.laregion.fr/L-Agence-Regionale-de-la-Biodiversite-un-outil-majeur-pour-mettre-en-oeuvre-la-SrB?utm_source=chatgpt.com
https://www.anbdd.fr/lagence/qui-sommes-nous/?utm_source=chatgpt.com
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effectivement eu lieu.
5.4 Pour les entreprises, cibler les secteurs/filières professionnels
pour lesquels la biodiversité est « matérielle » au sens de la
directive CSRD
5.4.1 Mobiliser les entreprises des secteurs/filières en s?appuyant sur les
méthodes d?analyse de la directive CSRD
Le dispositif actuel « Entreprises Engagées pour la Nature » (EEN) est basé avant tout sur le
volontariat d?entreprises de tous secteurs/filières53 et de toute taille : grandes entreprises, ETI,
PME? Aujourd?hui, on compte un peu moins de 400 entreprises engagées, pour un objectif de
500 à 2025 fixé dans le COP et un objectif de 3 000 à 2030 fixé dans la SNB. Au-delà de l?inscription
obligatoire de la protection de la biodiversité dans la stratégie des entreprises labellisées EEN,
celles-ci s?engagent à mettre en oeuvre des plans d?action sur deux ou quatre ans, dont les résultats
sont évalués par un comité des parties prenantes.
Trois problèmes majeurs se posent sur ce dispositif :
? Le principe du volontariat ne mobilise au final que les entreprises déjà investies et surtout
vise des entreprises de tous secteurs et de toutes tailles, sans notion de priorité ou d?utilité
pour la biodiversité.
? Il y a un éparpillement des efforts en l?absence de ciblage.
? Il n?existe pas de critères de référentiel ou de normes/métriques communes d?évaluation
des plans d?action que peuvent proposer les entreprises engagées. En conséquence, une
véritable évaluation des progrès auxquels s?engagent les entreprises n?est pas possible, ni
intrinsèquement, ni relativement. Les progrès réalisés en matière de préservation/restau-
ration ne sont pas évaluables et, a fortiori, l?amélioration de la situation de la biodiversité
liée aux plans d?actions présentée n?est pas réellement constatable.
Pour à la fois passer à l?échelle en termes d?entreprises engagées et procéder à des mesures et
évaluations selon des critères, méthodes et « métriques » communs ou a minima harmonisés pour
chaque secteur/filière, la mission propose de travailler au niveau des secteurs/filières et de leurs
syndicats et organisations professionnels.
Pour les entreprises, la mission estime qu?il s?agit de mobiliser au niveau des secteurs/filières les
plus concernés, c?est-à -dire ceux pour qui la biodiversité est « matérielle ». La matérialité de la
biodiversité est une notion centrale de la CSRD54 et des ESRS. Elle impose de croiser les deux
prismes suivants (on parle de double matérialité) pour décider quelles informations doivent être
publiées dans le « rapport de durabilité » des entreprises soumises :
53 La notion de « secteur » regroupe de grandes catégories d?activités économiques qui ont des caractéristiques
communes dans une classification par grands ensemble d?activité (ex : agriculture, énergie, BTP et matériaux?).
Les filières regroupent l?ensemble des étapes et acteurs liés à la production, transformation, distribution et
consommation d?un produit ou service selon une logique de chaîne de valeur (ex filière bois, agroalimentaire,
services informatiques, automobile?). Les branches sont avant tout une notion « sociale » en matière de
ressources humaines et de formation. Par convention, concernant les entreprises, la mission parle de
secteurs/filières sur les sujets économiques (rapportage extra financier, EFESE) et de « filières/branches »
s?agissant de développement sur la formation professionnelle et les autres processus de ressources humaines.
54 Comptabilité extra financière ; CSRD : Corporate Sustainability Reporting Directive, destinée à harmoniser le
rapportage de durabilité des entreprises et d'améliorer la disponibilité et la qualité des données ESG
(environnementales, sociales et de gouvernance) publiées.
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? Matérialité d?impact ("inside-out") : comment l?entreprise impacte l?environnement, la so-
ciété et les personnes, positivement ou négativement (ex. : un projet d?exploitation fores-
tière qui détruit un habitat naturel et son impact sur la biodiversité).
? Matérialité financière ("outside-in") : comment les enjeux environnementaux, sociaux et de
gouvernance impactent la performance, la position ou les perspectives financières de l?en-
treprise (ex. : perte de valeur d?actifs à cause de nouvelles réglementations sur l?utilisation
des sols, risque de réputation lié à la destruction d?un écosystème, perturbation de la
chaîne d?approvisionnement par la disparition de pollinisateurs).
Lorsque la (double) matérialité sur l?ESRS E4 est établie ? rapportage obligatoire ? pour une
entreprise, celle-ci doit publier des informations sur ses impacts sur la biodiversité et les
écosystèmes, et sur les risques financiers et opportunités liés à la biodiversité.
L?analyse doit inclure ces informations dans son « rapport de durabilité » lui-même inclut dans le
rapport financier. C?est sur la base de ce rapport que l?entreprise établit son plan de transition,
partie intégrante de sa stratégie.
Plusieurs outils existent qui peuvent répondre aux impératifs de mesure de la directive CSRD en
matière de biodiversité55. L?OFB développe avec l?ADEME ACT une méthodologie destinée aux
entreprises pour l?évaluation de l?efficacité de leur stratégie en faveur de la biodiversité à l?instar de
ce qui existe sur le climat : ACT biodiversité. Cette méthodologie devrait également intégrer toute
la chaîne de valeur afin de permettre à une entreprise d?inclure l?impact de ses fournisseurs et de
ses clients dans sa démarche, en s?inspirant de ce qui existe déjà sur les émissions carbone.
Un autre outil, le Global Biodiversity Score (GBS), a été développé par CDC Biodiversité afin de
permettre aux entreprises et aux institutions financières de mesurer leur empreinte biodiversité.
Sur cette base, les empreintes biodiversité d?entreprises d?un même secteur peuvent faire l?objet
de comparaison sur des bases objectivées et leurs trajectoires peuvent être suivies. Grâce à ces
outils, les entreprises peuvent mesurer les impacts et dépendances sur l?ensemble de la chaîne
de valeur.
(OFB, tutelles) Cibler le dispositif « entreprises engagées pour la
nature » sur les secteurs / filières / entreprises identifiés comme prioritaires au vu de leurs
impacts sur la biodiversité en utilisant la méthode d?analyse de la directive européenne
relative à la publication d'informations en matière de durabilité.
5.5 Investir le champ de la formation professionnelle continue
L?OFB a un rôle stratégique à jouer pour favoriser l?intégration des enjeux de biodiversité dans les
parcours de formation professionnelle continue (entreprises, agents publics notamment territoriaux)
comme il le fait déjà dans la formation initiale (enseignement agricole notamment) 56.
Pour tenter de répondre à cet enjeu qui constitue un « angle mort » de l?action de mobilisation de
l?OFB57 , la mission préconise de mener une action de ciblage des opérateurs de compétences des
filières/branches les plus concernées, et aussi de renforcer les programmes de formation des élus
et agents publics.
55 La norme ESRS E4 "Biodiversité et écosystèmes", publiée dans le cadre de la directive CSRD, fait partie des
ESRS thématiques environnementales.
56 L?OFB admet d?ailleurs qu?il s?agit d?un « angle mort » » dans son action de mobilisation.
57 Selon les propres termes des interlocuteurs de la mission.
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5.5.1 Pour les entreprises, construire des dispositifs de formation et les
promouvoir/proposer aux opérateurs de compétences des branches
ciblées
En privilégiant ici encore une approche ciblant les OPCO (opérateurs de compétences) des
branches et filières pour lesquelles la biodiversité et les services éco systémiques représentent un
enjeu matériel et économique essentiel, c?est-à -dire que les mêmes que citées précédemment58.
Certains secteurs, par essence, sont directement dépendants des services écosystémiques.
L?OFB doit donc structurer une véritable offre de formation ? qui peut aussi être une offre de
formation de formateurs ? aux branches, par l?intermédiaire de leurs OPCO sous un angle double :
? La connaissance naturaliste : développer les savoirs relatifs aux écosystèmes, aux
espèces, aux habitats, aux paysages et aux impacts des activités humaines sur la
biodiversité.
? L?expertise socio-économique : renforcer la compréhension des liens entre biodiversité,
économie (analyse coûts/bénéfices, coût de l?inaction) et services écosystémiques afin de
favoriser des modèles économiques durables.
Pour engager ce processus de construction de dispositifs de formation et de promotion de ceux-ci,
l?OFB pourrait, sur la période du futur COP, engager un certain nombre d?actions :
? Identifier les besoins spécifiques des filières/branches professionnelles clés.
? Développer des kits de formation et des formations de formateurs innovants.
? Poursuivre l?investissement dans la formation professionnelle initiale dans les
établissements d?enseignement agricole. Parallèlement, l?OFB doit poursuivre son
investissement dans le champ de la formation professionnelle initiale, dans les
établissements d?enseignement agricole, pour préparer les générations futures.
Les sujets relatifs aux transitions qu?elles soient écologiques ou agroécologiques, climatiques et
environnementales, sont intégrés et remis à jour régulièrement dans les référentiels des diplômes
dispensés par les lycées et les centres de formation d'apprentis agricoles, et dans les référentiels
des formations agricoles post bac. L?OFB, par l?intermédiaire des ARB, pourrait soutenir des
partenariats entre établissements et agriculteurs locaux engagés dans la transition agroécologique
(stages?).
5.5.2 L?OFB et la formation des élus et agents publics territoriaux : un
partenariat renforcé avec le CNFPT
Les élus et les agents territoriaux ont besoin de compétences renforcées pour intégrer ces enjeux
dans les décisions des collectivités territoriales.
Dans ce cadre, la mission considère que les collaborations avec le CNFPT (Centre National de la
Fonction Publique Territoriale), déjà existantes doivent être renforcées, au-delà des programmes
de sensibilisation, en proposant des modules de formation sur :
? L?intégration de la biodiversité dans les projets d?aménagement : gestion des trames vertes
et bleues, prévention des risques naturels, renaturation des villes.
? Une formation sur les leviers financiers : mobiliser les financements européens (LIFE,
FEADER) et nationaux pour des projets favorables à la biodiversité.
58 L?agriculture, la foresterie, la pêche, l?aménagement du territoire ou encore le tourisme, mais aussi BTP, activités
de carrières et de paysages en général, cosmétiques, textile, etc.
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? Connaissance naturaliste, services éco systémiques, séquence « éviter, réduire, compen-
ser ».
(OFB, tutelles) Investir le champ de la formation professionnelle en
proposant aux opérateurs de compétence des filières / branches les plus concernées et
notamment de l?agriculture, une offre de formation de formateurs combinant formation
naturaliste et en économie de l?environnement, notamment sur la valorisation des services
écosystémiques.
Un indicateur de suivi en lien avec cet objectif opérationnel pourrait être le ratio de filière/branches
professionnelles dépendant de la biodiversité et/ou ayant un impact sur cette dernière ayant adopté
dans leur offre de formation un module "biodiversité - entreprise" mêlant formation naturaliste et
évaluation socioéconomique des actions en matière de protection.
5.6 Définir des profils de citoyens en fonction de leur sensibilité aux
questions relatives à la biodiversité et y adapter les messages
D?une manière générale, de par sa jeunesse et la nouveauté de sa mission de mobilisation
citoyenne, l?OFB souffre d?un réel déficit de notoriété. Dans certains cas, il pâtit d?un facteur
aggravant d?une image détériorée ou déformée. C?est une des conséquences de la crise agricole
de 2024.
Pour mobiliser plus et mieux les différentes catégories de citoyens autour des enjeux de protection
de l?eau et de la biodiversité, une piste pourrait être d?adapter les stratégies de sensibilisation, de
communication et d?engagement aux profils sociologiques et comportementaux des catégories
d?individus. De la même manière, les vecteurs de communication pourraient être adaptés aux
catégories de citoyens à toucher. Enfin, les messages pourraient eux aussi se décliner de manière
différenciée en termes de forme et de contenu.
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6 Des conditions de réussite du COP
6.1 Assurer une stabilité dans le périmètre des missions de
l?établissement et dans ses moyens
La mission souhaite poser comme préalable à l?atteinte des objectifs fixés par le COP la nécessaire
stabilité de l?établissement après plusieurs fusions successives et la réaffirmation de ses
prérogatives de puissance publique au sein d?une police mieux coordonnée avec les autres
services de l?État.
6.2 Adopter un objectif transversal sur la culture commune et
entraîner l?ensemble du personnel
L?objectif est que l?organisation, la gouvernance, les stratégies, plans d?action et systèmes
d?évaluation répondant aux attentes des tutelles, soient connus et intégrés par tous en interne et
portent efficacement les thématiques du COP. Cela repose d?abord sur le développement d?une
démarche participative de co-construction et d?animation du futur COP (groupes miroir des groupes
de travail au niveau direction).
La mission propose l?objectif transversal suivant : poursuivre et achever l?unification interne de
l?OFB et porter une culture commune, où chaque agent se reconnaît dans l?exercice de son métier
et sait situer sa contribution dans le continuum d?action de l?établissement, quelle que soit son
origine. Cet objectif transversal d?organisation et de management vise à fédérer en interne autour
des trois orientations stratégiques et conditionne leur réussite. Il s?agit d?un enjeu capital pour un
établissement encore jeune qui porte une diversité de missions et dont le collectif de travail a pu
se sentir fragilisé dans le contexte récent.
L?opération « raison d?être » de l?OFB nous apparaît comme très pertinente. Les entretiens réalisés
nous ont montré que les agents ne se l?étaient pas totalement appropriée. Concrètement, il s?agit
de :
? Clarifier l?organisation du siège et la transversalité entre services.
? Sur l?orientation stratégique de contribuer à la préservation et la restauration de la biodi-
versité et de la ressource en eau : conforter encore davantage la culture commune en
matière de police.
? Sur l?orientation stratégique connaissance : donner de la visibilité sur des orientations plu-
riannuelles en matière de connaissance.
? Sur l?orientation stratégique mobilisation : stabiliser les stratégies régionales autour
d'enjeux prioritaires pour donner de la visibilité dans le passage à l'action.
? Etablir une cartographie des compétences existantes et des besoins présents et à venir en
la matière afin de disposer de l?expertise nécessaire en appui aux services de l?État.
? Moderniser les outils des fonctions supports et optimiser les processus de gestion.
6.3 Consolider l?ancrage territorial, véritable levier de mise en oeuvre
des politiques publiques
La dimension territoriale de l?OFB constitue un élément indispensable à l?efficacité de son action,
tant en matière de police sous l?égide des préfets et des procureurs qu?en matière d?acquisition de
connaissances ou de mobilisation des acteurs.
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Les services territoriaux représentent environ deux tiers des agents, dont 1700 inspecteurs de
l?environnement en 2023 (d?après le rapport de la Cour des Comptes), sur 3000 agents. Même si
la rationalisation des implantations enclenchée doit se poursuivre, il importe de maintenir la part
des agents présents dans les services territoriaux. C?est essentiel pour développer l?intégration
dans l?écosystème local, maintenir la connaissance des enjeux en matière de biodiversité et d?eau
et apporter son appui aux services de l?État tout en interagissant avec les multiples partenaires
(collectivités, associations, professionnels?).
Plusieurs interlocuteurs nationaux ont souligné la plus-value de cette organisation et tout l?apport
que constitue cette connaissance acquise sur le terrain (Anses, MNHN, INRAE?) qui est
également soulignée dans le rapport Bacci (« La présence des agents sur le terrain constitue en
effet la raison d?être d?un tel établissement, »). Cette présence au plus près des territoires semble
être le garant d?une crédibilité auprès des parties prenantes.
6.4 Intégrer les politiques d?adaptation au changement climatique
Au-delà des aires protégées, l?intégration des politiques d?adaptation du PNACC dans le futur COP
de l?OFB permettra de renforcer la cohérence nationale entre stratégie climatique et stratégie
biodiversité. A l?inverse, d?autres établissements publics comme l?ONF, cette dimension n?est pas
encore très présente dans les approches de l?OFB. A ce titre, favoriser les solutions fondées sur la
nature, promouvoir la restauration des écosystèmes comme levier d?adaptation, déployer des
projets pilotes inscrits dans les priorités du PNACC et évalués pour leur contribution à la résilience
écologique ou encore mobiliser et former les mêmes parties prenantes aux mêmes niveaux aux
politiques et actions d?adaptation semblent indispensables. En termes d?actions ciblées en faveur
de la biodiversité, l?OFB devra, en plus de faire des aires protégées des laboratoires de l?adaptation
ce qui renvoie directement à l?axe 4 du PNACC « Protéger notre patrimoine naturel et culturel » (le
PNACC proposant pour rappel d?expérimenter l?intégration des enjeux d?adaptation climatique
dans les plans de gestion des aires protégées) :
? Favoriser les continuités écologiques et la résilience des écosystèmes, ce qui renvoie plus
spécifiquement à l?action 3 du PNACC qui vise à « préserver ou restaurer des potentialités
permettant à la biodiversité de s?adapter, notamment via le renforcement des continuités
écologiques ».
? Combiner connaissance et réglementation pour intégrer l?adaptation dans les stratégies de
préservation de la biodiversité : action 4 du PNACC.
? Poursuivre et peut-être accentuer les financements ciblés pour des solutions fondées sur
la nature (SFN). Ces contributions financières sont prévues dans le cadre du fonds vert59.
D?autres fonds (fonds Barnier revalorisé, fonds d?adaptation individuel) peuvent
indirectement soutenir la biodiversité via des actions mixtes (ex. lutte contre les inondations,
gestion des milieux naturels). L?OFB pourrait mettre en place un comité de coordination
interne ou missionner le comité d?orientation pour aligner les actions de l?OFB avec les
deux cadres nationaux, peut permettre d?institutionnaliser dans l?organisation interne cette
coordination.
6.5 Différenciation par territoire : mieux prendre en compte les
spécificités ultramarines
Les spécificités ultramarines sont de plusieurs ordres : énormes enjeux de biodiversité en matière
de nombre d?habitats et d?espèces, en particulier marines, de leur niveau de menace, de rareté et
59 Environ 1 milliard d?euros à mobiliser entre 2025 et 2030, dont près de 40 % dédiés aux interventions via les
SFN.
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de protection, pressions locales sur l?eau et la biodiversité différentes de celles rencontrées sur
l?hexagone et particulièrement fortes, organisation de l?OFB inhabituelle avec des services
départementaux placés directement sous l?autorité de la direction centrale au siège à Vincennes
et délégué régional assurant simplement des fonctions de coordination et représentation. Par
ailleurs, l?OFB contribue avec les offices de l?eau à une mission de financement des infrastructures
en eau potable et assainissement collectif pour parvenir à un accès pour tous à des services
publics de qualité.
Les principales suggestions d?amélioration recueillies par la mission portent sur l?organisation
territoriale de l?OFB en Outre-mer. Il s?agit de faire évoluer le modèle organisationnel vers une
structure plus cohérente et lisible, similaire aux directions régionales de l?hexagone :
? Mettre les services de chaque département et région d?Outre-mer (DROM) sous l?autorité
du délégué régional.
? Adapter les moyens humains aux spécificités des missions en Outre-mer et faciliter l?accès
aux financements pour les équipes ultramarines de l?OFB.
? Faire évoluer les modèles de gouvernance des aires protégées comme les parcs marins.
Les intervenants ont suggéré un renforcement des effectifs dans les territoires d?Outre-mer,
soulignant l?importance de la biodiversité ultramarine et la nécessité d?y consacrer des moyens
proportionnés. Les interlocuteurs des collectivités, confrontées à des problématiques spécifiques
(espèces exotiques envahissantes, adaptation au changement climatique), sont parfois basés sur
un autre territoire, ce qui peut limiter l?accompagnement d?initiatives locales innovantes60.
Par ailleurs, à signaler la mission récente de l?IGEDD sur le CAR-SPAW (Centre d?activités régional
pour les espèces et les espaces spécialement protégés de la Caraïbe selon la Convention de
Carthagène61) qui a recommandé d?inclure dans le futur COP l?objectif de son intégration au sein
de l?office.
Diverses pistes d?amélioration du volet biodiversité Outre-mer de l?action de l?OFB sont aussi
ressorties des entretiens menés :
? Renforcer la coordination entre les acteurs de la biodiversité (OFB dont parcs naturels ma-
rins, ONF, parcs naturels régionaux, parcs nationaux, conservatoire du littoral, offices de
l?eau, directions interrégionales de la mer) pour développer des ?éléments de langage par-
tagés? et une vision commune des enjeux : la multiplicité des intervenants peut complexifier
la gestion des problématiques environnementales.
? Adapter les moyens de surveillance aux réalités du terrain, pour mieux gérer les tensions
entre protection de l?environnement et enjeux socio-économiques. Développer une ap-
proche plus équilibrée concernant les sources de pollution marine, en accordant davantage
d?attention aux pollutions d?origine terrestre. Concernant l?application de la réglementation
sur les cétacés, il est suggéré de différencier les approches selon les espèces (dauphins,
baleines, cachalots), de privilégier l?éducation et la sensibilisation plutôt que la répression
systématique et de cibler la répression sur les comportements les plus dommageables.
? Renforcer la participation des collectivités dans les instances de gouvernance des aires
protégées gérées par l?OFB et clarifier les compétences entre les différentes structures
(parcs marins, parcs régionaux, réserves). Maintenir un fonctionnement équilibré des con-
seils de gestion pour qu?ils soient des accompagnateurs des projets et non des censeurs.
60 Exemple du programme ?Réciprocité? de la mairie du Lamentin, approche originale de gestion environnementale,
inspirée par la coopération internationale (jumelage avec Santiago de Cuba).
61 Convention pour la protection et la mise en valeur du milieu marin dans la région des Caraïbes.
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? Améliorer la connaissance scientifique du milieu et des espèces locales, en particulier cé-
tacés et autres espèces marines pour permettre une gestion plus adaptée. Développer des
indicateurs spécifiques aux enjeux ultramarins : espèces endémiques menacées, espèces
invasives et préservation des mangroves en contexte insulaire tropical, suivi de la restau-
ration des écosystèmes sur le long terme. Faciliter l?accès à l?expertise technique sur la
restauration des écosystèmes spécifiques aux Outre-mer, par exemple aux compétences
locales pour la restauration de la mangrove.
? Accentuer la coopération internationale régionale.
? Intégrer davantage la dimension culturelle et historique dans les approches de préservation
de la biodiversité, aspect qui semble particulièrement efficace pour mobiliser les popula-
tions locales.
Sur l?eau, les acteurs ultramarins rencontrés appellent à :
? Renforcer la fréquence des échanges techniques entre l?OFB et les offices de l?eau ultra-
marins, en revenant à un rythme annuel plutôt que bisannuel.
? Améliorer la prise en compte des spécificités ultramarines, par exemple lors des réunions
organisées par l?OFB avec l?ensemble des acteurs de l?eau (offices et agences).
? Renforcer les échanges techniques entre les offices de l?eau et les agences de l?eau hexa-
gonales.
(OFB) Revoir l?organisation Outre-mer : placer les services
départementaux sous l?autorité du délégué régional.
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Conclusion
Comme l?ont rappelé le 17 avril 2025 les deux ministres de tutelle de l?OFB, à l?origine de la
présente mission, « les agents de l?office français de la biodiversité effectuent un travail
indispensable pour mieux connaître et protéger le vivant en France. Par leurs actions d?acquisition
de connaissances, de protection et de contrôle, ils participent à la protection de tous les Français
et des secteurs économiques dépendants des ressources naturelles, comme l?agriculture, la pêche
ou leurs filières industrielles avales. » « Et c?est en travaillant ensemble, sur le terrain, que nous
pourrons bâtir une agriculture à la fois durable, prospère et respectée. »
Même si le bilan de ce premier COP ne permet pas une évaluation de la contribution de l?OFB aux
objectifs de politique publique qui lui sont assignés faute d?indicateurs, il illustre parfaitement la
façon dont l?OFB, jeune établissement public hérité de fusions successives, s?est emparé des
missions essentielles et des multiples rôles qui lui ont été confiés, s?insérant de manière dynamique
et proactive dans un écosystème foisonnant de partenaires scientifiques et de parties prenantes
aux intérêts variés, malgré l?enchaînement de la crise COVID et de la crise agricole qui ont pu
compliquer sa tâche et la façon dont il était perçu.
L?adoption de ce deuxième contrat d?objectifs est l?opportunité pour l?OFB de renforcer son
positionnement, tant au niveau national, en appui aux tutelles dans un cadre transparent et dans
des partenariats mieux ciblés, que dans la coordination locale avec les services de l?État et la
mobilisation différenciée des acteurs. Il s?agit pour l?établissement, en accord avec ses ministères
de tutelle, de redonner de la clarté, des priorités et de l?ambition à ses orientations stratégiques,
tout en renforçant sa culture interne et en se dotant d?objectifs opérationnels et d?indicateurs
concrets, en matière d?activité mais aussi de performance et d?impact sur la biodiversité dans les
territoires. Le nouveau COP est enfin l?occasion pour les tutelles de s?impliquer de manière plus
équilibrée dans le dialogue technique avec l?établissement.
Pour le mener à bien, l?OFB devra être conforté dans son rôle d?opérateur de l?État, de police de
l?environnement, de producteur et de diffuseur de connaissance. L?établissement, qui a déjÃ
absorbé depuis sa naissance les laboratoires d?hydrologie des DREAL, aura aussi besoin d?une
stabilité politique, financière et organisationnelle.
Céline Couderc-Obert
Michel Pascal
Stéphane Hocquet
Inspectrice
Inspecteur général
Inspecteur
Stéphanie Mouriaux
Inspectrice
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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Annexes
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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Annexe 1. Lettre de mission
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 65/120
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Guérineau Quentin Cabinet MTEBFM Directeur de cabinet 2 avril 2025
Menez Véronique Cabinet MTEBFM Conseillère biodiversité 2 avril et 30 juin 2025
Thibault Olivier OFB Directeur général
7 avril, 5 juin et 30
juin 2025
Charissoux Denis OFB
Directeur général délégué
ressources
7 avril, 5 juin et 30
juin 2025
Guillain Pierre-Edouard
OFB Directeur général délégué
Police, connaissance et
expertise
7 avril et 4 juillet
2025
Cadic Sandrine
OFB
Directrice générale adjointe
Territoires et Outre-Mer
7 avril et 16 mai 2025
Aubel Christophe
OFB
Directeur général délégué
Mobilisation de la société
7 avril et 26 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 66/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Lamotte Damien
DEB
Directeur adjoint 9 avril et 30 juin 2025
De Lavergne Célia
DEB
Directrice 15 avril 2025
Soubelet Hélène
FRB
Directrice générale 17 avril 2025
Couvet Denis
FRB
Président 17 avril 2025
Dunand Arnaud
DGPE Sous-directeur
Performance
environnementale et
valorisation des territoires
18 avril et 30 juin
2025
Campistron Marie-Luce
DGPE Sous-direction Performance
environnementale et valorisation des
territoires
Adjointe au sous-directeur
18 avril et 30 juin
2025
Argenton Hugo
DGPE bureau changement climatique et
biodiversité Chef du bureau 18 avril 2025
Maisonnave Héloïse
DGPE bureau changement climatique et
biodiversité Adjointe au chef du bureau 18 avril 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 67/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Huon Sophie Secrétariat général MTEBFM Sous-
direction de la stratégie de transformation
et de l?animation des réseaux
Adjointe au sous-directeur 28 avril 2025
Cormier Olivier Secrétariat général MTEBFM Sous-
direction de la stratégie de transformation
et de l?animation des réseaux
Sous-directeur 28 avril 2025
Ernou Frédéric Assemblée permanente des chambres
d?agriculture
Chef de service
agroenvironnement
28 avril 2025
Delestre Arnaud Assemblée permanente des chambres
d?agriculture
Président de la chambre
d?agriculture de l?Yonne
28 avril 2025
Blanc Patricia ADEME Directrice générale
déléguée aux opérations
28 avril 2025
Mousset Jérôme ADEME Directeur bioéconomie et
énergies renouvelables
28 avril 2025
Wehrling Yann ADEME Conseiller biodiversité 28 avril 2025
De Redon Louis Cabinet MASA Conseiller innovation,
biomasse, énergie, gestion
de l?eau et filière bois et
haies
29 avril 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 68/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Girel-Zajdenweber Anne Cabinet MASA Conseillère biodiversité,
planification écologique,
stratégie Ecophyto et
adaptation au changement
climatique
29 avril 2025
Bacci Jean Sénat Sénateur du Var 30 avril 2025
Burgoa Laurent Sénat Sénateur du Gard 30 avril 2025
Chlous Frédérique MNHN Présidente du conseil
scientifique
30 avril 2025
Salvat Gilles Anses Directeur général délégué
Pôle Recherche et
Référence
2 mai 2025
Schuler Matthieu Anses Directeur général délégué
du Pôle Sciences pour
l?Expertise
2 mai 2025
Flammarion Patrick INRAE Directeur général délégué
expertise appui aux
politiques publiques
2 mai 2025
Bardy Marion INRAE Directrice appui aux
politiques publiques
2 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 69/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Thomas Alban INRAE Directeur scientifique
environnement par intérim
2 mai 2025
Renault Pierre INRAE Directeur scientifique
environnement adjoint
2 mai 2025
Le Bourg Valérie OFB AURA Directrice régionale 6 mai 2025
Papouin Matthieu DREAL AURA Directeur régional adjoint 6 mai 2025
Gravier Marie-Hélène DREAL AURA Cheffe du service
environnement
6 mai 2025
Gardon Chemain
Agnès
Mairie d?Ecully Première adjointe,
déléguée à la Transition
Ecologique, aux mobilités
et à l?Innovation
6 mai 2025
Labracherie Céline FNE AURA Directrice régionale 7 mai 2025
Gilles Christophe FNE Haute-Savoie Pôle veille & expertise,
biodiversité
7 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 70/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Noël du Payrat Christophe Préfecture de l?Allier Préfet 7 mai 2025
Jardoux Christophe Chambre d?agriculture de l?Allier Président 7 mai 2025
Pohu François OFB Allier Chef de Service 7 mai 2025
Gaillard Jean-Pierre FDC Allier Président 9 mai 2025
Santarelli Antoine FDC Allier Directeur général 9 mai 2025
Bonnet François ONF Directeur général adjoint 12 mai 2025
Touffait Régine ONF Secrétaire générale de la
direction forêts et risques
naturels
12 mai 2025
Rivet Nicolas FNC Directeur général 12 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 71/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Bouquet Constance FNC Directrice déléguée 12 mai 2025
Convers Christian Coordination rurale Secrétaire national 12 mai 2025
Bellot Patrick OFB Directeur des systèmes
d?information
15 mai 2025
Lecocq Frédérique OFB Directrice des ressources
humaines
15 mai 2025
Dumoulin Virginie IGEDD Administratrice au CA de
l?OFB
15 mai 2025
Zammite Jean-François OFB Directeur outre-mer 15 mai 2025
Bruchet Patricia OFB Directrice grands
prédateurs terrestres
15 mai 2025
Gauthiez François OFB Directeur de l?appui aux
stratégies pour la
biodiversité
16 et 26 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 72/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Hissel François OFB Directeur surveillance
évaluation données
16 mai 2025
Fouilleron Antoine OFB Directeur de la stratégie
d?intervention financière
16 mai 2025
Vergobbi Bénédicte OFB Directrice financière 16 mai 2025
Augeard Bénédicte OFB Directrice de la recherche
et de l?appui scientifique
16 et 27 mai 2025
Soriano Sébastien IGN Directeur général 16 mai 2025
Mellier Guillaume IGN Directeur des programmes
et de l?appui aux politiques
publiques
16 mai 2025
Lambert Nicolas IGN Chef du service des
partenariats et relations
institutionnelles
16 mai 2025
Emmanuelle Roux IGN Conseillère du directeur
général
16 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 73/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Rogier Philippe DEB sous-direction écosystèmes terrestres Sous-directeur 19 mai 2025
Pasco-Viel Emmanuel DEB bureau politique de la biodiversité Chef du bureau 19 mai 2025
Poulet Nathalie DEB bureau politique de la biodiversité Adjointe au chef de bureau 19 mai 2025
Mourlon Nicolas Agence de l?eau Rhône Méditerranée Directeur général 23 mai 2025
Chantepy Nicolas Agence de l?eau Rhône Méditerranée Directeur général adjoint 23 mai 2025
Galais Stéphane Confédération paysanne Secrétaire national 23 mai 2025
Diakité Aminata OFB Directrice de la
communication
26 mai 2025
Viret Christophe OFB Directeur de la mobilisation
acteurs et citoyens
26 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 74/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Thévenot Gaël OFB Directrice adjointe de la
mobilisation acteurs et
citoyens
26 mai 2025
Boileau Fabien OFB Directeur des aires
protégées
26 mai 2025
Tounsi Réda OFB Chef du pôle partage et
valorisation des
connaissances
scientifiques et techniques
26 mai 2025
Derieux Antoine OFB Normandie Directeur régional 27 mai 2025
Olivier Jean-Yves OFB Normandie Directeur régional adjoint 27 mai 2025
Canteri Thierry DIRM Normandie Directeur adjoint 27 mai 2025
Aulert Christophe Façade maritime Manche Mer du Nord Directeur délégué 27 mai 2025
Peralta Didier ANBDD (Agence Normande de la
biodiversité et du développement
durable)
Président, Maire de
Gruchet-le-Valasse
27 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 75/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Debray Romain ANBDD (Agence Normande de la
biodiversité et du développement
durable)
Responsable de l?équipe
biodiversité
27 mai 2025
Josset Quentin OFB Normandie Chargé de Recherche
"Migrateurs amphihalins"
- Responsable de
l'Observatoire Long
Terme de la Bresle
27 mai 2025
Ledru Bruno Chambre d?agriculture de Seine Maritime Vice-Président 27 mai 2025
Lievens Gilles Chambre d?agriculture de l?Eure Président 27 mai 2025
Vandenabeele Sandrine Chambre d?agriculture de Seine Maritime Directrice déléguée de la
chambre et responsable
environnement pour la
région Normandie
27 mai 2025
Gavard Gongallud Nicolas Fédération départementale des
chasseurs de l?Eure
Directeur 28 mai 2025
Rungette Denis DREAL Normandie 28 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 76/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Le Rolland Philippe DDTM Seine Maritime 28 mai 2025
Grisez Claire DREAL Normandie Directrice 28 mai 2025
Pivard Sandrine DREAL Normandie Directrice adjointe 28 mai 2025
Lefevre-Pestel Olga DREAL Normandie Cheffe du service eau,
littoral et biodiversité
28 mai 2025
Barthelat Fabien OFB Outre-mer Délégué territorial Antilles 2 juin 2025
Rateau Fabian OFB Antilles Responsable de l'Unité
Technique et
Connaissance
2 juin 2025
Hec Laurie OFB Antilles Directrice déléguée
sanctuaire mammifères
marins AGOA
2 juin 2025
Brador Aude OFB aires protégées Directrice déléguée parc
naturel marin Martinique
3 juin 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 77/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Nicolas Xavier Direction de la mer de Martinique Directeur 3 juin 2025
Vos Emmanuel DEAL de Martinique Directeur adjoint 3 juin 2025
Joseph Marie-Luce Doris Mairie du Lamentin Cheffe du service
environnement
4 juin 2025
Celma Célia Communauté d'Agglomération de l'Espace
Sud Martinique
Directrice financière 4 juin 2025
Brithmer Ronald Parc naturel régional de Martinique Directeur 4 juin 2025
Vénumière Nadine Parc naturel régional de Martinique Conservatrice réserves
naturelles
4 juin 2025
Theret Chloé Assomer Directrice 4 juin 2025
Desplanques Etienne Préfecture de Martinique Préfet 5 juin 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 78/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Ozier-Lafontaine Harry Parc national de Guadeloupe Directeur 5 juin 2025
Troplent Marie-Pierre Parc national de Guadeloupe Secrétaire générale 5 juin 2025
Adin Michela ODE de Martinique Directrice 5 juin 2025
Lequien Alexandra DEB CASP bureau de la tutelle de l?OFB Cheffe de bureau 6 juin 2025
Leite Ferreira Michel DEB CASP bureau de la tutelle de l?OFB Adjoint à la cheffe de
bureau
6 juin 2025
Séon-Massin Nirmala MNHN Représentante au conseil
d?administration de l?OFB
10 juin 2025
Riou Philippe IFREMER Directeur du département
scientifique
Océanographie et
dynamique des
écosystèmes
11 juin 2025
Harlay Xavier IFREMER Directeur du centre
Manche Mer du Nord
11 juin 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 79/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Cayocca Florence IFREMER Directrice de l'unité de
recherche Dynamique
des écosystèmes côtiers
11 juin 2025
Le Pivert Olivier IFREMER Délégué à la coordination
de l'expertise scientifique
en appui aux politiques
publiques
11 juin 2025
Lapie Hervé FNSEA Représentant au conseil
d?administration de l?OFB
11 juin 2025
Lapie Hervé FNSEA Représentant au conseil
d?administration de l?OFB
11 juin 2025
Lapie Hervé FNSEA Représentant au conseil
d?administration de l?OFB
11 juin 2025
Fourmaux Charles OFB Directeur police et permis
de chasser
12 juin 2025
Berteaud Pascal CEREMA Directeur 13 juin 2025
Obled Loïc Agence de l?eau Loire Bretagne Directeur 13 juin 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 80/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Abel Jean-David FNE Représentant au CA de
l?OFB
16 juin 2025
Vauclin Vincent OFB Représentant élu du
personnel titulaire au CA
de l?OFB
17 juin 2025
Gustave dit Duflo Sylvie Conseil régional de Guadeloupe Présidente du conseil
d?administration de l?OFB
23 juin 2025
Vieillefosse Aurélie Cabinet MTEBFM Directrice adjointe du
cabinet
30 juin 2025
Lematte Elodie DGPE Sous-direction Performance
environnementale et valorisation des
territoires
Sous-directrice 30 juin 2025
Guillain Pierre-Edouard OFB Directeur général délégué
Police Connaissance
Expertise
4 juillet 2025
Léger Jean-Baptiste MEDEF Responsable de pôle
transition écologique
8 juillet 2025
Rouger de Grivel Laurence MEDEF Directrice développement
durable
8 juillet 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 81/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Sureau Sébastien MEDEF Directeur de mission
environnement
8 juillet 2025
Rivet Mona MEDEF Chargée de mission
environnement
8 juillet 2025
Le Feur Sandrine Assemblée nationale Députée, présidente de la
commission
développement durable et
aménagement du territoire
9 juillet 2025
Le Nézet Olivier Comité National des Pêches Maritimes et
des Elevages Marins
Président 10 juillet 2025
De Lambert des Granges Philippe Comité National des Pêches Maritimes et
des Elevages Marins
Directeur général 10 juillet 2025
Chantereau Amélie Intersyndicale OFB (SNU-FSU biodiversité) Technicienne de
l?environnement en AURA
11 juillet 2025
Mallet Fabienne Intersyndicale OFB (SNU-FSU biodiversité) Assistante à la DRAS 11 juillet 2025
Heba Isabelle Intersyndicale OFB (SNU-FSU biodiversité) Représentante élue du
personnel de
l?établissement au CA de
l?OFB, suppléante
11 juillet 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 82/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Jacquillat Sébastien Intersyndicale OFB (SNU-FSU biodiversité) Co secrétaire SNE OFB 11 juillet 2025
Louradour Marianne CDC biodiversité Présidente 11 juillet 2025
Rivet Mathieu CDC biodiversité Directeur de l'expertise et
de l'appui réseau
11 juillet 2025
Campredon Arthur CDC biodiversité Responsable du
développement et
déploiement de l'outil de
mesure d'empreinte GBS
(Global Biodiversity Score)
11 juillet 2025
Oumoussa Hamid Fédération nationale de pêche en eau
douce
Personnalité qualifiée au
conseil d?administration
de l?OFB
21 juillet 2025
Doron Jean-Paul Fédération nationale de pêche en eau
douce
Président 21 juillet 2025
Hardelin Julien
CGDD SEVS Chef du bureau de la
biodiversité et des
ressources
24 juillet 2025
Kao Cyril
DGER Chef du service de
l?enseignement supérieur,
de la recherche et de
24 juillet 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 83/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
l?innovation
Faipoux Maud
DGAl
Directrice générale de
l?alimentation
29 août 2025
Blanc Stéphane
CNRS INEE Directeur de l?institut
national des sciences de
l?écologie et de
l?environnement
17 septembre 2025
Joly Dominique
CNRS INEE
Directrice adjointe
scientifique
17 septembre 2025
Hossaert Martine
CNRS INEE
Chargée de mission
biodiversité et Outre-mer
17 septembre 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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Annexe 3. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ABC Atlas de la biodiversité communal
ACB Analyse coûts-bénéfices
ADEME Agence de l?environnement et de la maîtrise
de l?énergie
ANR Agence nationale de la recherche
Anses Agence national de la sécurité sanitaire de
l?alimentation, de l?environnement et du
travail
ARB Agence régionale de la biodiversité
BFC Bourgogne-Franche-Comté
BNPE Banque nationale des prélèvements en eau
BRIEAU Démarche 2022-2027 Biodiversité
Recherche Innovation Eau
BTP Bâtiment-travaux publics
CGAAER Conseil général de l?alimentation, de
l?agriculture et des espaces ruraux
CGDD Commissariat général au développement
durable
CITES Convention on international trade in
endangered species of wild fauna and flora
CNFPT Centre national de la fonction publique
territoriale
CNR Centre national de référence
CNRS Centre national de la recherche scientifique
COLDEN Comité opérationnel de lutte contre la
délinquance environnementale
COP Contrat d?objectifs et de performance
CSRD Corporate sustainibility reporting directive
DDPP Direction départementale de la protection
des populations
DDT Direction départementale des territoires
DEB Direction de l?eau et de la biodiversité
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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DGER Direction générale de l?enseignement et de
la recherche (MASA)
DGPE Direction générale de la performance
économique et environnementale des
entreprises (MASA)
DIRM Direction interrégionale de la mer
DRASS Direction régionale des affaires sanitaires et
sociales
DSUED Direction surveillance évaluation données
EEN Entreprises engagées pour la nature
EFESE Evaluation française des écosystèmes et
des services écosystémiques
EPCE Etablissement public de coopération
environnementale
ESRS European Sustainability Reporting
Standards
ETI Entreprise de taille intermédiaire
ETP Equivalent temps plein
FRB Fondation pour la recherche sur la
biodiversité
GEREP Gestion des Émissions de Polluants et des
Rejets de Polluants
GIP Groupement d?intérêt public
GIS Geographic information system
IFREMER Institut français de recherche pour
l?exploitation de la mer
IGEDD Inspection générale de l?environnement et
du développement durable
IGN Institut géographique national
INPN Inventaire national du patrimoine naturel
INRAE Institut national de recherche pour
l?agriculture, l?alimentation et
l?environnement
IPBES Plateforme intergouvernementale
scientifique et politique sur la biodiversité et
les servies écosystémiques
IRD Institut de recherche pour le développement
IRO Impacts, Risques et Opportunités
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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LIFE L?instrument financier pour l?environnement
LNE Laboratoire national d?essais
MEA Millennium Ecosystem Assessment
MEDEF Mouvement des entreprises de France
MISEN Mission interservices de l?eau et de
l?environnement
MNHN Museum national d?histoire naturel
MSA Mutualité sociale agricole
OFB Office français de la biodiversité
ONB Observatoire national de la biodiversité
ONCFS Office national de la chasse et de la faune
sauvage
ONF Office national des forêts
ONG Organisation non gouvernementale
ONU Organisation des Nations-Unies
OOT Object oriented technology
OPCA Organismes paritaires de collecte agréés
OPCO Opérateurs de compétences
PCAET Plan climat air énergie territorial
PIB Produit intérieur brut
PME Petites et moyennes entreprises
PNACC Plan national d?adaptation au changement
climatique
PV Procès-verbal
RMA Rapport en manquement administratif
ROI Retour sur investissement
RRN Règlement restauration de la nature
SAGE Schéma d'aménagement et de gestion des
eaux
SBTN Science Based Targets Network
SCOT Schéma de cohérence territoriale
SINP Système d'Information sur la Nature et les
Paysages
SMART Spécifique, mesurable, atteignable, réaliste,
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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temporellement défini
SNAP Stratégie nationale des aires protégées
SNB Stratégie nationale de la biodiversité
SPIPOLL Suivi photographique des insectes
pollinisateurs
SRADDET Schéma régional d'aménagement, de
développement durable et d'égalité des
territoires
SRB Stratégie régionale pour la biodiversité
TEN Territoires engagés pour la nature
TNFD Task Force on Nature-related Financial
Disclosures
UE Union européenne
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Annexe 4. Lettre de cadrage du COP de l?OFB par le
gouvernement
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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Annexe 5. Premiers constats de la mission présentés aux
cabinets et à l?OFB en juillet 2025
PUBLIÉ
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Annexe 6. Détail par opérateur rencontré des pistes de
progrès en matière de partenariats scientifiques
Avec le MNHN, plusieurs pistes pour optimiser la collaboration, en tirant parti des forces
complémentaires du Muséum et de l?OFB, se dessinent :
? Assurer une continuité dans les actions de connaissance malgré les ?soubresauts poli-
tiques?. Renforcer la visibilité à long terme des programmes scientifiques.
? Consolider le système d?information sur la biodiversité en poursuivant l?extension du SINP
vers un système fédérateur plus large, « INSEE de la biodiversité », socle commun sur les
données. Améliorer les modèles économiques pour la maintenance et l?animation de cet
outil. Il s?agit de mieux ?marketer? la connaissance et les données sur la biodiversité en
renforçant la considération qui leur est accordée et les positionnant comme des indicateurs
statistiques nationaux à part entière.
? Développer la connaissance sur la gestion adaptative au-delà des espèces chassées, en
l?étendant à d?autres problématiques comme la cueillette de plantes sauvages, la pêche en
eau douce ou la coexistence avec les espèces protégées. Intégrer les enjeux du change-
ment climatique dans les modèles de cette gestion adaptative, avec une vision à plus long
terme.
Le message fort du CNRS est d?accroître l?ambition scientifique de COP et de renforcer les liens
de l?OFB avec les organismes de recherche et ses priorités en matière de connaissance à travers
un document plus différenciant, dès ses orientations stratégiques et dans ses objectifs
opérationnels. Les collaborations seraient à faciliter au niveau national (perspective du nouveau
Programme et équipement prioritaire de recherche « Dynamiques de la biodiversité terrestre »
Dynabiod) dans lequel l?OFB est très engagé), dans les territoires sur des objets concrets (exemple
de la difficulté à mobiliser les ARB et pas seulement le LIFE Artisan dans le PEPR Solubiod sur les
SFN ou de construire des projets communs d?acquisition de données de terrain) voire au niveau
européen (Horizon Europe et partenariat Biodiversa+) ou international (participation à l?IPBES) :
? Positionner l?OFB par rapport aux grandes priorités nationales : intégrer et se référer expli-
citement aux cadres stratégiques nationaux tels que la Stratégie Nationale pour la Biodi-
versité et la Stratégie d?adaptation au changement climatique.
? Définir des priorités claires en matière de connaissance : le COP doit détailler les domaines
de recherche appliquée et d?expertise prioritaires, potentiellement en s?appuyant sur les
prospectives nationales en sciences de l?écologie pour s?adapter aux évolutions des enjeux
de la biodiversité.
? Intégration des organismes nationaux de recherche : le COP doit expliciter clairement que
les liens avec les ONR doivent être renforcés, visant des ?programmes communs?. L?inter-
connexion devrait être ?bien plus importante? pour une ?dimension gagnant-gagnant?.
? Assouplissement des procédures administratives dans les projets de collaboration : la rigi-
dité bureaucratique est vue comme un frein majeur. Des clauses plus souples dans les
conventions cadres qui lient l?OFB et ses partenaires scientifiques sont souhaitées. La
complexité et l?hétérogénéité des modes de fonctionnement des ARB rend les partenariats
difficiles.
? Renforcement du lien avec la recherche scientifique pour la construction des indicateurs
de suivi des politiques publiques mais aussi de l?état de la biodiversité, et la co-construction
de programmes d?observation et de compréhension des écosystèmes à l?échelle territoriale,
exploitant les technologies modernes (acoustique, ADN environnemental, capteurs) et mu-
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tualisant les efforts autour de sites pilotes. L?OFB pourrait ainsi intégrer des données scien-
tifiques plus complexes et fines, telles que la génétique des populations, dans ses outils et
analyses.62
? Prendre en compte l?apport de la recherche sur les marqueurs précoces (physiologiques,
génétiques, épigénétiques) d?atteinte à la biodiversité développés par des projets comme
SEE-Life, suivis à long terme en Écologie et Évolution (bases de données à différentes
échelles permettant l?avancée des connaissances sur les mécanismes adaptatifs du vivant.
L?exploitation de ces données favorise l?évolution continue des processus de conservation
et participent à une gestion durable de la biodiversité en prenant en compte les dimensions
socio-écosystémiques de l?environnement).
? Inclure dans le COP des indicateurs spécifiques et adaptés aux Outre-mer, reconnaissant
l?enjeu majeur de ces territoires. Intégrer des objectifs opérationnels visant à combler le
manque de connaissances sur le milieu marin, avec des actions ciblées par exemple sur
les tortues.
? Renforcer les interconnexions recherche-expertise-action : une implication plus systéma-
tique des chercheurs dans les comités de pilotage des projets et une valorisation des don-
nées de recherche doit être encouragée.
? Intégrer la dimension européenne et internationale au jour de l?entretien ?cruellement? man-
quante dans le projet d?orientations stratégiques.
Avec INRAE, une convention-cadre définit les mécanismes de financement, les règles
administratives et les priorités thématiques du partenariat. Un comité de suivi se réunit tous les six
mois et permet de suivre l?évolution des projets, d?évaluer l?impact des actions et de garantir la
coordination. Un sujet récurrent est le taux de subventionnement des projets de recherche par
l?OFB, jugé trop faible (30-40%) : INRAE réclame de réexaminer ces modalités de financement afin
de s?aligner sur la cible prescrite par la convention-cadre, qui fixe un taux de couverture entre 50
et 100% des coûts complets. Par ailleurs, face à l?ingénierie administrative complexe de certains
projets comme le GIS sols, INRAE appelle à simplifier les règles d?attribution des financements et
rationaliser le montage des conventions en vue de réduire le temps de négociation et les coûts
administratifs, tout en garantissant le respect des exigences budgétaires et réglementaires.
Avec l?IFREMER, l?accord-cadre signé en 2021 définit les grandes lignes de la coopération avec
l?OFB dans la conduite des politiques de l?État : appui à la mise en oeuvre des directives-cadres
sur l?eau et stratégique sur le milieu marin, collaboration autour des indicateurs et données de
pêche, notamment dans les aires marines protégées. Cet accord institutionnel est complété par
des collaborations sous forme de contrats ponctuels ou récurrents entre unités de recherche ou
avec les parcs marins, qui tendent à se raréfier. Il apparaît pertinent de renforcer ces partenariats
au-delà de l?accord formel, pour mieux valoriser les complémentarités sur la recherche marine, et
de travailler sur plusieurs points :
? Le besoin d?une stratégie claire sur l?acquisition de connaissances en matière de biodiver-
sité marine, qui permettrait de structurer les collaborations avec les organismes de re-
cherche dont l?IFREMER. L?accord-cadre entre l?IFREMER et l?OFB devrait être moins axé
sur la mise en oeuvre des politiques publiques et davantage sur la construction des con-
naissances fondamentales nécessaires à la compréhension des écosystèmes marins.
Renforcer la coordination entre les différents établissements publics travaillant sur le milieu
marin permettrait d?optimiser la répartition des efforts de recherche, notamment dans les
territoires d?Outre-mer. Une vision à long terme garantirait une meilleure visibilité sur les
62 Il est essentiel de documenter les données relatives à la biodiversité pour enrayer son déclin. Une publication
récente réfléchit à la définition encore imprécise de ces données, en vue d?une mobilisation plus efficace pour la
recherche et la conservation.
PUBLIÉ
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0169534725001600
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0169534725001600
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besoins de l?OFB en matière de connaissance et de mieux programmer les activités de
l?IFREMER visant à y répondre. L?acquisition de connaissance sur le milieu marin nécessite
enfin le développement des collaborations locales avec les parcs naturels marins gérés par
l?OFB qui peuvent servir de ?zones ateliers? pour la recherche.
? L?importance de développer des indicateurs d?état pertinents pour évaluer l?amélioration
effective de la qualité des milieux marins et déterminer la contribution spécifique de l?OFB
à cette amélioration, via la proposition de zones protégées notamment sur la base des
analyses de risque pêche. Un meilleur équilibre entre les exigences scientifiques et les
besoins opérationnels dans le développement des indicateurs pour les politiques publiques
serait bienvenu : il s?agirait de prendre en compte les différences de temporalité entre la
recherche scientifique et la mise en oeuvre des politiques publiques dans la définition des
objectifs et des indicateurs.
? L?amélioration des modalités de financement : l?IFREMER demande une révision du pro-
gramme d?intervention de l?OFB pour le rendre plus compatible avec les modalités habi-
tuelles de financement de la recherche, difficulté également évoquée par INRAE. Par ail-
leurs les contrats de coopération actuels ne sont pas adaptés au modèle économique de
l?IFREMER et mériteraient selon l?institut d?être repensés.
Avec l?Anses, la collaboration demeure une priorité, notamment pour la collecte et l?analyse des
données sur la santé de la faune sauvage, essentielle pour la modélisation des risques sanitaires.
Elle s?appuie sur :
? la complémentarité entre les deux entités, avec l?OFB en charge de la collecte de données
de terrain et l?Anses apportant son expertise scientifique,
? des échanges réguliers et un partage renforcé des informations, notamment à travers des
projets collaboratifs comme ceux liés à l?antibiorésistance ou aux problématiques de vac-
cination de la faune sauvage.
L?OFB soutient aussi des projets de recherche auxquels l?Anses contribue dans le cadre du plan
Ecophyto, dont le projet d?envergure Pestiriv63 qui représente 12-13 millions d?euros. Les modalités
de cofinancement de partenariats de recherche européen ? avec environ 48% financés par l?UE et
52% en apport en nature ? compliquent parfois l?engagement de l?OFB compte tenu de ses moyens
limités. Sa participation aux partenariats européens tels que PARC et au dispositif national GD4H
doit se poursuivre, dans le but d?améliorer la mise en réseau et l?interconnexion des données
environnementales et sanitaires.
Du point de vue de l?ONF, les suggestions d?amélioration du COP et des orientations stratégiques
se concentrent sur une approche plus agile et adaptative, la collaboration et la pertinence des
indicateurs :
? Alignement des COP (ONF et OFB) : la coïncidence du nouveau COP de l?ONF avec le
futur COP de l?OFB (2026-2030) implique une attente forte de cohérence et de synergies
entre les objectifs et les indicateurs des deux entités. Le futur COP de l?OFB devrait s?ins-
crire dans la continuité du précédent, avec une possible mise en avant plus forte du ?vivant?
et de la ?transition écologique?.
? Intégration forte de l?adaptation au changement climatique et développement de doctrines
communes : les orientations stratégiques devraient placer l?adaptation au changement cli-
matique au coeur des priorités, non seulement via le monitoring, mais aussi par une ré-
flexion et une action concrète sur les doctrines d?intervention. Cela inclut la gestion des
migrations d?espèces, la restauration et l?adaptation des habitats (notamment forestiers). Il
est impératif de travailler avec l?OFB à l?élaboration de doctrines partagées.
63 Étude d?exposition aux pesticides chez les riverains de zones viticoles et non viticoles. Résultats d?imprégnation
biologique publiés le 15 septembre 2025.
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr/content/lancement-de-pestiriv-une-%C3%A9tude-in%C3%A9dite-sur-l%E2%80%99exposition-aux-pesticides-des-personnes-vivant
https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/exposition-a-des-substances-chimiques/pesticides/documents/enquetes-etudes/pestiriv-etude-d-exposition-aux-pesticides-chez-les-riverains-de-zones-viticoles-et-non-viticoles.-tome-2-resultats-d-impregnation-biologique
https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/exposition-a-des-substances-chimiques/pesticides/documents/enquetes-etudes/pestiriv-etude-d-exposition-aux-pesticides-chez-les-riverains-de-zones-viticoles-et-non-viticoles.-tome-2-resultats-d-impregnation-biologique
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? Recentrage de la convention de coopération ONF-OFB : il est suggéré de concentrer la
convention sur trois sujets stratégiques majeurs :
o Doctrines communes sur l?adaptation des forêts dans les aires protégées, incluant
le déplacement d?espèces.
o L?équilibre forêt-gibier, sujet jugé prioritaire en raison de son impact négatif sur la
résilience des forêts et la conservation de la biodiversité.
o La contribution de l?ONF à la surveillance de la biodiversité pilotée par l?OFB, no-
tamment en ce qui concerne le monitoring/recensement d?espèces et la surveil-
lance sanitaire.
Avec l?ADEME, les axes envisagés pour la nouvelle convention incluent le renforcement de la
coordination sur certains chantiers (Observatoire des énergies renouvelables et de la biodiversité)
ainsi que la création de nouvelles collaborations. Les appels à projets conjoints comme celui sur
les effets des installations photovoltaïques sur l?avifaune sont bien visibles sur le site grand public
de l?OFB ? ou sur le site de programmes dédiés comme ITTECOP plus technique. La production
d?avis d?experts et de notes de positionnement pourrait être intensifiée, afin de permettre une
meilleure diffusion des réussites des projets et une valorisation des actions réalisées par l?ADEME
et l?OFB auprès du grand public.
La principale suggestion qui ressort de l?entretien avec l?IGN concerne la nécessité de développer
une vision intégrée et stratégique du numérique et de la donnée dans le domaine de la biodiversité.
L?IGN souligne que les différents documents stratégiques actuels (Stratégie nationale biodiversité,
Plan national d?adaptation au changement climatique?) ?éparpillent les petits sujets data à droite,
à gauche, mais ne sont pas intégrés à une pensée de la donnée.? Ce sujet dépasse le périmètre
d?action de l?OFB mais son prochain COP pourrait s?inscrire dans une telle vision :
? Développer une véritable stratégie de la donnée au sein de l?OFB, portée directement par
le directeur général.
? Renforcer la cohérence des outils numériques avec les autres acteurs de la donnée envi-
ronnementale.
? Favoriser l?interopérabilité des données produites par l?OFB et les différentes administra-
tions.
? Mettre l?accent sur l?activation des données pour la prise de décision et pas uniquement
sur leur collecte.
? Établir des mandats clairs pour travailler sur des outils partagés entre acteurs.
Avec la FRB, la définition de modalités de coordination via des interlocuteurs dédiés permettrait de
recréer un lien historique distendu par la fusion et de faciliter la communication et coopération
futures.
PUBLIÉ
https://www.ofb.gouv.fr/actualites/lancement-de-lappel-projets-envoltaique-2024
https://www.ofb.gouv.fr/actualites/lancement-de-lappel-projets-envoltaique-2024
https://ittecop.fr/fr/projets/les-appels-a-projets/item/1230-apr-2024-lancement
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Annexe 7. Le programme EFESE, valorisation et
monétarisation des services écosystémiques
L?Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (EFESE) a été lancée en
2012-2013 par le ministère en charge de la transition écologique. Objectifs : dresser un état des
lieux des écosystèmes en métropole et Outre-mer, éclairer les décisions publiques, sensibiliser
citoyens et acteurs et, à terme, intégrer les valeurs de la biodiversité dans la comptabilité nationale.
Le programme EFESE fonctionne en deux phases :
? Phase?1 (2012-2019) : synthèses nationales par grands types d?écosystèmes (forêts, zones
humides, littoraux, urbains, agricoles, montagne?).
? Phase?2 (depuis 2019) : plus stratégique et opérationnelle, avec des projets pilotes (ex. ID-
EFESE en Île-de-France) pour intégrer les services écosystémiques dans les décisions
territoriales.
Le programme évalue, cartographie et décrit les services écosystémiques dans ces catégories :
? Provisionnement (eau, ressources alimentaires, bois?).
? Régulation (pollinisation, séquestration de carbone, régulation des crues?).
? Culturels / récréatifs (loisirs en nature, bien-être, patrimoine?). Il cherche à rendre visibles
les valeurs non-utilitaires de la nature (patrimoniales, culturelles, identitaires), en
complément des services directement utilisables.
Chaque service est évalué à plusieurs échelles?: nationale, régionale et locale (avec des outils
spécifiques pour des usages territoriaux ou sectoriels) .
Monétarisation : EFESE peut produire des valeurs économiques, « monétaires », mais de façon
ciblée : pour certains services, le valeur monétaire est estimée à partir de méthodes variées (coûts
de remplacement, production, choix déclarés, etc.
Exemples concrets :
? Pollinisation : pour l?année 2010, la valeur de la production agricole française dépendant
des pollinisateurs était estimée entre 2,3 et 5,3?milliards?¤, soit 5,2?% à 12?% de ce secteur
(??33,5?milliards?¤).
? Récréation en nature : estimée entre 5,8 et 29?milliards?¤ par an en France, pour un
ensemble de services récréatifs évalués.
? Globalement, l?EFESE estime (avec la Commission européenne) que huit services clés
représentent entre 18 et 49?milliards?¤ par an, soit 0,6?% à 1,8?% du PIB.
En termes de calcul de retour sur investissement d?un euro investi dans la préservation, EFESE
ne produit pas directement un ratio « retour / coût » comme le fait une analyse coûts-bénéfices. Il
ne mesure pas combien « rapporte » 1?¤ investi.
En revanche, les estimations monétaires des services (pollinisation, carbone, récréation, etc.)
permettent d?alimenter des analyses coût bénéfice ex-ante ou ex-post, donc de dégager des ratios
de retour sur investissement dans d?autres types d?études ou politiques publiques.
Par exemple : si une restauration de zone humide coûte X millions d?euros mais permet de
sécuriser des services estimés à Y millions ¤/an (réduction des crues, qualité de l?eau,
biodiversité?), on peut calculer un ratio Y / X. Ce calcul n?est pas automatique dans EFESE, mais
basé sur les données produites par le programme, dans un cadre décisionnel spécifique (ex.
PUBLIÉ
https://www.notre-environnement.gouv.fr/ree/rapport-sur-l-etat-de-l-environnement/themes-ree/defis-environnementaux/erosion-de-la-biodiversite/evaluations-mondiales-et-nationales/article/l-evaluation-francaise-des-ecosystemes-et-des-services-ecosystemiques-efese
https://questions.assemblee-nationale.fr/q16/16-4204QE.htm
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études de cas, guides pratiques, intégration dans les politiques locales).
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Annexe 8. La CSRD, une directive de rapportage extra
financier comportant une norme comptable ?
l?ESRS E4 « biodiversité »
L?application de l?ESRS E4 dépend aussi de l?analyse de double matérialité c?est-à -dire qu?une
entreprise ne doit reporter sur E4 que si la biodiversité est matériellement significative selon les
impacts financiers et/ou sociétaux/environnementaux.
La CSRD est actuellement dans un processus de « directive omnibus ». Cette directive doit être
transposée par les États membres. Cette transposition n?est pas un type juridique distinct, mais
une approche de rédaction et d?adoption d?une directive (ou d?un règlement).
Elle entre en vigueur progressivement à partir de 2024 (pour l?exercice 2024, rapport publié en
2025) et s?étend aux grandes entreprises. Elle s?appliquera aux autres grandes entreprises en 2025
(rapports 2026), aux PME cotées en 2026 (rapports 2027) et aux entreprises internationales
dépassant certains seuils en 2028 (rapports 2029).
Un rapportage facilité est prévu pour les entreprises de moins de 750 salariés vis-à -vis de la norme
ESRS E4 (biodiversité) pour les deux premières années.
Pour structurer ce rapportage, la directive s?appuie sur les normes européennes ESRS (European
Sustainability Reporting Standards), déployées via l'acte délégué adopté le 31 juillet 2023 et
devenues applicables au 1er janvier 2024.
Norme ESRS E4 ? Biodiversité et écosystèmes
a) Objet et portée
ESRS E4 est la norme dédiée à la biodiversité et aux écosystèmes, introduite pour combler une
lacune majeure des précédents cadres de rapportage.
Elle couvre toutes les dimensions de la biodiversité : écosystèmes terrestres, d?eau douce et
marins, espèces (faune et flore), et la diversité au sein et entre écosystèmes et espèces.
L?objectif est de renforcer la compréhension et la gestion par les entreprises de leur empreinte sur
la biodiversité, de les aligner avec des objectifs de restauration d?ici 2030 (zéro perte nette) et de
résilience totale d?ici 2050.
b) Contenu et exigences de transparence
La norme est structurée autour de quatre grandes dimensions :
? Gouvernance et stratégie.
? Intégration de la biodiversité dans la stratégie et le modèle d?affaire.
? Plan de transition vers zéro perte nette de biodiversité d?ici 2030, gain net après, et restau-
ration complète d?ici 2050.
? Validation par les organes de gouvernance (conseil, etc.).
c) Rapportage attendu : structuration du rapport
Le rapport de durabilité doit inclure :
? Stratégie biodiversité intégrée dans le plan de transition.
? Analyse de matérialité sur la biodiversité (double matérialité).
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? Description des actions : éviter, atténuer, restaurer.
? Indicateurs quantitatifs et cibles temporelles.
? Effets financiers potentiels (coûts, investissements, opportunités).
? Cartographie géographique et chaîne de valeur.
Le format de publication doit être accessible et comparable pour permettre une lecture automatisée
et exploitable des données.
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Annexe 9. Secteurs/filières économiques pour lesquelles la
biodiversité est matérielle
L?ESRS E4 liste les secteurs pour lesquelles les exigences liées à la biodiversité et écosystèmes
sont jugées typiquement matérielles :
? Agriculture, élevage, pêche / secteur agro-alimentaire, y compris distribution.
? Forêts / produits bois, papier et cellulose, scieries, fabrication de meubles.
? Alimentaire / et agroalimentaire (transformation agroalimentaire), élevage lié à la chaîne
alimentaire).
? Exploitation minière, carrières, charbon (extraction minière, et plus généralement bâtiment
et travaux publics, y compris matériaux et transformation de matériaux).
? Pétrole et plus généralement secteur de l?énergie, y compris énergies renouvelables.
? Production d?énergie et services, y compris transport, négoce, distribution? impacts liés
au territoire, infrastructures, hydrologie, etc.
? Eau et assainissement, gestion des déchets.
? Construction, matériaux de construction, extraction de matières ainsi que les activités de
bureaux d?études ou d?architecture et paysages? fort impact sur l?usage des sols.
? Transports (notamment activités qui modifient les milieux : grandes infrastructures routières,
maritimes, logistique portuaire).
? Textile, cosmétiques (secteurs ayant participé à la démarche « Roquelaure entreprises et
biodiversité).
Cette liste n?est pas exhaustive, pour les activités de certains groupes dont une partie de l?activité
peut également être « matérielle » au sens de l?ESRS E4 (ex presse, édition, logistique liée
notamment au e-commerce, etc.). De plus, selon leurs localisations, leur organisation ou leurs
spécificités de marché, certains secteurs peuvent également être concernées (ex production de
biens et services, notamment systèmes d?information). Enfin, la CSRD laisse la possibilité à toute
entreprise de procéder volontairement à une analyse de matérialité et à un rapportage extra
financier sur l?ESRS E4.
Tableau pratique : filières/branches pouvant être concernées par ESRS E4 et
opérateurs de compétences de référence
Depuis une dizaine d?année, un effort important a été fait de regroupement des branches
professionnelles et, corrélativement de regroupement/mutualisation de leur opérateur de
compétences organismes collecteurs (compétences de la DGEFP, sauf pour les opérateurs de
compétences de l?agriculture qui dépendent du MASA).
Filières/branches Opérateurs de compétences
Agriculture, élevage,
pêche /
agroalimentaire
OCAPIAT ? coopération agricole, agriculture, pêche et industries
agroalimentaires
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Filières/branches Opérateurs de compétences
Forêts / bois / papier
& carton / produits
bois
OPCO 2i (champ « Ameublement, Bois », « Papier et carton ») pour
la transformation industrielle ; AKTO ou OPCO EP peuvent intervenir
pour branches de services liées (scieries petites structures)
Industrie
agroalimentaire
(transformation)
OCAPIAT (agroalimentaire) ou OPCO 2i si activité industrielle
Mines / carrières /
extraction
OPCO 2i ? inter-industriel couvrant industries extractives et matières
premières (pétrole, minéraux, papier/carton, etc.)
Pétrole et gaz
(intermédiaire/aval)
OPCO 2i (pétrole, industries) ; selon l?activité (services) possibilité
d?un rattachement partiel à AKTO pour services associés
Production d?énergie
et Utilities
OPCO 2i (rubrique « Énergie et Services énergétiques ») ? ou
sectoriels si convention spécifique (ex. secteurs publics/sociétés
d?économie mixte ont des rattachements différents)
Eau &
assainissement,
collecte/traitement
des eaux, gestion des
déchets
AKTO (services d?eau & assainissement listés sur AKTO) ; pour
activités de traitement/déchets selon identifiant des conventions
collectives : AKTO, OPCO 2i (recyclage industriel) ou autres (ex.
branche « activités du déchet » / conventions spécifiques)
Construction &
matériaux de
construction (béton,
granulats, carrières)
Constructys ? secteur BTP / construction (matériaux de construction,
négoce de matériaux). Pour la production industrielle de matériaux
(usines), OPCO 2i possible
Papier et produits du
bois (pâtes, papier,
emballage bois)
OPCO 2i (papier & carton, industries du bois et ameublement)
Textile / habillement /
maroquinerie
(lorsque impacts sur
habitats, usage de
produits chimiques,
terres)
OPCO 2i pour la partie production industrielle « mode & luxe »
(industries) ; OPCO EP ou Op commerce pour commerce/détail
Transport routier /
logistique (si impact
sur zones naturelles
via infrastructures,
ports, plateformes
logistiques)
OPCO Mobilités
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Annexe 10. Indicateurs proposés par la mission
Cette annexe récapitule la quinzaine de nouveaux indicateurs proposés dans le rapport, qui sont
des indicateurs de contexte, d?efficience par rapport à la ressource disponible, de performance et
de résultat ? le nombre total d?indicateurs du futur COP devant se limiter selon la mission à une
vingtaine. Pour chaque indicateur, l?OFB devra se fixer un objectif à atteindre sur la durée du COP.
Propositions d?indicateurs du COP de l?OFB sur la mission de police de l?environnement
? Impact des contrôles sur la préservation des milieux : indicateur de remise en état de mi-
lieux naturels (surface de zones humides restaurée, linéaires de haies plantés, surface de
bandes enherbées dégagées le long de parcelles agricoles, à l?interface de milieux naturels
ou de zone habitée, nombre d?obstacles à la continuité écologique sur les cours d?eau ef-
facés) suite à des contrôles de l?OFB.64
? En matière d?efficience de l?activité de contrôle (pour un suivi annuel et des comparaisons
entre territoires) : nombre de contrôles administratifs et judiciaires par agent (indicateur
figurant dans les rapportages des activités de police 2021 et 2022).
? Intégration de l?activité de contrôle dans les plans de contrôles départementaux : ratio du
nombre de contrôles réalisés par l?OFB programmés dans le plan de contrôle (« eau et
nature » ou « mer »).
Propositions d?indicateurs du COP de l?OFB sur la gestion des aires protégées65
? Evaluation des plans de gestion des aires protégées : ratio de sites ayant réalisé une éva-
luation de leur plan de gestion.
? Adaptation de la gestion des aires protégées au changement climatique : ratio de plans de
gestion ayant intégré la TRACC (objectif 100% d?ici la fin du COP).
? Nombre d?aires protégées gérées ou cogérées par l?OFB ayant mis en place des actions
une seule santé (mesure 29 de la SNB 2030).
? Adaptation de la gestion des aires protégées à la pression de pêche : nombre d?analyses
de risque pêche réalisées par l?OFB dans les zones Natura 2000 marines sur le nombre
total à réaliser.66
? Pourcentage des aires protégées gérées par l'OFB qui obtiennent la labellisation protection
forte.
Propositions d?indicateurs du COP de l?OFB sur la mission de connaissance
64 La SNB 2030 fixe comme indicateur boussole 100% de points noirs continuité écologique résorbés.
65 Objectifs SNAP : 30% du territoire sous aires protégées, 10% sous protection forte. Indicateurs boussole de la
SNB 2030 : les zones de protection forte (passer de 5% à 10), les récifs coralliens protégés (passer de 67% à 100),
le nombre d?aires protégées engagées (passer de 420 à 450), la consommation d'espaces naturels, agricoles et
forestiers (passer de 20 kha par an à 11).
66 Indicateur de pression sur la biodiversité de la SNB 2030 sur l?état des stocks de ressources halieutiques : objectif
100 % d'ici 2030.
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? Etat de la biodiversité (indicateur de contexte de l?activité de l?OFB) : 67
o Indicateur agrégé MSA - Mean Species Abundance.
o Indice des oiseaux communs spécialistes agricoles, forestiers ou urbains selon la
typologie d?écosystèmes (STOC, indicateur de la SNB 2030).68 Il s?agit d?un indica-
teur clé SNB : indicateur d'état dont l'amélioration est attendue en 2030 (l?abon-
dance des populations d'oiseaux communs spécifiques aux milieux ruraux / urbains
/ forestiers est à la baisse depuis 1989, dans une moindre mesure pour la forêt).
? Indicateurs mesurant la performance de l?OFB en matière de connaissance :
o Activité du conseil scientifique : nombre d?avis présentés au conseil d?administra-
tion (à confirmer) ayant donné lieu à des suites.
o Recherche : indicateur scientifique (nombre de citations reçues par les publications
impliquant des chercheurs OFB) et d?impact sociétal (type ASIRPA INRAE).
o Nombre de séries de données suivies par l?OFB sur les habitats et les espèces,
avec un objectif spécifique sur le milieu marin.
Propositions du COP de l?OFB sur la mobilisation des acteurs
? Mobilisation des collectivités locales : nombre d?ABC financés ayant conduit à révision de
document d?urbanisme ou mise en oeuvre d?actions favorables à la biodiversité (travaux de
restauration?).
? Mobilisation des entreprises :
o nombre d'entreprises engagées pour la nature ayant déposé un plan d?action am-
bitieux en faveur de la biodiversité avec une cible totale de 300 en 2025 et 5 000
en 2030 (plans d'actions) - indicateur de la SNB 2030,
o nombre de TEN et d?EEN évalués selon une méthode d'évaluation des services
écosystémiques et de leur évolution à construire par l?OFB et gains socioécono-
miques associés à ces démarches.
? Formation : ratio de filières / branches professionnelles dépendant de la biodiversité et/ou
ayant un impact sur cette dernière ayant adopté dans leur offre de formation un module
"biodiversité - entreprise" mêlant formation naturaliste et évaluation socioéconomique des
actions en matière de protection, restauration de la biodiversité et des services éco systé-
miques.
67 Le règlement européen restauration de la nature (2024), visant à restaurer au moins 20% des terres et des mers
de l?UE d?ici 2030 et tous les écosystèmes d?ici 2050, instaure des indicateurs communs tels que le nombre
d?insectes pollinisateurs, les cours d?eau « en libre écoulement », les mètres carrés d?espaces verts en ville, le
nombre d?oiseaux communs liés aux milieux agricoles ou forestiers? Pour la première fois sont instaurées des
obligations juridiques de résultats en matière de restauration écologique, assorties d?indicateurs de suivi. L?action
est évaluée en termes de résultats attendus : des indicateurs en progrès et donc une amélioration de l?état des
habitats constatée. Remplir les objectifs pour les indicateurs de biodiversité signifie d?en atteindre des "niveaux
satisfaisants", détaillés par types d?habitats. Le plan national « Agir pour restaurer la nature » en cours de co
construction doit détailler les grandes mesures qui permettront d?infléchir les indicateurs à la hausse. Source :
https://professionnels.ofb.fr/fr/reglement-europeen-restauration-nature-quelle-application-en-France
68 La SNB 2030 fixe aussi comme indicateurs clés l?état écologique des masses d?eau de surface (bon pour moins
de 50% d?entre elles pré SNB),et l?état de conservation des habitats d?intérêt communautaire (bon pour seulement
20%). En matière d?indicateur composite, une publication scientifique récente passe en revue les indicateurs pour
cartographier l?état des écosystèmes et relève que les travaux sont plus avancés sur les forêts et la structure
(espèces, relations trophiques et avec le milieu) des écosystèmes, plus que sur leur composition (biocénose et
biotope) et fonctions.
PUBLIÉ
https://professionnels.ofb.fr/fr/reglement-europeen-restauration-nature-quelle-application-en-France
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1470160X25008829
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Annexe 11. Rappel du contexte des indicateurs du Cadre
mondial de la biodiversité
Les indicateurs proposés pour le COP de l?OFB s?inscrivent dans le cadre plus large des
objectifs chiffrés du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et de son cadre de
suivi, déclinés par la France dans la SNB 2030, et dont plusieurs sont en lien avec son activité :
? Préserver, améliorer ou rétablir l'intégrité, la connectivité et la résilience de tous les
écosystèmes.
o Veiller à ce que toutes les zones fassent l'objet d'une planification spatiale
participative, intégrée et respectueuse de la biodiversité et/ou soient gérées
efficacement dans le cadre de processus de changement d'affectation des terres
et des mers, afin de réduire la perte de zones de grande importance pour la
biodiversité, y compris d'écosystèmes de grande intégrité écologique, à un niveau
proche de zéro d'ici à 2030.
o Veiller à ce que, d'ici à 2030, au moins 30 % des zones d'écosystèmes terrestres,
d'eaux intérieures et d'écosystèmes marins et côtiers dégradés fassent l'objet de
mesures de remise en état efficaces.
o Faire en sorte que, d'ici à 2030, au moins 30 % des zones terrestres et des eaux
intérieures, ainsi que des zones marines et côtières soient dûment conservées et
gérées et veiller à créer les moyens nécessaires à cette fin, tout en intégrant les
zones concernées dans les paysages terrestres et marins plus vastes et les océans,
en veillant en outre à ce que l'utilisation durable, lorsqu'elle est appropriée dans
ces zones, soit pleinement compatible avec les objectifs de conservation.
? Indicateurs : nombre d?écosystèmes en liste rouge UICN, étendue des écosystèmes
naturels, pourcentage de la surface terrestre et maritime faisant l?objet d?une planification
spatiale respectueuse de la biodiversité, nombre de zones naturelles en cours de
restauration, couverture des zones protégées et autres mesures efficaces de conservation
par zone.69
? Mettre fin à l'extinction d?origine anthropique des espèces menacées connues.
o Prendre d?ici à 2030 des mesures urgentes en matière de gestion des espèces
menacées, notamment grâce à des mesures de conservation in situ et ex situ et Ã
des méthodes de gestion durable, et gérer efficacement les interactions entre
l'homme et la faune de manière à limiter les conflits liés à leur coexistence.
o Assurer d?ici à 2030 une utilisation, des prélèvements et un commerce durables,
sûrs et légaux des espèces sauvages.
o Éviter, limiter, réduire ou atténuer les incidences des espèces exotiques
envahissantes sur la biodiversité et les services écosystémiques notamment en
empêchant l'introduction et la propagation des principales espèces exotiques
envahissantes et en réduisant de moitié au moins les taux d'introduction et de
propagation des autres espèces exotiques envahissantes connues ou potentielles
d'ici à 2030.
o Réduire les risques liés à la pollution et les incidences négatives de la pollution
provenant de toutes les sources d'ici à 2030, notamment : a) en réduisant au moins
69 En complément des indicateurs de la SNAP, la SNB 2030 fixe comme indicateur boussole le label grand site de
France (passer de 22 à 30 sites labellisés), de 79 à 1000 millions d'arbres plantés, un gain net de 50 000 haies, de
27000 à 57000 ha de zones humides restaurées.
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de moitié l'excès de nutriments perdus dans l'environnement ; b) en réduisant au
moins de moitié les risques globaux liés aux pesticides et aux produits chimiques
particulièrement dangereux ; c) en prévenant la pollution plastique, en la réduisant
et en s'employant à l'éliminer.
o Atténuer les effets des changements climatiques et de l'acidification des océans
sur la biodiversité et renforcer la résilience de celle-ci d?ici à 2030.
? Indicateurs : indice de la liste rouge / pourcentage de populations au sein d?une espèce
dont la taille effective est supérieure à 500 individus, pourcentage des stocks halieutiques
se trouvant à des niveaux biologiquement viables, taux d?établissement des espèces
exotiques envahissantes, indice d?eutrophisation côtière, concentration de l?environnement
en pesticides et/ou toxicité totale appliquée agrégée70.
? Utiliser et gérer durablement la biodiversité et valoriser, préserver et renforcer les
contributions de la nature à l'homme, y compris les fonctions et services écosystémiques,
et rétablir ceux qui sont actuellement en déclin.
o Garantir d?ici à 2030 une gestion et une utilisation durables des espèces sauvages,
et protéger et promouvoir les pratiques traditionnelles d'utilisation durable des
peuples autochtones et des communautés locales.
o Assurer d?ici à 2030 une gestion durable des zones agricoles, aquacoles,
halieutiques et forestières.
o Restaurer, préserver et renforcer les contributions de la nature aux populations, y
compris les fonctions et services écosystémiques, tels que la régulation de l'air, de
l'eau et du climat, la santé des sols, la pollinisation et la réduction des risques de
maladie, ainsi que la protection contre les risques et catastrophes naturels.
o Augmenter significativement la superficie, la qualité et la connectivité des espaces
verts et bleus dans les zones urbaines et densément peuplées, ainsi que l'accès Ã
ces espaces et les avantages qu'ils procurent.
? Indicateurs : services rendus par les écosystèmes, avantages découlant de l?utilisation
durable des espèces sauvages, pourcentage de la population occupant des emplois
traditionnels, pourcentage de la surface agricole consacrée à une agriculture productive et
durable, progrès accomplis en faveur de la gestion durable des forêts, part moyenne de la
zone bâtie des villes qui est un espace vert ou bleu à usage public pour tous.71
? Intégrer la biodiversité dans les politiques publiques.
o Veiller d?ici à 2030 à la pleine prise en compte de la biodiversité et de ses multiples
valeurs dans l'élaboration des politiques, des réglementations, des processus de
planification et de développement, des stratégies d'élimination de la pauvreté, des
évaluations environnementales stratégiques, des évaluations d?impact
environnemental et, le cas échéant, dans la comptabilité nationale, à tous les
niveaux de gouvernement et dans tous les secteurs, en particulier dans ceux qui
ont d'importantes incidences sur la biodiversité, et aligner progressivement toutes
les activités publiques et privées concernées, ainsi que les flux fiscaux et financiers,
sur les objectifs et les cibles du cadre mondial.
70 La SNB 2030 fixe comme indicateurs boussole de 2 à 31 chapitres de la liste rouge UICN actualisés, de 470 Ã
750 PNA, le NODU (passer de 91 à 51), les communes "sans plastique" (passer de 10% à 100), les décharges
littorales réhabilitées (passer de 3,6% à 100), la pression toxique en station de surveillance (passer de 60% en
deçà du seuil fixé, dont 30% à cause des pesticides, à 100), les nouvelles espèces exotiques envahissantes par
département sur 10 ans (passer de 14 à 6), passer de 85 à 42% du territoire impacté par la pollution lumineuse.
71 La SNB 2030 fixe comme indicateurs boussole la surface agricole utile en agriculture biologique (passer de 10 Ã
21%), la pêche et aquaculture durables (passer de 63 à 100%), la gestion durable des forêts (passer de 47 à 60%).
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o Prendre d?ici à 2030 des mesures juridiques, administratives ou de politique
générale visant à inciter les entreprises à agir et à leur donner les moyens de le
faire, notamment en veillant à ce que les grandes entreprises et les entreprises
transnationales, ainsi que les institutions financières : a) Contrôlent, évaluent et
communiquent régulièrement et de manière transparente leurs risques,
dépendances et incidences sur la biodiversité ; b) Informent les consommateurs en
vue de promouvoir des modes de consommation durables ; c) Rendent compte du
respect des dispositions et mesures relatives à l'accès et au partage des avantages,
en tant que de besoin.
o Encourager les populations à faire des choix de consommation durables et à leur
donner les moyens de le faire, et, d'ici à 2030, réduire l'empreinte mondiale de la
consommation de manière équitable.
o Faire en sorte d?ici à 2030 que les décideurs, les praticiens et le public aient accès
aux meilleures données, informations et connaissances disponibles afin de
favoriser une gouvernance efficace et équitable et une gestion intégrée et
participative de la biodiversité, ainsi que de renforcer la communication, la
sensibilisation, l'éducation, le suivi, la recherche et la gestion des connaissances.
? Indicateurs : financement public national pour la conservation et l?utilisation durable de la
biodiversité et des écosystèmes, financement privé national pour la conservation et
l?utilisation durable de la biodiversité et des écosystèmes, nombre d?entreprises divulguant
leurs risques, dépendances et incidences sur la biodiversité, mesures d?incitation positive
en place pour promouvoir la conservation de la biodiversité et son utilisation durable.72
72 La SNB 2030 fixe comme indicateur boussole le fond vert investi dans la renaturation urbaine (passer de 290 Ã
500 M¤), de 50 à 100% de cadres de l?État et des collectivités territoriales formés, de 555 à 5000 TEN, de 175 Ã
5000 EEN, de 1 à 5 millions de participants à la fête de la nature, de 1500 à 18000 aires éducatives, 100% des
maires formés, de plus 138 à plus 465 M¤ sur le programme 113, 100% de stratégies régionales biodiversité.
PUBLIÉ
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Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
1 L?Office français de la biodiversité, un établissement jeune, qui a trouvé sa place malgré les crises successives
1.1 L?OFB a été créé en 2020 dans un contexte de déclin majeur et accéléré de la biodiversité et de raréfaction et dégradation de la ressource en eau
1.1.1 Un héritage de la première évaluation mondiale de la biodiversité menée par l?IPBES
1.1.2 Une nécessité confortée par l?appropriation française des constats globaux
1.1.3 Un constat d?urgence à agir repris par le législateur
1.2 L?OFB, établissement public de l?État, résultat de fusions successives rapprochées
1.2.1 Une organisation mise en place pour remplir les six missions confiées par la loi
1.2.2 Des moyens alimentés de manière soutenue
1.3 L?OFB, principal opérateur de l?État chargé de la mise en oeuvre des politiques publiques sur l?eau et la biodiversité
1.4 Deux récents rapports de l?IPBES peuvent imprégner le futur COP de l?OFB
1.4.1 Le rapport « nexus »
1.4.2 Le rapport « changements transformateurs »
2 Un premier COP 2020 ? 2025 au bilan non évalué par l?OFB, mais fondateur et largement réalisé
2.1 Le COP 2020 - 2025, un document fondateur
2.1.1 Des indicateurs nombreux mais reflétant surtout l?activité
2.1.2 Un bilan très fourni et détaillé, mais pas d?évaluation
2.2 L?analyse par la mission du bilan du COP
2.2.1 Police de l?environnement
2.2.2 Connaissance
2.2.3 Appui aux politiques publiques
2.2.4 Aires protégées
2.2.5 Mobilisation
2.2.6 Construction de l?établissement
2.3 Un positionnement bien établi au sein de l?écosystème institutionnel (l?OFB « joue collectif »)
2.4 Un dialogue pas totalement satisfaisant avec la tutelle environnement et une double tutelle déséquilibrée
2.4.1 La DEB regrette un manque de lisibilité
2.4.2 Une double tutelle insuffisamment équilibrée et des attentes à clarifier sur l?agriculture
2.5 Les trois orientations stratégiques proposées
3 Première orientation stratégique : concourir à préserver et restaurer le vivant et les ressources naturelles
3.1 Une police à mieux assumer, expliquer et coordonner localement
3.1.1 Valoriser les enjeux environnementaux au centre de l?activité de police pour en améliorer la reconnaissance
3.1.2 La condition d?une police de l?environnement efficace et bien comprise : une doctrine coordonnée entre préfets et procureurs sur les suites des contrôles
3.1.3 Développer la coordination avec les services de l?État et les parquets pour une meilleure compréhension de la réglementation et des contrôles
3.1.4 Des compétences internes à mieux connaître afin de pérenniser un appui technique de qualité aux services de l?État
3.2 Adapter la gestion des aires protégées aux changements globaux et enjeux de santé et mieux concilier activités humaines et objectifs de conservation
3.2.1 Développer des outils et méthodes de gestion des aires protégées intégrant le changement climatique sur la base de l?évaluation de leur état de conservation
3.2.2 Développer l?approche une seule santé dans les aires protégées
3.2.3 Faire des zones protégées des territoires d?expérimentation de la conciliation des activités humaines et des objectifs de conservation
3.2.4 Finaliser les analyses de risque de I?activité de pêche professionneIIe en zone Natura 2000 et dans les autres aires marines protégées
4 Deuxième orientation stratégique : faire progresser la connaissance sur l?eau et la biodiversité, un pilier de l?action de l?OFB
4.1 Contribuer à la connaissance : une mission bien investie mais qui doit être mieux évaluée et ciblée, à travers notamment des partenariats renforcés avec les organismes de recherche
4.1.1 Le pilotage et la contribution en propre à la recherche
4.1.1.1 Une place reconnue au sein de l?écosystème
4.1.1.2 Mais des compétences et une légitimité scientifique à renforcer
4.1.1.3 Le conseil scientifique doit évaluer la recherche menée et financée par l?OFB
4.1.2 Mieux se positionner dans le dispositif national de recherche et renforcer les partenariats avec les organismes de recherche
4.2 Le futur COP doit accroître l?appropriation de la connaissance
4.2.1 Une activité de recueil de données de terrain à rendre accessible
4.2.2 Un besoin d?indicateurs d?état de la biodiversité
4.2.3 Des connaissances à mieux capitaliser et valoriser
4.2.4 La connaissance en appui aux politiques publiques
4.2.5 Le transfert de la connaissance aux acteurs, clé de l?action
5 Troisième orientation stratégique : la mobilisation des parties prenantes, une mission encore récente
5.1 Un programme d?intervention qui n?est pas centré sur la mobilisation
5.2 Le programme EFESE, un levier de mobilisation des parties prenantes
5.3 Pour les collectivités, privilégier résolument le niveau régional et intercommunal
5.3.1 Dans les territoires, mieux structurer les agences régionales de la biodiversité et leurs leviers de mobilisation de l?OFB à leur niveau
5.3.2 Privilégier les atlas de la biodiversité intercommunaux avec plans d?action
5.4 Pour les entreprises, cibler les secteurs/filières professionnels pour lesquels la biodiversité est « matérielle » au sens de la directive CSRD
5.4.1 Mobiliser les entreprises des secteurs/filières en s?appuyant sur les méthodes d?analyse de la directive CSRD
5.5 Investir le champ de la formation professionnelle continue
5.5.1 Pour les entreprises, construire des dispositifs de formation et les promouvoir/proposer aux opérateurs de compétences des branches ciblées
5.5.2 L?OFB et la formation des élus et agents publics territoriaux : un partenariat renforcé avec le CNFPT
5.6 Définir des profils de citoyens en fonction de leur sensibilité aux questions relatives à la biodiversité et y adapter les messages
6 Des conditions de réussite du COP
6.1 Assurer une stabilité dans le périmètre des missions de l?établissement et dans ses moyens
6.2 Adopter un objectif transversal sur la culture commune et entraîner l?ensemble du personnel
6.3 Consolider l?ancrage territorial, véritable levier de mise en oeuvre des politiques publiques
6.4 Intégrer les politiques d?adaptation au changement climatique
6.5 Différenciation par territoire : mieux prendre en compte les spécificités ultramarines
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées
Annexe 3. Glossaire des sigles et acronymes
Annexe 4. Lettre de cadrage du COP de l?OFB par le gouvernement
Annexe 5. Premiers constats de la mission présentés aux cabinets et à l?OFB en juillet 2025
Annexe 6. Détail par opérateur rencontré des pistes de progrès en matière de partenariats scientifiques
Annexe 7. Le programme EFESE, valorisation et monétarisation des services écosystémiques
Annexe 8. La CSRD, une directive de rapportage extra financier comportant une norme comptable ? l?ESRS E4 « biodiversité »
Annexe 9. Secteurs/filières économiques pour lesquelles la biodiversité est matérielle
Annexe 10. Indicateurs proposés par la mission
Annexe 11. Rappel du contexte des indicateurs du Cadre mondial de la biodiversité
(ATTENTION: OPTION ´le majeur dans la mise en oeuvre de la SNAP, tant dans l?appui au
ministère en charge de l?écologie et dans l?accompagnement des acteurs locaux que dans la
gestion des différents sites protégés dont il a la charge.
Le bilan de la mise en oeuvre de la SNAP en cours devrait permettre d?actualiser le plan d?actions
national (2021-23) et les plans d?actions territoriaux et contribuer ainsi au COP sur la thématique
des aires protégées. Le plan d?action national de la SNAP confie à l?OFB le soin de proposer un
dispositif de suivi et d?évaluation de la stratégie, contenant une liste d?indicateurs de suivi, ce qui
semble manquer à ce jour.
3.2.1 Développer des outils et méthodes de gestion des aires protégées
intégrant le changement climatique sur la base de l?évaluation de
leur état de conservation
Pour que la gestion du réseau d?aires protégées soit efficace et adaptée dans la poursuite des
objectifs de conservation, elle doit s?appuyer sur un suivi, une évaluation des mesures de gestion
et une acquisition de connaissances en continu sur les populations et les habitats. L?évaluation du
plan de gestion est une obligation réglementaire pour certaines aires protégées, notamment pour
les réserves naturelles, les sites Natura 2000 ou les parcs naturels marins.
L?OFB met à disposition des gestionnaires une méthodologie générale d?évaluation : le guide
d?élaboration des plans de gestion des espaces naturels en ligne sur son site internet préconise
ainsi certains outils d?évaluation comme le tableau de bord. En collaboration avec le MNHN, l?OFB
produit également des méthodologies pour l?évaluation de l?état de conservation de tous les
habitats d?intérêt communautaire. Pour autant, les évaluations de la gestion et de l?état de
conservation ne sont pas déployées selon un cadre unifié sur l?ensemble des aires protégées et
les méthodologies d?évaluation de l?état de conservation ne couvrent pas l?ensemble des aires
protégées selon les milieux et les espèces. Les résultats des dispositifs d?évaluation existants dans
les aires protégées sont peu valorisés. Fort de son activité de gestionnaire d?aires protégées et de
producteur de connaissances sur la biodiversité, l?OFB doit poursuivre le développement d?outils
d?évaluation adaptés aux différents milieux et enjeux de conservation à différentes échelles en
mobilisant les organismes scientifiques compétents sur ces thématiques (MNHN, CNRS, ONF?).
L?évaluation de l?état de conservation des aires protégées doit notamment permettre de mieux
intégrer l?enjeu de l?adaptation au changement climatique. En effet, le troisième plan national
d?adaptation au changement climatique (PNACC) de mars 2025 appelle les gestionnaires d?aires
protégées à adapter leurs règles de gestion pour y intégrer les effets du changement climatique et
pour rendre les territoires plus résilients grâce aux solutions fondées sur la nature.
15 Source : PatriNat, INPN, base des espaces protégés, janvier 2025. Traitement : SDES, 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Plusieurs projets LIFE en cours produiront des méthodes et outils qui devront être capitalisés et
diffusés par l?OFB. C?est le cas du projet LIFE Natur?Adapt qui devrait aboutir à un guide
méthodologique pour réaliser un diagnostic de vulnérabilité et le traduire en plan d?adaptation au
changement climatique à l?échelle de l?aire protégée. Le projet LIFE Artisan pose un jalon important
pour définir les solutions fondées sur la nature comme moyen d?adaptation au changement
climatique. A cet égard, l?OFB, pilote de plusieurs projets européens LIFE, pourrait élargir le
partenariat de ces projets aux autres réseaux de gestionnaires (conservatoire du littoral?) qui n?ont
pas toujours la capacité pour porter seuls des projets mobilisateurs de ressources internes.
En 2024, l?OFB a réalisé un diagnostic de vulnérabilité des parcs naturels marins vis-à -vis du
changement climatique. Les actions pour favoriser l?adaptation ou l?atténuation aux différents
phénomènes ont été mises en évidence. Cette démarche mériterait d?être étendue aux autres aires
protégées afin d?inclure des actions d?adaptation dans les plans de gestion. Enfin, les interfaces
des zones gérées par l?OFB avec les sites gérés par d?autres entités (parc naturel marin et site
terrestre par exemple) méritent une bonne articulation entre gestionnaires afin que les objectifs et
pratiques de gestion soient cohérents.
3.2.2 Développer l?approche une seule santé dans les aires protégées
Au-delà des moyens dont elles disposent pour développer la connaissance sur la santé des
écosystèmes et de de la faune sauvage, les aires protégées, parmi lesquelles celles gérées ou
cogérées par l?OFB 16 , sont un territoire d?expérimentation privilégié pour mettre en oeuvre
concrètement l?approche une seule santé, à travers par exemple la surveillance sanitaire de la
faune sauvage (réseau SAGIR).
Elles possèdent en effet un panel d?outils (surveillance et gestion de la faune sauvage, déploiement
de solutions fondées sur la nature?) ayant pour but le maintien d?un bon équilibre global entre les
trois santés (biodiversité, animaux d?élevage, populations). Un exemple opérationnel est celui des
réseaux sentinelles alpins (collaboration entre parcs nationaux et conservatoires d?espaces
naturels : observation de la pollution chimique d?origine anthropique dans les lacs de montagne et
émergence de maladies virales et fongiques chez les amphibiens, surveillance transfrontalière des
agents pathogènes du bouquetin et étude des relations entre diversité génétique et sensibilité aux
maladies?). Un autre exemple est celui du Parc naturel de Camargue qui cherche à atténuer
l?impact du traitement antiparasitaire du cheptel bovin sur invertébrés et chiroptères en incitant des
éleveurs volontaires, à travers un projet LIFE+, à utiliser des traitements moins toxiques pour la
faune sauvage, en collaboration avec la fédération régionale des groupements de défense
sanitaire et des vétérinaires17.
Aux côtés d?autres gestionnaires d?espaces naturels déjà engagés18 sur ces questions, et comme
sur l?adaptation au changement climatique, l?OFB pourrait avoir un rôle moteur d?ampleur en la
matière. Là aussi le rapport nexus de l?IPBES peut être source d?inspiration, de même que d?autres
publications internationales telles que les Principes « Une seule santé » pour un tourisme durable
dans les aires protégées et conservées édités par l?UICN en 2023. De telles initiatives s?inscriraient
par ailleurs dans la mesure 29, intégrer l'approche "Une seule santé" dans les politiques publiques
et dans les territoires, de la SNB 2030.
16 Huit parcs naturels marins, le sanctuaire de mammifères marins Agoa aux Antilles, 110 sites Natura 2000 marins
et quatre sites Natura 2000 terrestres, huit réserves naturelles nationales, dix réserves nationales de chasse et de
faune sauvage, six réserves de chasse et de faune sauvage, trois réserves de chasse et de faune sauvage de
Corse, une réserve de biosphère, des sites du conservatoire du littoral et un arrêté de protection de biotope.
17 Les aires protégées françaises face aux approches conceptuelles « Une seule santé ? Ecohealth », Durand et
al., Environnement, risques et santé, 2022. Autre exemple cité dans cette publication : un projet LIFE dans les Alpes
mesure l?imprégnation au plomb des gypaètes barbus et conduit des campagnes de sensibilisation des chasseurs,
en vue de réduire les risques pour la santé humaine établis par l?Anses.
18 Voir le projet de motion « Intégrer l?approche une seule santé dans la gestion des réserves naturelles » Ã
l?assemblée générale statutaire des Réserves naturelles de France, 12 juin 2025.
PUBLIÉ
https://naturadapt.com/
https://portals.iucn.org/library/sites/library/files/documents/2022-056-Fr.pdf
https://portals.iucn.org/library/sites/library/files/documents/2022-056-Fr.pdf
https://stm.cairn.info/revue-environnement-risques-et-sante-2022-3-page-227?lang=fr
https://reserves-naturelles.org/wp-content/uploads/2025/06/integrer-lapproche-une-seule-sante-dans-la-gestion-des-reserves-naturelles-12-06-2025.pdf
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3.2.3 Faire des zones protégées des territoires d?expérimentation de la
conciliation des activités humaines et des objectifs de conservation
Les aires protégées sont des territoires où s?exercent des activités humaines, sources potentielles
de pressions. Dans les zones de protection forte, certaines activités humaines peuvent être limitées
ou interdites ce qui permet d?observer l?évolution de la biodiversité et ainsi de mieux connaitre les
effets des pressions et la capacité de résilience des écosystèmes. A ce titre, les aires protégées
constituent des territoires d?expérimentation, de transfert et de déploiement des politiques au
bénéfice de la biodiversité.
L?OFB a lancé un réseau de sites innovants (Sinapce) en aires protégées pour adapter les activités
humaines aux enjeux écologiques : sur la base d?expériences en aires protégées, des bonnes
pratiques sont transférées entre les aires protégées en dehors. Ce type d?initiative mériterait d?être
prolongé et enrichi sur la base de sites disposant d?activités plus diverses notamment en matière
d?agriculture. La capitalisation des retours d?expériences issus des projets passés (comme les
travaux sur Natura 2000 en milieu marin) est un axe prioritaire pour permettre aux décideurs
d?accéder à des informations fiables.
3.2.4 Finaliser les analyses de risque de I?activité de pêche
professionneIIe en zone Natura 2000 et dans les autres aires marines
protégées
Une des priorités sur lesquelles l?OFB intervient pour le compte des préfets maritimes en
partenariat avec les directions interrégionales de la mer (DIRM) concerne l?analyse du risque pêche
dans les sites Natura 2000 maritimes19. Pour tenir les engagements communautaires de la France,
123 sites Natura 200020 nécessitent une analyse risque pêche habitat au titre des fonds marins.
De plus, l?analyse risque pêche est un préalable nécessaire pour que ces aires marines protégées
puissent se porter candidates à une labellisation en protection forte, et l?objectif fixé par la SNB
2030 de classer 5 % de l?espace maritime hexagonal en zone de protection forte d?ici 2030 est loin
d?être atteint (0,1% en 2025). A la mi-2025, 56 sites avaient conclu ces analyses, des mesures
réglementaires de réduction du risque ayant été adoptées dans 15 d?entre eux. Il convient donc
d?accélérer la réalisation de ces analyses de risque pêche afin de renforcer la protection des milieux
marins.
L?OFB ne dispose pas forcément des données en matière de pêche nécessaires pour la conduite
de ces analyses, qui sont pourtant des données déclaratives des pêcheurs qui remontent à l?État
et qui sont indispensables pour proposer des mesures de gestion pertinentes et adaptées selon
les techniques de pêche employées. Par ailleurs, pour argumenter ces propositions, il est
nécessaire de disposer d?une connaissance des impacts des différentes activités humaines sur les
milieux et les espèces. En effet, les représentants des pêcheurs n?accepteront de revoir leurs
pratiques que s?il est établi de façon certaine qu?elles sont responsables de la baisse de stocks
observée alors que d?autres pressions existent, comme les pollutions telluriques ou le changement
climatique.
Cela implique pour l?OFB, en partenariat avec les différents acteurs scientifiques (IFREMER
notamment), de mener des études sur les aires bénéficiant des plus hauts niveaux de protection
afin de mesurer les bénéfices sur la biodiversité d?une régulation des activités (par exemple des
zones marines sans pêche). Ces zones de protection forte peuvent également profiter
indirectement aux activités économiques en permettant une reconstitution des stocks, y compris Ã
19 En vertu des directives européennes « Oiseaux » (DO) et « Habitats Faune Flore » (DHFF), le code de
l?environnement (article L. 414-4) prévoit que les activités de pêche maritime professionnelle au sein d'un site
Natura 2000 fassent l'objet d?une analyse des risques de porter atteinte aux objectifs de conservation du site. Ces
analyses sont conduites à l?échelle des sites au moment de l?adoption ou de la révision du DOCOB.
20 Dossier de presse « protéger la biodiversité marine », Ministère en charge de la transition écologique, juin 2025.
PUBLIÉ
https://professionnels.ofb.fr/fr/sinapce
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leur périphérie où la pêche est autorisée. Sur les parcs naturels marins les plus anciens, l?OFB
dispose d?un recul suffisant pour mener à bien un travail d?évaluation de l?état de conservation et
de l?efficacité des mesures de gestion. Ces travaux conforteraient la mise en oeuvre de la SNAP
en milieu marin tant au niveau national qu?au niveau territorial.
(OFB, tutelles) Développer des méthodes et outils pour adapter la
gestion des aires protégées au changement climatique et y développer l?approche une seule
santé. A cette fin, s?appuyer sur l?évaluation des mesures de gestion et de l?état de
conservation de ces zones et capitaliser les résultats des projets (LIFE notamment) en
cours.
Un indicateur de suivi de cette recommandation serait le nombre de sites ayant réalisé une
évaluation de leur plan de gestion sur le nombre total de sites ayant un plan de gestion (ou ayant
un plan de gestion en cours de révision) et le ratio de plans de gestion ayant intégré la TRACC
(trajectoire de réchauffement de référence pour l?adaptation au changement climatique). Un autre
indicateur serait le nombre d?analyses de risque pêche réalisées par l?OFB dans les zones Natura
2000 marines sur le nombre total à réaliser. Enfin, il serait souhaitable de rajouter un indicateur sur
les zones de protection forte : le pourcentage des aires protégées gérées par l'OFB qui obtiennent
la labellisation protection forte.
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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4 Deuxième orientation stratégique : faire progresser la
connaissance sur l?eau et la biodiversité, un pilier de
l?action de l?OFB
Dans ce deuxième COP, l?établissement devra s?efforcer de repérer les secteurs où la
connaissance21 sur l?eau et la biodiversité et leurs dynamiques doit progresser et faire reconnaître
les valeurs des services rendus par les écosystèmes, en s?inscrivant dans une démarche
prospective, d?adaptation de la biodiversité au changement climatique et s?appuyant sur un réseau
national et international. L?OFB en 2030 devrait être un établissement public reconnu, qui produit,
capitalise, met à disposition (notamment à des fins d?intégration de la biodiversité dans les
politiques publiques) et valorise la connaissance liée à l?état des milieux et de la biodiversité ainsi
que sur les pressions qu?elle subit du fait des activités humaines dans le contexte du changement
climatique, et ce de manière indiscutable.22
4.1 Contribuer à la connaissance : une mission bien investie mais qui
doit être mieux évaluée et ciblée, à travers notamment des
partenariats renforcés avec les organismes de recherche
L?OFB est bien organisé en interne pour améliorer la connaissance dans un objectif opérationnel,
qui irrigue les autres orientations stratégiques, à travers les données que l?OFB produit ou agrège
et les travaux de recherche qu?il mène ou soutient. La direction recherche et appui scientifique -
DRAS23 - dispose d?équipes spécialisées par types d?espèces24 et écosystèmes ainsi que d?une
cellule « valorisation et transfert ». Elle a élaboré un document comportant ses orientations
scientifiques très larges pour la période 2022-2026. Ce document décline pour les travaux menés
en interne comme pour les partenariats scientifiques externes : les axes de recherches privilégiés,
les questions qui restent à résoudre, les priorités en termes de valorisation scientifique et technique,
les spécificités en matière de conduite de projets de R&D, des propositions de changements
transformateurs à explorer. La DRAS promeut une recherche orientée vers des finalités
opérationnelles, coconstruite avec les acteurs, dont elle diffuse les résultats aux autres directions
comme aux acteurs des politiques publiques.
Toutefois, la présentation des actions liées à la connaissance, à la fois sur les sites Internet de
l?OFB et lors des entretiens, donne une impression de profusion, mais parfois de dispersion.
4.1.1 Le pilotage et la contribution en propre à la recherche
4.1.1.1 Une place reconnue au sein de l?écosystème
La recherche sur l?eau et la biodiversité en France est désormais coordonnée par l?agence de
programme « Climat, biodiversité et sociétés durables » confiée au Centre national de la recherche
scientifique (CNRS). L?OFB agit aux côtés de ce dernier, ainsi que le Muséum national d?Histoire
naturelle - MNHN - et l?Institut pour la recherche et le développement - IRD, au sein de Patrinat,
21 Par « recherche » on entend ici le processus de démonstration de long terme qui vise à répondre à des questions
dont on ne connaît pas la réponse. Par « science » ou « connaissance » l?ensemble des savoirs acquis et
nécessitent un transfert au terrain en temps réel pour servir à l?action, et par « données » les faits bruts et chiffres
qui rapportent une situation sans fournir d'interprétation, forme non traitée de connaissance qui ne véhicule pas de
valeur ni de signification. L?OFB intervient sur l?ensemble de ces champs.
22 Voir annexes 4 pour les recommandations spécifiques aux grands prédateurs terrestres et 5 pour celles sur les
aires protégées.
23 130 agents permanents, soit une « force de frappe » en termes de recherche sur le vivant bien moindre que celle
du CNRS ou d?INRAE.
24 Exploitées ou à enjeux ? autres que grands prédateurs terrestres traités dans une direction dédiée.
PUBLIÉ
https://www.patrinat.fr/fr
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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centre d?expertise et de données sur le patrimoine naturel, Il contribue par ce biais à la coordination
de projets de recherche français ou européens25. Patrinat héberge par ailleurs le Pôle National de
Données de Biodiversité - PNDB, composante biodiversité de l?infrastructure de recherche Data
Terra26, qui propose aux communautés de recherche des outils et services facilitant l?accès, le
traitement et la combinaison des données de biodiversité afin d?avoir une vision intégrative face
aux enjeux environnementaux27.
Hors Patrinat, des équipes de l?OFB compétentes en gestion de l'environnement participent Ã
plusieurs projets financés par l?Agence nationale de la recherche - ANR28. L?OFB est identifié parmi
les acteurs-clés du programme d?équipement et de recherche prioritaire France 2030 Solubiod,
copiloté par le CNRS et l?INRAE et opéré par l?ANR, de par sa connaissance des projets de
solutions fondées sur la nature en France29.
L?expertise scientifique de l?établissement est enfin reconnue par la participation de ses chercheurs
au comité éditorial de revues scientifiques. L?OFB publie et copublie deux revues scientifiques
internationales. Les organismes de recherche partenaires de l?OFB soulignent que le premier COP
était un ?COP d?installation? dans un contexte difficile, et que l?établissement a su malgré tout
s?imposer dans le paysage institutionnel.
4.1.1.2 Mais des compétences et une légitimité scientifique à renforcer
Malgré ces atouts, les compétences et l?expertise de l?OFB demandent à être maintenues,
renforcées et reconnues sur certaines thématiques comme l?adaptation de la biodiversité au
changement climatique, sujet montant et incontournable, les compétences naturalistes et les
connaissances des milieux aquatiques, qui tendent à se perdre au fil des fusions successives, en
sciences humaines et en économie pour tenir compte des différentes valeurs de la biodiversité et
en faire des leviers d?action, parfois d?influence, plus efficients. Parmi les lacunes de connaissance,
le champ du développement de projections dynamiques de l?évolution de la biodiversité face aux
pressions humaines, et aussi face au changement climatique, reste par exemple largement Ã
explorer.
L?OFB, moins connu comme acteur académique, apparaît aussi comme moins « incontestable »,
comparé à d?autres plus exclusivement tournés vers la recherche, y compris fondamentale, et
moins au contact du terrain, lorsqu?il s?agit de faire appel à la science pour dépassionner un débat
sur des sujets controversés, comme par exemple les grands prédateurs. En témoignent les
attaques récentes qu?il a subies, focalisées sur ses missions de police de l?environnement, mais
aussi d?expertise en matière de dénombrement des grands prédateurs, alors que le MNHN qui
travaille également sur cette thématique ne voit pas sa crédibilité scientifique questionnée de la
25 Exemple l?étude pilote Eu Rock Fish, campagne de terrain et d?analyse d?images et de données financée par le
partenariat Horizon Europe Biodiversa+, qui ambitionne de mettre en place un réseau de surveillance des poissons
rocheux et récifaux à l?échelle européenne.
26 Observation, compréhension et modélisation de l?histoire, du fonctionnement et de l?évolution du système Terre
soumis aux changements globaux.
27 Ce « hub » rassemble la Fondation pour la recherche sur la biodiversité - FRB, et un réseau de partenaires
scientifiques et académiques (le CNRS, l?Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer - IFREMER,
l?Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement - INRAE, l?IRD, le Bureau de
recherches géologiques et minières - BRGM, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique
pour le développement - CIRAD, AgroParisTech, l?Ecole pratique des hautes études et sept universités. Le PNDB
fait par exemple partie du consortium d?animation du challenge de l?ANR sur intelligence artificielle et biodiversité
avec le Laboratoire national de métrologie et d'essais - LNE, et la FRB.
28 Exemple SMART-WING qui vise à catalyser le développement d'une nouvelle génération de drones (aile
intelligente pour le suivi aérien automatisé et à bas coût de la mégafaune marine) capables d'ajuster
dynamiquement leur trajectoire pour un suivi optimisé des espèces rares et vulnérables, en interaction avec des
équipes de chercheurs en robotique (Université Côte d?Azur et ISEN, école d?ingénieurs du numérique), en
intelligence artificielle (le Laboratoire d'Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier), et en
écologie marine (universités de Mayotte et de Montpellier, IRD, IFREMER, CNRS).
29 L?OFB coordonne le projet LIFE ARTISAN, lancé en 2020 pour une durée de huit ans (2020-2027) pour
encourager le recours aux solutions fondées sur la nature pour l?adaptation.
PUBLIÉ
https://data.pndb.fr/
https://data.pndb.fr/
https://www.pepr-solubiod.fr/
https://www.biodiversa.eu/biodiversity-monitoring/pilots/eurockfish-pilot/
https://www.biodiversa.eu/
https://anr.fr/fr/detail/call/challenge-ia-biodiv-recherche-en-intelligence-artificielle-dans-le-champ-de-la-biodiversite/
https://www.ird.fr/projet-smart-wing-suivi-de-la-megafaune-marine-par-drone-mayotte
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même manière.
Sur la connaissance des grands prédateurs terrestres par exemple, plusieurs pistes se dégagent
pour le futur COP : améliorer la communication sur les méthodes scientifiques utilisées pour
l?estimation des populations, poursuivre leur amélioration pour réduire les marges d?incertitude afin
de réduire les contestations, poursuivre et renforcer la communication sur les données.
La communication autour des actions de recherche menées est certainement perfectible, tout en
respectant les exigences de validation ministérielle. La production d?avis d?experts et de notes de
positionnement pourrait être intensifiée, afin de permettre une meilleure diffusion des réussites des
projets et une valorisation des actions réalisées par l?OFB et ses partenaires auprès du grand public,
toujours dans l?objectif de connaissance opérationnelle et de pédagogie qui constitue l?ADN
scientifique de l?OFB. Une plus grande publicité/communication sur les réalisations scientifiques,
notamment permettrait par ailleurs de répondre aux interrogations des tutelles concernant
l?organisation interne et la répartition des moyens de recherche.
En matière de recherche participative, l?OFB déploie plusieurs dispositifs. Cette activité n?atteint
pour autant pas la visibilité grand public de la politique volontariste menée par le MNHN. Ce dernier
souligne que les programmes de sciences participatives, vus comme outils de connaissance et de
mobilisation des acteurs, méritent d?être renforcés. Il souligne également que la remontée et le
partage des données issues de ces programmes, notamment par certains partenaires comme les
fédérations de chasse, méritent d?être améliorés. Le conseil scientifique prévoit justement de
continuer à explorer les capacités des sciences participatives pour compléter le recueil des
données, tout en veillant strictement à la rigueur des protocoles et à la qualité des métadonnées
associées, dans le but de soutenir efficacement l?évaluation des actions menées.
4.1.1.3 Le conseil scientifique doit évaluer la recherche menée et financée par l?OFB
Le conseil scientifique réunit des chercheurs membres d?organismes de recherche partenaires de
l?OFB. Il n?évalue que très ponctuellement la diversité, l?étendue et l?impact de cette recherche
menée en propre, avec des partenaires ou financée, comme le voudrait le décret n° 2019-1580 du
31 décembre 2019 relatif à l'OFB30 . Un avis a par exemple été donné sur les questions de
recherche autour des espèces en 2022. Le conseil scientifique devrait, conformément à l?article
R131-29 du Code de l?environnement qui définit ses missions, opportunément aider à définir la
politique scientifique de l?établissement en ciblant des priorités scientifiques dans le COP et
participant à l?élaboration de la stratégie de recherche 2027-2031. Plus généralement, il devrait
évaluer l?activité de recherche de l?établissement et d?exploitation des résultats de celle-ci, comme
l?a pointé le rapport Bacci.
Réglementairement, le conseil scientifique intervient en appui du conseil d?administration ou du
directeur général qui peuvent le saisir de toute question en lien avec les missions de l?OFB. Dans
les faits, le conseil d?administration ne saisit pratiquement jamais le conseil scientifique. Afin de
renforcer ses interactions avec le conseil d?administration, il pourrait lui proposer des sujets
scientifiques d?intérêt sur lesquels son avis pourrait être sollicité et qui pourraient éclairer les
décisions du CA. Un suivi devrait être mis en place pour identifier et compiler les documents de
travail et comptes-rendus issus des réunions du conseil scientifique, afin d?en assurer la publicité
et de permettre une meilleure circulation des informations dans l?ensemble des instances
impliquées.
30 Qui prévoit qu?il « contribue notamment à l'évaluation des activités de l'établissement en matière de recherche et
d'exploitation des résultats de celle-ci ».
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000039726400
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000039726400
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041463273
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(OFB, tutelles) S?assurer que le conseil scientifique assure l?intégralité
de ses missions, à savoir éclairer le conseil d?administration dans la définition de la
politique scientifique de l'établissement, contribuer à l'évaluation des activités de
l'établissement en matière de recherche et d'exploitation des résultats de celle-ci, de
formation, de diffusion et de valorisation de la recherche, veiller à la coordination des
politiques scientifiques des établissements publics rattachés à l'office.
4.1.2 Mieux se positionner dans le dispositif national de recherche et
renforcer les partenariats avec les organismes de recherche
L?OFB contribue à orienter les priorités de recherche sur l?eau et la biodiversité selon diverses
modalités d?influence : participation aux agences de programmation de la recherche nationale sur
l?eau 31 et la biodiversité 32 , aux comités de programmation nationaux de l?ANR, aux actions
recherche de la SNB 2030, à la feuille de route recherche et innovation biodiversité et eau 2022-
2027 BRIEAU? Il soutient des projets de recherche et organise des appels à projets au niveau
national comme européen dans le cadre du partenariat Biodiversa+33.
En parallèle, l?OFB pourrait s?insérer plus efficacement dans le paysage des acteurs français de la
recherche, en identifiant de nouveaux projets collaboratifs, en alignant ses critères de financement
et en mettant en place des mécanismes pour attirer des financements complémentaires et limiter
la concurrence interne avec les dispositifs de l?ANR ou de l?ADEME. L?OFB noue des partenariats
dynamiques avec chacun des acteurs du paysage de la recherche française sur la biodiversité et
l?eau, accords-cadres ou conventions de collaboration qui aux dires de plusieurs partenaires
méritent d?être renforcés et facilités au niveau national comme dans les territoires (par exemple
dans le cadre des Programmes et équipements prioritaires de recherche, PEPR, dont au moins
deux concernent directement la biodiversité) et pourrait s?appuyer sur la mobilisation d?acteurs
régionaux. L?OFB conduit des projets de recherche appliquée dans ses pôles recherche et
développement34, avec le MNHN à travers les cellules recherche expertise?. Ces partenariats
pourraient être renouvelés à l?aune d?une stratégie de priorisation plutôt que d?opportunité (voir
annexe).
(OFB) Renforcer les synergies avec les partenaires scientifiques, Ã
travers le renouvellement d?accords de partenariats ciblés sur les questions de recherche
prioritaires qui répondent aux enjeux identifiés dans les rapports de l?IPBES ou les
prospectives scientifiques nationales sur l?eau et la biodiversité.
4.2 Le futur COP doit accroître l?appropriation de la connaissance
4.2.1 Une activité de recueil de données de terrain à rendre accessible
L?OFB dispose de dispositifs de surveillance, d?observation et d?expérimentation sur le terrain :
réseaux de suivi à long terme, sites de démonstration et territoires d?étude. Il pilote trois systèmes
31 Agralife, confiée à INRAE.
32 Climat, biodiversité et sociétés durables, confiée au CNRS.
33 Exemple Biodiv Mon, qui vise à améliorer la surveillance de la biodiversité et des changements écosystémiques
au niveau transnational pour la science et la société.
34 Ecosystèmes lacustres avec INRAE, migrateurs amphihalins avec INRAE, éco hydraulique avec le CNRS,
systèmes d?information sur l?eau avec le BRGM.
PUBLIÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/LBV%2010-10-V5-BRIEau_feuille%20de%20route.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/LBV%2010-10-V5-BRIEau_feuille%20de%20route.pdf
https://www.inrae.fr/Agralife
https://www.cnrs.fr/fr/le-cnrs/missions/agenceCBSD
https://www.biodiversa.eu/2022/10/07/2022-2023-joint-call/
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d?information fédérateurs sur la biodiversité et l?eau 35 et assure le rapportage national des
directives européennes dans ces domaines. Il recueille, structure dans des standards ouverts
réutilisables et exploitables par les systèmes d'information internationaux et met à disposition
gratuitement les informations issues de nombreux partenaires publics et associatifs.
Patrinat diffuse auprès du grand public l?Inventaire National du Patrimoine Naturel - INPN,
plateforme nationale du système d'information de l'inventaire du patrimoine naturel - SINP, portail
d?accès aux données sur les espèces et les milieux. Cet inventaire associe scientifiques,
collectivités territoriales, naturalistes et associations.
De multiples autres actions36 sont menées mais l?information est souvent éparse, en dépit du rôle
d?agrégateur de la connaissance sur l?eau et la biodiversité investi par l?OFB. L?Observatoire
national de la biodiversité, l?ONB, avec son bilan et ses indicateurs, et l?INPN s?adressent plutôt au
grand public qu?aux chercheurs faute de données à des formats exploitables pour la
recherche : cela complique par exemple l?intégration des données biodiversité au Green data for
health (plateforme de données environnementales pour la recherche en santé). Les autres portails
d?accès comme le système d?information sur l?eau restent plutôt réservés à des techniciens et d?un
abord peu aisé.
Dans ce paysage foisonnant, l?OFB pourrait explorer avec l?ADEME les possibilités de
mutualisation des systèmes d?information, notamment en exploitant l?outil SOFIA37 pour créer une
interface commune et faciliter le suivi des projets de recherche et la capitalisation des
connaissances. Il faudrait au préalable que les données sur la biodiversité soient intégrées à la
base de données utilisée par SOFIA. L?objectif serait de proposer un système centralisé accessible
par l?ensemble des parties prenantes afin de recenser et partager les études, rapports et
indicateurs produits par les différents acteurs nationaux publics intervenant dans le cadre de la
transition écologique, dont l?OFB, pour éviter les doublons et renforcer la cohérence des actions
menées. L?adhésion à des partenariats structurants avec d?autres acteurs institutionnels pourrait
venir enrichir la base de connaissance commune et permettre de bénéficier d?expertises
complémentaires. Il y a incontestablement un besoin d?organiser la connaissance et les
méthodologies pour faciliter leur appropriation par les différents acteurs38. En complément, le futur
COP devrait améliorer la lisibilité des systèmes d?information sur l?eau et la biodiversité (voir
annexe).
Pour améliorer la lisibilité des systèmes d?information, plusieurs pistes pour le futur COP ont été
identifiées :
? Renforcer la transversalité de la donnée en interne : améliorer les liens entre les différentes
directions, faire en sorte que les indicateurs développés alimentent les centres de res-
sources.
? Renforcer la visibilité externe des travaux de l?OFB sur les données (certains observatoires
comme celui du prix de l?eau n?étant pas clairement identifiés comme étant gérés par
l?OFB,), renforcer l?accessibilité, faciliter l?exploitation par les non-spécialistes, améliorer la
communication en développant des notes d?enjeux et de synthèse pour rendre les données
35 Nature France, le site de l?Observatoire national de la biodiversité ? ONB, complété par des données sur la
présence d?espèces sauvages en métropole sur le portail cartographique Carmen - Cartographie du Ministère de
l?Environnement), les milieux marins (système d'information sur les milieux marins - SIMM), l?eau et les milieux
aquatiques (portail Eau France).
36 Exemples : Patrinat pilote, en partenariat avec l?IGN, l?Université Jean Monnet de Saint-Étienne et le réseau des
conservatoires botaniques nationaux, la cartographie nationale des habitats naturels (CarHab) qui couvre 70
départements, ou publie un guide de recommandations pratiques sur l?ADN environnemental pour le suivi des
fleuves et des rivières, pour améliorer l?inventaire et le suivi de la biodiversité depuis l?échantillonnage jusqu?Ã
l?interprétation des résultats.
PUBLIÉ
https://inpn.mnhn.fr/accueil/index
https://naturefrance.fr/
https://www.milieumarinfrance.fr/
https://www.eaufrance.fr/les-donnees-des-sites-eaufrance
https://inpn.mnhn.fr/viewer-carto/CarHab/
https://www.patrinat.fr/fr/actualites/un-guide-pratique-adne-pour-le-suivi-des-fleuves-et-des-rivieres-7343
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plus compréhensibles par les citoyens et les acteurs et en renforçant la collaboration avec
la direction de la communication de l?OFB.
? Améliorer la coordination entre les différents producteurs de données pour faciliter leur
intégration dans les systèmes d?information fédérateurs, valoriser le rôle d?intermédiaire
technique joué par la direction Surveillance, évaluation, données (DSUED) entre les diffé-
rents acteurs de la biodiversité, collaborer plus étroitement avec des plateformes comme
celle de l?IGN, renforcer les collaborations : poursuivre le développement de l?alliance entre
opérateurs publics, approfondir la participation aux initiatives comme le Green Data for
Health.
? Améliorer la standardisation des protocoles de collecte, structurer les données sur les pres-
sions en développant la connaissance sur les prélèvements en eau, améliorant les don-
nées sur les usages et pressions sur la biodiversité, explorer de nouveaux champs en dé-
veloppant la mesure de la biodiversité des sols et cartographiant les habitats, notamment
marins, moderniser les techniques de collecte en étendant l?utilisation de l?ADN environne-
mental et développant l?interprétation d?images.
4.2.2 Un besoin d?indicateurs d?état de la biodiversité
Il serait extrêmement pertinent de se doter d?un indicateur intégré de l?état de la biodiversité pour
sensibiliser le public au sujet et permettre l?information des décideurs, y compris pour appréhender
l?effet des politiques publiques de préservation de la biodiversité et les impacts liés aux activités
humaines. Ce sujet complexe fait l?objet de nombreux débats scientifiques, et politiques dans le
cadre du suivi du cadre mondial pour la biodiversité. L?OFB s?insère dans un cadre national,
européen et mondial et ses ministères de tutelle pourraient lui confier un travail d?appropriation
nationale d?un tel indicateur.
Pour mesurer l?état de la biodiversité, l?indicateur agrégé MSA - Mean Species Abundance39
pourrait constituer une métrique intéressante, en le complétant d?indicateurs plus spécifiques de
localisation de hotspots de biodiversité, de proximité de réserves naturelles ou d?enjeux liés à l?eau,
à la désertification, etc. et d?approches qualitatives, à l?image de ce qui existe pour le climat. Le
suivi de la biodiversité nécessite également d?établir un cadre intellectuel complet permettant
l?analyse à un instant t, la projection sur une trajectoire, la comparaison entre différents secteurs et
avec d?autres pays. Pour l?instant, l?idée d?un indicateur agrégé unique est néanmoins jugée peu
opérationnelle par l?OFB, l?approche privilégiée consistant à développer plutôt des cartographies
d?enjeux et de pressions. Pour autant, le règlement « restauration de la nature » (RRN) s?appuie
sur des indicateurs d?état des écosystèmes dont un indicateur obligatoire qui est l?indice des
oiseaux agricoles ou forestiers selon la typologie d?écosystèmes. La SNB 2030 propose quant Ã
elle des indicateurs clés dont l?abondance des populations d?oiseaux communs spécialistes par
milieux agricoles, forestiers et urbains (STOC). Ces indicateurs mériteraient de compléter
l?indicateur MSA dans les indicateurs de contexte du COP.
Le nouveau COP devra également adopter des indicateurs mesurant l?impact des politiques
publiques portées par l?OFB en faveur de la biodiversité : cohérence avec les ?indicateurs boussole?
de la SNB et ceux du RRN, en particulier développement un outil de rapportage sur la restauration
active pour recenser les bonnes pratiques, suivre l?efficacité et répondre aux exigences du
règlement européen, objectivation de l?action sur des indicateurs mesurables40.
4.2.3 Des connaissances à mieux capitaliser et valoriser
L?OFB déploie plusieurs outils complémentaires : un portail technique à destination des
39 Cet indicateur, développé par les Pays-Bas, a été retenu comme indicateur complémentaire dans le cadre de
suivi du cadre mondial de la biodiversité.
40 Ex. linéaires de haies restaurés, milieux attractifs pour les espèces à restaurer.
PUBLIÉ
https://professionnels.ofb.fr/fr
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professionnels, principal outil de valorisation, des rapports scientifiques et publications techniques,
des événements. Tous ne figurent pas dans la rubrique connaissance et expertise du site grand
public qui dresse un panorama général sans forcément renvoyer aux pages dédiées ? et dont
l?architecture mériterait sans doute d?être modernisée et enrichie. La question de la fusion des sites
grand public et professionnels pour une meilleure compréhension des multiples terrains d?action
de l?OFB se pose. L?office dispose aussi de neuf centres de ressources thématiques41 : captages,
cours d?eau, espèces exotiques envahissantes, génie écologique, Natura 2000, Outre-mer / Te Me
Um, trame verte et bleue, zones humides, éviter ? réduire ? compenser.
Le conseil scientifique pourrait poursuivre et renforcer le travail collaboratif sur la définition
d?indicateurs intégrés pour mesurer l?impact des actions de l?OFB, tout en prenant en compte les
retours d?expérience et les apports interdisciplinaires. Il pourrait également contribuer Ã
l?amélioration de la communication en valorisant la qualité des recherches et données produites,
de manière à rendre perceptible l?impact réel des actions en faveur de la biodiversité auprès du
grand public et des décideurs.
En tout état de cause, les objectifs du COP actuels ne sont pas positionnés au bon niveau
concernant la diffusion des connaissances scientifiques et techniques. Un indicateur de
performance et d?impact des actions de diffusion des connaissances, plus qualitatif que l?indicateur
actuel sur le nombre de participants aux webinaires et journées d?échange, pourrait y être adossé.
Cet impact pourrait être accru par plusieurs actions : renforcer la médiation scientifique, développer
des scénarios prospectifs sur l?évolution de la biodiversité, valoriser aussi les exemples concrets
de réussites locales en matière de préservation de la biodiversité et communiquer sur la
réversibilité des atteintes à la biodiversité.
Pour renforcer les liens entre la production de connaissance et sa valorisation effective pour
éclairer les politiques publiques, un piste prioritaire pour le futur COP se dessine au vu des
entretiens menés par la mission : renforcer la connaissance sur les politiques prioritaires,
notamment le règlement européen sur la restauration de la nature, et anticiper les évolutions
possibles des missions.
Selon la DGER, qui reconnaît une large marge de progression dans l?expression par la tutelle
agriculture de ses besoins de connaissance, le futur COP pourrait clarifier la stratégie de l?OFB en
matière de connaissance, qui peut être perçue comme une agrégation d?actions individuelles plutôt
qu?une politique scientifique structurée. La valeur ajoutée scientifique de l?OFB dans certains do-
maines, par exemple dans le cadre du plan Ecophyto, n?est pas exploitée pour l?instant. Il y a éga-
lement un chaînon manquant entre la donnée brute et son utilisation pédagogique. La collecte de
données et la gestion de systèmes d?information sont reconnues comme un point fort, mais là aussi
le positionnement mérite d?être clarifié : l?OFB, référence en matière de biodiversité, pourrait mieux
valoriser et diffuser ses connaissances auprès du monde agricole.
(OFB, tutelles) Mieux valoriser et exploiter les chiffres de l?observatoire
national de la biodiversité (ONB) et mieux faire connaître les systèmes d?information et
données gérés et centralisés par l?OFB. Développer des indicateurs d?état de groupes
d?espèces « sentinelles » en lien avec les indicateurs proposés au niveau européen et
national et se donner un objectif de développement à cinq ans d?un indicateur composite /
agrégé de suivi de l?état de la biodiversité (type Mean Species Abundance).
4.2.4 La connaissance en appui aux politiques publiques
L?OFB a pour mission d'accompagner et d'apporter son appui aux acteurs publics42, privés et à la
41 Certains liens ne sont pas opérationnels sur le site grand public.
42 Ministères, agences, collectivités territoriales, institutions européennes et internationales.
PUBLIÉ
https://professionnels.ofb.fr/fr
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société civile pour la conception, la mise en oeuvre et l?évaluation des politiques publiques
(stratégies nationales notamment). Cette tâche suppose de partager les résultats de recherche
pour éclairer la décision et le débat publics et en retour de nourrir la recherche avec de nouveaux
questionnements, connaissances et données dans les domaines de l?eau et de la biodiversité.
Certaines actions de surveillance de l?OFB viennent directement en appui de mission de police.
C?est le cas du réseau SAGIR qui s?articule avec les missions de police sanitaire de l?OFB, et inclut
des surveillances renforcées de certaines maladies réglementées sur la faune sauvage, en
particulier des agents pathogènes transmissibles à l?homme et/ou partagés par la faune sauvage
et les animaux domestiques. Dans ces missions, l?OFB joue un rôle essentiel de par son
implantation territoriale et son expertise en matière de faune sauvage. Le partenariat avec le
ministère en charge de l?agriculture (DGAl) qui porte ces sujets de protection sanitaire sera sans
doute à renforcer dans les années à venir de fait de la recrudescence de certaines zoonoses.
L?OFB pourrait, en termes de valorisation, donner plus de visibilité à ses actions : ainsi, les
différentes expertises scientifiques collectives produites pourraient être rassemblées sur une page
dédiée (on retrouve les revues systématiques de la littérature scientifique sur le site de Patrinat).43
On peut retrouver de nombreuses actions de connaissance en appui aux politiques publiques
dispersées dans les bilans des plans ou stratégies qu?elles alimentent44. Les pistes évoquées par
les acteurs auditionnés pour renforcer ce volet sont listées en annexe.
En matière de connaissance sur les aires protégées, devant l?urgence d?agir face aux obligations
européennes (échéance 2026-2027), les risques de contentieux voire de suspension de la pêche
dans les zones Natura 2000, il est essentiel de faciliter l?accès pour l?OFB aux données détenues
par les acteurs économiques, notamment les pêcheurs.
4.2.5 Le transfert de la connaissance aux acteurs, clé de l?action
La production de nouvelles connaissances par l?OFB est accompagnée par des démarches de
recherche-action ou de recherche partenariale, impliquant directement les acteurs de terrain45. Une
piste de réflexion pour accroître l?impact de ces projets serait d?intégrer son évaluation dès la
conception du projet, en recourant le cas échéant à une méthodologie spécifique46.
Par ailleurs, en matière de données, le futur COP pourrait améliorer leur appropriation par les
acteurs en les sollicitant leur intégration dans les outils déjà utilisés par les aménageurs de territoire
comme la géo plateforme nationale de l?IGN.
43 Autre exemple : le projet Explore 2 sur l?adaptation au changement climatique de la gestion de l?eau, soutenu par
l?OFB, est valorisé de manière pédagogique (vidéos) sur les sites du copilote INRAE et du ministère de la transition
écologique, mais uniquement sur le portail professionnel de l?OFB.
44 Ainsi dans le bilan 2024 de la SNB 2030, on apprend que l'Observatoire national de l'éolien en mer, mis en oeuvre
par l'OFB et l'Ifremer, a financé, depuis 2022, 34 projets de valorisation et d'acquisition de nouvelles connaissances
sur le milieu marin et les impacts de l'éolien en mer sur les écosystèmes marins et côtiers.
45 Par exemple le programme Remmoa qui recense et suit l?évolution de la faune marine dans les eaux tropicales
françaises, et étudie l?impact des activités humaines, mais vise aussi à identifier les habitats prioritaires pour la
création et la délimitation ou la gestion d?aires marines protégées ou de sanctuaires pour les mammifères marins.
En 2024, un observatoire des énergies renouvelables - ENR, et de la biodiversité a été créé en application de la
SNB 2030 et de la loi n? 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies
renouvelables. Mis en oeuvre conjointement par l'OFB et l?ADEME, il réalise des bilans de la connaissance
scientifique et technique des incidences des ENR terrestres sur la biodiversité, les sols et les paysages et des
solutions de remédiation possibles, ainsi que des expertises ou études ciblées ponctuelles. Il assure également le
transfert des connaissances acquises via un centre national de ressources. Ces actions sont réalisées en
partenariat avec des équipes de recherche (dont Patrinat), les industriels, la fédération des parcs naturels régionaux,
les ONG, etc. Elles visent à accompagner les parties prenantes dans la conciliation de la transition énergétique en
cours, avec les objectifs de préservation de la biodiversité, des sols et des paysages.
46 De type Analyse des impacts sociétaux de la recherche - ASIRPA, développée par INRAE, basée sur une
approche anticipatrice en temps réel et des études de cas a posteriori.
PUBLIÉ
https://www.ign.fr/geoplateforme
https://www.inrae.fr/actualites/explore2-life-eauclimat-cles-ladaptation-gestion-leau
https://www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/pelagis-2/les-programmes/remmoa/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047294244/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047294244/
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Enfin, outre son portail technique, l?OFB propose, pour faire connaître les avancées scientifiques,
la revue trimestrielle technique « Biodiversité, des clés pour agir ». Mais elle est d?accès payant,
réservée aux professionnels en prise directe avec la gestion des territoires. On peut souhaiter
qu?elle soit accessible gratuitement.
PUBLIÉ
https://www.ofb.gouv.fr/revue-biodiversite
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5 Troisième orientation stratégique : la mobilisation des
parties prenantes, une mission encore récente
Confiée à l?OFB au moment de sa création en 2020, comme le souligne la Cour des comptes, la
mobilisation de la société, des acteurs économiques (entreprises) et des collectivités locales et
territoriales est encore émergente. De fait, si plusieurs dispositifs et stratégies existent, (de la sen-
sibilisation à l?éducation jusqu?à des processus de quasi-labellisation), toutes ces démarches re-
posent d?abord sur le volontariat des parties prenantes, et les outils ne paraissent pas toujours
adaptés à la mission.
Il apparaît aujourd?hui nécessaire de se reposer la question des objectifs de cette mission : quelles
cibles, quels messages, pour quels résultats ? Comment définir une partie prenante mobilisée ?
Il semble désormais indispensable d?adapter à chaque « cible » des approches et stratégie
spécifiques plus centrées sur « l?intérêt à agir » de chaque segment d?acteurs. Pour cette stratégie
d?influence que doit conduire l?OFB, l?enjeu principal doit être de construire des argumentaires et
démonstrations basés sur des outils et méthodes démontrant plus et mieux l?intérêt à agir pour
protéger et restaurer la biodiversité, en incluant la création de valeur socio-économique générée
par la biodiversité.
A ce titre, l?OFB, en collaboration avec ses tutelles, doit probablement se renforcer sur ses
compétences en matière d?étude et de diffusion de connaissances en sciences humaines et
sociales, en économie de l?environnement et sur les multiples valeurs de la biodiversité47. Il est vrai
que, pour les décideurs publics ou en entreprise, évaluer les externalités liées à la biodiversité et
à l?eau et connaître les meilleures manières de les internaliser est peut-être l?argument majeur pour
susciter l?engagement. L?OFB est réputé pour les compétences qu?il maîtrise et diffuse en matière
naturaliste (un de ses coeurs de métiers) et développe souvent ces argumentaires d?ordre
biologique et écologique dans des approches basées sur la science. Il y a sans doute une valeur
ajoutée pour lui à investir aussi les arguments socioéconomiques, comprenant la santé, les
paysages et la qualité de vie, les bénéfices et risques, pour convaincre et mobiliser plus
efficacement les acteurs.
5.1 Un programme d?intervention qui n?est pas centré sur la
mobilisation
L?OFB dispose d?un programme d?intervention conséquent : environ 300 M¤ (dont Ecophyto). La
répartition de cette enveloppe est illustrée dans le graphique ci-dessous.
47 Rapport sur l?estimation des valeurs de la nature (instrumentales, intrinsèques et relationnelles), IPBES, 2022.
PUBLIÉ
https://www.dropbox.com/scl/fo/zpmb0wpww07aiidjxp052/AP3QmNpg1xwagfwwUXx1ZAc?dl=0&e=1&preview=20220709+French+Media+Release+Values+Assessment+FINAL.pdf&rlkey=m7ywyonwzap9l7gtaz883yyof
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Evolution en 2024 des autorisations d?engagement en intervention par grand thème
Ce graphique met en évidence qu?une large part de ces crédits est consacrée au soutien en
fonctionnement des parcs nationaux et marins.
Autour de 40 M¤ (autorisations de programme 2024) sont consacrés à la mobilisation (la part
« appui aux stratégies et écocontribution), soit un peu plus de 10% des crédits d?intervention, ce
qui semble peu. La mission n?a pas été en mesure de réaliser d?étude plus détaillée. Une répartition
clarifiée et détaillée par action et bénéficiaire de ces 40 M¤ serait utile.
On peut noter le budget (en crédits de paiement) de 12 M¤ consacré à l?intervention auprès des
communes (atlas communaux de la biodiversité). Le budget dédié aux entreprises est de 2,2 M¤
(crédits de paiement), bien inférieur à la force de frappe des agences de l?eau par exemple.
En tout état de cause, l?OFB est dans une démarche proactive de recherche de fonds et fait appel
à des initiatives originales en la matière (exemple de « mission nature », le loto de la biodiversité).
5.2 Le programme EFESE, un levier de mobilisation des parties
prenantes
Dans le cadre du prochain COP de l?OFB, les travaux d?EFESE (l?Évaluation française des
écosystèmes et services écosystémiques) sur la valorisation des services écosystémiques peuvent
servir à mobiliser les entreprises et les collectivités territoriales, à condition d?être mieux intégrés
comme outil de démonstration de la valeur socio-économique des actions en faveur de la
PUBLIÉ
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biodiversité et de l?eau48.
Il s?agit donc de traduire les résultats d?EFESE en arguments opérationnels et valorisables49 pour
les acteurs et d?adapter les messages par public cible :
? Pour les collectivités : mettre en avant des co-bénéfices des politiques de biodiversité pour
la santé, la résilience climatique, le tourisme, la gestion des risques naturels, etc. et en
intégrer les résultats dans les outils de planification territoriale (SRADDET, SCOT, PCAET,
SAGE, etc.) pour en faire un référentiel d?aide à la décision.
? Pour les entreprises : valoriser plus et mieux les services écosystémiques qui soutiennent
ou découlent de l?activité économique (ex. : pollinisation, qualité de l?eau, réduction des
risques d?inondation, régulation climatique) ainsi que les externalités négatives induites par
leur activité. La première étape pourrait consister à créer des fiches sectorielles (agriculture,
BTP, tourisme, cosmétique, textile, industrie, aménagement du territoire, etc.) en montrant
les liens entre performance économique et santé des écosystèmes. L?image de l?entreprise
est également un levier pour l?inciter à se mobiliser en faveur de la biodiversité.
Pour consolider ces argumentaires en les ancrant dans les territoires, des évaluations localisées
des services écosystémiques peuvent être réalisées par les agences régionales de la biodiversité
(ARB) et certaines collectivités pilotes.
(OFB, DEB, CGDD) Utiliser les travaux issus de l?Évaluation française
des écosystèmes et services écosystémiques comme levier stratégique de la mobilisation
et de l?engagement des entreprises et collectivités, en leur permettant d?évaluer leurs
externalités (positives ou négatives). Concevoir sur cette base une méthode d?aide à la
décision pour appuyer ces parties prenantes dans l?élaboration de plans d?action.
Des indicateurs possibles de mise en oeuvre de cette recommandation seraient le nombre ou la
proportion d?entreprises et/ou de collectivités mobilisant le programme EFESE (étude ex ante et
ex post, projets, investissements) et/ou l?indicateur, ratio de territoires engagés pour la nature (TEN)
et d?entreprises engagées pour la nature (EEN) évalués selon une méthode d'évaluation des
services écosystémiques à construire par l?OFB et gains socioéconomiques associés à ces
démarches.
L?indicateur de la SNB 2030 suivant serait également pertinent pour le futur COP : nombre
d'entreprises engagées pour la nature ayant déposé un plan d?action ambitieux en faveur de la
biodiversité avec une cible totale de 300 en 2025 et 5 000 en 2030 (plans d'actions).
5.3 Pour les collectivités, privilégier résolument le niveau régional et
intercommunal
5.3.1 Dans les territoires, mieux structurer les agences régionales de la
biodiversité et leurs leviers de mobilisation de l?OFB à leur niveau
A la suite de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août
48 Depuis 2019 et son entrée en phase 2, EFESE est devenue un programme à la fois plus stratégique, avec un
cadre conceptuel qui a évolué selon les critères de la SNB d?une part et du RRN d?autre part - et réellement
opérationnel, avec des projets pilotes (ex. ID-EFESE en Île-de-France) pour intégrer les services écosystémiques
dans les décisions territoriales.
49 Pour une présentation complète d?EFESE : https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/levaluation-
francaise-ecosystemes-services-ecosystemiques
PUBLIÉ
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2016 (article L131-9 du Code de l?environnement) et afin de coordonner leurs actions, l?OFB et les
régions peuvent mettre en place conjointement, dans le cadre d'une convention signée entre les
parties, des agences régionales de la biodiversité auxquelles peuvent notamment s'associer les
départements et les collectivités territoriales exerçant les compétences des départements. Elles
peuvent être constituées en établissements publics de coopération environnementale?»50. La loi
confie également aux régions la responsabilité d?élaborer une Stratégie régionale pour la
biodiversité (SRB). Les ARB sont destinées à soutenir et suivre sa mise en oeuvre.
L?idée de base est de démultiplier l?action de l?OFB sur les champs non assumés par les DR et
conforter les missions en collaboration avec la région, chef de file en matière de biodiversité, avec
l?appui de l?OFB.
La majorité des ARB ont été constituées sous le statut d?établissements publics de coopération
environnementale (EPCE). Certaines, notamment en Normandie, sont structurées en Groupement
d'intérêt public (GIP)51.
Le dernier bilan de création des ARB disponible sur le site internet de l?OFB, en date de juillet 2023,
montre que 11 régions sur 18 sont dotées d?une ARB. Un processus de constitution (accords
partenariaux régionaux) est engagé dans cinq autres. Le processus est en phase d?émergence en
Guyane et en Corse. S?il n?existe pas de bilan normalisé des ARB, certains territoires publient des
rapports d?activité annuels (exemple : ARB Centre-Val-de-Loire, ARB Normandie). Cependant, il
n?existe pas d?évaluation nationale (éventuellement comparative) publiée pour les ARB à date. De
fait, l?intensité de l?activité et la performance des ARB, ainsi que leurs niveaux de compétences52,
ne fait aujourd?hui l?objet d?aucune évaluation.
La mission préconise qu?un processus de diagnostic/évaluation des ARB soit engagé et que, pour
chacune d?entre elles, des tableaux de bord sur les collaborations à rechercher, les actions Ã
privilégier et les compétences à acquérir soient constitués et suivis ; ceci permettant l?échange
d?expérience. L?OFB pourrait réunir les ARB régulièrement au-delà de rencontres annuelles.
La mission a pu noter la disparité du niveau de coopération avec la région, selon la présence d?une
l?ARB bénéficiant de l?appui (notamment financier) de la région comme en Normandie ou
l?existence d?un simple accord de partenariat avec une région limitant son engagement comme en
Auvergne-Rhône-Alpes. L?OFB, au niveau siège, éventuellement relayé par ses DR, pourrait pallier
le manque d?implication de certaines régions en investissant plus le champ de la mobilisation des
acteurs et en identifiant d?autres relais (départements, agglomérations?).
5.3.2 Privilégier les atlas de la biodiversité intercommunaux avec plans
d?action
Conçus à la base comme des outils d?inventaires de la biodiversité au niveau local, les ABC sont
très vite apparus comme un des outils principaux de mobilisation des collectivités actuellement
déployé par l?OFB. Ils semblent avoir le mérite de mettre en évidence les enjeux liés à la
biodiversité pour les territoires étudiés. Mais l?efficience des projets qui peuvent en découler semble
dépendre beaucoup de la qualité de l?accompagnement par des « prestataires » d?une part, et
éventuellement par les ARB d?autre part. Il semble nécessaire de mobiliser au niveau
intercommunal sur ce dispositif, mais également de favoriser, voire systématiser, les ABC tournés
vers l?action. Un indicateur qui pourrait être introduit dans le COP serait le nombre d?ABC financés
ayant conduit à la modification voire à la révision de documents d?urbanisme ? a minima une
intégration dans les PLU - ou à la mise en oeuvre d?actions spécifiques favorables à la biodiversité
(travaux de restauration?). De plus, les méthodes d?évaluation ex ante et ex post des éventuels
plans d?action qui en découlent semblent manquer d?homogénéité quand ces évaluations ont
50 Ministère de la transition écologique, par exemple sites Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée.
51 Agence Normande Biodiversité.
52 Eventuellement mutualisables ou échangeables sous forme de retours d?expérience.
PUBLIÉ
https://www2.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-biodiversite?utm_source=chatgpt.com
https://www.laregion.fr/L-Agence-Regionale-de-la-Biodiversite-un-outil-majeur-pour-mettre-en-oeuvre-la-SrB?utm_source=chatgpt.com
https://www.anbdd.fr/lagence/qui-sommes-nous/?utm_source=chatgpt.com
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effectivement eu lieu.
5.4 Pour les entreprises, cibler les secteurs/filières professionnels
pour lesquels la biodiversité est « matérielle » au sens de la
directive CSRD
5.4.1 Mobiliser les entreprises des secteurs/filières en s?appuyant sur les
méthodes d?analyse de la directive CSRD
Le dispositif actuel « Entreprises Engagées pour la Nature » (EEN) est basé avant tout sur le
volontariat d?entreprises de tous secteurs/filières53 et de toute taille : grandes entreprises, ETI,
PME? Aujourd?hui, on compte un peu moins de 400 entreprises engagées, pour un objectif de
500 à 2025 fixé dans le COP et un objectif de 3 000 à 2030 fixé dans la SNB. Au-delà de l?inscription
obligatoire de la protection de la biodiversité dans la stratégie des entreprises labellisées EEN,
celles-ci s?engagent à mettre en oeuvre des plans d?action sur deux ou quatre ans, dont les résultats
sont évalués par un comité des parties prenantes.
Trois problèmes majeurs se posent sur ce dispositif :
? Le principe du volontariat ne mobilise au final que les entreprises déjà investies et surtout
vise des entreprises de tous secteurs et de toutes tailles, sans notion de priorité ou d?utilité
pour la biodiversité.
? Il y a un éparpillement des efforts en l?absence de ciblage.
? Il n?existe pas de critères de référentiel ou de normes/métriques communes d?évaluation
des plans d?action que peuvent proposer les entreprises engagées. En conséquence, une
véritable évaluation des progrès auxquels s?engagent les entreprises n?est pas possible, ni
intrinsèquement, ni relativement. Les progrès réalisés en matière de préservation/restau-
ration ne sont pas évaluables et, a fortiori, l?amélioration de la situation de la biodiversité
liée aux plans d?actions présentée n?est pas réellement constatable.
Pour à la fois passer à l?échelle en termes d?entreprises engagées et procéder à des mesures et
évaluations selon des critères, méthodes et « métriques » communs ou a minima harmonisés pour
chaque secteur/filière, la mission propose de travailler au niveau des secteurs/filières et de leurs
syndicats et organisations professionnels.
Pour les entreprises, la mission estime qu?il s?agit de mobiliser au niveau des secteurs/filières les
plus concernés, c?est-à -dire ceux pour qui la biodiversité est « matérielle ». La matérialité de la
biodiversité est une notion centrale de la CSRD54 et des ESRS. Elle impose de croiser les deux
prismes suivants (on parle de double matérialité) pour décider quelles informations doivent être
publiées dans le « rapport de durabilité » des entreprises soumises :
53 La notion de « secteur » regroupe de grandes catégories d?activités économiques qui ont des caractéristiques
communes dans une classification par grands ensemble d?activité (ex : agriculture, énergie, BTP et matériaux?).
Les filières regroupent l?ensemble des étapes et acteurs liés à la production, transformation, distribution et
consommation d?un produit ou service selon une logique de chaîne de valeur (ex filière bois, agroalimentaire,
services informatiques, automobile?). Les branches sont avant tout une notion « sociale » en matière de
ressources humaines et de formation. Par convention, concernant les entreprises, la mission parle de
secteurs/filières sur les sujets économiques (rapportage extra financier, EFESE) et de « filières/branches »
s?agissant de développement sur la formation professionnelle et les autres processus de ressources humaines.
54 Comptabilité extra financière ; CSRD : Corporate Sustainability Reporting Directive, destinée à harmoniser le
rapportage de durabilité des entreprises et d'améliorer la disponibilité et la qualité des données ESG
(environnementales, sociales et de gouvernance) publiées.
PUBLIÉ
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? Matérialité d?impact ("inside-out") : comment l?entreprise impacte l?environnement, la so-
ciété et les personnes, positivement ou négativement (ex. : un projet d?exploitation fores-
tière qui détruit un habitat naturel et son impact sur la biodiversité).
? Matérialité financière ("outside-in") : comment les enjeux environnementaux, sociaux et de
gouvernance impactent la performance, la position ou les perspectives financières de l?en-
treprise (ex. : perte de valeur d?actifs à cause de nouvelles réglementations sur l?utilisation
des sols, risque de réputation lié à la destruction d?un écosystème, perturbation de la
chaîne d?approvisionnement par la disparition de pollinisateurs).
Lorsque la (double) matérialité sur l?ESRS E4 est établie ? rapportage obligatoire ? pour une
entreprise, celle-ci doit publier des informations sur ses impacts sur la biodiversité et les
écosystèmes, et sur les risques financiers et opportunités liés à la biodiversité.
L?analyse doit inclure ces informations dans son « rapport de durabilité » lui-même inclut dans le
rapport financier. C?est sur la base de ce rapport que l?entreprise établit son plan de transition,
partie intégrante de sa stratégie.
Plusieurs outils existent qui peuvent répondre aux impératifs de mesure de la directive CSRD en
matière de biodiversité55. L?OFB développe avec l?ADEME ACT une méthodologie destinée aux
entreprises pour l?évaluation de l?efficacité de leur stratégie en faveur de la biodiversité à l?instar de
ce qui existe sur le climat : ACT biodiversité. Cette méthodologie devrait également intégrer toute
la chaîne de valeur afin de permettre à une entreprise d?inclure l?impact de ses fournisseurs et de
ses clients dans sa démarche, en s?inspirant de ce qui existe déjà sur les émissions carbone.
Un autre outil, le Global Biodiversity Score (GBS), a été développé par CDC Biodiversité afin de
permettre aux entreprises et aux institutions financières de mesurer leur empreinte biodiversité.
Sur cette base, les empreintes biodiversité d?entreprises d?un même secteur peuvent faire l?objet
de comparaison sur des bases objectivées et leurs trajectoires peuvent être suivies. Grâce à ces
outils, les entreprises peuvent mesurer les impacts et dépendances sur l?ensemble de la chaîne
de valeur.
(OFB, tutelles) Cibler le dispositif « entreprises engagées pour la
nature » sur les secteurs / filières / entreprises identifiés comme prioritaires au vu de leurs
impacts sur la biodiversité en utilisant la méthode d?analyse de la directive européenne
relative à la publication d'informations en matière de durabilité.
5.5 Investir le champ de la formation professionnelle continue
L?OFB a un rôle stratégique à jouer pour favoriser l?intégration des enjeux de biodiversité dans les
parcours de formation professionnelle continue (entreprises, agents publics notamment territoriaux)
comme il le fait déjà dans la formation initiale (enseignement agricole notamment) 56.
Pour tenter de répondre à cet enjeu qui constitue un « angle mort » de l?action de mobilisation de
l?OFB57 , la mission préconise de mener une action de ciblage des opérateurs de compétences des
filières/branches les plus concernées, et aussi de renforcer les programmes de formation des élus
et agents publics.
55 La norme ESRS E4 "Biodiversité et écosystèmes", publiée dans le cadre de la directive CSRD, fait partie des
ESRS thématiques environnementales.
56 L?OFB admet d?ailleurs qu?il s?agit d?un « angle mort » » dans son action de mobilisation.
57 Selon les propres termes des interlocuteurs de la mission.
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5.5.1 Pour les entreprises, construire des dispositifs de formation et les
promouvoir/proposer aux opérateurs de compétences des branches
ciblées
En privilégiant ici encore une approche ciblant les OPCO (opérateurs de compétences) des
branches et filières pour lesquelles la biodiversité et les services éco systémiques représentent un
enjeu matériel et économique essentiel, c?est-à -dire que les mêmes que citées précédemment58.
Certains secteurs, par essence, sont directement dépendants des services écosystémiques.
L?OFB doit donc structurer une véritable offre de formation ? qui peut aussi être une offre de
formation de formateurs ? aux branches, par l?intermédiaire de leurs OPCO sous un angle double :
? La connaissance naturaliste : développer les savoirs relatifs aux écosystèmes, aux
espèces, aux habitats, aux paysages et aux impacts des activités humaines sur la
biodiversité.
? L?expertise socio-économique : renforcer la compréhension des liens entre biodiversité,
économie (analyse coûts/bénéfices, coût de l?inaction) et services écosystémiques afin de
favoriser des modèles économiques durables.
Pour engager ce processus de construction de dispositifs de formation et de promotion de ceux-ci,
l?OFB pourrait, sur la période du futur COP, engager un certain nombre d?actions :
? Identifier les besoins spécifiques des filières/branches professionnelles clés.
? Développer des kits de formation et des formations de formateurs innovants.
? Poursuivre l?investissement dans la formation professionnelle initiale dans les
établissements d?enseignement agricole. Parallèlement, l?OFB doit poursuivre son
investissement dans le champ de la formation professionnelle initiale, dans les
établissements d?enseignement agricole, pour préparer les générations futures.
Les sujets relatifs aux transitions qu?elles soient écologiques ou agroécologiques, climatiques et
environnementales, sont intégrés et remis à jour régulièrement dans les référentiels des diplômes
dispensés par les lycées et les centres de formation d'apprentis agricoles, et dans les référentiels
des formations agricoles post bac. L?OFB, par l?intermédiaire des ARB, pourrait soutenir des
partenariats entre établissements et agriculteurs locaux engagés dans la transition agroécologique
(stages?).
5.5.2 L?OFB et la formation des élus et agents publics territoriaux : un
partenariat renforcé avec le CNFPT
Les élus et les agents territoriaux ont besoin de compétences renforcées pour intégrer ces enjeux
dans les décisions des collectivités territoriales.
Dans ce cadre, la mission considère que les collaborations avec le CNFPT (Centre National de la
Fonction Publique Territoriale), déjà existantes doivent être renforcées, au-delà des programmes
de sensibilisation, en proposant des modules de formation sur :
? L?intégration de la biodiversité dans les projets d?aménagement : gestion des trames vertes
et bleues, prévention des risques naturels, renaturation des villes.
? Une formation sur les leviers financiers : mobiliser les financements européens (LIFE,
FEADER) et nationaux pour des projets favorables à la biodiversité.
58 L?agriculture, la foresterie, la pêche, l?aménagement du territoire ou encore le tourisme, mais aussi BTP, activités
de carrières et de paysages en général, cosmétiques, textile, etc.
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? Connaissance naturaliste, services éco systémiques, séquence « éviter, réduire, compen-
ser ».
(OFB, tutelles) Investir le champ de la formation professionnelle en
proposant aux opérateurs de compétence des filières / branches les plus concernées et
notamment de l?agriculture, une offre de formation de formateurs combinant formation
naturaliste et en économie de l?environnement, notamment sur la valorisation des services
écosystémiques.
Un indicateur de suivi en lien avec cet objectif opérationnel pourrait être le ratio de filière/branches
professionnelles dépendant de la biodiversité et/ou ayant un impact sur cette dernière ayant adopté
dans leur offre de formation un module "biodiversité - entreprise" mêlant formation naturaliste et
évaluation socioéconomique des actions en matière de protection.
5.6 Définir des profils de citoyens en fonction de leur sensibilité aux
questions relatives à la biodiversité et y adapter les messages
D?une manière générale, de par sa jeunesse et la nouveauté de sa mission de mobilisation
citoyenne, l?OFB souffre d?un réel déficit de notoriété. Dans certains cas, il pâtit d?un facteur
aggravant d?une image détériorée ou déformée. C?est une des conséquences de la crise agricole
de 2024.
Pour mobiliser plus et mieux les différentes catégories de citoyens autour des enjeux de protection
de l?eau et de la biodiversité, une piste pourrait être d?adapter les stratégies de sensibilisation, de
communication et d?engagement aux profils sociologiques et comportementaux des catégories
d?individus. De la même manière, les vecteurs de communication pourraient être adaptés aux
catégories de citoyens à toucher. Enfin, les messages pourraient eux aussi se décliner de manière
différenciée en termes de forme et de contenu.
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6 Des conditions de réussite du COP
6.1 Assurer une stabilité dans le périmètre des missions de
l?établissement et dans ses moyens
La mission souhaite poser comme préalable à l?atteinte des objectifs fixés par le COP la nécessaire
stabilité de l?établissement après plusieurs fusions successives et la réaffirmation de ses
prérogatives de puissance publique au sein d?une police mieux coordonnée avec les autres
services de l?État.
6.2 Adopter un objectif transversal sur la culture commune et
entraîner l?ensemble du personnel
L?objectif est que l?organisation, la gouvernance, les stratégies, plans d?action et systèmes
d?évaluation répondant aux attentes des tutelles, soient connus et intégrés par tous en interne et
portent efficacement les thématiques du COP. Cela repose d?abord sur le développement d?une
démarche participative de co-construction et d?animation du futur COP (groupes miroir des groupes
de travail au niveau direction).
La mission propose l?objectif transversal suivant : poursuivre et achever l?unification interne de
l?OFB et porter une culture commune, où chaque agent se reconnaît dans l?exercice de son métier
et sait situer sa contribution dans le continuum d?action de l?établissement, quelle que soit son
origine. Cet objectif transversal d?organisation et de management vise à fédérer en interne autour
des trois orientations stratégiques et conditionne leur réussite. Il s?agit d?un enjeu capital pour un
établissement encore jeune qui porte une diversité de missions et dont le collectif de travail a pu
se sentir fragilisé dans le contexte récent.
L?opération « raison d?être » de l?OFB nous apparaît comme très pertinente. Les entretiens réalisés
nous ont montré que les agents ne se l?étaient pas totalement appropriée. Concrètement, il s?agit
de :
? Clarifier l?organisation du siège et la transversalité entre services.
? Sur l?orientation stratégique de contribuer à la préservation et la restauration de la biodi-
versité et de la ressource en eau : conforter encore davantage la culture commune en
matière de police.
? Sur l?orientation stratégique connaissance : donner de la visibilité sur des orientations plu-
riannuelles en matière de connaissance.
? Sur l?orientation stratégique mobilisation : stabiliser les stratégies régionales autour
d'enjeux prioritaires pour donner de la visibilité dans le passage à l'action.
? Etablir une cartographie des compétences existantes et des besoins présents et à venir en
la matière afin de disposer de l?expertise nécessaire en appui aux services de l?État.
? Moderniser les outils des fonctions supports et optimiser les processus de gestion.
6.3 Consolider l?ancrage territorial, véritable levier de mise en oeuvre
des politiques publiques
La dimension territoriale de l?OFB constitue un élément indispensable à l?efficacité de son action,
tant en matière de police sous l?égide des préfets et des procureurs qu?en matière d?acquisition de
connaissances ou de mobilisation des acteurs.
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Les services territoriaux représentent environ deux tiers des agents, dont 1700 inspecteurs de
l?environnement en 2023 (d?après le rapport de la Cour des Comptes), sur 3000 agents. Même si
la rationalisation des implantations enclenchée doit se poursuivre, il importe de maintenir la part
des agents présents dans les services territoriaux. C?est essentiel pour développer l?intégration
dans l?écosystème local, maintenir la connaissance des enjeux en matière de biodiversité et d?eau
et apporter son appui aux services de l?État tout en interagissant avec les multiples partenaires
(collectivités, associations, professionnels?).
Plusieurs interlocuteurs nationaux ont souligné la plus-value de cette organisation et tout l?apport
que constitue cette connaissance acquise sur le terrain (Anses, MNHN, INRAE?) qui est
également soulignée dans le rapport Bacci (« La présence des agents sur le terrain constitue en
effet la raison d?être d?un tel établissement, »). Cette présence au plus près des territoires semble
être le garant d?une crédibilité auprès des parties prenantes.
6.4 Intégrer les politiques d?adaptation au changement climatique
Au-delà des aires protégées, l?intégration des politiques d?adaptation du PNACC dans le futur COP
de l?OFB permettra de renforcer la cohérence nationale entre stratégie climatique et stratégie
biodiversité. A l?inverse, d?autres établissements publics comme l?ONF, cette dimension n?est pas
encore très présente dans les approches de l?OFB. A ce titre, favoriser les solutions fondées sur la
nature, promouvoir la restauration des écosystèmes comme levier d?adaptation, déployer des
projets pilotes inscrits dans les priorités du PNACC et évalués pour leur contribution à la résilience
écologique ou encore mobiliser et former les mêmes parties prenantes aux mêmes niveaux aux
politiques et actions d?adaptation semblent indispensables. En termes d?actions ciblées en faveur
de la biodiversité, l?OFB devra, en plus de faire des aires protégées des laboratoires de l?adaptation
ce qui renvoie directement à l?axe 4 du PNACC « Protéger notre patrimoine naturel et culturel » (le
PNACC proposant pour rappel d?expérimenter l?intégration des enjeux d?adaptation climatique
dans les plans de gestion des aires protégées) :
? Favoriser les continuités écologiques et la résilience des écosystèmes, ce qui renvoie plus
spécifiquement à l?action 3 du PNACC qui vise à « préserver ou restaurer des potentialités
permettant à la biodiversité de s?adapter, notamment via le renforcement des continuités
écologiques ».
? Combiner connaissance et réglementation pour intégrer l?adaptation dans les stratégies de
préservation de la biodiversité : action 4 du PNACC.
? Poursuivre et peut-être accentuer les financements ciblés pour des solutions fondées sur
la nature (SFN). Ces contributions financières sont prévues dans le cadre du fonds vert59.
D?autres fonds (fonds Barnier revalorisé, fonds d?adaptation individuel) peuvent
indirectement soutenir la biodiversité via des actions mixtes (ex. lutte contre les inondations,
gestion des milieux naturels). L?OFB pourrait mettre en place un comité de coordination
interne ou missionner le comité d?orientation pour aligner les actions de l?OFB avec les
deux cadres nationaux, peut permettre d?institutionnaliser dans l?organisation interne cette
coordination.
6.5 Différenciation par territoire : mieux prendre en compte les
spécificités ultramarines
Les spécificités ultramarines sont de plusieurs ordres : énormes enjeux de biodiversité en matière
de nombre d?habitats et d?espèces, en particulier marines, de leur niveau de menace, de rareté et
59 Environ 1 milliard d?euros à mobiliser entre 2025 et 2030, dont près de 40 % dédiés aux interventions via les
SFN.
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de protection, pressions locales sur l?eau et la biodiversité différentes de celles rencontrées sur
l?hexagone et particulièrement fortes, organisation de l?OFB inhabituelle avec des services
départementaux placés directement sous l?autorité de la direction centrale au siège à Vincennes
et délégué régional assurant simplement des fonctions de coordination et représentation. Par
ailleurs, l?OFB contribue avec les offices de l?eau à une mission de financement des infrastructures
en eau potable et assainissement collectif pour parvenir à un accès pour tous à des services
publics de qualité.
Les principales suggestions d?amélioration recueillies par la mission portent sur l?organisation
territoriale de l?OFB en Outre-mer. Il s?agit de faire évoluer le modèle organisationnel vers une
structure plus cohérente et lisible, similaire aux directions régionales de l?hexagone :
? Mettre les services de chaque département et région d?Outre-mer (DROM) sous l?autorité
du délégué régional.
? Adapter les moyens humains aux spécificités des missions en Outre-mer et faciliter l?accès
aux financements pour les équipes ultramarines de l?OFB.
? Faire évoluer les modèles de gouvernance des aires protégées comme les parcs marins.
Les intervenants ont suggéré un renforcement des effectifs dans les territoires d?Outre-mer,
soulignant l?importance de la biodiversité ultramarine et la nécessité d?y consacrer des moyens
proportionnés. Les interlocuteurs des collectivités, confrontées à des problématiques spécifiques
(espèces exotiques envahissantes, adaptation au changement climatique), sont parfois basés sur
un autre territoire, ce qui peut limiter l?accompagnement d?initiatives locales innovantes60.
Par ailleurs, à signaler la mission récente de l?IGEDD sur le CAR-SPAW (Centre d?activités régional
pour les espèces et les espaces spécialement protégés de la Caraïbe selon la Convention de
Carthagène61) qui a recommandé d?inclure dans le futur COP l?objectif de son intégration au sein
de l?office.
Diverses pistes d?amélioration du volet biodiversité Outre-mer de l?action de l?OFB sont aussi
ressorties des entretiens menés :
? Renforcer la coordination entre les acteurs de la biodiversité (OFB dont parcs naturels ma-
rins, ONF, parcs naturels régionaux, parcs nationaux, conservatoire du littoral, offices de
l?eau, directions interrégionales de la mer) pour développer des ?éléments de langage par-
tagés? et une vision commune des enjeux : la multiplicité des intervenants peut complexifier
la gestion des problématiques environnementales.
? Adapter les moyens de surveillance aux réalités du terrain, pour mieux gérer les tensions
entre protection de l?environnement et enjeux socio-économiques. Développer une ap-
proche plus équilibrée concernant les sources de pollution marine, en accordant davantage
d?attention aux pollutions d?origine terrestre. Concernant l?application de la réglementation
sur les cétacés, il est suggéré de différencier les approches selon les espèces (dauphins,
baleines, cachalots), de privilégier l?éducation et la sensibilisation plutôt que la répression
systématique et de cibler la répression sur les comportements les plus dommageables.
? Renforcer la participation des collectivités dans les instances de gouvernance des aires
protégées gérées par l?OFB et clarifier les compétences entre les différentes structures
(parcs marins, parcs régionaux, réserves). Maintenir un fonctionnement équilibré des con-
seils de gestion pour qu?ils soient des accompagnateurs des projets et non des censeurs.
60 Exemple du programme ?Réciprocité? de la mairie du Lamentin, approche originale de gestion environnementale,
inspirée par la coopération internationale (jumelage avec Santiago de Cuba).
61 Convention pour la protection et la mise en valeur du milieu marin dans la région des Caraïbes.
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? Améliorer la connaissance scientifique du milieu et des espèces locales, en particulier cé-
tacés et autres espèces marines pour permettre une gestion plus adaptée. Développer des
indicateurs spécifiques aux enjeux ultramarins : espèces endémiques menacées, espèces
invasives et préservation des mangroves en contexte insulaire tropical, suivi de la restau-
ration des écosystèmes sur le long terme. Faciliter l?accès à l?expertise technique sur la
restauration des écosystèmes spécifiques aux Outre-mer, par exemple aux compétences
locales pour la restauration de la mangrove.
? Accentuer la coopération internationale régionale.
? Intégrer davantage la dimension culturelle et historique dans les approches de préservation
de la biodiversité, aspect qui semble particulièrement efficace pour mobiliser les popula-
tions locales.
Sur l?eau, les acteurs ultramarins rencontrés appellent à :
? Renforcer la fréquence des échanges techniques entre l?OFB et les offices de l?eau ultra-
marins, en revenant à un rythme annuel plutôt que bisannuel.
? Améliorer la prise en compte des spécificités ultramarines, par exemple lors des réunions
organisées par l?OFB avec l?ensemble des acteurs de l?eau (offices et agences).
? Renforcer les échanges techniques entre les offices de l?eau et les agences de l?eau hexa-
gonales.
(OFB) Revoir l?organisation Outre-mer : placer les services
départementaux sous l?autorité du délégué régional.
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Conclusion
Comme l?ont rappelé le 17 avril 2025 les deux ministres de tutelle de l?OFB, à l?origine de la
présente mission, « les agents de l?office français de la biodiversité effectuent un travail
indispensable pour mieux connaître et protéger le vivant en France. Par leurs actions d?acquisition
de connaissances, de protection et de contrôle, ils participent à la protection de tous les Français
et des secteurs économiques dépendants des ressources naturelles, comme l?agriculture, la pêche
ou leurs filières industrielles avales. » « Et c?est en travaillant ensemble, sur le terrain, que nous
pourrons bâtir une agriculture à la fois durable, prospère et respectée. »
Même si le bilan de ce premier COP ne permet pas une évaluation de la contribution de l?OFB aux
objectifs de politique publique qui lui sont assignés faute d?indicateurs, il illustre parfaitement la
façon dont l?OFB, jeune établissement public hérité de fusions successives, s?est emparé des
missions essentielles et des multiples rôles qui lui ont été confiés, s?insérant de manière dynamique
et proactive dans un écosystème foisonnant de partenaires scientifiques et de parties prenantes
aux intérêts variés, malgré l?enchaînement de la crise COVID et de la crise agricole qui ont pu
compliquer sa tâche et la façon dont il était perçu.
L?adoption de ce deuxième contrat d?objectifs est l?opportunité pour l?OFB de renforcer son
positionnement, tant au niveau national, en appui aux tutelles dans un cadre transparent et dans
des partenariats mieux ciblés, que dans la coordination locale avec les services de l?État et la
mobilisation différenciée des acteurs. Il s?agit pour l?établissement, en accord avec ses ministères
de tutelle, de redonner de la clarté, des priorités et de l?ambition à ses orientations stratégiques,
tout en renforçant sa culture interne et en se dotant d?objectifs opérationnels et d?indicateurs
concrets, en matière d?activité mais aussi de performance et d?impact sur la biodiversité dans les
territoires. Le nouveau COP est enfin l?occasion pour les tutelles de s?impliquer de manière plus
équilibrée dans le dialogue technique avec l?établissement.
Pour le mener à bien, l?OFB devra être conforté dans son rôle d?opérateur de l?État, de police de
l?environnement, de producteur et de diffuseur de connaissance. L?établissement, qui a déjÃ
absorbé depuis sa naissance les laboratoires d?hydrologie des DREAL, aura aussi besoin d?une
stabilité politique, financière et organisationnelle.
Céline Couderc-Obert
Michel Pascal
Stéphane Hocquet
Inspectrice
Inspecteur général
Inspecteur
Stéphanie Mouriaux
Inspectrice
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
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Annexe 2. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Guérineau Quentin Cabinet MTEBFM Directeur de cabinet 2 avril 2025
Menez Véronique Cabinet MTEBFM Conseillère biodiversité 2 avril et 30 juin 2025
Thibault Olivier OFB Directeur général
7 avril, 5 juin et 30
juin 2025
Charissoux Denis OFB
Directeur général délégué
ressources
7 avril, 5 juin et 30
juin 2025
Guillain Pierre-Edouard
OFB Directeur général délégué
Police, connaissance et
expertise
7 avril et 4 juillet
2025
Cadic Sandrine
OFB
Directrice générale adjointe
Territoires et Outre-Mer
7 avril et 16 mai 2025
Aubel Christophe
OFB
Directeur général délégué
Mobilisation de la société
7 avril et 26 mai 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Lamotte Damien
DEB
Directeur adjoint 9 avril et 30 juin 2025
De Lavergne Célia
DEB
Directrice 15 avril 2025
Soubelet Hélène
FRB
Directrice générale 17 avril 2025
Couvet Denis
FRB
Président 17 avril 2025
Dunand Arnaud
DGPE Sous-directeur
Performance
environnementale et
valorisation des territoires
18 avril et 30 juin
2025
Campistron Marie-Luce
DGPE Sous-direction Performance
environnementale et valorisation des
territoires
Adjointe au sous-directeur
18 avril et 30 juin
2025
Argenton Hugo
DGPE bureau changement climatique et
biodiversité Chef du bureau 18 avril 2025
Maisonnave Héloïse
DGPE bureau changement climatique et
biodiversité Adjointe au chef du bureau 18 avril 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Huon Sophie Secrétariat général MTEBFM Sous-
direction de la stratégie de transformation
et de l?animation des réseaux
Adjointe au sous-directeur 28 avril 2025
Cormier Olivier Secrétariat général MTEBFM Sous-
direction de la stratégie de transformation
et de l?animation des réseaux
Sous-directeur 28 avril 2025
Ernou Frédéric Assemblée permanente des chambres
d?agriculture
Chef de service
agroenvironnement
28 avril 2025
Delestre Arnaud Assemblée permanente des chambres
d?agriculture
Président de la chambre
d?agriculture de l?Yonne
28 avril 2025
Blanc Patricia ADEME Directrice générale
déléguée aux opérations
28 avril 2025
Mousset Jérôme ADEME Directeur bioéconomie et
énergies renouvelables
28 avril 2025
Wehrling Yann ADEME Conseiller biodiversité 28 avril 2025
De Redon Louis Cabinet MASA Conseiller innovation,
biomasse, énergie, gestion
de l?eau et filière bois et
haies
29 avril 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Girel-Zajdenweber Anne Cabinet MASA Conseillère biodiversité,
planification écologique,
stratégie Ecophyto et
adaptation au changement
climatique
29 avril 2025
Bacci Jean Sénat Sénateur du Var 30 avril 2025
Burgoa Laurent Sénat Sénateur du Gard 30 avril 2025
Chlous Frédérique MNHN Présidente du conseil
scientifique
30 avril 2025
Salvat Gilles Anses Directeur général délégué
Pôle Recherche et
Référence
2 mai 2025
Schuler Matthieu Anses Directeur général délégué
du Pôle Sciences pour
l?Expertise
2 mai 2025
Flammarion Patrick INRAE Directeur général délégué
expertise appui aux
politiques publiques
2 mai 2025
Bardy Marion INRAE Directrice appui aux
politiques publiques
2 mai 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Thomas Alban INRAE Directeur scientifique
environnement par intérim
2 mai 2025
Renault Pierre INRAE Directeur scientifique
environnement adjoint
2 mai 2025
Le Bourg Valérie OFB AURA Directrice régionale 6 mai 2025
Papouin Matthieu DREAL AURA Directeur régional adjoint 6 mai 2025
Gravier Marie-Hélène DREAL AURA Cheffe du service
environnement
6 mai 2025
Gardon Chemain
Agnès
Mairie d?Ecully Première adjointe,
déléguée à la Transition
Ecologique, aux mobilités
et à l?Innovation
6 mai 2025
Labracherie Céline FNE AURA Directrice régionale 7 mai 2025
Gilles Christophe FNE Haute-Savoie Pôle veille & expertise,
biodiversité
7 mai 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Noël du Payrat Christophe Préfecture de l?Allier Préfet 7 mai 2025
Jardoux Christophe Chambre d?agriculture de l?Allier Président 7 mai 2025
Pohu François OFB Allier Chef de Service 7 mai 2025
Gaillard Jean-Pierre FDC Allier Président 9 mai 2025
Santarelli Antoine FDC Allier Directeur général 9 mai 2025
Bonnet François ONF Directeur général adjoint 12 mai 2025
Touffait Régine ONF Secrétaire générale de la
direction forêts et risques
naturels
12 mai 2025
Rivet Nicolas FNC Directeur général 12 mai 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Bouquet Constance FNC Directrice déléguée 12 mai 2025
Convers Christian Coordination rurale Secrétaire national 12 mai 2025
Bellot Patrick OFB Directeur des systèmes
d?information
15 mai 2025
Lecocq Frédérique OFB Directrice des ressources
humaines
15 mai 2025
Dumoulin Virginie IGEDD Administratrice au CA de
l?OFB
15 mai 2025
Zammite Jean-François OFB Directeur outre-mer 15 mai 2025
Bruchet Patricia OFB Directrice grands
prédateurs terrestres
15 mai 2025
Gauthiez François OFB Directeur de l?appui aux
stratégies pour la
biodiversité
16 et 26 mai 2025
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 72/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Hissel François OFB Directeur surveillance
évaluation données
16 mai 2025
Fouilleron Antoine OFB Directeur de la stratégie
d?intervention financière
16 mai 2025
Vergobbi Bénédicte OFB Directrice financière 16 mai 2025
Augeard Bénédicte OFB Directrice de la recherche
et de l?appui scientifique
16 et 27 mai 2025
Soriano Sébastien IGN Directeur général 16 mai 2025
Mellier Guillaume IGN Directeur des programmes
et de l?appui aux politiques
publiques
16 mai 2025
Lambert Nicolas IGN Chef du service des
partenariats et relations
institutionnelles
16 mai 2025
Emmanuelle Roux IGN Conseillère du directeur
général
16 mai 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Rogier Philippe DEB sous-direction écosystèmes terrestres Sous-directeur 19 mai 2025
Pasco-Viel Emmanuel DEB bureau politique de la biodiversité Chef du bureau 19 mai 2025
Poulet Nathalie DEB bureau politique de la biodiversité Adjointe au chef de bureau 19 mai 2025
Mourlon Nicolas Agence de l?eau Rhône Méditerranée Directeur général 23 mai 2025
Chantepy Nicolas Agence de l?eau Rhône Méditerranée Directeur général adjoint 23 mai 2025
Galais Stéphane Confédération paysanne Secrétaire national 23 mai 2025
Diakité Aminata OFB Directrice de la
communication
26 mai 2025
Viret Christophe OFB Directeur de la mobilisation
acteurs et citoyens
26 mai 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Thévenot Gaël OFB Directrice adjointe de la
mobilisation acteurs et
citoyens
26 mai 2025
Boileau Fabien OFB Directeur des aires
protégées
26 mai 2025
Tounsi Réda OFB Chef du pôle partage et
valorisation des
connaissances
scientifiques et techniques
26 mai 2025
Derieux Antoine OFB Normandie Directeur régional 27 mai 2025
Olivier Jean-Yves OFB Normandie Directeur régional adjoint 27 mai 2025
Canteri Thierry DIRM Normandie Directeur adjoint 27 mai 2025
Aulert Christophe Façade maritime Manche Mer du Nord Directeur délégué 27 mai 2025
Peralta Didier ANBDD (Agence Normande de la
biodiversité et du développement
durable)
Président, Maire de
Gruchet-le-Valasse
27 mai 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Debray Romain ANBDD (Agence Normande de la
biodiversité et du développement
durable)
Responsable de l?équipe
biodiversité
27 mai 2025
Josset Quentin OFB Normandie Chargé de Recherche
"Migrateurs amphihalins"
- Responsable de
l'Observatoire Long
Terme de la Bresle
27 mai 2025
Ledru Bruno Chambre d?agriculture de Seine Maritime Vice-Président 27 mai 2025
Lievens Gilles Chambre d?agriculture de l?Eure Président 27 mai 2025
Vandenabeele Sandrine Chambre d?agriculture de Seine Maritime Directrice déléguée de la
chambre et responsable
environnement pour la
région Normandie
27 mai 2025
Gavard Gongallud Nicolas Fédération départementale des
chasseurs de l?Eure
Directeur 28 mai 2025
Rungette Denis DREAL Normandie 28 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 76/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Le Rolland Philippe DDTM Seine Maritime 28 mai 2025
Grisez Claire DREAL Normandie Directrice 28 mai 2025
Pivard Sandrine DREAL Normandie Directrice adjointe 28 mai 2025
Lefevre-Pestel Olga DREAL Normandie Cheffe du service eau,
littoral et biodiversité
28 mai 2025
Barthelat Fabien OFB Outre-mer Délégué territorial Antilles 2 juin 2025
Rateau Fabian OFB Antilles Responsable de l'Unité
Technique et
Connaissance
2 juin 2025
Hec Laurie OFB Antilles Directrice déléguée
sanctuaire mammifères
marins AGOA
2 juin 2025
Brador Aude OFB aires protégées Directrice déléguée parc
naturel marin Martinique
3 juin 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 77/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Nicolas Xavier Direction de la mer de Martinique Directeur 3 juin 2025
Vos Emmanuel DEAL de Martinique Directeur adjoint 3 juin 2025
Joseph Marie-Luce Doris Mairie du Lamentin Cheffe du service
environnement
4 juin 2025
Celma Célia Communauté d'Agglomération de l'Espace
Sud Martinique
Directrice financière 4 juin 2025
Brithmer Ronald Parc naturel régional de Martinique Directeur 4 juin 2025
Vénumière Nadine Parc naturel régional de Martinique Conservatrice réserves
naturelles
4 juin 2025
Theret Chloé Assomer Directrice 4 juin 2025
Desplanques Etienne Préfecture de Martinique Préfet 5 juin 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 78/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Ozier-Lafontaine Harry Parc national de Guadeloupe Directeur 5 juin 2025
Troplent Marie-Pierre Parc national de Guadeloupe Secrétaire générale 5 juin 2025
Adin Michela ODE de Martinique Directrice 5 juin 2025
Lequien Alexandra DEB CASP bureau de la tutelle de l?OFB Cheffe de bureau 6 juin 2025
Leite Ferreira Michel DEB CASP bureau de la tutelle de l?OFB Adjoint à la cheffe de
bureau
6 juin 2025
Séon-Massin Nirmala MNHN Représentante au conseil
d?administration de l?OFB
10 juin 2025
Riou Philippe IFREMER Directeur du département
scientifique
Océanographie et
dynamique des
écosystèmes
11 juin 2025
Harlay Xavier IFREMER Directeur du centre
Manche Mer du Nord
11 juin 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 79/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Cayocca Florence IFREMER Directrice de l'unité de
recherche Dynamique
des écosystèmes côtiers
11 juin 2025
Le Pivert Olivier IFREMER Délégué à la coordination
de l'expertise scientifique
en appui aux politiques
publiques
11 juin 2025
Lapie Hervé FNSEA Représentant au conseil
d?administration de l?OFB
11 juin 2025
Lapie Hervé FNSEA Représentant au conseil
d?administration de l?OFB
11 juin 2025
Lapie Hervé FNSEA Représentant au conseil
d?administration de l?OFB
11 juin 2025
Fourmaux Charles OFB Directeur police et permis
de chasser
12 juin 2025
Berteaud Pascal CEREMA Directeur 13 juin 2025
Obled Loïc Agence de l?eau Loire Bretagne Directeur 13 juin 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 80/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Abel Jean-David FNE Représentant au CA de
l?OFB
16 juin 2025
Vauclin Vincent OFB Représentant élu du
personnel titulaire au CA
de l?OFB
17 juin 2025
Gustave dit Duflo Sylvie Conseil régional de Guadeloupe Présidente du conseil
d?administration de l?OFB
23 juin 2025
Vieillefosse Aurélie Cabinet MTEBFM Directrice adjointe du
cabinet
30 juin 2025
Lematte Elodie DGPE Sous-direction Performance
environnementale et valorisation des
territoires
Sous-directrice 30 juin 2025
Guillain Pierre-Edouard OFB Directeur général délégué
Police Connaissance
Expertise
4 juillet 2025
Léger Jean-Baptiste MEDEF Responsable de pôle
transition écologique
8 juillet 2025
Rouger de Grivel Laurence MEDEF Directrice développement
durable
8 juillet 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 81/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Sureau Sébastien MEDEF Directeur de mission
environnement
8 juillet 2025
Rivet Mona MEDEF Chargée de mission
environnement
8 juillet 2025
Le Feur Sandrine Assemblée nationale Députée, présidente de la
commission
développement durable et
aménagement du territoire
9 juillet 2025
Le Nézet Olivier Comité National des Pêches Maritimes et
des Elevages Marins
Président 10 juillet 2025
De Lambert des Granges Philippe Comité National des Pêches Maritimes et
des Elevages Marins
Directeur général 10 juillet 2025
Chantereau Amélie Intersyndicale OFB (SNU-FSU biodiversité) Technicienne de
l?environnement en AURA
11 juillet 2025
Mallet Fabienne Intersyndicale OFB (SNU-FSU biodiversité) Assistante à la DRAS 11 juillet 2025
Heba Isabelle Intersyndicale OFB (SNU-FSU biodiversité) Représentante élue du
personnel de
l?établissement au CA de
l?OFB, suppléante
11 juillet 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 82/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Jacquillat Sébastien Intersyndicale OFB (SNU-FSU biodiversité) Co secrétaire SNE OFB 11 juillet 2025
Louradour Marianne CDC biodiversité Présidente 11 juillet 2025
Rivet Mathieu CDC biodiversité Directeur de l'expertise et
de l'appui réseau
11 juillet 2025
Campredon Arthur CDC biodiversité Responsable du
développement et
déploiement de l'outil de
mesure d'empreinte GBS
(Global Biodiversity Score)
11 juillet 2025
Oumoussa Hamid Fédération nationale de pêche en eau
douce
Personnalité qualifiée au
conseil d?administration
de l?OFB
21 juillet 2025
Doron Jean-Paul Fédération nationale de pêche en eau
douce
Président 21 juillet 2025
Hardelin Julien
CGDD SEVS Chef du bureau de la
biodiversité et des
ressources
24 juillet 2025
Kao Cyril
DGER Chef du service de
l?enseignement supérieur,
de la recherche et de
24 juillet 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 83/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
l?innovation
Faipoux Maud
DGAl
Directrice générale de
l?alimentation
29 août 2025
Blanc Stéphane
CNRS INEE Directeur de l?institut
national des sciences de
l?écologie et de
l?environnement
17 septembre 2025
Joly Dominique
CNRS INEE
Directrice adjointe
scientifique
17 septembre 2025
Hossaert Martine
CNRS INEE
Chargée de mission
biodiversité et Outre-mer
17 septembre 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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Annexe 3. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ABC Atlas de la biodiversité communal
ACB Analyse coûts-bénéfices
ADEME Agence de l?environnement et de la maîtrise
de l?énergie
ANR Agence nationale de la recherche
Anses Agence national de la sécurité sanitaire de
l?alimentation, de l?environnement et du
travail
ARB Agence régionale de la biodiversité
BFC Bourgogne-Franche-Comté
BNPE Banque nationale des prélèvements en eau
BRIEAU Démarche 2022-2027 Biodiversité
Recherche Innovation Eau
BTP Bâtiment-travaux publics
CGAAER Conseil général de l?alimentation, de
l?agriculture et des espaces ruraux
CGDD Commissariat général au développement
durable
CITES Convention on international trade in
endangered species of wild fauna and flora
CNFPT Centre national de la fonction publique
territoriale
CNR Centre national de référence
CNRS Centre national de la recherche scientifique
COLDEN Comité opérationnel de lutte contre la
délinquance environnementale
COP Contrat d?objectifs et de performance
CSRD Corporate sustainibility reporting directive
DDPP Direction départementale de la protection
des populations
DDT Direction départementale des territoires
DEB Direction de l?eau et de la biodiversité
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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DGER Direction générale de l?enseignement et de
la recherche (MASA)
DGPE Direction générale de la performance
économique et environnementale des
entreprises (MASA)
DIRM Direction interrégionale de la mer
DRASS Direction régionale des affaires sanitaires et
sociales
DSUED Direction surveillance évaluation données
EEN Entreprises engagées pour la nature
EFESE Evaluation française des écosystèmes et
des services écosystémiques
EPCE Etablissement public de coopération
environnementale
ESRS European Sustainability Reporting
Standards
ETI Entreprise de taille intermédiaire
ETP Equivalent temps plein
FRB Fondation pour la recherche sur la
biodiversité
GEREP Gestion des Émissions de Polluants et des
Rejets de Polluants
GIP Groupement d?intérêt public
GIS Geographic information system
IFREMER Institut français de recherche pour
l?exploitation de la mer
IGEDD Inspection générale de l?environnement et
du développement durable
IGN Institut géographique national
INPN Inventaire national du patrimoine naturel
INRAE Institut national de recherche pour
l?agriculture, l?alimentation et
l?environnement
IPBES Plateforme intergouvernementale
scientifique et politique sur la biodiversité et
les servies écosystémiques
IRD Institut de recherche pour le développement
IRO Impacts, Risques et Opportunités
PUBLIÉ
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français de la biodiversité
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LIFE L?instrument financier pour l?environnement
LNE Laboratoire national d?essais
MEA Millennium Ecosystem Assessment
MEDEF Mouvement des entreprises de France
MISEN Mission interservices de l?eau et de
l?environnement
MNHN Museum national d?histoire naturel
MSA Mutualité sociale agricole
OFB Office français de la biodiversité
ONB Observatoire national de la biodiversité
ONCFS Office national de la chasse et de la faune
sauvage
ONF Office national des forêts
ONG Organisation non gouvernementale
ONU Organisation des Nations-Unies
OOT Object oriented technology
OPCA Organismes paritaires de collecte agréés
OPCO Opérateurs de compétences
PCAET Plan climat air énergie territorial
PIB Produit intérieur brut
PME Petites et moyennes entreprises
PNACC Plan national d?adaptation au changement
climatique
PV Procès-verbal
RMA Rapport en manquement administratif
ROI Retour sur investissement
RRN Règlement restauration de la nature
SAGE Schéma d'aménagement et de gestion des
eaux
SBTN Science Based Targets Network
SCOT Schéma de cohérence territoriale
SINP Système d'Information sur la Nature et les
Paysages
SMART Spécifique, mesurable, atteignable, réaliste,
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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temporellement défini
SNAP Stratégie nationale des aires protégées
SNB Stratégie nationale de la biodiversité
SPIPOLL Suivi photographique des insectes
pollinisateurs
SRADDET Schéma régional d'aménagement, de
développement durable et d'égalité des
territoires
SRB Stratégie régionale pour la biodiversité
TEN Territoires engagés pour la nature
TNFD Task Force on Nature-related Financial
Disclosures
UE Union européenne
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Annexe 4. Lettre de cadrage du COP de l?OFB par le
gouvernement
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Annexe 5. Premiers constats de la mission présentés aux
cabinets et à l?OFB en juillet 2025
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Annexe 6. Détail par opérateur rencontré des pistes de
progrès en matière de partenariats scientifiques
Avec le MNHN, plusieurs pistes pour optimiser la collaboration, en tirant parti des forces
complémentaires du Muséum et de l?OFB, se dessinent :
? Assurer une continuité dans les actions de connaissance malgré les ?soubresauts poli-
tiques?. Renforcer la visibilité à long terme des programmes scientifiques.
? Consolider le système d?information sur la biodiversité en poursuivant l?extension du SINP
vers un système fédérateur plus large, « INSEE de la biodiversité », socle commun sur les
données. Améliorer les modèles économiques pour la maintenance et l?animation de cet
outil. Il s?agit de mieux ?marketer? la connaissance et les données sur la biodiversité en
renforçant la considération qui leur est accordée et les positionnant comme des indicateurs
statistiques nationaux à part entière.
? Développer la connaissance sur la gestion adaptative au-delà des espèces chassées, en
l?étendant à d?autres problématiques comme la cueillette de plantes sauvages, la pêche en
eau douce ou la coexistence avec les espèces protégées. Intégrer les enjeux du change-
ment climatique dans les modèles de cette gestion adaptative, avec une vision à plus long
terme.
Le message fort du CNRS est d?accroître l?ambition scientifique de COP et de renforcer les liens
de l?OFB avec les organismes de recherche et ses priorités en matière de connaissance à travers
un document plus différenciant, dès ses orientations stratégiques et dans ses objectifs
opérationnels. Les collaborations seraient à faciliter au niveau national (perspective du nouveau
Programme et équipement prioritaire de recherche « Dynamiques de la biodiversité terrestre »
Dynabiod) dans lequel l?OFB est très engagé), dans les territoires sur des objets concrets (exemple
de la difficulté à mobiliser les ARB et pas seulement le LIFE Artisan dans le PEPR Solubiod sur les
SFN ou de construire des projets communs d?acquisition de données de terrain) voire au niveau
européen (Horizon Europe et partenariat Biodiversa+) ou international (participation à l?IPBES) :
? Positionner l?OFB par rapport aux grandes priorités nationales : intégrer et se référer expli-
citement aux cadres stratégiques nationaux tels que la Stratégie Nationale pour la Biodi-
versité et la Stratégie d?adaptation au changement climatique.
? Définir des priorités claires en matière de connaissance : le COP doit détailler les domaines
de recherche appliquée et d?expertise prioritaires, potentiellement en s?appuyant sur les
prospectives nationales en sciences de l?écologie pour s?adapter aux évolutions des enjeux
de la biodiversité.
? Intégration des organismes nationaux de recherche : le COP doit expliciter clairement que
les liens avec les ONR doivent être renforcés, visant des ?programmes communs?. L?inter-
connexion devrait être ?bien plus importante? pour une ?dimension gagnant-gagnant?.
? Assouplissement des procédures administratives dans les projets de collaboration : la rigi-
dité bureaucratique est vue comme un frein majeur. Des clauses plus souples dans les
conventions cadres qui lient l?OFB et ses partenaires scientifiques sont souhaitées. La
complexité et l?hétérogénéité des modes de fonctionnement des ARB rend les partenariats
difficiles.
? Renforcement du lien avec la recherche scientifique pour la construction des indicateurs
de suivi des politiques publiques mais aussi de l?état de la biodiversité, et la co-construction
de programmes d?observation et de compréhension des écosystèmes à l?échelle territoriale,
exploitant les technologies modernes (acoustique, ADN environnemental, capteurs) et mu-
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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tualisant les efforts autour de sites pilotes. L?OFB pourrait ainsi intégrer des données scien-
tifiques plus complexes et fines, telles que la génétique des populations, dans ses outils et
analyses.62
? Prendre en compte l?apport de la recherche sur les marqueurs précoces (physiologiques,
génétiques, épigénétiques) d?atteinte à la biodiversité développés par des projets comme
SEE-Life, suivis à long terme en Écologie et Évolution (bases de données à différentes
échelles permettant l?avancée des connaissances sur les mécanismes adaptatifs du vivant.
L?exploitation de ces données favorise l?évolution continue des processus de conservation
et participent à une gestion durable de la biodiversité en prenant en compte les dimensions
socio-écosystémiques de l?environnement).
? Inclure dans le COP des indicateurs spécifiques et adaptés aux Outre-mer, reconnaissant
l?enjeu majeur de ces territoires. Intégrer des objectifs opérationnels visant à combler le
manque de connaissances sur le milieu marin, avec des actions ciblées par exemple sur
les tortues.
? Renforcer les interconnexions recherche-expertise-action : une implication plus systéma-
tique des chercheurs dans les comités de pilotage des projets et une valorisation des don-
nées de recherche doit être encouragée.
? Intégrer la dimension européenne et internationale au jour de l?entretien ?cruellement? man-
quante dans le projet d?orientations stratégiques.
Avec INRAE, une convention-cadre définit les mécanismes de financement, les règles
administratives et les priorités thématiques du partenariat. Un comité de suivi se réunit tous les six
mois et permet de suivre l?évolution des projets, d?évaluer l?impact des actions et de garantir la
coordination. Un sujet récurrent est le taux de subventionnement des projets de recherche par
l?OFB, jugé trop faible (30-40%) : INRAE réclame de réexaminer ces modalités de financement afin
de s?aligner sur la cible prescrite par la convention-cadre, qui fixe un taux de couverture entre 50
et 100% des coûts complets. Par ailleurs, face à l?ingénierie administrative complexe de certains
projets comme le GIS sols, INRAE appelle à simplifier les règles d?attribution des financements et
rationaliser le montage des conventions en vue de réduire le temps de négociation et les coûts
administratifs, tout en garantissant le respect des exigences budgétaires et réglementaires.
Avec l?IFREMER, l?accord-cadre signé en 2021 définit les grandes lignes de la coopération avec
l?OFB dans la conduite des politiques de l?État : appui à la mise en oeuvre des directives-cadres
sur l?eau et stratégique sur le milieu marin, collaboration autour des indicateurs et données de
pêche, notamment dans les aires marines protégées. Cet accord institutionnel est complété par
des collaborations sous forme de contrats ponctuels ou récurrents entre unités de recherche ou
avec les parcs marins, qui tendent à se raréfier. Il apparaît pertinent de renforcer ces partenariats
au-delà de l?accord formel, pour mieux valoriser les complémentarités sur la recherche marine, et
de travailler sur plusieurs points :
? Le besoin d?une stratégie claire sur l?acquisition de connaissances en matière de biodiver-
sité marine, qui permettrait de structurer les collaborations avec les organismes de re-
cherche dont l?IFREMER. L?accord-cadre entre l?IFREMER et l?OFB devrait être moins axé
sur la mise en oeuvre des politiques publiques et davantage sur la construction des con-
naissances fondamentales nécessaires à la compréhension des écosystèmes marins.
Renforcer la coordination entre les différents établissements publics travaillant sur le milieu
marin permettrait d?optimiser la répartition des efforts de recherche, notamment dans les
territoires d?Outre-mer. Une vision à long terme garantirait une meilleure visibilité sur les
62 Il est essentiel de documenter les données relatives à la biodiversité pour enrayer son déclin. Une publication
récente réfléchit à la définition encore imprécise de ces données, en vue d?une mobilisation plus efficace pour la
recherche et la conservation.
PUBLIÉ
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0169534725001600
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0169534725001600
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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besoins de l?OFB en matière de connaissance et de mieux programmer les activités de
l?IFREMER visant à y répondre. L?acquisition de connaissance sur le milieu marin nécessite
enfin le développement des collaborations locales avec les parcs naturels marins gérés par
l?OFB qui peuvent servir de ?zones ateliers? pour la recherche.
? L?importance de développer des indicateurs d?état pertinents pour évaluer l?amélioration
effective de la qualité des milieux marins et déterminer la contribution spécifique de l?OFB
à cette amélioration, via la proposition de zones protégées notamment sur la base des
analyses de risque pêche. Un meilleur équilibre entre les exigences scientifiques et les
besoins opérationnels dans le développement des indicateurs pour les politiques publiques
serait bienvenu : il s?agirait de prendre en compte les différences de temporalité entre la
recherche scientifique et la mise en oeuvre des politiques publiques dans la définition des
objectifs et des indicateurs.
? L?amélioration des modalités de financement : l?IFREMER demande une révision du pro-
gramme d?intervention de l?OFB pour le rendre plus compatible avec les modalités habi-
tuelles de financement de la recherche, difficulté également évoquée par INRAE. Par ail-
leurs les contrats de coopération actuels ne sont pas adaptés au modèle économique de
l?IFREMER et mériteraient selon l?institut d?être repensés.
Avec l?Anses, la collaboration demeure une priorité, notamment pour la collecte et l?analyse des
données sur la santé de la faune sauvage, essentielle pour la modélisation des risques sanitaires.
Elle s?appuie sur :
? la complémentarité entre les deux entités, avec l?OFB en charge de la collecte de données
de terrain et l?Anses apportant son expertise scientifique,
? des échanges réguliers et un partage renforcé des informations, notamment à travers des
projets collaboratifs comme ceux liés à l?antibiorésistance ou aux problématiques de vac-
cination de la faune sauvage.
L?OFB soutient aussi des projets de recherche auxquels l?Anses contribue dans le cadre du plan
Ecophyto, dont le projet d?envergure Pestiriv63 qui représente 12-13 millions d?euros. Les modalités
de cofinancement de partenariats de recherche européen ? avec environ 48% financés par l?UE et
52% en apport en nature ? compliquent parfois l?engagement de l?OFB compte tenu de ses moyens
limités. Sa participation aux partenariats européens tels que PARC et au dispositif national GD4H
doit se poursuivre, dans le but d?améliorer la mise en réseau et l?interconnexion des données
environnementales et sanitaires.
Du point de vue de l?ONF, les suggestions d?amélioration du COP et des orientations stratégiques
se concentrent sur une approche plus agile et adaptative, la collaboration et la pertinence des
indicateurs :
? Alignement des COP (ONF et OFB) : la coïncidence du nouveau COP de l?ONF avec le
futur COP de l?OFB (2026-2030) implique une attente forte de cohérence et de synergies
entre les objectifs et les indicateurs des deux entités. Le futur COP de l?OFB devrait s?ins-
crire dans la continuité du précédent, avec une possible mise en avant plus forte du ?vivant?
et de la ?transition écologique?.
? Intégration forte de l?adaptation au changement climatique et développement de doctrines
communes : les orientations stratégiques devraient placer l?adaptation au changement cli-
matique au coeur des priorités, non seulement via le monitoring, mais aussi par une ré-
flexion et une action concrète sur les doctrines d?intervention. Cela inclut la gestion des
migrations d?espèces, la restauration et l?adaptation des habitats (notamment forestiers). Il
est impératif de travailler avec l?OFB à l?élaboration de doctrines partagées.
63 Étude d?exposition aux pesticides chez les riverains de zones viticoles et non viticoles. Résultats d?imprégnation
biologique publiés le 15 septembre 2025.
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr/content/lancement-de-pestiriv-une-%C3%A9tude-in%C3%A9dite-sur-l%E2%80%99exposition-aux-pesticides-des-personnes-vivant
https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/exposition-a-des-substances-chimiques/pesticides/documents/enquetes-etudes/pestiriv-etude-d-exposition-aux-pesticides-chez-les-riverains-de-zones-viticoles-et-non-viticoles.-tome-2-resultats-d-impregnation-biologique
https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/exposition-a-des-substances-chimiques/pesticides/documents/enquetes-etudes/pestiriv-etude-d-exposition-aux-pesticides-chez-les-riverains-de-zones-viticoles-et-non-viticoles.-tome-2-resultats-d-impregnation-biologique
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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? Recentrage de la convention de coopération ONF-OFB : il est suggéré de concentrer la
convention sur trois sujets stratégiques majeurs :
o Doctrines communes sur l?adaptation des forêts dans les aires protégées, incluant
le déplacement d?espèces.
o L?équilibre forêt-gibier, sujet jugé prioritaire en raison de son impact négatif sur la
résilience des forêts et la conservation de la biodiversité.
o La contribution de l?ONF à la surveillance de la biodiversité pilotée par l?OFB, no-
tamment en ce qui concerne le monitoring/recensement d?espèces et la surveil-
lance sanitaire.
Avec l?ADEME, les axes envisagés pour la nouvelle convention incluent le renforcement de la
coordination sur certains chantiers (Observatoire des énergies renouvelables et de la biodiversité)
ainsi que la création de nouvelles collaborations. Les appels à projets conjoints comme celui sur
les effets des installations photovoltaïques sur l?avifaune sont bien visibles sur le site grand public
de l?OFB ? ou sur le site de programmes dédiés comme ITTECOP plus technique. La production
d?avis d?experts et de notes de positionnement pourrait être intensifiée, afin de permettre une
meilleure diffusion des réussites des projets et une valorisation des actions réalisées par l?ADEME
et l?OFB auprès du grand public.
La principale suggestion qui ressort de l?entretien avec l?IGN concerne la nécessité de développer
une vision intégrée et stratégique du numérique et de la donnée dans le domaine de la biodiversité.
L?IGN souligne que les différents documents stratégiques actuels (Stratégie nationale biodiversité,
Plan national d?adaptation au changement climatique?) ?éparpillent les petits sujets data à droite,
à gauche, mais ne sont pas intégrés à une pensée de la donnée.? Ce sujet dépasse le périmètre
d?action de l?OFB mais son prochain COP pourrait s?inscrire dans une telle vision :
? Développer une véritable stratégie de la donnée au sein de l?OFB, portée directement par
le directeur général.
? Renforcer la cohérence des outils numériques avec les autres acteurs de la donnée envi-
ronnementale.
? Favoriser l?interopérabilité des données produites par l?OFB et les différentes administra-
tions.
? Mettre l?accent sur l?activation des données pour la prise de décision et pas uniquement
sur leur collecte.
? Établir des mandats clairs pour travailler sur des outils partagés entre acteurs.
Avec la FRB, la définition de modalités de coordination via des interlocuteurs dédiés permettrait de
recréer un lien historique distendu par la fusion et de faciliter la communication et coopération
futures.
PUBLIÉ
https://www.ofb.gouv.fr/actualites/lancement-de-lappel-projets-envoltaique-2024
https://www.ofb.gouv.fr/actualites/lancement-de-lappel-projets-envoltaique-2024
https://ittecop.fr/fr/projets/les-appels-a-projets/item/1230-apr-2024-lancement
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Annexe 7. Le programme EFESE, valorisation et
monétarisation des services écosystémiques
L?Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (EFESE) a été lancée en
2012-2013 par le ministère en charge de la transition écologique. Objectifs : dresser un état des
lieux des écosystèmes en métropole et Outre-mer, éclairer les décisions publiques, sensibiliser
citoyens et acteurs et, à terme, intégrer les valeurs de la biodiversité dans la comptabilité nationale.
Le programme EFESE fonctionne en deux phases :
? Phase?1 (2012-2019) : synthèses nationales par grands types d?écosystèmes (forêts, zones
humides, littoraux, urbains, agricoles, montagne?).
? Phase?2 (depuis 2019) : plus stratégique et opérationnelle, avec des projets pilotes (ex. ID-
EFESE en Île-de-France) pour intégrer les services écosystémiques dans les décisions
territoriales.
Le programme évalue, cartographie et décrit les services écosystémiques dans ces catégories :
? Provisionnement (eau, ressources alimentaires, bois?).
? Régulation (pollinisation, séquestration de carbone, régulation des crues?).
? Culturels / récréatifs (loisirs en nature, bien-être, patrimoine?). Il cherche à rendre visibles
les valeurs non-utilitaires de la nature (patrimoniales, culturelles, identitaires), en
complément des services directement utilisables.
Chaque service est évalué à plusieurs échelles?: nationale, régionale et locale (avec des outils
spécifiques pour des usages territoriaux ou sectoriels) .
Monétarisation : EFESE peut produire des valeurs économiques, « monétaires », mais de façon
ciblée : pour certains services, le valeur monétaire est estimée à partir de méthodes variées (coûts
de remplacement, production, choix déclarés, etc.
Exemples concrets :
? Pollinisation : pour l?année 2010, la valeur de la production agricole française dépendant
des pollinisateurs était estimée entre 2,3 et 5,3?milliards?¤, soit 5,2?% à 12?% de ce secteur
(??33,5?milliards?¤).
? Récréation en nature : estimée entre 5,8 et 29?milliards?¤ par an en France, pour un
ensemble de services récréatifs évalués.
? Globalement, l?EFESE estime (avec la Commission européenne) que huit services clés
représentent entre 18 et 49?milliards?¤ par an, soit 0,6?% à 1,8?% du PIB.
En termes de calcul de retour sur investissement d?un euro investi dans la préservation, EFESE
ne produit pas directement un ratio « retour / coût » comme le fait une analyse coûts-bénéfices. Il
ne mesure pas combien « rapporte » 1?¤ investi.
En revanche, les estimations monétaires des services (pollinisation, carbone, récréation, etc.)
permettent d?alimenter des analyses coût bénéfice ex-ante ou ex-post, donc de dégager des ratios
de retour sur investissement dans d?autres types d?études ou politiques publiques.
Par exemple : si une restauration de zone humide coûte X millions d?euros mais permet de
sécuriser des services estimés à Y millions ¤/an (réduction des crues, qualité de l?eau,
biodiversité?), on peut calculer un ratio Y / X. Ce calcul n?est pas automatique dans EFESE, mais
basé sur les données produites par le programme, dans un cadre décisionnel spécifique (ex.
PUBLIÉ
https://www.notre-environnement.gouv.fr/ree/rapport-sur-l-etat-de-l-environnement/themes-ree/defis-environnementaux/erosion-de-la-biodiversite/evaluations-mondiales-et-nationales/article/l-evaluation-francaise-des-ecosystemes-et-des-services-ecosystemiques-efese
https://questions.assemblee-nationale.fr/q16/16-4204QE.htm
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études de cas, guides pratiques, intégration dans les politiques locales).
PUBLIÉ
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Annexe 8. La CSRD, une directive de rapportage extra
financier comportant une norme comptable ?
l?ESRS E4 « biodiversité »
L?application de l?ESRS E4 dépend aussi de l?analyse de double matérialité c?est-à -dire qu?une
entreprise ne doit reporter sur E4 que si la biodiversité est matériellement significative selon les
impacts financiers et/ou sociétaux/environnementaux.
La CSRD est actuellement dans un processus de « directive omnibus ». Cette directive doit être
transposée par les États membres. Cette transposition n?est pas un type juridique distinct, mais
une approche de rédaction et d?adoption d?une directive (ou d?un règlement).
Elle entre en vigueur progressivement à partir de 2024 (pour l?exercice 2024, rapport publié en
2025) et s?étend aux grandes entreprises. Elle s?appliquera aux autres grandes entreprises en 2025
(rapports 2026), aux PME cotées en 2026 (rapports 2027) et aux entreprises internationales
dépassant certains seuils en 2028 (rapports 2029).
Un rapportage facilité est prévu pour les entreprises de moins de 750 salariés vis-à -vis de la norme
ESRS E4 (biodiversité) pour les deux premières années.
Pour structurer ce rapportage, la directive s?appuie sur les normes européennes ESRS (European
Sustainability Reporting Standards), déployées via l'acte délégué adopté le 31 juillet 2023 et
devenues applicables au 1er janvier 2024.
Norme ESRS E4 ? Biodiversité et écosystèmes
a) Objet et portée
ESRS E4 est la norme dédiée à la biodiversité et aux écosystèmes, introduite pour combler une
lacune majeure des précédents cadres de rapportage.
Elle couvre toutes les dimensions de la biodiversité : écosystèmes terrestres, d?eau douce et
marins, espèces (faune et flore), et la diversité au sein et entre écosystèmes et espèces.
L?objectif est de renforcer la compréhension et la gestion par les entreprises de leur empreinte sur
la biodiversité, de les aligner avec des objectifs de restauration d?ici 2030 (zéro perte nette) et de
résilience totale d?ici 2050.
b) Contenu et exigences de transparence
La norme est structurée autour de quatre grandes dimensions :
? Gouvernance et stratégie.
? Intégration de la biodiversité dans la stratégie et le modèle d?affaire.
? Plan de transition vers zéro perte nette de biodiversité d?ici 2030, gain net après, et restau-
ration complète d?ici 2050.
? Validation par les organes de gouvernance (conseil, etc.).
c) Rapportage attendu : structuration du rapport
Le rapport de durabilité doit inclure :
? Stratégie biodiversité intégrée dans le plan de transition.
? Analyse de matérialité sur la biodiversité (double matérialité).
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? Description des actions : éviter, atténuer, restaurer.
? Indicateurs quantitatifs et cibles temporelles.
? Effets financiers potentiels (coûts, investissements, opportunités).
? Cartographie géographique et chaîne de valeur.
Le format de publication doit être accessible et comparable pour permettre une lecture automatisée
et exploitable des données.
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Annexe 9. Secteurs/filières économiques pour lesquelles la
biodiversité est matérielle
L?ESRS E4 liste les secteurs pour lesquelles les exigences liées à la biodiversité et écosystèmes
sont jugées typiquement matérielles :
? Agriculture, élevage, pêche / secteur agro-alimentaire, y compris distribution.
? Forêts / produits bois, papier et cellulose, scieries, fabrication de meubles.
? Alimentaire / et agroalimentaire (transformation agroalimentaire), élevage lié à la chaîne
alimentaire).
? Exploitation minière, carrières, charbon (extraction minière, et plus généralement bâtiment
et travaux publics, y compris matériaux et transformation de matériaux).
? Pétrole et plus généralement secteur de l?énergie, y compris énergies renouvelables.
? Production d?énergie et services, y compris transport, négoce, distribution? impacts liés
au territoire, infrastructures, hydrologie, etc.
? Eau et assainissement, gestion des déchets.
? Construction, matériaux de construction, extraction de matières ainsi que les activités de
bureaux d?études ou d?architecture et paysages? fort impact sur l?usage des sols.
? Transports (notamment activités qui modifient les milieux : grandes infrastructures routières,
maritimes, logistique portuaire).
? Textile, cosmétiques (secteurs ayant participé à la démarche « Roquelaure entreprises et
biodiversité).
Cette liste n?est pas exhaustive, pour les activités de certains groupes dont une partie de l?activité
peut également être « matérielle » au sens de l?ESRS E4 (ex presse, édition, logistique liée
notamment au e-commerce, etc.). De plus, selon leurs localisations, leur organisation ou leurs
spécificités de marché, certains secteurs peuvent également être concernées (ex production de
biens et services, notamment systèmes d?information). Enfin, la CSRD laisse la possibilité à toute
entreprise de procéder volontairement à une analyse de matérialité et à un rapportage extra
financier sur l?ESRS E4.
Tableau pratique : filières/branches pouvant être concernées par ESRS E4 et
opérateurs de compétences de référence
Depuis une dizaine d?année, un effort important a été fait de regroupement des branches
professionnelles et, corrélativement de regroupement/mutualisation de leur opérateur de
compétences organismes collecteurs (compétences de la DGEFP, sauf pour les opérateurs de
compétences de l?agriculture qui dépendent du MASA).
Filières/branches Opérateurs de compétences
Agriculture, élevage,
pêche /
agroalimentaire
OCAPIAT ? coopération agricole, agriculture, pêche et industries
agroalimentaires
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Filières/branches Opérateurs de compétences
Forêts / bois / papier
& carton / produits
bois
OPCO 2i (champ « Ameublement, Bois », « Papier et carton ») pour
la transformation industrielle ; AKTO ou OPCO EP peuvent intervenir
pour branches de services liées (scieries petites structures)
Industrie
agroalimentaire
(transformation)
OCAPIAT (agroalimentaire) ou OPCO 2i si activité industrielle
Mines / carrières /
extraction
OPCO 2i ? inter-industriel couvrant industries extractives et matières
premières (pétrole, minéraux, papier/carton, etc.)
Pétrole et gaz
(intermédiaire/aval)
OPCO 2i (pétrole, industries) ; selon l?activité (services) possibilité
d?un rattachement partiel à AKTO pour services associés
Production d?énergie
et Utilities
OPCO 2i (rubrique « Énergie et Services énergétiques ») ? ou
sectoriels si convention spécifique (ex. secteurs publics/sociétés
d?économie mixte ont des rattachements différents)
Eau &
assainissement,
collecte/traitement
des eaux, gestion des
déchets
AKTO (services d?eau & assainissement listés sur AKTO) ; pour
activités de traitement/déchets selon identifiant des conventions
collectives : AKTO, OPCO 2i (recyclage industriel) ou autres (ex.
branche « activités du déchet » / conventions spécifiques)
Construction &
matériaux de
construction (béton,
granulats, carrières)
Constructys ? secteur BTP / construction (matériaux de construction,
négoce de matériaux). Pour la production industrielle de matériaux
(usines), OPCO 2i possible
Papier et produits du
bois (pâtes, papier,
emballage bois)
OPCO 2i (papier & carton, industries du bois et ameublement)
Textile / habillement /
maroquinerie
(lorsque impacts sur
habitats, usage de
produits chimiques,
terres)
OPCO 2i pour la partie production industrielle « mode & luxe »
(industries) ; OPCO EP ou Op commerce pour commerce/détail
Transport routier /
logistique (si impact
sur zones naturelles
via infrastructures,
ports, plateformes
logistiques)
OPCO Mobilités
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Annexe 10. Indicateurs proposés par la mission
Cette annexe récapitule la quinzaine de nouveaux indicateurs proposés dans le rapport, qui sont
des indicateurs de contexte, d?efficience par rapport à la ressource disponible, de performance et
de résultat ? le nombre total d?indicateurs du futur COP devant se limiter selon la mission à une
vingtaine. Pour chaque indicateur, l?OFB devra se fixer un objectif à atteindre sur la durée du COP.
Propositions d?indicateurs du COP de l?OFB sur la mission de police de l?environnement
? Impact des contrôles sur la préservation des milieux : indicateur de remise en état de mi-
lieux naturels (surface de zones humides restaurée, linéaires de haies plantés, surface de
bandes enherbées dégagées le long de parcelles agricoles, à l?interface de milieux naturels
ou de zone habitée, nombre d?obstacles à la continuité écologique sur les cours d?eau ef-
facés) suite à des contrôles de l?OFB.64
? En matière d?efficience de l?activité de contrôle (pour un suivi annuel et des comparaisons
entre territoires) : nombre de contrôles administratifs et judiciaires par agent (indicateur
figurant dans les rapportages des activités de police 2021 et 2022).
? Intégration de l?activité de contrôle dans les plans de contrôles départementaux : ratio du
nombre de contrôles réalisés par l?OFB programmés dans le plan de contrôle (« eau et
nature » ou « mer »).
Propositions d?indicateurs du COP de l?OFB sur la gestion des aires protégées65
? Evaluation des plans de gestion des aires protégées : ratio de sites ayant réalisé une éva-
luation de leur plan de gestion.
? Adaptation de la gestion des aires protégées au changement climatique : ratio de plans de
gestion ayant intégré la TRACC (objectif 100% d?ici la fin du COP).
? Nombre d?aires protégées gérées ou cogérées par l?OFB ayant mis en place des actions
une seule santé (mesure 29 de la SNB 2030).
? Adaptation de la gestion des aires protégées à la pression de pêche : nombre d?analyses
de risque pêche réalisées par l?OFB dans les zones Natura 2000 marines sur le nombre
total à réaliser.66
? Pourcentage des aires protégées gérées par l'OFB qui obtiennent la labellisation protection
forte.
Propositions d?indicateurs du COP de l?OFB sur la mission de connaissance
64 La SNB 2030 fixe comme indicateur boussole 100% de points noirs continuité écologique résorbés.
65 Objectifs SNAP : 30% du territoire sous aires protégées, 10% sous protection forte. Indicateurs boussole de la
SNB 2030 : les zones de protection forte (passer de 5% à 10), les récifs coralliens protégés (passer de 67% à 100),
le nombre d?aires protégées engagées (passer de 420 à 450), la consommation d'espaces naturels, agricoles et
forestiers (passer de 20 kha par an à 11).
66 Indicateur de pression sur la biodiversité de la SNB 2030 sur l?état des stocks de ressources halieutiques : objectif
100 % d'ici 2030.
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? Etat de la biodiversité (indicateur de contexte de l?activité de l?OFB) : 67
o Indicateur agrégé MSA - Mean Species Abundance.
o Indice des oiseaux communs spécialistes agricoles, forestiers ou urbains selon la
typologie d?écosystèmes (STOC, indicateur de la SNB 2030).68 Il s?agit d?un indica-
teur clé SNB : indicateur d'état dont l'amélioration est attendue en 2030 (l?abon-
dance des populations d'oiseaux communs spécifiques aux milieux ruraux / urbains
/ forestiers est à la baisse depuis 1989, dans une moindre mesure pour la forêt).
? Indicateurs mesurant la performance de l?OFB en matière de connaissance :
o Activité du conseil scientifique : nombre d?avis présentés au conseil d?administra-
tion (à confirmer) ayant donné lieu à des suites.
o Recherche : indicateur scientifique (nombre de citations reçues par les publications
impliquant des chercheurs OFB) et d?impact sociétal (type ASIRPA INRAE).
o Nombre de séries de données suivies par l?OFB sur les habitats et les espèces,
avec un objectif spécifique sur le milieu marin.
Propositions du COP de l?OFB sur la mobilisation des acteurs
? Mobilisation des collectivités locales : nombre d?ABC financés ayant conduit à révision de
document d?urbanisme ou mise en oeuvre d?actions favorables à la biodiversité (travaux de
restauration?).
? Mobilisation des entreprises :
o nombre d'entreprises engagées pour la nature ayant déposé un plan d?action am-
bitieux en faveur de la biodiversité avec une cible totale de 300 en 2025 et 5 000
en 2030 (plans d'actions) - indicateur de la SNB 2030,
o nombre de TEN et d?EEN évalués selon une méthode d'évaluation des services
écosystémiques et de leur évolution à construire par l?OFB et gains socioécono-
miques associés à ces démarches.
? Formation : ratio de filières / branches professionnelles dépendant de la biodiversité et/ou
ayant un impact sur cette dernière ayant adopté dans leur offre de formation un module
"biodiversité - entreprise" mêlant formation naturaliste et évaluation socioéconomique des
actions en matière de protection, restauration de la biodiversité et des services éco systé-
miques.
67 Le règlement européen restauration de la nature (2024), visant à restaurer au moins 20% des terres et des mers
de l?UE d?ici 2030 et tous les écosystèmes d?ici 2050, instaure des indicateurs communs tels que le nombre
d?insectes pollinisateurs, les cours d?eau « en libre écoulement », les mètres carrés d?espaces verts en ville, le
nombre d?oiseaux communs liés aux milieux agricoles ou forestiers? Pour la première fois sont instaurées des
obligations juridiques de résultats en matière de restauration écologique, assorties d?indicateurs de suivi. L?action
est évaluée en termes de résultats attendus : des indicateurs en progrès et donc une amélioration de l?état des
habitats constatée. Remplir les objectifs pour les indicateurs de biodiversité signifie d?en atteindre des "niveaux
satisfaisants", détaillés par types d?habitats. Le plan national « Agir pour restaurer la nature » en cours de co
construction doit détailler les grandes mesures qui permettront d?infléchir les indicateurs à la hausse. Source :
https://professionnels.ofb.fr/fr/reglement-europeen-restauration-nature-quelle-application-en-France
68 La SNB 2030 fixe aussi comme indicateurs clés l?état écologique des masses d?eau de surface (bon pour moins
de 50% d?entre elles pré SNB),et l?état de conservation des habitats d?intérêt communautaire (bon pour seulement
20%). En matière d?indicateur composite, une publication scientifique récente passe en revue les indicateurs pour
cartographier l?état des écosystèmes et relève que les travaux sont plus avancés sur les forêts et la structure
(espèces, relations trophiques et avec le milieu) des écosystèmes, plus que sur leur composition (biocénose et
biotope) et fonctions.
PUBLIÉ
https://professionnels.ofb.fr/fr/reglement-europeen-restauration-nature-quelle-application-en-France
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1470160X25008829
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Annexe 11. Rappel du contexte des indicateurs du Cadre
mondial de la biodiversité
Les indicateurs proposés pour le COP de l?OFB s?inscrivent dans le cadre plus large des
objectifs chiffrés du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et de son cadre de
suivi, déclinés par la France dans la SNB 2030, et dont plusieurs sont en lien avec son activité :
? Préserver, améliorer ou rétablir l'intégrité, la connectivité et la résilience de tous les
écosystèmes.
o Veiller à ce que toutes les zones fassent l'objet d'une planification spatiale
participative, intégrée et respectueuse de la biodiversité et/ou soient gérées
efficacement dans le cadre de processus de changement d'affectation des terres
et des mers, afin de réduire la perte de zones de grande importance pour la
biodiversité, y compris d'écosystèmes de grande intégrité écologique, à un niveau
proche de zéro d'ici à 2030.
o Veiller à ce que, d'ici à 2030, au moins 30 % des zones d'écosystèmes terrestres,
d'eaux intérieures et d'écosystèmes marins et côtiers dégradés fassent l'objet de
mesures de remise en état efficaces.
o Faire en sorte que, d'ici à 2030, au moins 30 % des zones terrestres et des eaux
intérieures, ainsi que des zones marines et côtières soient dûment conservées et
gérées et veiller à créer les moyens nécessaires à cette fin, tout en intégrant les
zones concernées dans les paysages terrestres et marins plus vastes et les océans,
en veillant en outre à ce que l'utilisation durable, lorsqu'elle est appropriée dans
ces zones, soit pleinement compatible avec les objectifs de conservation.
? Indicateurs : nombre d?écosystèmes en liste rouge UICN, étendue des écosystèmes
naturels, pourcentage de la surface terrestre et maritime faisant l?objet d?une planification
spatiale respectueuse de la biodiversité, nombre de zones naturelles en cours de
restauration, couverture des zones protégées et autres mesures efficaces de conservation
par zone.69
? Mettre fin à l'extinction d?origine anthropique des espèces menacées connues.
o Prendre d?ici à 2030 des mesures urgentes en matière de gestion des espèces
menacées, notamment grâce à des mesures de conservation in situ et ex situ et Ã
des méthodes de gestion durable, et gérer efficacement les interactions entre
l'homme et la faune de manière à limiter les conflits liés à leur coexistence.
o Assurer d?ici à 2030 une utilisation, des prélèvements et un commerce durables,
sûrs et légaux des espèces sauvages.
o Éviter, limiter, réduire ou atténuer les incidences des espèces exotiques
envahissantes sur la biodiversité et les services écosystémiques notamment en
empêchant l'introduction et la propagation des principales espèces exotiques
envahissantes et en réduisant de moitié au moins les taux d'introduction et de
propagation des autres espèces exotiques envahissantes connues ou potentielles
d'ici à 2030.
o Réduire les risques liés à la pollution et les incidences négatives de la pollution
provenant de toutes les sources d'ici à 2030, notamment : a) en réduisant au moins
69 En complément des indicateurs de la SNAP, la SNB 2030 fixe comme indicateur boussole le label grand site de
France (passer de 22 à 30 sites labellisés), de 79 à 1000 millions d'arbres plantés, un gain net de 50 000 haies, de
27000 à 57000 ha de zones humides restaurées.
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de moitié l'excès de nutriments perdus dans l'environnement ; b) en réduisant au
moins de moitié les risques globaux liés aux pesticides et aux produits chimiques
particulièrement dangereux ; c) en prévenant la pollution plastique, en la réduisant
et en s'employant à l'éliminer.
o Atténuer les effets des changements climatiques et de l'acidification des océans
sur la biodiversité et renforcer la résilience de celle-ci d?ici à 2030.
? Indicateurs : indice de la liste rouge / pourcentage de populations au sein d?une espèce
dont la taille effective est supérieure à 500 individus, pourcentage des stocks halieutiques
se trouvant à des niveaux biologiquement viables, taux d?établissement des espèces
exotiques envahissantes, indice d?eutrophisation côtière, concentration de l?environnement
en pesticides et/ou toxicité totale appliquée agrégée70.
? Utiliser et gérer durablement la biodiversité et valoriser, préserver et renforcer les
contributions de la nature à l'homme, y compris les fonctions et services écosystémiques,
et rétablir ceux qui sont actuellement en déclin.
o Garantir d?ici à 2030 une gestion et une utilisation durables des espèces sauvages,
et protéger et promouvoir les pratiques traditionnelles d'utilisation durable des
peuples autochtones et des communautés locales.
o Assurer d?ici à 2030 une gestion durable des zones agricoles, aquacoles,
halieutiques et forestières.
o Restaurer, préserver et renforcer les contributions de la nature aux populations, y
compris les fonctions et services écosystémiques, tels que la régulation de l'air, de
l'eau et du climat, la santé des sols, la pollinisation et la réduction des risques de
maladie, ainsi que la protection contre les risques et catastrophes naturels.
o Augmenter significativement la superficie, la qualité et la connectivité des espaces
verts et bleus dans les zones urbaines et densément peuplées, ainsi que l'accès Ã
ces espaces et les avantages qu'ils procurent.
? Indicateurs : services rendus par les écosystèmes, avantages découlant de l?utilisation
durable des espèces sauvages, pourcentage de la population occupant des emplois
traditionnels, pourcentage de la surface agricole consacrée à une agriculture productive et
durable, progrès accomplis en faveur de la gestion durable des forêts, part moyenne de la
zone bâtie des villes qui est un espace vert ou bleu à usage public pour tous.71
? Intégrer la biodiversité dans les politiques publiques.
o Veiller d?ici à 2030 à la pleine prise en compte de la biodiversité et de ses multiples
valeurs dans l'élaboration des politiques, des réglementations, des processus de
planification et de développement, des stratégies d'élimination de la pauvreté, des
évaluations environnementales stratégiques, des évaluations d?impact
environnemental et, le cas échéant, dans la comptabilité nationale, à tous les
niveaux de gouvernement et dans tous les secteurs, en particulier dans ceux qui
ont d'importantes incidences sur la biodiversité, et aligner progressivement toutes
les activités publiques et privées concernées, ainsi que les flux fiscaux et financiers,
sur les objectifs et les cibles du cadre mondial.
70 La SNB 2030 fixe comme indicateurs boussole de 2 à 31 chapitres de la liste rouge UICN actualisés, de 470 Ã
750 PNA, le NODU (passer de 91 à 51), les communes "sans plastique" (passer de 10% à 100), les décharges
littorales réhabilitées (passer de 3,6% à 100), la pression toxique en station de surveillance (passer de 60% en
deçà du seuil fixé, dont 30% à cause des pesticides, à 100), les nouvelles espèces exotiques envahissantes par
département sur 10 ans (passer de 14 à 6), passer de 85 à 42% du territoire impacté par la pollution lumineuse.
71 La SNB 2030 fixe comme indicateurs boussole la surface agricole utile en agriculture biologique (passer de 10 Ã
21%), la pêche et aquaculture durables (passer de 63 à 100%), la gestion durable des forêts (passer de 47 à 60%).
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o Prendre d?ici à 2030 des mesures juridiques, administratives ou de politique
générale visant à inciter les entreprises à agir et à leur donner les moyens de le
faire, notamment en veillant à ce que les grandes entreprises et les entreprises
transnationales, ainsi que les institutions financières : a) Contrôlent, évaluent et
communiquent régulièrement et de manière transparente leurs risques,
dépendances et incidences sur la biodiversité ; b) Informent les consommateurs en
vue de promouvoir des modes de consommation durables ; c) Rendent compte du
respect des dispositions et mesures relatives à l'accès et au partage des avantages,
en tant que de besoin.
o Encourager les populations à faire des choix de consommation durables et à leur
donner les moyens de le faire, et, d'ici à 2030, réduire l'empreinte mondiale de la
consommation de manière équitable.
o Faire en sorte d?ici à 2030 que les décideurs, les praticiens et le public aient accès
aux meilleures données, informations et connaissances disponibles afin de
favoriser une gouvernance efficace et équitable et une gestion intégrée et
participative de la biodiversité, ainsi que de renforcer la communication, la
sensibilisation, l'éducation, le suivi, la recherche et la gestion des connaissances.
? Indicateurs : financement public national pour la conservation et l?utilisation durable de la
biodiversité et des écosystèmes, financement privé national pour la conservation et
l?utilisation durable de la biodiversité et des écosystèmes, nombre d?entreprises divulguant
leurs risques, dépendances et incidences sur la biodiversité, mesures d?incitation positive
en place pour promouvoir la conservation de la biodiversité et son utilisation durable.72
72 La SNB 2030 fixe comme indicateur boussole le fond vert investi dans la renaturation urbaine (passer de 290 Ã
500 M¤), de 50 à 100% de cadres de l?État et des collectivités territoriales formés, de 555 à 5000 TEN, de 175 Ã
5000 EEN, de 1 à 5 millions de participants à la fête de la nature, de 1500 à 18000 aires éducatives, 100% des
maires formés, de plus 138 à plus 465 M¤ sur le programme 113, 100% de stratégies régionales biodiversité.
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Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
1 L?Office français de la biodiversité, un établissement jeune, qui a trouvé sa place malgré les crises successives
1.1 L?OFB a été créé en 2020 dans un contexte de déclin majeur et accéléré de la biodiversité et de raréfaction et dégradation de la ressource en eau
1.1.1 Un héritage de la première évaluation mondiale de la biodiversité menée par l?IPBES
1.1.2 Une nécessité confortée par l?appropriation française des constats globaux
1.1.3 Un constat d?urgence à agir repris par le législateur
1.2 L?OFB, établissement public de l?État, résultat de fusions successives rapprochées
1.2.1 Une organisation mise en place pour remplir les six missions confiées par la loi
1.2.2 Des moyens alimentés de manière soutenue
1.3 L?OFB, principal opérateur de l?État chargé de la mise en oeuvre des politiques publiques sur l?eau et la biodiversité
1.4 Deux récents rapports de l?IPBES peuvent imprégner le futur COP de l?OFB
1.4.1 Le rapport « nexus »
1.4.2 Le rapport « changements transformateurs »
2 Un premier COP 2020 ? 2025 au bilan non évalué par l?OFB, mais fondateur et largement réalisé
2.1 Le COP 2020 - 2025, un document fondateur
2.1.1 Des indicateurs nombreux mais reflétant surtout l?activité
2.1.2 Un bilan très fourni et détaillé, mais pas d?évaluation
2.2 L?analyse par la mission du bilan du COP
2.2.1 Police de l?environnement
2.2.2 Connaissance
2.2.3 Appui aux politiques publiques
2.2.4 Aires protégées
2.2.5 Mobilisation
2.2.6 Construction de l?établissement
2.3 Un positionnement bien établi au sein de l?écosystème institutionnel (l?OFB « joue collectif »)
2.4 Un dialogue pas totalement satisfaisant avec la tutelle environnement et une double tutelle déséquilibrée
2.4.1 La DEB regrette un manque de lisibilité
2.4.2 Une double tutelle insuffisamment équilibrée et des attentes à clarifier sur l?agriculture
2.5 Les trois orientations stratégiques proposées
3 Première orientation stratégique : concourir à préserver et restaurer le vivant et les ressources naturelles
3.1 Une police à mieux assumer, expliquer et coordonner localement
3.1.1 Valoriser les enjeux environnementaux au centre de l?activité de police pour en améliorer la reconnaissance
3.1.2 La condition d?une police de l?environnement efficace et bien comprise : une doctrine coordonnée entre préfets et procureurs sur les suites des contrôles
3.1.3 Développer la coordination avec les services de l?État et les parquets pour une meilleure compréhension de la réglementation et des contrôles
3.1.4 Des compétences internes à mieux connaître afin de pérenniser un appui technique de qualité aux services de l?État
3.2 Adapter la gestion des aires protégées aux changements globaux et enjeux de santé et mieux concilier activités humaines et objectifs de conservation
3.2.1 Développer des outils et méthodes de gestion des aires protégées intégrant le changement climatique sur la base de l?évaluation de leur état de conservation
3.2.2 Développer l?approche une seule santé dans les aires protégées
3.2.3 Faire des zones protégées des territoires d?expérimentation de la conciliation des activités humaines et des objectifs de conservation
3.2.4 Finaliser les analyses de risque de I?activité de pêche professionneIIe en zone Natura 2000 et dans les autres aires marines protégées
4 Deuxième orientation stratégique : faire progresser la connaissance sur l?eau et la biodiversité, un pilier de l?action de l?OFB
4.1 Contribuer à la connaissance : une mission bien investie mais qui doit être mieux évaluée et ciblée, à travers notamment des partenariats renforcés avec les organismes de recherche
4.1.1 Le pilotage et la contribution en propre à la recherche
4.1.1.1 Une place reconnue au sein de l?écosystème
4.1.1.2 Mais des compétences et une légitimité scientifique à renforcer
4.1.1.3 Le conseil scientifique doit évaluer la recherche menée et financée par l?OFB
4.1.2 Mieux se positionner dans le dispositif national de recherche et renforcer les partenariats avec les organismes de recherche
4.2 Le futur COP doit accroître l?appropriation de la connaissance
4.2.1 Une activité de recueil de données de terrain à rendre accessible
4.2.2 Un besoin d?indicateurs d?état de la biodiversité
4.2.3 Des connaissances à mieux capitaliser et valoriser
4.2.4 La connaissance en appui aux politiques publiques
4.2.5 Le transfert de la connaissance aux acteurs, clé de l?action
5 Troisième orientation stratégique : la mobilisation des parties prenantes, une mission encore récente
5.1 Un programme d?intervention qui n?est pas centré sur la mobilisation
5.2 Le programme EFESE, un levier de mobilisation des parties prenantes
5.3 Pour les collectivités, privilégier résolument le niveau régional et intercommunal
5.3.1 Dans les territoires, mieux structurer les agences régionales de la biodiversité et leurs leviers de mobilisation de l?OFB à leur niveau
5.3.2 Privilégier les atlas de la biodiversité intercommunaux avec plans d?action
5.4 Pour les entreprises, cibler les secteurs/filières professionnels pour lesquels la biodiversité est « matérielle » au sens de la directive CSRD
5.4.1 Mobiliser les entreprises des secteurs/filières en s?appuyant sur les méthodes d?analyse de la directive CSRD
5.5 Investir le champ de la formation professionnelle continue
5.5.1 Pour les entreprises, construire des dispositifs de formation et les promouvoir/proposer aux opérateurs de compétences des branches ciblées
5.5.2 L?OFB et la formation des élus et agents publics territoriaux : un partenariat renforcé avec le CNFPT
5.6 Définir des profils de citoyens en fonction de leur sensibilité aux questions relatives à la biodiversité et y adapter les messages
6 Des conditions de réussite du COP
6.1 Assurer une stabilité dans le périmètre des missions de l?établissement et dans ses moyens
6.2 Adopter un objectif transversal sur la culture commune et entraîner l?ensemble du personnel
6.3 Consolider l?ancrage territorial, véritable levier de mise en oeuvre des politiques publiques
6.4 Intégrer les politiques d?adaptation au changement climatique
6.5 Différenciation par territoire : mieux prendre en compte les spécificités ultramarines
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées
Annexe 3. Glossaire des sigles et acronymes
Annexe 4. Lettre de cadrage du COP de l?OFB par le gouvernement
Annexe 5. Premiers constats de la mission présentés aux cabinets et à l?OFB en juillet 2025
Annexe 6. Détail par opérateur rencontré des pistes de progrès en matière de partenariats scientifiques
Annexe 7. Le programme EFESE, valorisation et monétarisation des services écosystémiques
Annexe 8. La CSRD, une directive de rapportage extra financier comportant une norme comptable ? l?ESRS E4 « biodiversité »
Annexe 9. Secteurs/filières économiques pour lesquelles la biodiversité est matérielle
Annexe 10. Indicateurs proposés par la mission
Annexe 11. Rappel du contexte des indicateurs du Cadre mondial de la biodiversité
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION s dont il a la charge.
Le bilan de la mise en oeuvre de la SNAP en cours devrait permettre d?actualiser le plan d?actions
national (2021-23) et les plans d?actions territoriaux et contribuer ainsi au COP sur la thématique
des aires protégées. Le plan d?action national de la SNAP confie à l?OFB le soin de proposer un
dispositif de suivi et d?évaluation de la stratégie, contenant une liste d?indicateurs de suivi, ce qui
semble manquer à ce jour.
3.2.1 Développer des outils et méthodes de gestion des aires protégées
intégrant le changement climatique sur la base de l?évaluation de
leur état de conservation
Pour que la gestion du réseau d?aires protégées soit efficace et adaptée dans la poursuite des
objectifs de conservation, elle doit s?appuyer sur un suivi, une évaluation des mesures de gestion
et une acquisition de connaissances en continu sur les populations et les habitats. L?évaluation du
plan de gestion est une obligation réglementaire pour certaines aires protégées, notamment pour
les réserves naturelles, les sites Natura 2000 ou les parcs naturels marins.
L?OFB met à disposition des gestionnaires une méthodologie générale d?évaluation : le guide
d?élaboration des plans de gestion des espaces naturels en ligne sur son site internet préconise
ainsi certains outils d?évaluation comme le tableau de bord. En collaboration avec le MNHN, l?OFB
produit également des méthodologies pour l?évaluation de l?état de conservation de tous les
habitats d?intérêt communautaire. Pour autant, les évaluations de la gestion et de l?état de
conservation ne sont pas déployées selon un cadre unifié sur l?ensemble des aires protégées et
les méthodologies d?évaluation de l?état de conservation ne couvrent pas l?ensemble des aires
protégées selon les milieux et les espèces. Les résultats des dispositifs d?évaluation existants dans
les aires protégées sont peu valorisés. Fort de son activité de gestionnaire d?aires protégées et de
producteur de connaissances sur la biodiversité, l?OFB doit poursuivre le développement d?outils
d?évaluation adaptés aux différents milieux et enjeux de conservation à différentes échelles en
mobilisant les organismes scientifiques compétents sur ces thématiques (MNHN, CNRS, ONF?).
L?évaluation de l?état de conservation des aires protégées doit notamment permettre de mieux
intégrer l?enjeu de l?adaptation au changement climatique. En effet, le troisième plan national
d?adaptation au changement climatique (PNACC) de mars 2025 appelle les gestionnaires d?aires
protégées à adapter leurs règles de gestion pour y intégrer les effets du changement climatique et
pour rendre les territoires plus résilients grâce aux solutions fondées sur la nature.
15 Source : PatriNat, INPN, base des espaces protégés, janvier 2025. Traitement : SDES, 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Plusieurs projets LIFE en cours produiront des méthodes et outils qui devront être capitalisés et
diffusés par l?OFB. C?est le cas du projet LIFE Natur?Adapt qui devrait aboutir à un guide
méthodologique pour réaliser un diagnostic de vulnérabilité et le traduire en plan d?adaptation au
changement climatique à l?échelle de l?aire protégée. Le projet LIFE Artisan pose un jalon important
pour définir les solutions fondées sur la nature comme moyen d?adaptation au changement
climatique. A cet égard, l?OFB, pilote de plusieurs projets européens LIFE, pourrait élargir le
partenariat de ces projets aux autres réseaux de gestionnaires (conservatoire du littoral?) qui n?ont
pas toujours la capacité pour porter seuls des projets mobilisateurs de ressources internes.
En 2024, l?OFB a réalisé un diagnostic de vulnérabilité des parcs naturels marins vis-à -vis du
changement climatique. Les actions pour favoriser l?adaptation ou l?atténuation aux différents
phénomènes ont été mises en évidence. Cette démarche mériterait d?être étendue aux autres aires
protégées afin d?inclure des actions d?adaptation dans les plans de gestion. Enfin, les interfaces
des zones gérées par l?OFB avec les sites gérés par d?autres entités (parc naturel marin et site
terrestre par exemple) méritent une bonne articulation entre gestionnaires afin que les objectifs et
pratiques de gestion soient cohérents.
3.2.2 Développer l?approche une seule santé dans les aires protégées
Au-delà des moyens dont elles disposent pour développer la connaissance sur la santé des
écosystèmes et de de la faune sauvage, les aires protégées, parmi lesquelles celles gérées ou
cogérées par l?OFB 16 , sont un territoire d?expérimentation privilégié pour mettre en oeuvre
concrètement l?approche une seule santé, à travers par exemple la surveillance sanitaire de la
faune sauvage (réseau SAGIR).
Elles possèdent en effet un panel d?outils (surveillance et gestion de la faune sauvage, déploiement
de solutions fondées sur la nature?) ayant pour but le maintien d?un bon équilibre global entre les
trois santés (biodiversité, animaux d?élevage, populations). Un exemple opérationnel est celui des
réseaux sentinelles alpins (collaboration entre parcs nationaux et conservatoires d?espaces
naturels : observation de la pollution chimique d?origine anthropique dans les lacs de montagne et
émergence de maladies virales et fongiques chez les amphibiens, surveillance transfrontalière des
agents pathogènes du bouquetin et étude des relations entre diversité génétique et sensibilité aux
maladies?). Un autre exemple est celui du Parc naturel de Camargue qui cherche à atténuer
l?impact du traitement antiparasitaire du cheptel bovin sur invertébrés et chiroptères en incitant des
éleveurs volontaires, à travers un projet LIFE+, à utiliser des traitements moins toxiques pour la
faune sauvage, en collaboration avec la fédération régionale des groupements de défense
sanitaire et des vétérinaires17.
Aux côtés d?autres gestionnaires d?espaces naturels déjà engagés18 sur ces questions, et comme
sur l?adaptation au changement climatique, l?OFB pourrait avoir un rôle moteur d?ampleur en la
matière. Là aussi le rapport nexus de l?IPBES peut être source d?inspiration, de même que d?autres
publications internationales telles que les Principes « Une seule santé » pour un tourisme durable
dans les aires protégées et conservées édités par l?UICN en 2023. De telles initiatives s?inscriraient
par ailleurs dans la mesure 29, intégrer l'approche "Une seule santé" dans les politiques publiques
et dans les territoires, de la SNB 2030.
16 Huit parcs naturels marins, le sanctuaire de mammifères marins Agoa aux Antilles, 110 sites Natura 2000 marins
et quatre sites Natura 2000 terrestres, huit réserves naturelles nationales, dix réserves nationales de chasse et de
faune sauvage, six réserves de chasse et de faune sauvage, trois réserves de chasse et de faune sauvage de
Corse, une réserve de biosphère, des sites du conservatoire du littoral et un arrêté de protection de biotope.
17 Les aires protégées françaises face aux approches conceptuelles « Une seule santé ? Ecohealth », Durand et
al., Environnement, risques et santé, 2022. Autre exemple cité dans cette publication : un projet LIFE dans les Alpes
mesure l?imprégnation au plomb des gypaètes barbus et conduit des campagnes de sensibilisation des chasseurs,
en vue de réduire les risques pour la santé humaine établis par l?Anses.
18 Voir le projet de motion « Intégrer l?approche une seule santé dans la gestion des réserves naturelles » Ã
l?assemblée générale statutaire des Réserves naturelles de France, 12 juin 2025.
PUBLIÉ
https://naturadapt.com/
https://portals.iucn.org/library/sites/library/files/documents/2022-056-Fr.pdf
https://portals.iucn.org/library/sites/library/files/documents/2022-056-Fr.pdf
https://stm.cairn.info/revue-environnement-risques-et-sante-2022-3-page-227?lang=fr
https://reserves-naturelles.org/wp-content/uploads/2025/06/integrer-lapproche-une-seule-sante-dans-la-gestion-des-reserves-naturelles-12-06-2025.pdf
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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3.2.3 Faire des zones protégées des territoires d?expérimentation de la
conciliation des activités humaines et des objectifs de conservation
Les aires protégées sont des territoires où s?exercent des activités humaines, sources potentielles
de pressions. Dans les zones de protection forte, certaines activités humaines peuvent être limitées
ou interdites ce qui permet d?observer l?évolution de la biodiversité et ainsi de mieux connaitre les
effets des pressions et la capacité de résilience des écosystèmes. A ce titre, les aires protégées
constituent des territoires d?expérimentation, de transfert et de déploiement des politiques au
bénéfice de la biodiversité.
L?OFB a lancé un réseau de sites innovants (Sinapce) en aires protégées pour adapter les activités
humaines aux enjeux écologiques : sur la base d?expériences en aires protégées, des bonnes
pratiques sont transférées entre les aires protégées en dehors. Ce type d?initiative mériterait d?être
prolongé et enrichi sur la base de sites disposant d?activités plus diverses notamment en matière
d?agriculture. La capitalisation des retours d?expériences issus des projets passés (comme les
travaux sur Natura 2000 en milieu marin) est un axe prioritaire pour permettre aux décideurs
d?accéder à des informations fiables.
3.2.4 Finaliser les analyses de risque de I?activité de pêche
professionneIIe en zone Natura 2000 et dans les autres aires marines
protégées
Une des priorités sur lesquelles l?OFB intervient pour le compte des préfets maritimes en
partenariat avec les directions interrégionales de la mer (DIRM) concerne l?analyse du risque pêche
dans les sites Natura 2000 maritimes19. Pour tenir les engagements communautaires de la France,
123 sites Natura 200020 nécessitent une analyse risque pêche habitat au titre des fonds marins.
De plus, l?analyse risque pêche est un préalable nécessaire pour que ces aires marines protégées
puissent se porter candidates à une labellisation en protection forte, et l?objectif fixé par la SNB
2030 de classer 5 % de l?espace maritime hexagonal en zone de protection forte d?ici 2030 est loin
d?être atteint (0,1% en 2025). A la mi-2025, 56 sites avaient conclu ces analyses, des mesures
réglementaires de réduction du risque ayant été adoptées dans 15 d?entre eux. Il convient donc
d?accélérer la réalisation de ces analyses de risque pêche afin de renforcer la protection des milieux
marins.
L?OFB ne dispose pas forcément des données en matière de pêche nécessaires pour la conduite
de ces analyses, qui sont pourtant des données déclaratives des pêcheurs qui remontent à l?État
et qui sont indispensables pour proposer des mesures de gestion pertinentes et adaptées selon
les techniques de pêche employées. Par ailleurs, pour argumenter ces propositions, il est
nécessaire de disposer d?une connaissance des impacts des différentes activités humaines sur les
milieux et les espèces. En effet, les représentants des pêcheurs n?accepteront de revoir leurs
pratiques que s?il est établi de façon certaine qu?elles sont responsables de la baisse de stocks
observée alors que d?autres pressions existent, comme les pollutions telluriques ou le changement
climatique.
Cela implique pour l?OFB, en partenariat avec les différents acteurs scientifiques (IFREMER
notamment), de mener des études sur les aires bénéficiant des plus hauts niveaux de protection
afin de mesurer les bénéfices sur la biodiversité d?une régulation des activités (par exemple des
zones marines sans pêche). Ces zones de protection forte peuvent également profiter
indirectement aux activités économiques en permettant une reconstitution des stocks, y compris Ã
19 En vertu des directives européennes « Oiseaux » (DO) et « Habitats Faune Flore » (DHFF), le code de
l?environnement (article L. 414-4) prévoit que les activités de pêche maritime professionnelle au sein d'un site
Natura 2000 fassent l'objet d?une analyse des risques de porter atteinte aux objectifs de conservation du site. Ces
analyses sont conduites à l?échelle des sites au moment de l?adoption ou de la révision du DOCOB.
20 Dossier de presse « protéger la biodiversité marine », Ministère en charge de la transition écologique, juin 2025.
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https://professionnels.ofb.fr/fr/sinapce
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leur périphérie où la pêche est autorisée. Sur les parcs naturels marins les plus anciens, l?OFB
dispose d?un recul suffisant pour mener à bien un travail d?évaluation de l?état de conservation et
de l?efficacité des mesures de gestion. Ces travaux conforteraient la mise en oeuvre de la SNAP
en milieu marin tant au niveau national qu?au niveau territorial.
(OFB, tutelles) Développer des méthodes et outils pour adapter la
gestion des aires protégées au changement climatique et y développer l?approche une seule
santé. A cette fin, s?appuyer sur l?évaluation des mesures de gestion et de l?état de
conservation de ces zones et capitaliser les résultats des projets (LIFE notamment) en
cours.
Un indicateur de suivi de cette recommandation serait le nombre de sites ayant réalisé une
évaluation de leur plan de gestion sur le nombre total de sites ayant un plan de gestion (ou ayant
un plan de gestion en cours de révision) et le ratio de plans de gestion ayant intégré la TRACC
(trajectoire de réchauffement de référence pour l?adaptation au changement climatique). Un autre
indicateur serait le nombre d?analyses de risque pêche réalisées par l?OFB dans les zones Natura
2000 marines sur le nombre total à réaliser. Enfin, il serait souhaitable de rajouter un indicateur sur
les zones de protection forte : le pourcentage des aires protégées gérées par l'OFB qui obtiennent
la labellisation protection forte.
PUBLIÉ
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4 Deuxième orientation stratégique : faire progresser la
connaissance sur l?eau et la biodiversité, un pilier de
l?action de l?OFB
Dans ce deuxième COP, l?établissement devra s?efforcer de repérer les secteurs où la
connaissance21 sur l?eau et la biodiversité et leurs dynamiques doit progresser et faire reconnaître
les valeurs des services rendus par les écosystèmes, en s?inscrivant dans une démarche
prospective, d?adaptation de la biodiversité au changement climatique et s?appuyant sur un réseau
national et international. L?OFB en 2030 devrait être un établissement public reconnu, qui produit,
capitalise, met à disposition (notamment à des fins d?intégration de la biodiversité dans les
politiques publiques) et valorise la connaissance liée à l?état des milieux et de la biodiversité ainsi
que sur les pressions qu?elle subit du fait des activités humaines dans le contexte du changement
climatique, et ce de manière indiscutable.22
4.1 Contribuer à la connaissance : une mission bien investie mais qui
doit être mieux évaluée et ciblée, à travers notamment des
partenariats renforcés avec les organismes de recherche
L?OFB est bien organisé en interne pour améliorer la connaissance dans un objectif opérationnel,
qui irrigue les autres orientations stratégiques, à travers les données que l?OFB produit ou agrège
et les travaux de recherche qu?il mène ou soutient. La direction recherche et appui scientifique -
DRAS23 - dispose d?équipes spécialisées par types d?espèces24 et écosystèmes ainsi que d?une
cellule « valorisation et transfert ». Elle a élaboré un document comportant ses orientations
scientifiques très larges pour la période 2022-2026. Ce document décline pour les travaux menés
en interne comme pour les partenariats scientifiques externes : les axes de recherches privilégiés,
les questions qui restent à résoudre, les priorités en termes de valorisation scientifique et technique,
les spécificités en matière de conduite de projets de R&D, des propositions de changements
transformateurs à explorer. La DRAS promeut une recherche orientée vers des finalités
opérationnelles, coconstruite avec les acteurs, dont elle diffuse les résultats aux autres directions
comme aux acteurs des politiques publiques.
Toutefois, la présentation des actions liées à la connaissance, à la fois sur les sites Internet de
l?OFB et lors des entretiens, donne une impression de profusion, mais parfois de dispersion.
4.1.1 Le pilotage et la contribution en propre à la recherche
4.1.1.1 Une place reconnue au sein de l?écosystème
La recherche sur l?eau et la biodiversité en France est désormais coordonnée par l?agence de
programme « Climat, biodiversité et sociétés durables » confiée au Centre national de la recherche
scientifique (CNRS). L?OFB agit aux côtés de ce dernier, ainsi que le Muséum national d?Histoire
naturelle - MNHN - et l?Institut pour la recherche et le développement - IRD, au sein de Patrinat,
21 Par « recherche » on entend ici le processus de démonstration de long terme qui vise à répondre à des questions
dont on ne connaît pas la réponse. Par « science » ou « connaissance » l?ensemble des savoirs acquis et
nécessitent un transfert au terrain en temps réel pour servir à l?action, et par « données » les faits bruts et chiffres
qui rapportent une situation sans fournir d'interprétation, forme non traitée de connaissance qui ne véhicule pas de
valeur ni de signification. L?OFB intervient sur l?ensemble de ces champs.
22 Voir annexes 4 pour les recommandations spécifiques aux grands prédateurs terrestres et 5 pour celles sur les
aires protégées.
23 130 agents permanents, soit une « force de frappe » en termes de recherche sur le vivant bien moindre que celle
du CNRS ou d?INRAE.
24 Exploitées ou à enjeux ? autres que grands prédateurs terrestres traités dans une direction dédiée.
PUBLIÉ
https://www.patrinat.fr/fr
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centre d?expertise et de données sur le patrimoine naturel, Il contribue par ce biais à la coordination
de projets de recherche français ou européens25. Patrinat héberge par ailleurs le Pôle National de
Données de Biodiversité - PNDB, composante biodiversité de l?infrastructure de recherche Data
Terra26, qui propose aux communautés de recherche des outils et services facilitant l?accès, le
traitement et la combinaison des données de biodiversité afin d?avoir une vision intégrative face
aux enjeux environnementaux27.
Hors Patrinat, des équipes de l?OFB compétentes en gestion de l'environnement participent Ã
plusieurs projets financés par l?Agence nationale de la recherche - ANR28. L?OFB est identifié parmi
les acteurs-clés du programme d?équipement et de recherche prioritaire France 2030 Solubiod,
copiloté par le CNRS et l?INRAE et opéré par l?ANR, de par sa connaissance des projets de
solutions fondées sur la nature en France29.
L?expertise scientifique de l?établissement est enfin reconnue par la participation de ses chercheurs
au comité éditorial de revues scientifiques. L?OFB publie et copublie deux revues scientifiques
internationales. Les organismes de recherche partenaires de l?OFB soulignent que le premier COP
était un ?COP d?installation? dans un contexte difficile, et que l?établissement a su malgré tout
s?imposer dans le paysage institutionnel.
4.1.1.2 Mais des compétences et une légitimité scientifique à renforcer
Malgré ces atouts, les compétences et l?expertise de l?OFB demandent à être maintenues,
renforcées et reconnues sur certaines thématiques comme l?adaptation de la biodiversité au
changement climatique, sujet montant et incontournable, les compétences naturalistes et les
connaissances des milieux aquatiques, qui tendent à se perdre au fil des fusions successives, en
sciences humaines et en économie pour tenir compte des différentes valeurs de la biodiversité et
en faire des leviers d?action, parfois d?influence, plus efficients. Parmi les lacunes de connaissance,
le champ du développement de projections dynamiques de l?évolution de la biodiversité face aux
pressions humaines, et aussi face au changement climatique, reste par exemple largement Ã
explorer.
L?OFB, moins connu comme acteur académique, apparaît aussi comme moins « incontestable »,
comparé à d?autres plus exclusivement tournés vers la recherche, y compris fondamentale, et
moins au contact du terrain, lorsqu?il s?agit de faire appel à la science pour dépassionner un débat
sur des sujets controversés, comme par exemple les grands prédateurs. En témoignent les
attaques récentes qu?il a subies, focalisées sur ses missions de police de l?environnement, mais
aussi d?expertise en matière de dénombrement des grands prédateurs, alors que le MNHN qui
travaille également sur cette thématique ne voit pas sa crédibilité scientifique questionnée de la
25 Exemple l?étude pilote Eu Rock Fish, campagne de terrain et d?analyse d?images et de données financée par le
partenariat Horizon Europe Biodiversa+, qui ambitionne de mettre en place un réseau de surveillance des poissons
rocheux et récifaux à l?échelle européenne.
26 Observation, compréhension et modélisation de l?histoire, du fonctionnement et de l?évolution du système Terre
soumis aux changements globaux.
27 Ce « hub » rassemble la Fondation pour la recherche sur la biodiversité - FRB, et un réseau de partenaires
scientifiques et académiques (le CNRS, l?Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer - IFREMER,
l?Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement - INRAE, l?IRD, le Bureau de
recherches géologiques et minières - BRGM, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique
pour le développement - CIRAD, AgroParisTech, l?Ecole pratique des hautes études et sept universités. Le PNDB
fait par exemple partie du consortium d?animation du challenge de l?ANR sur intelligence artificielle et biodiversité
avec le Laboratoire national de métrologie et d'essais - LNE, et la FRB.
28 Exemple SMART-WING qui vise à catalyser le développement d'une nouvelle génération de drones (aile
intelligente pour le suivi aérien automatisé et à bas coût de la mégafaune marine) capables d'ajuster
dynamiquement leur trajectoire pour un suivi optimisé des espèces rares et vulnérables, en interaction avec des
équipes de chercheurs en robotique (Université Côte d?Azur et ISEN, école d?ingénieurs du numérique), en
intelligence artificielle (le Laboratoire d'Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier), et en
écologie marine (universités de Mayotte et de Montpellier, IRD, IFREMER, CNRS).
29 L?OFB coordonne le projet LIFE ARTISAN, lancé en 2020 pour une durée de huit ans (2020-2027) pour
encourager le recours aux solutions fondées sur la nature pour l?adaptation.
PUBLIÉ
https://data.pndb.fr/
https://data.pndb.fr/
https://www.pepr-solubiod.fr/
https://www.biodiversa.eu/biodiversity-monitoring/pilots/eurockfish-pilot/
https://www.biodiversa.eu/
https://anr.fr/fr/detail/call/challenge-ia-biodiv-recherche-en-intelligence-artificielle-dans-le-champ-de-la-biodiversite/
https://www.ird.fr/projet-smart-wing-suivi-de-la-megafaune-marine-par-drone-mayotte
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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même manière.
Sur la connaissance des grands prédateurs terrestres par exemple, plusieurs pistes se dégagent
pour le futur COP : améliorer la communication sur les méthodes scientifiques utilisées pour
l?estimation des populations, poursuivre leur amélioration pour réduire les marges d?incertitude afin
de réduire les contestations, poursuivre et renforcer la communication sur les données.
La communication autour des actions de recherche menées est certainement perfectible, tout en
respectant les exigences de validation ministérielle. La production d?avis d?experts et de notes de
positionnement pourrait être intensifiée, afin de permettre une meilleure diffusion des réussites des
projets et une valorisation des actions réalisées par l?OFB et ses partenaires auprès du grand public,
toujours dans l?objectif de connaissance opérationnelle et de pédagogie qui constitue l?ADN
scientifique de l?OFB. Une plus grande publicité/communication sur les réalisations scientifiques,
notamment permettrait par ailleurs de répondre aux interrogations des tutelles concernant
l?organisation interne et la répartition des moyens de recherche.
En matière de recherche participative, l?OFB déploie plusieurs dispositifs. Cette activité n?atteint
pour autant pas la visibilité grand public de la politique volontariste menée par le MNHN. Ce dernier
souligne que les programmes de sciences participatives, vus comme outils de connaissance et de
mobilisation des acteurs, méritent d?être renforcés. Il souligne également que la remontée et le
partage des données issues de ces programmes, notamment par certains partenaires comme les
fédérations de chasse, méritent d?être améliorés. Le conseil scientifique prévoit justement de
continuer à explorer les capacités des sciences participatives pour compléter le recueil des
données, tout en veillant strictement à la rigueur des protocoles et à la qualité des métadonnées
associées, dans le but de soutenir efficacement l?évaluation des actions menées.
4.1.1.3 Le conseil scientifique doit évaluer la recherche menée et financée par l?OFB
Le conseil scientifique réunit des chercheurs membres d?organismes de recherche partenaires de
l?OFB. Il n?évalue que très ponctuellement la diversité, l?étendue et l?impact de cette recherche
menée en propre, avec des partenaires ou financée, comme le voudrait le décret n° 2019-1580 du
31 décembre 2019 relatif à l'OFB30 . Un avis a par exemple été donné sur les questions de
recherche autour des espèces en 2022. Le conseil scientifique devrait, conformément à l?article
R131-29 du Code de l?environnement qui définit ses missions, opportunément aider à définir la
politique scientifique de l?établissement en ciblant des priorités scientifiques dans le COP et
participant à l?élaboration de la stratégie de recherche 2027-2031. Plus généralement, il devrait
évaluer l?activité de recherche de l?établissement et d?exploitation des résultats de celle-ci, comme
l?a pointé le rapport Bacci.
Réglementairement, le conseil scientifique intervient en appui du conseil d?administration ou du
directeur général qui peuvent le saisir de toute question en lien avec les missions de l?OFB. Dans
les faits, le conseil d?administration ne saisit pratiquement jamais le conseil scientifique. Afin de
renforcer ses interactions avec le conseil d?administration, il pourrait lui proposer des sujets
scientifiques d?intérêt sur lesquels son avis pourrait être sollicité et qui pourraient éclairer les
décisions du CA. Un suivi devrait être mis en place pour identifier et compiler les documents de
travail et comptes-rendus issus des réunions du conseil scientifique, afin d?en assurer la publicité
et de permettre une meilleure circulation des informations dans l?ensemble des instances
impliquées.
30 Qui prévoit qu?il « contribue notamment à l'évaluation des activités de l'établissement en matière de recherche et
d'exploitation des résultats de celle-ci ».
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000039726400
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000039726400
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041463273
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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(OFB, tutelles) S?assurer que le conseil scientifique assure l?intégralité
de ses missions, à savoir éclairer le conseil d?administration dans la définition de la
politique scientifique de l'établissement, contribuer à l'évaluation des activités de
l'établissement en matière de recherche et d'exploitation des résultats de celle-ci, de
formation, de diffusion et de valorisation de la recherche, veiller à la coordination des
politiques scientifiques des établissements publics rattachés à l'office.
4.1.2 Mieux se positionner dans le dispositif national de recherche et
renforcer les partenariats avec les organismes de recherche
L?OFB contribue à orienter les priorités de recherche sur l?eau et la biodiversité selon diverses
modalités d?influence : participation aux agences de programmation de la recherche nationale sur
l?eau 31 et la biodiversité 32 , aux comités de programmation nationaux de l?ANR, aux actions
recherche de la SNB 2030, à la feuille de route recherche et innovation biodiversité et eau 2022-
2027 BRIEAU? Il soutient des projets de recherche et organise des appels à projets au niveau
national comme européen dans le cadre du partenariat Biodiversa+33.
En parallèle, l?OFB pourrait s?insérer plus efficacement dans le paysage des acteurs français de la
recherche, en identifiant de nouveaux projets collaboratifs, en alignant ses critères de financement
et en mettant en place des mécanismes pour attirer des financements complémentaires et limiter
la concurrence interne avec les dispositifs de l?ANR ou de l?ADEME. L?OFB noue des partenariats
dynamiques avec chacun des acteurs du paysage de la recherche française sur la biodiversité et
l?eau, accords-cadres ou conventions de collaboration qui aux dires de plusieurs partenaires
méritent d?être renforcés et facilités au niveau national comme dans les territoires (par exemple
dans le cadre des Programmes et équipements prioritaires de recherche, PEPR, dont au moins
deux concernent directement la biodiversité) et pourrait s?appuyer sur la mobilisation d?acteurs
régionaux. L?OFB conduit des projets de recherche appliquée dans ses pôles recherche et
développement34, avec le MNHN à travers les cellules recherche expertise?. Ces partenariats
pourraient être renouvelés à l?aune d?une stratégie de priorisation plutôt que d?opportunité (voir
annexe).
(OFB) Renforcer les synergies avec les partenaires scientifiques, Ã
travers le renouvellement d?accords de partenariats ciblés sur les questions de recherche
prioritaires qui répondent aux enjeux identifiés dans les rapports de l?IPBES ou les
prospectives scientifiques nationales sur l?eau et la biodiversité.
4.2 Le futur COP doit accroître l?appropriation de la connaissance
4.2.1 Une activité de recueil de données de terrain à rendre accessible
L?OFB dispose de dispositifs de surveillance, d?observation et d?expérimentation sur le terrain :
réseaux de suivi à long terme, sites de démonstration et territoires d?étude. Il pilote trois systèmes
31 Agralife, confiée à INRAE.
32 Climat, biodiversité et sociétés durables, confiée au CNRS.
33 Exemple Biodiv Mon, qui vise à améliorer la surveillance de la biodiversité et des changements écosystémiques
au niveau transnational pour la science et la société.
34 Ecosystèmes lacustres avec INRAE, migrateurs amphihalins avec INRAE, éco hydraulique avec le CNRS,
systèmes d?information sur l?eau avec le BRGM.
PUBLIÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/LBV%2010-10-V5-BRIEau_feuille%20de%20route.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/LBV%2010-10-V5-BRIEau_feuille%20de%20route.pdf
https://www.inrae.fr/Agralife
https://www.cnrs.fr/fr/le-cnrs/missions/agenceCBSD
https://www.biodiversa.eu/2022/10/07/2022-2023-joint-call/
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d?information fédérateurs sur la biodiversité et l?eau 35 et assure le rapportage national des
directives européennes dans ces domaines. Il recueille, structure dans des standards ouverts
réutilisables et exploitables par les systèmes d'information internationaux et met à disposition
gratuitement les informations issues de nombreux partenaires publics et associatifs.
Patrinat diffuse auprès du grand public l?Inventaire National du Patrimoine Naturel - INPN,
plateforme nationale du système d'information de l'inventaire du patrimoine naturel - SINP, portail
d?accès aux données sur les espèces et les milieux. Cet inventaire associe scientifiques,
collectivités territoriales, naturalistes et associations.
De multiples autres actions36 sont menées mais l?information est souvent éparse, en dépit du rôle
d?agrégateur de la connaissance sur l?eau et la biodiversité investi par l?OFB. L?Observatoire
national de la biodiversité, l?ONB, avec son bilan et ses indicateurs, et l?INPN s?adressent plutôt au
grand public qu?aux chercheurs faute de données à des formats exploitables pour la
recherche : cela complique par exemple l?intégration des données biodiversité au Green data for
health (plateforme de données environnementales pour la recherche en santé). Les autres portails
d?accès comme le système d?information sur l?eau restent plutôt réservés à des techniciens et d?un
abord peu aisé.
Dans ce paysage foisonnant, l?OFB pourrait explorer avec l?ADEME les possibilités de
mutualisation des systèmes d?information, notamment en exploitant l?outil SOFIA37 pour créer une
interface commune et faciliter le suivi des projets de recherche et la capitalisation des
connaissances. Il faudrait au préalable que les données sur la biodiversité soient intégrées à la
base de données utilisée par SOFIA. L?objectif serait de proposer un système centralisé accessible
par l?ensemble des parties prenantes afin de recenser et partager les études, rapports et
indicateurs produits par les différents acteurs nationaux publics intervenant dans le cadre de la
transition écologique, dont l?OFB, pour éviter les doublons et renforcer la cohérence des actions
menées. L?adhésion à des partenariats structurants avec d?autres acteurs institutionnels pourrait
venir enrichir la base de connaissance commune et permettre de bénéficier d?expertises
complémentaires. Il y a incontestablement un besoin d?organiser la connaissance et les
méthodologies pour faciliter leur appropriation par les différents acteurs38. En complément, le futur
COP devrait améliorer la lisibilité des systèmes d?information sur l?eau et la biodiversité (voir
annexe).
Pour améliorer la lisibilité des systèmes d?information, plusieurs pistes pour le futur COP ont été
identifiées :
? Renforcer la transversalité de la donnée en interne : améliorer les liens entre les différentes
directions, faire en sorte que les indicateurs développés alimentent les centres de res-
sources.
? Renforcer la visibilité externe des travaux de l?OFB sur les données (certains observatoires
comme celui du prix de l?eau n?étant pas clairement identifiés comme étant gérés par
l?OFB,), renforcer l?accessibilité, faciliter l?exploitation par les non-spécialistes, améliorer la
communication en développant des notes d?enjeux et de synthèse pour rendre les données
35 Nature France, le site de l?Observatoire national de la biodiversité ? ONB, complété par des données sur la
présence d?espèces sauvages en métropole sur le portail cartographique Carmen - Cartographie du Ministère de
l?Environnement), les milieux marins (système d'information sur les milieux marins - SIMM), l?eau et les milieux
aquatiques (portail Eau France).
36 Exemples : Patrinat pilote, en partenariat avec l?IGN, l?Université Jean Monnet de Saint-Étienne et le réseau des
conservatoires botaniques nationaux, la cartographie nationale des habitats naturels (CarHab) qui couvre 70
départements, ou publie un guide de recommandations pratiques sur l?ADN environnemental pour le suivi des
fleuves et des rivières, pour améliorer l?inventaire et le suivi de la biodiversité depuis l?échantillonnage jusqu?Ã
l?interprétation des résultats.
PUBLIÉ
https://inpn.mnhn.fr/accueil/index
https://naturefrance.fr/
https://www.milieumarinfrance.fr/
https://www.eaufrance.fr/les-donnees-des-sites-eaufrance
https://inpn.mnhn.fr/viewer-carto/CarHab/
https://www.patrinat.fr/fr/actualites/un-guide-pratique-adne-pour-le-suivi-des-fleuves-et-des-rivieres-7343
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plus compréhensibles par les citoyens et les acteurs et en renforçant la collaboration avec
la direction de la communication de l?OFB.
? Améliorer la coordination entre les différents producteurs de données pour faciliter leur
intégration dans les systèmes d?information fédérateurs, valoriser le rôle d?intermédiaire
technique joué par la direction Surveillance, évaluation, données (DSUED) entre les diffé-
rents acteurs de la biodiversité, collaborer plus étroitement avec des plateformes comme
celle de l?IGN, renforcer les collaborations : poursuivre le développement de l?alliance entre
opérateurs publics, approfondir la participation aux initiatives comme le Green Data for
Health.
? Améliorer la standardisation des protocoles de collecte, structurer les données sur les pres-
sions en développant la connaissance sur les prélèvements en eau, améliorant les don-
nées sur les usages et pressions sur la biodiversité, explorer de nouveaux champs en dé-
veloppant la mesure de la biodiversité des sols et cartographiant les habitats, notamment
marins, moderniser les techniques de collecte en étendant l?utilisation de l?ADN environne-
mental et développant l?interprétation d?images.
4.2.2 Un besoin d?indicateurs d?état de la biodiversité
Il serait extrêmement pertinent de se doter d?un indicateur intégré de l?état de la biodiversité pour
sensibiliser le public au sujet et permettre l?information des décideurs, y compris pour appréhender
l?effet des politiques publiques de préservation de la biodiversité et les impacts liés aux activités
humaines. Ce sujet complexe fait l?objet de nombreux débats scientifiques, et politiques dans le
cadre du suivi du cadre mondial pour la biodiversité. L?OFB s?insère dans un cadre national,
européen et mondial et ses ministères de tutelle pourraient lui confier un travail d?appropriation
nationale d?un tel indicateur.
Pour mesurer l?état de la biodiversité, l?indicateur agrégé MSA - Mean Species Abundance39
pourrait constituer une métrique intéressante, en le complétant d?indicateurs plus spécifiques de
localisation de hotspots de biodiversité, de proximité de réserves naturelles ou d?enjeux liés à l?eau,
à la désertification, etc. et d?approches qualitatives, à l?image de ce qui existe pour le climat. Le
suivi de la biodiversité nécessite également d?établir un cadre intellectuel complet permettant
l?analyse à un instant t, la projection sur une trajectoire, la comparaison entre différents secteurs et
avec d?autres pays. Pour l?instant, l?idée d?un indicateur agrégé unique est néanmoins jugée peu
opérationnelle par l?OFB, l?approche privilégiée consistant à développer plutôt des cartographies
d?enjeux et de pressions. Pour autant, le règlement « restauration de la nature » (RRN) s?appuie
sur des indicateurs d?état des écosystèmes dont un indicateur obligatoire qui est l?indice des
oiseaux agricoles ou forestiers selon la typologie d?écosystèmes. La SNB 2030 propose quant Ã
elle des indicateurs clés dont l?abondance des populations d?oiseaux communs spécialistes par
milieux agricoles, forestiers et urbains (STOC). Ces indicateurs mériteraient de compléter
l?indicateur MSA dans les indicateurs de contexte du COP.
Le nouveau COP devra également adopter des indicateurs mesurant l?impact des politiques
publiques portées par l?OFB en faveur de la biodiversité : cohérence avec les ?indicateurs boussole?
de la SNB et ceux du RRN, en particulier développement un outil de rapportage sur la restauration
active pour recenser les bonnes pratiques, suivre l?efficacité et répondre aux exigences du
règlement européen, objectivation de l?action sur des indicateurs mesurables40.
4.2.3 Des connaissances à mieux capitaliser et valoriser
L?OFB déploie plusieurs outils complémentaires : un portail technique à destination des
39 Cet indicateur, développé par les Pays-Bas, a été retenu comme indicateur complémentaire dans le cadre de
suivi du cadre mondial de la biodiversité.
40 Ex. linéaires de haies restaurés, milieux attractifs pour les espèces à restaurer.
PUBLIÉ
https://professionnels.ofb.fr/fr
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professionnels, principal outil de valorisation, des rapports scientifiques et publications techniques,
des événements. Tous ne figurent pas dans la rubrique connaissance et expertise du site grand
public qui dresse un panorama général sans forcément renvoyer aux pages dédiées ? et dont
l?architecture mériterait sans doute d?être modernisée et enrichie. La question de la fusion des sites
grand public et professionnels pour une meilleure compréhension des multiples terrains d?action
de l?OFB se pose. L?office dispose aussi de neuf centres de ressources thématiques41 : captages,
cours d?eau, espèces exotiques envahissantes, génie écologique, Natura 2000, Outre-mer / Te Me
Um, trame verte et bleue, zones humides, éviter ? réduire ? compenser.
Le conseil scientifique pourrait poursuivre et renforcer le travail collaboratif sur la définition
d?indicateurs intégrés pour mesurer l?impact des actions de l?OFB, tout en prenant en compte les
retours d?expérience et les apports interdisciplinaires. Il pourrait également contribuer Ã
l?amélioration de la communication en valorisant la qualité des recherches et données produites,
de manière à rendre perceptible l?impact réel des actions en faveur de la biodiversité auprès du
grand public et des décideurs.
En tout état de cause, les objectifs du COP actuels ne sont pas positionnés au bon niveau
concernant la diffusion des connaissances scientifiques et techniques. Un indicateur de
performance et d?impact des actions de diffusion des connaissances, plus qualitatif que l?indicateur
actuel sur le nombre de participants aux webinaires et journées d?échange, pourrait y être adossé.
Cet impact pourrait être accru par plusieurs actions : renforcer la médiation scientifique, développer
des scénarios prospectifs sur l?évolution de la biodiversité, valoriser aussi les exemples concrets
de réussites locales en matière de préservation de la biodiversité et communiquer sur la
réversibilité des atteintes à la biodiversité.
Pour renforcer les liens entre la production de connaissance et sa valorisation effective pour
éclairer les politiques publiques, un piste prioritaire pour le futur COP se dessine au vu des
entretiens menés par la mission : renforcer la connaissance sur les politiques prioritaires,
notamment le règlement européen sur la restauration de la nature, et anticiper les évolutions
possibles des missions.
Selon la DGER, qui reconnaît une large marge de progression dans l?expression par la tutelle
agriculture de ses besoins de connaissance, le futur COP pourrait clarifier la stratégie de l?OFB en
matière de connaissance, qui peut être perçue comme une agrégation d?actions individuelles plutôt
qu?une politique scientifique structurée. La valeur ajoutée scientifique de l?OFB dans certains do-
maines, par exemple dans le cadre du plan Ecophyto, n?est pas exploitée pour l?instant. Il y a éga-
lement un chaînon manquant entre la donnée brute et son utilisation pédagogique. La collecte de
données et la gestion de systèmes d?information sont reconnues comme un point fort, mais là aussi
le positionnement mérite d?être clarifié : l?OFB, référence en matière de biodiversité, pourrait mieux
valoriser et diffuser ses connaissances auprès du monde agricole.
(OFB, tutelles) Mieux valoriser et exploiter les chiffres de l?observatoire
national de la biodiversité (ONB) et mieux faire connaître les systèmes d?information et
données gérés et centralisés par l?OFB. Développer des indicateurs d?état de groupes
d?espèces « sentinelles » en lien avec les indicateurs proposés au niveau européen et
national et se donner un objectif de développement à cinq ans d?un indicateur composite /
agrégé de suivi de l?état de la biodiversité (type Mean Species Abundance).
4.2.4 La connaissance en appui aux politiques publiques
L?OFB a pour mission d'accompagner et d'apporter son appui aux acteurs publics42, privés et à la
41 Certains liens ne sont pas opérationnels sur le site grand public.
42 Ministères, agences, collectivités territoriales, institutions européennes et internationales.
PUBLIÉ
https://professionnels.ofb.fr/fr
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société civile pour la conception, la mise en oeuvre et l?évaluation des politiques publiques
(stratégies nationales notamment). Cette tâche suppose de partager les résultats de recherche
pour éclairer la décision et le débat publics et en retour de nourrir la recherche avec de nouveaux
questionnements, connaissances et données dans les domaines de l?eau et de la biodiversité.
Certaines actions de surveillance de l?OFB viennent directement en appui de mission de police.
C?est le cas du réseau SAGIR qui s?articule avec les missions de police sanitaire de l?OFB, et inclut
des surveillances renforcées de certaines maladies réglementées sur la faune sauvage, en
particulier des agents pathogènes transmissibles à l?homme et/ou partagés par la faune sauvage
et les animaux domestiques. Dans ces missions, l?OFB joue un rôle essentiel de par son
implantation territoriale et son expertise en matière de faune sauvage. Le partenariat avec le
ministère en charge de l?agriculture (DGAl) qui porte ces sujets de protection sanitaire sera sans
doute à renforcer dans les années à venir de fait de la recrudescence de certaines zoonoses.
L?OFB pourrait, en termes de valorisation, donner plus de visibilité à ses actions : ainsi, les
différentes expertises scientifiques collectives produites pourraient être rassemblées sur une page
dédiée (on retrouve les revues systématiques de la littérature scientifique sur le site de Patrinat).43
On peut retrouver de nombreuses actions de connaissance en appui aux politiques publiques
dispersées dans les bilans des plans ou stratégies qu?elles alimentent44. Les pistes évoquées par
les acteurs auditionnés pour renforcer ce volet sont listées en annexe.
En matière de connaissance sur les aires protégées, devant l?urgence d?agir face aux obligations
européennes (échéance 2026-2027), les risques de contentieux voire de suspension de la pêche
dans les zones Natura 2000, il est essentiel de faciliter l?accès pour l?OFB aux données détenues
par les acteurs économiques, notamment les pêcheurs.
4.2.5 Le transfert de la connaissance aux acteurs, clé de l?action
La production de nouvelles connaissances par l?OFB est accompagnée par des démarches de
recherche-action ou de recherche partenariale, impliquant directement les acteurs de terrain45. Une
piste de réflexion pour accroître l?impact de ces projets serait d?intégrer son évaluation dès la
conception du projet, en recourant le cas échéant à une méthodologie spécifique46.
Par ailleurs, en matière de données, le futur COP pourrait améliorer leur appropriation par les
acteurs en les sollicitant leur intégration dans les outils déjà utilisés par les aménageurs de territoire
comme la géo plateforme nationale de l?IGN.
43 Autre exemple : le projet Explore 2 sur l?adaptation au changement climatique de la gestion de l?eau, soutenu par
l?OFB, est valorisé de manière pédagogique (vidéos) sur les sites du copilote INRAE et du ministère de la transition
écologique, mais uniquement sur le portail professionnel de l?OFB.
44 Ainsi dans le bilan 2024 de la SNB 2030, on apprend que l'Observatoire national de l'éolien en mer, mis en oeuvre
par l'OFB et l'Ifremer, a financé, depuis 2022, 34 projets de valorisation et d'acquisition de nouvelles connaissances
sur le milieu marin et les impacts de l'éolien en mer sur les écosystèmes marins et côtiers.
45 Par exemple le programme Remmoa qui recense et suit l?évolution de la faune marine dans les eaux tropicales
françaises, et étudie l?impact des activités humaines, mais vise aussi à identifier les habitats prioritaires pour la
création et la délimitation ou la gestion d?aires marines protégées ou de sanctuaires pour les mammifères marins.
En 2024, un observatoire des énergies renouvelables - ENR, et de la biodiversité a été créé en application de la
SNB 2030 et de la loi n? 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies
renouvelables. Mis en oeuvre conjointement par l'OFB et l?ADEME, il réalise des bilans de la connaissance
scientifique et technique des incidences des ENR terrestres sur la biodiversité, les sols et les paysages et des
solutions de remédiation possibles, ainsi que des expertises ou études ciblées ponctuelles. Il assure également le
transfert des connaissances acquises via un centre national de ressources. Ces actions sont réalisées en
partenariat avec des équipes de recherche (dont Patrinat), les industriels, la fédération des parcs naturels régionaux,
les ONG, etc. Elles visent à accompagner les parties prenantes dans la conciliation de la transition énergétique en
cours, avec les objectifs de préservation de la biodiversité, des sols et des paysages.
46 De type Analyse des impacts sociétaux de la recherche - ASIRPA, développée par INRAE, basée sur une
approche anticipatrice en temps réel et des études de cas a posteriori.
PUBLIÉ
https://www.ign.fr/geoplateforme
https://www.inrae.fr/actualites/explore2-life-eauclimat-cles-ladaptation-gestion-leau
https://www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/pelagis-2/les-programmes/remmoa/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047294244/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000047294244/
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Enfin, outre son portail technique, l?OFB propose, pour faire connaître les avancées scientifiques,
la revue trimestrielle technique « Biodiversité, des clés pour agir ». Mais elle est d?accès payant,
réservée aux professionnels en prise directe avec la gestion des territoires. On peut souhaiter
qu?elle soit accessible gratuitement.
PUBLIÉ
https://www.ofb.gouv.fr/revue-biodiversite
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5 Troisième orientation stratégique : la mobilisation des
parties prenantes, une mission encore récente
Confiée à l?OFB au moment de sa création en 2020, comme le souligne la Cour des comptes, la
mobilisation de la société, des acteurs économiques (entreprises) et des collectivités locales et
territoriales est encore émergente. De fait, si plusieurs dispositifs et stratégies existent, (de la sen-
sibilisation à l?éducation jusqu?à des processus de quasi-labellisation), toutes ces démarches re-
posent d?abord sur le volontariat des parties prenantes, et les outils ne paraissent pas toujours
adaptés à la mission.
Il apparaît aujourd?hui nécessaire de se reposer la question des objectifs de cette mission : quelles
cibles, quels messages, pour quels résultats ? Comment définir une partie prenante mobilisée ?
Il semble désormais indispensable d?adapter à chaque « cible » des approches et stratégie
spécifiques plus centrées sur « l?intérêt à agir » de chaque segment d?acteurs. Pour cette stratégie
d?influence que doit conduire l?OFB, l?enjeu principal doit être de construire des argumentaires et
démonstrations basés sur des outils et méthodes démontrant plus et mieux l?intérêt à agir pour
protéger et restaurer la biodiversité, en incluant la création de valeur socio-économique générée
par la biodiversité.
A ce titre, l?OFB, en collaboration avec ses tutelles, doit probablement se renforcer sur ses
compétences en matière d?étude et de diffusion de connaissances en sciences humaines et
sociales, en économie de l?environnement et sur les multiples valeurs de la biodiversité47. Il est vrai
que, pour les décideurs publics ou en entreprise, évaluer les externalités liées à la biodiversité et
à l?eau et connaître les meilleures manières de les internaliser est peut-être l?argument majeur pour
susciter l?engagement. L?OFB est réputé pour les compétences qu?il maîtrise et diffuse en matière
naturaliste (un de ses coeurs de métiers) et développe souvent ces argumentaires d?ordre
biologique et écologique dans des approches basées sur la science. Il y a sans doute une valeur
ajoutée pour lui à investir aussi les arguments socioéconomiques, comprenant la santé, les
paysages et la qualité de vie, les bénéfices et risques, pour convaincre et mobiliser plus
efficacement les acteurs.
5.1 Un programme d?intervention qui n?est pas centré sur la
mobilisation
L?OFB dispose d?un programme d?intervention conséquent : environ 300 M¤ (dont Ecophyto). La
répartition de cette enveloppe est illustrée dans le graphique ci-dessous.
47 Rapport sur l?estimation des valeurs de la nature (instrumentales, intrinsèques et relationnelles), IPBES, 2022.
PUBLIÉ
https://www.dropbox.com/scl/fo/zpmb0wpww07aiidjxp052/AP3QmNpg1xwagfwwUXx1ZAc?dl=0&e=1&preview=20220709+French+Media+Release+Values+Assessment+FINAL.pdf&rlkey=m7ywyonwzap9l7gtaz883yyof
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Evolution en 2024 des autorisations d?engagement en intervention par grand thème
Ce graphique met en évidence qu?une large part de ces crédits est consacrée au soutien en
fonctionnement des parcs nationaux et marins.
Autour de 40 M¤ (autorisations de programme 2024) sont consacrés à la mobilisation (la part
« appui aux stratégies et écocontribution), soit un peu plus de 10% des crédits d?intervention, ce
qui semble peu. La mission n?a pas été en mesure de réaliser d?étude plus détaillée. Une répartition
clarifiée et détaillée par action et bénéficiaire de ces 40 M¤ serait utile.
On peut noter le budget (en crédits de paiement) de 12 M¤ consacré à l?intervention auprès des
communes (atlas communaux de la biodiversité). Le budget dédié aux entreprises est de 2,2 M¤
(crédits de paiement), bien inférieur à la force de frappe des agences de l?eau par exemple.
En tout état de cause, l?OFB est dans une démarche proactive de recherche de fonds et fait appel
à des initiatives originales en la matière (exemple de « mission nature », le loto de la biodiversité).
5.2 Le programme EFESE, un levier de mobilisation des parties
prenantes
Dans le cadre du prochain COP de l?OFB, les travaux d?EFESE (l?Évaluation française des
écosystèmes et services écosystémiques) sur la valorisation des services écosystémiques peuvent
servir à mobiliser les entreprises et les collectivités territoriales, à condition d?être mieux intégrés
comme outil de démonstration de la valeur socio-économique des actions en faveur de la
PUBLIÉ
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biodiversité et de l?eau48.
Il s?agit donc de traduire les résultats d?EFESE en arguments opérationnels et valorisables49 pour
les acteurs et d?adapter les messages par public cible :
? Pour les collectivités : mettre en avant des co-bénéfices des politiques de biodiversité pour
la santé, la résilience climatique, le tourisme, la gestion des risques naturels, etc. et en
intégrer les résultats dans les outils de planification territoriale (SRADDET, SCOT, PCAET,
SAGE, etc.) pour en faire un référentiel d?aide à la décision.
? Pour les entreprises : valoriser plus et mieux les services écosystémiques qui soutiennent
ou découlent de l?activité économique (ex. : pollinisation, qualité de l?eau, réduction des
risques d?inondation, régulation climatique) ainsi que les externalités négatives induites par
leur activité. La première étape pourrait consister à créer des fiches sectorielles (agriculture,
BTP, tourisme, cosmétique, textile, industrie, aménagement du territoire, etc.) en montrant
les liens entre performance économique et santé des écosystèmes. L?image de l?entreprise
est également un levier pour l?inciter à se mobiliser en faveur de la biodiversité.
Pour consolider ces argumentaires en les ancrant dans les territoires, des évaluations localisées
des services écosystémiques peuvent être réalisées par les agences régionales de la biodiversité
(ARB) et certaines collectivités pilotes.
(OFB, DEB, CGDD) Utiliser les travaux issus de l?Évaluation française
des écosystèmes et services écosystémiques comme levier stratégique de la mobilisation
et de l?engagement des entreprises et collectivités, en leur permettant d?évaluer leurs
externalités (positives ou négatives). Concevoir sur cette base une méthode d?aide à la
décision pour appuyer ces parties prenantes dans l?élaboration de plans d?action.
Des indicateurs possibles de mise en oeuvre de cette recommandation seraient le nombre ou la
proportion d?entreprises et/ou de collectivités mobilisant le programme EFESE (étude ex ante et
ex post, projets, investissements) et/ou l?indicateur, ratio de territoires engagés pour la nature (TEN)
et d?entreprises engagées pour la nature (EEN) évalués selon une méthode d'évaluation des
services écosystémiques à construire par l?OFB et gains socioéconomiques associés à ces
démarches.
L?indicateur de la SNB 2030 suivant serait également pertinent pour le futur COP : nombre
d'entreprises engagées pour la nature ayant déposé un plan d?action ambitieux en faveur de la
biodiversité avec une cible totale de 300 en 2025 et 5 000 en 2030 (plans d'actions).
5.3 Pour les collectivités, privilégier résolument le niveau régional et
intercommunal
5.3.1 Dans les territoires, mieux structurer les agences régionales de la
biodiversité et leurs leviers de mobilisation de l?OFB à leur niveau
A la suite de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août
48 Depuis 2019 et son entrée en phase 2, EFESE est devenue un programme à la fois plus stratégique, avec un
cadre conceptuel qui a évolué selon les critères de la SNB d?une part et du RRN d?autre part - et réellement
opérationnel, avec des projets pilotes (ex. ID-EFESE en Île-de-France) pour intégrer les services écosystémiques
dans les décisions territoriales.
49 Pour une présentation complète d?EFESE : https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/levaluation-
francaise-ecosystemes-services-ecosystemiques
PUBLIÉ
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2016 (article L131-9 du Code de l?environnement) et afin de coordonner leurs actions, l?OFB et les
régions peuvent mettre en place conjointement, dans le cadre d'une convention signée entre les
parties, des agences régionales de la biodiversité auxquelles peuvent notamment s'associer les
départements et les collectivités territoriales exerçant les compétences des départements. Elles
peuvent être constituées en établissements publics de coopération environnementale?»50. La loi
confie également aux régions la responsabilité d?élaborer une Stratégie régionale pour la
biodiversité (SRB). Les ARB sont destinées à soutenir et suivre sa mise en oeuvre.
L?idée de base est de démultiplier l?action de l?OFB sur les champs non assumés par les DR et
conforter les missions en collaboration avec la région, chef de file en matière de biodiversité, avec
l?appui de l?OFB.
La majorité des ARB ont été constituées sous le statut d?établissements publics de coopération
environnementale (EPCE). Certaines, notamment en Normandie, sont structurées en Groupement
d'intérêt public (GIP)51.
Le dernier bilan de création des ARB disponible sur le site internet de l?OFB, en date de juillet 2023,
montre que 11 régions sur 18 sont dotées d?une ARB. Un processus de constitution (accords
partenariaux régionaux) est engagé dans cinq autres. Le processus est en phase d?émergence en
Guyane et en Corse. S?il n?existe pas de bilan normalisé des ARB, certains territoires publient des
rapports d?activité annuels (exemple : ARB Centre-Val-de-Loire, ARB Normandie). Cependant, il
n?existe pas d?évaluation nationale (éventuellement comparative) publiée pour les ARB à date. De
fait, l?intensité de l?activité et la performance des ARB, ainsi que leurs niveaux de compétences52,
ne fait aujourd?hui l?objet d?aucune évaluation.
La mission préconise qu?un processus de diagnostic/évaluation des ARB soit engagé et que, pour
chacune d?entre elles, des tableaux de bord sur les collaborations à rechercher, les actions Ã
privilégier et les compétences à acquérir soient constitués et suivis ; ceci permettant l?échange
d?expérience. L?OFB pourrait réunir les ARB régulièrement au-delà de rencontres annuelles.
La mission a pu noter la disparité du niveau de coopération avec la région, selon la présence d?une
l?ARB bénéficiant de l?appui (notamment financier) de la région comme en Normandie ou
l?existence d?un simple accord de partenariat avec une région limitant son engagement comme en
Auvergne-Rhône-Alpes. L?OFB, au niveau siège, éventuellement relayé par ses DR, pourrait pallier
le manque d?implication de certaines régions en investissant plus le champ de la mobilisation des
acteurs et en identifiant d?autres relais (départements, agglomérations?).
5.3.2 Privilégier les atlas de la biodiversité intercommunaux avec plans
d?action
Conçus à la base comme des outils d?inventaires de la biodiversité au niveau local, les ABC sont
très vite apparus comme un des outils principaux de mobilisation des collectivités actuellement
déployé par l?OFB. Ils semblent avoir le mérite de mettre en évidence les enjeux liés à la
biodiversité pour les territoires étudiés. Mais l?efficience des projets qui peuvent en découler semble
dépendre beaucoup de la qualité de l?accompagnement par des « prestataires » d?une part, et
éventuellement par les ARB d?autre part. Il semble nécessaire de mobiliser au niveau
intercommunal sur ce dispositif, mais également de favoriser, voire systématiser, les ABC tournés
vers l?action. Un indicateur qui pourrait être introduit dans le COP serait le nombre d?ABC financés
ayant conduit à la modification voire à la révision de documents d?urbanisme ? a minima une
intégration dans les PLU - ou à la mise en oeuvre d?actions spécifiques favorables à la biodiversité
(travaux de restauration?). De plus, les méthodes d?évaluation ex ante et ex post des éventuels
plans d?action qui en découlent semblent manquer d?homogénéité quand ces évaluations ont
50 Ministère de la transition écologique, par exemple sites Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée.
51 Agence Normande Biodiversité.
52 Eventuellement mutualisables ou échangeables sous forme de retours d?expérience.
PUBLIÉ
https://www2.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-biodiversite?utm_source=chatgpt.com
https://www.laregion.fr/L-Agence-Regionale-de-la-Biodiversite-un-outil-majeur-pour-mettre-en-oeuvre-la-SrB?utm_source=chatgpt.com
https://www.anbdd.fr/lagence/qui-sommes-nous/?utm_source=chatgpt.com
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effectivement eu lieu.
5.4 Pour les entreprises, cibler les secteurs/filières professionnels
pour lesquels la biodiversité est « matérielle » au sens de la
directive CSRD
5.4.1 Mobiliser les entreprises des secteurs/filières en s?appuyant sur les
méthodes d?analyse de la directive CSRD
Le dispositif actuel « Entreprises Engagées pour la Nature » (EEN) est basé avant tout sur le
volontariat d?entreprises de tous secteurs/filières53 et de toute taille : grandes entreprises, ETI,
PME? Aujourd?hui, on compte un peu moins de 400 entreprises engagées, pour un objectif de
500 à 2025 fixé dans le COP et un objectif de 3 000 à 2030 fixé dans la SNB. Au-delà de l?inscription
obligatoire de la protection de la biodiversité dans la stratégie des entreprises labellisées EEN,
celles-ci s?engagent à mettre en oeuvre des plans d?action sur deux ou quatre ans, dont les résultats
sont évalués par un comité des parties prenantes.
Trois problèmes majeurs se posent sur ce dispositif :
? Le principe du volontariat ne mobilise au final que les entreprises déjà investies et surtout
vise des entreprises de tous secteurs et de toutes tailles, sans notion de priorité ou d?utilité
pour la biodiversité.
? Il y a un éparpillement des efforts en l?absence de ciblage.
? Il n?existe pas de critères de référentiel ou de normes/métriques communes d?évaluation
des plans d?action que peuvent proposer les entreprises engagées. En conséquence, une
véritable évaluation des progrès auxquels s?engagent les entreprises n?est pas possible, ni
intrinsèquement, ni relativement. Les progrès réalisés en matière de préservation/restau-
ration ne sont pas évaluables et, a fortiori, l?amélioration de la situation de la biodiversité
liée aux plans d?actions présentée n?est pas réellement constatable.
Pour à la fois passer à l?échelle en termes d?entreprises engagées et procéder à des mesures et
évaluations selon des critères, méthodes et « métriques » communs ou a minima harmonisés pour
chaque secteur/filière, la mission propose de travailler au niveau des secteurs/filières et de leurs
syndicats et organisations professionnels.
Pour les entreprises, la mission estime qu?il s?agit de mobiliser au niveau des secteurs/filières les
plus concernés, c?est-à -dire ceux pour qui la biodiversité est « matérielle ». La matérialité de la
biodiversité est une notion centrale de la CSRD54 et des ESRS. Elle impose de croiser les deux
prismes suivants (on parle de double matérialité) pour décider quelles informations doivent être
publiées dans le « rapport de durabilité » des entreprises soumises :
53 La notion de « secteur » regroupe de grandes catégories d?activités économiques qui ont des caractéristiques
communes dans une classification par grands ensemble d?activité (ex : agriculture, énergie, BTP et matériaux?).
Les filières regroupent l?ensemble des étapes et acteurs liés à la production, transformation, distribution et
consommation d?un produit ou service selon une logique de chaîne de valeur (ex filière bois, agroalimentaire,
services informatiques, automobile?). Les branches sont avant tout une notion « sociale » en matière de
ressources humaines et de formation. Par convention, concernant les entreprises, la mission parle de
secteurs/filières sur les sujets économiques (rapportage extra financier, EFESE) et de « filières/branches »
s?agissant de développement sur la formation professionnelle et les autres processus de ressources humaines.
54 Comptabilité extra financière ; CSRD : Corporate Sustainability Reporting Directive, destinée à harmoniser le
rapportage de durabilité des entreprises et d'améliorer la disponibilité et la qualité des données ESG
(environnementales, sociales et de gouvernance) publiées.
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? Matérialité d?impact ("inside-out") : comment l?entreprise impacte l?environnement, la so-
ciété et les personnes, positivement ou négativement (ex. : un projet d?exploitation fores-
tière qui détruit un habitat naturel et son impact sur la biodiversité).
? Matérialité financière ("outside-in") : comment les enjeux environnementaux, sociaux et de
gouvernance impactent la performance, la position ou les perspectives financières de l?en-
treprise (ex. : perte de valeur d?actifs à cause de nouvelles réglementations sur l?utilisation
des sols, risque de réputation lié à la destruction d?un écosystème, perturbation de la
chaîne d?approvisionnement par la disparition de pollinisateurs).
Lorsque la (double) matérialité sur l?ESRS E4 est établie ? rapportage obligatoire ? pour une
entreprise, celle-ci doit publier des informations sur ses impacts sur la biodiversité et les
écosystèmes, et sur les risques financiers et opportunités liés à la biodiversité.
L?analyse doit inclure ces informations dans son « rapport de durabilité » lui-même inclut dans le
rapport financier. C?est sur la base de ce rapport que l?entreprise établit son plan de transition,
partie intégrante de sa stratégie.
Plusieurs outils existent qui peuvent répondre aux impératifs de mesure de la directive CSRD en
matière de biodiversité55. L?OFB développe avec l?ADEME ACT une méthodologie destinée aux
entreprises pour l?évaluation de l?efficacité de leur stratégie en faveur de la biodiversité à l?instar de
ce qui existe sur le climat : ACT biodiversité. Cette méthodologie devrait également intégrer toute
la chaîne de valeur afin de permettre à une entreprise d?inclure l?impact de ses fournisseurs et de
ses clients dans sa démarche, en s?inspirant de ce qui existe déjà sur les émissions carbone.
Un autre outil, le Global Biodiversity Score (GBS), a été développé par CDC Biodiversité afin de
permettre aux entreprises et aux institutions financières de mesurer leur empreinte biodiversité.
Sur cette base, les empreintes biodiversité d?entreprises d?un même secteur peuvent faire l?objet
de comparaison sur des bases objectivées et leurs trajectoires peuvent être suivies. Grâce à ces
outils, les entreprises peuvent mesurer les impacts et dépendances sur l?ensemble de la chaîne
de valeur.
(OFB, tutelles) Cibler le dispositif « entreprises engagées pour la
nature » sur les secteurs / filières / entreprises identifiés comme prioritaires au vu de leurs
impacts sur la biodiversité en utilisant la méthode d?analyse de la directive européenne
relative à la publication d'informations en matière de durabilité.
5.5 Investir le champ de la formation professionnelle continue
L?OFB a un rôle stratégique à jouer pour favoriser l?intégration des enjeux de biodiversité dans les
parcours de formation professionnelle continue (entreprises, agents publics notamment territoriaux)
comme il le fait déjà dans la formation initiale (enseignement agricole notamment) 56.
Pour tenter de répondre à cet enjeu qui constitue un « angle mort » de l?action de mobilisation de
l?OFB57 , la mission préconise de mener une action de ciblage des opérateurs de compétences des
filières/branches les plus concernées, et aussi de renforcer les programmes de formation des élus
et agents publics.
55 La norme ESRS E4 "Biodiversité et écosystèmes", publiée dans le cadre de la directive CSRD, fait partie des
ESRS thématiques environnementales.
56 L?OFB admet d?ailleurs qu?il s?agit d?un « angle mort » » dans son action de mobilisation.
57 Selon les propres termes des interlocuteurs de la mission.
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5.5.1 Pour les entreprises, construire des dispositifs de formation et les
promouvoir/proposer aux opérateurs de compétences des branches
ciblées
En privilégiant ici encore une approche ciblant les OPCO (opérateurs de compétences) des
branches et filières pour lesquelles la biodiversité et les services éco systémiques représentent un
enjeu matériel et économique essentiel, c?est-à -dire que les mêmes que citées précédemment58.
Certains secteurs, par essence, sont directement dépendants des services écosystémiques.
L?OFB doit donc structurer une véritable offre de formation ? qui peut aussi être une offre de
formation de formateurs ? aux branches, par l?intermédiaire de leurs OPCO sous un angle double :
? La connaissance naturaliste : développer les savoirs relatifs aux écosystèmes, aux
espèces, aux habitats, aux paysages et aux impacts des activités humaines sur la
biodiversité.
? L?expertise socio-économique : renforcer la compréhension des liens entre biodiversité,
économie (analyse coûts/bénéfices, coût de l?inaction) et services écosystémiques afin de
favoriser des modèles économiques durables.
Pour engager ce processus de construction de dispositifs de formation et de promotion de ceux-ci,
l?OFB pourrait, sur la période du futur COP, engager un certain nombre d?actions :
? Identifier les besoins spécifiques des filières/branches professionnelles clés.
? Développer des kits de formation et des formations de formateurs innovants.
? Poursuivre l?investissement dans la formation professionnelle initiale dans les
établissements d?enseignement agricole. Parallèlement, l?OFB doit poursuivre son
investissement dans le champ de la formation professionnelle initiale, dans les
établissements d?enseignement agricole, pour préparer les générations futures.
Les sujets relatifs aux transitions qu?elles soient écologiques ou agroécologiques, climatiques et
environnementales, sont intégrés et remis à jour régulièrement dans les référentiels des diplômes
dispensés par les lycées et les centres de formation d'apprentis agricoles, et dans les référentiels
des formations agricoles post bac. L?OFB, par l?intermédiaire des ARB, pourrait soutenir des
partenariats entre établissements et agriculteurs locaux engagés dans la transition agroécologique
(stages?).
5.5.2 L?OFB et la formation des élus et agents publics territoriaux : un
partenariat renforcé avec le CNFPT
Les élus et les agents territoriaux ont besoin de compétences renforcées pour intégrer ces enjeux
dans les décisions des collectivités territoriales.
Dans ce cadre, la mission considère que les collaborations avec le CNFPT (Centre National de la
Fonction Publique Territoriale), déjà existantes doivent être renforcées, au-delà des programmes
de sensibilisation, en proposant des modules de formation sur :
? L?intégration de la biodiversité dans les projets d?aménagement : gestion des trames vertes
et bleues, prévention des risques naturels, renaturation des villes.
? Une formation sur les leviers financiers : mobiliser les financements européens (LIFE,
FEADER) et nationaux pour des projets favorables à la biodiversité.
58 L?agriculture, la foresterie, la pêche, l?aménagement du territoire ou encore le tourisme, mais aussi BTP, activités
de carrières et de paysages en général, cosmétiques, textile, etc.
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? Connaissance naturaliste, services éco systémiques, séquence « éviter, réduire, compen-
ser ».
(OFB, tutelles) Investir le champ de la formation professionnelle en
proposant aux opérateurs de compétence des filières / branches les plus concernées et
notamment de l?agriculture, une offre de formation de formateurs combinant formation
naturaliste et en économie de l?environnement, notamment sur la valorisation des services
écosystémiques.
Un indicateur de suivi en lien avec cet objectif opérationnel pourrait être le ratio de filière/branches
professionnelles dépendant de la biodiversité et/ou ayant un impact sur cette dernière ayant adopté
dans leur offre de formation un module "biodiversité - entreprise" mêlant formation naturaliste et
évaluation socioéconomique des actions en matière de protection.
5.6 Définir des profils de citoyens en fonction de leur sensibilité aux
questions relatives à la biodiversité et y adapter les messages
D?une manière générale, de par sa jeunesse et la nouveauté de sa mission de mobilisation
citoyenne, l?OFB souffre d?un réel déficit de notoriété. Dans certains cas, il pâtit d?un facteur
aggravant d?une image détériorée ou déformée. C?est une des conséquences de la crise agricole
de 2024.
Pour mobiliser plus et mieux les différentes catégories de citoyens autour des enjeux de protection
de l?eau et de la biodiversité, une piste pourrait être d?adapter les stratégies de sensibilisation, de
communication et d?engagement aux profils sociologiques et comportementaux des catégories
d?individus. De la même manière, les vecteurs de communication pourraient être adaptés aux
catégories de citoyens à toucher. Enfin, les messages pourraient eux aussi se décliner de manière
différenciée en termes de forme et de contenu.
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6 Des conditions de réussite du COP
6.1 Assurer une stabilité dans le périmètre des missions de
l?établissement et dans ses moyens
La mission souhaite poser comme préalable à l?atteinte des objectifs fixés par le COP la nécessaire
stabilité de l?établissement après plusieurs fusions successives et la réaffirmation de ses
prérogatives de puissance publique au sein d?une police mieux coordonnée avec les autres
services de l?État.
6.2 Adopter un objectif transversal sur la culture commune et
entraîner l?ensemble du personnel
L?objectif est que l?organisation, la gouvernance, les stratégies, plans d?action et systèmes
d?évaluation répondant aux attentes des tutelles, soient connus et intégrés par tous en interne et
portent efficacement les thématiques du COP. Cela repose d?abord sur le développement d?une
démarche participative de co-construction et d?animation du futur COP (groupes miroir des groupes
de travail au niveau direction).
La mission propose l?objectif transversal suivant : poursuivre et achever l?unification interne de
l?OFB et porter une culture commune, où chaque agent se reconnaît dans l?exercice de son métier
et sait situer sa contribution dans le continuum d?action de l?établissement, quelle que soit son
origine. Cet objectif transversal d?organisation et de management vise à fédérer en interne autour
des trois orientations stratégiques et conditionne leur réussite. Il s?agit d?un enjeu capital pour un
établissement encore jeune qui porte une diversité de missions et dont le collectif de travail a pu
se sentir fragilisé dans le contexte récent.
L?opération « raison d?être » de l?OFB nous apparaît comme très pertinente. Les entretiens réalisés
nous ont montré que les agents ne se l?étaient pas totalement appropriée. Concrètement, il s?agit
de :
? Clarifier l?organisation du siège et la transversalité entre services.
? Sur l?orientation stratégique de contribuer à la préservation et la restauration de la biodi-
versité et de la ressource en eau : conforter encore davantage la culture commune en
matière de police.
? Sur l?orientation stratégique connaissance : donner de la visibilité sur des orientations plu-
riannuelles en matière de connaissance.
? Sur l?orientation stratégique mobilisation : stabiliser les stratégies régionales autour
d'enjeux prioritaires pour donner de la visibilité dans le passage à l'action.
? Etablir une cartographie des compétences existantes et des besoins présents et à venir en
la matière afin de disposer de l?expertise nécessaire en appui aux services de l?État.
? Moderniser les outils des fonctions supports et optimiser les processus de gestion.
6.3 Consolider l?ancrage territorial, véritable levier de mise en oeuvre
des politiques publiques
La dimension territoriale de l?OFB constitue un élément indispensable à l?efficacité de son action,
tant en matière de police sous l?égide des préfets et des procureurs qu?en matière d?acquisition de
connaissances ou de mobilisation des acteurs.
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Les services territoriaux représentent environ deux tiers des agents, dont 1700 inspecteurs de
l?environnement en 2023 (d?après le rapport de la Cour des Comptes), sur 3000 agents. Même si
la rationalisation des implantations enclenchée doit se poursuivre, il importe de maintenir la part
des agents présents dans les services territoriaux. C?est essentiel pour développer l?intégration
dans l?écosystème local, maintenir la connaissance des enjeux en matière de biodiversité et d?eau
et apporter son appui aux services de l?État tout en interagissant avec les multiples partenaires
(collectivités, associations, professionnels?).
Plusieurs interlocuteurs nationaux ont souligné la plus-value de cette organisation et tout l?apport
que constitue cette connaissance acquise sur le terrain (Anses, MNHN, INRAE?) qui est
également soulignée dans le rapport Bacci (« La présence des agents sur le terrain constitue en
effet la raison d?être d?un tel établissement, »). Cette présence au plus près des territoires semble
être le garant d?une crédibilité auprès des parties prenantes.
6.4 Intégrer les politiques d?adaptation au changement climatique
Au-delà des aires protégées, l?intégration des politiques d?adaptation du PNACC dans le futur COP
de l?OFB permettra de renforcer la cohérence nationale entre stratégie climatique et stratégie
biodiversité. A l?inverse, d?autres établissements publics comme l?ONF, cette dimension n?est pas
encore très présente dans les approches de l?OFB. A ce titre, favoriser les solutions fondées sur la
nature, promouvoir la restauration des écosystèmes comme levier d?adaptation, déployer des
projets pilotes inscrits dans les priorités du PNACC et évalués pour leur contribution à la résilience
écologique ou encore mobiliser et former les mêmes parties prenantes aux mêmes niveaux aux
politiques et actions d?adaptation semblent indispensables. En termes d?actions ciblées en faveur
de la biodiversité, l?OFB devra, en plus de faire des aires protégées des laboratoires de l?adaptation
ce qui renvoie directement à l?axe 4 du PNACC « Protéger notre patrimoine naturel et culturel » (le
PNACC proposant pour rappel d?expérimenter l?intégration des enjeux d?adaptation climatique
dans les plans de gestion des aires protégées) :
? Favoriser les continuités écologiques et la résilience des écosystèmes, ce qui renvoie plus
spécifiquement à l?action 3 du PNACC qui vise à « préserver ou restaurer des potentialités
permettant à la biodiversité de s?adapter, notamment via le renforcement des continuités
écologiques ».
? Combiner connaissance et réglementation pour intégrer l?adaptation dans les stratégies de
préservation de la biodiversité : action 4 du PNACC.
? Poursuivre et peut-être accentuer les financements ciblés pour des solutions fondées sur
la nature (SFN). Ces contributions financières sont prévues dans le cadre du fonds vert59.
D?autres fonds (fonds Barnier revalorisé, fonds d?adaptation individuel) peuvent
indirectement soutenir la biodiversité via des actions mixtes (ex. lutte contre les inondations,
gestion des milieux naturels). L?OFB pourrait mettre en place un comité de coordination
interne ou missionner le comité d?orientation pour aligner les actions de l?OFB avec les
deux cadres nationaux, peut permettre d?institutionnaliser dans l?organisation interne cette
coordination.
6.5 Différenciation par territoire : mieux prendre en compte les
spécificités ultramarines
Les spécificités ultramarines sont de plusieurs ordres : énormes enjeux de biodiversité en matière
de nombre d?habitats et d?espèces, en particulier marines, de leur niveau de menace, de rareté et
59 Environ 1 milliard d?euros à mobiliser entre 2025 et 2030, dont près de 40 % dédiés aux interventions via les
SFN.
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de protection, pressions locales sur l?eau et la biodiversité différentes de celles rencontrées sur
l?hexagone et particulièrement fortes, organisation de l?OFB inhabituelle avec des services
départementaux placés directement sous l?autorité de la direction centrale au siège à Vincennes
et délégué régional assurant simplement des fonctions de coordination et représentation. Par
ailleurs, l?OFB contribue avec les offices de l?eau à une mission de financement des infrastructures
en eau potable et assainissement collectif pour parvenir à un accès pour tous à des services
publics de qualité.
Les principales suggestions d?amélioration recueillies par la mission portent sur l?organisation
territoriale de l?OFB en Outre-mer. Il s?agit de faire évoluer le modèle organisationnel vers une
structure plus cohérente et lisible, similaire aux directions régionales de l?hexagone :
? Mettre les services de chaque département et région d?Outre-mer (DROM) sous l?autorité
du délégué régional.
? Adapter les moyens humains aux spécificités des missions en Outre-mer et faciliter l?accès
aux financements pour les équipes ultramarines de l?OFB.
? Faire évoluer les modèles de gouvernance des aires protégées comme les parcs marins.
Les intervenants ont suggéré un renforcement des effectifs dans les territoires d?Outre-mer,
soulignant l?importance de la biodiversité ultramarine et la nécessité d?y consacrer des moyens
proportionnés. Les interlocuteurs des collectivités, confrontées à des problématiques spécifiques
(espèces exotiques envahissantes, adaptation au changement climatique), sont parfois basés sur
un autre territoire, ce qui peut limiter l?accompagnement d?initiatives locales innovantes60.
Par ailleurs, à signaler la mission récente de l?IGEDD sur le CAR-SPAW (Centre d?activités régional
pour les espèces et les espaces spécialement protégés de la Caraïbe selon la Convention de
Carthagène61) qui a recommandé d?inclure dans le futur COP l?objectif de son intégration au sein
de l?office.
Diverses pistes d?amélioration du volet biodiversité Outre-mer de l?action de l?OFB sont aussi
ressorties des entretiens menés :
? Renforcer la coordination entre les acteurs de la biodiversité (OFB dont parcs naturels ma-
rins, ONF, parcs naturels régionaux, parcs nationaux, conservatoire du littoral, offices de
l?eau, directions interrégionales de la mer) pour développer des ?éléments de langage par-
tagés? et une vision commune des enjeux : la multiplicité des intervenants peut complexifier
la gestion des problématiques environnementales.
? Adapter les moyens de surveillance aux réalités du terrain, pour mieux gérer les tensions
entre protection de l?environnement et enjeux socio-économiques. Développer une ap-
proche plus équilibrée concernant les sources de pollution marine, en accordant davantage
d?attention aux pollutions d?origine terrestre. Concernant l?application de la réglementation
sur les cétacés, il est suggéré de différencier les approches selon les espèces (dauphins,
baleines, cachalots), de privilégier l?éducation et la sensibilisation plutôt que la répression
systématique et de cibler la répression sur les comportements les plus dommageables.
? Renforcer la participation des collectivités dans les instances de gouvernance des aires
protégées gérées par l?OFB et clarifier les compétences entre les différentes structures
(parcs marins, parcs régionaux, réserves). Maintenir un fonctionnement équilibré des con-
seils de gestion pour qu?ils soient des accompagnateurs des projets et non des censeurs.
60 Exemple du programme ?Réciprocité? de la mairie du Lamentin, approche originale de gestion environnementale,
inspirée par la coopération internationale (jumelage avec Santiago de Cuba).
61 Convention pour la protection et la mise en valeur du milieu marin dans la région des Caraïbes.
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? Améliorer la connaissance scientifique du milieu et des espèces locales, en particulier cé-
tacés et autres espèces marines pour permettre une gestion plus adaptée. Développer des
indicateurs spécifiques aux enjeux ultramarins : espèces endémiques menacées, espèces
invasives et préservation des mangroves en contexte insulaire tropical, suivi de la restau-
ration des écosystèmes sur le long terme. Faciliter l?accès à l?expertise technique sur la
restauration des écosystèmes spécifiques aux Outre-mer, par exemple aux compétences
locales pour la restauration de la mangrove.
? Accentuer la coopération internationale régionale.
? Intégrer davantage la dimension culturelle et historique dans les approches de préservation
de la biodiversité, aspect qui semble particulièrement efficace pour mobiliser les popula-
tions locales.
Sur l?eau, les acteurs ultramarins rencontrés appellent à :
? Renforcer la fréquence des échanges techniques entre l?OFB et les offices de l?eau ultra-
marins, en revenant à un rythme annuel plutôt que bisannuel.
? Améliorer la prise en compte des spécificités ultramarines, par exemple lors des réunions
organisées par l?OFB avec l?ensemble des acteurs de l?eau (offices et agences).
? Renforcer les échanges techniques entre les offices de l?eau et les agences de l?eau hexa-
gonales.
(OFB) Revoir l?organisation Outre-mer : placer les services
départementaux sous l?autorité du délégué régional.
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Conclusion
Comme l?ont rappelé le 17 avril 2025 les deux ministres de tutelle de l?OFB, à l?origine de la
présente mission, « les agents de l?office français de la biodiversité effectuent un travail
indispensable pour mieux connaître et protéger le vivant en France. Par leurs actions d?acquisition
de connaissances, de protection et de contrôle, ils participent à la protection de tous les Français
et des secteurs économiques dépendants des ressources naturelles, comme l?agriculture, la pêche
ou leurs filières industrielles avales. » « Et c?est en travaillant ensemble, sur le terrain, que nous
pourrons bâtir une agriculture à la fois durable, prospère et respectée. »
Même si le bilan de ce premier COP ne permet pas une évaluation de la contribution de l?OFB aux
objectifs de politique publique qui lui sont assignés faute d?indicateurs, il illustre parfaitement la
façon dont l?OFB, jeune établissement public hérité de fusions successives, s?est emparé des
missions essentielles et des multiples rôles qui lui ont été confiés, s?insérant de manière dynamique
et proactive dans un écosystème foisonnant de partenaires scientifiques et de parties prenantes
aux intérêts variés, malgré l?enchaînement de la crise COVID et de la crise agricole qui ont pu
compliquer sa tâche et la façon dont il était perçu.
L?adoption de ce deuxième contrat d?objectifs est l?opportunité pour l?OFB de renforcer son
positionnement, tant au niveau national, en appui aux tutelles dans un cadre transparent et dans
des partenariats mieux ciblés, que dans la coordination locale avec les services de l?État et la
mobilisation différenciée des acteurs. Il s?agit pour l?établissement, en accord avec ses ministères
de tutelle, de redonner de la clarté, des priorités et de l?ambition à ses orientations stratégiques,
tout en renforçant sa culture interne et en se dotant d?objectifs opérationnels et d?indicateurs
concrets, en matière d?activité mais aussi de performance et d?impact sur la biodiversité dans les
territoires. Le nouveau COP est enfin l?occasion pour les tutelles de s?impliquer de manière plus
équilibrée dans le dialogue technique avec l?établissement.
Pour le mener à bien, l?OFB devra être conforté dans son rôle d?opérateur de l?État, de police de
l?environnement, de producteur et de diffuseur de connaissance. L?établissement, qui a déjÃ
absorbé depuis sa naissance les laboratoires d?hydrologie des DREAL, aura aussi besoin d?une
stabilité politique, financière et organisationnelle.
Céline Couderc-Obert
Michel Pascal
Stéphane Hocquet
Inspectrice
Inspecteur général
Inspecteur
Stéphanie Mouriaux
Inspectrice
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
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Annexe 2. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Guérineau Quentin Cabinet MTEBFM Directeur de cabinet 2 avril 2025
Menez Véronique Cabinet MTEBFM Conseillère biodiversité 2 avril et 30 juin 2025
Thibault Olivier OFB Directeur général
7 avril, 5 juin et 30
juin 2025
Charissoux Denis OFB
Directeur général délégué
ressources
7 avril, 5 juin et 30
juin 2025
Guillain Pierre-Edouard
OFB Directeur général délégué
Police, connaissance et
expertise
7 avril et 4 juillet
2025
Cadic Sandrine
OFB
Directrice générale adjointe
Territoires et Outre-Mer
7 avril et 16 mai 2025
Aubel Christophe
OFB
Directeur général délégué
Mobilisation de la société
7 avril et 26 mai 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Lamotte Damien
DEB
Directeur adjoint 9 avril et 30 juin 2025
De Lavergne Célia
DEB
Directrice 15 avril 2025
Soubelet Hélène
FRB
Directrice générale 17 avril 2025
Couvet Denis
FRB
Président 17 avril 2025
Dunand Arnaud
DGPE Sous-directeur
Performance
environnementale et
valorisation des territoires
18 avril et 30 juin
2025
Campistron Marie-Luce
DGPE Sous-direction Performance
environnementale et valorisation des
territoires
Adjointe au sous-directeur
18 avril et 30 juin
2025
Argenton Hugo
DGPE bureau changement climatique et
biodiversité Chef du bureau 18 avril 2025
Maisonnave Héloïse
DGPE bureau changement climatique et
biodiversité Adjointe au chef du bureau 18 avril 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Huon Sophie Secrétariat général MTEBFM Sous-
direction de la stratégie de transformation
et de l?animation des réseaux
Adjointe au sous-directeur 28 avril 2025
Cormier Olivier Secrétariat général MTEBFM Sous-
direction de la stratégie de transformation
et de l?animation des réseaux
Sous-directeur 28 avril 2025
Ernou Frédéric Assemblée permanente des chambres
d?agriculture
Chef de service
agroenvironnement
28 avril 2025
Delestre Arnaud Assemblée permanente des chambres
d?agriculture
Président de la chambre
d?agriculture de l?Yonne
28 avril 2025
Blanc Patricia ADEME Directrice générale
déléguée aux opérations
28 avril 2025
Mousset Jérôme ADEME Directeur bioéconomie et
énergies renouvelables
28 avril 2025
Wehrling Yann ADEME Conseiller biodiversité 28 avril 2025
De Redon Louis Cabinet MASA Conseiller innovation,
biomasse, énergie, gestion
de l?eau et filière bois et
haies
29 avril 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Girel-Zajdenweber Anne Cabinet MASA Conseillère biodiversité,
planification écologique,
stratégie Ecophyto et
adaptation au changement
climatique
29 avril 2025
Bacci Jean Sénat Sénateur du Var 30 avril 2025
Burgoa Laurent Sénat Sénateur du Gard 30 avril 2025
Chlous Frédérique MNHN Présidente du conseil
scientifique
30 avril 2025
Salvat Gilles Anses Directeur général délégué
Pôle Recherche et
Référence
2 mai 2025
Schuler Matthieu Anses Directeur général délégué
du Pôle Sciences pour
l?Expertise
2 mai 2025
Flammarion Patrick INRAE Directeur général délégué
expertise appui aux
politiques publiques
2 mai 2025
Bardy Marion INRAE Directrice appui aux
politiques publiques
2 mai 2025
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Thomas Alban INRAE Directeur scientifique
environnement par intérim
2 mai 2025
Renault Pierre INRAE Directeur scientifique
environnement adjoint
2 mai 2025
Le Bourg Valérie OFB AURA Directrice régionale 6 mai 2025
Papouin Matthieu DREAL AURA Directeur régional adjoint 6 mai 2025
Gravier Marie-Hélène DREAL AURA Cheffe du service
environnement
6 mai 2025
Gardon Chemain
Agnès
Mairie d?Ecully Première adjointe,
déléguée à la Transition
Ecologique, aux mobilités
et à l?Innovation
6 mai 2025
Labracherie Céline FNE AURA Directrice régionale 7 mai 2025
Gilles Christophe FNE Haute-Savoie Pôle veille & expertise,
biodiversité
7 mai 2025
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 70/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Noël du Payrat Christophe Préfecture de l?Allier Préfet 7 mai 2025
Jardoux Christophe Chambre d?agriculture de l?Allier Président 7 mai 2025
Pohu François OFB Allier Chef de Service 7 mai 2025
Gaillard Jean-Pierre FDC Allier Président 9 mai 2025
Santarelli Antoine FDC Allier Directeur général 9 mai 2025
Bonnet François ONF Directeur général adjoint 12 mai 2025
Touffait Régine ONF Secrétaire générale de la
direction forêts et risques
naturels
12 mai 2025
Rivet Nicolas FNC Directeur général 12 mai 2025
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 71/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Bouquet Constance FNC Directrice déléguée 12 mai 2025
Convers Christian Coordination rurale Secrétaire national 12 mai 2025
Bellot Patrick OFB Directeur des systèmes
d?information
15 mai 2025
Lecocq Frédérique OFB Directrice des ressources
humaines
15 mai 2025
Dumoulin Virginie IGEDD Administratrice au CA de
l?OFB
15 mai 2025
Zammite Jean-François OFB Directeur outre-mer 15 mai 2025
Bruchet Patricia OFB Directrice grands
prédateurs terrestres
15 mai 2025
Gauthiez François OFB Directeur de l?appui aux
stratégies pour la
biodiversité
16 et 26 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 72/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Hissel François OFB Directeur surveillance
évaluation données
16 mai 2025
Fouilleron Antoine OFB Directeur de la stratégie
d?intervention financière
16 mai 2025
Vergobbi Bénédicte OFB Directrice financière 16 mai 2025
Augeard Bénédicte OFB Directrice de la recherche
et de l?appui scientifique
16 et 27 mai 2025
Soriano Sébastien IGN Directeur général 16 mai 2025
Mellier Guillaume IGN Directeur des programmes
et de l?appui aux politiques
publiques
16 mai 2025
Lambert Nicolas IGN Chef du service des
partenariats et relations
institutionnelles
16 mai 2025
Emmanuelle Roux IGN Conseillère du directeur
général
16 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 73/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Rogier Philippe DEB sous-direction écosystèmes terrestres Sous-directeur 19 mai 2025
Pasco-Viel Emmanuel DEB bureau politique de la biodiversité Chef du bureau 19 mai 2025
Poulet Nathalie DEB bureau politique de la biodiversité Adjointe au chef de bureau 19 mai 2025
Mourlon Nicolas Agence de l?eau Rhône Méditerranée Directeur général 23 mai 2025
Chantepy Nicolas Agence de l?eau Rhône Méditerranée Directeur général adjoint 23 mai 2025
Galais Stéphane Confédération paysanne Secrétaire national 23 mai 2025
Diakité Aminata OFB Directrice de la
communication
26 mai 2025
Viret Christophe OFB Directeur de la mobilisation
acteurs et citoyens
26 mai 2025
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 74/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Thévenot Gaël OFB Directrice adjointe de la
mobilisation acteurs et
citoyens
26 mai 2025
Boileau Fabien OFB Directeur des aires
protégées
26 mai 2025
Tounsi Réda OFB Chef du pôle partage et
valorisation des
connaissances
scientifiques et techniques
26 mai 2025
Derieux Antoine OFB Normandie Directeur régional 27 mai 2025
Olivier Jean-Yves OFB Normandie Directeur régional adjoint 27 mai 2025
Canteri Thierry DIRM Normandie Directeur adjoint 27 mai 2025
Aulert Christophe Façade maritime Manche Mer du Nord Directeur délégué 27 mai 2025
Peralta Didier ANBDD (Agence Normande de la
biodiversité et du développement
durable)
Président, Maire de
Gruchet-le-Valasse
27 mai 2025
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Debray Romain ANBDD (Agence Normande de la
biodiversité et du développement
durable)
Responsable de l?équipe
biodiversité
27 mai 2025
Josset Quentin OFB Normandie Chargé de Recherche
"Migrateurs amphihalins"
- Responsable de
l'Observatoire Long
Terme de la Bresle
27 mai 2025
Ledru Bruno Chambre d?agriculture de Seine Maritime Vice-Président 27 mai 2025
Lievens Gilles Chambre d?agriculture de l?Eure Président 27 mai 2025
Vandenabeele Sandrine Chambre d?agriculture de Seine Maritime Directrice déléguée de la
chambre et responsable
environnement pour la
région Normandie
27 mai 2025
Gavard Gongallud Nicolas Fédération départementale des
chasseurs de l?Eure
Directeur 28 mai 2025
Rungette Denis DREAL Normandie 28 mai 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 76/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Le Rolland Philippe DDTM Seine Maritime 28 mai 2025
Grisez Claire DREAL Normandie Directrice 28 mai 2025
Pivard Sandrine DREAL Normandie Directrice adjointe 28 mai 2025
Lefevre-Pestel Olga DREAL Normandie Cheffe du service eau,
littoral et biodiversité
28 mai 2025
Barthelat Fabien OFB Outre-mer Délégué territorial Antilles 2 juin 2025
Rateau Fabian OFB Antilles Responsable de l'Unité
Technique et
Connaissance
2 juin 2025
Hec Laurie OFB Antilles Directrice déléguée
sanctuaire mammifères
marins AGOA
2 juin 2025
Brador Aude OFB aires protégées Directrice déléguée parc
naturel marin Martinique
3 juin 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 77/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Nicolas Xavier Direction de la mer de Martinique Directeur 3 juin 2025
Vos Emmanuel DEAL de Martinique Directeur adjoint 3 juin 2025
Joseph Marie-Luce Doris Mairie du Lamentin Cheffe du service
environnement
4 juin 2025
Celma Célia Communauté d'Agglomération de l'Espace
Sud Martinique
Directrice financière 4 juin 2025
Brithmer Ronald Parc naturel régional de Martinique Directeur 4 juin 2025
Vénumière Nadine Parc naturel régional de Martinique Conservatrice réserves
naturelles
4 juin 2025
Theret Chloé Assomer Directrice 4 juin 2025
Desplanques Etienne Préfecture de Martinique Préfet 5 juin 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 78/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Ozier-Lafontaine Harry Parc national de Guadeloupe Directeur 5 juin 2025
Troplent Marie-Pierre Parc national de Guadeloupe Secrétaire générale 5 juin 2025
Adin Michela ODE de Martinique Directrice 5 juin 2025
Lequien Alexandra DEB CASP bureau de la tutelle de l?OFB Cheffe de bureau 6 juin 2025
Leite Ferreira Michel DEB CASP bureau de la tutelle de l?OFB Adjoint à la cheffe de
bureau
6 juin 2025
Séon-Massin Nirmala MNHN Représentante au conseil
d?administration de l?OFB
10 juin 2025
Riou Philippe IFREMER Directeur du département
scientifique
Océanographie et
dynamique des
écosystèmes
11 juin 2025
Harlay Xavier IFREMER Directeur du centre
Manche Mer du Nord
11 juin 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 79/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Cayocca Florence IFREMER Directrice de l'unité de
recherche Dynamique
des écosystèmes côtiers
11 juin 2025
Le Pivert Olivier IFREMER Délégué à la coordination
de l'expertise scientifique
en appui aux politiques
publiques
11 juin 2025
Lapie Hervé FNSEA Représentant au conseil
d?administration de l?OFB
11 juin 2025
Lapie Hervé FNSEA Représentant au conseil
d?administration de l?OFB
11 juin 2025
Lapie Hervé FNSEA Représentant au conseil
d?administration de l?OFB
11 juin 2025
Fourmaux Charles OFB Directeur police et permis
de chasser
12 juin 2025
Berteaud Pascal CEREMA Directeur 13 juin 2025
Obled Loïc Agence de l?eau Loire Bretagne Directeur 13 juin 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 80/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Abel Jean-David FNE Représentant au CA de
l?OFB
16 juin 2025
Vauclin Vincent OFB Représentant élu du
personnel titulaire au CA
de l?OFB
17 juin 2025
Gustave dit Duflo Sylvie Conseil régional de Guadeloupe Présidente du conseil
d?administration de l?OFB
23 juin 2025
Vieillefosse Aurélie Cabinet MTEBFM Directrice adjointe du
cabinet
30 juin 2025
Lematte Elodie DGPE Sous-direction Performance
environnementale et valorisation des
territoires
Sous-directrice 30 juin 2025
Guillain Pierre-Edouard OFB Directeur général délégué
Police Connaissance
Expertise
4 juillet 2025
Léger Jean-Baptiste MEDEF Responsable de pôle
transition écologique
8 juillet 2025
Rouger de Grivel Laurence MEDEF Directrice développement
durable
8 juillet 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 81/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Sureau Sébastien MEDEF Directeur de mission
environnement
8 juillet 2025
Rivet Mona MEDEF Chargée de mission
environnement
8 juillet 2025
Le Feur Sandrine Assemblée nationale Députée, présidente de la
commission
développement durable et
aménagement du territoire
9 juillet 2025
Le Nézet Olivier Comité National des Pêches Maritimes et
des Elevages Marins
Président 10 juillet 2025
De Lambert des Granges Philippe Comité National des Pêches Maritimes et
des Elevages Marins
Directeur général 10 juillet 2025
Chantereau Amélie Intersyndicale OFB (SNU-FSU biodiversité) Technicienne de
l?environnement en AURA
11 juillet 2025
Mallet Fabienne Intersyndicale OFB (SNU-FSU biodiversité) Assistante à la DRAS 11 juillet 2025
Heba Isabelle Intersyndicale OFB (SNU-FSU biodiversité) Représentante élue du
personnel de
l?établissement au CA de
l?OFB, suppléante
11 juillet 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 82/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Jacquillat Sébastien Intersyndicale OFB (SNU-FSU biodiversité) Co secrétaire SNE OFB 11 juillet 2025
Louradour Marianne CDC biodiversité Présidente 11 juillet 2025
Rivet Mathieu CDC biodiversité Directeur de l'expertise et
de l'appui réseau
11 juillet 2025
Campredon Arthur CDC biodiversité Responsable du
développement et
déploiement de l'outil de
mesure d'empreinte GBS
(Global Biodiversity Score)
11 juillet 2025
Oumoussa Hamid Fédération nationale de pêche en eau
douce
Personnalité qualifiée au
conseil d?administration
de l?OFB
21 juillet 2025
Doron Jean-Paul Fédération nationale de pêche en eau
douce
Président 21 juillet 2025
Hardelin Julien
CGDD SEVS Chef du bureau de la
biodiversité et des
ressources
24 juillet 2025
Kao Cyril
DGER Chef du service de
l?enseignement supérieur,
de la recherche et de
24 juillet 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office français de la biodiversité Page 83/120
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
l?innovation
Faipoux Maud
DGAl
Directrice générale de
l?alimentation
29 août 2025
Blanc Stéphane
CNRS INEE Directeur de l?institut
national des sciences de
l?écologie et de
l?environnement
17 septembre 2025
Joly Dominique
CNRS INEE
Directrice adjointe
scientifique
17 septembre 2025
Hossaert Martine
CNRS INEE
Chargée de mission
biodiversité et Outre-mer
17 septembre 2025
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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Annexe 3. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ABC Atlas de la biodiversité communal
ACB Analyse coûts-bénéfices
ADEME Agence de l?environnement et de la maîtrise
de l?énergie
ANR Agence nationale de la recherche
Anses Agence national de la sécurité sanitaire de
l?alimentation, de l?environnement et du
travail
ARB Agence régionale de la biodiversité
BFC Bourgogne-Franche-Comté
BNPE Banque nationale des prélèvements en eau
BRIEAU Démarche 2022-2027 Biodiversité
Recherche Innovation Eau
BTP Bâtiment-travaux publics
CGAAER Conseil général de l?alimentation, de
l?agriculture et des espaces ruraux
CGDD Commissariat général au développement
durable
CITES Convention on international trade in
endangered species of wild fauna and flora
CNFPT Centre national de la fonction publique
territoriale
CNR Centre national de référence
CNRS Centre national de la recherche scientifique
COLDEN Comité opérationnel de lutte contre la
délinquance environnementale
COP Contrat d?objectifs et de performance
CSRD Corporate sustainibility reporting directive
DDPP Direction départementale de la protection
des populations
DDT Direction départementale des territoires
DEB Direction de l?eau et de la biodiversité
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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DGER Direction générale de l?enseignement et de
la recherche (MASA)
DGPE Direction générale de la performance
économique et environnementale des
entreprises (MASA)
DIRM Direction interrégionale de la mer
DRASS Direction régionale des affaires sanitaires et
sociales
DSUED Direction surveillance évaluation données
EEN Entreprises engagées pour la nature
EFESE Evaluation française des écosystèmes et
des services écosystémiques
EPCE Etablissement public de coopération
environnementale
ESRS European Sustainability Reporting
Standards
ETI Entreprise de taille intermédiaire
ETP Equivalent temps plein
FRB Fondation pour la recherche sur la
biodiversité
GEREP Gestion des Émissions de Polluants et des
Rejets de Polluants
GIP Groupement d?intérêt public
GIS Geographic information system
IFREMER Institut français de recherche pour
l?exploitation de la mer
IGEDD Inspection générale de l?environnement et
du développement durable
IGN Institut géographique national
INPN Inventaire national du patrimoine naturel
INRAE Institut national de recherche pour
l?agriculture, l?alimentation et
l?environnement
IPBES Plateforme intergouvernementale
scientifique et politique sur la biodiversité et
les servies écosystémiques
IRD Institut de recherche pour le développement
IRO Impacts, Risques et Opportunités
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
français de la biodiversité
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LIFE L?instrument financier pour l?environnement
LNE Laboratoire national d?essais
MEA Millennium Ecosystem Assessment
MEDEF Mouvement des entreprises de France
MISEN Mission interservices de l?eau et de
l?environnement
MNHN Museum national d?histoire naturel
MSA Mutualité sociale agricole
OFB Office français de la biodiversité
ONB Observatoire national de la biodiversité
ONCFS Office national de la chasse et de la faune
sauvage
ONF Office national des forêts
ONG Organisation non gouvernementale
ONU Organisation des Nations-Unies
OOT Object oriented technology
OPCA Organismes paritaires de collecte agréés
OPCO Opérateurs de compétences
PCAET Plan climat air énergie territorial
PIB Produit intérieur brut
PME Petites et moyennes entreprises
PNACC Plan national d?adaptation au changement
climatique
PV Procès-verbal
RMA Rapport en manquement administratif
ROI Retour sur investissement
RRN Règlement restauration de la nature
SAGE Schéma d'aménagement et de gestion des
eaux
SBTN Science Based Targets Network
SCOT Schéma de cohérence territoriale
SINP Système d'Information sur la Nature et les
Paysages
SMART Spécifique, mesurable, atteignable, réaliste,
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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temporellement défini
SNAP Stratégie nationale des aires protégées
SNB Stratégie nationale de la biodiversité
SPIPOLL Suivi photographique des insectes
pollinisateurs
SRADDET Schéma régional d'aménagement, de
développement durable et d'égalité des
territoires
SRB Stratégie régionale pour la biodiversité
TEN Territoires engagés pour la nature
TNFD Task Force on Nature-related Financial
Disclosures
UE Union européenne
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Annexe 4. Lettre de cadrage du COP de l?OFB par le
gouvernement
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Annexe 5. Premiers constats de la mission présentés aux
cabinets et à l?OFB en juillet 2025
PUBLIÉ
Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Septembre 2025 Contrat d?objectifs et de performance (COP) de l?Office
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Annexe 6. Détail par opérateur rencontré des pistes de
progrès en matière de partenariats scientifiques
Avec le MNHN, plusieurs pistes pour optimiser la collaboration, en tirant parti des forces
complémentaires du Muséum et de l?OFB, se dessinent :
? Assurer une continuité dans les actions de connaissance malgré les ?soubresauts poli-
tiques?. Renforcer la visibilité à long terme des programmes scientifiques.
? Consolider le système d?information sur la biodiversité en poursuivant l?extension du SINP
vers un système fédérateur plus large, « INSEE de la biodiversité », socle commun sur les
données. Améliorer les modèles économiques pour la maintenance et l?animation de cet
outil. Il s?agit de mieux ?marketer? la connaissance et les données sur la biodiversité en
renforçant la considération qui leur est accordée et les positionnant comme des indicateurs
statistiques nationaux à part entière.
? Développer la connaissance sur la gestion adaptative au-delà des espèces chassées, en
l?étendant à d?autres problématiques comme la cueillette de plantes sauvages, la pêche en
eau douce ou la coexistence avec les espèces protégées. Intégrer les enjeux du change-
ment climatique dans les modèles de cette gestion adaptative, avec une vision à plus long
terme.
Le message fort du CNRS est d?accroître l?ambition scientifique de COP et de renforcer les liens
de l?OFB avec les organismes de recherche et ses priorités en matière de connaissance à travers
un document plus différenciant, dès ses orientations stratégiques et dans ses objectifs
opérationnels. Les collaborations seraient à faciliter au niveau national (perspective du nouveau
Programme et équipement prioritaire de recherche « Dynamiques de la biodiversité terrestre »
Dynabiod) dans lequel l?OFB est très engagé), dans les territoires sur des objets concrets (exemple
de la difficulté à mobiliser les ARB et pas seulement le LIFE Artisan dans le PEPR Solubiod sur les
SFN ou de construire des projets communs d?acquisition de données de terrain) voire au niveau
européen (Horizon Europe et partenariat Biodiversa+) ou international (participation à l?IPBES) :
? Positionner l?OFB par rapport aux grandes priorités nationales : intégrer et se référer expli-
citement aux cadres stratégiques nationaux tels que la Stratégie Nationale pour la Biodi-
versité et la Stratégie d?adaptation au changement climatique.
? Définir des priorités claires en matière de connaissance : le COP doit détailler les domaines
de recherche appliquée et d?expertise prioritaires, potentiellement en s?appuyant sur les
prospectives nationales en sciences de l?écologie pour s?adapter aux évolutions des enjeux
de la biodiversité.
? Intégration des organismes nationaux de recherche : le COP doit expliciter clairement que
les liens avec les ONR doivent être renforcés, visant des ?programmes communs?. L?inter-
connexion devrait être ?bien plus importante? pour une ?dimension gagnant-gagnant?.
? Assouplissement des procédures administratives dans les projets de collaboration : la rigi-
dité bureaucratique est vue comme un frein majeur. Des clauses plus souples dans les
conventions cadres qui lient l?OFB et ses partenaires scientifiques sont souhaitées. La
complexité et l?hétérogénéité des modes de fonctionnement des ARB rend les partenariats
difficiles.
? Renforcement du lien avec la recherche scientifique pour la construction des indicateurs
de suivi des politiques publiques mais aussi de l?état de la biodiversité, et la co-construction
de programmes d?observation et de compréhension des écosystèmes à l?échelle territoriale,
exploitant les technologies modernes (acoustique, ADN environnemental, capteurs) et mu-
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tualisant les efforts autour de sites pilotes. L?OFB pourrait ainsi intégrer des données scien-
tifiques plus complexes et fines, telles que la génétique des populations, dans ses outils et
analyses.62
? Prendre en compte l?apport de la recherche sur les marqueurs précoces (physiologiques,
génétiques, épigénétiques) d?atteinte à la biodiversité développés par des projets comme
SEE-Life, suivis à long terme en Écologie et Évolution (bases de données à différentes
échelles permettant l?avancée des connaissances sur les mécanismes adaptatifs du vivant.
L?exploitation de ces données favorise l?évolution continue des processus de conservation
et participent à une gestion durable de la biodiversité en prenant en compte les dimensions
socio-écosystémiques de l?environnement).
? Inclure dans le COP des indicateurs spécifiques et adaptés aux Outre-mer, reconnaissant
l?enjeu majeur de ces territoires. Intégrer des objectifs opérationnels visant à combler le
manque de connaissances sur le milieu marin, avec des actions ciblées par exemple sur
les tortues.
? Renforcer les interconnexions recherche-expertise-action : une implication plus systéma-
tique des chercheurs dans les comités de pilotage des projets et une valorisation des don-
nées de recherche doit être encouragée.
? Intégrer la dimension européenne et internationale au jour de l?entretien ?cruellement? man-
quante dans le projet d?orientations stratégiques.
Avec INRAE, une convention-cadre définit les mécanismes de financement, les règles
administratives et les priorités thématiques du partenariat. Un comité de suivi se réunit tous les six
mois et permet de suivre l?évolution des projets, d?évaluer l?impact des actions et de garantir la
coordination. Un sujet récurrent est le taux de subventionnement des projets de recherche par
l?OFB, jugé trop faible (30-40%) : INRAE réclame de réexaminer ces modalités de financement afin
de s?aligner sur la cible prescrite par la convention-cadre, qui fixe un taux de couverture entre 50
et 100% des coûts complets. Par ailleurs, face à l?ingénierie administrative complexe de certains
projets comme le GIS sols, INRAE appelle à simplifier les règles d?attribution des financements et
rationaliser le montage des conventions en vue de réduire le temps de négociation et les coûts
administratifs, tout en garantissant le respect des exigences budgétaires et réglementaires.
Avec l?IFREMER, l?accord-cadre signé en 2021 définit les grandes lignes de la coopération avec
l?OFB dans la conduite des politiques de l?État : appui à la mise en oeuvre des directives-cadres
sur l?eau et stratégique sur le milieu marin, collaboration autour des indicateurs et données de
pêche, notamment dans les aires marines protégées. Cet accord institutionnel est complété par
des collaborations sous forme de contrats ponctuels ou récurrents entre unités de recherche ou
avec les parcs marins, qui tendent à se raréfier. Il apparaît pertinent de renforcer ces partenariats
au-delà de l?accord formel, pour mieux valoriser les complémentarités sur la recherche marine, et
de travailler sur plusieurs points :
? Le besoin d?une stratégie claire sur l?acquisition de connaissances en matière de biodiver-
sité marine, qui permettrait de structurer les collaborations avec les organismes de re-
cherche dont l?IFREMER. L?accord-cadre entre l?IFREMER et l?OFB devrait être moins axé
sur la mise en oeuvre des politiques publiques et davantage sur la construction des con-
naissances fondamentales nécessaires à la compréhension des écosystèmes marins.
Renforcer la coordination entre les différents établissements publics travaillant sur le milieu
marin permettrait d?optimiser la répartition des efforts de recherche, notamment dans les
territoires d?Outre-mer. Une vision à long terme garantirait une meilleure visibilité sur les
62 Il est essentiel de documenter les données relatives à la biodiversité pour enrayer son déclin. Une publication
récente réfléchit à la définition encore imprécise de ces données, en vue d?une mobilisation plus efficace pour la
recherche et la conservation.
PUBLIÉ
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0169534725001600
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0169534725001600
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besoins de l?OFB en matière de connaissance et de mieux programmer les activités de
l?IFREMER visant à y répondre. L?acquisition de connaissance sur le milieu marin nécessite
enfin le développement des collaborations locales avec les parcs naturels marins gérés par
l?OFB qui peuvent servir de ?zones ateliers? pour la recherche.
? L?importance de développer des indicateurs d?état pertinents pour évaluer l?amélioration
effective de la qualité des milieux marins et déterminer la contribution spécifique de l?OFB
à cette amélioration, via la proposition de zones protégées notamment sur la base des
analyses de risque pêche. Un meilleur équilibre entre les exigences scientifiques et les
besoins opérationnels dans le développement des indicateurs pour les politiques publiques
serait bienvenu : il s?agirait de prendre en compte les différences de temporalité entre la
recherche scientifique et la mise en oeuvre des politiques publiques dans la définition des
objectifs et des indicateurs.
? L?amélioration des modalités de financement : l?IFREMER demande une révision du pro-
gramme d?intervention de l?OFB pour le rendre plus compatible avec les modalités habi-
tuelles de financement de la recherche, difficulté également évoquée par INRAE. Par ail-
leurs les contrats de coopération actuels ne sont pas adaptés au modèle économique de
l?IFREMER et mériteraient selon l?institut d?être repensés.
Avec l?Anses, la collaboration demeure une priorité, notamment pour la collecte et l?analyse des
données sur la santé de la faune sauvage, essentielle pour la modélisation des risques sanitaires.
Elle s?appuie sur :
? la complémentarité entre les deux entités, avec l?OFB en charge de la collecte de données
de terrain et l?Anses apportant son expertise scientifique,
? des échanges réguliers et un partage renforcé des informations, notamment à travers des
projets collaboratifs comme ceux liés à l?antibiorésistance ou aux problématiques de vac-
cination de la faune sauvage.
L?OFB soutient aussi des projets de recherche auxquels l?Anses contribue dans le cadre du plan
Ecophyto, dont le projet d?envergure Pestiriv63 qui représente 12-13 millions d?euros. Les modalités
de cofinancement de partenariats de recherche européen ? avec environ 48% financés par l?UE et
52% en apport en nature ? compliquent parfois l?engagement de l?OFB compte tenu de ses moyens
limités. Sa participation aux partenariats européens tels que PARC et au dispositif national GD4H
doit se poursuivre, dans le but d?améliorer la mise en réseau et l?interconnexion des données
environnementales et sanitaires.
Du point de vue de l?ONF, les suggestions d?amélioration du COP et des orientations stratégiques
se concentrent sur une approche plus agile et adaptative, la collaboration et la pertinence des
indicateurs :
? Alignement des COP (ONF et OFB) : la coïncidence du nouveau COP de l?ONF avec le
futur COP de l?OFB (2026-2030) implique une attente forte de cohérence et de synergies
entre les objectifs et les indicateurs des deux entités. Le futur COP de l?OFB devrait s?ins-
crire dans la continuité du précédent, avec une possible mise en avant plus forte du ?vivant?
et de la ?transition écologique?.
? Intégration forte de l?adaptation au changement climatique et développement de doctrines
communes : les orientations stratégiques devraient placer l?adaptation au changement cli-
matique au coeur des priorités, non seulement via le monitoring, mais aussi par une ré-
flexion et une action concrète sur les doctrines d?intervention. Cela inclut la gestion des
migrations d?espèces, la restauration et l?adaptation des habitats (notamment forestiers). Il
est impératif de travailler avec l?OFB à l?élaboration de doctrines partagées.
63 Étude d?exposition aux pesticides chez les riverains de zones viticoles et non viticoles. Résultats d?imprégnation
biologique publiés le 15 septembre 2025.
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr/content/lancement-de-pestiriv-une-%C3%A9tude-in%C3%A9dite-sur-l%E2%80%99exposition-aux-pesticides-des-personnes-vivant
https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/exposition-a-des-substances-chimiques/pesticides/documents/enquetes-etudes/pestiriv-etude-d-exposition-aux-pesticides-chez-les-riverains-de-zones-viticoles-et-non-viticoles.-tome-2-resultats-d-impregnation-biologique
https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/exposition-a-des-substances-chimiques/pesticides/documents/enquetes-etudes/pestiriv-etude-d-exposition-aux-pesticides-chez-les-riverains-de-zones-viticoles-et-non-viticoles.-tome-2-resultats-d-impregnation-biologique
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? Recentrage de la convention de coopération ONF-OFB : il est suggéré de concentrer la
convention sur trois sujets stratégiques majeurs :
o Doctrines communes sur l?adaptation des forêts dans les aires protégées, incluant
le déplacement d?espèces.
o L?équilibre forêt-gibier, sujet jugé prioritaire en raison de son impact négatif sur la
résilience des forêts et la conservation de la biodiversité.
o La contribution de l?ONF à la surveillance de la biodiversité pilotée par l?OFB, no-
tamment en ce qui concerne le monitoring/recensement d?espèces et la surveil-
lance sanitaire.
Avec l?ADEME, les axes envisagés pour la nouvelle convention incluent le renforcement de la
coordination sur certains chantiers (Observatoire des énergies renouvelables et de la biodiversité)
ainsi que la création de nouvelles collaborations. Les appels à projets conjoints comme celui sur
les effets des installations photovoltaïques sur l?avifaune sont bien visibles sur le site grand public
de l?OFB ? ou sur le site de programmes dédiés comme ITTECOP plus technique. La production
d?avis d?experts et de notes de positionnement pourrait être intensifiée, afin de permettre une
meilleure diffusion des réussites des projets et une valorisation des actions réalisées par l?ADEME
et l?OFB auprès du grand public.
La principale suggestion qui ressort de l?entretien avec l?IGN concerne la nécessité de développer
une vision intégrée et stratégique du numérique et de la donnée dans le domaine de la biodiversité.
L?IGN souligne que les différents documents stratégiques actuels (Stratégie nationale biodiversité,
Plan national d?adaptation au changement climatique?) ?éparpillent les petits sujets data à droite,
à gauche, mais ne sont pas intégrés à une pensée de la donnée.? Ce sujet dépasse le périmètre
d?action de l?OFB mais son prochain COP pourrait s?inscrire dans une telle vision :
? Développer une véritable stratégie de la donnée au sein de l?OFB, portée directement par
le directeur général.
? Renforcer la cohérence des outils numériques avec les autres acteurs de la donnée envi-
ronnementale.
? Favoriser l?interopérabilité des données produites par l?OFB et les différentes administra-
tions.
? Mettre l?accent sur l?activation des données pour la prise de décision et pas uniquement
sur leur collecte.
? Établir des mandats clairs pour travailler sur des outils partagés entre acteurs.
Avec la FRB, la définition de modalités de coordination via des interlocuteurs dédiés permettrait de
recréer un lien historique distendu par la fusion et de faciliter la communication et coopération
futures.
PUBLIÉ
https://www.ofb.gouv.fr/actualites/lancement-de-lappel-projets-envoltaique-2024
https://www.ofb.gouv.fr/actualites/lancement-de-lappel-projets-envoltaique-2024
https://ittecop.fr/fr/projets/les-appels-a-projets/item/1230-apr-2024-lancement
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Annexe 7. Le programme EFESE, valorisation et
monétarisation des services écosystémiques
L?Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (EFESE) a été lancée en
2012-2013 par le ministère en charge de la transition écologique. Objectifs : dresser un état des
lieux des écosystèmes en métropole et Outre-mer, éclairer les décisions publiques, sensibiliser
citoyens et acteurs et, à terme, intégrer les valeurs de la biodiversité dans la comptabilité nationale.
Le programme EFESE fonctionne en deux phases :
? Phase?1 (2012-2019) : synthèses nationales par grands types d?écosystèmes (forêts, zones
humides, littoraux, urbains, agricoles, montagne?).
? Phase?2 (depuis 2019) : plus stratégique et opérationnelle, avec des projets pilotes (ex. ID-
EFESE en Île-de-France) pour intégrer les services écosystémiques dans les décisions
territoriales.
Le programme évalue, cartographie et décrit les services écosystémiques dans ces catégories :
? Provisionnement (eau, ressources alimentaires, bois?).
? Régulation (pollinisation, séquestration de carbone, régulation des crues?).
? Culturels / récréatifs (loisirs en nature, bien-être, patrimoine?). Il cherche à rendre visibles
les valeurs non-utilitaires de la nature (patrimoniales, culturelles, identitaires), en
complément des services directement utilisables.
Chaque service est évalué à plusieurs échelles?: nationale, régionale et locale (avec des outils
spécifiques pour des usages territoriaux ou sectoriels) .
Monétarisation : EFESE peut produire des valeurs économiques, « monétaires », mais de façon
ciblée : pour certains services, le valeur monétaire est estimée à partir de méthodes variées (coûts
de remplacement, production, choix déclarés, etc.
Exemples concrets :
? Pollinisation : pour l?année 2010, la valeur de la production agricole française dépendant
des pollinisateurs était estimée entre 2,3 et 5,3?milliards?¤, soit 5,2?% à 12?% de ce secteur
(??33,5?milliards?¤).
? Récréation en nature : estimée entre 5,8 et 29?milliards?¤ par an en France, pour un
ensemble de services récréatifs évalués.
? Globalement, l?EFESE estime (avec la Commission européenne) que huit services clés
représentent entre 18 et 49?milliards?¤ par an, soit 0,6?% à 1,8?% du PIB.
En termes de calcul de retour sur investissement d?un euro investi dans la préservation, EFESE
ne produit pas directement un ratio « retour / coût » comme le fait une analyse coûts-bénéfices. Il
ne mesure pas combien « rapporte » 1?¤ investi.
En revanche, les estimations monétaires des services (pollinisation, carbone, récréation, etc.)
permettent d?alimenter des analyses coût bénéfice ex-ante ou ex-post, donc de dégager des ratios
de retour sur investissement dans d?autres types d?études ou politiques publiques.
Par exemple : si une restauration de zone humide coûte X millions d?euros mais permet de
sécuriser des services estimés à Y millions ¤/an (réduction des crues, qualité de l?eau,
biodiversité?), on peut calculer un ratio Y / X. Ce calcul n?est pas automatique dans EFESE, mais
basé sur les données produites par le programme, dans un cadre décisionnel spécifique (ex.
PUBLIÉ
https://www.notre-environnement.gouv.fr/ree/rapport-sur-l-etat-de-l-environnement/themes-ree/defis-environnementaux/erosion-de-la-biodiversite/evaluations-mondiales-et-nationales/article/l-evaluation-francaise-des-ecosystemes-et-des-services-ecosystemiques-efese
https://questions.assemblee-nationale.fr/q16/16-4204QE.htm
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études de cas, guides pratiques, intégration dans les politiques locales).
PUBLIÉ
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Annexe 8. La CSRD, une directive de rapportage extra
financier comportant une norme comptable ?
l?ESRS E4 « biodiversité »
L?application de l?ESRS E4 dépend aussi de l?analyse de double matérialité c?est-à -dire qu?une
entreprise ne doit reporter sur E4 que si la biodiversité est matériellement significative selon les
impacts financiers et/ou sociétaux/environnementaux.
La CSRD est actuellement dans un processus de « directive omnibus ». Cette directive doit être
transposée par les États membres. Cette transposition n?est pas un type juridique distinct, mais
une approche de rédaction et d?adoption d?une directive (ou d?un règlement).
Elle entre en vigueur progressivement à partir de 2024 (pour l?exercice 2024, rapport publié en
2025) et s?étend aux grandes entreprises. Elle s?appliquera aux autres grandes entreprises en 2025
(rapports 2026), aux PME cotées en 2026 (rapports 2027) et aux entreprises internationales
dépassant certains seuils en 2028 (rapports 2029).
Un rapportage facilité est prévu pour les entreprises de moins de 750 salariés vis-à -vis de la norme
ESRS E4 (biodiversité) pour les deux premières années.
Pour structurer ce rapportage, la directive s?appuie sur les normes européennes ESRS (European
Sustainability Reporting Standards), déployées via l'acte délégué adopté le 31 juillet 2023 et
devenues applicables au 1er janvier 2024.
Norme ESRS E4 ? Biodiversité et écosystèmes
a) Objet et portée
ESRS E4 est la norme dédiée à la biodiversité et aux écosystèmes, introduite pour combler une
lacune majeure des précédents cadres de rapportage.
Elle couvre toutes les dimensions de la biodiversité : écosystèmes terrestres, d?eau douce et
marins, espèces (faune et flore), et la diversité au sein et entre écosystèmes et espèces.
L?objectif est de renforcer la compréhension et la gestion par les entreprises de leur empreinte sur
la biodiversité, de les aligner avec des objectifs de restauration d?ici 2030 (zéro perte nette) et de
résilience totale d?ici 2050.
b) Contenu et exigences de transparence
La norme est structurée autour de quatre grandes dimensions :
? Gouvernance et stratégie.
? Intégration de la biodiversité dans la stratégie et le modèle d?affaire.
? Plan de transition vers zéro perte nette de biodiversité d?ici 2030, gain net après, et restau-
ration complète d?ici 2050.
? Validation par les organes de gouvernance (conseil, etc.).
c) Rapportage attendu : structuration du rapport
Le rapport de durabilité doit inclure :
? Stratégie biodiversité intégrée dans le plan de transition.
? Analyse de matérialité sur la biodiversité (double matérialité).
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? Description des actions : éviter, atténuer, restaurer.
? Indicateurs quantitatifs et cibles temporelles.
? Effets financiers potentiels (coûts, investissements, opportunités).
? Cartographie géographique et chaîne de valeur.
Le format de publication doit être accessible et comparable pour permettre une lecture automatisée
et exploitable des données.
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Annexe 9. Secteurs/filières économiques pour lesquelles la
biodiversité est matérielle
L?ESRS E4 liste les secteurs pour lesquelles les exigences liées à la biodiversité et écosystèmes
sont jugées typiquement matérielles :
? Agriculture, élevage, pêche / secteur agro-alimentaire, y compris distribution.
? Forêts / produits bois, papier et cellulose, scieries, fabrication de meubles.
? Alimentaire / et agroalimentaire (transformation agroalimentaire), élevage lié à la chaîne
alimentaire).
? Exploitation minière, carrières, charbon (extraction minière, et plus généralement bâtiment
et travaux publics, y compris matériaux et transformation de matériaux).
? Pétrole et plus généralement secteur de l?énergie, y compris énergies renouvelables.
? Production d?énergie et services, y compris transport, négoce, distribution? impacts liés
au territoire, infrastructures, hydrologie, etc.
? Eau et assainissement, gestion des déchets.
? Construction, matériaux de construction, extraction de matières ainsi que les activités de
bureaux d?études ou d?architecture et paysages? fort impact sur l?usage des sols.
? Transports (notamment activités qui modifient les milieux : grandes infrastructures routières,
maritimes, logistique portuaire).
? Textile, cosmétiques (secteurs ayant participé à la démarche « Roquelaure entreprises et
biodiversité).
Cette liste n?est pas exhaustive, pour les activités de certains groupes dont une partie de l?activité
peut également être « matérielle » au sens de l?ESRS E4 (ex presse, édition, logistique liée
notamment au e-commerce, etc.). De plus, selon leurs localisations, leur organisation ou leurs
spécificités de marché, certains secteurs peuvent également être concernées (ex production de
biens et services, notamment systèmes d?information). Enfin, la CSRD laisse la possibilité à toute
entreprise de procéder volontairement à une analyse de matérialité et à un rapportage extra
financier sur l?ESRS E4.
Tableau pratique : filières/branches pouvant être concernées par ESRS E4 et
opérateurs de compétences de référence
Depuis une dizaine d?année, un effort important a été fait de regroupement des branches
professionnelles et, corrélativement de regroupement/mutualisation de leur opérateur de
compétences organismes collecteurs (compétences de la DGEFP, sauf pour les opérateurs de
compétences de l?agriculture qui dépendent du MASA).
Filières/branches Opérateurs de compétences
Agriculture, élevage,
pêche /
agroalimentaire
OCAPIAT ? coopération agricole, agriculture, pêche et industries
agroalimentaires
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Filières/branches Opérateurs de compétences
Forêts / bois / papier
& carton / produits
bois
OPCO 2i (champ « Ameublement, Bois », « Papier et carton ») pour
la transformation industrielle ; AKTO ou OPCO EP peuvent intervenir
pour branches de services liées (scieries petites structures)
Industrie
agroalimentaire
(transformation)
OCAPIAT (agroalimentaire) ou OPCO 2i si activité industrielle
Mines / carrières /
extraction
OPCO 2i ? inter-industriel couvrant industries extractives et matières
premières (pétrole, minéraux, papier/carton, etc.)
Pétrole et gaz
(intermédiaire/aval)
OPCO 2i (pétrole, industries) ; selon l?activité (services) possibilité
d?un rattachement partiel à AKTO pour services associés
Production d?énergie
et Utilities
OPCO 2i (rubrique « Énergie et Services énergétiques ») ? ou
sectoriels si convention spécifique (ex. secteurs publics/sociétés
d?économie mixte ont des rattachements différents)
Eau &
assainissement,
collecte/traitement
des eaux, gestion des
déchets
AKTO (services d?eau & assainissement listés sur AKTO) ; pour
activités de traitement/déchets selon identifiant des conventions
collectives : AKTO, OPCO 2i (recyclage industriel) ou autres (ex.
branche « activités du déchet » / conventions spécifiques)
Construction &
matériaux de
construction (béton,
granulats, carrières)
Constructys ? secteur BTP / construction (matériaux de construction,
négoce de matériaux). Pour la production industrielle de matériaux
(usines), OPCO 2i possible
Papier et produits du
bois (pâtes, papier,
emballage bois)
OPCO 2i (papier & carton, industries du bois et ameublement)
Textile / habillement /
maroquinerie
(lorsque impacts sur
habitats, usage de
produits chimiques,
terres)
OPCO 2i pour la partie production industrielle « mode & luxe »
(industries) ; OPCO EP ou Op commerce pour commerce/détail
Transport routier /
logistique (si impact
sur zones naturelles
via infrastructures,
ports, plateformes
logistiques)
OPCO Mobilités
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Annexe 10. Indicateurs proposés par la mission
Cette annexe récapitule la quinzaine de nouveaux indicateurs proposés dans le rapport, qui sont
des indicateurs de contexte, d?efficience par rapport à la ressource disponible, de performance et
de résultat ? le nombre total d?indicateurs du futur COP devant se limiter selon la mission à une
vingtaine. Pour chaque indicateur, l?OFB devra se fixer un objectif à atteindre sur la durée du COP.
Propositions d?indicateurs du COP de l?OFB sur la mission de police de l?environnement
? Impact des contrôles sur la préservation des milieux : indicateur de remise en état de mi-
lieux naturels (surface de zones humides restaurée, linéaires de haies plantés, surface de
bandes enherbées dégagées le long de parcelles agricoles, à l?interface de milieux naturels
ou de zone habitée, nombre d?obstacles à la continuité écologique sur les cours d?eau ef-
facés) suite à des contrôles de l?OFB.64
? En matière d?efficience de l?activité de contrôle (pour un suivi annuel et des comparaisons
entre territoires) : nombre de contrôles administratifs et judiciaires par agent (indicateur
figurant dans les rapportages des activités de police 2021 et 2022).
? Intégration de l?activité de contrôle dans les plans de contrôles départementaux : ratio du
nombre de contrôles réalisés par l?OFB programmés dans le plan de contrôle (« eau et
nature » ou « mer »).
Propositions d?indicateurs du COP de l?OFB sur la gestion des aires protégées65
? Evaluation des plans de gestion des aires protégées : ratio de sites ayant réalisé une éva-
luation de leur plan de gestion.
? Adaptation de la gestion des aires protégées au changement climatique : ratio de plans de
gestion ayant intégré la TRACC (objectif 100% d?ici la fin du COP).
? Nombre d?aires protégées gérées ou cogérées par l?OFB ayant mis en place des actions
une seule santé (mesure 29 de la SNB 2030).
? Adaptation de la gestion des aires protégées à la pression de pêche : nombre d?analyses
de risque pêche réalisées par l?OFB dans les zones Natura 2000 marines sur le nombre
total à réaliser.66
? Pourcentage des aires protégées gérées par l'OFB qui obtiennent la labellisation protection
forte.
Propositions d?indicateurs du COP de l?OFB sur la mission de connaissance
64 La SNB 2030 fixe comme indicateur boussole 100% de points noirs continuité écologique résorbés.
65 Objectifs SNAP : 30% du territoire sous aires protégées, 10% sous protection forte. Indicateurs boussole de la
SNB 2030 : les zones de protection forte (passer de 5% à 10), les récifs coralliens protégés (passer de 67% à 100),
le nombre d?aires protégées engagées (passer de 420 à 450), la consommation d'espaces naturels, agricoles et
forestiers (passer de 20 kha par an à 11).
66 Indicateur de pression sur la biodiversité de la SNB 2030 sur l?état des stocks de ressources halieutiques : objectif
100 % d'ici 2030.
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? Etat de la biodiversité (indicateur de contexte de l?activité de l?OFB) : 67
o Indicateur agrégé MSA - Mean Species Abundance.
o Indice des oiseaux communs spécialistes agricoles, forestiers ou urbains selon la
typologie d?écosystèmes (STOC, indicateur de la SNB 2030).68 Il s?agit d?un indica-
teur clé SNB : indicateur d'état dont l'amélioration est attendue en 2030 (l?abon-
dance des populations d'oiseaux communs spécifiques aux milieux ruraux / urbains
/ forestiers est à la baisse depuis 1989, dans une moindre mesure pour la forêt).
? Indicateurs mesurant la performance de l?OFB en matière de connaissance :
o Activité du conseil scientifique : nombre d?avis présentés au conseil d?administra-
tion (à confirmer) ayant donné lieu à des suites.
o Recherche : indicateur scientifique (nombre de citations reçues par les publications
impliquant des chercheurs OFB) et d?impact sociétal (type ASIRPA INRAE).
o Nombre de séries de données suivies par l?OFB sur les habitats et les espèces,
avec un objectif spécifique sur le milieu marin.
Propositions du COP de l?OFB sur la mobilisation des acteurs
? Mobilisation des collectivités locales : nombre d?ABC financés ayant conduit à révision de
document d?urbanisme ou mise en oeuvre d?actions favorables à la biodiversité (travaux de
restauration?).
? Mobilisation des entreprises :
o nombre d'entreprises engagées pour la nature ayant déposé un plan d?action am-
bitieux en faveur de la biodiversité avec une cible totale de 300 en 2025 et 5 000
en 2030 (plans d'actions) - indicateur de la SNB 2030,
o nombre de TEN et d?EEN évalués selon une méthode d'évaluation des services
écosystémiques et de leur évolution à construire par l?OFB et gains socioécono-
miques associés à ces démarches.
? Formation : ratio de filières / branches professionnelles dépendant de la biodiversité et/ou
ayant un impact sur cette dernière ayant adopté dans leur offre de formation un module
"biodiversité - entreprise" mêlant formation naturaliste et évaluation socioéconomique des
actions en matière de protection, restauration de la biodiversité et des services éco systé-
miques.
67 Le règlement européen restauration de la nature (2024), visant à restaurer au moins 20% des terres et des mers
de l?UE d?ici 2030 et tous les écosystèmes d?ici 2050, instaure des indicateurs communs tels que le nombre
d?insectes pollinisateurs, les cours d?eau « en libre écoulement », les mètres carrés d?espaces verts en ville, le
nombre d?oiseaux communs liés aux milieux agricoles ou forestiers? Pour la première fois sont instaurées des
obligations juridiques de résultats en matière de restauration écologique, assorties d?indicateurs de suivi. L?action
est évaluée en termes de résultats attendus : des indicateurs en progrès et donc une amélioration de l?état des
habitats constatée. Remplir les objectifs pour les indicateurs de biodiversité signifie d?en atteindre des "niveaux
satisfaisants", détaillés par types d?habitats. Le plan national « Agir pour restaurer la nature » en cours de co
construction doit détailler les grandes mesures qui permettront d?infléchir les indicateurs à la hausse. Source :
https://professionnels.ofb.fr/fr/reglement-europeen-restauration-nature-quelle-application-en-France
68 La SNB 2030 fixe aussi comme indicateurs clés l?état écologique des masses d?eau de surface (bon pour moins
de 50% d?entre elles pré SNB),et l?état de conservation des habitats d?intérêt communautaire (bon pour seulement
20%). En matière d?indicateur composite, une publication scientifique récente passe en revue les indicateurs pour
cartographier l?état des écosystèmes et relève que les travaux sont plus avancés sur les forêts et la structure
(espèces, relations trophiques et avec le milieu) des écosystèmes, plus que sur leur composition (biocénose et
biotope) et fonctions.
PUBLIÉ
https://professionnels.ofb.fr/fr/reglement-europeen-restauration-nature-quelle-application-en-France
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1470160X25008829
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Annexe 11. Rappel du contexte des indicateurs du Cadre
mondial de la biodiversité
Les indicateurs proposés pour le COP de l?OFB s?inscrivent dans le cadre plus large des
objectifs chiffrés du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et de son cadre de
suivi, déclinés par la France dans la SNB 2030, et dont plusieurs sont en lien avec son activité :
? Préserver, améliorer ou rétablir l'intégrité, la connectivité et la résilience de tous les
écosystèmes.
o Veiller à ce que toutes les zones fassent l'objet d'une planification spatiale
participative, intégrée et respectueuse de la biodiversité et/ou soient gérées
efficacement dans le cadre de processus de changement d'affectation des terres
et des mers, afin de réduire la perte de zones de grande importance pour la
biodiversité, y compris d'écosystèmes de grande intégrité écologique, à un niveau
proche de zéro d'ici à 2030.
o Veiller à ce que, d'ici à 2030, au moins 30 % des zones d'écosystèmes terrestres,
d'eaux intérieures et d'écosystèmes marins et côtiers dégradés fassent l'objet de
mesures de remise en état efficaces.
o Faire en sorte que, d'ici à 2030, au moins 30 % des zones terrestres et des eaux
intérieures, ainsi que des zones marines et côtières soient dûment conservées et
gérées et veiller à créer les moyens nécessaires à cette fin, tout en intégrant les
zones concernées dans les paysages terrestres et marins plus vastes et les océans,
en veillant en outre à ce que l'utilisation durable, lorsqu'elle est appropriée dans
ces zones, soit pleinement compatible avec les objectifs de conservation.
? Indicateurs : nombre d?écosystèmes en liste rouge UICN, étendue des écosystèmes
naturels, pourcentage de la surface terrestre et maritime faisant l?objet d?une planification
spatiale respectueuse de la biodiversité, nombre de zones naturelles en cours de
restauration, couverture des zones protégées et autres mesures efficaces de conservation
par zone.69
? Mettre fin à l'extinction d?origine anthropique des espèces menacées connues.
o Prendre d?ici à 2030 des mesures urgentes en matière de gestion des espèces
menacées, notamment grâce à des mesures de conservation in situ et ex situ et Ã
des méthodes de gestion durable, et gérer efficacement les interactions entre
l'homme et la faune de manière à limiter les conflits liés à leur coexistence.
o Assurer d?ici à 2030 une utilisation, des prélèvements et un commerce durables,
sûrs et légaux des espèces sauvages.
o Éviter, limiter, réduire ou atténuer les incidences des espèces exotiques
envahissantes sur la biodiversité et les services écosystémiques notamment en
empêchant l'introduction et la propagation des principales espèces exotiques
envahissantes et en réduisant de moitié au moins les taux d'introduction et de
propagation des autres espèces exotiques envahissantes connues ou potentielles
d'ici à 2030.
o Réduire les risques liés à la pollution et les incidences négatives de la pollution
provenant de toutes les sources d'ici à 2030, notamment : a) en réduisant au moins
69 En complément des indicateurs de la SNAP, la SNB 2030 fixe comme indicateur boussole le label grand site de
France (passer de 22 à 30 sites labellisés), de 79 à 1000 millions d'arbres plantés, un gain net de 50 000 haies, de
27000 à 57000 ha de zones humides restaurées.
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de moitié l'excès de nutriments perdus dans l'environnement ; b) en réduisant au
moins de moitié les risques globaux liés aux pesticides et aux produits chimiques
particulièrement dangereux ; c) en prévenant la pollution plastique, en la réduisant
et en s'employant à l'éliminer.
o Atténuer les effets des changements climatiques et de l'acidification des océans
sur la biodiversité et renforcer la résilience de celle-ci d?ici à 2030.
? Indicateurs : indice de la liste rouge / pourcentage de populations au sein d?une espèce
dont la taille effective est supérieure à 500 individus, pourcentage des stocks halieutiques
se trouvant à des niveaux biologiquement viables, taux d?établissement des espèces
exotiques envahissantes, indice d?eutrophisation côtière, concentration de l?environnement
en pesticides et/ou toxicité totale appliquée agrégée70.
? Utiliser et gérer durablement la biodiversité et valoriser, préserver et renforcer les
contributions de la nature à l'homme, y compris les fonctions et services écosystémiques,
et rétablir ceux qui sont actuellement en déclin.
o Garantir d?ici à 2030 une gestion et une utilisation durables des espèces sauvages,
et protéger et promouvoir les pratiques traditionnelles d'utilisation durable des
peuples autochtones et des communautés locales.
o Assurer d?ici à 2030 une gestion durable des zones agricoles, aquacoles,
halieutiques et forestières.
o Restaurer, préserver et renforcer les contributions de la nature aux populations, y
compris les fonctions et services écosystémiques, tels que la régulation de l'air, de
l'eau et du climat, la santé des sols, la pollinisation et la réduction des risques de
maladie, ainsi que la protection contre les risques et catastrophes naturels.
o Augmenter significativement la superficie, la qualité et la connectivité des espaces
verts et bleus dans les zones urbaines et densément peuplées, ainsi que l'accès Ã
ces espaces et les avantages qu'ils procurent.
? Indicateurs : services rendus par les écosystèmes, avantages découlant de l?utilisation
durable des espèces sauvages, pourcentage de la population occupant des emplois
traditionnels, pourcentage de la surface agricole consacrée à une agriculture productive et
durable, progrès accomplis en faveur de la gestion durable des forêts, part moyenne de la
zone bâtie des villes qui est un espace vert ou bleu à usage public pour tous.71
? Intégrer la biodiversité dans les politiques publiques.
o Veiller d?ici à 2030 à la pleine prise en compte de la biodiversité et de ses multiples
valeurs dans l'élaboration des politiques, des réglementations, des processus de
planification et de développement, des stratégies d'élimination de la pauvreté, des
évaluations environnementales stratégiques, des évaluations d?impact
environnemental et, le cas échéant, dans la comptabilité nationale, à tous les
niveaux de gouvernement et dans tous les secteurs, en particulier dans ceux qui
ont d'importantes incidences sur la biodiversité, et aligner progressivement toutes
les activités publiques et privées concernées, ainsi que les flux fiscaux et financiers,
sur les objectifs et les cibles du cadre mondial.
70 La SNB 2030 fixe comme indicateurs boussole de 2 à 31 chapitres de la liste rouge UICN actualisés, de 470 Ã
750 PNA, le NODU (passer de 91 à 51), les communes "sans plastique" (passer de 10% à 100), les décharges
littorales réhabilitées (passer de 3,6% à 100), la pression toxique en station de surveillance (passer de 60% en
deçà du seuil fixé, dont 30% à cause des pesticides, à 100), les nouvelles espèces exotiques envahissantes par
département sur 10 ans (passer de 14 à 6), passer de 85 à 42% du territoire impacté par la pollution lumineuse.
71 La SNB 2030 fixe comme indicateurs boussole la surface agricole utile en agriculture biologique (passer de 10 Ã
21%), la pêche et aquaculture durables (passer de 63 à 100%), la gestion durable des forêts (passer de 47 à 60%).
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o Prendre d?ici à 2030 des mesures juridiques, administratives ou de politique
générale visant à inciter les entreprises à agir et à leur donner les moyens de le
faire, notamment en veillant à ce que les grandes entreprises et les entreprises
transnationales, ainsi que les institutions financières : a) Contrôlent, évaluent et
communiquent régulièrement et de manière transparente leurs risques,
dépendances et incidences sur la biodiversité ; b) Informent les consommateurs en
vue de promouvoir des modes de consommation durables ; c) Rendent compte du
respect des dispositions et mesures relatives à l'accès et au partage des avantages,
en tant que de besoin.
o Encourager les populations à faire des choix de consommation durables et à leur
donner les moyens de le faire, et, d'ici à 2030, réduire l'empreinte mondiale de la
consommation de manière équitable.
o Faire en sorte d?ici à 2030 que les décideurs, les praticiens et le public aient accès
aux meilleures données, informations et connaissances disponibles afin de
favoriser une gouvernance efficace et équitable et une gestion intégrée et
participative de la biodiversité, ainsi que de renforcer la communication, la
sensibilisation, l'éducation, le suivi, la recherche et la gestion des connaissances.
? Indicateurs : financement public national pour la conservation et l?utilisation durable de la
biodiversité et des écosystèmes, financement privé national pour la conservation et
l?utilisation durable de la biodiversité et des écosystèmes, nombre d?entreprises divulguant
leurs risques, dépendances et incidences sur la biodiversité, mesures d?incitation positive
en place pour promouvoir la conservation de la biodiversité et son utilisation durable.72
72 La SNB 2030 fixe comme indicateur boussole le fond vert investi dans la renaturation urbaine (passer de 290 Ã
500 M¤), de 50 à 100% de cadres de l?État et des collectivités territoriales formés, de 555 à 5000 TEN, de 175 Ã
5000 EEN, de 1 à 5 millions de participants à la fête de la nature, de 1500 à 18000 aires éducatives, 100% des
maires formés, de plus 138 à plus 465 M¤ sur le programme 113, 100% de stratégies régionales biodiversité.
PUBLIÉ
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Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
1 L?Office français de la biodiversité, un établissement jeune, qui a trouvé sa place malgré les crises successives
1.1 L?OFB a été créé en 2020 dans un contexte de déclin majeur et accéléré de la biodiversité et de raréfaction et dégradation de la ressource en eau
1.1.1 Un héritage de la première évaluation mondiale de la biodiversité menée par l?IPBES
1.1.2 Une nécessité confortée par l?appropriation française des constats globaux
1.1.3 Un constat d?urgence à agir repris par le législateur
1.2 L?OFB, établissement public de l?État, résultat de fusions successives rapprochées
1.2.1 Une organisation mise en place pour remplir les six missions confiées par la loi
1.2.2 Des moyens alimentés de manière soutenue
1.3 L?OFB, principal opérateur de l?État chargé de la mise en oeuvre des politiques publiques sur l?eau et la biodiversité
1.4 Deux récents rapports de l?IPBES peuvent imprégner le futur COP de l?OFB
1.4.1 Le rapport « nexus »
1.4.2 Le rapport « changements transformateurs »
2 Un premier COP 2020 ? 2025 au bilan non évalué par l?OFB, mais fondateur et largement réalisé
2.1 Le COP 2020 - 2025, un document fondateur
2.1.1 Des indicateurs nombreux mais reflétant surtout l?activité
2.1.2 Un bilan très fourni et détaillé, mais pas d?évaluation
2.2 L?analyse par la mission du bilan du COP
2.2.1 Police de l?environnement
2.2.2 Connaissance
2.2.3 Appui aux politiques publiques
2.2.4 Aires protégées
2.2.5 Mobilisation
2.2.6 Construction de l?établissement
2.3 Un positionnement bien établi au sein de l?écosystème institutionnel (l?OFB « joue collectif »)
2.4 Un dialogue pas totalement satisfaisant avec la tutelle environnement et une double tutelle déséquilibrée
2.4.1 La DEB regrette un manque de lisibilité
2.4.2 Une double tutelle insuffisamment équilibrée et des attentes à clarifier sur l?agriculture
2.5 Les trois orientations stratégiques proposées
3 Première orientation stratégique : concourir à préserver et restaurer le vivant et les ressources naturelles
3.1 Une police à mieux assumer, expliquer et coordonner localement
3.1.1 Valoriser les enjeux environnementaux au centre de l?activité de police pour en améliorer la reconnaissance
3.1.2 La condition d?une police de l?environnement efficace et bien comprise : une doctrine coordonnée entre préfets et procureurs sur les suites des contrôles
3.1.3 Développer la coordination avec les services de l?État et les parquets pour une meilleure compréhension de la réglementation et des contrôles
3.1.4 Des compétences internes à mieux connaître afin de pérenniser un appui technique de qualité aux services de l?État
3.2 Adapter la gestion des aires protégées aux changements globaux et enjeux de santé et mieux concilier activités humaines et objectifs de conservation
3.2.1 Développer des outils et méthodes de gestion des aires protégées intégrant le changement climatique sur la base de l?évaluation de leur état de conservation
3.2.2 Développer l?approche une seule santé dans les aires protégées
3.2.3 Faire des zones protégées des territoires d?expérimentation de la conciliation des activités humaines et des objectifs de conservation
3.2.4 Finaliser les analyses de risque de I?activité de pêche professionneIIe en zone Natura 2000 et dans les autres aires marines protégées
4 Deuxième orientation stratégique : faire progresser la connaissance sur l?eau et la biodiversité, un pilier de l?action de l?OFB
4.1 Contribuer à la connaissance : une mission bien investie mais qui doit être mieux évaluée et ciblée, à travers notamment des partenariats renforcés avec les organismes de recherche
4.1.1 Le pilotage et la contribution en propre à la recherche
4.1.1.1 Une place reconnue au sein de l?écosystème
4.1.1.2 Mais des compétences et une légitimité scientifique à renforcer
4.1.1.3 Le conseil scientifique doit évaluer la recherche menée et financée par l?OFB
4.1.2 Mieux se positionner dans le dispositif national de recherche et renforcer les partenariats avec les organismes de recherche
4.2 Le futur COP doit accroître l?appropriation de la connaissance
4.2.1 Une activité de recueil de données de terrain à rendre accessible
4.2.2 Un besoin d?indicateurs d?état de la biodiversité
4.2.3 Des connaissances à mieux capitaliser et valoriser
4.2.4 La connaissance en appui aux politiques publiques
4.2.5 Le transfert de la connaissance aux acteurs, clé de l?action
5 Troisième orientation stratégique : la mobilisation des parties prenantes, une mission encore récente
5.1 Un programme d?intervention qui n?est pas centré sur la mobilisation
5.2 Le programme EFESE, un levier de mobilisation des parties prenantes
5.3 Pour les collectivités, privilégier résolument le niveau régional et intercommunal
5.3.1 Dans les territoires, mieux structurer les agences régionales de la biodiversité et leurs leviers de mobilisation de l?OFB à leur niveau
5.3.2 Privilégier les atlas de la biodiversité intercommunaux avec plans d?action
5.4 Pour les entreprises, cibler les secteurs/filières professionnels pour lesquels la biodiversité est « matérielle » au sens de la directive CSRD
5.4.1 Mobiliser les entreprises des secteurs/filières en s?appuyant sur les méthodes d?analyse de la directive CSRD
5.5 Investir le champ de la formation professionnelle continue
5.5.1 Pour les entreprises, construire des dispositifs de formation et les promouvoir/proposer aux opérateurs de compétences des branches ciblées
5.5.2 L?OFB et la formation des élus et agents publics territoriaux : un partenariat renforcé avec le CNFPT
5.6 Définir des profils de citoyens en fonction de leur sensibilité aux questions relatives à la biodiversité et y adapter les messages
6 Des conditions de réussite du COP
6.1 Assurer une stabilité dans le périmètre des missions de l?établissement et dans ses moyens
6.2 Adopter un objectif transversal sur la culture commune et entraîner l?ensemble du personnel
6.3 Consolider l?ancrage territorial, véritable levier de mise en oeuvre des politiques publiques
6.4 Intégrer les politiques d?adaptation au changement climatique
6.5 Différenciation par territoire : mieux prendre en compte les spécificités ultramarines
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées
Annexe 3. Glossaire des sigles et acronymes
Annexe 4. Lettre de cadrage du COP de l?OFB par le gouvernement
Annexe 5. Premiers constats de la mission présentés aux cabinets et à l?OFB en juillet 2025
Annexe 6. Détail par opérateur rencontré des pistes de progrès en matière de partenariats scientifiques
Annexe 7. Le programme EFESE, valorisation et monétarisation des services écosystémiques
Annexe 8. La CSRD, une directive de rapportage extra financier comportant une norme comptable ? l?ESRS E4 « biodiversité »
Annexe 9. Secteurs/filières économiques pour lesquelles la biodiversité est matérielle
Annexe 10. Indicateurs proposés par la mission
Annexe 11. Rappel du contexte des indicateurs du Cadre mondial de la biodiversité
INVALIDE)