Définition d'un modèle de statut et de positionnement du CAR-SPAW
ROBINET, Olivier ;SAINT-GERMAIN, Sabine
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
Auteur secondaire
Résumé
<div>Le CAR-SPAW est le centre d'appui régional (CAR), dédié aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées (protocole SPAW), de la convention de Carthagène signée en 1983 pour lancer le « Programme pour l'environnement des Caraïbes » du Programme des nations unies pour l'environnement (PNUE). Par une convention avec le PNUE, la France assure l'hébergement en Guadeloupe et le financement du fonctionnement du CAR-SPAW. Il assure un appui scientifique et technique pour la coordination des différents programmes sur les aires marines protégées et la protection des espèces et des écosystèmes listés dans le protocole. Par cette convention, la France s'est engagée à financer trois postes d'encadrement, à héberger ce CAR en Guadeloupe et de contribuer au budget de fonctionnement pour un montant annuel de 140 000¤. Positionné au sein de la direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DEAL) depuis 2019, il rencontre des difficultés liées à son positionnement dans une administration publique, concernant l'accès à certains fonds internationaux, le circuit des dépenses et la limitation des recrutements publics soumis à plafond d'emploi. La mission a examiné les principales contraintes actuelles et a étudié les alternatives à ce positionnement en mesurant à chaque fois le bénéfice par rapport aux difficultés susmentionnées. Le constat est le suivant : s'il a pu être critiqué dans le passé, le CAR-SPAW est actuellement une structure dynamique qui effectue ses missions avec efficacité et dont le rôle essentiel pour la mise en oeuvre du protocole est reconnu par les principaux acteurs. Si les difficultés rencontrées par le CAR sont réelles, elles n'apparaissent pas rédhibitoires et sont en passe d'être en partie résolues grâce à une bonne coordination avec la DEAL et la DGALN. L'examen du CAR et des structures d'hébergement potentielles montrent qu'il n'existe pas de structure alternative qui permette d'apporter une réponse clairement positive sur l'ensemble des difficultés actuelles rencontrées. L'OFB constitue néanmoins celle qui présente les meilleurs atouts en termes de synergies d'action et de fonctionnement. Ainsi, la mission recommande le maintien dans l'immédiat du CAR au sein de la DEAL, compte tenu de son bilan très positif et fait des recommandations d'ordre organisationnelle afin de réduire certaines difficultés observées. Elle recommande également à la direction de l'eau et de la biodiversité (DEB) d'inclure, dans le cadre de son contrat d'objectif et de performance avec l'Office français de la biodiversité (OFB), l'objectif à moyen terme (2 ans) de son intégration au sein de l'Office selon des modalités de positionnement et organisationnelles permettant au CAR de conforter ses actions.</div>
Editeur
IGEDD
Descripteur Urbamet
évaluation
;protection de la nature
;espèce protégée
;financement
Descripteur écoplanete
faune sauvage
;aire marine protégée
Thème
Environnement - Paysage
;Ressources - Nuisances
Texte intégral
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/
Rapport n°016189-01
Juillet 2025
Olivier Robinet- IGEDD (coordonnateur)
Sabine Saint-Germain - IGEDD
Définition d?un modèle de statut et de
positionnement du CAR-SPAW
P
U
B
L
I É
Les auteurs attestent qu'aucun des éléments de leurs activités
passées ou présentes n'a affecté leur impartialité dans la rédaction
de ce rapport
Statut de communication
? Préparatoire à une décision administrative
? Non communicable
? Communicable (données confidentielles occultées)
? Communicable
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Rapport n°016189-01
Juillet 2025
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CAR-SPAW
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Sommaire
Sommaire........................................................................................................................ 3
Résumé ........................................................................................................................... 6
Liste des recommandations .......................................................................................... 7
Introduction .................................................................................................................... 8
1 Le CAR-SPAW, un OVNI institutionnel dont le statut et le positionnement reste
à stabiliser .................................................................................................................. 9
1.1 La convention de Carthagène, le protocole SPAW et le CAR ................................ 9
1.1.1 La seule convention contraignante en matière de protection de
l?environnement de la Caraïbe : ............................................................................ 9
1.1.2 Le protocole SPAW protège spécialement des zones et des espèces
fragiles des Caraïbes .......................................................................................... 10
1.1.3 Le CAR est le « bras armé » du protocole SPAW ...................................... 12
1.2 Le CAR-SPAW, une structure jeune mais à l?histoire mouvementée ................... 12
1.2.1 Après sa création en 2000, le CAR-SPAW est hébergé provisoirement à la
DIREN ................................................................................................................. 12
1.2.2 L?institution laborieuse de l?association « Plan mer des Caraïbes » qui n?a
vécu que de 2005 à 2009 .................................................................................... 13
1.2.3 L?hébergement au PNG, marqué par plusieurs périodes, se termine par
une crise avec le CAR ......................................................................................... 14
1.2.4 Le transfert à la DEAL de la Guadeloupe à partir de 2019 ......................... 17
1.3 Forces et faiblesses du positionnement actuel à la DEAL ................................... 17
1.3.1 Circuit des recettes et des paiements : une lourdeur et une opacité
excessive ............................................................................................................ 18
1.3.2 Gestion du personnel : la stabilité des effectifs n?est pas garantie ............. 19
1.3.3 L?accès aux financements internationaux est plus compliqué sans être
impossible ........................................................................................................... 20
1.4 Appréciation des ministères concernés et des partenaires sur les missions du
CAR-SPAW ............................................................................................................... 20
1.4.1 Pour le secrétariat de la convention ........................................................... 20
1.4.2 Pour les ministères concernés (Ministère chargé de l?environnement/DEB
et DAEI, MEAE, MOM) ........................................................................................ 21
1.4.3 Pour les acteurs intervenant dans la région (Région Guadeloupe, OFB,
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AFD?) ................................................................................................................ 21
1.4.4 En conclusion, le CAR-SPAW est un outil efficace et peu coûteux qui
mérite d?être conforté au bénéfice des enjeux environnementaux et du
rayonnement de la France dans la région ........................................................... 22
2 Analyse des statuts et positionnements alternatifs à l?hébergement à la DEAL . 23
2.1 Le statut associatif soulève des questions de gouvernance ................................ 23
2.2 Un groupement d?intérêt public apparait trop lourd pour une structure de la taille
du CAR ...................................................................................................................... 24
2.3 La vocation d?un groupement européen de coopération territoriale ne coïncide
pas avec celle du CAR-SPAW ................................................................................... 26
2.4 Au sein d?un établissement public du ministère chargé de l?environnement ......... 27
2.4.1 Le retour au PNG pose des problèmes d?acceptabilité ............................... 27
2.4.2 L?intégration à l?OFB apparait comme la meilleure option à moyen terme
sous certaines conditions. ................................................................................... 27
2.5 Au sein du groupe AFD ....................................................................................... 29
2.6 En conclusion sur les différentes options d?hébergement .................................... 29
3 Recommandations pour améliorer le fonctionnement et l?impact du CAR-SPAW
à la DEAL ou à l?OFB ............................................................................................... 31
3.1 Politique de recrutement et de gestion RH .......................................................... 31
3.1.1 Sanctuariser les ETP, en particulier ceux des chargés de mission ............ 31
3.1.2 Une sanctuarisation garantit par un portage interministériel des 3 ETP hors
masse salariale : ................................................................................................. 32
3.1.3 Recruter des agents plus représentatifs de la région Caraïbe .................... 33
3.2 Fluidifier et sécuriser le circuit des recettes et décaissements ............................. 34
3.3 Mettre en place une stratégie d?accès aux financements internationaux ............. 36
4 Clarifier les attentes des ministères contributeurs au CAR-SPAW et en déduire
un modèle de financement durable ........................................................................ 37
4.1 Le CAR a besoin d?un cadrage des attentes des ministères contributeurs .......... 37
4.1.1 Assumer les spécificités d?intervention du CAR-SPAW .............................. 37
4.1.2 Définir les attentes des ministères contributeurs présents ou futurs au
CAR-SPAW en termes de retour pour la France ................................................. 38
4.2 Mobiliser et valoriser davantage l?expertise locale dans une logique de réseau
« team France » ........................................................................................................ 39
4.3 Assurer un modèle soutenable sur le long terme pour le CAR-SPAW ................. 40
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Conclusion ................................................................................................................... 41
Annexes ........................................................................................................................ 42
Annexe 1. Lettre de commande .................................................................................. 43
Annexe 2. Accord entre la France et le PNUE concernant la mise en place en
Guadeloupe d?un CAR pour le protocole SPAW ................................................... 46
Annexe 3. Circuit des paiements internationaux (sources CAR-SPAW) ................. 55
Annexe 4. Liste des personnes rencontrées ............................................................. 56
Annexe 5. Glossaire des sigles et acronymes ........................................................... 62
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Résumé
Le CAR-SPAW est le centre d?appui régional (CAR), dédié aux zones et à la vie sauvage
spécialement protégées (protocole SPAW), de la convention de Carthagène signée en 1983 pour
lancer le « Programme pour l?environnement des Caraïbes » du Programme des nations unies
pour l'environnement (PNUE). Par une convention avec le PNUE, la France assure l?hébergement
en Guadeloupe et finance le fonctionnement du CAR-SPAW qui travaille sous l?égide du secrétariat
de la convention pour l?appui à la mise en oeuvre du protocole SPAW. Il assure un appui scientifique
et technique du secrétariat pour la coordination des différents programmes sur les aires marines
protégées et la protection des espèces et des écosystèmes listés dans le protocole.
Par convention avec le PNUE, la France s?est engagée à financer trois postes d?encadrement, à
héberger ce CAR en Guadeloupe, les autres postes étant financés sur projets européens ou
internationaux, et de contribuer au budget de fonctionnement pour un montant annuel de 140 000¤.
Positionné au sein de la direction de l'environnement, de l?aménagement et du logement (DEAL)
depuis 2019, après avoir été successivement au sein d?une association puis au parc national de
Guadeloupe, il rencontre des difficultés liées à son positionnement dans une administration
publique, concernant l?accès à certains fonds internationaux, le circuit des dépenses et la limitation
des recrutements publics soumis à plafond d?emploi.
Après avoir retracé les principales étapes qui ont marqué le CAR-SPAW depuis sa création en
2000, et analysé les raisons des différents changements de positionnement, la mission a examiné
les principales contraintes actuelles permettant de juger de la pertinence de son positionnement à
la DEAL. Elle a étudié ensuite les alternatives à ce positionnement en mesurant à chaque fois le
bénéfice par rapport aux difficultés susmentionnées.
Après avoir échangé avec les principaux interlocuteurs du CAR-SPAW, tant en France
métropolitaine, dans les Antilles qu?au secrétariat de la convention, la mission fait le constat suivant :
S?il a pu être critiqué dans le passé, le CAR-SPAW est actuellement une structure dynamique qui
effectue ses missions avec efficacité et dont le rôle essentiel pour la mise en oeuvre du protocole
est reconnu par les principaux acteurs.
Si les difficultés rencontrées par le CAR dans son positionnement à la DEAL sont réelles, elles
n?apparaissent pas rédhibitoires et sont en passe d?être en partie résolues, grâce à une bonne
coordination avec la DEAL et la DGALN.
L?examen de l?histoire mouvementée du CAR et des structures d?hébergement potentielles
montrent qu?il n?existe pas de structure alternative qui permette d?apporter une réponse clairement
positive sur l?ensemble des difficultés actuelles rencontrées. L?OFB constitue néanmoins celle qui
présente les meilleurs atouts en termes de synergies d?action et de fonctionnement.
Face à ce constat la mission recommande le maintien dans l?immédiat du CAR au sein de la DEAL,
compte tenu de son bilan très positif et fait des recommandations d?ordre organisationnelle afin de
réduire certaines difficultés observées. Elle recommande également à la direction de l'eau et de la
biodiversité (DEB) d?inclure, dans le cadre de son contrat d?objectif et de performance avec l?Office
français de la biodiversité (OFB), l?objectif à moyen terme (2 ans) de son intégration au sein de
l?Office selon des modalités de positionnement et organisationnelles permettant au CAR de
conforter ses actions.
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Liste des recommandations
[Ministère chargé de l?environnement/DEB/DEAL] Maintenir dans
l?immédiat le CAR-SPAW au sein de la DEAL de Guadeloupe afin de ne pas fragiliser les
actions engagées avec le secrétariat de la convention et les États parties. ...................... 30
[Ministère chargé de l?environnement/DEB] Inclure dans le contrat
d?objectif et de performance 2026-2031 de l?OFB l?intégration à l?échéance de deux ans du
CAR-SPAW au sein de l?établissement, selon des modalités permettant de respecter les
engagements contractuels de la France vis-à-vis du PNUE en termes d?implantation et de
moyens de fonctionnement et adapter la convention avec le PNUE en conséquence. ..... 30
[Ministère chargé de l?environnement /SG et DGALN, MOM, MEAE]
Sanctuariser, outre les trois emplois garantis par la convention avec le PNUE, les trois
postes de chargés de mission thématiques partagés respectivement entre la DGALN, la
DAEI et le MOM. .................................................................................................................. 33
[CAR-SPAW] Ouvrir les appels à candidature à l?international pour les
recrutements des postes de chargés de mission thématiques, en privilégiant des agents
plus représentatifs de la région Caraïbe. ............................................................................ 34
[Ministère chargé de l?environnement/ DAF et DEAL et DRFIP de
Guadeloupe] : Poursuivre les actions permettant d?accélérer les paiements internationaux
et mettre en place un dispositif offrant au CAR-SPAW une visibilité sur l?état d?avancement
des paiements internationaux ............................................................................................. 35
[Ministère chargé de l?environnement, MEAE, MOM] Elaborer une lettre
de cadrage à destination du CAR-SPAW permettant, dans le respect de la convention entre
la France et le PNUE et du plan stratégique 2023-2028, de donner des orientations sur les
actions à mener y compris au profit de la France. .............................................................. 38
[Ministères chargés de l?environnement, des outre-mer et de la
recherche, CAR-SPAW] Mobiliser davantage les opérateurs du ministère chargé de
l?environnement, les universités des Antilles Guyane et les organismes de recherche
compétents dans le domaine du protocole SPAW afin de participer aux groupes de travail et
aux projets portés par le CAR-SPAW. ................................................................................. 39
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Introduction
Le CAR-SPAW est un centre d?activités régional (CAR) de la convention de Carthagène, signée en
1983 sous l?égide de l?ONU pour lancer le « programme pour l?environnement des Caraïbes »
(Programme des nations unies pour l?environnement - PNUE). Ce programme se décline en trois
protocoles : l?un, sur les pollutions liées aux hydrocarbures, le second, sur les sources terrestres
de pollution marine, et le troisième, sur les zones et la vie sauvage spécialement protégées
dénommé par son acronyme anglais SPAW (Specially Protected Areas and Wildlife) signé en 1990
et entré en vigueur en 2000.
Créé en 2000 par une convention entre la France et le PNUE, le CAR-SPAW travaille sous l?égide
du secrétariat de la convention (basé à Kingston, Jamaïque) pour l?appui à la mise en oeuvre du
protocole SPAW, à travers la coordination des différents programmes sur les aires marines
protégées et la protection des espèces et des écosystèmes listés dans le protocole.
Par convention avec le PNUE, la France s?est engagée à héberger ce CAR en Guadeloupe, à
financer trois postes d?encadrement - les autres postes étant financés sur projets européens ou
internationaux - et à contribuer à son budget annuel à hauteur de 140 000¤.
Depuis sa création en 2000, le CAR a pris diverses formes juridiques : association, hébergement
au sein du Parc national de Guadeloupe (PNG) et, depuis 2019, au sein de la direction de
l?environnement, de l?aménagement et du logement (DEAL) de Guadeloupe.
Si ce positionnement au sein de la DEAL présente des avantages en permettant de s?appuyer sur
les moyens logistiques de cette administration, il suscite également des difficultés :
l?appartenance à l?État pourrait priver le CAR de l?accès à certains financements
internationaux (Fonds pour l?environnement mondial, Fonds français pour l?environnement
mondial, fondations) ;
le CAR est tributaire des ajustements budgétaires, incluant les plafonds et schémas
d?emplois imposés par le ministère chargé de l?environnement, au même titre que les autres
services de l?État qui en dépendent, au risque du non-respect des engagements pris vis-à-
vis du secrétariat de la convention ;
le circuit des paiements internationaux au profit de bénéficiaires situés dans des pays hors
de l?espace unique de paiement en euros (ou SEPA, Single euro payment area) , est d?une
grande complexité ce qui entraîne des délais importants et une charge de travail
conséquente pour le CAR et la DEAL.
Après avoir retracé les principales étapes qui ont marqué le CAR-SPAW depuis sa création en
2000, et analysé les raisons des différents changements de positionnement, la mission examinera
les principales contraintes actuelles permettant de juger de la pertinence de son positionnement à
la DEAL.
Elle étudiera dans un deuxième temps les alternatives à ce positionnement en mesurant à chaque
fois le bénéfice par rapport aux difficultés susmentionnées. Elle fera également, au-delà du
positionnement institutionnel du CAR-SPAW, des recommandations opérationnelles permettant de
minimiser ces difficultés et de garantir le maximum d?impact dans l?exécution de ses missions.
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Rapport n°016189-01
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1 Le CAR-SPAW, un OVNI institutionnel dont le statut et le
positionnement reste à stabiliser
La principale difficulté du CAR-SPAW 1 est qu?il a une vocation internationale mais, qu?étant
hébergé par la France, il s?est trouvé placé dans des entités juridiques de droit français qui, toutes,
ont soulevé des difficultés d?ordre institutionnel, comptable, juridique. C?est cette histoire
mouvementée qui sera maintenant rappelée.
1.1 La convention de Carthagène, le protocole SPAW et le CAR
1.1.1 La seule convention contraignante en matière de protection de
l?environnement de la Caraïbe :
En 1974, PNUE a mis en place des programmes des mers régionales avec l?objectif de coordonner
les activités destinées à la protection de l?environnement marin grâce à une approche régionale.
Dans les années suivantes, plusieurs conventions ont été adoptées et notamment la convention
pour la protection et la mise en valeur du milieu marin dans la région des Caraïbes, signée à
Carthagène en Colombie le 24 mars19832 et entrée en vigueur le 11 octobre 1986. Il est le seul
instrument juridiquement contraignant en matière de protection de l?environnement dans la zone
« Grande Caraïbe »3 . Elle s?applique au « milieu marin du golfe du Mexique, de la Mer des
Caraïbes et des zones de l?Océan Atlantique qui lui sont adjacentes » « dans un rayon de 200
miles marins à partir des côtes atlantiques » des États signataires. Elle concerne 37 territoires dont
25 États, du golfe du Mexique au plateau des Guyanes et des côtes colombiennes à la péninsule
de Floride. La France est partie contractante au titre des territoires suivants : la Guadeloupe, la
Martinique, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et la Guyane.
La convention de Carthagène ne s?applique pas aux eaux intérieures des Parties contractantes.
Elle a pour objet la protection du milieu marin de la région des Caraïbes par la conclusion d?accords
bilatéraux ou multilatéraux, régionaux ou sous-régionaux entre elles.
Trois protocoles ont été adoptés :
le protocole relatif à la coopération en matière de lutte contre les déversements
d?hydrocarbures signé en 1983 ;
le protocole relatif à la pollution due à des sources et activités terrestres signée en 1999 ;
le protocole relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées -en anglais
Specially Protected Areas and Wildlife (SPAW)- signé en 1990 et entré en vigueur en 2000.
1 CAR-SPAW est une dénomination mélangeant un sigle français (centre d?activités régional) et un sigle anglais
(Specially Protected Areas and Wildlife)..
2 25 États ont ratifié la convention : Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Colombie, Costa Rica, Cuba,
Dominique, États-Unis, République dominicaine, France, Grenade, Guatemala, Guyana, Honduras, Jamaïque,
Mexique, Nicaragua, Panama, Pays-Bas, Royaume-Uni, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-
Grenadines, Sainte-Lucie, Trinité-et-Tobago et Venezuela. (Source : OFB )
3 Selon le site de l?OFB https://www.milieumarinfrance.fr/
PUBLIÉ
https://www.milieumarinfrance.fr/
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Figure 1 État ayant ratifié la convention de Carthagène (Source OFB/milieumarinfrance)
1.1.2 Le protocole SPAW protège spécialement des zones et des espèces
fragiles des Caraïbes
Conformément à l?article 10 de la convention qui prévoit que les parties s?efforcent d?instaurer des
zones spécialement protégées afin de sauvegarder les écosystèmes rares ou fragiles et les
habitats d?espèces en régression, menacées ou en voie d?extinction, le protocole SPAW a été
adopté à Kingston en Jamaïque le 18 janvier 1990. En 2024 il avait été ratifié par 19 État4.
4 Les 19 États qui ont ratifiés le protocole SPAW sont : Bahamas, Barbade, Belize, Colombie, Cuba, États-Unis,
République dominicaine, France, Grenade, Guyana, Honduras, Nicaragua, Panama, Pays-Bas, Saint-Christophe-
et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sainte-Lucie, Trinité-et-Tobago et Venezuela.
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Figure 2 : Carte des pays ayant ratifié le protocole SPAW (Source
OFB/milieumarinfrance)
Il comprend, en annexes 1 et 2, des listes d?espèces côtières et marines floristiques et faunistiques
spécialement protégées et en annexe 3, une liste des espèces dont l?exploitation est règlementée5.
Pour l?essentiel, les Parties s?engagent à créer des zones protégées et notamment à y règlementer
le déversement des produits polluants, le passage des navires, la pêche et la récolte d?espèces
fragiles ainsi qu?à y imposer des études d?impact pour les activités industrielles. Un programme de
coopération doit permettre d?établir la liste des zones protégées.
Chaque Partie doit identifier les espèces de faune et de flore fragiles et prendre les mesures
nécessaires pour les protéger. Mais ensemble les Parties adoptent des mesures concertées pour
protéger les espèces figurant d?ores et déjà aux annexes 1, 2 et 3. Des dérogations sont possibles
dans certaines conditions. Elles doivent réaliser des études d?impact avant d?autoriser des projets
susceptibles d?impacter des zones ou des espèces spécialement protégées en application du
protocole SPAW.
Un comité consultatif scientifique et technique (STAC) est appelé à donner son avis notamment
sur les listes des zones et des espèces protégées ou les études d?impact.
Les Parties sont invitées à intensifier leurs programmes de recherches scientifiques et techniques,
à coopérer entre eux et à se prêter assistance mutuelle.
Au travers cette rapide présentation, il apparait que le protocole SPAW nécessite une coopération
et des concertations importantes entre les Parties et avec le secrétariat. Le CAR du protocole
SPAW a été institué pour faciliter ces échanges entre les Parties.
5 https://www.car-spaw-rac.org/IMG/pdf/spaw
PUBLIÉ
Rapport n°016189-01
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1.1.3 Le CAR est le « bras armé » du protocole SPAW
À côté du secrétariat de la convention de Carthagène et de ses protocoles, assuré par le PNUE6,
les Parties font appel à des CAR pour coordonner et mettre en oeuvre les actions de concertation
et de coopération, indispensables à ce type d?accord.
L?annexe I des « Lignes directrices pour l?établissement et le fonctionnement des centres et
réseaux d?activités régionaux de la convention de Carthagène » signées à Montego Bay en
Jamaïque en 2006, explique que les CAR et les réseaux d?activités régionaux (RAR) ont été
réclamés par 22 pays de la région Caraïbe dès 1981 et que l?adoption de lignes directrices a été
inscrite dans le 1er plan d?action du Programme pour l?environnement des Caraïbes (PEC).
Parmi les préconisations de ces lignes directrices sur la CAR, qui n?ont aucune force contraignante,
on retiendra que:
les CAR devraient être créés pour renforcer la capacité technique de l?unité de coordination
du PNUE, contribuer à la mobilisation des ressources financières, promouvoir des activités
en vue de mettre en oeuvre la contention de Carthagène et ses protocoles ;
le CAR doit être doté des ressources humaines suffisantes, devrait recourir à son propre
personnel et éviter de sous-traiter ses activités, être doté d?une capacité institutionnelle et
d?une autonomie financière ;
le personnel doit maitriser parfaitement l?anglais, le français et l?espagnol et avoir si
possible une bonne connaissance du néerlandais ;
un mémorandum d?entente est signé avec le gouvernement hôte précisant notamment les
mécanismes de transfert de fond, le financement du personnel ;
chaque CAR est chargé de préparer un plan stratégique couvrant une période de six ans.
Il rappelle les missions, précise le contexte et donne des orientations stratégiques à chaque
CAR.
S?agissant du CAR-SPAW un plan stratégique 2023-2028, vient d?être validé par la conférence des
Parties.
1.2 Le CAR-SPAW, une structure jeune mais à l?histoire
mouvementée
En 1992, la France a proposé d?accueillir le CAR pour le protocole SPAW en Guadeloupe. En
décembre 1994, cette offre fut acceptée par la 7e conférence intergouvernementale et la
conférence des parties (COP).
Selon le rapport de l?Inspection générale de l?environnement de 20027, il était initialement prévu de
confier au parc national de la Guadeloupe (PNG) la charge de préfigurer puis d?héberger le CAR
mais finalement, il a été convenu de transférer à la DIREN8 cette mission.
1.2.1 Après sa création en 2000, le CAR-SPAW est hébergé provisoirement
à la DIREN
Après plusieurs années de discussions et de négociations sur un accord avec le PNUE, le CAR-
6 Article 15 de la convention de Carthagène
7 Rapport de l?Inspection générale de l?environnement : « Centre d?activités régional pour les espaces et les
espèces spécialement protégés de la Caraïbe (CAR SPAW) », Yves Fournier, rapport remis au ministre le 23 avril
2002 (page 6)
8 Direction régionale de l?environnement devenue DREAL
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Rapport n°016189-01
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SPAW a été officiellement créé en juin 2000.
L?accord entre la France et le PNUE (cf. annexe 2), signé le 7 juin 2000, antérieur aux lignes
directrices précitées, précise les missions du CAR (pour l?essentiel des actions autour de la
coopération scientifique et technique, le développement de projets avec les agences des Nations
Unies, les organisations intergouvernementales, les ONG ou toute autre institution, permettre
l?identification et la gestion des zones et espèces protégées et souligne que les activités qui « ne
sont pas liées à son rôle régional et qui lui sont attribuées par les autorités françaises » doivent
être financées par la France et qu?il convient de veiller à ce que de « telles activités ne perturbent
ni n?affectent le rôle régional du CAR et les activités qui s?y rapportent ».
L?accord prévoit que la France finance le fonctionnement du CAR, notamment en fournissant des
locaux au sein de la DIREN, avec l?appui technique du PNG et l?appui scientifique de l?université
Antilles-Guyane. Il indique que le CAR doit être administré par un directeur nommé par le
gouvernement français.
Son annexe est encore plus précise s?agissant du personnel puisqu?elle indique qu?il sera constitué
par quatre personnes, le directeur et une documentaliste sur des postes budgétaires de la DIREN
mis à disposition du CAR par voie de convention, un attaché scientifique à mi-temps sur un poste
budgétaire du PNG mis à disposition du CAR et une secrétaire de direction devant être recrutée
par la DIREN.
Il convient de souligner que l?accord avec le PNUE ne prévoit pas la forme juridique que prendra
le CAR du protocole SPAW. Il indique seulement où sont ses locaux (DIREN), pour le compte de
l?État qui finance les emplois et le fonctionnement du CAR.
Les promoteurs du CAR-SPAW ont voulu rapidement lui conférer la personnalité morale,
notamment pour éviter toute gestion de fait9 même si une organisation et un fonctionnement
rigoureux auraient permis de dissiper cette crainte.
Le premier directeur est nommé en janvier 2000, il bénéficie d?une documentaliste mise à
disposition par la DIREN et d?un agent du PNG. Un agent supplémentaire est même affecté par
l?administration centrale du ministère chargé de l?environnement au CAR-SPAW à la mi 2000.
A ses débuts donc, l?annexe à l?accord France/PNUE est respecté. Ce sera moins le cas par la
suite.
1.2.2 L?institution laborieuse de l?association « Plan mer des Caraïbes »
qui n?a vécu que de 2005 à 2009
Lors de ses visites en métropole dans les services centraux des ministères chargés de
l?environnement, des outre-mer et des affaires étrangères, il est conseillé au premier directeur du
CAR-SPAW de créer rapidement une association.
Cependant le cabinet de la ministre chargée de l?environnement, puis le préfet de la Guadeloupe
s?opposent à ce montage et préfèrent que le CAR-SPAW prenne la forme d?un groupement d?intérêt
public (GIP). Qu?il s?agisse d?une association ou d?un GIP, un conseil d?administration devait être
désigné et dans les deux cas, il était envisagé d?y faire participer les collectivités territoriales
directement concernées (Région et Département de Guadeloupe). Or, ces dernières considèrent
que le GIP est une structure trop lourde pour la petite équipe en cause.
A la fin de l?année 2001 et au début de l?année 2002, le directeur du CAR-SPAW se retrouve seul,
des postes vacants à la suite de départs n?étant pas pourvus, ses relations avec la DIREN sont
très tendues (grève du personnel de la DIREN), le dossier institutionnel est bloqué en partie en
9 La gestion de fait est définie à l?article L. 131-15 du code des juridictions financières.
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raison des élections municipales de mars 2001 et le CAR-SPAW ne peut réaliser que quelques
actions ponctuelles.
Fin 2002, le rapport de M. Yves FOURNIER, rédigé à la demande du directeur général de
l?administration, des finances et des affaires internationales du ministère chargé de l?environnement
qui souhaitait connaitre l?état d?avancement du CAR, recommande de créer rapidement une
association, comme le réclament tant les élus locaux que le PNG et de n?envisager un GIP
qu?ultérieurement. Il recommande également de clarifier la question du demi-poste du PNG et de
recruter rapidement la secrétaire.
L?association « Plan Mer des Caraïbes » fut finalement créée et déclarée le 22 décembre 2005. La
mission n?a pas eu accès aux statuts déposés en préfecture mais, d?après les projets qu?elle a pu
consulter, les membres de l?association étaient répartis en trois collèges :
des représentants des ministères chargés de l?environnement, des affaires étrangères, de
la mer, des outre-mer, de l?agriculture et de la pêche ;
des représentants des conseils régionaux et conseils généraux de la Guadeloupe, de la
Guyane et de la Martinique ;
au moins trois personnalités qualifiées en matière de protection et de gestion durable de la
faune et de la flore sauvages ainsi que des milieux naturels de la zone des Caraïbes.
Un nouveau directeur du CAR-SPAW a été nommé et a pris la direction de l?association.
Les documents recueillis par la mission ne permettent pas de décrire précisément les difficultés et
les activités de l?association « Plan Mer des Caraïbes ».
En tout état de cause, il est souligné lors d?une réunion interservices de septembre 2008 que le
CAR-SPAW contribue à la bonne tenue de la 5e COP du protocole SPAW et à la 11eme conférence
intergouvernementale de la convention de Carthagène en septembre 2008. Grâce en partie à son
travail, deux textes importants y ont été adoptés (le plan mammifères marins et les lignes directrices
de gestion des espèces et des zones protégées) ainsi que le plan d?action 2008-2009.
Il apparait toutefois que, dès 2008, la dissolution de l?association et le transfert du CAR-SPAW au
PNG sont envisagés compte tenu des risques que présentait le statut associatif au regard des
règles de gestion et de la comptabilité publique. Par ailleurs, la gouvernance particulière s?est
avérée peu opérationnelle. Par conséquent, le principe de l?hébergement du CAR-SPAW par le
PNG est approuvé par les ministères chargés de l?environnement, des affaires étrangères et de
l?outre-mer ainsi que par l?association « Plan Mer Caraïbe » le 21 avril 2008 et reçoit un avis
favorable du conseil d?administration (CA) du PNG le 18 mai 2008.
L?association est dissoute le 30 juillet 2009.
1.2.3 L?hébergement au PNG, marqué par plusieurs périodes, se termine
par une crise avec le CAR
La vie et les activités du CAR-SPAW de 2009 à 2019 semblent très dépendantes des relations
entre sa direction et celle du Parc.
1.2.3.1 2009-2014 : « l?âge d?or » du CAR-SPAW au PNG
Par arrêté du 20 janvier 2009, le PNG se voit attribuer la mission d?assurer les fonctions support
du CAR et une convention cadre est signée le 23 juin 2009 entre le Parc national et le ministère
chargé de l?environnement, pour trois ans. Cette convention prévoit notamment que deux agents
de catégorie A et un agent de catégorie B, seraient mis à disposition du PNG par le ministère
chargé de l?environnement ou le ministère d?origine de l?agent et que d?autres personnels pourraient
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être recrutés et financés au titre des projets qu?ils mettent en oeuvre. La convention a été
renouvelée par deux avenants de trois ans chacun mais la seconde de manière rétroactive.
Une commission administrative à caractère consultatif est créée auprès du CA du Parc national.
Elle vise à associer au centre d?activités régional l?ensemble des collectivités territoriales et
services de l?État concernés par la mise en oeuvre du protocole SPAW, ainsi que des personnalités
qualifiées.
La gestion financière du CAR est assurée par un « service à comptabilité distincte », au sein de la
comptabilité du PNG. Le directeur du CAR est ordonnateur des dépenses, selon les règles de
comptabilité publique applicables au PNG et conformément à l'accord France ?PNUE ; il rend
compte de son activité au conseil d?administration du PNG.
Jusqu?en 2014, le CAR-SPAW a tiré profit de son hébergement par le PNG. Son activité s?est
développée et son dynamisme lui a permis de collecter de plus en plus de fonds, essentiellement
publics, mais de natures très diverses.
Plusieurs personnes rencontrées s?accordent à dire que cette première période est marquée par
une bonne entente entre les directions de deux structures.
1.2.3.2 Une dégradation des relations entre le CAR-SPAW et le PNG à partir de 2014
A partir des années 2014/2015, avec le changement de direction au PNG et au CAR, les relations
entre les deux structures se dégradent. Il est reproché au PNG par le CAR de ne pas être assez
souple dans la gestion des fonds. Mais, comme indiqué précédemment, la multiplication et la
diversité de ceux-ci, parfois même leur ampleur (plus d?un million d?euros), ont de plus en plus
monopolisé les services du secrétariat général de l?établissement public.
La directrice du CAR-SPAW de cette époque, a évoqué plusieurs difficultés à la DEB, notamment
le non-renouvellement de la convention de 2012, l?absence de délégation de signature et de
personnel officiellement affecté au CAR. Aucune réponse ne lui a apparemment été apportée.
La mise en place d?un logiciel pour que l?établissement se conforme aux nouvelles règles de la
gestion budgétaire et comptable publique (GBPC) a accentué les difficultés et les tensions, ce qui
a motivé le départ de la directrice du centre à l?été 2016. Elle sera remplacée en septembre 2016.
1.2.3.3 A partir de 2016, au lieu de les apaiser, deux rapports du CGEDD et les
tentatives de réforme exacerbent les tensions
Le PNG a été audité en 2016 par le Conseil général de l'environnement et du développement
durable (CGEDD, devenu IGEDD) conformément au programme 2016 d?audit des établissements
publics sous tutelle du ministère chargé de l?environnement.
Le rapport d?audit remis en janvier 2017 constatant que le CAR-SPAW engageait des fonds sans
accord express du PNG et que des tensions existaient entre les dirigeants de ces deux instances,
a recommandé de donner sans délai au directeur du PNG les moyens d?exercer ses responsabilités
d?ordonnateurs des fonds publics, tout au long de la chaine de la GBCP. Il notait également que le
directeur du PNG n?exerçait qu?une autorité fonctionnelle sur les agents du CAR-SPAW.
Avant même la rédaction et la remise du rapport d?audit, une note confidentielle a été adressée, en
juillet 2016, par la mission d?audit à la ministre chargée de l?environnement et à la secrétaire d?État
chargée de la biodiversité les alertant sur des risques juridiques qui résulteraient des relations
ambiguës entre le ministère, le PNG, le CAR-SPAW et les bailleurs de fonds. Cette note signalait
notamment que le CAR-SPAW, sans personnalité juridique, engageait la responsabilité du PNG en
acceptant des fonds privés dans le cadre de projets mais pourtant ne l?informait qu?en fin de
processus, lorsque tous les documents étaient signés. Elle considérait que la délégation de
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signature accordée par le directeur du PNG à la directrice du CAR-SPAW était illégale car le
directeur n?en avait pas la compétence, ces agents n?étant pas sous son autorité hiérarchique. En
outre, elle signalait que certaines conventions avaient été signées par le CAR-SPAW qui n?avait
pas la légitimité pour le faire. Dans ces conditions, effectivement, ces engagements risquaient
d?être considérés comme nuls et sans aucun effet. En conclusion, elle recommandait de poursuivre
l?audit et d?étudier notamment une solution consistant à créer un service au sein du PNG dédié au
CAR-SPAW.
Toujours avant la remise officielle du rapport d?audit, en novembre 2016, le DGALN a demandé au
directeur du PNG de prendre des mesures immédiates pour être l?unique ordonnateur des recettes
et dépenses du CAR et faire valider les délégations de signature par la tutelle (DEB). Il a également
souhaité que celui-ci prépare l?intégration administrative complète du CAR-SPAW au sein de son
établissement et qu?il en constitue un service à part entière. Ces évolutions devaient être effectives
au premier trimestre 2017.
En janvier 2017, le DEB, alerté par les tensions existantes entre le CAR-SPAW et le PNG, a saisi
le CGEDD afin de diligenter le plus rapidement possible une nouvelle mission afin de « prévenir
toute détérioration de la situation qui serait préjudiciable non seulement aux agents impliqués mais
aussi à la bonne mise en oeuvre des évolutions dans le fonctionnement des deux structures,
consécutivement aux recommandations faites par l?audit ».
Le rapport, remis en avril 201710 a notamment souligné que l?arrivée de la nouvelle directrice du
CAR-SPAW en septembre 2016, n?était toujours pas officialisée un an plus tard, comme cela avait
été le cas pour sa prédécesseuse et que ce retard la plaçait, comme le directeur du PNG, dans
une « situation de non-respect des textes ». Par ailleurs, le contexte de sa prise de poste ne lui a
pas été bien expliqué ce qui n?a pas facilité ses relations avec le directeur du PNG chargé de mettre
en oeuvre les réformes recommandées par l?audit. Celui-ci a eu pour effet de raviver les
incompréhensions et les tensions entre le PNG et le CAR-SPAW et d?accroître l?inquiétude des
agents sur leur avenir.
Si l?intégration complète du CAR-SPAW au sein du PNG que préconisait le rapport d?audit a paru
possible aux rapporteurs, ils ont mis en garde sur la nécessité de permettre au centre de poursuivre
la mise en oeuvre des engagements de la France et son rôle d?interface entre les États de la
Caraïbe et le PNUE. Ils préconisaient pour cela, notamment que le directeur du CAR-SPAW
devienne le directeur délégué du PNG, qu?il participe au comité de direction de celui-ci et qu?il
bénéficie d?une délégation de signature. Mais ils reconnaissaient que tout dépendait de la
détermination des deux dirigeants à s?entendre et à coopérer.
Si quelques mesures ont été mises en oeuvre, l?état de concorde entre les deux entités n?a pas été
trouvé. Loin de là. Tous les responsables de l?époque évoquent un climat social explosif, des agents
en souffrance, se traduisant par une quasi cessation des activités du centre.
A la demande du DGALN, une opération de repositionnement a alors été conduite par le DEAL 11
durant l?année 2018. Ce dernier a accepté de reprendre en urgence le CAR-SPAW à deux
conditions :
en sus des trois ETP avec masse salariale qui correspondent à l?engagement de l?État, la
création de trois ETP hors plafonds, sans masse salariale, pour des postes techniques
financés sur projets et le recrutement de deux volontaires du service civique ;
la création de deux fonds de concours12 afin que la DEAL puisse être attributaire de fonds
10 Rébeillé-Borgella E. et Boisseau T. 2017. Evaluation des rapports entre le parc national de Guadeloupe et le
CAR-SPAW. Rapport CGEDD.
11 La mission n?a pas trouvé de trace de décision, de note ou d?instruction traduisant ce « rapatriement sanitaire ».
12 En application de l?article 17 de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) du 1re aout 2001, les fonds
de concours sont constitués par des fonds à caractère non fiscal versés pour concourir à des dépenses d?intérêt
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internationaux.
Par note du 1er août 2018, le directeur des affaires financières du ministère chargé de
l?environnement a demandé à la direction du budget du ministère chargé des comptes publics la
création de deux fonds de concours sur les programmes 217 et 113 permettant de rattacher des
crédits respectivement à des dépenses de personnel relevant du titre 2 (T2) et à des dépenses
relevant d?autres titres de la nomenclature budgétaire (HT2).
1.2.4 Le transfert à la DEAL de la Guadeloupe à partir de 2019
Le 1er janvier 2019, le CAR-SPAW rejoint la DEAL. Mais dès le 8 août 2018 l?arrêté d?organisation
de celle-ci avait été modifié avec effet au 1er septembre suivant. Il prévoyait que « Le centre
d?activités régional pour les espèces et les espaces spécialement protégés de la Caraïbe est
rattaché à la DEAL qui assure l?autorité hiérarchique sur les agents qui y sont affectés et la
responsabilité d?ordonnateur secondaire délégué pour les crédits gérés ».
Des recrutements sont réalisés et peu à peu, le climat s?apaise au CAR-SPAW et au Parc. A partir
de 2020, le CAR SPAW commence à redevenir crédible auprès du secrétariat de la convention de
Carthagène.
D?après la directrice du CAR SPAW en poste à la date de la mission : « Aujourd?hui, le travail du
CAR-SPAW est unanimement salué par les différents partenaires, y compris les représentants de
la société civile. La ligne de partage entre le secrétariat et le CAR est claire, ce dernier s?appuyant
largement sur nos capacités de réalisation pour ses propres missions. Le rattachement du CAR-
SPAW au sein de la DEAL de Guadeloupe a permis de mettre en place une souplesse de gestion
budgétaire et une mutualisation des coûts ». Cependant, cette intégration présente également
quelques inconvénients qui seront évoqués dans les chapitres suivant.
A la lumière de sa courte mais néanmoins mouvementée histoire, on peut constater que les
changements de statuts et de positionnements se sont faits dans des contextes de crise, ce qui
nécessitent d?analyser ce qui relève de causes structurelles de causes plus conjoncturelles.
1.3 Forces et faiblesses du positionnement actuel à la DEAL
Parmi les forces du positionnement à la DEAL, il faut citer la proximité de collègues travaillant sur
des sujets proches (notamment avec le service nature) qui crée des synergies possibles, un appui
du DEAL sur les questions financières et de ressources humaines (RH), un hébergement
confortable et des facilités logistiques non facturées.
En revanche, l?absence de personnalité juridique et d?autonomie financière comme le préconisent
les lignes directrices sur les CAR peut apparaître comme un handicap mais qui n?est pas
rédhibitoire (au moins un autre CAR parmi les 4 de la convention de Carthagène n?a également
pas d?autonomie juridique). Cette absence ne semble pas être un problème pour le secrétariat et
les Parties, une organisation garantissant une certaine autonomie et de la souplesse permettant
de dépasser ces exigences.
public et par les produits de legs et donations attribués à l?État. Dans ce dispositif, la partie versante est une per-
sonne morale ou physique distincte de l?État : collectivité publique étrangère, collectivité territoriale, établissement
public, organisme ou particulier. « L'emploi des fonds doit être conforme à l'intention de la partie versante ». Pour
s?assurer du respect de ce principe un compte rendu doit être établi annuellement par l?ordonnateur intéressé et
adressé à la partie versante. Conformément au III de l?article 15 de la LOLF les crédits de fonds de concours sont
reportés de droit sur le même programme ou à défaut sur un programme poursuivant les mêmes objectifs. En 2023,
les montants des fonds de concours et d?attributions de produits rattachés à la mission « écologie, développement
et mobilité durable » s?est élevé à 3,5 Md ¤, le MTE étant le 1er ministère attributaire de ces fonds. (source : Annexe
au projet de loi de finances pour 2025, États récapitulatif des crédits de fonds de concours et attributions de produits)
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https://www.budget.gouv.fr/documentation/jaunes-budgetaires-2025-plf-2025/etat-recapitulatif-credits-fonds
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1.3.1 Circuit des recettes et des paiements : une lourdeur et une opacité
excessive
Outre l?absence de réelle autonomie financière déjà évoquée, d?autres contraintes affectent
actuellement le CAR dans son fonctionnement :
1.3.1.1 Sur les recettes : difficultés de suivi
Le budget primitif annuel du CAR-SPAW s?élève à 140 000¤ par an financés en intégralité par le
ministère chargé de l?environnement (100 000¤ provenant de la DEB et 40 000¤ de la DAEI). Il
permet de financer le fonctionnement du CAR et son programme de petites subventions de projets.
Ce dernier est ajusté chaque année en fonction des reliquats présents sur le fonds de concours
hors T2 et des prévisions de dépenses.
Mais le CAR-SPAW perçoit aussi des financements internationaux ou nationaux. Ils sont reçus par
la Banque de France qui les reversent au département comptable ministériel (DCM) du ministère
chargé de l?environnement avec des descriptions très succinctes. Après interrogation des différents
services susceptibles d?en être bénéficiaires, ce département les attribue à l?un ou l?autre des deux
fonds de concours.
En 2024, le fond de concours hors T2 dédié au CAR-SPAW (n° 1-3-00549) avait reçu plus de
800 000¤. Ces financements provenaient en 2024 notamment du PNUE pour environ 460 000¤ et
de la Commission européenne pour le projet CAMAC13 via l?OFB pour environ 340 000 ¤. Leurs
rattachements à ce fond de concours nécessitent des justificatifs, en général des conventions
passées avec le CAR-SPAW.
Une des difficultés signalées par le CAR-SPAW résulte de l?absence d?outils de suivi spécifique de
ces fonds de concours, si bien que le centre ne sait jamais précisément quels sont les montants
sur les fonds de concours sur lesquels il peut compter. Il fait donc un suivi manuel.
S?agissant des emplois financés par des projets, l?État français avance les crédits puis se
rembourse après paiement en puisant dans le fonds de concours T2 lui-même alimenté par le
fonds de concours hors T2 sur lequel sont versé les financements des projets que met en oeuvre
le CAR.
1.3.1.2 Sur les dépenses : des circuits complexes, longs, incertains et opaques
Les dépenses du CAR-SPAW correspondent à son fonctionnement, au paiement des prestations
liées à l?organisation des différentes réunions, formations, animations de réseaux, recrutement
d?experts, ainsi que les bénéficiaires du programme de petites subventions de projets.
Au total, 50 à 70 paiements internationaux sont effectués par an dans tous les pays de la région
pour un montant moyen de 330k¤.
Une bonne part des paiements internationaux sont réalisés hors zone SEPA/SWIFT14, dans des
pays dans lesquels l?IBAN n?est pas reconnu (notamment les États-Unis). Ces paiements de type
« O » 15 ne peuvent être réalisés via Chorus. C?est également le cas lorsqu?une banque
intermédiaire intervient. Ils sont alors faits manuellement. Néanmoins, le centre de services
partagés interministériel (CSPI) demande toujours de passer par chorus formulaire. Il fait des
contrôles notamment sur l?exécution du service, puis le dossier est transféré à la DRFIP qui elle-
même vérifie l?existence d?une convention de subvention avant de transmettre la demande de
13 CAMAC : Caribbean Marine Megafauna and Anthropogenic Activities
14 SEPA : Single Euro payment area . SWIFT : Society for worldwide interbank finance
15 Selon la nomenclature du Ministère de l?action et des comptes publics
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paiement à la Banque de France (voir annexe 3 schéma du circuit financier selon le CAR-SPAW).
La division des tâches pour le circuit de la dépense qui passe successivement par le CSPI, la
DRFIP, la Banque de France, éventuellement une banque intermédiaire, avant de parvenir au
bénéficiaire, avec une communication non optimale entre chaque structure entraine des délais de
paiement très importants (de l?ordre de deux mois en moyenne) et un investissement significatif de
la part des chargés de mission et de la gestionnaire du CAR-SPAW afin de « pister » chaque
dossier à chaque étape et de comprendre les raisons des blocages éventuels, les refus du CSPI
n?étant pas toujours explicites.
Par ailleurs, la Banque de France est très exigeante, d?autant plus que le paiement concerne un
État figurant sur la liste des pays particulièrement surveillés pour le blanchissement d?argent. Elle
peut refuser un paiement par exemple pour une erreur de devises, un dépassement de délais ou
une erreur sur la dénomination de la banque.
Le silence de la Banque de France signifie son accord. Mais comme elle n?est pas tenue par un
délai particulier, les services sont dans l?incertitude.
L?assistante de direction internationale du CAR prend régulièrement contact avec le CSPI comme
avec la Banque de France pour connaitre l?état d?avancement des paiements ainsi qu?avec les
prestataires pour savoir s?ils ont été payés.
Multiplication de saisines, de pièces, erreurs fréquentes puisque la saisine est manuelle pour les
paiements en « O », retard de paiement (le maximum a été d?un an), incertitude sur la réalisation
des paiements etc. rendent le processus long et chronophage.
Une réunion entre la DRFIP, le CSPI et le CAR SPAW en septembre 2023 a permis d?améliorer les
process, des progrès ont été réalisés de l?avis du CAR-SPAW et du DEAL (les délais de paiement
moyen sont passés de 67 jours en 2023 à 26 jours en 2024, et aucun paiement n?a nécessité plus
de deux mois), mais les incertitudes demeurent.
1.3.2 Gestion du personnel : la stabilité des effectifs n?est pas garantie
En 2024, le CAR SPAW, qui émarge aux effectifs en ETP de la DEAL, a subi un gel des
recrutements au même titre que cette dernière ; cela a affecté la réalisation des actions aux dépens
des engagements pris auprès de la convention. Pour le DEAL, rencontré par la mission, c?est le
point le plus crucial à améliorer dans l?hébergement du CAR-SPAW par cette direction.
En 2024, tous les recrutements de non fonctionnaires ont été bloqués. Ainsi, les postes des deux
volontaires de service civique (VSC) ont été supprimés, l?embauche d?une chargée de mission
biodiversité a été décalé et celui d?une chargée de mission écosystème a été suspendu. Dans la
mesure où le CAR-SPAW recrute essentiellement par voie contractuelle, les contraintes RH du
Ministère chargé de l?environnement, qui portent surtout sur cette catégorie de personnel, « font
peser un poids plus que proportionnel par rapport aux autres services de la DEAL »16.
Le poste de chargé de mission écosystème devant être pourvu pour faire face aux engagements
pris sur la rédaction du rapport du GCRMN17 et vis-à-vis du groupe de travail sur les sargasses, la
directrice du CAR-SPAW a modifié temporairement l?affectation de fonds pour pouvoir recruter une
chargée de mission, d?abord en tant que vacataire, puis en tant que contractuelle.
16 Note conjointe DEAL et directrice du CAR-SPAW du 8 août 2024
17 GCRMN, est le réseau mondial de suivi des récifs coralliens. Le CAR-SPAW assure la coordination, pour la
région Caraïbe, de la rédaction du rapport décennal. Il anime par ailleurs le groupe de travail Sargasse, réactivé à
la demande de la France lors de la dernière COP, pour la mise à jour du plan d?action régional attendu fin 2025.
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1.3.3 L?accès aux financements internationaux est plus compliqué sans
être impossible
L?hébergement dans une structure assimilée à l?État français peut constituer un obstacle au
versement de certains fonds provenant notamment de certaines fondations états-uniennes, dont
les statuts interdisent le versement à des gouvernements. Ce n?est cependant pas le cas pour
toutes les fondations.
Par ailleurs, si le CAR-SPAW ne peut être bénéficiaire du Fonds pour l?environnement mondial
(FEM et en anglais GEF), qui ne peuvent être que des agences onusiennes (PNUD, PNUE?) ou
la Banque mondiale, il peut être chargé de l?exécution de composantes de projets portés par ces
dernières (ce qui est en l?occurrence déjà le cas) et ainsi, indirectement, percevoir les subsides
correspondants en provenance du FEM. L?hébergement du CAR au sein d?une structure
gouvernementale n?apparait donc pas discriminant à cet égard (cf. §4).
En conclusion, le maintien du CAR-SPAW au sein de la DEAL présente de nombreux avantages
et pourrait être envisagé, au moins dans un premier temps, à condition que certaines difficultés
soient aplanies (cf. §3).
1.4 Appréciation des ministères concernés et des partenaires sur les
missions du CAR-SPAW
Même si cela ne figure pas explicitement dans la lettre de commande, la mission s?est attachée à
interroger les principales parties prenantes concernées (ministères chargés de l?environnement,
des outre-mer et des affaires étrangères, signataires de la lettre de commande, le secrétariat du
protocole SPAW, ainsi que les principaux acteurs présents en Guadeloupe (Région, OFB et AFD))
sur le rôle que jouait le CAR et si cela correspondait à leurs attentes. En effet, l?appréciation sur le
rôle que joue le CAR actuellement et qui pourrait être le sien à l?avenir a également une influence
sur le positionnement institutionnel de celui-ci et sur son futur programme d?activité.
1.4.1 Pour le secrétariat de la convention
Située à Kingston en Jamaïque, l?Unité de coordination régionale (UCR) du programme pour
l?environnement de la Caraïbe (CEP) assure au nom du PNUE, le secrétariat de la convention de
Carthagène. Cette unité est de taille réduite avec très peu de moyens en propre, aussi elle
considère que le rôle du CAR-SPAW est essentiel pour le fonctionnement de la convention et la
mise en oeuvre du protocole. Il joue à la fois un rôle technique et scientifique de coordination et de
facilitation des différents groupes thématiques en veillant à la fois à l?organisation et au contenu
des réunions. Le protocole SPAW ayant établi une liste d?espèces et d?aires marines protégées
labellisées, leur inscription sur cette liste et les demandes de dérogations font l?objet d?une
instruction par le CAR avant examen lors des groupes de travail, des STAC et des COP18.
Le CAR joue également un rôle politique d?appui de haut niveau au secrétariat pour la préparation
des documents lors des réunions (STAC et COP), voire de représentation du secrétariat, à
l?occasion de réunions de la CDB ou de l?UNOC.
Depuis six ans, le CAR est autofinancé, sans recours aux contributions des États membres, ce qui
est très apprécié de ces derniers. Au contraire, ils sont bénéficiaires de certains projets instruits
par le CAR-SPAW et du programme de micro-projets ainsi que des formations organisées par le
CAR qui contribuent au renforcement des capacités des petits Etats insulaires caribéens parties à
la convention.
18 STAC : Comité de conseil scientifique et technique, COP : Conférence des parties de la convention
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En résumé, le CAR joue un rôle déterminant pour la mise en oeuvre de la convention et les
reproches de certains États membres à son encontre appartiennent désormais au passé.
1.4.2 Pour les ministères concernés (Ministère chargé de
l?environnement/DEB et DAEI, MEAE, MOM)
Le ministère chargé de l?environnement qui finance le fonctionnement et les emplois statutaires du
CAR-SPAW assure de facto la tutelle principale de celui-ci à travers la DEB et la DAEI. Le ministère
chargé des affaires étrangères intervient davantage pour définir les grands enjeux internationaux
mais ne participe pas au quotidien dans les discussions d?une convention considérée comme
« technique » et donc relevant du ministère chargé de l?environnement.
La mission Europe et international au sein de la Direction de l?eau et de la biodiversité (DEB) a la
charge du suivi des conventions de Carthagène et de Barcelone et, à ce titre, constitue
l?interlocuteur principal du CAR-SPAW (même si avec le départ non remplacé du chargé de mission
dédié les liens ne sont plus aussi fréquents). Le rôle du CAR est essentiel au bon fonctionnement
de la convention, à travers son appui au secrétariat et le soutien pour la participation des États
parties à travers le montage de projets. Si les relations du CAR-SPAW avec le secrétariat ont été
compliquées dans le passé, ce n?est plus le cas actuellement. Par ailleurs, le CAR s?est fortement
impliqué pour intégrer le programme « Sargasse » -qui est une priorité de la France et de la
Guadeloupe- dans le protocole SPAW. Il est depuis identifié comme chef de file sur ce programme.
La DEB souhaiterait toutefois que le CAR porte davantage une vision stratégique pour le futur de
la convention de Carthagène, à l?instar de ce que fait le Plan bleu19 pour la convention de Barcelone.
La direction des actions européennes et internationales (DAEI), rattachée au secrétariat général
du ministère chargé de l?environnement, qui contribue également financièrement au
fonctionnement du CAR, porte une appréciation très positive sur le fonctionnement actuel du CAR.
Elle estime qu?il joue un rôle essentiel pour porter la vision de la France sur protection de la nature
dans la grande région Caraïbe, caractérisée par de nombreux États insulaires en développement
tentés de privilégier une approche court-termiste de l?exploitation des ressources marines. Au-delà
de ce rôle général le CAR apporte un appui décisif au secrétariat de la convention et à la délégation
française pour les COP.
Le ministère de l?Europe et des affaires étrangères (MEAE) qui finance la contribution à la
convention de Carthagène, considère également que le rôle du CAR est très utile au rayonnement
de la France et à la valorisation de son savoir-faire à travers ses départements dans la sous-région.
Par ailleurs, le CAR est identifié comme référent sur le sujet sargasse pour la préparation des
éléments de langage lors d?entretiens bilatéraux avec les représentants des États de la région.
C?est également la position de l?ambassadeur pour la région Caraïbe rencontré par la mission.
Le ministère des outre-mer (MOM), est concerné par le CAR, principalement à travers le Plan
Sargasse dont il assure la coordination, et, apprécie l?appui du CAR-SPAW pour inciter les autres
Parties au protocole à collaborer sur ce sujet.
1.4.3 Pour les acteurs intervenant dans la région (Région Guadeloupe,
OFB, AFD?)
La région Guadeloupe entretient des relations partenariales très dynamiques avec le CAR-SPAW
depuis l?arrivée de l?actuelle directrice, ce dernier étant bénéficiaire du programme Interreg sur les
sargasses (SargCoop 2 auquel participe, outre le CAR-SPAW, le CNRS, le GIP Sargasse, l?Ademe
19 Le Plan bleu est un des CAR de la convention de Barcelone, hébergé par la France
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Rapport n°016189-01
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et la République Dominicaine). Le CAR est plus spécifiquement en charge du volet n°4 « impact
sur la biodiversité » du projet. Il a permis à la région d?être mieux identifiée auprès du PNUE sur le
sujet sargasse. La région, à travers l?agence régionale de la biodiversité, travaille sur le
regroupement, au sein d?un pôle environnemental à Petit Bourg, de l?OFB, du conservatoire
botanique et d?une antenne du PNG. A ce titre, elle ne verrait que des avantages à ce que le CAR-
SPAW vienne rejoindre ce pôle compte tenu des nombreuses synergies entre ces différentes
structures travaillant sur la biodiversité.
L?Office français de la biodiversité (OFB) considère également que le CAR-SPAW joue un rôle très
important, notamment par ses petites subventions, pour la participation de nombreux micro-Etats
insulaires à la convention et, partant, à la protection de nombreuses espèces et habitats prioritaires
au niveau régional. L?OFB gère le sanctuaire AGOA pour les cétacés et le parc naturel marin de
Martinique. Par ces deux aires protégées et le reste de son équipe, l?OFB apporte son expertise
au sein des groupes de travail thématiques du protocole SPAW et au sein du STAC. Un
rattachement du CAR-SPAW à l?OFB aurait ainsi beaucoup de sens compte tenu de son
engagement sur la biodiversité marine.
L?Agence française de développement (AFD) finance des projets auprès des Etats de la sous-
région à travers sa direction régionale zone Atlantique. Etablissement public soumis à la loi
bancaire, l?AFD a des difficultés à toucher certains Etats de la Caraïbe. A cet égard, elle apprécie
tout particulièrement le travail du CAR-SPAW, notamment son programme de petites subventions,
qui permet le renforcement de capacités des petites Etats insulaires, leur permettant d?accéder par
la suite à des financements de l?AFD plus structurants. Compte tenu de cette complémentarité et
du savoir-faire de l?AFD en matière de paiements internationaux, un hébergement du CAR-SPAW
au sein de l?AFD pourrait faire sens mais nécessiterait au préalable de remplir certaines conditions
statutaires et financières non réunies à ce jour (cf.§2).
Par ailleurs, des contacts sont établis récemment avec l?université des Antilles (laboratoire de
biologie des écosystèmes aquatiques), sur des projets d?impact des sargasses sur la biodiversité
avec des perspectives d?extensions sur les tortues matines ou les récifs coralliens. Ces
collaborations apparaissent prometteuses mais restent toutefois à conforter.
1.4.4 En conclusion, le CAR-SPAW est un outil efficace et peu coûteux qui
mérite d?être conforté au bénéfice des enjeux environnementaux et
du rayonnement de la France dans la région
Malgré les difficultés auxquelles doit faire face le CAR-SPAW, l?ensemble des interlocuteurs
rencontrés par la mission portent une appréciation très positive sur le rôle qu?il joue, aussi bien en
appui à la convention et à ses instances, que dans l?appui technique et l?animation des groupes
thématiques, même s?il pourrait y avoir encore davantage de synergies avec les acteurs locaux du
secteur. Les ministères concernés s?accordent à considérer que le retour sur investissement pour
la France en termes de rayonnement est très positif compte tenu des moyens alloués par l?État au
CAR-SPAW (salaires et budget de fonctionnement).
Ce constat impose à la mission de n?envisager de changement de statut/positionnement que s?il
existe une plus-value réelle et tangible, et cela d?autant plus que l?agenda international est très
riche et nécessite une mobilisation importante du CAR dans les prochains mois.
Par ailleurs, le renoncement par la France à son engagement à héberger le CAR SPAW, non
seulement, affaiblirait le fonctionnement du SPAW, mais aussi, représenterait la perte d?un outil
d?influence pour la France dans la région Caraïbe et même pourrait détériorer son image au
moment même où une opportunité de la renforcer se présente à elle. Cette hypothèse paraissant
donc trop préjudiciable aux intérêts de la France et de l?environnement, elle ne sera pas examinée
par la suite dans le rapport.
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Rapport n°016189-01
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2 Analyse des statuts et positionnements alternatifs à
l?hébergement à la DEAL
Parmi les positionnements alternatifs, la mission a examiné les options suivantes : association, GIP,
groupement européen de coopération scientifique, au sein d?établissements publiques sous tutelle
du ministère chargé de l?environnement (PNG, OFB) et au sein du groupe AFD, en analysant à
chaque fois les avantages et inconvénients, comparés à la situation actuelle décrite dans le § 1.
Elle considère que la création d?un établissement public propre est hors de portée pour une
structure de la taille du CAR-SPAW et n?a donc pas étudié cette éventualité.
2.1 Le statut associatif soulève des questions de gouvernance
En préalable, rappelons que le CAR-SPAW a pris une forme associative de 2005 à 2009,
dénommée le « Plan mer des Caraïbes ».
Le statut associatif présente de nombreux avantages :
il permet de répondre aux recommandations des Lignes directrices de 2006 sur la capacité
institutionnelle et l?autonomie financière ;
il devrait faciliter le recrutement des agents (soumis au droit privé, sauf s?il s?agit de mises
à disposition de fonctionnaires ou de contractuels de droit public, (voir § 3.1) et la maitrise
de leur emploi ;
il facilite les circuits financiers, tant en recettes qu?en dépenses, le CAR-SPAW devenant
son propre maître, même s?il convient de maintenir l?exigence de contractualisation tant
avec les donateurs au sens large (collectivités publiques comprises) qu?avec les
prestataires ou bénéficiaires de son soutien ;
il devrait rassurer les donateurs, surtout étrangers et internationaux, sur la destination de
leurs fonds et sur l?indépendance du CAR-SPAW par rapport à l?État français.
Ce statut présente toutefois des inconvénients.
La difficulté principale qu?est susceptible de connaitre le CAR-SPAW s?il est organisé sous forme
associative, comme l?a d?ailleurs rencontrée l?association « Plan bleu », est relative à sa
gouvernance et à sa relation avec la COP de la convention de Carthagène. En effet, une
association, créée sous le régime de la loi de 1901, doit avoir des membres (au moins deux),
personnes physiques et/ou morales, françaises ou étrangères, et des organes dirigeants qui sont
responsables de sa gestion (président, vice-président, secrétaire, trésorier) et doivent en rendre
compte à l?assemblée générale des membres.
Il conviendrait de trouver un équilibre institutionnel et géographique tant parmi les adhérents qu?au
sein des organes dirigeants. Les statuts devraient aussi chercher à garantir la pérennité de cet
équilibre. Tant la rédaction des statuts que la désignation des premiers membres et dirigeants
nécessiteront par conséquent du temps et de la diplomatie.
Par ailleurs, le CAR est par définition soumis aux orientations données par la COP. Il est donc
possible qu?il y ait une discordance sur certains points entre la COP et la gouvernance de
l?association.
Pour limiter au maximum ce risque de divergences ou de tensions, il faudrait prendre un grand soin
à la rédaction des statuts notamment pour fixer l?objet de l?association ainsi que pour déterminer
qui peut devenir membre20, et membre du bureau et/ou du conseil d?administration.
20 L?article 5 des statuts de l?association Plan Bleu précise que « La liste des membres de l?Association est établie
chaque année par le Bureau (?). L?adhésion de nouveaux membres est décidée par le bureau (?) »
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En revanche, le risque de gestion de fait qui a, semble-t-il, beaucoup préoccupé à l?époque de
l?association « Plan Mer des Caraïbes » devrait pouvoir être facilement réduit et contrôlé. En effet,
depuis, sont intervenus des textes qui engagent les personnes publiques qui subventionnent les
associations à passer des conventions avec elles, qui prévoient l?établissement de rapports par
des commissaires aux comptes lorsque les subventions dépassent une certaine somme fixée par
décret 21 , qui encadrent les mises à disposition pendant 18 mois de fonctionnaires à titre
expérimental de 2022 à 2027 en particulier auprès d?associations d?intérêt général concourant à la
défense de l?environnement naturel 22.
L?association « Plan bleu » : un modèle à suivre ?
L?association est le CAR du plan d?action pour la méditerranée (PAM) de la convention de
Barcelone, hébergé par la France depuis 1977, le PAM en comptant au total six.
Des missions différentes : elle produit des études et des scénarios pour l?avenir pour sensibiliser
les acteurs et les décideurs méditerranéens. Elle suit la mise en oeuvre de la Stratégie
méditerranéenne pour le développement durable. En 2023, elle avait organisé ou participé à plus
de 30 évènements et publié 11 rapports ou études, sans compter ses participations à de
nombreuses autres publications
Des effectifs plus de sept fois plus importants : 45 personnes composaient son équipe au 31
décembre 2023 dont 11 experts.
Une association reconnue d?intérêt général par le ministère chargé de l?environnement en 2017
dont les adhésions sont contrôlées. En effet, en application de ses statuts, la liste des membres
est établie chaque année par le bureau (18 membres en 2023). Bureau de 6 à 8 membres élus
pour une année par l?AG.
Une difficulté potentielle : si le PAM définit le mandat et le programme d?action du CAR, sa
gestion relève du bureau du conseil d?administration et de son président, qui peuvent avoir des
visions différentes que doit gérer son directeur sur les priorités pour sa mise en oeuvre.
En conclusion, si le modèle associatif offre plus de souplesse pour le recrutement des agents et
les questions financières et présente, vis-à-vis des États parties et du secrétariat de la convention,
a priori, plus de garanties d?indépendance, il soulève une nouvelle question, délicate à régler : celle
de sa gouvernance. Comment choisir les membres et le bureau de l?association pour qu?ils soient
à la fois représentatifs des territoires ultra-marins de la France et de l?ensemble de la région
Caraïbe ? Comment concilier dans la durée, la volonté de cette gouvernance et celle de la COP
du protocole SPAW ? Par ailleurs, il parait difficile de faire revenir le CAR-SPAW dans un statut,
qui fut difficile à mettre en place et qui a été abandonné sous le coup de nombreuses critiques.
2.2 Un groupement d?intérêt public apparait trop lourd pour une
structure de la taille du CAR
Le groupement d?intérêt public (GIP) est une personne morale de droit public, dotée de l?autonomie
administrative et financière, associant, soit des personnes publiques, soit des personnes publiques
et des personnes morales de droit privé, pour une durée déterminée ou non23. Des personnes
morales étrangères de droit public ou de droit privé peuvent être membres du GIP. Il est régi par
21 L?article D. 612-5 du code du commerce fixe actuellement cette somme à 153 000 euros.
22 Décret n° 2022-1682 du 27 décembre 2022 relatif à l?expérimentation de la mise à disposition de fonctionnaires
dans le cadre d?un mécénat de compétences et article 238 bis 1 a) du code général des impôts.
23 Voir les articles 98 et suivants de la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011, modifiée, de simplification et d?amélioration
de la qualité du droit
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Rapport n°016189-01
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une convention constitutive qui fixe notamment les droits statutaires et des contributions des
membres ainsi que les conditions d?adhésion des nouveaux membres en respectant certaines
règles. Ainsi, notamment, les personnes morales de droit public et les personnes morales de droit
privé chargées d?une mission de service public doivent détenir ensemble plus de la moitié des voix
si elles ne détiennent pas plus de la moitié du capital. La convention constitutive doit être approuvée
par un arrêté du ministre du budget et du ou des ministres dont relèvent les activités du groupement
lorsqu?elles excèdent l?échelon régional et par le préfet dans les autres cas après avis du DRFIP.
Le personnel est constitué par des personnels mis à disposition par les membres ou des
fonctionnaires placés en position de détachement ou de disponibilité. Mais le GIP peut aussi
recruter ses propres agents.
Les GIP assurant à titre principal la gestion d?une activité de service public administratif sont soumis
à une comptabilité publique. Dès lors, un comptable public à temps plein doit être nommé, sauf
exceptions, par un arrêté du ministre chargé du budget.
Il peut être soumis au contrôle économique et financier de l?État, si l?État ou un organisme qu?il
contrôle en est membre. Un commissaire du gouvernement peut également être désigné si l?État
est membre du GIP.
Deux avantages du GIP sont communs à ceux du statut associatif :
Il permet de répondre aux recommandations des Lignes directrices sur les CAR de
2006 sur la capacité institutionnelle et l?autonomie financière.
Il devrait rassurer les donateurs, surtout étrangers et internationaux, sur la destination de
leurs fonds et sur l?indépendance du CAR-SPAW par rapport à l?État français.
En outre, à la différence de l?association, les membres sont plus engagés vis-à-vis du
fonctionnement du GIP. En effet, la convention constitutive fixe les contributions de chaque membre
qu?elle soit financière ou sous forme de mise à disposition de personnels, d?équipements ou de
locaux.
Les inconvénients du GIP sont la conséquence de cette organisation : la rédaction de la convention
constitutive est plus délicate. Elle doit être précédée d?une étude préalable d?opportunité et de
longues discussions avec tous les membres éventuels du GIP. Il a été indiqué à la mission que 18
mois avaient été nécessaires pour créer le GIP Sargasses.
Par ailleurs, le recrutement d?agents propres au GIP, dont l?activité est celle d?un service public
administratif, est particulièrement encadré. Il n?est possible que si le recours au personnel des
membres ne permet pas d?assurer une fonction permanente requérant des qualifications
spécialisées ou pour assurer le remplacement d?un agent temporairement absent ou en cas
d?accroissement temporaire ou saisonnier d?activité. Le poste vacant doit faire l?objet d?une
publication d?un appel à candidature pendant au moins un an au sein des ministères dont relève
l?activité du GIP et localement. A ce sujet, le directeur du GIP Sargasses a souligné les difficultés
et les lenteurs qu?il avait rencontrées pour recruter des agents compétents.
En outre, des règles comptables strictes s?appliquant au GIP, le circuit des financements présentera
nécessairement pour le CAR une certaine lourdeur, au moins identique à celle existant
actuellement.
En conclusion, si le GIP est plus souple que l?établissement public, il reste une structure
administrative entourée de règles rigoureuses permettant de garantir le bon usage des fonds
publics mais apparaissant comme des contraintes trop lourdes pour la petite structure que
représente le CAR-SPAW.
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2.3 La vocation d?un groupement européen de coopération
territoriale ne coïncide pas avec celle du CAR-SPAW
Les groupements européens de coopération territoriale (GECT) ont été créés en 2006 par un
règlement de l?Union européenne (UE)24 pour faciliter la coopération transfrontière, transnationale
et interrégionale entre les États membres, leurs collectivités régionales ou locales et/ou des
entreprises publiques et ainsi renforcer la cohésion économique, sociale et territoriale de l?Union
et éliminer les entraves au marché intérieur. Ils permettent à ces partenaires de mettre en oeuvre
des projets communs, d?échanger des compétences et d?améliorer la coordination en matière
d?aménagement du territoire.
Le GECT peut être constitué de membres situés sur le territoire d?au moins deux États membres
et d?un ou plusieurs pays tiers voisins de l?un de ces États membres, y compris ses régions
ultrapériphériques. Il peut même être composé de membres issus d?un seul État membre et d?un
ou plusieurs pays tiers voisins, y compris ses régions ultrapériphériques lorsque le « GECT entre
dans le champ d?application de sa coopération territoriale dans le cadre de la coopération
transfrontalière ou transnationale ou de ses relations bilatérales avec les pays tiers voisins ». Mais
un GECT ne peut pas être créé uniquement entre entités issues d?un seul État membre et d?un ou
plusieurs pays ou territoires d?outre-mer (PTOM) liés à ce même État membre25.
Les objectifs et les activités du GECT sont définis dans le cadre d?une convention contraignante.
Ses statuts précisent notamment les modalités de fonctionnement de ses organes, ses procédures
décisionnelles, les procédures concernant la gestion et le recrutement de son personnel, les
modalités de contribution de ses membres.
Un GECT acquiert la personnalité juridique le jour de l?enregistrement ou de la publication de la
convention et de ses statuts dans l?État membre dans lequel il a son siège.
L?intérêt d?un GECT est qu?il constitue une personne morale, entourée de nombreux contrôles à sa
création et tout au long de sa vie. Il présenterait ainsi solidité juridique et stabilité. Il pourrait donner
au CAR-SPAW une plus grande visibilité dans la région.
Il pourrait avoir un accès privilégié aux fonds européens et notamment aux financements Interreg26.
Le principal obstacle à la création d?un GECT tient à sa vocation première : un GECT n?est pas fait
pour mettre en oeuvre une convention internationale mais pour renforcer la cohésion au sein de
l?UE. Or, l?UE n?est pas partie à la convention de Carthagène ni au protocole SPAW et seuls deux
États membres l?ont ratifié : la France et les Pays-Bas. Il y aurait donc une tension permanente
entre les objectifs du GECT et ceux du CAR-SPAW.
Cette tension se répercuterait nécessairement entre la gouvernance du GECT et la COP du SPAW.
Par ailleurs, la mise en place du GECT implique des démarches administratives et juridiques
complexes qui prendront beaucoup de temps. Ensuite, il n?est pas certain qu?il puisse recevoir des
soutiens d?ONG ou de fondations étrangères.
En conclusion, cette solution parait devoir être écartée.
24 Règlement (CE) n° 1082/2006 du 5 juillet 2006, modifié, relatif à un groupement européen de coopération
territoriale (GECT)
25 Article 3bis du règlement n° 1082/2006
26 Interreg est un programme européen de coopération territoriale entre les régions européennes dans différents
domaines
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Rapport n°016189-01
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2.4 Au sein d?un établissement public du ministère chargé de
l?environnement
2.4.1 Le retour au PNG pose des problèmes d?acceptabilité
Comme cela a été évoqué dans le § 1.2.3, le parc national de Guadeloupe, établissement public à
caractère administratif (EPA), qui gère un territoire à la fois terrestre et maritime protégé, a hébergé
le CAR-SPAW entre 2009 et 2019, avant son transfert à la DEAL en urgence compte tenu du
caractère très conflictuel des relations entre l?équipe du parc national et ceux du CAR-SPAW. La
mission du CGEDD, spécifiquement dédiée au CAR-SPAW réalisée en 2017 afin de faire des
recommandations pour régulariser son positionnement n?excluait pas le maintien au sein du PNG
mais préconisait notamment son intégration formelle dans l?organigramme du parc, la participation
de sa directrice a son comité de direction et une délégation de signature du directeur du parc
auprès de cette dernière, pour toutes les activités concernant le CAR-SPAW (cf.§1.2.3).
En effet, le positionnement au sein du PNG avait été envisagé dès la création du CAR en raison
des synergies évidentes entre les deux structures. Par ailleurs, d?après les personnes interrogées
par la mission, l?hébergement du CAR-SPAW au sein du PNG n?a pas posé de problèmes majeurs
durant les cinq premières années de cohabitation car les deux directeurs partageaient la même
vision sur les synergies entre leurs deux structures. Le transfert à la DEAL, apparait in fine plus
motivé pour gérer un conflit de personnes que pour des raisons structurelles d?incompatibilité entre
les deux structures.
En effet, parmi les avantages identifiés d?un positionnement au sein d?un parc national, outre la
visibilité d?un tel label, connu mondialement, et qui est au coeur de la cible du protocole SPAW,
figure l?identité juridique et l?autonomie financière, qui permet de percevoir des ressources externes
sans être identifié comme une structure gouvernementale. Par ailleurs, le circuit des dépenses est
simplifié par rapport à la DEAL (sans passage par le CSPI) même si en tant qu?EPA, il est soumis
aux mêmes règles de comptabilité publique.
Parmi les inconvénients, Il reste que, comme pour la DEAL, les parcs nationaux sont soumis à
plafond d?emploi même si les recrutements de contractuels dans le cadre de projets à durée
déterminée peuvent être sortis, dans certaines circonstances, du plafond d?emploi pour les
établissements publics opérateurs de l?État27.
En conclusion, le positionnement au sein du Parc national de Guadeloupe apparait comme une
solution envisageable dans le principe pour les raisons évoquées, sous réserve que soient
dissociés les effectifs du CAR de ceux du parc lors des arbitrages budgétaires (voir §3).
Toutefois un retour au sein de l?établissement public se heurte à une forte opposition d?une partie
du personnel et des membres du conseil d?administration du Parc qui gardent en mémoire le climat
social très dégradé qui prévalait à l?époque28 qui ne rend pas cette option crédible à court terme.
2.4.2 L?intégration à l?OFB apparait comme la meilleure option à moyen
terme sous certaines conditions.
L?Office français de la biodiversité, est un EPA créé en 2020 de la fusion de l?Agence française pour
27 Circulaire du 11 juin 2010 de la direction du budget sur les modalités de fixation du plafond des autorisations
d?emplois des opérateurs de l?États
28 La mission n?a pu rencontrer des agents du Parc qui étaient présents à l?époque, les personnes sollicitées ayant
motivé leur refus par le caractère encore très sensible du sujet.
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la biodiversité avec l?Office national de la chasse et de la faune sauvage. Fort de plus de 2 800
agents, il est présent dans les trois département français Antilles-Guyane, et intervient dans les
domaines du protocole SPAW à travers les missions de police de l?environnement, de
connaissance et d?expertise, d?appui aux politiques publiques, et de gestion d?espaces protégés
(sanctuaire AGOA et parc naturel marin de Martinique). Par ailleurs une convention de
rattachement lie les 11 parcs nationaux français à l?OFB.
Les avantages d?une telle option sont nombreux.
Largement ouvert à l?international en particulier dans ses interventions outre-mer, l?OFB apparait
comme une structure particulièrement légitime compte tenu de son champ d?activité pour héberger
le CAR-SPAW. La collaboration et la complémentarité entre les deux structures est évidente
comme l?illustre les exemples suivants :
c?est le CAR-SPAW qui a été à l?origine de la création du sanctuaire AGOA sur les cétacés
qui a ensuite été transférée à l?OFB en raison de son savoir-faire en matière de gestions
d?aires protégées. Toutefois, ce sanctuaire qui a vocation à inclure l?ensemble des petites
Antilles est resté à ce jour cantonné aux territoires français. Au sein de l?OFB, le CAR
pourrait favoriser cette intégration comme partie intégrante du programme de travail du
protocole SPAW.
le programme BestLIFE 2030 de subvention pour la biodiversité dans les territoires
d?outremer de l?Union Européenne a été porté initialement par le CAR avant d?être repris
par l?OFB avec la poursuite d?une collaboration active du CAR-SPAW.
d?autres projets sur financements européens (Life, Interreg), dont l?OFB est déjà
gestionnaire bénéficient au CAR-SPAW. Là encore, le rapprochement entre les deux
structures permettrait de développer davantage les synergies entre la vocation
internationale du CAR et son réseau d?une part et les capacités opérationnelles, de gestion
de projet et d?expertise de l?OFB, d?autre part au service des objectifs de la convention.
En matière de gestion, le statut d?établissement public de l?OFB lui confère les mêmes avantages
que le PNG en ce qui concerne le circuit des paiements et l?autonomie de gestion comptable
comparé à la DEAL.
Par ailleurs, si l?OFB est soumis à un plafond d?emploi, il a la possibilité de recruter des emplois
hors plafond, pour les recrutements à durée déterminée sur projets, ce qui est le cas des trois
chargés de mission thématiques du CAR.
Enfin, l?OFB n?étant pas assimilé stricto-sensu à l?État français, l?accès à des financements
internationaux et de fondations privées s?en trouvera facilité par rapport à un positionnement à la
DEAL.
Une difficulté est toutefois liée à l?organisation actuelle de l?OFB : contrairement à l?hexagone où
existe des directions régionales, il n?existe qu?une seule direction inter-régionale pour tous les
outre-mer, qui comprend ensuite des délégués territoriaux dans chacun des territoires sans
compétence hiérarchique sur l?ensemble des agents. Un rattachement du CAR-SPAW à l?OFB ne
peut impliquer un repositionnement au siège métropolitain de l?OFB, ce qui nuirait à son image de
structure caribéenne et doit préserver, conformément à la convention signée avec le PNE, son
implantation régionale en Guadeloupe ou a minima dans un territoire français des Antilles.
Des échanges avec la direction générale de l?OFB font état de projets de réorganisation de l?office
dont certains envisagent la création de directions régionales en outre-mer qui pourraient apporter
une réponse à cet inconvénient. Dans le cas contraire, un rattachement au siège mais avec une
implantation caribéenne doit être recherchée selon des modalités restant à définir.
Par ailleurs, les circuits financiers et comptables de l?OFB sont centralisés au siège, ce qui
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nécessitera dans l?hypothèse d?un rattachement du CAR-SPAW, une bonne coordination entre des
services distants pour ne pas nuire à la fluidité dans l?exécution des dépenses (voir §3).
Sous réserve d?évolutions favorables concernant ces deux points, l?intégration du CAR-SPAW
apparait comme la solution la plus favorable à moyen terme.
2.5 Au sein du groupe AFD
La mission a également étudié hypothèse d?un rattachement du CAR-SPAW au sein du groupe
Agence française de développement (AFD). Dédiée à l?aide publique au développement durable à
international mais également dans l?outre-mer français, notamment sur les enjeux liés au
changement climatique, à la biodiversité et aux aires protégées, l?Agence a en effet une proximité
thématique avec le champ d?intervention du CAR-SPAW. L?Agence gère pour le compte de l?Union
européenne, mais aussi d?autres pays, de nombreux projets et à ce titre constituerait un atout pour
bénéficier de financements internationaux. Par ailleurs, en tant que banque de développement,
elle possède un savoir-faire indéniable en matière de circuits financiers, y compris auprès de pays
hors des systèmes SEPA/SWIFT. Enfin, comme évoqué précédemment, les interventions du CAR-
SPAW auprès des petits états insulaires de la région sont très complémentaires des interventions
du l?AFD et pourraient créer des synergies dans l?hypothèse d?un rattachement.
Toutefois, plusieurs obstacles à ce rattachement ont été identifiés :
établissement soumis à la loi bancaire, l?AFD est astreint aux mêmes règles concernant
l?honorabilité des clients, ce qui oblige à des contrôles importants ;
cela nécessiterait un cadre institutionnel, et donc que le CAR-SPAW acquière une
personnalité morale (association, GIP ?) pour être finalisé, ce qui rajoute une complexité
supplémentaire29 ;
l?hébergement et les prestations réalisées pour le compte du CAR (notamment en matière
de paiements) devraient être facturés ce qui aurait un impact certain sur ses capacités
d?intervention, et cela d?autant plus que l?AFD est formatée pour gérer des projets d?un
montant très supérieur.
Au sein du groupe AFD, Expertise France (EF), agence de mobilisation de l?expertise française,
mais aussi de gestion de projets de taille plus modeste, et qui a la possibilité de recruter des
fonctionnaires, apparait comme mieux adaptée à la situation du CAR. Toutefois EF est soumise
aux mêmes règles prudentielles que l?AFD concernant les pays où elle peut intervenir et applique
des frais de gestions à préciser en fonction du montant et de la complexité des procédures de
transferts financiers. Par ailleurs, elle n?a actuellement pas de mandat pour intervenir dans l?outre-
mer français.
2.6 En conclusion sur les différentes options d?hébergement
Après avoir examiné les différents scénarios, il apparait qu?aucun d?eux n?est exempt de l?ensemble
des contraintes évoquées dans le cadre de l?hébergement à la DEAL.
Si le statut d?association, permet une plus grande souplesse a priori pour les recrutements et le
circuit des dépenses, ce statut se heurte à des difficultés en termes de gouvernance : une
association incluant dans son conseil d?administration toutes les collectivités territoriales de la
région impliquées serait peu opérationnelle comme cela a été le cas pour le « Plan mer Caraïbes »
et, à l?opposé, une association à la gouvernance restreinte avec uniquement l?État et ses
29 Cet argument est toutefois à relativiser car le FFEM, qui est hébergé par l?AFD, sous tutelle du MEAE et des
ministères économiques et financiers n?a également pas de personnalité morale.
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Rapport n°016189-01
Juillet 2025
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établissements publics ferait courir le risque d?une gestion de fait.
Le constat est le même pour un GIP qui a davantage vocation à intervenir pour le compte de ses
membres plutôt qu?au profit d?une organisation internationale. En outre, le soutien à une
organisation internationale n?entre pas dans le mandat des collectivités concernées.
A moyen terme (environ deux ans), un positionnement à l?OFB apparait la meilleure alternative à
l?hébergement au sein de la DEAL, sous réserve d?une organisation tenant compte des spécificités
et des obligations contractuelles de la France notamment en matière de positionnement dans un
département français des Antilles et de modalités de fonctionnement au service du secrétariat et
des États parties à la convention de Carthagène. Des dispositions en ce sens devraient être inclues
dans le contrat d?objectif et de performance en cours de préparation. La convention entre la France
et le PNUE devra être adaptée pour tenir compte de ce changement.
[Ministère chargé de l?environnement/DEB/DEAL] Maintenir dans
l?immédiat le CAR-SPAW au sein de la DEAL de Guadeloupe afin de ne pas fragiliser les
actions engagées avec le secrétariat de la convention et les États parties.
[Ministère chargé de l?environnement/DEB] Inclure dans le contrat
d?objectif et de performance 2026-2031 de l?OFB l?intégration à l?échéance de deux ans du
CAR-SPAW au sein de l?établissement, selon des modalités permettant de respecter les
engagements contractuels de la France vis-à-vis du PNUE en termes d?implantation et de
moyens de fonctionnement et adapter la convention avec le PNUE en conséquence.
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3 Recommandations pour améliorer le fonctionnement et
l?impact du CAR-SPAW à la DEAL ou à l?OFB
Qu?il demeure à la DEAL de Guadeloupe ou qu?il intègre à terme l?OFB, le CAR-SPAW pourrait
davantage se consacrer à ses missions si certains sujets étaient mieux traités.
3.1 Politique de recrutement et de gestion RH
3.1.1 Sanctuariser les ETP, en particulier ceux des chargés de mission
Actuellement, le personnel du CAR-SPAW se compose :
d?une part : d?une directrice, de son adjointe, responsable de programme, et d?une
assistante internationale ; ces emplois représentent l?engagement qu?a pris l?État français
vis-à-vis du PNUE en 2000 (cf. §1.2.1)30 ; la directrice est fonctionnaire, son adjointe
bénéficie d?un contrat à durée indéterminée (CDI) et l?assistante est employée en contrat à
durée déterminée (CDD) ; elles sont rémunérées par le ministère chargé de
l?environnement ;
d?autre part : de trois chargées de programme chargées respectivement des écosystèmes,
des espèces et des espaces ; ces emplois sont occupés par deux fonctionnaires détachées
sur contrat et une vacataire qui devrait obtenir un CDD. A ces emplois, s?ajoutaient jusqu?en
2024 deux volontaires du service civique (VSC) ; tous ces emplois sont rémunérés par les
projets tels que les Interreg.
Si la première catégorie d?emplois n?a jamais été mise en cause, la seconde est source d?inquiétude.
En effet, il a été considéré que tous ces postes étaient soumis au plafond d?emplois de la DEAL et
in fine aux restrictions qu?il devait subir.
C?est ainsi qu?en 2024, les deux emplois de VSC ont été supprimés, le recrutement de la chargée
de mission biodiversité a été décalé et celui de la chargée de mission écosystème a été suspendu.
Or, en premier lieu, le CAR-SPAW est une petite équipe d?agents très qualifiés31, qui doivent être
assurés de stabilité et d?une certaine longévité (au moins trois ans) pour disposer du temps
nécessaire pour nouer des relations de confiance avec de nombreux experts et agents des
administrations dans l?ensemble de la Caraïbe. Les mêmes exigences sont requises pour que le
CAR-SPAW soit en capacité de faire face à des vacances temporaires d?agents.
En outre, la mission considère que le format actuel du CAR, avec trois postes mis à disposition par
la France -qui, rappelons-le, font l?objet d?un engagement formel de l?État français auprès du PNUE-
complété par trois postes de chargés de mission sectoriels, constitue un minimum absolu pour
assurer ses missions. Recrutés en CDD dans le cadre de projets sur financements extérieurs32,
ces trois agents complémentaires n?ont pas vocation à rester à la fin de leur contrat mais leurs
postes doivent être pérennisés.
En second lieu, les règles actuelles en matière de plafond d?emplois ministériel sont rigoureuses.
30 A noter néanmoins que l?annexe à l?accord de 2000 prévoyait 3,5 ETP, le ? ETP étant constitué par une attaché
scientifique pris en charge par le PNG. Le type d?emploi prévu n?est pas parfaitement respecté mais cela parait
moins problématique.
31 Ces chargés de programme doivent en effet avoir de très solides connaissances en matière de biodiversité,
parler nécessairement anglais, voire l?espagnol, connaitre les Caraïbes et être aguerris aux discussions bilatérales
ou internationales, de manière autonome.
32 Les nouvelles règles établies par la Commission européenne excluent les salaires des fonctionnaires des
cofinancements éligibles aux projets Interreg.
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Sont soumis à ce plafond, les titulaires, les agents recrutés par CDI comme par CDD, les agents
détachés au ministère chargé de l?environnement, les agents en position normale d?activité, les
volontaires du service civique de plus de 25 ans payés par le ministère.?
N?en sont exclus que les mises à disposition entrantes (puisque c?est l?administration d?origine qui
paye), les apprentis, les vacataires, les volontaires du service civique âgés de 16 à 25 ans qui sont
indemnisés par l?Agence du service civique. Pour éviter d?émarger dans le plafond d?emplois du
ministère chargé de l?environnement et in fine de la DEAL, il conviendrait de privilégier, lorsque
c?est possible, ces dernières positions.
Mais à l?exception de la mise à disposition, ces positions ne correspondent pas à des emplois
durables. De plus la mise à disposition entrante est difficile à obtenir, en raison du « sacrifice » que
cela représente pour l?administration qui emploie et rémunère l?agent tout en en étant privé pendant
un certain temps. Cette solution ne peut donc être qu?accessoire.
Il parait donc indispensable de sanctuariser les trois ETP de chargés de mission.
Pour ce faire, la mission propose un partage interministériel de ces ETP hors masse salariale.
3.1.2 Une sanctuarisation garantit par un portage interministériel des 3
ETP hors masse salariale :
3.1.2.1 Plusieurs ministères concernés qui pourraient contribuer au fardeau
Jusqu?à présent seul le ministère chargé de l?environnement et en son sein seule la DGALN
contribuent en termes d?ETP au fonctionnement du CAR-SPAW. Cette exclusivité ne parait pas
conforme aux bénéfices qu?en retirent d?autres services et d?autres ministères. Bien entendu cette
charge nouvelle pour les services concernés devrait se traduire par une implication plus forte dans
le pilotage du CAR-SPAW (cf. §4.1.2)
La DAEI : Comme indiqué au §1.4.2 le CAR-SPAW concourt à faire connaître et à promouvoir la
vision de la France en matière de biodiversité dans la région des Caraïbes, notamment via son
programme des petits projets et la DAEI s?en félicite. Cette direction participe déjà au
fonctionnement du CAR (40.000 euros annuels). Il apparaitrait logique que cette direction, et donc
le SG, contribue également à un ou un demi-emploi, hors masse salariale, destinés notamment à
la mise en oeuvre des petits projets. Cette contribution permettrait de renforcer l?appartenance des
chargés de mission du CAR-SPAW au réseau des agents du ministère chargé de l?environnement
à l?international qui sont mis à disposition des organisations internationales ou dans les services
économiques des ambassades notamment dans la région. Ces relais peuvent être très utiles pour
nouer des contacts de proximité et assurer un suivi des actions avec les interlocuteurs du CAR
dans les pays concernés33.
Le MEAE ne contribue pas directement au fonctionnement du CAR-SPAW mais plus généralement
à la convention de Carthagène. Il est néanmoins très intéressé par la présence active du CAR-
SPAW, seul CAR de la convention hébergé en France. Il interroge régulièrement le CAR, en
particulier via l?ambassadeur régional pour la région Caraïbe, pour mieux comprendre les acteurs
locaux et pour porter nos priorités (par exemple les sargasses) au sein des COP. Dans ces
conditions, il serait assez cohérent que ce ministère contribue également au CAR-SPAW sous
forme d?une mise à disposition de personnel et garantisse également une fraction des trois ETP.
Cette dernière solution semble toutefois difficile à obtenir au regard du caractère technique du CAR
et de sa localisation dans un département d?outre-mer.
33 Le réseau des agents du MTE à l?international comprend notamment des agents en poste en ambassade en
Colombie et au Mexique, qui couvrent les pays de la région peuvent être des relais utiles.
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Rapport n°016189-01
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Le MOM est directement intéressé par le protocole SPAW et le CAR, qui concerne l?ensemble des
territoires français de la région Caraïbe et Guyane. Le MOM est notamment en charge de la
coordination du Plan national Sargasse, et à ce titre pilote le programme des interventions
territoriales de l?État (PITE) qui centralise les crédits des différents ministères relatifs à ce sujet. Le
CAR-SPAW a oeuvré pour que cette thématique soit intégrée dans le programme d?action du
protocole SPAW et est un acteur majeur de sa mise en oeuvre. Au regard des services rendus, sur
un sujet à coopération régionale obligatoire, une contribution du MOM au fonctionnement du CAR-
SPAW sous forme d?ETP apparaît souhaitable .
3.1.2.2 Le partage proposé par la mission au terme de cette analyse :
Le ministère chargé de l?environnement, principalement intéressé, inclurait dans son plafond
d?emplois, deux ETP.
Ces deux ETP seraient portés, selon une répartition à arbitrer au sein du ministère, à la fois par la
DGALN et par la DAEI. Il s?agirait pour le DGALN d?indiquer dans son schéma d?emplois qu?outre
les trois ETP garantis par l?État français, un ETP doit être, également sauvegardé34 à ce niveau ;
cette sanctuarisation, pourrait conduire à faire porter sur d?autres services de la DGALN, et pas
seulement la DEB, d?éventuelles réductions d?ETPT.
Pour ce qui concerne l?emploi de la DAEI à sanctuariser, il devrait être inscrit, hors programme,
dans la réserve de protection du Secrétaire général.
Le MOM compte tenu de sa forte implication dans le champ du CAR-SPAW notamment au sujet
des sargasses, contribuerait au CAR en incluant dans son plafond d?emplois un ETP de chargé de
mission.
Compte tenu de la participation financière du MEAE à la convention de Carthagène dans son
ensemble et au caractère principalement « outre-mer » des emplois, la mission ne propose pas de
le faire contribuer en termes d?ETP. En revanche, une participation financière versée directement
au CAR-SPAW pourrait être envisagée.
Cette répartition une fois actée par les ministères concernés devrait être notifiée au préfet de
Guadeloupe.
[Ministère chargé de l?environnement /SG et DGALN, MOM, MEAE]
Sanctuariser, outre les trois emplois garantis par la convention avec le PNUE, les trois
postes de chargés de mission thématiques partagés respectivement entre la DGALN, la
DAEI et le MOM.
3.1.3 Recruter des agents plus représentatifs de la région Caraïbe
Tout le personnel du CAR-SPAW est actuellement de nationalité française pour la plupart d?origine
métropolitaine.
Or, le CAR-SPAW devant travailler avec l?ensemble des pays de la Caraïbe, il serait opportun
qu?une partie de ses agents, en soit originaire, ou à défaut en ait une bonne expérience. Cela
permettrait en outre de montrer que si la France héberge le CAR-SPAW, elle n?a pas la main sur
l?ensemble de son personnel et que le centre est tourné vers la région Caraïbe plus que vers elle.
34 cette solution pourrait se prévaloir du précédent des emplois des directions interdépartementales des routes
(DIR), préservés au sein de la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM).
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Rapport n°016189-01
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Cela faciliterait également le respect de la recommandation des lignes directrices sur les CAR de
la convention selon laquelle le personnel doit maitriser parfaitement l?anglais, le français et
l?espagnol et avoir si possible une bonne connaissance du néerlandais.
Cette ouverture des recrutements devrait avant tout concerner les trois emplois de chargé de
programmes rémunérés sur projets.
[CAR-SPAW] Ouvrir les appels à candidature à l?international pour les
recrutements des postes de chargés de mission thématiques, en privilégiant des agents
plus représentatifs de la région Caraïbe.
3.2 Fluidifier et sécuriser le circuit des recettes et décaissements
Si l?État français finance les deux postes d?encadrement et le poste de l?assistante internationale
ainsi que le budget annuel de fonctionnement du CAR-SPAW à hauteur de 140 000 euros, ce
dernier ne pourrait pas accomplir ses missions et soutenir le programme des petits projets sans
financements extérieurs complémentaires. Ces financements permettent aussi de payer les
chargés de mission thématiques et les VSC (supprimés en 2024).
Figure 3 : Dépenses et recettes du CAR-SPAW 2023-2024 (source : Rapport d'activité
du CAR-SPAW 2023-2024)
Concernant les recettes, elles étaient constituées en 2023-2024 de fonds Interreg (Sargcoop2 et
CAMAC2) pour 30%, d?accords de coopération avec le secrétariat de la convention (PCA) pour 21%
et de contrats de petits financements avec le siège du PNUE (SSFA) pour 4%.
Ces ressources transitent par les deux fonds de concours destinés au CAR-SPAW. Certaines
d?entre elles parvenant au CAR avec beaucoup de retard, l?État français avance les crédits
nécessaires aux projets correspondants et se rembourse via ces mêmes fonds de concours.
Comme cela a été exposé au 1.3.1, il serait souhaitable de permettre au CAR-SPAW de mieux
suivre l?arrivée et l?orientation des fonds de concours par les services centraux du ministère chargé
de l?environnement. Il suffirait sans doute à cet égard que les gestionnaires des deux fonds de
concours (T2 et Hors T2) dédiés au CAR-SPAW partagent un outil de suivi avec les agents du
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Rapport n°016189-01
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centre.
Mais c?est surtout le circuit des dépenses « internationales », celles qui concernent les différentes
interventions du CAR-SPAW, notamment dans le cadre du programme des petits projets, qui est
le plus problématique.
Figure 4 Dépenses par axes de travail 2023-2024 (Source : Rapport d'activité du CAR-
SPAW 2023-2024)
Des mesures ont été prises à la suite d?une réunion avec la DRFIP et les délais des paiements
internationaux se sont nettement raccourcis. Il convient de poursuivre et de consolider ces actions
en les complétant par des mesures qui permettraient au personnel du CAR-SPAW de savoir, sans
avoir à le demander systématiquement au CSPI et à la DRFIP ainsi qu?à la Banque de France, à
quel stade se situe la demande de paiement et les motifs des éventuels blocages.
De tels dispositifs permettraient d?améliorer l?image du CAR SPAW, non seulement, à l?égard du
secrétariat de la convention de Carthagène et des États parties, mais aussi, vis-à-vis de ses
prestataires.
[Ministère chargé de l?environnement/ DAF et DEAL et DRFIP de
Guadeloupe] : Poursuivre les actions permettant d?accélérer les paiements internationaux
et mettre en place un dispositif offrant au CAR-SPAW une visibilité sur l?état d?avancement
des paiements internationaux
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Rapport n°016189-01
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3.3 Mettre en place une stratégie d?accès aux financements
internationaux
Parmi les contraintes d?un hébergement au sein de la DEAL figure celle d?une impossibilité d?accès
à diverses financements internationaux, européens ou provenant de fondations privées.
Comme évoqué précédemment, les membres du GEF contactés par la mission confirment qu?il n?y
a pas de règles qui empêcheraient à une institution hébergée dans une administration française
de jouer le rôle d?agence d?exécution d?un projet du GEF. Toutefois :
le GEF ne peut pas financer les salaires, des employés gouvernementaux (Guidelines on
the Project and Program Cycle Policy). Il ne serait donc en particulier pas possible au CAR-
SPAW de recruter du personnel qui aurait le statut d?employé de l?Etat français avec un
financement GEF ;
l?agence d?exécution (le CAR) doit remplir les conditions posées par l?agence de mise en
oeuvre (le PNUE par exemple). Le contrat financier est in fine entre l?agence d?exécution et
l?agence de mise en oeuvre, cette dernière ayant la responsabilité fiduciaire vis-à-vis du
GEF.
De même, désormais, pour les projets Européens Interreg, la Commission ne rembourse plus les
salaires des fonctionnaires, ce qui peut introduire une contrainte, car ce véhicule est actuellement
le principal financeur des projets menés par le CAR-SPAW.
La conséquence est que les chargés de mission thématiques payés sur projets devraient être
recrutés préférentiellement comme contractuels, voire pour des profils particuliers, en détachement,
afin de ne pas les faire apparaître comme des employés de l?État.
Pour ce qui concerne l?accès à des financements privés, le CAR peut passer par des intermédiaires
associatifs qui sous-traitent certaines actions auprès de celui-ci (comme c?est déjà le cas pour
certains projets mis en oeuvre par le CAR).
Une autre action recommandée par la mission serait de créer pour le CAR-SPAW une adresse de
messagerie électronique en propre, dissociée de celle de la DEAL (ou de l?OFB) afin de ne pas
faire apparaitre le suffixe «.gouv.fr » et faire ainsi reconnaître le caractère non gouvernemental du
statut du CAR dédié au secrétariat de la convention et à ses États parties.
PUBLIÉ
https://www.thegef.org/sites/default/files/documents/GEF_Guidelines_Project_Program_Cycle_Policy_20200731.pdf
https://www.thegef.org/sites/default/files/documents/GEF_Guidelines_Project_Program_Cycle_Policy_20200731.pdf
https://www.thegef.org/partners/gef-agencies
https://www.thegef.org/partners/gef-agencies
Rapport n°016189-01
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4 Clarifier les attentes des ministères contributeurs au CAR-
SPAW et en déduire un modèle de financement durable
4.1 Le CAR a besoin d?un cadrage des attentes des ministères
contributeurs
4.1.1 Assumer les spécificités d?intervention du CAR-SPAW
Le protocole SPAW, avec ses annexes concernant la labellisation des aires marines et les espèces
protégées constitue une spécificité car c?est le seul instrument international juridiquement
contraignant en matière environnementale de la grande région Caraïbe35 . Dans certains États
insulaires, la protection au titre du protocole SPAW est même la seule règlementation existante
pour la protection des espèces marines. Concernant des habitats et espèces marines migratrices
ou à large dispersion, les actions de protection menées dans chaque État partie à la convention
ont une influence positive sur ceux des autres États de la région. Toutefois, s?agissant pour
beaucoup d?entre eux de petits États insulaires en développement, aux moyens financiers et
humains limités, la ratification au protocole SPAW ne garantit pas une participation active aux
instances, aux groupes de travail et une mise en oeuvre effective du programme de travail du
protocole validé lors des COP.
Dès lors le secrétariat et le CAR sont confrontés à un dilemme : le protocole n?aura de réel impact
que s?il fonctionne comme un véritable réseau, avec l?ensemble des partenaires (administrations
concernées des États parties, aires marines protégées labellisées, fondations et ONG?)
pleinement actifs, ce qui n?est pas le cas actuellement. Face à ce constat, et les moyens très limités
du secrétariat, le réseau ne fonctionne que grâce à l?implication active du CAR-SPAW, non
seulement pour la préparation des documents pour les réunions des instances (STAC et COP),
mais contribue également pour l?organisation y compris logistique et l?animation des réunions des
groupes de travail thématiques (aires marines protégées, écosystèmes, espèces). Le soutien du
CAR va même jusqu?au financement des déplacements aux réunions des experts et délégués les
moins bien dotés pour le compte du secrétariat. Ces activités, qui ne sont pas prévues
explicitement dans la convention entre la France et le PNUE, ni dans les lignes directrices
élaborées par ce dernier concernant les CAR, sont pourtant indispensables au fonctionnement de
la convention qui n?a de sens et n?aura d?impact que si elle est inclusive de l?ensemble de ses
parties.
Par ailleurs, le CAR représente le secrétariat de la convention lors de réunions internationales
auxquelles il ne peut participer comme ce fut le cas en 2024, année pour la COP de la convention
sur la diversité biologique (CDB) à Cali ou en 2025 pour le Sommet sur les océans (UNOC) à Nice.
Ces interventions constituent des opportunités pour le CAR d?accroître son réseau, de faire
connaitre les actions du SPAW auprès de partenaires de la région et de plaidoyer pour leur
participation plus active à sa mise en oeuvre.
L?examen des derniers budgets du CAR-SPAW fait apparaître qu?une bonne part de l?activité est
consacrée à la gestion de projets, que ce soient des projets européens Interreg, des projets du
GEF, mis en oeuvre via le PNUE, et qui permettent de financer les emplois des trois chargés de
mission thématiques qui, entre autres, animent les réseaux thématiques et rédigent les rapports
sur le sujet.
Par ailleurs le programme de micro-projets développé sur fonds propres du CAR-SPAW depuis
2020, pour un montant annuel moyen de 120K¤ pour une quinzaine de projets, au profit d?ONG,
35 Toutes proportions gardées, le protocole SPAW peut être comparé dans sa philosophie et son mode
d?intervention, au réseau écologique européen Natura 2000, pour ce qui concerne les espèces et les milieux marins
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Rapport n°016189-01
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de fondations et parfois de gouvernements de la région, est plébiscité par les États membres et
les bénéficiaires finaux pour son caractère très inclusif. Si l?impact en termes de notoriété et de
reconnaissance pour le CAR est très positif au regard de l?enveloppe mobilisée relativement
modeste, cela se traduit néanmoins par une charge de travail importante pour le CAR.
Cette activité d?aide au développement et de renforcement des capacités des États parties
constitue une spécificité du CAR-SPAW comparé à d?autres CAR. A titre d?exemple, le Plan Bleu,
hébergé par la France fonctionne comme un observatoire, un centre de données et de prospective
sur l?environnement et le développement durable en Méditerranée au service du secrétariat des
États membres de la convention et du public, sans action d?aide au développement équivalente.
Les échanges de la mission avec l?équipe du CAR et divers interlocuteurs font apparaître, au-delà
des appréciations positives portées sur son fonctionnement, un manque de directives claires de la
part des ministères qui contribuent ou devraient contribuer, au titre de la France, au fonctionnement
du CAR (ministère chargé de l?environnement, MEAE et MOM), sur la place que doivent occuper
les actions non explicitement prévues par la convention avec le PNUE, voire des relations que le
CAR doit entretenir avec les diverses institutions et organismes français concernés par le protocole.
L?appui au secrétariat pour la préparation des instances, son travail de compilation des données,
ses contacts avec les agences nationales et les institutions scientifiques des États parties ne font
pas débat. En revanche, la part consacrée à l?assistance technique et à la recherche de
financements, mais aussi la mobilisation du réseau français scientifique et technique en appui à la
mise en oeuvre du protocole méritent d?être clarifiés par les ministères précités.
4.1.2 Définir les attentes des ministères contributeurs présents ou futurs
au CAR-SPAW en termes de retour pour la France
Au-delà des actions menées par le CAR au profit du secrétariat et des États Parties de la
convention, dans le cadre défini notamment par le plan stratégique 2023-2028 (cf 1.1.3), le retour
que la France attend de cet investissement reste largement un impensé.
Comme évoqué au 4.2, les critiques initiales de certains États membres sur le CAR perçu comme
le bras armé de la France ont abouti à un certain cloisonnement de la part des équipes. Au-delà
du bénéfice général, en termes d?image et de son « soft power », de la gestion par la France du
CAR-SPAW, les prestations qu?elle attend devraient être clairement définies et assumées.
Parmi celles-ci, la rédaction de notes de synthèse, et d?aide à la définition de la position de la
France lors des COP ou des STAC apparait comme un minimum. Cela permettrait d?assumer une
présence plus effective de la représentation française et de développer des alliances avec d?autres
États membres au bénéfice de la convention.
Le CAR-SPAW pourrait être sollicité pour d?autres prestations d?expertise ou d?animation, en
dehors du cadre de la convention par les ministères contributeurs, dans la mesure où elles sont
compatibles avec ses missions principales. De telles activités ne sont nullement exclues par nos
engagements internationaux, l?article 2 de la convention avec le PNUE prévoyant par exemple
qu?elles doivent seulement être définies et financées par le Gouvernement français et ne doivent
pas perturber le bon fonctionnement de la convention.
[Ministère chargé de l?environnement, MEAE, MOM] Elaborer une lettre
de cadrage à destination du CAR-SPAW permettant, dans le respect de la convention entre
la France et le PNUE et du plan stratégique 2023-2028, de donner des orientations sur les
actions à mener y compris au profit de la France.
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Rapport n°016189-01
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4.2 Mobiliser et valoriser davantage l?expertise locale dans une
logique de réseau « team France »
Il semble que le CAR, en réaction aux critiques initiales de certaines parties à la convention sur le
fait qu?il travaillait pour le compte de la France, a établi dans le passé un cloisonnement assez
étanche avec les acteurs français. En effet, malgré la présence de nombreux organismes et
institutions français intervenant dans le domaine du SPAW dans la région, les relations et
implications de ces deniers dans les actions et les réseaux du CAR-SPAW restent limitées. Même
lorsqu?il était hébergé par le PNG qui, pourtant, avait été identifié dès la création du CAR comme
pourvoyeur d?expertise technique, cela n?a pas été le cas. Cette absence de synergies et
d?implication de l?établissement public dans les actions du SPAW, a contribué à dégrader les
relations entre les deux structures et alimenté le reproche par le PNG de l?absence de bénéfices
réciproques de cette association.
La mission recommande de clarifier cette relation car le choix de l?hébergement en Guadeloupe
proposé par la France relevait d?une analyse sur les opportunités et synergies possibles avec les
acteurs locaux, permettant de contribuer à la mise en oeuvre du programme d?action du protocole
tout en contribuant à développer des relations entre les départements français des Antilles-Guyane
avec les États de la région et contribuant ainsi au rayonnement de la France.
Encore une fois, ces deux missions pour le CAR-SPAW ne sont en rien incompatibles entre elles.
Au contraire, elles présentent des bénéfices réciproques comme cela a été confirmé par le
secrétariat de la convention, qui se déclare avant tout exigeant sur l?autonomie financière du CAR
et la bonne exécution de ses missions d?appui au profit du secrétariat et des États membres mais
n?exclut pas la mobilisation de l?expertise locale et d?autres actions exécutées au profit de l?État
accueillant le CAR.
A ce titre, les ministères contribuant au CAR et en particulier le ministère chargé de
l?environnement/ DEB devrait plus clairement donner des directives pour arbitrer dans ce sens les
actions du CAR.
Au-delà, d?autres acteurs devraient être mobilisés pour apporter leur expertise dans les instances
de la convention et participer à divers programmes de coopération dans le cadre du protocole
SPAW :
les universités des Antilles et de Guyane sont des acteurs importants, notamment sur les
espèces et les milieux prioritaires du protocole (récifs coralliens, mangroves, herbiers etc.).
Les représentant rencontrés par la mission ont manifesté leur souhait d?être davantage
associés aux programmes d?action du protocole SPAW, au-delà des interventions
ponctuelles, dans une logique de véritable partenariat ;
des organismes de recherche-développement (IRD, IFREMER, CIRAD etc.) devraient
également être approchés pour mettre à contribution leurs expertises au profit de certaines
thématiques intéressant le protocole (sargasses, valorisation des espèces exotiques
envahissantes, etc.).
[Ministères chargés de l?environnement, des outre-mer et de la
recherche, CAR-SPAW] Mobiliser davantage les opérateurs du ministère chargé de
l?environnement, les universités des Antilles Guyane et les organismes de recherche
compétents dans le domaine du protocole SPAW afin de participer aux groupes de travail et
aux projets portés par le CAR-SPAW.
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Rapport n°016189-01
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4.3 Assurer un modèle soutenable sur le long terme pour le CAR-
SPAW
La mission a pu mesurer tout l?avantage d?une structure légère (six agents et deux VSC en 2024),
peu coûteuse en budget pour l?État, pour un impact jugé actuellement comme très positif par la
plupart des acteurs rencontrés. Il convient donc d?assurer la soutenabilité sur le long terme de cette
organisation, qu?elle soit positionnée à la DEAL et à terme à l?OFB.
Le financement sur projets des trois chargés de mission thématique induit inévitablement une
incertitude quant à leur pérennité sur le long terme, et nécessite de la part du CAR une stratégie
de soutenabilité de long terme. Les récents financements de projets Interreg SARGCOP 2,
CAMAC2 ou encore le futur projet sur financements FFEM via l?association Nature experts
montrent que des opportunités existent dans les trois champs (espèces, écosystèmes et aires
protégées) couverts par le protocole SPAW, ce que confirment plusieurs acteurs rencontrés par la
mission. Par ailleurs, comme évoqué auparavant, l?appartenance à une structure gouvernementale
n?apparaît en rien comme un obstacle pour être en charge de l?exécution de projets financés par
le GEF ou le FFEM, comme c?est déjà le cas actuellement.
La principale hypothèque concernant la soutenabilité de long terme du CAR-SPAW, dans
l?hypothèse de son maintien dans une structure publique (DEAL actuellement puis à l?OFB),
apparaît in fine, la pérennité des six postes budgétaires indispensables à son fonctionnement, qui
devrait être mieux garantie. La contribution sous forme de mise à disposition ou d?imputation sur
leur plafond d?emploi des ministères concernés (MOM) ou de participation financière (MEAE) et le
placement à l?OFB permettra de mieux répartir la charge du fonctionnement et partant d?améliorer
sa soutenabilité.
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Juillet 2025
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Conclusion
Après avoir échangé avec les principaux interlocuteurs du CAR-SPAW, tant en France
métropolitaine, dans les Antilles et au secrétariat de la convention, et examiné diverses options
pour le positionnement futur du centre, la mission dresse le constat suivant :
s?il a pu être critiqué dans le passé, le CAR-SPAW est actuellement une structure
dynamique qui effectue ses missions avec efficacité et dont le rôle essentiel pour la mise
en oeuvre du protocole est reconnu par les principaux acteurs ;
l?examen de l?histoire mouvementée du CAR et des structures d?hébergement potentielles
montrent qu?il n?existe pas de structure alternative qui permette d?apporter une réponse
clairement positive sur l?ensemble des difficultés actuelles rencontrées mais nécessitent
une bonne coordination entre les directions de la structure d?accueil et du CAR et un
soutien ministériel actif afin de les surmonter. A contrario, l?analyse des épisodes de crise
qu?a traversé le CAR depuis sa création, montre que, la cause principale en est le défaut
de coordination entre ces trois acteurs essentiels pour les surmonter qui a fait défaut, bien
plus que son positionnement institutionnel.
si les difficultés qu?a rencontrées le CAR dans son positionnement à la DEAL, sont réelles,
elles n?apparaissent pas rédhibitoires et sont en passe d?être en partie résolues, grâce à
une bonne coordination avec la DEAL et la DGALN.
Face à ce constat, la mission recommande le maintien dans l?immédiat du CAR au sein de la DEAL,
compte tenu de son bilan très positif et fait des recommandations d?ordre organisationnel afin de
réduire certaines difficultés observées. Elle recommande également à la DEB d?inclure dans le
contrat d?objectif et de performance en préparation avec l?OFB, l?intégration du CAR au sein de
l?Office comme objectif à moyen terme (2 ans).
Au-delà de la question du positionnement, la mission recommande de sécuriser sur le long terme
les moyens de fonctionnement du CAR-SPAW (dotation de fonctionnement et ETP) afin de
préserver cet outil essentiel de coopération au bénéfice de la biodiversité dans une des zones
parmi les plus riches et les plus menacées de la planète, mais aussi au bénéfice du rayonnement
de la France et de ses territoires dans la région caribéenne.
Olivier Robinet
Sabine Saint-Germain
Inspecteur général Inspectrice générale
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de commande
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Annexe 2. Accord entre la France et le PNUE concernant la
mise en place en Guadeloupe d?un CAR pour le
protocole SPAW
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Annexe 3. Circuit des paiements internationaux (sources
CAR-SPAW)
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Annexe 4. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction
Date
de
renco
ntre
MAHFOUDHI Najib
ministère chargé de
l?environnement/DEB
Conseiller outre-mer 3/04
VERMOT Jean
ministère chargé de
l?environnement/SG/
DRH
Adjoint à la haute fonctionnaire à
l?égalité et lutte contre les
discriminations
9/04
LAUNOIS Lionel
ministère chargé de
l?environnement/DEB
/MEI
Chef de la mission internationale 7/04
ROSSIN Lucile CAR-SPAW Directrice 4/04
MENEZ Véronique
Cabinet du ministère
chargé de
l?environnement
Conseillère technique biodiversité 10/04
NORMAND Gabriel
Cabinet ministère
chargé de
l?environnement
Conseiller diplomatique 10/04
DEGRON Robin Plan Bleu Directeur 10/04
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FAGOT Marc
ministère chargé de
l?environnement/DAE
I/ S/dir de l?action
internationale
Adjoint au sous-directeur 11/04
RIVALLAIN Mathieu
ministère chargé de
l?environnement/DAE
I/ S/dir de l?action
internationale
Adjoint au sous-directeur
11/04
ELKAIM David
ministère chargé de
l?environnement/DAE
I/ bureau biodiversité
et éco système
Chargé de mission
11/04
MOZAS Morgan
ministère chargé de
l?environnement/DAE
I/ bureau biodiversité
et éco système
Adjoint au chef de bureau
11/04
COLLIGNON Marine MEAE/SDEC Adjointe de la sous-directrice 23/04
LARRICQ Gabrielle MEAE/SDEC
Chargée de mission point focal
convention de Carthagène
23/04
KREMER Olivier
DEAL de
Guadeloupe
Directeur 28/04
CONDRUYT Géraldine CAR-SPAW Directrice adjointe 28/04
LABBOUZ Lucie CAR SPAW Chargée de mission 28/04
PUBLIÉ
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JOUITTEAU Julie CAR SPAW Chargée de mission 28/04
TAGLIAFERO Amélie CAR SPAW Chargée de mission 29/04
PETIT Auriane CAR SPAW Chargée de mission 29/04
BARTHELAT Fabien OFB Délégué territorial pour les Antilles 28/04
OZIER-
LAFONTAINE
Harry
Parc national de
Guadeloupe
Directeur 28/04
VEREPLA Leslie
Parc national de
Guadeloupe
Adjointe au directeur 28/04
HEC Laurie
OFB/ Sanctuaire
AGOA
Directrice 29/04
SIFFIER Christophe DRFIP Responsable de division 29/04
CARPENE Karine DRFIP Responsable fiscalité 29/04
DRAGIN Marius DIRM Guadeloupe
Chargé de mission planification
stratégique
30/04
DROMARD Charlotte
Université des
Antilles
Maître de conférence 30/04
BARFLEUR Lydia Région Guadeloupe Directrice de la coopération 2/05
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FIOU Nathalie
Préfecture de
Guadeloupe
Directrice des finances 2/05
GUSTAVE DIT
DUFLO
Sylvie Région Guadeloupe
Présidente du CA de l?OFB et de
l?ARB Guadeloupe Vice-présidente
de la Région
5/05
SOUAN Hélène
Département des
Bouches du Rhône
Directrice adjointe
« environnement », ancienne
directrice du CAR-SPAW
13/05
KAMARA Boubakar
ministère chargé de
l?environnement/CB
CM/DCM/CGF
14/05
VOYER Frederick GIP Sargasses Directeur 15/05
DELDUC Paul
ministère chargé de
l?environnement/IGE
DD
Chef de l?inspection
Ancien DGALN
15/05
CALABRESE Antoine MEAE/NUOI/EG
Rédacteur- Attractivité de la France
pour les Organisation internationale
15/05
CORBIN Christopher
PNUE/convention
de Carthagène/
SPAW
Coordonnateur du programme
SPAW
16/05
PERERA
VALDERRAMA
Susana
PNUE/convention
de Carthagène/
SPAW
Chargée de programme 19/05
DUBERNET Marc
AFD/ Région Océan
Atlantique
Directeur régional 19/05
PUBLIÉ
Rapport n°016189-01
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DUFRESNE
Clara
AFD/ Région Océan
Atlantique
Conseillère du directeur régional 19/05
GODEY Karine
ministère chargé de
l?environnement/DE
B/CASP Bud
Cheffe de mission 20/05
BEAUTIER Patricia
ministère chargé de
l?environnement/DE
B/CASP Bud
Chargée de mission 20/05
ABON Loïc
ministère chargé de
l?environnement/DE
AL Guadeloupe
Contrôleur de gestion 23/05
BOYER
Jean-
François
ministère chargé de
l?environnement/
DREAL Corse
Directeur, ancien DEAL de
Guadeloupe
23/05
MENTRE Arnaud MEAE
Ambassadeur chargé de
coopération régionale la zone
Atlantique
26 /05
SCHNEIDER Margaux DGOM/SDPISA
Cheffe du bureau des affaires
européennes et internationales
13/06
DISCOURS Matthieu AFD
Directeur du département trois
Océans
17/06
BOUZIGES-
ESCHMANNN
Stéphanie AFD/FFEM Directrice 17/06
GUILLET-
REVOL
Philippe AFD Responsable pays/Guadeloupe 17/06
PUBLIÉ
Rapport n°016189-01
Juillet 2025
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BARNERIAS Cyrille OFB Directeur international 19/06
CUSMANO Yohann Expertise France Directeur adjoint des opérations 26/06
TAPONI Alice Expertise France Coordinatrice de projets 26/06
BEYSSIER
Jean-
Edmond
ministère chargé de
l?environnement/DR
H
Sous-directeur de la performance et
de la synthèse
25/06
SAPIJANSKA Jurgis
Global Environment
Facility (GEF)
Coordonnateur biodiversité 27/06
PUBLIÉ
Annexe 5. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
AFB Agence française pour la biodiversité
AFD Agence française de développement
BOP Budget opérationnel de programme
CAR Centre d'appui régional
CDB convention sur la diversité biologique
CDD/CDI Contrat à durée déterminée/ indéterminée
CGEDD Conseil général de l'environnement et du développement durable
COP Conférence des parties
CSPI Centre de service partagé interministériel
DAEI Direction des actions européennes et internationales
DEAL Direction de l'environnement, de l?aménagement et du logement
DEB Direction de l'eau et de la biodiversité
DGALN Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature
DRFIP Direction régionale des finances publiques
EF Expertise France
EPA Etablissement public à caractère administratif
ETP Equivalent temps plein
ETPT Equivalent temps plein travaillé
FFEM Fonds français pour l'environnement mondial
GBPC Gestion budgétaire et comptable publique
GCRMN Global coral reeef monitoring network
GECT Groupement européen de coopération territoriale
GEF Fonds pour l'environnement mondial (Global environment facility)
GIP Groupement d'intérêt public
IBAN International bank account number
MEAE Ministère de l'Europe et des affaires étrangères
MTE Ministère de la transition écologique
OFB Office français de la biodiversité
PEC Programme pour l'environnement des Caraïbes
PNG Parc national de Guadeloupe
PNUE Programme des nations unies pour l'environnement
SEPA Single euro payments area
SPAW Protocole relatif aux zones et la vie sauvage spécialement protégées (Specially
Protected Areas and Wildlife)
STAC Comité consultatif scientifique et technique (scientific and technical advisory
commity)
SWIFT Society for worldwide interbank finance
UCR Unité de coordination régionale de la convention de Carthagène
VSC Volontaire du service civique
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Juillet 2025
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Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 Le CAR-SPAW, un OVNI institutionnel dont le statut et le positionnement reste à stabiliser
1.1 La convention de Carthagène, le protocole SPAW et le CAR
1.1.1 La seule convention contraignante en matière de protection de l?environnement de la Caraïbe :
1.1.2 Le protocole SPAW protège spécialement des zones et des espèces fragiles des Caraïbes
1.1.3 Le CAR est le « bras armé » du protocole SPAW
1.2 Le CAR-SPAW, une structure jeune mais à l?histoire mouvementée
1.2.1 Après sa création en 2000, le CAR-SPAW est hébergé provisoirement à la DIREN
1.2.2 L?institution laborieuse de l?association « Plan mer des Caraïbes » qui n?a vécu que de 2005 à 2009
1.2.3 L?hébergement au PNG, marqué par plusieurs périodes, se termine par une crise avec le CAR
1.2.3.1 2009-2014 : « l?âge d?or » du CAR-SPAW au PNG
1.2.3.2 Une dégradation des relations entre le CAR-SPAW et le PNG à partir de 2014
1.2.3.3 A partir de 2016, au lieu de les apaiser, deux rapports du CGEDD et les tentatives de réforme exacerbent les tensions
1.2.4 Le transfert à la DEAL de la Guadeloupe à partir de 2019
1.3 Forces et faiblesses du positionnement actuel à la DEAL
1.3.1 Circuit des recettes et des paiements : une lourdeur et une opacité excessive
1.3.1.1 Sur les recettes : difficultés de suivi
1.3.1.2 Sur les dépenses : des circuits complexes, longs, incertains et opaques
1.3.2 Gestion du personnel : la stabilité des effectifs n?est pas garantie
1.3.3 L?accès aux financements internationaux est plus compliqué sans être impossible
1.4 Appréciation des ministères concernés et des partenaires sur les missions du CAR-SPAW
1.4.1 Pour le secrétariat de la convention
1.4.2 Pour les ministères concernés (Ministère chargé de l?environnement/DEB et DAEI, MEAE, MOM)
1.4.3 Pour les acteurs intervenant dans la région (Région Guadeloupe, OFB, AFD?)
1.4.4 En conclusion, le CAR-SPAW est un outil efficace et peu coûteux qui mérite d?être conforté au bénéfice des enjeux environnementaux et du rayonnement de la France dans la région
2 Analyse des statuts et positionnements alternatifs à l?hébergement à la DEAL
2.1 Le statut associatif soulève des questions de gouvernance
2.2 Un groupement d?intérêt public apparait trop lourd pour une structure de la taille du CAR
2.3 La vocation d?un groupement européen de coopération territoriale ne coïncide pas avec celle du CAR-SPAW
2.4 Au sein d?un établissement public du ministère chargé de l?environnement
2.4.1 Le retour au PNG pose des problèmes d?acceptabilité
2.4.2 L?intégration à l?OFB apparait comme la meilleure option à moyen terme sous certaines conditions.
2.5 Au sein du groupe AFD
2.6 En conclusion sur les différentes options d?hébergement
3 Recommandations pour améliorer le fonctionnement et l?impact du CAR-SPAW à la DEAL ou à l?OFB
3.1 Politique de recrutement et de gestion RH
3.1.1 Sanctuariser les ETP, en particulier ceux des chargés de mission
3.1.2 Une sanctuarisation garantit par un portage interministériel des 3 ETP hors masse salariale :
3.1.2.1 Plusieurs ministères concernés qui pourraient contribuer au fardeau
3.1.2.2 Le partage proposé par la mission au terme de cette analyse :
3.1.3 Recruter des agents plus représentatifs de la région Caraïbe
3.2 Fluidifier et sécuriser le circuit des recettes et décaissements
3.3 Mettre en place une stratégie d?accès aux financements internationaux
4 Clarifier les attentes des ministères contributeurs au CAR-SPAW et en déduire un modèle de financement durable
4.1 Le CAR a besoin d?un cadrage des attentes des ministères contributeurs
4.1.1 Assumer les spécificités d?intervention du CAR-SPAW
4.1.2 Définir les attentes des ministères contributeurs présents ou futurs au CAR-SPAW en termes de retour pour la France
4.2 Mobiliser et valoriser davantage l?expertise locale dans une logique de réseau « team France »
4.3 Assurer un modèle soutenable sur le long terme pour le CAR-SPAW
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de commande
Annexe 2. Accord entre la France et le PNUE concernant la mise en place en Guadeloupe d?un CAR pour le protocole SPAW
Annexe 3. Circuit des paiements internationaux (sources CAR-SPAW)
Annexe 4. Liste des personnes rencontrées
Annexe 5. Glossaire des sigles et acronymes
(ATTENTION: OPTION vilégier, lorsque
c?est possible, ces dernières positions.
Mais à l?exception de la mise à disposition, ces positions ne correspondent pas à des emplois
durables. De plus la mise à disposition entrante est difficile à obtenir, en raison du « sacrifice » que
cela représente pour l?administration qui emploie et rémunère l?agent tout en en étant privé pendant
un certain temps. Cette solution ne peut donc être qu?accessoire.
Il parait donc indispensable de sanctuariser les trois ETP de chargés de mission.
Pour ce faire, la mission propose un partage interministériel de ces ETP hors masse salariale.
3.1.2 Une sanctuarisation garantit par un portage interministériel des 3
ETP hors masse salariale :
3.1.2.1 Plusieurs ministères concernés qui pourraient contribuer au fardeau
Jusqu?à présent seul le ministère chargé de l?environnement et en son sein seule la DGALN
contribuent en termes d?ETP au fonctionnement du CAR-SPAW. Cette exclusivité ne parait pas
conforme aux bénéfices qu?en retirent d?autres services et d?autres ministères. Bien entendu cette
charge nouvelle pour les services concernés devrait se traduire par une implication plus forte dans
le pilotage du CAR-SPAW (cf. §4.1.2)
La DAEI : Comme indiqué au §1.4.2 le CAR-SPAW concourt à faire connaître et à promouvoir la
vision de la France en matière de biodiversité dans la région des Caraïbes, notamment via son
programme des petits projets et la DAEI s?en félicite. Cette direction participe déjà au
fonctionnement du CAR (40.000 euros annuels). Il apparaitrait logique que cette direction, et donc
le SG, contribue également à un ou un demi-emploi, hors masse salariale, destinés notamment à
la mise en oeuvre des petits projets. Cette contribution permettrait de renforcer l?appartenance des
chargés de mission du CAR-SPAW au réseau des agents du ministère chargé de l?environnement
à l?international qui sont mis à disposition des organisations internationales ou dans les services
économiques des ambassades notamment dans la région. Ces relais peuvent être très utiles pour
nouer des contacts de proximité et assurer un suivi des actions avec les interlocuteurs du CAR
dans les pays concernés33.
Le MEAE ne contribue pas directement au fonctionnement du CAR-SPAW mais plus généralement
à la convention de Carthagène. Il est néanmoins très intéressé par la présence active du CAR-
SPAW, seul CAR de la convention hébergé en France. Il interroge régulièrement le CAR, en
particulier via l?ambassadeur régional pour la région Caraïbe, pour mieux comprendre les acteurs
locaux et pour porter nos priorités (par exemple les sargasses) au sein des COP. Dans ces
conditions, il serait assez cohérent que ce ministère contribue également au CAR-SPAW sous
forme d?une mise à disposition de personnel et garantisse également une fraction des trois ETP.
Cette dernière solution semble toutefois difficile à obtenir au regard du caractère technique du CAR
et de sa localisation dans un département d?outre-mer.
33 Le réseau des agents du MTE à l?international comprend notamment des agents en poste en ambassade en
Colombie et au Mexique, qui couvrent les pays de la région peuvent être des relais utiles.
PUBLIÉ
Rapport n°016189-01
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Le MOM est directement intéressé par le protocole SPAW et le CAR, qui concerne l?ensemble des
territoires français de la région Caraïbe et Guyane. Le MOM est notamment en charge de la
coordination du Plan national Sargasse, et à ce titre pilote le programme des interventions
territoriales de l?État (PITE) qui centralise les crédits des différents ministères relatifs à ce sujet. Le
CAR-SPAW a oeuvré pour que cette thématique soit intégrée dans le programme d?action du
protocole SPAW et est un acteur majeur de sa mise en oeuvre. Au regard des services rendus, sur
un sujet à coopération régionale obligatoire, une contribution du MOM au fonctionnement du CAR-
SPAW sous forme d?ETP apparaît souhaitable .
3.1.2.2 Le partage proposé par la mission au terme de cette analyse :
Le ministère chargé de l?environnement, principalement intéressé, inclurait dans son plafond
d?emplois, deux ETP.
Ces deux ETP seraient portés, selon une répartition à arbitrer au sein du ministère, à la fois par la
DGALN et par la DAEI. Il s?agirait pour le DGALN d?indiquer dans son schéma d?emplois qu?outre
les trois ETP garantis par l?État français, un ETP doit être, également sauvegardé34 à ce niveau ;
cette sanctuarisation, pourrait conduire à faire porter sur d?autres services de la DGALN, et pas
seulement la DEB, d?éventuelles réductions d?ETPT.
Pour ce qui concerne l?emploi de la DAEI à sanctuariser, il devrait être inscrit, hors programme,
dans la réserve de protection du Secrétaire général.
Le MOM compte tenu de sa forte implication dans le champ du CAR-SPAW notamment au sujet
des sargasses, contribuerait au CAR en incluant dans son plafond d?emplois un ETP de chargé de
mission.
Compte tenu de la participation financière du MEAE à la convention de Carthagène dans son
ensemble et au caractère principalement « outre-mer » des emplois, la mission ne propose pas de
le faire contribuer en termes d?ETP. En revanche, une participation financière versée directement
au CAR-SPAW pourrait être envisagée.
Cette répartition une fois actée par les ministères concernés devrait être notifiée au préfet de
Guadeloupe.
[Ministère chargé de l?environnement /SG et DGALN, MOM, MEAE]
Sanctuariser, outre les trois emplois garantis par la convention avec le PNUE, les trois
postes de chargés de mission thématiques partagés respectivement entre la DGALN, la
DAEI et le MOM.
3.1.3 Recruter des agents plus représentatifs de la région Caraïbe
Tout le personnel du CAR-SPAW est actuellement de nationalité française pour la plupart d?origine
métropolitaine.
Or, le CAR-SPAW devant travailler avec l?ensemble des pays de la Caraïbe, il serait opportun
qu?une partie de ses agents, en soit originaire, ou à défaut en ait une bonne expérience. Cela
permettrait en outre de montrer que si la France héberge le CAR-SPAW, elle n?a pas la main sur
l?ensemble de son personnel et que le centre est tourné vers la région Caraïbe plus que vers elle.
34 cette solution pourrait se prévaloir du précédent des emplois des directions interdépartementales des routes
(DIR), préservés au sein de la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM).
PUBLIÉ
Rapport n°016189-01
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Cela faciliterait également le respect de la recommandation des lignes directrices sur les CAR de
la convention selon laquelle le personnel doit maitriser parfaitement l?anglais, le français et
l?espagnol et avoir si possible une bonne connaissance du néerlandais.
Cette ouverture des recrutements devrait avant tout concerner les trois emplois de chargé de
programmes rémunérés sur projets.
[CAR-SPAW] Ouvrir les appels à candidature à l?international pour les
recrutements des postes de chargés de mission thématiques, en privilégiant des agents
plus représentatifs de la région Caraïbe.
3.2 Fluidifier et sécuriser le circuit des recettes et décaissements
Si l?État français finance les deux postes d?encadrement et le poste de l?assistante internationale
ainsi que le budget annuel de fonctionnement du CAR-SPAW à hauteur de 140 000 euros, ce
dernier ne pourrait pas accomplir ses missions et soutenir le programme des petits projets sans
financements extérieurs complémentaires. Ces financements permettent aussi de payer les
chargés de mission thématiques et les VSC (supprimés en 2024).
Figure 3 : Dépenses et recettes du CAR-SPAW 2023-2024 (source : Rapport d'activité
du CAR-SPAW 2023-2024)
Concernant les recettes, elles étaient constituées en 2023-2024 de fonds Interreg (Sargcoop2 et
CAMAC2) pour 30%, d?accords de coopération avec le secrétariat de la convention (PCA) pour 21%
et de contrats de petits financements avec le siège du PNUE (SSFA) pour 4%.
Ces ressources transitent par les deux fonds de concours destinés au CAR-SPAW. Certaines
d?entre elles parvenant au CAR avec beaucoup de retard, l?État français avance les crédits
nécessaires aux projets correspondants et se rembourse via ces mêmes fonds de concours.
Comme cela a été exposé au 1.3.1, il serait souhaitable de permettre au CAR-SPAW de mieux
suivre l?arrivée et l?orientation des fonds de concours par les services centraux du ministère chargé
de l?environnement. Il suffirait sans doute à cet égard que les gestionnaires des deux fonds de
concours (T2 et Hors T2) dédiés au CAR-SPAW partagent un outil de suivi avec les agents du
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centre.
Mais c?est surtout le circuit des dépenses « internationales », celles qui concernent les différentes
interventions du CAR-SPAW, notamment dans le cadre du programme des petits projets, qui est
le plus problématique.
Figure 4 Dépenses par axes de travail 2023-2024 (Source : Rapport d'activité du CAR-
SPAW 2023-2024)
Des mesures ont été prises à la suite d?une réunion avec la DRFIP et les délais des paiements
internationaux se sont nettement raccourcis. Il convient de poursuivre et de consolider ces actions
en les complétant par des mesures qui permettraient au personnel du CAR-SPAW de savoir, sans
avoir à le demander systématiquement au CSPI et à la DRFIP ainsi qu?à la Banque de France, à
quel stade se situe la demande de paiement et les motifs des éventuels blocages.
De tels dispositifs permettraient d?améliorer l?image du CAR SPAW, non seulement, à l?égard du
secrétariat de la convention de Carthagène et des États parties, mais aussi, vis-à-vis de ses
prestataires.
[Ministère chargé de l?environnement/ DAF et DEAL et DRFIP de
Guadeloupe] : Poursuivre les actions permettant d?accélérer les paiements internationaux
et mettre en place un dispositif offrant au CAR-SPAW une visibilité sur l?état d?avancement
des paiements internationaux
PUBLIÉ
Rapport n°016189-01
Juillet 2025
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CAR-SPAW
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3.3 Mettre en place une stratégie d?accès aux financements
internationaux
Parmi les contraintes d?un hébergement au sein de la DEAL figure celle d?une impossibilité d?accès
à diverses financements internationaux, européens ou provenant de fondations privées.
Comme évoqué précédemment, les membres du GEF contactés par la mission confirment qu?il n?y
a pas de règles qui empêcheraient à une institution hébergée dans une administration française
de jouer le rôle d?agence d?exécution d?un projet du GEF. Toutefois :
le GEF ne peut pas financer les salaires, des employés gouvernementaux (Guidelines on
the Project and Program Cycle Policy). Il ne serait donc en particulier pas possible au CAR-
SPAW de recruter du personnel qui aurait le statut d?employé de l?Etat français avec un
financement GEF ;
l?agence d?exécution (le CAR) doit remplir les conditions posées par l?agence de mise en
oeuvre (le PNUE par exemple). Le contrat financier est in fine entre l?agence d?exécution et
l?agence de mise en oeuvre, cette dernière ayant la responsabilité fiduciaire vis-à-vis du
GEF.
De même, désormais, pour les projets Européens Interreg, la Commission ne rembourse plus les
salaires des fonctionnaires, ce qui peut introduire une contrainte, car ce véhicule est actuellement
le principal financeur des projets menés par le CAR-SPAW.
La conséquence est que les chargés de mission thématiques payés sur projets devraient être
recrutés préférentiellement comme contractuels, voire pour des profils particuliers, en détachement,
afin de ne pas les faire apparaître comme des employés de l?État.
Pour ce qui concerne l?accès à des financements privés, le CAR peut passer par des intermédiaires
associatifs qui sous-traitent certaines actions auprès de celui-ci (comme c?est déjà le cas pour
certains projets mis en oeuvre par le CAR).
Une autre action recommandée par la mission serait de créer pour le CAR-SPAW une adresse de
messagerie électronique en propre, dissociée de celle de la DEAL (ou de l?OFB) afin de ne pas
faire apparaitre le suffixe «.gouv.fr » et faire ainsi reconnaître le caractère non gouvernemental du
statut du CAR dédié au secrétariat de la convention et à ses États parties.
PUBLIÉ
https://www.thegef.org/sites/default/files/documents/GEF_Guidelines_Project_Program_Cycle_Policy_20200731.pdf
https://www.thegef.org/sites/default/files/documents/GEF_Guidelines_Project_Program_Cycle_Policy_20200731.pdf
https://www.thegef.org/partners/gef-agencies
https://www.thegef.org/partners/gef-agencies
Rapport n°016189-01
Juillet 2025
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4 Clarifier les attentes des ministères contributeurs au CAR-
SPAW et en déduire un modèle de financement durable
4.1 Le CAR a besoin d?un cadrage des attentes des ministères
contributeurs
4.1.1 Assumer les spécificités d?intervention du CAR-SPAW
Le protocole SPAW, avec ses annexes concernant la labellisation des aires marines et les espèces
protégées constitue une spécificité car c?est le seul instrument international juridiquement
contraignant en matière environnementale de la grande région Caraïbe35 . Dans certains États
insulaires, la protection au titre du protocole SPAW est même la seule règlementation existante
pour la protection des espèces marines. Concernant des habitats et espèces marines migratrices
ou à large dispersion, les actions de protection menées dans chaque État partie à la convention
ont une influence positive sur ceux des autres États de la région. Toutefois, s?agissant pour
beaucoup d?entre eux de petits États insulaires en développement, aux moyens financiers et
humains limités, la ratification au protocole SPAW ne garantit pas une participation active aux
instances, aux groupes de travail et une mise en oeuvre effective du programme de travail du
protocole validé lors des COP.
Dès lors le secrétariat et le CAR sont confrontés à un dilemme : le protocole n?aura de réel impact
que s?il fonctionne comme un véritable réseau, avec l?ensemble des partenaires (administrations
concernées des États parties, aires marines protégées labellisées, fondations et ONG?)
pleinement actifs, ce qui n?est pas le cas actuellement. Face à ce constat, et les moyens très limités
du secrétariat, le réseau ne fonctionne que grâce à l?implication active du CAR-SPAW, non
seulement pour la préparation des documents pour les réunions des instances (STAC et COP),
mais contribue également pour l?organisation y compris logistique et l?animation des réunions des
groupes de travail thématiques (aires marines protégées, écosystèmes, espèces). Le soutien du
CAR va même jusqu?au financement des déplacements aux réunions des experts et délégués les
moins bien dotés pour le compte du secrétariat. Ces activités, qui ne sont pas prévues
explicitement dans la convention entre la France et le PNUE, ni dans les lignes directrices
élaborées par ce dernier concernant les CAR, sont pourtant indispensables au fonctionnement de
la convention qui n?a de sens et n?aura d?impact que si elle est inclusive de l?ensemble de ses
parties.
Par ailleurs, le CAR représente le secrétariat de la convention lors de réunions internationales
auxquelles il ne peut participer comme ce fut le cas en 2024, année pour la COP de la convention
sur la diversité biologique (CDB) à Cali ou en 2025 pour le Sommet sur les océans (UNOC) à Nice.
Ces interventions constituent des opportunités pour le CAR d?accroître son réseau, de faire
connaitre les actions du SPAW auprès de partenaires de la région et de plaidoyer pour leur
participation plus active à sa mise en oeuvre.
L?examen des derniers budgets du CAR-SPAW fait apparaître qu?une bonne part de l?activité est
consacrée à la gestion de projets, que ce soient des projets européens Interreg, des projets du
GEF, mis en oeuvre via le PNUE, et qui permettent de financer les emplois des trois chargés de
mission thématiques qui, entre autres, animent les réseaux thématiques et rédigent les rapports
sur le sujet.
Par ailleurs le programme de micro-projets développé sur fonds propres du CAR-SPAW depuis
2020, pour un montant annuel moyen de 120K¤ pour une quinzaine de projets, au profit d?ONG,
35 Toutes proportions gardées, le protocole SPAW peut être comparé dans sa philosophie et son mode
d?intervention, au réseau écologique européen Natura 2000, pour ce qui concerne les espèces et les milieux marins
PUBLIÉ
Rapport n°016189-01
Juillet 2025
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de fondations et parfois de gouvernements de la région, est plébiscité par les États membres et
les bénéficiaires finaux pour son caractère très inclusif. Si l?impact en termes de notoriété et de
reconnaissance pour le CAR est très positif au regard de l?enveloppe mobilisée relativement
modeste, cela se traduit néanmoins par une charge de travail importante pour le CAR.
Cette activité d?aide au développement et de renforcement des capacités des États parties
constitue une spécificité du CAR-SPAW comparé à d?autres CAR. A titre d?exemple, le Plan Bleu,
hébergé par la France fonctionne comme un observatoire, un centre de données et de prospective
sur l?environnement et le développement durable en Méditerranée au service du secrétariat des
États membres de la convention et du public, sans action d?aide au développement équivalente.
Les échanges de la mission avec l?équipe du CAR et divers interlocuteurs font apparaître, au-delà
des appréciations positives portées sur son fonctionnement, un manque de directives claires de la
part des ministères qui contribuent ou devraient contribuer, au titre de la France, au fonctionnement
du CAR (ministère chargé de l?environnement, MEAE et MOM), sur la place que doivent occuper
les actions non explicitement prévues par la convention avec le PNUE, voire des relations que le
CAR doit entretenir avec les diverses institutions et organismes français concernés par le protocole.
L?appui au secrétariat pour la préparation des instances, son travail de compilation des données,
ses contacts avec les agences nationales et les institutions scientifiques des États parties ne font
pas débat. En revanche, la part consacrée à l?assistance technique et à la recherche de
financements, mais aussi la mobilisation du réseau français scientifique et technique en appui à la
mise en oeuvre du protocole méritent d?être clarifiés par les ministères précités.
4.1.2 Définir les attentes des ministères contributeurs présents ou futurs
au CAR-SPAW en termes de retour pour la France
Au-delà des actions menées par le CAR au profit du secrétariat et des États Parties de la
convention, dans le cadre défini notamment par le plan stratégique 2023-2028 (cf 1.1.3), le retour
que la France attend de cet investissement reste largement un impensé.
Comme évoqué au 4.2, les critiques initiales de certains États membres sur le CAR perçu comme
le bras armé de la France ont abouti à un certain cloisonnement de la part des équipes. Au-delà
du bénéfice général, en termes d?image et de son « soft power », de la gestion par la France du
CAR-SPAW, les prestations qu?elle attend devraient être clairement définies et assumées.
Parmi celles-ci, la rédaction de notes de synthèse, et d?aide à la définition de la position de la
France lors des COP ou des STAC apparait comme un minimum. Cela permettrait d?assumer une
présence plus effective de la représentation française et de développer des alliances avec d?autres
États membres au bénéfice de la convention.
Le CAR-SPAW pourrait être sollicité pour d?autres prestations d?expertise ou d?animation, en
dehors du cadre de la convention par les ministères contributeurs, dans la mesure où elles sont
compatibles avec ses missions principales. De telles activités ne sont nullement exclues par nos
engagements internationaux, l?article 2 de la convention avec le PNUE prévoyant par exemple
qu?elles doivent seulement être définies et financées par le Gouvernement français et ne doivent
pas perturber le bon fonctionnement de la convention.
[Ministère chargé de l?environnement, MEAE, MOM] Elaborer une lettre
de cadrage à destination du CAR-SPAW permettant, dans le respect de la convention entre
la France et le PNUE et du plan stratégique 2023-2028, de donner des orientations sur les
actions à mener y compris au profit de la France.
PUBLIÉ
Rapport n°016189-01
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4.2 Mobiliser et valoriser davantage l?expertise locale dans une
logique de réseau « team France »
Il semble que le CAR, en réaction aux critiques initiales de certaines parties à la convention sur le
fait qu?il travaillait pour le compte de la France, a établi dans le passé un cloisonnement assez
étanche avec les acteurs français. En effet, malgré la présence de nombreux organismes et
institutions français intervenant dans le domaine du SPAW dans la région, les relations et
implications de ces deniers dans les actions et les réseaux du CAR-SPAW restent limitées. Même
lorsqu?il était hébergé par le PNG qui, pourtant, avait été identifié dès la création du CAR comme
pourvoyeur d?expertise technique, cela n?a pas été le cas. Cette absence de synergies et
d?implication de l?établissement public dans les actions du SPAW, a contribué à dégrader les
relations entre les deux structures et alimenté le reproche par le PNG de l?absence de bénéfices
réciproques de cette association.
La mission recommande de clarifier cette relation car le choix de l?hébergement en Guadeloupe
proposé par la France relevait d?une analyse sur les opportunités et synergies possibles avec les
acteurs locaux, permettant de contribuer à la mise en oeuvre du programme d?action du protocole
tout en contribuant à développer des relations entre les départements français des Antilles-Guyane
avec les États de la région et contribuant ainsi au rayonnement de la France.
Encore une fois, ces deux missions pour le CAR-SPAW ne sont en rien incompatibles entre elles.
Au contraire, elles présentent des bénéfices réciproques comme cela a été confirmé par le
secrétariat de la convention, qui se déclare avant tout exigeant sur l?autonomie financière du CAR
et la bonne exécution de ses missions d?appui au profit du secrétariat et des États membres mais
n?exclut pas la mobilisation de l?expertise locale et d?autres actions exécutées au profit de l?État
accueillant le CAR.
A ce titre, les ministères contribuant au CAR et en particulier le ministère chargé de
l?environnement/ DEB devrait plus clairement donner des directives pour arbitrer dans ce sens les
actions du CAR.
Au-delà, d?autres acteurs devraient être mobilisés pour apporter leur expertise dans les instances
de la convention et participer à divers programmes de coopération dans le cadre du protocole
SPAW :
les universités des Antilles et de Guyane sont des acteurs importants, notamment sur les
espèces et les milieux prioritaires du protocole (récifs coralliens, mangroves, herbiers etc.).
Les représentant rencontrés par la mission ont manifesté leur souhait d?être davantage
associés aux programmes d?action du protocole SPAW, au-delà des interventions
ponctuelles, dans une logique de véritable partenariat ;
des organismes de recherche-développement (IRD, IFREMER, CIRAD etc.) devraient
également être approchés pour mettre à contribution leurs expertises au profit de certaines
thématiques intéressant le protocole (sargasses, valorisation des espèces exotiques
envahissantes, etc.).
[Ministères chargés de l?environnement, des outre-mer et de la
recherche, CAR-SPAW] Mobiliser davantage les opérateurs du ministère chargé de
l?environnement, les universités des Antilles Guyane et les organismes de recherche
compétents dans le domaine du protocole SPAW afin de participer aux groupes de travail et
aux projets portés par le CAR-SPAW.
PUBLIÉ
Rapport n°016189-01
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4.3 Assurer un modèle soutenable sur le long terme pour le CAR-
SPAW
La mission a pu mesurer tout l?avantage d?une structure légère (six agents et deux VSC en 2024),
peu coûteuse en budget pour l?État, pour un impact jugé actuellement comme très positif par la
plupart des acteurs rencontrés. Il convient donc d?assurer la soutenabilité sur le long terme de cette
organisation, qu?elle soit positionnée à la DEAL et à terme à l?OFB.
Le financement sur projets des trois chargés de mission thématique induit inévitablement une
incertitude quant à leur pérennité sur le long terme, et nécessite de la part du CAR une stratégie
de soutenabilité de long terme. Les récents financements de projets Interreg SARGCOP 2,
CAMAC2 ou encore le futur projet sur financements FFEM via l?association Nature experts
montrent que des opportunités existent dans les trois champs (espèces, écosystèmes et aires
protégées) couverts par le protocole SPAW, ce que confirment plusieurs acteurs rencontrés par la
mission. Par ailleurs, comme évoqué auparavant, l?appartenance à une structure gouvernementale
n?apparaît en rien comme un obstacle pour être en charge de l?exécution de projets financés par
le GEF ou le FFEM, comme c?est déjà le cas actuellement.
La principale hypothèque concernant la soutenabilité de long terme du CAR-SPAW, dans
l?hypothèse de son maintien dans une structure publique (DEAL actuellement puis à l?OFB),
apparaît in fine, la pérennité des six postes budgétaires indispensables à son fonctionnement, qui
devrait être mieux garantie. La contribution sous forme de mise à disposition ou d?imputation sur
leur plafond d?emploi des ministères concernés (MOM) ou de participation financière (MEAE) et le
placement à l?OFB permettra de mieux répartir la charge du fonctionnement et partant d?améliorer
sa soutenabilité.
PUBLIÉ
Rapport n°016189-01
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Conclusion
Après avoir échangé avec les principaux interlocuteurs du CAR-SPAW, tant en France
métropolitaine, dans les Antilles et au secrétariat de la convention, et examiné diverses options
pour le positionnement futur du centre, la mission dresse le constat suivant :
s?il a pu être critiqué dans le passé, le CAR-SPAW est actuellement une structure
dynamique qui effectue ses missions avec efficacité et dont le rôle essentiel pour la mise
en oeuvre du protocole est reconnu par les principaux acteurs ;
l?examen de l?histoire mouvementée du CAR et des structures d?hébergement potentielles
montrent qu?il n?existe pas de structure alternative qui permette d?apporter une réponse
clairement positive sur l?ensemble des difficultés actuelles rencontrées mais nécessitent
une bonne coordination entre les directions de la structure d?accueil et du CAR et un
soutien ministériel actif afin de les surmonter. A contrario, l?analyse des épisodes de crise
qu?a traversé le CAR depuis sa création, montre que, la cause principale en est le défaut
de coordination entre ces trois acteurs essentiels pour les surmonter qui a fait défaut, bien
plus que son positionnement institutionnel.
si les difficultés qu?a rencontrées le CAR dans son positionnement à la DEAL, sont réelles,
elles n?apparaissent pas rédhibitoires et sont en passe d?être en partie résolues, grâce à
une bonne coordination avec la DEAL et la DGALN.
Face à ce constat, la mission recommande le maintien dans l?immédiat du CAR au sein de la DEAL,
compte tenu de son bilan très positif et fait des recommandations d?ordre organisationnel afin de
réduire certaines difficultés observées. Elle recommande également à la DEB d?inclure dans le
contrat d?objectif et de performance en préparation avec l?OFB, l?intégration du CAR au sein de
l?Office comme objectif à moyen terme (2 ans).
Au-delà de la question du positionnement, la mission recommande de sécuriser sur le long terme
les moyens de fonctionnement du CAR-SPAW (dotation de fonctionnement et ETP) afin de
préserver cet outil essentiel de coopération au bénéfice de la biodiversité dans une des zones
parmi les plus riches et les plus menacées de la planète, mais aussi au bénéfice du rayonnement
de la France et de ses territoires dans la région caribéenne.
Olivier Robinet
Sabine Saint-Germain
Inspecteur général Inspectrice générale
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de commande
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Annexe 2. Accord entre la France et le PNUE concernant la
mise en place en Guadeloupe d?un CAR pour le
protocole SPAW
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Annexe 3. Circuit des paiements internationaux (sources
CAR-SPAW)
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Annexe 4. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction
Date
de
renco
ntre
MAHFOUDHI Najib
ministère chargé de
l?environnement/DEB
Conseiller outre-mer 3/04
VERMOT Jean
ministère chargé de
l?environnement/SG/
DRH
Adjoint à la haute fonctionnaire à
l?égalité et lutte contre les
discriminations
9/04
LAUNOIS Lionel
ministère chargé de
l?environnement/DEB
/MEI
Chef de la mission internationale 7/04
ROSSIN Lucile CAR-SPAW Directrice 4/04
MENEZ Véronique
Cabinet du ministère
chargé de
l?environnement
Conseillère technique biodiversité 10/04
NORMAND Gabriel
Cabinet ministère
chargé de
l?environnement
Conseiller diplomatique 10/04
DEGRON Robin Plan Bleu Directeur 10/04
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FAGOT Marc
ministère chargé de
l?environnement/DAE
I/ S/dir de l?action
internationale
Adjoint au sous-directeur 11/04
RIVALLAIN Mathieu
ministère chargé de
l?environnement/DAE
I/ S/dir de l?action
internationale
Adjoint au sous-directeur
11/04
ELKAIM David
ministère chargé de
l?environnement/DAE
I/ bureau biodiversité
et éco système
Chargé de mission
11/04
MOZAS Morgan
ministère chargé de
l?environnement/DAE
I/ bureau biodiversité
et éco système
Adjoint au chef de bureau
11/04
COLLIGNON Marine MEAE/SDEC Adjointe de la sous-directrice 23/04
LARRICQ Gabrielle MEAE/SDEC
Chargée de mission point focal
convention de Carthagène
23/04
KREMER Olivier
DEAL de
Guadeloupe
Directeur 28/04
CONDRUYT Géraldine CAR-SPAW Directrice adjointe 28/04
LABBOUZ Lucie CAR SPAW Chargée de mission 28/04
PUBLIÉ
Rapport n°016189-01
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JOUITTEAU Julie CAR SPAW Chargée de mission 28/04
TAGLIAFERO Amélie CAR SPAW Chargée de mission 29/04
PETIT Auriane CAR SPAW Chargée de mission 29/04
BARTHELAT Fabien OFB Délégué territorial pour les Antilles 28/04
OZIER-
LAFONTAINE
Harry
Parc national de
Guadeloupe
Directeur 28/04
VEREPLA Leslie
Parc national de
Guadeloupe
Adjointe au directeur 28/04
HEC Laurie
OFB/ Sanctuaire
AGOA
Directrice 29/04
SIFFIER Christophe DRFIP Responsable de division 29/04
CARPENE Karine DRFIP Responsable fiscalité 29/04
DRAGIN Marius DIRM Guadeloupe
Chargé de mission planification
stratégique
30/04
DROMARD Charlotte
Université des
Antilles
Maître de conférence 30/04
BARFLEUR Lydia Région Guadeloupe Directrice de la coopération 2/05
PUBLIÉ
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FIOU Nathalie
Préfecture de
Guadeloupe
Directrice des finances 2/05
GUSTAVE DIT
DUFLO
Sylvie Région Guadeloupe
Présidente du CA de l?OFB et de
l?ARB Guadeloupe Vice-présidente
de la Région
5/05
SOUAN Hélène
Département des
Bouches du Rhône
Directrice adjointe
« environnement », ancienne
directrice du CAR-SPAW
13/05
KAMARA Boubakar
ministère chargé de
l?environnement/CB
CM/DCM/CGF
14/05
VOYER Frederick GIP Sargasses Directeur 15/05
DELDUC Paul
ministère chargé de
l?environnement/IGE
DD
Chef de l?inspection
Ancien DGALN
15/05
CALABRESE Antoine MEAE/NUOI/EG
Rédacteur- Attractivité de la France
pour les Organisation internationale
15/05
CORBIN Christopher
PNUE/convention
de Carthagène/
SPAW
Coordonnateur du programme
SPAW
16/05
PERERA
VALDERRAMA
Susana
PNUE/convention
de Carthagène/
SPAW
Chargée de programme 19/05
DUBERNET Marc
AFD/ Région Océan
Atlantique
Directeur régional 19/05
PUBLIÉ
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DUFRESNE
Clara
AFD/ Région Océan
Atlantique
Conseillère du directeur régional 19/05
GODEY Karine
ministère chargé de
l?environnement/DE
B/CASP Bud
Cheffe de mission 20/05
BEAUTIER Patricia
ministère chargé de
l?environnement/DE
B/CASP Bud
Chargée de mission 20/05
ABON Loïc
ministère chargé de
l?environnement/DE
AL Guadeloupe
Contrôleur de gestion 23/05
BOYER
Jean-
François
ministère chargé de
l?environnement/
DREAL Corse
Directeur, ancien DEAL de
Guadeloupe
23/05
MENTRE Arnaud MEAE
Ambassadeur chargé de
coopération régionale la zone
Atlantique
26 /05
SCHNEIDER Margaux DGOM/SDPISA
Cheffe du bureau des affaires
européennes et internationales
13/06
DISCOURS Matthieu AFD
Directeur du département trois
Océans
17/06
BOUZIGES-
ESCHMANNN
Stéphanie AFD/FFEM Directrice 17/06
GUILLET-
REVOL
Philippe AFD Responsable pays/Guadeloupe 17/06
PUBLIÉ
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BARNERIAS Cyrille OFB Directeur international 19/06
CUSMANO Yohann Expertise France Directeur adjoint des opérations 26/06
TAPONI Alice Expertise France Coordinatrice de projets 26/06
BEYSSIER
Jean-
Edmond
ministère chargé de
l?environnement/DR
H
Sous-directeur de la performance et
de la synthèse
25/06
SAPIJANSKA Jurgis
Global Environment
Facility (GEF)
Coordonnateur biodiversité 27/06
PUBLIÉ
Annexe 5. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
AFB Agence française pour la biodiversité
AFD Agence française de développement
BOP Budget opérationnel de programme
CAR Centre d'appui régional
CDB convention sur la diversité biologique
CDD/CDI Contrat à durée déterminée/ indéterminée
CGEDD Conseil général de l'environnement et du développement durable
COP Conférence des parties
CSPI Centre de service partagé interministériel
DAEI Direction des actions européennes et internationales
DEAL Direction de l'environnement, de l?aménagement et du logement
DEB Direction de l'eau et de la biodiversité
DGALN Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature
DRFIP Direction régionale des finances publiques
EF Expertise France
EPA Etablissement public à caractère administratif
ETP Equivalent temps plein
ETPT Equivalent temps plein travaillé
FFEM Fonds français pour l'environnement mondial
GBPC Gestion budgétaire et comptable publique
GCRMN Global coral reeef monitoring network
GECT Groupement européen de coopération territoriale
GEF Fonds pour l'environnement mondial (Global environment facility)
GIP Groupement d'intérêt public
IBAN International bank account number
MEAE Ministère de l'Europe et des affaires étrangères
MTE Ministère de la transition écologique
OFB Office français de la biodiversité
PEC Programme pour l'environnement des Caraïbes
PNG Parc national de Guadeloupe
PNUE Programme des nations unies pour l'environnement
SEPA Single euro payments area
SPAW Protocole relatif aux zones et la vie sauvage spécialement protégées (Specially
Protected Areas and Wildlife)
STAC Comité consultatif scientifique et technique (scientific and technical advisory
commity)
SWIFT Society for worldwide interbank finance
UCR Unité de coordination régionale de la convention de Carthagène
VSC Volontaire du service civique
Rapport n°016189-01
Juillet 2025
Définition d?un modèle de statut et de positionnement du
CAR-SPAW
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« Les rapports de l?inspection »
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Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 Le CAR-SPAW, un OVNI institutionnel dont le statut et le positionnement reste à stabiliser
1.1 La convention de Carthagène, le protocole SPAW et le CAR
1.1.1 La seule convention contraignante en matière de protection de l?environnement de la Caraïbe :
1.1.2 Le protocole SPAW protège spécialement des zones et des espèces fragiles des Caraïbes
1.1.3 Le CAR est le « bras armé » du protocole SPAW
1.2 Le CAR-SPAW, une structure jeune mais à l?histoire mouvementée
1.2.1 Après sa création en 2000, le CAR-SPAW est hébergé provisoirement à la DIREN
1.2.2 L?institution laborieuse de l?association « Plan mer des Caraïbes » qui n?a vécu que de 2005 à 2009
1.2.3 L?hébergement au PNG, marqué par plusieurs périodes, se termine par une crise avec le CAR
1.2.3.1 2009-2014 : « l?âge d?or » du CAR-SPAW au PNG
1.2.3.2 Une dégradation des relations entre le CAR-SPAW et le PNG à partir de 2014
1.2.3.3 A partir de 2016, au lieu de les apaiser, deux rapports du CGEDD et les tentatives de réforme exacerbent les tensions
1.2.4 Le transfert à la DEAL de la Guadeloupe à partir de 2019
1.3 Forces et faiblesses du positionnement actuel à la DEAL
1.3.1 Circuit des recettes et des paiements : une lourdeur et une opacité excessive
1.3.1.1 Sur les recettes : difficultés de suivi
1.3.1.2 Sur les dépenses : des circuits complexes, longs, incertains et opaques
1.3.2 Gestion du personnel : la stabilité des effectifs n?est pas garantie
1.3.3 L?accès aux financements internationaux est plus compliqué sans être impossible
1.4 Appréciation des ministères concernés et des partenaires sur les missions du CAR-SPAW
1.4.1 Pour le secrétariat de la convention
1.4.2 Pour les ministères concernés (Ministère chargé de l?environnement/DEB et DAEI, MEAE, MOM)
1.4.3 Pour les acteurs intervenant dans la région (Région Guadeloupe, OFB, AFD?)
1.4.4 En conclusion, le CAR-SPAW est un outil efficace et peu coûteux qui mérite d?être conforté au bénéfice des enjeux environnementaux et du rayonnement de la France dans la région
2 Analyse des statuts et positionnements alternatifs à l?hébergement à la DEAL
2.1 Le statut associatif soulève des questions de gouvernance
2.2 Un groupement d?intérêt public apparait trop lourd pour une structure de la taille du CAR
2.3 La vocation d?un groupement européen de coopération territoriale ne coïncide pas avec celle du CAR-SPAW
2.4 Au sein d?un établissement public du ministère chargé de l?environnement
2.4.1 Le retour au PNG pose des problèmes d?acceptabilité
2.4.2 L?intégration à l?OFB apparait comme la meilleure option à moyen terme sous certaines conditions.
2.5 Au sein du groupe AFD
2.6 En conclusion sur les différentes options d?hébergement
3 Recommandations pour améliorer le fonctionnement et l?impact du CAR-SPAW à la DEAL ou à l?OFB
3.1 Politique de recrutement et de gestion RH
3.1.1 Sanctuariser les ETP, en particulier ceux des chargés de mission
3.1.2 Une sanctuarisation garantit par un portage interministériel des 3 ETP hors masse salariale :
3.1.2.1 Plusieurs ministères concernés qui pourraient contribuer au fardeau
3.1.2.2 Le partage proposé par la mission au terme de cette analyse :
3.1.3 Recruter des agents plus représentatifs de la région Caraïbe
3.2 Fluidifier et sécuriser le circuit des recettes et décaissements
3.3 Mettre en place une stratégie d?accès aux financements internationaux
4 Clarifier les attentes des ministères contributeurs au CAR-SPAW et en déduire un modèle de financement durable
4.1 Le CAR a besoin d?un cadrage des attentes des ministères contributeurs
4.1.1 Assumer les spécificités d?intervention du CAR-SPAW
4.1.2 Définir les attentes des ministères contributeurs présents ou futurs au CAR-SPAW en termes de retour pour la France
4.2 Mobiliser et valoriser davantage l?expertise locale dans une logique de réseau « team France »
4.3 Assurer un modèle soutenable sur le long terme pour le CAR-SPAW
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de commande
Annexe 2. Accord entre la France et le PNUE concernant la mise en place en Guadeloupe d?un CAR pour le protocole SPAW
Annexe 3. Circuit des paiements internationaux (sources CAR-SPAW)
Annexe 4. Liste des personnes rencontrées
Annexe 5. Glossaire des sigles et acronymes
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION n entrante est difficile à obtenir, en raison du « sacrifice » que
cela représente pour l?administration qui emploie et rémunère l?agent tout en en étant privé pendant
un certain temps. Cette solution ne peut donc être qu?accessoire.
Il parait donc indispensable de sanctuariser les trois ETP de chargés de mission.
Pour ce faire, la mission propose un partage interministériel de ces ETP hors masse salariale.
3.1.2 Une sanctuarisation garantit par un portage interministériel des 3
ETP hors masse salariale :
3.1.2.1 Plusieurs ministères concernés qui pourraient contribuer au fardeau
Jusqu?à présent seul le ministère chargé de l?environnement et en son sein seule la DGALN
contribuent en termes d?ETP au fonctionnement du CAR-SPAW. Cette exclusivité ne parait pas
conforme aux bénéfices qu?en retirent d?autres services et d?autres ministères. Bien entendu cette
charge nouvelle pour les services concernés devrait se traduire par une implication plus forte dans
le pilotage du CAR-SPAW (cf. §4.1.2)
La DAEI : Comme indiqué au §1.4.2 le CAR-SPAW concourt à faire connaître et à promouvoir la
vision de la France en matière de biodiversité dans la région des Caraïbes, notamment via son
programme des petits projets et la DAEI s?en félicite. Cette direction participe déjà au
fonctionnement du CAR (40.000 euros annuels). Il apparaitrait logique que cette direction, et donc
le SG, contribue également à un ou un demi-emploi, hors masse salariale, destinés notamment à
la mise en oeuvre des petits projets. Cette contribution permettrait de renforcer l?appartenance des
chargés de mission du CAR-SPAW au réseau des agents du ministère chargé de l?environnement
à l?international qui sont mis à disposition des organisations internationales ou dans les services
économiques des ambassades notamment dans la région. Ces relais peuvent être très utiles pour
nouer des contacts de proximité et assurer un suivi des actions avec les interlocuteurs du CAR
dans les pays concernés33.
Le MEAE ne contribue pas directement au fonctionnement du CAR-SPAW mais plus généralement
à la convention de Carthagène. Il est néanmoins très intéressé par la présence active du CAR-
SPAW, seul CAR de la convention hébergé en France. Il interroge régulièrement le CAR, en
particulier via l?ambassadeur régional pour la région Caraïbe, pour mieux comprendre les acteurs
locaux et pour porter nos priorités (par exemple les sargasses) au sein des COP. Dans ces
conditions, il serait assez cohérent que ce ministère contribue également au CAR-SPAW sous
forme d?une mise à disposition de personnel et garantisse également une fraction des trois ETP.
Cette dernière solution semble toutefois difficile à obtenir au regard du caractère technique du CAR
et de sa localisation dans un département d?outre-mer.
33 Le réseau des agents du MTE à l?international comprend notamment des agents en poste en ambassade en
Colombie et au Mexique, qui couvrent les pays de la région peuvent être des relais utiles.
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Le MOM est directement intéressé par le protocole SPAW et le CAR, qui concerne l?ensemble des
territoires français de la région Caraïbe et Guyane. Le MOM est notamment en charge de la
coordination du Plan national Sargasse, et à ce titre pilote le programme des interventions
territoriales de l?État (PITE) qui centralise les crédits des différents ministères relatifs à ce sujet. Le
CAR-SPAW a oeuvré pour que cette thématique soit intégrée dans le programme d?action du
protocole SPAW et est un acteur majeur de sa mise en oeuvre. Au regard des services rendus, sur
un sujet à coopération régionale obligatoire, une contribution du MOM au fonctionnement du CAR-
SPAW sous forme d?ETP apparaît souhaitable .
3.1.2.2 Le partage proposé par la mission au terme de cette analyse :
Le ministère chargé de l?environnement, principalement intéressé, inclurait dans son plafond
d?emplois, deux ETP.
Ces deux ETP seraient portés, selon une répartition à arbitrer au sein du ministère, à la fois par la
DGALN et par la DAEI. Il s?agirait pour le DGALN d?indiquer dans son schéma d?emplois qu?outre
les trois ETP garantis par l?État français, un ETP doit être, également sauvegardé34 à ce niveau ;
cette sanctuarisation, pourrait conduire à faire porter sur d?autres services de la DGALN, et pas
seulement la DEB, d?éventuelles réductions d?ETPT.
Pour ce qui concerne l?emploi de la DAEI à sanctuariser, il devrait être inscrit, hors programme,
dans la réserve de protection du Secrétaire général.
Le MOM compte tenu de sa forte implication dans le champ du CAR-SPAW notamment au sujet
des sargasses, contribuerait au CAR en incluant dans son plafond d?emplois un ETP de chargé de
mission.
Compte tenu de la participation financière du MEAE à la convention de Carthagène dans son
ensemble et au caractère principalement « outre-mer » des emplois, la mission ne propose pas de
le faire contribuer en termes d?ETP. En revanche, une participation financière versée directement
au CAR-SPAW pourrait être envisagée.
Cette répartition une fois actée par les ministères concernés devrait être notifiée au préfet de
Guadeloupe.
[Ministère chargé de l?environnement /SG et DGALN, MOM, MEAE]
Sanctuariser, outre les trois emplois garantis par la convention avec le PNUE, les trois
postes de chargés de mission thématiques partagés respectivement entre la DGALN, la
DAEI et le MOM.
3.1.3 Recruter des agents plus représentatifs de la région Caraïbe
Tout le personnel du CAR-SPAW est actuellement de nationalité française pour la plupart d?origine
métropolitaine.
Or, le CAR-SPAW devant travailler avec l?ensemble des pays de la Caraïbe, il serait opportun
qu?une partie de ses agents, en soit originaire, ou à défaut en ait une bonne expérience. Cela
permettrait en outre de montrer que si la France héberge le CAR-SPAW, elle n?a pas la main sur
l?ensemble de son personnel et que le centre est tourné vers la région Caraïbe plus que vers elle.
34 cette solution pourrait se prévaloir du précédent des emplois des directions interdépartementales des routes
(DIR), préservés au sein de la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM).
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Cela faciliterait également le respect de la recommandation des lignes directrices sur les CAR de
la convention selon laquelle le personnel doit maitriser parfaitement l?anglais, le français et
l?espagnol et avoir si possible une bonne connaissance du néerlandais.
Cette ouverture des recrutements devrait avant tout concerner les trois emplois de chargé de
programmes rémunérés sur projets.
[CAR-SPAW] Ouvrir les appels à candidature à l?international pour les
recrutements des postes de chargés de mission thématiques, en privilégiant des agents
plus représentatifs de la région Caraïbe.
3.2 Fluidifier et sécuriser le circuit des recettes et décaissements
Si l?État français finance les deux postes d?encadrement et le poste de l?assistante internationale
ainsi que le budget annuel de fonctionnement du CAR-SPAW à hauteur de 140 000 euros, ce
dernier ne pourrait pas accomplir ses missions et soutenir le programme des petits projets sans
financements extérieurs complémentaires. Ces financements permettent aussi de payer les
chargés de mission thématiques et les VSC (supprimés en 2024).
Figure 3 : Dépenses et recettes du CAR-SPAW 2023-2024 (source : Rapport d'activité
du CAR-SPAW 2023-2024)
Concernant les recettes, elles étaient constituées en 2023-2024 de fonds Interreg (Sargcoop2 et
CAMAC2) pour 30%, d?accords de coopération avec le secrétariat de la convention (PCA) pour 21%
et de contrats de petits financements avec le siège du PNUE (SSFA) pour 4%.
Ces ressources transitent par les deux fonds de concours destinés au CAR-SPAW. Certaines
d?entre elles parvenant au CAR avec beaucoup de retard, l?État français avance les crédits
nécessaires aux projets correspondants et se rembourse via ces mêmes fonds de concours.
Comme cela a été exposé au 1.3.1, il serait souhaitable de permettre au CAR-SPAW de mieux
suivre l?arrivée et l?orientation des fonds de concours par les services centraux du ministère chargé
de l?environnement. Il suffirait sans doute à cet égard que les gestionnaires des deux fonds de
concours (T2 et Hors T2) dédiés au CAR-SPAW partagent un outil de suivi avec les agents du
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centre.
Mais c?est surtout le circuit des dépenses « internationales », celles qui concernent les différentes
interventions du CAR-SPAW, notamment dans le cadre du programme des petits projets, qui est
le plus problématique.
Figure 4 Dépenses par axes de travail 2023-2024 (Source : Rapport d'activité du CAR-
SPAW 2023-2024)
Des mesures ont été prises à la suite d?une réunion avec la DRFIP et les délais des paiements
internationaux se sont nettement raccourcis. Il convient de poursuivre et de consolider ces actions
en les complétant par des mesures qui permettraient au personnel du CAR-SPAW de savoir, sans
avoir à le demander systématiquement au CSPI et à la DRFIP ainsi qu?à la Banque de France, à
quel stade se situe la demande de paiement et les motifs des éventuels blocages.
De tels dispositifs permettraient d?améliorer l?image du CAR SPAW, non seulement, à l?égard du
secrétariat de la convention de Carthagène et des États parties, mais aussi, vis-à-vis de ses
prestataires.
[Ministère chargé de l?environnement/ DAF et DEAL et DRFIP de
Guadeloupe] : Poursuivre les actions permettant d?accélérer les paiements internationaux
et mettre en place un dispositif offrant au CAR-SPAW une visibilité sur l?état d?avancement
des paiements internationaux
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3.3 Mettre en place une stratégie d?accès aux financements
internationaux
Parmi les contraintes d?un hébergement au sein de la DEAL figure celle d?une impossibilité d?accès
à diverses financements internationaux, européens ou provenant de fondations privées.
Comme évoqué précédemment, les membres du GEF contactés par la mission confirment qu?il n?y
a pas de règles qui empêcheraient à une institution hébergée dans une administration française
de jouer le rôle d?agence d?exécution d?un projet du GEF. Toutefois :
le GEF ne peut pas financer les salaires, des employés gouvernementaux (Guidelines on
the Project and Program Cycle Policy). Il ne serait donc en particulier pas possible au CAR-
SPAW de recruter du personnel qui aurait le statut d?employé de l?Etat français avec un
financement GEF ;
l?agence d?exécution (le CAR) doit remplir les conditions posées par l?agence de mise en
oeuvre (le PNUE par exemple). Le contrat financier est in fine entre l?agence d?exécution et
l?agence de mise en oeuvre, cette dernière ayant la responsabilité fiduciaire vis-à-vis du
GEF.
De même, désormais, pour les projets Européens Interreg, la Commission ne rembourse plus les
salaires des fonctionnaires, ce qui peut introduire une contrainte, car ce véhicule est actuellement
le principal financeur des projets menés par le CAR-SPAW.
La conséquence est que les chargés de mission thématiques payés sur projets devraient être
recrutés préférentiellement comme contractuels, voire pour des profils particuliers, en détachement,
afin de ne pas les faire apparaître comme des employés de l?État.
Pour ce qui concerne l?accès à des financements privés, le CAR peut passer par des intermédiaires
associatifs qui sous-traitent certaines actions auprès de celui-ci (comme c?est déjà le cas pour
certains projets mis en oeuvre par le CAR).
Une autre action recommandée par la mission serait de créer pour le CAR-SPAW une adresse de
messagerie électronique en propre, dissociée de celle de la DEAL (ou de l?OFB) afin de ne pas
faire apparaitre le suffixe «.gouv.fr » et faire ainsi reconnaître le caractère non gouvernemental du
statut du CAR dédié au secrétariat de la convention et à ses États parties.
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https://www.thegef.org/sites/default/files/documents/GEF_Guidelines_Project_Program_Cycle_Policy_20200731.pdf
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https://www.thegef.org/partners/gef-agencies
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4 Clarifier les attentes des ministères contributeurs au CAR-
SPAW et en déduire un modèle de financement durable
4.1 Le CAR a besoin d?un cadrage des attentes des ministères
contributeurs
4.1.1 Assumer les spécificités d?intervention du CAR-SPAW
Le protocole SPAW, avec ses annexes concernant la labellisation des aires marines et les espèces
protégées constitue une spécificité car c?est le seul instrument international juridiquement
contraignant en matière environnementale de la grande région Caraïbe35 . Dans certains États
insulaires, la protection au titre du protocole SPAW est même la seule règlementation existante
pour la protection des espèces marines. Concernant des habitats et espèces marines migratrices
ou à large dispersion, les actions de protection menées dans chaque État partie à la convention
ont une influence positive sur ceux des autres États de la région. Toutefois, s?agissant pour
beaucoup d?entre eux de petits États insulaires en développement, aux moyens financiers et
humains limités, la ratification au protocole SPAW ne garantit pas une participation active aux
instances, aux groupes de travail et une mise en oeuvre effective du programme de travail du
protocole validé lors des COP.
Dès lors le secrétariat et le CAR sont confrontés à un dilemme : le protocole n?aura de réel impact
que s?il fonctionne comme un véritable réseau, avec l?ensemble des partenaires (administrations
concernées des États parties, aires marines protégées labellisées, fondations et ONG?)
pleinement actifs, ce qui n?est pas le cas actuellement. Face à ce constat, et les moyens très limités
du secrétariat, le réseau ne fonctionne que grâce à l?implication active du CAR-SPAW, non
seulement pour la préparation des documents pour les réunions des instances (STAC et COP),
mais contribue également pour l?organisation y compris logistique et l?animation des réunions des
groupes de travail thématiques (aires marines protégées, écosystèmes, espèces). Le soutien du
CAR va même jusqu?au financement des déplacements aux réunions des experts et délégués les
moins bien dotés pour le compte du secrétariat. Ces activités, qui ne sont pas prévues
explicitement dans la convention entre la France et le PNUE, ni dans les lignes directrices
élaborées par ce dernier concernant les CAR, sont pourtant indispensables au fonctionnement de
la convention qui n?a de sens et n?aura d?impact que si elle est inclusive de l?ensemble de ses
parties.
Par ailleurs, le CAR représente le secrétariat de la convention lors de réunions internationales
auxquelles il ne peut participer comme ce fut le cas en 2024, année pour la COP de la convention
sur la diversité biologique (CDB) à Cali ou en 2025 pour le Sommet sur les océans (UNOC) à Nice.
Ces interventions constituent des opportunités pour le CAR d?accroître son réseau, de faire
connaitre les actions du SPAW auprès de partenaires de la région et de plaidoyer pour leur
participation plus active à sa mise en oeuvre.
L?examen des derniers budgets du CAR-SPAW fait apparaître qu?une bonne part de l?activité est
consacrée à la gestion de projets, que ce soient des projets européens Interreg, des projets du
GEF, mis en oeuvre via le PNUE, et qui permettent de financer les emplois des trois chargés de
mission thématiques qui, entre autres, animent les réseaux thématiques et rédigent les rapports
sur le sujet.
Par ailleurs le programme de micro-projets développé sur fonds propres du CAR-SPAW depuis
2020, pour un montant annuel moyen de 120K¤ pour une quinzaine de projets, au profit d?ONG,
35 Toutes proportions gardées, le protocole SPAW peut être comparé dans sa philosophie et son mode
d?intervention, au réseau écologique européen Natura 2000, pour ce qui concerne les espèces et les milieux marins
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de fondations et parfois de gouvernements de la région, est plébiscité par les États membres et
les bénéficiaires finaux pour son caractère très inclusif. Si l?impact en termes de notoriété et de
reconnaissance pour le CAR est très positif au regard de l?enveloppe mobilisée relativement
modeste, cela se traduit néanmoins par une charge de travail importante pour le CAR.
Cette activité d?aide au développement et de renforcement des capacités des États parties
constitue une spécificité du CAR-SPAW comparé à d?autres CAR. A titre d?exemple, le Plan Bleu,
hébergé par la France fonctionne comme un observatoire, un centre de données et de prospective
sur l?environnement et le développement durable en Méditerranée au service du secrétariat des
États membres de la convention et du public, sans action d?aide au développement équivalente.
Les échanges de la mission avec l?équipe du CAR et divers interlocuteurs font apparaître, au-delà
des appréciations positives portées sur son fonctionnement, un manque de directives claires de la
part des ministères qui contribuent ou devraient contribuer, au titre de la France, au fonctionnement
du CAR (ministère chargé de l?environnement, MEAE et MOM), sur la place que doivent occuper
les actions non explicitement prévues par la convention avec le PNUE, voire des relations que le
CAR doit entretenir avec les diverses institutions et organismes français concernés par le protocole.
L?appui au secrétariat pour la préparation des instances, son travail de compilation des données,
ses contacts avec les agences nationales et les institutions scientifiques des États parties ne font
pas débat. En revanche, la part consacrée à l?assistance technique et à la recherche de
financements, mais aussi la mobilisation du réseau français scientifique et technique en appui à la
mise en oeuvre du protocole méritent d?être clarifiés par les ministères précités.
4.1.2 Définir les attentes des ministères contributeurs présents ou futurs
au CAR-SPAW en termes de retour pour la France
Au-delà des actions menées par le CAR au profit du secrétariat et des États Parties de la
convention, dans le cadre défini notamment par le plan stratégique 2023-2028 (cf 1.1.3), le retour
que la France attend de cet investissement reste largement un impensé.
Comme évoqué au 4.2, les critiques initiales de certains États membres sur le CAR perçu comme
le bras armé de la France ont abouti à un certain cloisonnement de la part des équipes. Au-delà
du bénéfice général, en termes d?image et de son « soft power », de la gestion par la France du
CAR-SPAW, les prestations qu?elle attend devraient être clairement définies et assumées.
Parmi celles-ci, la rédaction de notes de synthèse, et d?aide à la définition de la position de la
France lors des COP ou des STAC apparait comme un minimum. Cela permettrait d?assumer une
présence plus effective de la représentation française et de développer des alliances avec d?autres
États membres au bénéfice de la convention.
Le CAR-SPAW pourrait être sollicité pour d?autres prestations d?expertise ou d?animation, en
dehors du cadre de la convention par les ministères contributeurs, dans la mesure où elles sont
compatibles avec ses missions principales. De telles activités ne sont nullement exclues par nos
engagements internationaux, l?article 2 de la convention avec le PNUE prévoyant par exemple
qu?elles doivent seulement être définies et financées par le Gouvernement français et ne doivent
pas perturber le bon fonctionnement de la convention.
[Ministère chargé de l?environnement, MEAE, MOM] Elaborer une lettre
de cadrage à destination du CAR-SPAW permettant, dans le respect de la convention entre
la France et le PNUE et du plan stratégique 2023-2028, de donner des orientations sur les
actions à mener y compris au profit de la France.
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4.2 Mobiliser et valoriser davantage l?expertise locale dans une
logique de réseau « team France »
Il semble que le CAR, en réaction aux critiques initiales de certaines parties à la convention sur le
fait qu?il travaillait pour le compte de la France, a établi dans le passé un cloisonnement assez
étanche avec les acteurs français. En effet, malgré la présence de nombreux organismes et
institutions français intervenant dans le domaine du SPAW dans la région, les relations et
implications de ces deniers dans les actions et les réseaux du CAR-SPAW restent limitées. Même
lorsqu?il était hébergé par le PNG qui, pourtant, avait été identifié dès la création du CAR comme
pourvoyeur d?expertise technique, cela n?a pas été le cas. Cette absence de synergies et
d?implication de l?établissement public dans les actions du SPAW, a contribué à dégrader les
relations entre les deux structures et alimenté le reproche par le PNG de l?absence de bénéfices
réciproques de cette association.
La mission recommande de clarifier cette relation car le choix de l?hébergement en Guadeloupe
proposé par la France relevait d?une analyse sur les opportunités et synergies possibles avec les
acteurs locaux, permettant de contribuer à la mise en oeuvre du programme d?action du protocole
tout en contribuant à développer des relations entre les départements français des Antilles-Guyane
avec les États de la région et contribuant ainsi au rayonnement de la France.
Encore une fois, ces deux missions pour le CAR-SPAW ne sont en rien incompatibles entre elles.
Au contraire, elles présentent des bénéfices réciproques comme cela a été confirmé par le
secrétariat de la convention, qui se déclare avant tout exigeant sur l?autonomie financière du CAR
et la bonne exécution de ses missions d?appui au profit du secrétariat et des États membres mais
n?exclut pas la mobilisation de l?expertise locale et d?autres actions exécutées au profit de l?État
accueillant le CAR.
A ce titre, les ministères contribuant au CAR et en particulier le ministère chargé de
l?environnement/ DEB devrait plus clairement donner des directives pour arbitrer dans ce sens les
actions du CAR.
Au-delà, d?autres acteurs devraient être mobilisés pour apporter leur expertise dans les instances
de la convention et participer à divers programmes de coopération dans le cadre du protocole
SPAW :
les universités des Antilles et de Guyane sont des acteurs importants, notamment sur les
espèces et les milieux prioritaires du protocole (récifs coralliens, mangroves, herbiers etc.).
Les représentant rencontrés par la mission ont manifesté leur souhait d?être davantage
associés aux programmes d?action du protocole SPAW, au-delà des interventions
ponctuelles, dans une logique de véritable partenariat ;
des organismes de recherche-développement (IRD, IFREMER, CIRAD etc.) devraient
également être approchés pour mettre à contribution leurs expertises au profit de certaines
thématiques intéressant le protocole (sargasses, valorisation des espèces exotiques
envahissantes, etc.).
[Ministères chargés de l?environnement, des outre-mer et de la
recherche, CAR-SPAW] Mobiliser davantage les opérateurs du ministère chargé de
l?environnement, les universités des Antilles Guyane et les organismes de recherche
compétents dans le domaine du protocole SPAW afin de participer aux groupes de travail et
aux projets portés par le CAR-SPAW.
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4.3 Assurer un modèle soutenable sur le long terme pour le CAR-
SPAW
La mission a pu mesurer tout l?avantage d?une structure légère (six agents et deux VSC en 2024),
peu coûteuse en budget pour l?État, pour un impact jugé actuellement comme très positif par la
plupart des acteurs rencontrés. Il convient donc d?assurer la soutenabilité sur le long terme de cette
organisation, qu?elle soit positionnée à la DEAL et à terme à l?OFB.
Le financement sur projets des trois chargés de mission thématique induit inévitablement une
incertitude quant à leur pérennité sur le long terme, et nécessite de la part du CAR une stratégie
de soutenabilité de long terme. Les récents financements de projets Interreg SARGCOP 2,
CAMAC2 ou encore le futur projet sur financements FFEM via l?association Nature experts
montrent que des opportunités existent dans les trois champs (espèces, écosystèmes et aires
protégées) couverts par le protocole SPAW, ce que confirment plusieurs acteurs rencontrés par la
mission. Par ailleurs, comme évoqué auparavant, l?appartenance à une structure gouvernementale
n?apparaît en rien comme un obstacle pour être en charge de l?exécution de projets financés par
le GEF ou le FFEM, comme c?est déjà le cas actuellement.
La principale hypothèque concernant la soutenabilité de long terme du CAR-SPAW, dans
l?hypothèse de son maintien dans une structure publique (DEAL actuellement puis à l?OFB),
apparaît in fine, la pérennité des six postes budgétaires indispensables à son fonctionnement, qui
devrait être mieux garantie. La contribution sous forme de mise à disposition ou d?imputation sur
leur plafond d?emploi des ministères concernés (MOM) ou de participation financière (MEAE) et le
placement à l?OFB permettra de mieux répartir la charge du fonctionnement et partant d?améliorer
sa soutenabilité.
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Juillet 2025
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Conclusion
Après avoir échangé avec les principaux interlocuteurs du CAR-SPAW, tant en France
métropolitaine, dans les Antilles et au secrétariat de la convention, et examiné diverses options
pour le positionnement futur du centre, la mission dresse le constat suivant :
s?il a pu être critiqué dans le passé, le CAR-SPAW est actuellement une structure
dynamique qui effectue ses missions avec efficacité et dont le rôle essentiel pour la mise
en oeuvre du protocole est reconnu par les principaux acteurs ;
l?examen de l?histoire mouvementée du CAR et des structures d?hébergement potentielles
montrent qu?il n?existe pas de structure alternative qui permette d?apporter une réponse
clairement positive sur l?ensemble des difficultés actuelles rencontrées mais nécessitent
une bonne coordination entre les directions de la structure d?accueil et du CAR et un
soutien ministériel actif afin de les surmonter. A contrario, l?analyse des épisodes de crise
qu?a traversé le CAR depuis sa création, montre que, la cause principale en est le défaut
de coordination entre ces trois acteurs essentiels pour les surmonter qui a fait défaut, bien
plus que son positionnement institutionnel.
si les difficultés qu?a rencontrées le CAR dans son positionnement à la DEAL, sont réelles,
elles n?apparaissent pas rédhibitoires et sont en passe d?être en partie résolues, grâce à
une bonne coordination avec la DEAL et la DGALN.
Face à ce constat, la mission recommande le maintien dans l?immédiat du CAR au sein de la DEAL,
compte tenu de son bilan très positif et fait des recommandations d?ordre organisationnel afin de
réduire certaines difficultés observées. Elle recommande également à la DEB d?inclure dans le
contrat d?objectif et de performance en préparation avec l?OFB, l?intégration du CAR au sein de
l?Office comme objectif à moyen terme (2 ans).
Au-delà de la question du positionnement, la mission recommande de sécuriser sur le long terme
les moyens de fonctionnement du CAR-SPAW (dotation de fonctionnement et ETP) afin de
préserver cet outil essentiel de coopération au bénéfice de la biodiversité dans une des zones
parmi les plus riches et les plus menacées de la planète, mais aussi au bénéfice du rayonnement
de la France et de ses territoires dans la région caribéenne.
Olivier Robinet
Sabine Saint-Germain
Inspecteur général Inspectrice générale
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de commande
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Annexe 2. Accord entre la France et le PNUE concernant la
mise en place en Guadeloupe d?un CAR pour le
protocole SPAW
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Annexe 3. Circuit des paiements internationaux (sources
CAR-SPAW)
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Annexe 4. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction
Date
de
renco
ntre
MAHFOUDHI Najib
ministère chargé de
l?environnement/DEB
Conseiller outre-mer 3/04
VERMOT Jean
ministère chargé de
l?environnement/SG/
DRH
Adjoint à la haute fonctionnaire à
l?égalité et lutte contre les
discriminations
9/04
LAUNOIS Lionel
ministère chargé de
l?environnement/DEB
/MEI
Chef de la mission internationale 7/04
ROSSIN Lucile CAR-SPAW Directrice 4/04
MENEZ Véronique
Cabinet du ministère
chargé de
l?environnement
Conseillère technique biodiversité 10/04
NORMAND Gabriel
Cabinet ministère
chargé de
l?environnement
Conseiller diplomatique 10/04
DEGRON Robin Plan Bleu Directeur 10/04
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FAGOT Marc
ministère chargé de
l?environnement/DAE
I/ S/dir de l?action
internationale
Adjoint au sous-directeur 11/04
RIVALLAIN Mathieu
ministère chargé de
l?environnement/DAE
I/ S/dir de l?action
internationale
Adjoint au sous-directeur
11/04
ELKAIM David
ministère chargé de
l?environnement/DAE
I/ bureau biodiversité
et éco système
Chargé de mission
11/04
MOZAS Morgan
ministère chargé de
l?environnement/DAE
I/ bureau biodiversité
et éco système
Adjoint au chef de bureau
11/04
COLLIGNON Marine MEAE/SDEC Adjointe de la sous-directrice 23/04
LARRICQ Gabrielle MEAE/SDEC
Chargée de mission point focal
convention de Carthagène
23/04
KREMER Olivier
DEAL de
Guadeloupe
Directeur 28/04
CONDRUYT Géraldine CAR-SPAW Directrice adjointe 28/04
LABBOUZ Lucie CAR SPAW Chargée de mission 28/04
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JOUITTEAU Julie CAR SPAW Chargée de mission 28/04
TAGLIAFERO Amélie CAR SPAW Chargée de mission 29/04
PETIT Auriane CAR SPAW Chargée de mission 29/04
BARTHELAT Fabien OFB Délégué territorial pour les Antilles 28/04
OZIER-
LAFONTAINE
Harry
Parc national de
Guadeloupe
Directeur 28/04
VEREPLA Leslie
Parc national de
Guadeloupe
Adjointe au directeur 28/04
HEC Laurie
OFB/ Sanctuaire
AGOA
Directrice 29/04
SIFFIER Christophe DRFIP Responsable de division 29/04
CARPENE Karine DRFIP Responsable fiscalité 29/04
DRAGIN Marius DIRM Guadeloupe
Chargé de mission planification
stratégique
30/04
DROMARD Charlotte
Université des
Antilles
Maître de conférence 30/04
BARFLEUR Lydia Région Guadeloupe Directrice de la coopération 2/05
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FIOU Nathalie
Préfecture de
Guadeloupe
Directrice des finances 2/05
GUSTAVE DIT
DUFLO
Sylvie Région Guadeloupe
Présidente du CA de l?OFB et de
l?ARB Guadeloupe Vice-présidente
de la Région
5/05
SOUAN Hélène
Département des
Bouches du Rhône
Directrice adjointe
« environnement », ancienne
directrice du CAR-SPAW
13/05
KAMARA Boubakar
ministère chargé de
l?environnement/CB
CM/DCM/CGF
14/05
VOYER Frederick GIP Sargasses Directeur 15/05
DELDUC Paul
ministère chargé de
l?environnement/IGE
DD
Chef de l?inspection
Ancien DGALN
15/05
CALABRESE Antoine MEAE/NUOI/EG
Rédacteur- Attractivité de la France
pour les Organisation internationale
15/05
CORBIN Christopher
PNUE/convention
de Carthagène/
SPAW
Coordonnateur du programme
SPAW
16/05
PERERA
VALDERRAMA
Susana
PNUE/convention
de Carthagène/
SPAW
Chargée de programme 19/05
DUBERNET Marc
AFD/ Région Océan
Atlantique
Directeur régional 19/05
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DUFRESNE
Clara
AFD/ Région Océan
Atlantique
Conseillère du directeur régional 19/05
GODEY Karine
ministère chargé de
l?environnement/DE
B/CASP Bud
Cheffe de mission 20/05
BEAUTIER Patricia
ministère chargé de
l?environnement/DE
B/CASP Bud
Chargée de mission 20/05
ABON Loïc
ministère chargé de
l?environnement/DE
AL Guadeloupe
Contrôleur de gestion 23/05
BOYER
Jean-
François
ministère chargé de
l?environnement/
DREAL Corse
Directeur, ancien DEAL de
Guadeloupe
23/05
MENTRE Arnaud MEAE
Ambassadeur chargé de
coopération régionale la zone
Atlantique
26 /05
SCHNEIDER Margaux DGOM/SDPISA
Cheffe du bureau des affaires
européennes et internationales
13/06
DISCOURS Matthieu AFD
Directeur du département trois
Océans
17/06
BOUZIGES-
ESCHMANNN
Stéphanie AFD/FFEM Directrice 17/06
GUILLET-
REVOL
Philippe AFD Responsable pays/Guadeloupe 17/06
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BARNERIAS Cyrille OFB Directeur international 19/06
CUSMANO Yohann Expertise France Directeur adjoint des opérations 26/06
TAPONI Alice Expertise France Coordinatrice de projets 26/06
BEYSSIER
Jean-
Edmond
ministère chargé de
l?environnement/DR
H
Sous-directeur de la performance et
de la synthèse
25/06
SAPIJANSKA Jurgis
Global Environment
Facility (GEF)
Coordonnateur biodiversité 27/06
PUBLIÉ
Annexe 5. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
AFB Agence française pour la biodiversité
AFD Agence française de développement
BOP Budget opérationnel de programme
CAR Centre d'appui régional
CDB convention sur la diversité biologique
CDD/CDI Contrat à durée déterminée/ indéterminée
CGEDD Conseil général de l'environnement et du développement durable
COP Conférence des parties
CSPI Centre de service partagé interministériel
DAEI Direction des actions européennes et internationales
DEAL Direction de l'environnement, de l?aménagement et du logement
DEB Direction de l'eau et de la biodiversité
DGALN Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature
DRFIP Direction régionale des finances publiques
EF Expertise France
EPA Etablissement public à caractère administratif
ETP Equivalent temps plein
ETPT Equivalent temps plein travaillé
FFEM Fonds français pour l'environnement mondial
GBPC Gestion budgétaire et comptable publique
GCRMN Global coral reeef monitoring network
GECT Groupement européen de coopération territoriale
GEF Fonds pour l'environnement mondial (Global environment facility)
GIP Groupement d'intérêt public
IBAN International bank account number
MEAE Ministère de l'Europe et des affaires étrangères
MTE Ministère de la transition écologique
OFB Office français de la biodiversité
PEC Programme pour l'environnement des Caraïbes
PNG Parc national de Guadeloupe
PNUE Programme des nations unies pour l'environnement
SEPA Single euro payments area
SPAW Protocole relatif aux zones et la vie sauvage spécialement protégées (Specially
Protected Areas and Wildlife)
STAC Comité consultatif scientifique et technique (scientific and technical advisory
commity)
SWIFT Society for worldwide interbank finance
UCR Unité de coordination régionale de la convention de Carthagène
VSC Volontaire du service civique
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CAR-SPAW
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Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 Le CAR-SPAW, un OVNI institutionnel dont le statut et le positionnement reste à stabiliser
1.1 La convention de Carthagène, le protocole SPAW et le CAR
1.1.1 La seule convention contraignante en matière de protection de l?environnement de la Caraïbe :
1.1.2 Le protocole SPAW protège spécialement des zones et des espèces fragiles des Caraïbes
1.1.3 Le CAR est le « bras armé » du protocole SPAW
1.2 Le CAR-SPAW, une structure jeune mais à l?histoire mouvementée
1.2.1 Après sa création en 2000, le CAR-SPAW est hébergé provisoirement à la DIREN
1.2.2 L?institution laborieuse de l?association « Plan mer des Caraïbes » qui n?a vécu que de 2005 à 2009
1.2.3 L?hébergement au PNG, marqué par plusieurs périodes, se termine par une crise avec le CAR
1.2.3.1 2009-2014 : « l?âge d?or » du CAR-SPAW au PNG
1.2.3.2 Une dégradation des relations entre le CAR-SPAW et le PNG à partir de 2014
1.2.3.3 A partir de 2016, au lieu de les apaiser, deux rapports du CGEDD et les tentatives de réforme exacerbent les tensions
1.2.4 Le transfert à la DEAL de la Guadeloupe à partir de 2019
1.3 Forces et faiblesses du positionnement actuel à la DEAL
1.3.1 Circuit des recettes et des paiements : une lourdeur et une opacité excessive
1.3.1.1 Sur les recettes : difficultés de suivi
1.3.1.2 Sur les dépenses : des circuits complexes, longs, incertains et opaques
1.3.2 Gestion du personnel : la stabilité des effectifs n?est pas garantie
1.3.3 L?accès aux financements internationaux est plus compliqué sans être impossible
1.4 Appréciation des ministères concernés et des partenaires sur les missions du CAR-SPAW
1.4.1 Pour le secrétariat de la convention
1.4.2 Pour les ministères concernés (Ministère chargé de l?environnement/DEB et DAEI, MEAE, MOM)
1.4.3 Pour les acteurs intervenant dans la région (Région Guadeloupe, OFB, AFD?)
1.4.4 En conclusion, le CAR-SPAW est un outil efficace et peu coûteux qui mérite d?être conforté au bénéfice des enjeux environnementaux et du rayonnement de la France dans la région
2 Analyse des statuts et positionnements alternatifs à l?hébergement à la DEAL
2.1 Le statut associatif soulève des questions de gouvernance
2.2 Un groupement d?intérêt public apparait trop lourd pour une structure de la taille du CAR
2.3 La vocation d?un groupement européen de coopération territoriale ne coïncide pas avec celle du CAR-SPAW
2.4 Au sein d?un établissement public du ministère chargé de l?environnement
2.4.1 Le retour au PNG pose des problèmes d?acceptabilité
2.4.2 L?intégration à l?OFB apparait comme la meilleure option à moyen terme sous certaines conditions.
2.5 Au sein du groupe AFD
2.6 En conclusion sur les différentes options d?hébergement
3 Recommandations pour améliorer le fonctionnement et l?impact du CAR-SPAW à la DEAL ou à l?OFB
3.1 Politique de recrutement et de gestion RH
3.1.1 Sanctuariser les ETP, en particulier ceux des chargés de mission
3.1.2 Une sanctuarisation garantit par un portage interministériel des 3 ETP hors masse salariale :
3.1.2.1 Plusieurs ministères concernés qui pourraient contribuer au fardeau
3.1.2.2 Le partage proposé par la mission au terme de cette analyse :
3.1.3 Recruter des agents plus représentatifs de la région Caraïbe
3.2 Fluidifier et sécuriser le circuit des recettes et décaissements
3.3 Mettre en place une stratégie d?accès aux financements internationaux
4 Clarifier les attentes des ministères contributeurs au CAR-SPAW et en déduire un modèle de financement durable
4.1 Le CAR a besoin d?un cadrage des attentes des ministères contributeurs
4.1.1 Assumer les spécificités d?intervention du CAR-SPAW
4.1.2 Définir les attentes des ministères contributeurs présents ou futurs au CAR-SPAW en termes de retour pour la France
4.2 Mobiliser et valoriser davantage l?expertise locale dans une logique de réseau « team France »
4.3 Assurer un modèle soutenable sur le long terme pour le CAR-SPAW
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de commande
Annexe 2. Accord entre la France et le PNUE concernant la mise en place en Guadeloupe d?un CAR pour le protocole SPAW
Annexe 3. Circuit des paiements internationaux (sources CAR-SPAW)
Annexe 4. Liste des personnes rencontrées
Annexe 5. Glossaire des sigles et acronymes
INVALIDE)