Extension de l'EPA Euroméditerranée et mise en oeuvre du volet logement de Marseille en Grand
DAOU, Soraya ;COQUIL, Thierry ;ACAR, Bruno ;REIX, Patrick
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
;France. Inspection générale de l'administration
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">La mission confiée à l'IGA et à l'IGEDD d'accompagnement du préfet de région, préfet des Bouches-du-Rhône, visait à expertiser des moyens nécessaires à la concrétisation des annonces gouvernementales du volet logement du plan « Marseille en Grand » et, notamment, sécuriser l'avancement du programme « Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain » (NPNRU) lancé en 2014 prévoyant la transformation profonde de plus de 450 quartiers prioritaires de la politique de la ville en intervenant fortement sur l'habitat et les équipements publics, pour favoriser la mixité dans ces territoires, rétablir durablement ou requalifier les copropriétés dégradées, garantir et accroître, enfin, la production de logements sociaux. Il en ressort quatre conclusions : 1° La sécurisation des opérations du NPNRU passe, d'abord, par un renforcement de l'appui de l'Etablissement Public d'Aménagement Euroméditerranée Marseille (EPAEM) et de la Société Publique Locale d'Aménagement d'Intérêt National d'Aix-Marseille-Métropole (SPLAIN AMP) ; 2° L'amélioration du traitement de l'habitat indigne et dégradé et des copropriétés en difficulté passe par une meilleure articulation entre les acteurs, dont l'Etablissement Public Foncier d'Etat de la Région Provence Alpes Côte d'Azur (EPF PACA) et la SPLAIN AMP ; 3° L'accélération de la production de logements sociaux implique de passer de la logique d'un urbanisme réglementaire à celle d'un urbanisme de projet et de préparer les futures opérations d'aménagement possibles en remettant à plus tard le choix de celles qui pourraient faire l'objet d'une opération d'intérêt national (OIN) ; 4° Au regard des enjeux de portage et de financement liés au traitement des copropriétés en difficulté et à la production de logements (dont sociaux) dans la durée, le renforcement des capacités d'intervention foncière à l'échelle de Marseille est indispensable. En conclusion la mission, dans la gestion du dossier logement social, pose comme préalable plus une logique d'accompagnement des collectivités locales dans l'exercice de leurs compétences que de leur substitution par l'Etat. Elle estime que la gouvernance globale des problématiques de logement à l'échelle de Marseille demeure un enjeu primordial de l'efficience de sa politique dans ce domaine. Enfin, dans une mise en perspective plus globale mais aussi plus éloignée, l'intérêt d'une réflexion profonde sur le régime juridique de l'exercice de la compétence tripartite « Habitat, urbanisme, logement » dans un territoire aussi complexe et spécifique que le territoire du « grand Marseille » est souligné par la mission.</div>
Editeur
IGEDD
;IGA
Descripteur Urbamet
gouvernance
;politique de la ville
;copropriété
;urbanisation nouvelle
Descripteur écoplanete
régime juridique
Thème
Habitat - Logement
Texte intégral
IGEDD Rapport n°015642-01 IGA Rapport n°24030R
Juillet 2024
sous-titre
Extension de l?EPA Euroméditerranée et mise
en oeuvre du volet logement de Marseille en
Grand
Bruno Acar - IGA
Thierry Coquil - IGEDD
Sorya Daou ? IGEDD
Coordonnatrice pour l?IGEDD
Patrick Reix - IGA
P
U
B
L
I É
Les auteurs attestent qu'aucun des éléments de leurs activités
passées ou présentes n'a affecté leur impartialité dans la rédaction
de ce rapport
Statut de communication
? Préparatoire à une décision administrative
? Non communicable
? Communicable (données confidentielles occultées)
? Communicable
PUBLIÉ
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volet logement de Marseille en Grand
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Sommaire
Sommaire........................................................................................................................ 3
Synthèse ......................................................................................................................... 7
Liste des recommandations ........................................................................................ 10
Introduction .................................................................................................................. 12
1 La maitrise d?ouvrage des opérations du NPNRU : le renforcement de l?appui de
l?EPAEM et de la SPLAIN AMP s?avère opportun et la création d?une filiale de
l?EPAEM n?est pas considérée nécessaire par les acteurs locaux ...................... 15
1.1 Les projets du NPNRU à Marseille : après un démarrage tardif et lent, une
accélération des opérations est notée depuis quelques mois dont certaines
composantes exigent cependant une attention particulière ................................. 15
1.1.1 Un rythme de contractualisation des opérations, d?engagement des crédits
ANRU et d?attribution des concessions d?aménagement qui s?est accéléré,
surtout depuis janvier 2024, et un pilotage qui s?est structuré .................... 16
1.1.2 Certaines composantes des opérations du NPNRU exigent une attention
particulière .................................................................................................. 18
1.2 Le renforcement de l?appui des opérateurs existants (EPAEM et la SPLAIN AMP)
pour sécuriser l?avancement du NPNRU serait plus opportun que la création
d?une filiale de l?EPAEM risquant de perturber les acteurs et les projets à deux
ans de l?échéance des engagements .................................................................. 19
1.2.1 Le pilotage et la maitrise d?ouvrage de tous les NPNRU par une filiale de
l?EPAEM risque d?impacter défavorablement l?avancement des opérations
et ferait peser sur l?Etat une charge qu?il ne serait pas en mesure d?assumer
................................................................................................................... 19
1.2.2 Un renforcement à la demande des collectivités de l?appui des opérateurs
existants, dont l?EPAEM, est préférable ..................................................... 20
1.2.3 La consolidation du cadre et des outils de pilotage à haut niveau associant
Préfet, élus de la Ville et de la Métropole, et la direction générale de l?ANRU
est nécessaire pour sécuriser l?avancement des projets NPNRU ............... 22
2 Le traitement de l?habitat indigne et dégradé : l?articulation entre les acteurs,
dont l?EPF PACA et la SPLAIN AMP, doit être mieux organisée .......................... 24
2.1 La situation d?habitat indigne ou dégradé, notamment dans les ensembles
immobiliers sous le régime de la copropriété, est d?une gravité et d?une ampleur
extrêmes ............................................................................................................. 24
2.1.1 Pour le traitement de l?habitat dégradé ou insalubre en tissu ancien, des
expertises et des modes opératoires qui se sont progressivement
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structurés ces deux dernières années et qu?il convient de poursuivre ........ 25
2.1.2 En revanche, pour les grands ensembles immobiliers en copropriété dont
une part non négligeable présente des dysfonctionnements majeurs,
l?intervention publique demeure tardive, souvent dans l?urgence et peine à
« s?industrialiser » ....................................................................................... 26
2.2 Une structuration de l?action publique et des opérateurs à poursuivre et renforcer
sur les grands ensembles en copropriété pour assurer leur redressement ou leur
recyclage ............................................................................................................. 27
2.2.1 La création d?un département « copropriétés » au sein de la SPLAIN AMP
chargé de la conduite des opérations complexes de type ORCOD, voire
d?ORCOD IN en lien avec l?EPF PACA ...................................................... 30
2.2.2 Pour les ensembles immobiliers maintenus sous le régime de la
copropriété de manière pérenne ou transitoire, la mise en place de syndics
d?intérêt collectif en lien avec les administrateurs judiciaires pour assurer
leur gestion et une offre d?assistance à maitrise d?ouvrage au gestionnaire
pour la réalisation de travaux serait pertinente ........................................... 33
2.2.3 La mobilisation des bailleurs sociaux est essentielle pour la transformation
des lots de copropriétés en logements sociaux .......................................... 35
2.2.4 L?extension du périmètre de compétence de l?EPAEM pour l?aménagement
à envisager ................................................................................................. 35
2.2.5 L?accompagnement d?un plan global et partagé de suivi et de traitement
des copropriétés et la préfiguration d?un cadre partenarial, piloté par la
Métropole en lien avec la ville et l?Etat est opportun ................................... 36
3 La production de logements sociaux et la reconstitution de l?offre : l?extension
à court terme du périmètre de l?OIN Euromediterranée reçoit, à ce stade, un
accueil réservé des acteurs locaux, mais cette perspective reste utile et ne doit
pas être écartée ....................................................................................................... 37
3.1 Une crise de la production de logement qui s?explique d?abord par le manque de
projets d?aménagement et d?anticipation foncière ............................................... 37
3.1.1 La pénurie de logements sociaux à l?échelle de Marseille est une réalité
historique, qui tend à s?accentuer dans le contexte économique actuel ..... 37
3.1.2 Les programmes locaux de l?habitat ont, depuis longtemps, bien posé les
diagnostics et les stratégies mais la production effective de logements n?est
pas à la hauteur des objectifs fixés............................................................. 38
3.1.3 L?insuffisance de la production de logements est la conséquence de divers
facteurs pénalisants, et particulièrement de l?insuffisance de projets
d?aménagement.......................................................................................... 38
3.1.4 Une production de logements (dont sociaux) portée principalement par la
promotion privée et l?OIN Euroméditerranée .............................................. 40
3.2 Passer de la logique d?un urbanisme réglementaire à celle d?un urbanisme de
projet et préparer les futures opérations d?aménagement possible, dans une
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perspective de production de logement, en remettant à plus tard le choix de celle
qui pourrait faire l?objet d?une OIN ....................................................................... 40
3.2.1 L?extension de l?OIN n?est pas souhaitée par la Ville et la Métropole : un
sujet sensible qui reste cependant une perspective incitatrice ................... 40
3.2.2 Deux préalables à un débat sur l?extension de l?OIN : une affirmation de
changement de modèle d?urbanisation porté par l?EPAEM et une limitation
de l?instruction des actes d?urbanisme par l?Etat ......................................... 41
3.2.3 Un scénario d?élargissement des opérations d?aménagement et de
périmètre de l?OIN en continuité au nord du périmètre actuel d?Euromed ne
se traduirait que par une production modeste de logements, sans favoriser
un rééquilibrage au niveau de la ville ......................................................... 42
3.2.4 En revanche, un scénario d?étude « multi-sites », sur les secteurs les plus
stratégiques pour la production de logements, en cohérence avec les
transports, pourrait étayer une éventuelle décision d?extension de l?OIN, et
surtout avoir un effet d?entraînement sur l?aménagement à l?échelle de la
ville, à la hauteur du défi de l?habitat .......................................................... 43
3.2.5 A court et moyen terme (2030), la réussite d?Euromed II, l?avancement des
ZAC en cours et l?utilisation du foncier public doivent mobiliser l?attention
des décideurs ............................................................................................. 46
4 Pour favoriser la production et la reconstitution de l?offre de logements et le
traitement des copropriétés, le renforcement de l?intervention foncière est
impératif ................................................................................................................... 48
4.1 D?importants enjeux fonciers qui exigent de questionner l?intervention foncière à
Marseille pour les vingt prochaines années ........................................................ 48
4.1.1 Des besoins importants en foncier pour favoriser la production neuve de
logements, confrontés à une absence de réserves et un foncier couteux à
acquérir voire à dépolluer ........................................................................... 48
4.1.2 Une intervention de l?EPF PACA qui peine à s?affirmer sur le volet des
copropriétés dont le traitement exige un volume important de lots à
acquérir ...................................................................................................... 49
4.2 Un renforcement de l?intervention foncière à Marseille est une nécessité ............ 49
4.2.1 L?identification et la caractérisation des secteurs à enjeux pour la
production de logements est un préalable au développement d?un
observatoire du foncier public et privé à Marseille ...................................... 50
4.2.2 L?accroissement de l?intervention de l?EPF PACA sur Marseille et la
création d?une TSE et d?une minoration foncière « Logement durable »
sont recommandés ..................................................................................... 50
4.2.3 L?émergence d?un nouvel opérateur foncier peut aussi être envisagée ...... 53
Conclusion ................................................................................................................... 57
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Annexes ........................................................................................................................ 60
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Synthèse
La mission confiée à l?IGA et à l?IGEDD d?accompagnement du préfet de région, préfet des
Bouches-du-Rhône, visait à expertiser des moyens nécessaires à la concrétisation des annonces
gouvernementales du volet logement du plan « Marseille en Grand » et, notamment, sécuriser
l?avancement du programme NPNRU 1 , rétablir durablement ou requalifier les copropriétés
dégradées, garantir et accroître, enfin, la production de logements sociaux. Il en ressort quatre
conclusions :
1° La sécurisation des opérations du NPNRU passe, d?abord, par un renforcement de l?appui
de l?EPAEM2 et de la SPLAIN AMP3
Avec 14 quartiers politique de la ville (QPV) au titre du NPNRU (9 quartiers d?intérêt national et 5
quartiers d?intérêt régional), Marseille fait face à une intensité exceptionnelle de projets de
rénovation urbaine à mener de front et concentrés dans le secteur nord de la Ville. Sur les 14
quartiers, 10 d?entre eux font l?objet d?un projet contractualisé ou en cours de contractualisation.
Après un démarrage lent, le rythme de contractualisation des projets ANRU s?est accéléré depuis
début 2023 grâce à la mobilisation de tous les acteurs autour de la Ville et de la Métropole et à
l?appui des services de l?Etat. La conduite des projets présente, toutefois, trois écueils : la difficulté
des acteurs à stabiliser une programmation et à respecter les plans guides ; le manque de
concertation avec les habitants ou leur implication tardive dans la définition des projets ; le retard
pris dans le relogement et la reconstitution de l?offre de logements sociaux démolis.
Il n?apparaît pas souhaitable à la mission de confier le pilotage et la maitrise d?ouvrage de tous les
NPNRU à une filiale de l?EPAEM car cela risquerait d?impacter défavorablement l?avancement des
opérations et de faire peser sur l?Etat une charge qu?il ne serait pas en mesure d?assumer. Au
surplus, les collectivités compétentes ne considèrent pas cette perspective nécessaire et au vu des
délais de création d?une filiale (12 à 18 mois au minimum pour être véritablement opérationnelle),
cette solution désorganiserait les équipes actuellement en charge des dossiers, alors qu?elles sont
dans une phase critique pour tenir au mieux le calendrier du NPNRU, fixé à fin juin 2026 pour les
engagements financiers.
Un renforcement à la demande des collectivités de l?appui des opérateurs existants apparaît
préférable. Il pourrait se traduire, d?abord, par une extension de périmètre de compétence de
l?EPAEM en assistance à maitrise d?ouvrage ou en maitrise d?ouvrage déléguée sur les
aménagements d?ensemble et les équipements publics du NPNRU, en cas de défaillance des
concessionnaires notamment, ou en appui au pilotage. Une extension de périmètre de compétence
de la SPLAIN AMP en assistance à maitrise d?ouvrage et/ou en maitrise d?ouvrage déléguée sur
les grands ensembles en difficulté sous le régime de la copropriété inscrits dans le NPNRU,
notamment ceux en préfiguration d?ORCOD IN est, de même, souhaitable.
2° L?amélioration du traitement de l?habitat indigne et dégradé et des copropriétés en
difficulté passe par une meilleure articulation entre les acteurs, dont l?EPF PACA4 et la
SPLAIN AMP
1 NPNRU : Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain lancé en 2014 et qui prévoit la transformation
profonde de plus de 450 quartiers prioritaires de la politique de la ville en intervenant fortement sur l'habitat et les
équipements publics, pour favoriser la mixité dans ces territoires
2 EPAEM : Etablissement Public d?Aménagement Euroméditerranée (Marseille)
3 SPLAIN AMP : Société Publique Locale d?Aménagement d?Intérêt National d?Aix-Marseille-Métropole
4 EPF PACA : Etablissement Public Foncier d?Etat de la Région Provence Alpes Côte d?Azur
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Selon le PLH métropolitain 2023-2028, Marseille compte plus de 40 000 logements privés
potentiellement indignes (PPPI), soit 2/3 du parc privé potentiellement indigne de la Métropole et
1/3 du parc privé potentiellement indigne de la Région PACA. Une part non négligeable de ce parc
est fortement dégradée, voire dangereuse dans certains secteurs (incendies, fragilité structurelle,
évacuations de bâtiments?) et présente la caractéristique de se déqualifier rapidement. Les
modes constructifs et les conditions climatiques rendent ce parc non entretenu encore plus
vulnérable.
Des expertises et des modes opératoires pour le traitement de l?habitat dégradé ou insalubre en
tissu ancien, se sont progressivement structurés ces trois dernières années. La ville de Marseille
a mis en place un pôle de lutte contre l?habitat indigne chargé de traiter les situations au titre de
l?action coercitive et en 2021, après le drame de la rue d?Aubagne, la Métropole, la ville de Marseille
et l?Etat ont créé la SPLAIN AMP, dotée d?un capital initial de 14 M d?¤, pour traiter l?habitat dégradé
du centre-ville. Même si, à ce stade, elle reste modeste au regard de l?enjeu, l?action de la SPLAIN
AMP est saluée par les acteurs locaux tant sur la méthode qualifiée de « chirurgicale », que sur
son expertise pour le traitement du tissu ancien.
En revanche, pour les grands ensembles immobiliers en copropriété dont une part non négligeable
présente des dysfonctionnements majeurs en matière de gestion, juridique, technique, financière
et sociale, l?intervention publique demeure tardive, souvent dans l?urgence et peine à
« s?industrialiser» sur le plan opérationnel.
La mission propose de faire émerger la SPLAIN AMP, reconnue pour son expertise du traitement
de l?habitat privé dégradé, comme opérateur des grands ensembles de copropriété et de lui confier
progressivement différentes missions qui seraient réunies au sein d?une direction ou d?un
département « Copropriétés » à créer, dont la réussite nécessitera une clarification du financement
de ces projets.
3° L?accélération de la production de logements sociaux implique de passer de la logique
d?un urbanisme réglementaire à celle d?un urbanisme de projet et de préparer les futures
opérations d?aménagement possibles en remettant à plus tard le choix de celles qui
pourraient faire l?objet d?une OIN.
La pénurie de logements, dont sociaux, à l?échelle de Marseille est une réalité historique, qui tend
à s?accentuer dans le contexte économique actuel. En septembre 2023, le nombre total de
demandes de logements sociaux s?établissait à 47 990 dont 11 821 demandes de mutation (25 %)
et 36 169 primo-demandes (75 %), à rapporter à un parc de 86 070 logements sociaux. Le nombre
de demandeurs est en forte hausse depuis 2019 (pour mémoire, il y avait 38 057 demandes au
1er janvier 2019). En outre, la tension locative sociale dans certains arrondissements est parmi la
plus élevée au plan national, avec des ratios demandes/attributions de 39 dans le 1er
arrondissement de Marseille, de 68 dans le 6ème et de 22 dans le 7ème, à comparer à un ratio de
48 dans l?arrondissement le plus tendu de Paris.
Les programmes locaux de l?habitat ont, depuis longtemps, bien posé les diagnostics et les
stratégies mais la production effective de logement n?est pas à la hauteur des objectifs fixés. Il
apparaît à la mission que la principale cause du retard en termes de production de logement est
une difficulté historique des acteurs locaux à faire émerger et mettre en oeuvre des projets
d?aménagement urbain.
La nécessité d?un changement de modèle, vers un urbanisme de projet et non plus uniquement
réglementaire, s?impose peu à peu. L?extension de l?OIN n?est pas souhaitée par les collectivités
locales et l?élargissement de son périmètre en continuité au nord d?Euroméditerranée ne se
traduirait que par une production modeste de logements, sans favoriser un rééquilibrage au niveau
de la ville.
Au vu de la situation critique en matière de logement à Marseille, la mission recommande, toutefois,
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que l?État renforce son engagement en matière d?aménagement à Marseille, via l?EPAEM, en se
situant clairement dans une logique d?accompagnement des collectivités locales pour l?exercice de
leurs compétences, et non de substitution. Dans ce cadre, la Mission recommande un scénario «
multi sites », qui consisterait à confier à l?EPAEM le portage d?études préalables aux projets
d?aménagement sur plusieurs secteurs stratégiques de Marseille, dans une perspective de
production de logement et en s?appuyant sur les réseaux de transports urbains existants. L?EPAEM
associerait l?AGAM et l?EPF PACA, selon des modalités à définir et travaillerait en lien étroit avec
la Métropole et la Ville.
A court et moyen terme (2030), la réussite d?Euromed II, l?avancement des ZAC en cours et
l?utilisation du foncier public doivent mobiliser l?attention des décideurs
4° Au regard des enjeux de portage et de financement liés au traitement des copropriétés
en difficulté et à la production de logements (dont sociaux) dans la durée, le renforcement
des capacités d?intervention foncière à l?échelle de Marseille est indispensable.
Les besoins importants en foncier pour favoriser la production neuve de logements sont confrontés
à une absence de réserves et un foncier couteux à acquérir voire à dépolluer. Devant l?absence
d?identification et de réserves foncières un premier recensement du foncier public susceptible de
favoriser la production de logements a été engagé par l?Etat et les collectivités locales.
L?intervention de l?EPF PACA peine à s?affirmer sur le volet des copropriétés : leur traitement au
regard du niveau de déqualification exige en effet un volume de lots à acquérir important. Dans le
cadre des ORCOD IN, les opérations de recyclage pourraient être financées principalement par la
Taxe Spéciale d?Equipement (TSE) complémentaire, or, localement, la mission observe une
absence de consensus politique pour adopter, à l?échelle de la Région PACA, une TSE au profit
des copropriétés notamment marseillaises.
Aussi, au regard des enjeux de portage et de financement liés aux copropriétés dégradées et à la
production de logements (dont sociaux) dans la durée, la mission recommande de renforcer les
capacités d?intervention foncière à l?échelle de Marseille pour favoriser le développement d?une
offre de logements durable et accessible.
Pour ce faire, elle identifie et caractérise des secteurs à enjeux et préconise l?accroissement de
l?intervention de l?EPF PACA sur Marseille et la création d?une TSE et d?une minoration foncière
« Logement durable ». Tout autant, la mission considère que l?émergence d?un nouvel opérateur
foncier peut aussi être envisagée et suggère à cette fin plusieurs scénarios.
En conclusion la mission, dans la gestion du dossier logement social, pose comme préalable plus
une logique d?accompagnement des collectivités locales dans l?exercice de leurs compétences que
de leur substitution par l?Etat. Elle estime que la gouvernance globale des problématiques de
logement à l?échelle de Marseille demeure un enjeu primordial de l?efficience de sa politique dans
ce domaine. Enfin, dans une mise en perspective plus globale mais aussi plus éloignée, l?intérêt
d?une réflexion profonde sur le régime juridique de l?exercice de la compétence tripartite « Habitat,
urbanisme, logement » dans un territoire aussi complexe et spécifique que le territoire du « grand
Marseille » est souligné par la mission.
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Liste des recommandations
Pour sécuriser l?avancement du NPNRU (défaillance des opérateurs
en place, marchés d?attribution des concessions infructueux, assistance au pilotage),
renforcer la capacité d?appui des opérateurs existants, EPAEM et SPLAIN AMP, en lien avec
l?EPF PACA. Mettre en place des outils de supervision partagés à un haut niveau de pilotage.
Concernant la reconstitution de l?offre de logements, la mission recommande de l?inscrire
dans des opérations d?aménagement, qui pourraient être stimulées par une approche
d?études préalables multi-sites. ........................................................................................... 23
Créer un département « copropriétés » au sein de la SPLAIN AMP, lui
confier un rôle d?expertise, de centre de ressources sur la thématique des copropriétés et la
conduite des études de préfiguration ainsi que la mise en oeuvre des opérations complexes
de type ORCOD. Pour les ORCOD IN, positionner la SPLAIN AMP comme appui à l?Etat
et/ou à l?EPF PACA dans la phase d?étude de préfiguration et de mise en oeuvre. ........... 32
Renforcer la gestion des copropriétés en difficulté en instaurant des
syndics d?intérêt collectif agréés par l?Etat en appui aux administrateurs provisoires pour la
réalisation de la gestion courante et la maitrise d?ouvrage des travaux en parties communes,
dont les travaux d?urgence. ................................................................................................. 34
L?extension du périmètre de compétence de l?EPAEM à l?échelle de
l?ensemble de Marseille permettrait de le mobiliser, à la demande des collectivités, en appui
pour des aménagements ou conduites d?équipements publics sur des sites à enjeux de
rénovation urbaine (NPNRU et Programme d?intérêt national des copropriétés dégradées)
et des études préalables d?aménagement. ......................................................................... 36
Etablir un nouveau cadre partenarial de type « charte des acteurs de
la copropriété » à l?échelle de Marseille, identifiant les acteurs et leur rôle dans le traitement
de la copropriété en redressement, recyclage ou démolition. Inscrire cette charte dans un
plan global de suivi et de traitement des copropriétés en redressement, recyclage ou
démolition. ........................................................................................................................... 36
Confier à l?EPAEM, en lien avec l?AGAM et l?EPF PACA, la réalisation
d?études sur des secteurs stratégiques pour la production de logements, en cohérence avec
les transports. A l?issue des études, identifier les secteurs susceptibles de faire l?objet
d?opérations d?aménagement et la pertinence d?une OIN sur tel ou tel d?entre eux. .......... 47
Renforcer l?action foncière de l?EPF PACA à Marseille en instaurant
une stratégie foncière par l?identification des secteurs à enjeux pour la production de
logements et la mise en place d?un observatoire afin de constituer des réserves. Accroitre
l?intervention financière sur Marseille en créant une TSE complémentaire « Logement
durable » assortie d?une minoration foncière destinée aux opérations d?intérêt national
notamment, rééquilibrer et rattraper l?action foncière de l?EPF PACA sur Marseille au prorata
de son poids démographique dans la région. ..................................................................... 55
En cas d?absence de solidarité régionale par l?EPF PACA, envisager la
refonte de la gouvernance de l?EPF PACA pour une meilleure représentation de l?Etat au
sein du conseil d?administration, notamment pour les décisions relevant de l?intérêt national.
Sinon, étudier l?opportunité de créer un nouvel opérateur foncier (filiale de l?EPFA PACA
notamment) ou de permettre aux SPLAIN en charge des opérations d?Intérêt national de
bénéficier directement de la TSE pour accélérer leur intervention et la production de
logements. ........................................................................................................................... 56
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Introduction
La mission confiée à l?IGA et à l?IGEDD d?accompagnement du préfet de région, préfet des Bouches
du Rhône visait à expertiser des moyens nécessaires à la concrétisation des annonces
gouvernementales du volet logement du plan « Marseille en Grand » et analyser, notamment, les
modalités de mises en oeuvre de trois pistes opérationnelles :
L?extension du périmètre de l?opération d?intérêt national (OIN) Euroméditerranée ;
Les modalités d?une coordination renforcée entre l?établissement public foncier (EPF)
PACA et la société publique locale d?aménagement d?intérêt national Aix Marseille
Provence (SPLAIN AMP) ;
La création d?une filiale de l?établissement public d?aménagement Euroméditerranée
(EPAEM) pour assurer la maîtrise d?ouvrage des opérations du nouveau programme
national de rénovation urbaine (NPNRU).
Trois questions ont structuré la réflexion de la mission et traversent l?ensemble du présent rapport :
1° Les acteurs locaux ont-ils pris la juste mesure des enjeux considérables du logement
social et de l?habitat indigne et dégradé, à Marseille ?
Le constat est aujourd?hui largement partagé et objectivé par différents rapports et bilans réalisés
tant par l?Etat que par les collectivités territoriales et leurs opérateurs : Marseille est confrontée à
une situation de crise profonde et ancienne du logement social. Alors que les besoins dans ce
domaine sont immenses et ne cessent de croître. L?offre, déjà largement insuffisante est à l?arrêt,
déséquilibrée géographiquement5 et pour partie inadaptée.
L?insuffisance de l?offre de logements sociaux contribue, au sein du parc privé, au développement
d?un parc social de fait, souvent dégradé, insalubre voire dangereux pour ses occupants.
L?impact de la COVID, la crise de l?énergie, la hausse du prix des matériaux, du prix du foncier et
des taux d?intérêt ont fortement impacté la capacité de production de logements. Aujourd?hui,
bailleurs sociaux comme promoteurs privés alertent sur le blocage profond du marché et le
ralentissement inquiétant de la construction.
Si le diagnostic global est aujourd?hui largement partagé par les acteurs publics et privés, il est
apparu important à la mission de hiérarchiser les enjeux déterminants à court et moyen terme,
d?identifier les collectivités et leurs opérateurs responsables de chacun des chantiers et de prioriser
les mesures opérationnelles de nature à faire évoluer une situation qui reste critique.
2) Alors que les réponses aux défis concernant l?habitat à Marseille relèvent principalement
des collectivités territoriales et notamment de la métropole, la gouvernance locale est-elle
à la hauteur des enjeux ?
Si depuis la création au 1er janvier 2016 de la métropole d?Aix-Marseille-Provence (ci-après « la
Métropole »), celle-ci dispose de la compétence logement, certains champs d?action qui lui sont
très liés impliquent une forte mobilisation des communes : les autorisations d?urbanisme, les
équipements publics municipaux, la voirie et les aménagements publics, l?hygiène et la sécurité du
bâti, la lutte contre l?habitat indigne, la gestion de la demande et des attributions de logements
sociaux...
De fait, le contexte sanitaire et les récentes élections municipales ont freiné l?émergence de
stratégies de rénovation urbaine partagées : complexité des relations Ville-Métropole, moindre
5 La ville se caractérise par un déséquilibre structurel massif de l?offre de logements sociaux : plus de la moitié des
logements sociaux est concentrée dans 4 arrondissements (11ème, 13ème, 14ème et 15ème).
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investissement du Conseil départemental et du Conseil régional sur le logement, nécessité de
mobilisation de moyens techniques et financiers importants?
La mission a, de ce point de vue, constaté des évolutions positives, depuis deux ans, dans la
gouvernance des problématiques du logement à Marseille dont les carences ont longtemps été
considérées comme un des principaux facteurs d?explication des difficultés rencontrées :
Des cadres stratégiques sont maintenant établis - un PLH métropolitain adopté en février
2024 pour la période 2023-2028, bientôt un contrat de mixité sociale, un PLUI qui
commence à être assoupli pour favoriser la production de logements ;
Une relative stabilisation des rôles et positions des acteurs politiques métropolitains et
municipaux, après une phase d?adaptation à la suite du changement de mandature, et un
incontestable renforcement tant quantitatif que qualitatif des administrations locales en
charge de ce dossier ;
Des avancées concrètes tangibles sur un certain nombre de problématiques centrales : la
réponse aux enjeux complexes de certaines copropriétés dégradées (Programme d?intérêt
national et lancement de 4 études de préfiguration d?ORCOD IN en 2024) ; la mise en
oeuvre de l?ambitieux programme NPNRU, avec une accélération observée ces derniers
mois des contractualisations (et cependant, un glissement par rapport au calendrier
annoncé en 2021).
La mission s?est attachée à analyser l?impact à court et moyen terme de ces évolutions positives
dans la coopération entre acteurs locaux pour soutenir, dans la durée, les objectifs de production
et de reconstitution de l?offre de logements sociaux et la réhabilitation des copropriétés dégradées.
3) Que peut apporter l?Etat à la résolution des difficultés relevées sans se substituer aux
collectivités ?
La dynamique constatée au cours des derniers mois sur les projets NPNRU est aussi très
largement liée aux services déconcentrés de l?Etat (et notamment la préfecture et la Direction
départementale des territoires et de la mer, DDTM) et à l?Agence nationale de rénovation urbaine
(ANRU) qui se sont fortement mobilisés pour animer les instances de suivi des opérations. Si les
collectivités territoriales reconnaissent et saluent cet investissement de l?Etat local, elles sont, en
revanche, réservées voire hostiles vis-à-vis de toute initiative nationale de nature à déstabiliser le
fragile équilibre politique et technique qui s?est mis en place.
Or, les outils soumis aux investigations de la mission (extension de l?OIN, création d?une filiale de
l?EPA?) sont sous-tendus par la conviction que la réussite du plan Marseille en Grand passe par
une intervention plus forte de l?Etat dans un champ de compétences aujourd?hui décentralisé.
La mission s?est attachée à identifier les attentes des acteurs locaux vis-à-vis de l?Etat qui restent
fortes, mais dans une logique d?appui et non de substitution aux collectivités.
Afin de mener à bien ses travaux, la mission s?est appuyée principalement sur des entretiens avec
l?ensemble des acteurs locaux : services déconcentrés de l?Etat (préfecture, DDTM), élus et
services des collectivités locales concernées (Métropole, ville de Marseille, Conseil régional,
Conseil départemental) et des opérateurs locaux (EPAEM, SPLA -IN, EPF PACA, AGAM, bailleurs
sociaux?). Ces échanges se sont déroulés, principalement, au cours de deux déplacements à
Marseille en avril et en mai 2024. Cette approche locale a été complétée par un certain nombre
d?entretiens ou d?échanges avec les administrations centrales du ministère de la transition
écologique et de la cohésion des territoires ainsi que des grands opérateurs nationaux (ANRU,
ANAH?).
La mission s?est positionnée dans une approche d?appui au préfet de région, respectueuse de
l?autonomie des acteurs locaux (services déconcentrés de l?Etat et collectivités territoriales), en
essayant d?identifier les leviers de nature à faciliter le passage à l?action, sans déstabiliser et
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compromettre un écosystème encore fragile et les actions engagées à court terme, dans un
contexte qui sera déjà mis en tension par les élections municipales.
Le présent rapport a choisi d?analyser les questions opérationnelles soumises à expertise par la
lettre de mission (élargissement de l?OIN Euroméditerrannée, articulation EPAEM-SPLAIN,
création d?une filiale de l?EPAEM) au prisme des finalités poursuivies à court, moyen et long terme,
en structurant le rapport autour des trois parties suivantes :
Sécuriser l?avancement du programme NPNRU ;
Rétablir durablement ou requalifier les copropriétés dégradées ;
Garantir et accroître la production de logements sociaux.
Le rapport évoque en conclusion le défi de la gouvernance de la politique du logement à Marseille.
Il est complété par 8 annexes.
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1 La maitrise d?ouvrage des opérations du NPNRU : le
renforcement de l?appui de l?EPAEM et de la SPLAIN AMP
s?avère opportun et la création d?une filiale de l?EPAEM
n?est pas considérée nécessaire par les acteurs locaux
1.1 Les projets du NPNRU à Marseille : après un démarrage tardif et
lent, une accélération des opérations est notée depuis quelques
mois dont certaines composantes exigent cependant une
attention particulière
Avec 14 quartiers politique de la ville (QPV) au titre du NPNRU (9 quartiers d?intérêt national6 et 5
quartiers d?intérêt régional 7) , Marseille fait face à une intensité exceptionnelle de projets de
rénovation urbaine à mener de front, concentrés dans le secteur nord de la Ville.
Définis à partir de critères sociaux et urbains, ces quartiers se répartissent selon deux grandes
typologies urbaines :
Un tissu d?habitat ancien dense, composé de petits immeubles collectifs souvent mitoyens
(dont une grande partie en copropriétés désorganisées) et construits généralement avant
1949. Ces bâtiments, qui ont parfois fait l?objet d?extensions anarchiques, accueillent des
logements peu confortables, vétustes voire insalubres et dangereux ;
Le tissu d?après-guerre composé d?ensembles immobiliers collectifs d?habitat social et privé
de grande taille construits entre le début des années 50 et la fin des années 60 situés dans
des espaces urbains dysfonctionnels. Dégradés et non entretenus, les immeubles sous le
régime de la copropriété présentent parfois des risques importants pour la sécurité des
habitants. Certains des bâtiments sont des immeubles de grande hauteur (IGH) soumis en
termes de sécurité incendie à une réglementation spécifique qui entraine des coûts de
gestion très élevés, difficiles à absorber par les propriétaires privés.
Les NPNRU de Marseille sont similaires à certains quartiers d?autres métropoles. Toutefois, le
nombre de quartiers, leur concentration géographique, l?ampleur du phénomène de dégradation
des logements et la permanence d?activités illégales dans certains sites singularisent la situation
de Marseille. Ces quartiers stigmatisés accueillent des ménages précaires, qui n?arrivent pas à se
loger ailleurs.
Un retard important a été constaté au démarrage du NPNRU (les premières conventions n?ont été
signées qu?en janvier 2023), lié à l?achèvement du programme précédent qui avait lui-même
démarré tardivement selon l?ANRU, à la crise sanitaire et aux changements institutionnels et
politiques, avec une difficulté à stabiliser le contenu des projets.
6 Arrêté du 29 avril 2015 relatif à la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville présentant les
dysfonctionnements urbains les plus importants et visés en priorité par le nouveau programme national de
renouvellement urbain
7 Arrêté du 15 janvier 2019 rectifiant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville présentant les
dysfonctionnements urbains les plus importants et visés à titre complémentaire par le nouveau programme national
de renouvellement urbain
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1.1.1 Un rythme de contractualisation des opérations, d?engagement des
crédits ANRU et d?attribution des concessions d?aménagement qui
s?est accéléré, surtout depuis janvier 2024, et un pilotage qui s?est
structuré
Après un démarrage lent, le rythme de contractualisation des projets ANRU s?est accéléré depuis
début 2023 grâce à la mobilisation de tous les acteurs autour de la Ville et de la Métropole et à
l?appui des services de l?Etat. Ainsi, au 17 juin 20248 , sur les 14 QPV au titre du NPNRU de
Marseille :
7 QPV d?intérêt national ont fait l?objet d?une contractualisation dans le cadre de 6
conventions signées ces deux dernières années :
? 3 conventions portant sur 4 QPV d?intérêt national ont été signées en 2023 pour les
PRIN9 de Grand Saint Barthélémy/Grand Malpassé-Corot (GSBGM), d?Airbel, et de
Castellane/Bricarde. Deux avenants, l?un à la convention de GSBGM et l?autre à celle
d?Airbel sont en cours de finalisation pour une signature attendue avant fin 2024 ;
? 3 conventions ont été signées courant du premier trimestre 2024 pour les PRIN de
Grand centre-ville, de Savine et de Kalliste/solidarité ;
2 projets de convention sont en cours d?instruction pour le PRIN de La Cabucelle/ Les
Crottes et le PRIR 10 de Campagne l?Evêque. Les signatures sont attendues,
respectivement, pour juillet et septembre 2024 ;
1 projet de convention est à l?étude pour le PRIN de Frais Vallon dont la signature devrait
intervenir en décembre 2024 ;
4 QPV d?intérêt régional (Consolat/Mirabeau, les Aygalades, La Maurelette et La Visitation
Brasses), plus modestes que les quartiers listés ci-dessus, n?ont fait l?objet d?aucun projet
pour permettre un recentrage des moyens sur les opérations les plus structurantes.
Pour financer les NPNRU de Marseille, l?ANRU consacre 650 M¤ (subventions et prêts) :
Une enveloppe totale de 541 M¤ validée en comité national d?engagement (CNE) de
l?ANRU pour les 9 conventions par quartier dont :
? 468 M¤ pour les 6 conventions déjà signées et leurs avenants,
? 73 M¤ pour les 3 conventions en cours de signature ou en attente,
Une enveloppe complémentaire de 101 M¤ inscrite dans la convention cadre
métropolitaine et fléchée sur les NPNRU de Marseille (montant consacré principalement à
la reconstitution de l?offre),
Une enveloppe de 8 M¤ au démarrage du NPNRU dans le cadre du protocole établi en
phase de préparation des projets qui se clôture.
L?échéance du NPNRU est fixée à fin juin 2026 pour le dépôt des demandes de financement des
opérations (engagements budgétaires) et à fin 2030 pour la livraison des projets pour permettre un
dépôt des demandes de soldes au plus tard en juin 2032.
Au 17 juin 2024 :
Le montant des engagements financiers correspondant aux 6 opérations conventionnées
a atteint 256,3 M¤, soit environ 56% des montants contractualisés. Le taux d?engagement
financier sur le montant contractualisé varie selon les opérations, de 33% pour Airbel à 72%
8 Source = ANRU, DDT 13
9 PRIN : Projet d?intérêt nationa de rénovation urbaine (terminologie ANRU)
10 PRIR : Projet d?intérêt régional de rénovation urbaine (terminologie ANRU)
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pour Grand centre-ville. Les 3 autres opérations pour lesquelles la signature devrait
intervenir avant fin 2024, ne font l?objet d?aucun montant contractualisé ou d?engagement
à ce stade,
Le montant des engagements financiers correspondant à la convention cadre
métropolitaine fléchée sur les projets marseillais a atteint quant à lui 30,6 M¤, soit 39% du
montant contractualisé.
Au total, le taux d?engagement financier correspondant aux conventions signées et à la convention
cadre métropolitaine atteint 54% des montants contractualisés (soit un taux identique à celui du
niveau national France entière). Le taux d?engagement correspondant aux conventions signées,
aux conventions non signées et à la convention métropolitaine, se situe à 45% des concours
financiers.
L?état d?avancement des concours financiers, des contractualisations et des engagements pour les
NPNRU est présenté en annexe (cf. Annexe 3).
En ce qui concerne les concessions, au vu des éclairages apportés par la Métropole11, toutes les
opérations sont maintenant couvertes par une concession d?aménagement ou en voie de l?être :
Pour les opérations contractualisées (conventions NPNRU déjà signées) :
? Concessions d?aménagement attribuées : Airbel (à la Soleam), La Savine (à la Soleam
et prolongation à venir), Grand Centre-Ville (à la SPLAIN AMP), Malpasse au sein de
GSBGM (à la Soleam, avenant en cours), Corot au sein de GSBGM : concession
d'aménagement contractualisée avec CDC habitat adossé à Marseille Habitat,
? Concessions d?aménagement prévues ou en cours d?attribution : Castellane/Bricarde
(appel d?offres, en cours de phase de négociation, attribution prévue pour septembre
2024), Cité SNCF au sein de GSBGM (orientation en régie directe AMP pour la
réalisation des espaces publics.), Kalliste (appel d?offres, en cours d?attribution,
examiné en commission d?appel d?offre le 18/05/24).
Pour les opérations en cours de contractualisation (conventions NPNRU en cours de
signature) :
? Concessions d?aménagement prévues ou en cours d?attribution : La Cabucelle/ Les
Crottes (désignation directe de la SPLAIN AMP, en cours de mise au point, délibération
en décembre 2024 pour le traité de concession portant sur le traitement d?éradication
de l?habitat indigne), Campagne-Leveque (désignation directe de la SOLEAM,
délibération envisagée en décembre 2024 pour le traité de concession),
? Concession d?aménagement non attribuée : Frais Vallon. Selon la Métropole, ce qui est
porté à l'ANRU en première phase d'engagement à mi-2026 ne demande pas de
concessionnaire d'aménagement. Les espaces publics seront réalisés en régie directe
par AMP (requalification de l'avenue de Frais Vallon), les autres opérations sont sous
maitrise d'ouvrage du bailleur et de la Ville de Marseille. La concession d'aménagement
sera portée dans le cadre de la deuxième phase du projet.
Par ailleurs, concernant les copropriétés, pour Corot située sur GSBGM, la concession
d'aménagement contractualisée avec CDC Habitat - adossée à Marseille Habitat - prévoit le
portage de lots ciblés. Quant à la concession pour Kalliste, dont l?appel d?offre est cours d'attribution,
le concessionnaire assurera également le portage de lots (prévu au traité de concession).
L?état d?avancement de l?attribution des concessions est présenté en annexe (cf. Annexe
4.1Annexe 4).
Enfin, en qui concerne le pilotage global des opérations, un équilibre semble avoir été trouvé entre
11 Source : direction « Aménagement Durable, Habitat, Inclusion et Cohésion Territoriale » de la Métropole
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la Métropole, pilote, et la Ville, pour porter les projets sur le plan politique.
Le pilotage du NPNRU à l?échelle de Marseille et de chaque opération s?effectue à deux niveaux,
stratégique et opérationnel.
A l?échelle de Marseille, le COPIL stratégique local dédié à tous les NPNRU Marseillais est piloté
par les élus AMP et Ville et associe l?Etat, l?ANRU, les autres financeurs et les bailleurs. Tenu une
à deux fois par an, ce COPIL est chargé du suivi des sujets transversaux et du suivi du calendrier
de mise en oeuvre des projets. Par ailleurs, un comité de suivi / comité technique du relogement
assure le pilotage stratégique du relogement
A l?échelle des projets, les comités de pilotage par projet, qui se tiennent 1 à 2 fois par an, sont
pilotés par la Métropole et la Ville. Sont notamment invités l?Etat, l?ANRU, les financeurs et les
bailleurs. En complément, des comités techniques pilotés par la Métropole assurent le suivi
technique de chaque projet.
Au sein de la Métropole, la coordination globale pour Marseille est sous la responsabilité de la
direction opérationnelle habitat et renouvellement urbain Marseille. La Métropole a indiqué avoir
lancé un accord cadre global OPCU12 avec un OPCU et OPCIC13 pour chaque site (marchés en
cours, remise des offres prévue de juin à septembre 2024) et un OPCU global pour Marseille (déjà
désigné).
En 2020, le GIP Marseille Rénovation Urbaine, chargé de l?élaboration et la conduite des projets
ANRU a été dissous après le transfert de la compétence du portage de la politique de la ville et
des programmes de renouvellement urbain aux intercommunalités.
1.1.2 Certaines composantes des opérations du NPNRU exigent une
attention particulière
La conduite des projets présente deux écueils :
Le premier est la difficulté des acteurs à stabiliser une programmation et à respecter le plan
guide et la stratégie qui a souvent été réinterrogée. A juin 2024, l?absence d?outils de
planification et de gestion adaptés au regard du nombre de projets à suivre et de leur
complexité (multi-intervenants, chainage des projets, sites contraints, dimension humaine
liée aux enjeux de démolition et de relogement?) ne facilite pas la coordination et
l?avancement des opérations,
Le deuxième est le manque de concertation avec les habitants ou leur implication tardive
dans la définition des projets qui a par ailleurs conduit à remettre en question certaines
décisions et impacte fortement le calendrier de différentes opérations (Airbel notamment).
Sur le plan opérationnel, une attention particulière doit par ailleurs être portée sur quelques
composantes des projets NPNRU :
La faiblesse du taux d?engagement de certaines actions au regard de l?importance du
montant de contractualisation au 17 juin 2024. En effet, l?analyse de l?état d?avancement
des projets dont la convention est signée montre, pour certains d?entre eux, un taux
d?engagement inférieur à la moyenne nationale ou nul sur les aménagements d?ensemble
et/ou les équipements publics :
? Concernant les aménagements d?ensemble, sur un montant contractualisé de près de
60 M¤, le taux d?engagement plafonne à 24% contre 49% au niveau national. Pour
Aibrel, la Castellane et La Savine, le taux d?engagement sur les aménagements
12 OPCU : Ordonnancement, Pilotage et Coordination Urbaine
13 OPCIC : Ordonnancement, Pilotage, Coordination Inter Chantiers
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d?ensemble est nul (cf. Annexe 4.1),
? Concernant les équipements publics, sur un montant contractualisé de près de 79 M¤,
le taux d?engagement se situe à 30% soit proche du niveau national de 35%. Cependant,
pour Airbel, Kalliste et Savine, le taux d?engagement est nul ou quasi nul. La mise au
point du plan écoles et la confirmation par la ville du transfert de la maitrise d?ouvrage
à la Société publique des écoles marseillaises (SPEM) aurait retardé l?engagement de
quelques opérations (cf. Annexe 4.2),
L?incertitude sur les besoins en portage pour la mise en oeuvre des stratégies de
redressement ou recyclage de certaines copropriétés inscrites dans les NPNRU
(GSBGM/Corot, Kalliste/Solidarité notamment). Par ailleurs, parmi les 4 ensembles
immobiliers marseillais retenus au titre des études de préfiguration d?ORCOD IN14 lancée
début 2024 par l?EPF PACA figure l?ensemble immobilier composé des copropriétés Mail
G, Le Grand Mail et Le Gardian situées dans le NPNRU de GSBGM. Il conviendra donc
d?articuler l?étude de préfiguration ORCOD IN avec le NPNRU (cf. Annexe 5).
La faiblesse des moyens de relogement, temporaire ou définitif et de la reconstitution de l?offre au
regard du volume de démolitions de logements sociaux ou de recyclage de logements privés
envisagé :
L?objectif de reconstitution de l?offre de logements sociaux pour Marseille est fixé à 366415
logements (PLAI16 et PLUS17) dans la convention cadre métropolitaine. Au 17 juin, 1115
logements ont fait l?objet d?un engagement financier (soit 30% de l?objectif de la convention
métropolitaine, contre 47% à l?échelle nationale), dont 111 qui ont fait l?objet d?un solde,
c?est-à-dire qui ont été construits (le solde de la subvention intervenant à la livraison des
logements). L?état d?avancement de la reconstitution de l?offre est présenté en annexe
(cf. Annexe 4.3) ;
L?objectif de relogement pour la mise en oeuvre des 9 NPNRU de Marseille (conventions
signées ou à signer) est fixé à 3899 ménages à reloger (ce nombre peut encore évoluer).
A fin avril 2024, 989 ménages ont été relogés (soit 25% de l?objectif) et 374 ont fait l?objet
d?un départ (départ spontané, expulsion, décès), soit près de 2500 ménages restant à
reloger.
1.2 Le renforcement de l?appui des opérateurs existants (EPAEM et
la SPLAIN AMP) pour sécuriser l?avancement du NPNRU serait
plus opportun que la création d?une filiale de l?EPAEM risquant
de perturber les acteurs et les projets à deux ans de l?échéance
des engagements
1.2.1 Le pilotage et la maitrise d?ouvrage de tous les NPNRU par une filiale
de l?EPAEM risque d?impacter défavorablement l?avancement des
14 En 2014, la loi Alur a renforcé le cadre juridique de traitement des copropriétés dégradées en créant deux
dispositifs : l?opération de requalification des copropriétés dégradées, ORCOD (L 741.1 du code de la construction
et de l?habitation) et l ORCOD d?intérêt national, ORCOD IN (L 741.2 du CCH). L?ORCOD IN intervient dans le cas
d?ensembles urbains confrontés à de graves dysfonctionnements (des enjeux majeurs en matière d'habitat dégradé,
une complexité de traitement particulière et nécessite de lourds investissements). La loi prévoit que la conduite de
l?ORCOD IN puisse être confiée à un EPF d?État.
15 Convention cadre métropolitaine = 3664 LLS à reconstituer, protocole Marseille = 74 LLS à reconstituer
16 PLAI : Prêt Locatif Aidé d?Intégration, logements sociaux réservés aux ménages très modestes
17 PLUS : Prêt Locatif à Usage Social (plafonds de ressources et niveaux de loyers plus élevés que ceux du PLAI)
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opérations et ferait peser sur l?Etat une charge qu?il ne serait pas en
mesure d?assumer
La notion de filiale est ici entendue au sens commun d?un organe lié à l?EPAEM : soit une véritable
filiale au sens juridique du terme, soit une structure dans laquelle participe l?Etat via l?EPAEM avec
les collectivités locales (comme une SPLAIN par exemple).
La mission a noté que les collectivités compétentes ne considéraient pas cette perspective
nécessaire, jugeant que les structures en place, au besoin renforcées, suffisaient et que la création
d?une nouvelle entité complexifierait le pilotage de l?ensemble : or leur adhésion est une condition
sine qua non à la mise en place de ce nouvel opérateur.
Au vu des délais de création d?une filiale (12 à 18 mois au minimum pour être véritablement
opérationnelle), cette solution désorganiserait les équipes actuellement en charge des dossiers,
alors qu?elles sont dans une phase critique pour tenir au mieux le calendrier du NPNRU, fixé à fin
juin 2026.
La mission constate, sur la base de l?expérience positive de ces derniers mois, que l?attention
portée à un haut niveau (Métropole, Ville, Etat, ANRU) au pilotage de l?avancement du programme
NPNRU, projet par projet et globalement, sera une des clés de la tenue des échéanciers.
S?agissant des maitrises d?ouvrage relatives à l?aménagement et aux équipements publics, les
concessions d?aménagement étant maintenant attribuées, ou en voie de l?être, le volume d?activité
d?une éventuelle filiale serait réduit, sur ce plan au moins. Là aussi, le délai de constitution d?une
filiale serait en décalage avec la temporalité du NPNRU.
Par ailleurs, une reprise en main par l?Etat, que traduirait la création d?une telle filiale, serait un
signal politique probablement mal perçu par la Métropole et la Ville, qui y verraient une remise en
cause de leurs compétences ainsi « déléguées » à une telle filiale. De plus, si la Métropole et la
Ville devaient accepter cette hypothèse sous la pression de l?Etat, le transfert de la direction
d?ensemble des projets par l?EPAEM conduirait à confier à un opérateur de l?Etat une responsabilité
de pilotage général qu?il ne serait pas en mesure d?assumer, faute de maitrise des composantes
des projets, relevant de toute façon de la Métropole (aménagement) et de la Ville (équipements
publics), comme l?ensemble des démarches de concertation publique.
1.2.2 Un renforcement à la demande des collectivités de l?appui des
opérateurs existants, dont l?EPAEM, est préférable
Le renforcement du pilotage et de la mise en oeuvre opérationnelle des NPNRU de Marseille
s?avère indispensable et des alternatives à la filiale existent. Une sécurisation de l?avancement des
opérations NPNRU pourrait être envisagée par l?élargissement des compétences des acteurs
existants dans certains cas. En effet, l?EPAEM et la SPLAIN AMP, reconnus pour leur compétence
respective en aménagement et en requalification de l?habitat privé, constituent des opérateurs clés
à travers lesquels, élus Ville et Métropole et Etat convergent pour faire avancer les projets.
1.2.2.1 Une extension de périmètre de compétence de l?EPAEM en assistance à
maitrise d?ouvrage ou en maitrise d?ouvrage déléguée sur les équipements
publics et les aménagements d?ensemble du NPNRU, en cas de défaillance
des concessionnaires notamment, est souhaitable
L?extension du périmètre de compétences de l?EPAEM sur l?ensemble des sites NPNRU paraît
souhaitable pour lui permettre d?accompagner :
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la Métropole pour le portage des projets d?ensemble et de la maitrise d?ouvrage des
aménagements, notamment dans le cas où les concessionnaires en place seraient
défaillants, que les dernières attributions de concessions interviendraient tardivement ou
s?avéreraient infructueuses, ou que la maitrise d?ouvrage des aménagements envisagée
en régie par la Métropole s?avérerait insuffisante,
la Ville pour la maitrise d?ouvrage des équipements publics.
Cet accompagnement, à la demande des collectivités (et qui pourrait aussi être mobilisé en soutien
à leurs opérateurs), prendrait la forme d?une assistance à maitrise d?ouvrage (expertise, assistance
au pilotage) ou d?une délégation de maitrise d?ouvrage, y compris pour la direction d?ensemble de
certains projets NPNRU, si jugé nécessaire.
Ce soutien pourrait commencer à être déployé dès consultation des collectivités et extension du
périmètre de compétence de l?EPAEM, via un amendement du décret statutaire de l?établissement.
L?EPAEM interviendrait sur des métiers qu?il maitrise d?ores et déjà mais qu?il devrait développer
en termes de capacités, en fonction des besoins exprimés, et des financements apportés par les
collectivités pour couvrir ces prestations.
1.2.2.2 Une extension de périmètre de compétence de la SPLAIN AMP en assistance
à maitrise d?ouvrage et/ou en maitrise d?ouvrage déléguée sur les grands
ensembles en difficulté sous le régime de la copropriété inscrites dans le
NPNRU est de même souhaitable
La mise en oeuvre du traitement des grands ensembles immobiliers nécessite un renforcement en
termes de pilotage et d?expertise opérationnelle. La création d?un nouvel opérateur dédié aux
copropriétés apparait inappropriée à la Mission dans la mesure où la SPLAIN AMP, dans le cadre
de sa mission sur le NPNRU de Grand-Centre-Ville, a déjà démontré sa capacité à intervenir sur
le champ de la requalification de l?habitat privé et du traitement des copropriétés, tant en acteur
ensemblier qu?en acteur opérationnel.
Aussi, sur le volet des grandes copropriétés inscrites dans les NPNRU, un rôle d?expertise et
d?assistance à maitrise d?ouvrage à la Métropole, en lien avec la Ville et l?Etat, pour la définition et
la mise en oeuvre des stratégies de traitement des copropriétés et la coordination des acteurs
(aménageur, bailleurs, équipements publics) pourrait être confié par la Métropole à la SPLAIN AMP.
La SPLAIN serait alors également associée aux études engagées par l?EPF PACA sur les
ORCOD IN inscrites dans le NPNRU (Le Mail G, Le Grand Mail et Le Gardian sur GSBGM).
Par ailleurs, un rôle d?initiateur de portage de lots en copropriétés situées dans les secteurs
NPNRU pourrait être confié à la SPLAIN en lien avec l?EPF PACA, en amont de la mise en place
des concessions, en cas de défaillance des opérateurs en place, ou en cas de nouveaux besoins
en portage et requalification sur certains bâtiments, notamment sur les ensembles immobiliers
concernés par l?étude de préfiguration d?ORCOD IN. En effet, la décision de l?intervention de l?EPF
PACA sur les ORCOD IN ne serait prise qu?à l?issue de la phase d?étude qui est estimée à plus
d?un an. Or pendant ce temps, le processus de déqualification va se poursuivre. L?achat de lots,
avant la définition de la stratégie pourrait donc être opportune.
Un renforcement des moyens sera, en tout état de cause, nécessaire et pourrait se traduire par la
création d?un département spécifique pour le traitement des grandes copropriétés dégradées au
sein de la SPLAIN AMP, qui serait un appui majeur pour l?avancement du programme ANRU et des
autres dispositifs opérationnels, ces opérations étant les plus complexes et les plus longues. (cf.
2.2.1)
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1.2.3 La consolidation du cadre et des outils de pilotage à haut niveau
associant Préfet, élus de la Ville et de la Métropole, et la direction
générale de l?ANRU est nécessaire pour sécuriser l?avancement des
projets NPNRU
En termes de pilotage, la mission appelle l?attention sur les points suivants :
L?attribution des marchés d?ordonnancement, pilotage et coordination Urbaine (OPCU) et
la formalisation des outils de pilotage partagés,
La signature des 3 dernières conventions ANRU (La Cabucelle/ Les Crottes, Campagne
Leveque, Frais Vallon) et des avenants aux conventions déjà signées de GSBGM et Airbel,
L?attribution des dernières concessions d?aménagement avant la fin de l?année 2024, voire
la mobilisation de l?EPAEM si besoin,
L?avancement des équipements publics de proximité, voire la mobilisation de l?EPAEM si
besoin,
La mise en oeuvre des actions techniques et opérationnelles pour chaque NPNRU sur la
base des décisions politiques stabilisées,
La définition des stratégies sur le traitement des copropriétés et des besoins en portage de
lots et la mobilisation de la SPLAIN / EPF PACA sur certains ensembles si besoin,
L?association des habitants à la définition des projets (concertation/ réunions publiques),
L?avancement de la reconstitution de l?offre et du relogement (la reconstitution de l?offre de
logements sociaux pourrait être inscrite dans les opérations d?aménagement à l?issue des
études multi-sites proposées par la Mission dans le chapitre 3 du présent rapport)
L?avancement des engagements (d?ici fin juin 2026) et des paiements (d?ici la fin du
programme), notamment en termes d?aménagement et d?équipements publics.
Le cadre de pilotage à un haut niveau associant Métropole, Ville, Etat, ANRU et dédié au pilotage
de l?avancement du programme NPNRU, projet par projet doit être maintenu, avec un rythme
suffisant, et activé suffisamment tôt en cas de glissement de calendrier. Le signalement des points
de blocage et/ou des retards doit s?inscrire dans un processus resserré de suivi des opérations.
Une fiche synthétique avec les principaux indicateurs de suivi et d?alerte de chaque NPNRU
pourrait être éditée périodiquement (tous les mois) et transmise au groupe de pilotage Métropole/
Ville/ Etat/ ANRU.
Aussi, la mission recommande de veiller à ce que la Métropole déploie au plus vite les outils
techniques de supervision qu?elle a annoncés.
Enfin, la création d?une plateforme partagée permettant à chaque acteur du NPNRU de prendre
connaissance en temps réel de l?état d?avancement des projets (opérationnel et financier) et des
documents associés faciliterait l?accès à l?information et la mobilisation des moyens pour la mise
en oeuvre des opérations.
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Pour sécuriser l?avancement du NPNRU (défaillance des opérateurs
en place, marchés d?attribution des concessions infructueux, assistance au pilotage),
renforcer la capacité d?appui des opérateurs existants, EPAEM et SPLAIN AMP, en
lien avec l?EPF PACA. Mettre en place des outils de supervision partagés à un haut
niveau de pilotage (Préfet, Métropole, Ville). Concernant la reconstitution de l?offre de
logements, la mission recommande de l?inscrire dans des opérations
d?aménagement, qui pourraient être stimulées par une approche d?études préalables
multi-sites.
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2 Le traitement de l?habitat indigne et dégradé : l?articulation
entre les acteurs, dont l?EPF PACA et la SPLAIN AMP, doit
être mieux organisée
2.1 La situation d?habitat indigne ou dégradé, notamment dans les
ensembles immobiliers sous le régime de la copropriété, est
d?une gravité et d?une ampleur extrêmes
Selon le PLH métropolitain 2023-2028, Marseille compte plus de 40 000 logements privés
potentiellement indignes (PPPI)18 , soit 2/3 du parc privé potentiellement indigne de la Métropole
et 1/3 du parc privé potentiellement indigne de la Région PACA. Le PPPI se concentre surtout dans
5 arrondissements du centre et du nord de la ville (1er, 2ème, 3ème, 15ème et 16ème) qui
enregistrent des taux PPPI au sein des résidences principales supérieurs à 20% (contre 13% à
l?échelle de toute la ville).
Une part non négligeable de ce parc est fortement dégradée, voire dangereuse dans certains
secteurs (incendies, fragilité structurelle, évacuations de bâtiments?) et semble se déqualifier
rapidement. Les modes constructifs et le réchauffement climatique rendent ce parc encore plus
vulnérable. L?habitat indigne concerne les petits immeubles collectifs (souvent en copropriété non
organisée) dans les quartiers anciens ainsi que les grands ensembles immobiliers sous le régime
de la copropriété construits entre le début des années 50 et la fin des années 60.
En dehors du centre-ville, les situations à risque sont surtout traitées par la puissance publique au
titre de l?action coercitive par les services d?hygiène et de sécurité de la ville de Marseille. Cette
dernière a mis en place au sein de la direction du logement et de pôle de lutte contre l?habitat
indigne (DDLHI), un pôle de lutte contre l?habitat indigne composé de plus de 80 agents, chargé
des procédures de sécurité et d?hygiène de l?habitat, de la mise en sécurité des immeubles, de
l?hébergement et des travaux d?office relevant de la compétence du maire. Par ailleurs, le pôle LHI
prépare et suit l?exécution des procédures d?insalubrité (sauf procédures d?urgence) pour le compte
de l?Etat dans le cadre d?une convention depuis le 1er janvier 2023.
Le nombre de signalements, d?arrêtés de mise en sécurité et d?évacuation n?a cessé de croitre
depuis 2021. Les situations à risque se concentrent dans le centre-ville mais commencent à
s?observer en dehors de ce périmètre. En 2023, l?activité de la ville de Marseille19 au titre de la lutte
contre l?habitat indigne portait sur :
200 signalements par mois de situations à risque pour la santé ou la sécurité des occupants
(dont 25% concerneraient des bailleurs sociaux), contre 115 par mois en 2021 et 175 par
mois en 2022,
206 arrêtés de mise en sécurité urgente (contre 161 en 2021) et 268 arrêtés de mise en
sécurité (contre 131 en 2021)20 , 33 arrêtés d?insalubrité. Les procédures de mise en
sécurité portent sur l?ensemble du territoire marseillais mais restent fortement concentrées
dans les arrondissements du centre-ville (du 1er au 3eme arrondissement), dans le 2ème
et une partie du 15ème (quartiers Les Crottes notamment), dans les périmètres actuels de
l'OIN ou du PPA,
577 ménages ont dû être évacués (soit 1169 personnes). Parmi les ensembles immobiliers
18 Indicateur PPPI (parc privé potentiellement indigne), établi à partir des données Filocom : les logements des
catégories cadastrales 6,7 et 8 (les plus faibles) occupés par des ménages à bas revenus
19 Source pôle LHI de la ville de Marseille
20 Les arrêtés peuvent porter sur une situation à risque ponctuelle (un élément de façade qui risque de se décrocher
par exemple) ou sur une situation présentant un grave danger (immeuble prêt à s?effondrer par exemple)
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évacués figurent la copropriété en difficulté Le Gyptis (269 studios) et 41 autres immeubles
anciens à la suite de l?explosion du 17 rue de Tivoli dans le 5ème, qui a coûté la vie à huit
personnes. L?hébergement des ménages évacués constitue un enjeu majeur,
47 chantiers de travaux d?office pris en charge en 2023 en substitution des propriétaires
défaillants et un montant de travaux de 3,1 M¤ contre 1,7 M¤ en 2021. Les travaux d?office
concernant des mises en sécurité d?urgence (travaux non pérennes) ne permettant pas
toujours la réintégration effective des occupants.
Les services de la ville de Marseille font état d?un nombre restreint d?arrêtés de mise en sécurité
dans les grands ensembles immobiliers en copropriété en difficulté faute de signalement (manque
de service public et d'action sociale notamment) et indique par ailleurs que la suspension des loyers
consécutive à la prise d?un arrêté aggraverait les impayés de charges sur des copropriétés très
endettées.
Aux dysfonctionnements techniques des logements, s?ajoutent les difficultés relatives à la gestion
et la situation financière des copropriétés. Une estimation de la fragilité des copropriétés peut être
établie grâce aux données du registre national des copropriétés (RNC). Selon le RNC, sur les
18 939 copropriétés immatriculées à Marseille, 18% d?entre elles présenteraient un risque potentiel
(soit près de 84 000 logements), et 11% déclarent plus de 50% d?impayés (soit près de 35 000
logements).
2.1.1 Pour le traitement de l?habitat dégradé ou insalubre en tissu ancien,
des expertises et des modes opératoires qui se sont
progressivement structurés ces deux dernières années et qu?il
convient de poursuivre
En 2021, après le drame de la rue d?Aubagne, la Métropole, la ville de Marseille et l?Etat ont créé
la SPLAIN AMP, dotée d?un capital initial de 14 M¤, pour traiter l?habitat dégradé du centre-ville.
Elle déploie des actions :
? D?amélioration du parc privé par l?accompagnement des propriétaires à la réalisation
de travaux, la réalisation de travaux d?office par la Ville de Marseille et l?acquisition et
portage provisoire de lots dans le cadre de l?OPAH RU,
? De recyclage de l?habitat ancien dégradé (acquisition, restructuration, curetage?et les
actions de relogement). L?intervention de la SPLAIN est concentrée sur 4 ilots
prioritaires (démonstrateurs) et un cinquième ilot, dit multisites, du PPA (Projet
Partenarial d?Aménagement). Ces ilots représentent près de 500 immeubles et 2 500
logements,
? De Maitrise d?ouvrage des aménagements des espaces et voieries publiques de
proximité
Le recours à la SPLAIN comme opérateur ensemblier garantit la cohérence d?intervention dans
l?habitat ancien. Au 1er janvier 2024, la SPLAIN AMP qui comptait 27 collaborateurs, avait signé 3
concessions d?aménagement pour un montant de 256 millions d?euros, acquis 51 immeubles
entiers et déconstruit 4 parcelles.
Même si, à ce stade, elle reste modeste au regard de l?enjeu, l?action de la SPLAIN AMP qualifiée
de chirurgicale, est saluée tant sur la méthode, que sur son expertise pour le traitement du tissu
ancien. Son savoir-faire s?exporte d?ailleurs sur le quartier de La Cabucelle/ Les Crottes (quartier
en NPNRU situé sur le secteur de l?EPAEM qui a délégué la concession à la SPLAIN AMP).
Cette action dans les tissus anciens doit être poursuivie et sans doute déployée pour couvrir les
secteurs présentant des risques pour la santé ou la sécurité des habitants (comme le quartier Saint-
Mauront par exemple qui compte un grand nombre de signalements et d?arrêtés de mise en
sécurité). En effet, le traitement de l?habitat indigne assuré uniquement par voie coercitive via les
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pouvoirs de police présente des limites dans la mesure où les travaux d?office correspondant aux
prescriptions des arrêtés ne visent qu?à lever un risque et ne permettent pas le traitement pérenne
des situations de mal logement.
L?articulation des pouvoirs de police avec les dispositifs incitatifs d?amélioration de l?habitat (OPAH,
OPAH RU?) et de maitrise publique, sur le modèle de la SPLAIN AMP, est alors indispensable.
2.1.2 En revanche, pour les grands ensembles immobiliers en copropriété
dont une part non négligeable présente des dysfonctionnements
majeurs, l?intervention publique demeure tardive, souvent dans
l?urgence et peine à « s?industrialiser »
De nombreux grands ensembles immobiliers sous le régime de la copropriété à Marseille cumulent
des difficultés importantes de gestion, juridiques, techniques, financières et sociales, et sont situés
dans des espaces urbains déqualifiés. Malgré une prise de conscience collective et la mobilisation
des acteurs locaux et nationaux21, le traitement de ces ensembles immobiliers procède aujourd?hui,
en dehors des secteurs en NPNRU, d?une intervention ponctuelle et souvent dans l?urgence faute
d?anticipation et de structuration des modes opératoires et des moyens. Cette difficulté est liée en
partie à la complexité des situations et la volumétrie des ensembles immobiliers et des logements
concernés.
Dans le cadre de l?accord partenarial pour une stratégie d?intervention sur les copropriétés
dégradées établi pour la période 2017-2023 avec les acteurs locaux, les copropriétés fragiles ou
en difficulté de Marseille ont été réparties selon 3 catégories :
Cercle n° 1 : 11 ensembles de copropriétés situés dans des QPV, dont 4 en NPNRU :
Kallisté (15ème), Parc Corot (13ème), Plombières (3ème), Les Rosiers (14ème), Le Mail
et le Mail G (14ème), La Maurelette (15ème), Consolat (15ème), Bellevue (3ème), Bel
Horizon (3ème), Maison Blanche (14ème). Une douzième copropriété, le Gyptis (3ème), a
rejoint ce cercle en 2022,
Cercle n° 2 : 50 autres grandes copropriétés issues du travail d?observation réalisé par
l?AGAM à partir des données FILOCOM/ Anah, dont 25 sont situées en QPV,
Cercle n°3 : les autres copropriétés, dont la situation est connue par d?autres sources.
Dans le cadre de ce plan, une vingtaine de copropriétés fait l?objet d?un suivi renforcé (dispositifs
de traitement de type plan de sauvegarde, OPAH CD, actions judiciaires, actions de portage?).
En 2022, une étude réalisée en lien avec l?Anah a préconisé la constitution d?une base de données
sur les copropriétés fragiles ou en difficulté pour appréhender le volume d?interventions
nécessaires (99 copropriétés identifiées sur la Métropole) et a estimé à près de 900 M¤ les besoins
de financement pour agir en prévention, redressement, redressement maximum et
recyclage/transformation sur les copropriétés de la Métropole.
En 2023, un programme d?intérêt national (PIN) piloté par le Préfet en lien avec la Métropole et les
communes concernées a été établi pour coordonner et suivre la mise en oeuvre des opérations et
porter les études réalisées par l?EPF PACA de 13 ensembles immobiliers de la Métropole, dont 10
marseillais du cercle 1 (à l?exception de la copropriété Plombières) qui représentent au total environ
4500 logements (cf. Annexe 5).
21 Dans le cadre du Plan Initiative Copropriété (PIC) lancé en 2018 par le ministre du logement pour accélérer les
interventions sur les grandes copropriétés, l?ANAH a mis en place des mesures exceptionnelles de financement
pour Marseille.
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Dans le cadre du marché d?étude de préfiguration lancé par l?EPF PACA début 2024 sur les 13
copropriétés métropolitaines du PIN, 4 des ensembles immobiliers marseillais (dont un situé en
NPNRU) feront l?objet d?une étude prioritaire de préfiguration d?ORCOD IN (l?ensemble immobilier
Le Mail G/Le Grand Mail/ Le Gardian situé dans le NPNRU Grand Saint-Barthélemy / Grand
Malpassé (GSBGM) et les copropriétés Les Rosiers/ Super-belvédère, La Maurelette, Consolat).
Ces copropriétés comptent plus de 2600 logements (cf. Annexe 5).
Différents freins relatifs à la structuration et la coordination des acteurs sont toutefois observés :
Des enjeux multiples et complexes qui exigent une expertise spécialisée de référence, qui
est actuellement éclatée et insuffisante sur le territoire marseillais ;
Une conduite d?opérations lourdes de traitement des copropriétés qui requiert l?émergence
d?un opérateur dédié, en capacité de coordonner les actions et de réaliser la maitrise
d?ouvrage opérationnelle des projets complexes, même en ORCOD IN ;
Une intervention tardive des acteurs sur les copropriétés qui induit une action publique
d?urgence et des situations irréversibles obligeant à une appropriation publique massive et
extrêmement coûteuse qui n?a pas été anticipée ;
Un nombre très important de lots à acquérir et porter (portage ciblé ou massif) dans les
copropriétés du PIN mais aussi hors PIN, en recyclage et en redressement, or des actions
de portage modestes ou insuffisantes face à l?enjeu (le portage de lots est sans doute le
maillon le plus faible de la chaine d?intervention sur les grandes copropriétés en difficulté) ;
Des travaux d?urgence à réaliser dans les parties communes sous maitrise d?ouvrage des
syndicats de copropriétaires difficiles à mettre à en oeuvre ;
Un dimensionnement insuffisant des administrateurs judiciaires alors que le recours massif
à ces acteurs sera nécessaire dans les prochaines années pour gérer provisoirement les
grandes copropriétés en difficulté ;
Un enjeu de traitement renforcé pour des copropriétés en difficulté non incluses dans le
PIN (cf. articles de presse sur Campus et La Granière par exemple).
2.2 Une structuration de l?action publique et des opérateurs à
poursuivre et renforcer sur les grands ensembles en copropriété
pour assurer leur redressement ou leur recyclage
Face à l?ampleur du phénomène de copropriétés en difficulté, il importe de développer un lieu
d?expertise sur les copropriétés et de structurer les acteurs permettant, outre de prévenir les
difficultés, de massifier l?action en :
Redressement et maintien du régime de la copropriété avec éventuellement la
transformation d?une part de lots en logements sociaux (copropriété mixte),
Recyclage,
? Soit par la transformation de toute la copropriété en logement social ou autres produits,
? Soit par la démolition,
En tenant compte de la dimension urbaine lorsque les copropriétés intègrent ou se situent
à proximité d?importants espaces extérieurs déqualifiés ou nécessitant des aménagements
publics.
La mission considère que les acteurs doivent être mobilisés sur la base de leurs compétences et
savoir-faire actuels pour optimiser l?efficacité et la qualité des opérations : l?EPAEM comme
aménageur et conducteur d?opérations d?équipements publics, la SPLAIN AMP comme l?opérateur
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de la requalification de l?habitat privé et des grands ensembles en copropriétés en grande difficulté
(dont en ORCOD IN) pour permettre à l?EPF PACA de se consacrer au renforcement de
l?intervention foncière en réponse à la carence constatée en termes de stratégie et de réserves
foncières sur Marseille.
Une proposition de structuration des acteurs du traitement des copropriétés est présentée dans le
tableau ci-dessous.
Tableau 1 : Structuration des acteurs du traitement des copropriétés en difficulté
Redressement (maintien
du régime de la
copropriété,
transformation d?une part
de logements, en LS ou
logement privé)
Recyclage
(transformation
totale en LS ou autre
produit à terme)
Démolition partielle
ou totale de
bâtiments
Pilotage du plan
« copro »
Instance de pilotage de haut niveau associant la Métropole, la Ville et l?Etat
Expertise de
référence sur les
copropriétés
SPLAIN AMP
Veille et
Observation,
recueil de
données
AGAM, ADIL et tout autre acteur intervenant dans le champ de la copropriété
Conduite des
études,
préfiguration,
définition de la
stratégie
Si ORCOD IN = EPF PACA, avec appui de la SPLAIN AMP
Si ORCOD (opération complexe) = SPLAIN AMP
Si autre dispositif = SPLAIN AMP ou Maitrise d?ouvrage Métropole avec appui
de la SPLAIN AMP si besoin
Conduite des
opérations/
coordination
opérationnelle
Si ORCOD IN = SPLAIN AMP à la demande de l?Etat, ou en délégation de
maitrise d?ouvrage par l?EPF PACA (voir si une mesure législative est
nécessaire), à défaut : EPF PACA avec la SPLAIN AMP en AMO
Si ORCOD = SPLAIN AMP
Si autre dispositif = SPLAIN AMP ou maitrise d?ouvrage Métropole avec appui
SPLAIN AMP si besoin
Gestionnaire de
copropriété (dont
gestion transitoire
avant recyclage)
Syndic professionnel,
Si graves difficultés de
gestion (importants impayés
notamment) :
administrateurs judiciaires/
provisoires et syndic
d?intérêt collectif à
développer (agréments
Etat)
Administrateurs provisoires et syndic d?intérêt
collectif à développer (agréments Etat)
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Redressement (maintien
du régime de la
copropriété,
transformation d?une part
de logements, en LS ou
logement privé)
Recyclage
(transformation
totale en LS ou autre
produit à terme)
Démolition partielle
ou totale de
bâtiments
Maitrise
d?ouvrage des
travaux en parties
communes (hors
travaux d?office)
En cas de maintien du régime de la copropriété (ou pendant la phase
transitoire avant recyclage) = AMO « technique » pour la maitrise d?ouvrage
des travaux, pour le compte du gestionnaire, via le syndic d?intérêt collectif
doté d?une compétence technique
Maitrise
d?ouvrage de
travaux d?office
en parties
communes ou
privatives (si
arrêtés)
Ville de Marseille
Acquisition des
lots (et gestion
transitoire des
lots)
Si ORCOD IN : EPF PACA (dont acquisition en urgence, avant la définition
de la stratégie)
Hors ORCOD IN :
ORCOD : SPLAIN AMP, et en attendant la désignation de
l?opérateur pour assurer la requalification, EPF PACA (notamment
si urgence)
Autre dispositif : EPF PACA si besoin d?acquisition préalable, sinon
SPLAIN AMP ou autre opérateur pour les situations moins graves
En lien avec des gestionnaires de biens si besoin pour la gestion des lots
Requalification
des bâtiments
(restructuration/
démolition)
ORCOD et ORCOD IN : Opérateur désigné
pour la requalification (SPLAIN AMP, mode
opératoire pratiqué dans le centre-ville)
Autres dispositifs : SPLAIN AMP ou autre
opérateur si besoin
Cessions, revente
des biens à
réhabiliter ou
transformer
Bailleurs sociaux ou
associations (SOLIHA) ou
autre propriétaire privé
Bailleurs sociaux si
transformation en LS
(acquisition/
amélioration)
Promoteurs ou autre
bailleur si autre
produits
Promoteurs
Accompagnement
social (MOUS)
Maitrise d?oeuvre urbaine et sociale (MOUS) d?accompagnement social, de
relogement temporaire en cas de travaux ou définitif en cas de recyclage
(organismes d?accompagnement social)
Suivi animation /
accompagnement
de la copropriété
et des
Copro+, Citémétrie, Soliha,?
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Redressement (maintien
du régime de la
copropriété,
transformation d?une part
de logements, en LS ou
logement privé)
Recyclage
(transformation
totale en LS ou autre
produit à terme)
Démolition partielle
ou totale de
bâtiments
copropriétaires
(POPAC, OPAH
Copro, PDS,
ORCOD?)
Gestion urbaine
de proximité pour
le parc privé
A déterminer
Aménagements,
équipements
publics
Concessionnaires/ concession d?aménagement (EPAEM si besoin)
Une clarification de la structuration des acteurs est nécessaire pour la conduite des opérations, la
gestion des copropriétés en difficulté, l?appui technique au gestionnaire pour la réalisation de
travaux (dont travaux d?urgence) et en cas de besoins en portage, de leur acquisition et leur
requalification.
2.2.1 La création d?un département « copropriétés » au sein de la SPLAIN
AMP chargé de la conduite des opérations complexes de type
ORCOD, voire d?ORCOD IN en lien avec l?EPF PACA
Les statuts de la SPLAIN AMP prévoient la réalisation, pour le compte de ses actionnaires et sur
le territoire de la Métropole AMP de « toutes opérations de requalification des copropriétés
dégradées »22.
La mission propose de faire émerger la SPLAIN AMP, reconnue pour son expertise du traitement
de l?habitat privé dégradé, comme opérateur des grands ensembles de copropriété et de lui confier
progressivement différentes missions qui seraient réunies au sein d?une direction ou d?un
département « Copropriétés » à créer.
2.2.1.1 Le déploiement de l?expertise et de l?ingénierie acquise dans le traitement de
l?habitat privé ancien sur le champ des grandes copropriétés, en assistance à
maitrise d?ouvrage des collectivités au sein de la SPLAIN AMP
Dans un premier temps, il importe de mettre au service de l?ensemble des acteurs une expertise
sur le traitement des copropriétés délivrée par une équipe pluridisciplinaire dotée de compétences
juridiques, techniques et financières pour le redressement ou le recyclage.
La SPLAIN AMP pourrait alors assurer :
Une fonction de centre de ressources sur la problématique des copropriétés,
22 Statuts de la SPLAIN AMP en date du 1er avril 2021, article 2.
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Un rôle d?AMO auprès de la Métropole, de la Ville et de l?EPF PACA en tant que centre
d?expertise pour le traitement des copropriétés dégradées et d?appui au pilotage, au niveau
de la stratégie générale, et si nécessaire, de la direction de projet des sites de grandes
copropriétés dégradées,
Un rôle d?expert pour les autres acteurs intervenant dans le traitement des copropriétés
(bailleurs,?).
2.2.1.2 Le recours à la SPLAIN AMP pour la conduite des études, préfigurations et des
opérations complexes de type ORCOD, voire d?ORCOD IN
Les opérations de traitement des copropriétés peuvent nécessiter des actions de recyclage et
requérir d?importants moyens financiers pour acquérir et restructurer et aménager.
Parmi les dispositifs destinés aux situations complexes, la loi ELAN a instauré deux dispositifs
ensembliers de traitement des copropriétés qui peuvent prévoir des acquisitions foncières et
immobilières avec possibilité de préemption et expropriation, le suivi-animation des dispositifs
opérationnels du type plan de sauvegarde ou OPAH-copropriétés dégradées, la programmation et
accompagnement social du relogement, la conception et la mise en oeuvre des projets
d?aménagement notamment :
L?ORCOD IN, d?initiative Etat peut être conduite par l?EPF d?Etat qui a la responsabilité de
l?ensemble des outils nécessaires, en gestion directe ou avec le concours d?autres acteurs
et dont les actions de portage est financé à 100% par la TSE (l?ANRU ne prévoit pas dans
sa réglementation le financement des opérations de recyclage ou de portage en ORCOD
IN sauf dérogation exceptionnelle du conseil d?administration de l?Agence23). Les premiers
enseignements tirés des ORCOD IN menées par l?EPF Ile de France confirment le
caractère très déficitaire des opérations de requalification des copropriétés qui exigent un
volume important d?acquisitions. Le modèle financier du portage reposant principalement
sur la TSE atteint ses limites sans les aides complémentaires pour le financement des
déficits et des démolitions,
L?ORCOD de droit commun, d?initiative Etat ou collectivités, peut être conduite par tout
opérateur aménageur (SPLA, SEM?), les actions de portage sont financées par l?ANRU
dans le cadre du NPNRU et/ou l?Anah dans le cadre du droit commun selon le volume de
lots à acquérir et le type de procédure (financement du déficit de recyclage par l?Anah si la
copropriété fait l?objet d?une procédure de carence).
La mise en oeuvre des opérations de traitement des copropriétés se décompose en deux phases :
une phase préalable d?étude pré-opérationnelle ou de préfiguration pour définir la stratégie
partagée de traitement et une phase opérationnelle mobilisant différents acteurs pour mettre en
oeuvre la stratégie.
Aussi, pour les opérations complexes, la mission recommande de confier à la SPLAIN AMP la
conduite des études et de la phase opérationnelle des ORCOD de droit commun ou autres
dispositifs.
Concernant les ORCOD IN (qui intègrent le plan de relogement et un dispositif d'intervention
immobilière et foncière), la loi prévoit que leur conduite peut être confiée par l?Etat après avis du
conseil d?Etat à un EPF d?Etat (cf. l?article L. 321.1.1 du code de l?urbanisme). Or l?EPF PACA
23 Extraits du règlement général de l?ANRU : « Les opérations de recyclage de copropriétés dégradées inscrites
dans des opérations de requalification de copropriétés dégradées (ORCOD) déclarées d'intérêt national tel que
prévu par le L. 741-2 du CCH ne sont pas subventionnables par l'Agence, sauf dérogation exceptionnelle du conseil
d'administration de l'Agence. » ?. « Les opérations de portage massif inscrites dans des ORCOD déclarées
d'intérêt national tel que prévu par le L. 741-2 du CCH ne sont pas subventionnables par l'Agence, sauf dérogation
exceptionnelle du conseil d'administration de l'Agence.
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semble réticente à développer une compétence sur le sujet. Aussi la mission recommande d?étudier
la possibilité de mobiliser la SPLAIN AMP pour la conduite des ORCOD IN, pour le compte de l?Etat
ou de l?EPF PACA.
L'article L 321.1.1 du code de l?urbanisme relatif aux EPF d?Etat stipule que "l'Etat peut
confier par décret en Conseil d'Etat, en application de l'article L. 741-2 du code de la
construction et de l'habitation, à un établissement public foncier la conduite d'une opération
de requalification de copropriétés dégradées d'intérêt national",
L'article L. 327-3 du code de l'urbanisme prévoit que les SPLAIN peuvent réaliser "1° Toute
action ou opération d'aménagement, au sens du présent code, relevant de la compétence
de l'Etat ou de l'un de ses établissements publics mentionnés aux sections 2 et 3 du
chapitre Ier du présent titre » (soit des EPA et EPFA, mais pas des EPF),
L?article L 321.1.1 du code de l?urbanisme stipule que l?EPF d?Etat peut bénéficier, dans la
conduite des ORCOD IN, du concours de GPA (Grand Paris Aménagement) et des EPA.
Les SPLA IN n?étant pas citées explicitement dans la loi comme étant susceptibles de conduire les
ORCOD IN, il conviendra le cas échéant d?étudier la faisabilité de faire évoluer l?article L 321.1.1
du CU dans ce sens pour mettre en oeuvre la recommandation, ou bien de recourir à l?article
L. 327-3 du CU pour permettre à l?Etat de confier l?ORCOD IN directement de l?Etat à une SPLAIN.
A défaut, la Mission recommande a minima de s?appuyer sur la SPLAIN AMP via une large mission
d?assistance à maitrise d?ouvrage.
En attendant une décision sur la conduite des ORCOD IN, la SPLAIN pourrait participer aux études
de préfiguration menées par l?EPF PACA.
L?élargissement du périmètre de compétence de la SPLAIN AMP aux grandes copropriétés en
difficulté devra s?accompagner d?une réflexion sur l?opportunité d?une adaptation de sa
gouvernance.
Créer un département « copropriétés » au sein de la SPLAIN AMP, lui
confier un rôle d?expertise, de centre de ressources sur la thématique des
copropriétés et la conduite des études de préfiguration ainsi que la mise en oeuvre
des opérations complexes de type ORCOD. Pour les ORCOD IN, positionner la
SPLAIN AMP comme appui à l?Etat et/ou à l?EPF PACA dans la phase d?étude de
préfiguration et de mise en oeuvre.
2.2.1.3 Le recours à la SPLAIN AMP pour la requalification des copropriétés
(recyclage), en lien avec l?EPF PACA
Il est recommandé de confier à la SPLAIN AMP la requalification des copropriétés destinées à être
recyclées ou démolies, notamment dans le cadre des ORCOD et ORCOD IN, à l?instar de ce qu?elle
pratique dans le centre ancien pour acquérir le foncier, piloter le relogement temporaire ou définitif
et l?accompagnement social, assurer les travaux de restructuration ou de démolition avant cession
du foncier bâti ou nu. L?intervention de l?EPF PACA dans l?acquisition préalable de lots doit être
structurée pour certains cas.
Pour les copropriétés nécessitant du portage foncier (acquisition partielle ou complète de lots en
vue d?une transformation du bien immobilier), différentes combinaisons sont possibles :
En ORCOD IN :
Les lots sont acquis et gérés par l?EPF PACA puis cédés à l?opérateur (SPLAIN AMP) en
charge de la requalification.
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Dans le cas où le portage de lots est nécessaire avant la fin des études de préfiguration et
avant la définition de la stratégie (urgence d?acquérir pour des raisons techniques, sociales,
financières ou d?opportunités opérationnelles), il est recommandé de :
? Solliciter l?EPF PACA (notamment par la mobilisation de la part de TSE non consommée
sur Marseille cf. 4.2.2.2),
? En cas d?impossibilité de mobiliser l?EPF PACA, solliciter la SPLAIN AMP ce qui impose
alors des dotations financières idoines.
Hors ORCOD IN (ORCOD de droit commun ou autre dispositif dans le cadre d?une procédure de
carence par exemple) :
Dans le cas où la stratégie d?intervention n?est pas établie, ou lorsque les concessions
d?aménagement ne sont pas actives, et qu?il est urgent d?acquérir des lots, ces derniers
pourraient être acquis et gérés par l?EPF PACA puis cédés à terme au futur opérateur
Dans le cas où la stratégie d?intervention prévoit du recyclage et que la concession est
attribuée à la SPLAIN AMP, les lots peuvent être acquis directement par la SPLAIN AMP,
ou par l?EPF en démarrage d?opérations, le temps que le la SPLAIN AMP soit suffisamment
dotée financièrement, par les collectivités locales, pour la réalisation des acquisitions
Un renforcement de l?intervention foncière et de la TSE est absolument nécessaire, soit en
accroissant l?action de l?EPF PACA, soit en créant un nouvel opérateur (cf. chapitre 4)
L?annexe 8 du présent rapport détaille pour ce faire les besoins supplémentaires pour l?EPAEM et
la SLAIN AMP
2.2.2 Pour les ensembles immobiliers maintenus sous le régime de la
copropriété de manière pérenne ou transitoire, la mise en place de
syndics d?intérêt collectif en lien avec les administrateurs judiciaires
pour assurer leur gestion et une offre d?assistance à maitrise
d?ouvrage au gestionnaire pour la réalisation de travaux serait
pertinente
Le rôle de gestionnaire dans le traitement d?une copropriété qui cumule des dysfonctionnements
est majeur, tant en situation de redressement qu?en situation transitoire avant recyclage. Il doit
susciter la confiance des copropriétaires et des partenaires (collectivités et autres opérateurs
publics) pour la gestion administrative, juridique, technique (maitrise d?ouvrage des travaux) et
financière (traitement de la dette et perception des subventions pour la réalisation de travaux) de
la copropriété.
A Marseille, les grands ensembles de copropriétés en difficulté sont gérés, soit par des syndics
professionnels, soit par des administrateurs provisoires instaurés par décision de justice au regard
de la gravité des dysfonctionnements. En France, peu d?administrateurs judiciaires oeuvrent en civil
sur la problématique des copropriétés. A Marseille, l?administrateur judiciaire désigné pour la
gestion des copropriétés vient de Paris et pourrait vite être sous-dimensionné au regard des
besoins. Aussi, le syndic d?intérêt collectif introduit par la loi n° 2024-322 du 9 avril 202424 pourrait
l?appuyer dans ses missions.
En effet, dans le cadre du concept de « syndic d?intérêt collectif », la loi crée un agrément qui
« atteste de la compétence de son bénéficiaire pour intervenir dans les copropriétés faisant l'objet
24 Loi n° 2024-322 du 9 avril 2024 visant à l'accélération et à la simplification de la rénovation de l'habitat dégradé
et des grandes opérations d'aménagement
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des procédures prévues aux articles 29-1 A et 29-1 » du code de la copropriété. La loi stipule que
« le syndic d'intérêt collectif est présumé compétent pour gérer les copropriétés pour lesquelles un
mandataire ad hoc a été désigné sur le fondement de l'article 29-1 A. Il peut également, à la
demande d'un administrateur provisoire désigné sur le fondement de l'article 29-1, assister ledit
administrateur dans ses fonctions de gestion. ».
Par ailleurs, la loi précise que « l'agrément est délivré par le représentant de l'Etat dans le
département pour une durée de cinq ans, au regard notamment de la capacité et des compétences
du syndic à accomplir les missions et que « les organismes d'habitations à loyer modéré [?] et les
sociétés d'économie mixte |?] peuvent, à leur demande expresse, se voir reconnaître de droit la
qualité de syndic d'intérêt collectif, sans se soumettre à la procédure d'agrément ».
Dans le cadre d?un dispositif de redressement, ou préalablement à un recyclage, une copropriété
peut être contrainte d?engager des travaux dans les parties communes dont certains en urgence
afin de sécuriser les bâtiments. La mise en oeuvre des travaux dans les parties communes de
copropriété, qui peuvent être subventionnés de manière conséquente par l?ANAH, exige alors une
expertise spécifique : connaissance des contraintes techniques des bâtiments collectifs
(notamment de grande taille), capacité à définir un programme de travaux hiérarchisé, intervention
en milieu occupé?
La mobilisation d?une ingénierie pour assister techniquement les gestionnaires pourrait faciliter
dans certains cas la programmation et la mise en oeuvre de travaux sur les copropriétés en difficulté
de Marseille. Cette mission pourrait être réalisée par un syndic d?intérêt collectif (en le dotant d?une
compétence technique), ou par un bailleur rodé à la maitrise d?ouvrage de travaux dans les
immeubles collectifs des années 60. A titre d?exemple, en Ile de France, CDC Habitat a développé
une offre d?assistance à maîtrise d?ouvrage (AMO) chargé de piloter la réalisation de travaux
d?urgence dans les parties communes pour le compte des gestionnaires de copropriété en
mobilisant les membres du GIE Grand Paris Habitat (21 organismes de logement social : offices
départementaux ou communaux, les SEM et les ESH) pour leurs moyens humains et techniques
nécessaires à la conduite de ces chantiers de rénovation complexes (cf. exemple de la copropriété
de Grigny placée sous administration judiciaire qui a missionné CDC Habitat pour une AMO
travaux).
Aussi, pour alléger la charge de l?administrateur provisoire et lui permettre d?intervenir sur un
volume plus important de copropriétés, la mission recommande de développer la fonction de syndic
d?intérêt collectif pour appuyer l?administrateur provisoire dans la gestion courante et/ou la maitrise
d?ouvrage des travaux en parties communes.
S?agissant des organismes HLM susceptibles d?assurer ce type de missions, il est fortement
recommandé de formaliser un agrément ou un autre type de document pour attester de leur
compétence en termes de gestion des copropriétés.
Renforcer la gestion des copropriétés en difficulté en instaurant des
syndics d?intérêt collectif agréés par l?Etat en appui aux administrateurs provisoires
pour la réalisation de la gestion courante et la maitrise d?ouvrage des travaux en
parties communes, dont les travaux d?urgence.
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2.2.3 La mobilisation des bailleurs sociaux est essentielle pour la
transformation des lots de copropriétés en logements sociaux
En cas de défaillance des propriétaires privés, la transformation des logements de la copropriété
en logement social est une réponse opérationnelle qui présente un intérêt si le bâtiment peut être
réhabilité ou restructuré sur le plan technique, dans le cadre d?opérations d?acquisition /
amélioration par des bailleurs sociaux. D?ailleurs, les montants de déficits générés par une
opération de transformation en logement social s?avèrent généralement moins importants que ceux
générés par une opération de démolition avec relogement de l?ensemble des ménages.
La transformation de lots privés en logements sociaux peut répondre à 2 types de stratégie
opérationnelle :
La transformation de la copropriété en copropriété mixte (privé et social) reposant sur une
acquisition partielle de lots par les bailleurs sociaux dans un objectif de redressement de
la copropriété (ce mode opératoire permettant d?éviter une appropriation publique très
coûteuse),
? Une acquisition de quelques lots pour entrer dans la copropriété et assurer le portage
de lots ciblés de quelques propriétaires impécunieux ou défaillants,
? Une acquisition d?une part conséquente des lots pour pouvoir agir et influer sur la
copropriété (poids suffisant pour les prises de décision en assemblée générale),
La transformation complète de la copropriété en logement social, une acquisition de tous
les lots.
Actuellement, les bailleurs sont plus enclins à intervenir dans la transformation complète de la
copropriété en logement social que dans la transformation partielle.
Pour la copropriété de Maison Blanche, les lots acquis par l?EPF PACA sont cédés progressivement
à UNICIL avec un engagement de la part de l?EPF PACA de poursuivre son intervention foncière
jusqu?à l?acquisition de tous les lots. Ce mode opératoire permet de décharger les bailleurs des
contraintes liées à l?acquisition des lots de la copropriété (par voie amiable, préemption ou
expropriation), de garantir une maitrise publique complète de l?ensemble immobilier pour favoriser
sa transformation en logement social et sa sortie définitive du régime de la copropriété.
Aussi, la mission recommande le développement d?une filière de la production de logements
sociaux en acquisition/ amélioration de logements par la mobilisation de bailleurs (comme UNICIL,
CDC Habitat, voire ERILIA) pour la transformation des ensembles immobiliers en copropriété mixte
(acquisition partielle de lots dans le cadre d?une opération de redressement) ou en ensemble
immobilier de logement social (acquisition totale).
2.2.4 L?extension du périmètre de compétence de l?EPAEM pour
l?aménagement à envisager
Hors ORCOD IN, dans le cas où le traitement des copropriétés exige la réalisation d?opérations
d?aménagement et d?équipements, il est proposé de mobiliser l?EPAEM dans le cadre de
concessions en élargissant son périmètre de compétence pour qu?il puisse intervenir dans ces
domaines, de façon facultative, à la demande de la Métropole ou la Ville, dans la continuité de ce
qui a été décidé pour Maison Blanche par exemple.
Cette mobilisation pourrait également intervenir dans le cadre des ORCOD IN. En effet, pour la
mise en oeuvre de ces opérations, les EPF d?Etat disposent à titre dérogatoire de la compétence
d?aménagement (en dehors des ORCOD IN, la loi ne permet pas aux EPF d?intervenir en
aménageur, leur action se limitant à la préparation des terrains et au proto-aménagement). Or,
l?EPF PACA n?envisage pas, pour l?heure, de développer une compétence en aménagement. Une
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délégation de maitrise d?ouvrage par l?EPF PACA à l?EPAEM pourrait être envisagée.
L?extension du périmètre de compétence de l?EPAEM à l?échelle de
l?ensemble de Marseille permettrait de le mobiliser, à la demande des collectivités, en
appui pour des aménagements ou conduites d?équipements publics sur des sites à
enjeux de rénovation urbaine (NPNRU et Programme d?intérêt national des
copropriétés dégradées) et des études préalables d?aménagement.
2.2.5 L?accompagnement d?un plan global et partagé de suivi et de
traitement des copropriétés et la préfiguration d?un cadre partenarial,
piloté par la Métropole en lien avec la ville et l?Etat est opportun
La mobilisation des acteurs de la copropriété pourrait être formalisée dans un nouveau plan global
de suivi et de traitement des copropriétés piloté par la Métropole, en lien avec la Ville et l?Etat qui
comprendrait :
Un nouveau cadre de relations partenariales prévoyant pour toute la chaine d?intervention
l?articulation et le partage des moyens et des compétences des différents acteurs (charte
des acteurs de la copropriété),
La déclinaison d?une stratégie de traitement pour chaque catégorie de copropriétés (selon
son degré de difficulté), prévoyant une capacité d?observation accrue pour prévenir les
dérives des copropriétés, la fonction d?observation gagnerait également à être renforcée
sur le centre ancien, pour évaluer l?évolution de l?état du bâti et des risques associés,
Un renforcement des dispositifs de traitement et d?accompagnement des copropriétés
selon leur degré de fragilité ou de difficulté qualifié à partir des données issues des
études/diagnostics des copropriétés ou de l?observation. L?identification précoce des
dysfonctionnements favorisera une action publique de redressement (même lourde) sur
des situations réversibles, moins coûteuse qu?une action tardive exigeant des besoins
massifs d?appropriation publique,
Les modalités d?intervention en cas d?urgence (dont besoins en portage),
Un renforcement des syndics et des prises de position des bailleurs sociaux dans ces
ensembles résidentiels, pour avoir un suivi dans la durée.
La charte des acteurs de la copropriété pourrait être préfigurée à l?échelle de la ville de Marseille
(voire de la Métropole) identifiant les acteurs et leur rôle dans le traitement des copropriétés en
redressement, recyclage ou démolition. Cette structuration pourrait alors être déclinée et anticipée
pour chaque opération, avant le lancement des dispositifs de traitement de manière à disposer
d?un cadre d?acteurs prêts à intervenir.
Etablir un nouveau cadre partenarial de type « charte des acteurs de
la copropriété » à l?échelle de Marseille, identifiant les acteurs et leur rôle dans le
traitement de la copropriété en redressement, recyclage ou démolition. Inscrire cette
charte dans un plan global de suivi et de traitement des copropriétés en
redressement, recyclage ou démolition.
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3 La production de logements sociaux et la reconstitution
de l?offre : l?extension à court terme du périmètre de l?OIN
Euromediterranée reçoit, à ce stade, un accueil réservé
des acteurs locaux, mais cette perspective reste utile et ne
doit pas être écartée
3.1 Une crise de la production de logement qui s?explique d?abord
par le manque de projets d?aménagement et d?anticipation
foncière
3.1.1 La pénurie de logements sociaux à l?échelle de Marseille est une
réalité historique, qui tend à s?accentuer dans le contexte
économique actuel
En septembre 2023, le nombre total de demandes de logements sociaux s?établissait à 47 990
dont 11 821 demandes de mutation (25 %) et 36 169 primo-demandes (75 %), à rapporter à un
parc de 86 070 logements sociaux « SRU »25. Le nombre de demandeurs est en forte hausse
depuis 2019 (pour mémoire, il y avait 38 057 demandes au 1er janvier 2019).
Fin 2022, le nombre moyen de demandes par attribution à Marseille était de 9, proche de celui
observé à Lyon (9,1), à Paris (10,2) et à Nice (13)26. La configuration métropolitaine d?Aix-Marseille-
Provence rend, cependant, la problématique du logement plus critique qu?à Lyon, Paris ou Nice :
dans ces trois villes, les habitants les plus modestes trouvent aussi à se loger en dehors de la ville
centre, à proximité ou dans des secteurs relativement bien connectés par les transports collectifs
urbains.
En outre, la tension locative sociale dans certains arrondissements est parmi la plus élevée au plan
national, avec des ratios demandes/attributions de 39 dans le 1er arrondissement de Marseille, de
68 dans le 6ème et de 22 dans le 7ème, à comparer à un ratio de 48 dans l?arrondissement le plus
tendu de Paris. L?extension de la ville (240 km², dont 150 km² urbanisés, soit près du double de
Paris) et sa mauvaise desserte par les transports en commun (pas de métro desservant la majorité
des QPV) accentuent la tension sociale induite par cette répartition très déséquilibrée des
logements sociaux, au-delà des enjeux de mixité sociale.
Cette situation justifie pleinement une politique affirmée de rééquilibrage de la production de
logement à l?échelle de Marseille, pour le moins, à défaut d?une démarche qui s?inscrive plus
largement à l?échelle du bassin de vie que constitue la métropole pour une large part.
La hausse récente du ratio moyen des demandes par attribution de logements sociaux s?inscrit
dans un contexte de pression économique liée à l?inflation des prix, notamment énergétique. De
façon plus structurelle, cette hausse traduit aussi une croissance démographique (+2 000 habitants
par an entre 2014 et 2020), des besoins liés au desserrement des ménages et à la décohabitation,
une augmentation tendancielle des résidences secondaires et des meublés touristiques, et une
vacance ou faible attractivité du parc de logement privé du fait de sa dégradation et son
obsolescence. Compte tenu de la faiblesse de la production de logement sociaux prévisible dans
les prochaines années (cf. 3.1.3), la tension sociale va s?accroître, avec une déconnexion
croissante entre les prix immobiliers et les capacités financières des ménages. Le logement
25 Source : projet de contrat de mixité sociale de Marseille
26 Source : projet de contrat de mixité sociale de Marseille
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constitue le premier facteur d?affaiblissement du pouvoir d?achat des ménages.
La pénurie de logement sociaux est un frein au développement de la ville, notamment pour
maintenir et attirer des salariés. Elle freine les projets de rénovation urbaine et de traitement des
copropriétés dégradées du fait des difficultés de relogement des ménages les plus modestes.
Au regard des indicateurs de la loi SRU, avec un taux de 21,69 % de logements sociaux en 2022
(à comparer à un objectif de 25%), le manque était de 13 087 de logements sociaux.
3.1.2 Les programmes locaux de l?habitat ont, depuis longtemps, bien
posé les diagnostics et les stratégies mais la production effective de
logements n?est pas à la hauteur des objectifs fixés
L?insuffisance de la production de logements, notamment sociaux, à Marseille a bien été identifiée
comme l?une des priorités d?action publique depuis le premier Programme local de l?habitat (PLH)
intercommunal, à l?échelle de la communauté urbaine Marseille Provence (MPM), sur la période
2006/2010. Une hausse de la production de logement a d?ailleurs été constatée sur cette période,
déjà portée par les premières livraisons du projet Euroméditerranée.
Le PLH 2012/2018 a renforcé la priorité donnée à la production de logements sociaux, et visé un
accroissement global de 25 % de la production de logements, avec des objectifs de 5 000
logements supplémentaires par an à Marseille dont 1 400 logements sociaux.
Le premier PLH métropolitain à l?échelle d?Aix-Marseille-Provence (AMP) couvre la période 2023-
2028 et vise pour la ville de Marseille une production à hauteur de 4 500 logements par an, dont
2 300 logements sociaux (1500 neufs, 600 par recyclage du parc privé), avec une volonté d?amorce
de rééquilibrage à l?échelle de la ville (55 % des logements locatifs sociaux sont situés en QPV, et
majoritairement situés au nord du territoire communal).
Cependant, force est de constater que les livraisons de logements sont inférieures aux objectifs
fixés et aux besoins. Sur la période 2010/2023, le parc de logements entrant dans le champ de la
loi SRU a progressé de 13 244 unités, soit environ mille logements en moyenne par an. A nombre
de résidences principales constant. A ce rythme, il faudra près de 13 ans pour que la Commune
atteigne le taux légal de 25 % de logements sociaux fixé par la loi SRU.
Sur le dernier bilan triennal SRU 2020-2022, la ville de Marseille n?a atteint que 38% de ses
objectifs de logements sociaux. En effet, sur les 7 674 logements sociaux attendus, seuls 2 934
logements sociaux ont été comptabilisés dans l?inventaire, dont 1 880 logements issus du report
de la précédente période 2017-2019. Quant à la production de logements PLAI sur le période 2020-
2022, elle ne s?élève qu?à 20% des logements sociaux produits (alors que l?objectif minimal était
de 30%).
3.1.3 L?insuffisance de la production de logements est la conséquence de
divers facteurs pénalisants, et particulièrement de l?insuffisance de
projets d?aménagement
Le manque actuel de production de logement, notamment sociaux, à Marseille résulte d?un
ensemble de circonstances endogènes à Marseille, mais aussi exogènes, notamment :
Un retard dans le relèvement des objectifs de production de logement, avec un premier
PLH métropolitain qui répond mieux aux enjeux que les précédents, mais qui n?a été adopté
qu?en février 2024 ;
Un freinage des délivrances d?autorisations d?urbanisme en début de mandat municipal,
sur fond de remise en cause du modèle d?urbanisation de la ville, avec une dégradation
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consécutive des relations avec les promoteurs ;
Une hausse des valeurs foncières, une absence de connaissance et de réserves foncières
sur Marseille (cf. chapitre 4) ;
Des limitations dans les capacités de construction liées au PLUI de 2019, avec des objectifs
légitimes de réduction de l?artificialisation et de protection des espaces naturels, mais aussi
des seuils d?application des quotas de logement sociaux qui sont longtemps restés élevés ;
Une priorité politique donnée aux enjeux de renouvellement urbain et de régulation de l?état
du parc privé, reconnaissant ainsi que le parc privé remplit une fonction sociale « de fait »
très importante à Marseille ;
Un éclatement de la gouvernance de l?aménagement et de l?habitat entre la Métropole et
Ville, mais aussi entre les élus au sein de ces collectivités et de leurs opérateurs ;
Une production de logement social réalisée en grande partie en VEFA27 dans un contexte
de crise de la promotion privée immobilière à l?échelle nationale, du fait de la hausse du
prix des matériaux, de l?énergie, du foncier et des taux d?intérêt ;
Enfin, comme les autres métropoles, Marseille a aussi subi les conséquences de la crise
sanitaire récente qui a mis entre parenthèses l?avancement de nombreux projets
immobiliers.
Plus que tous ces facteurs, qui pour beaucoup ne sont pas propres à Marseille, il apparaît à la
mission que la principale cause du retard en termes de production de logement est une difficulté
historique des acteurs locaux à faire émerger et mettre en oeuvre des projets d?aménagement
urbain.
Les différents PLH, et en particulier celui de 2024, ont bien identifié l?enjeu de la stratégie foncière
et de la mise en adéquation des documents d?urbanismes, mais ils cantonnent les acteurs publics
dans une fonction de régulation, avec des objectifs de production territorialisés par arrondissement,
et non d?action, avec des projets d?aménagement public.
Le PLUi approuvé le 19 décembre 2019 et modifié le 30 juin 2022, a certes défini des orientations
d?aménagement et de programmation (OAP) sur 22 secteurs jugés stratégiques, qui expriment des
intentions d?aménagement. Ces OAP donnent une place importante aux principes de composition
urbaine, de traitement des espaces collectifs, de mobilité de proximité et de structuration paysagère
et naturelle. La dimension programmatique en termes d?habitat est cependant peu présente, même
si, sur quelques sites, des orientations sont données en matière d?affectation du sol (dominante
habitat ou économique), sans chiffrage du potentiel de production de logements. Le choix et le
traitement des OAP ne semblent pas avoir été guidés par des objectifs de production de l?habitat,
ni d?ailleurs de desserte par les réseaux lourds de transport urbain.
En tout état de cause, l?existence d?OAP ne garantit pas le passage à des phases opérationnelles
(ZAC28, ZAD, PAE, ?) : des études pré-opérationnelles sont nécessaires avant de pouvoir décider
et concerter la population qui doivent faire émerger des projets urbains et documenter leur
faisabilité, notamment sur le plan foncier, de l?acceptabilité, de l?intégration technique et
environnementale, des recettes et du financement.
La nécessité d?un changement de modèle, vers un urbanisme de projet et non plus uniquement
réglementaire, s?impose peu à peu parmi les décideurs locaux, ceci d?autant plus que le PLUi de
2019 a logiquement réduit les espaces à urbaniser, poursuivant des objectifs de densification du
bâti, de recyclage, d?économie du sol et de protection des écosystèmes naturels et surfaces
27 VEFA : Vente en état futur d?achèvement
28 ZAC (zone d?aménagement concertée), ZAD (zone d?aménagement différé), PAE (plan d?aménagement
d?ensemble).
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agricoles. L?enjeu est maintenant de passer à la décision publique puis à la mise en oeuvre, et donc
d?engager des études préalables sur des secteurs à enjeux.
3.1.4 Une production de logements (dont sociaux) portée principalement
par la promotion privée et l?OIN Euroméditerranée
Conséquences de ce manque d?initiative publique en matière d?aménagement opérationnel, le
Contrat de mixité sociale (CMS) pour 2023/2025 acte que :
70 % des 5 779 nouveaux logements sociaux livrés (en incluant ceux déjà en travaux)
seront produits par l?initiative privée diffuse (VEFA), en dehors des périmètres
opérationnels d?aménagement public, avec un fort risque de non atteinte des objectifs du
fait de la conjoncture nationale atone pour la filière de la construction et du manque
d?anticipation foncière. Le taux de projets agréés mais non réalisés pourrait, selon les
professionnels, s?élever à environ 15 % ou 20 % (au lieu de 10 % jusqu?aujourd?hui),
Les ZAC de l?opération d?intérêt national Euroméditerranée représenteront à elles-seules
12 % des nouveaux logements sociaux attendus sur la période 2023/2025,
Les ZAC de compétence métropolitaine, en particulier à la Capelette, Vallon Régny et
Flammarion, représenteront au total 11 % des logements identifiés,
Le conventionnement de logements locatifs sociaux dans les opérations de recyclage
d?habitat indigne ancien (au travers de l?action de la SPLA-IN Aix Marseille Provence et des
concessions métropolitaines d?éradication d?habitat indigne) représentera 4 % des
logements SRU identifiés sur la période 2023-2025.
Dans un tel contexte, la capacité des bailleurs sociaux à participer à l?effort de construction est
faible et leur stratégie consiste, essentiellement, à acheter des lots dans des programmes privés
en construction. Les valeurs foncières sont en effet trop élevées pour qu?ils puissent s?aligner face
à des promoteurs privés et équilibrer les opérations. Cette évolution conduit à réduire le parc dédié
des bailleurs sociaux, affecté par les démolitions, et accroît leur taux de charges fixes.
Cette faible maîtrise publique de la production de logements n?est pas non plus favorable à un
rééquilibrage spatial de l?offre sociale à l?échelle de la ville et à la cohérence avec la politique des
mobilités.
3.2 Passer de la logique d?un urbanisme réglementaire à celle d?un
urbanisme de projet et préparer les futures opérations
d?aménagement possible, dans une perspective de production
de logement, en remettant à plus tard le choix de celle qui
pourrait faire l?objet d?une OIN
3.2.1 L?extension de l?OIN n?est pas souhaitée par la Ville et la Métropole :
un sujet sensible qui reste cependant une perspective incitatrice
La mission a constaté que les élus locaux (notamment de la ville) ne sont pas, à ce stade,
favorables à un élargissement de l?opération d?intérêt national. Cette réserve tient à la vigilance
quant à une forme de nationalisation par l?Etat de l?exercice de compétences décentralisées et
vraisemblablement au signal politique que pourrait donner, à quelques mois des élections locales,
ce presque constat de carence.
Sur le plan politique, Euroméditerranée a d?ailleurs longtemps été un point de débat, et son
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extension le serait aussi (surtout si les visions d?aménagement ne sont pas claires), une part de la
population considérant que le projet a été trop radical sur le plan urbain, et guidé par les intérêts
économiques plus que les besoins des marseillais.
Les élus métropolitains et municipaux reconnaissent cependant que les capacités d?ingénierie de
l?EPAEM et sa gouvernance sont des atouts pour la mise en oeuvre de grands projets, impliquant
une continuité des orientations. Dans le contexte national actuel, ils s?interrogent cependant sur la
capacité de l?Etat à être un point de stabilité.
Les élus sont également sensibles aux financements que l?État pourrait apporter aux projets locaux
dans le cadre d?une OIN et à son effet d?entraînement vis-à-vis de financements du Département
et de la Région. Pour autant, au regard des difficultés de négociation des surcoûts d?Euromed 2,
ils restent dubitatifs sur la capacité de l?État à engager des moyens substantiels dans de telles
opérations, tant sur le plan financier que des effectifs.
La mise en place d?un Projet Partenarial d?Aménagement (PPA) associé à la création de plusieurs
périmètres de Grande Opération d?Urbanisme (GOU) recueille encore moins les faveurs des élus
locaux qu?une OIN, considérant que cela apporte des complications sans contreparties (ingénierie,
gouvernance, financement).
Les décideurs locaux, élus et fonctionnaires et en particulier ceux de la Métropole, semblent par
ailleurs considérer que les actions entreprises pour réformer et renforcer l?organisation de leurs
propres services et opérateurs devraient leur permettre de viser une certaine autonomie d?action,
sans dépendre de l?État. La Métropole indique ainsi avoir engagé une restructuration de ses
opérateurs d?aménagement (SOLEAM, FACONEO, SPLA Pays d?Aix, ?) pour consolider les
capacités d?ingénierie et d?expertise à l?échelle d?Aix Marseille Provence. Logiquement, la Ville
apparaît moins avancée sur ce plan et son champ d?activité reste plus étroit (équipements
municipaux, voirie).
Malgré ces réserves, au vu de la situation critique en matière de logement à Marseille, la mission
considère que poser aujourd?hui la question de l?élargissement de l?OIN et par la même occasion
du devenir de l?EPAEM, ne doit pas être exclu. Aussi, elle recommande que l?État renforce son
appui en matière d?aménagement à Marseille, via l?EPAEM, en se situant clairement dans une
logique d?accompagnement des collectivités locales, et non de leur substitution.
S?il était décidé, le renforcement temporaire et partiel du soutien de l?État en matière
d?aménagement via une OIN devrait donc s?inscrire dans une perspective de retour rapide au
régime de droit commun en termes de compétences. Toutes les solutions devront être conçues de
façon à susciter un effet d?entrainement sur l?ensemble des opérateurs locaux (autres que ceux de
l?Etat) et à transférer in fine les capacités d?ingénierie des opérateurs d?Etat aux collectivités locales.
3.2.2 Deux préalables à un débat sur l?extension de l?OIN : une affirmation
de changement de modèle d?urbanisation porté par l?EPAEM et une
limitation de l?instruction des actes d?urbanisme par l?Etat
Dans la perspective d?une OIN élargie, la mission appelle l?attention sur deux points de vigilance :
Un préalable à une médiatisation de l?hypothèse d?une extension de l?OIN sera l?affirmation
d?une rupture par rapport au mode d?aménagement d?Euromed 2 par l?EPAEM. L?approche
actuelle par macro-lots confiés à des promoteurs privés sur des espaces urbains
entièrement recyclés, forcément singulière à l?échelle de la ville, ne pourra pas être la
référence pour le futur. Il s?agira manifestement à l?avenir de composer avec les tissus
existants dans une perspective de requalification, de densification et de valorisation. En
l?état, la Mission estime qu?une mise en débat politique de l?extension de l?OIN serait
périlleuse si les projets urbains considérés ne sont pas clairement partagés, surtout dans
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une période préalable à des élections municipales,
La question des modalités de gestion des autorisations d?urbanisme est importante pour
les différents acteurs. A droit constant, l?extension de l?OIN impliquerait le transfert de toutes
les autorisations d?urbanisme (article L 422-2 du code de l?urbanisme), même si un accord
a permis à l?État de s?appuyer sur les services et outils de la Ville pour leur instruction.
Sur le plan symbolique, elle manifesterait pour la Ville une perte de lien avec ses administrés et le
dessaisissement de ses compétences. Elle complexifierait l?instruction (doublon d?instruction), tant
pour les pétitionnaires que pour les services, et réduirait les bénéfices de la dématérialisation des
procédures et la modernisation des outils « application du droit des sols » (ADS) de la Ville,
reconnue sur le plan local.
Pour les services de l?État, ce transfert de compétences induirait un surcroît d?activités avec des
moyens (effectifs et outils numériques) souvent insuffisants. Cette hausse de charge serait accrue
si l?extension concerne des zones déjà consolidées sur le plan urbain, qui génèrent de nombreux
actes de gestion quotidienne de l?urbanisme (déclarations de travaux, permis pour agrandissement
ou changement de vocation d?un espace...).
Si l?élargissement de l?OIN devait être décidé, la mission recommande d?examiner au niveau
réglementaire la possibilité de réduire le périmètre du transfert de compétence aux actes à forts
enjeux ou aux périmètres d?aménagement opérationnel.
Pour donner une mesure du poids des actes courants, sans enjeu, il est possible de se référer à
des chiffres sur l?année 2022, qui montrent que le nombre de permis de logements significatifs
(plus de 30 logements) s?est limité à 32 actes, à rapporter à un flux de 1 500 permis de construire
par an et 4 400 déclarations de projet instruites aujourd?hui par la Ville, traités par une équipe ADS
de 16 instructeurs dans un service de 28 agents.
Pour mémoire, Euromed II génère un flux de l?ordre de 50 permis et 150 déclarations par an, et
mobilise 1 instructeur expert (B+ ou A) et un 1 instructeur B pour les déclarations de projet. La
DDTM travaille aujourd?hui avec des outils ADS clairement en retard sur ceux de la Ville (logiciel
ADS de 2007, sans géoréférencement, ne permettant aucun croisement automatisé permis /
zonage PLUi, avec une transmission dématérialisée très instable), ce qui induit une perte de
productivité dans l?instruction, de qualité de service pour les administrés et de sécurité juridique.
Une augmentation significative de la volumétrie des actes au niveau de la DDTM des Bouches-du-
Rhône justifierait une réflexion nationale sur les capacités techniques des services ADS, au regard
de l?extension de l?OIN Euroméditeranée mais également des autres projets (potentielle OIN Fos
Etang de Berre, projets industriels d?intérêt national, développement agro-photovoltaïque?).
3.2.3 Un scénario d?élargissement des opérations d?aménagement et de
périmètre de l?OIN en continuité au nord du périmètre actuel
d?Euromed ne se traduirait que par une production modeste de
logements, sans favoriser un rééquilibrage au niveau de la ville
La mission a tout d?abord analysé l?opportunité d?une extension du périmètre de l?OIN en continuité
d?Euromed II vers le nord jusqu?à Campagne Lévêque, en incluant la Cabucelle et la zone d?activité
des Arnavants. Cette extension correspondrait peu ou prou au périmètre d?extension des
compétences de l?EPAEM qui a été soumis pour avis aux collectivités par le Préfet de région le 29
mars 2024.
Le périmètre considéré représente environ 330 ha (deux fois celui d?Euromed II) et correspond en
grande partie à des zones urbanisées déjà bien structurées, sans enjeu de renouvellement massif
comme c?était le cas sur Euromed II. Une partie du périmètre fait l?objet d?une OAP sectorielle au
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PLUi de 2019, qui envisage une transformation urbaine autour de 3 points :
Le noyau villageois de St Louis et le pôle d?échange St Exupéry, à consolider sur le plan
des commerces et des aménagements,
Le site des anciens abattoirs, qui fait l?objet d?un projet de ZAC à vocation essentiellement
économique, mais aussi quelques espaces pour les logements,
Le secteur du boulevard de la Méditerranée, pour le redynamiser sur le plan économique.
Le périmètre envisagé par l?État s?étendait également à l?Est, en intégrant la zone d?activité des
Arnavaux, qui représente 100 ha et compte environ 4000 emplois.
En tout état de cause, au vu des documents transmis, la mission n?est pas en mesure de constater
l?existence :
D?un projet urbain d?ensemble du secteur qui soit une réponse aux enjeux de production
de logement, notamment social. Sur les trois sous-secteurs ci-dessus mentionnés, l?OAP
renvoie à des objectifs d?aménagement public et de développement des activités
économiques, mais très marginalement de logement. L?émergence d?un nouveau projet
urbain orienté vers le logement impliquerait des études foncières approfondies, et le
potentiel de mutabilité semble relativement limité sur ce secteur, déjà très consolidé,
D?un schéma des équipements et aménagements publics, qui permette un chiffrage,
d?autant que le projet d?extension du tramway ne semble pas avoir été intégré dans cette
OAP de 2019, qui doit certainement être en cours d?actualisation,
De bilans financiers d?une transformation de ce secteur, en partant d?une programmation
fonctionnelle et des recettes escomptées.
Compte tenu du nombre d?habitants et d?entreprises implantées sur ce secteur, l?impact sur les
moyens d?application du droit des sols (ADS) de la DDTM des Bouches-du-Rhône serait significatif,
avec sans doute un doublement des équipes actuellement affectées à Euromediterranée. L?impact
dépendrait évidemment du calendrier de cette extension, et sa superposition, ou non, avec la
finalisation d?Euromed I et II, et le transfert vers la Ville de ces territoires.
En tout état de cause, au vu des orientations d?urbanisme existantes, la mission considère qu?une
telle extension de l?OIN vers le nord ne paraît pas de nature à relever significativement le défi de
la production de logements mixtes, ni d?amorcer un rééquilibrage des logements sociaux vers les
secteurs autres que le nord de Marseille. La justification d?un transfert de responsabilité à l?État via
une OIN ? indispensable lors du passage au Conseil d?État - n?apparaît pas évidente pour un tel
scénario.
Par contre, un projet d?aménagement porté à l?échelle locale trouverait sans doute toute sa
pertinence en termes de densification marginale, de requalification du cadre de vie (continuités,
offre commerciale de proximité) et de développement économique.
3.2.4 En revanche, un scénario d?étude « multi-sites », sur les secteurs les
plus stratégiques pour la production de logements, en cohérence
avec les transports, pourrait étayer une éventuelle décision
d?extension de l?OIN, et surtout avoir un effet d?entraînement sur
l?aménagement à l?échelle de la ville, à la hauteur du défi de l?habitat
La mission constate que le territoire de Marseille ne dispose plus de réserves foncières aisées à
mobiliser et qu?aucun secteur n?a été identifié au PLUi pour une transformation profonde, à l?instar
d?Euromed II. La réponse aux objectifs du PLH passera donc nécessairement par une multiplication
des opérations ponctuelles, réparties sur l?ensemble du territoire, en veillant à faire émerger des
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tissus urbains qualitatifs et fonctionnels, notamment sous l?angle des mobilités. Pour limiter les
coûts d?investissement, il importera de s?appuyer au maximum sur les réseaux viaires existants, en
retraitant les aménagements publics et paysagers, et en recherchant des solutions économes
adaptées au climat méditerranéen et au changement climatique.
Plutôt qu?une décision rapide sur une extension d??OIN, peu efficace, la mission recommande un
scénario « multi sites », qui consisterait à confier à l?EPAEM le portage d?études préalables aux
projets d?aménagement sur plusieurs secteurs stratégiques de Marseille, dans une perspective de
production de logements et en s?appuyant sur les réseaux de transports urbains existants.
L?EPAEM associerait l?AGAM et l?EPF PACA, selon des modalités à définir et travaillerait en lien
étroit avec la Métropole et la Ville.
Ce scénario vise à accompagner les collectivités locales au niveau de la phase pré-opérationnelle
pour accélérer le passage en phase d?aménagement et permettrait d?avoir un effet d?entraînement
à l?échelle de la ville, sur un nombre suffisant de zones pour répondre à l?enjeu de logement, tout
en évitant une concentration des logements sociaux au nord de la ville.
A l?issue de ces études préalables, les collectivités pourraient porter sur ces secteurs des
démarches classiques d?aménagement (ZAD, ZAC, PAE, DPU?), avec leurs opérateurs, voire
l?EPAEM ou ses filiales (cf. infra), via des concessions d?aménagement ou des mandats plus
restreints. S?il est, à ce stade, jugé nécessaire de recourir à une OIN sur l?un ou l?autre des secteurs,
il conviendra de choisir son périmètre au regard de son intérêt national, en matière de logement
ou de transports, et des moyens qui pourront y être affectés par l?Etat.
Les études préalables à l?aménagement opérationnel que porterait l?EPAEM, avec l?AGAM et l?EPF
PACA comprendraient des analyses foncières (potentiel de mutabilité), des plans guides
d?aménagement, des chiffrages de dépenses et recettes, et une programmation temporelle. Elles
permettraient de confirmer l?intérêt de ces secteurs pour la production de logements et de préciser
les modes d?intervention pertinents, à l?initiative des collectivités ou via une OIN le cas échéant,
pour l?un ou l?autre des secteurs.
Le délai de ces études en amont pourrait être de l?ordre de 24 mois (à approfondir avec l?EPAEM
et l?AGAM), et leur montant de l?ordre d?un million d?euros par site. L?avancement des études
préalables devrait être jalonné par des points d?étape à haut niveau, avec une implication forte de
l?Etat pour accompagner la fixation du programme et des orientations générales d?aménagement.
La mission a analysé, sans pouvoir conclure à ce stade, 8 zones à enjeux qui pourraient faire l?objet
de telles études préalables, en croisant 4 critères principaux :
Le potentiel de mutation urbaine pour la construction de logements,
La cohérence avec les réseaux de transports et leur développement,
Les gains à attendre en matière de qualité urbaine, gage d?acceptabilité de ces projets,
L?existence d?enjeux potentiels à l?échelle nationale (reconstitution de l?offre de logements,
rééquilibrage territorial de l?offre, cohérence avec les investissements dans les transports
ferroviaires et urbains, lien ville/port).
Ces 8 zones sont les suivantes :
1. Cabucelle, La Calade Campagne Lévêque
2. Saint André, Saint Henri voire Estaque
3. Saint Mitre Château Gombert
4. Belle de Mai Abeilles Blancarde
5. Jarret, Capelette, Florian, La Pomme
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6. La Valentine La Barasse
7. Sainte Marguerite
8. Chanot ? Cité Radieuse
4 zones ont été écartées, en première analyse, mais mériteraient d?être considérées dans le cadre
d?une concertation avec les collectivités locales :
Castellane / Saint Antoine
Bessons / Giraudy / Sainte Marthe / Tour Sainte / Dollet
Saint Barnabé
Chanot second Prado
Bonneveine
Les zones identifiées par la mission ont un caractère exploratoire, pour amorcer un processus de
dialogue partenarial. Si cette approche « multi sites » retient l?attention de l?Etat, la mission
recommande d?engager une phase d?approfondissement avec les collectivités locales, idéalement
sous forme d?ateliers collectifs, et de retenir ensuite les 4 ou 5 zones à enjeux qui pourraient faire
l?objet d?études urbaines et pré-opérationnelles. Ces ateliers pourraient être organisés sous le
pilotage de l?EPAEM, avec l?AGAM et l?EPF PACA. Ce travail devra être articulé avec la démarche
stratégique « comment habiter Marseille en 2050 » lancée par la Ville avec la Métropole.
L?intérêt de la Région et du Département, membres de l?EPAEM, d?être associés à cette dynamique
d?aménagement marseillaise pourra aussi être une des clés de choix des sites, à condition que ce
ne soit pas au détriment des objectifs de production de logements.
Ce scénario « multi sites » impliquerait que des effectifs et les moyens d?études supplémentaires
soient affectés à l?EPAEM, sans que cela porte atteinte aux missions assurées sur Euromed I et II
(cf. Annexe 8). Un tel scénario permettrait un transfert progressif de la gouvernance de l?EPAEM
de l?État vers les collectivités, en assurant la pérennité de capacités d?ingénierie et de pilotage
reconnues.
En tout état de cause, au-delà des études préalables, si l?EPAEM devait s?engager dans la mise
en oeuvre opérationnelle de telle ou telle zone, il semblerait préférable de le faire dans un cadre de
gouvernance correspondant aux enjeux et au territoire concernés. Plusieurs alternatives existent
à l?intervention directe de l?EPAEM, qui nécessiteront un consensus au sein du conseil
d?administration, dont la création d?une filiale de type SPLAIN avec les collectivités.
Dans le cas où, à l?issue des études préalables, le principe d?une OIN multi-sites serait retenu,
celle-ci pourrait être adaptée au contexte marseillais, aux enjeux de décentralisation et
environnementaux. Aussi, une nouvelle génération d?OIN pourrait émerger pour accélérer la
production de logements tout en maitrisant la dépense en volume et dans le temps, et en respectant
les prérogatives des collectivités : limitée à certains secteurs, un périmètre du transfert de
compétences des autorisations d?urbanisme à l?Etat limité aux actes à forts enjeux sur les
périmètres d?aménagement opérationnel en lien avec les services de la ville, le recours à une SPLA
IN (voire d?une SPL IN à créer) pour la conduite de l?OIN (partage du risque financier entre l?Etat et
les collectivités locales), une participation financière de l?Etat au démarrage des opérations pour
impulser la dynamique, puis progressivement dégressive, le bénéfice d?une TSE dédiée (au titre
de l?intérêt national), et une exemplarité des projets au regard des enjeux de développement
durable.
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3.2.5 A court et moyen terme (2030), la réussite d?Euromed II, l?avancement
des ZAC en cours et l?utilisation du foncier public doivent mobiliser
l?attention des décideurs
3.2.5.1 Euromed II, un projet stratégique qui doit être accompagné
La réussite d?Euromed II est l?enjeu majeur de la production de logements des dix prochaines
années. Cette opération prévoit d?ici 2035 la réalisation de 10 000 à 12 000 nouveaux logements
et de 330 000 m² d?activités économiques, ce qui correspond à l?accueil de 20 000 nouveaux
habitants et de 20 000 nouveaux employés, et la réalisation d?un parc sur l?actuelle gare du Canet.
Sur le plan financier, un déficit supplémentaire de 151 millions d?euros est en cours de négociation
pour couvrir le financement du futur Parc des Aygalades, ainsi que la conduite d?un ensemble
d?études liées à la transformation de la façade littorale et des infrastructures qui traversent et
environnent le périmètre.
Vu son ampleur et son délai d?achèvement, ses caractéristiques (macro-lots) et au regard de la
conjoncture immobilière et des tensions sur les revenus des ménages, cette opération présente
des risques.
La mission souligne l?importance d?une mobilisation de tous les acteurs autour de l?EPAEM pour
mener à bien cette opération stratégique. Cela implique :
De finaliser les négociations financières en cours,
De sécuriser les calendriers de réalisation des aménagements publics et équipements,
D?achever la programmation et la commercialisation immobilière,
De suivre attentivement l?évolution des copropriétés, dont certaines donnent d?ores et déjà
des signes de faiblesse, et de prévenir toute dérive,
De traiter en accompagnement l?aménagement des franges d?Euromed 2 sur le plan urbain.
3.2.5.2 L?accélération des ZAC existantes et le recensement du foncier public sont
urgents dans une perspective de développement de projets d?habitat
Outre la sécurisation d?Euromed II, la mission confirme la nécessité de mobiliser tous les leviers
d?action, bien identifiés dans le projet de Contrat de mixité sociale entre la Ville, la Métropole, l?État,
l?EPF PACA et l?Association régionale pour l?habitat social, et notamment :
La mise en oeuvre des ZAC existantes, en renforçant si c?est encore possible sans remise
en cause complète des projets, de renforcer leurs ambitions en termes de production de
logements, notamment la part de logements locatifs sociaux,
L?identification du foncier public qui pourrait faire l?objet de projets immobilier d?habitat mixte
ou logement social, en réservant si possible une part pour des projets sous maitrise
d?ouvrage des bailleurs sociaux. Une attention particulière devrait être portée au foncier
d?ores et déjà acquis par l?EPF PACA sur Marseille, dont certains sont concernés par la
restriction des zones à urbaniser : une analyse au cas par cas de ce portefeuille foncier
serait opportune dans un cadre partenarial,
L?adaptation du PLUi (modifications en cours) pour libérer des projets de logements sociaux,
et généraliser baisser le seuil des opérations pour lesquelles s?impose une obligation de
produire des logements locatifs sociaux dans l?habitat diffus, hors QPV et hors ZAC et PAE.
Les échanges ont permis de retenir un seuil de 30 logements, ce qui est un progrès par
rapport au seuil actuel (80) mais qui reste élevé comparé aux autres grandes
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agglomérations,
Le renforcement de la transformation en logements locatifs sociaux du parc privé existant
sous la forme d?opérations d?acquisition-amélioration via les DIA et la mobilisation renforcée
de l?EPF PACA, le conventionnement des logements privés avec l?ANAH et l?intermédiation
locative dans les arrondissements déficitaires.
Le stock de logements existant sera la ressource principale pour répondre à la demande des
habitants pendant les prochaines années. Toutes les initiatives visant à optimiser l?usage de ce
parc doivent être expérimentées et soutenues (mobilisation des logements vacants des bailleurs
sociaux et du parc privé, en lien avec les dispositifs d?intermédiation locative ou de bail à
réhabilitation, ?).
Confier à l?EPAEM, en lien avec l?AGAM et l?EPF PACA, la réalisation
d?études sur des secteurs stratégiques pour la production de logements, en
cohérence avec les transports. A l?issue des études, identifier les secteurs
susceptibles de faire l?objet d?opérations d?aménagement et la pertinence d?une OIN
sur tel ou tel d?entre eux.
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4 Pour favoriser la production et la reconstitution de l?offre
de logements et le traitement des copropriétés, le
renforcement de l?intervention foncière est impératif
4.1 D?importants enjeux fonciers qui exigent de questionner
l?intervention foncière à Marseille pour les vingt prochaines
années
Au regard des enjeux de portage foncier et de financement liés au traitement des copropriétés en
difficulté et à la production de logements (dont sociaux) dans la durée, le renforcement des
capacités d?intervention foncière à l?échelle de Marseille est indispensable. Le temps estimé pour
le traitement des copropriétés est estimé entre 15 et 20 ans, du démarrage des acquisitions de lots
au redressement ou requalification des ensembles immobiliers.
La mission s?interroge donc sur la capacité actuelle de l?EPF PACA à répondre à l?importance des
enjeux fonciers sur Marseille.
4.1.1 Des besoins importants en foncier pour favoriser la production
neuve de logements, confrontés à une absence de réserves et un
foncier couteux à acquérir voire à dépolluer
La production de logements (dont sociaux) et la reconstitution de l?offre dans le cadre du NPNRU
nécessitent d?importants besoins fonciers mutables et susceptibles d?accueillir un volume important
de logements au regard des besoins. Les seuls objectifs en reconstitution de l?offre des logements
sociaux démolis à Marseille sont établis à près de 3 700 logements en PLAI et en PLUS.
Le PLH métropolitain 2023-2028 qui a récemment été adopté, fixe un objectif de production neuve
sur Marseille de 4 500 logements neufs par an, réparti par arrondissement.
Les acquisitions des logements dégradés ou insalubres dans le tissu ancien contribueront à la lutte
contre l?habitat indigne et à la production d?une offre en acquisition/amélioration (par restructuration,
agrandissement, réhabilitation?) ou en construction neuve après démolition. Toutefois, cette
production restera marginale compte tenu des contraintes parcellaires et urbaines de ces sites. Le
principal enjeu est donc l?accès à un foncier à fort potentiel d?évolution (parcelles nues ou
faiblement bâties, les parcelles de faible densité bâtie au regard de la desserte en transports en
commun, les parcelles d?activité peu denses en emploi?).
A fin 2023, le montant des onze conventions actives29 de l?EPF PACA sur Marseille s?établissait à
359 M¤, dont 100 M¤ pour Euroméditerranée (cf. Annexe 6).
L?EPF PACA a confirmé l?absence d?identification et de réserves foncières permettant la production
de logements à la hauteur des besoins, faute d?anticipation. Face à ce constat, un premier
recensement du foncier public susceptible de favoriser la production de logements a été engagé
par l?Etat et les collectivités locales.
Au-delà de l?accès au foncier à Marseille, se pose la question de son coût en termes d?acquisition
(notamment dans les secteurs où le taux de logements sociaux est faible) mais aussi de remise en
état des sols avant leur cession.
29 Les conventions actives correspondent aux conventions signées entre l?EPF PACA et ses partenaires
(aménageurs, collectivités notamment) pour l?acquisition du foncier dont l?échéance n?est pas encore arrivée à fin
2023.
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Face à l?évolution du coût du foncier, il importe de pouvoir acquérir rapidement le foncier à enjeux,
ce qui permettrait par ailleurs de contourner une éventuelle spéculation de la part d?investisseurs
peu scrupuleux.
De surcroit, les dépenses de remise en état des sols (travaux de démolition, dépollution ou de
proto-aménagement), peuvent s?avérer très élevées. En effet, certains terrains ou friches
anciennement occupés par des activités portuaires ou industrielles réclament des traitements de
dépollution qui renchérissent significativement le coût initial des terrains. Selon une étude réalisée
en 2023 sur les opérations lauréates du fonds friches par le CEREMA, les coûts de remise en état
sont trois fois plus élevés quand le bâti et/ou le sol sont pollués.
4.1.2 Une intervention de l?EPF PACA qui peine à s?affirmer sur le volet des
copropriétés dont le traitement exige un volume important de lots à
acquérir
A Marseille, faute de traitement anticipé, de nombreuses copropriétés sont arrivées à un stade
élevé de déqualification exposant leurs occupants à des risques importants pour leur santé ou leur
sécurité. L?ampleur des dysfonctionnements impose le recyclage partiel ou total des ensembles
immobiliers et l?acquisition des lots par la puissance publique, notamment grâce à la TSE.
Pour les 12 sites en copropriété du cercle 130, le rapport de de l?IGEDD de faisabilité sur l?ORCOD
à Marseille et remis en mars 202331 avait réalisé une première estimation d?un besoin d?acquisition
(en vue de la démolition ou de transformation en logements sociaux) d?environ 1 600 logements (a
minima), dont près de 300 pour une partie des copropriétés marseillaises envisagées au titre de
l?ORCOD IN.
L?EPF PACA a lancé un appel d?offre début 2024 pour la réalisation « d?Etudes de stratégie habitat
dans le cadre des missions de l?EPF concernant les copropriétés dégradées du programme
d?intérêt national (PIN) » sur les 13 ensembles immobiliers métropolitains, dont 10 situés à
Marseillais. Parmi ces 10 ensembles marseillais, 4 feront l?objet d?une étude prioritaire pour la
préfiguration d?ORCOD IN. Ces études devraient préciser les besoins en portage qui pourraient
d?avérer beaucoup plus importants que les premières estimations au regard notamment du rythme
de déqualification des copropriétés.
Dans le cadre des ORCOD IN, contrairement aux ORCOD, les opérations de recyclage sont
financées principalement par la TSE, sans les aides de l?ANRU.
Or, localement, la mission observe une absence de consensus politique pour adopter, à l?échelle
de la Région PACA, une TSE au profit des copropriétés marseillaises. La mise en oeuvre des
ORCOD IN par l?EPF PACA n?est donc pour l?heure pas garantie.
4.2 Un renforcement de l?intervention foncière à Marseille est une
nécessité
Marseille est confrontée à deux phénomènes, la pénurie de logements d?une part et l?obsolescence
technique des logements existants d?autre part qui créent une forme d?insécurité résidentielle pour
les marseillais.
30 Cf. l?accord partenarial pour une stratégie d?intervention sur les copropriétés dégradées établi pour la période
2017-2023
31 Rapport n° 014856-01 « Rapport de faisabilité sur la perspective d?une ORCOD avec un caractère d?intérêt
national »
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Par ailleurs, les habitants sont confrontés à des tensions de plus en plus fortes sur le marché du
logement qui les paupérisent et les fragilisent. Le poids du logement dans le budget des ménages
est devenu difficilement soutenable. Aussi, au regard des enjeux de portage et de financement liés
aux copropriétés dégradées et à la production de logements (dont sociaux) dans la durée, la
mission recommande de renforcer les capacités d?intervention foncière à l?échelle de Marseille pour
favoriser le développement d?une offre de logement durable et accessible.
4.2.1 L?identification et la caractérisation des secteurs à enjeux pour la
production de logements est un préalable au développement d?un
observatoire du foncier public et privé à Marseille
Les principaux enjeux fonciers sont les suivants :
En priorité, l?identification et la caractérisation des secteurs à fort potentiel d?évolution (cf.
chapitre 3) pour la production de logements (foncier public et privé). Ce recensement
servira de base à la réalisation d?études préalables d?aménagement intégrant la production
de logements (dont sociaux),
A moyen terme, la constitution d?un atlas regroupant les données sur les caractéristiques
du foncier privé et public (Etat, collectivités, bailleurs, opérateurs) pour identifier les
opportunités en termes d?acquisition dans le cadre de la constitution de réserves foncières,
L?intégration dans l?observatoire foncier des données sur les grandes copropriétés en
difficulté (acquisitions de lots par les bailleurs sociaux ou autres concessionnaires ou
opérateurs notamment).
Cet observatoire pourrait être mis en oeuvre par l?AGAM, en commençant par les secteurs à enjeux
qui feraient l?objet d?études préalables. Cette action devrait être reliée à l?observatoire de l?habitat
instauré dans le cadre du PLH métropolitain 2023-2028.
4.2.2 L?accroissement de l?intervention de l?EPF PACA sur Marseille et la
création d?une TSE et d?une minoration foncière « Logement
durable » sont recommandés
4.2.2.1 Un complément de TSE « Logement durable » pour contribuer au financement
du traitement des copropriétés serait opportun
Pour la réalisation de leur mission, les EPF perçoivent différents types de ressources, dont la TSE32,
les recettes issues de la vente des biens acquis, les prélèvements SRU et des subventions. Le
modèle économique des EPF est fondé sur un équilibre entre les acquisitions et les cessions (dont
les produits contribuent au financement des futures acquisitions).
Pour leur permettre de financer leurs interventions foncières et immobilières, ainsi que celles
confiées par décret en Conseil d?État au titre des ORCOD-IN, les EPF d?Etat peuvent percevoir la
TSE, dont le régime juridique est prévu par l?article 1607 ter du CGI.
Le produit de la TSE est arrêté chaque année par le conseil d'administration de l'EPF, dans la limite
d'un plafond fixé à 20 ¤ par habitant résidant sur le territoire relevant de sa compétence. Par ailleurs,
en 2014, la loi ALUR a prévu qu'une fraction de la TSE perçue par les EPF d'État puisse être
32 TSE : Taxe Spéciale Equipement
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consacrée à la conduite d'ORCOD-IN33. Pour les EPF d'État, ce plafond de 20¤ par habitant se
double d'un plafonnement du produit de TSE, instauré chaque année en loi de finances. Ce double
plafonnement permet d'encadrer à la fois leur modèle économique et la pression fiscale dans les
territoires couverts34.
Pour l?EPF PACA, le plafond de la part fiscale de la TSE est fixé par le PLF 2024 à 38,2 M¤ (soit
environ l?équivalent de 7,46¤ par habitant35 ). La TSE représente actuellement 35 M¤ / an de
montant prélevé localement après déduction des frais fiscaux et 15 M¤ au titre de la compensation
par l?Etat suite à la suppression de la taxe d?habitation. Au total, l?EPF PACA perçoit 50 M¤ de
recettes annuelles, soit un montant équivalent à 9,75 ¤ par habitant, dont 6,7 ¤ par habitant de part
fiscale. A ce jour, aucune TSE complémentaire pour le traitement des copropriétés n?a été voté par
le CA de l?EPF PACA, contrairement à celui de l?EPF Occitanie et de l?EPFIF.
Pour l?EPFIF, depuis 2014, le produit de TSE s?établit à 15 ¤/habitant (soit environ 175 millions
d?euros par an à l?échelle régionale). De 10 ¤ jusqu?en 2013, la hausse de 5 ¤ est intervenue en
2014 pour financer les ORCOD IN. La part de TSE dédiée à ces opérations s?établit donc à 60
millions d?euros par an (5¤ par habitant, environ 12 millions d?habitants), soit un tiers de l?enveloppe
régionale de TSE. A noter pour l?EPFIF, le plafond de la part fiscale de la TSE est fixé par le PLF
2024 à plus 139 M¤ (soit environ l?équivalent de 11¤ par habitant).
Parmi les raisons invoquées pour justifier le refus du CA de l?EPF PACA de mobiliser une ressource
supplémentaire figurent le caractère très déficitaire des opérations de traitement des copropriétés,
le risque de ne pas pouvoir couvrir les besoins avec la seule TSE d?autant plus que pour les
OCROD IN les opérations ne peuvent pas bénéficier des aides au déficit de l?ANRU et le fait que
les différents bassins d?habitat de la région sont distincts. L?EPFIF a confirmé à la mission le
caractère très déficitaire des opérations et des difficultés rencontrées actuellement (en phase de
montée en charge) pour équilibrer les opérations d?ORCOD IN sans les aides de l?ANRU.
La mobilisation d?une TSE complémentaire est nécessaire au traitement des copropriétés pour
favoriser une production de logement répondant aux besoins des ménages. Avec une TSE
complémentaire de 3,5 ¤ par habitant, elle rapporterait environ 24 M¤ par an supplémentaires à
l?EPF PACA (cf. Annexe 7). Aussi, la mission recommande de :
Proposer au vote du CA de l?EPF PACA une TSE complémentaire qui pourrait s?intituler
« Logement durable » de 3,5 ¤ minimum par habitant. Cette augmentation suppose de :
? Augmenter le plafond du montant global de la part fiscale de TSE fixé par le PLF pour
l?EPF PACA (passer de 38,2 M¤ par an à 56 M¤, soit 11¤ par habitant, comme pour
l?EPFIF, au lieu de 7,46 ¤ actuellement),
? Augmenter la part de la compensation budgétaire Etat (passer de 15 M¤ à 22,2 M¤),
Soit un montant total de TSE annuel de 74 M¤ (au lieu de 50 M¤ actuellement) et une TSE
complémentaire de 24 M¤ par an.
Un montant de TSE complémentaire plus important pourrait bien entendu être proposé au vote,
notamment si l?étude de préfiguration d?ORCOD IN et le diagnostic des copropriétés concernées
confirmaient la nécessité de relever ce montant pour couvrir les besoins en acquisition.
Par ailleurs, afin d?apporter un minimum de garantie aux élus locaux sur l?équilibre des opérations,
33 La loi ALUR prévoyait une TSE complémentaire consacrée aux ORCOD IN dans la limite de 5¤ par habitant
résidant sur le territoire relevant de la compétence. La loi du 9 avril 2024 visant à l'accélération et à la simplification
de la rénovation de l'habitat dégradé et des grandes opérations d'aménagement a supprimé le plafond de 5¤/
habitant et par an.
34 A ce plafond, s?ajoute la compensation budgétaire introduite pour compenser à l'euro près par le budget de l'Etat
la part de la TSE supprimée à la suite des réformes de la fiscalité locale (suppression de la taxe d'habitation sur les
résidences principales, et de la révision de la fiscalité locale pour les entreprises
35 Nombre d?habitants dans la région PACA au 1er janvier 2021 = 5,12 millions
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une clarification sur les besoins de financement pour couvrir les déficits des opérations des
ORCOD IN, en plus de la TSE, serait nécessaire.
Le relèvement de la TSE pour les ORCOD IN pourrait être formulé dans le volet régional des
Orientations Stratégiques de l?Etat (OSE), au moins lors de la révision du programme pluriannuel
d?intervention (PPI) de l?EPF PACA (dont l?échéance est fixée au 31/12/2025), le conseil
d?administration étant tenu de tenir compte des OSE pour l?approbation du PPI.
Enfin, il est recommandé d?instaurer une minoration foncière « Logement durable » pour les
opérations relevant de l?intérêt national, notamment pour la transformation de lots de copropriété
en logement social et pour la production d?une offre de logements à faible impact carbone.
4.2.2.2 Le rééquilibrage et le rattrapage de l?action foncière doivent être engagés avec
des modalités de suivi adaptées
Pour le traitement des copropriétés et la production de logements à Marseille, l?action de l?EPF
PACA doit être renforcée, rééquilibrée à l?échelle régionale et faire l?objet d?un rapportage régulier.
Comme mentionné précédemment, l?EPF PACA bénéficie d?un montant total de TSE de 50 M¤ par
an.
En premier lieu, la mission suggère de permettre à la ville de Marseille de bénéficier de la TSE
prélevée à l?échelle régionale au prorata du poids démographique de Marseille sur la région PACA.
Actuellement, le montant des 11 conventions signées ces dernières années et actives sur Marseille
s?élève à 359 millions d?euros. Selon l?EPF PACA, à fin 2023, le montant conventionnel sur
Marseille représente environ 15,3 % du montant conventionnel total sur l?ensemble de la Région,
(soit une activité régionale estimée par la mission à 2 346 millions d?euros) alors que le poids
démographique de Marseille au sein de la région s?établit à 17%36. En appliquant ce ratio à l?activité
régionale, la mission évalue à 392 millions d?euros la somme qui devrait être consacrée à Marseille
au lieu des 359 millions actuellement contractualisés. Aussi, le différentiel (estimation de 33 millions
d?euros) pourrait être fléché sur les projets marseillais, notamment pour financer les actions
urgentes de portage de lots et les acquisitions en faveur de la production de logements.
Par ailleurs, la mission constate une date d?échéance relativement proche pour 7 conventions
actives, à fin 2024 pour 4 d?entre elles et à fin 2025 pour 3 autres. De surcroit, un nombre important
d?acquisitions est encore attendu pour certaines d?entre elles. Il importe donc de préparer dès
aujourd?hui l?intervention foncière à l?issue de ces conventions en phase terminale.
En deuxième lieu, un exercice de rattrapage et de rééquilibrage de la consommation de la TSE de
la dernière décennie (a minima) pourrait être initié sur Marseille. En effet, une très grande part de
l?activité actuelle de l?EPF PACA sur Marseille n?a été contractualisée que ces dernières années.
La plupart des acteurs font état d?une faible activité foncière les années précédentes faute de
politique d?aménagement et de projet des collectivités.
Aussi, la mission recommande la réalisation d?une étude sur le volume de TSE prélevé à l?échelle
régionale sur la dernière décennie (voire davantage), les enveloppes consacrées à l?échelle de la
région, et le volume de l?enveloppe dont Marseille a réellement bénéficié sur la même période au
regard de son poids démographique dans la région et de l?importance des enjeux. Dans le cas où
le montant perçu par Marseille était inférieur au montant prélevé ou au montant perçu à l?échelle
de la région au prorata de son poids démographique, la mission suggère de permettre à la ville de
bénéficier de la TSE non « consommée » de manière rétroactive pour rattraper et rééquilibrer
l?action foncière sur le territoire. Cet inversement de tendance induirait une diminution d?activité sur
le reste du territoire régional.
36 Au 1er janvier 2021, 873 076 habitants à Marseille sur 5 127 840 habitants dans la région PACA
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La constitution d?un fonds spécifique Aix-Marseille-Provence, bien identifié en termes de flux et de
gouvernance, permettrait de suivre avec une attention particulière la priorité d?intervention donnée
à ce territoire, au vu de ses enjeux spécifiques, d?intérêt national. Une comitologie adéquate,
consultative, pourrait être mise en place pour élargir la représentation des élus locaux au suivi de
ce fonds.
4.2.2.3 Une meilleure représentation de l?Etat au sein du CA de l?EPF PACA
favoriserait la prise de décisions relevant de l?intérêt national
Enfin, une adaptation de la gouvernance de l?EPF PACA devrait être proposée pour mieux
correspondre aux enjeux d?intervention à l?échelle régionale et donner plus de poids à l?Etat dans
les décisions qui relèvent de l?intérêt national. En effet, au sein de l?EPF PACA, la solidarité
régionale peine à émerger pour favoriser une intervention renforcée à Marseille par le vote d?une
TSE dédiée au traitement des copropriétés.
Actuellement, le conseil d?administration de l?EPF PACA est composé de 34 membres dotés
chacun d'un suppléant : 30 représentants des collectivités locales (6 pour la région, 12 pour le
département, 12 pour les EPCI (dont 4 pour la Métropole AMP)), et 4 pour l?Etat. Aucun élu
marseillais ne siège donc au CA de l?EPF PACA et l?Etat ne dispose pas des pouvoirs suffisants
pour peser sur les décisions (les représentants de l?Etat ne prennent pas part au vote sur la TSE).
La composition du CA est définie par le décret de création de l'EPF et dépend donc du niveau
réglementaire. Elle peut être modifiée sans l'accord des collectivités, même si celles-ci doivent être
consultées. Outre la composition, le nombre de voix détenu par chaque administrateur peut être
modifié par le décret de création de l'EPF.
Une évolution réglementaire par modification du décret de création de l'EPF PACA, après
consultation des collectivités, pourrait prévoir une révision de la composition du CA pour assurer
une meilleure représentation de l?Etat (permettre au préfet de la Région PACA de siéger par
exemple) et un rôle décisif dans les décisions relevant de l?intérêt national notamment. Cette
disposition ne doit être envisagée qu?en dernier recours.
4.2.3 L?émergence d?un nouvel opérateur foncier peut aussi être envisagée
4.2.3.1 La création d?une filiale de l?EPF PACA, en lien avec la ville de Marseille, voire
la Métropole pour intervenir sur le foncier est un premier scénario
Dans le cas où les modalités de renforcement de l?EPF PACA et de solidarité régionale ne
pourraient être mises en oeuvre, il est recommandé d?étudier la faisabilité de la création d?une filiale
de l?EPF PACA avec a minima la ville de Marseille et la Métropole.
L?article L 321-3 du code de l?urbanisme stipule que les établissements publics fonciers de l'Etat
sont habilités à créer des filiales et à acquérir des participations dans des sociétés, groupements
ou organismes dont l'objet concourt à la réalisation de leurs missions.
Cette filiale pourrait être alimentée par les ressources suivantes :
La TSE actuelle prélevée par l?EPF PACA (au moins sur le périmètre de Marseille et sa
métropole) et versée à la filiale par voie de convention,
Une nouvelle TSE (Logement durable) créée par la loi, dont la part fiscale ne concernerait
que le périmètre géographique de Marseille et la Métropole. Le montant de TSE
complémentaire pourrait être aligné sur celui proposé dans le cadre du renforcement de
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l?action de l?EPF PACA, soit un complément de 3,5¤ par habitant,
L?équivalent du montant de TSE prélevé les dernières années et de l?enveloppe foncière
dont Marseille n?a pas bénéficié (cf. supra),
Eventuellement, une participation financière de la part des collectivités (la ville de Marseille
et la Métropole a minima),
Des emprunts.
La filiale pourrait reprendre la gestion des conventions actives portant sur Marseille et sa Métropole
dans le cadre d?un transfert par l?EPF PACA des ressources prévues pour leur mise en oeuvre
(gestion du stock du foncier acquis et nouvelles acquisitions à effectuer).
Aujourd?hui, la loi ne prévoit pas pour les filiales d?EPF d?Etat la possibilité d?agir par voie
d'expropriation et exercer les droits de préemption (cf. article L 321 4 du CU). Cette
recommandation suppose donc une évolution législative pour permettre à la filiale d?acquérir le
foncier. Quant à la conduite des ORCOD IN, si la SPLAIN AMP n?est pas retenue pour l?assurer, il
conviendra de permettre à la filiale de l?assurer au moins en délégation de maitrise d?ouvrage par
l?EPF PACA.
Enfin, concernant les moyens de fonctionnement, des modalités de partage de moyens avec l?EPF
PACA pourraient être organisées pour optimiser le coût et réduire le délai de mise en oeuvre d?un
nouvel établissement. Il conviendra de prévoir ces dispositions pour le fonctionnement de la filiale.
Ce scénario présente l?avantage de permettre à la métropole AMP et à la Ville de bénéficier d?une
TSE complémentaire sur son territoire. En revanche, il présente l?inconvénient de ne pas disposer
d?une TSE plus importante permise par la solidarité régionale d?une part et de devoir faire contribuer
les collectivités, au moins au démarrage, d?autre part.
4.2.3.2 La création d?un nouvel EPF d?Etat à l?échelle de Marseille et la Métropole
Un deuxième scénario d?un nouvel opérateur consisterait pour Marseille et sa Métropole à
s?affranchir complètement de la solidarité régionale et à créer un nouvel EPF d?Etat à l?échelle de
Marseille et de sa métropole, qui deviendraient alors autonomes dans les décisions sur
l?intervention foncière relevant de leur territoire de compétence. Le conseil d?administration serait
alors composé de représentants des collectivités locales et de l?Etat. Cette recommandation
suppose de retirer Marseille et la Métropole du périmètre de compétence de l?EPF PACA.
Ce scénario, plus long à mettre en oeuvre qu?une filiale demande d?adapter le modèle économique
d?un EPF d?Etat au démarrage de la structure pour pouvoir enclencher les acquisitions jusqu?à ce
que l?établissement atteigne un rythme de croisière :
une augmentation significative de la TSE, à titre exceptionnel, au moins les premières
années, pour disposer d?une ressource suffisante,
une capitalisation importante au démarrage de la structure dans la mesure où les
ressources de l?EPF d?Etat ne reposeraient que sur la TSE, l?absence de foncier acquis ne
lui permettant pas de bénéficier des ressources issues des cessions.
L?avantage de ce scénario est de rendre la Métropole de Marseille autonome vis-à-vis des
collectivités régionales. En revanche, l?inconvénient est le temps de mise en oeuvre, et le fait de
renoncer à la mobilisation des capacités de portage de l?EPF PACA, qui se sont accrues avec le
temps (comme tous les EPF, leur volume d?activité croit dans la durée, de façon arithmétique).
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Renforcer l?action foncière de l?EPF PACA à Marseille en instaurant
une stratégie foncière par l?identification des secteurs à enjeux pour la production de
logements et la mise en place d?un observatoire afin de constituer des réserves.
Accroitre l?intervention financière sur Marseille en créant une TSE complémentaire
« Logement durable » assortie d?une minoration foncière destinée aux opérations
d?intérêt national notamment, rééquilibrer et rattraper l?action foncière de l?EPF PACA
sur Marseille au prorata de son poids démographique dans la région.
4.2.3.3 D?autres scénarios alternatifs sont envisageables, comme le versement de la
TSE directement à la SPLAIN AMP en charge du traitement des copropriétés
et éventuellement à la SPLAIN qui serait créée pour la production de
logements
Un autre scénario a été analysé, plus prospectif, qui consisterait à permettre par la loi que la TSE
soit directement versée aux SPLAIN en charge des opérations d?intérêt national :
à la SPLAIN AMP pour le traitement des copropriétés,
à la nouvelle SPLAIN qui pourrait être créée pour accélérer la production de logements (cf.
3.2.4).
Sur le modèle des EPFA37 , la TSE serait destinée au financement des missions des SPLAIN,
notamment pour les opérations intégrant des logements sociaux.
Ce scénario présente l?avantage de s?affranchir de la gouvernance de l?EPF PACA d?une part et
d?accélérer toute la chaine d?intervention en permettant à un seul acteur de bénéficier de la TSE et
de réaliser les aménagements. Par ailleurs, la gouvernance, les risques et les bénéfices d?une
SPLAIN sont partagés entre l?État et les collectivités locales (contrairement à un EPA). Sa mise en
oeuvre est cependant conditionnée à une évolution législative et à des effets de bord qu?il convient
d?apprécier au niveau national. Il conviendra notamment de voir si l'affectation d'une ressource
fiscale à un aménageur (de type SPLAIN) est possible sans risquer de contrevenir au droit national
et européen de la concurrence et des marchés publics. Comme le scénario précédent, il écarte
Marseille du bénéfice des capacités d?acquisition foncière accumulées par l?EPF PACA.
Dans le même esprit, la mission a envisagé la création d?un EPFA (établissement public foncier et
d?aménagement) métropolitain, qui présenterait l?avantage de bénéficier directement de la TSE
prélevée sur son territoire de compétence et de réaliser les aménagements. Toutefois, cette
recommandation implique un report de risques financiers sur l?Etat, alors que la perspective du
rapport est de s?inscrire dans une autonomie d?action des collectivités.
37 Etablissement Public Foncier et d?Aménagement de Guyane et Mayotte. La perception de la TSE par les EPFA
est régie par l?article 1609 B du code général des impôts (CGI)
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En cas d?absence de solidarité régionale par l?EPF PACA, envisager
la refonte de la gouvernance de l?EPF PACA pour une meilleure représentation de
l?Etat au sein du conseil d?administration, notamment pour les décisions relevant de
l?intérêt national. Sinon, étudier l?opportunité de créer un nouvel opérateur foncier
(filiale de l?EPFA PACA notamment) ou de permettre aux SPLAIN en charge des
opérations d?Intérêt national de bénéficier directement de la TSE pour accélérer leur
intervention et la production de logement.
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Conclusion
La constellation marseillaise de la politique du logement
au défi d?un pilotage plus fédérateur
La situation du logement à Marseille, au point de carence actuellement constaté, est d?abord le fruit
d?une histoire qui mêle tout à la fois des causes structurelles, de pauvreté notamment, et un défaut
de vision stratégique et de mobilisation des acteurs locaux. Mais à l?instar de certaines autres
politiques locales structurantes (les mobilités, l?habitat), l?exercice de la compétence logement
souffre surtout de deux difficultés spécifiques.
Un cadre institutionnel, d?abord, qui partage cet exercice entre deux institutions majeures (la Ville
et la Métropole) souvent concurrentes, avec une organisation de la coopération intercommunale
« marseillaise » contestée dès l?origine, amendée par de multiples compromis baroques,
désincarnée et lourde. Dans ce cadre, Marseille fait peur, à la fois de par ses lourds handicaps
structurels mais tout autant par son poids démographique (50% de la population de la métropole) et
la solidarité entre les territoires, au fondement même de l?intercommunalité, est régulièrement mise
en échec lorsqu?il s?agit de « parler logement ».
Un domaine du logement qui génère par ailleurs, dans ce cadre de concurrence des institutions,
une profusion organique entretenant un système complexe, peu agile et parfois antagoniste. Celui-
ci a du mal à poser une vision stratégique, à ordonnancer des priorités d?actions, à affirmer les
coopérations, à générer les arbitrages opérationnels et à garantir une continuité d?action tant
l?exercice de cette compétence demeure en droit et en fait partagé entre les deux institutions
territoriales (Ville et Métropole) ; sous le regard d?un Etat déconcentré lui aussi fortement impliqué
et quelquefois appelé à se substituer.
Dans ce contexte et s?appuyant néanmoins sur le constat d?une montée en compétence des
acteurs et de résultats tangibles depuis 2 ans, la mission pose comme préalable plus une logique
d?accompagnement des collectivités locales dans l?exercice de leurs compétences que de leur
substitution par l?Etat.
Cela suppose d?abord de conforter les capacités et les moyens des opérateurs locaux et
notamment ceux dont l?intervention dans le domaine du logement s?avère efficace (EPAEM, SPLA
IN AMP en priorité), tout autant que les structures existantes nombreuses mais confrontées à une
insuffisance de moyens (financiers et de ressources humaines). La création de structures nouvelles
(dans le domaine du foncier et de l?aménagement notamment) doit rester exceptionnelle et n?être
envisagée que dès lors que l?assurance d?une valeur ajoutée est démontrée.
L?Etat peut par ailleurs, à travers de nouveaux leviers, soutenir la mise en oeuvre des projets et
préparer le futur, sans déstabiliser un écosystème professionnel sous tension ni se substituer aux
institutions responsables, mais au contraire en favorisant une autonomie d?exercice de la
compétence logement par les collectivités territoriales. Mais c?est surtout par l?affectation de
ressources (expertise, financements) que ce dernier est attendu.
Ce cadre complexe doit mettre la « constellation marseillaise » devant la nécessité d?examiner
l?opportunité d?installer un pilotage fédérateur de sa politique. Car, quelle que soit la pertinence des
mesures spécifiques proposées précédemment dans ce rapport, le préalable d?une gouvernance
mieux partagée doit être posé.
Ainsi, la mission estime que la gouvernance globale des problématiques de logement à l?échelle
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de Marseille demeure un enjeu primordial de l?efficience de sa politique du logement. Elle devrait
être plus structurée, avec un cadre de pilotage stratégique à haut niveau associant la Métropole,
la Ville et l?Etat sur les enjeux d?aménagement et de logement. Elle devrait aussi intégrer l?exigence,
à l?instar d?autres politiques locales (la mobilité notamment), d?appréhender les difficultés de la
commune de Marseille dans le cadre plus large et plus adapté de son bassin de vie : c?est le sens
même de sa dimension métropolitaine.
Le foisonnement historique des organismes intervenants doit conduire à une rationalisation du
pilotage de la politique logement. Cette rationalisation aurait pour objectif, ni d?éliminer des
organismes existants, ni d?empêcher les créations nécessaires, mais de ménager les espaces de
dialogue et de travail collectif en créant les conditions du consensus, notamment par l?existence
d?une instance de régulation et d?arbitrage.
Les qualités attendues de cette instance de gouvernance à créer sont connues :
Une instance souple et aux contraintes de fonctionnement minimales et économiques ;
Une organisation traduite par un portage politique resserré à un haut niveau des autorités
locales ;
Une instance favorisant une participation effective de tous les acteurs concernés managée
dans la transparence et ouverte aux débats ;
Une gouvernance à haut niveau, légère, souple et réactive devrait, à législation constante, réserver
une position de leadership à la Métropole, acteur central de cette politique relevant de sa
compétence. Elle associerait bien entendu l?Etat dont l?implication demeure à la fois souhaitée par
les acteurs locaux et indispensable à ce stade et réserverait à la Ville une place que justifie sa
singularité et son importance dans l?ensemble métropolitain. Enfin, cette gouvernance devrait
pouvoir associer les autres acteurs concernés (opérateurs publics et privés) et les représentants
des communautés professionnelles et des usagers.
A l?instar du dispositif adopté dans le domaine des mobilités en 2023, elle pourrait prendre la forme
d?un GIP (groupement d?intérêt public), structure légère et peu coûteuse dans son fonctionnement
ou plus simple encore, d?un consortium qui n?est pas doté de la personnalité morale. Une instance
de ce type pourrait donner un cadre de dialogue continu et neutre, dont l?Etat devrait être garant.
Sa dimension fédérative accentuerait la visibilité et donc l?engagement des acteurs locaux et
éviterait l?instabilité et la mauvaise identification médiatique de formules plus souples de type
comités de pilotage.
A titre d?observations complémentaires, en dehors du périmètre de sa lettre de commande, la
mission suggère :
De prendre en compte les enjeux spécifiques de Marseille dans les réflexions sur un
éventuel programme ANRU 3, notamment quant au financement de la réhabilitation des
grandes copropriétés, de financement des déficits de portage et de recyclage (en ORCOD
IN notamment), à la doctrine et aux objectifs de démolition, à la doctrine de reconstitution
de l?offre et à la charge de rapportage sur l?avancement des projets,
D?étudier les possibilités de mobiliser des financements européens pour mettre en oeuvre
des projets d?aménagement cohérents avec les enjeux de cohésion sociale, de lutte contre
le réchauffement climatique et d?adaptation, et économiques, les difficultés d?accès à un
logement constituant un frein majeur à l?emploi (cf. Rapport Letta « Much More Than a
Market »). Il est recommandé de prendre en compte ces thématiques dans le cadre de la
préparation du prochain CFP (cadre financier pluriannuel de l?union européenne)38 et porter
cette politique avec d?autres villes européennes confrontées à des enjeux similaires,
Enfin, dans une mise en perspective plus globale mais aussi plus éloignée, l?intérêt d?une réflexion
38 Budget européen adopté parle Parlement européen et le conseil de l?UE renouvelé tous les 7 ans
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profonde sur le régime juridique de l?exercice de la compétence tripartite « Habitat, urbanisme,
logement » dans un territoire aussi complexe et spécifique que le territoire du « grand Marseille »
est souligné par la mission. Le rapport remis récemment au Président de la République
(Décentralisation : le temps de la confiance ? Eric WOERTH) y invite d?ailleurs s?agissant de la
Métropole marseillaise, en favorisant un régime dérogatoire qui ne peut pas mieux traduire le
principe de différenciation, et en veillant à ne pas bousculer sans bénéfices évidents des équilibres
fragiles.
Bruno Acar
Thierry Coquil
Inspecteur général
de l?administration
Inspecteur général de l?environnement et
du développement durable
Sorya Daou
Patrick Reix
Inspectrice générale
de l?environnement et du développement
durable
Inspecteur général
de l?administration
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 1.1. Lettre de mission au Préfet de la région PACA
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Annexe 1.2. Lettre de mission à l?IGA/ IGEDD
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Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou ayant
apporté une contribution écrite
Nom Prénom Organisme
Mirmand
Rolland
Averous
Le Vély
Teissier
Christophe
Baptiste
Virginie
Cyrille
Olivier
Préfecture de région Provence Alpes Côte d?Azur,
préfecture des Bouches-du-Rhône
Van de Maele
Aouat
Lombard
Lloret
Philippe
Mehdi
Chloé
Yannick
Cabinet ministériels
Butlen
Corbel
Solina
Mercier
Brémaud
Schutz
Chantoiseau
Pacou
Thierry
Bergeot
Jean-Baptiste
Eric
Denis
Anne
Hugues Marie
Nicolas
Benoit
Damien
Hugo
Julie
Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des
paysages (DHUP / DGALN)
Mialot
Seys
Anne-Claire
David
Agence nationale de renouvellement urbain
(ANRU)
Brouard-Masson
Wagner
Jessica
Sébastien
Agence nationale d?amélioration de l?habitat
(ANAH)
Forest
Franc
Sébastien
Pierre
DREAL PACA
Vauterin
Bergé
Junger
Langumier
Patrice
Dominique
Solène
Julien
Direction départementale des territoires et de la
mer
Perney
Campagnola Savon
Simeoni
Ludovic
Isabelle
Raphaelle
Conseil régional Provence Alpes Côte d?Azur
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Nom Prénom Organisme
Pollet
Dessivaux
Géraldine
Frédéric
Campariol
Basille
Mignard
Roger
Stéphane
Jean-Philippe
Conseil départemental des Bouches-du-Rhône
Ytier
Caradec
Rauscher
Taverni
Luchini
David
Laure-Agnès
Domnin
Eric
Elodie
Métropole Aix Marseille Provence
Campariol
Basille
Mignard
Roger
Stéphane
Jean-Philippe
Conseil départemental des Bouches-du-Rhône
Ghali
Mery
Amico
Deniaud
Lami
Tondut
Montillet
Gesling
Kester
Le Mouellic
Houdmon
Samia
Eric
Patrick
Laurianne
François
Yannick
Chystelle
Franck
Irène
Colin
Florent
Ville de Marseille
Cousi
Hermitte
Aurélie
Guillaume
Etablissement public d?aménagement
Euroméditerranée (EPAEM)
Bertolino Claude Etablissement public foncier PACA (EPF PACA)
Caro
Robert
Marand
Franck
Valérie
Cédric
Société publique localement d?aménagement
d?intérêt national Aix Marseille Provence (SPLAIN
AMP)
Costantino Rémi Grand port maritime de Marseille (GPMM)
Bossard Frédéric Agence d?urbanisme de l?agglomération
marseillaise (AGAM)
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Nom Prénom Organisme
Boneu Joëlle Etablissement public foncier Ile de France (EPFIF)
Ervoes
Olive
Jean-Louis
Philippe
13 Habitat
Papalardo
Moulard
Patrick
Valérie
Habitat Marseille Provence
Pinatel
Leonardi
Eric
Florent
UNICIL
Association régionale HLM PACA Corse
Lavergne Frédéric ERILIA
Rastit Nicolas UNIS Marseille
Dujardin Sandrine SOLIHA Marseille
Lafon
Hillmeyer
Auguste
Juliette
UNPI 13
Barnasson
Olivier
Cécile
Pierre
Copro +
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Annexe 3. Etat d?avancement des NPNRU
Annexe 3.1. Concours financier et engagement des NPNRU ?
convention cadre métropolitaine fléchée sur Marseille et
conventions quartiers (hors protocole) au 17 juin 2024
Tableau 2 : Concours financiers ANRU et engagements pour les NPNRU de Marseille
(convention cadre métropolitaine fléchée sur Marseille et conventions quartiers ? hors
protocole), au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données fournies par l?ANRU et la DDTM 13
Annexe 3.2. Concours financier et engagement pour les NPNRU de
Marseille ? conventions quartiers signées au 17 juin 2024
Tableau 3 : Concours financiers et engagements pour les NPNRU de Marseille ?
Conventions quartiers signées, au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données fournies par l?ANRU et la DDTM 13
Montant des
concours financiers
(CF) validés en
CNE
CF = (A+B)
Dont montant des
CF contractualisés
(conventions cadre
ou quartiers)
(A)
Dont montant
des CF à
contractualiser
avant fin 2024
(conventions
cadre ou
quartiers)
(B)
Montant engagé
(ME)
Part de CF
engagée sur les
montants
contractalisés
ME/ A
Part de montant
engagé sur le
montant des
concours
financiers
ME/ CF
Convention cadre métropolitaine (montants
fléchés sur les NPNRU de Marseille)
101 353 875 78 371 900 22 981 975 30 651 100 39% 30%
Conventions quartiers signées 467 406 351 453 711 914 13 694 437 256 281 556 56% 55%
Conventions quartiers non signées 73 353 368 0 73 353 368 0
TOTAL Marseille 642 113 594 532 083 814 110 029 780 286 932 656 54% 45%
France entière NR 12 924 747 375 NR 6 966 719 849 54% NR
Rappel montant des
concours financiers
(CF) validés en
CNE (convention
quartier + part
convention cadre
métropolitaine)
CF = (A+B+C)
Dont montant des
CF contractualisés
dans la convention
quartier (hors
convention
métropolitaine)
(A)
Dont montant
des CF
contractualisés
dans la
convention
métropolitaine
(B)
Dont montant
des CF à
contractualiser
(avenants aux
concentions
quartier avant
fin 2024)
(C)
Montant engagé
(ME)
Part de montant
engagé sur les
montants
contractalisés
des conventions
quartiers
ME/ A
C 0968 - Air Bel (avenant prévu avant fin 2024,
après CE du 17 juillet) 59 240 000 51 543 497 7 696 503 17 089 031 33%
C 1032 - Castellane Bricarde 110 100 570 91 232 470 18 868 100 39 814 799 44%
C - 1033 - Grand Saint Barthélémy Grand
Malpassé Corot (avenant prévu avant fin
2024) 96 740 000 68 075 173 14 970 390 13 694 437 34 866 657 51%
C 1036 - Savine 35 200 000 22 937 812 12 262 188 11 903 260 52%
C 1037 - Kalliste Graniière Solidarité 47 000 000 39 898 487 7 101 513 22 178 623 56%
C 1038 - Grand Centre Ville 200 800 000 180 024 475 20 775 525 130 429 187 72%
Sous total 549 080 570 453 711 914 81 674 219 13 694 437 256 281 556 56%
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Annexe 3.3. Concours financier et engagements pour les NPNRU de
Marseille ? conventions quartier non signées au 17 juin
2024
Tableau 4 : Concours financiers et engagements pour les NPNRU de Marseille ?
conventions quartier non signées, au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données fournies par l?ANRU et la DDTM 13
Rappel du montant
des concours
financiers (CF)
validés en CNE
(convention
quartier + part
convention
métropolitaine)
CF = (A+B+C)
Dont montant des
CF contractualisés
dans la convention
quartier (hors
convention cadre
métropolitaine)
(A)
Dont montant
des CF à
contractualiser
dans la
convention
cadre
métropolitaine
(B)
Dont montant
des CF à
contractualiser
(conventions
quartiers à
signer avant fin
2024)
(C)
Montant engagé
(ME)
Part de montant
engagé sur les
montants
contractalisés
ME/ A
C 0967 - Frais Vallon 33 240 000 - 8 194 553 25 045 447 0
C 1035 - La Cabucelle/ Les crottes 19 300 000 - 2 857 779 16 442 221 0
C 1079 - Campagne l'évèque 41 113 700 - 9 248 000 31 865 700 0
Sous total 93 653 700 - 20 300 332 73 353 368 0
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Annexe 4. Etat d?avancement des NPNRU en termes
d?aménagement, d?équipements publics de
proximité et de reconstitution de l?offre
Annexe 4.1. Montant et taux d?engagement sur les montants
contractualisés pour l?aménagement d?ensemble au 17
juin 2024, état de l?attribution des concessions
d?aménagement
Tableau 5 : Etat de l?attribution des concessions d?aménagement dans les NPNRU de
Marseille, montant et taux d?engagement sur les montants contractualisés des
aménagements d?ensemble au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données de la Métropole, de la DDTM 13 et de l?ANRU
Air Bel (C 0968) 7 366 305 0% Concession d'aménagement contractualisée avec la SOLEAM
Castellane
Bricarde (C
1032)
9 116 056 0%
Appel d'offre, en phase de négociation, attribution prévue pour septembre
2024
Malpassé: concession SOLEAM en cours qui se poursuit dans le cadre du
NPNRU, avenant au 4ème trimestre 2024 pour intégrer le secteur de Bellevue
13H.
Corot : concession d'aménagement contractualisée avec CDC habitat adossé
à Marseille Habitat, y compris le portage de lots ciblés
Cité SNCF : orientation en régie directe AMP (Aix Marseille Métropole) pour
la réalisation des espaces publics.
Savine (C 1036) 5 081 064 0%
Concession d'aménagement contractualisée et avenantée pour le NPNRU
avec la SOLEAM, un nouvel avenant en octobre intégrant la renaturalisation du
site est prévu.
Kalliste
Graniière
Solidarité (C
1037)
6 480 849 20%
Appel d'offre, en cours d'attribution, commission d'appel d'offre effectuée le
18/05/24. Le concessionnaire assurera également le portage de lots (prévu au
traité de concession)
Grand Centre
Ville (C 1038)
17 674 989 38% Concession d'aménagement contractualisée avec la SPLAIN AMP
Cabucelle/ Les
Crottes (C 1035)
0
Désignation directe SPLAIN AMP, en cours de mise au point, Délibération en
décembre 2024 pour le traité de concession portant sur le traitement EHI
(éradiction de l'habitat indigne).
Campagne
Leveque (C
1079)
0
Désignation directe de la SOLEAM, Délibération envisagée en décembre 2024
pour le traité de concession.
Frais Vallon (C
0967)
0
Ce qui est porté à l'ANRU en première phase d'engagement à mi-2026 ne
demande pas de concessionnaire d'aménagement. Les espaces publics
seront réalisés en régie directe par AMP (requalification de l'avenue de Frais
Vallon), les autres opérations sont sous maitrise d'ouvrage du bailleur et de la
Ville de Marseille. La concession d'aménagement sera porté dans le cadre
de la deuxième phase du projet.
59 616 422 24%
1 959 071 657 49%
TOTAL Marseille
France entière
Conventions
non signées
13 897 160
Attribution des concessions d'aménagement (et portage de lots en
copropriété)
47%
Montant
d'aides ANRU
contractualisé
(aménagement
d'ensemble en
¤)
Taux
d'engagement
sur
l'aménagement
d'ensemble
Conventions
signées
Grand Saint
Barthélémy
Grand Malpassé
Corot (C 1033)
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Annexe 4.2. Montant et taux d?engagement pour les équipements
publics de proximité au 17 juin 2024
Tableau 6 : Montant et taux d?engagement sur les montants contractualisés pour les
équipements publics de proximité au 17 juin 2024
Air Bel (C 0968) 6 484 500 157 471 2%
Castellane Bricarde (C 1032) 16 553 852 7 595 788 46%
Grand Saint Barthélémy
Grand Malpassé Corot (C
1033)
8 948 915 8 851 077 99%
Savine (C 1036) 4 266 988 0 0%
Kalliste Graniière Solidarité (C
1037)
11 962 435 0 0%
Grand Centre Ville (C 1038) 30 772 357 6 787 000 22%
Cabucelle/ Les Crottes (C
1035)
0 0
Campagne Leveque (C 1079) 0 0
Frais Vallon (C 0967) 0 0
78 989 048 23 391 335 30%
1 633 601 881 575 604 408 35%
Conventions
non signées
Taux
d'engagement
TOTAL Marseille
France entière
Montant d'aides
ANRU
contractualisé
(équipements
publics de proximité
en ¤)
Montant
d'engagement
(en ¤)
Conventions
signées
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Annexe 4.3. Etat d?avancement de la reconstitution de l?offre de
logements sociaux (convention cadre métropolitaine ?
volet Marseille)
Tableau 7 : Etat d'avancement de la reconstitution de l'offre de logements sociaux
(logements sociaux démolis ou logements privés recyclés), convention cadre
métropolitaine ? volet Marseille, au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données transmises par la DDTM 13 et l?ANRU
NPNRU Marseille
(convention cadre
métropolitaine)
NPNRU France
entière
Objectifs de reconstitution de l'offre de logements sociaux démolis
ou de logements privés recyclés (en nombre de logements)
3 664 NR
Nombre de logements contractualisés 2 216 78 309
Nombre de logements engagés 1 115 36 757
Nombre de logements soldés (livrés) 111 NR
Part de logements contractualisés sur les objectifs 60% NR
Part de logements engagés sur les objectifs 30% NR
Part de logements engagés sur le nombre de logements
contractualisés
50% 47%
Part de logements soldés sur les objectifs 3% NR
Montant des concours financiers contractualisés (subventions et
prêts, en ¤)
57 281 900 1 634 113 672
Montant des concours financiers engagés en ¤ 29 811 100 783 821 636
Taux d'engagement sur le montant contractualisé 52% 48%
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Annexe 5. Copropriétés du PIN (volet Marseille)
Tableau 8 : Copropriétés marseillaises inscrites dans le PIN (Programme d?Intérêt
National)
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données communiquées par la DDTM 13, la Métropole
Localisation
OIN
Euroméditerranée
NPNRU/ QPV
Nombre de lots
(logements)
Grand Mail 14ème arrt Non NPNRU/ PRIN GSBGM 406
Mail G 14ème artt Non NPNRU/ PRIN GSBGM 86
Gardian 14ème arrt Non NPNRU/ PRIN GSBGM 89
Les Rosiers/
superbelvédère
14ème arrt Non
QPV Bon secours-Les
Rosiers
903
La Maurelette 15ème arrt Non
QPV IR Tilleuls-
Maurelette sans projet
746
Consolat 15ème arrt Non
QPV IR Consolat-
Ruisseau-Mirabeau
sans projet
396
Sous total 2626
Bellevue 3ème arrt Non
NPNRU/ PRIN Grand
Centre Ville
440
Bel Horizon 1 et 2 3ème arrt Oui QPV Centre Ville 134
Gyptis 3ème arrt Non 268
Corot 13ème arrt Non NPNRU/ PRIN GSBGM 376
Maison Blanche 14ème arrt Non, en bordure QPV Centre Ville 220
Kalliste 15ème arrt Non
NPNRU/ PRIN La
Granière / Solidarité
507
Sous total 1945
TOTAL 4571
Etude de
préfiguration
ORCOD IN
Hors ORCOD
IN
Programme
d'Intérêt
National
(PIN)
Marseille
uniquement
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Annexe 6. Activité de l?EPF PACA sur la région et à
Marseille à fin 2023
Tableau 9 : Activité de l?EPF PACA sur la région et à Marseille à fin 2023
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données de l?EPF PACA
Conventions actives sur
Marseille
Échéances des
conventions
Conventions
actives (en
M d'¤)
Acquisitions
(en M d'¤)
Part
Acquisitions
/
conventions
Cessions (en
M d'¤)
Stock des
acquisitions
(aquisitions -
cessions) en
M d'¤
Reste à
acquérir
en M d'¤
% reste à
acquérir /
montant
conventions
Euromed Fin 2028 110 82 75% 33 49 28 25%
Conventions économiques Fin à 2024 / 2028 93 39 42% 14 25 54 58%
Convention centre ville
habitat dégradé et copro Fin 2024
59 34 58% 7 27
25 42%
Convention Projet Dock
libres Château Gombert Fin 2024/ 2025
55 20 36% 8 12
35 64%
Convention Multi site
Habitat (estimation quote
part potentielle sur
Marseille)
Fin 2029 (7 M / an
sur Marseille)
42 0 0% 0 0
42 100%
359 175 49% 62 113 184 51%
15,3%
2 346
17%
392
33
A estimer
Ecart entre les montants des conventions actives
sur Marseille et l'activité corresondant 17% de
l'activité régionale à fin 2023. En M d ¤ (C-A)
Ecart entre les montants des conventions actives
sur Marseille et l'activité corresondant 17% de
l'activité régionale les années précédentes
(décennie voire davantage)
TOTAL (A)
Montants activité EPF PACA à Marseille (en M d'¤)
Ratio activité EPF PACA sur Marseille / activité
région aujourd hui (déclaration EPF PACA)
Activité Régionale (estimation) en M d ¤
(A*1/15,3%) = B
Ratio nbre habitants Marseille / nbre habitants
PACA
Activité correspondant à 17% de l'activité
régionale (ratio population Marseille/ PACA).
(estmation). En M d ¤ (C = B*17%)
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Annexe 7. Scénario d?augmentation de la TSE ? EPF PACA
Tableau 10 : Scénario d?augmentation de la TSE ? EPF PACA
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données de l?EPF PACA et du PLF 2024
Situation
actuelle (2024)
Scénario
complément TSE
3,5¤/ habitant
Ecart
Nombre d'habitants PACA (en nombre d'habitants) 5 127 840 5 127 840
Plafond PLF de la part fiscale par habitant (en ¤ / habitant) 7,46 11 3,5
Plafond PLF part fiscale annuelle totale (en ¤) 38 259 000 56 406 240 18 147 240
Dont part fiscale de la TSE PACA - TSE votée par an (en ¤)
(après déduction des frais fiscaux 0,91%)
35 000 000 51 329 678 16 329 678
Dont part budgétaire (dotation de l?Etat) reversées à l?EPF
par an (30% de la TSE totale) en ¤
15 000 000 22 240 175 7 240 175
S/s total TSE PACA par an (en ¤) 50 000 000 74 133 916 24 133 916
Part fiscale de la TSE PACA votée / habitant par an (en ¤/
habitant)
6,8 10,0 3
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Annexe 8. Estimation des moyens complémentaires
nécessaires pour le renforcement de l?action de
l?EPAEM et de la SPLAIN AMP
Vu le caractère confidentiel de la mission, en appui au Préfet, les estimations ci-dessous ont été
produites sans échange avec les opérateurs concernés. Pour l?essentiel, les prestations
supplémentaires de l?EPAEM et la SPLAIN ont un caractère facultatif, à la demande de la Ville ou
de la Métropole : le dimensionnement impliquerait donc d?apprécier les besoins de soutien
exprimés par ces collectivités à un horizon donné (par exemple 3 ans).
1. EPAEM
Fonctions à développer Effectifs Financements
AMO ou MOA déléguée pour
les aménagements et
équipements publics sur les
sites NPNRU et de grandes
copropriétés dégradées du
programme d?intérêt national
En fonction des demandes
d?assistance des collectivités,
à négocier hors plafond
d?emploi car financé par des
tiers
A assurer par les collectivités
maitres d?ouvrages dans le
cadre de conventions
AMO pour le pilotage général
du NPNRU ou la coordination
et le pilotage de sites NPNRU
En fonction de la demande de
la Métropole, à négocier hors
plafond d?emploi car financé
par des tiers
A assurer par la Métropole
dans le cadre de conventions
Etudes préalables de 4 zones
à enjeux pour le
développement de logement
1 ETP chef de projet par zone
dont 1 coordonnateur du
programme d?études + 2 ETP
juniors en soutien = environ 6
ETP pour 4 zones
Appui de l?AGAM et de l?EPF à
définir (ressources expertes
mobilisables au sein d?une
équipe projet ou uniquement
participation au pilotage des
productions ?).
500 k¤ à 1 M¤ par zone pour
des études préalables au
lancement de démarches
opérationnelles (ZAC, ZAD,
PAE, ?), soit au total de
l?ordre de 3 M¤ pour 4 zones
en première approche. A
partager entre les membres
de l?EPAEM ? Ou uniquement
ceux intéressés par le
développement du logement
(hors Région et Département)
2. SPLAIN AMP
Fonctions à développer Effectifs Financements
Appui au pilotage général du
plan de traitement des
grandes copropriétés les plus
dégradées (en commençant
par le Programme d?intérêt
5 ETP dont un coordonnateur Financement par les
collectivités locales et apport
de l?Etat pour la partie PIN.
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national, et étendant ensuite
aux 25 copropriétés les plus
critiques).
Centre d?expertise pour les
collectivités et les acteurs du
traitement des grandes
copropriétés (écriture de
cahiers des charges,
animation technique et
juridique, ?). Suivi des études
de préfiguration du PIN.
AMO pour la coordination et le
pilotage opérationnel
d?ORCOD ou ORCOD IN
1 coordonnateur par site dont
un directeur de programme
A assurer par la Métropole
dans le cadre de conventions
Opérateur pour le
redressement ou le recyclage
des ORCOD et des ORCOD
IN (ou AMO dans ce dernier
cas, s?il n?est pas possible de
déléguer la mission depuis
l?EPF PACA ou l?Etat)
1 chargé de foncier pour 300
logements/an acquis + AMO
1 chargé de plans de
sauvegarde pour 5 plans
1 administrateur de biens pour
1000 logements
1 chef de projet aménagement
/ équipements pour un ou
deux sites
1 chargé de mission
relogement et
accompagnement social par
1000 logements
1 chargé de lutte contre
l?habitat indigne pour 500
logements
1 chef de département, 1
adjoint et 3 ETP administratifs
en renfort des effectifs de la
SPLAIN
Rapporté au traitement du PIN
(4500 logements) sur une
dizaine d?années, cela ferait
une équipe de trente à
quarante personnes si tous les
projets sont confiés à la
SPLAIN AMP.
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Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ADIL Agence départementale d'information sur le
logement
ADS application du droit des sols
ESH entreprise sociale pour l'habitat
GOU grande opération d?urbanisme
LHI lutte contre l?habitat indigne
NPNRU
Nouveau programme national de rénovation
urbaine
OAP orientation d?aménagement et de
programmation
OIN opération d?intérêt national
OPAH, OPAH RU, OPAH CD opération programmée d'amélioration de
l'habitat, RU = rénovation urbaine, CD =
copropriétés dégradées
ORCOD, ORCOD IN
opération de requalification des copropriétés
dégradées, IN = d?intérêt national
PAE programme d?aménagement d?ensemble
PIC Plan d?initiatives copropriétés (initié en 2018
par le Gouvernement)
PLH programme local de l?habitat
PLUi
plan local d'urbanisme intercommunal
PPA projet partenarial d?aménagement
PPPI parc privé potentiellement indigne
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Acronyme Signification
PRIN
projet de rénovation urbaine d?intérêt
national
QPV quartier prioritaire de la politique de la ville
RNC Registre national des copropriétés
SRU en référence à la loi Solidarité rénouvellement
urbain
SEM société d?économie mixte
TSE taxe spéciale d?équipement
ZAC, ZAD zone d?aménagement concerté, différé
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Sommaire
Synthèse
Liste des recommandations
Introduction
1 La maitrise d?ouvrage des opérations du NPNRU : le renforcement de l?appui de l?EPAEM et de la SPLAIN AMP s?avère opportun et la création d?une filiale de l?EPAEM n?est pas considérée nécessaire par les acteurs locaux
1.1 Les projets du NPNRU à Marseille : après un démarrage tardif et lent, une accélération des opérations est notée depuis quelques mois dont certaines composantes exigent cependant une attention particulière
1.1.1 Un rythme de contractualisation des opérations, d?engagement des crédits ANRU et d?attribution des concessions d?aménagement qui s?est accéléré, surtout depuis janvier 2024, et un pilotage qui s?est structuré
1.1.2 Certaines composantes des opérations du NPNRU exigent une attention particulière
1.2 Le renforcement de l?appui des opérateurs existants (EPAEM et la SPLAIN AMP) pour sécuriser l?avancement du NPNRU serait plus opportun que la création d?une filiale de l?EPAEM risquant de perturber les acteurs et les projets à deux ans de l?échéan...
1.2.1 Le pilotage et la maitrise d?ouvrage de tous les NPNRU par une filiale de l?EPAEM risque d?impacter défavorablement l?avancement des opérations et ferait peser sur l?Etat une charge qu?il ne serait pas en mesure d?assumer
1.2.2 Un renforcement à la demande des collectivités de l?appui des opérateurs existants, dont l?EPAEM, est préférable
1.2.2.1 Une extension de périmètre de compétence de l?EPAEM en assistance à maitrise d?ouvrage ou en maitrise d?ouvrage déléguée sur les équipements publics et les aménagements d?ensemble du NPNRU, en cas de défaillance des concessionnaires notamment,...
1.2.2.2 Une extension de périmètre de compétence de la SPLAIN AMP en assistance à maitrise d?ouvrage et/ou en maitrise d?ouvrage déléguée sur les grands ensembles en difficulté sous le régime de la copropriété inscrites dans le NPNRU est de même souha...
1.2.3 La consolidation du cadre et des outils de pilotage à haut niveau associant Préfet, élus de la Ville et de la Métropole, et la direction générale de l?ANRU est nécessaire pour sécuriser l?avancement des projets NPNRU
2 Le traitement de l?habitat indigne et dégradé : l?articulation entre les acteurs, dont l?EPF PACA et la SPLAIN AMP, doit être mieux organisée
2.1 La situation d?habitat indigne ou dégradé, notamment dans les ensembles immobiliers sous le régime de la copropriété, est d?une gravité et d?une ampleur extrêmes
2.1.1 Pour le traitement de l?habitat dégradé ou insalubre en tissu ancien, des expertises et des modes opératoires qui se sont progressivement structurés ces deux dernières années et qu?il convient de poursuivre
2.1.2 En revanche, pour les grands ensembles immobiliers en copropriété dont une part non négligeable présente des dysfonctionnements majeurs, l?intervention publique demeure tardive, souvent dans l?urgence et peine à « s?industrialiser »
2.2 Une structuration de l?action publique et des opérateurs à poursuivre et renforcer sur les grands ensembles en copropriété pour assurer leur redressement ou leur recyclage
2.2.1 La création d?un département « copropriétés » au sein de la SPLAIN AMP chargé de la conduite des opérations complexes de type ORCOD, voire d?ORCOD IN en lien avec l?EPF PACA
2.2.1.1 Le déploiement de l?expertise et de l?ingénierie acquise dans le traitement de l?habitat privé ancien sur le champ des grandes copropriétés, en assistance à maitrise d?ouvrage des collectivités au sein de la SPLAIN AMP
2.2.1.2 Le recours à la SPLAIN AMP pour la conduite des études, préfigurations et des opérations complexes de type ORCOD, voire d?ORCOD IN
2.2.1.3 Le recours à la SPLAIN AMP pour la requalification des copropriétés (recyclage), en lien avec l?EPF PACA
2.2.2 Pour les ensembles immobiliers maintenus sous le régime de la copropriété de manière pérenne ou transitoire, la mise en place de syndics d?intérêt collectif en lien avec les administrateurs judiciaires pour assurer leur gestion et une offre d?as...
2.2.3 La mobilisation des bailleurs sociaux est essentielle pour la transformation des lots de copropriétés en logements sociaux
2.2.4 L?extension du périmètre de compétence de l?EPAEM pour l?aménagement à envisager
2.2.5 L?accompagnement d?un plan global et partagé de suivi et de traitement des copropriétés et la préfiguration d?un cadre partenarial, piloté par la Métropole en lien avec la ville et l?Etat est opportun
3 La production de logements sociaux et la reconstitution de l?offre : l?extension à court terme du périmètre de l?OIN Euromediterranée reçoit, à ce stade, un accueil réservé des acteurs locaux, mais cette perspective reste utile et ne doit pas être é...
3.1 Une crise de la production de logement qui s?explique d?abord par le manque de projets d?aménagement et d?anticipation foncière
3.1.1 La pénurie de logements sociaux à l?échelle de Marseille est une réalité historique, qui tend à s?accentuer dans le contexte économique actuel
3.1.2 Les programmes locaux de l?habitat ont, depuis longtemps, bien posé les diagnostics et les stratégies mais la production effective de logements n?est pas à la hauteur des objectifs fixés
3.1.3 L?insuffisance de la production de logements est la conséquence de divers facteurs pénalisants, et particulièrement de l?insuffisance de projets d?aménagement
3.1.4 Une production de logements (dont sociaux) portée principalement par la promotion privée et l?OIN Euroméditerranée
3.2 Passer de la logique d?un urbanisme réglementaire à celle d?un urbanisme de projet et préparer les futures opérations d?aménagement possible, dans une perspective de production de logement, en remettant à plus tard le choix de celle qui pourrait f...
3.2.1 L?extension de l?OIN n?est pas souhaitée par la Ville et la Métropole : un sujet sensible qui reste cependant une perspective incitatrice
3.2.2 Deux préalables à un débat sur l?extension de l?OIN : une affirmation de changement de modèle d?urbanisation porté par l?EPAEM et une limitation de l?instruction des actes d?urbanisme par l?Etat
3.2.3 Un scénario d?élargissement des opérations d?aménagement et de périmètre de l?OIN en continuité au nord du périmètre actuel d?Euromed ne se traduirait que par une production modeste de logements, sans favoriser un rééquilibrage au niveau de la v...
3.2.4 En revanche, un scénario d?étude « multi-sites », sur les secteurs les plus stratégiques pour la production de logements, en cohérence avec les transports, pourrait étayer une éventuelle décision d?extension de l?OIN, et surtout avoir un effet d...
3.2.5 A court et moyen terme (2030), la réussite d?Euromed II, l?avancement des ZAC en cours et l?utilisation du foncier public doivent mobiliser l?attention des décideurs
3.2.5.1 Euromed II, un projet stratégique qui doit être accompagné
3.2.5.2 L?accélération des ZAC existantes et le recensement du foncier public sont urgents dans une perspective de développement de projets d?habitat
4 Pour favoriser la production et la reconstitution de l?offre de logements et le traitement des copropriétés, le renforcement de l?intervention foncière est impératif
4.1 D?importants enjeux fonciers qui exigent de questionner l?intervention foncière à Marseille pour les vingt prochaines années
4.1.1 Des besoins importants en foncier pour favoriser la production neuve de logements, confrontés à une absence de réserves et un foncier couteux à acquérir voire à dépolluer
4.1.2 Une intervention de l?EPF PACA qui peine à s?affirmer sur le volet des copropriétés dont le traitement exige un volume important de lots à acquérir
4.2 Un renforcement de l?intervention foncière à Marseille est une nécessité
4.2.1 L?identification et la caractérisation des secteurs à enjeux pour la production de logements est un préalable au développement d?un observatoire du foncier public et privé à Marseille
4.2.2 L?accroissement de l?intervention de l?EPF PACA sur Marseille et la création d?une TSE et d?une minoration foncière « Logement durable » sont recommandés
4.2.2.1 Un complément de TSE « Logement durable » pour contribuer au financement du traitement des copropriétés serait opportun
4.2.2.2 Le rééquilibrage et le rattrapage de l?action foncière doivent être engagés avec des modalités de suivi adaptées
4.2.2.3 Une meilleure représentation de l?Etat au sein du CA de l?EPF PACA favoriserait la prise de décisions relevant de l?intérêt national
4.2.3 L?émergence d?un nouvel opérateur foncier peut aussi être envisagée
4.2.3.1 La création d?une filiale de l?EPF PACA, en lien avec la ville de Marseille, voire la Métropole pour intervenir sur le foncier est un premier scénario
4.2.3.2 La création d?un nouvel EPF d?Etat à l?échelle de Marseille et la Métropole
4.2.3.3 D?autres scénarios alternatifs sont envisageables, comme le versement de la TSE directement à la SPLAIN AMP en charge du traitement des copropriétés et éventuellement à la SPLAIN qui serait créée pour la production de logements
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 1.1. Lettre de mission au Préfet de la région PACA
Annexe 1.2. Lettre de mission à l?IGA/ IGEDD
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou ayant apporté une contribution écrite
Annexe 3. Etat d?avancement des NPNRU
Annexe 3.1. Concours financier et engagement des NPNRU ? convention cadre métropolitaine fléchée sur Marseille et conventions quartiers (hors protocole) au 17 juin 2024
Annexe 3.2. Concours financier et engagement pour les NPNRU de Marseille ? conventions quartiers signées au 17 juin 2024
Annexe 3.3. Concours financier et engagements pour les NPNRU de Marseille ? conventions quartier non signées au 17 juin 2024
Annexe 4. Etat d?avancement des NPNRU en termes d?aménagement, d?équipements publics de proximité et de reconstitution de l?offre
Annexe 4.1. Montant et taux d?engagement sur les montants contractualisés pour l?aménagement d?ensemble au 17 juin 2024, état de l?attribution des concessions d?aménagement
Annexe 4.2. Montant et taux d?engagement pour les équipements publics de proximité au 17 juin 2024
Annexe 4.3. Etat d?avancement de la reconstitution de l?offre de logements sociaux (convention cadre métropolitaine ? volet Marseille)
Annexe 5. Copropriétés du PIN (volet Marseille)
Annexe 6. Activité de l?EPF PACA sur la région et à Marseille à fin 2023
Annexe 7. Scénario d?augmentation de la TSE ? EPF PACA
Annexe 8. Estimation des moyens complémentaires nécessaires pour le renforcement de l?action de l?EPAEM et de la SPLAIN AMP
Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes
(ATTENTION: OPTION H) pour leurs moyens humains et techniques
nécessaires à la conduite de ces chantiers de rénovation complexes (cf. exemple de la copropriété
de Grigny placée sous administration judiciaire qui a missionné CDC Habitat pour une AMO
travaux).
Aussi, pour alléger la charge de l?administrateur provisoire et lui permettre d?intervenir sur un
volume plus important de copropriétés, la mission recommande de développer la fonction de syndic
d?intérêt collectif pour appuyer l?administrateur provisoire dans la gestion courante et/ou la maitrise
d?ouvrage des travaux en parties communes.
S?agissant des organismes HLM susceptibles d?assurer ce type de missions, il est fortement
recommandé de formaliser un agrément ou un autre type de document pour attester de leur
compétence en termes de gestion des copropriétés.
Renforcer la gestion des copropriétés en difficulté en instaurant des
syndics d?intérêt collectif agréés par l?Etat en appui aux administrateurs provisoires
pour la réalisation de la gestion courante et la maitrise d?ouvrage des travaux en
parties communes, dont les travaux d?urgence.
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2.2.3 La mobilisation des bailleurs sociaux est essentielle pour la
transformation des lots de copropriétés en logements sociaux
En cas de défaillance des propriétaires privés, la transformation des logements de la copropriété
en logement social est une réponse opérationnelle qui présente un intérêt si le bâtiment peut être
réhabilité ou restructuré sur le plan technique, dans le cadre d?opérations d?acquisition /
amélioration par des bailleurs sociaux. D?ailleurs, les montants de déficits générés par une
opération de transformation en logement social s?avèrent généralement moins importants que ceux
générés par une opération de démolition avec relogement de l?ensemble des ménages.
La transformation de lots privés en logements sociaux peut répondre à 2 types de stratégie
opérationnelle :
La transformation de la copropriété en copropriété mixte (privé et social) reposant sur une
acquisition partielle de lots par les bailleurs sociaux dans un objectif de redressement de
la copropriété (ce mode opératoire permettant d?éviter une appropriation publique très
coûteuse),
? Une acquisition de quelques lots pour entrer dans la copropriété et assurer le portage
de lots ciblés de quelques propriétaires impécunieux ou défaillants,
? Une acquisition d?une part conséquente des lots pour pouvoir agir et influer sur la
copropriété (poids suffisant pour les prises de décision en assemblée générale),
La transformation complète de la copropriété en logement social, une acquisition de tous
les lots.
Actuellement, les bailleurs sont plus enclins à intervenir dans la transformation complète de la
copropriété en logement social que dans la transformation partielle.
Pour la copropriété de Maison Blanche, les lots acquis par l?EPF PACA sont cédés progressivement
à UNICIL avec un engagement de la part de l?EPF PACA de poursuivre son intervention foncière
jusqu?à l?acquisition de tous les lots. Ce mode opératoire permet de décharger les bailleurs des
contraintes liées à l?acquisition des lots de la copropriété (par voie amiable, préemption ou
expropriation), de garantir une maitrise publique complète de l?ensemble immobilier pour favoriser
sa transformation en logement social et sa sortie définitive du régime de la copropriété.
Aussi, la mission recommande le développement d?une filière de la production de logements
sociaux en acquisition/ amélioration de logements par la mobilisation de bailleurs (comme UNICIL,
CDC Habitat, voire ERILIA) pour la transformation des ensembles immobiliers en copropriété mixte
(acquisition partielle de lots dans le cadre d?une opération de redressement) ou en ensemble
immobilier de logement social (acquisition totale).
2.2.4 L?extension du périmètre de compétence de l?EPAEM pour
l?aménagement à envisager
Hors ORCOD IN, dans le cas où le traitement des copropriétés exige la réalisation d?opérations
d?aménagement et d?équipements, il est proposé de mobiliser l?EPAEM dans le cadre de
concessions en élargissant son périmètre de compétence pour qu?il puisse intervenir dans ces
domaines, de façon facultative, à la demande de la Métropole ou la Ville, dans la continuité de ce
qui a été décidé pour Maison Blanche par exemple.
Cette mobilisation pourrait également intervenir dans le cadre des ORCOD IN. En effet, pour la
mise en oeuvre de ces opérations, les EPF d?Etat disposent à titre dérogatoire de la compétence
d?aménagement (en dehors des ORCOD IN, la loi ne permet pas aux EPF d?intervenir en
aménageur, leur action se limitant à la préparation des terrains et au proto-aménagement). Or,
l?EPF PACA n?envisage pas, pour l?heure, de développer une compétence en aménagement. Une
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délégation de maitrise d?ouvrage par l?EPF PACA à l?EPAEM pourrait être envisagée.
L?extension du périmètre de compétence de l?EPAEM à l?échelle de
l?ensemble de Marseille permettrait de le mobiliser, à la demande des collectivités, en
appui pour des aménagements ou conduites d?équipements publics sur des sites à
enjeux de rénovation urbaine (NPNRU et Programme d?intérêt national des
copropriétés dégradées) et des études préalables d?aménagement.
2.2.5 L?accompagnement d?un plan global et partagé de suivi et de
traitement des copropriétés et la préfiguration d?un cadre partenarial,
piloté par la Métropole en lien avec la ville et l?Etat est opportun
La mobilisation des acteurs de la copropriété pourrait être formalisée dans un nouveau plan global
de suivi et de traitement des copropriétés piloté par la Métropole, en lien avec la Ville et l?Etat qui
comprendrait :
Un nouveau cadre de relations partenariales prévoyant pour toute la chaine d?intervention
l?articulation et le partage des moyens et des compétences des différents acteurs (charte
des acteurs de la copropriété),
La déclinaison d?une stratégie de traitement pour chaque catégorie de copropriétés (selon
son degré de difficulté), prévoyant une capacité d?observation accrue pour prévenir les
dérives des copropriétés, la fonction d?observation gagnerait également à être renforcée
sur le centre ancien, pour évaluer l?évolution de l?état du bâti et des risques associés,
Un renforcement des dispositifs de traitement et d?accompagnement des copropriétés
selon leur degré de fragilité ou de difficulté qualifié à partir des données issues des
études/diagnostics des copropriétés ou de l?observation. L?identification précoce des
dysfonctionnements favorisera une action publique de redressement (même lourde) sur
des situations réversibles, moins coûteuse qu?une action tardive exigeant des besoins
massifs d?appropriation publique,
Les modalités d?intervention en cas d?urgence (dont besoins en portage),
Un renforcement des syndics et des prises de position des bailleurs sociaux dans ces
ensembles résidentiels, pour avoir un suivi dans la durée.
La charte des acteurs de la copropriété pourrait être préfigurée à l?échelle de la ville de Marseille
(voire de la Métropole) identifiant les acteurs et leur rôle dans le traitement des copropriétés en
redressement, recyclage ou démolition. Cette structuration pourrait alors être déclinée et anticipée
pour chaque opération, avant le lancement des dispositifs de traitement de manière à disposer
d?un cadre d?acteurs prêts à intervenir.
Etablir un nouveau cadre partenarial de type « charte des acteurs de
la copropriété » à l?échelle de Marseille, identifiant les acteurs et leur rôle dans le
traitement de la copropriété en redressement, recyclage ou démolition. Inscrire cette
charte dans un plan global de suivi et de traitement des copropriétés en
redressement, recyclage ou démolition.
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3 La production de logements sociaux et la reconstitution
de l?offre : l?extension à court terme du périmètre de l?OIN
Euromediterranée reçoit, à ce stade, un accueil réservé
des acteurs locaux, mais cette perspective reste utile et ne
doit pas être écartée
3.1 Une crise de la production de logement qui s?explique d?abord
par le manque de projets d?aménagement et d?anticipation
foncière
3.1.1 La pénurie de logements sociaux à l?échelle de Marseille est une
réalité historique, qui tend à s?accentuer dans le contexte
économique actuel
En septembre 2023, le nombre total de demandes de logements sociaux s?établissait à 47 990
dont 11 821 demandes de mutation (25 %) et 36 169 primo-demandes (75 %), à rapporter à un
parc de 86 070 logements sociaux « SRU »25. Le nombre de demandeurs est en forte hausse
depuis 2019 (pour mémoire, il y avait 38 057 demandes au 1er janvier 2019).
Fin 2022, le nombre moyen de demandes par attribution à Marseille était de 9, proche de celui
observé à Lyon (9,1), à Paris (10,2) et à Nice (13)26. La configuration métropolitaine d?Aix-Marseille-
Provence rend, cependant, la problématique du logement plus critique qu?à Lyon, Paris ou Nice :
dans ces trois villes, les habitants les plus modestes trouvent aussi à se loger en dehors de la ville
centre, à proximité ou dans des secteurs relativement bien connectés par les transports collectifs
urbains.
En outre, la tension locative sociale dans certains arrondissements est parmi la plus élevée au plan
national, avec des ratios demandes/attributions de 39 dans le 1er arrondissement de Marseille, de
68 dans le 6ème et de 22 dans le 7ème, à comparer à un ratio de 48 dans l?arrondissement le plus
tendu de Paris. L?extension de la ville (240 km², dont 150 km² urbanisés, soit près du double de
Paris) et sa mauvaise desserte par les transports en commun (pas de métro desservant la majorité
des QPV) accentuent la tension sociale induite par cette répartition très déséquilibrée des
logements sociaux, au-delà des enjeux de mixité sociale.
Cette situation justifie pleinement une politique affirmée de rééquilibrage de la production de
logement à l?échelle de Marseille, pour le moins, à défaut d?une démarche qui s?inscrive plus
largement à l?échelle du bassin de vie que constitue la métropole pour une large part.
La hausse récente du ratio moyen des demandes par attribution de logements sociaux s?inscrit
dans un contexte de pression économique liée à l?inflation des prix, notamment énergétique. De
façon plus structurelle, cette hausse traduit aussi une croissance démographique (+2 000 habitants
par an entre 2014 et 2020), des besoins liés au desserrement des ménages et à la décohabitation,
une augmentation tendancielle des résidences secondaires et des meublés touristiques, et une
vacance ou faible attractivité du parc de logement privé du fait de sa dégradation et son
obsolescence. Compte tenu de la faiblesse de la production de logement sociaux prévisible dans
les prochaines années (cf. 3.1.3), la tension sociale va s?accroître, avec une déconnexion
croissante entre les prix immobiliers et les capacités financières des ménages. Le logement
25 Source : projet de contrat de mixité sociale de Marseille
26 Source : projet de contrat de mixité sociale de Marseille
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constitue le premier facteur d?affaiblissement du pouvoir d?achat des ménages.
La pénurie de logement sociaux est un frein au développement de la ville, notamment pour
maintenir et attirer des salariés. Elle freine les projets de rénovation urbaine et de traitement des
copropriétés dégradées du fait des difficultés de relogement des ménages les plus modestes.
Au regard des indicateurs de la loi SRU, avec un taux de 21,69 % de logements sociaux en 2022
(à comparer à un objectif de 25%), le manque était de 13 087 de logements sociaux.
3.1.2 Les programmes locaux de l?habitat ont, depuis longtemps, bien
posé les diagnostics et les stratégies mais la production effective de
logements n?est pas à la hauteur des objectifs fixés
L?insuffisance de la production de logements, notamment sociaux, à Marseille a bien été identifiée
comme l?une des priorités d?action publique depuis le premier Programme local de l?habitat (PLH)
intercommunal, à l?échelle de la communauté urbaine Marseille Provence (MPM), sur la période
2006/2010. Une hausse de la production de logement a d?ailleurs été constatée sur cette période,
déjà portée par les premières livraisons du projet Euroméditerranée.
Le PLH 2012/2018 a renforcé la priorité donnée à la production de logements sociaux, et visé un
accroissement global de 25 % de la production de logements, avec des objectifs de 5 000
logements supplémentaires par an à Marseille dont 1 400 logements sociaux.
Le premier PLH métropolitain à l?échelle d?Aix-Marseille-Provence (AMP) couvre la période 2023-
2028 et vise pour la ville de Marseille une production à hauteur de 4 500 logements par an, dont
2 300 logements sociaux (1500 neufs, 600 par recyclage du parc privé), avec une volonté d?amorce
de rééquilibrage à l?échelle de la ville (55 % des logements locatifs sociaux sont situés en QPV, et
majoritairement situés au nord du territoire communal).
Cependant, force est de constater que les livraisons de logements sont inférieures aux objectifs
fixés et aux besoins. Sur la période 2010/2023, le parc de logements entrant dans le champ de la
loi SRU a progressé de 13 244 unités, soit environ mille logements en moyenne par an. A nombre
de résidences principales constant. A ce rythme, il faudra près de 13 ans pour que la Commune
atteigne le taux légal de 25 % de logements sociaux fixé par la loi SRU.
Sur le dernier bilan triennal SRU 2020-2022, la ville de Marseille n?a atteint que 38% de ses
objectifs de logements sociaux. En effet, sur les 7 674 logements sociaux attendus, seuls 2 934
logements sociaux ont été comptabilisés dans l?inventaire, dont 1 880 logements issus du report
de la précédente période 2017-2019. Quant à la production de logements PLAI sur le période 2020-
2022, elle ne s?élève qu?à 20% des logements sociaux produits (alors que l?objectif minimal était
de 30%).
3.1.3 L?insuffisance de la production de logements est la conséquence de
divers facteurs pénalisants, et particulièrement de l?insuffisance de
projets d?aménagement
Le manque actuel de production de logement, notamment sociaux, à Marseille résulte d?un
ensemble de circonstances endogènes à Marseille, mais aussi exogènes, notamment :
Un retard dans le relèvement des objectifs de production de logement, avec un premier
PLH métropolitain qui répond mieux aux enjeux que les précédents, mais qui n?a été adopté
qu?en février 2024 ;
Un freinage des délivrances d?autorisations d?urbanisme en début de mandat municipal,
sur fond de remise en cause du modèle d?urbanisation de la ville, avec une dégradation
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Juillet 2024 Extension de l?EPA Euroméditerranée et mise en oeuvre du
volet logement de Marseille en Grand
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consécutive des relations avec les promoteurs ;
Une hausse des valeurs foncières, une absence de connaissance et de réserves foncières
sur Marseille (cf. chapitre 4) ;
Des limitations dans les capacités de construction liées au PLUI de 2019, avec des objectifs
légitimes de réduction de l?artificialisation et de protection des espaces naturels, mais aussi
des seuils d?application des quotas de logement sociaux qui sont longtemps restés élevés ;
Une priorité politique donnée aux enjeux de renouvellement urbain et de régulation de l?état
du parc privé, reconnaissant ainsi que le parc privé remplit une fonction sociale « de fait »
très importante à Marseille ;
Un éclatement de la gouvernance de l?aménagement et de l?habitat entre la Métropole et
Ville, mais aussi entre les élus au sein de ces collectivités et de leurs opérateurs ;
Une production de logement social réalisée en grande partie en VEFA27 dans un contexte
de crise de la promotion privée immobilière à l?échelle nationale, du fait de la hausse du
prix des matériaux, de l?énergie, du foncier et des taux d?intérêt ;
Enfin, comme les autres métropoles, Marseille a aussi subi les conséquences de la crise
sanitaire récente qui a mis entre parenthèses l?avancement de nombreux projets
immobiliers.
Plus que tous ces facteurs, qui pour beaucoup ne sont pas propres à Marseille, il apparaît à la
mission que la principale cause du retard en termes de production de logement est une difficulté
historique des acteurs locaux à faire émerger et mettre en oeuvre des projets d?aménagement
urbain.
Les différents PLH, et en particulier celui de 2024, ont bien identifié l?enjeu de la stratégie foncière
et de la mise en adéquation des documents d?urbanismes, mais ils cantonnent les acteurs publics
dans une fonction de régulation, avec des objectifs de production territorialisés par arrondissement,
et non d?action, avec des projets d?aménagement public.
Le PLUi approuvé le 19 décembre 2019 et modifié le 30 juin 2022, a certes défini des orientations
d?aménagement et de programmation (OAP) sur 22 secteurs jugés stratégiques, qui expriment des
intentions d?aménagement. Ces OAP donnent une place importante aux principes de composition
urbaine, de traitement des espaces collectifs, de mobilité de proximité et de structuration paysagère
et naturelle. La dimension programmatique en termes d?habitat est cependant peu présente, même
si, sur quelques sites, des orientations sont données en matière d?affectation du sol (dominante
habitat ou économique), sans chiffrage du potentiel de production de logements. Le choix et le
traitement des OAP ne semblent pas avoir été guidés par des objectifs de production de l?habitat,
ni d?ailleurs de desserte par les réseaux lourds de transport urbain.
En tout état de cause, l?existence d?OAP ne garantit pas le passage à des phases opérationnelles
(ZAC28, ZAD, PAE, ?) : des études pré-opérationnelles sont nécessaires avant de pouvoir décider
et concerter la population qui doivent faire émerger des projets urbains et documenter leur
faisabilité, notamment sur le plan foncier, de l?acceptabilité, de l?intégration technique et
environnementale, des recettes et du financement.
La nécessité d?un changement de modèle, vers un urbanisme de projet et non plus uniquement
réglementaire, s?impose peu à peu parmi les décideurs locaux, ceci d?autant plus que le PLUi de
2019 a logiquement réduit les espaces à urbaniser, poursuivant des objectifs de densification du
bâti, de recyclage, d?économie du sol et de protection des écosystèmes naturels et surfaces
27 VEFA : Vente en état futur d?achèvement
28 ZAC (zone d?aménagement concertée), ZAD (zone d?aménagement différé), PAE (plan d?aménagement
d?ensemble).
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agricoles. L?enjeu est maintenant de passer à la décision publique puis à la mise en oeuvre, et donc
d?engager des études préalables sur des secteurs à enjeux.
3.1.4 Une production de logements (dont sociaux) portée principalement
par la promotion privée et l?OIN Euroméditerranée
Conséquences de ce manque d?initiative publique en matière d?aménagement opérationnel, le
Contrat de mixité sociale (CMS) pour 2023/2025 acte que :
70 % des 5 779 nouveaux logements sociaux livrés (en incluant ceux déjà en travaux)
seront produits par l?initiative privée diffuse (VEFA), en dehors des périmètres
opérationnels d?aménagement public, avec un fort risque de non atteinte des objectifs du
fait de la conjoncture nationale atone pour la filière de la construction et du manque
d?anticipation foncière. Le taux de projets agréés mais non réalisés pourrait, selon les
professionnels, s?élever à environ 15 % ou 20 % (au lieu de 10 % jusqu?aujourd?hui),
Les ZAC de l?opération d?intérêt national Euroméditerranée représenteront à elles-seules
12 % des nouveaux logements sociaux attendus sur la période 2023/2025,
Les ZAC de compétence métropolitaine, en particulier à la Capelette, Vallon Régny et
Flammarion, représenteront au total 11 % des logements identifiés,
Le conventionnement de logements locatifs sociaux dans les opérations de recyclage
d?habitat indigne ancien (au travers de l?action de la SPLA-IN Aix Marseille Provence et des
concessions métropolitaines d?éradication d?habitat indigne) représentera 4 % des
logements SRU identifiés sur la période 2023-2025.
Dans un tel contexte, la capacité des bailleurs sociaux à participer à l?effort de construction est
faible et leur stratégie consiste, essentiellement, à acheter des lots dans des programmes privés
en construction. Les valeurs foncières sont en effet trop élevées pour qu?ils puissent s?aligner face
à des promoteurs privés et équilibrer les opérations. Cette évolution conduit à réduire le parc dédié
des bailleurs sociaux, affecté par les démolitions, et accroît leur taux de charges fixes.
Cette faible maîtrise publique de la production de logements n?est pas non plus favorable à un
rééquilibrage spatial de l?offre sociale à l?échelle de la ville et à la cohérence avec la politique des
mobilités.
3.2 Passer de la logique d?un urbanisme réglementaire à celle d?un
urbanisme de projet et préparer les futures opérations
d?aménagement possible, dans une perspective de production
de logement, en remettant à plus tard le choix de celle qui
pourrait faire l?objet d?une OIN
3.2.1 L?extension de l?OIN n?est pas souhaitée par la Ville et la Métropole :
un sujet sensible qui reste cependant une perspective incitatrice
La mission a constaté que les élus locaux (notamment de la ville) ne sont pas, à ce stade,
favorables à un élargissement de l?opération d?intérêt national. Cette réserve tient à la vigilance
quant à une forme de nationalisation par l?Etat de l?exercice de compétences décentralisées et
vraisemblablement au signal politique que pourrait donner, à quelques mois des élections locales,
ce presque constat de carence.
Sur le plan politique, Euroméditerranée a d?ailleurs longtemps été un point de débat, et son
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extension le serait aussi (surtout si les visions d?aménagement ne sont pas claires), une part de la
population considérant que le projet a été trop radical sur le plan urbain, et guidé par les intérêts
économiques plus que les besoins des marseillais.
Les élus métropolitains et municipaux reconnaissent cependant que les capacités d?ingénierie de
l?EPAEM et sa gouvernance sont des atouts pour la mise en oeuvre de grands projets, impliquant
une continuité des orientations. Dans le contexte national actuel, ils s?interrogent cependant sur la
capacité de l?Etat à être un point de stabilité.
Les élus sont également sensibles aux financements que l?État pourrait apporter aux projets locaux
dans le cadre d?une OIN et à son effet d?entraînement vis-à-vis de financements du Département
et de la Région. Pour autant, au regard des difficultés de négociation des surcoûts d?Euromed 2,
ils restent dubitatifs sur la capacité de l?État à engager des moyens substantiels dans de telles
opérations, tant sur le plan financier que des effectifs.
La mise en place d?un Projet Partenarial d?Aménagement (PPA) associé à la création de plusieurs
périmètres de Grande Opération d?Urbanisme (GOU) recueille encore moins les faveurs des élus
locaux qu?une OIN, considérant que cela apporte des complications sans contreparties (ingénierie,
gouvernance, financement).
Les décideurs locaux, élus et fonctionnaires et en particulier ceux de la Métropole, semblent par
ailleurs considérer que les actions entreprises pour réformer et renforcer l?organisation de leurs
propres services et opérateurs devraient leur permettre de viser une certaine autonomie d?action,
sans dépendre de l?État. La Métropole indique ainsi avoir engagé une restructuration de ses
opérateurs d?aménagement (SOLEAM, FACONEO, SPLA Pays d?Aix, ?) pour consolider les
capacités d?ingénierie et d?expertise à l?échelle d?Aix Marseille Provence. Logiquement, la Ville
apparaît moins avancée sur ce plan et son champ d?activité reste plus étroit (équipements
municipaux, voirie).
Malgré ces réserves, au vu de la situation critique en matière de logement à Marseille, la mission
considère que poser aujourd?hui la question de l?élargissement de l?OIN et par la même occasion
du devenir de l?EPAEM, ne doit pas être exclu. Aussi, elle recommande que l?État renforce son
appui en matière d?aménagement à Marseille, via l?EPAEM, en se situant clairement dans une
logique d?accompagnement des collectivités locales, et non de leur substitution.
S?il était décidé, le renforcement temporaire et partiel du soutien de l?État en matière
d?aménagement via une OIN devrait donc s?inscrire dans une perspective de retour rapide au
régime de droit commun en termes de compétences. Toutes les solutions devront être conçues de
façon à susciter un effet d?entrainement sur l?ensemble des opérateurs locaux (autres que ceux de
l?Etat) et à transférer in fine les capacités d?ingénierie des opérateurs d?Etat aux collectivités locales.
3.2.2 Deux préalables à un débat sur l?extension de l?OIN : une affirmation
de changement de modèle d?urbanisation porté par l?EPAEM et une
limitation de l?instruction des actes d?urbanisme par l?Etat
Dans la perspective d?une OIN élargie, la mission appelle l?attention sur deux points de vigilance :
Un préalable à une médiatisation de l?hypothèse d?une extension de l?OIN sera l?affirmation
d?une rupture par rapport au mode d?aménagement d?Euromed 2 par l?EPAEM. L?approche
actuelle par macro-lots confiés à des promoteurs privés sur des espaces urbains
entièrement recyclés, forcément singulière à l?échelle de la ville, ne pourra pas être la
référence pour le futur. Il s?agira manifestement à l?avenir de composer avec les tissus
existants dans une perspective de requalification, de densification et de valorisation. En
l?état, la Mission estime qu?une mise en débat politique de l?extension de l?OIN serait
périlleuse si les projets urbains considérés ne sont pas clairement partagés, surtout dans
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une période préalable à des élections municipales,
La question des modalités de gestion des autorisations d?urbanisme est importante pour
les différents acteurs. A droit constant, l?extension de l?OIN impliquerait le transfert de toutes
les autorisations d?urbanisme (article L 422-2 du code de l?urbanisme), même si un accord
a permis à l?État de s?appuyer sur les services et outils de la Ville pour leur instruction.
Sur le plan symbolique, elle manifesterait pour la Ville une perte de lien avec ses administrés et le
dessaisissement de ses compétences. Elle complexifierait l?instruction (doublon d?instruction), tant
pour les pétitionnaires que pour les services, et réduirait les bénéfices de la dématérialisation des
procédures et la modernisation des outils « application du droit des sols » (ADS) de la Ville,
reconnue sur le plan local.
Pour les services de l?État, ce transfert de compétences induirait un surcroît d?activités avec des
moyens (effectifs et outils numériques) souvent insuffisants. Cette hausse de charge serait accrue
si l?extension concerne des zones déjà consolidées sur le plan urbain, qui génèrent de nombreux
actes de gestion quotidienne de l?urbanisme (déclarations de travaux, permis pour agrandissement
ou changement de vocation d?un espace...).
Si l?élargissement de l?OIN devait être décidé, la mission recommande d?examiner au niveau
réglementaire la possibilité de réduire le périmètre du transfert de compétence aux actes à forts
enjeux ou aux périmètres d?aménagement opérationnel.
Pour donner une mesure du poids des actes courants, sans enjeu, il est possible de se référer à
des chiffres sur l?année 2022, qui montrent que le nombre de permis de logements significatifs
(plus de 30 logements) s?est limité à 32 actes, à rapporter à un flux de 1 500 permis de construire
par an et 4 400 déclarations de projet instruites aujourd?hui par la Ville, traités par une équipe ADS
de 16 instructeurs dans un service de 28 agents.
Pour mémoire, Euromed II génère un flux de l?ordre de 50 permis et 150 déclarations par an, et
mobilise 1 instructeur expert (B+ ou A) et un 1 instructeur B pour les déclarations de projet. La
DDTM travaille aujourd?hui avec des outils ADS clairement en retard sur ceux de la Ville (logiciel
ADS de 2007, sans géoréférencement, ne permettant aucun croisement automatisé permis /
zonage PLUi, avec une transmission dématérialisée très instable), ce qui induit une perte de
productivité dans l?instruction, de qualité de service pour les administrés et de sécurité juridique.
Une augmentation significative de la volumétrie des actes au niveau de la DDTM des Bouches-du-
Rhône justifierait une réflexion nationale sur les capacités techniques des services ADS, au regard
de l?extension de l?OIN Euroméditeranée mais également des autres projets (potentielle OIN Fos
Etang de Berre, projets industriels d?intérêt national, développement agro-photovoltaïque?).
3.2.3 Un scénario d?élargissement des opérations d?aménagement et de
périmètre de l?OIN en continuité au nord du périmètre actuel
d?Euromed ne se traduirait que par une production modeste de
logements, sans favoriser un rééquilibrage au niveau de la ville
La mission a tout d?abord analysé l?opportunité d?une extension du périmètre de l?OIN en continuité
d?Euromed II vers le nord jusqu?à Campagne Lévêque, en incluant la Cabucelle et la zone d?activité
des Arnavants. Cette extension correspondrait peu ou prou au périmètre d?extension des
compétences de l?EPAEM qui a été soumis pour avis aux collectivités par le Préfet de région le 29
mars 2024.
Le périmètre considéré représente environ 330 ha (deux fois celui d?Euromed II) et correspond en
grande partie à des zones urbanisées déjà bien structurées, sans enjeu de renouvellement massif
comme c?était le cas sur Euromed II. Une partie du périmètre fait l?objet d?une OAP sectorielle au
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PLUi de 2019, qui envisage une transformation urbaine autour de 3 points :
Le noyau villageois de St Louis et le pôle d?échange St Exupéry, à consolider sur le plan
des commerces et des aménagements,
Le site des anciens abattoirs, qui fait l?objet d?un projet de ZAC à vocation essentiellement
économique, mais aussi quelques espaces pour les logements,
Le secteur du boulevard de la Méditerranée, pour le redynamiser sur le plan économique.
Le périmètre envisagé par l?État s?étendait également à l?Est, en intégrant la zone d?activité des
Arnavaux, qui représente 100 ha et compte environ 4000 emplois.
En tout état de cause, au vu des documents transmis, la mission n?est pas en mesure de constater
l?existence :
D?un projet urbain d?ensemble du secteur qui soit une réponse aux enjeux de production
de logement, notamment social. Sur les trois sous-secteurs ci-dessus mentionnés, l?OAP
renvoie à des objectifs d?aménagement public et de développement des activités
économiques, mais très marginalement de logement. L?émergence d?un nouveau projet
urbain orienté vers le logement impliquerait des études foncières approfondies, et le
potentiel de mutabilité semble relativement limité sur ce secteur, déjà très consolidé,
D?un schéma des équipements et aménagements publics, qui permette un chiffrage,
d?autant que le projet d?extension du tramway ne semble pas avoir été intégré dans cette
OAP de 2019, qui doit certainement être en cours d?actualisation,
De bilans financiers d?une transformation de ce secteur, en partant d?une programmation
fonctionnelle et des recettes escomptées.
Compte tenu du nombre d?habitants et d?entreprises implantées sur ce secteur, l?impact sur les
moyens d?application du droit des sols (ADS) de la DDTM des Bouches-du-Rhône serait significatif,
avec sans doute un doublement des équipes actuellement affectées à Euromediterranée. L?impact
dépendrait évidemment du calendrier de cette extension, et sa superposition, ou non, avec la
finalisation d?Euromed I et II, et le transfert vers la Ville de ces territoires.
En tout état de cause, au vu des orientations d?urbanisme existantes, la mission considère qu?une
telle extension de l?OIN vers le nord ne paraît pas de nature à relever significativement le défi de
la production de logements mixtes, ni d?amorcer un rééquilibrage des logements sociaux vers les
secteurs autres que le nord de Marseille. La justification d?un transfert de responsabilité à l?État via
une OIN ? indispensable lors du passage au Conseil d?État - n?apparaît pas évidente pour un tel
scénario.
Par contre, un projet d?aménagement porté à l?échelle locale trouverait sans doute toute sa
pertinence en termes de densification marginale, de requalification du cadre de vie (continuités,
offre commerciale de proximité) et de développement économique.
3.2.4 En revanche, un scénario d?étude « multi-sites », sur les secteurs les
plus stratégiques pour la production de logements, en cohérence
avec les transports, pourrait étayer une éventuelle décision
d?extension de l?OIN, et surtout avoir un effet d?entraînement sur
l?aménagement à l?échelle de la ville, à la hauteur du défi de l?habitat
La mission constate que le territoire de Marseille ne dispose plus de réserves foncières aisées à
mobiliser et qu?aucun secteur n?a été identifié au PLUi pour une transformation profonde, à l?instar
d?Euromed II. La réponse aux objectifs du PLH passera donc nécessairement par une multiplication
des opérations ponctuelles, réparties sur l?ensemble du territoire, en veillant à faire émerger des
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tissus urbains qualitatifs et fonctionnels, notamment sous l?angle des mobilités. Pour limiter les
coûts d?investissement, il importera de s?appuyer au maximum sur les réseaux viaires existants, en
retraitant les aménagements publics et paysagers, et en recherchant des solutions économes
adaptées au climat méditerranéen et au changement climatique.
Plutôt qu?une décision rapide sur une extension d??OIN, peu efficace, la mission recommande un
scénario « multi sites », qui consisterait à confier à l?EPAEM le portage d?études préalables aux
projets d?aménagement sur plusieurs secteurs stratégiques de Marseille, dans une perspective de
production de logements et en s?appuyant sur les réseaux de transports urbains existants.
L?EPAEM associerait l?AGAM et l?EPF PACA, selon des modalités à définir et travaillerait en lien
étroit avec la Métropole et la Ville.
Ce scénario vise à accompagner les collectivités locales au niveau de la phase pré-opérationnelle
pour accélérer le passage en phase d?aménagement et permettrait d?avoir un effet d?entraînement
à l?échelle de la ville, sur un nombre suffisant de zones pour répondre à l?enjeu de logement, tout
en évitant une concentration des logements sociaux au nord de la ville.
A l?issue de ces études préalables, les collectivités pourraient porter sur ces secteurs des
démarches classiques d?aménagement (ZAD, ZAC, PAE, DPU?), avec leurs opérateurs, voire
l?EPAEM ou ses filiales (cf. infra), via des concessions d?aménagement ou des mandats plus
restreints. S?il est, à ce stade, jugé nécessaire de recourir à une OIN sur l?un ou l?autre des secteurs,
il conviendra de choisir son périmètre au regard de son intérêt national, en matière de logement
ou de transports, et des moyens qui pourront y être affectés par l?Etat.
Les études préalables à l?aménagement opérationnel que porterait l?EPAEM, avec l?AGAM et l?EPF
PACA comprendraient des analyses foncières (potentiel de mutabilité), des plans guides
d?aménagement, des chiffrages de dépenses et recettes, et une programmation temporelle. Elles
permettraient de confirmer l?intérêt de ces secteurs pour la production de logements et de préciser
les modes d?intervention pertinents, à l?initiative des collectivités ou via une OIN le cas échéant,
pour l?un ou l?autre des secteurs.
Le délai de ces études en amont pourrait être de l?ordre de 24 mois (à approfondir avec l?EPAEM
et l?AGAM), et leur montant de l?ordre d?un million d?euros par site. L?avancement des études
préalables devrait être jalonné par des points d?étape à haut niveau, avec une implication forte de
l?Etat pour accompagner la fixation du programme et des orientations générales d?aménagement.
La mission a analysé, sans pouvoir conclure à ce stade, 8 zones à enjeux qui pourraient faire l?objet
de telles études préalables, en croisant 4 critères principaux :
Le potentiel de mutation urbaine pour la construction de logements,
La cohérence avec les réseaux de transports et leur développement,
Les gains à attendre en matière de qualité urbaine, gage d?acceptabilité de ces projets,
L?existence d?enjeux potentiels à l?échelle nationale (reconstitution de l?offre de logements,
rééquilibrage territorial de l?offre, cohérence avec les investissements dans les transports
ferroviaires et urbains, lien ville/port).
Ces 8 zones sont les suivantes :
1. Cabucelle, La Calade Campagne Lévêque
2. Saint André, Saint Henri voire Estaque
3. Saint Mitre Château Gombert
4. Belle de Mai Abeilles Blancarde
5. Jarret, Capelette, Florian, La Pomme
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6. La Valentine La Barasse
7. Sainte Marguerite
8. Chanot ? Cité Radieuse
4 zones ont été écartées, en première analyse, mais mériteraient d?être considérées dans le cadre
d?une concertation avec les collectivités locales :
Castellane / Saint Antoine
Bessons / Giraudy / Sainte Marthe / Tour Sainte / Dollet
Saint Barnabé
Chanot second Prado
Bonneveine
Les zones identifiées par la mission ont un caractère exploratoire, pour amorcer un processus de
dialogue partenarial. Si cette approche « multi sites » retient l?attention de l?Etat, la mission
recommande d?engager une phase d?approfondissement avec les collectivités locales, idéalement
sous forme d?ateliers collectifs, et de retenir ensuite les 4 ou 5 zones à enjeux qui pourraient faire
l?objet d?études urbaines et pré-opérationnelles. Ces ateliers pourraient être organisés sous le
pilotage de l?EPAEM, avec l?AGAM et l?EPF PACA. Ce travail devra être articulé avec la démarche
stratégique « comment habiter Marseille en 2050 » lancée par la Ville avec la Métropole.
L?intérêt de la Région et du Département, membres de l?EPAEM, d?être associés à cette dynamique
d?aménagement marseillaise pourra aussi être une des clés de choix des sites, à condition que ce
ne soit pas au détriment des objectifs de production de logements.
Ce scénario « multi sites » impliquerait que des effectifs et les moyens d?études supplémentaires
soient affectés à l?EPAEM, sans que cela porte atteinte aux missions assurées sur Euromed I et II
(cf. Annexe 8). Un tel scénario permettrait un transfert progressif de la gouvernance de l?EPAEM
de l?État vers les collectivités, en assurant la pérennité de capacités d?ingénierie et de pilotage
reconnues.
En tout état de cause, au-delà des études préalables, si l?EPAEM devait s?engager dans la mise
en oeuvre opérationnelle de telle ou telle zone, il semblerait préférable de le faire dans un cadre de
gouvernance correspondant aux enjeux et au territoire concernés. Plusieurs alternatives existent
à l?intervention directe de l?EPAEM, qui nécessiteront un consensus au sein du conseil
d?administration, dont la création d?une filiale de type SPLAIN avec les collectivités.
Dans le cas où, à l?issue des études préalables, le principe d?une OIN multi-sites serait retenu,
celle-ci pourrait être adaptée au contexte marseillais, aux enjeux de décentralisation et
environnementaux. Aussi, une nouvelle génération d?OIN pourrait émerger pour accélérer la
production de logements tout en maitrisant la dépense en volume et dans le temps, et en respectant
les prérogatives des collectivités : limitée à certains secteurs, un périmètre du transfert de
compétences des autorisations d?urbanisme à l?Etat limité aux actes à forts enjeux sur les
périmètres d?aménagement opérationnel en lien avec les services de la ville, le recours à une SPLA
IN (voire d?une SPL IN à créer) pour la conduite de l?OIN (partage du risque financier entre l?Etat et
les collectivités locales), une participation financière de l?Etat au démarrage des opérations pour
impulser la dynamique, puis progressivement dégressive, le bénéfice d?une TSE dédiée (au titre
de l?intérêt national), et une exemplarité des projets au regard des enjeux de développement
durable.
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3.2.5 A court et moyen terme (2030), la réussite d?Euromed II, l?avancement
des ZAC en cours et l?utilisation du foncier public doivent mobiliser
l?attention des décideurs
3.2.5.1 Euromed II, un projet stratégique qui doit être accompagné
La réussite d?Euromed II est l?enjeu majeur de la production de logements des dix prochaines
années. Cette opération prévoit d?ici 2035 la réalisation de 10 000 à 12 000 nouveaux logements
et de 330 000 m² d?activités économiques, ce qui correspond à l?accueil de 20 000 nouveaux
habitants et de 20 000 nouveaux employés, et la réalisation d?un parc sur l?actuelle gare du Canet.
Sur le plan financier, un déficit supplémentaire de 151 millions d?euros est en cours de négociation
pour couvrir le financement du futur Parc des Aygalades, ainsi que la conduite d?un ensemble
d?études liées à la transformation de la façade littorale et des infrastructures qui traversent et
environnent le périmètre.
Vu son ampleur et son délai d?achèvement, ses caractéristiques (macro-lots) et au regard de la
conjoncture immobilière et des tensions sur les revenus des ménages, cette opération présente
des risques.
La mission souligne l?importance d?une mobilisation de tous les acteurs autour de l?EPAEM pour
mener à bien cette opération stratégique. Cela implique :
De finaliser les négociations financières en cours,
De sécuriser les calendriers de réalisation des aménagements publics et équipements,
D?achever la programmation et la commercialisation immobilière,
De suivre attentivement l?évolution des copropriétés, dont certaines donnent d?ores et déjà
des signes de faiblesse, et de prévenir toute dérive,
De traiter en accompagnement l?aménagement des franges d?Euromed 2 sur le plan urbain.
3.2.5.2 L?accélération des ZAC existantes et le recensement du foncier public sont
urgents dans une perspective de développement de projets d?habitat
Outre la sécurisation d?Euromed II, la mission confirme la nécessité de mobiliser tous les leviers
d?action, bien identifiés dans le projet de Contrat de mixité sociale entre la Ville, la Métropole, l?État,
l?EPF PACA et l?Association régionale pour l?habitat social, et notamment :
La mise en oeuvre des ZAC existantes, en renforçant si c?est encore possible sans remise
en cause complète des projets, de renforcer leurs ambitions en termes de production de
logements, notamment la part de logements locatifs sociaux,
L?identification du foncier public qui pourrait faire l?objet de projets immobilier d?habitat mixte
ou logement social, en réservant si possible une part pour des projets sous maitrise
d?ouvrage des bailleurs sociaux. Une attention particulière devrait être portée au foncier
d?ores et déjà acquis par l?EPF PACA sur Marseille, dont certains sont concernés par la
restriction des zones à urbaniser : une analyse au cas par cas de ce portefeuille foncier
serait opportune dans un cadre partenarial,
L?adaptation du PLUi (modifications en cours) pour libérer des projets de logements sociaux,
et généraliser baisser le seuil des opérations pour lesquelles s?impose une obligation de
produire des logements locatifs sociaux dans l?habitat diffus, hors QPV et hors ZAC et PAE.
Les échanges ont permis de retenir un seuil de 30 logements, ce qui est un progrès par
rapport au seuil actuel (80) mais qui reste élevé comparé aux autres grandes
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agglomérations,
Le renforcement de la transformation en logements locatifs sociaux du parc privé existant
sous la forme d?opérations d?acquisition-amélioration via les DIA et la mobilisation renforcée
de l?EPF PACA, le conventionnement des logements privés avec l?ANAH et l?intermédiation
locative dans les arrondissements déficitaires.
Le stock de logements existant sera la ressource principale pour répondre à la demande des
habitants pendant les prochaines années. Toutes les initiatives visant à optimiser l?usage de ce
parc doivent être expérimentées et soutenues (mobilisation des logements vacants des bailleurs
sociaux et du parc privé, en lien avec les dispositifs d?intermédiation locative ou de bail à
réhabilitation, ?).
Confier à l?EPAEM, en lien avec l?AGAM et l?EPF PACA, la réalisation
d?études sur des secteurs stratégiques pour la production de logements, en
cohérence avec les transports. A l?issue des études, identifier les secteurs
susceptibles de faire l?objet d?opérations d?aménagement et la pertinence d?une OIN
sur tel ou tel d?entre eux.
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4 Pour favoriser la production et la reconstitution de l?offre
de logements et le traitement des copropriétés, le
renforcement de l?intervention foncière est impératif
4.1 D?importants enjeux fonciers qui exigent de questionner
l?intervention foncière à Marseille pour les vingt prochaines
années
Au regard des enjeux de portage foncier et de financement liés au traitement des copropriétés en
difficulté et à la production de logements (dont sociaux) dans la durée, le renforcement des
capacités d?intervention foncière à l?échelle de Marseille est indispensable. Le temps estimé pour
le traitement des copropriétés est estimé entre 15 et 20 ans, du démarrage des acquisitions de lots
au redressement ou requalification des ensembles immobiliers.
La mission s?interroge donc sur la capacité actuelle de l?EPF PACA à répondre à l?importance des
enjeux fonciers sur Marseille.
4.1.1 Des besoins importants en foncier pour favoriser la production
neuve de logements, confrontés à une absence de réserves et un
foncier couteux à acquérir voire à dépolluer
La production de logements (dont sociaux) et la reconstitution de l?offre dans le cadre du NPNRU
nécessitent d?importants besoins fonciers mutables et susceptibles d?accueillir un volume important
de logements au regard des besoins. Les seuls objectifs en reconstitution de l?offre des logements
sociaux démolis à Marseille sont établis à près de 3 700 logements en PLAI et en PLUS.
Le PLH métropolitain 2023-2028 qui a récemment été adopté, fixe un objectif de production neuve
sur Marseille de 4 500 logements neufs par an, réparti par arrondissement.
Les acquisitions des logements dégradés ou insalubres dans le tissu ancien contribueront à la lutte
contre l?habitat indigne et à la production d?une offre en acquisition/amélioration (par restructuration,
agrandissement, réhabilitation?) ou en construction neuve après démolition. Toutefois, cette
production restera marginale compte tenu des contraintes parcellaires et urbaines de ces sites. Le
principal enjeu est donc l?accès à un foncier à fort potentiel d?évolution (parcelles nues ou
faiblement bâties, les parcelles de faible densité bâtie au regard de la desserte en transports en
commun, les parcelles d?activité peu denses en emploi?).
A fin 2023, le montant des onze conventions actives29 de l?EPF PACA sur Marseille s?établissait à
359 M¤, dont 100 M¤ pour Euroméditerranée (cf. Annexe 6).
L?EPF PACA a confirmé l?absence d?identification et de réserves foncières permettant la production
de logements à la hauteur des besoins, faute d?anticipation. Face à ce constat, un premier
recensement du foncier public susceptible de favoriser la production de logements a été engagé
par l?Etat et les collectivités locales.
Au-delà de l?accès au foncier à Marseille, se pose la question de son coût en termes d?acquisition
(notamment dans les secteurs où le taux de logements sociaux est faible) mais aussi de remise en
état des sols avant leur cession.
29 Les conventions actives correspondent aux conventions signées entre l?EPF PACA et ses partenaires
(aménageurs, collectivités notamment) pour l?acquisition du foncier dont l?échéance n?est pas encore arrivée à fin
2023.
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Face à l?évolution du coût du foncier, il importe de pouvoir acquérir rapidement le foncier à enjeux,
ce qui permettrait par ailleurs de contourner une éventuelle spéculation de la part d?investisseurs
peu scrupuleux.
De surcroit, les dépenses de remise en état des sols (travaux de démolition, dépollution ou de
proto-aménagement), peuvent s?avérer très élevées. En effet, certains terrains ou friches
anciennement occupés par des activités portuaires ou industrielles réclament des traitements de
dépollution qui renchérissent significativement le coût initial des terrains. Selon une étude réalisée
en 2023 sur les opérations lauréates du fonds friches par le CEREMA, les coûts de remise en état
sont trois fois plus élevés quand le bâti et/ou le sol sont pollués.
4.1.2 Une intervention de l?EPF PACA qui peine à s?affirmer sur le volet des
copropriétés dont le traitement exige un volume important de lots à
acquérir
A Marseille, faute de traitement anticipé, de nombreuses copropriétés sont arrivées à un stade
élevé de déqualification exposant leurs occupants à des risques importants pour leur santé ou leur
sécurité. L?ampleur des dysfonctionnements impose le recyclage partiel ou total des ensembles
immobiliers et l?acquisition des lots par la puissance publique, notamment grâce à la TSE.
Pour les 12 sites en copropriété du cercle 130, le rapport de de l?IGEDD de faisabilité sur l?ORCOD
à Marseille et remis en mars 202331 avait réalisé une première estimation d?un besoin d?acquisition
(en vue de la démolition ou de transformation en logements sociaux) d?environ 1 600 logements (a
minima), dont près de 300 pour une partie des copropriétés marseillaises envisagées au titre de
l?ORCOD IN.
L?EPF PACA a lancé un appel d?offre début 2024 pour la réalisation « d?Etudes de stratégie habitat
dans le cadre des missions de l?EPF concernant les copropriétés dégradées du programme
d?intérêt national (PIN) » sur les 13 ensembles immobiliers métropolitains, dont 10 situés à
Marseillais. Parmi ces 10 ensembles marseillais, 4 feront l?objet d?une étude prioritaire pour la
préfiguration d?ORCOD IN. Ces études devraient préciser les besoins en portage qui pourraient
d?avérer beaucoup plus importants que les premières estimations au regard notamment du rythme
de déqualification des copropriétés.
Dans le cadre des ORCOD IN, contrairement aux ORCOD, les opérations de recyclage sont
financées principalement par la TSE, sans les aides de l?ANRU.
Or, localement, la mission observe une absence de consensus politique pour adopter, à l?échelle
de la Région PACA, une TSE au profit des copropriétés marseillaises. La mise en oeuvre des
ORCOD IN par l?EPF PACA n?est donc pour l?heure pas garantie.
4.2 Un renforcement de l?intervention foncière à Marseille est une
nécessité
Marseille est confrontée à deux phénomènes, la pénurie de logements d?une part et l?obsolescence
technique des logements existants d?autre part qui créent une forme d?insécurité résidentielle pour
les marseillais.
30 Cf. l?accord partenarial pour une stratégie d?intervention sur les copropriétés dégradées établi pour la période
2017-2023
31 Rapport n° 014856-01 « Rapport de faisabilité sur la perspective d?une ORCOD avec un caractère d?intérêt
national »
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Par ailleurs, les habitants sont confrontés à des tensions de plus en plus fortes sur le marché du
logement qui les paupérisent et les fragilisent. Le poids du logement dans le budget des ménages
est devenu difficilement soutenable. Aussi, au regard des enjeux de portage et de financement liés
aux copropriétés dégradées et à la production de logements (dont sociaux) dans la durée, la
mission recommande de renforcer les capacités d?intervention foncière à l?échelle de Marseille pour
favoriser le développement d?une offre de logement durable et accessible.
4.2.1 L?identification et la caractérisation des secteurs à enjeux pour la
production de logements est un préalable au développement d?un
observatoire du foncier public et privé à Marseille
Les principaux enjeux fonciers sont les suivants :
En priorité, l?identification et la caractérisation des secteurs à fort potentiel d?évolution (cf.
chapitre 3) pour la production de logements (foncier public et privé). Ce recensement
servira de base à la réalisation d?études préalables d?aménagement intégrant la production
de logements (dont sociaux),
A moyen terme, la constitution d?un atlas regroupant les données sur les caractéristiques
du foncier privé et public (Etat, collectivités, bailleurs, opérateurs) pour identifier les
opportunités en termes d?acquisition dans le cadre de la constitution de réserves foncières,
L?intégration dans l?observatoire foncier des données sur les grandes copropriétés en
difficulté (acquisitions de lots par les bailleurs sociaux ou autres concessionnaires ou
opérateurs notamment).
Cet observatoire pourrait être mis en oeuvre par l?AGAM, en commençant par les secteurs à enjeux
qui feraient l?objet d?études préalables. Cette action devrait être reliée à l?observatoire de l?habitat
instauré dans le cadre du PLH métropolitain 2023-2028.
4.2.2 L?accroissement de l?intervention de l?EPF PACA sur Marseille et la
création d?une TSE et d?une minoration foncière « Logement
durable » sont recommandés
4.2.2.1 Un complément de TSE « Logement durable » pour contribuer au financement
du traitement des copropriétés serait opportun
Pour la réalisation de leur mission, les EPF perçoivent différents types de ressources, dont la TSE32,
les recettes issues de la vente des biens acquis, les prélèvements SRU et des subventions. Le
modèle économique des EPF est fondé sur un équilibre entre les acquisitions et les cessions (dont
les produits contribuent au financement des futures acquisitions).
Pour leur permettre de financer leurs interventions foncières et immobilières, ainsi que celles
confiées par décret en Conseil d?État au titre des ORCOD-IN, les EPF d?Etat peuvent percevoir la
TSE, dont le régime juridique est prévu par l?article 1607 ter du CGI.
Le produit de la TSE est arrêté chaque année par le conseil d'administration de l'EPF, dans la limite
d'un plafond fixé à 20 ¤ par habitant résidant sur le territoire relevant de sa compétence. Par ailleurs,
en 2014, la loi ALUR a prévu qu'une fraction de la TSE perçue par les EPF d'État puisse être
32 TSE : Taxe Spéciale Equipement
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consacrée à la conduite d'ORCOD-IN33. Pour les EPF d'État, ce plafond de 20¤ par habitant se
double d'un plafonnement du produit de TSE, instauré chaque année en loi de finances. Ce double
plafonnement permet d'encadrer à la fois leur modèle économique et la pression fiscale dans les
territoires couverts34.
Pour l?EPF PACA, le plafond de la part fiscale de la TSE est fixé par le PLF 2024 à 38,2 M¤ (soit
environ l?équivalent de 7,46¤ par habitant35 ). La TSE représente actuellement 35 M¤ / an de
montant prélevé localement après déduction des frais fiscaux et 15 M¤ au titre de la compensation
par l?Etat suite à la suppression de la taxe d?habitation. Au total, l?EPF PACA perçoit 50 M¤ de
recettes annuelles, soit un montant équivalent à 9,75 ¤ par habitant, dont 6,7 ¤ par habitant de part
fiscale. A ce jour, aucune TSE complémentaire pour le traitement des copropriétés n?a été voté par
le CA de l?EPF PACA, contrairement à celui de l?EPF Occitanie et de l?EPFIF.
Pour l?EPFIF, depuis 2014, le produit de TSE s?établit à 15 ¤/habitant (soit environ 175 millions
d?euros par an à l?échelle régionale). De 10 ¤ jusqu?en 2013, la hausse de 5 ¤ est intervenue en
2014 pour financer les ORCOD IN. La part de TSE dédiée à ces opérations s?établit donc à 60
millions d?euros par an (5¤ par habitant, environ 12 millions d?habitants), soit un tiers de l?enveloppe
régionale de TSE. A noter pour l?EPFIF, le plafond de la part fiscale de la TSE est fixé par le PLF
2024 à plus 139 M¤ (soit environ l?équivalent de 11¤ par habitant).
Parmi les raisons invoquées pour justifier le refus du CA de l?EPF PACA de mobiliser une ressource
supplémentaire figurent le caractère très déficitaire des opérations de traitement des copropriétés,
le risque de ne pas pouvoir couvrir les besoins avec la seule TSE d?autant plus que pour les
OCROD IN les opérations ne peuvent pas bénéficier des aides au déficit de l?ANRU et le fait que
les différents bassins d?habitat de la région sont distincts. L?EPFIF a confirmé à la mission le
caractère très déficitaire des opérations et des difficultés rencontrées actuellement (en phase de
montée en charge) pour équilibrer les opérations d?ORCOD IN sans les aides de l?ANRU.
La mobilisation d?une TSE complémentaire est nécessaire au traitement des copropriétés pour
favoriser une production de logement répondant aux besoins des ménages. Avec une TSE
complémentaire de 3,5 ¤ par habitant, elle rapporterait environ 24 M¤ par an supplémentaires à
l?EPF PACA (cf. Annexe 7). Aussi, la mission recommande de :
Proposer au vote du CA de l?EPF PACA une TSE complémentaire qui pourrait s?intituler
« Logement durable » de 3,5 ¤ minimum par habitant. Cette augmentation suppose de :
? Augmenter le plafond du montant global de la part fiscale de TSE fixé par le PLF pour
l?EPF PACA (passer de 38,2 M¤ par an à 56 M¤, soit 11¤ par habitant, comme pour
l?EPFIF, au lieu de 7,46 ¤ actuellement),
? Augmenter la part de la compensation budgétaire Etat (passer de 15 M¤ à 22,2 M¤),
Soit un montant total de TSE annuel de 74 M¤ (au lieu de 50 M¤ actuellement) et une TSE
complémentaire de 24 M¤ par an.
Un montant de TSE complémentaire plus important pourrait bien entendu être proposé au vote,
notamment si l?étude de préfiguration d?ORCOD IN et le diagnostic des copropriétés concernées
confirmaient la nécessité de relever ce montant pour couvrir les besoins en acquisition.
Par ailleurs, afin d?apporter un minimum de garantie aux élus locaux sur l?équilibre des opérations,
33 La loi ALUR prévoyait une TSE complémentaire consacrée aux ORCOD IN dans la limite de 5¤ par habitant
résidant sur le territoire relevant de la compétence. La loi du 9 avril 2024 visant à l'accélération et à la simplification
de la rénovation de l'habitat dégradé et des grandes opérations d'aménagement a supprimé le plafond de 5¤/
habitant et par an.
34 A ce plafond, s?ajoute la compensation budgétaire introduite pour compenser à l'euro près par le budget de l'Etat
la part de la TSE supprimée à la suite des réformes de la fiscalité locale (suppression de la taxe d'habitation sur les
résidences principales, et de la révision de la fiscalité locale pour les entreprises
35 Nombre d?habitants dans la région PACA au 1er janvier 2021 = 5,12 millions
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une clarification sur les besoins de financement pour couvrir les déficits des opérations des
ORCOD IN, en plus de la TSE, serait nécessaire.
Le relèvement de la TSE pour les ORCOD IN pourrait être formulé dans le volet régional des
Orientations Stratégiques de l?Etat (OSE), au moins lors de la révision du programme pluriannuel
d?intervention (PPI) de l?EPF PACA (dont l?échéance est fixée au 31/12/2025), le conseil
d?administration étant tenu de tenir compte des OSE pour l?approbation du PPI.
Enfin, il est recommandé d?instaurer une minoration foncière « Logement durable » pour les
opérations relevant de l?intérêt national, notamment pour la transformation de lots de copropriété
en logement social et pour la production d?une offre de logements à faible impact carbone.
4.2.2.2 Le rééquilibrage et le rattrapage de l?action foncière doivent être engagés avec
des modalités de suivi adaptées
Pour le traitement des copropriétés et la production de logements à Marseille, l?action de l?EPF
PACA doit être renforcée, rééquilibrée à l?échelle régionale et faire l?objet d?un rapportage régulier.
Comme mentionné précédemment, l?EPF PACA bénéficie d?un montant total de TSE de 50 M¤ par
an.
En premier lieu, la mission suggère de permettre à la ville de Marseille de bénéficier de la TSE
prélevée à l?échelle régionale au prorata du poids démographique de Marseille sur la région PACA.
Actuellement, le montant des 11 conventions signées ces dernières années et actives sur Marseille
s?élève à 359 millions d?euros. Selon l?EPF PACA, à fin 2023, le montant conventionnel sur
Marseille représente environ 15,3 % du montant conventionnel total sur l?ensemble de la Région,
(soit une activité régionale estimée par la mission à 2 346 millions d?euros) alors que le poids
démographique de Marseille au sein de la région s?établit à 17%36. En appliquant ce ratio à l?activité
régionale, la mission évalue à 392 millions d?euros la somme qui devrait être consacrée à Marseille
au lieu des 359 millions actuellement contractualisés. Aussi, le différentiel (estimation de 33 millions
d?euros) pourrait être fléché sur les projets marseillais, notamment pour financer les actions
urgentes de portage de lots et les acquisitions en faveur de la production de logements.
Par ailleurs, la mission constate une date d?échéance relativement proche pour 7 conventions
actives, à fin 2024 pour 4 d?entre elles et à fin 2025 pour 3 autres. De surcroit, un nombre important
d?acquisitions est encore attendu pour certaines d?entre elles. Il importe donc de préparer dès
aujourd?hui l?intervention foncière à l?issue de ces conventions en phase terminale.
En deuxième lieu, un exercice de rattrapage et de rééquilibrage de la consommation de la TSE de
la dernière décennie (a minima) pourrait être initié sur Marseille. En effet, une très grande part de
l?activité actuelle de l?EPF PACA sur Marseille n?a été contractualisée que ces dernières années.
La plupart des acteurs font état d?une faible activité foncière les années précédentes faute de
politique d?aménagement et de projet des collectivités.
Aussi, la mission recommande la réalisation d?une étude sur le volume de TSE prélevé à l?échelle
régionale sur la dernière décennie (voire davantage), les enveloppes consacrées à l?échelle de la
région, et le volume de l?enveloppe dont Marseille a réellement bénéficié sur la même période au
regard de son poids démographique dans la région et de l?importance des enjeux. Dans le cas où
le montant perçu par Marseille était inférieur au montant prélevé ou au montant perçu à l?échelle
de la région au prorata de son poids démographique, la mission suggère de permettre à la ville de
bénéficier de la TSE non « consommée » de manière rétroactive pour rattraper et rééquilibrer
l?action foncière sur le territoire. Cet inversement de tendance induirait une diminution d?activité sur
le reste du territoire régional.
36 Au 1er janvier 2021, 873 076 habitants à Marseille sur 5 127 840 habitants dans la région PACA
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La constitution d?un fonds spécifique Aix-Marseille-Provence, bien identifié en termes de flux et de
gouvernance, permettrait de suivre avec une attention particulière la priorité d?intervention donnée
à ce territoire, au vu de ses enjeux spécifiques, d?intérêt national. Une comitologie adéquate,
consultative, pourrait être mise en place pour élargir la représentation des élus locaux au suivi de
ce fonds.
4.2.2.3 Une meilleure représentation de l?Etat au sein du CA de l?EPF PACA
favoriserait la prise de décisions relevant de l?intérêt national
Enfin, une adaptation de la gouvernance de l?EPF PACA devrait être proposée pour mieux
correspondre aux enjeux d?intervention à l?échelle régionale et donner plus de poids à l?Etat dans
les décisions qui relèvent de l?intérêt national. En effet, au sein de l?EPF PACA, la solidarité
régionale peine à émerger pour favoriser une intervention renforcée à Marseille par le vote d?une
TSE dédiée au traitement des copropriétés.
Actuellement, le conseil d?administration de l?EPF PACA est composé de 34 membres dotés
chacun d'un suppléant : 30 représentants des collectivités locales (6 pour la région, 12 pour le
département, 12 pour les EPCI (dont 4 pour la Métropole AMP)), et 4 pour l?Etat. Aucun élu
marseillais ne siège donc au CA de l?EPF PACA et l?Etat ne dispose pas des pouvoirs suffisants
pour peser sur les décisions (les représentants de l?Etat ne prennent pas part au vote sur la TSE).
La composition du CA est définie par le décret de création de l'EPF et dépend donc du niveau
réglementaire. Elle peut être modifiée sans l'accord des collectivités, même si celles-ci doivent être
consultées. Outre la composition, le nombre de voix détenu par chaque administrateur peut être
modifié par le décret de création de l'EPF.
Une évolution réglementaire par modification du décret de création de l'EPF PACA, après
consultation des collectivités, pourrait prévoir une révision de la composition du CA pour assurer
une meilleure représentation de l?Etat (permettre au préfet de la Région PACA de siéger par
exemple) et un rôle décisif dans les décisions relevant de l?intérêt national notamment. Cette
disposition ne doit être envisagée qu?en dernier recours.
4.2.3 L?émergence d?un nouvel opérateur foncier peut aussi être envisagée
4.2.3.1 La création d?une filiale de l?EPF PACA, en lien avec la ville de Marseille, voire
la Métropole pour intervenir sur le foncier est un premier scénario
Dans le cas où les modalités de renforcement de l?EPF PACA et de solidarité régionale ne
pourraient être mises en oeuvre, il est recommandé d?étudier la faisabilité de la création d?une filiale
de l?EPF PACA avec a minima la ville de Marseille et la Métropole.
L?article L 321-3 du code de l?urbanisme stipule que les établissements publics fonciers de l'Etat
sont habilités à créer des filiales et à acquérir des participations dans des sociétés, groupements
ou organismes dont l'objet concourt à la réalisation de leurs missions.
Cette filiale pourrait être alimentée par les ressources suivantes :
La TSE actuelle prélevée par l?EPF PACA (au moins sur le périmètre de Marseille et sa
métropole) et versée à la filiale par voie de convention,
Une nouvelle TSE (Logement durable) créée par la loi, dont la part fiscale ne concernerait
que le périmètre géographique de Marseille et la Métropole. Le montant de TSE
complémentaire pourrait être aligné sur celui proposé dans le cadre du renforcement de
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l?action de l?EPF PACA, soit un complément de 3,5¤ par habitant,
L?équivalent du montant de TSE prélevé les dernières années et de l?enveloppe foncière
dont Marseille n?a pas bénéficié (cf. supra),
Eventuellement, une participation financière de la part des collectivités (la ville de Marseille
et la Métropole a minima),
Des emprunts.
La filiale pourrait reprendre la gestion des conventions actives portant sur Marseille et sa Métropole
dans le cadre d?un transfert par l?EPF PACA des ressources prévues pour leur mise en oeuvre
(gestion du stock du foncier acquis et nouvelles acquisitions à effectuer).
Aujourd?hui, la loi ne prévoit pas pour les filiales d?EPF d?Etat la possibilité d?agir par voie
d'expropriation et exercer les droits de préemption (cf. article L 321 4 du CU). Cette
recommandation suppose donc une évolution législative pour permettre à la filiale d?acquérir le
foncier. Quant à la conduite des ORCOD IN, si la SPLAIN AMP n?est pas retenue pour l?assurer, il
conviendra de permettre à la filiale de l?assurer au moins en délégation de maitrise d?ouvrage par
l?EPF PACA.
Enfin, concernant les moyens de fonctionnement, des modalités de partage de moyens avec l?EPF
PACA pourraient être organisées pour optimiser le coût et réduire le délai de mise en oeuvre d?un
nouvel établissement. Il conviendra de prévoir ces dispositions pour le fonctionnement de la filiale.
Ce scénario présente l?avantage de permettre à la métropole AMP et à la Ville de bénéficier d?une
TSE complémentaire sur son territoire. En revanche, il présente l?inconvénient de ne pas disposer
d?une TSE plus importante permise par la solidarité régionale d?une part et de devoir faire contribuer
les collectivités, au moins au démarrage, d?autre part.
4.2.3.2 La création d?un nouvel EPF d?Etat à l?échelle de Marseille et la Métropole
Un deuxième scénario d?un nouvel opérateur consisterait pour Marseille et sa Métropole à
s?affranchir complètement de la solidarité régionale et à créer un nouvel EPF d?Etat à l?échelle de
Marseille et de sa métropole, qui deviendraient alors autonomes dans les décisions sur
l?intervention foncière relevant de leur territoire de compétence. Le conseil d?administration serait
alors composé de représentants des collectivités locales et de l?Etat. Cette recommandation
suppose de retirer Marseille et la Métropole du périmètre de compétence de l?EPF PACA.
Ce scénario, plus long à mettre en oeuvre qu?une filiale demande d?adapter le modèle économique
d?un EPF d?Etat au démarrage de la structure pour pouvoir enclencher les acquisitions jusqu?à ce
que l?établissement atteigne un rythme de croisière :
une augmentation significative de la TSE, à titre exceptionnel, au moins les premières
années, pour disposer d?une ressource suffisante,
une capitalisation importante au démarrage de la structure dans la mesure où les
ressources de l?EPF d?Etat ne reposeraient que sur la TSE, l?absence de foncier acquis ne
lui permettant pas de bénéficier des ressources issues des cessions.
L?avantage de ce scénario est de rendre la Métropole de Marseille autonome vis-à-vis des
collectivités régionales. En revanche, l?inconvénient est le temps de mise en oeuvre, et le fait de
renoncer à la mobilisation des capacités de portage de l?EPF PACA, qui se sont accrues avec le
temps (comme tous les EPF, leur volume d?activité croit dans la durée, de façon arithmétique).
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Renforcer l?action foncière de l?EPF PACA à Marseille en instaurant
une stratégie foncière par l?identification des secteurs à enjeux pour la production de
logements et la mise en place d?un observatoire afin de constituer des réserves.
Accroitre l?intervention financière sur Marseille en créant une TSE complémentaire
« Logement durable » assortie d?une minoration foncière destinée aux opérations
d?intérêt national notamment, rééquilibrer et rattraper l?action foncière de l?EPF PACA
sur Marseille au prorata de son poids démographique dans la région.
4.2.3.3 D?autres scénarios alternatifs sont envisageables, comme le versement de la
TSE directement à la SPLAIN AMP en charge du traitement des copropriétés
et éventuellement à la SPLAIN qui serait créée pour la production de
logements
Un autre scénario a été analysé, plus prospectif, qui consisterait à permettre par la loi que la TSE
soit directement versée aux SPLAIN en charge des opérations d?intérêt national :
à la SPLAIN AMP pour le traitement des copropriétés,
à la nouvelle SPLAIN qui pourrait être créée pour accélérer la production de logements (cf.
3.2.4).
Sur le modèle des EPFA37 , la TSE serait destinée au financement des missions des SPLAIN,
notamment pour les opérations intégrant des logements sociaux.
Ce scénario présente l?avantage de s?affranchir de la gouvernance de l?EPF PACA d?une part et
d?accélérer toute la chaine d?intervention en permettant à un seul acteur de bénéficier de la TSE et
de réaliser les aménagements. Par ailleurs, la gouvernance, les risques et les bénéfices d?une
SPLAIN sont partagés entre l?État et les collectivités locales (contrairement à un EPA). Sa mise en
oeuvre est cependant conditionnée à une évolution législative et à des effets de bord qu?il convient
d?apprécier au niveau national. Il conviendra notamment de voir si l'affectation d'une ressource
fiscale à un aménageur (de type SPLAIN) est possible sans risquer de contrevenir au droit national
et européen de la concurrence et des marchés publics. Comme le scénario précédent, il écarte
Marseille du bénéfice des capacités d?acquisition foncière accumulées par l?EPF PACA.
Dans le même esprit, la mission a envisagé la création d?un EPFA (établissement public foncier et
d?aménagement) métropolitain, qui présenterait l?avantage de bénéficier directement de la TSE
prélevée sur son territoire de compétence et de réaliser les aménagements. Toutefois, cette
recommandation implique un report de risques financiers sur l?Etat, alors que la perspective du
rapport est de s?inscrire dans une autonomie d?action des collectivités.
37 Etablissement Public Foncier et d?Aménagement de Guyane et Mayotte. La perception de la TSE par les EPFA
est régie par l?article 1609 B du code général des impôts (CGI)
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En cas d?absence de solidarité régionale par l?EPF PACA, envisager
la refonte de la gouvernance de l?EPF PACA pour une meilleure représentation de
l?Etat au sein du conseil d?administration, notamment pour les décisions relevant de
l?intérêt national. Sinon, étudier l?opportunité de créer un nouvel opérateur foncier
(filiale de l?EPFA PACA notamment) ou de permettre aux SPLAIN en charge des
opérations d?Intérêt national de bénéficier directement de la TSE pour accélérer leur
intervention et la production de logement.
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Conclusion
La constellation marseillaise de la politique du logement
au défi d?un pilotage plus fédérateur
La situation du logement à Marseille, au point de carence actuellement constaté, est d?abord le fruit
d?une histoire qui mêle tout à la fois des causes structurelles, de pauvreté notamment, et un défaut
de vision stratégique et de mobilisation des acteurs locaux. Mais à l?instar de certaines autres
politiques locales structurantes (les mobilités, l?habitat), l?exercice de la compétence logement
souffre surtout de deux difficultés spécifiques.
Un cadre institutionnel, d?abord, qui partage cet exercice entre deux institutions majeures (la Ville
et la Métropole) souvent concurrentes, avec une organisation de la coopération intercommunale
« marseillaise » contestée dès l?origine, amendée par de multiples compromis baroques,
désincarnée et lourde. Dans ce cadre, Marseille fait peur, à la fois de par ses lourds handicaps
structurels mais tout autant par son poids démographique (50% de la population de la métropole) et
la solidarité entre les territoires, au fondement même de l?intercommunalité, est régulièrement mise
en échec lorsqu?il s?agit de « parler logement ».
Un domaine du logement qui génère par ailleurs, dans ce cadre de concurrence des institutions,
une profusion organique entretenant un système complexe, peu agile et parfois antagoniste. Celui-
ci a du mal à poser une vision stratégique, à ordonnancer des priorités d?actions, à affirmer les
coopérations, à générer les arbitrages opérationnels et à garantir une continuité d?action tant
l?exercice de cette compétence demeure en droit et en fait partagé entre les deux institutions
territoriales (Ville et Métropole) ; sous le regard d?un Etat déconcentré lui aussi fortement impliqué
et quelquefois appelé à se substituer.
Dans ce contexte et s?appuyant néanmoins sur le constat d?une montée en compétence des
acteurs et de résultats tangibles depuis 2 ans, la mission pose comme préalable plus une logique
d?accompagnement des collectivités locales dans l?exercice de leurs compétences que de leur
substitution par l?Etat.
Cela suppose d?abord de conforter les capacités et les moyens des opérateurs locaux et
notamment ceux dont l?intervention dans le domaine du logement s?avère efficace (EPAEM, SPLA
IN AMP en priorité), tout autant que les structures existantes nombreuses mais confrontées à une
insuffisance de moyens (financiers et de ressources humaines). La création de structures nouvelles
(dans le domaine du foncier et de l?aménagement notamment) doit rester exceptionnelle et n?être
envisagée que dès lors que l?assurance d?une valeur ajoutée est démontrée.
L?Etat peut par ailleurs, à travers de nouveaux leviers, soutenir la mise en oeuvre des projets et
préparer le futur, sans déstabiliser un écosystème professionnel sous tension ni se substituer aux
institutions responsables, mais au contraire en favorisant une autonomie d?exercice de la
compétence logement par les collectivités territoriales. Mais c?est surtout par l?affectation de
ressources (expertise, financements) que ce dernier est attendu.
Ce cadre complexe doit mettre la « constellation marseillaise » devant la nécessité d?examiner
l?opportunité d?installer un pilotage fédérateur de sa politique. Car, quelle que soit la pertinence des
mesures spécifiques proposées précédemment dans ce rapport, le préalable d?une gouvernance
mieux partagée doit être posé.
Ainsi, la mission estime que la gouvernance globale des problématiques de logement à l?échelle
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de Marseille demeure un enjeu primordial de l?efficience de sa politique du logement. Elle devrait
être plus structurée, avec un cadre de pilotage stratégique à haut niveau associant la Métropole,
la Ville et l?Etat sur les enjeux d?aménagement et de logement. Elle devrait aussi intégrer l?exigence,
à l?instar d?autres politiques locales (la mobilité notamment), d?appréhender les difficultés de la
commune de Marseille dans le cadre plus large et plus adapté de son bassin de vie : c?est le sens
même de sa dimension métropolitaine.
Le foisonnement historique des organismes intervenants doit conduire à une rationalisation du
pilotage de la politique logement. Cette rationalisation aurait pour objectif, ni d?éliminer des
organismes existants, ni d?empêcher les créations nécessaires, mais de ménager les espaces de
dialogue et de travail collectif en créant les conditions du consensus, notamment par l?existence
d?une instance de régulation et d?arbitrage.
Les qualités attendues de cette instance de gouvernance à créer sont connues :
Une instance souple et aux contraintes de fonctionnement minimales et économiques ;
Une organisation traduite par un portage politique resserré à un haut niveau des autorités
locales ;
Une instance favorisant une participation effective de tous les acteurs concernés managée
dans la transparence et ouverte aux débats ;
Une gouvernance à haut niveau, légère, souple et réactive devrait, à législation constante, réserver
une position de leadership à la Métropole, acteur central de cette politique relevant de sa
compétence. Elle associerait bien entendu l?Etat dont l?implication demeure à la fois souhaitée par
les acteurs locaux et indispensable à ce stade et réserverait à la Ville une place que justifie sa
singularité et son importance dans l?ensemble métropolitain. Enfin, cette gouvernance devrait
pouvoir associer les autres acteurs concernés (opérateurs publics et privés) et les représentants
des communautés professionnelles et des usagers.
A l?instar du dispositif adopté dans le domaine des mobilités en 2023, elle pourrait prendre la forme
d?un GIP (groupement d?intérêt public), structure légère et peu coûteuse dans son fonctionnement
ou plus simple encore, d?un consortium qui n?est pas doté de la personnalité morale. Une instance
de ce type pourrait donner un cadre de dialogue continu et neutre, dont l?Etat devrait être garant.
Sa dimension fédérative accentuerait la visibilité et donc l?engagement des acteurs locaux et
éviterait l?instabilité et la mauvaise identification médiatique de formules plus souples de type
comités de pilotage.
A titre d?observations complémentaires, en dehors du périmètre de sa lettre de commande, la
mission suggère :
De prendre en compte les enjeux spécifiques de Marseille dans les réflexions sur un
éventuel programme ANRU 3, notamment quant au financement de la réhabilitation des
grandes copropriétés, de financement des déficits de portage et de recyclage (en ORCOD
IN notamment), à la doctrine et aux objectifs de démolition, à la doctrine de reconstitution
de l?offre et à la charge de rapportage sur l?avancement des projets,
D?étudier les possibilités de mobiliser des financements européens pour mettre en oeuvre
des projets d?aménagement cohérents avec les enjeux de cohésion sociale, de lutte contre
le réchauffement climatique et d?adaptation, et économiques, les difficultés d?accès à un
logement constituant un frein majeur à l?emploi (cf. Rapport Letta « Much More Than a
Market »). Il est recommandé de prendre en compte ces thématiques dans le cadre de la
préparation du prochain CFP (cadre financier pluriannuel de l?union européenne)38 et porter
cette politique avec d?autres villes européennes confrontées à des enjeux similaires,
Enfin, dans une mise en perspective plus globale mais aussi plus éloignée, l?intérêt d?une réflexion
38 Budget européen adopté parle Parlement européen et le conseil de l?UE renouvelé tous les 7 ans
PUBLIÉ
Juillet 2024 Extension de l?EPA Euroméditerranée et mise en oeuvre du
volet logement de Marseille en Grand
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profonde sur le régime juridique de l?exercice de la compétence tripartite « Habitat, urbanisme,
logement » dans un territoire aussi complexe et spécifique que le territoire du « grand Marseille »
est souligné par la mission. Le rapport remis récemment au Président de la République
(Décentralisation : le temps de la confiance ? Eric WOERTH) y invite d?ailleurs s?agissant de la
Métropole marseillaise, en favorisant un régime dérogatoire qui ne peut pas mieux traduire le
principe de différenciation, et en veillant à ne pas bousculer sans bénéfices évidents des équilibres
fragiles.
Bruno Acar
Thierry Coquil
Inspecteur général
de l?administration
Inspecteur général de l?environnement et
du développement durable
Sorya Daou
Patrick Reix
Inspectrice générale
de l?environnement et du développement
durable
Inspecteur général
de l?administration
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 1.1. Lettre de mission au Préfet de la région PACA
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du volet logement de Marseille en Grand
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Annexe 1.2. Lettre de mission à l?IGA/ IGEDD
PUBLIÉ
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Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou ayant
apporté une contribution écrite
Nom Prénom Organisme
Mirmand
Rolland
Averous
Le Vély
Teissier
Christophe
Baptiste
Virginie
Cyrille
Olivier
Préfecture de région Provence Alpes Côte d?Azur,
préfecture des Bouches-du-Rhône
Van de Maele
Aouat
Lombard
Lloret
Philippe
Mehdi
Chloé
Yannick
Cabinet ministériels
Butlen
Corbel
Solina
Mercier
Brémaud
Schutz
Chantoiseau
Pacou
Thierry
Bergeot
Jean-Baptiste
Eric
Denis
Anne
Hugues Marie
Nicolas
Benoit
Damien
Hugo
Julie
Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des
paysages (DHUP / DGALN)
Mialot
Seys
Anne-Claire
David
Agence nationale de renouvellement urbain
(ANRU)
Brouard-Masson
Wagner
Jessica
Sébastien
Agence nationale d?amélioration de l?habitat
(ANAH)
Forest
Franc
Sébastien
Pierre
DREAL PACA
Vauterin
Bergé
Junger
Langumier
Patrice
Dominique
Solène
Julien
Direction départementale des territoires et de la
mer
Perney
Campagnola Savon
Simeoni
Ludovic
Isabelle
Raphaelle
Conseil régional Provence Alpes Côte d?Azur
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Nom Prénom Organisme
Pollet
Dessivaux
Géraldine
Frédéric
Campariol
Basille
Mignard
Roger
Stéphane
Jean-Philippe
Conseil départemental des Bouches-du-Rhône
Ytier
Caradec
Rauscher
Taverni
Luchini
David
Laure-Agnès
Domnin
Eric
Elodie
Métropole Aix Marseille Provence
Campariol
Basille
Mignard
Roger
Stéphane
Jean-Philippe
Conseil départemental des Bouches-du-Rhône
Ghali
Mery
Amico
Deniaud
Lami
Tondut
Montillet
Gesling
Kester
Le Mouellic
Houdmon
Samia
Eric
Patrick
Laurianne
François
Yannick
Chystelle
Franck
Irène
Colin
Florent
Ville de Marseille
Cousi
Hermitte
Aurélie
Guillaume
Etablissement public d?aménagement
Euroméditerranée (EPAEM)
Bertolino Claude Etablissement public foncier PACA (EPF PACA)
Caro
Robert
Marand
Franck
Valérie
Cédric
Société publique localement d?aménagement
d?intérêt national Aix Marseille Provence (SPLAIN
AMP)
Costantino Rémi Grand port maritime de Marseille (GPMM)
Bossard Frédéric Agence d?urbanisme de l?agglomération
marseillaise (AGAM)
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Nom Prénom Organisme
Boneu Joëlle Etablissement public foncier Ile de France (EPFIF)
Ervoes
Olive
Jean-Louis
Philippe
13 Habitat
Papalardo
Moulard
Patrick
Valérie
Habitat Marseille Provence
Pinatel
Leonardi
Eric
Florent
UNICIL
Association régionale HLM PACA Corse
Lavergne Frédéric ERILIA
Rastit Nicolas UNIS Marseille
Dujardin Sandrine SOLIHA Marseille
Lafon
Hillmeyer
Auguste
Juliette
UNPI 13
Barnasson
Olivier
Cécile
Pierre
Copro +
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Annexe 3. Etat d?avancement des NPNRU
Annexe 3.1. Concours financier et engagement des NPNRU ?
convention cadre métropolitaine fléchée sur Marseille et
conventions quartiers (hors protocole) au 17 juin 2024
Tableau 2 : Concours financiers ANRU et engagements pour les NPNRU de Marseille
(convention cadre métropolitaine fléchée sur Marseille et conventions quartiers ? hors
protocole), au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données fournies par l?ANRU et la DDTM 13
Annexe 3.2. Concours financier et engagement pour les NPNRU de
Marseille ? conventions quartiers signées au 17 juin 2024
Tableau 3 : Concours financiers et engagements pour les NPNRU de Marseille ?
Conventions quartiers signées, au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données fournies par l?ANRU et la DDTM 13
Montant des
concours financiers
(CF) validés en
CNE
CF = (A+B)
Dont montant des
CF contractualisés
(conventions cadre
ou quartiers)
(A)
Dont montant
des CF à
contractualiser
avant fin 2024
(conventions
cadre ou
quartiers)
(B)
Montant engagé
(ME)
Part de CF
engagée sur les
montants
contractalisés
ME/ A
Part de montant
engagé sur le
montant des
concours
financiers
ME/ CF
Convention cadre métropolitaine (montants
fléchés sur les NPNRU de Marseille)
101 353 875 78 371 900 22 981 975 30 651 100 39% 30%
Conventions quartiers signées 467 406 351 453 711 914 13 694 437 256 281 556 56% 55%
Conventions quartiers non signées 73 353 368 0 73 353 368 0
TOTAL Marseille 642 113 594 532 083 814 110 029 780 286 932 656 54% 45%
France entière NR 12 924 747 375 NR 6 966 719 849 54% NR
Rappel montant des
concours financiers
(CF) validés en
CNE (convention
quartier + part
convention cadre
métropolitaine)
CF = (A+B+C)
Dont montant des
CF contractualisés
dans la convention
quartier (hors
convention
métropolitaine)
(A)
Dont montant
des CF
contractualisés
dans la
convention
métropolitaine
(B)
Dont montant
des CF à
contractualiser
(avenants aux
concentions
quartier avant
fin 2024)
(C)
Montant engagé
(ME)
Part de montant
engagé sur les
montants
contractalisés
des conventions
quartiers
ME/ A
C 0968 - Air Bel (avenant prévu avant fin 2024,
après CE du 17 juillet) 59 240 000 51 543 497 7 696 503 17 089 031 33%
C 1032 - Castellane Bricarde 110 100 570 91 232 470 18 868 100 39 814 799 44%
C - 1033 - Grand Saint Barthélémy Grand
Malpassé Corot (avenant prévu avant fin
2024) 96 740 000 68 075 173 14 970 390 13 694 437 34 866 657 51%
C 1036 - Savine 35 200 000 22 937 812 12 262 188 11 903 260 52%
C 1037 - Kalliste Graniière Solidarité 47 000 000 39 898 487 7 101 513 22 178 623 56%
C 1038 - Grand Centre Ville 200 800 000 180 024 475 20 775 525 130 429 187 72%
Sous total 549 080 570 453 711 914 81 674 219 13 694 437 256 281 556 56%
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Annexe 3.3. Concours financier et engagements pour les NPNRU de
Marseille ? conventions quartier non signées au 17 juin
2024
Tableau 4 : Concours financiers et engagements pour les NPNRU de Marseille ?
conventions quartier non signées, au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données fournies par l?ANRU et la DDTM 13
Rappel du montant
des concours
financiers (CF)
validés en CNE
(convention
quartier + part
convention
métropolitaine)
CF = (A+B+C)
Dont montant des
CF contractualisés
dans la convention
quartier (hors
convention cadre
métropolitaine)
(A)
Dont montant
des CF à
contractualiser
dans la
convention
cadre
métropolitaine
(B)
Dont montant
des CF à
contractualiser
(conventions
quartiers à
signer avant fin
2024)
(C)
Montant engagé
(ME)
Part de montant
engagé sur les
montants
contractalisés
ME/ A
C 0967 - Frais Vallon 33 240 000 - 8 194 553 25 045 447 0
C 1035 - La Cabucelle/ Les crottes 19 300 000 - 2 857 779 16 442 221 0
C 1079 - Campagne l'évèque 41 113 700 - 9 248 000 31 865 700 0
Sous total 93 653 700 - 20 300 332 73 353 368 0
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Annexe 4. Etat d?avancement des NPNRU en termes
d?aménagement, d?équipements publics de
proximité et de reconstitution de l?offre
Annexe 4.1. Montant et taux d?engagement sur les montants
contractualisés pour l?aménagement d?ensemble au 17
juin 2024, état de l?attribution des concessions
d?aménagement
Tableau 5 : Etat de l?attribution des concessions d?aménagement dans les NPNRU de
Marseille, montant et taux d?engagement sur les montants contractualisés des
aménagements d?ensemble au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données de la Métropole, de la DDTM 13 et de l?ANRU
Air Bel (C 0968) 7 366 305 0% Concession d'aménagement contractualisée avec la SOLEAM
Castellane
Bricarde (C
1032)
9 116 056 0%
Appel d'offre, en phase de négociation, attribution prévue pour septembre
2024
Malpassé: concession SOLEAM en cours qui se poursuit dans le cadre du
NPNRU, avenant au 4ème trimestre 2024 pour intégrer le secteur de Bellevue
13H.
Corot : concession d'aménagement contractualisée avec CDC habitat adossé
à Marseille Habitat, y compris le portage de lots ciblés
Cité SNCF : orientation en régie directe AMP (Aix Marseille Métropole) pour
la réalisation des espaces publics.
Savine (C 1036) 5 081 064 0%
Concession d'aménagement contractualisée et avenantée pour le NPNRU
avec la SOLEAM, un nouvel avenant en octobre intégrant la renaturalisation du
site est prévu.
Kalliste
Graniière
Solidarité (C
1037)
6 480 849 20%
Appel d'offre, en cours d'attribution, commission d'appel d'offre effectuée le
18/05/24. Le concessionnaire assurera également le portage de lots (prévu au
traité de concession)
Grand Centre
Ville (C 1038)
17 674 989 38% Concession d'aménagement contractualisée avec la SPLAIN AMP
Cabucelle/ Les
Crottes (C 1035)
0
Désignation directe SPLAIN AMP, en cours de mise au point, Délibération en
décembre 2024 pour le traité de concession portant sur le traitement EHI
(éradiction de l'habitat indigne).
Campagne
Leveque (C
1079)
0
Désignation directe de la SOLEAM, Délibération envisagée en décembre 2024
pour le traité de concession.
Frais Vallon (C
0967)
0
Ce qui est porté à l'ANRU en première phase d'engagement à mi-2026 ne
demande pas de concessionnaire d'aménagement. Les espaces publics
seront réalisés en régie directe par AMP (requalification de l'avenue de Frais
Vallon), les autres opérations sont sous maitrise d'ouvrage du bailleur et de la
Ville de Marseille. La concession d'aménagement sera porté dans le cadre
de la deuxième phase du projet.
59 616 422 24%
1 959 071 657 49%
TOTAL Marseille
France entière
Conventions
non signées
13 897 160
Attribution des concessions d'aménagement (et portage de lots en
copropriété)
47%
Montant
d'aides ANRU
contractualisé
(aménagement
d'ensemble en
¤)
Taux
d'engagement
sur
l'aménagement
d'ensemble
Conventions
signées
Grand Saint
Barthélémy
Grand Malpassé
Corot (C 1033)
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logement de Marseille en Grand
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Annexe 4.2. Montant et taux d?engagement pour les équipements
publics de proximité au 17 juin 2024
Tableau 6 : Montant et taux d?engagement sur les montants contractualisés pour les
équipements publics de proximité au 17 juin 2024
Air Bel (C 0968) 6 484 500 157 471 2%
Castellane Bricarde (C 1032) 16 553 852 7 595 788 46%
Grand Saint Barthélémy
Grand Malpassé Corot (C
1033)
8 948 915 8 851 077 99%
Savine (C 1036) 4 266 988 0 0%
Kalliste Graniière Solidarité (C
1037)
11 962 435 0 0%
Grand Centre Ville (C 1038) 30 772 357 6 787 000 22%
Cabucelle/ Les Crottes (C
1035)
0 0
Campagne Leveque (C 1079) 0 0
Frais Vallon (C 0967) 0 0
78 989 048 23 391 335 30%
1 633 601 881 575 604 408 35%
Conventions
non signées
Taux
d'engagement
TOTAL Marseille
France entière
Montant d'aides
ANRU
contractualisé
(équipements
publics de proximité
en ¤)
Montant
d'engagement
(en ¤)
Conventions
signées
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Annexe 4.3. Etat d?avancement de la reconstitution de l?offre de
logements sociaux (convention cadre métropolitaine ?
volet Marseille)
Tableau 7 : Etat d'avancement de la reconstitution de l'offre de logements sociaux
(logements sociaux démolis ou logements privés recyclés), convention cadre
métropolitaine ? volet Marseille, au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données transmises par la DDTM 13 et l?ANRU
NPNRU Marseille
(convention cadre
métropolitaine)
NPNRU France
entière
Objectifs de reconstitution de l'offre de logements sociaux démolis
ou de logements privés recyclés (en nombre de logements)
3 664 NR
Nombre de logements contractualisés 2 216 78 309
Nombre de logements engagés 1 115 36 757
Nombre de logements soldés (livrés) 111 NR
Part de logements contractualisés sur les objectifs 60% NR
Part de logements engagés sur les objectifs 30% NR
Part de logements engagés sur le nombre de logements
contractualisés
50% 47%
Part de logements soldés sur les objectifs 3% NR
Montant des concours financiers contractualisés (subventions et
prêts, en ¤)
57 281 900 1 634 113 672
Montant des concours financiers engagés en ¤ 29 811 100 783 821 636
Taux d'engagement sur le montant contractualisé 52% 48%
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Annexe 5. Copropriétés du PIN (volet Marseille)
Tableau 8 : Copropriétés marseillaises inscrites dans le PIN (Programme d?Intérêt
National)
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données communiquées par la DDTM 13, la Métropole
Localisation
OIN
Euroméditerranée
NPNRU/ QPV
Nombre de lots
(logements)
Grand Mail 14ème arrt Non NPNRU/ PRIN GSBGM 406
Mail G 14ème artt Non NPNRU/ PRIN GSBGM 86
Gardian 14ème arrt Non NPNRU/ PRIN GSBGM 89
Les Rosiers/
superbelvédère
14ème arrt Non
QPV Bon secours-Les
Rosiers
903
La Maurelette 15ème arrt Non
QPV IR Tilleuls-
Maurelette sans projet
746
Consolat 15ème arrt Non
QPV IR Consolat-
Ruisseau-Mirabeau
sans projet
396
Sous total 2626
Bellevue 3ème arrt Non
NPNRU/ PRIN Grand
Centre Ville
440
Bel Horizon 1 et 2 3ème arrt Oui QPV Centre Ville 134
Gyptis 3ème arrt Non 268
Corot 13ème arrt Non NPNRU/ PRIN GSBGM 376
Maison Blanche 14ème arrt Non, en bordure QPV Centre Ville 220
Kalliste 15ème arrt Non
NPNRU/ PRIN La
Granière / Solidarité
507
Sous total 1945
TOTAL 4571
Etude de
préfiguration
ORCOD IN
Hors ORCOD
IN
Programme
d'Intérêt
National
(PIN)
Marseille
uniquement
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logement de Marseille en Grand
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Annexe 6. Activité de l?EPF PACA sur la région et à
Marseille à fin 2023
Tableau 9 : Activité de l?EPF PACA sur la région et à Marseille à fin 2023
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données de l?EPF PACA
Conventions actives sur
Marseille
Échéances des
conventions
Conventions
actives (en
M d'¤)
Acquisitions
(en M d'¤)
Part
Acquisitions
/
conventions
Cessions (en
M d'¤)
Stock des
acquisitions
(aquisitions -
cessions) en
M d'¤
Reste à
acquérir
en M d'¤
% reste à
acquérir /
montant
conventions
Euromed Fin 2028 110 82 75% 33 49 28 25%
Conventions économiques Fin à 2024 / 2028 93 39 42% 14 25 54 58%
Convention centre ville
habitat dégradé et copro Fin 2024
59 34 58% 7 27
25 42%
Convention Projet Dock
libres Château Gombert Fin 2024/ 2025
55 20 36% 8 12
35 64%
Convention Multi site
Habitat (estimation quote
part potentielle sur
Marseille)
Fin 2029 (7 M / an
sur Marseille)
42 0 0% 0 0
42 100%
359 175 49% 62 113 184 51%
15,3%
2 346
17%
392
33
A estimer
Ecart entre les montants des conventions actives
sur Marseille et l'activité corresondant 17% de
l'activité régionale à fin 2023. En M d ¤ (C-A)
Ecart entre les montants des conventions actives
sur Marseille et l'activité corresondant 17% de
l'activité régionale les années précédentes
(décennie voire davantage)
TOTAL (A)
Montants activité EPF PACA à Marseille (en M d'¤)
Ratio activité EPF PACA sur Marseille / activité
région aujourd hui (déclaration EPF PACA)
Activité Régionale (estimation) en M d ¤
(A*1/15,3%) = B
Ratio nbre habitants Marseille / nbre habitants
PACA
Activité correspondant à 17% de l'activité
régionale (ratio population Marseille/ PACA).
(estmation). En M d ¤ (C = B*17%)
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logement de Marseille en Grand
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Annexe 7. Scénario d?augmentation de la TSE ? EPF PACA
Tableau 10 : Scénario d?augmentation de la TSE ? EPF PACA
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données de l?EPF PACA et du PLF 2024
Situation
actuelle (2024)
Scénario
complément TSE
3,5¤/ habitant
Ecart
Nombre d'habitants PACA (en nombre d'habitants) 5 127 840 5 127 840
Plafond PLF de la part fiscale par habitant (en ¤ / habitant) 7,46 11 3,5
Plafond PLF part fiscale annuelle totale (en ¤) 38 259 000 56 406 240 18 147 240
Dont part fiscale de la TSE PACA - TSE votée par an (en ¤)
(après déduction des frais fiscaux 0,91%)
35 000 000 51 329 678 16 329 678
Dont part budgétaire (dotation de l?Etat) reversées à l?EPF
par an (30% de la TSE totale) en ¤
15 000 000 22 240 175 7 240 175
S/s total TSE PACA par an (en ¤) 50 000 000 74 133 916 24 133 916
Part fiscale de la TSE PACA votée / habitant par an (en ¤/
habitant)
6,8 10,0 3
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Annexe 8. Estimation des moyens complémentaires
nécessaires pour le renforcement de l?action de
l?EPAEM et de la SPLAIN AMP
Vu le caractère confidentiel de la mission, en appui au Préfet, les estimations ci-dessous ont été
produites sans échange avec les opérateurs concernés. Pour l?essentiel, les prestations
supplémentaires de l?EPAEM et la SPLAIN ont un caractère facultatif, à la demande de la Ville ou
de la Métropole : le dimensionnement impliquerait donc d?apprécier les besoins de soutien
exprimés par ces collectivités à un horizon donné (par exemple 3 ans).
1. EPAEM
Fonctions à développer Effectifs Financements
AMO ou MOA déléguée pour
les aménagements et
équipements publics sur les
sites NPNRU et de grandes
copropriétés dégradées du
programme d?intérêt national
En fonction des demandes
d?assistance des collectivités,
à négocier hors plafond
d?emploi car financé par des
tiers
A assurer par les collectivités
maitres d?ouvrages dans le
cadre de conventions
AMO pour le pilotage général
du NPNRU ou la coordination
et le pilotage de sites NPNRU
En fonction de la demande de
la Métropole, à négocier hors
plafond d?emploi car financé
par des tiers
A assurer par la Métropole
dans le cadre de conventions
Etudes préalables de 4 zones
à enjeux pour le
développement de logement
1 ETP chef de projet par zone
dont 1 coordonnateur du
programme d?études + 2 ETP
juniors en soutien = environ 6
ETP pour 4 zones
Appui de l?AGAM et de l?EPF à
définir (ressources expertes
mobilisables au sein d?une
équipe projet ou uniquement
participation au pilotage des
productions ?).
500 k¤ à 1 M¤ par zone pour
des études préalables au
lancement de démarches
opérationnelles (ZAC, ZAD,
PAE, ?), soit au total de
l?ordre de 3 M¤ pour 4 zones
en première approche. A
partager entre les membres
de l?EPAEM ? Ou uniquement
ceux intéressés par le
développement du logement
(hors Région et Département)
2. SPLAIN AMP
Fonctions à développer Effectifs Financements
Appui au pilotage général du
plan de traitement des
grandes copropriétés les plus
dégradées (en commençant
par le Programme d?intérêt
5 ETP dont un coordonnateur Financement par les
collectivités locales et apport
de l?Etat pour la partie PIN.
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Juillet 2024 Extension de l?EPA Euroméditerranée et mise en oeuvre du volet
logement de Marseille en Grand
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national, et étendant ensuite
aux 25 copropriétés les plus
critiques).
Centre d?expertise pour les
collectivités et les acteurs du
traitement des grandes
copropriétés (écriture de
cahiers des charges,
animation technique et
juridique, ?). Suivi des études
de préfiguration du PIN.
AMO pour la coordination et le
pilotage opérationnel
d?ORCOD ou ORCOD IN
1 coordonnateur par site dont
un directeur de programme
A assurer par la Métropole
dans le cadre de conventions
Opérateur pour le
redressement ou le recyclage
des ORCOD et des ORCOD
IN (ou AMO dans ce dernier
cas, s?il n?est pas possible de
déléguer la mission depuis
l?EPF PACA ou l?Etat)
1 chargé de foncier pour 300
logements/an acquis + AMO
1 chargé de plans de
sauvegarde pour 5 plans
1 administrateur de biens pour
1000 logements
1 chef de projet aménagement
/ équipements pour un ou
deux sites
1 chargé de mission
relogement et
accompagnement social par
1000 logements
1 chargé de lutte contre
l?habitat indigne pour 500
logements
1 chef de département, 1
adjoint et 3 ETP administratifs
en renfort des effectifs de la
SPLAIN
Rapporté au traitement du PIN
(4500 logements) sur une
dizaine d?années, cela ferait
une équipe de trente à
quarante personnes si tous les
projets sont confiés à la
SPLAIN AMP.
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Juillet 2024 Extension de l?EPA Euroméditerranée et mise en oeuvre du volet
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Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ADIL Agence départementale d'information sur le
logement
ADS application du droit des sols
ESH entreprise sociale pour l'habitat
GOU grande opération d?urbanisme
LHI lutte contre l?habitat indigne
NPNRU
Nouveau programme national de rénovation
urbaine
OAP orientation d?aménagement et de
programmation
OIN opération d?intérêt national
OPAH, OPAH RU, OPAH CD opération programmée d'amélioration de
l'habitat, RU = rénovation urbaine, CD =
copropriétés dégradées
ORCOD, ORCOD IN
opération de requalification des copropriétés
dégradées, IN = d?intérêt national
PAE programme d?aménagement d?ensemble
PIC Plan d?initiatives copropriétés (initié en 2018
par le Gouvernement)
PLH programme local de l?habitat
PLUi
plan local d'urbanisme intercommunal
PPA projet partenarial d?aménagement
PPPI parc privé potentiellement indigne
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Acronyme Signification
PRIN
projet de rénovation urbaine d?intérêt
national
QPV quartier prioritaire de la politique de la ville
RNC Registre national des copropriétés
SRU en référence à la loi Solidarité rénouvellement
urbain
SEM société d?économie mixte
TSE taxe spéciale d?équipement
ZAC, ZAD zone d?aménagement concerté, différé
PUBLIÉ
Sommaire
Synthèse
Liste des recommandations
Introduction
1 La maitrise d?ouvrage des opérations du NPNRU : le renforcement de l?appui de l?EPAEM et de la SPLAIN AMP s?avère opportun et la création d?une filiale de l?EPAEM n?est pas considérée nécessaire par les acteurs locaux
1.1 Les projets du NPNRU à Marseille : après un démarrage tardif et lent, une accélération des opérations est notée depuis quelques mois dont certaines composantes exigent cependant une attention particulière
1.1.1 Un rythme de contractualisation des opérations, d?engagement des crédits ANRU et d?attribution des concessions d?aménagement qui s?est accéléré, surtout depuis janvier 2024, et un pilotage qui s?est structuré
1.1.2 Certaines composantes des opérations du NPNRU exigent une attention particulière
1.2 Le renforcement de l?appui des opérateurs existants (EPAEM et la SPLAIN AMP) pour sécuriser l?avancement du NPNRU serait plus opportun que la création d?une filiale de l?EPAEM risquant de perturber les acteurs et les projets à deux ans de l?échéan...
1.2.1 Le pilotage et la maitrise d?ouvrage de tous les NPNRU par une filiale de l?EPAEM risque d?impacter défavorablement l?avancement des opérations et ferait peser sur l?Etat une charge qu?il ne serait pas en mesure d?assumer
1.2.2 Un renforcement à la demande des collectivités de l?appui des opérateurs existants, dont l?EPAEM, est préférable
1.2.2.1 Une extension de périmètre de compétence de l?EPAEM en assistance à maitrise d?ouvrage ou en maitrise d?ouvrage déléguée sur les équipements publics et les aménagements d?ensemble du NPNRU, en cas de défaillance des concessionnaires notamment,...
1.2.2.2 Une extension de périmètre de compétence de la SPLAIN AMP en assistance à maitrise d?ouvrage et/ou en maitrise d?ouvrage déléguée sur les grands ensembles en difficulté sous le régime de la copropriété inscrites dans le NPNRU est de même souha...
1.2.3 La consolidation du cadre et des outils de pilotage à haut niveau associant Préfet, élus de la Ville et de la Métropole, et la direction générale de l?ANRU est nécessaire pour sécuriser l?avancement des projets NPNRU
2 Le traitement de l?habitat indigne et dégradé : l?articulation entre les acteurs, dont l?EPF PACA et la SPLAIN AMP, doit être mieux organisée
2.1 La situation d?habitat indigne ou dégradé, notamment dans les ensembles immobiliers sous le régime de la copropriété, est d?une gravité et d?une ampleur extrêmes
2.1.1 Pour le traitement de l?habitat dégradé ou insalubre en tissu ancien, des expertises et des modes opératoires qui se sont progressivement structurés ces deux dernières années et qu?il convient de poursuivre
2.1.2 En revanche, pour les grands ensembles immobiliers en copropriété dont une part non négligeable présente des dysfonctionnements majeurs, l?intervention publique demeure tardive, souvent dans l?urgence et peine à « s?industrialiser »
2.2 Une structuration de l?action publique et des opérateurs à poursuivre et renforcer sur les grands ensembles en copropriété pour assurer leur redressement ou leur recyclage
2.2.1 La création d?un département « copropriétés » au sein de la SPLAIN AMP chargé de la conduite des opérations complexes de type ORCOD, voire d?ORCOD IN en lien avec l?EPF PACA
2.2.1.1 Le déploiement de l?expertise et de l?ingénierie acquise dans le traitement de l?habitat privé ancien sur le champ des grandes copropriétés, en assistance à maitrise d?ouvrage des collectivités au sein de la SPLAIN AMP
2.2.1.2 Le recours à la SPLAIN AMP pour la conduite des études, préfigurations et des opérations complexes de type ORCOD, voire d?ORCOD IN
2.2.1.3 Le recours à la SPLAIN AMP pour la requalification des copropriétés (recyclage), en lien avec l?EPF PACA
2.2.2 Pour les ensembles immobiliers maintenus sous le régime de la copropriété de manière pérenne ou transitoire, la mise en place de syndics d?intérêt collectif en lien avec les administrateurs judiciaires pour assurer leur gestion et une offre d?as...
2.2.3 La mobilisation des bailleurs sociaux est essentielle pour la transformation des lots de copropriétés en logements sociaux
2.2.4 L?extension du périmètre de compétence de l?EPAEM pour l?aménagement à envisager
2.2.5 L?accompagnement d?un plan global et partagé de suivi et de traitement des copropriétés et la préfiguration d?un cadre partenarial, piloté par la Métropole en lien avec la ville et l?Etat est opportun
3 La production de logements sociaux et la reconstitution de l?offre : l?extension à court terme du périmètre de l?OIN Euromediterranée reçoit, à ce stade, un accueil réservé des acteurs locaux, mais cette perspective reste utile et ne doit pas être é...
3.1 Une crise de la production de logement qui s?explique d?abord par le manque de projets d?aménagement et d?anticipation foncière
3.1.1 La pénurie de logements sociaux à l?échelle de Marseille est une réalité historique, qui tend à s?accentuer dans le contexte économique actuel
3.1.2 Les programmes locaux de l?habitat ont, depuis longtemps, bien posé les diagnostics et les stratégies mais la production effective de logements n?est pas à la hauteur des objectifs fixés
3.1.3 L?insuffisance de la production de logements est la conséquence de divers facteurs pénalisants, et particulièrement de l?insuffisance de projets d?aménagement
3.1.4 Une production de logements (dont sociaux) portée principalement par la promotion privée et l?OIN Euroméditerranée
3.2 Passer de la logique d?un urbanisme réglementaire à celle d?un urbanisme de projet et préparer les futures opérations d?aménagement possible, dans une perspective de production de logement, en remettant à plus tard le choix de celle qui pourrait f...
3.2.1 L?extension de l?OIN n?est pas souhaitée par la Ville et la Métropole : un sujet sensible qui reste cependant une perspective incitatrice
3.2.2 Deux préalables à un débat sur l?extension de l?OIN : une affirmation de changement de modèle d?urbanisation porté par l?EPAEM et une limitation de l?instruction des actes d?urbanisme par l?Etat
3.2.3 Un scénario d?élargissement des opérations d?aménagement et de périmètre de l?OIN en continuité au nord du périmètre actuel d?Euromed ne se traduirait que par une production modeste de logements, sans favoriser un rééquilibrage au niveau de la v...
3.2.4 En revanche, un scénario d?étude « multi-sites », sur les secteurs les plus stratégiques pour la production de logements, en cohérence avec les transports, pourrait étayer une éventuelle décision d?extension de l?OIN, et surtout avoir un effet d...
3.2.5 A court et moyen terme (2030), la réussite d?Euromed II, l?avancement des ZAC en cours et l?utilisation du foncier public doivent mobiliser l?attention des décideurs
3.2.5.1 Euromed II, un projet stratégique qui doit être accompagné
3.2.5.2 L?accélération des ZAC existantes et le recensement du foncier public sont urgents dans une perspective de développement de projets d?habitat
4 Pour favoriser la production et la reconstitution de l?offre de logements et le traitement des copropriétés, le renforcement de l?intervention foncière est impératif
4.1 D?importants enjeux fonciers qui exigent de questionner l?intervention foncière à Marseille pour les vingt prochaines années
4.1.1 Des besoins importants en foncier pour favoriser la production neuve de logements, confrontés à une absence de réserves et un foncier couteux à acquérir voire à dépolluer
4.1.2 Une intervention de l?EPF PACA qui peine à s?affirmer sur le volet des copropriétés dont le traitement exige un volume important de lots à acquérir
4.2 Un renforcement de l?intervention foncière à Marseille est une nécessité
4.2.1 L?identification et la caractérisation des secteurs à enjeux pour la production de logements est un préalable au développement d?un observatoire du foncier public et privé à Marseille
4.2.2 L?accroissement de l?intervention de l?EPF PACA sur Marseille et la création d?une TSE et d?une minoration foncière « Logement durable » sont recommandés
4.2.2.1 Un complément de TSE « Logement durable » pour contribuer au financement du traitement des copropriétés serait opportun
4.2.2.2 Le rééquilibrage et le rattrapage de l?action foncière doivent être engagés avec des modalités de suivi adaptées
4.2.2.3 Une meilleure représentation de l?Etat au sein du CA de l?EPF PACA favoriserait la prise de décisions relevant de l?intérêt national
4.2.3 L?émergence d?un nouvel opérateur foncier peut aussi être envisagée
4.2.3.1 La création d?une filiale de l?EPF PACA, en lien avec la ville de Marseille, voire la Métropole pour intervenir sur le foncier est un premier scénario
4.2.3.2 La création d?un nouvel EPF d?Etat à l?échelle de Marseille et la Métropole
4.2.3.3 D?autres scénarios alternatifs sont envisageables, comme le versement de la TSE directement à la SPLAIN AMP en charge du traitement des copropriétés et éventuellement à la SPLAIN qui serait créée pour la production de logements
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 1.1. Lettre de mission au Préfet de la région PACA
Annexe 1.2. Lettre de mission à l?IGA/ IGEDD
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou ayant apporté une contribution écrite
Annexe 3. Etat d?avancement des NPNRU
Annexe 3.1. Concours financier et engagement des NPNRU ? convention cadre métropolitaine fléchée sur Marseille et conventions quartiers (hors protocole) au 17 juin 2024
Annexe 3.2. Concours financier et engagement pour les NPNRU de Marseille ? conventions quartiers signées au 17 juin 2024
Annexe 3.3. Concours financier et engagements pour les NPNRU de Marseille ? conventions quartier non signées au 17 juin 2024
Annexe 4. Etat d?avancement des NPNRU en termes d?aménagement, d?équipements publics de proximité et de reconstitution de l?offre
Annexe 4.1. Montant et taux d?engagement sur les montants contractualisés pour l?aménagement d?ensemble au 17 juin 2024, état de l?attribution des concessions d?aménagement
Annexe 4.2. Montant et taux d?engagement pour les équipements publics de proximité au 17 juin 2024
Annexe 4.3. Etat d?avancement de la reconstitution de l?offre de logements sociaux (convention cadre métropolitaine ? volet Marseille)
Annexe 5. Copropriétés du PIN (volet Marseille)
Annexe 6. Activité de l?EPF PACA sur la région et à Marseille à fin 2023
Annexe 7. Scénario d?augmentation de la TSE ? EPF PACA
Annexe 8. Estimation des moyens complémentaires nécessaires pour le renforcement de l?action de l?EPAEM et de la SPLAIN AMP
Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION a missionné CDC Habitat pour une AMO
travaux).
Aussi, pour alléger la charge de l?administrateur provisoire et lui permettre d?intervenir sur un
volume plus important de copropriétés, la mission recommande de développer la fonction de syndic
d?intérêt collectif pour appuyer l?administrateur provisoire dans la gestion courante et/ou la maitrise
d?ouvrage des travaux en parties communes.
S?agissant des organismes HLM susceptibles d?assurer ce type de missions, il est fortement
recommandé de formaliser un agrément ou un autre type de document pour attester de leur
compétence en termes de gestion des copropriétés.
Renforcer la gestion des copropriétés en difficulté en instaurant des
syndics d?intérêt collectif agréés par l?Etat en appui aux administrateurs provisoires
pour la réalisation de la gestion courante et la maitrise d?ouvrage des travaux en
parties communes, dont les travaux d?urgence.
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Juillet 2024 Extension de l?EPA Euroméditerranée et mise en oeuvre du
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2.2.3 La mobilisation des bailleurs sociaux est essentielle pour la
transformation des lots de copropriétés en logements sociaux
En cas de défaillance des propriétaires privés, la transformation des logements de la copropriété
en logement social est une réponse opérationnelle qui présente un intérêt si le bâtiment peut être
réhabilité ou restructuré sur le plan technique, dans le cadre d?opérations d?acquisition /
amélioration par des bailleurs sociaux. D?ailleurs, les montants de déficits générés par une
opération de transformation en logement social s?avèrent généralement moins importants que ceux
générés par une opération de démolition avec relogement de l?ensemble des ménages.
La transformation de lots privés en logements sociaux peut répondre à 2 types de stratégie
opérationnelle :
La transformation de la copropriété en copropriété mixte (privé et social) reposant sur une
acquisition partielle de lots par les bailleurs sociaux dans un objectif de redressement de
la copropriété (ce mode opératoire permettant d?éviter une appropriation publique très
coûteuse),
? Une acquisition de quelques lots pour entrer dans la copropriété et assurer le portage
de lots ciblés de quelques propriétaires impécunieux ou défaillants,
? Une acquisition d?une part conséquente des lots pour pouvoir agir et influer sur la
copropriété (poids suffisant pour les prises de décision en assemblée générale),
La transformation complète de la copropriété en logement social, une acquisition de tous
les lots.
Actuellement, les bailleurs sont plus enclins à intervenir dans la transformation complète de la
copropriété en logement social que dans la transformation partielle.
Pour la copropriété de Maison Blanche, les lots acquis par l?EPF PACA sont cédés progressivement
à UNICIL avec un engagement de la part de l?EPF PACA de poursuivre son intervention foncière
jusqu?à l?acquisition de tous les lots. Ce mode opératoire permet de décharger les bailleurs des
contraintes liées à l?acquisition des lots de la copropriété (par voie amiable, préemption ou
expropriation), de garantir une maitrise publique complète de l?ensemble immobilier pour favoriser
sa transformation en logement social et sa sortie définitive du régime de la copropriété.
Aussi, la mission recommande le développement d?une filière de la production de logements
sociaux en acquisition/ amélioration de logements par la mobilisation de bailleurs (comme UNICIL,
CDC Habitat, voire ERILIA) pour la transformation des ensembles immobiliers en copropriété mixte
(acquisition partielle de lots dans le cadre d?une opération de redressement) ou en ensemble
immobilier de logement social (acquisition totale).
2.2.4 L?extension du périmètre de compétence de l?EPAEM pour
l?aménagement à envisager
Hors ORCOD IN, dans le cas où le traitement des copropriétés exige la réalisation d?opérations
d?aménagement et d?équipements, il est proposé de mobiliser l?EPAEM dans le cadre de
concessions en élargissant son périmètre de compétence pour qu?il puisse intervenir dans ces
domaines, de façon facultative, à la demande de la Métropole ou la Ville, dans la continuité de ce
qui a été décidé pour Maison Blanche par exemple.
Cette mobilisation pourrait également intervenir dans le cadre des ORCOD IN. En effet, pour la
mise en oeuvre de ces opérations, les EPF d?Etat disposent à titre dérogatoire de la compétence
d?aménagement (en dehors des ORCOD IN, la loi ne permet pas aux EPF d?intervenir en
aménageur, leur action se limitant à la préparation des terrains et au proto-aménagement). Or,
l?EPF PACA n?envisage pas, pour l?heure, de développer une compétence en aménagement. Une
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délégation de maitrise d?ouvrage par l?EPF PACA à l?EPAEM pourrait être envisagée.
L?extension du périmètre de compétence de l?EPAEM à l?échelle de
l?ensemble de Marseille permettrait de le mobiliser, à la demande des collectivités, en
appui pour des aménagements ou conduites d?équipements publics sur des sites à
enjeux de rénovation urbaine (NPNRU et Programme d?intérêt national des
copropriétés dégradées) et des études préalables d?aménagement.
2.2.5 L?accompagnement d?un plan global et partagé de suivi et de
traitement des copropriétés et la préfiguration d?un cadre partenarial,
piloté par la Métropole en lien avec la ville et l?Etat est opportun
La mobilisation des acteurs de la copropriété pourrait être formalisée dans un nouveau plan global
de suivi et de traitement des copropriétés piloté par la Métropole, en lien avec la Ville et l?Etat qui
comprendrait :
Un nouveau cadre de relations partenariales prévoyant pour toute la chaine d?intervention
l?articulation et le partage des moyens et des compétences des différents acteurs (charte
des acteurs de la copropriété),
La déclinaison d?une stratégie de traitement pour chaque catégorie de copropriétés (selon
son degré de difficulté), prévoyant une capacité d?observation accrue pour prévenir les
dérives des copropriétés, la fonction d?observation gagnerait également à être renforcée
sur le centre ancien, pour évaluer l?évolution de l?état du bâti et des risques associés,
Un renforcement des dispositifs de traitement et d?accompagnement des copropriétés
selon leur degré de fragilité ou de difficulté qualifié à partir des données issues des
études/diagnostics des copropriétés ou de l?observation. L?identification précoce des
dysfonctionnements favorisera une action publique de redressement (même lourde) sur
des situations réversibles, moins coûteuse qu?une action tardive exigeant des besoins
massifs d?appropriation publique,
Les modalités d?intervention en cas d?urgence (dont besoins en portage),
Un renforcement des syndics et des prises de position des bailleurs sociaux dans ces
ensembles résidentiels, pour avoir un suivi dans la durée.
La charte des acteurs de la copropriété pourrait être préfigurée à l?échelle de la ville de Marseille
(voire de la Métropole) identifiant les acteurs et leur rôle dans le traitement des copropriétés en
redressement, recyclage ou démolition. Cette structuration pourrait alors être déclinée et anticipée
pour chaque opération, avant le lancement des dispositifs de traitement de manière à disposer
d?un cadre d?acteurs prêts à intervenir.
Etablir un nouveau cadre partenarial de type « charte des acteurs de
la copropriété » à l?échelle de Marseille, identifiant les acteurs et leur rôle dans le
traitement de la copropriété en redressement, recyclage ou démolition. Inscrire cette
charte dans un plan global de suivi et de traitement des copropriétés en
redressement, recyclage ou démolition.
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3 La production de logements sociaux et la reconstitution
de l?offre : l?extension à court terme du périmètre de l?OIN
Euromediterranée reçoit, à ce stade, un accueil réservé
des acteurs locaux, mais cette perspective reste utile et ne
doit pas être écartée
3.1 Une crise de la production de logement qui s?explique d?abord
par le manque de projets d?aménagement et d?anticipation
foncière
3.1.1 La pénurie de logements sociaux à l?échelle de Marseille est une
réalité historique, qui tend à s?accentuer dans le contexte
économique actuel
En septembre 2023, le nombre total de demandes de logements sociaux s?établissait à 47 990
dont 11 821 demandes de mutation (25 %) et 36 169 primo-demandes (75 %), à rapporter à un
parc de 86 070 logements sociaux « SRU »25. Le nombre de demandeurs est en forte hausse
depuis 2019 (pour mémoire, il y avait 38 057 demandes au 1er janvier 2019).
Fin 2022, le nombre moyen de demandes par attribution à Marseille était de 9, proche de celui
observé à Lyon (9,1), à Paris (10,2) et à Nice (13)26. La configuration métropolitaine d?Aix-Marseille-
Provence rend, cependant, la problématique du logement plus critique qu?à Lyon, Paris ou Nice :
dans ces trois villes, les habitants les plus modestes trouvent aussi à se loger en dehors de la ville
centre, à proximité ou dans des secteurs relativement bien connectés par les transports collectifs
urbains.
En outre, la tension locative sociale dans certains arrondissements est parmi la plus élevée au plan
national, avec des ratios demandes/attributions de 39 dans le 1er arrondissement de Marseille, de
68 dans le 6ème et de 22 dans le 7ème, à comparer à un ratio de 48 dans l?arrondissement le plus
tendu de Paris. L?extension de la ville (240 km², dont 150 km² urbanisés, soit près du double de
Paris) et sa mauvaise desserte par les transports en commun (pas de métro desservant la majorité
des QPV) accentuent la tension sociale induite par cette répartition très déséquilibrée des
logements sociaux, au-delà des enjeux de mixité sociale.
Cette situation justifie pleinement une politique affirmée de rééquilibrage de la production de
logement à l?échelle de Marseille, pour le moins, à défaut d?une démarche qui s?inscrive plus
largement à l?échelle du bassin de vie que constitue la métropole pour une large part.
La hausse récente du ratio moyen des demandes par attribution de logements sociaux s?inscrit
dans un contexte de pression économique liée à l?inflation des prix, notamment énergétique. De
façon plus structurelle, cette hausse traduit aussi une croissance démographique (+2 000 habitants
par an entre 2014 et 2020), des besoins liés au desserrement des ménages et à la décohabitation,
une augmentation tendancielle des résidences secondaires et des meublés touristiques, et une
vacance ou faible attractivité du parc de logement privé du fait de sa dégradation et son
obsolescence. Compte tenu de la faiblesse de la production de logement sociaux prévisible dans
les prochaines années (cf. 3.1.3), la tension sociale va s?accroître, avec une déconnexion
croissante entre les prix immobiliers et les capacités financières des ménages. Le logement
25 Source : projet de contrat de mixité sociale de Marseille
26 Source : projet de contrat de mixité sociale de Marseille
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Juillet 2024 Extension de l?EPA Euroméditerranée et mise en oeuvre du
volet logement de Marseille en Grand
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constitue le premier facteur d?affaiblissement du pouvoir d?achat des ménages.
La pénurie de logement sociaux est un frein au développement de la ville, notamment pour
maintenir et attirer des salariés. Elle freine les projets de rénovation urbaine et de traitement des
copropriétés dégradées du fait des difficultés de relogement des ménages les plus modestes.
Au regard des indicateurs de la loi SRU, avec un taux de 21,69 % de logements sociaux en 2022
(à comparer à un objectif de 25%), le manque était de 13 087 de logements sociaux.
3.1.2 Les programmes locaux de l?habitat ont, depuis longtemps, bien
posé les diagnostics et les stratégies mais la production effective de
logements n?est pas à la hauteur des objectifs fixés
L?insuffisance de la production de logements, notamment sociaux, à Marseille a bien été identifiée
comme l?une des priorités d?action publique depuis le premier Programme local de l?habitat (PLH)
intercommunal, à l?échelle de la communauté urbaine Marseille Provence (MPM), sur la période
2006/2010. Une hausse de la production de logement a d?ailleurs été constatée sur cette période,
déjà portée par les premières livraisons du projet Euroméditerranée.
Le PLH 2012/2018 a renforcé la priorité donnée à la production de logements sociaux, et visé un
accroissement global de 25 % de la production de logements, avec des objectifs de 5 000
logements supplémentaires par an à Marseille dont 1 400 logements sociaux.
Le premier PLH métropolitain à l?échelle d?Aix-Marseille-Provence (AMP) couvre la période 2023-
2028 et vise pour la ville de Marseille une production à hauteur de 4 500 logements par an, dont
2 300 logements sociaux (1500 neufs, 600 par recyclage du parc privé), avec une volonté d?amorce
de rééquilibrage à l?échelle de la ville (55 % des logements locatifs sociaux sont situés en QPV, et
majoritairement situés au nord du territoire communal).
Cependant, force est de constater que les livraisons de logements sont inférieures aux objectifs
fixés et aux besoins. Sur la période 2010/2023, le parc de logements entrant dans le champ de la
loi SRU a progressé de 13 244 unités, soit environ mille logements en moyenne par an. A nombre
de résidences principales constant. A ce rythme, il faudra près de 13 ans pour que la Commune
atteigne le taux légal de 25 % de logements sociaux fixé par la loi SRU.
Sur le dernier bilan triennal SRU 2020-2022, la ville de Marseille n?a atteint que 38% de ses
objectifs de logements sociaux. En effet, sur les 7 674 logements sociaux attendus, seuls 2 934
logements sociaux ont été comptabilisés dans l?inventaire, dont 1 880 logements issus du report
de la précédente période 2017-2019. Quant à la production de logements PLAI sur le période 2020-
2022, elle ne s?élève qu?à 20% des logements sociaux produits (alors que l?objectif minimal était
de 30%).
3.1.3 L?insuffisance de la production de logements est la conséquence de
divers facteurs pénalisants, et particulièrement de l?insuffisance de
projets d?aménagement
Le manque actuel de production de logement, notamment sociaux, à Marseille résulte d?un
ensemble de circonstances endogènes à Marseille, mais aussi exogènes, notamment :
Un retard dans le relèvement des objectifs de production de logement, avec un premier
PLH métropolitain qui répond mieux aux enjeux que les précédents, mais qui n?a été adopté
qu?en février 2024 ;
Un freinage des délivrances d?autorisations d?urbanisme en début de mandat municipal,
sur fond de remise en cause du modèle d?urbanisation de la ville, avec une dégradation
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consécutive des relations avec les promoteurs ;
Une hausse des valeurs foncières, une absence de connaissance et de réserves foncières
sur Marseille (cf. chapitre 4) ;
Des limitations dans les capacités de construction liées au PLUI de 2019, avec des objectifs
légitimes de réduction de l?artificialisation et de protection des espaces naturels, mais aussi
des seuils d?application des quotas de logement sociaux qui sont longtemps restés élevés ;
Une priorité politique donnée aux enjeux de renouvellement urbain et de régulation de l?état
du parc privé, reconnaissant ainsi que le parc privé remplit une fonction sociale « de fait »
très importante à Marseille ;
Un éclatement de la gouvernance de l?aménagement et de l?habitat entre la Métropole et
Ville, mais aussi entre les élus au sein de ces collectivités et de leurs opérateurs ;
Une production de logement social réalisée en grande partie en VEFA27 dans un contexte
de crise de la promotion privée immobilière à l?échelle nationale, du fait de la hausse du
prix des matériaux, de l?énergie, du foncier et des taux d?intérêt ;
Enfin, comme les autres métropoles, Marseille a aussi subi les conséquences de la crise
sanitaire récente qui a mis entre parenthèses l?avancement de nombreux projets
immobiliers.
Plus que tous ces facteurs, qui pour beaucoup ne sont pas propres à Marseille, il apparaît à la
mission que la principale cause du retard en termes de production de logement est une difficulté
historique des acteurs locaux à faire émerger et mettre en oeuvre des projets d?aménagement
urbain.
Les différents PLH, et en particulier celui de 2024, ont bien identifié l?enjeu de la stratégie foncière
et de la mise en adéquation des documents d?urbanismes, mais ils cantonnent les acteurs publics
dans une fonction de régulation, avec des objectifs de production territorialisés par arrondissement,
et non d?action, avec des projets d?aménagement public.
Le PLUi approuvé le 19 décembre 2019 et modifié le 30 juin 2022, a certes défini des orientations
d?aménagement et de programmation (OAP) sur 22 secteurs jugés stratégiques, qui expriment des
intentions d?aménagement. Ces OAP donnent une place importante aux principes de composition
urbaine, de traitement des espaces collectifs, de mobilité de proximité et de structuration paysagère
et naturelle. La dimension programmatique en termes d?habitat est cependant peu présente, même
si, sur quelques sites, des orientations sont données en matière d?affectation du sol (dominante
habitat ou économique), sans chiffrage du potentiel de production de logements. Le choix et le
traitement des OAP ne semblent pas avoir été guidés par des objectifs de production de l?habitat,
ni d?ailleurs de desserte par les réseaux lourds de transport urbain.
En tout état de cause, l?existence d?OAP ne garantit pas le passage à des phases opérationnelles
(ZAC28, ZAD, PAE, ?) : des études pré-opérationnelles sont nécessaires avant de pouvoir décider
et concerter la population qui doivent faire émerger des projets urbains et documenter leur
faisabilité, notamment sur le plan foncier, de l?acceptabilité, de l?intégration technique et
environnementale, des recettes et du financement.
La nécessité d?un changement de modèle, vers un urbanisme de projet et non plus uniquement
réglementaire, s?impose peu à peu parmi les décideurs locaux, ceci d?autant plus que le PLUi de
2019 a logiquement réduit les espaces à urbaniser, poursuivant des objectifs de densification du
bâti, de recyclage, d?économie du sol et de protection des écosystèmes naturels et surfaces
27 VEFA : Vente en état futur d?achèvement
28 ZAC (zone d?aménagement concertée), ZAD (zone d?aménagement différé), PAE (plan d?aménagement
d?ensemble).
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agricoles. L?enjeu est maintenant de passer à la décision publique puis à la mise en oeuvre, et donc
d?engager des études préalables sur des secteurs à enjeux.
3.1.4 Une production de logements (dont sociaux) portée principalement
par la promotion privée et l?OIN Euroméditerranée
Conséquences de ce manque d?initiative publique en matière d?aménagement opérationnel, le
Contrat de mixité sociale (CMS) pour 2023/2025 acte que :
70 % des 5 779 nouveaux logements sociaux livrés (en incluant ceux déjà en travaux)
seront produits par l?initiative privée diffuse (VEFA), en dehors des périmètres
opérationnels d?aménagement public, avec un fort risque de non atteinte des objectifs du
fait de la conjoncture nationale atone pour la filière de la construction et du manque
d?anticipation foncière. Le taux de projets agréés mais non réalisés pourrait, selon les
professionnels, s?élever à environ 15 % ou 20 % (au lieu de 10 % jusqu?aujourd?hui),
Les ZAC de l?opération d?intérêt national Euroméditerranée représenteront à elles-seules
12 % des nouveaux logements sociaux attendus sur la période 2023/2025,
Les ZAC de compétence métropolitaine, en particulier à la Capelette, Vallon Régny et
Flammarion, représenteront au total 11 % des logements identifiés,
Le conventionnement de logements locatifs sociaux dans les opérations de recyclage
d?habitat indigne ancien (au travers de l?action de la SPLA-IN Aix Marseille Provence et des
concessions métropolitaines d?éradication d?habitat indigne) représentera 4 % des
logements SRU identifiés sur la période 2023-2025.
Dans un tel contexte, la capacité des bailleurs sociaux à participer à l?effort de construction est
faible et leur stratégie consiste, essentiellement, à acheter des lots dans des programmes privés
en construction. Les valeurs foncières sont en effet trop élevées pour qu?ils puissent s?aligner face
à des promoteurs privés et équilibrer les opérations. Cette évolution conduit à réduire le parc dédié
des bailleurs sociaux, affecté par les démolitions, et accroît leur taux de charges fixes.
Cette faible maîtrise publique de la production de logements n?est pas non plus favorable à un
rééquilibrage spatial de l?offre sociale à l?échelle de la ville et à la cohérence avec la politique des
mobilités.
3.2 Passer de la logique d?un urbanisme réglementaire à celle d?un
urbanisme de projet et préparer les futures opérations
d?aménagement possible, dans une perspective de production
de logement, en remettant à plus tard le choix de celle qui
pourrait faire l?objet d?une OIN
3.2.1 L?extension de l?OIN n?est pas souhaitée par la Ville et la Métropole :
un sujet sensible qui reste cependant une perspective incitatrice
La mission a constaté que les élus locaux (notamment de la ville) ne sont pas, à ce stade,
favorables à un élargissement de l?opération d?intérêt national. Cette réserve tient à la vigilance
quant à une forme de nationalisation par l?Etat de l?exercice de compétences décentralisées et
vraisemblablement au signal politique que pourrait donner, à quelques mois des élections locales,
ce presque constat de carence.
Sur le plan politique, Euroméditerranée a d?ailleurs longtemps été un point de débat, et son
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extension le serait aussi (surtout si les visions d?aménagement ne sont pas claires), une part de la
population considérant que le projet a été trop radical sur le plan urbain, et guidé par les intérêts
économiques plus que les besoins des marseillais.
Les élus métropolitains et municipaux reconnaissent cependant que les capacités d?ingénierie de
l?EPAEM et sa gouvernance sont des atouts pour la mise en oeuvre de grands projets, impliquant
une continuité des orientations. Dans le contexte national actuel, ils s?interrogent cependant sur la
capacité de l?Etat à être un point de stabilité.
Les élus sont également sensibles aux financements que l?État pourrait apporter aux projets locaux
dans le cadre d?une OIN et à son effet d?entraînement vis-à-vis de financements du Département
et de la Région. Pour autant, au regard des difficultés de négociation des surcoûts d?Euromed 2,
ils restent dubitatifs sur la capacité de l?État à engager des moyens substantiels dans de telles
opérations, tant sur le plan financier que des effectifs.
La mise en place d?un Projet Partenarial d?Aménagement (PPA) associé à la création de plusieurs
périmètres de Grande Opération d?Urbanisme (GOU) recueille encore moins les faveurs des élus
locaux qu?une OIN, considérant que cela apporte des complications sans contreparties (ingénierie,
gouvernance, financement).
Les décideurs locaux, élus et fonctionnaires et en particulier ceux de la Métropole, semblent par
ailleurs considérer que les actions entreprises pour réformer et renforcer l?organisation de leurs
propres services et opérateurs devraient leur permettre de viser une certaine autonomie d?action,
sans dépendre de l?État. La Métropole indique ainsi avoir engagé une restructuration de ses
opérateurs d?aménagement (SOLEAM, FACONEO, SPLA Pays d?Aix, ?) pour consolider les
capacités d?ingénierie et d?expertise à l?échelle d?Aix Marseille Provence. Logiquement, la Ville
apparaît moins avancée sur ce plan et son champ d?activité reste plus étroit (équipements
municipaux, voirie).
Malgré ces réserves, au vu de la situation critique en matière de logement à Marseille, la mission
considère que poser aujourd?hui la question de l?élargissement de l?OIN et par la même occasion
du devenir de l?EPAEM, ne doit pas être exclu. Aussi, elle recommande que l?État renforce son
appui en matière d?aménagement à Marseille, via l?EPAEM, en se situant clairement dans une
logique d?accompagnement des collectivités locales, et non de leur substitution.
S?il était décidé, le renforcement temporaire et partiel du soutien de l?État en matière
d?aménagement via une OIN devrait donc s?inscrire dans une perspective de retour rapide au
régime de droit commun en termes de compétences. Toutes les solutions devront être conçues de
façon à susciter un effet d?entrainement sur l?ensemble des opérateurs locaux (autres que ceux de
l?Etat) et à transférer in fine les capacités d?ingénierie des opérateurs d?Etat aux collectivités locales.
3.2.2 Deux préalables à un débat sur l?extension de l?OIN : une affirmation
de changement de modèle d?urbanisation porté par l?EPAEM et une
limitation de l?instruction des actes d?urbanisme par l?Etat
Dans la perspective d?une OIN élargie, la mission appelle l?attention sur deux points de vigilance :
Un préalable à une médiatisation de l?hypothèse d?une extension de l?OIN sera l?affirmation
d?une rupture par rapport au mode d?aménagement d?Euromed 2 par l?EPAEM. L?approche
actuelle par macro-lots confiés à des promoteurs privés sur des espaces urbains
entièrement recyclés, forcément singulière à l?échelle de la ville, ne pourra pas être la
référence pour le futur. Il s?agira manifestement à l?avenir de composer avec les tissus
existants dans une perspective de requalification, de densification et de valorisation. En
l?état, la Mission estime qu?une mise en débat politique de l?extension de l?OIN serait
périlleuse si les projets urbains considérés ne sont pas clairement partagés, surtout dans
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une période préalable à des élections municipales,
La question des modalités de gestion des autorisations d?urbanisme est importante pour
les différents acteurs. A droit constant, l?extension de l?OIN impliquerait le transfert de toutes
les autorisations d?urbanisme (article L 422-2 du code de l?urbanisme), même si un accord
a permis à l?État de s?appuyer sur les services et outils de la Ville pour leur instruction.
Sur le plan symbolique, elle manifesterait pour la Ville une perte de lien avec ses administrés et le
dessaisissement de ses compétences. Elle complexifierait l?instruction (doublon d?instruction), tant
pour les pétitionnaires que pour les services, et réduirait les bénéfices de la dématérialisation des
procédures et la modernisation des outils « application du droit des sols » (ADS) de la Ville,
reconnue sur le plan local.
Pour les services de l?État, ce transfert de compétences induirait un surcroît d?activités avec des
moyens (effectifs et outils numériques) souvent insuffisants. Cette hausse de charge serait accrue
si l?extension concerne des zones déjà consolidées sur le plan urbain, qui génèrent de nombreux
actes de gestion quotidienne de l?urbanisme (déclarations de travaux, permis pour agrandissement
ou changement de vocation d?un espace...).
Si l?élargissement de l?OIN devait être décidé, la mission recommande d?examiner au niveau
réglementaire la possibilité de réduire le périmètre du transfert de compétence aux actes à forts
enjeux ou aux périmètres d?aménagement opérationnel.
Pour donner une mesure du poids des actes courants, sans enjeu, il est possible de se référer à
des chiffres sur l?année 2022, qui montrent que le nombre de permis de logements significatifs
(plus de 30 logements) s?est limité à 32 actes, à rapporter à un flux de 1 500 permis de construire
par an et 4 400 déclarations de projet instruites aujourd?hui par la Ville, traités par une équipe ADS
de 16 instructeurs dans un service de 28 agents.
Pour mémoire, Euromed II génère un flux de l?ordre de 50 permis et 150 déclarations par an, et
mobilise 1 instructeur expert (B+ ou A) et un 1 instructeur B pour les déclarations de projet. La
DDTM travaille aujourd?hui avec des outils ADS clairement en retard sur ceux de la Ville (logiciel
ADS de 2007, sans géoréférencement, ne permettant aucun croisement automatisé permis /
zonage PLUi, avec une transmission dématérialisée très instable), ce qui induit une perte de
productivité dans l?instruction, de qualité de service pour les administrés et de sécurité juridique.
Une augmentation significative de la volumétrie des actes au niveau de la DDTM des Bouches-du-
Rhône justifierait une réflexion nationale sur les capacités techniques des services ADS, au regard
de l?extension de l?OIN Euroméditeranée mais également des autres projets (potentielle OIN Fos
Etang de Berre, projets industriels d?intérêt national, développement agro-photovoltaïque?).
3.2.3 Un scénario d?élargissement des opérations d?aménagement et de
périmètre de l?OIN en continuité au nord du périmètre actuel
d?Euromed ne se traduirait que par une production modeste de
logements, sans favoriser un rééquilibrage au niveau de la ville
La mission a tout d?abord analysé l?opportunité d?une extension du périmètre de l?OIN en continuité
d?Euromed II vers le nord jusqu?à Campagne Lévêque, en incluant la Cabucelle et la zone d?activité
des Arnavants. Cette extension correspondrait peu ou prou au périmètre d?extension des
compétences de l?EPAEM qui a été soumis pour avis aux collectivités par le Préfet de région le 29
mars 2024.
Le périmètre considéré représente environ 330 ha (deux fois celui d?Euromed II) et correspond en
grande partie à des zones urbanisées déjà bien structurées, sans enjeu de renouvellement massif
comme c?était le cas sur Euromed II. Une partie du périmètre fait l?objet d?une OAP sectorielle au
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PLUi de 2019, qui envisage une transformation urbaine autour de 3 points :
Le noyau villageois de St Louis et le pôle d?échange St Exupéry, à consolider sur le plan
des commerces et des aménagements,
Le site des anciens abattoirs, qui fait l?objet d?un projet de ZAC à vocation essentiellement
économique, mais aussi quelques espaces pour les logements,
Le secteur du boulevard de la Méditerranée, pour le redynamiser sur le plan économique.
Le périmètre envisagé par l?État s?étendait également à l?Est, en intégrant la zone d?activité des
Arnavaux, qui représente 100 ha et compte environ 4000 emplois.
En tout état de cause, au vu des documents transmis, la mission n?est pas en mesure de constater
l?existence :
D?un projet urbain d?ensemble du secteur qui soit une réponse aux enjeux de production
de logement, notamment social. Sur les trois sous-secteurs ci-dessus mentionnés, l?OAP
renvoie à des objectifs d?aménagement public et de développement des activités
économiques, mais très marginalement de logement. L?émergence d?un nouveau projet
urbain orienté vers le logement impliquerait des études foncières approfondies, et le
potentiel de mutabilité semble relativement limité sur ce secteur, déjà très consolidé,
D?un schéma des équipements et aménagements publics, qui permette un chiffrage,
d?autant que le projet d?extension du tramway ne semble pas avoir été intégré dans cette
OAP de 2019, qui doit certainement être en cours d?actualisation,
De bilans financiers d?une transformation de ce secteur, en partant d?une programmation
fonctionnelle et des recettes escomptées.
Compte tenu du nombre d?habitants et d?entreprises implantées sur ce secteur, l?impact sur les
moyens d?application du droit des sols (ADS) de la DDTM des Bouches-du-Rhône serait significatif,
avec sans doute un doublement des équipes actuellement affectées à Euromediterranée. L?impact
dépendrait évidemment du calendrier de cette extension, et sa superposition, ou non, avec la
finalisation d?Euromed I et II, et le transfert vers la Ville de ces territoires.
En tout état de cause, au vu des orientations d?urbanisme existantes, la mission considère qu?une
telle extension de l?OIN vers le nord ne paraît pas de nature à relever significativement le défi de
la production de logements mixtes, ni d?amorcer un rééquilibrage des logements sociaux vers les
secteurs autres que le nord de Marseille. La justification d?un transfert de responsabilité à l?État via
une OIN ? indispensable lors du passage au Conseil d?État - n?apparaît pas évidente pour un tel
scénario.
Par contre, un projet d?aménagement porté à l?échelle locale trouverait sans doute toute sa
pertinence en termes de densification marginale, de requalification du cadre de vie (continuités,
offre commerciale de proximité) et de développement économique.
3.2.4 En revanche, un scénario d?étude « multi-sites », sur les secteurs les
plus stratégiques pour la production de logements, en cohérence
avec les transports, pourrait étayer une éventuelle décision
d?extension de l?OIN, et surtout avoir un effet d?entraînement sur
l?aménagement à l?échelle de la ville, à la hauteur du défi de l?habitat
La mission constate que le territoire de Marseille ne dispose plus de réserves foncières aisées à
mobiliser et qu?aucun secteur n?a été identifié au PLUi pour une transformation profonde, à l?instar
d?Euromed II. La réponse aux objectifs du PLH passera donc nécessairement par une multiplication
des opérations ponctuelles, réparties sur l?ensemble du territoire, en veillant à faire émerger des
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tissus urbains qualitatifs et fonctionnels, notamment sous l?angle des mobilités. Pour limiter les
coûts d?investissement, il importera de s?appuyer au maximum sur les réseaux viaires existants, en
retraitant les aménagements publics et paysagers, et en recherchant des solutions économes
adaptées au climat méditerranéen et au changement climatique.
Plutôt qu?une décision rapide sur une extension d??OIN, peu efficace, la mission recommande un
scénario « multi sites », qui consisterait à confier à l?EPAEM le portage d?études préalables aux
projets d?aménagement sur plusieurs secteurs stratégiques de Marseille, dans une perspective de
production de logements et en s?appuyant sur les réseaux de transports urbains existants.
L?EPAEM associerait l?AGAM et l?EPF PACA, selon des modalités à définir et travaillerait en lien
étroit avec la Métropole et la Ville.
Ce scénario vise à accompagner les collectivités locales au niveau de la phase pré-opérationnelle
pour accélérer le passage en phase d?aménagement et permettrait d?avoir un effet d?entraînement
à l?échelle de la ville, sur un nombre suffisant de zones pour répondre à l?enjeu de logement, tout
en évitant une concentration des logements sociaux au nord de la ville.
A l?issue de ces études préalables, les collectivités pourraient porter sur ces secteurs des
démarches classiques d?aménagement (ZAD, ZAC, PAE, DPU?), avec leurs opérateurs, voire
l?EPAEM ou ses filiales (cf. infra), via des concessions d?aménagement ou des mandats plus
restreints. S?il est, à ce stade, jugé nécessaire de recourir à une OIN sur l?un ou l?autre des secteurs,
il conviendra de choisir son périmètre au regard de son intérêt national, en matière de logement
ou de transports, et des moyens qui pourront y être affectés par l?Etat.
Les études préalables à l?aménagement opérationnel que porterait l?EPAEM, avec l?AGAM et l?EPF
PACA comprendraient des analyses foncières (potentiel de mutabilité), des plans guides
d?aménagement, des chiffrages de dépenses et recettes, et une programmation temporelle. Elles
permettraient de confirmer l?intérêt de ces secteurs pour la production de logements et de préciser
les modes d?intervention pertinents, à l?initiative des collectivités ou via une OIN le cas échéant,
pour l?un ou l?autre des secteurs.
Le délai de ces études en amont pourrait être de l?ordre de 24 mois (à approfondir avec l?EPAEM
et l?AGAM), et leur montant de l?ordre d?un million d?euros par site. L?avancement des études
préalables devrait être jalonné par des points d?étape à haut niveau, avec une implication forte de
l?Etat pour accompagner la fixation du programme et des orientations générales d?aménagement.
La mission a analysé, sans pouvoir conclure à ce stade, 8 zones à enjeux qui pourraient faire l?objet
de telles études préalables, en croisant 4 critères principaux :
Le potentiel de mutation urbaine pour la construction de logements,
La cohérence avec les réseaux de transports et leur développement,
Les gains à attendre en matière de qualité urbaine, gage d?acceptabilité de ces projets,
L?existence d?enjeux potentiels à l?échelle nationale (reconstitution de l?offre de logements,
rééquilibrage territorial de l?offre, cohérence avec les investissements dans les transports
ferroviaires et urbains, lien ville/port).
Ces 8 zones sont les suivantes :
1. Cabucelle, La Calade Campagne Lévêque
2. Saint André, Saint Henri voire Estaque
3. Saint Mitre Château Gombert
4. Belle de Mai Abeilles Blancarde
5. Jarret, Capelette, Florian, La Pomme
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6. La Valentine La Barasse
7. Sainte Marguerite
8. Chanot ? Cité Radieuse
4 zones ont été écartées, en première analyse, mais mériteraient d?être considérées dans le cadre
d?une concertation avec les collectivités locales :
Castellane / Saint Antoine
Bessons / Giraudy / Sainte Marthe / Tour Sainte / Dollet
Saint Barnabé
Chanot second Prado
Bonneveine
Les zones identifiées par la mission ont un caractère exploratoire, pour amorcer un processus de
dialogue partenarial. Si cette approche « multi sites » retient l?attention de l?Etat, la mission
recommande d?engager une phase d?approfondissement avec les collectivités locales, idéalement
sous forme d?ateliers collectifs, et de retenir ensuite les 4 ou 5 zones à enjeux qui pourraient faire
l?objet d?études urbaines et pré-opérationnelles. Ces ateliers pourraient être organisés sous le
pilotage de l?EPAEM, avec l?AGAM et l?EPF PACA. Ce travail devra être articulé avec la démarche
stratégique « comment habiter Marseille en 2050 » lancée par la Ville avec la Métropole.
L?intérêt de la Région et du Département, membres de l?EPAEM, d?être associés à cette dynamique
d?aménagement marseillaise pourra aussi être une des clés de choix des sites, à condition que ce
ne soit pas au détriment des objectifs de production de logements.
Ce scénario « multi sites » impliquerait que des effectifs et les moyens d?études supplémentaires
soient affectés à l?EPAEM, sans que cela porte atteinte aux missions assurées sur Euromed I et II
(cf. Annexe 8). Un tel scénario permettrait un transfert progressif de la gouvernance de l?EPAEM
de l?État vers les collectivités, en assurant la pérennité de capacités d?ingénierie et de pilotage
reconnues.
En tout état de cause, au-delà des études préalables, si l?EPAEM devait s?engager dans la mise
en oeuvre opérationnelle de telle ou telle zone, il semblerait préférable de le faire dans un cadre de
gouvernance correspondant aux enjeux et au territoire concernés. Plusieurs alternatives existent
à l?intervention directe de l?EPAEM, qui nécessiteront un consensus au sein du conseil
d?administration, dont la création d?une filiale de type SPLAIN avec les collectivités.
Dans le cas où, à l?issue des études préalables, le principe d?une OIN multi-sites serait retenu,
celle-ci pourrait être adaptée au contexte marseillais, aux enjeux de décentralisation et
environnementaux. Aussi, une nouvelle génération d?OIN pourrait émerger pour accélérer la
production de logements tout en maitrisant la dépense en volume et dans le temps, et en respectant
les prérogatives des collectivités : limitée à certains secteurs, un périmètre du transfert de
compétences des autorisations d?urbanisme à l?Etat limité aux actes à forts enjeux sur les
périmètres d?aménagement opérationnel en lien avec les services de la ville, le recours à une SPLA
IN (voire d?une SPL IN à créer) pour la conduite de l?OIN (partage du risque financier entre l?Etat et
les collectivités locales), une participation financière de l?Etat au démarrage des opérations pour
impulser la dynamique, puis progressivement dégressive, le bénéfice d?une TSE dédiée (au titre
de l?intérêt national), et une exemplarité des projets au regard des enjeux de développement
durable.
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3.2.5 A court et moyen terme (2030), la réussite d?Euromed II, l?avancement
des ZAC en cours et l?utilisation du foncier public doivent mobiliser
l?attention des décideurs
3.2.5.1 Euromed II, un projet stratégique qui doit être accompagné
La réussite d?Euromed II est l?enjeu majeur de la production de logements des dix prochaines
années. Cette opération prévoit d?ici 2035 la réalisation de 10 000 à 12 000 nouveaux logements
et de 330 000 m² d?activités économiques, ce qui correspond à l?accueil de 20 000 nouveaux
habitants et de 20 000 nouveaux employés, et la réalisation d?un parc sur l?actuelle gare du Canet.
Sur le plan financier, un déficit supplémentaire de 151 millions d?euros est en cours de négociation
pour couvrir le financement du futur Parc des Aygalades, ainsi que la conduite d?un ensemble
d?études liées à la transformation de la façade littorale et des infrastructures qui traversent et
environnent le périmètre.
Vu son ampleur et son délai d?achèvement, ses caractéristiques (macro-lots) et au regard de la
conjoncture immobilière et des tensions sur les revenus des ménages, cette opération présente
des risques.
La mission souligne l?importance d?une mobilisation de tous les acteurs autour de l?EPAEM pour
mener à bien cette opération stratégique. Cela implique :
De finaliser les négociations financières en cours,
De sécuriser les calendriers de réalisation des aménagements publics et équipements,
D?achever la programmation et la commercialisation immobilière,
De suivre attentivement l?évolution des copropriétés, dont certaines donnent d?ores et déjà
des signes de faiblesse, et de prévenir toute dérive,
De traiter en accompagnement l?aménagement des franges d?Euromed 2 sur le plan urbain.
3.2.5.2 L?accélération des ZAC existantes et le recensement du foncier public sont
urgents dans une perspective de développement de projets d?habitat
Outre la sécurisation d?Euromed II, la mission confirme la nécessité de mobiliser tous les leviers
d?action, bien identifiés dans le projet de Contrat de mixité sociale entre la Ville, la Métropole, l?État,
l?EPF PACA et l?Association régionale pour l?habitat social, et notamment :
La mise en oeuvre des ZAC existantes, en renforçant si c?est encore possible sans remise
en cause complète des projets, de renforcer leurs ambitions en termes de production de
logements, notamment la part de logements locatifs sociaux,
L?identification du foncier public qui pourrait faire l?objet de projets immobilier d?habitat mixte
ou logement social, en réservant si possible une part pour des projets sous maitrise
d?ouvrage des bailleurs sociaux. Une attention particulière devrait être portée au foncier
d?ores et déjà acquis par l?EPF PACA sur Marseille, dont certains sont concernés par la
restriction des zones à urbaniser : une analyse au cas par cas de ce portefeuille foncier
serait opportune dans un cadre partenarial,
L?adaptation du PLUi (modifications en cours) pour libérer des projets de logements sociaux,
et généraliser baisser le seuil des opérations pour lesquelles s?impose une obligation de
produire des logements locatifs sociaux dans l?habitat diffus, hors QPV et hors ZAC et PAE.
Les échanges ont permis de retenir un seuil de 30 logements, ce qui est un progrès par
rapport au seuil actuel (80) mais qui reste élevé comparé aux autres grandes
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agglomérations,
Le renforcement de la transformation en logements locatifs sociaux du parc privé existant
sous la forme d?opérations d?acquisition-amélioration via les DIA et la mobilisation renforcée
de l?EPF PACA, le conventionnement des logements privés avec l?ANAH et l?intermédiation
locative dans les arrondissements déficitaires.
Le stock de logements existant sera la ressource principale pour répondre à la demande des
habitants pendant les prochaines années. Toutes les initiatives visant à optimiser l?usage de ce
parc doivent être expérimentées et soutenues (mobilisation des logements vacants des bailleurs
sociaux et du parc privé, en lien avec les dispositifs d?intermédiation locative ou de bail à
réhabilitation, ?).
Confier à l?EPAEM, en lien avec l?AGAM et l?EPF PACA, la réalisation
d?études sur des secteurs stratégiques pour la production de logements, en
cohérence avec les transports. A l?issue des études, identifier les secteurs
susceptibles de faire l?objet d?opérations d?aménagement et la pertinence d?une OIN
sur tel ou tel d?entre eux.
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4 Pour favoriser la production et la reconstitution de l?offre
de logements et le traitement des copropriétés, le
renforcement de l?intervention foncière est impératif
4.1 D?importants enjeux fonciers qui exigent de questionner
l?intervention foncière à Marseille pour les vingt prochaines
années
Au regard des enjeux de portage foncier et de financement liés au traitement des copropriétés en
difficulté et à la production de logements (dont sociaux) dans la durée, le renforcement des
capacités d?intervention foncière à l?échelle de Marseille est indispensable. Le temps estimé pour
le traitement des copropriétés est estimé entre 15 et 20 ans, du démarrage des acquisitions de lots
au redressement ou requalification des ensembles immobiliers.
La mission s?interroge donc sur la capacité actuelle de l?EPF PACA à répondre à l?importance des
enjeux fonciers sur Marseille.
4.1.1 Des besoins importants en foncier pour favoriser la production
neuve de logements, confrontés à une absence de réserves et un
foncier couteux à acquérir voire à dépolluer
La production de logements (dont sociaux) et la reconstitution de l?offre dans le cadre du NPNRU
nécessitent d?importants besoins fonciers mutables et susceptibles d?accueillir un volume important
de logements au regard des besoins. Les seuls objectifs en reconstitution de l?offre des logements
sociaux démolis à Marseille sont établis à près de 3 700 logements en PLAI et en PLUS.
Le PLH métropolitain 2023-2028 qui a récemment été adopté, fixe un objectif de production neuve
sur Marseille de 4 500 logements neufs par an, réparti par arrondissement.
Les acquisitions des logements dégradés ou insalubres dans le tissu ancien contribueront à la lutte
contre l?habitat indigne et à la production d?une offre en acquisition/amélioration (par restructuration,
agrandissement, réhabilitation?) ou en construction neuve après démolition. Toutefois, cette
production restera marginale compte tenu des contraintes parcellaires et urbaines de ces sites. Le
principal enjeu est donc l?accès à un foncier à fort potentiel d?évolution (parcelles nues ou
faiblement bâties, les parcelles de faible densité bâtie au regard de la desserte en transports en
commun, les parcelles d?activité peu denses en emploi?).
A fin 2023, le montant des onze conventions actives29 de l?EPF PACA sur Marseille s?établissait à
359 M¤, dont 100 M¤ pour Euroméditerranée (cf. Annexe 6).
L?EPF PACA a confirmé l?absence d?identification et de réserves foncières permettant la production
de logements à la hauteur des besoins, faute d?anticipation. Face à ce constat, un premier
recensement du foncier public susceptible de favoriser la production de logements a été engagé
par l?Etat et les collectivités locales.
Au-delà de l?accès au foncier à Marseille, se pose la question de son coût en termes d?acquisition
(notamment dans les secteurs où le taux de logements sociaux est faible) mais aussi de remise en
état des sols avant leur cession.
29 Les conventions actives correspondent aux conventions signées entre l?EPF PACA et ses partenaires
(aménageurs, collectivités notamment) pour l?acquisition du foncier dont l?échéance n?est pas encore arrivée à fin
2023.
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Face à l?évolution du coût du foncier, il importe de pouvoir acquérir rapidement le foncier à enjeux,
ce qui permettrait par ailleurs de contourner une éventuelle spéculation de la part d?investisseurs
peu scrupuleux.
De surcroit, les dépenses de remise en état des sols (travaux de démolition, dépollution ou de
proto-aménagement), peuvent s?avérer très élevées. En effet, certains terrains ou friches
anciennement occupés par des activités portuaires ou industrielles réclament des traitements de
dépollution qui renchérissent significativement le coût initial des terrains. Selon une étude réalisée
en 2023 sur les opérations lauréates du fonds friches par le CEREMA, les coûts de remise en état
sont trois fois plus élevés quand le bâti et/ou le sol sont pollués.
4.1.2 Une intervention de l?EPF PACA qui peine à s?affirmer sur le volet des
copropriétés dont le traitement exige un volume important de lots à
acquérir
A Marseille, faute de traitement anticipé, de nombreuses copropriétés sont arrivées à un stade
élevé de déqualification exposant leurs occupants à des risques importants pour leur santé ou leur
sécurité. L?ampleur des dysfonctionnements impose le recyclage partiel ou total des ensembles
immobiliers et l?acquisition des lots par la puissance publique, notamment grâce à la TSE.
Pour les 12 sites en copropriété du cercle 130, le rapport de de l?IGEDD de faisabilité sur l?ORCOD
à Marseille et remis en mars 202331 avait réalisé une première estimation d?un besoin d?acquisition
(en vue de la démolition ou de transformation en logements sociaux) d?environ 1 600 logements (a
minima), dont près de 300 pour une partie des copropriétés marseillaises envisagées au titre de
l?ORCOD IN.
L?EPF PACA a lancé un appel d?offre début 2024 pour la réalisation « d?Etudes de stratégie habitat
dans le cadre des missions de l?EPF concernant les copropriétés dégradées du programme
d?intérêt national (PIN) » sur les 13 ensembles immobiliers métropolitains, dont 10 situés à
Marseillais. Parmi ces 10 ensembles marseillais, 4 feront l?objet d?une étude prioritaire pour la
préfiguration d?ORCOD IN. Ces études devraient préciser les besoins en portage qui pourraient
d?avérer beaucoup plus importants que les premières estimations au regard notamment du rythme
de déqualification des copropriétés.
Dans le cadre des ORCOD IN, contrairement aux ORCOD, les opérations de recyclage sont
financées principalement par la TSE, sans les aides de l?ANRU.
Or, localement, la mission observe une absence de consensus politique pour adopter, à l?échelle
de la Région PACA, une TSE au profit des copropriétés marseillaises. La mise en oeuvre des
ORCOD IN par l?EPF PACA n?est donc pour l?heure pas garantie.
4.2 Un renforcement de l?intervention foncière à Marseille est une
nécessité
Marseille est confrontée à deux phénomènes, la pénurie de logements d?une part et l?obsolescence
technique des logements existants d?autre part qui créent une forme d?insécurité résidentielle pour
les marseillais.
30 Cf. l?accord partenarial pour une stratégie d?intervention sur les copropriétés dégradées établi pour la période
2017-2023
31 Rapport n° 014856-01 « Rapport de faisabilité sur la perspective d?une ORCOD avec un caractère d?intérêt
national »
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Par ailleurs, les habitants sont confrontés à des tensions de plus en plus fortes sur le marché du
logement qui les paupérisent et les fragilisent. Le poids du logement dans le budget des ménages
est devenu difficilement soutenable. Aussi, au regard des enjeux de portage et de financement liés
aux copropriétés dégradées et à la production de logements (dont sociaux) dans la durée, la
mission recommande de renforcer les capacités d?intervention foncière à l?échelle de Marseille pour
favoriser le développement d?une offre de logement durable et accessible.
4.2.1 L?identification et la caractérisation des secteurs à enjeux pour la
production de logements est un préalable au développement d?un
observatoire du foncier public et privé à Marseille
Les principaux enjeux fonciers sont les suivants :
En priorité, l?identification et la caractérisation des secteurs à fort potentiel d?évolution (cf.
chapitre 3) pour la production de logements (foncier public et privé). Ce recensement
servira de base à la réalisation d?études préalables d?aménagement intégrant la production
de logements (dont sociaux),
A moyen terme, la constitution d?un atlas regroupant les données sur les caractéristiques
du foncier privé et public (Etat, collectivités, bailleurs, opérateurs) pour identifier les
opportunités en termes d?acquisition dans le cadre de la constitution de réserves foncières,
L?intégration dans l?observatoire foncier des données sur les grandes copropriétés en
difficulté (acquisitions de lots par les bailleurs sociaux ou autres concessionnaires ou
opérateurs notamment).
Cet observatoire pourrait être mis en oeuvre par l?AGAM, en commençant par les secteurs à enjeux
qui feraient l?objet d?études préalables. Cette action devrait être reliée à l?observatoire de l?habitat
instauré dans le cadre du PLH métropolitain 2023-2028.
4.2.2 L?accroissement de l?intervention de l?EPF PACA sur Marseille et la
création d?une TSE et d?une minoration foncière « Logement
durable » sont recommandés
4.2.2.1 Un complément de TSE « Logement durable » pour contribuer au financement
du traitement des copropriétés serait opportun
Pour la réalisation de leur mission, les EPF perçoivent différents types de ressources, dont la TSE32,
les recettes issues de la vente des biens acquis, les prélèvements SRU et des subventions. Le
modèle économique des EPF est fondé sur un équilibre entre les acquisitions et les cessions (dont
les produits contribuent au financement des futures acquisitions).
Pour leur permettre de financer leurs interventions foncières et immobilières, ainsi que celles
confiées par décret en Conseil d?État au titre des ORCOD-IN, les EPF d?Etat peuvent percevoir la
TSE, dont le régime juridique est prévu par l?article 1607 ter du CGI.
Le produit de la TSE est arrêté chaque année par le conseil d'administration de l'EPF, dans la limite
d'un plafond fixé à 20 ¤ par habitant résidant sur le territoire relevant de sa compétence. Par ailleurs,
en 2014, la loi ALUR a prévu qu'une fraction de la TSE perçue par les EPF d'État puisse être
32 TSE : Taxe Spéciale Equipement
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consacrée à la conduite d'ORCOD-IN33. Pour les EPF d'État, ce plafond de 20¤ par habitant se
double d'un plafonnement du produit de TSE, instauré chaque année en loi de finances. Ce double
plafonnement permet d'encadrer à la fois leur modèle économique et la pression fiscale dans les
territoires couverts34.
Pour l?EPF PACA, le plafond de la part fiscale de la TSE est fixé par le PLF 2024 à 38,2 M¤ (soit
environ l?équivalent de 7,46¤ par habitant35 ). La TSE représente actuellement 35 M¤ / an de
montant prélevé localement après déduction des frais fiscaux et 15 M¤ au titre de la compensation
par l?Etat suite à la suppression de la taxe d?habitation. Au total, l?EPF PACA perçoit 50 M¤ de
recettes annuelles, soit un montant équivalent à 9,75 ¤ par habitant, dont 6,7 ¤ par habitant de part
fiscale. A ce jour, aucune TSE complémentaire pour le traitement des copropriétés n?a été voté par
le CA de l?EPF PACA, contrairement à celui de l?EPF Occitanie et de l?EPFIF.
Pour l?EPFIF, depuis 2014, le produit de TSE s?établit à 15 ¤/habitant (soit environ 175 millions
d?euros par an à l?échelle régionale). De 10 ¤ jusqu?en 2013, la hausse de 5 ¤ est intervenue en
2014 pour financer les ORCOD IN. La part de TSE dédiée à ces opérations s?établit donc à 60
millions d?euros par an (5¤ par habitant, environ 12 millions d?habitants), soit un tiers de l?enveloppe
régionale de TSE. A noter pour l?EPFIF, le plafond de la part fiscale de la TSE est fixé par le PLF
2024 à plus 139 M¤ (soit environ l?équivalent de 11¤ par habitant).
Parmi les raisons invoquées pour justifier le refus du CA de l?EPF PACA de mobiliser une ressource
supplémentaire figurent le caractère très déficitaire des opérations de traitement des copropriétés,
le risque de ne pas pouvoir couvrir les besoins avec la seule TSE d?autant plus que pour les
OCROD IN les opérations ne peuvent pas bénéficier des aides au déficit de l?ANRU et le fait que
les différents bassins d?habitat de la région sont distincts. L?EPFIF a confirmé à la mission le
caractère très déficitaire des opérations et des difficultés rencontrées actuellement (en phase de
montée en charge) pour équilibrer les opérations d?ORCOD IN sans les aides de l?ANRU.
La mobilisation d?une TSE complémentaire est nécessaire au traitement des copropriétés pour
favoriser une production de logement répondant aux besoins des ménages. Avec une TSE
complémentaire de 3,5 ¤ par habitant, elle rapporterait environ 24 M¤ par an supplémentaires à
l?EPF PACA (cf. Annexe 7). Aussi, la mission recommande de :
Proposer au vote du CA de l?EPF PACA une TSE complémentaire qui pourrait s?intituler
« Logement durable » de 3,5 ¤ minimum par habitant. Cette augmentation suppose de :
? Augmenter le plafond du montant global de la part fiscale de TSE fixé par le PLF pour
l?EPF PACA (passer de 38,2 M¤ par an à 56 M¤, soit 11¤ par habitant, comme pour
l?EPFIF, au lieu de 7,46 ¤ actuellement),
? Augmenter la part de la compensation budgétaire Etat (passer de 15 M¤ à 22,2 M¤),
Soit un montant total de TSE annuel de 74 M¤ (au lieu de 50 M¤ actuellement) et une TSE
complémentaire de 24 M¤ par an.
Un montant de TSE complémentaire plus important pourrait bien entendu être proposé au vote,
notamment si l?étude de préfiguration d?ORCOD IN et le diagnostic des copropriétés concernées
confirmaient la nécessité de relever ce montant pour couvrir les besoins en acquisition.
Par ailleurs, afin d?apporter un minimum de garantie aux élus locaux sur l?équilibre des opérations,
33 La loi ALUR prévoyait une TSE complémentaire consacrée aux ORCOD IN dans la limite de 5¤ par habitant
résidant sur le territoire relevant de la compétence. La loi du 9 avril 2024 visant à l'accélération et à la simplification
de la rénovation de l'habitat dégradé et des grandes opérations d'aménagement a supprimé le plafond de 5¤/
habitant et par an.
34 A ce plafond, s?ajoute la compensation budgétaire introduite pour compenser à l'euro près par le budget de l'Etat
la part de la TSE supprimée à la suite des réformes de la fiscalité locale (suppression de la taxe d'habitation sur les
résidences principales, et de la révision de la fiscalité locale pour les entreprises
35 Nombre d?habitants dans la région PACA au 1er janvier 2021 = 5,12 millions
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une clarification sur les besoins de financement pour couvrir les déficits des opérations des
ORCOD IN, en plus de la TSE, serait nécessaire.
Le relèvement de la TSE pour les ORCOD IN pourrait être formulé dans le volet régional des
Orientations Stratégiques de l?Etat (OSE), au moins lors de la révision du programme pluriannuel
d?intervention (PPI) de l?EPF PACA (dont l?échéance est fixée au 31/12/2025), le conseil
d?administration étant tenu de tenir compte des OSE pour l?approbation du PPI.
Enfin, il est recommandé d?instaurer une minoration foncière « Logement durable » pour les
opérations relevant de l?intérêt national, notamment pour la transformation de lots de copropriété
en logement social et pour la production d?une offre de logements à faible impact carbone.
4.2.2.2 Le rééquilibrage et le rattrapage de l?action foncière doivent être engagés avec
des modalités de suivi adaptées
Pour le traitement des copropriétés et la production de logements à Marseille, l?action de l?EPF
PACA doit être renforcée, rééquilibrée à l?échelle régionale et faire l?objet d?un rapportage régulier.
Comme mentionné précédemment, l?EPF PACA bénéficie d?un montant total de TSE de 50 M¤ par
an.
En premier lieu, la mission suggère de permettre à la ville de Marseille de bénéficier de la TSE
prélevée à l?échelle régionale au prorata du poids démographique de Marseille sur la région PACA.
Actuellement, le montant des 11 conventions signées ces dernières années et actives sur Marseille
s?élève à 359 millions d?euros. Selon l?EPF PACA, à fin 2023, le montant conventionnel sur
Marseille représente environ 15,3 % du montant conventionnel total sur l?ensemble de la Région,
(soit une activité régionale estimée par la mission à 2 346 millions d?euros) alors que le poids
démographique de Marseille au sein de la région s?établit à 17%36. En appliquant ce ratio à l?activité
régionale, la mission évalue à 392 millions d?euros la somme qui devrait être consacrée à Marseille
au lieu des 359 millions actuellement contractualisés. Aussi, le différentiel (estimation de 33 millions
d?euros) pourrait être fléché sur les projets marseillais, notamment pour financer les actions
urgentes de portage de lots et les acquisitions en faveur de la production de logements.
Par ailleurs, la mission constate une date d?échéance relativement proche pour 7 conventions
actives, à fin 2024 pour 4 d?entre elles et à fin 2025 pour 3 autres. De surcroit, un nombre important
d?acquisitions est encore attendu pour certaines d?entre elles. Il importe donc de préparer dès
aujourd?hui l?intervention foncière à l?issue de ces conventions en phase terminale.
En deuxième lieu, un exercice de rattrapage et de rééquilibrage de la consommation de la TSE de
la dernière décennie (a minima) pourrait être initié sur Marseille. En effet, une très grande part de
l?activité actuelle de l?EPF PACA sur Marseille n?a été contractualisée que ces dernières années.
La plupart des acteurs font état d?une faible activité foncière les années précédentes faute de
politique d?aménagement et de projet des collectivités.
Aussi, la mission recommande la réalisation d?une étude sur le volume de TSE prélevé à l?échelle
régionale sur la dernière décennie (voire davantage), les enveloppes consacrées à l?échelle de la
région, et le volume de l?enveloppe dont Marseille a réellement bénéficié sur la même période au
regard de son poids démographique dans la région et de l?importance des enjeux. Dans le cas où
le montant perçu par Marseille était inférieur au montant prélevé ou au montant perçu à l?échelle
de la région au prorata de son poids démographique, la mission suggère de permettre à la ville de
bénéficier de la TSE non « consommée » de manière rétroactive pour rattraper et rééquilibrer
l?action foncière sur le territoire. Cet inversement de tendance induirait une diminution d?activité sur
le reste du territoire régional.
36 Au 1er janvier 2021, 873 076 habitants à Marseille sur 5 127 840 habitants dans la région PACA
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La constitution d?un fonds spécifique Aix-Marseille-Provence, bien identifié en termes de flux et de
gouvernance, permettrait de suivre avec une attention particulière la priorité d?intervention donnée
à ce territoire, au vu de ses enjeux spécifiques, d?intérêt national. Une comitologie adéquate,
consultative, pourrait être mise en place pour élargir la représentation des élus locaux au suivi de
ce fonds.
4.2.2.3 Une meilleure représentation de l?Etat au sein du CA de l?EPF PACA
favoriserait la prise de décisions relevant de l?intérêt national
Enfin, une adaptation de la gouvernance de l?EPF PACA devrait être proposée pour mieux
correspondre aux enjeux d?intervention à l?échelle régionale et donner plus de poids à l?Etat dans
les décisions qui relèvent de l?intérêt national. En effet, au sein de l?EPF PACA, la solidarité
régionale peine à émerger pour favoriser une intervention renforcée à Marseille par le vote d?une
TSE dédiée au traitement des copropriétés.
Actuellement, le conseil d?administration de l?EPF PACA est composé de 34 membres dotés
chacun d'un suppléant : 30 représentants des collectivités locales (6 pour la région, 12 pour le
département, 12 pour les EPCI (dont 4 pour la Métropole AMP)), et 4 pour l?Etat. Aucun élu
marseillais ne siège donc au CA de l?EPF PACA et l?Etat ne dispose pas des pouvoirs suffisants
pour peser sur les décisions (les représentants de l?Etat ne prennent pas part au vote sur la TSE).
La composition du CA est définie par le décret de création de l'EPF et dépend donc du niveau
réglementaire. Elle peut être modifiée sans l'accord des collectivités, même si celles-ci doivent être
consultées. Outre la composition, le nombre de voix détenu par chaque administrateur peut être
modifié par le décret de création de l'EPF.
Une évolution réglementaire par modification du décret de création de l'EPF PACA, après
consultation des collectivités, pourrait prévoir une révision de la composition du CA pour assurer
une meilleure représentation de l?Etat (permettre au préfet de la Région PACA de siéger par
exemple) et un rôle décisif dans les décisions relevant de l?intérêt national notamment. Cette
disposition ne doit être envisagée qu?en dernier recours.
4.2.3 L?émergence d?un nouvel opérateur foncier peut aussi être envisagée
4.2.3.1 La création d?une filiale de l?EPF PACA, en lien avec la ville de Marseille, voire
la Métropole pour intervenir sur le foncier est un premier scénario
Dans le cas où les modalités de renforcement de l?EPF PACA et de solidarité régionale ne
pourraient être mises en oeuvre, il est recommandé d?étudier la faisabilité de la création d?une filiale
de l?EPF PACA avec a minima la ville de Marseille et la Métropole.
L?article L 321-3 du code de l?urbanisme stipule que les établissements publics fonciers de l'Etat
sont habilités à créer des filiales et à acquérir des participations dans des sociétés, groupements
ou organismes dont l'objet concourt à la réalisation de leurs missions.
Cette filiale pourrait être alimentée par les ressources suivantes :
La TSE actuelle prélevée par l?EPF PACA (au moins sur le périmètre de Marseille et sa
métropole) et versée à la filiale par voie de convention,
Une nouvelle TSE (Logement durable) créée par la loi, dont la part fiscale ne concernerait
que le périmètre géographique de Marseille et la Métropole. Le montant de TSE
complémentaire pourrait être aligné sur celui proposé dans le cadre du renforcement de
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l?action de l?EPF PACA, soit un complément de 3,5¤ par habitant,
L?équivalent du montant de TSE prélevé les dernières années et de l?enveloppe foncière
dont Marseille n?a pas bénéficié (cf. supra),
Eventuellement, une participation financière de la part des collectivités (la ville de Marseille
et la Métropole a minima),
Des emprunts.
La filiale pourrait reprendre la gestion des conventions actives portant sur Marseille et sa Métropole
dans le cadre d?un transfert par l?EPF PACA des ressources prévues pour leur mise en oeuvre
(gestion du stock du foncier acquis et nouvelles acquisitions à effectuer).
Aujourd?hui, la loi ne prévoit pas pour les filiales d?EPF d?Etat la possibilité d?agir par voie
d'expropriation et exercer les droits de préemption (cf. article L 321 4 du CU). Cette
recommandation suppose donc une évolution législative pour permettre à la filiale d?acquérir le
foncier. Quant à la conduite des ORCOD IN, si la SPLAIN AMP n?est pas retenue pour l?assurer, il
conviendra de permettre à la filiale de l?assurer au moins en délégation de maitrise d?ouvrage par
l?EPF PACA.
Enfin, concernant les moyens de fonctionnement, des modalités de partage de moyens avec l?EPF
PACA pourraient être organisées pour optimiser le coût et réduire le délai de mise en oeuvre d?un
nouvel établissement. Il conviendra de prévoir ces dispositions pour le fonctionnement de la filiale.
Ce scénario présente l?avantage de permettre à la métropole AMP et à la Ville de bénéficier d?une
TSE complémentaire sur son territoire. En revanche, il présente l?inconvénient de ne pas disposer
d?une TSE plus importante permise par la solidarité régionale d?une part et de devoir faire contribuer
les collectivités, au moins au démarrage, d?autre part.
4.2.3.2 La création d?un nouvel EPF d?Etat à l?échelle de Marseille et la Métropole
Un deuxième scénario d?un nouvel opérateur consisterait pour Marseille et sa Métropole à
s?affranchir complètement de la solidarité régionale et à créer un nouvel EPF d?Etat à l?échelle de
Marseille et de sa métropole, qui deviendraient alors autonomes dans les décisions sur
l?intervention foncière relevant de leur territoire de compétence. Le conseil d?administration serait
alors composé de représentants des collectivités locales et de l?Etat. Cette recommandation
suppose de retirer Marseille et la Métropole du périmètre de compétence de l?EPF PACA.
Ce scénario, plus long à mettre en oeuvre qu?une filiale demande d?adapter le modèle économique
d?un EPF d?Etat au démarrage de la structure pour pouvoir enclencher les acquisitions jusqu?à ce
que l?établissement atteigne un rythme de croisière :
une augmentation significative de la TSE, à titre exceptionnel, au moins les premières
années, pour disposer d?une ressource suffisante,
une capitalisation importante au démarrage de la structure dans la mesure où les
ressources de l?EPF d?Etat ne reposeraient que sur la TSE, l?absence de foncier acquis ne
lui permettant pas de bénéficier des ressources issues des cessions.
L?avantage de ce scénario est de rendre la Métropole de Marseille autonome vis-à-vis des
collectivités régionales. En revanche, l?inconvénient est le temps de mise en oeuvre, et le fait de
renoncer à la mobilisation des capacités de portage de l?EPF PACA, qui se sont accrues avec le
temps (comme tous les EPF, leur volume d?activité croit dans la durée, de façon arithmétique).
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Renforcer l?action foncière de l?EPF PACA à Marseille en instaurant
une stratégie foncière par l?identification des secteurs à enjeux pour la production de
logements et la mise en place d?un observatoire afin de constituer des réserves.
Accroitre l?intervention financière sur Marseille en créant une TSE complémentaire
« Logement durable » assortie d?une minoration foncière destinée aux opérations
d?intérêt national notamment, rééquilibrer et rattraper l?action foncière de l?EPF PACA
sur Marseille au prorata de son poids démographique dans la région.
4.2.3.3 D?autres scénarios alternatifs sont envisageables, comme le versement de la
TSE directement à la SPLAIN AMP en charge du traitement des copropriétés
et éventuellement à la SPLAIN qui serait créée pour la production de
logements
Un autre scénario a été analysé, plus prospectif, qui consisterait à permettre par la loi que la TSE
soit directement versée aux SPLAIN en charge des opérations d?intérêt national :
à la SPLAIN AMP pour le traitement des copropriétés,
à la nouvelle SPLAIN qui pourrait être créée pour accélérer la production de logements (cf.
3.2.4).
Sur le modèle des EPFA37 , la TSE serait destinée au financement des missions des SPLAIN,
notamment pour les opérations intégrant des logements sociaux.
Ce scénario présente l?avantage de s?affranchir de la gouvernance de l?EPF PACA d?une part et
d?accélérer toute la chaine d?intervention en permettant à un seul acteur de bénéficier de la TSE et
de réaliser les aménagements. Par ailleurs, la gouvernance, les risques et les bénéfices d?une
SPLAIN sont partagés entre l?État et les collectivités locales (contrairement à un EPA). Sa mise en
oeuvre est cependant conditionnée à une évolution législative et à des effets de bord qu?il convient
d?apprécier au niveau national. Il conviendra notamment de voir si l'affectation d'une ressource
fiscale à un aménageur (de type SPLAIN) est possible sans risquer de contrevenir au droit national
et européen de la concurrence et des marchés publics. Comme le scénario précédent, il écarte
Marseille du bénéfice des capacités d?acquisition foncière accumulées par l?EPF PACA.
Dans le même esprit, la mission a envisagé la création d?un EPFA (établissement public foncier et
d?aménagement) métropolitain, qui présenterait l?avantage de bénéficier directement de la TSE
prélevée sur son territoire de compétence et de réaliser les aménagements. Toutefois, cette
recommandation implique un report de risques financiers sur l?Etat, alors que la perspective du
rapport est de s?inscrire dans une autonomie d?action des collectivités.
37 Etablissement Public Foncier et d?Aménagement de Guyane et Mayotte. La perception de la TSE par les EPFA
est régie par l?article 1609 B du code général des impôts (CGI)
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En cas d?absence de solidarité régionale par l?EPF PACA, envisager
la refonte de la gouvernance de l?EPF PACA pour une meilleure représentation de
l?Etat au sein du conseil d?administration, notamment pour les décisions relevant de
l?intérêt national. Sinon, étudier l?opportunité de créer un nouvel opérateur foncier
(filiale de l?EPFA PACA notamment) ou de permettre aux SPLAIN en charge des
opérations d?Intérêt national de bénéficier directement de la TSE pour accélérer leur
intervention et la production de logement.
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Conclusion
La constellation marseillaise de la politique du logement
au défi d?un pilotage plus fédérateur
La situation du logement à Marseille, au point de carence actuellement constaté, est d?abord le fruit
d?une histoire qui mêle tout à la fois des causes structurelles, de pauvreté notamment, et un défaut
de vision stratégique et de mobilisation des acteurs locaux. Mais à l?instar de certaines autres
politiques locales structurantes (les mobilités, l?habitat), l?exercice de la compétence logement
souffre surtout de deux difficultés spécifiques.
Un cadre institutionnel, d?abord, qui partage cet exercice entre deux institutions majeures (la Ville
et la Métropole) souvent concurrentes, avec une organisation de la coopération intercommunale
« marseillaise » contestée dès l?origine, amendée par de multiples compromis baroques,
désincarnée et lourde. Dans ce cadre, Marseille fait peur, à la fois de par ses lourds handicaps
structurels mais tout autant par son poids démographique (50% de la population de la métropole) et
la solidarité entre les territoires, au fondement même de l?intercommunalité, est régulièrement mise
en échec lorsqu?il s?agit de « parler logement ».
Un domaine du logement qui génère par ailleurs, dans ce cadre de concurrence des institutions,
une profusion organique entretenant un système complexe, peu agile et parfois antagoniste. Celui-
ci a du mal à poser une vision stratégique, à ordonnancer des priorités d?actions, à affirmer les
coopérations, à générer les arbitrages opérationnels et à garantir une continuité d?action tant
l?exercice de cette compétence demeure en droit et en fait partagé entre les deux institutions
territoriales (Ville et Métropole) ; sous le regard d?un Etat déconcentré lui aussi fortement impliqué
et quelquefois appelé à se substituer.
Dans ce contexte et s?appuyant néanmoins sur le constat d?une montée en compétence des
acteurs et de résultats tangibles depuis 2 ans, la mission pose comme préalable plus une logique
d?accompagnement des collectivités locales dans l?exercice de leurs compétences que de leur
substitution par l?Etat.
Cela suppose d?abord de conforter les capacités et les moyens des opérateurs locaux et
notamment ceux dont l?intervention dans le domaine du logement s?avère efficace (EPAEM, SPLA
IN AMP en priorité), tout autant que les structures existantes nombreuses mais confrontées à une
insuffisance de moyens (financiers et de ressources humaines). La création de structures nouvelles
(dans le domaine du foncier et de l?aménagement notamment) doit rester exceptionnelle et n?être
envisagée que dès lors que l?assurance d?une valeur ajoutée est démontrée.
L?Etat peut par ailleurs, à travers de nouveaux leviers, soutenir la mise en oeuvre des projets et
préparer le futur, sans déstabiliser un écosystème professionnel sous tension ni se substituer aux
institutions responsables, mais au contraire en favorisant une autonomie d?exercice de la
compétence logement par les collectivités territoriales. Mais c?est surtout par l?affectation de
ressources (expertise, financements) que ce dernier est attendu.
Ce cadre complexe doit mettre la « constellation marseillaise » devant la nécessité d?examiner
l?opportunité d?installer un pilotage fédérateur de sa politique. Car, quelle que soit la pertinence des
mesures spécifiques proposées précédemment dans ce rapport, le préalable d?une gouvernance
mieux partagée doit être posé.
Ainsi, la mission estime que la gouvernance globale des problématiques de logement à l?échelle
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de Marseille demeure un enjeu primordial de l?efficience de sa politique du logement. Elle devrait
être plus structurée, avec un cadre de pilotage stratégique à haut niveau associant la Métropole,
la Ville et l?Etat sur les enjeux d?aménagement et de logement. Elle devrait aussi intégrer l?exigence,
à l?instar d?autres politiques locales (la mobilité notamment), d?appréhender les difficultés de la
commune de Marseille dans le cadre plus large et plus adapté de son bassin de vie : c?est le sens
même de sa dimension métropolitaine.
Le foisonnement historique des organismes intervenants doit conduire à une rationalisation du
pilotage de la politique logement. Cette rationalisation aurait pour objectif, ni d?éliminer des
organismes existants, ni d?empêcher les créations nécessaires, mais de ménager les espaces de
dialogue et de travail collectif en créant les conditions du consensus, notamment par l?existence
d?une instance de régulation et d?arbitrage.
Les qualités attendues de cette instance de gouvernance à créer sont connues :
Une instance souple et aux contraintes de fonctionnement minimales et économiques ;
Une organisation traduite par un portage politique resserré à un haut niveau des autorités
locales ;
Une instance favorisant une participation effective de tous les acteurs concernés managée
dans la transparence et ouverte aux débats ;
Une gouvernance à haut niveau, légère, souple et réactive devrait, à législation constante, réserver
une position de leadership à la Métropole, acteur central de cette politique relevant de sa
compétence. Elle associerait bien entendu l?Etat dont l?implication demeure à la fois souhaitée par
les acteurs locaux et indispensable à ce stade et réserverait à la Ville une place que justifie sa
singularité et son importance dans l?ensemble métropolitain. Enfin, cette gouvernance devrait
pouvoir associer les autres acteurs concernés (opérateurs publics et privés) et les représentants
des communautés professionnelles et des usagers.
A l?instar du dispositif adopté dans le domaine des mobilités en 2023, elle pourrait prendre la forme
d?un GIP (groupement d?intérêt public), structure légère et peu coûteuse dans son fonctionnement
ou plus simple encore, d?un consortium qui n?est pas doté de la personnalité morale. Une instance
de ce type pourrait donner un cadre de dialogue continu et neutre, dont l?Etat devrait être garant.
Sa dimension fédérative accentuerait la visibilité et donc l?engagement des acteurs locaux et
éviterait l?instabilité et la mauvaise identification médiatique de formules plus souples de type
comités de pilotage.
A titre d?observations complémentaires, en dehors du périmètre de sa lettre de commande, la
mission suggère :
De prendre en compte les enjeux spécifiques de Marseille dans les réflexions sur un
éventuel programme ANRU 3, notamment quant au financement de la réhabilitation des
grandes copropriétés, de financement des déficits de portage et de recyclage (en ORCOD
IN notamment), à la doctrine et aux objectifs de démolition, à la doctrine de reconstitution
de l?offre et à la charge de rapportage sur l?avancement des projets,
D?étudier les possibilités de mobiliser des financements européens pour mettre en oeuvre
des projets d?aménagement cohérents avec les enjeux de cohésion sociale, de lutte contre
le réchauffement climatique et d?adaptation, et économiques, les difficultés d?accès à un
logement constituant un frein majeur à l?emploi (cf. Rapport Letta « Much More Than a
Market »). Il est recommandé de prendre en compte ces thématiques dans le cadre de la
préparation du prochain CFP (cadre financier pluriannuel de l?union européenne)38 et porter
cette politique avec d?autres villes européennes confrontées à des enjeux similaires,
Enfin, dans une mise en perspective plus globale mais aussi plus éloignée, l?intérêt d?une réflexion
38 Budget européen adopté parle Parlement européen et le conseil de l?UE renouvelé tous les 7 ans
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profonde sur le régime juridique de l?exercice de la compétence tripartite « Habitat, urbanisme,
logement » dans un territoire aussi complexe et spécifique que le territoire du « grand Marseille »
est souligné par la mission. Le rapport remis récemment au Président de la République
(Décentralisation : le temps de la confiance ? Eric WOERTH) y invite d?ailleurs s?agissant de la
Métropole marseillaise, en favorisant un régime dérogatoire qui ne peut pas mieux traduire le
principe de différenciation, et en veillant à ne pas bousculer sans bénéfices évidents des équilibres
fragiles.
Bruno Acar
Thierry Coquil
Inspecteur général
de l?administration
Inspecteur général de l?environnement et
du développement durable
Sorya Daou
Patrick Reix
Inspectrice générale
de l?environnement et du développement
durable
Inspecteur général
de l?administration
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 1.1. Lettre de mission au Préfet de la région PACA
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Annexe 1.2. Lettre de mission à l?IGA/ IGEDD
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Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou ayant
apporté une contribution écrite
Nom Prénom Organisme
Mirmand
Rolland
Averous
Le Vély
Teissier
Christophe
Baptiste
Virginie
Cyrille
Olivier
Préfecture de région Provence Alpes Côte d?Azur,
préfecture des Bouches-du-Rhône
Van de Maele
Aouat
Lombard
Lloret
Philippe
Mehdi
Chloé
Yannick
Cabinet ministériels
Butlen
Corbel
Solina
Mercier
Brémaud
Schutz
Chantoiseau
Pacou
Thierry
Bergeot
Jean-Baptiste
Eric
Denis
Anne
Hugues Marie
Nicolas
Benoit
Damien
Hugo
Julie
Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des
paysages (DHUP / DGALN)
Mialot
Seys
Anne-Claire
David
Agence nationale de renouvellement urbain
(ANRU)
Brouard-Masson
Wagner
Jessica
Sébastien
Agence nationale d?amélioration de l?habitat
(ANAH)
Forest
Franc
Sébastien
Pierre
DREAL PACA
Vauterin
Bergé
Junger
Langumier
Patrice
Dominique
Solène
Julien
Direction départementale des territoires et de la
mer
Perney
Campagnola Savon
Simeoni
Ludovic
Isabelle
Raphaelle
Conseil régional Provence Alpes Côte d?Azur
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Nom Prénom Organisme
Pollet
Dessivaux
Géraldine
Frédéric
Campariol
Basille
Mignard
Roger
Stéphane
Jean-Philippe
Conseil départemental des Bouches-du-Rhône
Ytier
Caradec
Rauscher
Taverni
Luchini
David
Laure-Agnès
Domnin
Eric
Elodie
Métropole Aix Marseille Provence
Campariol
Basille
Mignard
Roger
Stéphane
Jean-Philippe
Conseil départemental des Bouches-du-Rhône
Ghali
Mery
Amico
Deniaud
Lami
Tondut
Montillet
Gesling
Kester
Le Mouellic
Houdmon
Samia
Eric
Patrick
Laurianne
François
Yannick
Chystelle
Franck
Irène
Colin
Florent
Ville de Marseille
Cousi
Hermitte
Aurélie
Guillaume
Etablissement public d?aménagement
Euroméditerranée (EPAEM)
Bertolino Claude Etablissement public foncier PACA (EPF PACA)
Caro
Robert
Marand
Franck
Valérie
Cédric
Société publique localement d?aménagement
d?intérêt national Aix Marseille Provence (SPLAIN
AMP)
Costantino Rémi Grand port maritime de Marseille (GPMM)
Bossard Frédéric Agence d?urbanisme de l?agglomération
marseillaise (AGAM)
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Nom Prénom Organisme
Boneu Joëlle Etablissement public foncier Ile de France (EPFIF)
Ervoes
Olive
Jean-Louis
Philippe
13 Habitat
Papalardo
Moulard
Patrick
Valérie
Habitat Marseille Provence
Pinatel
Leonardi
Eric
Florent
UNICIL
Association régionale HLM PACA Corse
Lavergne Frédéric ERILIA
Rastit Nicolas UNIS Marseille
Dujardin Sandrine SOLIHA Marseille
Lafon
Hillmeyer
Auguste
Juliette
UNPI 13
Barnasson
Olivier
Cécile
Pierre
Copro +
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Annexe 3. Etat d?avancement des NPNRU
Annexe 3.1. Concours financier et engagement des NPNRU ?
convention cadre métropolitaine fléchée sur Marseille et
conventions quartiers (hors protocole) au 17 juin 2024
Tableau 2 : Concours financiers ANRU et engagements pour les NPNRU de Marseille
(convention cadre métropolitaine fléchée sur Marseille et conventions quartiers ? hors
protocole), au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données fournies par l?ANRU et la DDTM 13
Annexe 3.2. Concours financier et engagement pour les NPNRU de
Marseille ? conventions quartiers signées au 17 juin 2024
Tableau 3 : Concours financiers et engagements pour les NPNRU de Marseille ?
Conventions quartiers signées, au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données fournies par l?ANRU et la DDTM 13
Montant des
concours financiers
(CF) validés en
CNE
CF = (A+B)
Dont montant des
CF contractualisés
(conventions cadre
ou quartiers)
(A)
Dont montant
des CF à
contractualiser
avant fin 2024
(conventions
cadre ou
quartiers)
(B)
Montant engagé
(ME)
Part de CF
engagée sur les
montants
contractalisés
ME/ A
Part de montant
engagé sur le
montant des
concours
financiers
ME/ CF
Convention cadre métropolitaine (montants
fléchés sur les NPNRU de Marseille)
101 353 875 78 371 900 22 981 975 30 651 100 39% 30%
Conventions quartiers signées 467 406 351 453 711 914 13 694 437 256 281 556 56% 55%
Conventions quartiers non signées 73 353 368 0 73 353 368 0
TOTAL Marseille 642 113 594 532 083 814 110 029 780 286 932 656 54% 45%
France entière NR 12 924 747 375 NR 6 966 719 849 54% NR
Rappel montant des
concours financiers
(CF) validés en
CNE (convention
quartier + part
convention cadre
métropolitaine)
CF = (A+B+C)
Dont montant des
CF contractualisés
dans la convention
quartier (hors
convention
métropolitaine)
(A)
Dont montant
des CF
contractualisés
dans la
convention
métropolitaine
(B)
Dont montant
des CF à
contractualiser
(avenants aux
concentions
quartier avant
fin 2024)
(C)
Montant engagé
(ME)
Part de montant
engagé sur les
montants
contractalisés
des conventions
quartiers
ME/ A
C 0968 - Air Bel (avenant prévu avant fin 2024,
après CE du 17 juillet) 59 240 000 51 543 497 7 696 503 17 089 031 33%
C 1032 - Castellane Bricarde 110 100 570 91 232 470 18 868 100 39 814 799 44%
C - 1033 - Grand Saint Barthélémy Grand
Malpassé Corot (avenant prévu avant fin
2024) 96 740 000 68 075 173 14 970 390 13 694 437 34 866 657 51%
C 1036 - Savine 35 200 000 22 937 812 12 262 188 11 903 260 52%
C 1037 - Kalliste Graniière Solidarité 47 000 000 39 898 487 7 101 513 22 178 623 56%
C 1038 - Grand Centre Ville 200 800 000 180 024 475 20 775 525 130 429 187 72%
Sous total 549 080 570 453 711 914 81 674 219 13 694 437 256 281 556 56%
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Annexe 3.3. Concours financier et engagements pour les NPNRU de
Marseille ? conventions quartier non signées au 17 juin
2024
Tableau 4 : Concours financiers et engagements pour les NPNRU de Marseille ?
conventions quartier non signées, au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données fournies par l?ANRU et la DDTM 13
Rappel du montant
des concours
financiers (CF)
validés en CNE
(convention
quartier + part
convention
métropolitaine)
CF = (A+B+C)
Dont montant des
CF contractualisés
dans la convention
quartier (hors
convention cadre
métropolitaine)
(A)
Dont montant
des CF à
contractualiser
dans la
convention
cadre
métropolitaine
(B)
Dont montant
des CF à
contractualiser
(conventions
quartiers à
signer avant fin
2024)
(C)
Montant engagé
(ME)
Part de montant
engagé sur les
montants
contractalisés
ME/ A
C 0967 - Frais Vallon 33 240 000 - 8 194 553 25 045 447 0
C 1035 - La Cabucelle/ Les crottes 19 300 000 - 2 857 779 16 442 221 0
C 1079 - Campagne l'évèque 41 113 700 - 9 248 000 31 865 700 0
Sous total 93 653 700 - 20 300 332 73 353 368 0
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Annexe 4. Etat d?avancement des NPNRU en termes
d?aménagement, d?équipements publics de
proximité et de reconstitution de l?offre
Annexe 4.1. Montant et taux d?engagement sur les montants
contractualisés pour l?aménagement d?ensemble au 17
juin 2024, état de l?attribution des concessions
d?aménagement
Tableau 5 : Etat de l?attribution des concessions d?aménagement dans les NPNRU de
Marseille, montant et taux d?engagement sur les montants contractualisés des
aménagements d?ensemble au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données de la Métropole, de la DDTM 13 et de l?ANRU
Air Bel (C 0968) 7 366 305 0% Concession d'aménagement contractualisée avec la SOLEAM
Castellane
Bricarde (C
1032)
9 116 056 0%
Appel d'offre, en phase de négociation, attribution prévue pour septembre
2024
Malpassé: concession SOLEAM en cours qui se poursuit dans le cadre du
NPNRU, avenant au 4ème trimestre 2024 pour intégrer le secteur de Bellevue
13H.
Corot : concession d'aménagement contractualisée avec CDC habitat adossé
à Marseille Habitat, y compris le portage de lots ciblés
Cité SNCF : orientation en régie directe AMP (Aix Marseille Métropole) pour
la réalisation des espaces publics.
Savine (C 1036) 5 081 064 0%
Concession d'aménagement contractualisée et avenantée pour le NPNRU
avec la SOLEAM, un nouvel avenant en octobre intégrant la renaturalisation du
site est prévu.
Kalliste
Graniière
Solidarité (C
1037)
6 480 849 20%
Appel d'offre, en cours d'attribution, commission d'appel d'offre effectuée le
18/05/24. Le concessionnaire assurera également le portage de lots (prévu au
traité de concession)
Grand Centre
Ville (C 1038)
17 674 989 38% Concession d'aménagement contractualisée avec la SPLAIN AMP
Cabucelle/ Les
Crottes (C 1035)
0
Désignation directe SPLAIN AMP, en cours de mise au point, Délibération en
décembre 2024 pour le traité de concession portant sur le traitement EHI
(éradiction de l'habitat indigne).
Campagne
Leveque (C
1079)
0
Désignation directe de la SOLEAM, Délibération envisagée en décembre 2024
pour le traité de concession.
Frais Vallon (C
0967)
0
Ce qui est porté à l'ANRU en première phase d'engagement à mi-2026 ne
demande pas de concessionnaire d'aménagement. Les espaces publics
seront réalisés en régie directe par AMP (requalification de l'avenue de Frais
Vallon), les autres opérations sont sous maitrise d'ouvrage du bailleur et de la
Ville de Marseille. La concession d'aménagement sera porté dans le cadre
de la deuxième phase du projet.
59 616 422 24%
1 959 071 657 49%
TOTAL Marseille
France entière
Conventions
non signées
13 897 160
Attribution des concessions d'aménagement (et portage de lots en
copropriété)
47%
Montant
d'aides ANRU
contractualisé
(aménagement
d'ensemble en
¤)
Taux
d'engagement
sur
l'aménagement
d'ensemble
Conventions
signées
Grand Saint
Barthélémy
Grand Malpassé
Corot (C 1033)
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Annexe 4.2. Montant et taux d?engagement pour les équipements
publics de proximité au 17 juin 2024
Tableau 6 : Montant et taux d?engagement sur les montants contractualisés pour les
équipements publics de proximité au 17 juin 2024
Air Bel (C 0968) 6 484 500 157 471 2%
Castellane Bricarde (C 1032) 16 553 852 7 595 788 46%
Grand Saint Barthélémy
Grand Malpassé Corot (C
1033)
8 948 915 8 851 077 99%
Savine (C 1036) 4 266 988 0 0%
Kalliste Graniière Solidarité (C
1037)
11 962 435 0 0%
Grand Centre Ville (C 1038) 30 772 357 6 787 000 22%
Cabucelle/ Les Crottes (C
1035)
0 0
Campagne Leveque (C 1079) 0 0
Frais Vallon (C 0967) 0 0
78 989 048 23 391 335 30%
1 633 601 881 575 604 408 35%
Conventions
non signées
Taux
d'engagement
TOTAL Marseille
France entière
Montant d'aides
ANRU
contractualisé
(équipements
publics de proximité
en ¤)
Montant
d'engagement
(en ¤)
Conventions
signées
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Annexe 4.3. Etat d?avancement de la reconstitution de l?offre de
logements sociaux (convention cadre métropolitaine ?
volet Marseille)
Tableau 7 : Etat d'avancement de la reconstitution de l'offre de logements sociaux
(logements sociaux démolis ou logements privés recyclés), convention cadre
métropolitaine ? volet Marseille, au 17 juin 2024
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données transmises par la DDTM 13 et l?ANRU
NPNRU Marseille
(convention cadre
métropolitaine)
NPNRU France
entière
Objectifs de reconstitution de l'offre de logements sociaux démolis
ou de logements privés recyclés (en nombre de logements)
3 664 NR
Nombre de logements contractualisés 2 216 78 309
Nombre de logements engagés 1 115 36 757
Nombre de logements soldés (livrés) 111 NR
Part de logements contractualisés sur les objectifs 60% NR
Part de logements engagés sur les objectifs 30% NR
Part de logements engagés sur le nombre de logements
contractualisés
50% 47%
Part de logements soldés sur les objectifs 3% NR
Montant des concours financiers contractualisés (subventions et
prêts, en ¤)
57 281 900 1 634 113 672
Montant des concours financiers engagés en ¤ 29 811 100 783 821 636
Taux d'engagement sur le montant contractualisé 52% 48%
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Annexe 5. Copropriétés du PIN (volet Marseille)
Tableau 8 : Copropriétés marseillaises inscrites dans le PIN (Programme d?Intérêt
National)
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données communiquées par la DDTM 13, la Métropole
Localisation
OIN
Euroméditerranée
NPNRU/ QPV
Nombre de lots
(logements)
Grand Mail 14ème arrt Non NPNRU/ PRIN GSBGM 406
Mail G 14ème artt Non NPNRU/ PRIN GSBGM 86
Gardian 14ème arrt Non NPNRU/ PRIN GSBGM 89
Les Rosiers/
superbelvédère
14ème arrt Non
QPV Bon secours-Les
Rosiers
903
La Maurelette 15ème arrt Non
QPV IR Tilleuls-
Maurelette sans projet
746
Consolat 15ème arrt Non
QPV IR Consolat-
Ruisseau-Mirabeau
sans projet
396
Sous total 2626
Bellevue 3ème arrt Non
NPNRU/ PRIN Grand
Centre Ville
440
Bel Horizon 1 et 2 3ème arrt Oui QPV Centre Ville 134
Gyptis 3ème arrt Non 268
Corot 13ème arrt Non NPNRU/ PRIN GSBGM 376
Maison Blanche 14ème arrt Non, en bordure QPV Centre Ville 220
Kalliste 15ème arrt Non
NPNRU/ PRIN La
Granière / Solidarité
507
Sous total 1945
TOTAL 4571
Etude de
préfiguration
ORCOD IN
Hors ORCOD
IN
Programme
d'Intérêt
National
(PIN)
Marseille
uniquement
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Annexe 6. Activité de l?EPF PACA sur la région et à
Marseille à fin 2023
Tableau 9 : Activité de l?EPF PACA sur la région et à Marseille à fin 2023
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données de l?EPF PACA
Conventions actives sur
Marseille
Échéances des
conventions
Conventions
actives (en
M d'¤)
Acquisitions
(en M d'¤)
Part
Acquisitions
/
conventions
Cessions (en
M d'¤)
Stock des
acquisitions
(aquisitions -
cessions) en
M d'¤
Reste à
acquérir
en M d'¤
% reste à
acquérir /
montant
conventions
Euromed Fin 2028 110 82 75% 33 49 28 25%
Conventions économiques Fin à 2024 / 2028 93 39 42% 14 25 54 58%
Convention centre ville
habitat dégradé et copro Fin 2024
59 34 58% 7 27
25 42%
Convention Projet Dock
libres Château Gombert Fin 2024/ 2025
55 20 36% 8 12
35 64%
Convention Multi site
Habitat (estimation quote
part potentielle sur
Marseille)
Fin 2029 (7 M / an
sur Marseille)
42 0 0% 0 0
42 100%
359 175 49% 62 113 184 51%
15,3%
2 346
17%
392
33
A estimer
Ecart entre les montants des conventions actives
sur Marseille et l'activité corresondant 17% de
l'activité régionale à fin 2023. En M d ¤ (C-A)
Ecart entre les montants des conventions actives
sur Marseille et l'activité corresondant 17% de
l'activité régionale les années précédentes
(décennie voire davantage)
TOTAL (A)
Montants activité EPF PACA à Marseille (en M d'¤)
Ratio activité EPF PACA sur Marseille / activité
région aujourd hui (déclaration EPF PACA)
Activité Régionale (estimation) en M d ¤
(A*1/15,3%) = B
Ratio nbre habitants Marseille / nbre habitants
PACA
Activité correspondant à 17% de l'activité
régionale (ratio population Marseille/ PACA).
(estmation). En M d ¤ (C = B*17%)
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Annexe 7. Scénario d?augmentation de la TSE ? EPF PACA
Tableau 10 : Scénario d?augmentation de la TSE ? EPF PACA
Source : Mission IGA/ IGEDD à partir des données de l?EPF PACA et du PLF 2024
Situation
actuelle (2024)
Scénario
complément TSE
3,5¤/ habitant
Ecart
Nombre d'habitants PACA (en nombre d'habitants) 5 127 840 5 127 840
Plafond PLF de la part fiscale par habitant (en ¤ / habitant) 7,46 11 3,5
Plafond PLF part fiscale annuelle totale (en ¤) 38 259 000 56 406 240 18 147 240
Dont part fiscale de la TSE PACA - TSE votée par an (en ¤)
(après déduction des frais fiscaux 0,91%)
35 000 000 51 329 678 16 329 678
Dont part budgétaire (dotation de l?Etat) reversées à l?EPF
par an (30% de la TSE totale) en ¤
15 000 000 22 240 175 7 240 175
S/s total TSE PACA par an (en ¤) 50 000 000 74 133 916 24 133 916
Part fiscale de la TSE PACA votée / habitant par an (en ¤/
habitant)
6,8 10,0 3
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Annexe 8. Estimation des moyens complémentaires
nécessaires pour le renforcement de l?action de
l?EPAEM et de la SPLAIN AMP
Vu le caractère confidentiel de la mission, en appui au Préfet, les estimations ci-dessous ont été
produites sans échange avec les opérateurs concernés. Pour l?essentiel, les prestations
supplémentaires de l?EPAEM et la SPLAIN ont un caractère facultatif, à la demande de la Ville ou
de la Métropole : le dimensionnement impliquerait donc d?apprécier les besoins de soutien
exprimés par ces collectivités à un horizon donné (par exemple 3 ans).
1. EPAEM
Fonctions à développer Effectifs Financements
AMO ou MOA déléguée pour
les aménagements et
équipements publics sur les
sites NPNRU et de grandes
copropriétés dégradées du
programme d?intérêt national
En fonction des demandes
d?assistance des collectivités,
à négocier hors plafond
d?emploi car financé par des
tiers
A assurer par les collectivités
maitres d?ouvrages dans le
cadre de conventions
AMO pour le pilotage général
du NPNRU ou la coordination
et le pilotage de sites NPNRU
En fonction de la demande de
la Métropole, à négocier hors
plafond d?emploi car financé
par des tiers
A assurer par la Métropole
dans le cadre de conventions
Etudes préalables de 4 zones
à enjeux pour le
développement de logement
1 ETP chef de projet par zone
dont 1 coordonnateur du
programme d?études + 2 ETP
juniors en soutien = environ 6
ETP pour 4 zones
Appui de l?AGAM et de l?EPF à
définir (ressources expertes
mobilisables au sein d?une
équipe projet ou uniquement
participation au pilotage des
productions ?).
500 k¤ à 1 M¤ par zone pour
des études préalables au
lancement de démarches
opérationnelles (ZAC, ZAD,
PAE, ?), soit au total de
l?ordre de 3 M¤ pour 4 zones
en première approche. A
partager entre les membres
de l?EPAEM ? Ou uniquement
ceux intéressés par le
développement du logement
(hors Région et Département)
2. SPLAIN AMP
Fonctions à développer Effectifs Financements
Appui au pilotage général du
plan de traitement des
grandes copropriétés les plus
dégradées (en commençant
par le Programme d?intérêt
5 ETP dont un coordonnateur Financement par les
collectivités locales et apport
de l?Etat pour la partie PIN.
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national, et étendant ensuite
aux 25 copropriétés les plus
critiques).
Centre d?expertise pour les
collectivités et les acteurs du
traitement des grandes
copropriétés (écriture de
cahiers des charges,
animation technique et
juridique, ?). Suivi des études
de préfiguration du PIN.
AMO pour la coordination et le
pilotage opérationnel
d?ORCOD ou ORCOD IN
1 coordonnateur par site dont
un directeur de programme
A assurer par la Métropole
dans le cadre de conventions
Opérateur pour le
redressement ou le recyclage
des ORCOD et des ORCOD
IN (ou AMO dans ce dernier
cas, s?il n?est pas possible de
déléguer la mission depuis
l?EPF PACA ou l?Etat)
1 chargé de foncier pour 300
logements/an acquis + AMO
1 chargé de plans de
sauvegarde pour 5 plans
1 administrateur de biens pour
1000 logements
1 chef de projet aménagement
/ équipements pour un ou
deux sites
1 chargé de mission
relogement et
accompagnement social par
1000 logements
1 chargé de lutte contre
l?habitat indigne pour 500
logements
1 chef de département, 1
adjoint et 3 ETP administratifs
en renfort des effectifs de la
SPLAIN
Rapporté au traitement du PIN
(4500 logements) sur une
dizaine d?années, cela ferait
une équipe de trente à
quarante personnes si tous les
projets sont confiés à la
SPLAIN AMP.
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Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ADIL Agence départementale d'information sur le
logement
ADS application du droit des sols
ESH entreprise sociale pour l'habitat
GOU grande opération d?urbanisme
LHI lutte contre l?habitat indigne
NPNRU
Nouveau programme national de rénovation
urbaine
OAP orientation d?aménagement et de
programmation
OIN opération d?intérêt national
OPAH, OPAH RU, OPAH CD opération programmée d'amélioration de
l'habitat, RU = rénovation urbaine, CD =
copropriétés dégradées
ORCOD, ORCOD IN
opération de requalification des copropriétés
dégradées, IN = d?intérêt national
PAE programme d?aménagement d?ensemble
PIC Plan d?initiatives copropriétés (initié en 2018
par le Gouvernement)
PLH programme local de l?habitat
PLUi
plan local d'urbanisme intercommunal
PPA projet partenarial d?aménagement
PPPI parc privé potentiellement indigne
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Acronyme Signification
PRIN
projet de rénovation urbaine d?intérêt
national
QPV quartier prioritaire de la politique de la ville
RNC Registre national des copropriétés
SRU en référence à la loi Solidarité rénouvellement
urbain
SEM société d?économie mixte
TSE taxe spéciale d?équipement
ZAC, ZAD zone d?aménagement concerté, différé
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Sommaire
Synthèse
Liste des recommandations
Introduction
1 La maitrise d?ouvrage des opérations du NPNRU : le renforcement de l?appui de l?EPAEM et de la SPLAIN AMP s?avère opportun et la création d?une filiale de l?EPAEM n?est pas considérée nécessaire par les acteurs locaux
1.1 Les projets du NPNRU à Marseille : après un démarrage tardif et lent, une accélération des opérations est notée depuis quelques mois dont certaines composantes exigent cependant une attention particulière
1.1.1 Un rythme de contractualisation des opérations, d?engagement des crédits ANRU et d?attribution des concessions d?aménagement qui s?est accéléré, surtout depuis janvier 2024, et un pilotage qui s?est structuré
1.1.2 Certaines composantes des opérations du NPNRU exigent une attention particulière
1.2 Le renforcement de l?appui des opérateurs existants (EPAEM et la SPLAIN AMP) pour sécuriser l?avancement du NPNRU serait plus opportun que la création d?une filiale de l?EPAEM risquant de perturber les acteurs et les projets à deux ans de l?échéan...
1.2.1 Le pilotage et la maitrise d?ouvrage de tous les NPNRU par une filiale de l?EPAEM risque d?impacter défavorablement l?avancement des opérations et ferait peser sur l?Etat une charge qu?il ne serait pas en mesure d?assumer
1.2.2 Un renforcement à la demande des collectivités de l?appui des opérateurs existants, dont l?EPAEM, est préférable
1.2.2.1 Une extension de périmètre de compétence de l?EPAEM en assistance à maitrise d?ouvrage ou en maitrise d?ouvrage déléguée sur les équipements publics et les aménagements d?ensemble du NPNRU, en cas de défaillance des concessionnaires notamment,...
1.2.2.2 Une extension de périmètre de compétence de la SPLAIN AMP en assistance à maitrise d?ouvrage et/ou en maitrise d?ouvrage déléguée sur les grands ensembles en difficulté sous le régime de la copropriété inscrites dans le NPNRU est de même souha...
1.2.3 La consolidation du cadre et des outils de pilotage à haut niveau associant Préfet, élus de la Ville et de la Métropole, et la direction générale de l?ANRU est nécessaire pour sécuriser l?avancement des projets NPNRU
2 Le traitement de l?habitat indigne et dégradé : l?articulation entre les acteurs, dont l?EPF PACA et la SPLAIN AMP, doit être mieux organisée
2.1 La situation d?habitat indigne ou dégradé, notamment dans les ensembles immobiliers sous le régime de la copropriété, est d?une gravité et d?une ampleur extrêmes
2.1.1 Pour le traitement de l?habitat dégradé ou insalubre en tissu ancien, des expertises et des modes opératoires qui se sont progressivement structurés ces deux dernières années et qu?il convient de poursuivre
2.1.2 En revanche, pour les grands ensembles immobiliers en copropriété dont une part non négligeable présente des dysfonctionnements majeurs, l?intervention publique demeure tardive, souvent dans l?urgence et peine à « s?industrialiser »
2.2 Une structuration de l?action publique et des opérateurs à poursuivre et renforcer sur les grands ensembles en copropriété pour assurer leur redressement ou leur recyclage
2.2.1 La création d?un département « copropriétés » au sein de la SPLAIN AMP chargé de la conduite des opérations complexes de type ORCOD, voire d?ORCOD IN en lien avec l?EPF PACA
2.2.1.1 Le déploiement de l?expertise et de l?ingénierie acquise dans le traitement de l?habitat privé ancien sur le champ des grandes copropriétés, en assistance à maitrise d?ouvrage des collectivités au sein de la SPLAIN AMP
2.2.1.2 Le recours à la SPLAIN AMP pour la conduite des études, préfigurations et des opérations complexes de type ORCOD, voire d?ORCOD IN
2.2.1.3 Le recours à la SPLAIN AMP pour la requalification des copropriétés (recyclage), en lien avec l?EPF PACA
2.2.2 Pour les ensembles immobiliers maintenus sous le régime de la copropriété de manière pérenne ou transitoire, la mise en place de syndics d?intérêt collectif en lien avec les administrateurs judiciaires pour assurer leur gestion et une offre d?as...
2.2.3 La mobilisation des bailleurs sociaux est essentielle pour la transformation des lots de copropriétés en logements sociaux
2.2.4 L?extension du périmètre de compétence de l?EPAEM pour l?aménagement à envisager
2.2.5 L?accompagnement d?un plan global et partagé de suivi et de traitement des copropriétés et la préfiguration d?un cadre partenarial, piloté par la Métropole en lien avec la ville et l?Etat est opportun
3 La production de logements sociaux et la reconstitution de l?offre : l?extension à court terme du périmètre de l?OIN Euromediterranée reçoit, à ce stade, un accueil réservé des acteurs locaux, mais cette perspective reste utile et ne doit pas être é...
3.1 Une crise de la production de logement qui s?explique d?abord par le manque de projets d?aménagement et d?anticipation foncière
3.1.1 La pénurie de logements sociaux à l?échelle de Marseille est une réalité historique, qui tend à s?accentuer dans le contexte économique actuel
3.1.2 Les programmes locaux de l?habitat ont, depuis longtemps, bien posé les diagnostics et les stratégies mais la production effective de logements n?est pas à la hauteur des objectifs fixés
3.1.3 L?insuffisance de la production de logements est la conséquence de divers facteurs pénalisants, et particulièrement de l?insuffisance de projets d?aménagement
3.1.4 Une production de logements (dont sociaux) portée principalement par la promotion privée et l?OIN Euroméditerranée
3.2 Passer de la logique d?un urbanisme réglementaire à celle d?un urbanisme de projet et préparer les futures opérations d?aménagement possible, dans une perspective de production de logement, en remettant à plus tard le choix de celle qui pourrait f...
3.2.1 L?extension de l?OIN n?est pas souhaitée par la Ville et la Métropole : un sujet sensible qui reste cependant une perspective incitatrice
3.2.2 Deux préalables à un débat sur l?extension de l?OIN : une affirmation de changement de modèle d?urbanisation porté par l?EPAEM et une limitation de l?instruction des actes d?urbanisme par l?Etat
3.2.3 Un scénario d?élargissement des opérations d?aménagement et de périmètre de l?OIN en continuité au nord du périmètre actuel d?Euromed ne se traduirait que par une production modeste de logements, sans favoriser un rééquilibrage au niveau de la v...
3.2.4 En revanche, un scénario d?étude « multi-sites », sur les secteurs les plus stratégiques pour la production de logements, en cohérence avec les transports, pourrait étayer une éventuelle décision d?extension de l?OIN, et surtout avoir un effet d...
3.2.5 A court et moyen terme (2030), la réussite d?Euromed II, l?avancement des ZAC en cours et l?utilisation du foncier public doivent mobiliser l?attention des décideurs
3.2.5.1 Euromed II, un projet stratégique qui doit être accompagné
3.2.5.2 L?accélération des ZAC existantes et le recensement du foncier public sont urgents dans une perspective de développement de projets d?habitat
4 Pour favoriser la production et la reconstitution de l?offre de logements et le traitement des copropriétés, le renforcement de l?intervention foncière est impératif
4.1 D?importants enjeux fonciers qui exigent de questionner l?intervention foncière à Marseille pour les vingt prochaines années
4.1.1 Des besoins importants en foncier pour favoriser la production neuve de logements, confrontés à une absence de réserves et un foncier couteux à acquérir voire à dépolluer
4.1.2 Une intervention de l?EPF PACA qui peine à s?affirmer sur le volet des copropriétés dont le traitement exige un volume important de lots à acquérir
4.2 Un renforcement de l?intervention foncière à Marseille est une nécessité
4.2.1 L?identification et la caractérisation des secteurs à enjeux pour la production de logements est un préalable au développement d?un observatoire du foncier public et privé à Marseille
4.2.2 L?accroissement de l?intervention de l?EPF PACA sur Marseille et la création d?une TSE et d?une minoration foncière « Logement durable » sont recommandés
4.2.2.1 Un complément de TSE « Logement durable » pour contribuer au financement du traitement des copropriétés serait opportun
4.2.2.2 Le rééquilibrage et le rattrapage de l?action foncière doivent être engagés avec des modalités de suivi adaptées
4.2.2.3 Une meilleure représentation de l?Etat au sein du CA de l?EPF PACA favoriserait la prise de décisions relevant de l?intérêt national
4.2.3 L?émergence d?un nouvel opérateur foncier peut aussi être envisagée
4.2.3.1 La création d?une filiale de l?EPF PACA, en lien avec la ville de Marseille, voire la Métropole pour intervenir sur le foncier est un premier scénario
4.2.3.2 La création d?un nouvel EPF d?Etat à l?échelle de Marseille et la Métropole
4.2.3.3 D?autres scénarios alternatifs sont envisageables, comme le versement de la TSE directement à la SPLAIN AMP en charge du traitement des copropriétés et éventuellement à la SPLAIN qui serait créée pour la production de logements
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 1.1. Lettre de mission au Préfet de la région PACA
Annexe 1.2. Lettre de mission à l?IGA/ IGEDD
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou ayant apporté une contribution écrite
Annexe 3. Etat d?avancement des NPNRU
Annexe 3.1. Concours financier et engagement des NPNRU ? convention cadre métropolitaine fléchée sur Marseille et conventions quartiers (hors protocole) au 17 juin 2024
Annexe 3.2. Concours financier et engagement pour les NPNRU de Marseille ? conventions quartiers signées au 17 juin 2024
Annexe 3.3. Concours financier et engagements pour les NPNRU de Marseille ? conventions quartier non signées au 17 juin 2024
Annexe 4. Etat d?avancement des NPNRU en termes d?aménagement, d?équipements publics de proximité et de reconstitution de l?offre
Annexe 4.1. Montant et taux d?engagement sur les montants contractualisés pour l?aménagement d?ensemble au 17 juin 2024, état de l?attribution des concessions d?aménagement
Annexe 4.2. Montant et taux d?engagement pour les équipements publics de proximité au 17 juin 2024
Annexe 4.3. Etat d?avancement de la reconstitution de l?offre de logements sociaux (convention cadre métropolitaine ? volet Marseille)
Annexe 5. Copropriétés du PIN (volet Marseille)
Annexe 6. Activité de l?EPF PACA sur la région et à Marseille à fin 2023
Annexe 7. Scénario d?augmentation de la TSE ? EPF PACA
Annexe 8. Estimation des moyens complémentaires nécessaires pour le renforcement de l?action de l?EPAEM et de la SPLAIN AMP
Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes
INVALIDE)