Mission de parangonnage relative aux modalités d'organisation de l'expertise scientifique et technique apportée aux ministres chargés de la protection de la nature au sein des pays membres de l'Union Européenne sur les questions relatives à la protection de la biodiversité
PETITGUYOT, Jérome ;SIMONE, Maryline
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">La présente mission de parangonnage avait pour objectifs de : mettre en exergue les principales modalités d'organisation de l'expertise scientifique et technique apportée aux ministres chargés de la protection de la nature au sein des pays membres de l'Union européenne ; proposer des ajustements de l'organisation française actuelle ; évaluer les moyens humains et financiers nécessaires pour mettre en oeuvre ces préconisations. La mission s'est tout d'abord attachée à dresser un état des lieux de l'expertise scientifique et technique. Dans ce but, la mission s'est intéressée au Conseil national de protection de la nature (CNPN) - sa réglementation, son organisation, son environnement -, organisme qui occupe en France une place prépondérante en matière d'expertise scientifique et technique auprès des pouvoirs publics, telle que définie par la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. Le CNPN est confronté à différents enjeux, scientifiques, environnementaux, économiques, sociétaux et politiques. Ces enjeux cristallisent des oppositions au sein du monde de l'expertise, compliquent la conciliation entre développement économique et protection de l'environnement, soulèvent la question de la crédibilité d'experts de plus en plus engagés, et renforcent la difficulté de l'ensemble des parties prenantes à se comprendre et à établir des consensus. La mission s'est intéressée aux modèles en place dans d'autres pays européens (Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, République Tchèque, Suède et Royaume-Uni) et il semble que la situation française soit singulière, dans la mesure où le CNPN est la seule structure de ce type sollicitée par les ministres chargés de la protection de la nature pour émettre un avis au sens d'une opinion formalisée dans le cadre d'une délibération. La mission a donc fait le choix de se concentrer sur l'amélioration du fonctionnement du CNPN et de ses interactions avec les acteurs concernés. Elle identifie des points critiques à solutionner et formule onze recommandations visant notamment à : retisser des liens et mettre fin à l'isolement du CNPN aujourd'hui préjudiciable, pour recréer une confiance partagée à la fois avec le ministère chargé de l'écologie, avec l'Autorité environnementale et avec les porteurs de projets ; organiser différemment l'appui au CNPN apporté par la direction de l'eau et de la biodiversité ; déterminer des lignes directrices pour une cohérence des avis émis par le CNPN et les conseils régionaux scientifiques du patrimoine naturel (CSRPN) et pour une meilleure compréhension des conclusions des avis par les pétitionnaires ; amplifier la visibilité du CNPN pour une plus grande clarté de ses travaux. Ces recommandations visent également à renforcer la déontologie du CNPN en particulier sur l'expression publique et l'intérêt personnel pour conforter la crédibilité de ses membres et l'expertise technique et scientifique de cette communauté dans son entièreté.</div>
Editeur
IGEDD
Descripteur Urbamet
biodiversité
;écosystème
;protection de la nature
;politique publique
;gouvernance
Descripteur écoplanete
information scientifique et technique
Thème
Ressources - Nuisances
;Environnement - Paysage
Texte intégral
P
U
B
L
I
E
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Jérôme PETITGUYOT - IGEDD
Maryline SIMONÉ - IGEDD
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise
scientifique et technique sur les questions
relatives à la protection de la biodiversité au
sein des pays membres de l?Union européenne
Les auteurs attestent qu'aucun des éléments de leurs activités
passées ou présentes n'a affecté leur impartialité dans la rédaction
de ce rapport
Statut de communication
? Préparatoire à une décision administrative
? Non communicable
? Communicable (données confidentielles occultées)
? Communicable
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
européenne
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Sommaire
Sommaire........................................................................................................................ 3
Résumé ........................................................................................................................... 6
Liste des recommandations .......................................................................................... 8
Introduction .................................................................................................................... 9
1 L?expertise scientifique et technique pour le compte des politiques publiques
de protection de la nature ....................................................................................... 10
1.1 Qu?est-ce que l?expertise ? .................................................................................. 10
1.2 Le cadre réglementaire français .......................................................................... 11
1.2.1 L?expertise au service de la protection de la nature est une préoccupation
ancienne ............................................................................................................. 11
1.2.2 Une réglementation française qui respecte le droit européen et les accords
internationaux et encadre les stratégies nationales ............................................. 11
1.2.3 Les évolutions récentes de la réglementation française ............................. 12
1.2.4 CNPN/CSRPN, des périmètres différents .................................................. 14
1.3 Un environnement très riche en connaissances et en données ........................... 17
1.3.1 De grands établissements publics connus et reconnus .............................. 17
1.3.2 Des coopérations entre les acteurs de la recherche et de l?expertise ......... 20
1.4 Savoir et puissance publique : des enjeux scientifiques, environnementaux,
économiques, sociétaux et politiques ........................................................................ 22
1.4.1 Des enjeux scientifiques ............................................................................. 22
1.4.2 Des enjeux sociétaux ................................................................................. 23
1.4.3 Des enjeux politiques ................................................................................. 23
1.4.4 Des enjeux de conciliation entre environnement et économie .................... 24
2 La diversité des modèles européens ....................................................................... 26
3 Le CNPN confronté à des difficultés ....................................................................... 28
3.1 Des difficultés liées à son organisation ................................................................ 28
3.1.1 Des moyens supports à reconsidérer ......................................................... 28
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3.1.2 Une composition à questionner .................................................................. 33
3.1.3 Une charge de travail conséquente ............................................................ 34
3.1.4 Les sciences humaines et sociales peu représentées ................................ 39
3.1.5 Un cadre déontologique imparfait ............................................................... 39
3.2 Des difficultés liées à un relationnel qui s?est délité ............................................. 42
3.2.1 Des relations DEB/CNPN distendues ......................................................... 43
3.2.2 Des relations CNPN/CSRPN insuffisantes ................................................. 44
3.2.3 Des relations maîtres d?ouvrage publics et privés/CNPN lacunaires .......... 45
3.2.4 Les risques psychosociaux ........................................................................ 46
4 Les points critiques à solutionner pour un fonctionnement du CNPN amélioré . 48
4.1 L?avis du CNPN dans la procédure environnementale ......................................... 48
4.2 Le manque de doctrine et de lignes directrices .................................................... 50
4.3 Les avis qui font débat ......................................................................................... 52
4.4 Des autosaisines mal perçues ............................................................................. 55
4.5 Son isolement préjudiciable ................................................................................. 56
4.6 Une visibilité à amplifier ....................................................................................... 56
Conclusion ................................................................................................................... 58
Annexes ........................................................................................................................ 59
Annexe 1. Lettre de commande .................................................................................. 60
Annexe 2. Décret n° 2017-342 du 17 mars 2017 relatif au Conseil national de la
protection de la nature ............................................................................................ 62
Annexe 3. Chiffres clés du CNPN ............................................................................... 65
Annexe 4. Méthode du parangonnage ........................................................................ 70
Annexe 5. Questionnaire parangonnage destiné aux pays interrogés .................... 71
Annexe 6. Fiche parangonnage Allemagne ............................................................... 75
Annexe 7. Fiche parangonnage Italie ......................................................................... 82
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Annexe 8. Fiche parangonnage Pays-Bas ................................................................. 87
Annexe 9. Fiche parangonnage Espagne .................................................................. 91
Annexe 10. Fiche parangonnage Suède ..................................................................... 98
Annexe 11. Fiche parangonnage Tchéquie .............................................................. 109
Annexe 12. Fiche parangonnage Royaume-Uni ...................................................... 110
Annexe 13. Liste des personnes rencontrées ......................................................... 112
Annexe 14. Glossaire des sigles et acronymes ....................................................... 117
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Résumé
Par lettre en date du 13 février 2024, le ministre de la transition écologique et des territoires donnait
mission à l?inspection générale de l?environnement et du développement durable (IGEDD) de
réaliser une « mission de parangonnage relative aux modalités d?organisation de l?expertise
scientifique et technique apportée aux ministres chargés de la protection de la nature au sein des
pays membres de l?Union européenne sur les questions relatives à la protection de la nature »,
avec les objectifs de :
« mettre en exergue les principales modalités d?organisation de l?expertise scientifique et
technique apportée aux ministres chargés de la protection de la nature au sein des pays
membres de l?Union européenne, en particulier pour les projets, plans et programmes qu?ils
mettent en oeuvre ;
proposer sur cette base des ajustements de l?organisation française actuelle et, d?autre part,
des modèles alternatifs, avec le double objectif de gagner en efficacité dans la production
des avis aujourd?hui rendus et de renforcer leur robustesse scientifique ;
évaluer les moyens tant humains que financiers nécessaires pour mettre en oeuvre ces
préconisations. ».
Le présent rapport a été rédigé sur la base d?entretiens avec plus de 70 personnes - membres du
CNPN (Conseil national de protection de la nature), d?établissements publics, d?associations
environnementales, de services déconcentrés de l?État, maîtres d?ouvrage, ? - et d?échanges avec
des conseillers développement durable détachés dans les ambassades, ainsi que des personnes
ressources de certains pays européens et au sein de la Commission européenne.
La lettre de commande rappelle la place prépondérante du Conseil national de protection de la
nature (CNPN) en matière d?expertise scientifique et technique auprès des pouvoirs publics, telle
que définie par la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la
nature et des paysages.
La puissance publique s?appuie également sur des établissements publics spécialisés dans la re-
cherche et la production de connaissance et de données, et sur diverses instances collégiales
chargées d?émettre des avis sur les projets de textes, les plans, projets et programmes.
En partie 1, ce rapport fournit un état des lieux et rappelle l?organisation de l?expertise scientifique
et technique. Il aborde la réglementation qui régit le CNPN, expose son évolution récente, son
périmètre et celui des conseils régionaux scientifiques du patrimoine naturel (CSRPN). Il décrit plus
avant l?environnement direct du CNPN composé notamment d?établissements publics - Office fran-
çais pour la biodiversité, Museum national d?histoire naturelle, IFREMER, INRAe, ANSES, CNRS,
IRD? riches en connaissances scientifiques. Ils réalisent études et expertises, dans le cadre de
leurs recherches ou à la demande et dans leur champ de compétences.
Le rapport rappelle que le CNPN est confronté à différents enjeux, scientifiques,
environnementaux, économiques, sociétaux et politiques. Ces enjeux cristallisent des oppositions
au sein même du monde de l?expertise, compliquent la conciliation entre développement
économique et protection de l?environnement, soulèvent la question de la crédibilité d?experts de
plus en plus engagés voire militants, et renforcent la difficulté de l?ensemble des parties prenantes
à se comprendre et à établir des consensus.
Objet premier de la lettre de commande, la partie 2 explicite la démarche du parangonnage des
différents modèles d?organisation de l?expertise scientifique et technique apportée aux ministres
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Rapport n° 015592-01
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chargés de la protection de la nature au sein de certains pays membres de l?Union européenne sur
les questions relatives à la protection de la nature.
La mission a sélectionné les pays suivants : Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, République
Tchèque, Suède, ainsi que le Royaume-Uni, hors Union européenne.
Malgré de nombreux contacts, suivis de maintes relances aux retours décevants, les éléments
recueillis dans chacun des pays ne sont pas à la hauteur des attentes, s?expliquant à la fois par
l?ignorance et l?incompréhension du système français mais aussi par le défaut de n?avoir pu, à deux
exceptions près (Allemagne et République tchèque), échanger avec les bons interlocuteurs.
Il semble que la situation française soit singulière, dans la mesure où le CNPN français est
la seule structure de ce type sollicitée par les ministres chargés de la protection de la nature
pour émettre un avis au sens d?une opinion formalisée dans le cadre d?une délibération.
Néanmoins, quelques pratiques intéressantes méritent d?être regardées, même si leur transposi-
tion en France reste incertaine, dans la mesure où elles sont toujours à rapporter à la culture et à
l?organisation du pays concerné. Dans certaines sous-parties du rapport, il est fait mention de ces
pratiques, très éloignées du dispositif français.
La mission a donc fait le choix de se concentrer sur l?amélioration du fonctionnement du CNPN et
de ses interactions avec les acteurs concernés.
La partie 3 met l?accent sur les difficultés du CNPN liées aux enjeux signalés supra mais aussi à
son statut et son organisation - moyens humains et financiers, composition, charge de travail, dé-
ontologie? - avec pour conséquences, ces dernières années, des relations affaiblies avec son
ministère de rattachement, le cabinet ministériel et la direction de l?eau et de la biodiversité remet-
tant ainsi en cause les avis produits, leurs conclusions et leur capacité à éclairer la décision pu-
blique.
La partie 4 est consacrée à des améliorations possibles et donne lieu à onze recommandations
visant notamment à :
retisser des liens et mettre fin à l?isolement du CNPN aujourd?hui préjudiciable, pour
recréer une confiance partagée à la fois avec le ministère chargé de l?écologie (cabinet,
administration centrale, services déconcentrés de l?État), avec l?Autorité environnementale
et avec les porteurs de projets ;
organiser différemment l?appui au CNPN apporté par la direction de l?eau et de la
biodiversité ;
déterminer des lignes directrices pour une cohérence des avis émis par le CNPN et les
CSRPN et pour une meilleure compréhension des conclusions des avis par les
pétitionnaires ;
amplifier la visibilité du CNPN pour une plus grande clarté de ses travaux.
Ces recommandations visent également à renforcer la déontologie du CNPN en particulier sur
l?expression publique et l?intérêt personnel pour conforter la crédibilité de ses membres et
l?expertise technique et scientifique de cette communauté dans son entièreté.
Dans un souci de stabilité et de sérénité du travail effectué par tous et pour tous, ces ajustements
pourraient ainsi transformer l?essai difficile de la conciliation d?aménagements de notre territoire et
d?environnement préservé, dans la transparence et la rigueur, et faire d?adversaires des alliés et
partenaires.
PUBLIÉ
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Liste des recommandations
[DEB] Centraliser dans un bureau au sein de la sous-direction
« protection et restauration des écosystèmes terrestres » de la direction de l?eau et de la
biodiversité les activités supports du CNPN. Construire un budget prévisionnel pour le
fonctionnement du CNPN et en assurer un suivi régulier. .................................................. 33
[DEB/CNPN] Dans le cadre du renouvellement du CNPN, engager un
travail pour mettre en place un comité d?audition, revoir la composition de l?instance,
notamment en ne nommant que des titulaires, en réduisant le nombre total de membres, en
prévoyant le recours à des experts extérieurs en cas de besoins spécifiques et en instituant
une décharge professionnelle. ............................................................................................ 34
[DEB/CNPN] Renforcer au sein du CNPN l?éclairage particulier par les
sciences humaines et sociales, nécessaire à la compréhension des sujets et notamment le
rapport de l?homme à la nature. .......................................................................................... 39
[CNPN] Renforcer la charte de déontologie du CNPN en s?appuyant
sur les bonnes pratiques existantes dans certains établissements publics, notamment en ce
qui concerne l?expression publique et l?intérêt personnel, et envisager une collaboration avec
le comité éthique ministériel et « Éthique en commun ». ................................................... 42
Conduire une démarche commune DEB/CNPN afin de mettre en place
des mesures de prévention des risques psychosociaux identifiés. .................................... 47
[DEB/CNPN] Engager une réflexion et une expérimentation, sur un
premier passage en CNPN le plus en amont possible après une visite de terrain
systématique et la rencontre des acteurs concernés par le projet, au moins sur les grands
aménagements structurants. ............................................................................................... 49
[CNPN] Organiser des échanges constructifs entre le CNPN et les
maîtres d?ouvrage via les fédérations professionnelles notamment pour préciser les objectifs
de chacun. ........................................................................................................................... 52
[CNPN/CSRPN/DEB/OFB/CEREMA] Entamer une démarche pour
définir des éléments de doctrine et des lignes directrices de façon expérimentale, par
exemple sur les dossiers de compensation écologique. .................................................... 52
[DEB/CNPN] Appuyer le CNPN pour la rédaction des avis
« dérogations espèces protégées ». Établir un inventaire annuel des avis du CNPN pour
construire une cohérence, une méthodologie, une culture commune en lien avec les
services instructeurs de l?État. ............................................................................................. 54
[DEB] Mettre en place une procédure portant sur la décision finale
prise suite aux avis du CNPN, procédure argumentée quand l?avis du CNPN n?est pas suivi.
............................................................................................................................................. 55
[DEB/CNPN] Mettre en oeuvre un plan de communication, même
modeste, pour illustrer globalement les missions, le fonctionnement et les travaux du CNPN.
............................................................................................................................................. 57
PUBLIÉ
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Introduction
Par courrier en date du 13 février 2024, le ministre de la transition écologique et de la cohésion
des territoires (MTECT) a sollicité l?inspection générale de l?environnement et du développement
durable (IGEDD) afin de réaliser une « mission de parangonnage relative aux modalités d?organi-
sation de l?expertise scientifique et technique apportée aux ministres chargés de la protection de
la nature au sein des pays membres de l?Union européenne sur les questions relatives à la protec-
tion de la nature ».
Le courrier décrit l?organisation française en la matière et rappelle que la puissance publique peut
également s?appuyer sur des établissements publics spécialisés dans la recherche et la production
de connaissance, et sur diverses instances collégiales chargées d?émettre des avis et recomman-
dations sur les conséquences des impacts sur la biodiversité des textes, plans, projets et pro-
grammes à mettre en oeuvre.
Selon la lettre de commande, le fonctionnement du conseil national de protection de la nature
(CNPN) aboutirait à des avis ne permettant plus à cette instance de « jouer suffisamment son rôle
d?éclairage utile à la décision publique ».
Il est donc demandé à l?IGEDD de :
« mettre en exergue les principales modalités d?organisation de l?expertise scientifique et
technique apportée aux ministres chargés de la protection de la nature au sein des pays
membres de l?Union européenne, en particulier pour les projets, plans et programmes qu?ils
mettent en oeuvre ;
proposer sur cette base des ajustements de l?organisation française actuelle et, d?autre part,
des modèles alternatifs, avec le double objectif de gagner en efficacité dans la production
des avis aujourd?hui rendus et de renforcer leur robustesse scientifique ;
évaluer les moyens tant humains que financiers nécessaires pour mettre en oeuvre ces
préconisations. ».
La mission a effectué une étude documentaire et un état des lieux les plus complets possible de
l?organisation française et des acteurs en présence. Outre le cabinet du ministre, la direction de
l?eau et de la biodiversité (DEB) et des DREAL, elle a rencontré les différentes instances que sont
le CNPN, le conseil national de la biodiversité (CNB) et les conseils scientifiques régionaux du
patrimoine naturel (CSRPN), mais aussi les principaux établissements publics de recherche inter-
venant dans le domaine de l?environnement, des maîtres d?ouvrage, des associations de protection
de la nature ainsi que des personnes ressources notamment au sein de l?IGEDD (annexe 12). La
mission a ensuite pu interroger (annexes 5 à 11) les postes diplomatiques français de six pays
membres de l?Union européenne1 et du Royaume-Uni sur l?organisation de leur pays de résidence
respectif.
Si les réglementations au sein de l?UE doivent toutes mettre en oeuvre les directives européennes
« oiseaux » et « habitats faune flore », les modalités pratiques de cette mise en oeuvre sont di-
verses et liées à l?histoire et à la culture nationales ainsi qu?à l?organisation politique de chacun des
pays.
1 Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, République tchèque, Royaume-Uni, Suède.
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Rapport n° 015592-01
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1 L?expertise scientifique et technique pour le compte des
politiques publiques de protection de la nature
En France, l?appui scientifique et technique environnemental aux pouvoirs publics est organisé
selon un cadre réglementaire déjà ancien dont le CNPN est la figure de proue historique. De grands
établissements publics - décrits supra - produisant connaissance et données concourent à alimen-
ter cette aide aux décisions des politiques publiques liées en particulier à la biodiversité.
1.1 Qu?est-ce que l?expertise ?
A l?instar du rapport « Réflexion sur l?organisation française en matière d?expertise sur la
biodiversité » de Yvon Le Maho et Julien Boucher de mai 20112, la mission s?est interrogée sur la
notion d?expertise, confusément utilisée.
Selon Pierre Lascoumes, « L?expertise est classiquement définie comme la production d?une
connaissance spécifique pour l?action »3. À la croisée de la recherche et de la décision publique,
elle mobilise des connaissances scientifiques et techniques et éclaire de façon indépendante les
pouvoirs publics, excluant les productions à titre personnel.
De façon générale, l?expertise s?appuie sur une force scientifique pluridisciplinaire et
surtout collective permettant d?évaluer et de synthétiser les connaissances existantes sur un
sujet, souvent dispersées. Cet aspect collégial, plébiscité par les personnes rencontrées par la
mission, renforce la crédibilité des travaux.
S?agissant d?environnement et de protection de la nature en particulier, l?action publique se
repose fortement sur cette expertise scientifique et technique. Les experts et scientifiques, engagés
pour certains dans des associations environnementales, se mobilisent de plus en plus fortement
pour tenter d?influencer les politiques publiques, créant ainsi une dualité et ambiguïté dans la
relation politique/expertise.
Une forme de défiance s?est ainsi installée, liée notamment à une méconnaissance réciproque du
travail et des objectifs de chacun, à laquelle s?ajoute une temporalité différente. Le temps long
nécessaire à la science et à l?expertise fait face à l?exigence d?immédiateté des réponses politiques.
L?expertise, c?est aussi « la culture du débat public, de la confrontation et de la controverse qu?il
convient d?accepter » selon une des personnes auditionnées par la mission.
2 Rapport Le Mao/Boucher, mai 2011, pages 4/5/6.
https://side.developpement-durable.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/293734/mission-de-reflexion-sur-l-organisa-
tion-francaise-en-matiere-d-expertise-sur-la-biodiversite?_lg=fr-FR
3 L'expertise, de la recherche d'une action rationnelle à la démocratisation des connaissances et des choix » dans
la Revue française d?administration, 2002, p. 369.
PUBLIÉ
https://side.developpement-durable.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/293734/mission-de-reflexion-sur-l-organisation-francaise-en-matiere-d-expertise-sur-la-biodiversite?_lg=fr-FR
https://side.developpement-durable.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/293734/mission-de-reflexion-sur-l-organisation-francaise-en-matiere-d-expertise-sur-la-biodiversite?_lg=fr-FR
Rapport n° 015592-01
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1.2 Le cadre réglementaire français
1.2.1 L?expertise au service de la protection de
la nature est une préoccupation ancienne
Créé en 1946 et présidé alors par le ministre de l?Éducation
nationale, le CNPN a été placé sous le contrôle du ministre
chargé de la protection de la nature par un décret4 de 19775
(Journal officiel ci-contre6). Dans son article 1er, le CNPN
avait déjà, à cette date, « pour mission de donner au ministre
son avis sur les moyens propres à :
préserver et développer la faune et la flore
sauvages ;
améliorer la protection des espaces naturels et le
maintien des équilibres biologiques auxquels ils
participent, notamment en matière de parcs nationaux,
parcs naturels et réserves naturels ;
et étudier les mesures législatives et réglementaires et
les travaux scientifiques afférents à ces objets. ».
La décision de créer cette instance au sortir de la guerre démontrait l?intérêt du pays, en pleine
reconstruction, de préserver également son environnement.
Présidé par le ministre, le CNPN était alors composé de 40 membres dont 20 membres de droit
représentant les ministères, les établissements publics ou associations nationales et 20 autres
membres - scientifiques, experts et représentants d'associations régionales - pour une durée de
quatre ans renouvelable. Depuis 1977, sous le contrôle du ministre chargé de la protection de la
nature, il a fonctionné avec un comité permanent, complété par des commissions thématiques
créées en 1996, pour faire face à l'augmentation des dossiers à examiner.
1.2.2 Une réglementation française qui respecte le droit européen et les
accords internationaux et encadre les stratégies nationales
Le cadre réglementaire français décline le droit européen et les accords internationaux et permet
la mise en oeuvre des stratégies nationales sur la conservation de la biodiversité et sur les besoins
des populations animales et végétales, qui font fi de nos frontières administratives.
Rappelons notamment :
La première directive Oiseaux 79/409/CEE du 2 avril 1979 prise par l?Union européenne,
modifiée et codifiée par la directive 2009/147/CE du 30 novembre 2009, promeut la
protection et la gestion des populations d'espèces d?oiseaux sauvages du territoire
européen par la mise en place notamment de zones de protection spéciale (ZPS). Pour
atteindre les objectifs de conservation de cette directive, les États membres ont pris des
mesures, de type contractuel ou réglementaire. La France, avec une superficie de ZPS
(terrestres et maritimes) de 75.944,7 km2 (381 sites), se place en 2ème position derrière
4 Décret n° 77-1300 du 25 novembre 1977 pris pour l'application de la loi n° 76-629 du 10 juillet 1976 relative à la
protection de la nature et concernant le conseil national de la protection de la nature.
5 Journal officiel de la République française. Lois et décrets (version papier numérisée) n° 0275 du 27/11/1977.
6 Source : Légifrance.
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l?Espagne (92.377,5 km2 - 512 sites) au sein des États membres de l?Union européenne.
La directive habitats faune flore 92/43/CEE du 21 mai 1992 de l?Union européenne
concernant la conservation des habitats naturels ainsi que des espèces de la faune et de
la flore sauvages assure la protection et la gestion des espaces naturels à valeur
patrimoniale. A l?instar de la directive oiseaux, la directive habitats faune flore détermine
des zones spéciales de conservation (ZSC) pour empêcher, par des mesures
contractuelles, réglementaires ou administratives appropriées, la détérioration des habitats
naturels et des espèces recensées sur ces sites.
Les zones de protection spéciale et les zones spéciales de conservation forment le réseau
européen Natura 2000. Le réseau français couvre à lui seul 6,8 millions d?hectares, soit
12,9% du territoire terrestre métropolitain.
La Convention sur la diversité biologique (CDB), traité international adopté lors du
Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, a pour objectif principal la conservation de
la biodiversité et le développement de stratégies nationales au sein des pays signataires.
Face au constat de l?effondrement de la biodiversité - 1 million d?espèces menacées
d?extinction, 75 % de la surface terrestre altérée de manière significative et 85 % des zones
humides disparues, la 15e conférence des Parties (COP15) à la Convention sur la
diversité biologique évoquée supra, tenue à Montréal en décembre 2022, a permis la
signature d?un nouvel accord7, le cadre mondial pour la biodiversité.
La Stratégie nationale biodiversité 20308 (SNB) traduit l?engagement de la France au
titre de ce dernier accord. Co-construite avec les collectivités locales, associations,
entreprises et citoyens, elle a pour objectif de réduire les pressions sur la biodiversité, de
protéger et restaurer les écosystèmes et de susciter des changements en profondeur afin
d?inverser la trajectoire du déclin de la biodiversité. Une feuille de route nationale répondant
aux objectifs fixés au niveau mondial est ainsi mise en place.
1.2.3 Les évolutions récentes de la réglementation française
Pour réaffirmer que la biodiversité est bien l?affaire de tous et au nom du dialogue environnemental,
la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des
paysages a mis en place des instances sociétales et d?expertise visant à associer les acteurs
concernés. Tenant compte des propositions du rapport « La gouvernance en matière de
biodiversité » du préfet Schmitt en 20129, la loi a ainsi rénové et recomposé l?aide à la décision
publique en matière de biodiversité et de protection de l?environnement autour de deux instances
consultatives :
Le comité national de la biodiversité (CNB), instance d?information, d?échanges et de
consultation sur les questions stratégiques liées à la biodiversité.
Le CNB est présidé par le ministre en charge de l'environnement. Sa composition actuelle,
telle qu'issue de l'arrêté du 17 octobre 2022 est de 143 membres, 67 titulaires, autant de
7 Cet accord prévoit notamment la protection de 30% des terres et de 30% des mers à échéance 2030.
8 La stratégie actuelle couvre les années 2022 à 2030 et succède aux deux premières stratégies qui couvraient
respectivement les périodes 2004-2010 et 2011-2020. La SNB propose 40 mesures autour de 4 axes pour atteindre
les ambitions portées par le cadre mondial de la biodiversité d?ici 2050 : (i) réduire les pressions qui s?exercent sur
la biodiversité, (ii) restaurer la biodiversité dégradée partout où c?est possible, (iii) mobiliser tous les acteurs (iiii)
garantir les moyens d?atteindre ces ambitions.
9 https://side.developpement-durable.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/290888/la-gouvernance-en-matiere-de-bio-
diversite
PUBLIÉ
https://side.developpement-durable.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/290888/la-gouvernance-en-matiere-de-biodiversite
https://side.developpement-durable.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/290888/la-gouvernance-en-matiere-de-biodiversite
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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suppléants et 9 personnes qualifiées10, représentant les :
- collectivités territoriales et leurs groupements ;
- établissements publics nationaux oeuvrant dans le champ de la biodiversité ;
- organismes socio-professionnels concernés ;
- propriétaires fonciers ;
- usagers de la nature ;
- associations, organismes ou fondations oeuvrant pour la préservation de la biodiversité ;
- gestionnaires d'espaces naturels ;
- scientifiques ou organismes de recherche ;
- personnalités qualifiées.
Chaque membre (titulaire comme suppléant) est nommé intuitu personae pour cinq ans.
Selon le code de l?environnement et son article L. 134-1, « le CNB peut être consulté par
le gouvernement sur tout sujet relatif à la biodiversité ou ayant un effet notable sur celle-ci.
Il peut également se saisir d'office. Le champ de la compétence consultative du comité
ainsi que sa composition et les modalités de son fonctionnement sont précisés par décret
en Conseil d'État. Il donne son avis sur les orientations stratégiques de l'office français de
la biodiversité. ».
Conformément au décret n° 2017-339 du 15 mars 2017, le CNB rend des avis sur tout sujet
relatif à la biodiversité ou ayant un effet notable sur celle-ci, dont il est saisi par un ministre,
en particulier pour l'élaboration, la mise en oeuvre, le suivi et l'évaluation :
- des dispositions législatives et réglementaires relatives à la biodiversité ;
- de la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) et des autres stratégies nationales
ayant un effet direct ou indirect sur la biodiversité, en particulier les stratégies ayant pour
objet la mise en place d'espaces protégés et de continuités écologiques ;
- des programmes nationaux de connaissance, d'observation et de diffusion de
l'information relative à la biodiversité ;
- des programmes nationaux portant sur la gestion et la conservation de la biodiversité.
Dans ses avis, il veille à la cohérence des politiques de biodiversité aux niveaux national
et territorial, en lien notamment avec les comités régionaux de la biodiversité et les comités
de l'eau et de la biodiversité.
Les ministres l'associent à l'élaboration, au suivi et à la mise à jour du document-cadre
intitulé : « Orientations nationales pour la préservation et la remise en bon état des
continuités écologiques », en le saisissant aux principaux stades de la procédure afin de
recueillir ses observations et propositions. Il veille à la cohérence nationale des trames
verte et bleue.
Le conseil national de la protection de la nature, devenu instance d?expertise
scientifique et technique sur toutes les questions de biodiversité.
L?article L. 134-2 du code de l?environnement assigne au CNPN la mission « d'apporter,
par ses avis, une expertise scientifique et technique. Il peut être consulté sur les projets de
loi, d'ordonnance et de décret concernant ses domaines de compétence et les travaux
scientifiques et techniques y afférents. Il peut également se saisir d'office.
Un décret en Conseil d'État précise les compétences, les modalités de fonctionnement et
la composition du Conseil national de la protection de la nature, ainsi que les conditions
10 Seules les personnes qualifiées n?ont pas de suppléant.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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dans lesquelles sa composition concourt à une représentation équilibrée des femmes et
des hommes, d'une part, et à une représentation équilibrée des sciences du vivant et des
sciences humaines, d'autre part. Il fixe les règles de transparence applicables aux experts
du Conseil national de la protection de la nature.
La composition du Conseil national de la protection de la nature concourt à une
représentation significative de spécialistes de la biodiversité ultramarine. ».
Avec ces modalités de désignation de ses membres, il affiche quatre ambitions : une
représentation équilibrée des femmes et des hommes, une représentation significative de
la biodiversité ultramarine, une représentation équilibrée des sciences du vivant et des
sciences humaines, sa focalisation sur l?expertise qui doit être interdisciplinaire et
indépendante (décret 2017-342 du 17 mars 2017).
L?article 14 de cette loi donne donc au CNPN une base législative, codifiée aux articles L.
134-2 et suivants du code de l?environnement 11 , lui accordant ainsi une véritable
reconnaissance.
Le CNPN ainsi réformé rend des avis simples à la demande du ministre, en particulier
lorsque des textes imposent sa consultation obligatoire, ainsi que sur les questions dont il
s'autosaisit.
Le CNPN est désormais composé de 60 membres : 30 titulaires et 30 suppléants, nommés
pour une durée de cinq ans. Le décret fixe des règles de transparence et prévoit une
indemnité d'expertise dont le montant est calculé en fonction de l'activité des experts dans
des conditions fixées par arrêté ministériel. Ces éléments seront détaillés infra. A l?instar du
CNB, chaque membre (titulaire comme suppléant) est nommé intuitu personae.
Les conseils scientifiques régionaux du patrimoine naturel (CSRPN), créés par la loi
du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité sont définis par le paragraphe III
de l?article L. 411-1A12 et par les articles R. 411-22 à 30 du Code de l?environnement. Ils
restent inchangés et sont confortés par la loi de 2016. Ils demeurent sous l?égide du préfet
de région et du président du conseil régional. La modification de leur périmètre en 2020 est
abordée dans la partie infra.
1.2.4 CNPN/CSRPN, des périmètres différents
Le CNPN exerce principalement deux missions :
Il a un rôle d?expertise technique et scientifique sur toutes les questions de biodiversité
11 Notamment l?article L. 134-2. « Le Conseil national de la protection de la nature a pour mission d'apporter, par
ses avis, une expertise scientifique et technique. Il peut être consulté sur les projets de loi, d'ordonnance et de
décret concernant ses domaines de compétence et les travaux scientifiques et techniques y afférents. Il peut
également se saisir d'office. Un décret en Conseil d'Etat précise les compétences, les modalités de fonctionnement
et la composition du Conseil national de la protection de la nature, ainsi que les conditions dans lesquelles sa
composition concourt à une représentation équilibrée des femmes et des hommes, d'une part, et à une
représentation équilibrée des sciences du vivant et des sciences humaines, d'autre part. Il fixe les règles de
transparence applicables aux experts du Conseil national de la protection de la nature. La composition du Conseil
national de la protection de la nature concourt à une représentation significative de spécialistes de la biodiversité
ultramarine. ».
12 III. ? « Il est institué dans chaque région un conseil scientifique régional du patrimoine naturel. Ce conseil est
constitué de spécialistes désignés intuitu personae pour leur compétence scientifique, en particulier dans les
universités, les organismes de recherche, les sociétés savantes et les muséums régionaux. Il couvre toutes les
disciplines des sciences de la vie et de la terre pour les milieux terrestres, fluviaux et marins. [?] Il peut être saisi
pour avis par le représentant de l'Etat dans la région ou par le président du conseil régional sur toute question
relative à l'inventaire et à la conservation du patrimoine naturel. ».
PUBLIÉ
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terrestre, aquatique et marine.
Il donne son avis sur les projets de textes législatifs ou réglementaires concernant ses
domaines de compétences et sur les interventions humaines en milieux naturels dans un
objectif de protection des milieux et des espèces (création d'espaces naturels protégés ou
encore réglementation relative aux espèces protégées, aux espèces invasives...).
Les dossiers soumis par l?administration sont répartis, après décision du bureau, entre trois
instances principales (cf. schéma ci-dessous) :
le plénier pour les dossiers à fort impact comme par exemple les demandes d?avis pour les
espèces emblématiques (loup, ours?), les dossiers sensibles (bouquetins du Bargy,
outardes canepetières?), les demandes de dérogation espèces protégées dont l?enjeu est
jugé exceptionnel? ;
la commission espèces et communautés biologiques (CECB), pour les autres dossiers en
matière de faune et flore protégées, et autres demandes de dérogation d?espèces
protégées? ;
la commission espaces protégées (CEP), pour les avis sur les parcs nationaux, les
réserves naturelles nationales, les parcs naturels régionaux, les réserves biologiques, les
parcs naturels marins?
Ces instances s?appuient sur les travaux de rapporteurs ou des deux groupes de travail -
« Géodiversité » et « Flore-Fonge-Habitats-Conservatoires botaniques nationaux ».
Ces deux groupes de travail, composés de membres du CNPN et de membres extérieurs associés,
ont pour mission de préparer, en amont des réunions plénières, une partie des avis de l?instance
et de mener des réflexions prospectives dans les domaines scientifiques qui les concernent.
Conformément au décret du 17 mars 2017, le CNPN peut d?autosaisir en rendant un avis, une
motion, une note de prospective ou de constat sur des projets, thématiques et sujets précis. Ces
autosaisines formulent des recommandations après la constitution d?un groupe de travail ad hoc,
des auditions extérieures, des amendements et une délibération en plénier. A l?instar de tous les
avis du CNPN, les autosaisines sont publiées sur le site « Avis biodiversité »13.
Le CNPN s?est autosaisi 13 fois lors de sa précédente mandature de 2017 à 2022, et 8 fois de
2022 à ce jour. La lettre de commande de la présente mission mentionnant « un recours accru aux
autosaisines », la mission reviendra infra (cf. partie 4.4.) sur cette disposition législative et
réglementaire qui a suscité ces derniers mois des tensions entre les pouvoirs publics et le CNPN.
13 https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/ses-avis-r9.html
PUBLIÉ
https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/ses-avis-r9.html
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Schéma simplifié du fonctionnement du CNPN (mission)
Les CSRPN, placés auprès du préfet de région et du président du Conseil régional, sont consultés
sur :
des décisions de classement en réserve naturelle régionale ;
les plans de gestion des réserves naturelles nationales et régionales ;
la valeur scientifique des inventaires du patrimoine naturel lors de leur élaboration ou de
leur mise à jour ;
les propositions de listes régionales d?espèces protégées ;
la délivrance de dérogations portant sur des espèces protégées ;
toute question relative au réseau Natura 2000 ;
toute question relative au patrimoine naturel régional.
Leur secrétariat est assuré par la direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du
logement (DREAL) de la région concernée.
Les CSRPN peuvent également s?autosaisir.
Le programme « Action publique 2022 »14 a transféré au niveau régional des dossiers initialement
traités par le CNPN. A la demande du Premier ministre, il avait été demandé aux administrations
centrales d?engager un mouvement pour déconcentrer le maximum d?actions et de décisions au
niveau territorial. Sur cette base et selon une volonté de simplification des procédures
d?autorisations environnementales, la DEB a proposé une déconcentration des avis rendus par le
CNPN au profit des CSRPN. Cette disposition figurant dans l?article R. 181-28 du Code de
l?environnement suite au décret n° 2019-1352 du 12 décembre 2019 a conduit à la déconcentration
de 52% des avis rendus par le CNPN vers les CSRPN, mise en oeuvre en 2020.
14 Objectifs du programme « Action publique 2022 » https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/action-publique-2022-
pour-transformation-service-public
Bureau
CNPN
CNPN plénier
Commission
Espaces protégés
Groupe de travail
Flore Fonge
Habitats
Conservatoires
botaniques
nationaux
Groupe de travail
Géodiversité
Commission
Espèces et
communautés
biologiques
PUBLIÉ
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/action-publique-2022-pour-transformation-service-public
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/action-publique-2022-pour-transformation-service-public
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Cette séquence, décriée par voie de presse15, avait généré une forte crispation de la part des
membres du CNPN d?alors. En effet le premier projet du décret16 relatif à cette simplification de la
procédure environnementale prévoyait que les demandes de dérogations à la protection des
espèces protégées seraient attribuées au CNPN sur une liste limitée à 37 espèces17, réduisant de
80% les avis du CNPN. Après concertation entre la DEB et le CNPN, cette liste a été revue et
1 18718 espèces sont depuis soumises par décret à l?avis du CNPN.
1.3 Un environnement très riche en connaissances et en données
La France dispose d?un important réseau scientifique et technique intervenant dans le champ de
la biodiversité, composé d?établissements publics spécialisés ayant notamment pour mission le
développement des connaissances et la création de données dans leurs champs d?intervention.
Les pouvoirs publics sollicitent fréquemment ces établissements pour réaliser des études desti-
nées à éclairer leurs décisions. Ces travaux sont souvent qualifiés « d?expertises ».
1.3.1 De grands établissements publics connus et reconnus
Dans le champ de la biodiversité, les principaux établissements publics sont :
1.3.1.1 L?Office français de la biodiversité (OFB)
Créé le 1er janvier 2020 par la fusion de l?agence française de la biodiversité (AFB) et l?office natio-
nal de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), l?office français de la biodiversité (OFB) est un
établissement public à caractère administratif sous la double tutelle des ministères chargés de
l?écologie et de l?agriculture. Début 2024, il comptait 3 000 agents dont 1 700 inspecteurs de l?en-
vironnement répartis sur tout le territoire pour un budget annuel de 623 millions d?euros.
La loi lui donne entre autres pour mission « le développement de la connaissance, de la recherche
et de l?expertise sur les espèces et sur les milieux (?) » et « l?appui à la conception, à la mise en
oeuvre et à l'évaluation des politiques de l'eau et de la biodiversité ».
Il peut donc être sollicité à ce titre par les décideurs publics dans le cadre de projets de textes ou
d?aménagements concernant la préservation de la biodiversité. Il a ainsi récemment réalisé des
études sur la dynamique des populations de loups ou sur la viabilité des lynx sur le territoire natio-
nal à l?horizon 2050. À noter que l?office met à disposition du public les connaissances produites
au moyen de portails internet thématiques.
1.3.1.2 Le Muséum national d?histoire naturel (MNHM)
Le Muséum est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel constitué
sous la forme d?un grand établissement au sens du code de l?éducation. Il est placé sous la tutelle
conjointe des ministres chargés de l?enseignement supérieur, de l?environnement et de la re-
cherche.
15 https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/050519/pour-la-sauvegarde-du-conseil-
national-de-la-protection-de-la-nature - https://www.liberation.fr/planete/2019/05/06/biodiversite-l-affligeant-ecart-
entre-le-discours-et-les-actes_1725349/
16 Ecrit par la direction générale de la prévention des risques.
17 Figurant à l?arrêté du 9 juillet 1999.
18 Figurant à l?arrêté du 6 janvier 2020.
PUBLIÉ
https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/050519/pour-la-sauvegarde-du-conseil-national-de-la-protection-de-la-nature
https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/050519/pour-la-sauvegarde-du-conseil-national-de-la-protection-de-la-nature
https://www.liberation.fr/planete/2019/05/06/biodiversite-l-affligeant-ecart-entre-le-discours-et-les-actes_1725349/
https://www.liberation.fr/planete/2019/05/06/biodiversite-l-affligeant-ecart-entre-le-discours-et-les-actes_1725349/
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Institution fondée en 1635, le Muséum a pour mission la connaissance de la nature sous tous ses
aspects et l?étude de ses relations avec l?homme, et pour ce faire développe des activités de re-
cherche, d?enseignement et d?expertise. C?est la troisième institution la plus riche au monde de ce
type en termes de collections naturalistes détenues (minéraux, animaux, végétaux, anthropo-
logie, ?) présentées dans des musées, des bibliothèques, des jardins botaniques et parc zoolo-
giques. Il emploie environ 2 500 collaborateurs dont 600 chercheurs.
Le Muséum s?est doté d?une direction de l?expertise en 2017, année de création de « PatriNat »
(voir partie 1.3.1.8.), structure experte qui intervient de plus en plus fréquemment auprès des dé-
cideurs publics ou privés.
Le Muséum assure pour l?État des missions statutaires comme la responsabilité de l?inventaire
national du patrimoine naturel et l?autorité scientifique CITES19 pour la France. Il donne des avis
sur la sélection des membres du CNPN et des CSRPN pour le compte de la DEB.
1.3.1.3 L?institut français de recherche pour l?exploitation de la mer (IFREMER)
L?IFREMER est un établissement public à caractère industriel et commercial fondé en 1984 con-
sacré à la recherche marine, qui relève de la triple tutelle du ministère de la transition écologique,
du ministère de l?agriculture et du ministère de l?enseignement supérieur et de la recherche. Il em-
ploie environ 1 500 personnes et dispose d?un budget de 180 M¤.
La recherche mobilise le tiers des effectifs pour un budget de 30 M¤ par an. Conformément à ses
statuts, l?IFREMER réalise très régulièrement des études et émet des avis à la demande de
décideurs publics, notamment le ministère de la transition écologique (direction de l?eau et de la
biodiversité, direction générale de l?énergie et du climat, direction générale de la prévention des
risques), le ministère chargé de la mer (direction générale des affaires maritimes, de la pêche et
de l'aquaculture) et le ministère de l?agriculture (direction générale de l?alimentation). Il établit aussi
à la demande des rapports utilisés dans le cadre de la définition de la position française dans les
discussions internationales. C?est notamment le cas pour les stocks halieutiques utilisés pour la
politique commune des pêches de l?Union européenne. Ces travaux sont réalisés selon une charte
de « l?expertise et de l?avis » qui fixe notamment des règles déontologiques.
L?IFREMER travaille avec des ONG comme France nature environnement (FNE) ou WWF sur la
base d?accords de coopération.
1.3.1.4 L?institut de recherche pour le développement (IRD)
Fort d?environ 2 300 agents dont 950 chercheurs, l?IRD, établissement public scientifique et tech-
nologique, sous tutelle du ministère de l?enseignement supérieur et de la recherche et du ministère
des affaires étrangères, est présent dans plus de 50 pays d?Amérique latine, d?Afrique et d?Asie du
sud-est ainsi que dans les outremers français. Organisme de recherche pluridisciplinaire, Il met en
place des partenariats scientifiques avec l?aide de bailleurs internationaux (OMS, FAO, UE?) au
bénéfice des pouvoirs publics et des populations ainsi que d?ONG en matière de biodiversité, cli-
mat, ressources, santé ou encore sociologie.
Dans ce cadre, l?institut produit des expertises de divers types : expertises collectives, institution-
nelles ou scientifiques avec des recommandations, ou bien individuelles, produites par des experts
sollicités à titre privé. Il compte le ministère chargé de la protection de la nature et l?OFB parmi ses
commanditaires.
19 Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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L?IRD n?intervient pas en France métropolitaine et n?a pas de ce fait de relations avec le CNPN en
dehors de celles pouvant résulter de la participation de certains de ses agents à l?instance consul-
tative. Il est cependant actif dans les départements d?outremer où des relations avec les CSRPN
existent.
L?institut porte une attention particulière aux questions relatives à l?éthique et à la déontologie, il
est par exemple membre du comité « éthique en commun » (cf. partie 1.3.2.).
1.3.1.5 L?institut national de recherche pour l?agriculture, l?alimentation et
l?environnement (INRAe)
Issu de la fusion de l?Institut national de la recherche agronomique (INRA) et de l?institut national
de recherches en sciences et technologies pour l?environnement et l?agriculture (IRSTEA) le 1er
janvier 2020, l?INRAe est un établissement scientifique et technologique sous tutelle du ministère
de l?enseignement supérieur et de la recherche et du ministère de l?agriculture, très présent à l?in-
ternational. Il a pour mission20 « tous travaux de recherche scientifique et technologique dans les
domaines de l'agriculture, de l'alimentation, de la forêt, de l'environnement, de l'eau, de la biodi-
versité, de la bioéconomie, de l'économie circulaire, de la gestion durable des territoires et des
risques dans les champs de compétence précités ». Il comptait en 2023 presque 10 600 agents
pour un budget de 1,13 Mrd ¤.
Membre de l?Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l?INRAe anime le comité
français pour l?IPBES (plateforme inter-gouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité
et les services écosystémiques).
L?INRAe pratique la recherche académique, mais ne conduit pas d?expertises scientifiques sans
adossement sur des travaux de recherche, nationaux ou internationaux. Il pratique une recherche
ouverte et partage ses résultats.
Au terme d?un accord avec la DEB, l?institut donne des avis sur des projets d?arrêté mais aussi sur
des projets et des plans. Plus généralement, il a signé des conventions de coopération avec le
ministère chargé de la protection de la nature, notamment pour la définition et l?évaluation des
politiques publiques, et l?OFB, en particulier sur l?expertise en appui aux politiques publiques.
L?institut a notamment produit des expertises en matière d?agro-diversité, de génétique et d?évolu-
tion, et d?écologie des paysages.
1.3.1.6 L?agence nationale de sécurité sanitaire de l?alimentation, de l?environnement
et du travail (ANSES)
L?ANSES est un établissement public à caractère administratif, créé en 2010, placé sous la tutelle
de cinq ministères (santé, environnement, agriculture, travail et consommation), comptant 1 400
collaborateurs et disposant d?un budget de 170 M ¤.
L?agence a pour mission la surveillance et l?évaluation d?une part des risques pour la santé humaine
liés à l?alimentation, l?environnement et au travail, et d?autre part des risques liés à la santé des
animaux et des plantes. Elle finance et réalise des études scientifiques dans ces domaines et prend
part aux dispositifs de veille sanitaire et à des programmes de recherche nationaux et internatio-
naux
20 1 Décret n°2019-1046 du 10 octobre 2019 relatif à l?organisation et au fonctionnement de l?institut national de
recherche pour l?agriculture, l?alimentation et l?environnement.
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L?agence conduit des expertises dans ses domaines de compétence à la demande de ministères
ou de parties prenantes. Elle a ainsi récemment été sollicitée pour apporter des données scienti-
fiques et formuler des avis sur le risque sanitaire dans le dossier des bouquetins du Bargy et celui
du classement du renard en ESOD21. Si ses expertises peuvent être utilisées dans le cadre de
dossiers passant devant le CNPN et les CSRPN, l?ANSES n?a cependant pas de relations avec
ces deux instances, hormis la possible nomination de membres issus de ses effectifs.
1.3.1.7 Le centre national de la recherche scientifique (CNRS)
Établissement public à caractère scientifique et technologique créé en 1939 et placé sous la tutelle
du ministre chargé de la recherche, le CNRS intervient dans tous les domaines de la science,
notamment l?écologie et l?environnement au travers de l?institut écologie et environnement. C?est
l?institution de recherche la plus connue et la plus importante : 33 000 collaborateurs, 1 100 labo-
ratoires en France et 80 dans le monde, un budget de 3,8 Md ¤.
Le CNRS a aussi pour mission l?accompagnement des décisionnaires dans le développement des
politiques publiques.
1.3.2 Des coopérations entre les acteurs de la recherche et de l?expertise
Les établissements publics présentés ci-dessus travaillent en réseau et il est fréquent qu?ils se
sollicitent mutuellement dans le cadre de programmes de recherches et d?études. Ces coopéra-
tions peuvent aussi faire l?objet de conventions voire de partenariats institutionnalisés. À ce titre,
les exemples suivants sont particulièrement intéressants :
PatriNat22 (centre d?expertise et de données sur le patrimoine naturel) a été créé en 2017
par l?association du MNHM, de l?OFB, du CNRS et de l?IRD. Doté d?un budget global
avoisinant les 17,2 M ¤, il regroupe actuellement environ 180 experts majoritairement issus
des deux premiers établissements, seul un agent vient de l?IRD, le CNRS n?en ayant à ce
jour pas fourni. Un bâtiment dédié est en construction à Brunoy (91).
La fondation pour la recherche sur la biodiversité23 est une fondation de coopération
scientifique, créée en 2008 par 8 établissements publics de recherche à la suite du Grenelle
de l?environnement et à l?initiative des ministères de la recherche et de l?écologie.
Basée également sur des accords associant 10 établissements de recherche publics
(BRGM, CIRAD, CNRS, IFREMER, INERIS, INRAe, IRD, MNHN, OFB, et université de
Montpellier) auxquels s?est adjointe la fondation LVMH, elle a pour mission de mettre en
relation les acteurs du monde scientifique impliqués dans la recherche sur la biodiversité
avec les milieux économiques, les pouvoirs publics et les gestionnaires de la biodiversité,
en promouvant et diffusant la connaissance ainsi qu?en favorisant les partenariats.
Elle emploie une trentaine de personnes et disposait en 2021 d?un budget de 3,2 M ¤
provenant notamment des ministères précités et de l?Union européenne.
Le comité d?experts sur la gestion adaptative a été créé à la demande des chasseurs.
Selon le décret n° 2019-166 du 5 mars 201924, il « fournit au ministre chargé de la chasse
des recommandations en termes de prélèvements des espèces à partir des données,
études et recherches portant sur ces espèces et leurs habitats. Lorsqu'elles concernent
des oiseaux migrateurs, ces recommandations tiennent compte des populations dans
21 Espèce susceptible d?occasionner des dégâts.
22 https://www.patrinat.fr/fr/
23 https://www.fondationbiodiversite.fr
24 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038203592/
PUBLIÉ
https://www.patrinat.fr/fr/missions-de-patrinat-6179
https://www.fondationbiodiversite.fr/
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
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l'ensemble de leur aire de répartition. Le comité d'experts se fonde notamment sur les
données d'inventaires et de prélèvements analysées par les établissements publics
compétents ainsi que sur les travaux réalisés par les établissements de recherche et les
organismes compétents en matière d'inventaire et de gestion de la faune sauvage. ».
A ce jour, ce comité est, à la connaissance des missionnés, en sommeil.
Éthique en commun 25 est le comité d?éthique mis en place en 2020 par l?INRAe,
l?IFREMER, l?IRD et le CIRAD26. Il est composé de 10 à 15 personnalités françaises et
étrangères, extérieures aux quatre organismes, désignées pour quatre ans, mandat
renouvelable une fois. Il émet des recommandations sur les questions complexes
auxquelles sont confrontés les chercheurs. Son dernier avis en date porte sur l?exploration,
l?exploitation et la préservation des grands fonds marins.
Il est à noter que certains membres du CNPN et des CSRPN sont parallèlement des agents
de ces établissements publics intervenant dans le domaine de la biodiversité, ce qui sous-entend
la nécessité pour les personnes concernées de bien clarifier les limites entre leurs différentes acti-
vités, tout en rappelant qu?elles ont été nommées intuitu personae au sein du CNPN et des CSRPN.
La création de trois observatoires en charge de valoriser les connaissances existantes et d?acquérir
de nouvelles connaissances vient compléter le panorama de l?expertise scientifique et technique.
L?observatoire national de la biodiversité (ONB) : Sa création était un engagement du
Grenelle de l?environnement, concrétisé par la loi « Grenelle 1 » du 3 août 2009 : « L?État
se fixe comme objectif la mise en place d?un observatoire national de la biodiversité mettant
à la disposition du public une information actualisée ». L?observatoire a été inscrit dans la
stratégie nationale de la biodiversité (SNB) 2010/2020, avec pour mission de suivre d?une
part l?effet de cette stratégie sur la biodiversité et d?autre part les interactions entre la
société et la biodiversité grâce à des jeux d?indicateurs. Ce projet multi-partenarial27 met à
la disposition du grand public des informations précises et documentées sur la biodiversité
en France28. Les premiers indicateurs de l?ONB ont été publiés en 2012.
L?ONB est coordonné par l?Office français de la biodiversité depuis 2017, en partenariat
étroit avec le ministère chargé de la protection de la nature, avec l?appui de PatriNat (cf
partie 1.3.2.).
L?observatoire de l?éolien en mer : Créé en avril 2022, l?observatoire de l?éolien en mer
est piloté par la direction générale de l?énergie et du Climat (DGEC) du ministère chargé
de l'énergie, la direction de l?eau et de la biodiversité (DEB) du ministère chargé de la
transition écologique, la direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de
l?aquaculture (DGAMPA) du ministère chargé de la mer et de la pêche avec l?appui de
l?Office français de la biodiversité (OFB) et de l?Institut français pour la recherche et
l?exploitation de la mer (Ifremer).
Doté d?un budget de 50 millions d?euros sur 3 ans (2022/2024), l?Observatoire national de
l?éolien en mer se consacre aux enjeux liés à la biodiversité.
Il doit permettre l?amélioration de la connaissance du milieu marin et des impacts des
25 https://www.ethique-en-commun.org
26 Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.
27 Projet multi-partenarial, l?ONB fonctionne grâce à l?implication de nombreuses structures et organismes
(ministère chargée de la protection de la nature, OFB, MNHN, FRB, INRAe, LPO, FNE, PatriNat, ?) et des
contributeurs (IUCN, Cerema, conservatoire du littoral, IGN, Météo France, Humanité et biodiversité, ?).
28 Les travaux de l?ONB sont publiés sur le portail naturefrance.fr
PUBLIÉ
https://www.ethique-en-commun.org/
Rapport n° 015592-01
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éoliennes en mer et l?information des parties prenantes, avec trois missions principales29 :
- regrouper, valoriser et rendre accessibles les connaissances qui existent déjà, y compris
le retour d?expérience des parcs à l?étranger ;
- acquérir des connaissances complémentaires sur le milieu marin ainsi que sur les inte-
ractions entre les éoliennes et la biodiversité marine (y compris la réduction des im-
pacts) ;
- contribuer à définir une méthodologie nationale scientifique pour l?évaluation et le suivi
des impacts environnementaux des parcs.
L'observatoire des énergies renouvelables et de la biodiversité : Un décret30, paru le
7 avril 2024, a créé l'observatoire des énergies renouvelables et de la biodiversité prévu
par la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies
renouvelables, dite Aper (article 20). Ce nouvel observatoire concerne exclusivement les
énergies renouvelables terrestres. Mis en oeuvre conjointement par l'Office français de la
biodiversité et l?Ademe, sous le pilotage stratégique du ministère de l?Économie et des
finances et du ministère de la Transition écologique, cet observatoire, via un comité
stratégique, réunira, au moins une fois par an, une assemblée de parties prenantes.
Au vu des enjeux décrits dans la SNB 2030 - « La France est le sixième pays hébergeant le plus
grand nombre d?espèces menacées inscrites sur la Liste rouge de l?UICN : sur plus de 12 500
espèces évaluées en France, plus de 2 700 espèces sont menacées, dont un quart sont des
espèces endémiques strictes » -, le besoin en recherche, en données et en expertise reste fort
avec des résultats qui se doivent d?être probants.
Il serait tentant de dire qu?une simplification par une réorganisation de ces structures pourrait
faciliter la lisibilité de leurs actions, mais la mission n?a pas poussé son étude dans le détail de leur
fonctionnement et considère, à ce stade, que les différentes coopérations engagées vont dans le
bon sens. Néanmoins, le CNPN pourrait nouer des contacts beaucoup plus formels avec ces
acteurs.
1.4 Savoir et puissance publique : des enjeux scientifiques,
environnementaux, économiques, sociétaux et politiques
Avant d?évoquer, dans la partie 2, les constats mentionnés lors des multiples auditions effectuées,
il convient de souligner les nombreux enjeux liés aux expertises et appuis scientifiques et
techniques.
1.4.1 Des enjeux scientifiques
La démarche scientifique permet d'accéder à une forme de connaissance qui reste toujours
tempérée en attendant qu'un nouvel élément la tranche définitivement ou encore provisoirement.
Cette vérité scientifique reste néanmoins garante de l'objectivité et de la validité des résultats grâce
notamment à la répétition et la confirmation des faits additionnées à des conclusions scientifiques
collectives.
Mais malgré les progrès de la connaissance, il subsiste de nombreuses incertitudes, dans les
domaines aussi complexes que le climat et le vivant, qui font l?objet de controverses. Ces dernières
émanent non seulement des scientifiques et des experts eux-mêmes en désaccord entre eux, mais
29 https://www.eoliennesenmer.fr/observatoire/presentation
30 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049375494
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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aussi des décideurs publics et privés, ce qui rend difficile l?élaboration de toute stratégie.
1.4.2 Des enjeux sociétaux
Les structures de recherche et d?expertise ainsi que le CNPN n?échappent pas aux contestations
voire à des polémiques qui ont certes toujours existé mais qui semblent aujourd?hui se multiplier.
La crédibilité des experts se trouve ainsi fréquemment remise en cause pour différentes raisons :
Des experts, souvent auto-proclamés, se sont bousculés, durant la crise du Covid19
notamment, sur les plateaux de télévision, délivrant leur vérité, souvent à titre individuel,
discréditant l?expertise dans son ensemble.
La posture militante, voir la radicalisation de certains experts, due pour partie à la frustration
de ne pas être entendus et de la non prise en compte de leur point de vue, a engendré le
doute sur leurs compétences et leur objectivité.
La maîtrise et la connaissance des sujets environnementaux favorisent l?engagement
sociétal des jeunes scientifiques, dont certains sont perçus davantage comme des citoyens
militants. Leur action et parole publique peuvent ainsi engendrer des réactions négatives à
leur égard et par extension à leur expertise.
En tendance générale, les chaînes d?information en continu et les réseaux sociaux, comme
pour bien d?autres thématiques, favorisent les polémiques et des prises de position
exacerbées et le relai sans recul d?actions de lobbying, quelles qu?elles soient. Ils se prêtent
mal aux débats nuancés, à l?échange d?arguments construits, et à la vérification des faits.
Le manque de culture scientifique dans la population, les médias et même souvent chez
les décideurs rend difficile la prise en compte et l?utilisation des connaissances et de
l?expertise pour la prise de décision.
L?accusation fréquente de conflit d?intérêt, qu?il soit simplement potentiel, pressenti ou
avéré.
Ces points cristallisent des oppositions entre le monde de l?expertise, le monde politique et le
monde économique. La protection de la nature n?échappe pas à ce mouvement, dans un contexte
où elle reste encore trop souvent perçue comme un enjeu secondaire.
1.4.3 Des enjeux politiques
La démocratie « environnementale », inscrite dans la Charte de l?environnement de 200531 et
reprise dans le Grenelle de l?environnement de 2007, reste fragile.
Pourtant, concomitamment à la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la
nature et des paysages, l?ordonnance du 3 août 201632 portant réforme des procédures destinées
à assurer l?information et la participation du public à l?élaboration de certaines décisions suscep-
tibles d?avoir une incidence sur l?environnement avait permis de franchir une nouvelle étape de
modernisation et de démocratisation du dialogue environnemental, mais ses avancées sont forte-
ment remises en cause ces dernières années.
31 Article 7 de la Charte de l?environnement : « Toute personne a le droit, dans les conditions et limites définies par
la loi, d?accéder aux informations relatives à l?environnement détenues par les autorités publiques et de participer
à l?élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l?environnement. »
32 Ordonnance prise dans le contexte des conflits de Notre-Dame-des-Landes et du barrage de Sivens.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Les principaux enjeux majeurs de l?ordonnance de 2016 étaient de :
« favoriser le passage à une société plus délibérative, de permettre grâce à des débats
encadrés de réduire la conflictualité, en d?autres termes de favoriser le passage d?une
« délibération chaude » à une « délibération froide », selon les termes de la Commission
nationale du débat public (CNDP)33 ;
permettre une transition écologique en passant de la pédagogie et l?acceptabilité à la
faisabilité des plans, programmes et projets, en les rendant soutenables par les habitants
et pour les territoires ;
renforcer durablement la confiance, dans un contexte de défiance de nos concitoyens
envers les institutions et l?expertise. ».
Nous nous retrouvons, dans le présent rapport, à traiter des mêmes problématiques et de la même
défiance, cette fois-ci, de nos institutions envers l?expertise et réciproquement ? alors que globa-
lement la défiance des citoyens à l?égard des pouvoirs publics reste d?actualité ?.
Cette suspicion s?illustre par le décalage entre les commandes d?expertise et les décisions
finalement prises ou pas prises par les instances de pouvoir (exemple : la réintroduction des ours
dans les Pyrénées34). Des décisions sont par ailleurs incomprises par les experts nationaux du
CNPN ou les experts régionaux des CSRPN, qui les jugent inappropriées au regard de leur
connaissance des territoires, de leur géographie et de leur histoire. Ils estiment que ces décisions
ignorent le travail qu?ils ont fourni, à la fois sur la forme et sur fond.
Selon un témoignage reçu par la mission, « les experts ont certainement surestimé les discours
politiques environnementaux et sont déçus quant à leur application » quand un autre affirme que
« les questions environnementales ne sont toujours pas encore considérées comme des enjeux
politiques majeurs ». C?est en effet le hiatus entre les discours et les actes qui peut interroger.
Les experts seraient sans doute moins amers s?ils constataient que les acteurs politiques, pour
beaucoup convaincus de la nécessité d?être accompagnés techniquement et scientifiquement dans
leurs décisions, manifestent avec plus de détermination le souci de respecter la loi et les objectifs
qu?ils ont eux-mêmes fixés en matière de protection de la nature.
1.4.4 Des enjeux de conciliation entre environnement et économie
Les avis obligatoires rendus par le CNPN sur les demandes de dérogations35 par les maîtres d?ou-
vrage à l?interdiction de destruction des espèces protégées restent le sujet particulièrement délicat
et sensible.
L?article L. 411-1 du code de l?environnement prévoit un système de protection stricte des espèces
faune et de flore sauvages. Cependant, l?article L. 411-2 précise qu?une demande de dérogation
33 Rapport du CGEDD, n° 013016-01 « Contribution au bilan de la réforme des procédures d?information et de
participation du public de 2016 », avril 2020.
34 Concernant le sujet des ours dans les Pyrénées, les experts préconisent l?introduction de nouveaux spécimens
pour éviter les risques de consanguinité mais les décisions de réintroduction ne sont pas prises, car jugées comme
inacceptables localement.
35 Sur les 623 avis du CNPN d?avril 2022 à décembre 2023, 546 avis émanent de la commission espèces et
communautés biologiques dont les demandes de dérogations.
PUBLIÉ
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peut être recevable sous certaines conditions36. Cette dérogation fait l?objet d?un avis consultatif
obligatoire du CNPN pour certaines espèces.
D?une part, cette disposition continue d?être perçue par les pétitionnaires auditionnés comme une
procédure « pointilleuse et tracassière » qui ralentirait les dossiers et les avis.
D?autre part, « sous prétexte d?une réglementation administrative », les aménageurs publics et pri-
vés ont la conscience de « demander une autorisation à détruire » selon une personne rencontrée
et ont l?impression de « devoir contourner les règles ».
S?en suit la crainte des avis du CNPN, et surtout une forme de lassitude des maîtres d?ouvrage de
recevoir des avis défavorables à leurs projets, qui, s?ils ne sont suivis par l?État, alimenteront quasi
systématiquement des recours juridiques, déposés la plupart du temps par les associations
environnementales.
Cette situation ne favorise ni la compréhension, pour les uns (scientifiques, experts, ONG?), des
projets économiques liés pour certains d?entre eux à la souveraineté industrielle et énergétique de
la France, ni l?appropriation, pour les autres (pétitionnaires), des enjeux environnementaux, ni le
respect, encore une fois, du travail fourni et des arguments scientifiques avancés.
La conciliation entre les enjeux économiques et la protection de la nature ne pourra se faire, à notre
sens, que sur la base d?arguments scientifiques, malgré les incertitudes associées.
36 1. Il n?existe pas d?autre solution satisfaisante, pouvant être évaluée par une tierce expertise menée, à la
demande de l?autorité compétente, par un organisme extérieur choisi en accord avec elle, aux frais du pétitionnaire.
2. La dérogation ne nuit pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces
concernées dans leur aire de répartition naturelle.
3. Le projet s?inscrit dans un des cinq objectifs, parmi lesquels la protection de la faune et de la flore sauvages et
de la conservation des habitats naturels, la prévention des dommages importants aux cultures, à l?élevage, aux
forêts, aux pêcheries, aux eaux et à d?autres formes de propriété, ou un intérêt pour la santé et la sécurité publique
ou d?autres raisons impératives d?intérêt public majeur, y compris de nature sociale ou économique.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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2 La diversité des modèles européens
Une fois la situation française explicitée, la mission avait pour commande de « mettre en exergue
les principales modalités d?organisation de l?expertise scientifique et technique apportée aux
ministres chargés de la protection de la nature au sein des pays membres de l?Union européenne,
en particulier pour les projets, plans et programmes qu?ils mettent en oeuvre ».
Après avoir pris l?attache de la direction des affaires économiques et internationales (DAEI), la
mission a suivi la procédure de parangonnage mise en place par la direction générale du trésor
(DG Trésor) auprès des services économiques régionaux (SRE) des ambassades de France. Cette
procédure prévoit la rédaction d?un questionnaire respectant un plan type, ne comportant pas plus
de huit questions et concernant au maximum huit pays.
Au vu de leur géographie, de leur histoire et de leur culture, la mission a sélectionné six pays de
l?Union européenne, l?Allemagne, l?Espagne, l?Italie, les Pays-Bas, la Suède, la république Tchèque
ainsi que le Royaume-Uni, hors Union européenne, en raison de sa forte sensibilité naturaliste.
En accord avec la DG Trésor, les questionnaires ont été adressés aux conseillers développement
durable (CDD) des ambassades. Ces agents du MTE, en poste dans certains SRE, couvrent un
pays ou une zone géographique cohérente (exemple : Espagne / Andorre / Portugal ou Pays-Bas
/ Belgique / Luxembourg).
Au retour des questionnaires, la mission a contacté les CDD pour une meilleure compréhension
des éléments recueillis et, le cas échéant, solliciter des contacts avec des fonctionnaires ou parties
prenantes locaux.
Les missionnés ont parallèlement engagé des démarches directement auprès des administrations
des pays sélectionnés et auprès de personnes diversement recommandées37. Ils ont également
tenté de contacter des États membres, autres que ceux initialement sélectionnés - Autriche,
Belgique, Danemark, Pologne, Slovaquie, Slovénie et Suisse.
Il s?est avéré particulièrement compliqué pour la mission d?avoir des contacts pertinents et d?obtenir
des réponses sur cette expertise scientifique et technique pour plusieurs raisons :
la difficulté d?obtenir de la DEB les coordonnées de ses homologues européens ;
les inexactitudes dans les informations transmises par la DAEI et la DG Trésor concernant
le réseau des services économiques régionaux en Europe ;
la connaissance limitée du système français et en particulier du rôle du CNPN par les
conseillers développement durable, ce qui n?enlève rien à leur sérieux et leur volonté de
répondre au mieux au questionnaire et aux interrogations des missionnés.
Le modèle français du CNPN a par contre largement intéressé nos interlocuteurs (par exemple la
procédure de désignation des membres du CNPN en l?Allemagne), de même que les modalités de
gestion de dossiers sensibles concernant certaines espèces (dossier loups pour la Tchéquie).
Malgré de nombreuses prises de contacts, suivies de maintes relances, les éléments recueillis
dans chacun des pays ne sont pas à la hauteur des attentes des missionnés.
Ces retours décevants, voire l?absence de retours, peuvent s?expliquer par la méconnaissance de
la part de nos interlocuteurs du dispositif français (malgré l?explication systématique, écrite et orale,
par les missionnés), par le temps nécessaire à consacrer à cette demande ou tout simplement par
le défaut de n?avoir pu identifier le bon interlocuteur dans les pays sélectionnés.
37 Membres de l?IGEDD, UICN, DEB.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Au final la mission a pu constater qu?il n?y a qu?un France qu?une structure comme le CNPN
français est sollicitée directement par les ministres chargés de la protection de la nature
pour émettre un avis rendu sous la forme d?une opinion formalisée par une délibération.
Néanmoins, quelques pratiques méritent d?être mentionnées ici et prise en considération, même si
leur transposition en France reste hasardeuse, tant notre système administratif et culturel est
différent.
Au vu de ces éléments, la mission a fait le choix de mettre en valeur des pratiques
européennes identifiées en fin de certaines sous-parties (cf annexes de 6 à 12).
Par ailleurs, eu égard à l?intérêt de certains pays interrogés et à l?issue d?une audition avec la
Direction générale environnement (DG Environnement) de la Commission européenne, la mission
suggère que la France expose son modèle à un groupe de travail à l?échelle européenne sur cette
question de l?expertise technique et scientifique en appui aux décisions publiques.
L?institution européenne admettant elle-même une connaissance insuffisante de l?organisation de
chacun des États membres et chaque État membre ignorant les pratiques de ses voisins, cette
présentation serait utile lors de l?évaluation de la stratégie européenne pour la biodiversité et la
construction des suivantes. La DEB en particulier pourrait ainsi se confronter aux modes de fonc-
tionnement de ses partenaires, avec un CNPN qui devrait être largement impliqué dans cette ini-
tiative.
La DG Environnement a tout de même informé la mission de « l?utilisation fréquente des rapports
du CNPN, notamment pour instruire les plaintes à la Cour de justice », en précisant « qu?ils sont
très solides et offrent une excellente base d?informations et données ».
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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3 Le CNPN confronté à des difficultés
3.1 Des difficultés liées à son organisation
L?organisation actuelle du CNPN telle que prévue dans le décret et le règlement intérieur peut être
à l?origine de certaines difficultés évoquées dans la lettre de commande ministérielle.
Comme indiqué précédemment, le CNPN a été créé par décret en 1946 en tant que « conseil »,
c?est-à-dire « l?assemblée de personnes qualifiées, chargée de fournir des avis à l?autorité compé-
tente sur les questions qui lui sont soumises, ou de prendre des décisions »38, auprès de la Direc-
tion générale de l?architecture au ministère de l?Éducation nationale qui en assurait le secrétariat.
La loi de 2016 ne modifie pas le statut du CNPN qui reste toujours un « conseil » chargé d?apporter,
par ses avis, une expertise scientifique et technique (article 14), et renvoie à un décret en conseil
d?État pour en préciser les compétences, les modalités de fonctionnement et la composition.
Ce décret, n°2017-342 du 17 mars 2017, déjà mentionné en partie 1.2.3.39 a été codifié dans une
sous-section du Code de l?environnement dans laquelle ces divers points sont définis (articles R.
134-20 à 33). Il renvoie à plusieurs reprises au règlement intérieur du conseil.
Malgré son indépendance affichée dans le décret à l?article R. 134-21 et dans l?article 12 du règle-
ment intérieur, le CNPN dépend entièrement des moyens humains et financiers mis à disposition
par la DEB.
3.1.1 Des moyens supports à reconsidérer
L?article R. 134-25 prévoit que « le secrétariat administratif du conseil est assuré par le ministère
chargé de la protection de la nature, qui établit les convocations, les procès-verbaux et les rapports
annuels d?activité ».
Les moyens supports du CNPN sont pris en charge au sein de la sous-direction « protection et
restauration des écosystèmes terrestres » (ET) de la direction de l?eau et de la biodiversité par des
agents dépendant de quatre bureaux différents.
3.1.1.1 Des moyens humains dispersés
Sept agents de la sous-direction ET, répartis ainsi entre quatre bureaux et représentant environ
quatre ETP, travaillent pour le CNPN :
Bureau ET1 (1,5 ETP) : une personne à 60% chargée de l?organisation des réunions
plénières et du bureau, ainsi que de la mise à jour de la publication des avis et une
personne à 90%, chargée de la gestion des frais de déplacement et fonctionnement.
Bureau ET2 (0,15/0,20 ETP) : une personne consacre entre 15 % et 20% de son temps à
l?organisation des réunions de la commission CEP sur les réserves biologiques et
demandes RAMSAR40.
Bureau ET4 (2 ETP) : deux agents à temps plein traitent les demandes de dérogations
38 In https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9C3674
39 Légifrance - Publications officielles - Journal officiel - JORF n° 0066 du 18/03/2017 (legifrance.gouv.fr)
40 Convention de Ramsar (Iran - 1971), traité international qui prône la conservation et l?utilisation rationnelle des
zones humides d?importance internationale.
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=-Y4VyfxhK888efRlpa3aX6BVOO4Ees1U922iCwIn4_8=
Rapport n° 015592-01
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espèces protégées transmises par les DREAL via l?outil ONAGRE 41 et leur suivi en
collaboration avec le président et le vice-président de la commission ECB.
Bureau ET5 (0,15/0,20 ETP) : deux personnes organisent les réunions de la commission
CEP sur les dossiers de parc naturels régionaux.
Cette organisation appelle plusieurs remarques :
Les deux agents du bureau ET1 assurent, chaque année, la logistique des 11 réunions
plénières et des 11 réunions du bureau du CNPN, ainsi que la gestion des dépenses liées
aux déplacements et aux indemnités des membres. L?émission de 623 avis et la tenue de
76 réunions depuis avril 202242 induisent un travail important (logistique, procès-verbaux,
publication des avis, gestion du site internet, frais de mission, indemnités?). On peut donc
légitimement s?interroger sur l?adéquation des moyens humains mis à disposition, sachant
par ailleurs que ces deux agents assurent la même mission pour le CNB.
L?aide reçue par les commissions n?est pas exactement de même nature. La commission
CEP reçoit l?assistance de chargés de missions des bureaux ET2 (parcs nationaux et
réserves naturelles) et ET5 (parcs naturels régionaux) qui préparent les dossiers et
assistent les membres dans leurs travaux et leurs déplacements sur le terrain. Pour la
commission ECB, les dossiers sont identifiés à ET4 dans le logiciel ONAGRE par les
agents qui les transmettent ensuite au président et au vice-président pour attribution aux
membres et en font un suivi administratif.
Contrairement aux bureaux ET2 et ET5 pour la commission CEP, le bureau ET4 n?apporte
pas d?assistance dans le traitement des dossiers. Les membres de la commission ECB
sont donc confrontés à une charge de travail importante sur des dossiers par nature plus
sensibles.
Il n?est pas prévu d?appui à l?organisation des réunions des commissions et des groupes
de travail.
Le recours à des agents dépendant de bureaux différents, intervenant à des degrés divers ne
facilite pas la coordination du support, ni du point de vue de la DEB ni de celui du CNPN.
Le regroupement au sein d?un bureau unique des missions de support, y compris celles actuelle-
ment non prises en charge, serait très certainement de nature à améliorer cette situation. Le CNB
profiterait ainsi de cette évolution.
Cette organisation pourrait être une réponse ayant l?avantage d?être effective rapidement, tout en
préservant une autre possible et future coordination tels qu?évoqué au point 4.1.
41 Logiciel utilisé pour la gestion des demandes de dérogation « espèces protégées ».
42 Note du 12 mars 2024 du bureau de la biodiversité à Madame la directrice de l?eau et de la biodiversité.
PUBLIÉ
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En Allemagne
La mission a été en contact avec le « conseil d?experts pour les questions environnementales »
(Sachverständigenrat für Umweltfragen43), organe consultatif scientifique sur la politique environ-
nementale, créé en 1972, qui établit des rapports à la demande du gouvernement fédéral. Le con-
seil est composé de sept scientifiques, tous titulaires d?une chaire universitaire, désignés par le
ministre pour 5 ans. Leurs activités pour le conseil viennent en plus de leur travail universitaire. Un
secrétariat général, composé de huit personnes, peut les assister dans des domaines très variés
comme l?organisation des missions, la recherche documentaire et la conception de supports.
Aux Pays-Bas
Les demandes de dérogations « espèces protégées » sont gérées au niveau ministériel ou provin-
cial en fonction du type de dossier par un binôme juriste et écologue. Toutes les activités support
relatives aux expertises sont prises en charge par l?administration.
En Espagne
Les projets de textes législatifs et de plans concernant l'environnement sont discutés au sein d'une
instance réunissant le ministère de l'environnement et les représentants régionaux, la conférence
sectorielle de l'environnement naturel (CSE). Ses travaux s'appuient sur la commission d?État du
patrimoine et de la biodiversité qui compte 6 comités thématiques et des groupes de travail ad hoc
si besoin. Le support de ces structures est pris en charge par l?État.
Prise en charge
des activités support
Avantage Inconvénient
Par les services support de l?admi-
nistration en général (ex : SG)
Prise en charge par des person-
nels dont c?est le métier
Pas de traitement personnalisé,
les dossiers sont instruits avec
tous les autres ? manque de
proximité
Par un service dédié (ex : ET/DEB)
Prise en charge par des personnels
dont c?est le métier
Bonne connaissance des sujets et
des enjeux ? réactivité
Des agents non spécifiquement dé-
diés
Par les membres du CNPN (hors
indemnités et frais de mission)
Économie de moyen pour l?admi-
nistration
Charge de travail supplémentaire,
diminuant le temps consacré à l?ex-
pertise. Mauvaise connaissance
des procédures. Risques psycho-
sociaux accrus
3.1.1.2 Moyens financiers à préciser
Le budget consacré au CNPN est composé des indemnités versées aux membres (présence, rap-
portage, frais de déplacement) et de frais annexes (rédaction des comptes rendus?). Il est porté
par la DEB. Les indemnités et leurs montants sont fixés par un arrêté qui a été revu en juillet 2024.
Cette modification a essentiellement porté sur la redéfinition des indemnités et leur revalorisation.
D?après les éléments fournis par la DEB, l?établissement d?un suivi des dépenses liées au CNPN
est malaisé. Les indemnités de présence et de remise de rapport font l?objet d?un suivi nominatif,
43 https://www.umweltrat.de/DE/SRU/sru_node.html
Les pratiques européennes
PUBLIÉ
https://www.umweltrat.de/DE/SRU/sru_node.html
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
européenne
Page 31/120
alors que les frais de missions sont globalisés avec ceux de toute la direction dans l?application
dédiée (Chorus DT), ce qui rend leur identification plus complexe.
Une note de la sous-direction ET, datée de mars 2024, donne les éléments budgétaires suivants :
Dépenses 2023
2025
rapportage simple
2025
rapportage double
Indemnités liées aux rapports 7 070 ¤ 25 430 ¤ (1) 36 410 ¤ (1)
Indemnité de présence (2) 36 920 ¤ 36 920 ¤ 36 920 ¤
Frais de mission Non disponible Non disponible Non disponible
Frais de compte rendu (3) 20 860 ¤ 20 860 ¤ 20 860 ¤
Frais de déplacement des experts
extérieurs (4)
7 000 ¤ 7 000 ¤ 7 000 ¤
Total (hors frais de déplacement) 64 850 ¤ 90 210 ¤ 101 190 ¤
(1) Estimation sur la base d?un nombre et d?une typologie de dossier identique et des nouveaux taux d?indemni-
sation.
(2) Les indemnités de présence n?ont pas été réévaluées, calcul pour 2025 sur la même base du nombre de pré-
sence qu?en 2023.
(3) Les comptes rendus sont réalisés par un prestataire à partir de l?enregistrement des séances, le montant indiqué
ne comprend pas les frais de repas.
(4) Estimation faute de données disponibles.
Le montant annuel des frais de mission44, non disponible, est probablement important si l?on con-
sidère le nombre de réunions, de participants, et l?origine géographique des participants, notam-
ment ceux issus des outre-mer, même si, depuis la crise sanitaire de 2020, certaines réunions
plénières et de commissions se sont déroulées en visioconférence. Il serait souhaitable qu?un suivi
précis des dépenses soit mis en place.
La question des indemnités et de leur niveau a fait l?objet de discussions soutenues entre l?admi-
nistration et le CNPN.
Ce point ne fait toujours pas consensus au sein du conseil, certains membres se souhaitant pas
être indemnisés, notamment arguant du fait qu?une indemnisation ne serait pas compatible avec
l?indépendance requise par la fonction, d?autres estimant à l?inverse le niveau proposé trop bas au
regard des contraintes et du travail effectué. Ces deux appréciations s?expliquent essentiellement
par la différence de statut des membres, puisque certains, plutôt opposés à une indemnisation, ne
sont plus en activité quand d?autres y sont favorables, prenant du temps sur leur fonction profes-
sionnelle pour répondre aux besoins du CNPN. Comme indiqué précédemment, bien que les in-
demnités aient été revalorisées, la question semble rester ouverte.
44 https://www.service-
public.fr/particuliers/vosdroits/F527/personnalisation/resultat?lang=&quest0=0&quest1=2&quest2=0&quest=
PUBLIÉ
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F527/personnalisation/resultat?lang=&quest0=0&quest1=2&quest2=0&quest=
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F527/personnalisation/resultat?lang=&quest0=0&quest1=2&quest2=0&quest=
Rapport n° 015592-01
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Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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En Allemagne, aux Pays-Bas, en République tchèque
Lors de ses recherches sur les pratiques dans d?autres pays de l?Union européenne, la mission a
pu identifier trois grands types d?approches de la question indemnitaire qui peuvent d?ailleurs
coexister en fonctions des types de projets ou de leur localisation :
? Le recours à des scientifiques indépendants nommés pour une période déterminée dans un
comité chargé de rendre des avis et des expertises :
C?est notamment le cas du « conseil d?experts pour les questions environnementales » en Alle-
magne évoqués au paragraphe précédent. Ses membres, outre la prise en charge de tous leurs
frais professionnels, bénéficient d?une indemnité mensuelle forfaitaire de 1 500 ¤ à 2 000 ¤.
? Le recours à des agents publics et à des experts extérieurs en cas de besoin :
Aux Pays-Bas, les demandes de dérogations pour les espèces protégées, en fonction de la nature
du projet, sont instruites par le ministère de l?agriculture, de la pêche, de la sécurité alimentaire et
de la nature ou les administrations provinciales qui désignent en interne un juriste et un écologue.
Le coût est donc intégré au budget de l?administration. En cas de besoin de compétences spéci-
fiques non disponibles en interne, une expertise peut être sollicitée, elle sera rémunérée par l?ad-
ministration « au prix du marché ».
? Le recours à des experts extérieurs :
En République tchèque, les expertises scientifiques et techniques pour les projets d?aménage-
ment sont fournies par les maîtres d?ouvrage qui sont libres du choix des prestataires. Les exper-
tises sont jointes au dossier qui sera ensuite instruit par l?autorité publique compétente. Les coûts
de l?expertise sont portés par le projet.
Ces différentes approches ont leurs avantages et leurs inconvénients en termes financiers :
Origine des expertises Avantage Inconvénient
Comités indépendants indemnisa-
tion variable
Dépenses reflètent l?activité du co-
mité
Le budget exact n?est pas connu à
l?avance
Comité indépendant indemnisation
forfaitaire
Le budget est connu et fixe Le forfait ne reflète pas l?activité
Administrations
Le coût est intégré au budget de
l?administration et il est connu à
l?avance
Un budget complémentaire difficile
à évaluer doit être envisagé en cas
de besoins d?experts extérieurs
Acteurs privés
Pas d?impact direct sur le budget
public
Le coût de l?expertise est intégré au
montant total du projet sur lequel la
puissance publique n?a pas de
prise, pas plus que sur le choix des
experts
En tout état de cause, la construction d?un budget prévisionnel annuel voire pluriannuel par la DEB,
plus détaillé et précis, s?avère désormais indispensable même si la mission est consciente de la
difficulté de l?exercice, étant donné l?impossibilité de prévoir à l?avance la disponibilité des membres
et donc de leurs indemnités de présence et autres frais de déplacement. Un suivi rigoureux et
régulier est d?autant plus nécessaire.
Les pratiques européennes
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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[DEB] Centraliser dans un bureau au sein de la sous-direction
« protection et restauration des écosystèmes terrestres » de la direction de l?eau et de la
biodiversité les activités supports du CNPN. Construire un budget prévisionnel pour le
fonctionnement du CNPN et en assurer un suivi régulier.
3.1.2 Une composition à questionner
Pour mémoire, le conseil est composé de 60 membres, titulaires et suppléants (article 134-22),
tous « experts désignés pour leur compétence scientifique ou technique et leur expérience », « re-
présentant toutes les disciplines des sciences de la vie et de la terre, des sciences écologiques,
ainsi que des sciences humaines et sociales pour les milieux terrestres, fluviaux et marins de mé-
tropole et des outre-mer » (article R. 134-21). Ils sont nommés par le ministre chargé de la protec-
tion de la nature après un appel à candidature (article R. 134-23) et leur sélection tient compte des
critères de compétences cités plus haut ainsi que de la parité femmes/hommes (article R. 134-24).
La mission a relevé plusieurs points pouvant conduire à des difficultés de fonctionnement :
Les critères de sélection
La réglementation prévoit de choisir les membres du CNPN de façon à couvrir un spectre
de compétences très large. Il s?avère, dans les faits, que certaines spécialités sont très peu
sollicitées, ce qui est démobilisateur pour les experts concernés. Il serait peut-être
préférable pour les domaines de compétences concernés d?avoir recours à des
expertises extérieures ponctuelles.
Le processus de sélection
Les membres du comité sont nommés « intuitu personae » au terme d?un processus au
cours duquel chaque candidat fournit « un curriculum vitae détaillé comprenant la liste de
ses publications et la liste des liens d?intérêts de toute nature qu?il a, ou a eus pendant les
cinq années précédentes, avec des entreprises, établissements ou organismes dont les
activités, les techniques ou les produits sont susceptibles d?avoir une incidence sur la
biodiversité ainsi qu?avec des sociétés ou organismes de conseil intervenant dans les
secteurs de la compétence du conseil » et « une indication de sa disponibilité prévisible
pour exercer cette fonction ».
Il n?y a pas de comité d?audition qui permettrait de préciser les diverses composantes du CV et
d?avoir un dialogue sur les attentes mutuelles, les obligations, notamment déontologiques, et les
contraintes. La mise en place d?un « entretien » aurait probablement la vertu d?aborder ces ques-
tions en amont et pourrait permettre d?éviter des situations conflictuelles, telles que celles
survenues dans un passé récent.
Le vivier de membres potentiels
À plusieurs reprises au cours des entretiens, la question du vivier de membres potentiels
a été évoquée. Ce vivier est relativement restreint et doit permettre de nommer des
membres du CNPN ainsi que des CSRPN. L?extension du vivier est une question complexe
qui ne peut se traiter que sur la durée et en travaillant sur des paramètres, comme
l?attractivité de l?expertise pour les chercheurs, sa valorisation dans leur carrière ou la
question de décharges professionnelles qui pourraient être mises en place.
Le nombre de membres et la distinction titulaire/suppléant
Ce sont au total 60 experts qui sont nommés. Chaque titulaire a un suppléant désigné. Les
suppléants peuvent au même titre que les titulaires siéger dans les diverses commissions
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
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et groupes de travail et prendre en charge des dossiers. Bien qu?ils aient en principe
d?abord vocation à siéger en l?absence du titulaire, ils peuvent aussi participer aux réunions
en même temps que le titulaire, mais dans ce cas, ils n?ont ni voix délibérative ni droit aux
indemnités de présence, ce qui n?incite pas forcément à un investissement plein et entier.
La mission estime qu?il serait bénéfique de supprimer le statut de suppléant pour
n?avoir que des titulaires tout en baissant le nombre de membres.
Pour que le CNPN puisse délibérer valablement, le règlement intérieur (article 13) prévoit un quo-
rum de 15 membres ayant voix au vote, soit la moitié des membres présents ou représentés par
leur suppléant (soit le quart de l?effectif global). Ce même règlement prévoit qu?aucun quorum n?est
exigé suite à une seconde convocation. En cas de besoin, le CNPN peut faire son affaire de mo-
difier ces dispositions s?il devait faire sienne cette proposition de réduire le nombre de ses
membres. La mission estime ne pas avoir les éléments lui permettant de formuler une proposition
quant au nombre pertinent de membres et invite la DEB et le CNPN à travailler sur cette question
en vue du prochain renouvellement.
Même si la mission n?avait pas souhaité initialement proposer de modification du décret, certaines
propositions, si elles sont retenues, impliqueront sa réécriture sinon dans son ensemble, du moins
concernant quelques points mentionnés ci-dessus et ci-après.
[DEB/CNPN] Dans le cadre du renouvellement du CNPN, engager un
travail pour mettre en place un comité d?audition, revoir la composition de l?instance,
notamment en ne nommant que des titulaires, en réduisant le nombre total de membres, en
prévoyant le recours à des experts extérieurs en cas de besoins spécifiques et en instituant
une décharge professionnelle.
3.1.3 Une charge de travail conséquente
Le sujet de la charge de travail est revenu très souvent dans les discussions. Cette charge est
décrite comme importante et inégalement répartie45.
Le tableau de suivi des participations aux réunions et de la rédaction des rapports établi par la
sous-direction ET pour 2023 apporte les éléments suivants :
3.1.3.1 La participation aux réunions :
CNPN plénier
45 Les graphiques qui suivent ont été réalisés par la mission.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Le CNPN s?est réuni à 11 reprises en 2023. Ces graphiques montrent une présence forte et régu-
lière des titulaires, la moyenne des participations se situant à 7,8 réunions sur les 11. À noter qu?un
titulaire n?a participé à aucune réunion et qu?à l?inverse 5 titulaires ont participé aux 11 réunions.
Pour les suppléants, logiquement, la moyenne des participations est beaucoup plus faible, à 2,2
réunions, ce qui tend à valider leur moindre investissement (cf. partie 2.1.3. § 4).
Commission CEP
0
10
20
6 6
4 5
1 2 1 1 1 2 10 1 2 3 4 5 6
8 9 10 11
CNPN plénier : nombre de participations
par suppléant
nombre de suppléants nombre de participation
0
10
20
1 1
3 3 3
7
4
1 2
5
0
4 5 6 7 8 9 9,5 10 11
CNPN plénier : nombre de participations
par titulaire
nombre de titulaires nombre de participation
0
10
20
1 1 2 1
3 3
5
1 2 2
0 0
1 2 3
7 8 9 10 11 12 13 14 15
CEP : nombre de participations par titulaire
nombre de titulaires nombre de participation
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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La commission CEP s?est réunie 15 fois. Pour mémoire, elle compte 21 titulaires et autant de sup-
pléants. La moyenne des participations pour les titulaires est de 5,3 réunions sur l?année. En ce
qui concerne les suppléants, on constate une participation moyenne à 2,6 réunions avec 6 per-
sonnes n?ayant participé à aucune réunion.
Commission ECB
0
5
10
15
6
3
1 2
4
1 1 1 1 1 0 0 0 0
0
2 3 4 5 6 7 8 9
11 12 13 14 15
CEP: nombre de participations par suppléant
nombre de suppléants nombre de participation
0
10
20
0 0 0 0
2 1 2
4 5 5
20 1 2 3 4 5
7 8 9 10 11
ECB : nombre de participations par titulaire
nombre de titulaires nombre de participation
0
10
20
7
2 2 3 2 2 3
0 0 0 0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
ECB : nombre de participations par suppléant
nombre de suppléants nombre de participation
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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En ce qui concerne la commission ECB, les titulaires ont participé en moyenne à 8,4 réunions et
les suppléants à 2,4 réunions (7 suppléants n?ont participé à aucune réunion).
L?analyse brute de ces données montre une participation générale bien plus faible des suppléants
aux diverses réunions. Il convient cependant de garder à l?esprit qu?en ce qui concerne les com-
missions, certains membres sont titulaires de l?une et suppléants de l?autre, ce qui peut aussi ex-
pliquer une moyenne de participation plus faible.
3.1.3.2 Le traitement des dossiers
Commission CEP
Ce graphique montre le nombre d?indemnités de rapportage perçues en fonction du statut des
membres.
Ces chiffres sont issus d?un bilan de la DEB indiquant pour chaque membre le total des
indemnisations reçues en 2023 (un rapportage seul est compté pour un taux d?indemnité et un
rapportage à deux pour un demi-taux). Le bilan n?indique pas le détail des taux perçus. Ainsi, par
exemple, 2 titulaires ont perçu 3,5 taux, le nombre de dossiers traités se situe donc entre 4 (3 en
rapportage seul et 1 en rapportage double) et 7 dossiers (7 dossiers en rapportage double). En
dépit de son imprécision, ce graphique donne une idée de l?activité des membres et montre que 11
titulaires sur 21 et 14 suppléants sur 21 n?ont pas traité de dossier.
nombre d'indemnités?
Suppléant
Titulaire
0
2
4
6
8
10
12
14
0 0,5 1
1,5 2
2,5 3,5
14
6
1
11
2
2 2
1 1
2
CEP: nombre d'indemnités de rapports perçues en fonction du
statut
nombre d'indemnités
de rapports perçues
Suppléant Titulaire
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Commission ECB
En ce qui concerne la commission ECB, il apparait une concentration importante du traitement des
dossiers par quelques personnes, ce qui confirme le graphique suivant :
La moitié des dossiers (52,45%) est traité par 4 personnes, dont le président et le vice-président
de la commission, qui considère qu?il leur est nécessaire de relire tous les dossiers avant présen-
tation en commission. Ces éléments confirment les propos recueillis en entretien tout en permettant
d?avoir une vision plus nuancée en fonction du statut des membres et du type de dossiers. La
charge de travail induite pourrait être régulée par un système de « tour » de relecture incluant tous
les membres de la commission, comme le pratique par exemple l?Autorité environnementale.
La charge la plus forte semble en tout état de cause portée par la commission ECB et il conviendrait
que le CNPN étudie plus avant les raisons de ce constat.
0
20
40
60
80
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21
1 3 1 2 1 2 1 3 2 1 1 31 1 1 1 3 2 1 1 2 2 1 2 1 1 1
61
43
28
18 16 15 14 13 12 11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0
ECB : nombre de rapports par statuts
Suppléant Titulaire nombre de rapports
21,33%
36,36%
46,15%
52,45%
58,04%
63,29%
68,18%
72,73%
76,92%
80,77%
84,27%
87,41%
90,21%
92,66%
94,76%
96,50%
97,90%
98,95%
99,65%
100,00%
100,00%
0,00%
10,00%
20,00%
30,00%
40,00%
50,00%
60,00%
70,00%
80,00%
90,00%
100,00%
1 2 3 4 5 8 13 15 16 18 20 23 24 26 29 32 33 36 38 39 42
Nombre de dossiers cumulés
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Il convient de rappeler aussi que l'article R. 134-32 du code de l?environnement, repris à l'article 21 du
règlement intérieur, prévoit: « En cas de manquement d'un membre du conseil aux principes
encadrant l'exercice de ses missions fixés par le règlement intérieur ou aux règles de déontologie,
ou après trois absences non justifiées au cours d'une même année, il peut être procédé à son
remplacement pour la durée de son mandat restant à courir par une personne désignée dans les
mêmes conditions. Le membre concerné est préalablement invité à présenter ses observations. »
3.1.4 Les sciences humaines et sociales peu représentées
Parmi les trente membres titulaires, seuls deux membres ont des compétences en sciences poli-
tiques et en sociologie46 et un membre en philosophie. Même si ce n?est pas son « métier » pre-
mier, le CNPN ne peut faire aujourd?hui abstraction d?études et de débats sur le social humain et
sur les interactions sociales entre les individus, les groupes et leurs environnements. Le territoire
français, hexagone et outre-mer, riche de sa diversité historique, culturelle et géographique ne peut
être appréhendé de manière uniforme et les spécificités locales méritent d?être expliquées chaque
fois que nécessaire dans la partie « contexte » des avis.
La description, l?analyse et l?explication de certains phénomènes traversant la société pourraient
régulièrement alimenter la réflexion des membres du CNPN, sans pour autant perdre de vue sa
vocation à travailler sur la protection de la nature. Mieux comprendre les comportements, les
modes de penser, et comment cela peut influencer la société permettrait sans doute de mieux
répondre aux détracteurs du CNPN, et de la réglementation de protection de la nature en général.
Cela pourrait aussi alerter sur des sujets émergeants, permettant alors une anticipation construc-
tive.
Cette meilleure intégration des sciences humaines et sociales est à prendre en considération et
peut faire l?objet, dès à présent, d?invitations spécifiques et ponctuelles de spécialistes à l?occasion
des pléniers. En tant que de besoins, il pourra être envisagé, lors du prochain renouvellement du
CNPN, d?intégrer plus de membres spécialisés en sciences humaines et sociales ou de continuer
avec des personnes qualifiées extérieures.
[DEB/CNPN] Renforcer au sein du CNPN l?éclairage particulier par les
sciences humaines et sociales, nécessaire à la compréhension des sujets et notamment le
rapport de l?homme à la nature.
3.1.5 Un cadre déontologique imparfait
Lors de leur nomination, les membres du CNPN se doivent de com-
muniquer une lettre de motivation et un curriculum vitae précisant
leurs relations directes ou indirectes avec des organismes en lien
avec les sujets traités par le CNPN. La charte de déontologie du
CNPN (ci-contre annexe 1 du règlement intérieur) est alors signée
par chacun des membres, principalement pour éviter tout conflit
d?intérêts.
Ainsi, chaque membre doit « attester de la sincérité des liens d?in-
térêts qui ont été listés dans le curriculum vitae » lors de sa candi-
dature au CNPN et « actualiser la liste des liens d?intérêt de sa
46 Source : trombinoscope du CNPN
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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propre initiative, dès qu?un changement est susceptible de modifier significativement la déclaration
antérieure ».
Et « en cas de conflit d?intérêts en lien avec un sujet traité, le membre concerné ne peut pas prendre
part aux délibérations ou rapporter. Sollicité par le membre, le président du CNPN ou des commis-
sions concernées peut cependant autoriser ce membre à participer aux débats préalables sans
assister ni participer aux votes, ni à leur préparation ».
Les membres se sont ainsi engagés, par la signature de la charte de déontologie, à respecter les
« obligations de secret professionnel, de réserve et d?indépendance ».
Cette charte a donc pour objectif de prévenir des situations de conflits d?intérêts, de nature à fragi-
liser la légitimité et la crédibilité de l?instance, de l?ensemble de ses membres et de ses travaux,
ainsi qu?à garantir la confidentialité de ses activités.
La question des conflits d?intérêts a particulièrement fait surface à l?occasion de l?autosaisine du
CNPN « relative à la nécessité de l'évaluation des impacts de l'aménagement de la retenue de
substitution de Sainte-Soline sur la population reproductrice de l'Outarde canepetière et la faune
protégée de la plaine poitevine »47 et a généré une nouvelle tension provoquant la défiance de la
puissance publique à l?égard du CNPN, évoquée dans la lettre de commande.
Le CNPN avait alors déploré son absence de saisie par l?État sur ce projet et a délibéré en plénier :
« Considérant les impacts prévisibles directs et indirects sur l?Outarde canepetière, espèce
d?intérêt communautaire et protégée au niveau national (Arrêté ministériel du 29 octobre 2009) et
précisément inscrite à l?arrêté ministériel du 6 janvier 2020, fixant la liste des espèces animales à
la protection desquelles il ne peut être dérogé qu?après avis du Conseil National de la Protection
de la Nature et faisant, de surcroit, l?objet d?un troisième Plan National d?Action (PNA) validé par le
CNPN en décembre 2018, le projet aurait dû être présenté pour avis au CNPN, tel que le prévoit
la loi. ».
L?administration a dénoncé qu?un membre du CNPN ait omis de signaler des liens familiaux con-
duisant potentiellement à une situation de conflit d?intérêt.
Ce projet de la retenue d?eau de Sainte-Soline dénoncé par des associations environnementales
et fortement médiatisé a plus largement révélé la posture de certains membres (prises de position
plus ou moins politiques, appartenance à des mouvements associatifs?) préjudiciable à la crédi-
bilité de l?instance.
Cette situation, qui interroge globalement sur l?engagement public des scientifiques et des experts,
n?est nullement spécifique au CNPN.
Récemment, dans un article du Monde48, Christine Noiville, directrice de recherche au CNRS, ju-
riste et présidente du comité d?éthique du CNRS (Comets) écrit que « les scientifiques ont le droit
et la liberté de s?engager. C?est même vertueux car ils ont quelque chose à apporter au débat
public » tout en rappelant que « ce droit va avec des devoirs qui sont des conditions de crédibilité
et de responsabilité [?] en ayant une démarche scientifique la plus robuste possible » et d?« être
à la hauteur de la confiance que lui accorde la société ».
Christine Noiville argumente qu?« à la notion de neutralité, on doit préférer la notion de fiabilité, de
quête d?objectivité et d?intégrité ».
47 https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2023-05_autosaisine_retenue-
substitution_cnpn_du_18_04_2023_vf.pdf
48 Article du Monde daté du 22 mai 2024 https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/05/20/christine-noiville-
presidente-du-comite-d-ethique-du-cnrs-les-scientifiques-ont-le-droit-et-la-liberte-de-s-
engager_6234451_1650684.html
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Un autre article du même quotidien fait mention que « de plus en plus de climatologues, d?éco-
logues, de physiciens ou de sociologues décident de sortir de leurs laboratoires pour investir
l?agora » mais s?interrogent sur « le risque de fragiliser leur crédibilité, d?exposer leur carrière, de
déroger à la neutralité traditionnellement attendue de la science, de transgresser la frontière entre
science et politique »49.
A l?heure des « fake news », Etienne Guilyardi50, directeur de recherche et membre du Comets
déclare « Si l?on n?y va pas, on laisse la place à de faux experts, qui ne s?appuient pas sur des
données scientifiques » quand d?autres se voient mal, à l?image de Gilles Rederdin, océanographe,
« s?embarquer dans un engagement public alors que tout mon temps est déjà consacré à produire
et à analyser des données, les communiquer dans des articles ou à des colloques scientifiques.
On ne peut pas tout faire. ».
Bref, la communauté scientifique est elle-même divisée sur le sujet mais ce dernier existe et mérite
d?être posé et traité même imparfaitement.
Il convient ainsi de rappeler chaque fois que nécessaire l?existence de la charte de déontologie,
ses principes fondamentaux, voire de l?enrichir grâce à de bonnes pratiques dont la mission a eu
connaissance notamment dans certains établissements publics (ANSES, IFREMER?).
Comme évoqué supra, la charte du CNPN fait bien référence à la notion de conflit d?intérêt et de
confidentialité mais ne prend pas en considération l?expression publique et l?intérêt personnel des
membres.
À titre d?exemple, le code de déontologie de l?ANSES, adopté en 2018, aborde ces sujets qui ont
posé question au sein du CNPN et notamment sur les aspects :
du devoir de réserve : ce code pose les limites de l?expression publique des personnels et
rappelle qu?elle ne doit « ni porter atteinte aux intérêts de l?agence ni jeter le discrédit à son
encontre » « ni porter atteinte au service public auxquels ils collaborent » que ce soit à
l?occasion d?une expression écrite, orale ou sur les réseaux sociaux ;
de l?obligation de déclaration des liens lors de prise de parole : en cas de lien avec une
entité ou des personnes intervenant dans le domaine de compétences de l?agence, les
personnels sont tenus de les « faire connaitre au public lorsqu?elles s?expriment lors de
manifestations publiques, dans la presse écrite ou audiovisuelle ou sur les réseaux
sociaux. ». En fonction des situations l?information peut être donnée soit par écrit (presse,
internet) soit par oral en début d?intervention (colloque, presse audiovisuelle) ;
de l?expression émise à titre personnel : l?expert ne peut « s?exprimer au nom de l?agence,
y compris sur ses missions, sans avoir été dûment mandaté », s?il s?exprime à titre
personnel, « il ne doit pas laisser de doute quant au fait qu?il ne parle pas au nom de
l?agence » ;
de l?obligation de désintéressement : les agents ne doivent pas « prendre part à l?analyse
des dossiers dans lesquels leur intérêt personnel se trouve impliqué même si cet intérêt
n?est qu?indirect ou apparent » ;
de l?identification et gestion des risques de conflits d?intérêts : l?ANSES a mis en place un
guide d?analyse qui « constitue un outil d?aide à la décision pour les personnes qui
procèdent à l?analyse [des déclaration publiques d?intérêt] en qualifiant les liens d?intérêts
identifiés de mineurs ou majeurs. ».
49 https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/05/20/engagement-des-scientifiques-le-ton-monte-dans-les-
labos_6234452_1650684.html
50 Egalement président de l?Office for climate education.
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A l?instar de l?ANSES, l?IFREMER a également exploré cette question de la déontologie, toutefois
plus particulièrement en ce qui concerne les relations employeur/salariés.
Actuellement le CNPN dépend du comité d?éthique ministériel, qui couvre l?ensemble des activités
du pôle. Le CNPN pourrait aussi s?adresser au comité d?éthique « Éthique en commun » (cf partie
1.3.2.), spécialiste des questions relatives à la science.
En Allemagne
Le « conseil d?experts pour les questions environnementales » a été confronté à une campagne
de presse visant un potentiel conflit d?intérêt d?un de ses membres. Cette situation a donné lieu à
une réflexion sur cette question et au projet d?écriture d?une charte, non aboutie à ce jour.
Cette défiance, au final, s?est installée en peu de temps avec une crispation sur un dossier en
particulier qu?on peut qualifier de particulièrement sensible et médiatique, qu?il conviendrait de re-
lativiser au regard du nombre d?avis rendus chaque année. Il ne s?agit pas pour autant de ne pas
prendre au sérieux ce sujet ou de minimiser l?impact qu?un conflit d?intérêt, pressenti ou réel, peut
faire peser sur une structure ou sur une personne.
Pour éviter une telle situation, au début de chaque réunion, il pourrait être rappelé systématique-
ment les règles pour s?assurer qu?elles sont bien respectées. Dans tous les cas et plus encore en
cas de situation personnelle nouvelle des membres (engagement militant ou expression publique
par exemple), leur déport devra être clairement notifié sur le compte-rendu de séance.
[CNPN] Renforcer la charte de déontologie du CNPN en s?appuyant sur
les bonnes pratiques existantes dans certains établissements publics, notamment en ce qui
concerne l?expression publique et l?intérêt personnel, et envisager une collaboration avec
le comité éthique ministériel et « Éthique en commun ».
3.2 Des difficultés liées à un relationnel qui s?est délité
Les mots forts inscrits dans la lettre de commande « charge de travail », « plaintes répétées de la
part des membres », « situation de défiance », « passage obligé », « frein au développement »,
« les avis du CNPN ne jouent plus suffisamment leur rôle d?éclairage utile de la décision publique »,
« l?administration a besoin d?avis de qualité » sont la traduction assez évidente d?un problème
relationnel, d?incompréhension réciproque ou tout simplement de malentendus, faute de
discussions et de temps.
Inutile de préciser que ces propos ont été perçus par le CNPN, à la lecture de la lettre de
commande, comme la manifestation d?« une institution qui dérange et qui fait peur » et donc de sa
potentielle « remise en cause ».
Toutefois, de façon constructive, le CNPN a rapidement saisi cette occasion pour tirer profit de la
mission, en prenant le recul nécessaire et en envisageant toute évolution éventuelle bénéfique à
son bon fonctionnement. Et de manière concertée, il est véritablement en attente de tous les modes
d?échange avec le ministère chargé de la protection de la nature (cabinets, directions centrales,
DEB en particulier, services déconcentrés) et l?ensemble des parties prenantes qui pourraient lui
être proposés.
L?analyse de la mission est que la séquence évoquée infra en 2019 sur la déconcentration des
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procédures environnementales a perturbé considérablement les relations entre le ministère et le
CNPN (voir partie 1.3.2.). Ces points de friction, qui ont duré pratiquement une année, se sont
caractérisés par le boycott de réunions de la part du CNPN mais aussi, plus positivement, par la
création d?un groupe de travail, à l?initiative de la DEB, destiné à sortir de l?impasse.
Ces relations se sont à nouveau dégradées récemment à la suite à d?autosaisines et de certains
avis défavorables, mal perçus par le cabinet ministériel de l?époque51. Cette situation a donné lieu
à la commande du présent rapport, sans information préalable du ministère auprès du CNPN, ce
qui a créé un malaise notable, vécu par les membres comme une menace sur l?avenir même de la
structure, malaise amplifié par le vocabulaire utilisé dans la lettre de mission.
Des difficultés chroniques relationnelles subsistent. Cette situation entraîne chez de nombreux
membres du CNPN un inconfort constant. Elle pourrait être en partie liée, au moment des auditions
effectuées par la mission, à un défaut de volonté et portage politiques des enjeux de protection de
la biodiversité ainsi qu?un certain manque de reconnaissance.
Des recommandations sont proposées en partie 4 en réponse à ces difficultés avérées ou
ressenties.
3.2.1 Des relations DEB/CNPN distendues
Sur cet aspect spécifique, les relations se sont, du point de vue du CNPN, sinon dégradées du
moins délitées et distanciées pour plusieurs raisons :
Un manque d?organisation formelle du dialogue en l?absence de rencontres récurrentes et
planifiées.
Un secrétariat permanent du CNPN, assuré par la DEB, compétent et dévoué mais pour
qui le travail n?est pas simple, notamment pour le bon déroulement des réunions plénières
et des commissions.
Alors que certaines dérogations ou stratégies politiques n?ont pas donné lieu à des avis du
CNPN, l?administration centrale aurait proposé à l?instance de s?autosaisir pour le lui
reprocher par la suite52.
Un manque de reconnaissance du travail effectué, dû en particulier au manque de retour
sur le suivi des avis.
Le ressenti à la fois d?être rattaché à l?administration sans pour autant « faire partie de la
famille ».
Il a été nettement perçu la position difficile « entre le marteau et l?enclume » de la DEB ; à savoir
assumer ses fonctions d?une direction dont l?une des missions est la préservation et la restauration
de la biodiversité et l?autre de répondre aux commandes politiques en appliquant les décisions du
gouvernement, notamment pour aider à l?aboutissement de certains projets rapidement et sans
accroc, et ceci tout en tentant de ménager les membres du CNPN.
« La défiance » - terme utilisée dans la lettre de commande - de l?administration envers le CNPN
s?est installée suite à « des situations de conflits d?intérêt (potentiels ou avérés) » et à sa posture
souvent décrite comme « un censeur des projets de textes qui lui sont soumis ».
51 Ce rapport a été remis à une équipe ministériel autre que celle qui l?a commandé.
52 Concernant la protection du chacal doré, le CNPN avait souhaité écrire à la ministre, la DEB a insisté auprès du
CNPN pour qu?il s?autosaisisse. Concernant la saisine sur l?éolien offshore, la DGEC a proposé au CNPN de
s?autosaisir pour une meilleure prise en compte du sujet.
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Cette forme de suspicion est réciproque puisqu?une certaine défiance du CNPN envers l?adminis-
tration existe également et a plusieurs origines. Pour la plupart, les membres du CNPN considè-
rent :
qu?ils ne sont pas suffisamment indemnisés au vu de la charge qui leur incombe, évoquant
la notion de « bénévolat » ; cette question des indemnités53 a été en partie résolue avec
une augmentation significative au 1er juillet 2024. La commande du présent rapport a sans
doute favorisé l?accélération et la prise de cette décision ;
qu?ils ne sont pas respectés par l?administration dans la préparation de leurs avis. Le
règlement intérieur précise dans son article 5 que le CNPN doit disposer des documents
nécessaires à l?examen des dossiers 15 jours au moins avant la date du plénier ou des
commissions. Le délai de transmission des documents est très souvent inférieur à ces 15
jours ;
que leurs avis ne sont pas suffisamment suivis, ce qui pose la question de l?utilité de leurs
travaux.
3.2.2 Des relations CNPN/CSRPN insuffisantes
Malgré la présence de certains présidents de CSRPN au sein du CNPN, la différence de pratiques
entre les CSRPN eux-mêmes et le CNPN peut poser question, aux pétitionnaires notamment.
La prise en compte des situations locales par les CRSPN dans l?instruction des dossiers présente
des avantages (connaissance affirmée du territoire et des acteurs, anticipation des
problématiques?) même si la proximité avec les acteurs locaux, comme cela avait été argumenté
lors de la déconcentration de 2020 (cf. partie 1.2.4.), peut introduire une forme de pression auprès
des membres des CSRPN.
En parallèle, certains maîtres d?ouvrage laissent entendre que l?instruction des dossiers par le
CNPN serait "hors sol", éloignée du terrain.
Même si le juste équilibre est toujours difficile à trouver, les échanges CNPN/CRSPN qui se
tenaient régulièrement par le passé pour partager les expériences et évaluer les pratiques de
chacun contribuaient certainement à limiter les critiques exprimées ci-dessus. La mission propose
donc de revenir à ces échanges réguliers (cf. partie 4.5.).
Par ailleurs, sans que cela fasse l?objet d?une recommandation, la mission invite la DEB, les DREAL
et les Conseils régionaux à mener une réflexion sur une organisation du CNPN et des CSRPN
cohérente et sur une présentation identique des avis. Une répartition différente des tâches pourrait
être également envisagée sans pour autant « déshabiller Pierre pour habiller Paul » mais faisant
en sorte qu?une hiérarchisation pertinente des travaux puisse résoudre certaines disparités de
traitement.
Le redécoupage des régions fait en 2015 et leur poids politique et administratif grandissant, à
l?image des Länder allemands, peuvent plaider pour une évolution.
Il est à noter qu?aucune situation conflictuelle n?est à souligner, à ce jour, entre les CRSPN et le
CNPN.
53 Le montant des indemnités est évoqué dans la partie 3.1.2.2.
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En Italie
Des instances de dialogue État-Régions pour chaque projet d?intérêt local et national (lois,
décrets arrêtés et décision) ont été mises en place. Le système national en réseau pour la
protection de l?environnement (SNPA) est composé de l'institut pour la protection et la recherche
environnementale (ISPRA) et des 21 agences territoriales de protection de l'environnement
(ARPA/APPA) Les agences régionales, qui jouent un rôle sensiblement identique aux CSRPN et
aux agences régionales de la biodiversité, sont dotées de l?autonomie administrative, technique, et
juridique sont placées sous la tutelle du président du conseil régional ou de la province autonome.
En Suède
La responsabilité de la conduite des évaluations environnementales (sur tous les sujets dont la
biodiversité) est très décentralisée et incombe aux communes quel que soit le projet. Celles-ci
peuvent s?appuyer, si besoin, sur les services administratifs du comté. Il s?agit d?un véritable pro-
cessus de négociations où les consultations des parties prenantes sont très larges.
En Espagne
La conférence sectorielle de l'environnement naturel (CSE) instruit des projets de textes législatifs
et de plans, qui sont discutés au sein d'une instance réunissant le ministère de l'environnement et
des représentants régionaux.
3.2.3 Des relations maîtres d?ouvrage publics et privés/CNPN lacunaires
L?État, pourvoyeur de projets d?aménagements se trouve, à l?instar de la DEB, régulièrement en
porte à faux entre sa volonté, via les DREAL, notamment pour les projets routiers nationaux, de
mener à bien les dossiers en sa qualité de maître d?ouvrage et sa responsabilité d?être exemplaire
dans sa façon de respecter la loi.
Les DREAL interrogées soulignent la pertinence du CNPN (et des CSRPN), tout en précisant la
nécessité de faire preuve d?« une plus grande force pédagogique » tant la posture du CNPN reste
de fait compliquée à entendre notamment sur les grosses infrastructures ferroviaires, type « Grand
projet du Sud-Ouest » (GPSO), ou sur les routes nationales.
Dans leur rôle d?instructeur, les services « nature » des DREAL regrettent que de nombreux projets
soient autorisés sans même que les préfets aient demandé le dépôt d'une dérogation espèces
protégées (DEP). Un porteur de projet privé peut ainsi reprocher à l?État d'avoir autorisé son projet
sans cette décision dérogatoire alors qu?elle était nécessaire, exposant ainsi l'administration à des
recours du pétitionnaire contre l?État.
Il est à noter l?initiative de la DREAL Nouvelle-Aquitaine qui procède à un accompagnement amont
pour chaque projet, dans une logique gagnant/gagnant pour espérer ainsi que le dossier présenté
sera de qualité et permettra ensuite une instruction plus rapide. Cette démarche résulte du constat
fait par les services que bon nombre de dossiers déposés par les maîtres d?ouvrage privés sont
très rarement complets et aboutis. L?objectif est également de sécuriser in fine la décision que
prendra l?État.
Par ailleurs, même si les DREAL soulignent une perméabilité excessive entre les CNPN/CSRPN
et les associations environnementales, ces services déconcentrés de l?État reconnaissent le travail
important accompli. Ils insistent également sur le besoin d?une concertation et de rencontres plus
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formelles entre les maîtres d?ouvrage et la structure d?expertise nationale ou régionale en
mentionnant la construction indispensable de compromis territoriaux pour sortir de la logique des
avis « favorables » et « défavorables ».
Concernant les maitres d?ouvrage privés, la mission a entendu, lors de ses entretiens, un discours
plus tranché vis-à-vis du CNPN. S?il est bien reconnu une compétence affirmée des membres
« ultra-spécialistes » du CNPN, une méconnaissance réciproque perdure sur le rôle et les objectifs
de chacun. Les maîtres d?ouvrage ont pris largement conscience qu?ils « demandent une
autorisation à détruire » mais regrettent que les membres du CNPN « soient détachés des sujets »
et qu?un travail de synthèse des enjeux ne soit pas fait même s?ils reconnaissent que le temps
accordé pour s?approprier les dossiers et délivrer des avis reste extrêmement contraint.
Les maîtres d?ouvrage s?interrogent également sur la neutralité des avis voire sur l?expression
militante des experts mentionnant même que « le CNPN n?est plus un outil de protection de la
nature » allant jusqu?à dénoncer que l?autosaisine sur l?éolien a été conçue avec l?association Sea
Shepherd sur des bases d?après eux erronées et que l?avis « Provence grand large » a été écrit
avant même l?audition du maître d?ouvrage.
Ils restent néanmoins preneurs de contacts avec le CNPN. Des propositions sont faites dans ce
sens en partie 4.
3.2.4 Les risques psychosociaux
Tout collectif de travail peut être exposé à des risques psychosociaux, qui sont des risques liés aux
conditions de travail et qui affectent la santé psychologique. Les situations de travail liées à ce type
de risque sont bien identifiées, notamment par les travaux des chercheurs Michel Gollac et
Marceline Bodier54. Elles font l?objet de nombreuses études, en particulier par l?institut national de
recherche et de sécurité55 (INRS). C?est l?exposition à ces risques qui pose problème, sur la durée.
En tant que collectif, le CNPN ne fait pas exception. Au travers des situations évoquées lors des
entretiens, trois familles de facteurs de risques psychosociaux tels que décrits par l?INRS, peuvent
être identifiés, à savoir :
Les contraintes de rythme de travail : la charge de travail a souvent été évoquée comme
étant importante, au moins pour certains membres. C?est un facteur qui peut déstabiliser
une organisation en ce qu?il soumet au stress. Une telle situation peut, sur la durée,
conduire au mal-être et au désengagement.
La reconnaissance dans le travail : trois situations identifiées se retrouvent sous cette
catégorie, la question du soutien du commanditaire, les désaccords professionnels et la
reconnaissance du travail effectué. Dans les trois cas, on constate généralement un
désinvestissement qui peut être accompagné d?un sentiment de frustration et/ou d?injustice
qui peut conduire, bien sûr à la démotivation mais aussi à une attitude de défiance pouvant
potentiellement déstructurer les collectifs.
Le travail inutile : il s?agit du sentiment de faire un travail n?ayant pas de suite concrète. La
question de la reconnaissance est importante, en particulier en cas de fort investissement
personnel. Là aussi, le désengagement est une conséquence fréquente.
La mission a pu entrevoir dans certains propos des signes évoquant les conséquences liées aux
54 M. Gollac et M. Bodier ont été missionnés en 2010 par le ministère du travail sur la crise connue à l?époque chez
France Télécom.
55 A ce titre, le document ED 6403 de l?INRS permet une bonne approche de la thématique :
https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%206403
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situations décrites plus haut. La mission préconise la mise en place d?un groupe de travail
DEB/CNPN sur ce sujet afin d?établir dans un premier temps un constat partagé puis de réfléchir à
des mesures de prévention.
Le présent rapport comporte un certain nombre de pistes d?actions dont voici quelques exemples :
Risques psychosociaux
Mesure de prévention
associée
Sujet évoqué dans le
rapport au point
Contraintes de rythme de travail
La constitution d?une entité
« support » dédiée, prenant en
charge toutes les missions
support
La diminution du nombre de
membres, la suppression des
suppléants, le recours à des
experts extérieurs
La mise en place d?un tour de
relecture
3.1.2. des moyens support à
reconsidérer
3.1.3. une composition à
questionner
3.1.4. Une charge de travail
conséquente
Reconnaissance dans le travail :
? Soutien du commanditaire
? Désaccords professionnel
? Reconnaissance du travail ef-
fectué
Le respect des délais de
transmission des documents, le
manque de rencontres
récurrentes et planifiées avec la
DEB
Les ajouts dans la charte de
déontologie du CNPN relatifs à
l?expression publique et l?intérêt
personnel
La mise en place d?un comité
d?audition
La prise en charge des frais et la
revalorisation des indemnités
3.2.1. des relations DEB/CNPN
distendues
3.1.6. un cadre déontologique
imparfait
3.1.3. une composition à
questionner
3.1.2. des moyens support à
reconsidérer
Travail inutile
La prise en compte des avis et
leur suivi administratif
3.2.1. des relations DEB/CNPN
distendues
Conduire une démarche commune DEB/CNPN afin de mettre en place
des mesures de prévention des risques psychosociaux identifiés.
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4 Les points critiques à solutionner pour un fonctionnement
du CNPN amélioré
Les informations et éléments recueillis par la mission dans les États membres de l?Union
européenne ont montré qu?il n?y a pas d?équivalent au CNPN. Aussi la mission a fait le choix de
réfléchir et de formuler des recommandations susceptibles d?améliorer son fonctionnement,
d?asseoir sa crédibilité et de favoriser la reconnaissance de son travail tout en prenant en compte
les difficultés de l?ensemble des parties prenantes (ministre et cabinet, direction centrale, services
déconcentrés, maîtres d?ouvrages, associations environnementales, citoyens).
Selon un témoignage, « le CNPN est le dernier garde-barrière ». Cette expression souligne bien
que le CNPN, tel que prévu dans la loi de 2016, a pris une place importante dans l?élaboration d?un
projet quel qu?il soit. Aussi, pour fluidifier son action, la mission s?est attachée à lister les derniers
points durs qu?il convient de solutionner pour permettre à la France de s?engager plus encore vers
une conciliation du développement économique et de la protection de la nature et éviter une
opposition souvent systématique.
4.1 L?avis du CNPN dans la procédure environnementale
Pour certains, l?intervention du CNPN se situe trop en aval de l?élaboration des projets.
Comme évoqué en partie 1, une ONG note, à l?instar des services instructeurs, un progrès des
dossiers transmis par les porteurs de projet, progrès qu?il convient de ne pas freiner, et considère
que les enjeux de biodiversité devraient être pris en compte le plus en amont possible pour ne plus
considérer que l?environnement est une contrainte.
Cette association entendue par la mission milite pour une planification territoriale à mettre en
oeuvre, en faisant référence à une étude de l?OFB en juillet 2023 sur « les leviers de prise en
compte de la biodiversité dans le développement des énergies renouvelables »56.
Lors des auditions menées par la mission, il a été souvent entendu la nécessité d?un premier avis
à formuler le plus tôt possible avec une revoyure pour un ultime avis qui permettrait alors d?afficher
en toute transparence la co-construction puis l?amélioration d?un projet en temps réel. Il a été
également fréquemment exprimé la volonté, des aménageurs notamment, de visites de terrain plus
systématiques comme les pratique l?Autorité environnementale.
Les grands projets structurants (type GPSO?), connus très en amont des procédures
environnementales réglementaires, pourraient faire l?objet d?une anticipation et d?une pré-
instruction, utiles pour l?ensemble des parties prenantes.
Au même titre que le CNPN, l?Autorité environnementale57 formule des avis. Ces derniers portent
sur les évaluations des impacts des projets et programmes sur l?environnement et sur les mesures
de gestion visant à les éviter, réduire ou compenser et sont intégrés au dossier de l?enquête
publique. Comme les avis du CNPN, ils permettent, du moins en théorie, d?éclairer non seulement
le public58 mais aussi le commissaire enquêteur, donnant l?occasion au maître d?ouvrage de
modifier ou d?améliorer le projet.
56 https://www.ofb.gouv.fr/actualites/etude-loffice-francais-de-la-biodiversite-scrute-80-leviers-daction-pour-mieux-
integrer
57 https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/l-autorite-environnementale-de-l-inspection-a376.html#H_L-
Autorite-environnementale
58 A noter toutefois que la nouvelle procédure issue de la loi relative à l?industrie verte prévoit une phase en parallèle
d?examen des projets par les instances environnementales et de consultation du public (cf partie 4.2.)
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L?Ae peut également intervenir à la demande du porteur de projet, sur un « cadrage préalable »
très en amont, après le débat public ou au stade de l?avant-projet sommaire. Cette démarche est
encore très peu utilisée : 8 demandes en 2023.
Il est à noter à cet égard la pratique du CSRPN de Guyane qui passe ses dossiers en pré-cadrage
avant avis définitif.
Une consultation du CNPN et/ou du CSRPN par les parties prenantes plus en amont de façon
informelle et pour établir des bonnes pratiques pourrait être instituée, notamment sur la recevabilité
des dossiers. Devront bien sûr être évalués le temps à y consacrer et la charge de travail inhérente.
[DEB/CNPN] Engager une réflexion et une expérimentation, sur un
premier passage en CNPN le plus en amont possible après une visite de terrain
systématique et la rencontre des acteurs concernés par le projet, au moins sur les grands
aménagements structurants.
Le CNPN déplore également que les avis du Conseil d?État sur les projets de textes réglementaires
soient connus avant les siens.
S?agissant des méthodes de l?Ae, la mission s?est interrogée sur la complémentarité voire sur la
zone de recouvrement entre l?Ae et le CNPN, suite au témoignage d?une personne auditionnée
précisant qu?« il faudrait trancher ».
Selon deux directives clés de l'Union européenne59, transposées dans le droit national, l?Ae vise
non seulement à « tenir compte des préoccupations visant à protéger la santé humaine, à
contribuer par un meilleur environnement à la qualité de la vie, ... » mais aussi à l?instar du CNPN
« à veiller au maintien des diversités des espèces et à conserver la capacité de reproduction de
l'écosystème en tant que ressource fondamentale de la vie ». L?objectif spécifique sur la
biodiversité n?est cependant pas « fouillé » par l?Ae au même niveau de détails techniques et
d?expertise scientifique que le CNPN.
Comme le CNPN, l?Ae n?est pas une « autorité indépendante » au sens juridique du terme et ses
avis d?évaluation environnementale sont, de la même manière, consultatifs.
Mais la composition de l?Ae, le statut de ses membres et son affiliation à l?IGEDD marquent une
différence notable avec le fonctionnement du CNPN.
Pour envisager à terme des synergies possibles entre ces deux entités, des échanges et des
consultations plus régulières entre l?Ae et le CNPN - tout comme entre les MRAe et les CSRPN -
sur leurs travaux et avis respectifs pourraient avantageusement nourrir une réflexion sur une
démarche d?expertise technique et scientifique au profit des décisions publiques dans le cadre
d?une évaluation environnementale globale. Il est à noter ces dernières années de nombreux avis
conclusifs convergents entre le CNPN et l?Ae.
Au vu des témoignages apportés à la mission, cette dernière s?est interrogée sur la pertinence du
rattachement administratif actuel60 du CNPN à la DEB, même si un lien stratégique étroit doit être
maintenu et même renforcé entre eux. Il pourrait être engagé une réflexion quant à la mise en
59 Directive 2014/52/UE du 16 avril 2014 modifiant la Directive 11/92/UE concernant l'évaluation des incidences de
certains projets publics et privés sur l'environnement (Directive EIE) et directive 2001/42/CE du 27 juin 2001 relative
à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement (Directive SEA).
60 Ce rattachement administratif s?entend dans le sens du support fourni de la DEB au CNPN.
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place d?un pôle administratif support partagé entre l?Ae et le CNPN, tout en garantissant que ces
deux structures conservent leurs missions et leurs particularités sans qu?elles puissent être altérées.
4.2 Le manque de doctrine et de lignes directrices
« Le cadre légal existe bien mais, dans la réalité, il n?est pas respecté ». « Le CNPN est le
révélateur de l?insuffisance du respect de la loi ». Ces deux phrases prononcées lors des auditions
illustrent la difficulté pour le CNPN d?appliquer la loi, rien que la loi, au regard des connaissances
et des données à sa disposition.
Néanmoins, il a pu être fait le constat que certains projets acceptés par les services déconcentrés
de l?État d?un territoire sont rejetés dans d?autres territoires car le premier filtre est fait en particulier
par les DREAL. La traduction de la réglementation n?est donc pas perçue et appliquée de la même
façon.
Par ailleurs, le reproche fait au CNPN sur ses avis « défavorables » en particulier sur la séquence
« Eviter, réduire, compenser » souligne souvent le manque d?anticipation de la part de l?État et des
maîtres d?ouvrage qu?il conviendrait de résoudre.
Se pose aussi la question de l?inversion de la charge par la preuve des avis du CNPN, puisque
c?est ce dernier qui doit toujours se justifier - alors que le prisme scientifique reste la première des
garanties du CNPN - alors que les porteurs de projet ne savent pas toujours argumenter contre la
décision d?un avis défavorable.
Ce sont des obstacles à lever par l?écriture d?une doctrine et de grandes lignes directrices qui
favoriseraient la crédibilité à la fois de l?État et du CNPN.
Pour cela, il pourrait être fait la commande d?une évaluation croisée associant le CNPN, la DEB et
l?OFB pour comprendre pourquoi les dossiers reçoivent un avis défavorable, pour instaurer une
présentation des dossiers en amont par les porteurs de projet, sans pour autant porter atteinte à
l?indépendance du CNPN. Cette étude sur un échantillon de projets permettrait de s?interroger sur
ces fameux avis défavorables, qui mettent souvent en avant les mêmes arguments, les mêmes
limites et les mêmes écueils de la part des maitres d?ouvrages.
De grandes lignes directrices pourraient lever les injonctions contradictoires entre protection de la
nature, développement économique et réindustrialisation et production d?énergie renouvelable,
face à la demande de toujours plus de simplification des procédures et de raccourcissement des
délais, le CNPN devenant le bouc émissaire des projets malmenés voire avortés. Des lignes con-
nues pourraient permettre d?éviter des reproches trop systématiques envers l?instance environne-
mentale.
Dans le cadre de la séquence « Eviter, réduire, compenser » (ERC), l?approche standardisée con-
cernant le dimensionnement des mesures de compensation a fait l?objet d?un guide61, réalisé par
l?OFB, le CGDD et le CEREMA en 2021, qui propose un cadre national avec des éléments métho-
dologiques pour harmoniser et améliorer les pratiques de compensation. Ce guide a permis éga-
lement de renforcer l?efficience de la mise en oeuvre de la séquence ERC mais sans qu?une mé-
thode unique de dimensionnement ait pu être décidée.
61
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Approche_standardis%C3%A9e_dimensionnement_co
mpensation_%C3%A9cologique.pdf
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Sans attendre cette méthode unique, un partage d?expériences entre le CNPN, les maîtres d?ou-
vrages et les bureaux d?études seraient un plus. L?organisation d?échanges via certaines fédéra-
tions professionnelles serait également plus que pertinente pour une compréhension respective
des missions de chacun.
La mise en place d?une doctrine par grandes familles de dossiers, s?appuyant sur le travail de la
DEB, de l?OFB et sur les autosaisines du CNPN (éolien offshore, photovoltaïque, dimension sé-
quence ERC) voire de l?Ae, lèverait des incompréhensions notamment chez les maitres d?ouvrage
et les bureaux d?études et afficherait une cohérence pour faciliter ensuite de potentiels arbitrages
de la part du décisionnaire final, même si il a été rappelé pendant toute la durée de la mission par
les naturalistes que « les compromis sont rarement en faveur de la protection de la nature ».
Un travail pourrait s?appuyer sur les critères d?attribution d?une dérogation et regarder le résultat du
statut récent de « projet d?intérêt national majeur » prévu dans la loi relative à l?industrie verte,
quand son évaluation sera possible, étant donné sa récente application.
Promulguée en octobre 2023, la loi relative à l'industrie verte (décret n° 2024-704 du 5 juillet
202462) a permis d?introduire le statut de « projet d?intérêt national majeur » (PINM) dans le code
de l?urbanisme afin de faciliter l?implantation des projets industriels les plus stratégiques pour la
France. Un projet peut être par décret qualifié de PINM s?il « revêt, eu égard à son objet et à son
envergure, notamment en termes d?investissement et d?emploi, une importance particulière pour la
transition écologique ou la souveraineté nationale ».
Le décret définit ainsi la liste des secteurs des technologies favorables au développement durable
pour lesquels les projets industriels sont rendus explicitement éligibles à la procédure de
déclaration de projet prévu par le code de l?urbanisme (article L. 300-6). Il détaille les informations
à fournir pour se voir reconnaitre de manière anticipée la raison impérative d?intérêt public majeur
(RIIPM), au sens de l?article L.411-2 du code de l?environnement.
Un autre décret n° 2024-742 du 6 juillet 202463 précise, pour l?ensemble des projets, diverses
dispositions de la loi relative à l?industrie verte et de simplification en matière d?environnement par :
- la mise en compatibilité accélérée des documents locaux d?urbanisme et des documents de
planification régionale,
- des procédures de raccordement électrique effectuées plus rapidement,
- un permis de construire délivré par l?État et non plus par les communes ;
- une procédure d'autorisation environnementale facilitée. L'instruction par les services et par
l'autorité environnementale ainsi que la consultation du public sont menées en parallèle avec
l'objectif de diviser par deux les délais de délivrance des autorisations, en passant en
moyenne de 17 mois aujourd'hui à neuf mois, avec le risque que les avis des Ae ne puissent plus
être utilisés pour la consultation du public, ce qui les prive d?une bonne part de leur portée.
Une instruction, datée du 28 octobre 202464 , relative aux modalités de mise en oeuvre de la
procédure de l?autorisation environnementale a été adressée aux préfets de département et de
région. Cette nouvelle procédure entre en vigueur pour les dossiers déposés à compter du 22
octobre 2024.
Pour appuyer l?intérêt d?une doctrine nationale précisée et renforcée, le rapport sur la « compen-
sation écologique des projets d?aménagements du Dunkerquois et foncier agricole » conduit par
62 Décret n° 2024-704 du 5 juillet 2024 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049889692
63 Décret n° 2024-742 du 6 juillet 2024 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049893436
64 https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-
0033720/TECL2428215C.pdf;jsessionid=6AE940F4A146CEE61064277D3FC98680
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l?IGEDD et le CGAAER65 souligne en effet, après exploitation d?avis du CNPN, « une évolution des
exigences de compensation des impacts de l?artificialisation des terres agricoles qui pose ques-
tion » et recommande l?établissement d?éléments de doctrine.
En cohérence avec le rapport précité, cette démarche pourrait être expérimentée en particulier sur
les dossiers de compensation écologique.
[CNPN] Organiser des échanges constructifs entre le CNPN et les
maîtres d?ouvrage via les fédérations professionnelles notamment pour préciser les
objectifs de chacun.
[CNPN/CSRPN/DEB/OFB/CEREMA] Entamer une démarche pour définir
des éléments de doctrine et des lignes directrices de façon expérimentale, par exemple sur
les dossiers de compensation écologique.
4.3 Les avis qui font débat
Les différents types d?avis - avis simple (CNPN), avis conforme (Parc naturel marin), avis technique
(DDTM et DREAL) - ne facilitent pas la compréhension de la vocation des uns et des autres. Quand
l?avis conforme doit être suivi par l?État, l?avis simple reste consultatif.
Concernant les avis simples du CNPN, donc consultatifs, les retours « terrain » font néanmoins
état de stratégies de contournement aussi bien de la part des porteurs de projets que des services
de l?État (Préfectures, DREAL), ce qui au final, notamment pour les dossiers concernant les ENR
et la réindustrialisation, rend floue l?application du droit de l?environnement.
A ce jour, le CNPN donne quatre formulations d?avis, qui ont une résonnance et interprétation
différentes selon les acteurs :
- avis favorable ;
- avis favorable sous conditions et/ou avec réserves ;
- avis défavorable ;
- avis défavorable avec recommandations.
Ces formulations d?avis continuent de faire débat même
s?ils ont évolué avec le temps.
Les « favorable » sont rendus en grande majorité sous conditions, notamment sur les arrêtés mi-
nistériels ou préfectoraux. Ils permettent la poursuite du dossier.
Les « défavorable » peuvent être accompagnés de recommandations pour améliorer, le cas
échéant, le dossier, dans l?hypothèse d?une nouvelle présentation au CNPN.
65 Rapport « Mission d?appui au préfet du Nord : compensation écologique des projets d?aménagements du
Dunkerquois et foncier agricole », IGEDDn°015665-01/CGAAERn°24043 - Juillet 2024
DÉFAVORABLE
FAVORABLE
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CNPN plénier Avis Commission ECB Avis Commission EP
Nb total
(hors fonct)
Favorable Défavorable Total Favorable. Défavorable. Total Favorable. Défavorable.
Nb Nb % Nb % Nb Nb % Nb % Nb Nb % Nb %
2018 24 15 63% 9 37% 316 216 68% 100 32% 21 19 90% 2 10%
2019 41 34 83% 7 17% 374 254 68% 120 32% 6 4 67% 2 33%
2020 31 27 87% 4 13% 315 237 75% 78 25% 14 13 93% 1 7%
2021 22 17 77% 5 23% 342 274 80% 68 20% 16 14 88% 2 12%
2022 25 17 68% 8 32% 292 190 65% 102 35% 22 19 86% 3 14%
2023 34 25 74% 9 26% 320 179 56% 141 44% 17 15 88% 2 12%
Total 177 135 76% 42 24% 1959 1350 69% 609 31% 96 84 88% 12 13%
Source : DEB - mars 2024 - cf annexe 3
Selon la DEB, « sur la période 2018-2023, sur les 2 222 avis produits par le CNPN, 70 % étaient
favorables, avec ou sans réserve, avec ou sans recommandation et 30 % défavorables, avec ou
sans recommandation. On note une légère augmentation des avis défavorables concernant les
dérogations espèces protégées pour l?année 2023 avec 44% d?avis défavorables, alors que ce
chiffre variait entre 20 et 35% depuis 2018 ».
Si l?on examine précisément le tableau ci-dessus, il ne semble pas y avoir de corrélation entre le
nombre de dossiers examinés et le pourcentage de « défavorable ». ». Les avis défavorables ne
sont jamais majoritaires.
De la même manière, il ne semble pas se dégager de tendance claire à la hausse ou à baisse des
avis « favorable » et « défavorable », notamment pour la commission ECB, dont les dossiers sont
les plus sensibles et concernent les espèces les plus en danger.
Concernant spécifiquement les dossiers d?amé-
nagements, une tendance à l?augmentation des
avis « défavorable » est toutefois observée. Le
graphique ci-contre l?illustre66 avec pour bémol,
la stabilité des années 2019, 2020 et 2021, liée
en partie à la crise sanitaire.
Par ailleurs, la politique volontariste de
développement économique et notamment de
transition énergétique de ces dernières années
a certainement contribué à cette baisse
progressive et régulière des avis favorables.
L?État a effectivement soutenu, sur une période
relativement courte et notamment en 2022, de
nombreux projets industriels, sources de demandes d?autorisations environnementales plus
nombreuses, qui ont occasionné plus d?avis défavorables.
Au-delà des chiffres et pourcentages, la mission s?est interrogée sur l?évolution d?un avis CNPN
« type » et notamment sur sa formulation qualifiée de « trop raide ». Les membres du CNPN,
scientifiques avant tout, pourraient bénéficier d?un appui rédactionnel des avis vus en particulier en
commission. Des avis améliorés par la qualité de leur rédaction avec un style plus
communicant/pédagogique et une prise en compte plus détaillée des échanges avec les
pétitionnaires et bureaux d?études, gagneraient en qualité et efficacité.
66 Source CNPN.
0%
50%
100%
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Evolution % avis défavorables CNPN
dossiers aménagements
Fav Def
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En particulier pour la rédaction des avis du CNPN concernant les dérogations « espèces proté-
gées », qui impliquent la charge de travail la plus importante du CNPN et notamment de la Com-
mission « espèces et communautés biologiques », le bureau ET placé en appui à l?instance, tel
que proposé par la mission, pourrait utilement apporter son appui à la commission ECB pour la
rédaction des avis.
Par ailleurs, outre le bilan d?activités traditionnel, un inventaire annuel des avis CNPN pourrait être
fait grâce à l?analyse critique des services instructeurs de l?État, permettant à la fois de regarder la
cohérence des décisions, de construire une culture commune, de pointer du doigt les bonnes
pratiques ou les difficultés rencontrées, comme instauré par le CSRPN Nouvelle-Aquitaine.
[DEB/CNPN] Appuyer le CNPN pour la rédaction des avis « dérogations
espèces protégées ». Établir un inventaire annuel des avis du CNPN pour construire une
cohérence, une méthodologie, une culture commune en lien avec les services instructeurs
de l?État.
Malgré les délais contraints dont il dispose (2 mois), le CNPN doit donc s?engager résolument vers
une plus grande pédagogie dans l?écriture de ses avis : « Il faut expliquer sans donner le sentiment
systématique de sanctionner ».
Côté CNPN, il est à souligner également trois points, devenus très sensibles au fil des années :
Ne pas être saisi 67 , sur des dossiers d?importance ou sensibles. Le code de
l?environnement dans son article L. 134-2 précise « Il peut être consulté sur les projets de
loi, d'ordonnance et de décret concernant ses domaines de compétence et les travaux
scientifiques et techniques y afférents ». Le CNPN, par exemple, a regretté de n?avoir pas
été saisi par le Secrétariat d?État chargé de la mer sur le projet de décret sur la Stratégie
Nationale pour la mer et le littoral 2023-2029 (SNML2)68. Pour ce cas précis, le CNPN s?est
alors autosaisi, et a d?ailleurs prononcé un avis favorable à l?unanimité.
Ne pas être informé de la suite donnée aux avis et de la décision finale de l?État. Le
CNPN est saisi, il instruit le dossier, donne un avis, - quel qu?il soit -, vote mais n?a aucune
information sur la manière dont l?État tranche et surtout n?a aucun retour sur la conclusion
de la décision. Il l?apprend, la plupart du temps, par son réseau ou par la presse quand il
s?agit de dossiers sensibles et médiatiquement exposés.
Ne pas avoir la moindre explication de l?État quand un avis rendu par le CNPN n?est
pas suivi. Outre la situation évoquée supra sur la suite de l?avis rendu, le CNPN regrette,
là aussi, la manque de relations formelles avec l?État et ses services déconcentrés sur les
raisons d?une décision finale prise à l?encontre de l?avis. Il est à noter cet exemple
marquant : l?ANSES qui produit des évaluations de risque à la demande du ministère avait
été sollicité sur le dossier des bouquetins du Bargy, instruit également par le CNPN. Ce
dossier, qui a cristallisé beaucoup d?émotions, avait reçu un avis identique de la part de
67 Environ 10 à 15 % maximum des dossiers passent en CNPN ou CSRPN, suite au tri fait par les DDT(M) et
DREAL.
68 Extrait de la délibération n°2023-29 du CNPN du 19 octobre 2023 « Règlementairement, la saisine du CNPN
n?est pas obligatoire sur le projet de décret. Mais plusieurs des thèmes du projet de SNML2 porté par le dit décret
concernent le CNPN très directement, notamment depuis son autosaisine sur l?éolien offshore de juillet 2021,
d'autant que le rapport du Comité France Océan (CFO) avait demandé à ce que le CNPN soit missionné pour "une
évaluation annuelle des mesures environnementales clés". En conséquence, les membres du CNPN ont approuvé
à l?unanimité (28 votes exprimés) le 27 septembre 2023 la décision de s?autosaisir concernant le projet de seconde
Stratégie nationale pour la mer et le littoral ».
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l?ANSES et du CNPN mais ces avis n?ont pas été suivis par le préfet.
Côté maîtres d?ouvrage, ils affirment :
être découragés car malgré l?investissement dans la qualité du dossier, ils savent ou croient
savoir qu?ils auront un avis « défavorable » ;
préférer néanmoins recevoir un avis « défavorable » du CNPN plutôt que les services
« omettent » de saisir le CNPN pour leur projet, car alors les recours sont inexorables.
Pour résoudre ces difficultés, la mission propose plusieurs pistes :
Mettre en place un suivi des avis et un retour argumenté de l?État sur les avis non pris en
compte.
Organiser des interventions en région (préfecture/DREAL/acteurs
locaux/maitres d?ouvrage) pour expliquer ce qu?est le CNPN, ses
attentes et sa manière de travailler, à l?instar de ce qui a été
récemment fait en Corse par un membre de l?instance.
Créer sur le site « avis biodiversité », dans l?onglet consacré au
CNPN, une rubrique « mode d?emploi » expliquant « c?est quoi un
bon dossier ? », détaillant les attentes du CNPN et les éléments
nécessaires à la bonne instruction du dossier et au déroulé d?un
passage devant l?instance. Cette disposition pourrait être
complétée par la mise en avant des guides élaborés par certaines
DREAL.
La prise en compte de ces points critiques acterait la reconnaissance morale attendue par le CNPN
et du travail accompli. Elle permettrait de lier des relations plus respectueuses et constructives
entre l?État et le CNPN, formalité souhaitable également pour les CSRPN.
[DEB] Mettre en place une procédure portant sur la décision finale prise
suite aux avis du CNPN, procédure argumentée quand l?avis du CNPN n?est pas suivi.
4.4 Des autosaisines mal perçues
La lettre de commande mentionne « un recours accru aux autosaisines ».
Depuis avril 2022, on compte 8 décisions d?autosaisines dont 6 ont fait l?objet d?un rapport (cf liste
en annexe 3). Pour mémoire, lors du précédent mandat de 2017 à 2022, le CNPN avait produit 13
autosaisines. L?augmentation est donc réelle, mais avec un nombre total d?autosaisines qui
demeure modeste.
La mission considère que cet outil, clairement prévu par le décret, est utilisé en réaction aux points
de crispation ressentis par le CNPN évoqués infra.
Un témoignage recueilli par la mission fait état que l?autosaisine serait une « fausse bonne solution
surtout lorsque l?on n?est pas décisionnaire ». Mais la mission ne retient pas l?idée de réformer cette
disposition qui peut véritablement aider la puissance publique à investiguer certains axes
stratégiques de développement tout en préservant la biodiversité. L?autosaisine sur la politique de
déploiement du photovoltaïque et ses impacts sur la biodiversité en est l?illustration.
Dans un avenir proche, si le CNPN avait à nouveau recours à l?autosaisine, il serait vivement re-
commandé d?engager une discussion préalable avec la DEB, voire le cabinet ministériel.
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Le CNPN émet de façon plus anecdotique des motions et notes techniques (3 depuis avril 2022).
4.5 Son isolement préjudiciable
L?absence de contacts réguliers, au nom de l?indépendance, entre le CNPN, les membres des
cabinets concernés et l?administration a provoqué ces dernières années un isolement préjudiciable
pour tout le monde.
Cette forme de solitude du CNPN renforce le ressenti d?un manque de reconnaissance voire d?in-
différence déjà évoqué mais entraîne également des non-dits, des malentendus qu?il convient de
réparer.
Comme évoqué en partie 3.2.3., le manque d?articulation entre le CNPN et les CSRPN a fait naître
aussi chez certains CSRPN le sentiment de ne pas être compris surtout lorsque deux visions,
nationale et territoriale, s?expriment. Cette situation fragilise les instances, ce dont peuvent profiter
leurs pourfendeurs.
Pour résoudre ces difficultés, la mission propose différents temps d?échanges à mettre en place
ou à relancer :
Un séminaire annuel CNPN pour contribuer à l'implication de tous les membres et à créer
une cohésion « d?équipe ».
Un séminaire semestriel délocalisé en région CRSPN/CNPN (non réalisé depuis 2022)
pour permettre une meilleure connaissance entre les deux types d'instances, faire un retour
d'expérience des pratiques et des questionnements. L?administration centrale et les
DREAL pour les projets en région pourraient y participer.
Pour faciliter la participation des membres, le planning annuel - en plus des pléniers, commissions
et groupes de travail - devra être anticipé.
4.6 Une visibilité à amplifier
La notoriété du CNPN est modeste et ses missions, telles que perçues par
l?extérieur, restent souvent vagues.
Exceptés son site internet et un trombinoscope des membres fait très
récemment, le CNPN ne possède aucun outil de communication. Il ne
dispose pas a minima d?une simple plaquette de présentation rappelant son
histoire, les textes de références et ses missions à l?instar de l?Ae (ci-contre).
Le site internet avis-biodiversité69 , hébergé par le MTEL, mériterait une
modernisation et une amélioration de ses fonctionnalités et de la recherche
des avis, mentionnant s?ils ont été suivis. Et comme évoqué en partie 4.1.,
les avis ne sont pas rapidement ou systématiquement mis en ligne, situation qui semble se produire
plus fréquemment.
Contrairement à l?Ae qui rédige systématiquement un communiqué de presse après chaque
séance70 , le CNPN ne communique pas auprès de la presse et semble mal à l?aise dans ses
relations avec les journalistes, autres que ceux qu?il a pu intéresser dans des moments de
crispation (exemple : déconcentration en 2020).
69 https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/conseil-national-de-la-protection-de-la-nature-
r3.html
70 https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/les-communiques-de-presse-de-l-ae-r451.html
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Le CNPN est par ailleurs totalement absent des réseaux sociaux71 alors que toutes les structures
rencontrées par la mission qui exercent des activités au service de la décision publique y sont
présentes, dont PatriNat.
Pour pallier ces manques, le site internet avis-biodiversité amélioré pourrait faire utilement le lien
avec les sites des CSRPN, ce qui favoriserait ainsi le réseau national/régional et rendrait également
visibles les CSRPN qui souffrent aussi d?un manque crucial de notoriété.
Le CNPN, à défaut d?avoir son propre compte LinkedIn, pourrait a minima proposer des messages
informatifs (posts) sur le compte de la DGALN, notamment sur les avis rendus en plénier.
Cette proposition implique un appui informatique et des compétences dont ne dispose pas, à ce
jour, la sous-direction de la DEB.
Pour une meilleure compréhension de ses missions, de son fonctionnement, de ses décisions, le
CNPN pourrait organiser des journées ou demi-journées thématiques, associant la DEB et
réunissant son « public ».
Enfin, une conférence annuelle, ouverte à tous, pourrait être organisée en partenariat avec les
établissements publics pour partager et vulgariser l?état de la science sur certains sujets qui peu-
vent ou, par anticipation, pourraient faire débat. Cette initiative contribuerait à rendre le CNPN plus
visible.
[DEB/CNPN] Mettre en oeuvre un plan de communication, même
modeste, pour illustrer globalement les missions, le fonctionnement et les travaux du CNPN.
71 Facebook, X (anciennement Twitter), LinkedIn.
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Conclusion
La mission estime que le CNPN - tout comme les CSRPN -, a besoin à ce stade d?un
fonctionnement stabilisé, quand toutes les parties prenantes s?accordent à vouloir connaître les
« règles du jeu ».
Les recommandations illustrent des améliorations qui peuvent certes paraître à la marge mais qui
sont essentielles pour l?ensemble des parties prenantes. Elles passent principalement par la
reconnaissance du travail fourni de part et d?autre et l?instauration, entre l?État et ces instances
consultatives, d?une confiance réciproque qui devra se (re)construire rapidement.
Ces propositions, si elles sont retenues, devront être impérativement co-élaborées par les parties
concernées.
Pour conclure, sans perdre pour autant son indépendance, à laquelle il tient tout particulièrement
à juste titre, le CNPN doit pouvoir engager au plus vite rencontres, discussions avec les maîtres
d?ouvrages, publics et privés, en dehors de tout projet précis. Perçu aujourd?hui comme un
adversaire, le CNPN doit devenir avant tout un allié et partenaire de l?État et des différents
pétitionnaires, dans une recherche de conciliation entre les priorités stratégiques de l?État, en
matière de développement économique et des énergies renouvelables d?une part, et de
préservation de la biodiversité d?autre part.
Au-delà de la présente mission, il pourrait être demandé à l?IGEDD d?évaluer l?impact de la Loi
biodiversité de 2016 et de mesurer en particulier l?impact des avis du CNPN dans une prochaine
commande.
Jérôme PETITGUYOT
Maryline SIMONÉ
Inspecteur Inspectrice générale
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de commande
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Annexe 2. Décret n° 2017-342 du 17 mars 2017 relatif au
Conseil national de la protection de la nature
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Annexe 3. Chiffres clés du CNPN
Ce document a été fourni par la DEB.
Les réunions
? Depuis 2017 : plus de 250 réunions du CNPN organisées.
? Depuis avril 2022 : 76 réunions (plénier, commissions et groupes de travail) et 18
réunions de bureau.
? L?assiduité en réunion : en 2023, sur les 37 réunions (plénier et commissions), 7
membres ont participé à moins de 6 réunions, dont deux à aucune réunion. On
note un désengagement des suppléants.
Les avis
? Depuis 2017, le CNPN a produit 2 396 avis : 184 avis du conseil plénier hors fonc-
tionnement, 2 107 avis issus de la commission Espèces et communautés biolo-
giques, incluant les demandes de dérogation d?espèces protégées et 105 avis re-
latifs aux espaces protégés.
? Depuis avril 2022 : 623 avis : 45 avis du conseil plénier hors fonctionnement, 546
avis issus de la commission Espèces et communautés biologiques, incluant les
demandes de dérogation d?espèces protégées et 32 avis relatifs aux espaces pro-
tégés.
? On note une augmentation des autosaisines depuis la nouvelle mandature :
- 13 autosaisines pour la période 2017-2022 ;
- 8 autosaisines depuis avril 2022 dont 2 sont en attente du rapport.
? Sur la période 2018-2023, sur les 2 222 avis produits par le CNPN, 70 % étaient
favorables, avec ou sans réserve, avec ou sans recommandation et 30 % défavo-
rables, avec ou sans recommandation. On note une légère augmentation des avis
défavorables concernant les dérogations espèces protégées pour l?année 2023
avec 44% d?avis défavorables, alors que ce chiffre variait entre 20 et 35% depuis
2018.
Alors que le règlement intérieur stipule l?obligation pour chaque membre de produire a
minima un rapport par an, 11 membres n?ont produit aucun rapport en 2023
Enfin, le budget nécessaire au fonctionnement du CNPN est de 57 780¤ (2023), dont
27 425¤ pour les présences en réunion, 9 495¤ pour la remise de rapports et 20 860¤ pour
la réalisation des comptes rendus (hors frais de repas).
Les réunions du CNPN
Depuis 2017, plus de 250 réunions du CNPN ont été organisées (67 réunions du conseil
plénier, 76 réunions de la commission Espèces et communautés biologiques, et 96 réunions
de la commission espaces protégés (souvent réparties en deux journées, l?une consacrée
aux parcs naturels régionaux, l?autre aux réserves naturelles nationales / réserves biolo-
giques). Depuis 2020, les réunions se déroulent alternativement en présentiel et à distance.
Pour la mandature 2022, le CNPN s?est réuni à 76 reprises (plénier, commissions et groupes
de travail).
Enfin, depuis avril 2022, le bureau du CNPN s?est réuni à distance en amont de chaque réu-
nion plénière, soit à 18 reprises (7 en 2022 et 11 en 2023).
L?assiduité des membres aux réunions du CNPN
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Les 60 membres du CNPN, qu?ils soient titulaires ou suppléants, sont invités à participer à
toutes les réunions du CNPN plénier. Les 42 membres des commissions peuvent également
participer à toutes les réunions de commissions.
Les membres, lors de leur candidature fin 2021, avaient informé de leur disponibilité pour le
CNPN à savoir : entre 15 à 25 jours, entre 25 à 35 jours et, enfin, plus de 35 jours par an.
Cette information a participé à la sélection des membres.
La participation des membres aux réunions du conseil fait l?objet d?un suivi détaillé depuis
avril 2022 :
? en 2022, sur les 25 réunions organisées, 16 membres ont assisté à moins de 6 réu-
nions, dont certains à une seule ;
? en 2023, sur les 37 réunions (plénier et commissions), 7 membres ont participé à
moins de 6 réunions, dont deux à aucune réunion.
Les moyennes des participations des membres aux réunions sont variables :
Avril-
décembre
2022
(8 réunions)
2023
CNPN plénier
Titulaires 5,6
11 réunions
7,8
Suppléants 3 3,2
Commission EP
Titulaires 4,6
15 réunions
8,5
Suppléants 2,1 3,7
Commission ECB
Titulaires 6,4
11 réunions
8,4
Suppléants 2,5 2,4
Pour ce qui concerne les réunions du CNPN plénier, un titulaire a participé en moyenne à 5,6
réunions sur 8 de 2022 et 7,8 réunions sur les 11 organisées en 2023. On note une présence
moindre des suppléants avec une présence moyenne de 3 réunions en 2022 et de 3,2 en 2023.
Ces chiffres sont issus du tableau nominatif de la participation en réunion et du rapportage de
l?année 2023.
Alors que les membres s?étaient engagés à consacrer a minima 15 jours par an au CNPN, il
s?avère que, pour certains d?entre eux, cet engagement n?est pas tenu pour les 21 premiers mois
de la mandature 2022-2027, le temps consacré au CNPN ne se limitant toutefois pas à la partici-
pation aux réunions. La rédaction des avis et les visites nécessaires pour certains d?entre eux
peuvent demander un temps conséquent.
Quelques membres titulaires ont une moyenne de participation faible quel que soit le type de
réunion (plénier, Commission ECB ou commission EP).
Certains membres privilégient la participation aux réunions de commissions et assistent peu aux
réunions du CNPN plénier, alors qu?ils en sont titulaires.
Les suppléants ont tendance à ne pas assister aux réunions alors qu?ils en ont la possibilité (soit
en présentiel quand leur titulaire est absent, soit en visioconférence en présence de leur titulaire).
Alors que les réunions sont organisées alternativement en présentiel et à distance, certains
membres n?ont jamais assisté à une réunion en présentiel, malgré les rappels du président du
CNPN.
La nature des avis rendus
Depuis 201772, le CNPN a produit 24 396 avis déclinés comme suit :
? 184 avis du conseil plénier (hors fonctionnement) ;
72 Mandature 2017-2022 et Mandature 2022-2027 (avril 2022 - décembre 2023)
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? 2 107 avis issus de la commission Espèces et communautés biologiques, incluant les de-
mandes de dérogation d?espèces protégées ;
? 105 avis relatifs aux espaces protégés.
Depuis le début de sa mandature en avril 2022, le CNPN a émis 623 avis :
Avril-décembre
2022
2023 Total Commentaire
CNPN plénier 11 34 45
- 2022 dont 1 note d'expertise et 1 décision
d?autosaisine, à compléter par 18 avis de
fonctionnement (élections, etc.)
- 2023 dont 7 décisions d?autosaisine, 6 rapports suite
à autosaisine, à compléter par 2 notes d'expertise, 1
motion et 2 avis de fonctionnement (désignations
extérieures)
Commission
ECB +
dérogations
226 320 546
- 2022 dont 8 avis de la commission ECB
- 2023 dont 10 avis de la commission ECB relatifs aux
PNA
- Les autres avis relèvent des affaires courantes du
CNPN pour lesquelles le président et vice-président de
la CECB ont délégation73
Commission
espaces
protégés
15 17 32
A noter qu'en complément, une partie des avis
techniques préalables de la commission sont
présentés et votés en CNPN plénier. Ces avis sont
comptabilisés au niveau du CNPN Plénier (3 avis
pour 2022 et 2 avis pour 2023)
Total 252 371 623
Les autosaisines du CNPN plénier
De 2017 à 2022, le CNPN a produit 13 autosaisines :
1. Motion sur la nécessité d?une agriculture non intensive respectant la biodiversité remarquable
du site de Notre-Dame-des-Landes (avril 2018).
2. Projet de la nouvelle route littorale à La Réunion avec l?option viaduc (décembre 2018).
3. Mesures dérogatoires quant à l?équarrissage naturel d?animaux domestiques sur les espaces
à vocation de préservation de la biodiversité (décembre 2018).
4. Projet de gestion adaptative, traduite par une note de prospective (janvier 2019).
5. Réalisation de forages pétroliers en Guyane et la demande de dérogations à la protection
des espèces (mars 2019).
6. Projet de décret de déconcentration totale des travaux en sites classés (mars 2019).
7. Echouage de cétacés et notamment de dauphins en golfe de Gascogne (mars 2019).
8. Motion sur la situation de la RNN de Scandola en Corse (juillet 2020).
9. Note sur l?évolution des PNR en Établissement Public de Coopération Administrative (octobre
2020).
10. Menaces de destruction de la biodiversité et du patrimoine naturel de Mayotte, traduite par
une motion cosignée avec le CSRPN de Mayotte (janvier 2021).
11. Intégration de la Stratégie Nationale pour les Aires Protégées dans les PNR (juillet 2021).
12. Développement de l?énergie offshore en France et ses impacts sur la biodiversité, le patri-
moine naturel et les paysages (juillet 2021).
13. Renforcement de la résilience des forêts et des écosystèmes forestiers, et la préservation de
la biodiversité et la valorisation des services rendus par les forêts (décembre 2021), suite aux
Assises de la Forêt et du Bois.
Depuis avril 2022, on compte 8 décisions d?autosaisines prises dont 6 ayant fait l?objet d?un
rapport.
73 Dossiers de demandes de dérogations à la protection des espèces et de leurs habitats (art. R. 411-2 du
CE) ou à l?interdiction de relâcher des spécimens de certaines espèces dans le milieu (art. R. 411-4 du CE).
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Rapport n° 015592-01
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Autosaisines
Avis sur autosaisines
rendus
Autosaisine sur la politique de déploiement du
photovoltaïque et ses impacts sur la biodiversité
sept-22 n° 2022-42 Octobre 2024
Autosaisine relative à la nécessité de l'évaluation des
impacts de l'aménagement de la retenue de substitution de
Sainte-Soline sur la population reproductrice de l'Outarde
canepetière et la faune protégée de la plaine poitevine
avr-23 n° 2023-05 Nov-23 n° 2023-32
Autosaisine sur le projet de décret relatif à la modification
de classement et au régime spécial des travaux
applicables aux forêts de protection
mai-23 n° 2023-10 juin-23 n° 2023-12
Autosaisine sur le projet de décret relatif à l?évaluation et
au suivi de l?artificialisation des sols
juin-23 n° 2023-13 juin-23 n° 2023-16
Autosaisine concernant le projet d?arrêté établissant des
mesures spatio-temporelles visant la réduction des
captures accidentelles de petits cétacés dans le golfe de
Gascogne pour les années 2024, 2025 et 2026
sept-23 n° 2023-18 sept-23 n° 2023-21
Autosaisine relative à la Stratégie nationale pour la mer et
le littoral
sept-23 n° 2023-19 oct-23 En cours
Autosaisine sur la proposition de protection du chacal doré
dans le cadre des espèces arrivant spontanément sur le
territoire national
oct-23 n° 2023-23 En attente
Autosaisine du CNPN concernant les lignes directrices
pour l'élaboration de listes d'espèces végétales et
fongiques des milieux terrestres, d'eau douce et littoraux à
proposer à la protection
déc-23 n° 2023-36 déc-23 n° 2023-37
En complément de ce qui précède, le CNPN a produit :
Avis technique du CNPN relatif au projet de guide d?aide à l?élaboration d?un site
naturel de compensation du CGDD
oct-22 n°2022-42
Motion du CNPN relative à tenue de la Commission Méditerranéenne du
Développement Durable (convention de Barcelone) à Marseille les 14-16 juin
2023
mai-23
n° 2023-
08
Note concernant les évolutions à prévoir dans les méthodes de capture et de
destruction des ESOD afin de garantir que les espèces protégées ne soient pas
visées par ces dernières
avr-23 nc
Note concernant le bilan du plan national d'action loup et activités d'élevage juil-23 nc
Le sens des avis rendus par le CNPN
Les avis du CNPN sont :
? soit favorables, avec ou sans réserve, avec ou sans recommandation,
? soit défavorables, avec ou sans recommandation.
Le sens des avis rendus par le CNPN (2018-2023)
Sens des avis
rendus 2018-2023
Nb Favorables Défavorables
CNPN plénier 177 76% 24%
Commission ECB 1949 69% 31%
Commission EP 96 88% 12%
Total 2222 70% 30%
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Rapport n° 015592-01
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CNPN plénier Avis Commission ECB Avis Commission EP
Nb total
(hors
fonct)
Favorable Défavorable Total Favorable. Défavorable. Total Favorable. Défavorable.
Nb Nb % Nb % Nb Nb % Nb % Nb Nb % Nb %
2018 24 15 63% 9 37% 316 216 68% 100 32% 21 19 90% 2 10%
2019 41 34 83% 7 17% 374 254 68% 120 32% 6 4 67% 2 33%
2020 31 27 87% 4 13% 315 237 75% 78 25% 14 13 93% 1 7%
2021 22 17 77% 5 23% 342 274 80% 68 20% 16 14 88% 2 12%
2022 25 17 68% 8 32% 292 190 65% 102 35% 22 19 86% 3 14%
2023 34 25 74% 9 26% 320 179 56% 141 44% 17 15 88% 2 12%
Total 177 135 76% 42 24% 1959 1350 69% 609 31% 96 84 88% 12 13%
Les avis du CNPN, quelle que soit l?instance, sont majoritairement favorables.
Les avis favorables, rendus par le CNPN plénier d?avril 2017 à mars 2022, sont accompagnés en
majorité de recommandations, notamment en vue de la prise des arrêtés ministériels ou préfecto-
raux prescriptifs, de contribuer à la réussite du dossier en faveur de la biodiversité, et aussi, par-
fois, d?éviter un avis défavorable en accompagnant l?avis favorable de fortes recommandations.
Les avis défavorables, quant à eux, sont accompagnés d?une argumentation de l?avis donné et
parfois de recommandations pour améliorer le dossier dans l?hypothèse d?une nouvelle présenta-
tion au CNPN, qui peuvent aussi servir à la prise des arrêtés ministériels ou préfectoraux pres-
criptifs.
La remise des rapports par les membres du CNPN
Le bilan de la remise des rapports par les membres est réalisé annuellement pour le calcul de
leurs indemnités d?exercice (cf. arrêté du 21 novembre 2017 portant indemnisation des membres
du CNPN).
Entre 2018 et 2022, plus de 38 000¤ ont été alloués aux membres ayant remis des rapports. 11
membres de la mandature 2017-2022 n?ont remis aucun rapport. Quatre membres ne souhaitent
pas recevoir d?indemnités.
Il convient de noter que depuis 2022, pour tout membre du CNPN, titulaire ou suppléant, le règle-
ment intérieur révisé impose la rédaction d?au moins un rapport par an (plénier ou commission)
(article 6 du règlement intérieur du CNPN). Auparavant, les membres n?étaient pas dans l?obliga-
tion de remettre des rapports.
De manière plus précise, pour l?année 2022, sur les 60 membres :
? 16 membres n?ont participé à la remise d?aucun rapport quelle que soit l?instance (plénier
ECB ou EP), dont 7 personnes déjà membres du CNPN sur la mandature 2017-2022 ;
? parmi les 42 membres de la commission Espaces protégés, seuls 13 membres ont parti-
cipé à la remise de rapports ;
? parmi les 42 membres de la commission Espèces et communautés biologiques, à l?in-
verse, seuls 3 membres n?ont participé à aucune remise de rapports.
Pour l?année 2023,
? 17 membres sur les 42 que compte la commission Espaces protégés ont participé à la
rédaction d?au moins un rapport. Cela constitue une légère augmentation due notamment
aux séances de formation dispensées pour les nouveaux membres ;
? pour ce qui concerne la commission ECB, 36 membres ont rédigé au moins un rapport ;
? 11 membres n?ont participé à la rédaction d?aucun rapport ;
? 5 membres ne souhaitent pas recevoir d?indemnités pour leur présence en réunion ou la
remise de leurs rapports.
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Annexe 4. Méthode du parangonnage
Les structures européennes et personnes ont été contactées
- suite aux recherches effectuées par les missionnés ;
- par l?intermédiaire des conseillers de développement durable auprès des ambassades
concernées ;
- sur les conseils de certains membres de l?IGEDD ;
- suite à une liste d?interlocuteurs transmise par l?IUCN.
Méthode de la mission
La mission avait pour commande de « Mettre en exergue les principales modalités
d?organisation de l?expertise scientifique et technique apportée aux ministres chargés de la
protection de la nature au sein des pays membres de l?Union européenne, en particulier pour
les projets, plans et programmes qu?ils mettent en oeuvre ».
Au vu de leur géographie, de leur histoire et de leur culture, la mission a fait le choix, parmi
les 26 états européens autre que la France, de sélectionner 8 pays74 : Allemagne, Autriche,
Espagne, Italie, Pays-Bas, Slovénie, Suède, Tchéquie au sein de l?union européenne et le
Royaume-Uni, hors de l?union européenne, mais forte de son histoire naturaliste.
Elle s?est donc attachée à utiliser la méthode de parangonnage selon la procédure habituelle
mise en oeuvre par la direction générale du Trésor (DG Trésor), avec l?aide de la direction des
affaires européennes et internationales (DAEI) du MTEL, sans solliciter directement les
conseillers économiques des ambassades.
Un questionnaire (cf annexe 4) - sur la base du modèle de la DG Trésor - a été adressé aux
conseillers développement durable, agents du MTE, détachés dans les ambassades. Ces
conseillers couvrent un pays ou une zone géographique cohérente (exemple :
Espagne/Andorre/Portugal ou Pays Bas/Luxembourg/Belgique).
Outre l?envoi du questionnaire, la mission a organisé une visioconférence avec chacun des
conseillers développement durable pour vérifier la compréhension de la commande,
reformuler les besoins de mise en relation avec les parties prenantes du pays et évoquer
leurs connaissances du sujet dans leur périmètre couvert.
Les missionnés ont parallèlement engagé des démarches directement auprès des
administrations des pays sélectionnés et auprès de personnes diversement recommandées75.
74 Le nombre de 8 pays est la norme de la direction générale du Trésor pour les parangonnages.
75 Membres de l?IGEDD, UICN, DEB
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Annexe 5. Questionnaire parangonnage destiné aux
pays interrogés
QUESTIONNAIRE
(en français - une version en anglais a été également adressée)
Le questionnaire ci-dessous a été adressé aux Conseillers développement durable, rattachés
aux ambassades. Et il a été quelque peu adapté et enrichi chaque fois que nécessaire pour
les administrations, structures européennes et tout autre contact utile à la mission. Pour
chacune des questions, il a été mentionné la description de la situation française pour une
bonne compréhension de la demande.
1. Contexte de la demande :
Le gouvernement français s?appuie, pour l?évaluation de ses politiques publiques et l?aide à
la décision des ministres, sur différentes structures (agences, instituts, conseils et comités
nationaux?) disposant notamment de compétences techniques et scientifiques :
2. Objectifs de la demande :
Mener une étude de parangonnage permettant de mettre en exergue les principales
modalités d?organisation de l?expertise scientifique et technique apportée aux ministres
chargés de la protection de la nature au sein des pays membres de l?Union européenne, en
particulier pour les projets, plans et programmes qu?ils mettent en oeuvre.
Proposer sur cette base des ajustements de l?organisation française actuelle et, d?autre part,
des modèles alternatifs, avec le double objectif de gagner en efficacité dans la production
des avis aujourd?hui rendus et de renforcer leur robustesse scientifique.
Evaluer les moyens tant humains que financiers nécessaires pour mettre en oeuvre ces
préconisations.
Sujet
Mission de parangonnage relative aux modalités d?expertise
scientifique et technique sur la protection de la biodiversité
dans les pays membres de l?Union européenne
Commanditaire
Inspection générale de l?environnement et du développement
durable (IGEDD)
Destinataire final
Ministre de la transition écologique et de cohésion du territoire (cf.
la lettre de commande)
Nom et coordonnées des
responsables
Mme : Maryline SIMONÉ - 0631246430
Fonction : Inspectrice générale de l?environnement et du
développement durable - IGEDD
Courriel : maryline.simone@developpement-durable.gouv.fr
M. : Jérôme PETITGUYOT - 0698845129
Fonction : Inspecteur de l?environnement et du développement
durable - IGEDD
Courriel : jerome.petitguyot@developpement-durable.gouv.fr
Liste des pays ciblés
Dans l?UE : Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Suède,
Tchéquie,
Hors UE : Royaume-Uni
Échéance de remise
souhaitée
Mi-octobre 2024
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Rapport n° 015592-01
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3. Calendrier et modalités de réalisation :
Date de livraison souhaitée : automne 2024
4. Modalités de réalisation :
Suivant les réponses apportées au questionnaire ci-après, les missionnés pourraient :
Reprendre contact avec leurs interlocuteurs au sein des ambassades au-delà du renvoi du
questionnaire complété,
Auditionner les administrations et parties prenantes des pays concernés (universités,
agences, instituts, cabinets d?études?).
Déplacements possibles ou échanges par visioconférences.
Q1/- Quelles sont les principales modalités d'organisation de l'expertise scientifique et
technique apportée au.x ministère(s) chargé.s de la protection de la nature du pays concerné
et notamment pour les projets, plans et programmes et en particulier pour les demandes de
dérogations à l'interdiction de destruction des espèces protégées. Merci de préciser si ces
modalités sont exercées par des régions (Länder, provinces, communautés?).
Comme décrit dans la partie I (Contexte de la demande), la France compte de nombreux
établissements (ANSES, CNRS, IRD, OFB, Ifremer, INRAe, MNHN?) sollicités pour leurs
travaux et expertises dans le périmètre du Ministère de la transition écologie et de la cohésion
des territoires. Ces structures ont des statuts juridiques différents. A titre d?exemple, l?Anses
est un établissement à caractère administratif et l?INRAe est un établissement public national
à caractère scientifique et technologique. Le Conseil national de la protection de la nature
(CNPN) est quant à lui une simple instance, dénuée de statut juridique. Seul le CNPN est
sollicité pour émettre un avis dans le sens d?une opinion exprimée dans une
délibération.
Q2/- L?organisation de l?expertise scientifique et technique a-t-elle fait l?objet de dispositions
législatives ou réglementaires ? Le pays a-t ?il l?équivalence du CNPN ? Quelle est la base
juridique de la structure ? Son champ thématique est-il circonscrit par des textes ? La
structure est-elle indépendante ? Merci de nous transmettre dans la mesure du possible les
textes correspondants.
Le CNPN a été rénové dans le cadre de la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête
de la biodiversité, de la nature et des paysages et a donc fait l?objet de dispositions législatives
et d?un décret. https://www.ecologie.gouv.fr/loi-reconquete-biodiversite-nature-et-des-
paysages https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000034207858
Avant 2016, le CNPN était composé des services de l?État, d?élus, d?associations
environnementales, de syndicats de salariés et patronaux, de fédérations professionnelles,
de personnes qualifiées. Ces composantes indiquées supra ont été regroupées au sein du
Comité national de la biodiversité (CNB), présidé par le ministre de la transition écologique.
https://www.ecologie.gouv.fr/comite-national-biodiversite
Sans être une autorité administrative indépendante au sens juridique du terme comme
peuvent l?être la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des liberté) et la CNDP
(Commission nationale du débat public), le CNPN, avec la suppression en 2016 des membres
de droit et les nouvelles modalités de désignation de ses membres, souhaitait ainsi garantir
une forme d?indépendance, en particulier de ces membres, à l?égard notamment de tous
types d?intérêts.
PUBLIÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/loi-reconquete-biodiversite-nature-et-des-paysages
https://www.ecologie.gouv.fr/loi-reconquete-biodiversite-nature-et-des-paysages
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000034207858
https://www.ecologie.gouv.fr/comite-national-biodiversite
Rapport n° 015592-01
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Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
européenne
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Q3/-Quelle.s est/sont leur.s composition.s (experts, chercheurs, personnes qualifiées, élus,
associations, fédérations professionnelles, syndicats?) ? Qui produit les avis (membres des
instances, bureaux d?études, universités?) ?
Après 2016, le CNPN est devenu un groupe pluridisciplinaire d?experts, composé de 30
membres titulaires et 30 membres suppléants, désignés intuitu personae. A noter que certains
membres sont des agents du MNHN, du CNRS ou autres structures de recherche évoquées
supra.
Ces sont les membres du CNPN qui produisent les avis.
Q4/- A quel moment intervient la demande d?expertise technique et scientifique ? Qui peut
solliciter l?expertise ? Les demandes d?avis sont-ils confiés à des rapporteurs? Sont-ils
délibérés? Sont-ils adoptés à la majorité simple? Un délai maximum de production est-il prévu?
Le.s instance.s peut-elle ou peuvent-elle s'autosaisir? Dans quelle proportion le politique tient
compte des avis formulés par l?expertise ? L?application de ces avis est-elle obligatoire ou
consultative ? Les avis sont-ils rendus public ?
Le CNPN est sollicité par l?État et son administration (direction de l?eau et de la biodiversité,
DREAL, Préfets) au nom des porteurs de projet à la fin du processus d?ingénierie des maîtres
d?ouvrage. Suivant l?importance du sujet et son périmètre, 3 instances (plénier et deux
commissions) au sein du CNPN instruise la demande d?avis qui fait ensuite l?objet d?une
délibération par ses membres. Ces avis sont rendus public sur un site internet dédié.
https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/bienvenue-sur-le-site-du-cnpn-
et-du-cnb-a1.html
Ces avis sont consultatifs. Le CNPN regrette d?ailleurs la non prise en compte de certains de
leur avis par les pouvoirs publics. Inscrite dans les textes, l?autosaisine est utilisée
régulièrement par le CNPN sur des sujets de politique prospective (exemple : développement
de l?éolien en mer).
Q5/-Quels sont leurs moyens humains et financiers dont dispose la ou les structure.s ?
Concernant les moyens humains, s?agit-il d?agents publics ou d?acteurs privés ?
Le CNPN dispose d?un secrétariat composé de 3 ou 4 agents de la Direction de l?eau et de
la biodiversité du Ministère de la transition écologique, non dédiés exclusivement à cette
instance.
Le CNPN ne dispose pas d?un budget en propre mais d?une ligne budgétaire gérée par la
Direction de l?eau et de la biodiversité (frais de mission, indemnités, ?).
Q6/-Quels sont selon vous les points forts et les points faibles de cette organisation par
rapport à celle de la France (en fonction de vos connaissances) ? Cette question est destinée
en particulier aux Conseillers développement durable.
Les points forts :
- Le CNPN est composé de scientifiques reconnus ;
- Travail sérieux et reconnu ;
- Implication forte de certains membres.
Les points faibles :
PUBLIÉ
https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/bienvenue-sur-le-site-du-cnpn-et-du-cnb-a1.html
https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/bienvenue-sur-le-site-du-cnpn-et-du-cnb-a1.html
Rapport n° 015592-01
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Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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- Manque de coordination avec les autres structures techniques et scientifiques et avec les
Comités scientifiques régionaux de la protection de la nature (CSRPN) ;
- Manque de relations avec les services de l?État et les porteurs de projet ;
- Apparition récente d?un problème de crédibilité voire de conflit d?intérêts de certains
membres du CNPN ;
- Charge de travail importante et répartie inégalement entre les membres.
Commentaires éventuels du pays questionné :
Aurez-vous la possibilité de nous mettre directement en relation avec les personnes que vous
aurez interrogées du pays concerné ?
Merci pour votre attention et vos réponses.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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Annexe 6. Fiche parangonnage Allemagne
Contacts de la mission :
- Adèle BESSOULE, attachée Climat et Environnement à l?ambassade de France à Berlin
- Docteur Julia Hertin Secrétaire générale, Sachverständigenrat für Umweltfragen | German
Advisory Council on the Environment
Le fonctionnement de l?expertise technique et scientifique en Allemagne :
Les compétences en matière de protection de la nature et de biodiversité incombent aux
Länder et qu?il n?y a pas d?équivalent du CNPN en Allemagne avec des avis tels que nous les
connaissons en France.
Dans le ressort du ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la Nature, de la
Sécurité Nucléaire et de la Protection des Consommateurs (BMUV), le Bundesamt für
Naturschutz - BfN (Agence fédérale de la protection de la nature) est, en tant qu'autorité
fédérale supérieure, en charge de missions techniques, scientifiques et administratives en
matière de protection de la nature et de biodiversité. Mais il est utile de rappeler d?ores et
déjà que les compétences en matière de protection de la nature et de biodiversité reviennent
aux Länder.
Le paysage de consultation politique en Allemagne dans le domaine de la biodiversité est
relativement diversifié. L?Allemagne compte de nombreux établissements publics sollicités
pour leurs travaux et expertises dans le périmètre du Ministère de l?Environnement (BMUV) :
Le Sachverständigenrat für Umweltfragen - SRU (Conseil d'experts pour les questions
environnementales) est un organe consultatif scientifique qui conseille le gouvernement
fédéral depuis 1972 sur la politique environnementale. Le SRU est indépendant et travaille
de manière interdisciplinaire. Sur proposition de la ministre fédérale de l?Environnement, les
membres du Conseil sont nommés par le gouvernement fédéral pour 4 ans. Le Conseil est
composé de sept universitaires qui disposent d?une expertise scientifique dans le domaine
de la protection de l?environnement. Le Conseil rédige à intervalles réguliers, au moins tous
les deux ans, des avis et prises de position sur différents thèmes de la politique
environnementale. Les expertises et les avis contribuent au débat sur la politique
environnementale et soutiennent la prise de décision politique basée sur la connaissance. Le
SRU est appuyé dans l'exécution de ses travaux par un secrétariat (8 employés) sur le plan
scientifique et organisationnel. https://www.umweltrat.de/DE/SRU/sru_node.html
L?actuelle ministre fédérale de l?Environnement, Steffi Lemke, a nommé le 19 mars 2024 seize
experts de haut niveau au sein du Wissenschaftlicher Beirat für Natürlichen Klimaschutz -
WBNK (Conseil scientifique pour la protection naturelle du climat). Le WBNK est une nouvelle
instance scientifique indépendante chargée de conseiller le gouvernement fédéral en matière
de protection naturelle du climat et d?accompagner le ministère fédéral de l'Environnement
(BMUV) dans la mise en oeuvre du programme d'action pour la protection naturelle du climat
(ANK). https://www.bmuv.de/pressemitteilung/bundesumweltministerin-steffi-lemke-beruft-
wissenschaftlichen-beirat-fuer-natuerlichen-klimaschutz
Le Conseil consultatif allemand sur le changement global (Wissenschaftliche Beirat der
Bundesregierung Globale Umweltveränderungen - WBGU). Les neuf membres du WBGU
sont nommés par le gouvernement fédéral pour une durée de quatre ans. Le ministère fédéral
de l'Environnement (BMUV) et le ministère fédéral de l'Éducation et de la Recherche (BMBF)
financent conjointement le comité consultatif et se partagent la direction des travaux. Le
WBGU travaille de manière indépendante et choisit lui-même ses thèmes. Il est accompagné
par un comité interministériel du gouvernement fédéral, au sein duquel tous les ministères et
PUBLIÉ
https://www.umweltrat.de/DE/SRU/sru_node.html
https://www.bmuv.de/pressemitteilung/bundesumweltministerin-steffi-lemke-beruft-wissenschaftlichen-beirat-fuer-natuerlichen-klimaschutz
https://www.bmuv.de/pressemitteilung/bundesumweltministerin-steffi-lemke-beruft-wissenschaftlichen-beirat-fuer-natuerlichen-klimaschutz
Rapport n° 015592-01
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biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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la chancellerie fédérale sont représentés.
L?Umweltbundesamt - UBA (Office fédéral pour l?environnement) est une autorité scientifique
en matière d?environnement, dépendant du ministère fédéral de l?Environnement (BMUV).
Par l?importance de ses analyses et de ses recommandations pour les décisions politiques,
l?UBA est un acteur environnemental unique en Allemagne et qui jouit d?une forte autonomie.
L?organisation de l?UBA se structure autour de 5 domaines dont le département II sur la
protection sanitaire de l?environnement et des écosystèmes. Les missions de l?UBA sont
variées :
- soutien scientifique du gouvernement fédéral ;
- mise en oeuvre de la législation environnementale ;
- information du public sur la protection de l?environnement sur la base de recherches
indépendantes ;
- mise en place et gestion du système d?information pour la planification environnement et
d?une documentation centrale sur l?environnement.
Le ministère fédéral de l'Alimentation et de l?Agriculture (BMEL) dispose de différents comités
consultatifs qui le conseillent entre autres sur le thème de la biodiversité, notamment :
Le Wissenschaftlicher Beirat für Biodiversität und Genetische Ressourcen - WBBGR (Conseil
scientifique pour la biodiversité et les ressources génétiques) développe des missions
d?expertise et d?appui auprès du ministère fédéral de l?Agriculture (BMEL) sur les questions
générales et fondamentales relatives à la conservation et à l'utilisation durable de la diversité
biologique. Le Conseil a récemment publié une prise de position sur l?élaboration en cours
d?une nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité (NBS)76.
BMEL - Beiräte - Wissenschaftlicher Beirat für Biodiversität und Genetische Ressourcen
Le Wissenschaftlichen Beirat für Waldpolitik - WBW (Comité scientifique pour la politique
forestière77) conseille et soutient le gouvernement fédéral dans l'élaboration de ses politiques
publiques pour une gestion durable des forêts. Le comité consultatif est composé de 15
représentants de différentes disciplines scientifiques qui reflètent les exigences de la société
vis-à-vis de la forêt. Les membres sont nommés par le BMEL pour une durée de trois ans. Le
Conseil consultatif examine les objectifs et les principes de la politique forestière nationale et
internationale et soumet des propositions pour le développement des conditions cadres de la
politique forestière et des instruments de mise en oeuvre de la stratégie forestière du
gouvernement fédéral.
BMEL - Beiräte - Wissenschaftlicher Beirat für Waldpolitik.
Le Thünen-Institut est un des équivalents de l?INRAe. L?institut mène de nombreuses études
sur l?impact de l?agriculture sur la biodiversité et sur l?agriculture durable.Thünen: Home
(thuenen.de)
Le Rat für Nachhaltige Entwicklung - NRE (Conseil du développement durable) assure une
mission d?expertise auprès du gouvernement fédéral sur la politique de durabilité. Il est
indépendant dans ses activités et est nommé tous les trois ans par le gouvernement fédéral
depuis 2001.
Rat für Nachhaltige Entwicklung - (nachhaltigkeitsrat.de)
Comme décrit ci-dessus, au niveau fédéral, l'Agence fédérale pour la conservation de la
nature (Bundesamt für Naturschutz - BfN) est l'autorité compétente en matière d'expertise
scientifique et administrative dans le domaine de la conservation de la nature et de la gestion
76 stellungnahme-biodiversitaetsstrategie.pdf (bmel.de) - Avril 2022
PUBLIÉ
https://www.bmel.de/DE/ministerium/organisation/beiraete/bio-div-organisation.html
https://www.bmel.de/DE/ministerium/organisation/beiraete/waldpolitik-organisation.html
https://www.thuenen.de/en/
https://www.thuenen.de/en/
https://www.nachhaltigkeitsrat.de/?cn-reloaded=1
https://www.bmel.de/SharedDocs/Downloads/DE/_Ministerium/Beiraete/biodiversitaet/stellungnahme-biodiversitaetsstrategie.pdf?__blob=publicationFile&v=2
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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des paysages. Le BfN est l'une des quatre autorités relevant du ministère fédéral de
l'environnement, de la protection de la nature, de la sécurité nucléaire et de la protection des
consommateurs (BMUV).
Cette agence est en charge de l'application de la législation sur la conservation de la nature,
y compris la conservation du milieu marin et des espèces, et soutient le ministère dans toutes
les questions relatives à la conservation de la nature, à la gestion des paysages et à la
coopération internationale. Elle mène des recherches scientifiques et soutient divers
programmes de financement. L'une de ses principales missions consiste à fournir des
informations et des données pour étayer les décisions politiques.
L'Allemagne étant un État fédéral, les responsabilités légales concernant les projets,
plans et programmes spécifiques incombent aux Länder (article 30 de la Loi
fondamentale) de manière générale. Par conséquent, les autorités de conservation de la
nature des Länder sont en principe compétentes pour l?expertise scientifique des
projets, plans et programmes spécifiques sous la forme de déclarations scientifiques78.
Les exceptions à cette règle sont, par exemple, la zone économique exclusive marine ou les
programmes nationaux d'aide aux espèces (nationalen Artenhilfsprogramm - nAHP). Avec le
programme national d'aide aux espèces (nAHP), l?Agence fédérale pour la conservation de
la nature (BfN) finance et soutient des projets favorisant la protection fédérale des espèces
et de leurs habitats ainsi que l'amélioration de leur état de conservation. Le programme de
financement se concentre sur la protection des espèces affectées par l'expansion nationale
des énergies renouvelables.
En tant qu'autorité fédérale supérieure indépendante, le BfN travaille en étroite collaboration
avec les autorités chargées de la protection de la nature dans chacun des seize Länder
allemands. Il fournit des approches et des méthodes dans des domaines tels que
l'aménagement du paysage, la conservation des espèces et les zones protégées, et donne
des conseils sur leur mise en oeuvre.
Pour les questions générales et spécifiques concernant la protection de la nature, le ministère
fédéral de l?Environnement peut s'appuyer sur des organes d'experts et des comités
consultatifs, par exemple, comme décrit supra, le Sachverständigenrat für Umweltfragen
- SRU (Conseil consultatif allemand sur l'environnement), le Wissenschaftliche Beirat der
Bundesregierung Globale Umweltveränderungen - WBGU) (Conseil consultatif allemand
sur le changement global) ou plus récemment le Wissenschaftlicher Beirat für Natürlichen
Klimaschutz - WBNK (Conseil scientifique pour la protection naturelle du climat) chargé
d?accompagner le ministère fédéral de l'Environnement (BMUV) dans la mise en oeuvre du
programme d'action pour la protection naturelle du climat (ANK).
Il n'existe donc pas d'équivalent du CNPN en Allemagne. En Allemagne, des organismes
scientifiques ou des comités consultatifs tels que la SRU et la WBGU ou des établissements
publics soutiennent des programmes, des plans et des projets spécifiques grâce à leur
expertise scientifique.
Les organisations environnementales reconnues par l?État fédéral ont des droits spéciaux
pour participer (Mitwirkungsrechte), donner leurs avis et intenter des actions en justice
concernant des décisions juridiques et des initiatives législatives sur la protection de la nature
(§ 63 de la Loi sur la protection de la nature (BNatSchG - lien).
Les responsabilités de l?Agence fédérale de la protection de la nature (BfN) sont définies
dans la loi portant création d'une agence fédérale pour la protection de la nature (BfNG) (lien).
78 Exemples : Le ministère de l?Environnement, du Climat et de l?Energie du Land Bade-Wurtemberg
(Naturschutz: Ministerium für Umwelt, Klima und Energiewirtschaft Baden-Württemberg (baden-
wuerttemberg.de) ou le Ministère de l?Environnement, de la Protection de la Nature et des Transports du
Land de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Natur | umwelt.nrw.de).
PUBLIÉ
https://www.gesetze-im-internet.de/bnatschg_2009/__63.html)
https://www.gesetze-im-internet.de/bfnatschg/BJNR145810993.html
https://um.baden-wuerttemberg.de/de/umwelt-natur/naturschutz
https://um.baden-wuerttemberg.de/de/umwelt-natur/naturschutz
https://www.umwelt.nrw.de/themen/naturschutz/natur
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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Au sein de l?Agence fédérale de la protection de la nature (BfN), environ 430 collaborateurs
travaillent à Bonn, à Leipzig et sur l'île de Vilm près de Rügen dans différents domaines
thématiques pour la protection de la diversité biologique et l'utilisation des ressources dans
le respect de la nature.
Concernant le rôle et le statut des Naturschutzbeauftragte dans les Länder (délégués à la
protection de la nature et à l'entretien des paysages) : les délégués à la protection de la nature
sont nommés au niveau des districts (Landkreise) et sur proposition. Par exemple,
l?association environnementale NABU d?un district peut proposer à l?autorité inférieure de
protection de la nature (unteren Naturschutzbehörden) un/e candidat.e. La décision de la
nomination est prise au niveau politique, c?est-à-dire par le conseil du district (Kreistag) ou la
commission correspondante.
Les délégués à la protection de la nature soutiennent bénévolement les autorités inférieures
de protection de la nature dans le domaine de la protection de la nature. Les délégués doivent
avoir des connaissances en matière de protection de la biodiversité et s?engager pour la
protection de la nature. Certains d?entre eux ont une formation scientifique, mais ce n?est pas
une condition préalable, selon l?organisation environnementale NABU.
Ils sont nommés dans les villes et les districts (Landkreis) pour une durée de 5 ans (par
exemple au Bade-Wurtemberg79 ) pour conseiller et soutenir les autorités inférieures de
protection de la nature, notamment lors de l'évaluation de projets et de planifications liés à
des interventions dans la nature et le paysage, comme par exemple les plans d?occupation
des sols ou les plans d'urbanisme.
En outre, ils élaborent des avis sur les planifications spécialisées d'autres administrations,
par exemple lors de la mise à l'enquête publique, et sont consultés pour tous les projets où
les intérêts de la nature et du paysage sont concernés dans les districts urbains et ruraux
(Stadt- und Landkreisen), comme par exemple la protection des espèces ou des sols et le
climat.
Concernant les compétences des Landesbeirat für Natur und Umweltschutz et notamment
de leur comité consultatif d?experts (Sachverständigenbeirats für Naturschutz und
Landschaftspflege) :
Pour le Land de Berlin, le conseil d?experts doit être associé aux décisions importantes, en
particulier aux dérogations aux réglementations de la loi berlinoise sur la protection de la
nature. Les réunions ont lieu six fois par an et traitent de questions fondamentales et de sujets
d'actualité soulevés par le comité consultatif lui-même ou suggérés par les autorités, les
associations ou les initiatives citoyennes.
Les résultats essentiels des délibérations sont votés sous forme de décision et envoyés
personnellement aux destinataires respectifs. Indépendamment de cela, les procès-verbaux
sont également envoyés à tous les groupes parlementaires de la Chambre des représentants,
aux autorités supérieures et inférieures de protection de la nature ainsi qu'aux associations
reconnues.
Quelques exemples de décisions récentes du comité consultatif d?experts pour la protection
de la nature et l?entretien des paysages du Land de Berlin :
- projet de construction potentielle en bordure du parc Tempelhofer Feld ;
- avis sur un paquet législatif du Sénat de Berlin sur l?accélération des procédures de
planification et d?approbation des projets de construction ;
- décisions sur des nouvelles zones protégées autour de lacs à Berlin.
79 https://lnv-bw.de/naturschutzbeauftragte-forderungen-fuer-die-zukunft/
PUBLIÉ
https://lnv-bw.de/naturschutzbeauftragte-forderungen-fuer-die-zukunft/
Rapport n° 015592-01
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Pour information ou mémoire, la spécificité allemande concernant les mesures de
compensation et le mécanisme de « paiement compensatoire » :
En Allemagne, le principe d?évitement, le principe du pollueur-payeur et le principe de gestion
des conséquences de la règlementation des interventions revêtent une importance
fondamentale pour la réalisation des objectifs de la protection de la nature et de l?entretien
des paysages, mais aussi pour la réalisation des objectifs de l?article 1 de la Loi fédérale sur
la protection de la nature (BNatSchG).
La procédure de « paiement compensatoire », est mise en oeuvre dans de nombreux Länder.
Celle-ci a été règlementée en 2009 de manière uniforme au niveau fédéral dans l?article 5,
paragraphe 6 de la BNatSchG. Outre le calcul et le montant du paiement compensatoire,
l?exigence fédérale uniforme doit être remplie de manière technique, en garantissant si
possible l?utilisation affectée dans l?espace naturel concerné.
« Somme compensatoire » (Ersatzgeld) du destinataire : dans la mesure où la mise en
balance à effectuer conformément à l?article 15, paragraphe 5, de la loi fédérale sur la
protection de la nature a montré que les intérêts de la protection de la nature et de la
conservation du paysage sont subordonnés à l?intervention prévue, le pollueur doit verser
une compensation monétaire conformément à l?article 15, paragraphe 6, phrase 1, de la loi
fédérale sur la protection de la nature. Les bénéficiaires de ces indemnités sont, sauf dans le
cas d?interventions dans la ZEE, les autorités compétentes des Länder.
Chaque Länder a une règlementation spécifique pour la mise en oeuvre du « paiement
compensatoire » (Ersatzgeld). Dans le Bade-Wurtemberg, le système de l'éco-compte a été
développé pour les mesures de compensation et de remplacement. Ainsi, le responsable
d'une intervention peut également réaliser une mesure de protection de la nature en amont
de l'intervention et se faire créditer ce que l'on appelle des éco-points80 . Le contrôle et
l'imputation se font par le biais des districts (via les autorités inférieures de protection de la
nature). Si une intervention dans la nature et le paysage a lieu plus tard (par exemple le
dragage de gravier), le promoteur peut faire comptabiliser la mesure de remplacement qu'il a
déjà prise (valeur en éco-points). Ce n'est que lorsqu?aucune mesure ne peut être prise, qu'un
paiement compensatoire pourra être effectué.
Dans le Bade-Wurtemberg, ces paiements compensatoires (dont le montant est déterminé
dans chaque procédure par l'autorité d'approbation) sont versés de manière centralisée à la
Fondation pour la protection de la nature (Stiftung Naturschutzfonds). La fondation
Naturschutzfonds peut utiliser les fonds pour des mesures de protection de la nature qui sont
mises en oeuvre si possible à proximité du lieu où l'intervention a eu lieu. Les communes
peuvent déposer des demandes d?utilisation de ces fonds à la fondation, mais aussi d'autres
autorités de protection de la nature ou des associations de protection de la nature. La
fondation Naturschutzfonds statue ensuite sur les demandes et règle le paiement.
Dans le Brandebourg (Article 6 de la BbgNatSchAG), le montant du paiement de
compensation est fixé par l'autorité d'approbation, par exemple par l'Office régional de
l'environnement. Les paiements doivent être versés au Land en tant que « taxe affectée ».
Le destinataire du paiement est la caisse principale du Land à Potsdam. A la fin de chaque
trimestre, le ministère de l'environnement du Brandebourg effectue des virements trimestriels
groupés à la fondation compétente selon l?article 33 de la BbgNatSchAG, la fondation
NaturSchutzFonds Brandenburg. La fondation gère le paiement de compensation pour le
compte du Land. Dans la mesure du possible, le paiement de compensation doit être utilisé
sur le territoire du Landkreis ou de la ville indépendante du Kreis concerné, sinon dans
l'espace naturel concerné. Les fonds utilisés peuvent alors avoir un effet levier, car ils sont
80 Cette méthode est utilisée hors du cadre de la biodiversité protégée, mais exclusivement pour la
biodiversité ordinaire.
PUBLIÉ
https://www.gesetze-im-internet.de/bnatschg_2009/__1.html
https://um.baden-wuerttemberg.de/de/umwelt-natur/naturschutz/eingriffsregelung
https://stiftung-naturschutz-bw.de/
https://bravors.brandenburg.de/gesetze/bbgnatschag#6
https://bravors.brandenburg.de/gesetze/bbgnatschag#33
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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reconnus dans les directives de subvention de l'UE, de l'État fédéral ou du Land comme
contribution propre à des projets de protection de la nature, susceptible donc d?être complétée
par des fonds publics.
Pour la mise en place de mesures compensatoires :
Pour un projet portant atteinte à la nature et au paysage, le porteur de projet élabore un
rapport environnemental. Celui-ci se base sur un examen préalable de la dimension de
l'intervention pour les biens environnementaux abiotiques (sol, eau, air) et pour les animaux,
les plantes et la biodiversité. Pour ces biens environnementaux biotiques, la législation
européenne en matière de protection de la nature (directives FFH et Oiseaux) s?applique.
Suite à la rédaction du rapport environnemental, un plan est élaboré par le promoteur du
projet, dans lequel sont définies les mesures de compensation et de remplacement. Ce plan
d'accompagnement, appelé plan d'aménagement paysager (Landschaftspflegerische
Begleitplan), est examiné par l'autorité d'approbation et ensuite approuvé. Avant l'approbation,
les mesures sont souvent encore modifiées si l'autorité l'exige. Le plan d'accompagnement
paysager approuvé doit être mis en oeuvre dans les moindres détails pour que l'intervention
dans la nature et le paysage soit compensée.
Selon l?association environnementale NABU (antenne du Bade-Wurtemberg), l'expérience de
nombreuses procédures de ce type montre qu'une compensation totale n'est pas réaliste, car
il reste généralement un dommage à la nature et au paysage. Si le plan d'accompagnement
paysager n'est pas jugé suffisant par l'autorité, celle-ci détermine le paiement d'une
compensation à la fondation Naturschutzfonds. Le montant du paiement dépend d'un
catalogue établi pour le Land Bade-Wurtemberg.
Ce qu?il faut retenir
Les compétences en matière de protection de la nature et de biodiversité reviennent aux
Länder.
Toutefois, au niveau fédéral, l'Agence fédérale pour la conservation de la nature (Bundesamt
für Naturschutz - BfN) est l'autorité compétente en matière d'expertise scientifique et
administrative dans le domaine de la conservation de la nature et de la gestion des paysages.
Cette agence fédérale est en charge de l'application de la législation sur la conservation de
la nature et fourni des informations et des données pour étayer les décisions politiques.
Les Länder, quant à eux, ont l?obligation de mettre en place une agence régionale de
conservation de la nature qui tient le même rôle que l?agence fédérale au niveau local. Les
plans et programmes sont instruits par le gouvernement du Land en s?appuyant sur leur
agence régionale et sur un comité de préservation de la nature composé de sachants
bénévoles désignés pour 5 ans. Les projets sont instruits par les administrations des
communes et des cantons avec l?aide d?un office local de protection de la nature et d?un
comité d?experts locaux bénévoles désignés pour 5 ans.
Concernant en particulier la compensation écologique, l?Allemagne a fait le choix de
l?anticipation financière des impacts et de leurs contreparties environnementales, via la mise
en oeuvre de mesures de compensation « par l?offre », en fixant par décret, au niveau de
chaque Land, les modalités de calcul du besoin compensatoire et l?offre de compensation
nécessaire en retour (« Ökokonto »). Cette méthode standard objective et harmonise les
calculs et sécurise les projets. Les éco-points peuvent être convertis en unités monétaires
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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cédées à la collectivité locale pour mettre en oeuvre des mesures de restauration écologique.
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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Annexe 7. Fiche parangonnage Italie
Contacts de la mission :
Claire BERGÉ, Conseillère développement durable Italie, Grèce, Malte, Chypre
Le fonctionnement de l?expertise technique et scientifique en Italie :
En raison de son organisation régionale, l?Italie compte plusieurs niveaux d?expertise
scientifique dans les domaines environnementaux. Toutefois, l?organisme de référence est
national : l?Institut pour la protection et la recherche environnementales (ISPRA). Il s?appuie
sur un réseau en régions, les ARPA. L?ensemble ISPRA + ARPA est rassemblé au sein du
Système national pour la protection de l?environnement.
Les avis émis sont confrontés dans des instances de dialogue État-régions pour chaque
projet d?intérêt local et national (comme pour toutes les lois, décrets et décisions prises en
Italie, en raison du caractère régional de sa constitution et de son organisation administrative).
ISPRA - Institut pour la protection et la recherche environnementales :
L'Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale a été créé en 2008. C?est
l?équivalent d?un établissement public administratif français. Cet établissement assure le
monitorage de tous les aspects environnementaux du pays. Il correspondrait donc en France
à l?ADEME et à l?OFB. Cet établissement assure une mission d?animation des réseaux
scientifiques et de dissémination auprès du grand public. De plus, sur certains sujets précis,
ISPRA a la vision d?ensemble des actions menées dans les différentes régions italiennes (ex :
loups, ours, qualité de l?air). Enfin, l?ISPRA produit ou contribue aux évaluations de l'impact
sur l'environnement et évaluations environnementales stratégiques et produit des avis dans
plusieurs secteurs environnementaux.
L?ISPRA est directement placé sous la tutelle du ministère de l'environnement et de la sécurité
énergétique (MASE). Le MASE transfère annuellement à l?ISPRA les ressources nécessaires
aux dépenses de fonctionnement, aux dépenses à caractère obligatoire et aux
investissements, telles qu'elles résultent des chapitres appropriés du budget de l'État. Au total,
ce sont entre 100 et 120M¤ qui sont alloués par le ministère à l?ISPRA chaque année. Le
ministère et l?ISPRA sont liés par une convention triennale d?objectifs.
Cet institut de recherche et scientifique, chargé de produire des avis de façon indépendante,
est « inféodé » au ministère. L?adjonction d?un conseil scientifique peut constituer une
garantie d?indépendance et d?objectivité. Le Conseil scientifique est un organe prévu par
l'article 8 du règlement de l'ISPRA qui a des fonctions de proposition et de consultation en
matière de planification et de vision stratégique de l'institut. En particulier, le Conseil formule
des suggestions et des propositions pour la préparation du plan d'affaires triennal de l'institut
et de ses mises à jour annuelles ; formule des suggestions et des propositions pour une
meilleure exécution des fonctions assignées par la loi à l'institution ; assiste le président dans
ses fonctions stratégiques. Il est composé du président de l'ISPRA et de cinq membres -
choisis parmi les professeurs d'université, les chercheurs, les technologues ou les experts, y
compris étrangers, ayant des qualifications scientifiques avérées dans les domaines de
compétence de l'institut - et d'un membre élu par le personnel technico-scientifique. Par
décret ministériel n° 252 du 22/06/2022 du MASE, ont été nommés les cinq membres du
nouveau Conseil scientifique de l'ISPRA : Dr Enrico BRUGNOLI 81 ; Professeur Porzia
81 Microsoft Word - Brugnoli_CV_2017_trasparenza.docx (cnr.it)
PUBLIÉ
https://www.cnr.it/it/trasparenza/direttore-curriculum/81/brugnoli-cv-2017-trasparenza.pdf
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
européenne
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MAIORANO82 ; Professeur Maria Cristina PEDICCHIO83 ; Dr Emanuela TESTAI84 et Dr
Roberto VIOLA 85 . En application des normes anti mafia et corruption, et comme pour
quasiment toutes les charges publiques y compris administratives, les salaires sont publiés
en ligne86. Jusque lors, l?indépendance réelle des avis produits par l?ISPRA n?a pas été remise
en cause.
Le Système national en réseau pour la protection de l'environnement :
Créé en 2016 par une loi (loi n° 132 de 201687 ), le Système national en réseau pour la
protection de l'environnement (SNPA) est composé de l'ISPRA et des 21 agences territoriales
de protection de l'environnement (ARPA / APPA), établies par des lois régionales, et pré-
existantes. Ces agences régionales sont dotées de l?autonomie administrative, technique,
juridique, patrimoniale et comptable et sont placées sous la tutelle du président du conseil
régional ou de la province autonome.
Il s'agit d'un exemple de système fédéral consolidé, qui combine la connaissance directe du
territoire et de ses problèmes avec les politiques nationales de protection de l'environnement.
En effet, depuis la création des premières agences régionales, il y avait un besoin évident de
créer des occasions et des espaces de discussion et de débat entre l'ARPA / APPA et
l?échelon national.
Le Système exprime son avis contraignant sur les mesures gouvernementales à caractère
technique en matière d'environnement et informe le ministère en charge de l?environnement
et la Conférence permanente pour les relations entre l'État, les régions et les provinces
autonomes de Trente et de Bolzano de l'opportunité d'interventions, y compris législatives,
pour la poursuite des objectifs de développement durable, la réduction de la consommation
de terres, la sauvegarde et la promotion de la qualité de l'environnement et la protection des
ressources naturelles.
Il est à noter la décision en juin 2024 de la création future d?un conseil scientifique pour le
climat et l?environnement, composé d?experts qui seront choisis sur la base de leur expertise
scientifique dans les différents domaines de la science du climat et de leur indépendance. La
sélection sera faite conjointement par les politiques et les scientifiques.
La loi 132/201688 confie à la SNPA des fonctions spécifiques pour soutenir la législation
environnementale. Il s'agit en particulier d'une fonction d'avis, exercée sur les mesures
existantes mais surtout sur celles qui sont en cours d'adoption, conformément à l'article 13
paragraphe 2 de la loi 132/2016 (« avis contraignant sur les mesures gouvernementales de
nature technique sur l'environnement »). Des fonctions de soutien technique scientifique sont
également envisagées pour les analyses visant à évaluer l'efficacité et les résultats
opérationnels de la législation en vigueur ayant une incidence sur l'environnement. La loi
132/2016 confie également à la SNPA une fonction de proposition de nouvelle législation
environnementale ou la modification de la législation existante.
Extraits de la loi : « article 3 :
e) l'appui technico-scientifique aux administrations compétentes pour l'exercice des fonctions
administratives dans le domaine de l'environnement expressément prévues par la
82 CV_Porzia_Maiorano.pdf (isprambiente.gov.it)
83 pedicchio_cv_novembre_2023.pdf (isprambiente.gov.it)
84 testai_curriculum_vitae_europass_it2023.pdf (isprambiente.gov.it)
85 Europass (isprambiente.gov.it)
86 copy_of_Decreto_285_del_28112014.pdf (isprambiente.gov.it)
87 LEGGE 28 giugno 2016, n. 132 - Normattiva
88 Gazzetta Ufficiale
PUBLIÉ
https://www.normattiva.it/atto/caricaDettaglioAtto?atto.dataPubblicazioneGazzetta=2016-07-18&atto.codiceRedazionale=16G00144&atto.articolo.numero=0&qId=&tabID=0.42877919133996034&title=lbl.dettaglioAtto
https://www.isprambiente.gov.it/files2018/trasparenza/organizzazione-2018/CV_Porzia_Maiorano.pdf
https://www.isprambiente.gov.it/files2023/trasparenza/organizzazione-2023/pedicchio_cv_novembre_2023.pdf
https://www.isprambiente.gov.it/files2023/trasparenza/organizzazione-2023/testai_curriculum_vitae_europass_it2023.pdf
https://www.isprambiente.gov.it/files2024/trasparenza/organizzazione-2024/roberto_viola_-_ispra_cv_2024.pdf
https://www.isprambiente.gov.it/files/trasparenza/organizzazione/consiglio-scientifico/copy_of_Decreto_285_del_28112014.pdf
https://www.normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:legge:2016-06-28;132
https://www.gazzettaufficiale.it/eli/id/2016/07/18/16G00144/sg
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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réglementation en vigueur, par la rédaction d'enquêtes techniques préliminaires et
l'élaboration de propositions sur les modalités de mise en oeuvre dans le cadre des
procédures d'autorisation et d'évaluation, la réalisation de services technico-scientifiques
d'analyse et de mesure et la formulation d'avis et d'évaluations techniques également dans
le cadre des conférences de services conformément à la loi n° 241 du 7 août 1990. ».
Les procédures en Italie :
L?Italie n?a pas d?équivalent du CNPN français à ce stade.
L?annonce de juin 2024 évoquée supra du ministre laisse entrapercevoir un futur CNPN mais
qui embrasserait la thématique climat en plus de celles relatives à l?environnement.
L?ISPRA, l?ARPA et autres entités régionales produisent jusqu?ici des avis. Les experts sont
majoritairement des experts, parfois exerçant aussi à l?université voire chercheurs de
l?équivalent du CNRS italien.
Il n?y a pas de procédure unique mais un amoncellement de missions et tâches confiées au
fil du temps par les autorités centrales à l?ISPRA. La demande d?expertise scientifique et
technique survient - sans surprise - avant la délivrance de l?autorisation.
La mission n?a disposé d?aucune information sur les rapporteurs, les potentielles délibérations,
et sur le fonctionnement de la gouvernance.
Selon la matière et ce que prévoient les textes, les avis peuvent être consultatifs ou
contraignants. Par exemple, en matière d'espèces non indigènes, l?ISPRA est chargé de
préparer et d?approuver les avis techniques contraignants du Conseil de la SNPA sur les
procédures d'autorisation pour la dissémination dérogatoire d'espèces non indigènes, en
vertu des Article 12 du décret présidentiel 8 septembre 1997, n° 357, de l?arrêté ministériel
MATTM 2 avril 2020 et de la résolution du Conseil de la SNPA 143/2021. En revanche,
concernant les espèces végétales protégées par la directive Habitat, l?ISPRA doit émettre des
avis technico-scientifiques simples sur la conservation et la gestion de la flore indigène
italienne (base légale : L. 157/1992, DPR 357 (art. 9, 11).). Concernant l?aquaculture, là
encore l?ISPRA émet des avis simples.
S?agissant des avis de l?ISPRA, ils ne sont apparemment pas publiés directement par la
structure. Toutefois, certains sont révélés par d?autres parties prenantes :
- la chasse en Vénétie dgr_668_24_allegatob_532485.pdf
- la chasse dans les Abruzzes Parere ISPRA n. 257254 del 16.09.2019.pdf
(regione.abruzzo.it) Prot (cacciaedintorni.it)
- la pêche : 14319-15.pdf (torredelcerrano.it).
Et d?autres proviennent du SNPA, à titre d?exemples:
- delibera-SNPA-249_2024.pdf (snpambiente.it)
- delibera-SNPA-246_2024-parere-istanza-ganaspis-Lazio-e-Sardegna.pdf
(snpambiente.it)
- Delibera-238_2024_parere-istanza-Regione-Marche.pdf (snpambiente.it)
Tant l?ISPRA que les ARPA et le conseil national de recherche scientifique (équivalent CNRS)
ont à la fois des employés qui bénéficient de statuts s?apparentant à ceux du secteur public
que des experts extérieurs embauchés ponctuellement sur des missions précises.
Le ministère donne entre 100 et 120M¤ par an à l?ISPRA89. Les dépenses sont fléchées par
domaines d?actions et cette nomenclature est inscrite dans les textes :
L'article 1, paragraphes 702 et 706 de la loi n° 197 du 29 décembre 2022, prévoit que « Pour
89 tabella_contributo_ordinario_ISPRA_2024.ods (live.com)
PUBLIÉ
file:///D:/cberge/Downloads/dgr_668_24_allegatob_532485.pdf
https://www.regione.abruzzo.it/system/files/ambiente/tutela-territorio/vinca/105170/Parere%20ISPRA%20n.%20257254%20%20del%2016.09.2019.pdf
https://www.regione.abruzzo.it/system/files/ambiente/tutela-territorio/vinca/105170/Parere%20ISPRA%20n.%20257254%20%20del%2016.09.2019.pdf
https://www.cacciaedintorni.it/wp-content/uploads/2021/07/parere_ISPRA_calven_2021.pdf
https://www.torredelcerrano.it/docs/14319-15.pdf
https://www.snpambiente.it/wp-content/uploads/2024/06/delibera-SNPA-249_2024.pdf
https://www.snpambiente.it/wp-content/uploads/2024/06/delibera-SNPA-246_2024-parere-istanza-ganaspis-Lazio-e-Sardegna.pdf
https://www.snpambiente.it/wp-content/uploads/2024/06/delibera-SNPA-246_2024-parere-istanza-ganaspis-Lazio-e-Sardegna.pdf
https://www.snpambiente.it/wp-content/uploads/2024/05/Delibera-238_2024_parere-istanza-Regione-Marche.pdf
https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fwww.mase.gov.it%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Farchivio%2Fallegati%2Ftrasparenza_valutazione_merito%2Fispra%2Ftabella_contributo_ordinario_ISPRA_2024.ods&wdOrigin=BROWSELINK
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
européenne
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l'achèvement et l'informatisation de la Carte géologique de l'Italie à l'échelle 1:50.000, dans
le cadre du projet de cartographie géologique (projet CARG), ainsi que pour les activités
instrumentales connexes, une contribution de 6 millions d'euros pour l'année 2023 et de 7
millions d'euros pour chacune des années 2024 et 2025 (paragraphe 702) » et « une dotation
de 8 millions d'euros pour l'année 2023 et de 12 millions d'euros pour chacune des années
2024 et 2025 (paragraphe 706) » est attribuée au Département du service géologique de
l'Italie de l'Institut supérieur pour la protection et la recherche environnementales (ISPRA),
soit un total de 14 millions d'euros pour l'année 2023 et de 19 millions d'euros pour chacune
des années 2024 et 2025.
En outre, l'article 50, alinéa 4 du décret-loi n° 76/2020, converti, avec des modifications, en
loi n° 120/2020, a introduit un fonds de 700 000 ¤ pour l'École de spécialisation dans les
disciplines environnementales. La disposition susmentionnée prévoit notamment que
L'Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale, par l'intermédiaire de la Scuola
di specializzazione in discipline ambientali (École de spécialisation dans les disciplines
environnementales) visée à l'article 17-bis du décret-loi n° 195 du 30 décembre 2009, converti,
avec modifications, par la loi n° 26 du 26 février 2010, n° 26, garantit, grâce à un fonds spécial
de spécialisation dans les disciplines environnementales, l'accès à l'enseignement supérieur
et à la formation professionnelle dans le domaine de l'environnement. L'Institut de recherche
sur l'environnement et la protection de l'environnement (IRAE), qui a été créé en vertu de
l'article 26, assure, par des protocoles d'accord spécifiques avec l'autorité compétente, le
soutien scientifique et la formation du personnel du ministère de l'environnement et de la
protection de la terre et de la mer, en particulier du personnel de la direction générale chargée
des évaluations et des autorisations environnementales. À cette fin, ainsi que pour assurer le
fonctionnement de ladite école, le ministère de l'environnement et de la protection du territoire
et de la mer accorde à l'Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale une
contribution égale à 300 000 euros pour l'année 2020 et à 700 000 euros à partir de l'année
2021. Les coûts découlant de ce paragraphe, qui s'élèvent à 300 000 euros pour l'année 2020
et à 700 000 euros par an à partir de l'année 2021, seront couverts par une réduction
correspondante de l'autorisation de dépenses en vertu de l'article 3 de la loi n° 120 du 1er
juin 2002. Le ministre de l'économie et des finances est autorisé à procéder aux modifications
budgétaires nécessaires par l?intermédiaire de ses propres décrets.
En outre, l'article 1, paragraphe 701, de la loi n° 197 du 29 décembre 2022 a attribué à l'ISPRA
une contribution de 6M¤ pour la construction d'un centre de laboratoire et la gestion de ses
activités, pour chacune des années 2023 et 2024.
Enfin, l'article 6, paragraphe 4, du décret-loi n° 111/2019, converti en loi n° 141/2019, dispose
que « 4. les données et les informations visées aux paragraphes 1 et 2 sont acquises, par
voie télématique, par l'Institut supérieur pour la protection et la recherche environnementale
(ISPRA) visé à l'article 28 du décret-loi n° 112 du 25 juin 2008, converti, avec des
modifications, par la loi n° 133 du 6 août 2008 ». Le même institut, conformément aux
dispositions de l'article 3, alinéa 2, du décret législatif n° 32 du 27 janvier 2010, et sur la base
d'un accord spécifique avec le ministère de l'environnement et de la protection du territoire et
de la mer, acquiert et systématise, dans un format ouvert et accessible, toutes les autres
données environnementales et les rend publiques dans une section dédiée et accessible du
site institutionnel du ministère de l'environnement et de la protection du territoire et de la mer
appelée « Informambiente », également dans la section « Administration transparente ». Le
paragraphe 5 du même article prévoit en outre que « 5. aux fins énoncées au paragraphe 4,
une dépense de 500 000 euros est autorisée pour chacune des années 2020, 2021 et 2022 ».
En contrepartie, ce Département a conclu une convention avec l'ISPRA pour la mise en
oeuvre des dispositions précitées.
L'actuelle convention triennale 2022-2024 entre le Ministère et l?ISPRA a été adoptée par le
décret ministériel n° 91 du 3 mai 2022.
PUBLIÉ
https://www.mase.gov.it/sites/default/files/archivio/allegati/trasparenza_valutazione_merito/ispra/2020-10-21_conv_ispra_mattm_clima.pdf
https://www.mase.gov.it/sites/default/files/archivio/allegati/trasparenza_valutazione_merito/ispra/convenzione_mase_ispra_2022.2024.zip
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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Cas emblématique sur la biodiversité : la décision d?abattre des ours :
Après la rencontre mortelle d?un joggeur avec une ourse, la province de Trente a décidé
d?abattre cet animal. La décision90 s?appuie notamment sur l?avis d?ISPRA fourni en urgence
dans les 5 jours suivants la demande de la province. L?ISPRA a estimé que l'abattage était
compatible avec les engagements internationaux et européens de protection de cette espèce,
d?une part, mais a émis des doutes sur la faisabilité d?une simple capture et sur son transfert
ailleurs. Actuellement, l?ourse est encore en captivité et la décision est remontée dans l?ordre
judiciaire jusqu?à la Cour de justice des communautés européennes.
Les points forts :
- organisation plus ramassée et plus lisible qu?en France ;
- notoriété environnementale et scientifique ;
- travail sérieux et reconnu.
Les points faibles :
- comme pour chaque politique publique, parvenir à un accord entre État et régions est
souvent complexe ;
- le poids des politiques ou figures locales dans les décisions.
Ce qu?il faut retenir
L?Italie n?a pas d?équivalent du CNPN même si l?annonce de juin 2024 laisse entrepercevoir
un future CNPN qui embrasserait la thématique climat avec la création future d?un conseil
scientifique pour le climat et l?environnement, composé d?experts indépendants choisis sur la
base de leur expertise scientifique dans les différents domaines de la science du climat.
Actuellement, l?organisme de référence italien est une agence nationale : l?Institut pour la
protection et la recherche environnementales (ISPRA). Son conseil scientifique est composé
de 5 membres. Leurs salaires sont publiés en ligne.
Les avis émis sont confrontés alors dans des instances de dialogue État-régions pour chaque
projet d?intérêt local et national (lois, décrets et décision), en raison du caractère régional de
la constitution et de l?organisation administrative. Le Système national en réseau pour la
protection de l'environnement (SNPA) est composé de l'ISPRA et des 21 agences territoriales
de protection de l'environnement (ARPA/APPA) Ces agences régionales sont dotées de
l?autonomie administrative, technique, juridique, patrimoniale et comptable et sont placées
sous la tutelle du président du conseil régional ou de la province autonome. Le Système peut
exprimer un avis contraignant sur les mesures gouvernementales à caractère technique en
matière d'environnement
L?organisation italienne semble plus ramassée et plus lisible qu?en France.
90 Decreto_del_Presidente_n_10_dd_27_aprile_2023.pdf (provincia.tn.it)
PUBLIÉ
https://grandicarnivori.provincia.tn.it/content/download/15177/260676/version/1/file/Decreto_del_Presidente_n_10_dd_27_aprile_2023.pdf
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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Annexe 8. Fiche parangonnage Pays-Bas
Contacts de la mission :
Samy Ouahsine, Conseiller développement durable Bénélux
Contexte néerlandais :
Les Pays-Bas se sont dotés d?une loi relative à l?environnement et à l?aménagement du
territoire (Omgevingswet) entrée en vigueur en janvier 2024, se substituant à l?ensemble des
lois et décrets applicables aux autorisations environnementales. Cette loi instaure un régime
d?autorisation rigoureusement simplifié pour les projets.
Les Pays-Bas connaissent depuis 2019 la crise de l?azote, due aux émissions excessives de
composés azotés (molécules d?ammoniac et d?oxydes d?azote) dans l?air de certaines
activités, dont les dépôts créent des impacts significatifs sur les sites Natura 2000 néerlandais.
La crise est née d?une décision du juge, annulant un plan qui, par le fait qu?il prévoyait des
mesures de compensation à long terme, permettait la délivrance d?autorisations conduisant
à des émissions d?azote dans l?air en dépit de leurs impacts sur des sites Natura 2000. Au
plus fort de la crise, toutes les autorisations environnementales ont été gelées, le
gouvernement a pris des mesures d?urgence visant à baisser les émissions de NOx (baisse
de la vitesse sur autoroute à 100 km/h au niveau national) et des négociations finalement
infructueuses avec les éleveurs, visant à diminuer par deux leur cheptel, ont donné lieu à des
soulèvements d?une rare violence. La crise n?est toujours pas résolue.
Le 2 juillet 2024, après une période marquée par la démission du gouvernement Rutte IV en
juillet 2023 et des élections en novembre 2023, la nouvelle équipe gouvernementale est
entrée en fonction. Cette équipe, présidée par un premier ministre sans parti, précisera dans
les mois à venir l?accord de coalition convenu entre quatre partis de droite dont les
nationalistes du PVV, les libéraux du VVD et les agrariens du BBB. La raison d?être du BBB
est d?infléchir la politique de résolution de la crise de l?azote, vue comme défavorable aux
agriculteurs.
Le ministère chargé de la protection de la nature est le ministère de l?Agriculture, de la Pêche,
de la Sécurité d?approvisionnement alimentaire et de la Nature (LVVN). Le ministère LVVN et
les provinces (équivalentes aux régions en France) partagent (en fonction de seuils établis
dans un décret) la compétence pour les autorisations environnementales qui touchent à
l?interdiction de détruire une espèce protégée.
Les autorités compétentes disposent en régie de l?expertise scientifique et technique
nécessaire pour instruire les demandes relatives aux espèces protégées. Un échange avec
le ministère LVVN montre que la procédure interne d?instruction prévoit que chaque demande
soit assignée à un binôme composé d?un juriste et d?un écologue de la direction chargée des
autorisations environnementales.
À noter que le ministère dispose d?un contrat-cadre avec l?université de Wageningue (WUR)
permettant aux agents du ministère d?obtenir des réponses à leurs questions techniques et
urgentes, non couvertes par les travaux de recherche de moyen et long terme de la WUR,
financés par le ministère. Ces questions peuvent servir à l?élaboration de politiques publiques
ou, ponctuellement, à l?octroi d?autorisations. Un formulaire dédié est mis à leur disposition
sur Internet.
Par ailleurs, dans le cadre de la résolution de la crise de l?azote, le gouvernement a chargé
les animateurs des sites Natura 2000 d?établir des documents d?« analyse des objectifs liés
à la nature de leurs espaces » (natuurdoelanalyse), qui font l?objet d?un avis de l?Autorité
écologique (Ecologische Autoriteit), institution ad hoc créée fin 2022. Cette Autorité
PUBLIÉ
https://www.wur.nl/nl/onderzoek-resultaten/kennisonline-onderzoeksprojecten-lnv.htm
https://www.ecologischeautoriteit.nl/
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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écologique, indépendante, a pour mission d?évaluer la pertinence des projets de décisions
des autorités compétentes portant sur la protection de la nature, l?environnement abiotique et
le climat. Dans le cadre d?une montée en charge progressive et dans l?attente d?une
évaluation du dispositif, l?Autorité écologique néerlandaise est créée pour 8 ans et a des
prérogatives qui se limitent à l?évaluation desdits documents d?analyse des objectifs N2000
du point de vue de la protection de la nature.
La mission d?assistance aux politiques publiques de la WUR est inscrite dans le décret relatif
au subventionnement des instituts de recherche appliquée (Subsidieregeling instituten voor
toegepast onderzoek). Dans ce décret, il est fait la distinction entre les missions
réglementaires (zoonoses, etc.) et les travaux de recherches de long et moyen terme, et une
mention est faite des « questions de connaissance complémentaire ». Les modalités de mise
en oeuvre (la mise en place d?un guichet Internet) ne sont pas prévues dans les textes.
L?Autorité écologique mentionnée ci-avant est comparable au CNPN. Instituée par décret,
indépendante, l?Autorité écologique a des missions définies règlementairement. Voir
également : https://www.rijksoverheid.nl/documenten/kamerstukken/2022/09/09/instelling-
ecologische-autoriteit.
L?Autorité écologique est composée de membres nommés par décret ministériel et fonctionne
sur le modèle de l?Autorité environnementale (« Commissie m.e.r. ») néerlandaise : elle fait
appel au cas par cas à des experts externes qui sont chargés à titre personnel de produire
les avis.
La structure est pour le moment provisoire (jusque 2030) et est financée par le ministère.
Pour les autorisations relatives aux espèces protégées, l?organisation néerlandaise fait appel
à une expertise en régie. Les instructeurs disposent des connaissances nécessaires et
peuvent le cas échéant solliciter le milieu académique.
Le fonctionnement avec une Autorité écologique indépendante est encore trop récent pour
tirer des enseignements.
Annexe : La révolution législative environnementale entre grandes promesses et
embûches (Aude ROBIN-MITREVSKI, cheffe du service économique régional)
L?Omgevingswet, ou loi sur l?environnement et l?aménagement du territoire, adoptée en 2016,
résulte d?un important travail législatif mené par le ministère de l?Intérieur et des Relations
internes au Royaume. Ce texte remplace en une seule loi 26 anciennes lois et 120 textes
réglementaires sectoriels (concernant les sols, la biodiversité, le patrimoine, le paysage,
l?eau, etc.). Très attendue et suscitant quelque appréhension, son entrée en vigueur, prévue
en 2018, a été repoussée plusieurs fois jusqu?au 1er janvier 2024 à cause de problèmes
techniques. En mettant fin à la fragmentation de la réglementation, le gouvernement affichait
son ambition d?accélérer les procédures, rendre plus flexible le processus décisionnel au
profit des projets innovants, tout en garantissant la cohérence des différentes politiques
publiques.
1. Les Pays-Bas se sont dotés en 2016 d?une nouvelle loi environnementale pour simplifier
l?architecture législative jugée complexe
1.1. L?Omgevingswet a été un chantier législatif considérable lancé en 2011 en réponse à des
objectifs de simplification du droit de l?environnement. Auparavant, le tissu législatif relatif à
l'aménagement du territoire et à la préservation de l?environnement se fondait sur une
répartition et une articulation des compétences entre échelons administratifs (État central,
provinces et communes) décrites dans la Wet ruimtelijke ordening (« Loi sur l'aménagement
du territoire » de 2008). En sus, de multiples réglementations sectorielles s?appliquaient aux
projets en fonction de leurs caractéristiques, chacune prévoyant des procédures spécifiques
PUBLIÉ
https://www.ecologischeautoriteit.nl/
https://wetten.overheid.nl/BWBR0040605/2024-05-01
https://wetten.overheid.nl/BWBR0047147/2022-09-19
https://www.rijksoverheid.nl/documenten/kamerstukken/2022/09/09/instelling-ecologische-autoriteit
https://www.rijksoverheid.nl/documenten/kamerstukken/2022/09/09/instelling-ecologische-autoriteit
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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(cf. annexe 1). En 2011, la ministre de l?Infrastructure et de l?Environnement Mme Mélanu
Schulz (parti libéral VVD) a pris l?initiative de lancer le programme « Simplement mieux »
(Eenvoudig beter), associant les ministères chargés de l?économie, de l?agriculture, de la
sécurité intérieure, de l?éducation, du patrimoine et de la défense afin d?esquisser les grandes
lignes de l'Omgevingswet. L?objectif était de rassembler les textes applicables à
l?environnement physique en un seul document afin d?apporter de la transparence dans le
droit de l?environnement, simplifier les procédures et lever les obstacles aux projets tout en
intégrant les enjeux écologiques.
1.2. La nouvelle loi relative à l?environnement, l?Omgevingswet regroupe une centaine de
textes et révolutionne le rapport entre pétitionnaires et autorités. Pour un coût de plus de 2,7
Md¤, cette loi, adoptée en 2016, à droit constant, avait pour but affiché de faciliter les
initiatives individuelles et de permettre aux citoyens de s?approprier davantage leur
environnement. Elle s?articule autour de quatre axes mis en avant par le gouvernement : (i)
améliorer la coordination entre les différents plans et programmes territoriaux, (ii) favoriser
les projets liés aux transitions, (iii) faciliter l?adaptation des politiques d?aménagement mises
en oeuvre par les collectivités aux enjeux locaux, (iv) favoriser l?engagement et la participation
de la société civile. Grâce à un guichet unique et numérique (mis en place par les autorités
dans un système d?information géographique), le pétitionnaire peut se renseigner sur la
faisabilité de son projet en consultant les règlementations en vigueur sur sa parcelle selon
les caractéristiques du projet et faire sa demande d?autorisation, déclaration ou
enregistrement. Au bilan, les délais de validation des projets de construction devraient passer
de 26 à 8 semaines.
2. Après de multiples reports, son entrée en vigueur au 1er janvier 2024 est censée faciliter
les projets
2.1. L?Omgevingswet revoit la manière dont est pensé l?aménagement du territoire. Dans son
esprit, avec le principe de subsidiarité, la loi impose à l'État, aux provinces et aux
municipalités l'élaboration, chacun à l?échelle de son territoire, d'une « stratégie
d'aménagement et d'environnement » (Omgevingsvisie), planification transversale devant
prendre en compte les plans de rang supérieur. Les Omgevingsvisie, combinées avec la
révision des plans de zonage en « plans d?aménagements » (Omgevingsplan), obligent à une
remise en question de leur cohérence, conduisant le cas échéant à une dérégulation, rendant
exceptionnels les cas où une autorisation est nécessaire. Les municipalités ont jusqu'au 1er
janvier 2032 pour élaborer leur Omgevingsplan. Pendant cette période, elles bénéficient d'un
plan transitoire constitué des décisions de l?ancien plan de zonage ainsi que des règles
nationales supprimées et transférées au niveau communal. Elles devront être intégrées dans
le nouveau document.
2.2. L?entrée en vigueur des nouvelles procédures, initialement prévue en 2018, s?est heurtée
à des avaries techniques qui ont obligé à son report de 6 ans. Initialement imaginée en 2011
par le gouvernement, la loi fut publiée en 2016, avec une mise en application prévue
initialement pour 2018 mais seulement effective le 1er janvier 2024. Ces reports sont dus à
des doutes sur l?outil informatique sur lequel repose la loi. D?abord attribués à une mauvaise
coordination du projet, les reports successifs du projet sont surtout dus à sa complexité et
son manque de fiabilité. En fin d'année 2022, le Conseil consultatif pour l'évaluation des TIC
(AcICT) a formulé un jugement extrêmement critique dans l'un de ses rapports, affirmant qu?«
il n?y a pas suffisamment de certitude quant à la qualité des systèmes et au nombre d?erreurs
qui restent à prévoir ». Avec des versions test toujours défaillantes à trois mois de l?entrée en
vigueur, il avait alors été décidé de reporter une dernière fois, jusqu?à 2024, l?entrée en
vigueur de la loi.
2.3. Les collectivités territoriales et leurs agents ont été les premières victimes de cette mise
en place laborieuse, mais le crash redouté n?a pas encore eu lieu. Les nombreux reports ont
toutefois contraint les collectivités à avancer dans le flou en maintenant l'ancien système tout
PUBLIÉ
https://www.binnenlandsbestuur.nl/ruimte-en-milieu/omgevingswet-valt-miljard-duurder-uit#:~:text=De%20eenmalige%20kosten%20die%20overheden,naar%202%2C7%20miljard%20euro.
https://www.binnenlandsbestuur.nl/ruimte-en-milieu/omgevingswet-valt-miljard-duurder-uit#:~:text=De%20eenmalige%20kosten%20die%20overheden,naar%202%2C7%20miljard%20euro.
https://omgevingswet.overheid.nl/home
https://fd.nl/samenleving/1512366/grote-crash-blijft-uit-in-eerste-maanden-werken-met-omgevingswet
https://iplo.nl/regelgeving/instrumenten/omgevingsplan/omgevingsplan-rechtswege/
https://www.volkskrant.nl/nieuws-achtergrond/omgevingswet-onder-vuur-ict-systeem-werkt-van-geen-kanten~bd6745a7/
https://www.adviescollegeicttoetsing.nl/documenten/publicaties/2022/10/10/advies-digitaal-stelsel-omgevingswet-dso-lv
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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en essayant de se familiariser avec le nouveau. En amont de l?entrée en vigueur du nouveau
dispositif, les collectivités se sont ainsi fortement exprimées pour souligner leur besoin de
clarté quant à la date officielle d?entrée en vigueur au moins six mois en amont. Si les
parlementaires signalent des retours indiquant que de nombreuses demandes étaient mal
remplies et entraînaient des retards dans le traitement, il n?y a pas eu de crash. Le site Internet
d?information aux collectivités, le centre de soutien aux municipalités et les séances
hebdomadaires de formations à l?Omgevingswet par l?Association des communes
néerlandaises (VNG) ont permis d?absorber les questions des agents territoriaux et gérer la
transition entre les deux systèmes.
L?Omgevingswet est vue aux Pays-Bas comme la plus grande opération législative depuis la
constitution de 1848. Ce chantier courageux et libéral doit désormais faire ses preuves. Dans
un contexte où la société civile réclame de plus en plus de régulations pour répondre aux
défis climatiques, des associations environnementales s?en méfient et l?attendent au tournant.
De plus, après l?invalidation du programme d?émissions d?azote du gouvernement par le
Conseil d?État en 2019 qui a freiné, voir arrêté, de nombreux projets, l?Omgevingswet est-elle
assez robuste pour rassurer les porteurs de projets et conférer à l?économie la sécurité
juridique attendue ?
Ce qu?il faut retenir
La législation néerlandaise a été entièrement rénovée début 2024.
Les textes préexistants, trop nombreux et portées par des administrations très diverses,
n'avaient pas pu empêcher la grave crise environnementale « dite de l'azote » en 2019
provoquant des affrontements violents avec les agriculteurs.
Les avis sur les textes, les plans et les programmes, sont émis par « l'autorité écologique »,
autorité indépendante, qui pour chaque demande constitue un groupe de travail piloté par un
de ses collaborateurs et comprend des experts sollicités pour leurs compétences.
Les avis sont publiés et non contraignants. Les demandes de dérogations aux espèces
protégées sont instruites en interne par le ministère chargé de la protection de la nature ou
les administrations provinciales (en fonction de seuil définis par un décret) par un binôme
juriste/écologue.
Le ministère a signé un accord-cadre avec l'université de Wageningue pour une assistance
scientifique et technique en cas de besoin spécifique ou d'urgence.
PUBLIÉ
https://www.eerstekamer.nl/handelingen/ek/20230307/conceptbesluit_tot_vaststelling
https://aandeslagmetdeomgevingswet.nl/
https://natuurenmilieu.nl/nieuws-artikel/nieuwe-omgevingswet-natuur-verdient-betere-bescherming/
Rapport n° 015592-01
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Annexe 9. Fiche parangonnage Espagne
Contacts de la mission :
Alvaro Espino, attaché sectoriel à l?ambassade de France à Madrid
Contexte :
L'Espagne se distingue par sa diversité et sa richesse naturelles. Avec une superficie de
505 000 km², le pays compte 52 réserves de biosphère, abrite environ 10 000 espèces de
plantes différentes. Il abrite plus de 50 000 espèces animales, ce qui en fait l'un des pays
ayant la plus grande biodiversité de toute l'Union européenne91.
Selon la Constitution espagnole, l'État détient le pouvoir (article 149.23) d'établir le cadre
réglementaire en matière de politique environnementale. Cependant, la protection de
l'environnement a été dévolue par l'État (article 148.9) aux dix-sept communautés autonomes
(ou régions), qui sont les entités responsables de la gestion des politiques publiques en la
matière, y compris la biodiversité (incluant la flore et la faune), l'élaboration et le
développement des plans de prévention et de contrôle des espèces exotiques et invasives,
ainsi que la gestion des espaces naturels protégés.
Cette organisation décentralisée s'illustre particulièrement dans la composition du principal
organe chargé de discuter des avant-projets de loi, des décrets et des différents plans en
matière d'environnement (ex : le Plan stratégique pour le Patrimoine Naturel et la Biodiversité
(2023-2030), à savoir la Conférence sectorielle de l?Environnement (CSE).
Composition de la Conférence sectorielle de l?Environnement (CSE) :
Le secrétaire d'État à l'Environnement du ministère de la transition écologique et du défi
démographique en assure la présidence. Il comprend les dix-sept conseillers régionaux en
charge de l?environnement et un représentant de chacune des deux « villes autonomes »
(Ceuta et Melilla).
Pour réaliser son travail et recueillir les avis scientifiques et techniques nécessaires à
l?élaboration des plans, programmes et stratégies en matière d?environnement, la CSE
sollicite la Commission d'État du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité pour avis. Cette
dernière peut renforcer son expertise scientifique en s?appuyant sur :
Les six comités thématiques permanents de la Commission d'État du patrimoine naturel
et de la biodiversité. Ces comités sont spécialisés dans différents domaines de la biodiversité
et du patrimoine naturel. Ils fournissent des recommandations et des avis spécifiques sur
leurs domaines respectifs.
Des groupes de travail thématiques : ces groupes peuvent être créés de manière
temporaire pour traiter des thématiques spécifiques qui nécessitent une expertise scientifique
approfondie. Par exemple, des groupes ad hoc ont été formés pour étudier des espèces
particulières comme le lynx ou le vison d?Europe.
Les établissements publics scientifiques, tels que le CSIC (Centre Supérieur de la Recherche
Scientifique, homologue du CNRS), l?IEO (Institut Espagnol d?Océanographie, équivalent de
l?IFREMER), et l?INIA (Institut National de Recherche et de Technologie Agraire et Alimentaire,
équivalent de l'INRA), complètent le panorama, ainsi que l?Inventaire espagnol du patrimoine
naturel et de la biodiversité, principale base de données d?indicateurs en matière de
biodiversité.
Avant de soumettre ses recommandations à la CSE, la Commission d'État du patrimoine
91 https://www.cbd.int/countries/profile?country=es
PUBLIÉ
https://www.cbd.int/countries/profile?country=es
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naturel et de la biodiversité doit consulter un organe consultatif connu sous le nom de Conseil
d'État pour le patrimoine naturel et la biodiversité, qui représente la société civile.
Organisation des organes impliqués dans la formulation d?avis scientifiques pour la
Conférence Sectorielle de l?Environnement :
Brève présentation des principaux établissements publics espagnols
en matière de recherche environnementale
Le CSIC ou Centre Supérieur de la Recherche Scientifique (homologue du CNRS) :
conformément à l'article 5 du Décret 1730/2007, il est chargé de transmettre les conclusions
des études scientifiques et technologiques aux institutions publiques (ministères,
communautés autonomes) et privées qui en font la demande. Ce centre s?appuie sur 24
instituts de recherche spécialisés en matière environnementale, tel l?Institut Pyrénéen
d?Ecologie, situé dans la Communauté autonome d?Aragon.
L?IEO (Institut Espagnol d?Océanographie, homologue de l?IFREMER) : en vertu de la loi sur
la Science et du Décret 718/2010, cet institut est chargé de fournir des conseils en matière
de recherche scientifique et d'innovation technologique aux organismes relevant de
l'administration centrale de l'État et des communautés autonomes.
L?INIA : l'Institut National de Recherche et de Technologie Agraire et Alimentaire (INIA),
équivalent de l'INRA, a été fondé en 1991. Conformément à l'article 2 du Décret 202/2021,
celui-ci mène des activités de recherche et fournit un soutien technique et scientifique dans
Conférence Sectorielle de l?Environnement
ou CSE (organe Etat-Communautés autonomes)
chargé de l'exécution des politiques
en matière de l?environnement
Commission d?Etat de
Patrimoine Naturel et de la
Biodiversité
(organe chargé de rendre des
avis scientifiques à la CSE).
Celui peut s?appuyer sur six
comités techniques spécialisés,
des groupes de travail ou
l?expertise des établissements
scientifiques)
Conseil d?Etat pour le
patrimoine naturel et la
Biodiversité
(Organe d'échange entre
l?État, les Régions et la
société civile, consulté par la
Commission d?État du
Patrimoine Naturel et de la
Biodiversité avant de rendre
des avis scientifiques à la
CSE.
Inventaire espagnol du
patrimoine naturel
(Base de données
nationale d?indicateurs
en matière de
Biodiversité alimentée
par l?Etat et les
Communautés
autonomes)
Groupes de travail
(ex : lynx ibérique,
vison d?Europe)
Etablissements
scientifiques
(CSIC, IEO)
Technique
Technique
Technique
Consultatif
Société civile
Délibératif
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le domaine de la recherche agroalimentaire. Il travaille tant pour le compte du ministère de
l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation que pour celui du ministère pour la transition
écologique et le défi démographique.
En Espagne, les questions relatives aux dérogations à l'interdiction de destruction des
espèces protégées sont encadrées par l'article 56 de la loi 42/2007, qui établit que la Liste
des espèces protégées (Listado de Especies Silvestres en Régimen de Protección Especial),
relevant du ministère de la transition écologique et du défi démographique (MITECO), ne peut
être modifiée que sur proposition de la Commission d'État pour le patrimoine naturel et la
biodiversité ou des communautés autonomes. Cette modification peut également être
décidée et imposée par le MITECO.
Pour les espèces protégées par les normes de l'Union européenne ou des instruments
internationaux, leur inclusion dans la liste est automatique et précédée d'une notification à la
Commission d'État pour le patrimoine naturel et la biodiversité. Tout citoyen ou entité privée
peut également solliciter une révision de cette liste en présentant une justification scientifique.
Une fois inscrites dans la Liste des Espèces Sauvages sous Protection Spéciale (LESPRE),
ces espèces font l'objet d'une évaluation régulière de leur état de conservation. Les
communautés autonomes ont également la possibilité de créer leurs propres listes d'espèces
sauvages sous protection spéciale, assorties de mesures de préservation supplémentaires
adaptées à leurs territoires respectifs.
L'organisation de l'expertise scientifique et technique est régie, en Espagne, par des
dispositions législatives et réglementaires. La pierre angulaire de ce dispositif est la loi
42/2007 sur le patrimoine naturel et la biodiversité.
La structure, les fonctions et la composition des comités techniques appuyant les avis
scientifiques de la Commission d?État pour le patrimoine naturel et la biodiversité sont régies
par le décret 1424/2008. En ce qui concerne le Conseil d?État du patrimoine naturel et de la
biodiversité, celui-ci est régi par le décret 948/2009.
Fonctions et composition de la Commission d?État du patrimoine naturel et de la
biodiversité :
Selon le décret royal 1424/2008 qui régit cet organe, la Commission constitue un forum de
discussion et d'échange sur toutes les questions relatives à la protection, à la restauration et
à l'amélioration des ressources naturelles dans tous les domaines de compétence. Elle
assure la coordination entre les différentes administrations et favorise une prise de décision
plus efficace, en suivant le principe de solidarité. Ce décret définit également la composition
et les attributions de la Commission, énonce les règles régissant son fonctionnement et
institue les comités spécialisés qui la composent. Ces comités, ayant un rôle consultatif,
facilitent la coopération entre l'État et les communautés autonomes. Cette commission se
réunit en moyenne deux fois par an.
Composition de la Commission d?État du patrimoine naturel et de la biodiversité :
- Le directeur général de la biodiversité, des forêts et de la désertification du MITECO, qui
assure la présidence.
- Un représentant du Ministère des affaires étrangères, de l'UE et de la coopération.
- Un représentant par communauté autonome (17) et de chacune des deux « villes
autonomes » espagnoles (Ceuta et Melilla).
Fonctions et composition du Conseil d?État du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité :
Ce Conseil est un organe collégial de participation de la société civile dans le domaine de la
conservation et de l?utilisation durable du patrimoine naturel et de la biodiversité. Le décret
royal 948/2009 établit comme principales fonctions de rendre un avis sur les plans et
PUBLIÉ
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stratégies de conservation en matière de patrimoine naturel et de biodiversité qui lui sont
soumis par la Commission d?État pour le Patrimoine Naturel et la Biodiversité.
Composition du Conseil d?État du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité :
- La présidence est assurée par le Secrétaire d?État à l?Environnement et le Directeur
général de l?environnement naturel et de la politique forestière.
Les autres membres :
- 8 représentants ministériels : 3 du Ministère de la Transition Écologique et du Défi
Démographique, ainsi qu'un représentant de chaque ministère de l'industrie, de la santé,
du logement, des sciences et de la culture.
- Deux représentants d?organisations professionnelles.
- Deux représentants d?organisations syndicales.
- Trois représentants d?organisations agricoles.
- Un représentant des associations nationales de consommateurs.
- Cinq représentants d?associations professionnelles ayant un impact sur l'environnement.
- Un représentant du CSIC.
- Deux représentants du monde universitaire.
- Cinq représentants d?ONG.
- Deux représentants de fédérations sportives.
- Un représentant du secteur de la pêche.
- Un représentant de chaque communauté autonome (sans droit de vote)
Comme évoqué précédemment, la Commission d'État du Patrimoine Naturel et de la
Biodiversité s?appuie pour rendre ses avis scientifiques sur six comités techniques spécialisés
(voir ci-dessous). Selon l'article 2.6. du décret n° 1242/2008, la Commission d'État du
patrimoine naturel et de la biodiversité peut proposer à tout moment au MITECO la création,
la modification ou la suppression des comités spécialisés qu'elle juge nécessaires à
l'accomplissement de ses fonctions. Les membres des comités techniques sont
généralement des fonctionnaires des établissements de recherche susmentionnés (CSIC,
IEO, etc.).
Comités techniques de la Commission d'État du Patrimoine Naturel et de la
Biodiversité :
- Comité des Espaces Naturels Protégés.
- Comité des Zones Humides.
- Comité de la Flore et de la Faune Sauvages.
- Comité Forestier Espagnol.
- Comité pour l'amélioration et la conservation des ressources génétiques forestières.
- Comité de Lutte contre les Incendies Forestiers.
Groupes de travail :
Ces conseils peuvent à leur tour s'appuyer sur des groupes de travail consacrés à des
thématiques spécifiques, comme le lynx ibérique ou le vison d?Europe. La composition de ces
groupes de travail est déterminée par chaque comité technique. Les membres des groupes
de travail sont généralement également des universitaires ou issus des centres de recherche.
Selon le Sous-directeur chargé de la biodiversité, des forêts et de la désertification, interrogé
dans le cadre de ce parangonnage, la CSE peut demander à tout moment l'expertise
technique et scientifique de la Commission d'État pour le patrimoine naturel et la biodiversité.
Cependant, c?est généralement cette dernière qui s?autosaisit, impliquant ainsi une approche
ascendante ou « bottom up ». Si nécessaire, des rapporteurs sont nommés. Les décisions
sont majoritairement prises par délibération et adoptées à la majorité, avec une recherche
générale de consensus. Un délai de production est habituellement fixé.
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La Commission d'État pour le patrimoine naturel et la biodiversité peut également s'autosaisir
pour soumettre des avis d'expertise. L'application de ces avis est consultative, bien qu'ils
soient généralement pris en compte par la CSE. Il n'est pas systématique que les avis soient
rendus publics ; la plupart du temps, les documents administratifs restent internes. Cependant,
certains documents peuvent être rendus publics sur demande.
Le secrétariat de la Commission d?État du patrimoine naturel et de la biodiversité est assuré
par un agent de la Direction générale de la biodiversité, des forêts et de la désertification du
MITECO. De même, chaque comité technique bénéficie du secrétariat d'un agent de cette
même direction. Contrairement au CNPN en France, cette Commission n'a pas de budget
propre, mais elle dispose d'une ligne budgétaire gérée par la Direction générale de la
biodiversité, des forêts et de la désertification. Les chercheurs, membres des comités
techniques et des groupes de travail conseillant cette Commission, ne sont pas rémunérés.
Le secrétariat du Conseil d?État du patrimoine naturel et de la biodiversité est également
assuré par un agent de la Direction générale de la biodiversité, des forêts et de la
désertification du MITECO. Ce Conseil n?a pas non plus de budget propre, mais il dispose
également d'une ligne budgétaire gérée par la Direction générale de la biodiversité, des forêts
et de la désertification.
D'après nos interlocuteurs, la sous-direction de la biodiversité du Ministère de la transition
écologique et du défi démographique, ainsi que le département de l?environnement de la
Communauté autonome d?Aragon, consultés dans le cadre de cette étude comparative,
l'organisation espagnole se distingue par une collaboration étroite entre l'État et un haut
niveau de compétences scientifiques au sein des comités techniques/groupes de travail. De
plus, l?articulation et la qualité des espaces d?échanges entre l?État et les communautés
autonomes sont considérées comme des points forts (de même qu?avec la société civile).
Néanmoins, des délais prolongés, parfois jusqu'à un an, sont identifiés comme des points
faibles en raison de la nécessité de parvenir à des consensus pour l'adoption de certains avis.
Une forme de bureaucratie et de lourdeurs administratives seraient à l?origine de ces délais
parfois prolongés.
Plan stratégique pour le Patrimoine Naturel et la Biodiversité (2023-2030) :
Le plan vise à définir des actions pour freiner la détérioration des écosystèmes et renforcer
la restauration écologique pour la période 2023-2030. Il a été élaboré en collaboration avec
les Communautés autonomes, avec le soutien technique et scientifique de la CEPNB, des
associations et des centres de recherche, puis approuvé par la Conférence sectorielle de
l'environnement. Ce plan complète également le plan de relance espagnol avec plusieurs
paquets de mesures et d'investissements, le premier budget estimé étant de 4 M¤ pour 2025.
Parmi les objectifs fixés par ce plan, on retrouve :
- Améliorer les connaissances sur la biodiversité pour élaborer des politiques publiques
efficaces en matière de conservation.
- Créer à partir de 2022 un Système national de suivi et gouvernance de la connaissance
sur le patrimoine naturel et la biodiversité en Espagne, avec pour objectif qu'en 2030
aucun espace d'intérêt commun n'ait un état de conservation « inconnu ».
- Valoriser économiquement les services écosystémiques et établir un système national de
comptabilité du capital naturel.
- Développer les infrastructures vertes, la connectivité et la restauration écologique.
- Restaurer 15 % des écosystèmes dégradés.
- Améliorer et protéger les habitats et les espèces, avec au moins 30% des espaces en
tendance positive d'ici 2030.
- Elaborer un Plan national pour la conservation du patrimoine géologique et la géodiversité,
ainsi qu'un Inventaire national des lieux d'intérêt géologique (IELIG).
- Protéger 30 % des espaces maritimes d'ici 2030, avec la création de 8 nouveaux espaces
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maritimes Natura 2000 entre 2023 et 2024.
- Maintenir et renforcer les actions contre les délits environnementaux.
- Intensifier les actions d'éducation et de communication sur la biodiversité.
Inventaire espagnol du Patrimoine naturel et de la biodiversité :
Conformément à la loi 42/2007 sur le patrimoine naturel, la Commission d'État du patrimoine
naturel et de la biodiversité, ainsi que tous les instituts de recherche, s'appuient sur l'«
inventaire espagnol du patrimoine naturel et de la biodiversité », une base de données
d'indicateurs définis par l'État en collaboration avec les communautés autonomes et les
institutions scientifiques. Cette base de données contribue à l'élaboration de normes, d'avis
et de plans et stratégies en matière de biodiversité. Cet inventaire comprend divers éléments
tels que les habitats menacés, les espèces protégées, les espèces exotiques invasives et les
espaces naturels protégés. Ces données, sont à leur tour intégrées dans ce qui a été nommé
« banque de données de la nature »92. Le Ministère de la Transition écologique et du Défi
démographique est responsable de la création et de la mise à jour de cet inventaire, et est
chargé de la publication d?un rapport annuel (le dernier rapport date de 2022).
Fonctions de la Commission d?État du patrimoine naturel et de la biodiversité (Décret
1424/2008)
92 Descargas del área de actividad de Biodiversidad y Bosques (miteco.gob.es)
1. Promouvoir la coopération entre l?Administration générale de l?État et les communautés auto-
nomes et les villes de Ceuta et Melilla pour l?élaboration de règlements, de plans et de programmes, et
la mise en oeuvre d?actions de protection, de conservation, de restauration et d?amélioration du patri-
moine naturel et de la biodiversité, y compris la politique forestière.
2. Promouvoir la coopération entre l?Administration générale de l?État et les communautés auto-
nomes et les villes de Ceuta et Melilla pour la préparation et la mise à jour de l?inventaire espagnol du
patrimoine naturel et de la biodiversité et du système d?indicateurs conçu pour exprimer ses résultats de
manière synthétique.
3. Préparer la participation espagnole aux organismes, conférences et réunions internationaux rela-
tifs à la conservation du patrimoine naturel et de la biodiversité et contribuer à l?exécution des obligations
qui en découlent.
4. Contribuer au développement de programmes internationaux liés à la conservation du patrimoine
naturel et de la biodiversité découlant des accords et conventions auxquels l?Espagne est partie.
5. Examiner les propositions qui leur sont soumises par leurs comités spécialisés.
6. Proposer la création, la modification et la suppression des Comités spécialisés qu?il juge néces-
saires à l?exercice de ses fonctions.
7. Approuver ses propres règles de fonctionnement.
PUBLIÉ
https://www.miteco.gob.es/content/dam/miteco/es/biodiversidad/temas/inventarios-nacionales/iepnb/informes/InformeIEPNB_2022.pdf
https://www.miteco.gob.es/gl/biodiversidad/servicios/banco-datos-naturaleza/informacion-disponible/cartografia_informacion_disp.html
Rapport n° 015592-01
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Fonctions du Conseil d?État pour le Patrimoine Naturel et de la Biodiversité (Décret
948/2009) :
Ce qu?il faut retenir
L?État espagnol définit le cadre réglementaire, les communautés autonomes et les régions
assurent la protection de l'environnement.
Les projets de textes législatifs et de plans concernant l'environnement sont discutés au sein
d'une instance réunissant le ministère de l'environnement et les représentants régionaux : la
conférence sectorielle de l'environnement naturel (CSE).
Ses travaux s'appuient sur la commission d?État du patrimoine et de la biodiversité qui compte
6 comités thématiques et des groupes de travail ad hoc si besoin. Les établissements publics
peuvent apporter leur concours à ces travaux.
Les recommandations de la CSE sont soumises pour avis à la commission d'état du
patrimoine naturel et de la biodiversité qui représente la société civile. La liste des espèces
protégées relève du ministère mais la mission n'a pas eu d'information sur la procédure
d'instruction des dérogations.
Le Conseil d?État pour le patrimoine naturel et la biodiversité a les fonctions suivantes :
a) Éclairer les réglementations et les plans au niveau national, [?], en les surveillant et en évaluant
l?impact social, économique et environnemental des politiques publiques.
b) Connaître, avant sa publication, le rapport annuel sur l?état et l?évolution du patrimoine naturel et
de la biodiversité.
c) Rendre compte, avant son approbation, du Plan stratégique de l?État pour le patrimoine naturel et
la biodiversité.
d) De faire rapport, avant leur approbation, sur les directives de gestion des ressources naturelles
auxquelles doivent se conformer les plans de gestion des ressources naturelles approuvés par les
communautés autonomes.
e) Informer, avant leur adoption, des stratégies de restauration des habitats menacés de disparition.
f) Informer, avant son approbation, de la déclaration d?aires naturelles protégées au niveau de l?État.
g) Informer, avant son approbation, des stratégies de conservation des espèces menacées présentes
dans plus d?une communauté autonome.
h) Informer, avant son approbation, des stratégies de gestion, de contrôle et d?éradication éventuelle
des espèces inscrites au Catalogue espagnol des espèces exotiques envahissantes.
i) Promouvoir l?élaboration de rapports et d?études sur le secteur forestier et suivre les plans et
programmes relatifs aux forêts au niveau de l?État, dans lesquels l?impact social, économique et
environnemental des politiques publiques est évalué.
j) Proposer aux administrations publiques les mesures jugées appropriées pour améliorer la gestion
durable de la forêt et la compétitivité du secteur
k) Préparer un rapport annuel sur le secteur forestier espagnol, qui comprend la situation, l?évolution
et les perspectives de celui-ci.
l) Promouvoir le dialogue, la participation et la collaboration entre toutes les administrations,
institutions et agents sociaux et économiques impliqués dans l?utilisation durable des ressources
naturelles, en favorisant l?échange d?informations entre tous les membres du Conseil sur les questions à
l?examen.
m) Fournir des conseils techniques et scientifiques aux délégations espagnoles, lorsque cela est
requis par l?intermédiaire de son Président, par la personne qui assure la présidence ou le chef de la
délégation espagnole, dans les organismes, conférences et réunions internationaux relatifs à la
conservation du patrimoine naturel et de la biodiversité et contribuer à l?exécution des obligations qui en
découlent.
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Annexe 10. Fiche parangonnage Suède
Contacts de la mission :
Selma LABROUE - Chargée de mission Études comparatives internationales au Bureau Pilot
- Étude, stratégie et pilotage du réseau international - de la direction général du trésor
Le fonctionnement de l?expertise technique et scientifique en Suède :
En 1999, la Suède a réformé en profondeur sa législation environnementale avec l?adoption
du Code de l?environnement. En plus de consolider une législation auparavant fragmentée,
le Code précise le rôle des études d?impact sur l?environnement (EIE), dont la mise en oeuvre
relève des échelons local et régional et crée des tribunaux spécialisés en matière
environnementale qui jouent une pièce maîtresse dans le dispositif.
Il n?y a pas en Suède d?agence unique responsable des évaluations environnemen-
tales : les acteurs du processus sont multiples et les modalités d?évaluation peuvent varier
au cas par cas. In fine, la responsabilité de la conduite des évaluations environnementales
est très décentralisée et incombe aux communes et préfectures. Il s?agit d?un véritable pro-
cessus de négociations où les consultations des parties prenantes sont très larges.
Les directives européennes 2001/42/CE relative à l'évaluation des incidences de certains
plans et programmes sur l'environnement et 2011/92/UE concernant l?évaluation des
incidences de certains projets publics et privés sur l?environnement ont été transposées dans
le droit suédois au sein du code de l?environnement (chapitre 6) et de l?ordonnance sur
l?évaluation environnementale. Une réforme importante du chapitre 6 du Code de
l?environnement a eu lieu en 2018 pour transposer la directive modificative de 2014 et
simplifier les procédures pour les projets n?ayant pas un impact significatif.
Le droit suédois distingue les évaluations environnementales stratégiques, pour les plans
et programmes réalisés par les autorités publiques ou les municipalités, et les évaluations
environnementales spécifiques pour les activités et projets, publics ou privés. Les deux
processus sont globalement similaires :
- détermination de l?existence d?un impact significatif sur l?environnement par une enquête
et une consultation ;
- évaluation environnementale en trois étapes (consultation de délimitation, déclaration
d?impact et commentaire du public) ;
- prise en compte de celle-ci dans la réalisation du plan/programme ou dans l?attribution
d?un permis pour le projet.
Les acteurs diffèrent à la marge et les exigences sont un peu plus strictes pour l?évaluation
des projets que des plans, mais dans la pratique les autorités suédoises ne font que peu la
distinction entre les deux instruments93.
Evaluation environnementale stratégique (plans et programmes) :
En premier lieu, c?est la municipalité ou la préfecture qui élabore ou modifie un plan ou
programme qui détermine si celui-ci peut avoir un impact significatif sur l?environnement via
une enquête. Cette enquête consiste en :
- Une identification des circonstances et de l?impact potentiel.
93 Un rapport de l?OCDE de 2014 note même qu?en dépit de la transposition par la Suède dans sa législation
des dispositions de la directive du Parlement européen et du Conseil relative à l?évaluation des incidences
de certains plans et programmes sur l?environnement (2001/42/CE), les autorités suédoises assimilent
souvent les évaluations environnementales stratégiques (EES) aux études d?impact sur l?environnement (EIE)
et ne font pas de distinction entre ces deux instruments.
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- Une consultation auprès des municipalités concernées, des préfectures (Länsstyrelser),
et des autres autorités concernées (ex. Agence suédoise de protection de l?environnement
ou Naturvårdsverket).
La municipalité ou préfecture rend ensuite une décision spéciale justifiée rendue publique sur
la nécessité d?une étude d?impact. Si une évaluation environnementale stratégique est
nécessaire, la municipalité ou préfecture doit réaliser une consultation de délimitation pour
déterminer la portée et le niveau de détail de l?étude auprès des mêmes acteurs, puis produire
une déclaration d?impact environnemental. Celle-ci doit ensuite être ouverte aux
commentaires. La municipalité ou préfecture doit enfin prendre compte de cette étude
d?impact dans la réalisation de son plan ou programme.
Evaluation environnementale spécifique (projets) :
Dans le cas où il y a un doute sur le potentiel impact d?une activité ou d?un projet sur
l?environnement (projet non classifié par la loi comme ayant ou non un impact), c?est à la
préfecture (Länsstyrelser) de déterminer si le maître d?ouvrage doit fournir une
évaluation environnementale spécifique. Pour cela, le maitre d?ouvrage doit consulter
(avec un document de consultation préparé par ses soins) l?ensemble des parties prenantes
sur la question de l?impact environnemental significatif ainsi que la Préfecture, l?Agence pour
la protection de l?environnement et les parties concernées sur le contenu et la conception de
la déclaration d?impact à venir. Le maitre d?ouvrage produit ensuite un compte-rendu de
consultation qu?il soumet à la commission administrative de la Préfecture. Il agit par une
décision spéciale motivée en 60 jours si le projet peut être présumé avoir un impact significatif
et si une évaluation environnementale spécifique est nécessaire. Si l?impact est limité, une
petite étude d?impact environnemental, moins stricte dans son contenu, suffit. Dans le cas
d?une évaluation environnementale spécifique, l?exploitant réalise une consultation de
délimitation et une déclaration d?impact environnemental (dont le contenu est contrôlé
par le CA du comté et régulé par le gouvernement) qu?il soumet à la personne ou l?autorité
examinant la délivrance du permis (municipalités, préfectures, tribunaux régionaux de
l?environnement Miljödomstolar94 ou gouvernement selon la taille et l?impact du projet, cf.
question 3). Celle-ci l?examine, l?ouvre aux commentaires pour au moins 30 jours et la
complète au besoin, avant de délivrer ou non le permis. Dans la pratique, les deux phases
enquête/étude d?impact se confondent un peu : si l?Agence de protection de
l?environnement estime que le risque de rejet est grand dès l?examen de critère d?impact
significatif, elle doit en informer l?exploitant. De même, le dossier de consultation fournit par
l?exploitant pour déterminer l?existence ou non d?un impact significatif doit être suffisamment
complet pour servir à l?élaboration de l?étude d?impact.
94 Les tribunaux fonciers et de l?environnement (mark- och miljödomstolar) traitent des affaires et des dossiers
relatifs, entre autres, aux questions suivantes: permis de traitement des eaux et permis d?exercer une activité
dangereuse pour l?environnement; protection de la santé, protection de la nature, propreté publique, pollution,
gestion des déchets dangereux; indemnisation en matière environnementale; permis de construire, permis
d?abattre et permis de modification de terrains conformément à la loi sur l?urbanisme et la construction; droit
foncier, recours contre les décisions en matière d?urbanisme, lotissement, servitudes publiques ou privées,
expropriation. Il existe cinq tribunaux fonciers et de l?environnement, qui constituent des juridictions distinctes
au sein des tribunaux de première instance de Nacka, Vänersborg, Växjö, Umeå et Östersund. Les
jugements et ordonnances des tribunaux fonciers et de l?environnement peuvent faire l?objet d?un appel
devant la Cour foncière et de l?environnement (Mark- och miljööverdomstolen), qui fait partie de la Cour
d?appel de Svea (Svea hovrätt). Les affaires dont ont été saisis les tribunaux fonciers et de l?environnement
et qui ont fait l?objet d?un appel devant la Cour foncière et de l?environnement peuvent encore faire l?objet
d?un pourvoi devant la Cour suprême (Högsta domstolen).
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Le processus d?élaboration des études d?impact n?est donc pas complètement
internalisé, à l?image de la tradition de consultation publique propre à la Suède, et
inclut d?ailleurs souvent des entreprises de consultants. Cela découle également de
l?exigence d?expertise prévue par l?article 15 de l?ordonnance sur l?évaluation publique :
l?exploitant ou la municipalité (selon qu?il s?agisse d?un projet ou d?un plan) doit s?assurer que
la déclaration d?impact soit réalisée par des experts qualifiés (sans que ce terme soit précisé
externe/interne ou privé/public).
Acteurs opérationnels :
Les acteurs sont donc multiples, et les municipalités, préfectures et tribunaux
environnementaux jouent un rôle prépondérant dans le processus, qu?il s?agisse des
évaluations stratégiques ou spécifiques.
Par exemple, le gouvernement devrait prochainement prendre la décision finale en faveur de
la construction du site final d?entreposage des déchets nucléaires en couche géologique
profonde (SFK) à l?étude depuis 2011. Les agences suédoises (radioprotection,
environnement) ont remis des avis favorables au gouvernement, la commune (qui dispose
d?un droit de véto sur la décision finale du gouvernement) s?est également prononcée en
faveur du projet. Le tribunal de l?Environnement de Nacka (qui évalue la conformité du projet
au regard du Code de l?Environnement) a émis des réserves et demandé des analyses
techniques supplémentaires sur la corrosion des containers de cuivre. Le gouvernement
décidera in fine sur la base de ces avis.
Critiques : Le rôle prépondérant accordé aux communes et leur autonomie politique dans le
foncier et la construction notamment pourraient amener à une situation de distorsions entre
les collectivités sur les dispenses de permis ou la réalisation de l?aménagement du territoire.
Cela a d?ailleurs été observé par l?OCDE dans ses rapports de 2004 et 2014, où elle soulignait
une grande disparité entre les communes concernant la prise en compte des aspects
environnementaux dans les plans d?urbanisme (et la qualité des EES). L?OCDE notait
également que de nombreuses prescriptions liées à l?environnement dans la réglementation
du foncier et de la construction étaient établies au niveau des communes, par exemple la
fixation des normes d?efficacité énergétique des bâtiments, conduisant à des distorsions. Une
deuxième grande critique est la complexité du processus, régulé par la Code de
l?environnement, les ordonnances et lois et orientations de l?Agence Naturvårdsverket,
notamment pour les petites entreprises.
Réglementation et type de projets :
Une évaluation environnementale est nécessaire dès lors que le projet/plan est supposé avoir
un impact environnemental significatif (critère unique). Ce critère vaut aussi bien pour les
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plans et programmes que pour les projets. L?existence de cet impact est déterminée selon
trois sous-critères, explicités dans l?ordonnance sur l?évaluation environnementale :
- les caractéristiques du projet ou du plan (déchets, utilisation de ressources naturelles etc.) ;
- son emplacement (robuste ou fragile, déjà saturé etc.) ;
- le type et les caractéristiques des potentiels effets environnementaux (temporaires ou per-
manents, effets transfrontières, sur la biodiversité, le climat, les espèces etc.), en prenant en
compte l?aspect cumulatif des autres permis accordés et les risques pour la santé humaine.
La première étape est donc de déterminer l?existence de ce critère. Certaines opérations sont
déterminées par avance comme ayant ou non un impact (ex. toutes les activités menées
dans le domaine de l?eau, les opérations d?extraction et les enclos cynégétiques selon le Code
de l?environnement), les autres sont tranchées au cas par cas, sans critère de seuil.
Concernant les plans et programmes, l?évaluation environnementale stratégique ne
s?applique pas à ceux destinés à servir le service de défense ou de protection civile, ainsi que
les plans et programmes financiers ou budgétaire. Le gouvernement peut également émettre
des règlements pour décider que certains types de plans ou programmes ont
automatiquement un impact ou non.
Concernant les projets, le gouvernement peut également décider qu?un type de projet est
supposé impacter ou non l?environnement. De nombreuses lois exigent ainsi une étude
d?impact environnemental dans leur domaine (la loi sur l?aviation civile, la loi sur les routes, la
loi sur certaines conduites, la loi sur certaines tourbières, la loi sur les minéraux, la loi sur la
construction des chemins de fer et la loi sur l?électricité). On distingue ainsi :
- Ceux dont on peut toujours supposer qu?ils ont un impact environnemental significatif
(comprend les activités énumérées dans la directive EIE, les grandes opérations indus-
trielles, certaines opérations hydrauliques, grands projets d?infrastructure etc.).
- Ceux dont on peut toujours supposer qu?ils n?ont pas d?impact significatif (ex. dispositif
d?égout, drainage au sol insignifiant, installation de pompe à chaleur etc. soit des petits
projets souvent conduits par des PME).
- Ceux où la question de l?impact doit être tranchée au cas par cas, (ex. plans détaillés selon
la loi sur la planification et la construction etc.).
Pour les projets et plans étant considérés par le gouvernement comme ayant ou non un
impact significatif, on passe directement à l?évaluation environnementale ou à la réalisation
du projet. Pour les autres, une enquête réalisée par ou auprès de la municipalité est
nécessaire.
ENQUÊTE DE CRITERE
Dans le cas d?un plan ou d?un programme, c?est l?autorité ou la municipalité en charge qui
réalise elle-même l?enquête. Elle identifie l?existence potentielle d?un impact significatif sur
l?environnement et consulte : les municipalités concernées, les conseils d?administration de
comté et les autres autorités affectées par le plan ou programme. La municipalité doit
motiver sa décision et la rendre publique.
Dans le cas d?un projet, l?enquête est réalisée par l?exploitant mais auprès de la municipalité
et avec un contrôle accru. Le maître d?oeuvre prépare tout d?abord un document de
consultation complet avec le descriptif du projet qu?il transmet au Conseil d?administration
du comté, à l?autorité de tutelle (Agence pour la protection de l?environnement) et à toutes
les parties prenantes (ex. Agences pour les transports Trafikverket, riverains etc.). Cette
consultation est également l?occasion de commencer à se coordonner sur le contenu et la
conception de la déclaration d?impact future. Un compte-rendu (rapport de consultation)
est ensuite adressé au CA du comté pour évaluation. A la suite de l?enquête, le CA du
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comté (Länsstyrelsen) détermine si une étude environnementale spécifique est nécessaire
pour l?attribution d?un permis ou si une « petite étude environnementale », plus souple,
suffit. Le système est fondamentalement coopératif et basé sur la responsabilité commune.
Il existe des exceptions : Un exploitant a la possibilité de directement supposer que son projet
peut avoir un impact significatif : dans ce cas, aucune enquête n?est nécessaire et l?étude
d?impact peut directement être réalisée (idem pour un plan d?une municipalité). De même,
certains lieux sont suffisants pour affirmer l?existence d?un impact significatif : tous les permis
Natura 2000 (réseau de sites naturels de l?UE) sont par exemple automatiquement soumis à
une évaluation environnementale. Des exceptions prévues par la loi peuvent également être
faites à la réalisation d?une étude d?impact pour l?attribution d?un permis, par exemple en cas
d?urgence de santé.
Dans certains cas où les projets ne nécessitent pas de permis mais peuvent impacter
l?environnement, c?est à l?autorité de surveillance de procéder à un examen d?autorisation
pour imposer une demande de permis et une évaluation environnementale.
Avis de l?autorité environnementale :
A noter, en Suède, il n?existe pas de statistiques consolidées au niveau national sur les avis
rendus en matière environnementale par les différentes autorités (Ae).
Contenu de l?évaluation environnementale :
Le code de l?environnement modifié en 2018 clarifie les éléments que doivent contenir les
évaluations environnementales. Ces éléments sont dans l?ensemble les mêmes qu?il s?agisse
d?une évaluation stratégique ou spécifique. Elles doivent inclure une consultation de
délimitation pour déterminer la portée et le niveau de détail de l?étude d?impact, une
déclaration d?impact et la possibilité de soumettre des commentaires.
La déclaration d?impact doit inclure différents éléments selon que l?évaluation soit stratégique
ou spécifique. Pour les plans et programmes, la déclaration doit notamment contenir un
résumé, son objectif principal et sa relation avec les plans existants (dont une justification des
écarts potentiels avec les plans généraux). Pour les projets, la déclaration est plus complète
et doit contenir une présentation technique détaillée du projet (emplacement et conception
de l?activité, illustrations techniques, plan financier, immobilier nécessaire, potentiels accords
de développement etc.). Dans les deux cas, la déclaration doit présenter :
- les conditions environnementales et les problèmes potentiels ;
- l?évolution environnementale probable hors plan ou projet ;
- les effets probables du plan ou du projet ;
- les mesures envisagées pour prévenir, dissuader, neutraliser ou remédier aux atteintes à
l?environnement, y compris de potentielles mesures compensatoires ;
- les solutions alternatives.
La déclaration doit également inclure un compte-rendu des précédentes consultations et un
résumé non-technique.
Prise en compte de l?évaluation dans la réalisation des plans et la délivrance de
permis :
Dans sa préparation des plans, la municipalité a l?obligation de « tenir compte » de
l?étude d?impact et des commentaires (Section 9, chapitre 6 du code de
l?environnement) : lorsqu?elle adopte son plan détaillé, elle doit d?ailleurs spécifier
dans un compte-rendu de quelle manière elle a pris en compte l?étude d?impact et les
commentaires, si nécessaire pourquoi elle n?a pas suivi les alternatives envisagées,
et mettre en place des mesures de suivi de l?impact.
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Concernant les projets, l?exploitant doit fournir à l?autorité délivrant le permis une
demande d?autorisation et l?évaluation environnementale. L?autorité qui délivre le
permis se détermine selon le degré de risque que les projets représentent pour
l?environnement et la santé humaine. Il y a 2 grandes catégories : les grands
projets avec un impact majeur, potentiellement dangereux comme défini par le code
de l?environnement (grosses installations industrielles et minières du fait de rejets de
solides et de gaz, grands projets aquatiques comme la construction de ponts, les
installations portuaires, la régulation des cours d?eau ou le drainage des eaux
souterraines), pour lesquelles l?autorisation dépend des tribunaux fonciers et de
l?environnement. Les activités avec un impact significatif sur l?environnement mais
moins importantes en taille et moins dangereuses nécessitent une autorisation
délivrée par les délégations d?évaluation environnementale, i.e. les bureaux
administratifs des comtés. Dans tous les cas (y compris pour les projets sans impact
significatif n?ayant eu qu?à faire une « petite étude d?impact »), les exploitants doivent
auto-surveiller l?évolution de leur activité et suivre les impacts sur l?environnement en
rapportant annuellement à l?autorité de contrôle compétente.
Cette répartition des tâches peut en pratique conduire à des conflits. Par exemple,
dans le cadre du projet de site de stockage final des déchets nucléaires, les agences
et le gouvernement ont exprimé un avis positif, mais le dossier est bloqué par le tri-
bunal, décideur ultime, qui demande une étude environnementale plus précise.
Des mesures de compensation, discutées pendant l?évaluation, peuvent être exigées selon
le Code de l?Environnement pour des projets ayant un impact sur des cours d?eau et sur des
zones reconnues à forte priorité culturelle ou environnementale au niveau national ou
international. Cependant, la mise en place de mécanismes de compensation pour les autres
espaces non protégés n?est pas contraignante juridiquement. Elle dépend de la bonne volonté
des maîtres d?ouvrage et n?est quasiment pas appliquée en Suède. En conséquence, la
jurisprudence suédoise est assez stricte, et les engagements en matière de compensation
ne permettent pas de baisser les exigences de l?évaluation. Ces mesures sont en outre
hiérarchisées : en priorité, les dégâts doivent être évités, puis réduits. Ce n?est qu?en dernier
ressort que les dommages doivent être compensés. Il y a donc une distinction formelle à
respecter dans l?évaluation entre garanties et mesures compensatoires.
La décision relative à la présence d?un impact environnemental ne peut pas faire l?objet
d?un appel séparé. En revanche, les permis des délégations d?évaluation
environnementale peuvent faire l?objet d?un recours devant le tribunal foncier et
environnemental. Depuis le 1er janvier 2018, la déclaration d?impact environnemental doit être
publiée par chaque autorité sur son site Web.
A partir de 2023 et en transposition de la directive modificative 2014/52/UE, l?Agence
suédoise de protection de l?environnement aura l?obligation de fournir à la Commission le
nombre de projets ayant fait l?objet d?une décision pour impact environnemental significatif et
d?une étude d?impact sur l?environnement, la classification de ces études dans les catégories
de projets définies par l?UE, et des indicateurs de performance (temps et coût moyen
nécessaires pour réaliser les EIE). Pour l?instant, il n?y a pas de statistiques disponibles sur
le nombre d?évaluation réalisées et leurs décisions, ni sur les recours engagés.
Cadrage préalable :
Comme la France, la Suède a connu des cas d?études d?impact peu détaillées et des
négligences sur la détermination du critère d?impact significatif (ex. arrêt P4498-18 de la Cour
suprême foncière et environnementale du 8 mai 2019 pour un plan de 2016). Dans son
examen environnemental pour la Suède (2014), l?OCDE relève que nombre d?entreprises
étaient d?avis que les EIE étaient exigées pour un trop grand nombre d?activités aux
incidences pourtant relativement faibles, et que la procédure était excessivement lourde. La
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réforme du chapitre 6 du code de l?environnement de 2018 a depuis permis de préciser les
modalités d?enquêtes et de clarifier les évaluations et leurs contenus. Elle a par exemple
rendu possible la réalisation d?une étude d?impact plus souple en cas d?existence d?un
précédent, et a réduit les délais d?évaluation en regroupant certains bureaux d?administration.
La version suédoise de la procédure de cadrage préalable a également été modifiée. Elle est
aujourd?hui obligatoire mais très flexible.
Pour les projets, la consultation dans le cadre de l?enquête de critère constitue une première
phase de dialogue entre l?exploitant (qui réalise le dossier) et les bureaux d?études
administratifs des comtés sur les principaux enjeux environnementaux et impacts du projet
ou plan. Ils y discutent d?ailleurs déjà du contenu et de la conception de la future déclaration
d?impact.
En amont de la déclaration d?impact d?un plan ou d?un projet, la municipalité ou l?exploitant
réalise également une consultation de délimitation avec les autorités, municipalités et
comtés concernés et toutes les parties prenantes permettant de préciser l?ampleur et le degré
de précision des informations à fournir dans la déclaration d?impact. Cela inclut les critères
d?évaluation, les connaissances actuelles, le niveau de détail du plan/programme ou projet,
l?intérêt public etc. Le public peut être associé à cette procédure.
La consultation de délimitation doit être réalisée en amont de l?étude d?impact, mais elle doit
également ne pas intervenir trop tôt pour avoir les éléments nécessaires à une délimitation
appropriée. Cet « avis de cadrage » spécifique à la Suède est très flexible, il peut être modifié
au cours du processus d?élaboration du plan si besoin.
L?avis de cadrage est public (un rapport de consultation est publié en ligne et joint à l?étude
d?impact) et non-opposable juridiquement.
Artificialisation des sols :
La notion d?artificialisation des sols n?est pas vraiment présente en Suède, et n?a
d?ailleurs pas de réelle traduction. Cet enjeu est moins important qu?en France puisque la
Suède est moins sujette à l?étalement urbain et au développement massif des périphéries.
Dans le cadre de l?Agenda 2030, la Suède s?est dotée de 16 objectifs environnementaux,
visant à promouvoir le développement durable comme inscrit dans le code de
l?environnement. L?un d?entre eux est dédié au bâti et au cadre de vie durable. S?il ne
mentionne pas explicitement l?artificialisation des sols, il englobe l?ensemble des enjeux liés
à l?étalement urbain, à la densification des villes et à l?accès aux espaces verts ?plus dans
une optique humaine qu?écologique. Ces objectifs, adoptés par le Parlement, sont
accompagnés de jalons et d?indicateurs de performance, notamment l?intégration de la
verdure urbaine dans les planifications, et des services écosystémiques en villes d?ici 2025.
Mais la tendance est aujourd?hui jugée neutre par l?autorité gouvernementale responsable
Boverket et l?objectif ne devrait pas être atteint à date. Un deuxième objectif, celui de « qualité
environnementale », aborde indirectement la notion d?artificialisation des sols dans le cadre
de la protection des montagnes et de la lutte contre l?« empiètement ».
Autres outils :
La Suède a mis en place une stratégie fiscale très développée pour atteindre ses objectifs de
développement durable, comme indiqué dans le tableau ci-dessous (1¤ = 10,15 SEK au 2
février 2021).
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La Suède a également pris des mesures dans le cadre du plan de relance intégré au PLF
2021, notamment 48 M¤ de dépenses nouvelles pour la transition verte (rénovation
énergétique, protection des zones naturelles, réduction des émissions) et 40 M¤ d?effort fiscal
pour 2021 (baisse d?impôts pour la technologie verte, révision de la fiscalité sur les transports).
Depuis plusieurs décennies, la Suède a soutenu le développement de systèmes de
management environnemental non réglementaires (ex. certifications normatives) et
l?harmonisation avec les systèmes européens (ex. EMAS). Elle a également imposé à près
de 200 organismes publics de prendre en compte les enjeux environnementaux dans leur
fonctionnement. Les entreprises publiques doivent publier un rapport de durabilité et se fixer
des objectifs pluriannuels. La Suède s?est enfin dotée d?un programme de certification des
déclarations environnementales de produits et a renforcé le poids des critères
environnementaux dans les marchés publics.
Modalités de participation du public dans le cadre de l?évaluation environnementale
sur des projets, plans ou programmes :
La tradition d?inclusion du public dans les décisions environnementales est particulièrement
ancienne et forte en Suède. La Convention d'Aarhus, accord sur les obligations des
autorités en termes de transparence, de participation du public et de la possibilité de faire
réviser les décisions/actions/omissions des autorités dans le domaine environnemental, a
été signée en juin 1998 par la Suède. Cette convention implique que « les citoyens ont le
droit d'accéder aux informations environnementales, la possibilité d'influencer les décisions
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
européenne
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Fidèle à la tradition suédoise, la participation du public joue un rôle clé dans la protection de
l?environnement, et cela à plusieurs étapes :
Consultation d?enquête : dans la détermination de l?impact significatif (si celle-ci est
nécessaire cf. question 3), l?enquête menée par la municipalité ou l?exploitant sous le
contrôle du Conseil d?administration du comté interroge les parties prenantes, comme
les riverains ou les agences/ entreprises concernées. Cette soumission aux parties
se fait généralement en amont de l?enquête pour que celle-ci soit enrichie des apports.
Un rapport de consultation doit être réalisé par l?exploitant, et si son contenu n?est
pas réglementé par la législation, l?Agence de protection de l?environnement
considère qu?il doit a minima contenir la liste des personnes/organismes consultés,
une présentation des apports et des propositions, une présentation des potentiels
changements de plan et les avis sur le critère d?impact significatif.
Consultation de délimitation : si un impact significatif a été établi et qu?une étude
d?impact est nécessaire, la consultation est élargie à toutes les parties prenantes. Si
d?autres pays sont touchés par les plans ou projets, ceux-ci doivent également être
informés et consultés. Cette consultation a lieu en amont de la réalisation de la
déclaration d?impact. Un rapport de consultation est ensuite rajouté à la déclaration
d?impact et l?ensemble doit être soumis aux commentaires du public.
Dans la phase d?évaluation de l?EIE par l?autorité de délivrance du permis (pour
les projets), une troisième phase de consultation publique a lieu. L?autorité doit alors
publier l?EIE avec des informations supplémentaires (qui examine la délivrance, délai
de consultation, où trouver des informations etc.). Dans le cas de grands projets avec
décision du tribunal, celle-ci a lieu entre la phase de réception du dossier (avec la
demande de permis et l?évaluation environnementale) et l?audience principale.
Dans le cadre d?une évaluation environnementale spécifique (projet), les deux premières
phases peuvent être coordonnées à condition que la portée et le niveau de détail soient
suffisants et que cela soit spécifié aux organisations et personnes consultées, car les
consultations de délimitation sont souvent plus larges.
La consultation dans le cas d?une évaluation environnementale spécifique doit être d?au
moins 30 jours. De manière générale, le délai doit être « suffisant » et s?adapter aux
contraintes des organismes consultés (ex. Parlement sámi très consulté du fait de
l?importance du territoire mais avec peu de moyens).
Pour les plans et programmes, le code de l?environnement oblige l?autorité de surveillance ou
les municipalités à informer le public de la décision relative à l?impact environnemental
significatif, sans préciser la manière. Dans la pratique les documents sur publiés en ligne.
Pour les évaluations spécifiques, l?exploitant doit fournir un dossier de base aux entités
ou personnes consultées pour les informer du projet et leur fournir un contact direct pour toute
information supplémentaire. Ce dossier doit contenir des informations concernant la portée
du projet, les travaux de démolition, le lieu, la sensibilité de l?environnement, les potentiels
effets, les mesures de prévention ou de compensation prévues, les sources scientifiques.
Dans le cas de grands projets avec une large consultation, la relation avec le public consulté
peut en addition se faire via des publications en ligne ou la presse locale (mais la simple
publication d?une présentation du projet sur un site Web n?est pas considérée comme
suffisante).
Comme précisé précédemment, la municipalité a obligation de prendre en compte
l?ensemble de l?étude d?impact dans sa décision ou dans sa préparation des plans, y
et le droit d?y faire appel ou de recevoir un examen juridique pour savoir si leurs droits en
vertu de la législation environnementale ont été violés ».
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
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compris les commentaires (Section 9, chapitre 6 du code de l?environnement). Les
explications de cette prise en compte doivent figurer dans un compte-rendu joint à son plan
détaillé et une non-prise en compte des commentaires doit théoriquement être motivée. De
même, les autorités doivent justifier du refus ou de l?accord d?un permis en fonction de
l?évaluation d?impact environnemental.
Modalités de consultation du public sur les actes réglementaires non soumis à
évaluation environnementale :
Pour les actes législatifs : la tradition de consensus suédoise se traduit par la
pratique systématique (et obligatoire) d?un « envoi pour avis » pour chaque projet de
loi à l?ensemble des parties prenantes, en sus de la consultation du Conseil de la
Législation (Lagrådet, équivalence de la consultation du Conseil d?État). Cette
obligation est inscrite dans la Constitution (Instrument du gouvernement de 1974) au
chapitre 7 : ?In preparing Government business, the necessary information and
opinions shall be obtained from the public authorities concerned. Organisations and
private persons shall be afforded an opportunity to express an opinion as necessary.?
Cette consultation publique se déroule entre l?étape d?enquête par le comité de
préparation de la loi (où l?opposition a déjà pu s?exprimer) et la rédaction du projet de
loi du gouvernement. Tout le monde est supposé pouvoir participer à ces
consultations, même si certaines entités pertinentes sont visées. Dans la pratique, et
selon l?OCDE, le système fonctionne bien pour les parties prenantes établies et pour
les grandes problématiques nationales mais il semble être moins effectif pour les lois
« secondaires » et pour la participation de l?ensemble de la population. Les organes
de référence auxquels les projets de loi sont principalement envoyés sont les agences
du gouvernement central, des groupes d'intérêt spéciaux, des autorités locales ou
d'autres organismes dont les activités peuvent être affectées par les propositions. Par
exemple, les projets peuvent être envoyés à l?ensemble des acteurs d?une même
branche pour des régulations sectorielles, comme l?ensemble des entreprises
disposant d?un permis ou d?une licence qui pourrait être affecté par la nouvelle
régulation.
Pour les actes réglementaires : les actes non législatifs réalisés par le
gouvernement (ordonnances) peuvent également faire l?objet de consultation. Les
actes réglementaires des agences, « mandatory provisions », sont encadrés par un
manuel incluant la notion de consultation. Ce n?est cependant pas une obligation et
les agences peuvent développer leurs propres procédures (dans la pratique, les
recommandations du manuel sont suivies). Dans certains domaines cependant, le
cadre légal autorisant les règlements des agences impose une étude d?impact (ex.
ordonnance sur les travaux de 1995) ou une consultation publique (ex. ordonnance
sur les règles techniques de 1994).
Il n?y a pas d?approche unique dans la manière de procéder. Les ministères et agences
agissent selon leur propre approche. La consultation se fait majoritairement par écrit, malgré
quelques exceptions d?auditions spéciales. Les propositions initiales sont généralement
publiées sur les sites internet des ministères et agences et envoyées aux parties prenantes
établies (syndicats, confédérations, représentation du patronat, Parlement sámi, associations
et ONG etc.), puis les contributions sont publiées en intégralité sur internet. Pour les projets
de loi, les contributions sont agrégées par le ministère responsable et présentées dans un
mémorandum envoyé au Parlement (lequel peut d?ailleurs procéder à des interviews
d?experts ou de parties prenantes).
Si un certain nombre d?organes de renvoi réagissent défavorablement aux propositions
initiales, le Gouvernement peut essayer de trouver une solution alternative. Ce n?est pas
obligatoire mais cette pratique est traditionnelle en Suède et fortement ancrée dans le
processus politique d?élaboration des lois. Cela aboutit d?ailleurs à peu de surprise lors des
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Rapport n° 015592-01
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votes au Parlement et à une capacité à réaliser des réformes structurelles impressionnantes,
bien qu?il y ait des côtés également négatifs (lenteur et incapacité à agir vite en cas de crise,
lois parfois peu courageuses, notamment dans la défense etc.). Cette « peur du conflit » dont
découle la tradition consensuelle de la crise (konflikträdd) se retrouve aussi bien dans le
fonctionnement public que dans le privé.
L?obligation de consulter les parties prenantes lors de l?élaboration de lois étant une exigence
constitutionnelle, cette pratique est contrôlée par la Division de la révision des projets
juridiques et linguistiques (Division for Legal and Linguistic Draft Revision) du Ministère de la
Justice.
Il n?existe pas d?indicateur standardisé au niveau national. Chaque échelon en local étant libre
de conduire ce type d?exercice ou non.
Ce qu?il faut retenir
Les communes instruisent toutes les demandes d'autorisation ayant un impact sur
l'environnement (climat, espèces, biodiversité...).
Divers acteurs interviennent en fonction de l'importance du dossier (administration du comté,
tribunal, bureaux d'études...). La loi définit le type d'évaluation environnementale (EE) à
mener en fonction du type de projet. Les EE des plans et programmes sont réalisés en interne
par les services communaux, qui peuvent solliciter les services du comté.
Pour les grands projets (usines, centrales électriques...), le dossier est instruit par la
commune mais l'autorisation est délivrée par le tribunal foncier et de l'environnement. Pour
les projets moins importants, ce sont les délégations d'évaluation environnementale (services
techniques des comtés) qui délivrent les autorisations.
Les consultations du public et les échanges entre parties prenantes sont présents tout au
long des procédures. Les dossiers des porteurs de projet doivent comporter les mesures de
prévention et de compensation envisagées ainsi que les sources scientifiques.
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Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
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Annexe 11. Fiche parangonnage Tchéquie
Contacts de la mission :
- Noémie PIASKOWSKI - Conseillère développement durable
Pologne/Slovaquie/Tchéquie
- Najma AYAD - Chargée d?études économiques - Ambassade de France en République
Tchèque
- Jan SIMA, director, department of species protection and implemantation of international
commitments,ministry of the environment
Le fonctionnement de l?expertise technique et scientifique en République tchèque :
Les principales institutions fournissant une expertise scientifique et technique sur la nature et
la biodiversité sont directement liées au ministère de l'Environnement de la République
tchèque, principalement l'Agence tchèque pour la conservation de la nature (ATCN, www.na-
ture.cz/web/en) et l'Agence tchèque de l'environnement, agence d'information (CENIA,
https://www.cenia.cz/czech-environmental-information-agency). Sur demande, un soutien
est également apporté par des instituts de recherche, des universités et d'autres organisa-
tions (ONG, sociétés de conseil privées?). Les demandes de dérogation sont déposées au-
près de l'ATCN, de l'administration des parcs nationaux ou des autorités régionales.
L'organisation a été créée principalement sur la base de la loi n° 114/1992 Coll. sur la pro-
tection de la nature et des paysages.
Il n?existe pas d?équivalent direct au CNPN français en République tchèque, cependant,
plusieurs comités ou plateformes consultatifs ont été créés, pour fournir des orientations et
des consultations sur des sujets spécifiques (comme les SPANB). Il s'agit généralement d'ex-
perts d'institutions de recherche et universitaires, d'institutions directement liées au ministère,
ainsi que d'autres membres, en fonction du mandat de cet organisme.
Les institutions directement liées au ministère sont généralement financées sur le budget de
l'État. Les comités consultatifs ne reçoivent généralement pas de soutien financier. L'appui
scientifique et technique apporté par d'autres organismes est financé par le ministère ou via
une coopération de projet (différentes sources de financement).
Ce qu?il faut retenir
Pour les plans, programmes et textes, l'expertise du ministère de l'environnement s'appuie
sur l'agence tchèque de conservation de la nature (ATCN) qui peut en cas de demande très
spécifique faire appel à des experts extérieurs.
Les demandes de dérogations aux espèces protégées sont instruites en fonction de leur
impact et leur localisation, par l'ATCN, les autorités régionales ou les parcs nationaux.
Pour les projets d'aménagement, l'expertise est fournie par le pétitionnaire et analysée par le
service instructeur qui peut être le ministère ou une administration locale en fonction du type
de dossier.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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Annexe 12. Fiche parangonnage Royaume-Uni
Contact de la mission :
Jérémy MAST - Conseiller développement durable au Royaume-Uni auprès de l?ambassade
de France
Contexte :
Au Royaume-Uni, la protection de la nature s?exerce dans le cadre d?un vaste corpus de
normes et de politiques publiques mises en oeuvre par une pluralité d?acteurs (agences
publiques, ONG, universitaires, entreprises, etc.). Elle fait partie des compétences dévolues
aux nations : chaque nation (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles et Irlande du Nord) dispose
de sa propre stratégie pour la protection de la biodiversité et de l?environnement.
Les ministères chargés de la protection de la nature au sein du gouvernement britannique et
des gouvernements des nations peuvent s?appuyer sur l?expertise et les conseils d?organes
publics reconnus par la loi (statutory nature conservation bodies). Le Joint Nature
Conservation Committee (JNCC) est l?organe public chargé de conseiller le gouvernement
britannique et les gouvernements des nations sur les questions liées à la protection de la
nature à l?échelle du Royaume-Uni et à l?international.
Chaque nation dispose en outre de son propre organe public de conseil pour la protection de
la nature à l?échelle de son territoire, qui sont compétents, entre autres, pour la délivrance
des dérogations à l?interdiction de destruction d?espèces protégées : Natural England pour
l?Angleterre, NatureScot pour l?Ecosse, Natural Resources Wales pour le Pays de Galles et
Northern Ireland Environment Agency et Committee on Nature Conservation and the
Countryside (CNCC) pour l?Irlande du Nord.
Initialement fondée par l?Environmental Protection Act 1990, l?existence juridique de ces
différents organes repose désormais sur le Natural Environment and Rural Communities
(NERC) Act 2006. Cette loi définit leur champ de compétence assez largement : ils conseillent
les autorités appropriées dans toutes les matières relevant de la protection de
l?environnement.
Ces organes publics sont statutairement indépendants du gouvernement. Ils dépendent
toutefois des ressources ministérielles (budget, emplois, communication, etc) pour l?exercice
de leurs activités.
Le JNCC est dirigé par un joint commitee formé de 9 membres (7 membres issus des conseils
d?administration des organes dépendant de chaque nation et 2 membres indépendants, dont
la présidente). Le JNCC dispose d?une équipe de 300 personnes environ pour l?exercice de
ses missions. Il s?agit principalement d?experts et de chercheurs qui travaillent à temps plein
pour l?organisation.
Chaque organe national réplique ce modèle d?organisation composé d?un conseil
d?administration supervisant l?activité d?une équipe d?employés permanents. A titre d?exemple,
Natural England est dirigé par un conseil d?administration formé de 15 membres de différents
horizons (experts, scientifiques, administrateurs de sociétés du secteur de l?immobilier ou de
la protection de l?environnement, etc.) et dispose d?une équipe de 3 000 personnes pour
accomplir l?ensemble de ses missions.
Les organes nationaux délivrent les dérogations aux interdictions de destruction des espèces
protégées sur demande des porteurs de projet. Si le projet nécessite un permis de construire,
la demande de dérogation intervient après la délivrance du permis de construire. La décision
des organes nationaux n?a pas valeur d?avis. C?est une décision administrative, juridiquement
opposable.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
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Le service économique régional (SER) de Londres ne dispose pas d?information concernant
l?organisation de la procédure de prise de décision.
Natural England dispose d?un budget de 332 M£ pour l?année budgétaire 2023/24 et emploie
3 073 ETP. Il s?agit principalement d?agents publics employé sur des contrats de droit privé.
Natural England n?indique pas le détail des moyens humains et financiers affectés à la
mission d?expertise technique et scientifique. On peut toutefois noter que son plan d?action
pour l?année 2023/24 prévoit d?affecter 13 % du budget et 12 % des ETP à l?objectif
stratégique d?accroitre l?abondance des espèces et réduire le nombre d?espèces en extinction.
Le SER n?a pas de connaissance particulière sur ce sujet et n?a pas pu se faire un avis sur la
question faute d?avoir pu trouver des interlocuteurs appropriés, aussi bien du côté de
l?administration que des ONG.
Ce qu?il faut retenir
La protection de la nature est de la compétence des Nations (Angleterre, Écosse, Irlande du
Nord, Pays de Galles).
L'expertise est fournie par des organes publics de conseil : le joint nature conservation
comittee (JNCC, 300 collaborateurs essentiellement des experts et des chercheurs à plein
temps) pour les questions à l'échelle du pays et internationales, et des organes publics
nationaux pour les questions relevant des territoires des Nations.
Les organes sont indépendants mais financés sur les budgets ministériels. À titre d'exemple
l'organe de conseil anglais (Natural England) dispose d'environ 2 800 collaborateurs et d'un
budget de 318 M de GBP pour l'exercice 2024/2025.
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Rapport n° 015592-01
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Annexe 13. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
CHARRIER Aude
Ministère territoires
écologie logement
Sous-directrice de
l'action européenne
de la direction de
l'action européenne
et internationale
11/03/2024
CABANIS Sophie
Ministère territoires
écologie logement
Adjointe au chef de
bureau performance
environnementale
des bâtiments à la
direction générale
de l?aménagement,
du logement et de la
nature
14/03/2024
GALTIER Bertrand CNB Vice-Président 14/03/2024
DELDUC Paul IGEDD Chef de service 20/03/2024
DUMOULIN Virginie IGEDD Inspectrice générale 20/03/2024
MULLER Serge CNPN
Président de 2017 à
2022
03/04/2024
OBLED Loïc OFB
Directeur général
délégué
03/04/2024
BERREBI Romuald OFB
Adjoint au Directeur
de la direction de la
recherche et appui
scientifique en
charge du conseil
scientifique et de la
politique de
l'expertise
03/04/2024
DUTREIL Faustine OFB
Chargée de mission
auprès du directeur
général délégué
03/04/2024
LEFEVER
Pierre-
Louis
OFB
Chef du service
prévention, appui et
stratégie police
03/04/2024
GAFFAR Chahoul
Ministère territoires
écologie logement
Chef du bureau
partenariats,
opérateurs et projets
à la direction de
l?action européenne
et internationale
02/04/2024
LEHOUCK Marie MTECT
Conseillère
technique au cabinet
du secrétaire d?État
chargé de la mer et
de la biodiversité
03/04/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
MICHEL Laurent
Autorité
environnementale
Président 04/04/2024
GUILLAIN
Pierre-
Edouard
Ministère territoires
écologie logement
Directeur adjoint de
l?eau et de la
biodiversité
10/04/2024
26/09/2024
ABEL Jean-David FNE Pilote du réseau 12/04/2024
MORELLE Stéphanie FNE
Animatrice des
réseaux biodiversité
et océan
12/04/2024
MARION Loïc CNPN Président
09/04/2024
24/04/2024
13/09/2024
MARTEAU Cédric LPO Directeur général 10/04/2024
CHEVASSUS-
AU-LOUIS
Bernard
Humanité &
biodiversité
Président 18/04/2024
HOUILLER François IFREMER
Président directeur
général
19/04/2024
MORTIER Frédéric IGEDD
Inspecteur général
MIGT Lyon
23/04/2024
19/09/2024
BERNARD Anne
Ministère de
l?économie, des
finances et de
l?industrie
Cheffe du bureau du
pilotage du réseau
international à la
Direction général du
trésor
24/04/2024
LABROUE Selma
Ministère de
l?économie, des
finances et de
l?industrie
Chargée de mission
au bureau du
pilotage du réseau
international à la
Direction général du
trésor
24/04/2024
FLAMMARION Patrick INRAe
Directeur général
délégué
16/05/2024
RICHARD Guy INRAe
Directeur des
expertises
scientifiques
collectives,
prospectives et
études
16/05/2024
CAQUET Thierry INRAe
Directeur
scientifique
environnement
16/05/2024
MARTIN Éric INRAe
Chargé de mission
environnement à la
direction de l?appui
aux politiques
publiques
16/05/2024
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Rapport n° 015592-01
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
PAGOT
Jean-
Philippe
EDF Renouvelables
Directeur
Environnement
Maritime, offshore
16/05/2024
CELLIER Mathieu EDF Renouvelables
Responsable du
pôle environnement
& SIG, activités
terrestres France
16/05/2024
FRANGI Alessandro EDF Renouvelables
Directeur du
développement
durable
16/05/2024
JECHOUX Vincent
DREAL Nouvelle-
Aquitaine
Directeur régional 22/05/2024
GOUTX David
DREAL Nouvelle-
Aquitaine
Directeur régional
délégué
22/05/2024
DARSES Ophélie
DREAL Nouvelle-
Aquitaine
Cheffe de service
patrimoine naturel
22/05/2024
CHAPELON Guillain
Skyborn
Renewables
Directeur général
France
24/05/2024
BENTOLILA Sacha
Skyborn
Renewables
Directeur des
affaires publiques
24/05/2024
PERES Jérôme
Skyborn
Renewables
Directeur du pôle
environnement
marin
24/05/2024
LELIEVRE Maud UICN Présidente France 24/04/2024
LEDENVIC Philippe IGEDD
Inspecteur général,
ancien président de
l?Ae
26/04/2024
BLOCH Gilles MNHN Président 26/04/2024
CHLOUS Frédérique MNHN
Professeure
d'anthropologie et
directrice du
département
Homme et
environnement
26/04/2024
SEON-MASSIN Nirmala MNHN
Directrice de
l?expertise
26/04/2024
SCHULER Mathieu ANSES
directeur général
délégué du pôle
« sciences pour
l'expertise »
31/05/2024
SIBLET
Jean-
Philippe
CSRPN Ile-de-
France
Président 31/05/2024
SILVAIN
Jean-
François
CSRPN Grand-est Président 31/05/2024
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
RAUD Stéphane IRD
Directeur de la
mission expertise et
consultance
03/06/2024
AVARRE
Jean-
Christophe
IRD
Directeur du
département Ecobio
03/06/2024
ROCHELLE-
NEWALL
Emma IRD
Directrice adjointe
du département
Ecobio
03/06/2024
TOSTAIN Olivier CSRPN Guyane Président 20/06/2024
ARTHUR Christian
CSRPN Nouvelle-
Aquitaine
Président 21/06/2024
MORZELLE Olivier DREAL Normandie Directeur régional 05/07/2024
PIVARD Sandrine DREAL Normandie
Directrice régionale
adjointe
05/07/2024
MAST Jérémy
Ambassade de
France au
Royaume-Uni
Conseiller
développement
durable
31/07/2024
BERGÉ Claire
Ambassade de
France en Italie
Conseillère
Développement
durable Italie,
Grèce, Malte,
Chypre
21/08/2024
BESSOULE Adèle
Ambassade de
France en
Allemagne
Attachée climat et
environnement
21/08/2024
FANOURAKI Anne-Marie
Ambassade de
France en Grèce
Attachée
économique pour
l?Europe du Sud Est
(Grèce, Bulgarie,
Chypre, Moldavie,
Roumanie)
22/08/2024
PIASKOWSKI Noémie
Ambassade de
France en Pologne
Conseillère
développement
durable pour la zone
de Visegrad et les
pays baltes
23/08/2024
AYAD Najma
Ambassade de
France en
République Tchèque
Chargée d?études
économique
23/08/2024
OUAHSINE Samy
Ambassade de
France aux Pays-
Bas
Conseiller
développement
durable pour le
Bénélux
23/08/2023
ZUCCA Maxime CNPN
Vice-président
commission ECB
12/09/2024
11/10/2024
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
SIMA Jan
Ministère de
l?environnement de
la République
tchèque
Directeur de la
protection de la
nature
13/09/2024
ZMESKALOVA Jana
Ministère de
l?environnement de
la République
tchèque
Département
espèces protégées
13/09/2024
DE PRACONTAL Nils CNPN
Président de la
commission ECB
13/09/2024
11/10/2024
URBANO Serge CNPN
Membre du bureau,
secrétaire
13/09/2024
BILLET Philippe CNPN
Président de la
commission
Espaces protégés
13/09/2024
ROGIER Philippe
Ministère territoires
écologie logement
Sous-directeur de la
protection et de la
restauration des
écosystèmes
terrestres de la
direction de l?eau et
de la biodiversité
26/09/2024
HALLEGOUET Claire
Ministère territoires
écologie logement
DEB 08/10/2024
HERTIN Julie
Conseil consultatif
allemand pour
l?environnement
Secrétaire générale 10/10/2024
MIRMAND Christophe
Préfecture de la
région PACA
Préfet de région et
de département des
Bouches-du-Rhône
24/10/2024
MAHÉ Zoé DREAL PACA
directrice régionale
adjointe
24/10/2024
MAMIS Didier
Préfecture de la
région PACA
Secrétaire général
pour les affaires
régionales
24/10/2024
MIGLIORINI Paola
Commission
européenne
Cheffe d?unité -
conservation de la
nature - adjointe de
la direction générale
de l?environnement
06/11/2024
MAZZA Leonardo
Commission
européenne
Unité conservation
de la nature à la
direction générale
de l?environnement
06/11/2024
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise
scientifique et technique sur les questions relatives à la
protection de la biodiversité au sein des pays membres de
l?Union européenne
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Annexe 14. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
AFB Agence française de la biodiversité
CDB Convention sur la diversité biologique
CECB Commission des espèces et communautés
biologiques
CEP Commission des espaces protégés
CNB Comité national de la biodiversité
CNPN Conseil national de la protection de la nature
COP Conférence des parties
CSRPN
Conseil scientifique régional du patrimoine
naturel
DAEI
Direction des affaires européennes et
internationales
DDT(M) Direction départementale des territoires (et de la
mer)
DEB Direction de l?eau et de la biodiversité
DGA Direction générale de l?alimentation
DGAMPA Direction générale des affaires maritimes, de la
pêche et de l?aquaculture
DGEC Direction générale de l?énergie et du climat
DGPR Direction générale de la prévention des risques
DREAL Direction régionale de l?environnement, de
l?aménagement et du logement
ENR Energie renouvelable
ESOD Espèce susceptible d?occasionner des dégâts
FAO Organisation pour l'alimentation et l'agriculture
des Nations-unies
FNE France nature environnement
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise
scientifique et technique sur les questions relatives à la
protection de la biodiversité au sein des pays membres de
l?Union européenne
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Acronyme Signification
IGEDD
Inspection générale de l?environnement et du
développement durable
MTEL Ministère territoires écologie logement
OFB Office français de la biodiversité
OMS Organisation mondiale de la santé
ONCFS Office national de la chasse et de la faune
sauvage
ONG Organisation non gouvernementale
SNB Stratégie nationale biodiversité
SNCRR Site naturel de compensation, de restauration et
de renaturation
UE Union européenne
WWF World Wildlife Fund
ZSC Zone spéciale de conservation
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 L?expertise scientifique et technique pour le compte des politiques publiques de protection de la nature
1.1 Qu?est-ce que l?expertise ?
1.2 Le cadre réglementaire français
1.2.1 L?expertise au service de la protection de la nature est une préoccupation ancienne
1.2.2 Une réglementation française qui respecte le droit européen et les accords internationaux et encadre les stratégies nationales
1.2.3 Les évolutions récentes de la réglementation française
1.2.4 CNPN/CSRPN, des périmètres différents
1.3 Un environnement très riche en connaissances et en données
1.3.1 De grands établissements publics connus et reconnus
1.3.1.1 L?Office français de la biodiversité (OFB)
1.3.1.2 Le Muséum national d?histoire naturel (MNHM)
1.3.1.3 L?institut français de recherche pour l?exploitation de la mer (IFREMER)
1.3.1.4 L?institut de recherche pour le développement (IRD)
1.3.1.5 L?institut national de recherche pour l?agriculture, l?alimentation et l?environnement (INRAe)
1.3.1.6 L?agence nationale de sécurité sanitaire de l?alimentation, de l?environnement et du travail (ANSES)
1.3.1.7 Le centre national de la recherche scientifique (CNRS)
1.3.2 Des coopérations entre les acteurs de la recherche et de l?expertise
1.4 Savoir et puissance publique : des enjeux scientifiques, environnementaux, économiques, sociétaux et politiques
1.4.1 Des enjeux scientifiques
1.4.2 Des enjeux sociétaux
1.4.3 Des enjeux politiques
1.4.4 Des enjeux de conciliation entre environnement et économie
2 La diversité des modèles européens
3 Le CNPN confronté à des difficultés
3.1 Des difficultés liées à son organisation
3.1.1 Des moyens supports à reconsidérer
3.1.1.1 Des moyens humains dispersés
3.1.1.2 Moyens financiers à préciser
3.1.2 Une composition à questionner
3.1.3 Une charge de travail conséquente
3.1.3.1 La participation aux réunions :
3.1.3.2 Le traitement des dossiers
3.1.4 Les sciences humaines et sociales peu représentées
3.1.5 Un cadre déontologique imparfait
3.2 Des difficultés liées à un relationnel qui s?est délité
3.2.1 Des relations DEB/CNPN distendues
3.2.2 Des relations CNPN/CSRPN insuffisantes
3.2.3 Des relations maîtres d?ouvrage publics et privés/CNPN lacunaires
3.2.4 Les risques psychosociaux
4 Les points critiques à solutionner pour un fonctionnement du CNPN amélioré
4.1 L?avis du CNPN dans la procédure environnementale
4.2 Le manque de doctrine et de lignes directrices
4.3 Les avis qui font débat
4.4 Des autosaisines mal perçues
4.5 Son isolement préjudiciable
4.6 Une visibilité à amplifier
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de commande
Annexe 2. Décret n 2017-342 du 17 mars 2017 relatif au Conseil national de la protection de la nature
Annexe 3. Chiffres clés du CNPN
Annexe 4. Méthode du parangonnage
Annexe 5. Questionnaire parangonnage destiné aux pays interrogés
Annexe 6. Fiche parangonnage Allemagne
Annexe 7. Fiche parangonnage Italie
Annexe 8. Fiche parangonnage Pays-Bas
Annexe 9. Fiche parangonnage Espagne
Annexe 10. Fiche parangonnage Suède
Annexe 11. Fiche parangonnage Tchéquie
Annexe 12. Fiche parangonnage Royaume-Uni
Annexe 13. Liste des personnes rencontrées
Annexe 14. Glossaire des sigles et acronymes
(ATTENTION: OPTION budget de l?administration. En cas de besoin de compétences spéci-
fiques non disponibles en interne, une expertise peut être sollicitée, elle sera rémunérée par l?ad-
ministration « au prix du marché ».
? Le recours à des experts extérieurs :
En République tchèque, les expertises scientifiques et techniques pour les projets d?aménage-
ment sont fournies par les maîtres d?ouvrage qui sont libres du choix des prestataires. Les exper-
tises sont jointes au dossier qui sera ensuite instruit par l?autorité publique compétente. Les coûts
de l?expertise sont portés par le projet.
Ces différentes approches ont leurs avantages et leurs inconvénients en termes financiers :
Origine des expertises Avantage Inconvénient
Comités indépendants indemnisa-
tion variable
Dépenses reflètent l?activité du co-
mité
Le budget exact n?est pas connu à
l?avance
Comité indépendant indemnisation
forfaitaire
Le budget est connu et fixe Le forfait ne reflète pas l?activité
Administrations
Le coût est intégré au budget de
l?administration et il est connu à
l?avance
Un budget complémentaire difficile
à évaluer doit être envisagé en cas
de besoins d?experts extérieurs
Acteurs privés
Pas d?impact direct sur le budget
public
Le coût de l?expertise est intégré au
montant total du projet sur lequel la
puissance publique n?a pas de
prise, pas plus que sur le choix des
experts
En tout état de cause, la construction d?un budget prévisionnel annuel voire pluriannuel par la DEB,
plus détaillé et précis, s?avère désormais indispensable même si la mission est consciente de la
difficulté de l?exercice, étant donné l?impossibilité de prévoir à l?avance la disponibilité des membres
et donc de leurs indemnités de présence et autres frais de déplacement. Un suivi rigoureux et
régulier est d?autant plus nécessaire.
Les pratiques européennes
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
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européenne
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[DEB] Centraliser dans un bureau au sein de la sous-direction
« protection et restauration des écosystèmes terrestres » de la direction de l?eau et de la
biodiversité les activités supports du CNPN. Construire un budget prévisionnel pour le
fonctionnement du CNPN et en assurer un suivi régulier.
3.1.2 Une composition à questionner
Pour mémoire, le conseil est composé de 60 membres, titulaires et suppléants (article 134-22),
tous « experts désignés pour leur compétence scientifique ou technique et leur expérience », « re-
présentant toutes les disciplines des sciences de la vie et de la terre, des sciences écologiques,
ainsi que des sciences humaines et sociales pour les milieux terrestres, fluviaux et marins de mé-
tropole et des outre-mer » (article R. 134-21). Ils sont nommés par le ministre chargé de la protec-
tion de la nature après un appel à candidature (article R. 134-23) et leur sélection tient compte des
critères de compétences cités plus haut ainsi que de la parité femmes/hommes (article R. 134-24).
La mission a relevé plusieurs points pouvant conduire à des difficultés de fonctionnement :
Les critères de sélection
La réglementation prévoit de choisir les membres du CNPN de façon à couvrir un spectre
de compétences très large. Il s?avère, dans les faits, que certaines spécialités sont très peu
sollicitées, ce qui est démobilisateur pour les experts concernés. Il serait peut-être
préférable pour les domaines de compétences concernés d?avoir recours à des
expertises extérieures ponctuelles.
Le processus de sélection
Les membres du comité sont nommés « intuitu personae » au terme d?un processus au
cours duquel chaque candidat fournit « un curriculum vitae détaillé comprenant la liste de
ses publications et la liste des liens d?intérêts de toute nature qu?il a, ou a eus pendant les
cinq années précédentes, avec des entreprises, établissements ou organismes dont les
activités, les techniques ou les produits sont susceptibles d?avoir une incidence sur la
biodiversité ainsi qu?avec des sociétés ou organismes de conseil intervenant dans les
secteurs de la compétence du conseil » et « une indication de sa disponibilité prévisible
pour exercer cette fonction ».
Il n?y a pas de comité d?audition qui permettrait de préciser les diverses composantes du CV et
d?avoir un dialogue sur les attentes mutuelles, les obligations, notamment déontologiques, et les
contraintes. La mise en place d?un « entretien » aurait probablement la vertu d?aborder ces ques-
tions en amont et pourrait permettre d?éviter des situations conflictuelles, telles que celles
survenues dans un passé récent.
Le vivier de membres potentiels
À plusieurs reprises au cours des entretiens, la question du vivier de membres potentiels
a été évoquée. Ce vivier est relativement restreint et doit permettre de nommer des
membres du CNPN ainsi que des CSRPN. L?extension du vivier est une question complexe
qui ne peut se traiter que sur la durée et en travaillant sur des paramètres, comme
l?attractivité de l?expertise pour les chercheurs, sa valorisation dans leur carrière ou la
question de décharges professionnelles qui pourraient être mises en place.
Le nombre de membres et la distinction titulaire/suppléant
Ce sont au total 60 experts qui sont nommés. Chaque titulaire a un suppléant désigné. Les
suppléants peuvent au même titre que les titulaires siéger dans les diverses commissions
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et groupes de travail et prendre en charge des dossiers. Bien qu?ils aient en principe
d?abord vocation à siéger en l?absence du titulaire, ils peuvent aussi participer aux réunions
en même temps que le titulaire, mais dans ce cas, ils n?ont ni voix délibérative ni droit aux
indemnités de présence, ce qui n?incite pas forcément à un investissement plein et entier.
La mission estime qu?il serait bénéfique de supprimer le statut de suppléant pour
n?avoir que des titulaires tout en baissant le nombre de membres.
Pour que le CNPN puisse délibérer valablement, le règlement intérieur (article 13) prévoit un quo-
rum de 15 membres ayant voix au vote, soit la moitié des membres présents ou représentés par
leur suppléant (soit le quart de l?effectif global). Ce même règlement prévoit qu?aucun quorum n?est
exigé suite à une seconde convocation. En cas de besoin, le CNPN peut faire son affaire de mo-
difier ces dispositions s?il devait faire sienne cette proposition de réduire le nombre de ses
membres. La mission estime ne pas avoir les éléments lui permettant de formuler une proposition
quant au nombre pertinent de membres et invite la DEB et le CNPN à travailler sur cette question
en vue du prochain renouvellement.
Même si la mission n?avait pas souhaité initialement proposer de modification du décret, certaines
propositions, si elles sont retenues, impliqueront sa réécriture sinon dans son ensemble, du moins
concernant quelques points mentionnés ci-dessus et ci-après.
[DEB/CNPN] Dans le cadre du renouvellement du CNPN, engager un
travail pour mettre en place un comité d?audition, revoir la composition de l?instance,
notamment en ne nommant que des titulaires, en réduisant le nombre total de membres, en
prévoyant le recours à des experts extérieurs en cas de besoins spécifiques et en instituant
une décharge professionnelle.
3.1.3 Une charge de travail conséquente
Le sujet de la charge de travail est revenu très souvent dans les discussions. Cette charge est
décrite comme importante et inégalement répartie45.
Le tableau de suivi des participations aux réunions et de la rédaction des rapports établi par la
sous-direction ET pour 2023 apporte les éléments suivants :
3.1.3.1 La participation aux réunions :
CNPN plénier
45 Les graphiques qui suivent ont été réalisés par la mission.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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Le CNPN s?est réuni à 11 reprises en 2023. Ces graphiques montrent une présence forte et régu-
lière des titulaires, la moyenne des participations se situant à 7,8 réunions sur les 11. À noter qu?un
titulaire n?a participé à aucune réunion et qu?à l?inverse 5 titulaires ont participé aux 11 réunions.
Pour les suppléants, logiquement, la moyenne des participations est beaucoup plus faible, à 2,2
réunions, ce qui tend à valider leur moindre investissement (cf. partie 2.1.3. § 4).
Commission CEP
0
10
20
6 6
4 5
1 2 1 1 1 2 10 1 2 3 4 5 6
8 9 10 11
CNPN plénier : nombre de participations
par suppléant
nombre de suppléants nombre de participation
0
10
20
1 1
3 3 3
7
4
1 2
5
0
4 5 6 7 8 9 9,5 10 11
CNPN plénier : nombre de participations
par titulaire
nombre de titulaires nombre de participation
0
10
20
1 1 2 1
3 3
5
1 2 2
0 0
1 2 3
7 8 9 10 11 12 13 14 15
CEP : nombre de participations par titulaire
nombre de titulaires nombre de participation
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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La commission CEP s?est réunie 15 fois. Pour mémoire, elle compte 21 titulaires et autant de sup-
pléants. La moyenne des participations pour les titulaires est de 5,3 réunions sur l?année. En ce
qui concerne les suppléants, on constate une participation moyenne à 2,6 réunions avec 6 per-
sonnes n?ayant participé à aucune réunion.
Commission ECB
0
5
10
15
6
3
1 2
4
1 1 1 1 1 0 0 0 0
0
2 3 4 5 6 7 8 9
11 12 13 14 15
CEP: nombre de participations par suppléant
nombre de suppléants nombre de participation
0
10
20
0 0 0 0
2 1 2
4 5 5
20 1 2 3 4 5
7 8 9 10 11
ECB : nombre de participations par titulaire
nombre de titulaires nombre de participation
0
10
20
7
2 2 3 2 2 3
0 0 0 0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
ECB : nombre de participations par suppléant
nombre de suppléants nombre de participation
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
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En ce qui concerne la commission ECB, les titulaires ont participé en moyenne à 8,4 réunions et
les suppléants à 2,4 réunions (7 suppléants n?ont participé à aucune réunion).
L?analyse brute de ces données montre une participation générale bien plus faible des suppléants
aux diverses réunions. Il convient cependant de garder à l?esprit qu?en ce qui concerne les com-
missions, certains membres sont titulaires de l?une et suppléants de l?autre, ce qui peut aussi ex-
pliquer une moyenne de participation plus faible.
3.1.3.2 Le traitement des dossiers
Commission CEP
Ce graphique montre le nombre d?indemnités de rapportage perçues en fonction du statut des
membres.
Ces chiffres sont issus d?un bilan de la DEB indiquant pour chaque membre le total des
indemnisations reçues en 2023 (un rapportage seul est compté pour un taux d?indemnité et un
rapportage à deux pour un demi-taux). Le bilan n?indique pas le détail des taux perçus. Ainsi, par
exemple, 2 titulaires ont perçu 3,5 taux, le nombre de dossiers traités se situe donc entre 4 (3 en
rapportage seul et 1 en rapportage double) et 7 dossiers (7 dossiers en rapportage double). En
dépit de son imprécision, ce graphique donne une idée de l?activité des membres et montre que 11
titulaires sur 21 et 14 suppléants sur 21 n?ont pas traité de dossier.
nombre d'indemnités?
Suppléant
Titulaire
0
2
4
6
8
10
12
14
0 0,5 1
1,5 2
2,5 3,5
14
6
1
11
2
2 2
1 1
2
CEP: nombre d'indemnités de rapports perçues en fonction du
statut
nombre d'indemnités
de rapports perçues
Suppléant Titulaire
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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Commission ECB
En ce qui concerne la commission ECB, il apparait une concentration importante du traitement des
dossiers par quelques personnes, ce qui confirme le graphique suivant :
La moitié des dossiers (52,45%) est traité par 4 personnes, dont le président et le vice-président
de la commission, qui considère qu?il leur est nécessaire de relire tous les dossiers avant présen-
tation en commission. Ces éléments confirment les propos recueillis en entretien tout en permettant
d?avoir une vision plus nuancée en fonction du statut des membres et du type de dossiers. La
charge de travail induite pourrait être régulée par un système de « tour » de relecture incluant tous
les membres de la commission, comme le pratique par exemple l?Autorité environnementale.
La charge la plus forte semble en tout état de cause portée par la commission ECB et il conviendrait
que le CNPN étudie plus avant les raisons de ce constat.
0
20
40
60
80
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21
1 3 1 2 1 2 1 3 2 1 1 31 1 1 1 3 2 1 1 2 2 1 2 1 1 1
61
43
28
18 16 15 14 13 12 11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0
ECB : nombre de rapports par statuts
Suppléant Titulaire nombre de rapports
21,33%
36,36%
46,15%
52,45%
58,04%
63,29%
68,18%
72,73%
76,92%
80,77%
84,27%
87,41%
90,21%
92,66%
94,76%
96,50%
97,90%
98,95%
99,65%
100,00%
100,00%
0,00%
10,00%
20,00%
30,00%
40,00%
50,00%
60,00%
70,00%
80,00%
90,00%
100,00%
1 2 3 4 5 8 13 15 16 18 20 23 24 26 29 32 33 36 38 39 42
Nombre de dossiers cumulés
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Il convient de rappeler aussi que l'article R. 134-32 du code de l?environnement, repris à l'article 21 du
règlement intérieur, prévoit: « En cas de manquement d'un membre du conseil aux principes
encadrant l'exercice de ses missions fixés par le règlement intérieur ou aux règles de déontologie,
ou après trois absences non justifiées au cours d'une même année, il peut être procédé à son
remplacement pour la durée de son mandat restant à courir par une personne désignée dans les
mêmes conditions. Le membre concerné est préalablement invité à présenter ses observations. »
3.1.4 Les sciences humaines et sociales peu représentées
Parmi les trente membres titulaires, seuls deux membres ont des compétences en sciences poli-
tiques et en sociologie46 et un membre en philosophie. Même si ce n?est pas son « métier » pre-
mier, le CNPN ne peut faire aujourd?hui abstraction d?études et de débats sur le social humain et
sur les interactions sociales entre les individus, les groupes et leurs environnements. Le territoire
français, hexagone et outre-mer, riche de sa diversité historique, culturelle et géographique ne peut
être appréhendé de manière uniforme et les spécificités locales méritent d?être expliquées chaque
fois que nécessaire dans la partie « contexte » des avis.
La description, l?analyse et l?explication de certains phénomènes traversant la société pourraient
régulièrement alimenter la réflexion des membres du CNPN, sans pour autant perdre de vue sa
vocation à travailler sur la protection de la nature. Mieux comprendre les comportements, les
modes de penser, et comment cela peut influencer la société permettrait sans doute de mieux
répondre aux détracteurs du CNPN, et de la réglementation de protection de la nature en général.
Cela pourrait aussi alerter sur des sujets émergeants, permettant alors une anticipation construc-
tive.
Cette meilleure intégration des sciences humaines et sociales est à prendre en considération et
peut faire l?objet, dès à présent, d?invitations spécifiques et ponctuelles de spécialistes à l?occasion
des pléniers. En tant que de besoins, il pourra être envisagé, lors du prochain renouvellement du
CNPN, d?intégrer plus de membres spécialisés en sciences humaines et sociales ou de continuer
avec des personnes qualifiées extérieures.
[DEB/CNPN] Renforcer au sein du CNPN l?éclairage particulier par les
sciences humaines et sociales, nécessaire à la compréhension des sujets et notamment le
rapport de l?homme à la nature.
3.1.5 Un cadre déontologique imparfait
Lors de leur nomination, les membres du CNPN se doivent de com-
muniquer une lettre de motivation et un curriculum vitae précisant
leurs relations directes ou indirectes avec des organismes en lien
avec les sujets traités par le CNPN. La charte de déontologie du
CNPN (ci-contre annexe 1 du règlement intérieur) est alors signée
par chacun des membres, principalement pour éviter tout conflit
d?intérêts.
Ainsi, chaque membre doit « attester de la sincérité des liens d?in-
térêts qui ont été listés dans le curriculum vitae » lors de sa candi-
dature au CNPN et « actualiser la liste des liens d?intérêt de sa
46 Source : trombinoscope du CNPN
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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propre initiative, dès qu?un changement est susceptible de modifier significativement la déclaration
antérieure ».
Et « en cas de conflit d?intérêts en lien avec un sujet traité, le membre concerné ne peut pas prendre
part aux délibérations ou rapporter. Sollicité par le membre, le président du CNPN ou des commis-
sions concernées peut cependant autoriser ce membre à participer aux débats préalables sans
assister ni participer aux votes, ni à leur préparation ».
Les membres se sont ainsi engagés, par la signature de la charte de déontologie, à respecter les
« obligations de secret professionnel, de réserve et d?indépendance ».
Cette charte a donc pour objectif de prévenir des situations de conflits d?intérêts, de nature à fragi-
liser la légitimité et la crédibilité de l?instance, de l?ensemble de ses membres et de ses travaux,
ainsi qu?à garantir la confidentialité de ses activités.
La question des conflits d?intérêts a particulièrement fait surface à l?occasion de l?autosaisine du
CNPN « relative à la nécessité de l'évaluation des impacts de l'aménagement de la retenue de
substitution de Sainte-Soline sur la population reproductrice de l'Outarde canepetière et la faune
protégée de la plaine poitevine »47 et a généré une nouvelle tension provoquant la défiance de la
puissance publique à l?égard du CNPN, évoquée dans la lettre de commande.
Le CNPN avait alors déploré son absence de saisie par l?État sur ce projet et a délibéré en plénier :
« Considérant les impacts prévisibles directs et indirects sur l?Outarde canepetière, espèce
d?intérêt communautaire et protégée au niveau national (Arrêté ministériel du 29 octobre 2009) et
précisément inscrite à l?arrêté ministériel du 6 janvier 2020, fixant la liste des espèces animales à
la protection desquelles il ne peut être dérogé qu?après avis du Conseil National de la Protection
de la Nature et faisant, de surcroit, l?objet d?un troisième Plan National d?Action (PNA) validé par le
CNPN en décembre 2018, le projet aurait dû être présenté pour avis au CNPN, tel que le prévoit
la loi. ».
L?administration a dénoncé qu?un membre du CNPN ait omis de signaler des liens familiaux con-
duisant potentiellement à une situation de conflit d?intérêt.
Ce projet de la retenue d?eau de Sainte-Soline dénoncé par des associations environnementales
et fortement médiatisé a plus largement révélé la posture de certains membres (prises de position
plus ou moins politiques, appartenance à des mouvements associatifs?) préjudiciable à la crédi-
bilité de l?instance.
Cette situation, qui interroge globalement sur l?engagement public des scientifiques et des experts,
n?est nullement spécifique au CNPN.
Récemment, dans un article du Monde48, Christine Noiville, directrice de recherche au CNRS, ju-
riste et présidente du comité d?éthique du CNRS (Comets) écrit que « les scientifiques ont le droit
et la liberté de s?engager. C?est même vertueux car ils ont quelque chose à apporter au débat
public » tout en rappelant que « ce droit va avec des devoirs qui sont des conditions de crédibilité
et de responsabilité [?] en ayant une démarche scientifique la plus robuste possible » et d?« être
à la hauteur de la confiance que lui accorde la société ».
Christine Noiville argumente qu?« à la notion de neutralité, on doit préférer la notion de fiabilité, de
quête d?objectivité et d?intégrité ».
47 https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2023-05_autosaisine_retenue-
substitution_cnpn_du_18_04_2023_vf.pdf
48 Article du Monde daté du 22 mai 2024 https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/05/20/christine-noiville-
presidente-du-comite-d-ethique-du-cnrs-les-scientifiques-ont-le-droit-et-la-liberte-de-s-
engager_6234451_1650684.html
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Un autre article du même quotidien fait mention que « de plus en plus de climatologues, d?éco-
logues, de physiciens ou de sociologues décident de sortir de leurs laboratoires pour investir
l?agora » mais s?interrogent sur « le risque de fragiliser leur crédibilité, d?exposer leur carrière, de
déroger à la neutralité traditionnellement attendue de la science, de transgresser la frontière entre
science et politique »49.
A l?heure des « fake news », Etienne Guilyardi50, directeur de recherche et membre du Comets
déclare « Si l?on n?y va pas, on laisse la place à de faux experts, qui ne s?appuient pas sur des
données scientifiques » quand d?autres se voient mal, à l?image de Gilles Rederdin, océanographe,
« s?embarquer dans un engagement public alors que tout mon temps est déjà consacré à produire
et à analyser des données, les communiquer dans des articles ou à des colloques scientifiques.
On ne peut pas tout faire. ».
Bref, la communauté scientifique est elle-même divisée sur le sujet mais ce dernier existe et mérite
d?être posé et traité même imparfaitement.
Il convient ainsi de rappeler chaque fois que nécessaire l?existence de la charte de déontologie,
ses principes fondamentaux, voire de l?enrichir grâce à de bonnes pratiques dont la mission a eu
connaissance notamment dans certains établissements publics (ANSES, IFREMER?).
Comme évoqué supra, la charte du CNPN fait bien référence à la notion de conflit d?intérêt et de
confidentialité mais ne prend pas en considération l?expression publique et l?intérêt personnel des
membres.
À titre d?exemple, le code de déontologie de l?ANSES, adopté en 2018, aborde ces sujets qui ont
posé question au sein du CNPN et notamment sur les aspects :
du devoir de réserve : ce code pose les limites de l?expression publique des personnels et
rappelle qu?elle ne doit « ni porter atteinte aux intérêts de l?agence ni jeter le discrédit à son
encontre » « ni porter atteinte au service public auxquels ils collaborent » que ce soit à
l?occasion d?une expression écrite, orale ou sur les réseaux sociaux ;
de l?obligation de déclaration des liens lors de prise de parole : en cas de lien avec une
entité ou des personnes intervenant dans le domaine de compétences de l?agence, les
personnels sont tenus de les « faire connaitre au public lorsqu?elles s?expriment lors de
manifestations publiques, dans la presse écrite ou audiovisuelle ou sur les réseaux
sociaux. ». En fonction des situations l?information peut être donnée soit par écrit (presse,
internet) soit par oral en début d?intervention (colloque, presse audiovisuelle) ;
de l?expression émise à titre personnel : l?expert ne peut « s?exprimer au nom de l?agence,
y compris sur ses missions, sans avoir été dûment mandaté », s?il s?exprime à titre
personnel, « il ne doit pas laisser de doute quant au fait qu?il ne parle pas au nom de
l?agence » ;
de l?obligation de désintéressement : les agents ne doivent pas « prendre part à l?analyse
des dossiers dans lesquels leur intérêt personnel se trouve impliqué même si cet intérêt
n?est qu?indirect ou apparent » ;
de l?identification et gestion des risques de conflits d?intérêts : l?ANSES a mis en place un
guide d?analyse qui « constitue un outil d?aide à la décision pour les personnes qui
procèdent à l?analyse [des déclaration publiques d?intérêt] en qualifiant les liens d?intérêts
identifiés de mineurs ou majeurs. ».
49 https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/05/20/engagement-des-scientifiques-le-ton-monte-dans-les-
labos_6234452_1650684.html
50 Egalement président de l?Office for climate education.
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A l?instar de l?ANSES, l?IFREMER a également exploré cette question de la déontologie, toutefois
plus particulièrement en ce qui concerne les relations employeur/salariés.
Actuellement le CNPN dépend du comité d?éthique ministériel, qui couvre l?ensemble des activités
du pôle. Le CNPN pourrait aussi s?adresser au comité d?éthique « Éthique en commun » (cf partie
1.3.2.), spécialiste des questions relatives à la science.
En Allemagne
Le « conseil d?experts pour les questions environnementales » a été confronté à une campagne
de presse visant un potentiel conflit d?intérêt d?un de ses membres. Cette situation a donné lieu à
une réflexion sur cette question et au projet d?écriture d?une charte, non aboutie à ce jour.
Cette défiance, au final, s?est installée en peu de temps avec une crispation sur un dossier en
particulier qu?on peut qualifier de particulièrement sensible et médiatique, qu?il conviendrait de re-
lativiser au regard du nombre d?avis rendus chaque année. Il ne s?agit pas pour autant de ne pas
prendre au sérieux ce sujet ou de minimiser l?impact qu?un conflit d?intérêt, pressenti ou réel, peut
faire peser sur une structure ou sur une personne.
Pour éviter une telle situation, au début de chaque réunion, il pourrait être rappelé systématique-
ment les règles pour s?assurer qu?elles sont bien respectées. Dans tous les cas et plus encore en
cas de situation personnelle nouvelle des membres (engagement militant ou expression publique
par exemple), leur déport devra être clairement notifié sur le compte-rendu de séance.
[CNPN] Renforcer la charte de déontologie du CNPN en s?appuyant sur
les bonnes pratiques existantes dans certains établissements publics, notamment en ce qui
concerne l?expression publique et l?intérêt personnel, et envisager une collaboration avec
le comité éthique ministériel et « Éthique en commun ».
3.2 Des difficultés liées à un relationnel qui s?est délité
Les mots forts inscrits dans la lettre de commande « charge de travail », « plaintes répétées de la
part des membres », « situation de défiance », « passage obligé », « frein au développement »,
« les avis du CNPN ne jouent plus suffisamment leur rôle d?éclairage utile de la décision publique »,
« l?administration a besoin d?avis de qualité » sont la traduction assez évidente d?un problème
relationnel, d?incompréhension réciproque ou tout simplement de malentendus, faute de
discussions et de temps.
Inutile de préciser que ces propos ont été perçus par le CNPN, à la lecture de la lettre de
commande, comme la manifestation d?« une institution qui dérange et qui fait peur » et donc de sa
potentielle « remise en cause ».
Toutefois, de façon constructive, le CNPN a rapidement saisi cette occasion pour tirer profit de la
mission, en prenant le recul nécessaire et en envisageant toute évolution éventuelle bénéfique à
son bon fonctionnement. Et de manière concertée, il est véritablement en attente de tous les modes
d?échange avec le ministère chargé de la protection de la nature (cabinets, directions centrales,
DEB en particulier, services déconcentrés) et l?ensemble des parties prenantes qui pourraient lui
être proposés.
L?analyse de la mission est que la séquence évoquée infra en 2019 sur la déconcentration des
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procédures environnementales a perturbé considérablement les relations entre le ministère et le
CNPN (voir partie 1.3.2.). Ces points de friction, qui ont duré pratiquement une année, se sont
caractérisés par le boycott de réunions de la part du CNPN mais aussi, plus positivement, par la
création d?un groupe de travail, à l?initiative de la DEB, destiné à sortir de l?impasse.
Ces relations se sont à nouveau dégradées récemment à la suite à d?autosaisines et de certains
avis défavorables, mal perçus par le cabinet ministériel de l?époque51. Cette situation a donné lieu
à la commande du présent rapport, sans information préalable du ministère auprès du CNPN, ce
qui a créé un malaise notable, vécu par les membres comme une menace sur l?avenir même de la
structure, malaise amplifié par le vocabulaire utilisé dans la lettre de mission.
Des difficultés chroniques relationnelles subsistent. Cette situation entraîne chez de nombreux
membres du CNPN un inconfort constant. Elle pourrait être en partie liée, au moment des auditions
effectuées par la mission, à un défaut de volonté et portage politiques des enjeux de protection de
la biodiversité ainsi qu?un certain manque de reconnaissance.
Des recommandations sont proposées en partie 4 en réponse à ces difficultés avérées ou
ressenties.
3.2.1 Des relations DEB/CNPN distendues
Sur cet aspect spécifique, les relations se sont, du point de vue du CNPN, sinon dégradées du
moins délitées et distanciées pour plusieurs raisons :
Un manque d?organisation formelle du dialogue en l?absence de rencontres récurrentes et
planifiées.
Un secrétariat permanent du CNPN, assuré par la DEB, compétent et dévoué mais pour
qui le travail n?est pas simple, notamment pour le bon déroulement des réunions plénières
et des commissions.
Alors que certaines dérogations ou stratégies politiques n?ont pas donné lieu à des avis du
CNPN, l?administration centrale aurait proposé à l?instance de s?autosaisir pour le lui
reprocher par la suite52.
Un manque de reconnaissance du travail effectué, dû en particulier au manque de retour
sur le suivi des avis.
Le ressenti à la fois d?être rattaché à l?administration sans pour autant « faire partie de la
famille ».
Il a été nettement perçu la position difficile « entre le marteau et l?enclume » de la DEB ; à savoir
assumer ses fonctions d?une direction dont l?une des missions est la préservation et la restauration
de la biodiversité et l?autre de répondre aux commandes politiques en appliquant les décisions du
gouvernement, notamment pour aider à l?aboutissement de certains projets rapidement et sans
accroc, et ceci tout en tentant de ménager les membres du CNPN.
« La défiance » - terme utilisée dans la lettre de commande - de l?administration envers le CNPN
s?est installée suite à « des situations de conflits d?intérêt (potentiels ou avérés) » et à sa posture
souvent décrite comme « un censeur des projets de textes qui lui sont soumis ».
51 Ce rapport a été remis à une équipe ministériel autre que celle qui l?a commandé.
52 Concernant la protection du chacal doré, le CNPN avait souhaité écrire à la ministre, la DEB a insisté auprès du
CNPN pour qu?il s?autosaisisse. Concernant la saisine sur l?éolien offshore, la DGEC a proposé au CNPN de
s?autosaisir pour une meilleure prise en compte du sujet.
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Cette forme de suspicion est réciproque puisqu?une certaine défiance du CNPN envers l?adminis-
tration existe également et a plusieurs origines. Pour la plupart, les membres du CNPN considè-
rent :
qu?ils ne sont pas suffisamment indemnisés au vu de la charge qui leur incombe, évoquant
la notion de « bénévolat » ; cette question des indemnités53 a été en partie résolue avec
une augmentation significative au 1er juillet 2024. La commande du présent rapport a sans
doute favorisé l?accélération et la prise de cette décision ;
qu?ils ne sont pas respectés par l?administration dans la préparation de leurs avis. Le
règlement intérieur précise dans son article 5 que le CNPN doit disposer des documents
nécessaires à l?examen des dossiers 15 jours au moins avant la date du plénier ou des
commissions. Le délai de transmission des documents est très souvent inférieur à ces 15
jours ;
que leurs avis ne sont pas suffisamment suivis, ce qui pose la question de l?utilité de leurs
travaux.
3.2.2 Des relations CNPN/CSRPN insuffisantes
Malgré la présence de certains présidents de CSRPN au sein du CNPN, la différence de pratiques
entre les CSRPN eux-mêmes et le CNPN peut poser question, aux pétitionnaires notamment.
La prise en compte des situations locales par les CRSPN dans l?instruction des dossiers présente
des avantages (connaissance affirmée du territoire et des acteurs, anticipation des
problématiques?) même si la proximité avec les acteurs locaux, comme cela avait été argumenté
lors de la déconcentration de 2020 (cf. partie 1.2.4.), peut introduire une forme de pression auprès
des membres des CSRPN.
En parallèle, certains maîtres d?ouvrage laissent entendre que l?instruction des dossiers par le
CNPN serait "hors sol", éloignée du terrain.
Même si le juste équilibre est toujours difficile à trouver, les échanges CNPN/CRSPN qui se
tenaient régulièrement par le passé pour partager les expériences et évaluer les pratiques de
chacun contribuaient certainement à limiter les critiques exprimées ci-dessus. La mission propose
donc de revenir à ces échanges réguliers (cf. partie 4.5.).
Par ailleurs, sans que cela fasse l?objet d?une recommandation, la mission invite la DEB, les DREAL
et les Conseils régionaux à mener une réflexion sur une organisation du CNPN et des CSRPN
cohérente et sur une présentation identique des avis. Une répartition différente des tâches pourrait
être également envisagée sans pour autant « déshabiller Pierre pour habiller Paul » mais faisant
en sorte qu?une hiérarchisation pertinente des travaux puisse résoudre certaines disparités de
traitement.
Le redécoupage des régions fait en 2015 et leur poids politique et administratif grandissant, à
l?image des Länder allemands, peuvent plaider pour une évolution.
Il est à noter qu?aucune situation conflictuelle n?est à souligner, à ce jour, entre les CRSPN et le
CNPN.
53 Le montant des indemnités est évoqué dans la partie 3.1.2.2.
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En Italie
Des instances de dialogue État-Régions pour chaque projet d?intérêt local et national (lois,
décrets arrêtés et décision) ont été mises en place. Le système national en réseau pour la
protection de l?environnement (SNPA) est composé de l'institut pour la protection et la recherche
environnementale (ISPRA) et des 21 agences territoriales de protection de l'environnement
(ARPA/APPA) Les agences régionales, qui jouent un rôle sensiblement identique aux CSRPN et
aux agences régionales de la biodiversité, sont dotées de l?autonomie administrative, technique, et
juridique sont placées sous la tutelle du président du conseil régional ou de la province autonome.
En Suède
La responsabilité de la conduite des évaluations environnementales (sur tous les sujets dont la
biodiversité) est très décentralisée et incombe aux communes quel que soit le projet. Celles-ci
peuvent s?appuyer, si besoin, sur les services administratifs du comté. Il s?agit d?un véritable pro-
cessus de négociations où les consultations des parties prenantes sont très larges.
En Espagne
La conférence sectorielle de l'environnement naturel (CSE) instruit des projets de textes législatifs
et de plans, qui sont discutés au sein d'une instance réunissant le ministère de l'environnement et
des représentants régionaux.
3.2.3 Des relations maîtres d?ouvrage publics et privés/CNPN lacunaires
L?État, pourvoyeur de projets d?aménagements se trouve, à l?instar de la DEB, régulièrement en
porte à faux entre sa volonté, via les DREAL, notamment pour les projets routiers nationaux, de
mener à bien les dossiers en sa qualité de maître d?ouvrage et sa responsabilité d?être exemplaire
dans sa façon de respecter la loi.
Les DREAL interrogées soulignent la pertinence du CNPN (et des CSRPN), tout en précisant la
nécessité de faire preuve d?« une plus grande force pédagogique » tant la posture du CNPN reste
de fait compliquée à entendre notamment sur les grosses infrastructures ferroviaires, type « Grand
projet du Sud-Ouest » (GPSO), ou sur les routes nationales.
Dans leur rôle d?instructeur, les services « nature » des DREAL regrettent que de nombreux projets
soient autorisés sans même que les préfets aient demandé le dépôt d'une dérogation espèces
protégées (DEP). Un porteur de projet privé peut ainsi reprocher à l?État d'avoir autorisé son projet
sans cette décision dérogatoire alors qu?elle était nécessaire, exposant ainsi l'administration à des
recours du pétitionnaire contre l?État.
Il est à noter l?initiative de la DREAL Nouvelle-Aquitaine qui procède à un accompagnement amont
pour chaque projet, dans une logique gagnant/gagnant pour espérer ainsi que le dossier présenté
sera de qualité et permettra ensuite une instruction plus rapide. Cette démarche résulte du constat
fait par les services que bon nombre de dossiers déposés par les maîtres d?ouvrage privés sont
très rarement complets et aboutis. L?objectif est également de sécuriser in fine la décision que
prendra l?État.
Par ailleurs, même si les DREAL soulignent une perméabilité excessive entre les CNPN/CSRPN
et les associations environnementales, ces services déconcentrés de l?État reconnaissent le travail
important accompli. Ils insistent également sur le besoin d?une concertation et de rencontres plus
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formelles entre les maîtres d?ouvrage et la structure d?expertise nationale ou régionale en
mentionnant la construction indispensable de compromis territoriaux pour sortir de la logique des
avis « favorables » et « défavorables ».
Concernant les maitres d?ouvrage privés, la mission a entendu, lors de ses entretiens, un discours
plus tranché vis-à-vis du CNPN. S?il est bien reconnu une compétence affirmée des membres
« ultra-spécialistes » du CNPN, une méconnaissance réciproque perdure sur le rôle et les objectifs
de chacun. Les maîtres d?ouvrage ont pris largement conscience qu?ils « demandent une
autorisation à détruire » mais regrettent que les membres du CNPN « soient détachés des sujets »
et qu?un travail de synthèse des enjeux ne soit pas fait même s?ils reconnaissent que le temps
accordé pour s?approprier les dossiers et délivrer des avis reste extrêmement contraint.
Les maîtres d?ouvrage s?interrogent également sur la neutralité des avis voire sur l?expression
militante des experts mentionnant même que « le CNPN n?est plus un outil de protection de la
nature » allant jusqu?à dénoncer que l?autosaisine sur l?éolien a été conçue avec l?association Sea
Shepherd sur des bases d?après eux erronées et que l?avis « Provence grand large » a été écrit
avant même l?audition du maître d?ouvrage.
Ils restent néanmoins preneurs de contacts avec le CNPN. Des propositions sont faites dans ce
sens en partie 4.
3.2.4 Les risques psychosociaux
Tout collectif de travail peut être exposé à des risques psychosociaux, qui sont des risques liés aux
conditions de travail et qui affectent la santé psychologique. Les situations de travail liées à ce type
de risque sont bien identifiées, notamment par les travaux des chercheurs Michel Gollac et
Marceline Bodier54. Elles font l?objet de nombreuses études, en particulier par l?institut national de
recherche et de sécurité55 (INRS). C?est l?exposition à ces risques qui pose problème, sur la durée.
En tant que collectif, le CNPN ne fait pas exception. Au travers des situations évoquées lors des
entretiens, trois familles de facteurs de risques psychosociaux tels que décrits par l?INRS, peuvent
être identifiés, à savoir :
Les contraintes de rythme de travail : la charge de travail a souvent été évoquée comme
étant importante, au moins pour certains membres. C?est un facteur qui peut déstabiliser
une organisation en ce qu?il soumet au stress. Une telle situation peut, sur la durée,
conduire au mal-être et au désengagement.
La reconnaissance dans le travail : trois situations identifiées se retrouvent sous cette
catégorie, la question du soutien du commanditaire, les désaccords professionnels et la
reconnaissance du travail effectué. Dans les trois cas, on constate généralement un
désinvestissement qui peut être accompagné d?un sentiment de frustration et/ou d?injustice
qui peut conduire, bien sûr à la démotivation mais aussi à une attitude de défiance pouvant
potentiellement déstructurer les collectifs.
Le travail inutile : il s?agit du sentiment de faire un travail n?ayant pas de suite concrète. La
question de la reconnaissance est importante, en particulier en cas de fort investissement
personnel. Là aussi, le désengagement est une conséquence fréquente.
La mission a pu entrevoir dans certains propos des signes évoquant les conséquences liées aux
54 M. Gollac et M. Bodier ont été missionnés en 2010 par le ministère du travail sur la crise connue à l?époque chez
France Télécom.
55 A ce titre, le document ED 6403 de l?INRS permet une bonne approche de la thématique :
https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%206403
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situations décrites plus haut. La mission préconise la mise en place d?un groupe de travail
DEB/CNPN sur ce sujet afin d?établir dans un premier temps un constat partagé puis de réfléchir à
des mesures de prévention.
Le présent rapport comporte un certain nombre de pistes d?actions dont voici quelques exemples :
Risques psychosociaux
Mesure de prévention
associée
Sujet évoqué dans le
rapport au point
Contraintes de rythme de travail
La constitution d?une entité
« support » dédiée, prenant en
charge toutes les missions
support
La diminution du nombre de
membres, la suppression des
suppléants, le recours à des
experts extérieurs
La mise en place d?un tour de
relecture
3.1.2. des moyens support à
reconsidérer
3.1.3. une composition à
questionner
3.1.4. Une charge de travail
conséquente
Reconnaissance dans le travail :
? Soutien du commanditaire
? Désaccords professionnel
? Reconnaissance du travail ef-
fectué
Le respect des délais de
transmission des documents, le
manque de rencontres
récurrentes et planifiées avec la
DEB
Les ajouts dans la charte de
déontologie du CNPN relatifs à
l?expression publique et l?intérêt
personnel
La mise en place d?un comité
d?audition
La prise en charge des frais et la
revalorisation des indemnités
3.2.1. des relations DEB/CNPN
distendues
3.1.6. un cadre déontologique
imparfait
3.1.3. une composition à
questionner
3.1.2. des moyens support à
reconsidérer
Travail inutile
La prise en compte des avis et
leur suivi administratif
3.2.1. des relations DEB/CNPN
distendues
Conduire une démarche commune DEB/CNPN afin de mettre en place
des mesures de prévention des risques psychosociaux identifiés.
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4 Les points critiques à solutionner pour un fonctionnement
du CNPN amélioré
Les informations et éléments recueillis par la mission dans les États membres de l?Union
européenne ont montré qu?il n?y a pas d?équivalent au CNPN. Aussi la mission a fait le choix de
réfléchir et de formuler des recommandations susceptibles d?améliorer son fonctionnement,
d?asseoir sa crédibilité et de favoriser la reconnaissance de son travail tout en prenant en compte
les difficultés de l?ensemble des parties prenantes (ministre et cabinet, direction centrale, services
déconcentrés, maîtres d?ouvrages, associations environnementales, citoyens).
Selon un témoignage, « le CNPN est le dernier garde-barrière ». Cette expression souligne bien
que le CNPN, tel que prévu dans la loi de 2016, a pris une place importante dans l?élaboration d?un
projet quel qu?il soit. Aussi, pour fluidifier son action, la mission s?est attachée à lister les derniers
points durs qu?il convient de solutionner pour permettre à la France de s?engager plus encore vers
une conciliation du développement économique et de la protection de la nature et éviter une
opposition souvent systématique.
4.1 L?avis du CNPN dans la procédure environnementale
Pour certains, l?intervention du CNPN se situe trop en aval de l?élaboration des projets.
Comme évoqué en partie 1, une ONG note, à l?instar des services instructeurs, un progrès des
dossiers transmis par les porteurs de projet, progrès qu?il convient de ne pas freiner, et considère
que les enjeux de biodiversité devraient être pris en compte le plus en amont possible pour ne plus
considérer que l?environnement est une contrainte.
Cette association entendue par la mission milite pour une planification territoriale à mettre en
oeuvre, en faisant référence à une étude de l?OFB en juillet 2023 sur « les leviers de prise en
compte de la biodiversité dans le développement des énergies renouvelables »56.
Lors des auditions menées par la mission, il a été souvent entendu la nécessité d?un premier avis
à formuler le plus tôt possible avec une revoyure pour un ultime avis qui permettrait alors d?afficher
en toute transparence la co-construction puis l?amélioration d?un projet en temps réel. Il a été
également fréquemment exprimé la volonté, des aménageurs notamment, de visites de terrain plus
systématiques comme les pratique l?Autorité environnementale.
Les grands projets structurants (type GPSO?), connus très en amont des procédures
environnementales réglementaires, pourraient faire l?objet d?une anticipation et d?une pré-
instruction, utiles pour l?ensemble des parties prenantes.
Au même titre que le CNPN, l?Autorité environnementale57 formule des avis. Ces derniers portent
sur les évaluations des impacts des projets et programmes sur l?environnement et sur les mesures
de gestion visant à les éviter, réduire ou compenser et sont intégrés au dossier de l?enquête
publique. Comme les avis du CNPN, ils permettent, du moins en théorie, d?éclairer non seulement
le public58 mais aussi le commissaire enquêteur, donnant l?occasion au maître d?ouvrage de
modifier ou d?améliorer le projet.
56 https://www.ofb.gouv.fr/actualites/etude-loffice-francais-de-la-biodiversite-scrute-80-leviers-daction-pour-mieux-
integrer
57 https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/l-autorite-environnementale-de-l-inspection-a376.html#H_L-
Autorite-environnementale
58 A noter toutefois que la nouvelle procédure issue de la loi relative à l?industrie verte prévoit une phase en parallèle
d?examen des projets par les instances environnementales et de consultation du public (cf partie 4.2.)
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L?Ae peut également intervenir à la demande du porteur de projet, sur un « cadrage préalable »
très en amont, après le débat public ou au stade de l?avant-projet sommaire. Cette démarche est
encore très peu utilisée : 8 demandes en 2023.
Il est à noter à cet égard la pratique du CSRPN de Guyane qui passe ses dossiers en pré-cadrage
avant avis définitif.
Une consultation du CNPN et/ou du CSRPN par les parties prenantes plus en amont de façon
informelle et pour établir des bonnes pratiques pourrait être instituée, notamment sur la recevabilité
des dossiers. Devront bien sûr être évalués le temps à y consacrer et la charge de travail inhérente.
[DEB/CNPN] Engager une réflexion et une expérimentation, sur un
premier passage en CNPN le plus en amont possible après une visite de terrain
systématique et la rencontre des acteurs concernés par le projet, au moins sur les grands
aménagements structurants.
Le CNPN déplore également que les avis du Conseil d?État sur les projets de textes réglementaires
soient connus avant les siens.
S?agissant des méthodes de l?Ae, la mission s?est interrogée sur la complémentarité voire sur la
zone de recouvrement entre l?Ae et le CNPN, suite au témoignage d?une personne auditionnée
précisant qu?« il faudrait trancher ».
Selon deux directives clés de l'Union européenne59, transposées dans le droit national, l?Ae vise
non seulement à « tenir compte des préoccupations visant à protéger la santé humaine, à
contribuer par un meilleur environnement à la qualité de la vie, ... » mais aussi à l?instar du CNPN
« à veiller au maintien des diversités des espèces et à conserver la capacité de reproduction de
l'écosystème en tant que ressource fondamentale de la vie ». L?objectif spécifique sur la
biodiversité n?est cependant pas « fouillé » par l?Ae au même niveau de détails techniques et
d?expertise scientifique que le CNPN.
Comme le CNPN, l?Ae n?est pas une « autorité indépendante » au sens juridique du terme et ses
avis d?évaluation environnementale sont, de la même manière, consultatifs.
Mais la composition de l?Ae, le statut de ses membres et son affiliation à l?IGEDD marquent une
différence notable avec le fonctionnement du CNPN.
Pour envisager à terme des synergies possibles entre ces deux entités, des échanges et des
consultations plus régulières entre l?Ae et le CNPN - tout comme entre les MRAe et les CSRPN -
sur leurs travaux et avis respectifs pourraient avantageusement nourrir une réflexion sur une
démarche d?expertise technique et scientifique au profit des décisions publiques dans le cadre
d?une évaluation environnementale globale. Il est à noter ces dernières années de nombreux avis
conclusifs convergents entre le CNPN et l?Ae.
Au vu des témoignages apportés à la mission, cette dernière s?est interrogée sur la pertinence du
rattachement administratif actuel60 du CNPN à la DEB, même si un lien stratégique étroit doit être
maintenu et même renforcé entre eux. Il pourrait être engagé une réflexion quant à la mise en
59 Directive 2014/52/UE du 16 avril 2014 modifiant la Directive 11/92/UE concernant l'évaluation des incidences de
certains projets publics et privés sur l'environnement (Directive EIE) et directive 2001/42/CE du 27 juin 2001 relative
à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement (Directive SEA).
60 Ce rattachement administratif s?entend dans le sens du support fourni de la DEB au CNPN.
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place d?un pôle administratif support partagé entre l?Ae et le CNPN, tout en garantissant que ces
deux structures conservent leurs missions et leurs particularités sans qu?elles puissent être altérées.
4.2 Le manque de doctrine et de lignes directrices
« Le cadre légal existe bien mais, dans la réalité, il n?est pas respecté ». « Le CNPN est le
révélateur de l?insuffisance du respect de la loi ». Ces deux phrases prononcées lors des auditions
illustrent la difficulté pour le CNPN d?appliquer la loi, rien que la loi, au regard des connaissances
et des données à sa disposition.
Néanmoins, il a pu être fait le constat que certains projets acceptés par les services déconcentrés
de l?État d?un territoire sont rejetés dans d?autres territoires car le premier filtre est fait en particulier
par les DREAL. La traduction de la réglementation n?est donc pas perçue et appliquée de la même
façon.
Par ailleurs, le reproche fait au CNPN sur ses avis « défavorables » en particulier sur la séquence
« Eviter, réduire, compenser » souligne souvent le manque d?anticipation de la part de l?État et des
maîtres d?ouvrage qu?il conviendrait de résoudre.
Se pose aussi la question de l?inversion de la charge par la preuve des avis du CNPN, puisque
c?est ce dernier qui doit toujours se justifier - alors que le prisme scientifique reste la première des
garanties du CNPN - alors que les porteurs de projet ne savent pas toujours argumenter contre la
décision d?un avis défavorable.
Ce sont des obstacles à lever par l?écriture d?une doctrine et de grandes lignes directrices qui
favoriseraient la crédibilité à la fois de l?État et du CNPN.
Pour cela, il pourrait être fait la commande d?une évaluation croisée associant le CNPN, la DEB et
l?OFB pour comprendre pourquoi les dossiers reçoivent un avis défavorable, pour instaurer une
présentation des dossiers en amont par les porteurs de projet, sans pour autant porter atteinte à
l?indépendance du CNPN. Cette étude sur un échantillon de projets permettrait de s?interroger sur
ces fameux avis défavorables, qui mettent souvent en avant les mêmes arguments, les mêmes
limites et les mêmes écueils de la part des maitres d?ouvrages.
De grandes lignes directrices pourraient lever les injonctions contradictoires entre protection de la
nature, développement économique et réindustrialisation et production d?énergie renouvelable,
face à la demande de toujours plus de simplification des procédures et de raccourcissement des
délais, le CNPN devenant le bouc émissaire des projets malmenés voire avortés. Des lignes con-
nues pourraient permettre d?éviter des reproches trop systématiques envers l?instance environne-
mentale.
Dans le cadre de la séquence « Eviter, réduire, compenser » (ERC), l?approche standardisée con-
cernant le dimensionnement des mesures de compensation a fait l?objet d?un guide61, réalisé par
l?OFB, le CGDD et le CEREMA en 2021, qui propose un cadre national avec des éléments métho-
dologiques pour harmoniser et améliorer les pratiques de compensation. Ce guide a permis éga-
lement de renforcer l?efficience de la mise en oeuvre de la séquence ERC mais sans qu?une mé-
thode unique de dimensionnement ait pu être décidée.
61
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Approche_standardis%C3%A9e_dimensionnement_co
mpensation_%C3%A9cologique.pdf
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Sans attendre cette méthode unique, un partage d?expériences entre le CNPN, les maîtres d?ou-
vrages et les bureaux d?études seraient un plus. L?organisation d?échanges via certaines fédéra-
tions professionnelles serait également plus que pertinente pour une compréhension respective
des missions de chacun.
La mise en place d?une doctrine par grandes familles de dossiers, s?appuyant sur le travail de la
DEB, de l?OFB et sur les autosaisines du CNPN (éolien offshore, photovoltaïque, dimension sé-
quence ERC) voire de l?Ae, lèverait des incompréhensions notamment chez les maitres d?ouvrage
et les bureaux d?études et afficherait une cohérence pour faciliter ensuite de potentiels arbitrages
de la part du décisionnaire final, même si il a été rappelé pendant toute la durée de la mission par
les naturalistes que « les compromis sont rarement en faveur de la protection de la nature ».
Un travail pourrait s?appuyer sur les critères d?attribution d?une dérogation et regarder le résultat du
statut récent de « projet d?intérêt national majeur » prévu dans la loi relative à l?industrie verte,
quand son évaluation sera possible, étant donné sa récente application.
Promulguée en octobre 2023, la loi relative à l'industrie verte (décret n° 2024-704 du 5 juillet
202462) a permis d?introduire le statut de « projet d?intérêt national majeur » (PINM) dans le code
de l?urbanisme afin de faciliter l?implantation des projets industriels les plus stratégiques pour la
France. Un projet peut être par décret qualifié de PINM s?il « revêt, eu égard à son objet et à son
envergure, notamment en termes d?investissement et d?emploi, une importance particulière pour la
transition écologique ou la souveraineté nationale ».
Le décret définit ainsi la liste des secteurs des technologies favorables au développement durable
pour lesquels les projets industriels sont rendus explicitement éligibles à la procédure de
déclaration de projet prévu par le code de l?urbanisme (article L. 300-6). Il détaille les informations
à fournir pour se voir reconnaitre de manière anticipée la raison impérative d?intérêt public majeur
(RIIPM), au sens de l?article L.411-2 du code de l?environnement.
Un autre décret n° 2024-742 du 6 juillet 202463 précise, pour l?ensemble des projets, diverses
dispositions de la loi relative à l?industrie verte et de simplification en matière d?environnement par :
- la mise en compatibilité accélérée des documents locaux d?urbanisme et des documents de
planification régionale,
- des procédures de raccordement électrique effectuées plus rapidement,
- un permis de construire délivré par l?État et non plus par les communes ;
- une procédure d'autorisation environnementale facilitée. L'instruction par les services et par
l'autorité environnementale ainsi que la consultation du public sont menées en parallèle avec
l'objectif de diviser par deux les délais de délivrance des autorisations, en passant en
moyenne de 17 mois aujourd'hui à neuf mois, avec le risque que les avis des Ae ne puissent plus
être utilisés pour la consultation du public, ce qui les prive d?une bonne part de leur portée.
Une instruction, datée du 28 octobre 202464 , relative aux modalités de mise en oeuvre de la
procédure de l?autorisation environnementale a été adressée aux préfets de département et de
région. Cette nouvelle procédure entre en vigueur pour les dossiers déposés à compter du 22
octobre 2024.
Pour appuyer l?intérêt d?une doctrine nationale précisée et renforcée, le rapport sur la « compen-
sation écologique des projets d?aménagements du Dunkerquois et foncier agricole » conduit par
62 Décret n° 2024-704 du 5 juillet 2024 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049889692
63 Décret n° 2024-742 du 6 juillet 2024 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049893436
64 https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-
0033720/TECL2428215C.pdf;jsessionid=6AE940F4A146CEE61064277D3FC98680
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https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049893436
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l?IGEDD et le CGAAER65 souligne en effet, après exploitation d?avis du CNPN, « une évolution des
exigences de compensation des impacts de l?artificialisation des terres agricoles qui pose ques-
tion » et recommande l?établissement d?éléments de doctrine.
En cohérence avec le rapport précité, cette démarche pourrait être expérimentée en particulier sur
les dossiers de compensation écologique.
[CNPN] Organiser des échanges constructifs entre le CNPN et les
maîtres d?ouvrage via les fédérations professionnelles notamment pour préciser les
objectifs de chacun.
[CNPN/CSRPN/DEB/OFB/CEREMA] Entamer une démarche pour définir
des éléments de doctrine et des lignes directrices de façon expérimentale, par exemple sur
les dossiers de compensation écologique.
4.3 Les avis qui font débat
Les différents types d?avis - avis simple (CNPN), avis conforme (Parc naturel marin), avis technique
(DDTM et DREAL) - ne facilitent pas la compréhension de la vocation des uns et des autres. Quand
l?avis conforme doit être suivi par l?État, l?avis simple reste consultatif.
Concernant les avis simples du CNPN, donc consultatifs, les retours « terrain » font néanmoins
état de stratégies de contournement aussi bien de la part des porteurs de projets que des services
de l?État (Préfectures, DREAL), ce qui au final, notamment pour les dossiers concernant les ENR
et la réindustrialisation, rend floue l?application du droit de l?environnement.
A ce jour, le CNPN donne quatre formulations d?avis, qui ont une résonnance et interprétation
différentes selon les acteurs :
- avis favorable ;
- avis favorable sous conditions et/ou avec réserves ;
- avis défavorable ;
- avis défavorable avec recommandations.
Ces formulations d?avis continuent de faire débat même
s?ils ont évolué avec le temps.
Les « favorable » sont rendus en grande majorité sous conditions, notamment sur les arrêtés mi-
nistériels ou préfectoraux. Ils permettent la poursuite du dossier.
Les « défavorable » peuvent être accompagnés de recommandations pour améliorer, le cas
échéant, le dossier, dans l?hypothèse d?une nouvelle présentation au CNPN.
65 Rapport « Mission d?appui au préfet du Nord : compensation écologique des projets d?aménagements du
Dunkerquois et foncier agricole », IGEDDn°015665-01/CGAAERn°24043 - Juillet 2024
DÉFAVORABLE
FAVORABLE
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CNPN plénier Avis Commission ECB Avis Commission EP
Nb total
(hors fonct)
Favorable Défavorable Total Favorable. Défavorable. Total Favorable. Défavorable.
Nb Nb % Nb % Nb Nb % Nb % Nb Nb % Nb %
2018 24 15 63% 9 37% 316 216 68% 100 32% 21 19 90% 2 10%
2019 41 34 83% 7 17% 374 254 68% 120 32% 6 4 67% 2 33%
2020 31 27 87% 4 13% 315 237 75% 78 25% 14 13 93% 1 7%
2021 22 17 77% 5 23% 342 274 80% 68 20% 16 14 88% 2 12%
2022 25 17 68% 8 32% 292 190 65% 102 35% 22 19 86% 3 14%
2023 34 25 74% 9 26% 320 179 56% 141 44% 17 15 88% 2 12%
Total 177 135 76% 42 24% 1959 1350 69% 609 31% 96 84 88% 12 13%
Source : DEB - mars 2024 - cf annexe 3
Selon la DEB, « sur la période 2018-2023, sur les 2 222 avis produits par le CNPN, 70 % étaient
favorables, avec ou sans réserve, avec ou sans recommandation et 30 % défavorables, avec ou
sans recommandation. On note une légère augmentation des avis défavorables concernant les
dérogations espèces protégées pour l?année 2023 avec 44% d?avis défavorables, alors que ce
chiffre variait entre 20 et 35% depuis 2018 ».
Si l?on examine précisément le tableau ci-dessus, il ne semble pas y avoir de corrélation entre le
nombre de dossiers examinés et le pourcentage de « défavorable ». ». Les avis défavorables ne
sont jamais majoritaires.
De la même manière, il ne semble pas se dégager de tendance claire à la hausse ou à baisse des
avis « favorable » et « défavorable », notamment pour la commission ECB, dont les dossiers sont
les plus sensibles et concernent les espèces les plus en danger.
Concernant spécifiquement les dossiers d?amé-
nagements, une tendance à l?augmentation des
avis « défavorable » est toutefois observée. Le
graphique ci-contre l?illustre66 avec pour bémol,
la stabilité des années 2019, 2020 et 2021, liée
en partie à la crise sanitaire.
Par ailleurs, la politique volontariste de
développement économique et notamment de
transition énergétique de ces dernières années
a certainement contribué à cette baisse
progressive et régulière des avis favorables.
L?État a effectivement soutenu, sur une période
relativement courte et notamment en 2022, de
nombreux projets industriels, sources de demandes d?autorisations environnementales plus
nombreuses, qui ont occasionné plus d?avis défavorables.
Au-delà des chiffres et pourcentages, la mission s?est interrogée sur l?évolution d?un avis CNPN
« type » et notamment sur sa formulation qualifiée de « trop raide ». Les membres du CNPN,
scientifiques avant tout, pourraient bénéficier d?un appui rédactionnel des avis vus en particulier en
commission. Des avis améliorés par la qualité de leur rédaction avec un style plus
communicant/pédagogique et une prise en compte plus détaillée des échanges avec les
pétitionnaires et bureaux d?études, gagneraient en qualité et efficacité.
66 Source CNPN.
0%
50%
100%
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Evolution % avis défavorables CNPN
dossiers aménagements
Fav Def
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En particulier pour la rédaction des avis du CNPN concernant les dérogations « espèces proté-
gées », qui impliquent la charge de travail la plus importante du CNPN et notamment de la Com-
mission « espèces et communautés biologiques », le bureau ET placé en appui à l?instance, tel
que proposé par la mission, pourrait utilement apporter son appui à la commission ECB pour la
rédaction des avis.
Par ailleurs, outre le bilan d?activités traditionnel, un inventaire annuel des avis CNPN pourrait être
fait grâce à l?analyse critique des services instructeurs de l?État, permettant à la fois de regarder la
cohérence des décisions, de construire une culture commune, de pointer du doigt les bonnes
pratiques ou les difficultés rencontrées, comme instauré par le CSRPN Nouvelle-Aquitaine.
[DEB/CNPN] Appuyer le CNPN pour la rédaction des avis « dérogations
espèces protégées ». Établir un inventaire annuel des avis du CNPN pour construire une
cohérence, une méthodologie, une culture commune en lien avec les services instructeurs
de l?État.
Malgré les délais contraints dont il dispose (2 mois), le CNPN doit donc s?engager résolument vers
une plus grande pédagogie dans l?écriture de ses avis : « Il faut expliquer sans donner le sentiment
systématique de sanctionner ».
Côté CNPN, il est à souligner également trois points, devenus très sensibles au fil des années :
Ne pas être saisi 67 , sur des dossiers d?importance ou sensibles. Le code de
l?environnement dans son article L. 134-2 précise « Il peut être consulté sur les projets de
loi, d'ordonnance et de décret concernant ses domaines de compétence et les travaux
scientifiques et techniques y afférents ». Le CNPN, par exemple, a regretté de n?avoir pas
été saisi par le Secrétariat d?État chargé de la mer sur le projet de décret sur la Stratégie
Nationale pour la mer et le littoral 2023-2029 (SNML2)68. Pour ce cas précis, le CNPN s?est
alors autosaisi, et a d?ailleurs prononcé un avis favorable à l?unanimité.
Ne pas être informé de la suite donnée aux avis et de la décision finale de l?État. Le
CNPN est saisi, il instruit le dossier, donne un avis, - quel qu?il soit -, vote mais n?a aucune
information sur la manière dont l?État tranche et surtout n?a aucun retour sur la conclusion
de la décision. Il l?apprend, la plupart du temps, par son réseau ou par la presse quand il
s?agit de dossiers sensibles et médiatiquement exposés.
Ne pas avoir la moindre explication de l?État quand un avis rendu par le CNPN n?est
pas suivi. Outre la situation évoquée supra sur la suite de l?avis rendu, le CNPN regrette,
là aussi, la manque de relations formelles avec l?État et ses services déconcentrés sur les
raisons d?une décision finale prise à l?encontre de l?avis. Il est à noter cet exemple
marquant : l?ANSES qui produit des évaluations de risque à la demande du ministère avait
été sollicité sur le dossier des bouquetins du Bargy, instruit également par le CNPN. Ce
dossier, qui a cristallisé beaucoup d?émotions, avait reçu un avis identique de la part de
67 Environ 10 à 15 % maximum des dossiers passent en CNPN ou CSRPN, suite au tri fait par les DDT(M) et
DREAL.
68 Extrait de la délibération n°2023-29 du CNPN du 19 octobre 2023 « Règlementairement, la saisine du CNPN
n?est pas obligatoire sur le projet de décret. Mais plusieurs des thèmes du projet de SNML2 porté par le dit décret
concernent le CNPN très directement, notamment depuis son autosaisine sur l?éolien offshore de juillet 2021,
d'autant que le rapport du Comité France Océan (CFO) avait demandé à ce que le CNPN soit missionné pour "une
évaluation annuelle des mesures environnementales clés". En conséquence, les membres du CNPN ont approuvé
à l?unanimité (28 votes exprimés) le 27 septembre 2023 la décision de s?autosaisir concernant le projet de seconde
Stratégie nationale pour la mer et le littoral ».
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l?ANSES et du CNPN mais ces avis n?ont pas été suivis par le préfet.
Côté maîtres d?ouvrage, ils affirment :
être découragés car malgré l?investissement dans la qualité du dossier, ils savent ou croient
savoir qu?ils auront un avis « défavorable » ;
préférer néanmoins recevoir un avis « défavorable » du CNPN plutôt que les services
« omettent » de saisir le CNPN pour leur projet, car alors les recours sont inexorables.
Pour résoudre ces difficultés, la mission propose plusieurs pistes :
Mettre en place un suivi des avis et un retour argumenté de l?État sur les avis non pris en
compte.
Organiser des interventions en région (préfecture/DREAL/acteurs
locaux/maitres d?ouvrage) pour expliquer ce qu?est le CNPN, ses
attentes et sa manière de travailler, à l?instar de ce qui a été
récemment fait en Corse par un membre de l?instance.
Créer sur le site « avis biodiversité », dans l?onglet consacré au
CNPN, une rubrique « mode d?emploi » expliquant « c?est quoi un
bon dossier ? », détaillant les attentes du CNPN et les éléments
nécessaires à la bonne instruction du dossier et au déroulé d?un
passage devant l?instance. Cette disposition pourrait être
complétée par la mise en avant des guides élaborés par certaines
DREAL.
La prise en compte de ces points critiques acterait la reconnaissance morale attendue par le CNPN
et du travail accompli. Elle permettrait de lier des relations plus respectueuses et constructives
entre l?État et le CNPN, formalité souhaitable également pour les CSRPN.
[DEB] Mettre en place une procédure portant sur la décision finale prise
suite aux avis du CNPN, procédure argumentée quand l?avis du CNPN n?est pas suivi.
4.4 Des autosaisines mal perçues
La lettre de commande mentionne « un recours accru aux autosaisines ».
Depuis avril 2022, on compte 8 décisions d?autosaisines dont 6 ont fait l?objet d?un rapport (cf liste
en annexe 3). Pour mémoire, lors du précédent mandat de 2017 à 2022, le CNPN avait produit 13
autosaisines. L?augmentation est donc réelle, mais avec un nombre total d?autosaisines qui
demeure modeste.
La mission considère que cet outil, clairement prévu par le décret, est utilisé en réaction aux points
de crispation ressentis par le CNPN évoqués infra.
Un témoignage recueilli par la mission fait état que l?autosaisine serait une « fausse bonne solution
surtout lorsque l?on n?est pas décisionnaire ». Mais la mission ne retient pas l?idée de réformer cette
disposition qui peut véritablement aider la puissance publique à investiguer certains axes
stratégiques de développement tout en préservant la biodiversité. L?autosaisine sur la politique de
déploiement du photovoltaïque et ses impacts sur la biodiversité en est l?illustration.
Dans un avenir proche, si le CNPN avait à nouveau recours à l?autosaisine, il serait vivement re-
commandé d?engager une discussion préalable avec la DEB, voire le cabinet ministériel.
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Le CNPN émet de façon plus anecdotique des motions et notes techniques (3 depuis avril 2022).
4.5 Son isolement préjudiciable
L?absence de contacts réguliers, au nom de l?indépendance, entre le CNPN, les membres des
cabinets concernés et l?administration a provoqué ces dernières années un isolement préjudiciable
pour tout le monde.
Cette forme de solitude du CNPN renforce le ressenti d?un manque de reconnaissance voire d?in-
différence déjà évoqué mais entraîne également des non-dits, des malentendus qu?il convient de
réparer.
Comme évoqué en partie 3.2.3., le manque d?articulation entre le CNPN et les CSRPN a fait naître
aussi chez certains CSRPN le sentiment de ne pas être compris surtout lorsque deux visions,
nationale et territoriale, s?expriment. Cette situation fragilise les instances, ce dont peuvent profiter
leurs pourfendeurs.
Pour résoudre ces difficultés, la mission propose différents temps d?échanges à mettre en place
ou à relancer :
Un séminaire annuel CNPN pour contribuer à l'implication de tous les membres et à créer
une cohésion « d?équipe ».
Un séminaire semestriel délocalisé en région CRSPN/CNPN (non réalisé depuis 2022)
pour permettre une meilleure connaissance entre les deux types d'instances, faire un retour
d'expérience des pratiques et des questionnements. L?administration centrale et les
DREAL pour les projets en région pourraient y participer.
Pour faciliter la participation des membres, le planning annuel - en plus des pléniers, commissions
et groupes de travail - devra être anticipé.
4.6 Une visibilité à amplifier
La notoriété du CNPN est modeste et ses missions, telles que perçues par
l?extérieur, restent souvent vagues.
Exceptés son site internet et un trombinoscope des membres fait très
récemment, le CNPN ne possède aucun outil de communication. Il ne
dispose pas a minima d?une simple plaquette de présentation rappelant son
histoire, les textes de références et ses missions à l?instar de l?Ae (ci-contre).
Le site internet avis-biodiversité69 , hébergé par le MTEL, mériterait une
modernisation et une amélioration de ses fonctionnalités et de la recherche
des avis, mentionnant s?ils ont été suivis. Et comme évoqué en partie 4.1.,
les avis ne sont pas rapidement ou systématiquement mis en ligne, situation qui semble se produire
plus fréquemment.
Contrairement à l?Ae qui rédige systématiquement un communiqué de presse après chaque
séance70 , le CNPN ne communique pas auprès de la presse et semble mal à l?aise dans ses
relations avec les journalistes, autres que ceux qu?il a pu intéresser dans des moments de
crispation (exemple : déconcentration en 2020).
69 https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/conseil-national-de-la-protection-de-la-nature-
r3.html
70 https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/les-communiques-de-presse-de-l-ae-r451.html
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Le CNPN est par ailleurs totalement absent des réseaux sociaux71 alors que toutes les structures
rencontrées par la mission qui exercent des activités au service de la décision publique y sont
présentes, dont PatriNat.
Pour pallier ces manques, le site internet avis-biodiversité amélioré pourrait faire utilement le lien
avec les sites des CSRPN, ce qui favoriserait ainsi le réseau national/régional et rendrait également
visibles les CSRPN qui souffrent aussi d?un manque crucial de notoriété.
Le CNPN, à défaut d?avoir son propre compte LinkedIn, pourrait a minima proposer des messages
informatifs (posts) sur le compte de la DGALN, notamment sur les avis rendus en plénier.
Cette proposition implique un appui informatique et des compétences dont ne dispose pas, à ce
jour, la sous-direction de la DEB.
Pour une meilleure compréhension de ses missions, de son fonctionnement, de ses décisions, le
CNPN pourrait organiser des journées ou demi-journées thématiques, associant la DEB et
réunissant son « public ».
Enfin, une conférence annuelle, ouverte à tous, pourrait être organisée en partenariat avec les
établissements publics pour partager et vulgariser l?état de la science sur certains sujets qui peu-
vent ou, par anticipation, pourraient faire débat. Cette initiative contribuerait à rendre le CNPN plus
visible.
[DEB/CNPN] Mettre en oeuvre un plan de communication, même
modeste, pour illustrer globalement les missions, le fonctionnement et les travaux du CNPN.
71 Facebook, X (anciennement Twitter), LinkedIn.
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Conclusion
La mission estime que le CNPN - tout comme les CSRPN -, a besoin à ce stade d?un
fonctionnement stabilisé, quand toutes les parties prenantes s?accordent à vouloir connaître les
« règles du jeu ».
Les recommandations illustrent des améliorations qui peuvent certes paraître à la marge mais qui
sont essentielles pour l?ensemble des parties prenantes. Elles passent principalement par la
reconnaissance du travail fourni de part et d?autre et l?instauration, entre l?État et ces instances
consultatives, d?une confiance réciproque qui devra se (re)construire rapidement.
Ces propositions, si elles sont retenues, devront être impérativement co-élaborées par les parties
concernées.
Pour conclure, sans perdre pour autant son indépendance, à laquelle il tient tout particulièrement
à juste titre, le CNPN doit pouvoir engager au plus vite rencontres, discussions avec les maîtres
d?ouvrages, publics et privés, en dehors de tout projet précis. Perçu aujourd?hui comme un
adversaire, le CNPN doit devenir avant tout un allié et partenaire de l?État et des différents
pétitionnaires, dans une recherche de conciliation entre les priorités stratégiques de l?État, en
matière de développement économique et des énergies renouvelables d?une part, et de
préservation de la biodiversité d?autre part.
Au-delà de la présente mission, il pourrait être demandé à l?IGEDD d?évaluer l?impact de la Loi
biodiversité de 2016 et de mesurer en particulier l?impact des avis du CNPN dans une prochaine
commande.
Jérôme PETITGUYOT
Maryline SIMONÉ
Inspecteur Inspectrice générale
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Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de commande
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Annexe 2. Décret n° 2017-342 du 17 mars 2017 relatif au
Conseil national de la protection de la nature
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Annexe 3. Chiffres clés du CNPN
Ce document a été fourni par la DEB.
Les réunions
? Depuis 2017 : plus de 250 réunions du CNPN organisées.
? Depuis avril 2022 : 76 réunions (plénier, commissions et groupes de travail) et 18
réunions de bureau.
? L?assiduité en réunion : en 2023, sur les 37 réunions (plénier et commissions), 7
membres ont participé à moins de 6 réunions, dont deux à aucune réunion. On
note un désengagement des suppléants.
Les avis
? Depuis 2017, le CNPN a produit 2 396 avis : 184 avis du conseil plénier hors fonc-
tionnement, 2 107 avis issus de la commission Espèces et communautés biolo-
giques, incluant les demandes de dérogation d?espèces protégées et 105 avis re-
latifs aux espaces protégés.
? Depuis avril 2022 : 623 avis : 45 avis du conseil plénier hors fonctionnement, 546
avis issus de la commission Espèces et communautés biologiques, incluant les
demandes de dérogation d?espèces protégées et 32 avis relatifs aux espaces pro-
tégés.
? On note une augmentation des autosaisines depuis la nouvelle mandature :
- 13 autosaisines pour la période 2017-2022 ;
- 8 autosaisines depuis avril 2022 dont 2 sont en attente du rapport.
? Sur la période 2018-2023, sur les 2 222 avis produits par le CNPN, 70 % étaient
favorables, avec ou sans réserve, avec ou sans recommandation et 30 % défavo-
rables, avec ou sans recommandation. On note une légère augmentation des avis
défavorables concernant les dérogations espèces protégées pour l?année 2023
avec 44% d?avis défavorables, alors que ce chiffre variait entre 20 et 35% depuis
2018.
Alors que le règlement intérieur stipule l?obligation pour chaque membre de produire a
minima un rapport par an, 11 membres n?ont produit aucun rapport en 2023
Enfin, le budget nécessaire au fonctionnement du CNPN est de 57 780¤ (2023), dont
27 425¤ pour les présences en réunion, 9 495¤ pour la remise de rapports et 20 860¤ pour
la réalisation des comptes rendus (hors frais de repas).
Les réunions du CNPN
Depuis 2017, plus de 250 réunions du CNPN ont été organisées (67 réunions du conseil
plénier, 76 réunions de la commission Espèces et communautés biologiques, et 96 réunions
de la commission espaces protégés (souvent réparties en deux journées, l?une consacrée
aux parcs naturels régionaux, l?autre aux réserves naturelles nationales / réserves biolo-
giques). Depuis 2020, les réunions se déroulent alternativement en présentiel et à distance.
Pour la mandature 2022, le CNPN s?est réuni à 76 reprises (plénier, commissions et groupes
de travail).
Enfin, depuis avril 2022, le bureau du CNPN s?est réuni à distance en amont de chaque réu-
nion plénière, soit à 18 reprises (7 en 2022 et 11 en 2023).
L?assiduité des membres aux réunions du CNPN
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Les 60 membres du CNPN, qu?ils soient titulaires ou suppléants, sont invités à participer à
toutes les réunions du CNPN plénier. Les 42 membres des commissions peuvent également
participer à toutes les réunions de commissions.
Les membres, lors de leur candidature fin 2021, avaient informé de leur disponibilité pour le
CNPN à savoir : entre 15 à 25 jours, entre 25 à 35 jours et, enfin, plus de 35 jours par an.
Cette information a participé à la sélection des membres.
La participation des membres aux réunions du conseil fait l?objet d?un suivi détaillé depuis
avril 2022 :
? en 2022, sur les 25 réunions organisées, 16 membres ont assisté à moins de 6 réu-
nions, dont certains à une seule ;
? en 2023, sur les 37 réunions (plénier et commissions), 7 membres ont participé à
moins de 6 réunions, dont deux à aucune réunion.
Les moyennes des participations des membres aux réunions sont variables :
Avril-
décembre
2022
(8 réunions)
2023
CNPN plénier
Titulaires 5,6
11 réunions
7,8
Suppléants 3 3,2
Commission EP
Titulaires 4,6
15 réunions
8,5
Suppléants 2,1 3,7
Commission ECB
Titulaires 6,4
11 réunions
8,4
Suppléants 2,5 2,4
Pour ce qui concerne les réunions du CNPN plénier, un titulaire a participé en moyenne à 5,6
réunions sur 8 de 2022 et 7,8 réunions sur les 11 organisées en 2023. On note une présence
moindre des suppléants avec une présence moyenne de 3 réunions en 2022 et de 3,2 en 2023.
Ces chiffres sont issus du tableau nominatif de la participation en réunion et du rapportage de
l?année 2023.
Alors que les membres s?étaient engagés à consacrer a minima 15 jours par an au CNPN, il
s?avère que, pour certains d?entre eux, cet engagement n?est pas tenu pour les 21 premiers mois
de la mandature 2022-2027, le temps consacré au CNPN ne se limitant toutefois pas à la partici-
pation aux réunions. La rédaction des avis et les visites nécessaires pour certains d?entre eux
peuvent demander un temps conséquent.
Quelques membres titulaires ont une moyenne de participation faible quel que soit le type de
réunion (plénier, Commission ECB ou commission EP).
Certains membres privilégient la participation aux réunions de commissions et assistent peu aux
réunions du CNPN plénier, alors qu?ils en sont titulaires.
Les suppléants ont tendance à ne pas assister aux réunions alors qu?ils en ont la possibilité (soit
en présentiel quand leur titulaire est absent, soit en visioconférence en présence de leur titulaire).
Alors que les réunions sont organisées alternativement en présentiel et à distance, certains
membres n?ont jamais assisté à une réunion en présentiel, malgré les rappels du président du
CNPN.
La nature des avis rendus
Depuis 201772, le CNPN a produit 24 396 avis déclinés comme suit :
? 184 avis du conseil plénier (hors fonctionnement) ;
72 Mandature 2017-2022 et Mandature 2022-2027 (avril 2022 - décembre 2023)
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? 2 107 avis issus de la commission Espèces et communautés biologiques, incluant les de-
mandes de dérogation d?espèces protégées ;
? 105 avis relatifs aux espaces protégés.
Depuis le début de sa mandature en avril 2022, le CNPN a émis 623 avis :
Avril-décembre
2022
2023 Total Commentaire
CNPN plénier 11 34 45
- 2022 dont 1 note d'expertise et 1 décision
d?autosaisine, à compléter par 18 avis de
fonctionnement (élections, etc.)
- 2023 dont 7 décisions d?autosaisine, 6 rapports suite
à autosaisine, à compléter par 2 notes d'expertise, 1
motion et 2 avis de fonctionnement (désignations
extérieures)
Commission
ECB +
dérogations
226 320 546
- 2022 dont 8 avis de la commission ECB
- 2023 dont 10 avis de la commission ECB relatifs aux
PNA
- Les autres avis relèvent des affaires courantes du
CNPN pour lesquelles le président et vice-président de
la CECB ont délégation73
Commission
espaces
protégés
15 17 32
A noter qu'en complément, une partie des avis
techniques préalables de la commission sont
présentés et votés en CNPN plénier. Ces avis sont
comptabilisés au niveau du CNPN Plénier (3 avis
pour 2022 et 2 avis pour 2023)
Total 252 371 623
Les autosaisines du CNPN plénier
De 2017 à 2022, le CNPN a produit 13 autosaisines :
1. Motion sur la nécessité d?une agriculture non intensive respectant la biodiversité remarquable
du site de Notre-Dame-des-Landes (avril 2018).
2. Projet de la nouvelle route littorale à La Réunion avec l?option viaduc (décembre 2018).
3. Mesures dérogatoires quant à l?équarrissage naturel d?animaux domestiques sur les espaces
à vocation de préservation de la biodiversité (décembre 2018).
4. Projet de gestion adaptative, traduite par une note de prospective (janvier 2019).
5. Réalisation de forages pétroliers en Guyane et la demande de dérogations à la protection
des espèces (mars 2019).
6. Projet de décret de déconcentration totale des travaux en sites classés (mars 2019).
7. Echouage de cétacés et notamment de dauphins en golfe de Gascogne (mars 2019).
8. Motion sur la situation de la RNN de Scandola en Corse (juillet 2020).
9. Note sur l?évolution des PNR en Établissement Public de Coopération Administrative (octobre
2020).
10. Menaces de destruction de la biodiversité et du patrimoine naturel de Mayotte, traduite par
une motion cosignée avec le CSRPN de Mayotte (janvier 2021).
11. Intégration de la Stratégie Nationale pour les Aires Protégées dans les PNR (juillet 2021).
12. Développement de l?énergie offshore en France et ses impacts sur la biodiversité, le patri-
moine naturel et les paysages (juillet 2021).
13. Renforcement de la résilience des forêts et des écosystèmes forestiers, et la préservation de
la biodiversité et la valorisation des services rendus par les forêts (décembre 2021), suite aux
Assises de la Forêt et du Bois.
Depuis avril 2022, on compte 8 décisions d?autosaisines prises dont 6 ayant fait l?objet d?un
rapport.
73 Dossiers de demandes de dérogations à la protection des espèces et de leurs habitats (art. R. 411-2 du
CE) ou à l?interdiction de relâcher des spécimens de certaines espèces dans le milieu (art. R. 411-4 du CE).
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Autosaisines
Avis sur autosaisines
rendus
Autosaisine sur la politique de déploiement du
photovoltaïque et ses impacts sur la biodiversité
sept-22 n° 2022-42 Octobre 2024
Autosaisine relative à la nécessité de l'évaluation des
impacts de l'aménagement de la retenue de substitution de
Sainte-Soline sur la population reproductrice de l'Outarde
canepetière et la faune protégée de la plaine poitevine
avr-23 n° 2023-05 Nov-23 n° 2023-32
Autosaisine sur le projet de décret relatif à la modification
de classement et au régime spécial des travaux
applicables aux forêts de protection
mai-23 n° 2023-10 juin-23 n° 2023-12
Autosaisine sur le projet de décret relatif à l?évaluation et
au suivi de l?artificialisation des sols
juin-23 n° 2023-13 juin-23 n° 2023-16
Autosaisine concernant le projet d?arrêté établissant des
mesures spatio-temporelles visant la réduction des
captures accidentelles de petits cétacés dans le golfe de
Gascogne pour les années 2024, 2025 et 2026
sept-23 n° 2023-18 sept-23 n° 2023-21
Autosaisine relative à la Stratégie nationale pour la mer et
le littoral
sept-23 n° 2023-19 oct-23 En cours
Autosaisine sur la proposition de protection du chacal doré
dans le cadre des espèces arrivant spontanément sur le
territoire national
oct-23 n° 2023-23 En attente
Autosaisine du CNPN concernant les lignes directrices
pour l'élaboration de listes d'espèces végétales et
fongiques des milieux terrestres, d'eau douce et littoraux à
proposer à la protection
déc-23 n° 2023-36 déc-23 n° 2023-37
En complément de ce qui précède, le CNPN a produit :
Avis technique du CNPN relatif au projet de guide d?aide à l?élaboration d?un site
naturel de compensation du CGDD
oct-22 n°2022-42
Motion du CNPN relative à tenue de la Commission Méditerranéenne du
Développement Durable (convention de Barcelone) à Marseille les 14-16 juin
2023
mai-23
n° 2023-
08
Note concernant les évolutions à prévoir dans les méthodes de capture et de
destruction des ESOD afin de garantir que les espèces protégées ne soient pas
visées par ces dernières
avr-23 nc
Note concernant le bilan du plan national d'action loup et activités d'élevage juil-23 nc
Le sens des avis rendus par le CNPN
Les avis du CNPN sont :
? soit favorables, avec ou sans réserve, avec ou sans recommandation,
? soit défavorables, avec ou sans recommandation.
Le sens des avis rendus par le CNPN (2018-2023)
Sens des avis
rendus 2018-2023
Nb Favorables Défavorables
CNPN plénier 177 76% 24%
Commission ECB 1949 69% 31%
Commission EP 96 88% 12%
Total 2222 70% 30%
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CNPN plénier Avis Commission ECB Avis Commission EP
Nb total
(hors
fonct)
Favorable Défavorable Total Favorable. Défavorable. Total Favorable. Défavorable.
Nb Nb % Nb % Nb Nb % Nb % Nb Nb % Nb %
2018 24 15 63% 9 37% 316 216 68% 100 32% 21 19 90% 2 10%
2019 41 34 83% 7 17% 374 254 68% 120 32% 6 4 67% 2 33%
2020 31 27 87% 4 13% 315 237 75% 78 25% 14 13 93% 1 7%
2021 22 17 77% 5 23% 342 274 80% 68 20% 16 14 88% 2 12%
2022 25 17 68% 8 32% 292 190 65% 102 35% 22 19 86% 3 14%
2023 34 25 74% 9 26% 320 179 56% 141 44% 17 15 88% 2 12%
Total 177 135 76% 42 24% 1959 1350 69% 609 31% 96 84 88% 12 13%
Les avis du CNPN, quelle que soit l?instance, sont majoritairement favorables.
Les avis favorables, rendus par le CNPN plénier d?avril 2017 à mars 2022, sont accompagnés en
majorité de recommandations, notamment en vue de la prise des arrêtés ministériels ou préfecto-
raux prescriptifs, de contribuer à la réussite du dossier en faveur de la biodiversité, et aussi, par-
fois, d?éviter un avis défavorable en accompagnant l?avis favorable de fortes recommandations.
Les avis défavorables, quant à eux, sont accompagnés d?une argumentation de l?avis donné et
parfois de recommandations pour améliorer le dossier dans l?hypothèse d?une nouvelle présenta-
tion au CNPN, qui peuvent aussi servir à la prise des arrêtés ministériels ou préfectoraux pres-
criptifs.
La remise des rapports par les membres du CNPN
Le bilan de la remise des rapports par les membres est réalisé annuellement pour le calcul de
leurs indemnités d?exercice (cf. arrêté du 21 novembre 2017 portant indemnisation des membres
du CNPN).
Entre 2018 et 2022, plus de 38 000¤ ont été alloués aux membres ayant remis des rapports. 11
membres de la mandature 2017-2022 n?ont remis aucun rapport. Quatre membres ne souhaitent
pas recevoir d?indemnités.
Il convient de noter que depuis 2022, pour tout membre du CNPN, titulaire ou suppléant, le règle-
ment intérieur révisé impose la rédaction d?au moins un rapport par an (plénier ou commission)
(article 6 du règlement intérieur du CNPN). Auparavant, les membres n?étaient pas dans l?obliga-
tion de remettre des rapports.
De manière plus précise, pour l?année 2022, sur les 60 membres :
? 16 membres n?ont participé à la remise d?aucun rapport quelle que soit l?instance (plénier
ECB ou EP), dont 7 personnes déjà membres du CNPN sur la mandature 2017-2022 ;
? parmi les 42 membres de la commission Espaces protégés, seuls 13 membres ont parti-
cipé à la remise de rapports ;
? parmi les 42 membres de la commission Espèces et communautés biologiques, à l?in-
verse, seuls 3 membres n?ont participé à aucune remise de rapports.
Pour l?année 2023,
? 17 membres sur les 42 que compte la commission Espaces protégés ont participé à la
rédaction d?au moins un rapport. Cela constitue une légère augmentation due notamment
aux séances de formation dispensées pour les nouveaux membres ;
? pour ce qui concerne la commission ECB, 36 membres ont rédigé au moins un rapport ;
? 11 membres n?ont participé à la rédaction d?aucun rapport ;
? 5 membres ne souhaitent pas recevoir d?indemnités pour leur présence en réunion ou la
remise de leurs rapports.
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Annexe 4. Méthode du parangonnage
Les structures européennes et personnes ont été contactées
- suite aux recherches effectuées par les missionnés ;
- par l?intermédiaire des conseillers de développement durable auprès des ambassades
concernées ;
- sur les conseils de certains membres de l?IGEDD ;
- suite à une liste d?interlocuteurs transmise par l?IUCN.
Méthode de la mission
La mission avait pour commande de « Mettre en exergue les principales modalités
d?organisation de l?expertise scientifique et technique apportée aux ministres chargés de la
protection de la nature au sein des pays membres de l?Union européenne, en particulier pour
les projets, plans et programmes qu?ils mettent en oeuvre ».
Au vu de leur géographie, de leur histoire et de leur culture, la mission a fait le choix, parmi
les 26 états européens autre que la France, de sélectionner 8 pays74 : Allemagne, Autriche,
Espagne, Italie, Pays-Bas, Slovénie, Suède, Tchéquie au sein de l?union européenne et le
Royaume-Uni, hors de l?union européenne, mais forte de son histoire naturaliste.
Elle s?est donc attachée à utiliser la méthode de parangonnage selon la procédure habituelle
mise en oeuvre par la direction générale du Trésor (DG Trésor), avec l?aide de la direction des
affaires européennes et internationales (DAEI) du MTEL, sans solliciter directement les
conseillers économiques des ambassades.
Un questionnaire (cf annexe 4) - sur la base du modèle de la DG Trésor - a été adressé aux
conseillers développement durable, agents du MTE, détachés dans les ambassades. Ces
conseillers couvrent un pays ou une zone géographique cohérente (exemple :
Espagne/Andorre/Portugal ou Pays Bas/Luxembourg/Belgique).
Outre l?envoi du questionnaire, la mission a organisé une visioconférence avec chacun des
conseillers développement durable pour vérifier la compréhension de la commande,
reformuler les besoins de mise en relation avec les parties prenantes du pays et évoquer
leurs connaissances du sujet dans leur périmètre couvert.
Les missionnés ont parallèlement engagé des démarches directement auprès des
administrations des pays sélectionnés et auprès de personnes diversement recommandées75.
74 Le nombre de 8 pays est la norme de la direction générale du Trésor pour les parangonnages.
75 Membres de l?IGEDD, UICN, DEB
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Annexe 5. Questionnaire parangonnage destiné aux
pays interrogés
QUESTIONNAIRE
(en français - une version en anglais a été également adressée)
Le questionnaire ci-dessous a été adressé aux Conseillers développement durable, rattachés
aux ambassades. Et il a été quelque peu adapté et enrichi chaque fois que nécessaire pour
les administrations, structures européennes et tout autre contact utile à la mission. Pour
chacune des questions, il a été mentionné la description de la situation française pour une
bonne compréhension de la demande.
1. Contexte de la demande :
Le gouvernement français s?appuie, pour l?évaluation de ses politiques publiques et l?aide à
la décision des ministres, sur différentes structures (agences, instituts, conseils et comités
nationaux?) disposant notamment de compétences techniques et scientifiques :
2. Objectifs de la demande :
Mener une étude de parangonnage permettant de mettre en exergue les principales
modalités d?organisation de l?expertise scientifique et technique apportée aux ministres
chargés de la protection de la nature au sein des pays membres de l?Union européenne, en
particulier pour les projets, plans et programmes qu?ils mettent en oeuvre.
Proposer sur cette base des ajustements de l?organisation française actuelle et, d?autre part,
des modèles alternatifs, avec le double objectif de gagner en efficacité dans la production
des avis aujourd?hui rendus et de renforcer leur robustesse scientifique.
Evaluer les moyens tant humains que financiers nécessaires pour mettre en oeuvre ces
préconisations.
Sujet
Mission de parangonnage relative aux modalités d?expertise
scientifique et technique sur la protection de la biodiversité
dans les pays membres de l?Union européenne
Commanditaire
Inspection générale de l?environnement et du développement
durable (IGEDD)
Destinataire final
Ministre de la transition écologique et de cohésion du territoire (cf.
la lettre de commande)
Nom et coordonnées des
responsables
Mme : Maryline SIMONÉ - 0631246430
Fonction : Inspectrice générale de l?environnement et du
développement durable - IGEDD
Courriel : maryline.simone@developpement-durable.gouv.fr
M. : Jérôme PETITGUYOT - 0698845129
Fonction : Inspecteur de l?environnement et du développement
durable - IGEDD
Courriel : jerome.petitguyot@developpement-durable.gouv.fr
Liste des pays ciblés
Dans l?UE : Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Suède,
Tchéquie,
Hors UE : Royaume-Uni
Échéance de remise
souhaitée
Mi-octobre 2024
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3. Calendrier et modalités de réalisation :
Date de livraison souhaitée : automne 2024
4. Modalités de réalisation :
Suivant les réponses apportées au questionnaire ci-après, les missionnés pourraient :
Reprendre contact avec leurs interlocuteurs au sein des ambassades au-delà du renvoi du
questionnaire complété,
Auditionner les administrations et parties prenantes des pays concernés (universités,
agences, instituts, cabinets d?études?).
Déplacements possibles ou échanges par visioconférences.
Q1/- Quelles sont les principales modalités d'organisation de l'expertise scientifique et
technique apportée au.x ministère(s) chargé.s de la protection de la nature du pays concerné
et notamment pour les projets, plans et programmes et en particulier pour les demandes de
dérogations à l'interdiction de destruction des espèces protégées. Merci de préciser si ces
modalités sont exercées par des régions (Länder, provinces, communautés?).
Comme décrit dans la partie I (Contexte de la demande), la France compte de nombreux
établissements (ANSES, CNRS, IRD, OFB, Ifremer, INRAe, MNHN?) sollicités pour leurs
travaux et expertises dans le périmètre du Ministère de la transition écologie et de la cohésion
des territoires. Ces structures ont des statuts juridiques différents. A titre d?exemple, l?Anses
est un établissement à caractère administratif et l?INRAe est un établissement public national
à caractère scientifique et technologique. Le Conseil national de la protection de la nature
(CNPN) est quant à lui une simple instance, dénuée de statut juridique. Seul le CNPN est
sollicité pour émettre un avis dans le sens d?une opinion exprimée dans une
délibération.
Q2/- L?organisation de l?expertise scientifique et technique a-t-elle fait l?objet de dispositions
législatives ou réglementaires ? Le pays a-t ?il l?équivalence du CNPN ? Quelle est la base
juridique de la structure ? Son champ thématique est-il circonscrit par des textes ? La
structure est-elle indépendante ? Merci de nous transmettre dans la mesure du possible les
textes correspondants.
Le CNPN a été rénové dans le cadre de la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête
de la biodiversité, de la nature et des paysages et a donc fait l?objet de dispositions législatives
et d?un décret. https://www.ecologie.gouv.fr/loi-reconquete-biodiversite-nature-et-des-
paysages https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000034207858
Avant 2016, le CNPN était composé des services de l?État, d?élus, d?associations
environnementales, de syndicats de salariés et patronaux, de fédérations professionnelles,
de personnes qualifiées. Ces composantes indiquées supra ont été regroupées au sein du
Comité national de la biodiversité (CNB), présidé par le ministre de la transition écologique.
https://www.ecologie.gouv.fr/comite-national-biodiversite
Sans être une autorité administrative indépendante au sens juridique du terme comme
peuvent l?être la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des liberté) et la CNDP
(Commission nationale du débat public), le CNPN, avec la suppression en 2016 des membres
de droit et les nouvelles modalités de désignation de ses membres, souhaitait ainsi garantir
une forme d?indépendance, en particulier de ces membres, à l?égard notamment de tous
types d?intérêts.
PUBLIÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/loi-reconquete-biodiversite-nature-et-des-paysages
https://www.ecologie.gouv.fr/loi-reconquete-biodiversite-nature-et-des-paysages
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000034207858
https://www.ecologie.gouv.fr/comite-national-biodiversite
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
européenne
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Q3/-Quelle.s est/sont leur.s composition.s (experts, chercheurs, personnes qualifiées, élus,
associations, fédérations professionnelles, syndicats?) ? Qui produit les avis (membres des
instances, bureaux d?études, universités?) ?
Après 2016, le CNPN est devenu un groupe pluridisciplinaire d?experts, composé de 30
membres titulaires et 30 membres suppléants, désignés intuitu personae. A noter que certains
membres sont des agents du MNHN, du CNRS ou autres structures de recherche évoquées
supra.
Ces sont les membres du CNPN qui produisent les avis.
Q4/- A quel moment intervient la demande d?expertise technique et scientifique ? Qui peut
solliciter l?expertise ? Les demandes d?avis sont-ils confiés à des rapporteurs? Sont-ils
délibérés? Sont-ils adoptés à la majorité simple? Un délai maximum de production est-il prévu?
Le.s instance.s peut-elle ou peuvent-elle s'autosaisir? Dans quelle proportion le politique tient
compte des avis formulés par l?expertise ? L?application de ces avis est-elle obligatoire ou
consultative ? Les avis sont-ils rendus public ?
Le CNPN est sollicité par l?État et son administration (direction de l?eau et de la biodiversité,
DREAL, Préfets) au nom des porteurs de projet à la fin du processus d?ingénierie des maîtres
d?ouvrage. Suivant l?importance du sujet et son périmètre, 3 instances (plénier et deux
commissions) au sein du CNPN instruise la demande d?avis qui fait ensuite l?objet d?une
délibération par ses membres. Ces avis sont rendus public sur un site internet dédié.
https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/bienvenue-sur-le-site-du-cnpn-
et-du-cnb-a1.html
Ces avis sont consultatifs. Le CNPN regrette d?ailleurs la non prise en compte de certains de
leur avis par les pouvoirs publics. Inscrite dans les textes, l?autosaisine est utilisée
régulièrement par le CNPN sur des sujets de politique prospective (exemple : développement
de l?éolien en mer).
Q5/-Quels sont leurs moyens humains et financiers dont dispose la ou les structure.s ?
Concernant les moyens humains, s?agit-il d?agents publics ou d?acteurs privés ?
Le CNPN dispose d?un secrétariat composé de 3 ou 4 agents de la Direction de l?eau et de
la biodiversité du Ministère de la transition écologique, non dédiés exclusivement à cette
instance.
Le CNPN ne dispose pas d?un budget en propre mais d?une ligne budgétaire gérée par la
Direction de l?eau et de la biodiversité (frais de mission, indemnités, ?).
Q6/-Quels sont selon vous les points forts et les points faibles de cette organisation par
rapport à celle de la France (en fonction de vos connaissances) ? Cette question est destinée
en particulier aux Conseillers développement durable.
Les points forts :
- Le CNPN est composé de scientifiques reconnus ;
- Travail sérieux et reconnu ;
- Implication forte de certains membres.
Les points faibles :
PUBLIÉ
https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/bienvenue-sur-le-site-du-cnpn-et-du-cnb-a1.html
https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/bienvenue-sur-le-site-du-cnpn-et-du-cnb-a1.html
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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- Manque de coordination avec les autres structures techniques et scientifiques et avec les
Comités scientifiques régionaux de la protection de la nature (CSRPN) ;
- Manque de relations avec les services de l?État et les porteurs de projet ;
- Apparition récente d?un problème de crédibilité voire de conflit d?intérêts de certains
membres du CNPN ;
- Charge de travail importante et répartie inégalement entre les membres.
Commentaires éventuels du pays questionné :
Aurez-vous la possibilité de nous mettre directement en relation avec les personnes que vous
aurez interrogées du pays concerné ?
Merci pour votre attention et vos réponses.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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Annexe 6. Fiche parangonnage Allemagne
Contacts de la mission :
- Adèle BESSOULE, attachée Climat et Environnement à l?ambassade de France à Berlin
- Docteur Julia Hertin Secrétaire générale, Sachverständigenrat für Umweltfragen | German
Advisory Council on the Environment
Le fonctionnement de l?expertise technique et scientifique en Allemagne :
Les compétences en matière de protection de la nature et de biodiversité incombent aux
Länder et qu?il n?y a pas d?équivalent du CNPN en Allemagne avec des avis tels que nous les
connaissons en France.
Dans le ressort du ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la Nature, de la
Sécurité Nucléaire et de la Protection des Consommateurs (BMUV), le Bundesamt für
Naturschutz - BfN (Agence fédérale de la protection de la nature) est, en tant qu'autorité
fédérale supérieure, en charge de missions techniques, scientifiques et administratives en
matière de protection de la nature et de biodiversité. Mais il est utile de rappeler d?ores et
déjà que les compétences en matière de protection de la nature et de biodiversité reviennent
aux Länder.
Le paysage de consultation politique en Allemagne dans le domaine de la biodiversité est
relativement diversifié. L?Allemagne compte de nombreux établissements publics sollicités
pour leurs travaux et expertises dans le périmètre du Ministère de l?Environnement (BMUV) :
Le Sachverständigenrat für Umweltfragen - SRU (Conseil d'experts pour les questions
environnementales) est un organe consultatif scientifique qui conseille le gouvernement
fédéral depuis 1972 sur la politique environnementale. Le SRU est indépendant et travaille
de manière interdisciplinaire. Sur proposition de la ministre fédérale de l?Environnement, les
membres du Conseil sont nommés par le gouvernement fédéral pour 4 ans. Le Conseil est
composé de sept universitaires qui disposent d?une expertise scientifique dans le domaine
de la protection de l?environnement. Le Conseil rédige à intervalles réguliers, au moins tous
les deux ans, des avis et prises de position sur différents thèmes de la politique
environnementale. Les expertises et les avis contribuent au débat sur la politique
environnementale et soutiennent la prise de décision politique basée sur la connaissance. Le
SRU est appuyé dans l'exécution de ses travaux par un secrétariat (8 employés) sur le plan
scientifique et organisationnel. https://www.umweltrat.de/DE/SRU/sru_node.html
L?actuelle ministre fédérale de l?Environnement, Steffi Lemke, a nommé le 19 mars 2024 seize
experts de haut niveau au sein du Wissenschaftlicher Beirat für Natürlichen Klimaschutz -
WBNK (Conseil scientifique pour la protection naturelle du climat). Le WBNK est une nouvelle
instance scientifique indépendante chargée de conseiller le gouvernement fédéral en matière
de protection naturelle du climat et d?accompagner le ministère fédéral de l'Environnement
(BMUV) dans la mise en oeuvre du programme d'action pour la protection naturelle du climat
(ANK). https://www.bmuv.de/pressemitteilung/bundesumweltministerin-steffi-lemke-beruft-
wissenschaftlichen-beirat-fuer-natuerlichen-klimaschutz
Le Conseil consultatif allemand sur le changement global (Wissenschaftliche Beirat der
Bundesregierung Globale Umweltveränderungen - WBGU). Les neuf membres du WBGU
sont nommés par le gouvernement fédéral pour une durée de quatre ans. Le ministère fédéral
de l'Environnement (BMUV) et le ministère fédéral de l'Éducation et de la Recherche (BMBF)
financent conjointement le comité consultatif et se partagent la direction des travaux. Le
WBGU travaille de manière indépendante et choisit lui-même ses thèmes. Il est accompagné
par un comité interministériel du gouvernement fédéral, au sein duquel tous les ministères et
PUBLIÉ
https://www.umweltrat.de/DE/SRU/sru_node.html
https://www.bmuv.de/pressemitteilung/bundesumweltministerin-steffi-lemke-beruft-wissenschaftlichen-beirat-fuer-natuerlichen-klimaschutz
https://www.bmuv.de/pressemitteilung/bundesumweltministerin-steffi-lemke-beruft-wissenschaftlichen-beirat-fuer-natuerlichen-klimaschutz
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biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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la chancellerie fédérale sont représentés.
L?Umweltbundesamt - UBA (Office fédéral pour l?environnement) est une autorité scientifique
en matière d?environnement, dépendant du ministère fédéral de l?Environnement (BMUV).
Par l?importance de ses analyses et de ses recommandations pour les décisions politiques,
l?UBA est un acteur environnemental unique en Allemagne et qui jouit d?une forte autonomie.
L?organisation de l?UBA se structure autour de 5 domaines dont le département II sur la
protection sanitaire de l?environnement et des écosystèmes. Les missions de l?UBA sont
variées :
- soutien scientifique du gouvernement fédéral ;
- mise en oeuvre de la législation environnementale ;
- information du public sur la protection de l?environnement sur la base de recherches
indépendantes ;
- mise en place et gestion du système d?information pour la planification environnement et
d?une documentation centrale sur l?environnement.
Le ministère fédéral de l'Alimentation et de l?Agriculture (BMEL) dispose de différents comités
consultatifs qui le conseillent entre autres sur le thème de la biodiversité, notamment :
Le Wissenschaftlicher Beirat für Biodiversität und Genetische Ressourcen - WBBGR (Conseil
scientifique pour la biodiversité et les ressources génétiques) développe des missions
d?expertise et d?appui auprès du ministère fédéral de l?Agriculture (BMEL) sur les questions
générales et fondamentales relatives à la conservation et à l'utilisation durable de la diversité
biologique. Le Conseil a récemment publié une prise de position sur l?élaboration en cours
d?une nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité (NBS)76.
BMEL - Beiräte - Wissenschaftlicher Beirat für Biodiversität und Genetische Ressourcen
Le Wissenschaftlichen Beirat für Waldpolitik - WBW (Comité scientifique pour la politique
forestière77) conseille et soutient le gouvernement fédéral dans l'élaboration de ses politiques
publiques pour une gestion durable des forêts. Le comité consultatif est composé de 15
représentants de différentes disciplines scientifiques qui reflètent les exigences de la société
vis-à-vis de la forêt. Les membres sont nommés par le BMEL pour une durée de trois ans. Le
Conseil consultatif examine les objectifs et les principes de la politique forestière nationale et
internationale et soumet des propositions pour le développement des conditions cadres de la
politique forestière et des instruments de mise en oeuvre de la stratégie forestière du
gouvernement fédéral.
BMEL - Beiräte - Wissenschaftlicher Beirat für Waldpolitik.
Le Thünen-Institut est un des équivalents de l?INRAe. L?institut mène de nombreuses études
sur l?impact de l?agriculture sur la biodiversité et sur l?agriculture durable.Thünen: Home
(thuenen.de)
Le Rat für Nachhaltige Entwicklung - NRE (Conseil du développement durable) assure une
mission d?expertise auprès du gouvernement fédéral sur la politique de durabilité. Il est
indépendant dans ses activités et est nommé tous les trois ans par le gouvernement fédéral
depuis 2001.
Rat für Nachhaltige Entwicklung - (nachhaltigkeitsrat.de)
Comme décrit ci-dessus, au niveau fédéral, l'Agence fédérale pour la conservation de la
nature (Bundesamt für Naturschutz - BfN) est l'autorité compétente en matière d'expertise
scientifique et administrative dans le domaine de la conservation de la nature et de la gestion
76 stellungnahme-biodiversitaetsstrategie.pdf (bmel.de) - Avril 2022
PUBLIÉ
https://www.bmel.de/DE/ministerium/organisation/beiraete/bio-div-organisation.html
https://www.bmel.de/DE/ministerium/organisation/beiraete/waldpolitik-organisation.html
https://www.thuenen.de/en/
https://www.thuenen.de/en/
https://www.nachhaltigkeitsrat.de/?cn-reloaded=1
https://www.bmel.de/SharedDocs/Downloads/DE/_Ministerium/Beiraete/biodiversitaet/stellungnahme-biodiversitaetsstrategie.pdf?__blob=publicationFile&v=2
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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des paysages. Le BfN est l'une des quatre autorités relevant du ministère fédéral de
l'environnement, de la protection de la nature, de la sécurité nucléaire et de la protection des
consommateurs (BMUV).
Cette agence est en charge de l'application de la législation sur la conservation de la nature,
y compris la conservation du milieu marin et des espèces, et soutient le ministère dans toutes
les questions relatives à la conservation de la nature, à la gestion des paysages et à la
coopération internationale. Elle mène des recherches scientifiques et soutient divers
programmes de financement. L'une de ses principales missions consiste à fournir des
informations et des données pour étayer les décisions politiques.
L'Allemagne étant un État fédéral, les responsabilités légales concernant les projets,
plans et programmes spécifiques incombent aux Länder (article 30 de la Loi
fondamentale) de manière générale. Par conséquent, les autorités de conservation de la
nature des Länder sont en principe compétentes pour l?expertise scientifique des
projets, plans et programmes spécifiques sous la forme de déclarations scientifiques78.
Les exceptions à cette règle sont, par exemple, la zone économique exclusive marine ou les
programmes nationaux d'aide aux espèces (nationalen Artenhilfsprogramm - nAHP). Avec le
programme national d'aide aux espèces (nAHP), l?Agence fédérale pour la conservation de
la nature (BfN) finance et soutient des projets favorisant la protection fédérale des espèces
et de leurs habitats ainsi que l'amélioration de leur état de conservation. Le programme de
financement se concentre sur la protection des espèces affectées par l'expansion nationale
des énergies renouvelables.
En tant qu'autorité fédérale supérieure indépendante, le BfN travaille en étroite collaboration
avec les autorités chargées de la protection de la nature dans chacun des seize Länder
allemands. Il fournit des approches et des méthodes dans des domaines tels que
l'aménagement du paysage, la conservation des espèces et les zones protégées, et donne
des conseils sur leur mise en oeuvre.
Pour les questions générales et spécifiques concernant la protection de la nature, le ministère
fédéral de l?Environnement peut s'appuyer sur des organes d'experts et des comités
consultatifs, par exemple, comme décrit supra, le Sachverständigenrat für Umweltfragen
- SRU (Conseil consultatif allemand sur l'environnement), le Wissenschaftliche Beirat der
Bundesregierung Globale Umweltveränderungen - WBGU) (Conseil consultatif allemand
sur le changement global) ou plus récemment le Wissenschaftlicher Beirat für Natürlichen
Klimaschutz - WBNK (Conseil scientifique pour la protection naturelle du climat) chargé
d?accompagner le ministère fédéral de l'Environnement (BMUV) dans la mise en oeuvre du
programme d'action pour la protection naturelle du climat (ANK).
Il n'existe donc pas d'équivalent du CNPN en Allemagne. En Allemagne, des organismes
scientifiques ou des comités consultatifs tels que la SRU et la WBGU ou des établissements
publics soutiennent des programmes, des plans et des projets spécifiques grâce à leur
expertise scientifique.
Les organisations environnementales reconnues par l?État fédéral ont des droits spéciaux
pour participer (Mitwirkungsrechte), donner leurs avis et intenter des actions en justice
concernant des décisions juridiques et des initiatives législatives sur la protection de la nature
(§ 63 de la Loi sur la protection de la nature (BNatSchG - lien).
Les responsabilités de l?Agence fédérale de la protection de la nature (BfN) sont définies
dans la loi portant création d'une agence fédérale pour la protection de la nature (BfNG) (lien).
78 Exemples : Le ministère de l?Environnement, du Climat et de l?Energie du Land Bade-Wurtemberg
(Naturschutz: Ministerium für Umwelt, Klima und Energiewirtschaft Baden-Württemberg (baden-
wuerttemberg.de) ou le Ministère de l?Environnement, de la Protection de la Nature et des Transports du
Land de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Natur | umwelt.nrw.de).
PUBLIÉ
https://www.gesetze-im-internet.de/bnatschg_2009/__63.html)
https://www.gesetze-im-internet.de/bfnatschg/BJNR145810993.html
https://um.baden-wuerttemberg.de/de/umwelt-natur/naturschutz
https://um.baden-wuerttemberg.de/de/umwelt-natur/naturschutz
https://www.umwelt.nrw.de/themen/naturschutz/natur
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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Au sein de l?Agence fédérale de la protection de la nature (BfN), environ 430 collaborateurs
travaillent à Bonn, à Leipzig et sur l'île de Vilm près de Rügen dans différents domaines
thématiques pour la protection de la diversité biologique et l'utilisation des ressources dans
le respect de la nature.
Concernant le rôle et le statut des Naturschutzbeauftragte dans les Länder (délégués à la
protection de la nature et à l'entretien des paysages) : les délégués à la protection de la nature
sont nommés au niveau des districts (Landkreise) et sur proposition. Par exemple,
l?association environnementale NABU d?un district peut proposer à l?autorité inférieure de
protection de la nature (unteren Naturschutzbehörden) un/e candidat.e. La décision de la
nomination est prise au niveau politique, c?est-à-dire par le conseil du district (Kreistag) ou la
commission correspondante.
Les délégués à la protection de la nature soutiennent bénévolement les autorités inférieures
de protection de la nature dans le domaine de la protection de la nature. Les délégués doivent
avoir des connaissances en matière de protection de la biodiversité et s?engager pour la
protection de la nature. Certains d?entre eux ont une formation scientifique, mais ce n?est pas
une condition préalable, selon l?organisation environnementale NABU.
Ils sont nommés dans les villes et les districts (Landkreis) pour une durée de 5 ans (par
exemple au Bade-Wurtemberg79 ) pour conseiller et soutenir les autorités inférieures de
protection de la nature, notamment lors de l'évaluation de projets et de planifications liés à
des interventions dans la nature et le paysage, comme par exemple les plans d?occupation
des sols ou les plans d'urbanisme.
En outre, ils élaborent des avis sur les planifications spécialisées d'autres administrations,
par exemple lors de la mise à l'enquête publique, et sont consultés pour tous les projets où
les intérêts de la nature et du paysage sont concernés dans les districts urbains et ruraux
(Stadt- und Landkreisen), comme par exemple la protection des espèces ou des sols et le
climat.
Concernant les compétences des Landesbeirat für Natur und Umweltschutz et notamment
de leur comité consultatif d?experts (Sachverständigenbeirats für Naturschutz und
Landschaftspflege) :
Pour le Land de Berlin, le conseil d?experts doit être associé aux décisions importantes, en
particulier aux dérogations aux réglementations de la loi berlinoise sur la protection de la
nature. Les réunions ont lieu six fois par an et traitent de questions fondamentales et de sujets
d'actualité soulevés par le comité consultatif lui-même ou suggérés par les autorités, les
associations ou les initiatives citoyennes.
Les résultats essentiels des délibérations sont votés sous forme de décision et envoyés
personnellement aux destinataires respectifs. Indépendamment de cela, les procès-verbaux
sont également envoyés à tous les groupes parlementaires de la Chambre des représentants,
aux autorités supérieures et inférieures de protection de la nature ainsi qu'aux associations
reconnues.
Quelques exemples de décisions récentes du comité consultatif d?experts pour la protection
de la nature et l?entretien des paysages du Land de Berlin :
- projet de construction potentielle en bordure du parc Tempelhofer Feld ;
- avis sur un paquet législatif du Sénat de Berlin sur l?accélération des procédures de
planification et d?approbation des projets de construction ;
- décisions sur des nouvelles zones protégées autour de lacs à Berlin.
79 https://lnv-bw.de/naturschutzbeauftragte-forderungen-fuer-die-zukunft/
PUBLIÉ
https://lnv-bw.de/naturschutzbeauftragte-forderungen-fuer-die-zukunft/
Rapport n° 015592-01
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Pour information ou mémoire, la spécificité allemande concernant les mesures de
compensation et le mécanisme de « paiement compensatoire » :
En Allemagne, le principe d?évitement, le principe du pollueur-payeur et le principe de gestion
des conséquences de la règlementation des interventions revêtent une importance
fondamentale pour la réalisation des objectifs de la protection de la nature et de l?entretien
des paysages, mais aussi pour la réalisation des objectifs de l?article 1 de la Loi fédérale sur
la protection de la nature (BNatSchG).
La procédure de « paiement compensatoire », est mise en oeuvre dans de nombreux Länder.
Celle-ci a été règlementée en 2009 de manière uniforme au niveau fédéral dans l?article 5,
paragraphe 6 de la BNatSchG. Outre le calcul et le montant du paiement compensatoire,
l?exigence fédérale uniforme doit être remplie de manière technique, en garantissant si
possible l?utilisation affectée dans l?espace naturel concerné.
« Somme compensatoire » (Ersatzgeld) du destinataire : dans la mesure où la mise en
balance à effectuer conformément à l?article 15, paragraphe 5, de la loi fédérale sur la
protection de la nature a montré que les intérêts de la protection de la nature et de la
conservation du paysage sont subordonnés à l?intervention prévue, le pollueur doit verser
une compensation monétaire conformément à l?article 15, paragraphe 6, phrase 1, de la loi
fédérale sur la protection de la nature. Les bénéficiaires de ces indemnités sont, sauf dans le
cas d?interventions dans la ZEE, les autorités compétentes des Länder.
Chaque Länder a une règlementation spécifique pour la mise en oeuvre du « paiement
compensatoire » (Ersatzgeld). Dans le Bade-Wurtemberg, le système de l'éco-compte a été
développé pour les mesures de compensation et de remplacement. Ainsi, le responsable
d'une intervention peut également réaliser une mesure de protection de la nature en amont
de l'intervention et se faire créditer ce que l'on appelle des éco-points80 . Le contrôle et
l'imputation se font par le biais des districts (via les autorités inférieures de protection de la
nature). Si une intervention dans la nature et le paysage a lieu plus tard (par exemple le
dragage de gravier), le promoteur peut faire comptabiliser la mesure de remplacement qu'il a
déjà prise (valeur en éco-points). Ce n'est que lorsqu?aucune mesure ne peut être prise, qu'un
paiement compensatoire pourra être effectué.
Dans le Bade-Wurtemberg, ces paiements compensatoires (dont le montant est déterminé
dans chaque procédure par l'autorité d'approbation) sont versés de manière centralisée à la
Fondation pour la protection de la nature (Stiftung Naturschutzfonds). La fondation
Naturschutzfonds peut utiliser les fonds pour des mesures de protection de la nature qui sont
mises en oeuvre si possible à proximité du lieu où l'intervention a eu lieu. Les communes
peuvent déposer des demandes d?utilisation de ces fonds à la fondation, mais aussi d'autres
autorités de protection de la nature ou des associations de protection de la nature. La
fondation Naturschutzfonds statue ensuite sur les demandes et règle le paiement.
Dans le Brandebourg (Article 6 de la BbgNatSchAG), le montant du paiement de
compensation est fixé par l'autorité d'approbation, par exemple par l'Office régional de
l'environnement. Les paiements doivent être versés au Land en tant que « taxe affectée ».
Le destinataire du paiement est la caisse principale du Land à Potsdam. A la fin de chaque
trimestre, le ministère de l'environnement du Brandebourg effectue des virements trimestriels
groupés à la fondation compétente selon l?article 33 de la BbgNatSchAG, la fondation
NaturSchutzFonds Brandenburg. La fondation gère le paiement de compensation pour le
compte du Land. Dans la mesure du possible, le paiement de compensation doit être utilisé
sur le territoire du Landkreis ou de la ville indépendante du Kreis concerné, sinon dans
l'espace naturel concerné. Les fonds utilisés peuvent alors avoir un effet levier, car ils sont
80 Cette méthode est utilisée hors du cadre de la biodiversité protégée, mais exclusivement pour la
biodiversité ordinaire.
PUBLIÉ
https://www.gesetze-im-internet.de/bnatschg_2009/__1.html
https://um.baden-wuerttemberg.de/de/umwelt-natur/naturschutz/eingriffsregelung
https://stiftung-naturschutz-bw.de/
https://bravors.brandenburg.de/gesetze/bbgnatschag#6
https://bravors.brandenburg.de/gesetze/bbgnatschag#33
Rapport n° 015592-01
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biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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reconnus dans les directives de subvention de l'UE, de l'État fédéral ou du Land comme
contribution propre à des projets de protection de la nature, susceptible donc d?être complétée
par des fonds publics.
Pour la mise en place de mesures compensatoires :
Pour un projet portant atteinte à la nature et au paysage, le porteur de projet élabore un
rapport environnemental. Celui-ci se base sur un examen préalable de la dimension de
l'intervention pour les biens environnementaux abiotiques (sol, eau, air) et pour les animaux,
les plantes et la biodiversité. Pour ces biens environnementaux biotiques, la législation
européenne en matière de protection de la nature (directives FFH et Oiseaux) s?applique.
Suite à la rédaction du rapport environnemental, un plan est élaboré par le promoteur du
projet, dans lequel sont définies les mesures de compensation et de remplacement. Ce plan
d'accompagnement, appelé plan d'aménagement paysager (Landschaftspflegerische
Begleitplan), est examiné par l'autorité d'approbation et ensuite approuvé. Avant l'approbation,
les mesures sont souvent encore modifiées si l'autorité l'exige. Le plan d'accompagnement
paysager approuvé doit être mis en oeuvre dans les moindres détails pour que l'intervention
dans la nature et le paysage soit compensée.
Selon l?association environnementale NABU (antenne du Bade-Wurtemberg), l'expérience de
nombreuses procédures de ce type montre qu'une compensation totale n'est pas réaliste, car
il reste généralement un dommage à la nature et au paysage. Si le plan d'accompagnement
paysager n'est pas jugé suffisant par l'autorité, celle-ci détermine le paiement d'une
compensation à la fondation Naturschutzfonds. Le montant du paiement dépend d'un
catalogue établi pour le Land Bade-Wurtemberg.
Ce qu?il faut retenir
Les compétences en matière de protection de la nature et de biodiversité reviennent aux
Länder.
Toutefois, au niveau fédéral, l'Agence fédérale pour la conservation de la nature (Bundesamt
für Naturschutz - BfN) est l'autorité compétente en matière d'expertise scientifique et
administrative dans le domaine de la conservation de la nature et de la gestion des paysages.
Cette agence fédérale est en charge de l'application de la législation sur la conservation de
la nature et fourni des informations et des données pour étayer les décisions politiques.
Les Länder, quant à eux, ont l?obligation de mettre en place une agence régionale de
conservation de la nature qui tient le même rôle que l?agence fédérale au niveau local. Les
plans et programmes sont instruits par le gouvernement du Land en s?appuyant sur leur
agence régionale et sur un comité de préservation de la nature composé de sachants
bénévoles désignés pour 5 ans. Les projets sont instruits par les administrations des
communes et des cantons avec l?aide d?un office local de protection de la nature et d?un
comité d?experts locaux bénévoles désignés pour 5 ans.
Concernant en particulier la compensation écologique, l?Allemagne a fait le choix de
l?anticipation financière des impacts et de leurs contreparties environnementales, via la mise
en oeuvre de mesures de compensation « par l?offre », en fixant par décret, au niveau de
chaque Land, les modalités de calcul du besoin compensatoire et l?offre de compensation
nécessaire en retour (« Ökokonto »). Cette méthode standard objective et harmonise les
calculs et sécurise les projets. Les éco-points peuvent être convertis en unités monétaires
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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cédées à la collectivité locale pour mettre en oeuvre des mesures de restauration écologique.
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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Annexe 7. Fiche parangonnage Italie
Contacts de la mission :
Claire BERGÉ, Conseillère développement durable Italie, Grèce, Malte, Chypre
Le fonctionnement de l?expertise technique et scientifique en Italie :
En raison de son organisation régionale, l?Italie compte plusieurs niveaux d?expertise
scientifique dans les domaines environnementaux. Toutefois, l?organisme de référence est
national : l?Institut pour la protection et la recherche environnementales (ISPRA). Il s?appuie
sur un réseau en régions, les ARPA. L?ensemble ISPRA + ARPA est rassemblé au sein du
Système national pour la protection de l?environnement.
Les avis émis sont confrontés dans des instances de dialogue État-régions pour chaque
projet d?intérêt local et national (comme pour toutes les lois, décrets et décisions prises en
Italie, en raison du caractère régional de sa constitution et de son organisation administrative).
ISPRA - Institut pour la protection et la recherche environnementales :
L'Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale a été créé en 2008. C?est
l?équivalent d?un établissement public administratif français. Cet établissement assure le
monitorage de tous les aspects environnementaux du pays. Il correspondrait donc en France
à l?ADEME et à l?OFB. Cet établissement assure une mission d?animation des réseaux
scientifiques et de dissémination auprès du grand public. De plus, sur certains sujets précis,
ISPRA a la vision d?ensemble des actions menées dans les différentes régions italiennes (ex :
loups, ours, qualité de l?air). Enfin, l?ISPRA produit ou contribue aux évaluations de l'impact
sur l'environnement et évaluations environnementales stratégiques et produit des avis dans
plusieurs secteurs environnementaux.
L?ISPRA est directement placé sous la tutelle du ministère de l'environnement et de la sécurité
énergétique (MASE). Le MASE transfère annuellement à l?ISPRA les ressources nécessaires
aux dépenses de fonctionnement, aux dépenses à caractère obligatoire et aux
investissements, telles qu'elles résultent des chapitres appropriés du budget de l'État. Au total,
ce sont entre 100 et 120M¤ qui sont alloués par le ministère à l?ISPRA chaque année. Le
ministère et l?ISPRA sont liés par une convention triennale d?objectifs.
Cet institut de recherche et scientifique, chargé de produire des avis de façon indépendante,
est « inféodé » au ministère. L?adjonction d?un conseil scientifique peut constituer une
garantie d?indépendance et d?objectivité. Le Conseil scientifique est un organe prévu par
l'article 8 du règlement de l'ISPRA qui a des fonctions de proposition et de consultation en
matière de planification et de vision stratégique de l'institut. En particulier, le Conseil formule
des suggestions et des propositions pour la préparation du plan d'affaires triennal de l'institut
et de ses mises à jour annuelles ; formule des suggestions et des propositions pour une
meilleure exécution des fonctions assignées par la loi à l'institution ; assiste le président dans
ses fonctions stratégiques. Il est composé du président de l'ISPRA et de cinq membres -
choisis parmi les professeurs d'université, les chercheurs, les technologues ou les experts, y
compris étrangers, ayant des qualifications scientifiques avérées dans les domaines de
compétence de l'institut - et d'un membre élu par le personnel technico-scientifique. Par
décret ministériel n° 252 du 22/06/2022 du MASE, ont été nommés les cinq membres du
nouveau Conseil scientifique de l'ISPRA : Dr Enrico BRUGNOLI 81 ; Professeur Porzia
81 Microsoft Word - Brugnoli_CV_2017_trasparenza.docx (cnr.it)
PUBLIÉ
https://www.cnr.it/it/trasparenza/direttore-curriculum/81/brugnoli-cv-2017-trasparenza.pdf
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
européenne
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MAIORANO82 ; Professeur Maria Cristina PEDICCHIO83 ; Dr Emanuela TESTAI84 et Dr
Roberto VIOLA 85 . En application des normes anti mafia et corruption, et comme pour
quasiment toutes les charges publiques y compris administratives, les salaires sont publiés
en ligne86. Jusque lors, l?indépendance réelle des avis produits par l?ISPRA n?a pas été remise
en cause.
Le Système national en réseau pour la protection de l'environnement :
Créé en 2016 par une loi (loi n° 132 de 201687 ), le Système national en réseau pour la
protection de l'environnement (SNPA) est composé de l'ISPRA et des 21 agences territoriales
de protection de l'environnement (ARPA / APPA), établies par des lois régionales, et pré-
existantes. Ces agences régionales sont dotées de l?autonomie administrative, technique,
juridique, patrimoniale et comptable et sont placées sous la tutelle du président du conseil
régional ou de la province autonome.
Il s'agit d'un exemple de système fédéral consolidé, qui combine la connaissance directe du
territoire et de ses problèmes avec les politiques nationales de protection de l'environnement.
En effet, depuis la création des premières agences régionales, il y avait un besoin évident de
créer des occasions et des espaces de discussion et de débat entre l'ARPA / APPA et
l?échelon national.
Le Système exprime son avis contraignant sur les mesures gouvernementales à caractère
technique en matière d'environnement et informe le ministère en charge de l?environnement
et la Conférence permanente pour les relations entre l'État, les régions et les provinces
autonomes de Trente et de Bolzano de l'opportunité d'interventions, y compris législatives,
pour la poursuite des objectifs de développement durable, la réduction de la consommation
de terres, la sauvegarde et la promotion de la qualité de l'environnement et la protection des
ressources naturelles.
Il est à noter la décision en juin 2024 de la création future d?un conseil scientifique pour le
climat et l?environnement, composé d?experts qui seront choisis sur la base de leur expertise
scientifique dans les différents domaines de la science du climat et de leur indépendance. La
sélection sera faite conjointement par les politiques et les scientifiques.
La loi 132/201688 confie à la SNPA des fonctions spécifiques pour soutenir la législation
environnementale. Il s'agit en particulier d'une fonction d'avis, exercée sur les mesures
existantes mais surtout sur celles qui sont en cours d'adoption, conformément à l'article 13
paragraphe 2 de la loi 132/2016 (« avis contraignant sur les mesures gouvernementales de
nature technique sur l'environnement »). Des fonctions de soutien technique scientifique sont
également envisagées pour les analyses visant à évaluer l'efficacité et les résultats
opérationnels de la législation en vigueur ayant une incidence sur l'environnement. La loi
132/2016 confie également à la SNPA une fonction de proposition de nouvelle législation
environnementale ou la modification de la législation existante.
Extraits de la loi : « article 3 :
e) l'appui technico-scientifique aux administrations compétentes pour l'exercice des fonctions
administratives dans le domaine de l'environnement expressément prévues par la
82 CV_Porzia_Maiorano.pdf (isprambiente.gov.it)
83 pedicchio_cv_novembre_2023.pdf (isprambiente.gov.it)
84 testai_curriculum_vitae_europass_it2023.pdf (isprambiente.gov.it)
85 Europass (isprambiente.gov.it)
86 copy_of_Decreto_285_del_28112014.pdf (isprambiente.gov.it)
87 LEGGE 28 giugno 2016, n. 132 - Normattiva
88 Gazzetta Ufficiale
PUBLIÉ
https://www.normattiva.it/atto/caricaDettaglioAtto?atto.dataPubblicazioneGazzetta=2016-07-18&atto.codiceRedazionale=16G00144&atto.articolo.numero=0&qId=&tabID=0.42877919133996034&title=lbl.dettaglioAtto
https://www.isprambiente.gov.it/files2018/trasparenza/organizzazione-2018/CV_Porzia_Maiorano.pdf
https://www.isprambiente.gov.it/files2023/trasparenza/organizzazione-2023/pedicchio_cv_novembre_2023.pdf
https://www.isprambiente.gov.it/files2023/trasparenza/organizzazione-2023/testai_curriculum_vitae_europass_it2023.pdf
https://www.isprambiente.gov.it/files2024/trasparenza/organizzazione-2024/roberto_viola_-_ispra_cv_2024.pdf
https://www.isprambiente.gov.it/files/trasparenza/organizzazione/consiglio-scientifico/copy_of_Decreto_285_del_28112014.pdf
https://www.normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:legge:2016-06-28;132
https://www.gazzettaufficiale.it/eli/id/2016/07/18/16G00144/sg
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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réglementation en vigueur, par la rédaction d'enquêtes techniques préliminaires et
l'élaboration de propositions sur les modalités de mise en oeuvre dans le cadre des
procédures d'autorisation et d'évaluation, la réalisation de services technico-scientifiques
d'analyse et de mesure et la formulation d'avis et d'évaluations techniques également dans
le cadre des conférences de services conformément à la loi n° 241 du 7 août 1990. ».
Les procédures en Italie :
L?Italie n?a pas d?équivalent du CNPN français à ce stade.
L?annonce de juin 2024 évoquée supra du ministre laisse entrapercevoir un futur CNPN mais
qui embrasserait la thématique climat en plus de celles relatives à l?environnement.
L?ISPRA, l?ARPA et autres entités régionales produisent jusqu?ici des avis. Les experts sont
majoritairement des experts, parfois exerçant aussi à l?université voire chercheurs de
l?équivalent du CNRS italien.
Il n?y a pas de procédure unique mais un amoncellement de missions et tâches confiées au
fil du temps par les autorités centrales à l?ISPRA. La demande d?expertise scientifique et
technique survient - sans surprise - avant la délivrance de l?autorisation.
La mission n?a disposé d?aucune information sur les rapporteurs, les potentielles délibérations,
et sur le fonctionnement de la gouvernance.
Selon la matière et ce que prévoient les textes, les avis peuvent être consultatifs ou
contraignants. Par exemple, en matière d'espèces non indigènes, l?ISPRA est chargé de
préparer et d?approuver les avis techniques contraignants du Conseil de la SNPA sur les
procédures d'autorisation pour la dissémination dérogatoire d'espèces non indigènes, en
vertu des Article 12 du décret présidentiel 8 septembre 1997, n° 357, de l?arrêté ministériel
MATTM 2 avril 2020 et de la résolution du Conseil de la SNPA 143/2021. En revanche,
concernant les espèces végétales protégées par la directive Habitat, l?ISPRA doit émettre des
avis technico-scientifiques simples sur la conservation et la gestion de la flore indigène
italienne (base légale : L. 157/1992, DPR 357 (art. 9, 11).). Concernant l?aquaculture, là
encore l?ISPRA émet des avis simples.
S?agissant des avis de l?ISPRA, ils ne sont apparemment pas publiés directement par la
structure. Toutefois, certains sont révélés par d?autres parties prenantes :
- la chasse en Vénétie dgr_668_24_allegatob_532485.pdf
- la chasse dans les Abruzzes Parere ISPRA n. 257254 del 16.09.2019.pdf
(regione.abruzzo.it) Prot (cacciaedintorni.it)
- la pêche : 14319-15.pdf (torredelcerrano.it).
Et d?autres proviennent du SNPA, à titre d?exemples:
- delibera-SNPA-249_2024.pdf (snpambiente.it)
- delibera-SNPA-246_2024-parere-istanza-ganaspis-Lazio-e-Sardegna.pdf
(snpambiente.it)
- Delibera-238_2024_parere-istanza-Regione-Marche.pdf (snpambiente.it)
Tant l?ISPRA que les ARPA et le conseil national de recherche scientifique (équivalent CNRS)
ont à la fois des employés qui bénéficient de statuts s?apparentant à ceux du secteur public
que des experts extérieurs embauchés ponctuellement sur des missions précises.
Le ministère donne entre 100 et 120M¤ par an à l?ISPRA89. Les dépenses sont fléchées par
domaines d?actions et cette nomenclature est inscrite dans les textes :
L'article 1, paragraphes 702 et 706 de la loi n° 197 du 29 décembre 2022, prévoit que « Pour
89 tabella_contributo_ordinario_ISPRA_2024.ods (live.com)
PUBLIÉ
file:///D:/cberge/Downloads/dgr_668_24_allegatob_532485.pdf
https://www.regione.abruzzo.it/system/files/ambiente/tutela-territorio/vinca/105170/Parere%20ISPRA%20n.%20257254%20%20del%2016.09.2019.pdf
https://www.regione.abruzzo.it/system/files/ambiente/tutela-territorio/vinca/105170/Parere%20ISPRA%20n.%20257254%20%20del%2016.09.2019.pdf
https://www.cacciaedintorni.it/wp-content/uploads/2021/07/parere_ISPRA_calven_2021.pdf
https://www.torredelcerrano.it/docs/14319-15.pdf
https://www.snpambiente.it/wp-content/uploads/2024/06/delibera-SNPA-249_2024.pdf
https://www.snpambiente.it/wp-content/uploads/2024/06/delibera-SNPA-246_2024-parere-istanza-ganaspis-Lazio-e-Sardegna.pdf
https://www.snpambiente.it/wp-content/uploads/2024/06/delibera-SNPA-246_2024-parere-istanza-ganaspis-Lazio-e-Sardegna.pdf
https://www.snpambiente.it/wp-content/uploads/2024/05/Delibera-238_2024_parere-istanza-Regione-Marche.pdf
https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fwww.mase.gov.it%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Farchivio%2Fallegati%2Ftrasparenza_valutazione_merito%2Fispra%2Ftabella_contributo_ordinario_ISPRA_2024.ods&wdOrigin=BROWSELINK
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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biodiversité au sein des pays membres de l?Union
européenne
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l'achèvement et l'informatisation de la Carte géologique de l'Italie à l'échelle 1:50.000, dans
le cadre du projet de cartographie géologique (projet CARG), ainsi que pour les activités
instrumentales connexes, une contribution de 6 millions d'euros pour l'année 2023 et de 7
millions d'euros pour chacune des années 2024 et 2025 (paragraphe 702) » et « une dotation
de 8 millions d'euros pour l'année 2023 et de 12 millions d'euros pour chacune des années
2024 et 2025 (paragraphe 706) » est attribuée au Département du service géologique de
l'Italie de l'Institut supérieur pour la protection et la recherche environnementales (ISPRA),
soit un total de 14 millions d'euros pour l'année 2023 et de 19 millions d'euros pour chacune
des années 2024 et 2025.
En outre, l'article 50, alinéa 4 du décret-loi n° 76/2020, converti, avec des modifications, en
loi n° 120/2020, a introduit un fonds de 700 000 ¤ pour l'École de spécialisation dans les
disciplines environnementales. La disposition susmentionnée prévoit notamment que
L'Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale, par l'intermédiaire de la Scuola
di specializzazione in discipline ambientali (École de spécialisation dans les disciplines
environnementales) visée à l'article 17-bis du décret-loi n° 195 du 30 décembre 2009, converti,
avec modifications, par la loi n° 26 du 26 février 2010, n° 26, garantit, grâce à un fonds spécial
de spécialisation dans les disciplines environnementales, l'accès à l'enseignement supérieur
et à la formation professionnelle dans le domaine de l'environnement. L'Institut de recherche
sur l'environnement et la protection de l'environnement (IRAE), qui a été créé en vertu de
l'article 26, assure, par des protocoles d'accord spécifiques avec l'autorité compétente, le
soutien scientifique et la formation du personnel du ministère de l'environnement et de la
protection de la terre et de la mer, en particulier du personnel de la direction générale chargée
des évaluations et des autorisations environnementales. À cette fin, ainsi que pour assurer le
fonctionnement de ladite école, le ministère de l'environnement et de la protection du territoire
et de la mer accorde à l'Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale une
contribution égale à 300 000 euros pour l'année 2020 et à 700 000 euros à partir de l'année
2021. Les coûts découlant de ce paragraphe, qui s'élèvent à 300 000 euros pour l'année 2020
et à 700 000 euros par an à partir de l'année 2021, seront couverts par une réduction
correspondante de l'autorisation de dépenses en vertu de l'article 3 de la loi n° 120 du 1er
juin 2002. Le ministre de l'économie et des finances est autorisé à procéder aux modifications
budgétaires nécessaires par l?intermédiaire de ses propres décrets.
En outre, l'article 1, paragraphe 701, de la loi n° 197 du 29 décembre 2022 a attribué à l'ISPRA
une contribution de 6M¤ pour la construction d'un centre de laboratoire et la gestion de ses
activités, pour chacune des années 2023 et 2024.
Enfin, l'article 6, paragraphe 4, du décret-loi n° 111/2019, converti en loi n° 141/2019, dispose
que « 4. les données et les informations visées aux paragraphes 1 et 2 sont acquises, par
voie télématique, par l'Institut supérieur pour la protection et la recherche environnementale
(ISPRA) visé à l'article 28 du décret-loi n° 112 du 25 juin 2008, converti, avec des
modifications, par la loi n° 133 du 6 août 2008 ». Le même institut, conformément aux
dispositions de l'article 3, alinéa 2, du décret législatif n° 32 du 27 janvier 2010, et sur la base
d'un accord spécifique avec le ministère de l'environnement et de la protection du territoire et
de la mer, acquiert et systématise, dans un format ouvert et accessible, toutes les autres
données environnementales et les rend publiques dans une section dédiée et accessible du
site institutionnel du ministère de l'environnement et de la protection du territoire et de la mer
appelée « Informambiente », également dans la section « Administration transparente ». Le
paragraphe 5 du même article prévoit en outre que « 5. aux fins énoncées au paragraphe 4,
une dépense de 500 000 euros est autorisée pour chacune des années 2020, 2021 et 2022 ».
En contrepartie, ce Département a conclu une convention avec l'ISPRA pour la mise en
oeuvre des dispositions précitées.
L'actuelle convention triennale 2022-2024 entre le Ministère et l?ISPRA a été adoptée par le
décret ministériel n° 91 du 3 mai 2022.
PUBLIÉ
https://www.mase.gov.it/sites/default/files/archivio/allegati/trasparenza_valutazione_merito/ispra/2020-10-21_conv_ispra_mattm_clima.pdf
https://www.mase.gov.it/sites/default/files/archivio/allegati/trasparenza_valutazione_merito/ispra/convenzione_mase_ispra_2022.2024.zip
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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Cas emblématique sur la biodiversité : la décision d?abattre des ours :
Après la rencontre mortelle d?un joggeur avec une ourse, la province de Trente a décidé
d?abattre cet animal. La décision90 s?appuie notamment sur l?avis d?ISPRA fourni en urgence
dans les 5 jours suivants la demande de la province. L?ISPRA a estimé que l'abattage était
compatible avec les engagements internationaux et européens de protection de cette espèce,
d?une part, mais a émis des doutes sur la faisabilité d?une simple capture et sur son transfert
ailleurs. Actuellement, l?ourse est encore en captivité et la décision est remontée dans l?ordre
judiciaire jusqu?à la Cour de justice des communautés européennes.
Les points forts :
- organisation plus ramassée et plus lisible qu?en France ;
- notoriété environnementale et scientifique ;
- travail sérieux et reconnu.
Les points faibles :
- comme pour chaque politique publique, parvenir à un accord entre État et régions est
souvent complexe ;
- le poids des politiques ou figures locales dans les décisions.
Ce qu?il faut retenir
L?Italie n?a pas d?équivalent du CNPN même si l?annonce de juin 2024 laisse entrepercevoir
un future CNPN qui embrasserait la thématique climat avec la création future d?un conseil
scientifique pour le climat et l?environnement, composé d?experts indépendants choisis sur la
base de leur expertise scientifique dans les différents domaines de la science du climat.
Actuellement, l?organisme de référence italien est une agence nationale : l?Institut pour la
protection et la recherche environnementales (ISPRA). Son conseil scientifique est composé
de 5 membres. Leurs salaires sont publiés en ligne.
Les avis émis sont confrontés alors dans des instances de dialogue État-régions pour chaque
projet d?intérêt local et national (lois, décrets et décision), en raison du caractère régional de
la constitution et de l?organisation administrative. Le Système national en réseau pour la
protection de l'environnement (SNPA) est composé de l'ISPRA et des 21 agences territoriales
de protection de l'environnement (ARPA/APPA) Ces agences régionales sont dotées de
l?autonomie administrative, technique, juridique, patrimoniale et comptable et sont placées
sous la tutelle du président du conseil régional ou de la province autonome. Le Système peut
exprimer un avis contraignant sur les mesures gouvernementales à caractère technique en
matière d'environnement
L?organisation italienne semble plus ramassée et plus lisible qu?en France.
90 Decreto_del_Presidente_n_10_dd_27_aprile_2023.pdf (provincia.tn.it)
PUBLIÉ
https://grandicarnivori.provincia.tn.it/content/download/15177/260676/version/1/file/Decreto_del_Presidente_n_10_dd_27_aprile_2023.pdf
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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Annexe 8. Fiche parangonnage Pays-Bas
Contacts de la mission :
Samy Ouahsine, Conseiller développement durable Bénélux
Contexte néerlandais :
Les Pays-Bas se sont dotés d?une loi relative à l?environnement et à l?aménagement du
territoire (Omgevingswet) entrée en vigueur en janvier 2024, se substituant à l?ensemble des
lois et décrets applicables aux autorisations environnementales. Cette loi instaure un régime
d?autorisation rigoureusement simplifié pour les projets.
Les Pays-Bas connaissent depuis 2019 la crise de l?azote, due aux émissions excessives de
composés azotés (molécules d?ammoniac et d?oxydes d?azote) dans l?air de certaines
activités, dont les dépôts créent des impacts significatifs sur les sites Natura 2000 néerlandais.
La crise est née d?une décision du juge, annulant un plan qui, par le fait qu?il prévoyait des
mesures de compensation à long terme, permettait la délivrance d?autorisations conduisant
à des émissions d?azote dans l?air en dépit de leurs impacts sur des sites Natura 2000. Au
plus fort de la crise, toutes les autorisations environnementales ont été gelées, le
gouvernement a pris des mesures d?urgence visant à baisser les émissions de NOx (baisse
de la vitesse sur autoroute à 100 km/h au niveau national) et des négociations finalement
infructueuses avec les éleveurs, visant à diminuer par deux leur cheptel, ont donné lieu à des
soulèvements d?une rare violence. La crise n?est toujours pas résolue.
Le 2 juillet 2024, après une période marquée par la démission du gouvernement Rutte IV en
juillet 2023 et des élections en novembre 2023, la nouvelle équipe gouvernementale est
entrée en fonction. Cette équipe, présidée par un premier ministre sans parti, précisera dans
les mois à venir l?accord de coalition convenu entre quatre partis de droite dont les
nationalistes du PVV, les libéraux du VVD et les agrariens du BBB. La raison d?être du BBB
est d?infléchir la politique de résolution de la crise de l?azote, vue comme défavorable aux
agriculteurs.
Le ministère chargé de la protection de la nature est le ministère de l?Agriculture, de la Pêche,
de la Sécurité d?approvisionnement alimentaire et de la Nature (LVVN). Le ministère LVVN et
les provinces (équivalentes aux régions en France) partagent (en fonction de seuils établis
dans un décret) la compétence pour les autorisations environnementales qui touchent à
l?interdiction de détruire une espèce protégée.
Les autorités compétentes disposent en régie de l?expertise scientifique et technique
nécessaire pour instruire les demandes relatives aux espèces protégées. Un échange avec
le ministère LVVN montre que la procédure interne d?instruction prévoit que chaque demande
soit assignée à un binôme composé d?un juriste et d?un écologue de la direction chargée des
autorisations environnementales.
À noter que le ministère dispose d?un contrat-cadre avec l?université de Wageningue (WUR)
permettant aux agents du ministère d?obtenir des réponses à leurs questions techniques et
urgentes, non couvertes par les travaux de recherche de moyen et long terme de la WUR,
financés par le ministère. Ces questions peuvent servir à l?élaboration de politiques publiques
ou, ponctuellement, à l?octroi d?autorisations. Un formulaire dédié est mis à leur disposition
sur Internet.
Par ailleurs, dans le cadre de la résolution de la crise de l?azote, le gouvernement a chargé
les animateurs des sites Natura 2000 d?établir des documents d?« analyse des objectifs liés
à la nature de leurs espaces » (natuurdoelanalyse), qui font l?objet d?un avis de l?Autorité
écologique (Ecologische Autoriteit), institution ad hoc créée fin 2022. Cette Autorité
PUBLIÉ
https://www.wur.nl/nl/onderzoek-resultaten/kennisonline-onderzoeksprojecten-lnv.htm
https://www.ecologischeautoriteit.nl/
Rapport n° 015592-01
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Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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écologique, indépendante, a pour mission d?évaluer la pertinence des projets de décisions
des autorités compétentes portant sur la protection de la nature, l?environnement abiotique et
le climat. Dans le cadre d?une montée en charge progressive et dans l?attente d?une
évaluation du dispositif, l?Autorité écologique néerlandaise est créée pour 8 ans et a des
prérogatives qui se limitent à l?évaluation desdits documents d?analyse des objectifs N2000
du point de vue de la protection de la nature.
La mission d?assistance aux politiques publiques de la WUR est inscrite dans le décret relatif
au subventionnement des instituts de recherche appliquée (Subsidieregeling instituten voor
toegepast onderzoek). Dans ce décret, il est fait la distinction entre les missions
réglementaires (zoonoses, etc.) et les travaux de recherches de long et moyen terme, et une
mention est faite des « questions de connaissance complémentaire ». Les modalités de mise
en oeuvre (la mise en place d?un guichet Internet) ne sont pas prévues dans les textes.
L?Autorité écologique mentionnée ci-avant est comparable au CNPN. Instituée par décret,
indépendante, l?Autorité écologique a des missions définies règlementairement. Voir
également : https://www.rijksoverheid.nl/documenten/kamerstukken/2022/09/09/instelling-
ecologische-autoriteit.
L?Autorité écologique est composée de membres nommés par décret ministériel et fonctionne
sur le modèle de l?Autorité environnementale (« Commissie m.e.r. ») néerlandaise : elle fait
appel au cas par cas à des experts externes qui sont chargés à titre personnel de produire
les avis.
La structure est pour le moment provisoire (jusque 2030) et est financée par le ministère.
Pour les autorisations relatives aux espèces protégées, l?organisation néerlandaise fait appel
à une expertise en régie. Les instructeurs disposent des connaissances nécessaires et
peuvent le cas échéant solliciter le milieu académique.
Le fonctionnement avec une Autorité écologique indépendante est encore trop récent pour
tirer des enseignements.
Annexe : La révolution législative environnementale entre grandes promesses et
embûches (Aude ROBIN-MITREVSKI, cheffe du service économique régional)
L?Omgevingswet, ou loi sur l?environnement et l?aménagement du territoire, adoptée en 2016,
résulte d?un important travail législatif mené par le ministère de l?Intérieur et des Relations
internes au Royaume. Ce texte remplace en une seule loi 26 anciennes lois et 120 textes
réglementaires sectoriels (concernant les sols, la biodiversité, le patrimoine, le paysage,
l?eau, etc.). Très attendue et suscitant quelque appréhension, son entrée en vigueur, prévue
en 2018, a été repoussée plusieurs fois jusqu?au 1er janvier 2024 à cause de problèmes
techniques. En mettant fin à la fragmentation de la réglementation, le gouvernement affichait
son ambition d?accélérer les procédures, rendre plus flexible le processus décisionnel au
profit des projets innovants, tout en garantissant la cohérence des différentes politiques
publiques.
1. Les Pays-Bas se sont dotés en 2016 d?une nouvelle loi environnementale pour simplifier
l?architecture législative jugée complexe
1.1. L?Omgevingswet a été un chantier législatif considérable lancé en 2011 en réponse à des
objectifs de simplification du droit de l?environnement. Auparavant, le tissu législatif relatif à
l'aménagement du territoire et à la préservation de l?environnement se fondait sur une
répartition et une articulation des compétences entre échelons administratifs (État central,
provinces et communes) décrites dans la Wet ruimtelijke ordening (« Loi sur l'aménagement
du territoire » de 2008). En sus, de multiples réglementations sectorielles s?appliquaient aux
projets en fonction de leurs caractéristiques, chacune prévoyant des procédures spécifiques
PUBLIÉ
https://www.ecologischeautoriteit.nl/
https://wetten.overheid.nl/BWBR0040605/2024-05-01
https://wetten.overheid.nl/BWBR0047147/2022-09-19
https://www.rijksoverheid.nl/documenten/kamerstukken/2022/09/09/instelling-ecologische-autoriteit
https://www.rijksoverheid.nl/documenten/kamerstukken/2022/09/09/instelling-ecologische-autoriteit
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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(cf. annexe 1). En 2011, la ministre de l?Infrastructure et de l?Environnement Mme Mélanu
Schulz (parti libéral VVD) a pris l?initiative de lancer le programme « Simplement mieux »
(Eenvoudig beter), associant les ministères chargés de l?économie, de l?agriculture, de la
sécurité intérieure, de l?éducation, du patrimoine et de la défense afin d?esquisser les grandes
lignes de l'Omgevingswet. L?objectif était de rassembler les textes applicables à
l?environnement physique en un seul document afin d?apporter de la transparence dans le
droit de l?environnement, simplifier les procédures et lever les obstacles aux projets tout en
intégrant les enjeux écologiques.
1.2. La nouvelle loi relative à l?environnement, l?Omgevingswet regroupe une centaine de
textes et révolutionne le rapport entre pétitionnaires et autorités. Pour un coût de plus de 2,7
Md¤, cette loi, adoptée en 2016, à droit constant, avait pour but affiché de faciliter les
initiatives individuelles et de permettre aux citoyens de s?approprier davantage leur
environnement. Elle s?articule autour de quatre axes mis en avant par le gouvernement : (i)
améliorer la coordination entre les différents plans et programmes territoriaux, (ii) favoriser
les projets liés aux transitions, (iii) faciliter l?adaptation des politiques d?aménagement mises
en oeuvre par les collectivités aux enjeux locaux, (iv) favoriser l?engagement et la participation
de la société civile. Grâce à un guichet unique et numérique (mis en place par les autorités
dans un système d?information géographique), le pétitionnaire peut se renseigner sur la
faisabilité de son projet en consultant les règlementations en vigueur sur sa parcelle selon
les caractéristiques du projet et faire sa demande d?autorisation, déclaration ou
enregistrement. Au bilan, les délais de validation des projets de construction devraient passer
de 26 à 8 semaines.
2. Après de multiples reports, son entrée en vigueur au 1er janvier 2024 est censée faciliter
les projets
2.1. L?Omgevingswet revoit la manière dont est pensé l?aménagement du territoire. Dans son
esprit, avec le principe de subsidiarité, la loi impose à l'État, aux provinces et aux
municipalités l'élaboration, chacun à l?échelle de son territoire, d'une « stratégie
d'aménagement et d'environnement » (Omgevingsvisie), planification transversale devant
prendre en compte les plans de rang supérieur. Les Omgevingsvisie, combinées avec la
révision des plans de zonage en « plans d?aménagements » (Omgevingsplan), obligent à une
remise en question de leur cohérence, conduisant le cas échéant à une dérégulation, rendant
exceptionnels les cas où une autorisation est nécessaire. Les municipalités ont jusqu'au 1er
janvier 2032 pour élaborer leur Omgevingsplan. Pendant cette période, elles bénéficient d'un
plan transitoire constitué des décisions de l?ancien plan de zonage ainsi que des règles
nationales supprimées et transférées au niveau communal. Elles devront être intégrées dans
le nouveau document.
2.2. L?entrée en vigueur des nouvelles procédures, initialement prévue en 2018, s?est heurtée
à des avaries techniques qui ont obligé à son report de 6 ans. Initialement imaginée en 2011
par le gouvernement, la loi fut publiée en 2016, avec une mise en application prévue
initialement pour 2018 mais seulement effective le 1er janvier 2024. Ces reports sont dus à
des doutes sur l?outil informatique sur lequel repose la loi. D?abord attribués à une mauvaise
coordination du projet, les reports successifs du projet sont surtout dus à sa complexité et
son manque de fiabilité. En fin d'année 2022, le Conseil consultatif pour l'évaluation des TIC
(AcICT) a formulé un jugement extrêmement critique dans l'un de ses rapports, affirmant qu?«
il n?y a pas suffisamment de certitude quant à la qualité des systèmes et au nombre d?erreurs
qui restent à prévoir ». Avec des versions test toujours défaillantes à trois mois de l?entrée en
vigueur, il avait alors été décidé de reporter une dernière fois, jusqu?à 2024, l?entrée en
vigueur de la loi.
2.3. Les collectivités territoriales et leurs agents ont été les premières victimes de cette mise
en place laborieuse, mais le crash redouté n?a pas encore eu lieu. Les nombreux reports ont
toutefois contraint les collectivités à avancer dans le flou en maintenant l'ancien système tout
PUBLIÉ
https://www.binnenlandsbestuur.nl/ruimte-en-milieu/omgevingswet-valt-miljard-duurder-uit#:~:text=De%20eenmalige%20kosten%20die%20overheden,naar%202%2C7%20miljard%20euro.
https://www.binnenlandsbestuur.nl/ruimte-en-milieu/omgevingswet-valt-miljard-duurder-uit#:~:text=De%20eenmalige%20kosten%20die%20overheden,naar%202%2C7%20miljard%20euro.
https://omgevingswet.overheid.nl/home
https://fd.nl/samenleving/1512366/grote-crash-blijft-uit-in-eerste-maanden-werken-met-omgevingswet
https://iplo.nl/regelgeving/instrumenten/omgevingsplan/omgevingsplan-rechtswege/
https://www.volkskrant.nl/nieuws-achtergrond/omgevingswet-onder-vuur-ict-systeem-werkt-van-geen-kanten~bd6745a7/
https://www.adviescollegeicttoetsing.nl/documenten/publicaties/2022/10/10/advies-digitaal-stelsel-omgevingswet-dso-lv
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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en essayant de se familiariser avec le nouveau. En amont de l?entrée en vigueur du nouveau
dispositif, les collectivités se sont ainsi fortement exprimées pour souligner leur besoin de
clarté quant à la date officielle d?entrée en vigueur au moins six mois en amont. Si les
parlementaires signalent des retours indiquant que de nombreuses demandes étaient mal
remplies et entraînaient des retards dans le traitement, il n?y a pas eu de crash. Le site Internet
d?information aux collectivités, le centre de soutien aux municipalités et les séances
hebdomadaires de formations à l?Omgevingswet par l?Association des communes
néerlandaises (VNG) ont permis d?absorber les questions des agents territoriaux et gérer la
transition entre les deux systèmes.
L?Omgevingswet est vue aux Pays-Bas comme la plus grande opération législative depuis la
constitution de 1848. Ce chantier courageux et libéral doit désormais faire ses preuves. Dans
un contexte où la société civile réclame de plus en plus de régulations pour répondre aux
défis climatiques, des associations environnementales s?en méfient et l?attendent au tournant.
De plus, après l?invalidation du programme d?émissions d?azote du gouvernement par le
Conseil d?État en 2019 qui a freiné, voir arrêté, de nombreux projets, l?Omgevingswet est-elle
assez robuste pour rassurer les porteurs de projets et conférer à l?économie la sécurité
juridique attendue ?
Ce qu?il faut retenir
La législation néerlandaise a été entièrement rénovée début 2024.
Les textes préexistants, trop nombreux et portées par des administrations très diverses,
n'avaient pas pu empêcher la grave crise environnementale « dite de l'azote » en 2019
provoquant des affrontements violents avec les agriculteurs.
Les avis sur les textes, les plans et les programmes, sont émis par « l'autorité écologique »,
autorité indépendante, qui pour chaque demande constitue un groupe de travail piloté par un
de ses collaborateurs et comprend des experts sollicités pour leurs compétences.
Les avis sont publiés et non contraignants. Les demandes de dérogations aux espèces
protégées sont instruites en interne par le ministère chargé de la protection de la nature ou
les administrations provinciales (en fonction de seuil définis par un décret) par un binôme
juriste/écologue.
Le ministère a signé un accord-cadre avec l'université de Wageningue pour une assistance
scientifique et technique en cas de besoin spécifique ou d'urgence.
PUBLIÉ
https://www.eerstekamer.nl/handelingen/ek/20230307/conceptbesluit_tot_vaststelling
https://aandeslagmetdeomgevingswet.nl/
https://natuurenmilieu.nl/nieuws-artikel/nieuwe-omgevingswet-natuur-verdient-betere-bescherming/
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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Annexe 9. Fiche parangonnage Espagne
Contacts de la mission :
Alvaro Espino, attaché sectoriel à l?ambassade de France à Madrid
Contexte :
L'Espagne se distingue par sa diversité et sa richesse naturelles. Avec une superficie de
505 000 km², le pays compte 52 réserves de biosphère, abrite environ 10 000 espèces de
plantes différentes. Il abrite plus de 50 000 espèces animales, ce qui en fait l'un des pays
ayant la plus grande biodiversité de toute l'Union européenne91.
Selon la Constitution espagnole, l'État détient le pouvoir (article 149.23) d'établir le cadre
réglementaire en matière de politique environnementale. Cependant, la protection de
l'environnement a été dévolue par l'État (article 148.9) aux dix-sept communautés autonomes
(ou régions), qui sont les entités responsables de la gestion des politiques publiques en la
matière, y compris la biodiversité (incluant la flore et la faune), l'élaboration et le
développement des plans de prévention et de contrôle des espèces exotiques et invasives,
ainsi que la gestion des espaces naturels protégés.
Cette organisation décentralisée s'illustre particulièrement dans la composition du principal
organe chargé de discuter des avant-projets de loi, des décrets et des différents plans en
matière d'environnement (ex : le Plan stratégique pour le Patrimoine Naturel et la Biodiversité
(2023-2030), à savoir la Conférence sectorielle de l?Environnement (CSE).
Composition de la Conférence sectorielle de l?Environnement (CSE) :
Le secrétaire d'État à l'Environnement du ministère de la transition écologique et du défi
démographique en assure la présidence. Il comprend les dix-sept conseillers régionaux en
charge de l?environnement et un représentant de chacune des deux « villes autonomes »
(Ceuta et Melilla).
Pour réaliser son travail et recueillir les avis scientifiques et techniques nécessaires à
l?élaboration des plans, programmes et stratégies en matière d?environnement, la CSE
sollicite la Commission d'État du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité pour avis. Cette
dernière peut renforcer son expertise scientifique en s?appuyant sur :
Les six comités thématiques permanents de la Commission d'État du patrimoine naturel
et de la biodiversité. Ces comités sont spécialisés dans différents domaines de la biodiversité
et du patrimoine naturel. Ils fournissent des recommandations et des avis spécifiques sur
leurs domaines respectifs.
Des groupes de travail thématiques : ces groupes peuvent être créés de manière
temporaire pour traiter des thématiques spécifiques qui nécessitent une expertise scientifique
approfondie. Par exemple, des groupes ad hoc ont été formés pour étudier des espèces
particulières comme le lynx ou le vison d?Europe.
Les établissements publics scientifiques, tels que le CSIC (Centre Supérieur de la Recherche
Scientifique, homologue du CNRS), l?IEO (Institut Espagnol d?Océanographie, équivalent de
l?IFREMER), et l?INIA (Institut National de Recherche et de Technologie Agraire et Alimentaire,
équivalent de l'INRA), complètent le panorama, ainsi que l?Inventaire espagnol du patrimoine
naturel et de la biodiversité, principale base de données d?indicateurs en matière de
biodiversité.
Avant de soumettre ses recommandations à la CSE, la Commission d'État du patrimoine
91 https://www.cbd.int/countries/profile?country=es
PUBLIÉ
https://www.cbd.int/countries/profile?country=es
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naturel et de la biodiversité doit consulter un organe consultatif connu sous le nom de Conseil
d'État pour le patrimoine naturel et la biodiversité, qui représente la société civile.
Organisation des organes impliqués dans la formulation d?avis scientifiques pour la
Conférence Sectorielle de l?Environnement :
Brève présentation des principaux établissements publics espagnols
en matière de recherche environnementale
Le CSIC ou Centre Supérieur de la Recherche Scientifique (homologue du CNRS) :
conformément à l'article 5 du Décret 1730/2007, il est chargé de transmettre les conclusions
des études scientifiques et technologiques aux institutions publiques (ministères,
communautés autonomes) et privées qui en font la demande. Ce centre s?appuie sur 24
instituts de recherche spécialisés en matière environnementale, tel l?Institut Pyrénéen
d?Ecologie, situé dans la Communauté autonome d?Aragon.
L?IEO (Institut Espagnol d?Océanographie, homologue de l?IFREMER) : en vertu de la loi sur
la Science et du Décret 718/2010, cet institut est chargé de fournir des conseils en matière
de recherche scientifique et d'innovation technologique aux organismes relevant de
l'administration centrale de l'État et des communautés autonomes.
L?INIA : l'Institut National de Recherche et de Technologie Agraire et Alimentaire (INIA),
équivalent de l'INRA, a été fondé en 1991. Conformément à l'article 2 du Décret 202/2021,
celui-ci mène des activités de recherche et fournit un soutien technique et scientifique dans
Conférence Sectorielle de l?Environnement
ou CSE (organe Etat-Communautés autonomes)
chargé de l'exécution des politiques
en matière de l?environnement
Commission d?Etat de
Patrimoine Naturel et de la
Biodiversité
(organe chargé de rendre des
avis scientifiques à la CSE).
Celui peut s?appuyer sur six
comités techniques spécialisés,
des groupes de travail ou
l?expertise des établissements
scientifiques)
Conseil d?Etat pour le
patrimoine naturel et la
Biodiversité
(Organe d'échange entre
l?État, les Régions et la
société civile, consulté par la
Commission d?État du
Patrimoine Naturel et de la
Biodiversité avant de rendre
des avis scientifiques à la
CSE.
Inventaire espagnol du
patrimoine naturel
(Base de données
nationale d?indicateurs
en matière de
Biodiversité alimentée
par l?Etat et les
Communautés
autonomes)
Groupes de travail
(ex : lynx ibérique,
vison d?Europe)
Etablissements
scientifiques
(CSIC, IEO)
Technique
Technique
Technique
Consultatif
Société civile
Délibératif
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le domaine de la recherche agroalimentaire. Il travaille tant pour le compte du ministère de
l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation que pour celui du ministère pour la transition
écologique et le défi démographique.
En Espagne, les questions relatives aux dérogations à l'interdiction de destruction des
espèces protégées sont encadrées par l'article 56 de la loi 42/2007, qui établit que la Liste
des espèces protégées (Listado de Especies Silvestres en Régimen de Protección Especial),
relevant du ministère de la transition écologique et du défi démographique (MITECO), ne peut
être modifiée que sur proposition de la Commission d'État pour le patrimoine naturel et la
biodiversité ou des communautés autonomes. Cette modification peut également être
décidée et imposée par le MITECO.
Pour les espèces protégées par les normes de l'Union européenne ou des instruments
internationaux, leur inclusion dans la liste est automatique et précédée d'une notification à la
Commission d'État pour le patrimoine naturel et la biodiversité. Tout citoyen ou entité privée
peut également solliciter une révision de cette liste en présentant une justification scientifique.
Une fois inscrites dans la Liste des Espèces Sauvages sous Protection Spéciale (LESPRE),
ces espèces font l'objet d'une évaluation régulière de leur état de conservation. Les
communautés autonomes ont également la possibilité de créer leurs propres listes d'espèces
sauvages sous protection spéciale, assorties de mesures de préservation supplémentaires
adaptées à leurs territoires respectifs.
L'organisation de l'expertise scientifique et technique est régie, en Espagne, par des
dispositions législatives et réglementaires. La pierre angulaire de ce dispositif est la loi
42/2007 sur le patrimoine naturel et la biodiversité.
La structure, les fonctions et la composition des comités techniques appuyant les avis
scientifiques de la Commission d?État pour le patrimoine naturel et la biodiversité sont régies
par le décret 1424/2008. En ce qui concerne le Conseil d?État du patrimoine naturel et de la
biodiversité, celui-ci est régi par le décret 948/2009.
Fonctions et composition de la Commission d?État du patrimoine naturel et de la
biodiversité :
Selon le décret royal 1424/2008 qui régit cet organe, la Commission constitue un forum de
discussion et d'échange sur toutes les questions relatives à la protection, à la restauration et
à l'amélioration des ressources naturelles dans tous les domaines de compétence. Elle
assure la coordination entre les différentes administrations et favorise une prise de décision
plus efficace, en suivant le principe de solidarité. Ce décret définit également la composition
et les attributions de la Commission, énonce les règles régissant son fonctionnement et
institue les comités spécialisés qui la composent. Ces comités, ayant un rôle consultatif,
facilitent la coopération entre l'État et les communautés autonomes. Cette commission se
réunit en moyenne deux fois par an.
Composition de la Commission d?État du patrimoine naturel et de la biodiversité :
- Le directeur général de la biodiversité, des forêts et de la désertification du MITECO, qui
assure la présidence.
- Un représentant du Ministère des affaires étrangères, de l'UE et de la coopération.
- Un représentant par communauté autonome (17) et de chacune des deux « villes
autonomes » espagnoles (Ceuta et Melilla).
Fonctions et composition du Conseil d?État du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité :
Ce Conseil est un organe collégial de participation de la société civile dans le domaine de la
conservation et de l?utilisation durable du patrimoine naturel et de la biodiversité. Le décret
royal 948/2009 établit comme principales fonctions de rendre un avis sur les plans et
PUBLIÉ
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stratégies de conservation en matière de patrimoine naturel et de biodiversité qui lui sont
soumis par la Commission d?État pour le Patrimoine Naturel et la Biodiversité.
Composition du Conseil d?État du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité :
- La présidence est assurée par le Secrétaire d?État à l?Environnement et le Directeur
général de l?environnement naturel et de la politique forestière.
Les autres membres :
- 8 représentants ministériels : 3 du Ministère de la Transition Écologique et du Défi
Démographique, ainsi qu'un représentant de chaque ministère de l'industrie, de la santé,
du logement, des sciences et de la culture.
- Deux représentants d?organisations professionnelles.
- Deux représentants d?organisations syndicales.
- Trois représentants d?organisations agricoles.
- Un représentant des associations nationales de consommateurs.
- Cinq représentants d?associations professionnelles ayant un impact sur l'environnement.
- Un représentant du CSIC.
- Deux représentants du monde universitaire.
- Cinq représentants d?ONG.
- Deux représentants de fédérations sportives.
- Un représentant du secteur de la pêche.
- Un représentant de chaque communauté autonome (sans droit de vote)
Comme évoqué précédemment, la Commission d'État du Patrimoine Naturel et de la
Biodiversité s?appuie pour rendre ses avis scientifiques sur six comités techniques spécialisés
(voir ci-dessous). Selon l'article 2.6. du décret n° 1242/2008, la Commission d'État du
patrimoine naturel et de la biodiversité peut proposer à tout moment au MITECO la création,
la modification ou la suppression des comités spécialisés qu'elle juge nécessaires à
l'accomplissement de ses fonctions. Les membres des comités techniques sont
généralement des fonctionnaires des établissements de recherche susmentionnés (CSIC,
IEO, etc.).
Comités techniques de la Commission d'État du Patrimoine Naturel et de la
Biodiversité :
- Comité des Espaces Naturels Protégés.
- Comité des Zones Humides.
- Comité de la Flore et de la Faune Sauvages.
- Comité Forestier Espagnol.
- Comité pour l'amélioration et la conservation des ressources génétiques forestières.
- Comité de Lutte contre les Incendies Forestiers.
Groupes de travail :
Ces conseils peuvent à leur tour s'appuyer sur des groupes de travail consacrés à des
thématiques spécifiques, comme le lynx ibérique ou le vison d?Europe. La composition de ces
groupes de travail est déterminée par chaque comité technique. Les membres des groupes
de travail sont généralement également des universitaires ou issus des centres de recherche.
Selon le Sous-directeur chargé de la biodiversité, des forêts et de la désertification, interrogé
dans le cadre de ce parangonnage, la CSE peut demander à tout moment l'expertise
technique et scientifique de la Commission d'État pour le patrimoine naturel et la biodiversité.
Cependant, c?est généralement cette dernière qui s?autosaisit, impliquant ainsi une approche
ascendante ou « bottom up ». Si nécessaire, des rapporteurs sont nommés. Les décisions
sont majoritairement prises par délibération et adoptées à la majorité, avec une recherche
générale de consensus. Un délai de production est habituellement fixé.
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Rapport n° 015592-01
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La Commission d'État pour le patrimoine naturel et la biodiversité peut également s'autosaisir
pour soumettre des avis d'expertise. L'application de ces avis est consultative, bien qu'ils
soient généralement pris en compte par la CSE. Il n'est pas systématique que les avis soient
rendus publics ; la plupart du temps, les documents administratifs restent internes. Cependant,
certains documents peuvent être rendus publics sur demande.
Le secrétariat de la Commission d?État du patrimoine naturel et de la biodiversité est assuré
par un agent de la Direction générale de la biodiversité, des forêts et de la désertification du
MITECO. De même, chaque comité technique bénéficie du secrétariat d'un agent de cette
même direction. Contrairement au CNPN en France, cette Commission n'a pas de budget
propre, mais elle dispose d'une ligne budgétaire gérée par la Direction générale de la
biodiversité, des forêts et de la désertification. Les chercheurs, membres des comités
techniques et des groupes de travail conseillant cette Commission, ne sont pas rémunérés.
Le secrétariat du Conseil d?État du patrimoine naturel et de la biodiversité est également
assuré par un agent de la Direction générale de la biodiversité, des forêts et de la
désertification du MITECO. Ce Conseil n?a pas non plus de budget propre, mais il dispose
également d'une ligne budgétaire gérée par la Direction générale de la biodiversité, des forêts
et de la désertification.
D'après nos interlocuteurs, la sous-direction de la biodiversité du Ministère de la transition
écologique et du défi démographique, ainsi que le département de l?environnement de la
Communauté autonome d?Aragon, consultés dans le cadre de cette étude comparative,
l'organisation espagnole se distingue par une collaboration étroite entre l'État et un haut
niveau de compétences scientifiques au sein des comités techniques/groupes de travail. De
plus, l?articulation et la qualité des espaces d?échanges entre l?État et les communautés
autonomes sont considérées comme des points forts (de même qu?avec la société civile).
Néanmoins, des délais prolongés, parfois jusqu'à un an, sont identifiés comme des points
faibles en raison de la nécessité de parvenir à des consensus pour l'adoption de certains avis.
Une forme de bureaucratie et de lourdeurs administratives seraient à l?origine de ces délais
parfois prolongés.
Plan stratégique pour le Patrimoine Naturel et la Biodiversité (2023-2030) :
Le plan vise à définir des actions pour freiner la détérioration des écosystèmes et renforcer
la restauration écologique pour la période 2023-2030. Il a été élaboré en collaboration avec
les Communautés autonomes, avec le soutien technique et scientifique de la CEPNB, des
associations et des centres de recherche, puis approuvé par la Conférence sectorielle de
l'environnement. Ce plan complète également le plan de relance espagnol avec plusieurs
paquets de mesures et d'investissements, le premier budget estimé étant de 4 M¤ pour 2025.
Parmi les objectifs fixés par ce plan, on retrouve :
- Améliorer les connaissances sur la biodiversité pour élaborer des politiques publiques
efficaces en matière de conservation.
- Créer à partir de 2022 un Système national de suivi et gouvernance de la connaissance
sur le patrimoine naturel et la biodiversité en Espagne, avec pour objectif qu'en 2030
aucun espace d'intérêt commun n'ait un état de conservation « inconnu ».
- Valoriser économiquement les services écosystémiques et établir un système national de
comptabilité du capital naturel.
- Développer les infrastructures vertes, la connectivité et la restauration écologique.
- Restaurer 15 % des écosystèmes dégradés.
- Améliorer et protéger les habitats et les espèces, avec au moins 30% des espaces en
tendance positive d'ici 2030.
- Elaborer un Plan national pour la conservation du patrimoine géologique et la géodiversité,
ainsi qu'un Inventaire national des lieux d'intérêt géologique (IELIG).
- Protéger 30 % des espaces maritimes d'ici 2030, avec la création de 8 nouveaux espaces
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maritimes Natura 2000 entre 2023 et 2024.
- Maintenir et renforcer les actions contre les délits environnementaux.
- Intensifier les actions d'éducation et de communication sur la biodiversité.
Inventaire espagnol du Patrimoine naturel et de la biodiversité :
Conformément à la loi 42/2007 sur le patrimoine naturel, la Commission d'État du patrimoine
naturel et de la biodiversité, ainsi que tous les instituts de recherche, s'appuient sur l'«
inventaire espagnol du patrimoine naturel et de la biodiversité », une base de données
d'indicateurs définis par l'État en collaboration avec les communautés autonomes et les
institutions scientifiques. Cette base de données contribue à l'élaboration de normes, d'avis
et de plans et stratégies en matière de biodiversité. Cet inventaire comprend divers éléments
tels que les habitats menacés, les espèces protégées, les espèces exotiques invasives et les
espaces naturels protégés. Ces données, sont à leur tour intégrées dans ce qui a été nommé
« banque de données de la nature »92. Le Ministère de la Transition écologique et du Défi
démographique est responsable de la création et de la mise à jour de cet inventaire, et est
chargé de la publication d?un rapport annuel (le dernier rapport date de 2022).
Fonctions de la Commission d?État du patrimoine naturel et de la biodiversité (Décret
1424/2008)
92 Descargas del área de actividad de Biodiversidad y Bosques (miteco.gob.es)
1. Promouvoir la coopération entre l?Administration générale de l?État et les communautés auto-
nomes et les villes de Ceuta et Melilla pour l?élaboration de règlements, de plans et de programmes, et
la mise en oeuvre d?actions de protection, de conservation, de restauration et d?amélioration du patri-
moine naturel et de la biodiversité, y compris la politique forestière.
2. Promouvoir la coopération entre l?Administration générale de l?État et les communautés auto-
nomes et les villes de Ceuta et Melilla pour la préparation et la mise à jour de l?inventaire espagnol du
patrimoine naturel et de la biodiversité et du système d?indicateurs conçu pour exprimer ses résultats de
manière synthétique.
3. Préparer la participation espagnole aux organismes, conférences et réunions internationaux rela-
tifs à la conservation du patrimoine naturel et de la biodiversité et contribuer à l?exécution des obligations
qui en découlent.
4. Contribuer au développement de programmes internationaux liés à la conservation du patrimoine
naturel et de la biodiversité découlant des accords et conventions auxquels l?Espagne est partie.
5. Examiner les propositions qui leur sont soumises par leurs comités spécialisés.
6. Proposer la création, la modification et la suppression des Comités spécialisés qu?il juge néces-
saires à l?exercice de ses fonctions.
7. Approuver ses propres règles de fonctionnement.
PUBLIÉ
https://www.miteco.gob.es/content/dam/miteco/es/biodiversidad/temas/inventarios-nacionales/iepnb/informes/InformeIEPNB_2022.pdf
https://www.miteco.gob.es/gl/biodiversidad/servicios/banco-datos-naturaleza/informacion-disponible/cartografia_informacion_disp.html
Rapport n° 015592-01
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Fonctions du Conseil d?État pour le Patrimoine Naturel et de la Biodiversité (Décret
948/2009) :
Ce qu?il faut retenir
L?État espagnol définit le cadre réglementaire, les communautés autonomes et les régions
assurent la protection de l'environnement.
Les projets de textes législatifs et de plans concernant l'environnement sont discutés au sein
d'une instance réunissant le ministère de l'environnement et les représentants régionaux : la
conférence sectorielle de l'environnement naturel (CSE).
Ses travaux s'appuient sur la commission d?État du patrimoine et de la biodiversité qui compte
6 comités thématiques et des groupes de travail ad hoc si besoin. Les établissements publics
peuvent apporter leur concours à ces travaux.
Les recommandations de la CSE sont soumises pour avis à la commission d'état du
patrimoine naturel et de la biodiversité qui représente la société civile. La liste des espèces
protégées relève du ministère mais la mission n'a pas eu d'information sur la procédure
d'instruction des dérogations.
Le Conseil d?État pour le patrimoine naturel et la biodiversité a les fonctions suivantes :
a) Éclairer les réglementations et les plans au niveau national, [?], en les surveillant et en évaluant
l?impact social, économique et environnemental des politiques publiques.
b) Connaître, avant sa publication, le rapport annuel sur l?état et l?évolution du patrimoine naturel et
de la biodiversité.
c) Rendre compte, avant son approbation, du Plan stratégique de l?État pour le patrimoine naturel et
la biodiversité.
d) De faire rapport, avant leur approbation, sur les directives de gestion des ressources naturelles
auxquelles doivent se conformer les plans de gestion des ressources naturelles approuvés par les
communautés autonomes.
e) Informer, avant leur adoption, des stratégies de restauration des habitats menacés de disparition.
f) Informer, avant son approbation, de la déclaration d?aires naturelles protégées au niveau de l?État.
g) Informer, avant son approbation, des stratégies de conservation des espèces menacées présentes
dans plus d?une communauté autonome.
h) Informer, avant son approbation, des stratégies de gestion, de contrôle et d?éradication éventuelle
des espèces inscrites au Catalogue espagnol des espèces exotiques envahissantes.
i) Promouvoir l?élaboration de rapports et d?études sur le secteur forestier et suivre les plans et
programmes relatifs aux forêts au niveau de l?État, dans lesquels l?impact social, économique et
environnemental des politiques publiques est évalué.
j) Proposer aux administrations publiques les mesures jugées appropriées pour améliorer la gestion
durable de la forêt et la compétitivité du secteur
k) Préparer un rapport annuel sur le secteur forestier espagnol, qui comprend la situation, l?évolution
et les perspectives de celui-ci.
l) Promouvoir le dialogue, la participation et la collaboration entre toutes les administrations,
institutions et agents sociaux et économiques impliqués dans l?utilisation durable des ressources
naturelles, en favorisant l?échange d?informations entre tous les membres du Conseil sur les questions à
l?examen.
m) Fournir des conseils techniques et scientifiques aux délégations espagnoles, lorsque cela est
requis par l?intermédiaire de son Président, par la personne qui assure la présidence ou le chef de la
délégation espagnole, dans les organismes, conférences et réunions internationaux relatifs à la
conservation du patrimoine naturel et de la biodiversité et contribuer à l?exécution des obligations qui en
découlent.
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Annexe 10. Fiche parangonnage Suède
Contacts de la mission :
Selma LABROUE - Chargée de mission Études comparatives internationales au Bureau Pilot
- Étude, stratégie et pilotage du réseau international - de la direction général du trésor
Le fonctionnement de l?expertise technique et scientifique en Suède :
En 1999, la Suède a réformé en profondeur sa législation environnementale avec l?adoption
du Code de l?environnement. En plus de consolider une législation auparavant fragmentée,
le Code précise le rôle des études d?impact sur l?environnement (EIE), dont la mise en oeuvre
relève des échelons local et régional et crée des tribunaux spécialisés en matière
environnementale qui jouent une pièce maîtresse dans le dispositif.
Il n?y a pas en Suède d?agence unique responsable des évaluations environnemen-
tales : les acteurs du processus sont multiples et les modalités d?évaluation peuvent varier
au cas par cas. In fine, la responsabilité de la conduite des évaluations environnementales
est très décentralisée et incombe aux communes et préfectures. Il s?agit d?un véritable pro-
cessus de négociations où les consultations des parties prenantes sont très larges.
Les directives européennes 2001/42/CE relative à l'évaluation des incidences de certains
plans et programmes sur l'environnement et 2011/92/UE concernant l?évaluation des
incidences de certains projets publics et privés sur l?environnement ont été transposées dans
le droit suédois au sein du code de l?environnement (chapitre 6) et de l?ordonnance sur
l?évaluation environnementale. Une réforme importante du chapitre 6 du Code de
l?environnement a eu lieu en 2018 pour transposer la directive modificative de 2014 et
simplifier les procédures pour les projets n?ayant pas un impact significatif.
Le droit suédois distingue les évaluations environnementales stratégiques, pour les plans
et programmes réalisés par les autorités publiques ou les municipalités, et les évaluations
environnementales spécifiques pour les activités et projets, publics ou privés. Les deux
processus sont globalement similaires :
- détermination de l?existence d?un impact significatif sur l?environnement par une enquête
et une consultation ;
- évaluation environnementale en trois étapes (consultation de délimitation, déclaration
d?impact et commentaire du public) ;
- prise en compte de celle-ci dans la réalisation du plan/programme ou dans l?attribution
d?un permis pour le projet.
Les acteurs diffèrent à la marge et les exigences sont un peu plus strictes pour l?évaluation
des projets que des plans, mais dans la pratique les autorités suédoises ne font que peu la
distinction entre les deux instruments93.
Evaluation environnementale stratégique (plans et programmes) :
En premier lieu, c?est la municipalité ou la préfecture qui élabore ou modifie un plan ou
programme qui détermine si celui-ci peut avoir un impact significatif sur l?environnement via
une enquête. Cette enquête consiste en :
- Une identification des circonstances et de l?impact potentiel.
93 Un rapport de l?OCDE de 2014 note même qu?en dépit de la transposition par la Suède dans sa législation
des dispositions de la directive du Parlement européen et du Conseil relative à l?évaluation des incidences
de certains plans et programmes sur l?environnement (2001/42/CE), les autorités suédoises assimilent
souvent les évaluations environnementales stratégiques (EES) aux études d?impact sur l?environnement (EIE)
et ne font pas de distinction entre ces deux instruments.
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- Une consultation auprès des municipalités concernées, des préfectures (Länsstyrelser),
et des autres autorités concernées (ex. Agence suédoise de protection de l?environnement
ou Naturvårdsverket).
La municipalité ou préfecture rend ensuite une décision spéciale justifiée rendue publique sur
la nécessité d?une étude d?impact. Si une évaluation environnementale stratégique est
nécessaire, la municipalité ou préfecture doit réaliser une consultation de délimitation pour
déterminer la portée et le niveau de détail de l?étude auprès des mêmes acteurs, puis produire
une déclaration d?impact environnemental. Celle-ci doit ensuite être ouverte aux
commentaires. La municipalité ou préfecture doit enfin prendre compte de cette étude
d?impact dans la réalisation de son plan ou programme.
Evaluation environnementale spécifique (projets) :
Dans le cas où il y a un doute sur le potentiel impact d?une activité ou d?un projet sur
l?environnement (projet non classifié par la loi comme ayant ou non un impact), c?est à la
préfecture (Länsstyrelser) de déterminer si le maître d?ouvrage doit fournir une
évaluation environnementale spécifique. Pour cela, le maitre d?ouvrage doit consulter
(avec un document de consultation préparé par ses soins) l?ensemble des parties prenantes
sur la question de l?impact environnemental significatif ainsi que la Préfecture, l?Agence pour
la protection de l?environnement et les parties concernées sur le contenu et la conception de
la déclaration d?impact à venir. Le maitre d?ouvrage produit ensuite un compte-rendu de
consultation qu?il soumet à la commission administrative de la Préfecture. Il agit par une
décision spéciale motivée en 60 jours si le projet peut être présumé avoir un impact significatif
et si une évaluation environnementale spécifique est nécessaire. Si l?impact est limité, une
petite étude d?impact environnemental, moins stricte dans son contenu, suffit. Dans le cas
d?une évaluation environnementale spécifique, l?exploitant réalise une consultation de
délimitation et une déclaration d?impact environnemental (dont le contenu est contrôlé
par le CA du comté et régulé par le gouvernement) qu?il soumet à la personne ou l?autorité
examinant la délivrance du permis (municipalités, préfectures, tribunaux régionaux de
l?environnement Miljödomstolar94 ou gouvernement selon la taille et l?impact du projet, cf.
question 3). Celle-ci l?examine, l?ouvre aux commentaires pour au moins 30 jours et la
complète au besoin, avant de délivrer ou non le permis. Dans la pratique, les deux phases
enquête/étude d?impact se confondent un peu : si l?Agence de protection de
l?environnement estime que le risque de rejet est grand dès l?examen de critère d?impact
significatif, elle doit en informer l?exploitant. De même, le dossier de consultation fournit par
l?exploitant pour déterminer l?existence ou non d?un impact significatif doit être suffisamment
complet pour servir à l?élaboration de l?étude d?impact.
94 Les tribunaux fonciers et de l?environnement (mark- och miljödomstolar) traitent des affaires et des dossiers
relatifs, entre autres, aux questions suivantes: permis de traitement des eaux et permis d?exercer une activité
dangereuse pour l?environnement; protection de la santé, protection de la nature, propreté publique, pollution,
gestion des déchets dangereux; indemnisation en matière environnementale; permis de construire, permis
d?abattre et permis de modification de terrains conformément à la loi sur l?urbanisme et la construction; droit
foncier, recours contre les décisions en matière d?urbanisme, lotissement, servitudes publiques ou privées,
expropriation. Il existe cinq tribunaux fonciers et de l?environnement, qui constituent des juridictions distinctes
au sein des tribunaux de première instance de Nacka, Vänersborg, Växjö, Umeå et Östersund. Les
jugements et ordonnances des tribunaux fonciers et de l?environnement peuvent faire l?objet d?un appel
devant la Cour foncière et de l?environnement (Mark- och miljööverdomstolen), qui fait partie de la Cour
d?appel de Svea (Svea hovrätt). Les affaires dont ont été saisis les tribunaux fonciers et de l?environnement
et qui ont fait l?objet d?un appel devant la Cour foncière et de l?environnement peuvent encore faire l?objet
d?un pourvoi devant la Cour suprême (Högsta domstolen).
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Le processus d?élaboration des études d?impact n?est donc pas complètement
internalisé, à l?image de la tradition de consultation publique propre à la Suède, et
inclut d?ailleurs souvent des entreprises de consultants. Cela découle également de
l?exigence d?expertise prévue par l?article 15 de l?ordonnance sur l?évaluation publique :
l?exploitant ou la municipalité (selon qu?il s?agisse d?un projet ou d?un plan) doit s?assurer que
la déclaration d?impact soit réalisée par des experts qualifiés (sans que ce terme soit précisé
externe/interne ou privé/public).
Acteurs opérationnels :
Les acteurs sont donc multiples, et les municipalités, préfectures et tribunaux
environnementaux jouent un rôle prépondérant dans le processus, qu?il s?agisse des
évaluations stratégiques ou spécifiques.
Par exemple, le gouvernement devrait prochainement prendre la décision finale en faveur de
la construction du site final d?entreposage des déchets nucléaires en couche géologique
profonde (SFK) à l?étude depuis 2011. Les agences suédoises (radioprotection,
environnement) ont remis des avis favorables au gouvernement, la commune (qui dispose
d?un droit de véto sur la décision finale du gouvernement) s?est également prononcée en
faveur du projet. Le tribunal de l?Environnement de Nacka (qui évalue la conformité du projet
au regard du Code de l?Environnement) a émis des réserves et demandé des analyses
techniques supplémentaires sur la corrosion des containers de cuivre. Le gouvernement
décidera in fine sur la base de ces avis.
Critiques : Le rôle prépondérant accordé aux communes et leur autonomie politique dans le
foncier et la construction notamment pourraient amener à une situation de distorsions entre
les collectivités sur les dispenses de permis ou la réalisation de l?aménagement du territoire.
Cela a d?ailleurs été observé par l?OCDE dans ses rapports de 2004 et 2014, où elle soulignait
une grande disparité entre les communes concernant la prise en compte des aspects
environnementaux dans les plans d?urbanisme (et la qualité des EES). L?OCDE notait
également que de nombreuses prescriptions liées à l?environnement dans la réglementation
du foncier et de la construction étaient établies au niveau des communes, par exemple la
fixation des normes d?efficacité énergétique des bâtiments, conduisant à des distorsions. Une
deuxième grande critique est la complexité du processus, régulé par la Code de
l?environnement, les ordonnances et lois et orientations de l?Agence Naturvårdsverket,
notamment pour les petites entreprises.
Réglementation et type de projets :
Une évaluation environnementale est nécessaire dès lors que le projet/plan est supposé avoir
un impact environnemental significatif (critère unique). Ce critère vaut aussi bien pour les
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plans et programmes que pour les projets. L?existence de cet impact est déterminée selon
trois sous-critères, explicités dans l?ordonnance sur l?évaluation environnementale :
- les caractéristiques du projet ou du plan (déchets, utilisation de ressources naturelles etc.) ;
- son emplacement (robuste ou fragile, déjà saturé etc.) ;
- le type et les caractéristiques des potentiels effets environnementaux (temporaires ou per-
manents, effets transfrontières, sur la biodiversité, le climat, les espèces etc.), en prenant en
compte l?aspect cumulatif des autres permis accordés et les risques pour la santé humaine.
La première étape est donc de déterminer l?existence de ce critère. Certaines opérations sont
déterminées par avance comme ayant ou non un impact (ex. toutes les activités menées
dans le domaine de l?eau, les opérations d?extraction et les enclos cynégétiques selon le Code
de l?environnement), les autres sont tranchées au cas par cas, sans critère de seuil.
Concernant les plans et programmes, l?évaluation environnementale stratégique ne
s?applique pas à ceux destinés à servir le service de défense ou de protection civile, ainsi que
les plans et programmes financiers ou budgétaire. Le gouvernement peut également émettre
des règlements pour décider que certains types de plans ou programmes ont
automatiquement un impact ou non.
Concernant les projets, le gouvernement peut également décider qu?un type de projet est
supposé impacter ou non l?environnement. De nombreuses lois exigent ainsi une étude
d?impact environnemental dans leur domaine (la loi sur l?aviation civile, la loi sur les routes, la
loi sur certaines conduites, la loi sur certaines tourbières, la loi sur les minéraux, la loi sur la
construction des chemins de fer et la loi sur l?électricité). On distingue ainsi :
- Ceux dont on peut toujours supposer qu?ils ont un impact environnemental significatif
(comprend les activités énumérées dans la directive EIE, les grandes opérations indus-
trielles, certaines opérations hydrauliques, grands projets d?infrastructure etc.).
- Ceux dont on peut toujours supposer qu?ils n?ont pas d?impact significatif (ex. dispositif
d?égout, drainage au sol insignifiant, installation de pompe à chaleur etc. soit des petits
projets souvent conduits par des PME).
- Ceux où la question de l?impact doit être tranchée au cas par cas, (ex. plans détaillés selon
la loi sur la planification et la construction etc.).
Pour les projets et plans étant considérés par le gouvernement comme ayant ou non un
impact significatif, on passe directement à l?évaluation environnementale ou à la réalisation
du projet. Pour les autres, une enquête réalisée par ou auprès de la municipalité est
nécessaire.
ENQUÊTE DE CRITERE
Dans le cas d?un plan ou d?un programme, c?est l?autorité ou la municipalité en charge qui
réalise elle-même l?enquête. Elle identifie l?existence potentielle d?un impact significatif sur
l?environnement et consulte : les municipalités concernées, les conseils d?administration de
comté et les autres autorités affectées par le plan ou programme. La municipalité doit
motiver sa décision et la rendre publique.
Dans le cas d?un projet, l?enquête est réalisée par l?exploitant mais auprès de la municipalité
et avec un contrôle accru. Le maître d?oeuvre prépare tout d?abord un document de
consultation complet avec le descriptif du projet qu?il transmet au Conseil d?administration
du comté, à l?autorité de tutelle (Agence pour la protection de l?environnement) et à toutes
les parties prenantes (ex. Agences pour les transports Trafikverket, riverains etc.). Cette
consultation est également l?occasion de commencer à se coordonner sur le contenu et la
conception de la déclaration d?impact future. Un compte-rendu (rapport de consultation)
est ensuite adressé au CA du comté pour évaluation. A la suite de l?enquête, le CA du
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comté (Länsstyrelsen) détermine si une étude environnementale spécifique est nécessaire
pour l?attribution d?un permis ou si une « petite étude environnementale », plus souple,
suffit. Le système est fondamentalement coopératif et basé sur la responsabilité commune.
Il existe des exceptions : Un exploitant a la possibilité de directement supposer que son projet
peut avoir un impact significatif : dans ce cas, aucune enquête n?est nécessaire et l?étude
d?impact peut directement être réalisée (idem pour un plan d?une municipalité). De même,
certains lieux sont suffisants pour affirmer l?existence d?un impact significatif : tous les permis
Natura 2000 (réseau de sites naturels de l?UE) sont par exemple automatiquement soumis à
une évaluation environnementale. Des exceptions prévues par la loi peuvent également être
faites à la réalisation d?une étude d?impact pour l?attribution d?un permis, par exemple en cas
d?urgence de santé.
Dans certains cas où les projets ne nécessitent pas de permis mais peuvent impacter
l?environnement, c?est à l?autorité de surveillance de procéder à un examen d?autorisation
pour imposer une demande de permis et une évaluation environnementale.
Avis de l?autorité environnementale :
A noter, en Suède, il n?existe pas de statistiques consolidées au niveau national sur les avis
rendus en matière environnementale par les différentes autorités (Ae).
Contenu de l?évaluation environnementale :
Le code de l?environnement modifié en 2018 clarifie les éléments que doivent contenir les
évaluations environnementales. Ces éléments sont dans l?ensemble les mêmes qu?il s?agisse
d?une évaluation stratégique ou spécifique. Elles doivent inclure une consultation de
délimitation pour déterminer la portée et le niveau de détail de l?étude d?impact, une
déclaration d?impact et la possibilité de soumettre des commentaires.
La déclaration d?impact doit inclure différents éléments selon que l?évaluation soit stratégique
ou spécifique. Pour les plans et programmes, la déclaration doit notamment contenir un
résumé, son objectif principal et sa relation avec les plans existants (dont une justification des
écarts potentiels avec les plans généraux). Pour les projets, la déclaration est plus complète
et doit contenir une présentation technique détaillée du projet (emplacement et conception
de l?activité, illustrations techniques, plan financier, immobilier nécessaire, potentiels accords
de développement etc.). Dans les deux cas, la déclaration doit présenter :
- les conditions environnementales et les problèmes potentiels ;
- l?évolution environnementale probable hors plan ou projet ;
- les effets probables du plan ou du projet ;
- les mesures envisagées pour prévenir, dissuader, neutraliser ou remédier aux atteintes à
l?environnement, y compris de potentielles mesures compensatoires ;
- les solutions alternatives.
La déclaration doit également inclure un compte-rendu des précédentes consultations et un
résumé non-technique.
Prise en compte de l?évaluation dans la réalisation des plans et la délivrance de
permis :
Dans sa préparation des plans, la municipalité a l?obligation de « tenir compte » de
l?étude d?impact et des commentaires (Section 9, chapitre 6 du code de
l?environnement) : lorsqu?elle adopte son plan détaillé, elle doit d?ailleurs spécifier
dans un compte-rendu de quelle manière elle a pris en compte l?étude d?impact et les
commentaires, si nécessaire pourquoi elle n?a pas suivi les alternatives envisagées,
et mettre en place des mesures de suivi de l?impact.
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Concernant les projets, l?exploitant doit fournir à l?autorité délivrant le permis une
demande d?autorisation et l?évaluation environnementale. L?autorité qui délivre le
permis se détermine selon le degré de risque que les projets représentent pour
l?environnement et la santé humaine. Il y a 2 grandes catégories : les grands
projets avec un impact majeur, potentiellement dangereux comme défini par le code
de l?environnement (grosses installations industrielles et minières du fait de rejets de
solides et de gaz, grands projets aquatiques comme la construction de ponts, les
installations portuaires, la régulation des cours d?eau ou le drainage des eaux
souterraines), pour lesquelles l?autorisation dépend des tribunaux fonciers et de
l?environnement. Les activités avec un impact significatif sur l?environnement mais
moins importantes en taille et moins dangereuses nécessitent une autorisation
délivrée par les délégations d?évaluation environnementale, i.e. les bureaux
administratifs des comtés. Dans tous les cas (y compris pour les projets sans impact
significatif n?ayant eu qu?à faire une « petite étude d?impact »), les exploitants doivent
auto-surveiller l?évolution de leur activité et suivre les impacts sur l?environnement en
rapportant annuellement à l?autorité de contrôle compétente.
Cette répartition des tâches peut en pratique conduire à des conflits. Par exemple,
dans le cadre du projet de site de stockage final des déchets nucléaires, les agences
et le gouvernement ont exprimé un avis positif, mais le dossier est bloqué par le tri-
bunal, décideur ultime, qui demande une étude environnementale plus précise.
Des mesures de compensation, discutées pendant l?évaluation, peuvent être exigées selon
le Code de l?Environnement pour des projets ayant un impact sur des cours d?eau et sur des
zones reconnues à forte priorité culturelle ou environnementale au niveau national ou
international. Cependant, la mise en place de mécanismes de compensation pour les autres
espaces non protégés n?est pas contraignante juridiquement. Elle dépend de la bonne volonté
des maîtres d?ouvrage et n?est quasiment pas appliquée en Suède. En conséquence, la
jurisprudence suédoise est assez stricte, et les engagements en matière de compensation
ne permettent pas de baisser les exigences de l?évaluation. Ces mesures sont en outre
hiérarchisées : en priorité, les dégâts doivent être évités, puis réduits. Ce n?est qu?en dernier
ressort que les dommages doivent être compensés. Il y a donc une distinction formelle à
respecter dans l?évaluation entre garanties et mesures compensatoires.
La décision relative à la présence d?un impact environnemental ne peut pas faire l?objet
d?un appel séparé. En revanche, les permis des délégations d?évaluation
environnementale peuvent faire l?objet d?un recours devant le tribunal foncier et
environnemental. Depuis le 1er janvier 2018, la déclaration d?impact environnemental doit être
publiée par chaque autorité sur son site Web.
A partir de 2023 et en transposition de la directive modificative 2014/52/UE, l?Agence
suédoise de protection de l?environnement aura l?obligation de fournir à la Commission le
nombre de projets ayant fait l?objet d?une décision pour impact environnemental significatif et
d?une étude d?impact sur l?environnement, la classification de ces études dans les catégories
de projets définies par l?UE, et des indicateurs de performance (temps et coût moyen
nécessaires pour réaliser les EIE). Pour l?instant, il n?y a pas de statistiques disponibles sur
le nombre d?évaluation réalisées et leurs décisions, ni sur les recours engagés.
Cadrage préalable :
Comme la France, la Suède a connu des cas d?études d?impact peu détaillées et des
négligences sur la détermination du critère d?impact significatif (ex. arrêt P4498-18 de la Cour
suprême foncière et environnementale du 8 mai 2019 pour un plan de 2016). Dans son
examen environnemental pour la Suède (2014), l?OCDE relève que nombre d?entreprises
étaient d?avis que les EIE étaient exigées pour un trop grand nombre d?activités aux
incidences pourtant relativement faibles, et que la procédure était excessivement lourde. La
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réforme du chapitre 6 du code de l?environnement de 2018 a depuis permis de préciser les
modalités d?enquêtes et de clarifier les évaluations et leurs contenus. Elle a par exemple
rendu possible la réalisation d?une étude d?impact plus souple en cas d?existence d?un
précédent, et a réduit les délais d?évaluation en regroupant certains bureaux d?administration.
La version suédoise de la procédure de cadrage préalable a également été modifiée. Elle est
aujourd?hui obligatoire mais très flexible.
Pour les projets, la consultation dans le cadre de l?enquête de critère constitue une première
phase de dialogue entre l?exploitant (qui réalise le dossier) et les bureaux d?études
administratifs des comtés sur les principaux enjeux environnementaux et impacts du projet
ou plan. Ils y discutent d?ailleurs déjà du contenu et de la conception de la future déclaration
d?impact.
En amont de la déclaration d?impact d?un plan ou d?un projet, la municipalité ou l?exploitant
réalise également une consultation de délimitation avec les autorités, municipalités et
comtés concernés et toutes les parties prenantes permettant de préciser l?ampleur et le degré
de précision des informations à fournir dans la déclaration d?impact. Cela inclut les critères
d?évaluation, les connaissances actuelles, le niveau de détail du plan/programme ou projet,
l?intérêt public etc. Le public peut être associé à cette procédure.
La consultation de délimitation doit être réalisée en amont de l?étude d?impact, mais elle doit
également ne pas intervenir trop tôt pour avoir les éléments nécessaires à une délimitation
appropriée. Cet « avis de cadrage » spécifique à la Suède est très flexible, il peut être modifié
au cours du processus d?élaboration du plan si besoin.
L?avis de cadrage est public (un rapport de consultation est publié en ligne et joint à l?étude
d?impact) et non-opposable juridiquement.
Artificialisation des sols :
La notion d?artificialisation des sols n?est pas vraiment présente en Suède, et n?a
d?ailleurs pas de réelle traduction. Cet enjeu est moins important qu?en France puisque la
Suède est moins sujette à l?étalement urbain et au développement massif des périphéries.
Dans le cadre de l?Agenda 2030, la Suède s?est dotée de 16 objectifs environnementaux,
visant à promouvoir le développement durable comme inscrit dans le code de
l?environnement. L?un d?entre eux est dédié au bâti et au cadre de vie durable. S?il ne
mentionne pas explicitement l?artificialisation des sols, il englobe l?ensemble des enjeux liés
à l?étalement urbain, à la densification des villes et à l?accès aux espaces verts ?plus dans
une optique humaine qu?écologique. Ces objectifs, adoptés par le Parlement, sont
accompagnés de jalons et d?indicateurs de performance, notamment l?intégration de la
verdure urbaine dans les planifications, et des services écosystémiques en villes d?ici 2025.
Mais la tendance est aujourd?hui jugée neutre par l?autorité gouvernementale responsable
Boverket et l?objectif ne devrait pas être atteint à date. Un deuxième objectif, celui de « qualité
environnementale », aborde indirectement la notion d?artificialisation des sols dans le cadre
de la protection des montagnes et de la lutte contre l?« empiètement ».
Autres outils :
La Suède a mis en place une stratégie fiscale très développée pour atteindre ses objectifs de
développement durable, comme indiqué dans le tableau ci-dessous (1¤ = 10,15 SEK au 2
février 2021).
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La Suède a également pris des mesures dans le cadre du plan de relance intégré au PLF
2021, notamment 48 M¤ de dépenses nouvelles pour la transition verte (rénovation
énergétique, protection des zones naturelles, réduction des émissions) et 40 M¤ d?effort fiscal
pour 2021 (baisse d?impôts pour la technologie verte, révision de la fiscalité sur les transports).
Depuis plusieurs décennies, la Suède a soutenu le développement de systèmes de
management environnemental non réglementaires (ex. certifications normatives) et
l?harmonisation avec les systèmes européens (ex. EMAS). Elle a également imposé à près
de 200 organismes publics de prendre en compte les enjeux environnementaux dans leur
fonctionnement. Les entreprises publiques doivent publier un rapport de durabilité et se fixer
des objectifs pluriannuels. La Suède s?est enfin dotée d?un programme de certification des
déclarations environnementales de produits et a renforcé le poids des critères
environnementaux dans les marchés publics.
Modalités de participation du public dans le cadre de l?évaluation environnementale
sur des projets, plans ou programmes :
La tradition d?inclusion du public dans les décisions environnementales est particulièrement
ancienne et forte en Suède. La Convention d'Aarhus, accord sur les obligations des
autorités en termes de transparence, de participation du public et de la possibilité de faire
réviser les décisions/actions/omissions des autorités dans le domaine environnemental, a
été signée en juin 1998 par la Suède. Cette convention implique que « les citoyens ont le
droit d'accéder aux informations environnementales, la possibilité d'influencer les décisions
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Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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Fidèle à la tradition suédoise, la participation du public joue un rôle clé dans la protection de
l?environnement, et cela à plusieurs étapes :
Consultation d?enquête : dans la détermination de l?impact significatif (si celle-ci est
nécessaire cf. question 3), l?enquête menée par la municipalité ou l?exploitant sous le
contrôle du Conseil d?administration du comté interroge les parties prenantes, comme
les riverains ou les agences/ entreprises concernées. Cette soumission aux parties
se fait généralement en amont de l?enquête pour que celle-ci soit enrichie des apports.
Un rapport de consultation doit être réalisé par l?exploitant, et si son contenu n?est
pas réglementé par la législation, l?Agence de protection de l?environnement
considère qu?il doit a minima contenir la liste des personnes/organismes consultés,
une présentation des apports et des propositions, une présentation des potentiels
changements de plan et les avis sur le critère d?impact significatif.
Consultation de délimitation : si un impact significatif a été établi et qu?une étude
d?impact est nécessaire, la consultation est élargie à toutes les parties prenantes. Si
d?autres pays sont touchés par les plans ou projets, ceux-ci doivent également être
informés et consultés. Cette consultation a lieu en amont de la réalisation de la
déclaration d?impact. Un rapport de consultation est ensuite rajouté à la déclaration
d?impact et l?ensemble doit être soumis aux commentaires du public.
Dans la phase d?évaluation de l?EIE par l?autorité de délivrance du permis (pour
les projets), une troisième phase de consultation publique a lieu. L?autorité doit alors
publier l?EIE avec des informations supplémentaires (qui examine la délivrance, délai
de consultation, où trouver des informations etc.). Dans le cas de grands projets avec
décision du tribunal, celle-ci a lieu entre la phase de réception du dossier (avec la
demande de permis et l?évaluation environnementale) et l?audience principale.
Dans le cadre d?une évaluation environnementale spécifique (projet), les deux premières
phases peuvent être coordonnées à condition que la portée et le niveau de détail soient
suffisants et que cela soit spécifié aux organisations et personnes consultées, car les
consultations de délimitation sont souvent plus larges.
La consultation dans le cas d?une évaluation environnementale spécifique doit être d?au
moins 30 jours. De manière générale, le délai doit être « suffisant » et s?adapter aux
contraintes des organismes consultés (ex. Parlement sámi très consulté du fait de
l?importance du territoire mais avec peu de moyens).
Pour les plans et programmes, le code de l?environnement oblige l?autorité de surveillance ou
les municipalités à informer le public de la décision relative à l?impact environnemental
significatif, sans préciser la manière. Dans la pratique les documents sur publiés en ligne.
Pour les évaluations spécifiques, l?exploitant doit fournir un dossier de base aux entités
ou personnes consultées pour les informer du projet et leur fournir un contact direct pour toute
information supplémentaire. Ce dossier doit contenir des informations concernant la portée
du projet, les travaux de démolition, le lieu, la sensibilité de l?environnement, les potentiels
effets, les mesures de prévention ou de compensation prévues, les sources scientifiques.
Dans le cas de grands projets avec une large consultation, la relation avec le public consulté
peut en addition se faire via des publications en ligne ou la presse locale (mais la simple
publication d?une présentation du projet sur un site Web n?est pas considérée comme
suffisante).
Comme précisé précédemment, la municipalité a obligation de prendre en compte
l?ensemble de l?étude d?impact dans sa décision ou dans sa préparation des plans, y
et le droit d?y faire appel ou de recevoir un examen juridique pour savoir si leurs droits en
vertu de la législation environnementale ont été violés ».
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Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
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compris les commentaires (Section 9, chapitre 6 du code de l?environnement). Les
explications de cette prise en compte doivent figurer dans un compte-rendu joint à son plan
détaillé et une non-prise en compte des commentaires doit théoriquement être motivée. De
même, les autorités doivent justifier du refus ou de l?accord d?un permis en fonction de
l?évaluation d?impact environnemental.
Modalités de consultation du public sur les actes réglementaires non soumis à
évaluation environnementale :
Pour les actes législatifs : la tradition de consensus suédoise se traduit par la
pratique systématique (et obligatoire) d?un « envoi pour avis » pour chaque projet de
loi à l?ensemble des parties prenantes, en sus de la consultation du Conseil de la
Législation (Lagrådet, équivalence de la consultation du Conseil d?État). Cette
obligation est inscrite dans la Constitution (Instrument du gouvernement de 1974) au
chapitre 7 : ?In preparing Government business, the necessary information and
opinions shall be obtained from the public authorities concerned. Organisations and
private persons shall be afforded an opportunity to express an opinion as necessary.?
Cette consultation publique se déroule entre l?étape d?enquête par le comité de
préparation de la loi (où l?opposition a déjà pu s?exprimer) et la rédaction du projet de
loi du gouvernement. Tout le monde est supposé pouvoir participer à ces
consultations, même si certaines entités pertinentes sont visées. Dans la pratique, et
selon l?OCDE, le système fonctionne bien pour les parties prenantes établies et pour
les grandes problématiques nationales mais il semble être moins effectif pour les lois
« secondaires » et pour la participation de l?ensemble de la population. Les organes
de référence auxquels les projets de loi sont principalement envoyés sont les agences
du gouvernement central, des groupes d'intérêt spéciaux, des autorités locales ou
d'autres organismes dont les activités peuvent être affectées par les propositions. Par
exemple, les projets peuvent être envoyés à l?ensemble des acteurs d?une même
branche pour des régulations sectorielles, comme l?ensemble des entreprises
disposant d?un permis ou d?une licence qui pourrait être affecté par la nouvelle
régulation.
Pour les actes réglementaires : les actes non législatifs réalisés par le
gouvernement (ordonnances) peuvent également faire l?objet de consultation. Les
actes réglementaires des agences, « mandatory provisions », sont encadrés par un
manuel incluant la notion de consultation. Ce n?est cependant pas une obligation et
les agences peuvent développer leurs propres procédures (dans la pratique, les
recommandations du manuel sont suivies). Dans certains domaines cependant, le
cadre légal autorisant les règlements des agences impose une étude d?impact (ex.
ordonnance sur les travaux de 1995) ou une consultation publique (ex. ordonnance
sur les règles techniques de 1994).
Il n?y a pas d?approche unique dans la manière de procéder. Les ministères et agences
agissent selon leur propre approche. La consultation se fait majoritairement par écrit, malgré
quelques exceptions d?auditions spéciales. Les propositions initiales sont généralement
publiées sur les sites internet des ministères et agences et envoyées aux parties prenantes
établies (syndicats, confédérations, représentation du patronat, Parlement sámi, associations
et ONG etc.), puis les contributions sont publiées en intégralité sur internet. Pour les projets
de loi, les contributions sont agrégées par le ministère responsable et présentées dans un
mémorandum envoyé au Parlement (lequel peut d?ailleurs procéder à des interviews
d?experts ou de parties prenantes).
Si un certain nombre d?organes de renvoi réagissent défavorablement aux propositions
initiales, le Gouvernement peut essayer de trouver une solution alternative. Ce n?est pas
obligatoire mais cette pratique est traditionnelle en Suède et fortement ancrée dans le
processus politique d?élaboration des lois. Cela aboutit d?ailleurs à peu de surprise lors des
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Rapport n° 015592-01
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votes au Parlement et à une capacité à réaliser des réformes structurelles impressionnantes,
bien qu?il y ait des côtés également négatifs (lenteur et incapacité à agir vite en cas de crise,
lois parfois peu courageuses, notamment dans la défense etc.). Cette « peur du conflit » dont
découle la tradition consensuelle de la crise (konflikträdd) se retrouve aussi bien dans le
fonctionnement public que dans le privé.
L?obligation de consulter les parties prenantes lors de l?élaboration de lois étant une exigence
constitutionnelle, cette pratique est contrôlée par la Division de la révision des projets
juridiques et linguistiques (Division for Legal and Linguistic Draft Revision) du Ministère de la
Justice.
Il n?existe pas d?indicateur standardisé au niveau national. Chaque échelon en local étant libre
de conduire ce type d?exercice ou non.
Ce qu?il faut retenir
Les communes instruisent toutes les demandes d'autorisation ayant un impact sur
l'environnement (climat, espèces, biodiversité...).
Divers acteurs interviennent en fonction de l'importance du dossier (administration du comté,
tribunal, bureaux d'études...). La loi définit le type d'évaluation environnementale (EE) à
mener en fonction du type de projet. Les EE des plans et programmes sont réalisés en interne
par les services communaux, qui peuvent solliciter les services du comté.
Pour les grands projets (usines, centrales électriques...), le dossier est instruit par la
commune mais l'autorisation est délivrée par le tribunal foncier et de l'environnement. Pour
les projets moins importants, ce sont les délégations d'évaluation environnementale (services
techniques des comtés) qui délivrent les autorisations.
Les consultations du public et les échanges entre parties prenantes sont présents tout au
long des procédures. Les dossiers des porteurs de projet doivent comporter les mesures de
prévention et de compensation envisagées ainsi que les sources scientifiques.
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Rapport n° 015592-01
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Annexe 11. Fiche parangonnage Tchéquie
Contacts de la mission :
- Noémie PIASKOWSKI - Conseillère développement durable
Pologne/Slovaquie/Tchéquie
- Najma AYAD - Chargée d?études économiques - Ambassade de France en République
Tchèque
- Jan SIMA, director, department of species protection and implemantation of international
commitments,ministry of the environment
Le fonctionnement de l?expertise technique et scientifique en République tchèque :
Les principales institutions fournissant une expertise scientifique et technique sur la nature et
la biodiversité sont directement liées au ministère de l'Environnement de la République
tchèque, principalement l'Agence tchèque pour la conservation de la nature (ATCN, www.na-
ture.cz/web/en) et l'Agence tchèque de l'environnement, agence d'information (CENIA,
https://www.cenia.cz/czech-environmental-information-agency). Sur demande, un soutien
est également apporté par des instituts de recherche, des universités et d'autres organisa-
tions (ONG, sociétés de conseil privées?). Les demandes de dérogation sont déposées au-
près de l'ATCN, de l'administration des parcs nationaux ou des autorités régionales.
L'organisation a été créée principalement sur la base de la loi n° 114/1992 Coll. sur la pro-
tection de la nature et des paysages.
Il n?existe pas d?équivalent direct au CNPN français en République tchèque, cependant,
plusieurs comités ou plateformes consultatifs ont été créés, pour fournir des orientations et
des consultations sur des sujets spécifiques (comme les SPANB). Il s'agit généralement d'ex-
perts d'institutions de recherche et universitaires, d'institutions directement liées au ministère,
ainsi que d'autres membres, en fonction du mandat de cet organisme.
Les institutions directement liées au ministère sont généralement financées sur le budget de
l'État. Les comités consultatifs ne reçoivent généralement pas de soutien financier. L'appui
scientifique et technique apporté par d'autres organismes est financé par le ministère ou via
une coopération de projet (différentes sources de financement).
Ce qu?il faut retenir
Pour les plans, programmes et textes, l'expertise du ministère de l'environnement s'appuie
sur l'agence tchèque de conservation de la nature (ATCN) qui peut en cas de demande très
spécifique faire appel à des experts extérieurs.
Les demandes de dérogations aux espèces protégées sont instruites en fonction de leur
impact et leur localisation, par l'ATCN, les autorités régionales ou les parcs nationaux.
Pour les projets d'aménagement, l'expertise est fournie par le pétitionnaire et analysée par le
service instructeur qui peut être le ministère ou une administration locale en fonction du type
de dossier.
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Rapport n° 015592-01
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Annexe 12. Fiche parangonnage Royaume-Uni
Contact de la mission :
Jérémy MAST - Conseiller développement durable au Royaume-Uni auprès de l?ambassade
de France
Contexte :
Au Royaume-Uni, la protection de la nature s?exerce dans le cadre d?un vaste corpus de
normes et de politiques publiques mises en oeuvre par une pluralité d?acteurs (agences
publiques, ONG, universitaires, entreprises, etc.). Elle fait partie des compétences dévolues
aux nations : chaque nation (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles et Irlande du Nord) dispose
de sa propre stratégie pour la protection de la biodiversité et de l?environnement.
Les ministères chargés de la protection de la nature au sein du gouvernement britannique et
des gouvernements des nations peuvent s?appuyer sur l?expertise et les conseils d?organes
publics reconnus par la loi (statutory nature conservation bodies). Le Joint Nature
Conservation Committee (JNCC) est l?organe public chargé de conseiller le gouvernement
britannique et les gouvernements des nations sur les questions liées à la protection de la
nature à l?échelle du Royaume-Uni et à l?international.
Chaque nation dispose en outre de son propre organe public de conseil pour la protection de
la nature à l?échelle de son territoire, qui sont compétents, entre autres, pour la délivrance
des dérogations à l?interdiction de destruction d?espèces protégées : Natural England pour
l?Angleterre, NatureScot pour l?Ecosse, Natural Resources Wales pour le Pays de Galles et
Northern Ireland Environment Agency et Committee on Nature Conservation and the
Countryside (CNCC) pour l?Irlande du Nord.
Initialement fondée par l?Environmental Protection Act 1990, l?existence juridique de ces
différents organes repose désormais sur le Natural Environment and Rural Communities
(NERC) Act 2006. Cette loi définit leur champ de compétence assez largement : ils conseillent
les autorités appropriées dans toutes les matières relevant de la protection de
l?environnement.
Ces organes publics sont statutairement indépendants du gouvernement. Ils dépendent
toutefois des ressources ministérielles (budget, emplois, communication, etc) pour l?exercice
de leurs activités.
Le JNCC est dirigé par un joint commitee formé de 9 membres (7 membres issus des conseils
d?administration des organes dépendant de chaque nation et 2 membres indépendants, dont
la présidente). Le JNCC dispose d?une équipe de 300 personnes environ pour l?exercice de
ses missions. Il s?agit principalement d?experts et de chercheurs qui travaillent à temps plein
pour l?organisation.
Chaque organe national réplique ce modèle d?organisation composé d?un conseil
d?administration supervisant l?activité d?une équipe d?employés permanents. A titre d?exemple,
Natural England est dirigé par un conseil d?administration formé de 15 membres de différents
horizons (experts, scientifiques, administrateurs de sociétés du secteur de l?immobilier ou de
la protection de l?environnement, etc.) et dispose d?une équipe de 3 000 personnes pour
accomplir l?ensemble de ses missions.
Les organes nationaux délivrent les dérogations aux interdictions de destruction des espèces
protégées sur demande des porteurs de projet. Si le projet nécessite un permis de construire,
la demande de dérogation intervient après la délivrance du permis de construire. La décision
des organes nationaux n?a pas valeur d?avis. C?est une décision administrative, juridiquement
opposable.
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Rapport n° 015592-01
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Le service économique régional (SER) de Londres ne dispose pas d?information concernant
l?organisation de la procédure de prise de décision.
Natural England dispose d?un budget de 332 M£ pour l?année budgétaire 2023/24 et emploie
3 073 ETP. Il s?agit principalement d?agents publics employé sur des contrats de droit privé.
Natural England n?indique pas le détail des moyens humains et financiers affectés à la
mission d?expertise technique et scientifique. On peut toutefois noter que son plan d?action
pour l?année 2023/24 prévoit d?affecter 13 % du budget et 12 % des ETP à l?objectif
stratégique d?accroitre l?abondance des espèces et réduire le nombre d?espèces en extinction.
Le SER n?a pas de connaissance particulière sur ce sujet et n?a pas pu se faire un avis sur la
question faute d?avoir pu trouver des interlocuteurs appropriés, aussi bien du côté de
l?administration que des ONG.
Ce qu?il faut retenir
La protection de la nature est de la compétence des Nations (Angleterre, Écosse, Irlande du
Nord, Pays de Galles).
L'expertise est fournie par des organes publics de conseil : le joint nature conservation
comittee (JNCC, 300 collaborateurs essentiellement des experts et des chercheurs à plein
temps) pour les questions à l'échelle du pays et internationales, et des organes publics
nationaux pour les questions relevant des territoires des Nations.
Les organes sont indépendants mais financés sur les budgets ministériels. À titre d'exemple
l'organe de conseil anglais (Natural England) dispose d'environ 2 800 collaborateurs et d'un
budget de 318 M de GBP pour l'exercice 2024/2025.
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Rapport n° 015592-01
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Annexe 13. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
CHARRIER Aude
Ministère territoires
écologie logement
Sous-directrice de
l'action européenne
de la direction de
l'action européenne
et internationale
11/03/2024
CABANIS Sophie
Ministère territoires
écologie logement
Adjointe au chef de
bureau performance
environnementale
des bâtiments à la
direction générale
de l?aménagement,
du logement et de la
nature
14/03/2024
GALTIER Bertrand CNB Vice-Président 14/03/2024
DELDUC Paul IGEDD Chef de service 20/03/2024
DUMOULIN Virginie IGEDD Inspectrice générale 20/03/2024
MULLER Serge CNPN
Président de 2017 à
2022
03/04/2024
OBLED Loïc OFB
Directeur général
délégué
03/04/2024
BERREBI Romuald OFB
Adjoint au Directeur
de la direction de la
recherche et appui
scientifique en
charge du conseil
scientifique et de la
politique de
l'expertise
03/04/2024
DUTREIL Faustine OFB
Chargée de mission
auprès du directeur
général délégué
03/04/2024
LEFEVER
Pierre-
Louis
OFB
Chef du service
prévention, appui et
stratégie police
03/04/2024
GAFFAR Chahoul
Ministère territoires
écologie logement
Chef du bureau
partenariats,
opérateurs et projets
à la direction de
l?action européenne
et internationale
02/04/2024
LEHOUCK Marie MTECT
Conseillère
technique au cabinet
du secrétaire d?État
chargé de la mer et
de la biodiversité
03/04/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
MICHEL Laurent
Autorité
environnementale
Président 04/04/2024
GUILLAIN
Pierre-
Edouard
Ministère territoires
écologie logement
Directeur adjoint de
l?eau et de la
biodiversité
10/04/2024
26/09/2024
ABEL Jean-David FNE Pilote du réseau 12/04/2024
MORELLE Stéphanie FNE
Animatrice des
réseaux biodiversité
et océan
12/04/2024
MARION Loïc CNPN Président
09/04/2024
24/04/2024
13/09/2024
MARTEAU Cédric LPO Directeur général 10/04/2024
CHEVASSUS-
AU-LOUIS
Bernard
Humanité &
biodiversité
Président 18/04/2024
HOUILLER François IFREMER
Président directeur
général
19/04/2024
MORTIER Frédéric IGEDD
Inspecteur général
MIGT Lyon
23/04/2024
19/09/2024
BERNARD Anne
Ministère de
l?économie, des
finances et de
l?industrie
Cheffe du bureau du
pilotage du réseau
international à la
Direction général du
trésor
24/04/2024
LABROUE Selma
Ministère de
l?économie, des
finances et de
l?industrie
Chargée de mission
au bureau du
pilotage du réseau
international à la
Direction général du
trésor
24/04/2024
FLAMMARION Patrick INRAe
Directeur général
délégué
16/05/2024
RICHARD Guy INRAe
Directeur des
expertises
scientifiques
collectives,
prospectives et
études
16/05/2024
CAQUET Thierry INRAe
Directeur
scientifique
environnement
16/05/2024
MARTIN Éric INRAe
Chargé de mission
environnement à la
direction de l?appui
aux politiques
publiques
16/05/2024
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Rapport n° 015592-01
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
PAGOT
Jean-
Philippe
EDF Renouvelables
Directeur
Environnement
Maritime, offshore
16/05/2024
CELLIER Mathieu EDF Renouvelables
Responsable du
pôle environnement
& SIG, activités
terrestres France
16/05/2024
FRANGI Alessandro EDF Renouvelables
Directeur du
développement
durable
16/05/2024
JECHOUX Vincent
DREAL Nouvelle-
Aquitaine
Directeur régional 22/05/2024
GOUTX David
DREAL Nouvelle-
Aquitaine
Directeur régional
délégué
22/05/2024
DARSES Ophélie
DREAL Nouvelle-
Aquitaine
Cheffe de service
patrimoine naturel
22/05/2024
CHAPELON Guillain
Skyborn
Renewables
Directeur général
France
24/05/2024
BENTOLILA Sacha
Skyborn
Renewables
Directeur des
affaires publiques
24/05/2024
PERES Jérôme
Skyborn
Renewables
Directeur du pôle
environnement
marin
24/05/2024
LELIEVRE Maud UICN Présidente France 24/04/2024
LEDENVIC Philippe IGEDD
Inspecteur général,
ancien président de
l?Ae
26/04/2024
BLOCH Gilles MNHN Président 26/04/2024
CHLOUS Frédérique MNHN
Professeure
d'anthropologie et
directrice du
département
Homme et
environnement
26/04/2024
SEON-MASSIN Nirmala MNHN
Directrice de
l?expertise
26/04/2024
SCHULER Mathieu ANSES
directeur général
délégué du pôle
« sciences pour
l'expertise »
31/05/2024
SIBLET
Jean-
Philippe
CSRPN Ile-de-
France
Président 31/05/2024
SILVAIN
Jean-
François
CSRPN Grand-est Président 31/05/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
RAUD Stéphane IRD
Directeur de la
mission expertise et
consultance
03/06/2024
AVARRE
Jean-
Christophe
IRD
Directeur du
département Ecobio
03/06/2024
ROCHELLE-
NEWALL
Emma IRD
Directrice adjointe
du département
Ecobio
03/06/2024
TOSTAIN Olivier CSRPN Guyane Président 20/06/2024
ARTHUR Christian
CSRPN Nouvelle-
Aquitaine
Président 21/06/2024
MORZELLE Olivier DREAL Normandie Directeur régional 05/07/2024
PIVARD Sandrine DREAL Normandie
Directrice régionale
adjointe
05/07/2024
MAST Jérémy
Ambassade de
France au
Royaume-Uni
Conseiller
développement
durable
31/07/2024
BERGÉ Claire
Ambassade de
France en Italie
Conseillère
Développement
durable Italie,
Grèce, Malte,
Chypre
21/08/2024
BESSOULE Adèle
Ambassade de
France en
Allemagne
Attachée climat et
environnement
21/08/2024
FANOURAKI Anne-Marie
Ambassade de
France en Grèce
Attachée
économique pour
l?Europe du Sud Est
(Grèce, Bulgarie,
Chypre, Moldavie,
Roumanie)
22/08/2024
PIASKOWSKI Noémie
Ambassade de
France en Pologne
Conseillère
développement
durable pour la zone
de Visegrad et les
pays baltes
23/08/2024
AYAD Najma
Ambassade de
France en
République Tchèque
Chargée d?études
économique
23/08/2024
OUAHSINE Samy
Ambassade de
France aux Pays-
Bas
Conseiller
développement
durable pour le
Bénélux
23/08/2023
ZUCCA Maxime CNPN
Vice-président
commission ECB
12/09/2024
11/10/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
SIMA Jan
Ministère de
l?environnement de
la République
tchèque
Directeur de la
protection de la
nature
13/09/2024
ZMESKALOVA Jana
Ministère de
l?environnement de
la République
tchèque
Département
espèces protégées
13/09/2024
DE PRACONTAL Nils CNPN
Président de la
commission ECB
13/09/2024
11/10/2024
URBANO Serge CNPN
Membre du bureau,
secrétaire
13/09/2024
BILLET Philippe CNPN
Président de la
commission
Espaces protégés
13/09/2024
ROGIER Philippe
Ministère territoires
écologie logement
Sous-directeur de la
protection et de la
restauration des
écosystèmes
terrestres de la
direction de l?eau et
de la biodiversité
26/09/2024
HALLEGOUET Claire
Ministère territoires
écologie logement
DEB 08/10/2024
HERTIN Julie
Conseil consultatif
allemand pour
l?environnement
Secrétaire générale 10/10/2024
MIRMAND Christophe
Préfecture de la
région PACA
Préfet de région et
de département des
Bouches-du-Rhône
24/10/2024
MAHÉ Zoé DREAL PACA
directrice régionale
adjointe
24/10/2024
MAMIS Didier
Préfecture de la
région PACA
Secrétaire général
pour les affaires
régionales
24/10/2024
MIGLIORINI Paola
Commission
européenne
Cheffe d?unité -
conservation de la
nature - adjointe de
la direction générale
de l?environnement
06/11/2024
MAZZA Leonardo
Commission
européenne
Unité conservation
de la nature à la
direction générale
de l?environnement
06/11/2024
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise
scientifique et technique sur les questions relatives à la
protection de la biodiversité au sein des pays membres de
l?Union européenne
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Annexe 14. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
AFB Agence française de la biodiversité
CDB Convention sur la diversité biologique
CECB Commission des espèces et communautés
biologiques
CEP Commission des espaces protégés
CNB Comité national de la biodiversité
CNPN Conseil national de la protection de la nature
COP Conférence des parties
CSRPN
Conseil scientifique régional du patrimoine
naturel
DAEI
Direction des affaires européennes et
internationales
DDT(M) Direction départementale des territoires (et de la
mer)
DEB Direction de l?eau et de la biodiversité
DGA Direction générale de l?alimentation
DGAMPA Direction générale des affaires maritimes, de la
pêche et de l?aquaculture
DGEC Direction générale de l?énergie et du climat
DGPR Direction générale de la prévention des risques
DREAL Direction régionale de l?environnement, de
l?aménagement et du logement
ENR Energie renouvelable
ESOD Espèce susceptible d?occasionner des dégâts
FAO Organisation pour l'alimentation et l'agriculture
des Nations-unies
FNE France nature environnement
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise
scientifique et technique sur les questions relatives à la
protection de la biodiversité au sein des pays membres de
l?Union européenne
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Acronyme Signification
IGEDD
Inspection générale de l?environnement et du
développement durable
MTEL Ministère territoires écologie logement
OFB Office français de la biodiversité
OMS Organisation mondiale de la santé
ONCFS Office national de la chasse et de la faune
sauvage
ONG Organisation non gouvernementale
SNB Stratégie nationale biodiversité
SNCRR Site naturel de compensation, de restauration et
de renaturation
UE Union européenne
WWF World Wildlife Fund
ZSC Zone spéciale de conservation
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 L?expertise scientifique et technique pour le compte des politiques publiques de protection de la nature
1.1 Qu?est-ce que l?expertise ?
1.2 Le cadre réglementaire français
1.2.1 L?expertise au service de la protection de la nature est une préoccupation ancienne
1.2.2 Une réglementation française qui respecte le droit européen et les accords internationaux et encadre les stratégies nationales
1.2.3 Les évolutions récentes de la réglementation française
1.2.4 CNPN/CSRPN, des périmètres différents
1.3 Un environnement très riche en connaissances et en données
1.3.1 De grands établissements publics connus et reconnus
1.3.1.1 L?Office français de la biodiversité (OFB)
1.3.1.2 Le Muséum national d?histoire naturel (MNHM)
1.3.1.3 L?institut français de recherche pour l?exploitation de la mer (IFREMER)
1.3.1.4 L?institut de recherche pour le développement (IRD)
1.3.1.5 L?institut national de recherche pour l?agriculture, l?alimentation et l?environnement (INRAe)
1.3.1.6 L?agence nationale de sécurité sanitaire de l?alimentation, de l?environnement et du travail (ANSES)
1.3.1.7 Le centre national de la recherche scientifique (CNRS)
1.3.2 Des coopérations entre les acteurs de la recherche et de l?expertise
1.4 Savoir et puissance publique : des enjeux scientifiques, environnementaux, économiques, sociétaux et politiques
1.4.1 Des enjeux scientifiques
1.4.2 Des enjeux sociétaux
1.4.3 Des enjeux politiques
1.4.4 Des enjeux de conciliation entre environnement et économie
2 La diversité des modèles européens
3 Le CNPN confronté à des difficultés
3.1 Des difficultés liées à son organisation
3.1.1 Des moyens supports à reconsidérer
3.1.1.1 Des moyens humains dispersés
3.1.1.2 Moyens financiers à préciser
3.1.2 Une composition à questionner
3.1.3 Une charge de travail conséquente
3.1.3.1 La participation aux réunions :
3.1.3.2 Le traitement des dossiers
3.1.4 Les sciences humaines et sociales peu représentées
3.1.5 Un cadre déontologique imparfait
3.2 Des difficultés liées à un relationnel qui s?est délité
3.2.1 Des relations DEB/CNPN distendues
3.2.2 Des relations CNPN/CSRPN insuffisantes
3.2.3 Des relations maîtres d?ouvrage publics et privés/CNPN lacunaires
3.2.4 Les risques psychosociaux
4 Les points critiques à solutionner pour un fonctionnement du CNPN amélioré
4.1 L?avis du CNPN dans la procédure environnementale
4.2 Le manque de doctrine et de lignes directrices
4.3 Les avis qui font débat
4.4 Des autosaisines mal perçues
4.5 Son isolement préjudiciable
4.6 Une visibilité à amplifier
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de commande
Annexe 2. Décret n 2017-342 du 17 mars 2017 relatif au Conseil national de la protection de la nature
Annexe 3. Chiffres clés du CNPN
Annexe 4. Méthode du parangonnage
Annexe 5. Questionnaire parangonnage destiné aux pays interrogés
Annexe 6. Fiche parangonnage Allemagne
Annexe 7. Fiche parangonnage Italie
Annexe 8. Fiche parangonnage Pays-Bas
Annexe 9. Fiche parangonnage Espagne
Annexe 10. Fiche parangonnage Suède
Annexe 11. Fiche parangonnage Tchéquie
Annexe 12. Fiche parangonnage Royaume-Uni
Annexe 13. Liste des personnes rencontrées
Annexe 14. Glossaire des sigles et acronymes
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION du marché ».
? Le recours à des experts extérieurs :
En République tchèque, les expertises scientifiques et techniques pour les projets d?aménage-
ment sont fournies par les maîtres d?ouvrage qui sont libres du choix des prestataires. Les exper-
tises sont jointes au dossier qui sera ensuite instruit par l?autorité publique compétente. Les coûts
de l?expertise sont portés par le projet.
Ces différentes approches ont leurs avantages et leurs inconvénients en termes financiers :
Origine des expertises Avantage Inconvénient
Comités indépendants indemnisa-
tion variable
Dépenses reflètent l?activité du co-
mité
Le budget exact n?est pas connu à
l?avance
Comité indépendant indemnisation
forfaitaire
Le budget est connu et fixe Le forfait ne reflète pas l?activité
Administrations
Le coût est intégré au budget de
l?administration et il est connu à
l?avance
Un budget complémentaire difficile
à évaluer doit être envisagé en cas
de besoins d?experts extérieurs
Acteurs privés
Pas d?impact direct sur le budget
public
Le coût de l?expertise est intégré au
montant total du projet sur lequel la
puissance publique n?a pas de
prise, pas plus que sur le choix des
experts
En tout état de cause, la construction d?un budget prévisionnel annuel voire pluriannuel par la DEB,
plus détaillé et précis, s?avère désormais indispensable même si la mission est consciente de la
difficulté de l?exercice, étant donné l?impossibilité de prévoir à l?avance la disponibilité des membres
et donc de leurs indemnités de présence et autres frais de déplacement. Un suivi rigoureux et
régulier est d?autant plus nécessaire.
Les pratiques européennes
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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[DEB] Centraliser dans un bureau au sein de la sous-direction
« protection et restauration des écosystèmes terrestres » de la direction de l?eau et de la
biodiversité les activités supports du CNPN. Construire un budget prévisionnel pour le
fonctionnement du CNPN et en assurer un suivi régulier.
3.1.2 Une composition à questionner
Pour mémoire, le conseil est composé de 60 membres, titulaires et suppléants (article 134-22),
tous « experts désignés pour leur compétence scientifique ou technique et leur expérience », « re-
présentant toutes les disciplines des sciences de la vie et de la terre, des sciences écologiques,
ainsi que des sciences humaines et sociales pour les milieux terrestres, fluviaux et marins de mé-
tropole et des outre-mer » (article R. 134-21). Ils sont nommés par le ministre chargé de la protec-
tion de la nature après un appel à candidature (article R. 134-23) et leur sélection tient compte des
critères de compétences cités plus haut ainsi que de la parité femmes/hommes (article R. 134-24).
La mission a relevé plusieurs points pouvant conduire à des difficultés de fonctionnement :
Les critères de sélection
La réglementation prévoit de choisir les membres du CNPN de façon à couvrir un spectre
de compétences très large. Il s?avère, dans les faits, que certaines spécialités sont très peu
sollicitées, ce qui est démobilisateur pour les experts concernés. Il serait peut-être
préférable pour les domaines de compétences concernés d?avoir recours à des
expertises extérieures ponctuelles.
Le processus de sélection
Les membres du comité sont nommés « intuitu personae » au terme d?un processus au
cours duquel chaque candidat fournit « un curriculum vitae détaillé comprenant la liste de
ses publications et la liste des liens d?intérêts de toute nature qu?il a, ou a eus pendant les
cinq années précédentes, avec des entreprises, établissements ou organismes dont les
activités, les techniques ou les produits sont susceptibles d?avoir une incidence sur la
biodiversité ainsi qu?avec des sociétés ou organismes de conseil intervenant dans les
secteurs de la compétence du conseil » et « une indication de sa disponibilité prévisible
pour exercer cette fonction ».
Il n?y a pas de comité d?audition qui permettrait de préciser les diverses composantes du CV et
d?avoir un dialogue sur les attentes mutuelles, les obligations, notamment déontologiques, et les
contraintes. La mise en place d?un « entretien » aurait probablement la vertu d?aborder ces ques-
tions en amont et pourrait permettre d?éviter des situations conflictuelles, telles que celles
survenues dans un passé récent.
Le vivier de membres potentiels
À plusieurs reprises au cours des entretiens, la question du vivier de membres potentiels
a été évoquée. Ce vivier est relativement restreint et doit permettre de nommer des
membres du CNPN ainsi que des CSRPN. L?extension du vivier est une question complexe
qui ne peut se traiter que sur la durée et en travaillant sur des paramètres, comme
l?attractivité de l?expertise pour les chercheurs, sa valorisation dans leur carrière ou la
question de décharges professionnelles qui pourraient être mises en place.
Le nombre de membres et la distinction titulaire/suppléant
Ce sont au total 60 experts qui sont nommés. Chaque titulaire a un suppléant désigné. Les
suppléants peuvent au même titre que les titulaires siéger dans les diverses commissions
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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et groupes de travail et prendre en charge des dossiers. Bien qu?ils aient en principe
d?abord vocation à siéger en l?absence du titulaire, ils peuvent aussi participer aux réunions
en même temps que le titulaire, mais dans ce cas, ils n?ont ni voix délibérative ni droit aux
indemnités de présence, ce qui n?incite pas forcément à un investissement plein et entier.
La mission estime qu?il serait bénéfique de supprimer le statut de suppléant pour
n?avoir que des titulaires tout en baissant le nombre de membres.
Pour que le CNPN puisse délibérer valablement, le règlement intérieur (article 13) prévoit un quo-
rum de 15 membres ayant voix au vote, soit la moitié des membres présents ou représentés par
leur suppléant (soit le quart de l?effectif global). Ce même règlement prévoit qu?aucun quorum n?est
exigé suite à une seconde convocation. En cas de besoin, le CNPN peut faire son affaire de mo-
difier ces dispositions s?il devait faire sienne cette proposition de réduire le nombre de ses
membres. La mission estime ne pas avoir les éléments lui permettant de formuler une proposition
quant au nombre pertinent de membres et invite la DEB et le CNPN à travailler sur cette question
en vue du prochain renouvellement.
Même si la mission n?avait pas souhaité initialement proposer de modification du décret, certaines
propositions, si elles sont retenues, impliqueront sa réécriture sinon dans son ensemble, du moins
concernant quelques points mentionnés ci-dessus et ci-après.
[DEB/CNPN] Dans le cadre du renouvellement du CNPN, engager un
travail pour mettre en place un comité d?audition, revoir la composition de l?instance,
notamment en ne nommant que des titulaires, en réduisant le nombre total de membres, en
prévoyant le recours à des experts extérieurs en cas de besoins spécifiques et en instituant
une décharge professionnelle.
3.1.3 Une charge de travail conséquente
Le sujet de la charge de travail est revenu très souvent dans les discussions. Cette charge est
décrite comme importante et inégalement répartie45.
Le tableau de suivi des participations aux réunions et de la rédaction des rapports établi par la
sous-direction ET pour 2023 apporte les éléments suivants :
3.1.3.1 La participation aux réunions :
CNPN plénier
45 Les graphiques qui suivent ont été réalisés par la mission.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Le CNPN s?est réuni à 11 reprises en 2023. Ces graphiques montrent une présence forte et régu-
lière des titulaires, la moyenne des participations se situant à 7,8 réunions sur les 11. À noter qu?un
titulaire n?a participé à aucune réunion et qu?à l?inverse 5 titulaires ont participé aux 11 réunions.
Pour les suppléants, logiquement, la moyenne des participations est beaucoup plus faible, à 2,2
réunions, ce qui tend à valider leur moindre investissement (cf. partie 2.1.3. § 4).
Commission CEP
0
10
20
6 6
4 5
1 2 1 1 1 2 10 1 2 3 4 5 6
8 9 10 11
CNPN plénier : nombre de participations
par suppléant
nombre de suppléants nombre de participation
0
10
20
1 1
3 3 3
7
4
1 2
5
0
4 5 6 7 8 9 9,5 10 11
CNPN plénier : nombre de participations
par titulaire
nombre de titulaires nombre de participation
0
10
20
1 1 2 1
3 3
5
1 2 2
0 0
1 2 3
7 8 9 10 11 12 13 14 15
CEP : nombre de participations par titulaire
nombre de titulaires nombre de participation
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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La commission CEP s?est réunie 15 fois. Pour mémoire, elle compte 21 titulaires et autant de sup-
pléants. La moyenne des participations pour les titulaires est de 5,3 réunions sur l?année. En ce
qui concerne les suppléants, on constate une participation moyenne à 2,6 réunions avec 6 per-
sonnes n?ayant participé à aucune réunion.
Commission ECB
0
5
10
15
6
3
1 2
4
1 1 1 1 1 0 0 0 0
0
2 3 4 5 6 7 8 9
11 12 13 14 15
CEP: nombre de participations par suppléant
nombre de suppléants nombre de participation
0
10
20
0 0 0 0
2 1 2
4 5 5
20 1 2 3 4 5
7 8 9 10 11
ECB : nombre de participations par titulaire
nombre de titulaires nombre de participation
0
10
20
7
2 2 3 2 2 3
0 0 0 0 0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
ECB : nombre de participations par suppléant
nombre de suppléants nombre de participation
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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En ce qui concerne la commission ECB, les titulaires ont participé en moyenne à 8,4 réunions et
les suppléants à 2,4 réunions (7 suppléants n?ont participé à aucune réunion).
L?analyse brute de ces données montre une participation générale bien plus faible des suppléants
aux diverses réunions. Il convient cependant de garder à l?esprit qu?en ce qui concerne les com-
missions, certains membres sont titulaires de l?une et suppléants de l?autre, ce qui peut aussi ex-
pliquer une moyenne de participation plus faible.
3.1.3.2 Le traitement des dossiers
Commission CEP
Ce graphique montre le nombre d?indemnités de rapportage perçues en fonction du statut des
membres.
Ces chiffres sont issus d?un bilan de la DEB indiquant pour chaque membre le total des
indemnisations reçues en 2023 (un rapportage seul est compté pour un taux d?indemnité et un
rapportage à deux pour un demi-taux). Le bilan n?indique pas le détail des taux perçus. Ainsi, par
exemple, 2 titulaires ont perçu 3,5 taux, le nombre de dossiers traités se situe donc entre 4 (3 en
rapportage seul et 1 en rapportage double) et 7 dossiers (7 dossiers en rapportage double). En
dépit de son imprécision, ce graphique donne une idée de l?activité des membres et montre que 11
titulaires sur 21 et 14 suppléants sur 21 n?ont pas traité de dossier.
nombre d'indemnités?
Suppléant
Titulaire
0
2
4
6
8
10
12
14
0 0,5 1
1,5 2
2,5 3,5
14
6
1
11
2
2 2
1 1
2
CEP: nombre d'indemnités de rapports perçues en fonction du
statut
nombre d'indemnités
de rapports perçues
Suppléant Titulaire
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Commission ECB
En ce qui concerne la commission ECB, il apparait une concentration importante du traitement des
dossiers par quelques personnes, ce qui confirme le graphique suivant :
La moitié des dossiers (52,45%) est traité par 4 personnes, dont le président et le vice-président
de la commission, qui considère qu?il leur est nécessaire de relire tous les dossiers avant présen-
tation en commission. Ces éléments confirment les propos recueillis en entretien tout en permettant
d?avoir une vision plus nuancée en fonction du statut des membres et du type de dossiers. La
charge de travail induite pourrait être régulée par un système de « tour » de relecture incluant tous
les membres de la commission, comme le pratique par exemple l?Autorité environnementale.
La charge la plus forte semble en tout état de cause portée par la commission ECB et il conviendrait
que le CNPN étudie plus avant les raisons de ce constat.
0
20
40
60
80
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21
1 3 1 2 1 2 1 3 2 1 1 31 1 1 1 3 2 1 1 2 2 1 2 1 1 1
61
43
28
18 16 15 14 13 12 11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0
ECB : nombre de rapports par statuts
Suppléant Titulaire nombre de rapports
21,33%
36,36%
46,15%
52,45%
58,04%
63,29%
68,18%
72,73%
76,92%
80,77%
84,27%
87,41%
90,21%
92,66%
94,76%
96,50%
97,90%
98,95%
99,65%
100,00%
100,00%
0,00%
10,00%
20,00%
30,00%
40,00%
50,00%
60,00%
70,00%
80,00%
90,00%
100,00%
1 2 3 4 5 8 13 15 16 18 20 23 24 26 29 32 33 36 38 39 42
Nombre de dossiers cumulés
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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Il convient de rappeler aussi que l'article R. 134-32 du code de l?environnement, repris à l'article 21 du
règlement intérieur, prévoit: « En cas de manquement d'un membre du conseil aux principes
encadrant l'exercice de ses missions fixés par le règlement intérieur ou aux règles de déontologie,
ou après trois absences non justifiées au cours d'une même année, il peut être procédé à son
remplacement pour la durée de son mandat restant à courir par une personne désignée dans les
mêmes conditions. Le membre concerné est préalablement invité à présenter ses observations. »
3.1.4 Les sciences humaines et sociales peu représentées
Parmi les trente membres titulaires, seuls deux membres ont des compétences en sciences poli-
tiques et en sociologie46 et un membre en philosophie. Même si ce n?est pas son « métier » pre-
mier, le CNPN ne peut faire aujourd?hui abstraction d?études et de débats sur le social humain et
sur les interactions sociales entre les individus, les groupes et leurs environnements. Le territoire
français, hexagone et outre-mer, riche de sa diversité historique, culturelle et géographique ne peut
être appréhendé de manière uniforme et les spécificités locales méritent d?être expliquées chaque
fois que nécessaire dans la partie « contexte » des avis.
La description, l?analyse et l?explication de certains phénomènes traversant la société pourraient
régulièrement alimenter la réflexion des membres du CNPN, sans pour autant perdre de vue sa
vocation à travailler sur la protection de la nature. Mieux comprendre les comportements, les
modes de penser, et comment cela peut influencer la société permettrait sans doute de mieux
répondre aux détracteurs du CNPN, et de la réglementation de protection de la nature en général.
Cela pourrait aussi alerter sur des sujets émergeants, permettant alors une anticipation construc-
tive.
Cette meilleure intégration des sciences humaines et sociales est à prendre en considération et
peut faire l?objet, dès à présent, d?invitations spécifiques et ponctuelles de spécialistes à l?occasion
des pléniers. En tant que de besoins, il pourra être envisagé, lors du prochain renouvellement du
CNPN, d?intégrer plus de membres spécialisés en sciences humaines et sociales ou de continuer
avec des personnes qualifiées extérieures.
[DEB/CNPN] Renforcer au sein du CNPN l?éclairage particulier par les
sciences humaines et sociales, nécessaire à la compréhension des sujets et notamment le
rapport de l?homme à la nature.
3.1.5 Un cadre déontologique imparfait
Lors de leur nomination, les membres du CNPN se doivent de com-
muniquer une lettre de motivation et un curriculum vitae précisant
leurs relations directes ou indirectes avec des organismes en lien
avec les sujets traités par le CNPN. La charte de déontologie du
CNPN (ci-contre annexe 1 du règlement intérieur) est alors signée
par chacun des membres, principalement pour éviter tout conflit
d?intérêts.
Ainsi, chaque membre doit « attester de la sincérité des liens d?in-
térêts qui ont été listés dans le curriculum vitae » lors de sa candi-
dature au CNPN et « actualiser la liste des liens d?intérêt de sa
46 Source : trombinoscope du CNPN
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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propre initiative, dès qu?un changement est susceptible de modifier significativement la déclaration
antérieure ».
Et « en cas de conflit d?intérêts en lien avec un sujet traité, le membre concerné ne peut pas prendre
part aux délibérations ou rapporter. Sollicité par le membre, le président du CNPN ou des commis-
sions concernées peut cependant autoriser ce membre à participer aux débats préalables sans
assister ni participer aux votes, ni à leur préparation ».
Les membres se sont ainsi engagés, par la signature de la charte de déontologie, à respecter les
« obligations de secret professionnel, de réserve et d?indépendance ».
Cette charte a donc pour objectif de prévenir des situations de conflits d?intérêts, de nature à fragi-
liser la légitimité et la crédibilité de l?instance, de l?ensemble de ses membres et de ses travaux,
ainsi qu?à garantir la confidentialité de ses activités.
La question des conflits d?intérêts a particulièrement fait surface à l?occasion de l?autosaisine du
CNPN « relative à la nécessité de l'évaluation des impacts de l'aménagement de la retenue de
substitution de Sainte-Soline sur la population reproductrice de l'Outarde canepetière et la faune
protégée de la plaine poitevine »47 et a généré une nouvelle tension provoquant la défiance de la
puissance publique à l?égard du CNPN, évoquée dans la lettre de commande.
Le CNPN avait alors déploré son absence de saisie par l?État sur ce projet et a délibéré en plénier :
« Considérant les impacts prévisibles directs et indirects sur l?Outarde canepetière, espèce
d?intérêt communautaire et protégée au niveau national (Arrêté ministériel du 29 octobre 2009) et
précisément inscrite à l?arrêté ministériel du 6 janvier 2020, fixant la liste des espèces animales à
la protection desquelles il ne peut être dérogé qu?après avis du Conseil National de la Protection
de la Nature et faisant, de surcroit, l?objet d?un troisième Plan National d?Action (PNA) validé par le
CNPN en décembre 2018, le projet aurait dû être présenté pour avis au CNPN, tel que le prévoit
la loi. ».
L?administration a dénoncé qu?un membre du CNPN ait omis de signaler des liens familiaux con-
duisant potentiellement à une situation de conflit d?intérêt.
Ce projet de la retenue d?eau de Sainte-Soline dénoncé par des associations environnementales
et fortement médiatisé a plus largement révélé la posture de certains membres (prises de position
plus ou moins politiques, appartenance à des mouvements associatifs?) préjudiciable à la crédi-
bilité de l?instance.
Cette situation, qui interroge globalement sur l?engagement public des scientifiques et des experts,
n?est nullement spécifique au CNPN.
Récemment, dans un article du Monde48, Christine Noiville, directrice de recherche au CNRS, ju-
riste et présidente du comité d?éthique du CNRS (Comets) écrit que « les scientifiques ont le droit
et la liberté de s?engager. C?est même vertueux car ils ont quelque chose à apporter au débat
public » tout en rappelant que « ce droit va avec des devoirs qui sont des conditions de crédibilité
et de responsabilité [?] en ayant une démarche scientifique la plus robuste possible » et d?« être
à la hauteur de la confiance que lui accorde la société ».
Christine Noiville argumente qu?« à la notion de neutralité, on doit préférer la notion de fiabilité, de
quête d?objectivité et d?intégrité ».
47 https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2023-05_autosaisine_retenue-
substitution_cnpn_du_18_04_2023_vf.pdf
48 Article du Monde daté du 22 mai 2024 https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/05/20/christine-noiville-
presidente-du-comite-d-ethique-du-cnrs-les-scientifiques-ont-le-droit-et-la-liberte-de-s-
engager_6234451_1650684.html
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Un autre article du même quotidien fait mention que « de plus en plus de climatologues, d?éco-
logues, de physiciens ou de sociologues décident de sortir de leurs laboratoires pour investir
l?agora » mais s?interrogent sur « le risque de fragiliser leur crédibilité, d?exposer leur carrière, de
déroger à la neutralité traditionnellement attendue de la science, de transgresser la frontière entre
science et politique »49.
A l?heure des « fake news », Etienne Guilyardi50, directeur de recherche et membre du Comets
déclare « Si l?on n?y va pas, on laisse la place à de faux experts, qui ne s?appuient pas sur des
données scientifiques » quand d?autres se voient mal, à l?image de Gilles Rederdin, océanographe,
« s?embarquer dans un engagement public alors que tout mon temps est déjà consacré à produire
et à analyser des données, les communiquer dans des articles ou à des colloques scientifiques.
On ne peut pas tout faire. ».
Bref, la communauté scientifique est elle-même divisée sur le sujet mais ce dernier existe et mérite
d?être posé et traité même imparfaitement.
Il convient ainsi de rappeler chaque fois que nécessaire l?existence de la charte de déontologie,
ses principes fondamentaux, voire de l?enrichir grâce à de bonnes pratiques dont la mission a eu
connaissance notamment dans certains établissements publics (ANSES, IFREMER?).
Comme évoqué supra, la charte du CNPN fait bien référence à la notion de conflit d?intérêt et de
confidentialité mais ne prend pas en considération l?expression publique et l?intérêt personnel des
membres.
À titre d?exemple, le code de déontologie de l?ANSES, adopté en 2018, aborde ces sujets qui ont
posé question au sein du CNPN et notamment sur les aspects :
du devoir de réserve : ce code pose les limites de l?expression publique des personnels et
rappelle qu?elle ne doit « ni porter atteinte aux intérêts de l?agence ni jeter le discrédit à son
encontre » « ni porter atteinte au service public auxquels ils collaborent » que ce soit à
l?occasion d?une expression écrite, orale ou sur les réseaux sociaux ;
de l?obligation de déclaration des liens lors de prise de parole : en cas de lien avec une
entité ou des personnes intervenant dans le domaine de compétences de l?agence, les
personnels sont tenus de les « faire connaitre au public lorsqu?elles s?expriment lors de
manifestations publiques, dans la presse écrite ou audiovisuelle ou sur les réseaux
sociaux. ». En fonction des situations l?information peut être donnée soit par écrit (presse,
internet) soit par oral en début d?intervention (colloque, presse audiovisuelle) ;
de l?expression émise à titre personnel : l?expert ne peut « s?exprimer au nom de l?agence,
y compris sur ses missions, sans avoir été dûment mandaté », s?il s?exprime à titre
personnel, « il ne doit pas laisser de doute quant au fait qu?il ne parle pas au nom de
l?agence » ;
de l?obligation de désintéressement : les agents ne doivent pas « prendre part à l?analyse
des dossiers dans lesquels leur intérêt personnel se trouve impliqué même si cet intérêt
n?est qu?indirect ou apparent » ;
de l?identification et gestion des risques de conflits d?intérêts : l?ANSES a mis en place un
guide d?analyse qui « constitue un outil d?aide à la décision pour les personnes qui
procèdent à l?analyse [des déclaration publiques d?intérêt] en qualifiant les liens d?intérêts
identifiés de mineurs ou majeurs. ».
49 https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/05/20/engagement-des-scientifiques-le-ton-monte-dans-les-
labos_6234452_1650684.html
50 Egalement président de l?Office for climate education.
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A l?instar de l?ANSES, l?IFREMER a également exploré cette question de la déontologie, toutefois
plus particulièrement en ce qui concerne les relations employeur/salariés.
Actuellement le CNPN dépend du comité d?éthique ministériel, qui couvre l?ensemble des activités
du pôle. Le CNPN pourrait aussi s?adresser au comité d?éthique « Éthique en commun » (cf partie
1.3.2.), spécialiste des questions relatives à la science.
En Allemagne
Le « conseil d?experts pour les questions environnementales » a été confronté à une campagne
de presse visant un potentiel conflit d?intérêt d?un de ses membres. Cette situation a donné lieu à
une réflexion sur cette question et au projet d?écriture d?une charte, non aboutie à ce jour.
Cette défiance, au final, s?est installée en peu de temps avec une crispation sur un dossier en
particulier qu?on peut qualifier de particulièrement sensible et médiatique, qu?il conviendrait de re-
lativiser au regard du nombre d?avis rendus chaque année. Il ne s?agit pas pour autant de ne pas
prendre au sérieux ce sujet ou de minimiser l?impact qu?un conflit d?intérêt, pressenti ou réel, peut
faire peser sur une structure ou sur une personne.
Pour éviter une telle situation, au début de chaque réunion, il pourrait être rappelé systématique-
ment les règles pour s?assurer qu?elles sont bien respectées. Dans tous les cas et plus encore en
cas de situation personnelle nouvelle des membres (engagement militant ou expression publique
par exemple), leur déport devra être clairement notifié sur le compte-rendu de séance.
[CNPN] Renforcer la charte de déontologie du CNPN en s?appuyant sur
les bonnes pratiques existantes dans certains établissements publics, notamment en ce qui
concerne l?expression publique et l?intérêt personnel, et envisager une collaboration avec
le comité éthique ministériel et « Éthique en commun ».
3.2 Des difficultés liées à un relationnel qui s?est délité
Les mots forts inscrits dans la lettre de commande « charge de travail », « plaintes répétées de la
part des membres », « situation de défiance », « passage obligé », « frein au développement »,
« les avis du CNPN ne jouent plus suffisamment leur rôle d?éclairage utile de la décision publique »,
« l?administration a besoin d?avis de qualité » sont la traduction assez évidente d?un problème
relationnel, d?incompréhension réciproque ou tout simplement de malentendus, faute de
discussions et de temps.
Inutile de préciser que ces propos ont été perçus par le CNPN, à la lecture de la lettre de
commande, comme la manifestation d?« une institution qui dérange et qui fait peur » et donc de sa
potentielle « remise en cause ».
Toutefois, de façon constructive, le CNPN a rapidement saisi cette occasion pour tirer profit de la
mission, en prenant le recul nécessaire et en envisageant toute évolution éventuelle bénéfique à
son bon fonctionnement. Et de manière concertée, il est véritablement en attente de tous les modes
d?échange avec le ministère chargé de la protection de la nature (cabinets, directions centrales,
DEB en particulier, services déconcentrés) et l?ensemble des parties prenantes qui pourraient lui
être proposés.
L?analyse de la mission est que la séquence évoquée infra en 2019 sur la déconcentration des
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procédures environnementales a perturbé considérablement les relations entre le ministère et le
CNPN (voir partie 1.3.2.). Ces points de friction, qui ont duré pratiquement une année, se sont
caractérisés par le boycott de réunions de la part du CNPN mais aussi, plus positivement, par la
création d?un groupe de travail, à l?initiative de la DEB, destiné à sortir de l?impasse.
Ces relations se sont à nouveau dégradées récemment à la suite à d?autosaisines et de certains
avis défavorables, mal perçus par le cabinet ministériel de l?époque51. Cette situation a donné lieu
à la commande du présent rapport, sans information préalable du ministère auprès du CNPN, ce
qui a créé un malaise notable, vécu par les membres comme une menace sur l?avenir même de la
structure, malaise amplifié par le vocabulaire utilisé dans la lettre de mission.
Des difficultés chroniques relationnelles subsistent. Cette situation entraîne chez de nombreux
membres du CNPN un inconfort constant. Elle pourrait être en partie liée, au moment des auditions
effectuées par la mission, à un défaut de volonté et portage politiques des enjeux de protection de
la biodiversité ainsi qu?un certain manque de reconnaissance.
Des recommandations sont proposées en partie 4 en réponse à ces difficultés avérées ou
ressenties.
3.2.1 Des relations DEB/CNPN distendues
Sur cet aspect spécifique, les relations se sont, du point de vue du CNPN, sinon dégradées du
moins délitées et distanciées pour plusieurs raisons :
Un manque d?organisation formelle du dialogue en l?absence de rencontres récurrentes et
planifiées.
Un secrétariat permanent du CNPN, assuré par la DEB, compétent et dévoué mais pour
qui le travail n?est pas simple, notamment pour le bon déroulement des réunions plénières
et des commissions.
Alors que certaines dérogations ou stratégies politiques n?ont pas donné lieu à des avis du
CNPN, l?administration centrale aurait proposé à l?instance de s?autosaisir pour le lui
reprocher par la suite52.
Un manque de reconnaissance du travail effectué, dû en particulier au manque de retour
sur le suivi des avis.
Le ressenti à la fois d?être rattaché à l?administration sans pour autant « faire partie de la
famille ».
Il a été nettement perçu la position difficile « entre le marteau et l?enclume » de la DEB ; à savoir
assumer ses fonctions d?une direction dont l?une des missions est la préservation et la restauration
de la biodiversité et l?autre de répondre aux commandes politiques en appliquant les décisions du
gouvernement, notamment pour aider à l?aboutissement de certains projets rapidement et sans
accroc, et ceci tout en tentant de ménager les membres du CNPN.
« La défiance » - terme utilisée dans la lettre de commande - de l?administration envers le CNPN
s?est installée suite à « des situations de conflits d?intérêt (potentiels ou avérés) » et à sa posture
souvent décrite comme « un censeur des projets de textes qui lui sont soumis ».
51 Ce rapport a été remis à une équipe ministériel autre que celle qui l?a commandé.
52 Concernant la protection du chacal doré, le CNPN avait souhaité écrire à la ministre, la DEB a insisté auprès du
CNPN pour qu?il s?autosaisisse. Concernant la saisine sur l?éolien offshore, la DGEC a proposé au CNPN de
s?autosaisir pour une meilleure prise en compte du sujet.
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Cette forme de suspicion est réciproque puisqu?une certaine défiance du CNPN envers l?adminis-
tration existe également et a plusieurs origines. Pour la plupart, les membres du CNPN considè-
rent :
qu?ils ne sont pas suffisamment indemnisés au vu de la charge qui leur incombe, évoquant
la notion de « bénévolat » ; cette question des indemnités53 a été en partie résolue avec
une augmentation significative au 1er juillet 2024. La commande du présent rapport a sans
doute favorisé l?accélération et la prise de cette décision ;
qu?ils ne sont pas respectés par l?administration dans la préparation de leurs avis. Le
règlement intérieur précise dans son article 5 que le CNPN doit disposer des documents
nécessaires à l?examen des dossiers 15 jours au moins avant la date du plénier ou des
commissions. Le délai de transmission des documents est très souvent inférieur à ces 15
jours ;
que leurs avis ne sont pas suffisamment suivis, ce qui pose la question de l?utilité de leurs
travaux.
3.2.2 Des relations CNPN/CSRPN insuffisantes
Malgré la présence de certains présidents de CSRPN au sein du CNPN, la différence de pratiques
entre les CSRPN eux-mêmes et le CNPN peut poser question, aux pétitionnaires notamment.
La prise en compte des situations locales par les CRSPN dans l?instruction des dossiers présente
des avantages (connaissance affirmée du territoire et des acteurs, anticipation des
problématiques?) même si la proximité avec les acteurs locaux, comme cela avait été argumenté
lors de la déconcentration de 2020 (cf. partie 1.2.4.), peut introduire une forme de pression auprès
des membres des CSRPN.
En parallèle, certains maîtres d?ouvrage laissent entendre que l?instruction des dossiers par le
CNPN serait "hors sol", éloignée du terrain.
Même si le juste équilibre est toujours difficile à trouver, les échanges CNPN/CRSPN qui se
tenaient régulièrement par le passé pour partager les expériences et évaluer les pratiques de
chacun contribuaient certainement à limiter les critiques exprimées ci-dessus. La mission propose
donc de revenir à ces échanges réguliers (cf. partie 4.5.).
Par ailleurs, sans que cela fasse l?objet d?une recommandation, la mission invite la DEB, les DREAL
et les Conseils régionaux à mener une réflexion sur une organisation du CNPN et des CSRPN
cohérente et sur une présentation identique des avis. Une répartition différente des tâches pourrait
être également envisagée sans pour autant « déshabiller Pierre pour habiller Paul » mais faisant
en sorte qu?une hiérarchisation pertinente des travaux puisse résoudre certaines disparités de
traitement.
Le redécoupage des régions fait en 2015 et leur poids politique et administratif grandissant, à
l?image des Länder allemands, peuvent plaider pour une évolution.
Il est à noter qu?aucune situation conflictuelle n?est à souligner, à ce jour, entre les CRSPN et le
CNPN.
53 Le montant des indemnités est évoqué dans la partie 3.1.2.2.
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En Italie
Des instances de dialogue État-Régions pour chaque projet d?intérêt local et national (lois,
décrets arrêtés et décision) ont été mises en place. Le système national en réseau pour la
protection de l?environnement (SNPA) est composé de l'institut pour la protection et la recherche
environnementale (ISPRA) et des 21 agences territoriales de protection de l'environnement
(ARPA/APPA) Les agences régionales, qui jouent un rôle sensiblement identique aux CSRPN et
aux agences régionales de la biodiversité, sont dotées de l?autonomie administrative, technique, et
juridique sont placées sous la tutelle du président du conseil régional ou de la province autonome.
En Suède
La responsabilité de la conduite des évaluations environnementales (sur tous les sujets dont la
biodiversité) est très décentralisée et incombe aux communes quel que soit le projet. Celles-ci
peuvent s?appuyer, si besoin, sur les services administratifs du comté. Il s?agit d?un véritable pro-
cessus de négociations où les consultations des parties prenantes sont très larges.
En Espagne
La conférence sectorielle de l'environnement naturel (CSE) instruit des projets de textes législatifs
et de plans, qui sont discutés au sein d'une instance réunissant le ministère de l'environnement et
des représentants régionaux.
3.2.3 Des relations maîtres d?ouvrage publics et privés/CNPN lacunaires
L?État, pourvoyeur de projets d?aménagements se trouve, à l?instar de la DEB, régulièrement en
porte à faux entre sa volonté, via les DREAL, notamment pour les projets routiers nationaux, de
mener à bien les dossiers en sa qualité de maître d?ouvrage et sa responsabilité d?être exemplaire
dans sa façon de respecter la loi.
Les DREAL interrogées soulignent la pertinence du CNPN (et des CSRPN), tout en précisant la
nécessité de faire preuve d?« une plus grande force pédagogique » tant la posture du CNPN reste
de fait compliquée à entendre notamment sur les grosses infrastructures ferroviaires, type « Grand
projet du Sud-Ouest » (GPSO), ou sur les routes nationales.
Dans leur rôle d?instructeur, les services « nature » des DREAL regrettent que de nombreux projets
soient autorisés sans même que les préfets aient demandé le dépôt d'une dérogation espèces
protégées (DEP). Un porteur de projet privé peut ainsi reprocher à l?État d'avoir autorisé son projet
sans cette décision dérogatoire alors qu?elle était nécessaire, exposant ainsi l'administration à des
recours du pétitionnaire contre l?État.
Il est à noter l?initiative de la DREAL Nouvelle-Aquitaine qui procède à un accompagnement amont
pour chaque projet, dans une logique gagnant/gagnant pour espérer ainsi que le dossier présenté
sera de qualité et permettra ensuite une instruction plus rapide. Cette démarche résulte du constat
fait par les services que bon nombre de dossiers déposés par les maîtres d?ouvrage privés sont
très rarement complets et aboutis. L?objectif est également de sécuriser in fine la décision que
prendra l?État.
Par ailleurs, même si les DREAL soulignent une perméabilité excessive entre les CNPN/CSRPN
et les associations environnementales, ces services déconcentrés de l?État reconnaissent le travail
important accompli. Ils insistent également sur le besoin d?une concertation et de rencontres plus
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formelles entre les maîtres d?ouvrage et la structure d?expertise nationale ou régionale en
mentionnant la construction indispensable de compromis territoriaux pour sortir de la logique des
avis « favorables » et « défavorables ».
Concernant les maitres d?ouvrage privés, la mission a entendu, lors de ses entretiens, un discours
plus tranché vis-à-vis du CNPN. S?il est bien reconnu une compétence affirmée des membres
« ultra-spécialistes » du CNPN, une méconnaissance réciproque perdure sur le rôle et les objectifs
de chacun. Les maîtres d?ouvrage ont pris largement conscience qu?ils « demandent une
autorisation à détruire » mais regrettent que les membres du CNPN « soient détachés des sujets »
et qu?un travail de synthèse des enjeux ne soit pas fait même s?ils reconnaissent que le temps
accordé pour s?approprier les dossiers et délivrer des avis reste extrêmement contraint.
Les maîtres d?ouvrage s?interrogent également sur la neutralité des avis voire sur l?expression
militante des experts mentionnant même que « le CNPN n?est plus un outil de protection de la
nature » allant jusqu?à dénoncer que l?autosaisine sur l?éolien a été conçue avec l?association Sea
Shepherd sur des bases d?après eux erronées et que l?avis « Provence grand large » a été écrit
avant même l?audition du maître d?ouvrage.
Ils restent néanmoins preneurs de contacts avec le CNPN. Des propositions sont faites dans ce
sens en partie 4.
3.2.4 Les risques psychosociaux
Tout collectif de travail peut être exposé à des risques psychosociaux, qui sont des risques liés aux
conditions de travail et qui affectent la santé psychologique. Les situations de travail liées à ce type
de risque sont bien identifiées, notamment par les travaux des chercheurs Michel Gollac et
Marceline Bodier54. Elles font l?objet de nombreuses études, en particulier par l?institut national de
recherche et de sécurité55 (INRS). C?est l?exposition à ces risques qui pose problème, sur la durée.
En tant que collectif, le CNPN ne fait pas exception. Au travers des situations évoquées lors des
entretiens, trois familles de facteurs de risques psychosociaux tels que décrits par l?INRS, peuvent
être identifiés, à savoir :
Les contraintes de rythme de travail : la charge de travail a souvent été évoquée comme
étant importante, au moins pour certains membres. C?est un facteur qui peut déstabiliser
une organisation en ce qu?il soumet au stress. Une telle situation peut, sur la durée,
conduire au mal-être et au désengagement.
La reconnaissance dans le travail : trois situations identifiées se retrouvent sous cette
catégorie, la question du soutien du commanditaire, les désaccords professionnels et la
reconnaissance du travail effectué. Dans les trois cas, on constate généralement un
désinvestissement qui peut être accompagné d?un sentiment de frustration et/ou d?injustice
qui peut conduire, bien sûr à la démotivation mais aussi à une attitude de défiance pouvant
potentiellement déstructurer les collectifs.
Le travail inutile : il s?agit du sentiment de faire un travail n?ayant pas de suite concrète. La
question de la reconnaissance est importante, en particulier en cas de fort investissement
personnel. Là aussi, le désengagement est une conséquence fréquente.
La mission a pu entrevoir dans certains propos des signes évoquant les conséquences liées aux
54 M. Gollac et M. Bodier ont été missionnés en 2010 par le ministère du travail sur la crise connue à l?époque chez
France Télécom.
55 A ce titre, le document ED 6403 de l?INRS permet une bonne approche de la thématique :
https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%206403
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situations décrites plus haut. La mission préconise la mise en place d?un groupe de travail
DEB/CNPN sur ce sujet afin d?établir dans un premier temps un constat partagé puis de réfléchir à
des mesures de prévention.
Le présent rapport comporte un certain nombre de pistes d?actions dont voici quelques exemples :
Risques psychosociaux
Mesure de prévention
associée
Sujet évoqué dans le
rapport au point
Contraintes de rythme de travail
La constitution d?une entité
« support » dédiée, prenant en
charge toutes les missions
support
La diminution du nombre de
membres, la suppression des
suppléants, le recours à des
experts extérieurs
La mise en place d?un tour de
relecture
3.1.2. des moyens support à
reconsidérer
3.1.3. une composition à
questionner
3.1.4. Une charge de travail
conséquente
Reconnaissance dans le travail :
? Soutien du commanditaire
? Désaccords professionnel
? Reconnaissance du travail ef-
fectué
Le respect des délais de
transmission des documents, le
manque de rencontres
récurrentes et planifiées avec la
DEB
Les ajouts dans la charte de
déontologie du CNPN relatifs à
l?expression publique et l?intérêt
personnel
La mise en place d?un comité
d?audition
La prise en charge des frais et la
revalorisation des indemnités
3.2.1. des relations DEB/CNPN
distendues
3.1.6. un cadre déontologique
imparfait
3.1.3. une composition à
questionner
3.1.2. des moyens support à
reconsidérer
Travail inutile
La prise en compte des avis et
leur suivi administratif
3.2.1. des relations DEB/CNPN
distendues
Conduire une démarche commune DEB/CNPN afin de mettre en place
des mesures de prévention des risques psychosociaux identifiés.
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4 Les points critiques à solutionner pour un fonctionnement
du CNPN amélioré
Les informations et éléments recueillis par la mission dans les États membres de l?Union
européenne ont montré qu?il n?y a pas d?équivalent au CNPN. Aussi la mission a fait le choix de
réfléchir et de formuler des recommandations susceptibles d?améliorer son fonctionnement,
d?asseoir sa crédibilité et de favoriser la reconnaissance de son travail tout en prenant en compte
les difficultés de l?ensemble des parties prenantes (ministre et cabinet, direction centrale, services
déconcentrés, maîtres d?ouvrages, associations environnementales, citoyens).
Selon un témoignage, « le CNPN est le dernier garde-barrière ». Cette expression souligne bien
que le CNPN, tel que prévu dans la loi de 2016, a pris une place importante dans l?élaboration d?un
projet quel qu?il soit. Aussi, pour fluidifier son action, la mission s?est attachée à lister les derniers
points durs qu?il convient de solutionner pour permettre à la France de s?engager plus encore vers
une conciliation du développement économique et de la protection de la nature et éviter une
opposition souvent systématique.
4.1 L?avis du CNPN dans la procédure environnementale
Pour certains, l?intervention du CNPN se situe trop en aval de l?élaboration des projets.
Comme évoqué en partie 1, une ONG note, à l?instar des services instructeurs, un progrès des
dossiers transmis par les porteurs de projet, progrès qu?il convient de ne pas freiner, et considère
que les enjeux de biodiversité devraient être pris en compte le plus en amont possible pour ne plus
considérer que l?environnement est une contrainte.
Cette association entendue par la mission milite pour une planification territoriale à mettre en
oeuvre, en faisant référence à une étude de l?OFB en juillet 2023 sur « les leviers de prise en
compte de la biodiversité dans le développement des énergies renouvelables »56.
Lors des auditions menées par la mission, il a été souvent entendu la nécessité d?un premier avis
à formuler le plus tôt possible avec une revoyure pour un ultime avis qui permettrait alors d?afficher
en toute transparence la co-construction puis l?amélioration d?un projet en temps réel. Il a été
également fréquemment exprimé la volonté, des aménageurs notamment, de visites de terrain plus
systématiques comme les pratique l?Autorité environnementale.
Les grands projets structurants (type GPSO?), connus très en amont des procédures
environnementales réglementaires, pourraient faire l?objet d?une anticipation et d?une pré-
instruction, utiles pour l?ensemble des parties prenantes.
Au même titre que le CNPN, l?Autorité environnementale57 formule des avis. Ces derniers portent
sur les évaluations des impacts des projets et programmes sur l?environnement et sur les mesures
de gestion visant à les éviter, réduire ou compenser et sont intégrés au dossier de l?enquête
publique. Comme les avis du CNPN, ils permettent, du moins en théorie, d?éclairer non seulement
le public58 mais aussi le commissaire enquêteur, donnant l?occasion au maître d?ouvrage de
modifier ou d?améliorer le projet.
56 https://www.ofb.gouv.fr/actualites/etude-loffice-francais-de-la-biodiversite-scrute-80-leviers-daction-pour-mieux-
integrer
57 https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/l-autorite-environnementale-de-l-inspection-a376.html#H_L-
Autorite-environnementale
58 A noter toutefois que la nouvelle procédure issue de la loi relative à l?industrie verte prévoit une phase en parallèle
d?examen des projets par les instances environnementales et de consultation du public (cf partie 4.2.)
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L?Ae peut également intervenir à la demande du porteur de projet, sur un « cadrage préalable »
très en amont, après le débat public ou au stade de l?avant-projet sommaire. Cette démarche est
encore très peu utilisée : 8 demandes en 2023.
Il est à noter à cet égard la pratique du CSRPN de Guyane qui passe ses dossiers en pré-cadrage
avant avis définitif.
Une consultation du CNPN et/ou du CSRPN par les parties prenantes plus en amont de façon
informelle et pour établir des bonnes pratiques pourrait être instituée, notamment sur la recevabilité
des dossiers. Devront bien sûr être évalués le temps à y consacrer et la charge de travail inhérente.
[DEB/CNPN] Engager une réflexion et une expérimentation, sur un
premier passage en CNPN le plus en amont possible après une visite de terrain
systématique et la rencontre des acteurs concernés par le projet, au moins sur les grands
aménagements structurants.
Le CNPN déplore également que les avis du Conseil d?État sur les projets de textes réglementaires
soient connus avant les siens.
S?agissant des méthodes de l?Ae, la mission s?est interrogée sur la complémentarité voire sur la
zone de recouvrement entre l?Ae et le CNPN, suite au témoignage d?une personne auditionnée
précisant qu?« il faudrait trancher ».
Selon deux directives clés de l'Union européenne59, transposées dans le droit national, l?Ae vise
non seulement à « tenir compte des préoccupations visant à protéger la santé humaine, à
contribuer par un meilleur environnement à la qualité de la vie, ... » mais aussi à l?instar du CNPN
« à veiller au maintien des diversités des espèces et à conserver la capacité de reproduction de
l'écosystème en tant que ressource fondamentale de la vie ». L?objectif spécifique sur la
biodiversité n?est cependant pas « fouillé » par l?Ae au même niveau de détails techniques et
d?expertise scientifique que le CNPN.
Comme le CNPN, l?Ae n?est pas une « autorité indépendante » au sens juridique du terme et ses
avis d?évaluation environnementale sont, de la même manière, consultatifs.
Mais la composition de l?Ae, le statut de ses membres et son affiliation à l?IGEDD marquent une
différence notable avec le fonctionnement du CNPN.
Pour envisager à terme des synergies possibles entre ces deux entités, des échanges et des
consultations plus régulières entre l?Ae et le CNPN - tout comme entre les MRAe et les CSRPN -
sur leurs travaux et avis respectifs pourraient avantageusement nourrir une réflexion sur une
démarche d?expertise technique et scientifique au profit des décisions publiques dans le cadre
d?une évaluation environnementale globale. Il est à noter ces dernières années de nombreux avis
conclusifs convergents entre le CNPN et l?Ae.
Au vu des témoignages apportés à la mission, cette dernière s?est interrogée sur la pertinence du
rattachement administratif actuel60 du CNPN à la DEB, même si un lien stratégique étroit doit être
maintenu et même renforcé entre eux. Il pourrait être engagé une réflexion quant à la mise en
59 Directive 2014/52/UE du 16 avril 2014 modifiant la Directive 11/92/UE concernant l'évaluation des incidences de
certains projets publics et privés sur l'environnement (Directive EIE) et directive 2001/42/CE du 27 juin 2001 relative
à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement (Directive SEA).
60 Ce rattachement administratif s?entend dans le sens du support fourni de la DEB au CNPN.
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place d?un pôle administratif support partagé entre l?Ae et le CNPN, tout en garantissant que ces
deux structures conservent leurs missions et leurs particularités sans qu?elles puissent être altérées.
4.2 Le manque de doctrine et de lignes directrices
« Le cadre légal existe bien mais, dans la réalité, il n?est pas respecté ». « Le CNPN est le
révélateur de l?insuffisance du respect de la loi ». Ces deux phrases prononcées lors des auditions
illustrent la difficulté pour le CNPN d?appliquer la loi, rien que la loi, au regard des connaissances
et des données à sa disposition.
Néanmoins, il a pu être fait le constat que certains projets acceptés par les services déconcentrés
de l?État d?un territoire sont rejetés dans d?autres territoires car le premier filtre est fait en particulier
par les DREAL. La traduction de la réglementation n?est donc pas perçue et appliquée de la même
façon.
Par ailleurs, le reproche fait au CNPN sur ses avis « défavorables » en particulier sur la séquence
« Eviter, réduire, compenser » souligne souvent le manque d?anticipation de la part de l?État et des
maîtres d?ouvrage qu?il conviendrait de résoudre.
Se pose aussi la question de l?inversion de la charge par la preuve des avis du CNPN, puisque
c?est ce dernier qui doit toujours se justifier - alors que le prisme scientifique reste la première des
garanties du CNPN - alors que les porteurs de projet ne savent pas toujours argumenter contre la
décision d?un avis défavorable.
Ce sont des obstacles à lever par l?écriture d?une doctrine et de grandes lignes directrices qui
favoriseraient la crédibilité à la fois de l?État et du CNPN.
Pour cela, il pourrait être fait la commande d?une évaluation croisée associant le CNPN, la DEB et
l?OFB pour comprendre pourquoi les dossiers reçoivent un avis défavorable, pour instaurer une
présentation des dossiers en amont par les porteurs de projet, sans pour autant porter atteinte à
l?indépendance du CNPN. Cette étude sur un échantillon de projets permettrait de s?interroger sur
ces fameux avis défavorables, qui mettent souvent en avant les mêmes arguments, les mêmes
limites et les mêmes écueils de la part des maitres d?ouvrages.
De grandes lignes directrices pourraient lever les injonctions contradictoires entre protection de la
nature, développement économique et réindustrialisation et production d?énergie renouvelable,
face à la demande de toujours plus de simplification des procédures et de raccourcissement des
délais, le CNPN devenant le bouc émissaire des projets malmenés voire avortés. Des lignes con-
nues pourraient permettre d?éviter des reproches trop systématiques envers l?instance environne-
mentale.
Dans le cadre de la séquence « Eviter, réduire, compenser » (ERC), l?approche standardisée con-
cernant le dimensionnement des mesures de compensation a fait l?objet d?un guide61, réalisé par
l?OFB, le CGDD et le CEREMA en 2021, qui propose un cadre national avec des éléments métho-
dologiques pour harmoniser et améliorer les pratiques de compensation. Ce guide a permis éga-
lement de renforcer l?efficience de la mise en oeuvre de la séquence ERC mais sans qu?une mé-
thode unique de dimensionnement ait pu être décidée.
61
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Approche_standardis%C3%A9e_dimensionnement_co
mpensation_%C3%A9cologique.pdf
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Sans attendre cette méthode unique, un partage d?expériences entre le CNPN, les maîtres d?ou-
vrages et les bureaux d?études seraient un plus. L?organisation d?échanges via certaines fédéra-
tions professionnelles serait également plus que pertinente pour une compréhension respective
des missions de chacun.
La mise en place d?une doctrine par grandes familles de dossiers, s?appuyant sur le travail de la
DEB, de l?OFB et sur les autosaisines du CNPN (éolien offshore, photovoltaïque, dimension sé-
quence ERC) voire de l?Ae, lèverait des incompréhensions notamment chez les maitres d?ouvrage
et les bureaux d?études et afficherait une cohérence pour faciliter ensuite de potentiels arbitrages
de la part du décisionnaire final, même si il a été rappelé pendant toute la durée de la mission par
les naturalistes que « les compromis sont rarement en faveur de la protection de la nature ».
Un travail pourrait s?appuyer sur les critères d?attribution d?une dérogation et regarder le résultat du
statut récent de « projet d?intérêt national majeur » prévu dans la loi relative à l?industrie verte,
quand son évaluation sera possible, étant donné sa récente application.
Promulguée en octobre 2023, la loi relative à l'industrie verte (décret n° 2024-704 du 5 juillet
202462) a permis d?introduire le statut de « projet d?intérêt national majeur » (PINM) dans le code
de l?urbanisme afin de faciliter l?implantation des projets industriels les plus stratégiques pour la
France. Un projet peut être par décret qualifié de PINM s?il « revêt, eu égard à son objet et à son
envergure, notamment en termes d?investissement et d?emploi, une importance particulière pour la
transition écologique ou la souveraineté nationale ».
Le décret définit ainsi la liste des secteurs des technologies favorables au développement durable
pour lesquels les projets industriels sont rendus explicitement éligibles à la procédure de
déclaration de projet prévu par le code de l?urbanisme (article L. 300-6). Il détaille les informations
à fournir pour se voir reconnaitre de manière anticipée la raison impérative d?intérêt public majeur
(RIIPM), au sens de l?article L.411-2 du code de l?environnement.
Un autre décret n° 2024-742 du 6 juillet 202463 précise, pour l?ensemble des projets, diverses
dispositions de la loi relative à l?industrie verte et de simplification en matière d?environnement par :
- la mise en compatibilité accélérée des documents locaux d?urbanisme et des documents de
planification régionale,
- des procédures de raccordement électrique effectuées plus rapidement,
- un permis de construire délivré par l?État et non plus par les communes ;
- une procédure d'autorisation environnementale facilitée. L'instruction par les services et par
l'autorité environnementale ainsi que la consultation du public sont menées en parallèle avec
l'objectif de diviser par deux les délais de délivrance des autorisations, en passant en
moyenne de 17 mois aujourd'hui à neuf mois, avec le risque que les avis des Ae ne puissent plus
être utilisés pour la consultation du public, ce qui les prive d?une bonne part de leur portée.
Une instruction, datée du 28 octobre 202464 , relative aux modalités de mise en oeuvre de la
procédure de l?autorisation environnementale a été adressée aux préfets de département et de
région. Cette nouvelle procédure entre en vigueur pour les dossiers déposés à compter du 22
octobre 2024.
Pour appuyer l?intérêt d?une doctrine nationale précisée et renforcée, le rapport sur la « compen-
sation écologique des projets d?aménagements du Dunkerquois et foncier agricole » conduit par
62 Décret n° 2024-704 du 5 juillet 2024 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049889692
63 Décret n° 2024-742 du 6 juillet 2024 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049893436
64 https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-
0033720/TECL2428215C.pdf;jsessionid=6AE940F4A146CEE61064277D3FC98680
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https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049893436
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l?IGEDD et le CGAAER65 souligne en effet, après exploitation d?avis du CNPN, « une évolution des
exigences de compensation des impacts de l?artificialisation des terres agricoles qui pose ques-
tion » et recommande l?établissement d?éléments de doctrine.
En cohérence avec le rapport précité, cette démarche pourrait être expérimentée en particulier sur
les dossiers de compensation écologique.
[CNPN] Organiser des échanges constructifs entre le CNPN et les
maîtres d?ouvrage via les fédérations professionnelles notamment pour préciser les
objectifs de chacun.
[CNPN/CSRPN/DEB/OFB/CEREMA] Entamer une démarche pour définir
des éléments de doctrine et des lignes directrices de façon expérimentale, par exemple sur
les dossiers de compensation écologique.
4.3 Les avis qui font débat
Les différents types d?avis - avis simple (CNPN), avis conforme (Parc naturel marin), avis technique
(DDTM et DREAL) - ne facilitent pas la compréhension de la vocation des uns et des autres. Quand
l?avis conforme doit être suivi par l?État, l?avis simple reste consultatif.
Concernant les avis simples du CNPN, donc consultatifs, les retours « terrain » font néanmoins
état de stratégies de contournement aussi bien de la part des porteurs de projets que des services
de l?État (Préfectures, DREAL), ce qui au final, notamment pour les dossiers concernant les ENR
et la réindustrialisation, rend floue l?application du droit de l?environnement.
A ce jour, le CNPN donne quatre formulations d?avis, qui ont une résonnance et interprétation
différentes selon les acteurs :
- avis favorable ;
- avis favorable sous conditions et/ou avec réserves ;
- avis défavorable ;
- avis défavorable avec recommandations.
Ces formulations d?avis continuent de faire débat même
s?ils ont évolué avec le temps.
Les « favorable » sont rendus en grande majorité sous conditions, notamment sur les arrêtés mi-
nistériels ou préfectoraux. Ils permettent la poursuite du dossier.
Les « défavorable » peuvent être accompagnés de recommandations pour améliorer, le cas
échéant, le dossier, dans l?hypothèse d?une nouvelle présentation au CNPN.
65 Rapport « Mission d?appui au préfet du Nord : compensation écologique des projets d?aménagements du
Dunkerquois et foncier agricole », IGEDDn°015665-01/CGAAERn°24043 - Juillet 2024
DÉFAVORABLE
FAVORABLE
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CNPN plénier Avis Commission ECB Avis Commission EP
Nb total
(hors fonct)
Favorable Défavorable Total Favorable. Défavorable. Total Favorable. Défavorable.
Nb Nb % Nb % Nb Nb % Nb % Nb Nb % Nb %
2018 24 15 63% 9 37% 316 216 68% 100 32% 21 19 90% 2 10%
2019 41 34 83% 7 17% 374 254 68% 120 32% 6 4 67% 2 33%
2020 31 27 87% 4 13% 315 237 75% 78 25% 14 13 93% 1 7%
2021 22 17 77% 5 23% 342 274 80% 68 20% 16 14 88% 2 12%
2022 25 17 68% 8 32% 292 190 65% 102 35% 22 19 86% 3 14%
2023 34 25 74% 9 26% 320 179 56% 141 44% 17 15 88% 2 12%
Total 177 135 76% 42 24% 1959 1350 69% 609 31% 96 84 88% 12 13%
Source : DEB - mars 2024 - cf annexe 3
Selon la DEB, « sur la période 2018-2023, sur les 2 222 avis produits par le CNPN, 70 % étaient
favorables, avec ou sans réserve, avec ou sans recommandation et 30 % défavorables, avec ou
sans recommandation. On note une légère augmentation des avis défavorables concernant les
dérogations espèces protégées pour l?année 2023 avec 44% d?avis défavorables, alors que ce
chiffre variait entre 20 et 35% depuis 2018 ».
Si l?on examine précisément le tableau ci-dessus, il ne semble pas y avoir de corrélation entre le
nombre de dossiers examinés et le pourcentage de « défavorable ». ». Les avis défavorables ne
sont jamais majoritaires.
De la même manière, il ne semble pas se dégager de tendance claire à la hausse ou à baisse des
avis « favorable » et « défavorable », notamment pour la commission ECB, dont les dossiers sont
les plus sensibles et concernent les espèces les plus en danger.
Concernant spécifiquement les dossiers d?amé-
nagements, une tendance à l?augmentation des
avis « défavorable » est toutefois observée. Le
graphique ci-contre l?illustre66 avec pour bémol,
la stabilité des années 2019, 2020 et 2021, liée
en partie à la crise sanitaire.
Par ailleurs, la politique volontariste de
développement économique et notamment de
transition énergétique de ces dernières années
a certainement contribué à cette baisse
progressive et régulière des avis favorables.
L?État a effectivement soutenu, sur une période
relativement courte et notamment en 2022, de
nombreux projets industriels, sources de demandes d?autorisations environnementales plus
nombreuses, qui ont occasionné plus d?avis défavorables.
Au-delà des chiffres et pourcentages, la mission s?est interrogée sur l?évolution d?un avis CNPN
« type » et notamment sur sa formulation qualifiée de « trop raide ». Les membres du CNPN,
scientifiques avant tout, pourraient bénéficier d?un appui rédactionnel des avis vus en particulier en
commission. Des avis améliorés par la qualité de leur rédaction avec un style plus
communicant/pédagogique et une prise en compte plus détaillée des échanges avec les
pétitionnaires et bureaux d?études, gagneraient en qualité et efficacité.
66 Source CNPN.
0%
50%
100%
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Evolution % avis défavorables CNPN
dossiers aménagements
Fav Def
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En particulier pour la rédaction des avis du CNPN concernant les dérogations « espèces proté-
gées », qui impliquent la charge de travail la plus importante du CNPN et notamment de la Com-
mission « espèces et communautés biologiques », le bureau ET placé en appui à l?instance, tel
que proposé par la mission, pourrait utilement apporter son appui à la commission ECB pour la
rédaction des avis.
Par ailleurs, outre le bilan d?activités traditionnel, un inventaire annuel des avis CNPN pourrait être
fait grâce à l?analyse critique des services instructeurs de l?État, permettant à la fois de regarder la
cohérence des décisions, de construire une culture commune, de pointer du doigt les bonnes
pratiques ou les difficultés rencontrées, comme instauré par le CSRPN Nouvelle-Aquitaine.
[DEB/CNPN] Appuyer le CNPN pour la rédaction des avis « dérogations
espèces protégées ». Établir un inventaire annuel des avis du CNPN pour construire une
cohérence, une méthodologie, une culture commune en lien avec les services instructeurs
de l?État.
Malgré les délais contraints dont il dispose (2 mois), le CNPN doit donc s?engager résolument vers
une plus grande pédagogie dans l?écriture de ses avis : « Il faut expliquer sans donner le sentiment
systématique de sanctionner ».
Côté CNPN, il est à souligner également trois points, devenus très sensibles au fil des années :
Ne pas être saisi 67 , sur des dossiers d?importance ou sensibles. Le code de
l?environnement dans son article L. 134-2 précise « Il peut être consulté sur les projets de
loi, d'ordonnance et de décret concernant ses domaines de compétence et les travaux
scientifiques et techniques y afférents ». Le CNPN, par exemple, a regretté de n?avoir pas
été saisi par le Secrétariat d?État chargé de la mer sur le projet de décret sur la Stratégie
Nationale pour la mer et le littoral 2023-2029 (SNML2)68. Pour ce cas précis, le CNPN s?est
alors autosaisi, et a d?ailleurs prononcé un avis favorable à l?unanimité.
Ne pas être informé de la suite donnée aux avis et de la décision finale de l?État. Le
CNPN est saisi, il instruit le dossier, donne un avis, - quel qu?il soit -, vote mais n?a aucune
information sur la manière dont l?État tranche et surtout n?a aucun retour sur la conclusion
de la décision. Il l?apprend, la plupart du temps, par son réseau ou par la presse quand il
s?agit de dossiers sensibles et médiatiquement exposés.
Ne pas avoir la moindre explication de l?État quand un avis rendu par le CNPN n?est
pas suivi. Outre la situation évoquée supra sur la suite de l?avis rendu, le CNPN regrette,
là aussi, la manque de relations formelles avec l?État et ses services déconcentrés sur les
raisons d?une décision finale prise à l?encontre de l?avis. Il est à noter cet exemple
marquant : l?ANSES qui produit des évaluations de risque à la demande du ministère avait
été sollicité sur le dossier des bouquetins du Bargy, instruit également par le CNPN. Ce
dossier, qui a cristallisé beaucoup d?émotions, avait reçu un avis identique de la part de
67 Environ 10 à 15 % maximum des dossiers passent en CNPN ou CSRPN, suite au tri fait par les DDT(M) et
DREAL.
68 Extrait de la délibération n°2023-29 du CNPN du 19 octobre 2023 « Règlementairement, la saisine du CNPN
n?est pas obligatoire sur le projet de décret. Mais plusieurs des thèmes du projet de SNML2 porté par le dit décret
concernent le CNPN très directement, notamment depuis son autosaisine sur l?éolien offshore de juillet 2021,
d'autant que le rapport du Comité France Océan (CFO) avait demandé à ce que le CNPN soit missionné pour "une
évaluation annuelle des mesures environnementales clés". En conséquence, les membres du CNPN ont approuvé
à l?unanimité (28 votes exprimés) le 27 septembre 2023 la décision de s?autosaisir concernant le projet de seconde
Stratégie nationale pour la mer et le littoral ».
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l?ANSES et du CNPN mais ces avis n?ont pas été suivis par le préfet.
Côté maîtres d?ouvrage, ils affirment :
être découragés car malgré l?investissement dans la qualité du dossier, ils savent ou croient
savoir qu?ils auront un avis « défavorable » ;
préférer néanmoins recevoir un avis « défavorable » du CNPN plutôt que les services
« omettent » de saisir le CNPN pour leur projet, car alors les recours sont inexorables.
Pour résoudre ces difficultés, la mission propose plusieurs pistes :
Mettre en place un suivi des avis et un retour argumenté de l?État sur les avis non pris en
compte.
Organiser des interventions en région (préfecture/DREAL/acteurs
locaux/maitres d?ouvrage) pour expliquer ce qu?est le CNPN, ses
attentes et sa manière de travailler, à l?instar de ce qui a été
récemment fait en Corse par un membre de l?instance.
Créer sur le site « avis biodiversité », dans l?onglet consacré au
CNPN, une rubrique « mode d?emploi » expliquant « c?est quoi un
bon dossier ? », détaillant les attentes du CNPN et les éléments
nécessaires à la bonne instruction du dossier et au déroulé d?un
passage devant l?instance. Cette disposition pourrait être
complétée par la mise en avant des guides élaborés par certaines
DREAL.
La prise en compte de ces points critiques acterait la reconnaissance morale attendue par le CNPN
et du travail accompli. Elle permettrait de lier des relations plus respectueuses et constructives
entre l?État et le CNPN, formalité souhaitable également pour les CSRPN.
[DEB] Mettre en place une procédure portant sur la décision finale prise
suite aux avis du CNPN, procédure argumentée quand l?avis du CNPN n?est pas suivi.
4.4 Des autosaisines mal perçues
La lettre de commande mentionne « un recours accru aux autosaisines ».
Depuis avril 2022, on compte 8 décisions d?autosaisines dont 6 ont fait l?objet d?un rapport (cf liste
en annexe 3). Pour mémoire, lors du précédent mandat de 2017 à 2022, le CNPN avait produit 13
autosaisines. L?augmentation est donc réelle, mais avec un nombre total d?autosaisines qui
demeure modeste.
La mission considère que cet outil, clairement prévu par le décret, est utilisé en réaction aux points
de crispation ressentis par le CNPN évoqués infra.
Un témoignage recueilli par la mission fait état que l?autosaisine serait une « fausse bonne solution
surtout lorsque l?on n?est pas décisionnaire ». Mais la mission ne retient pas l?idée de réformer cette
disposition qui peut véritablement aider la puissance publique à investiguer certains axes
stratégiques de développement tout en préservant la biodiversité. L?autosaisine sur la politique de
déploiement du photovoltaïque et ses impacts sur la biodiversité en est l?illustration.
Dans un avenir proche, si le CNPN avait à nouveau recours à l?autosaisine, il serait vivement re-
commandé d?engager une discussion préalable avec la DEB, voire le cabinet ministériel.
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Le CNPN émet de façon plus anecdotique des motions et notes techniques (3 depuis avril 2022).
4.5 Son isolement préjudiciable
L?absence de contacts réguliers, au nom de l?indépendance, entre le CNPN, les membres des
cabinets concernés et l?administration a provoqué ces dernières années un isolement préjudiciable
pour tout le monde.
Cette forme de solitude du CNPN renforce le ressenti d?un manque de reconnaissance voire d?in-
différence déjà évoqué mais entraîne également des non-dits, des malentendus qu?il convient de
réparer.
Comme évoqué en partie 3.2.3., le manque d?articulation entre le CNPN et les CSRPN a fait naître
aussi chez certains CSRPN le sentiment de ne pas être compris surtout lorsque deux visions,
nationale et territoriale, s?expriment. Cette situation fragilise les instances, ce dont peuvent profiter
leurs pourfendeurs.
Pour résoudre ces difficultés, la mission propose différents temps d?échanges à mettre en place
ou à relancer :
Un séminaire annuel CNPN pour contribuer à l'implication de tous les membres et à créer
une cohésion « d?équipe ».
Un séminaire semestriel délocalisé en région CRSPN/CNPN (non réalisé depuis 2022)
pour permettre une meilleure connaissance entre les deux types d'instances, faire un retour
d'expérience des pratiques et des questionnements. L?administration centrale et les
DREAL pour les projets en région pourraient y participer.
Pour faciliter la participation des membres, le planning annuel - en plus des pléniers, commissions
et groupes de travail - devra être anticipé.
4.6 Une visibilité à amplifier
La notoriété du CNPN est modeste et ses missions, telles que perçues par
l?extérieur, restent souvent vagues.
Exceptés son site internet et un trombinoscope des membres fait très
récemment, le CNPN ne possède aucun outil de communication. Il ne
dispose pas a minima d?une simple plaquette de présentation rappelant son
histoire, les textes de références et ses missions à l?instar de l?Ae (ci-contre).
Le site internet avis-biodiversité69 , hébergé par le MTEL, mériterait une
modernisation et une amélioration de ses fonctionnalités et de la recherche
des avis, mentionnant s?ils ont été suivis. Et comme évoqué en partie 4.1.,
les avis ne sont pas rapidement ou systématiquement mis en ligne, situation qui semble se produire
plus fréquemment.
Contrairement à l?Ae qui rédige systématiquement un communiqué de presse après chaque
séance70 , le CNPN ne communique pas auprès de la presse et semble mal à l?aise dans ses
relations avec les journalistes, autres que ceux qu?il a pu intéresser dans des moments de
crispation (exemple : déconcentration en 2020).
69 https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/conseil-national-de-la-protection-de-la-nature-
r3.html
70 https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/les-communiques-de-presse-de-l-ae-r451.html
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Le CNPN est par ailleurs totalement absent des réseaux sociaux71 alors que toutes les structures
rencontrées par la mission qui exercent des activités au service de la décision publique y sont
présentes, dont PatriNat.
Pour pallier ces manques, le site internet avis-biodiversité amélioré pourrait faire utilement le lien
avec les sites des CSRPN, ce qui favoriserait ainsi le réseau national/régional et rendrait également
visibles les CSRPN qui souffrent aussi d?un manque crucial de notoriété.
Le CNPN, à défaut d?avoir son propre compte LinkedIn, pourrait a minima proposer des messages
informatifs (posts) sur le compte de la DGALN, notamment sur les avis rendus en plénier.
Cette proposition implique un appui informatique et des compétences dont ne dispose pas, à ce
jour, la sous-direction de la DEB.
Pour une meilleure compréhension de ses missions, de son fonctionnement, de ses décisions, le
CNPN pourrait organiser des journées ou demi-journées thématiques, associant la DEB et
réunissant son « public ».
Enfin, une conférence annuelle, ouverte à tous, pourrait être organisée en partenariat avec les
établissements publics pour partager et vulgariser l?état de la science sur certains sujets qui peu-
vent ou, par anticipation, pourraient faire débat. Cette initiative contribuerait à rendre le CNPN plus
visible.
[DEB/CNPN] Mettre en oeuvre un plan de communication, même
modeste, pour illustrer globalement les missions, le fonctionnement et les travaux du CNPN.
71 Facebook, X (anciennement Twitter), LinkedIn.
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Conclusion
La mission estime que le CNPN - tout comme les CSRPN -, a besoin à ce stade d?un
fonctionnement stabilisé, quand toutes les parties prenantes s?accordent à vouloir connaître les
« règles du jeu ».
Les recommandations illustrent des améliorations qui peuvent certes paraître à la marge mais qui
sont essentielles pour l?ensemble des parties prenantes. Elles passent principalement par la
reconnaissance du travail fourni de part et d?autre et l?instauration, entre l?État et ces instances
consultatives, d?une confiance réciproque qui devra se (re)construire rapidement.
Ces propositions, si elles sont retenues, devront être impérativement co-élaborées par les parties
concernées.
Pour conclure, sans perdre pour autant son indépendance, à laquelle il tient tout particulièrement
à juste titre, le CNPN doit pouvoir engager au plus vite rencontres, discussions avec les maîtres
d?ouvrages, publics et privés, en dehors de tout projet précis. Perçu aujourd?hui comme un
adversaire, le CNPN doit devenir avant tout un allié et partenaire de l?État et des différents
pétitionnaires, dans une recherche de conciliation entre les priorités stratégiques de l?État, en
matière de développement économique et des énergies renouvelables d?une part, et de
préservation de la biodiversité d?autre part.
Au-delà de la présente mission, il pourrait être demandé à l?IGEDD d?évaluer l?impact de la Loi
biodiversité de 2016 et de mesurer en particulier l?impact des avis du CNPN dans une prochaine
commande.
Jérôme PETITGUYOT
Maryline SIMONÉ
Inspecteur Inspectrice générale
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de commande
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Annexe 2. Décret n° 2017-342 du 17 mars 2017 relatif au
Conseil national de la protection de la nature
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Annexe 3. Chiffres clés du CNPN
Ce document a été fourni par la DEB.
Les réunions
? Depuis 2017 : plus de 250 réunions du CNPN organisées.
? Depuis avril 2022 : 76 réunions (plénier, commissions et groupes de travail) et 18
réunions de bureau.
? L?assiduité en réunion : en 2023, sur les 37 réunions (plénier et commissions), 7
membres ont participé à moins de 6 réunions, dont deux à aucune réunion. On
note un désengagement des suppléants.
Les avis
? Depuis 2017, le CNPN a produit 2 396 avis : 184 avis du conseil plénier hors fonc-
tionnement, 2 107 avis issus de la commission Espèces et communautés biolo-
giques, incluant les demandes de dérogation d?espèces protégées et 105 avis re-
latifs aux espaces protégés.
? Depuis avril 2022 : 623 avis : 45 avis du conseil plénier hors fonctionnement, 546
avis issus de la commission Espèces et communautés biologiques, incluant les
demandes de dérogation d?espèces protégées et 32 avis relatifs aux espaces pro-
tégés.
? On note une augmentation des autosaisines depuis la nouvelle mandature :
- 13 autosaisines pour la période 2017-2022 ;
- 8 autosaisines depuis avril 2022 dont 2 sont en attente du rapport.
? Sur la période 2018-2023, sur les 2 222 avis produits par le CNPN, 70 % étaient
favorables, avec ou sans réserve, avec ou sans recommandation et 30 % défavo-
rables, avec ou sans recommandation. On note une légère augmentation des avis
défavorables concernant les dérogations espèces protégées pour l?année 2023
avec 44% d?avis défavorables, alors que ce chiffre variait entre 20 et 35% depuis
2018.
Alors que le règlement intérieur stipule l?obligation pour chaque membre de produire a
minima un rapport par an, 11 membres n?ont produit aucun rapport en 2023
Enfin, le budget nécessaire au fonctionnement du CNPN est de 57 780¤ (2023), dont
27 425¤ pour les présences en réunion, 9 495¤ pour la remise de rapports et 20 860¤ pour
la réalisation des comptes rendus (hors frais de repas).
Les réunions du CNPN
Depuis 2017, plus de 250 réunions du CNPN ont été organisées (67 réunions du conseil
plénier, 76 réunions de la commission Espèces et communautés biologiques, et 96 réunions
de la commission espaces protégés (souvent réparties en deux journées, l?une consacrée
aux parcs naturels régionaux, l?autre aux réserves naturelles nationales / réserves biolo-
giques). Depuis 2020, les réunions se déroulent alternativement en présentiel et à distance.
Pour la mandature 2022, le CNPN s?est réuni à 76 reprises (plénier, commissions et groupes
de travail).
Enfin, depuis avril 2022, le bureau du CNPN s?est réuni à distance en amont de chaque réu-
nion plénière, soit à 18 reprises (7 en 2022 et 11 en 2023).
L?assiduité des membres aux réunions du CNPN
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Les 60 membres du CNPN, qu?ils soient titulaires ou suppléants, sont invités à participer à
toutes les réunions du CNPN plénier. Les 42 membres des commissions peuvent également
participer à toutes les réunions de commissions.
Les membres, lors de leur candidature fin 2021, avaient informé de leur disponibilité pour le
CNPN à savoir : entre 15 à 25 jours, entre 25 à 35 jours et, enfin, plus de 35 jours par an.
Cette information a participé à la sélection des membres.
La participation des membres aux réunions du conseil fait l?objet d?un suivi détaillé depuis
avril 2022 :
? en 2022, sur les 25 réunions organisées, 16 membres ont assisté à moins de 6 réu-
nions, dont certains à une seule ;
? en 2023, sur les 37 réunions (plénier et commissions), 7 membres ont participé à
moins de 6 réunions, dont deux à aucune réunion.
Les moyennes des participations des membres aux réunions sont variables :
Avril-
décembre
2022
(8 réunions)
2023
CNPN plénier
Titulaires 5,6
11 réunions
7,8
Suppléants 3 3,2
Commission EP
Titulaires 4,6
15 réunions
8,5
Suppléants 2,1 3,7
Commission ECB
Titulaires 6,4
11 réunions
8,4
Suppléants 2,5 2,4
Pour ce qui concerne les réunions du CNPN plénier, un titulaire a participé en moyenne à 5,6
réunions sur 8 de 2022 et 7,8 réunions sur les 11 organisées en 2023. On note une présence
moindre des suppléants avec une présence moyenne de 3 réunions en 2022 et de 3,2 en 2023.
Ces chiffres sont issus du tableau nominatif de la participation en réunion et du rapportage de
l?année 2023.
Alors que les membres s?étaient engagés à consacrer a minima 15 jours par an au CNPN, il
s?avère que, pour certains d?entre eux, cet engagement n?est pas tenu pour les 21 premiers mois
de la mandature 2022-2027, le temps consacré au CNPN ne se limitant toutefois pas à la partici-
pation aux réunions. La rédaction des avis et les visites nécessaires pour certains d?entre eux
peuvent demander un temps conséquent.
Quelques membres titulaires ont une moyenne de participation faible quel que soit le type de
réunion (plénier, Commission ECB ou commission EP).
Certains membres privilégient la participation aux réunions de commissions et assistent peu aux
réunions du CNPN plénier, alors qu?ils en sont titulaires.
Les suppléants ont tendance à ne pas assister aux réunions alors qu?ils en ont la possibilité (soit
en présentiel quand leur titulaire est absent, soit en visioconférence en présence de leur titulaire).
Alors que les réunions sont organisées alternativement en présentiel et à distance, certains
membres n?ont jamais assisté à une réunion en présentiel, malgré les rappels du président du
CNPN.
La nature des avis rendus
Depuis 201772, le CNPN a produit 24 396 avis déclinés comme suit :
? 184 avis du conseil plénier (hors fonctionnement) ;
72 Mandature 2017-2022 et Mandature 2022-2027 (avril 2022 - décembre 2023)
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? 2 107 avis issus de la commission Espèces et communautés biologiques, incluant les de-
mandes de dérogation d?espèces protégées ;
? 105 avis relatifs aux espaces protégés.
Depuis le début de sa mandature en avril 2022, le CNPN a émis 623 avis :
Avril-décembre
2022
2023 Total Commentaire
CNPN plénier 11 34 45
- 2022 dont 1 note d'expertise et 1 décision
d?autosaisine, à compléter par 18 avis de
fonctionnement (élections, etc.)
- 2023 dont 7 décisions d?autosaisine, 6 rapports suite
à autosaisine, à compléter par 2 notes d'expertise, 1
motion et 2 avis de fonctionnement (désignations
extérieures)
Commission
ECB +
dérogations
226 320 546
- 2022 dont 8 avis de la commission ECB
- 2023 dont 10 avis de la commission ECB relatifs aux
PNA
- Les autres avis relèvent des affaires courantes du
CNPN pour lesquelles le président et vice-président de
la CECB ont délégation73
Commission
espaces
protégés
15 17 32
A noter qu'en complément, une partie des avis
techniques préalables de la commission sont
présentés et votés en CNPN plénier. Ces avis sont
comptabilisés au niveau du CNPN Plénier (3 avis
pour 2022 et 2 avis pour 2023)
Total 252 371 623
Les autosaisines du CNPN plénier
De 2017 à 2022, le CNPN a produit 13 autosaisines :
1. Motion sur la nécessité d?une agriculture non intensive respectant la biodiversité remarquable
du site de Notre-Dame-des-Landes (avril 2018).
2. Projet de la nouvelle route littorale à La Réunion avec l?option viaduc (décembre 2018).
3. Mesures dérogatoires quant à l?équarrissage naturel d?animaux domestiques sur les espaces
à vocation de préservation de la biodiversité (décembre 2018).
4. Projet de gestion adaptative, traduite par une note de prospective (janvier 2019).
5. Réalisation de forages pétroliers en Guyane et la demande de dérogations à la protection
des espèces (mars 2019).
6. Projet de décret de déconcentration totale des travaux en sites classés (mars 2019).
7. Echouage de cétacés et notamment de dauphins en golfe de Gascogne (mars 2019).
8. Motion sur la situation de la RNN de Scandola en Corse (juillet 2020).
9. Note sur l?évolution des PNR en Établissement Public de Coopération Administrative (octobre
2020).
10. Menaces de destruction de la biodiversité et du patrimoine naturel de Mayotte, traduite par
une motion cosignée avec le CSRPN de Mayotte (janvier 2021).
11. Intégration de la Stratégie Nationale pour les Aires Protégées dans les PNR (juillet 2021).
12. Développement de l?énergie offshore en France et ses impacts sur la biodiversité, le patri-
moine naturel et les paysages (juillet 2021).
13. Renforcement de la résilience des forêts et des écosystèmes forestiers, et la préservation de
la biodiversité et la valorisation des services rendus par les forêts (décembre 2021), suite aux
Assises de la Forêt et du Bois.
Depuis avril 2022, on compte 8 décisions d?autosaisines prises dont 6 ayant fait l?objet d?un
rapport.
73 Dossiers de demandes de dérogations à la protection des espèces et de leurs habitats (art. R. 411-2 du
CE) ou à l?interdiction de relâcher des spécimens de certaines espèces dans le milieu (art. R. 411-4 du CE).
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Autosaisines
Avis sur autosaisines
rendus
Autosaisine sur la politique de déploiement du
photovoltaïque et ses impacts sur la biodiversité
sept-22 n° 2022-42 Octobre 2024
Autosaisine relative à la nécessité de l'évaluation des
impacts de l'aménagement de la retenue de substitution de
Sainte-Soline sur la population reproductrice de l'Outarde
canepetière et la faune protégée de la plaine poitevine
avr-23 n° 2023-05 Nov-23 n° 2023-32
Autosaisine sur le projet de décret relatif à la modification
de classement et au régime spécial des travaux
applicables aux forêts de protection
mai-23 n° 2023-10 juin-23 n° 2023-12
Autosaisine sur le projet de décret relatif à l?évaluation et
au suivi de l?artificialisation des sols
juin-23 n° 2023-13 juin-23 n° 2023-16
Autosaisine concernant le projet d?arrêté établissant des
mesures spatio-temporelles visant la réduction des
captures accidentelles de petits cétacés dans le golfe de
Gascogne pour les années 2024, 2025 et 2026
sept-23 n° 2023-18 sept-23 n° 2023-21
Autosaisine relative à la Stratégie nationale pour la mer et
le littoral
sept-23 n° 2023-19 oct-23 En cours
Autosaisine sur la proposition de protection du chacal doré
dans le cadre des espèces arrivant spontanément sur le
territoire national
oct-23 n° 2023-23 En attente
Autosaisine du CNPN concernant les lignes directrices
pour l'élaboration de listes d'espèces végétales et
fongiques des milieux terrestres, d'eau douce et littoraux à
proposer à la protection
déc-23 n° 2023-36 déc-23 n° 2023-37
En complément de ce qui précède, le CNPN a produit :
Avis technique du CNPN relatif au projet de guide d?aide à l?élaboration d?un site
naturel de compensation du CGDD
oct-22 n°2022-42
Motion du CNPN relative à tenue de la Commission Méditerranéenne du
Développement Durable (convention de Barcelone) à Marseille les 14-16 juin
2023
mai-23
n° 2023-
08
Note concernant les évolutions à prévoir dans les méthodes de capture et de
destruction des ESOD afin de garantir que les espèces protégées ne soient pas
visées par ces dernières
avr-23 nc
Note concernant le bilan du plan national d'action loup et activités d'élevage juil-23 nc
Le sens des avis rendus par le CNPN
Les avis du CNPN sont :
? soit favorables, avec ou sans réserve, avec ou sans recommandation,
? soit défavorables, avec ou sans recommandation.
Le sens des avis rendus par le CNPN (2018-2023)
Sens des avis
rendus 2018-2023
Nb Favorables Défavorables
CNPN plénier 177 76% 24%
Commission ECB 1949 69% 31%
Commission EP 96 88% 12%
Total 2222 70% 30%
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CNPN plénier Avis Commission ECB Avis Commission EP
Nb total
(hors
fonct)
Favorable Défavorable Total Favorable. Défavorable. Total Favorable. Défavorable.
Nb Nb % Nb % Nb Nb % Nb % Nb Nb % Nb %
2018 24 15 63% 9 37% 316 216 68% 100 32% 21 19 90% 2 10%
2019 41 34 83% 7 17% 374 254 68% 120 32% 6 4 67% 2 33%
2020 31 27 87% 4 13% 315 237 75% 78 25% 14 13 93% 1 7%
2021 22 17 77% 5 23% 342 274 80% 68 20% 16 14 88% 2 12%
2022 25 17 68% 8 32% 292 190 65% 102 35% 22 19 86% 3 14%
2023 34 25 74% 9 26% 320 179 56% 141 44% 17 15 88% 2 12%
Total 177 135 76% 42 24% 1959 1350 69% 609 31% 96 84 88% 12 13%
Les avis du CNPN, quelle que soit l?instance, sont majoritairement favorables.
Les avis favorables, rendus par le CNPN plénier d?avril 2017 à mars 2022, sont accompagnés en
majorité de recommandations, notamment en vue de la prise des arrêtés ministériels ou préfecto-
raux prescriptifs, de contribuer à la réussite du dossier en faveur de la biodiversité, et aussi, par-
fois, d?éviter un avis défavorable en accompagnant l?avis favorable de fortes recommandations.
Les avis défavorables, quant à eux, sont accompagnés d?une argumentation de l?avis donné et
parfois de recommandations pour améliorer le dossier dans l?hypothèse d?une nouvelle présenta-
tion au CNPN, qui peuvent aussi servir à la prise des arrêtés ministériels ou préfectoraux pres-
criptifs.
La remise des rapports par les membres du CNPN
Le bilan de la remise des rapports par les membres est réalisé annuellement pour le calcul de
leurs indemnités d?exercice (cf. arrêté du 21 novembre 2017 portant indemnisation des membres
du CNPN).
Entre 2018 et 2022, plus de 38 000¤ ont été alloués aux membres ayant remis des rapports. 11
membres de la mandature 2017-2022 n?ont remis aucun rapport. Quatre membres ne souhaitent
pas recevoir d?indemnités.
Il convient de noter que depuis 2022, pour tout membre du CNPN, titulaire ou suppléant, le règle-
ment intérieur révisé impose la rédaction d?au moins un rapport par an (plénier ou commission)
(article 6 du règlement intérieur du CNPN). Auparavant, les membres n?étaient pas dans l?obliga-
tion de remettre des rapports.
De manière plus précise, pour l?année 2022, sur les 60 membres :
? 16 membres n?ont participé à la remise d?aucun rapport quelle que soit l?instance (plénier
ECB ou EP), dont 7 personnes déjà membres du CNPN sur la mandature 2017-2022 ;
? parmi les 42 membres de la commission Espaces protégés, seuls 13 membres ont parti-
cipé à la remise de rapports ;
? parmi les 42 membres de la commission Espèces et communautés biologiques, à l?in-
verse, seuls 3 membres n?ont participé à aucune remise de rapports.
Pour l?année 2023,
? 17 membres sur les 42 que compte la commission Espaces protégés ont participé à la
rédaction d?au moins un rapport. Cela constitue une légère augmentation due notamment
aux séances de formation dispensées pour les nouveaux membres ;
? pour ce qui concerne la commission ECB, 36 membres ont rédigé au moins un rapport ;
? 11 membres n?ont participé à la rédaction d?aucun rapport ;
? 5 membres ne souhaitent pas recevoir d?indemnités pour leur présence en réunion ou la
remise de leurs rapports.
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Annexe 4. Méthode du parangonnage
Les structures européennes et personnes ont été contactées
- suite aux recherches effectuées par les missionnés ;
- par l?intermédiaire des conseillers de développement durable auprès des ambassades
concernées ;
- sur les conseils de certains membres de l?IGEDD ;
- suite à une liste d?interlocuteurs transmise par l?IUCN.
Méthode de la mission
La mission avait pour commande de « Mettre en exergue les principales modalités
d?organisation de l?expertise scientifique et technique apportée aux ministres chargés de la
protection de la nature au sein des pays membres de l?Union européenne, en particulier pour
les projets, plans et programmes qu?ils mettent en oeuvre ».
Au vu de leur géographie, de leur histoire et de leur culture, la mission a fait le choix, parmi
les 26 états européens autre que la France, de sélectionner 8 pays74 : Allemagne, Autriche,
Espagne, Italie, Pays-Bas, Slovénie, Suède, Tchéquie au sein de l?union européenne et le
Royaume-Uni, hors de l?union européenne, mais forte de son histoire naturaliste.
Elle s?est donc attachée à utiliser la méthode de parangonnage selon la procédure habituelle
mise en oeuvre par la direction générale du Trésor (DG Trésor), avec l?aide de la direction des
affaires européennes et internationales (DAEI) du MTEL, sans solliciter directement les
conseillers économiques des ambassades.
Un questionnaire (cf annexe 4) - sur la base du modèle de la DG Trésor - a été adressé aux
conseillers développement durable, agents du MTE, détachés dans les ambassades. Ces
conseillers couvrent un pays ou une zone géographique cohérente (exemple :
Espagne/Andorre/Portugal ou Pays Bas/Luxembourg/Belgique).
Outre l?envoi du questionnaire, la mission a organisé une visioconférence avec chacun des
conseillers développement durable pour vérifier la compréhension de la commande,
reformuler les besoins de mise en relation avec les parties prenantes du pays et évoquer
leurs connaissances du sujet dans leur périmètre couvert.
Les missionnés ont parallèlement engagé des démarches directement auprès des
administrations des pays sélectionnés et auprès de personnes diversement recommandées75.
74 Le nombre de 8 pays est la norme de la direction générale du Trésor pour les parangonnages.
75 Membres de l?IGEDD, UICN, DEB
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Annexe 5. Questionnaire parangonnage destiné aux
pays interrogés
QUESTIONNAIRE
(en français - une version en anglais a été également adressée)
Le questionnaire ci-dessous a été adressé aux Conseillers développement durable, rattachés
aux ambassades. Et il a été quelque peu adapté et enrichi chaque fois que nécessaire pour
les administrations, structures européennes et tout autre contact utile à la mission. Pour
chacune des questions, il a été mentionné la description de la situation française pour une
bonne compréhension de la demande.
1. Contexte de la demande :
Le gouvernement français s?appuie, pour l?évaluation de ses politiques publiques et l?aide à
la décision des ministres, sur différentes structures (agences, instituts, conseils et comités
nationaux?) disposant notamment de compétences techniques et scientifiques :
2. Objectifs de la demande :
Mener une étude de parangonnage permettant de mettre en exergue les principales
modalités d?organisation de l?expertise scientifique et technique apportée aux ministres
chargés de la protection de la nature au sein des pays membres de l?Union européenne, en
particulier pour les projets, plans et programmes qu?ils mettent en oeuvre.
Proposer sur cette base des ajustements de l?organisation française actuelle et, d?autre part,
des modèles alternatifs, avec le double objectif de gagner en efficacité dans la production
des avis aujourd?hui rendus et de renforcer leur robustesse scientifique.
Evaluer les moyens tant humains que financiers nécessaires pour mettre en oeuvre ces
préconisations.
Sujet
Mission de parangonnage relative aux modalités d?expertise
scientifique et technique sur la protection de la biodiversité
dans les pays membres de l?Union européenne
Commanditaire
Inspection générale de l?environnement et du développement
durable (IGEDD)
Destinataire final
Ministre de la transition écologique et de cohésion du territoire (cf.
la lettre de commande)
Nom et coordonnées des
responsables
Mme : Maryline SIMONÉ - 0631246430
Fonction : Inspectrice générale de l?environnement et du
développement durable - IGEDD
Courriel : maryline.simone@developpement-durable.gouv.fr
M. : Jérôme PETITGUYOT - 0698845129
Fonction : Inspecteur de l?environnement et du développement
durable - IGEDD
Courriel : jerome.petitguyot@developpement-durable.gouv.fr
Liste des pays ciblés
Dans l?UE : Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Pologne, Suède,
Tchéquie,
Hors UE : Royaume-Uni
Échéance de remise
souhaitée
Mi-octobre 2024
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Rapport n° 015592-01
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3. Calendrier et modalités de réalisation :
Date de livraison souhaitée : automne 2024
4. Modalités de réalisation :
Suivant les réponses apportées au questionnaire ci-après, les missionnés pourraient :
Reprendre contact avec leurs interlocuteurs au sein des ambassades au-delà du renvoi du
questionnaire complété,
Auditionner les administrations et parties prenantes des pays concernés (universités,
agences, instituts, cabinets d?études?).
Déplacements possibles ou échanges par visioconférences.
Q1/- Quelles sont les principales modalités d'organisation de l'expertise scientifique et
technique apportée au.x ministère(s) chargé.s de la protection de la nature du pays concerné
et notamment pour les projets, plans et programmes et en particulier pour les demandes de
dérogations à l'interdiction de destruction des espèces protégées. Merci de préciser si ces
modalités sont exercées par des régions (Länder, provinces, communautés?).
Comme décrit dans la partie I (Contexte de la demande), la France compte de nombreux
établissements (ANSES, CNRS, IRD, OFB, Ifremer, INRAe, MNHN?) sollicités pour leurs
travaux et expertises dans le périmètre du Ministère de la transition écologie et de la cohésion
des territoires. Ces structures ont des statuts juridiques différents. A titre d?exemple, l?Anses
est un établissement à caractère administratif et l?INRAe est un établissement public national
à caractère scientifique et technologique. Le Conseil national de la protection de la nature
(CNPN) est quant à lui une simple instance, dénuée de statut juridique. Seul le CNPN est
sollicité pour émettre un avis dans le sens d?une opinion exprimée dans une
délibération.
Q2/- L?organisation de l?expertise scientifique et technique a-t-elle fait l?objet de dispositions
législatives ou réglementaires ? Le pays a-t ?il l?équivalence du CNPN ? Quelle est la base
juridique de la structure ? Son champ thématique est-il circonscrit par des textes ? La
structure est-elle indépendante ? Merci de nous transmettre dans la mesure du possible les
textes correspondants.
Le CNPN a été rénové dans le cadre de la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête
de la biodiversité, de la nature et des paysages et a donc fait l?objet de dispositions législatives
et d?un décret. https://www.ecologie.gouv.fr/loi-reconquete-biodiversite-nature-et-des-
paysages https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000034207858
Avant 2016, le CNPN était composé des services de l?État, d?élus, d?associations
environnementales, de syndicats de salariés et patronaux, de fédérations professionnelles,
de personnes qualifiées. Ces composantes indiquées supra ont été regroupées au sein du
Comité national de la biodiversité (CNB), présidé par le ministre de la transition écologique.
https://www.ecologie.gouv.fr/comite-national-biodiversite
Sans être une autorité administrative indépendante au sens juridique du terme comme
peuvent l?être la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des liberté) et la CNDP
(Commission nationale du débat public), le CNPN, avec la suppression en 2016 des membres
de droit et les nouvelles modalités de désignation de ses membres, souhaitait ainsi garantir
une forme d?indépendance, en particulier de ces membres, à l?égard notamment de tous
types d?intérêts.
PUBLIÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/loi-reconquete-biodiversite-nature-et-des-paysages
https://www.ecologie.gouv.fr/loi-reconquete-biodiversite-nature-et-des-paysages
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000034207858
https://www.ecologie.gouv.fr/comite-national-biodiversite
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
européenne
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Q3/-Quelle.s est/sont leur.s composition.s (experts, chercheurs, personnes qualifiées, élus,
associations, fédérations professionnelles, syndicats?) ? Qui produit les avis (membres des
instances, bureaux d?études, universités?) ?
Après 2016, le CNPN est devenu un groupe pluridisciplinaire d?experts, composé de 30
membres titulaires et 30 membres suppléants, désignés intuitu personae. A noter que certains
membres sont des agents du MNHN, du CNRS ou autres structures de recherche évoquées
supra.
Ces sont les membres du CNPN qui produisent les avis.
Q4/- A quel moment intervient la demande d?expertise technique et scientifique ? Qui peut
solliciter l?expertise ? Les demandes d?avis sont-ils confiés à des rapporteurs? Sont-ils
délibérés? Sont-ils adoptés à la majorité simple? Un délai maximum de production est-il prévu?
Le.s instance.s peut-elle ou peuvent-elle s'autosaisir? Dans quelle proportion le politique tient
compte des avis formulés par l?expertise ? L?application de ces avis est-elle obligatoire ou
consultative ? Les avis sont-ils rendus public ?
Le CNPN est sollicité par l?État et son administration (direction de l?eau et de la biodiversité,
DREAL, Préfets) au nom des porteurs de projet à la fin du processus d?ingénierie des maîtres
d?ouvrage. Suivant l?importance du sujet et son périmètre, 3 instances (plénier et deux
commissions) au sein du CNPN instruise la demande d?avis qui fait ensuite l?objet d?une
délibération par ses membres. Ces avis sont rendus public sur un site internet dédié.
https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/bienvenue-sur-le-site-du-cnpn-
et-du-cnb-a1.html
Ces avis sont consultatifs. Le CNPN regrette d?ailleurs la non prise en compte de certains de
leur avis par les pouvoirs publics. Inscrite dans les textes, l?autosaisine est utilisée
régulièrement par le CNPN sur des sujets de politique prospective (exemple : développement
de l?éolien en mer).
Q5/-Quels sont leurs moyens humains et financiers dont dispose la ou les structure.s ?
Concernant les moyens humains, s?agit-il d?agents publics ou d?acteurs privés ?
Le CNPN dispose d?un secrétariat composé de 3 ou 4 agents de la Direction de l?eau et de
la biodiversité du Ministère de la transition écologique, non dédiés exclusivement à cette
instance.
Le CNPN ne dispose pas d?un budget en propre mais d?une ligne budgétaire gérée par la
Direction de l?eau et de la biodiversité (frais de mission, indemnités, ?).
Q6/-Quels sont selon vous les points forts et les points faibles de cette organisation par
rapport à celle de la France (en fonction de vos connaissances) ? Cette question est destinée
en particulier aux Conseillers développement durable.
Les points forts :
- Le CNPN est composé de scientifiques reconnus ;
- Travail sérieux et reconnu ;
- Implication forte de certains membres.
Les points faibles :
PUBLIÉ
https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/bienvenue-sur-le-site-du-cnpn-et-du-cnb-a1.html
https://www.avis-biodiversite.developpement-durable.gouv.fr/bienvenue-sur-le-site-du-cnpn-et-du-cnb-a1.html
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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- Manque de coordination avec les autres structures techniques et scientifiques et avec les
Comités scientifiques régionaux de la protection de la nature (CSRPN) ;
- Manque de relations avec les services de l?État et les porteurs de projet ;
- Apparition récente d?un problème de crédibilité voire de conflit d?intérêts de certains
membres du CNPN ;
- Charge de travail importante et répartie inégalement entre les membres.
Commentaires éventuels du pays questionné :
Aurez-vous la possibilité de nous mettre directement en relation avec les personnes que vous
aurez interrogées du pays concerné ?
Merci pour votre attention et vos réponses.
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
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Annexe 6. Fiche parangonnage Allemagne
Contacts de la mission :
- Adèle BESSOULE, attachée Climat et Environnement à l?ambassade de France à Berlin
- Docteur Julia Hertin Secrétaire générale, Sachverständigenrat für Umweltfragen | German
Advisory Council on the Environment
Le fonctionnement de l?expertise technique et scientifique en Allemagne :
Les compétences en matière de protection de la nature et de biodiversité incombent aux
Länder et qu?il n?y a pas d?équivalent du CNPN en Allemagne avec des avis tels que nous les
connaissons en France.
Dans le ressort du ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la Nature, de la
Sécurité Nucléaire et de la Protection des Consommateurs (BMUV), le Bundesamt für
Naturschutz - BfN (Agence fédérale de la protection de la nature) est, en tant qu'autorité
fédérale supérieure, en charge de missions techniques, scientifiques et administratives en
matière de protection de la nature et de biodiversité. Mais il est utile de rappeler d?ores et
déjà que les compétences en matière de protection de la nature et de biodiversité reviennent
aux Länder.
Le paysage de consultation politique en Allemagne dans le domaine de la biodiversité est
relativement diversifié. L?Allemagne compte de nombreux établissements publics sollicités
pour leurs travaux et expertises dans le périmètre du Ministère de l?Environnement (BMUV) :
Le Sachverständigenrat für Umweltfragen - SRU (Conseil d'experts pour les questions
environnementales) est un organe consultatif scientifique qui conseille le gouvernement
fédéral depuis 1972 sur la politique environnementale. Le SRU est indépendant et travaille
de manière interdisciplinaire. Sur proposition de la ministre fédérale de l?Environnement, les
membres du Conseil sont nommés par le gouvernement fédéral pour 4 ans. Le Conseil est
composé de sept universitaires qui disposent d?une expertise scientifique dans le domaine
de la protection de l?environnement. Le Conseil rédige à intervalles réguliers, au moins tous
les deux ans, des avis et prises de position sur différents thèmes de la politique
environnementale. Les expertises et les avis contribuent au débat sur la politique
environnementale et soutiennent la prise de décision politique basée sur la connaissance. Le
SRU est appuyé dans l'exécution de ses travaux par un secrétariat (8 employés) sur le plan
scientifique et organisationnel. https://www.umweltrat.de/DE/SRU/sru_node.html
L?actuelle ministre fédérale de l?Environnement, Steffi Lemke, a nommé le 19 mars 2024 seize
experts de haut niveau au sein du Wissenschaftlicher Beirat für Natürlichen Klimaschutz -
WBNK (Conseil scientifique pour la protection naturelle du climat). Le WBNK est une nouvelle
instance scientifique indépendante chargée de conseiller le gouvernement fédéral en matière
de protection naturelle du climat et d?accompagner le ministère fédéral de l'Environnement
(BMUV) dans la mise en oeuvre du programme d'action pour la protection naturelle du climat
(ANK). https://www.bmuv.de/pressemitteilung/bundesumweltministerin-steffi-lemke-beruft-
wissenschaftlichen-beirat-fuer-natuerlichen-klimaschutz
Le Conseil consultatif allemand sur le changement global (Wissenschaftliche Beirat der
Bundesregierung Globale Umweltveränderungen - WBGU). Les neuf membres du WBGU
sont nommés par le gouvernement fédéral pour une durée de quatre ans. Le ministère fédéral
de l'Environnement (BMUV) et le ministère fédéral de l'Éducation et de la Recherche (BMBF)
financent conjointement le comité consultatif et se partagent la direction des travaux. Le
WBGU travaille de manière indépendante et choisit lui-même ses thèmes. Il est accompagné
par un comité interministériel du gouvernement fédéral, au sein duquel tous les ministères et
PUBLIÉ
https://www.umweltrat.de/DE/SRU/sru_node.html
https://www.bmuv.de/pressemitteilung/bundesumweltministerin-steffi-lemke-beruft-wissenschaftlichen-beirat-fuer-natuerlichen-klimaschutz
https://www.bmuv.de/pressemitteilung/bundesumweltministerin-steffi-lemke-beruft-wissenschaftlichen-beirat-fuer-natuerlichen-klimaschutz
Rapport n° 015592-01
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biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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la chancellerie fédérale sont représentés.
L?Umweltbundesamt - UBA (Office fédéral pour l?environnement) est une autorité scientifique
en matière d?environnement, dépendant du ministère fédéral de l?Environnement (BMUV).
Par l?importance de ses analyses et de ses recommandations pour les décisions politiques,
l?UBA est un acteur environnemental unique en Allemagne et qui jouit d?une forte autonomie.
L?organisation de l?UBA se structure autour de 5 domaines dont le département II sur la
protection sanitaire de l?environnement et des écosystèmes. Les missions de l?UBA sont
variées :
- soutien scientifique du gouvernement fédéral ;
- mise en oeuvre de la législation environnementale ;
- information du public sur la protection de l?environnement sur la base de recherches
indépendantes ;
- mise en place et gestion du système d?information pour la planification environnement et
d?une documentation centrale sur l?environnement.
Le ministère fédéral de l'Alimentation et de l?Agriculture (BMEL) dispose de différents comités
consultatifs qui le conseillent entre autres sur le thème de la biodiversité, notamment :
Le Wissenschaftlicher Beirat für Biodiversität und Genetische Ressourcen - WBBGR (Conseil
scientifique pour la biodiversité et les ressources génétiques) développe des missions
d?expertise et d?appui auprès du ministère fédéral de l?Agriculture (BMEL) sur les questions
générales et fondamentales relatives à la conservation et à l'utilisation durable de la diversité
biologique. Le Conseil a récemment publié une prise de position sur l?élaboration en cours
d?une nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité (NBS)76.
BMEL - Beiräte - Wissenschaftlicher Beirat für Biodiversität und Genetische Ressourcen
Le Wissenschaftlichen Beirat für Waldpolitik - WBW (Comité scientifique pour la politique
forestière77) conseille et soutient le gouvernement fédéral dans l'élaboration de ses politiques
publiques pour une gestion durable des forêts. Le comité consultatif est composé de 15
représentants de différentes disciplines scientifiques qui reflètent les exigences de la société
vis-à-vis de la forêt. Les membres sont nommés par le BMEL pour une durée de trois ans. Le
Conseil consultatif examine les objectifs et les principes de la politique forestière nationale et
internationale et soumet des propositions pour le développement des conditions cadres de la
politique forestière et des instruments de mise en oeuvre de la stratégie forestière du
gouvernement fédéral.
BMEL - Beiräte - Wissenschaftlicher Beirat für Waldpolitik.
Le Thünen-Institut est un des équivalents de l?INRAe. L?institut mène de nombreuses études
sur l?impact de l?agriculture sur la biodiversité et sur l?agriculture durable.Thünen: Home
(thuenen.de)
Le Rat für Nachhaltige Entwicklung - NRE (Conseil du développement durable) assure une
mission d?expertise auprès du gouvernement fédéral sur la politique de durabilité. Il est
indépendant dans ses activités et est nommé tous les trois ans par le gouvernement fédéral
depuis 2001.
Rat für Nachhaltige Entwicklung - (nachhaltigkeitsrat.de)
Comme décrit ci-dessus, au niveau fédéral, l'Agence fédérale pour la conservation de la
nature (Bundesamt für Naturschutz - BfN) est l'autorité compétente en matière d'expertise
scientifique et administrative dans le domaine de la conservation de la nature et de la gestion
76 stellungnahme-biodiversitaetsstrategie.pdf (bmel.de) - Avril 2022
PUBLIÉ
https://www.bmel.de/DE/ministerium/organisation/beiraete/bio-div-organisation.html
https://www.bmel.de/DE/ministerium/organisation/beiraete/waldpolitik-organisation.html
https://www.thuenen.de/en/
https://www.thuenen.de/en/
https://www.nachhaltigkeitsrat.de/?cn-reloaded=1
https://www.bmel.de/SharedDocs/Downloads/DE/_Ministerium/Beiraete/biodiversitaet/stellungnahme-biodiversitaetsstrategie.pdf?__blob=publicationFile&v=2
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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des paysages. Le BfN est l'une des quatre autorités relevant du ministère fédéral de
l'environnement, de la protection de la nature, de la sécurité nucléaire et de la protection des
consommateurs (BMUV).
Cette agence est en charge de l'application de la législation sur la conservation de la nature,
y compris la conservation du milieu marin et des espèces, et soutient le ministère dans toutes
les questions relatives à la conservation de la nature, à la gestion des paysages et à la
coopération internationale. Elle mène des recherches scientifiques et soutient divers
programmes de financement. L'une de ses principales missions consiste à fournir des
informations et des données pour étayer les décisions politiques.
L'Allemagne étant un État fédéral, les responsabilités légales concernant les projets,
plans et programmes spécifiques incombent aux Länder (article 30 de la Loi
fondamentale) de manière générale. Par conséquent, les autorités de conservation de la
nature des Länder sont en principe compétentes pour l?expertise scientifique des
projets, plans et programmes spécifiques sous la forme de déclarations scientifiques78.
Les exceptions à cette règle sont, par exemple, la zone économique exclusive marine ou les
programmes nationaux d'aide aux espèces (nationalen Artenhilfsprogramm - nAHP). Avec le
programme national d'aide aux espèces (nAHP), l?Agence fédérale pour la conservation de
la nature (BfN) finance et soutient des projets favorisant la protection fédérale des espèces
et de leurs habitats ainsi que l'amélioration de leur état de conservation. Le programme de
financement se concentre sur la protection des espèces affectées par l'expansion nationale
des énergies renouvelables.
En tant qu'autorité fédérale supérieure indépendante, le BfN travaille en étroite collaboration
avec les autorités chargées de la protection de la nature dans chacun des seize Länder
allemands. Il fournit des approches et des méthodes dans des domaines tels que
l'aménagement du paysage, la conservation des espèces et les zones protégées, et donne
des conseils sur leur mise en oeuvre.
Pour les questions générales et spécifiques concernant la protection de la nature, le ministère
fédéral de l?Environnement peut s'appuyer sur des organes d'experts et des comités
consultatifs, par exemple, comme décrit supra, le Sachverständigenrat für Umweltfragen
- SRU (Conseil consultatif allemand sur l'environnement), le Wissenschaftliche Beirat der
Bundesregierung Globale Umweltveränderungen - WBGU) (Conseil consultatif allemand
sur le changement global) ou plus récemment le Wissenschaftlicher Beirat für Natürlichen
Klimaschutz - WBNK (Conseil scientifique pour la protection naturelle du climat) chargé
d?accompagner le ministère fédéral de l'Environnement (BMUV) dans la mise en oeuvre du
programme d'action pour la protection naturelle du climat (ANK).
Il n'existe donc pas d'équivalent du CNPN en Allemagne. En Allemagne, des organismes
scientifiques ou des comités consultatifs tels que la SRU et la WBGU ou des établissements
publics soutiennent des programmes, des plans et des projets spécifiques grâce à leur
expertise scientifique.
Les organisations environnementales reconnues par l?État fédéral ont des droits spéciaux
pour participer (Mitwirkungsrechte), donner leurs avis et intenter des actions en justice
concernant des décisions juridiques et des initiatives législatives sur la protection de la nature
(§ 63 de la Loi sur la protection de la nature (BNatSchG - lien).
Les responsabilités de l?Agence fédérale de la protection de la nature (BfN) sont définies
dans la loi portant création d'une agence fédérale pour la protection de la nature (BfNG) (lien).
78 Exemples : Le ministère de l?Environnement, du Climat et de l?Energie du Land Bade-Wurtemberg
(Naturschutz: Ministerium für Umwelt, Klima und Energiewirtschaft Baden-Württemberg (baden-
wuerttemberg.de) ou le Ministère de l?Environnement, de la Protection de la Nature et des Transports du
Land de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Natur | umwelt.nrw.de).
PUBLIÉ
https://www.gesetze-im-internet.de/bnatschg_2009/__63.html)
https://www.gesetze-im-internet.de/bfnatschg/BJNR145810993.html
https://um.baden-wuerttemberg.de/de/umwelt-natur/naturschutz
https://um.baden-wuerttemberg.de/de/umwelt-natur/naturschutz
https://www.umwelt.nrw.de/themen/naturschutz/natur
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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Au sein de l?Agence fédérale de la protection de la nature (BfN), environ 430 collaborateurs
travaillent à Bonn, à Leipzig et sur l'île de Vilm près de Rügen dans différents domaines
thématiques pour la protection de la diversité biologique et l'utilisation des ressources dans
le respect de la nature.
Concernant le rôle et le statut des Naturschutzbeauftragte dans les Länder (délégués à la
protection de la nature et à l'entretien des paysages) : les délégués à la protection de la nature
sont nommés au niveau des districts (Landkreise) et sur proposition. Par exemple,
l?association environnementale NABU d?un district peut proposer à l?autorité inférieure de
protection de la nature (unteren Naturschutzbehörden) un/e candidat.e. La décision de la
nomination est prise au niveau politique, c?est-à-dire par le conseil du district (Kreistag) ou la
commission correspondante.
Les délégués à la protection de la nature soutiennent bénévolement les autorités inférieures
de protection de la nature dans le domaine de la protection de la nature. Les délégués doivent
avoir des connaissances en matière de protection de la biodiversité et s?engager pour la
protection de la nature. Certains d?entre eux ont une formation scientifique, mais ce n?est pas
une condition préalable, selon l?organisation environnementale NABU.
Ils sont nommés dans les villes et les districts (Landkreis) pour une durée de 5 ans (par
exemple au Bade-Wurtemberg79 ) pour conseiller et soutenir les autorités inférieures de
protection de la nature, notamment lors de l'évaluation de projets et de planifications liés à
des interventions dans la nature et le paysage, comme par exemple les plans d?occupation
des sols ou les plans d'urbanisme.
En outre, ils élaborent des avis sur les planifications spécialisées d'autres administrations,
par exemple lors de la mise à l'enquête publique, et sont consultés pour tous les projets où
les intérêts de la nature et du paysage sont concernés dans les districts urbains et ruraux
(Stadt- und Landkreisen), comme par exemple la protection des espèces ou des sols et le
climat.
Concernant les compétences des Landesbeirat für Natur und Umweltschutz et notamment
de leur comité consultatif d?experts (Sachverständigenbeirats für Naturschutz und
Landschaftspflege) :
Pour le Land de Berlin, le conseil d?experts doit être associé aux décisions importantes, en
particulier aux dérogations aux réglementations de la loi berlinoise sur la protection de la
nature. Les réunions ont lieu six fois par an et traitent de questions fondamentales et de sujets
d'actualité soulevés par le comité consultatif lui-même ou suggérés par les autorités, les
associations ou les initiatives citoyennes.
Les résultats essentiels des délibérations sont votés sous forme de décision et envoyés
personnellement aux destinataires respectifs. Indépendamment de cela, les procès-verbaux
sont également envoyés à tous les groupes parlementaires de la Chambre des représentants,
aux autorités supérieures et inférieures de protection de la nature ainsi qu'aux associations
reconnues.
Quelques exemples de décisions récentes du comité consultatif d?experts pour la protection
de la nature et l?entretien des paysages du Land de Berlin :
- projet de construction potentielle en bordure du parc Tempelhofer Feld ;
- avis sur un paquet législatif du Sénat de Berlin sur l?accélération des procédures de
planification et d?approbation des projets de construction ;
- décisions sur des nouvelles zones protégées autour de lacs à Berlin.
79 https://lnv-bw.de/naturschutzbeauftragte-forderungen-fuer-die-zukunft/
PUBLIÉ
https://lnv-bw.de/naturschutzbeauftragte-forderungen-fuer-die-zukunft/
Rapport n° 015592-01
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Pour information ou mémoire, la spécificité allemande concernant les mesures de
compensation et le mécanisme de « paiement compensatoire » :
En Allemagne, le principe d?évitement, le principe du pollueur-payeur et le principe de gestion
des conséquences de la règlementation des interventions revêtent une importance
fondamentale pour la réalisation des objectifs de la protection de la nature et de l?entretien
des paysages, mais aussi pour la réalisation des objectifs de l?article 1 de la Loi fédérale sur
la protection de la nature (BNatSchG).
La procédure de « paiement compensatoire », est mise en oeuvre dans de nombreux Länder.
Celle-ci a été règlementée en 2009 de manière uniforme au niveau fédéral dans l?article 5,
paragraphe 6 de la BNatSchG. Outre le calcul et le montant du paiement compensatoire,
l?exigence fédérale uniforme doit être remplie de manière technique, en garantissant si
possible l?utilisation affectée dans l?espace naturel concerné.
« Somme compensatoire » (Ersatzgeld) du destinataire : dans la mesure où la mise en
balance à effectuer conformément à l?article 15, paragraphe 5, de la loi fédérale sur la
protection de la nature a montré que les intérêts de la protection de la nature et de la
conservation du paysage sont subordonnés à l?intervention prévue, le pollueur doit verser
une compensation monétaire conformément à l?article 15, paragraphe 6, phrase 1, de la loi
fédérale sur la protection de la nature. Les bénéficiaires de ces indemnités sont, sauf dans le
cas d?interventions dans la ZEE, les autorités compétentes des Länder.
Chaque Länder a une règlementation spécifique pour la mise en oeuvre du « paiement
compensatoire » (Ersatzgeld). Dans le Bade-Wurtemberg, le système de l'éco-compte a été
développé pour les mesures de compensation et de remplacement. Ainsi, le responsable
d'une intervention peut également réaliser une mesure de protection de la nature en amont
de l'intervention et se faire créditer ce que l'on appelle des éco-points80 . Le contrôle et
l'imputation se font par le biais des districts (via les autorités inférieures de protection de la
nature). Si une intervention dans la nature et le paysage a lieu plus tard (par exemple le
dragage de gravier), le promoteur peut faire comptabiliser la mesure de remplacement qu'il a
déjà prise (valeur en éco-points). Ce n'est que lorsqu?aucune mesure ne peut être prise, qu'un
paiement compensatoire pourra être effectué.
Dans le Bade-Wurtemberg, ces paiements compensatoires (dont le montant est déterminé
dans chaque procédure par l'autorité d'approbation) sont versés de manière centralisée à la
Fondation pour la protection de la nature (Stiftung Naturschutzfonds). La fondation
Naturschutzfonds peut utiliser les fonds pour des mesures de protection de la nature qui sont
mises en oeuvre si possible à proximité du lieu où l'intervention a eu lieu. Les communes
peuvent déposer des demandes d?utilisation de ces fonds à la fondation, mais aussi d'autres
autorités de protection de la nature ou des associations de protection de la nature. La
fondation Naturschutzfonds statue ensuite sur les demandes et règle le paiement.
Dans le Brandebourg (Article 6 de la BbgNatSchAG), le montant du paiement de
compensation est fixé par l'autorité d'approbation, par exemple par l'Office régional de
l'environnement. Les paiements doivent être versés au Land en tant que « taxe affectée ».
Le destinataire du paiement est la caisse principale du Land à Potsdam. A la fin de chaque
trimestre, le ministère de l'environnement du Brandebourg effectue des virements trimestriels
groupés à la fondation compétente selon l?article 33 de la BbgNatSchAG, la fondation
NaturSchutzFonds Brandenburg. La fondation gère le paiement de compensation pour le
compte du Land. Dans la mesure du possible, le paiement de compensation doit être utilisé
sur le territoire du Landkreis ou de la ville indépendante du Kreis concerné, sinon dans
l'espace naturel concerné. Les fonds utilisés peuvent alors avoir un effet levier, car ils sont
80 Cette méthode est utilisée hors du cadre de la biodiversité protégée, mais exclusivement pour la
biodiversité ordinaire.
PUBLIÉ
https://www.gesetze-im-internet.de/bnatschg_2009/__1.html
https://um.baden-wuerttemberg.de/de/umwelt-natur/naturschutz/eingriffsregelung
https://stiftung-naturschutz-bw.de/
https://bravors.brandenburg.de/gesetze/bbgnatschag#6
https://bravors.brandenburg.de/gesetze/bbgnatschag#33
Rapport n° 015592-01
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reconnus dans les directives de subvention de l'UE, de l'État fédéral ou du Land comme
contribution propre à des projets de protection de la nature, susceptible donc d?être complétée
par des fonds publics.
Pour la mise en place de mesures compensatoires :
Pour un projet portant atteinte à la nature et au paysage, le porteur de projet élabore un
rapport environnemental. Celui-ci se base sur un examen préalable de la dimension de
l'intervention pour les biens environnementaux abiotiques (sol, eau, air) et pour les animaux,
les plantes et la biodiversité. Pour ces biens environnementaux biotiques, la législation
européenne en matière de protection de la nature (directives FFH et Oiseaux) s?applique.
Suite à la rédaction du rapport environnemental, un plan est élaboré par le promoteur du
projet, dans lequel sont définies les mesures de compensation et de remplacement. Ce plan
d'accompagnement, appelé plan d'aménagement paysager (Landschaftspflegerische
Begleitplan), est examiné par l'autorité d'approbation et ensuite approuvé. Avant l'approbation,
les mesures sont souvent encore modifiées si l'autorité l'exige. Le plan d'accompagnement
paysager approuvé doit être mis en oeuvre dans les moindres détails pour que l'intervention
dans la nature et le paysage soit compensée.
Selon l?association environnementale NABU (antenne du Bade-Wurtemberg), l'expérience de
nombreuses procédures de ce type montre qu'une compensation totale n'est pas réaliste, car
il reste généralement un dommage à la nature et au paysage. Si le plan d'accompagnement
paysager n'est pas jugé suffisant par l'autorité, celle-ci détermine le paiement d'une
compensation à la fondation Naturschutzfonds. Le montant du paiement dépend d'un
catalogue établi pour le Land Bade-Wurtemberg.
Ce qu?il faut retenir
Les compétences en matière de protection de la nature et de biodiversité reviennent aux
Länder.
Toutefois, au niveau fédéral, l'Agence fédérale pour la conservation de la nature (Bundesamt
für Naturschutz - BfN) est l'autorité compétente en matière d'expertise scientifique et
administrative dans le domaine de la conservation de la nature et de la gestion des paysages.
Cette agence fédérale est en charge de l'application de la législation sur la conservation de
la nature et fourni des informations et des données pour étayer les décisions politiques.
Les Länder, quant à eux, ont l?obligation de mettre en place une agence régionale de
conservation de la nature qui tient le même rôle que l?agence fédérale au niveau local. Les
plans et programmes sont instruits par le gouvernement du Land en s?appuyant sur leur
agence régionale et sur un comité de préservation de la nature composé de sachants
bénévoles désignés pour 5 ans. Les projets sont instruits par les administrations des
communes et des cantons avec l?aide d?un office local de protection de la nature et d?un
comité d?experts locaux bénévoles désignés pour 5 ans.
Concernant en particulier la compensation écologique, l?Allemagne a fait le choix de
l?anticipation financière des impacts et de leurs contreparties environnementales, via la mise
en oeuvre de mesures de compensation « par l?offre », en fixant par décret, au niveau de
chaque Land, les modalités de calcul du besoin compensatoire et l?offre de compensation
nécessaire en retour (« Ökokonto »). Cette méthode standard objective et harmonise les
calculs et sécurise les projets. Les éco-points peuvent être convertis en unités monétaires
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
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cédées à la collectivité locale pour mettre en oeuvre des mesures de restauration écologique.
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
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Annexe 7. Fiche parangonnage Italie
Contacts de la mission :
Claire BERGÉ, Conseillère développement durable Italie, Grèce, Malte, Chypre
Le fonctionnement de l?expertise technique et scientifique en Italie :
En raison de son organisation régionale, l?Italie compte plusieurs niveaux d?expertise
scientifique dans les domaines environnementaux. Toutefois, l?organisme de référence est
national : l?Institut pour la protection et la recherche environnementales (ISPRA). Il s?appuie
sur un réseau en régions, les ARPA. L?ensemble ISPRA + ARPA est rassemblé au sein du
Système national pour la protection de l?environnement.
Les avis émis sont confrontés dans des instances de dialogue État-régions pour chaque
projet d?intérêt local et national (comme pour toutes les lois, décrets et décisions prises en
Italie, en raison du caractère régional de sa constitution et de son organisation administrative).
ISPRA - Institut pour la protection et la recherche environnementales :
L'Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale a été créé en 2008. C?est
l?équivalent d?un établissement public administratif français. Cet établissement assure le
monitorage de tous les aspects environnementaux du pays. Il correspondrait donc en France
à l?ADEME et à l?OFB. Cet établissement assure une mission d?animation des réseaux
scientifiques et de dissémination auprès du grand public. De plus, sur certains sujets précis,
ISPRA a la vision d?ensemble des actions menées dans les différentes régions italiennes (ex :
loups, ours, qualité de l?air). Enfin, l?ISPRA produit ou contribue aux évaluations de l'impact
sur l'environnement et évaluations environnementales stratégiques et produit des avis dans
plusieurs secteurs environnementaux.
L?ISPRA est directement placé sous la tutelle du ministère de l'environnement et de la sécurité
énergétique (MASE). Le MASE transfère annuellement à l?ISPRA les ressources nécessaires
aux dépenses de fonctionnement, aux dépenses à caractère obligatoire et aux
investissements, telles qu'elles résultent des chapitres appropriés du budget de l'État. Au total,
ce sont entre 100 et 120M¤ qui sont alloués par le ministère à l?ISPRA chaque année. Le
ministère et l?ISPRA sont liés par une convention triennale d?objectifs.
Cet institut de recherche et scientifique, chargé de produire des avis de façon indépendante,
est « inféodé » au ministère. L?adjonction d?un conseil scientifique peut constituer une
garantie d?indépendance et d?objectivité. Le Conseil scientifique est un organe prévu par
l'article 8 du règlement de l'ISPRA qui a des fonctions de proposition et de consultation en
matière de planification et de vision stratégique de l'institut. En particulier, le Conseil formule
des suggestions et des propositions pour la préparation du plan d'affaires triennal de l'institut
et de ses mises à jour annuelles ; formule des suggestions et des propositions pour une
meilleure exécution des fonctions assignées par la loi à l'institution ; assiste le président dans
ses fonctions stratégiques. Il est composé du président de l'ISPRA et de cinq membres -
choisis parmi les professeurs d'université, les chercheurs, les technologues ou les experts, y
compris étrangers, ayant des qualifications scientifiques avérées dans les domaines de
compétence de l'institut - et d'un membre élu par le personnel technico-scientifique. Par
décret ministériel n° 252 du 22/06/2022 du MASE, ont été nommés les cinq membres du
nouveau Conseil scientifique de l'ISPRA : Dr Enrico BRUGNOLI 81 ; Professeur Porzia
81 Microsoft Word - Brugnoli_CV_2017_trasparenza.docx (cnr.it)
PUBLIÉ
https://www.cnr.it/it/trasparenza/direttore-curriculum/81/brugnoli-cv-2017-trasparenza.pdf
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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MAIORANO82 ; Professeur Maria Cristina PEDICCHIO83 ; Dr Emanuela TESTAI84 et Dr
Roberto VIOLA 85 . En application des normes anti mafia et corruption, et comme pour
quasiment toutes les charges publiques y compris administratives, les salaires sont publiés
en ligne86. Jusque lors, l?indépendance réelle des avis produits par l?ISPRA n?a pas été remise
en cause.
Le Système national en réseau pour la protection de l'environnement :
Créé en 2016 par une loi (loi n° 132 de 201687 ), le Système national en réseau pour la
protection de l'environnement (SNPA) est composé de l'ISPRA et des 21 agences territoriales
de protection de l'environnement (ARPA / APPA), établies par des lois régionales, et pré-
existantes. Ces agences régionales sont dotées de l?autonomie administrative, technique,
juridique, patrimoniale et comptable et sont placées sous la tutelle du président du conseil
régional ou de la province autonome.
Il s'agit d'un exemple de système fédéral consolidé, qui combine la connaissance directe du
territoire et de ses problèmes avec les politiques nationales de protection de l'environnement.
En effet, depuis la création des premières agences régionales, il y avait un besoin évident de
créer des occasions et des espaces de discussion et de débat entre l'ARPA / APPA et
l?échelon national.
Le Système exprime son avis contraignant sur les mesures gouvernementales à caractère
technique en matière d'environnement et informe le ministère en charge de l?environnement
et la Conférence permanente pour les relations entre l'État, les régions et les provinces
autonomes de Trente et de Bolzano de l'opportunité d'interventions, y compris législatives,
pour la poursuite des objectifs de développement durable, la réduction de la consommation
de terres, la sauvegarde et la promotion de la qualité de l'environnement et la protection des
ressources naturelles.
Il est à noter la décision en juin 2024 de la création future d?un conseil scientifique pour le
climat et l?environnement, composé d?experts qui seront choisis sur la base de leur expertise
scientifique dans les différents domaines de la science du climat et de leur indépendance. La
sélection sera faite conjointement par les politiques et les scientifiques.
La loi 132/201688 confie à la SNPA des fonctions spécifiques pour soutenir la législation
environnementale. Il s'agit en particulier d'une fonction d'avis, exercée sur les mesures
existantes mais surtout sur celles qui sont en cours d'adoption, conformément à l'article 13
paragraphe 2 de la loi 132/2016 (« avis contraignant sur les mesures gouvernementales de
nature technique sur l'environnement »). Des fonctions de soutien technique scientifique sont
également envisagées pour les analyses visant à évaluer l'efficacité et les résultats
opérationnels de la législation en vigueur ayant une incidence sur l'environnement. La loi
132/2016 confie également à la SNPA une fonction de proposition de nouvelle législation
environnementale ou la modification de la législation existante.
Extraits de la loi : « article 3 :
e) l'appui technico-scientifique aux administrations compétentes pour l'exercice des fonctions
administratives dans le domaine de l'environnement expressément prévues par la
82 CV_Porzia_Maiorano.pdf (isprambiente.gov.it)
83 pedicchio_cv_novembre_2023.pdf (isprambiente.gov.it)
84 testai_curriculum_vitae_europass_it2023.pdf (isprambiente.gov.it)
85 Europass (isprambiente.gov.it)
86 copy_of_Decreto_285_del_28112014.pdf (isprambiente.gov.it)
87 LEGGE 28 giugno 2016, n. 132 - Normattiva
88 Gazzetta Ufficiale
PUBLIÉ
https://www.normattiva.it/atto/caricaDettaglioAtto?atto.dataPubblicazioneGazzetta=2016-07-18&atto.codiceRedazionale=16G00144&atto.articolo.numero=0&qId=&tabID=0.42877919133996034&title=lbl.dettaglioAtto
https://www.isprambiente.gov.it/files2018/trasparenza/organizzazione-2018/CV_Porzia_Maiorano.pdf
https://www.isprambiente.gov.it/files2023/trasparenza/organizzazione-2023/pedicchio_cv_novembre_2023.pdf
https://www.isprambiente.gov.it/files2023/trasparenza/organizzazione-2023/testai_curriculum_vitae_europass_it2023.pdf
https://www.isprambiente.gov.it/files2024/trasparenza/organizzazione-2024/roberto_viola_-_ispra_cv_2024.pdf
https://www.isprambiente.gov.it/files/trasparenza/organizzazione/consiglio-scientifico/copy_of_Decreto_285_del_28112014.pdf
https://www.normattiva.it/uri-res/N2Ls?urn:nir:stato:legge:2016-06-28;132
https://www.gazzettaufficiale.it/eli/id/2016/07/18/16G00144/sg
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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réglementation en vigueur, par la rédaction d'enquêtes techniques préliminaires et
l'élaboration de propositions sur les modalités de mise en oeuvre dans le cadre des
procédures d'autorisation et d'évaluation, la réalisation de services technico-scientifiques
d'analyse et de mesure et la formulation d'avis et d'évaluations techniques également dans
le cadre des conférences de services conformément à la loi n° 241 du 7 août 1990. ».
Les procédures en Italie :
L?Italie n?a pas d?équivalent du CNPN français à ce stade.
L?annonce de juin 2024 évoquée supra du ministre laisse entrapercevoir un futur CNPN mais
qui embrasserait la thématique climat en plus de celles relatives à l?environnement.
L?ISPRA, l?ARPA et autres entités régionales produisent jusqu?ici des avis. Les experts sont
majoritairement des experts, parfois exerçant aussi à l?université voire chercheurs de
l?équivalent du CNRS italien.
Il n?y a pas de procédure unique mais un amoncellement de missions et tâches confiées au
fil du temps par les autorités centrales à l?ISPRA. La demande d?expertise scientifique et
technique survient - sans surprise - avant la délivrance de l?autorisation.
La mission n?a disposé d?aucune information sur les rapporteurs, les potentielles délibérations,
et sur le fonctionnement de la gouvernance.
Selon la matière et ce que prévoient les textes, les avis peuvent être consultatifs ou
contraignants. Par exemple, en matière d'espèces non indigènes, l?ISPRA est chargé de
préparer et d?approuver les avis techniques contraignants du Conseil de la SNPA sur les
procédures d'autorisation pour la dissémination dérogatoire d'espèces non indigènes, en
vertu des Article 12 du décret présidentiel 8 septembre 1997, n° 357, de l?arrêté ministériel
MATTM 2 avril 2020 et de la résolution du Conseil de la SNPA 143/2021. En revanche,
concernant les espèces végétales protégées par la directive Habitat, l?ISPRA doit émettre des
avis technico-scientifiques simples sur la conservation et la gestion de la flore indigène
italienne (base légale : L. 157/1992, DPR 357 (art. 9, 11).). Concernant l?aquaculture, là
encore l?ISPRA émet des avis simples.
S?agissant des avis de l?ISPRA, ils ne sont apparemment pas publiés directement par la
structure. Toutefois, certains sont révélés par d?autres parties prenantes :
- la chasse en Vénétie dgr_668_24_allegatob_532485.pdf
- la chasse dans les Abruzzes Parere ISPRA n. 257254 del 16.09.2019.pdf
(regione.abruzzo.it) Prot (cacciaedintorni.it)
- la pêche : 14319-15.pdf (torredelcerrano.it).
Et d?autres proviennent du SNPA, à titre d?exemples:
- delibera-SNPA-249_2024.pdf (snpambiente.it)
- delibera-SNPA-246_2024-parere-istanza-ganaspis-Lazio-e-Sardegna.pdf
(snpambiente.it)
- Delibera-238_2024_parere-istanza-Regione-Marche.pdf (snpambiente.it)
Tant l?ISPRA que les ARPA et le conseil national de recherche scientifique (équivalent CNRS)
ont à la fois des employés qui bénéficient de statuts s?apparentant à ceux du secteur public
que des experts extérieurs embauchés ponctuellement sur des missions précises.
Le ministère donne entre 100 et 120M¤ par an à l?ISPRA89. Les dépenses sont fléchées par
domaines d?actions et cette nomenclature est inscrite dans les textes :
L'article 1, paragraphes 702 et 706 de la loi n° 197 du 29 décembre 2022, prévoit que « Pour
89 tabella_contributo_ordinario_ISPRA_2024.ods (live.com)
PUBLIÉ
file:///D:/cberge/Downloads/dgr_668_24_allegatob_532485.pdf
https://www.regione.abruzzo.it/system/files/ambiente/tutela-territorio/vinca/105170/Parere%20ISPRA%20n.%20257254%20%20del%2016.09.2019.pdf
https://www.regione.abruzzo.it/system/files/ambiente/tutela-territorio/vinca/105170/Parere%20ISPRA%20n.%20257254%20%20del%2016.09.2019.pdf
https://www.cacciaedintorni.it/wp-content/uploads/2021/07/parere_ISPRA_calven_2021.pdf
https://www.torredelcerrano.it/docs/14319-15.pdf
https://www.snpambiente.it/wp-content/uploads/2024/06/delibera-SNPA-249_2024.pdf
https://www.snpambiente.it/wp-content/uploads/2024/06/delibera-SNPA-246_2024-parere-istanza-ganaspis-Lazio-e-Sardegna.pdf
https://www.snpambiente.it/wp-content/uploads/2024/06/delibera-SNPA-246_2024-parere-istanza-ganaspis-Lazio-e-Sardegna.pdf
https://www.snpambiente.it/wp-content/uploads/2024/05/Delibera-238_2024_parere-istanza-Regione-Marche.pdf
https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fwww.mase.gov.it%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Farchivio%2Fallegati%2Ftrasparenza_valutazione_merito%2Fispra%2Ftabella_contributo_ordinario_ISPRA_2024.ods&wdOrigin=BROWSELINK
Rapport n° 015592-01
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biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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l'achèvement et l'informatisation de la Carte géologique de l'Italie à l'échelle 1:50.000, dans
le cadre du projet de cartographie géologique (projet CARG), ainsi que pour les activités
instrumentales connexes, une contribution de 6 millions d'euros pour l'année 2023 et de 7
millions d'euros pour chacune des années 2024 et 2025 (paragraphe 702) » et « une dotation
de 8 millions d'euros pour l'année 2023 et de 12 millions d'euros pour chacune des années
2024 et 2025 (paragraphe 706) » est attribuée au Département du service géologique de
l'Italie de l'Institut supérieur pour la protection et la recherche environnementales (ISPRA),
soit un total de 14 millions d'euros pour l'année 2023 et de 19 millions d'euros pour chacune
des années 2024 et 2025.
En outre, l'article 50, alinéa 4 du décret-loi n° 76/2020, converti, avec des modifications, en
loi n° 120/2020, a introduit un fonds de 700 000 ¤ pour l'École de spécialisation dans les
disciplines environnementales. La disposition susmentionnée prévoit notamment que
L'Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale, par l'intermédiaire de la Scuola
di specializzazione in discipline ambientali (École de spécialisation dans les disciplines
environnementales) visée à l'article 17-bis du décret-loi n° 195 du 30 décembre 2009, converti,
avec modifications, par la loi n° 26 du 26 février 2010, n° 26, garantit, grâce à un fonds spécial
de spécialisation dans les disciplines environnementales, l'accès à l'enseignement supérieur
et à la formation professionnelle dans le domaine de l'environnement. L'Institut de recherche
sur l'environnement et la protection de l'environnement (IRAE), qui a été créé en vertu de
l'article 26, assure, par des protocoles d'accord spécifiques avec l'autorité compétente, le
soutien scientifique et la formation du personnel du ministère de l'environnement et de la
protection de la terre et de la mer, en particulier du personnel de la direction générale chargée
des évaluations et des autorisations environnementales. À cette fin, ainsi que pour assurer le
fonctionnement de ladite école, le ministère de l'environnement et de la protection du territoire
et de la mer accorde à l'Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale une
contribution égale à 300 000 euros pour l'année 2020 et à 700 000 euros à partir de l'année
2021. Les coûts découlant de ce paragraphe, qui s'élèvent à 300 000 euros pour l'année 2020
et à 700 000 euros par an à partir de l'année 2021, seront couverts par une réduction
correspondante de l'autorisation de dépenses en vertu de l'article 3 de la loi n° 120 du 1er
juin 2002. Le ministre de l'économie et des finances est autorisé à procéder aux modifications
budgétaires nécessaires par l?intermédiaire de ses propres décrets.
En outre, l'article 1, paragraphe 701, de la loi n° 197 du 29 décembre 2022 a attribué à l'ISPRA
une contribution de 6M¤ pour la construction d'un centre de laboratoire et la gestion de ses
activités, pour chacune des années 2023 et 2024.
Enfin, l'article 6, paragraphe 4, du décret-loi n° 111/2019, converti en loi n° 141/2019, dispose
que « 4. les données et les informations visées aux paragraphes 1 et 2 sont acquises, par
voie télématique, par l'Institut supérieur pour la protection et la recherche environnementale
(ISPRA) visé à l'article 28 du décret-loi n° 112 du 25 juin 2008, converti, avec des
modifications, par la loi n° 133 du 6 août 2008 ». Le même institut, conformément aux
dispositions de l'article 3, alinéa 2, du décret législatif n° 32 du 27 janvier 2010, et sur la base
d'un accord spécifique avec le ministère de l'environnement et de la protection du territoire et
de la mer, acquiert et systématise, dans un format ouvert et accessible, toutes les autres
données environnementales et les rend publiques dans une section dédiée et accessible du
site institutionnel du ministère de l'environnement et de la protection du territoire et de la mer
appelée « Informambiente », également dans la section « Administration transparente ». Le
paragraphe 5 du même article prévoit en outre que « 5. aux fins énoncées au paragraphe 4,
une dépense de 500 000 euros est autorisée pour chacune des années 2020, 2021 et 2022 ».
En contrepartie, ce Département a conclu une convention avec l'ISPRA pour la mise en
oeuvre des dispositions précitées.
L'actuelle convention triennale 2022-2024 entre le Ministère et l?ISPRA a été adoptée par le
décret ministériel n° 91 du 3 mai 2022.
PUBLIÉ
https://www.mase.gov.it/sites/default/files/archivio/allegati/trasparenza_valutazione_merito/ispra/2020-10-21_conv_ispra_mattm_clima.pdf
https://www.mase.gov.it/sites/default/files/archivio/allegati/trasparenza_valutazione_merito/ispra/convenzione_mase_ispra_2022.2024.zip
Rapport n° 015592-01
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biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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Cas emblématique sur la biodiversité : la décision d?abattre des ours :
Après la rencontre mortelle d?un joggeur avec une ourse, la province de Trente a décidé
d?abattre cet animal. La décision90 s?appuie notamment sur l?avis d?ISPRA fourni en urgence
dans les 5 jours suivants la demande de la province. L?ISPRA a estimé que l'abattage était
compatible avec les engagements internationaux et européens de protection de cette espèce,
d?une part, mais a émis des doutes sur la faisabilité d?une simple capture et sur son transfert
ailleurs. Actuellement, l?ourse est encore en captivité et la décision est remontée dans l?ordre
judiciaire jusqu?à la Cour de justice des communautés européennes.
Les points forts :
- organisation plus ramassée et plus lisible qu?en France ;
- notoriété environnementale et scientifique ;
- travail sérieux et reconnu.
Les points faibles :
- comme pour chaque politique publique, parvenir à un accord entre État et régions est
souvent complexe ;
- le poids des politiques ou figures locales dans les décisions.
Ce qu?il faut retenir
L?Italie n?a pas d?équivalent du CNPN même si l?annonce de juin 2024 laisse entrepercevoir
un future CNPN qui embrasserait la thématique climat avec la création future d?un conseil
scientifique pour le climat et l?environnement, composé d?experts indépendants choisis sur la
base de leur expertise scientifique dans les différents domaines de la science du climat.
Actuellement, l?organisme de référence italien est une agence nationale : l?Institut pour la
protection et la recherche environnementales (ISPRA). Son conseil scientifique est composé
de 5 membres. Leurs salaires sont publiés en ligne.
Les avis émis sont confrontés alors dans des instances de dialogue État-régions pour chaque
projet d?intérêt local et national (lois, décrets et décision), en raison du caractère régional de
la constitution et de l?organisation administrative. Le Système national en réseau pour la
protection de l'environnement (SNPA) est composé de l'ISPRA et des 21 agences territoriales
de protection de l'environnement (ARPA/APPA) Ces agences régionales sont dotées de
l?autonomie administrative, technique, juridique, patrimoniale et comptable et sont placées
sous la tutelle du président du conseil régional ou de la province autonome. Le Système peut
exprimer un avis contraignant sur les mesures gouvernementales à caractère technique en
matière d'environnement
L?organisation italienne semble plus ramassée et plus lisible qu?en France.
90 Decreto_del_Presidente_n_10_dd_27_aprile_2023.pdf (provincia.tn.it)
PUBLIÉ
https://grandicarnivori.provincia.tn.it/content/download/15177/260676/version/1/file/Decreto_del_Presidente_n_10_dd_27_aprile_2023.pdf
Rapport n° 015592-01
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Annexe 8. Fiche parangonnage Pays-Bas
Contacts de la mission :
Samy Ouahsine, Conseiller développement durable Bénélux
Contexte néerlandais :
Les Pays-Bas se sont dotés d?une loi relative à l?environnement et à l?aménagement du
territoire (Omgevingswet) entrée en vigueur en janvier 2024, se substituant à l?ensemble des
lois et décrets applicables aux autorisations environnementales. Cette loi instaure un régime
d?autorisation rigoureusement simplifié pour les projets.
Les Pays-Bas connaissent depuis 2019 la crise de l?azote, due aux émissions excessives de
composés azotés (molécules d?ammoniac et d?oxydes d?azote) dans l?air de certaines
activités, dont les dépôts créent des impacts significatifs sur les sites Natura 2000 néerlandais.
La crise est née d?une décision du juge, annulant un plan qui, par le fait qu?il prévoyait des
mesures de compensation à long terme, permettait la délivrance d?autorisations conduisant
à des émissions d?azote dans l?air en dépit de leurs impacts sur des sites Natura 2000. Au
plus fort de la crise, toutes les autorisations environnementales ont été gelées, le
gouvernement a pris des mesures d?urgence visant à baisser les émissions de NOx (baisse
de la vitesse sur autoroute à 100 km/h au niveau national) et des négociations finalement
infructueuses avec les éleveurs, visant à diminuer par deux leur cheptel, ont donné lieu à des
soulèvements d?une rare violence. La crise n?est toujours pas résolue.
Le 2 juillet 2024, après une période marquée par la démission du gouvernement Rutte IV en
juillet 2023 et des élections en novembre 2023, la nouvelle équipe gouvernementale est
entrée en fonction. Cette équipe, présidée par un premier ministre sans parti, précisera dans
les mois à venir l?accord de coalition convenu entre quatre partis de droite dont les
nationalistes du PVV, les libéraux du VVD et les agrariens du BBB. La raison d?être du BBB
est d?infléchir la politique de résolution de la crise de l?azote, vue comme défavorable aux
agriculteurs.
Le ministère chargé de la protection de la nature est le ministère de l?Agriculture, de la Pêche,
de la Sécurité d?approvisionnement alimentaire et de la Nature (LVVN). Le ministère LVVN et
les provinces (équivalentes aux régions en France) partagent (en fonction de seuils établis
dans un décret) la compétence pour les autorisations environnementales qui touchent à
l?interdiction de détruire une espèce protégée.
Les autorités compétentes disposent en régie de l?expertise scientifique et technique
nécessaire pour instruire les demandes relatives aux espèces protégées. Un échange avec
le ministère LVVN montre que la procédure interne d?instruction prévoit que chaque demande
soit assignée à un binôme composé d?un juriste et d?un écologue de la direction chargée des
autorisations environnementales.
À noter que le ministère dispose d?un contrat-cadre avec l?université de Wageningue (WUR)
permettant aux agents du ministère d?obtenir des réponses à leurs questions techniques et
urgentes, non couvertes par les travaux de recherche de moyen et long terme de la WUR,
financés par le ministère. Ces questions peuvent servir à l?élaboration de politiques publiques
ou, ponctuellement, à l?octroi d?autorisations. Un formulaire dédié est mis à leur disposition
sur Internet.
Par ailleurs, dans le cadre de la résolution de la crise de l?azote, le gouvernement a chargé
les animateurs des sites Natura 2000 d?établir des documents d?« analyse des objectifs liés
à la nature de leurs espaces » (natuurdoelanalyse), qui font l?objet d?un avis de l?Autorité
écologique (Ecologische Autoriteit), institution ad hoc créée fin 2022. Cette Autorité
PUBLIÉ
https://www.wur.nl/nl/onderzoek-resultaten/kennisonline-onderzoeksprojecten-lnv.htm
https://www.ecologischeautoriteit.nl/
Rapport n° 015592-01
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Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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écologique, indépendante, a pour mission d?évaluer la pertinence des projets de décisions
des autorités compétentes portant sur la protection de la nature, l?environnement abiotique et
le climat. Dans le cadre d?une montée en charge progressive et dans l?attente d?une
évaluation du dispositif, l?Autorité écologique néerlandaise est créée pour 8 ans et a des
prérogatives qui se limitent à l?évaluation desdits documents d?analyse des objectifs N2000
du point de vue de la protection de la nature.
La mission d?assistance aux politiques publiques de la WUR est inscrite dans le décret relatif
au subventionnement des instituts de recherche appliquée (Subsidieregeling instituten voor
toegepast onderzoek). Dans ce décret, il est fait la distinction entre les missions
réglementaires (zoonoses, etc.) et les travaux de recherches de long et moyen terme, et une
mention est faite des « questions de connaissance complémentaire ». Les modalités de mise
en oeuvre (la mise en place d?un guichet Internet) ne sont pas prévues dans les textes.
L?Autorité écologique mentionnée ci-avant est comparable au CNPN. Instituée par décret,
indépendante, l?Autorité écologique a des missions définies règlementairement. Voir
également : https://www.rijksoverheid.nl/documenten/kamerstukken/2022/09/09/instelling-
ecologische-autoriteit.
L?Autorité écologique est composée de membres nommés par décret ministériel et fonctionne
sur le modèle de l?Autorité environnementale (« Commissie m.e.r. ») néerlandaise : elle fait
appel au cas par cas à des experts externes qui sont chargés à titre personnel de produire
les avis.
La structure est pour le moment provisoire (jusque 2030) et est financée par le ministère.
Pour les autorisations relatives aux espèces protégées, l?organisation néerlandaise fait appel
à une expertise en régie. Les instructeurs disposent des connaissances nécessaires et
peuvent le cas échéant solliciter le milieu académique.
Le fonctionnement avec une Autorité écologique indépendante est encore trop récent pour
tirer des enseignements.
Annexe : La révolution législative environnementale entre grandes promesses et
embûches (Aude ROBIN-MITREVSKI, cheffe du service économique régional)
L?Omgevingswet, ou loi sur l?environnement et l?aménagement du territoire, adoptée en 2016,
résulte d?un important travail législatif mené par le ministère de l?Intérieur et des Relations
internes au Royaume. Ce texte remplace en une seule loi 26 anciennes lois et 120 textes
réglementaires sectoriels (concernant les sols, la biodiversité, le patrimoine, le paysage,
l?eau, etc.). Très attendue et suscitant quelque appréhension, son entrée en vigueur, prévue
en 2018, a été repoussée plusieurs fois jusqu?au 1er janvier 2024 à cause de problèmes
techniques. En mettant fin à la fragmentation de la réglementation, le gouvernement affichait
son ambition d?accélérer les procédures, rendre plus flexible le processus décisionnel au
profit des projets innovants, tout en garantissant la cohérence des différentes politiques
publiques.
1. Les Pays-Bas se sont dotés en 2016 d?une nouvelle loi environnementale pour simplifier
l?architecture législative jugée complexe
1.1. L?Omgevingswet a été un chantier législatif considérable lancé en 2011 en réponse à des
objectifs de simplification du droit de l?environnement. Auparavant, le tissu législatif relatif à
l'aménagement du territoire et à la préservation de l?environnement se fondait sur une
répartition et une articulation des compétences entre échelons administratifs (État central,
provinces et communes) décrites dans la Wet ruimtelijke ordening (« Loi sur l'aménagement
du territoire » de 2008). En sus, de multiples réglementations sectorielles s?appliquaient aux
projets en fonction de leurs caractéristiques, chacune prévoyant des procédures spécifiques
PUBLIÉ
https://www.ecologischeautoriteit.nl/
https://wetten.overheid.nl/BWBR0040605/2024-05-01
https://wetten.overheid.nl/BWBR0047147/2022-09-19
https://www.rijksoverheid.nl/documenten/kamerstukken/2022/09/09/instelling-ecologische-autoriteit
https://www.rijksoverheid.nl/documenten/kamerstukken/2022/09/09/instelling-ecologische-autoriteit
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
biodiversité au sein des pays membres de l?Union
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(cf. annexe 1). En 2011, la ministre de l?Infrastructure et de l?Environnement Mme Mélanu
Schulz (parti libéral VVD) a pris l?initiative de lancer le programme « Simplement mieux »
(Eenvoudig beter), associant les ministères chargés de l?économie, de l?agriculture, de la
sécurité intérieure, de l?éducation, du patrimoine et de la défense afin d?esquisser les grandes
lignes de l'Omgevingswet. L?objectif était de rassembler les textes applicables à
l?environnement physique en un seul document afin d?apporter de la transparence dans le
droit de l?environnement, simplifier les procédures et lever les obstacles aux projets tout en
intégrant les enjeux écologiques.
1.2. La nouvelle loi relative à l?environnement, l?Omgevingswet regroupe une centaine de
textes et révolutionne le rapport entre pétitionnaires et autorités. Pour un coût de plus de 2,7
Md¤, cette loi, adoptée en 2016, à droit constant, avait pour but affiché de faciliter les
initiatives individuelles et de permettre aux citoyens de s?approprier davantage leur
environnement. Elle s?articule autour de quatre axes mis en avant par le gouvernement : (i)
améliorer la coordination entre les différents plans et programmes territoriaux, (ii) favoriser
les projets liés aux transitions, (iii) faciliter l?adaptation des politiques d?aménagement mises
en oeuvre par les collectivités aux enjeux locaux, (iv) favoriser l?engagement et la participation
de la société civile. Grâce à un guichet unique et numérique (mis en place par les autorités
dans un système d?information géographique), le pétitionnaire peut se renseigner sur la
faisabilité de son projet en consultant les règlementations en vigueur sur sa parcelle selon
les caractéristiques du projet et faire sa demande d?autorisation, déclaration ou
enregistrement. Au bilan, les délais de validation des projets de construction devraient passer
de 26 à 8 semaines.
2. Après de multiples reports, son entrée en vigueur au 1er janvier 2024 est censée faciliter
les projets
2.1. L?Omgevingswet revoit la manière dont est pensé l?aménagement du territoire. Dans son
esprit, avec le principe de subsidiarité, la loi impose à l'État, aux provinces et aux
municipalités l'élaboration, chacun à l?échelle de son territoire, d'une « stratégie
d'aménagement et d'environnement » (Omgevingsvisie), planification transversale devant
prendre en compte les plans de rang supérieur. Les Omgevingsvisie, combinées avec la
révision des plans de zonage en « plans d?aménagements » (Omgevingsplan), obligent à une
remise en question de leur cohérence, conduisant le cas échéant à une dérégulation, rendant
exceptionnels les cas où une autorisation est nécessaire. Les municipalités ont jusqu'au 1er
janvier 2032 pour élaborer leur Omgevingsplan. Pendant cette période, elles bénéficient d'un
plan transitoire constitué des décisions de l?ancien plan de zonage ainsi que des règles
nationales supprimées et transférées au niveau communal. Elles devront être intégrées dans
le nouveau document.
2.2. L?entrée en vigueur des nouvelles procédures, initialement prévue en 2018, s?est heurtée
à des avaries techniques qui ont obligé à son report de 6 ans. Initialement imaginée en 2011
par le gouvernement, la loi fut publiée en 2016, avec une mise en application prévue
initialement pour 2018 mais seulement effective le 1er janvier 2024. Ces reports sont dus à
des doutes sur l?outil informatique sur lequel repose la loi. D?abord attribués à une mauvaise
coordination du projet, les reports successifs du projet sont surtout dus à sa complexité et
son manque de fiabilité. En fin d'année 2022, le Conseil consultatif pour l'évaluation des TIC
(AcICT) a formulé un jugement extrêmement critique dans l'un de ses rapports, affirmant qu?«
il n?y a pas suffisamment de certitude quant à la qualité des systèmes et au nombre d?erreurs
qui restent à prévoir ». Avec des versions test toujours défaillantes à trois mois de l?entrée en
vigueur, il avait alors été décidé de reporter une dernière fois, jusqu?à 2024, l?entrée en
vigueur de la loi.
2.3. Les collectivités territoriales et leurs agents ont été les premières victimes de cette mise
en place laborieuse, mais le crash redouté n?a pas encore eu lieu. Les nombreux reports ont
toutefois contraint les collectivités à avancer dans le flou en maintenant l'ancien système tout
PUBLIÉ
https://www.binnenlandsbestuur.nl/ruimte-en-milieu/omgevingswet-valt-miljard-duurder-uit#:~:text=De%20eenmalige%20kosten%20die%20overheden,naar%202%2C7%20miljard%20euro.
https://www.binnenlandsbestuur.nl/ruimte-en-milieu/omgevingswet-valt-miljard-duurder-uit#:~:text=De%20eenmalige%20kosten%20die%20overheden,naar%202%2C7%20miljard%20euro.
https://omgevingswet.overheid.nl/home
https://fd.nl/samenleving/1512366/grote-crash-blijft-uit-in-eerste-maanden-werken-met-omgevingswet
https://iplo.nl/regelgeving/instrumenten/omgevingsplan/omgevingsplan-rechtswege/
https://www.volkskrant.nl/nieuws-achtergrond/omgevingswet-onder-vuur-ict-systeem-werkt-van-geen-kanten~bd6745a7/
https://www.adviescollegeicttoetsing.nl/documenten/publicaties/2022/10/10/advies-digitaal-stelsel-omgevingswet-dso-lv
Rapport n° 015592-01
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
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en essayant de se familiariser avec le nouveau. En amont de l?entrée en vigueur du nouveau
dispositif, les collectivités se sont ainsi fortement exprimées pour souligner leur besoin de
clarté quant à la date officielle d?entrée en vigueur au moins six mois en amont. Si les
parlementaires signalent des retours indiquant que de nombreuses demandes étaient mal
remplies et entraînaient des retards dans le traitement, il n?y a pas eu de crash. Le site Internet
d?information aux collectivités, le centre de soutien aux municipalités et les séances
hebdomadaires de formations à l?Omgevingswet par l?Association des communes
néerlandaises (VNG) ont permis d?absorber les questions des agents territoriaux et gérer la
transition entre les deux systèmes.
L?Omgevingswet est vue aux Pays-Bas comme la plus grande opération législative depuis la
constitution de 1848. Ce chantier courageux et libéral doit désormais faire ses preuves. Dans
un contexte où la société civile réclame de plus en plus de régulations pour répondre aux
défis climatiques, des associations environnementales s?en méfient et l?attendent au tournant.
De plus, après l?invalidation du programme d?émissions d?azote du gouvernement par le
Conseil d?État en 2019 qui a freiné, voir arrêté, de nombreux projets, l?Omgevingswet est-elle
assez robuste pour rassurer les porteurs de projets et conférer à l?économie la sécurité
juridique attendue ?
Ce qu?il faut retenir
La législation néerlandaise a été entièrement rénovée début 2024.
Les textes préexistants, trop nombreux et portées par des administrations très diverses,
n'avaient pas pu empêcher la grave crise environnementale « dite de l'azote » en 2019
provoquant des affrontements violents avec les agriculteurs.
Les avis sur les textes, les plans et les programmes, sont émis par « l'autorité écologique »,
autorité indépendante, qui pour chaque demande constitue un groupe de travail piloté par un
de ses collaborateurs et comprend des experts sollicités pour leurs compétences.
Les avis sont publiés et non contraignants. Les demandes de dérogations aux espèces
protégées sont instruites en interne par le ministère chargé de la protection de la nature ou
les administrations provinciales (en fonction de seuil définis par un décret) par un binôme
juriste/écologue.
Le ministère a signé un accord-cadre avec l'université de Wageningue pour une assistance
scientifique et technique en cas de besoin spécifique ou d'urgence.
PUBLIÉ
https://www.eerstekamer.nl/handelingen/ek/20230307/conceptbesluit_tot_vaststelling
https://aandeslagmetdeomgevingswet.nl/
https://natuurenmilieu.nl/nieuws-artikel/nieuwe-omgevingswet-natuur-verdient-betere-bescherming/
Rapport n° 015592-01
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Annexe 9. Fiche parangonnage Espagne
Contacts de la mission :
Alvaro Espino, attaché sectoriel à l?ambassade de France à Madrid
Contexte :
L'Espagne se distingue par sa diversité et sa richesse naturelles. Avec une superficie de
505 000 km², le pays compte 52 réserves de biosphère, abrite environ 10 000 espèces de
plantes différentes. Il abrite plus de 50 000 espèces animales, ce qui en fait l'un des pays
ayant la plus grande biodiversité de toute l'Union européenne91.
Selon la Constitution espagnole, l'État détient le pouvoir (article 149.23) d'établir le cadre
réglementaire en matière de politique environnementale. Cependant, la protection de
l'environnement a été dévolue par l'État (article 148.9) aux dix-sept communautés autonomes
(ou régions), qui sont les entités responsables de la gestion des politiques publiques en la
matière, y compris la biodiversité (incluant la flore et la faune), l'élaboration et le
développement des plans de prévention et de contrôle des espèces exotiques et invasives,
ainsi que la gestion des espaces naturels protégés.
Cette organisation décentralisée s'illustre particulièrement dans la composition du principal
organe chargé de discuter des avant-projets de loi, des décrets et des différents plans en
matière d'environnement (ex : le Plan stratégique pour le Patrimoine Naturel et la Biodiversité
(2023-2030), à savoir la Conférence sectorielle de l?Environnement (CSE).
Composition de la Conférence sectorielle de l?Environnement (CSE) :
Le secrétaire d'État à l'Environnement du ministère de la transition écologique et du défi
démographique en assure la présidence. Il comprend les dix-sept conseillers régionaux en
charge de l?environnement et un représentant de chacune des deux « villes autonomes »
(Ceuta et Melilla).
Pour réaliser son travail et recueillir les avis scientifiques et techniques nécessaires à
l?élaboration des plans, programmes et stratégies en matière d?environnement, la CSE
sollicite la Commission d'État du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité pour avis. Cette
dernière peut renforcer son expertise scientifique en s?appuyant sur :
Les six comités thématiques permanents de la Commission d'État du patrimoine naturel
et de la biodiversité. Ces comités sont spécialisés dans différents domaines de la biodiversité
et du patrimoine naturel. Ils fournissent des recommandations et des avis spécifiques sur
leurs domaines respectifs.
Des groupes de travail thématiques : ces groupes peuvent être créés de manière
temporaire pour traiter des thématiques spécifiques qui nécessitent une expertise scientifique
approfondie. Par exemple, des groupes ad hoc ont été formés pour étudier des espèces
particulières comme le lynx ou le vison d?Europe.
Les établissements publics scientifiques, tels que le CSIC (Centre Supérieur de la Recherche
Scientifique, homologue du CNRS), l?IEO (Institut Espagnol d?Océanographie, équivalent de
l?IFREMER), et l?INIA (Institut National de Recherche et de Technologie Agraire et Alimentaire,
équivalent de l'INRA), complètent le panorama, ainsi que l?Inventaire espagnol du patrimoine
naturel et de la biodiversité, principale base de données d?indicateurs en matière de
biodiversité.
Avant de soumettre ses recommandations à la CSE, la Commission d'État du patrimoine
91 https://www.cbd.int/countries/profile?country=es
PUBLIÉ
https://www.cbd.int/countries/profile?country=es
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naturel et de la biodiversité doit consulter un organe consultatif connu sous le nom de Conseil
d'État pour le patrimoine naturel et la biodiversité, qui représente la société civile.
Organisation des organes impliqués dans la formulation d?avis scientifiques pour la
Conférence Sectorielle de l?Environnement :
Brève présentation des principaux établissements publics espagnols
en matière de recherche environnementale
Le CSIC ou Centre Supérieur de la Recherche Scientifique (homologue du CNRS) :
conformément à l'article 5 du Décret 1730/2007, il est chargé de transmettre les conclusions
des études scientifiques et technologiques aux institutions publiques (ministères,
communautés autonomes) et privées qui en font la demande. Ce centre s?appuie sur 24
instituts de recherche spécialisés en matière environnementale, tel l?Institut Pyrénéen
d?Ecologie, situé dans la Communauté autonome d?Aragon.
L?IEO (Institut Espagnol d?Océanographie, homologue de l?IFREMER) : en vertu de la loi sur
la Science et du Décret 718/2010, cet institut est chargé de fournir des conseils en matière
de recherche scientifique et d'innovation technologique aux organismes relevant de
l'administration centrale de l'État et des communautés autonomes.
L?INIA : l'Institut National de Recherche et de Technologie Agraire et Alimentaire (INIA),
équivalent de l'INRA, a été fondé en 1991. Conformément à l'article 2 du Décret 202/2021,
celui-ci mène des activités de recherche et fournit un soutien technique et scientifique dans
Conférence Sectorielle de l?Environnement
ou CSE (organe Etat-Communautés autonomes)
chargé de l'exécution des politiques
en matière de l?environnement
Commission d?Etat de
Patrimoine Naturel et de la
Biodiversité
(organe chargé de rendre des
avis scientifiques à la CSE).
Celui peut s?appuyer sur six
comités techniques spécialisés,
des groupes de travail ou
l?expertise des établissements
scientifiques)
Conseil d?Etat pour le
patrimoine naturel et la
Biodiversité
(Organe d'échange entre
l?État, les Régions et la
société civile, consulté par la
Commission d?État du
Patrimoine Naturel et de la
Biodiversité avant de rendre
des avis scientifiques à la
CSE.
Inventaire espagnol du
patrimoine naturel
(Base de données
nationale d?indicateurs
en matière de
Biodiversité alimentée
par l?Etat et les
Communautés
autonomes)
Groupes de travail
(ex : lynx ibérique,
vison d?Europe)
Etablissements
scientifiques
(CSIC, IEO)
Technique
Technique
Technique
Consultatif
Société civile
Délibératif
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le domaine de la recherche agroalimentaire. Il travaille tant pour le compte du ministère de
l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation que pour celui du ministère pour la transition
écologique et le défi démographique.
En Espagne, les questions relatives aux dérogations à l'interdiction de destruction des
espèces protégées sont encadrées par l'article 56 de la loi 42/2007, qui établit que la Liste
des espèces protégées (Listado de Especies Silvestres en Régimen de Protección Especial),
relevant du ministère de la transition écologique et du défi démographique (MITECO), ne peut
être modifiée que sur proposition de la Commission d'État pour le patrimoine naturel et la
biodiversité ou des communautés autonomes. Cette modification peut également être
décidée et imposée par le MITECO.
Pour les espèces protégées par les normes de l'Union européenne ou des instruments
internationaux, leur inclusion dans la liste est automatique et précédée d'une notification à la
Commission d'État pour le patrimoine naturel et la biodiversité. Tout citoyen ou entité privée
peut également solliciter une révision de cette liste en présentant une justification scientifique.
Une fois inscrites dans la Liste des Espèces Sauvages sous Protection Spéciale (LESPRE),
ces espèces font l'objet d'une évaluation régulière de leur état de conservation. Les
communautés autonomes ont également la possibilité de créer leurs propres listes d'espèces
sauvages sous protection spéciale, assorties de mesures de préservation supplémentaires
adaptées à leurs territoires respectifs.
L'organisation de l'expertise scientifique et technique est régie, en Espagne, par des
dispositions législatives et réglementaires. La pierre angulaire de ce dispositif est la loi
42/2007 sur le patrimoine naturel et la biodiversité.
La structure, les fonctions et la composition des comités techniques appuyant les avis
scientifiques de la Commission d?État pour le patrimoine naturel et la biodiversité sont régies
par le décret 1424/2008. En ce qui concerne le Conseil d?État du patrimoine naturel et de la
biodiversité, celui-ci est régi par le décret 948/2009.
Fonctions et composition de la Commission d?État du patrimoine naturel et de la
biodiversité :
Selon le décret royal 1424/2008 qui régit cet organe, la Commission constitue un forum de
discussion et d'échange sur toutes les questions relatives à la protection, à la restauration et
à l'amélioration des ressources naturelles dans tous les domaines de compétence. Elle
assure la coordination entre les différentes administrations et favorise une prise de décision
plus efficace, en suivant le principe de solidarité. Ce décret définit également la composition
et les attributions de la Commission, énonce les règles régissant son fonctionnement et
institue les comités spécialisés qui la composent. Ces comités, ayant un rôle consultatif,
facilitent la coopération entre l'État et les communautés autonomes. Cette commission se
réunit en moyenne deux fois par an.
Composition de la Commission d?État du patrimoine naturel et de la biodiversité :
- Le directeur général de la biodiversité, des forêts et de la désertification du MITECO, qui
assure la présidence.
- Un représentant du Ministère des affaires étrangères, de l'UE et de la coopération.
- Un représentant par communauté autonome (17) et de chacune des deux « villes
autonomes » espagnoles (Ceuta et Melilla).
Fonctions et composition du Conseil d?État du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité :
Ce Conseil est un organe collégial de participation de la société civile dans le domaine de la
conservation et de l?utilisation durable du patrimoine naturel et de la biodiversité. Le décret
royal 948/2009 établit comme principales fonctions de rendre un avis sur les plans et
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stratégies de conservation en matière de patrimoine naturel et de biodiversité qui lui sont
soumis par la Commission d?État pour le Patrimoine Naturel et la Biodiversité.
Composition du Conseil d?État du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité :
- La présidence est assurée par le Secrétaire d?État à l?Environnement et le Directeur
général de l?environnement naturel et de la politique forestière.
Les autres membres :
- 8 représentants ministériels : 3 du Ministère de la Transition Écologique et du Défi
Démographique, ainsi qu'un représentant de chaque ministère de l'industrie, de la santé,
du logement, des sciences et de la culture.
- Deux représentants d?organisations professionnelles.
- Deux représentants d?organisations syndicales.
- Trois représentants d?organisations agricoles.
- Un représentant des associations nationales de consommateurs.
- Cinq représentants d?associations professionnelles ayant un impact sur l'environnement.
- Un représentant du CSIC.
- Deux représentants du monde universitaire.
- Cinq représentants d?ONG.
- Deux représentants de fédérations sportives.
- Un représentant du secteur de la pêche.
- Un représentant de chaque communauté autonome (sans droit de vote)
Comme évoqué précédemment, la Commission d'État du Patrimoine Naturel et de la
Biodiversité s?appuie pour rendre ses avis scientifiques sur six comités techniques spécialisés
(voir ci-dessous). Selon l'article 2.6. du décret n° 1242/2008, la Commission d'État du
patrimoine naturel et de la biodiversité peut proposer à tout moment au MITECO la création,
la modification ou la suppression des comités spécialisés qu'elle juge nécessaires à
l'accomplissement de ses fonctions. Les membres des comités techniques sont
généralement des fonctionnaires des établissements de recherche susmentionnés (CSIC,
IEO, etc.).
Comités techniques de la Commission d'État du Patrimoine Naturel et de la
Biodiversité :
- Comité des Espaces Naturels Protégés.
- Comité des Zones Humides.
- Comité de la Flore et de la Faune Sauvages.
- Comité Forestier Espagnol.
- Comité pour l'amélioration et la conservation des ressources génétiques forestières.
- Comité de Lutte contre les Incendies Forestiers.
Groupes de travail :
Ces conseils peuvent à leur tour s'appuyer sur des groupes de travail consacrés à des
thématiques spécifiques, comme le lynx ibérique ou le vison d?Europe. La composition de ces
groupes de travail est déterminée par chaque comité technique. Les membres des groupes
de travail sont généralement également des universitaires ou issus des centres de recherche.
Selon le Sous-directeur chargé de la biodiversité, des forêts et de la désertification, interrogé
dans le cadre de ce parangonnage, la CSE peut demander à tout moment l'expertise
technique et scientifique de la Commission d'État pour le patrimoine naturel et la biodiversité.
Cependant, c?est généralement cette dernière qui s?autosaisit, impliquant ainsi une approche
ascendante ou « bottom up ». Si nécessaire, des rapporteurs sont nommés. Les décisions
sont majoritairement prises par délibération et adoptées à la majorité, avec une recherche
générale de consensus. Un délai de production est habituellement fixé.
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La Commission d'État pour le patrimoine naturel et la biodiversité peut également s'autosaisir
pour soumettre des avis d'expertise. L'application de ces avis est consultative, bien qu'ils
soient généralement pris en compte par la CSE. Il n'est pas systématique que les avis soient
rendus publics ; la plupart du temps, les documents administratifs restent internes. Cependant,
certains documents peuvent être rendus publics sur demande.
Le secrétariat de la Commission d?État du patrimoine naturel et de la biodiversité est assuré
par un agent de la Direction générale de la biodiversité, des forêts et de la désertification du
MITECO. De même, chaque comité technique bénéficie du secrétariat d'un agent de cette
même direction. Contrairement au CNPN en France, cette Commission n'a pas de budget
propre, mais elle dispose d'une ligne budgétaire gérée par la Direction générale de la
biodiversité, des forêts et de la désertification. Les chercheurs, membres des comités
techniques et des groupes de travail conseillant cette Commission, ne sont pas rémunérés.
Le secrétariat du Conseil d?État du patrimoine naturel et de la biodiversité est également
assuré par un agent de la Direction générale de la biodiversité, des forêts et de la
désertification du MITECO. Ce Conseil n?a pas non plus de budget propre, mais il dispose
également d'une ligne budgétaire gérée par la Direction générale de la biodiversité, des forêts
et de la désertification.
D'après nos interlocuteurs, la sous-direction de la biodiversité du Ministère de la transition
écologique et du défi démographique, ainsi que le département de l?environnement de la
Communauté autonome d?Aragon, consultés dans le cadre de cette étude comparative,
l'organisation espagnole se distingue par une collaboration étroite entre l'État et un haut
niveau de compétences scientifiques au sein des comités techniques/groupes de travail. De
plus, l?articulation et la qualité des espaces d?échanges entre l?État et les communautés
autonomes sont considérées comme des points forts (de même qu?avec la société civile).
Néanmoins, des délais prolongés, parfois jusqu'à un an, sont identifiés comme des points
faibles en raison de la nécessité de parvenir à des consensus pour l'adoption de certains avis.
Une forme de bureaucratie et de lourdeurs administratives seraient à l?origine de ces délais
parfois prolongés.
Plan stratégique pour le Patrimoine Naturel et la Biodiversité (2023-2030) :
Le plan vise à définir des actions pour freiner la détérioration des écosystèmes et renforcer
la restauration écologique pour la période 2023-2030. Il a été élaboré en collaboration avec
les Communautés autonomes, avec le soutien technique et scientifique de la CEPNB, des
associations et des centres de recherche, puis approuvé par la Conférence sectorielle de
l'environnement. Ce plan complète également le plan de relance espagnol avec plusieurs
paquets de mesures et d'investissements, le premier budget estimé étant de 4 M¤ pour 2025.
Parmi les objectifs fixés par ce plan, on retrouve :
- Améliorer les connaissances sur la biodiversité pour élaborer des politiques publiques
efficaces en matière de conservation.
- Créer à partir de 2022 un Système national de suivi et gouvernance de la connaissance
sur le patrimoine naturel et la biodiversité en Espagne, avec pour objectif qu'en 2030
aucun espace d'intérêt commun n'ait un état de conservation « inconnu ».
- Valoriser économiquement les services écosystémiques et établir un système national de
comptabilité du capital naturel.
- Développer les infrastructures vertes, la connectivité et la restauration écologique.
- Restaurer 15 % des écosystèmes dégradés.
- Améliorer et protéger les habitats et les espèces, avec au moins 30% des espaces en
tendance positive d'ici 2030.
- Elaborer un Plan national pour la conservation du patrimoine géologique et la géodiversité,
ainsi qu'un Inventaire national des lieux d'intérêt géologique (IELIG).
- Protéger 30 % des espaces maritimes d'ici 2030, avec la création de 8 nouveaux espaces
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maritimes Natura 2000 entre 2023 et 2024.
- Maintenir et renforcer les actions contre les délits environnementaux.
- Intensifier les actions d'éducation et de communication sur la biodiversité.
Inventaire espagnol du Patrimoine naturel et de la biodiversité :
Conformément à la loi 42/2007 sur le patrimoine naturel, la Commission d'État du patrimoine
naturel et de la biodiversité, ainsi que tous les instituts de recherche, s'appuient sur l'«
inventaire espagnol du patrimoine naturel et de la biodiversité », une base de données
d'indicateurs définis par l'État en collaboration avec les communautés autonomes et les
institutions scientifiques. Cette base de données contribue à l'élaboration de normes, d'avis
et de plans et stratégies en matière de biodiversité. Cet inventaire comprend divers éléments
tels que les habitats menacés, les espèces protégées, les espèces exotiques invasives et les
espaces naturels protégés. Ces données, sont à leur tour intégrées dans ce qui a été nommé
« banque de données de la nature »92. Le Ministère de la Transition écologique et du Défi
démographique est responsable de la création et de la mise à jour de cet inventaire, et est
chargé de la publication d?un rapport annuel (le dernier rapport date de 2022).
Fonctions de la Commission d?État du patrimoine naturel et de la biodiversité (Décret
1424/2008)
92 Descargas del área de actividad de Biodiversidad y Bosques (miteco.gob.es)
1. Promouvoir la coopération entre l?Administration générale de l?État et les communautés auto-
nomes et les villes de Ceuta et Melilla pour l?élaboration de règlements, de plans et de programmes, et
la mise en oeuvre d?actions de protection, de conservation, de restauration et d?amélioration du patri-
moine naturel et de la biodiversité, y compris la politique forestière.
2. Promouvoir la coopération entre l?Administration générale de l?État et les communautés auto-
nomes et les villes de Ceuta et Melilla pour la préparation et la mise à jour de l?inventaire espagnol du
patrimoine naturel et de la biodiversité et du système d?indicateurs conçu pour exprimer ses résultats de
manière synthétique.
3. Préparer la participation espagnole aux organismes, conférences et réunions internationaux rela-
tifs à la conservation du patrimoine naturel et de la biodiversité et contribuer à l?exécution des obligations
qui en découlent.
4. Contribuer au développement de programmes internationaux liés à la conservation du patrimoine
naturel et de la biodiversité découlant des accords et conventions auxquels l?Espagne est partie.
5. Examiner les propositions qui leur sont soumises par leurs comités spécialisés.
6. Proposer la création, la modification et la suppression des Comités spécialisés qu?il juge néces-
saires à l?exercice de ses fonctions.
7. Approuver ses propres règles de fonctionnement.
PUBLIÉ
https://www.miteco.gob.es/content/dam/miteco/es/biodiversidad/temas/inventarios-nacionales/iepnb/informes/InformeIEPNB_2022.pdf
https://www.miteco.gob.es/gl/biodiversidad/servicios/banco-datos-naturaleza/informacion-disponible/cartografia_informacion_disp.html
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise scientifique
et technique sur les questions relatives à la protection de la
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Fonctions du Conseil d?État pour le Patrimoine Naturel et de la Biodiversité (Décret
948/2009) :
Ce qu?il faut retenir
L?État espagnol définit le cadre réglementaire, les communautés autonomes et les régions
assurent la protection de l'environnement.
Les projets de textes législatifs et de plans concernant l'environnement sont discutés au sein
d'une instance réunissant le ministère de l'environnement et les représentants régionaux : la
conférence sectorielle de l'environnement naturel (CSE).
Ses travaux s'appuient sur la commission d?État du patrimoine et de la biodiversité qui compte
6 comités thématiques et des groupes de travail ad hoc si besoin. Les établissements publics
peuvent apporter leur concours à ces travaux.
Les recommandations de la CSE sont soumises pour avis à la commission d'état du
patrimoine naturel et de la biodiversité qui représente la société civile. La liste des espèces
protégées relève du ministère mais la mission n'a pas eu d'information sur la procédure
d'instruction des dérogations.
Le Conseil d?État pour le patrimoine naturel et la biodiversité a les fonctions suivantes :
a) Éclairer les réglementations et les plans au niveau national, [?], en les surveillant et en évaluant
l?impact social, économique et environnemental des politiques publiques.
b) Connaître, avant sa publication, le rapport annuel sur l?état et l?évolution du patrimoine naturel et
de la biodiversité.
c) Rendre compte, avant son approbation, du Plan stratégique de l?État pour le patrimoine naturel et
la biodiversité.
d) De faire rapport, avant leur approbation, sur les directives de gestion des ressources naturelles
auxquelles doivent se conformer les plans de gestion des ressources naturelles approuvés par les
communautés autonomes.
e) Informer, avant leur adoption, des stratégies de restauration des habitats menacés de disparition.
f) Informer, avant son approbation, de la déclaration d?aires naturelles protégées au niveau de l?État.
g) Informer, avant son approbation, des stratégies de conservation des espèces menacées présentes
dans plus d?une communauté autonome.
h) Informer, avant son approbation, des stratégies de gestion, de contrôle et d?éradication éventuelle
des espèces inscrites au Catalogue espagnol des espèces exotiques envahissantes.
i) Promouvoir l?élaboration de rapports et d?études sur le secteur forestier et suivre les plans et
programmes relatifs aux forêts au niveau de l?État, dans lesquels l?impact social, économique et
environnemental des politiques publiques est évalué.
j) Proposer aux administrations publiques les mesures jugées appropriées pour améliorer la gestion
durable de la forêt et la compétitivité du secteur
k) Préparer un rapport annuel sur le secteur forestier espagnol, qui comprend la situation, l?évolution
et les perspectives de celui-ci.
l) Promouvoir le dialogue, la participation et la collaboration entre toutes les administrations,
institutions et agents sociaux et économiques impliqués dans l?utilisation durable des ressources
naturelles, en favorisant l?échange d?informations entre tous les membres du Conseil sur les questions à
l?examen.
m) Fournir des conseils techniques et scientifiques aux délégations espagnoles, lorsque cela est
requis par l?intermédiaire de son Président, par la personne qui assure la présidence ou le chef de la
délégation espagnole, dans les organismes, conférences et réunions internationaux relatifs à la
conservation du patrimoine naturel et de la biodiversité et contribuer à l?exécution des obligations qui en
découlent.
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Annexe 10. Fiche parangonnage Suède
Contacts de la mission :
Selma LABROUE - Chargée de mission Études comparatives internationales au Bureau Pilot
- Étude, stratégie et pilotage du réseau international - de la direction général du trésor
Le fonctionnement de l?expertise technique et scientifique en Suède :
En 1999, la Suède a réformé en profondeur sa législation environnementale avec l?adoption
du Code de l?environnement. En plus de consolider une législation auparavant fragmentée,
le Code précise le rôle des études d?impact sur l?environnement (EIE), dont la mise en oeuvre
relève des échelons local et régional et crée des tribunaux spécialisés en matière
environnementale qui jouent une pièce maîtresse dans le dispositif.
Il n?y a pas en Suède d?agence unique responsable des évaluations environnemen-
tales : les acteurs du processus sont multiples et les modalités d?évaluation peuvent varier
au cas par cas. In fine, la responsabilité de la conduite des évaluations environnementales
est très décentralisée et incombe aux communes et préfectures. Il s?agit d?un véritable pro-
cessus de négociations où les consultations des parties prenantes sont très larges.
Les directives européennes 2001/42/CE relative à l'évaluation des incidences de certains
plans et programmes sur l'environnement et 2011/92/UE concernant l?évaluation des
incidences de certains projets publics et privés sur l?environnement ont été transposées dans
le droit suédois au sein du code de l?environnement (chapitre 6) et de l?ordonnance sur
l?évaluation environnementale. Une réforme importante du chapitre 6 du Code de
l?environnement a eu lieu en 2018 pour transposer la directive modificative de 2014 et
simplifier les procédures pour les projets n?ayant pas un impact significatif.
Le droit suédois distingue les évaluations environnementales stratégiques, pour les plans
et programmes réalisés par les autorités publiques ou les municipalités, et les évaluations
environnementales spécifiques pour les activités et projets, publics ou privés. Les deux
processus sont globalement similaires :
- détermination de l?existence d?un impact significatif sur l?environnement par une enquête
et une consultation ;
- évaluation environnementale en trois étapes (consultation de délimitation, déclaration
d?impact et commentaire du public) ;
- prise en compte de celle-ci dans la réalisation du plan/programme ou dans l?attribution
d?un permis pour le projet.
Les acteurs diffèrent à la marge et les exigences sont un peu plus strictes pour l?évaluation
des projets que des plans, mais dans la pratique les autorités suédoises ne font que peu la
distinction entre les deux instruments93.
Evaluation environnementale stratégique (plans et programmes) :
En premier lieu, c?est la municipalité ou la préfecture qui élabore ou modifie un plan ou
programme qui détermine si celui-ci peut avoir un impact significatif sur l?environnement via
une enquête. Cette enquête consiste en :
- Une identification des circonstances et de l?impact potentiel.
93 Un rapport de l?OCDE de 2014 note même qu?en dépit de la transposition par la Suède dans sa législation
des dispositions de la directive du Parlement européen et du Conseil relative à l?évaluation des incidences
de certains plans et programmes sur l?environnement (2001/42/CE), les autorités suédoises assimilent
souvent les évaluations environnementales stratégiques (EES) aux études d?impact sur l?environnement (EIE)
et ne font pas de distinction entre ces deux instruments.
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- Une consultation auprès des municipalités concernées, des préfectures (Länsstyrelser),
et des autres autorités concernées (ex. Agence suédoise de protection de l?environnement
ou Naturvårdsverket).
La municipalité ou préfecture rend ensuite une décision spéciale justifiée rendue publique sur
la nécessité d?une étude d?impact. Si une évaluation environnementale stratégique est
nécessaire, la municipalité ou préfecture doit réaliser une consultation de délimitation pour
déterminer la portée et le niveau de détail de l?étude auprès des mêmes acteurs, puis produire
une déclaration d?impact environnemental. Celle-ci doit ensuite être ouverte aux
commentaires. La municipalité ou préfecture doit enfin prendre compte de cette étude
d?impact dans la réalisation de son plan ou programme.
Evaluation environnementale spécifique (projets) :
Dans le cas où il y a un doute sur le potentiel impact d?une activité ou d?un projet sur
l?environnement (projet non classifié par la loi comme ayant ou non un impact), c?est à la
préfecture (Länsstyrelser) de déterminer si le maître d?ouvrage doit fournir une
évaluation environnementale spécifique. Pour cela, le maitre d?ouvrage doit consulter
(avec un document de consultation préparé par ses soins) l?ensemble des parties prenantes
sur la question de l?impact environnemental significatif ainsi que la Préfecture, l?Agence pour
la protection de l?environnement et les parties concernées sur le contenu et la conception de
la déclaration d?impact à venir. Le maitre d?ouvrage produit ensuite un compte-rendu de
consultation qu?il soumet à la commission administrative de la Préfecture. Il agit par une
décision spéciale motivée en 60 jours si le projet peut être présumé avoir un impact significatif
et si une évaluation environnementale spécifique est nécessaire. Si l?impact est limité, une
petite étude d?impact environnemental, moins stricte dans son contenu, suffit. Dans le cas
d?une évaluation environnementale spécifique, l?exploitant réalise une consultation de
délimitation et une déclaration d?impact environnemental (dont le contenu est contrôlé
par le CA du comté et régulé par le gouvernement) qu?il soumet à la personne ou l?autorité
examinant la délivrance du permis (municipalités, préfectures, tribunaux régionaux de
l?environnement Miljödomstolar94 ou gouvernement selon la taille et l?impact du projet, cf.
question 3). Celle-ci l?examine, l?ouvre aux commentaires pour au moins 30 jours et la
complète au besoin, avant de délivrer ou non le permis. Dans la pratique, les deux phases
enquête/étude d?impact se confondent un peu : si l?Agence de protection de
l?environnement estime que le risque de rejet est grand dès l?examen de critère d?impact
significatif, elle doit en informer l?exploitant. De même, le dossier de consultation fournit par
l?exploitant pour déterminer l?existence ou non d?un impact significatif doit être suffisamment
complet pour servir à l?élaboration de l?étude d?impact.
94 Les tribunaux fonciers et de l?environnement (mark- och miljödomstolar) traitent des affaires et des dossiers
relatifs, entre autres, aux questions suivantes: permis de traitement des eaux et permis d?exercer une activité
dangereuse pour l?environnement; protection de la santé, protection de la nature, propreté publique, pollution,
gestion des déchets dangereux; indemnisation en matière environnementale; permis de construire, permis
d?abattre et permis de modification de terrains conformément à la loi sur l?urbanisme et la construction; droit
foncier, recours contre les décisions en matière d?urbanisme, lotissement, servitudes publiques ou privées,
expropriation. Il existe cinq tribunaux fonciers et de l?environnement, qui constituent des juridictions distinctes
au sein des tribunaux de première instance de Nacka, Vänersborg, Växjö, Umeå et Östersund. Les
jugements et ordonnances des tribunaux fonciers et de l?environnement peuvent faire l?objet d?un appel
devant la Cour foncière et de l?environnement (Mark- och miljööverdomstolen), qui fait partie de la Cour
d?appel de Svea (Svea hovrätt). Les affaires dont ont été saisis les tribunaux fonciers et de l?environnement
et qui ont fait l?objet d?un appel devant la Cour foncière et de l?environnement peuvent encore faire l?objet
d?un pourvoi devant la Cour suprême (Högsta domstolen).
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Le processus d?élaboration des études d?impact n?est donc pas complètement
internalisé, à l?image de la tradition de consultation publique propre à la Suède, et
inclut d?ailleurs souvent des entreprises de consultants. Cela découle également de
l?exigence d?expertise prévue par l?article 15 de l?ordonnance sur l?évaluation publique :
l?exploitant ou la municipalité (selon qu?il s?agisse d?un projet ou d?un plan) doit s?assurer que
la déclaration d?impact soit réalisée par des experts qualifiés (sans que ce terme soit précisé
externe/interne ou privé/public).
Acteurs opérationnels :
Les acteurs sont donc multiples, et les municipalités, préfectures et tribunaux
environnementaux jouent un rôle prépondérant dans le processus, qu?il s?agisse des
évaluations stratégiques ou spécifiques.
Par exemple, le gouvernement devrait prochainement prendre la décision finale en faveur de
la construction du site final d?entreposage des déchets nucléaires en couche géologique
profonde (SFK) à l?étude depuis 2011. Les agences suédoises (radioprotection,
environnement) ont remis des avis favorables au gouvernement, la commune (qui dispose
d?un droit de véto sur la décision finale du gouvernement) s?est également prononcée en
faveur du projet. Le tribunal de l?Environnement de Nacka (qui évalue la conformité du projet
au regard du Code de l?Environnement) a émis des réserves et demandé des analyses
techniques supplémentaires sur la corrosion des containers de cuivre. Le gouvernement
décidera in fine sur la base de ces avis.
Critiques : Le rôle prépondérant accordé aux communes et leur autonomie politique dans le
foncier et la construction notamment pourraient amener à une situation de distorsions entre
les collectivités sur les dispenses de permis ou la réalisation de l?aménagement du territoire.
Cela a d?ailleurs été observé par l?OCDE dans ses rapports de 2004 et 2014, où elle soulignait
une grande disparité entre les communes concernant la prise en compte des aspects
environnementaux dans les plans d?urbanisme (et la qualité des EES). L?OCDE notait
également que de nombreuses prescriptions liées à l?environnement dans la réglementation
du foncier et de la construction étaient établies au niveau des communes, par exemple la
fixation des normes d?efficacité énergétique des bâtiments, conduisant à des distorsions. Une
deuxième grande critique est la complexité du processus, régulé par la Code de
l?environnement, les ordonnances et lois et orientations de l?Agence Naturvårdsverket,
notamment pour les petites entreprises.
Réglementation et type de projets :
Une évaluation environnementale est nécessaire dès lors que le projet/plan est supposé avoir
un impact environnemental significatif (critère unique). Ce critère vaut aussi bien pour les
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plans et programmes que pour les projets. L?existence de cet impact est déterminée selon
trois sous-critères, explicités dans l?ordonnance sur l?évaluation environnementale :
- les caractéristiques du projet ou du plan (déchets, utilisation de ressources naturelles etc.) ;
- son emplacement (robuste ou fragile, déjà saturé etc.) ;
- le type et les caractéristiques des potentiels effets environnementaux (temporaires ou per-
manents, effets transfrontières, sur la biodiversité, le climat, les espèces etc.), en prenant en
compte l?aspect cumulatif des autres permis accordés et les risques pour la santé humaine.
La première étape est donc de déterminer l?existence de ce critère. Certaines opérations sont
déterminées par avance comme ayant ou non un impact (ex. toutes les activités menées
dans le domaine de l?eau, les opérations d?extraction et les enclos cynégétiques selon le Code
de l?environnement), les autres sont tranchées au cas par cas, sans critère de seuil.
Concernant les plans et programmes, l?évaluation environnementale stratégique ne
s?applique pas à ceux destinés à servir le service de défense ou de protection civile, ainsi que
les plans et programmes financiers ou budgétaire. Le gouvernement peut également émettre
des règlements pour décider que certains types de plans ou programmes ont
automatiquement un impact ou non.
Concernant les projets, le gouvernement peut également décider qu?un type de projet est
supposé impacter ou non l?environnement. De nombreuses lois exigent ainsi une étude
d?impact environnemental dans leur domaine (la loi sur l?aviation civile, la loi sur les routes, la
loi sur certaines conduites, la loi sur certaines tourbières, la loi sur les minéraux, la loi sur la
construction des chemins de fer et la loi sur l?électricité). On distingue ainsi :
- Ceux dont on peut toujours supposer qu?ils ont un impact environnemental significatif
(comprend les activités énumérées dans la directive EIE, les grandes opérations indus-
trielles, certaines opérations hydrauliques, grands projets d?infrastructure etc.).
- Ceux dont on peut toujours supposer qu?ils n?ont pas d?impact significatif (ex. dispositif
d?égout, drainage au sol insignifiant, installation de pompe à chaleur etc. soit des petits
projets souvent conduits par des PME).
- Ceux où la question de l?impact doit être tranchée au cas par cas, (ex. plans détaillés selon
la loi sur la planification et la construction etc.).
Pour les projets et plans étant considérés par le gouvernement comme ayant ou non un
impact significatif, on passe directement à l?évaluation environnementale ou à la réalisation
du projet. Pour les autres, une enquête réalisée par ou auprès de la municipalité est
nécessaire.
ENQUÊTE DE CRITERE
Dans le cas d?un plan ou d?un programme, c?est l?autorité ou la municipalité en charge qui
réalise elle-même l?enquête. Elle identifie l?existence potentielle d?un impact significatif sur
l?environnement et consulte : les municipalités concernées, les conseils d?administration de
comté et les autres autorités affectées par le plan ou programme. La municipalité doit
motiver sa décision et la rendre publique.
Dans le cas d?un projet, l?enquête est réalisée par l?exploitant mais auprès de la municipalité
et avec un contrôle accru. Le maître d?oeuvre prépare tout d?abord un document de
consultation complet avec le descriptif du projet qu?il transmet au Conseil d?administration
du comté, à l?autorité de tutelle (Agence pour la protection de l?environnement) et à toutes
les parties prenantes (ex. Agences pour les transports Trafikverket, riverains etc.). Cette
consultation est également l?occasion de commencer à se coordonner sur le contenu et la
conception de la déclaration d?impact future. Un compte-rendu (rapport de consultation)
est ensuite adressé au CA du comté pour évaluation. A la suite de l?enquête, le CA du
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comté (Länsstyrelsen) détermine si une étude environnementale spécifique est nécessaire
pour l?attribution d?un permis ou si une « petite étude environnementale », plus souple,
suffit. Le système est fondamentalement coopératif et basé sur la responsabilité commune.
Il existe des exceptions : Un exploitant a la possibilité de directement supposer que son projet
peut avoir un impact significatif : dans ce cas, aucune enquête n?est nécessaire et l?étude
d?impact peut directement être réalisée (idem pour un plan d?une municipalité). De même,
certains lieux sont suffisants pour affirmer l?existence d?un impact significatif : tous les permis
Natura 2000 (réseau de sites naturels de l?UE) sont par exemple automatiquement soumis à
une évaluation environnementale. Des exceptions prévues par la loi peuvent également être
faites à la réalisation d?une étude d?impact pour l?attribution d?un permis, par exemple en cas
d?urgence de santé.
Dans certains cas où les projets ne nécessitent pas de permis mais peuvent impacter
l?environnement, c?est à l?autorité de surveillance de procéder à un examen d?autorisation
pour imposer une demande de permis et une évaluation environnementale.
Avis de l?autorité environnementale :
A noter, en Suède, il n?existe pas de statistiques consolidées au niveau national sur les avis
rendus en matière environnementale par les différentes autorités (Ae).
Contenu de l?évaluation environnementale :
Le code de l?environnement modifié en 2018 clarifie les éléments que doivent contenir les
évaluations environnementales. Ces éléments sont dans l?ensemble les mêmes qu?il s?agisse
d?une évaluation stratégique ou spécifique. Elles doivent inclure une consultation de
délimitation pour déterminer la portée et le niveau de détail de l?étude d?impact, une
déclaration d?impact et la possibilité de soumettre des commentaires.
La déclaration d?impact doit inclure différents éléments selon que l?évaluation soit stratégique
ou spécifique. Pour les plans et programmes, la déclaration doit notamment contenir un
résumé, son objectif principal et sa relation avec les plans existants (dont une justification des
écarts potentiels avec les plans généraux). Pour les projets, la déclaration est plus complète
et doit contenir une présentation technique détaillée du projet (emplacement et conception
de l?activité, illustrations techniques, plan financier, immobilier nécessaire, potentiels accords
de développement etc.). Dans les deux cas, la déclaration doit présenter :
- les conditions environnementales et les problèmes potentiels ;
- l?évolution environnementale probable hors plan ou projet ;
- les effets probables du plan ou du projet ;
- les mesures envisagées pour prévenir, dissuader, neutraliser ou remédier aux atteintes à
l?environnement, y compris de potentielles mesures compensatoires ;
- les solutions alternatives.
La déclaration doit également inclure un compte-rendu des précédentes consultations et un
résumé non-technique.
Prise en compte de l?évaluation dans la réalisation des plans et la délivrance de
permis :
Dans sa préparation des plans, la municipalité a l?obligation de « tenir compte » de
l?étude d?impact et des commentaires (Section 9, chapitre 6 du code de
l?environnement) : lorsqu?elle adopte son plan détaillé, elle doit d?ailleurs spécifier
dans un compte-rendu de quelle manière elle a pris en compte l?étude d?impact et les
commentaires, si nécessaire pourquoi elle n?a pas suivi les alternatives envisagées,
et mettre en place des mesures de suivi de l?impact.
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Concernant les projets, l?exploitant doit fournir à l?autorité délivrant le permis une
demande d?autorisation et l?évaluation environnementale. L?autorité qui délivre le
permis se détermine selon le degré de risque que les projets représentent pour
l?environnement et la santé humaine. Il y a 2 grandes catégories : les grands
projets avec un impact majeur, potentiellement dangereux comme défini par le code
de l?environnement (grosses installations industrielles et minières du fait de rejets de
solides et de gaz, grands projets aquatiques comme la construction de ponts, les
installations portuaires, la régulation des cours d?eau ou le drainage des eaux
souterraines), pour lesquelles l?autorisation dépend des tribunaux fonciers et de
l?environnement. Les activités avec un impact significatif sur l?environnement mais
moins importantes en taille et moins dangereuses nécessitent une autorisation
délivrée par les délégations d?évaluation environnementale, i.e. les bureaux
administratifs des comtés. Dans tous les cas (y compris pour les projets sans impact
significatif n?ayant eu qu?à faire une « petite étude d?impact »), les exploitants doivent
auto-surveiller l?évolution de leur activité et suivre les impacts sur l?environnement en
rapportant annuellement à l?autorité de contrôle compétente.
Cette répartition des tâches peut en pratique conduire à des conflits. Par exemple,
dans le cadre du projet de site de stockage final des déchets nucléaires, les agences
et le gouvernement ont exprimé un avis positif, mais le dossier est bloqué par le tri-
bunal, décideur ultime, qui demande une étude environnementale plus précise.
Des mesures de compensation, discutées pendant l?évaluation, peuvent être exigées selon
le Code de l?Environnement pour des projets ayant un impact sur des cours d?eau et sur des
zones reconnues à forte priorité culturelle ou environnementale au niveau national ou
international. Cependant, la mise en place de mécanismes de compensation pour les autres
espaces non protégés n?est pas contraignante juridiquement. Elle dépend de la bonne volonté
des maîtres d?ouvrage et n?est quasiment pas appliquée en Suède. En conséquence, la
jurisprudence suédoise est assez stricte, et les engagements en matière de compensation
ne permettent pas de baisser les exigences de l?évaluation. Ces mesures sont en outre
hiérarchisées : en priorité, les dégâts doivent être évités, puis réduits. Ce n?est qu?en dernier
ressort que les dommages doivent être compensés. Il y a donc une distinction formelle à
respecter dans l?évaluation entre garanties et mesures compensatoires.
La décision relative à la présence d?un impact environnemental ne peut pas faire l?objet
d?un appel séparé. En revanche, les permis des délégations d?évaluation
environnementale peuvent faire l?objet d?un recours devant le tribunal foncier et
environnemental. Depuis le 1er janvier 2018, la déclaration d?impact environnemental doit être
publiée par chaque autorité sur son site Web.
A partir de 2023 et en transposition de la directive modificative 2014/52/UE, l?Agence
suédoise de protection de l?environnement aura l?obligation de fournir à la Commission le
nombre de projets ayant fait l?objet d?une décision pour impact environnemental significatif et
d?une étude d?impact sur l?environnement, la classification de ces études dans les catégories
de projets définies par l?UE, et des indicateurs de performance (temps et coût moyen
nécessaires pour réaliser les EIE). Pour l?instant, il n?y a pas de statistiques disponibles sur
le nombre d?évaluation réalisées et leurs décisions, ni sur les recours engagés.
Cadrage préalable :
Comme la France, la Suède a connu des cas d?études d?impact peu détaillées et des
négligences sur la détermination du critère d?impact significatif (ex. arrêt P4498-18 de la Cour
suprême foncière et environnementale du 8 mai 2019 pour un plan de 2016). Dans son
examen environnemental pour la Suède (2014), l?OCDE relève que nombre d?entreprises
étaient d?avis que les EIE étaient exigées pour un trop grand nombre d?activités aux
incidences pourtant relativement faibles, et que la procédure était excessivement lourde. La
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réforme du chapitre 6 du code de l?environnement de 2018 a depuis permis de préciser les
modalités d?enquêtes et de clarifier les évaluations et leurs contenus. Elle a par exemple
rendu possible la réalisation d?une étude d?impact plus souple en cas d?existence d?un
précédent, et a réduit les délais d?évaluation en regroupant certains bureaux d?administration.
La version suédoise de la procédure de cadrage préalable a également été modifiée. Elle est
aujourd?hui obligatoire mais très flexible.
Pour les projets, la consultation dans le cadre de l?enquête de critère constitue une première
phase de dialogue entre l?exploitant (qui réalise le dossier) et les bureaux d?études
administratifs des comtés sur les principaux enjeux environnementaux et impacts du projet
ou plan. Ils y discutent d?ailleurs déjà du contenu et de la conception de la future déclaration
d?impact.
En amont de la déclaration d?impact d?un plan ou d?un projet, la municipalité ou l?exploitant
réalise également une consultation de délimitation avec les autorités, municipalités et
comtés concernés et toutes les parties prenantes permettant de préciser l?ampleur et le degré
de précision des informations à fournir dans la déclaration d?impact. Cela inclut les critères
d?évaluation, les connaissances actuelles, le niveau de détail du plan/programme ou projet,
l?intérêt public etc. Le public peut être associé à cette procédure.
La consultation de délimitation doit être réalisée en amont de l?étude d?impact, mais elle doit
également ne pas intervenir trop tôt pour avoir les éléments nécessaires à une délimitation
appropriée. Cet « avis de cadrage » spécifique à la Suède est très flexible, il peut être modifié
au cours du processus d?élaboration du plan si besoin.
L?avis de cadrage est public (un rapport de consultation est publié en ligne et joint à l?étude
d?impact) et non-opposable juridiquement.
Artificialisation des sols :
La notion d?artificialisation des sols n?est pas vraiment présente en Suède, et n?a
d?ailleurs pas de réelle traduction. Cet enjeu est moins important qu?en France puisque la
Suède est moins sujette à l?étalement urbain et au développement massif des périphéries.
Dans le cadre de l?Agenda 2030, la Suède s?est dotée de 16 objectifs environnementaux,
visant à promouvoir le développement durable comme inscrit dans le code de
l?environnement. L?un d?entre eux est dédié au bâti et au cadre de vie durable. S?il ne
mentionne pas explicitement l?artificialisation des sols, il englobe l?ensemble des enjeux liés
à l?étalement urbain, à la densification des villes et à l?accès aux espaces verts ?plus dans
une optique humaine qu?écologique. Ces objectifs, adoptés par le Parlement, sont
accompagnés de jalons et d?indicateurs de performance, notamment l?intégration de la
verdure urbaine dans les planifications, et des services écosystémiques en villes d?ici 2025.
Mais la tendance est aujourd?hui jugée neutre par l?autorité gouvernementale responsable
Boverket et l?objectif ne devrait pas être atteint à date. Un deuxième objectif, celui de « qualité
environnementale », aborde indirectement la notion d?artificialisation des sols dans le cadre
de la protection des montagnes et de la lutte contre l?« empiètement ».
Autres outils :
La Suède a mis en place une stratégie fiscale très développée pour atteindre ses objectifs de
développement durable, comme indiqué dans le tableau ci-dessous (1¤ = 10,15 SEK au 2
février 2021).
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La Suède a également pris des mesures dans le cadre du plan de relance intégré au PLF
2021, notamment 48 M¤ de dépenses nouvelles pour la transition verte (rénovation
énergétique, protection des zones naturelles, réduction des émissions) et 40 M¤ d?effort fiscal
pour 2021 (baisse d?impôts pour la technologie verte, révision de la fiscalité sur les transports).
Depuis plusieurs décennies, la Suède a soutenu le développement de systèmes de
management environnemental non réglementaires (ex. certifications normatives) et
l?harmonisation avec les systèmes européens (ex. EMAS). Elle a également imposé à près
de 200 organismes publics de prendre en compte les enjeux environnementaux dans leur
fonctionnement. Les entreprises publiques doivent publier un rapport de durabilité et se fixer
des objectifs pluriannuels. La Suède s?est enfin dotée d?un programme de certification des
déclarations environnementales de produits et a renforcé le poids des critères
environnementaux dans les marchés publics.
Modalités de participation du public dans le cadre de l?évaluation environnementale
sur des projets, plans ou programmes :
La tradition d?inclusion du public dans les décisions environnementales est particulièrement
ancienne et forte en Suède. La Convention d'Aarhus, accord sur les obligations des
autorités en termes de transparence, de participation du public et de la possibilité de faire
réviser les décisions/actions/omissions des autorités dans le domaine environnemental, a
été signée en juin 1998 par la Suède. Cette convention implique que « les citoyens ont le
droit d'accéder aux informations environnementales, la possibilité d'influencer les décisions
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Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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et technique sur les questions relatives à la protection de la
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Fidèle à la tradition suédoise, la participation du public joue un rôle clé dans la protection de
l?environnement, et cela à plusieurs étapes :
Consultation d?enquête : dans la détermination de l?impact significatif (si celle-ci est
nécessaire cf. question 3), l?enquête menée par la municipalité ou l?exploitant sous le
contrôle du Conseil d?administration du comté interroge les parties prenantes, comme
les riverains ou les agences/ entreprises concernées. Cette soumission aux parties
se fait généralement en amont de l?enquête pour que celle-ci soit enrichie des apports.
Un rapport de consultation doit être réalisé par l?exploitant, et si son contenu n?est
pas réglementé par la législation, l?Agence de protection de l?environnement
considère qu?il doit a minima contenir la liste des personnes/organismes consultés,
une présentation des apports et des propositions, une présentation des potentiels
changements de plan et les avis sur le critère d?impact significatif.
Consultation de délimitation : si un impact significatif a été établi et qu?une étude
d?impact est nécessaire, la consultation est élargie à toutes les parties prenantes. Si
d?autres pays sont touchés par les plans ou projets, ceux-ci doivent également être
informés et consultés. Cette consultation a lieu en amont de la réalisation de la
déclaration d?impact. Un rapport de consultation est ensuite rajouté à la déclaration
d?impact et l?ensemble doit être soumis aux commentaires du public.
Dans la phase d?évaluation de l?EIE par l?autorité de délivrance du permis (pour
les projets), une troisième phase de consultation publique a lieu. L?autorité doit alors
publier l?EIE avec des informations supplémentaires (qui examine la délivrance, délai
de consultation, où trouver des informations etc.). Dans le cas de grands projets avec
décision du tribunal, celle-ci a lieu entre la phase de réception du dossier (avec la
demande de permis et l?évaluation environnementale) et l?audience principale.
Dans le cadre d?une évaluation environnementale spécifique (projet), les deux premières
phases peuvent être coordonnées à condition que la portée et le niveau de détail soient
suffisants et que cela soit spécifié aux organisations et personnes consultées, car les
consultations de délimitation sont souvent plus larges.
La consultation dans le cas d?une évaluation environnementale spécifique doit être d?au
moins 30 jours. De manière générale, le délai doit être « suffisant » et s?adapter aux
contraintes des organismes consultés (ex. Parlement sámi très consulté du fait de
l?importance du territoire mais avec peu de moyens).
Pour les plans et programmes, le code de l?environnement oblige l?autorité de surveillance ou
les municipalités à informer le public de la décision relative à l?impact environnemental
significatif, sans préciser la manière. Dans la pratique les documents sur publiés en ligne.
Pour les évaluations spécifiques, l?exploitant doit fournir un dossier de base aux entités
ou personnes consultées pour les informer du projet et leur fournir un contact direct pour toute
information supplémentaire. Ce dossier doit contenir des informations concernant la portée
du projet, les travaux de démolition, le lieu, la sensibilité de l?environnement, les potentiels
effets, les mesures de prévention ou de compensation prévues, les sources scientifiques.
Dans le cas de grands projets avec une large consultation, la relation avec le public consulté
peut en addition se faire via des publications en ligne ou la presse locale (mais la simple
publication d?une présentation du projet sur un site Web n?est pas considérée comme
suffisante).
Comme précisé précédemment, la municipalité a obligation de prendre en compte
l?ensemble de l?étude d?impact dans sa décision ou dans sa préparation des plans, y
et le droit d?y faire appel ou de recevoir un examen juridique pour savoir si leurs droits en
vertu de la législation environnementale ont été violés ».
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Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
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compris les commentaires (Section 9, chapitre 6 du code de l?environnement). Les
explications de cette prise en compte doivent figurer dans un compte-rendu joint à son plan
détaillé et une non-prise en compte des commentaires doit théoriquement être motivée. De
même, les autorités doivent justifier du refus ou de l?accord d?un permis en fonction de
l?évaluation d?impact environnemental.
Modalités de consultation du public sur les actes réglementaires non soumis à
évaluation environnementale :
Pour les actes législatifs : la tradition de consensus suédoise se traduit par la
pratique systématique (et obligatoire) d?un « envoi pour avis » pour chaque projet de
loi à l?ensemble des parties prenantes, en sus de la consultation du Conseil de la
Législation (Lagrådet, équivalence de la consultation du Conseil d?État). Cette
obligation est inscrite dans la Constitution (Instrument du gouvernement de 1974) au
chapitre 7 : ?In preparing Government business, the necessary information and
opinions shall be obtained from the public authorities concerned. Organisations and
private persons shall be afforded an opportunity to express an opinion as necessary.?
Cette consultation publique se déroule entre l?étape d?enquête par le comité de
préparation de la loi (où l?opposition a déjà pu s?exprimer) et la rédaction du projet de
loi du gouvernement. Tout le monde est supposé pouvoir participer à ces
consultations, même si certaines entités pertinentes sont visées. Dans la pratique, et
selon l?OCDE, le système fonctionne bien pour les parties prenantes établies et pour
les grandes problématiques nationales mais il semble être moins effectif pour les lois
« secondaires » et pour la participation de l?ensemble de la population. Les organes
de référence auxquels les projets de loi sont principalement envoyés sont les agences
du gouvernement central, des groupes d'intérêt spéciaux, des autorités locales ou
d'autres organismes dont les activités peuvent être affectées par les propositions. Par
exemple, les projets peuvent être envoyés à l?ensemble des acteurs d?une même
branche pour des régulations sectorielles, comme l?ensemble des entreprises
disposant d?un permis ou d?une licence qui pourrait être affecté par la nouvelle
régulation.
Pour les actes réglementaires : les actes non législatifs réalisés par le
gouvernement (ordonnances) peuvent également faire l?objet de consultation. Les
actes réglementaires des agences, « mandatory provisions », sont encadrés par un
manuel incluant la notion de consultation. Ce n?est cependant pas une obligation et
les agences peuvent développer leurs propres procédures (dans la pratique, les
recommandations du manuel sont suivies). Dans certains domaines cependant, le
cadre légal autorisant les règlements des agences impose une étude d?impact (ex.
ordonnance sur les travaux de 1995) ou une consultation publique (ex. ordonnance
sur les règles techniques de 1994).
Il n?y a pas d?approche unique dans la manière de procéder. Les ministères et agences
agissent selon leur propre approche. La consultation se fait majoritairement par écrit, malgré
quelques exceptions d?auditions spéciales. Les propositions initiales sont généralement
publiées sur les sites internet des ministères et agences et envoyées aux parties prenantes
établies (syndicats, confédérations, représentation du patronat, Parlement sámi, associations
et ONG etc.), puis les contributions sont publiées en intégralité sur internet. Pour les projets
de loi, les contributions sont agrégées par le ministère responsable et présentées dans un
mémorandum envoyé au Parlement (lequel peut d?ailleurs procéder à des interviews
d?experts ou de parties prenantes).
Si un certain nombre d?organes de renvoi réagissent défavorablement aux propositions
initiales, le Gouvernement peut essayer de trouver une solution alternative. Ce n?est pas
obligatoire mais cette pratique est traditionnelle en Suède et fortement ancrée dans le
processus politique d?élaboration des lois. Cela aboutit d?ailleurs à peu de surprise lors des
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Rapport n° 015592-01
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votes au Parlement et à une capacité à réaliser des réformes structurelles impressionnantes,
bien qu?il y ait des côtés également négatifs (lenteur et incapacité à agir vite en cas de crise,
lois parfois peu courageuses, notamment dans la défense etc.). Cette « peur du conflit » dont
découle la tradition consensuelle de la crise (konflikträdd) se retrouve aussi bien dans le
fonctionnement public que dans le privé.
L?obligation de consulter les parties prenantes lors de l?élaboration de lois étant une exigence
constitutionnelle, cette pratique est contrôlée par la Division de la révision des projets
juridiques et linguistiques (Division for Legal and Linguistic Draft Revision) du Ministère de la
Justice.
Il n?existe pas d?indicateur standardisé au niveau national. Chaque échelon en local étant libre
de conduire ce type d?exercice ou non.
Ce qu?il faut retenir
Les communes instruisent toutes les demandes d'autorisation ayant un impact sur
l'environnement (climat, espèces, biodiversité...).
Divers acteurs interviennent en fonction de l'importance du dossier (administration du comté,
tribunal, bureaux d'études...). La loi définit le type d'évaluation environnementale (EE) à
mener en fonction du type de projet. Les EE des plans et programmes sont réalisés en interne
par les services communaux, qui peuvent solliciter les services du comté.
Pour les grands projets (usines, centrales électriques...), le dossier est instruit par la
commune mais l'autorisation est délivrée par le tribunal foncier et de l'environnement. Pour
les projets moins importants, ce sont les délégations d'évaluation environnementale (services
techniques des comtés) qui délivrent les autorisations.
Les consultations du public et les échanges entre parties prenantes sont présents tout au
long des procédures. Les dossiers des porteurs de projet doivent comporter les mesures de
prévention et de compensation envisagées ainsi que les sources scientifiques.
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Annexe 11. Fiche parangonnage Tchéquie
Contacts de la mission :
- Noémie PIASKOWSKI - Conseillère développement durable
Pologne/Slovaquie/Tchéquie
- Najma AYAD - Chargée d?études économiques - Ambassade de France en République
Tchèque
- Jan SIMA, director, department of species protection and implemantation of international
commitments,ministry of the environment
Le fonctionnement de l?expertise technique et scientifique en République tchèque :
Les principales institutions fournissant une expertise scientifique et technique sur la nature et
la biodiversité sont directement liées au ministère de l'Environnement de la République
tchèque, principalement l'Agence tchèque pour la conservation de la nature (ATCN, www.na-
ture.cz/web/en) et l'Agence tchèque de l'environnement, agence d'information (CENIA,
https://www.cenia.cz/czech-environmental-information-agency). Sur demande, un soutien
est également apporté par des instituts de recherche, des universités et d'autres organisa-
tions (ONG, sociétés de conseil privées?). Les demandes de dérogation sont déposées au-
près de l'ATCN, de l'administration des parcs nationaux ou des autorités régionales.
L'organisation a été créée principalement sur la base de la loi n° 114/1992 Coll. sur la pro-
tection de la nature et des paysages.
Il n?existe pas d?équivalent direct au CNPN français en République tchèque, cependant,
plusieurs comités ou plateformes consultatifs ont été créés, pour fournir des orientations et
des consultations sur des sujets spécifiques (comme les SPANB). Il s'agit généralement d'ex-
perts d'institutions de recherche et universitaires, d'institutions directement liées au ministère,
ainsi que d'autres membres, en fonction du mandat de cet organisme.
Les institutions directement liées au ministère sont généralement financées sur le budget de
l'État. Les comités consultatifs ne reçoivent généralement pas de soutien financier. L'appui
scientifique et technique apporté par d'autres organismes est financé par le ministère ou via
une coopération de projet (différentes sources de financement).
Ce qu?il faut retenir
Pour les plans, programmes et textes, l'expertise du ministère de l'environnement s'appuie
sur l'agence tchèque de conservation de la nature (ATCN) qui peut en cas de demande très
spécifique faire appel à des experts extérieurs.
Les demandes de dérogations aux espèces protégées sont instruites en fonction de leur
impact et leur localisation, par l'ATCN, les autorités régionales ou les parcs nationaux.
Pour les projets d'aménagement, l'expertise est fournie par le pétitionnaire et analysée par le
service instructeur qui peut être le ministère ou une administration locale en fonction du type
de dossier.
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Rapport n° 015592-01
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Annexe 12. Fiche parangonnage Royaume-Uni
Contact de la mission :
Jérémy MAST - Conseiller développement durable au Royaume-Uni auprès de l?ambassade
de France
Contexte :
Au Royaume-Uni, la protection de la nature s?exerce dans le cadre d?un vaste corpus de
normes et de politiques publiques mises en oeuvre par une pluralité d?acteurs (agences
publiques, ONG, universitaires, entreprises, etc.). Elle fait partie des compétences dévolues
aux nations : chaque nation (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles et Irlande du Nord) dispose
de sa propre stratégie pour la protection de la biodiversité et de l?environnement.
Les ministères chargés de la protection de la nature au sein du gouvernement britannique et
des gouvernements des nations peuvent s?appuyer sur l?expertise et les conseils d?organes
publics reconnus par la loi (statutory nature conservation bodies). Le Joint Nature
Conservation Committee (JNCC) est l?organe public chargé de conseiller le gouvernement
britannique et les gouvernements des nations sur les questions liées à la protection de la
nature à l?échelle du Royaume-Uni et à l?international.
Chaque nation dispose en outre de son propre organe public de conseil pour la protection de
la nature à l?échelle de son territoire, qui sont compétents, entre autres, pour la délivrance
des dérogations à l?interdiction de destruction d?espèces protégées : Natural England pour
l?Angleterre, NatureScot pour l?Ecosse, Natural Resources Wales pour le Pays de Galles et
Northern Ireland Environment Agency et Committee on Nature Conservation and the
Countryside (CNCC) pour l?Irlande du Nord.
Initialement fondée par l?Environmental Protection Act 1990, l?existence juridique de ces
différents organes repose désormais sur le Natural Environment and Rural Communities
(NERC) Act 2006. Cette loi définit leur champ de compétence assez largement : ils conseillent
les autorités appropriées dans toutes les matières relevant de la protection de
l?environnement.
Ces organes publics sont statutairement indépendants du gouvernement. Ils dépendent
toutefois des ressources ministérielles (budget, emplois, communication, etc) pour l?exercice
de leurs activités.
Le JNCC est dirigé par un joint commitee formé de 9 membres (7 membres issus des conseils
d?administration des organes dépendant de chaque nation et 2 membres indépendants, dont
la présidente). Le JNCC dispose d?une équipe de 300 personnes environ pour l?exercice de
ses missions. Il s?agit principalement d?experts et de chercheurs qui travaillent à temps plein
pour l?organisation.
Chaque organe national réplique ce modèle d?organisation composé d?un conseil
d?administration supervisant l?activité d?une équipe d?employés permanents. A titre d?exemple,
Natural England est dirigé par un conseil d?administration formé de 15 membres de différents
horizons (experts, scientifiques, administrateurs de sociétés du secteur de l?immobilier ou de
la protection de l?environnement, etc.) et dispose d?une équipe de 3 000 personnes pour
accomplir l?ensemble de ses missions.
Les organes nationaux délivrent les dérogations aux interdictions de destruction des espèces
protégées sur demande des porteurs de projet. Si le projet nécessite un permis de construire,
la demande de dérogation intervient après la délivrance du permis de construire. La décision
des organes nationaux n?a pas valeur d?avis. C?est une décision administrative, juridiquement
opposable.
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Le service économique régional (SER) de Londres ne dispose pas d?information concernant
l?organisation de la procédure de prise de décision.
Natural England dispose d?un budget de 332 M£ pour l?année budgétaire 2023/24 et emploie
3 073 ETP. Il s?agit principalement d?agents publics employé sur des contrats de droit privé.
Natural England n?indique pas le détail des moyens humains et financiers affectés à la
mission d?expertise technique et scientifique. On peut toutefois noter que son plan d?action
pour l?année 2023/24 prévoit d?affecter 13 % du budget et 12 % des ETP à l?objectif
stratégique d?accroitre l?abondance des espèces et réduire le nombre d?espèces en extinction.
Le SER n?a pas de connaissance particulière sur ce sujet et n?a pas pu se faire un avis sur la
question faute d?avoir pu trouver des interlocuteurs appropriés, aussi bien du côté de
l?administration que des ONG.
Ce qu?il faut retenir
La protection de la nature est de la compétence des Nations (Angleterre, Écosse, Irlande du
Nord, Pays de Galles).
L'expertise est fournie par des organes publics de conseil : le joint nature conservation
comittee (JNCC, 300 collaborateurs essentiellement des experts et des chercheurs à plein
temps) pour les questions à l'échelle du pays et internationales, et des organes publics
nationaux pour les questions relevant des territoires des Nations.
Les organes sont indépendants mais financés sur les budgets ministériels. À titre d'exemple
l'organe de conseil anglais (Natural England) dispose d'environ 2 800 collaborateurs et d'un
budget de 318 M de GBP pour l'exercice 2024/2025.
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Rapport n° 015592-01
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Annexe 13. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
CHARRIER Aude
Ministère territoires
écologie logement
Sous-directrice de
l'action européenne
de la direction de
l'action européenne
et internationale
11/03/2024
CABANIS Sophie
Ministère territoires
écologie logement
Adjointe au chef de
bureau performance
environnementale
des bâtiments à la
direction générale
de l?aménagement,
du logement et de la
nature
14/03/2024
GALTIER Bertrand CNB Vice-Président 14/03/2024
DELDUC Paul IGEDD Chef de service 20/03/2024
DUMOULIN Virginie IGEDD Inspectrice générale 20/03/2024
MULLER Serge CNPN
Président de 2017 à
2022
03/04/2024
OBLED Loïc OFB
Directeur général
délégué
03/04/2024
BERREBI Romuald OFB
Adjoint au Directeur
de la direction de la
recherche et appui
scientifique en
charge du conseil
scientifique et de la
politique de
l'expertise
03/04/2024
DUTREIL Faustine OFB
Chargée de mission
auprès du directeur
général délégué
03/04/2024
LEFEVER
Pierre-
Louis
OFB
Chef du service
prévention, appui et
stratégie police
03/04/2024
GAFFAR Chahoul
Ministère territoires
écologie logement
Chef du bureau
partenariats,
opérateurs et projets
à la direction de
l?action européenne
et internationale
02/04/2024
LEHOUCK Marie MTECT
Conseillère
technique au cabinet
du secrétaire d?État
chargé de la mer et
de la biodiversité
03/04/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
MICHEL Laurent
Autorité
environnementale
Président 04/04/2024
GUILLAIN
Pierre-
Edouard
Ministère territoires
écologie logement
Directeur adjoint de
l?eau et de la
biodiversité
10/04/2024
26/09/2024
ABEL Jean-David FNE Pilote du réseau 12/04/2024
MORELLE Stéphanie FNE
Animatrice des
réseaux biodiversité
et océan
12/04/2024
MARION Loïc CNPN Président
09/04/2024
24/04/2024
13/09/2024
MARTEAU Cédric LPO Directeur général 10/04/2024
CHEVASSUS-
AU-LOUIS
Bernard
Humanité &
biodiversité
Président 18/04/2024
HOUILLER François IFREMER
Président directeur
général
19/04/2024
MORTIER Frédéric IGEDD
Inspecteur général
MIGT Lyon
23/04/2024
19/09/2024
BERNARD Anne
Ministère de
l?économie, des
finances et de
l?industrie
Cheffe du bureau du
pilotage du réseau
international à la
Direction général du
trésor
24/04/2024
LABROUE Selma
Ministère de
l?économie, des
finances et de
l?industrie
Chargée de mission
au bureau du
pilotage du réseau
international à la
Direction général du
trésor
24/04/2024
FLAMMARION Patrick INRAe
Directeur général
délégué
16/05/2024
RICHARD Guy INRAe
Directeur des
expertises
scientifiques
collectives,
prospectives et
études
16/05/2024
CAQUET Thierry INRAe
Directeur
scientifique
environnement
16/05/2024
MARTIN Éric INRAe
Chargé de mission
environnement à la
direction de l?appui
aux politiques
publiques
16/05/2024
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Rapport n° 015592-01
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
PAGOT
Jean-
Philippe
EDF Renouvelables
Directeur
Environnement
Maritime, offshore
16/05/2024
CELLIER Mathieu EDF Renouvelables
Responsable du
pôle environnement
& SIG, activités
terrestres France
16/05/2024
FRANGI Alessandro EDF Renouvelables
Directeur du
développement
durable
16/05/2024
JECHOUX Vincent
DREAL Nouvelle-
Aquitaine
Directeur régional 22/05/2024
GOUTX David
DREAL Nouvelle-
Aquitaine
Directeur régional
délégué
22/05/2024
DARSES Ophélie
DREAL Nouvelle-
Aquitaine
Cheffe de service
patrimoine naturel
22/05/2024
CHAPELON Guillain
Skyborn
Renewables
Directeur général
France
24/05/2024
BENTOLILA Sacha
Skyborn
Renewables
Directeur des
affaires publiques
24/05/2024
PERES Jérôme
Skyborn
Renewables
Directeur du pôle
environnement
marin
24/05/2024
LELIEVRE Maud UICN Présidente France 24/04/2024
LEDENVIC Philippe IGEDD
Inspecteur général,
ancien président de
l?Ae
26/04/2024
BLOCH Gilles MNHN Président 26/04/2024
CHLOUS Frédérique MNHN
Professeure
d'anthropologie et
directrice du
département
Homme et
environnement
26/04/2024
SEON-MASSIN Nirmala MNHN
Directrice de
l?expertise
26/04/2024
SCHULER Mathieu ANSES
directeur général
délégué du pôle
« sciences pour
l'expertise »
31/05/2024
SIBLET
Jean-
Philippe
CSRPN Ile-de-
France
Président 31/05/2024
SILVAIN
Jean-
François
CSRPN Grand-est Président 31/05/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
RAUD Stéphane IRD
Directeur de la
mission expertise et
consultance
03/06/2024
AVARRE
Jean-
Christophe
IRD
Directeur du
département Ecobio
03/06/2024
ROCHELLE-
NEWALL
Emma IRD
Directrice adjointe
du département
Ecobio
03/06/2024
TOSTAIN Olivier CSRPN Guyane Président 20/06/2024
ARTHUR Christian
CSRPN Nouvelle-
Aquitaine
Président 21/06/2024
MORZELLE Olivier DREAL Normandie Directeur régional 05/07/2024
PIVARD Sandrine DREAL Normandie
Directrice régionale
adjointe
05/07/2024
MAST Jérémy
Ambassade de
France au
Royaume-Uni
Conseiller
développement
durable
31/07/2024
BERGÉ Claire
Ambassade de
France en Italie
Conseillère
Développement
durable Italie,
Grèce, Malte,
Chypre
21/08/2024
BESSOULE Adèle
Ambassade de
France en
Allemagne
Attachée climat et
environnement
21/08/2024
FANOURAKI Anne-Marie
Ambassade de
France en Grèce
Attachée
économique pour
l?Europe du Sud Est
(Grèce, Bulgarie,
Chypre, Moldavie,
Roumanie)
22/08/2024
PIASKOWSKI Noémie
Ambassade de
France en Pologne
Conseillère
développement
durable pour la zone
de Visegrad et les
pays baltes
23/08/2024
AYAD Najma
Ambassade de
France en
République Tchèque
Chargée d?études
économique
23/08/2024
OUAHSINE Samy
Ambassade de
France aux Pays-
Bas
Conseiller
développement
durable pour le
Bénélux
23/08/2023
ZUCCA Maxime CNPN
Vice-président
commission ECB
12/09/2024
11/10/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
SIMA Jan
Ministère de
l?environnement de
la République
tchèque
Directeur de la
protection de la
nature
13/09/2024
ZMESKALOVA Jana
Ministère de
l?environnement de
la République
tchèque
Département
espèces protégées
13/09/2024
DE PRACONTAL Nils CNPN
Président de la
commission ECB
13/09/2024
11/10/2024
URBANO Serge CNPN
Membre du bureau,
secrétaire
13/09/2024
BILLET Philippe CNPN
Président de la
commission
Espaces protégés
13/09/2024
ROGIER Philippe
Ministère territoires
écologie logement
Sous-directeur de la
protection et de la
restauration des
écosystèmes
terrestres de la
direction de l?eau et
de la biodiversité
26/09/2024
HALLEGOUET Claire
Ministère territoires
écologie logement
DEB 08/10/2024
HERTIN Julie
Conseil consultatif
allemand pour
l?environnement
Secrétaire générale 10/10/2024
MIRMAND Christophe
Préfecture de la
région PACA
Préfet de région et
de département des
Bouches-du-Rhône
24/10/2024
MAHÉ Zoé DREAL PACA
directrice régionale
adjointe
24/10/2024
MAMIS Didier
Préfecture de la
région PACA
Secrétaire général
pour les affaires
régionales
24/10/2024
MIGLIORINI Paola
Commission
européenne
Cheffe d?unité -
conservation de la
nature - adjointe de
la direction générale
de l?environnement
06/11/2024
MAZZA Leonardo
Commission
européenne
Unité conservation
de la nature à la
direction générale
de l?environnement
06/11/2024
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise
scientifique et technique sur les questions relatives à la
protection de la biodiversité au sein des pays membres de
l?Union européenne
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Annexe 14. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
AFB Agence française de la biodiversité
CDB Convention sur la diversité biologique
CECB Commission des espèces et communautés
biologiques
CEP Commission des espaces protégés
CNB Comité national de la biodiversité
CNPN Conseil national de la protection de la nature
COP Conférence des parties
CSRPN
Conseil scientifique régional du patrimoine
naturel
DAEI
Direction des affaires européennes et
internationales
DDT(M) Direction départementale des territoires (et de la
mer)
DEB Direction de l?eau et de la biodiversité
DGA Direction générale de l?alimentation
DGAMPA Direction générale des affaires maritimes, de la
pêche et de l?aquaculture
DGEC Direction générale de l?énergie et du climat
DGPR Direction générale de la prévention des risques
DREAL Direction régionale de l?environnement, de
l?aménagement et du logement
ENR Energie renouvelable
ESOD Espèce susceptible d?occasionner des dégâts
FAO Organisation pour l'alimentation et l'agriculture
des Nations-unies
FNE France nature environnement
PUBLIÉ
Rapport n° 015592-01
Décembre 2024
Parangonnage sur l?organisation de l?expertise
scientifique et technique sur les questions relatives à la
protection de la biodiversité au sein des pays membres de
l?Union européenne
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Acronyme Signification
IGEDD
Inspection générale de l?environnement et du
développement durable
MTEL Ministère territoires écologie logement
OFB Office français de la biodiversité
OMS Organisation mondiale de la santé
ONCFS Office national de la chasse et de la faune
sauvage
ONG Organisation non gouvernementale
SNB Stratégie nationale biodiversité
SNCRR Site naturel de compensation, de restauration et
de renaturation
UE Union européenne
WWF World Wildlife Fund
ZSC Zone spéciale de conservation
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 L?expertise scientifique et technique pour le compte des politiques publiques de protection de la nature
1.1 Qu?est-ce que l?expertise ?
1.2 Le cadre réglementaire français
1.2.1 L?expertise au service de la protection de la nature est une préoccupation ancienne
1.2.2 Une réglementation française qui respecte le droit européen et les accords internationaux et encadre les stratégies nationales
1.2.3 Les évolutions récentes de la réglementation française
1.2.4 CNPN/CSRPN, des périmètres différents
1.3 Un environnement très riche en connaissances et en données
1.3.1 De grands établissements publics connus et reconnus
1.3.1.1 L?Office français de la biodiversité (OFB)
1.3.1.2 Le Muséum national d?histoire naturel (MNHM)
1.3.1.3 L?institut français de recherche pour l?exploitation de la mer (IFREMER)
1.3.1.4 L?institut de recherche pour le développement (IRD)
1.3.1.5 L?institut national de recherche pour l?agriculture, l?alimentation et l?environnement (INRAe)
1.3.1.6 L?agence nationale de sécurité sanitaire de l?alimentation, de l?environnement et du travail (ANSES)
1.3.1.7 Le centre national de la recherche scientifique (CNRS)
1.3.2 Des coopérations entre les acteurs de la recherche et de l?expertise
1.4 Savoir et puissance publique : des enjeux scientifiques, environnementaux, économiques, sociétaux et politiques
1.4.1 Des enjeux scientifiques
1.4.2 Des enjeux sociétaux
1.4.3 Des enjeux politiques
1.4.4 Des enjeux de conciliation entre environnement et économie
2 La diversité des modèles européens
3 Le CNPN confronté à des difficultés
3.1 Des difficultés liées à son organisation
3.1.1 Des moyens supports à reconsidérer
3.1.1.1 Des moyens humains dispersés
3.1.1.2 Moyens financiers à préciser
3.1.2 Une composition à questionner
3.1.3 Une charge de travail conséquente
3.1.3.1 La participation aux réunions :
3.1.3.2 Le traitement des dossiers
3.1.4 Les sciences humaines et sociales peu représentées
3.1.5 Un cadre déontologique imparfait
3.2 Des difficultés liées à un relationnel qui s?est délité
3.2.1 Des relations DEB/CNPN distendues
3.2.2 Des relations CNPN/CSRPN insuffisantes
3.2.3 Des relations maîtres d?ouvrage publics et privés/CNPN lacunaires
3.2.4 Les risques psychosociaux
4 Les points critiques à solutionner pour un fonctionnement du CNPN amélioré
4.1 L?avis du CNPN dans la procédure environnementale
4.2 Le manque de doctrine et de lignes directrices
4.3 Les avis qui font débat
4.4 Des autosaisines mal perçues
4.5 Son isolement préjudiciable
4.6 Une visibilité à amplifier
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de commande
Annexe 2. Décret n 2017-342 du 17 mars 2017 relatif au Conseil national de la protection de la nature
Annexe 3. Chiffres clés du CNPN
Annexe 4. Méthode du parangonnage
Annexe 5. Questionnaire parangonnage destiné aux pays interrogés
Annexe 6. Fiche parangonnage Allemagne
Annexe 7. Fiche parangonnage Italie
Annexe 8. Fiche parangonnage Pays-Bas
Annexe 9. Fiche parangonnage Espagne
Annexe 10. Fiche parangonnage Suède
Annexe 11. Fiche parangonnage Tchéquie
Annexe 12. Fiche parangonnage Royaume-Uni
Annexe 13. Liste des personnes rencontrées
Annexe 14. Glossaire des sigles et acronymes
INVALIDE)