Préparation d'un état de l'art des connaissances sur les services écosystémiques du loup et de l'ours et les aménités du pastoralisme - Champ détaillé et modalités de réalisation
COUDERC-OBERT, Celine
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">L'Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD) a été sollicitée en mai 2024 par la Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature pour proposer le périmètre, les modalités et points clés d'un état de l'art (synthèse des connaissances scientifiques) que souhaite lancer la Direction de l'eau et de la biodiversité (DEB) sur les services écosystémiques rendus par la présence du loup et de l'ours et les contraintes pour la société associées dans les territoires concernés (Alpes et Pyrénées notamment, mais pas exclusivement). L'objectif prioritaire de cet état de l'art est d'objectiver au plan écologique et économique les bénéfices et coûts sociétaux du retour de ces prédateurs en France, grâce au lancement d'une étude sur le loup et l'ours dans le cadre de l'Evaluation française des services écosystémiques (EFESE). La mission propose des éléments opérationnels et de cahier des charges pour le lancement d'un état de l'art sur les services écosystémiques du loup et de l'ours et les aménités du pastoralisme, ainsi que l'intrication de leur services écosystémiques respectifs, la façon de le conduire et l'identification de la tutelle académique ou scientifique de la personne en charge de cette prochaine étude. Lors des entretiens menés avec plusieurs acteurs scientifiques, la mission a constaté la difficulté posée par le champ très vaste de l'état de l'art, l'hétérogénéité des travaux scientifiques sur les différents sujets et l'incertitude quant à l'abondance de la littérature académique disponible et transposable aux différents contextes français pour répondre aux questions posées. Elle propose des pistes de clarification du périmètre de l'étude et plusieurs options envisageables pour mener les travaux suivant le niveau d'ambition souhaité et le résultat attendu. Compte tenu des controverses sociétales associées à la question du retour des prédateurs, il apparaît préférable de centrer le travail sur les connaissances scientifiques, sans inclure à ce stade toutes les sortes d'expertises qui pourraient être mobilisées. En termes de méthode, l'ampleur du périmètre tel qu'énoncé dans la lettre de mission incite à cibler la commande sur un certain nombre de points saillants sur lesquels dresser en priorité un bilan des connaissances. A l'issue d'une analyse comparative de la quantité d'articles disponibles, la mission propose d'opter soit pour une méthodologie assez exigeante d'état de l'art (Expertise scientifique collective ou revue systématique), soit pour étude moins ambitieuse menée par deux post doctorants, et propose plusieurs pistes d'organismes et équipes de recherche compétents sur les questions posées.</div>
Editeur
IGEDD
Descripteur Urbamet
évaluation
;écosystème
;cahier des charges
Descripteur écoplanete
bien être animal
;pastoralisme
;étude de milieu
;prédateur
Thème
Environnement - Paysage
;Economie
Texte intégral
P
U
B
L
I
E
Champ détaillé et modalités de réalisation
Céline COUDERC-OBERT - IGEDD
Préparation d?un état de l?art des
connaissances sur les services
écosystémiques du loup et de l?ours et les
aménités du pastoralisme
Rapport n° 015723-01
Mai 2025
Les auteurs attestent qu'aucun des éléments de leurs activités
passées ou présentes n'a affecté leur impartialité dans la rédaction
de ce rapport
Statut de communication
? Préparatoire à une décision administrative
? Non communicable
? Communicable (données confidentielles occultées)
? Communicable
PUBLIÉ
Rapport n° 015723-01
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Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
services écosystémiques du loup et de l?ours et les
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Sommaire
Introduction .................................................................................................................... 5
1 Contexte et points saillants à explorer par l?état de l?art ......................................... 8
1.1 Services écosystémiques rendus par les prédateurs en France .......................... 10
1.1.1 Services écologiques rendus par le sommet des chaînes trophiques ........ 10
1.1.2 Services socioéconomiques rendus par les grands prédateurs .................. 11
1.2 Aménités environnementales des élevages agropastoraux ................................. 12
1.2.1 Diversité des services écosystémiques rendus par le pastoralisme ........... 13
1.2.2 Services écologiques rendus par le pastoralisme, notamment via le
maintien de milieux ouverts ........................................................................ 13
1.2.3 Contraintes pour les écosystèmes associées au pastoralisme ................... 15
1.3 Conséquences du retour du loup et de l?ours sur les services écosystémiques
rendus par l?agropastoralisme ............................................................................. 15
1.3.1 Un nombre croissant de territoires concernés par le loup .......................... 16
1.3.2 Des appels à travailler prioritairement sur la coexistence et les tirs de
défense des troupeaux ............................................................................... 16
1.3.3 Les prédateurs vus comme une menace pour les services écosystémiques
rendus par le pastoralisme ? ...................................................................... 17
1.3.4 Comment mettre en balance les services écosystémiques respectifs des
prédateurs et du pastoralisme sur un territoire ? ........................................ 18
1.4 Points essentiels à retenir de ces constats .......................................................... 20
1.4.1 Un périmètre à resserrer autour de trois questions clés ............................. 20
1.4.2 Ouverture sur des Appels à projets de recherche ciblés sur les besoins de
connaissance identifiés .............................................................................. 23
1.4.3 Mission CGAAER prévue sur le pastoralisme à lancer sans attendre l?état
de l?art et en associant l?IGEDD .................................................................. 23
2 Méthode à privilégier pour conduire l?état de l?art ................................................. 25
2.1 L?Expertise scientifique collective ........................................................................ 25
2.2 La revue systématique ......................................................................................... 25
2.2.1 Collecte des connaissances disponibles afin d?éclairer la décision ............ 26
2.2.2 Prévention des querelles d?experts et conflits d?intérêt ............................... 26
2.3 Une troisième option moins ambitieuse et plus légère à mettre en oeuvre ........... 26
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2.4 Calendrier et budget ............................................................................................ 26
2.5 Face au déficit de travaux dans le contexte français, lancer en sortie d?état de
l?art un programme pilote de recherche action ? ................................................. 27
2.5.1 S?appuyer sur les zones ateliers du CNRS pour une vision à long terme ... 27
2.5.2 L?identification grâce à l?état de l?art de territoires documentés et
volontaires pour mettre en place des projets de recherche action .............. 28
2.5.3 La mobilisation de Vet agro sup sur une typologie des territoires reconquis
par le loup et l?ours ..................................................................................... 29
3 Organismes scientifiques pertinents pour mener l?état de l?art ............................ 30
3.1 Pilotage par le MNHN ou le CNRS ...................................................................... 30
3.2 Copilotage par INRAE au titre des enjeux agricoles ............................................ 30
3.3 Sollicitation de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité dans l?option
revue systématique ............................................................................................. 30
Conclusion ................................................................................................................... 32
Annexes ........................................................................................................................ 33
Annexe 1. Lettre de mission ....................................................................................... 34
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou sollicitées (dont *membres du
Conseil scientifique du PNA loup et activités d?élevage) ..................................... 36
Annexe 3. L?Evaluation française des services écosystémiques ............................ 40
Annexe 4. L?Expertise scientifique collective ............................................................ 41
Plusieurs organismes publics de recherche scientifique ont adopté une charte
ou des principes de conduite des ESCo ..................................................... 41
L?ESCo peut offrir aux parties prenantes la possibilité de participer aux travaux
à travers un comité dédié réuni au début et à la fin .................................... 42
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Introduction
L?Inspection générale de l?environnement et du développement durable (IGEDD) a été sollicitée en
mai 2024 par la Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature pour proposer
le périmètre, les modalités et points clés d?un état de l?art (synthèse des connaissances
scientifiques) que souhaite lancer la Direction de l?eau et de la biodiversité (DEB) sur :
? les services écosystémiques rendus par la présence du loup et de l'ours et les contraintes
pour la société associées dans les territoires concernés (Alpes et Pyrénées notamment,
mais pas exclusivement),
? les aménités environnementales et les effets négatifs potentiels de l'élevage agropastoral,
? les cas de cohabitation entre présence du loup et/ou de l'ours et agropastoralisme afin
d'étudier l'intrication de leurs services écosystémiques et contraintes pour la société
respectifs au sein d'un même territoire.
Les deux premiers points ci-avant sont inscrits (sans mention toutefois d?éventuelles contraintes
pour la société associées aux mesures de protection) en ce qui concerne le loup dans le Plan
national d'actions (PNA) loup et activités d?élevage 2024-2029. Le souhait d?un élargissement à
l?ours et aux mesures de protection des troupeaux contre le loup et l?ours est explicité dans la lettre
de mission et confirmé par la DEB.
Comme rappelé dans la note de cadrage de la mission du 30 septembre 2024, « les services et
« dis-services » 1 rendus par la présence des prédateurs (et éventuellement affectés par les
mesures de protection ou le pastoralisme) sont à examiner selon différents prismes (que l?influence
des prédateurs soit directe ou indirecte par effets en cascade sur l?écosystème) :
? approvisionnement,
? régulation,
? socioculturel,
? soutien. »
L?objectif prioritaire de cet état de l?art, tel que formulé par la DEB, est d?objectiver au plan
écologique et économique les bénéfices et coûts sociétaux du retour de ces prédateurs en France,
grâce au lancement d?une étude sur le loup et l?ours dans le cadre de l?Evaluation française des
services écosystémiques (EFESE). Le recensement large (tous types de services écosystémiques
y compris socioculturels), la mesure et la monétarisation de ces bénéfices sont notamment
souhaités pour nourrir les échanges sur la présence du loup avec les acteurs nationaux.
D?autres suites à ce travail, également prévues dans le cadre du PNA loup / élevage, sont
envisagées, d?une part le lancement d?Appels à projets de recherche (APR) par la DEB, sur les
lacunes de connaissance qui seront identifiées par l?état de l?art, d?autre part le lancement d?une
mission du Conseil général de l?agriculture, de l?alimentation et des espaces ruraux (CGAAER) sur
les aménités du pastoralisme, qui a priori n?a pas encore été lancée et pour laquelle le CGAAER
1 Le terme « contraintes » est employé dans la suite du texte
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serait ouvert à associer l?IGEDD2.
Au niveau national, la gestion du retour des grands prédateurs demeure marquée par des prises
de position fermes et contrastées des acteurs dans un contexte de forte tension. Des controverses
y compris entre experts ont pu se produire au sein du Conseil scientifique loup. Certains acteurs
du Groupe national loup (Confédération paysanne) se sont déjà proposés pour contribuer à l?étude.
Par souci d?objectivité sur un sujet polémique et pour ne pas risquer de décrédibiliser les travaux,
le parti pris de la mission a été de considérer un état de l?art des connaissances exclusivement
scientifiques. Seuls des acteurs scientifiques ont donc été auditionnés, ce qui ne préjuge pas de la
nécessité d?associer les parties prenantes à la relecture initiale du cahier des charges, au
lancement et à la phase finale avant rendu des travaux.
Au niveau européen, le loup est protégé par la Convention de Berne et la Directive Habitats, mais
il peut être dérogé à cette protection sous certaines conditions, notamment pour éviter des
dommages graves au bétail ou pour la sécurité publique3. Le déclassement récent du loup à la
Convention de Berne (le Comité permanent de la Convention de Berne du Conseil de l?Europe a
adopté le 3 décembre 2024 la proposition de l?Union européenne visant à modifier le statut de
protection du loup de « espèces de faune strictement protégées » - annexe II - à « espèces de
faune protégées » - annexe III)4, n?est pas lié selon la DEB à un défaut d?argumentaire sur les
bénéfices de la présence du prédateur mais à des questions de conservation (viabilité de la
population).
Un rapport récent de l?IGEDD sur le loup (parangonnage sur la politique publique du loup, 20235)
rappelle par ailleurs, sans détailler les services écosystémiques rendus par le prédateur, ceux
rendus par le pâturage (stockage de carbone, réservoir de biodiversité par l?entretien de milieux
ouverts, limitation de l?érosion).
En termes méthodologiques, l?exercice de prospective commandé par le Ministère de l?agriculture
et de l?alimentation (MAA) en 2020 sur le pastoralisme français face au loup à l'horizon 20356 a
aussi été cité comme exemple de travail collaboratif entre parties prenantes aux intérêt divergents
et pourra compléter les ressources sur les services environnementaux rendus par cette activité.
2 A noter que le CGAAER a publié en janvier 2024 un rapport « Alimentation et élevages : externalités positives »
dans lequel les pratiques pastorales extensives, d?estives ou d?alpages (prairies permanentes riches en
biodiversité remarquable), sont identifiées comme constitutives de l?image et de la spécificité des produits ou
marques des territoires de montagne et contribuant fortement à leur attractivité résidentielle et touristique :
https://agriculture.gouv.fr/telecharger/144273. Ce rapport n?analyse pas « les interactions et voies de coexistence
entre proies domestiques et prédateurs sauvages du point de vue des externalités qui peuvent en découler »,
considérant que c?est « un sujet à part, méritant éventuellement un examen spécifique ».
3 The situation of the wolf (Canis lupus) in the European union, rapport produit par le N2K GROUP European
Economic Interest Group pour la Commission européenne, 2023 : https://op.europa.eu/fr/publication-detail/-
/publication/5d017e4e-9efc-11ee-b164-01aa75ed71a1
4 Le nouveau statut est entré en vigueur le 6 mars 2025. La Convention de Berne, convention relative à la
conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l?Europe, est un traité international du Conseil de l?Europe
dans le domaine de la conservation de la nature. Elle couvre la majeure partie du patrimoine naturel du continent
européen. La Convention est entrée en vigueur le 1er juin 1982.
5 https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/parangonnage-sur-la-politique-publique-du-loup-a3812.html
6 Le pastoralisme français à l'horizon 2035, Centre d?étude et de prospective du MAA, 2020 :
https://agriculture.gouv.fr/etude-prospective-du-pastoralisme-francais-dans-le-contexte-de-la-predation-exercee-
par-le-loup
PUBLIÉ
https://agriculture.gouv.fr/telecharger/144273
https://op.europa.eu/fr/publication-detail/-/publication/5d017e4e-9efc-11ee-b164-01aa75ed71a1
https://op.europa.eu/fr/publication-detail/-/publication/5d017e4e-9efc-11ee-b164-01aa75ed71a1
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/parangonnage-sur-la-politique-publique-du-loup-a3812.html
https://agriculture.gouv.fr/etude-prospective-du-pastoralisme-francais-dans-le-contexte-de-la-predation-exercee-par-le-loup
https://agriculture.gouv.fr/etude-prospective-du-pastoralisme-francais-dans-le-contexte-de-la-predation-exercee-par-le-loup
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La présente note ne présente pas de résumé ni de recommandations mais propose des éléments
opérationnels et de cahier des charges pour le lancement d?un état de l?art sur les services
écosystémiques du loup et de l?ours et les aménités du pastoralisme, ainsi que l?intrication de leur
services écosystémiques respectifs, en réponse aux trois questions posées par la DEB :
? champ détaillé de l?état de l'art (points saillants à expertiser),
? façon de le conduire (qui dépendra du cadrage préalable de la question posée et de la
littérature disponible pour y répondre),
? identification de la tutelle académique ou scientifique de la ou des personne(s) en
charge de cette prochaine étude.
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1 Contexte et points saillants à explorer par l?état de l?art
Deux actions de recherche du PNA loup et activités d'élevage publié le 23 février 20247 sont à
l?origine de la commande de la DGALN :
? l'étude des apports écosystémiques (entendus comme services écosystémiques par la
mission) de la présence lupine et les effets des mesures de protection (« nouveaux outils
de protection innovants ») sur la biodiversité (axe 1, 1.2, g.) ;
? l'identification et la quantification des aménités positives de l'élevage et du pastoralisme
sur les écosystèmes en matière de biodiversité et de paysages, de débroussaillement et
de prévention des incendies, et de protection et d'entretien du patrimoine commun (axe 3,
3.1, a.).
Le pastoralisme, défini par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
(FAO) comme regroupant les systèmes d'élevage pour lesquels plus de 90 % de la matière sèche
consommée par le bétail provient du pâturage, est un mode d?élevage fondé sur le pâturage
extensif (faible densité d?animaux à l?hectare).
Toujours selon la FAO, l?agropastoralisme est un système agraire combinant ces productions
animales extensives largement majoritaires (sur espaces naturels dédiés à l?élevage de parcours)
avec des cultures végétales (sur espaces cultivés, organisés, dédiés et fortement marqués par
l?activité humaine). L?activité agropastorale repose donc essentiellement sur les ressources
fourragères des prairies et espaces naturels tout ou partie de l?année, avec ou sans berger, et est
pratiquée principalement en France dans les massifs montagneux : Alpes, Pyrénées, Massif
central, Vosges-Jura (alpages, estives et parcours de montagne), mais aussi selon l?Association
française de pastoralisme (AFP) dans les marais côtiers.
Selon l?analyse prospective du Ministère de l?agriculture et de la souveraineté alimentaire (MASA),
elle occuperait 6 % de la surface agricole, représenterait un peu moins du quart des élevages
français en nombre d?exploitations et d?animaux en considérant qu?elle recouvre une grande
diversité de paysages, d?écosystèmes et de pratiques agricoles (ovins, caprins, bovins, équins, lait
ou viande, sédentaires ou transhumants?). Ce chiffre correspond aux surfaces déclarées au titre
de la Politique agricole commune européenne (PAC) comme "Surfaces Toujours en Herbe peu
productives (parcours, landes, alpages)". Ces surfaces se retrouvent exclusivement dans les
Pyrénées, les Alpes et Provence Alpes Côte d?Azur (PACA). Elles excluent en particulier les
"prairies permanentes" (naturelles ou semées) où se pratique, pour une part significative, une
forme d'élevage relativement extensif (notamment les bovins viande).
Le pastoralisme français concernerait ainsi 40 000 exploitations (60 000 selon l?AFP). Si les
attaques régulières (par le loup principalement) ne concernent qu?un petit nombre d?élevages,
principalement en zone de montagne où la population est la plus importante, tous peuvent être
concernés un jour par la prédation, notamment dans les zones les moins préparées aux attaques.
Historiquement, ces deux actions découlent de demandes faites par différentes parties prenantes
(associations de protection de la nature d?une part, organisations professionnelles agricoles de
l?autre). Dans le PNA tel qu?il a été publié, ces demandes ont été prises en compte de manière
dissymétrique : approche globale des interactions (avec les écosystèmes) pour le loup, aménités
positives uniquement pour l?élevage.
Le PNA ambitionne de développer une approche globale des interactions du loup avec les
7 Plan National d?Actions 2024-2029. Loup et activités d'élevage, Ministère de la transition écologique et de la
cohésion des territoires, 2024 : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/PNA%20Loup.pdf
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https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/PNA%20Loup.pdf
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écosystèmes français, notamment forestiers, mais aussi alpages, bocages, maquis? au-delà des
quelques études menées jusqu?ici, notamment le programme prédateur - proies8 (données sur les
proies sauvages dans le Mercantour, récoltées entre 2004 et 2012). On manque globalement
encore d'études sur le régime alimentaire et l'impact effectif actuel des loups sur les populations
de gibier (sangliers notamment).
D?autres travaux scientifiques sont actuellement menés ou envisagés à la demande de la DEB
dans le cadre du PNA sur la politique d?abattage (recueil de données sur l?efficacité des tirs9) ainsi
que sur l?évolution démographique, les potentialités de développement de l?aire de présence et la
comparaison avec les autres pays européens (mise à jour de l?ESCo Muséum national d?histoire
naturelle, MNHN / Office français de la biodiversité, OFB, de 201710). Cette nouvelle ESCo serait
ciblée sur la connectivité entre les populations, leur viabilité génétique, etc.
Le Plan d'actions « Ours brun » 2018-202811 ne prévoit quant à lui pas explicitement d?actions de
recherche sur les apports écosystémiques de la présence de l'ours dans les Pyrénées ni sur les
aménités de l'élevage et du pastoralisme sur la biodiversité et les paysages, mais la DEB a
souhaité élargir les questions posées afin d?avoir une vision globale des enjeux au moins pour ces
deux grands prédateurs. Le régime alimentaire omnivore de l?ours, sa population et son
comportement aussi bien en matière de prédation de proies sauvages et domestiques, que de
colonisation de nouveaux territoires en France, bien que nécessitant également de faire le point
sur l?état de la science et le besoin de nouvelles connaissances, soulève des enjeux perçus comme
moins aigus par les experts.
? Parmi les experts rencontrés, certains voient comme un obstacle difficilement surmontable
l?ambition très large de l?état de l?art (mettre sur un même plan services écosystémiques et
contraintes pour la société des prédateurs d?une part, du pastoralisme de l?autre).
? De plus, l?écologie des grands prédateurs est un domaine récent surtout développé outre-
Atlantique, tandis que les chercheurs documentent les aménités environnementales du
pastoralisme en France depuis plusieurs décennies. Les deux communautés sont peu
habituées à travailler ensemble et ne publient pas dans les mêmes revues. Au-delà de la
difficulté à mobiliser des chercheurs qui gravitent dans des univers différents, le climat
conflictuel régnant notamment autour du loup peut dissuader les scientifiques de travailler
sur le sujet.
? Enfin, plusieurs experts n?ont pas répondu à la sollicitation de la mission, sans qu?il soit
possible de distinguer la part d?une telle réticence et d?une surcharge de travail.
? D?autres experts considèrent pourtant que la véritable valeur ajoutée de l?état de l?art serait
de parvenir à faire travailler ensemble deux communautés parallèles. En tout état de cause,
indépendamment de la position des scientifiques consultés, seule une approche globale
des questions posées offrira l?avantage d?éclairer objectivement la décision et d?atténuer
possiblement les conflits en explorant tous les types d?arguments scientifiques.
8 La prédation du loup sur les ongulés sauvages : impacts directs et indirects, OFB, 2015 :
https://www.loupfrance.fr/wp-content/uploads/FS_306_predation_loup_sur_ongules_sauvages-1.pdf
9 Tirs dérogatoires de loups en France : évaluation des effets sur les dommages aux troupeaux, Office français de
la biodiversité (OFB), 2023 : https://professionnels.ofb.fr/fr/doc/naturae-tirs-derogatoires-loups-en-france-
evaluation-effets-dommages-aux-troupeaux
10 Expertise scientifique collective (ESCo) sur les aspects sociologiques, culturels et ethnologiques de la présence
du loup en France, Muséum national d?histoire naturelle (MNHN), 2017 : https://www.loupfrance.fr/wp-
content/uploads/ESCO-Loup_20170331.pdf
11 Plan d?action ours brun 2018-2026, Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
(DREAL) Occitanie, 2018 : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/PNA_ours_brun_2018-
2028.pdf
PUBLIÉ
https://www.loupfrance.fr/wp-content/uploads/FS_306_predation_loup_sur_ongules_sauvages-1.pdf
https://professionnels.ofb.fr/fr/doc/naturae-tirs-derogatoires-loups-en-france-evaluation-effets-dommages-aux-troupeaux
https://professionnels.ofb.fr/fr/doc/naturae-tirs-derogatoires-loups-en-france-evaluation-effets-dommages-aux-troupeaux
https://www.loupfrance.fr/wp-content/uploads/ESCO-Loup_20170331.pdf
https://www.loupfrance.fr/wp-content/uploads/ESCO-Loup_20170331.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/PNA_ours_brun_2018-2028.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/PNA_ours_brun_2018-2028.pdf
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1.1 Services écosystémiques rendus par les prédateurs en France
En préambule, une difficulté mise en avant de manière récurrente est de distinguer ce qui peut être
extrapolé dans la littérature scientifique internationale disponible. Les travaux scientifiques sur
l?écologie des grands prédateurs terrestres ont historiquement été beaucoup financés en Amérique
du Nord (exemple des loups de l'Isle Royale, aux États-Unis, qui favorisent la productivité des
sapins en limitant l'abondance des ongulés sauvages - élans et orignaux) et en Europe du Nord ou
de l?Est, dans des contextes paysagers et agricoles pas nécessairement toujours représentatifs
des contextes pédoclimatiques, des mosaïques paysagères, des habitats naturels et pratiques
agropastorales français.
Les services et contraintes pour la société rendus par la présence des prédateurs (et
éventuellement affectés par les mesures de protection ou le pastoralisme) sont à examiner selon
leur nature (que l?influence des prédateurs soit directe ou indirecte par effets en cascade sur
l?écosystème) autour desquels le plan de l?état de l?art pourra être construit :
approvisionnement (fourniture de nourriture, combustibles, matériaux, médicaments, eau douce,
emploi, revenus?),
régulation (du climat, des risques d?incendie, des inondations, des pathogènes et des populations
de ravageurs, couverture florale et pollinisation, qualité de l?air, séquestration de carbone, réduction
des émissions des gaz à effet de serre, conservation de l?eau, réduction du lessivage?),
socioculturel et socioéconomique (valeurs et patrimoine esthétiques, spirituels, récréatifs,
éducatifs, artistiques, identité du territoire, espaces de loisir en lien avec les aires protégées, bien-
être et santé mentale?),
soutien (capacité de stockage des éléments nutritifs et activité microbienne, enzymatique et
mycorhizienne du sol, contribution aux cycles de l'eau, du carbone, de l?azote, capacité
photosynthétique et production primaire de biomasse?).
1.1.1 Services écologiques rendus par le sommet des chaînes trophiques
La littérature scientifique établit que les grands prédateurs conditionnent le comportement de leurs
proies naturelles et, par conséquent, influencent entre autres la pression des cervidés sur la
régénération des peuplements forestiers. Les études récentes révèlent des effets écologiques en
cascade résultant de l'élimination comme de la réintroduction de prédateurs dans un paysage. La
présence de loups réduit par exemple dans certains contextes le broutage par les cerfs de
certaines essences d?arbres12. Cette influence évolue en fonction des variations climatiques qui
peuvent influencer les pratiques de chasse en meute13. Plusieurs études menées dans le parc
national de Yellowstone, où les interactions des loups avec leurs proies, principalement le wapiti,
auraient entraîné une réduction des effectifs ou des modifications de leurs déplacements et de leur
comportement, entraînant une cascade trophique favorisant la croissance des saules et des
trembles, puis l?augmentation du nombre de castors, d'oiseaux chanteurs et des changements
hydrologiques.
12 The presence of wolves leads to spatial differentiation in deer browsing pressure on forest regeneration, Wójcicki
and al., 2023: https://www.nature.com/articles/s41598-023-44502-y
13 Ecosystem consequences of wolf behavioral response to climate, Post and al., 1999:
https://www.researchgate.net/publication/228584652_Ecosystem_consequences_of_wolf_behavioral_response_t
o_climate
PUBLIÉ
https://www.nature.com/articles/s41598-023-44502-y
https://www.researchgate.net/publication/228584652_Ecosystem_consequences_of_wolf_behavioral_response_to_climate
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Les grands carnivores pourraient également jouer un rôle d?espèces « parapluie »14, notamment
pour la conservation des oiseaux et mammifères15, bien que ce concept soit parfois critiqué16 et
que certaines publications remettent en question les conclusions des études précédentes,
considérées comme peu pertinentes pour la majeure partie de l'aire de répartition du loup, en raison
des influences anthropiques prédominantes sur les loups, les proies, la végétation et d'autres
éléments du réseau trophique.17
Une étude menée en Espagne illustre par ailleurs le service écosystémique de régulation des
pathogènes rempli par les loups 18 . En se nourrissant de sangliers, réservoir sauvage de la
tuberculose, ils contribuent au contrôle de la maladie. Une population qui héberge une infection
virale pourrait être régulée de la même façon par une maladie à forte prévalence ou par un
prédateur peu abondant, avec le bénéfice supplémentaire de limiter les risques de transmission de
maladies infectieuses dans le second cas.
L?ours brun en tant qu?espèce de la mégafaune carnivore et frugivore peut quant à lui remplir un
autre type de service écosystémique, en consommant de grandes quantités de fruits dont les
graines peuvent être dispersées sur de longues distances, contribuant ainsi aux processus de
régénération des plantes et au fonctionnement des écosystèmes. Le merisier sauvage ou les
plantes à fruits comestibles des landes et mégaphorbiaies, comme le framboisier, prisés par l?ours,
en bénéficient. Ce phénomène de zoochorie19 est bien documenté20.
1.1.2 Services socioéconomiques rendus par les grands prédateurs
Parmi les services socioéconomiques du retour des prédateurs, la structuration d?une filière
d?élevage de chiens de protection et l?emploi de bergers seront par exemple à considérer. Une
première étape du travail sur ce sujet sera de repartir de l?estimation des effectifs auprès de l'Institut
de l?élevage (IDELE) et de la Fédération nationale ovine (FNO), à croiser avec les zones de
présence et d?extension du loup (et de l?ours). Comme pour les chiens de protection, l?IDELE et la
FNO pourront être consultés sur l?estimation des effectifs de bergers.
Les retombées positives en termes de patrimoine naturel et socioculturel, d?image du territoire et
de ses filières agricoles, de tourisme et d?activités de plein air ne sont pas non plus à négliger, bien
que sans doute sous-exploitées en France à l?heure actuelle, bien que des itinéraires « sur les
traces du loup / de l?ours » se développent. Dans les Abruzzes en Italie par exemple, l'ours brun
attire les touristes en quête de nature sauvage. Le bénéfice économique en termes publicitaires
des apparitions de l'ours dans la presse nationale et à la télévision a ainsi été estimé à 11 millions
d'euros sur la période 2015-2020, ce qui dépasse largement le montant des frais supportés par le
14 Permettant la préservation d'un grand nombre d'autres espèces qui partagent leur habitat, voire d?écosystèmes
fonctionnels entiers
15 Testing umbrella species and food-web properties of large carnivores in the Rocky Mountains, Steenweg and al.,
2023: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320722004414
16 Usefulness of the Umbrella Species Concept as a Conservation Tool, Roberge and al., 2004:
https://conbio.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1523-1739.2004.00450.x Conservation short cut, or long and
winding road? A critique of umbrella species criteria. Seddon and al., 2008 :
https://www.cambridge.org/core/journals/oryx/article/conservation-short-cut-or-long-and-winding-road-a-critique-
of-umbrella-species-criteria/302EAC94CBCCCFF678184993152F6CF8
17 Is science in danger of sanctifying the wolf? Mech, 2012:
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320712001462
18 Wolves contribute to disease control in a multi-host system, Tanner and al., 2019:
https://www.nature.com/articles/s41598-019-44148-9
19 Dissémination des graines, qui restent viables après leur passage intestinal, par un animal
20 The role of the brown bear Ursus arctos as a legitimate megafaunal seed disperser, Garcia-Rodriguez and al.,
2021: https://www.nature.com/articles/s41598-020-80440-9
PUBLIÉ
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320722004414
https://conbio.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1523-1739.2004.00450.x
https://www.cambridge.org/core/journals/oryx/article/conservation-short-cut-or-long-and-winding-road-a-critique-of-umbrella-species-criteria/302EAC94CBCCCFF678184993152F6CF8
https://www.cambridge.org/core/journals/oryx/article/conservation-short-cut-or-long-and-winding-road-a-critique-of-umbrella-species-criteria/302EAC94CBCCCFF678184993152F6CF8
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320712001462
https://www.nature.com/articles/s41598-019-44148-9
https://www.nature.com/articles/s41598-020-80440-9
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parc pour la gestion de l?espèce.21
D?autres travaux outre-Atlantique s?intéressent aux effets de la présence du loup sur les vies
humaines et les biens, en quantifiant par exemple les effets de la restauration des populations de
loups via leur influence sur les collisions cerfs-véhicules dans le Wisconsin. Ils montrent que
l?arrivée des loups a réduit ces collisions de 24 %, générant un bénéfice économique 63 fois
supérieur aux coûts de la prédation avérée des loups sur le bétail. La majeure partie de cette
réduction serait due à une réponse comportementale des cerfs face aux loups plutôt qu'à un déclin
de la population de cerfs dû à la prédation par les loups. Ce résultat corrobore les recherches
écologiques soulignant le rôle des prédateurs dans la création d'un « paysage de la peur ». Il
suggère que dans certains contextes les loups limitent les dommages économiques causés par la
surabondance des cerfs de manière plus efficace que les chasseurs. 22
En France, un exercice de modélisation23 a tenté d?évaluer la réduction grâce au loup des collisions
entre faune sauvage et véhicules et estimé qu'en 2018, la consommation de chevreuils et de
sangliers par les loups aurait permis d'économiser entre 2,4 et 7,8 millions d'euros en évitant
victimes et dommages matériels lors de collisions routières. La Fondation pour la recherche sur la
biodiversité (FRB) 24 estime que de tels travaux sont indispensables pour évoluer vers une
évaluation systémique de l?impact écologique et économique des loups sur les sociétés humaines,
intégrant la répartition des coûts et bénéfices inégale entre acteurs (éleveurs, cultivateurs,
automobilistes, touristes, défenseurs de l?environnement) et non plus seulement les pertes de
bétail via la prédation.
Au-delà des contraintes que les prédateurs font peser sur l?agropastoralisme, ils peuvent aussi
générer un risque pour l?activité touristique et en particulier la randonnée (crainte d?une rencontre
avec un prédateur potentiellement dangereux, a priori infondée pour le loup, faisant l?objet de
messages de prévention voire d?interdiction de certains circuits pour l?ours). Un rapport EFESE de
2019 sur les usages récréatifs de la forêt25 met ainsi en évidence une méconnaissance de l?espèce
qui peut conduire certains publics à craindre la présence du loup lors de promenades. Ce bémol
sera à prendre en compte dans l?évaluation des services écosystémiques rendus au tourisme.
1.2 Aménités environnementales des élevages agropastoraux
Les aménités environnementales recouvrent les bienfaits que l'Homme peut tirer de la nature, en
l?occurrence façonnée par l?activité pastorale, en termes d?écologie, de fourniture de services, de
santé et bien-être, de paysage, de valeur socioculturelle et économique, etc. Dans la suite, la
mission se réfère à la notion de services écosystémiques rendus par l?agropastoralisme, pour
rester dans le cadre conceptuel EFESE préconisé pour le loup et l?ours.
En complément des définitions rappelées plus haut, la transhumance, pratique directement liée au
21 Not only seeds: a cultural ecosystem service provided by the Apennine brown bear. Tattoni and al., 2023.
https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/10871209.2023.2176950
22 Wolves make roadways safer, generating large economic returns to predator conservation, Raynor and al., 2021:
https://doi.org/10.1073/pnas.2023251118
23 Does predation by wolves reduce collisions between ungulates and vehicles in France? Sèbe and al., 2022 :
https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/10871209.2022.2036391
24 La prédation par les loups (Canis Lupus) réduit-elle le nombre de collisions entre les ongulés sauvages et les
véhicules ? FRB, 2024. https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2024/06/FRB-Transcription-
synthetique-loup.pdf
25 EFESE. Les usages récréatifs des forêts métropolitaines, CGDD, 2019 :
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/Efese%20-%20Les%20usages%20r%C3%A9cr%C3%
A9atifs%20des%20for%C3%AAts%20m%C3%A9tropolitaines.pdf
PUBLIÉ
https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/10871209.2023.2176950
https://doi.org/10.1073/pnas.2023251118
https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/10871209.2022.2036391
https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2024/06/FRB-Transcription-synthetique-loup.pdf
https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2024/06/FRB-Transcription-synthetique-loup.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/Efese%20-%20Les%20usages%20r%C3%A9cr%C3%A9atifs%20des%20for%C3%AAts%20m%C3%A9tropolitaines.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/Efese%20-%20Les%20usages%20r%C3%A9cr%C3%A9atifs%20des%20for%C3%AAts%20m%C3%A9tropolitaines.pdf
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pastoralisme, a été reconnue comme patrimoine culturel immatériel au niveau national en 2020
puis mondial (UNESCO) en 202326. Le pastoralisme cohabite avec d?autres activités humaines
comme le tourisme (randonnée) et s?insère dans les aires protégées (parcs nationaux et naturels
régionaux, sites Natura 2000?). Bien que soutenu par des aspirations sociétales en termes de
produits alimentaires ancestraux, locaux et de qualité, le secteur est fragilisé par les crises
sanitaires, la diminution de la consommation de viande (en particulier ovine), la capacité à
maintenir des outils locaux structurants (abattoirs, fromageries) et la concurrence du marché
mondialisé. Il est fortement dépendant des subventions publiques.
1.2.1 Diversité des services écosystémiques rendus par le pastoralisme
Au titre du PNA loup, une mission dédiée du CGAAER devait être initiée au cours du premier
semestre 2023 pour mettre en lumière les services écosystémiques rendus par le pastoralisme :
? approvisionnement :
o valorisation de l?herbe (prairies permanentes pour la production de lait ou de
viande),
o valorisation des déchets végétaux et coproduits de première transformation
(tiges, paille, pulpes, drêches, tourteaux?) :
? produits contribuant à l?équilibre nutritionnel des régimes alimentaires,
? production de biomasse, engrais organiques utiles à la transition
agroécologique,
? régulation : entretien des paysages, débroussaillement et prévention des incendies et
avalanches,
? socioculturels : consolidation de la présence d'activités humaines dans les territoires de
montagne, et valorisation des races locales et de produits à forte typicité,
? soutien / support : biodiversité, régulation du cycle de l?eau et fertilisation des sols?
Si les trois premiers types de services écosystémiques rendus par le pastoralisme sont présentés
comme bien documentés, l?état de l?art pourrait contribuer à identifier les besoins de connaissance
par exemple en matière de services de soutien / support ? notamment à la biodiversité ? qui
pourraient faire l?objet de travaux complémentaires à la mission.
1.2.2 Services écologiques rendus par le pastoralisme, notamment via le
maintien de milieux ouverts
Le pâturage par le bétail modifie suivant les saisons la structure et la couverture de la végétation
pour les petits mammifères, et favorise comme pour les oiseaux les espèces adaptées aux habitats
ouverts.
Un certain nombre d?aides publiques (mesures agro-environnementales et climatiques de la
Politique agricole commune européenne) incite les éleveurs à entretenir par leurs pratiques
agropastorales une mosaïque de milieux naturels et de paysages favorable à la biodiversité et à
débroussailler à des fins de prévention des feux de forêt et des avalanches ou en alternative à
26 La Transhumance, déplacement saisonnier de troupeaux, Organisation des Nations unies pour l'éducation, la
science et la culture (UNESCO), 2023 : https://ich.unesco.org/fr/RL/la-transhumance-deplacement-saisonnier-de-
troupeaux-01964
PUBLIÉ
https://ich.unesco.org/fr/RL/la-transhumance-deplacement-saisonnier-de-troupeaux-01964
https://ich.unesco.org/fr/RL/la-transhumance-deplacement-saisonnier-de-troupeaux-01964
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l?utilisation de pesticides.
L?ouvrage « Un savoir-faire de bergers »27 consacre un chapitre au pâturage conduit par des
bergers sur les sites des Conservatoires d?espaces naturels (CEN), qui ont à gérer des milieux
ouverts « semi-naturels », c?est-à-dire façonnés depuis des siècles par des pratiques
agropastorales, aujourd?hui fortement réduites sur ces sites considérés en agriculture comme
difficiles ou défavorisés et soumis à des dynamiques spontanées d?embroussaillement forestier.
L?objectif est alors de conserver des structures d?habitats favorables aux espèces appréciant les
milieux ouverts ou en mosaïque. L?alternative d?herbivores rustiques en quasi autonomie de type
bovins Highland, conduits à l?année dans de vastes enclos, avec un minimum d?intervention
humaine (pas de compléments alimentaires ni de soins vétérinaires) est présentée comme moins
adaptée que le pastoralisme en raison de la taille insuffisante des sites pour la transhumance, de
secteurs embroussaillés ou inondables, et d?une perception souvent négative par la société rurale
locale en termes de bien-être animal.
Le programme de recherche européen PASTRES 28 documente ce rôle bénéfique du mode
d?élevage extensif souvent mobile du pastoralisme pour l?environnement (biodiversité,
séquestration du carbone?). Il s?appuie sur la littérature abondante qui existe sur le sujet, faisant
par exemple état des conséquences écologiques du dépeuplement des zones rurales et de
l'abandon des pâturages dans l'ensemble des Alpes après la Seconde Guerre mondiale29 : en-
dessous de la limite forestière, les prairies laissent place progressivement aux arbustes puis aux
forêts, favorisant une diversité d?espèces d?oiseaux arbustives communes dans les pâturages
abandonnés, au détriment des oiseaux d?habitats ouverts, espèces souvent menacées qui se
retrouvent confinées en haute altitude. Ce phénomène augmente les risques d?incendie et ferme
les paysages.
En termes d?émissions de gaz à effet de serre d?origine animale, les publications de Manzano (dans
un contexte méditerranéen30 ou de savane31) font état d?estimations similaires entre faune sauvage
et pastoralisme ce qui suggère une association des émissions avec les niches écologiques des
herbivores. L?élevage extensif bien conduit grâce aux systèmes pastoraux mobiles pourrait aussi
contribuer à la continuité écologique, par le biais des itinéraires de transhumance32 et de la
dispersion des graines, à la création de zones fertiles grâce au pâturage33, à la réduction des
risques d?incendie dans les écosystèmes vulnérables grâce au broutage du bétail, à la fourniture
de nourriture pour certaines espèces de vautours menacées se nourrissant de bétail mort34.
27 Muller et Meuret, 2010 : https://www.researchgate.net/publication/262672989_Un_Savoir-Faire_de_Bergers
28 Les bienfaits du pastoralisme en matière de biodiversité et de climat, programme de recherche soutenu par le
Conseil européen de la recherche / Horizon 2020 PASTRES (Pastoralisme, incertitude et résilience : leçons
mondiales), 2022 : https://pastres.org/wp-content/uploads/2022/09/fr-infosheet-1of6.pdf
29 Consequences of pastoral abandonment for the structure and diversity of the alpine avifauna, Lailo and al., 2004:
https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.0021-8901.2004.00893.x
30 Mobile Pastoralism in the Mediterranean: Arguments and evidence for policy reform and to combat climate
change, Manzano and al., 2018:
https://www.researchgate.net/publication/324128616_Mobile_Pastoralism_in_the_Mediterranean_Arguments_an
d_evidence_for_policy_reform_and_to_combat_climate_change
31 Comparable GHG emissions from animals in wildlife and livestock-dominated savannas, Manzano and al., 2023:
https://www.nature.com/articles/s41612-023-00349-8
32 Causes and Consequences of Herbivore Movement in Landscape Ecosystems, Coughenour, 2008:
https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-1-4020-4906-4_3
33 Extreme long-distance seed dispersal via sheep, Manzano and al., 2006:
https://esajournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1890/1540-
9295%282006%29004%5B0244%3AELSDVS%5D2.0.CO%3B2
34 The role of extensive pastoralism in vulture conservation, Mateo-Tomàs, 2013:
https://digital.csic.es/handle/10261/147055
PUBLIÉ
https://www.researchgate.net/publication/262672989_Un_Savoir-Faire_de_Bergers
https://pastres.org/wp-content/uploads/2022/09/fr-infosheet-1of6.pdf
https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/j.0021-8901.2004.00893.x
https://www.researchgate.net/publication/324128616_Mobile_Pastoralism_in_the_Mediterranean_Arguments_and_evidence_for_policy_reform_and_to_combat_climate_change
https://www.researchgate.net/publication/324128616_Mobile_Pastoralism_in_the_Mediterranean_Arguments_and_evidence_for_policy_reform_and_to_combat_climate_change
https://www.nature.com/articles/s41612-023-00349-8
https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-1-4020-4906-4_3
https://esajournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1890/1540-9295%282006%29004%5B0244%3AELSDVS%5D2.0.CO%3B2
https://esajournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1890/1540-9295%282006%29004%5B0244%3AELSDVS%5D2.0.CO%3B2
https://digital.csic.es/handle/10261/147055
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Le pâturage par le bétail peut enfin favoriser la diversité des habitats en limitant
l?embroussaillement par le piétinement. L'expansion des zones boisées peut à l?inverse avoir un
impact négatif sur la disponibilité de la ressource alimentaire en raison de la perte surface pâturable
et de la surabondance d'ongulés sauvages. Les pâturages peuvent ainsi être vus comme des
habitats naturels précieux, vulnérables à la fragmentation et au changement d'utilisation des
terres.35
1.2.3 Contraintes pour les écosystèmes associées au pastoralisme
A l?échelle mondiale, le pâturage du bétail est généralement considéré comme pouvant avoir un
impact négatif sur la faune et la flore sauvages (broutage, piétinement, accumulation de déjections,
usage d?antiparasitaires?). Dans un contexte de changement climatique, l?abreuvement des
troupeaux crée une concurrence pour l?accès aux ressources en eau avec la faune sauvage et les
populations humaines. En montagne, le traitement des troupeaux avant la montée en alpage
affecte la qualité de l?eau et altère la microfaune. Le pâturage intensif peut aussi entraîner la
destruction des forêts, et au-delà d?une certaine densité, la qualité des eaux de ruissellement, la
productivité des plantes et le stockage du carbone se dégradent. Une étude sur l?élevage ovin en
Norvège36 montre que ses bénéfices sont optimaux en cas de pâturage extensif.
Ces impacts potentiellement négatifs dépendent de la région, de la période, du taux de chargement
et du système d'exploitation. Il est encore nécessaire de mener des recherches dans ce domaine
afin de déterminer comment maximiser les services écosystémiques du pastoralisme tout en
minimisant ses effets négatifs potentiels. 37 La pression du bétail diminue généralement
l?abondance des petits mammifères. Elle peut affecter les ongulés sauvages à travers des
changements dans les espèces fourragères (concurrence ou facilitation de certaines espèces). En
fonction de la densité d?animaux, elle peut avoir une influence importante sur la dynamique des
sols (érosion, déstructuration), des habitats (destruction par piétinement, apports azotés,
abroutissement), peut introduire et propager des espèces exotiques envahissantes, et plus
largement affecter les services écosystémiques d?approvisionnement, régulation (stockage du
carbone, filtration et stockage de la ressource en eau) et soutien (biodiversité des plantes,
invertébrés et oiseaux).
En France, l?ESCo loup de 2017 pointait parmi les sujets de recherche controversés, en sus de
l?impact positif du prédateur sur la biodiversité, l?évolution des activités agropastorales, notamment
l?augmentation de la taille des troupeaux et la diminution du gardiennage, qui signerait la fin des
effets positifs du pastoralisme.
1.3 Conséquences du retour du loup et de l?ours sur les services
écosystémiques rendus par l?agropastoralisme
D?après la définition du pastoralisme, le périmètre de l?état n?inclut pas les élevages, principalement
bovins, de plaine, qui peuvent être confrontés au loup, mais s?intéresse uniquement aux élevages
pâturants principalement de montagne. Les premiers sont également concernés par le risque
d?abandon de l?élevage, qui conduit à une céréalisation des paysages, du fait de la prédation. Selon
35 The coexistence of wildlife and livestock, Barroso and al., 2024:
https://academic.oup.com/af/article/14/1/5/7607888
36 Synergies and trade-offs between ecosystem services in an alpine ecosystem grazed by sheep ? An
experimental approach, Austrheim and al., 2016:
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S143917911630069X
37 Evidence based review: positive versus negative effects of livestock grazing on wildlife. What do we really know?
Schieltz and al., 2016: https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/11/11/113003
PUBLIÉ
https://academic.oup.com/af/article/14/1/5/7607888
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S143917911630069X
https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/11/11/113003
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une dynamique très différente en termes d?impacts, la raréfaction des seconds entraîne une baisse
de pression de pâturage et la fermeture progressive du milieu.
1.3.1 Un nombre croissant de territoires concernés par le loup
Depuis 1992 et à la faveur du statut d?espèce protégée, les loups sont revenus d?Italie coloniser le
massif alpin, leur population n?a pratiquement pas cessé d?augmenter et elle gagne
progressivement l?ensemble des régions pastorales. La question de leur cohabitation avec le
pastoralisme concerne encore principalement les Alpes où la majorité de la population reste
concentrée, mais des loups sont observés dans les Vosges, le Massif central, les Pyrénées, les
plaines du Languedoc-Roussillon, la Seine-Maritime, la Haute-Marne, en Bretagne38... L'effectif
beaucoup plus limité de la population d'ours brun reste pour l?instant cantonné dans les Pyrénées,
où le pastoralisme et la transhumance sont au coeur de l?identité et du patrimoine du territoire (90 %
des exploitations agricoles des Pyrénées pratiquent l?élevage bovin, ovin, équin ou caprin).39
Compte tenu de la diversité des pratiques d?élevage pastoral (systèmes pastoraux non mobiles et
moins extensifs) et des spécificités territoriales, notamment en matière de paysage,
d?aménagement et de présence des prédateurs (absence, colonisation, retour récent ou installés),
une typologie des territoires français exposés à la présence du loup et/ou l?ours, tenant compte du
degré de complexité de la coexistence pourrait être envisagée dans le cadre de l?état de l?art ou de
ses suites (étude EFESE, APR). Les 23 variables identifiées par l?étude prospective financée par
le MAA en 2020 (variables de contexte, de pilotage et d?influence, à compléter sur le volet paysage
et à affiner sur la caractérisation de la pression de prédation) pourrait fournir un point de départ à
une telle typologie.
1.3.2 Des appels à travailler prioritairement sur la coexistence et les tirs
de défense des troupeaux
Selon la prospective menée par le MAA en 2020 sur le pastoralisme à horizon 2035, la cohabitation
avec les grands prédateurs et l'accroissement de la prédation sur les troupeaux, en particulier par
le loup, constituent un des défis environnementaux auxquels est confronté le pastoralisme français.
La pression de prédation (dégâts et attaques) a été multipliée par trois à quatre entre 2007 et 2018.
Elle s'exerce majoritairement sur les ovins (88 % des victimes qui ne constitue néanmoins « que »
0,4 % du cheptel des départements concernés) et se concentre sur des foyers d?attaque.
L?ensemble des acteurs français et européens de l?élevage s?accordent, au début de la décennie
2020, sur le fait que la viabilité du loup en Europe est acquise (seuils de 5 000 loups en Europe,
autour de 500 en France) et que le maintien d?un effectif proche de celui de 2020 est l?objectif à
atteindre pour une cohabitation durable avec les activités d?élevage. Une gestion planifiée,
adaptative et multi-acteurs de la population de loups en France, associant tirs de prélèvement et
moyens de protection, est considérée comme efficace et permettrait d'allier viabilité de l?espèce et
pression de prédation « supportable ».
Les mesures de protection et les adaptations de conduite (taille des troupeaux, parcs de nuit, retour
en bâtiment, etc.) sont vues comme coûteuses et parfois contradictoires avec les cahiers des
charges des Signes d?identification de l?origine et de la qualité et l?extensivité du pastoralisme.
38 Situation du loup en France, OFB, 2023 : https://www.loupfrance.fr/suivi-du-loup/situation-du-loup-en-france/
39 Ours infos rapport annuel, OFB, 2023 : https://professionnels.ofb.fr/fr/doc/ours-infos-2023-rapport-annuel
PUBLIÉ
https://www.loupfrance.fr/suivi-du-loup/situation-du-loup-en-france/
https://professionnels.ofb.fr/fr/doc/ours-infos-2023-rapport-annuel
Rapport n° 015723-01
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L?efficacité des tirs de régulation et de protection 40 et les conditions de la coexistence 41
préoccupent donc davantage à l?heure actuelle les experts de l?agropastoralisme que les éventuels
impacts négatifs sur la biodiversité du déploiement à large échelle d?un élevage devenant moins
extensif (troupeaux de taille croissante du fait de regroupements, surpâturage42, etc.) dans des
milieux fragilisés par d?autres facteurs (changement climatique en particulier).
1.3.3 Les prédateurs vus comme une menace pour les services
écosystémiques rendus par le pastoralisme ?
L?ESCo loup réalisée sous l?angle des sciences humaines et sociales en 2017 identifie l?impact sur
la biodiversité comme sujet de controverse potentiel entre d?une part certains scientifiques et les
associations de protection de la nature (loups régulateurs de la faune sauvage, espèce « clef de
voûte » des écosystèmes, qui contribue à leur bonne santé) et d?autre part d?autres scientifiques,
les organisations professionnelles agricoles et le monde cynégétique (loup perturbateur de l?impact
positif des activités agro-pastorales sur les milieux naturels et la biodiversité, voire ne jouant pas
son rôle de régulateur de la faune sauvage en se nourrissant principalement d'animaux
domestiques). La question sous-jacente est la part de responsabilité de la prédation dans le déclin
de l?élevage, mais elle nécessiterait une analyse de l?évolution de la filière ovine dans son
ensemble (grands troupeaux transhumants, filière viande fragile, coût de production?) voire la
comparaison avec la situation italienne (petits troupeaux de moins de 500 bêtes, filière lait) ou
l?élevage bovin dans les secteurs de production laitière de qualité.
1.3.3.1 Le retour des prédateurs induit des changements de pratiques pastorales
Le retour du loup et de l?ours a demandé aux éleveurs pastoraux, dont la mission première reste
l?élevage d?animaux de rente, de réintégrer une composante de la nature qui perturbe leur
contribution à l?entretien et au maintien de milieux ouverts : les espaces en déprise où se déploie
l?élevage extensif sont les plus favorables à l?arrivée des loups, qui dissuadent le pâturage dans
les zones embroussaillées où la surveillance des troupeaux est difficile, réduisant la disponibilité
des parcours.
Dans les Alpes du Sud, malgré les moyens techniques importants engagés pour protéger les
troupeaux et l?ampleur des moyens financiers consentis par l?État pour indemniser les pertes, les
éleveurs peinent à contenir la prédation sur leurs troupeaux et perçoivent d?abord les loups comme
une charge mentale importante et une menace majeure pour la survie de leur activité, malgré le
regain économique qu?ils peuvent apporter en termes d?image et de tourisme43.
Le positionnement économique et environnemental de l?élevage pastoral se trouve ainsi menacé
par les attentes jugées contradictoires de la société en termes de nature sauvage et de présence
des grands prédateurs.44
Le programme PASTRES illustre cette vision en interrogeant les valeurs de la nature qui sous-
40 Missing shots: has the possibility of shooting wolves been lacking for 20 years in France?s livestock protection
measures? Meuret and al., 2020: https://hal.science/hal-03098150v1/document
41 Une coexistence apaisée entre élevage et loup est-elle envisageable ? Meuret, 2023 :
https://coadapht.fr/sites/default/files/2023-12/Meuret_Chorges_juin%202023_Def.pdf
42 Se produit lorsque le nombre d'animaux dépasse la capacité de régénération des pâturages
43 Permanence et mutations de l?élevage pastoral dans les Alpes du Sud, Garde and al., 2014 :
https://journals.openedition.org/rga/2405
44 Les pratiques des bergers dans les Alpes bouleversées par le retour de loups protégés, Vincent, 2020 :
https://coadapht.fr/sites/default/files/2020-01/Vincent_Les%20pratiques%20bouleversees..._Chapitre_Savoir-
faire-bergers_2010.pdf
PUBLIÉ
https://hal.science/hal-03098150v1/document
https://coadapht.fr/sites/default/files/2023-12/Meuret_Chorges_juin%202023_Def.pdf
https://journals.openedition.org/rga/2405
https://coadapht.fr/sites/default/files/2020-01/Vincent_Les%20pratiques%20bouleversees..._Chapitre_Savoir-faire-bergers_2010.pdf
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tendent la protection des prédateurs et la notion de ré ensauvagement45. Il fait référence à la
définition de ce dernier par l?Organisation non gouvernementale, ONG, Rewilding Britain :
« restauration à grande échelle des écosystèmes jusqu?au point où la nature est en mesure de
prendre soin d?elle-même. Le ré ensauvagement cherche à rétablir des processus naturels et, le
cas échéant, les espèces disparues ». Le programme appelle à considérer les éleveurs et bergers
comme acteurs centraux de la préservation de la nature46 et questionne le principe des aires
protégées47 vues comme « fortress conservation » (conservation des forteresses) ou « green
grabbing » (colonialisme vert). Ce débat fait écho à la notion d?état de référence en écologie : doit-
on viser le maintien d?écosystèmes pastoraux et de milieux ouverts tels que modelés par
l?anthropisation ou juger plus souhaitable le retour à la biodiversité forestière antérieure ?48
1.3.3.2 Ces changements de pratiques affectent les services écosystémiques,
notamment écologiques, confiés aux éleveurs et bergers
En termes de contraintes socioéconomiques, la prédation détériore la valeur économique des
troupeaux (pertes directes et en termes de sélection génétique, mais aussi stress, baisse de
production laitière et de poids des carcasses). Les contraintes écologiques des mesures de
protection sont identifiées dans l?ESCo loup de 2017 : sous-pâturage de certains alpages et
surpâturage d?autres, impact des chiens de protection sur la faune sauvage, érosion des sols et
problèmes écologiques suite à l?accumulation des déjections dans les parcs de rassemblement
nocturne.
En ce qui concerne les chiens de protection en estive, les risques pour la faune sauvage pourraient
être limités du fait d?une expression de l?instinct de chasse modérée chez ces chiens inactifs la plus
grande partie de la journée de pâturage, en dehors de dérangement ou de prédation occasionnelle
et pas toujours efficace de marmottes ou de bouquetins. 49 A ces impacts potentiels sur la
biodiversité s?ajoutent les risques pour les randonneurs de la présence de chiens de protection des
troupeaux, qui ne représentent pour autant pas une menace pour l?activité touristique.
Les parcs de protection et de rassemblement nocturne pourraient quant à eux amener une
concentration des déjections problématique pour les milieux naturels (charge organique azotée,
emplacements ne tenant pas compte de la valeur patrimoniale de certaines pelouses?).
1.3.4 Comment mettre en balance les services écosystémiques respectifs
des prédateurs et du pastoralisme sur un territoire ?
1.3.4.1 Services écologiques rendus par les grands prédateurs replacés dans
l?évolution historique des écosystèmes forestiers
Le rôle joué par le loup et l?ours dans le fonctionnement et la résilience des écosystèmes forestiers
45 Ré ensauvagement et restauration des écosystèmes : qu?entend-on par « naturel » ? PASTRES, 2022 :
https://pastres.org/wp-content/uploads/2022/09/fr-infosheet-5of6.pdf
46 Une approche collaborative de la protection de l?environnement : les éleveurs comme défenseurs de la nature,
PASTRES, 2022 : https://pastres.org/wp-content/uploads/2022/09/fr-infosheet-6of6.pdf
47 Mobile pastoralism and protected areas: conflict, collaboration and connectivity, Yilmaz and al., 2019:
https://parksjournal.com/wp-content/uploads/2019/05/PARKS-25.1-Yilmaz-et-al-10.2305-IUCN.CH_.PARKS25-
1EY.en_.pdf
48 Vers un état de référence en écologie, l?intégrité des écosystèmes, Couvet, 2023 : https://hal.science/hal-
03974953/document
49 Protection des troupeaux et impacts environnementaux, Séminaire Loup - Elevage. ?S?ouvrir à la complexité?,
2006 : https://mail.coadapht.fr/sites/default/files/2020-01/Lapeyronie-
Moret_Protection%20troupeaux%20et%20impacts%20environnementaux_Sem%20Loup-Elevage_2007.pdf
PUBLIÉ
https://pastres.org/wp-content/uploads/2022/09/fr-infosheet-5of6.pdf
https://pastres.org/wp-content/uploads/2022/09/fr-infosheet-6of6.pdf
https://parksjournal.com/wp-content/uploads/2019/05/PARKS-25.1-Yilmaz-et-al-10.2305-IUCN.CH_.PARKS25-1EY.en_.pdf
https://parksjournal.com/wp-content/uploads/2019/05/PARKS-25.1-Yilmaz-et-al-10.2305-IUCN.CH_.PARKS25-1EY.en_.pdf
https://hal.science/hal-03974953/document
https://hal.science/hal-03974953/document
https://mail.coadapht.fr/sites/default/files/2020-01/Lapeyronie-Moret_Protection%20troupeaux%20et%20impacts%20environnementaux_Sem%20Loup-Elevage_2007.pdf
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métropolitains actuels est encore méconnu, malgré les travaux scientifiques récents menés en
Amérique du Nord et en Europe. Certains chercheurs suggèrent de considérer le contexte
historique voire préhistorique des paysages naturels et ruraux français, dans lesquels les grands
herbivores sauvages autochtones jouaient un rôle majeur.50
Au début du Néolithique, la forêt est une mosaïque de peuplements d?âges différents et de
clairières entretenue par une communauté d?ongulés diversifiée et régulée par le lynx, le loup et
l?ours. Les grands carnivores maintiennent l?équilibre entre herbivores et régénération forestière et
la diversité de plantes ligneuses et herbacées grâce à la dissémination de graines et spores de
champignons et la bioturbation51 du sol. Cette complexité favorise la résilience forestière face aux
perturbations notamment climatiques. Dans la chaîne trophique, les herbivores ont une action
négative directe sur la forêt et les carnivores une action négative directe sur les herbivores, d?où
une action indirecte positive sur la forêt appelée « cascade trophique ». L?ensemble des
mammifères participent de plus à la dissémination à longue distance de graines, par ingestion puis
expulsion des fèces et certains comme l?ours et le sanglier, probablement aussi de champignons
mycorhiziens associés aux racines.
L?anthropocène débute avec la révolution néolithique et voit l?augmentation constante de la
population humaine et jusqu?à la seconde moitié du XXe siècle le recul de la forêt, gérée pour le
bois de chauffe et d?oeuvre, au profit d?une mosaïque agricole diversifiée où le cheptel domestique
entretient le paysage. La communauté d?ongulés sauvages est souvent réduite au sanglier et
chamois/isard en montagne dans la moitié sud de la France, et les grands carnivores disparaissent
à l?exception de petites populations résiduelles de lynx et d?ours en montagne. Cette baisse de
biodiversité et la simplification du réseau d?interactions qui en résultent fragilisent la dynamique
forestière et sa résilience aux perturbations extérieures.
Après la Seconde Guerre mondiale, le paysage rural s?uniformise, et la déprise agricole permet à
la forêt et aux ongulés brouteurs de recoloniser une partie du territoire. Les mesures de protection
en faveur du grand gibier permettent le retour d?une partie de la communauté originelle d?ongulés,
à l?exception des herbivores lourds de type paisseur qui assuraient historiquement le maintien de
zones ouvertes. Cette communauté enrichie d?espèces introduites comme le mouflon de Corse
associée aux mesures de protection des grands carnivores favorise le retour de ces derniers. En
rétablissant au moins partiellement la cascade trophique, la complexité des réseaux trophiques et
les processus de dissémination des plantes forestières et de bioturbation, ils pourraient contribuer
à une meilleure résilience de la forêt face aux perturbations majeures générées par le
réchauffement climatique.
1.3.4.2 Services et contraintes socioéconomiques liés au retour des prédateurs et
pastoralisme
Un article paru en 2021 dans la revue Biological conservation52 explore l'état des connaissances
sur les impacts socio-économiques de grands carnivores européens (dont le loup et l?ours). Il
développe une catégorisation des impacts socio-économiques de la présence des grands
carnivores. Il distingue 19 catégories d'impact regroupées selon les impacts économiques, les
impacts sur la santé et le bien-être et les impacts sociaux et culturels. La littérature académique
examinée remonte à 1990 et compte 44 articles portant sur l'Europe (33 sur l'Amérique du Nord).
50 Ours, Loup, Lynx : les super-prédateurs laissent leur empreinte. Daufresne, Bull. Soc. Hist. nat. Toulouse, 2022.
https://museum.toulouse-metropole.fr/wp-content/uploads/sites/6/2023/03/19_10_2022_Biblioweb_Tanguy-
Daufresne.pdf
51 Réarrangement de la matière organique par le piétinement des animaux
52 Why so negative? Exploring the socio-economic impacts of large carnivores from a European perspective. Rode
et al., Biological conservation, 2021 https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320720309769
PUBLIÉ
https://museum.toulouse-metropole.fr/wp-content/uploads/sites/6/2023/03/19_10_2022_Biblioweb_Tanguy-Daufresne.pdf
https://museum.toulouse-metropole.fr/wp-content/uploads/sites/6/2023/03/19_10_2022_Biblioweb_Tanguy-Daufresne.pdf
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320720309769
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Elle révèle une tendance de la science à l'étude des impacts économiques négatifs, dans la plupart
des cas pour les loups. Selon les auteurs, l?impact positif concerne aussi l'agriculture et l'élevage
aussi bien que le tourisme animalier, les activités commerciales, de chasse et de pêche, et selon
certaines catégories d?acteurs, comme celle des « experts praticiens de la conservation », a sans
doute été sous-estimé.
A l?inverse, l?analyse du Centre d?études et de prospective du ministère de l?agriculture en 2020 sur
le pastoralisme français à l?horizon 2035 note que la sensibilité des citoyens vis-à-vis de la
protection du loup, sujet de débats et de controverses, et dont le caractère national va bien au-delà
des zones pastorales, évolue et peut ternir l?image du pastoralisme au sein de la société et avoir
des conséquences négatives sur la consommation de produits animaux issus de l?élevage pastoral.
1.3.4.3 Nécessité d?une appréciation globale de ces services socioéconomiques
Une étude menée en 201853 met en évidence une forte hétérogénéité spatiale dans la perception
de la population des Pyrénées vis-à-vis de l?ours. Ces différences d?attitude peuvent évoluer au
cours du temps en fonction notamment du comportement individuel des ours. On observe par
exemple une attitude plus favorable dans les Pyrénées-Atlantiques, dernier département de
présence d?ours autochtone (Cannelle en 2004) et les Hautes-Pyrénées (où l?ourse Francka
réintroduite en 2006 a causé d?importants dégâts), avec seulement deux ours identifiés dans
chaque département pendant l?étude. En Ariège, où la part de l?élevage dans l?économie locale est
supérieure et où se concentrent la majorité des ours, le sujet de l?ours est plus sensible. Ce
département accueille moins favorablement le prédateur que la Haute-Garonne, où ont eu lieu la
plupart des réintroductions. Ces deux départements regroupaient au moment de l?étude l?essentiel
de la population ursine de la chaîne pyrénéenne. L?étude souligne la nécessité d?approfondir sur
le long terme ce type d?enquête et de travaux de sciences humaines et sociales pour adapter la
politique de conservation aux différents conflits qui se présentent avec les activités humaines
(élevage, chasse, écotourisme, exploitation forestière?).
Une autre étude sur la coexistence avec le loup54 examine les coûts et avantages humains
(interactions directes et indirectes avec les agriculteurs, forestiers, bergers et chasseurs) et
écologiques et associés au prédateur mais aussi aux cerfs. L?examen des avantages globaux et
coûts collectifs pour les socio écosystèmes nécessite une approche intégrative des conséquences
écologiques et sociales du rétablissement de ces espèces et du développement de grandes
populations et leurs influences mutuelles.
1.4 Points essentiels à retenir de ces constats
1.4.1 Un périmètre à resserrer autour de trois questions clés
1.4.1.1 Quels services écologiques principaux (approvisionnement, régulation, soutien)
rendent le loup (et l?ours) en zone d?agropastoralisme ?
53 Tenir compte de la dimension humaine dans la gestion des conflits homme - grands carnivores : le cas de
l?ours brun dans les Pyrénées, Piedallu and al., 2018 :
https://professionnels.ofb.fr/sites/default/files/pdf/RevueFS/FauneSauvage319_2018_Art4.pdf
54 Deer, wolves, and people: costs, benefits and challenges of living together, Martin and al., 2020:
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/brv.12587
PUBLIÉ
https://professionnels.ofb.fr/sites/default/files/pdf/RevueFS/FauneSauvage319_2018_Art4.pdf
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Une évaluation EFESE de 202255 s?intéresse au service de régulation joué par la prédation sur les
populations de cerfs, chevreuils, chamois, isards, mouflons, daims, bouquetins et sangliers et
pointe le besoin de connaissance. « Si leurs effets à la fois sur la densité et sur le comportement
(paysage de la peur) des herbivores étaient importants, les loups pourraient avoir des effets en
cascade sur d?autres composantes de l?écosystème, comme les communautés de plantes ou
d?autres taxons animaux. Du fait d?un manque d?études à long terme sur les populations d?ongulés
avec et sans loups, ou avant et après la colonisation du loup, ces effets ne sont toutefois pas
documentés en France. Il est important de se garder de conclusions hâtives et généralisantes sur
les effets des prédateurs, au travers de leur impact sur les ongulés sauvages, sur les services et
contraintes liés aux ongulés sauvages, et dans le même temps, il est crucial de mettre en place
des études de grande ampleur sur ce sujet ». La façon dont la déprédation influe sur les services
et contraintes associés aux ongulés sauvages (dégâts agricoles/sylvicoles, collisions, transmission
de maladies entre ongulés sauvages, animaux domestiques et aux humains, services culturels
d?observation des ongulés ou de prélèvement par la chasse) reste ainsi à étudier dans les différents
contextes français.
L?état de l?art pourrait également investiguer en priorité la régulation et le soutien d?autres groupes
d?espèces (animales mais aussi végétales) indirectement ou directement influencées par les
prédateurs.
1.4.1.2 Quels services socioéconomiques rendent le loup (et l?ours) en matière
d?agriculture, de tourisme et d?usages récréatifs de la nature ?
Les retombées économiques positives du retour des prédateurs gagneront à être explorées à la
fois du point de vue des emplois créés en lien avec la protection des troupeaux et du regain d?image
bénéfique aux filières agropastorales et touristiques.
1.4.1.3 Quelles contraintes écologiques fait peser la pression de prédation sur les
socio écosystèmes agropastoraux ?
Le rapport EFESE de 2018 sur les écosystèmes rocheux et de haute montagne56 indique que dans
les Alpes du Sud, qui concentrent 70 à 80 % des effectifs de loups et dégâts associés sur les
troupeaux, le rassemblement du bétail dans des parcs de nuit regroupe les animaux localement
de manière répétée et modifie les parcours de pâturage en journée, donc les quantités d?azote
restituées et la composition végétale des milieux d?altitude.
Dans les Pyrénées, la présence de bergers et de chiens de protection des troupeaux sur les estives
progresse largement entre 1998 et 2018, en lien direct avec la pression de prédation de l?ours mais
aussi des chiens errants, et sous l?influence des aides apportées par le Plan de Soutien à
l?Economie Montagnarde. Cette présence accrue d?humains et de carnivores domestiques pose la
question d?autres types d?impacts indirects du retour des prédateurs sur les écosystèmes, qui
seront à inclure dans l?état de l?art.
Pour estimer la création de valeur économique de l?ensemble de ces services en tenant compte
des contraintes, l?état de l?art pourra s?inspirer du guide élaboré en 2021 dans le cadre de l?EFESE
à partir du cas de la réintroduction des vautours dans les parcs naturels régionaux du Vercors et
55 EFESE. Les ongulés sauvages de France métropolitaine. Fonctions écologiques, services écosystémiques et
contraintes, 2022 : https://side.developpement-durable.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/877252/efese-les-
ongules-sauvages-de-france-metropolitaine-fonctions-ecologiques-services-ecosystemiques-et?_lg=fr-FR
56 EFESE. Les écosystèmes rocheux et de haute-montagne, Commissariat général au développement durable
(CGDD), 2018 : https://side.developpement-durable.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/403567/efese-les-
ecosystemes-rocheux-et-de-haute-montagne?_lg=fr-FR
PUBLIÉ
https://side.developpement-durable.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/877252/efese-les-ongules-sauvages-de-france-metropolitaine-fonctions-ecologiques-services-ecosystemiques-et?_lg=fr-FR
https://side.developpement-durable.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/877252/efese-les-ongules-sauvages-de-france-metropolitaine-fonctions-ecologiques-services-ecosystemiques-et?_lg=fr-FR
https://side.developpement-durable.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/403567/efese-les-ecosystemes-rocheux-et-de-haute-montagne?_lg=fr-FR
https://side.developpement-durable.gouv.fr/Default/doc/SYRACUSE/403567/efese-les-ecosystemes-rocheux-et-de-haute-montagne?_lg=fr-FR
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des Baronnies provençales 57 . Ce guide propose une méthode d?évaluation des actions de
restauration des fonctionnalités des écosystèmes et de protection des espèces qui se veut
transposable dans de nombreux territoires français de l?hexagone. A partir du constat de la
restauration de fonctions écologiques et de ses retombées positives sur l?attractivité du territoire et
l?écotourisme, le retour de la faune sauvage est vu comme un atout de développement économique
local et de renforcement du dialogue territorial. Le document souligne un intérêt général des
Français pour la nature, un besoin de développer la connaissance et la communication sur les
fonctions et les services liés aux espèces ayant des interactions avec les activités humaines pour
mettre en perspective l'ensemble des enjeux associés (services écosystémiques, valeurs
patrimoniales, contraintes, etc.) sur l?ensemble du territoire.
Sont à prendre compte en compte pour chaque type de service écosystémique (les services
récréatifs sont détaillés) ou contrainte et externalité associée :
les valeurs utilitaires (les biens, les services et les contraintes écosystémiques) qui expriment les
avantages associés à l?espèce ou aux espèces considérées ;
les valeurs patrimoniales qui expriment le caractère remarquable des espèces considérées, leur
statut éthique et les sources des attachements existants ;
les valeurs écologiques, qui expriment le rôle joué par les espèces considérées dans la maîtrise
des risques relatifs au fonctionnement d'ensemble des écosystèmes considérés ;
les autres effets indirects (positifs et négatifs) qui permettent d'exprimer les enjeux non couverts
par les trois catégories précédentes.
1.4.1.4 Une évaluation EFESE abordant le pastoralisme uniquement à travers le
prisme « prédateur », et à cibler sur le loup ?
Le Commissariat général au développement durable (CGDD), qui héberge l?équipe projet EFESE,
souligne un risque à mêler les sujets services écosystémiques du loup et de l?ours et mesures de
protection / aménités du pastoralisme, qui se pose ici du fait des conséquences potentielles de la
présence des prédateurs. Il considère que si l?on se place dans la perspective de lancer une
évaluation EFESE sur ces derniers, on dénombre en effet très peu de publications scientifiques
concernant les services écosystémiques et contraintes liées aux populations de loups ou d?ours en
France, alors que les aménités positives de l'élevage et du pastoralisme, y compris en interaction
avec la présence de prédateurs, sont mieux documentées et risquent de déséquilibrer les
conclusions.
En tout état de cause, l?état de l?art devrait s?appuyer préférentiellement sur une revue de la
littérature scientifique et limiter le recours aux avis, jugements et opinions d?experts. Le CGDD
pourrait se charger de développer un cadre méthodologique pour l?acquisition de données
scientifiques et techniques et la réalisation d?inventaires, préalables et nécessaires à l?évaluation
globale souhaitée.
Compte tenu de la complexité de l?exercice (experts et organismes compétents sur les différents
champs visés n?ayant pas l?habitude de travailler ensemble) et de l?hétérogénéité potentielle des
connaissances, il s?avèrera pertinent de focaliser l?évaluation sur une seule espèce (le loup) et les
services écosystémiques ci-dessus, considérés comme prioritaires indépendamment de
l?abondance de la littérature les concernant, dans l?objectif d?appuyer la décision publique.
57 Mettre en valeur les espèces sauvages et leurs fonctions écologiques dans les territoires, EFESE, 2021.
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/Efese%20-%20Recommandations%20%C3%A0%20p
artir%20du%20cas%20de%20la%20r%C3%A9introduction%20des%20vautours.pdf
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https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/Efese%20-%20Recommandations%20%C3%A0%20partir%20du%20cas%20de%20la%20r%C3%A9introduction%20des%20vautours.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/Efese%20-%20Recommandations%20%C3%A0%20partir%20du%20cas%20de%20la%20r%C3%A9introduction%20des%20vautours.pdf
Rapport n° 015723-01
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Concernant l?ours, la décision pourra toutefois être soumise au jugement des experts au vu de
l?existence éventuelle de travaux portant sur les services écosystémiques et contraintes cumulés
des deux prédateurs dans les Pyrénées ou sur d?autres territoires. L?intérêt de conserver l?ours
dans le périmètre sera aussi à mesurer au nombre et aux conclusions des publications
additionnelles à intégrer dans la phase de cadrage de l?exercice, selon qu?elles renforcent les
messages clés de l?état de l?art ou en compliquent la lecture du fait de comportements et
problématiques très différents.
1.4.2 Ouverture sur des Appels à projets de recherche ciblés sur les
besoins de connaissance identifiés
L?état de l?art devra identifier avec précision les différents champs de connaissance nécessitant de
nouveaux travaux, en particulier dans les divers contextes agropastoraux français. Des appels à
projets de recherche ciblés peuvent constituer un moyen d?acquérir ces nouvelles connaissances,
idéalement au sein d?un programme de recherche dédié, complémentaire de l?acquisition de
données et d?expérimentations dans les territoires (recherche action) proposées dans la deuxième
partie.
Pour les recherches à mener, le rapport de l?EFESE sur les ongulés détaille déjà un certain nombre
de besoins et difficultés extrapolables aux prédateurs et au pastoralisme: besoin de territoires
d?étude, complexité des écosystèmes naturels (réseaux d?interaction multi-prédateurs, multi-proies,
multi-plantes, multi-échelles), études à contextualiser, comparer dans le temps et dans l?espace,
inclusion des multiples dimensions humains / animaux et couplage avec des approches de
modélisation expérimentale, valorisation dans des revues internationales, volet sciences humaines
et sociales indispensable.
1.4.3 Mission CGAAER prévue sur le pastoralisme à lancer sans attendre
l?état de l?art et en associant l?IGEDD
Compte tenu du calendrier du plan loup, il semble délicat d?attendre la publication de l?état de l?art
pour lancer ces travaux dédiés aux aménités positives du pastoralisme. L?association de l?IGEDD,
non prévue par le plan, offrirait l?opportunité d?une vision équilibrée des enjeux socioéconomiques,
agricoles et environnementaux. L?état de l?art pourra intégrer la matière scientifique réunie par la
mission à sa revue de bibliographie académique.
? Le lancement prochain, par les services du ministère en charge de la biodiversité, d?un état
de l?art sur les services, aménités et impacts pour les écosystèmes du retour du loup et de
l?ours, des mesures de protection des troupeaux associées et de l?agropastoralisme, au
titre du Plan national d?action (PNA) loup et activités d?élevage 2024-2029, devrait être ciblé
sur les services écosystémiques rendus par le loup et sur son impact sur ceux rendus par
le pastoralisme, dans l?objectif de nourrir une étude s?inscrivant dans le cadre de
l?Evaluation française des services écosystémiques rendus par le loup et de l?ours et des
appels à projets de recherche sur les lacunes de connaissance identifiées.
? L?élargissement à l?ours reste envisageable mais risque de compliquer l?exercice.
? Les éventuels impacts négatifs sur la biodiversité des mesures de protection des troupeaux
seront inclus dans l?impact du ou des prédateur(s) sur les services écosystémiques rendus
par le pastoralisme.
? Les services écosystémiques rendus par le pastoralisme en lui-même, indépendamment
du retour des prédateurs, seront abordés par la mission CGAAER (IGEDD) prévue par le
PNA loup qui doit se dérouler parallèlement, mais semblent peu pertinents à aborder dans
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le cadre de l?état de l?art, la comparaison de services dont la connaissance est disparate
risquant de déséquilibrer les conclusions.
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2 Méthode à privilégier pour conduire l?état de l?art
Trois pistes principales pour répondre à la demande d?état de l?art scientifique et approcher les
questions posées par une démarche analytique claire et argumentée ont été investiguées :
l?Expertise scientifique collective (ESCo), qui va au-delà du simple état de l?art pour répondre à une
question sociétale, la revue systématique, ou la réalisation d?une étude par deux post doctorants,
solution plus aisée à mettre en oeuvre.
Ces propositions ne sont pas exclusives du recours à d?autres modalités, par exemple :
? Une « Desk study » telle qu?en produit le programme de recherche européen sur la
biodiversité Biodiversa+ (synthèse de connaissances sur deux ans, pilotées par deux
auteurs assistés d?un petit groupe de contributeurs).58
? Une étude de portée plus restreinte qu?une ESCo, conduite par un ou plusieurs institut(s)
de recherche pour le compte des ministères en charge de la transition écologique et de
l?agriculture, avec l?appui d?un comité pluridisciplinaire d?experts issus de divers organismes
publics français de recherche et d?enseignement supérieur qui recenserait la littérature
scientifique internationale et développerait le cas échéant des approches complémentaires
ou pistes méthodologiques d?analyse des pratiques, d?évaluation ou prédiction des apports
/ impacts des différents facteurs (prédateurs, mesures de protection, agropastoralisme) sur
la biodiversité.
L?option retenue dépendra du cadrage préalable de la question ou des questions posée(s) entre
commanditaires et pilotes et de l?estimation de la littérature disponible et reprenant les points clés
identifiés plus haut, étape indispensable (à calibrer en durée et montant ? compter a priori quelques
mois et dizaines de milliers d?euros) avant de lancer les travaux.
Les progrès de l?intelligence artificielle notamment dans le domaine de l?analyse textuelle devraient
permettre de gagner du temps dans la réalisation de l?exercice.
2.1 L?Expertise scientifique collective
L?ESCo consiste à rassembler et analyser des connaissances scientifiques dispersées, publiées
au niveau international (CNRS). Le sujet de l?ESCo (dont les principes et modalités sont détaillés
en annexe) pourrait être les impacts du loup (et éventuellement de l?ours) sur les socio-
écosystèmes et leur compatibilité avec l?agropastoralisme.
Dans l?hypothèse de faire réaliser l?état de l?art dans le cadre d?une ESCo, la saisine des
organismes devra donner lieu à un courrier de la ou des ministre.s chargé.es de la biodiversité et
de l?agriculture à leurs président ou directeur général. Cette lettre mentionnera le soutien par un
financement ministériel spécifique et le suivi des travaux par les instances scientifiques et de
pilotage des PNA loup (et ours le cas échéant).
2.2 La revue systématique
ESCo et revue systématique diffèrent par :
? les connaissances mobilisées : pas de connaissances tacites, locales ou autochtones ni
58 Scoping review: what is the state of knowledge on the role of biodiversity in the design, delivery and benefits of
Nature-Based Solutions? Biodiversa+, 2023: https://www.biodiversa.eu/wp-content/uploads/2023/05/D4.2-Desk-
study-NBS.pdf
PUBLIÉ
https://www.biodiversa.eu/wp-content/uploads/2023/05/D4.2-Desk-study-NBS.pdf
https://www.biodiversa.eu/wp-content/uploads/2023/05/D4.2-Desk-study-NBS.pdf
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d?opinions dans la revue,
? une plus grande capacité de participation ou d?implication des parties prenantes et une
moindre répétabilité ou robustesse pour l?ESCo
? une moindre intelligibilité de la revue pour le grand public.
2.2.1 Collecte des connaissances disponibles afin d?éclairer la décision
La revue59 recense une documentation exhaustive, selon une méthodologie réduisant les biais et
permettant la prise en compte de tous les types de recherche : fondamentale, appliquée,
quantitative, etc. Elle peut être mise à jour relativement rapidement si les méthodes sont bien
rapportées et les données archivées. Son protocole et ses résultats sont examinés par des pairs
en externe et publiés, ce qui augmente sa transparence et la rend difficilement critiquable. Elle doit
être coordonnée par un groupe d?experts incluant les parties prenantes.
La conclusion d?une revue systématique inclut des recommandations pour la recherche, la gestion
et la gouvernance.
2.2.2 Prévention des querelles d?experts et conflits d?intérêt
Une revue systématique est particulièrement recommandée lorsque la problématique génère des
doutes ou des controverses.
En revanche, elle demande des compétences multilingues et l?accès à de multiples bases de
connaissances, requiert du temps et des ressources humaines (a priori autant ou parfois davantage
qu?une ESCo). Ses livrables sont rendus en anglais et peu accessibles, ce qui oblige les
commanditaires à prévoir une communication dédiée, et surtout elle ne convient pas à des sujets
vastes sauf à les découper en plusieurs revues.
2.3 Une troisième option moins ambitieuse et plus légère à mettre en
oeuvre
Il s?agirait de faire recruter dans deux organismes de recherche, avec lesquels la DEB pourrait
établir une convention, deux contrats postdoctoraux à durée déterminée de dix-huit mois (un sur
l?écologie du loup ? et de l?ours ? au CNRS ou au MNHN et un sur l?agro-pastoralisme à INRAE)
qui seraient chargés de dresser l?état de l?art dans leur domaine disciplinaire puis de travailler
ensemble pour analyser les points d?intrication. Le coût ne différerait pas nécessairement
énormément des options précédentes mais ce scénario permettrait de gagner en facilité de mise
en oeuvre et en durée des travaux.
2.4 Calendrier et budget
A l?issue de l?exercice de cadrage, et selon l?analyse menée par la FRB en 202060, l?ESCo et la
revue systématique diffèrent par leur durée :
? habituellement deux-trois ans pour une ESCo,
59 La revue systématique, FRB, 2019. https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2019/03/Revue-
syste%CC%81matique-web.pdf
60 Guide sur les méthodes d?expertise comparant les méthodes d?expertise entre elles en fonction des critères
retenus, FRB/OFB, 2020 : https://www.fondationbiodiversite.fr/guide-des-methodes-dexpertise/
PUBLIÉ
https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2019/03/Revue-syste%CC%81matique-web.pdf
https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2019/03/Revue-syste%CC%81matique-web.pdf
https://www.fondationbiodiversite.fr/guide-des-methodes-dexpertise/
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? six mois à quatre ans ? une durée aussi longue ne semble pas nécessaire ? pour la revue.
Elles diffèrent également par leur coût :
? de l?ordre de 200 à 300 k¤ pour l?ESCo en fonction de la durée,
? six à 24 mois d?équivalent temps plein pour la revue.
En termes d?ordre de grandeur en se basant sur le budget de l?ESCo récente sur le lynx61, un
budget d?environ 250 k¤ semble plausible dans un scénario de rendu à deux ans. Le recrutement
de deux post doctorants pour une étude sur 18 mois nécessiterait de mobiliser environ 200 k¤.
La réalisation de l?état de l?art conditionnant la suite des actions du PNA loup (étude EFESE et
APR), il paraît préférable de lancer les contacts, l?appel à manifestations d?intérêt ou le
conventionnement direct avec l?organisme ou les organismes choisis dès la mi-2025 (pour un
résultat attendu fin 2025 ou mi 2027 en fonction de l?abondance de la littérature). L?étape préalable
de discussion et de cadrage de la commande auprès de cet ou de ces organisme(s) reste
incontournable et à initier rapidement. Si l?on considère qu?il faut au moins deux ans pour une étude
EFESE, trois à cinq pour lancer un programme de recherche, l?ensemble peut être envisagé dans
la durée du PNA (d?ici 2029) que l?état de l?art se déroule sur six mois ou deux ans.
En termes de valorisation publique, étude ou ESCo se prêtent davantage à l?organisation d?un
colloque dédié ouvert, présentant les principaux résultats et réflexions et permettant des
discussions ouvertes en format tables rondes associant décideurs publics et acteurs. Une « desk
study » ou une revue systématique peuvent également être présentées lors d?événements ciblant
les décideurs mais de portée moins large.
2.5 Face au déficit de travaux dans le contexte français, lancer en
sortie d?état de l?art un programme pilote de recherche action ?
2.5.1 S?appuyer sur les zones ateliers du CNRS pour une vision à long
terme
Les Zones Ateliers (ZA) de l?Institut Écologie et Environnement du CNRS62 se focalisent autour
d?une unité fonctionnelle dite « site atelier » et y développent une démarche scientifique s?appuyant
sur des observations et expérimentations, pour y mener des recherches pluridisciplinaires sur le
long terme. La ZA est donc, le plus souvent, un réseau de sites ateliers.
Un réseau comparable (TERENO, Observatoires environnementaux terrestres63) existe par ailleurs
en Allemagne, ce qui permet d?envisager une possible mise en commun de connaissances et
pratiques scientifiques au niveau européen. Il s?agit d?observer des activités humaines sur
l?environnement dans divers domaines : hydrologie, géophysique, pédologie, géochimie, écologie,
socio-écologie, et de mener des travaux interdisciplinaires visant à étudier le fonctionnement des
socio écosystèmes. Ces observatoires sont bâtis sur des sites de terrain instrumentés pour
produire des données et des modèles. Ils reposent aussi sur des co-recherches entre acteurs des
territoires et chercheurs, nécessaires pour appréhender la complexité des socio-écosystèmes à
61 Expertise scientifique collective sur la viabilité des populations de lynx boréal en France. Rapport final, MNHN /
OFB, 2024 : https://ofb.hal.science/hal-04811130
62 https://www.inee.cnrs.fr/fr/zones-ateliers, https://www.za-inee.org/
63 https://www.tereno.net/
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https://ofb.hal.science/hal-04811130
https://www.inee.cnrs.fr/fr/zones-ateliers
https://www.za-inee.org/
https://www.tereno.net/
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différentes échelles de temps et les défis qu?elle pose à la science, à la gestion et au politique.
Il ne s?agit pas de créer de nouvelle zone atelier mais de s?appuyer sur les zones atelier existantes,
par exemple dans les Alpes64, où elle fonctionne avec l?appui de partenaires techniques pour les
expertises en agropastoralisme : le Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes-
Méditerranée (CERPAM), la Fédération des Alpages de l?Isère (FAI) et les Sociétés d?Économie
Alpestre de Savoie et de Haute-Savoie. La zone atelier travaille aussi avec d?autres réseaux de
recherche et de recueil de données d?observation comme Alpages sentinelles. Elle porte par
exemple depuis 2024 le projet de recherche ODiSS?Loup65, Oralité et Dialogue Science-Société
autour du Loup, qui s?intéresse au retour du prédateur dans les massifs alpins et à ses
conséquences sur les socio-écosystèmes de montagne, de plus en plus soumis à des contraintes
de multi-usage. Ce projet mené par l?institut polytechnique de Grenoble associe l?ensemble des
acteurs du territoire, au-delà du monde de l?élevage, dans un dialogue avec les acteurs des
sciences de la nature et sociales, avec pour objectif d?imaginer de nouvelles solidarités territoriales
pour faire face au défi de la coexistence.
La mesure 3666 de la Stratégie nationale biodiversité 203067 prévoit de renforcer le réseau des ZA
en mobilisant les aires protégées, notamment les parcs nationaux et réserves intégrales, sans pour
autant mettre l?accent sur les sujets du loup, de l?ours et de l?agropastoralisme. La mission n?a pas
examiné si les financements recherche du plan loup pourraient alimenter de tels travaux.
2.5.2 L?identification grâce à l?état de l?art de territoires documentés et
volontaires pour mettre en place des projets de recherche action
Parmi les idées avancées par les experts rencontrés dans le cadre de la mission, la science post-
normale68 invite à élargir la réflexion scientifique visant à résoudre des problèmes écologiques à
une « communauté élargie de pairs », composée de non-initiés et guidée par une exigence
commune de qualité des connaissances produites en vue d?éclairer la décision. Il s?agit de
dépasser le cadre de la recherche appliquée et de l?expertise professionnelle pour y intégrer des
notions de valeurs et d?incertitude. Une telle stratégie de résolution de problèmes pourrait
s?appliquer dans un contexte de faits incertains, de valeurs contestées, d?enjeux importants et de
décisions urgentes, en complément d?analyses de risques et coûts-avantages.
Autre approche nouvelle proposée, l?application aux prédateurs des théories d?Elinor Ostrom69
inviterait à examiner les interactions et la confiance entre acteurs sous l?angle du dilemme social
posé par le loup et l?ours au sein d?un socio écosystème, dont on vise la résilience par rapport aux
perturbations induites par l'homme et la nature, et dans un contexte local donné. Elle suppose de
réaffirmer le postulat préétabli que le loup et l?ours sont partie intégrante de la biodiversité et que
leur valeur patrimoniale justifie leur préservation. Il s?agit ensuite de dépasser l?approche nationale
des problématiques qu?ils posent pour revenir à une gestion locale d?une coexistence la plus
64 https://za-alpes.osug.fr/
65 https://labexittem.fr/projets/odiss-loups-oralite-et-dialogue-science-societe-autour-des-loups/
66 https://biodiversite.gouv.fr/mesure-36-developper-et-valoriser-la-connaissance-sur-la-biodiversite
67
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/strategie%20Biodiversit%C3%A9%202030_1er%20vol
et.pdf
68 Post-normal science, Funtowitcz et al., 1993. https://isecoeco.org/pdf/pstnormsc.pdf
69 Par-delà les marchés et les Etats, la gouvernance polycentrique des systèmes économiques complexes, Ostrom,
2011. https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/120/r120-2.pdf
PUBLIÉ
https://za-alpes.osug.fr/
https://labexittem.fr/projets/odiss-loups-oralite-et-dialogue-science-societe-autour-des-loups/
https://biodiversite.gouv.fr/mesure-36-developper-et-valoriser-la-connaissance-sur-la-biodiversite
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/strategie%20Biodiversit%C3%A9%202030_1er%20volet.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/strategie%20Biodiversit%C3%A9%202030_1er%20volet.pdf
https://isecoeco.org/pdf/pstnormsc.pdf
https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/120/r120-2.pdf
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harmonieuse possible entre les prédateurs, le reste de la biodiversité et les activités d?élevage ou
de tourisme.
Concrètement, il s?agirait de définir une communauté d?acteurs sur des zones de présence des
prédateurs délimitées ; des conditions et règles locales ; de faire participer la communauté à la
modification de ces règles ; d?impliquer la communauté dans le contrôle des comportements des
acteurs vis-à-vis des prédateurs ; de définir des sanctions graduées ; de prévoir des mécanismes
de résolution rapide et locale des conflits ; d?appliquer un principe de subsidiarité à l?intervention
de l?Etat. Une telle option évoque un des scénarios de la prospective pastoralisme français 2035
(MAA, 2020) : décentralisation par l?État des plans loups dont les méthodes d?intervention, les taux
d?aide à la protection et l?indemnisation des attaques dépendraient d?une négociation avec les
partenaires financiers locaux. On aboutirait alors à des situations locales contrastées : des zones
de chasse au loup ou à l?inverse des zones de réserves à loup, avec diverses situations
intermédiaires. Les zones pastorales régresseraient, sur la période, avec un abandon des zones
les plus attaquées ou les plus difficiles à défendre. Sur les surfaces pastorales restantes, on
observerait une cohabitation entre élevages pastoraux et grands prédateurs.
2.5.3 La mobilisation de Vet agro sup sur une typologie des territoires
reconquis par le loup et l?ours
Plusieurs noms ont été avancés, dans les domaines de la zootechnie et des systèmes d'élevage,
de l?écologie des populations, des interfaces agriculture, environnement, santé, territoire, de la
médiation environnementale ou de la gestion agricole des espaces naturels ruraux, pour participer
à une réflexion plus approfondie sur des zones ciblées et/ou participer à un groupe de réflexion
interdisciplinaire s?appuyant sur une typologie des territoires et pratiques agropastoraux.
? Au vu des premiers constats qualitatifs sur le champ des connaissances disponibles et les
points saillants sur lesquels cibler l?état de l?art, et des entretiens menés avec un nombre
restreint d?experts ? membres du Conseil scientifique du PNA loup ou extérieurs à ce
conseil pour les experts « loup » ? la mission identifie plusieurs modalités principales
possibles pour la réalisation de l?état de l?art (expertise scientifique collective, revue
systématique, étude menée par deux postdoctorants) ainsi que des organismes
scientifiques pressentis, et propose que l?état de l?art alimente également la construction
d?un programme d?acquisition de nouvelles connaissances de terrain.
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3 Organismes scientifiques pertinents pour mener l?état de
l?art
Les propositions suivantes de pilotage et copilotage des travaux restent valables dans le scénario
d?une ESCo ou d?une étude par deux post doctorants (chaque organisme hébergeant une des deux
personnes recrutées).
3.1 Pilotage par le MNHN ou le CNRS
Sur un sujet proche, l?ESCo sur le lynx, publiée en 2024 (écologie et sociologie), a très fortement
mobilisé pendant deux ans deux copilotes (Richard Dumez de l?Unité mixte de recherche, UMR
7206 - Ethnoécologie : savoirs, pratiques, pouvoirs du MNHN et Nolwenn Drouet-Hoguet de
l?équipe Loups-Lynx de l?OFB), une équipe projet de six personnes, un panel d?experts codirigé par
Isabelle Arpin du Laboratoire écosystèmes et sociétés en montagne d?INRAE et François Sarrazin
du Centre d'Écologie et des Sciences de la Conservation du MNHN, et sollicité ponctuellement des
experts extérieurs. Un chargé d?étude a été recruté au MNHN pour aider à la finalisation du rapport
d?expertise, participer à la réflexion sur la question de l'expertise en SHS sur les questions
environnementales, valoriser l?expérience acquise dans le cadre de l?expertise et soutenir le travail
de la commission chargée d?auditionner les experts extérieurs.
Il paraît difficile de solliciter à nouveau les mêmes personnes pour encadrer de nouveaux travaux
sur le loup et l?ours, d?autant que l?ESCo sur les populations de loup va en parallèle nécessiter des
compétences OFB et MNHN. A été cité parmi les équipes à contacter en plus de celles citées ci-
dessus, sur le volet SHS, le laboratoire de sciences sociales Pacte du CNRS, qui travaille sur la
coexistence humains / faune sauvage.
3.2 Copilotage par INRAE au titre des enjeux agricoles
Plusieurs membres du Conseil scientifique loup soulignent que le caractère polémique de la
question du loup, l?étendue et la complexité des questions posées par l?état de l?art risquent
toutefois de freiner la mobilisation de certains experts. Parmi les personnes auditionnées au sein
des équipes INRAE, plusieurs ont malgré tout exprimé leur intérêt à travailler en pluridisciplinarité.
L?UMR Agroécologie - Innovations ? Territoires d?INRAE a également été citée parmi les équipes
mobilisables.
3.3 Sollicitation de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité
dans l?option revue systématique
La FRB met régulièrement son expertise en matière de revue systématique au service de pilotes
de revues. Le CESAB ? Centre de synthèse et d?analyse sur la biodiversité ? de la FRB propose
même une formation méthodologique (plateformes d'information scientifique et technique de type
Web of science et méthodes statistiques) de cinq jours « La synthèse des connaissances sur la
biodiversité : introduction aux méta-analyses et revues systématiques » à destination des
chercheurs/chercheuses du domaine de la biodiversité.
La FRB assure le secrétariat du Conseil scientifique et technique du programme EFESE avec le
soutien du Ministère chargé de l?environnement, et plus particulièrement du Commissariat général
au développement durable et de la Direction de l?eau et de la biodiversité. Ce conseil a pour mission
de fournir des avis sur des documents, des méthodes de travail ou encore de favoriser la
mobilisation de l?expertise sur les différents aspects de la réalisation du projet EFESE.
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La FRB travaille sur la question des grands prédateurs avec l?UMR 5175, le Centre d?écologie
fonctionnelle et évolutive, du CNRS (équipes chargées de la dynamique et de la conservation de
la biodiversité et plus particulièrement des interactions humains animaux), qui pourrait être sollicité
pour piloter une revue.
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Conclusion
Ce premier tour d?entretiens avec un nombre restreint d?experts confirme que les différents types
de services écosystémiques rendus par le loup et l?ours sont inégalement documentés, la littérature
académique se concentrant sur les services écosystémiques d?ordre écologique.
Compte tenu des controverses sociétales associées à la question du retour des prédateurs, il
apparaît préférable de centrer le travail sur les connaissances scientifiques, sans inclure à ce stade
toutes les sortes d?expertises qui pourraient être mobilisées.
En termes de méthode, l?ampleur du périmètre tel qu?énoncé dans la lettre de mission incite à cibler
la commande sur un certain nombre de points saillants sur lesquels dresser en priorité un bilan
des connaissances. A l?issue d?une analyse comparative de la quantité d?articles disponibles, la
mission propose d?opter soit pour une méthodologie assez exigeante d?état de l?art (Expertise
scientifique collective ou revue systématique), soit pour étude moins ambitieuse menée par deux
post doctorants, et propose plusieurs pistes d?organismes et équipes de recherche compétents sur
les questions posées.
Céline Couderc-Obert
Inspectrice
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
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Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou sollicitées
(dont *membres du Conseil scientifique du PNA
loup et activités d?élevage)
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
JULLIOT Catherine MTECT/CGDD/SDR/MiBSAA
Chargée de mission
recherche
biodiversité
3
septembre
2024
HARDELIN Julien MTECT/CGDD/SEVS/SDEE1 Chef de bureau
3
septembre
2024
MILLARD Frédérique MTECT/CGDD/SDR/MiBSAA Cheffe de mission
3
septembre
2024
RIVIERE Cloé MTECT/CGDD/SEVS/SDEE1
Chargée de mission
EFESE
3
septembre
2024
DEMOLIS Raphaël MTECT/DGALN/DEB/ET3 Chef de bureau
6
septembre
2024
MENEGUEL David MTECT/DGALN/DEB/ET3
Chargé de mission
loup lynx vautour
fauve
6
septembre
2024
GUILLAIN
Pierre-
Edouard
MTECT/DGALN/DEB
Adjoint à la
directrice
6
septembre
2024
CELDRAN Aurélie MTECT/DGALN/DEB
Chargée de mission
ours grand
cormoran jaguar
6
septembre
2024
MORICEAU Jean-Marc Université de Caen
Professeur des
universités émérite
Non
rencontré
MAROI Maxime IDELE Production animale
Non
rencontré
DUCREUX Barbara IDELE
Base de données
chiens de protection
Non
rencontré
PUBLIÉ
Mai 2025 Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
services écosystémiques du loup et de l?ours et les
aménités du pastoralisme
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
COSTES Xavier Pastorale pyrénéenne
Directeur (pôles
bergers / chiens de
protection)
Non
rencontré
LENOIR Annabelle Confédération paysanne GN loup
Non
rencontré
VERNAY Thomas Confédération paysanne GN loup
Non
rencontré
MEURET* Michel INRAE
Directeur de
recherche,
département
Sciences pour
l'action, les
transitions, les
territoires (ACT),
zootechnicien et
écologue
14 octobre
2024
BOITANI* Luigi Université Sapienza
Professeur de
zoologie
Non
rencontré
GARDE Laurent
Centre d'Etudes et de
Réalisations Pastorales
Alpes-Méditerranée (région
PACA)
Ecologue et
anthropologue,
directeur adjoint
Non
rencontré
LESCUREUX Nicolas
CNRS UMR 5175 Centre
d?écologie fonctionnelle et
évolutive
Chargé de
recherche, ethno
écologue
Non
rencontré
DUMEZ Richard
MNHN UMR 7206 Éco-
anthropologie et
ethnobiologie
Coordinateur de
l?ESCO loup SHS
de 2016, ethno
écologue, maître de
conférences,
relations sociétés-
nature en contexte
de conservation de
la nature
15 octobre
2024
MARTIN*
Jean-
Louis
CNRS UMR 5175 Centre
d?écologie fonctionnelle et
évolutive
Directeur de
recherche émérite
15 octobre
2024
DAUFRESNE Tanguy
INRAE Unité Eco&sols
Montpellier
Ingénieur
agronome, docteur
en écologie, chargé
de recherche
15 octobre
2024
PUBLIÉ
Mai 2025 Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
services écosystémiques du loup et de l?ours et les
aménités du pastoralisme
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
LANGRIDGE Joseph FRB CESAB
28 octobre
2024
PLANCKE Martin FRB
Chargé de mission
? Spécialisé en
expertise
scientifique
biodiversité et
politiques publiques
associées
28 octobre
2024
QUETIER* Fabien Rewilding Europe
Consultant en
écologie
28 octobre
2024
MICHELIN* Yves
UMR Territoires (AgroParis
Tech, INRAE, UCA,
vetAgroSup)
VetAgro Sup Campus
Agronomique de Clermont
Pr. Département
Agriculture et
Espace
9
décembre
2024
LANDRY Jean-Marc
IPRA (Institut pour la
Promotion et la Recherche
sur les Animaux de
protection), Suisse
Consultant en
écologie
Non
rencontré
SEBE Maxime
CNRS aujourd?hui IFREMER
université de Brest
Aujourd?hui chargé
de mission littoral et
environnement
Bormes les
Mimosas
Non
rencontré
GIMENEZ Olivier CNRS CEFE
Interactions
Humains Animaux,
directeur de
recherche loup /
ours
Non
rencontré
BRUCHET Patricia
OFB Direction grands
prédateurs terrestres
Directrice
6 janvier
2025
JEAN Nicolas
OFB Direction grands
prédateurs terrestres
Directeur adjoint
6 janvier
2025
BERREBI Romuald
OFB Direction recherche et
appui scientifique (DRAS)
Adjoint au Directeur
de la DRAS en
charge du conseil
scientifique et de la
politique de
l'expertise
6 janvier
2025
PUBLIÉ
Mai 2025 Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
QUENETTE
Pierre-
Yves
OFB DRAS Chef équipe ours
6 janvier
2025
STEINMETZ Julien
OFB Direction régionale
Occitanie
Référent ours / loup
6 janvier
2025
CHAPRON* Guillaume
Swedish university of
agricultural science
Professeur au
département
écologie ours / loup
Non
rencontré
MORIZOT Baptiste
Université d'Aix-Marseille,
UMR 7304 Centre
d'épistémologie et d'ergologie
comparatives (CEPERC)
Philosophe, Maître
de Conférences.
Philosophie et
éthique
environnementales ;
philosophie de
l?éthologie ;
relations entre
humains et grands
prédateurs
Non
rencontré
MOUNET Coralie Université Grenoble Alpes
Chargée de
recherches (CNRS)
géographe
Non
rencontrée
GRENTE Oksana CNRS CEFE
Post doctorante
OFB
Non
rencontrée
BRUNSCHWIG* Gilles Vet Agro Sup Agronomie
Non
rencontré
PUBLIÉ
Mai 2025 Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
services écosystémiques du loup et de l?ours et les
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Annexe 3. L?Evaluation française des services
écosystémiques
L?EFESE, plateforme entre science, décision et société, vise depuis 2012 à renforcer la prise en
compte de la biodiversité dans les politiques et décisions. Elaboré par le Commissariat général au
développement durable (CGDD), qui héberge son équipe projet, en 2016, son cadre conceptuel70
comprend sept points clés :
? portée nationale sur l?ensemble des écosystèmes - métropolitains dans le contexte de
l?étude envisagée (forestiers, agricoles, zones rocheuses et de haute montagne),
? au service des politiques publiques pour la biodiversité (Stratégie nationale biodiversité
2030) et la transition écologique,
? cohérence si possible avec les évaluations internationales et européennes ou réponse à
leurs manquements,
? multi dimensions pour éclairer les arbitrages (bouquets de services),
? reconnaissance des valeurs attachées au patrimoine naturel,
? suivi des évolutions en termes de fonctions et services écosystémiques, liées notamment
aux pressions sur la biodiversité telles qu?établies par l?IPBES, la Plateforme
intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services
écosystémiques (fragmentation et destruction des habitats naturels, espèces exotiques
envahissantes, pollution, surexploitation des ressources, changement climatique) mais
aussi aux services environnementaux tels que ceux rendus par le pastoralisme,
? prise en compte des enjeux et contextes locaux (évaluations locales, ciblées sur certains
services écosystémiques - pollinisation, séquestration du carbone, usages récréatifs en
forêt, ou certaines espèces sauvages - ongulés, vautours fauves).
L?EFESE s?efforce aussi de fournir une estimation chiffrée des multiples valeurs, monétaires mais
pas exclusivement, attachées aux services écosystémiques (séquestration du carbone,
pollinisation, récréation en forêt...). Depuis 2020, l?accent est mis sur l?aide à la décision via des
connaissances stratégiques et des outils opérationnels
70 EFESE, l?essentiel du cadre conceptuel, Commissariat général au développement durable, 2016 :
https://www.notre-environnement.gouv.fr/IMG/pdf/thc3a9ma20-2d245.pdf
PUBLIÉ
https://www.notre-environnement.gouv.fr/IMG/pdf/thc3a9ma20-2d245.pdf
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Annexe 4. L?Expertise scientifique collective
L?Expertise scientifique collective (ESCo) offre d?excellentes garanties de rigueur, de qualité et
d?objectivité en vue d?éclairer la décision et le débat publics.
Plusieurs organismes publics de recherche scientifique ont adopté une
charte ou des principes de conduite des ESCo
Les principes fondamentaux qui guident une ESCo sont la compétence, la
transparence, la pluralité et l?impartialité
Ces principes sont inspirés des principes généraux énoncés par la Charte nationale de l?expertise,
rendue publique le 2 mars 2010 par le ministère de l?Enseignement supérieur et de la Recherche
en référence à la Norme AFNOR NF X50-110 : 2003 « Qualité en expertise ? Prescriptions
générales de compétence pour une expertise ».
Il s?agit de réunir toutes les compétences nécessaires à la réalisation de l?expertise, en identifiant
les expert.es sur la base de leurs activité et production scientifiques au regard du sujet, en
communiquant en amont et examinant les propositions des scientifiques volontaires. Le comité
d?experts scientifiques une fois constitué conduit une analyse critique et pluridisciplinaire de la
bibliographie académique internationale. « L?enjeu est de distinguer les acquis de la recherche, les
questions en suspens, les incertitudes faisant encore l?objet de travaux, les controverses non
encore résolues et les lacunes dans le savoir scientifique. » (Institut national de la recherche pour
l?agriculture, l?alimentation et l?environnement, INRAE71) L?ESCo répondrait ainsi au double besoin
de dresser l?état des lieux des connaissances produites par la science et de faire le point sur les
besoins de recherche à mener.
Le ou les organisme(s) pilote(s) a(ont) la responsabilité de préserver l?indépendance, l?impartialité
(déclaration d?intérêt, confidentielle pour le Centre national de la recherche scientifique (CNRS)72,
consultable sur demande pour INRAE) et la sérénité des travaux, la composition du groupe
d?experts n?étant pour le CNRS rendue publique qu?au terme de l?expertise. INRAE souligne que
l?objectif n?est pas d?exclure tout expert ayant des liens d?intérêts avec les parties prenantes, les
collaborations avec la société civile et les acteurs professionnels étant fréquentes et encouragées
comme gage que l?expert connaît le contexte social, politique et économique de la demande. Les
conclusions des analyses de la commission d?examen des liens d?intérêt sont incluses dans le
rapport (public) de l?ESCo.
L?analyse plurielle de la connaissance scientifique par une ESCo ne délivre pour autant
pas forcément de recommandations aux pouvoirs publics commanditaires
Selon INRAE, l?ESCo consiste à mettre à disposition des décideurs publics, et plus largement de
la société, une synthèse la plus exhaustive possible des connaissances scientifiques validées en
réponse à une question complexe. Le CNRS est un partenaire régulier de l?organisme. La saisine
peut être interministérielle et intervient généralement en amont de la mise en oeuvre ou de
l?adaptation d?une politique publique. Les ESCo que pilote ou copilote INRAE ne comportent pas
de recommandations.
71 Principes de conduite des ESCo et des études, Institut national de recherche pour l?agriculture, l?alimentation et
l?environnement, INRAE, 2023 :
https://www.inrae.fr/sites/default/files/pdf/2023_Guide_ESCo_DEPE_Web_VF%20(002).pdf
72 Charte de l?expertise scientifique institutionnelle au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), 2022 :
https://www.cnrs.fr/sites/default/files/download-file/CharteExpertise_VF_web_0.pdf
PUBLIÉ
https://www.inrae.fr/sites/default/files/pdf/2023_Guide_ESCo_DEPE_Web_VF%20(002).pdf
https://www.cnrs.fr/sites/default/files/download-file/CharteExpertise_VF_web_0.pdf
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services écosystémiques du loup et de l?ours et les
aménités du pastoralisme
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L?ESCo récente MNHN / OFB sur la viabilité des populations de lynx boréal propose en revanche
cinq recommandations concrètes pour éclairer les pouvoirs publics et la société.
L?ESCo peut offrir aux parties prenantes la possibilité de participer aux
travaux à travers un comité dédié réuni au début et à la fin
La vision systémique d?une ESCo, qui s?inscrit dans une démarche opérationnelle pluridisciplinaire,
est adaptée à l?étendue du champ et à la complexité des questions posées par l?état de l?art, ainsi
qu?à leur caractère potentiellement polémique. Elle inclue une dimension éthique et permet la
sensibilisation des chercheurs aux attentes de la société sur le retour des prédateurs, leur offrant
une opportunité de prise de recul, et répond au besoin de fertilisation croisée pour faire remonter
de nouveaux appels à projets de recherche.
Elle peut commencer par une revue systématique, qui suppose un protocole scientifique assez
lourd, et mobilise nécessairement un grand nombre d?experts, à mobiliser et recruter, et de solides
capacités de coordination.
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Introduction
1 Contexte et points saillants à explorer par l?état de l?art
1.1 Services écosystémiques rendus par les prédateurs en France
1.1.1 Services écologiques rendus par le sommet des chaînes trophiques
1.1.2 Services socioéconomiques rendus par les grands prédateurs
1.2 Aménités environnementales des élevages agropastoraux
1.2.1 Diversité des services écosystémiques rendus par le pastoralisme
1.2.2 Services écologiques rendus par le pastoralisme, notamment via le maintien de milieux ouverts
1.2.3 Contraintes pour les écosystèmes associées au pastoralisme
1.3 Conséquences du retour du loup et de l?ours sur les services écosystémiques rendus par l?agropastoralisme
1.3.1 Un nombre croissant de territoires concernés par le loup
1.3.2 Des appels à travailler prioritairement sur la coexistence et les tirs de défense des troupeaux
1.3.3 Les prédateurs vus comme une menace pour les services écosystémiques rendus par le pastoralisme ?
1.3.3.1 Le retour des prédateurs induit des changements de pratiques pastorales
1.3.3.2 Ces changements de pratiques affectent les services écosystémiques, notamment écologiques, confiés aux éleveurs et bergers
1.3.4 Comment mettre en balance les services écosystémiques respectifs des prédateurs et du pastoralisme sur un territoire ?
1.3.4.1 Services écologiques rendus par les grands prédateurs replacés dans l?évolution historique des écosystèmes forestiers
1.3.4.2 Services et contraintes socioéconomiques liés au retour des prédateurs et pastoralisme
1.3.4.3 Nécessité d?une appréciation globale de ces services socioéconomiques
1.4 Points essentiels à retenir de ces constats
1.4.1 Un périmètre à resserrer autour de trois questions clés
1.4.1.1 Quels services écologiques principaux (approvisionnement, régulation, soutien) rendent le loup (et l?ours) en zone d?agropastoralisme ?
1.4.1.2 Quels services socioéconomiques rendent le loup (et l?ours) en matière d?agriculture, de tourisme et d?usages récréatifs de la nature ?
1.4.1.3 Quelles contraintes écologiques fait peser la pression de prédation sur les socio écosystèmes agropastoraux ?
1.4.1.4 Une évaluation EFESE abordant le pastoralisme uniquement à travers le prisme « prédateur », et à cibler sur le loup ?
1.4.2 Ouverture sur des Appels à projets de recherche ciblés sur les besoins de connaissance identifiés
1.4.3 Mission CGAAER prévue sur le pastoralisme à lancer sans attendre l?état de l?art et en associant l?IGEDD
2 Méthode à privilégier pour conduire l?état de l?art
2.1 L?Expertise scientifique collective
2.2 La revue systématique
2.2.1 Collecte des connaissances disponibles afin d?éclairer la décision
2.2.2 Prévention des querelles d?experts et conflits d?intérêt
2.3 Une troisième option moins ambitieuse et plus légère à mettre en oeuvre
2.4 Calendrier et budget
2.5 Face au déficit de travaux dans le contexte français, lancer en sortie d?état de l?art un programme pilote de recherche action ?
2.5.1 S?appuyer sur les zones ateliers du CNRS pour une vision à long terme
2.5.2 L?identification grâce à l?état de l?art de territoires documentés et volontaires pour mettre en place des projets de recherche action
2.5.3 La mobilisation de Vet agro sup sur une typologie des territoires reconquis par le loup et l?ours
3 Organismes scientifiques pertinents pour mener l?état de l?art
3.1 Pilotage par le MNHN ou le CNRS
3.2 Copilotage par INRAE au titre des enjeux agricoles
3.3 Sollicitation de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité dans l?option revue systématique
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou sollicitées (dont *membres du Conseil scientifique du PNA loup et activités d?élevage)
Annexe 3. L?Evaluation française des services écosystémiques
Annexe 4. L?Expertise scientifique collective
Plusieurs organismes publics de recherche scientifique ont adopté une charte ou des principes de conduite des ESCo
Les principes fondamentaux qui guident une ESCo sont la compétence, la transparence, la pluralité et l?impartialité
L?analyse plurielle de la connaissance scientifique par une ESCo ne délivre pour autant pas forcément de recommandations aux pouvoirs publics commanditaires
L?ESCo peut offrir aux parties prenantes la possibilité de participer aux travaux à travers un comité dédié réuni au début et à la fin
(ATTENTION: OPTION , composée de non-initiés et guidée par une exigence
commune de qualité des connaissances produites en vue d?éclairer la décision. Il s?agit de
dépasser le cadre de la recherche appliquée et de l?expertise professionnelle pour y intégrer des
notions de valeurs et d?incertitude. Une telle stratégie de résolution de problèmes pourrait
s?appliquer dans un contexte de faits incertains, de valeurs contestées, d?enjeux importants et de
décisions urgentes, en complément d?analyses de risques et coûts-avantages.
Autre approche nouvelle proposée, l?application aux prédateurs des théories d?Elinor Ostrom69
inviterait à examiner les interactions et la confiance entre acteurs sous l?angle du dilemme social
posé par le loup et l?ours au sein d?un socio écosystème, dont on vise la résilience par rapport aux
perturbations induites par l'homme et la nature, et dans un contexte local donné. Elle suppose de
réaffirmer le postulat préétabli que le loup et l?ours sont partie intégrante de la biodiversité et que
leur valeur patrimoniale justifie leur préservation. Il s?agit ensuite de dépasser l?approche nationale
des problématiques qu?ils posent pour revenir à une gestion locale d?une coexistence la plus
64 https://za-alpes.osug.fr/
65 https://labexittem.fr/projets/odiss-loups-oralite-et-dialogue-science-societe-autour-des-loups/
66 https://biodiversite.gouv.fr/mesure-36-developper-et-valoriser-la-connaissance-sur-la-biodiversite
67
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/strategie%20Biodiversit%C3%A9%202030_1er%20vol
et.pdf
68 Post-normal science, Funtowitcz et al., 1993. https://isecoeco.org/pdf/pstnormsc.pdf
69 Par-delà les marchés et les Etats, la gouvernance polycentrique des systèmes économiques complexes, Ostrom,
2011. https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/120/r120-2.pdf
PUBLIÉ
https://za-alpes.osug.fr/
https://labexittem.fr/projets/odiss-loups-oralite-et-dialogue-science-societe-autour-des-loups/
https://biodiversite.gouv.fr/mesure-36-developper-et-valoriser-la-connaissance-sur-la-biodiversite
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/strategie%20Biodiversit%C3%A9%202030_1er%20volet.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/strategie%20Biodiversit%C3%A9%202030_1er%20volet.pdf
https://isecoeco.org/pdf/pstnormsc.pdf
https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/120/r120-2.pdf
Rapport n° 015723-01
Mai 2025
Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
services écosystémiques du loup et de l?ours et les
aménités du pastoralisme
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harmonieuse possible entre les prédateurs, le reste de la biodiversité et les activités d?élevage ou
de tourisme.
Concrètement, il s?agirait de définir une communauté d?acteurs sur des zones de présence des
prédateurs délimitées ; des conditions et règles locales ; de faire participer la communauté à la
modification de ces règles ; d?impliquer la communauté dans le contrôle des comportements des
acteurs vis-à-vis des prédateurs ; de définir des sanctions graduées ; de prévoir des mécanismes
de résolution rapide et locale des conflits ; d?appliquer un principe de subsidiarité à l?intervention
de l?Etat. Une telle option évoque un des scénarios de la prospective pastoralisme français 2035
(MAA, 2020) : décentralisation par l?État des plans loups dont les méthodes d?intervention, les taux
d?aide à la protection et l?indemnisation des attaques dépendraient d?une négociation avec les
partenaires financiers locaux. On aboutirait alors à des situations locales contrastées : des zones
de chasse au loup ou à l?inverse des zones de réserves à loup, avec diverses situations
intermédiaires. Les zones pastorales régresseraient, sur la période, avec un abandon des zones
les plus attaquées ou les plus difficiles à défendre. Sur les surfaces pastorales restantes, on
observerait une cohabitation entre élevages pastoraux et grands prédateurs.
2.5.3 La mobilisation de Vet agro sup sur une typologie des territoires
reconquis par le loup et l?ours
Plusieurs noms ont été avancés, dans les domaines de la zootechnie et des systèmes d'élevage,
de l?écologie des populations, des interfaces agriculture, environnement, santé, territoire, de la
médiation environnementale ou de la gestion agricole des espaces naturels ruraux, pour participer
à une réflexion plus approfondie sur des zones ciblées et/ou participer à un groupe de réflexion
interdisciplinaire s?appuyant sur une typologie des territoires et pratiques agropastoraux.
? Au vu des premiers constats qualitatifs sur le champ des connaissances disponibles et les
points saillants sur lesquels cibler l?état de l?art, et des entretiens menés avec un nombre
restreint d?experts ? membres du Conseil scientifique du PNA loup ou extérieurs à ce
conseil pour les experts « loup » ? la mission identifie plusieurs modalités principales
possibles pour la réalisation de l?état de l?art (expertise scientifique collective, revue
systématique, étude menée par deux postdoctorants) ainsi que des organismes
scientifiques pressentis, et propose que l?état de l?art alimente également la construction
d?un programme d?acquisition de nouvelles connaissances de terrain.
PUBLIÉ
Rapport n° 015723-01
Mai 2025
Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
services écosystémiques du loup et de l?ours et les
aménités du pastoralisme
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3 Organismes scientifiques pertinents pour mener l?état de
l?art
Les propositions suivantes de pilotage et copilotage des travaux restent valables dans le scénario
d?une ESCo ou d?une étude par deux post doctorants (chaque organisme hébergeant une des deux
personnes recrutées).
3.1 Pilotage par le MNHN ou le CNRS
Sur un sujet proche, l?ESCo sur le lynx, publiée en 2024 (écologie et sociologie), a très fortement
mobilisé pendant deux ans deux copilotes (Richard Dumez de l?Unité mixte de recherche, UMR
7206 - Ethnoécologie : savoirs, pratiques, pouvoirs du MNHN et Nolwenn Drouet-Hoguet de
l?équipe Loups-Lynx de l?OFB), une équipe projet de six personnes, un panel d?experts codirigé par
Isabelle Arpin du Laboratoire écosystèmes et sociétés en montagne d?INRAE et François Sarrazin
du Centre d'Écologie et des Sciences de la Conservation du MNHN, et sollicité ponctuellement des
experts extérieurs. Un chargé d?étude a été recruté au MNHN pour aider à la finalisation du rapport
d?expertise, participer à la réflexion sur la question de l'expertise en SHS sur les questions
environnementales, valoriser l?expérience acquise dans le cadre de l?expertise et soutenir le travail
de la commission chargée d?auditionner les experts extérieurs.
Il paraît difficile de solliciter à nouveau les mêmes personnes pour encadrer de nouveaux travaux
sur le loup et l?ours, d?autant que l?ESCo sur les populations de loup va en parallèle nécessiter des
compétences OFB et MNHN. A été cité parmi les équipes à contacter en plus de celles citées ci-
dessus, sur le volet SHS, le laboratoire de sciences sociales Pacte du CNRS, qui travaille sur la
coexistence humains / faune sauvage.
3.2 Copilotage par INRAE au titre des enjeux agricoles
Plusieurs membres du Conseil scientifique loup soulignent que le caractère polémique de la
question du loup, l?étendue et la complexité des questions posées par l?état de l?art risquent
toutefois de freiner la mobilisation de certains experts. Parmi les personnes auditionnées au sein
des équipes INRAE, plusieurs ont malgré tout exprimé leur intérêt à travailler en pluridisciplinarité.
L?UMR Agroécologie - Innovations ? Territoires d?INRAE a également été citée parmi les équipes
mobilisables.
3.3 Sollicitation de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité
dans l?option revue systématique
La FRB met régulièrement son expertise en matière de revue systématique au service de pilotes
de revues. Le CESAB ? Centre de synthèse et d?analyse sur la biodiversité ? de la FRB propose
même une formation méthodologique (plateformes d'information scientifique et technique de type
Web of science et méthodes statistiques) de cinq jours « La synthèse des connaissances sur la
biodiversité : introduction aux méta-analyses et revues systématiques » à destination des
chercheurs/chercheuses du domaine de la biodiversité.
La FRB assure le secrétariat du Conseil scientifique et technique du programme EFESE avec le
soutien du Ministère chargé de l?environnement, et plus particulièrement du Commissariat général
au développement durable et de la Direction de l?eau et de la biodiversité. Ce conseil a pour mission
de fournir des avis sur des documents, des méthodes de travail ou encore de favoriser la
mobilisation de l?expertise sur les différents aspects de la réalisation du projet EFESE.
PUBLIÉ
Rapport n° 015723-01
Mai 2025
Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
services écosystémiques du loup et de l?ours et les
aménités du pastoralisme
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La FRB travaille sur la question des grands prédateurs avec l?UMR 5175, le Centre d?écologie
fonctionnelle et évolutive, du CNRS (équipes chargées de la dynamique et de la conservation de
la biodiversité et plus particulièrement des interactions humains animaux), qui pourrait être sollicité
pour piloter une revue.
PUBLIÉ
Rapport n° 015723-01
Mai 2025
Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
services écosystémiques du loup et de l?ours et les
aménités du pastoralisme
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Conclusion
Ce premier tour d?entretiens avec un nombre restreint d?experts confirme que les différents types
de services écosystémiques rendus par le loup et l?ours sont inégalement documentés, la littérature
académique se concentrant sur les services écosystémiques d?ordre écologique.
Compte tenu des controverses sociétales associées à la question du retour des prédateurs, il
apparaît préférable de centrer le travail sur les connaissances scientifiques, sans inclure à ce stade
toutes les sortes d?expertises qui pourraient être mobilisées.
En termes de méthode, l?ampleur du périmètre tel qu?énoncé dans la lettre de mission incite à cibler
la commande sur un certain nombre de points saillants sur lesquels dresser en priorité un bilan
des connaissances. A l?issue d?une analyse comparative de la quantité d?articles disponibles, la
mission propose d?opter soit pour une méthodologie assez exigeante d?état de l?art (Expertise
scientifique collective ou revue systématique), soit pour étude moins ambitieuse menée par deux
post doctorants, et propose plusieurs pistes d?organismes et équipes de recherche compétents sur
les questions posées.
Céline Couderc-Obert
Inspectrice
PUBLIÉ
Rapport n° 015723-01
Mai 2025
Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
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Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou sollicitées
(dont *membres du Conseil scientifique du PNA
loup et activités d?élevage)
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
JULLIOT Catherine MTECT/CGDD/SDR/MiBSAA
Chargée de mission
recherche
biodiversité
3
septembre
2024
HARDELIN Julien MTECT/CGDD/SEVS/SDEE1 Chef de bureau
3
septembre
2024
MILLARD Frédérique MTECT/CGDD/SDR/MiBSAA Cheffe de mission
3
septembre
2024
RIVIERE Cloé MTECT/CGDD/SEVS/SDEE1
Chargée de mission
EFESE
3
septembre
2024
DEMOLIS Raphaël MTECT/DGALN/DEB/ET3 Chef de bureau
6
septembre
2024
MENEGUEL David MTECT/DGALN/DEB/ET3
Chargé de mission
loup lynx vautour
fauve
6
septembre
2024
GUILLAIN
Pierre-
Edouard
MTECT/DGALN/DEB
Adjoint à la
directrice
6
septembre
2024
CELDRAN Aurélie MTECT/DGALN/DEB
Chargée de mission
ours grand
cormoran jaguar
6
septembre
2024
MORICEAU Jean-Marc Université de Caen
Professeur des
universités émérite
Non
rencontré
MAROI Maxime IDELE Production animale
Non
rencontré
DUCREUX Barbara IDELE
Base de données
chiens de protection
Non
rencontré
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
COSTES Xavier Pastorale pyrénéenne
Directeur (pôles
bergers / chiens de
protection)
Non
rencontré
LENOIR Annabelle Confédération paysanne GN loup
Non
rencontré
VERNAY Thomas Confédération paysanne GN loup
Non
rencontré
MEURET* Michel INRAE
Directeur de
recherche,
département
Sciences pour
l'action, les
transitions, les
territoires (ACT),
zootechnicien et
écologue
14 octobre
2024
BOITANI* Luigi Université Sapienza
Professeur de
zoologie
Non
rencontré
GARDE Laurent
Centre d'Etudes et de
Réalisations Pastorales
Alpes-Méditerranée (région
PACA)
Ecologue et
anthropologue,
directeur adjoint
Non
rencontré
LESCUREUX Nicolas
CNRS UMR 5175 Centre
d?écologie fonctionnelle et
évolutive
Chargé de
recherche, ethno
écologue
Non
rencontré
DUMEZ Richard
MNHN UMR 7206 Éco-
anthropologie et
ethnobiologie
Coordinateur de
l?ESCO loup SHS
de 2016, ethno
écologue, maître de
conférences,
relations sociétés-
nature en contexte
de conservation de
la nature
15 octobre
2024
MARTIN*
Jean-
Louis
CNRS UMR 5175 Centre
d?écologie fonctionnelle et
évolutive
Directeur de
recherche émérite
15 octobre
2024
DAUFRESNE Tanguy
INRAE Unité Eco&sols
Montpellier
Ingénieur
agronome, docteur
en écologie, chargé
de recherche
15 octobre
2024
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
LANGRIDGE Joseph FRB CESAB
28 octobre
2024
PLANCKE Martin FRB
Chargé de mission
? Spécialisé en
expertise
scientifique
biodiversité et
politiques publiques
associées
28 octobre
2024
QUETIER* Fabien Rewilding Europe
Consultant en
écologie
28 octobre
2024
MICHELIN* Yves
UMR Territoires (AgroParis
Tech, INRAE, UCA,
vetAgroSup)
VetAgro Sup Campus
Agronomique de Clermont
Pr. Département
Agriculture et
Espace
9
décembre
2024
LANDRY Jean-Marc
IPRA (Institut pour la
Promotion et la Recherche
sur les Animaux de
protection), Suisse
Consultant en
écologie
Non
rencontré
SEBE Maxime
CNRS aujourd?hui IFREMER
université de Brest
Aujourd?hui chargé
de mission littoral et
environnement
Bormes les
Mimosas
Non
rencontré
GIMENEZ Olivier CNRS CEFE
Interactions
Humains Animaux,
directeur de
recherche loup /
ours
Non
rencontré
BRUCHET Patricia
OFB Direction grands
prédateurs terrestres
Directrice
6 janvier
2025
JEAN Nicolas
OFB Direction grands
prédateurs terrestres
Directeur adjoint
6 janvier
2025
BERREBI Romuald
OFB Direction recherche et
appui scientifique (DRAS)
Adjoint au Directeur
de la DRAS en
charge du conseil
scientifique et de la
politique de
l'expertise
6 janvier
2025
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
QUENETTE
Pierre-
Yves
OFB DRAS Chef équipe ours
6 janvier
2025
STEINMETZ Julien
OFB Direction régionale
Occitanie
Référent ours / loup
6 janvier
2025
CHAPRON* Guillaume
Swedish university of
agricultural science
Professeur au
département
écologie ours / loup
Non
rencontré
MORIZOT Baptiste
Université d'Aix-Marseille,
UMR 7304 Centre
d'épistémologie et d'ergologie
comparatives (CEPERC)
Philosophe, Maître
de Conférences.
Philosophie et
éthique
environnementales ;
philosophie de
l?éthologie ;
relations entre
humains et grands
prédateurs
Non
rencontré
MOUNET Coralie Université Grenoble Alpes
Chargée de
recherches (CNRS)
géographe
Non
rencontrée
GRENTE Oksana CNRS CEFE
Post doctorante
OFB
Non
rencontrée
BRUNSCHWIG* Gilles Vet Agro Sup Agronomie
Non
rencontré
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Annexe 3. L?Evaluation française des services
écosystémiques
L?EFESE, plateforme entre science, décision et société, vise depuis 2012 à renforcer la prise en
compte de la biodiversité dans les politiques et décisions. Elaboré par le Commissariat général au
développement durable (CGDD), qui héberge son équipe projet, en 2016, son cadre conceptuel70
comprend sept points clés :
? portée nationale sur l?ensemble des écosystèmes - métropolitains dans le contexte de
l?étude envisagée (forestiers, agricoles, zones rocheuses et de haute montagne),
? au service des politiques publiques pour la biodiversité (Stratégie nationale biodiversité
2030) et la transition écologique,
? cohérence si possible avec les évaluations internationales et européennes ou réponse à
leurs manquements,
? multi dimensions pour éclairer les arbitrages (bouquets de services),
? reconnaissance des valeurs attachées au patrimoine naturel,
? suivi des évolutions en termes de fonctions et services écosystémiques, liées notamment
aux pressions sur la biodiversité telles qu?établies par l?IPBES, la Plateforme
intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services
écosystémiques (fragmentation et destruction des habitats naturels, espèces exotiques
envahissantes, pollution, surexploitation des ressources, changement climatique) mais
aussi aux services environnementaux tels que ceux rendus par le pastoralisme,
? prise en compte des enjeux et contextes locaux (évaluations locales, ciblées sur certains
services écosystémiques - pollinisation, séquestration du carbone, usages récréatifs en
forêt, ou certaines espèces sauvages - ongulés, vautours fauves).
L?EFESE s?efforce aussi de fournir une estimation chiffrée des multiples valeurs, monétaires mais
pas exclusivement, attachées aux services écosystémiques (séquestration du carbone,
pollinisation, récréation en forêt...). Depuis 2020, l?accent est mis sur l?aide à la décision via des
connaissances stratégiques et des outils opérationnels
70 EFESE, l?essentiel du cadre conceptuel, Commissariat général au développement durable, 2016 :
https://www.notre-environnement.gouv.fr/IMG/pdf/thc3a9ma20-2d245.pdf
PUBLIÉ
https://www.notre-environnement.gouv.fr/IMG/pdf/thc3a9ma20-2d245.pdf
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Annexe 4. L?Expertise scientifique collective
L?Expertise scientifique collective (ESCo) offre d?excellentes garanties de rigueur, de qualité et
d?objectivité en vue d?éclairer la décision et le débat publics.
Plusieurs organismes publics de recherche scientifique ont adopté une
charte ou des principes de conduite des ESCo
Les principes fondamentaux qui guident une ESCo sont la compétence, la
transparence, la pluralité et l?impartialité
Ces principes sont inspirés des principes généraux énoncés par la Charte nationale de l?expertise,
rendue publique le 2 mars 2010 par le ministère de l?Enseignement supérieur et de la Recherche
en référence à la Norme AFNOR NF X50-110 : 2003 « Qualité en expertise ? Prescriptions
générales de compétence pour une expertise ».
Il s?agit de réunir toutes les compétences nécessaires à la réalisation de l?expertise, en identifiant
les expert.es sur la base de leurs activité et production scientifiques au regard du sujet, en
communiquant en amont et examinant les propositions des scientifiques volontaires. Le comité
d?experts scientifiques une fois constitué conduit une analyse critique et pluridisciplinaire de la
bibliographie académique internationale. « L?enjeu est de distinguer les acquis de la recherche, les
questions en suspens, les incertitudes faisant encore l?objet de travaux, les controverses non
encore résolues et les lacunes dans le savoir scientifique. » (Institut national de la recherche pour
l?agriculture, l?alimentation et l?environnement, INRAE71) L?ESCo répondrait ainsi au double besoin
de dresser l?état des lieux des connaissances produites par la science et de faire le point sur les
besoins de recherche à mener.
Le ou les organisme(s) pilote(s) a(ont) la responsabilité de préserver l?indépendance, l?impartialité
(déclaration d?intérêt, confidentielle pour le Centre national de la recherche scientifique (CNRS)72,
consultable sur demande pour INRAE) et la sérénité des travaux, la composition du groupe
d?experts n?étant pour le CNRS rendue publique qu?au terme de l?expertise. INRAE souligne que
l?objectif n?est pas d?exclure tout expert ayant des liens d?intérêts avec les parties prenantes, les
collaborations avec la société civile et les acteurs professionnels étant fréquentes et encouragées
comme gage que l?expert connaît le contexte social, politique et économique de la demande. Les
conclusions des analyses de la commission d?examen des liens d?intérêt sont incluses dans le
rapport (public) de l?ESCo.
L?analyse plurielle de la connaissance scientifique par une ESCo ne délivre pour autant
pas forcément de recommandations aux pouvoirs publics commanditaires
Selon INRAE, l?ESCo consiste à mettre à disposition des décideurs publics, et plus largement de
la société, une synthèse la plus exhaustive possible des connaissances scientifiques validées en
réponse à une question complexe. Le CNRS est un partenaire régulier de l?organisme. La saisine
peut être interministérielle et intervient généralement en amont de la mise en oeuvre ou de
l?adaptation d?une politique publique. Les ESCo que pilote ou copilote INRAE ne comportent pas
de recommandations.
71 Principes de conduite des ESCo et des études, Institut national de recherche pour l?agriculture, l?alimentation et
l?environnement, INRAE, 2023 :
https://www.inrae.fr/sites/default/files/pdf/2023_Guide_ESCo_DEPE_Web_VF%20(002).pdf
72 Charte de l?expertise scientifique institutionnelle au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), 2022 :
https://www.cnrs.fr/sites/default/files/download-file/CharteExpertise_VF_web_0.pdf
PUBLIÉ
https://www.inrae.fr/sites/default/files/pdf/2023_Guide_ESCo_DEPE_Web_VF%20(002).pdf
https://www.cnrs.fr/sites/default/files/download-file/CharteExpertise_VF_web_0.pdf
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L?ESCo récente MNHN / OFB sur la viabilité des populations de lynx boréal propose en revanche
cinq recommandations concrètes pour éclairer les pouvoirs publics et la société.
L?ESCo peut offrir aux parties prenantes la possibilité de participer aux
travaux à travers un comité dédié réuni au début et à la fin
La vision systémique d?une ESCo, qui s?inscrit dans une démarche opérationnelle pluridisciplinaire,
est adaptée à l?étendue du champ et à la complexité des questions posées par l?état de l?art, ainsi
qu?à leur caractère potentiellement polémique. Elle inclue une dimension éthique et permet la
sensibilisation des chercheurs aux attentes de la société sur le retour des prédateurs, leur offrant
une opportunité de prise de recul, et répond au besoin de fertilisation croisée pour faire remonter
de nouveaux appels à projets de recherche.
Elle peut commencer par une revue systématique, qui suppose un protocole scientifique assez
lourd, et mobilise nécessairement un grand nombre d?experts, à mobiliser et recruter, et de solides
capacités de coordination.
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Introduction
1 Contexte et points saillants à explorer par l?état de l?art
1.1 Services écosystémiques rendus par les prédateurs en France
1.1.1 Services écologiques rendus par le sommet des chaînes trophiques
1.1.2 Services socioéconomiques rendus par les grands prédateurs
1.2 Aménités environnementales des élevages agropastoraux
1.2.1 Diversité des services écosystémiques rendus par le pastoralisme
1.2.2 Services écologiques rendus par le pastoralisme, notamment via le maintien de milieux ouverts
1.2.3 Contraintes pour les écosystèmes associées au pastoralisme
1.3 Conséquences du retour du loup et de l?ours sur les services écosystémiques rendus par l?agropastoralisme
1.3.1 Un nombre croissant de territoires concernés par le loup
1.3.2 Des appels à travailler prioritairement sur la coexistence et les tirs de défense des troupeaux
1.3.3 Les prédateurs vus comme une menace pour les services écosystémiques rendus par le pastoralisme ?
1.3.3.1 Le retour des prédateurs induit des changements de pratiques pastorales
1.3.3.2 Ces changements de pratiques affectent les services écosystémiques, notamment écologiques, confiés aux éleveurs et bergers
1.3.4 Comment mettre en balance les services écosystémiques respectifs des prédateurs et du pastoralisme sur un territoire ?
1.3.4.1 Services écologiques rendus par les grands prédateurs replacés dans l?évolution historique des écosystèmes forestiers
1.3.4.2 Services et contraintes socioéconomiques liés au retour des prédateurs et pastoralisme
1.3.4.3 Nécessité d?une appréciation globale de ces services socioéconomiques
1.4 Points essentiels à retenir de ces constats
1.4.1 Un périmètre à resserrer autour de trois questions clés
1.4.1.1 Quels services écologiques principaux (approvisionnement, régulation, soutien) rendent le loup (et l?ours) en zone d?agropastoralisme ?
1.4.1.2 Quels services socioéconomiques rendent le loup (et l?ours) en matière d?agriculture, de tourisme et d?usages récréatifs de la nature ?
1.4.1.3 Quelles contraintes écologiques fait peser la pression de prédation sur les socio écosystèmes agropastoraux ?
1.4.1.4 Une évaluation EFESE abordant le pastoralisme uniquement à travers le prisme « prédateur », et à cibler sur le loup ?
1.4.2 Ouverture sur des Appels à projets de recherche ciblés sur les besoins de connaissance identifiés
1.4.3 Mission CGAAER prévue sur le pastoralisme à lancer sans attendre l?état de l?art et en associant l?IGEDD
2 Méthode à privilégier pour conduire l?état de l?art
2.1 L?Expertise scientifique collective
2.2 La revue systématique
2.2.1 Collecte des connaissances disponibles afin d?éclairer la décision
2.2.2 Prévention des querelles d?experts et conflits d?intérêt
2.3 Une troisième option moins ambitieuse et plus légère à mettre en oeuvre
2.4 Calendrier et budget
2.5 Face au déficit de travaux dans le contexte français, lancer en sortie d?état de l?art un programme pilote de recherche action ?
2.5.1 S?appuyer sur les zones ateliers du CNRS pour une vision à long terme
2.5.2 L?identification grâce à l?état de l?art de territoires documentés et volontaires pour mettre en place des projets de recherche action
2.5.3 La mobilisation de Vet agro sup sur une typologie des territoires reconquis par le loup et l?ours
3 Organismes scientifiques pertinents pour mener l?état de l?art
3.1 Pilotage par le MNHN ou le CNRS
3.2 Copilotage par INRAE au titre des enjeux agricoles
3.3 Sollicitation de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité dans l?option revue systématique
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou sollicitées (dont *membres du Conseil scientifique du PNA loup et activités d?élevage)
Annexe 3. L?Evaluation française des services écosystémiques
Annexe 4. L?Expertise scientifique collective
Plusieurs organismes publics de recherche scientifique ont adopté une charte ou des principes de conduite des ESCo
Les principes fondamentaux qui guident une ESCo sont la compétence, la transparence, la pluralité et l?impartialité
L?analyse plurielle de la connaissance scientifique par une ESCo ne délivre pour autant pas forcément de recommandations aux pouvoirs publics commanditaires
L?ESCo peut offrir aux parties prenantes la possibilité de participer aux travaux à travers un comité dédié réuni au début et à la fin
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION de l?expertise professionnelle pour y intégrer des
notions de valeurs et d?incertitude. Une telle stratégie de résolution de problèmes pourrait
s?appliquer dans un contexte de faits incertains, de valeurs contestées, d?enjeux importants et de
décisions urgentes, en complément d?analyses de risques et coûts-avantages.
Autre approche nouvelle proposée, l?application aux prédateurs des théories d?Elinor Ostrom69
inviterait à examiner les interactions et la confiance entre acteurs sous l?angle du dilemme social
posé par le loup et l?ours au sein d?un socio écosystème, dont on vise la résilience par rapport aux
perturbations induites par l'homme et la nature, et dans un contexte local donné. Elle suppose de
réaffirmer le postulat préétabli que le loup et l?ours sont partie intégrante de la biodiversité et que
leur valeur patrimoniale justifie leur préservation. Il s?agit ensuite de dépasser l?approche nationale
des problématiques qu?ils posent pour revenir à une gestion locale d?une coexistence la plus
64 https://za-alpes.osug.fr/
65 https://labexittem.fr/projets/odiss-loups-oralite-et-dialogue-science-societe-autour-des-loups/
66 https://biodiversite.gouv.fr/mesure-36-developper-et-valoriser-la-connaissance-sur-la-biodiversite
67
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/strategie%20Biodiversit%C3%A9%202030_1er%20vol
et.pdf
68 Post-normal science, Funtowitcz et al., 1993. https://isecoeco.org/pdf/pstnormsc.pdf
69 Par-delà les marchés et les Etats, la gouvernance polycentrique des systèmes économiques complexes, Ostrom,
2011. https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/120/r120-2.pdf
PUBLIÉ
https://za-alpes.osug.fr/
https://labexittem.fr/projets/odiss-loups-oralite-et-dialogue-science-societe-autour-des-loups/
https://biodiversite.gouv.fr/mesure-36-developper-et-valoriser-la-connaissance-sur-la-biodiversite
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/strategie%20Biodiversit%C3%A9%202030_1er%20volet.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/strategie%20Biodiversit%C3%A9%202030_1er%20volet.pdf
https://isecoeco.org/pdf/pstnormsc.pdf
https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/120/r120-2.pdf
Rapport n° 015723-01
Mai 2025
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harmonieuse possible entre les prédateurs, le reste de la biodiversité et les activités d?élevage ou
de tourisme.
Concrètement, il s?agirait de définir une communauté d?acteurs sur des zones de présence des
prédateurs délimitées ; des conditions et règles locales ; de faire participer la communauté à la
modification de ces règles ; d?impliquer la communauté dans le contrôle des comportements des
acteurs vis-à-vis des prédateurs ; de définir des sanctions graduées ; de prévoir des mécanismes
de résolution rapide et locale des conflits ; d?appliquer un principe de subsidiarité à l?intervention
de l?Etat. Une telle option évoque un des scénarios de la prospective pastoralisme français 2035
(MAA, 2020) : décentralisation par l?État des plans loups dont les méthodes d?intervention, les taux
d?aide à la protection et l?indemnisation des attaques dépendraient d?une négociation avec les
partenaires financiers locaux. On aboutirait alors à des situations locales contrastées : des zones
de chasse au loup ou à l?inverse des zones de réserves à loup, avec diverses situations
intermédiaires. Les zones pastorales régresseraient, sur la période, avec un abandon des zones
les plus attaquées ou les plus difficiles à défendre. Sur les surfaces pastorales restantes, on
observerait une cohabitation entre élevages pastoraux et grands prédateurs.
2.5.3 La mobilisation de Vet agro sup sur une typologie des territoires
reconquis par le loup et l?ours
Plusieurs noms ont été avancés, dans les domaines de la zootechnie et des systèmes d'élevage,
de l?écologie des populations, des interfaces agriculture, environnement, santé, territoire, de la
médiation environnementale ou de la gestion agricole des espaces naturels ruraux, pour participer
à une réflexion plus approfondie sur des zones ciblées et/ou participer à un groupe de réflexion
interdisciplinaire s?appuyant sur une typologie des territoires et pratiques agropastoraux.
? Au vu des premiers constats qualitatifs sur le champ des connaissances disponibles et les
points saillants sur lesquels cibler l?état de l?art, et des entretiens menés avec un nombre
restreint d?experts ? membres du Conseil scientifique du PNA loup ou extérieurs à ce
conseil pour les experts « loup » ? la mission identifie plusieurs modalités principales
possibles pour la réalisation de l?état de l?art (expertise scientifique collective, revue
systématique, étude menée par deux postdoctorants) ainsi que des organismes
scientifiques pressentis, et propose que l?état de l?art alimente également la construction
d?un programme d?acquisition de nouvelles connaissances de terrain.
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Rapport n° 015723-01
Mai 2025
Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
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3 Organismes scientifiques pertinents pour mener l?état de
l?art
Les propositions suivantes de pilotage et copilotage des travaux restent valables dans le scénario
d?une ESCo ou d?une étude par deux post doctorants (chaque organisme hébergeant une des deux
personnes recrutées).
3.1 Pilotage par le MNHN ou le CNRS
Sur un sujet proche, l?ESCo sur le lynx, publiée en 2024 (écologie et sociologie), a très fortement
mobilisé pendant deux ans deux copilotes (Richard Dumez de l?Unité mixte de recherche, UMR
7206 - Ethnoécologie : savoirs, pratiques, pouvoirs du MNHN et Nolwenn Drouet-Hoguet de
l?équipe Loups-Lynx de l?OFB), une équipe projet de six personnes, un panel d?experts codirigé par
Isabelle Arpin du Laboratoire écosystèmes et sociétés en montagne d?INRAE et François Sarrazin
du Centre d'Écologie et des Sciences de la Conservation du MNHN, et sollicité ponctuellement des
experts extérieurs. Un chargé d?étude a été recruté au MNHN pour aider à la finalisation du rapport
d?expertise, participer à la réflexion sur la question de l'expertise en SHS sur les questions
environnementales, valoriser l?expérience acquise dans le cadre de l?expertise et soutenir le travail
de la commission chargée d?auditionner les experts extérieurs.
Il paraît difficile de solliciter à nouveau les mêmes personnes pour encadrer de nouveaux travaux
sur le loup et l?ours, d?autant que l?ESCo sur les populations de loup va en parallèle nécessiter des
compétences OFB et MNHN. A été cité parmi les équipes à contacter en plus de celles citées ci-
dessus, sur le volet SHS, le laboratoire de sciences sociales Pacte du CNRS, qui travaille sur la
coexistence humains / faune sauvage.
3.2 Copilotage par INRAE au titre des enjeux agricoles
Plusieurs membres du Conseil scientifique loup soulignent que le caractère polémique de la
question du loup, l?étendue et la complexité des questions posées par l?état de l?art risquent
toutefois de freiner la mobilisation de certains experts. Parmi les personnes auditionnées au sein
des équipes INRAE, plusieurs ont malgré tout exprimé leur intérêt à travailler en pluridisciplinarité.
L?UMR Agroécologie - Innovations ? Territoires d?INRAE a également été citée parmi les équipes
mobilisables.
3.3 Sollicitation de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité
dans l?option revue systématique
La FRB met régulièrement son expertise en matière de revue systématique au service de pilotes
de revues. Le CESAB ? Centre de synthèse et d?analyse sur la biodiversité ? de la FRB propose
même une formation méthodologique (plateformes d'information scientifique et technique de type
Web of science et méthodes statistiques) de cinq jours « La synthèse des connaissances sur la
biodiversité : introduction aux méta-analyses et revues systématiques » à destination des
chercheurs/chercheuses du domaine de la biodiversité.
La FRB assure le secrétariat du Conseil scientifique et technique du programme EFESE avec le
soutien du Ministère chargé de l?environnement, et plus particulièrement du Commissariat général
au développement durable et de la Direction de l?eau et de la biodiversité. Ce conseil a pour mission
de fournir des avis sur des documents, des méthodes de travail ou encore de favoriser la
mobilisation de l?expertise sur les différents aspects de la réalisation du projet EFESE.
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Rapport n° 015723-01
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Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
services écosystémiques du loup et de l?ours et les
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La FRB travaille sur la question des grands prédateurs avec l?UMR 5175, le Centre d?écologie
fonctionnelle et évolutive, du CNRS (équipes chargées de la dynamique et de la conservation de
la biodiversité et plus particulièrement des interactions humains animaux), qui pourrait être sollicité
pour piloter une revue.
PUBLIÉ
Rapport n° 015723-01
Mai 2025
Préparation d?un état de l?art des connaissances sur les
services écosystémiques du loup et de l?ours et les
aménités du pastoralisme
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Conclusion
Ce premier tour d?entretiens avec un nombre restreint d?experts confirme que les différents types
de services écosystémiques rendus par le loup et l?ours sont inégalement documentés, la littérature
académique se concentrant sur les services écosystémiques d?ordre écologique.
Compte tenu des controverses sociétales associées à la question du retour des prédateurs, il
apparaît préférable de centrer le travail sur les connaissances scientifiques, sans inclure à ce stade
toutes les sortes d?expertises qui pourraient être mobilisées.
En termes de méthode, l?ampleur du périmètre tel qu?énoncé dans la lettre de mission incite à cibler
la commande sur un certain nombre de points saillants sur lesquels dresser en priorité un bilan
des connaissances. A l?issue d?une analyse comparative de la quantité d?articles disponibles, la
mission propose d?opter soit pour une méthodologie assez exigeante d?état de l?art (Expertise
scientifique collective ou revue systématique), soit pour étude moins ambitieuse menée par deux
post doctorants, et propose plusieurs pistes d?organismes et équipes de recherche compétents sur
les questions posées.
Céline Couderc-Obert
Inspectrice
PUBLIÉ
Rapport n° 015723-01
Mai 2025
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
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Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou sollicitées
(dont *membres du Conseil scientifique du PNA
loup et activités d?élevage)
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
JULLIOT Catherine MTECT/CGDD/SDR/MiBSAA
Chargée de mission
recherche
biodiversité
3
septembre
2024
HARDELIN Julien MTECT/CGDD/SEVS/SDEE1 Chef de bureau
3
septembre
2024
MILLARD Frédérique MTECT/CGDD/SDR/MiBSAA Cheffe de mission
3
septembre
2024
RIVIERE Cloé MTECT/CGDD/SEVS/SDEE1
Chargée de mission
EFESE
3
septembre
2024
DEMOLIS Raphaël MTECT/DGALN/DEB/ET3 Chef de bureau
6
septembre
2024
MENEGUEL David MTECT/DGALN/DEB/ET3
Chargé de mission
loup lynx vautour
fauve
6
septembre
2024
GUILLAIN
Pierre-
Edouard
MTECT/DGALN/DEB
Adjoint à la
directrice
6
septembre
2024
CELDRAN Aurélie MTECT/DGALN/DEB
Chargée de mission
ours grand
cormoran jaguar
6
septembre
2024
MORICEAU Jean-Marc Université de Caen
Professeur des
universités émérite
Non
rencontré
MAROI Maxime IDELE Production animale
Non
rencontré
DUCREUX Barbara IDELE
Base de données
chiens de protection
Non
rencontré
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
COSTES Xavier Pastorale pyrénéenne
Directeur (pôles
bergers / chiens de
protection)
Non
rencontré
LENOIR Annabelle Confédération paysanne GN loup
Non
rencontré
VERNAY Thomas Confédération paysanne GN loup
Non
rencontré
MEURET* Michel INRAE
Directeur de
recherche,
département
Sciences pour
l'action, les
transitions, les
territoires (ACT),
zootechnicien et
écologue
14 octobre
2024
BOITANI* Luigi Université Sapienza
Professeur de
zoologie
Non
rencontré
GARDE Laurent
Centre d'Etudes et de
Réalisations Pastorales
Alpes-Méditerranée (région
PACA)
Ecologue et
anthropologue,
directeur adjoint
Non
rencontré
LESCUREUX Nicolas
CNRS UMR 5175 Centre
d?écologie fonctionnelle et
évolutive
Chargé de
recherche, ethno
écologue
Non
rencontré
DUMEZ Richard
MNHN UMR 7206 Éco-
anthropologie et
ethnobiologie
Coordinateur de
l?ESCO loup SHS
de 2016, ethno
écologue, maître de
conférences,
relations sociétés-
nature en contexte
de conservation de
la nature
15 octobre
2024
MARTIN*
Jean-
Louis
CNRS UMR 5175 Centre
d?écologie fonctionnelle et
évolutive
Directeur de
recherche émérite
15 octobre
2024
DAUFRESNE Tanguy
INRAE Unité Eco&sols
Montpellier
Ingénieur
agronome, docteur
en écologie, chargé
de recherche
15 octobre
2024
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
LANGRIDGE Joseph FRB CESAB
28 octobre
2024
PLANCKE Martin FRB
Chargé de mission
? Spécialisé en
expertise
scientifique
biodiversité et
politiques publiques
associées
28 octobre
2024
QUETIER* Fabien Rewilding Europe
Consultant en
écologie
28 octobre
2024
MICHELIN* Yves
UMR Territoires (AgroParis
Tech, INRAE, UCA,
vetAgroSup)
VetAgro Sup Campus
Agronomique de Clermont
Pr. Département
Agriculture et
Espace
9
décembre
2024
LANDRY Jean-Marc
IPRA (Institut pour la
Promotion et la Recherche
sur les Animaux de
protection), Suisse
Consultant en
écologie
Non
rencontré
SEBE Maxime
CNRS aujourd?hui IFREMER
université de Brest
Aujourd?hui chargé
de mission littoral et
environnement
Bormes les
Mimosas
Non
rencontré
GIMENEZ Olivier CNRS CEFE
Interactions
Humains Animaux,
directeur de
recherche loup /
ours
Non
rencontré
BRUCHET Patricia
OFB Direction grands
prédateurs terrestres
Directrice
6 janvier
2025
JEAN Nicolas
OFB Direction grands
prédateurs terrestres
Directeur adjoint
6 janvier
2025
BERREBI Romuald
OFB Direction recherche et
appui scientifique (DRAS)
Adjoint au Directeur
de la DRAS en
charge du conseil
scientifique et de la
politique de
l'expertise
6 janvier
2025
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
QUENETTE
Pierre-
Yves
OFB DRAS Chef équipe ours
6 janvier
2025
STEINMETZ Julien
OFB Direction régionale
Occitanie
Référent ours / loup
6 janvier
2025
CHAPRON* Guillaume
Swedish university of
agricultural science
Professeur au
département
écologie ours / loup
Non
rencontré
MORIZOT Baptiste
Université d'Aix-Marseille,
UMR 7304 Centre
d'épistémologie et d'ergologie
comparatives (CEPERC)
Philosophe, Maître
de Conférences.
Philosophie et
éthique
environnementales ;
philosophie de
l?éthologie ;
relations entre
humains et grands
prédateurs
Non
rencontré
MOUNET Coralie Université Grenoble Alpes
Chargée de
recherches (CNRS)
géographe
Non
rencontrée
GRENTE Oksana CNRS CEFE
Post doctorante
OFB
Non
rencontrée
BRUNSCHWIG* Gilles Vet Agro Sup Agronomie
Non
rencontré
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Annexe 3. L?Evaluation française des services
écosystémiques
L?EFESE, plateforme entre science, décision et société, vise depuis 2012 à renforcer la prise en
compte de la biodiversité dans les politiques et décisions. Elaboré par le Commissariat général au
développement durable (CGDD), qui héberge son équipe projet, en 2016, son cadre conceptuel70
comprend sept points clés :
? portée nationale sur l?ensemble des écosystèmes - métropolitains dans le contexte de
l?étude envisagée (forestiers, agricoles, zones rocheuses et de haute montagne),
? au service des politiques publiques pour la biodiversité (Stratégie nationale biodiversité
2030) et la transition écologique,
? cohérence si possible avec les évaluations internationales et européennes ou réponse à
leurs manquements,
? multi dimensions pour éclairer les arbitrages (bouquets de services),
? reconnaissance des valeurs attachées au patrimoine naturel,
? suivi des évolutions en termes de fonctions et services écosystémiques, liées notamment
aux pressions sur la biodiversité telles qu?établies par l?IPBES, la Plateforme
intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services
écosystémiques (fragmentation et destruction des habitats naturels, espèces exotiques
envahissantes, pollution, surexploitation des ressources, changement climatique) mais
aussi aux services environnementaux tels que ceux rendus par le pastoralisme,
? prise en compte des enjeux et contextes locaux (évaluations locales, ciblées sur certains
services écosystémiques - pollinisation, séquestration du carbone, usages récréatifs en
forêt, ou certaines espèces sauvages - ongulés, vautours fauves).
L?EFESE s?efforce aussi de fournir une estimation chiffrée des multiples valeurs, monétaires mais
pas exclusivement, attachées aux services écosystémiques (séquestration du carbone,
pollinisation, récréation en forêt...). Depuis 2020, l?accent est mis sur l?aide à la décision via des
connaissances stratégiques et des outils opérationnels
70 EFESE, l?essentiel du cadre conceptuel, Commissariat général au développement durable, 2016 :
https://www.notre-environnement.gouv.fr/IMG/pdf/thc3a9ma20-2d245.pdf
PUBLIÉ
https://www.notre-environnement.gouv.fr/IMG/pdf/thc3a9ma20-2d245.pdf
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Annexe 4. L?Expertise scientifique collective
L?Expertise scientifique collective (ESCo) offre d?excellentes garanties de rigueur, de qualité et
d?objectivité en vue d?éclairer la décision et le débat publics.
Plusieurs organismes publics de recherche scientifique ont adopté une
charte ou des principes de conduite des ESCo
Les principes fondamentaux qui guident une ESCo sont la compétence, la
transparence, la pluralité et l?impartialité
Ces principes sont inspirés des principes généraux énoncés par la Charte nationale de l?expertise,
rendue publique le 2 mars 2010 par le ministère de l?Enseignement supérieur et de la Recherche
en référence à la Norme AFNOR NF X50-110 : 2003 « Qualité en expertise ? Prescriptions
générales de compétence pour une expertise ».
Il s?agit de réunir toutes les compétences nécessaires à la réalisation de l?expertise, en identifiant
les expert.es sur la base de leurs activité et production scientifiques au regard du sujet, en
communiquant en amont et examinant les propositions des scientifiques volontaires. Le comité
d?experts scientifiques une fois constitué conduit une analyse critique et pluridisciplinaire de la
bibliographie académique internationale. « L?enjeu est de distinguer les acquis de la recherche, les
questions en suspens, les incertitudes faisant encore l?objet de travaux, les controverses non
encore résolues et les lacunes dans le savoir scientifique. » (Institut national de la recherche pour
l?agriculture, l?alimentation et l?environnement, INRAE71) L?ESCo répondrait ainsi au double besoin
de dresser l?état des lieux des connaissances produites par la science et de faire le point sur les
besoins de recherche à mener.
Le ou les organisme(s) pilote(s) a(ont) la responsabilité de préserver l?indépendance, l?impartialité
(déclaration d?intérêt, confidentielle pour le Centre national de la recherche scientifique (CNRS)72,
consultable sur demande pour INRAE) et la sérénité des travaux, la composition du groupe
d?experts n?étant pour le CNRS rendue publique qu?au terme de l?expertise. INRAE souligne que
l?objectif n?est pas d?exclure tout expert ayant des liens d?intérêts avec les parties prenantes, les
collaborations avec la société civile et les acteurs professionnels étant fréquentes et encouragées
comme gage que l?expert connaît le contexte social, politique et économique de la demande. Les
conclusions des analyses de la commission d?examen des liens d?intérêt sont incluses dans le
rapport (public) de l?ESCo.
L?analyse plurielle de la connaissance scientifique par une ESCo ne délivre pour autant
pas forcément de recommandations aux pouvoirs publics commanditaires
Selon INRAE, l?ESCo consiste à mettre à disposition des décideurs publics, et plus largement de
la société, une synthèse la plus exhaustive possible des connaissances scientifiques validées en
réponse à une question complexe. Le CNRS est un partenaire régulier de l?organisme. La saisine
peut être interministérielle et intervient généralement en amont de la mise en oeuvre ou de
l?adaptation d?une politique publique. Les ESCo que pilote ou copilote INRAE ne comportent pas
de recommandations.
71 Principes de conduite des ESCo et des études, Institut national de recherche pour l?agriculture, l?alimentation et
l?environnement, INRAE, 2023 :
https://www.inrae.fr/sites/default/files/pdf/2023_Guide_ESCo_DEPE_Web_VF%20(002).pdf
72 Charte de l?expertise scientifique institutionnelle au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), 2022 :
https://www.cnrs.fr/sites/default/files/download-file/CharteExpertise_VF_web_0.pdf
PUBLIÉ
https://www.inrae.fr/sites/default/files/pdf/2023_Guide_ESCo_DEPE_Web_VF%20(002).pdf
https://www.cnrs.fr/sites/default/files/download-file/CharteExpertise_VF_web_0.pdf
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services écosystémiques du loup et de l?ours et les
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L?ESCo récente MNHN / OFB sur la viabilité des populations de lynx boréal propose en revanche
cinq recommandations concrètes pour éclairer les pouvoirs publics et la société.
L?ESCo peut offrir aux parties prenantes la possibilité de participer aux
travaux à travers un comité dédié réuni au début et à la fin
La vision systémique d?une ESCo, qui s?inscrit dans une démarche opérationnelle pluridisciplinaire,
est adaptée à l?étendue du champ et à la complexité des questions posées par l?état de l?art, ainsi
qu?à leur caractère potentiellement polémique. Elle inclue une dimension éthique et permet la
sensibilisation des chercheurs aux attentes de la société sur le retour des prédateurs, leur offrant
une opportunité de prise de recul, et répond au besoin de fertilisation croisée pour faire remonter
de nouveaux appels à projets de recherche.
Elle peut commencer par une revue systématique, qui suppose un protocole scientifique assez
lourd, et mobilise nécessairement un grand nombre d?experts, à mobiliser et recruter, et de solides
capacités de coordination.
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Introduction
1 Contexte et points saillants à explorer par l?état de l?art
1.1 Services écosystémiques rendus par les prédateurs en France
1.1.1 Services écologiques rendus par le sommet des chaînes trophiques
1.1.2 Services socioéconomiques rendus par les grands prédateurs
1.2 Aménités environnementales des élevages agropastoraux
1.2.1 Diversité des services écosystémiques rendus par le pastoralisme
1.2.2 Services écologiques rendus par le pastoralisme, notamment via le maintien de milieux ouverts
1.2.3 Contraintes pour les écosystèmes associées au pastoralisme
1.3 Conséquences du retour du loup et de l?ours sur les services écosystémiques rendus par l?agropastoralisme
1.3.1 Un nombre croissant de territoires concernés par le loup
1.3.2 Des appels à travailler prioritairement sur la coexistence et les tirs de défense des troupeaux
1.3.3 Les prédateurs vus comme une menace pour les services écosystémiques rendus par le pastoralisme ?
1.3.3.1 Le retour des prédateurs induit des changements de pratiques pastorales
1.3.3.2 Ces changements de pratiques affectent les services écosystémiques, notamment écologiques, confiés aux éleveurs et bergers
1.3.4 Comment mettre en balance les services écosystémiques respectifs des prédateurs et du pastoralisme sur un territoire ?
1.3.4.1 Services écologiques rendus par les grands prédateurs replacés dans l?évolution historique des écosystèmes forestiers
1.3.4.2 Services et contraintes socioéconomiques liés au retour des prédateurs et pastoralisme
1.3.4.3 Nécessité d?une appréciation globale de ces services socioéconomiques
1.4 Points essentiels à retenir de ces constats
1.4.1 Un périmètre à resserrer autour de trois questions clés
1.4.1.1 Quels services écologiques principaux (approvisionnement, régulation, soutien) rendent le loup (et l?ours) en zone d?agropastoralisme ?
1.4.1.2 Quels services socioéconomiques rendent le loup (et l?ours) en matière d?agriculture, de tourisme et d?usages récréatifs de la nature ?
1.4.1.3 Quelles contraintes écologiques fait peser la pression de prédation sur les socio écosystèmes agropastoraux ?
1.4.1.4 Une évaluation EFESE abordant le pastoralisme uniquement à travers le prisme « prédateur », et à cibler sur le loup ?
1.4.2 Ouverture sur des Appels à projets de recherche ciblés sur les besoins de connaissance identifiés
1.4.3 Mission CGAAER prévue sur le pastoralisme à lancer sans attendre l?état de l?art et en associant l?IGEDD
2 Méthode à privilégier pour conduire l?état de l?art
2.1 L?Expertise scientifique collective
2.2 La revue systématique
2.2.1 Collecte des connaissances disponibles afin d?éclairer la décision
2.2.2 Prévention des querelles d?experts et conflits d?intérêt
2.3 Une troisième option moins ambitieuse et plus légère à mettre en oeuvre
2.4 Calendrier et budget
2.5 Face au déficit de travaux dans le contexte français, lancer en sortie d?état de l?art un programme pilote de recherche action ?
2.5.1 S?appuyer sur les zones ateliers du CNRS pour une vision à long terme
2.5.2 L?identification grâce à l?état de l?art de territoires documentés et volontaires pour mettre en place des projets de recherche action
2.5.3 La mobilisation de Vet agro sup sur une typologie des territoires reconquis par le loup et l?ours
3 Organismes scientifiques pertinents pour mener l?état de l?art
3.1 Pilotage par le MNHN ou le CNRS
3.2 Copilotage par INRAE au titre des enjeux agricoles
3.3 Sollicitation de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité dans l?option revue systématique
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ou sollicitées (dont *membres du Conseil scientifique du PNA loup et activités d?élevage)
Annexe 3. L?Evaluation française des services écosystémiques
Annexe 4. L?Expertise scientifique collective
Plusieurs organismes publics de recherche scientifique ont adopté une charte ou des principes de conduite des ESCo
Les principes fondamentaux qui guident une ESCo sont la compétence, la transparence, la pluralité et l?impartialité
L?analyse plurielle de la connaissance scientifique par une ESCo ne délivre pour autant pas forcément de recommandations aux pouvoirs publics commanditaires
L?ESCo peut offrir aux parties prenantes la possibilité de participer aux travaux à travers un comité dédié réuni au début et à la fin
INVALIDE)