Développer et promouvoir les produits biocides qui présentent des caractéristiques plus favorables pour l'environnement ou la santé humaine ou animale
BRULE, Karine ;RASOOLY, Emilie ;PILLET, Didier ;RAHER, Xavier
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
;France. Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Les produits biocides sont très largement utilisés tant par les professionnels que par le grand public. Ces produits sont destinés à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les « organismes nuisibles », à en prévenir l'action ou à les combattre, par une action chimique ou biologique. Les statistiques complètes de leur utilisation ne sont pas disponibles. Il apparait toutefois que les produits biocides sont très probablement utilisés en quantité supérieure aux produits phytopharmaceutiques. Les produits biocides ont, du fait même de leur objectif, un impact sur la santé et l'environnement (leur évaluation est encadrée, au niveau de l'Union européenne, par le règlement (UE) n°528/2012). D'une part, les substances actives qu'ils contiennent sont approuvées au niveau européen et, d'autre part, les produits biocides font l'objet d'une autorisation de mise sur le marché (AMM). Le règlement prévoit une autorisation de mise sur le marché simplifiée (AMMS) pour certains produits biocides respectant des conditions plus contraignantes afin d'encourager la mise sur le marché de produits moins nocifs. La France souhaite « développer et promouvoir les produits biocides qui présentent des caractéristiques plus favorables pour l'environnement ou la santé humaine et animale ». La mission IGEDD-CGE a assimilé les produits biocides aux produits qui peuvent bénéficier d'une AMMS. Elle a constaté que les conditions de développement des produits susceptibles de bénéficier d'une AMMS ne sont à ce jour pas réunies, pour des raisons conjoncturelles et structurelles. Elle recommande de conduire des actions visant la non-utilisation de produits biocides à chaque fois que possible, action répondant au principe de précaution qui peut être qualifiée de « sans regret » pour éviter les impacts sur la santé et l'environnement. Ce type d'action est particulièrement nécessaire en direction du grand public. Dans les cas où les biocides sont nécessaires, la valorisation des actions déjà entreprises par les têtes de réseau pour un usage sobre des produits biocides est à soutenir et à déployer auprès des usagers professionnels. En complément, afin de créer un contexte économique favorable, la mission propose un ensemble de mesures à mener en parallèle : accélérer autant que faire se peut l'évaluation des substances actives qui étaient déjà mises sur le marché en mai 2000 ; développer un « toxiscore » pour orienter la demande ; donner accès de manière transparente aux données annuelles de vente des substances actives ; mettre en place, comme dans le cas des produits phytopharmaceutiques, une redevance pour pollution diffuse proportionnelle aux risques pour la santé et l'environnement, tenant compte des produits bénéficiant du régime transitoire. Ces actions devraient être regroupées dans une feuille de route « Écobiocides » afin de les regrouper sous une bannière commune.</div>
Editeur
IGEDD
;CGE
Descripteur Urbamet
Descripteur écoplanete
produit biocide
;substance dangereuse
;risque
;impact sur l'environnement
Thème
Ressources - Nuisances
;Environnement - Paysage
;Santé
Texte intégral
Rapport n°015557-01 Rapport n°2024/02/CGE/SG
Novembre 2024
Les biocides, c?est pas automatique
Karine Brulé (IGEDD, coordonnatrice IGEDD)
Didier Pillet (CGE)
Xavier Raher (CGE)
Émilie Rasooly (IGEDD)
Avec nos remerciements à Colin Ducrotoy (CGE)
Développer et promouvoir les produits biocides
qui présentent des caractéristiques plus
favorables pour l?environnement ou la santé
humaine et animale
P
U
B
L
I É
Les auteurs attestent qu'aucun des éléments de leurs activités
passées ou présentes n'a affecté leur impartialité dans la rédaction
de ce rapport
Statut de communication
? Préparatoire à une décision administrative
? Non communicable
? Communicable (données confidentielles occultées)
? Communicable
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Sommaire
Sommaire........................................................................................................................ 3
Résumé ........................................................................................................................... 6
Liste des recommandations .......................................................................................... 8
Introduction .................................................................................................................. 10
1 Les biocides, des produits mal connus .................................................................. 11
1.1 Quelques définitions ............................................................................................ 11
1.1.1 La notion de produit biocide... .................................................................... 11
1.1.2 ...à ne pas confondre avec la notion de phytopharmaceutiques? ............. 12
1.1.3 ? ou avec d?autres produits chimiques ...................................................... 13
1.2 Les autorisations de mise sur le marché .............................................................. 13
1.2.1 Plusieurs procédures de demande d?autorisation de mise sur le marché
existent ....................................................................................................... 13
1.2.2 Gestion de la période transitoire ................................................................. 14
1.2.3 Avec des interdictions communes .............................................................. 17
1.2.4 Mais des redevances différenciées ............................................................ 17
1.2.5 Et des décrets nationaux applicables pour limiter l?accès du grand public
aux produits biocides ayant le plus d?impact sur la santé et l?environnement
................................................................................................................... 18
1.3 Panorama des substance actives et des produits biocides autorisés et vendus .. 19
1.3.1 Les substances actives dans l?Union européenne ...................................... 19
1.3.2 Les produits biocides dans l?Union européenne ......................................... 21
1.3.3 Les produits biocides bénéficiant d?une AMMS .......................................... 23
1.3.4 Les ventes de produits biocides en France ................................................ 25
1.3.5 Lever les freins à la mise en marché de produits bénéficiant d?une AMMS 28
2 Sans biocides, c?est souvent possible aussi .......................................................... 29
2.1 Des besoins d?accompagnement des professionnels aux solutions de
substitution à l?utilisation des biocides ................................................................. 30
2.1.1 Milieu hospitalier ........................................................................................ 30
2.1.2 Collectivités au sens large dont le traitement de l?eau potable ................... 31
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2.1.3 Instituts techniques agricoles ..................................................................... 31
2.1.4 Désinfection, désinsectisation et dératisation (3D) ..................................... 32
2.2 Les biocides, « c?est pas automatique ! » ............................................................ 32
2.3 Encourager le développement de dispositifs de substitution aux produits biocides
............................................................................................................................ 34
3 En cas d?utilisation des biocides, adopter des bonnes pratiques ........................ 36
3.1 Professionnels : un outil pour choisir son biocide ................................................ 37
3.2 Des professionnels formés pour un usage raisonné des biocides ....................... 38
3.2.1 La formation obligatoire : le « Certibiocide » .............................................. 38
3.2.2 Des exemples d?actions de têtes de réseau ............................................... 39
3.3 Pour une information simple pour le grand public, un « toxiscore » indispensable
............................................................................................................................ 41
4 Les biocides sont des produits dangereux et doivent être traités comme tels ... 43
4.1 Repenser l?approche du sujet biocides dans le PNSE ......................................... 43
4.2 Mettre en place une redevance pour pollution diffuse adaptée ............................ 44
4.3 La transparence des données, une nécessité...................................................... 45
Conclusion ................................................................................................................... 48
Annexes ........................................................................................................................ 49
Annexe 1. Lettre de mission........................................................................................ 50
Annexe 2. Classification des produits biocides ........................................................ 51
Annexe 3. Autorisation de mise sur le marché simplifiée (AMMS) .......................... 52
Annexe 4. Substances actives au sein de l?Union européenne et produits biocides
bénéficiant d?une autorisation de mise sur le marché.......................................... 53
Annexe 4.1. Les substances actives dans l?Union européenne ................................. 53
Annexe 4.2. Panorama global des produits biocides ................................................. 54
Annexe 4.3. Panorama global des substances actives utilisées seules ou en
mélange dans les produits biocides bénéficiant d?une AMMS ............................. 56
Annexe 4.4. Types de produits (TP) autorisés bénéficiant d?une AMMS ................... 58
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Annexe 4.5. Types de produits biocides autorisés bénéficiant d?une AMMS en
France ................................................................................................................. 59
Annexe 5. Vente des produits biocides en France .................................................... 60
Annexe 6. Plan fédéral belge de réduction des biocides .......................................... 61
Annexe 6.1. Information & sensibilisation .................................................................. 62
Annexe 6.2. Amélioration des connaissances sur l?exposition aux biocides et leurs
effets sur la santé ................................................................................................ 63
Annexe 6.3. Actions sur les substances et les usages spécifiques ............................ 63
Annexe 6.4. Observation du marché des biocides ..................................................... 63
Annexe 6.5. Régularisation du marché ...................................................................... 64
Annexe 6.6. Évaluation et rapportage du plan ........................................................... 64
Annexe 7. Focus sur quelques utilisateurs professionnels ..................................... 65
Annexe 7.1. Milieu hospitalier .................................................................................... 65
Annexe 7.2. Désinfection, désinsectisation, dératisation (3D) ................................... 65
Annexe 7.3. Collectivités ? Mairie de Paris ................................................................ 66
Annexe 7.4. Traitement eau ...................................................................................... 67
Annexe 7.5. Instituts techniques agricoles ................................................................. 67
Annexe 8. Liste des personnes rencontrées ............................................................. 69
Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes ........................................................... 77
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Résumé
Bien que le terme soit souvent mal connu, les produits biocides sont très largement utilisés, tant
par les professionnels (collectivités territoriales, entreprises de désinfection, désinsectisation,
dératisation (3D), milieu hospitalier, élevages?) que par le grand public. Ils sont destinés à détruire,
repousser ou rendre inoffensifs les « organismes nuisibles », à en prévenir l?action ou à les
combattre, par une action chimique ou biologique.
Les statistiques complètes de leur utilisation ne sont pas disponibles. Il apparait toutefois que les
produits biocides sont très probablement utilisés en quantité supérieure aux produits
phytopharmaceutiques. En effet, en 2019, rien que pour le grand public, environ 42 000 tonnes de
substances actives entrant dans la composition de produits biocides ont été mises sur le marché,
tandis qu?il a été vendu 68 600 tonnes de substances actives entrant dans la composition de
produits phytopharmaceutiques en 2022. 98 % des quantités de substances actives biocides
vendues au grand public en France correspondent à des désinfectants et algicides.
Les produits biocides ont, du fait même de leur objectif, un impact sur la santé et l?environnement.
C?est pourquoi, leur évaluation est encadrée, au niveau de l?Union européenne, par le règlement
(UE) n°528/2012. D?une part, les substances actives qu?ils contiennent sont approuvées au niveau
européen et, d?autre part, les produits biocides font l?objet d?une autorisation de mise sur le marché
(AMM), soit au niveau de l?Union européenne soit au niveau d?un État membre, au choix de
l?entreprise demandant une AMM. Le règlement prévoit une autorisation de mise sur le marché
simplifiée (AMMS) pour certains produits biocides respectant des conditions plus contraignantes
afin d?encourager la mise sur le marché de produits biocides moins nocifs pour l'environnement, la
santé de l'homme et des animaux.
La France souhaite « développer et promouvoir les produits biocides qui présentent des
caractéristiques plus favorables pour l?environnement ou la santé humaine et animale ». Pour ce
faire, dans le cadre du 4e plan national santé environnement (PNSE4) qui vise à « réduire les
expositions environnementales affectant toutes les santés », elle a notamment réalisé un appel à
manifestation d?intérêt, non doté financièrement, pour développer de tels produits. Cette action n?a
pas donné les résultats attendus et d?autres leviers d?actions sont donc à envisager. Afin d?aller au-
delà des actions déjà mises en place, une mission a été confiée à l?Inspection générale de
l?environnement et du développement durable (IGEDD) et au Conseil général de l?économie (CGE).
Dans le présent rapport, « les produits biocides qui présentent des caractéristiques plus favorables
pour l?environnement ou la santé humaine et animale » sont assimilés à ceux qui peuvent
bénéficier d?une AMMS.
La mission a constaté que les conditions de développement des produits susceptibles de bénéficier
d?une AMMS ne sont à ce jour pas réunies, pour des raisons conjoncturelles et structurelles.
D?une part, l?évaluation des substances actives et des produits biocides est actuellement dans une
période transitoire, jusqu?en 2030. Pendant cette période, les produits biocides composés de
substances actives déjà sur le marché en mai 2000 peuvent continuer à être commercialisés au
niveau national tant que l?ensemble des substances actives les composant n?ont pas été
approuvées au niveau européen. Ces produits évalués selon des règles anciennes occupent une
grande partie du marché et laissent peu de place à des produits évalués de façon plus stricte, au
titre du règlement (UE) n°528/2012.
D?autre part, le règlement interdit toute mention valorisante sur les produits, y compris ceux qui
bénéficient d?une AMMS, leur retirant un potentiel avantage commercial. La notion d?AMMS est
ainsi mal connue des acheteurs, y compris professionnels. Par ailleurs, la gamme des produits
bénéficiant d?une AMMS est encore trop restreinte pour répondre à de nombreux besoins.
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Dans ce contexte, la mission recommande de conduire des actions visant la non-utilisation de
produits biocides à chaque fois que possible, action répondant au principe de précaution qui peut
être qualifiée de « sans regret » pour éviter les impacts sur la santé et l?environnement. Ce type
d?action est particulièrement nécessaire en direction du grand public. Dans les cas où les biocides
sont nécessaires, la valorisation des actions déjà entreprises par les têtes de réseau pour un usage
sobre des produits biocides est à soutenir et à déployer auprès des usagers professionnels.
En complément, afin de créer un contexte économique favorable aux biocides moins nocifs pour
la santé et l?environnement, la mission propose un ensemble de mesures à mener en parallèle.
Ainsi, accélérer autant que faire se peut l?évaluation des substances actives qui étaient déjà mises
sur le marché en mai 2000 est une condition sine qua non à la réorganisation du marché autour
de produits biocides évalués avec les mêmes exigences et permettant de mettre en visibilité les
produits biocides bénéficiant d?une AMMS. Le développement d?un « toxiscore » est indispensable
pour orienter la demande. La transparence sur les données annuelles de vente des substances
actives est en outre un outil nécessaire au pilotage de la politique publique relative aux produits
biocides. Enfin, la mise en place, comme dans le cas des produits phytopharmaceutiques, d?une
redevance pour pollution diffuse proportionnelle aux risques pour la santé et l?environnement,
tenant compte des produits bénéficiant du régime transitoire, serait un signal utile, tant au titre du
principe « pollueur / payeur » que pour orienter les acheteurs. Ces actions devraient être
regroupées dans une feuille de route « Écobiocides » afin de les regrouper sous une bannière
commune.
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Liste des recommandations
Recommandation 1. [Ministères en charge de la tutelle de l?Anses (économie, travail, santé,
agriculture, écologie) et l?Anses] Poursuivre l?évaluation des substances en priorisant le
programme de travail de l?Anses sur les substances actives non évaluées les plus
commercialisées en France, en lien avec les priorités de la Commission européenne et les
programmes de travail des États membres, ainsi qu?avec les enjeux industriels français. 17
Recommandation 2. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Rendre effectivement
applicable le décret n°2019-1052 du 14 octobre 2019 relatif à l?interdiction de vente en libre-
service au grand public de certains produits biocides via la prise d?un arrêté précisant les
produits biocides concernés et le délai laissé aux distributeurs pour mettre en oeuvre cette
interdiction de vente en libre-service. .................................................................................. 19
Recommandation 3. [Ministères en charge de la tutelle de l?Anses (économie, travail, santé,
agriculture, écologie) et l?Anses] Accroître la qualité des données disponibles dans la base
de données BioCID pour le pilotage des politiques publiques relatives à l?utilisation des
produits biocides : enrichir la base avec l?information AMM/AMMS/période transitoire,
améliorer les saisies par une vérification des données renseignées par les industriels et
normaliser la base afin de la rendre interopérable avec les autres bases européennes
relatives aux biocides. ......................................................................................................... 28
Recommandation 4. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministères du travail
(DGT) ? Ministère de la santé (DGS) ? Ministère de l?agriculture (DGAL)] Encourager et
diffuser les solutions de substitution à l?utilisation des biocides dans les secteurs où elles
peuvent dès à présent être déployées, et soutenir et accompagner les projets de recherche
dans les secteurs où elles ne sont pas encore opérationnelles. ........................................ 32
Recommandation 5. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministère de la santé
(DGS)] Lancer une large campagne de communication en faveur des méthodes de
prévention du développement des organismes indésirables et des techniques alternatives
sans biocides pour s?en prémunir sur le modèle de la campagne « les antibiotiques c?est pas
automatique ». ..................................................................................................................... 34
Recommandation 6. [Ministères en charge de la tutelle de l?Anses (économie, travail, santé,
agriculture, écologie) et l?Anses] Améliorer la base BioCID et son ergonomie ; rendre
facilement accessibles les critères de risque pour la santé et l?environnement et la notion
d?autorisation de mise sur la marché simplifiée (AMMS) pour guider les acheteurs ; assurer
la promotion de cette base auprès des têtes de réseau des branches professionnelles
(établissements de santé, entreprises de nettoyage, collectivités, instituts techniques
agricoles, entreprises de désinfection, désinsectisation, dératisation etc.) ........................ 38
Recommandation 7. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministères sociaux
(DGT + DGEFP)] Établir des référentiels de formation à l?utilisation sécurisée des produits
biocides par les professionnels pour l?ensemble des types de produits non actuellement
couverts par le Certibiocide. ................................................................................................ 39
Recommandation 8. [Ministères sociaux (DGT + DGEFP) - Ministère de la transition
écologique (DGPR)] Introduire une obligation de sensibilisation de l?ensemble des publics
professionnels en contact habituel avec des produits biocides aux impact sur la santé et
l?environnement associés à leur utilisation. ......................................................................... 41
Recommandation 9. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministère de l?économie
(DGCCRF)] Accélérer la mise en oeuvre de l?action « Renforcer la lisibilité de l?étiquetage
des produits ménagers destinés aux consommateurs » du 4e plan national santé-
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environnement et la déployer sur l?ensemble des produits biocides. ................................. 42
Recommandation 10. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Faire évoluer le
contenu de l?action « Privilégier les biocides et détergents avec les profils les plus favorables
pour la santé publique et l?environnement » afin de plus largement promouvoir la sobriété
en matière d?utilisation des biocides et les méthodes alternatives à leur utilisation dans le
cadre d?une feuille de route « Écobiocides ». ..................................................................... 44
Recommandation 11. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Instituer une redevance
pour pollution diffuse sur les substances actives entrant dans la composition des produits
biocides en prenant en compte ceux qui sont utilisés au titre de la période transitoire et
permettant de privilégier les produits biocides bénéficiant d?une AMMS. .......................... 45
Recommandation 12. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Mettre à disposition les
données de vente des substances actives de produits biocides à l?échelle la plus fine
possible en alimentant « Green Data for Health » avec l?ensemble des données disponibles.
............................................................................................................................................. 47
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Introduction
Le terme de pesticides désigne des produits destinés à contrôler, détruire, ou prévenir le
développement d?organismes venant en concurrence avec les activités humaines, dits
« organismes nuisibles ». Le droit européen distingue deux catégories 1 : (i) les produits
phytopharmaceutiques2 utilisés sur les végétaux dans l?agriculture, l?horticulture, les parcs ou les
jardins, et (ii) les produits biocides. Ces derniers sont utilisés pour contrôler des agents pathogènes,
tels que les virus et bactéries, et des vecteurs de maladies, tels que les insectes et les rongeurs.
Plus précisément, les produits biocides sont des produits destinés à détruire, repousser ou rendre
inoffensifs les « organismes nuisibles », à en prévenir l?action ou à les combattre, par une action
chimique ou biologique.
Le règlement (UE) n°528/2012 du 22 mai 20123 concernant la mise sur le marché et l?utilisation
des produits biocides rappelle que « les produits biocides peuvent cependant faire peser des
risques divers sur les êtres humains, les animaux et l?environnement, en raison de leurs propriétés
intrinsèques et des usages qui y sont associés. ».
Afin de limiter les risques pour la santé et l?environnement, le règlement prévoit de procéder à
l?évaluation des substances actives entrant dans la composition des produits biocides, ainsi qu?à
l?évaluation de ces derniers, afin de n?autoriser l?usage que de produits évalués au regard des
connaissances scientifiques les plus récentes afin qu?ils ne présentent pas d?effet inacceptable sur
la santé, l?environnement et sur les organismes cibles. D?autre part, le règlement prévoit une
procédure d?autorisation de mise sur le marché simplifiée (AMMS) auquel la France accorde une
attention particulière pour « privilégier les biocides et détergents avec les profils les plus favorables
pour la santé publique et l?environnement ». C?est l?objet de la sous-action 3-3 du 4e plan national
santé environnement (PNSE4)4 ; elle est une des traductions opérationnelles de l?action phare du
plan « Être mieux informé sur la bonne utilisation des produits ménagers et leur impact sur la santé
et l?environnement ». Comme prévu par le plan, l?action 3-3 a été partiellement mise en oeuvre par
un appel à manifestation d?intérêt, non doté financièrement, lancé de mai à septembre 2022, pour
« développer des produits biocides avec des profils plus favorables pour la santé publique et
l?environnement ».
Afin de poursuivre la mise en oeuvre de cette action et de dégager les leviers d?action potentiels
permettant de promouvoir l?usage des produits biocides moins nocifs pour la santé et
l?environnement, le ministère chargé de l?écologie a souhaité qu?une mission conjointe (annexe 1) :
? pose un diagnostic du marché ;
? analyse les attentes des différents acteurs (acteurs publics, producteurs et distributeurs de
produits biocides, utilisateurs de produits biocides) ;
? recense les actions mises en place par les acteurs publics et privés, afin d?en estimer
l?efficacité ;
? identifie l?ensemble des freins à lever, ainsi que les options possibles pour le faire.
1 Directive 2009/128/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 instaurant un cadre d?action
communautaire pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable
2 Règlement (CE) n°1107/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 concernant la mise sur
le marché des produits phytopharmaceutiques
3 Règlement (UE) n°528/2012 du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2012 concernant la mise à
disposition sur le marché et l?utilisation des produits biocides
4 Plan National Santé-Environnement 4 (PNSE 4) : "un environnement, une santé" (2021-2025)
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2009:309:0071:0086:fr:PDF
https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2009:309:0001:0050:FR:PDF
https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2012:167:0001:0123:fr:PDF
https://sante.gouv.fr/sante-et-environnement/les-plans-nationaux-sante-environnement/article/plan-national-sante-environnement-4-pnse-4-un-environnement-une-sante-2021-2025
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1 Les biocides, des produits mal connus
Les produits biocides sont utilisés pour lutter contre les organismes indésirables, dits « nuisibles5 »
pour la santé humaine ou la santé animale ou qui portent préjudice aux activités humaines. Ces
organismes indésirables comprennent les vecteurs de maladie tels que certains rongeurs et
insectes ainsi que des micro-organismes tels que les bactéries, les virus ou les moisissures. Ainsi,
les produits biocides se retrouvent dans tous les domaines d?activité : ils concourent à l?hygiène,
ils combattent les organismes qui peuvent devenir indésirables, s?attaquent aux moisissures,
protègent des produits et matériaux contre la détérioration? Leur utilisation est donc assez large,
dans des cadres très variés : services et équipements des collectivités, producteurs d?eau potable,
professionnels de santé, éleveurs, métiers de bouche, industriels, notamment industries agro-
alimentaires, ainsi que par le grand public. Mais leur utilisation comporte des risques pour la santé
et l?environnement.
Si la notion de produit biocide est plutôt bien connue de la plupart des professionnels rencontrés
par la mission, en revanche, du côté du grand public, elle reste peu familière, alors que les
particuliers sont amenés à les utiliser sous la forme de désinfectants, y compris dans des
détergents, répulsifs et attractants, insecticides, produits anti-salissures, produits de traitement du
bois et rodenticides. Cette méconnaissance, et les risques associés, sont notamment décrits dans
le rapport d?étude de toxicovigilance d?août 2022 de l?Agence nationale de sécurité sanitaire de
l?alimentation, de l?environnement et du travail (Anses)6. Il indique que, parmi les 51 signalements
de cas graves d?intoxications effectués auprès d?un centre antipoison sur la période 2015-2019,
les circonstances identifiées sont principalement le défaut de perception du risque (36 % des cas),
le déconditionnement du produit (30 % des cas), le bricolage et ménage (25 % des cas). Cette
méconnaissance du grand public sur la nature de ces produits se double donc d?une
méconnaissance de leurs risques pour la santé et l?environnement.
1.1 Quelques définitions
1.1.1 La notion de produit biocide...
La notion de produit biocide a été introduite au niveau de l?Union européenne par la directive
98/8/CE7, remplacée depuis par le règlement européen (UE) n°528/2012 concernant la mise sur
le marché et l?utilisation des produits biocides (ou BPR, pour Biocidal Products Regulation). Ce
règlement, directement applicable dans tous les États membres depuis le 1er septembre 2013,
encadre les produits biocides et les substances actives qu?ils contiennent. Il vise à améliorer le
fonctionnement du marché des produits biocides dans l?Union européenne, tout en garantissant un
niveau de protection élevé de l?homme, des animaux et de l?environnement, en ne mettant sur le
marché que des produits biocides efficaces et ne présentant pas de risques inacceptables, y
compris pour les organismes cibles (résistance ou souffrances inutiles dans le cas des vertébrés).
5 Au titre du règlement (UE) n°528/2012 du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2012 concernant la mise
à disposition sur le marché et l?utilisation des produits biocides, un organisme nuisible est un « un organisme, y
compris les agents pathogènes, dont la présence n?est pas souhaitée ou qui produit un effet nocif pour l?homme,
ses activités ou les produits qu?il utilise ou produit, pour les animaux ou l?environnement »
6 Groupe de travail « Toxicovigilance des intrants du végétal, produits biocides et médicaments vétérinaires »,
rapport d?étude de toxicovigilance, cas graves liés à des produits biocides, observations enregistrées par les centres
antipoison et de toxicovigilance français (2015-2019) ? Anses, août 2022
7 Directive 98/8/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 février 1998 concernant la mise sur le marché des
produits biocides, abrogée le 31 août 2013 par le règlement (UE) n°528/2012
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2012:167:0001:0123:fr:PDF
https://www.anses.fr/fr/system/files/Toxicovigilance2020SA0008Ra-1.pdf
https://www.anses.fr/fr/system/files/Toxicovigilance2020SA0008Ra-1.pdf
https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/1998/8/oj?eliuri=eli%3Adir%3A1998%3A8%3Aoj&locale=fr
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Dans son article 3, le règlement (UE) n°528/2012 définit plusieurs termes clés :
? substance active : « toute substance, ou micro-organisme, ayant une action générale ou
spécifique sur, ou contre les organismes nuisibles » ;
? produit biocide : « toute substance ou tout mélange, sous la forme dans laquelle il est livré
à l?utilisateur, constitué d?une ou plusieurs substances actives, en contenant ou en générant,
qui est destiné à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes indésirables, à
en prévenir l?action ou à les combattre de toute autre manière par une action autre qu?une
simple action physique ou mécanique ». Les produits biocides sont regroupés en
catégories correspondant à des usages et finalités différentes : à ce jour, 22 types de
biocides (TP01 à 22) ont été définis (annexe 2) ;
? article traité ayant une fonction principalement biocides également considéré comme un
produit biocide : « toute substance, tout mélange ou tout article qui a été traité avec un ou
plusieurs produits biocides ou dans lequel un ou plusieurs produits biocides ont été
délibérément incorporés ».
Par ailleurs, il est à noter que l?article 3.3 du règlement (UE) n°528/2012 permet également à la
Commission, à la demande d?un État membre, de décider « si un produit ou groupe de produits
donné constitue un produit biocide ou un article traité, ou n?est ni l?un ni l?autre ».
1.1.2 ...à ne pas confondre avec la notion de phytopharmaceutiques?
Les produits biocides et phytopharmaceutiques ont en commun d?être des pesticides au sens de
la directive 2009/128/CE qui a instauré un cadre communautaire d?action, afin de parvenir à une
utilisation des pesticides compatible avec le développement durable.
Pour ce qui concerne les produits phytopharmaceutiques, ils sont principalement régis, au niveau
européen, par le règlement (UE) n°1107/20098. Ce règlement, en vigueur depuis juin 2011, fait
partie du « Paquet pesticide », adopté en 2009, et vise à renforcer la protection de la santé humaine,
animale et environnementale, tout en harmonisant et simplifiant les procédures au sein de l?Union
européenne.
Les produits phytopharmaceutiques permettent de protéger les végétaux cultivés en détruisant, ou
éloignant, les organismes indésirables (y compris les végétaux indésirables), ou en exerçant une
action sur les processus vitaux des végétaux. Ce sont, par exemple, les insecticides, fongicides,
herbicides, acaricides, molluscicides, corvicides.
Si les produits phytopharmaceutiques et les produits biocides sont utilisés pour lutter contre des
organismes identifiés comme nuisibles, ils ont des applications et des cibles différentes. Ainsi,
certaines substances actives, notamment relevant du groupe 3 « produits de lutte contre les
nuisibles » (TP14 à 20), sont communes aux deux types de produits. Cela conduit, de manière
alternative, à définir ces deux catégories de pesticides par leurs usages, et non par leurs
formulations chimiques. Le règlement (UE) n°1107/2009 tient compte de ce principe en indiquant
que les produits phytopharmaceutiques protègent « les végétaux ou les produits végétaux contre
tous les organismes nuisibles ou prévenir l?action de ceux-ci, sauf si ces produits sont censés être
utilisés principalement pour des raisons d?hygiène plutôt que pour la protection des végétaux ou
des produits végétaux ». Le terme « principalement » montre que ces règlements peuvent induire
des interprétations dans leur mise en oeuvre.
8 Ce règlement a remplacé la directive 91/414/CEE du Conseil, du 15 juillet 1991, concernant la mise sur le marché
des produits phytopharmaceutiques, abrogée le 13 juin 2011
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=celex%3A31991L0414
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1.1.3 ? ou avec d?autres produits chimiques
Le règlement (UE) n°528/2012 précise également ce que ne sont pas les produits biocides. Ainsi,
les produits de protection des produits pendant le stockage (TP06) ne sont des biocides que s?ils
sont « utilisés pour protéger les produits manufacturés, autres que les denrées alimentaires, les
aliments pour animaux, les produits cosmétiques, les médicaments ou les dispositifs médicaux,
par la maîtrise des altérations microbiennes afin de garantir leur durée de conservation ». La
protection des denrées alimentaires, des aliments pour animaux, ainsi que les produits
cosmétiques, les médicaments ou les dispositifs médicaux sont en effet régis par d?autres
dispositions de l?Union européenne. L?ambiguïté est particulièrement ressentie par les
professionnels de santé dans la mesure où les produits désinfectants utilisés dans le secteur
médical peuvent relever soit du statut de dispositif médical, soit du statut de biocide, soit des deux
règlementations, selon les revendications mises en avant par le fabricant9.
Par ailleurs, les détergents qui ne revendiquent pas d?actions biocides ne sont pas des produits
biocides. Ils sont soumis au règlement (CE) n°648/200410.
Plus généralement, l?ensemble des substances chimiques est soumis au règlement (UE)
n°1907/2006 dit « REACH »11, qui « vise à assurer un niveau élevé de protection de la santé
humaine et de l'environnement, y compris la promotion de méthodes alternatives pour l'évaluation
des dangers liés aux substances, ainsi que la libre circulation des substances dans le marché
intérieur tout en améliorant la compétitivité et l'innovation ».
1.2 Les autorisations de mise sur le marché
1.2.1 Plusieurs procédures de demande d?autorisation de mise sur le
marché existent
L?évaluation des produits biocides, prévue par le règlement (UE) n°528/2012, se fait en deux
temps :
? l?approbation au niveau européen des substances actives biocides pour une durée de dix
ans maximum ;
? l?autorisation de mise sur le marché (AMM) 12 du produit biocide dès que toutes les
substances actives qui le constituent sont approuvées pour le type de produit concerné.
9 Statut des désinfectants utilisés dans le secteur médical (Frontière biocide TP2 / Dispositif médical) ? Agence
nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), mars 2021
10 Le règlement (CE) n°648/2004 du parlement européen et du conseil du 31 mars 2004 relatif aux détergents relatif
aux détergents (version consolidée du 14 mars 2012) définit les détergents comme : « toute substance ou mélange
contenant des savons et/ou d'autres agents de surface destinés à des processus de lavage et de nettoyage. Les
détergents peuvent être présentés sous n'importe quelle forme (liquide, poudre, pâte, barre, pain, pièce moulée,
brique, etc.) et être commercialisés ou utilisés à des fins domestiques, institutionnelles ou industrielles. ». Les
auxiliaires de lavages et produits adoucissants ou assouplissant pour le linge sont également des détergents
11 Règlement (CE) n°1907/2006 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 concernant
l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à ces
substances (Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals - REACH), instituant une agence
européenne des produits chimiques, modifiant la directive 1999/45/CE et abrogeant le règlement (CEE) no 793/93
du Conseil et le règlement (CE) no 1488/94 de la Commission ainsi que la directive 76/769/CEE du Conseil et les
directives 91/155/CEE, 93/67/CEE, 93/105/CE et 2000/21/CE de la Commission
12 En France, la mise sur le marché et l?utilisation de certains produits biocides nécessitaient l?obtention d?une
d?autorisation de mise sur le marché national en période transitoire dite AMM « transitoire ». La loi n°2015-1567 du
2 décembre 2015 a supprimé cette obligation, pour les produits qui étaient soumis à cette exigence ? source :
Anses ? période transitoire
PUBLIÉ
https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/desinfection-des-dispositifs-medicaux-et-des-locaux-de-soins/statut-des-desinfectants-utilises-dans-le-secteur-medical
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A02004R0648-20150601
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A02006R1907-20240606
https://www.helpdesk-biocides.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=102&Itemid=122&lang=fr
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Dans ce cadre, l?efficacité des produits biocides et les risques pour l?homme et
l?environnement liés à leur utilisation sont évalués. L?autorisation prévoit une date de
validité d?un maximum de 10 ans.
Pour obtenir l?autorisation de mise sur le marché d?un produit biocide, les entreprises peuvent
choisir entre plusieurs procédures selon la nature de leur produit et le nombre de pays dans
lesquels elles souhaitent le vendre :
? la procédure d?autorisation nationale permet aux entreprises de mettre leurs produits
biocides sur le marché d'un seul État membre. L'autorité compétente de l'État membre
concerné évalue la demande et rend une décision dans un délai de 365 jours. Si
l?entreprise souhaite étendre le bénéfice de l'autorisation nationale à d'autres marchés, elle
peut demander à d'autres États membres de reconnaître l'autorisation via la procédure de
reconnaissance mutuelle. Le processus prend environ 5 mois à compter de la validation de
la demande ;
? la procédure d'autorisation de l'Union permet aux entreprises de mettre leurs produits
biocides sur le marché de l'ensemble de l'Union européenne (UE) sans avoir à obtenir une
autorisation spécifique nationale. L'évaluation est réalisée par un État membre de
référence, commentée par les autres États membres et donne lieu à un avis de l'Agence
européenne des produits chimiques (ECHA) qui est pris en compte par la Commission
européenne pour sa prise de décision. Le processus prend en moyenne 21 mois ;
? la procédure d?autorisation de mise sur la marché simplifiée (AMMS) vise à encourager
l'utilisation des produits biocides les moins nocifs pour l'environnement, la santé de
l'homme et des animaux. Pour être éligible à cette procédure, le produit biocide doit
satisfaire plusieurs conditions : être composé uniquement de substances actives figurant à
l'annexe I du règlement biocides et respecter les restrictions spécifiées, ne contenir ni
substances préoccupantes ni nanomatériaux, être suffisamment efficace et ne pas
nécessiter d'équipement de protection individuelle (EPI) pour sa manipulation et son
utilisation (Annexe 3). L'entreprise soumet sa demande à l'ECHA en indiquant l'État
membre évaluateur choisi, qui rend son avis sous 90 jours à compter de l?acceptation de
la demande. Une fois l?autorisation accordée, le produit biocide peut être mis sur le marché
dans les autres États membres sur simple notification 30 jours avant l?introduction du
produit sur le marché.
L?autorisation de mise sur le marché est donnée pour un type de produit, un « usage » et un
utilisateur « grand public » ou « professionnel ».
Compte-tenu des conditions restrictives nécessaires à l?obtention d?une AMMS, « les produits
biocides qui présentent des caractéristiques plus favorables pour l?environnement ou la santé
humaine et animale » objet de la présente mission sont ceux qui disposent de ce type d?autorisation.
1.2.2 Gestion de la période transitoire
Comme la directive n°98/8, le règlement (UE) n°528/2012 prévoit une période transitoire durant
laquelle la Commission européenne met en oeuvre un programme de travail (parfois nommé
« programme de réexamen »13) pour l?examen systématique de toutes les substances actives dite
13 Règlement délégué (UE) n°1062/2014 de la Commission du 4 août 2014 relatif au programme de travail pour
l'examen systématique de toutes les substances actives existantes contenues dans des produits biocides visé dans
le règlement (UE) n°528/2012 du Parlement européen et du Conseil - Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE
[programme de réexamen]
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A02014R1062-20220619
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« existantes »14 au 14 mai 2000 et contenues dans des produits biocides. Le programme de travail
devait être achevé au plus tard le 31 décembre 2024, mais, en mars 2024, un règlement délégué
a prolongé ce programme jusqu?au 31 décembre 203015 . Pendant la période transitoire, les
produits biocides peuvent être commercialisés et utilisés selon les règles établies par chaque État
membre sur son territoire. Ces produits biocides peuvent continuer à être utilisés pendant trois ans
au maximum à compter de la date d?approbation de la dernière des substances actives contenues
dans ce produit biocide. En parallèle du programme de travail relatif aux substances actives
existantes, la Commission européenne évalue les nouvelles substances actives.
Ainsi, deux régimes d?autorisation cohabitent actuellement :
? un régime propre à chaque État membre, valable durant la période transitoire qui concerne
les produits biocides qui contiennent des substances actives existantes en mai 2000 et
encore en cours d?évaluation au niveau européen. Ces produits sont néanmoins encadrés
par les règles existantes et spécifiques de chaque État membre. En France, ils doivent
répondre à un certain nombre de règles, en termes de déclarations et d?étiquetage
notamment. La preuve de l?efficacité de ces produits relève de la responsabilité des
metteurs sur le marché, qui doivent être en mesure de la démontrer en cas de contrôle ;
? le régime des AMM(S) qui s?applique dès lors que toutes les substances actives entrant
dans la composition du produit biocide sont approuvées au niveau européen. Les produits
concernés doivent alors faire l?objet d?une évaluation complète pour chaque type de
produits et usage.
Un grand nombre de couple [substance active/type de produit] sont concernés par le programme
de travail. Notamment 141 couples sont en cours d?examen (nouvelle substance active ou
substance active existante) pour 165 substances actives approuvées. À ce jour, il y aurait une
minorité de produits biocides bénéficiant d?une AMM(S), la majorité des produits étant encore en
période transitoire. De ce fait, un produit biocide peut être commercialisé alors même que
l?évaluation de leur efficacité et des risques pour la santé et l?environnement n?a pas été réalisée
selon des règles communes. Or, pour garantir l?efficacité et une meilleure utilisation des produits
biocides, cette évaluation est une étape clef.
Le rapport de 2016 de la Commission sur l?utilisation durable des produits biocides16 encourageait
pourtant le renforcement des efforts afin d?achever le programme de travail des substances actives
existantes d?ici la fin de l?année 2024 au plus tard. Il s?agissait de la première et principale priorité
en vue de promouvoir l?utilisation durable des produits biocides. La mission partage cet
encouragement mais note qu?en mars 2022, seul 42 % du programme était terminé et qu?en mars
2024 un règlement délégué a prolongé ce programme jusqu?au 31 décembre 203017.
14 Le règlement (UE) n°528/2012 fait la distinction entre « substance active existante : une substance qui, à la date
du 14 mai 2000, se trouvait sur le marché en tant que substance active d?un produit biocide à d?autres fins que les
activités de recherche et développement scientifiques ou de recherche et développement axées sur les produits et
les processus » et « nouvelle substance active: une substance qui, à la date du 14 mai 2000, ne se trouvait pas
sur le marché en tant que substance active d?un produit biocide à d?autres fins que les activités de recherche et
développement scientifiques ou de recherche et développement axées sur les produits et les processus »
15 Règlement délégué (UE) 2024/1398 de la Commission du 14 mars 2024 modifiant le règlement (UE) n°528/2012
du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne une nouvelle prolongation de la durée du programme de
travail pour l?examen systématique de toutes les substances actives biocides existantes
16 Rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil concernant l?utilisation durable des biocides
conformément à l?article 18 du règlement (UE) n°528/2012 du Parlement européen et du Conseil concernant la
mise à disposition sur le marché et l?utilisation des produits biocides
17 Règlement délégué (UE) 2024/1398 de la Commission du 14 mars 2024 modifiant le règlement (UE) n°528/2012
du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne une nouvelle prolongation de la durée du programme de
travail pour l?examen systématique de toutes les substances actives biocides existantes
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32024R1398
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52016DC0151
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32024R1398
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Une demande d?autorisation de mise sur le marché a un coût important pour les entreprises, entre
le coût des études, celui de l?élaboration du dossier et les redevances dues aux autorités, pour une
autorisation qui sera valable au plus pendant 10 ans. Ainsi, dans une approche purement
économique, les entreprises n?ont que peu d?intérêt à développer des produits moins nocifs tant
qu?il leur est possible de mettre sur le marché un produit biocide dont l?évaluation n?est pas
obligatoire ou n?a pas été réalisée. Du fait de l?allongement de la période transitoire, il y a un effet
dissuasif à l?investissement dans le développement et la mise sur le marché de produits de
substitution moins nocifs en remplacement de produits encore en période transitoire, une pratique
opportuniste consiste à attendre le moment où il ne sera plus possible de mettre les produits
biocides sur le marché pour les retirer.
Au vu de ces éléments, même si le programme de travail reste la priorité pour une utilisation
durable des produits biocides, des mesures supplémentaires doivent être prises dans la période
transitoire pour réduire l?impact des produits biocides sur la santé et l?environnement.
Les entreprises mettant sur le marché des produits biocides en France sont tenues de déclarer les
quantités vendues annuellement sur le site BioCID, en indiquant toutes les substances actives
contenues dans le produit ainsi que leur concentration. D?après l?avis de l?Anses de juillet 202218,
sur les 42 000 tonnes de substances actives commercialisées auprès du grand public dans des
produits biocides en 2019, plus de 28 000 tonnes correspondent à trois substances actives
(hypochlorite de sodium, acide tricholorisocyanurique et éthanol) dont deux (acide
tricholorisocyanurique et éthanol) n?ont, en septembre 2024, pas encore fait l?objet d?une
approbation au niveau européen. En outre, s?agissant de l?hypochlorite de sodium (composant
principal de l?eau de Javel), son utilisation en tant que désinfectant pour l?eau potable a récemment
fait l?objet d?une évaluation (TP05). Toutefois, les évaluations des produits biocides tardant, en
octobre 2024, seul un produit biocide a une AMM en France, obtenue en février 2021, et
uniquement pour l?usage professionnel 19 alors que certains États membres (Autriche, Slovénie,
Italie?) disposent déjà de plusieurs produits à base d?hypochlorite de sodium sous AMM pour ce
même usage. La totalité des produits pour le grand public à base d?hypochlorite de sodium est
encore vendue, en France, sans AMM.
Un travail d?analyse approfondi de ces déclarations permettrait d?identifier les substances actives
non évaluées les plus commercialisées en France et de donner la priorité à l?évaluation de ces
substances dans le programme de travail de l?Anses en cohérence avec les priorités fixées pour
l?évaluation des différentes substances actives par l?ensemble des États membres et la
Commission européenne. L?enjeu de cette priorisation est double : d?une part, exclure du marché
les substances actives les plus commercialisées en France ne répondant pas aux exigences du
règlement biocides et, d?autre part, favoriser le développement d?alternatives moins nocives pour
la santé et l?environnement du fait du retrait du marché des produits biocides contenant ces
substances. En réalisant un parallèle avec le coût d?évaluation d?une substance dans le cadre du
règlement (UE) n°1907/2006 dit règlement REACH, le coût associé à cette mesure pour une
substance supplémentaire par an serait de l?ordre d?un ETP pour l?Anses20.
18 Avis de l?Agence nationale de sécurité sanitaire de l?alimentation, de l?environnement et du travail relatif à
l'interdiction de vente en libre-service de certaines catégories de produits biocides, juillet 2022
19 Un produit à base d?hypochlorite de sodium (« Javel standard ») d?ARKEMA France a obtenu son AMM le
09/02/2021. Deux produits de Sojitz SOLVADIS GmbH ont obtenu leur AMM le 18/11/2022 et trois produits de
Gaches Chimie Spécialités et OCEDIS S.A.S ont obtenu leur AMM le 12/02/2023 pour des produits à base
d?hypochlorite de calcium, également pour les professionnels (source : ECHA, consulté le 2 octobre 2024)
20 Rapport IGEDD-IGAS sur l?évaluation de la deuxième stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens ?
Pour une future stratégie « Zéro exposition aux perturbateurs endocriniens » de Mai 2024 qui précise que le
recrutement de 5 à 6 ETP à l?Anses associé à un complément de 100 k¤ pour les frais d?expertise permettrait
d?ajouter 4 à 6 nouvelles substances/an, sous réserve de la disponibilité des experts du groupe de travail et de la
complétude des dossiers
PUBLIÉ
https://biocid-anses.fr/biocid#!
https://www.anses.fr/fr/system/files/BIOCIDES2020SA0008-2.pdf
https://echa.europa.eu/fr/information-on-chemicals/biocidal-products?p_p_id=dissbiocidalproducts_WAR_dissbiocidalproductsportlet&p_p_lifecycle=1&p_p_state=normal&p_p_mode=view&_dissbiocidalproducts_WAR_dissbiocidalproductsportlet_javax.portlet.action=dissBiocidalProductsAction
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-de-la-deuxieme-strategie-nationale-sur-a4021.html#:~:text=Adopt%C3%A9e%20en%20septembre%202019,%20la%20deuxi%C3%A8me%20strat%C3%A9gie%20nationale%20sur%20les
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-de-la-deuxieme-strategie-nationale-sur-a4021.html#:~:text=Adopt%C3%A9e%20en%20septembre%202019,%20la%20deuxi%C3%A8me%20strat%C3%A9gie%20nationale%20sur%20les
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Recommandation 1. [Ministères en charge de la tutelle de l?Anses (économie, travail, santé,
agriculture, écologie) et l?Anses] Poursuivre l?évaluation des substances en priorisant le
programme de travail de l?Anses sur les substances actives non évaluées les plus
commercialisées en France, en lien avec les priorités de la Commission européenne et les
programmes de travail des États membres, ainsi qu?avec les enjeux industriels français.
1.2.3 Avec des interdictions communes
L?article 72 du règlement biocides interdit de promouvoir un produit biocide avec les mentions du
type « produit biocide à faible risque », « non toxique », « ne nuit pas à la santé », « naturel »,
« respectueux de l?environnement » ou « respectueux des animaux » ou toute autre indication
similaire. Le règlement estime que ces indications sont susceptibles d?induire en erreur l?utilisateur
sur les risques pour la santé humaine, la santé animale et l?environnement ainsi que sur l?efficacité
du produit.
Ainsi, « il ne saurait être permis d?utiliser des mentions publicitaires pour des produits biocides se
référant à l?absence de risques ou à un risque faible ou à certains effets positifs de ces produits
afin de minimiser ces risques, voire d?en nier l?existence »21.
D?autres solutions doivent donc être envisagées pour orienter les professionnels et le grand public
vers les produits bénéficiant d?une AMMS.
1.2.4 Mais des redevances différenciées
Au-delà des différences dans les procédures et les délais, les redevances pour les AMMS sont
nettement inférieures à celles exigées pour une autorisation nationale ou une autorisation de
l?Union. Par exemple, en France, l?arrêté du 22 novembre 201722 fixe les redevances suivantes
pour les AMM nationales et les AMMS.
Tableau 1 : exemple de rémunération due au titre de l?autorisation de mise sur le
marché des produits biocides ? France
Type d?évaluation AMM nationale AMMS
Dossier de première
autorisation de mise sur le
marché
Pour un type de produit biocide et
une catégorie d?utilisateur :
40 000¤
Par type de produit biocide
additionnel : 8 000 ¤
Pour un type de produit biocide :
12 000 ¤
Par type de produit biocide
additionnel : 2 400 ¤
Mise à disposition dans un
autre État-membre
Reconnaissance mutuelle pour un
type de produit biocide et une
catégorie d?utilisateur : 15 000 ¤
Notification : 800 ¤
21 Arrêt de la Cour de justice de l?Union européenne (CJUE) du 20 juin 2024 (affaire C-296/23)
22 Arrêté du 22 novembre 2017 fixant le montant de la rémunération due au titre de l?approbation et de l?autorisation
de mise sur le marché des substances et produits biocides
PUBLIÉ
https://juricaf.org/arret/CJUE-COURDEJUSTICEDELUNIONEUROPEENNE-20240620-C29623
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000036150755/
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Type d?évaluation AMM nationale AMMS
Modification mineure ou
administrative d?une première
autorisation de mise sur le
marché
2 000 ¤ 800 ¤
Modification majeure d?une
première autorisation de mise
sur le marché
8 000 ¤ 2 400 ¤
Source : arrêté du 22 novembre 2017 fixant le montant de la rémunération due au titre de l?approbation
et de l?autorisation de mise sur le marché des substances et produits biocides
1.2.5 Et des décrets nationaux applicables pour limiter l?accès du grand
public aux produits biocides ayant le plus d?impact sur la santé et
l?environnement
En France, suite à l?avis de l?Anses de juillet 2022 (déjà cité), trois dispositions spécifiques aux
produits biocides ont été introduites dans le cadre de la loi dite « EGALIM 1 »23, et sont précisées
par trois décrets d?application :
? le décret n°2019-642 du 26 juin 201924 prohibe certaines pratiques commerciales pour les
produits biocides TP14 (rodenticides) et TP18 (insecticides) ;
? le décret n°2019-643 du 26 juin 201925 impose, pour les produits biocides TP14 et TP18 et
les produits biocides TP02 et TP04 (groupe des désinfectants) classés comme dangereux
pour le milieu aquatique de catégorie 1 :
? une interdiction de publicité commerciale,
? la mention « Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci est indispensable,
notamment dans les lieux fréquentés par le grand public. Privilégiez chaque fois que
possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible
pour la santé humaine et animale et pour l'environnement » ;
? le décret n°2019-1052 du 14 octobre 2019 26 interdit la vente en libre-service, à des
utilisateurs non professionnels, des produits biocides pour lesquels des données
permettent d'établir ou de suspecter l'apparition de résistances, des produits pour lesquels
des cas d'intoxication involontaire sont signalés, des produits pour lesquels des données
établissent qu'ils sont fréquemment utilisés en méconnaissance des règles visant à
préserver la santé ou l'environnement, figurant dans leur autorisation de mise sur le marché
ou dans la notice élaborée par leur fabricant.
Toutefois, ce décret est censé entrer en vigueur via un arrêté précisant les produits biocides
concernés et le délai laissé aux distributeurs pour mettre en oeuvre l?interdiction de les
23 Loi n°2018-938 du 30 octobre 2018 pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et
alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous
24 Décret n° 2019-642 du 26 juin 2019 relatif aux pratiques commerciales prohibées pour certaines catégories de
produits biocides
25 Décret n°2019-643 du 26 juin 2019 relatif à la publicité commerciale
26 Décret n° 2019-1052 du 14 octobre 2019 relatif à l'interdiction de vente en libre-service à des utilisateurs non
professionnels de certaines catégories de produits biocides
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037547946
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000038689025
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000038689038
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000039223395
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céder en libre-service. Or, en septembre 2024, l?arrêté n?est pas encore paru.
Ces décrets ont un objectif préventif visant à diminuer l?exposition de la population comme de
l?environnement, préserver l?efficacité des produits et éviter le développement de résistance en
limitant les usages inutiles pour quelques catégories ciblées et en sensibilisant le grand public sur
ces produits.
Ces dispositions s?appliquent à tous les biocides, y compris ceux qui bénéficient de la période
transitoire.
Les décrets de la loi « EGALIM 1 » sont favorables aux produits biocides bénéficiant d?une AMMS,
en effet la prohibition des pratiques commerciales, l?interdiction de la vente en libre-service à des
utilisateurs non professionnels de certains produits biocides? ne s?appliquent pas à ces produits
biocides. Néanmoins, cette loi de 2019 se heurte à deux difficultés majeures que sont le champ
restreint des interdictions et la non mise en oeuvre de l?interdiction de vente en libre-service.
Ce second point constitue pourtant un levier important pour mettre en avant auprès du grand public
les produits biocides bénéficiant d?une AMMS.
Recommandation 2. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Rendre effectivement
applicable le décret n°2019-1052 du 14 octobre 2019 relatif à l?interdiction de vente en libre-
service au grand public de certains produits biocides via la prise d?un arrêté précisant les
produits biocides concernés et le délai laissé aux distributeurs pour mettre en oeuvre cette
interdiction de vente en libre-service.
1.3 Panorama des substance actives et des produits biocides
autorisés et vendus
1.3.1 Les substances actives dans l?Union européenne
Les données présentées (annexe 4.1), sont extraites de la base de données de l?Agence
européenne des produits chimiques (European chemicals agency (ECHA)) et ne concernent donc
que les produits biocides ayant fait l?objet d?une évaluation au titre du règlement (UE) n°528/2012.
Les produits bénéficiant de la période transitoire en sont absents. Des précisons méthodologiques
ainsi que des données plus complètes sont présentées en annexe 4.
La base de l?ECHA contient les données concernant les États membres de l?Union européenne,
mais aussi de la Grande-Bretagne, la Suisse et la Norvège. Par simplification, il sera mentionné
« Union européenne » pour les analyses de la base complète.
La base des substances actives de l?ECHA (mise à jour de la base du 20 août 2024) présente les
informations par couple [substances active/type de produit] ([sa/TP]). Deux représentations
peuvent en être faites (figures 1 et 2).
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https://echa.europa.eu/fr/about-us
https://echa.europa.eu/fr/about-us
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Figure 1 : répartition de l?ensemble des 938 couples [substances active/type de produit]
recensés par l?Union européenne
Source : ECHA (mise à jour le 20 août 2024) ? traitement des données : mission
Figure 2 : répartition de l?ensemble des 938 couples [substances active/type de produit]
recensés par l?Union européenne selon leur statut
Source : ECHA (mise à jour le 20 août 2024) ? traitement des données : mission
Dans la mesure où une même substance active peut contribuer à plusieurs couples [sa/TP] et
qu?une même substance active peut être soit approuvée, soit non approuvée selon le type de
produit pour lequel une demande d?approbation est en cours, il y a finalement 380 substances
actives entrant dans la fabrication de produits biocides dans l?Union européenne, qui sont dans
461 situations.
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Figure 3 : répartition des 461 cas de substances active recensées par l?Union
européenne selon leur statut
Source : ECHA (mise à jour le 20 août 2024) ? traitement des données : mission
S?agissant des 35 substances actives relevant de l?annexe I (substances actives pouvant entrer
dans la composition d?un produit pouvant bénéficier d?une AMMS) :
? 30 sont approuvées (29 sont dans l?annexe I, « azote » et « azote généré à partir de l?air
ambiant » ne faisant qu?un) ;
? 2 demandes ont été annulées ;
? 3 demandes sont en cours d?évaluation (extrait d?Arnica montana, orthophosphate
trisodique, Wolbachia pipientis souche wPip).
1.3.2 Les produits biocides dans l?Union européenne
La réalisation de synthèse des statuts des substances actives et des produits biocides est rendue
complexe par la présentation de la base de l?ECHA et des fichiers qui peuvent en être extraits. La
base contient 8 305 « produits biocides autorisés » (mise à jour de la base du 17 mai 202427). La
base de données extraites contient 25.322 lignes qui correspondent à des couples [pays-produits],
les produits étant identifié par le pays dans lequel il est mis en marché28. Ces 8 305 « produits
biocides autorisés » correspondent à 8 070 numéros d?autorisation de référence, uniques, soit
8 070 produits biocides effectivement différents29. Les produits biocides « autorisés » sont en fait
les produits biocides qui possèdent au moins une autorisation en cours de validité ou abandonnée
ou expirée.
27 Les extractions de la base nécessitant plusieurs manipulations, les résultats sont donnés sur la base de
l?extraction faite le 17 mai 2024, considérant que seuls les ordres de grandeurs sont à prendre en compte. À titre
d?information, la base contenait 8 637 « produits biocides autorisés » le 18 octobre 2024.
28 Un produit autorisé dans un pays sous plusieurs dénominations est extrait sous forme d?une ligne unique. Dans
des cas particuliers, un même produit dans un même pays peut être extrait sous forme de deux lignes, l?une pour
une autorisation expirée, l?autre pour une autorisation en cours. Un produit identique autorisé dans deux pays est
extrait sous forme de deux lignes.
29 Certaines différences s?expliquent par des orthographes différentes pour un même numéro de référence.
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La répartition des 25 322 couples [pays-produits] de l?Union européenne est présentée dans le
tableau suivant et en annexe 4.2.
Tableau 2 : répartition des 25 322 couples [pays-produits] de l?Union européenne selon
leur statut
Nombre de
couple
[pays-
produits]
AMM
nationale
AMM
de l?Union
européennes
AMM
simplifiée
Total
général
Proportion
d?AMMS
Autorisation
en cours de
validité
16 145 1 643 1 439 19 227 7 %
Autorisation
abandonnée
2 205 0 258 2 463 10 %
Autorisation
expirée
3 501 0 131 3 632 4 %
Total général 21 851 1 643 1 828 25 322 7 %
Source : ECHA (mise à jour le 17 mai 2024) ? traitement des données : mission
Parmi les 25 322 couples [pays-produits] de l?Union européenne, les types de produits biocides
(seuls ou en association) qui représentent près de 80% des produits recensés sont présentés dans
la figure suivante.
Figure 4 : Principaux types de produits biocides (seuls ou en association) ? Union
européenne
Source : ECHA (mise à jour le 17 mai 2024) ? traitement des données : mission
La répartition des types de produits est un peu différente en France, où 80% des 3 012 produits
biocides recensés relèvent des types de produits présentés dans la figure suivante. On retrouve
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ainsi au niveau des AMM une distribution similaire à celle des quantités de substances actives, 98%
de celles-ci étant commercialisés dans des produits désinfectants (TP01 à TP05).
Figure 5 : Principaux types de produits biocides (seuls ou en association) ? France
Source : ECHA (mise à jour le 17 mai 2024) ? traitement des données : mission
La base de l?ECHA permet d?identifier les entreprises qui détiennent le plus d?AMM ou AMMS
(AMM(S)). Cette approche permet d?identifier les entreprises les plus actives en matière d?obtention
d?AMM(S). Huit entreprises détiennent 20 % des AMM(S) :
? Kurt Obermeier GmbH (4 %) ;
? GRUPO AC MARCA S.L., SALVECO S.A.S., Lanxess Deutschland GmbH (3 % chacune) ;
? Akzo Nobel Decorative Coatings B.V., DeLaval NV, Remmers GmbH et ADLER-Werk
Lackfabrik Johann Berghofer GmbH & Co KG. (2 % chacune).
Le marché est fragmenté avec 772 entreprises détenant au moins une AMM(S) pour un couple
[pays-produits] autorisé. L?entreprise la plus présente ne détient que 4 % des AMM(S).
1.3.3 Les produits biocides bénéficiant d?une AMMS
Malgré les outils mis en place pour les favoriser, 7 % seulement de près de 20 000 couples [pays-
produits] biocides ayant actuellement une autorisation de mise sur le marché dans l?Union
européenne bénéficient d?une AMMS.
Six pays ont autorisé la moitié de ces AMMS, comme le montre la figure suivante. Les entreprises
ayant obtenu une AMMS dans un État membre peuvent commercialiser les produits ainsi autorisés
dans un autre État membre par simple notification. La prédominance de la Lettonie en matière de
délivrance d?AMMS a des raisons historiques. Le pays ayant très tôt accepté d?examiner les
dossiers d?AMMS, il a développé un savoir-faire recherché par les entreprises dans ce domaine.
Ces données ne préjugent ni de la vente effective de ces produits dans les différents États
membres, ni des quantités vendues.
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Figure 6 : répartition par État membre des 19 227 couples [pays-produits] autorisés au
sens du règlement (UE) n°528/2012
Source : ECHA (mise à jour le 17 mai 2024) ? traitement des données : mission
Près de la moitié des produits biocides bénéficiant d?une AMMS contiennent de l?acide lactique
(annexe 4.3). Les désinfectants représentent 62 % de ces produits, suivis des produits de lutte
contre les nuisibles, essentiellement des répulsifs et des appâts (annexe 4.4). Environ 5 % des
produits biocides ayant une AMM(S) sur le marché français sont des produits biocides bénéficiant
d?une AMMS, soit 127 produits. La répartition entre TP (annexe 4.5) est présentée dans la figure
suivante).
Figure 7 : Types de produits biocides autorisés bénéficiant d?une AMMS en France
Source : ECHA (mise à jour le 17 mai 2024) ? traitement des données : mission
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Pour les AMMS, au niveau européen, 69 entreprises détiennent au moins une AMMS pour un
couple [pays-produits], une entreprise détenant près de 1/3 de ces autorisations, le marché est
donc beaucoup plus concentré que pour l?ensemble des produits biocides. Cinq entreprises
détiennent plus de la moitié des AMMS :
? SALVECO S.A.S. (27 %) ;
? Diversey Europe Operations B.V. (8 %), Hygienix B.V. (6 %), Essity Hygiene and Health
Aktiebolag (6 %) et ARMOSA TECH SA (5 %).
Ces entreprises font également partie des 48 entreprises qui détiennent des AMMS en cours de
validité en France, dont la moitié est détenue par cinq d?entre elles : SALVECO S.A.S. (38 AMMS),
GRUPO AC MARCA S.L. (10), Avient Luxembourg S.a.r.l. (6), ARMOSA TECH SA (5), Diversey
Europe Operations B.V. (4).
1.3.4 Les ventes de produits biocides en France
Le registre des produits biocides donne accès aux décisions et aux conclusions d'évaluations
relatives à la mise sur le marché des produits biocides en France (délivrées par le ministère chargé
de l?environnement jusqu?au 30 juin 2016 et par l?Anses depuis le 1er juillet 2016).
Le décret du 26 décembre 200730 précise quels produits biocides doivent être déclarés avant leur
première mise sur le marché. L?article L. 522-3 du code de l?environnement transpose le règlement
(UE) n°528/2012 et rend obligatoire la déclaration annuelle, par le responsable de la mise à
disposition sur le marché, des quantités des produits mis sur le marché l'année précédente.
Les industriels doivent déclarer sur le site BioCID (ex-Simmbad), propriété de l?Anses :
? chaque produit biocide, disposant ou non d?une autorisation de mise sur le marché au titre
du règlement (UE) n°528/2012 (AMM(S)), avant sa mise sur le marché français ;
? les quantités de produits biocides mises sur le marché au cours de l?année précédente.
Contrairement à la Belgique (annexe 6) et aux substances actives de produits
phytopharmaceutiques en France, les données de ventes des substances actives de produits
biocides ne sont pas accessibles au public en France. L?avis de l?Anses de juillet 2022 indique,
qu?en 2019, environ 5 500 produits biocides ont été mis à disposition sur le seul marché du grand
public. Ils contiennent environ 42 000 tonnes de substances actives dont 98 % de désinfectants et
algicides (TP01 à 05 et TP10). À titre de comparaison, il a été vendu 68 603 tonnes de substances
actives entrant dans la composition de 6 063 produits phytopharmaceutiques en 2022, dont
24 018 tonnes de substances actives entrant dans la composition de produits de biocontrôle ou
utilisables en agriculture biologique31, ayant un profil moins nocif pour la santé et l?environnement.
En l?absence de données publiées, les données (31 mai 2024) ont été extraites de la base des
déclarations des quantités des produits biocide pour les années 2022 et 2023 par l?Anses pour la
mission (annexe 5).
La structure de la base de données n?ayant pas été construite pour être exploitée et la qualité des
30 Décret n° 2007-1869 du 26 décembre 2007 relatif aux modalités de déclaration des produits biocides et modifiant
la partie réglementaire du code de l'environnement.
31 Application de visualisation des données d?achat et de vente des produits phytopharmaceutiques en France
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr/decisions_biocide
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000027723143/2013-09-01/
https://biocid-anses.fr/biocid#!
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000017764365/
https://ssm-ecologie.shinyapps.io/bnvd/
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données n?étant pas contrôlée, les fichiers extraits sont d?une exploitation très difficile32. Les
données présentées ci-après, uniquement pour 2023, peuvent donc contenir des erreurs et doivent
être prises comme des tendances.
En 2023, seulement 19 entreprises ont déclaré sur BioCID une vente d?un produit biocide disposant
d?une AMMS pour un total de 70 produits alors même que la base de l?ECHA indique que 127
produits biocides bénéficiaient d?une AMMS valide en France. 45% des produits bénéficiant d?une
AMMS sur le marché français n?ont donc enregistré ou déclaré aucune vente en 2023. À noter
également que plusieurs entreprises (non françaises), n?ayant pas déclaré de vente en 2023, ont
des produits dont la date de fin de validité d?AMMS approche (fin 2024 ou 2025).
Les quantités de produis vendus pouvant être renseigné dans BioCID en litre, kg ou m2, plusieurs
graphiques sont présentés pour avoir une compréhension du marché des produits biocides
bénéficiant d?une AMMS.
Parmi les produits biocides bénéficiant d?une AMMS vendus en 2023 (Figure 8), le marché est
segmenté sur quatre types de produits, les produits d?hygiène vétérinaire (TP01), les produits
répulsifs et appâts (TP19) et les produits désinfectants hors hygiène humaine et de surface (TP02
et TP04), sachant que pour chaque TP, les produits bénéficiant d?une AMMS n?atteignent jamais
10% de part de marché.
Figure 8 : répartition des volumes de produits biocides mis sur le marché en 2023 par
type de produit selon leur modalité de vente (kg ou litre)
Source : Anses (extraction de la base BioCID du 31 mai 2024, données 2023) ? traitement des données :
mission
32 À titre d?exemple, la base ne contient pas le numéro d?autorisation de référence pour les produits autorisés ; elle
ne précise pas si le produits biocides est autorisé ou en période transitoire. Les produits biocides bénéficiant d?une
AMMS ne sont pas identifiables. Les quantités de produits biocides sont en litres ou en kilogrammes (en mètres
carrés pour les moustiquaires et certains antimites), les concentrations en substances actives sont dans des unités
variées. Les nombres sont en caractères alphanumériques. Par ailleurs, les lignes étant présentée par substance
active, la quantité totale de produits biocides est affectée à chaque ligne.
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La figure suivante présente une synthèse de l?analyse des données, les détails sont en annexe 5.
Tableau 3 : synthèse de l?analyse des données de ventes des produits biocides
bénéficiant d?une AMMS en France (« Pro » : professionnels, « GP » : grand public)
TP
par ordre
décroissant
Public Usages
Substance
active
principale
Quantités
vendues
TP19 -
répulsifs et
appâts
(29 produits)
Pro
GP
Mouche à fruits, guêpe, frelon,
mite alimentaire, chien, chat,
fouine
Acide acétique
« Acétate »33
D-Fructose
Jus de pomme
Miel
OEufs
Levure
Vinaigre
22 300 kg
et
79 000 litres
TP03 ?
hygiène
vétérinaire
(2 produits)
Pro
Produit hygiène de la mamelle
de la vache & produit
désinfection des trayons34
Acide lactique 96 000 kg
TP02 + TP04 -
« désinfectants »
hors hygiène
humaine et de
surface
(10 + 11
produits)
Pro
GP
Nettoyant désinfectant multi
surfaces
Action bactéricide, levuricide et
virucide
Acide lactique
37 000 kg et
39 000 litres
TP01 ?
hygiène
humaine
(4 produits)
Pro
GP
Désinfectant mains sans rinçage
(bactéricide, levuricide, virucide)
Acide lactique
4 580 kg
et
800 litres
TP14 ?
Rodenticides
(1 produit)
Pro Lutte contre les souris
Dioxyde de
carbone
160 kg
Source : Anses (extraction de la base BioCID du 31 mai 2024, données 2023) ? traitement des données :
mission
Parmi les substances actives présentes dans les produits biocides bénéficiant d?une AMMS, le D-
fructose représente la substance active la plus vendue en quantité, suivi de l?acide lactique et les
oeufs en poudre.
La mission n?est pas parvenue à rapprocher ces chiffres de ceux présentés dans l?avis de l?Anses
sur la base des données de 2019, les données de la base BioCID étant d?exploitation difficile et la
qualité des saisies par les metteurs sur le marché très incertaine.
33 Acétate de (9Z,12E)-tétradéca-9,12-dién-1-yle
34 Une des plus grosses ventes de TP03 AMMS et AMM confondu, mais l?autorisation est annulée.
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En tout état de cause, l?utilisation des produits à AMMS est très limitée en France, et se réduit à
un petit nombre de substances actives et d?utilisations.
Recommandation 3. [Ministères en charge de la tutelle de l?Anses (économie, travail, santé,
agriculture, écologie) et l?Anses] Accroître la qualité des données disponibles dans la base
de données BioCID pour le pilotage des politiques publiques relatives à l?utilisation des
produits biocides : enrichir la base avec l?information AMM/AMMS/période transitoire,
améliorer les saisies par une vérification des données renseignées par les industriels et
normaliser la base afin de la rendre interopérable avec les autres bases européennes
relatives aux biocides.
1.3.5 Lever les freins à la mise en marché de produits bénéficiant d?une
AMMS
L?action 3-3 du PNSE4 a été partiellement mise en oeuvre grâce à un appel à manifestation d?intérêt
(AMI), non doté financièrement, lancé de mai à septembre 2022 pour « développer des produits
biocides avec des profils plus favorables pour la santé publique et l?environnement ». Cette
initiative du ministère chargée de l?environnement n?a permis d?identifier que 9 projets pour des
désinfectants et des produits de lutte contre les nuisibles (répulsifs et appâts?) et n?a pas donné
lieu à un appel à projet en raison du faible nombre de projets.
Une des difficultés rencontrées par les acteurs du marché est que cet AMI n?était ouvert qu?aux
start-up ou petites et moyennes entreprises35, or les entreprises mettant en marché des produits
biocides sont souvent de grande taille afin de pouvoir mobiliser les fonds nécessaires à la
recherche et développement et supporter les délais d?autorisation. Il est également à noter qu?un
AMI doté est plus incitatif qu?un AMI non doté financièrement.
Les répondants ont parfois été orientés vers les directions régionales de l'économie, de l'emploi,
du travail et des solidarités (DREETS) pour les accompagner.
Si les résultats obtenus par cet AMI se sont avérés décevants, ils ont permis une meilleure
connaissance des entreprises engagées dans le développement des produits AMMS. Il s?agit là de
perspectives encourageantes qu?il convient de soutenir et d?accompagner.
35 PME au sens européen (fiscal) : entreprise employant moins de 250 salariés, réalisant soit un chiffre d'affaires
annuel inférieur à 50 millions d'euros, soit un total de bilan inférieur à 43 millions d'euros. Un dépassement de seuil
n'a d'effet qu'après 2 exercices consécutifs (source : Service-P/ublic.fr)
PUBLIÉ
https://www.service-public.fr/particuliers/glossaire/R35723
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2 Sans biocides, c?est souvent possible aussi
Les produits biocides ont, du fait même de leur objectif, un impact sur l?environnement et sur la
santé. Afin de limiter ces impacts, la France souhaite « développer et promouvoir les produits
biocides qui présentent des caractéristiques plus favorables pour l?environnement ou la santé
humaine et animale », ce qui a amené la mission à se questionner sur la notion de « plus
favorable ».
De la même manière que des campagnes d?information visent à réduire l?usage des médicaments
lorsqu?ils ne sont pas indispensables36 ou à réduire la production de déchet, le produit biocide le
moins nocif est celui qui n?est pas utilisé lorsque ce n?est pas nécessaire. La première action
consiste donc à des actions de prévention visant à traiter le problème à la source complétées si
nécessaire de méthodes physiques, mécaniques, biologiques?qui peuvent se substituer à
l?utilisation de produits biocides, à réserver en dernier recours.
Dans cette optique de sobriété, l?article 4 de la directive 2009/128/CE prévoit que « les États
membres adoptent des plans d?action nationaux (?) en vue de réduire la dépendance à l?égard de
l?utilisation des pesticides ». La directive est applicable aux produits phytopharmaceutiques et il est
prévu de l?étendre ultérieurement aux produits biocides.
En France, cette disposition se traduit par le plan Écophyto, plan d?action national visant à réduire
la dépendance de l?agriculture aux produits phytopharmaceutiques. Bien qu?il n?existe pas
d?équivalent pour les produits biocides, de nombreuses démarches sont entreprises par les acteurs
pour mettre en oeuvre des solutions basées sur la prévention et des solutions de substitution à
l?usage des produits biocides par des méthodes physiques (nature des surfaces), mécaniques
(pièges), biologiques?
Des mauvaises pratiques, des conditions d?hygiène insuffisantes? favorisent le développement
des organismes en concurrence avec les activités humaines. L?application de mesures de
prévention et de méthodes de substitution permet de réserver l?usage des produits biocides à
certains cas et ainsi réduire les risques pour la santé et l?environnement. Il est ainsi possible de
lutter efficacement contre ces organismes, en menant des actions de prévention pour éviter le
problème à la source puis de les compléter par des méthodes de substitution avant d?envisager
l?utilisation de produits biocides qui ont des impacts sur la santé et l?environnement.
Cette approche de prévention est présente notamment dans les considérants du règlement
concernant la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques37 qui précise que « les
produits phytopharmaceutiques devraient être utilisés d?une façon appropriée, conformément aux
conditions définies dans leur autorisation, en tenant compte des principes de lutte intégrée contre
les ennemis des cultures et en donnant la priorité, chaque fois que cela est possible, aux solutions
de remplacement naturelles et non chimiques ». La « lutte intégrée contre les ennemis des
cultures » est défini dans l?article 3 de la directive 2009/128/CE comme « la prise en considération
attentive de toutes les méthodes de protection des plantes disponibles et, par conséquent,
l?intégration des mesures appropriées qui découragent le développement des populations
d?organismes nuisibles et maintiennent le recours aux produits phytopharmaceutiques et à d?autres
types d?interventions à des niveaux justifiés des points de vue économique et environnemental, et
réduisent ou limitent au maximum les risques pour la santé humaine et l?environnement ».
Dans cette idée d?une utilisation durable et afin de réduire les risques liés à l?utilisation des produits
36 « Réduisons le volume », campagne de communication grand public du leem, organisation professionnelle des
entreprises du médicament opérant en France
37 Règlement (CE) n°1107/2009 du Parlement européen et du Conseil du 21 octobre 2009 concernant la mise sur
le marché des produits phytopharmaceutiques
PUBLIÉ
https://www.leem.org/presse/sobriete-medicamenteuse-les-entreprises-renforcent-leurs-actions-pour-le-bon-usage-des
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32009R1107
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biocides, le service public fédéral (SPF) Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et
Environnement belge a mis en place fin 2023 un plan fédéral de réduction des biocides38 (annexe 6)
pour la période 2023-2028 comprenant plusieurs actions de surveillance du marché, de mise à
disposition des informations pertinentes auprès des secteurs professionnels et du public, la
sensibilisation à un usage raisonné des biocides? en accordant une attention particulière à la
protection des groupes vulnérables. Le SPF, sans nier l?utilité des produits biocides, considère
qu?un effort de réduction de certains usages mais également de mésusages constituerait un
progrès environnemental.
2.1 Des besoins d?accompagnement des professionnels aux
solutions de substitution à l?utilisation des biocides
La mission a rencontré plusieurs acteurs professionnels utilisant des produits biocides qui peuvent
être séparés en quatre grandes familles (annexe 7) :
? le milieu hospitalier ;
? les collectivités au sens large incluant leur compétence en matière de traitement de l?eau
potable ;
? les filières agricoles représentées par les instituts techniques agricoles ;
? le secteur de la désinfection, désinsectisation et dératisation (3D).
Parmi ces acteurs, certains utilisent des produits biocides sans le savoir. La définition du terme
« biocide » étant difficilement compréhensible, beaucoup n?en ont qu?une vision restreinte. De ce
fait, leur perception des risques est biaisée et partielle. La promotion d?une approche basée sur la
prévention et les solutions de substitution à l?usage des produits biocides permettrait donc, en
faisant prendre conscience des risques inhérents à l?utilisation de produits biocides, d?en limiter
l?usage.
2.1.1 Milieu hospitalier
Dans le milieu hospitalier, assurer la sécurité des patients et du personnel est un enjeu majeur,
quelle que soit la structure de soin. À ce titre, une démarche de substitution des produits biocides
lorsque c?est possible, et, plus généralement, des produits chimiques, a toute sa place dans ce
milieu et s?inscrit dans le champ plus large de la santé environnementale39.
À titre d?exemple, l?Assistance publique ? Hôpitaux de Paris (APHP) est déjà engagée dans cette
démarche et privilégie des méthodes écoresponsables pour le nettoyage des sols ne requérant
pas de désinfection tels que le l?éconettoyage 40 des sols en alternative aux détergents-
désinfectants chimiques ou le détartrage avec du vinaigre blanc.
38 Plan fédéral spécifique de réduction des biocides (PFRB) belge
39 D?après l?OMS, la santé environnementale comprend les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la
vie, qui sont déterminés par les facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques
de notre environnement. Elle concerne également la politique et les pratiques de gestion, de résorption, de contrôle
et de prévention des facteurs environnementaux susceptibles d?affecter la santé des générations actuelles et
futures (source : Santé publique France).
40 Guide de l?éconettoyage ? Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, mai 2021. Celui-ci a été réalisé
suite au constat suivant : « dans le cadre du bionettoyage, de nombreuses substances chimiques nocives pour
l?environnement sont présentes et rejetées quotidiennement dans les effluents des établissements hospitaliers et
sont agressives pour les utilisateurs. De plus, l?usage intensif de ces produits a un coût non négligeable. Un
changement de pratiques peut permettre une meilleure protection des utilisateurs, de l?environnement à moindre
coût. »
PUBLIÉ
https://biocide.be/fr/securite-et-environnement/plan-de-reduction
https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2022/sante-environnementale-une-priorite-de-sante-publique
https://www.auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr/faire-evoluer-le-bio-nettoyage-vers-leco-nettoyage
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Un travail de mise en commun, d?harmonisation et de promotion des bonnes pratiques est encore
nécessaire, par exemple via le réseau national de prévention des infections associés aux soins
(CPias)41. Complété par des guides, des fiches réflexes et de la formation, ce travail permettra à
l?ensemble du secteur de monter en compétence sur ce sujet et d?entraîner les plus petites
structures comme par exemple les établissements d?hébergement pour personnes âgées
dépendantes (EHPAD) ou les crèches. L?étape de diffusion n?est pas à négliger car elle demande
un changement de paradigme et doit donc être accompagnée de manière pédagogique.
2.1.2 Collectivités au sens large dont le traitement de l?eau potable
Pour les collectivités, la lutte contre les rongeurs, punaises de lit et moustiques représente un enjeu
sanitaire important. Réduire l?usage des produits biocides passe en premier lieu par une démarche
de prévention avec la formation de leur personnel et la sensibilisation de l?ensemble des acteurs
dans le but de limiter les facteurs favorables à leur installation et à leur prolifération et d?identifier
les premiers signes d?apparition. Néanmoins, les actions de prévention ne suffisent pas toujours et
les collectivités doivent également disposer de solutions de substitution aux produits biocides
adaptés aux besoins.
Des solutions existent déjà, notamment sur la lutte contre les rongeurs42, et leur mise en commun
et leur partage entre donneurs d?ordres publics permettraient une montée en compétence de
l?ensemble des collectivités.
Sur le sujet des punaises de lit où les solutions de substitution ne sont pas encore opérationnelles
pour les collectivités, un rapport de l?Anses sur la détermination des méthodes de lutte les plus
efficaces dans un souci de préservation de la santé des personnes et des effets sur
l?environnement43 encourage la poursuite des études d?évaluation de l?efficacité et de l?applicabilité
des méthodes de lutte en conditions réelles, ainsi que le développement de méthodes et outils
alternatifs pour limiter le recours à la lutte chimique.
De la même manière, pour le traitement de l?eau, une des étapes indispensables s?effectue
aujourd?hui avec de l?eau de Javel. Une saisine de l?Anses44 est en cours à la demande de la
direction générale de la santé (DGS) afin de réduire, voire supprimer, le chlore des filières de
production et de distribution. Cette expertise devrait être réalisée d?ici fin 2025 et les résultats
constitueront un pas supplémentaire vers une utilisation plus sobre des produits biocides dans ce
secteur.
2.1.3 Instituts techniques agricoles
La désinfection est une étape clé pour la sécurité sanitaire des denrées alimentaires, le maintien
de la biosécurité au sein des couvoirs pour les volailles45 et, plus largement pour les élevages
fermés (volailles, porcs), l?hygiène de la mamelle des bovins, en cas d?épidémie... Actuellement,
l?usage de produits biocides est la norme et les acteurs n?ont pas ou peu conscience des risques
41 Le réseau CPias représente un ensemble de structures publiques hébergées dans des centres hospitaliers
universitaires, chargées par le ministère de la santé de mettre en oeuvre la politique nationale de prévention des
infections nosocomiales (IN) & associées aux soins (IAS) et de contribuer à la maitrise de l?antibiorésistance
bactérienne
42 Dératisation écologique avec des furets ? Plaquette dératisation de La Rochelle
43 Les punaises de lit : impacts, prévention et lutte ? Avis de l?Anses ? Rapport d?expertise collective ? Juillet 2023
44 Appel à candidatures d?experts scientifiques afin de procéder à la constitution d?un groupe de travail (GT) « Eau
sans chlore »
45 Arrêté du 29 septembre 2021 relatif aux mesures de biosécurité applicables par les opérateurs et les
professionnels liés aux animaux dans les établissements détenant des volailles ou des oiseaux captifs dans le
cadre de la prévention des maladies animales transmissibles aux animaux ou aux êtres humains
PUBLIÉ
https://www.cpias.fr/
https://territoire-environnement-sante.fr/actions-et-projets/deratisation-ecologique-avec-des-furets
https://www.anses.fr/fr/system/files/BIOCIDES2021SA0147Ra.pdf
file:///C:/Users/karine.brule/Documents/0_IGEDD_doc_travail/MRR/missions_KB/4_Biocides_2024/Mission_Rapport/groupe%20de%20travail%20(GT)
file:///C:/Users/karine.brule/Documents/0_IGEDD_doc_travail/MRR/missions_KB/4_Biocides_2024/Mission_Rapport/groupe%20de%20travail%20(GT)
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044126719
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inhérents à leur utilisation, malgré les impacts sur la santé, notamment des agriculteurs, et
l?environnement. La recherche de solutions de substitution est ainsi au mieux amorcée par
certaines filières (volailles). Des premières solutions sont à l?étude comme la lutte biologique « par
conservation »46 ou encore l?utilisation de « flores de barrières » mais, même si les premiers
résultats sont jugés comme prometteurs, il est encore nécessaire de les confirmer et de les évaluer
sur le terrain.
Encore en phase d?étude, ces alternatives et méthodes complémentaires ne sont pas encore
opérationnelles. Toutefois, une fois fiabilisées, développées avec une procédure adaptée au
secteur agricole (disponibilité, coût, fréquence d?application?) et diffusées auprès des acteurs,
elles devraient permettre de réduire l?utilisation de produits biocides. L?étape de diffusion sera de
nouveau une étape cruciale. En effet, elle nécessitera d?aller contre la méconnaissance des
solutions, les positions de déni face aux risques générés par les produits biocides, ou de fatalisme
lorsque les risques sont connus, de scepticisme face à la nouveauté et du manque de temps et/ou
de matériel, facteurs de résistance au changement déjà rencontrés sur la thématique des
pesticides47. Pour insuffler un changement dans les pratiques, un travail sera à réaliser en y
associant l?expérience des acteurs qui ont déjà testé de nouvelles pratiques et en tenant compte
des situations parfois complexes rencontrées.
Cette approche devra ensuite être reprise par l?ensemble des filières agricoles utilisatrices de
produits biocides, sous l?égide du ministère chargé de l?agriculture, afin d?engager une réflexion sur
leur utilisation et définir leurs besoins pour entamer une transition vers les solutions de substitution.
2.1.4 Désinfection, désinsectisation et dératisation (3D)
La prévention reste la meilleure stratégie pour limiter la présence et la prolifération des organismes
en concurrence avec les activités humaines, les mesures préventives comprennent notamment la
gestion des déchets, le stockage étanche des aliments, l?imperméabilité du bâtiment?
Les professionnels du secteur 3D intègrent cette démarche de prévention dans le cadre de leur
métier. Ainsi, par exemple, dans la lutte contre les rongeurs, ils utilisent un panel de solutions de
substitution allant de la limitation de l?accès aux zones sensibles (points d?eau, nourriture, habitat)
à la destruction des animaux, bien conscients qu?aucune méthode n?est efficace à elle seule mais
que l?ensemble des méthodes constitue un panel d?outils à utiliser de manière adaptée au cas
rencontré.
Recommandation 4. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministères du travail
(DGT) ? Ministère de la santé (DGS) ? Ministère de l?agriculture (DGAL)] Encourager et
diffuser les solutions de substitution à l?utilisation des biocides dans les secteurs où elles
peuvent dès à présent être déployées, et soutenir et accompagner les projets de recherche
dans les secteurs où elles ne sont pas encore opérationnelles.
2.2 Les biocides, « c?est pas automatique ! »
Les produits biocides sont mal connus par certains professionnels, et encore moins par le grand
46 La Lutte Biologique par Conservation (LBC) est basée sur l?intensification dans le bâtiment d?élevage de l?action
des ennemis naturellement présents en effectuant des actions locales sur les micro-habitats (les bâtiments
d?élevage contiennent des écosystèmes invisibles à l?oeil nu). Source : Identification des interactions entre
arthropodes en vue du développement de la lutte biologique par conservation contre le pou rouge ? ITAVI,
novembre, décembre 2018
47 Pesticides risques professionnels en élevage - RMT Travail en élevage, janvier 2018
PUBLIÉ
https://www.itavi.asso.fr/publications/caracterisation-des-interactions-entre-arthropodes
https://www.itavi.asso.fr/publications/caracterisation-des-interactions-entre-arthropodes
https://idele.fr/?eID=cmis_download&oID=workspace%3A%2F%2FSpacesStore%2F016b12a9-957f-40f3-9fe9-29c8f9e0cb4d&cHash=d2a4dad9a7730adaa2d2cdfd9c493d8f#:~:text=Pesticides%20%E2%80%93%20Risques%20professionnels%20en%20%C3%A9levage%20Avoir%20conscience%20des%20risques
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public, d?autant que la réglementation est peu lisible pour le grand public. En effet, la mise sur le
marché et l?utilisation des produits chimiques sont encadrées par des règlementations différentes
selon leurs usages et une même substance active peut relever de plusieurs réglementations selon
le produit dans lequel elle est mise en oeuvre. À titre d?exemple, les termes « assainissant » et
« purifiant » peuvent renvoyer à une action biocide48, mais pas systématiquement : une lingette
désinfectante revendiquant une action désinfectante est un produit biocide alors qu?un détergent
contenant un conservateur est un article traité. Par ailleurs, pour les produits biocides concernés
par la période transitoire, les exigences en matière d?étiquetage sont un peu moindres49. Il n?est
évidemment pas possible d?y faire mention de la notion d?AMM(S), mais, surtout, ces produits
n?ayant pas été évalués selon les exigences du règlement (UE) n°528/2012, ils portent moins de
mentions de danger, de conseils de prudence50 et de conditions restrictives de mises en oeuvre.
Certains metteurs en marché de produits biocides entretiennent le flou sur les réglementations
applicables à leur produit et profitent de la période transitoire pour limiter les mentions présentes
sur les étiquettes. Le plan de surveillance de la mise sur le marché des produits biocides et des
détergents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des
fraudes (DGCCRF) en témoigne : « De nombreux produits présentent des dates de péremption
dépassées (produits biocides) et des étiquetages non conformes (produits biocides et produits
détergents) » (enquête 2019)51, « produits chimiques, biocides et détergents : la DGCCRF relève
d?importants manquements en matière d?étiquetage » (contrôles 2021)52.
De même que la mise sur le marché, la délivrance, l'utilisation et la détention des produits
phytopharmaceutiques pour un usage non professionnel sont interdites53, la protection de la santé
du grand public et la limitation de l?émission de produits biocides dans l?environnement devraient
passer par des restrictions de leur usage par le grand public et la promotion de la prévention et de
techniques alternatives non chimiques.
La loi « EGALIM 1 » a déjà renforcé l?encadrement national de certains produits biocides ne
disposant pas d?AMMS. A minima la mention « Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci
est indispensable, notamment dans les lieux fréquentés par le grand public. Privilégiez chaque fois
que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la
santé humaine et animale et pour l'environnement » devrait être rendue obligatoire sur l?ensemble
des produits biocides destinés au grand public. Il est par ailleurs urgent de publier l?arrêté de mise
en oeuvre du décret n°2019-1052 interdisant la vente en libre-service à des utilisateurs non
professionnels de certains produits biocides.
S?agissant de la communication en faveur de la prévention et de techniques alternatives non
chimiques, certaines campagnes d?information existent déjà, qu?elles soient génériques « Les
48 État ? Conseil national de la consommation ? Guide pratique des allégations environnementales, version 2023
49 DGPR - Fiche technique de l?étiquetage, version du 11 avril 2022 : comparaison des étiquetages et article 10 de
l?arrêté du 19 mai 2004 relatif au contrôle de la mise sur le marché des substances actives biocides et à l'autorisation
de mise sur le marché des produits biocides
50 Les mentions de danger et de conseils de prudence, nommées aussi « phrase de risques » relèvent du
Règlement (CE) n°1272/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relatif à la classification,
à l'étiquetage et à l'emballage des substances et des mélanges( dut « CLP »). Elles sont du type : « H335 : Peut
irriter les voies respiratoires » (danger) ou « P280 : Porter gants de protection, vêtements de protection, protection
des yeux et protection du visage » (conseil de prudence)
51 Résultats de l?enquête 2019, publiés le 15 mars 2021
52 Résultats de l?enquête 2021, publiés le 8 novembre 2023
53 Loi n° 2014-110 du 6 février 2014 visant à mieux encadrer l'utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire
national dite « loi Labbe », modifiée par l?article 68 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition
énergétique pour la croissance verte
PUBLIÉ
https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/documentation/publications/brochures/2012/Guide_allegat_environ_fr_2012.pdf
https://www.helpdesk-biocides.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=149&Itemid=146&lang=fr
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000251018/
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A02008R1272-20231201
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/surveillance-de-la-mise-sur-le-marche-des-produits-biocides-et-des-detergents
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/produits-chimiques-biocides-et-detergents-la-dgccrf-releve-dimportants-manquements-en
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028571536/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000031045038
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biocides, ces pesticides méconnus dont il faudrait se passer avec le réseau des CTRC »54 ou
ciblées, dans le cas de la lutte contre le moustique tigre55. Le PNSE4 prévoit la réalisation d?actions
de communication « auprès du grand public et des professionnels sur le bon usage des détergents,
des désinfectants, et des alternatives possibles, en adaptant le message au public, à la cible et
aux enjeux alternatives possibles, en adaptant le message au public, à la cible et aux enjeux »56.
S?agissant du grand public, l?action de communication devrait couvrir l?ensemble des produits
biocides en veillant à rendre le terme « biocides » compréhensible. Un message simple, par
exemple en résonnance avec la campagne nationale « les antibiotiques, c?est pas automatique »57,
permettrait de réduire leur usage et donc l?impact des biocides sur la santé et l?environnement.
Par comparaison avec la campagne de communication du ministère de la santé, une campagne
dédiée à la réduction de l?utilisation des biocides coûterait de l?ordre de quelques millions d?euros58.
Recommandation 5. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministère de la santé
(DGS)] Lancer une large campagne de communication en faveur des méthodes de
prévention du développement des organismes indésirables et des techniques alternatives
sans biocides pour s?en prémunir sur le modèle de la campagne « les antibiotiques c?est
pas automatique ».
2.3 Encourager le développement de dispositifs de substitution aux
produits biocides
Afin de réduire l?utilisation des produits biocides, il est nécessaire de promouvoir les actions de
prévention visant à traiter le problème à la source, développer et promouvoir des solutions de
substitutions à l?utilisation de produits biocides et mettre en place et soutenir des actions de
sensibilisation et de formation. L?examen d?alternatives non chimiques révèle l?existence d?une
large panoplie d?outils. En voici quelques exemples :
? éviter les causes de développement et de transmission des organismes indésirables (ex :
poubelles inaccessibles aux rongeurs ; précautions prises lors du ramassage des
encombrants susceptibles d?être contaminé par les punaises de lit ; destruction des gîtes
larvaires de moustiques) ;
? prévoir des dispositions dans les plans locaux d?urbanisme (PLU communaux ou
intercommunaux) pour prendre en compte les enjeux de santé publique dans la conception
des projets d?urbanisme pour ne pas créer d?espaces propices au développement des
organismes indésirables par exemple vis-à-vis du moustique tigre en évitant les
constructions pouvant générer des zones d'eau stagnantes (toitures terrasses sauf si
végétalisées, pente suffisante pour les terrasses sur plots...) ;
? déterminer les situations pour lesquelles un protocole de nettoyage est suffisant (ex :
surface basse en milieu hospitalier) ;
54 Les biocides, ces pesticides méconnus dont il faudrait se passer - Institut national de la consommation avec le
réseau des centres techniques régionaux de la consommation (CTRC), septembre 2023
55 Moustique Tigre - La liste des bons gestes à adopter - ARS Nouvelle-Aquitaine, 2024
56 Action 3-2 du PNSE4 : « De nombreuses parties prenantes souhaiteraient une meilleure communication sur le
bon usage des produits désinfectants, aussi bien par les particuliers que par les professionnels, suite à la crise de
la Covid-19 »
57 Lancement de la campagne CNAM pour un meilleur usage des antibiotiques - INA, 2002
58 Propositions du groupe de travail spécial pour la préservation des antibiotiques _ Ministère de la santé, juin 2015
PUBLIÉ
https://www.inc-conso.fr/content/les-biocides-ces-pesticides-meconnus-dont-il-faudrait-se-passer-avec-le-reseau-des-ctrc
https://www.nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr/4-comment-lutter-contre-le-moustique-tigre
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/2114531001047/lancement-campagne-de-la-cnam-pour-un-meilleur-usage-des-antibiotiques
https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_antibiotiques.pdf
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? mettre en oeuvre des barrières physiques (ex : utilisation de moustiquaire ; étanchéification
des bâtiments sensibles vis-à-vis des activités humaines ; port de sur-chaussures ou
blouses jetables) ;
? utiliser des matériaux aux caractéristiques particulières (ex : surfaces lisses empêchant la
formation de biofilms de microorganismes pathogènes) ;
? recourir à des techniques alternatives de suppression des nuisibles ou organismes
pathogènes (chaud, froid, ultra-violet) ;
? installer des systèmes de piégeage (ex : utilisation de pièges à rongeurs et à insectes) ;
? introduire, en évaluant les incidences éventuelles sur l?environnement, des prédateurs
naturels ou des parasites.
Afin d?encourager le développement de ces dispositifs auprès des professionnels et du grand
public, ainsi que pour une diffusion, la plus large possible, des pratiques associées, il conviendra
de recourir à des actions incitatives et d?accompagnement :
? promouvoir auprès du grand public et des professionnels les alternatives aux produits
biocides ;
? pour les entreprises qui investissent dans des alternatives aux produits biocides,
promouvoir l?innovation via les dispositifs de droit commun (crédit impôt recherche et crédit
d?impôt innovation) ou des appels à projets dédiés dotés financièrement.
PUBLIÉ
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3 En cas d?utilisation des biocides, adopter des bonnes
pratiques
L?article 18 du règlement biocides incite à l?utilisation durable des produits biocides et dispose que
la Commission présente « un rapport sur la contribution du règlement à utilisation durable des
produits biocides ». Ce rapport devait examiner, entre autres, « la promotion des meilleures
pratiques afin de réduire l?utilisation des produits biocides au minimum, les approches les plus
efficaces pour surveiller l?utilisation de produits biocides, l?élaboration et l?application de principes
de lutte intégrée contre les organismes nuisibles, ? ».
Ce rapport59 rendu en 2016 définit l?utilisation durable des produits biocides comme « celle qui vise
à réduire les risques et les incidences de l?utilisation des produits biocides sur la santé humaine, la
santé animale et l?environnement et à promouvoir les mesures de lutte intégrée contre les
organismes nuisibles et les approches ou techniques de substitution, telles que les solutions non
chimiques permettant de remplacer les produits biocides ». Il note cependant que dans certains
cas, il est possible « que les solutions de substitution non chimiques ne soient pas efficaces ou
pratiques, voire qu?elles ne soient pas disponibles ». Dans de tels cas l?utilisation des produits
biocides reste ainsi nécessaire.
Figure 9 : les étapes de la lutte intégrée
Source : mission
Par ailleurs, comme le pointe l?avis de l?Anses de juin 202060, afin de prévenir l?apparition de
résistance, il convient de limiter les mésusages des produits biocides pouvant notamment conduire
à l?exposition des bactéries-cibles à des concentrations sub-létales favorisant leur adaptation.
59 Rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil concernant l?utilisation durable des biocides
conformément à l?article 18 du règlement (UE) n°528/2012 du Parlement européen et du Conseil concernant la
mise à disposition sur le marché et l?utilisation des produits biocides
60 AVIS et RAPPORT révisé de l'Anses relatif à la Résistance aux biocides antimicrobiens ? Anses, juin 2020
Mesures
préventives
Surveillance
action corrective
par traitement
non chimique
Action corrective
si nécessaire par
utilisation de
produits biocides
Evaluation
PUBLIÉ
https://www.europarl.europa.eu/RegData/docs_autres_institutions/commission_europeenne/com/2016/0151/COM_COM(2016)0151_FR.pdf
https://www.anses.fr/en/system/files/BIOC2016SA0238Ra.pdf
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La feuille de route interministérielle « Prévention et réduction de l?antibiorésistance, lutte contre la
résistance aux antimicrobiens 2024-2034 »61 va dans le même sens et s?inscrit dans ce risque de
résistances croisées des produits biocides avec les antibiotiques et prévoit notamment la
sensibilisation et la formation au bon usage des produits biocides du grand public, des
établissements de santé, des élevages, des établissements d?abattage et de découpe et des
cliniques vétérinaires, en complément des actions conduites dans le cadre du PNSE4.
En effet, au-delà des démarches de prévention et des solutions de substitution, l?utilisation des
produits biocides reste indispensable dans certains cas. Leur utilisation doit alors être raisonnée,
en ayant conscience des risques associés.
3.1 Professionnels : un outil pour choisir son biocide
Dans le cadre d?une approche d?utilisation durable, l?usage de produits biocides peut s?avérer
nécessaire et, dans ce cas, le choix du produit doit faire l?objet d?une attention particulière au même
titre que sa manipulation, son dosage? Choisir le produit le plus adapté demande d?avoir au
préalable défini précisément le besoin et d?apporter ensuite une vigilance sur la nature des
composants, leur impact environnemental et sanitaire?
Au cours de ses auditions, la mission a noté que, bien qu?intéressée par l?impact du produit biocide
sur la santé et l?environnement, la grande majorité des acteurs n?avait pas connaissance de la
notion d?AMMS. Pourtant les produits biocides bénéficiant d?une AMMS présentent des avantages
majeurs pour les professionnels (et le grand public) parmi lesquels :
? ils ont fait l?objet d?une évaluation portant sur leur efficacité pour l?usage visé ainsi que sur
les risques pour la santé et l?environnement (au même titre que les produits biocides
bénéficiant d?une AMM) ;
? ils peuvent être considérés comme étant des produits biocides moins nocifs pour la santé
et l?environnement par rapport à des produits biocides bénéficiant d?une AMM, de par les
substances actives qui les composent.
Une fois le principe de l?AMMS expliqué, un intérêt pour les produits biocides en bénéficiant a été
noté, à la condition toutefois que le produit réponde aux besoins du secteur et qu?il soit conforme
aux normes applicables aux différents secteurs (ces deux conditions sont indispensables et sont
prioritaires par rapport à l?impact du produit biocide sur la santé et l?environnement).
La base de données française BioCID pourrait être un bon vecteur d?information des acheteurs et
utilisateurs professionnels de produits biocides afin de les orienter vers des produits bénéficiant
d?une AMMS. Toutefois, il conviendra de transformer la base de données BioCID : la rendre
ergonomique et l?enrichir de fonctionnalités de recherche permettant d?orienter les utilisateurs vers
des produits biocides moins nocifs pour la santé et l?environnement (via les phrases de risques et
mentions de dangers par exemple).
Par ailleurs, ce site web permet déjà de réaliser une recherche avancée par « statut
règlementaire » (« Transitoire », « Demande d?AMM déposée », « sous AMM » ?), mais le statut
« AMMS » n?est pas proposé et devrait être ajouté. Les termes de « statut règlementaire » restent
obscurs pour la majorité des acteurs, même avec les explications fournies dans la FAQ, ils
gagneraient à être mieux expliqués, afin de permettre aux utilisateurs de comprendre ce qui se
cache derrière les différents termes. En effet, contrairement aux produits biocides qui sont en
période transitoire, un produit biocide sous AMM (quelle que soit la nature de l?AMM) est un produit
dont l?évaluation de l?efficacité et des risques pour la santé humaine et l?environnement a été
61 Feuille de route interministérielle de prévention et réduction de l?antibiorésistance, lutte contre la résistance aux
antimicrobiens 2024-2034
PUBLIÉ
https://biocid-anses.fr/biocid#!
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/feuille-route-2024-2034-prevention-reduction-antibioresistance
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effectuée selon des règles communes et régulièrement actualisées. Cette information importante
permettrait à l?utilisateur de diriger son choix vers ces produits plutôt que vers les produits
bénéficiant de la période transitoire, dont l?évaluation n?a pas été réalisée selon les méthodes les
plus récentes en application du règlement (UE) n°528/2012. De la même manière, un produit
biocide sous AMMS est moins nocif pour la santé et l?environnement qu?un produit biocide sous
AMM, expliquer et mettre en avant cette information donnerait une autre clef de lecture aux
acheteurs. Une fois le site amélioré, la mission recommande d?en assurer la promotion auprès des
têtes de réseau des différentes branches professionnelles, en apportant une attention spécifique à
l?impact des produits biocides sur la santé humaine et l?environnement et plus spécifiquement sur
la notion d?AMMS. Ce site amélioré facilitera l?intégration des critères de dangerosité des produits
biocides dans les cahiers des charges des acheteurs en complément des autres critères tels que
les normes qui leur sont applicables.
Recommandation 6. [Ministères en charge de la tutelle de l?Anses (économie, travail, santé,
agriculture, écologie) et l?Anses] Améliorer la base BioCID et son ergonomie ; rendre
facilement accessibles les critères de risque pour la santé et l?environnement et la notion
d?autorisation de mise sur la marché simplifiée (AMMS) pour guider les acheteurs ; assurer
la promotion de cette base auprès des têtes de réseau des branches professionnelles
(établissements de santé, entreprises de nettoyage, collectivités, instituts techniques
agricoles, entreprises de désinfection, désinsectisation, dératisation etc.)
3.2 Des professionnels formés pour un usage raisonné des biocides
La mise à disposition d?un outil d?identification des alternatives aux produits biocides les plus nocifs
ne sera pas suffisant à en réduire l?utilisation. Il conviendra de compléter cette action par la
formation des professionnels utilisant des produits biocides afin d?en assurer un usage raisonné,
d?une part via l?extension du dispositif Certibiocide, et, d?autre part, via un travail avec les têtes de
réseau professionnelle.
3.2.1 La formation obligatoire : le « Certibiocide »
L?apparition de nouveaux nuisibles (frelons asiatiques, « moustiques tigres », etc.) sur le territoire
national, a mis en exergue la disparité des niveaux de connaissance des intervenants, ainsi que la
nécessité d?encadrer ce domaine d?activité, et notamment de s?assurer de la compétence des
professionnels de l?application des produits biocides.
Par ailleurs, un dispositif de formation obligatoire des vendeurs et utilisateurs de produits
phytopharmaceutiques existe depuis 2011 « Certiphyto » en application de la directive
n°2009/128/CE. C?est là l?origine de l?introduction, en 201362, du dispositif Certibiocide, qui crée un
certificat individuel pour l'activité « utilisateur professionnel et distribution de certains types de
produits biocides destinés exclusivement aux professionnels ». Les types de produits initialement
visés (TP08, 14, 15, 18 et 2063), ont été élargis, depuis le 1er janvier 202464, à d?autres types de
produits concernant les professionnels de la désinfection (TP02, 03, 04 et 21)65.
62 Arrêté du 9 octobre 2013 relatif aux conditions d'exercice de l'activité d'utilisateur professionnel et de distributeur
de certains types de produits biocides
63 L?arrêté du 9 octobre vise le TP23, qui n?existe pas, en lieu et place du TP20.
64 La mise à jour de l?arrêté du 9 octobre 2013 fait suite à l?atelier de travail sur les produits biocides de la conférence
« Une seule santé, en pratique » de 2021.
65 Arrêté du 9 octobre 2013 mis à jour le 23 janvier 2023 et notice explicative.
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028214219/
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Notice_explicative_Certibiocide_fevrier_2024%20%281%29.pdf
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Ainsi, à ce jour, le « Certibiocide » aborde les points nécessaires à une utilisation efficace et plus
sûre des produits. Il se décline en trois dispositifs qui s?appliquent à plusieurs types de produits
biocides répartis en différentes catégories selon leur usage :
? « Certibiocide désinfectants » : TP02, TP03 et TP04 ;
? « Certibiocide nuisibles » : rodenticides et autres produits de lutte contre les
nuisibles :TP14 ; TP18 et TP20 ;
? « Certibiocide « autres produits » » : produits de protection du bois (TP08), avicides (TP15),
produits antisalissure (TP21).
L?ensemble des mesures prises par l?arrêté du 9 octobre 2013 et ses évolutions a pour objectif de
favoriser des conditions d?utilisation et d?application des produits biocides plus sûres et plus
efficaces, ainsi qu?une responsabilité accrue des entreprises concernées. Par ailleurs, le format,
les contenus de la formation et les types de produits biocides concernés ont été revus pour mieux
sensibiliser les professionnels aux problématiques liées à ces produits, à leur utilisation efficace et
sûre, ainsi qu?à leurs impacts sur la santé et l?environnement.
On notera cependant que, même s?il a été élargi en 2024, le dispositif Certibiocide ne s?applique
pas à l?ensemble des produits biocides utilisés par des professionnels. Sont ainsi exclus, par
exemple, les biocides utilisés pour la production d?eau potable (TP05), pour la protection des
produits pendant le stockage (TP06), les répulsifs et appâts (TP19). Certains utilisateurs
professionnels n?y sont pas non plus soumis, tels que ceux qui utilisent des produits biocides
achetés et utilisés exclusivement dans un processus de production, de transformation et de
distribution des denrées alimentaires et des aliments pour animaux66 ou dans un système de
production industriel.
Poursuivre la mise en place de « Certibiocides », adaptés aux différents TP, pour tous les
utilisateurs professionnels et la distribution de produits biocides destinés exclusivement aux
professionnels permettrait d?en étendre les avantages.
Recommandation 7. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministères sociaux (DGT
+ DGEFP)] Établir des référentiels de formation à l?utilisation sécurisée des produits
biocides par les professionnels pour l?ensemble des types de produits non actuellement
couverts par le Certibiocide.
3.2.2 Des exemples d?actions de têtes de réseau
La méconnaissance des produits biocides et de leur impact sur la santé et l?environnement peut
être à l?origine d?une utilisation inadaptée, voire abusive, de produits biocides.
Les entretiens menés par la mission avec plusieurs filières ont permis d?identifier différentes actions
en faveur d?un usage plus raisonné des biocides qu?il conviendrait de répliquer et diffuser. Ces
actions relèvent d?une part de la sensibilisation et de la formation des différents acteurs concourant
à la sélection et à l?utilisation de produits biocides, et, d?autre part, de l?élaboration de bonnes
pratiques ou normes favorisant les usages raisonnés.
Tant les représentants du milieu hospitalier que ceux de la filière de désinfection, désinsectisation
et dératisation, témoignent de l?impact positif d?une démarche de sensibilisation et de formation
66 L?arrêté du 9 octobre 2013 définit le processus de production, transformation et distribution par « toutes les étapes
de la production primaire à la vente ou à la livraison au consommateur final d'une denrée alimentaire ou d'aliments
pour animaux ».
PUBLIÉ
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des professionnels. La prise de conscience est plus variable chez les représentants des filières
d?élevage et des collectivités quand bien même certaines actions ont été engagées.
Les exemples suivants traduisent la diversité des actions qui peuvent être menées :
? en milieu hospitalier : l?idée d?un usage raisonné des détergents et désinfectants en milieu
hospitalier n?est pas récente, puisqu?en 2016 un bulletin du CPias 67 proposait un
accompagnement aux établissements pour la promotion d?un usage raisonné pour
l?entretien.
Le niveau de sensibilisation aux enjeux de réduction de l?utilisation des produits biocides
dépend fortement de la taille des structures, les gros acheteurs tels que l?Assistance
publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) pouvant disposer de compétences dédiées auxquelles
n?ont pas accès les plus petites, tant lors de la sélection des produits que de leur utilisation.
En région Provence-Alpes-Côte d?Azur (PACA), une action de promotion d?usage raisonné
des détergents et des désinfectants, ainsi que l?adoption de pratiques et d?achats
responsables pour l?entretien des locaux en établissement sanitaire et médico-social hors
période d?épidémie a été menée dans le cadre du plan régional santé environnement 2
(PRSE2 de 2011 à 2015), auprès de plus de 200 établissements68. L?action a porté, entre
autres, sur la maîtrise de l?usage des produits, dont biocides, en entretien conventionnel.
Les résultats font apparaître une marge importante pour la réduction de la consommation
des produits biocides en milieu médico-social (l?analyse des consommations en volume de
produits montre en effet une réduction de 45% de la consommation de détergents et
désinfectant) ;
? dans le domaine de la désinfection, désinsectisation et dératisation (3D) : l?association
PROSANE a mis la formation au coeur de ses missions en mettant en avant la notion de
« professionnel formé ». Les « professionnels formés » doivent ainsi suivre une approche
dont l?application appelle une utilisation raisonnée des produits biocides.
Préalablement à l?utilisation des produits biocides, les professionnels doivent établir un
diagnostic de la présence des nuisibles et des raisons de cette présence puis mener des
actions de remédiations (étanchéification, etc.). L?utilisation de produits biocides intervient
en dernier recours et leur utilisation doit être adaptée selon le niveau d?infestation.
S?agissant précisément de la formation, la convention collective nationale69 impose à
chaque employeur d?organiser des actions de formation. Cela se traduit par la mise en
place de certificats de qualification professionnelles (CQP70), à l?initiative de la branche,
assurant ainsi un certain niveau de qualité et de sécurité pour les interventions de ces
professionnels.
L?intérêt de telles actions est corroboré par l?exemple de la Belgique qui a fait de la
sensibilisation des utilisateurs professionnels un axe de son plan fédéral de réduction des
biocides. Au-delà de la formation, l?utilisation raisonnée des produits biocides est favorisée
par l?élaboration et la diffusion de normes « métier ». C?est le cas dans le domaine de la 3D
qui s?appuie sur la norme CEPA CEN 16 636, une norme « métier » qui représente le seul
standard européen de qualité dans la lutte contre les nuisibles (« pest management »). Elle
y formalise le savoir-faire des 3D, la maîtrise de la traçabilité des interventions, ainsi que
les compétences des intervenants ;
67 Usage raisonné des détergents et des désinfectants pour l?entretien des locaux en EMS (hors épidémie) ? Bulletin
CClin-Arlin n°2, mars 2016
68 Bilan d?une action menée en région PACA visant à promouvoir les pratiques et achats responsables pour
l?entretien des locaux en établissements sanitaires et médico-sociaux (hors période d?épidémie), juin 2017
69 Convention collective nationale des entreprises de désinfection, désinsectisation, dératisation (3D) du 1er
septembre 1991. Étendue par arrêté du 16 janvier 1992 JORF 31 janvier 1992.
70 CQP - Technicien/ne applicateur/trice spécialisé/e dans la maîtrise des nuisibles
PUBLIÉ
https://www.association-prosane.fr/cepa#:~:text=Fond%C3%A9%20sur%20la%20norme%20CEN%2016636%20(seul%20standard%20de%20qualit%C3%A9
https://www.cpias.fr/bulletin/2016/02/02-pdf/02-carenco.pdf#:~:text=EMS%20conduit%20une%20action%20visant%20%C3%A0%20promouvoir%20l%E2%80%99usage%20rai-sonn%C3%A9%20des
https://www.paca.ars.sante.fr/system/files/2017-06/pratiques-achats-responsables-ES-ESMS-BD.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/conv_coll/id/KALISCTA000005694843/?idConteneur=KALICONT000005635437&origin=list
https://www.association-prosane.fr/_files/ugd/5adeab_6059e68187694925bfa347b1cdc31e9a.pdf
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? en ce qui concerne les filières d?élevage, le diagnostic sur l?utilisation des produits biocides
dans les filières n?est pas encore systématique. C?est néanmoins le cas par exemple dans
le cas des filières avicole, cunicole et piscicole dont une étude 71 réalisée par l?institut
technique (ITAVI) a mis en lumière les besoins de ces filières de disposer de produits plus
respectueux/moins dangereux pour la santé humaine et l?environnement ;
? pour les collectivités territoriales, la mairie de Paris, par exemple, a mis en place une lutte
intégrée contre les rongeurs et les moustiques, associant mesures préventives et utilisation
produits biocides de façon raisonnée, avec des désinfectants autorisés pour le grand public
(considérés par la mairie comme moins dangereux), utilisés par le service technique
propreté pour la désinfection des véhicules et des insecticides et rodenticides utilisés par
les égoutiers du service technique de l?eau et de l?assainissement.
En matière de traitement de l?eau distribuée, les collectivités territoriales recourent à des
produits biocides tels que l?eau de Javel (TP05), le tout permettant d?assurer une qualité
physico-chimique et/ou microbiologique requise en termes de potabilité La mairie de Paris
inscrit également les produits biocides utilisés pour la potabilisation de l?eau dans son
approche intégrée, compte tenu en particulier de la complexité de son réseau de
distribution.
Recommandation 8. [Ministères sociaux (DGT + DGEFP) - Ministère de la transition
écologique (DGPR)] Introduire une obligation de sensibilisation de l?ensemble des publics
professionnels en contact habituel avec des produits biocides aux impact sur la santé et
l?environnement associés à leur utilisation.
3.3 Pour une information simple pour le grand public, un
« toxiscore » indispensable
L?action 3-1 du PNSE4 prévoit de « renforcer la lisibilité de l?étiquetage des produits ménagers
destinés aux consommateurs »72. Cette action cible les produits de nettoyage et d?entretien, y
compris les produits désinfectants, soit, probablement, les TP01 à TP04 (les produits de traitement
de l?eau potable, TP05, étant un cas particulier). Il est souvent nommé « toxiscore »73 et vise un
usage sûr et efficace de ces produits.
L?impact attendu en termes de politiques publiques justifie de dépasser les réticences exprimées
par les acteurs du marché 74 et de consacrer les moyens nécessaires au dépassement des
difficultés méthodologiques. Ces difficultés sont réelles. Ainsi, la composition des produits
ménagers est souvent complexe et intègre des adjuvants ou parfums dont la toxicité peut fortement
influencer le score final, indépendamment de celle des substances actives.
Par ailleurs, la dangerosité des produits en période transitoire n?est pas évaluée selon les mêmes
règles que ceux qui bénéficient d?une AMM(S) d?où un risque de sous-évaluation. Il serait donc
préférable de ne pas allouer de « toxiscore » aux produits biocides non évalués dans les conditions
du règlement (UE) n°528/2012 pour ne pas créer d?incitation à les acheter mais néanmoins de
préciser la raison de l?absence de « toxiscore ».
71 Exposition aux produits biocides en élevages de volailles reproductrices et risques pour la sante des utilisateurs
? ITAVI, mars 2022
72 Les agences d?expertise (INERIS, Anses et Santé publique France) ont été saisies.
73 Inserm - Environnement : Vers l?élaboration d?un Toxi-Score, août 2021
74 Amélioration de la lisibilité de l?étiquetage des produits ménagers destinés aux consommateurs ? DGCCRF et
Conseil national de la consommation, juillet 2021
PUBLIÉ
https://www.itavi.asso.fr/publications/exposition-aux-produits-biocides-en-elevages-de-volailles-reproductrices-et-risques-pour-la-sante-des-utilisateurs?search=d%C3%A9sinfectant&order=date
https://www.inserm.fr/actualite/environnement-vers-lelaboration-dun-toxi-score/
https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/cnc/etiquetage-produit-menager/rapport_01_07_21.pdf
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La DGCCRF (enquête 2019) constate la complexité des étiquettes et la multiplication des labels et
certifications privées qui reposent sur « des référentiels privés qui ne respectent pas toujours les
dispositions réglementaires en vigueur ».
Le déploiement d?un « toxiscore » à l?ensemble des produits biocides bénéficiant d?une AMM(S),
en priorité ceux qui sont destinés au grand public, est ainsi indispensable.
Recommandation 9. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministère de l?économie
(DGCCRF)] Accélérer la mise en oeuvre de l?action « Renforcer la lisibilité de l?étiquetage
des produits ménagers destinés aux consommateurs » du 4e plan national santé-
environnement et la déployer sur l?ensemble des produits biocides.
PUBLIÉ
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4 Les biocides sont des produits dangereux et doivent être
traités comme tels
4.1 Repenser l?approche du sujet biocides dans le PNSE
L?action « Privilégier les biocides et détergents avec les profils les plus favorables pour la santé
publique et l?environnement » bute sur de nombreuses difficultés :
? la période transitoire induit une rupture d?égalité entre les produits biocides autorisés au
sens du règlement (UE) n°528/2012 et dont l?évaluation, y compris des substances actives
qu?ils contiennent, répond aux exigences actuelles et les produits autorisés au titre de la
période transitoire. En l?absence de modalité d?évaluation équivalente, la hiérarchisation
des produits biocides est inopérante ;
? les mentions valorisantes sont interdites.
Plus largement, dans la mesure où tout produit chimique est susceptible d?avoir des incidences
négatives, et où par définition des produits biocides, conçus pour tuer des organismes vivants, ont
un impact sur l?environnement et potentiellement la santé, la notion de « profils plus favorables »
pour la santé publique et l?environnement est discutable.
Le rapport inter-inspections sur l?évaluation et la préparation de l?actualisation de la feuille de route
interministérielle 2016 pour la maîtrise de l?antibiorésistance75, constatant que les produits biocides
présents en quantité importante dans l?environnement ont un impact significatif sur
l?antibiorésistance (les détergents biocides représentant plus de 50 % des intrants d?effluents,
principalement urbain), a conclu qu?un meilleur usage des produits biocides et des mesures
préventives permettrait d?éviter bon nombre d?effets indésirables.
En se basant sur les recommandations issues des ateliers de travail de la conférence « Une seule
santé, en pratique » de 202176 et sur le plan fédéral belge de réduction des biocides, l?utilisation
des produits biocides est un sujet qui s?inscrit particulièrement bien dans l?approche « One Health ».
Cette démarche globale et transversale, à la croisée des médecines humaine et vétérinaire, des
sciences de l?environnement et des sciences sociales, permet une meilleure gestion des
problématiques de santé publique, grâce à la meilleure prise en compte des relations
interdépendantes entre la santé humaine, celle des animaux, des végétaux et plus largement des
écosystèmes qui sont intimement liées.
Comme le préconise le PNSE4, « afin de protéger la santé humaine, animale et environnementale,
il est nécessaire de s?inscrire dans une démarche d?usage raisonné des désinfectants », cette
démarche pouvant être étendu aux produits biocides dans leur ensemble. Réduire le recours aux
produits biocides contribuera à limiter l?antibiorésistance.
Du fait de l?utilisation des produits par une large gamme d?acteurs et pour une vaste gamme
d?utilisation, la mise en place d?une feuille de route « Écobiocides » répondrait au besoin de
préservation de la santé et de l?environnement. Elle permettrait de regrouper ces actions sous une
bannière commune, identifiable et porteuse d?une intention d?usage sobre et durable des produits
biocides.
75 Evaluation et préparation de l?actualisation de la feuille de route interministérielle 2016 pour la maîtrise de
l?antibiorésistance ? Novembre 2022
76 Recommandations sur les biocides issues de la conférence « Une seule santé, en pratique » de 2021
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-et-preparation-de-l-actualisation-de-la-a3414.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-et-preparation-de-l-actualisation-de-la-a3414.html
https://www.vetagro-sup.fr/evenement/conference-une-seule-sante-en-pratique/
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Cette feuille de route aurait pour objet les principaux points de ce rapport, à savoir :
? la poursuite du programme de travail relatifs aux substances actives existantes ;
? l?information du grand public via :
? l?interdiction de vente en libre-service de certains produits biocides,
? une campagne de communication en faveur des méthodes de prévention et des
techniques alternatives sans biocides sur le modèle « les antibiotiques, c?est pas
automatique »,
? la mise en oeuvre de l?action « Renforcer la lisibilité de l?étiquetage des produits
ménagers destinés aux consommateurs » du PNSE4 sur l?ensemble des produits
biocides ;
? la formation des professionnels à une meilleure connaissance et utilisation des produits
biocides ;
? le développement et la promotion des alternatives aux produits biocides ;
? l?amélioration du pilotage des politiques publiques relatives à l?utilisation des produits
biocides, du suivi et de la promotion de la consommation de produits biocides ;
? la mise en place d?une redevance pour pollution diffuse.
Recommandation 10. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Faire évoluer le contenu
de l?action « Privilégier les biocides et détergents avec les profils les plus favorables pour
la santé publique et l?environnement » afin de plus largement promouvoir la sobriété en
matière d?utilisation des biocides et les méthodes alternatives à leur utilisation dans le cadre
d?une feuille de route « Écobiocides ».
4.2 Mettre en place une redevance pour pollution diffuse adaptée
La loi n°2006-1772 77 a créé une redevance pour pollution diffuse assise sur la masse des
substances actives contenues dans les produits phytopharmaceutiques. Cette redevance,
proportionnelle aux quantités de substance actives vendues, est d?autant plus élevée que les
substances actives présentent des risques pour la santé et l?environnement. Elle est perçue par
les agences de l?eau, selon le principe « pollueur-payeur » et contribue à défavoriser l?usage des
substances actives les plus toxiques. Les redevances collectées par les agences de l?eau leur
permettent en outre de conduire des actions visant à réduire l?usage des produits
phytopharmaceutiques.
La pollution de l?eau et des milieux, notamment aquatiques, par les pesticides est la conséquence
de l?usage de l?ensemble des pesticides, produits phytopharmaceutiques et biocides. En
conséquence, l?extension de la redevance pour pollution diffuse aux biocides est nécessaire, et
serait équitable en mettant sur le même plan les usages agricoles (produits phytopharmaceutiques)
et non agricoles (biocides). Cette extension tiendra compte des risques des substances actives.
Les produits biocides bénéficiant de la période transitoire seront soumis à la redevance pour
pollution diffuse et le taux appliqué aux substances qu?il contiennent devra être supérieur à celui
qui sera appliqué pour les substances composant les produits bénéficiant d?une AMMS.
À l?image de la redevance pour pollution diffuse utilisée, entre autres, pour réduire l?usage des
produits phytopharmaceutiques, cette redevance pourrait participer au financement de la feuille de
77Loi n°2006-1772 du 30 décembre 2006 sur l'eau et les milieux aquatiques, article 84 créant l?article L. 213-10-8
du code de l?environnement
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000649171
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006833066/2024-09-24/
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route « Écobiocides », visant une utilisation sobre et durable des produits biocides. Compte-tenu
de la dispersion du marché des produits biocides, il sera nécessaire d?identifier le niveau de collecte
le plus efficient dans la chaine de valeur, en veillant notamment à limiter les charges administratives
de collecte et de contrôle.
L?instauration d?une fiscalité contribuera en outre à améliorer la qualité des données de déclaration
annuelle des biocides mises sur le marché, ces données servant de base au calcul de la redevance.
Recommandation 11. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Instituer une redevance
pour pollution diffuse sur les substances actives entrant dans la composition des produits
biocides en prenant en compte ceux qui sont utilisés au titre de la période transitoire et
permettant de privilégier les produits biocides bénéficiant d?une AMMS.
4.3 La transparence des données, une nécessité
La Convention sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et
l'accès à la justice en matière d'environnement dite « Convention d?Aarhus »78 est entrée en
vigueur le 30 octobre 2001. Approuvée par la France le 8 juillet 2002 et par l?Union européenne le
17 février 2005, elle prévoit que « chaque Partie veille à ce que, dans le cadre de la législation
nationale, les autorités publiques mettent les informations sur l'environnement à la disposition du
public de façon transparente et à ce que ces informations soient réellement accessibles ».
L?un des objectifs de la directive 2003/4/CE79 du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier
2003 concernant l'accès du public à l'information en matière d'environnement et abrogeant la
directive 90/313/CEE du Conseil est « de veiller à ce que les informations environnementales
soient d'office rendues progressivement disponibles et diffusées auprès du public afin de parvenir
à une mise à disposition et une diffusion systématiques aussi larges que possible des informations
environnementales auprès du public. ».
L?article 7 de la Charte de l?environnement intégrée au bloc de constitutionalité français le 1er mars
2005 proclame que « toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi,
d'accéder aux informations relatives à l'environnement détenues par les autorités publiques et de
participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement ». Enfin
les articles L. 124-1 à L. 124-8 et R. 124-1 à R. 124-5 ainsi que la circulaire du 18 octobre 200780
précisent que « le droit à l?information relative à l?environnement comprend, d?une part, le droit
d?accès à l?information (obligation pour les autorités publiques de communiquer les informations
relatives à l?environnement qu?elles détiennent aux personnes qui en font la demande au moyen
d?une saisine officielle) et, d?autre part, le droit d?être informé (obligation pour les autorités publiques
de diffuser des informations relatives à l?environnement) ».
Au niveau de l?Union européenne, l?ECHA donne accès à deux bases de données, l?une pour les
substances actives et l?autre pour les produits biocides. Ces bases sont très complètes, mais ne
collectent pas les informations relatives aux produits biocides bénéficiant de la période transitoire.
Elles sont d?un usage complexe, notamment pour avoir une vision d?ensemble des substances
78 Convention sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice
en matière d'environnement. Aarhus (Danemark), 25 juin 1998
79 Directive 2003/4/CE du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier 2003 concernant l'accès du public à
l'information en matière d'environnement et abrogeant la directive 90/313/CEE du Conseil
80 Circulaire du 18 octobre 2007 relative à la mise en oeuvre des dispositions régissant le droit d?accès à
l?information relative à l?environnement
PUBLIÉ
https://www.conseil-constitutionnel.fr/la-constitution/la-charte-de-l-environnement
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033140333/2024-08-23
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006835036
https://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=IND&mtdsg_no=XXVII-13&chapter=27&clang=_fr#EndDec
https://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=IND&mtdsg_no=XXVII-13&chapter=27&clang=_fr#EndDec
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A32003L0004
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Bulletinofficiel-0005676&reqId=42ccf61f-225f-4ff1-bf7a-4da98984b21a&pos=14
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actives et des produits biocides, les recherches se faisant par sélection successive de critères81.
Au niveau français, le site du ministère de la transition écologique renvoie vers les sites Internet
de l?ECHA, de l?Anses (site général), du registre des AMM biocides, BioCID et CERTIBIOCID.
Le registre des AMM biocides donne accès aux décisions et aux conclusions d'évaluations relatives
à la mise sur le marché des produits biocides en France (délivrées par le ministère chargé de
l?environnement jusqu?au 30 juin 2016 et par l?Anses après le 1er juillet 2016). Les seuls critères
de sélection des 3 918 produits (22 août 2024) sont le « Nom du produit », le « numéro AMM » et
la date de signature de la décision. Le registre permet d?accéder à la conclusion de l?évaluation qui
comporte notamment les phrases de risque pour la santé et l?environnement.
Le moteur de recherche de la base BioCID offre plusieurs critères de sélections. Toutefois les
statuts réglementaires proposés ne permettent pas de choisir un produit bénéficiant d?une AMMS.
Si l?exportation de résultats d?une recherche est possible, l?extraction de la base complète ne l?est
pas. Par ailleurs, ni les quantités de substances actives et de produits biocides vendus, ni leur
évolution au cours du temps ne sont accessibles au public.
Le registre des AMM biocides et BioCID sont porté par l?Anses, sans que l?intérêt de proposer deux
sites comportant des informations en partie similaires soit évident. Par ailleurs, les synergies ne
sont pas optimales. Ainsi les fiches des produits sur BioCID ne permettent pas d?accéder aux
conclusions de l?évaluation. À l?inverse, les fiches des produits sur le registre des AMM biocides
ne renvoient pas vers BioCID, plus complet et plus ergonomique pour le public.
L?action 18 du PNSE4 prévoyait de « créer un espace commun de partage de données
environnementales pour la santé, le Green Data for Health », notamment pour faciliter les
croisements entre les données environnementales (au sens large) et les données sanitaires. Il est
en effet apparu nécessaire que les données environnementales existantes puissent être plus
facilement mobilisées pour mieux caractériser les expositions humaines aux facteurs de risques
environnementaux ainsi que pour permettre un appariement rigoureux des données
environnementales avec les données de santé, notamment celles du système national des
données de santé (« Health Data Hub »).
Le « Green Data for Health » (GD4H) existe aujourd?hui dans une version beta de la plateforme.
Elle référence une base de données de produits biocides déclarés mise à jour le 5 décembre 2014.
Comme en témoignent les commentaires d?utilisateurs, les fichiers extraits sont quasi illisibles, ne
contiennent pas les quantités vendues et, contrairement à la description qui en est faite, les
données ne sont pas géoréférencées.
S?agissant des pesticides, le GD4H recense la « Banque nationale des ventes réalisées par les
distributeurs des produits phytopharmaceutiques appelés plus communément produits
phytosanitaires » (BNV-D). Cette base de données alimentée par les industriels responsables de
la mise sur le marché et par les distributeurs est croisée avec la base E-Phy de l?Anses qui
répertorie l?ensemble des produits phytosanitaires (libellés des produits, composition en
substances actives, concentrations, etc.)82. Les données de vente des substances actives sont
ainsi disponibles pour les millésimes 2008 à 2022, avec une granularité spatiale au niveau des
régions, des départements et des, communes. Les données d?achat sont également disponibles
81 Des fichiers peuvent être extraits, toutefois, la taille est limitée et l?extraction de la liste des produits biocides ne
peut se faire que par sous-ensemble avant de reconstituer un fichier global. Par ailleurs, les données sont
présentées dans la logique des approbations et autorisations sous forme de couple [substances active/type de
produit] ou [produit biocide-pays]. Enfin, seul les produits biocides autorisés sont répertoriés, tous ceux qui
contiennent au moins une substance active inscrite au programme de travail sont absents. Ces bases sont
difficilement utilisables par les professionnels et non utilisables par le public.
82 État des lieux des ventes et achats des produits phytopharmaceutiques en France ? Notice méthodologique, avril
2023
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr
https://www.anses.fr/fr/decisions_biocide
https://biocid-anses.fr/biocid#!
https://certibiocide.din.developpement-durable.gouv.fr/
https://www.health-data-hub.fr/
https://ventes-produits-phytopharmaceutiques.eaufrance.fr/articles
https://ephy.anses.fr/
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/6350/download?inline
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au niveau du code postal depuis 2015.
Cette différence de mise à disposition de données relatives aux pesticides entre les produits
phytosanitaires et les biocides ne permet pas le pilotage de la politique de réduction de l?incidence
des biocides sur l?environnement ou la santé humaine et animale. Elle ne répond pas aux
exigences de transparence en matière de données ayant des incidences sur l?environnement.
Recommandation 12. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Mettre à disposition les
données de vente des substances actives de produits biocides à l?échelle la plus fine
possible en alimentant « Green Data for Health » avec l?ensemble des données disponibles.
PUBLIÉ
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Conclusion
À l?image du slogan « les antibiotiques, c?est pas automatique » lancé par l?État et la Caisse
nationale d?assurance maladie (CNAM) qui vise à informer le public sur l?inutilité des antibiotiques
dans certaines situations ou de la campagne « le meilleur déchet est celui qu?on ne produit pas »
qui vise à réduire la production de déchet, ce rapport se questionne sur la notion de « produit
biocide avec le profil le plus favorable pour la santé et pour l?environnement » et de manière plus
large sur les modalités de l?utilisation des produits biocides. Réaliser le panorama du marché des
produits biocides, ce qui permettrait d?en connaître les utilisations, se heurte à plusieurs difficultés.
Leur utilisation large et variée à mettre en regard de l?absence de connaissance de la notion de
« produits biocides » par certains acteurs en est une première, une règlementation européenne
dont la mise en oeuvre n?est pas encore stabilisée en est une seconde. Les autorisations de mise
sur la marché simplifiée (AMMS), qui permettraient d?identifier les produits biocides aux profils
moins défavorables pour la santé et l?environnement sont encore peu développées et la notion est
mal connue.
Dans son approche, la mission s?inscrit dans une perspective d?utilisation sobre et durable des
produits biocides. Cela suppose de mieux identifier le problème à corriger et y appliquer des
mesures de prévention couplées ou non à des méthodes de substitution pour le résoudre afin de
réserver l?usage des produits biocides aux certains cas où ils sont indispensables et réduire de
manière durable les impacts que leur utilisation génère sur la santé et l?environnement.
Au cours des entretiens, la mission a relevé des discours communs entre les acteurs rencontrés
(entreprises et fédérations professionnelles, services publics, association de consommateurs?) :
le manque de connaissance de ce qu?est un produit biocide en fait partie mais également le fait
qu?ils sont utilisés sans perception du risque, parfois de manière non adaptée, ou encore que leur
utilisation ne permet pas de résoudre le problème à la source mais uniquement d?en traiter les
conséquences. L?approche proposée par la mission avec ses recommandations vise ainsi à
accompagner le grand public mais aussi les professionnels dans leur réflexion sur leur besoin en
produits biocides. Pour les professionnels, cette approche propose deux étapes, le développement
et la promotion de méthodes de substitution accompagné d?un volet sur l?utilisation des produits
biocides via un accès facilité à l?information et des formations. Pour le grand public, cette approche
procède également en deux étapes via une campagne de communication en faveur des méthodes
de prévention et des techniques alternatives et une meilleure lisibilité des étiquettes des produits,
notamment des produits ménagers, ainsi que l?interdiction de vente en libre-service de certains
produits.
Ces travaux pourraient être portés par une feuille de route « Écobiocides », en les complétant par
des mesures transverses tels que l?institution d?une redevance pour pollution diffuse sur les
substances entrant dans la composition des produits biocides ou encore la mise à disposition au
public des données de vente.
Karine Brulé
Didier Pillet
Xavier Raher
Emilie Rasooly
Inspectrice
générale
Ingénieur général
des mines
Ingénieur
des mines
Inspectrice
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
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Annexe 2. Classification des produits biocides
Source : Règlement (UE) n°528/2012 du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2012
concernant la mise à disposition sur le marché et l?utilisation des produits biocides. Version
consolidée au 15 avril 2022.
En gras les types de produits biocides pour lesquels il existe des autorisations de mise sur le
marché simplifiée (AMMS) en France, le détail est en annexe 4.
Groupe Type de produits
GROUPE 1 :
Désinfectants
Type de produits 1 : hygiène humaine
Type de produits 2 : désinfectants et produits algicides non destinés à
l?application directe sur des êtres humains ou des animaux
Type de produits 3 : hygiène vétérinaire
Type de produits 4 : surfaces en contact avec les denrées alimentaires et
les aliments pour animaux
Type de produits 5 : eau potable
GROUPE 2 :
Produits de protection
Type de produits 6 : protection des produits pendant le stockage
Type de produits 7 : produits de protection pour les pellicules
Type de produits 8 : produits de protection du bois
Type de produits 9 : produits de protection des fibres, du cuir, du caoutchouc
et des matériaux polymérisés
Type de produits 10 : produits de protection des matériaux de construction
Type de produits 11 : produits de protection des liquides utilisés dans les
systèmes de refroidissement et de fabrication
Type de produits 12 : produits anti-biofilm
Type de produits 13 : produits de protection des fluides de travail ou de coupe
GROUPE 3 :
Produits de lutte contre
les nuisibles
Type de produits 14 : rodenticides
Type de produits 15 : avicides
Type de produits 16 : molluscicides, vermicides et produits utilisés pour lutter
contre les autres invertébrés
Type de produits 17 : piscicides
Type de produits 18 : insecticides, acaricides et produits utilisés pour lutter
contre les autres arthropodes
Type de produits 19 : répulsifs et appâts
Type de produits 20 : lutte contre d?autres vertébrés
GROUPE 4 :
Autres produits biocides
Type de produits 21 : produits antisalissure
Type de produits 22 : fluides utilisés pour l?embaumement et la taxidermie
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX%3A02012R0528-20220415
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX%3A02012R0528-20220415
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Annexe 3. Autorisation de mise sur le marché simplifiée
(AMMS)
Le règlement (UE) n°528/2012 du 22 mai 2012 concernant la mise à disposition sur le marché et
l?utilisation des produits biocides prévoit dans son chapitre V une procédure d?autorisation
simplifiée.
Une demande d?autorisation peut, pour les produits biocides admissibles, être soumise dans le
cadre d?une procédure d?autorisation simplifiée. Un produit biocide est admissible si toutes les
conditions suivantes sont remplies :
? toutes les substances actives contenues dans le produit biocide figurent à l?annexe I et
respectent toute restriction précisée dans ladite annexe ;
? le produit biocide ne contient pas de substance préoccupante ;
? le produit biocide ne contient aucun nanomatériau ;
? le produit biocide est suffisamment efficace ;
? la manipulation du produit biocide et son utilisation prévue ne nécessitent pas de matériel
de protection individuelle.
Si toutes ces conditions sont remplies, le demandeur sollicitant l'autorisation doit soumettre une
demande à l'ECHA, en indiquant quelle autorité compétente de l'État membre concerné évaluera
la demande. Lorsqu'une autorisation simplifiée est accordée, le produit biocide peut être mis à
disposition sur le marché dans d'autres États membres sans qu'une reconnaissance mutuelle ne
soit nécessaire. Toutefois, le titulaire de l'autorisation doit notifier chaque État membre concerné
30 jours avant de mettre le produit sur le marché de son territoire.
Les substances actives sont considérées comme préoccupantes lorsque :
? elles répondent aux critères de classification suivants du règlement (CE) no 1272/2008 :
? explosibles / facilement inflammables,
? peroxydes organiques,
? ayant une toxicité aiguë de catégorie 1, 2 ou 3,
? corrosives de catégorie 1A, 1B ou 1C,
? sensibilisants respiratoires,
? sensibilisants cutanés,
? agents mutagènes des cellules germinales de catégorie 1 ou 2,
? cancérogènes de catégorie 1 ou 2,
? toxiques pour la reproduction humaine de catégorie 1 ou 2 ou ayant des effets sur ou
via l?allaitement,
? toxiques spécifiques pour un organe cible à la suite d?une exposition unique ou répétée,
? toxiques pour les organismes aquatiques : toxicité aiguë de catégorie 1 ;
? elles répondent aux critères de substitution énoncés à l?article 10, paragraphe 1 du
règlement (UE) n°528/2012 ;
? elles n?ont pas d?effets neurotoxiques ou immunotoxiques.
Les substances actives sont également considérées comme préoccupantes, même si aucun des
critères précisés aux points a) à c) n?est rempli, lorsqu?un niveau de préoccupation équivalent à
celui que suscitent les points a) à c) peut être raisonnablement démontré en se fondant sur des
informations fiables
PUBLIÉ
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Annexe 4. Substances actives au sein de l?Union
européenne et produits biocides bénéficiant
d?une autorisation de mise sur le marché
Source : Agence européenne des produits chimiques (European chemicals agency ? ECHA), base
de données mise à jour le 17 mai 2024 (produits) et 20 août 2024 (substances actives)
Note de lecture :
? les données présentées sont extraites de la base ECHA et ne concernent donc que les
produits ayant fait l?objet d?une évaluation au titre du règlement (UE) n°528/2012 ;
? les produits bénéficiant de la période transitoire sont absents ;
? la base des substances actives de l?ECHA (mise à jour de la base du 20 août 2024) indique
que « La base de données contient 938 types de substances actives-produits et
enregistrements de l'annexe I pour lesquels une approbation a été demandée » (traduction
par Google Traduction). Les informations ne sont donc pas données par substance active,
mais sont organisées par couple [substances active/type de produit].
? la base de données extraites contient 25.322 lignes qui correspondent à des couples [pays-
produits], les produits étant autorisés par pays. Un produit autorisé dans un pays sous
plusieurs dénominations est extrait sous forme d?une ligne unique. Dans des cas
particuliers, un même produit dans un même pays peut être extrait sous forme de deux
lignes, l?une pour une autorisation expirée, l?autre pour une autorisation en cours. Un
produit identique autorisé dans deux pays est extrait sous forme de deux lignes ;
? le numéro unique est le numéro de référence, la base de donnée extraite contient 25.322
lignes qui correspondent à 8 070 produits effectivement différents, quoique le site indique
que « la base de données contient 8 305 produits biocides autorisés ». Un même produit
autorisé dans plusieurs pays aura le même « numéro de référence » ;
? outre les États membres de l?Union européenne, la base contient les données de la
Grande-Bretagne, la Suisse et la Norvège ;
? sur la base de données interrogée en ligne, les critères [« pays A »] X [« autorisé »] du
moteur de recherche donnent la liste des produits biocides « autorisés » / « avec une
autorisation expirée » / « abandonnés » pour ce « pays A » dès lors qu?ils sont autorisés
dans au moins un autre pays ;
? les chiffres donnés ci-dessous résultent de l?exploitation de la base de donnée extraite ; ils
ne sont pas forcément contrôlables par l?utilisation du moteur de recherche en ligne ;
? la qualité de la base de données (orthographe différente pour un même objet, double ligne
pour un même produit dans un pays, information manquante...) permet d?avoir des ordres
de grandeur justes, mais des chiffres à prendre avec prudence ;
? sauf exception, la structure de la base de donnée ne permet pas de faire simplement des
analyses sur les numéros de référence, elles sont donc faire sur les couples [pays-
produits].
Annexe 4.1. Les substances actives dans l?Union européenne
L?analyse par couple [substances active/type de produit] montre que :
? 806 sont concernés par le programme de travail et contiennent donc des substances
existantes ;
? 97 sont hors du programme de travail et contiennent donc des nouvelles substances ;
PUBLIÉ
https://echa.europa.eu/fr/about-us
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? 35 relèvent de l?annexe I.
Une autre classification des 938 couple [substances active/type de produit] permet de voir que :
? 373 sont en cours d?examen (qu?ils fassent ou non partie du programme de travail) ;
? 294 sont approuvés ;
? 271 sont non approuvés (différentes catégories de dossiers abandonnés, par les
pétitionnaires ou pour expiration de délais ou absence de soutien et refus d?approbation).
Dans la mesure où une même substance active peut contribuer à plusieurs couples [sa/TP] et
qu?une même substance active peut être soit approuvée, soit non approuvée selon le type de
produit pour lequel une demande d?approbation est en cours, il y a finalement 380 substances
actives entrant dans la fabrication de produits biocides dans l?Union européenne, qui sont dans
461 situations :
? 141 substances actives sont en cours d?examen (nouvelle substance active substance
active existante) pour au moins un type de produit ;
? 165 substances actives sont approuvées pour au moins un type de produit ;
? 155 substances actives sont non approuvées pour au moins un type de produit.
Annexe 4.2. Panorama global des produits biocides
La base de données extraites contient 25.322 lignes qui correspondent à des couples [pays-
produits], les produits étant identifié par le pays dans lequel il est mis en marché83. Ces 8 305
« produits biocides autorisés » correspondent à 8 070 numéros d?autorisation de référence, unique,
soit 8 070 produits biocides effectivement différents84.
Sous ces réserves, parmi les 25 322 couples [pays-produits] de l?Union européenne :
? 19 227 sont autorisés au sens du règlement (UE) n°528/2012 ;
? 2 463 sont abandonnés ;
? 3 632 ont des autorisations expirées.
Parmi les 25 322 couples [pays-produits] de l?Union européenne, les types de produits biocides
(seuls ou en association) qui représentent près de 80% du marché sont85 :
? TP08 - produits de protection du bois : 6 119 ;
? TP14 - rodenticides : 5 144 ;
? TP02 - désinfectants et produits algicides non destinés à l?application directe sur des êtres
humains ou des animaux : 4 885 ;
? TP18 - insecticides, acaricides et produits utilisés pour lutter contre les autres arthropodes :
3 370 ;
? TP04 - surfaces en contact avec les denrées alimentaires et les aliments pour animaux :
3 333.
83 Un produit autorisé dans un pays sous plusieurs dénominations est extrait sous forme d?une ligne unique. Dans
des cas particuliers, un même produit dans un même pays peut être extrait sous forme de deux lignes, l?une pour
une autorisation expirée, l?autre pour une autorisation en cours. Un produit identique autorisé dans deux pays est
extrait sous forme de deux lignes.
84 Certaines différences s?explique par des orthographes différentes pour un même numéro de référence.
85 La somme donne 28 820 cas, certains couples [pays-produits] étant autorisés pour plusieurs TP.
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Certains types de produits n?ont aucun produit biocide disposant d?une autorisation de mise sur le
marché : TP16 (molluscicides 86 , vermicides et produits utilisés pour lutter contre les autres
invertébrés), TP17 (piscicides) et TP22 (Fluides utilisés pour l?embaumement et la taxidermie).
Pour la France, 3 012 produits biocides (12% du total de l?Union européenne) sont recensés :
? 2 625 disposent d?une autorisation de mise sur le marché ;
? 205 sont abandonnés ;
? 182 ont des autorisations de mise sur le marché expirées.
La répartition des types de produits est un peu différente et 80% des 3 012 produits biocides
relèvent des types de produits suivants :
? TP02 - désinfectants et produits algicides non destinés à l?application directe sur des êtres
humains ou des animaux : 1 470 ;
? TP04 - surfaces en contact avec les denrées alimentaires et les aliments pour animaux :
1 375 ;
? TP14 - rodenticides : 386 ;
? TP03 ? hygiène vétérinaire : 317.
La part des produits biocides bénéficiant d?une AMMS dans les États membres est décrite dans le
tableau suivant :
État
membre
Produits
biocides
totaux
autorisés
Proportion
des
produits
biocides
totaux
autorisés
Produits
biocides
autorisés
bénéficiant
d?une
AMMS
Proportion
des
produits
biocides
autorisés
bénéficiant
d?une
AMMS
Proportion
de produits
biocides
autorisés
par pays
bénéficiant
d?une
AMMS
Lettonie 1 084 6 % 267 19 % 25 %
France 2 625 14 % 127 9 % 5 %
Pays-Bas 997 5 % 97 7 % 10 %
Belgique 1 174 6 % 83 6 % 7 %
Italie 1 563 8 % 70 5 % 4 %
Allemagne 1 342 7 % 68 5 % 5 %
Autres 10 442 54 % 727 51 % 7 %
Total 19 227 100 % 1439 100 % 7 %
86 Ils sont autorisés au titre de la réglementation sur les produits phytopharmaceutiques.
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Six pays détiennent la moitié (49 %) des AMMS des couples [pays-produits] en cours de validité
dans au moins un pays :
? Lettonie : 267 (19 %) ;
? France : 127 (9 %) ;
? Pays-Bas : 97 (7 %) ;
? Belgique : 83 (6 %) ;
? Italie : 70 (5 %) ;
? Allemagne : 68 (5 %).
Annexe 4.3. Panorama global des substances actives utilisées
seules ou en mélange dans les produits biocides bénéficiant
d?une AMMS
Substances actives contenues dans des produits ayant au moins une
AMMS en cours de validité dans un pays
Nombre de
couples
[pays-produit]
Acide lactique 793
Acide (+)-tartrique |Benzoate de sodium 93
OEufs en poudre | Saccharomyces cerevisiae (levure) 73
Acétate de (9Z,12E)-tétradéca-9,12-dién-1-yle 64
Dioxyde de carbone 46
Acide acétique | D-Fructose 38
Vinaigre 34
Dioxyde de carbone produit par combustion de propane, de butane ou d?un mélange des
deux
30
Citronellal |Huile de lavande | Huile de menthe 29
Huile de lavande | Huile de menthe 29
Acide acétique | Huile de lavande | Huile de menthe 28
Jus de pomme concentré | D-Fructose | Vinaigre 26
Jus de pomme concentré | Vinaigre 24
Citronellal | huile de menthe 17
Acide (+)-tartrique | Acide lactique | Huile de lavande | Huile de menthe 16
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Substances actives contenues dans des produits ayant au moins une
AMMS en cours de validité dans un pays
Nombre de
couples
[pays-produit]
Phéromone des mites de vêtements (mélange) 15
D-Fructose 14
Jus de pomme concentré 12
D-Fructose | Vinaigre 12
Saccharomyces cerevisiae (levure) 11
D-Fructose | OEufs en poudre | Saccharomyces cerevisiae (levure) 10
Benzoate de sodium 7
OEufs en poudre 3
Acide acétique | Jus de pomme concentré | D-Fructose | Miel 2
Huile de menthe 2
Bentonite | Acide lactique 1
Dioxyde de carbone | Octobre-1-ène-3-ol 1
Citronellal | Acide propionique 1
Non identifiée 8
Total 1 439
Globalement :
? plus de la moitié (55 %) des couples [pays-produits] contiennent de l?acide lactique seul ;
? près de trois-quarts (74 %) des couples [pays-produits] contiennent cinq substances
actives ou mélange :
? acide lactique,
? [acide (+)-tartrique + benzoate de sodium],
? [oeufs en poudre + Saccharomyces cerevisiae (levure)],
? acétate de (9Z,12E)-tétradéca- 9,12-dién-1-yle (analogue d?une phéromone sexuelle
de mite alimentaire),
? dioxyde de carbone.
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Annexe 4.4. Types de produits (TP) autorisés bénéficiant d?une
AMMS
Type de produit ayant au moins une AMMS en cours de
validité dans un pays
Code Nombre de
couples
[pays-
produit]
Sans type - 8
Désinfectants - Hygiène humaine TP01 447
Désinfectants et produits algicides non destinés à
l?application directe sur des êtres humains ou des
animaux
TP02 64
Désinfectants - Hygiène vétérinaire TP03 20
Désinfectants - Surfaces en contact avec les denrées
alimentaires et les aliments pour animaux
TP04 0
- TP02 +TP04 340
- TP01 + TP02 + TP04 3
- TP02 + TP03 + TP04 8
- TP01 + TP02 + TP03 + TP04 1
Produits de protection - Protection des produits
pendant le stockage
TP06 7
Produits de lutte contre les nuisibles - Rodenticides TP14 33
Produits de lutte contre les nuisibles - Répulsifs et
appâts
TP19 508
Total des biocides bénéficiant d?une AMMS 7 sous-types 1 439
Pour les 1 431 produits ayant un type de produits, trois des quatre groupes sont représentés :
? groupe 1 (désinfectants) : 883 produits (62 %), qui contiennent :
? acide lactique (769) ;
? acide tartrique et benzoate de sodium (93) ;
? acide tartrique, acide lactique, huile de lavande, huile de menthe (16) ;
? vinaigre (4) ;
? bentonite et acide lactique (1) ;
? groupe 2 (produits de protection) : 7 produits (moins de 1 %), qui contiennent :
? benzoate de sodium (7) ;
? groupe 3 (produits de lutte contre les nuisibles) : 541 produits (38 %), qui contiennent les
24 autres substances actives ou mélanges.
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Annexe 4.5. Types de produits biocides autorisés bénéficiant d?une
AMMS en France
Type de produit ayant une AMMS en cours de validité en
France
Code Nombre de
produits biocides
concernés
Désinfectants - Hygiène humaine
dont 23 à base d?acide lactique
TP01 26
Désinfectants et produits algicides non destinés à l?application
directe sur des êtres humains ou des animaux
dont 6 à base d?acide lactique
TP02 7
Désinfectants - Hygiène vétérinaire
dont 1 à base d?acide lactique
TP03 1
Désinfectants - Surfaces en contact avec les denrées
alimentaires et les aliments pour animaux
TP04 0
-
dont 44 à base d?acide lactique
TP02 + TP04 45
Produits de lutte contre les nuisibles - Rodenticides TP14 2
Produits de lutte contre les nuisibles - Répulsifs et appâts
dont 12 à base de (9Z,12E)-tetradeca-9,12-dien-1-yl acetate
(analogue d?une phéromone sexuelle de mite
alimentaire)
et 1 à base d?acide lactique
TP19 46
Total des produits biocides bénéficiant d?une autorisation de mise
sur le marché simplifiée (AMMS) en France
dont 75 à base d?acide lactique seul
et 6 à base de (9Z,12E)-tetradeca-9,12-dien-1-yl acetate
6 sous-types 127
Deux des quatre groupes sont représentés :
? groupe 1 (désinfectants) : 79 produits (62 %) ;
? groupe 3 (produits de lutte contre les nuisibles) : 48 produits (38 %).
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr/system/files/biocides/evaluations/STOPMITESA_BC-UV050255-09_SA-APP_Ans.pdf
https://www.anses.fr/fr/system/files/biocides/evaluations/STOPMITESA_BC-UV050255-09_SA-APP_Ans.pdf
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Annexe 5. Vente des produits biocides en France
La répartition des ventes de produits biocides en France est la suivante :
[?]
Figure 2 : ventes des produits biocides bénéficiant d?une AMMS en France par TP
Source : analyse de la mission à partir de l?extraction de la base BioCID (31 mai 2024)
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Annexe 6. Plan fédéral belge de réduction des biocides
Le Service public fédéral (SPF) Santé publique belge, Sécurité de la Chaîne alimentaire et
Environnement a mis en oeuvre un plan de réduction des biocides pour la période 2023-2028 afin
de diminuer les risques pour la santé et l?environnement liés aux biocides, avec une attention
particulière aux publics vulnérables.
Réalisé indépendamment de l?article 4 de la directive 2009/128/CE et pendant du programme
fédéral de réduction des pesticides axé sur les produits phytopharmaceutiques87, le plan fédéral
de réduction des biocides 2023-2028 pris par arrêté royal du 26 octobre 2023 comprend six axes
qui visent directement (1,3,5) ou indirectement (2,4,6) à réduire les risques pour la santé et
l?environnement ainsi qu?à réduire l?emploi des produits biocides et en particulier de certains
usages :
1. l?information et la sensibilisation : Campagnes et formations (utilisateurs professionnels)
pour une utilisation plus sûre des produits biocides afin de réduire les risques associés à
leur emploi, pour une utilisation raisonnée et sur les alternatives ;
2. l?amélioration des connaissances sur l?exposition aux biocides et leurs effets sur la santé :
Identification des risques les plus élevés et des groupes les plus vulnérables afin d?orienter
le contenu des campagnes et informer et sensibiliser les secteurs concernés ;
3. des actions sur les substances et les usages spécifiques afin de réduire les risques et/ou
l?utilisation des produits biocides ayant un effet négatif sur la santé ou l?environnement
(produits contenant des substances actives perturbatrices endocriniennes, usages
comportant un risque de développement d?une résistance aux antimicrobiens et produits
contenant des néonicotinoïdes) ;
4. l?observation du marché des biocides ;
5. la régularisation du marché : la diminution de produits illégaux pour aboutir à l?emploi
exclusif de produits autorisés et donc préalablement évalués ;
6. l?évaluation et le rapportage du plan.
87 Plan d?Action National de Réduction des Pesticides (NAPAN) qui vise à réduire l?utilisation des pesticides et leurs
impacts sur la santé et l?environnement, au travers d?actions variées (formation, sensibilisation, règlementation,
accompagnement, études, etc.), s?adressant aussi bien aux professionnels (agriculture, secteurs verts, public et
privé) qu?au grand public.
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Figure 3 : axes du plan de réduction des biocides (source : © Service public fédéral
(SPF) Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement)
Afin de préparer, mettre en oeuvre et réviser ce programme, les autorités fédérales compétentes
ont travaillé avec les secteurs de la production de produits biocides, de la lutte contre les nuisibles
et de l?agriculture, des associations de protection de l?environnement, le secteur de la distribution
de l?eau?
Annexe 6.1. Information & sensibilisation
Six actions sont axées sur l?information et la sensibilisation :
? pour les professionnels :
? informations sur la législation et les thèmes d?actualités via le forum annuel destiné aux
professionnels,
? liste de produits efficaces contre des agents pathogènes pour le secteur de l?élevage,
? promotion d?une utilisation sûre et raisonnée des produits biocides (campagnes ciblées
via les organisations sectorielles, FAQ?),
? formation obligatoire des professionnels utilisant des produits de lutte contre les
rongeurs et les insectes et les produits de fumigation, sur les risques pour la santé et
l?environnement, l?utilisation des produits et les alternatives ;
? pour le grand public :
? campagnes de sensibilisation pour une utilisation plus sûre des produits chimiques (site
web, vidéos, brochures, jeu, podcast?) avec une campagne spécifique pour une
utilisation plus sûre des produits biocides ;
? pour les professionnels et le grand public :
o accès à une information actuelle et correcte via un site web, un moteur de
recherche des produits biocides autorisés et un helpdesk (pour les professionnels).
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Annexe 6.2. Amélioration des connaissances sur l?exposition aux
biocides et leurs effets sur la santé
L?identification des groupes les plus vulnérables permet de leur accorder une attention spécifique
dans la recherche et les actions d?information et sensibilisation.
Annexe 6.3. Actions sur les substances et les usages spécifiques
Trois actions sont axées sur la réduction des risques :
? le développement d?une résistance aux antimicrobiens due à l?usage de produits biocides,
via la sensibilisation des secteurs concernés et un projet d?emballage et d?étiquetage des
produits biocides indiquant leur usage et dosage corrects ;
? la détection et le retrait progressif du marché des substances perturbatrices endocriniennes.
Les produits biocides les contenant seront interdits pour le grand public, et les autorisations
pour un usage professionnel seront réexaminées ;
? une étude sur les risques associés aux produits biocides présents sur le marché belge et
contenant des néonicotinoïdes afin de déterminer si des mesures supplémentaires sont
nécessaires.
Annexe 6.4. Observation du marché des biocides
Le SPF publie un rapport annuel sur le marché belge des biocides sur la base des déclarations
annuelles des quantités de produits biocides mis sur le marché par les détenteurs d?autorisations.
Ces données indiquent quelles sont les substances actives et les produits les fréquemment utilisés,
ainsi que leur évolution au fil des ans.
Figure 4 : évolution des tonnages de produits biocides vendus (source : © Service
public fédéral (SPF) Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et
Environnement)
En ce qui concerne les produits biocides principalement réservés aux utilisateurs professionnels et
nécessitant de porter un équipement de protection individuel, des données additionnelles sont
enregistrées et l?analyse de ces données permettra de réaliser des communications ciblées.
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Annexe 6.5. Régularisation du marché
Les contrôles des produits biocides et des entreprises seront renforcés afin d?encourager la vente
de produits biocides conformes. Par ailleurs certains produits se situent dans une « zone grise »
entre produit biocide, dispositif médical, médicament, cosmétique, ces produits sous statut litigieux
seront suivis.
Annexe 6.6. Évaluation et rapportage du plan
Le plan d?une durée de 5 ans sera évalué à mi-parcours et actualisé si nécessaire. L?évaluation
final permettra de soutenir l?élaboration du plan suivant.
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Annexe 7. Focus sur quelques utilisateurs professionnels
L?approche de mesures de prévention et de méthodes de substitution recommandée par la mission
est déjà en place ou en cours d?étude dans un certain nombre de secteurs utilisant des produits
biocides, pour d?autres cette approche est encore à développer.
Annexe 7.1. Milieu hospitalier
Dans le milieu hospitalier, assurer la sécurité des patients et du personnel est un enjeu majeur
pour toute structure de soin. A ce titre, les mesures d?hygiène (notamment l?hygiène des mains),
de stérilisation, de nettoyage et désinfection sont indispensables et sont encadrés par des normes
AFNOR et CEN. Afin d?appliquer les mesures les plus adaptées pour y répondre, la définition des
risques liés à l?environnement est un préalable pour identifier la ou les méthodes ainsi que leur
fréquence.
Ainsi, l?utilisation de produits biocides pour assurer la sécurité des patients et du personnel fait
partie des méthodes mais n?est pas nécessairement la plus adapté, par exemple l?Assistance
Publique Hôpitaux de Paris (APHP) recommande88 un usage plus raisonné des produits biocides
en milieu hospitalier en « limitant leur usage dans les lieux et circonstances où ils ne sont pas utiles
(notamment lorsqu?une désinfection n?est pas requise, par exemple pour les vitreries, les sols etc?)
et une réflexion quant à la sélection des produits à utiliser. »
Ainsi, l?APHP privilégie les méthodes les plus écoresponsables et a mis en place des fiches
pratiques pour le nettoyage des sols ne requérant pas de désinfectant, le « bionettoyage » à la
vapeur, l?éconettoyage des sols en alternative aux détergents-désinfectants chimiques ou encore
le détartrage avec du vinaigre blanc. À noter qu?au-delà d?une approche raisonnée de l?utilisation
des produits biocides, l?APHP a une démarche plus globale de limitation de l?usage des produits
chimiques.
Cette idée d?un usage raisonné des détergents et désinfectants en milieu hospitalier n?est pas
récente, en 2016 un bulletin du réseau national de prévention des infections associées aux soins89
proposait un accompagnement aux établissements pour la promotion d?un usage raisonné pour
l?entretien.
De la même manière, en région PACA, une action de promotion d?usage raisonné des détergents
et des désinfectants ainsi que l?adoption de pratiques et d?achats responsables pour l?entretien des
locaux en établissement sanitaire et médico-social hors période d?épidémie a été mené dans le
cadre du plan régional santé environnement 2 (PRSE2 de 2011 à 2015) auprès de plus de 200
établissements90.
Annexe 7.2. Désinfection, désinsectisation, dératisation (3D)
La prévention reste la meilleure stratégie pour limiter la présence et la prolifération des nuisibles,
les mesures préventives comprennent notamment la gestion des déchets, le stockage des aliments,
l?imperméabilité du bâtiment?
88 Recommandations pour le bionettoyage des surfaces à l?hôpital, Service Prévention du risques infectieux,
Direction Qualité Partenariat Patient ? 2 Octobre 2023
89 Usage raisonné des détergents et des désinfectants pour l?entretien des locaux en EMS (hors épidémie) ? Bulletin
CClin-Arlin n°2, Mars 2016
90 Bilan d?une action menée en région PACA visant à promouvoir les pratiques et achats responsables pour
l?entretien des locaux en établissements sanitaires et médico-sociaux (hors période d?épidémie)
PUBLIÉ
https://www.cpias-ile-de-france.fr/docprocom/doc/aphp-reco-bionettoyage-021023.pdf
https://www.cpias-ile-de-france.fr/docprocom/doc/aphp-reco-bionettoyage-021023.pdf
https://www.cpias.fr/bulletin/2016/02/02-pdf/02-carenco.pdf
https://www.paca.ars.sante.fr/system/files/2017-06/pratiques-achats-responsables-ES-ESMS-BD.pdf
https://www.paca.ars.sante.fr/system/files/2017-06/pratiques-achats-responsables-ES-ESMS-BD.pdf
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La réalisation d?une analyse de la situation requiert une connaissance des nuisibles et des signaux
d?infestation, elle permet ensuite de mettre en place une stratégie adaptée dans laquelle l?utilisation
de produits biocides est un outil mais n?est ni un prérequis, ni une étape obligatoire. Cette stratégie
inclut des actions correctives et préventives avec un plan d?action, un suivi dans le temps et
également une traçabilité totale des biocides utilisées.
Les professionnels de la lutte contre les nuisibles intègre cette approche dans le cadre de leur
métier, les formations, séminaires? mettent en en avant les avantages de cette approche et
comment la décliner en se basant sur les résultats de la phase d?analyse.
Par exemple, dans la lutte contre les rongeurs, un panel de techniques existe allant de la limitation
de l?accès aux zones sensibles (points d?eau, nourriture, habitat) à leur extermination, et les
stratégies de gestion intégrée des infestations (Integrated Pest Management) combinant à la fois
des actions mécaniques, thermiques et/ou chimiques ont bien montré qu?aucune méthode ne
pouvait être efficace à elle seule, l?ensemble des méthodes constitue un panel d?outils à utiliser de
manière adaptée au cas rencontré.
Par ailleurs, territoire engagé pour un environnement, une santé, la ville de La Rochelle a engagé
depuis 2017 une stratégie contre les nuisibles91 en mettant en oeuvre des actions de prévention
(réduction des ressources alimentaires disponibles, suppression des abris, dérangement par
modification du milieu, effarouchement, implantation de nichoirs à rapaces?) et en invitant les
professionnels à privilégier les techniques de dératisation dites alternatives (pièges sans biocide,
dératisation mécanique connecté, rat proofing?).
Annexe 7.3. Collectivités ? Mairie de Paris
Afin de lutter contre les rongeurs et les moustiques, la mairie de Paris mise en premier lieu sur la
diffusion des mesures d?hygiène et si possible des méthodes physiques de contrôle et visant à
limiter les facteurs favorables à la venue et à la prolifération des rongeurs et moustiques.
L?utilisation des produits biocides fait partie des outils dans le cas où un traitement chimique est
nécessaire.
De la même manière pour les punaises de lit, la mairie de Paris se base également sur cette
approche de prévention/substitution mais a encore besoin de données sur les méthodes
alternatives de traitement. Un rapport de l?Anses de 202392 encourage d?ailleurs les études sur
l?évaluation de l?efficacité et de l?applicabilité des méthodes de lutte en conditions réelles ainsi que
le développement des méthodes et outils alternatifs pour limiter le recours à la lutte chimique.
Actuellement, la mairie de Paris utilise plusieurs produits biocides pour répondre à leurs besoins,
on y retrouve ainsi :
? Des désinfectants à destination du grand public, utilisés par le service technique propreté
pour la désinfection des véhicules
? Des insecticides et rodenticides utilisés par les égoutiers du service technique de l?eau et
de l?assainissement. En 2023 150kg de produits biocides insecticides et rodenticides ont
été utilisés.
Pour les collectivités, la lutte contre les rongeurs, punaises de lit et moustique représente un enjeu
sanitaire important, faire appel à des actions de prévention/substitution nécessite la formation du
personnel, la sensibilisation de l?ensemble des acteurs et de l?expertise pour mettre en place les
moyens les plus adaptées. L?accompagnement notamment via le partage de guide rapide de
gestion permettrait aux collectivités de s?emparer du sujet. À titre d?exemple le Schéma Parisien
91 Dératisation écologique avec des furets | Territoire engagé (territoire-environnement-sante.fr)
92 Les punaises de lit : impacts, prévention et lutte ? Avis de l?Anses ? Rapport d?expertise collective ? Juillet 2023
PUBLIÉ
https://territoire-environnement-sante.fr/actions-et-projets/deratisation-ecologique-avec-des-furets
https://www.anses.fr/fr/system/files/BIOCIDES2021SA0147Ra.pdf
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de la Commande Publique Responsable 2022-202693 (SPASER) vise dans un de ses chantiers à
favoriser les échanges de bonnes pratiques entre donneurs d?ordres publics.
Annexe 7.4. Traitement eau
Entre le prélèvement de l?eau et sa distribution, des étapes de traitement de l?eau sont nécessaires
afin de garantir sa qualité, ces étapes diffèrent en fonction de différents paramètres comme par
exemple le milieu de prélèvement (eaux superficielles, eaux souterraines). Le traitement comprend
des produits et des procédés de traitement permettant de modifier la qualité physico-chimique et/ou
microbiologique de l?eau, mais également l?utilisation de produits biocides permettant sa
désinfection. L?ensemble de ces traitements s?inscrit ainsi dans une approche globale avec
l?utilisation de procédés physiques mais également de produits biocides tels que l?eau de javel. A
noter qu?une saisine de l?Anses est en cours à la demande de la Direction générale de la santé
(DGS) afin de réduire, voire supprimer, le chlore des filières de production et de distribution, cette
expertise devrait être réalisé d?ici fin 2025.
Annexe 7.5. Instituts techniques agricoles
La désinfection est une étape clé pour la sécurité sanitaire des denrées alimentaires, le maintien
de la biosécurité au sein des couvoirs et élevages, l?hygiène de la mamelle, en cas d?épidémie...
Elle nécessite l?utilisation de produits biocides qui, bien qu?indispensables, ont des impacts sur la
santé et l?environnement et peuvent également affecter la qualité des denrées alimentaires.
Actuellement, l?usage de produits biocides est la norme et un certain nombre d?acteurs sont
peu/pas informés sur les risques inhérents à leur utilisation. Et même si certains sont conscients
des risques pour la santé, seule une minorité modifie ses pratiques, réduit ses usages, adopte des
comportements prudents?
Une étude94 réalisée par l?institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole (ITAVI) auprès
des éleveurs a mis en lumière leur besoin de disposer de produits plus respectueux/moins
dangereux pour la santé humaine et l?environnement.
Ainsi, face à des exigences sociétales et environnementales fortes pour un usage plus raisonné
des produits chimiques et à une absence de développement de produits chimiques « plus verts »
répondant aux besoins des filières avicole, cunicole et piscicole, l?ITAVI a initié en 2018 un projet
visant à une utilisation moindre et optimisée des produits biocides de désinfection (TP04) en filière
avicole et piscicole (projet aDAPt). Plusieurs solutions ont ainsi été mis à l?étude :
? La lutte biologique par conservation (LBC) qui consiste à intensifier in situ (dans le bâtiment
d?élevage) l?activité des ennemis naturellement présents à travers des actions locales, ce
concept simple en apparence nécessite en réalité une connaissance accrue des
interactions dans les écosystèmes des bâtiments d?élevage avant de pouvoir être mis en
place. Ces interactions sont nombreuses et des travaux sont encore nécessaires afin de
déterminer les assemblages proie/prédateur les plus prometteurs95.
? L?utilisation des « flores de barrières » mises en place après l?opération de nettoyage et de
désinfection pour prévenir le développement d?un biofilm96. Une fois leur efficacité évaluée
et les modalités d?utilisation développées, cette méthode utilisée en complément de
produits biocides permettrait de réduire leur usage. Les premiers résultats sont jugés
93 Schéma Parisien de la commande publique responsable 2022-2026 ? Ville de Paris
94 Exposition aux produits biocides en élevage de volailles reproductrices et risques pour la santé des utilisateurs
? ITAVI ? mars 2022
95 Identification des interactions de prédation entre les arthropodes pour le développement de la lutte biologique
contre le poux rouge ? ITAVI ? mars 2019
96 Capacité de flores de barrière à limiter l?implantation et le développement de Salmonella typhimurium ? ITAVI ?
mars 2022
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr/content/apc-gt-eau-sans-chlore
https://cdn.paris.fr/paris/2021/12/20/3acce5e0b9de3a605f0a1ef85fd4a5fc.pdf
https://www.itavi.asso.fr/publications/exposition-aux-produits-biocides-en-elevages-de-volailles-reproductrices-et-risques-pour-la-sante-des-utilisateurs?search=d%C3%A9sinfectant&order=date
https://www.itavi.asso.fr/publications/identification-des-interactions-de-predation-entre-arthropodes-pour-le-developpement-de-la-lutte-biologique-contre-le-pou-rouge
https://www.itavi.asso.fr/publications/identification-des-interactions-de-predation-entre-arthropodes-pour-le-developpement-de-la-lutte-biologique-contre-le-pou-rouge
https://www.itavi.asso.fr/publications/capacite-de-flores-de-barriere-a-limiter-l-implantation-et-le-developpement-de-salmonella-typhimurium
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prometteurs mais nécessitent encore d?être évalués par des études sur le terrain.
? L?utilisation de détergents enzymatiques dans des protocoles de nettoyage et désinfection
en aviculture97, les premiers résultats sont jugés prometteurs mais nécessitent d?être
confirmés.
Encore en phase d?étude, ces alternatives et méthodes complémentaires ne sont pas encore
opérationnelles mais une fois fiabilisées, développées avec une procédure adaptée au secteur
agricole (disponibilité, coût, fréquence d?application?) et diffusées auprès des acteurs, elles
participeront à l?approche recommandée par la mission. L?étape de diffusion n?est pas à négliger,
en effet elle demander à aller contre les positions de déni, de manque de temps et/ou de matériel,
de fatalisme et de scepticisme qui sont actuellement affichés par les acteurs sur la thématique des
pesticides98 pour insuffler un changement dans les pratiques, un travail est à réaliser en y associant
l?expérience de acteurs et en tenant compte des situations parfois complexes rencontrées.
Cette approche d?une utilisation moindre et mieux des produits biocides doit être reprise par
l?ensemble des filières agricoles utilisatrices de produits biocides afin d?engager une réflexion sur
leur utilisation et définir leur besoin.
97 Étude de la capacité des détergents enzymatiques à lutter contre les biofilms d?Escherirchia coli ? ITAVI ? mars
2022
98 Pesticides risques professionnels en élevage - RMT Travail en élevage, janvier 2018
PUBLIÉ
https://www.itavi.asso.fr/publications/capacite-de-flores-de-barriere-a-limiter-l-implantation-et-le-developpement-de-salmonella-typhimurium
https://idele.fr/?eID=cmis_download&oID=workspace%3A%2F%2FSpacesStore%2F016b12a9-957f-40f3-9fe9-29c8f9e0cb4d&cHash=d2a4dad9a7730adaa2d2cdfd9c493d8f#:~:text=Pesticides%20%E2%80%93%20Risques%20professionnels%20en%20%C3%A9levage%20Avoir%20conscience%20des%20risques
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Annexe 8. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Bodenez Philippe
DGPR / Service des risques sanitaires liés
à l?environnement des déchets et des
pollutions diffuses
Chef de service 16/10/2024
Lefranc Agnès
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Sous-directrice
02/04/2024
16/10/2024
Gras Olivier
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Chef du bureau des
produits chimiques
02/04/2024
Barrault Anne-Emmanuelle
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Adjointe au chef du
bureau des produits
chimiques
16/10/2024
Tarmoul Jeremy
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Bureau des produits
chimiques, chargé de
mission
16/10/2024
Hillion Émilie
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Cheffe du bureau santé
environnement
13/05/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Tresca Claire
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Bureau santé
environnement, stagiaire
13/05/2024
Lesterle Sébastien
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Chargé de mission santé
environnement
02/09/2024
Salagama Demanti
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Conseillère experte en
santé environnementale
02/09/2024
Paul Caroline
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Chef de bureau
environnement extérieur et
produits chimiques
02/09/2024
Aquallal Maria
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Pharmacien inspecteur de
santé publique
02/09/2024
Ollandini Didier
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Chef de bureau
environnement intérieur,
milieux du travail et
accidents vie courante
02/09/2024
Colson Lucas DGE
Chef de projet industries
agroalimentaires
05/06/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Turquet Francois Xavier DGE
Chef de projet chimie
biosourcé et
biotechnologies
industrielles
05/06/2024
Roussel Romain DGCCRF
Sous-directeur industrie,
santé et logement
09/07/2024
Simbelie Karine DGCCRF
Adjointe au chef de
bureau du pôle chimie
petite enfance
09/07/2024
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Goux Muriel
DGCCRF Rédacteur biocides et
détergents
09/07/2024
Vrindt Els
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire
et Environnement
Attaché biocides
23/09/2024
Brasseur Anne
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire
et Environnement
Attaché biocides
23/09/2024
Dehon Vincent
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire Attaché biocides
23/09/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
et Environnement
Lefèbvre Fréderic
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire
et Environnement
Ecotoxicology senior
expert in Biocides area
23/09/2024
Azdad Karima
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire
et Environnement
Advisor risk management
biocides
23/09/2024
Grisni Anahita
Mairie de Paris Cheffe de l?observatoire
parisien de la santé
environnementale
02/07/2024
Peronny Christophe
Mairie de Paris Chef de service prévention
des conditions de travail
02/07/2024
Larbre Juliette
Mairie de Paris Cheffe du service des
laboratoires de santé
environnementale
02/07/2024
Trendel Estelle
Mairie de Paris Cheffe de la mission
développement durable
02/07/2024
Nohal Elissa
Mairie de Paris Cheffe de projet One
Health
02/07/2024
Bitaud Bertrand
Anses Directeur de la direction
des autorisations de mise
sur le marché
23/04/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Sarda Xavier
Anses Directeur adjoint de la
direction de l?évaluation
des produits réglementés
23/04/2024
Gour Annabelle
Anses Cheffe d?unité adjointe de
l?unité de coordination
biocide
23/04/2024
Bloch Juliette
Anses Directrice de la direction
des alertes et des
vigilances sanitaires
24/04/2024
Solal Cécilia
Anses
Toxicologue
24/04/2024
Hangeois Boné Anouk ARMOSA
Directrice règlementaire et
développement
05/09/2024
Savoca Émilie SALVECO Responsable microbiologie 03/09/2024
Laygnez Alexandre
SALVECO Responsable des affaires
réglementaires
03/09/2024
Hisiger Steve
SALVECO
Responsable R&D
03/09/2024
Henriche Hervé
SALVECO
Directeur
03/09/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Corréfé Isabelle
IFIP ? institut du porc
Docteur vétérinaire
02/09/2024
David Valérie
IDELE ? Institut de l?élevage Chef de service bien-être
et santé animal
02/07/2024
Rousset Nathalie
ITAVI ? Expert des filières avicole, cunicole
et piscicole
Responsable santé,
hygiène et qualité des
produits
02/07/2024
Aubry Marc
CS3D ? Dératisation, Désinsectisation,
Désinfection Membre
17/05/2024
Cottin Benoit
CS3D ? Dératisation, Désinsectisation,
Désinfection
Représentant du comité
technique scientifique et
règlementaire
17/05/2024
Lemoine Guy andré
CS3D ? Dératisation, Désinsectisation,
Désinfection Président
17/05/2024
Guillot Brigitte
CS3D ? Dératisation, Désinsectisation,
Désinfection Secrétaire générale
17/05/2024
Klinguer Céline
APHP / Direction de la stratégie et de la
transformation
Directrice du département
Transformation écologique
et Santé environnementale
15/05/2024
Fournier Sandra
APHP / Direction qualité partenariat patient Médecin, Responsable du
Service Prévention du
Risque Infectieux
15/05/2024
PUBLIÉ
Septembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui présentent des caractéristiques plus
favorables pour l?environnement ou la santé humaine et animale
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Hehn Michèle
APHP / Agence générale des équipements
et produits de santé
Pharmacien, Responsable
Unité Evaluation et Achats
des Médicaments et des
désinfectants
15/05/2024
Lawruk Alexia
APHP / Agence générale des équipements
et produits de santé
Pharmacien, UF Evaluation
et Achats des
Médicaments
15/05/2024
Gibon Henri
APHP / Achats Centraux, Hôteliers,
Alimentaires et Technologiques Directeur adjoint
15/05/2024
Duvernois Romain
APHP / Groupe Hospitalier AP-HP Nord-
Université Paris Cité Directeur des Achats et de
la logistique
15/05/2024
Chouvel Rudy
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Chargé de mission
Transition écologique en
santé et Directeur adjoint
CHU de Clermont-Fd
18/04/2024
Carenco Philippe
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Médecin hygiéniste, CHU
Nice, CPIAS PACA
18/04/2024
Badrikian Laurence
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Médecin, CHU de
Clermont-Ferrand
18/04/2024
Canouet Sandrine
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Praticien hospitalier
hygiéniste, CHU Toulouse
18/04/2024
PUBLIÉ
Septembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui présentent des caractéristiques plus
favorables pour l?environnement ou la santé humaine et animale
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Jolibois Boris
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Hygiène hospitalière, CH
Compiègne
18/04/2024
Vancoetsem Karen
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Cadre de santé hygiéniste
CPIAS ARA
18/04/2024
Laygnez Alexandre
FHER ? Fédération hygiène et entretien
responsable Membre
11/06/2024
Luciot Marie
FHER ? Fédération hygiène et entretien
responsable Directrice technique et
règlementaire
11/06/2024
Leclère Anne Sophie
Eau de Paris
Directrice générale adjointe
29/05/2024
Robin Alban
Eau de Paris
Directeur de la ressource
en eau et de la production
29/05/2024
Thery Gabrielle
Que choisir
Rédactrice technique
08/07/2024
PUBLIÉ
Septembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui
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Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
AMM Autorisation de mise sur le marché
AMMS Autorisation de mise sur le marché simplifiée
Anses Agence nationale de sécurité sanitaire de l?alimentation, de l?environnement et
du travail
APHP Assistance Publique ? Hôpitaux de Paris
DGCCRF Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes du ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté
industrielle et numérique (MEFSIN)
DGEFP Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle du ministère du
travail, de la santé et des solidarités (MTSS)
DGPR Direction générale de la prévention des risques du ministère de la transition
écologique et de la cohésion des territoires (MTECT)
DGS Direction générale de la santé du ministère du travail, de la santé et des
solidarités (MTSS)
DGT Direction générale du travail du ministère du travail, de la santé et des
solidarités (MTSS)
ECHA Agence européenne des produits chimiques (European Chemical Agency)
EGALIM 1
Loi n°2018-938 du 30 octobre 2018 pour l'équilibre des relations commerciales
dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et
accessible à tous
PNSE4 Quatrième Plan National Santé Environnement
RPB
Règlement (UE) n°528/2012 du 22 mai 2012 concernant la mise sur le marché
et l?utilisation des produits biocides
SA Substance active
SPF Belgique - Service public fédéral (SPF) Santé publique, Sécurité de la Chaîne
alimentaire et Environnement
TP Type de produit biocide
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 Les biocides, des produits mal connus
1.1 Quelques définitions
1.1.1 La notion de produit biocide...
1.1.2 ...à ne pas confondre avec la notion de phytopharmaceutiques?
1.1.3 ? ou avec d?autres produits chimiques
1.2 Les autorisations de mise sur le marché
1.2.1 Plusieurs procédures de demande d?autorisation de mise sur le marché existent
1.2.2 Gestion de la période transitoire
1.2.3 Avec des interdictions communes
1.2.4 Mais des redevances différenciées
1.2.5 Et des décrets nationaux applicables pour limiter l?accès du grand public aux produits biocides ayant le plus d?impact sur la santé et l?environnement
1.3 Panorama des substance actives et des produits biocides autorisés et vendus
1.3.1 Les substances actives dans l?Union européenne
1.3.2 Les produits biocides dans l?Union européenne
1.3.3 Les produits biocides bénéficiant d?une AMMS
1.3.4 Les ventes de produits biocides en France
1.3.5 Lever les freins à la mise en marché de produits bénéficiant d?une AMMS
2 Sans biocides, c?est souvent possible aussi
2.1 Des besoins d?accompagnement des professionnels aux solutions de substitution à l?utilisation des biocides
2.1.1 Milieu hospitalier
2.1.2 Collectivités au sens large dont le traitement de l?eau potable
2.1.3 Instituts techniques agricoles
2.1.4 Désinfection, désinsectisation et dératisation (3D)
2.2 Les biocides, « c?est pas automatique ! »
2.3 Encourager le développement de dispositifs de substitution aux produits biocides
3 En cas d?utilisation des biocides, adopter des bonnes pratiques
3.1 Professionnels : un outil pour choisir son biocide
3.2 Des professionnels formés pour un usage raisonné des biocides
3.2.1 La formation obligatoire : le « Certibiocide »
3.2.2 Des exemples d?actions de têtes de réseau
3.3 Pour une information simple pour le grand public, un « toxiscore » indispensable
4 Les biocides sont des produits dangereux et doivent être traités comme tels
4.1 Repenser l?approche du sujet biocides dans le PNSE
4.2 Mettre en place une redevance pour pollution diffuse adaptée
4.3 La transparence des données, une nécessité
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Classification des produits biocides
Annexe 3. Autorisation de mise sur le marché simplifiée (AMMS)
Annexe 4. Substances actives au sein de l?Union européenne et produits biocides bénéficiant d?une autorisation de mise sur le marché
Annexe 4.1. Les substances actives dans l?Union européenne
Annexe 4.2. Panorama global des produits biocides
Annexe 4.3. Panorama global des substances actives utilisées seules ou en mélange dans les produits biocides bénéficiant d?une AMMS
Annexe 4.4. Types de produits (TP) autorisés bénéficiant d?une AMMS
Annexe 4.5. Types de produits biocides autorisés bénéficiant d?une AMMS en France
Annexe 5. Vente des produits biocides en France
Annexe 6. Plan fédéral belge de réduction des biocides
Annexe 6.1. Information & sensibilisation
Annexe 6.2. Amélioration des connaissances sur l?exposition aux biocides et leurs effets sur la santé
Annexe 6.3. Actions sur les substances et les usages spécifiques
Annexe 6.4. Observation du marché des biocides
Annexe 6.5. Régularisation du marché
Annexe 6.6. Évaluation et rapportage du plan
Annexe 7. Focus sur quelques utilisateurs professionnels
Annexe 7.1. Milieu hospitalier
Annexe 7.2. Désinfection, désinsectisation, dératisation (3D)
Annexe 7.3. Collectivités ? Mairie de Paris
Annexe 7.4. Traitement eau
Annexe 7.5. Instituts techniques agricoles
Annexe 8. Liste des personnes rencontrées
Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes
(ATTENTION: OPTION //www.itavi.asso.fr/publications/caracterisation-des-interactions-entre-arthropodes
https://www.itavi.asso.fr/publications/caracterisation-des-interactions-entre-arthropodes
https://idele.fr/?eID=cmis_download&oID=workspace%3A%2F%2FSpacesStore%2F016b12a9-957f-40f3-9fe9-29c8f9e0cb4d&cHash=d2a4dad9a7730adaa2d2cdfd9c493d8f#:~:text=Pesticides%20%E2%80%93%20Risques%20professionnels%20en%20%C3%A9levage%20Avoir%20conscience%20des%20risques
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public, d?autant que la réglementation est peu lisible pour le grand public. En effet, la mise sur le
marché et l?utilisation des produits chimiques sont encadrées par des règlementations différentes
selon leurs usages et une même substance active peut relever de plusieurs réglementations selon
le produit dans lequel elle est mise en oeuvre. À titre d?exemple, les termes « assainissant » et
« purifiant » peuvent renvoyer à une action biocide48, mais pas systématiquement : une lingette
désinfectante revendiquant une action désinfectante est un produit biocide alors qu?un détergent
contenant un conservateur est un article traité. Par ailleurs, pour les produits biocides concernés
par la période transitoire, les exigences en matière d?étiquetage sont un peu moindres49. Il n?est
évidemment pas possible d?y faire mention de la notion d?AMM(S), mais, surtout, ces produits
n?ayant pas été évalués selon les exigences du règlement (UE) n°528/2012, ils portent moins de
mentions de danger, de conseils de prudence50 et de conditions restrictives de mises en oeuvre.
Certains metteurs en marché de produits biocides entretiennent le flou sur les réglementations
applicables à leur produit et profitent de la période transitoire pour limiter les mentions présentes
sur les étiquettes. Le plan de surveillance de la mise sur le marché des produits biocides et des
détergents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des
fraudes (DGCCRF) en témoigne : « De nombreux produits présentent des dates de péremption
dépassées (produits biocides) et des étiquetages non conformes (produits biocides et produits
détergents) » (enquête 2019)51, « produits chimiques, biocides et détergents : la DGCCRF relève
d?importants manquements en matière d?étiquetage » (contrôles 2021)52.
De même que la mise sur le marché, la délivrance, l'utilisation et la détention des produits
phytopharmaceutiques pour un usage non professionnel sont interdites53, la protection de la santé
du grand public et la limitation de l?émission de produits biocides dans l?environnement devraient
passer par des restrictions de leur usage par le grand public et la promotion de la prévention et de
techniques alternatives non chimiques.
La loi « EGALIM 1 » a déjà renforcé l?encadrement national de certains produits biocides ne
disposant pas d?AMMS. A minima la mention « Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci
est indispensable, notamment dans les lieux fréquentés par le grand public. Privilégiez chaque fois
que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la
santé humaine et animale et pour l'environnement » devrait être rendue obligatoire sur l?ensemble
des produits biocides destinés au grand public. Il est par ailleurs urgent de publier l?arrêté de mise
en oeuvre du décret n°2019-1052 interdisant la vente en libre-service à des utilisateurs non
professionnels de certains produits biocides.
S?agissant de la communication en faveur de la prévention et de techniques alternatives non
chimiques, certaines campagnes d?information existent déjà, qu?elles soient génériques « Les
48 État ? Conseil national de la consommation ? Guide pratique des allégations environnementales, version 2023
49 DGPR - Fiche technique de l?étiquetage, version du 11 avril 2022 : comparaison des étiquetages et article 10 de
l?arrêté du 19 mai 2004 relatif au contrôle de la mise sur le marché des substances actives biocides et à l'autorisation
de mise sur le marché des produits biocides
50 Les mentions de danger et de conseils de prudence, nommées aussi « phrase de risques » relèvent du
Règlement (CE) n°1272/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relatif à la classification,
à l'étiquetage et à l'emballage des substances et des mélanges( dut « CLP »). Elles sont du type : « H335 : Peut
irriter les voies respiratoires » (danger) ou « P280 : Porter gants de protection, vêtements de protection, protection
des yeux et protection du visage » (conseil de prudence)
51 Résultats de l?enquête 2019, publiés le 15 mars 2021
52 Résultats de l?enquête 2021, publiés le 8 novembre 2023
53 Loi n° 2014-110 du 6 février 2014 visant à mieux encadrer l'utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire
national dite « loi Labbe », modifiée par l?article 68 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition
énergétique pour la croissance verte
PUBLIÉ
https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/documentation/publications/brochures/2012/Guide_allegat_environ_fr_2012.pdf
https://www.helpdesk-biocides.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=149&Itemid=146&lang=fr
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000251018/
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A02008R1272-20231201
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/surveillance-de-la-mise-sur-le-marche-des-produits-biocides-et-des-detergents
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/produits-chimiques-biocides-et-detergents-la-dgccrf-releve-dimportants-manquements-en
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028571536/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000031045038
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biocides, ces pesticides méconnus dont il faudrait se passer avec le réseau des CTRC »54 ou
ciblées, dans le cas de la lutte contre le moustique tigre55. Le PNSE4 prévoit la réalisation d?actions
de communication « auprès du grand public et des professionnels sur le bon usage des détergents,
des désinfectants, et des alternatives possibles, en adaptant le message au public, à la cible et
aux enjeux alternatives possibles, en adaptant le message au public, à la cible et aux enjeux »56.
S?agissant du grand public, l?action de communication devrait couvrir l?ensemble des produits
biocides en veillant à rendre le terme « biocides » compréhensible. Un message simple, par
exemple en résonnance avec la campagne nationale « les antibiotiques, c?est pas automatique »57,
permettrait de réduire leur usage et donc l?impact des biocides sur la santé et l?environnement.
Par comparaison avec la campagne de communication du ministère de la santé, une campagne
dédiée à la réduction de l?utilisation des biocides coûterait de l?ordre de quelques millions d?euros58.
Recommandation 5. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministère de la santé
(DGS)] Lancer une large campagne de communication en faveur des méthodes de
prévention du développement des organismes indésirables et des techniques alternatives
sans biocides pour s?en prémunir sur le modèle de la campagne « les antibiotiques c?est
pas automatique ».
2.3 Encourager le développement de dispositifs de substitution aux
produits biocides
Afin de réduire l?utilisation des produits biocides, il est nécessaire de promouvoir les actions de
prévention visant à traiter le problème à la source, développer et promouvoir des solutions de
substitutions à l?utilisation de produits biocides et mettre en place et soutenir des actions de
sensibilisation et de formation. L?examen d?alternatives non chimiques révèle l?existence d?une
large panoplie d?outils. En voici quelques exemples :
? éviter les causes de développement et de transmission des organismes indésirables (ex :
poubelles inaccessibles aux rongeurs ; précautions prises lors du ramassage des
encombrants susceptibles d?être contaminé par les punaises de lit ; destruction des gîtes
larvaires de moustiques) ;
? prévoir des dispositions dans les plans locaux d?urbanisme (PLU communaux ou
intercommunaux) pour prendre en compte les enjeux de santé publique dans la conception
des projets d?urbanisme pour ne pas créer d?espaces propices au développement des
organismes indésirables par exemple vis-à-vis du moustique tigre en évitant les
constructions pouvant générer des zones d'eau stagnantes (toitures terrasses sauf si
végétalisées, pente suffisante pour les terrasses sur plots...) ;
? déterminer les situations pour lesquelles un protocole de nettoyage est suffisant (ex :
surface basse en milieu hospitalier) ;
54 Les biocides, ces pesticides méconnus dont il faudrait se passer - Institut national de la consommation avec le
réseau des centres techniques régionaux de la consommation (CTRC), septembre 2023
55 Moustique Tigre - La liste des bons gestes à adopter - ARS Nouvelle-Aquitaine, 2024
56 Action 3-2 du PNSE4 : « De nombreuses parties prenantes souhaiteraient une meilleure communication sur le
bon usage des produits désinfectants, aussi bien par les particuliers que par les professionnels, suite à la crise de
la Covid-19 »
57 Lancement de la campagne CNAM pour un meilleur usage des antibiotiques - INA, 2002
58 Propositions du groupe de travail spécial pour la préservation des antibiotiques _ Ministère de la santé, juin 2015
PUBLIÉ
https://www.inc-conso.fr/content/les-biocides-ces-pesticides-meconnus-dont-il-faudrait-se-passer-avec-le-reseau-des-ctrc
https://www.nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr/4-comment-lutter-contre-le-moustique-tigre
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/2114531001047/lancement-campagne-de-la-cnam-pour-un-meilleur-usage-des-antibiotiques
https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_antibiotiques.pdf
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? mettre en oeuvre des barrières physiques (ex : utilisation de moustiquaire ; étanchéification
des bâtiments sensibles vis-à-vis des activités humaines ; port de sur-chaussures ou
blouses jetables) ;
? utiliser des matériaux aux caractéristiques particulières (ex : surfaces lisses empêchant la
formation de biofilms de microorganismes pathogènes) ;
? recourir à des techniques alternatives de suppression des nuisibles ou organismes
pathogènes (chaud, froid, ultra-violet) ;
? installer des systèmes de piégeage (ex : utilisation de pièges à rongeurs et à insectes) ;
? introduire, en évaluant les incidences éventuelles sur l?environnement, des prédateurs
naturels ou des parasites.
Afin d?encourager le développement de ces dispositifs auprès des professionnels et du grand
public, ainsi que pour une diffusion, la plus large possible, des pratiques associées, il conviendra
de recourir à des actions incitatives et d?accompagnement :
? promouvoir auprès du grand public et des professionnels les alternatives aux produits
biocides ;
? pour les entreprises qui investissent dans des alternatives aux produits biocides,
promouvoir l?innovation via les dispositifs de droit commun (crédit impôt recherche et crédit
d?impôt innovation) ou des appels à projets dédiés dotés financièrement.
PUBLIÉ
Novembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui
présentent des caractéristiques plus favorables pour
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3 En cas d?utilisation des biocides, adopter des bonnes
pratiques
L?article 18 du règlement biocides incite à l?utilisation durable des produits biocides et dispose que
la Commission présente « un rapport sur la contribution du règlement à utilisation durable des
produits biocides ». Ce rapport devait examiner, entre autres, « la promotion des meilleures
pratiques afin de réduire l?utilisation des produits biocides au minimum, les approches les plus
efficaces pour surveiller l?utilisation de produits biocides, l?élaboration et l?application de principes
de lutte intégrée contre les organismes nuisibles, ? ».
Ce rapport59 rendu en 2016 définit l?utilisation durable des produits biocides comme « celle qui vise
à réduire les risques et les incidences de l?utilisation des produits biocides sur la santé humaine, la
santé animale et l?environnement et à promouvoir les mesures de lutte intégrée contre les
organismes nuisibles et les approches ou techniques de substitution, telles que les solutions non
chimiques permettant de remplacer les produits biocides ». Il note cependant que dans certains
cas, il est possible « que les solutions de substitution non chimiques ne soient pas efficaces ou
pratiques, voire qu?elles ne soient pas disponibles ». Dans de tels cas l?utilisation des produits
biocides reste ainsi nécessaire.
Figure 9 : les étapes de la lutte intégrée
Source : mission
Par ailleurs, comme le pointe l?avis de l?Anses de juin 202060, afin de prévenir l?apparition de
résistance, il convient de limiter les mésusages des produits biocides pouvant notamment conduire
à l?exposition des bactéries-cibles à des concentrations sub-létales favorisant leur adaptation.
59 Rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil concernant l?utilisation durable des biocides
conformément à l?article 18 du règlement (UE) n°528/2012 du Parlement européen et du Conseil concernant la
mise à disposition sur le marché et l?utilisation des produits biocides
60 AVIS et RAPPORT révisé de l'Anses relatif à la Résistance aux biocides antimicrobiens ? Anses, juin 2020
Mesures
préventives
Surveillance
action corrective
par traitement
non chimique
Action corrective
si nécessaire par
utilisation de
produits biocides
Evaluation
PUBLIÉ
https://www.europarl.europa.eu/RegData/docs_autres_institutions/commission_europeenne/com/2016/0151/COM_COM(2016)0151_FR.pdf
https://www.anses.fr/en/system/files/BIOC2016SA0238Ra.pdf
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La feuille de route interministérielle « Prévention et réduction de l?antibiorésistance, lutte contre la
résistance aux antimicrobiens 2024-2034 »61 va dans le même sens et s?inscrit dans ce risque de
résistances croisées des produits biocides avec les antibiotiques et prévoit notamment la
sensibilisation et la formation au bon usage des produits biocides du grand public, des
établissements de santé, des élevages, des établissements d?abattage et de découpe et des
cliniques vétérinaires, en complément des actions conduites dans le cadre du PNSE4.
En effet, au-delà des démarches de prévention et des solutions de substitution, l?utilisation des
produits biocides reste indispensable dans certains cas. Leur utilisation doit alors être raisonnée,
en ayant conscience des risques associés.
3.1 Professionnels : un outil pour choisir son biocide
Dans le cadre d?une approche d?utilisation durable, l?usage de produits biocides peut s?avérer
nécessaire et, dans ce cas, le choix du produit doit faire l?objet d?une attention particulière au même
titre que sa manipulation, son dosage? Choisir le produit le plus adapté demande d?avoir au
préalable défini précisément le besoin et d?apporter ensuite une vigilance sur la nature des
composants, leur impact environnemental et sanitaire?
Au cours de ses auditions, la mission a noté que, bien qu?intéressée par l?impact du produit biocide
sur la santé et l?environnement, la grande majorité des acteurs n?avait pas connaissance de la
notion d?AMMS. Pourtant les produits biocides bénéficiant d?une AMMS présentent des avantages
majeurs pour les professionnels (et le grand public) parmi lesquels :
? ils ont fait l?objet d?une évaluation portant sur leur efficacité pour l?usage visé ainsi que sur
les risques pour la santé et l?environnement (au même titre que les produits biocides
bénéficiant d?une AMM) ;
? ils peuvent être considérés comme étant des produits biocides moins nocifs pour la santé
et l?environnement par rapport à des produits biocides bénéficiant d?une AMM, de par les
substances actives qui les composent.
Une fois le principe de l?AMMS expliqué, un intérêt pour les produits biocides en bénéficiant a été
noté, à la condition toutefois que le produit réponde aux besoins du secteur et qu?il soit conforme
aux normes applicables aux différents secteurs (ces deux conditions sont indispensables et sont
prioritaires par rapport à l?impact du produit biocide sur la santé et l?environnement).
La base de données française BioCID pourrait être un bon vecteur d?information des acheteurs et
utilisateurs professionnels de produits biocides afin de les orienter vers des produits bénéficiant
d?une AMMS. Toutefois, il conviendra de transformer la base de données BioCID : la rendre
ergonomique et l?enrichir de fonctionnalités de recherche permettant d?orienter les utilisateurs vers
des produits biocides moins nocifs pour la santé et l?environnement (via les phrases de risques et
mentions de dangers par exemple).
Par ailleurs, ce site web permet déjà de réaliser une recherche avancée par « statut
règlementaire » (« Transitoire », « Demande d?AMM déposée », « sous AMM » ?), mais le statut
« AMMS » n?est pas proposé et devrait être ajouté. Les termes de « statut règlementaire » restent
obscurs pour la majorité des acteurs, même avec les explications fournies dans la FAQ, ils
gagneraient à être mieux expliqués, afin de permettre aux utilisateurs de comprendre ce qui se
cache derrière les différents termes. En effet, contrairement aux produits biocides qui sont en
période transitoire, un produit biocide sous AMM (quelle que soit la nature de l?AMM) est un produit
dont l?évaluation de l?efficacité et des risques pour la santé humaine et l?environnement a été
61 Feuille de route interministérielle de prévention et réduction de l?antibiorésistance, lutte contre la résistance aux
antimicrobiens 2024-2034
PUBLIÉ
https://biocid-anses.fr/biocid#!
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/feuille-route-2024-2034-prevention-reduction-antibioresistance
Novembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui
présentent des caractéristiques plus favorables pour
l?environnement ou la santé humaine et animale
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effectuée selon des règles communes et régulièrement actualisées. Cette information importante
permettrait à l?utilisateur de diriger son choix vers ces produits plutôt que vers les produits
bénéficiant de la période transitoire, dont l?évaluation n?a pas été réalisée selon les méthodes les
plus récentes en application du règlement (UE) n°528/2012. De la même manière, un produit
biocide sous AMMS est moins nocif pour la santé et l?environnement qu?un produit biocide sous
AMM, expliquer et mettre en avant cette information donnerait une autre clef de lecture aux
acheteurs. Une fois le site amélioré, la mission recommande d?en assurer la promotion auprès des
têtes de réseau des différentes branches professionnelles, en apportant une attention spécifique à
l?impact des produits biocides sur la santé humaine et l?environnement et plus spécifiquement sur
la notion d?AMMS. Ce site amélioré facilitera l?intégration des critères de dangerosité des produits
biocides dans les cahiers des charges des acheteurs en complément des autres critères tels que
les normes qui leur sont applicables.
Recommandation 6. [Ministères en charge de la tutelle de l?Anses (économie, travail, santé,
agriculture, écologie) et l?Anses] Améliorer la base BioCID et son ergonomie ; rendre
facilement accessibles les critères de risque pour la santé et l?environnement et la notion
d?autorisation de mise sur la marché simplifiée (AMMS) pour guider les acheteurs ; assurer
la promotion de cette base auprès des têtes de réseau des branches professionnelles
(établissements de santé, entreprises de nettoyage, collectivités, instituts techniques
agricoles, entreprises de désinfection, désinsectisation, dératisation etc.)
3.2 Des professionnels formés pour un usage raisonné des biocides
La mise à disposition d?un outil d?identification des alternatives aux produits biocides les plus nocifs
ne sera pas suffisant à en réduire l?utilisation. Il conviendra de compléter cette action par la
formation des professionnels utilisant des produits biocides afin d?en assurer un usage raisonné,
d?une part via l?extension du dispositif Certibiocide, et, d?autre part, via un travail avec les têtes de
réseau professionnelle.
3.2.1 La formation obligatoire : le « Certibiocide »
L?apparition de nouveaux nuisibles (frelons asiatiques, « moustiques tigres », etc.) sur le territoire
national, a mis en exergue la disparité des niveaux de connaissance des intervenants, ainsi que la
nécessité d?encadrer ce domaine d?activité, et notamment de s?assurer de la compétence des
professionnels de l?application des produits biocides.
Par ailleurs, un dispositif de formation obligatoire des vendeurs et utilisateurs de produits
phytopharmaceutiques existe depuis 2011 « Certiphyto » en application de la directive
n°2009/128/CE. C?est là l?origine de l?introduction, en 201362, du dispositif Certibiocide, qui crée un
certificat individuel pour l'activité « utilisateur professionnel et distribution de certains types de
produits biocides destinés exclusivement aux professionnels ». Les types de produits initialement
visés (TP08, 14, 15, 18 et 2063), ont été élargis, depuis le 1er janvier 202464, à d?autres types de
produits concernant les professionnels de la désinfection (TP02, 03, 04 et 21)65.
62 Arrêté du 9 octobre 2013 relatif aux conditions d'exercice de l'activité d'utilisateur professionnel et de distributeur
de certains types de produits biocides
63 L?arrêté du 9 octobre vise le TP23, qui n?existe pas, en lieu et place du TP20.
64 La mise à jour de l?arrêté du 9 octobre 2013 fait suite à l?atelier de travail sur les produits biocides de la conférence
« Une seule santé, en pratique » de 2021.
65 Arrêté du 9 octobre 2013 mis à jour le 23 janvier 2023 et notice explicative.
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028214219/
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Notice_explicative_Certibiocide_fevrier_2024%20%281%29.pdf
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Ainsi, à ce jour, le « Certibiocide » aborde les points nécessaires à une utilisation efficace et plus
sûre des produits. Il se décline en trois dispositifs qui s?appliquent à plusieurs types de produits
biocides répartis en différentes catégories selon leur usage :
? « Certibiocide désinfectants » : TP02, TP03 et TP04 ;
? « Certibiocide nuisibles » : rodenticides et autres produits de lutte contre les
nuisibles :TP14 ; TP18 et TP20 ;
? « Certibiocide « autres produits » » : produits de protection du bois (TP08), avicides (TP15),
produits antisalissure (TP21).
L?ensemble des mesures prises par l?arrêté du 9 octobre 2013 et ses évolutions a pour objectif de
favoriser des conditions d?utilisation et d?application des produits biocides plus sûres et plus
efficaces, ainsi qu?une responsabilité accrue des entreprises concernées. Par ailleurs, le format,
les contenus de la formation et les types de produits biocides concernés ont été revus pour mieux
sensibiliser les professionnels aux problématiques liées à ces produits, à leur utilisation efficace et
sûre, ainsi qu?à leurs impacts sur la santé et l?environnement.
On notera cependant que, même s?il a été élargi en 2024, le dispositif Certibiocide ne s?applique
pas à l?ensemble des produits biocides utilisés par des professionnels. Sont ainsi exclus, par
exemple, les biocides utilisés pour la production d?eau potable (TP05), pour la protection des
produits pendant le stockage (TP06), les répulsifs et appâts (TP19). Certains utilisateurs
professionnels n?y sont pas non plus soumis, tels que ceux qui utilisent des produits biocides
achetés et utilisés exclusivement dans un processus de production, de transformation et de
distribution des denrées alimentaires et des aliments pour animaux66 ou dans un système de
production industriel.
Poursuivre la mise en place de « Certibiocides », adaptés aux différents TP, pour tous les
utilisateurs professionnels et la distribution de produits biocides destinés exclusivement aux
professionnels permettrait d?en étendre les avantages.
Recommandation 7. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministères sociaux (DGT
+ DGEFP)] Établir des référentiels de formation à l?utilisation sécurisée des produits
biocides par les professionnels pour l?ensemble des types de produits non actuellement
couverts par le Certibiocide.
3.2.2 Des exemples d?actions de têtes de réseau
La méconnaissance des produits biocides et de leur impact sur la santé et l?environnement peut
être à l?origine d?une utilisation inadaptée, voire abusive, de produits biocides.
Les entretiens menés par la mission avec plusieurs filières ont permis d?identifier différentes actions
en faveur d?un usage plus raisonné des biocides qu?il conviendrait de répliquer et diffuser. Ces
actions relèvent d?une part de la sensibilisation et de la formation des différents acteurs concourant
à la sélection et à l?utilisation de produits biocides, et, d?autre part, de l?élaboration de bonnes
pratiques ou normes favorisant les usages raisonnés.
Tant les représentants du milieu hospitalier que ceux de la filière de désinfection, désinsectisation
et dératisation, témoignent de l?impact positif d?une démarche de sensibilisation et de formation
66 L?arrêté du 9 octobre 2013 définit le processus de production, transformation et distribution par « toutes les étapes
de la production primaire à la vente ou à la livraison au consommateur final d'une denrée alimentaire ou d'aliments
pour animaux ».
PUBLIÉ
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des professionnels. La prise de conscience est plus variable chez les représentants des filières
d?élevage et des collectivités quand bien même certaines actions ont été engagées.
Les exemples suivants traduisent la diversité des actions qui peuvent être menées :
? en milieu hospitalier : l?idée d?un usage raisonné des détergents et désinfectants en milieu
hospitalier n?est pas récente, puisqu?en 2016 un bulletin du CPias 67 proposait un
accompagnement aux établissements pour la promotion d?un usage raisonné pour
l?entretien.
Le niveau de sensibilisation aux enjeux de réduction de l?utilisation des produits biocides
dépend fortement de la taille des structures, les gros acheteurs tels que l?Assistance
publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) pouvant disposer de compétences dédiées auxquelles
n?ont pas accès les plus petites, tant lors de la sélection des produits que de leur utilisation.
En région Provence-Alpes-Côte d?Azur (PACA), une action de promotion d?usage raisonné
des détergents et des désinfectants, ainsi que l?adoption de pratiques et d?achats
responsables pour l?entretien des locaux en établissement sanitaire et médico-social hors
période d?épidémie a été menée dans le cadre du plan régional santé environnement 2
(PRSE2 de 2011 à 2015), auprès de plus de 200 établissements68. L?action a porté, entre
autres, sur la maîtrise de l?usage des produits, dont biocides, en entretien conventionnel.
Les résultats font apparaître une marge importante pour la réduction de la consommation
des produits biocides en milieu médico-social (l?analyse des consommations en volume de
produits montre en effet une réduction de 45% de la consommation de détergents et
désinfectant) ;
? dans le domaine de la désinfection, désinsectisation et dératisation (3D) : l?association
PROSANE a mis la formation au coeur de ses missions en mettant en avant la notion de
« professionnel formé ». Les « professionnels formés » doivent ainsi suivre une approche
dont l?application appelle une utilisation raisonnée des produits biocides.
Préalablement à l?utilisation des produits biocides, les professionnels doivent établir un
diagnostic de la présence des nuisibles et des raisons de cette présence puis mener des
actions de remédiations (étanchéification, etc.). L?utilisation de produits biocides intervient
en dernier recours et leur utilisation doit être adaptée selon le niveau d?infestation.
S?agissant précisément de la formation, la convention collective nationale69 impose à
chaque employeur d?organiser des actions de formation. Cela se traduit par la mise en
place de certificats de qualification professionnelles (CQP70), à l?initiative de la branche,
assurant ainsi un certain niveau de qualité et de sécurité pour les interventions de ces
professionnels.
L?intérêt de telles actions est corroboré par l?exemple de la Belgique qui a fait de la
sensibilisation des utilisateurs professionnels un axe de son plan fédéral de réduction des
biocides. Au-delà de la formation, l?utilisation raisonnée des produits biocides est favorisée
par l?élaboration et la diffusion de normes « métier ». C?est le cas dans le domaine de la 3D
qui s?appuie sur la norme CEPA CEN 16 636, une norme « métier » qui représente le seul
standard européen de qualité dans la lutte contre les nuisibles (« pest management »). Elle
y formalise le savoir-faire des 3D, la maîtrise de la traçabilité des interventions, ainsi que
les compétences des intervenants ;
67 Usage raisonné des détergents et des désinfectants pour l?entretien des locaux en EMS (hors épidémie) ? Bulletin
CClin-Arlin n°2, mars 2016
68 Bilan d?une action menée en région PACA visant à promouvoir les pratiques et achats responsables pour
l?entretien des locaux en établissements sanitaires et médico-sociaux (hors période d?épidémie), juin 2017
69 Convention collective nationale des entreprises de désinfection, désinsectisation, dératisation (3D) du 1er
septembre 1991. Étendue par arrêté du 16 janvier 1992 JORF 31 janvier 1992.
70 CQP - Technicien/ne applicateur/trice spécialisé/e dans la maîtrise des nuisibles
PUBLIÉ
https://www.association-prosane.fr/cepa#:~:text=Fond%C3%A9%20sur%20la%20norme%20CEN%2016636%20(seul%20standard%20de%20qualit%C3%A9
https://www.cpias.fr/bulletin/2016/02/02-pdf/02-carenco.pdf#:~:text=EMS%20conduit%20une%20action%20visant%20%C3%A0%20promouvoir%20l%E2%80%99usage%20rai-sonn%C3%A9%20des
https://www.paca.ars.sante.fr/system/files/2017-06/pratiques-achats-responsables-ES-ESMS-BD.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/conv_coll/id/KALISCTA000005694843/?idConteneur=KALICONT000005635437&origin=list
https://www.association-prosane.fr/_files/ugd/5adeab_6059e68187694925bfa347b1cdc31e9a.pdf
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? en ce qui concerne les filières d?élevage, le diagnostic sur l?utilisation des produits biocides
dans les filières n?est pas encore systématique. C?est néanmoins le cas par exemple dans
le cas des filières avicole, cunicole et piscicole dont une étude 71 réalisée par l?institut
technique (ITAVI) a mis en lumière les besoins de ces filières de disposer de produits plus
respectueux/moins dangereux pour la santé humaine et l?environnement ;
? pour les collectivités territoriales, la mairie de Paris, par exemple, a mis en place une lutte
intégrée contre les rongeurs et les moustiques, associant mesures préventives et utilisation
produits biocides de façon raisonnée, avec des désinfectants autorisés pour le grand public
(considérés par la mairie comme moins dangereux), utilisés par le service technique
propreté pour la désinfection des véhicules et des insecticides et rodenticides utilisés par
les égoutiers du service technique de l?eau et de l?assainissement.
En matière de traitement de l?eau distribuée, les collectivités territoriales recourent à des
produits biocides tels que l?eau de Javel (TP05), le tout permettant d?assurer une qualité
physico-chimique et/ou microbiologique requise en termes de potabilité La mairie de Paris
inscrit également les produits biocides utilisés pour la potabilisation de l?eau dans son
approche intégrée, compte tenu en particulier de la complexité de son réseau de
distribution.
Recommandation 8. [Ministères sociaux (DGT + DGEFP) - Ministère de la transition
écologique (DGPR)] Introduire une obligation de sensibilisation de l?ensemble des publics
professionnels en contact habituel avec des produits biocides aux impact sur la santé et
l?environnement associés à leur utilisation.
3.3 Pour une information simple pour le grand public, un
« toxiscore » indispensable
L?action 3-1 du PNSE4 prévoit de « renforcer la lisibilité de l?étiquetage des produits ménagers
destinés aux consommateurs »72. Cette action cible les produits de nettoyage et d?entretien, y
compris les produits désinfectants, soit, probablement, les TP01 à TP04 (les produits de traitement
de l?eau potable, TP05, étant un cas particulier). Il est souvent nommé « toxiscore »73 et vise un
usage sûr et efficace de ces produits.
L?impact attendu en termes de politiques publiques justifie de dépasser les réticences exprimées
par les acteurs du marché 74 et de consacrer les moyens nécessaires au dépassement des
difficultés méthodologiques. Ces difficultés sont réelles. Ainsi, la composition des produits
ménagers est souvent complexe et intègre des adjuvants ou parfums dont la toxicité peut fortement
influencer le score final, indépendamment de celle des substances actives.
Par ailleurs, la dangerosité des produits en période transitoire n?est pas évaluée selon les mêmes
règles que ceux qui bénéficient d?une AMM(S) d?où un risque de sous-évaluation. Il serait donc
préférable de ne pas allouer de « toxiscore » aux produits biocides non évalués dans les conditions
du règlement (UE) n°528/2012 pour ne pas créer d?incitation à les acheter mais néanmoins de
préciser la raison de l?absence de « toxiscore ».
71 Exposition aux produits biocides en élevages de volailles reproductrices et risques pour la sante des utilisateurs
? ITAVI, mars 2022
72 Les agences d?expertise (INERIS, Anses et Santé publique France) ont été saisies.
73 Inserm - Environnement : Vers l?élaboration d?un Toxi-Score, août 2021
74 Amélioration de la lisibilité de l?étiquetage des produits ménagers destinés aux consommateurs ? DGCCRF et
Conseil national de la consommation, juillet 2021
PUBLIÉ
https://www.itavi.asso.fr/publications/exposition-aux-produits-biocides-en-elevages-de-volailles-reproductrices-et-risques-pour-la-sante-des-utilisateurs?search=d%C3%A9sinfectant&order=date
https://www.inserm.fr/actualite/environnement-vers-lelaboration-dun-toxi-score/
https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/cnc/etiquetage-produit-menager/rapport_01_07_21.pdf
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La DGCCRF (enquête 2019) constate la complexité des étiquettes et la multiplication des labels et
certifications privées qui reposent sur « des référentiels privés qui ne respectent pas toujours les
dispositions réglementaires en vigueur ».
Le déploiement d?un « toxiscore » à l?ensemble des produits biocides bénéficiant d?une AMM(S),
en priorité ceux qui sont destinés au grand public, est ainsi indispensable.
Recommandation 9. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministère de l?économie
(DGCCRF)] Accélérer la mise en oeuvre de l?action « Renforcer la lisibilité de l?étiquetage
des produits ménagers destinés aux consommateurs » du 4e plan national santé-
environnement et la déployer sur l?ensemble des produits biocides.
PUBLIÉ
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4 Les biocides sont des produits dangereux et doivent être
traités comme tels
4.1 Repenser l?approche du sujet biocides dans le PNSE
L?action « Privilégier les biocides et détergents avec les profils les plus favorables pour la santé
publique et l?environnement » bute sur de nombreuses difficultés :
? la période transitoire induit une rupture d?égalité entre les produits biocides autorisés au
sens du règlement (UE) n°528/2012 et dont l?évaluation, y compris des substances actives
qu?ils contiennent, répond aux exigences actuelles et les produits autorisés au titre de la
période transitoire. En l?absence de modalité d?évaluation équivalente, la hiérarchisation
des produits biocides est inopérante ;
? les mentions valorisantes sont interdites.
Plus largement, dans la mesure où tout produit chimique est susceptible d?avoir des incidences
négatives, et où par définition des produits biocides, conçus pour tuer des organismes vivants, ont
un impact sur l?environnement et potentiellement la santé, la notion de « profils plus favorables »
pour la santé publique et l?environnement est discutable.
Le rapport inter-inspections sur l?évaluation et la préparation de l?actualisation de la feuille de route
interministérielle 2016 pour la maîtrise de l?antibiorésistance75, constatant que les produits biocides
présents en quantité importante dans l?environnement ont un impact significatif sur
l?antibiorésistance (les détergents biocides représentant plus de 50 % des intrants d?effluents,
principalement urbain), a conclu qu?un meilleur usage des produits biocides et des mesures
préventives permettrait d?éviter bon nombre d?effets indésirables.
En se basant sur les recommandations issues des ateliers de travail de la conférence « Une seule
santé, en pratique » de 202176 et sur le plan fédéral belge de réduction des biocides, l?utilisation
des produits biocides est un sujet qui s?inscrit particulièrement bien dans l?approche « One Health ».
Cette démarche globale et transversale, à la croisée des médecines humaine et vétérinaire, des
sciences de l?environnement et des sciences sociales, permet une meilleure gestion des
problématiques de santé publique, grâce à la meilleure prise en compte des relations
interdépendantes entre la santé humaine, celle des animaux, des végétaux et plus largement des
écosystèmes qui sont intimement liées.
Comme le préconise le PNSE4, « afin de protéger la santé humaine, animale et environnementale,
il est nécessaire de s?inscrire dans une démarche d?usage raisonné des désinfectants », cette
démarche pouvant être étendu aux produits biocides dans leur ensemble. Réduire le recours aux
produits biocides contribuera à limiter l?antibiorésistance.
Du fait de l?utilisation des produits par une large gamme d?acteurs et pour une vaste gamme
d?utilisation, la mise en place d?une feuille de route « Écobiocides » répondrait au besoin de
préservation de la santé et de l?environnement. Elle permettrait de regrouper ces actions sous une
bannière commune, identifiable et porteuse d?une intention d?usage sobre et durable des produits
biocides.
75 Evaluation et préparation de l?actualisation de la feuille de route interministérielle 2016 pour la maîtrise de
l?antibiorésistance ? Novembre 2022
76 Recommandations sur les biocides issues de la conférence « Une seule santé, en pratique » de 2021
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-et-preparation-de-l-actualisation-de-la-a3414.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-et-preparation-de-l-actualisation-de-la-a3414.html
https://www.vetagro-sup.fr/evenement/conference-une-seule-sante-en-pratique/
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Cette feuille de route aurait pour objet les principaux points de ce rapport, à savoir :
? la poursuite du programme de travail relatifs aux substances actives existantes ;
? l?information du grand public via :
? l?interdiction de vente en libre-service de certains produits biocides,
? une campagne de communication en faveur des méthodes de prévention et des
techniques alternatives sans biocides sur le modèle « les antibiotiques, c?est pas
automatique »,
? la mise en oeuvre de l?action « Renforcer la lisibilité de l?étiquetage des produits
ménagers destinés aux consommateurs » du PNSE4 sur l?ensemble des produits
biocides ;
? la formation des professionnels à une meilleure connaissance et utilisation des produits
biocides ;
? le développement et la promotion des alternatives aux produits biocides ;
? l?amélioration du pilotage des politiques publiques relatives à l?utilisation des produits
biocides, du suivi et de la promotion de la consommation de produits biocides ;
? la mise en place d?une redevance pour pollution diffuse.
Recommandation 10. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Faire évoluer le contenu
de l?action « Privilégier les biocides et détergents avec les profils les plus favorables pour
la santé publique et l?environnement » afin de plus largement promouvoir la sobriété en
matière d?utilisation des biocides et les méthodes alternatives à leur utilisation dans le cadre
d?une feuille de route « Écobiocides ».
4.2 Mettre en place une redevance pour pollution diffuse adaptée
La loi n°2006-1772 77 a créé une redevance pour pollution diffuse assise sur la masse des
substances actives contenues dans les produits phytopharmaceutiques. Cette redevance,
proportionnelle aux quantités de substance actives vendues, est d?autant plus élevée que les
substances actives présentent des risques pour la santé et l?environnement. Elle est perçue par
les agences de l?eau, selon le principe « pollueur-payeur » et contribue à défavoriser l?usage des
substances actives les plus toxiques. Les redevances collectées par les agences de l?eau leur
permettent en outre de conduire des actions visant à réduire l?usage des produits
phytopharmaceutiques.
La pollution de l?eau et des milieux, notamment aquatiques, par les pesticides est la conséquence
de l?usage de l?ensemble des pesticides, produits phytopharmaceutiques et biocides. En
conséquence, l?extension de la redevance pour pollution diffuse aux biocides est nécessaire, et
serait équitable en mettant sur le même plan les usages agricoles (produits phytopharmaceutiques)
et non agricoles (biocides). Cette extension tiendra compte des risques des substances actives.
Les produits biocides bénéficiant de la période transitoire seront soumis à la redevance pour
pollution diffuse et le taux appliqué aux substances qu?il contiennent devra être supérieur à celui
qui sera appliqué pour les substances composant les produits bénéficiant d?une AMMS.
À l?image de la redevance pour pollution diffuse utilisée, entre autres, pour réduire l?usage des
produits phytopharmaceutiques, cette redevance pourrait participer au financement de la feuille de
77Loi n°2006-1772 du 30 décembre 2006 sur l'eau et les milieux aquatiques, article 84 créant l?article L. 213-10-8
du code de l?environnement
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000649171
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006833066/2024-09-24/
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route « Écobiocides », visant une utilisation sobre et durable des produits biocides. Compte-tenu
de la dispersion du marché des produits biocides, il sera nécessaire d?identifier le niveau de collecte
le plus efficient dans la chaine de valeur, en veillant notamment à limiter les charges administratives
de collecte et de contrôle.
L?instauration d?une fiscalité contribuera en outre à améliorer la qualité des données de déclaration
annuelle des biocides mises sur le marché, ces données servant de base au calcul de la redevance.
Recommandation 11. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Instituer une redevance
pour pollution diffuse sur les substances actives entrant dans la composition des produits
biocides en prenant en compte ceux qui sont utilisés au titre de la période transitoire et
permettant de privilégier les produits biocides bénéficiant d?une AMMS.
4.3 La transparence des données, une nécessité
La Convention sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et
l'accès à la justice en matière d'environnement dite « Convention d?Aarhus »78 est entrée en
vigueur le 30 octobre 2001. Approuvée par la France le 8 juillet 2002 et par l?Union européenne le
17 février 2005, elle prévoit que « chaque Partie veille à ce que, dans le cadre de la législation
nationale, les autorités publiques mettent les informations sur l'environnement à la disposition du
public de façon transparente et à ce que ces informations soient réellement accessibles ».
L?un des objectifs de la directive 2003/4/CE79 du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier
2003 concernant l'accès du public à l'information en matière d'environnement et abrogeant la
directive 90/313/CEE du Conseil est « de veiller à ce que les informations environnementales
soient d'office rendues progressivement disponibles et diffusées auprès du public afin de parvenir
à une mise à disposition et une diffusion systématiques aussi larges que possible des informations
environnementales auprès du public. ».
L?article 7 de la Charte de l?environnement intégrée au bloc de constitutionalité français le 1er mars
2005 proclame que « toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi,
d'accéder aux informations relatives à l'environnement détenues par les autorités publiques et de
participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement ». Enfin
les articles L. 124-1 à L. 124-8 et R. 124-1 à R. 124-5 ainsi que la circulaire du 18 octobre 200780
précisent que « le droit à l?information relative à l?environnement comprend, d?une part, le droit
d?accès à l?information (obligation pour les autorités publiques de communiquer les informations
relatives à l?environnement qu?elles détiennent aux personnes qui en font la demande au moyen
d?une saisine officielle) et, d?autre part, le droit d?être informé (obligation pour les autorités publiques
de diffuser des informations relatives à l?environnement) ».
Au niveau de l?Union européenne, l?ECHA donne accès à deux bases de données, l?une pour les
substances actives et l?autre pour les produits biocides. Ces bases sont très complètes, mais ne
collectent pas les informations relatives aux produits biocides bénéficiant de la période transitoire.
Elles sont d?un usage complexe, notamment pour avoir une vision d?ensemble des substances
78 Convention sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice
en matière d'environnement. Aarhus (Danemark), 25 juin 1998
79 Directive 2003/4/CE du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier 2003 concernant l'accès du public à
l'information en matière d'environnement et abrogeant la directive 90/313/CEE du Conseil
80 Circulaire du 18 octobre 2007 relative à la mise en oeuvre des dispositions régissant le droit d?accès à
l?information relative à l?environnement
PUBLIÉ
https://www.conseil-constitutionnel.fr/la-constitution/la-charte-de-l-environnement
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033140333/2024-08-23
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006835036
https://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=IND&mtdsg_no=XXVII-13&chapter=27&clang=_fr#EndDec
https://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=IND&mtdsg_no=XXVII-13&chapter=27&clang=_fr#EndDec
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A32003L0004
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Bulletinofficiel-0005676&reqId=42ccf61f-225f-4ff1-bf7a-4da98984b21a&pos=14
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actives et des produits biocides, les recherches se faisant par sélection successive de critères81.
Au niveau français, le site du ministère de la transition écologique renvoie vers les sites Internet
de l?ECHA, de l?Anses (site général), du registre des AMM biocides, BioCID et CERTIBIOCID.
Le registre des AMM biocides donne accès aux décisions et aux conclusions d'évaluations relatives
à la mise sur le marché des produits biocides en France (délivrées par le ministère chargé de
l?environnement jusqu?au 30 juin 2016 et par l?Anses après le 1er juillet 2016). Les seuls critères
de sélection des 3 918 produits (22 août 2024) sont le « Nom du produit », le « numéro AMM » et
la date de signature de la décision. Le registre permet d?accéder à la conclusion de l?évaluation qui
comporte notamment les phrases de risque pour la santé et l?environnement.
Le moteur de recherche de la base BioCID offre plusieurs critères de sélections. Toutefois les
statuts réglementaires proposés ne permettent pas de choisir un produit bénéficiant d?une AMMS.
Si l?exportation de résultats d?une recherche est possible, l?extraction de la base complète ne l?est
pas. Par ailleurs, ni les quantités de substances actives et de produits biocides vendus, ni leur
évolution au cours du temps ne sont accessibles au public.
Le registre des AMM biocides et BioCID sont porté par l?Anses, sans que l?intérêt de proposer deux
sites comportant des informations en partie similaires soit évident. Par ailleurs, les synergies ne
sont pas optimales. Ainsi les fiches des produits sur BioCID ne permettent pas d?accéder aux
conclusions de l?évaluation. À l?inverse, les fiches des produits sur le registre des AMM biocides
ne renvoient pas vers BioCID, plus complet et plus ergonomique pour le public.
L?action 18 du PNSE4 prévoyait de « créer un espace commun de partage de données
environnementales pour la santé, le Green Data for Health », notamment pour faciliter les
croisements entre les données environnementales (au sens large) et les données sanitaires. Il est
en effet apparu nécessaire que les données environnementales existantes puissent être plus
facilement mobilisées pour mieux caractériser les expositions humaines aux facteurs de risques
environnementaux ainsi que pour permettre un appariement rigoureux des données
environnementales avec les données de santé, notamment celles du système national des
données de santé (« Health Data Hub »).
Le « Green Data for Health » (GD4H) existe aujourd?hui dans une version beta de la plateforme.
Elle référence une base de données de produits biocides déclarés mise à jour le 5 décembre 2014.
Comme en témoignent les commentaires d?utilisateurs, les fichiers extraits sont quasi illisibles, ne
contiennent pas les quantités vendues et, contrairement à la description qui en est faite, les
données ne sont pas géoréférencées.
S?agissant des pesticides, le GD4H recense la « Banque nationale des ventes réalisées par les
distributeurs des produits phytopharmaceutiques appelés plus communément produits
phytosanitaires » (BNV-D). Cette base de données alimentée par les industriels responsables de
la mise sur le marché et par les distributeurs est croisée avec la base E-Phy de l?Anses qui
répertorie l?ensemble des produits phytosanitaires (libellés des produits, composition en
substances actives, concentrations, etc.)82. Les données de vente des substances actives sont
ainsi disponibles pour les millésimes 2008 à 2022, avec une granularité spatiale au niveau des
régions, des départements et des, communes. Les données d?achat sont également disponibles
81 Des fichiers peuvent être extraits, toutefois, la taille est limitée et l?extraction de la liste des produits biocides ne
peut se faire que par sous-ensemble avant de reconstituer un fichier global. Par ailleurs, les données sont
présentées dans la logique des approbations et autorisations sous forme de couple [substances active/type de
produit] ou [produit biocide-pays]. Enfin, seul les produits biocides autorisés sont répertoriés, tous ceux qui
contiennent au moins une substance active inscrite au programme de travail sont absents. Ces bases sont
difficilement utilisables par les professionnels et non utilisables par le public.
82 État des lieux des ventes et achats des produits phytopharmaceutiques en France ? Notice méthodologique, avril
2023
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr
https://www.anses.fr/fr/decisions_biocide
https://biocid-anses.fr/biocid#!
https://certibiocide.din.developpement-durable.gouv.fr/
https://www.health-data-hub.fr/
https://ventes-produits-phytopharmaceutiques.eaufrance.fr/articles
https://ephy.anses.fr/
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/6350/download?inline
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au niveau du code postal depuis 2015.
Cette différence de mise à disposition de données relatives aux pesticides entre les produits
phytosanitaires et les biocides ne permet pas le pilotage de la politique de réduction de l?incidence
des biocides sur l?environnement ou la santé humaine et animale. Elle ne répond pas aux
exigences de transparence en matière de données ayant des incidences sur l?environnement.
Recommandation 12. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Mettre à disposition les
données de vente des substances actives de produits biocides à l?échelle la plus fine
possible en alimentant « Green Data for Health » avec l?ensemble des données disponibles.
PUBLIÉ
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Conclusion
À l?image du slogan « les antibiotiques, c?est pas automatique » lancé par l?État et la Caisse
nationale d?assurance maladie (CNAM) qui vise à informer le public sur l?inutilité des antibiotiques
dans certaines situations ou de la campagne « le meilleur déchet est celui qu?on ne produit pas »
qui vise à réduire la production de déchet, ce rapport se questionne sur la notion de « produit
biocide avec le profil le plus favorable pour la santé et pour l?environnement » et de manière plus
large sur les modalités de l?utilisation des produits biocides. Réaliser le panorama du marché des
produits biocides, ce qui permettrait d?en connaître les utilisations, se heurte à plusieurs difficultés.
Leur utilisation large et variée à mettre en regard de l?absence de connaissance de la notion de
« produits biocides » par certains acteurs en est une première, une règlementation européenne
dont la mise en oeuvre n?est pas encore stabilisée en est une seconde. Les autorisations de mise
sur la marché simplifiée (AMMS), qui permettraient d?identifier les produits biocides aux profils
moins défavorables pour la santé et l?environnement sont encore peu développées et la notion est
mal connue.
Dans son approche, la mission s?inscrit dans une perspective d?utilisation sobre et durable des
produits biocides. Cela suppose de mieux identifier le problème à corriger et y appliquer des
mesures de prévention couplées ou non à des méthodes de substitution pour le résoudre afin de
réserver l?usage des produits biocides aux certains cas où ils sont indispensables et réduire de
manière durable les impacts que leur utilisation génère sur la santé et l?environnement.
Au cours des entretiens, la mission a relevé des discours communs entre les acteurs rencontrés
(entreprises et fédérations professionnelles, services publics, association de consommateurs?) :
le manque de connaissance de ce qu?est un produit biocide en fait partie mais également le fait
qu?ils sont utilisés sans perception du risque, parfois de manière non adaptée, ou encore que leur
utilisation ne permet pas de résoudre le problème à la source mais uniquement d?en traiter les
conséquences. L?approche proposée par la mission avec ses recommandations vise ainsi à
accompagner le grand public mais aussi les professionnels dans leur réflexion sur leur besoin en
produits biocides. Pour les professionnels, cette approche propose deux étapes, le développement
et la promotion de méthodes de substitution accompagné d?un volet sur l?utilisation des produits
biocides via un accès facilité à l?information et des formations. Pour le grand public, cette approche
procède également en deux étapes via une campagne de communication en faveur des méthodes
de prévention et des techniques alternatives et une meilleure lisibilité des étiquettes des produits,
notamment des produits ménagers, ainsi que l?interdiction de vente en libre-service de certains
produits.
Ces travaux pourraient être portés par une feuille de route « Écobiocides », en les complétant par
des mesures transverses tels que l?institution d?une redevance pour pollution diffuse sur les
substances entrant dans la composition des produits biocides ou encore la mise à disposition au
public des données de vente.
Karine Brulé
Didier Pillet
Xavier Raher
Emilie Rasooly
Inspectrice
générale
Ingénieur général
des mines
Ingénieur
des mines
Inspectrice
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
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Annexe 2. Classification des produits biocides
Source : Règlement (UE) n°528/2012 du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2012
concernant la mise à disposition sur le marché et l?utilisation des produits biocides. Version
consolidée au 15 avril 2022.
En gras les types de produits biocides pour lesquels il existe des autorisations de mise sur le
marché simplifiée (AMMS) en France, le détail est en annexe 4.
Groupe Type de produits
GROUPE 1 :
Désinfectants
Type de produits 1 : hygiène humaine
Type de produits 2 : désinfectants et produits algicides non destinés à
l?application directe sur des êtres humains ou des animaux
Type de produits 3 : hygiène vétérinaire
Type de produits 4 : surfaces en contact avec les denrées alimentaires et
les aliments pour animaux
Type de produits 5 : eau potable
GROUPE 2 :
Produits de protection
Type de produits 6 : protection des produits pendant le stockage
Type de produits 7 : produits de protection pour les pellicules
Type de produits 8 : produits de protection du bois
Type de produits 9 : produits de protection des fibres, du cuir, du caoutchouc
et des matériaux polymérisés
Type de produits 10 : produits de protection des matériaux de construction
Type de produits 11 : produits de protection des liquides utilisés dans les
systèmes de refroidissement et de fabrication
Type de produits 12 : produits anti-biofilm
Type de produits 13 : produits de protection des fluides de travail ou de coupe
GROUPE 3 :
Produits de lutte contre
les nuisibles
Type de produits 14 : rodenticides
Type de produits 15 : avicides
Type de produits 16 : molluscicides, vermicides et produits utilisés pour lutter
contre les autres invertébrés
Type de produits 17 : piscicides
Type de produits 18 : insecticides, acaricides et produits utilisés pour lutter
contre les autres arthropodes
Type de produits 19 : répulsifs et appâts
Type de produits 20 : lutte contre d?autres vertébrés
GROUPE 4 :
Autres produits biocides
Type de produits 21 : produits antisalissure
Type de produits 22 : fluides utilisés pour l?embaumement et la taxidermie
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX%3A02012R0528-20220415
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX%3A02012R0528-20220415
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Annexe 3. Autorisation de mise sur le marché simplifiée
(AMMS)
Le règlement (UE) n°528/2012 du 22 mai 2012 concernant la mise à disposition sur le marché et
l?utilisation des produits biocides prévoit dans son chapitre V une procédure d?autorisation
simplifiée.
Une demande d?autorisation peut, pour les produits biocides admissibles, être soumise dans le
cadre d?une procédure d?autorisation simplifiée. Un produit biocide est admissible si toutes les
conditions suivantes sont remplies :
? toutes les substances actives contenues dans le produit biocide figurent à l?annexe I et
respectent toute restriction précisée dans ladite annexe ;
? le produit biocide ne contient pas de substance préoccupante ;
? le produit biocide ne contient aucun nanomatériau ;
? le produit biocide est suffisamment efficace ;
? la manipulation du produit biocide et son utilisation prévue ne nécessitent pas de matériel
de protection individuelle.
Si toutes ces conditions sont remplies, le demandeur sollicitant l'autorisation doit soumettre une
demande à l'ECHA, en indiquant quelle autorité compétente de l'État membre concerné évaluera
la demande. Lorsqu'une autorisation simplifiée est accordée, le produit biocide peut être mis à
disposition sur le marché dans d'autres États membres sans qu'une reconnaissance mutuelle ne
soit nécessaire. Toutefois, le titulaire de l'autorisation doit notifier chaque État membre concerné
30 jours avant de mettre le produit sur le marché de son territoire.
Les substances actives sont considérées comme préoccupantes lorsque :
? elles répondent aux critères de classification suivants du règlement (CE) no 1272/2008 :
? explosibles / facilement inflammables,
? peroxydes organiques,
? ayant une toxicité aiguë de catégorie 1, 2 ou 3,
? corrosives de catégorie 1A, 1B ou 1C,
? sensibilisants respiratoires,
? sensibilisants cutanés,
? agents mutagènes des cellules germinales de catégorie 1 ou 2,
? cancérogènes de catégorie 1 ou 2,
? toxiques pour la reproduction humaine de catégorie 1 ou 2 ou ayant des effets sur ou
via l?allaitement,
? toxiques spécifiques pour un organe cible à la suite d?une exposition unique ou répétée,
? toxiques pour les organismes aquatiques : toxicité aiguë de catégorie 1 ;
? elles répondent aux critères de substitution énoncés à l?article 10, paragraphe 1 du
règlement (UE) n°528/2012 ;
? elles n?ont pas d?effets neurotoxiques ou immunotoxiques.
Les substances actives sont également considérées comme préoccupantes, même si aucun des
critères précisés aux points a) à c) n?est rempli, lorsqu?un niveau de préoccupation équivalent à
celui que suscitent les points a) à c) peut être raisonnablement démontré en se fondant sur des
informations fiables
PUBLIÉ
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Annexe 4. Substances actives au sein de l?Union
européenne et produits biocides bénéficiant
d?une autorisation de mise sur le marché
Source : Agence européenne des produits chimiques (European chemicals agency ? ECHA), base
de données mise à jour le 17 mai 2024 (produits) et 20 août 2024 (substances actives)
Note de lecture :
? les données présentées sont extraites de la base ECHA et ne concernent donc que les
produits ayant fait l?objet d?une évaluation au titre du règlement (UE) n°528/2012 ;
? les produits bénéficiant de la période transitoire sont absents ;
? la base des substances actives de l?ECHA (mise à jour de la base du 20 août 2024) indique
que « La base de données contient 938 types de substances actives-produits et
enregistrements de l'annexe I pour lesquels une approbation a été demandée » (traduction
par Google Traduction). Les informations ne sont donc pas données par substance active,
mais sont organisées par couple [substances active/type de produit].
? la base de données extraites contient 25.322 lignes qui correspondent à des couples [pays-
produits], les produits étant autorisés par pays. Un produit autorisé dans un pays sous
plusieurs dénominations est extrait sous forme d?une ligne unique. Dans des cas
particuliers, un même produit dans un même pays peut être extrait sous forme de deux
lignes, l?une pour une autorisation expirée, l?autre pour une autorisation en cours. Un
produit identique autorisé dans deux pays est extrait sous forme de deux lignes ;
? le numéro unique est le numéro de référence, la base de donnée extraite contient 25.322
lignes qui correspondent à 8 070 produits effectivement différents, quoique le site indique
que « la base de données contient 8 305 produits biocides autorisés ». Un même produit
autorisé dans plusieurs pays aura le même « numéro de référence » ;
? outre les États membres de l?Union européenne, la base contient les données de la
Grande-Bretagne, la Suisse et la Norvège ;
? sur la base de données interrogée en ligne, les critères [« pays A »] X [« autorisé »] du
moteur de recherche donnent la liste des produits biocides « autorisés » / « avec une
autorisation expirée » / « abandonnés » pour ce « pays A » dès lors qu?ils sont autorisés
dans au moins un autre pays ;
? les chiffres donnés ci-dessous résultent de l?exploitation de la base de donnée extraite ; ils
ne sont pas forcément contrôlables par l?utilisation du moteur de recherche en ligne ;
? la qualité de la base de données (orthographe différente pour un même objet, double ligne
pour un même produit dans un pays, information manquante...) permet d?avoir des ordres
de grandeur justes, mais des chiffres à prendre avec prudence ;
? sauf exception, la structure de la base de donnée ne permet pas de faire simplement des
analyses sur les numéros de référence, elles sont donc faire sur les couples [pays-
produits].
Annexe 4.1. Les substances actives dans l?Union européenne
L?analyse par couple [substances active/type de produit] montre que :
? 806 sont concernés par le programme de travail et contiennent donc des substances
existantes ;
? 97 sont hors du programme de travail et contiennent donc des nouvelles substances ;
PUBLIÉ
https://echa.europa.eu/fr/about-us
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? 35 relèvent de l?annexe I.
Une autre classification des 938 couple [substances active/type de produit] permet de voir que :
? 373 sont en cours d?examen (qu?ils fassent ou non partie du programme de travail) ;
? 294 sont approuvés ;
? 271 sont non approuvés (différentes catégories de dossiers abandonnés, par les
pétitionnaires ou pour expiration de délais ou absence de soutien et refus d?approbation).
Dans la mesure où une même substance active peut contribuer à plusieurs couples [sa/TP] et
qu?une même substance active peut être soit approuvée, soit non approuvée selon le type de
produit pour lequel une demande d?approbation est en cours, il y a finalement 380 substances
actives entrant dans la fabrication de produits biocides dans l?Union européenne, qui sont dans
461 situations :
? 141 substances actives sont en cours d?examen (nouvelle substance active substance
active existante) pour au moins un type de produit ;
? 165 substances actives sont approuvées pour au moins un type de produit ;
? 155 substances actives sont non approuvées pour au moins un type de produit.
Annexe 4.2. Panorama global des produits biocides
La base de données extraites contient 25.322 lignes qui correspondent à des couples [pays-
produits], les produits étant identifié par le pays dans lequel il est mis en marché83. Ces 8 305
« produits biocides autorisés » correspondent à 8 070 numéros d?autorisation de référence, unique,
soit 8 070 produits biocides effectivement différents84.
Sous ces réserves, parmi les 25 322 couples [pays-produits] de l?Union européenne :
? 19 227 sont autorisés au sens du règlement (UE) n°528/2012 ;
? 2 463 sont abandonnés ;
? 3 632 ont des autorisations expirées.
Parmi les 25 322 couples [pays-produits] de l?Union européenne, les types de produits biocides
(seuls ou en association) qui représentent près de 80% du marché sont85 :
? TP08 - produits de protection du bois : 6 119 ;
? TP14 - rodenticides : 5 144 ;
? TP02 - désinfectants et produits algicides non destinés à l?application directe sur des êtres
humains ou des animaux : 4 885 ;
? TP18 - insecticides, acaricides et produits utilisés pour lutter contre les autres arthropodes :
3 370 ;
? TP04 - surfaces en contact avec les denrées alimentaires et les aliments pour animaux :
3 333.
83 Un produit autorisé dans un pays sous plusieurs dénominations est extrait sous forme d?une ligne unique. Dans
des cas particuliers, un même produit dans un même pays peut être extrait sous forme de deux lignes, l?une pour
une autorisation expirée, l?autre pour une autorisation en cours. Un produit identique autorisé dans deux pays est
extrait sous forme de deux lignes.
84 Certaines différences s?explique par des orthographes différentes pour un même numéro de référence.
85 La somme donne 28 820 cas, certains couples [pays-produits] étant autorisés pour plusieurs TP.
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Certains types de produits n?ont aucun produit biocide disposant d?une autorisation de mise sur le
marché : TP16 (molluscicides 86 , vermicides et produits utilisés pour lutter contre les autres
invertébrés), TP17 (piscicides) et TP22 (Fluides utilisés pour l?embaumement et la taxidermie).
Pour la France, 3 012 produits biocides (12% du total de l?Union européenne) sont recensés :
? 2 625 disposent d?une autorisation de mise sur le marché ;
? 205 sont abandonnés ;
? 182 ont des autorisations de mise sur le marché expirées.
La répartition des types de produits est un peu différente et 80% des 3 012 produits biocides
relèvent des types de produits suivants :
? TP02 - désinfectants et produits algicides non destinés à l?application directe sur des êtres
humains ou des animaux : 1 470 ;
? TP04 - surfaces en contact avec les denrées alimentaires et les aliments pour animaux :
1 375 ;
? TP14 - rodenticides : 386 ;
? TP03 ? hygiène vétérinaire : 317.
La part des produits biocides bénéficiant d?une AMMS dans les États membres est décrite dans le
tableau suivant :
État
membre
Produits
biocides
totaux
autorisés
Proportion
des
produits
biocides
totaux
autorisés
Produits
biocides
autorisés
bénéficiant
d?une
AMMS
Proportion
des
produits
biocides
autorisés
bénéficiant
d?une
AMMS
Proportion
de produits
biocides
autorisés
par pays
bénéficiant
d?une
AMMS
Lettonie 1 084 6 % 267 19 % 25 %
France 2 625 14 % 127 9 % 5 %
Pays-Bas 997 5 % 97 7 % 10 %
Belgique 1 174 6 % 83 6 % 7 %
Italie 1 563 8 % 70 5 % 4 %
Allemagne 1 342 7 % 68 5 % 5 %
Autres 10 442 54 % 727 51 % 7 %
Total 19 227 100 % 1439 100 % 7 %
86 Ils sont autorisés au titre de la réglementation sur les produits phytopharmaceutiques.
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Six pays détiennent la moitié (49 %) des AMMS des couples [pays-produits] en cours de validité
dans au moins un pays :
? Lettonie : 267 (19 %) ;
? France : 127 (9 %) ;
? Pays-Bas : 97 (7 %) ;
? Belgique : 83 (6 %) ;
? Italie : 70 (5 %) ;
? Allemagne : 68 (5 %).
Annexe 4.3. Panorama global des substances actives utilisées
seules ou en mélange dans les produits biocides bénéficiant
d?une AMMS
Substances actives contenues dans des produits ayant au moins une
AMMS en cours de validité dans un pays
Nombre de
couples
[pays-produit]
Acide lactique 793
Acide (+)-tartrique |Benzoate de sodium 93
OEufs en poudre | Saccharomyces cerevisiae (levure) 73
Acétate de (9Z,12E)-tétradéca-9,12-dién-1-yle 64
Dioxyde de carbone 46
Acide acétique | D-Fructose 38
Vinaigre 34
Dioxyde de carbone produit par combustion de propane, de butane ou d?un mélange des
deux
30
Citronellal |Huile de lavande | Huile de menthe 29
Huile de lavande | Huile de menthe 29
Acide acétique | Huile de lavande | Huile de menthe 28
Jus de pomme concentré | D-Fructose | Vinaigre 26
Jus de pomme concentré | Vinaigre 24
Citronellal | huile de menthe 17
Acide (+)-tartrique | Acide lactique | Huile de lavande | Huile de menthe 16
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Substances actives contenues dans des produits ayant au moins une
AMMS en cours de validité dans un pays
Nombre de
couples
[pays-produit]
Phéromone des mites de vêtements (mélange) 15
D-Fructose 14
Jus de pomme concentré 12
D-Fructose | Vinaigre 12
Saccharomyces cerevisiae (levure) 11
D-Fructose | OEufs en poudre | Saccharomyces cerevisiae (levure) 10
Benzoate de sodium 7
OEufs en poudre 3
Acide acétique | Jus de pomme concentré | D-Fructose | Miel 2
Huile de menthe 2
Bentonite | Acide lactique 1
Dioxyde de carbone | Octobre-1-ène-3-ol 1
Citronellal | Acide propionique 1
Non identifiée 8
Total 1 439
Globalement :
? plus de la moitié (55 %) des couples [pays-produits] contiennent de l?acide lactique seul ;
? près de trois-quarts (74 %) des couples [pays-produits] contiennent cinq substances
actives ou mélange :
? acide lactique,
? [acide (+)-tartrique + benzoate de sodium],
? [oeufs en poudre + Saccharomyces cerevisiae (levure)],
? acétate de (9Z,12E)-tétradéca- 9,12-dién-1-yle (analogue d?une phéromone sexuelle
de mite alimentaire),
? dioxyde de carbone.
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Annexe 4.4. Types de produits (TP) autorisés bénéficiant d?une
AMMS
Type de produit ayant au moins une AMMS en cours de
validité dans un pays
Code Nombre de
couples
[pays-
produit]
Sans type - 8
Désinfectants - Hygiène humaine TP01 447
Désinfectants et produits algicides non destinés à
l?application directe sur des êtres humains ou des
animaux
TP02 64
Désinfectants - Hygiène vétérinaire TP03 20
Désinfectants - Surfaces en contact avec les denrées
alimentaires et les aliments pour animaux
TP04 0
- TP02 +TP04 340
- TP01 + TP02 + TP04 3
- TP02 + TP03 + TP04 8
- TP01 + TP02 + TP03 + TP04 1
Produits de protection - Protection des produits
pendant le stockage
TP06 7
Produits de lutte contre les nuisibles - Rodenticides TP14 33
Produits de lutte contre les nuisibles - Répulsifs et
appâts
TP19 508
Total des biocides bénéficiant d?une AMMS 7 sous-types 1 439
Pour les 1 431 produits ayant un type de produits, trois des quatre groupes sont représentés :
? groupe 1 (désinfectants) : 883 produits (62 %), qui contiennent :
? acide lactique (769) ;
? acide tartrique et benzoate de sodium (93) ;
? acide tartrique, acide lactique, huile de lavande, huile de menthe (16) ;
? vinaigre (4) ;
? bentonite et acide lactique (1) ;
? groupe 2 (produits de protection) : 7 produits (moins de 1 %), qui contiennent :
? benzoate de sodium (7) ;
? groupe 3 (produits de lutte contre les nuisibles) : 541 produits (38 %), qui contiennent les
24 autres substances actives ou mélanges.
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Annexe 4.5. Types de produits biocides autorisés bénéficiant d?une
AMMS en France
Type de produit ayant une AMMS en cours de validité en
France
Code Nombre de
produits biocides
concernés
Désinfectants - Hygiène humaine
dont 23 à base d?acide lactique
TP01 26
Désinfectants et produits algicides non destinés à l?application
directe sur des êtres humains ou des animaux
dont 6 à base d?acide lactique
TP02 7
Désinfectants - Hygiène vétérinaire
dont 1 à base d?acide lactique
TP03 1
Désinfectants - Surfaces en contact avec les denrées
alimentaires et les aliments pour animaux
TP04 0
-
dont 44 à base d?acide lactique
TP02 + TP04 45
Produits de lutte contre les nuisibles - Rodenticides TP14 2
Produits de lutte contre les nuisibles - Répulsifs et appâts
dont 12 à base de (9Z,12E)-tetradeca-9,12-dien-1-yl acetate
(analogue d?une phéromone sexuelle de mite
alimentaire)
et 1 à base d?acide lactique
TP19 46
Total des produits biocides bénéficiant d?une autorisation de mise
sur le marché simplifiée (AMMS) en France
dont 75 à base d?acide lactique seul
et 6 à base de (9Z,12E)-tetradeca-9,12-dien-1-yl acetate
6 sous-types 127
Deux des quatre groupes sont représentés :
? groupe 1 (désinfectants) : 79 produits (62 %) ;
? groupe 3 (produits de lutte contre les nuisibles) : 48 produits (38 %).
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr/system/files/biocides/evaluations/STOPMITESA_BC-UV050255-09_SA-APP_Ans.pdf
https://www.anses.fr/fr/system/files/biocides/evaluations/STOPMITESA_BC-UV050255-09_SA-APP_Ans.pdf
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Annexe 5. Vente des produits biocides en France
La répartition des ventes de produits biocides en France est la suivante :
[?]
Figure 2 : ventes des produits biocides bénéficiant d?une AMMS en France par TP
Source : analyse de la mission à partir de l?extraction de la base BioCID (31 mai 2024)
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Annexe 6. Plan fédéral belge de réduction des biocides
Le Service public fédéral (SPF) Santé publique belge, Sécurité de la Chaîne alimentaire et
Environnement a mis en oeuvre un plan de réduction des biocides pour la période 2023-2028 afin
de diminuer les risques pour la santé et l?environnement liés aux biocides, avec une attention
particulière aux publics vulnérables.
Réalisé indépendamment de l?article 4 de la directive 2009/128/CE et pendant du programme
fédéral de réduction des pesticides axé sur les produits phytopharmaceutiques87, le plan fédéral
de réduction des biocides 2023-2028 pris par arrêté royal du 26 octobre 2023 comprend six axes
qui visent directement (1,3,5) ou indirectement (2,4,6) à réduire les risques pour la santé et
l?environnement ainsi qu?à réduire l?emploi des produits biocides et en particulier de certains
usages :
1. l?information et la sensibilisation : Campagnes et formations (utilisateurs professionnels)
pour une utilisation plus sûre des produits biocides afin de réduire les risques associés à
leur emploi, pour une utilisation raisonnée et sur les alternatives ;
2. l?amélioration des connaissances sur l?exposition aux biocides et leurs effets sur la santé :
Identification des risques les plus élevés et des groupes les plus vulnérables afin d?orienter
le contenu des campagnes et informer et sensibiliser les secteurs concernés ;
3. des actions sur les substances et les usages spécifiques afin de réduire les risques et/ou
l?utilisation des produits biocides ayant un effet négatif sur la santé ou l?environnement
(produits contenant des substances actives perturbatrices endocriniennes, usages
comportant un risque de développement d?une résistance aux antimicrobiens et produits
contenant des néonicotinoïdes) ;
4. l?observation du marché des biocides ;
5. la régularisation du marché : la diminution de produits illégaux pour aboutir à l?emploi
exclusif de produits autorisés et donc préalablement évalués ;
6. l?évaluation et le rapportage du plan.
87 Plan d?Action National de Réduction des Pesticides (NAPAN) qui vise à réduire l?utilisation des pesticides et leurs
impacts sur la santé et l?environnement, au travers d?actions variées (formation, sensibilisation, règlementation,
accompagnement, études, etc.), s?adressant aussi bien aux professionnels (agriculture, secteurs verts, public et
privé) qu?au grand public.
PUBLIÉ
Novembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui
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Figure 3 : axes du plan de réduction des biocides (source : © Service public fédéral
(SPF) Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement)
Afin de préparer, mettre en oeuvre et réviser ce programme, les autorités fédérales compétentes
ont travaillé avec les secteurs de la production de produits biocides, de la lutte contre les nuisibles
et de l?agriculture, des associations de protection de l?environnement, le secteur de la distribution
de l?eau?
Annexe 6.1. Information & sensibilisation
Six actions sont axées sur l?information et la sensibilisation :
? pour les professionnels :
? informations sur la législation et les thèmes d?actualités via le forum annuel destiné aux
professionnels,
? liste de produits efficaces contre des agents pathogènes pour le secteur de l?élevage,
? promotion d?une utilisation sûre et raisonnée des produits biocides (campagnes ciblées
via les organisations sectorielles, FAQ?),
? formation obligatoire des professionnels utilisant des produits de lutte contre les
rongeurs et les insectes et les produits de fumigation, sur les risques pour la santé et
l?environnement, l?utilisation des produits et les alternatives ;
? pour le grand public :
? campagnes de sensibilisation pour une utilisation plus sûre des produits chimiques (site
web, vidéos, brochures, jeu, podcast?) avec une campagne spécifique pour une
utilisation plus sûre des produits biocides ;
? pour les professionnels et le grand public :
o accès à une information actuelle et correcte via un site web, un moteur de
recherche des produits biocides autorisés et un helpdesk (pour les professionnels).
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Annexe 6.2. Amélioration des connaissances sur l?exposition aux
biocides et leurs effets sur la santé
L?identification des groupes les plus vulnérables permet de leur accorder une attention spécifique
dans la recherche et les actions d?information et sensibilisation.
Annexe 6.3. Actions sur les substances et les usages spécifiques
Trois actions sont axées sur la réduction des risques :
? le développement d?une résistance aux antimicrobiens due à l?usage de produits biocides,
via la sensibilisation des secteurs concernés et un projet d?emballage et d?étiquetage des
produits biocides indiquant leur usage et dosage corrects ;
? la détection et le retrait progressif du marché des substances perturbatrices endocriniennes.
Les produits biocides les contenant seront interdits pour le grand public, et les autorisations
pour un usage professionnel seront réexaminées ;
? une étude sur les risques associés aux produits biocides présents sur le marché belge et
contenant des néonicotinoïdes afin de déterminer si des mesures supplémentaires sont
nécessaires.
Annexe 6.4. Observation du marché des biocides
Le SPF publie un rapport annuel sur le marché belge des biocides sur la base des déclarations
annuelles des quantités de produits biocides mis sur le marché par les détenteurs d?autorisations.
Ces données indiquent quelles sont les substances actives et les produits les fréquemment utilisés,
ainsi que leur évolution au fil des ans.
Figure 4 : évolution des tonnages de produits biocides vendus (source : © Service
public fédéral (SPF) Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et
Environnement)
En ce qui concerne les produits biocides principalement réservés aux utilisateurs professionnels et
nécessitant de porter un équipement de protection individuel, des données additionnelles sont
enregistrées et l?analyse de ces données permettra de réaliser des communications ciblées.
PUBLIÉ
Novembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui
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Annexe 6.5. Régularisation du marché
Les contrôles des produits biocides et des entreprises seront renforcés afin d?encourager la vente
de produits biocides conformes. Par ailleurs certains produits se situent dans une « zone grise »
entre produit biocide, dispositif médical, médicament, cosmétique, ces produits sous statut litigieux
seront suivis.
Annexe 6.6. Évaluation et rapportage du plan
Le plan d?une durée de 5 ans sera évalué à mi-parcours et actualisé si nécessaire. L?évaluation
final permettra de soutenir l?élaboration du plan suivant.
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Développer et promouvoir les produits biocides qui
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Annexe 7. Focus sur quelques utilisateurs professionnels
L?approche de mesures de prévention et de méthodes de substitution recommandée par la mission
est déjà en place ou en cours d?étude dans un certain nombre de secteurs utilisant des produits
biocides, pour d?autres cette approche est encore à développer.
Annexe 7.1. Milieu hospitalier
Dans le milieu hospitalier, assurer la sécurité des patients et du personnel est un enjeu majeur
pour toute structure de soin. A ce titre, les mesures d?hygiène (notamment l?hygiène des mains),
de stérilisation, de nettoyage et désinfection sont indispensables et sont encadrés par des normes
AFNOR et CEN. Afin d?appliquer les mesures les plus adaptées pour y répondre, la définition des
risques liés à l?environnement est un préalable pour identifier la ou les méthodes ainsi que leur
fréquence.
Ainsi, l?utilisation de produits biocides pour assurer la sécurité des patients et du personnel fait
partie des méthodes mais n?est pas nécessairement la plus adapté, par exemple l?Assistance
Publique Hôpitaux de Paris (APHP) recommande88 un usage plus raisonné des produits biocides
en milieu hospitalier en « limitant leur usage dans les lieux et circonstances où ils ne sont pas utiles
(notamment lorsqu?une désinfection n?est pas requise, par exemple pour les vitreries, les sols etc?)
et une réflexion quant à la sélection des produits à utiliser. »
Ainsi, l?APHP privilégie les méthodes les plus écoresponsables et a mis en place des fiches
pratiques pour le nettoyage des sols ne requérant pas de désinfectant, le « bionettoyage » à la
vapeur, l?éconettoyage des sols en alternative aux détergents-désinfectants chimiques ou encore
le détartrage avec du vinaigre blanc. À noter qu?au-delà d?une approche raisonnée de l?utilisation
des produits biocides, l?APHP a une démarche plus globale de limitation de l?usage des produits
chimiques.
Cette idée d?un usage raisonné des détergents et désinfectants en milieu hospitalier n?est pas
récente, en 2016 un bulletin du réseau national de prévention des infections associées aux soins89
proposait un accompagnement aux établissements pour la promotion d?un usage raisonné pour
l?entretien.
De la même manière, en région PACA, une action de promotion d?usage raisonné des détergents
et des désinfectants ainsi que l?adoption de pratiques et d?achats responsables pour l?entretien des
locaux en établissement sanitaire et médico-social hors période d?épidémie a été mené dans le
cadre du plan régional santé environnement 2 (PRSE2 de 2011 à 2015) auprès de plus de 200
établissements90.
Annexe 7.2. Désinfection, désinsectisation, dératisation (3D)
La prévention reste la meilleure stratégie pour limiter la présence et la prolifération des nuisibles,
les mesures préventives comprennent notamment la gestion des déchets, le stockage des aliments,
l?imperméabilité du bâtiment?
88 Recommandations pour le bionettoyage des surfaces à l?hôpital, Service Prévention du risques infectieux,
Direction Qualité Partenariat Patient ? 2 Octobre 2023
89 Usage raisonné des détergents et des désinfectants pour l?entretien des locaux en EMS (hors épidémie) ? Bulletin
CClin-Arlin n°2, Mars 2016
90 Bilan d?une action menée en région PACA visant à promouvoir les pratiques et achats responsables pour
l?entretien des locaux en établissements sanitaires et médico-sociaux (hors période d?épidémie)
PUBLIÉ
https://www.cpias-ile-de-france.fr/docprocom/doc/aphp-reco-bionettoyage-021023.pdf
https://www.cpias-ile-de-france.fr/docprocom/doc/aphp-reco-bionettoyage-021023.pdf
https://www.cpias.fr/bulletin/2016/02/02-pdf/02-carenco.pdf
https://www.paca.ars.sante.fr/system/files/2017-06/pratiques-achats-responsables-ES-ESMS-BD.pdf
https://www.paca.ars.sante.fr/system/files/2017-06/pratiques-achats-responsables-ES-ESMS-BD.pdf
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La réalisation d?une analyse de la situation requiert une connaissance des nuisibles et des signaux
d?infestation, elle permet ensuite de mettre en place une stratégie adaptée dans laquelle l?utilisation
de produits biocides est un outil mais n?est ni un prérequis, ni une étape obligatoire. Cette stratégie
inclut des actions correctives et préventives avec un plan d?action, un suivi dans le temps et
également une traçabilité totale des biocides utilisées.
Les professionnels de la lutte contre les nuisibles intègre cette approche dans le cadre de leur
métier, les formations, séminaires? mettent en en avant les avantages de cette approche et
comment la décliner en se basant sur les résultats de la phase d?analyse.
Par exemple, dans la lutte contre les rongeurs, un panel de techniques existe allant de la limitation
de l?accès aux zones sensibles (points d?eau, nourriture, habitat) à leur extermination, et les
stratégies de gestion intégrée des infestations (Integrated Pest Management) combinant à la fois
des actions mécaniques, thermiques et/ou chimiques ont bien montré qu?aucune méthode ne
pouvait être efficace à elle seule, l?ensemble des méthodes constitue un panel d?outils à utiliser de
manière adaptée au cas rencontré.
Par ailleurs, territoire engagé pour un environnement, une santé, la ville de La Rochelle a engagé
depuis 2017 une stratégie contre les nuisibles91 en mettant en oeuvre des actions de prévention
(réduction des ressources alimentaires disponibles, suppression des abris, dérangement par
modification du milieu, effarouchement, implantation de nichoirs à rapaces?) et en invitant les
professionnels à privilégier les techniques de dératisation dites alternatives (pièges sans biocide,
dératisation mécanique connecté, rat proofing?).
Annexe 7.3. Collectivités ? Mairie de Paris
Afin de lutter contre les rongeurs et les moustiques, la mairie de Paris mise en premier lieu sur la
diffusion des mesures d?hygiène et si possible des méthodes physiques de contrôle et visant à
limiter les facteurs favorables à la venue et à la prolifération des rongeurs et moustiques.
L?utilisation des produits biocides fait partie des outils dans le cas où un traitement chimique est
nécessaire.
De la même manière pour les punaises de lit, la mairie de Paris se base également sur cette
approche de prévention/substitution mais a encore besoin de données sur les méthodes
alternatives de traitement. Un rapport de l?Anses de 202392 encourage d?ailleurs les études sur
l?évaluation de l?efficacité et de l?applicabilité des méthodes de lutte en conditions réelles ainsi que
le développement des méthodes et outils alternatifs pour limiter le recours à la lutte chimique.
Actuellement, la mairie de Paris utilise plusieurs produits biocides pour répondre à leurs besoins,
on y retrouve ainsi :
? Des désinfectants à destination du grand public, utilisés par le service technique propreté
pour la désinfection des véhicules
? Des insecticides et rodenticides utilisés par les égoutiers du service technique de l?eau et
de l?assainissement. En 2023 150kg de produits biocides insecticides et rodenticides ont
été utilisés.
Pour les collectivités, la lutte contre les rongeurs, punaises de lit et moustique représente un enjeu
sanitaire important, faire appel à des actions de prévention/substitution nécessite la formation du
personnel, la sensibilisation de l?ensemble des acteurs et de l?expertise pour mettre en place les
moyens les plus adaptées. L?accompagnement notamment via le partage de guide rapide de
gestion permettrait aux collectivités de s?emparer du sujet. À titre d?exemple le Schéma Parisien
91 Dératisation écologique avec des furets | Territoire engagé (territoire-environnement-sante.fr)
92 Les punaises de lit : impacts, prévention et lutte ? Avis de l?Anses ? Rapport d?expertise collective ? Juillet 2023
PUBLIÉ
https://territoire-environnement-sante.fr/actions-et-projets/deratisation-ecologique-avec-des-furets
https://www.anses.fr/fr/system/files/BIOCIDES2021SA0147Ra.pdf
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de la Commande Publique Responsable 2022-202693 (SPASER) vise dans un de ses chantiers à
favoriser les échanges de bonnes pratiques entre donneurs d?ordres publics.
Annexe 7.4. Traitement eau
Entre le prélèvement de l?eau et sa distribution, des étapes de traitement de l?eau sont nécessaires
afin de garantir sa qualité, ces étapes diffèrent en fonction de différents paramètres comme par
exemple le milieu de prélèvement (eaux superficielles, eaux souterraines). Le traitement comprend
des produits et des procédés de traitement permettant de modifier la qualité physico-chimique et/ou
microbiologique de l?eau, mais également l?utilisation de produits biocides permettant sa
désinfection. L?ensemble de ces traitements s?inscrit ainsi dans une approche globale avec
l?utilisation de procédés physiques mais également de produits biocides tels que l?eau de javel. A
noter qu?une saisine de l?Anses est en cours à la demande de la Direction générale de la santé
(DGS) afin de réduire, voire supprimer, le chlore des filières de production et de distribution, cette
expertise devrait être réalisé d?ici fin 2025.
Annexe 7.5. Instituts techniques agricoles
La désinfection est une étape clé pour la sécurité sanitaire des denrées alimentaires, le maintien
de la biosécurité au sein des couvoirs et élevages, l?hygiène de la mamelle, en cas d?épidémie...
Elle nécessite l?utilisation de produits biocides qui, bien qu?indispensables, ont des impacts sur la
santé et l?environnement et peuvent également affecter la qualité des denrées alimentaires.
Actuellement, l?usage de produits biocides est la norme et un certain nombre d?acteurs sont
peu/pas informés sur les risques inhérents à leur utilisation. Et même si certains sont conscients
des risques pour la santé, seule une minorité modifie ses pratiques, réduit ses usages, adopte des
comportements prudents?
Une étude94 réalisée par l?institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole (ITAVI) auprès
des éleveurs a mis en lumière leur besoin de disposer de produits plus respectueux/moins
dangereux pour la santé humaine et l?environnement.
Ainsi, face à des exigences sociétales et environnementales fortes pour un usage plus raisonné
des produits chimiques et à une absence de développement de produits chimiques « plus verts »
répondant aux besoins des filières avicole, cunicole et piscicole, l?ITAVI a initié en 2018 un projet
visant à une utilisation moindre et optimisée des produits biocides de désinfection (TP04) en filière
avicole et piscicole (projet aDAPt). Plusieurs solutions ont ainsi été mis à l?étude :
? La lutte biologique par conservation (LBC) qui consiste à intensifier in situ (dans le bâtiment
d?élevage) l?activité des ennemis naturellement présents à travers des actions locales, ce
concept simple en apparence nécessite en réalité une connaissance accrue des
interactions dans les écosystèmes des bâtiments d?élevage avant de pouvoir être mis en
place. Ces interactions sont nombreuses et des travaux sont encore nécessaires afin de
déterminer les assemblages proie/prédateur les plus prometteurs95.
? L?utilisation des « flores de barrières » mises en place après l?opération de nettoyage et de
désinfection pour prévenir le développement d?un biofilm96. Une fois leur efficacité évaluée
et les modalités d?utilisation développées, cette méthode utilisée en complément de
produits biocides permettrait de réduire leur usage. Les premiers résultats sont jugés
93 Schéma Parisien de la commande publique responsable 2022-2026 ? Ville de Paris
94 Exposition aux produits biocides en élevage de volailles reproductrices et risques pour la santé des utilisateurs
? ITAVI ? mars 2022
95 Identification des interactions de prédation entre les arthropodes pour le développement de la lutte biologique
contre le poux rouge ? ITAVI ? mars 2019
96 Capacité de flores de barrière à limiter l?implantation et le développement de Salmonella typhimurium ? ITAVI ?
mars 2022
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr/content/apc-gt-eau-sans-chlore
https://cdn.paris.fr/paris/2021/12/20/3acce5e0b9de3a605f0a1ef85fd4a5fc.pdf
https://www.itavi.asso.fr/publications/exposition-aux-produits-biocides-en-elevages-de-volailles-reproductrices-et-risques-pour-la-sante-des-utilisateurs?search=d%C3%A9sinfectant&order=date
https://www.itavi.asso.fr/publications/identification-des-interactions-de-predation-entre-arthropodes-pour-le-developpement-de-la-lutte-biologique-contre-le-pou-rouge
https://www.itavi.asso.fr/publications/identification-des-interactions-de-predation-entre-arthropodes-pour-le-developpement-de-la-lutte-biologique-contre-le-pou-rouge
https://www.itavi.asso.fr/publications/capacite-de-flores-de-barriere-a-limiter-l-implantation-et-le-developpement-de-salmonella-typhimurium
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prometteurs mais nécessitent encore d?être évalués par des études sur le terrain.
? L?utilisation de détergents enzymatiques dans des protocoles de nettoyage et désinfection
en aviculture97, les premiers résultats sont jugés prometteurs mais nécessitent d?être
confirmés.
Encore en phase d?étude, ces alternatives et méthodes complémentaires ne sont pas encore
opérationnelles mais une fois fiabilisées, développées avec une procédure adaptée au secteur
agricole (disponibilité, coût, fréquence d?application?) et diffusées auprès des acteurs, elles
participeront à l?approche recommandée par la mission. L?étape de diffusion n?est pas à négliger,
en effet elle demander à aller contre les positions de déni, de manque de temps et/ou de matériel,
de fatalisme et de scepticisme qui sont actuellement affichés par les acteurs sur la thématique des
pesticides98 pour insuffler un changement dans les pratiques, un travail est à réaliser en y associant
l?expérience de acteurs et en tenant compte des situations parfois complexes rencontrées.
Cette approche d?une utilisation moindre et mieux des produits biocides doit être reprise par
l?ensemble des filières agricoles utilisatrices de produits biocides afin d?engager une réflexion sur
leur utilisation et définir leur besoin.
97 Étude de la capacité des détergents enzymatiques à lutter contre les biofilms d?Escherirchia coli ? ITAVI ? mars
2022
98 Pesticides risques professionnels en élevage - RMT Travail en élevage, janvier 2018
PUBLIÉ
https://www.itavi.asso.fr/publications/capacite-de-flores-de-barriere-a-limiter-l-implantation-et-le-developpement-de-salmonella-typhimurium
https://idele.fr/?eID=cmis_download&oID=workspace%3A%2F%2FSpacesStore%2F016b12a9-957f-40f3-9fe9-29c8f9e0cb4d&cHash=d2a4dad9a7730adaa2d2cdfd9c493d8f#:~:text=Pesticides%20%E2%80%93%20Risques%20professionnels%20en%20%C3%A9levage%20Avoir%20conscience%20des%20risques
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Annexe 8. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Bodenez Philippe
DGPR / Service des risques sanitaires liés
à l?environnement des déchets et des
pollutions diffuses
Chef de service 16/10/2024
Lefranc Agnès
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Sous-directrice
02/04/2024
16/10/2024
Gras Olivier
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Chef du bureau des
produits chimiques
02/04/2024
Barrault Anne-Emmanuelle
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Adjointe au chef du
bureau des produits
chimiques
16/10/2024
Tarmoul Jeremy
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Bureau des produits
chimiques, chargé de
mission
16/10/2024
Hillion Émilie
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Cheffe du bureau santé
environnement
13/05/2024
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Tresca Claire
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Bureau santé
environnement, stagiaire
13/05/2024
Lesterle Sébastien
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Chargé de mission santé
environnement
02/09/2024
Salagama Demanti
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Conseillère experte en
santé environnementale
02/09/2024
Paul Caroline
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Chef de bureau
environnement extérieur et
produits chimiques
02/09/2024
Aquallal Maria
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Pharmacien inspecteur de
santé publique
02/09/2024
Ollandini Didier
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Chef de bureau
environnement intérieur,
milieux du travail et
accidents vie courante
02/09/2024
Colson Lucas DGE
Chef de projet industries
agroalimentaires
05/06/2024
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Turquet Francois Xavier DGE
Chef de projet chimie
biosourcé et
biotechnologies
industrielles
05/06/2024
Roussel Romain DGCCRF
Sous-directeur industrie,
santé et logement
09/07/2024
Simbelie Karine DGCCRF
Adjointe au chef de
bureau du pôle chimie
petite enfance
09/07/2024
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Goux Muriel
DGCCRF Rédacteur biocides et
détergents
09/07/2024
Vrindt Els
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire
et Environnement
Attaché biocides
23/09/2024
Brasseur Anne
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire
et Environnement
Attaché biocides
23/09/2024
Dehon Vincent
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire Attaché biocides
23/09/2024
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
et Environnement
Lefèbvre Fréderic
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire
et Environnement
Ecotoxicology senior
expert in Biocides area
23/09/2024
Azdad Karima
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire
et Environnement
Advisor risk management
biocides
23/09/2024
Grisni Anahita
Mairie de Paris Cheffe de l?observatoire
parisien de la santé
environnementale
02/07/2024
Peronny Christophe
Mairie de Paris Chef de service prévention
des conditions de travail
02/07/2024
Larbre Juliette
Mairie de Paris Cheffe du service des
laboratoires de santé
environnementale
02/07/2024
Trendel Estelle
Mairie de Paris Cheffe de la mission
développement durable
02/07/2024
Nohal Elissa
Mairie de Paris Cheffe de projet One
Health
02/07/2024
Bitaud Bertrand
Anses Directeur de la direction
des autorisations de mise
sur le marché
23/04/2024
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Sarda Xavier
Anses Directeur adjoint de la
direction de l?évaluation
des produits réglementés
23/04/2024
Gour Annabelle
Anses Cheffe d?unité adjointe de
l?unité de coordination
biocide
23/04/2024
Bloch Juliette
Anses Directrice de la direction
des alertes et des
vigilances sanitaires
24/04/2024
Solal Cécilia
Anses
Toxicologue
24/04/2024
Hangeois Boné Anouk ARMOSA
Directrice règlementaire et
développement
05/09/2024
Savoca Émilie SALVECO Responsable microbiologie 03/09/2024
Laygnez Alexandre
SALVECO Responsable des affaires
réglementaires
03/09/2024
Hisiger Steve
SALVECO
Responsable R&D
03/09/2024
Henriche Hervé
SALVECO
Directeur
03/09/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Corréfé Isabelle
IFIP ? institut du porc
Docteur vétérinaire
02/09/2024
David Valérie
IDELE ? Institut de l?élevage Chef de service bien-être
et santé animal
02/07/2024
Rousset Nathalie
ITAVI ? Expert des filières avicole, cunicole
et piscicole
Responsable santé,
hygiène et qualité des
produits
02/07/2024
Aubry Marc
CS3D ? Dératisation, Désinsectisation,
Désinfection Membre
17/05/2024
Cottin Benoit
CS3D ? Dératisation, Désinsectisation,
Désinfection
Représentant du comité
technique scientifique et
règlementaire
17/05/2024
Lemoine Guy andré
CS3D ? Dératisation, Désinsectisation,
Désinfection Président
17/05/2024
Guillot Brigitte
CS3D ? Dératisation, Désinsectisation,
Désinfection Secrétaire générale
17/05/2024
Klinguer Céline
APHP / Direction de la stratégie et de la
transformation
Directrice du département
Transformation écologique
et Santé environnementale
15/05/2024
Fournier Sandra
APHP / Direction qualité partenariat patient Médecin, Responsable du
Service Prévention du
Risque Infectieux
15/05/2024
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Hehn Michèle
APHP / Agence générale des équipements
et produits de santé
Pharmacien, Responsable
Unité Evaluation et Achats
des Médicaments et des
désinfectants
15/05/2024
Lawruk Alexia
APHP / Agence générale des équipements
et produits de santé
Pharmacien, UF Evaluation
et Achats des
Médicaments
15/05/2024
Gibon Henri
APHP / Achats Centraux, Hôteliers,
Alimentaires et Technologiques Directeur adjoint
15/05/2024
Duvernois Romain
APHP / Groupe Hospitalier AP-HP Nord-
Université Paris Cité Directeur des Achats et de
la logistique
15/05/2024
Chouvel Rudy
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Chargé de mission
Transition écologique en
santé et Directeur adjoint
CHU de Clermont-Fd
18/04/2024
Carenco Philippe
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Médecin hygiéniste, CHU
Nice, CPIAS PACA
18/04/2024
Badrikian Laurence
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Médecin, CHU de
Clermont-Ferrand
18/04/2024
Canouet Sandrine
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Praticien hospitalier
hygiéniste, CHU Toulouse
18/04/2024
PUBLIÉ
Septembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui présentent des caractéristiques plus
favorables pour l?environnement ou la santé humaine et animale
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Jolibois Boris
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Hygiène hospitalière, CH
Compiègne
18/04/2024
Vancoetsem Karen
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Cadre de santé hygiéniste
CPIAS ARA
18/04/2024
Laygnez Alexandre
FHER ? Fédération hygiène et entretien
responsable Membre
11/06/2024
Luciot Marie
FHER ? Fédération hygiène et entretien
responsable Directrice technique et
règlementaire
11/06/2024
Leclère Anne Sophie
Eau de Paris
Directrice générale adjointe
29/05/2024
Robin Alban
Eau de Paris
Directeur de la ressource
en eau et de la production
29/05/2024
Thery Gabrielle
Que choisir
Rédactrice technique
08/07/2024
PUBLIÉ
Septembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui
présentent des caractéristiques plus favorables pour
l?environnement ou la santé humaine et animale
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Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
AMM Autorisation de mise sur le marché
AMMS Autorisation de mise sur le marché simplifiée
Anses Agence nationale de sécurité sanitaire de l?alimentation, de l?environnement et
du travail
APHP Assistance Publique ? Hôpitaux de Paris
DGCCRF Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes du ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté
industrielle et numérique (MEFSIN)
DGEFP Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle du ministère du
travail, de la santé et des solidarités (MTSS)
DGPR Direction générale de la prévention des risques du ministère de la transition
écologique et de la cohésion des territoires (MTECT)
DGS Direction générale de la santé du ministère du travail, de la santé et des
solidarités (MTSS)
DGT Direction générale du travail du ministère du travail, de la santé et des
solidarités (MTSS)
ECHA Agence européenne des produits chimiques (European Chemical Agency)
EGALIM 1
Loi n°2018-938 du 30 octobre 2018 pour l'équilibre des relations commerciales
dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et
accessible à tous
PNSE4 Quatrième Plan National Santé Environnement
RPB
Règlement (UE) n°528/2012 du 22 mai 2012 concernant la mise sur le marché
et l?utilisation des produits biocides
SA Substance active
SPF Belgique - Service public fédéral (SPF) Santé publique, Sécurité de la Chaîne
alimentaire et Environnement
TP Type de produit biocide
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 Les biocides, des produits mal connus
1.1 Quelques définitions
1.1.1 La notion de produit biocide...
1.1.2 ...à ne pas confondre avec la notion de phytopharmaceutiques?
1.1.3 ? ou avec d?autres produits chimiques
1.2 Les autorisations de mise sur le marché
1.2.1 Plusieurs procédures de demande d?autorisation de mise sur le marché existent
1.2.2 Gestion de la période transitoire
1.2.3 Avec des interdictions communes
1.2.4 Mais des redevances différenciées
1.2.5 Et des décrets nationaux applicables pour limiter l?accès du grand public aux produits biocides ayant le plus d?impact sur la santé et l?environnement
1.3 Panorama des substance actives et des produits biocides autorisés et vendus
1.3.1 Les substances actives dans l?Union européenne
1.3.2 Les produits biocides dans l?Union européenne
1.3.3 Les produits biocides bénéficiant d?une AMMS
1.3.4 Les ventes de produits biocides en France
1.3.5 Lever les freins à la mise en marché de produits bénéficiant d?une AMMS
2 Sans biocides, c?est souvent possible aussi
2.1 Des besoins d?accompagnement des professionnels aux solutions de substitution à l?utilisation des biocides
2.1.1 Milieu hospitalier
2.1.2 Collectivités au sens large dont le traitement de l?eau potable
2.1.3 Instituts techniques agricoles
2.1.4 Désinfection, désinsectisation et dératisation (3D)
2.2 Les biocides, « c?est pas automatique ! »
2.3 Encourager le développement de dispositifs de substitution aux produits biocides
3 En cas d?utilisation des biocides, adopter des bonnes pratiques
3.1 Professionnels : un outil pour choisir son biocide
3.2 Des professionnels formés pour un usage raisonné des biocides
3.2.1 La formation obligatoire : le « Certibiocide »
3.2.2 Des exemples d?actions de têtes de réseau
3.3 Pour une information simple pour le grand public, un « toxiscore » indispensable
4 Les biocides sont des produits dangereux et doivent être traités comme tels
4.1 Repenser l?approche du sujet biocides dans le PNSE
4.2 Mettre en place une redevance pour pollution diffuse adaptée
4.3 La transparence des données, une nécessité
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Classification des produits biocides
Annexe 3. Autorisation de mise sur le marché simplifiée (AMMS)
Annexe 4. Substances actives au sein de l?Union européenne et produits biocides bénéficiant d?une autorisation de mise sur le marché
Annexe 4.1. Les substances actives dans l?Union européenne
Annexe 4.2. Panorama global des produits biocides
Annexe 4.3. Panorama global des substances actives utilisées seules ou en mélange dans les produits biocides bénéficiant d?une AMMS
Annexe 4.4. Types de produits (TP) autorisés bénéficiant d?une AMMS
Annexe 4.5. Types de produits biocides autorisés bénéficiant d?une AMMS en France
Annexe 5. Vente des produits biocides en France
Annexe 6. Plan fédéral belge de réduction des biocides
Annexe 6.1. Information & sensibilisation
Annexe 6.2. Amélioration des connaissances sur l?exposition aux biocides et leurs effets sur la santé
Annexe 6.3. Actions sur les substances et les usages spécifiques
Annexe 6.4. Observation du marché des biocides
Annexe 6.5. Régularisation du marché
Annexe 6.6. Évaluation et rapportage du plan
Annexe 7. Focus sur quelques utilisateurs professionnels
Annexe 7.1. Milieu hospitalier
Annexe 7.2. Désinfection, désinsectisation, dératisation (3D)
Annexe 7.3. Collectivités ? Mairie de Paris
Annexe 7.4. Traitement eau
Annexe 7.5. Instituts techniques agricoles
Annexe 8. Liste des personnes rencontrées
Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION _download&oID=workspace%3A%2F%2FSpacesStore%2F016b12a9-957f-40f3-9fe9-29c8f9e0cb4d&cHash=d2a4dad9a7730adaa2d2cdfd9c493d8f#:~:text=Pesticides%20%E2%80%93%20Risques%20professionnels%20en%20%C3%A9levage%20Avoir%20conscience%20des%20risques
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public, d?autant que la réglementation est peu lisible pour le grand public. En effet, la mise sur le
marché et l?utilisation des produits chimiques sont encadrées par des règlementations différentes
selon leurs usages et une même substance active peut relever de plusieurs réglementations selon
le produit dans lequel elle est mise en oeuvre. À titre d?exemple, les termes « assainissant » et
« purifiant » peuvent renvoyer à une action biocide48, mais pas systématiquement : une lingette
désinfectante revendiquant une action désinfectante est un produit biocide alors qu?un détergent
contenant un conservateur est un article traité. Par ailleurs, pour les produits biocides concernés
par la période transitoire, les exigences en matière d?étiquetage sont un peu moindres49. Il n?est
évidemment pas possible d?y faire mention de la notion d?AMM(S), mais, surtout, ces produits
n?ayant pas été évalués selon les exigences du règlement (UE) n°528/2012, ils portent moins de
mentions de danger, de conseils de prudence50 et de conditions restrictives de mises en oeuvre.
Certains metteurs en marché de produits biocides entretiennent le flou sur les réglementations
applicables à leur produit et profitent de la période transitoire pour limiter les mentions présentes
sur les étiquettes. Le plan de surveillance de la mise sur le marché des produits biocides et des
détergents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des
fraudes (DGCCRF) en témoigne : « De nombreux produits présentent des dates de péremption
dépassées (produits biocides) et des étiquetages non conformes (produits biocides et produits
détergents) » (enquête 2019)51, « produits chimiques, biocides et détergents : la DGCCRF relève
d?importants manquements en matière d?étiquetage » (contrôles 2021)52.
De même que la mise sur le marché, la délivrance, l'utilisation et la détention des produits
phytopharmaceutiques pour un usage non professionnel sont interdites53, la protection de la santé
du grand public et la limitation de l?émission de produits biocides dans l?environnement devraient
passer par des restrictions de leur usage par le grand public et la promotion de la prévention et de
techniques alternatives non chimiques.
La loi « EGALIM 1 » a déjà renforcé l?encadrement national de certains produits biocides ne
disposant pas d?AMMS. A minima la mention « Avant toute utilisation, assurez-vous que celle-ci
est indispensable, notamment dans les lieux fréquentés par le grand public. Privilégiez chaque fois
que possible les méthodes alternatives et les produits présentant le risque le plus faible pour la
santé humaine et animale et pour l'environnement » devrait être rendue obligatoire sur l?ensemble
des produits biocides destinés au grand public. Il est par ailleurs urgent de publier l?arrêté de mise
en oeuvre du décret n°2019-1052 interdisant la vente en libre-service à des utilisateurs non
professionnels de certains produits biocides.
S?agissant de la communication en faveur de la prévention et de techniques alternatives non
chimiques, certaines campagnes d?information existent déjà, qu?elles soient génériques « Les
48 État ? Conseil national de la consommation ? Guide pratique des allégations environnementales, version 2023
49 DGPR - Fiche technique de l?étiquetage, version du 11 avril 2022 : comparaison des étiquetages et article 10 de
l?arrêté du 19 mai 2004 relatif au contrôle de la mise sur le marché des substances actives biocides et à l'autorisation
de mise sur le marché des produits biocides
50 Les mentions de danger et de conseils de prudence, nommées aussi « phrase de risques » relèvent du
Règlement (CE) n°1272/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relatif à la classification,
à l'étiquetage et à l'emballage des substances et des mélanges( dut « CLP »). Elles sont du type : « H335 : Peut
irriter les voies respiratoires » (danger) ou « P280 : Porter gants de protection, vêtements de protection, protection
des yeux et protection du visage » (conseil de prudence)
51 Résultats de l?enquête 2019, publiés le 15 mars 2021
52 Résultats de l?enquête 2021, publiés le 8 novembre 2023
53 Loi n° 2014-110 du 6 février 2014 visant à mieux encadrer l'utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire
national dite « loi Labbe », modifiée par l?article 68 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition
énergétique pour la croissance verte
PUBLIÉ
https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/documentation/publications/brochures/2012/Guide_allegat_environ_fr_2012.pdf
https://www.helpdesk-biocides.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=149&Itemid=146&lang=fr
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000251018/
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A02008R1272-20231201
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/surveillance-de-la-mise-sur-le-marche-des-produits-biocides-et-des-detergents
https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/produits-chimiques-biocides-et-detergents-la-dgccrf-releve-dimportants-manquements-en
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028571536/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000031045038
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biocides, ces pesticides méconnus dont il faudrait se passer avec le réseau des CTRC »54 ou
ciblées, dans le cas de la lutte contre le moustique tigre55. Le PNSE4 prévoit la réalisation d?actions
de communication « auprès du grand public et des professionnels sur le bon usage des détergents,
des désinfectants, et des alternatives possibles, en adaptant le message au public, à la cible et
aux enjeux alternatives possibles, en adaptant le message au public, à la cible et aux enjeux »56.
S?agissant du grand public, l?action de communication devrait couvrir l?ensemble des produits
biocides en veillant à rendre le terme « biocides » compréhensible. Un message simple, par
exemple en résonnance avec la campagne nationale « les antibiotiques, c?est pas automatique »57,
permettrait de réduire leur usage et donc l?impact des biocides sur la santé et l?environnement.
Par comparaison avec la campagne de communication du ministère de la santé, une campagne
dédiée à la réduction de l?utilisation des biocides coûterait de l?ordre de quelques millions d?euros58.
Recommandation 5. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministère de la santé
(DGS)] Lancer une large campagne de communication en faveur des méthodes de
prévention du développement des organismes indésirables et des techniques alternatives
sans biocides pour s?en prémunir sur le modèle de la campagne « les antibiotiques c?est
pas automatique ».
2.3 Encourager le développement de dispositifs de substitution aux
produits biocides
Afin de réduire l?utilisation des produits biocides, il est nécessaire de promouvoir les actions de
prévention visant à traiter le problème à la source, développer et promouvoir des solutions de
substitutions à l?utilisation de produits biocides et mettre en place et soutenir des actions de
sensibilisation et de formation. L?examen d?alternatives non chimiques révèle l?existence d?une
large panoplie d?outils. En voici quelques exemples :
? éviter les causes de développement et de transmission des organismes indésirables (ex :
poubelles inaccessibles aux rongeurs ; précautions prises lors du ramassage des
encombrants susceptibles d?être contaminé par les punaises de lit ; destruction des gîtes
larvaires de moustiques) ;
? prévoir des dispositions dans les plans locaux d?urbanisme (PLU communaux ou
intercommunaux) pour prendre en compte les enjeux de santé publique dans la conception
des projets d?urbanisme pour ne pas créer d?espaces propices au développement des
organismes indésirables par exemple vis-à-vis du moustique tigre en évitant les
constructions pouvant générer des zones d'eau stagnantes (toitures terrasses sauf si
végétalisées, pente suffisante pour les terrasses sur plots...) ;
? déterminer les situations pour lesquelles un protocole de nettoyage est suffisant (ex :
surface basse en milieu hospitalier) ;
54 Les biocides, ces pesticides méconnus dont il faudrait se passer - Institut national de la consommation avec le
réseau des centres techniques régionaux de la consommation (CTRC), septembre 2023
55 Moustique Tigre - La liste des bons gestes à adopter - ARS Nouvelle-Aquitaine, 2024
56 Action 3-2 du PNSE4 : « De nombreuses parties prenantes souhaiteraient une meilleure communication sur le
bon usage des produits désinfectants, aussi bien par les particuliers que par les professionnels, suite à la crise de
la Covid-19 »
57 Lancement de la campagne CNAM pour un meilleur usage des antibiotiques - INA, 2002
58 Propositions du groupe de travail spécial pour la préservation des antibiotiques _ Ministère de la santé, juin 2015
PUBLIÉ
https://www.inc-conso.fr/content/les-biocides-ces-pesticides-meconnus-dont-il-faudrait-se-passer-avec-le-reseau-des-ctrc
https://www.nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr/4-comment-lutter-contre-le-moustique-tigre
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/2114531001047/lancement-campagne-de-la-cnam-pour-un-meilleur-usage-des-antibiotiques
https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_antibiotiques.pdf
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présentent des caractéristiques plus favorables pour
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? mettre en oeuvre des barrières physiques (ex : utilisation de moustiquaire ; étanchéification
des bâtiments sensibles vis-à-vis des activités humaines ; port de sur-chaussures ou
blouses jetables) ;
? utiliser des matériaux aux caractéristiques particulières (ex : surfaces lisses empêchant la
formation de biofilms de microorganismes pathogènes) ;
? recourir à des techniques alternatives de suppression des nuisibles ou organismes
pathogènes (chaud, froid, ultra-violet) ;
? installer des systèmes de piégeage (ex : utilisation de pièges à rongeurs et à insectes) ;
? introduire, en évaluant les incidences éventuelles sur l?environnement, des prédateurs
naturels ou des parasites.
Afin d?encourager le développement de ces dispositifs auprès des professionnels et du grand
public, ainsi que pour une diffusion, la plus large possible, des pratiques associées, il conviendra
de recourir à des actions incitatives et d?accompagnement :
? promouvoir auprès du grand public et des professionnels les alternatives aux produits
biocides ;
? pour les entreprises qui investissent dans des alternatives aux produits biocides,
promouvoir l?innovation via les dispositifs de droit commun (crédit impôt recherche et crédit
d?impôt innovation) ou des appels à projets dédiés dotés financièrement.
PUBLIÉ
Novembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui
présentent des caractéristiques plus favorables pour
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3 En cas d?utilisation des biocides, adopter des bonnes
pratiques
L?article 18 du règlement biocides incite à l?utilisation durable des produits biocides et dispose que
la Commission présente « un rapport sur la contribution du règlement à utilisation durable des
produits biocides ». Ce rapport devait examiner, entre autres, « la promotion des meilleures
pratiques afin de réduire l?utilisation des produits biocides au minimum, les approches les plus
efficaces pour surveiller l?utilisation de produits biocides, l?élaboration et l?application de principes
de lutte intégrée contre les organismes nuisibles, ? ».
Ce rapport59 rendu en 2016 définit l?utilisation durable des produits biocides comme « celle qui vise
à réduire les risques et les incidences de l?utilisation des produits biocides sur la santé humaine, la
santé animale et l?environnement et à promouvoir les mesures de lutte intégrée contre les
organismes nuisibles et les approches ou techniques de substitution, telles que les solutions non
chimiques permettant de remplacer les produits biocides ». Il note cependant que dans certains
cas, il est possible « que les solutions de substitution non chimiques ne soient pas efficaces ou
pratiques, voire qu?elles ne soient pas disponibles ». Dans de tels cas l?utilisation des produits
biocides reste ainsi nécessaire.
Figure 9 : les étapes de la lutte intégrée
Source : mission
Par ailleurs, comme le pointe l?avis de l?Anses de juin 202060, afin de prévenir l?apparition de
résistance, il convient de limiter les mésusages des produits biocides pouvant notamment conduire
à l?exposition des bactéries-cibles à des concentrations sub-létales favorisant leur adaptation.
59 Rapport de la Commission au Parlement européen et au Conseil concernant l?utilisation durable des biocides
conformément à l?article 18 du règlement (UE) n°528/2012 du Parlement européen et du Conseil concernant la
mise à disposition sur le marché et l?utilisation des produits biocides
60 AVIS et RAPPORT révisé de l'Anses relatif à la Résistance aux biocides antimicrobiens ? Anses, juin 2020
Mesures
préventives
Surveillance
action corrective
par traitement
non chimique
Action corrective
si nécessaire par
utilisation de
produits biocides
Evaluation
PUBLIÉ
https://www.europarl.europa.eu/RegData/docs_autres_institutions/commission_europeenne/com/2016/0151/COM_COM(2016)0151_FR.pdf
https://www.anses.fr/en/system/files/BIOC2016SA0238Ra.pdf
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La feuille de route interministérielle « Prévention et réduction de l?antibiorésistance, lutte contre la
résistance aux antimicrobiens 2024-2034 »61 va dans le même sens et s?inscrit dans ce risque de
résistances croisées des produits biocides avec les antibiotiques et prévoit notamment la
sensibilisation et la formation au bon usage des produits biocides du grand public, des
établissements de santé, des élevages, des établissements d?abattage et de découpe et des
cliniques vétérinaires, en complément des actions conduites dans le cadre du PNSE4.
En effet, au-delà des démarches de prévention et des solutions de substitution, l?utilisation des
produits biocides reste indispensable dans certains cas. Leur utilisation doit alors être raisonnée,
en ayant conscience des risques associés.
3.1 Professionnels : un outil pour choisir son biocide
Dans le cadre d?une approche d?utilisation durable, l?usage de produits biocides peut s?avérer
nécessaire et, dans ce cas, le choix du produit doit faire l?objet d?une attention particulière au même
titre que sa manipulation, son dosage? Choisir le produit le plus adapté demande d?avoir au
préalable défini précisément le besoin et d?apporter ensuite une vigilance sur la nature des
composants, leur impact environnemental et sanitaire?
Au cours de ses auditions, la mission a noté que, bien qu?intéressée par l?impact du produit biocide
sur la santé et l?environnement, la grande majorité des acteurs n?avait pas connaissance de la
notion d?AMMS. Pourtant les produits biocides bénéficiant d?une AMMS présentent des avantages
majeurs pour les professionnels (et le grand public) parmi lesquels :
? ils ont fait l?objet d?une évaluation portant sur leur efficacité pour l?usage visé ainsi que sur
les risques pour la santé et l?environnement (au même titre que les produits biocides
bénéficiant d?une AMM) ;
? ils peuvent être considérés comme étant des produits biocides moins nocifs pour la santé
et l?environnement par rapport à des produits biocides bénéficiant d?une AMM, de par les
substances actives qui les composent.
Une fois le principe de l?AMMS expliqué, un intérêt pour les produits biocides en bénéficiant a été
noté, à la condition toutefois que le produit réponde aux besoins du secteur et qu?il soit conforme
aux normes applicables aux différents secteurs (ces deux conditions sont indispensables et sont
prioritaires par rapport à l?impact du produit biocide sur la santé et l?environnement).
La base de données française BioCID pourrait être un bon vecteur d?information des acheteurs et
utilisateurs professionnels de produits biocides afin de les orienter vers des produits bénéficiant
d?une AMMS. Toutefois, il conviendra de transformer la base de données BioCID : la rendre
ergonomique et l?enrichir de fonctionnalités de recherche permettant d?orienter les utilisateurs vers
des produits biocides moins nocifs pour la santé et l?environnement (via les phrases de risques et
mentions de dangers par exemple).
Par ailleurs, ce site web permet déjà de réaliser une recherche avancée par « statut
règlementaire » (« Transitoire », « Demande d?AMM déposée », « sous AMM » ?), mais le statut
« AMMS » n?est pas proposé et devrait être ajouté. Les termes de « statut règlementaire » restent
obscurs pour la majorité des acteurs, même avec les explications fournies dans la FAQ, ils
gagneraient à être mieux expliqués, afin de permettre aux utilisateurs de comprendre ce qui se
cache derrière les différents termes. En effet, contrairement aux produits biocides qui sont en
période transitoire, un produit biocide sous AMM (quelle que soit la nature de l?AMM) est un produit
dont l?évaluation de l?efficacité et des risques pour la santé humaine et l?environnement a été
61 Feuille de route interministérielle de prévention et réduction de l?antibiorésistance, lutte contre la résistance aux
antimicrobiens 2024-2034
PUBLIÉ
https://biocid-anses.fr/biocid#!
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/feuille-route-2024-2034-prevention-reduction-antibioresistance
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effectuée selon des règles communes et régulièrement actualisées. Cette information importante
permettrait à l?utilisateur de diriger son choix vers ces produits plutôt que vers les produits
bénéficiant de la période transitoire, dont l?évaluation n?a pas été réalisée selon les méthodes les
plus récentes en application du règlement (UE) n°528/2012. De la même manière, un produit
biocide sous AMMS est moins nocif pour la santé et l?environnement qu?un produit biocide sous
AMM, expliquer et mettre en avant cette information donnerait une autre clef de lecture aux
acheteurs. Une fois le site amélioré, la mission recommande d?en assurer la promotion auprès des
têtes de réseau des différentes branches professionnelles, en apportant une attention spécifique à
l?impact des produits biocides sur la santé humaine et l?environnement et plus spécifiquement sur
la notion d?AMMS. Ce site amélioré facilitera l?intégration des critères de dangerosité des produits
biocides dans les cahiers des charges des acheteurs en complément des autres critères tels que
les normes qui leur sont applicables.
Recommandation 6. [Ministères en charge de la tutelle de l?Anses (économie, travail, santé,
agriculture, écologie) et l?Anses] Améliorer la base BioCID et son ergonomie ; rendre
facilement accessibles les critères de risque pour la santé et l?environnement et la notion
d?autorisation de mise sur la marché simplifiée (AMMS) pour guider les acheteurs ; assurer
la promotion de cette base auprès des têtes de réseau des branches professionnelles
(établissements de santé, entreprises de nettoyage, collectivités, instituts techniques
agricoles, entreprises de désinfection, désinsectisation, dératisation etc.)
3.2 Des professionnels formés pour un usage raisonné des biocides
La mise à disposition d?un outil d?identification des alternatives aux produits biocides les plus nocifs
ne sera pas suffisant à en réduire l?utilisation. Il conviendra de compléter cette action par la
formation des professionnels utilisant des produits biocides afin d?en assurer un usage raisonné,
d?une part via l?extension du dispositif Certibiocide, et, d?autre part, via un travail avec les têtes de
réseau professionnelle.
3.2.1 La formation obligatoire : le « Certibiocide »
L?apparition de nouveaux nuisibles (frelons asiatiques, « moustiques tigres », etc.) sur le territoire
national, a mis en exergue la disparité des niveaux de connaissance des intervenants, ainsi que la
nécessité d?encadrer ce domaine d?activité, et notamment de s?assurer de la compétence des
professionnels de l?application des produits biocides.
Par ailleurs, un dispositif de formation obligatoire des vendeurs et utilisateurs de produits
phytopharmaceutiques existe depuis 2011 « Certiphyto » en application de la directive
n°2009/128/CE. C?est là l?origine de l?introduction, en 201362, du dispositif Certibiocide, qui crée un
certificat individuel pour l'activité « utilisateur professionnel et distribution de certains types de
produits biocides destinés exclusivement aux professionnels ». Les types de produits initialement
visés (TP08, 14, 15, 18 et 2063), ont été élargis, depuis le 1er janvier 202464, à d?autres types de
produits concernant les professionnels de la désinfection (TP02, 03, 04 et 21)65.
62 Arrêté du 9 octobre 2013 relatif aux conditions d'exercice de l'activité d'utilisateur professionnel et de distributeur
de certains types de produits biocides
63 L?arrêté du 9 octobre vise le TP23, qui n?existe pas, en lieu et place du TP20.
64 La mise à jour de l?arrêté du 9 octobre 2013 fait suite à l?atelier de travail sur les produits biocides de la conférence
« Une seule santé, en pratique » de 2021.
65 Arrêté du 9 octobre 2013 mis à jour le 23 janvier 2023 et notice explicative.
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028214219/
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Notice_explicative_Certibiocide_fevrier_2024%20%281%29.pdf
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Ainsi, à ce jour, le « Certibiocide » aborde les points nécessaires à une utilisation efficace et plus
sûre des produits. Il se décline en trois dispositifs qui s?appliquent à plusieurs types de produits
biocides répartis en différentes catégories selon leur usage :
? « Certibiocide désinfectants » : TP02, TP03 et TP04 ;
? « Certibiocide nuisibles » : rodenticides et autres produits de lutte contre les
nuisibles :TP14 ; TP18 et TP20 ;
? « Certibiocide « autres produits » » : produits de protection du bois (TP08), avicides (TP15),
produits antisalissure (TP21).
L?ensemble des mesures prises par l?arrêté du 9 octobre 2013 et ses évolutions a pour objectif de
favoriser des conditions d?utilisation et d?application des produits biocides plus sûres et plus
efficaces, ainsi qu?une responsabilité accrue des entreprises concernées. Par ailleurs, le format,
les contenus de la formation et les types de produits biocides concernés ont été revus pour mieux
sensibiliser les professionnels aux problématiques liées à ces produits, à leur utilisation efficace et
sûre, ainsi qu?à leurs impacts sur la santé et l?environnement.
On notera cependant que, même s?il a été élargi en 2024, le dispositif Certibiocide ne s?applique
pas à l?ensemble des produits biocides utilisés par des professionnels. Sont ainsi exclus, par
exemple, les biocides utilisés pour la production d?eau potable (TP05), pour la protection des
produits pendant le stockage (TP06), les répulsifs et appâts (TP19). Certains utilisateurs
professionnels n?y sont pas non plus soumis, tels que ceux qui utilisent des produits biocides
achetés et utilisés exclusivement dans un processus de production, de transformation et de
distribution des denrées alimentaires et des aliments pour animaux66 ou dans un système de
production industriel.
Poursuivre la mise en place de « Certibiocides », adaptés aux différents TP, pour tous les
utilisateurs professionnels et la distribution de produits biocides destinés exclusivement aux
professionnels permettrait d?en étendre les avantages.
Recommandation 7. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministères sociaux (DGT
+ DGEFP)] Établir des référentiels de formation à l?utilisation sécurisée des produits
biocides par les professionnels pour l?ensemble des types de produits non actuellement
couverts par le Certibiocide.
3.2.2 Des exemples d?actions de têtes de réseau
La méconnaissance des produits biocides et de leur impact sur la santé et l?environnement peut
être à l?origine d?une utilisation inadaptée, voire abusive, de produits biocides.
Les entretiens menés par la mission avec plusieurs filières ont permis d?identifier différentes actions
en faveur d?un usage plus raisonné des biocides qu?il conviendrait de répliquer et diffuser. Ces
actions relèvent d?une part de la sensibilisation et de la formation des différents acteurs concourant
à la sélection et à l?utilisation de produits biocides, et, d?autre part, de l?élaboration de bonnes
pratiques ou normes favorisant les usages raisonnés.
Tant les représentants du milieu hospitalier que ceux de la filière de désinfection, désinsectisation
et dératisation, témoignent de l?impact positif d?une démarche de sensibilisation et de formation
66 L?arrêté du 9 octobre 2013 définit le processus de production, transformation et distribution par « toutes les étapes
de la production primaire à la vente ou à la livraison au consommateur final d'une denrée alimentaire ou d'aliments
pour animaux ».
PUBLIÉ
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des professionnels. La prise de conscience est plus variable chez les représentants des filières
d?élevage et des collectivités quand bien même certaines actions ont été engagées.
Les exemples suivants traduisent la diversité des actions qui peuvent être menées :
? en milieu hospitalier : l?idée d?un usage raisonné des détergents et désinfectants en milieu
hospitalier n?est pas récente, puisqu?en 2016 un bulletin du CPias 67 proposait un
accompagnement aux établissements pour la promotion d?un usage raisonné pour
l?entretien.
Le niveau de sensibilisation aux enjeux de réduction de l?utilisation des produits biocides
dépend fortement de la taille des structures, les gros acheteurs tels que l?Assistance
publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) pouvant disposer de compétences dédiées auxquelles
n?ont pas accès les plus petites, tant lors de la sélection des produits que de leur utilisation.
En région Provence-Alpes-Côte d?Azur (PACA), une action de promotion d?usage raisonné
des détergents et des désinfectants, ainsi que l?adoption de pratiques et d?achats
responsables pour l?entretien des locaux en établissement sanitaire et médico-social hors
période d?épidémie a été menée dans le cadre du plan régional santé environnement 2
(PRSE2 de 2011 à 2015), auprès de plus de 200 établissements68. L?action a porté, entre
autres, sur la maîtrise de l?usage des produits, dont biocides, en entretien conventionnel.
Les résultats font apparaître une marge importante pour la réduction de la consommation
des produits biocides en milieu médico-social (l?analyse des consommations en volume de
produits montre en effet une réduction de 45% de la consommation de détergents et
désinfectant) ;
? dans le domaine de la désinfection, désinsectisation et dératisation (3D) : l?association
PROSANE a mis la formation au coeur de ses missions en mettant en avant la notion de
« professionnel formé ». Les « professionnels formés » doivent ainsi suivre une approche
dont l?application appelle une utilisation raisonnée des produits biocides.
Préalablement à l?utilisation des produits biocides, les professionnels doivent établir un
diagnostic de la présence des nuisibles et des raisons de cette présence puis mener des
actions de remédiations (étanchéification, etc.). L?utilisation de produits biocides intervient
en dernier recours et leur utilisation doit être adaptée selon le niveau d?infestation.
S?agissant précisément de la formation, la convention collective nationale69 impose à
chaque employeur d?organiser des actions de formation. Cela se traduit par la mise en
place de certificats de qualification professionnelles (CQP70), à l?initiative de la branche,
assurant ainsi un certain niveau de qualité et de sécurité pour les interventions de ces
professionnels.
L?intérêt de telles actions est corroboré par l?exemple de la Belgique qui a fait de la
sensibilisation des utilisateurs professionnels un axe de son plan fédéral de réduction des
biocides. Au-delà de la formation, l?utilisation raisonnée des produits biocides est favorisée
par l?élaboration et la diffusion de normes « métier ». C?est le cas dans le domaine de la 3D
qui s?appuie sur la norme CEPA CEN 16 636, une norme « métier » qui représente le seul
standard européen de qualité dans la lutte contre les nuisibles (« pest management »). Elle
y formalise le savoir-faire des 3D, la maîtrise de la traçabilité des interventions, ainsi que
les compétences des intervenants ;
67 Usage raisonné des détergents et des désinfectants pour l?entretien des locaux en EMS (hors épidémie) ? Bulletin
CClin-Arlin n°2, mars 2016
68 Bilan d?une action menée en région PACA visant à promouvoir les pratiques et achats responsables pour
l?entretien des locaux en établissements sanitaires et médico-sociaux (hors période d?épidémie), juin 2017
69 Convention collective nationale des entreprises de désinfection, désinsectisation, dératisation (3D) du 1er
septembre 1991. Étendue par arrêté du 16 janvier 1992 JORF 31 janvier 1992.
70 CQP - Technicien/ne applicateur/trice spécialisé/e dans la maîtrise des nuisibles
PUBLIÉ
https://www.association-prosane.fr/cepa#:~:text=Fond%C3%A9%20sur%20la%20norme%20CEN%2016636%20(seul%20standard%20de%20qualit%C3%A9
https://www.cpias.fr/bulletin/2016/02/02-pdf/02-carenco.pdf#:~:text=EMS%20conduit%20une%20action%20visant%20%C3%A0%20promouvoir%20l%E2%80%99usage%20rai-sonn%C3%A9%20des
https://www.paca.ars.sante.fr/system/files/2017-06/pratiques-achats-responsables-ES-ESMS-BD.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/conv_coll/id/KALISCTA000005694843/?idConteneur=KALICONT000005635437&origin=list
https://www.association-prosane.fr/_files/ugd/5adeab_6059e68187694925bfa347b1cdc31e9a.pdf
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? en ce qui concerne les filières d?élevage, le diagnostic sur l?utilisation des produits biocides
dans les filières n?est pas encore systématique. C?est néanmoins le cas par exemple dans
le cas des filières avicole, cunicole et piscicole dont une étude 71 réalisée par l?institut
technique (ITAVI) a mis en lumière les besoins de ces filières de disposer de produits plus
respectueux/moins dangereux pour la santé humaine et l?environnement ;
? pour les collectivités territoriales, la mairie de Paris, par exemple, a mis en place une lutte
intégrée contre les rongeurs et les moustiques, associant mesures préventives et utilisation
produits biocides de façon raisonnée, avec des désinfectants autorisés pour le grand public
(considérés par la mairie comme moins dangereux), utilisés par le service technique
propreté pour la désinfection des véhicules et des insecticides et rodenticides utilisés par
les égoutiers du service technique de l?eau et de l?assainissement.
En matière de traitement de l?eau distribuée, les collectivités territoriales recourent à des
produits biocides tels que l?eau de Javel (TP05), le tout permettant d?assurer une qualité
physico-chimique et/ou microbiologique requise en termes de potabilité La mairie de Paris
inscrit également les produits biocides utilisés pour la potabilisation de l?eau dans son
approche intégrée, compte tenu en particulier de la complexité de son réseau de
distribution.
Recommandation 8. [Ministères sociaux (DGT + DGEFP) - Ministère de la transition
écologique (DGPR)] Introduire une obligation de sensibilisation de l?ensemble des publics
professionnels en contact habituel avec des produits biocides aux impact sur la santé et
l?environnement associés à leur utilisation.
3.3 Pour une information simple pour le grand public, un
« toxiscore » indispensable
L?action 3-1 du PNSE4 prévoit de « renforcer la lisibilité de l?étiquetage des produits ménagers
destinés aux consommateurs »72. Cette action cible les produits de nettoyage et d?entretien, y
compris les produits désinfectants, soit, probablement, les TP01 à TP04 (les produits de traitement
de l?eau potable, TP05, étant un cas particulier). Il est souvent nommé « toxiscore »73 et vise un
usage sûr et efficace de ces produits.
L?impact attendu en termes de politiques publiques justifie de dépasser les réticences exprimées
par les acteurs du marché 74 et de consacrer les moyens nécessaires au dépassement des
difficultés méthodologiques. Ces difficultés sont réelles. Ainsi, la composition des produits
ménagers est souvent complexe et intègre des adjuvants ou parfums dont la toxicité peut fortement
influencer le score final, indépendamment de celle des substances actives.
Par ailleurs, la dangerosité des produits en période transitoire n?est pas évaluée selon les mêmes
règles que ceux qui bénéficient d?une AMM(S) d?où un risque de sous-évaluation. Il serait donc
préférable de ne pas allouer de « toxiscore » aux produits biocides non évalués dans les conditions
du règlement (UE) n°528/2012 pour ne pas créer d?incitation à les acheter mais néanmoins de
préciser la raison de l?absence de « toxiscore ».
71 Exposition aux produits biocides en élevages de volailles reproductrices et risques pour la sante des utilisateurs
? ITAVI, mars 2022
72 Les agences d?expertise (INERIS, Anses et Santé publique France) ont été saisies.
73 Inserm - Environnement : Vers l?élaboration d?un Toxi-Score, août 2021
74 Amélioration de la lisibilité de l?étiquetage des produits ménagers destinés aux consommateurs ? DGCCRF et
Conseil national de la consommation, juillet 2021
PUBLIÉ
https://www.itavi.asso.fr/publications/exposition-aux-produits-biocides-en-elevages-de-volailles-reproductrices-et-risques-pour-la-sante-des-utilisateurs?search=d%C3%A9sinfectant&order=date
https://www.inserm.fr/actualite/environnement-vers-lelaboration-dun-toxi-score/
https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/cnc/etiquetage-produit-menager/rapport_01_07_21.pdf
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La DGCCRF (enquête 2019) constate la complexité des étiquettes et la multiplication des labels et
certifications privées qui reposent sur « des référentiels privés qui ne respectent pas toujours les
dispositions réglementaires en vigueur ».
Le déploiement d?un « toxiscore » à l?ensemble des produits biocides bénéficiant d?une AMM(S),
en priorité ceux qui sont destinés au grand public, est ainsi indispensable.
Recommandation 9. [Ministère de la transition écologique (DGPR) - Ministère de l?économie
(DGCCRF)] Accélérer la mise en oeuvre de l?action « Renforcer la lisibilité de l?étiquetage
des produits ménagers destinés aux consommateurs » du 4e plan national santé-
environnement et la déployer sur l?ensemble des produits biocides.
PUBLIÉ
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4 Les biocides sont des produits dangereux et doivent être
traités comme tels
4.1 Repenser l?approche du sujet biocides dans le PNSE
L?action « Privilégier les biocides et détergents avec les profils les plus favorables pour la santé
publique et l?environnement » bute sur de nombreuses difficultés :
? la période transitoire induit une rupture d?égalité entre les produits biocides autorisés au
sens du règlement (UE) n°528/2012 et dont l?évaluation, y compris des substances actives
qu?ils contiennent, répond aux exigences actuelles et les produits autorisés au titre de la
période transitoire. En l?absence de modalité d?évaluation équivalente, la hiérarchisation
des produits biocides est inopérante ;
? les mentions valorisantes sont interdites.
Plus largement, dans la mesure où tout produit chimique est susceptible d?avoir des incidences
négatives, et où par définition des produits biocides, conçus pour tuer des organismes vivants, ont
un impact sur l?environnement et potentiellement la santé, la notion de « profils plus favorables »
pour la santé publique et l?environnement est discutable.
Le rapport inter-inspections sur l?évaluation et la préparation de l?actualisation de la feuille de route
interministérielle 2016 pour la maîtrise de l?antibiorésistance75, constatant que les produits biocides
présents en quantité importante dans l?environnement ont un impact significatif sur
l?antibiorésistance (les détergents biocides représentant plus de 50 % des intrants d?effluents,
principalement urbain), a conclu qu?un meilleur usage des produits biocides et des mesures
préventives permettrait d?éviter bon nombre d?effets indésirables.
En se basant sur les recommandations issues des ateliers de travail de la conférence « Une seule
santé, en pratique » de 202176 et sur le plan fédéral belge de réduction des biocides, l?utilisation
des produits biocides est un sujet qui s?inscrit particulièrement bien dans l?approche « One Health ».
Cette démarche globale et transversale, à la croisée des médecines humaine et vétérinaire, des
sciences de l?environnement et des sciences sociales, permet une meilleure gestion des
problématiques de santé publique, grâce à la meilleure prise en compte des relations
interdépendantes entre la santé humaine, celle des animaux, des végétaux et plus largement des
écosystèmes qui sont intimement liées.
Comme le préconise le PNSE4, « afin de protéger la santé humaine, animale et environnementale,
il est nécessaire de s?inscrire dans une démarche d?usage raisonné des désinfectants », cette
démarche pouvant être étendu aux produits biocides dans leur ensemble. Réduire le recours aux
produits biocides contribuera à limiter l?antibiorésistance.
Du fait de l?utilisation des produits par une large gamme d?acteurs et pour une vaste gamme
d?utilisation, la mise en place d?une feuille de route « Écobiocides » répondrait au besoin de
préservation de la santé et de l?environnement. Elle permettrait de regrouper ces actions sous une
bannière commune, identifiable et porteuse d?une intention d?usage sobre et durable des produits
biocides.
75 Evaluation et préparation de l?actualisation de la feuille de route interministérielle 2016 pour la maîtrise de
l?antibiorésistance ? Novembre 2022
76 Recommandations sur les biocides issues de la conférence « Une seule santé, en pratique » de 2021
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-et-preparation-de-l-actualisation-de-la-a3414.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-et-preparation-de-l-actualisation-de-la-a3414.html
https://www.vetagro-sup.fr/evenement/conference-une-seule-sante-en-pratique/
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Cette feuille de route aurait pour objet les principaux points de ce rapport, à savoir :
? la poursuite du programme de travail relatifs aux substances actives existantes ;
? l?information du grand public via :
? l?interdiction de vente en libre-service de certains produits biocides,
? une campagne de communication en faveur des méthodes de prévention et des
techniques alternatives sans biocides sur le modèle « les antibiotiques, c?est pas
automatique »,
? la mise en oeuvre de l?action « Renforcer la lisibilité de l?étiquetage des produits
ménagers destinés aux consommateurs » du PNSE4 sur l?ensemble des produits
biocides ;
? la formation des professionnels à une meilleure connaissance et utilisation des produits
biocides ;
? le développement et la promotion des alternatives aux produits biocides ;
? l?amélioration du pilotage des politiques publiques relatives à l?utilisation des produits
biocides, du suivi et de la promotion de la consommation de produits biocides ;
? la mise en place d?une redevance pour pollution diffuse.
Recommandation 10. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Faire évoluer le contenu
de l?action « Privilégier les biocides et détergents avec les profils les plus favorables pour
la santé publique et l?environnement » afin de plus largement promouvoir la sobriété en
matière d?utilisation des biocides et les méthodes alternatives à leur utilisation dans le cadre
d?une feuille de route « Écobiocides ».
4.2 Mettre en place une redevance pour pollution diffuse adaptée
La loi n°2006-1772 77 a créé une redevance pour pollution diffuse assise sur la masse des
substances actives contenues dans les produits phytopharmaceutiques. Cette redevance,
proportionnelle aux quantités de substance actives vendues, est d?autant plus élevée que les
substances actives présentent des risques pour la santé et l?environnement. Elle est perçue par
les agences de l?eau, selon le principe « pollueur-payeur » et contribue à défavoriser l?usage des
substances actives les plus toxiques. Les redevances collectées par les agences de l?eau leur
permettent en outre de conduire des actions visant à réduire l?usage des produits
phytopharmaceutiques.
La pollution de l?eau et des milieux, notamment aquatiques, par les pesticides est la conséquence
de l?usage de l?ensemble des pesticides, produits phytopharmaceutiques et biocides. En
conséquence, l?extension de la redevance pour pollution diffuse aux biocides est nécessaire, et
serait équitable en mettant sur le même plan les usages agricoles (produits phytopharmaceutiques)
et non agricoles (biocides). Cette extension tiendra compte des risques des substances actives.
Les produits biocides bénéficiant de la période transitoire seront soumis à la redevance pour
pollution diffuse et le taux appliqué aux substances qu?il contiennent devra être supérieur à celui
qui sera appliqué pour les substances composant les produits bénéficiant d?une AMMS.
À l?image de la redevance pour pollution diffuse utilisée, entre autres, pour réduire l?usage des
produits phytopharmaceutiques, cette redevance pourrait participer au financement de la feuille de
77Loi n°2006-1772 du 30 décembre 2006 sur l'eau et les milieux aquatiques, article 84 créant l?article L. 213-10-8
du code de l?environnement
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000649171
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006833066/2024-09-24/
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route « Écobiocides », visant une utilisation sobre et durable des produits biocides. Compte-tenu
de la dispersion du marché des produits biocides, il sera nécessaire d?identifier le niveau de collecte
le plus efficient dans la chaine de valeur, en veillant notamment à limiter les charges administratives
de collecte et de contrôle.
L?instauration d?une fiscalité contribuera en outre à améliorer la qualité des données de déclaration
annuelle des biocides mises sur le marché, ces données servant de base au calcul de la redevance.
Recommandation 11. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Instituer une redevance
pour pollution diffuse sur les substances actives entrant dans la composition des produits
biocides en prenant en compte ceux qui sont utilisés au titre de la période transitoire et
permettant de privilégier les produits biocides bénéficiant d?une AMMS.
4.3 La transparence des données, une nécessité
La Convention sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et
l'accès à la justice en matière d'environnement dite « Convention d?Aarhus »78 est entrée en
vigueur le 30 octobre 2001. Approuvée par la France le 8 juillet 2002 et par l?Union européenne le
17 février 2005, elle prévoit que « chaque Partie veille à ce que, dans le cadre de la législation
nationale, les autorités publiques mettent les informations sur l'environnement à la disposition du
public de façon transparente et à ce que ces informations soient réellement accessibles ».
L?un des objectifs de la directive 2003/4/CE79 du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier
2003 concernant l'accès du public à l'information en matière d'environnement et abrogeant la
directive 90/313/CEE du Conseil est « de veiller à ce que les informations environnementales
soient d'office rendues progressivement disponibles et diffusées auprès du public afin de parvenir
à une mise à disposition et une diffusion systématiques aussi larges que possible des informations
environnementales auprès du public. ».
L?article 7 de la Charte de l?environnement intégrée au bloc de constitutionalité français le 1er mars
2005 proclame que « toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi,
d'accéder aux informations relatives à l'environnement détenues par les autorités publiques et de
participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement ». Enfin
les articles L. 124-1 à L. 124-8 et R. 124-1 à R. 124-5 ainsi que la circulaire du 18 octobre 200780
précisent que « le droit à l?information relative à l?environnement comprend, d?une part, le droit
d?accès à l?information (obligation pour les autorités publiques de communiquer les informations
relatives à l?environnement qu?elles détiennent aux personnes qui en font la demande au moyen
d?une saisine officielle) et, d?autre part, le droit d?être informé (obligation pour les autorités publiques
de diffuser des informations relatives à l?environnement) ».
Au niveau de l?Union européenne, l?ECHA donne accès à deux bases de données, l?une pour les
substances actives et l?autre pour les produits biocides. Ces bases sont très complètes, mais ne
collectent pas les informations relatives aux produits biocides bénéficiant de la période transitoire.
Elles sont d?un usage complexe, notamment pour avoir une vision d?ensemble des substances
78 Convention sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice
en matière d'environnement. Aarhus (Danemark), 25 juin 1998
79 Directive 2003/4/CE du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier 2003 concernant l'accès du public à
l'information en matière d'environnement et abrogeant la directive 90/313/CEE du Conseil
80 Circulaire du 18 octobre 2007 relative à la mise en oeuvre des dispositions régissant le droit d?accès à
l?information relative à l?environnement
PUBLIÉ
https://www.conseil-constitutionnel.fr/la-constitution/la-charte-de-l-environnement
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000033140333/2024-08-23
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006835036
https://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=IND&mtdsg_no=XXVII-13&chapter=27&clang=_fr#EndDec
https://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=IND&mtdsg_no=XXVII-13&chapter=27&clang=_fr#EndDec
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A32003L0004
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Bulletinofficiel-0005676&reqId=42ccf61f-225f-4ff1-bf7a-4da98984b21a&pos=14
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actives et des produits biocides, les recherches se faisant par sélection successive de critères81.
Au niveau français, le site du ministère de la transition écologique renvoie vers les sites Internet
de l?ECHA, de l?Anses (site général), du registre des AMM biocides, BioCID et CERTIBIOCID.
Le registre des AMM biocides donne accès aux décisions et aux conclusions d'évaluations relatives
à la mise sur le marché des produits biocides en France (délivrées par le ministère chargé de
l?environnement jusqu?au 30 juin 2016 et par l?Anses après le 1er juillet 2016). Les seuls critères
de sélection des 3 918 produits (22 août 2024) sont le « Nom du produit », le « numéro AMM » et
la date de signature de la décision. Le registre permet d?accéder à la conclusion de l?évaluation qui
comporte notamment les phrases de risque pour la santé et l?environnement.
Le moteur de recherche de la base BioCID offre plusieurs critères de sélections. Toutefois les
statuts réglementaires proposés ne permettent pas de choisir un produit bénéficiant d?une AMMS.
Si l?exportation de résultats d?une recherche est possible, l?extraction de la base complète ne l?est
pas. Par ailleurs, ni les quantités de substances actives et de produits biocides vendus, ni leur
évolution au cours du temps ne sont accessibles au public.
Le registre des AMM biocides et BioCID sont porté par l?Anses, sans que l?intérêt de proposer deux
sites comportant des informations en partie similaires soit évident. Par ailleurs, les synergies ne
sont pas optimales. Ainsi les fiches des produits sur BioCID ne permettent pas d?accéder aux
conclusions de l?évaluation. À l?inverse, les fiches des produits sur le registre des AMM biocides
ne renvoient pas vers BioCID, plus complet et plus ergonomique pour le public.
L?action 18 du PNSE4 prévoyait de « créer un espace commun de partage de données
environnementales pour la santé, le Green Data for Health », notamment pour faciliter les
croisements entre les données environnementales (au sens large) et les données sanitaires. Il est
en effet apparu nécessaire que les données environnementales existantes puissent être plus
facilement mobilisées pour mieux caractériser les expositions humaines aux facteurs de risques
environnementaux ainsi que pour permettre un appariement rigoureux des données
environnementales avec les données de santé, notamment celles du système national des
données de santé (« Health Data Hub »).
Le « Green Data for Health » (GD4H) existe aujourd?hui dans une version beta de la plateforme.
Elle référence une base de données de produits biocides déclarés mise à jour le 5 décembre 2014.
Comme en témoignent les commentaires d?utilisateurs, les fichiers extraits sont quasi illisibles, ne
contiennent pas les quantités vendues et, contrairement à la description qui en est faite, les
données ne sont pas géoréférencées.
S?agissant des pesticides, le GD4H recense la « Banque nationale des ventes réalisées par les
distributeurs des produits phytopharmaceutiques appelés plus communément produits
phytosanitaires » (BNV-D). Cette base de données alimentée par les industriels responsables de
la mise sur le marché et par les distributeurs est croisée avec la base E-Phy de l?Anses qui
répertorie l?ensemble des produits phytosanitaires (libellés des produits, composition en
substances actives, concentrations, etc.)82. Les données de vente des substances actives sont
ainsi disponibles pour les millésimes 2008 à 2022, avec une granularité spatiale au niveau des
régions, des départements et des, communes. Les données d?achat sont également disponibles
81 Des fichiers peuvent être extraits, toutefois, la taille est limitée et l?extraction de la liste des produits biocides ne
peut se faire que par sous-ensemble avant de reconstituer un fichier global. Par ailleurs, les données sont
présentées dans la logique des approbations et autorisations sous forme de couple [substances active/type de
produit] ou [produit biocide-pays]. Enfin, seul les produits biocides autorisés sont répertoriés, tous ceux qui
contiennent au moins une substance active inscrite au programme de travail sont absents. Ces bases sont
difficilement utilisables par les professionnels et non utilisables par le public.
82 État des lieux des ventes et achats des produits phytopharmaceutiques en France ? Notice méthodologique, avril
2023
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr
https://www.anses.fr/fr/decisions_biocide
https://biocid-anses.fr/biocid#!
https://certibiocide.din.developpement-durable.gouv.fr/
https://www.health-data-hub.fr/
https://ventes-produits-phytopharmaceutiques.eaufrance.fr/articles
https://ephy.anses.fr/
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/6350/download?inline
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au niveau du code postal depuis 2015.
Cette différence de mise à disposition de données relatives aux pesticides entre les produits
phytosanitaires et les biocides ne permet pas le pilotage de la politique de réduction de l?incidence
des biocides sur l?environnement ou la santé humaine et animale. Elle ne répond pas aux
exigences de transparence en matière de données ayant des incidences sur l?environnement.
Recommandation 12. [Ministère de la transition écologique (DGPR)] Mettre à disposition les
données de vente des substances actives de produits biocides à l?échelle la plus fine
possible en alimentant « Green Data for Health » avec l?ensemble des données disponibles.
PUBLIÉ
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Conclusion
À l?image du slogan « les antibiotiques, c?est pas automatique » lancé par l?État et la Caisse
nationale d?assurance maladie (CNAM) qui vise à informer le public sur l?inutilité des antibiotiques
dans certaines situations ou de la campagne « le meilleur déchet est celui qu?on ne produit pas »
qui vise à réduire la production de déchet, ce rapport se questionne sur la notion de « produit
biocide avec le profil le plus favorable pour la santé et pour l?environnement » et de manière plus
large sur les modalités de l?utilisation des produits biocides. Réaliser le panorama du marché des
produits biocides, ce qui permettrait d?en connaître les utilisations, se heurte à plusieurs difficultés.
Leur utilisation large et variée à mettre en regard de l?absence de connaissance de la notion de
« produits biocides » par certains acteurs en est une première, une règlementation européenne
dont la mise en oeuvre n?est pas encore stabilisée en est une seconde. Les autorisations de mise
sur la marché simplifiée (AMMS), qui permettraient d?identifier les produits biocides aux profils
moins défavorables pour la santé et l?environnement sont encore peu développées et la notion est
mal connue.
Dans son approche, la mission s?inscrit dans une perspective d?utilisation sobre et durable des
produits biocides. Cela suppose de mieux identifier le problème à corriger et y appliquer des
mesures de prévention couplées ou non à des méthodes de substitution pour le résoudre afin de
réserver l?usage des produits biocides aux certains cas où ils sont indispensables et réduire de
manière durable les impacts que leur utilisation génère sur la santé et l?environnement.
Au cours des entretiens, la mission a relevé des discours communs entre les acteurs rencontrés
(entreprises et fédérations professionnelles, services publics, association de consommateurs?) :
le manque de connaissance de ce qu?est un produit biocide en fait partie mais également le fait
qu?ils sont utilisés sans perception du risque, parfois de manière non adaptée, ou encore que leur
utilisation ne permet pas de résoudre le problème à la source mais uniquement d?en traiter les
conséquences. L?approche proposée par la mission avec ses recommandations vise ainsi à
accompagner le grand public mais aussi les professionnels dans leur réflexion sur leur besoin en
produits biocides. Pour les professionnels, cette approche propose deux étapes, le développement
et la promotion de méthodes de substitution accompagné d?un volet sur l?utilisation des produits
biocides via un accès facilité à l?information et des formations. Pour le grand public, cette approche
procède également en deux étapes via une campagne de communication en faveur des méthodes
de prévention et des techniques alternatives et une meilleure lisibilité des étiquettes des produits,
notamment des produits ménagers, ainsi que l?interdiction de vente en libre-service de certains
produits.
Ces travaux pourraient être portés par une feuille de route « Écobiocides », en les complétant par
des mesures transverses tels que l?institution d?une redevance pour pollution diffuse sur les
substances entrant dans la composition des produits biocides ou encore la mise à disposition au
public des données de vente.
Karine Brulé
Didier Pillet
Xavier Raher
Emilie Rasooly
Inspectrice
générale
Ingénieur général
des mines
Ingénieur
des mines
Inspectrice
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
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Annexe 2. Classification des produits biocides
Source : Règlement (UE) n°528/2012 du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2012
concernant la mise à disposition sur le marché et l?utilisation des produits biocides. Version
consolidée au 15 avril 2022.
En gras les types de produits biocides pour lesquels il existe des autorisations de mise sur le
marché simplifiée (AMMS) en France, le détail est en annexe 4.
Groupe Type de produits
GROUPE 1 :
Désinfectants
Type de produits 1 : hygiène humaine
Type de produits 2 : désinfectants et produits algicides non destinés à
l?application directe sur des êtres humains ou des animaux
Type de produits 3 : hygiène vétérinaire
Type de produits 4 : surfaces en contact avec les denrées alimentaires et
les aliments pour animaux
Type de produits 5 : eau potable
GROUPE 2 :
Produits de protection
Type de produits 6 : protection des produits pendant le stockage
Type de produits 7 : produits de protection pour les pellicules
Type de produits 8 : produits de protection du bois
Type de produits 9 : produits de protection des fibres, du cuir, du caoutchouc
et des matériaux polymérisés
Type de produits 10 : produits de protection des matériaux de construction
Type de produits 11 : produits de protection des liquides utilisés dans les
systèmes de refroidissement et de fabrication
Type de produits 12 : produits anti-biofilm
Type de produits 13 : produits de protection des fluides de travail ou de coupe
GROUPE 3 :
Produits de lutte contre
les nuisibles
Type de produits 14 : rodenticides
Type de produits 15 : avicides
Type de produits 16 : molluscicides, vermicides et produits utilisés pour lutter
contre les autres invertébrés
Type de produits 17 : piscicides
Type de produits 18 : insecticides, acaricides et produits utilisés pour lutter
contre les autres arthropodes
Type de produits 19 : répulsifs et appâts
Type de produits 20 : lutte contre d?autres vertébrés
GROUPE 4 :
Autres produits biocides
Type de produits 21 : produits antisalissure
Type de produits 22 : fluides utilisés pour l?embaumement et la taxidermie
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX%3A02012R0528-20220415
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=CELEX%3A02012R0528-20220415
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Annexe 3. Autorisation de mise sur le marché simplifiée
(AMMS)
Le règlement (UE) n°528/2012 du 22 mai 2012 concernant la mise à disposition sur le marché et
l?utilisation des produits biocides prévoit dans son chapitre V une procédure d?autorisation
simplifiée.
Une demande d?autorisation peut, pour les produits biocides admissibles, être soumise dans le
cadre d?une procédure d?autorisation simplifiée. Un produit biocide est admissible si toutes les
conditions suivantes sont remplies :
? toutes les substances actives contenues dans le produit biocide figurent à l?annexe I et
respectent toute restriction précisée dans ladite annexe ;
? le produit biocide ne contient pas de substance préoccupante ;
? le produit biocide ne contient aucun nanomatériau ;
? le produit biocide est suffisamment efficace ;
? la manipulation du produit biocide et son utilisation prévue ne nécessitent pas de matériel
de protection individuelle.
Si toutes ces conditions sont remplies, le demandeur sollicitant l'autorisation doit soumettre une
demande à l'ECHA, en indiquant quelle autorité compétente de l'État membre concerné évaluera
la demande. Lorsqu'une autorisation simplifiée est accordée, le produit biocide peut être mis à
disposition sur le marché dans d'autres États membres sans qu'une reconnaissance mutuelle ne
soit nécessaire. Toutefois, le titulaire de l'autorisation doit notifier chaque État membre concerné
30 jours avant de mettre le produit sur le marché de son territoire.
Les substances actives sont considérées comme préoccupantes lorsque :
? elles répondent aux critères de classification suivants du règlement (CE) no 1272/2008 :
? explosibles / facilement inflammables,
? peroxydes organiques,
? ayant une toxicité aiguë de catégorie 1, 2 ou 3,
? corrosives de catégorie 1A, 1B ou 1C,
? sensibilisants respiratoires,
? sensibilisants cutanés,
? agents mutagènes des cellules germinales de catégorie 1 ou 2,
? cancérogènes de catégorie 1 ou 2,
? toxiques pour la reproduction humaine de catégorie 1 ou 2 ou ayant des effets sur ou
via l?allaitement,
? toxiques spécifiques pour un organe cible à la suite d?une exposition unique ou répétée,
? toxiques pour les organismes aquatiques : toxicité aiguë de catégorie 1 ;
? elles répondent aux critères de substitution énoncés à l?article 10, paragraphe 1 du
règlement (UE) n°528/2012 ;
? elles n?ont pas d?effets neurotoxiques ou immunotoxiques.
Les substances actives sont également considérées comme préoccupantes, même si aucun des
critères précisés aux points a) à c) n?est rempli, lorsqu?un niveau de préoccupation équivalent à
celui que suscitent les points a) à c) peut être raisonnablement démontré en se fondant sur des
informations fiables
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Annexe 4. Substances actives au sein de l?Union
européenne et produits biocides bénéficiant
d?une autorisation de mise sur le marché
Source : Agence européenne des produits chimiques (European chemicals agency ? ECHA), base
de données mise à jour le 17 mai 2024 (produits) et 20 août 2024 (substances actives)
Note de lecture :
? les données présentées sont extraites de la base ECHA et ne concernent donc que les
produits ayant fait l?objet d?une évaluation au titre du règlement (UE) n°528/2012 ;
? les produits bénéficiant de la période transitoire sont absents ;
? la base des substances actives de l?ECHA (mise à jour de la base du 20 août 2024) indique
que « La base de données contient 938 types de substances actives-produits et
enregistrements de l'annexe I pour lesquels une approbation a été demandée » (traduction
par Google Traduction). Les informations ne sont donc pas données par substance active,
mais sont organisées par couple [substances active/type de produit].
? la base de données extraites contient 25.322 lignes qui correspondent à des couples [pays-
produits], les produits étant autorisés par pays. Un produit autorisé dans un pays sous
plusieurs dénominations est extrait sous forme d?une ligne unique. Dans des cas
particuliers, un même produit dans un même pays peut être extrait sous forme de deux
lignes, l?une pour une autorisation expirée, l?autre pour une autorisation en cours. Un
produit identique autorisé dans deux pays est extrait sous forme de deux lignes ;
? le numéro unique est le numéro de référence, la base de donnée extraite contient 25.322
lignes qui correspondent à 8 070 produits effectivement différents, quoique le site indique
que « la base de données contient 8 305 produits biocides autorisés ». Un même produit
autorisé dans plusieurs pays aura le même « numéro de référence » ;
? outre les États membres de l?Union européenne, la base contient les données de la
Grande-Bretagne, la Suisse et la Norvège ;
? sur la base de données interrogée en ligne, les critères [« pays A »] X [« autorisé »] du
moteur de recherche donnent la liste des produits biocides « autorisés » / « avec une
autorisation expirée » / « abandonnés » pour ce « pays A » dès lors qu?ils sont autorisés
dans au moins un autre pays ;
? les chiffres donnés ci-dessous résultent de l?exploitation de la base de donnée extraite ; ils
ne sont pas forcément contrôlables par l?utilisation du moteur de recherche en ligne ;
? la qualité de la base de données (orthographe différente pour un même objet, double ligne
pour un même produit dans un pays, information manquante...) permet d?avoir des ordres
de grandeur justes, mais des chiffres à prendre avec prudence ;
? sauf exception, la structure de la base de donnée ne permet pas de faire simplement des
analyses sur les numéros de référence, elles sont donc faire sur les couples [pays-
produits].
Annexe 4.1. Les substances actives dans l?Union européenne
L?analyse par couple [substances active/type de produit] montre que :
? 806 sont concernés par le programme de travail et contiennent donc des substances
existantes ;
? 97 sont hors du programme de travail et contiennent donc des nouvelles substances ;
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https://echa.europa.eu/fr/about-us
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? 35 relèvent de l?annexe I.
Une autre classification des 938 couple [substances active/type de produit] permet de voir que :
? 373 sont en cours d?examen (qu?ils fassent ou non partie du programme de travail) ;
? 294 sont approuvés ;
? 271 sont non approuvés (différentes catégories de dossiers abandonnés, par les
pétitionnaires ou pour expiration de délais ou absence de soutien et refus d?approbation).
Dans la mesure où une même substance active peut contribuer à plusieurs couples [sa/TP] et
qu?une même substance active peut être soit approuvée, soit non approuvée selon le type de
produit pour lequel une demande d?approbation est en cours, il y a finalement 380 substances
actives entrant dans la fabrication de produits biocides dans l?Union européenne, qui sont dans
461 situations :
? 141 substances actives sont en cours d?examen (nouvelle substance active substance
active existante) pour au moins un type de produit ;
? 165 substances actives sont approuvées pour au moins un type de produit ;
? 155 substances actives sont non approuvées pour au moins un type de produit.
Annexe 4.2. Panorama global des produits biocides
La base de données extraites contient 25.322 lignes qui correspondent à des couples [pays-
produits], les produits étant identifié par le pays dans lequel il est mis en marché83. Ces 8 305
« produits biocides autorisés » correspondent à 8 070 numéros d?autorisation de référence, unique,
soit 8 070 produits biocides effectivement différents84.
Sous ces réserves, parmi les 25 322 couples [pays-produits] de l?Union européenne :
? 19 227 sont autorisés au sens du règlement (UE) n°528/2012 ;
? 2 463 sont abandonnés ;
? 3 632 ont des autorisations expirées.
Parmi les 25 322 couples [pays-produits] de l?Union européenne, les types de produits biocides
(seuls ou en association) qui représentent près de 80% du marché sont85 :
? TP08 - produits de protection du bois : 6 119 ;
? TP14 - rodenticides : 5 144 ;
? TP02 - désinfectants et produits algicides non destinés à l?application directe sur des êtres
humains ou des animaux : 4 885 ;
? TP18 - insecticides, acaricides et produits utilisés pour lutter contre les autres arthropodes :
3 370 ;
? TP04 - surfaces en contact avec les denrées alimentaires et les aliments pour animaux :
3 333.
83 Un produit autorisé dans un pays sous plusieurs dénominations est extrait sous forme d?une ligne unique. Dans
des cas particuliers, un même produit dans un même pays peut être extrait sous forme de deux lignes, l?une pour
une autorisation expirée, l?autre pour une autorisation en cours. Un produit identique autorisé dans deux pays est
extrait sous forme de deux lignes.
84 Certaines différences s?explique par des orthographes différentes pour un même numéro de référence.
85 La somme donne 28 820 cas, certains couples [pays-produits] étant autorisés pour plusieurs TP.
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Certains types de produits n?ont aucun produit biocide disposant d?une autorisation de mise sur le
marché : TP16 (molluscicides 86 , vermicides et produits utilisés pour lutter contre les autres
invertébrés), TP17 (piscicides) et TP22 (Fluides utilisés pour l?embaumement et la taxidermie).
Pour la France, 3 012 produits biocides (12% du total de l?Union européenne) sont recensés :
? 2 625 disposent d?une autorisation de mise sur le marché ;
? 205 sont abandonnés ;
? 182 ont des autorisations de mise sur le marché expirées.
La répartition des types de produits est un peu différente et 80% des 3 012 produits biocides
relèvent des types de produits suivants :
? TP02 - désinfectants et produits algicides non destinés à l?application directe sur des êtres
humains ou des animaux : 1 470 ;
? TP04 - surfaces en contact avec les denrées alimentaires et les aliments pour animaux :
1 375 ;
? TP14 - rodenticides : 386 ;
? TP03 ? hygiène vétérinaire : 317.
La part des produits biocides bénéficiant d?une AMMS dans les États membres est décrite dans le
tableau suivant :
État
membre
Produits
biocides
totaux
autorisés
Proportion
des
produits
biocides
totaux
autorisés
Produits
biocides
autorisés
bénéficiant
d?une
AMMS
Proportion
des
produits
biocides
autorisés
bénéficiant
d?une
AMMS
Proportion
de produits
biocides
autorisés
par pays
bénéficiant
d?une
AMMS
Lettonie 1 084 6 % 267 19 % 25 %
France 2 625 14 % 127 9 % 5 %
Pays-Bas 997 5 % 97 7 % 10 %
Belgique 1 174 6 % 83 6 % 7 %
Italie 1 563 8 % 70 5 % 4 %
Allemagne 1 342 7 % 68 5 % 5 %
Autres 10 442 54 % 727 51 % 7 %
Total 19 227 100 % 1439 100 % 7 %
86 Ils sont autorisés au titre de la réglementation sur les produits phytopharmaceutiques.
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Six pays détiennent la moitié (49 %) des AMMS des couples [pays-produits] en cours de validité
dans au moins un pays :
? Lettonie : 267 (19 %) ;
? France : 127 (9 %) ;
? Pays-Bas : 97 (7 %) ;
? Belgique : 83 (6 %) ;
? Italie : 70 (5 %) ;
? Allemagne : 68 (5 %).
Annexe 4.3. Panorama global des substances actives utilisées
seules ou en mélange dans les produits biocides bénéficiant
d?une AMMS
Substances actives contenues dans des produits ayant au moins une
AMMS en cours de validité dans un pays
Nombre de
couples
[pays-produit]
Acide lactique 793
Acide (+)-tartrique |Benzoate de sodium 93
OEufs en poudre | Saccharomyces cerevisiae (levure) 73
Acétate de (9Z,12E)-tétradéca-9,12-dién-1-yle 64
Dioxyde de carbone 46
Acide acétique | D-Fructose 38
Vinaigre 34
Dioxyde de carbone produit par combustion de propane, de butane ou d?un mélange des
deux
30
Citronellal |Huile de lavande | Huile de menthe 29
Huile de lavande | Huile de menthe 29
Acide acétique | Huile de lavande | Huile de menthe 28
Jus de pomme concentré | D-Fructose | Vinaigre 26
Jus de pomme concentré | Vinaigre 24
Citronellal | huile de menthe 17
Acide (+)-tartrique | Acide lactique | Huile de lavande | Huile de menthe 16
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Substances actives contenues dans des produits ayant au moins une
AMMS en cours de validité dans un pays
Nombre de
couples
[pays-produit]
Phéromone des mites de vêtements (mélange) 15
D-Fructose 14
Jus de pomme concentré 12
D-Fructose | Vinaigre 12
Saccharomyces cerevisiae (levure) 11
D-Fructose | OEufs en poudre | Saccharomyces cerevisiae (levure) 10
Benzoate de sodium 7
OEufs en poudre 3
Acide acétique | Jus de pomme concentré | D-Fructose | Miel 2
Huile de menthe 2
Bentonite | Acide lactique 1
Dioxyde de carbone | Octobre-1-ène-3-ol 1
Citronellal | Acide propionique 1
Non identifiée 8
Total 1 439
Globalement :
? plus de la moitié (55 %) des couples [pays-produits] contiennent de l?acide lactique seul ;
? près de trois-quarts (74 %) des couples [pays-produits] contiennent cinq substances
actives ou mélange :
? acide lactique,
? [acide (+)-tartrique + benzoate de sodium],
? [oeufs en poudre + Saccharomyces cerevisiae (levure)],
? acétate de (9Z,12E)-tétradéca- 9,12-dién-1-yle (analogue d?une phéromone sexuelle
de mite alimentaire),
? dioxyde de carbone.
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Annexe 4.4. Types de produits (TP) autorisés bénéficiant d?une
AMMS
Type de produit ayant au moins une AMMS en cours de
validité dans un pays
Code Nombre de
couples
[pays-
produit]
Sans type - 8
Désinfectants - Hygiène humaine TP01 447
Désinfectants et produits algicides non destinés à
l?application directe sur des êtres humains ou des
animaux
TP02 64
Désinfectants - Hygiène vétérinaire TP03 20
Désinfectants - Surfaces en contact avec les denrées
alimentaires et les aliments pour animaux
TP04 0
- TP02 +TP04 340
- TP01 + TP02 + TP04 3
- TP02 + TP03 + TP04 8
- TP01 + TP02 + TP03 + TP04 1
Produits de protection - Protection des produits
pendant le stockage
TP06 7
Produits de lutte contre les nuisibles - Rodenticides TP14 33
Produits de lutte contre les nuisibles - Répulsifs et
appâts
TP19 508
Total des biocides bénéficiant d?une AMMS 7 sous-types 1 439
Pour les 1 431 produits ayant un type de produits, trois des quatre groupes sont représentés :
? groupe 1 (désinfectants) : 883 produits (62 %), qui contiennent :
? acide lactique (769) ;
? acide tartrique et benzoate de sodium (93) ;
? acide tartrique, acide lactique, huile de lavande, huile de menthe (16) ;
? vinaigre (4) ;
? bentonite et acide lactique (1) ;
? groupe 2 (produits de protection) : 7 produits (moins de 1 %), qui contiennent :
? benzoate de sodium (7) ;
? groupe 3 (produits de lutte contre les nuisibles) : 541 produits (38 %), qui contiennent les
24 autres substances actives ou mélanges.
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Annexe 4.5. Types de produits biocides autorisés bénéficiant d?une
AMMS en France
Type de produit ayant une AMMS en cours de validité en
France
Code Nombre de
produits biocides
concernés
Désinfectants - Hygiène humaine
dont 23 à base d?acide lactique
TP01 26
Désinfectants et produits algicides non destinés à l?application
directe sur des êtres humains ou des animaux
dont 6 à base d?acide lactique
TP02 7
Désinfectants - Hygiène vétérinaire
dont 1 à base d?acide lactique
TP03 1
Désinfectants - Surfaces en contact avec les denrées
alimentaires et les aliments pour animaux
TP04 0
-
dont 44 à base d?acide lactique
TP02 + TP04 45
Produits de lutte contre les nuisibles - Rodenticides TP14 2
Produits de lutte contre les nuisibles - Répulsifs et appâts
dont 12 à base de (9Z,12E)-tetradeca-9,12-dien-1-yl acetate
(analogue d?une phéromone sexuelle de mite
alimentaire)
et 1 à base d?acide lactique
TP19 46
Total des produits biocides bénéficiant d?une autorisation de mise
sur le marché simplifiée (AMMS) en France
dont 75 à base d?acide lactique seul
et 6 à base de (9Z,12E)-tetradeca-9,12-dien-1-yl acetate
6 sous-types 127
Deux des quatre groupes sont représentés :
? groupe 1 (désinfectants) : 79 produits (62 %) ;
? groupe 3 (produits de lutte contre les nuisibles) : 48 produits (38 %).
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr/system/files/biocides/evaluations/STOPMITESA_BC-UV050255-09_SA-APP_Ans.pdf
https://www.anses.fr/fr/system/files/biocides/evaluations/STOPMITESA_BC-UV050255-09_SA-APP_Ans.pdf
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Annexe 5. Vente des produits biocides en France
La répartition des ventes de produits biocides en France est la suivante :
[?]
Figure 2 : ventes des produits biocides bénéficiant d?une AMMS en France par TP
Source : analyse de la mission à partir de l?extraction de la base BioCID (31 mai 2024)
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Annexe 6. Plan fédéral belge de réduction des biocides
Le Service public fédéral (SPF) Santé publique belge, Sécurité de la Chaîne alimentaire et
Environnement a mis en oeuvre un plan de réduction des biocides pour la période 2023-2028 afin
de diminuer les risques pour la santé et l?environnement liés aux biocides, avec une attention
particulière aux publics vulnérables.
Réalisé indépendamment de l?article 4 de la directive 2009/128/CE et pendant du programme
fédéral de réduction des pesticides axé sur les produits phytopharmaceutiques87, le plan fédéral
de réduction des biocides 2023-2028 pris par arrêté royal du 26 octobre 2023 comprend six axes
qui visent directement (1,3,5) ou indirectement (2,4,6) à réduire les risques pour la santé et
l?environnement ainsi qu?à réduire l?emploi des produits biocides et en particulier de certains
usages :
1. l?information et la sensibilisation : Campagnes et formations (utilisateurs professionnels)
pour une utilisation plus sûre des produits biocides afin de réduire les risques associés à
leur emploi, pour une utilisation raisonnée et sur les alternatives ;
2. l?amélioration des connaissances sur l?exposition aux biocides et leurs effets sur la santé :
Identification des risques les plus élevés et des groupes les plus vulnérables afin d?orienter
le contenu des campagnes et informer et sensibiliser les secteurs concernés ;
3. des actions sur les substances et les usages spécifiques afin de réduire les risques et/ou
l?utilisation des produits biocides ayant un effet négatif sur la santé ou l?environnement
(produits contenant des substances actives perturbatrices endocriniennes, usages
comportant un risque de développement d?une résistance aux antimicrobiens et produits
contenant des néonicotinoïdes) ;
4. l?observation du marché des biocides ;
5. la régularisation du marché : la diminution de produits illégaux pour aboutir à l?emploi
exclusif de produits autorisés et donc préalablement évalués ;
6. l?évaluation et le rapportage du plan.
87 Plan d?Action National de Réduction des Pesticides (NAPAN) qui vise à réduire l?utilisation des pesticides et leurs
impacts sur la santé et l?environnement, au travers d?actions variées (formation, sensibilisation, règlementation,
accompagnement, études, etc.), s?adressant aussi bien aux professionnels (agriculture, secteurs verts, public et
privé) qu?au grand public.
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Novembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui
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Figure 3 : axes du plan de réduction des biocides (source : © Service public fédéral
(SPF) Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement)
Afin de préparer, mettre en oeuvre et réviser ce programme, les autorités fédérales compétentes
ont travaillé avec les secteurs de la production de produits biocides, de la lutte contre les nuisibles
et de l?agriculture, des associations de protection de l?environnement, le secteur de la distribution
de l?eau?
Annexe 6.1. Information & sensibilisation
Six actions sont axées sur l?information et la sensibilisation :
? pour les professionnels :
? informations sur la législation et les thèmes d?actualités via le forum annuel destiné aux
professionnels,
? liste de produits efficaces contre des agents pathogènes pour le secteur de l?élevage,
? promotion d?une utilisation sûre et raisonnée des produits biocides (campagnes ciblées
via les organisations sectorielles, FAQ?),
? formation obligatoire des professionnels utilisant des produits de lutte contre les
rongeurs et les insectes et les produits de fumigation, sur les risques pour la santé et
l?environnement, l?utilisation des produits et les alternatives ;
? pour le grand public :
? campagnes de sensibilisation pour une utilisation plus sûre des produits chimiques (site
web, vidéos, brochures, jeu, podcast?) avec une campagne spécifique pour une
utilisation plus sûre des produits biocides ;
? pour les professionnels et le grand public :
o accès à une information actuelle et correcte via un site web, un moteur de
recherche des produits biocides autorisés et un helpdesk (pour les professionnels).
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Annexe 6.2. Amélioration des connaissances sur l?exposition aux
biocides et leurs effets sur la santé
L?identification des groupes les plus vulnérables permet de leur accorder une attention spécifique
dans la recherche et les actions d?information et sensibilisation.
Annexe 6.3. Actions sur les substances et les usages spécifiques
Trois actions sont axées sur la réduction des risques :
? le développement d?une résistance aux antimicrobiens due à l?usage de produits biocides,
via la sensibilisation des secteurs concernés et un projet d?emballage et d?étiquetage des
produits biocides indiquant leur usage et dosage corrects ;
? la détection et le retrait progressif du marché des substances perturbatrices endocriniennes.
Les produits biocides les contenant seront interdits pour le grand public, et les autorisations
pour un usage professionnel seront réexaminées ;
? une étude sur les risques associés aux produits biocides présents sur le marché belge et
contenant des néonicotinoïdes afin de déterminer si des mesures supplémentaires sont
nécessaires.
Annexe 6.4. Observation du marché des biocides
Le SPF publie un rapport annuel sur le marché belge des biocides sur la base des déclarations
annuelles des quantités de produits biocides mis sur le marché par les détenteurs d?autorisations.
Ces données indiquent quelles sont les substances actives et les produits les fréquemment utilisés,
ainsi que leur évolution au fil des ans.
Figure 4 : évolution des tonnages de produits biocides vendus (source : © Service
public fédéral (SPF) Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et
Environnement)
En ce qui concerne les produits biocides principalement réservés aux utilisateurs professionnels et
nécessitant de porter un équipement de protection individuel, des données additionnelles sont
enregistrées et l?analyse de ces données permettra de réaliser des communications ciblées.
PUBLIÉ
Novembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui
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Annexe 6.5. Régularisation du marché
Les contrôles des produits biocides et des entreprises seront renforcés afin d?encourager la vente
de produits biocides conformes. Par ailleurs certains produits se situent dans une « zone grise »
entre produit biocide, dispositif médical, médicament, cosmétique, ces produits sous statut litigieux
seront suivis.
Annexe 6.6. Évaluation et rapportage du plan
Le plan d?une durée de 5 ans sera évalué à mi-parcours et actualisé si nécessaire. L?évaluation
final permettra de soutenir l?élaboration du plan suivant.
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Développer et promouvoir les produits biocides qui
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Annexe 7. Focus sur quelques utilisateurs professionnels
L?approche de mesures de prévention et de méthodes de substitution recommandée par la mission
est déjà en place ou en cours d?étude dans un certain nombre de secteurs utilisant des produits
biocides, pour d?autres cette approche est encore à développer.
Annexe 7.1. Milieu hospitalier
Dans le milieu hospitalier, assurer la sécurité des patients et du personnel est un enjeu majeur
pour toute structure de soin. A ce titre, les mesures d?hygiène (notamment l?hygiène des mains),
de stérilisation, de nettoyage et désinfection sont indispensables et sont encadrés par des normes
AFNOR et CEN. Afin d?appliquer les mesures les plus adaptées pour y répondre, la définition des
risques liés à l?environnement est un préalable pour identifier la ou les méthodes ainsi que leur
fréquence.
Ainsi, l?utilisation de produits biocides pour assurer la sécurité des patients et du personnel fait
partie des méthodes mais n?est pas nécessairement la plus adapté, par exemple l?Assistance
Publique Hôpitaux de Paris (APHP) recommande88 un usage plus raisonné des produits biocides
en milieu hospitalier en « limitant leur usage dans les lieux et circonstances où ils ne sont pas utiles
(notamment lorsqu?une désinfection n?est pas requise, par exemple pour les vitreries, les sols etc?)
et une réflexion quant à la sélection des produits à utiliser. »
Ainsi, l?APHP privilégie les méthodes les plus écoresponsables et a mis en place des fiches
pratiques pour le nettoyage des sols ne requérant pas de désinfectant, le « bionettoyage » à la
vapeur, l?éconettoyage des sols en alternative aux détergents-désinfectants chimiques ou encore
le détartrage avec du vinaigre blanc. À noter qu?au-delà d?une approche raisonnée de l?utilisation
des produits biocides, l?APHP a une démarche plus globale de limitation de l?usage des produits
chimiques.
Cette idée d?un usage raisonné des détergents et désinfectants en milieu hospitalier n?est pas
récente, en 2016 un bulletin du réseau national de prévention des infections associées aux soins89
proposait un accompagnement aux établissements pour la promotion d?un usage raisonné pour
l?entretien.
De la même manière, en région PACA, une action de promotion d?usage raisonné des détergents
et des désinfectants ainsi que l?adoption de pratiques et d?achats responsables pour l?entretien des
locaux en établissement sanitaire et médico-social hors période d?épidémie a été mené dans le
cadre du plan régional santé environnement 2 (PRSE2 de 2011 à 2015) auprès de plus de 200
établissements90.
Annexe 7.2. Désinfection, désinsectisation, dératisation (3D)
La prévention reste la meilleure stratégie pour limiter la présence et la prolifération des nuisibles,
les mesures préventives comprennent notamment la gestion des déchets, le stockage des aliments,
l?imperméabilité du bâtiment?
88 Recommandations pour le bionettoyage des surfaces à l?hôpital, Service Prévention du risques infectieux,
Direction Qualité Partenariat Patient ? 2 Octobre 2023
89 Usage raisonné des détergents et des désinfectants pour l?entretien des locaux en EMS (hors épidémie) ? Bulletin
CClin-Arlin n°2, Mars 2016
90 Bilan d?une action menée en région PACA visant à promouvoir les pratiques et achats responsables pour
l?entretien des locaux en établissements sanitaires et médico-sociaux (hors période d?épidémie)
PUBLIÉ
https://www.cpias-ile-de-france.fr/docprocom/doc/aphp-reco-bionettoyage-021023.pdf
https://www.cpias-ile-de-france.fr/docprocom/doc/aphp-reco-bionettoyage-021023.pdf
https://www.cpias.fr/bulletin/2016/02/02-pdf/02-carenco.pdf
https://www.paca.ars.sante.fr/system/files/2017-06/pratiques-achats-responsables-ES-ESMS-BD.pdf
https://www.paca.ars.sante.fr/system/files/2017-06/pratiques-achats-responsables-ES-ESMS-BD.pdf
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La réalisation d?une analyse de la situation requiert une connaissance des nuisibles et des signaux
d?infestation, elle permet ensuite de mettre en place une stratégie adaptée dans laquelle l?utilisation
de produits biocides est un outil mais n?est ni un prérequis, ni une étape obligatoire. Cette stratégie
inclut des actions correctives et préventives avec un plan d?action, un suivi dans le temps et
également une traçabilité totale des biocides utilisées.
Les professionnels de la lutte contre les nuisibles intègre cette approche dans le cadre de leur
métier, les formations, séminaires? mettent en en avant les avantages de cette approche et
comment la décliner en se basant sur les résultats de la phase d?analyse.
Par exemple, dans la lutte contre les rongeurs, un panel de techniques existe allant de la limitation
de l?accès aux zones sensibles (points d?eau, nourriture, habitat) à leur extermination, et les
stratégies de gestion intégrée des infestations (Integrated Pest Management) combinant à la fois
des actions mécaniques, thermiques et/ou chimiques ont bien montré qu?aucune méthode ne
pouvait être efficace à elle seule, l?ensemble des méthodes constitue un panel d?outils à utiliser de
manière adaptée au cas rencontré.
Par ailleurs, territoire engagé pour un environnement, une santé, la ville de La Rochelle a engagé
depuis 2017 une stratégie contre les nuisibles91 en mettant en oeuvre des actions de prévention
(réduction des ressources alimentaires disponibles, suppression des abris, dérangement par
modification du milieu, effarouchement, implantation de nichoirs à rapaces?) et en invitant les
professionnels à privilégier les techniques de dératisation dites alternatives (pièges sans biocide,
dératisation mécanique connecté, rat proofing?).
Annexe 7.3. Collectivités ? Mairie de Paris
Afin de lutter contre les rongeurs et les moustiques, la mairie de Paris mise en premier lieu sur la
diffusion des mesures d?hygiène et si possible des méthodes physiques de contrôle et visant à
limiter les facteurs favorables à la venue et à la prolifération des rongeurs et moustiques.
L?utilisation des produits biocides fait partie des outils dans le cas où un traitement chimique est
nécessaire.
De la même manière pour les punaises de lit, la mairie de Paris se base également sur cette
approche de prévention/substitution mais a encore besoin de données sur les méthodes
alternatives de traitement. Un rapport de l?Anses de 202392 encourage d?ailleurs les études sur
l?évaluation de l?efficacité et de l?applicabilité des méthodes de lutte en conditions réelles ainsi que
le développement des méthodes et outils alternatifs pour limiter le recours à la lutte chimique.
Actuellement, la mairie de Paris utilise plusieurs produits biocides pour répondre à leurs besoins,
on y retrouve ainsi :
? Des désinfectants à destination du grand public, utilisés par le service technique propreté
pour la désinfection des véhicules
? Des insecticides et rodenticides utilisés par les égoutiers du service technique de l?eau et
de l?assainissement. En 2023 150kg de produits biocides insecticides et rodenticides ont
été utilisés.
Pour les collectivités, la lutte contre les rongeurs, punaises de lit et moustique représente un enjeu
sanitaire important, faire appel à des actions de prévention/substitution nécessite la formation du
personnel, la sensibilisation de l?ensemble des acteurs et de l?expertise pour mettre en place les
moyens les plus adaptées. L?accompagnement notamment via le partage de guide rapide de
gestion permettrait aux collectivités de s?emparer du sujet. À titre d?exemple le Schéma Parisien
91 Dératisation écologique avec des furets | Territoire engagé (territoire-environnement-sante.fr)
92 Les punaises de lit : impacts, prévention et lutte ? Avis de l?Anses ? Rapport d?expertise collective ? Juillet 2023
PUBLIÉ
https://territoire-environnement-sante.fr/actions-et-projets/deratisation-ecologique-avec-des-furets
https://www.anses.fr/fr/system/files/BIOCIDES2021SA0147Ra.pdf
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de la Commande Publique Responsable 2022-202693 (SPASER) vise dans un de ses chantiers à
favoriser les échanges de bonnes pratiques entre donneurs d?ordres publics.
Annexe 7.4. Traitement eau
Entre le prélèvement de l?eau et sa distribution, des étapes de traitement de l?eau sont nécessaires
afin de garantir sa qualité, ces étapes diffèrent en fonction de différents paramètres comme par
exemple le milieu de prélèvement (eaux superficielles, eaux souterraines). Le traitement comprend
des produits et des procédés de traitement permettant de modifier la qualité physico-chimique et/ou
microbiologique de l?eau, mais également l?utilisation de produits biocides permettant sa
désinfection. L?ensemble de ces traitements s?inscrit ainsi dans une approche globale avec
l?utilisation de procédés physiques mais également de produits biocides tels que l?eau de javel. A
noter qu?une saisine de l?Anses est en cours à la demande de la Direction générale de la santé
(DGS) afin de réduire, voire supprimer, le chlore des filières de production et de distribution, cette
expertise devrait être réalisé d?ici fin 2025.
Annexe 7.5. Instituts techniques agricoles
La désinfection est une étape clé pour la sécurité sanitaire des denrées alimentaires, le maintien
de la biosécurité au sein des couvoirs et élevages, l?hygiène de la mamelle, en cas d?épidémie...
Elle nécessite l?utilisation de produits biocides qui, bien qu?indispensables, ont des impacts sur la
santé et l?environnement et peuvent également affecter la qualité des denrées alimentaires.
Actuellement, l?usage de produits biocides est la norme et un certain nombre d?acteurs sont
peu/pas informés sur les risques inhérents à leur utilisation. Et même si certains sont conscients
des risques pour la santé, seule une minorité modifie ses pratiques, réduit ses usages, adopte des
comportements prudents?
Une étude94 réalisée par l?institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole (ITAVI) auprès
des éleveurs a mis en lumière leur besoin de disposer de produits plus respectueux/moins
dangereux pour la santé humaine et l?environnement.
Ainsi, face à des exigences sociétales et environnementales fortes pour un usage plus raisonné
des produits chimiques et à une absence de développement de produits chimiques « plus verts »
répondant aux besoins des filières avicole, cunicole et piscicole, l?ITAVI a initié en 2018 un projet
visant à une utilisation moindre et optimisée des produits biocides de désinfection (TP04) en filière
avicole et piscicole (projet aDAPt). Plusieurs solutions ont ainsi été mis à l?étude :
? La lutte biologique par conservation (LBC) qui consiste à intensifier in situ (dans le bâtiment
d?élevage) l?activité des ennemis naturellement présents à travers des actions locales, ce
concept simple en apparence nécessite en réalité une connaissance accrue des
interactions dans les écosystèmes des bâtiments d?élevage avant de pouvoir être mis en
place. Ces interactions sont nombreuses et des travaux sont encore nécessaires afin de
déterminer les assemblages proie/prédateur les plus prometteurs95.
? L?utilisation des « flores de barrières » mises en place après l?opération de nettoyage et de
désinfection pour prévenir le développement d?un biofilm96. Une fois leur efficacité évaluée
et les modalités d?utilisation développées, cette méthode utilisée en complément de
produits biocides permettrait de réduire leur usage. Les premiers résultats sont jugés
93 Schéma Parisien de la commande publique responsable 2022-2026 ? Ville de Paris
94 Exposition aux produits biocides en élevage de volailles reproductrices et risques pour la santé des utilisateurs
? ITAVI ? mars 2022
95 Identification des interactions de prédation entre les arthropodes pour le développement de la lutte biologique
contre le poux rouge ? ITAVI ? mars 2019
96 Capacité de flores de barrière à limiter l?implantation et le développement de Salmonella typhimurium ? ITAVI ?
mars 2022
PUBLIÉ
https://www.anses.fr/fr/content/apc-gt-eau-sans-chlore
https://cdn.paris.fr/paris/2021/12/20/3acce5e0b9de3a605f0a1ef85fd4a5fc.pdf
https://www.itavi.asso.fr/publications/exposition-aux-produits-biocides-en-elevages-de-volailles-reproductrices-et-risques-pour-la-sante-des-utilisateurs?search=d%C3%A9sinfectant&order=date
https://www.itavi.asso.fr/publications/identification-des-interactions-de-predation-entre-arthropodes-pour-le-developpement-de-la-lutte-biologique-contre-le-pou-rouge
https://www.itavi.asso.fr/publications/identification-des-interactions-de-predation-entre-arthropodes-pour-le-developpement-de-la-lutte-biologique-contre-le-pou-rouge
https://www.itavi.asso.fr/publications/capacite-de-flores-de-barriere-a-limiter-l-implantation-et-le-developpement-de-salmonella-typhimurium
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prometteurs mais nécessitent encore d?être évalués par des études sur le terrain.
? L?utilisation de détergents enzymatiques dans des protocoles de nettoyage et désinfection
en aviculture97, les premiers résultats sont jugés prometteurs mais nécessitent d?être
confirmés.
Encore en phase d?étude, ces alternatives et méthodes complémentaires ne sont pas encore
opérationnelles mais une fois fiabilisées, développées avec une procédure adaptée au secteur
agricole (disponibilité, coût, fréquence d?application?) et diffusées auprès des acteurs, elles
participeront à l?approche recommandée par la mission. L?étape de diffusion n?est pas à négliger,
en effet elle demander à aller contre les positions de déni, de manque de temps et/ou de matériel,
de fatalisme et de scepticisme qui sont actuellement affichés par les acteurs sur la thématique des
pesticides98 pour insuffler un changement dans les pratiques, un travail est à réaliser en y associant
l?expérience de acteurs et en tenant compte des situations parfois complexes rencontrées.
Cette approche d?une utilisation moindre et mieux des produits biocides doit être reprise par
l?ensemble des filières agricoles utilisatrices de produits biocides afin d?engager une réflexion sur
leur utilisation et définir leur besoin.
97 Étude de la capacité des détergents enzymatiques à lutter contre les biofilms d?Escherirchia coli ? ITAVI ? mars
2022
98 Pesticides risques professionnels en élevage - RMT Travail en élevage, janvier 2018
PUBLIÉ
https://www.itavi.asso.fr/publications/capacite-de-flores-de-barriere-a-limiter-l-implantation-et-le-developpement-de-salmonella-typhimurium
https://idele.fr/?eID=cmis_download&oID=workspace%3A%2F%2FSpacesStore%2F016b12a9-957f-40f3-9fe9-29c8f9e0cb4d&cHash=d2a4dad9a7730adaa2d2cdfd9c493d8f#:~:text=Pesticides%20%E2%80%93%20Risques%20professionnels%20en%20%C3%A9levage%20Avoir%20conscience%20des%20risques
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Annexe 8. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Bodenez Philippe
DGPR / Service des risques sanitaires liés
à l?environnement des déchets et des
pollutions diffuses
Chef de service 16/10/2024
Lefranc Agnès
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Sous-directrice
02/04/2024
16/10/2024
Gras Olivier
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Chef du bureau des
produits chimiques
02/04/2024
Barrault Anne-Emmanuelle
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Adjointe au chef du
bureau des produits
chimiques
16/10/2024
Tarmoul Jeremy
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Bureau des produits
chimiques, chargé de
mission
16/10/2024
Hillion Émilie
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Cheffe du bureau santé
environnement
13/05/2024
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Tresca Claire
DGPR / Sous-direction santé-
environnement, produits chimiques et
agriculture
Bureau santé
environnement, stagiaire
13/05/2024
Lesterle Sébastien
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Chargé de mission santé
environnement
02/09/2024
Salagama Demanti
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Conseillère experte en
santé environnementale
02/09/2024
Paul Caroline
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Chef de bureau
environnement extérieur et
produits chimiques
02/09/2024
Aquallal Maria
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Pharmacien inspecteur de
santé publique
02/09/2024
Ollandini Didier
DGS / Sous-direction Prévention des
risques liés à l?environnement et à
l?alimentation
Chef de bureau
environnement intérieur,
milieux du travail et
accidents vie courante
02/09/2024
Colson Lucas DGE
Chef de projet industries
agroalimentaires
05/06/2024
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Turquet Francois Xavier DGE
Chef de projet chimie
biosourcé et
biotechnologies
industrielles
05/06/2024
Roussel Romain DGCCRF
Sous-directeur industrie,
santé et logement
09/07/2024
Simbelie Karine DGCCRF
Adjointe au chef de
bureau du pôle chimie
petite enfance
09/07/2024
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Goux Muriel
DGCCRF Rédacteur biocides et
détergents
09/07/2024
Vrindt Els
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire
et Environnement
Attaché biocides
23/09/2024
Brasseur Anne
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire
et Environnement
Attaché biocides
23/09/2024
Dehon Vincent
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire Attaché biocides
23/09/2024
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
et Environnement
Lefèbvre Fréderic
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire
et Environnement
Ecotoxicology senior
expert in Biocides area
23/09/2024
Azdad Karima
Service public fédéral (SPF) Santé
publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire
et Environnement
Advisor risk management
biocides
23/09/2024
Grisni Anahita
Mairie de Paris Cheffe de l?observatoire
parisien de la santé
environnementale
02/07/2024
Peronny Christophe
Mairie de Paris Chef de service prévention
des conditions de travail
02/07/2024
Larbre Juliette
Mairie de Paris Cheffe du service des
laboratoires de santé
environnementale
02/07/2024
Trendel Estelle
Mairie de Paris Cheffe de la mission
développement durable
02/07/2024
Nohal Elissa
Mairie de Paris Cheffe de projet One
Health
02/07/2024
Bitaud Bertrand
Anses Directeur de la direction
des autorisations de mise
sur le marché
23/04/2024
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Sarda Xavier
Anses Directeur adjoint de la
direction de l?évaluation
des produits réglementés
23/04/2024
Gour Annabelle
Anses Cheffe d?unité adjointe de
l?unité de coordination
biocide
23/04/2024
Bloch Juliette
Anses Directrice de la direction
des alertes et des
vigilances sanitaires
24/04/2024
Solal Cécilia
Anses
Toxicologue
24/04/2024
Hangeois Boné Anouk ARMOSA
Directrice règlementaire et
développement
05/09/2024
Savoca Émilie SALVECO Responsable microbiologie 03/09/2024
Laygnez Alexandre
SALVECO Responsable des affaires
réglementaires
03/09/2024
Hisiger Steve
SALVECO
Responsable R&D
03/09/2024
Henriche Hervé
SALVECO
Directeur
03/09/2024
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Corréfé Isabelle
IFIP ? institut du porc
Docteur vétérinaire
02/09/2024
David Valérie
IDELE ? Institut de l?élevage Chef de service bien-être
et santé animal
02/07/2024
Rousset Nathalie
ITAVI ? Expert des filières avicole, cunicole
et piscicole
Responsable santé,
hygiène et qualité des
produits
02/07/2024
Aubry Marc
CS3D ? Dératisation, Désinsectisation,
Désinfection Membre
17/05/2024
Cottin Benoit
CS3D ? Dératisation, Désinsectisation,
Désinfection
Représentant du comité
technique scientifique et
règlementaire
17/05/2024
Lemoine Guy andré
CS3D ? Dératisation, Désinsectisation,
Désinfection Président
17/05/2024
Guillot Brigitte
CS3D ? Dératisation, Désinsectisation,
Désinfection Secrétaire générale
17/05/2024
Klinguer Céline
APHP / Direction de la stratégie et de la
transformation
Directrice du département
Transformation écologique
et Santé environnementale
15/05/2024
Fournier Sandra
APHP / Direction qualité partenariat patient Médecin, Responsable du
Service Prévention du
Risque Infectieux
15/05/2024
PUBLIÉ
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Hehn Michèle
APHP / Agence générale des équipements
et produits de santé
Pharmacien, Responsable
Unité Evaluation et Achats
des Médicaments et des
désinfectants
15/05/2024
Lawruk Alexia
APHP / Agence générale des équipements
et produits de santé
Pharmacien, UF Evaluation
et Achats des
Médicaments
15/05/2024
Gibon Henri
APHP / Achats Centraux, Hôteliers,
Alimentaires et Technologiques Directeur adjoint
15/05/2024
Duvernois Romain
APHP / Groupe Hospitalier AP-HP Nord-
Université Paris Cité Directeur des Achats et de
la logistique
15/05/2024
Chouvel Rudy
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Chargé de mission
Transition écologique en
santé et Directeur adjoint
CHU de Clermont-Fd
18/04/2024
Carenco Philippe
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Médecin hygiéniste, CHU
Nice, CPIAS PACA
18/04/2024
Badrikian Laurence
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Médecin, CHU de
Clermont-Ferrand
18/04/2024
Canouet Sandrine
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Praticien hospitalier
hygiéniste, CHU Toulouse
18/04/2024
PUBLIÉ
Septembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui présentent des caractéristiques plus
favorables pour l?environnement ou la santé humaine et animale
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Jolibois Boris
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Hygiène hospitalière, CH
Compiègne
18/04/2024
Vancoetsem Karen
FHF ? Fédération Hospitalière de France
Cadre de santé hygiéniste
CPIAS ARA
18/04/2024
Laygnez Alexandre
FHER ? Fédération hygiène et entretien
responsable Membre
11/06/2024
Luciot Marie
FHER ? Fédération hygiène et entretien
responsable Directrice technique et
règlementaire
11/06/2024
Leclère Anne Sophie
Eau de Paris
Directrice générale adjointe
29/05/2024
Robin Alban
Eau de Paris
Directeur de la ressource
en eau et de la production
29/05/2024
Thery Gabrielle
Que choisir
Rédactrice technique
08/07/2024
PUBLIÉ
Septembre 2024 Développer et promouvoir les produits biocides qui
présentent des caractéristiques plus favorables pour
l?environnement ou la santé humaine et animale
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Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
AMM Autorisation de mise sur le marché
AMMS Autorisation de mise sur le marché simplifiée
Anses Agence nationale de sécurité sanitaire de l?alimentation, de l?environnement et
du travail
APHP Assistance Publique ? Hôpitaux de Paris
DGCCRF Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes du ministère de l'économie, des finances et de la souveraineté
industrielle et numérique (MEFSIN)
DGEFP Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle du ministère du
travail, de la santé et des solidarités (MTSS)
DGPR Direction générale de la prévention des risques du ministère de la transition
écologique et de la cohésion des territoires (MTECT)
DGS Direction générale de la santé du ministère du travail, de la santé et des
solidarités (MTSS)
DGT Direction générale du travail du ministère du travail, de la santé et des
solidarités (MTSS)
ECHA Agence européenne des produits chimiques (European Chemical Agency)
EGALIM 1
Loi n°2018-938 du 30 octobre 2018 pour l'équilibre des relations commerciales
dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et
accessible à tous
PNSE4 Quatrième Plan National Santé Environnement
RPB
Règlement (UE) n°528/2012 du 22 mai 2012 concernant la mise sur le marché
et l?utilisation des produits biocides
SA Substance active
SPF Belgique - Service public fédéral (SPF) Santé publique, Sécurité de la Chaîne
alimentaire et Environnement
TP Type de produit biocide
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 Les biocides, des produits mal connus
1.1 Quelques définitions
1.1.1 La notion de produit biocide...
1.1.2 ...à ne pas confondre avec la notion de phytopharmaceutiques?
1.1.3 ? ou avec d?autres produits chimiques
1.2 Les autorisations de mise sur le marché
1.2.1 Plusieurs procédures de demande d?autorisation de mise sur le marché existent
1.2.2 Gestion de la période transitoire
1.2.3 Avec des interdictions communes
1.2.4 Mais des redevances différenciées
1.2.5 Et des décrets nationaux applicables pour limiter l?accès du grand public aux produits biocides ayant le plus d?impact sur la santé et l?environnement
1.3 Panorama des substance actives et des produits biocides autorisés et vendus
1.3.1 Les substances actives dans l?Union européenne
1.3.2 Les produits biocides dans l?Union européenne
1.3.3 Les produits biocides bénéficiant d?une AMMS
1.3.4 Les ventes de produits biocides en France
1.3.5 Lever les freins à la mise en marché de produits bénéficiant d?une AMMS
2 Sans biocides, c?est souvent possible aussi
2.1 Des besoins d?accompagnement des professionnels aux solutions de substitution à l?utilisation des biocides
2.1.1 Milieu hospitalier
2.1.2 Collectivités au sens large dont le traitement de l?eau potable
2.1.3 Instituts techniques agricoles
2.1.4 Désinfection, désinsectisation et dératisation (3D)
2.2 Les biocides, « c?est pas automatique ! »
2.3 Encourager le développement de dispositifs de substitution aux produits biocides
3 En cas d?utilisation des biocides, adopter des bonnes pratiques
3.1 Professionnels : un outil pour choisir son biocide
3.2 Des professionnels formés pour un usage raisonné des biocides
3.2.1 La formation obligatoire : le « Certibiocide »
3.2.2 Des exemples d?actions de têtes de réseau
3.3 Pour une information simple pour le grand public, un « toxiscore » indispensable
4 Les biocides sont des produits dangereux et doivent être traités comme tels
4.1 Repenser l?approche du sujet biocides dans le PNSE
4.2 Mettre en place une redevance pour pollution diffuse adaptée
4.3 La transparence des données, une nécessité
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Classification des produits biocides
Annexe 3. Autorisation de mise sur le marché simplifiée (AMMS)
Annexe 4. Substances actives au sein de l?Union européenne et produits biocides bénéficiant d?une autorisation de mise sur le marché
Annexe 4.1. Les substances actives dans l?Union européenne
Annexe 4.2. Panorama global des produits biocides
Annexe 4.3. Panorama global des substances actives utilisées seules ou en mélange dans les produits biocides bénéficiant d?une AMMS
Annexe 4.4. Types de produits (TP) autorisés bénéficiant d?une AMMS
Annexe 4.5. Types de produits biocides autorisés bénéficiant d?une AMMS en France
Annexe 5. Vente des produits biocides en France
Annexe 6. Plan fédéral belge de réduction des biocides
Annexe 6.1. Information & sensibilisation
Annexe 6.2. Amélioration des connaissances sur l?exposition aux biocides et leurs effets sur la santé
Annexe 6.3. Actions sur les substances et les usages spécifiques
Annexe 6.4. Observation du marché des biocides
Annexe 6.5. Régularisation du marché
Annexe 6.6. Évaluation et rapportage du plan
Annexe 7. Focus sur quelques utilisateurs professionnels
Annexe 7.1. Milieu hospitalier
Annexe 7.2. Désinfection, désinsectisation, dératisation (3D)
Annexe 7.3. Collectivités ? Mairie de Paris
Annexe 7.4. Traitement eau
Annexe 7.5. Instituts techniques agricoles
Annexe 8. Liste des personnes rencontrées
Annexe 9. Glossaire des sigles et acronymes
INVALIDE)