Préparation du rapport au Parlement sur la mise en place d'un cadre réglementaire adapté pour le recyclage des métaux stratégiques et critiques par agromine
BRULE, Karine
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">L'agromine est une activité de phytoextraction émergente qui consiste à cultiver différentes plantes susceptibles de croître sur des sols riches, naturellement ou suite à des pollutions liées aux activités humaines, afin d'en extraire des substances d'intérêts pour les rendre disponibles pour l'industrie. Suite à la promulgation de la loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relatif à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire et plus précisément l'article 129 relatif à la mise en place d'un cadre réglementaire associé au recyclage des métaux stratégiques et critiques par agromine, ce rapport vise à clarifier le vocabulaire ainsi que le cadre juridique qui s'applique à l'agromine et notamment à identifier les verrous législatifs et réglementaires qui empêcheraient son développement. Il apparait que même si le cadre juridique offre d'ores et déjà de nombreux repères permettant aux acteurs de développer des projets pilotes, certaines dispositions pourraient toutefois être affinées telles que les règles applicables en matière de combustion ou incinération des plantes contenant des substances phytoextraites ou en matière de nomenclature douanière.</div>
Editeur
IGEDD
Descripteur Urbamet
pollution
;recyclage
;métal
;incinération
;industrie extractive
;traitement des déchets
Descripteur écoplanete
combustion
;réglementation
Thème
Information - Documentation - Communication
;Environnement - Paysage
;Cadre juridique
Texte intégral
Rapport n° 014443-01
Juillet 2023
Karine BRULÉ - IGEDD
Préparation du rapport au Parlement sur la
mise en place d'un cadre réglementaire adapté
pour le recyclage des métaux stratégiques et
critiques par agromine
P
U
B
L
I É
Les auteurs attestent qu'aucun des éléments de leurs activités
passées ou présentes n'a affecté leur impartialité dans la rédaction
de ce rapport
Statut de communication
? Préparatoire à une décision administrative
? Non communicable
? Communicable (données confidentielles occultées)
? Communicable
?
?
?
PUBLIÉ
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Juillet 2023
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d'un cadre réglementaire adapté pour le recyclage des
métaux stratégiques et critiques par agromine
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Sommaire
Sommaire........................................................................................................................ 3
Introduction .................................................................................................................... 5
1 Agromine : quelle définition de l?activité ? .............................................................. 6
1.1 Activité agricole et produits biosourcés ................................................................. 6
1.1.1 Activité agricole et aides de la politique agricoles commune ........................ 6
1.1.2 Produits biosourcés ...................................................................................... 7
1.2 Phytoréhabilitation, phytoremédiation et phytostabilisation ................................... 7
1.3 Phytoextraction et agromine.................................................................................. 8
1.4 Activité minière ...................................................................................................... 8
2 L?encadrement des installations de combustion et d?incinération des plantes
contenant des métaux phytoextraits ...................................................................... 10
2.1 Installations de combustion d?hydrocarbures et de biomasse ............................. 10
2.2 Installations d?incinération de déchets ................................................................. 10
2.2.1 Règles applicables aux installations ........................................................... 10
2.2.2 Définition des déchets ................................................................................ 11
3 L?encadrement du transport des plantes contenant des métaux phytoextraits . 13
3.1 Transfert de déchets ........................................................................................... 13
3.2 Nomenclature douanière ..................................................................................... 14
4 L?analyse du cycle de vie et l?affichage environnemental .................................... 15
5 Les aides disponibles ............................................................................................. 16
5.1 Exemples de projets soutenus ............................................................................ 16
5.2 Les principaux dispositifs de l?État ...................................................................... 16
Conclusion ................................................................................................................... 17
Annexes ........................................................................................................................ 18
Annexe 1. Lettre de mission........................................................................................ 19
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Annexe 2. Liste des personnes rencontrées ............................................................. 21
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Introduction
L?article 129 de la loi n° 2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à
l'économie circulaire dispose que « dans un délai d'un an à compter de la promulgation de la
présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur la mise en place d'un cadre
réglementaire adapté pour le recyclage des métaux stratégiques et critiques par agromine ».
Ce rapport vise à clarifier le vocabulaire utilisable dans le cadre de l?agromine ainsi que le cadre
juridique qui s?y applique et notamment à identifier les verrous législatifs et réglementaires qui
empêcheraient son développement.
L?agromine est une activité émergente qui n?est pas identifiée en tant que telle dans les différents
textes juridiques. Le terme de « phytomine » (phytomining) apparaît dans la bibliographie
scientifique en 1983. Le domaine s?est notamment enrichi des termes de phytoréhabilitation,
phytoremédiation, phytostabilisation et agromine. La littérature scientifique est très riche de
publications portant à la fois sur les différentes plantes susceptibles de croître sur des sols riches,
naturellement ou suite à des pollutions liées aux activités humaines, en éléments métalliques, mais
aussi sur la capacité de ces plantes à accumuler des substances d?intérêts ainsi que sur les
différents procédés permettant d?extraire ces substances à partir du matériel végétal pour les
rendre disponibles pour l?industrie.
Sur la base de ces recherches, plusieurs acteurs souhaitent désormais passer au stade de « pilote
industriel », afin de proposer des substances produites selon des procédés différents de ceux de
l?industrie minière actuelle et dont il pourrait être démontré que les incidences sur les différentes
composantes environnementales (sous-sols, sols, eau, biodiversité, air, climat, paysages, mer et
littoral) sont moindres.
Pour ce faire, il est nécessaire de clarifier le cadre français s?appliquant à cette activité extractive
qui pourrait avoir l?apparence d?une activité agricole, d?identifier dans quels cas les produits
pourraient être qualifiés de déchets et d?examiner la classification des substances, dangereuses
ou pas, issues de l?agromine.
Le rapport fait une synthèse des différents textes juridiques susceptibles d?encadrer l?agromine et
montre que, même en l?absence de mention explicite, le droit actuellement applicable permet son
développement.
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1 Agromine : quelle définition de l?activité ?
Le principe de l?agromine est illustré par la figure 1 et se situe à l?interface de deux modes de
production de substance, l?activité agricole et l?activité minière. Le champ lexical actuellement
utilisé propose le terme nouveau de « phytoextraction » pour définir l?action permise par l?agromine.
Figure 1 : schéma de la filière agromine (source : Baptiste Laubie, cité par
l?Université de Lorraine)
1.1 Activité agricole et produits biosourcés
1.1.1 Activité agricole et aides de la politique agricoles commune
Au titre de l?article L. 311-1 du code rural et de la pêche maritime, les activités agricoles
correspondent « à la maîtrise et à l'exploitation d'un cycle biologique de caractère végétal ou animal
et constituant une ou plusieurs étapes nécessaires au déroulement de ce cycle ainsi que les
activités exercées par un exploitant agricole qui sont dans le prolongement de l'acte de production
ou qui ont pour support l'exploitation ». La notice relative à l?éligibilité du demandeur aux aides de
la politique agricoles commune pour la campagne 2023 indique que ces aides ne peuvent être
allouées qu?aux agriculteurs actifs et propose une définition complémentaire de l?activité agricole,
conforme à celle du règlement n°1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre
2013 établissant les règles relatives aux paiements directs en faveur des agriculteurs au titre des
régimes de soutien relevant de la politique agricole commune : « L?activité agricole est définie
comme une activité de production, d?élevage ou de culture de produits agricoles, y compris la
récolte, la traite, l'élevage et la détention d'animaux à des fins agricoles, et/ou le maintien de la
PUBLIÉ
https://factuel.univ-lorraine.fr/node/13083
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038492093
https://www.telepac.agriculture.gouv.fr/telepac/pdf/tde/2023/Exploitation_notice_eligibilite_demandeur_metropole.pdf
https://www.telepac.agriculture.gouv.fr/telepac/pdf/tde/2023/Exploitation_notice_eligibilite_demandeur_metropole.pdf
https://eur-lex.europa.eu/FR/legal-content/summary/rules-for-direct-eu-payments-to-farmers.html
https://eur-lex.europa.eu/FR/legal-content/summary/rules-for-direct-eu-payments-to-farmers.html
https://eur-lex.europa.eu/FR/legal-content/summary/rules-for-direct-eu-payments-to-farmers.html
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surface agricole dans un état qui la rend adaptée au pâturage ou à la culture ».
Il ressort de ces deux définitions que l?agromine ne peut pas être regardée comme une activité
agricole dès lors que son objectif n?est pas de produire des produits agricoles, mais de produire
des substances minières. Elle n?est donc pas éligible aux aides directes de la politique agricole
commune.
1.1.2 Produits biosourcés
Plusieurs références juridiques encadrent la notion de biomasse et de produits biosourcés.
Ainsi l?article L. 211-2 du code de l?énergie indique que : « La biomasse est la fraction
biodégradable des produits, des déchets et des résidus d'origine biologique provenant de
l'agriculture, y compris les substances végétales et animales, de la sylviculture et des industries
connexes, y compris la pêche et l'aquaculture, ainsi que la fraction biodégradable des déchets,
notamment les déchets industriels ainsi que les déchets ménagers et assimilés lorsqu'ils sont
d'origine biologique. ».
L?article R. 11-22-3 du code de la construction introduit la notion de « biosourcés » : « Les
bâtiments nouveaux intégrant un taux minimal de matériaux biosourcés et répondant aux
caractéristiques associées à ces matériaux peuvent prétendre à l'obtention d'un label "bâtiment
biosourcé". Un arrêté du ministre chargé de la construction détermine les conditions d'attribution
de ce label. ». L?arrêté du 19 décembre 2012 relatif au contenu et aux conditions d'attribution du
label « bâtiment biosourcé » donne les définition suivantes : « Biomasse : une matière d'origine
biologique, à l'exception des matières de formation géologique ou fossile ; Matière biosourcée :
une matière issue de la biomasse végétale ou animale pouvant être utilisée comme matière
première dans des produits de construction et de décoration, de mobilier fixe et comme matériau
de construction dans un bâtiment ; ».
Il peut être déduit de ces définitions que le terme biosourcé n?est pas adapté à l?agromine qui,
certes, utilise des plantes pour extraire des substances du sol, mais sans que les substances soient
synthétisées par les processus biologiques propres à la plante utilisée et notamment la
photosynthèse. Les substances minières ne sont pas biodégradables.
Les substances issues de l?agromine ne sont donc pas des substances biosourcées.
1.2 Phytoréhabilitation, phytoremédiation et phytostabilisation
Le vocabulaire de l?environnement publié au Journal officiel, précise les définitions des concepts
utilisé en matière de traitement des sites et sols pollués. Ainsi la phytoréhabilitation est définie, en
2011, comme la « Dépollution du sol ou de l'eau d'un site au moyen de végétaux qui dégradent
certains polluants ou les concentrent avant d'être retirés du site pour être traités », un synonyme
étant la « décontamination végétale ». Le vocabulaire du génie génétique avait introduit le terme
de bioréhabilitation en 2008 avec une définition plus large : « dépollution du sol ou de l'eau d'un
site au moyen de micro-organismes décomposeurs, d'algues ou de certaines plantes capables de
concentrer des éléments nocifs issus d'activités humaines ». Les termes de phytoremédiation,
phytostabilisation et phytoextraction ne sont actuellement pas définis dans ce cadre.
Pour autant, les travaux de l?Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS),
en collaboration avec l?Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et
plusieurs laboratoires de recherche ont permis de définir les termes de phytoremédiation,
phytostabilisation, phytodégradation et de phytoextraction.
Ces modes de gestion, regroupés sous le terme de « phytotechnologies » visent, par des solutions
dites « douces » à utiliser in situ des espèces végétales pour, selon les cas, contenir ou extraire
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047303739
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGIARTI000025730570/2012-04-22
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000026810976/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000026810976/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000023493039
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000023493039
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000019124115
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les métaux, ou bien encore dégrader les polluants organiques présents dans les sites et sols
pollués.
Les guides produits en 2012, 2017 et 2019 font état de plusieurs retours d?expérience permettant
d?ouvrir la gamme des solutions possibles en matière de gestion des sites et sols pollués afin d?en
limiter les incidences sur la santé humaine et l?environnement. La finalité poursuivie dans les
dispositifs décrits dans ces guides n?est pas la production de substances, mais la limitation de la
pollution des sols et de leur capacité à émettre des polluants hors du site (sols, eau, air).
1.3 Phytoextraction et agromine
Si la phytoremédiation peut conduire dans certains cas à l?extraction de substances, la
phytoextraction est la finalité principale de l?agromine.
Afin d?inscrire ce mode de production de substances métalliques présentes de façon dispersées
dans les sols superficiels dans un modèle économique robuste, il est nécessaire de rassembler au
moins deux conditions : (1) avoir accès à des substrats aussi riches que possible en métaux
extractibles par des plantes (= biodisponibles) et (2) disposer de plantes ayant la capacité de
s?adapter à ces substrats particuliers.
Ainsi, sauf exception des déchets miniers par exemple, les sites et sols pollués, s?ils peuvent avoir
des concentrations incompatibles avec certains usages et être susceptible d?avoir des incidences
sur l?environnement et la santé humaine n?ont pas des concentrations telles que leur exploitation
pourrait permettre de construire une filière de production de métaux « phytoextraits ».
Au contraire, il existe dans certaines régions du monde des sols naturellement très riches en
métaux, issus de la dégradation de roches magmatiques produites dans des conditions
géologiques particulières et dites « ultramafiques ». Ces sols présentent des concentrations en
chrome, cobalt et nickel qui peuvent atteindre cent fois la concentration moyenne des sols. Ils sont
présents en régions tempérées (Alpes (Italie), Balkans (Albanie), Grèce, Turquie, Californie) et
tropicales (Nouvelle-Calédonie, Cuba, Brésil, Malaisie, Indonésie).
Ces sols sont en général pauvres en matière organique, nutriments et ont une faible capacité de
rétention d?eau, ce qui rend les conditions de culture des plantes très particulières. Ils sont
colonisés par des plantes hyperaccumulatrices qui peuvent concentrer jusqu?à 3% de nickel dans
leurs feuilles. C?est le cas par exemple de l?Alyssum murale.
1.4 Activité minière
L?article L. 111-1 du code minier (nouveau) définit les substances minérales ou fossiles contenues
dans des gîtes renfermés dans le sein de la terre, ou existant à la surface, qui relèvent du régime
légal des mines. Sont ainsi notamment listées le cobalt, le nickel, le cadmium et le palladium (métal
de la mine du platine).
Dès lors, toute substance minérale ou fossile explicitement listée dans cette article est considérée
comme une activité minière soumise aux règles s?appliquant au projet minier indépendamment du
mode d?extraction. Les substances minérales ou fossiles qui ne seraient pas dans cette liste sont
considérées comme des substances de carrière.
L?application des dispositions du code minier, si elle apparaît comme contraignante (cf. figure 1),
est protectrice de droits du demandeur de titre minier. En effet, l'État administre les gisements de
substances minières, qui appartiennent à la Nation. Par la délivrance d?un titre minier, il peut donc
attribuer un gisement à une entreprise qui en a les capacités techniques et financières et qui devra
ensuite obtenir l'autorisation de l'exploiter.
PUBLIÉ
https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/phytotechnologies-ademe-2013-1463054029.pdf
https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/guidephyto2-mars2017-1496923668.pdf
https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/Rapport-Ineris-19-180756-1814948-v1_rapport%20Phytotechnologies.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000036435815/
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L?exploitation d?une mine n?est possible qu?en vertu d?un titre d?exploitation (concession) dont la
demande est faite auprès du ministre chargée des mines1 . Avant d?entreprendre les travaux,
l?opérateur minier devra ensuite satisfaire les procédures administratives sous le régime de la
déclaration ou de l?autorisation prévues par le code minier.
En France, l?exploitation minière bénéficie d?un haut niveau d?exigences environnementales et
sociales, consolidé dans le nouveau code minier par une meilleure articulation entre code minier
et code de l?environnement, comme le précise l?article L. 161-1 du code minier (nouveau).
L?agromine s?inscrit dans le concept de mine responsable porté par le comité stratégique de filière
« Mine et métallurgie » et traduit dans le code minier dont la modernisation avait été prévue par
l?article 81 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et
renforcement de la résilience face à ses effets.
Figure 2 : infographie relative aux étapes d?un projet minier (Source : site
minéralInfo2)
1 A la date du rapport, cette compétence a été confiée à la ministre de la transition énergétique par décret n° 2022-
845 du 1er juin 2022 relatif aux attributions du ministre de la transition énergétique. L?administration compétente est
la direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature
2 Le portail français des ressources minérales non énergétiques, site édité par le BRGM, sous la direction de
publication du directeur général de l?aménagement, du logement et de la nature
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023501962/LEGISCTA000023504028/#LEGISCTA000023504028
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000045848268
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000045848268
https://mineralinfo.fr/fr
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2 L?encadrement des installations de combustion et
d?incinération des plantes contenant des métaux
phytoextraits
L?article L.511-1 du code de l?environnement définit les installations classées pour la protection de
l?environnement (ICPE). Celles-ci sont définies dans la nomenclature des installations classées ;
dont trois rubriques sont susceptibles de concerner les plantes issues de l?agromine : (1) 2910 -
combustion à l?exclusion des installations visées par les rubriques 2770, 2771, 2971 ou 2931, (2)
2770 - installation de traitement thermique de déchets dangereux, à l'exclusion des installations
visées aux rubriques 2792 et 2793 et des installations de combustion consommant comme déchets
uniquement des déchets répondant à la définition de biomasse au sens de la rubrique 2910 et (3)
2771 - Installation de traitement thermique de déchets non dangereux, à l'exclusion des
installations visées à la rubrique 2971 et des installations consommant comme déchets uniquement
des déchets répondant à la définition de biomasse au sens de la rubrique 2910
2.1 Installations de combustion d?hydrocarbures et de biomasse
Les sous-rubriques 2910 A et 2910 B1 concernent la combustion, dans une installation de moins
de 50 MW, seuls ou en mélange, du gaz naturel, des gaz de pétrole liquéfiés, du biométhane, du
fioul domestique, du charbon, des fiouls lourds, de la biomasse, du biogaz ou des produits issus
de déchets au sens de l'article L. 541-4-3 du code de l'environnement. Ces sous-rubriques
s?appuient sur une liste de produits et déchets explicitement mentionnés qui répondent à la
définition de « biomasse » dans le cadre strict de cette rubrique 2910.
Selon le type de combustible utilisé et sa puissance, l?installation est soumise à enregistrement ou
déclaration avec contrôles périodiques effectués par des organismes agréés.
La sous-rubrique 2910 B2 concerne la combustion des autres combustibles que ceux listés
précédemment. Le régime ICPE correspondant est celui de l?autorisation.
Les plantes issues de l?agromine ne sont pas citées, mais il peut être mentionnée que cette
définition exclut les « déchets de bois susceptibles de contenir des composés organiques
halogénés ou des métaux lourds à la suite d'un traitement avec des conservateurs du bois ou du
placement d'un revêtement ».
Au regard de la nature des combustibles visés, et si les plantes issues de l?agromine pouvaient
entrer dans ce type d?installation, l?installation serait soumise à la sous-rubrique 2910 B2 et donc à
autorisation dès une puissance thermique nominale supérieure ou égale à 0,1 MW.
L?arrêté de prescriptions générales applicable aux installations relevant de la sous-rubrique 2910
B2 est l?arrêté du 3 août 2018 relatif aux installations de combustion d'une puissance thermique
nominale totale inférieure à 50 MW soumises à autorisation au titre des rubriques 2910, 2931 ou
3110. Les dispositions de cet arrêté ministériel sont ensuite complétées par des dispositions
spécifiques au combustible utilisé dans l?arrêté préfectoral d?autorisation.
2.2 Installations d?incinération de déchets
2.2.1 Règles applicables aux installations
Toutes les installations relevant de la rubrique 2770 sont soumises à autorisation, sans seuil
minimal. L?arrêté de prescriptions générales applicable est l?arrêté du 20 septembre 2002 relatif
aux installations d'incinération et de co-incinération de déchets dangereux.
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000043978078
https://aida.ineris.fr/reglementation/2910-combustion-a-lexclusion-installations-visees-rubriques-2770-2771-2971-2931
https://aida.ineris.fr/reglementation/2910-combustion-a-lexclusion-installations-visees-rubriques-2770-2771-2971-2931
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000037284792/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000600023
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000600023
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Toutes les installations relevant de la rubrique 2771 sont soumises à autorisation, sans seuil
minimal. L?arrêté de prescriptions générales applicable est l?arrêté du 20 septembre 2002 relatif
aux installations d'incinération et de co-incinération de déchets non dangereux et aux installations
incinérant des déchets d'activités de soins à risques infectieux. Il s?agit notamment des déchets
ménagers et assimilés, les déchets industriels banals et les boues de station d'épuration non
dangereuses.
2.2.2 Définition des déchets
Si les installations permettant la réduction en cendre de plantes issues de l?agromine n?entraient
pas dans le périmètre des installations de combustion d?hydrocarbure et de biomasse, alors elles
seraient susceptibles d?entrer dans celui des installations de traitement thermique (incinération) de
déchets.
Conformément à l?article 3 de la directive 2008/98/CE du Parlement européen et du conseil du 19
novembre 2008 relative aux déchets, l?article L. 541-1-1 du code de l?environnement définit le
déchet comme : « toute substance ou tout objet, ou plus généralement tout bien meuble, dont le
détenteur se défait ou dont il a l'intention ou l'obligation de se défaire ».
L?article 7 de la même directive prévoit une mise à jour de la liste des déchets établie par la décision
2000/532/CE. Cette décision définit les notions de « métal lourd » et métaux de transition ». Parmi
les substances susceptibles d?être phytoextraites, l?arsenic, le cadmium et plomb sont des métaux
lourds, le cobalt, le manganèse et le zinc sont des métaux de transition. Le nickel est cité dans les
deux catégories.
Elle rappelle également que la notion de « substance dangereuse » est définie par le règlement
(CE) 1272/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relatif à la
classification, à l'étiquetage et à l'emballage des substances et des mélanges. Une substance est
dangereuse dès lors qu?elle présente des dangers physiques, des dangers pour la santé ou des
dangers pour l?environnement. À titre d?exemple, dix formes de nickel sont classées dans les
substances dangereuses, le nickel en tant que tel étant étiqueté au titre de « peut provoquer une
allergie cutanée » et « susceptible de provoquer le cancer ».
En conséquence, les plantes ayant accumulé des métaux pourraient être regardées comme des
déchets dans le cas où l?intention est la dépollution d?un sol, en revanche, elles pourraient ne pas
être regardées comme déchets dans le cas de l?agromine, l?intention étant l?extraction de
substances minières.
Sous réserve de vérification au cas par cas de la classification des formes métalliques présentes
dans la plante, que les plantes contenant des métaux phytoextraits soient considérées comme des
déchets ou pas, elles sont susceptibles de contenir des substances dangereuses. En conséquence
quelle que soit la rubrique de la nomenclature à laquelle l?installation s?adosserait, des prescriptions
particulières sont susceptibles d?être imposées et très probablement des prescriptions proches de
l?arrêté de prescription générale de la rubrique 2770.
Les précautions à prendre avec la combustion ou l?incinération de matières contenant des métaux
lourd ou des métaux de transition sont illustrées par le bilan de la qualité de l'air extérieur en France
en 2021 et la situation rencontrée avec le traitement du nickel (Ni), du cadmium (Cd) et de l?arsenic
(As), susceptibles d?être phytoextraits. Le bilan indique en effet : « Pour le Ni, le seuil réglementaire
fixé pour la protection de la santé est dépassé dans l?agglomération de Béthune et est mesuré sous
influence industrielle.(?) Tributaire de l?activité des sites industriels, la liste des métaux présentant
des dépassements évolue selon les années : le Cd en 2013, l?As en 2014 et le Ni de 2015 à 2021
(les stations qui enregistrent ces dépassements sont variables d?une année à l?autre, hormis pour
une station qui mesure des dépassements depuis 2016) ».
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000234557/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000234557/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000234557/
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32008L0098
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32008L0098
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042176087
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A32000D0532
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A32000D0532
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-de-la-qualite-de-lair-exterieur-en-france-en-2021
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-de-la-qualite-de-lair-exterieur-en-france-en-2021
Rapport n° 014443-01
Juillet 2023
Préparation du rapport au Parlement sur la mise en place
d'un cadre réglementaire adapté pour le recyclage des
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Dans le cas où les plantes ayant accumulé des métaux seraient regardées comme des déchets,
l?ordonnance n° 2020-920 du 29 juillet 2020 relative à la prévention et à la gestion des déchets, a
précisé les conditions énoncées à l?article L. 541-4-3 du code de l?environnement qui permettent à
un déchet de cesser de l?être (« sortie du statut de déchet »).
Le guide relatif à la sortie du statut de déchets pour un usage combustible (juin 2021) réalisé par
l?INERIS pour le ministère chargé de l?environnement précise les conditions que le demandeur doit
remplir. Les métaux tels que le nickel ou le cadmium doivent faire l?objet de définition d?une teneur
maximale dans le produit entrant afin de garantir un niveau d?émission satisfaisant dans les fumées.
Ces teneurs maximales sont validées par des essais de combustion qui doivent respecter des
valeurs de référence mentionnées dans le même guide.
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000042169391/2023-06-19/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042176104
https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/Ineris_GuideSSD-Juin2021-A4-BD.pdf
Rapport n° 014443-01
Juillet 2023
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3 L?encadrement du transport des plantes contenant des
métaux phytoextraits
3.1 Transfert de déchets
Dans le cas où les plantes contenant des substances phytoextraites seraient regardées comme
des déchets dangereux (cf. § 2.2.2), leurs mouvements seraient encadrés par la convention de
Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux et de leur élimination.
Adoptée le 22 mars 1989 et entrée en vigueur le 5 mai 1992, elle encadre et limite leurs
mouvements. Elle appelle les 184 Parties à observer les principes fondamentaux tels que la
proximité de l?élimination des déchets, leur gestion écologiquement rationnelle, la priorité à la
valorisation, le consentement préalable en connaissance de cause à l?importation de substances
potentiellement dangereuses, etc. Elle classe les déchets dans différentes catégories, chacune
ayant ses règles propres.
À titre d?illustration, les déchets, à l?exception des déchets de métaux sous forme massive, ayant
comme constituants ou contaminants le cadmium ou un composé du cadmium est dans l?annexe
VIII (liste A, déchets dangereux) de la convention de Bâle tandis que les déchets de métaux et de
leurs alliages sous forme métallique non dispersible contenant des débris de nickel sont en annexe
IX (liste B, non considérés comme déchets dangereux).
Au sein de l?Union européenne, le règlement (CE) n°1013/2006 du Parlement européen et du
Conseil du 14 juin 2006 concernant les transferts de déchets met en oeuvre les disposition de la
convention de Bâle.
Au-delà des principes fondamentaux de la convention de Bâle, le règlement définit la liste des
déchets non dangereux soumis aux exigences générales en matière d?information (dite liste
« verte » qui reprend notamment la liste B de la convention de Bâle) ainsi que la liste des déchets
dangereux soumis à la procédure de notification et consentement écrits préalables (dite liste
« orange » qui reprend notamment la liste A de la convention de Bâle). Outre le type de déchets
concernés (dangereux ou non), le type de traitement (on parle aussi de « destination ») prévu
(élimination ou valorisation) influe sur les règles qui s?appliquent.
Les demandes de notification et la délivrance des consentements écrits préalables pour les
exportations, importations et transits de déchets sont, en France, instruites par le pôle national des
transferts transfrontaliers de déchets (PNTTD) sur la base d?un dossier déposé sur le site
d?information GISTRID.
Le ministère chargé de l?environnement résume les différents cas dans une infographie reproduite
en figure 3 ci-dessous.
PUBLIÉ
https://www.basel.int/Portals/4/Basel%20Convention/docs/text/BaselConventionText-f.pdf
https://www.basel.int/Portals/4/Basel%20Convention/docs/text/BaselConventionText-f.pdf
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=celex%3A32006R1013
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=celex%3A32006R1013
https://info.gistrid.din.developpement-durable.gouv.fr/
https://info.gistrid.din.developpement-durable.gouv.fr/
Rapport n° 014443-01
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Figure 3 : transferts transfrontaliers de déchets au sein de l'Union européenne,
dans l'OCDE, dans les pays non OCDE et Parties de la Convention de Bâle ainsi
que dans les autres pays (source : site du ministère chargé de l?environnement).
3.2 Nomenclature douanière
La nomenclature douanière n?a pas de rubrique dédiée aux plantes contenant des substances
phytoextraits.
La section II, chapitre 06 « plantes vivantes et produits de la floriculture » ne dispose pas de
catégorie adaptée, la plus proche pouvant être la rubrique 060490 « Feuillages, feuilles, rameaux
et autres parties de plantes, sans fleurs ni boutons de fleurs, et herbes, mousses et lichens, pour
bouquets ou pour ornements, frais, séchés, blanchis, teints, imprégnés ou autrement préparés » -
91 « simplement séchés » ou ? 99 « autres ».
La section V, chapitre 26 « minerais, scories et cendres » pourrait s?appliquer, par exemple pour le
nickel au travers des rubriques 26040000 « minerais de nickel et leurs concentrés » ou 26209910
« scories, cendres et résidus, contenant principalement du nickel », sans être tout à fait adaptées.
PUBLIÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/transferts-transfrontaliers-dechets#scroll-nav__2
Rapport n° 014443-01
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4 L?analyse du cycle de vie et l?affichage environnemental
Un dispositif d'affichage environnemental ou environnemental et social volontaire a été institué par
l?article 15 de la loi n°2010-105 relative à la lutte contre le gaspillage et à l?économie circulaire. Il
permet aux entreprises d?évaluer les impacts environnementaux de leurs produits/services et de
communiquer sur leurs performances environnementales à partir d?une base technique validée.
Cet affichage s?appuie sur des analyses de cycle de vie (ACV). L?ACV du nickel issu de l?agromine
a été réalisée pour la première fois en 2016, selon la norme 14044 (2016), en Albanie. La filière
analysée comprend la culture de la plante (Alyssum murale) en Albanie, sur un sol ultramafique, et
un procédé d?extraction par pyro/hydrométallurgie (Après combustion, les cendres sont lavées à
l?eau puis traitées à l?acide sulfurique, neutralisée à la chaux, les composants extraits sont séparés
par précipitation chimique) d?un sel de nickel (ANSH), avec récupération de l?énergie. Les impacts
ont été jugés faibles en comparaison de l?extraction minière du nickel.
Comme l?indique le site internet de l?ADEME, les ACV sont largement utilisées et sa normalisation
au niveau international en font un outil reconnu. Les normes ISO 14040 et 14044 définissent quatre
étapes : (1) la définition des objectifs et du champ de l?étude, (2) l?inventaire des flux de matière et
d?énergie, (3) l?évaluation des impacts environnementaux et (4) l?interprétation des résultats.
S?agissant de l?agromine, une étape sensible est celle de la caractérisation de la matière qui sert à
la combustion. En effet l?allocation des impacts environnementaux, positifs ou négatifs, répond à
la règle dite du « cut-off », issue de principes de la comptabilité financière qui vise à allouer à
chaque exercice comptable les charges et produits qui en dépendent.
Transposé à l?ACV, cette règle impose de répartir, sans double-compte et sans omissions les
impacts environnementaux entre produit coproduits, sous-produits, produits recyclable et déchet.
En effet si l'entrant de la production d'énergie est considéré comme un déchet, alors les impacts
environnementaux positifs, tels que les avantages en termes de gaz à effet de serre seraient exclus
de l'étude d'impact du processus de combustion, ceux-ci étant attribué au cycle de vie du produit
primaire. En revanche, si l'entrant de la production d'énergie est considéré comme un végétal dont
l?usage est exclusivement la combustion, les impacts environnementaux, tels que les avantages
en termes de gaz à effet de serre de la croissance des végétaux, sont attribués au processus de
combustion. La première étape qui définit les fonctions du produit étudié, l?unité fonctionnelle
choisie, les frontières du système étudié, les limites de l?étude et les différentes règles pour les
calculs appliqués à l?étude est essentielle à la qualité du résultat.
L?allocation des impacts environnementaux pouvant être faite selon différentes méthodes, avec
des résultats différents et l?agromine étant un domaine nouveau, il est fortement recommandé de
soumettre les résultats de l?ACV à une revue critique garantissant robustesse des choix faits
(méthodes, données, calculs, interprétations des résultats), transparence et cohérence globale de
l?ACV.
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000041553780
https://expertises.ademe.fr/economie-circulaire/consommer-autrement/passer-a-laction/dossier/lanalyse-cycle-vie/quest-lacv
Rapport n° 014443-01
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5 Les aides disponibles
5.1 Exemples de projets soutenus
L?agromine a fait l?objet de plusieurs projets de recherche. Parmi eux, il est possible de citer le
projet « Agromine » (2014, 36 mois) soutenu par une aide de l?Agence nationale de la recherche
(ANR) de 369 264 euros et le projet Life-Agromine (juillet 2016 - juin 2021) qui a bénéficié d?une
contribution de l?Union européenne de 1 582 800 euros. Ce projet pilote a permis de faire des
récoltes de 7 à 15 tonnes de biomasse par hectare en Albanie et Grèce, pour 90 à 160 kilogrammes
de nickel, soit environ 1% de la récolte.
5.2 Les principaux dispositifs de l?État
Divers dispositifs sont susceptibles d?accompagner les projets innovants concourant à la transition
écologique. Ils sont regroupés dans le guide des dispositifs d?accompagnement à la transition
écologique pour les PME industrielles (février 2023) ou celui des principaux dispositifs pour la
transition écologique des TPE et PME (février 2023). Par ailleurs, en lien avec 40 partenaires
publics et parapublics, le Gouvernement a créé le site Internet « place des entreprises » qui permet
l?accès à des conseillers thématiques.
Parmi les nombreux appels à projets, il peut être fait mention de l?appel à projet « métaux critiques »
ouvert de janvier 2022 à janvier 2024 par BPI France cadre du plan d?investissement France 2030.
Cet appel à projet fait l?objet de relève périodique permettant tout à la fois de laisser le temps de la
maturation aux projets tout en examinant régulièrement les projets susceptibles d?être
accompagnés.
L?ADEME gère également de nombreux dispositifs d?appui à la transition écologique et énergétique
des entreprises.
PUBLIÉ
https://anr.fr/Projet-ANR-14-CE04-0005
https://www.agromine.org/agromine/
https://factuel.univ-lorraine.fr/sites/factuel.univ-lorraine.fr/files/field/files/2019/12/presentation-life-agromine-9dec2019.pdf
https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/secteurs-d-activite/industrie/decarbonation/transition-ecologique-guide-des-aides-pour-les-pme-industrielles.pdf
https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/secteurs-d-activite/industrie/decarbonation/transition-ecologique-guide-des-aides-pour-les-pme-industrielles.pdf
https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/secteurs-d-activite/industrie/decarbonation/transition-ecologique-guidedes-aides-pour-les-tpe-pme.pdf
https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/secteurs-d-activite/industrie/decarbonation/transition-ecologique-guidedes-aides-pour-les-tpe-pme.pdf
https://place-des-entreprises.beta.gouv.fr/
https://www.bpifrance.fr/nos-appels-a-projets-concours/appel-a-projets-metaux-critiques
https://www.bpifrance.fr/nos-appels-a-projets-concours
https://agirpourlatransition.ademe.fr/entreprises/
https://agirpourlatransition.ademe.fr/entreprises/
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Conclusion
Les besoins en ressources minérales de façon générale et en ressources minérales dont le profil
environnemental seraient amélioré sont identifiés notamment par le comité des métaux
stratégiques (COMES).
La feuille de route économie circulaire (2018) prévoit la mesure suivante : « Sur la base des travaux
du COMES (Comité pour les métaux stratégiques) et du premier plan national des ressources qui
sera publié en 2018, s?engager dans un plan de programmation des ressources jugées les plus
stratégiques, en l?accompagnant d?une politique industrielle ambitieuse de valorisation du stock de
matières, en particulier les métaux critiques, contenues dans les déchets ; ». Elle est mise en
oeuvre par le plan ressources pour la France (2018), qui indique : « Les flux de produits en fin de
vie constituent une source importante de ressources minérales secondaires. En France, l?activité
de recyclage de produits en fin d?usage dispose d?un tissu économique ancien renforcé par une
organisation structurée avec des filières à responsabilité élargie (?). Ces dernières années de
nombreux travaux ont été engagés pour augmenter la production de ressources secondaires en
particulier sur les métaux critiques avec le soutien de financements publics. L?offre devrait donc
s?élargir avec des opportunités de création de filières industrielles. Les déchets miniers et certaines
décharges peuvent devenir de nouveaux gisements ».
Aux côtés de la valorisation des substances issues du recyclage, les substances phytoextraites
grâce à l?agromine offre une autre voie de production. Aucun frein rédhibitoire n?est mis en évidence,
le cadre juridique offre d?ores et déjà de nombreux repères permettant aux acteurs de développer
des projets pilotes. Certaines dispositions pourraient toutefois être affinées telles que les règles
applicables en matière de combustion ou incinération des plantes contenant des substances
phytoextraites ou en matière de nomenclature douanière.
Karine Brulé
Ingénieure générale
des ponts, des eaux
et des forêts
PUBLIÉ
https://www.mineralinfo.fr/fr/acteurs/comite-pour-metaux-strategiques
https://www.mineralinfo.fr/fr/acteurs/comite-pour-metaux-strategiques
https://www.ecologie.gouv.fr/feuille-route-economie-circulaire-frec
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/FREC%20-%20Plan%20Ressources%20pour%20la%20France%202018.pdf
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Annexes
PUBLIÉ
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Annexe 1. Lettre de mission
PUBLIÉ
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Annexe 2. Liste des personnes rencontrées
Organisme Nom Prénom Fonction
Ministè rè dè la
transition è nèrgè tiquè
MILZA Antonin
Cabinèt, consèillèr è nèrgiès rènouvèlablès èt
filiè rès industrièllès, cabinèt
Dirèction gè nè ralè dè
l'amè nagèmènt, du
logèmènt èt dè la
naturè/ dirèction dè
l?èau èt dè la biodivèrsitè
(DGALN/DEB)
KAMIL Isabèllè
Sous-dirèction dè la protèction èt dè la
gèstion dè l?èau, dès rèssourcès minè ralès èt
dès è cosystè mès aquatiquès (EARM), sous-
dirèctricè
OLIVEROS-TORO Guglièlmina Adjointè a la sous-dirèctricè
MESSAOUDI Thibault
EARM/burèau dè la politiquè dès rèssourcès
minè ralès non è nèrgè tiquès, chargè dè
mission
Dirèction gè nè ralè dè la
prè vèntion dès risquès
COISSARD Vincènt Sous-dirèction dè chèts èt dè l?è conomiè
circulairè (SDDEC), sous-dirèctèur
BELVEZE Corinnè SDDEC/burèau dè la planification èt dè la
gèstion dès dè chèts, chèffè du burèau
PELLISSIER Fanny SDDEC/burèau dè la planification èt dè la
gèstion dès dè chèts, adjointè a la chèffè du
burèau
MOUTIER Laurè SDDEC/burèau dè la planification èt dè la
gèstion dès dè chèts, chargè è dè mission
BAILLY Guillaumè Sous-dirèction dès risquès chroniquès èt du
pilotagè, chèf du burèau du sol èt du sous-sol
Dirèction gè nè ralè dè
l?è nèrgiè èt du climat
FAUQUET Annè Laurè
Sous-dirèction du climat èt dè la qualitè dè
l?air, adjointè au chèf du burèau dè la qualitè
dè l?air
MEVEL Layla
Burèau dè la qualitè dè l?air 5B, chargè è dè
mission
Dè lè gation
intèrministè rièllè aux
approvisionnèmènts èn
minèrais èt mè taux
stratè giquès
GAY Aurè lièn Dè lè guè s adjoint
Agèncè dè
l'ènvironnèmènt èt dè la
maî trisè dè l'è nèrgiè (ou
Agèncè dè la transition
è cologiquè, ADEME)
MARION Roland Dirèction Economiè Circulairè, dirèctèur
DEZOMBRE Julièn
Dirèction Economiè Circulairè, sèrvicè
è coconcèption & rècyclagè
GRAND Cè cilè Dirèction Villès èt Tèrritoirès Durablès
l?Institut national dè
l'ènvironnèmènt
industrièl èt dès risquès
(INERIS)
BAROUDI Hafid
Dirèction opè rationnèllè « Sitès èt
Tèrritoirès », dirèctèur
BERT Valè riè
CHAMOILLE Arnaud
Econick HAZOTTE Clairè Dirèctricè
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Organisme Nom Prénom Fonction
APERAM BUTERI Aurè lièn
Projèt Managèr - Environmèntal
Improvèmènts, Transition Enginèèring &
Innovations
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Sommaire
Introduction
1 Agromine : quelle définition de l?activité ?
1.1 Activité agricole et produits biosourcés
1.1.1 Activité agricole et aides de la politique agricoles commune
1.1.2 Produits biosourcés
1.2 Phytoréhabilitation, phytoremédiation et phytostabilisation
1.3 Phytoextraction et agromine
1.4 Activité minière
2 L?encadrement des installations de combustion et d?incinération des plantes contenant des métaux phytoextraits
2.1 Installations de combustion d?hydrocarbures et de biomasse
2.2 Installations d?incinération de déchets
2.2.1 Règles applicables aux installations
2.2.2 Définition des déchets
3 L?encadrement du transport des plantes contenant des métaux phytoextraits
3.1 Transfert de déchets
3.2 Nomenclature douanière
4 L?analyse du cycle de vie et l?affichage environnemental
5 Les aides disponibles
5.1 Exemples de projets soutenus
5.2 Les principaux dispositifs de l?État
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Liste des personnes rencontrées