Mission interministérielle sur la lutte contre l'importation illégale de produits carnés et d'espèces protégées
DOMBREVAL, Loïc ;ROBINET, Olivier ;GARDET, Caroll ;LE HENAFF, Marie-Hélène ;DUBOIS, Christine
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
;France. Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux
;France. Direction générale des douanes et droits indirects
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">La réglementation européenne sanitaire et phytosanitaire, fondée sur des analyses des risques, prohibe strictement les importations illégales de produits carnés ou d'animaux vivants, d'espèces protégées ou non. Mais les contrôles exercés par les seuls services de la douane ne suffisent pas à enrayer ce trafic qui donne rarement lieu à un suivi judiciaire. Ce trafic porte atteinte à la biodiversité s'agissant de produits animaux ou d'animaux vivants issus d'espèces protégées. La littérature scientifique a aussi montré que les risques sanitaires sont non nuls pour la santé humaine comme animale, avec de lourdes conséquences potentielles. Idéalement, c'est au niveau européen, voire international que cette question devrait être traitée, particulièrement dans un contexte post-Covid 19. Toutefois, le temps long exigé pour des négociations à ces niveaux a conduit la mission à privilégier une réflexion à l'échelle nationale. La mission recommande tout d'abord une action coordonnée des nombreux ministères impliqués. Le groupe de travail interministériel constitué en 2023 pourrait permettre d'appuyer cette démarche, en élaborant une feuille de route pilotée par un délégué interministériel dûment mandaté. La coopération des compagnies aériennes est une condition nécessaire pour renforcer l'information des voyageurs depuis l'achat du billet jusqu'à l'arrivée à destination, pour mettre en place une obligation de déclaration sur l'honneur de non-transport des denrées interdites ou d'animaux vivants. En outre, les compagnies aériennes devraient être incitées à revoir leurs tarifs concernant l'emport de bagages, aujourd'hui peu compatibles avec leur engagement RSE en termes de carbone, d'enjeux sanitaires et de biodiversité. L'efficacité des contrôles douaniers devrait être renforcée en associant conjointement la responsabilisation des passagers, l'utilisation de chiens de détection, l'aménagement de locaux adaptés et l'utilisation d'outils d'intelligence artificielle. Ces contrôles accrus doivent aussi s'accompagner d'une véritable stratégie pénale entre la douane et les procureurs des tribunaux compétents afin de définir une procédure de traitement pénal gradué en fonction du type d'infraction et du degré de récidive. Enfin, la mission recommande de lancer des programmes de recherche afin de mieux caractériser le trafic de viande de brousse et les risques sanitaires dans le cadre de l'initiative PREZODE (prévenir l'émergence de maladies zoonotiques).</div>
Editeur
IGEDD
;CGAAER
;IS-DGDDI
Descripteur Urbamet
espèce protégée
;importation
;trafic de marchandises
;faune
;transport aérien
Descripteur écoplanete
risque sanitaire
;commerce illégal
;infraction
;responsabilité pénale
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
Rapport n°015061-01 Rapport n°240001 Rapport n°23070
Décembre 2023
Rapport du CGAAER, de la DGDDI et de l?IGEDD, établi par :
Loïc Dombreval ? IGEDD
Christine Dubois ? IS-DGDDI
Caroll Gardet - IGEDD
Marie-Hélène Le Hénaff ? CGAAER
Olivier Robinet - IGEDD
Mission interministérielle sur la lutte contre
l?importation illégale de produits carnés et
d?espèces protégées
P
U
B
L
I É
Les auteurs attestent qu'aucun des éléments de leurs activités
passées ou présentes n'a affecté leur impartialité dans la rédaction
de ce rapport
Statut de communication
? Préparatoire à une décision administrative
? Non communicable
? Communicable (données confidentielles occultées)
? Communicable
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
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Sommaire
Sommaire ....................................................................................................................... 3
Résumé ........................................................................................................................... 5
Liste des recommandations .......................................................................................... 6
Introduction .................................................................................................................... 7
1 Le contrôle de l?importation des produits carnés et d?animaux vivants: un
dispositif confronté à des faiblesses et à des risques persistants ....................... 8
1.1 Un trafic qui déborde largement les capacités de contrôle ..................................... 8
1.1.1 Un trafic qui concerne un grand nombre de voyageurs ................................ 8
1.1.2 Un contrôle complet à l?aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle et à Orly, en
septembre 2023 ......................................................................................... 11
1.1.3 Le cas particulier des animaux vivants ....................................................... 12
1.2 Un trafic qui perdure en dépit de réels risques sanitaires, économiques et
environnementaux .............................................................................................. 12
1.2.1 Des risques sanitaires réels bien que sous évalués ................................... 13
1.2.2 Des risques économiques en lien avec la santé animale potentiellement
désastreux .................................................................................................. 14
1.2.3 Des risques majeurs en matière de conservation des espèces et des
écosystèmes .............................................................................................. 15
1.2 Des réponses insuffisantes sur les plans international et européen ..................... 16
1.3 Conclusion sur les constats : malgré des risques nombreux et avérés, aucune
solution n?est actuellement à l?oeuvre .................................................................. 17
2 Contre ce trafic, agir à chaque étape du parcours voyageur et de manière
coordonnée est indispensable ............................................................................... 19
2.1 Mieux informer les passagers et les responsabiliser dès l?achat du billet ............ 20
2.2 Mettre en place une politique tarifaire sur les billets non incitative pour le
transport illégal de viande de brousse ................................................................. 22
2.3 Renforcer le contrôle à l?arrivée .......................................................................... 24
2.3.1 Des actions de contrôle « coup de poing » qui mériteraient d?être
reproduites compte tenu de l?ampleur du trafic ........................................... 24
2.3.2 Renforcer les moyens de contrôle et les rendre plus efficaces ................... 26
2.4 Mettre en place une stratégie pénale .................................................................. 27
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2.5 Mieux caractériser le trafic, son ampleur, le marché et les risques sanitaires
associés .............................................................................................................. 30
2.6 Mettre en place un pilotage et une coordination entre toutes les parties
prenantes ............................................................................................................ 31
Conclusion ................................................................................................................... 33
Annexes ........................................................................................................................ 35
2 Lettre de mission ...................................................................................................... 36
3 Liste des personnes rencontrées ............................................................................ 39
3 Glossaire des sigles et acronymes ........................................................................ 42
4 Réglementation des importations de produits carnés et animaux vivants issus
d?espèces protégées ............................................................................................... 44
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Résumé
Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics français semblent impuissants à empêcher l?entrée
de produits carnés ou d?animaux vivants, d?espèces protégées ou non, importés illégalement dans
les bagages de passagers arrivant dans les aéroports nationaux et en particulier parisiens. La
réglementation européenne sanitaire et phytosanitaire, fondée sur des analyses des risques,
prohibe strictement ces importations afin de protéger la santé de la population ainsi que celle de
ses élevages, de pathogènes importés. Mais les contrôles exercés par les seuls services de la
douane ne suffisent pas à enrayer ce trafic qui donne rarement lieu à un suivi judiciaire. De plus,
la politique tarifaire des compagnies aériennes sur les pays d?origine permet, voire encourage, le
trafic en offrant un doublement du poids des bagages pour une somme dérisoire comparée au prix
du billet d?avion et au prix de revente des marchandises sur le territoire européen.
Ce trafic porte atteinte à la biodiversité s?agissant de produits animaux ou d?animaux vivants issus
d?espèces protégées. La littérature scientifique a aussi montré que les risques sanitaires sont non
nuls pour la santé humaine comme animale, avec de lourdes conséquences potentielles.
Idéalement, c?est au niveau européen, voire international que cette question devrait être traitée,
particulièrement dans un contexte post-Covid 19. Toutefois, le temps long exigé pour des
négociations à ces niveaux a conduit la mission à privilégier une réflexion à l?échelle nationale.
De nombreuses recommandations ont été émises, depuis plusieurs années, par des missions
d?inspection, des parlementaires ou des organisations non gouvernementales. Force est de
constater que ces recommandations n?ont pas été suivies d?effet ou n?ont pas donné les résultats
attendus. La présente mission estime que cet échec est en partie dû à l?absence d?action
coordonnée des nombreux ministères impliqués. Le groupe de travail interministériel constitué en
2023 pourrait permettre de commencer à lever cet obstacle en élaborant une feuille de route pilotée
par un délégué interministériel dûment mandaté.
La coopération des compagnies aériennes est une condition nécessaire pour renforcer
l?information des voyageurs depuis l?achat du billet jusqu?à l?arrivée à destination, pour mettre en
place une obligation de déclaration sur l?honneur de non-transport des denrées interdites ou
d?animaux vivants. En outre, les compagnies aériennes devraient être incitées à revoir leurs tarifs
concernant l?emport de bagages, aujourd?hui peu compatibles avec leur engagement RSE en
termes de carbone, d?enjeux sanitaires et de biodiversité.
L?efficacité des contrôles douaniers devrait être renforcée en associant conjointement la
responsabilisation des passagers, l?utilisation de chiens de détection, l?aménagement de locaux
adaptés et l?utilisation d?outils d?intelligence artificielle. Ces contrôles accrus doivent aussi
s?accompagner d?une véritable stratégie pénale entre la douane et les procureurs des tribunaux
compétents afin de définir une procédure de traitement pénal gradué en fonction du type
d?infraction et du degré de récidive.
Enfin, la mission recommande de lancer des programmes de recherche afin de mieux caractériser
le trafic de viande de brousse et les risques sanitaires dans le cadre de l?initiative PREZODE.
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Liste des recommandations
[Compagnies aériennes] Au moment de l?achat du billet, rappeler en
mode « push » l?interdiction de transporter des marchandises prohibées en les listant
exhaustivement ainsi que les risques encourus pour le contrevenant. Au moment de
l?enregistrement, faire signer en ligne une déclaration sur l?honneur de non transport de
marchandises prohibées en les listant exhaustivement. En cas de refus de signature de
cette déclaration, refuser le transport des bagages. Si les compagnies refusent de faire
évoluer leurs systèmes d?information, étudier de manière alternative la possibilité de faire
distribuer par le personnel de cabine une « déclaration de douane simplifiée » à l?image du
modèle australien, exigible lors du passage en douane. .................................................... 21
[DGAC, Compagnies aériennes] Inciter les compagnies aériennes à
adhérer à une charte incluant des mesures pour limiter les impacts en termes de carbone,
sanitaires et de biodiversité des bagages surnuméraires, notamment grâce à un tarif non
incitatif conformément aux engagements pris lors de la 72è assemblée IATA de lutter contre
le trafic illicite d?espèces sauvages ..................................................................................... 23
[DGDDI] Renforcer l?action des agents de la douane chargés du
contrôle et améliorer leur efficacité avec des moyens conjoints associant la
responsabilisation des passagers, l?utilisation de chiens de détection, l?aménagement de
locaux adaptés et l?utilisation d?outils d?intelligence artificielle pour valoriser les informations
issues des contrôles de sécurité en amont. ........................................................................ 26
[DGDDI, Ministère de la justice, TGI compétentes sur les aéroports
parisiens]. Mettre en place une stratégie pénale entre les douanes et les procureurs des
tribunaux compétents permettant de définir une procédure de traitement judiciaire gradué
en fonction du type d?infraction et du degré de récidive incluant l?application de l?amende
transactionnelle, le cas échéant l?amende forfaitaire délictuelle ou un traitement judiciaire
complet???????. ...................................................................................................... 28
[CGDD, MESR] lancer des appels à proposition de recherche afin de
mieux caractériser : i) par une étude socio-économique le trafic de viande de brousse qui
arrive en Europe ii) par un programme de recherche?action associant l?ANSES, le CIRAD
et l?IRD dans le cadre de l?initiative PREZODE.les risques sanitaires associés à ce
trafic ???????????????????????????????????..29
[ ] Faire du GT sur les importations illégales de produits carnés et
d'espèces sauvages dans les bagages des voyageurs une instance de concertation, de
coopération et de suivi du plan d?action 2022-2027 de l?UE contre le trafic d?espèces
sauvages (PAUE) pendant toute sa durée, afin d?associer un ensemble de parties prenantes
à sa mise en oeuvre, y intégrer un coordinateur scientifique et nommer un délégué
interministériel ayant pour mission d?assurer la coordination entre les administrations et
autres partenaires concernées et de porter les réformes nécessaires concernant la
réglementation européenne. ............................................................................................... 31
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Introduction
Accroissement de la population mondiale, intensification de l?élevage et développement des
monocultures, densification des échanges et des transports, anthropisation des milieux,
dégradation de l?environnement, déforestation et dérèglement climatique facilitent la propagation
des pathogènes. Or, la santé des êtres vivants, quels qu?ils soient, végétaux, animaux et humains,
et celle des écosystèmes sont fortement liées ; la santé des uns dépend de celle des autres.
Il est aujourd?hui avéré que les contacts croissants entre la faune sauvage et les animaux
domestiques et l?Homme peuvent avoir des conséquences sanitaires néfastes. En effet, selon
l?ANSES, au moins 60% des maladies humaines infectieuses ont une origine animale 1 . De
nombreuses épidémies apparues ces dernières années, comme celles causées par les virus de la
Covid-19, Zika ou Ebola, ont en commun une origine animale. Selon d?autres sources, les
pathogènes zoonotiques sont déjà à l?origine de plus de 75% des maladies infectieuses
émergentes détectées chez l?homme.
L?ampleur des conséquences humaines, sociales, diplomatiques et économiques qu?une crise
sanitaire peut engendrer n?est plus à démontrer. Cette prise de conscience a conduit depuis
plusieurs années à développer l?initiative « une seule santé » (« One Health ») qui a pour objectif,
par une coopération accrue de tous les acteurs de la santé publique, animale, végétale et
environnementale, d?envisager les enjeux sanitaires dans leur globalité.
Alors que l?Union européenne a développé une réglementation sanitaire et phytosanitaire stricte,
fondée sur des analyses de risque, afin de protéger la santé de ses citoyens, ainsi que celle de
ses élevages, de pathogènes importés, les importations illégales de produits carnés ou d?animaux
vivants ne peuvent rester un « angle mort » des politiques de contrôle. Elles nécessitent la mise
en oeuvre de mesures de lutte contre la fraude renforcées et l?implication de tous les acteurs.
C?est dans ce contexte que trois inspections (IGEDD, CGAAER et DGDDI-IS) ont été saisies afin
i) d?évaluer spécifiquement la faisabilité, l?efficacité et la proportionnalité d?une mesure réduisant
significativement la possibilité d?emport de bagages, ainsi que les conséquences commerciales
pour les compagnies aériennes françaises, ii) de faire toute proposition utile, à la lumière de ces
constats et analyses, sur les orientations qui pourraient être retenues afin que la réglementation
du transport aérien prenne mieux en compte l?impératif de protection des espèces protégées et
l?impératif de santé publique et animale ainsi que iii) de faire toute proposition concernant le
renforcement de l?efficacité des contrôles aux frontières opérés par la douane.
Sur le sujet du trafic d?espèces sauvages et de viande de brousse, de nombreux constats et
recommandations ont déjà été publiés : rapports des organisations non gouvernementales (ONG)
telles que l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le Fonds international
pour la protection des animaux (IFAW) ou le Fonds mondial pour la nature (WWF), pour ne citer
qu?elles, rapports parlementaires et propositions de loi, rapports d?inspections générales,
résolutions du Parlement européen et plans d?action de la Commission européenne, règlement
sanitaire international (RSI) de l?OMS, Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), etc.
Tout indique que pour autant, ce trafic ne baisse pas. Pire : il ne fait que croître.
Compte tenu des nombreuses propositions et recommandations déjà formulées qui apparaissent
pertinentes mais qui n?ont pas été mises en oeuvre ou ne l?ont été que partiellement, la mission
s?est attachée à ne produire que quelques recommandations privilégiant les mesures nationales
qui apparaissent les plus opérationnelles et applicables rapidement, tout en envisageant des
actions de plus long terme.
1 https://www.anses.fr/fr/content/one-health-une-seule-sant%C3%A9-pour-les-%C3%AAtres-vivants-et-
les-%C3%A9cosyst%C3%A8mes
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1 Le contrôle de l?importation des produits carnés et
d?animaux vivants: un dispositif confronté à des
faiblesses et à des risques persistants
Chaque jour, des voyageurs arrivant de pays tiers font entrer sur le territoire de l?Union européenne,
via les aéroports français, en particulier parisiens, des produits carnés de diverses origines,
viandes d?animaux d?élevage, viandes prélevées sur des animaux sauvages ou animaux vivants
d?espèces protégées ou non.
Contrairement à l?importation des produits carnés dans le cadre commercial qui est soumise au
contrôle de conformité sanitaire via la délivrance de certificats sanitaires signés (SPS) des autorités
du pays de départ par les services d?inspection vétérinaires et phytosanitaires (SIVEP) des postes
frontaliers, l?importation de produits carnés dans les bagages des voyageurs est prohibée.
Le régime juridique concernant les voyageurs trouve son fondement dans le règlement (UE)
n° 2019/2122 de la Commission européenne relatif aux contrôles officiels portant sur les flux
commerciaux de produits alimentaires qui pose le principe de l?interdiction d?entrée sur le territoire
européen, dans les bagages des voyageurs, de toute viande, produit à base de viande et produits
laitiers. (cf. annexe 5)
Si ce principe juridique, la prohibition, est simple dans son énoncé, les modalités de sa mise en
oeuvre sont beaucoup plus complexes, ne permettant pas en l?état de prétendre à une efficacité
satisfaisante.
Le contrôle des bagages des voyageurs relève en effet du seul filtre de la douane de chaque Etat-
membre et force est de constater que dans la pratique, les moyens de faire respecter la
réglementation sont insuffisants.
1.1 Un trafic qui déborde largement les capacités de contrôle
1.1.1 Un trafic qui concerne un grand nombre de voyageurs
Bien que la caractérisation des trafics soit complexe, autant pour ce qui concerne les quantités
introduites et disséminées sur le territoire européen que la détermination de la nature et l?origine
de ces viandes, les données disponibles confirment un volume significatif et régulier d?importations :
273 tonnes de viande d?espèces sauvages2 seraient illégalement importées chaque année depuis
l?Afrique via l?aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Au-delà de cette estimation globale, l?ampleur du trafic reste difficile à établir.
La figure 1 ci-dessous recense les quantités de produits carnés saisis par la douane de 2018 à
2022 réparties par type de marchandises prohibées. A l?exception de l?infléchissement des saisies
lié au fort ralentissement du trafic aérien pendant la période de la pandémie de COVID en 2020-
21, ce graphique montre la constance du volume de trafic.
2 Chaber et al. (2010). The scale of illegal meat importation from Africa to Europe via Paris, Conservation Letters
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Figure 1 : Évolution des quantités (en kg) relatives aux constatations dans les aéroports français
2018-22 (source DGDDI)
Rapportés au nombre de constatations, il apparaît que les voyageurs contrôlés avec des produits
carnés, transportent en moyenne de 2 à 3 kg de viande de brousse 3par voyage (et 10 kg pour les
autres types de viande).
Le groupe ADP qui prend en charge la destruction des marchandises saisies4 estime à 43 tonnes
les produits détruits en 2022, tous produits confondus. Le coût de destruction d?une tonne de
marchandises s?élève à près de 2000 euros. L?analyse de ces trafics par l?Office central de lutte
contre les atteintes à l?environnement et à la santé publique (OCLAESP5) et le Bureau national des
enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP6) souligne qu?ils se distinguent nettement des
grands trafics criminels liés à des espèces protégées (corne de rhinocéros, ivoire, civelles, etc.)
probablement plus lucratifs.
En revanche, le commerce de viande de brousse connaîtrait une « ubérisation » croissante :
commande via les réseaux sociaux7 , existence de « mules », etc. A ce stade, les enquêtes
diligentées perdent la trace des produits, officiellement introuvables dans les restaurants africains.
3 Le terme « viande de brousse », également appelé viande sauvage ou encore viande de gibier se réfère à la
viande de mammifères non domestiqués, de reptiles, d'amphibiens et d'oiseaux chassés pour la nourriture dans
les forêts tropicales (source Wikipedia).
4 Les marchandises peuvent être abandonnées sur les tapis d?arrivée des bagages ou saisies par la douane lors
du contrôle
5 Créé en 2004, l?Office central de lutte contre les atteintes à l?environnement et à la santé publique est un service
de police judiciaire à compétence nationale dont la mission est de lutter contre les atteintes graves à
l?environnement et à la santé publique (criminalité organisée, affaire complexes ou sensibles).
6 La Brigade nationale d?enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP) est l'unité d'investigation du ministère
de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Elle intervient sur l'ensemble du territoire pour lutter contre la
délinquance organisée, notamment les trafics de sécurité sanitaire des aliments, d'identification des animaux
domestiques, de santé des animaux et des végétaux vivants, de médicaments vétérinaires et de produits
phytopharmaceutiques interdits ou falsifiés
7 Voir Etude » Moloney, Gossé et al.2023. « Is social media the new wet market ? Social media platforms facilitate
the online sale of bushmeat in West Africa Publication One Healh, mai 2023
21142 20709
13082
23931 24011
934 716 544 1047 848
3011 2629 2753
5498
11961
9673
10994
12734
22897
21844
0
5000
10000
15000
20000
25000
30000
2018 2019 2020 2021 2022
Quantités relatives aux constatations portant sur de la viande et produits à base de viande (de toute nature)
Quantités en viande de brousse identifiée avec certitude
Quantités relatives aux constatations portant sur du lait et produits à base de lait (lait, fromages,etc.)
Quantités relatives aux constatations portant sur d'autres produits d'origine animale (poissons, oeufs,etc.)
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Gibier
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Enfin, la difficulté d?évaluation des quantités de viande illégalement importées tient aussi à la
complexité d?identification des espèces et d?objectivation de l?origine des viandes et des sous-
produits animaux. Les bagages contrôlés contiennent des viandes d?animaux sauvages, d?espèces
protégées ou non, mais aussi des viandes ou préparations d?animaux domestiques souvent peu
reconnaissables. Seuls les tests d?ADN peuvent identifier de manière certaine l?espèce concernée,
ce qui s?avère impraticable à l?échelle du trafic. Les produits sont aujourd?hui saisis et détruits, à la
charge d?Aéroport de Paris (ADP) pour ce qui concerne Roissy-Charles de Gaulle et Orly.
S?agissant de la géographie des flux et des fraudes, celle-ci est ancrée dans des zones
d?exploitation bien identifiées, en particulier l?Afrique de l?Ouest et centrale, et plus précisément
dans le bassin du Congo. En effet, au Gabon, au Congo, en République démocratique du Congo,
au Cameroun et en République centrafricaine, notamment, la viande de brousse constitue une
source importante d?apport en protéines pour les populations. Parallèlement, l?urbanisation
croissante a créé une nouvelle demande de consommation (restaurants notamment) et a ajouté
des débouchés commerciaux à ce qui était au départ une exploitation vivrière de subsistance.
L?exportation de ces produits a suivi et reste donc en lien avec les pays d?origine.
Figure 2 : Localisation des principaux pays d?origine des importations de viande de brousse vers
la France (source : DGDDI communication personnelle)
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Figure 3 : les pays de départ les plus significatifs (source : DGDDI)
Si un nombre réduit de pays européens semblent concernés, les points d?entrée de la viande sont
bien les aéroports (temps de transport de moins de 10 heures). La France, via les aéroports
parisiens, serait un point d?entrée majeur.
1.1.2 Un contrôle complet à l?aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle et à
Orly, en septembre 2023
La mission s?est rendue à l?aéroport de Roissy-Charles de Gaulle pour assister à une opération
douanière de contrôle systématique des bagages des passagers d?un vol en provenance d?Abidjan.
Elle a pu constater que la plupart des passagers transportent deux bagages, l?un contenant des
effets personnels, l?autre de la nourriture (végétaux divers, préparations, sauces, produits carnés,
etc.). La politique tarifaire appliquée par les compagnies aériennes à plusieurs pays d?Afrique
encourage en effet l?emport de deux bagages de 23 kg puisque le second ne représente qu?un
surcoût dérisoire (cf. § 2.2).
Les agents de la douane sont exposés en première ligne et sans protection sanitaire particulière
en dehors de gants et de masques, lors des contrôles des bagages contenant de la nourriture.
Compte tenu du nombre très important de passagers à contrôler, ces agents informent les
contrevenants de la prohibition en vigueur mais n?ont bien souvent pas le temps d?établir des
procès-verbaux à l?encontre des voyageurs en infraction qui prétendent souvent ignorer la
réglementation et se déclarent parfois insolvables et pour qui la saisie des marchandises est déjà
perçue comme une sanction.
Par ailleurs, les installations de contrôle douanier (bancs de visite, sacs de récupération, espaces
de rédaction de procédure, etc.) sont exiguës et le contrôle systématique de tous les passagers
d?un seul vol en provenance d?Afrique est matériellement impossible du fait de la remontée de la
file d?attente qui bloque le hall de réception des bagages et finit par empêcher la sortie de la zone
d?arrivée internationale des passagers des autres vols.
Le contrôle systématique est d?autant plus compliqué à gérer que la plupart des passagers
voyagent avec deux fois plus de bagages que les voyageurs en provenance d?autres parties du
monde.
A l?issue de la matinée et d?un contrôle qui n?a pu être complet pour les raisons déjà évoquées, 155
kg de produits carnés et 80 kg de végétaux ont été saisis.
A Orly, où un contrôle simultané a été réalisé, 608 kg de denrées prohibées (viande, poisson au-
delà de 20 kg par passager et végétaux) ont été saisis.
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Photo1. Echantillons de denrées saisies présentées à la mission lors de la visite à Roissy.
1.1.3 Le cas particulier des animaux vivants
La lettre de mission recommande de s?intéresser aux animaux vivants d?espèces protégées par la
Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacée
d?extinction (CITES) introduits illégalement par des voyageurs.
Lors de sa visite de la station d?accueil de Roissy créée en 2021 et gérée par le groupe SACPA
(Société d?assistance pour le contrôle des populations animales), la mission a pu constater que les
animaux vivants importés illégalement par voie aérienne sont relativement peu nombreux. Il s?agit
principalement d?insectes, d?oiseaux et de tortues. Le transport par voie automobile et ferry trans-
Méditerranée semble plus propice au trafic d?animaux vivants de plus grande taille (grands rapaces,
oiseaux exotiques, félins, primates, etc.).
En 2022, l?Association française des parcs zoologiques (AFdPZ), à travers ses 105 membres, a
recueilli 1700 animaux (CITES ou non).
Si le risque sanitaire n?est pas à exclure, la mission estime que l?enjeu est davantage la
préservation de la biodiversité et la maltraitance d?animaux déplacés de leurs milieux naturels pour
une carrière de NAC8, souvent écourtée car leur élevage s?avère trop contraignant ou parce que
la mode a changé.
La mission a considéré que les données disponibles sont trop faibles pour envisager une étude
probante. Elle a dès lors concentrées ses travaux sur les produits carnés importés illégalement,
issus d?animaux sauvages ou domestiques.
1.2 Un trafic qui perdure en dépit de réels risques sanitaires,
économiques et environnementaux
En dépit des mesures mises en place au niveau européen pour maîtriser le risque sanitaire selon
le principe de cordon sanitaire face à des crises épizootiques, les risques que comporte l?introduc-
tion d?individus et produits issus de la faune sauvage sont plus larges et peuvent être classés en
8 Nouveaux animaux de compagnie
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trois catégories : pour la santé publique, pour la santé animale, mais également pour l?environne-
ment en participant à l?appauvrissement de la biodiversité dans leur pays d?origine voire dans le
pays de destination.
1.2.1 Des risques sanitaires réels bien que sous évalués
La crise de la COVID 19 a fait connaître au grand public une réalité déjà bien identifiée par les
épidémiologistes sur le rôle que jouent les espèces sauvages en tant que réservoirs et vecteurs
de maladies émergentes pour l?homme : environ 75% des maladies émergentes répertoriées chez
l?homme sont des zoonoses, maladies animales transmissibles à l?homme. Avec la dégradation de
leur habitat naturel, les occurrences de contacts entre les espèces sauvages et l?homme se sont
accrues et avec elles les risques de transmission d?agents pathogènes aux humains.
Des preuves scientifiques solides montrent qu?Ebola et le syndrome d?immunodéficience acquise
(SIDA) sont apparus chez l?homme suite à une transmission de virus par le biais d?activités liées à
la viande d?espèces sauvages, tout comme la variole du singe, le coronavirus du syndrome respi-
ratoire aigu sévère (SRAS-CoV-2) et le SRAS-CoV-2129
Pourtant, paradoxalement, les articles scientifiques traitant de la transmission à partir de viande de
brousse, sont étonnamment peu nombreux, si on les compare à l?abondante littérature liée aux
transmissions par des animaux vivants.
Concernant la viande de brousse, Van Vliet et al. (2017) ont réalisé une synthèse sur les risques
de transmission d?agents pathogènes à l?homme à partir de viande d?espèces sauvages10. Dans
une méta-analyse réalisée à partir de 50 articles scientifiques, les auteurs mettent en évidence le
portage principalement sur les primates, les rongeurs et les ongulés, de pas moins de 25 espèces
de parasites, 9 types de virus (dont Virus spumeux, Variole du singe, Marburg, Lassa, Ebola, Nipah
et plusieurs Herpes) et 8 bactéries (dont E coli, Salmonella sp. et Campylobacter sp.) tous patho-
gènes pour l?homme.
Si le risque principal de contamination survient dans le pays d?origine, au moment de la mise à
mort, du transport et de la découpe du gibier, les agents pathogènes peuvent persister dans les
tissus pendant plusieurs jours. La recherche de virus à partir des saisies réalisées par la douane à
l?entrée sur le territoire des Etats-Unis11 a permis d?identifier, sur des tissus appartenant à des
primates et des rongeurs, la présence de Rétrovirus (Virus spumeux du singe) et de virus de
l?Herpes (Cytomégalovirus et Lymphocryptovirus) capables de contaminer la population.
Une étude similaire conduite à l?aéroport de Roissy Charles de Gaulle12,13 avec cette fois la re-
cherche de bactéries, a montré la présence dans une majorité d?échantillons de bactéries zoono-
tiques dépassant les seuils autorisés (Listeria monocytogenes, E coli et Salmonella sp.).
Les modes de préparation et de consommation de la viande de brousse avec une cuisson prolon-
gée et certains traitements de conservation (viande fumée ou boucanée) réduisent le risque de
9 Escot L. et Ringuet S. (2023). A point ou saignant ? la face cachée du commerce illégal de viande d?espèces
sauvages touchant l?Europe. WWF France.
10 Van Vliet N. et al. (2017). Bushmeat and human health : assessing the evidence in tropical and subtropical
forests. Ethnobiology and conservation 2017 1:3.
11 Smith KM, Anthony SJ, Switzer WM, Epstein JH, Seimon T, et al. (2012) Zoonotic Viruses Associated with
Illegally Imported Wildlife Products. PLoS ONE 7(1)
12 Chabert A.L. et Cunningham A. 2016. Public health risk from illegal imported African bushmeat and smoked fish.
EcoHealth 13, 135-138.
13 Chabert A.L. et al. Examining the international bushmeat traffic in Belgium : a threat to conservation and public
health. One Health 17(2023)
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contamination par ingestion et expliquent peut-être qu?il n?y ait pas eu à ce jour de cas répertorié
d?épidémie en Europe ayant pour origine la viande de brousse. Toutefois, ce risque ne peut être
éliminé totalement, compte tenu des modes de transport utilisés (par avion, en soute non pressu-
risée), qui permettent un transit sur de longues distances en un temps très court et dans des con-
ditions de température favorables à la conservation de ces agents pathogènes.
A ce titre, le transport aérien a été reconnu comme responsable de la propagation des épidémies
de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), de grippe aviaire et d?Ebola14. Concernant le virus
d?Ebola une étude du rôle des systèmes alimentaires dans la propagation du virus 15 montre que
le virus était encore viable sur un macaque 7 jours après sa mort et pouvait persister jusqu?à trois
semaines sur des supports animaux ou végétaux, à température ambiante ou au froid.
1.2.2 Des risques économiques en lien avec la santé animale
potentiellement désastreux
Il existe une abondante littérature sur la présence de germes pathogènes présents dans la faune
sauvage faisant l?objet de commerce international (légal ou illégal)16 17.
La peste porcine africaine (PPA), la fièvre aphteuse, la peste bovine, la rage ou encore la
tuberculose bovine, sont des maladies animales qui ont un impact sanitaire majeur dans les pays
qui en sont infectés (outre leur caractère de zoonose pour les deux dernières).
Est particulièrement révélateur le nombre d?articles scientifiques publiés annuellement qui
apparaissent lorsqu?on introduit les mots « faune sauvage » et « maladies émergentes » dans un
moteur de recherche, qui passe de moins d?une dizaine dans les années 90 à plus de 200 en
moyenne actuellement.
Smith et al.9 estiment à 5-20 Md USD le trafic illégal de faune sauvage qui ne subissent aucun
contrôle sanitaire et font donc courir un risque majeur d?émergence d?une épizootie et de
transmission à l?homme et à la faune sauvage indigène.
A titre d?exemple, l?épizootie de peste porcine africaine (PPA) qui a frappé Haïti en 1980, avait pour
origine des eaux grasses contaminées avec des restes de repas de compagnies aériennes et a
entraîné l?éradication totale de la totalité du cheptel porcin du pays (entre 1,5 et 2 millions) avec
des conséquences sociales et économiques considérables pour la population18.
Plus près de nous, l?émergence de la peste porcine africaine en Europe continentale a entraîné
des mesures de protection drastiques aux frontières terrestres de l?hexagone avec la pose de
clôtures et l?éradication des populations de sangliers sur une zone tampon afin d?éviter une
introduction du virus sur le territoire national. Les conséquences économiques d?une telle
introduction, outre les coûts d?indemnisation des abattages, de perte de production et de
désinfection, sont liées à la perte du statut de pays officiellement indemne et conséquemment des
14 Notamment depuis 2000, les épidémies Ebola entre 2013 et 2016 en Afrique de l?Ouest, la grippe H1N1au
Mexique, le SRAS fin 2002 en Chine orientale.
15 Mann E, Streng S, Bergeron J, Kircher A (2015) A Review of the Role of Food and the Food System in the
Transmission and Spread of Ebolavirus. PLoS Negl Trop Dis 9(12).
16 Craig S. coord.2021. A rapid review of evidences on managing risk of diseases emergence in the wildlife trade.
World Animal Health Organisation (OIE) Paris.
17 Smith K.M. et al. 2017. Wildlife host for OIE listed diseases : considerations regarding global wildlife trade and
host-pathogen relationships. Vét. Med. and science 2017 3(2).
18 Source mission.
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possibilités d?exportation de produits porcins19 .
L?actuelle épizootie d?influenza aviaire hautement pathogène aux conséquences désastreuses
pour les filières de production de volaille est une autre illustration des conséquences économiques
de l?apparition d?un virus sur le sol national20.
1.2.3 Des risques majeurs en matière de conservation des espèces et des
écosystèmes
L?impact du trafic de faune sauvage sur les populations animales et la santé des écosystèmes est
également bien connu et a été à l?origine de la création de la CITES. Ce trafic a été reconnu comme
une des menaces principales pour de nombreuses espèces sauvages telles que les éléphants
d?Afrique, les rhinocéros pour l?ivoire ou les cornes, les grands félins, ou encore d?oiseaux ou de
reptiles vivants pour un marché de collectionneurs pour ne citer que ces exemples.
Mais au-delà de ces cas bien connus, de nombreuses autres espèces sont menacées en raison
de leur surexploitation à des fins de consommation humaine. Selon des études menées sur des
produits d?animaux non domestiques saisis par les services de la douane en France, en Belgique
et en Suisse, ayant fait l?objet d?une analyse ADN pour identifier l?espèce, respectivement 39%, 44%
et 35 % des denrées saisies provenaient d?espèces inscrites à l?une des annexes de la CITES, et
donc menacées d?extinction. C?est particulièrement le cas pour certaines espèces comme les
primates et les pholidotes (pangolins), tous inscrits à la CITES5.
A l?échelle du bassin du Congo, où sont situés les principaux pays de provenance des viandes de
brousse introduites dans les aéroports européens, 4,5 millions de tonnes d?animaux sauvages sont
extraites annuellement, dépassant largement le seuil de soutenabilité pour les populations
animales concernées21. Si le marché principal pour ces produits est constitué par les populations
rurales qui y trouvent une source de protéines irremplaçable, cela concerne de plus en plus les
villes, alimentant des circuits d?approvisionnement non durables. Dans ce contexte, le
développement d?un marché international de viande de brousse, ne fait que rajouter une pression
supplémentaire, en particulier pour certains groupes taxonomiques déjà en danger d?extinction tels
que les primates, certains ongulés ou encore les pangolins.
Le cas du trafic de pangolins est intéressant à ce titre : sa mise en cause possible dans la
transmission à l?homme et l?émergence de la pandémie de COVID 19 depuis le marché de Wuhan
a mis la lumière sur le trafic mondial de ces espèces peu connues du grand public. La très forte
demande des marchés est-asiatiques a entraîné la quasi disparition des populations locales de
pangolins et le report de la pression sur les espèces africaines, dans des proportions non
soutenables qui augmentent les risques d?extinction22.
Ainsi, contrairement au marché local où les prélèvements se font sur les espèces les plus
abondantes et donc les plus faciles à prélever23 , le développement de marchés urbains et à
19 La peste porcine africaine, identifiée récemment dans des populations de sangliers en Italie et Belgique près
des frontières françaises, constitue un risque sanitaire et économique important, le statut de territoire indemne pour
cette maladie étant exigé pour l?exportation de viande porcine (1.5 Mds¤ au total dont 213M¤ vers la Chine en 2020,
source : IFIP, Institut du porc).
20 « 22 millions de volailles abattues ? dont 30 % préventivement ?, un coût économique colossal estimé à 1,1
milliard d?euros, des éleveurs exsangues et meurtris moralement, une filière entière, de l?amont à l?aval, mise à mal :
les conséquences de l?épisode 2021-2022 d?influenza aviaire sont particulièrement catastrophiques. » Source :
Assemblée nationale, Mission d'information sur la grippe aviaire et son impact sur les élevages, avril 2023
21 Nasi R., Taber A. and van Vliet N. (2011). Empty forests, empty stomachs? Bushmeat and livelihoods in
Congo and Amazon basins, International Forestry Review, Vol. 13(3)
22 Simon Denyer, CABAG (2022). Comprendre la consommation urbaine de viande de pangolin au Cameroun.
Rapport pour WildAid.
23 FAO/CIFOR/CIRAD. 2017. Communautés locales et utilisation durable de la faune en Afrique centrale, par
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l?étranger avec un fort pouvoir d?achat et davantage ciblé sur certaines espèces prisées peut avoir
des conséquences considérables sur leur état de conservation. C?est particulièrement le cas pour
les primates, espèces à longue durée de vie et faible taux de reproduction pour lesquelles les
prélèvements ont le plus d?impact sur la dynamique des populations24.
Enfin, l?introduction d?espèces sauvages vivantes ou mortes peut avoir une influence sur les
écosystèmes des pays de destination par l?introduction de pathogènes. C?est par exemple de
l?introduction en Amérique du nord et en Europe à partir de grenouilles importées du champignon
Batrachochytrium dendrobatidis, qui décime les populations d?amphibiens en Amérique centrale et sa
dissémination dans le milieu naturel est la cause du déclin de certaines espèces autochtones25.
Les interrelations entre santé humaine ou animale, les écosystèmes et la multiplication des circuits de
transmission des agents pathogènes obligent à avoir une démarche holistique et systémique selon l?ap-
proche dite « One Health » ou « une seule santé ». Celle-ci fait la promotion des liens étroits entre
la santé humaine, la santé de la faune et celle des écosystèmes. Cette perspective globale des
chaînes d?approvisionnement mondiales a pour but de mieux analyser les zoonoses, et par là de
prévenir le risque de pandémie.
1.2 Des réponses insuffisantes sur les plans international et
européen
Face aux risques précisés ci-dessus, des réactions européennes et internationales existent.
A l?occasion de la 19e réunion de la CITES fin 2022, les parlementaires européens26 ont invité la
Commission européenne à intensifier la collecte de données sur cette question avec les États
membres et à soutenir et coordonner une réponse de l?Union européenne face aux importations
illégales de viande. Ils mettaient en exergue la nécessité d?une action conduite au niveau européen.
Le plan d?action 2023-2027 de la Commission contre le trafic illicite de la faune sauvage27
Ce plan vise à apporter une réponse globale aux enjeux de ce trafic, y compris par la voie du e-
commerce. Il est structuré autour de 4 priorités : traiter les causes profondes du trafic, renforcer et
appliquer le cadre réglementaire et les politiques correspondantes et approfondir les partenariats
avec les pays sources. L?approche est globale pour traiter la question sur l?ensemble de la chaîne
- diminution de la demande, action anti-fraude, action judiciaire, rôle du secteur privé, «One
Health » ? - en incluant davantage les organisations non gouvernementales et en poursuivant le
soutien et la coopération avec les pays tiers.
Toutefois, les États-membres ne manquent pas d?appeler l?attention de la Commission sur les
difficultés qu?ils rencontrent pour assurer les contrôles et faire respecter la prohibition. Très
récemment, la France a proposé d?abolir les dérogations à l?interdiction d?importation par les
particuliers, dérogations possibles sous certaines conditions (cf. annexe 4) pour les poissons, les
oeufs et le miel, et ce afin de rendre la réglementation plus lisible. Cette proposition a été rejetée
par la Direction générale « Santé et sécurité sanitaire des aliments » au motif que l?analyse des
risques sanitaires ne conclut à aucun danger pour ces produits soumis une prohibition relative.
van Vliet N., Nguinguiri J. -C., Cornelis D. et Le Bel S. (éds). Libreville ? Bogor ? Montpellier.
24 Wood K.L. et al. 2014. Report to CITES : CITES list of species at risk from illegal trafficking of bushmeat. Zurich
University.
25 Parc national des Pyrénées, (2011). « Un champignon décime les crapauds accoucheurs des
Pyrénées », Maxisciences.com.
26 Résolution du Parlement européen du 5 octobre 2022
27 Document Commission européenne COM(2022) 581 final du 9 novembre 2022
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Consciente de la difficulté pour la Commission européenne d?avoir une action volontariste sur la
lutte contre un trafic qui ne concerne qu?un nombre limité d?États-membres, la mission plaide
néanmoins pour une prise de conscience plus manifeste de la Commission du risque sanitaire et
d?atteinte à la biodiversité, une écoute plus attentive des préoccupations des États-membres et
davantage d?accompagnement pour les aider à assumer leurs responsabilités de contrôle aux
frontières.
Sur le plan international, les avancées sont encore plus limitées en dépit du récent accord sur la
protection de la biodiversité. En matière de réglementation sur la santé publique internationale,
deux textes méritent néanmoins une attention particulière : le règlement sanitaire international
(RSI) de 2005 et le nouveau projet d?instrument international contraignant de lutte contre les
pandémies (cf. cadre juridique en annexe 5).
La révision de 2005 du Règlement sanitaire international (RSI)
Initiée par l?OMS, elle vise en effet à mettre en place ce dispositif en couvrant les maladies
infectieuses mais également tout événement pouvant potentiellement avoir des conséquences
sanitaires internationales. L?objectif du RSI, adopté par 196 états, est d?assurer le maximum de
protection contre la propagation internationale des menaces sanitaires, tout en limitant les entraves
au trafic international. Le RSI est ainsi le seul instrument international juridiquement contraignant
en matière de sécurité sanitaire.
Le projet d?instrument OMS visant à améliorer la prévention, la préparation et la riposte face aux
futures pandémies au niveau mondial permettra notamment, s?il est adopté :
- la détection précoce et la prévention des pandémies ;
- le renforcement du cadre international en matière de santé, l'OMS jouant le rôle d'autorité
de coordination.
1.3 Conclusion sur les constats : malgré des risques nombreux et
avérés, aucune solution n?est actuellement à l?oeuvre
Après les crises de la Covid-19 et dans le contexte actuel de graves épizooties (peste porcine
africaine, influenza aviaire hautement pathogène, etc.), il n?est plus besoin de prouver la nécessité
pour l?Union européenne de faire respecter sa réglementation sanitaire, en particulier la prohibition
des importations d?animaux vivants et de produits carnés hors accords sanitaires spécifiques.
Si la préservation de la biodiversité ne semble malheureusement pas encore une raison suffisante
pour faire cesser les prélèvements d?animaux sauvages, l?argument sanitaire devrait être
aujourd?hui suffisamment crédible, à défaut d?être totalement démontré et scientifiquement spécifié,
pour faire cesser les importations illégales.
A cet égard, les évolutions en cours au niveau européen et international sont à encourager. La
mission recommande de porter au niveau européen une politique volontariste pour diminuer le
trafic de viande de brousse via les bagages voyageurs, en privilégiant une approche « Une seule
santé ».
Toutefois, la lenteur de ces évolutions, concernant dans l?Union européenne un trafic qui touche
une minorité d?Etats-membres, laisse craindre une absence d?effets à court-terme. La mission
propose donc de concentrer les efforts sur les mesures pouvant être opérationnelles à court ou
moyen termes au plan national.
Or, si de nombreuses propositions ont été faites pour lutter contre le trafic, elles n?ont que très
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partiellement été mises en oeuvre.
La seconde partie du rapport a pour objectif de comprendre pourquoi aucun résultat n?a encore été
atteint et de proposer des pistes de travail pour y remédier.
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2 Contre ce trafic, agir à chaque étape du parcours
voyageur et de manière coordonnée est indispensable
L?analyse des risques et des caractéristiques du trafic de viande de brousse et des diverses
politiques menées jusqu?à présent pour tenter d?en venir à bout et les causes de leur échec
montrent qu?il n?existe pas de mesure unique capable d?enrayer le trafic. Au contraire, la mission
est convaincue à la lumière des exposés précédents que la seule façon d?avoir un impact significatif
et durable sur ce trafic nécessite une réponse volontariste, globale et coordonnée, impliquant
toutes les étapes du trafic et les différentes administrations et parties prenantes concernées :
Des défaillances à chaque étape du parcours voyageur
Figure 4 : les faiblesses du parcours voyageur (source : mission)
Pour être efficaces, les contrôles doivent être accompagnés d?une information systématique des
passagers au moment de leur enregistrement sur le vol quant à l?interdiction du transport de
denrées animales et des poursuites judiciaires encourues afin de supprimer l?argument de
l?ignorance de bonne foi.
Mais en retour, cette information n?aura d?effets dissuasifs que si la probabilité de contrôle est
suffisamment forte, et qu?elle entraîne des poursuites systématiques en cas d?infraction, ce qui
nécessite de mettre en place une stratégie pénale avec le parquet compétent pour les principaux
aéroports concernés.
Par ailleurs, la poursuite systématique ne sera possible que si le volume de denrées à contrôler
est compatible avec les moyens dont disposent les services de douane et les tribunaux pour traiter
les infractions dans des délais raisonnables. Cela implique donc que soit mise en place en parallèle
par les compagnies aériennes concernées, une politique tarifaire suffisamment dissuasive
concernant le deuxième bagage.
Enfin ces actions nécessitent une approche coordonnée sur le long terme entre les différentes
administrations compétentes : la douane, les services vétérinaires et phytosanitaires, les
administrations des transports et de l?environnement et la justice, reposant sur une meilleure
connaissance de ce trafic et des risques encourus.
Compte tenu des nombreuses propositions et recommandations déjà formulées qui apparaissent
pertinentes mais qui n?ont été que peu ou pas mises en oeuvre, la mission s?est attachée dans les
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recommandations qui suivent à privilégier les mesures qui apparaissent les plus opérationnelles et
rapides dans leur exécution, tout en envisageant des actions de plus long terme.
2.1 Mieux informer les passagers et les responsabiliser dès l?achat
du billet
Les passagers débarquant à Roissy et transportant de la viande de brousse affirment très souvent
leur ignorance de la réglementation. Bien qu?il soit permis de douter de leur bonne foi, il est aisé
de constater qu?aucune information claire n?est communiquée aujourd?hui préalablement au
voyage, durant celui-ci ou à l?arrivée sur le territoire français.
La mission recommande donc que les compagnies opérant en Afrique centrale et en Afrique de
l?Ouest informent les voyageurs au moment de l?achat de leur billet et lors de l?enregistrement, de
la réglementation et des peines encourues.
Figure 5 : affichages proposés par la DGDDI pour la sensibilisation des passagers
- Une déclaration sur l?honneur de l?absence de produits carnés ou d?animaux vivants dans les
bagages pourrait être mise en place, ce qui serait une première initiative, certes incomplète, mais
simple à mettre en oeuvre.
La mission considère que le principe d?une déclaration de l?absence de transport de marchandises
non autorisées aurait l?avantage d?appeler l?attention des voyageurs sur l?existence de prohibitions
et de permettre de ce fait d?affaiblir à l?arrivée l?argument de leur ignorance de la réglementation.
Il a également été évoqué durant une séance du groupe de travail interministériel d?aller plus loin
en refusant de transporter les bagages des passagers qui ne signeraient pas ce document. La
mission approuve sans réserve cette proposition.
Durant le vol, les réglementations sanitaires relatives à la protection de la biodiversité pourraient
être systématiquement rappelées aux passagers. Aujourd?hui, au motif d?assurer aux voyageurs le
plus grand confort et « une expérience non anxiogène » à bord, ces informations sont certes
disponibles sur les programmes proposés en vol sur les écrans individuels mais elles restent
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d?ordre très général et doivent faire l?objet d?une recherche volontaire du passager sur l?interface.
La mission considère pourtant que seul le mode « push » (affichage automatique) permettrait une
information efficace.
L?information des passagers avant leur départ, leur engagement volontaire lors de l?enregistrement
et l?information systématique lors du vol seraient des progrès significatifs.
- Un outil alternatif serait, à l?instar de l?Australie, de contraindre les passagers à une
formalité douanière en vol afin de déclarer les marchandises transportées.
Le cas de l?Australie
La réglementation prévoit que les passagers remplissent une déclaration de douane simplifiée
appelée « incoming passenger card » qui leur est remise à bord de l?avion par le personnel de
cabine. Il est en effet obligatoire de déclarer les marchandises et les produits transportés dans
les bagages.
Les services de contrôle à l?arrivée vérifient la sincérité de la déclaration et le statut des marchan-
dises avant de statuer sur la régularité ou non des importations envisagées.
Pour sensibiliser les voyageurs sans aucune ambiguïté sur leurs responsabilités, la mission
propose dans cette option de rendre obligatoire une « déclaration en douane simplifiée » par
laquelle ils seraient invités à confirmer l?absence ou non de marchandises prohibées dans leurs
bagages. Comme en Australie, ces déclarations pourraient être distribuées par le personnel de
cabine, en plus d?une disponibilité sur les sites internet des autorités douanières et compagnies
aériennes.
Le contrôle à l?arrivée serait effectué par la douane et une présence plus fréquente du SIVEP sur
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les contrôles permettrait de renforcer l?expertise technique des viandes.
Ce dispositif déclaratif avant l?arrivée des voyageurs dans les aéroports européens devrait être
complété par la possibilité pour ces derniers de se délester volontairement des marchandises
prohibées qu?ils transportent avant de se soumettre aux contrôles douaniers (voir §2.3)
[Compagnies aériennes] Au moment de l?achat du
billet, rappeler en mode « push » l?interdiction de transporter des marchandises prohibées
en les listant exhaustivement ainsi que les risques encourus pour le contrevenant. Au
moment de l?enregistrement, faire signer en ligne une déclaration sur l?honneur de non
transport de marchandises prohibées en les listant exhaustivement. En cas de refus de
signature de cette déclaration, refuser le transport des bagages du passager. Si les
compagnies refusent de faire évoluer leurs systèmes d?information, étudier de manière
alternative la possibilité de faire distribuer par le personnel de cabine une « déclaration de
douane simplifiée » à l?image du modèle australien, exigible lors du passage en douane.
2.2 Mettre en place une politique tarifaire sur les billets non
incitative pour le transport illégal de viande de brousse
Par des politiques tarifaires particulièrement attractives les compagnies aériennes incitent
implicitement les passagers à prendre deux valises.
1 - La limitation à un bagage unique de 23 kg sur les vols à destination de la France et en
provenance de l?Afrique centrale ou de l?Ouest
Cette limitation par voie réglementaire est une revendication ancienne de nombreuses ONG. Une
proposition de loi modifiant certaines règles relatives au transport aérien international pour limiter
le trafic d?espèces sauvages, présentée par Mme Laetitia Saint-Paul, députée, en août 2022
proposait « d?uniformiser les règles pour les bagages en soute autorisés par voyageur pour tous
les vols commerciaux en provenance d?un pays hors Union européenne (UE), afin de réduire les
risques sanitaires et environnementaux par une réduction du poids des bagages autorisés par
voyageur à 23 kg maximum ».
Air France s?oppose à une telle mesure qu?elle juge inopérante et nuisible à sa compétitivité. En
effet, toutes les compagnies aériennes qui opèrent depuis l?Afrique proposent une franchise
bagage pour la classe économique. Si Air France devait limiter l?emport du deuxième bagage (la
compagnie indique avoir d?ores et déjà une franchise bagage vers l?Afrique parmi les plus
restrictives du marché), elle estime qu?elle serait affaiblie par rapport à la concurrence et verrait un
report de trafic vers des compagnies moins regardantes.
Interrogée sur ce sujet, Air France a par ailleurs répondu à la mission : « La potentielle perte de
tous ces passagers en correspondance est estimée à 1,42 milliard d'euros. Cette estimation inclut
les pertes cumulées des billets et des options, toujours sur l'ensemble du réseau AF (hors Afrique).
Cette estimation représente donc la perte maximale (hors réseau Afrique) si les 3,9 millions de
passagers abandonnaient Air France pour réserver sur une autre compagnie. A noter toutefois que
cette estimation est basée sur des tarifs billets et options de 2019, lesquels ont connu des
évolutions tarifaires depuis. Par conséquent, réévaluée à 2023, la perte financière serait
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supérieure. »28
Air France n?a donc pas répondu à notre question et a largement surestimé les pertes induites par
l?interdiction d?un second bagage puisque la question posée se limitait aux seuls passagers en
provenance des pays africains les plus concernés par le trafic et ayant pour destination finale la
France.
Par ailleurs, Air France a rappelé lors des échanges avec la mission, que « chaque compagnie
aérienne est libre de fixer sa politique tarifaire y compris pour la franchise bagage. La libre
détermination de cette politique tarifaire est prévue par le droit de l'Union européenne et par des
accords internationaux pour la plupart des destinations internationales. »
La DGAC confirme que la mise en place de mesures réglementaires pour limiter le poids des
bagages à l?échelle nationale ou européenne, irait à l?encontre de ce principe et imposerait de
revoir la réglementation nationale et européenne. Cela imposerait également d?engager des
démarches diplomatiques, dans le cadre des accords bilatéraux de services aériens, vis-à-vis des
Etats concernés afin de les convaincre de la nécessité d?une telle limitation tarifaire.
La mise en place d?une démarche volontaire dissuasive pour le transport de viande de brousse
Compte tenu de ces contraintes, et avec l?objectif d?obtenir des avancées concrètes, la mission a
examiné des mesures volontaires permettant un prix du second bagage qui ne soit pas une
incitation au transport de viande de brousse.
En effet, on constate que le transport de marchandises interdites à l?importation dans les bagages
des passagers se fait à des coûts dérisoires.
À titre d?exemple, Air France facture 50 euros le prix d?emport de 23 kilogrammes supplémentaires
à l?aller et 33 euros au retour pour un vol aller-retour Charles de Gaulle-Kinshasa ou un vol aller-
retour Charles de Gaulle-Abidjan. Ce tarif est approximativement le prix de vente d?un kilogramme
de viande de brousse en France, assurant à celui ou celle qui transporte cette marchandise des
marges considérables permettant de se rembourser une partie du billet. Les douaniers rencontrés
par la mission confirment que des billets offerts en cadeau contre emport de viande de brousse
semblent être une pratique courante.
Comme la limitation à un seul bagage, la facturation du second bagage à un prix dissuasif risque
d?être une démarche longue à conduire au niveau européen et international.
Il est intéressant de noter que IATA interrogée par la mission a répondu ne pas souhaiter organiser
la négociation d?un accord entre compagnies. Il existe pourtant en son sein un groupe dédié dont
Air France fait partie : le Live Animals and Perishables Board (LAPB) qui « élabore des critères
pour l'acceptation, la manipulation et le chargement d'animaux vivants, de denrées périssables et
de produits de santé dans le transport aérien, comme indiqué dans les règlements de l'IATA sur
les animaux vivants (LAR), sur les marchandises périssables (PCR) et sur le contrôle de la
28 Suite à une relànce d?Air Frànce portànt sur des questions centrées sur le sujet, à sàvoir le tràfic en provenànce
d?Afrique, cette dernière a précisé à la mission que Pointe Noire, Abidjan et Kinshasa étaient les 3 escales africaines
pour lesquelles la proportion de passagers destination de la France et voyageant avec 2 bagages ou plus est la plus forte.
Elle se dit disposée à travailler sur des opérations de sensibilisation plus poussées en ciblant les 3 escales citées dans
un premier temps. Pour ce faire, une collaboration coordonnée entre douanes, gouvernements africains et Air France
lui semble indispensable pour être réellement efficace que ce soit en termes de communication/sensibilisation et dé-
tection en respectant le périmètre de responsabilité de chacun.
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température (TCR). Ils comprennent des dispositions relatives à leur qualité et à leur sécurité
pendant qu'ils sont sous la garde des membres de l'IATA et, le cas échéant, tout au long du cycle
de transport. »
Il a semblé particulièrement surprenant à la mission, à une époque où le transport aérien n?a jamais
été autant critiqué pour ses impacts environnementaux et conséquemment où les compagnies
aériennes déploient de nombreux efforts pour « verdir » leur image et arborer des politiques RSE
ambitieuses, de voir le peu d?entrain qu?elles semblent mettre pour avancer sur ces sujets. Il est
pourtant également directement lié à celui de l?impact carbone (voir encadré ci-dessous).
Impact carbone de l?emport du deuxième bagage
Un vol entre Abidjan et Paris couvre une distance d?environ 5 500 km.
1 kg de bagage sur un vol Paris-Abidjan dégage environ 0,5 kg de CO2.
23 kg dégagent donc environ 12 kg de C02
En prenant pour hypothèse un Boeing 777 de 300 sièges qui opère ce vol et 200 passagers
transportant 1 bagage supplémentaire contenant 23 kg de viande de brousse, alors c?est 2,4
tonnes de CO2 qui sont dégagés sur le trajet par ces bagages « surnuméraires ».
Selon les données de l?aéroport international Félix Houphouët-Boigny d?Abidjan, il y a eu 6 120
vols entre Abidjan et Charles de Gaulle en 2022.
Pour la seule provenance d?Abidjan, ce sont donc près de 15 000 tonnes de CO2 qui ont été
dégagés par ces bagages qui par ailleurs portent atteinte à la biodiversité et exposent à des risques
sanitaires majeurs.
Pour avancer concrètement, la mission propose que le gouvernement français promeuve auprès
du secteur aérien une charte à laquelle les compagnies pourraient adhérer volontairement, dans
l?esprit des engagements qu?elles ont pris en 2016 pour lutter contre le trafic illicite d?espèces
animales. Lors de la 72è assemblée de l?Association du transport aérien (IATA), les compagnies
signataires s?étaient en effet engagées à travailler en partenariat avec les autorités
gouvernementales et les organismes de conservation pour lutter contre le trafic d?espèces
menacées. La démarche pourrait cibler tout particulièrement les compagnies opérant des services,
directs ou en correspondance, au départ des escales identifiées comme sensibles.
[DGAC, Compagnies aériennes] Inciter les
compagnies aériennes à adhérer à une charte incluant des mesures pour limiter les impacts
en termes de carbone, sanitaires et de biodiversité des bagages surnuméraires, notamment
grâce à un tarif non incitatif conformément aux engagements pris lors de la 72è assemblée
IATA de lutter contre le trafic illicite d?espèces sauvages
2.3 Renforcer le contrôle à l?arrivée
2.3.1 Des actions de contrôle « coup de poing » qui mériteraient d?être
reproduites compte tenu de l?ampleur du trafic
Les actions de lutte contre la fraude s?exercent principalement par la douane, aux frontières, sans
exclure toutefois des interventions en mode enquête, notamment par l?OCLAESP et la BNEVP.
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Le trafic illicite de viande de brousse est également un sujet d?intérêt pour les grands services
internationaux de lutte contre la fraude. A la fin de 2022, une opération de répression a été
menée conjointement par INTERPOL et l?Organisation mondiale des douanes (OMD). Elle a abouti
à des centaines d?arrestations, portant un grand coup aux réseaux criminels de trafic d?espèces
sauvages et de bois dans le monde entier.
Baptisée « Thunder 2022 », l?opération, qui a duré un mois (du 3 au 30 octobre), a rassemblé les
services de police, les douanes, les cellules de renseignement financier et les organismes
nationaux chargés de la lutte contre les atteintes aux espèces sauvages et au patrimoine forestier
de 125 pays, soit le plus grand nombre de pays ayant jamais pris part à une telle opération depuis
le lancement de cette initiative en 2017.
Au cours de cette opération, une demi-tonne de parties de pangolins destinées à l?Asie a été saisie
au Nigéria et trois suspects ont été arrêtés en Uruguay alors qu?ils tentaient de passer en
contrebande plus de 400 spécimens d?espèces sauvages protégées.
L?opération a mis en lumière la tendance continue du commerce en ligne des espèces sauvages
avec 21 arrestations en Espagne et la saisie, en Italie, de 1850 oiseaux, résultant de deux
enquêtes en ligne.
Figure 6 : Opération « coup de poing » contre le commerce illicite d?espèces sauvages et de bois :
INTERPOL et l?Organisation mondiale des douanes unissent leurs forces - décembre 202229
La coordination internationale des actions de lutte contre la fraude renforce l?impact répressif par
l?effet ?multiplicateur? de l?échange de renseignement. Mis en commun entre les polices et les
douanes, le renseignement a permis aux agents sur le terrain de détecter et de cibler les zones
sensibles, l?accent étant mis sur les points de passage frontaliers terrestres et les aéroports, ainsi
29 (source : https://www.interpol.int/fr/Actuàlites-et-evenements/Actuàlites/2022/Operàtion-coup-de-poing-
contre-le-commerce-illicite-d-especes-sàuvàges-et-de-bois-INTERPOL-et-l-Orgànisàtion-mondiàle-des-douànes-
unissent-leurs)
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https://www.interpol.int/fr/Actualites-et-evenements/Actualites/2022/Operation-coup-de-poing-contre-le-commerce-illicite-d-especes-sauvages-et-de-bois-INTERPOL-et-l-Organisation-mondiale-des-douanes-unissent-leurs
https://www.interpol.int/fr/Actualites-et-evenements/Actualites/2022/Operation-coup-de-poing-contre-le-commerce-illicite-d-especes-sauvages-et-de-bois-INTERPOL-et-l-Organisation-mondiale-des-douanes-unissent-leurs
https://www.interpol.int/fr/Actualites-et-evenements/Actualites/2022/Operation-coup-de-poing-contre-le-commerce-illicite-d-especes-sauvages-et-de-bois-INTERPOL-et-l-Organisation-mondiale-des-douanes-unissent-leurs
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que sur les parcs animaliers et les réserves naturelles.
Pour éclairer ces contrôles, le seul paramètre d?analyse de risque suffisamment discriminant est le
pays de provenance. Sur cette base, les contrôles opérés à l?arrivée font apparaître que les
voyageurs qui se mettent en situation de fraude ont des profils très variés.
2.3.2 Renforcer les moyens de contrôle et les rendre plus efficaces
Pour commencer à traiter le problème en profondeur, à ce stade du parcours du voyageur, il
convient de mettre davantage ce dernier face à ses responsabilités. Il faut aussi donner les moyens
aux agents de contrôle de distinguer les voyageurs qui ont fraudé par ignorance de la règle de
ceux qui ont agi de mauvaise foi. Or, l?existence de l?intention de fraude est difficile à établir.30
La mission propose, outre l?obligation pour les voyageurs de remplir avant leur départ une
déclaration de non transport de marchandises prohibées (cf. §2.1), et une information au cours du
vol, de disposer, avant les contrôles un bac d?abandon volontaire des denrées prohibées.
Ainsi, le fait de donner de fausses informations sur cette carte pourrait entraîner une lourde amende
applicable directement par les services de contrôle à la frontière. Tant que les mesures proposées
pour les deux étapes précédentes n?auront pas produit leurs effets, il faut cependant envisager
avec les services douaniers de renforcer leur capacité d?action.
Former des équipes maîtres-chiens spécialisées dans la détection des produits carnés.
Dans certains pays (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni...), les équipes de contrôle sont appuyées
par des chiens entraînés à la détection de produits carnés. Les services techniques de la DGDDI
ont confirmé à la mission qu?il est possible de faire mémoriser tout type d'odeur à un chien et de le
former en conséquence à la détection de celle-ci, y compris des produits carnés. Il conviendrait de
prévoir une brigade cynophile dédiée aux aéroports parisiens
Utiliser des outils d?intelligence artificielle pour exploiter les images de scanners à rayon X.
Cette piste prometteuse a été présentée à la mission par les représentants de IATA. A partir des
enregistrements d?images au départ prises dans le cadre des contrôles obligatoires de sûreté, il
est envisageable que ces données soient immédiatement rendues accessibles aux autorités de
destination de l?aéronef pour être exploitées à des fins de sécurité et de recherche de
marchandises illicites. L?analyse de ces images pourrait être conduite par addition d?intelligence
artificielle programmée à l?identification des marchandises recherchées. La mission estime qu?il
conviendrait d?expertiser ce type de procédé du point de vue technique et juridique, notamment à
partir d?expérimentations en cours en Australie et en Afrique du sud31.
Faciliter le travail des services de douane en aménageant des locaux pour réaliser les contrôles
renforcés sans perturber les flux de passagers après récupération des bagages.
L?expérience vécue par la mission montre qu?à l?aéroport de Roissy CDG, la réalisation de contrôles
exhaustifs des bagages des passagers d?un vol se heurte rapidement à des problèmes logistiques
des files d?attente des passagers provoquant un engorgement de la salle de réception des bagages.
30 La stratégie nationale biodiversité publiée en novembre 2023, prévoit la création d?un service à compétence
nationale pour le contrôle du commerce et l?exploitation de certaines ressources naturelles, et la mise en place
opérationnelle en 2024 d?une task force chargée de l?élaboration de la planification et de la mise en oeuvre ses
contrôles sur tout le territoire. Il est nécessaire que le sujet « viande de brousse » soit identifié comme une des
priorités dans ce cadre.
31 Pirottà V, Shen K, Liu S, Phàn HTH, O?Brien JK, Meàgher P, Mitchell J, Willis J ànd Morton E (2022) Detecting illegal
wildlife trafficking via real time tomography 3D X-ray imaging and automated algorithms. Front. Conserv. ci.
3:757950.
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Par ailleurs, la fouille de bagages se fait devant tous les autres passagers et le dessaisissement
des biens délictueux entraîne des réactions de protestation avec prise à témoin des autres
passagers qui rendent la situation délicate pour les agents chargés du contrôle. La rénovation du
hall de réception des bagages menée récemment n?a pas prévu l?agrandissement du poste de
contrôle douanier. Une réflexion devrait être menée désormais avec ADP pour organiser le contrôle
des vols en provenance des principaux pays source de viande de brousse dans des conditions
appropriées et permettre la rédaction de procès-verbaux sans perturber les flux de passagers
sortant de l?aéroport (voir infra stratégie pénale).
Mettre en place une stratégie d?intervention « coup de poing »
Une telle démarche, en mobilisant les effectifs de douaniers sur les vols sensibles, combinés avec
une information en amont et une publicité dans la presse, suivie d?interventions davantage ciblées
sur un nombre limité de passagers sur chaque vol, suivie d?une instruction judiciaire systématique
serait de nature à marquer les esprits et à influer durablement sur le sentiment d?impunité lié à ce
trafic.
[DGDDI] Renforcer l?action des agents de la douane
chargés du contrôle et améliorer leur efficacité avec des moyens conjoints associant la
responsabilisation des passagers, l?utilisation de chiens de détection, l?aménagement de
locaux adaptés et l?utilisation d?outils d?intelligence artificielle pour valoriser les
informations issues des contrôles de sécurité en amont.
2.4 Mettre en place une stratégie pénale
Comme pre ce demment e voque en § 1. 1.2 et 2.3, l?àmpleur du tràfic àctuel, ne permet pàs àux services
douàniers de contro ler puis de tràiter toutes les infràctions sàns perturber fortement là chàî ne
logistique de re cupe ràtion des bàgàges à l?àrrive e. Fàce à là pression du flux de voyàgeurs et àu nombre
e leve de bàgàges contenànt des denre es en infràction, le tràitement des constàtàtions consiste
ge ne ràlement dàns le seul dessàisissement de là màrchàndise en vue de sà destruction, sàns poursuites
judiciàires, ni infliction d?une pe nàlite dàns le càdre d?une trànsàction douànie re. Les douàniers sont
d?àutànt moins enclins à trànsmettre des de nonciàtions de ces tràfics à l?àutorite judiciàire, que celles-
ci ne donnent pàs lieu à poursuites càr conside re es comme non prioritàires pàr ràpport à d?àutres
types d?infràctions et de de lits.
Outre que ces àctions ne sont pàs dissuàsives compte tenu de là fàible vàleur unitàire des denre es,
l?àbsence de proce dure de constàtàtion d?une infràction prive d?informàtions inte ressàntes concernànt
là nàture des produits et les risques sànitàires ou pour l?environnement. Ces informàtions
permettràient pourtànt de mieux càràcte riser le tràfic (cf. § 2.5) et de sensibiliser les àutorite s
judiciàires sur l?àmpleur du tràfic. Pàr àilleurs, l'àbsence de verbàlisàtion de l?infràction ne permet pàs
de càràcte riser les càs de re cidives pouvànt s?inscrire dàns un re seàu d?àpprovisionnement d?un tràfic
orgànise .
Là mission conside re comme essentiel de revoir le syste me àctuel de sànctions, pour les rendre plus
dissuàsives exploitànt les possibilite s offertes pàr là trànsàction et en expe rimentànt l?àmende
forfàitàire de lictuelle."
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- Mettre en place une stratégie pénale avec les tribunaux compétents sur les principaux
aéroports concernés
Une bonne coordination entre les services chargés des contrôles et les tribunaux compétents est
essentielle : ces derniers doivent être sensibilisés sur les enjeux du trafic de viande de brousse et
pour cela doivent être alimentés en données sur l?ampleur et les caractéristiques de ce trafic. Il faut
ensuite mettre en place avec les procureurs généraux une stratégie pénale concertée entre la
douane et les autres services d?inspection (OCLAESP, BNEVP) permettant de définir les modalités
d?une réponse différenciée et graduée face aux infractions observées et de garantir une instruction
complète des cas les plus graves.
- Exploiter toutes les possibilités offertes par la transaction douanière
En matière douanière, de manière générale, l'infraction est réglée soit par la voie judiciaire, soit par
la voie transactionnelle32 qui est le mode de règlement contentieux majoritaire.
Dans ce dispositif, les seuils transactionnels qui fixent le plafond de traitement par la douane du
règlement contentieux sont négociés avec les Parquets, celui de Bobigny pour les aéroports de
Paris. Ils permettent aux services douaniers, en deçà de seuils quantitatifs variables suivant que
les produits carnés relevant ou non de la CITES, de régler un litige via la rédaction d?un procès-
verbal proposant une transaction immédiate à l?auteur des faits.
Le barème transactionnel33 permet d?abord d?appliquer une amende dissuasive et adaptée aux
faits constatés. Ce montant, à la main de la direction interrégionale dans les limites de l?article 350
CDN, et conforme à la politique du Parquet, est fixé en fonction des circonstances de chaque affaire
et en relation avec la valeur des marchandises transportées. Le paiement de la pénalité s?effectue
sur le champ ou de manière différée par la voie du recours forcé. Cette procédure est adaptée à
des voyageurs le plus souvent non nationaux à l?encontre desquels la mise en oeuvre de poursuites
est plus incertaine.
La rédaction de l?acte transactionnel permet également de recueillir toutes les informations
nécessaires à l?identification ultérieure du contrevenant et sur la marchandise de fraude,
informations qui sont intégrées dans les applicatifs douaniers dédiés aux contrôles et à la lutte
contre la fraude. Le contrevenant sera en état de récidive s?il commet une nouvelle infraction dans
les 5 ans qui suivent la première constatation.
Dans ce contexte, l?absence de réponse contentieuse systématique constatée par la mission lors
de sa visite à Roissy tient, selon la douane, au volume des importations illégales de produits
carnés.
La transaction semble rester une solution juridique adaptée à l?intervention répressive de la douane
en frontière sur des flux de passagers, pour les raisons exposées ci-dessus sous réserve de revoir
ses modalités d?application en lien avec les parquets.
La mission recommande en conséquence d?appliquer de manière systématique un traitement
pénal lors de constatations d?infractions quitte à ajuster la pression d?inspection en fonction des
ressources humaines disponibles des services douaniers.
Dans ce cadre, la mission propose de faire un bilan de la mise en oeuvre de ce dispositif à
l?échéance d?un an et sa présentation au groupe de travail interministériel (cf § 2.6). En fonction
des conclusions, elle recommande de tester l?amende forfaitaire délictuelle comme alternative à la
transaction. L?objectif poursuivi est d?assurer en toute circonstance des sanctions dissuasives,
32 Transaction douanière (art. 350 du Code des douanes) : l?administration des douanes est autorisée à transiger
avec les personnes poursuivies pour infraction douanière ou pour infraction à la législation et à la réglementation
relatives aux relations financières avec l?étranger
33 Voir décret n°2022-467 du 31 mars 2022 relatif à l?exercice de la transaction par la douane.
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propres à traiter les récidives et permettre un traitement pénal à la hauteur des enjeux du trafic.
- Expérimenter l?amende forfaitaire délictuelle34
Comme la transaction douanière, l?AFD éteint l?action judiciaire et permet de percevoir une amende
pénalisante pour l?infracteur. En outre, elle entraîne une inscription sur le casier judiciaire et permet
donc d?enregistrer les récidivistes. Le procès-verbal est envoyé à l?ANTAI35 puis à la personne qui
a un délai pour contester. Cela nécessiterait si on l?expérimente une adaptation du logiciel ANTAI
et une information des tribunaux avant de lancer l?expérimentation.
Si la procédure est plus lourde à mettre en place que celle de la transaction douanière, elle revêt
par principe en raison de son caractère systématique un effet dissuasif certain. L?expérimentation
de l?AFD réclame l?organisation d?un échange entre les services répressifs, le ministère de la justice
ainsi que l?ANTAI.
Quelle que soit la procédure de sanction appliquée, la mission plaide pour la sensibilisation des
parquets sur le sujet et pour la renégociation d?une stratégie pénale concertée en frontière entre la
douane et les parquets concernés, dans le cadre des protocoles locaux existant ou à modifier. Cela
permettrait de définir les modalités d?une réponse différenciée et graduée face aux infractions
observées et de garantir une instruction complète des cas les plus graves, en exploitant au
maximum le potentiel des procédures disponibles.
- Élargir le champ d?application des techniques spéciales d?enquêtes (TSE)
La mission propose également d?élargir le champ d?application des techniques spéciales d'enquête
(sonorisation, fixation d?image, interceptions...) qui ne peuvent être mises en oeuvre que pour des
infractions entrant dans le champ d'application des articles 706-73 et 706-73-1 du CPP36 . Elle
recommande, comme propose l?OCLAESP, d?étendre l?utilisation des TSE même lorsque les
importations ne concernent pas d?espèces prévues aux annexes CITES, en ajoutant la
circonstance aggravante en bande organisée et en élevant le quantum de peine à 3 ans à
l?infraction sanitaire prévue à l?article L237-3 du CRPM.
[DGDDI, Ministère de la justice, Tribunaux judiciaires
compétents sur les aéroports parisiens]. Mettre en place une stratégie pénale entre la
douane et les procureurs des tribunaux compétents permettant de définir une procédure de
traitement pénal et dès lors qu?une infraction est constatée, de l?appliquer de manière
effective, graduée en fonction du type d?infraction et du degré de récidive, incluant la
transaction, l?amende forfaitaire délictuelle ou un traitement judiciaire complet.
34 Prévue par les articles 495-17 et suivants du code de procédure pénale disposent lorsque la loi le prévoit, que
l'action publique est éteinte par le paiement d'une amende forfaitaire délictuelle fixée par la loi [?]. Elle n'est pas
applicable en état de récidive légale, sauf lorsque la loi en dispose autrement. L'amende forfaitaire doit être acquit-
tée dans les quarante-cinq jours qui suivent la constatation de l'infraction [ ?].Toutefois, l'amende forfaitaire est
minorée si l'intéressé en règle le montant soit entre les mains de l'agent verbalisateur au moment de la constatation
de l'infraction [?]. A défaut de paiement ou d'une requête présentée dans le délai prévu au premier alinéa, l'amende
forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par
le procureur de la République.
35 Agence nationale de traitement automatisé des infractions
36 L?article 706-73-1 du CPP prévoit une possible utilisation des TSE pour les « Délits d'atteintes au patrimoine
naturel commis en bande organisée (BO), prévus à l'article L. 415-6 du code de l'environnement ». Aussi, dès lors
qu?il est avéré qu?il s?agit d?espèces CITES et que l?infraction est commise en BO, il est possible d?utiliser des TSE.
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2.5 Mieux caractériser le trafic, son ampleur, le marché et les risques
sanitaires associés
Si la mission s?est attachée à démontrer l?existence d?un risque non nul sur les plans de la santé
humaine et animale et au-delà de conséquences avérées pour l?environnement, force est de
constater que les données concernant ce trafic, aussi bien sur les plans qualitatifs (caractérisation
des filières, espèces concernées) que quantitatifs restent parcellaires, issues de quelques études
ponctuelles (cf §1.3).
Par ailleurs, si ces études révèlent la présence d?agents pathogènes dans nombre d?échantillons
analysés pouvant causer potentiellement des contaminations humaines ou animales à l?origine
d?épidémies ou d?épizooties, aucune étude ne se penche sur les circonstances possibles de
contamination en fonction du type de denrée et des usages qui en sont faits. Il apparaît dès lors
indispensable, en parallèle aux mesures de prévention et de contrôle à mettre en oeuvre dès à
présent, d?intégrer un volet scientifique pour mieux objectiver et caractériser le risque sanitaire.
Cela passe par une sollicitation des acteurs de la recherche pour approfondir la connaissance des
risques d?introduction de pathogènes pour les humains et les animaux d?élevage en corrélation
avec une meilleure caractérisation du trafic.
Il convient donc pour renforcer l?action française en matière de lutte contre les importations illégales
de viande d'espèces sauvages, d?en améliorer la compréhension grâce à l?étude :
- du trafic de viande d'espèces sauvages vers l?UE via la France (quantités, itinéraires, modes
opératoires, implication de groupes criminels organisés, etc.), en vue notamment de mieux
caractériser le marché en aval, en particulier concernant l?utilisation des médias sociaux pour la
vente en ligne de viande de brousse et l?utilisation des vecteurs fret ou messagerie (aérien,
maritime, express ou postal) pour son transport.
- des risques sanitaires et de la bio-surveillance associés au commerce illégal de viande de
brousse, par des analyses génétiques d?identification des espèces animales concernées et des
agents pathogènes présents à partir des saisies en douanes. Il convient également de mener des
études sur les modes de conservation des viandes en lien avec la persistance des virus, mais aussi
en aval, en effectuant des prélèvements et l?analyse d?échantillons sur les lieux de revente et de
consommation. Ces études qui visent à mieux caractériser les risques de transmission de l?animal
à l?homme, par la viande de brousse pourraient être réalisées en mobilisant des chercheurs du
CIRAD, de l?IRD et de l?ANSES notamment dans le cadre du programme de prévention des risques
zoonotiques et de pandémies PREZODE37.
[CGDD, MESR] lancer des appels à proposition de
recherche afin de mieux caractériser : i) par une étude socio-économique le trafic de viande
de brousse qui arrive en Europe ii) les risques sanitaires associés à ce trafic par un
programme de recherche?action associant l?ANSES, le CIRAD et l?IRD dans le cadre de
l?initiative PREZODE.
37 L?initiative PREZODE - Prévenir les risques d?émergences zoonotiques et de pandémies ?a été annoncée à
l?occasion du One Planet Summit du 11 janvier 2021 consacré à la biodiversité. Initiée par trois instituts de recherche
français - INRAE, le Cirad et l?IRD - en concertation avec une dizaine d?autres organisations de recherche, en
France, en Allemagne et aux Pays-Bas, PREZODE regroupe déjà plus d?un millier de chercheurs et combine des
projets de recherche et d?actions opérationnelles.
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2.6 Mettre en place un pilotage et une coordination entre toutes les
parties prenantes
En dépit d?alertes régulières faites sur les risques sanitaires des importations de viande de brousse,
sans parler des animaux sauvages vivants, la mobilisation des pouvoirs publics et des services
répressifs n?a rien de comparable avec celle de la lutte contre les trafics de stupéfiants, de
contrefaçons ou de cigarettes.
Cette sous-estimation par les autorités administratives et politiques de tels risques, a de quoi
surprendre, davantage encore depuis la pandémie de COVID19.
Pour la mission, l?observation du phénomène à bas bruit passe à côté de son enjeu de politique
sanitaire : le principe du cordon sanitaire européen ne fonctionne pas et fait courir des risques
sérieux de zoonose dont la manifestation serait difficilement acceptable en période post-
pandémique, ainsi que de sérieux risques sanitaires et économiques pour l?élevage européen.
En termes de gouvernance, il apparaît que la nature spécifique du risque associé à ce trafic place
le pilotage de ce sujet à la croisée de plusieurs compétences : santé, agriculture, transport,
environnement, coopération, affaires étrangères, commerce, ordre public, justice? De ce point de
vue, la création d?un groupe de travail interministériel est une avancée intéressante.
Le groupe de travail interministériel sur les importations illégales de produits carnés et d'espèces
sauvages dans les bagages des voyageurs a en effet été installé par la direction générale des
douanes en collaboration avec le ministère chargé de l?écologie à la suite du déplacement de la
Secrétaire d?État chargée de la biodiversité au terminal 2 de l?aéroport Charles de Gaulle le 15
février 2023.
Cette instance regroupe les différentes administrations impliquées (DGDDI, DGAL, DGALN, DGAC,
OCLAESP, BNEVP, etc.), des représentants du secteur aérien (ADP, Air France), des entreprises
privées (VINCI) et des organisations non gouvernementales : UICN, WWF, IFAW et Association
Française des Parcs Zoologiques (AFdPZ).
Cette approche transverse conforme au principe d? « une seule santé » est prometteuse. En
particulier, les ONG disposent de données précieuses sur la situation dans les pays d?origine. Cette
connaissance est essentielle pour adapter la communication, autant que pour orienter et cibler les
contrôles.
La création de ce groupe de travail associant l?ensemble des partenaires concernés a été saluée
unanimement. Il s?est réuni à deux reprises depuis sa création en 2023 et a permis d?aborder
l?ensemble des problématiques de manière transversale, ce qui faisait largement défaut jusqu?à
présent. Présidé par le sous-directeur du commerce international de la DGDDI, le groupe de travail
a permis d?élaborer un plan d?action comportant 18 mesures classées en quatre catégories
(mission d?inspection, sensibilisation, cadre juridique et moyens).
Sur le fond, plusieurs axes de travail ont déjà été examinés, notamment la mise en place d?un plan
de communication visant à sensibiliser les voyageurs aux risques encourus, le renforcement de la
responsabilité tant des voyageurs que des transporteurs, la limitation du poids maximum des
bagages en soute ou encore le développement d?actions de coopération afin de susciter une
démarche d?adhésion volontaire de l?ensemble des compagnies desservant les pays à risque.
Si les propositions formulées dans le cadre de ce groupe de travail sont à saluer, il est trop tôt,
après seulement une année d?existence et deux réunions, d?en mesurer l?efficacité. Mais, pour le
portage des initiatives et propositions de ce groupe, la DGDDI pourrait rapidement ne plus être en
maîtrise de l?ensemble des actions concernées qui excèdent largement son champ de compétence.
Par ailleurs, le groupe de travail devrait être élargi en intégrant en son sein des compétences
scientifiques indispensables et en impliquant également un représentant du ministère de la santé
compte tenu de l?importance de l?enjeu sanitaire.
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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La mission fait le constat d?un besoin de coordination interministérielle qui s?inscrive dans la durée,
le groupe de travail ayant vocation à évoluer pour être une instance de dialogue et de concertation
mais aussi de suivi de la mise en oeuvre d?une feuille de route interministérielle.
Pour cela, la mission considère comme nécessaire que le groupe de travail soit animé et piloté par
un cadre ayant toute légitimité pour assurer cette coordination et donc doté d?un mandat
interministériel clairement défini. A ce titre, la désignation d?un délégué interministériel chargé de
la lutte contre le trafic illégal de denrées animales et d?animaux vivants d?espèces protégées,
permettrait d?incarner la volonté du gouvernement, de s?assurer de la nécessaire coordination entre
les administrations et autres partenaires concernés, mais également de porter les évolutions
nécessaires de la réglementation européenne.
En parallèle, le GT sur les importations illégales de produits carnés et d'espèces sauvages dans
les bagages des voyageurs aurait vocation à être l?instance de concertation, de coopération et de
suivi du plan d?action 2022-2027 de l?UE contre le trafic d?espèces sauvages (PAUE) pendant toute
sa durée, afin d?associer un ensemble de parties prenantes à sa mise en oeuvre.
[ MTECT, MASA, MEFSIN ] Faire du GT sur les
importations illégales de produits carnés et d'espèces sauvages dans les bagages des
voyageurs une instance de concertation, de coopération et de suivi d?une feuille de route
interministérielle et du plan d?action 2022-2027 de l?UE contre le trafic d?espèces sauvages
pendant toute sa durée, afin d?associer un ensemble de parties prenantes à sa mise en
oeuvre, y intégrer un expert scientifique et nommer un délégué interministériel ayant pour
mission de présider le GT, d?assurer la coordination entre les administrations et autres
partenaires concernés et de porter les évolutions nécessaires de la réglementation
européenne..
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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Conclusion
Après avoir rencontré les principaux acteurs concernés soit individuellement soit à l?occasion de la
réunion du groupe de travail sur l?importation illégale de produits carnés, pu assister à l?aéroport
de Roissy à une opération de contrôle douanier de bagages et visité les installations d?accueil des
animaux, la mission a pu faire les constats suivants :
- Le transport illégal de produits carnés dans les bagages en provenance de pays du bassin
du Congo et d?Afrique de l?Ouest est un phénomène généralisé parmi les passagers qui
déclarent ne pas connaître la réglementation.
- Face à l?ampleur du phénomène, les douaniers se limitent le plus souvent à un
dessaisissement des denrées sans suites judiciaires, ce qui limite l?effet dissuasif et prive
de données statistiques fiables en l?absence bien souvent de caractérisation entre viande
d?animaux domestiques et viande de brousse.
- Malgré la récente pandémie de COVID, l?émergence du concept « une seule santé », et
les données scientifiques disponibles concernant les risques sanitaires humains et pour les
animaux d?élevage ainsi que pour l?environnement de ce trafic, aucune des administrations
rencontrées (à l?exception de celle de la douane directement concernée), y compris à
l?échelon européen, n?a considéré ce phénomène comme une priorité dans son champ
respectif de compétence.
Face à ce constat, et après analyse des nombreuses initiatives et propositions faites ces
dernières années qui n?ont eu que peu d?effets, la mission est convaincue qu?une approche
globale et cordonnée aux différentes étapes du parcours du voyageur est nécessaire. Cela
implique :
- une information et une responsabilisation du passager avant l?embarquement ;
- une politique tarifaire sur le prix du deuxième bagage qui ne soit pas incitative ;
- des contrôles renforcés à l?arrivée, et une application de sanctions qui soient dissuasives grâce
à une stratégie pénale concertée avec les tribunaux compétents.
Par ailleurs, face aux lacunes actuelles en matière de connaissance sur le trafic et les risques,
des partenariats doivent être noués avec des organismes de recherche dans une démarche
d?aide à la décision.
Enfin toutes ces actions ne pourront être menées sans une mobilisation de l?ensemble des
acteurs autour de la mise en oeuvre d?une feuille de route. A ce titre, la mission salue la création
du groupe de travail dédié et appelle à sa pérennisation comme outil de concertation et de suivi
du plan d?action et son pilotage par un fonctionnaire ayant un mandat interministériel.
La mission remercie vivement les administrations et personnes rencontrées pour leur disponibilité
et en particulier la direction des douanes et droits indirects et les équipes de contrôle de Roissy
pour avoir organisé pour la mission une opération de contrôle fort instructive pour prendre
conscience des difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l?exécution de leur mission.
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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Loïc Dombreval
IGEDD
Christine Dubois
DGDDI/IS
Caroll Gardet
IGEDD
Inspecteur général de
l'administration du
développement durable
Administratrice supérieure
des douanes
Ingénieur des travaux publics
de l?Etat
Marie-Hélène Le Hénaff
CGAAER
Olivier Robinet
IGEDD
Inspectrice générale de
l'agriculture
Inspecteur général de santé
publique vétérinaire
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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Annexes
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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2 Lettre de mission
PUBLIÉ
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illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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PUBLIÉ
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d?espèces protégées
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3 Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
SALVAT Gilles ANSES DG délégué recherche et référence 04/09/2023
CLEOSTRATE Corinne DGDDI Sous-directrice Affaires juridiques et lutte contre la fraude 05/09/2023
SIMONNEAU
Florian
DGDDI Chef de bureau COMINT2 Restrictions et sécurisation des échanges 05/09/2023
BAUD Benjamin DGDDI Chef de section 05/09/2023
FAVRIE Muriel DGDDI Rédactrice CITES 05/09/2023
VIVET
Emmanuel
DGAC Sous-directeur des services aériens 06/09/2023
FARIZ Aissa DGAC Cheffe de programme Facilitation 06/09/2023
NOIRET Audrey DGDDI Secrétaire générale interrégionale 14/09/2023
DECRESSAC Simon DGDDI Directeur régional, direction Voyageurs 14/09/23
THION Philippe DGDDI Chef du pôle régional d?orientation des contrôles 14/09/23
ZEINULABEDIN-
RAFI
Philippe,
DGDDI Chef divisionnaire 14/09/2023
BIZERAY Emmanuel DGDDI Chef de service douanier de la surveillance (CSDS) 14/09/2023
SAADAOUI Imed SIVEP Roissy 14/09/2023
JACQUET François SIVEP Roissy 14/09/2023
PERRET Marie-Pierre AIR FRANCE Biodiversité et déplacements durables 14/09/2023
GHIRARDI Valérie AIR FRANCE Chargée des relations avec les services de l?Etat 14/09/2023
FAIPOUX Maud DGAL Directrice générale 15/09/2023
DONGUY Marie-Pierre BNEVP Directrice 15/09/2023
GERSTER François CGAAER Président de section 15/09/2023
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Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation illégale de produits carnés et
d?espèces protégées
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
MUSET Sophie OMSA
Gestionnaire du programme Santé de la faune sauvage et coordonnatrice du projet
EBO-SURSY
15/09/2023
JEANNIN Colonel OCLAESP Commandant en second 28/09/2023
NOCHEZ Ltd Colonel OCLAESP 28/09/2023
ESCOT Lorélie WWF Chargée de programme 25/09/2023
RINGUET Stéphane WWF Responsable Programme Commerce des Espèces Sauvages 25/09/2023
LELIEVRE Maud UICN Directrice du comité français de l?UICN 02/10/2023
KIRCHNER Florian UICN 02/10/2023
ANDRIEU Inès UICN 02/10/2023
GUILLAIN Pierre Edouard MET Adjoint du Directeur de l?eau et la biodiversité 05/10/2023
TREBILLON Marie-Hélène DDPP75
Directrice départementale de la protection des populations de Paris
10/10/2023
HERY Xavier DDPP75 Directeur adjoint 10/10/2023
LEFRANCOIS Thierry CIRAD
Conseiller de la PDG
COVARS (Comité de Veille et d?Anticipation des Risques Sanitaires)
17/10/2023
VANTHOMME Adrien CIRAD Gestion durable de la faune sauvage 17/10/2023
PEYRE Marisa CIRAD PREZODE 17/10/2023
BOURGAREL Mathieu CIRAD Fièvres hémorragiques Afrique centrale 17/10/2023
DE NYS Hélène CIRAD Ecologie de la santé 17/10/2023
ERNY Cécile AFDPZ Directrice 02/10/2023
Etienne PERRIN
Etienne
Ministère
justice
Chef du bureau Droit social, environnement et santé publique 25/10/2023
CHAVRIER Gilles
Ministère
justice
Rédacteur 25/10/2023
GODSON
Jon IATA Assistant Director Sustainability 28/11/2023
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation illégale de produits carnés et
d?espèces protégées
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
GOYAT Manuela IATA France Complain Manager 28/10/2023
CHAD Robert IATA South Europe 28/10/2023
ISTASSE Maud
Ministère
fédéral
environnemen
t Belgique
Biodiversité & Gouvernance ? DG Environnement 14/11/2023
LEJEUNE Delphine
Douane
Belgique
14/11/2023
SZALO
Douane
Belgique
Législation non fiscale 14/11/2023
TIELENS André-Anne
Ambassade
de France
Attachée douanière Benelux 14/11/2023
LACAILLE Emmanuelle ADP Responsable exploitation bagages T1 T3 16/11/2023
SAUZET Emilie ADP Collecte traitement des déchets 16/11/2023
DELAROCHE Amélie MEAE Sous-directrice lutte contre le terrorisme et criminalité organisée 23/11/2023
SAIMOUR Bruno
COM
DGSanté
12/12/2023
GUMBEL Tim
COM
DGSanté
12/12/2023
BERNORIO Pier-Angelo
COM
DGSanté
12/12/2023
NICOLLE Nathalie COM TAXUD 12/12/2023
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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3 Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ADP Aéroport de Paris
AF Air France
AFD Agence Française de Développement
AFdPZ Association Française des Parcs Zoologiques
ANSES Agence Nationale de Sécurité Sanitaire
ANTAI Agence Nationale de Traitement Automatisé
des Infractions
BNEVP Brigade Nationale d?Enquête Vétérinaire et
Phytosanitaire
CDG Charles de Gaulle
CGAAER Conseil Général de l?Agriculture, de
l?Alimentation et des Espaces Ruraux
CIRAD Centre de coopération internationale en
recherche agronomique pour le
développement
CITES Convention on International Trade of
Endangered Species
COVID COrona VIrus Disease
CRPM Code Rural et de la Pêche Maritime
DGAC Direction Générale de l?Aviation Civile
DGDDI Direction Générale des Douanes et des Droits
Indirects
IATA International Air Transport Association
IFAW International Fund for Animal Welfare
IGEDD Inspection Générale de l?environnement et du
Développement Durable
INTERPOL Organisation internationale de police
criminelle
IRD
Institut de recherche pour le développement
LAR Live Animals Regulation
NAC Nouveaux Animaux de Compagnie
OCLAESP Office Central
OMD Organisation Mondiale des Douanes
OMS Organisation Mondiale de la Santé
OMSA Organisation Mondiale de la Santé Animale
ONG Organisations Non Gouvernementales
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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Acronyme Signification
PCR Perishable Cargo Regulations
PPA Peste Porcine Africaine
PREZODE Preventing Zoonotic Diseases Emergence
RSE Responsabilité Sociale des Entreprises
RSI Règlement Sanitaire International
SACPA Société d?Assistance pour le Contrôle des
Populations Animales
SIDA Syndrome Immuno Déficitaire Acquis
SIVEP Services d?Inspection Vétérinaires et
Phytosanitaires
SPS Certificats Sanitaires ou Phytosanitaires
Signés
SRAS Syndrome Respiratoire Aigu Sévère
TCR Temperature Control Regulations
TGI Tribunal de Grande Instance
TSE Techniques Spéciales d?Enquêtes
UICN Union Internationale de Conservation de la
Nature
WWF World Wide Fund for nature
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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4 Réglementation des importations de produits carnés et
animaux vivants issus d?espèces protégées
Le cadre juridique européen sur la sécurité sanitaire s?est mis en place progressivement pour limiter
les risques zoonotiques pour les consommateurs mais aussi pour protéger les élevages
domestiques européens de contaminations éventuelles. Le contrôle de l?importation des produits
carnés est prévu dans ce cadre par les règlements relatifs à la sécurité sanitaire des aliments, dont
le règlement (UE) 2017/62538 relatif aux contrôles officiels.
- Surveillée, documentée, l?importation des produits carnés dans le cadre commercial est
sécurisée.
Le contrôle de conformité des importations commerciales de produits d?origines animale et
végétale est effectué à l?arrivée sur le territoire de l?Union européenne par les services d?inspection
vétérinaires et phytosanitaires (SIVEP) des postes frontaliers.
En grande majorité transportées en fret, ces importations sont obligatoirement accompagnées de
certificats sanitaires ou phytosanitaires signés (SPS) des autorités du pays de départ certifiant la
conformité des produits aux accords SPS établis entre ces pays et l?Union européenne.
- En revanche, l?importation vers l?UE de produits carnés dans les bagages des voyageurs,
pourtant prohibée, reste difficilement contrôlable.
Si le principe juridique applicable aux flux de produits carnés est simple dans son énoncé, la
prohibition, les modalités de sa mise en oeuvre sont beaucoup plus complexes, ne permettant pas
en l?état de prétendre à une efficacité satisfaisante.
Le régime juridique de l?importation de produits carnés par des voyageurs trouve son fondement
dans le règlement (UE) relatif aux contrôles officiels portant sur les flux commerciaux de produits
alimentaires, détaillé dans le règlement délégué39 (UE) n° 2019/2122 de la Commission, qui pose
le principe de l?interdiction d?entrée sur le territoire européen, dans les bagages des voyageurs, de
toute viande, produit à base de viande et produits laitiers. Sont tolérés selon les seuils de quantité
(en kg) et le mode de conditionnement40: produits de la pêche, miel, escargots, lait en poudre pour
nourrisson et nourriture pour animaux domestiques.
Dans ce dispositif réglementaire plus large, le contrôle des produits carnés transportés par les
voyageurs relève de la responsabilité des Etats-membres, censés opérer sur la base d?analyse de
risque et de ciblage. Pour sa part, la Commission a veillé à définir un modèle d?affiche de
communication sur la prohibition.
38 Règlement (UE) 2017/625 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2017 concernant les contrôles
officiels et les autres activités officielles servant à assurer le respect de la législation alimentaire et de la législation
relative aux aliments pour animaux ainsi que des règles relatives à la santé et au bien-être des animaux, à la santé
des végétaux et aux produits phytopharmaceutiques
39 Règlement délégué (UE) n° 2019/2122 de la Commission du 10 octobre 2019 concernant certaines catégories
d?animaux et de biens exemptées des contrôles officiels aux postes de contrôle frontaliers, des contrôles
spécifiques des bagages personnels des passagers et de petits envois de biens expédiés à des personnes
physiques, qui ne sont pas destinés à être mis sur le marché et modifiant le règlement (UE) no 142/2011 de la
Commission
40 https://www.douane.gouv.fr/sites/default/files/2021-06/25/Retour-dans-l-union-europeenne-Denrees-
alimentaires-et-vegetaux.pdf
PUBLIÉ
https://www.douane.gouv.fr/sites/default/files/2021-06/25/Retour-dans-l-union-europeenne-Denrees-alimentaires-et-vegetaux.pdf
https://www.douane.gouv.fr/sites/default/files/2021-06/25/Retour-dans-l-union-europeenne-Denrees-alimentaires-et-vegetaux.pdf
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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Le cadre juridique européen de contrôle sanitaire (source : mission)
Alors que le strict respect de la prohibition devrait exclure de tels flux à l?importation des produits
carnés, force est de constater que dans la pratique, les moyens d?appliquer cette réglementation
sont insuffisants. Les contrôles sont exercés au seul filtre de la douane sans support documentaire
puisque le mécanisme de contrôles officiels ne concerne pas les voyageurs à l?entrée du territoire
de l?Union européenne.
Ainsi, les marchandises dans les bagages des voyageurs, de même que les flux de fret express
ou postal et les animaux de compagnie présentent un risque sanitaire spécifique du fait de
l?absence de contrôle de bout en bout des envois et de passage par des postes d?inspection
sanitaire, comme c?est le cas pour les flux commerciaux.
- L?importation d?animaux protégés est régie par la Convention 41 sur le commerce
international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d?extinction (CITES).
La réglementation CITES repose sur des supports de traçabilité, les certificats d?exportation et
d?importation, exigés pour les transactions commerciales internationales ou de transport par des
voyageurs. La double vérification par les autorités compétentes des deux pays donne l?assurance
d?une opération suivie et conforme sur le plan réglementaire.
Dans l?UE, la Convention est appliquée à travers deux règlements européens42 qui renforcent la
mise en oeuvre de la CITES à l?échelle du territoire européen puisqu?ils établissent quatre annexes
au lieu de trois. Les Annexes A, B et C sont globalement équivalentes, respectivement aux Annexes
I, II et III de la CITES.
41 Convention internationale signée en 1973 et entrée en vigueur en 1975, pour s?assurer de la survie des plus de
38 000 espèces figurant dans ses annexes
42 Règlement (CE) nº 338/97 du Conseil du 9 décembre 1996 relatif à la protection des espèces de faune et de
flore sauvages par le contrôle de leur commerce dit règlement de base et le règlement (CE) n° 865/2006 de la
Commission du 4 mai 2006.
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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1. La CITES protège environ 38 700 espèces, dont à peu près 6 000 espèces animales et plus
de 30 000 espèces végétales de la surexploitation. Elles figurent dans les trois annexes à la
Convention où elles sont regroupées en fonction de la gravité du risque d?extinction que le
commerce fait peser sur elle.
2. Les annexes peuvent couvrir des groupes entiers comme les primates, les cétacés, les tortues
de mer, les perroquets, les coraux, les cactus et les orchidées ? mais peuvent aussi parfois
concerner, une seule sous-espèce ou une seule population géographiquement isolée (une
population d?une espèce donnée dans un seul pays, par exemple).
3. - L?annexe I regroupe les espèces menacées d?extinction et dont la convention prohibe la
commercialisation et applique le cas échéant des pénalités importantes. Le commerce des
espèces inscrites à l?annexe I n?est autorisé que dans des conditions exceptionnelles ;
4. - L?annexe II comprend toutes les espèces qui ne sont pas nécessairement menacées
d?extinction mais dont le commerce des spécimens doit être réglementé pour éviter une
exploitation incompatible avec leur survie. Ainsi, leur commercialisation est réglementée de
façon stricte mais demeure autorisée ;
5. - L?annexe III comprend toutes les espèces protégées dans un pays qui a demandé aux
autres Parties à la CITES leur assistance pour en contrôler le commerce. La procédure
applicable pour opérer des changements dans cette annexe est distincte de celle valable pour
les annexes I et II car chaque Partie est ici habilitée à y apporter unilatéralement des
amendements. Le recours à l?annexe III se révèle bien plus marginal.
PUBLIÉ
PUBLIÉ
(ATTENTION: OPTION portation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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Loïc Dombreval
IGEDD
Christine Dubois
DGDDI/IS
Caroll Gardet
IGEDD
Inspecteur général de
l'administration du
développement durable
Administratrice supérieure
des douanes
Ingénieur des travaux publics
de l?Etat
Marie-Hélène Le Hénaff
CGAAER
Olivier Robinet
IGEDD
Inspectrice générale de
l'agriculture
Inspecteur général de santé
publique vétérinaire
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Annexes
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2 Lettre de mission
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d?espèces protégées
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3 Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
SALVAT Gilles ANSES DG délégué recherche et référence 04/09/2023
CLEOSTRATE Corinne DGDDI Sous-directrice Affaires juridiques et lutte contre la fraude 05/09/2023
SIMONNEAU
Florian
DGDDI Chef de bureau COMINT2 Restrictions et sécurisation des échanges 05/09/2023
BAUD Benjamin DGDDI Chef de section 05/09/2023
FAVRIE Muriel DGDDI Rédactrice CITES 05/09/2023
VIVET
Emmanuel
DGAC Sous-directeur des services aériens 06/09/2023
FARIZ Aissa DGAC Cheffe de programme Facilitation 06/09/2023
NOIRET Audrey DGDDI Secrétaire générale interrégionale 14/09/2023
DECRESSAC Simon DGDDI Directeur régional, direction Voyageurs 14/09/23
THION Philippe DGDDI Chef du pôle régional d?orientation des contrôles 14/09/23
ZEINULABEDIN-
RAFI
Philippe,
DGDDI Chef divisionnaire 14/09/2023
BIZERAY Emmanuel DGDDI Chef de service douanier de la surveillance (CSDS) 14/09/2023
SAADAOUI Imed SIVEP Roissy 14/09/2023
JACQUET François SIVEP Roissy 14/09/2023
PERRET Marie-Pierre AIR FRANCE Biodiversité et déplacements durables 14/09/2023
GHIRARDI Valérie AIR FRANCE Chargée des relations avec les services de l?Etat 14/09/2023
FAIPOUX Maud DGAL Directrice générale 15/09/2023
DONGUY Marie-Pierre BNEVP Directrice 15/09/2023
GERSTER François CGAAER Président de section 15/09/2023
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
MUSET Sophie OMSA
Gestionnaire du programme Santé de la faune sauvage et coordonnatrice du projet
EBO-SURSY
15/09/2023
JEANNIN Colonel OCLAESP Commandant en second 28/09/2023
NOCHEZ Ltd Colonel OCLAESP 28/09/2023
ESCOT Lorélie WWF Chargée de programme 25/09/2023
RINGUET Stéphane WWF Responsable Programme Commerce des Espèces Sauvages 25/09/2023
LELIEVRE Maud UICN Directrice du comité français de l?UICN 02/10/2023
KIRCHNER Florian UICN 02/10/2023
ANDRIEU Inès UICN 02/10/2023
GUILLAIN Pierre Edouard MET Adjoint du Directeur de l?eau et la biodiversité 05/10/2023
TREBILLON Marie-Hélène DDPP75
Directrice départementale de la protection des populations de Paris
10/10/2023
HERY Xavier DDPP75 Directeur adjoint 10/10/2023
LEFRANCOIS Thierry CIRAD
Conseiller de la PDG
COVARS (Comité de Veille et d?Anticipation des Risques Sanitaires)
17/10/2023
VANTHOMME Adrien CIRAD Gestion durable de la faune sauvage 17/10/2023
PEYRE Marisa CIRAD PREZODE 17/10/2023
BOURGAREL Mathieu CIRAD Fièvres hémorragiques Afrique centrale 17/10/2023
DE NYS Hélène CIRAD Ecologie de la santé 17/10/2023
ERNY Cécile AFDPZ Directrice 02/10/2023
Etienne PERRIN
Etienne
Ministère
justice
Chef du bureau Droit social, environnement et santé publique 25/10/2023
CHAVRIER Gilles
Ministère
justice
Rédacteur 25/10/2023
GODSON
Jon IATA Assistant Director Sustainability 28/11/2023
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d?espèces protégées
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
GOYAT Manuela IATA France Complain Manager 28/10/2023
CHAD Robert IATA South Europe 28/10/2023
ISTASSE Maud
Ministère
fédéral
environnemen
t Belgique
Biodiversité & Gouvernance ? DG Environnement 14/11/2023
LEJEUNE Delphine
Douane
Belgique
14/11/2023
SZALO
Douane
Belgique
Législation non fiscale 14/11/2023
TIELENS André-Anne
Ambassade
de France
Attachée douanière Benelux 14/11/2023
LACAILLE Emmanuelle ADP Responsable exploitation bagages T1 T3 16/11/2023
SAUZET Emilie ADP Collecte traitement des déchets 16/11/2023
DELAROCHE Amélie MEAE Sous-directrice lutte contre le terrorisme et criminalité organisée 23/11/2023
SAIMOUR Bruno
COM
DGSanté
12/12/2023
GUMBEL Tim
COM
DGSanté
12/12/2023
BERNORIO Pier-Angelo
COM
DGSanté
12/12/2023
NICOLLE Nathalie COM TAXUD 12/12/2023
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illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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3 Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ADP Aéroport de Paris
AF Air France
AFD Agence Française de Développement
AFdPZ Association Française des Parcs Zoologiques
ANSES Agence Nationale de Sécurité Sanitaire
ANTAI Agence Nationale de Traitement Automatisé
des Infractions
BNEVP Brigade Nationale d?Enquête Vétérinaire et
Phytosanitaire
CDG Charles de Gaulle
CGAAER Conseil Général de l?Agriculture, de
l?Alimentation et des Espaces Ruraux
CIRAD Centre de coopération internationale en
recherche agronomique pour le
développement
CITES Convention on International Trade of
Endangered Species
COVID COrona VIrus Disease
CRPM Code Rural et de la Pêche Maritime
DGAC Direction Générale de l?Aviation Civile
DGDDI Direction Générale des Douanes et des Droits
Indirects
IATA International Air Transport Association
IFAW International Fund for Animal Welfare
IGEDD Inspection Générale de l?environnement et du
Développement Durable
INTERPOL Organisation internationale de police
criminelle
IRD
Institut de recherche pour le développement
LAR Live Animals Regulation
NAC Nouveaux Animaux de Compagnie
OCLAESP Office Central
OMD Organisation Mondiale des Douanes
OMS Organisation Mondiale de la Santé
OMSA Organisation Mondiale de la Santé Animale
ONG Organisations Non Gouvernementales
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
Page 43/47
Acronyme Signification
PCR Perishable Cargo Regulations
PPA Peste Porcine Africaine
PREZODE Preventing Zoonotic Diseases Emergence
RSE Responsabilité Sociale des Entreprises
RSI Règlement Sanitaire International
SACPA Société d?Assistance pour le Contrôle des
Populations Animales
SIDA Syndrome Immuno Déficitaire Acquis
SIVEP Services d?Inspection Vétérinaires et
Phytosanitaires
SPS Certificats Sanitaires ou Phytosanitaires
Signés
SRAS Syndrome Respiratoire Aigu Sévère
TCR Temperature Control Regulations
TGI Tribunal de Grande Instance
TSE Techniques Spéciales d?Enquêtes
UICN Union Internationale de Conservation de la
Nature
WWF World Wide Fund for nature
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
Page 44/47
4 Réglementation des importations de produits carnés et
animaux vivants issus d?espèces protégées
Le cadre juridique européen sur la sécurité sanitaire s?est mis en place progressivement pour limiter
les risques zoonotiques pour les consommateurs mais aussi pour protéger les élevages
domestiques européens de contaminations éventuelles. Le contrôle de l?importation des produits
carnés est prévu dans ce cadre par les règlements relatifs à la sécurité sanitaire des aliments, dont
le règlement (UE) 2017/62538 relatif aux contrôles officiels.
- Surveillée, documentée, l?importation des produits carnés dans le cadre commercial est
sécurisée.
Le contrôle de conformité des importations commerciales de produits d?origines animale et
végétale est effectué à l?arrivée sur le territoire de l?Union européenne par les services d?inspection
vétérinaires et phytosanitaires (SIVEP) des postes frontaliers.
En grande majorité transportées en fret, ces importations sont obligatoirement accompagnées de
certificats sanitaires ou phytosanitaires signés (SPS) des autorités du pays de départ certifiant la
conformité des produits aux accords SPS établis entre ces pays et l?Union européenne.
- En revanche, l?importation vers l?UE de produits carnés dans les bagages des voyageurs,
pourtant prohibée, reste difficilement contrôlable.
Si le principe juridique applicable aux flux de produits carnés est simple dans son énoncé, la
prohibition, les modalités de sa mise en oeuvre sont beaucoup plus complexes, ne permettant pas
en l?état de prétendre à une efficacité satisfaisante.
Le régime juridique de l?importation de produits carnés par des voyageurs trouve son fondement
dans le règlement (UE) relatif aux contrôles officiels portant sur les flux commerciaux de produits
alimentaires, détaillé dans le règlement délégué39 (UE) n° 2019/2122 de la Commission, qui pose
le principe de l?interdiction d?entrée sur le territoire européen, dans les bagages des voyageurs, de
toute viande, produit à base de viande et produits laitiers. Sont tolérés selon les seuils de quantité
(en kg) et le mode de conditionnement40: produits de la pêche, miel, escargots, lait en poudre pour
nourrisson et nourriture pour animaux domestiques.
Dans ce dispositif réglementaire plus large, le contrôle des produits carnés transportés par les
voyageurs relève de la responsabilité des Etats-membres, censés opérer sur la base d?analyse de
risque et de ciblage. Pour sa part, la Commission a veillé à définir un modèle d?affiche de
communication sur la prohibition.
38 Règlement (UE) 2017/625 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2017 concernant les contrôles
officiels et les autres activités officielles servant à assurer le respect de la législation alimentaire et de la législation
relative aux aliments pour animaux ainsi que des règles relatives à la santé et au bien-être des animaux, à la santé
des végétaux et aux produits phytopharmaceutiques
39 Règlement délégué (UE) n° 2019/2122 de la Commission du 10 octobre 2019 concernant certaines catégories
d?animaux et de biens exemptées des contrôles officiels aux postes de contrôle frontaliers, des contrôles
spécifiques des bagages personnels des passagers et de petits envois de biens expédiés à des personnes
physiques, qui ne sont pas destinés à être mis sur le marché et modifiant le règlement (UE) no 142/2011 de la
Commission
40 https://www.douane.gouv.fr/sites/default/files/2021-06/25/Retour-dans-l-union-europeenne-Denrees-
alimentaires-et-vegetaux.pdf
PUBLIÉ
https://www.douane.gouv.fr/sites/default/files/2021-06/25/Retour-dans-l-union-europeenne-Denrees-alimentaires-et-vegetaux.pdf
https://www.douane.gouv.fr/sites/default/files/2021-06/25/Retour-dans-l-union-europeenne-Denrees-alimentaires-et-vegetaux.pdf
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
Page 45/47
Le cadre juridique européen de contrôle sanitaire (source : mission)
Alors que le strict respect de la prohibition devrait exclure de tels flux à l?importation des produits
carnés, force est de constater que dans la pratique, les moyens d?appliquer cette réglementation
sont insuffisants. Les contrôles sont exercés au seul filtre de la douane sans support documentaire
puisque le mécanisme de contrôles officiels ne concerne pas les voyageurs à l?entrée du territoire
de l?Union européenne.
Ainsi, les marchandises dans les bagages des voyageurs, de même que les flux de fret express
ou postal et les animaux de compagnie présentent un risque sanitaire spécifique du fait de
l?absence de contrôle de bout en bout des envois et de passage par des postes d?inspection
sanitaire, comme c?est le cas pour les flux commerciaux.
- L?importation d?animaux protégés est régie par la Convention 41 sur le commerce
international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d?extinction (CITES).
La réglementation CITES repose sur des supports de traçabilité, les certificats d?exportation et
d?importation, exigés pour les transactions commerciales internationales ou de transport par des
voyageurs. La double vérification par les autorités compétentes des deux pays donne l?assurance
d?une opération suivie et conforme sur le plan réglementaire.
Dans l?UE, la Convention est appliquée à travers deux règlements européens42 qui renforcent la
mise en oeuvre de la CITES à l?échelle du territoire européen puisqu?ils établissent quatre annexes
au lieu de trois. Les Annexes A, B et C sont globalement équivalentes, respectivement aux Annexes
I, II et III de la CITES.
41 Convention internationale signée en 1973 et entrée en vigueur en 1975, pour s?assurer de la survie des plus de
38 000 espèces figurant dans ses annexes
42 Règlement (CE) nº 338/97 du Conseil du 9 décembre 1996 relatif à la protection des espèces de faune et de
flore sauvages par le contrôle de leur commerce dit règlement de base et le règlement (CE) n° 865/2006 de la
Commission du 4 mai 2006.
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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1. La CITES protège environ 38 700 espèces, dont à peu près 6 000 espèces animales et plus
de 30 000 espèces végétales de la surexploitation. Elles figurent dans les trois annexes à la
Convention où elles sont regroupées en fonction de la gravité du risque d?extinction que le
commerce fait peser sur elle.
2. Les annexes peuvent couvrir des groupes entiers comme les primates, les cétacés, les tortues
de mer, les perroquets, les coraux, les cactus et les orchidées ? mais peuvent aussi parfois
concerner, une seule sous-espèce ou une seule population géographiquement isolée (une
population d?une espèce donnée dans un seul pays, par exemple).
3. - L?annexe I regroupe les espèces menacées d?extinction et dont la convention prohibe la
commercialisation et applique le cas échéant des pénalités importantes. Le commerce des
espèces inscrites à l?annexe I n?est autorisé que dans des conditions exceptionnelles ;
4. - L?annexe II comprend toutes les espèces qui ne sont pas nécessairement menacées
d?extinction mais dont le commerce des spécimens doit être réglementé pour éviter une
exploitation incompatible avec leur survie. Ainsi, leur commercialisation est réglementée de
façon stricte mais demeure autorisée ;
5. - L?annexe III comprend toutes les espèces protégées dans un pays qui a demandé aux
autres Parties à la CITES leur assistance pour en contrôler le commerce. La procédure
applicable pour opérer des changements dans cette annexe est distincte de celle valable pour
les annexes I et II car chaque Partie est ici habilitée à y apporter unilatéralement des
amendements. Le recours à l?annexe III se révèle bien plus marginal.
PUBLIÉ
PUBLIÉ
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION nistration du
développement durable
Administratrice supérieure
des douanes
Ingénieur des travaux publics
de l?Etat
Marie-Hélène Le Hénaff
CGAAER
Olivier Robinet
IGEDD
Inspectrice générale de
l'agriculture
Inspecteur général de santé
publique vétérinaire
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Annexes
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illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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2 Lettre de mission
PUBLIÉ
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illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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PUBLIÉ
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illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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PUBLIÉ
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d?espèces protégées
Page 39/47
3 Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
SALVAT Gilles ANSES DG délégué recherche et référence 04/09/2023
CLEOSTRATE Corinne DGDDI Sous-directrice Affaires juridiques et lutte contre la fraude 05/09/2023
SIMONNEAU
Florian
DGDDI Chef de bureau COMINT2 Restrictions et sécurisation des échanges 05/09/2023
BAUD Benjamin DGDDI Chef de section 05/09/2023
FAVRIE Muriel DGDDI Rédactrice CITES 05/09/2023
VIVET
Emmanuel
DGAC Sous-directeur des services aériens 06/09/2023
FARIZ Aissa DGAC Cheffe de programme Facilitation 06/09/2023
NOIRET Audrey DGDDI Secrétaire générale interrégionale 14/09/2023
DECRESSAC Simon DGDDI Directeur régional, direction Voyageurs 14/09/23
THION Philippe DGDDI Chef du pôle régional d?orientation des contrôles 14/09/23
ZEINULABEDIN-
RAFI
Philippe,
DGDDI Chef divisionnaire 14/09/2023
BIZERAY Emmanuel DGDDI Chef de service douanier de la surveillance (CSDS) 14/09/2023
SAADAOUI Imed SIVEP Roissy 14/09/2023
JACQUET François SIVEP Roissy 14/09/2023
PERRET Marie-Pierre AIR FRANCE Biodiversité et déplacements durables 14/09/2023
GHIRARDI Valérie AIR FRANCE Chargée des relations avec les services de l?Etat 14/09/2023
FAIPOUX Maud DGAL Directrice générale 15/09/2023
DONGUY Marie-Pierre BNEVP Directrice 15/09/2023
GERSTER François CGAAER Président de section 15/09/2023
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Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation illégale de produits carnés et
d?espèces protégées
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
MUSET Sophie OMSA
Gestionnaire du programme Santé de la faune sauvage et coordonnatrice du projet
EBO-SURSY
15/09/2023
JEANNIN Colonel OCLAESP Commandant en second 28/09/2023
NOCHEZ Ltd Colonel OCLAESP 28/09/2023
ESCOT Lorélie WWF Chargée de programme 25/09/2023
RINGUET Stéphane WWF Responsable Programme Commerce des Espèces Sauvages 25/09/2023
LELIEVRE Maud UICN Directrice du comité français de l?UICN 02/10/2023
KIRCHNER Florian UICN 02/10/2023
ANDRIEU Inès UICN 02/10/2023
GUILLAIN Pierre Edouard MET Adjoint du Directeur de l?eau et la biodiversité 05/10/2023
TREBILLON Marie-Hélène DDPP75
Directrice départementale de la protection des populations de Paris
10/10/2023
HERY Xavier DDPP75 Directeur adjoint 10/10/2023
LEFRANCOIS Thierry CIRAD
Conseiller de la PDG
COVARS (Comité de Veille et d?Anticipation des Risques Sanitaires)
17/10/2023
VANTHOMME Adrien CIRAD Gestion durable de la faune sauvage 17/10/2023
PEYRE Marisa CIRAD PREZODE 17/10/2023
BOURGAREL Mathieu CIRAD Fièvres hémorragiques Afrique centrale 17/10/2023
DE NYS Hélène CIRAD Ecologie de la santé 17/10/2023
ERNY Cécile AFDPZ Directrice 02/10/2023
Etienne PERRIN
Etienne
Ministère
justice
Chef du bureau Droit social, environnement et santé publique 25/10/2023
CHAVRIER Gilles
Ministère
justice
Rédacteur 25/10/2023
GODSON
Jon IATA Assistant Director Sustainability 28/11/2023
PUBLIÉ
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d?espèces protégées
Page 41/47
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
GOYAT Manuela IATA France Complain Manager 28/10/2023
CHAD Robert IATA South Europe 28/10/2023
ISTASSE Maud
Ministère
fédéral
environnemen
t Belgique
Biodiversité & Gouvernance ? DG Environnement 14/11/2023
LEJEUNE Delphine
Douane
Belgique
14/11/2023
SZALO
Douane
Belgique
Législation non fiscale 14/11/2023
TIELENS André-Anne
Ambassade
de France
Attachée douanière Benelux 14/11/2023
LACAILLE Emmanuelle ADP Responsable exploitation bagages T1 T3 16/11/2023
SAUZET Emilie ADP Collecte traitement des déchets 16/11/2023
DELAROCHE Amélie MEAE Sous-directrice lutte contre le terrorisme et criminalité organisée 23/11/2023
SAIMOUR Bruno
COM
DGSanté
12/12/2023
GUMBEL Tim
COM
DGSanté
12/12/2023
BERNORIO Pier-Angelo
COM
DGSanté
12/12/2023
NICOLLE Nathalie COM TAXUD 12/12/2023
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Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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3 Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ADP Aéroport de Paris
AF Air France
AFD Agence Française de Développement
AFdPZ Association Française des Parcs Zoologiques
ANSES Agence Nationale de Sécurité Sanitaire
ANTAI Agence Nationale de Traitement Automatisé
des Infractions
BNEVP Brigade Nationale d?Enquête Vétérinaire et
Phytosanitaire
CDG Charles de Gaulle
CGAAER Conseil Général de l?Agriculture, de
l?Alimentation et des Espaces Ruraux
CIRAD Centre de coopération internationale en
recherche agronomique pour le
développement
CITES Convention on International Trade of
Endangered Species
COVID COrona VIrus Disease
CRPM Code Rural et de la Pêche Maritime
DGAC Direction Générale de l?Aviation Civile
DGDDI Direction Générale des Douanes et des Droits
Indirects
IATA International Air Transport Association
IFAW International Fund for Animal Welfare
IGEDD Inspection Générale de l?environnement et du
Développement Durable
INTERPOL Organisation internationale de police
criminelle
IRD
Institut de recherche pour le développement
LAR Live Animals Regulation
NAC Nouveaux Animaux de Compagnie
OCLAESP Office Central
OMD Organisation Mondiale des Douanes
OMS Organisation Mondiale de la Santé
OMSA Organisation Mondiale de la Santé Animale
ONG Organisations Non Gouvernementales
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
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Acronyme Signification
PCR Perishable Cargo Regulations
PPA Peste Porcine Africaine
PREZODE Preventing Zoonotic Diseases Emergence
RSE Responsabilité Sociale des Entreprises
RSI Règlement Sanitaire International
SACPA Société d?Assistance pour le Contrôle des
Populations Animales
SIDA Syndrome Immuno Déficitaire Acquis
SIVEP Services d?Inspection Vétérinaires et
Phytosanitaires
SPS Certificats Sanitaires ou Phytosanitaires
Signés
SRAS Syndrome Respiratoire Aigu Sévère
TCR Temperature Control Regulations
TGI Tribunal de Grande Instance
TSE Techniques Spéciales d?Enquêtes
UICN Union Internationale de Conservation de la
Nature
WWF World Wide Fund for nature
PUBLIÉ
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
Page 44/47
4 Réglementation des importations de produits carnés et
animaux vivants issus d?espèces protégées
Le cadre juridique européen sur la sécurité sanitaire s?est mis en place progressivement pour limiter
les risques zoonotiques pour les consommateurs mais aussi pour protéger les élevages
domestiques européens de contaminations éventuelles. Le contrôle de l?importation des produits
carnés est prévu dans ce cadre par les règlements relatifs à la sécurité sanitaire des aliments, dont
le règlement (UE) 2017/62538 relatif aux contrôles officiels.
- Surveillée, documentée, l?importation des produits carnés dans le cadre commercial est
sécurisée.
Le contrôle de conformité des importations commerciales de produits d?origines animale et
végétale est effectué à l?arrivée sur le territoire de l?Union européenne par les services d?inspection
vétérinaires et phytosanitaires (SIVEP) des postes frontaliers.
En grande majorité transportées en fret, ces importations sont obligatoirement accompagnées de
certificats sanitaires ou phytosanitaires signés (SPS) des autorités du pays de départ certifiant la
conformité des produits aux accords SPS établis entre ces pays et l?Union européenne.
- En revanche, l?importation vers l?UE de produits carnés dans les bagages des voyageurs,
pourtant prohibée, reste difficilement contrôlable.
Si le principe juridique applicable aux flux de produits carnés est simple dans son énoncé, la
prohibition, les modalités de sa mise en oeuvre sont beaucoup plus complexes, ne permettant pas
en l?état de prétendre à une efficacité satisfaisante.
Le régime juridique de l?importation de produits carnés par des voyageurs trouve son fondement
dans le règlement (UE) relatif aux contrôles officiels portant sur les flux commerciaux de produits
alimentaires, détaillé dans le règlement délégué39 (UE) n° 2019/2122 de la Commission, qui pose
le principe de l?interdiction d?entrée sur le territoire européen, dans les bagages des voyageurs, de
toute viande, produit à base de viande et produits laitiers. Sont tolérés selon les seuils de quantité
(en kg) et le mode de conditionnement40: produits de la pêche, miel, escargots, lait en poudre pour
nourrisson et nourriture pour animaux domestiques.
Dans ce dispositif réglementaire plus large, le contrôle des produits carnés transportés par les
voyageurs relève de la responsabilité des Etats-membres, censés opérer sur la base d?analyse de
risque et de ciblage. Pour sa part, la Commission a veillé à définir un modèle d?affiche de
communication sur la prohibition.
38 Règlement (UE) 2017/625 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2017 concernant les contrôles
officiels et les autres activités officielles servant à assurer le respect de la législation alimentaire et de la législation
relative aux aliments pour animaux ainsi que des règles relatives à la santé et au bien-être des animaux, à la santé
des végétaux et aux produits phytopharmaceutiques
39 Règlement délégué (UE) n° 2019/2122 de la Commission du 10 octobre 2019 concernant certaines catégories
d?animaux et de biens exemptées des contrôles officiels aux postes de contrôle frontaliers, des contrôles
spécifiques des bagages personnels des passagers et de petits envois de biens expédiés à des personnes
physiques, qui ne sont pas destinés à être mis sur le marché et modifiant le règlement (UE) no 142/2011 de la
Commission
40 https://www.douane.gouv.fr/sites/default/files/2021-06/25/Retour-dans-l-union-europeenne-Denrees-
alimentaires-et-vegetaux.pdf
PUBLIÉ
https://www.douane.gouv.fr/sites/default/files/2021-06/25/Retour-dans-l-union-europeenne-Denrees-alimentaires-et-vegetaux.pdf
https://www.douane.gouv.fr/sites/default/files/2021-06/25/Retour-dans-l-union-europeenne-Denrees-alimentaires-et-vegetaux.pdf
Décembre 2023 Mission interministérielle sur la lutte contre l?importation
illégale de produits carnés et d?espèces protégées
Page 45/47
Le cadre juridique européen de contrôle sanitaire (source : mission)
Alors que le strict respect de la prohibition devrait exclure de tels flux à l?importation des produits
carnés, force est de constater que dans la pratique, les moyens d?appliquer cette réglementation
sont insuffisants. Les contrôles sont exercés au seul filtre de la douane sans support documentaire
puisque le mécanisme de contrôles officiels ne concerne pas les voyageurs à l?entrée du territoire
de l?Union européenne.
Ainsi, les marchandises dans les bagages des voyageurs, de même que les flux de fret express
ou postal et les animaux de compagnie présentent un risque sanitaire spécifique du fait de
l?absence de contrôle de bout en bout des envois et de passage par des postes d?inspection
sanitaire, comme c?est le cas pour les flux commerciaux.
- L?importation d?animaux protégés est régie par la Convention 41 sur le commerce
international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d?extinction (CITES).
La réglementation CITES repose sur des supports de traçabilité, les certificats d?exportation et
d?importation, exigés pour les transactions commerciales internationales ou de transport par des
voyageurs. La double vérification par les autorités compétentes des deux pays donne l?assurance
d?une opération suivie et conforme sur le plan réglementaire.
Dans l?UE, la Convention est appliquée à travers deux règlements européens42 qui renforcent la
mise en oeuvre de la CITES à l?échelle du territoire européen puisqu?ils établissent quatre annexes
au lieu de trois. Les Annexes A, B et C sont globalement équivalentes, respectivement aux Annexes
I, II et III de la CITES.
41 Convention internationale signée en 1973 et entrée en vigueur en 1975, pour s?assurer de la survie des plus de
38 000 espèces figurant dans ses annexes
42 Règlement (CE) nº 338/97 du Conseil du 9 décembre 1996 relatif à la protection des espèces de faune et de
flore sauvages par le contrôle de leur commerce dit règlement de base et le règlement (CE) n° 865/2006 de la
Commission du 4 mai 2006.
PUBLIÉ
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illégale de produits carnés et d?espèces protégées
Page 46/47
1. La CITES protège environ 38 700 espèces, dont à peu près 6 000 espèces animales et plus
de 30 000 espèces végétales de la surexploitation. Elles figurent dans les trois annexes à la
Convention où elles sont regroupées en fonction de la gravité du risque d?extinction que le
commerce fait peser sur elle.
2. Les annexes peuvent couvrir des groupes entiers comme les primates, les cétacés, les tortues
de mer, les perroquets, les coraux, les cactus et les orchidées ? mais peuvent aussi parfois
concerner, une seule sous-espèce ou une seule population géographiquement isolée (une
population d?une espèce donnée dans un seul pays, par exemple).
3. - L?annexe I regroupe les espèces menacées d?extinction et dont la convention prohibe la
commercialisation et applique le cas échéant des pénalités importantes. Le commerce des
espèces inscrites à l?annexe I n?est autorisé que dans des conditions exceptionnelles ;
4. - L?annexe II comprend toutes les espèces qui ne sont pas nécessairement menacées
d?extinction mais dont le commerce des spécimens doit être réglementé pour éviter une
exploitation incompatible avec leur survie. Ainsi, leur commercialisation est réglementée de
façon stricte mais demeure autorisée ;
5. - L?annexe III comprend toutes les espèces protégées dans un pays qui a demandé aux
autres Parties à la CITES leur assistance pour en contrôler le commerce. La procédure
applicable pour opérer des changements dans cette annexe est distincte de celle valable pour
les annexes I et II car chaque Partie est ici habilitée à y apporter unilatéralement des
amendements. Le recours à l?annexe III se révèle bien plus marginal.
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INVALIDE)