Appui à David Amiel, député de Paris, pour sa mission sur l'accès au logement des agents publics
BEGASSAT, Luc
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">La problématique du logement des agents publics apparaît comme un enjeu majeur d'attractivité, d'accompagnement des parcours professionnels, de qualité de vie au travail et de pouvoir d'achat. La mission fait le constat d'une situation aujourd'hui insoutenable. Face à l'urgence, les initiatives se sont récemment multipliées, mais elles restent inégales et dispersées. Un sursaut est possible immédiatement pour mieux mobiliser le parc existant. La mission préconise de repenser l'utilisation du contingent préfectoral en partant des agents : de leurs besoins réels (depuis l'identification des programmes mobilisables jusqu'à l'attribution des logements), des spécificités métiers et des spécificités locales. Elle appelle de plus à mobiliser pleinement les outils de droit commun pour apporter des réponses aux agents publics : clarifier les dispositifs introduits par les lois ELAN et 3DS pour faciliter l'accès au logement social ; créer des partenariats pour faciliter l'accès au logement intermédiaire et l'accès à la propriété ; lancer des initiatives pour proposer une offre complémentaire de logements temporaires « sur mesure ». Pour l'accès au marché locatif privé, la mission recommande d'étendre la garantie « Visale » à l'ensemble des agents publics de 31 ans et plus dans les mêmes conditions que pour les salariés du privé, afin qu'ils ne trouvent plus porte close faute de garanties suffisantes. La mission préconise toutefois d'aller bien au-delà et de permettre la reconstruction d'une vraie politique du logement pour les agents publics. Il faut envisager pour cela de libérer les initiatives pour mobiliser le foncier public à destination des agents publics ; de s'appuyer sur le logement social comme sur le logement intermédiaire pour proposer de nouveaux logements associés à certains métiers du secteur public ; de bâtir l'« Action Logement du secteur public ». Cet outil devra, sans se substituer aux employeurs publics, proposer une stratégie d'ensemble pour le logement des agents publics, porter des projets communs aux différents employeurs et fournir l'aide en ingénierie sur le terrain. Sa mise en place progressive se ferait en concertation avec les représentants des personnels et les employeurs publics.</div>
Editeur
IGEDD
Descripteur Urbamet
politique du logement
;agent
Descripteur écoplanete
accès au logement
Thème
Habitat - Logement
;Administration publique
Texte intégral
Loger les travailleurs des services publics
Mission auprès du gouvernement - Avril 2024
1
Loger les travailleurs
des services publics
Mission auprès du gouvernement
David Amiel
Avril 2024
P
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Loger les travailleurs des services publics
Mission auprès du gouvernement - Avril 2024
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Composition de la mission
David Amiel, député de Paris
Luc Begassat, inspecteur général de
l?environnement et du développement
durable
Avec l?appui de :
Jacques Meurin
Frédéric Bonnet
Christine Lacoste
François Citton
PUBLIÉ
Loger les travailleurs des services publics
Mission auprès du gouvernement - Avril 2024
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Sommaire
Introduction
Liste des recommandations
1 Le constat : trop d?agents publics privés d?un accès correct au
logement
1.1 Les difficultés d?accès au logement des agents publics menacent le
fonctionnement des services publics
1.1.1 De nombreux agents font face à des difficultés importantes
en matière de logement
1.1.2 Le parc social s?éloigne dangereusement de son modèle
historique alors que les prix de l?immobilier ont flambé
1.1.3 Les besoins sont variables selon les rémunérations, les
carrières et les territoires
1.2 Les politiques de soutien des employeurs publics, trop longtemps
négligées, ne sont pas à la hauteur des enjeux
1.2.1 L?action des administrations publiques en faveur de leurs
agents reste inégale et dispersée malgré une tendance récente à la
hausse
1.2.2 Cette action souffre de la comparaison avec le secteur privé
2 Le sursaut : des actions immédiates pour mieux mobiliser le parc
existant
2.1 Repenser l?utilisation du contingent préfectoral en partant des
agents
2.1.1 Partir des souhaits des agents avec la location choisie
2.1.2 Partir de la réalité des besoins en permettant de moduler en
fonction des territoires et des types de logements
2.1.3 Partir des spécificités des métiers en élaborant des priorités
locales
2.2 Mobiliser pleinement les outils de droit commun pour des réponses
« sur mesure »
2.2.1 Des clarifications des lois ELAN et 3DS pour faciliter l?accès
au logement social
2.2.2 Des partenariats pour faciliter l?accès au logement
intermédiaire et l?accès à la propriété
2.2.3 Des initiatives à lancer pour une offre complémentaire de
logements temporaires
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2.3 Etendre la garantie Visale aux agents publics de 31 ans et plus
2.3.1 Les agents publics de 31 ans ou plus ne disposent pas des
mêmes aides d?accès au logement locatif que leurs homologues du
secteur privé
2.3.2 L?extension de la garantie Visale aux agents publics de 31
ans et plus, dans les conditions applicables aux salariés du privé,
présente les meilleurs atouts
3 La reconstruction : rebâtir une vraie politique du logement pour les
agents publics
3.1 Libérer les initiatives pour mobiliser le foncier public à destination
des agents publics
3.1.1 La mobilisation du foncier public pour le logement nécessite
un soutien politique énergique
3.1.2 Simplifier l?affectation du foncier public au logement des
agents publics
3.2 S?appuyer sur le logement social comme sur le logement
intermédiaire pour proposer de nouveaux logements associés Ã
certains métiers du secteur public
3.2.1 Développer une offre nouvelle pour les agents publics dans le
parc social
3.2.2 Développer une offre nouvelle pour les agents publics dans le
logement intermédiaire
3.3 Bâtir l?« Action Logement du secteur public »
3.3.1 Un double manque à combler : la stratégie d?ensemble et
l?ingénierie sur le terrain
3.3.2 Mobiliser des moyens supplémentaires
3.3.3 Une construction concertée et transparente
Annexes
Annexe 1 Lettre de mission
Annexe 2 L?évaluation des avantages logement octroyés par Action
Logement aux salariés de secteur privé
Annexe 3 Liste des personnes auditionnées
Annexe 4 Glossaire des sigles et acronymes
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Introduction
« Je suis deux fois en prison. Dans la journée, quand je travaille. Le soir, quand je rentre chez
moi ».
Un surveillant pénitentiaire au centre pénitentiaire de Paris-La Santé
Ce rapport est un cri d?alarme. La citation qui l?ouvre n?est qu?un exemple parmi tant
d?autres des témoignages qui nous ont été adressés. De nombreux agents publics
ne parviennent plus à habiter à une distance raisonnable de leurs emplois. Certains
acceptent des trajets considérables, au détriment de leur vie de famille et au prix de
dépenses importantes. D?autres se logent dans des conditions profondément dégradées.
Cette situation est une face émergée de la crise du logement qui frappe de plein fouet
de nombreux territoires. Le marché privé a connu une flambée des prix qui le rend dans
bien des cas inaccessibles. Le logement intermédiaire est encore trop peu développé et
n?est, de surcroît, pas adapté à tous les besoins. Le logement social est indispensable Ã
beaucoup d?agents et doit être soutenu. Il traverse aujourd?hui une crise existentielle. Il
est né de la préoccupation de loger les travailleurs dans des conditions dignes. Pourtant,
sous le fruit de nombreux facteurs, il s?est engorgé et paupérisé au fil des décennies,
rendant urgent le sauvetage de sa vocation historique, qui implique, aux côtés de la prise
en charge des plus précaires, une vraie possibilité d?accès pour les travailleurs des classes
moyennes et populaires.
A cette crise générale s?ajoute une crise spécifique. Trop longtemps, nous avons
collectivement fermé les yeux, fait comme si nos services publics pouvaient durablement
fonctionner avec des agents qui ne parviendraient pas à se loger. Les politiques de soutien
des employeurs publics ont été négligées, parfois même démantelées. La situation est
aujourd?hui insoutenable. Face à l?urgence, les initiatives se sont récemment multipliées,
mais elles restent inégales et dispersées, si bien que la comparaison avec le secteur privé,
et notamment ce qui est entrepris par Action Logement, est cruelle pour le secteur
public.
La volonté du Gouvernement de se saisir pleinement de ce sujet est donc essentielle
et était attendue par de nombreux acteurs. Cela saute aux yeux : à travers le pays, des
employeurs, organisations syndicales, collectivités, bailleurs, promoteurs, investisseurs,
associations se mobilisent pour innover et trouver des réponses. Ils nouent des
partenariats, organisent des initiatives locales, dessinent des pistes qui peuvent être
généralisées. Ce qu?ils nous demandent est moins d?inventer des solutions que de
leur permettre de les mettre en place, en les épaulant, en déverrouillant des blocages
réglementaires et législatifs, en fixant un cadre de travail en commun. Ce rapport trace
quelques axes, sans prétendre à l?exhaustivité.
Un sursaut est possible immédiatement pour mieux mobiliser le parc existant. Pour
l?accès au marché locatif privé, on peut, sans attendre, étendre la garantie « Visale » Ã
l?ensemble des agents publics de 31 ans et plus dans les mêmes conditions que pour les
salariés du privé, afin qu?ils ne trouvent plus porte close faute de garanties suffisantes.
Dans le logement intermédiaire, on peut, sans attendre, nouer les partenariats pour
profiter des projets en cours et en flécher un certain nombre vers les agents publics. Au
sein du parc social, la part des 5% de logements destinés aux agents civils et militaires de
l?Etat peut, sans attendre, être bien mieux utilisée, à condition de changer d?approche
et de partir des besoins réels des agents, depuis l?identification des programmes jusqu?Ã
l?attribution des logements. De nombreux dispositifs législatifs, introduits par des lois
récentes 3DS et ELAN, nécessitent d?être clarifiés pour être mieux appliqués et éviter des
pertes de temps inutiles - il en va des règles de priorité comme de la mise en oeuvre de la
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« gestion en flux ». Alors que les taux d?intérêt sont élevés, c?est le moment d?encourager,
fiscalement et socialement, les employeurs qui souhaiteraient prendre en charge une
partie des intérêts des prêts immobiliers de leurs salariés ou agents.
Il faut toutefois aller bien au-delà , et permettre la reconstruction d?une vraie politique du
logement pour les agents publics.
La production d?une offre nouvelle de logements à destination des agents publics qui ne
parviennent plus à se loger est indispensable. Ces logements devront être produits en
utilisant tous les statuts possibles. Afin d?être adaptée à tous les niveaux de revenus, la
production devra inclure de nouveaux logements sociaux et intermédiaires, dont l?usage,
dans un cadre précisément défini et délimité, pourrait désormais être lié à l?exercice
d?une fonction. Afin d?être adaptée à toutes les situations, elle devrait aussi inclure
un programme de résidences temporaires, agissant comme un sas pour les agents en
mobilité. Ces logements devront être produits en utilisant toutes les surfaces disponibles.
Cela passe naturellement par la mobilisation accrue du foncier public, y compris par
la conversion de bureaux en logement ou bien la densification de sites existants avec
des usages mixtes services publics-logement. Ces logements devront enfin être produits
en utilisant tous les moyens de soutien aux investissements, depuis l?achat de droits
de réservation auprès des bailleurs sociaux jusqu?à la mobilisation des investisseurs
dans le logement intermédiaire. Le rapport formule une série de propositions de
simplifications en ce sens, pour faire sauter des verrous qui empêchent de donner
vie à des projets locaux.
De nombreux travaux ont déjà porté sur le sujet du logement des agents publics, et
nous nous inscrivons dans leur lignée. C?est le cas notamment du rapport fondateur
d?Alain Dorison et de Chantal Chambellan-Le Levier, remis en juin 2016. Certaines de
leurs recommandations ont déjà été mises en oeuvre, d?autres ont nourri nos propres
réflexions. Mais la mobilisation collective a été trop souvent intermittente.
Par conséquent, une réforme profonde du pilotage de la politique du logement des
agents publics est nécessaire. Nous n?avons plus le droit d?ignorer les besoins précis des
agents, de tolérer des inégalités injustifiables selon les employeurs publics, de laisser
des réflexions en jachère et des initiatives locales sans appui, de disperser les efforts
financiers. C?est le sens de la construction d?un « Action Logement du secteur public »
que ce rapport propose. Il devra, sans se substituer aux employeurs publics, proposer
une stratégie d?ensemble pour le logement des agents publics, porter des projets
communs aux différents employeurs et fournir l?aide en ingénierie sur le terrain. Sa mise
en place progressive se ferait en concertation avec les représentants des personnels et
les employeurs publics des trois versants.
Certes, bien des progrès résulteront d?une politique générale du logement, s?adressant Ã
l?ensemble des habitants. Cela n?ôte rien à l?urgence des mesures spécifiques évoquées
dans ce rapport, liées à la gravité de la situation, aux particularités des métiers et au
déficit d?instruments par rapport au secteur privé. Agents ou usagers, nous sommes
tous directement concernés. Quand les premiers ne peuvent plus se loger, c?est le
fonctionnement même des services publics qui est menacé. Cette crise de l?attractivité
atteint aujourd?hui un degré insoutenable dans plusieurs secteurs.
On n?a pas le droit de reléguer silencieusement ceux que l?on a bruyamment applaudis
aux fenêtres.
C?est tout à la fois au nom de la reconnaissance du travail, de la lutte contre la fracture
territoriale et du renouveau des services publics qu?une mobilisation générale pour mieux
loger les agents publics doit être déclenchée.
David Amiel
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Liste des recommandations
Recommandation 1. Sur la base des travaux entamés par la DGAFP, actua-
liser régulièrement, en commençant par les territoires les plus tendus, les
diagnostics territoriaux quantitatifs et qualitatifs des besoins pour l?accès
au logement des agents publics.
Recommandation 2. Généraliser à toute la France la location choisie. Pour
cette application, privilégier une solution technique performante pou-
vant être déployée aussi rapidement que possible.
Recommandation 3. Identifier les secteurs géographiques et les types de
logements qui doivent faire l?objet d?une priorité dans le cadre de la ges-
tion en flux du contingent préfectoral de 5 % et décliner ces priorités
dans les conventions à signer avec les bailleurs sociaux.
Recommandation 4. Pour le 5% préfectoral, demander aux services de
l?Etat d?élaborer dans chaque département une grille de cotation des
demandes des agents de l?Etat intégrant des critères sociaux tenant à la
situation personnelle du ménage, ceux liés aux conditions de travail de
l?agent et des critères d?intérêt général pour des agents dont les difficul-
tés à se loger menacent gravement le bon fonctionnement des services
publics. Communiquer systématiquement à la CALEOL l?ordre de priorité
entre les trois candidats proposés qui résulte de ces critères.
Recommandation 5. Pour encourager la poursuite de l?achat de droits
de réservation dans le parc social par les administrations et les établisse-
ments de santé, établir des conventions de réservation-types pour aider
ces employeurs à appliquer au mieux les nouvelles règles issues de la ges-
tion en flux.
Recommandation 6. Faire un bilan de la première année de l?application
de la gestion en flux. Elargir les exceptions permettant de demeurer en
gestion « en stock » pour des métiers liés à la sécurité.
Recommandation 7. Adresser une circulaire aux préfets les invitant à uti-
liser pleinement leurs prérogatives pour s?assurer de la prise en compte
complète et effective, au sein de la catégorie dite des travailleurs « essen-
tiels » au sens de la loi 3DS, de ceux exerçant dans le secteur public, sous
ses différentes formes, dans les objectifs prioritaires d?accès au logement
social déterminés au niveau intercommunal.
Recommandation 8. Multiplier les partenariats entre employeurs publics
et bailleurs pour flécher un certain nombre de logements intermédiaires
vers les agents publics. Multiplier les partenariats pour flécher également
des logements en bail réel et solidaire vers des agents publics par une in-
formation précoce.
Recommandation 9. Envisager une révision du cadre social et fiscal des
prêts bonifiés par les employeurs pour les rendre plus attractifs
Recommandation 10. S?assurer dans chaque territoire que l?on dispose des
moyens suffisants pour faire face aux urgences sociales des agents. Eta-
blir un cadre permettant de flécher des logements au sein des résidences
sociales ou des foyers jeunes travailleurs vers les agents publics.
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Recommandation 11. Négocier avec les bailleurs sociaux le développe-
ment de logements de courte durée, comme cela a été rendu possible
par la loi ELAN, ou pour la colocation.
Recommandation 12. Lancer un programme de construction de rési-
dences, permettant notamment d?accueillir temporairement des agents
publics nouvellement mutés dans des zones tendues.
Recommandation 13. Ouvrir la garantie Visale aux agents publics de plus
de 30 ans dans les mêmes conditions que celles appliquées aux salariés
du secteur privé. Préserver la possibilité pour les employeurs publics de
proposer, en plus de ce socle, des dispositifs complémentaires de garan-
tie (par exemple, pour des revenus supérieurs), s?ils le jugent nécessaire.
Concerter avec les collectivités les modalités de l?extension à la fonction
publique territoriale.
Recommandation 14. Compléter les inventaires de foncier public dispo-
nibles en intégrant les objectifs de réduction de la surface de bureaux
fixés par le gouvernement ainsi que la densification des sites existants
avec un usage mixte services publics ? logements (cohérente avec les ob-
jectifs environnementaux). Orienter ces nouvelles opportunités prioritai-
rement vers le logement des agents publics.
Recommandation 15. Afin de préserver l?intérêt patrimonial de l?Etat tout
en assurant l?équilibre économique des opérations de construction, sou-
tenir l?usage du « bail emphytéotique », plutôt que des cessions sèches,
pour le développement de logement sur du foncier public.
Recommandation 16. Modifier la rédaction de l?article L. 3211-7 du CG3P
pour faciliter l?obtention de réservations dans le cas de la cession d?un
foncier de l?Etat avec application de la décote Duflot.
Recommandation 17. Modifier la partie législative du code de l?urba-
nisme pour permettre à l?autorité compétente pour délivrer le permis de
construire d?autoriser sur une parcelle dédiée aux équipements publics la
construction de logements ou la transformation de bâtiments existants et
le changement de destination permettant la création de tels logements.
Recommandation 18. Moderniser la clause de fonction de l?article L. 442-
7 du CCH, pour la rendre applicable aux conventions de réservations
conclues par les employeurs du service public avec l?ensemble des bail-
leurs sociaux portant sur l?attribution d?un logement à des agents dont
les difficultés à se loger menacent gravement le bon fonctionnement des
services publics. La nouvelle rédaction devra garantir l?information préa-
lable des agents sur l?obligation qui leur sera faite de libérer le logement
s?ils cessent d?exercer les fonctions qui ont justifié son attribution, pré-
voir naturellement des exceptions et donner au niveau local la capacité
d?avoir les adaptations nécessaires.
Recommandation 19. Continuer à mobiliser les investissements institu-
tionnels publics ainsi que l?Etat pour soutenir le développement du loge-
ment intermédiaire. Dans ce cadre, améliorer le fléchage d?une partie des
logements construits dans le cadre de ces programmes vers les agents
publics.
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Recommandation 20. Permettre à l?ensemble des personnes publiques qui
confient à un mandataire privé la gestion locative des logements qu?ils pos-
sèdent de faire assurer par ce mandataire l?intégralité des recettes (dépôts
de garantie, loyers et charges locatives) et des charges afférentes à cette
gestion.
Recommandation 21. Expérimenter un régime légal de conventions de ré-
servation conclues par des employeurs publics avec des personnes morales
propriétaires de logements placés sous le régime du logement locatif inter-
médiaire en vue d?attribuer de tels logements à des agents en raison des
fonctions qu?ils exercent pour ces employeurs.
Recommandation 22. Pour les grands établissements disposant d?un patri-
moine qui le justifie, étudier la création d?une filiale pour gérer et dévelop-
per les activités immobilières.
Recommandation 23. Viser la construction d?un « Action logement du
secteur public » : une structure professionnalisée capable d?élaborer une
stratégie d?ensemble pour le logement des agents publics, de porter des
projets communs aux différents employeurs publics et d?apporter une aide
en ingénierie sur le terrain.
Recommandation 24. Accroitre les efforts en faveur du logement des
agents publics, en fixant notamment un premier objectif de rattrapage du
taux d?aide par agent par rapport au secteur privé.
Recommandation 25. S?appuyer sur la Délégation interministérielle au lo-
gement des agents publics (DILOAP) pour mettre en oeuvre des premières
avancées. Lui permettre également de susciter une vague d?expérimenta-
tions pour compléter les pistes jusqu?ici identifiées et intégrer un certain
nombre de spécificités locales.
Recommandation 26. Elaborer, en concertation avec les représentants des
personnels et les employeurs publics des trois versants, une feuille de route
en vue de la constitution de l? « Action logement du secteur public ».
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Partie 1
Le constat : trop d?agents publics
privés d?un accès correct au
logement
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1.1 Les difficultés d?accès au logement des
agents publics menacent le fonctionnement des
services publics
1.1.1 De nombreux agents font face à des difficultés
importantes en matière de logement
Un pouvoir d?achat percuté par les dépenses de logement ou de déplacement, une mo-
bilité géographique entravée, une qualité de vie dégradée, des lieux de résidence diffi-
cilement compatibles avec l?exercice des missions : autant de manières dont la crise du
logement se manifeste dans la vie quotidienne des agents publics. Les conséquences en
matière d?attractivité sont majeures.
Ainsi, les nombreux entretiens réalisés dans le cadre de cette mission montrent que la
question est devenue un élément décisif dans les décisions d?accepter ou de quitter un
emploi, mettant certains services publics dans une situation périlleuse. L?allongement
considérable des trajets domicile-travail de nombreux agents se fait au détriment de la
vie de famille et du pouvoir d?achat, et encore plus quand les horaires d?exercice sont
atypiques. Les mutations géographiques sont rendues difficiles par l?incapacité à trouver
rapidement un logement dans de nombreux territoires ou à faire venir ses proches. Les
« agents en tenues » exerçant dans la sécurité, depuis les policiers jusqu?à , par exemple,
les surveillants pénitentiaires ou agents de sûreté RATP, ne peuvent sans danger s?instal-
ler dans certains quartiers et, durant la mission, nous avons pu recueillir de nombreux
témoignages qui démontrent qu?une méconnaissance de ces exigences peut avoir des
conséquences désastreuses.
En 2021, pour 90 000 demandes de logement d?agents de l?Etat, 14 000 auraient été sa-
tisfaites, selon les chiffres communiqués à l?occasion du deuxième comité du logement
des agents publics. Les autres versants sont touchés par un défi de la même ampleur. A
titre illustratif, l?AP-HP recenserait environ 2400 demandes de logements chaque année,
pour seulement 600 attributions par an en moyenne depuis 2019. Cette situation de
crise, ce sont ceux qui y sont confrontés chaque jour qui en parlent encore le mieux. Au
cours de nos entretiens, nous avons pu échanger avec un grand nombre d?entre eux. Les
témoignages convergent.
« Aujourd?hui le logement est la première raison de refus de poste »
Une fonctionnaire de la Préfecture de la Gironde
« J?ai deux heures de transports le matin et deux heures de transports
le soir »
Une agente du centre de détention de Paris La Santé
« Comment recruter des AESH quand ils ne pourront même pas se
loger ? »
Une fonctionnaire du ministère de l?Education nationale à Lyon
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« Il faut pouvoir lier l?emploi au logement car sinon une fois que les
gens savent faire le boulot et ont obtenu un logement ils partent en
Suisse »
Un maire d?une petite commune de Haute-Savoie
« Le sujet du logement se pose très sérieusement dans des bassins
d?emplois où la question ne se posait pas avant »
Un fonctionnaire du ministère de l?Intérieur
1.1.2 Le parc social s?éloigne dangereusement de son modèle
historique alors que les prix de l?immobilier ont flambé
Ces difficultés à se loger des agents publics s?inscrivent dans le contexte plus général du
bouleversement du marché immobilier français : dans de nombreux territoires, le loge-
ment privé est devenu difficilement abordable et le logement social difficilement acces-
sible pour de nombreux travailleurs des classes populaires et moyennes.
La carte intégrée ci-dessous illustre les tensions très fortes qui frappent de nombreuses
communes. Les multiples causes qui ont conduit à cette fracture territoriale dépassent
le cadre de ce rapport. Nous mentionnerons simplement qu?Ã cette crise longue s?est
ajoutée une crise récente, liée à la hausse des taux d?intérêt qui a privé nombre de foyers
d?accès aux prêts immobiliers. Les agents publics sont dès lors touchés comme les autres
ménages aux revenus similaires.
Graphique 1: le loyer d?annonce par m² charges comprises d?un appartement type
du parc locatif privé selon la commune (2023)
Source: Estimations ANIL, à partir des données du Groupe SeLoger et de leboncoin, T3 2023
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Source : SNE
Graphique 3 : le nombre de demandes de logements sociaux pour un logement
attribué (hors mutations internes) en France et dans divers territoires en 2015 et
2022
Source : SNE
Graphique 2 : évolutions comparées de la demande de logements sociaux et des
attributions (hors mutations à l?intérieur du parc)
Parallèlement, l?accès au logement social est devenu de plus en plus difficile. La baisse
de 23 % des mises en service de logements sociaux depuis 2015 (91 000 logements mis
en service en 2015 contre 71 000 en 2022) conjuguée à la diminution constante du taux
de rotation depuis la fin des années 1990 créent un véritable goulet d?étranglement.
En 2022, 304 000 logements ont été attribués, laissant en fin d?année 1,6 millions de
demandes en attente. Les chiffres de mise en chantier laissent craindre une situation en-
core plus problématique pour les mois qui viennent, comme nous avons pu le constater
dans les territoires que nous avons étudiés.
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Alors que le parc social français a en théorie une vocation généraliste, devant s?adresser
à une grande part de la population, il se paupérise nettement. La Cour des comptes es-
timait ainsi, dans un rapport de 20171, que la part des occupants situés dans le premier
quartile de niveau de vie était passé de 21% en 1973 à 50% en 2013.
Les agents publics ne sont pas spécifiquement pénalisés dans leur accès au logement
social : ils obtiennent même souvent une part dans les attributions supérieures à la part
qu?ils représentent dans les demandes, comme le démontre le graphique ci-dessous.
Mais ils souffrent comme les autres de la faiblesse des volumes d?attributions.
1 Cour des Comptes, « Le logement social face au défi de l?accès des publics modestes et
défavorisés », février 2017
Source : SNE
Graphique 5 : les parts d?agents de l?État parmi les demandes de logements
sociaux et parmi les attributions (2022)
Graphique 4 : répartition des occupants du parc social par quartiles de niveau
de vie
Source : Cour des comptes, d?après données Insee 2016, à partir des ENL 1973-2013
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De nombreux élus locaux interrogés craignent une spirale dangereuse. Lorsque le parc
social se paupérise, le soutien politique à son développement se rétrécit. Cela freine la
construction d?une offre nouvelle et renforce par conséquent la paupérisation du parc,
en attribuant logiquement une part importante des peu de logements disponibles aux
personnes les plus fragiles. Symétriquement, soutenir, par différents dispositifs que nous
évoquerons plus loin dans le rapport, le développement de logements sociaux pour des
agents publics pourrait aider à créer un contexte local favorable à l?approbation de nou-
veaux projets, et donc à un développement de l?offre qui bénéficiera in fine à toutes les
catégories de la population, y compris les plus précaires.
1.1.3 Les besoins sont variables selon les rémunérations, les
carrières et les territoires
Selon les territoires, les niveaux de rémunération ou le parcours de carrière, les besoins
en matière de logement peuvent être très différents : il n?y a pas une solution unique
pour les agents publics.
Le logement social et le logement intermédiaire sont complémentaires et ne doivent pas
être opposés.
Le parc social offre une gamme de solutions selon le revenu du ménage (cf. les plafonds
de ressources détaillés par le tableau 1). Dans les zones les plus tendues, il y a un écart
très important entre le loyer supporté dans le parc social et ce qui est pratiqué dans le
parc privé. Ainsi, à Paris, le loyer d?un T2 de 45 m² dans le parc social atteignait en 2022
685 ¤ pour le type de logement le plus cher (PLS). Dans le parc privé, ce même logement
était loué à la même date autour de 1200 ¤ (29,7 ¤ le m²), soit un écart supérieur à 500 ¤2.
Cet écart est toutefois très variable selon les territoires.
2 Les loyers du parc privés retenus correspondent au loyer au m² médian pour un logement T2, selon
l?observatoire local des loyers, appliqué à une surface de 45 m². Les loyers PLS correspondent aux loyers pla-
fonds de la zone considérée.
Tableau 1 : plafonds de ressources applicables en 2024 pour l?accès au logement
social selon le type de financement- (montant mensuel net perçu tenant
compte de l?abattement fiscal de 10 %)
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La RATP
La RATP a notamment souhaité attirer notre attention sur l?allongement de la dis-
tance domicile-travail de ses agents. C?est notamment le cas des salariés aux ho-
raires atypiques, comme ceux ayant la charge d?ouvrir et de fermer les stations de
métro. Parmi eux 50% habitent à plus de 20km de leur lieu de travail et 17% à plus
de 40 km.
La RATP attire également notre attention sur l?attribution de logements trop petits
au regard des compositions familiales. En effet la demande de logements de types
familiaux constitue une part importante de la demande des agents, et est même
majoritaire dans les premiers choix :
? F4 et + : 44 % des demandes et 25 % des attributions
? F2 : 27 % des demandes et 28 % des attributions
? F3 : 24 % des demandes et 37 % des attributions
La rotation du parc de la RATP est par ailleurs réduite : 100 logements libérés par an.
Cette situation aboutit à un taux de satisfaction des demandes faibles en 2023 : 26
%, soit environ 900 familles logées en 2023 (vs 30 % en 2022).
Encadré 1: Deux exemples de recruteurs publics en grande difficulté en Ile-de-France
Le logement intermédiaire offre une solution complémentaire, permettant de s?adresser
à ceux qui se situent au-dessus des plafonds du logement social, et qui ont pour autant
du mal à se loger sur le marché privé, ou ceux qui, tout en se situant sous les plafonds,
n?ont pas réussi, malgré leur éligibilité, à obtenir un logement social.
L?accès à la propriété reste une aspiration forte, faisant partie de la mobilité résiden-
tielle. A ce titre, l?aide à l?acquisition ne doit pas être écartée. Des prêts à taux bonifiés
sont d?ailleurs pratiqués par plusieurs administrations de l?Etat (ministère de l?intérieur
et ministères financiers notamment). En période de hausse des taux d?intérêt, ils sont
particulièrement intéressants pour les agents. Le bail réel et solidaire (BRS) peut appor-
ter des possibilités complémentaires et de nombreuses auditions ont montré l?intérêt
que pouvait revêtir cette possibilité pour les agents publics. C?est le cas, par exemple
en Haute-Savoie, où le chantier de la ZAC Pré Billy, que nous avons pu visiter, prévoit de
flécher prioritairement plusieurs logements en BRS pour des agents publics, notamment
exerçant dans l?hôpital voisin.
Les logements temporaires sont indispensables. Il convient a minima de distinguer deux
fonctions. Certains logements temporaires sont nécessaires pour répondre aux situations
d?urgence sociale : la clef est ici de pouvoir très rapidement y avoir recours quand des
drames surgissent, pour assurer qu?aucun agent n?ait à dormir dans sa voiture ou dans les
locaux de l?administration. D?autres logements temporaires sont au contraire précieux
pour répondre aux besoins suscités par les mutations géographiques, et offrir ainsi un sas
avant de trouver une solution plus pérenne. Les initiatives en la matière sont très éparses.
Ainsi le Centre de détention de Paris la Santé dispose par exemple d?un foyer à Noisy-le-
Sec, à destination des agents en situation de mobilité ou de précarité.
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L?Assistance publique ? Hôpitaux de Paris (AP-HP)
Selon l?AP-HP « l?un des leviers les plus attendus et les plus puissants pour améliorer
l?attractivité et la fidélisation des professionnels est d?améliorer l?accès à des logements
proches des hôpitaux pour permettre aux soignants de gagner en pouvoir d?achat et
en temps de transport ».
Les tensions de recrutement concernent des personnels ayant des revenus trop
faibles pour accéder au parc locatif privé et, parfois, trop importants pour accé-
der au logement social. Il s?agit par exemple d?infirmiers, d?infirmiers spécialisés, de
sages-femmes, de techniciens de laboratoires, de masseurs kinésithérapeutes, etc?
Pour ces raisons, l?APHP est confrontée à d?importantes difficultés d?attractivité. Les
chiffres en la matière sont alarmants : entre 2019 et 2022 l?APHP a perdu environ 11%
de ses effectifs infirmiers.
Ce constat n?est pas propre à l?AP-HP mais est partagé par l?ensemble des centres
hospitaliers que nous avons pu auditionner au cours de la mission (Annecy, Bor-
deaux, Lyon?).
Les besoins de logement social ou intermédiaire, de soutien à l?accession à la propriété
ou de logement temporaire sont toutefois très différents d?un territoire à l?autre. Ils dé-
pendent des facteurs de tension à l?oeuvre localement : attractivité économique, crois-
sance démographique, pression des résidences secondaires et de tourisme, concurrence
de travailleurs frontaliers très bien rémunérés? Ils sont affectés par les efforts accomplis
ou non au cours des années pour développer localement le parc social et intermédiaire.
Il convient enfin de croiser ce contexte général avec la situation propre de l?emploi pu-
blic, son profil et son évolution, ainsi que les moyens disponibles localement (droits de
réservation dans le parc social ou intermédiaire, structures d?accueil temporaires des
agents en mutation ou en première affectation..). Les réponses à apporter doivent donc
se penser au niveau de chaque territoire. Mais, malgré les efforts engagés récemment
par la DGAFP, les situations locales restent en général insuffisamment connues. L?établis-
sement systématique de diagnostics territoriaux des difficultés d?accès au logement des
agents publics est donc prioritaire, et devra être actualisée systématiquement.
Ce rapport insiste en particulier sur le fait que les agents en situation de handicap, aux
besoins spécifiques ? y compris selon les types de handicap ? devront faire l?objet d?une
attention particulière : notre mission a pu constater le manque d?éléments disponibles
à ce sujet.
Recommandation 1
Sur la base des travaux entamés par la DGAFP, actualiser régulièrement, en com-
mençant par les territoires les plus tendus, les diagnostics territoriaux quantitatifs
et qualitatifs des besoins pour l?accès au logement des agents publics.
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Visite du chantier de la Zac de Pré Billy, Haute Savoie
Visite de l?hôpital Saint André - CHU, Bordeaux
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1.2 Les politiques de soutien des employeurs
publics, trop longtemps négligées, ne sont pas Ã
la hauteur des enjeux
1.2.1 L?action des administrations publiques en faveur de leurs
agents reste inégale et dispersée malgré une tendance récente
à la hausse
En l?absence d?un recensement général commun aux trois fonctions publiques, l?ac-
tion des employeurs publics en faveur du logement de leurs agents est imparfaitement
connue. Après avoir été en recul, elle semble aujourd?hui en développement mais reste
très dispersée.
L?action des administrations de l?État, la mieux documentée parmi les trois versants,
repose sur trois piliers : un budget interministériel, des actions ministérielles et un
contingent préfectoral de réservations de logements sociaux. Le budget interministé-
riel s?est élevé à 17,8 M¤ en 2022, en augmentation de 19 % par rapport à 2021. Il est
aujourd?hui affecté essentiellement au versement de l?aide à l?installation des personnels
(AIP) attribuée sous plafonds de ressources aux agents nouvellement recrutés pour les ai-
der à s?acquitter des dépenses induites pour la prise en location d?un logement (premier
mois de loyer, dépôt de garantie, frais d?agence et frais de déménagement). Son montant
ne peut excéder 1500 ¤ dans les communes où le marché du logement est tendu3 et 700
¤ sur le reste du territoire. Il n?existe plus en revanche, comme cela a pu être le cas dans le
passé, de budget interministériel pour l?acquisition de contingents de réservations dans
le parc social.
Les actions financées sur le budget interministériel sont toutefois complétées par les
mesures mises en place, chacune de leur côté, par les différentes administrations dans
le cadre de l?action sociale ministérielle. En 2022, ces actions ont représenté 91 M¤ au
total, principalement sous la forme d?acquisition de réservations de logements locatifs
sociaux (47 M¤), mais également d?aides à l?accession à la propriété, à la réalisation de tra-
vaux dans les logements, de solutions de logement temporaire etc. Ce montant d?aides
ministérielles est en augmentation de 27 % par rapport à 20214, traduisant une inversion
récente de la tendance précédente à la réduction des actions engagées pour le logement
des personnels de l?État.
Toutefois, ces montants bruts, totalisant des aides pures et des versements sous forme
de prêts remboursables, ne traduisent pas le montant des aides bénéficiant réellement
aux agents qui peut être apprécié de façon plus pertinente en convertissant les montants
prêtés (pour l?accession à la propriété ou les travaux dans les logements, notamment), en
montants d?équivalent subvention. Ce total d?aides effectivement perçues s?élève à 61
M¤ en 2022, selon la décomposition précisée par le tableau 1. Ces aides sont fortement
concentrées sur quelques ministères : l?intérieur (36 %) et les ministères économiques et
financiers (28 %), loin devant l?Education nationale (13 %). L?inégalité des efforts consentis
est encore mieux mesurée en rapportant l?effort total aux effectifs ministériels. Le mi-
nistère de l?Education nationale ressort ainsi avec une aide moyenne par agent cinq fois
inférieure à celle que l?on observe dans l?ensemble de l?Etat.
3 Communes soumises à la taxe sur les logements vacants.
4 Recensement par la DGAFP en 2021 et 2022 des aides au logement attribuées sur les budgets minis-
tériels d?action sociale, complété par la mission pour deux ministères sur l?année 2022.
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Par rapport à un prêt au taux d?intérêt de marché, un prêt à taux réduit, voire nul,
permet d?emprunter davantage sans augmenter les mensualités de rembourse-
ments en capital et intérêts, ou de réduire les charges de remboursements pour un
même montant emprunté. Cet effet traduit l?aide réelle perçue par l?emprunteur au
travers du prêt à taux réduit.
Cette aide réelle, ou équivalent subvention, correspond donc à l?augmentation de
la somme empruntée pour des échéances de remboursement inchangées quand
on remplace un prêt à taux de marché par un prêt à taux réduit ou nul. Elle peut être
exprimée en pourcentage de la somme prêtée. Ce pourcentage dépend du taux
d?intérêt réduit appliqué sur le prêt, de sa durée, de la périodicité des échéances de
remboursement (mensuelle, trimestrielle ou annuelle) ainsi que du taux d?intérêt de
marché.
Le taux d?équivalent subvention par rapport au montant du prêt est ainsi égal à :
? 10,5 % pour un prêt à taux 0 remboursé par mensualités constantes sur 15
ans quand le taux d?intérêt de marché est de 1,5 % (22,3 % si le taux d?intérêt
de marché est de 3,5 %) ;
? 3,6 % pour un prêt au taux réduit de 1 % remboursé par mensualités
constantes sur 15 ans quand le taux d?intérêt de marché est de 1,5 % (14,4 %
si le taux d?intérêt de marché est de 3,5 %) ;
? 30,3 % pour un prêt au taux de 0,5 % remboursé par échéances trimes-
trielles constantes sur 40 ans avec un taux d?intérêt de marché de 2,5 %
(48,9 % si taux de marché est de 4,5 %).
L?équivalent subvention a le même effet qu?une subvention du même montant af-
fectée au financement de l?investissement considéré. Cette notion est ainsi utilisée
de façon très générale pour évaluer les aides au logement. C?est le cas notamment
dans le compte satellite du logement publié chaque année par le service des don-
nées et études statistiques (SDES) du ministère de la transition écologique et de la
cohésion des territoires.
Encadré 2: La notion d?équivalent subvention
Ces ratios, observés ici sur l?année 2022, ne traduisent toutefois qu?imparfaitement les
aides dont ont pu effectivement bénéficier les agents au cours de la même année. Des
réservations acquises dans le passé avec « droit de suite », peuvent permettre d?attribuer
des logements à chaque départ d?un locataire sur une durée qui atteint fréquemment 20
ou 25 ans, sans entrainer une nouvelle dépense. L?inventaire des aides attribuées au titre
de l?action sociale ministérielle ne prend pas en compte le parc de logements propre de
certains ministères, tel le ministère des Armées.
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Les logements gérés par les organismes de logement social sont attribués à des mé-
nages ayant déposé une demande de logement social par une commission d?attri-
bution de logements et d?examen de l?occupation des logements (CALEOL) au sein
de chacun de ces organismes. Sauf cas d?impossibilité, la CALEOL doit examiner au
moins trois candidatures pour chaque logement en prenant en compte une cota-
tion de la demande qui tient compte de divers paramètres (ancienneté de la de-
mande, situation du ménage au regard des critères de priorité légaux, éloignement
du lieu de travail, ?). Elle vérifie également que le candidat remplit les conditions
d?attribution : respect des plafonds de ressources, adéquation entre la taille du lo-
gement et celle du ménage, solvabilité au regard du niveau de loyers et charges. La
compétence de la CALEOL doit toutefois s?articuler avec les droits dont disposent
certains réservataires.
Le préfet de département dispose en premier lieu d?un droit de réservation non
limité dans le temps portant sur 30 % de l?ensemble des logements sociaux dont au
plus 5 % doit bénéficier à des agents de l?Etat et 25 % à des ménages remplissant des
critères de priorité légaux, parmi lesquels ceux qui bénéficient du droit au logement
opposable (DALO).
Les droits des autres réservataires ont pour origine leur contribution aux finance-
ments de programmes de logements sociaux. En effet, les collectivités territoriales,
les EPCI, les employeurs, Action Logement, les organismes à caractère désintéressé
et, à nouveau, l?Etat, en complément de son contingent légal de 30 %, peuvent ac-
quérir des réservations en contrepartie d?un apport de terrain, d?un financement ou
d?une garantie financière. Du seul fait qu?elle octroie sa garantie à l?emprunt contrac-
té par le bailleur social auprès de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pour
le financement du programme, une collectivité territoriale peut bénéficier d?un
droit de réservation portant au maximum sur 20 % des logements. Les réservations
obtenues en contrepartie de l?apport d?un terrain ou d?une subvention ne sont pas
plafonnées, sinon par les droits accordés aux autres réservataires.
Le droit de réservation permet au réservataire de désigner des candidats pour
chaque logement à attribuer. A cet effet, il doit transmettre, dans le délai d?un mois,
au moins trois candidatures à la CALEOL, qui prend souverainement la décision
d?attribution finale. Toutefois, les réservataires ont l?habitude de classer ces trois
candidatures par ordre de préférence et, sauf obstacle majeur (non-respect du pla-
fond de ressources par exemple), les CALEOL suivent en général cette priorité.
Les contingents de réservations acquis en contrepartie d?une contribution au finan-
cement de l?opération peuvent selon les cas valoir pour une désignation unique ou
comporter un «droit de suite» permettant sur une durée déterminée, par exemple
20 ou 25 ans, de désigner de nouveaux candidats à chaque départ des locataires
en place. Toutes choses égales par ailleurs, le prix d?un droit de suite en termes de
montant de financement mobilisé par logement sera nettement plus élevé qu?un
« tour unique ». Le contingent préfectoral de 30 % n?est toutefois pas limité dans le
temps.
Jusqu?en 2023, les contingents de réservation s?appliquaient à un « stock » de loge-
ments identifiés physiquement au sein de chaque programme. Afin de donner plus
Encadré 3: l?attribution des logements sociaux et les contingents de réservation
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de souplesse à la gestion des attributions, ils portent désormais, en général, sur une
proportion des logements à attribuer dans l?année sur le territoire d?un départe-
ment. Cette gestion en flux s?applique au contingent préfectoral comme à ceux des
différentes collectivités, à celui d?Action Logement et à la plupart des autres réser-
vataires. Toutefois, parmi les administrations, les contingents des services relevant
de la défense nationale ou de la sécurité intérieure ou des établissements publics de
santé continuent à être gérés « en stock ».
Les logements qui ne font l?objet d?aucun droit de réservation, ainsi que ceux pour
lesquels le réservataire n?a pu transmettre de candidats dans le délai d?un mois,
ou ceux pour lesquels l?attributaire s?est désisté, sont attribués directement par la
CALEOL.
Selon les données du système national d?enregistrement des demandes de loge-
ments sociaux (SNE) les logements sociaux attribués en 2022 se sont répartis ainsi :
? Contingent préfectoral : 20,3 % (17,9 % pour les publics prioritaires et 2,4 %
pour les agents de l?Etat) ;
? Collectivités territoriales : 12,7 % (dont 10 % pour les communes) ;
? Action Logement : 11 % ;
? Autres réservataires (dont administrations publiques) : 4,4 % ;
? Logements attribués par la CALEOL hors contingents : 51,6 %.
La répartition ci-dessus correspond à une moyenne nationale. La part des
contingents de réservation est beaucoup plus élevée dans les territoires tendus
où le coût du foncier oblige le maître d?ouvrage à mobiliser fortement les finan-
cements complémentaires. Ainsi, en Ile-de-France, seuls 21,4 % des logements ont
été attribués directement par la CALEOL, pour 24,2 % sur le contingent préfectoral
(19,7 % pour les publics prioritaires et 4,5 % pour les agents de l?Etat), 24 % sur les
contingents des collectivités territoriales, 18,4 % sur celui d?Action Logement et 12 %
sur les contingents des autres réservataires.
Enfin, les différentes administrations de l?Etat bénéficient du contingent préfectoral
de réservations de 5 % qui s?applique sans limitation de durée à tout programme de
logement social. Sous réserve de l?organisation propre de la région Ile-de-France, ce
contingent préfectoral est géré au niveau interministériel par les directions départemen-
tales de l?emploi, du travail et des solidarités (DDETS), sous l?égide des préfets de dépar-
tements. L?ensemble des agents de l?Etat peut ainsi en bénéficier en fonction de critères
de priorité et de procédures variables selon les départements.
Ce contingent gratuit est une exception dans le monde du logement social. En général,
le droit de désigner des candidats à l?attribution de logements sociaux est acquis en
contrepartie d?une contribution financière ou en nature (apport de terrain). C?est le cas
de l?ensemble des droits de réservation acquis par Action Logement au bénéfice des
salariés du secteur privé. C?est aussi le cas dans le secteur public, pour les contingents
complémentaires acquis par certaines administrations. Par référence aux montants ver-
sés en moyenne par les différents réservataires, il est possible de donner une valeur au
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contingent préfectoral de 5 % : cela permet d?apprécier plus justement l?aide apportée
au logement des agents de l?Etat. Sur la base de 5 % des attributions de logements so-
ciaux de l?année 2022 (plus de 304 0005) et d?une valeur unitaire moyenne de 9 000 ¤6,
on retiendra ici que cette valeur est proche de 137 M¤. Au total, les aides au logement
bénéficiant aux agents de l?Etat représenteraient donc, sous ces hypothèses, une valeur
totale de 216 M¤ et 86 ¤ par agent.
Il convient toutefois de noter que, dans la pratique, les 7 224 logements sociaux attribués
en 2022 sur le contingent préfectoral de 5 % ne représentent que 2,4 % de l?ensemble
des attributions de l?année. Il n?est certes pas anormal qu?une partie d?un contingent de
réservations ne bénéficie pas aux catégories de demandeurs auxquels il est normale-
ment destiné : certains logements mal situés, mal environnés ou en mauvais état peuvent
ne pas susciter de candidats, des candidats désignés par le préfet peuvent se désister au
dernier moment, de sorte que le droit de réservation est « perdu pour un tour ». Mais un
tel taux de chute est anormal. Les perspectives de meilleure utilisation de ce contingent
seront abordées infra dans la partie 2.
5 Source : SNE (système national d?enregistrement des demandes de logements).
6 Valeur moyenne estimée par la mission pour un tour unique dans le parc social existant sur l?en-
semble des territoires.
Tableau 1 : les aides ministérielles au logement des agents de l?Etat en valeur
effective (subventions ou équivalent subvention pour les prêts) selon la nature des
aides et le ministère sur l?année 2022
Tableau 2 : valorisation des aides au logement bénéficiant aux agents de l?Etat
(subventions ou équivalent subvention)
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En complément de ces aides aux logements attribuées sur critères sociaux, de nombreux
agents de l?Etat ont longtemps bénéficié de logements de fonction. Ainsi, les communes
étaient tenues de mettre à disposition des instituteurs un logement, ou à défaut de leur
verser une indemnité représentative de logement. Mais cette obligation n?a pas été re-
prise en 1990 dans le statut de professeur des écoles. Les anciens logements des institu-
teurs dans les écoles ou à proximité ont ainsi perdu peu à peu leur affectation, au fur et
à mesure que les instituteurs optaient pour le nouveau statut de professeurs des écoles
ou prenaient leur retraite. Ils ont ainsi pu être reconvertis, en logements sociaux ou pour
d?autres usages selon la décision des communes qui en étaient propriétaires.
De façon plus générale, les conditions dans lesquelles certains fonctionnaires peuvent
bénéficier d?un logement gratuit ou à coût réduit au titre de leurs fonctions ont été re-
définies de façon stricte par un décret du 9 mai 20127. Désormais, la mise à disposition
gratuite d?un logement pour « nécessité absolue de service » est réservée à des fonctions
déterminées pour lesquelles « l?agent ne peut accomplir normalement son service, no-
tamment pour des raisons de sûreté, de sécurité ou de responsabilité, sans être logé sur
son lieu de travail ou à proximité immédiate. » En dehors de ces hypothèses, des conven-
tions d?occupation précaire assorties d?une redevance de 50 % de la valeur locative nor-
male peuvent être consenties à des agents tenus à un service d?astreinte, sans remplir
les conditions précédentes. Dans toutes les autres hypothèses, la mise à disposition d?un
logement est nécessairement assortie d?un loyer ou redevance correspondant à sa valeur
locative. Mais ces logements ont été très largement mis en vente par l?Etat.
Dans la fonction publique hospitalière, les aides au logement, qui ne font pas l?objet
d?un recensement systématique, dépendent de chaque groupe hospitalier. En Ile-de-
France, l?Assistance publique ? Hôpitaux de Paris (AP-HP) déploie depuis de longues an-
nées une politique d?ampleur en faveur du logement de ses personnels, mobilisant Ã
la fois des logements lui appartenant en propre et des réservations dans le parc des
bailleurs sociaux, dont certains immeubles construits, dans le cadre de baux de longue
durée, sur des terrains dont elle conserve la propriété. Dans le contexte de très fortes
tensions sur l?accès au logement locatif, ce « parc AP-HP » ne permet de satisfaire, avec
600 logements attribués par an, qu?environ 25 % des demandes, et l?établissement s?est
fixé l?objectif de doubler ces attributions à 1200 par an sur la période 2023-2027. Pour
atteindre cet objectif ambitieux, l?AP-HP peut bénéficier de l?initiative Logement mise en
place par l?ARS Ile-de-France dont l?enveloppe, initialement fixée à 50 M¤ a été portée
à 75 M¤ en 2023. Ces crédits permettent notamment de financer des réservations de
logements au bénéfice de l?ensemble des établissements hospitaliers de la région.
Hors Ile-de-France, les ARS ne disposent pas d?enveloppes équivalentes. Les groupes
hospitaliers, qui ne possèdent pas en général un patrimoine de logement significatif, s?ef-
forcent de répondre aux besoins avec les moyens dont ils disposent. Ainsi, le CHU de Bor-
deaux a mis en place un partenariat avec de grands bailleurs sociaux présent sur son ter-
ritoire pour faciliter l?accès de ses 14 000 agents au parc locatif social ou intermédiaire.
Ce partenariat ne passe pas toutefois par l?acquisition de véritables droits de réservation
mais repose sur l?engagement des bailleurs concernés pour accueillir les personnels de
l?établissement.
Les aides au logement des agents de la fonction publique territoriale (FPT) reposent sur
des initiatives propres à chaque collectivité et sont les plus mal connues parmi les trois
versants de la fonction publique. L?accès au logement social des agents de la FPT peut
bénéficier des contingents de réservations acquis par leurs collectivités d?appartenance
en contrepartie de leurs garanties d?emprunts, financements et apports de terrains. La
garantie des emprunts permet à elle seule d?acquérir un contingent maximal de 20 % des
logements du programme considéré. Les réservations obtenues en complément d?une
subvention ou d?un apport de terrain ne sont soumises à aucune limite, en dehors des
droits du préfet et de ceux accordés aux autres financeurs. Ces contingents concernent
7 Décret n° 2012-752 du 9 mai 2012 portant réforme du régime des concessions de logement.
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principalement les communes, très systématiquement sollicitées pour garantir les em-
prunts, les EPCI à fiscalité propre compétents en matière de politique du logement ; ils
sont moins systématiques pour les départements et les régions.
Les agents des collectivités territoriales sont en outre en concurrence, pour bénéficier
de ces réservations, avec l?ensemble des demandeurs, parmi lesquels les habitants du
territoire. Les collectivités peuvent toutefois décider de réserver à leurs agents une frac-
tion de leur contingent.
1.2.2 Cette action souffre de la comparaison avec le secteur
privé
Malgré les difficultés méthodologiques, il ne fait pas de doute que les salariés du secteur
privé bénéficient de financements de leurs employeurs en faveur de leur logement net-
tement supérieurs aux avantages dont disposent les agents publics.
Dans le cadre de la participation des employeurs à l?effort de construction (PEEC), les
entreprises de plus de 50 salariés ? y compris les grandes entreprises publiques telles que
la SNCF, La Poste ou la RATP ? sont tenues d?investir chaque année pour le logement de
leurs salariés 0,45 % de leur masse salariale. Ces versements, effectués pour l?essentiel
auprès de la société Action Logement Services8, sont investis à leur tour en prêts pour
l?accession à la propriété ou la réalisation de travaux dans le logement ainsi qu?en subven-
tions, apport de fonds propres ou prêts à des organismes de logement social ou inter-
médiaire et actions diverses pour le logement. Outre les prêts qui leur sont directement
consentis, les salariés des entreprises cotisantes bénéficient des financements accordés
par Action Logement aux organismes bailleurs sous la forme d?un accès privilégié au loge-
ment social ou intermédiaire dans le cadre de conventions de réservation.
Le taux de 0,45 % de la masse salariale des entreprises assujetties ne permet pas, toute-
fois, d?établir une comparaison rigoureuse avec les efforts réalisés en faveur des agents
publics. Cela résulte, en premier lieu, du fait que les entreprises versent leur collecte sous
forme de subventions mais aussi de prêts (12 % du total en 2021) : le remboursement des
prêts antérieurs vient donc diminuer la collecte brute disponible pour de nouveaux inves-
tissements. De plus, les investissements d?Action Logement sont très largement consen-
tis sous forme de prêts : le remboursement des prêts consentis dans le passé vient ainsi
augmenter les ressources disponibles pour de nouveaux investissements. Mais l?impact
financier de ces prêts pour les bénéficiaires n?est pas comparable à une subvention ou Ã
un apport en fonds propres non remboursable. Par ailleurs, le bénéfice des interventions
d?Action Logement n?est pas exclusivement réservé aux salariés des entreprises assujet-
ties à la PEEC. La loi et les conventions signées avec l?Etat obligent en effet l?organisme Ã
affecter une partie de ses ressources à des politiques nationales.
Une évaluation des aides au logement attribuées exclusivement aux salariés du secteur
privé, selon une méthodologie permettant la comparaison avec la valeur des aides dont
bénéficient les agents de l?Etat estimée ci-dessus, est présentée en annexe 2. Il en res-
sort que ces avantages peuvent être estimés entre 122 ¤ et 162 ¤ par salarié, soit entre
+43 % et +89 % par rapport aux 86 ¤ estimés ci-dessus pour la fonction publique de
l?Etat, en tenant compte de la valeur du contingent préfectoral de 5 %.
L?avantage dont bénéficient les salariés du secteur privé ne résulte pas seulement d?un
volume d?investissements supérieur : il est également qualitatif, bonifié par l?organisa-
tion intégrée du groupe Action Logement mise en place ces dernières années.
8 La SNCF bénéficie de dispositions spécifiques lui permettant de verser sa collecte à sa filiale, la
société immobilière des chemins de fer. Les autres employeurs conservent par ailleurs la possibilité d?investir
directement pour le logement de leurs salariés.
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La collecte de la PEEC et l?emploi de ses ressources ont longtemps été éclatés en un
grand nombre d?organismes indépendants, les comités interprofessionnels du logement,
actifs selon les cas, sur un territoire plus ou moins étendu ou au niveau national. A la suite
de plusieurs réformes qui se sont succédées depuis la fin des années 1990, le dispositif
bénéficie désormais d?une stratégie globale unique, définie sous le contrôle de l?Etat par
l?association Action Logement Groupe qui réunit les partenaires sociaux. La collecte des
participations des entreprises et la distribution des financements sont assurés par la fi-
liale Action Logements Services conformément aux directives émises par Action Loge-
ment Groupe. Le groupe Action Logement a en outre réunit ses participations dans des
opérateurs immobiliers au sein d?une autre filiale Action Logement Immobilier.
Les administrations du secteur public déploient, de leur côté, de nombreuses initiatives
pour répondre aux besoins les plus pressants de leurs agents. Ils versent des contribu-
tions financières aux organismes de logements sociaux et intermédiaires pour acqué-
rir des droits de réservation. Ils financent des résidences de logements temporaires. Ils
mettent en place des dispositifs de colocation dans le parc privé. A la suite du rapport
Dorison-Chambellan Le Levier9, les caisses de retraites du secteur public (ERAFP, PREFON,
IRCANTEC) ont investi pour développer un parc de logements intermédiaires accessible
prioritairement aux agents publics. Certains ont commencé à imaginer des dispositifs de
cautionnement pour l?accès au parc locatif privé. Quelques administrations proposent
des dispositifs très divers d?aide à l?accession à la propriété ou à la réalisation de travaux
dans les logements. Pour faire face aux situations urgentes, quand une solution plus pé-
renne se fait attendre, elles peuvent aller jusqu?à prendre en charge des nuitées à l?hôtel.
Ces efforts souffrent toutefois de ne pas s?inscrire dans une stratégie globale, fondée sur
une appréciation précise et complète des besoins et des actions conduites résolument
dans la durée. Ce constat traverse le rapport : il est aussi valable pour la gestion des
contingents préfectoraux de 5%.
Dans un rapport de 201110, l?inspection générale de l?administration relevait qu?à l?ex-
ception de l?Ile-de-France, le taux de réservation sur le contingent préfectoral réservé
aux agents publics restait sensiblement inférieur au taux théorique de 5 % (environ 1 % Ã
Nancy et Limoges, 3,3 % dans le Rhône, 4 % dans les Bouches-du-Rhône). Le rapport en
identifiait différentes causes : identification insuffisante du parc de réservations, insuffi-
sance du nombre de demandes d?agents de l?Etat - soit parce que le marché du logement
est peu tendu, soit par diffusion insuffisante de l?offre auprès des agents -, mauvaise adé-
quation des logements proposés aux attentes des agents (surface et nombre de pièces,
localisation et environnement, état du logement). Ces dernières causes sont à l?origine de
refus de la part des agents des logements qui leur sont proposés, avec la conséquence
de voir les logements considérés « perdus pour un tour » être proposés par les bailleurs Ã
d?autres candidats que des agents de l?Etat.
L?Ile-de-France obtient de meilleurs résultats (le contingent préfectoral y représente en
2022 4,5 % des logements attribués) grâce à la pratique de la « location choisie » par la
Direction régionale et interdépartementale du logement (DRIHL), qui centralise la ges-
tion du contingent au niveau régional. Sur le reste du territoire, les services départemen-
taux de l?Etat déterminent eux-mêmes à partir des dossiers de demande complétés par
les agents quels logements proposer à qui. En Ile-de-France, il revient aux agents de se
porter candidats sur la plateforme en ligne BALAE qui diffuse largement l?ensemble des
offres. Ils peuvent ainsi choisir eux-mêmes les logements correspondant à leurs attentes
de façon à minimiser les refus de location et la perte de logements à attribuer aux agents
de l?Etat. Grâce à la location choisie, plus de 70 % des logements proposés aux agents
se traduisent ainsi effectivement par la signature d?un bail. En 2021, une panne qui a
9 Faciliter l?accès au logement des agents publics. Rapport établi par M. Alain DORISON, Inspecteur
général des finances retraité, et Mme Chantal CHAMBELLAN LE LEVIER, Administratrice civile hors classe.
10 IGA, Rapport sur la gestion du contingent préfectoral de 5 % réservé au logement social des agents
publics de l?Etat. Décembre 2011.
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interrompu pendant quelques semaines le fonctionnement de la plateforme BALAE a
permis de mesurer son efficacité : sur cette période de près de deux mois, le taux d?at-
tribution a baissé de 71 % à moins de 54 %, taux proche des niveaux dont les services ont
pu faire état lors des déplacements de la mission en région. L?outil BALAE est cependant
lui-même moins complet que la plateforme AL?IN mise en place depuis 2020 par Action
Logement au bénéfice des salariés des entreprises et qui est également utilisée par les
agents de certaines administrations ayant signé une convention avec Action Logement :
ergonomie plus performante, fonctionnalités pour faciliter le travail des instructeurs,
information sur les logements plus importante ? L?utilisation de l?application AL?IN per-
mettrait à Action Logement de réduire entre 5 % et 8 % le taux de refus des logements
proposés aux salariés du privé.
La dispersion des efforts se traduit aussi par une multiplicité des canaux qui peuvent
être utilisés par les agents publics pour accéder au logement. Les agents ont souvent
une connaissance limitée des outils en place et une grande difficulté à en comprendre le
fonctionnement et les raisons pour lesquelles une demande n?a pu être prise en compte.
Par rapport au secteur privé, les agents publics souffrent ainsi, non seulement du sous-in-
vestissement global de leurs employeurs pour favoriser leur accès au logement, mais de
l?absence d?un acteur capable de concevoir une stratégie globale et d?apporter l?appui
nécessaire pour la mettre en oeuvre de façon cohérente et efficace.
Les solutions pérennes aux difficultés rencontrées par les agents publics, comme pour
les autres ménages, passent nécessairement par la mise en service de nombreux loge-
ments supplémentaires dans les territoires en tension, à des conditions financières com-
patibles avec les ressources des ménages destinés à les occuper. Mais la production
de cette offre nouvelle prendra du temps. Dans l?intervalle, des leviers existent pour
améliorer rapidement et visiblement l?accès au logement des agents publics : ils doivent
être urgemment mobilisés.
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Partie 2
Le sursaut : des actions immédiates
pour mieux mobiliser le parc
existant
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2.1 Repenser l?utilisation du contingent
préfectoral en partant des agents
Le contingent à la disposition du préfet de département (le « 5% préfectoral ») pour
loger dans le parc social des agents de l?Etat est un atout important dont la mobilisation
est très perfectible. La manière de l?utiliser doit être repensée pour partir des agents.
La première étape pour l?accès au logement est une proposition sur une base adminis-
trative : elle peut être demain le souhait formulé par un agent. Le « 5% préfectoral » est
aujourd?hui utilisé de manière indifférenciée : il peut demain être ciblé sur les logements
et les quartiers les plus demandés par les agents. Des spécificités des métiers ne sont
aujourd?hui pas intégrés dans les priorités d?attribution : ils peuvent demain l?être.
2.1.1 Partir des souhaits des agents avec la location choisie
Repenser l?utilisation du contingent préfectoral, c?est d?abord inverser la logique de pré-
sentation des logements, en permettant aux agents d?exprimer leurs souhaits : c?est la «
location choisie ». La première priorité dans l?amélioration de l?usage du « 5% préfectoral
» doit être de réduire le nombre des refus de prise en location par les agents auxquels les
logements sont proposés sur la base d?un examen administratif de leur dossier, en leur
permettant de choisir eux-mêmes les offres auxquelles ils vont se porter candidats. Cela
implique de déployer dans tous les départements une application en ligne, sur laquelle
les intéressés peuvent prendre connaissance de l?ensemble des offres proposées, au fur
et à mesure de la transmission de l?information par les bailleurs sociaux, afin d?appré-
cier eux-mêmes si les caractéristiques du logement, sa localisation et son environnement
pourraient leur convenir.
En Ile-de-France, l?expérience de la DRIHL, seule à pratiquer la location choisie avec sa
plateforme BALAE, confirme que cela permet de réduire nettement le taux d?échec des
propositions de logement (cf. supra partie 1.2.2). Les performances de la plateforme BA-
LAE resteraient pourtant loin de celles de l?application AL?IN développée par Action Lo-
gement. En déployant sur tout le territoire une solution applicative du même niveau de
qualité dans la présentation des offres, de l?ordre de 3000 à 4000 logements sociaux sup-
plémentaires pourraient être loués chaque année à des agents de l?Etat, correspondant Ã
une valeur économique retrouvée de l?ordre de 30 M¤.
Au regard de tels retours potentiels sur investissements, les coûts liés au déploiement na-
tional d?un dispositif de location choisie seront probablement peu significatifs. Plusieurs
solutions techniques peuvent être mises en oeuvre. Elles peuvent passer par une amélio-
ration de l?outil BALAE utilisé en Ile-de-France, s?appuyer sur une solution existante telle
qu?AL?IN d?Action Logement ou développer un outil nouveau.
Les entretiens conduits dans la mission font ressortir trois éléments importants. Au re-
gard de l?urgence de la situation, il conviendra de privilégier une solution pouvant être
déployée rapidement sur l?ensemble du territoire, pour améliorer concrètement, et dans
un délai aussi bref que possible, l?accès des agents publics au logement social. Au-delà de
la gestion du contingent de 5 % au bénéfice des agents de l?Etat, la solution applicative
retenue pourra être proposée à d?autres administrations ? services de l?Etat disposant de
contingents de réservations spécifiques et établissements publics de santé notamment ?
qui souhaiteraient permettre l?accès à la location choisie à leurs agents. Enfin, la solution
devra rendre l?offre facilement accessible aux agents qui n?exercent pas à la date consi-
dérée dans un territoire, mais qui ont une mutation prévue.
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Recommandation 2
Généraliser à toute la France la location choisie. Pour cette application, privilégier
une solution technique performante pouvant être déployée aussi rapidement que
possible.
Au-delà du choix de la solution informatique à mettre en oeuvre, cette orientation ap-
pellera la mise en place d?une organisation efficace des services de l?Etat, mutualisant les
moyens lorsque c?est nécessaire, pour administrer le système et traiter les demandes de
logements des agents dans le cadre de la location choisie. Cette organisation sera abor-
dée dans la partie 3.3 de ce rapport.
2.1.2 Partir de la réalité des besoins en permettant de moduler
en fonction des territoires et des types de logements
Partir des besoins des agents, c?est aussi moduler l?usage du « 5% préfectoral », en visant
les types de logements et les quartiers qui leur correspondent.
En effet, le contingent préfectoral de 5 % s?applique traditionnellement à l?ensemble du
parc social dans les mêmes conditions, quels que soient le territoire et le type de loge-
ments : logements très sociaux de type PLAI, logements sociaux ordinaires de type PLUS,
ou logements sociaux à vocation intermédiaires PLS, logements de petite ou de grande
taille. Il n?en est pas nécessairement de même pour les besoins prioritaires de logement
des agents publics. Une modulation de la proportion de 5 % selon les territoires et les
types de logement pourrait ainsi ? sans modifier le volume global du contingent préfec-
toral -, permettre de mieux répondre aux besoins. On peut ainsi imaginer que les quar-
tiers à proximité de grands employeurs publics, ou de noeuds de transport y amenant,
soient particulièrement ciblés.
La réglementation en vigueur dans le cadre de la gestion des contingents de réservations
en flux, qui s?applique de plein droit au contingent préfectoral, offre la possibilité d?une
telle modulation à droit constant. En effet, si la gestion en flux suscite des inquiétudes
chez de nombreuses administrations ayant acquis des droits de réservation, elle per-
met de s?écarter pour le contingent préfectoral de l?application uniforme à tous les pro-
grammes d?un même taux de 5 %, quels que soient la localisation ou le type de logement.
La mission n?a toutefois rencontré, en Ile-de-France, qu?un seul cas d?application ? partiel
? d?une telle modulation, avec un taux fixé à 3 % du flux pour les logements très sociaux
PLAI et à 8 % pour les logements sociaux de type intermédiaire PLS, le volume du flux de
logements PLUS étant déterminé de façon à atteindre globalement le taux de 5 %. Il est
en outre demandé au bailleur de privilégier, pour les PLAI, de grands logements de type
T4 ou plus et, pour les PLS, des petits logements (T1 ou T2).
En revanche, le taux du contingent préfectoral pour les agents de l?Etat ne semble, à ce
jour, quelques mois après l?entrée en vigueur de la gestion des réservations en flux, faire
l?objet d?aucune modulation selon les territoires. Celle-ci est pourtant rendue possible
par l?article R. 441-5 du Code de la construction et de l?habitation qui dispose : « En cas
de nécessité dûment justifiée par le réservataire au regard des contraintes particulières
relatives à certains demandeurs de logement social, la convention de réservation peut
prévoir une territorialisation des flux à une échelle infra-départementale sans qu?un pro-
gramme puisse être identifié. »
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Recommandation 3
Identifier les secteurs géographiques et les types de logement qui doivent faire
l?objet d?une priorité dans le cadre de la gestion en flux du contingent préfectoral
de 5 % et décliner ces priorités dans les conventions à signer avec les bailleurs so-
ciaux.
Les préfectures souffrent bien souvent de la faiblesse des effectifs consacrés aux ques-
tions de logement et du nombre croissant de demandeurs. La difficulté à identifier les
besoins prioritaires des agents de l?Etat peut également s?expliquer par l?insuffisance du
diagnostic qui implique de faire la synthèse des besoins des différentes administrations,
et éventuellement de les hiérarchiser. L?absence ou la faiblesse du diagnostic est particu-
lièrement bloquante quand il s?agit de justifier des priorités territoriales comme l?article
R. 441-5 précité le prescrit. Cela renvoie aux difficultés d?organisation plus générales que
nous abordons dans la troisième partie de ce rapport.
L?expression des priorités de l?Etat devra, de plus, être conciliée par chaque bailleur so-
cial avec les priorités exprimées par les autres réservataires. Pour autant, l?expression par
l?Etat des priorités de logement de ses agents reste indispensable pour mobiliser effica-
cement le contingent de 5 %.
2.1.3 Partir des spécificités des métiers en élaborant des
priorités locales
Partir des besoins des agents, c?est établir des priorités, dans l?usage du « 5% logement »,
qui soient transparentes, connues et qui intègrent les spécificités des métiers.
En présence de demandes multiples pour un même logement, il est nécessaire de dé-
terminer les dossiers les plus prioritaires. Plutôt qu?un examen effectué au cas par cas,
l?élaboration d?une grille de cotation permettra d?établir en toute transparence des cri-
tères de priorités et de les pondérer. L?utilisation d?un indice de priorité attribué obliga-
toirement à chaque dossier permet également d?accélérer la procédure de sélection. En
Ile-de-France, la grille des critères de cotation appliqués aux agents de l?Etat gagne en
outre en légitimité par son élaboration associant les organisations syndicales au sein de
la Section régionale interministérielle d?action sociale (SRIAS).
Il est naturel que les critères de cotation des demandes appliqués aux agents de l?Etat in-
tègrent les priorités légales prévues par l?article L. 441-1 du CCH. Comme pour les autres
demandeurs, les agents de l?Etat en situation de handicap, ou dont le ménage comprend
une personne en situation de handicap, les agents victimes de violences de la part de leur
conjoint, ceux hébergés par un tiers, suite notamment à un divorce, ceux qui connaissent
une situation de sur-occupation dans leur logement actuel, ceux en difficulté financière
du fait du coût trop élevé de leur logement en zone tendue, constituent des urgences
sociales à prendre en compte dans les meilleurs délais par leur employeur. Il est égale-
ment naturel de tenir compte d?un travail de nuit ou en horaires décalés qui rend plus
nécessaire que pour d?autres agents d?habiter à proximité de son lieu de travail. Il est tout
aussi naturel que les critères de priorisation des demandes de logement social intègrent,
toutes choses égales par ailleurs, l?ancienneté de la demande.
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Il est toutefois légitime pour l?Etat de prendre en compte également dans ses critères
de priorité pour l?attribution d?un logement l?appartenance à un métier en tension pour
lequel l?attribution, de préférence à d?autres demandeurs, d?un logement social facilite-
ra le recrutement et/ou le maintien en poste dans une zone tendue, contribuant ainsi Ã
garantir la permanence d?un service public. Ces métiers sont d?ailleurs bien souvent en
tension en raison de conditions de travail difficiles.
Selon notre analyse, de tels critères relevant de l?intérêt général n?ont pas besoin d?être
consacrés par la loi. Ils sont d?ailleurs, en général, d?ores et déjà visés par la mention à l?ar-
ticle L. 442-1 du CCH des « demandeurs de logement exerçant une activité profession-
nelle qui ne peut être assurée en télétravail dans un secteur essentiel pour la continuité
de la vie de la Nation » (cf. infra partie 2.2 sur les travailleurs essentiels). Mais ils doivent,
dans chaque département, être intégrés à la priorisation des demandes de logement
social. De même, certains fonctionnaires de l?Etat, comme les policiers et les surveillants
pénitentiaires, craignant pour leur sécurité et celle de leur famille, doivent avoir accès Ã
des logements à l?écart de certains quartiers sensibles, même proches de leur lieu de tra-
vail, quand ils sont susceptibles d?y être reconnus par des délinquants croisés dans leur
activité professionnelle.
Si, conformément à la loi, les réservataires de logements sociaux se doivent de trans-
mettre à la commission d?attribution (CALEOL) du bailleur social au moins trois dossiers
parmi lesquels la CALEOL va faire son choix, il est d?usage parmi l?ensemble des réserva-
taires (collectivités territoriales, employeurs/Action Logement, administrations diverses)
que ces candidatures soient classées par ordre de priorité. Généralement, cet ordre de
priorité est suivi par la CALEOL.
Toutefois, en Ile-de-France, le souci de respecter pleinement l?autonomie reconnue à la
CALEOL par le législateur, conduit l?Etat à ne pas classer les trois candidatures transmises
au bailleur social. Cela peut rendre les choix d?attribution finaux difficilement compré-
hensibles par les agents. Il paraît donc nécessaire d?enjoindre aux services de l?Etat de
faire pleinement usage du droit de réservation au bénéfice des agents de l?Etat en clas-
sant les candidatures transmises à la CALEOL.
Recommandation 4
Pour le 5% préfectoral, demander aux services de l?Etat d?élaborer dans chaque dépar-
tement une grille de cotation des demandes des agents de l?Etat intégrant des critères
sociaux tenant à la situation personnelle du ménage, ceux liés aux conditions de travail
de l?agent et des critères d?intérêt général pour des agents dont les difficultés à se loger
menacent gravement le bon fonctionnement des services publics. Communiquer systé-
matiquement à la CALEOL l?ordre de priorité entre les trois candidats proposés qui résulte
de ces critères.
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2.2 Mobiliser pleinement les outils de droit
commun pour des réponses « sur mesure »
Une meilleure utilisation du contingent préfectoral de 5 % ne saurait naturellement ré-
gler tous les problèmes d?accès au logement social des agents publics. Il ne s?adresse
qu?aux agents de l?Etat et, même pour eux, les perspectives offertes par une meilleure
mobilisation du contingent préfectoral ne suffiront pas dans les zones tendues, en Ile-
de-France et ailleurs, où le taux de mobilisation de ce contingent est déjà relativement
élevé.
Par ailleurs, il convient de rappeler que, si de très nombreux agents publics ont des
revenus compatibles avec l?accès au parc social, le cas échéant à l?intérieur de ce parc,
aux logements de type PLS, certains dépassent ce plafond et doivent être orientés vers
le logement locatif intermédiaire auquel le contingent préfectoral de réservation ne
s?applique pas.
De nombreux agents publics aspirent en outre à devenir propriétaires. A l?inverse,
d?autres ont surtout besoin de logements temporaires, pour répondre à une situation
d?urgence sociale ou, tout simplement, pour avoir une solution pendant quelques mois,
lors d?une mutation, le temps de pouvoir trouver un logement pérenne.
Sur tous ces éléments, notre conviction est que, à droit quasi-constant, nous pouvons
collectivement beaucoup mieux faire.
2.2.1 Des clarifications des lois ELAN et 3DS pour faciliter
l?accès au logement social
Les lois ELAN (2018) et 3DS (2022) ont apporté des changements importants en matière
d?accès au logement social, notamment l?introduction de la gestion en flux pour l?éta-
blissement des conventions de réservation ainsi qu?un accès privilégié pour certaines
catégories de travailleurs. Il nous paraît crucial ici de pouvoir clarifier l?application de
ces lois, afin de s?assurer qu?elles remplissent bien leur fonction.
La loi ELAN et la gestion en flux
Pour mettre à la disposition des agents publics des logements locatifs sociaux supplé-
mentaires dans ces différentes situations où le contingent préfectoral ne suffit pas à ré-
pondre aux besoins, il est nécessaire d?acquérir des contingents de réservations destinés
aux métiers et aux territoires les plus en tension. Même si le bas niveau de la production
de logements sociaux limite à court terme l?offre disponible, des opportunités sont tou-
tefois à saisir ? qu?il s?agisse de programmes neufs ou, selon les opportunités locales, dans
des programmes libérés de tout ou partie de leurs occupants en vue d?un programme de
rénovation important.
Conscientes des difficultés de logements rencontrées par certaines catégories d?agents
publics, des collectivités s?efforcent certes déjà de soutenir leur accès au logement. Les
bailleurs sociaux ne sont d?ailleurs pas en reste. Le CHU de Bordeaux a ainsi conclu avec
des bailleurs sociaux bien implantés localement, en vue de loger des personnels à proxi-
mité de leurs lieux de travail sans pour autant s?acquitter de droits de réservation. Cette
gratuité a toutefois des limites dans les zones où les prix du foncier sont les plus élevés
(Ile-de-France, notamment) et où le versement de ces financements est indispensable au
montage des projets de logements social.
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L?achat de droits de réservation est donc indispensable pour passer à l?échelle. C?est une
solution dont la plupart des employeurs publics reconnaissent l?efficacité, restant moins
onéreuse que d?autres alternatives. Ils sont prêts à aller plus loin dans cette direction,
mais font état de plusieurs freins, sur lesquels nous reviendrons tout au long de ce rap-
port. La première source d?inquiétude vient de l?évolution du type de conventions.
L?introduction de la gestion en flux est source de complexité, et d?inquiétude, pour beau-
coup. Depuis le 24 novembre 2023, les contingents de réservations, qui portaient aupa-
ravant sur des logements bien identifiés au sein de chaque programme, correspondent
désormais à une proportion du flux global de logements à attribuer au cours d?une année
sur le patrimoine d?un bailleur au sein d?un département. Dans ce cadre, il revient au
bailleur de choisir parmi les logements qui se libèrent ceux qu?il va proposer à chacun
des réservataires. Même si chaque réservataire peut faire inscrire dans le texte de la
convention ses critères indicatifs de priorité pour orienter les propositions du bailleur,
de nombreux réservataires au sein des administrations ont fait part de leur crainte de
se voir proposer de nombreux logements ne répondant pas aux besoins de leurs agents.
Les réservations bénéficiant aux services relevant de la défense nationale, de la sécurité
intérieure et des établissements de santé ont toutefois été maintenues sous le régime de
la gestion en stock.
Des réflexions sont en cours chez beaucoup d?acteurs sur la manière de rédiger les
conventions de réservation en flux pour limiter les risques de recevoir des propositions
inadaptées. Outre le travail sur les critères de priorité indicatifs - qui gagneront toujours
à traduire aussi précisément et complètement que possible les besoins -, la position du
réservataire pourrait ainsi être plus forte si les conditions du décompte des attributions
dans son flux de réservations ont été rédigées de façon à éviter que lui soient imputées
abusivement des propositions non suivies de la signature effective d?un bail. Ces moda-
lités de décompte du flux ont en effet été laissées à la liberté de rédaction des conven-
tions.
Il est trop tôt pour que cette mission puisse avoir un avis définitif sur l?impact de cette
transformation, dont les acteurs eux-mêmes attendent de voir comment elle se met en
place. En tout état de cause, il nous paraît très important de pouvoir au plus vite fournir
des conventions types aux employeurs publics, notamment ceux qui sont le moins bien
équipés pour faire face à ces nouveautés législatives, et de réaliser au plus vite un bilan
précis du début de sa mise en oeuvre.
L?accentuation d?une politique de réservations devra aussi aller de pair avec une vigilance
sur les prix, afin d?éviter des effets excessivement inflationnistes, particulièrement dans
un contexte de pénurie de l?offre.
Ces différents éléments renvoient à la nécessité d?une gouvernance renforcée, que nous
évoquons dans la troisième partie de ce rapport.
Recommandation 5
Pour encourager la poursuite de l?achat de droits de réservation dans le parc social
par les administrations et les établissements de santé, établir des conventions de
réservation-types pour aider ces employeurs à appliquer au mieux les nouvelles
règles issues de la gestion en flux.
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Qu?il s?agisse de mieux mobiliser le contingent préfectoral de 5 % ou d?acquérir des
contingents de réservation dans le parc social ou intermédiaire, la mise en oeuvre de
ce programme d?action immédiate implique des capacités de diagnostic des besoins,
de négociations avec les différents acteurs, d?expertise juridique et technique qui sont
inégalement présentes dans les administrations. Au-delà du choix d?une solution infor-
matique, la modernisation de la gestion des contingents de réservation dans le cadre de
la location choisie, va également mettre de nombreux services sous tension.
Sans que cela en constitue une condition préalable, cela ne peut que rendre plus néces-
saire la réflexion sur la gouvernance de la politique du logement des agents publics qui
sera abordée dans la partie 3.3 de ce rapport.
La loi 3DS et les travailleurs clefs
Les difficultés sur l?accès au logement des agents publics rejoignent une problématique
plus générale concernant le logement de certains travailleurs dits « essentiels » qu?ils
soient dans le secteur public ou le secteur privé. La notion de travailleurs « essentiels »
? ou de travailleurs « clés », selon l?expression directement traduite de l?anglais key wor-
kers ? a surgi à l?attention du grand public dans les premiers temps de la crise sanitaire,
en 2020. Avant cette date, elle n?était pourtant pas inconnue des débats autour de la
politique du logement.
A l?exemple de l?Angleterre des années 2000, où les difficultés de recrutement dans cer-
tains services publics ont conduit à mettre en place des politiques spécifiques dans cer-
tains territoires particulièrement tendus, des études ont commencé à être consacrées
à ces salariés dont l?activité était essentielle au fonctionnement des territoires mais qui
avaient des difficultés à se loger dans les centres urbains11. Avant la loi 3DS, qui entendait
leur donner un accès privilégié au parc social, la notion n?avait pas donné lieu à la mise
en place de politiques spécifiques d?accès au logement ciblées sur ces professionnels, en
fonction, non pas de leur situation professionnelle, mais de l?intérêt général qui s?attache
à ce que certains services à la population puissent fonctionner normalement.
11 Par exemple : INSEE ? APUR, En Ile-de-France, les travailleurs clés résident un peu moins loin de leur
lieu de travail. INSEE Analyse Ile-de-France n° 9. Décembre 2014.
Recommandation 6
Faire un bilan de la première année de l?application de la gestion en flux. Elargir les
exceptions permettant de demeurer en gestion « en stock » pour des métiers liés
à la sécurité.
Malgré ces précisions, des incertitudes demeurent sur les conséquences de l?application
de la gestion en flux. Les inquiétudes se manifestent notamment dans les métiers liés Ã
la sécurité. Les exceptions actuelles visent en effet les services relevant de la défense
nationale, de la sécurité intérieure et des établissements de santé. Or, certains métiers
aux contraintes similaires ne sont pas concernés. L?agent de sécurité de la RATP ou le
surveillant pénitentiaire peut ainsi être tout autant menacé s?il réside dans le même im-
meuble que des personnes auxquelles il a été confronté dans l?exercice de ses fonctions.
Un élargissement des exceptions à la gestion en « flux » pour des métiers liés à la sécurité
doit être envisagé, dans les cas où celle-ci ne permet pas adéquatement de prendre en
compte ces préoccupations légitimes.
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36
A la suite de la loi ALUR12 en 2014, le législateur a confié à certaines in-
tercommunalités compétentes en matière de politique du logement
une responsabilité de chef de file en matière d?attributions des loge-
ments sociaux, pour fixer des priorités locales pour les attributions et
veiller à la mixité sociale. Les EPCI tenus de se doter d?un programme lo-
cal de l?habitat (PLH) - ou ayant la compétence en matière d?habitat et au
moins un quartier prioritaire de la politique de la ville ? ainsi que la com-
mune de Paris et les établissements publics territoriaux de la métropole du
Grand Paris sont tenus de créer à cette fin une conférence intercommu-
nale du logement (CIL). La CIL est coprésidée par le représentant de l?Etat
dans le département et par le président de l?EPCI. Elle réunit en outre :
? les maires des communes membres de l?EPCI,
? des représentants des bailleurs sociaux présents sur le territoire concerné,
? des représentants du département,
? des représentants de tout organisme titulaire de droits de réservation,
? des représentants locaux des associations de locataires,
? des représentants d?associations diverses oeuvrant pour l?insertion, le
logement des personnes défavorisées et la défense des personnes en
situation d?exclusion par le logement.
La CIL adopte des orientations concernant les attributions de logements sur
le patrimoine locatif social présent ou prévu sur le territoire en prenant en
compte les priorités fixées par l?article L. 441-1 du CCH et l?objectif de mixi-
té sociale. La loi 3DS13 a en outre confié le soin de préciser les conditions
de mise en oeuvre de l?objectif d?attribution aux « demandeurs de logement
exerçant une activité professionnelle qui ne peut être assurée en télétravail
dans un secteur essentiel pour la continuité de la vie de la Nation » (travail-
leurs « essentiels »).
16 Loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l?accès au logement et un urbanisme rénové.
17 Loi n° 2022-217 du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la
déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l?action publique locale.
Encadré 4 : la conférence intercommunale du logement et le rôle des intercommunalités
dans la politique d?attribution des logements sociaux
Les contours de la notion de travailleur « essentiel » sont toutefois difficiles à dessiner.
La loi 3DS les a définis de façon générale comme des « demandeurs de logement exer-
çant une activité professionnelle qui ne peut être assurée en télétravail dans un secteur
essentiel pour la continuité de la vie de la Nation ». Dans un travail statistique de 2014,
l?Atelier Parisien d?Urbanisme (Apur) a retenu comme professions clés, 108 professions
issues de huit secteurs différents (santé, sécurité, éducation, social, transports, propreté,
industrie-eau-énergie, fonction publique au sens large) parmi les 486 professions existant
dans la nomenclature Insee.
Considérant que le sujet ne pouvait pas être traité au niveau national, la loi a renvoyé la
définition précise des travailleurs « essentiels » devant bénéficier d?un accès privilégié
au logement social au niveau des intercommunalités. Celles-ci doivent en effet intégrer
cette problématique dans la politique des attributions qu?elles ont la charge de définir
et mettre en oeuvre, en concertation avec l?ensemble des acteurs que sont, notamment,
les communes membres, les bailleurs sociaux et les différents réservataires. Des objec-
tifs chiffrés d?attributions aux catégories de travailleurs reconnus comme essentiels à la
vie du territoire doivent être fixés. Le système de cotation des demandes à élaborer par
l?EPCI doit contribuer à la mise en oeuvre de ces objectifs.
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Toutefois, au vu des éléments recueillis par la mission, la prise en compte effective des
travailleurs « essentiels », du secteur public comme du secteur privé, dans les politiques
intercommunales d?attribution, qui devait être acquise au 1er janvier 2024, paraît encore
très inégalement avancée. En Ile-de-France, il semble que la problématique des travail-
leurs essentiels est bien abordée, mais qu?il n?est pas fixé d?objectifs chiffrés.
Si la responsabilité première incombe aux intercommunalités, le représentant de l?Etat a
toutefois un rôle privilégié à jouer dans la mise en place des politiques intercommunales
d?attributions. En tant que co-président de la conférence intercommunale d?attribution,
il approuve les orientations qui en sont issues et qui seront formalisées dans la conven-
tion intercommunale d?attribution. Suite à l?engagement de l?élaboration du plan parte-
narial comprenant la cotation des demandes, il communique les objectifs à prendre en
compte dans le cadre d?un Porter à connaissance. Avant l?adoption définitive de ce plan
partenarial, il peut transmettre à la collectivité des observations sur le projet qui lui a été
transmis. Le document définitivement adopté doit en tenir compte. De plus, au-delà de
ces prérogatives, il a la responsabilité de faire réaliser par les différents services concer-
nés les éléments de diagnostics chiffrés à transmettre à la collectivité pour justifier des
priorités à prendre en compte. Les collectivités locales étant par nature au coeur des CIL,
il conviendra notamment que le Préfet puisse avoir une attention particulière aux travail-
leurs du secteur public relevant de l?Etat, des établissements de santé et des employeurs
exerçant des missions de service public.
Les orientations définies par la CIL, approuvées par le président de l?EPCI et
le préfet, sont mises en oeuvre via une convention intercommunale d?attribu-
tion (CIA) signée entre l?EPCI, les bailleurs de logements sociaux possédant
ou gérant du patrimoine sur le territoire concerné, les titulaires des droits de
réservation sur ce patrimoine et, le cas échéant, d?autres collectivités ter-
ritoriales ou d?autres personnes morales intéressées. La CIA comporte des
engagements pris par les bailleurs sociaux et leurs partenaires pour remplir
les objectifs issus de la CIL. La CIA doit notamment fixer un objectif d?attri-
bution de logements sociaux aux travailleurs « essentiels ».
Pour mettre en oeuvre sur le plan opérationnel la politique intercommunale
d?attribution, en assurant la gestion partagée des demandes de logement
social et le droit à l?information des demandeurs, l?EPCI doit, enfin mettre
en place un plan partenarial de gestion de la demande de logement social
et d?information des demandeurs (PPGDLID). En application de la loi ELAN,
le PPGDLID doit notamment prévoir un dispositif de cotation des demandes
de logement social élaboré comme l?ensemble du PPGDLID sous l?égide de
l?EPCI. Les critères de cette cotation, et leur pondération, doivent être défi-
nis de façon à permettre d?atteindre les objectifs d?attribution en faveur des
publics prioritaires et de mixité sociale.
Outil d?aide à la décision, le système de cotation doit s?appliquer à l?ensemble
des demandes sur le territoire concerné, quelle que soit la qualité du deman-
deur et quel que soit le réservataire. Ce système de cotation unique doit
avoir été mis en place au 1er janvier 2024.
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2.2.2 Des partenariats pour faciliter l?accès au logement
intermédiaire et l?accès à la propriété
Le logement intermédiaire offre une solution complémentaire au logement social.
Le logement social s?adresse certes en théorie à une grande part des agents publics. A
terme, ce sont les agents dont les ressources du ménage ? en intégrant les revenus du
conjoint éventuel ? excédent les plafonds PLS qui devraient être orientés vers le loge-
ment intermédiaire dont les loyers sont inférieurs de 10 à 15 % aux loyers de marchés.
Parmi les personnels soignants, la revalorisation des rémunérations dans le cadre du Sé-
gur de la Santé va rendre ces situations un peu plus fréquentes. Lorsqu?il est accessible, le
logement social PLUS ou PLS est toujours préférable à un logement intermédiaire. En des-
sous du plafond PLS, la solution du «refroidissement» des loyers intermédiaires, qui im-
plique une compensation financière par l?employeur pour réduire davantage les loyers,
est très onéreuse, dans la mesure où le dispositif a été conçu pour trouver son équilibre
financier à un niveau de loyer assez élevé : elle doit être réservé à des situations excep-
tionnelles, dans des territoires très tendus où le parc PLS ne serait pas assez développé
en particulier.
Néanmoins, la pénurie de logements sociaux rend nécessaire de flécher, à court terme,
des logements intermédiaires également vers des agents qui peuvent en théorie béné-
ficier de logements sociaux, mais dont la durée d?attente risquerait d?être trop longue.
La première étape consiste à pouvoir généraliser, à travers le territoire, des partenariats
entre les bailleurs et de grands employeurs publics, sur le modèle du CHU de Bordeaux,
pour flécher vers les agents publics un certain nombre de logements intermédiaires. Cela
nécessite de la part des employeurs une capacité à diffuser l?information, à préciser les
besoins, à orienter au plus vite les agents vers les offres. La désignation d?une ou plusieurs
personnes responsables du sujet est, au dire des personnes auditionnées, un préalable
indispensable.
Le partenariat avec les acteurs du logement offre également des opportunités en ma-
tière d?accession à la propriété, qui correspond à une aspiration profonde pour de nom-
breux ménages d?agents publics comme de salariés du secteur privé.
A cet égard, le système des baux réels solidaires (BRS) qui permet l?acquisition d?un droit
réel sur le bâti sans avoir à devenir propriétaire du foncier est le plus adapté pour les
ménages au revenu modeste à moyen dans les territoires où le prix du foncier ne permet
pas l?accession en pleine propriété. Le BRS est ouvert à des ménages respectant des pla-
fonds de ressources compris entre le PLS et le logement locatif intermédiaire. De créa-
tion récente, le BRS se développe ces dernières années sur divers territoires à l?initiative
Recommandation 7
Adresser une circulaire aux préfets les invitant à utiliser pleinement leurs préro-
gatives pour s?assurer de la prise en compte complète et effective, au sein de la
catégorie dite des travailleurs « essentiels » au sens de la loi 3DS, de ceux exerçant
dans le secteur public, sous ses différentes formes, dans les objectifs prioritaires
d?accès au logement social déterminés au niveau intercommunal.
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39
Recommandation 9
Envisager une révision du cadre social et fiscal des prêts bonifiés par les employeurs pour
les rendre plus attractifs
de collectivités locales ou de bailleurs sociaux ayant constitué à cet effet des OFS. Outre
les logements neufs ? ou parfois en réhabilitation lourde ? commercialisés en BRS, le
rachat des droits des BRS que leurs titulaires souhaitent vendre offrira des opportunités
croissantes dans les années à venir. Ces rachats ? qui sont assortis du renouvellement du
BRS pour sa durée initiale ? sont soumis aux mêmes plafonds de ressources que lors de la
commercialisation initiale. Des partenariats avec les divers OFS existants peuvent favori-
ser l?accès d?agents publics au dispositif.
Des employeurs nous ont aussi fait part de leur intérêt pour bonifier les prêts pour l?ac-
quisition d?une résidence principale. Mais, même s?il existait une tolérance pour les prêts
considérés comme sociaux, la prise en charge des intérêts par l?employeur peut être
considérée comme un avantage en nature avec les règles afférentes en matière d?impôt
et de cotisations sociales. L?adaptation de ces règles fiscales et sociales dépasse le cadre
de ce rapport. Une réflexion devrait toutefois être engagée sur ce point pour trouver un
cadre plus incitatif.
2.2.3 Des initiatives à lancer pour une offre complémentaire de
logements temporaires
Au regard de la diversité comme de la dimension des besoins à satisfaire dans les terri-
toires où le marché du logement est particulièrement tendu, les partenariats ne peuvent
toutefois se limiter au logement pérenne. Il s?agit également de trouver des solutions de
logement temporaire pour des agents.
C?est d?abord indispensable face aux urgences sociales, quand il faut répondre aux diffi-
cultés de ceux qui subissent un accident de la vie, qui les précipite dans une situation très
précaire. Pour éviter que des agents publics ne se retrouvent « à la rue », les diagnostics
territoriaux, évoqués dans la première partie de ce rapport, devront accorder une atten-
tion particulière à la prévalence des situations d?urgence sociale et à la capacité à pou-
voir actionner rapidement une solution. Alors que les résidences sociales généralistes
Recommandation 8
Multiplier les partenariats entre employeurs publics et bailleurs pour flécher un
certain nombre de logements intermédiaires vers les agents publics. Multiplier les
partenariats pour flécher également des logements en bail réel et solidaire vers des
agents publics par une information précoce.
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Recommandation 10
S?assurer dans chaque territoire que l?on dispose des moyens suffisants pour faire
face aux urgences sociales des agents. Etablir un cadre permettant de flécher des
logements au sein des résidences sociales ou des foyers jeunes travailleurs vers les
agents publics.
Recommandation 11
Négocier avec les bailleurs sociaux le développement de logements de courte du-
rée, comme cela a été rendu possible par la loi ELAN, ou pour la colocation.
et les foyers jeunes travailleurs doivent être soutenus (un objectif de 25 000 nouveaux
agréments a été fixé pour la période 2023-2027), un certain nombre des logements pro-
posés pourraient être fléchés vers les agents publics, que ce soit par des politiques de
réservations ou par des instruments plus souples.
Les logements temporaires permettent aussi d?apporter des solutions à des agents qui
viennent d?être mutés et qui doivent trouver des logements dans des temps très brefs.
Le parc social peut offrir des solutions temporaires pour le premier accueil des agents
sur un territoire tendu. Les logements, nus ou meublés, agréés spécialement pour une
location sans droit au maintien dans les lieux en application de l?article 109 de la loi ELAN,
sont accessible aux moins de 30 ans. Les échanges que nous avons eus dans le cadre de
cette mission nous montrent qu?ils sont encore trop peu développés à ce stade. Il est
possible, sans condition d?âge, d?affecter des logements sociaux à la colocation nue ou
meublée. Des partenariats avec les acteurs du territoire doivent permettre de mobili-
ser ces dispositifs pour les agents publics, voire de susciter leur mise en place là où ils
n?existent pas ou ne sont pas suffisamment développés.
Il nous apparaît également important de pouvoir stimuler le développement de rési-
dences à destination des agents publics, visant notamment ceux qui viennent d?arriver
nouvellement sur un territoire, même s?ils exercent auprès de différents employeurs. Des
services pourraient y être adossés (comme la garde d?enfants, quand on n?a pas eu la
possibilité de trouver à temps une solution).
Les formes juridiques peuvent être adaptées à la diversité des besoins. Notons que le dis-
positif du logement locatif intermédiaire ayant été élargi au financement de résidences
services par l?article 71 de la loi de finances initiales pour 2024, il se prête également Ã
la création de résidences destinées à accueillir temporairement des fonctionnaires en
mobilité ou en difficulté temporaire.
Cela pourrait, dans certains cas, se faire sur des emprises libérées par l?Etat ou des opé-
rateurs, ce qui fait le lien avec les propositions en matière foncière que nous faisons dans
le cadre de la troisième partie de ce rapport.
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Recommandation 12
Lancer un programme de construction de résidences, permettant notamment d?accueil-
lir temporairement des agents publics nouvellement mutés dans des zones tendues.
Les outils existent et sont souvent déjà mobilisés par de nombreux acteurs publics. Il
convient toutefois de faire en sorte qu?ils soient suffisamment nombreux et bien dimen-
sionnés pour faire face à tous les besoins quel que soit le territoire.
2.3 Etendre la garantie Visale aux agents publics
de 31 ans et plus
Dans bien des endroits de France, il est extrêmement difficile d?accéder à la loca-
tion quand les loyers sont élevés par rapport à son revenu et qu?on ne dispose pas
de garanties familiales suffisantes. Cette injustice flagrante a été l?objet de la créa-
tion de la garantie « Visale », qui a connu un véritable essor. Pourtant, celle-ci est
aujourd?hui fermée aux agents publics de 31 ans et plus. Ils sont pourtant eux aussi
exposés à des difficultés considérables. Nous proposons donc d?ouvrir la garantie
Visale aux agents publics au-dessus de 30 ans, dans les mêmes conditions que pour
les salariés du privé : gagner moins de 1500 euros nets par mois ou être en mobilité
professionnelle (changement d?employeur, mutation géographique?).
2.3.1 Les agents publics de 31 ans ou plus ne disposent pas
des mêmes aides d?accès au logement locatif que leurs
homologues du secteur privé
Dans les zones tendues où le marché leur est favorable, les propriétaires privées qui
mettent en location un logement sont en mesure de mettre en concurrence les nom-
breux candidats à la location en fonction des garanties qu?ils peuvent offrir.
Quand le propriétaire bailleur a fait le choix de souscrire un contrat d?assurance
contre les loyers impayés, les garanties de solvabilité exigées des locataires sont
d?abord celles imposées par la société d?assurance. Ces exigences conduisent en gé-
néral à exclure les candidats pour lesquels le loyer et les charges représentent plus de
33 %, 37 % ou 38 % du revenu selon les assureurs. Les candidats dont les revenus sont
instables (CDD par exemple) sont également exclus. Afin d?éviter une surenchère des
garanties, le législateur a interdit au bailleur qui souscrit une assurance contre les im-
payés d?exiger en complément la caution solidaire d?un tiers appelé, le cas échéant,
à se substituer au locataire pour le paiement du loyer et des charges. La majorité
des bailleurs privés, ne souscrivant pas une assurance contre les impayés, conserve
toutefois la possibilité d?exiger une telle caution. Les personnes se portant caution
deviennent solidaires des loyers et charges dues par le locataire et s?engagent à en
régler le montant à la première demande du propriétaire bailleur.
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La caution apportée gratuitement par une personne physique, un membre de la fa-
mille en général, reste la plus pratiquée. Les personnes qui ne peuvent pas, ou ne
souhaitent pas, demander à un membre de leur famille de se porter caution pour eux
ont la possibilité de contracter une caution bancaire qui donne lieu à une rémuné-
ration à la charge du locataire. Dans un contexte où les cautions apportées par des
proches restent dominantes, les cautions bancaires sont rares. Ces dernières années,
toutefois, quelques organismes se portant caution en ligne sur internet se sont dé-
veloppés, en ciblant des ménages disposant de revenus relativement élevés, mêmes
s?ils peuvent être instables (CDD, périodes d?essai, travailleurs indépendants?). La
validation du dossier est délivrée en ligne sous quelques heures, après analyse du
dossier et vérification des justificatifs présentés. En contrepartie, le locataire, et non
le bailleur comme dans l?assurance contre les impayés de loyer, devra rémunérer la
société de caution à hauteur d?un pourcentage des loyers dus (charges comprises)
qui peut varier entre moins de 3 % et plus de 5 %.
Selon la directive relative à la garantie Visale validée par le conseil d?administration
d?Action Logement Groupe le 24 mars 2021 (en vigueur en mars 2024), les condi-
tions du dispositif sont les suivantes.
Les bénéficiaires :
? L?ensemble des jeunes de 18 ans à moins de 31 ans entrant dans un loge-
ment du parc locatif privé ou en structure collective, quel que soit notam-
ment son statut par rapport à l?emploi (public ou privé) ;
? Les étudiants ou alternants de 18 à 30 ans au plus entrant dans un loge-
ment du parc locatif privé ou social ;
? Les salariés (ou titulaire d?une promesse d?embauche) du secteur assujetti Ã
la PEEC (hors secteur agricole) de plus de 30 ans entrant dans un logement
du parc locatif privé :
- soit justifiant d?un revenu net mensuel inférieur ou égal à 1 500 ¤, quel
que soit le type de contrat de travail et avant la fin de ce dernier,
- soit en mobilité professionnelle (embauche initiale ou mutation avec
changement de lieu de travail au sein de la même entreprise ou le
même groupe), au plus tard dans les 6 mois de l?entrée dans l?emploi
ou de la mutation ;
? Des publics prioritaires spécifiques d?Action Logement entrant dans un
logement du parc locatif privé :
- salariés éligibles au dispositif Louer Pour l?Emploi mis en place par
Action Logement,
- salariés de plus de 30 ans du secteur assujetti à la PEEC, confronté Ã
un évènement exceptionnel fragilisant son lien à l?emploi et au
logement,
Encadré 5 : la garantie Visale pour l?accès à un logement locatif
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La présence d?une caution, et sa qualité, s?ajoute ainsi aux critères qui permettent de
valoriser un dossier de candidature, par rapport à d?autres, sur un marché tendu. Les
organismes de cautionnement locatif en ligne font d?ailleurs valoir, pour la promo-
tion de leur service, qu?il permettra «de faire passer le dossier au-dessus de la pile».
Pour donner de meilleures chances à des catégories de ménages prioritaires, Action
Logement, avec le soutien de l?Etat, a mis en place depuis janvier 2016 une caution
gratuite : la garantie Visale, financée par les fonds de la PEEC. Destinée à égaliser
les chances, par rapport à des candidatures disposant de meilleurs atouts, pour des
publics souffrant de difficultés particulières d?accès au logement locatif, ou dont les
difficultés de logement peuvent être un handicap pour accéder à un emploi, le dis-
positif est réservé à des catégories de ménages déterminées.
Selon le principe de la caution solidaire, en cas d?impayé du locataire, ou dégradation
du bien loué excédant le dépôt de garantie, le bailleur demande le paiement de la
dette par la caution Visale. Celle-ci peut ensuite se retourner vers le locataire défail-
lant pour se faire rembourser, seul le montant des sinistres pris en charge, net des
sommes ainsi récupérées, reste donc à la charge de la caution Visale.
La garantie Visale a su, au cours des années, acquérir une notoriété réelle et une
bonne réputation auprès de nombreux professionnels de l?immobilier. En 2023, 319
107 nouveaux contrats de cautionnement ont été souscrits, en hausse de 14 % par
rapport à 2022. Depuis 2016, ce sont ainsi 1,2 millions de cautionnement qui ont été
- public entrant dans un logement du parc locatif privé géré par un
organisme agréé d? intermédiation et de gestion locative sociale,
public justifiant être en formation professionnelle, en études
supérieures, en contrat d?apprentissage, en stage, en engagement
volontaire dans le cadre d?un service civique, en mutation
professionnelle ou en mission temporaire dans le cadre de son
activité professionnelle, dans le cadre d?un bail mobilité.
Les conditions relatives à la solvabilité des ménages :
Le loyer maximum pouvant être garanti est égal à 50 % de la somme de toutes les
ressources de tous les co-titulaires du bail. Toutefois, les loyer charges comprises
qui excèdent 1 500 ¤ en Ile de France ou 1 300 ¤ sur le reste du territoire (respecti-
vement 800 ¤ et 600 ¤ pour les étudiants, les alternants et volontaires) sont exclus
du dispositif Visale).
L?étendue de la garantie :
Dans le parc locatif privé, la garantie Visale couvre au maximum 36 impayés de
loyer (9 mois dans le parc locatif social). Cette garantie correspond à 36 mois de
loyer quittancés, impayés totalement ou partiellement, continus ou discontinus,
au cours de l?ensemble de la durée du bail, renouvellements compris. Les frais de
remise en état du logement en cas de dégradations imputables au locataire et
impayés par celui-ci, sont également pris en charge dans la limite de deux mois de
loyers et charges.
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mis en place, sensiblement en phase avec l?objectif de montée en puissance inscrit
dans la convention quinquennale 2023-2027 entre l?Etat et Action Logement : 2,1
millions de garanties contractualisées sur la période 2023-2027, contre 866 000 sur la
période 2018-2022, soit une multiplication par 2,4.
Depuis l?origine, 18 094 contrats de cautionnement ont été signés au bénéfice de
d?agents publics de moins de 31 ans, dont 27% en 2023. Ils représentent 4,2 % des
contrats de cautionnement qui ont bénéficié à des locataires du parc privé de moins
de 31 ans. Il s?agit majoritairement de stagiaires ou de non titulaires (56 %).
Le coût du dispositif, intégralement à la charge d?Action Logement, est estimé à 376
¤ de perte à terminaison sur les sinistres indemnisés auxquels s?ajoute le coût de la
gestion administrative.
Du fait du financement du dispositif par Action Logement, les agents publics ont un
accès plus limité à la garantie Visale que les salariés des entreprises cotisantes. Si, les
agents publics de moins de 31 ans peuvent en bénéficier dans les mêmes conditions
que les salariés du secteur privé pour la location d?un logement du parc privé, au-des-
sus de cet âge, seuls les salariés du secteur privé y ont accès sous certaines condi-
tions : disposer d?un revenu mensuel n?excédant pas 1 500 ¤ par mois ou, au-dessus
de ce revenu, pour les locations consécutives à une mobilité professionnelle (cf. en-
cadré 5).
On pourrait penser qu?un agent public ne rencontre pas les mêmes difficultés pour
accéder au marché locatif, bénéficiant de la réputation de la fonction publique,
à commencer par la stabilité de l?emploi. Les auditions que nous avons menées
montrent que cette analyse est bien trop optimiste. Même des fonctionnaires titu-
laires de catégorie A, comme les enseignants, peuvent avoir de vraies difficultés Ã
apporter les garanties nécessaires quand ils viennent d?être mutés dans une ville aux
loyers particulièrement chers.
Dans les conditions actuelles, la nécessité de présenter une caution reste un obstacle
à la location d?un logement locatif privé pour les agents publics de 31 ans et plus. Les
agents contractuels recrutés en CDD y sont particulièrement exposés, dès lors qu?ils
ne peuvent justifier des mêmes garanties de pérennité de leur revenu que les fonc-
tionnaires titulaires. Mais, même parmi les titulaires, des besoins réels se font sentir.
2.3.2 L?extension de la garantie Visale aux agents publics de
31 ans et plus, dans les conditions applicables aux salariés du
privé, présente les meilleurs atouts
Confrontées aux difficultés rencontrées par leurs agents dans la recherche d?un lo-
gement à louer dans le parc privé, notamment les contractuels recrutés pour pallier
le rendement insuffisant des concours de fonctionnaires, les administrations sont de
plus en plus nombreuses à chercher des solutions pour ceux qui ne remplissent pas
la condition d?âge pour l?accès à Visale.
Ainsi, le ministère de la justice a mis en place récemment un dispositif offrant à ses
agents un accès privilégié à la caution de la société Cautionéo, l?un des acteurs de
la caution locative en ligne (cf. encadré 2). Cette caution - dont le coût est pris en
charge de façon dégressive par l?administration - est largement ouverte à des agents
disposant de revenus assez élevés (jusqu?à 6 000 ¤ mensuels). Le ministère de l?édu-
cation a mis en place ? à titre expérimental sur un petit nombre de contrats dans
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un premiers temps ? un dispositif identique avec le même prestataire. Le ministère
de l?intérieur dispose de son côté depuis de longues années d?un fonds de garantie
propre.
Le ministère de la justice, par l?intermédiaire de la fondation d?Aguessau,
a mis en place un marché, attribué après mise en concurrence à la société
Cautionéo, pour donner accès à ses agents à la recherche d?un logement
dans le parc locatif privé à une caution de qualité.
Dans le cadre de ce contrat les agents du ministère de la justice peuvent
obtenir la couverture de la société Cautionéo dans les mêmes conditions
d?accès que l?ensemble de ces clients, en saisissant les informations sur leur
situation sur la plateforme en ligne dédiée, à condition d?être reconnus
éligibles en fonction des critères de scoring de cette société et que le loyer
envisagé n?excède pas le loyer maximal indiqué en fonction des informa-
tions saisies.
Le marché global passé par la fondation d?Aguessau se traduit en revanche
par un double avantage financier :
? l?ensemble des agents du ministère bénéficie d?un tarif préféren-
tiel sur la cotisation à la charge du locataire, soit 2,75 % des loyers
charges comprises au lieu du taux habituel de 2,9 % en cas de paie-
ment annuel ou 3,5 % en cas de paiement mensuel ;
? les agents dont le revenu fiscal de référence n?excède pas 65 000 ¤,
soit un traitement net mensuel de 6 018 ¤, et dont le loyer n?excède
pas 1 500 ¤ (pour un loyer au m² de moins de 15 ¤) ou 2 500 ¤ (loyer
au m² supérieur à 15 ¤), bénéficient de la prise en charge de la cotisa-
tion due à Cautionéo par une subvention du ministère à hauteur de
100 % de son montant la première année, 60 % la deuxième année et
40 % la troisième année. A partir de la quatrième année, la cotisation
est intégralement à la charge de l?agent.
Les agents peuvent également bénéficier d?un « accès privilégié » aux offres
locatives des partenaires de la société Cautionéo (parmi lesquels, CDC Ha-
bitat et Nexity).
Il a été estimé lors de son lancement que 1 200 agents bénéficieraient
chaque année de ce dispositif pour un coût d?environ 400 000 ¤. Au regard
de sa mise en place récente, les résultats restent toutefois à évaluer.
Encadré 6 : le marché passé par le ministère de la justice avec la société Cautionéo
Ces solutions ne sont pas sans inconvénients. La prise en charge dégressive du coût
des cautions payantes telles Cautionéo laisse à terme l?agent en supporter intégra-
lement le coût. Elle laisse ainsi les agents publics de 31 ans et plus dans une situation
moins favorable que les salariés du privé.
La mise en place d?une caution équivalente à Visale pour les agents publics mais dis-
tincte de celle-ci serait complexe et coûteuse ? le dispositif nécessitant de lourdes
applications pour la délivrance de la caution en ligne et le suivi des sinistres, ainsi
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Loger les travailleurs des services publics
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qu?une organisation efficace pour indemniser ces sinistres dans les délais les plus
brefs. En outre, la crédibilité du dispositif auprès des bailleurs ne pourrait que s?ac-
quérir progressivement, à l?exemple de Visale.
L?extension de la garantie Visale présenterait des atouts importants. Elle permet-
trait de faire bénéficier les agents publics de plus de 30 ans, dans les délais les plus
courts, d?une caution gratuite qui est maintenant bien connue de la plupart des
acteurs du marché locatif et dont le fonctionnement a su les convaincre. Gérée par
le groupe Action Logement, le dispositif donne des garanties de transparence vis-Ã -
vis de l?Etat très supérieures à tout assureur privé. Elle offre également un avantage
de simplicité et de lisibilité en proposant à tous les agents quel que soit leur âge la
même garantie.
Cette extension soulève toutefois deux difficultés auxquelles il convient d?apporter
des réponses susceptibles de faire consensus :
Les conditions de l?ouverture aux agents publics de plus de 30 ans :
Du point de vue du secteur privé, il serait sans doute difficilement envisageable que
les agents du service public aient - au-delà de 30 ans ? un accès plus largement ou-
vert que les salariés du secteur privé. Une extension sous les mêmes conditions ap-
plicables aujourd?hui aux agents privés répond à cette exigence, sans que cela em-
pêche les employeurs publics d?utiliser, comme aujourd?hui, d?autres dispositifs s?ils
jugent nécessaire de compléter le socle de garantie apporté par Visale.
Ces conditions permettent par ailleurs de prendre en compte une priorité essentielle
des employeurs publics comme privés. En effet, indépendamment de la condition
de revenu mensuel net inférieure à 1 500 ¤, l?ouverture à toutes les locations qui
font suite à une mobilité professionnelle, recrutement (y compris sous contrat) et
mutations, devrait faciliter les mobilités vers les territoires en tension où l?accès au
logement est un obstacle à la prise de poste.
Le financement :
Qu?il s?agisse de salariés du privé, d?agents publics, d?étudiants ou d?autres locataires,
le dispositif Visale est aujourd?hui financé intégralement par les fonds de la PEEC.
Cela n?a pas empêché le dispositif de s?étendre à bien d?autres catégories que les
salariés des entreprises cotisantes. La dernière convention quinquennale entre l?Etat
et Action Logement en date du 16 juin 2023 pour les années 2023 à 2027 (article 7.5)
a prévu l?extension du dispositif aux travailleurs saisonniers. Une étude en vue d?une
extension complémentaire concernant notamment les travailleurs indépendants est
programmée pour le 1er semestre 2024. Nulle mention n?est faite en revanche des
agents publics de plus de 30 ans.
La conviction de la mission est que ce sujet de financement ne devrait pas constituer
un blocage au regard des sommes en jeu. En effet, selon des données communiquées
par Action Logement, les plus de 30 ans ne représentent que 16 % de l?ensemble des
salariés du secteur privé ayant signé un contrat Visale. De plus, cette proportion ? qui
a pu évoluer au début du dispositif ? s?est stabilisée ces dernières années. Au-delÃ
des difficultés à estimer le nombre des agents publics de plus de 30 ans ayant un
revenu mensuel de moins de 1 500 ¤ et/ou en mobilité professionnelle qui auront
besoin de mobiliser cette garantie pour accéder au parc locatif privé, il n?y a pas de
raison que leur proportion par rapport aux agents de moins de 30 ans qui en bénéfi-
cient déjà soit très différente de ce qu?elle est aujourd?hui dans le privé.
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Il appartiendra à l?Etat et Action Logement de négocier un financement permettant
d?ouvrir la garantie Visale aux agents de la fonction publique d?Etat et de la fonction
publique hospitalière. L?ouverture à la fonction publique territoriale, qui devrait faire
l?objet de discussions avec leurs associations représentatives, pourrait se faire sur la
base d?une adhésion volontaire, à la décision de chaque collectivité, ce qui renvoie
aux questions d?organisation abordées dans la troisième partie.
Recommandation 13
Ouvrir la garantie Visale aux agents publics de plus de 30 ans dans les mêmes
conditions que celles appliquées aux salariés du secteur privé. Préserver la possi-
bilité pour les employeurs publics de proposer, en plus de ce socle, des dispositifs
complémentaires de garantie (par exemple, pour des revenus supérieurs), s?ils
le jugent nécessaire. Concerter avec les collectivités les modalités de l?extension Ã
la fonction publique territoriale.
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Visite des ateliers Vaugirard de la RATP, Paris
Réunion de travail avec les acteurs du logement, préfecture de la Gironde
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49
Partie 3
La reconstruction : rebâtir une
vraie politique du logement pour
les agents publics
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3.1 Libérer les initiatives pour mobiliser le foncier
public à destination des agents publics
La mobilisation du foncier public pour construire du logement a fait l?objet de très
nombreuses initiatives. Notre mission a cependant identifié des pistes supplémen-
taires, d?autant plus que flécher en priorité vers les agents publics les logements
construits sur du foncier public faciliterait sa mobilisation.
Certaines opportunités, situées au coeur de zones en tension, ont encore été trop
peu explorées. Au-delà des friches traditionnelles, il s?agit par exemple de la conver-
sion de bureaux en logement ou bien de la densification de sites existants avec des
usages mixtes services publics-logement. Des simplifications législatives sont indis-
pensables, qu?il s?agisse de celles liées l?urbanisme (accélération de procédure) ou
liées au modèle économique (en simplifiant les possibilités pour l?Etat d?acquérir des
logements pour ses agents quand il apporte du foncier plutôt que du numéraire).
Pour protéger les intérêts patrimoniaux de long terme de l?Etat tout en assurant le
modèle économique de la construction, le « bail emphytéotique » doit être bien
plus massivement utilisé par l?Etat, puisqu?il lui permet de conserver la propriété du
foncier.
La mobilisation du terrain des entreprises publiques et des opérateurs doit égale-
ment faire l?objet d?une forte vigilance, eu égard aux nombreuses propositions ex-
primées par les acteurs du logement auditionnés.
3.1.1 La mobilisation du foncier public pour le logement
nécessite un soutien politique énergique
La mobilisation du foncier public pour produire des logements en général, et plus
particulièrement des logements sociaux, n?est pas une idée neuve. Pour en faciliter la
mise en oeuvre, le législateur a autorisé dès 200514 une décote du prix de cession afin
de le rendre compatible avec la production de logements sociaux. Cette décote a
ensuite été renforcée en 2013 (décote dite Duflot)15 en prévoyant que son taux peut
atteindre 100 % de la valeur vénale. Pour autant, les résultats des programmes de
cession annoncés par les Gouvernements successifs n?ont guère été à la hauteur des
objectifs affichés.
En 2021, le rapport de la commission Rebsamen16 comparait l?objectif initial du Gou-
vernement de 22 000 logements par an en moyenne à produire sur le foncier public
mobilisable sur la période 2012-2016, avec le rythme effectivement constaté, qui est
resté sensiblement constant à 8 000 logements produits en moyenne par an sur les
emprises cédées entre 2012 et 2019. Suivant une recommandation de cette commis-
sion, le Gouvernement a mis en place un nouvel inventaire actualisé en temps réel
14 Décote pouvant atteindre 25 % ou 35 % de la valeur du bien cédé selon la zone, instituée par la loi
n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale.
15 Le taux maximal de la décote est porté à 100 % par la loi du 18 janvier 2013 relative à la mobilisation
du foncier public en faveur du logement. La décote devient en outre de droit sur une liste de parcelles établie
par le représentant de l?Etat dans la région, après avis, dans un délai de deux mois, du comité régional de l?ha-
bitat et de l?hébergement, du maire de la commune et du président de l?établissement public de coopération
intercommunale compétent.
16 Rapport de la commission pour la relance durable de la construction de logements présidée par M.
François Rebsamen, Tome I - Diagnostic et mesures phares. Octobre 2021.
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des parcelles potentiellement à céder17. Consulté en mars 2024, cet inventaire iden-
tifie une liste de 328 sites ? dont 70 % appartenant à l?Etat et pour les 30 % restant Ã
la SNCF, à des hôpitaux, des universités et diverses personnes publiques. Les 128 sites
pour lesquels la surface à construire est indiquée totalisent un potentiel de près de
400 000 m² de plancher, soit plus de 5 000 logements. Cet inventaire permanent de-
vait contribuer à relancer le dispositif. Toutefois, selon la Cour des comptes18, « Cette
impulsion devait contribuer à relancer le dispositif en 2023, mais les premiers résultats
ne sont guère probants.»
Le foncier de l?Etat et des autres personnes publiques ne saurait certes suffire à cou-
vrir les besoins en logements des agents publics. Tous les terrains recensés ne sont
pas situés dans des territoires où les besoins en logements appellent un important
programme de construction19. De plus, l?Etat a pris des engagements en faveur du
logement d?autres publics prioritaires : 11 200 logements pour les étudiants devraient
ainsi être produits d?ici 2027 sur le foncier appartenant à l?Etat20. Les possibilités ne
sauraient pour autant être négligées, d?autant que le contexte offre de nouvelles
opportunités.
L?usage moins intense des surfaces tertiaires au sein des administrations, du fait no-
tamment du développement du télétravail, a conduit le Gouvernement à un réexa-
men des besoins des services de l?Etat en surface de bureaux21 qui doivent désormais
être évalués en tenant compte de l?occupation effective des postes de travail. Même
s?il convient de prendre en compte de nouveaux besoins en complément des sur-
faces dédiés aux postes de travail individuels (bulles pour s?isoler, salles de réunion
de différentes tailles, salles de silence, salles de convivialité?), cet exercice devrait
déboucher sur une réduction nette des surfaces occupées par les administrations, et
la libération totale ou partielle de certains sites. Les perspectives de transformation
en logements de ces bâtiments tertiaires ne doivent certes pas être exagérées. Une
partie des sites qui pourront être abandonnés par les services sont en location et se-
ront donc rendus à leurs propriétaires. De plus, quand il ne s?agit pas de rendre à leur
destination initiale d?anciens immeuble d?habitation, la transformation de bureaux
en logements est souvent complexe et coûteuse. Des possibilités existent toutefois
qui doivent être identifiées et mobilisées, notamment en zone urbaine dense où les
opportunités foncières sont rares. Ils pourraient servir à alimenter l?offre en loge-
ments pour les agents publics.
Par ailleurs, de nombreux sites occupés par les différentes administrations, à titre
de bureaux mais aussi d?équipements divers tels que les hôpitaux ou les établisse-
ments d?enseignement, ont une densité de construction inférieure à la densité du
tissu urbain environnant. Des usages mixtes pourraient y être développés, sans re-
noncer à l?activité principale du site. Ces terrains recèlent un potentiel de créations
de nouveaux logements, par construction de nouveaux bâtiments sur des parties
inutilisées de ces terrains, par surélévation ou extension de bâtiments existants, par
reconversion d?une aile. De telles possibilités de densification ne semblent pas avoir
été recensées systématiquement jusqu?à présent et sont demandées par les acteurs
de terrain.
17 Inventaire accessible à tous sur le site internet ORFEL (https://orfel.immobilier-etat.gouv.fr/).
18 Cour des comptes. La politique immobilière de l?Etat. Une réforme nécessaire pour aborder les
enjeux à venir. Communication au Comité d?évaluation et de contrôle des politiques publiques de l?Assemblée
nationale. Décembre 2023.
19 216 sites sur les 328 recensés sur le site ORFEL en mars 2024 sont situés en zones tendues (Zones A,
A bis et B1 du zonage de tension A B C actualisé par l?arrêté du 2 octobre 2023).
20 Feuille de route gouvernementale en matière de logement étudiant. Novembre 2023.
21 Circulaire de la Première ministre du 8 février 2023 sur la nouvelle doctrine d?occupation des im-
meubles tertiaires de l?Etat.
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Il reste que les mêmes causes qui ont été à l?origine des résultats décevants des
programmes précédents de cession de foncier public pour le logement continue-
ront à allonger les délais, voire à faire échouer les opérations. La nature des projets
à réaliser implique, en premier lieu, un échange avec les collectivités concernées. Si
l?opportunité de réaliser des logements sera souvent accueilli avec faveur, la com-
mune ou la communauté de commune pourront avoir des projets différents. Une
fois un consensus sur le projet trouvé, il conviendra de se mettre d?accord sur le prix
de cession.
Dans le souci de protéger les intérêts patrimoniaux de l?Etat, le taux de la décote a,
dès l?origine, été encadré au niveau réglementaire en fonction du territoire et du type
de logements sociaux à produire. Il ne pourra atteindre 100 % que pour la production
de logements PLAI en zone tendue (zone A ou B1), alors qu?il ne dépassera pas 25 %
pour des logements PLS dans la zone la moins tendue (zone C). Ce plafonnement en
taux pouvant néanmoins déboucher sur des décotes très élevées en valeur absolue
dans les territoires les plus tendus22, il a été complété en 2019 par un second plafon-
nement, en fonction du coût moyen constaté pour la construction de logements so-
ciaux à l?échelle de la commune ou de l?agglomération. Le montant de la décote sera
ainsi plafonné en valeur absolue à 2 000 ¤ si le coût moyen hors taxe des logements
sociaux excède 3 000 ¤ le m² de surface utile, mais il ne pourra dépasser 1 000 ¤ par
m² si ce coût moyen ne dépasse pas 2 500 ¤.
Il existe une solution susceptible de concilier l?intérêt patrimonial de l?Etat et les
conditions économiques de production de logements sociaux : le bail emphytéo-
tique administratif (BEA). La conclusion par l?Etat d?un BEA pour réaliser des loge-
ments sociaux a été rendue possible dès 200923. Dans un tel cadre, l?Etat conserve la
nue-propriété de son terrain et voit les logements construits lui revenir au terme du
bail dont la durée peut atteindre jusqu?à 99 ans. La valeur économique du loyer est
réduite pour tenir compte de la valeur des constructions revenant à l?Etat en fin de
bail. En outre, il a été prévu dès 2013 que ce loyer peut bénéficier de la décote Du-
flot. La mission a pu vérifier auprès des acteurs du logement social rencontrés que le
BEA constitue un modèle économique adapté à la réalisation de logements sociaux.
Il est d?ailleurs utilisé régulièrement à cette fin par des collectivités territoriales. En
revanche, il ne semble pas, à ce jour, l?avoir été, en tout cas de manière significative,
par l?Etat.
22 Par exemple, la décote a été estimée à 57 M¤ en ce qui concerne l?îlot Saint-Germain dans le 7e
arrondissement de Paris, cédé en 2017 au bailleur social parisien RIVP pour un prix de 29 M¤ en vue de la réali-
sation de 254 logements sociaux.
23 Loi n° 2009-179 du 17 février 2009 pour l?accélération des programmes de construction et d?investis-
sement publics et privés (article 7).
Recommandation 14
Compléter les inventaires de foncier public disponibles en intégrant les objectifs
de réduction de la surface de bureaux fixés par le gouvernement ainsi que la den-
sification des sites existants avec un usage mixte services publics ? logements (co-
hérente avec les objectifs environnementaux). Orienter ces nouvelles opportunités
prioritairement vers le logement des agents publics.
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Cette absence d?utilisation du bail emphytéotique peut être rapprochée des réti-
cences des administrations à renoncer à percevoir l?intégralité des recettes de ces-
sions immobilières qui ont été signalées dans des rapports antérieurs. En 2021, le
rapport de la commission Rebsamen rappelait que les produits des cessions immobi-
lières permettent de financer l?entretien lourd, la mise aux normes et l?amélioration
des sites immobiliers de l?Etat, ainsi que les dépenses de regroupement ou de reloge-
ment de services24, pour en justifier du peu d?empressement des administrations à se
priver d?une partie de ces recettes. En 2023, la Cour des comptes écrivait de son côté :
« Au-delà du coût de la décote, directement mesurable dans les recettes de l?État, ce
dispositif pourrait avoir un effet dissuasif, plus difficile à quantifier, sur les cessions im-
mobilières de l?État ou de ses établissements publics : certains services pourraient en
effet renoncer à céder leurs biens, du fait de l?amputation des recettes attendues. » S?il
préserve l?intérêt patrimonial de l?Etat à long terme, le recours au BEA n?améliore pas,
à court terme, ses recettes.
Pour lever ces obstacles, la politique d?utilisation du foncier public pour développer
l?offre de logements ne saurait se passer d?un soutien énergique du Gouvernement
pour la mettre en oeuvre. La conviction de l?auteur de ce rapport est toutefois que
l?inscription expresse dans cette politique d?un objectif de logement des agents pu-
blics, répondant à des enjeux concrets dans les territoires que chacun peut mesurer,
est de nature à en faciliter la mise en oeuvre, tant aux yeux des administrations que
des collectivités dans lesquelles les logements doivent être construits.
Si l?étude de ces freins dépassait le cadre de cette mission, de nombreuses auditions
ont mis en lumière la réticence de certains opérateurs et de certaines entreprises
publiques à mobiliser leur foncier. Cela devra faire l?objet d?une attention spécifique
par le gouvernement.
3.1.2 Simplifier l?affectation du foncier public au logement des
agents publics
3.1.2.1 Simplifier l?acquisition de réservations de logements pour les agents publics
quand l?apport est fait en terrain plutôt qu?en numéraire
L?apport de terrain par une personne publique ou un autre contributeur au finan-
cement d?une opération de logement social a en général pour contrepartie un
contingent de réservation portant sur une partie des logements réalisés. L?impor-
tance de ce contingent est en principe librement négociée, sans autre limite que
24 Les produits de cessions immobilières sont inscrites en recettes au compte d?affectation spéciale «
Gestion du patrimoine immobilier de l?Etat ».
Recommandation 15
Afin de préserver l?intérêt patrimonial de l?Etat tout en assurant l?équilibre écono-
mique des opérations de construction, soutenir l?usage du « bail emphytéotique »,
plutôt que des cessions sèches, pour le développement de logement sur du foncier
public.
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les contingents revenant aux autres réservataires : le contingent préfectoral de 30
%, dont 5 % pour les agents de l?Etat, et ceux obtenus par les autres contributeurs
au financement. En ce qui concerne toutefois les apports de terrain de l?Etat ayant
bénéficié de la décote Duflot, l?article L. 3211-7 du code général de la propriété des
personnes publiques (CG3P) limite ce contingent à 10 % des logements sociaux du
programme. Les réservations ne peuvent, en outre, bénéficier qu?à « l?administration
qui cède son terrain avec décote, pour le logement de ses agents ».
Cette limitation ? qui, parmi l?ensemble des personnes publiques, ne concerne que
l?Etat ? contraint sans justification les possibilités de développer le parc de loge-
ments sociaux accessible en priorité aux agents publics. La répartition des réserva-
tions reflète en général la contribution des différents réservataires au financement
des opérations. L?apport du terrain, surtout lorsque le prix de cession est assorti d?un
abattement important, peut à lui seul justifier que l?Etat bénéficie d?un contingent
très supérieur à 10 %. Si le programme ne bénéficie d?aucun autre cofinancement,
l?Etat devrait pouvoir obtenir jusqu?à un contingent complémentaire de 50 % des lo-
gements, s?ajoutant aux 30 % au total du contingent préfectoral, voire jusqu?à 70 %, si
la collectivité territoriale garantissant l?emprunt renonce à exiger son contingent de
20 % ou qu?aucune collectivité n?a apporté sa garantie25.
Aujourd?hui seule « l?administration qui cède son terrain avec décote » peut pré-
tendre acquérir des réservations. Pour donner toutes ses chances au dispositif, sup-
primons cette contrainte. Cette restriction supplémentaire entendait encourager le
service qui occupait précédemment le site à accepter la cession avec décote au bé-
néfice du logement social. Mais, outre que l?Etat est le propriétaire unique des biens
affectés à ses différents services et que toutes les cessions sont réalisées pour son
compte par l?administration chargée des domaines, l?administration qui abandonne
un site n?a pas forcément un autre site à proximité où des agents auraient besoin
de ces logements. Les logements réalisés à la faveur du départ d?une administration
peuvent en revanche être utiles aux agents d?autres services.
25 En cas de refus des collectivités de garantir l?emprunt contracté pour le financement de l?opération,
le maître d?ouvrage peut souscrire à la garantie (payante) de la Caisse de garantie du logement locatif social
(CGLLS).
Recommandation 16
Modifier la rédaction de l?article L. 3211-7 du CG3P pour faciliter l?obtention de
réservations dans le cas de la cession d?un foncier de l?Etat avec application de la
décote Duflot.
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3.1.2.2 Simplifier la construction de logements sur des sites affectés dans les plans
locaux d?urbanisme à des équipements publics
De nombreuses emprises occupées par des équipements publics, tels que des uni-
versités, des hôpitaux, parfois même des écoles, disposent de suffisamment d?es-
paces pour accueillir des logements destinés à des agents publics tout en gardant
leur fonction principale. Cela peut passer par de la reconversion partielle de bâti-
ments existants et aujourd?hui surdimensionnés, la construction d?un nouveau bâti-
ment ou l?extension de bâtiments existants. Le plan local d?urbanisme en vigueur a
toutefois toutes les chances de s?y opposer, à moins d?être modifié.
En effet, selon la rédaction en vigueur des articles R. 151-27 et R.151-28 du code de
l?urbanisme, les équipements publics ont vocation à être réalisés selon le PLU sur
des parcelles sur lesquelles les constructions pouvant être réalisées devront avoir
comme destination « Equipements d?intérêt collectif et services publics » (EICSP),
avec l?une des sous-destination suivantes : « locaux et bureaux accueillant du public
des administrations publiques et assimilés » ou « locaux techniques et industriels des
administrations publiques et assimilés » ou « établissements d?enseignement, de san-
té et d?action sociale » ou « salles d?art et de spectacles » ou « équipements sportifs
» ou « lieux de culte » ou « autres équipements recevant du public ». Dans ce cadre,
les possibilités de construction de logements sont limitées à des constructions pré-
sentant un caractère accessoire par rapport à la destination EICSP, telles que par
exemple des logements pour les personnels travaillant sur le site et tenus d?y loger
(gardien ou personnel de direction par exemple).
Dès lors, la mobilisation de l?espace disponible pour implanter d?autres types de
logements, destinés par exemple à des agents publics travaillant sur un autre site,
nécessitera de solliciter une modification du PLU auprès de la commune ou de l?EP-
CI, qui ne pourra entrer en vigueur, au mieux, qu?au terme d?une longue procédure.
Quand un potentiel de réalisation de logement a été identifié, l?urgence des besoins
à couvrir dans les zones tendues pour le logement des agents publics rend très sou-
haitable de raccourcir de tels délais et de lever les blocages potentiels. A cet effet,
l?autorité compétente pour délivrer le permis de construire ou de changement de
destination devrait être mise en état de pouvoir autoriser l?opération même si le PLU
ne l?autorise pas.
La discussion parlementaire est, à l?heure de la rédaction de ce rapport, en cours sur
le sujet.
Recommandation 17
Modifier la partie législative du code de l?urbanisme pour permettre à l?autorité
compétente pour délivrer le permis de construire d?autoriser sur une parcelle dé-
diée aux équipements publics la construction de logements ou la transformation
de bâtiments existants et le changement de destination permettant la création de
tels logements.
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3.2 S?appuyer sur le logement social comme
sur le logement intermédiaire pour proposer de
nouveaux logements associés à certains métiers
du secteur public
3.2.1 Développer une offre nouvelle pour les agents publics
dans le parc social
Alors que les difficultés à se loger de nombreux agents menacent le bon fonction-
nement des services publics, et que les loyers libres et intermédiaires restent trop
élevés pour beaucoup d?entre eux, il faut une offre nouvelle de logements sociaux
pour les agents dont les difficultés à se loger menacent gravement le bon fonction-
nement des services publics. Ceux-ci pourraient être liés à la fonction.
Les employeurs publics investiraient davantage, pour soutenir l?investissement des
bailleurs sociaux et développer une offre nouvelle : en contrepartie, ils auraient l?as-
surance que les logements supplémentaires resteront bien au service des métiers
visés. Les agents concernés obtiendraient, au titre de leurs missions, un logement
social plus rapidement : en contrepartie, s?ils décidaient par exemple d?exercer dans
le secteur privé, ils devraient le rendre, pour en faire bénéficier un autre agent. Na-
turellement, des exceptions seront prévues.
3.2.1.1 L?impossibilité de lier un logement social à l?exercice d?un métier décourage les
employeurs publics d?investir à long terme pour développer le parc social et réduit le
parc disponible pour les agents publics
Dans une situation où la demande des agents publics - comme des autres ménages
- est contrainte par une offre de logement à la location tendanciellement en baisse
du fait de la diminution du taux de rotation des locataires et de celle des mises en
services de nouveaux logements (cf. supra partie 1.1), une sortie durable de la crise
actuelle doit d?abord provenir d?une reprise de la production nouvelle. Une telle re-
prise suppose un desserrement de la contrainte foncière auquel la politique de mo-
bilisation du foncier public doit apporter sa pierre (cf. supra partie 3.1). Mais, dans un
contexte où les coûts de construction ont fortement augmenté ces dernières années
et où la contrainte financière s?est durcie, la mobilisation de financements complé-
mentaires est également nécessaire.
Les employeurs publics pourraient apporter de tels financements complémentaires
dans les territoires en tension. La logique de tels investissements est toutefois for-
tement amoindrie par la rotation accélérée des professionnels dans les métiers et
territoires en tension, dès lors que les agents ayant bénéficié de l?attribution d?un
logement bénéficient du droit au maintien dans les lieux attachés au logement so-
cial, quelle que soit leur évolution professionnelle. La mission a pu constater sur le
terrain qu?une telle réforme était plus qu?attendue. Ainsi, des personnels soignants
entrant dans un logement social sur désignation de l?hôpital pourront en conserver
le bénéfice s?ils choisissent de quitter le service public hospitalier. Leur employeur,
de son côté, ne pourra pas disposer de ce logement pour loger les agents qu?il de-
vra recruter pour les remplacer. De même, en Haute-Savoie, certaines personnes,
une fois formées, partent exercer en Suisse mais conservent le logement réservé par
l?employeur. Si ces choix de vie peuvent être légitimes, l?administration doit pouvoir
retrouver le contrôle de ses logements pour en faire bénéficier de nouveaux agents.
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Le droit au maintien dans les lieux est un élément important du statut des
logements sociaux même s?il comporte des exceptions. Il contribue à sécuriser
dans leur logement des ménages modestes qui ont pu y accéder en fonction de
leur situation sociale, et évite que la perte d?un emploi, par exemple, ne
s?accompagne de la perte du logement. Il soulève davantage de questions quand il
continue de bénéficier à des agents publics qui ont pu accéder au logement social,
moins en raison de leur situation propre que d?une priorité tenant à l?intérêt
général, compte tenu d?une contribution à un service public qui a pris fin.
3.2.1.2 L?activation d?une clause de fonction dans le parc social est prévue pour les seuls
agents de l?Etat mais elle est peu utilisée
Le législateur a prévu dès 1978 une exception au principe du droit au maintien dans
les lieux pour les agents de l?Etat qui cessent d?exercer leurs fonctions. Selon la ré-
daction en vigueur depuis 1983 de l?article L. 442-7 du code de la construction et de
l?habitation, « Les fonctionnaires et agents de l?Etat civils et militaires attributaires de
logements réservés par les organismes dans une limite fixée par décret en contrepar-
tie d?une majoration de prêt définie également par décret ou leurs ayants droit ne
bénéficient du maintien dans les lieux en cas de mutation, de cessation de services
ou de décès que pendant un délai de six mois. »
L?absence de publication d?un décret d?application n?a pas facilité l?application de
ces dispositions. En avril 1989, une réponse du ministre de l?équipement à une ques-
tion parlementaire a certes permis d?apporter quelques précisions. Le ministre consi-
dère en premier lieu que toute forme de financement complémentaire (donc les
subventions autant que les prêts) justifie l?application de la clause de fonction de
l?article L. 442-7. Il précise en revanche qu?elle ne s?applique pas au contingent de 5 %
bénéficiant «gratuitement» aux fonctionnaires de l?Etat. Il n?en reste pas moins que
l?obscurité de sa rédaction freine considérablement son application.
Par ailleurs, ainsi rédigé, le champ d?application de cette clause de fonction est à la
fois très large, puisqu?il concerne l?ensemble des agents de l?Etat quel que soit leur
métier, et très étroit, puisqu?il exclut les fonctions publiques territoriale et hospita-
lière. En outre, cette rédaction n?est applicable qu?aux logements gérés par des orga-
nismes HLM, à l?exclusion du parc social des sociétés d?économie mixte de logement.
Dans la pratique, seul le ministère des armées s?efforce de mettre en application les
dispositions de l?article L. 442-7. Elle nécessite de la part de l?administration réserva-
taire un suivi précis de l?affectation des agents ayant bénéficié d?une attribution de
logements sociaux dans le passé. Elle implique également d?informer en temps utile
le bailleur social concerné en lui demandant de mettre fin à l?occupation des loge-
ments. Elle nécessite enfin que ce bailleur se plie à cette demande, alors qu?il n?a en
général aucun motif de se plaindre de ces locataires et peut préférer voir leur bail se
poursuivre. Pour clarifier la gestion de cette clause de fonction, le ministère des ar-
mées a d?ailleurs entrepris de l?inscrire expressément dans les nouvelles conventions
de réservation en exigeant qu?elle soit mentionnée dans les baux.
3.2.1.3 Pour sécuriser la mise à disposition de logements sociaux supplémentaires pour
des agents publics, une nouvelle clause de fonction est nécessaire
Pour pouvoir être effectivement mis en oeuvre par les employeurs publics, l?article L.
442-7 du CCH devrait être réécrit.
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? La rédaction de l?article doit être clarifiée. La nouvelle clause de fonction de-
vrait être applicable dans le cadre de nouvelles conventions de réservation Ã
conclure en contrepartie d?un apport de terrain ou d?un financement portant
sur des logements sociaux quel que soit le statut du bailleur, organisme HLM
ou société d?économie mixte de logement.
? Il doit pouvoir s?appliquer à l?ensemble des agents publics dont les difficultés
à se loger menacent gravement le bon fonctionnement des services publics.
Alors qu?il ne s?applique aujourd?hui qu?Ã la fonction publique d?Etat, nous
proposons de l?élargir aux trois fonctions publiques ainsi qu?à des sociétés et
établissements chargés de la gestion d?un service public essentiel (réseaux de
transport public par exemple), dont la liste pourrait être fixée par décret. Par-
mi tous les agents ou salariés de ces employeurs du service public, la clause de
fonction devrait être réservée à des travailleurs dont les difficultés à se loger
menacent gravement le bon fonctionnement des services publics. La liste des
métiers concernés peut varier selon les territoires : il paraît donc nécessaire
qu?elle puisse être fixée par le représentant de l?Etat au niveau départemental.
? Ses conditions d?application doivent naturellement être transparentes et
connues à l?avance, vis-à -vis des personnels concernés comme des bailleurs
sociaux, en particulier préalablement à l?obtention du logement. La néces-
sité de devoir quitter son logement social si on cesse d?exercer les fonctions
qui ont justifié son attribution ne saurait être une surprise pour les locataires
concernés. Cette information devrait être assurée à toutes les étapes, de la
notification de l?attribution du logement par le bailleur social à la signature du
bail et enfin à la décision de l?employeur réservataire de demander au bailleur
la résiliation du bail consécutivement à une fin de fonction. Il devrait éga-
lement être recommandé aux administrations de s?assurer que l?information
figure sur les offres de logements proposées aux agents, notamment sur les
sites de location choisie. Les droits et obligations respectifs du bailleur social
et de l?employeur réservataire devraient être également clairement définis. A
cet effet, il paraît nécessaire de prescrire l?inscription expresse dans la conven-
tion de réservation que les logements sont soumis à une clause de fonction
qui oblige le bailleur social à donner congé au motif d?un changement de
fonction notifié par l?employeur réservataire (avec copie au locataire). Sous
des conditions à définir, à défaut de donner congé, le bailleur social pourrait
être tenu de proposer un autre logement en substitution au réservataire.
? La possibilité de faire exception dans certaines situations à l?obligation de
quitter le logement social à la fin des fonctions doit naturellement être pré-
vue. Il s?agit notamment des cessations d?exercice qui ne sont ni prévisibles,
ni volontaires : à titre d?illustration, les agents en congé longue maladie ou les
familles d?agents décédés ne seraient naturellement pas concernés par l?ac-
tivation des clauses de fonction. Les agents en situation de handicap ou ac-
cueillant une personne en situation de handicap dans leur logement devront
bénéficier de clauses spécifiques. Les séparations devront faire l?objet d?une
attention particulière. Ces exemples ne visent pas à dresser la liste exhaustive
des exceptions qui pourront être prévues, d?autant plus qu?en dehors d?excep-
tions générales, l?employeur conservera en tout état de cause la possibilité de
ne pas notifier la fin de fonction au bailleur social au regard de l?examen d?une
situation individuelle ou d?un accord social.
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59
? La mise en oeuvre devra être coordonnée, entre employeurs publics, au ni-
veau local. Certains changements d?affectation vers un autre employeur pu-
blic, sur un poste comportant les mêmes enjeux de continuité du service pu-
blic, pourraient également justifier, au regard de l?intérêt général, que la clause
de fonction ne soit pas appliquée. Tel peut être le cas, par exemple, pour des
personnels soignants de l?APHP choisissant de diversifier leur expérience au
sein d?un hôpital public ne relevant pas de cet établissement. A cette fin, le
pouvoir réglementaire déconcentré pourrait être mis en capacité de définir,
au regard des enjeux de chaque territoire, les conditions dans lesquelles une
mutation vers un autre employeur avec maintien de l?activité de service public
peut justifier que l?agent conserve la disposition du logement attribué sur dé-
signation de son employeur initial.
? Ce dispositif nécessitera de faire exception à la gestion des réservations en
flux. La clause de fonction pour les logements sociaux attribués dans le cadre
d?une réservation par un employeur du service public a pour objet de per-
mettre à cet employeur d?attribuer les logements libérés aux agents recrutés
pour exercer les fonctions abandonnées par les partants. Cela s?applique sans
difficulté aux réservations faites au profit des services relevant de la défense
nationale, de la sécurité intérieure et des établissements de santé qui conti-
nuent à porter sur des logements identifiés dans des programmes (réserva-
tions en stock). Mais les réservations des autres employeurs publics portent
désormais sur un flux de logements. Dans ce cadre, les logements libérés par
l?application de la clause de fonction ne permettent pas à ces employeurs
de désigner de nouveaux candidats à la location de ces mêmes logements
puisqu?ils alimentent le flux global d?attribution réparti entre tous les réserva-
taires en proportion de leurs contingents respectifs. Il est donc nécessaire de
prévoir que les conventions de réservation portant sur des attributions assor-
ties de la clause de fonction, en dehors des services relevant de la défense na-
tionale, de la sécurité intérieure et des établissements de santé, fassent l?objet
d?un régime dérogatoire. Deux options sont envisageables : soit les réserva-
tions porteraient sur des logements identifiés dans les programmes selon le
régime de gestion en stock ; soit, dans le cadre d?une gestion en flux, la libé-
ration des logements pour lesquels la clause de fonction a été activée par le
réservataire viendrait alimenter exclusivement le flux d?attribution revenant Ã
ce même réservataire sans porter obligatoirement sur les mêmes logements.
Une telle gestion en flux adaptée permettrait en effet au bailleur social de
maintenir son locataire dans les lieux quand il a la possibilité de proposer à son
employeur un logement équivalent en substitution.
? Il appartiendra enfin de préserver les droits du ministère des armées pour les
conventions de réservations conclues antérieurement à l?entrée en vigueur
de la nouvelle rédaction de l?article L. 442-7. La modification de la rédaction
de l?article L. 442-7 envisagée ci-dessus a pour effet de soumettre l?application
de la clause de fonction à l?information préalable obligatoire de l?agent. Il est
nécessaire que cela ne remette pas en question a posteriori la continuité de
son application par le ministère des armées pour les conventions signées par
le passé.
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3.2.2 Développer une offre nouvelle pour les agents publics
dans le logement intermédiaire
3.2.2.1 Mobiliser des ressources financières pour le logement intermédiaire des agents
publics sans peser sur le déficit public
Le modèle économique de développement du parc locatif intermédiaire repose
principalement depuis 2014 sur l?engagement en fonds propres d?investisseurs ins-
titutionnels, tels que des sociétés d?assurances et des caisses de retraite. La filiale
immobilière de la Caisse des dépôts et consignation, CDC Habitat, joue un rôle es-
sentiel pour le développement du logement intermédiaire en investissant des fonds
propres du groupe, mais également en créant des structures porteuses pour recueil-
lir les fonds propres apportés par d?autres investisseurs et en assurant la gestion de
ces structures, par l?intermédiaire d?une filiale, dans le cadre d?objectifs de rende-
ment convenus avec ces investisseurs. Les investissements du groupe CDC Habitat
bénéficient également des apports de la société pour le logement intermédiaire (SLI)
constituée par l?Etat en 2015.
Assureurs, fonds de pensions et autres investisseurs institutionnels affectent en ef-
fet traditionnellement une part de leurs portefeuilles d?actifs à l?immobilier dans un
souci de diversification et de recherche d?immunisation globale contre les risques,
autant que de rendement. Au sein de ces investissements immobiliers, la part de
l?immobilier résidentiel avait fortement baissé au bénéfice de l?immobilier d?entre-
prise (bureaux notamment) qui semblait promettre un meilleur rendement pour un
risque réduit. Au cours des années 2010, les gestionnaires de portefeuille ont toute-
fois opéré un retour vers l?immobilier résidentiel dont le rendement net constaté,
en intégrant les plus-values à la revente, assorti d?une faible volatilité conjoncturelle,
s?était révélé appréciable. Les acteurs du logement intermédiaire ont ainsi pu lever
depuis 2014 les fonds propres nécessaires, complétés par des emprunts, pour déve-
lopper une production de logements intermédiaires qui a atteint de l?ordre de 15 000
logements par an ces dernières années, principalement en Ile-de-France.
Les gestionnaires de portefeuille sont aujourd?hui plus prudents, compte tenu de
la hausse des taux d?intérêt qui les rend plus exigeants en termes de rendement at-
tendu et qui ne leur permet plus de bonifier ce rendement par l?effet de levier de
Recommandation 18
Moderniser la clause de fonction de l?article L. 442-7 du CCH, pour la rendre appli-
cable aux conventions de réservations conclues par les employeurs du service pu-
blic avec l?ensemble des bailleurs sociaux portant sur l?attribution d?un logement
à des agents dont les difficultés à se loger menacent gravement le bon fonction-
nement des services publics. La nouvelle rédaction devra garantir l?information
préalable des agents sur l?obligation qui leur sera faite de libérer le logement s?ils
cessent d?exercer les fonctions qui ont justifié son attribution, prévoir naturelle-
ment des exceptions et donner au niveau local la capacité d?avoir les adaptations
nécessaires.
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l?emprunt, alors que la baisse des prix immobiliers menace de faire disparaître les
perspectives de plus-values qui concourent à rentabilité des investissements. Il s?agit
toutefois de données conjoncturelles qui ne devraient peser que de façon limitée
sur l?appréciation à long terme de l?investissement dans l?immobilier résidentiel, par
comparaison notamment avec l?immobilier tertiaire. L?importance des besoins à sa-
tisfaire en matière de logement, et les tensions actuelles sur les marchés, contribuent
à valoriser ces perspectives de long terme auprès des gestionnaires de portefeuilles
d?actifs. La baisse attendue des taux d?intérêt, lorsque le recul de l?inflation permet-
tra à la banque centrale européenne se desserrer sa politique monétaire, devrait
faciliter ce retour des investisseurs vers le secteur résidentiel.
Pour relayer des acteurs privés aujourd?hui réticents, et, à plus long terme, pour am-
plifier leur engagement, des acteurs publics investissent dans le secteur du logement
intermédiaire. L?Etat a ainsi augmenté en décembre 2023 le capital de la SLI de 250
M¤ et pourrait continuer à le faire. La CDC a engagé ses fonds propres dans le cadre
d?un plan de relance (cf. supra partie 2.2) et devrait continuer à le faire dans les
années à venir de façon plus pérenne. Le secteur public peut également compter
sur l?investissement d?une part des actifs des caisses de retraites des agents publics,
telles que l?IRCANTEC ou l?ERAFP27. La CDC et l?ERAFP figurent d?ailleurs parmi les ac-
teurs du secteur qui viennent de s?engager en mars 2024 au côté l?Etat pour doubler
à l?horizon 2026 la production de logements intermédiaires28.
Ces apports en fonds propres réalisés par ces acteurs publics auprès des structures
constituées par CDC Habitat et les autres acteurs du logement intermédiaire pour le
portage des programmes doivent continuer à être amplifiés. Ils devraient permettre
une priorité d?accès pour les agents publics à une grande part des logements pro-
duits dans ce cadre, comme le pratique systématiquement l?ERAFP. Les modalités de
suivi et d?évaluation de la mise en oeuvre de cette priorité devraient toutefois être
précisées et l?information mieux diffusée aux agents potentiellement intéressés.
Ces pistes avaient notamment été au coeur des réflexions portées par Alain Dorison,
plus que jamais d?actualité.
3.2.2.2 Faciliter la gestion de logements associés à une clause de fonction dans le
logement intermédiaire
Les baux portant sur des logements locatifs intermédiaires ? qui relèvent du régime
de droit commun des baux d?habitation et non du régime spécifique au parc social -
peuvent être assortis d?une clause liant la poursuite de la location à un emploi. En
effet, l?article 2 de la loi du 6 juillet 1989 précise que ses dispositions concernant la
27 Etablissement public chargé de la gestion du régime de Retraite additionnelle de la Fonction pu-
blique (RAFP) mis en place au 21 mars 2024
28 Pacte pour le logement intermédiaire
Recommandation 19
Continuer à mobiliser les investissements institutionnels publics ainsi que l?Etat
pour soutenir le développement du logement intermédiaire. Améliorer le fléchage
d?une partie des logements construits dans le cadre de ces programmes vers les
agents publics.
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Recommandation 20
Permettre à l?ensemble des personnes publiques qui confient à un mandataire pri-
vé la gestion locative des logements qu?ils possèdent de faire assurer par ce man-
dataire l?intégralité des recettes (dépôts de garantie, loyers et charges locatives) et
des charges afférentes à cette gestion.
location de logements non meublés à titre de résidence principale ne sont pas ap-
plicables aux « logements attribués ou loués en raison de l?exercice d?une fonction
ou de l?occupation d?un emploi ». Ces locations relèvent ainsi du régime prévu par
le code civil pour les locations immobilières dont les dispositions ? qui ne sont pas
d?ordre public ? laissent une place très large à la liberté contractuelle.
La location d?un logement « en raison de l?exercice d?une fonction ou de l?occupation
d?un emploi » suppose toutefois en pratique que l?employeur consente lui-même
la location à son agent ou salarié. Cela est possible si cet employeur est lui-même
propriétaire du logement, ou s?il l?a pris en location pour le sous-louer. Une telle im-
plication directe dans la gestion des logements accordés à leurs agents ou salariés
à raison de leur fonction relève toutefois d?un métier spécifique que de nombreux
employeurs ne souhaitent pas développer en interne. Il leur est possible en général
de sous-traiter cette gestion. Dans la perspective d?une dynamisation globale de la
gestion immobilière, il est également possible de passer un contrat de concession
comprenant non seulement la gestion immobilière mais également la rénovation du
parc existant et la construction de nouveaux logements. C?est l?option retenue par
le ministère des armées qui a conclu en 2022 avec un groupement d?entreprises pri-
vées, une concession d?une durée de 35 ans comprenant, outre la gestion de gestion
locative de son parc de logements domaniaux, la rénovation de 8000 logements et la
construction de 3000 logements neufs.
La sous-traitance de la gestion locative n?est toutefois pas possible de la même façon
pour tous les employeurs publics. Ainsi, l?AP-HP a conclu en 2021 un mandat de ges-
tion pour la gestion de 3 400 logements. Mais le monopole du comptable public n?a
pas permis de confier au prestataire sélectionné l?intégralité de la réalisation des flux
financiers de recettes et de dépenses afférents à cette gestion.
Au-delà de cette sous-traitance, il pourrait être envisageable qu?un logement inter-
médiaire soit attribué « en raison de l?exercice d?une fonction ou de l?occupation
d?un emploi » par un bailleur distinct de l?employeur, dans le cadre d?une convention
de réservation conclue entre ce bailleur et cet employeur. En application de cette
convention, certains logements seraient réservés par le bailleur pour être loués par
lui à des agents désignés par leur employeur public, dans le cadre d?un bail civil pré-
voyant que ces agents devront les libérer dans un délai de 6 mois à compter de la
notification par l?employeur que les fonctions ayant justifié l?attribution ne sont plus
exercées. L?employeur public pourrait ainsi disposer d?un parc de logements inter-
médiaires pouvant loger, dans la durée, les agents de certains métiers et les agents
recrutés pour les remplacer à leur cessation de fonction, sans avoir à assumer eux-
mêmes la gestion de ces logements. Là aussi, des encadrements devront naturelle-
ment être prévus.
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Les conventions de réservation sur lesquelles appuyer la mise en oeuvre de ce dis-
positif sont bien connues dans le monde du logement social. Les sociétés privées
détenant des logements loués dans les conditions du logement intermédiaire29 pour-
raient être plus réticentes à accepter les contraintes dans la mise en location as-
sociées à ces conventions, et il apparaît important de préserver une souplesse du
logement intermédiaire qui constitue une part importante de son succès. Les acteurs
les plus importants du secteur, tels que CDC Habitat et des filiales du groupe Action
Logement, sont toutefois très liés au logement social et en connaissent les pratiques.
Comme dans le cas du logement social, et pour sécuriser le régime juridique de ces
conventions pour les employeurs publics, leurs agents et les propriétaires des loge-
ments, il paraît toutefois nécessaire de conférer un statut légal à ces conventions.
Nous proposons de pouvoir expérimenter un dispositif de ce type.
Pour les grands employeurs publics disposant d?un parc de logements important,
la constitution d?une filiale dédiée à l?immobilier pourrait être une solution intéres-
sante dans le but de dynamiser la gestion et de développer ce parc par de nouveaux
programmes de constructions. Le transfert de la propriété des logements à cette fi-
liale pourrait être compatible avec l?insertion d?une clause de fonction dans les baux
consentis par cette filiale sur des logements intermédiaires, sous réserve de la mise
en place des conventions de réservations mentionnées par la Recommandation 21
ci-dessus. En ce qui concerne l?APHP et sans doute d?autres établissements, cela sup-
poserait toutefois une extension des missions de l?établissement.
29 Selon la rédaction issue de la loi de finances pour 2024 de l?article 279-0 bis A du code général des
impôts, le régime fiscal des logements locatifs intermédiaires est ouvert à toutes les personnes morales.
Recommandation 21
Expérimenter un régime légal de conventions de réservation conclues par des em-
ployeurs publics avec des personnes morales propriétaires de logements placés
sous le régime du logement locatif intermédiaire en vue d?attribuer de tels loge-
ments à des agents en raison des fonctions qu?ils exercent pour ces employeurs.
Recommandation 22
Pour les grands établissements disposant d?un patrimoine qui le justifie, étudier la
création d?une filiale pour gérer et développer les activités immobilières.
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3.3 Bâtir l?« Action Logement du secteur public »
La question du logement des agents publics ne disparaîtra pas quand une embel-
lie conjoncturelle dans le secteur de l?immobilier arrivera et que quelques mesures
ciblées auront été mises en oeuvre. Elle nécessitera une politique soutenue dans la
durée, c?est-à -dire une stratégie et des moyens humains, techniques et financiers
pour la mettre en oeuvre. Une organisation nouvelle est nécessaire pour mettre un
terme à la dispersion des efforts, l?inégalité des moyens mobilisés, et, globalement,
leur insuffisance au regard des enjeux. C?est ce que nous entendons par la construc-
tion d?un « Action Logement du secteur public ». Il ne s?agit naturellement pas de
dupliquer dans le secteur public un modèle, adapté au secteur privé, qui résulte
d?une longue histoire très spécifique. Il est néanmoins possible, en miroir, d?esquis-
ser l?outil dont il conviendrait de doter, Ã terme, le secteur public pour qu?il soit en
état de relever les défis redoutables qui se présentent à lui.
3.3.1 Un double manque à combler : la stratégie d?ensemble et
l?ingénierie sur le terrain
Si de nombreux employeurs publics se saisissent, Ã tous les niveaux, de la question
du logement, le manque se fait ressentir à deux niveaux : la construction stratégique
d?ensemble et l?ingénierie pour la mettre en oeuvre sur le terrain. Aucune de ces deux
dimensions ne doit être négligée.
Pour tirer le meilleur des moyens dont il pourra être doté, le secteur public a besoin
d?une structure professionnalisée qui pourrait :
? Elaborer une stratégie d?ensemble. Il s?agit de pouvoir, au niveau territorial,
établir des diagnostics des besoins, notamment pour l?accès et logement so-
cial et intermédiaire, en se faisant le médiateur entre les employeurs publics
et les acteurs de la politique du logement. Il s?agit de pouvoir, au niveau na-
tional, fixer la doctrine, dégager des priorités d?intervention et assurer le suivi
des moyens - budgétaires et extra-budgétaires - qui sont consacrés aux agents
publics.
? Porter des projets communs. Les exemples de ce qui devrait être effectué sont
très variés, allant des services (à l?image de l?extension de la location choisie)
à des projets immobiliers (comme le soutien à des résidences de logements
« sas », notamment pour des agents en mutations) en passant par de la mobi-
lisation financière (suivant, par exemple, l?esprit du rapport Dorison-Chambel-
lan Le Levier pour les investisseurs institutionnels). De grands partenariats,
dans ces différents domaines, pourraient être négociés avec des acteurs aussi
divers qu?Action Logement, des grands bailleurs, des investisseurs dans le lo-
gement intermédiaire, des banques?
? Apporter une aide en ingénierie sur le terrain, pour épauler les services face
aux difficultés techniques qu?ils rencontrent pour mettre en oeuvre une poli-
tique du logement. A titre d?illustration, si l?on n?évoque que le lien avec le lo-
gement social, il apparaît nécessaire de guider la mise en oeuvre de la politique
de réservations dans le cadre de la gestion en flux, à la fois dans ses volets
techniques ? au regard de la nouveauté du dispositif ? que financier ? en fixant
un cadre avec des prix de référence. Il faudra également aider à la déclinaison
locale du déploiement de logements associés à des clauses de fonction, si les
options proposées dans la seconde partie du rapport étaient retenues.
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Loger les travailleurs des services publics
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Il ne s?agit pas pour autant de se substituer aux différents employeurs publics. Au
sein de ces employeurs, les équipes chargées de l?action sociale doivent conserver
le premier rôle au contact direct des agents, pour recueillir les besoins, orienter et
conseiller. Il s?agit en revanche, de proposer à ces employeurs des dispositifs et des
outils, de nature à répondre aussi efficacement que possible à ces besoins, y compris
pour les employeurs de plus petite taille. Chaque administration ou établissement
étant par ailleurs le lieu naturel d?une partie du dialogue social, il est également sou-
haitable de conserver à ce niveau, chacun en fonction de ses moyens et des enjeux
qu?il perçoit, des capacités d?initiative importantes : ce rapport ne préconise donc
pas la mutualisation complète des moyens liés à la politique du logement des diffé-
rents ministères.
Le pilotage au niveau national de la politique pour l?accès au logement des agents
publics doit en outre disposer de relais dans les régions et départements. C?est en
effet au niveau des différents territoires que la synthèse des besoins a son sens. C?est
également à ce niveau qu?il convient de peser pour que ces besoins soient pris en
compte par les différents acteurs : intercommunalités chargées d?élaborer la poli-
tique d?accès au logement social, acteurs régionaux et départementaux de la poli-
tique immobilière de l?Etat, bailleurs sociaux détenant un patrimoine locatif? C?est
enfin à ce niveau déconcentré qu?il convient de soutenir les services d?action sociale
des différents employeurs. A cet égard, il apparaît essentiel de doter rapidement la
structure à mettre en place de la capacité de soutenir et coordonner l?action des
équipes en charges dans les départements de la gestion du contingent préfectoral
de 5 %.
Recommandation 23
Viser la construction d?un « Action logement du secteur public » : une structure
professionnalisée capable d?élaborer une stratégie d?ensemble pour le logement
des agents publics, de porter des projets communs aux différents employeurs pu-
blics et d?apporter une aide en ingénierie sur le terrain.
3.3.2 Mobiliser des moyens supplémentaires
Quels que soient les atouts de professionnalisme de la structure à mettre en place
pour piloter la politique d?accès au logement des agents publics, et des gains d?ef-
ficacité qui sont envisageables par rapport à la dispersion actuelle des efforts, il ne
fait pas de doute que la mise en oeuvre d?une politique d?accès au logement des
agents publics exigera des moyens financiers plus importants. Les administrations
ressentent d?ailleurs la nécessité d?un tel effort, comme en témoignent, notamment,
la forte hausse des dépenses ministérielles constatée et l?enveloppe de 75 M¤ mise
en place par l?ARS Ile-de-France. Le niveau souhaitable de cet effort est difficile Ã
chiffrer précisément, faute d?un diagnostic complet des besoins. Ce diagnostic devra
de plus être précisé au sein de chaque territoire, tant les enjeux sont différents selon
les tensions sur les marchés du logement.
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Recommandation 24
Accroitre les efforts en faveur du logement des agents publics, en fixant notam-
ment un premier objectif de rattrapage du taux d?aide par agent par rapport au
secteur privé.
Même s?il est plus rationnel de définir les moyens à mobiliser en fonction d?un dia-
gnostic des besoins et d?objectifs politiques à atteindre, en l?absence d?une meilleure
référence, le niveau d?aide moyen par salarié dans le secteur privé constitue une ré-
férence utile, qui pourra être précisée à l?avenir quand des données sur les besoins
prioritaires seront disponibles. Selon le calcul présenté dans la partie 1.2.2, cet effort
s?est situé en 2023, compte tenu des incertitudes de chiffrage, entre 122 ¤ et 162
¤. En ce qui concerne la FPE, pour laquelle le niveau des aides mobilisées en 2022 a
pu être estimé à 216 M¤, l?ordre de grandeur de l?effort supplémentaire serait d?une
centaine de millions d?euros par an.
Ce chiffrage, inédit, est évidemment susceptible d?être amélioré. En tout état de
cause, le suivi de l?atteinte de cet objectif impliquera de recenser et prendre en
compte l?ensemble des efforts engagés dans les différentes administrations. Mais,
afin de préserver les marges d?autonomie nécessaires de chaque employeur, il ne
paraît pas souhaitable que tous des moyens budgétaires correspondant soient cen-
tralisés sur un budget unique, à la disposition de la structure de pilotage à créer.
Cette structure devrait porter directement le budget d?actions communes, telles
que l?élargissement de la garantie Visale. Elle pourrait mettre en oeuvre d?autres ac-
tions de façon opérationnelle dans le cadre d?une contractualisation avec les diffé-
rentes administrations qui devraient à cet effet inscrire des moyens à leur budget
propre. Chaque administration pourrait enfin définir et conduire à son niveau cer-
taines actions. La structure de pilotage centrale devrait toutefois pouvoir recenser
de manière exhaustive l?ensemble de ces actions, en prévision et en réalisation. Les
conventions conclues avec chaque employeur devraient lui en donner les moyens.
Pour la fonction publique hospitalière, un dispositif semblable pourrait être mis en
place. Toutefois, au regard de la dispersion des employeurs entre de très nombreux
établissements, le portage des moyens budgétaires devra sans doute être partagé
entre la structure de pilotage nationale, les agences régionales et santé et les établis-
sements.
En ce qui concerne la fonction publique territoriale, la fixation d?un objectif d?enga-
gement financier pour l?accès au logement des agents relève de chaque collectivité,
conformément au principe constitutionnel de libre administration. Le ratio d?aide
par agent retenu pour la FPE et la FPH pourra toutefois servir de référence à chaque
collectivité pour la fixation d?objectifs tenant compte de sa situation et des actions
déjà engagées (notamment l?ouverture aux agents des contingents de réservation).
Une réflexion devrait toutefois être engagée avec les représentants des différentes
catégories de collectivités sur les moyens de recenser les aides mises en place.
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3.3.3 Une construction concertée et transparente
La construction de cet « Action Logement du secteur public » passera par plusieurs
étapes.
Dès l?année 2024, la Délégation interministérielle au logement des agents publics
(DILOAP), en cours de constitution, pourrait naturellement contribuer à mettre en
place des premières actions dans les trois dimensions évoquées précédemment : la
stratégie ; les projets communs ; l?ingénierie. Nombre de mesures identifiées précé-
demment dans ce rapport, si elles étaient retenues, pourraient être mises en oeuvre
dès les prochains mois.
Pour compléter les pistes, il serait également utile de pouvoir préparer des expéri-
mentations, sur des pistes complémentaires à celles évoquées dans le rapport. Nous
avons été particulièrement frappés par le dynamisme local de nombreux acteurs
pour proposer des solutions. Celles-ci peuvent d?ailleurs être adaptées à des singula-
rités locales ? c?est notamment le cas pour les territoires frontaliers. En Haute-Savoie,
et particulièrement autour de la commune de Saint-Julien-en-Genevois, un travail
considérable a été réalisé : de nombreuses mesures, particulièrement en matière de
mobilité, peuvent apporter des solutions supplémentaires et mériteraient d?être ex-
périmentées au plus vite30.
Outre ces actions immédiates, il conviendrait immédiatement de travailler à l?évolu-
tion de la DILOAP vers une structure professionnalisée de pilotage stratégique et de
soutien opérationnel pour le logement des agents publics.
Cette feuille de route devra être construite avec l?ensemble des parties prenantes.
Les employeurs publics, dans leur diversité, devront être associés à la conduite d?une
politique qui doit répondre à leurs attentes en termes d?attractivité des emplois pu-
blics, d?autant plus que, comme évoqué précédemment, ils continueront à jouer un
rôle essentiel dans la mise en oeuvre de la politique du logement. Au-delà des admi-
nistrations de l?Etat et du secteur hospitalier, les collectivités territoriales devront
être pleinement intégrées à cette réflexion, car nombre d?entre elles pourraient être
intéressées, comme employeurs, par les services offerts par un « Action Logement
du secteur public » : il reviendra de définir avec elles leurs modalités de participation
et de contribution, qui pourraient être sur une base optionnelle.
30 Commune de Saint-Julien-en-Genevois. Livre blanc. 80 propositions pour l??attractivité des fonctions
publiques en zone frontalière tendue.
Recommandation 25
S?appuyer sur la Délégation interministérielle au logement des agents publics (DI-
LOAP) pour mettre en oeuvre des premières avancées. Lui permettre également de
susciter une vague d?expérimentations pour compléter les pistes jusqu?ici identi-
fiées et intégrer un certain nombre de spécificités locales.
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Loger les travailleurs des services publics
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Les organisations syndicales devront prendre toute leur place. La politique d?action
sociale dans le secteur public dont l?aide à l?accès au logement est une dimension,
a été construite sur la participation des représentants des personnels à la définition
et à la gestion de la politique en la matière dans le cadre notamment du comité
interministériel consultatif d?action sociale (CIAS) et des sections régionales intermi-
nistérielles d?action sociale (SRIAS). La structure de pilotage de la politique d?accès
au logement des agents publics se doit également de faire place à ces représentants.
Recommandation 26
Elaborer, en concertation avec les représentants des personnels et les employeurs
publics des trois versants, une feuille de route en vue de la constitution de l? « Ac-
tion logement du secteur public ».
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Annexes
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Annexe 1 Lettre de mission
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Annexe 2 L?évaluation des avantages logement
octroyés par Action Logement aux salariés de
secteur privé
Dans le cadre de la participation des employeurs à l?effort de construction (PEEC),
les entreprises de plus de 50 salariés ? y compris les grandes entreprises publiques
telles que la SNCF, La Poste ou la RATP ? sont tenues d?investir chaque année pour le
logement de leurs salariés 0,45 % de leur masse salariale. Ces versements, effectués
pour l?essentiel auprès de la société Action Logement Services31, sont investis à leur
tour en prêts pour l?accession à la propriété ou la réalisation de travaux dans le
logement ainsi qu?en subventions, apport de fonds propres ou prêts à des organismes
de logement social ou intermédiaire et actions diverses pour le logement. Outre les
prêts qui leur sont directement consentis, les salariés bénéficient des financements
accordés par Action Logement aux organismes bailleurs sous la forme d?un accès
privilégié au logement social ou intermédiaire dans le cadre de conventions de
réservations.
Le taux de 0,45 % de la masse salariale des entreprises assujetties ne permet pas,
pour plusieurs raisons, de mesurer de façon rigoureuse le niveau des investissements
bénéficiant aux salariés :
? les entreprises versent leur collecte sous forme de subventions mais aussi de
prêts (12 % du total en 2021) ; le remboursement des prêts antérieurs vient
donc diminuer la collecte brute disponible pour de nouveaux investissements ;
? les investissements d?Action Logement sont eux-mêmes très largement
consentis sous forme de prêts. Le remboursement des prêts octroyés dans
le passé vient ainsi augmenter les ressources disponibles pour de nouveaux
investissements. Mais l?impact financier de ces prêts pour les bénéficiaires
n?est pas comparable à une subvention ou à un apport en fonds propres non
remboursable. Plutôt que considérer les sommes collectées chaque année
auprès des entreprises, il convient donc d?évaluer les interventions d?Action
Logement en termes de subventions ou équivalent subvention32. A cet effet,
des taux d?équivalent subvention ont été calculés par rapport à des taux
d?intérêt correspondant aux conditions moyennes de marché de l?année 2023
pour des profils de prêts (durée, existence d?un différé d?amortissement)
supposés appliqués en moyenne d?après les directives d?Action Logement
pour les différents types d?intervention ;
? bien que, depuis 2019, seules les entreprises de 50 salariés ou plus soient
assujetties au versement de la participation, les avantages octroyés par Action
Logement sont ouverts aux salariés des entreprises de 10 salariés ou plus, soit
de l?ordre de 17 millions de salariés ;
? le bénéfice des interventions d?Action Logement n?est pas exclusivement
réservée aux salariés des entreprises assujetties à la PEEC. La loi et les
conventions signées avec l?Etat oblige en effet l?organisme à affecter une
partie de ses ressources à des politiques nationales.
31 La SNCF bénéficie de dispositions spécifiques lui permettant de verser sa collecte à sa filiale, la
société immobilière des chemins de fer. Les autres employeurs conservent par ailleurs la possibilité d?investir
directement pour le logement de leurs salariés
32 Comme cela a été fait parallèlement pour les dépenses de l?Etat.
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Loger les travailleurs des services publics
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Il convient donc d?examiner les différentes dépenses d?Action Logement pour
déterminer dans quelle mesure elles se traduisent par des avantages spécifiques
pour le logement des 17 millions de salariés bénéficiaires. On retiendra à cet égard
les distinctions suivantes :
? Les dépenses au titre de politiques nationales sans contreparties pour les
salariés doivent être exclues en totalité des avantages réservés aux salariés
du secteur privé. Cela recouvre principalement les versements au fonds
national des aides à la pierre (FNAP), qui finance les aides de droit commun
de l?Etat à la production de logements sociaux, et, plus marginalement, les
subventions à l?association nationale d?information pour le logement (ANIL) et
les associations départementales (ADIL).
? Les dépenses effectuées par Action Logement dans le cadre de politiques
nationales mais pouvant comportant certaines contreparties appellent un
examen particulier :
? Les subventions et prêts consentis dans le cadre de l?opération Action Coeur
de ville donnent droit à des contreparties en terme de réservations. On les
retiendra donc parmi les aides bénéficiant aux salariés.
? Les subventions et prêts attribuées à l?ANRU pour le financement de la
politique de la Ville ne donnent pas lieu à l?acquisition de droits de réservation
mais ils s?accompagnent de cessions de terrains à l?euro symbolique pour
l?Association Foncière Logement, sur lesquels des logements vont être
construits à destination des salariés. La valeur de cet avantage est toutefois
très incertaine. Cela conduit faire deux hypothèses conduisant à définir
une fourchette pour les aides aux salariés selon que les aides à l?ANRU sont
retenues ou non.
? Les aides aux personnes qui ne sont pas réservées aux salariés du privé doivent
être exclues du chiffrage. Cela conduit à ne prendre en compte au titre de la
garantie Visale que les garanties bénéficiant aux salariés de plus de 30 ans.
? Les autres dépenses sont considérées comme bénéficiant intégralement et
exclusivement aux salariés.
Le calcul des avantages octroyés par Action Logement aux entreprises du secteur
privé est estimé en fonction de ces différents choix méthodologiques et hypothèses
à partir des montants de dépenses prévisionnelles pour l?année 2023 figurant dans la
convention quinquennale Etat ? Action Logement du 16 juin 2023. Il est détaillé sur
le tableau de la page suivante.
Les résultats essentiels sont les suivants : les 17 millions de salariés des entreprises de
10 salariés ou plus du secteur Action Logement ont bénéficié en 2023 d?avantages
logement estimés entre 2,1 et 2,7 Mds¤, soit entre 122 ¤ et 162 ¤ par salarié.
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Annexe 3 Liste des personnes auditionnées
Cabinets du président de la République, du Premier ministre et
cabinets ministériels
Cabinet du président de la République
? Sandie Michelis, conseillère logement
? Schwan Badirou Gafari, conseiller technique services financiers et affaires
financières multilatérales
Cabinet du Premier Ministre
? Fanny Anor, directrice adjointe de cabinet
? Rayan Nezzar, conseiller action et comptes publics
? Oumnia Alaoui, conseillère auprès du directeur du cabinet et de la directrice
adjointe du cabinet
Cabinet du ministre de la Transformation et de la Fonction Publiques
? Pierre Bouillon, directeur adjoint de cabinet
? Charlotte Cardin-Taillia, conseillère fonction publique hospitalière,
neutralité, égalité et diversité dans le service public
? Boris Mazeau, conseiller parlementaire
Cabinet du ministre du Logement
? Mehdi Aouat, directeur de cabinet
? Daniel Montin, directeur de cabinet adjoint
? Guillaume Voisard, conseiller spécial, chargé de l?Offre de logements
Cabinet du ministre des Comptes Publics
? Aude Costa de Beauregard, directrice de cabinet
?
? Yanis Sicre
Syndicats
CFDT
? Betty Hervé, secrétaire confédérale, en charge du logement
? Annick Bessat, secrétaire fédéral CFDT santé sociaux
? Cyrille Bellanger, secrétaire fédéral CFDT santé sociaux
? Lionel Josserand, CFDT Dreets
, conseiller parlementaire et relations avec les élus
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CFE CGC
? Philippe Sebag, délégué national fédéral CFE CGC
? Stanislas Gaudon, président de la fédération Services Publics
CGT
? François Livartowski, secrétaire fédéral CGT services publics
? Gilles Oberrieder, co-secrétaire général de l?UFSE
FA-FP
? Pascal Kessler, président de la fédération
? Fabien Golfier, secrétaire général
Force ouvrière
? Anne Florentin, secrétaire fédérale fonction publique
? Phlippe Soubirous, secrétaire fédérale fonction publique
? Vincent Martin, secrétaire FO, Hôpital Cochin
? Johann Laurrency, secrétaire fédéral personnels des services publics et de la
santé
FSU
? Benoît Teste, secrétaire général de la FSU
? Agnès Van Luchenne, représentante de la FSU au CIAS
? Béatrice Fauvinet, co-secrétaire générale FSU territoriale
Solidaires
? Gaëlle Martinez, secrétaire nationale
? Valérie Redon, membre du comité interministériel consultatif d?action
sociale des administrations de l?Etat
? Emmanuelle Cathelinaud, membre du comité interministériel consultatif
d?action sociale des administrations de l?Etat
UNSA
? Luc Farré, secrétaire général, UNSA fonction publique
? Frédéric Gallière, secrétaire national, UNSA justice
? Stéphane Daval, conseiller national, UNSA fonction publique
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Associations d?élus locaux
Association des Maires de France
? Murielle Fabre, secrétaire générale
? Corinne de la Mettrie, directrice adjointe
? Charlotte de Fontaines, chargée des relations avec le Parlement
? Elodie Vin, attachée de direction
France Urbaine
? Zemorda Khelifi, vice-présidente de la métropole du Grand Lyon et élue
référente sur le logement des agents publics au sein de la commission FPT
? Johann Sandler, conseiller Logement, Politique de la ville, Urbanisme
? Bastien Taloc, conseiller Fonction publique territoriale et institutions
Administrations publiques
Agence Régionale de Santé Ile de France
? Amélie Verdier, directrice générale
? Laure Wallon, directrice pôle ressources humaines en santé
? Hélène Rogel, chargée de mission logement des soignants
Agence Régionale de Santé de Haute-Savoie
? Reynald Lemahieu, directeur de la délégation départementale de Haute
Savoie
Agence Régionale de Santé de la Gironde
? Stéphane Laffon, directeur délégué aux professionnels de santé et à la
prospective
Agence Régionale de Santé du Rhône
? Marielle Schmitt, directrice adjointe de la délégation départementale du
Rhône
Centre Hospitalier Annecy Genevois
? Romain Benmoussa, directeur adjoint des ressources humaines
Assistance Publique des Hôpitaux de Paris
? Nicolas Revel, directeur général
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CHU de Bordeaux
? Yann Bubien, directeur général
? Matthieu Girier, directeur des ressources humaines
? Nathalie Garrin Darricau, chargée de développement ressources humaines
Hospices civils de Lyon
? Luc Fabres, Directeur des affaires domaniales
Direction générale de l?Offre de soins
? Marie Daude, directrice générale
? Margaux Vecchioli-Bonneau, directrice de cabinet
? Philippe Charpentier, sous directeur des ressources humaines du système de
santé
? Mélanie Marquer, adjointe au sous directeur des ressources humaines du
système de santé
? Charles Bourdeaud?huy, chef du bureau Organisation des politiques sociales
développement des ressources humaines
? Audrey Wiltshire, chargée de mission action sociale au bureau Organisation
des politiques sociales développement des ressources humaines
Préfecture de la Haute-Savoie
? Yves Le Breton, Préfet
Préfecture d?Ile de France
? Pierre Antoine Molina, préfet, secrétaire générale aux politiques publiques
? Laurent Bresson, directeur régional et interdépartemental de l?hébergement
et du logement
Préfecture de la Gironde
? Renaud Laheurte, directeur de la direction départementale des territoires
Préfecture de Police
? Philippe Le Moing Surzur, préfet secrétaire général à la Préfecture de police
Préfecture du Rhône
? Vanina Nicoli, préfète secrétaire générale, préfète déléguée pour l?égalité
des chances
? Laurent Willeman, directeur de la direction départementale de l?emploi, du
travail, et des solidarités
? Joséphine Pilod, cheffe de service à la direction départementale de l?emploi,
du travail, et des solidarités
? Xavier Cereza, directeur de la direction départementale des territoires
? Laurent Vere, chef de service à la direction départementale des territoires
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Direction de l?Habitat, de l?Urbanisme et des Paysages
? Amélie Renaud, directrice adjointe de l?habitat, de l?urbanisme et des
paysages
? Luc-André Jaxel-Truer, sous-directeur de la législation de l?habitat et des
organismes de logement social
? Yves Rauch, chef de projet
Direction générale de l?administration et de la fonction publique
? Guillaume Tinlot, chef du service des politiques sociales, salariales et des
carrières
? Jildaz Ecolan, chargé de mission
Direction de l?Immobilier de l?Etat
? Alain Resplandy-Bernard, directeur
? Guillaume Decroix, sous-directeur administration et valorisation de
l?immobilier de l?Etat
Direction générale du Trésor
? Gabriel Cumenge, sous directeur des banques et des financements d?intérêt
général
? Laure Berthet, cheffe de bureau
? Guillaume Cassier, adjoint au chef de bureau
? Laurie Bergia, adjointe au cheffe de bureau
Ministère de l?Education nationale
? Thierry Le Goff, secrétaire général
? Boris Melmoux-Eude, directeur général des ressources humaines
? Marie Helene Perrin, cheffe du service de l?action administrative et des
moyens
? Marie Laure Martineau-Gisotti, cheffe du bureau de l?action sociale
Académie de Lyon
? Stéphanie De Saint Jean, secrétaire générale adjointe, directrice des
ressources humaines
Académie de Paris
? Delphine Viot-Legouda, secrétaire générale de l?académie de Paris
? Thibaut Pierre, secrétaire général d?académie adjoint, directeur des
ressources humaines, chargé du pôle RH
Ministère des Armées
? Sylviane Bourguet, directrice des territoires, de l?immobilier et de
l?environnement
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Ministère de l?Intérieur
? Didier Martin
Délégation interministérielle à l?hébergement et à l?accès au logement
? Jérôme d?Harcourt, délégué interministériel à l?hébergement et à l?accès au
logement
Banque des territoires
? Barbara Falk, directrice régionale Auvergne Rhône-Alpes
Maison d?arrêt de la Santé
? Isabelle Gomez, adjointe au directeur
? Sandra Mongaillard, assistante sociale des personnels
? Carine Jonrond, directrice des ressources humaines
? Marion Fialex, responsable du service ressources humaines
Associations professionnelles et autres
Union sociale pour l?habitat
? Thierry Asselin, directeur des politiques urbaines et sociales
? Antoine Galewski, directeur des relations institutionnelles
USH 74
? Aude Poinsignon, chargée de projets AURA HLM
? Pierre-Yves Antras
? Alain Benoiston, directeur général Halpades
Fédération des entreprises sociales pour l?habitat
? Didier Poussou, directeur général
Fédération nationale des offices publics de l?habitat
? Marcel Rogemont, président
? Laurent Goyard, directeur général
Fond pour l?insertion des personnes handicapées dans la fonction publique
? Séverine Beaudoin, directrice générale
Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique
? Régis Pélissier, directeur
, directeur général de Haute-Savoie Habitat
, secrétaire général du ministère de l?Intérieur
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Action Logement
? Nadia Bouyer, directrice générale
?
? Nicolas Henry
Union sociale pour l?habitat d?Ile de France
? Anne Katrin Le Doeuff, directrice
? Benoit Charles, responsable du pôle stratégie territoriale
? Bruno Rousseau, directeur général adjoint
Association pour le logement du personnel des administrations financières
? Alain Brunet, président
? Vincent Verroye, directeur général des services
Union régionale HLM en Nouvelle-Aquitaine
? Muriel Boulmier, présidente
? Nicolas Blaison, directeur régional
Professionnels du secteur et entreprises
Groupe Arcade VYV
? Jacques Wolfrom, directeur général du groupe
Bouygues Immobilier
? Olivier Durix, directeur général des offres et clients de Bouygues Immobilier
Altarea
? Ronald Sanino, directeur affaires publiques
? Philippe Bouvier, directeur général relations investisseurs
Aquitanis
? Irène Sabarot, directrice générale adjointe
? Benjamin Loisoin, responsable du pôle gestion des demandes locatives
Clairisienne
? Caroline Isidore, directrice de la clientèle et de la communication
CDC Habitat Nouvelle Aquitaine
? Jérôme Farcot, directeur interrégional Sud Ouest
, directeur de la stratégie patrimoniale et immobilière
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ERILIA
? Fréderic Talik, directeur général adjoint sud ouest
? Elodie Placide, directrice de l?agence de Bordeaux
Groupe Vilogia
? Patrice Faurens, directeur générale de Vilogia Privilège
? Franck Hanart, directeur de Territoire Vilogia SA
FNAIM
? Loïc Cantin, président
? Jérôme Champsavin, président adjoint
? William Siksik, co-président FNAIM 06
CDC Habitat
? Thierry Laget, directeur général adjoint
? Anne Frémont, directrice des affaires publiques
Atexim
? Philippe Bauchot, président directeur général
? Thierry Armilhon, président et directeur du développement
RATP
? Céline Tignol, directrice de l?immobilier
? Thibaud Barrois, responsable stratégie
? Claire Goudineau, directrice générale de RATP Habitat
? Luc Le Duigou, directeur des ressources humaines
? Victor Andreini, conseiller auprès de Jean Castex
? Clémence Cano Hernandez, conseillère au cabinet du président directeur
général
SOFIAP
? Laurent Permasse, président du directoire
Batigère Habitat
? Michel Cielsa, directeur déléguée à la région IDF
ICF Habitat
? Romain Dubois, directeur général
? Sabrina Chekaoui, responsable communication
RLF
? Pierre François Gouiffès, président du directoire
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Collectivités territoriales
Centre de gestion de la Haute-Savoie
? Valérie Bouvier, directrice générale
Centre de gestion de la Gironde
? Caroline Desaigues, directrice générale
Communauté de Communes du Pays de Cruseilles
? Charlotte Boettner, vice présidente et Maire de Villy-le-Pelloux
Communauté de Communes de la Vallée de Thônes
? Gérard Fournier-Bidoz, président et Maire de Les Villards sur Thônes
Communauté de Communes de Fier et Usses
? Henri Carelli, président et Maire de Lovagny, directeur de la construction
Haute Savoie Habitat
Mairie de Bordeaux
? Vincent Lescaillez, directeur général ressources humaines et administration
générale
? Aziz Skalli, conseiller municipal de Bordeaux
Mairie de Paris
? Jacques Baudrier, adjoint en charge du logement
? Olivia Polski, adjointe en charge des RH
? Alice Tercé, directrice de cabinet de Jacques Baudrier
? Clemence Courbot, collaboratrice
? Blanche Guillemot, directrice du logement et de l?habitat
? Doan Lebel, conseillère aménagement, urbanisme au cabinet de la maire de
Paris
Mairie de Lyon
? Sophia Popoff, adjointe au Maire déléguée au logement et au
renouvellement urbain
? Laetitia Pichon, responsable service habitat
? Emmanuelle Brissaes, directrice générale adjointe ressources humaines
Métropole de Lyon
? Frédérique Bonetti, directrice habitat et logement
? Frédérique Von Plauen, responsable du service action et innovation sociale
? Zemorda Khelifi, vice-présidente, déléguée aux ressources humaines
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? Olivier Glück, Adjoint au Maire de Villeurbanne délégué aux ressources
humaines et au dialogue sociale
? Florent Bruyas, directeur des ressources humaines
? Catherine Le Put, directrice générale adjointe pilotage, ressources et
relations sociales de la ville de Villeurbanne
Lyon Métropole Habitat
? Vincent Cristia, directeur général
? Sandrine Mba-Nallet, directrice marketing et offres commerciales
Personnalités qualifiées
? André Yché
? Robin Rivaton
? Alain Dorison
Mes remerciements vont à mes collègues parlementaires, Véronique Riotton,
Dominique Da Silva, Antoine Armand, Alexandra Martin, Anne Brugnera, Xavier
Roseren, dont l?aide m?a été précieuse.
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Annexe 4 Glossaire des sigles et acronymes
? ACV : action coeur de ville
? ADIL : agence départementale d?information sur le logement
? AIP : aide à l?installation des personnels
? ANIL : agence nationale pour l?information sur le logement
? ANRU : agence nationale pour la rénovation urbaine
? APHP : assistance publique des hôpitaux de paris
? Apur : atelier parisien d?urbanisme
? ARS : agence régionale de santé
? BALAE : bourse au logement des agents de l?État
? BEA : bail emphytéotique administratif
? BRS : bail réel solidaire
? CALEOL : commission d?attribution et d?examen de l?occupation
des logements
? CCH : code de la construction et de l?habitation
? CDC : caisse des dépôts et consignations
? CG3P : code général de la propriété des personnes publiques
? CHU : centre hospitalier universitaire
? CIA : convention intercommunale d?attribution
? CIL : conférence intercommunale du logement
? CRDS : contribution pour le remboursement de la dette sociale
? CSG : contribution sociale généralisée
? DALO : droit au logement opposable
? DDETS : direction départementale de l?emploi, du travail et des
solidarités
? DRIHL : direction régionale et interdépartementale de
l?Hébergement et du Logement
? DROM : département et région d?outre-mer
? EICSP : équipements d?intérêt collectif et services publics
? EPCI : établissement public de coopération intercommunale
? ERAFP : établissement de retraites additionnels de la fonction
publique
? FNAP : fonds national des aides à la pierre
? FPT : fonction publique territoriale
? FPH : fonction publique hospitalière
? FPE : fonction publique d?État
? HLM : habitation à loyer modéré
? NPNRU : nouveau programme national de renouvellement urbain
? OFS : organisme de foncier solidaire
? OLS : organisme de logement social
? PEEC : participation employeur à l?effort de construction
? PLAI : prêt locatif aidé d?intégration
? PLH : programme local de l?habitat
? PLS : prêt locatif social
? PLUS : prêt locatif à usage social
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? PPGDLID : plan partenarial de gestion de la demande de logement
social et d?information des demandeurs
? PSEEC : participation supplémentaire des employeurs à l?effort de
construction
? SNE : système national d?enregistrement des demandes de
logements sociaux
? SRIAS : section régionale interministérielle d?action sociale
? ZAC : zone d?aménagement concerté
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(ATTENTION: OPTION préciser les
besoins, à orienter au plus vite les agents vers les offres. La désignation d?une ou plusieurs
personnes responsables du sujet est, au dire des personnes auditionnées, un préalable
indispensable.
Le partenariat avec les acteurs du logement offre également des opportunités en ma-
tière d?accession à la propriété, qui correspond à une aspiration profonde pour de nom-
breux ménages d?agents publics comme de salariés du secteur privé.
A cet égard, le système des baux réels solidaires (BRS) qui permet l?acquisition d?un droit
réel sur le bâti sans avoir à devenir propriétaire du foncier est le plus adapté pour les
ménages au revenu modeste à moyen dans les territoires où le prix du foncier ne permet
pas l?accession en pleine propriété. Le BRS est ouvert à des ménages respectant des pla-
fonds de ressources compris entre le PLS et le logement locatif intermédiaire. De créa-
tion récente, le BRS se développe ces dernières années sur divers territoires à l?initiative
Recommandation 7
Adresser une circulaire aux préfets les invitant à utiliser pleinement leurs préro-
gatives pour s?assurer de la prise en compte complète et effective, au sein de la
catégorie dite des travailleurs « essentiels » au sens de la loi 3DS, de ceux exerçant
dans le secteur public, sous ses différentes formes, dans les objectifs prioritaires
d?accès au logement social déterminés au niveau intercommunal.
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39
Recommandation 9
Envisager une révision du cadre social et fiscal des prêts bonifiés par les employeurs pour
les rendre plus attractifs
de collectivités locales ou de bailleurs sociaux ayant constitué à cet effet des OFS. Outre
les logements neufs ? ou parfois en réhabilitation lourde ? commercialisés en BRS, le
rachat des droits des BRS que leurs titulaires souhaitent vendre offrira des opportunités
croissantes dans les années à venir. Ces rachats ? qui sont assortis du renouvellement du
BRS pour sa durée initiale ? sont soumis aux mêmes plafonds de ressources que lors de la
commercialisation initiale. Des partenariats avec les divers OFS existants peuvent favori-
ser l?accès d?agents publics au dispositif.
Des employeurs nous ont aussi fait part de leur intérêt pour bonifier les prêts pour l?ac-
quisition d?une résidence principale. Mais, même s?il existait une tolérance pour les prêts
considérés comme sociaux, la prise en charge des intérêts par l?employeur peut être
considérée comme un avantage en nature avec les règles afférentes en matière d?impôt
et de cotisations sociales. L?adaptation de ces règles fiscales et sociales dépasse le cadre
de ce rapport. Une réflexion devrait toutefois être engagée sur ce point pour trouver un
cadre plus incitatif.
2.2.3 Des initiatives à lancer pour une offre complémentaire de
logements temporaires
Au regard de la diversité comme de la dimension des besoins à satisfaire dans les terri-
toires où le marché du logement est particulièrement tendu, les partenariats ne peuvent
toutefois se limiter au logement pérenne. Il s?agit également de trouver des solutions de
logement temporaire pour des agents.
C?est d?abord indispensable face aux urgences sociales, quand il faut répondre aux diffi-
cultés de ceux qui subissent un accident de la vie, qui les précipite dans une situation très
précaire. Pour éviter que des agents publics ne se retrouvent « à la rue », les diagnostics
territoriaux, évoqués dans la première partie de ce rapport, devront accorder une atten-
tion particulière à la prévalence des situations d?urgence sociale et à la capacité à pou-
voir actionner rapidement une solution. Alors que les résidences sociales généralistes
Recommandation 8
Multiplier les partenariats entre employeurs publics et bailleurs pour flécher un
certain nombre de logements intermédiaires vers les agents publics. Multiplier les
partenariats pour flécher également des logements en bail réel et solidaire vers des
agents publics par une information précoce.
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40
Recommandation 10
S?assurer dans chaque territoire que l?on dispose des moyens suffisants pour faire
face aux urgences sociales des agents. Etablir un cadre permettant de flécher des
logements au sein des résidences sociales ou des foyers jeunes travailleurs vers les
agents publics.
Recommandation 11
Négocier avec les bailleurs sociaux le développement de logements de courte du-
rée, comme cela a été rendu possible par la loi ELAN, ou pour la colocation.
et les foyers jeunes travailleurs doivent être soutenus (un objectif de 25 000 nouveaux
agréments a été fixé pour la période 2023-2027), un certain nombre des logements pro-
posés pourraient être fléchés vers les agents publics, que ce soit par des politiques de
réservations ou par des instruments plus souples.
Les logements temporaires permettent aussi d?apporter des solutions à des agents qui
viennent d?être mutés et qui doivent trouver des logements dans des temps très brefs.
Le parc social peut offrir des solutions temporaires pour le premier accueil des agents
sur un territoire tendu. Les logements, nus ou meublés, agréés spécialement pour une
location sans droit au maintien dans les lieux en application de l?article 109 de la loi ELAN,
sont accessible aux moins de 30 ans. Les échanges que nous avons eus dans le cadre de
cette mission nous montrent qu?ils sont encore trop peu développés à ce stade. Il est
possible, sans condition d?âge, d?affecter des logements sociaux à la colocation nue ou
meublée. Des partenariats avec les acteurs du territoire doivent permettre de mobili-
ser ces dispositifs pour les agents publics, voire de susciter leur mise en place là où ils
n?existent pas ou ne sont pas suffisamment développés.
Il nous apparaît également important de pouvoir stimuler le développement de rési-
dences à destination des agents publics, visant notamment ceux qui viennent d?arriver
nouvellement sur un territoire, même s?ils exercent auprès de différents employeurs. Des
services pourraient y être adossés (comme la garde d?enfants, quand on n?a pas eu la
possibilité de trouver à temps une solution).
Les formes juridiques peuvent être adaptées à la diversité des besoins. Notons que le dis-
positif du logement locatif intermédiaire ayant été élargi au financement de résidences
services par l?article 71 de la loi de finances initiales pour 2024, il se prête également Ã
la création de résidences destinées à accueillir temporairement des fonctionnaires en
mobilité ou en difficulté temporaire.
Cela pourrait, dans certains cas, se faire sur des emprises libérées par l?Etat ou des opé-
rateurs, ce qui fait le lien avec les propositions en matière foncière que nous faisons dans
le cadre de la troisième partie de ce rapport.
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Recommandation 12
Lancer un programme de construction de résidences, permettant notamment d?accueil-
lir temporairement des agents publics nouvellement mutés dans des zones tendues.
Les outils existent et sont souvent déjà mobilisés par de nombreux acteurs publics. Il
convient toutefois de faire en sorte qu?ils soient suffisamment nombreux et bien dimen-
sionnés pour faire face à tous les besoins quel que soit le territoire.
2.3 Etendre la garantie Visale aux agents publics
de 31 ans et plus
Dans bien des endroits de France, il est extrêmement difficile d?accéder à la loca-
tion quand les loyers sont élevés par rapport à son revenu et qu?on ne dispose pas
de garanties familiales suffisantes. Cette injustice flagrante a été l?objet de la créa-
tion de la garantie « Visale », qui a connu un véritable essor. Pourtant, celle-ci est
aujourd?hui fermée aux agents publics de 31 ans et plus. Ils sont pourtant eux aussi
exposés à des difficultés considérables. Nous proposons donc d?ouvrir la garantie
Visale aux agents publics au-dessus de 30 ans, dans les mêmes conditions que pour
les salariés du privé : gagner moins de 1500 euros nets par mois ou être en mobilité
professionnelle (changement d?employeur, mutation géographique?).
2.3.1 Les agents publics de 31 ans ou plus ne disposent pas
des mêmes aides d?accès au logement locatif que leurs
homologues du secteur privé
Dans les zones tendues où le marché leur est favorable, les propriétaires privées qui
mettent en location un logement sont en mesure de mettre en concurrence les nom-
breux candidats à la location en fonction des garanties qu?ils peuvent offrir.
Quand le propriétaire bailleur a fait le choix de souscrire un contrat d?assurance
contre les loyers impayés, les garanties de solvabilité exigées des locataires sont
d?abord celles imposées par la société d?assurance. Ces exigences conduisent en gé-
néral à exclure les candidats pour lesquels le loyer et les charges représentent plus de
33 %, 37 % ou 38 % du revenu selon les assureurs. Les candidats dont les revenus sont
instables (CDD par exemple) sont également exclus. Afin d?éviter une surenchère des
garanties, le législateur a interdit au bailleur qui souscrit une assurance contre les im-
payés d?exiger en complément la caution solidaire d?un tiers appelé, le cas échéant,
à se substituer au locataire pour le paiement du loyer et des charges. La majorité
des bailleurs privés, ne souscrivant pas une assurance contre les impayés, conserve
toutefois la possibilité d?exiger une telle caution. Les personnes se portant caution
deviennent solidaires des loyers et charges dues par le locataire et s?engagent à en
régler le montant à la première demande du propriétaire bailleur.
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Loger les travailleurs des services publics
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42
La caution apportée gratuitement par une personne physique, un membre de la fa-
mille en général, reste la plus pratiquée. Les personnes qui ne peuvent pas, ou ne
souhaitent pas, demander à un membre de leur famille de se porter caution pour eux
ont la possibilité de contracter une caution bancaire qui donne lieu à une rémuné-
ration à la charge du locataire. Dans un contexte où les cautions apportées par des
proches restent dominantes, les cautions bancaires sont rares. Ces dernières années,
toutefois, quelques organismes se portant caution en ligne sur internet se sont dé-
veloppés, en ciblant des ménages disposant de revenus relativement élevés, mêmes
s?ils peuvent être instables (CDD, périodes d?essai, travailleurs indépendants?). La
validation du dossier est délivrée en ligne sous quelques heures, après analyse du
dossier et vérification des justificatifs présentés. En contrepartie, le locataire, et non
le bailleur comme dans l?assurance contre les impayés de loyer, devra rémunérer la
société de caution à hauteur d?un pourcentage des loyers dus (charges comprises)
qui peut varier entre moins de 3 % et plus de 5 %.
Selon la directive relative à la garantie Visale validée par le conseil d?administration
d?Action Logement Groupe le 24 mars 2021 (en vigueur en mars 2024), les condi-
tions du dispositif sont les suivantes.
Les bénéficiaires :
? L?ensemble des jeunes de 18 ans à moins de 31 ans entrant dans un loge-
ment du parc locatif privé ou en structure collective, quel que soit notam-
ment son statut par rapport à l?emploi (public ou privé) ;
? Les étudiants ou alternants de 18 à 30 ans au plus entrant dans un loge-
ment du parc locatif privé ou social ;
? Les salariés (ou titulaire d?une promesse d?embauche) du secteur assujetti Ã
la PEEC (hors secteur agricole) de plus de 30 ans entrant dans un logement
du parc locatif privé :
- soit justifiant d?un revenu net mensuel inférieur ou égal à 1 500 ¤, quel
que soit le type de contrat de travail et avant la fin de ce dernier,
- soit en mobilité professionnelle (embauche initiale ou mutation avec
changement de lieu de travail au sein de la même entreprise ou le
même groupe), au plus tard dans les 6 mois de l?entrée dans l?emploi
ou de la mutation ;
? Des publics prioritaires spécifiques d?Action Logement entrant dans un
logement du parc locatif privé :
- salariés éligibles au dispositif Louer Pour l?Emploi mis en place par
Action Logement,
- salariés de plus de 30 ans du secteur assujetti à la PEEC, confronté Ã
un évènement exceptionnel fragilisant son lien à l?emploi et au
logement,
Encadré 5 : la garantie Visale pour l?accès à un logement locatif
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La présence d?une caution, et sa qualité, s?ajoute ainsi aux critères qui permettent de
valoriser un dossier de candidature, par rapport à d?autres, sur un marché tendu. Les
organismes de cautionnement locatif en ligne font d?ailleurs valoir, pour la promo-
tion de leur service, qu?il permettra «de faire passer le dossier au-dessus de la pile».
Pour donner de meilleures chances à des catégories de ménages prioritaires, Action
Logement, avec le soutien de l?Etat, a mis en place depuis janvier 2016 une caution
gratuite : la garantie Visale, financée par les fonds de la PEEC. Destinée à égaliser
les chances, par rapport à des candidatures disposant de meilleurs atouts, pour des
publics souffrant de difficultés particulières d?accès au logement locatif, ou dont les
difficultés de logement peuvent être un handicap pour accéder à un emploi, le dis-
positif est réservé à des catégories de ménages déterminées.
Selon le principe de la caution solidaire, en cas d?impayé du locataire, ou dégradation
du bien loué excédant le dépôt de garantie, le bailleur demande le paiement de la
dette par la caution Visale. Celle-ci peut ensuite se retourner vers le locataire défail-
lant pour se faire rembourser, seul le montant des sinistres pris en charge, net des
sommes ainsi récupérées, reste donc à la charge de la caution Visale.
La garantie Visale a su, au cours des années, acquérir une notoriété réelle et une
bonne réputation auprès de nombreux professionnels de l?immobilier. En 2023, 319
107 nouveaux contrats de cautionnement ont été souscrits, en hausse de 14 % par
rapport à 2022. Depuis 2016, ce sont ainsi 1,2 millions de cautionnement qui ont été
- public entrant dans un logement du parc locatif privé géré par un
organisme agréé d? intermédiation et de gestion locative sociale,
public justifiant être en formation professionnelle, en études
supérieures, en contrat d?apprentissage, en stage, en engagement
volontaire dans le cadre d?un service civique, en mutation
professionnelle ou en mission temporaire dans le cadre de son
activité professionnelle, dans le cadre d?un bail mobilité.
Les conditions relatives à la solvabilité des ménages :
Le loyer maximum pouvant être garanti est égal à 50 % de la somme de toutes les
ressources de tous les co-titulaires du bail. Toutefois, les loyer charges comprises
qui excèdent 1 500 ¤ en Ile de France ou 1 300 ¤ sur le reste du territoire (respecti-
vement 800 ¤ et 600 ¤ pour les étudiants, les alternants et volontaires) sont exclus
du dispositif Visale).
L?étendue de la garantie :
Dans le parc locatif privé, la garantie Visale couvre au maximum 36 impayés de
loyer (9 mois dans le parc locatif social). Cette garantie correspond à 36 mois de
loyer quittancés, impayés totalement ou partiellement, continus ou discontinus,
au cours de l?ensemble de la durée du bail, renouvellements compris. Les frais de
remise en état du logement en cas de dégradations imputables au locataire et
impayés par celui-ci, sont également pris en charge dans la limite de deux mois de
loyers et charges.
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mis en place, sensiblement en phase avec l?objectif de montée en puissance inscrit
dans la convention quinquennale 2023-2027 entre l?Etat et Action Logement : 2,1
millions de garanties contractualisées sur la période 2023-2027, contre 866 000 sur la
période 2018-2022, soit une multiplication par 2,4.
Depuis l?origine, 18 094 contrats de cautionnement ont été signés au bénéfice de
d?agents publics de moins de 31 ans, dont 27% en 2023. Ils représentent 4,2 % des
contrats de cautionnement qui ont bénéficié à des locataires du parc privé de moins
de 31 ans. Il s?agit majoritairement de stagiaires ou de non titulaires (56 %).
Le coût du dispositif, intégralement à la charge d?Action Logement, est estimé à 376
¤ de perte à terminaison sur les sinistres indemnisés auxquels s?ajoute le coût de la
gestion administrative.
Du fait du financement du dispositif par Action Logement, les agents publics ont un
accès plus limité à la garantie Visale que les salariés des entreprises cotisantes. Si, les
agents publics de moins de 31 ans peuvent en bénéficier dans les mêmes conditions
que les salariés du secteur privé pour la location d?un logement du parc privé, au-des-
sus de cet âge, seuls les salariés du secteur privé y ont accès sous certaines condi-
tions : disposer d?un revenu mensuel n?excédant pas 1 500 ¤ par mois ou, au-dessus
de ce revenu, pour les locations consécutives à une mobilité professionnelle (cf. en-
cadré 5).
On pourrait penser qu?un agent public ne rencontre pas les mêmes difficultés pour
accéder au marché locatif, bénéficiant de la réputation de la fonction publique,
à commencer par la stabilité de l?emploi. Les auditions que nous avons menées
montrent que cette analyse est bien trop optimiste. Même des fonctionnaires titu-
laires de catégorie A, comme les enseignants, peuvent avoir de vraies difficultés Ã
apporter les garanties nécessaires quand ils viennent d?être mutés dans une ville aux
loyers particulièrement chers.
Dans les conditions actuelles, la nécessité de présenter une caution reste un obstacle
à la location d?un logement locatif privé pour les agents publics de 31 ans et plus. Les
agents contractuels recrutés en CDD y sont particulièrement exposés, dès lors qu?ils
ne peuvent justifier des mêmes garanties de pérennité de leur revenu que les fonc-
tionnaires titulaires. Mais, même parmi les titulaires, des besoins réels se font sentir.
2.3.2 L?extension de la garantie Visale aux agents publics de
31 ans et plus, dans les conditions applicables aux salariés du
privé, présente les meilleurs atouts
Confrontées aux difficultés rencontrées par leurs agents dans la recherche d?un lo-
gement à louer dans le parc privé, notamment les contractuels recrutés pour pallier
le rendement insuffisant des concours de fonctionnaires, les administrations sont de
plus en plus nombreuses à chercher des solutions pour ceux qui ne remplissent pas
la condition d?âge pour l?accès à Visale.
Ainsi, le ministère de la justice a mis en place récemment un dispositif offrant à ses
agents un accès privilégié à la caution de la société Cautionéo, l?un des acteurs de
la caution locative en ligne (cf. encadré 2). Cette caution - dont le coût est pris en
charge de façon dégressive par l?administration - est largement ouverte à des agents
disposant de revenus assez élevés (jusqu?à 6 000 ¤ mensuels). Le ministère de l?édu-
cation a mis en place ? à titre expérimental sur un petit nombre de contrats dans
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un premiers temps ? un dispositif identique avec le même prestataire. Le ministère
de l?intérieur dispose de son côté depuis de longues années d?un fonds de garantie
propre.
Le ministère de la justice, par l?intermédiaire de la fondation d?Aguessau,
a mis en place un marché, attribué après mise en concurrence à la société
Cautionéo, pour donner accès à ses agents à la recherche d?un logement
dans le parc locatif privé à une caution de qualité.
Dans le cadre de ce contrat les agents du ministère de la justice peuvent
obtenir la couverture de la société Cautionéo dans les mêmes conditions
d?accès que l?ensemble de ces clients, en saisissant les informations sur leur
situation sur la plateforme en ligne dédiée, à condition d?être reconnus
éligibles en fonction des critères de scoring de cette société et que le loyer
envisagé n?excède pas le loyer maximal indiqué en fonction des informa-
tions saisies.
Le marché global passé par la fondation d?Aguessau se traduit en revanche
par un double avantage financier :
? l?ensemble des agents du ministère bénéficie d?un tarif préféren-
tiel sur la cotisation à la charge du locataire, soit 2,75 % des loyers
charges comprises au lieu du taux habituel de 2,9 % en cas de paie-
ment annuel ou 3,5 % en cas de paiement mensuel ;
? les agents dont le revenu fiscal de référence n?excède pas 65 000 ¤,
soit un traitement net mensuel de 6 018 ¤, et dont le loyer n?excède
pas 1 500 ¤ (pour un loyer au m² de moins de 15 ¤) ou 2 500 ¤ (loyer
au m² supérieur à 15 ¤), bénéficient de la prise en charge de la cotisa-
tion due à Cautionéo par une subvention du ministère à hauteur de
100 % de son montant la première année, 60 % la deuxième année et
40 % la troisième année. A partir de la quatrième année, la cotisation
est intégralement à la charge de l?agent.
Les agents peuvent également bénéficier d?un « accès privilégié » aux offres
locatives des partenaires de la société Cautionéo (parmi lesquels, CDC Ha-
bitat et Nexity).
Il a été estimé lors de son lancement que 1 200 agents bénéficieraient
chaque année de ce dispositif pour un coût d?environ 400 000 ¤. Au regard
de sa mise en place récente, les résultats restent toutefois à évaluer.
Encadré 6 : le marché passé par le ministère de la justice avec la société Cautionéo
Ces solutions ne sont pas sans inconvénients. La prise en charge dégressive du coût
des cautions payantes telles Cautionéo laisse à terme l?agent en supporter intégra-
lement le coût. Elle laisse ainsi les agents publics de 31 ans et plus dans une situation
moins favorable que les salariés du privé.
La mise en place d?une caution équivalente à Visale pour les agents publics mais dis-
tincte de celle-ci serait complexe et coûteuse ? le dispositif nécessitant de lourdes
applications pour la délivrance de la caution en ligne et le suivi des sinistres, ainsi
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qu?une organisation efficace pour indemniser ces sinistres dans les délais les plus
brefs. En outre, la crédibilité du dispositif auprès des bailleurs ne pourrait que s?ac-
quérir progressivement, à l?exemple de Visale.
L?extension de la garantie Visale présenterait des atouts importants. Elle permet-
trait de faire bénéficier les agents publics de plus de 30 ans, dans les délais les plus
courts, d?une caution gratuite qui est maintenant bien connue de la plupart des
acteurs du marché locatif et dont le fonctionnement a su les convaincre. Gérée par
le groupe Action Logement, le dispositif donne des garanties de transparence vis-Ã -
vis de l?Etat très supérieures à tout assureur privé. Elle offre également un avantage
de simplicité et de lisibilité en proposant à tous les agents quel que soit leur âge la
même garantie.
Cette extension soulève toutefois deux difficultés auxquelles il convient d?apporter
des réponses susceptibles de faire consensus :
Les conditions de l?ouverture aux agents publics de plus de 30 ans :
Du point de vue du secteur privé, il serait sans doute difficilement envisageable que
les agents du service public aient - au-delà de 30 ans ? un accès plus largement ou-
vert que les salariés du secteur privé. Une extension sous les mêmes conditions ap-
plicables aujourd?hui aux agents privés répond à cette exigence, sans que cela em-
pêche les employeurs publics d?utiliser, comme aujourd?hui, d?autres dispositifs s?ils
jugent nécessaire de compléter le socle de garantie apporté par Visale.
Ces conditions permettent par ailleurs de prendre en compte une priorité essentielle
des employeurs publics comme privés. En effet, indépendamment de la condition
de revenu mensuel net inférieure à 1 500 ¤, l?ouverture à toutes les locations qui
font suite à une mobilité professionnelle, recrutement (y compris sous contrat) et
mutations, devrait faciliter les mobilités vers les territoires en tension où l?accès au
logement est un obstacle à la prise de poste.
Le financement :
Qu?il s?agisse de salariés du privé, d?agents publics, d?étudiants ou d?autres locataires,
le dispositif Visale est aujourd?hui financé intégralement par les fonds de la PEEC.
Cela n?a pas empêché le dispositif de s?étendre à bien d?autres catégories que les
salariés des entreprises cotisantes. La dernière convention quinquennale entre l?Etat
et Action Logement en date du 16 juin 2023 pour les années 2023 à 2027 (article 7.5)
a prévu l?extension du dispositif aux travailleurs saisonniers. Une étude en vue d?une
extension complémentaire concernant notamment les travailleurs indépendants est
programmée pour le 1er semestre 2024. Nulle mention n?est faite en revanche des
agents publics de plus de 30 ans.
La conviction de la mission est que ce sujet de financement ne devrait pas constituer
un blocage au regard des sommes en jeu. En effet, selon des données communiquées
par Action Logement, les plus de 30 ans ne représentent que 16 % de l?ensemble des
salariés du secteur privé ayant signé un contrat Visale. De plus, cette proportion ? qui
a pu évoluer au début du dispositif ? s?est stabilisée ces dernières années. Au-delÃ
des difficultés à estimer le nombre des agents publics de plus de 30 ans ayant un
revenu mensuel de moins de 1 500 ¤ et/ou en mobilité professionnelle qui auront
besoin de mobiliser cette garantie pour accéder au parc locatif privé, il n?y a pas de
raison que leur proportion par rapport aux agents de moins de 30 ans qui en bénéfi-
cient déjà soit très différente de ce qu?elle est aujourd?hui dans le privé.
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Il appartiendra à l?Etat et Action Logement de négocier un financement permettant
d?ouvrir la garantie Visale aux agents de la fonction publique d?Etat et de la fonction
publique hospitalière. L?ouverture à la fonction publique territoriale, qui devrait faire
l?objet de discussions avec leurs associations représentatives, pourrait se faire sur la
base d?une adhésion volontaire, à la décision de chaque collectivité, ce qui renvoie
aux questions d?organisation abordées dans la troisième partie.
Recommandation 13
Ouvrir la garantie Visale aux agents publics de plus de 30 ans dans les mêmes
conditions que celles appliquées aux salariés du secteur privé. Préserver la possi-
bilité pour les employeurs publics de proposer, en plus de ce socle, des dispositifs
complémentaires de garantie (par exemple, pour des revenus supérieurs), s?ils
le jugent nécessaire. Concerter avec les collectivités les modalités de l?extension Ã
la fonction publique territoriale.
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Visite des ateliers Vaugirard de la RATP, Paris
Réunion de travail avec les acteurs du logement, préfecture de la Gironde
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Partie 3
La reconstruction : rebâtir une
vraie politique du logement pour
les agents publics
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3.1 Libérer les initiatives pour mobiliser le foncier
public à destination des agents publics
La mobilisation du foncier public pour construire du logement a fait l?objet de très
nombreuses initiatives. Notre mission a cependant identifié des pistes supplémen-
taires, d?autant plus que flécher en priorité vers les agents publics les logements
construits sur du foncier public faciliterait sa mobilisation.
Certaines opportunités, situées au coeur de zones en tension, ont encore été trop
peu explorées. Au-delà des friches traditionnelles, il s?agit par exemple de la conver-
sion de bureaux en logement ou bien de la densification de sites existants avec des
usages mixtes services publics-logement. Des simplifications législatives sont indis-
pensables, qu?il s?agisse de celles liées l?urbanisme (accélération de procédure) ou
liées au modèle économique (en simplifiant les possibilités pour l?Etat d?acquérir des
logements pour ses agents quand il apporte du foncier plutôt que du numéraire).
Pour protéger les intérêts patrimoniaux de long terme de l?Etat tout en assurant le
modèle économique de la construction, le « bail emphytéotique » doit être bien
plus massivement utilisé par l?Etat, puisqu?il lui permet de conserver la propriété du
foncier.
La mobilisation du terrain des entreprises publiques et des opérateurs doit égale-
ment faire l?objet d?une forte vigilance, eu égard aux nombreuses propositions ex-
primées par les acteurs du logement auditionnés.
3.1.1 La mobilisation du foncier public pour le logement
nécessite un soutien politique énergique
La mobilisation du foncier public pour produire des logements en général, et plus
particulièrement des logements sociaux, n?est pas une idée neuve. Pour en faciliter la
mise en oeuvre, le législateur a autorisé dès 200514 une décote du prix de cession afin
de le rendre compatible avec la production de logements sociaux. Cette décote a
ensuite été renforcée en 2013 (décote dite Duflot)15 en prévoyant que son taux peut
atteindre 100 % de la valeur vénale. Pour autant, les résultats des programmes de
cession annoncés par les Gouvernements successifs n?ont guère été à la hauteur des
objectifs affichés.
En 2021, le rapport de la commission Rebsamen16 comparait l?objectif initial du Gou-
vernement de 22 000 logements par an en moyenne à produire sur le foncier public
mobilisable sur la période 2012-2016, avec le rythme effectivement constaté, qui est
resté sensiblement constant à 8 000 logements produits en moyenne par an sur les
emprises cédées entre 2012 et 2019. Suivant une recommandation de cette commis-
sion, le Gouvernement a mis en place un nouvel inventaire actualisé en temps réel
14 Décote pouvant atteindre 25 % ou 35 % de la valeur du bien cédé selon la zone, instituée par la loi
n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale.
15 Le taux maximal de la décote est porté à 100 % par la loi du 18 janvier 2013 relative à la mobilisation
du foncier public en faveur du logement. La décote devient en outre de droit sur une liste de parcelles établie
par le représentant de l?Etat dans la région, après avis, dans un délai de deux mois, du comité régional de l?ha-
bitat et de l?hébergement, du maire de la commune et du président de l?établissement public de coopération
intercommunale compétent.
16 Rapport de la commission pour la relance durable de la construction de logements présidée par M.
François Rebsamen, Tome I - Diagnostic et mesures phares. Octobre 2021.
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des parcelles potentiellement à céder17. Consulté en mars 2024, cet inventaire iden-
tifie une liste de 328 sites ? dont 70 % appartenant à l?Etat et pour les 30 % restant Ã
la SNCF, à des hôpitaux, des universités et diverses personnes publiques. Les 128 sites
pour lesquels la surface à construire est indiquée totalisent un potentiel de près de
400 000 m² de plancher, soit plus de 5 000 logements. Cet inventaire permanent de-
vait contribuer à relancer le dispositif. Toutefois, selon la Cour des comptes18, « Cette
impulsion devait contribuer à relancer le dispositif en 2023, mais les premiers résultats
ne sont guère probants.»
Le foncier de l?Etat et des autres personnes publiques ne saurait certes suffire à cou-
vrir les besoins en logements des agents publics. Tous les terrains recensés ne sont
pas situés dans des territoires où les besoins en logements appellent un important
programme de construction19. De plus, l?Etat a pris des engagements en faveur du
logement d?autres publics prioritaires : 11 200 logements pour les étudiants devraient
ainsi être produits d?ici 2027 sur le foncier appartenant à l?Etat20. Les possibilités ne
sauraient pour autant être négligées, d?autant que le contexte offre de nouvelles
opportunités.
L?usage moins intense des surfaces tertiaires au sein des administrations, du fait no-
tamment du développement du télétravail, a conduit le Gouvernement à un réexa-
men des besoins des services de l?Etat en surface de bureaux21 qui doivent désormais
être évalués en tenant compte de l?occupation effective des postes de travail. Même
s?il convient de prendre en compte de nouveaux besoins en complément des sur-
faces dédiés aux postes de travail individuels (bulles pour s?isoler, salles de réunion
de différentes tailles, salles de silence, salles de convivialité?), cet exercice devrait
déboucher sur une réduction nette des surfaces occupées par les administrations, et
la libération totale ou partielle de certains sites. Les perspectives de transformation
en logements de ces bâtiments tertiaires ne doivent certes pas être exagérées. Une
partie des sites qui pourront être abandonnés par les services sont en location et se-
ront donc rendus à leurs propriétaires. De plus, quand il ne s?agit pas de rendre à leur
destination initiale d?anciens immeuble d?habitation, la transformation de bureaux
en logements est souvent complexe et coûteuse. Des possibilités existent toutefois
qui doivent être identifiées et mobilisées, notamment en zone urbaine dense où les
opportunités foncières sont rares. Ils pourraient servir à alimenter l?offre en loge-
ments pour les agents publics.
Par ailleurs, de nombreux sites occupés par les différentes administrations, à titre
de bureaux mais aussi d?équipements divers tels que les hôpitaux ou les établisse-
ments d?enseignement, ont une densité de construction inférieure à la densité du
tissu urbain environnant. Des usages mixtes pourraient y être développés, sans re-
noncer à l?activité principale du site. Ces terrains recèlent un potentiel de créations
de nouveaux logements, par construction de nouveaux bâtiments sur des parties
inutilisées de ces terrains, par surélévation ou extension de bâtiments existants, par
reconversion d?une aile. De telles possibilités de densification ne semblent pas avoir
été recensées systématiquement jusqu?à présent et sont demandées par les acteurs
de terrain.
17 Inventaire accessible à tous sur le site internet ORFEL (https://orfel.immobilier-etat.gouv.fr/).
18 Cour des comptes. La politique immobilière de l?Etat. Une réforme nécessaire pour aborder les
enjeux à venir. Communication au Comité d?évaluation et de contrôle des politiques publiques de l?Assemblée
nationale. Décembre 2023.
19 216 sites sur les 328 recensés sur le site ORFEL en mars 2024 sont situés en zones tendues (Zones A,
A bis et B1 du zonage de tension A B C actualisé par l?arrêté du 2 octobre 2023).
20 Feuille de route gouvernementale en matière de logement étudiant. Novembre 2023.
21 Circulaire de la Première ministre du 8 février 2023 sur la nouvelle doctrine d?occupation des im-
meubles tertiaires de l?Etat.
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Il reste que les mêmes causes qui ont été à l?origine des résultats décevants des
programmes précédents de cession de foncier public pour le logement continue-
ront à allonger les délais, voire à faire échouer les opérations. La nature des projets
à réaliser implique, en premier lieu, un échange avec les collectivités concernées. Si
l?opportunité de réaliser des logements sera souvent accueilli avec faveur, la com-
mune ou la communauté de commune pourront avoir des projets différents. Une
fois un consensus sur le projet trouvé, il conviendra de se mettre d?accord sur le prix
de cession.
Dans le souci de protéger les intérêts patrimoniaux de l?Etat, le taux de la décote a,
dès l?origine, été encadré au niveau réglementaire en fonction du territoire et du type
de logements sociaux à produire. Il ne pourra atteindre 100 % que pour la production
de logements PLAI en zone tendue (zone A ou B1), alors qu?il ne dépassera pas 25 %
pour des logements PLS dans la zone la moins tendue (zone C). Ce plafonnement en
taux pouvant néanmoins déboucher sur des décotes très élevées en valeur absolue
dans les territoires les plus tendus22, il a été complété en 2019 par un second plafon-
nement, en fonction du coût moyen constaté pour la construction de logements so-
ciaux à l?échelle de la commune ou de l?agglomération. Le montant de la décote sera
ainsi plafonné en valeur absolue à 2 000 ¤ si le coût moyen hors taxe des logements
sociaux excède 3 000 ¤ le m² de surface utile, mais il ne pourra dépasser 1 000 ¤ par
m² si ce coût moyen ne dépasse pas 2 500 ¤.
Il existe une solution susceptible de concilier l?intérêt patrimonial de l?Etat et les
conditions économiques de production de logements sociaux : le bail emphytéo-
tique administratif (BEA). La conclusion par l?Etat d?un BEA pour réaliser des loge-
ments sociaux a été rendue possible dès 200923. Dans un tel cadre, l?Etat conserve la
nue-propriété de son terrain et voit les logements construits lui revenir au terme du
bail dont la durée peut atteindre jusqu?à 99 ans. La valeur économique du loyer est
réduite pour tenir compte de la valeur des constructions revenant à l?Etat en fin de
bail. En outre, il a été prévu dès 2013 que ce loyer peut bénéficier de la décote Du-
flot. La mission a pu vérifier auprès des acteurs du logement social rencontrés que le
BEA constitue un modèle économique adapté à la réalisation de logements sociaux.
Il est d?ailleurs utilisé régulièrement à cette fin par des collectivités territoriales. En
revanche, il ne semble pas, à ce jour, l?avoir été, en tout cas de manière significative,
par l?Etat.
22 Par exemple, la décote a été estimée à 57 M¤ en ce qui concerne l?îlot Saint-Germain dans le 7e
arrondissement de Paris, cédé en 2017 au bailleur social parisien RIVP pour un prix de 29 M¤ en vue de la réali-
sation de 254 logements sociaux.
23 Loi n° 2009-179 du 17 février 2009 pour l?accélération des programmes de construction et d?investis-
sement publics et privés (article 7).
Recommandation 14
Compléter les inventaires de foncier public disponibles en intégrant les objectifs
de réduction de la surface de bureaux fixés par le gouvernement ainsi que la den-
sification des sites existants avec un usage mixte services publics ? logements (co-
hérente avec les objectifs environnementaux). Orienter ces nouvelles opportunités
prioritairement vers le logement des agents publics.
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Cette absence d?utilisation du bail emphytéotique peut être rapprochée des réti-
cences des administrations à renoncer à percevoir l?intégralité des recettes de ces-
sions immobilières qui ont été signalées dans des rapports antérieurs. En 2021, le
rapport de la commission Rebsamen rappelait que les produits des cessions immobi-
lières permettent de financer l?entretien lourd, la mise aux normes et l?amélioration
des sites immobiliers de l?Etat, ainsi que les dépenses de regroupement ou de reloge-
ment de services24, pour en justifier du peu d?empressement des administrations à se
priver d?une partie de ces recettes. En 2023, la Cour des comptes écrivait de son côté :
« Au-delà du coût de la décote, directement mesurable dans les recettes de l?État, ce
dispositif pourrait avoir un effet dissuasif, plus difficile à quantifier, sur les cessions im-
mobilières de l?État ou de ses établissements publics : certains services pourraient en
effet renoncer à céder leurs biens, du fait de l?amputation des recettes attendues. » S?il
préserve l?intérêt patrimonial de l?Etat à long terme, le recours au BEA n?améliore pas,
à court terme, ses recettes.
Pour lever ces obstacles, la politique d?utilisation du foncier public pour développer
l?offre de logements ne saurait se passer d?un soutien énergique du Gouvernement
pour la mettre en oeuvre. La conviction de l?auteur de ce rapport est toutefois que
l?inscription expresse dans cette politique d?un objectif de logement des agents pu-
blics, répondant à des enjeux concrets dans les territoires que chacun peut mesurer,
est de nature à en faciliter la mise en oeuvre, tant aux yeux des administrations que
des collectivités dans lesquelles les logements doivent être construits.
Si l?étude de ces freins dépassait le cadre de cette mission, de nombreuses auditions
ont mis en lumière la réticence de certains opérateurs et de certaines entreprises
publiques à mobiliser leur foncier. Cela devra faire l?objet d?une attention spécifique
par le gouvernement.
3.1.2 Simplifier l?affectation du foncier public au logement des
agents publics
3.1.2.1 Simplifier l?acquisition de réservations de logements pour les agents publics
quand l?apport est fait en terrain plutôt qu?en numéraire
L?apport de terrain par une personne publique ou un autre contributeur au finan-
cement d?une opération de logement social a en général pour contrepartie un
contingent de réservation portant sur une partie des logements réalisés. L?impor-
tance de ce contingent est en principe librement négociée, sans autre limite que
24 Les produits de cessions immobilières sont inscrites en recettes au compte d?affectation spéciale «
Gestion du patrimoine immobilier de l?Etat ».
Recommandation 15
Afin de préserver l?intérêt patrimonial de l?Etat tout en assurant l?équilibre écono-
mique des opérations de construction, soutenir l?usage du « bail emphytéotique »,
plutôt que des cessions sèches, pour le développement de logement sur du foncier
public.
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les contingents revenant aux autres réservataires : le contingent préfectoral de 30
%, dont 5 % pour les agents de l?Etat, et ceux obtenus par les autres contributeurs
au financement. En ce qui concerne toutefois les apports de terrain de l?Etat ayant
bénéficié de la décote Duflot, l?article L. 3211-7 du code général de la propriété des
personnes publiques (CG3P) limite ce contingent à 10 % des logements sociaux du
programme. Les réservations ne peuvent, en outre, bénéficier qu?à « l?administration
qui cède son terrain avec décote, pour le logement de ses agents ».
Cette limitation ? qui, parmi l?ensemble des personnes publiques, ne concerne que
l?Etat ? contraint sans justification les possibilités de développer le parc de loge-
ments sociaux accessible en priorité aux agents publics. La répartition des réserva-
tions reflète en général la contribution des différents réservataires au financement
des opérations. L?apport du terrain, surtout lorsque le prix de cession est assorti d?un
abattement important, peut à lui seul justifier que l?Etat bénéficie d?un contingent
très supérieur à 10 %. Si le programme ne bénéficie d?aucun autre cofinancement,
l?Etat devrait pouvoir obtenir jusqu?à un contingent complémentaire de 50 % des lo-
gements, s?ajoutant aux 30 % au total du contingent préfectoral, voire jusqu?à 70 %, si
la collectivité territoriale garantissant l?emprunt renonce à exiger son contingent de
20 % ou qu?aucune collectivité n?a apporté sa garantie25.
Aujourd?hui seule « l?administration qui cède son terrain avec décote » peut pré-
tendre acquérir des réservations. Pour donner toutes ses chances au dispositif, sup-
primons cette contrainte. Cette restriction supplémentaire entendait encourager le
service qui occupait précédemment le site à accepter la cession avec décote au bé-
néfice du logement social. Mais, outre que l?Etat est le propriétaire unique des biens
affectés à ses différents services et que toutes les cessions sont réalisées pour son
compte par l?administration chargée des domaines, l?administration qui abandonne
un site n?a pas forcément un autre site à proximité où des agents auraient besoin
de ces logements. Les logements réalisés à la faveur du départ d?une administration
peuvent en revanche être utiles aux agents d?autres services.
25 En cas de refus des collectivités de garantir l?emprunt contracté pour le financement de l?opération,
le maître d?ouvrage peut souscrire à la garantie (payante) de la Caisse de garantie du logement locatif social
(CGLLS).
Recommandation 16
Modifier la rédaction de l?article L. 3211-7 du CG3P pour faciliter l?obtention de
réservations dans le cas de la cession d?un foncier de l?Etat avec application de la
décote Duflot.
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3.1.2.2 Simplifier la construction de logements sur des sites affectés dans les plans
locaux d?urbanisme à des équipements publics
De nombreuses emprises occupées par des équipements publics, tels que des uni-
versités, des hôpitaux, parfois même des écoles, disposent de suffisamment d?es-
paces pour accueillir des logements destinés à des agents publics tout en gardant
leur fonction principale. Cela peut passer par de la reconversion partielle de bâti-
ments existants et aujourd?hui surdimensionnés, la construction d?un nouveau bâti-
ment ou l?extension de bâtiments existants. Le plan local d?urbanisme en vigueur a
toutefois toutes les chances de s?y opposer, à moins d?être modifié.
En effet, selon la rédaction en vigueur des articles R. 151-27 et R.151-28 du code de
l?urbanisme, les équipements publics ont vocation à être réalisés selon le PLU sur
des parcelles sur lesquelles les constructions pouvant être réalisées devront avoir
comme destination « Equipements d?intérêt collectif et services publics » (EICSP),
avec l?une des sous-destination suivantes : « locaux et bureaux accueillant du public
des administrations publiques et assimilés » ou « locaux techniques et industriels des
administrations publiques et assimilés » ou « établissements d?enseignement, de san-
té et d?action sociale » ou « salles d?art et de spectacles » ou « équipements sportifs
» ou « lieux de culte » ou « autres équipements recevant du public ». Dans ce cadre,
les possibilités de construction de logements sont limitées à des constructions pré-
sentant un caractère accessoire par rapport à la destination EICSP, telles que par
exemple des logements pour les personnels travaillant sur le site et tenus d?y loger
(gardien ou personnel de direction par exemple).
Dès lors, la mobilisation de l?espace disponible pour implanter d?autres types de
logements, destinés par exemple à des agents publics travaillant sur un autre site,
nécessitera de solliciter une modification du PLU auprès de la commune ou de l?EP-
CI, qui ne pourra entrer en vigueur, au mieux, qu?au terme d?une longue procédure.
Quand un potentiel de réalisation de logement a été identifié, l?urgence des besoins
à couvrir dans les zones tendues pour le logement des agents publics rend très sou-
haitable de raccourcir de tels délais et de lever les blocages potentiels. A cet effet,
l?autorité compétente pour délivrer le permis de construire ou de changement de
destination devrait être mise en état de pouvoir autoriser l?opération même si le PLU
ne l?autorise pas.
La discussion parlementaire est, à l?heure de la rédaction de ce rapport, en cours sur
le sujet.
Recommandation 17
Modifier la partie législative du code de l?urbanisme pour permettre à l?autorité
compétente pour délivrer le permis de construire d?autoriser sur une parcelle dé-
diée aux équipements publics la construction de logements ou la transformation
de bâtiments existants et le changement de destination permettant la création de
tels logements.
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3.2 S?appuyer sur le logement social comme
sur le logement intermédiaire pour proposer de
nouveaux logements associés à certains métiers
du secteur public
3.2.1 Développer une offre nouvelle pour les agents publics
dans le parc social
Alors que les difficultés à se loger de nombreux agents menacent le bon fonction-
nement des services publics, et que les loyers libres et intermédiaires restent trop
élevés pour beaucoup d?entre eux, il faut une offre nouvelle de logements sociaux
pour les agents dont les difficultés à se loger menacent gravement le bon fonction-
nement des services publics. Ceux-ci pourraient être liés à la fonction.
Les employeurs publics investiraient davantage, pour soutenir l?investissement des
bailleurs sociaux et développer une offre nouvelle : en contrepartie, ils auraient l?as-
surance que les logements supplémentaires resteront bien au service des métiers
visés. Les agents concernés obtiendraient, au titre de leurs missions, un logement
social plus rapidement : en contrepartie, s?ils décidaient par exemple d?exercer dans
le secteur privé, ils devraient le rendre, pour en faire bénéficier un autre agent. Na-
turellement, des exceptions seront prévues.
3.2.1.1 L?impossibilité de lier un logement social à l?exercice d?un métier décourage les
employeurs publics d?investir à long terme pour développer le parc social et réduit le
parc disponible pour les agents publics
Dans une situation où la demande des agents publics - comme des autres ménages
- est contrainte par une offre de logement à la location tendanciellement en baisse
du fait de la diminution du taux de rotation des locataires et de celle des mises en
services de nouveaux logements (cf. supra partie 1.1), une sortie durable de la crise
actuelle doit d?abord provenir d?une reprise de la production nouvelle. Une telle re-
prise suppose un desserrement de la contrainte foncière auquel la politique de mo-
bilisation du foncier public doit apporter sa pierre (cf. supra partie 3.1). Mais, dans un
contexte où les coûts de construction ont fortement augmenté ces dernières années
et où la contrainte financière s?est durcie, la mobilisation de financements complé-
mentaires est également nécessaire.
Les employeurs publics pourraient apporter de tels financements complémentaires
dans les territoires en tension. La logique de tels investissements est toutefois for-
tement amoindrie par la rotation accélérée des professionnels dans les métiers et
territoires en tension, dès lors que les agents ayant bénéficié de l?attribution d?un
logement bénéficient du droit au maintien dans les lieux attachés au logement so-
cial, quelle que soit leur évolution professionnelle. La mission a pu constater sur le
terrain qu?une telle réforme était plus qu?attendue. Ainsi, des personnels soignants
entrant dans un logement social sur désignation de l?hôpital pourront en conserver
le bénéfice s?ils choisissent de quitter le service public hospitalier. Leur employeur,
de son côté, ne pourra pas disposer de ce logement pour loger les agents qu?il de-
vra recruter pour les remplacer. De même, en Haute-Savoie, certaines personnes,
une fois formées, partent exercer en Suisse mais conservent le logement réservé par
l?employeur. Si ces choix de vie peuvent être légitimes, l?administration doit pouvoir
retrouver le contrôle de ses logements pour en faire bénéficier de nouveaux agents.
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Le droit au maintien dans les lieux est un élément important du statut des
logements sociaux même s?il comporte des exceptions. Il contribue à sécuriser
dans leur logement des ménages modestes qui ont pu y accéder en fonction de
leur situation sociale, et évite que la perte d?un emploi, par exemple, ne
s?accompagne de la perte du logement. Il soulève davantage de questions quand il
continue de bénéficier à des agents publics qui ont pu accéder au logement social,
moins en raison de leur situation propre que d?une priorité tenant à l?intérêt
général, compte tenu d?une contribution à un service public qui a pris fin.
3.2.1.2 L?activation d?une clause de fonction dans le parc social est prévue pour les seuls
agents de l?Etat mais elle est peu utilisée
Le législateur a prévu dès 1978 une exception au principe du droit au maintien dans
les lieux pour les agents de l?Etat qui cessent d?exercer leurs fonctions. Selon la ré-
daction en vigueur depuis 1983 de l?article L. 442-7 du code de la construction et de
l?habitation, « Les fonctionnaires et agents de l?Etat civils et militaires attributaires de
logements réservés par les organismes dans une limite fixée par décret en contrepar-
tie d?une majoration de prêt définie également par décret ou leurs ayants droit ne
bénéficient du maintien dans les lieux en cas de mutation, de cessation de services
ou de décès que pendant un délai de six mois. »
L?absence de publication d?un décret d?application n?a pas facilité l?application de
ces dispositions. En avril 1989, une réponse du ministre de l?équipement à une ques-
tion parlementaire a certes permis d?apporter quelques précisions. Le ministre consi-
dère en premier lieu que toute forme de financement complémentaire (donc les
subventions autant que les prêts) justifie l?application de la clause de fonction de
l?article L. 442-7. Il précise en revanche qu?elle ne s?applique pas au contingent de 5 %
bénéficiant «gratuitement» aux fonctionnaires de l?Etat. Il n?en reste pas moins que
l?obscurité de sa rédaction freine considérablement son application.
Par ailleurs, ainsi rédigé, le champ d?application de cette clause de fonction est à la
fois très large, puisqu?il concerne l?ensemble des agents de l?Etat quel que soit leur
métier, et très étroit, puisqu?il exclut les fonctions publiques territoriale et hospita-
lière. En outre, cette rédaction n?est applicable qu?aux logements gérés par des orga-
nismes HLM, à l?exclusion du parc social des sociétés d?économie mixte de logement.
Dans la pratique, seul le ministère des armées s?efforce de mettre en application les
dispositions de l?article L. 442-7. Elle nécessite de la part de l?administration réserva-
taire un suivi précis de l?affectation des agents ayant bénéficié d?une attribution de
logements sociaux dans le passé. Elle implique également d?informer en temps utile
le bailleur social concerné en lui demandant de mettre fin à l?occupation des loge-
ments. Elle nécessite enfin que ce bailleur se plie à cette demande, alors qu?il n?a en
général aucun motif de se plaindre de ces locataires et peut préférer voir leur bail se
poursuivre. Pour clarifier la gestion de cette clause de fonction, le ministère des ar-
mées a d?ailleurs entrepris de l?inscrire expressément dans les nouvelles conventions
de réservation en exigeant qu?elle soit mentionnée dans les baux.
3.2.1.3 Pour sécuriser la mise à disposition de logements sociaux supplémentaires pour
des agents publics, une nouvelle clause de fonction est nécessaire
Pour pouvoir être effectivement mis en oeuvre par les employeurs publics, l?article L.
442-7 du CCH devrait être réécrit.
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? La rédaction de l?article doit être clarifiée. La nouvelle clause de fonction de-
vrait être applicable dans le cadre de nouvelles conventions de réservation Ã
conclure en contrepartie d?un apport de terrain ou d?un financement portant
sur des logements sociaux quel que soit le statut du bailleur, organisme HLM
ou société d?économie mixte de logement.
? Il doit pouvoir s?appliquer à l?ensemble des agents publics dont les difficultés
à se loger menacent gravement le bon fonctionnement des services publics.
Alors qu?il ne s?applique aujourd?hui qu?Ã la fonction publique d?Etat, nous
proposons de l?élargir aux trois fonctions publiques ainsi qu?à des sociétés et
établissements chargés de la gestion d?un service public essentiel (réseaux de
transport public par exemple), dont la liste pourrait être fixée par décret. Par-
mi tous les agents ou salariés de ces employeurs du service public, la clause de
fonction devrait être réservée à des travailleurs dont les difficultés à se loger
menacent gravement le bon fonctionnement des services publics. La liste des
métiers concernés peut varier selon les territoires : il paraît donc nécessaire
qu?elle puisse être fixée par le représentant de l?Etat au niveau départemental.
? Ses conditions d?application doivent naturellement être transparentes et
connues à l?avance, vis-à -vis des personnels concernés comme des bailleurs
sociaux, en particulier préalablement à l?obtention du logement. La néces-
sité de devoir quitter son logement social si on cesse d?exercer les fonctions
qui ont justifié son attribution ne saurait être une surprise pour les locataires
concernés. Cette information devrait être assurée à toutes les étapes, de la
notification de l?attribution du logement par le bailleur social à la signature du
bail et enfin à la décision de l?employeur réservataire de demander au bailleur
la résiliation du bail consécutivement à une fin de fonction. Il devrait éga-
lement être recommandé aux administrations de s?assurer que l?information
figure sur les offres de logements proposées aux agents, notamment sur les
sites de location choisie. Les droits et obligations respectifs du bailleur social
et de l?employeur réservataire devraient être également clairement définis. A
cet effet, il paraît nécessaire de prescrire l?inscription expresse dans la conven-
tion de réservation que les logements sont soumis à une clause de fonction
qui oblige le bailleur social à donner congé au motif d?un changement de
fonction notifié par l?employeur réservataire (avec copie au locataire). Sous
des conditions à définir, à défaut de donner congé, le bailleur social pourrait
être tenu de proposer un autre logement en substitution au réservataire.
? La possibilité de faire exception dans certaines situations à l?obligation de
quitter le logement social à la fin des fonctions doit naturellement être pré-
vue. Il s?agit notamment des cessations d?exercice qui ne sont ni prévisibles,
ni volontaires : à titre d?illustration, les agents en congé longue maladie ou les
familles d?agents décédés ne seraient naturellement pas concernés par l?ac-
tivation des clauses de fonction. Les agents en situation de handicap ou ac-
cueillant une personne en situation de handicap dans leur logement devront
bénéficier de clauses spécifiques. Les séparations devront faire l?objet d?une
attention particulière. Ces exemples ne visent pas à dresser la liste exhaustive
des exceptions qui pourront être prévues, d?autant plus qu?en dehors d?excep-
tions générales, l?employeur conservera en tout état de cause la possibilité de
ne pas notifier la fin de fonction au bailleur social au regard de l?examen d?une
situation individuelle ou d?un accord social.
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? La mise en oeuvre devra être coordonnée, entre employeurs publics, au ni-
veau local. Certains changements d?affectation vers un autre employeur pu-
blic, sur un poste comportant les mêmes enjeux de continuité du service pu-
blic, pourraient également justifier, au regard de l?intérêt général, que la clause
de fonction ne soit pas appliquée. Tel peut être le cas, par exemple, pour des
personnels soignants de l?APHP choisissant de diversifier leur expérience au
sein d?un hôpital public ne relevant pas de cet établissement. A cette fin, le
pouvoir réglementaire déconcentré pourrait être mis en capacité de définir,
au regard des enjeux de chaque territoire, les conditions dans lesquelles une
mutation vers un autre employeur avec maintien de l?activité de service public
peut justifier que l?agent conserve la disposition du logement attribué sur dé-
signation de son employeur initial.
? Ce dispositif nécessitera de faire exception à la gestion des réservations en
flux. La clause de fonction pour les logements sociaux attribués dans le cadre
d?une réservation par un employeur du service public a pour objet de per-
mettre à cet employeur d?attribuer les logements libérés aux agents recrutés
pour exercer les fonctions abandonnées par les partants. Cela s?applique sans
difficulté aux réservations faites au profit des services relevant de la défense
nationale, de la sécurité intérieure et des établissements de santé qui conti-
nuent à porter sur des logements identifiés dans des programmes (réserva-
tions en stock). Mais les réservations des autres employeurs publics portent
désormais sur un flux de logements. Dans ce cadre, les logements libérés par
l?application de la clause de fonction ne permettent pas à ces employeurs
de désigner de nouveaux candidats à la location de ces mêmes logements
puisqu?ils alimentent le flux global d?attribution réparti entre tous les réserva-
taires en proportion de leurs contingents respectifs. Il est donc nécessaire de
prévoir que les conventions de réservation portant sur des attributions assor-
ties de la clause de fonction, en dehors des services relevant de la défense na-
tionale, de la sécurité intérieure et des établissements de santé, fassent l?objet
d?un régime dérogatoire. Deux options sont envisageables : soit les réserva-
tions porteraient sur des logements identifiés dans les programmes selon le
régime de gestion en stock ; soit, dans le cadre d?une gestion en flux, la libé-
ration des logements pour lesquels la clause de fonction a été activée par le
réservataire viendrait alimenter exclusivement le flux d?attribution revenant Ã
ce même réservataire sans porter obligatoirement sur les mêmes logements.
Une telle gestion en flux adaptée permettrait en effet au bailleur social de
maintenir son locataire dans les lieux quand il a la possibilité de proposer à son
employeur un logement équivalent en substitution.
? Il appartiendra enfin de préserver les droits du ministère des armées pour les
conventions de réservations conclues antérieurement à l?entrée en vigueur
de la nouvelle rédaction de l?article L. 442-7. La modification de la rédaction
de l?article L. 442-7 envisagée ci-dessus a pour effet de soumettre l?application
de la clause de fonction à l?information préalable obligatoire de l?agent. Il est
nécessaire que cela ne remette pas en question a posteriori la continuité de
son application par le ministère des armées pour les conventions signées par
le passé.
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3.2.2 Développer une offre nouvelle pour les agents publics
dans le logement intermédiaire
3.2.2.1 Mobiliser des ressources financières pour le logement intermédiaire des agents
publics sans peser sur le déficit public
Le modèle économique de développement du parc locatif intermédiaire repose
principalement depuis 2014 sur l?engagement en fonds propres d?investisseurs ins-
titutionnels, tels que des sociétés d?assurances et des caisses de retraite. La filiale
immobilière de la Caisse des dépôts et consignation, CDC Habitat, joue un rôle es-
sentiel pour le développement du logement intermédiaire en investissant des fonds
propres du groupe, mais également en créant des structures porteuses pour recueil-
lir les fonds propres apportés par d?autres investisseurs et en assurant la gestion de
ces structures, par l?intermédiaire d?une filiale, dans le cadre d?objectifs de rende-
ment convenus avec ces investisseurs. Les investissements du groupe CDC Habitat
bénéficient également des apports de la société pour le logement intermédiaire (SLI)
constituée par l?Etat en 2015.
Assureurs, fonds de pensions et autres investisseurs institutionnels affectent en ef-
fet traditionnellement une part de leurs portefeuilles d?actifs à l?immobilier dans un
souci de diversification et de recherche d?immunisation globale contre les risques,
autant que de rendement. Au sein de ces investissements immobiliers, la part de
l?immobilier résidentiel avait fortement baissé au bénéfice de l?immobilier d?entre-
prise (bureaux notamment) qui semblait promettre un meilleur rendement pour un
risque réduit. Au cours des années 2010, les gestionnaires de portefeuille ont toute-
fois opéré un retour vers l?immobilier résidentiel dont le rendement net constaté,
en intégrant les plus-values à la revente, assorti d?une faible volatilité conjoncturelle,
s?était révélé appréciable. Les acteurs du logement intermédiaire ont ainsi pu lever
depuis 2014 les fonds propres nécessaires, complétés par des emprunts, pour déve-
lopper une production de logements intermédiaires qui a atteint de l?ordre de 15 000
logements par an ces dernières années, principalement en Ile-de-France.
Les gestionnaires de portefeuille sont aujourd?hui plus prudents, compte tenu de
la hausse des taux d?intérêt qui les rend plus exigeants en termes de rendement at-
tendu et qui ne leur permet plus de bonifier ce rendement par l?effet de levier de
Recommandation 18
Moderniser la clause de fonction de l?article L. 442-7 du CCH, pour la rendre appli-
cable aux conventions de réservations conclues par les employeurs du service pu-
blic avec l?ensemble des bailleurs sociaux portant sur l?attribution d?un logement
à des agents dont les difficultés à se loger menacent gravement le bon fonction-
nement des services publics. La nouvelle rédaction devra garantir l?information
préalable des agents sur l?obligation qui leur sera faite de libérer le logement s?ils
cessent d?exercer les fonctions qui ont justifié son attribution, prévoir naturelle-
ment des exceptions et donner au niveau local la capacité d?avoir les adaptations
nécessaires.
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l?emprunt, alors que la baisse des prix immobiliers menace de faire disparaître les
perspectives de plus-values qui concourent à rentabilité des investissements. Il s?agit
toutefois de données conjoncturelles qui ne devraient peser que de façon limitée
sur l?appréciation à long terme de l?investissement dans l?immobilier résidentiel, par
comparaison notamment avec l?immobilier tertiaire. L?importance des besoins à sa-
tisfaire en matière de logement, et les tensions actuelles sur les marchés, contribuent
à valoriser ces perspectives de long terme auprès des gestionnaires de portefeuilles
d?actifs. La baisse attendue des taux d?intérêt, lorsque le recul de l?inflation permet-
tra à la banque centrale européenne se desserrer sa politique monétaire, devrait
faciliter ce retour des investisseurs vers le secteur résidentiel.
Pour relayer des acteurs privés aujourd?hui réticents, et, à plus long terme, pour am-
plifier leur engagement, des acteurs publics investissent dans le secteur du logement
intermédiaire. L?Etat a ainsi augmenté en décembre 2023 le capital de la SLI de 250
M¤ et pourrait continuer à le faire. La CDC a engagé ses fonds propres dans le cadre
d?un plan de relance (cf. supra partie 2.2) et devrait continuer à le faire dans les
années à venir de façon plus pérenne. Le secteur public peut également compter
sur l?investissement d?une part des actifs des caisses de retraites des agents publics,
telles que l?IRCANTEC ou l?ERAFP27. La CDC et l?ERAFP figurent d?ailleurs parmi les ac-
teurs du secteur qui viennent de s?engager en mars 2024 au côté l?Etat pour doubler
à l?horizon 2026 la production de logements intermédiaires28.
Ces apports en fonds propres réalisés par ces acteurs publics auprès des structures
constituées par CDC Habitat et les autres acteurs du logement intermédiaire pour le
portage des programmes doivent continuer à être amplifiés. Ils devraient permettre
une priorité d?accès pour les agents publics à une grande part des logements pro-
duits dans ce cadre, comme le pratique systématiquement l?ERAFP. Les modalités de
suivi et d?évaluation de la mise en oeuvre de cette priorité devraient toutefois être
précisées et l?information mieux diffusée aux agents potentiellement intéressés.
Ces pistes avaient notamment été au coeur des réflexions portées par Alain Dorison,
plus que jamais d?actualité.
3.2.2.2 Faciliter la gestion de logements associés à une clause de fonction dans le
logement intermédiaire
Les baux portant sur des logements locatifs intermédiaires ? qui relèvent du régime
de droit commun des baux d?habitation et non du régime spécifique au parc social -
peuvent être assortis d?une clause liant la poursuite de la location à un emploi. En
effet, l?article 2 de la loi du 6 juillet 1989 précise que ses dispositions concernant la
27 Etablissement public chargé de la gestion du régime de Retraite additionnelle de la Fonction pu-
blique (RAFP) mis en place au 21 mars 2024
28 Pacte pour le logement intermédiaire
Recommandation 19
Continuer à mobiliser les investissements institutionnels publics ainsi que l?Etat
pour soutenir le développement du logement intermédiaire. Améliorer le fléchage
d?une partie des logements construits dans le cadre de ces programmes vers les
agents publics.
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Recommandation 20
Permettre à l?ensemble des personnes publiques qui confient à un mandataire pri-
vé la gestion locative des logements qu?ils possèdent de faire assurer par ce man-
dataire l?intégralité des recettes (dépôts de garantie, loyers et charges locatives) et
des charges afférentes à cette gestion.
location de logements non meublés à titre de résidence principale ne sont pas ap-
plicables aux « logements attribués ou loués en raison de l?exercice d?une fonction
ou de l?occupation d?un emploi ». Ces locations relèvent ainsi du régime prévu par
le code civil pour les locations immobilières dont les dispositions ? qui ne sont pas
d?ordre public ? laissent une place très large à la liberté contractuelle.
La location d?un logement « en raison de l?exercice d?une fonction ou de l?occupation
d?un emploi » suppose toutefois en pratique que l?employeur consente lui-même
la location à son agent ou salarié. Cela est possible si cet employeur est lui-même
propriétaire du logement, ou s?il l?a pris en location pour le sous-louer. Une telle im-
plication directe dans la gestion des logements accordés à leurs agents ou salariés
à raison de leur fonction relève toutefois d?un métier spécifique que de nombreux
employeurs ne souhaitent pas développer en interne. Il leur est possible en général
de sous-traiter cette gestion. Dans la perspective d?une dynamisation globale de la
gestion immobilière, il est également possible de passer un contrat de concession
comprenant non seulement la gestion immobilière mais également la rénovation du
parc existant et la construction de nouveaux logements. C?est l?option retenue par
le ministère des armées qui a conclu en 2022 avec un groupement d?entreprises pri-
vées, une concession d?une durée de 35 ans comprenant, outre la gestion de gestion
locative de son parc de logements domaniaux, la rénovation de 8000 logements et la
construction de 3000 logements neufs.
La sous-traitance de la gestion locative n?est toutefois pas possible de la même façon
pour tous les employeurs publics. Ainsi, l?AP-HP a conclu en 2021 un mandat de ges-
tion pour la gestion de 3 400 logements. Mais le monopole du comptable public n?a
pas permis de confier au prestataire sélectionné l?intégralité de la réalisation des flux
financiers de recettes et de dépenses afférents à cette gestion.
Au-delà de cette sous-traitance, il pourrait être envisageable qu?un logement inter-
médiaire soit attribué « en raison de l?exercice d?une fonction ou de l?occupation
d?un emploi » par un bailleur distinct de l?employeur, dans le cadre d?une convention
de réservation conclue entre ce bailleur et cet employeur. En application de cette
convention, certains logements seraient réservés par le bailleur pour être loués par
lui à des agents désignés par leur employeur public, dans le cadre d?un bail civil pré-
voyant que ces agents devront les libérer dans un délai de 6 mois à compter de la
notification par l?employeur que les fonctions ayant justifié l?attribution ne sont plus
exercées. L?employeur public pourrait ainsi disposer d?un parc de logements inter-
médiaires pouvant loger, dans la durée, les agents de certains métiers et les agents
recrutés pour les remplacer à leur cessation de fonction, sans avoir à assumer eux-
mêmes la gestion de ces logements. Là aussi, des encadrements devront naturelle-
ment être prévus.
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Les conventions de réservation sur lesquelles appuyer la mise en oeuvre de ce dis-
positif sont bien connues dans le monde du logement social. Les sociétés privées
détenant des logements loués dans les conditions du logement intermédiaire29 pour-
raient être plus réticentes à accepter les contraintes dans la mise en location as-
sociées à ces conventions, et il apparaît important de préserver une souplesse du
logement intermédiaire qui constitue une part importante de son succès. Les acteurs
les plus importants du secteur, tels que CDC Habitat et des filiales du groupe Action
Logement, sont toutefois très liés au logement social et en connaissent les pratiques.
Comme dans le cas du logement social, et pour sécuriser le régime juridique de ces
conventions pour les employeurs publics, leurs agents et les propriétaires des loge-
ments, il paraît toutefois nécessaire de conférer un statut légal à ces conventions.
Nous proposons de pouvoir expérimenter un dispositif de ce type.
Pour les grands employeurs publics disposant d?un parc de logements important,
la constitution d?une filiale dédiée à l?immobilier pourrait être une solution intéres-
sante dans le but de dynamiser la gestion et de développer ce parc par de nouveaux
programmes de constructions. Le transfert de la propriété des logements à cette fi-
liale pourrait être compatible avec l?insertion d?une clause de fonction dans les baux
consentis par cette filiale sur des logements intermédiaires, sous réserve de la mise
en place des conventions de réservations mentionnées par la Recommandation 21
ci-dessus. En ce qui concerne l?APHP et sans doute d?autres établissements, cela sup-
poserait toutefois une extension des missions de l?établissement.
29 Selon la rédaction issue de la loi de finances pour 2024 de l?article 279-0 bis A du code général des
impôts, le régime fiscal des logements locatifs intermédiaires est ouvert à toutes les personnes morales.
Recommandation 21
Expérimenter un régime légal de conventions de réservation conclues par des em-
ployeurs publics avec des personnes morales propriétaires de logements placés
sous le régime du logement locatif intermédiaire en vue d?attribuer de tels loge-
ments à des agents en raison des fonctions qu?ils exercent pour ces employeurs.
Recommandation 22
Pour les grands établissements disposant d?un patrimoine qui le justifie, étudier la
création d?une filiale pour gérer et développer les activités immobilières.
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3.3 Bâtir l?« Action Logement du secteur public »
La question du logement des agents publics ne disparaîtra pas quand une embel-
lie conjoncturelle dans le secteur de l?immobilier arrivera et que quelques mesures
ciblées auront été mises en oeuvre. Elle nécessitera une politique soutenue dans la
durée, c?est-à -dire une stratégie et des moyens humains, techniques et financiers
pour la mettre en oeuvre. Une organisation nouvelle est nécessaire pour mettre un
terme à la dispersion des efforts, l?inégalité des moyens mobilisés, et, globalement,
leur insuffisance au regard des enjeux. C?est ce que nous entendons par la construc-
tion d?un « Action Logement du secteur public ». Il ne s?agit naturellement pas de
dupliquer dans le secteur public un modèle, adapté au secteur privé, qui résulte
d?une longue histoire très spécifique. Il est néanmoins possible, en miroir, d?esquis-
ser l?outil dont il conviendrait de doter, Ã terme, le secteur public pour qu?il soit en
état de relever les défis redoutables qui se présentent à lui.
3.3.1 Un double manque à combler : la stratégie d?ensemble et
l?ingénierie sur le terrain
Si de nombreux employeurs publics se saisissent, Ã tous les niveaux, de la question
du logement, le manque se fait ressentir à deux niveaux : la construction stratégique
d?ensemble et l?ingénierie pour la mettre en oeuvre sur le terrain. Aucune de ces deux
dimensions ne doit être négligée.
Pour tirer le meilleur des moyens dont il pourra être doté, le secteur public a besoin
d?une structure professionnalisée qui pourrait :
? Elaborer une stratégie d?ensemble. Il s?agit de pouvoir, au niveau territorial,
établir des diagnostics des besoins, notamment pour l?accès et logement so-
cial et intermédiaire, en se faisant le médiateur entre les employeurs publics
et les acteurs de la politique du logement. Il s?agit de pouvoir, au niveau na-
tional, fixer la doctrine, dégager des priorités d?intervention et assurer le suivi
des moyens - budgétaires et extra-budgétaires - qui sont consacrés aux agents
publics.
? Porter des projets communs. Les exemples de ce qui devrait être effectué sont
très variés, allant des services (à l?image de l?extension de la location choisie)
à des projets immobiliers (comme le soutien à des résidences de logements
« sas », notamment pour des agents en mutations) en passant par de la mobi-
lisation financière (suivant, par exemple, l?esprit du rapport Dorison-Chambel-
lan Le Levier pour les investisseurs institutionnels). De grands partenariats,
dans ces différents domaines, pourraient être négociés avec des acteurs aussi
divers qu?Action Logement, des grands bailleurs, des investisseurs dans le lo-
gement intermédiaire, des banques?
? Apporter une aide en ingénierie sur le terrain, pour épauler les services face
aux difficultés techniques qu?ils rencontrent pour mettre en oeuvre une poli-
tique du logement. A titre d?illustration, si l?on n?évoque que le lien avec le lo-
gement social, il apparaît nécessaire de guider la mise en oeuvre de la politique
de réservations dans le cadre de la gestion en flux, à la fois dans ses volets
techniques ? au regard de la nouveauté du dispositif ? que financier ? en fixant
un cadre avec des prix de référence. Il faudra également aider à la déclinaison
locale du déploiement de logements associés à des clauses de fonction, si les
options proposées dans la seconde partie du rapport étaient retenues.
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Il ne s?agit pas pour autant de se substituer aux différents employeurs publics. Au
sein de ces employeurs, les équipes chargées de l?action sociale doivent conserver
le premier rôle au contact direct des agents, pour recueillir les besoins, orienter et
conseiller. Il s?agit en revanche, de proposer à ces employeurs des dispositifs et des
outils, de nature à répondre aussi efficacement que possible à ces besoins, y compris
pour les employeurs de plus petite taille. Chaque administration ou établissement
étant par ailleurs le lieu naturel d?une partie du dialogue social, il est également sou-
haitable de conserver à ce niveau, chacun en fonction de ses moyens et des enjeux
qu?il perçoit, des capacités d?initiative importantes : ce rapport ne préconise donc
pas la mutualisation complète des moyens liés à la politique du logement des diffé-
rents ministères.
Le pilotage au niveau national de la politique pour l?accès au logement des agents
publics doit en outre disposer de relais dans les régions et départements. C?est en
effet au niveau des différents territoires que la synthèse des besoins a son sens. C?est
également à ce niveau qu?il convient de peser pour que ces besoins soient pris en
compte par les différents acteurs : intercommunalités chargées d?élaborer la poli-
tique d?accès au logement social, acteurs régionaux et départementaux de la poli-
tique immobilière de l?Etat, bailleurs sociaux détenant un patrimoine locatif? C?est
enfin à ce niveau déconcentré qu?il convient de soutenir les services d?action sociale
des différents employeurs. A cet égard, il apparaît essentiel de doter rapidement la
structure à mettre en place de la capacité de soutenir et coordonner l?action des
équipes en charges dans les départements de la gestion du contingent préfectoral
de 5 %.
Recommandation 23
Viser la construction d?un « Action logement du secteur public » : une structure
professionnalisée capable d?élaborer une stratégie d?ensemble pour le logement
des agents publics, de porter des projets communs aux différents employeurs pu-
blics et d?apporter une aide en ingénierie sur le terrain.
3.3.2 Mobiliser des moyens supplémentaires
Quels que soient les atouts de professionnalisme de la structure à mettre en place
pour piloter la politique d?accès au logement des agents publics, et des gains d?ef-
ficacité qui sont envisageables par rapport à la dispersion actuelle des efforts, il ne
fait pas de doute que la mise en oeuvre d?une politique d?accès au logement des
agents publics exigera des moyens financiers plus importants. Les administrations
ressentent d?ailleurs la nécessité d?un tel effort, comme en témoignent, notamment,
la forte hausse des dépenses ministérielles constatée et l?enveloppe de 75 M¤ mise
en place par l?ARS Ile-de-France. Le niveau souhaitable de cet effort est difficile Ã
chiffrer précisément, faute d?un diagnostic complet des besoins. Ce diagnostic devra
de plus être précisé au sein de chaque territoire, tant les enjeux sont différents selon
les tensions sur les marchés du logement.
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Recommandation 24
Accroitre les efforts en faveur du logement des agents publics, en fixant notam-
ment un premier objectif de rattrapage du taux d?aide par agent par rapport au
secteur privé.
Même s?il est plus rationnel de définir les moyens à mobiliser en fonction d?un dia-
gnostic des besoins et d?objectifs politiques à atteindre, en l?absence d?une meilleure
référence, le niveau d?aide moyen par salarié dans le secteur privé constitue une ré-
férence utile, qui pourra être précisée à l?avenir quand des données sur les besoins
prioritaires seront disponibles. Selon le calcul présenté dans la partie 1.2.2, cet effort
s?est situé en 2023, compte tenu des incertitudes de chiffrage, entre 122 ¤ et 162
¤. En ce qui concerne la FPE, pour laquelle le niveau des aides mobilisées en 2022 a
pu être estimé à 216 M¤, l?ordre de grandeur de l?effort supplémentaire serait d?une
centaine de millions d?euros par an.
Ce chiffrage, inédit, est évidemment susceptible d?être amélioré. En tout état de
cause, le suivi de l?atteinte de cet objectif impliquera de recenser et prendre en
compte l?ensemble des efforts engagés dans les différentes administrations. Mais,
afin de préserver les marges d?autonomie nécessaires de chaque employeur, il ne
paraît pas souhaitable que tous des moyens budgétaires correspondant soient cen-
tralisés sur un budget unique, à la disposition de la structure de pilotage à créer.
Cette structure devrait porter directement le budget d?actions communes, telles
que l?élargissement de la garantie Visale. Elle pourrait mettre en oeuvre d?autres ac-
tions de façon opérationnelle dans le cadre d?une contractualisation avec les diffé-
rentes administrations qui devraient à cet effet inscrire des moyens à leur budget
propre. Chaque administration pourrait enfin définir et conduire à son niveau cer-
taines actions. La structure de pilotage centrale devrait toutefois pouvoir recenser
de manière exhaustive l?ensemble de ces actions, en prévision et en réalisation. Les
conventions conclues avec chaque employeur devraient lui en donner les moyens.
Pour la fonction publique hospitalière, un dispositif semblable pourrait être mis en
place. Toutefois, au regard de la dispersion des employeurs entre de très nombreux
établissements, le portage des moyens budgétaires devra sans doute être partagé
entre la structure de pilotage nationale, les agences régionales et santé et les établis-
sements.
En ce qui concerne la fonction publique territoriale, la fixation d?un objectif d?enga-
gement financier pour l?accès au logement des agents relève de chaque collectivité,
conformément au principe constitutionnel de libre administration. Le ratio d?aide
par agent retenu pour la FPE et la FPH pourra toutefois servir de référence à chaque
collectivité pour la fixation d?objectifs tenant compte de sa situation et des actions
déjà engagées (notamment l?ouverture aux agents des contingents de réservation).
Une réflexion devrait toutefois être engagée avec les représentants des différentes
catégories de collectivités sur les moyens de recenser les aides mises en place.
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3.3.3 Une construction concertée et transparente
La construction de cet « Action Logement du secteur public » passera par plusieurs
étapes.
Dès l?année 2024, la Délégation interministérielle au logement des agents publics
(DILOAP), en cours de constitution, pourrait naturellement contribuer à mettre en
place des premières actions dans les trois dimensions évoquées précédemment : la
stratégie ; les projets communs ; l?ingénierie. Nombre de mesures identifiées précé-
demment dans ce rapport, si elles étaient retenues, pourraient être mises en oeuvre
dès les prochains mois.
Pour compléter les pistes, il serait également utile de pouvoir préparer des expéri-
mentations, sur des pistes complémentaires à celles évoquées dans le rapport. Nous
avons été particulièrement frappés par le dynamisme local de nombreux acteurs
pour proposer des solutions. Celles-ci peuvent d?ailleurs être adaptées à des singula-
rités locales ? c?est notamment le cas pour les territoires frontaliers. En Haute-Savoie,
et particulièrement autour de la commune de Saint-Julien-en-Genevois, un travail
considérable a été réalisé : de nombreuses mesures, particulièrement en matière de
mobilité, peuvent apporter des solutions supplémentaires et mériteraient d?être ex-
périmentées au plus vite30.
Outre ces actions immédiates, il conviendrait immédiatement de travailler à l?évolu-
tion de la DILOAP vers une structure professionnalisée de pilotage stratégique et de
soutien opérationnel pour le logement des agents publics.
Cette feuille de route devra être construite avec l?ensemble des parties prenantes.
Les employeurs publics, dans leur diversité, devront être associés à la conduite d?une
politique qui doit répondre à leurs attentes en termes d?attractivité des emplois pu-
blics, d?autant plus que, comme évoqué précédemment, ils continueront à jouer un
rôle essentiel dans la mise en oeuvre de la politique du logement. Au-delà des admi-
nistrations de l?Etat et du secteur hospitalier, les collectivités territoriales devront
être pleinement intégrées à cette réflexion, car nombre d?entre elles pourraient être
intéressées, comme employeurs, par les services offerts par un « Action Logement
du secteur public » : il reviendra de définir avec elles leurs modalités de participation
et de contribution, qui pourraient être sur une base optionnelle.
30 Commune de Saint-Julien-en-Genevois. Livre blanc. 80 propositions pour l??attractivité des fonctions
publiques en zone frontalière tendue.
Recommandation 25
S?appuyer sur la Délégation interministérielle au logement des agents publics (DI-
LOAP) pour mettre en oeuvre des premières avancées. Lui permettre également de
susciter une vague d?expérimentations pour compléter les pistes jusqu?ici identi-
fiées et intégrer un certain nombre de spécificités locales.
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Les organisations syndicales devront prendre toute leur place. La politique d?action
sociale dans le secteur public dont l?aide à l?accès au logement est une dimension,
a été construite sur la participation des représentants des personnels à la définition
et à la gestion de la politique en la matière dans le cadre notamment du comité
interministériel consultatif d?action sociale (CIAS) et des sections régionales intermi-
nistérielles d?action sociale (SRIAS). La structure de pilotage de la politique d?accès
au logement des agents publics se doit également de faire place à ces représentants.
Recommandation 26
Elaborer, en concertation avec les représentants des personnels et les employeurs
publics des trois versants, une feuille de route en vue de la constitution de l? « Ac-
tion logement du secteur public ».
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Annexes
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Annexe 1 Lettre de mission
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Annexe 2 L?évaluation des avantages logement
octroyés par Action Logement aux salariés de
secteur privé
Dans le cadre de la participation des employeurs à l?effort de construction (PEEC),
les entreprises de plus de 50 salariés ? y compris les grandes entreprises publiques
telles que la SNCF, La Poste ou la RATP ? sont tenues d?investir chaque année pour le
logement de leurs salariés 0,45 % de leur masse salariale. Ces versements, effectués
pour l?essentiel auprès de la société Action Logement Services31, sont investis à leur
tour en prêts pour l?accession à la propriété ou la réalisation de travaux dans le
logement ainsi qu?en subventions, apport de fonds propres ou prêts à des organismes
de logement social ou intermédiaire et actions diverses pour le logement. Outre les
prêts qui leur sont directement consentis, les salariés bénéficient des financements
accordés par Action Logement aux organismes bailleurs sous la forme d?un accès
privilégié au logement social ou intermédiaire dans le cadre de conventions de
réservations.
Le taux de 0,45 % de la masse salariale des entreprises assujetties ne permet pas,
pour plusieurs raisons, de mesurer de façon rigoureuse le niveau des investissements
bénéficiant aux salariés :
? les entreprises versent leur collecte sous forme de subventions mais aussi de
prêts (12 % du total en 2021) ; le remboursement des prêts antérieurs vient
donc diminuer la collecte brute disponible pour de nouveaux investissements ;
? les investissements d?Action Logement sont eux-mêmes très largement
consentis sous forme de prêts. Le remboursement des prêts octroyés dans
le passé vient ainsi augmenter les ressources disponibles pour de nouveaux
investissements. Mais l?impact financier de ces prêts pour les bénéficiaires
n?est pas comparable à une subvention ou à un apport en fonds propres non
remboursable. Plutôt que considérer les sommes collectées chaque année
auprès des entreprises, il convient donc d?évaluer les interventions d?Action
Logement en termes de subventions ou équivalent subvention32. A cet effet,
des taux d?équivalent subvention ont été calculés par rapport à des taux
d?intérêt correspondant aux conditions moyennes de marché de l?année 2023
pour des profils de prêts (durée, existence d?un différé d?amortissement)
supposés appliqués en moyenne d?après les directives d?Action Logement
pour les différents types d?intervention ;
? bien que, depuis 2019, seules les entreprises de 50 salariés ou plus soient
assujetties au versement de la participation, les avantages octroyés par Action
Logement sont ouverts aux salariés des entreprises de 10 salariés ou plus, soit
de l?ordre de 17 millions de salariés ;
? le bénéfice des interventions d?Action Logement n?est pas exclusivement
réservée aux salariés des entreprises assujetties à la PEEC. La loi et les
conventions signées avec l?Etat oblige en effet l?organisme à affecter une
partie de ses ressources à des politiques nationales.
31 La SNCF bénéficie de dispositions spécifiques lui permettant de verser sa collecte à sa filiale, la
société immobilière des chemins de fer. Les autres employeurs conservent par ailleurs la possibilité d?investir
directement pour le logement de leurs salariés
32 Comme cela a été fait parallèlement pour les dépenses de l?Etat.
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Il convient donc d?examiner les différentes dépenses d?Action Logement pour
déterminer dans quelle mesure elles se traduisent par des avantages spécifiques
pour le logement des 17 millions de salariés bénéficiaires. On retiendra à cet égard
les distinctions suivantes :
? Les dépenses au titre de politiques nationales sans contreparties pour les
salariés doivent être exclues en totalité des avantages réservés aux salariés
du secteur privé. Cela recouvre principalement les versements au fonds
national des aides à la pierre (FNAP), qui finance les aides de droit commun
de l?Etat à la production de logements sociaux, et, plus marginalement, les
subventions à l?association nationale d?information pour le logement (ANIL) et
les associations départementales (ADIL).
? Les dépenses effectuées par Action Logement dans le cadre de politiques
nationales mais pouvant comportant certaines contreparties appellent un
examen particulier :
? Les subventions et prêts consentis dans le cadre de l?opération Action Coeur
de ville donnent droit à des contreparties en terme de réservations. On les
retiendra donc parmi les aides bénéficiant aux salariés.
? Les subventions et prêts attribuées à l?ANRU pour le financement de la
politique de la Ville ne donnent pas lieu à l?acquisition de droits de réservation
mais ils s?accompagnent de cessions de terrains à l?euro symbolique pour
l?Association Foncière Logement, sur lesquels des logements vont être
construits à destination des salariés. La valeur de cet avantage est toutefois
très incertaine. Cela conduit faire deux hypothèses conduisant à définir
une fourchette pour les aides aux salariés selon que les aides à l?ANRU sont
retenues ou non.
? Les aides aux personnes qui ne sont pas réservées aux salariés du privé doivent
être exclues du chiffrage. Cela conduit à ne prendre en compte au titre de la
garantie Visale que les garanties bénéficiant aux salariés de plus de 30 ans.
? Les autres dépenses sont considérées comme bénéficiant intégralement et
exclusivement aux salariés.
Le calcul des avantages octroyés par Action Logement aux entreprises du secteur
privé est estimé en fonction de ces différents choix méthodologiques et hypothèses
à partir des montants de dépenses prévisionnelles pour l?année 2023 figurant dans la
convention quinquennale Etat ? Action Logement du 16 juin 2023. Il est détaillé sur
le tableau de la page suivante.
Les résultats essentiels sont les suivants : les 17 millions de salariés des entreprises de
10 salariés ou plus du secteur Action Logement ont bénéficié en 2023 d?avantages
logement estimés entre 2,1 et 2,7 Mds¤, soit entre 122 ¤ et 162 ¤ par salarié.
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Annexe 3 Liste des personnes auditionnées
Cabinets du président de la République, du Premier ministre et
cabinets ministériels
Cabinet du président de la République
? Sandie Michelis, conseillère logement
? Schwan Badirou Gafari, conseiller technique services financiers et affaires
financières multilatérales
Cabinet du Premier Ministre
? Fanny Anor, directrice adjointe de cabinet
? Rayan Nezzar, conseiller action et comptes publics
? Oumnia Alaoui, conseillère auprès du directeur du cabinet et de la directrice
adjointe du cabinet
Cabinet du ministre de la Transformation et de la Fonction Publiques
? Pierre Bouillon, directeur adjoint de cabinet
? Charlotte Cardin-Taillia, conseillère fonction publique hospitalière,
neutralité, égalité et diversité dans le service public
? Boris Mazeau, conseiller parlementaire
Cabinet du ministre du Logement
? Mehdi Aouat, directeur de cabinet
? Daniel Montin, directeur de cabinet adjoint
? Guillaume Voisard, conseiller spécial, chargé de l?Offre de logements
Cabinet du ministre des Comptes Publics
? Aude Costa de Beauregard, directrice de cabinet
?
? Yanis Sicre
Syndicats
CFDT
? Betty Hervé, secrétaire confédérale, en charge du logement
? Annick Bessat, secrétaire fédéral CFDT santé sociaux
? Cyrille Bellanger, secrétaire fédéral CFDT santé sociaux
? Lionel Josserand, CFDT Dreets
, conseiller parlementaire et relations avec les élus
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CFE CGC
? Philippe Sebag, délégué national fédéral CFE CGC
? Stanislas Gaudon, président de la fédération Services Publics
CGT
? François Livartowski, secrétaire fédéral CGT services publics
? Gilles Oberrieder, co-secrétaire général de l?UFSE
FA-FP
? Pascal Kessler, président de la fédération
? Fabien Golfier, secrétaire général
Force ouvrière
? Anne Florentin, secrétaire fédérale fonction publique
? Phlippe Soubirous, secrétaire fédérale fonction publique
? Vincent Martin, secrétaire FO, Hôpital Cochin
? Johann Laurrency, secrétaire fédéral personnels des services publics et de la
santé
FSU
? Benoît Teste, secrétaire général de la FSU
? Agnès Van Luchenne, représentante de la FSU au CIAS
? Béatrice Fauvinet, co-secrétaire générale FSU territoriale
Solidaires
? Gaëlle Martinez, secrétaire nationale
? Valérie Redon, membre du comité interministériel consultatif d?action
sociale des administrations de l?Etat
? Emmanuelle Cathelinaud, membre du comité interministériel consultatif
d?action sociale des administrations de l?Etat
UNSA
? Luc Farré, secrétaire général, UNSA fonction publique
? Frédéric Gallière, secrétaire national, UNSA justice
? Stéphane Daval, conseiller national, UNSA fonction publique
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Associations d?élus locaux
Association des Maires de France
? Murielle Fabre, secrétaire générale
? Corinne de la Mettrie, directrice adjointe
? Charlotte de Fontaines, chargée des relations avec le Parlement
? Elodie Vin, attachée de direction
France Urbaine
? Zemorda Khelifi, vice-présidente de la métropole du Grand Lyon et élue
référente sur le logement des agents publics au sein de la commission FPT
? Johann Sandler, conseiller Logement, Politique de la ville, Urbanisme
? Bastien Taloc, conseiller Fonction publique territoriale et institutions
Administrations publiques
Agence Régionale de Santé Ile de France
? Amélie Verdier, directrice générale
? Laure Wallon, directrice pôle ressources humaines en santé
? Hélène Rogel, chargée de mission logement des soignants
Agence Régionale de Santé de Haute-Savoie
? Reynald Lemahieu, directeur de la délégation départementale de Haute
Savoie
Agence Régionale de Santé de la Gironde
? Stéphane Laffon, directeur délégué aux professionnels de santé et à la
prospective
Agence Régionale de Santé du Rhône
? Marielle Schmitt, directrice adjointe de la délégation départementale du
Rhône
Centre Hospitalier Annecy Genevois
? Romain Benmoussa, directeur adjoint des ressources humaines
Assistance Publique des Hôpitaux de Paris
? Nicolas Revel, directeur général
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CHU de Bordeaux
? Yann Bubien, directeur général
? Matthieu Girier, directeur des ressources humaines
? Nathalie Garrin Darricau, chargée de développement ressources humaines
Hospices civils de Lyon
? Luc Fabres, Directeur des affaires domaniales
Direction générale de l?Offre de soins
? Marie Daude, directrice générale
? Margaux Vecchioli-Bonneau, directrice de cabinet
? Philippe Charpentier, sous directeur des ressources humaines du système de
santé
? Mélanie Marquer, adjointe au sous directeur des ressources humaines du
système de santé
? Charles Bourdeaud?huy, chef du bureau Organisation des politiques sociales
développement des ressources humaines
? Audrey Wiltshire, chargée de mission action sociale au bureau Organisation
des politiques sociales développement des ressources humaines
Préfecture de la Haute-Savoie
? Yves Le Breton, Préfet
Préfecture d?Ile de France
? Pierre Antoine Molina, préfet, secrétaire générale aux politiques publiques
? Laurent Bresson, directeur régional et interdépartemental de l?hébergement
et du logement
Préfecture de la Gironde
? Renaud Laheurte, directeur de la direction départementale des territoires
Préfecture de Police
? Philippe Le Moing Surzur, préfet secrétaire général à la Préfecture de police
Préfecture du Rhône
? Vanina Nicoli, préfète secrétaire générale, préfète déléguée pour l?égalité
des chances
? Laurent Willeman, directeur de la direction départementale de l?emploi, du
travail, et des solidarités
? Joséphine Pilod, cheffe de service à la direction départementale de l?emploi,
du travail, et des solidarités
? Xavier Cereza, directeur de la direction départementale des territoires
? Laurent Vere, chef de service à la direction départementale des territoires
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Direction de l?Habitat, de l?Urbanisme et des Paysages
? Amélie Renaud, directrice adjointe de l?habitat, de l?urbanisme et des
paysages
? Luc-André Jaxel-Truer, sous-directeur de la législation de l?habitat et des
organismes de logement social
? Yves Rauch, chef de projet
Direction générale de l?administration et de la fonction publique
? Guillaume Tinlot, chef du service des politiques sociales, salariales et des
carrières
? Jildaz Ecolan, chargé de mission
Direction de l?Immobilier de l?Etat
? Alain Resplandy-Bernard, directeur
? Guillaume Decroix, sous-directeur administration et valorisation de
l?immobilier de l?Etat
Direction générale du Trésor
? Gabriel Cumenge, sous directeur des banques et des financements d?intérêt
général
? Laure Berthet, cheffe de bureau
? Guillaume Cassier, adjoint au chef de bureau
? Laurie Bergia, adjointe au cheffe de bureau
Ministère de l?Education nationale
? Thierry Le Goff, secrétaire général
? Boris Melmoux-Eude, directeur général des ressources humaines
? Marie Helene Perrin, cheffe du service de l?action administrative et des
moyens
? Marie Laure Martineau-Gisotti, cheffe du bureau de l?action sociale
Académie de Lyon
? Stéphanie De Saint Jean, secrétaire générale adjointe, directrice des
ressources humaines
Académie de Paris
? Delphine Viot-Legouda, secrétaire générale de l?académie de Paris
? Thibaut Pierre, secrétaire général d?académie adjoint, directeur des
ressources humaines, chargé du pôle RH
Ministère des Armées
? Sylviane Bourguet, directrice des territoires, de l?immobilier et de
l?environnement
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81
Ministère de l?Intérieur
? Didier Martin
Délégation interministérielle à l?hébergement et à l?accès au logement
? Jérôme d?Harcourt, délégué interministériel à l?hébergement et à l?accès au
logement
Banque des territoires
? Barbara Falk, directrice régionale Auvergne Rhône-Alpes
Maison d?arrêt de la Santé
? Isabelle Gomez, adjointe au directeur
? Sandra Mongaillard, assistante sociale des personnels
? Carine Jonrond, directrice des ressources humaines
? Marion Fialex, responsable du service ressources humaines
Associations professionnelles et autres
Union sociale pour l?habitat
? Thierry Asselin, directeur des politiques urbaines et sociales
? Antoine Galewski, directeur des relations institutionnelles
USH 74
? Aude Poinsignon, chargée de projets AURA HLM
? Pierre-Yves Antras
? Alain Benoiston, directeur général Halpades
Fédération des entreprises sociales pour l?habitat
? Didier Poussou, directeur général
Fédération nationale des offices publics de l?habitat
? Marcel Rogemont, président
? Laurent Goyard, directeur général
Fond pour l?insertion des personnes handicapées dans la fonction publique
? Séverine Beaudoin, directrice générale
Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique
? Régis Pélissier, directeur
, directeur général de Haute-Savoie Habitat
, secrétaire général du ministère de l?Intérieur
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82
Action Logement
? Nadia Bouyer, directrice générale
?
? Nicolas Henry
Union sociale pour l?habitat d?Ile de France
? Anne Katrin Le Doeuff, directrice
? Benoit Charles, responsable du pôle stratégie territoriale
? Bruno Rousseau, directeur général adjoint
Association pour le logement du personnel des administrations financières
? Alain Brunet, président
? Vincent Verroye, directeur général des services
Union régionale HLM en Nouvelle-Aquitaine
? Muriel Boulmier, présidente
? Nicolas Blaison, directeur régional
Professionnels du secteur et entreprises
Groupe Arcade VYV
? Jacques Wolfrom, directeur général du groupe
Bouygues Immobilier
? Olivier Durix, directeur général des offres et clients de Bouygues Immobilier
Altarea
? Ronald Sanino, directeur affaires publiques
? Philippe Bouvier, directeur général relations investisseurs
Aquitanis
? Irène Sabarot, directrice générale adjointe
? Benjamin Loisoin, responsable du pôle gestion des demandes locatives
Clairisienne
? Caroline Isidore, directrice de la clientèle et de la communication
CDC Habitat Nouvelle Aquitaine
? Jérôme Farcot, directeur interrégional Sud Ouest
, directeur de la stratégie patrimoniale et immobilière
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83
ERILIA
? Fréderic Talik, directeur général adjoint sud ouest
? Elodie Placide, directrice de l?agence de Bordeaux
Groupe Vilogia
? Patrice Faurens, directeur générale de Vilogia Privilège
? Franck Hanart, directeur de Territoire Vilogia SA
FNAIM
? Loïc Cantin, président
? Jérôme Champsavin, président adjoint
? William Siksik, co-président FNAIM 06
CDC Habitat
? Thierry Laget, directeur général adjoint
? Anne Frémont, directrice des affaires publiques
Atexim
? Philippe Bauchot, président directeur général
? Thierry Armilhon, président et directeur du développement
RATP
? Céline Tignol, directrice de l?immobilier
? Thibaud Barrois, responsable stratégie
? Claire Goudineau, directrice générale de RATP Habitat
? Luc Le Duigou, directeur des ressources humaines
? Victor Andreini, conseiller auprès de Jean Castex
? Clémence Cano Hernandez, conseillère au cabinet du président directeur
général
SOFIAP
? Laurent Permasse, président du directoire
Batigère Habitat
? Michel Cielsa, directeur déléguée à la région IDF
ICF Habitat
? Romain Dubois, directeur général
? Sabrina Chekaoui, responsable communication
RLF
? Pierre François Gouiffès, président du directoire
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Collectivités territoriales
Centre de gestion de la Haute-Savoie
? Valérie Bouvier, directrice générale
Centre de gestion de la Gironde
? Caroline Desaigues, directrice générale
Communauté de Communes du Pays de Cruseilles
? Charlotte Boettner, vice présidente et Maire de Villy-le-Pelloux
Communauté de Communes de la Vallée de Thônes
? Gérard Fournier-Bidoz, président et Maire de Les Villards sur Thônes
Communauté de Communes de Fier et Usses
? Henri Carelli, président et Maire de Lovagny, directeur de la construction
Haute Savoie Habitat
Mairie de Bordeaux
? Vincent Lescaillez, directeur général ressources humaines et administration
générale
? Aziz Skalli, conseiller municipal de Bordeaux
Mairie de Paris
? Jacques Baudrier, adjoint en charge du logement
? Olivia Polski, adjointe en charge des RH
? Alice Tercé, directrice de cabinet de Jacques Baudrier
? Clemence Courbot, collaboratrice
? Blanche Guillemot, directrice du logement et de l?habitat
? Doan Lebel, conseillère aménagement, urbanisme au cabinet de la maire de
Paris
Mairie de Lyon
? Sophia Popoff, adjointe au Maire déléguée au logement et au
renouvellement urbain
? Laetitia Pichon, responsable service habitat
? Emmanuelle Brissaes, directrice générale adjointe ressources humaines
Métropole de Lyon
? Frédérique Bonetti, directrice habitat et logement
? Frédérique Von Plauen, responsable du service action et innovation sociale
? Zemorda Khelifi, vice-présidente, déléguée aux ressources humaines
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? Olivier Glück, Adjoint au Maire de Villeurbanne délégué aux ressources
humaines et au dialogue sociale
? Florent Bruyas, directeur des ressources humaines
? Catherine Le Put, directrice générale adjointe pilotage, ressources et
relations sociales de la ville de Villeurbanne
Lyon Métropole Habitat
? Vincent Cristia, directeur général
? Sandrine Mba-Nallet, directrice marketing et offres commerciales
Personnalités qualifiées
? André Yché
? Robin Rivaton
? Alain Dorison
Mes remerciements vont à mes collègues parlementaires, Véronique Riotton,
Dominique Da Silva, Antoine Armand, Alexandra Martin, Anne Brugnera, Xavier
Roseren, dont l?aide m?a été précieuse.
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86
Annexe 4 Glossaire des sigles et acronymes
? ACV : action coeur de ville
? ADIL : agence départementale d?information sur le logement
? AIP : aide à l?installation des personnels
? ANIL : agence nationale pour l?information sur le logement
? ANRU : agence nationale pour la rénovation urbaine
? APHP : assistance publique des hôpitaux de paris
? Apur : atelier parisien d?urbanisme
? ARS : agence régionale de santé
? BALAE : bourse au logement des agents de l?État
? BEA : bail emphytéotique administratif
? BRS : bail réel solidaire
? CALEOL : commission d?attribution et d?examen de l?occupation
des logements
? CCH : code de la construction et de l?habitation
? CDC : caisse des dépôts et consignations
? CG3P : code général de la propriété des personnes publiques
? CHU : centre hospitalier universitaire
? CIA : convention intercommunale d?attribution
? CIL : conférence intercommunale du logement
? CRDS : contribution pour le remboursement de la dette sociale
? CSG : contribution sociale généralisée
? DALO : droit au logement opposable
? DDETS : direction départementale de l?emploi, du travail et des
solidarités
? DRIHL : direction régionale et interdépartementale de
l?Hébergement et du Logement
? DROM : département et région d?outre-mer
? EICSP : équipements d?intérêt collectif et services publics
? EPCI : établissement public de coopération intercommunale
? ERAFP : établissement de retraites additionnels de la fonction
publique
? FNAP : fonds national des aides à la pierre
? FPT : fonction publique territoriale
? FPH : fonction publique hospitalière
? FPE : fonction publique d?État
? HLM : habitation à loyer modéré
? NPNRU : nouveau programme national de renouvellement urbain
? OFS : organisme de foncier solidaire
? OLS : organisme de logement social
? PEEC : participation employeur à l?effort de construction
? PLAI : prêt locatif aidé d?intégration
? PLH : programme local de l?habitat
? PLS : prêt locatif social
? PLUS : prêt locatif à usage social
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? PPGDLID : plan partenarial de gestion de la demande de logement
social et d?information des demandeurs
? PSEEC : participation supplémentaire des employeurs à l?effort de
construction
? SNE : système national d?enregistrement des demandes de
logements sociaux
? SRIAS : section régionale interministérielle d?action sociale
? ZAC : zone d?aménagement concerté
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INVALIDE) (ATTENTION: OPTION le
indispensable.
Le partenariat avec les acteurs du logement offre également des opportunités en ma-
tière d?accession à la propriété, qui correspond à une aspiration profonde pour de nom-
breux ménages d?agents publics comme de salariés du secteur privé.
A cet égard, le système des baux réels solidaires (BRS) qui permet l?acquisition d?un droit
réel sur le bâti sans avoir à devenir propriétaire du foncier est le plus adapté pour les
ménages au revenu modeste à moyen dans les territoires où le prix du foncier ne permet
pas l?accession en pleine propriété. Le BRS est ouvert à des ménages respectant des pla-
fonds de ressources compris entre le PLS et le logement locatif intermédiaire. De créa-
tion récente, le BRS se développe ces dernières années sur divers territoires à l?initiative
Recommandation 7
Adresser une circulaire aux préfets les invitant à utiliser pleinement leurs préro-
gatives pour s?assurer de la prise en compte complète et effective, au sein de la
catégorie dite des travailleurs « essentiels » au sens de la loi 3DS, de ceux exerçant
dans le secteur public, sous ses différentes formes, dans les objectifs prioritaires
d?accès au logement social déterminés au niveau intercommunal.
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39
Recommandation 9
Envisager une révision du cadre social et fiscal des prêts bonifiés par les employeurs pour
les rendre plus attractifs
de collectivités locales ou de bailleurs sociaux ayant constitué à cet effet des OFS. Outre
les logements neufs ? ou parfois en réhabilitation lourde ? commercialisés en BRS, le
rachat des droits des BRS que leurs titulaires souhaitent vendre offrira des opportunités
croissantes dans les années à venir. Ces rachats ? qui sont assortis du renouvellement du
BRS pour sa durée initiale ? sont soumis aux mêmes plafonds de ressources que lors de la
commercialisation initiale. Des partenariats avec les divers OFS existants peuvent favori-
ser l?accès d?agents publics au dispositif.
Des employeurs nous ont aussi fait part de leur intérêt pour bonifier les prêts pour l?ac-
quisition d?une résidence principale. Mais, même s?il existait une tolérance pour les prêts
considérés comme sociaux, la prise en charge des intérêts par l?employeur peut être
considérée comme un avantage en nature avec les règles afférentes en matière d?impôt
et de cotisations sociales. L?adaptation de ces règles fiscales et sociales dépasse le cadre
de ce rapport. Une réflexion devrait toutefois être engagée sur ce point pour trouver un
cadre plus incitatif.
2.2.3 Des initiatives à lancer pour une offre complémentaire de
logements temporaires
Au regard de la diversité comme de la dimension des besoins à satisfaire dans les terri-
toires où le marché du logement est particulièrement tendu, les partenariats ne peuvent
toutefois se limiter au logement pérenne. Il s?agit également de trouver des solutions de
logement temporaire pour des agents.
C?est d?abord indispensable face aux urgences sociales, quand il faut répondre aux diffi-
cultés de ceux qui subissent un accident de la vie, qui les précipite dans une situation très
précaire. Pour éviter que des agents publics ne se retrouvent « à la rue », les diagnostics
territoriaux, évoqués dans la première partie de ce rapport, devront accorder une atten-
tion particulière à la prévalence des situations d?urgence sociale et à la capacité à pou-
voir actionner rapidement une solution. Alors que les résidences sociales généralistes
Recommandation 8
Multiplier les partenariats entre employeurs publics et bailleurs pour flécher un
certain nombre de logements intermédiaires vers les agents publics. Multiplier les
partenariats pour flécher également des logements en bail réel et solidaire vers des
agents publics par une information précoce.
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Recommandation 10
S?assurer dans chaque territoire que l?on dispose des moyens suffisants pour faire
face aux urgences sociales des agents. Etablir un cadre permettant de flécher des
logements au sein des résidences sociales ou des foyers jeunes travailleurs vers les
agents publics.
Recommandation 11
Négocier avec les bailleurs sociaux le développement de logements de courte du-
rée, comme cela a été rendu possible par la loi ELAN, ou pour la colocation.
et les foyers jeunes travailleurs doivent être soutenus (un objectif de 25 000 nouveaux
agréments a été fixé pour la période 2023-2027), un certain nombre des logements pro-
posés pourraient être fléchés vers les agents publics, que ce soit par des politiques de
réservations ou par des instruments plus souples.
Les logements temporaires permettent aussi d?apporter des solutions à des agents qui
viennent d?être mutés et qui doivent trouver des logements dans des temps très brefs.
Le parc social peut offrir des solutions temporaires pour le premier accueil des agents
sur un territoire tendu. Les logements, nus ou meublés, agréés spécialement pour une
location sans droit au maintien dans les lieux en application de l?article 109 de la loi ELAN,
sont accessible aux moins de 30 ans. Les échanges que nous avons eus dans le cadre de
cette mission nous montrent qu?ils sont encore trop peu développés à ce stade. Il est
possible, sans condition d?âge, d?affecter des logements sociaux à la colocation nue ou
meublée. Des partenariats avec les acteurs du territoire doivent permettre de mobili-
ser ces dispositifs pour les agents publics, voire de susciter leur mise en place là où ils
n?existent pas ou ne sont pas suffisamment développés.
Il nous apparaît également important de pouvoir stimuler le développement de rési-
dences à destination des agents publics, visant notamment ceux qui viennent d?arriver
nouvellement sur un territoire, même s?ils exercent auprès de différents employeurs. Des
services pourraient y être adossés (comme la garde d?enfants, quand on n?a pas eu la
possibilité de trouver à temps une solution).
Les formes juridiques peuvent être adaptées à la diversité des besoins. Notons que le dis-
positif du logement locatif intermédiaire ayant été élargi au financement de résidences
services par l?article 71 de la loi de finances initiales pour 2024, il se prête également Ã
la création de résidences destinées à accueillir temporairement des fonctionnaires en
mobilité ou en difficulté temporaire.
Cela pourrait, dans certains cas, se faire sur des emprises libérées par l?Etat ou des opé-
rateurs, ce qui fait le lien avec les propositions en matière foncière que nous faisons dans
le cadre de la troisième partie de ce rapport.
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Recommandation 12
Lancer un programme de construction de résidences, permettant notamment d?accueil-
lir temporairement des agents publics nouvellement mutés dans des zones tendues.
Les outils existent et sont souvent déjà mobilisés par de nombreux acteurs publics. Il
convient toutefois de faire en sorte qu?ils soient suffisamment nombreux et bien dimen-
sionnés pour faire face à tous les besoins quel que soit le territoire.
2.3 Etendre la garantie Visale aux agents publics
de 31 ans et plus
Dans bien des endroits de France, il est extrêmement difficile d?accéder à la loca-
tion quand les loyers sont élevés par rapport à son revenu et qu?on ne dispose pas
de garanties familiales suffisantes. Cette injustice flagrante a été l?objet de la créa-
tion de la garantie « Visale », qui a connu un véritable essor. Pourtant, celle-ci est
aujourd?hui fermée aux agents publics de 31 ans et plus. Ils sont pourtant eux aussi
exposés à des difficultés considérables. Nous proposons donc d?ouvrir la garantie
Visale aux agents publics au-dessus de 30 ans, dans les mêmes conditions que pour
les salariés du privé : gagner moins de 1500 euros nets par mois ou être en mobilité
professionnelle (changement d?employeur, mutation géographique?).
2.3.1 Les agents publics de 31 ans ou plus ne disposent pas
des mêmes aides d?accès au logement locatif que leurs
homologues du secteur privé
Dans les zones tendues où le marché leur est favorable, les propriétaires privées qui
mettent en location un logement sont en mesure de mettre en concurrence les nom-
breux candidats à la location en fonction des garanties qu?ils peuvent offrir.
Quand le propriétaire bailleur a fait le choix de souscrire un contrat d?assurance
contre les loyers impayés, les garanties de solvabilité exigées des locataires sont
d?abord celles imposées par la société d?assurance. Ces exigences conduisent en gé-
néral à exclure les candidats pour lesquels le loyer et les charges représentent plus de
33 %, 37 % ou 38 % du revenu selon les assureurs. Les candidats dont les revenus sont
instables (CDD par exemple) sont également exclus. Afin d?éviter une surenchère des
garanties, le législateur a interdit au bailleur qui souscrit une assurance contre les im-
payés d?exiger en complément la caution solidaire d?un tiers appelé, le cas échéant,
à se substituer au locataire pour le paiement du loyer et des charges. La majorité
des bailleurs privés, ne souscrivant pas une assurance contre les impayés, conserve
toutefois la possibilité d?exiger une telle caution. Les personnes se portant caution
deviennent solidaires des loyers et charges dues par le locataire et s?engagent à en
régler le montant à la première demande du propriétaire bailleur.
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42
La caution apportée gratuitement par une personne physique, un membre de la fa-
mille en général, reste la plus pratiquée. Les personnes qui ne peuvent pas, ou ne
souhaitent pas, demander à un membre de leur famille de se porter caution pour eux
ont la possibilité de contracter une caution bancaire qui donne lieu à une rémuné-
ration à la charge du locataire. Dans un contexte où les cautions apportées par des
proches restent dominantes, les cautions bancaires sont rares. Ces dernières années,
toutefois, quelques organismes se portant caution en ligne sur internet se sont dé-
veloppés, en ciblant des ménages disposant de revenus relativement élevés, mêmes
s?ils peuvent être instables (CDD, périodes d?essai, travailleurs indépendants?). La
validation du dossier est délivrée en ligne sous quelques heures, après analyse du
dossier et vérification des justificatifs présentés. En contrepartie, le locataire, et non
le bailleur comme dans l?assurance contre les impayés de loyer, devra rémunérer la
société de caution à hauteur d?un pourcentage des loyers dus (charges comprises)
qui peut varier entre moins de 3 % et plus de 5 %.
Selon la directive relative à la garantie Visale validée par le conseil d?administration
d?Action Logement Groupe le 24 mars 2021 (en vigueur en mars 2024), les condi-
tions du dispositif sont les suivantes.
Les bénéficiaires :
? L?ensemble des jeunes de 18 ans à moins de 31 ans entrant dans un loge-
ment du parc locatif privé ou en structure collective, quel que soit notam-
ment son statut par rapport à l?emploi (public ou privé) ;
? Les étudiants ou alternants de 18 à 30 ans au plus entrant dans un loge-
ment du parc locatif privé ou social ;
? Les salariés (ou titulaire d?une promesse d?embauche) du secteur assujetti Ã
la PEEC (hors secteur agricole) de plus de 30 ans entrant dans un logement
du parc locatif privé :
- soit justifiant d?un revenu net mensuel inférieur ou égal à 1 500 ¤, quel
que soit le type de contrat de travail et avant la fin de ce dernier,
- soit en mobilité professionnelle (embauche initiale ou mutation avec
changement de lieu de travail au sein de la même entreprise ou le
même groupe), au plus tard dans les 6 mois de l?entrée dans l?emploi
ou de la mutation ;
? Des publics prioritaires spécifiques d?Action Logement entrant dans un
logement du parc locatif privé :
- salariés éligibles au dispositif Louer Pour l?Emploi mis en place par
Action Logement,
- salariés de plus de 30 ans du secteur assujetti à la PEEC, confronté Ã
un évènement exceptionnel fragilisant son lien à l?emploi et au
logement,
Encadré 5 : la garantie Visale pour l?accès à un logement locatif
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43
La présence d?une caution, et sa qualité, s?ajoute ainsi aux critères qui permettent de
valoriser un dossier de candidature, par rapport à d?autres, sur un marché tendu. Les
organismes de cautionnement locatif en ligne font d?ailleurs valoir, pour la promo-
tion de leur service, qu?il permettra «de faire passer le dossier au-dessus de la pile».
Pour donner de meilleures chances à des catégories de ménages prioritaires, Action
Logement, avec le soutien de l?Etat, a mis en place depuis janvier 2016 une caution
gratuite : la garantie Visale, financée par les fonds de la PEEC. Destinée à égaliser
les chances, par rapport à des candidatures disposant de meilleurs atouts, pour des
publics souffrant de difficultés particulières d?accès au logement locatif, ou dont les
difficultés de logement peuvent être un handicap pour accéder à un emploi, le dis-
positif est réservé à des catégories de ménages déterminées.
Selon le principe de la caution solidaire, en cas d?impayé du locataire, ou dégradation
du bien loué excédant le dépôt de garantie, le bailleur demande le paiement de la
dette par la caution Visale. Celle-ci peut ensuite se retourner vers le locataire défail-
lant pour se faire rembourser, seul le montant des sinistres pris en charge, net des
sommes ainsi récupérées, reste donc à la charge de la caution Visale.
La garantie Visale a su, au cours des années, acquérir une notoriété réelle et une
bonne réputation auprès de nombreux professionnels de l?immobilier. En 2023, 319
107 nouveaux contrats de cautionnement ont été souscrits, en hausse de 14 % par
rapport à 2022. Depuis 2016, ce sont ainsi 1,2 millions de cautionnement qui ont été
- public entrant dans un logement du parc locatif privé géré par un
organisme agréé d? intermédiation et de gestion locative sociale,
public justifiant être en formation professionnelle, en études
supérieures, en contrat d?apprentissage, en stage, en engagement
volontaire dans le cadre d?un service civique, en mutation
professionnelle ou en mission temporaire dans le cadre de son
activité professionnelle, dans le cadre d?un bail mobilité.
Les conditions relatives à la solvabilité des ménages :
Le loyer maximum pouvant être garanti est égal à 50 % de la somme de toutes les
ressources de tous les co-titulaires du bail. Toutefois, les loyer charges comprises
qui excèdent 1 500 ¤ en Ile de France ou 1 300 ¤ sur le reste du territoire (respecti-
vement 800 ¤ et 600 ¤ pour les étudiants, les alternants et volontaires) sont exclus
du dispositif Visale).
L?étendue de la garantie :
Dans le parc locatif privé, la garantie Visale couvre au maximum 36 impayés de
loyer (9 mois dans le parc locatif social). Cette garantie correspond à 36 mois de
loyer quittancés, impayés totalement ou partiellement, continus ou discontinus,
au cours de l?ensemble de la durée du bail, renouvellements compris. Les frais de
remise en état du logement en cas de dégradations imputables au locataire et
impayés par celui-ci, sont également pris en charge dans la limite de deux mois de
loyers et charges.
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mis en place, sensiblement en phase avec l?objectif de montée en puissance inscrit
dans la convention quinquennale 2023-2027 entre l?Etat et Action Logement : 2,1
millions de garanties contractualisées sur la période 2023-2027, contre 866 000 sur la
période 2018-2022, soit une multiplication par 2,4.
Depuis l?origine, 18 094 contrats de cautionnement ont été signés au bénéfice de
d?agents publics de moins de 31 ans, dont 27% en 2023. Ils représentent 4,2 % des
contrats de cautionnement qui ont bénéficié à des locataires du parc privé de moins
de 31 ans. Il s?agit majoritairement de stagiaires ou de non titulaires (56 %).
Le coût du dispositif, intégralement à la charge d?Action Logement, est estimé à 376
¤ de perte à terminaison sur les sinistres indemnisés auxquels s?ajoute le coût de la
gestion administrative.
Du fait du financement du dispositif par Action Logement, les agents publics ont un
accès plus limité à la garantie Visale que les salariés des entreprises cotisantes. Si, les
agents publics de moins de 31 ans peuvent en bénéficier dans les mêmes conditions
que les salariés du secteur privé pour la location d?un logement du parc privé, au-des-
sus de cet âge, seuls les salariés du secteur privé y ont accès sous certaines condi-
tions : disposer d?un revenu mensuel n?excédant pas 1 500 ¤ par mois ou, au-dessus
de ce revenu, pour les locations consécutives à une mobilité professionnelle (cf. en-
cadré 5).
On pourrait penser qu?un agent public ne rencontre pas les mêmes difficultés pour
accéder au marché locatif, bénéficiant de la réputation de la fonction publique,
à commencer par la stabilité de l?emploi. Les auditions que nous avons menées
montrent que cette analyse est bien trop optimiste. Même des fonctionnaires titu-
laires de catégorie A, comme les enseignants, peuvent avoir de vraies difficultés Ã
apporter les garanties nécessaires quand ils viennent d?être mutés dans une ville aux
loyers particulièrement chers.
Dans les conditions actuelles, la nécessité de présenter une caution reste un obstacle
à la location d?un logement locatif privé pour les agents publics de 31 ans et plus. Les
agents contractuels recrutés en CDD y sont particulièrement exposés, dès lors qu?ils
ne peuvent justifier des mêmes garanties de pérennité de leur revenu que les fonc-
tionnaires titulaires. Mais, même parmi les titulaires, des besoins réels se font sentir.
2.3.2 L?extension de la garantie Visale aux agents publics de
31 ans et plus, dans les conditions applicables aux salariés du
privé, présente les meilleurs atouts
Confrontées aux difficultés rencontrées par leurs agents dans la recherche d?un lo-
gement à louer dans le parc privé, notamment les contractuels recrutés pour pallier
le rendement insuffisant des concours de fonctionnaires, les administrations sont de
plus en plus nombreuses à chercher des solutions pour ceux qui ne remplissent pas
la condition d?âge pour l?accès à Visale.
Ainsi, le ministère de la justice a mis en place récemment un dispositif offrant à ses
agents un accès privilégié à la caution de la société Cautionéo, l?un des acteurs de
la caution locative en ligne (cf. encadré 2). Cette caution - dont le coût est pris en
charge de façon dégressive par l?administration - est largement ouverte à des agents
disposant de revenus assez élevés (jusqu?à 6 000 ¤ mensuels). Le ministère de l?édu-
cation a mis en place ? à titre expérimental sur un petit nombre de contrats dans
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45
un premiers temps ? un dispositif identique avec le même prestataire. Le ministère
de l?intérieur dispose de son côté depuis de longues années d?un fonds de garantie
propre.
Le ministère de la justice, par l?intermédiaire de la fondation d?Aguessau,
a mis en place un marché, attribué après mise en concurrence à la société
Cautionéo, pour donner accès à ses agents à la recherche d?un logement
dans le parc locatif privé à une caution de qualité.
Dans le cadre de ce contrat les agents du ministère de la justice peuvent
obtenir la couverture de la société Cautionéo dans les mêmes conditions
d?accès que l?ensemble de ces clients, en saisissant les informations sur leur
situation sur la plateforme en ligne dédiée, à condition d?être reconnus
éligibles en fonction des critères de scoring de cette société et que le loyer
envisagé n?excède pas le loyer maximal indiqué en fonction des informa-
tions saisies.
Le marché global passé par la fondation d?Aguessau se traduit en revanche
par un double avantage financier :
? l?ensemble des agents du ministère bénéficie d?un tarif préféren-
tiel sur la cotisation à la charge du locataire, soit 2,75 % des loyers
charges comprises au lieu du taux habituel de 2,9 % en cas de paie-
ment annuel ou 3,5 % en cas de paiement mensuel ;
? les agents dont le revenu fiscal de référence n?excède pas 65 000 ¤,
soit un traitement net mensuel de 6 018 ¤, et dont le loyer n?excède
pas 1 500 ¤ (pour un loyer au m² de moins de 15 ¤) ou 2 500 ¤ (loyer
au m² supérieur à 15 ¤), bénéficient de la prise en charge de la cotisa-
tion due à Cautionéo par une subvention du ministère à hauteur de
100 % de son montant la première année, 60 % la deuxième année et
40 % la troisième année. A partir de la quatrième année, la cotisation
est intégralement à la charge de l?agent.
Les agents peuvent également bénéficier d?un « accès privilégié » aux offres
locatives des partenaires de la société Cautionéo (parmi lesquels, CDC Ha-
bitat et Nexity).
Il a été estimé lors de son lancement que 1 200 agents bénéficieraient
chaque année de ce dispositif pour un coût d?environ 400 000 ¤. Au regard
de sa mise en place récente, les résultats restent toutefois à évaluer.
Encadré 6 : le marché passé par le ministère de la justice avec la société Cautionéo
Ces solutions ne sont pas sans inconvénients. La prise en charge dégressive du coût
des cautions payantes telles Cautionéo laisse à terme l?agent en supporter intégra-
lement le coût. Elle laisse ainsi les agents publics de 31 ans et plus dans une situation
moins favorable que les salariés du privé.
La mise en place d?une caution équivalente à Visale pour les agents publics mais dis-
tincte de celle-ci serait complexe et coûteuse ? le dispositif nécessitant de lourdes
applications pour la délivrance de la caution en ligne et le suivi des sinistres, ainsi
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qu?une organisation efficace pour indemniser ces sinistres dans les délais les plus
brefs. En outre, la crédibilité du dispositif auprès des bailleurs ne pourrait que s?ac-
quérir progressivement, à l?exemple de Visale.
L?extension de la garantie Visale présenterait des atouts importants. Elle permet-
trait de faire bénéficier les agents publics de plus de 30 ans, dans les délais les plus
courts, d?une caution gratuite qui est maintenant bien connue de la plupart des
acteurs du marché locatif et dont le fonctionnement a su les convaincre. Gérée par
le groupe Action Logement, le dispositif donne des garanties de transparence vis-Ã -
vis de l?Etat très supérieures à tout assureur privé. Elle offre également un avantage
de simplicité et de lisibilité en proposant à tous les agents quel que soit leur âge la
même garantie.
Cette extension soulève toutefois deux difficultés auxquelles il convient d?apporter
des réponses susceptibles de faire consensus :
Les conditions de l?ouverture aux agents publics de plus de 30 ans :
Du point de vue du secteur privé, il serait sans doute difficilement envisageable que
les agents du service public aient - au-delà de 30 ans ? un accès plus largement ou-
vert que les salariés du secteur privé. Une extension sous les mêmes conditions ap-
plicables aujourd?hui aux agents privés répond à cette exigence, sans que cela em-
pêche les employeurs publics d?utiliser, comme aujourd?hui, d?autres dispositifs s?ils
jugent nécessaire de compléter le socle de garantie apporté par Visale.
Ces conditions permettent par ailleurs de prendre en compte une priorité essentielle
des employeurs publics comme privés. En effet, indépendamment de la condition
de revenu mensuel net inférieure à 1 500 ¤, l?ouverture à toutes les locations qui
font suite à une mobilité professionnelle, recrutement (y compris sous contrat) et
mutations, devrait faciliter les mobilités vers les territoires en tension où l?accès au
logement est un obstacle à la prise de poste.
Le financement :
Qu?il s?agisse de salariés du privé, d?agents publics, d?étudiants ou d?autres locataires,
le dispositif Visale est aujourd?hui financé intégralement par les fonds de la PEEC.
Cela n?a pas empêché le dispositif de s?étendre à bien d?autres catégories que les
salariés des entreprises cotisantes. La dernière convention quinquennale entre l?Etat
et Action Logement en date du 16 juin 2023 pour les années 2023 à 2027 (article 7.5)
a prévu l?extension du dispositif aux travailleurs saisonniers. Une étude en vue d?une
extension complémentaire concernant notamment les travailleurs indépendants est
programmée pour le 1er semestre 2024. Nulle mention n?est faite en revanche des
agents publics de plus de 30 ans.
La conviction de la mission est que ce sujet de financement ne devrait pas constituer
un blocage au regard des sommes en jeu. En effet, selon des données communiquées
par Action Logement, les plus de 30 ans ne représentent que 16 % de l?ensemble des
salariés du secteur privé ayant signé un contrat Visale. De plus, cette proportion ? qui
a pu évoluer au début du dispositif ? s?est stabilisée ces dernières années. Au-delÃ
des difficultés à estimer le nombre des agents publics de plus de 30 ans ayant un
revenu mensuel de moins de 1 500 ¤ et/ou en mobilité professionnelle qui auront
besoin de mobiliser cette garantie pour accéder au parc locatif privé, il n?y a pas de
raison que leur proportion par rapport aux agents de moins de 30 ans qui en bénéfi-
cient déjà soit très différente de ce qu?elle est aujourd?hui dans le privé.
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Il appartiendra à l?Etat et Action Logement de négocier un financement permettant
d?ouvrir la garantie Visale aux agents de la fonction publique d?Etat et de la fonction
publique hospitalière. L?ouverture à la fonction publique territoriale, qui devrait faire
l?objet de discussions avec leurs associations représentatives, pourrait se faire sur la
base d?une adhésion volontaire, à la décision de chaque collectivité, ce qui renvoie
aux questions d?organisation abordées dans la troisième partie.
Recommandation 13
Ouvrir la garantie Visale aux agents publics de plus de 30 ans dans les mêmes
conditions que celles appliquées aux salariés du secteur privé. Préserver la possi-
bilité pour les employeurs publics de proposer, en plus de ce socle, des dispositifs
complémentaires de garantie (par exemple, pour des revenus supérieurs), s?ils
le jugent nécessaire. Concerter avec les collectivités les modalités de l?extension Ã
la fonction publique territoriale.
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Visite des ateliers Vaugirard de la RATP, Paris
Réunion de travail avec les acteurs du logement, préfecture de la Gironde
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Partie 3
La reconstruction : rebâtir une
vraie politique du logement pour
les agents publics
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3.1 Libérer les initiatives pour mobiliser le foncier
public à destination des agents publics
La mobilisation du foncier public pour construire du logement a fait l?objet de très
nombreuses initiatives. Notre mission a cependant identifié des pistes supplémen-
taires, d?autant plus que flécher en priorité vers les agents publics les logements
construits sur du foncier public faciliterait sa mobilisation.
Certaines opportunités, situées au coeur de zones en tension, ont encore été trop
peu explorées. Au-delà des friches traditionnelles, il s?agit par exemple de la conver-
sion de bureaux en logement ou bien de la densification de sites existants avec des
usages mixtes services publics-logement. Des simplifications législatives sont indis-
pensables, qu?il s?agisse de celles liées l?urbanisme (accélération de procédure) ou
liées au modèle économique (en simplifiant les possibilités pour l?Etat d?acquérir des
logements pour ses agents quand il apporte du foncier plutôt que du numéraire).
Pour protéger les intérêts patrimoniaux de long terme de l?Etat tout en assurant le
modèle économique de la construction, le « bail emphytéotique » doit être bien
plus massivement utilisé par l?Etat, puisqu?il lui permet de conserver la propriété du
foncier.
La mobilisation du terrain des entreprises publiques et des opérateurs doit égale-
ment faire l?objet d?une forte vigilance, eu égard aux nombreuses propositions ex-
primées par les acteurs du logement auditionnés.
3.1.1 La mobilisation du foncier public pour le logement
nécessite un soutien politique énergique
La mobilisation du foncier public pour produire des logements en général, et plus
particulièrement des logements sociaux, n?est pas une idée neuve. Pour en faciliter la
mise en oeuvre, le législateur a autorisé dès 200514 une décote du prix de cession afin
de le rendre compatible avec la production de logements sociaux. Cette décote a
ensuite été renforcée en 2013 (décote dite Duflot)15 en prévoyant que son taux peut
atteindre 100 % de la valeur vénale. Pour autant, les résultats des programmes de
cession annoncés par les Gouvernements successifs n?ont guère été à la hauteur des
objectifs affichés.
En 2021, le rapport de la commission Rebsamen16 comparait l?objectif initial du Gou-
vernement de 22 000 logements par an en moyenne à produire sur le foncier public
mobilisable sur la période 2012-2016, avec le rythme effectivement constaté, qui est
resté sensiblement constant à 8 000 logements produits en moyenne par an sur les
emprises cédées entre 2012 et 2019. Suivant une recommandation de cette commis-
sion, le Gouvernement a mis en place un nouvel inventaire actualisé en temps réel
14 Décote pouvant atteindre 25 % ou 35 % de la valeur du bien cédé selon la zone, instituée par la loi
n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale.
15 Le taux maximal de la décote est porté à 100 % par la loi du 18 janvier 2013 relative à la mobilisation
du foncier public en faveur du logement. La décote devient en outre de droit sur une liste de parcelles établie
par le représentant de l?Etat dans la région, après avis, dans un délai de deux mois, du comité régional de l?ha-
bitat et de l?hébergement, du maire de la commune et du président de l?établissement public de coopération
intercommunale compétent.
16 Rapport de la commission pour la relance durable de la construction de logements présidée par M.
François Rebsamen, Tome I - Diagnostic et mesures phares. Octobre 2021.
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des parcelles potentiellement à céder17. Consulté en mars 2024, cet inventaire iden-
tifie une liste de 328 sites ? dont 70 % appartenant à l?Etat et pour les 30 % restant Ã
la SNCF, à des hôpitaux, des universités et diverses personnes publiques. Les 128 sites
pour lesquels la surface à construire est indiquée totalisent un potentiel de près de
400 000 m² de plancher, soit plus de 5 000 logements. Cet inventaire permanent de-
vait contribuer à relancer le dispositif. Toutefois, selon la Cour des comptes18, « Cette
impulsion devait contribuer à relancer le dispositif en 2023, mais les premiers résultats
ne sont guère probants.»
Le foncier de l?Etat et des autres personnes publiques ne saurait certes suffire à cou-
vrir les besoins en logements des agents publics. Tous les terrains recensés ne sont
pas situés dans des territoires où les besoins en logements appellent un important
programme de construction19. De plus, l?Etat a pris des engagements en faveur du
logement d?autres publics prioritaires : 11 200 logements pour les étudiants devraient
ainsi être produits d?ici 2027 sur le foncier appartenant à l?Etat20. Les possibilités ne
sauraient pour autant être négligées, d?autant que le contexte offre de nouvelles
opportunités.
L?usage moins intense des surfaces tertiaires au sein des administrations, du fait no-
tamment du développement du télétravail, a conduit le Gouvernement à un réexa-
men des besoins des services de l?Etat en surface de bureaux21 qui doivent désormais
être évalués en tenant compte de l?occupation effective des postes de travail. Même
s?il convient de prendre en compte de nouveaux besoins en complément des sur-
faces dédiés aux postes de travail individuels (bulles pour s?isoler, salles de réunion
de différentes tailles, salles de silence, salles de convivialité?), cet exercice devrait
déboucher sur une réduction nette des surfaces occupées par les administrations, et
la libération totale ou partielle de certains sites. Les perspectives de transformation
en logements de ces bâtiments tertiaires ne doivent certes pas être exagérées. Une
partie des sites qui pourront être abandonnés par les services sont en location et se-
ront donc rendus à leurs propriétaires. De plus, quand il ne s?agit pas de rendre à leur
destination initiale d?anciens immeuble d?habitation, la transformation de bureaux
en logements est souvent complexe et coûteuse. Des possibilités existent toutefois
qui doivent être identifiées et mobilisées, notamment en zone urbaine dense où les
opportunités foncières sont rares. Ils pourraient servir à alimenter l?offre en loge-
ments pour les agents publics.
Par ailleurs, de nombreux sites occupés par les différentes administrations, à titre
de bureaux mais aussi d?équipements divers tels que les hôpitaux ou les établisse-
ments d?enseignement, ont une densité de construction inférieure à la densité du
tissu urbain environnant. Des usages mixtes pourraient y être développés, sans re-
noncer à l?activité principale du site. Ces terrains recèlent un potentiel de créations
de nouveaux logements, par construction de nouveaux bâtiments sur des parties
inutilisées de ces terrains, par surélévation ou extension de bâtiments existants, par
reconversion d?une aile. De telles possibilités de densification ne semblent pas avoir
été recensées systématiquement jusqu?à présent et sont demandées par les acteurs
de terrain.
17 Inventaire accessible à tous sur le site internet ORFEL (https://orfel.immobilier-etat.gouv.fr/).
18 Cour des comptes. La politique immobilière de l?Etat. Une réforme nécessaire pour aborder les
enjeux à venir. Communication au Comité d?évaluation et de contrôle des politiques publiques de l?Assemblée
nationale. Décembre 2023.
19 216 sites sur les 328 recensés sur le site ORFEL en mars 2024 sont situés en zones tendues (Zones A,
A bis et B1 du zonage de tension A B C actualisé par l?arrêté du 2 octobre 2023).
20 Feuille de route gouvernementale en matière de logement étudiant. Novembre 2023.
21 Circulaire de la Première ministre du 8 février 2023 sur la nouvelle doctrine d?occupation des im-
meubles tertiaires de l?Etat.
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Il reste que les mêmes causes qui ont été à l?origine des résultats décevants des
programmes précédents de cession de foncier public pour le logement continue-
ront à allonger les délais, voire à faire échouer les opérations. La nature des projets
à réaliser implique, en premier lieu, un échange avec les collectivités concernées. Si
l?opportunité de réaliser des logements sera souvent accueilli avec faveur, la com-
mune ou la communauté de commune pourront avoir des projets différents. Une
fois un consensus sur le projet trouvé, il conviendra de se mettre d?accord sur le prix
de cession.
Dans le souci de protéger les intérêts patrimoniaux de l?Etat, le taux de la décote a,
dès l?origine, été encadré au niveau réglementaire en fonction du territoire et du type
de logements sociaux à produire. Il ne pourra atteindre 100 % que pour la production
de logements PLAI en zone tendue (zone A ou B1), alors qu?il ne dépassera pas 25 %
pour des logements PLS dans la zone la moins tendue (zone C). Ce plafonnement en
taux pouvant néanmoins déboucher sur des décotes très élevées en valeur absolue
dans les territoires les plus tendus22, il a été complété en 2019 par un second plafon-
nement, en fonction du coût moyen constaté pour la construction de logements so-
ciaux à l?échelle de la commune ou de l?agglomération. Le montant de la décote sera
ainsi plafonné en valeur absolue à 2 000 ¤ si le coût moyen hors taxe des logements
sociaux excède 3 000 ¤ le m² de surface utile, mais il ne pourra dépasser 1 000 ¤ par
m² si ce coût moyen ne dépasse pas 2 500 ¤.
Il existe une solution susceptible de concilier l?intérêt patrimonial de l?Etat et les
conditions économiques de production de logements sociaux : le bail emphytéo-
tique administratif (BEA). La conclusion par l?Etat d?un BEA pour réaliser des loge-
ments sociaux a été rendue possible dès 200923. Dans un tel cadre, l?Etat conserve la
nue-propriété de son terrain et voit les logements construits lui revenir au terme du
bail dont la durée peut atteindre jusqu?à 99 ans. La valeur économique du loyer est
réduite pour tenir compte de la valeur des constructions revenant à l?Etat en fin de
bail. En outre, il a été prévu dès 2013 que ce loyer peut bénéficier de la décote Du-
flot. La mission a pu vérifier auprès des acteurs du logement social rencontrés que le
BEA constitue un modèle économique adapté à la réalisation de logements sociaux.
Il est d?ailleurs utilisé régulièrement à cette fin par des collectivités territoriales. En
revanche, il ne semble pas, à ce jour, l?avoir été, en tout cas de manière significative,
par l?Etat.
22 Par exemple, la décote a été estimée à 57 M¤ en ce qui concerne l?îlot Saint-Germain dans le 7e
arrondissement de Paris, cédé en 2017 au bailleur social parisien RIVP pour un prix de 29 M¤ en vue de la réali-
sation de 254 logements sociaux.
23 Loi n° 2009-179 du 17 février 2009 pour l?accélération des programmes de construction et d?investis-
sement publics et privés (article 7).
Recommandation 14
Compléter les inventaires de foncier public disponibles en intégrant les objectifs
de réduction de la surface de bureaux fixés par le gouvernement ainsi que la den-
sification des sites existants avec un usage mixte services publics ? logements (co-
hérente avec les objectifs environnementaux). Orienter ces nouvelles opportunités
prioritairement vers le logement des agents publics.
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Cette absence d?utilisation du bail emphytéotique peut être rapprochée des réti-
cences des administrations à renoncer à percevoir l?intégralité des recettes de ces-
sions immobilières qui ont été signalées dans des rapports antérieurs. En 2021, le
rapport de la commission Rebsamen rappelait que les produits des cessions immobi-
lières permettent de financer l?entretien lourd, la mise aux normes et l?amélioration
des sites immobiliers de l?Etat, ainsi que les dépenses de regroupement ou de reloge-
ment de services24, pour en justifier du peu d?empressement des administrations à se
priver d?une partie de ces recettes. En 2023, la Cour des comptes écrivait de son côté :
« Au-delà du coût de la décote, directement mesurable dans les recettes de l?État, ce
dispositif pourrait avoir un effet dissuasif, plus difficile à quantifier, sur les cessions im-
mobilières de l?État ou de ses établissements publics : certains services pourraient en
effet renoncer à céder leurs biens, du fait de l?amputation des recettes attendues. » S?il
préserve l?intérêt patrimonial de l?Etat à long terme, le recours au BEA n?améliore pas,
à court terme, ses recettes.
Pour lever ces obstacles, la politique d?utilisation du foncier public pour développer
l?offre de logements ne saurait se passer d?un soutien énergique du Gouvernement
pour la mettre en oeuvre. La conviction de l?auteur de ce rapport est toutefois que
l?inscription expresse dans cette politique d?un objectif de logement des agents pu-
blics, répondant à des enjeux concrets dans les territoires que chacun peut mesurer,
est de nature à en faciliter la mise en oeuvre, tant aux yeux des administrations que
des collectivités dans lesquelles les logements doivent être construits.
Si l?étude de ces freins dépassait le cadre de cette mission, de nombreuses auditions
ont mis en lumière la réticence de certains opérateurs et de certaines entreprises
publiques à mobiliser leur foncier. Cela devra faire l?objet d?une attention spécifique
par le gouvernement.
3.1.2 Simplifier l?affectation du foncier public au logement des
agents publics
3.1.2.1 Simplifier l?acquisition de réservations de logements pour les agents publics
quand l?apport est fait en terrain plutôt qu?en numéraire
L?apport de terrain par une personne publique ou un autre contributeur au finan-
cement d?une opération de logement social a en général pour contrepartie un
contingent de réservation portant sur une partie des logements réalisés. L?impor-
tance de ce contingent est en principe librement négociée, sans autre limite que
24 Les produits de cessions immobilières sont inscrites en recettes au compte d?affectation spéciale «
Gestion du patrimoine immobilier de l?Etat ».
Recommandation 15
Afin de préserver l?intérêt patrimonial de l?Etat tout en assurant l?équilibre écono-
mique des opérations de construction, soutenir l?usage du « bail emphytéotique »,
plutôt que des cessions sèches, pour le développement de logement sur du foncier
public.
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les contingents revenant aux autres réservataires : le contingent préfectoral de 30
%, dont 5 % pour les agents de l?Etat, et ceux obtenus par les autres contributeurs
au financement. En ce qui concerne toutefois les apports de terrain de l?Etat ayant
bénéficié de la décote Duflot, l?article L. 3211-7 du code général de la propriété des
personnes publiques (CG3P) limite ce contingent à 10 % des logements sociaux du
programme. Les réservations ne peuvent, en outre, bénéficier qu?à « l?administration
qui cède son terrain avec décote, pour le logement de ses agents ».
Cette limitation ? qui, parmi l?ensemble des personnes publiques, ne concerne que
l?Etat ? contraint sans justification les possibilités de développer le parc de loge-
ments sociaux accessible en priorité aux agents publics. La répartition des réserva-
tions reflète en général la contribution des différents réservataires au financement
des opérations. L?apport du terrain, surtout lorsque le prix de cession est assorti d?un
abattement important, peut à lui seul justifier que l?Etat bénéficie d?un contingent
très supérieur à 10 %. Si le programme ne bénéficie d?aucun autre cofinancement,
l?Etat devrait pouvoir obtenir jusqu?à un contingent complémentaire de 50 % des lo-
gements, s?ajoutant aux 30 % au total du contingent préfectoral, voire jusqu?à 70 %, si
la collectivité territoriale garantissant l?emprunt renonce à exiger son contingent de
20 % ou qu?aucune collectivité n?a apporté sa garantie25.
Aujourd?hui seule « l?administration qui cède son terrain avec décote » peut pré-
tendre acquérir des réservations. Pour donner toutes ses chances au dispositif, sup-
primons cette contrainte. Cette restriction supplémentaire entendait encourager le
service qui occupait précédemment le site à accepter la cession avec décote au bé-
néfice du logement social. Mais, outre que l?Etat est le propriétaire unique des biens
affectés à ses différents services et que toutes les cessions sont réalisées pour son
compte par l?administration chargée des domaines, l?administration qui abandonne
un site n?a pas forcément un autre site à proximité où des agents auraient besoin
de ces logements. Les logements réalisés à la faveur du départ d?une administration
peuvent en revanche être utiles aux agents d?autres services.
25 En cas de refus des collectivités de garantir l?emprunt contracté pour le financement de l?opération,
le maître d?ouvrage peut souscrire à la garantie (payante) de la Caisse de garantie du logement locatif social
(CGLLS).
Recommandation 16
Modifier la rédaction de l?article L. 3211-7 du CG3P pour faciliter l?obtention de
réservations dans le cas de la cession d?un foncier de l?Etat avec application de la
décote Duflot.
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3.1.2.2 Simplifier la construction de logements sur des sites affectés dans les plans
locaux d?urbanisme à des équipements publics
De nombreuses emprises occupées par des équipements publics, tels que des uni-
versités, des hôpitaux, parfois même des écoles, disposent de suffisamment d?es-
paces pour accueillir des logements destinés à des agents publics tout en gardant
leur fonction principale. Cela peut passer par de la reconversion partielle de bâti-
ments existants et aujourd?hui surdimensionnés, la construction d?un nouveau bâti-
ment ou l?extension de bâtiments existants. Le plan local d?urbanisme en vigueur a
toutefois toutes les chances de s?y opposer, à moins d?être modifié.
En effet, selon la rédaction en vigueur des articles R. 151-27 et R.151-28 du code de
l?urbanisme, les équipements publics ont vocation à être réalisés selon le PLU sur
des parcelles sur lesquelles les constructions pouvant être réalisées devront avoir
comme destination « Equipements d?intérêt collectif et services publics » (EICSP),
avec l?une des sous-destination suivantes : « locaux et bureaux accueillant du public
des administrations publiques et assimilés » ou « locaux techniques et industriels des
administrations publiques et assimilés » ou « établissements d?enseignement, de san-
té et d?action sociale » ou « salles d?art et de spectacles » ou « équipements sportifs
» ou « lieux de culte » ou « autres équipements recevant du public ». Dans ce cadre,
les possibilités de construction de logements sont limitées à des constructions pré-
sentant un caractère accessoire par rapport à la destination EICSP, telles que par
exemple des logements pour les personnels travaillant sur le site et tenus d?y loger
(gardien ou personnel de direction par exemple).
Dès lors, la mobilisation de l?espace disponible pour implanter d?autres types de
logements, destinés par exemple à des agents publics travaillant sur un autre site,
nécessitera de solliciter une modification du PLU auprès de la commune ou de l?EP-
CI, qui ne pourra entrer en vigueur, au mieux, qu?au terme d?une longue procédure.
Quand un potentiel de réalisation de logement a été identifié, l?urgence des besoins
à couvrir dans les zones tendues pour le logement des agents publics rend très sou-
haitable de raccourcir de tels délais et de lever les blocages potentiels. A cet effet,
l?autorité compétente pour délivrer le permis de construire ou de changement de
destination devrait être mise en état de pouvoir autoriser l?opération même si le PLU
ne l?autorise pas.
La discussion parlementaire est, à l?heure de la rédaction de ce rapport, en cours sur
le sujet.
Recommandation 17
Modifier la partie législative du code de l?urbanisme pour permettre à l?autorité
compétente pour délivrer le permis de construire d?autoriser sur une parcelle dé-
diée aux équipements publics la construction de logements ou la transformation
de bâtiments existants et le changement de destination permettant la création de
tels logements.
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3.2 S?appuyer sur le logement social comme
sur le logement intermédiaire pour proposer de
nouveaux logements associés à certains métiers
du secteur public
3.2.1 Développer une offre nouvelle pour les agents publics
dans le parc social
Alors que les difficultés à se loger de nombreux agents menacent le bon fonction-
nement des services publics, et que les loyers libres et intermédiaires restent trop
élevés pour beaucoup d?entre eux, il faut une offre nouvelle de logements sociaux
pour les agents dont les difficultés à se loger menacent gravement le bon fonction-
nement des services publics. Ceux-ci pourraient être liés à la fonction.
Les employeurs publics investiraient davantage, pour soutenir l?investissement des
bailleurs sociaux et développer une offre nouvelle : en contrepartie, ils auraient l?as-
surance que les logements supplémentaires resteront bien au service des métiers
visés. Les agents concernés obtiendraient, au titre de leurs missions, un logement
social plus rapidement : en contrepartie, s?ils décidaient par exemple d?exercer dans
le secteur privé, ils devraient le rendre, pour en faire bénéficier un autre agent. Na-
turellement, des exceptions seront prévues.
3.2.1.1 L?impossibilité de lier un logement social à l?exercice d?un métier décourage les
employeurs publics d?investir à long terme pour développer le parc social et réduit le
parc disponible pour les agents publics
Dans une situation où la demande des agents publics - comme des autres ménages
- est contrainte par une offre de logement à la location tendanciellement en baisse
du fait de la diminution du taux de rotation des locataires et de celle des mises en
services de nouveaux logements (cf. supra partie 1.1), une sortie durable de la crise
actuelle doit d?abord provenir d?une reprise de la production nouvelle. Une telle re-
prise suppose un desserrement de la contrainte foncière auquel la politique de mo-
bilisation du foncier public doit apporter sa pierre (cf. supra partie 3.1). Mais, dans un
contexte où les coûts de construction ont fortement augmenté ces dernières années
et où la contrainte financière s?est durcie, la mobilisation de financements complé-
mentaires est également nécessaire.
Les employeurs publics pourraient apporter de tels financements complémentaires
dans les territoires en tension. La logique de tels investissements est toutefois for-
tement amoindrie par la rotation accélérée des professionnels dans les métiers et
territoires en tension, dès lors que les agents ayant bénéficié de l?attribution d?un
logement bénéficient du droit au maintien dans les lieux attachés au logement so-
cial, quelle que soit leur évolution professionnelle. La mission a pu constater sur le
terrain qu?une telle réforme était plus qu?attendue. Ainsi, des personnels soignants
entrant dans un logement social sur désignation de l?hôpital pourront en conserver
le bénéfice s?ils choisissent de quitter le service public hospitalier. Leur employeur,
de son côté, ne pourra pas disposer de ce logement pour loger les agents qu?il de-
vra recruter pour les remplacer. De même, en Haute-Savoie, certaines personnes,
une fois formées, partent exercer en Suisse mais conservent le logement réservé par
l?employeur. Si ces choix de vie peuvent être légitimes, l?administration doit pouvoir
retrouver le contrôle de ses logements pour en faire bénéficier de nouveaux agents.
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Le droit au maintien dans les lieux est un élément important du statut des
logements sociaux même s?il comporte des exceptions. Il contribue à sécuriser
dans leur logement des ménages modestes qui ont pu y accéder en fonction de
leur situation sociale, et évite que la perte d?un emploi, par exemple, ne
s?accompagne de la perte du logement. Il soulève davantage de questions quand il
continue de bénéficier à des agents publics qui ont pu accéder au logement social,
moins en raison de leur situation propre que d?une priorité tenant à l?intérêt
général, compte tenu d?une contribution à un service public qui a pris fin.
3.2.1.2 L?activation d?une clause de fonction dans le parc social est prévue pour les seuls
agents de l?Etat mais elle est peu utilisée
Le législateur a prévu dès 1978 une exception au principe du droit au maintien dans
les lieux pour les agents de l?Etat qui cessent d?exercer leurs fonctions. Selon la ré-
daction en vigueur depuis 1983 de l?article L. 442-7 du code de la construction et de
l?habitation, « Les fonctionnaires et agents de l?Etat civils et militaires attributaires de
logements réservés par les organismes dans une limite fixée par décret en contrepar-
tie d?une majoration de prêt définie également par décret ou leurs ayants droit ne
bénéficient du maintien dans les lieux en cas de mutation, de cessation de services
ou de décès que pendant un délai de six mois. »
L?absence de publication d?un décret d?application n?a pas facilité l?application de
ces dispositions. En avril 1989, une réponse du ministre de l?équipement à une ques-
tion parlementaire a certes permis d?apporter quelques précisions. Le ministre consi-
dère en premier lieu que toute forme de financement complémentaire (donc les
subventions autant que les prêts) justifie l?application de la clause de fonction de
l?article L. 442-7. Il précise en revanche qu?elle ne s?applique pas au contingent de 5 %
bénéficiant «gratuitement» aux fonctionnaires de l?Etat. Il n?en reste pas moins que
l?obscurité de sa rédaction freine considérablement son application.
Par ailleurs, ainsi rédigé, le champ d?application de cette clause de fonction est à la
fois très large, puisqu?il concerne l?ensemble des agents de l?Etat quel que soit leur
métier, et très étroit, puisqu?il exclut les fonctions publiques territoriale et hospita-
lière. En outre, cette rédaction n?est applicable qu?aux logements gérés par des orga-
nismes HLM, à l?exclusion du parc social des sociétés d?économie mixte de logement.
Dans la pratique, seul le ministère des armées s?efforce de mettre en application les
dispositions de l?article L. 442-7. Elle nécessite de la part de l?administration réserva-
taire un suivi précis de l?affectation des agents ayant bénéficié d?une attribution de
logements sociaux dans le passé. Elle implique également d?informer en temps utile
le bailleur social concerné en lui demandant de mettre fin à l?occupation des loge-
ments. Elle nécessite enfin que ce bailleur se plie à cette demande, alors qu?il n?a en
général aucun motif de se plaindre de ces locataires et peut préférer voir leur bail se
poursuivre. Pour clarifier la gestion de cette clause de fonction, le ministère des ar-
mées a d?ailleurs entrepris de l?inscrire expressément dans les nouvelles conventions
de réservation en exigeant qu?elle soit mentionnée dans les baux.
3.2.1.3 Pour sécuriser la mise à disposition de logements sociaux supplémentaires pour
des agents publics, une nouvelle clause de fonction est nécessaire
Pour pouvoir être effectivement mis en oeuvre par les employeurs publics, l?article L.
442-7 du CCH devrait être réécrit.
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? La rédaction de l?article doit être clarifiée. La nouvelle clause de fonction de-
vrait être applicable dans le cadre de nouvelles conventions de réservation Ã
conclure en contrepartie d?un apport de terrain ou d?un financement portant
sur des logements sociaux quel que soit le statut du bailleur, organisme HLM
ou société d?économie mixte de logement.
? Il doit pouvoir s?appliquer à l?ensemble des agents publics dont les difficultés
à se loger menacent gravement le bon fonctionnement des services publics.
Alors qu?il ne s?applique aujourd?hui qu?Ã la fonction publique d?Etat, nous
proposons de l?élargir aux trois fonctions publiques ainsi qu?à des sociétés et
établissements chargés de la gestion d?un service public essentiel (réseaux de
transport public par exemple), dont la liste pourrait être fixée par décret. Par-
mi tous les agents ou salariés de ces employeurs du service public, la clause de
fonction devrait être réservée à des travailleurs dont les difficultés à se loger
menacent gravement le bon fonctionnement des services publics. La liste des
métiers concernés peut varier selon les territoires : il paraît donc nécessaire
qu?elle puisse être fixée par le représentant de l?Etat au niveau départemental.
? Ses conditions d?application doivent naturellement être transparentes et
connues à l?avance, vis-à -vis des personnels concernés comme des bailleurs
sociaux, en particulier préalablement à l?obtention du logement. La néces-
sité de devoir quitter son logement social si on cesse d?exercer les fonctions
qui ont justifié son attribution ne saurait être une surprise pour les locataires
concernés. Cette information devrait être assurée à toutes les étapes, de la
notification de l?attribution du logement par le bailleur social à la signature du
bail et enfin à la décision de l?employeur réservataire de demander au bailleur
la résiliation du bail consécutivement à une fin de fonction. Il devrait éga-
lement être recommandé aux administrations de s?assurer que l?information
figure sur les offres de logements proposées aux agents, notamment sur les
sites de location choisie. Les droits et obligations respectifs du bailleur social
et de l?employeur réservataire devraient être également clairement définis. A
cet effet, il paraît nécessaire de prescrire l?inscription expresse dans la conven-
tion de réservation que les logements sont soumis à une clause de fonction
qui oblige le bailleur social à donner congé au motif d?un changement de
fonction notifié par l?employeur réservataire (avec copie au locataire). Sous
des conditions à définir, à défaut de donner congé, le bailleur social pourrait
être tenu de proposer un autre logement en substitution au réservataire.
? La possibilité de faire exception dans certaines situations à l?obligation de
quitter le logement social à la fin des fonctions doit naturellement être pré-
vue. Il s?agit notamment des cessations d?exercice qui ne sont ni prévisibles,
ni volontaires : à titre d?illustration, les agents en congé longue maladie ou les
familles d?agents décédés ne seraient naturellement pas concernés par l?ac-
tivation des clauses de fonction. Les agents en situation de handicap ou ac-
cueillant une personne en situation de handicap dans leur logement devront
bénéficier de clauses spécifiques. Les séparations devront faire l?objet d?une
attention particulière. Ces exemples ne visent pas à dresser la liste exhaustive
des exceptions qui pourront être prévues, d?autant plus qu?en dehors d?excep-
tions générales, l?employeur conservera en tout état de cause la possibilité de
ne pas notifier la fin de fonction au bailleur social au regard de l?examen d?une
situation individuelle ou d?un accord social.
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59
? La mise en oeuvre devra être coordonnée, entre employeurs publics, au ni-
veau local. Certains changements d?affectation vers un autre employeur pu-
blic, sur un poste comportant les mêmes enjeux de continuité du service pu-
blic, pourraient également justifier, au regard de l?intérêt général, que la clause
de fonction ne soit pas appliquée. Tel peut être le cas, par exemple, pour des
personnels soignants de l?APHP choisissant de diversifier leur expérience au
sein d?un hôpital public ne relevant pas de cet établissement. A cette fin, le
pouvoir réglementaire déconcentré pourrait être mis en capacité de définir,
au regard des enjeux de chaque territoire, les conditions dans lesquelles une
mutation vers un autre employeur avec maintien de l?activité de service public
peut justifier que l?agent conserve la disposition du logement attribué sur dé-
signation de son employeur initial.
? Ce dispositif nécessitera de faire exception à la gestion des réservations en
flux. La clause de fonction pour les logements sociaux attribués dans le cadre
d?une réservation par un employeur du service public a pour objet de per-
mettre à cet employeur d?attribuer les logements libérés aux agents recrutés
pour exercer les fonctions abandonnées par les partants. Cela s?applique sans
difficulté aux réservations faites au profit des services relevant de la défense
nationale, de la sécurité intérieure et des établissements de santé qui conti-
nuent à porter sur des logements identifiés dans des programmes (réserva-
tions en stock). Mais les réservations des autres employeurs publics portent
désormais sur un flux de logements. Dans ce cadre, les logements libérés par
l?application de la clause de fonction ne permettent pas à ces employeurs
de désigner de nouveaux candidats à la location de ces mêmes logements
puisqu?ils alimentent le flux global d?attribution réparti entre tous les réserva-
taires en proportion de leurs contingents respectifs. Il est donc nécessaire de
prévoir que les conventions de réservation portant sur des attributions assor-
ties de la clause de fonction, en dehors des services relevant de la défense na-
tionale, de la sécurité intérieure et des établissements de santé, fassent l?objet
d?un régime dérogatoire. Deux options sont envisageables : soit les réserva-
tions porteraient sur des logements identifiés dans les programmes selon le
régime de gestion en stock ; soit, dans le cadre d?une gestion en flux, la libé-
ration des logements pour lesquels la clause de fonction a été activée par le
réservataire viendrait alimenter exclusivement le flux d?attribution revenant Ã
ce même réservataire sans porter obligatoirement sur les mêmes logements.
Une telle gestion en flux adaptée permettrait en effet au bailleur social de
maintenir son locataire dans les lieux quand il a la possibilité de proposer à son
employeur un logement équivalent en substitution.
? Il appartiendra enfin de préserver les droits du ministère des armées pour les
conventions de réservations conclues antérieurement à l?entrée en vigueur
de la nouvelle rédaction de l?article L. 442-7. La modification de la rédaction
de l?article L. 442-7 envisagée ci-dessus a pour effet de soumettre l?application
de la clause de fonction à l?information préalable obligatoire de l?agent. Il est
nécessaire que cela ne remette pas en question a posteriori la continuité de
son application par le ministère des armées pour les conventions signées par
le passé.
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3.2.2 Développer une offre nouvelle pour les agents publics
dans le logement intermédiaire
3.2.2.1 Mobiliser des ressources financières pour le logement intermédiaire des agents
publics sans peser sur le déficit public
Le modèle économique de développement du parc locatif intermédiaire repose
principalement depuis 2014 sur l?engagement en fonds propres d?investisseurs ins-
titutionnels, tels que des sociétés d?assurances et des caisses de retraite. La filiale
immobilière de la Caisse des dépôts et consignation, CDC Habitat, joue un rôle es-
sentiel pour le développement du logement intermédiaire en investissant des fonds
propres du groupe, mais également en créant des structures porteuses pour recueil-
lir les fonds propres apportés par d?autres investisseurs et en assurant la gestion de
ces structures, par l?intermédiaire d?une filiale, dans le cadre d?objectifs de rende-
ment convenus avec ces investisseurs. Les investissements du groupe CDC Habitat
bénéficient également des apports de la société pour le logement intermédiaire (SLI)
constituée par l?Etat en 2015.
Assureurs, fonds de pensions et autres investisseurs institutionnels affectent en ef-
fet traditionnellement une part de leurs portefeuilles d?actifs à l?immobilier dans un
souci de diversification et de recherche d?immunisation globale contre les risques,
autant que de rendement. Au sein de ces investissements immobiliers, la part de
l?immobilier résidentiel avait fortement baissé au bénéfice de l?immobilier d?entre-
prise (bureaux notamment) qui semblait promettre un meilleur rendement pour un
risque réduit. Au cours des années 2010, les gestionnaires de portefeuille ont toute-
fois opéré un retour vers l?immobilier résidentiel dont le rendement net constaté,
en intégrant les plus-values à la revente, assorti d?une faible volatilité conjoncturelle,
s?était révélé appréciable. Les acteurs du logement intermédiaire ont ainsi pu lever
depuis 2014 les fonds propres nécessaires, complétés par des emprunts, pour déve-
lopper une production de logements intermédiaires qui a atteint de l?ordre de 15 000
logements par an ces dernières années, principalement en Ile-de-France.
Les gestionnaires de portefeuille sont aujourd?hui plus prudents, compte tenu de
la hausse des taux d?intérêt qui les rend plus exigeants en termes de rendement at-
tendu et qui ne leur permet plus de bonifier ce rendement par l?effet de levier de
Recommandation 18
Moderniser la clause de fonction de l?article L. 442-7 du CCH, pour la rendre appli-
cable aux conventions de réservations conclues par les employeurs du service pu-
blic avec l?ensemble des bailleurs sociaux portant sur l?attribution d?un logement
à des agents dont les difficultés à se loger menacent gravement le bon fonction-
nement des services publics. La nouvelle rédaction devra garantir l?information
préalable des agents sur l?obligation qui leur sera faite de libérer le logement s?ils
cessent d?exercer les fonctions qui ont justifié son attribution, prévoir naturelle-
ment des exceptions et donner au niveau local la capacité d?avoir les adaptations
nécessaires.
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l?emprunt, alors que la baisse des prix immobiliers menace de faire disparaître les
perspectives de plus-values qui concourent à rentabilité des investissements. Il s?agit
toutefois de données conjoncturelles qui ne devraient peser que de façon limitée
sur l?appréciation à long terme de l?investissement dans l?immobilier résidentiel, par
comparaison notamment avec l?immobilier tertiaire. L?importance des besoins à sa-
tisfaire en matière de logement, et les tensions actuelles sur les marchés, contribuent
à valoriser ces perspectives de long terme auprès des gestionnaires de portefeuilles
d?actifs. La baisse attendue des taux d?intérêt, lorsque le recul de l?inflation permet-
tra à la banque centrale européenne se desserrer sa politique monétaire, devrait
faciliter ce retour des investisseurs vers le secteur résidentiel.
Pour relayer des acteurs privés aujourd?hui réticents, et, à plus long terme, pour am-
plifier leur engagement, des acteurs publics investissent dans le secteur du logement
intermédiaire. L?Etat a ainsi augmenté en décembre 2023 le capital de la SLI de 250
M¤ et pourrait continuer à le faire. La CDC a engagé ses fonds propres dans le cadre
d?un plan de relance (cf. supra partie 2.2) et devrait continuer à le faire dans les
années à venir de façon plus pérenne. Le secteur public peut également compter
sur l?investissement d?une part des actifs des caisses de retraites des agents publics,
telles que l?IRCANTEC ou l?ERAFP27. La CDC et l?ERAFP figurent d?ailleurs parmi les ac-
teurs du secteur qui viennent de s?engager en mars 2024 au côté l?Etat pour doubler
à l?horizon 2026 la production de logements intermédiaires28.
Ces apports en fonds propres réalisés par ces acteurs publics auprès des structures
constituées par CDC Habitat et les autres acteurs du logement intermédiaire pour le
portage des programmes doivent continuer à être amplifiés. Ils devraient permettre
une priorité d?accès pour les agents publics à une grande part des logements pro-
duits dans ce cadre, comme le pratique systématiquement l?ERAFP. Les modalités de
suivi et d?évaluation de la mise en oeuvre de cette priorité devraient toutefois être
précisées et l?information mieux diffusée aux agents potentiellement intéressés.
Ces pistes avaient notamment été au coeur des réflexions portées par Alain Dorison,
plus que jamais d?actualité.
3.2.2.2 Faciliter la gestion de logements associés à une clause de fonction dans le
logement intermédiaire
Les baux portant sur des logements locatifs intermédiaires ? qui relèvent du régime
de droit commun des baux d?habitation et non du régime spécifique au parc social -
peuvent être assortis d?une clause liant la poursuite de la location à un emploi. En
effet, l?article 2 de la loi du 6 juillet 1989 précise que ses dispositions concernant la
27 Etablissement public chargé de la gestion du régime de Retraite additionnelle de la Fonction pu-
blique (RAFP) mis en place au 21 mars 2024
28 Pacte pour le logement intermédiaire
Recommandation 19
Continuer à mobiliser les investissements institutionnels publics ainsi que l?Etat
pour soutenir le développement du logement intermédiaire. Améliorer le fléchage
d?une partie des logements construits dans le cadre de ces programmes vers les
agents publics.
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Recommandation 20
Permettre à l?ensemble des personnes publiques qui confient à un mandataire pri-
vé la gestion locative des logements qu?ils possèdent de faire assurer par ce man-
dataire l?intégralité des recettes (dépôts de garantie, loyers et charges locatives) et
des charges afférentes à cette gestion.
location de logements non meublés à titre de résidence principale ne sont pas ap-
plicables aux « logements attribués ou loués en raison de l?exercice d?une fonction
ou de l?occupation d?un emploi ». Ces locations relèvent ainsi du régime prévu par
le code civil pour les locations immobilières dont les dispositions ? qui ne sont pas
d?ordre public ? laissent une place très large à la liberté contractuelle.
La location d?un logement « en raison de l?exercice d?une fonction ou de l?occupation
d?un emploi » suppose toutefois en pratique que l?employeur consente lui-même
la location à son agent ou salarié. Cela est possible si cet employeur est lui-même
propriétaire du logement, ou s?il l?a pris en location pour le sous-louer. Une telle im-
plication directe dans la gestion des logements accordés à leurs agents ou salariés
à raison de leur fonction relève toutefois d?un métier spécifique que de nombreux
employeurs ne souhaitent pas développer en interne. Il leur est possible en général
de sous-traiter cette gestion. Dans la perspective d?une dynamisation globale de la
gestion immobilière, il est également possible de passer un contrat de concession
comprenant non seulement la gestion immobilière mais également la rénovation du
parc existant et la construction de nouveaux logements. C?est l?option retenue par
le ministère des armées qui a conclu en 2022 avec un groupement d?entreprises pri-
vées, une concession d?une durée de 35 ans comprenant, outre la gestion de gestion
locative de son parc de logements domaniaux, la rénovation de 8000 logements et la
construction de 3000 logements neufs.
La sous-traitance de la gestion locative n?est toutefois pas possible de la même façon
pour tous les employeurs publics. Ainsi, l?AP-HP a conclu en 2021 un mandat de ges-
tion pour la gestion de 3 400 logements. Mais le monopole du comptable public n?a
pas permis de confier au prestataire sélectionné l?intégralité de la réalisation des flux
financiers de recettes et de dépenses afférents à cette gestion.
Au-delà de cette sous-traitance, il pourrait être envisageable qu?un logement inter-
médiaire soit attribué « en raison de l?exercice d?une fonction ou de l?occupation
d?un emploi » par un bailleur distinct de l?employeur, dans le cadre d?une convention
de réservation conclue entre ce bailleur et cet employeur. En application de cette
convention, certains logements seraient réservés par le bailleur pour être loués par
lui à des agents désignés par leur employeur public, dans le cadre d?un bail civil pré-
voyant que ces agents devront les libérer dans un délai de 6 mois à compter de la
notification par l?employeur que les fonctions ayant justifié l?attribution ne sont plus
exercées. L?employeur public pourrait ainsi disposer d?un parc de logements inter-
médiaires pouvant loger, dans la durée, les agents de certains métiers et les agents
recrutés pour les remplacer à leur cessation de fonction, sans avoir à assumer eux-
mêmes la gestion de ces logements. Là aussi, des encadrements devront naturelle-
ment être prévus.
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Les conventions de réservation sur lesquelles appuyer la mise en oeuvre de ce dis-
positif sont bien connues dans le monde du logement social. Les sociétés privées
détenant des logements loués dans les conditions du logement intermédiaire29 pour-
raient être plus réticentes à accepter les contraintes dans la mise en location as-
sociées à ces conventions, et il apparaît important de préserver une souplesse du
logement intermédiaire qui constitue une part importante de son succès. Les acteurs
les plus importants du secteur, tels que CDC Habitat et des filiales du groupe Action
Logement, sont toutefois très liés au logement social et en connaissent les pratiques.
Comme dans le cas du logement social, et pour sécuriser le régime juridique de ces
conventions pour les employeurs publics, leurs agents et les propriétaires des loge-
ments, il paraît toutefois nécessaire de conférer un statut légal à ces conventions.
Nous proposons de pouvoir expérimenter un dispositif de ce type.
Pour les grands employeurs publics disposant d?un parc de logements important,
la constitution d?une filiale dédiée à l?immobilier pourrait être une solution intéres-
sante dans le but de dynamiser la gestion et de développer ce parc par de nouveaux
programmes de constructions. Le transfert de la propriété des logements à cette fi-
liale pourrait être compatible avec l?insertion d?une clause de fonction dans les baux
consentis par cette filiale sur des logements intermédiaires, sous réserve de la mise
en place des conventions de réservations mentionnées par la Recommandation 21
ci-dessus. En ce qui concerne l?APHP et sans doute d?autres établissements, cela sup-
poserait toutefois une extension des missions de l?établissement.
29 Selon la rédaction issue de la loi de finances pour 2024 de l?article 279-0 bis A du code général des
impôts, le régime fiscal des logements locatifs intermédiaires est ouvert à toutes les personnes morales.
Recommandation 21
Expérimenter un régime légal de conventions de réservation conclues par des em-
ployeurs publics avec des personnes morales propriétaires de logements placés
sous le régime du logement locatif intermédiaire en vue d?attribuer de tels loge-
ments à des agents en raison des fonctions qu?ils exercent pour ces employeurs.
Recommandation 22
Pour les grands établissements disposant d?un patrimoine qui le justifie, étudier la
création d?une filiale pour gérer et développer les activités immobilières.
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3.3 Bâtir l?« Action Logement du secteur public »
La question du logement des agents publics ne disparaîtra pas quand une embel-
lie conjoncturelle dans le secteur de l?immobilier arrivera et que quelques mesures
ciblées auront été mises en oeuvre. Elle nécessitera une politique soutenue dans la
durée, c?est-à -dire une stratégie et des moyens humains, techniques et financiers
pour la mettre en oeuvre. Une organisation nouvelle est nécessaire pour mettre un
terme à la dispersion des efforts, l?inégalité des moyens mobilisés, et, globalement,
leur insuffisance au regard des enjeux. C?est ce que nous entendons par la construc-
tion d?un « Action Logement du secteur public ». Il ne s?agit naturellement pas de
dupliquer dans le secteur public un modèle, adapté au secteur privé, qui résulte
d?une longue histoire très spécifique. Il est néanmoins possible, en miroir, d?esquis-
ser l?outil dont il conviendrait de doter, Ã terme, le secteur public pour qu?il soit en
état de relever les défis redoutables qui se présentent à lui.
3.3.1 Un double manque à combler : la stratégie d?ensemble et
l?ingénierie sur le terrain
Si de nombreux employeurs publics se saisissent, Ã tous les niveaux, de la question
du logement, le manque se fait ressentir à deux niveaux : la construction stratégique
d?ensemble et l?ingénierie pour la mettre en oeuvre sur le terrain. Aucune de ces deux
dimensions ne doit être négligée.
Pour tirer le meilleur des moyens dont il pourra être doté, le secteur public a besoin
d?une structure professionnalisée qui pourrait :
? Elaborer une stratégie d?ensemble. Il s?agit de pouvoir, au niveau territorial,
établir des diagnostics des besoins, notamment pour l?accès et logement so-
cial et intermédiaire, en se faisant le médiateur entre les employeurs publics
et les acteurs de la politique du logement. Il s?agit de pouvoir, au niveau na-
tional, fixer la doctrine, dégager des priorités d?intervention et assurer le suivi
des moyens - budgétaires et extra-budgétaires - qui sont consacrés aux agents
publics.
? Porter des projets communs. Les exemples de ce qui devrait être effectué sont
très variés, allant des services (à l?image de l?extension de la location choisie)
à des projets immobiliers (comme le soutien à des résidences de logements
« sas », notamment pour des agents en mutations) en passant par de la mobi-
lisation financière (suivant, par exemple, l?esprit du rapport Dorison-Chambel-
lan Le Levier pour les investisseurs institutionnels). De grands partenariats,
dans ces différents domaines, pourraient être négociés avec des acteurs aussi
divers qu?Action Logement, des grands bailleurs, des investisseurs dans le lo-
gement intermédiaire, des banques?
? Apporter une aide en ingénierie sur le terrain, pour épauler les services face
aux difficultés techniques qu?ils rencontrent pour mettre en oeuvre une poli-
tique du logement. A titre d?illustration, si l?on n?évoque que le lien avec le lo-
gement social, il apparaît nécessaire de guider la mise en oeuvre de la politique
de réservations dans le cadre de la gestion en flux, à la fois dans ses volets
techniques ? au regard de la nouveauté du dispositif ? que financier ? en fixant
un cadre avec des prix de référence. Il faudra également aider à la déclinaison
locale du déploiement de logements associés à des clauses de fonction, si les
options proposées dans la seconde partie du rapport étaient retenues.
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Loger les travailleurs des services publics
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Il ne s?agit pas pour autant de se substituer aux différents employeurs publics. Au
sein de ces employeurs, les équipes chargées de l?action sociale doivent conserver
le premier rôle au contact direct des agents, pour recueillir les besoins, orienter et
conseiller. Il s?agit en revanche, de proposer à ces employeurs des dispositifs et des
outils, de nature à répondre aussi efficacement que possible à ces besoins, y compris
pour les employeurs de plus petite taille. Chaque administration ou établissement
étant par ailleurs le lieu naturel d?une partie du dialogue social, il est également sou-
haitable de conserver à ce niveau, chacun en fonction de ses moyens et des enjeux
qu?il perçoit, des capacités d?initiative importantes : ce rapport ne préconise donc
pas la mutualisation complète des moyens liés à la politique du logement des diffé-
rents ministères.
Le pilotage au niveau national de la politique pour l?accès au logement des agents
publics doit en outre disposer de relais dans les régions et départements. C?est en
effet au niveau des différents territoires que la synthèse des besoins a son sens. C?est
également à ce niveau qu?il convient de peser pour que ces besoins soient pris en
compte par les différents acteurs : intercommunalités chargées d?élaborer la poli-
tique d?accès au logement social, acteurs régionaux et départementaux de la poli-
tique immobilière de l?Etat, bailleurs sociaux détenant un patrimoine locatif? C?est
enfin à ce niveau déconcentré qu?il convient de soutenir les services d?action sociale
des différents employeurs. A cet égard, il apparaît essentiel de doter rapidement la
structure à mettre en place de la capacité de soutenir et coordonner l?action des
équipes en charges dans les départements de la gestion du contingent préfectoral
de 5 %.
Recommandation 23
Viser la construction d?un « Action logement du secteur public » : une structure
professionnalisée capable d?élaborer une stratégie d?ensemble pour le logement
des agents publics, de porter des projets communs aux différents employeurs pu-
blics et d?apporter une aide en ingénierie sur le terrain.
3.3.2 Mobiliser des moyens supplémentaires
Quels que soient les atouts de professionnalisme de la structure à mettre en place
pour piloter la politique d?accès au logement des agents publics, et des gains d?ef-
ficacité qui sont envisageables par rapport à la dispersion actuelle des efforts, il ne
fait pas de doute que la mise en oeuvre d?une politique d?accès au logement des
agents publics exigera des moyens financiers plus importants. Les administrations
ressentent d?ailleurs la nécessité d?un tel effort, comme en témoignent, notamment,
la forte hausse des dépenses ministérielles constatée et l?enveloppe de 75 M¤ mise
en place par l?ARS Ile-de-France. Le niveau souhaitable de cet effort est difficile Ã
chiffrer précisément, faute d?un diagnostic complet des besoins. Ce diagnostic devra
de plus être précisé au sein de chaque territoire, tant les enjeux sont différents selon
les tensions sur les marchés du logement.
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Recommandation 24
Accroitre les efforts en faveur du logement des agents publics, en fixant notam-
ment un premier objectif de rattrapage du taux d?aide par agent par rapport au
secteur privé.
Même s?il est plus rationnel de définir les moyens à mobiliser en fonction d?un dia-
gnostic des besoins et d?objectifs politiques à atteindre, en l?absence d?une meilleure
référence, le niveau d?aide moyen par salarié dans le secteur privé constitue une ré-
férence utile, qui pourra être précisée à l?avenir quand des données sur les besoins
prioritaires seront disponibles. Selon le calcul présenté dans la partie 1.2.2, cet effort
s?est situé en 2023, compte tenu des incertitudes de chiffrage, entre 122 ¤ et 162
¤. En ce qui concerne la FPE, pour laquelle le niveau des aides mobilisées en 2022 a
pu être estimé à 216 M¤, l?ordre de grandeur de l?effort supplémentaire serait d?une
centaine de millions d?euros par an.
Ce chiffrage, inédit, est évidemment susceptible d?être amélioré. En tout état de
cause, le suivi de l?atteinte de cet objectif impliquera de recenser et prendre en
compte l?ensemble des efforts engagés dans les différentes administrations. Mais,
afin de préserver les marges d?autonomie nécessaires de chaque employeur, il ne
paraît pas souhaitable que tous des moyens budgétaires correspondant soient cen-
tralisés sur un budget unique, à la disposition de la structure de pilotage à créer.
Cette structure devrait porter directement le budget d?actions communes, telles
que l?élargissement de la garantie Visale. Elle pourrait mettre en oeuvre d?autres ac-
tions de façon opérationnelle dans le cadre d?une contractualisation avec les diffé-
rentes administrations qui devraient à cet effet inscrire des moyens à leur budget
propre. Chaque administration pourrait enfin définir et conduire à son niveau cer-
taines actions. La structure de pilotage centrale devrait toutefois pouvoir recenser
de manière exhaustive l?ensemble de ces actions, en prévision et en réalisation. Les
conventions conclues avec chaque employeur devraient lui en donner les moyens.
Pour la fonction publique hospitalière, un dispositif semblable pourrait être mis en
place. Toutefois, au regard de la dispersion des employeurs entre de très nombreux
établissements, le portage des moyens budgétaires devra sans doute être partagé
entre la structure de pilotage nationale, les agences régionales et santé et les établis-
sements.
En ce qui concerne la fonction publique territoriale, la fixation d?un objectif d?enga-
gement financier pour l?accès au logement des agents relève de chaque collectivité,
conformément au principe constitutionnel de libre administration. Le ratio d?aide
par agent retenu pour la FPE et la FPH pourra toutefois servir de référence à chaque
collectivité pour la fixation d?objectifs tenant compte de sa situation et des actions
déjà engagées (notamment l?ouverture aux agents des contingents de réservation).
Une réflexion devrait toutefois être engagée avec les représentants des différentes
catégories de collectivités sur les moyens de recenser les aides mises en place.
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3.3.3 Une construction concertée et transparente
La construction de cet « Action Logement du secteur public » passera par plusieurs
étapes.
Dès l?année 2024, la Délégation interministérielle au logement des agents publics
(DILOAP), en cours de constitution, pourrait naturellement contribuer à mettre en
place des premières actions dans les trois dimensions évoquées précédemment : la
stratégie ; les projets communs ; l?ingénierie. Nombre de mesures identifiées précé-
demment dans ce rapport, si elles étaient retenues, pourraient être mises en oeuvre
dès les prochains mois.
Pour compléter les pistes, il serait également utile de pouvoir préparer des expéri-
mentations, sur des pistes complémentaires à celles évoquées dans le rapport. Nous
avons été particulièrement frappés par le dynamisme local de nombreux acteurs
pour proposer des solutions. Celles-ci peuvent d?ailleurs être adaptées à des singula-
rités locales ? c?est notamment le cas pour les territoires frontaliers. En Haute-Savoie,
et particulièrement autour de la commune de Saint-Julien-en-Genevois, un travail
considérable a été réalisé : de nombreuses mesures, particulièrement en matière de
mobilité, peuvent apporter des solutions supplémentaires et mériteraient d?être ex-
périmentées au plus vite30.
Outre ces actions immédiates, il conviendrait immédiatement de travailler à l?évolu-
tion de la DILOAP vers une structure professionnalisée de pilotage stratégique et de
soutien opérationnel pour le logement des agents publics.
Cette feuille de route devra être construite avec l?ensemble des parties prenantes.
Les employeurs publics, dans leur diversité, devront être associés à la conduite d?une
politique qui doit répondre à leurs attentes en termes d?attractivité des emplois pu-
blics, d?autant plus que, comme évoqué précédemment, ils continueront à jouer un
rôle essentiel dans la mise en oeuvre de la politique du logement. Au-delà des admi-
nistrations de l?Etat et du secteur hospitalier, les collectivités territoriales devront
être pleinement intégrées à cette réflexion, car nombre d?entre elles pourraient être
intéressées, comme employeurs, par les services offerts par un « Action Logement
du secteur public » : il reviendra de définir avec elles leurs modalités de participation
et de contribution, qui pourraient être sur une base optionnelle.
30 Commune de Saint-Julien-en-Genevois. Livre blanc. 80 propositions pour l??attractivité des fonctions
publiques en zone frontalière tendue.
Recommandation 25
S?appuyer sur la Délégation interministérielle au logement des agents publics (DI-
LOAP) pour mettre en oeuvre des premières avancées. Lui permettre également de
susciter une vague d?expérimentations pour compléter les pistes jusqu?ici identi-
fiées et intégrer un certain nombre de spécificités locales.
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Loger les travailleurs des services publics
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Les organisations syndicales devront prendre toute leur place. La politique d?action
sociale dans le secteur public dont l?aide à l?accès au logement est une dimension,
a été construite sur la participation des représentants des personnels à la définition
et à la gestion de la politique en la matière dans le cadre notamment du comité
interministériel consultatif d?action sociale (CIAS) et des sections régionales intermi-
nistérielles d?action sociale (SRIAS). La structure de pilotage de la politique d?accès
au logement des agents publics se doit également de faire place à ces représentants.
Recommandation 26
Elaborer, en concertation avec les représentants des personnels et les employeurs
publics des trois versants, une feuille de route en vue de la constitution de l? « Ac-
tion logement du secteur public ».
PUBLIÉ
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Annexes
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Annexe 1 Lettre de mission
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Annexe 2 L?évaluation des avantages logement
octroyés par Action Logement aux salariés de
secteur privé
Dans le cadre de la participation des employeurs à l?effort de construction (PEEC),
les entreprises de plus de 50 salariés ? y compris les grandes entreprises publiques
telles que la SNCF, La Poste ou la RATP ? sont tenues d?investir chaque année pour le
logement de leurs salariés 0,45 % de leur masse salariale. Ces versements, effectués
pour l?essentiel auprès de la société Action Logement Services31, sont investis à leur
tour en prêts pour l?accession à la propriété ou la réalisation de travaux dans le
logement ainsi qu?en subventions, apport de fonds propres ou prêts à des organismes
de logement social ou intermédiaire et actions diverses pour le logement. Outre les
prêts qui leur sont directement consentis, les salariés bénéficient des financements
accordés par Action Logement aux organismes bailleurs sous la forme d?un accès
privilégié au logement social ou intermédiaire dans le cadre de conventions de
réservations.
Le taux de 0,45 % de la masse salariale des entreprises assujetties ne permet pas,
pour plusieurs raisons, de mesurer de façon rigoureuse le niveau des investissements
bénéficiant aux salariés :
? les entreprises versent leur collecte sous forme de subventions mais aussi de
prêts (12 % du total en 2021) ; le remboursement des prêts antérieurs vient
donc diminuer la collecte brute disponible pour de nouveaux investissements ;
? les investissements d?Action Logement sont eux-mêmes très largement
consentis sous forme de prêts. Le remboursement des prêts octroyés dans
le passé vient ainsi augmenter les ressources disponibles pour de nouveaux
investissements. Mais l?impact financier de ces prêts pour les bénéficiaires
n?est pas comparable à une subvention ou à un apport en fonds propres non
remboursable. Plutôt que considérer les sommes collectées chaque année
auprès des entreprises, il convient donc d?évaluer les interventions d?Action
Logement en termes de subventions ou équivalent subvention32. A cet effet,
des taux d?équivalent subvention ont été calculés par rapport à des taux
d?intérêt correspondant aux conditions moyennes de marché de l?année 2023
pour des profils de prêts (durée, existence d?un différé d?amortissement)
supposés appliqués en moyenne d?après les directives d?Action Logement
pour les différents types d?intervention ;
? bien que, depuis 2019, seules les entreprises de 50 salariés ou plus soient
assujetties au versement de la participation, les avantages octroyés par Action
Logement sont ouverts aux salariés des entreprises de 10 salariés ou plus, soit
de l?ordre de 17 millions de salariés ;
? le bénéfice des interventions d?Action Logement n?est pas exclusivement
réservée aux salariés des entreprises assujetties à la PEEC. La loi et les
conventions signées avec l?Etat oblige en effet l?organisme à affecter une
partie de ses ressources à des politiques nationales.
31 La SNCF bénéficie de dispositions spécifiques lui permettant de verser sa collecte à sa filiale, la
société immobilière des chemins de fer. Les autres employeurs conservent par ailleurs la possibilité d?investir
directement pour le logement de leurs salariés
32 Comme cela a été fait parallèlement pour les dépenses de l?Etat.
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Il convient donc d?examiner les différentes dépenses d?Action Logement pour
déterminer dans quelle mesure elles se traduisent par des avantages spécifiques
pour le logement des 17 millions de salariés bénéficiaires. On retiendra à cet égard
les distinctions suivantes :
? Les dépenses au titre de politiques nationales sans contreparties pour les
salariés doivent être exclues en totalité des avantages réservés aux salariés
du secteur privé. Cela recouvre principalement les versements au fonds
national des aides à la pierre (FNAP), qui finance les aides de droit commun
de l?Etat à la production de logements sociaux, et, plus marginalement, les
subventions à l?association nationale d?information pour le logement (ANIL) et
les associations départementales (ADIL).
? Les dépenses effectuées par Action Logement dans le cadre de politiques
nationales mais pouvant comportant certaines contreparties appellent un
examen particulier :
? Les subventions et prêts consentis dans le cadre de l?opération Action Coeur
de ville donnent droit à des contreparties en terme de réservations. On les
retiendra donc parmi les aides bénéficiant aux salariés.
? Les subventions et prêts attribuées à l?ANRU pour le financement de la
politique de la Ville ne donnent pas lieu à l?acquisition de droits de réservation
mais ils s?accompagnent de cessions de terrains à l?euro symbolique pour
l?Association Foncière Logement, sur lesquels des logements vont être
construits à destination des salariés. La valeur de cet avantage est toutefois
très incertaine. Cela conduit faire deux hypothèses conduisant à définir
une fourchette pour les aides aux salariés selon que les aides à l?ANRU sont
retenues ou non.
? Les aides aux personnes qui ne sont pas réservées aux salariés du privé doivent
être exclues du chiffrage. Cela conduit à ne prendre en compte au titre de la
garantie Visale que les garanties bénéficiant aux salariés de plus de 30 ans.
? Les autres dépenses sont considérées comme bénéficiant intégralement et
exclusivement aux salariés.
Le calcul des avantages octroyés par Action Logement aux entreprises du secteur
privé est estimé en fonction de ces différents choix méthodologiques et hypothèses
à partir des montants de dépenses prévisionnelles pour l?année 2023 figurant dans la
convention quinquennale Etat ? Action Logement du 16 juin 2023. Il est détaillé sur
le tableau de la page suivante.
Les résultats essentiels sont les suivants : les 17 millions de salariés des entreprises de
10 salariés ou plus du secteur Action Logement ont bénéficié en 2023 d?avantages
logement estimés entre 2,1 et 2,7 Mds¤, soit entre 122 ¤ et 162 ¤ par salarié.
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Annexe 3 Liste des personnes auditionnées
Cabinets du président de la République, du Premier ministre et
cabinets ministériels
Cabinet du président de la République
? Sandie Michelis, conseillère logement
? Schwan Badirou Gafari, conseiller technique services financiers et affaires
financières multilatérales
Cabinet du Premier Ministre
? Fanny Anor, directrice adjointe de cabinet
? Rayan Nezzar, conseiller action et comptes publics
? Oumnia Alaoui, conseillère auprès du directeur du cabinet et de la directrice
adjointe du cabinet
Cabinet du ministre de la Transformation et de la Fonction Publiques
? Pierre Bouillon, directeur adjoint de cabinet
? Charlotte Cardin-Taillia, conseillère fonction publique hospitalière,
neutralité, égalité et diversité dans le service public
? Boris Mazeau, conseiller parlementaire
Cabinet du ministre du Logement
? Mehdi Aouat, directeur de cabinet
? Daniel Montin, directeur de cabinet adjoint
? Guillaume Voisard, conseiller spécial, chargé de l?Offre de logements
Cabinet du ministre des Comptes Publics
? Aude Costa de Beauregard, directrice de cabinet
?
? Yanis Sicre
Syndicats
CFDT
? Betty Hervé, secrétaire confédérale, en charge du logement
? Annick Bessat, secrétaire fédéral CFDT santé sociaux
? Cyrille Bellanger, secrétaire fédéral CFDT santé sociaux
? Lionel Josserand, CFDT Dreets
, conseiller parlementaire et relations avec les élus
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CFE CGC
? Philippe Sebag, délégué national fédéral CFE CGC
? Stanislas Gaudon, président de la fédération Services Publics
CGT
? François Livartowski, secrétaire fédéral CGT services publics
? Gilles Oberrieder, co-secrétaire général de l?UFSE
FA-FP
? Pascal Kessler, président de la fédération
? Fabien Golfier, secrétaire général
Force ouvrière
? Anne Florentin, secrétaire fédérale fonction publique
? Phlippe Soubirous, secrétaire fédérale fonction publique
? Vincent Martin, secrétaire FO, Hôpital Cochin
? Johann Laurrency, secrétaire fédéral personnels des services publics et de la
santé
FSU
? Benoît Teste, secrétaire général de la FSU
? Agnès Van Luchenne, représentante de la FSU au CIAS
? Béatrice Fauvinet, co-secrétaire générale FSU territoriale
Solidaires
? Gaëlle Martinez, secrétaire nationale
? Valérie Redon, membre du comité interministériel consultatif d?action
sociale des administrations de l?Etat
? Emmanuelle Cathelinaud, membre du comité interministériel consultatif
d?action sociale des administrations de l?Etat
UNSA
? Luc Farré, secrétaire général, UNSA fonction publique
? Frédéric Gallière, secrétaire national, UNSA justice
? Stéphane Daval, conseiller national, UNSA fonction publique
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Associations d?élus locaux
Association des Maires de France
? Murielle Fabre, secrétaire générale
? Corinne de la Mettrie, directrice adjointe
? Charlotte de Fontaines, chargée des relations avec le Parlement
? Elodie Vin, attachée de direction
France Urbaine
? Zemorda Khelifi, vice-présidente de la métropole du Grand Lyon et élue
référente sur le logement des agents publics au sein de la commission FPT
? Johann Sandler, conseiller Logement, Politique de la ville, Urbanisme
? Bastien Taloc, conseiller Fonction publique territoriale et institutions
Administrations publiques
Agence Régionale de Santé Ile de France
? Amélie Verdier, directrice générale
? Laure Wallon, directrice pôle ressources humaines en santé
? Hélène Rogel, chargée de mission logement des soignants
Agence Régionale de Santé de Haute-Savoie
? Reynald Lemahieu, directeur de la délégation départementale de Haute
Savoie
Agence Régionale de Santé de la Gironde
? Stéphane Laffon, directeur délégué aux professionnels de santé et à la
prospective
Agence Régionale de Santé du Rhône
? Marielle Schmitt, directrice adjointe de la délégation départementale du
Rhône
Centre Hospitalier Annecy Genevois
? Romain Benmoussa, directeur adjoint des ressources humaines
Assistance Publique des Hôpitaux de Paris
? Nicolas Revel, directeur général
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CHU de Bordeaux
? Yann Bubien, directeur général
? Matthieu Girier, directeur des ressources humaines
? Nathalie Garrin Darricau, chargée de développement ressources humaines
Hospices civils de Lyon
? Luc Fabres, Directeur des affaires domaniales
Direction générale de l?Offre de soins
? Marie Daude, directrice générale
? Margaux Vecchioli-Bonneau, directrice de cabinet
? Philippe Charpentier, sous directeur des ressources humaines du système de
santé
? Mélanie Marquer, adjointe au sous directeur des ressources humaines du
système de santé
? Charles Bourdeaud?huy, chef du bureau Organisation des politiques sociales
développement des ressources humaines
? Audrey Wiltshire, chargée de mission action sociale au bureau Organisation
des politiques sociales développement des ressources humaines
Préfecture de la Haute-Savoie
? Yves Le Breton, Préfet
Préfecture d?Ile de France
? Pierre Antoine Molina, préfet, secrétaire générale aux politiques publiques
? Laurent Bresson, directeur régional et interdépartemental de l?hébergement
et du logement
Préfecture de la Gironde
? Renaud Laheurte, directeur de la direction départementale des territoires
Préfecture de Police
? Philippe Le Moing Surzur, préfet secrétaire général à la Préfecture de police
Préfecture du Rhône
? Vanina Nicoli, préfète secrétaire générale, préfète déléguée pour l?égalité
des chances
? Laurent Willeman, directeur de la direction départementale de l?emploi, du
travail, et des solidarités
? Joséphine Pilod, cheffe de service à la direction départementale de l?emploi,
du travail, et des solidarités
? Xavier Cereza, directeur de la direction départementale des territoires
? Laurent Vere, chef de service à la direction départementale des territoires
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Direction de l?Habitat, de l?Urbanisme et des Paysages
? Amélie Renaud, directrice adjointe de l?habitat, de l?urbanisme et des
paysages
? Luc-André Jaxel-Truer, sous-directeur de la législation de l?habitat et des
organismes de logement social
? Yves Rauch, chef de projet
Direction générale de l?administration et de la fonction publique
? Guillaume Tinlot, chef du service des politiques sociales, salariales et des
carrières
? Jildaz Ecolan, chargé de mission
Direction de l?Immobilier de l?Etat
? Alain Resplandy-Bernard, directeur
? Guillaume Decroix, sous-directeur administration et valorisation de
l?immobilier de l?Etat
Direction générale du Trésor
? Gabriel Cumenge, sous directeur des banques et des financements d?intérêt
général
? Laure Berthet, cheffe de bureau
? Guillaume Cassier, adjoint au chef de bureau
? Laurie Bergia, adjointe au cheffe de bureau
Ministère de l?Education nationale
? Thierry Le Goff, secrétaire général
? Boris Melmoux-Eude, directeur général des ressources humaines
? Marie Helene Perrin, cheffe du service de l?action administrative et des
moyens
? Marie Laure Martineau-Gisotti, cheffe du bureau de l?action sociale
Académie de Lyon
? Stéphanie De Saint Jean, secrétaire générale adjointe, directrice des
ressources humaines
Académie de Paris
? Delphine Viot-Legouda, secrétaire générale de l?académie de Paris
? Thibaut Pierre, secrétaire général d?académie adjoint, directeur des
ressources humaines, chargé du pôle RH
Ministère des Armées
? Sylviane Bourguet, directrice des territoires, de l?immobilier et de
l?environnement
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Ministère de l?Intérieur
? Didier Martin
Délégation interministérielle à l?hébergement et à l?accès au logement
? Jérôme d?Harcourt, délégué interministériel à l?hébergement et à l?accès au
logement
Banque des territoires
? Barbara Falk, directrice régionale Auvergne Rhône-Alpes
Maison d?arrêt de la Santé
? Isabelle Gomez, adjointe au directeur
? Sandra Mongaillard, assistante sociale des personnels
? Carine Jonrond, directrice des ressources humaines
? Marion Fialex, responsable du service ressources humaines
Associations professionnelles et autres
Union sociale pour l?habitat
? Thierry Asselin, directeur des politiques urbaines et sociales
? Antoine Galewski, directeur des relations institutionnelles
USH 74
? Aude Poinsignon, chargée de projets AURA HLM
? Pierre-Yves Antras
? Alain Benoiston, directeur général Halpades
Fédération des entreprises sociales pour l?habitat
? Didier Poussou, directeur général
Fédération nationale des offices publics de l?habitat
? Marcel Rogemont, président
? Laurent Goyard, directeur général
Fond pour l?insertion des personnes handicapées dans la fonction publique
? Séverine Beaudoin, directrice générale
Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique
? Régis Pélissier, directeur
, directeur général de Haute-Savoie Habitat
, secrétaire général du ministère de l?Intérieur
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Action Logement
? Nadia Bouyer, directrice générale
?
? Nicolas Henry
Union sociale pour l?habitat d?Ile de France
? Anne Katrin Le Doeuff, directrice
? Benoit Charles, responsable du pôle stratégie territoriale
? Bruno Rousseau, directeur général adjoint
Association pour le logement du personnel des administrations financières
? Alain Brunet, président
? Vincent Verroye, directeur général des services
Union régionale HLM en Nouvelle-Aquitaine
? Muriel Boulmier, présidente
? Nicolas Blaison, directeur régional
Professionnels du secteur et entreprises
Groupe Arcade VYV
? Jacques Wolfrom, directeur général du groupe
Bouygues Immobilier
? Olivier Durix, directeur général des offres et clients de Bouygues Immobilier
Altarea
? Ronald Sanino, directeur affaires publiques
? Philippe Bouvier, directeur général relations investisseurs
Aquitanis
? Irène Sabarot, directrice générale adjointe
? Benjamin Loisoin, responsable du pôle gestion des demandes locatives
Clairisienne
? Caroline Isidore, directrice de la clientèle et de la communication
CDC Habitat Nouvelle Aquitaine
? Jérôme Farcot, directeur interrégional Sud Ouest
, directeur de la stratégie patrimoniale et immobilière
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ERILIA
? Fréderic Talik, directeur général adjoint sud ouest
? Elodie Placide, directrice de l?agence de Bordeaux
Groupe Vilogia
? Patrice Faurens, directeur générale de Vilogia Privilège
? Franck Hanart, directeur de Territoire Vilogia SA
FNAIM
? Loïc Cantin, président
? Jérôme Champsavin, président adjoint
? William Siksik, co-président FNAIM 06
CDC Habitat
? Thierry Laget, directeur général adjoint
? Anne Frémont, directrice des affaires publiques
Atexim
? Philippe Bauchot, président directeur général
? Thierry Armilhon, président et directeur du développement
RATP
? Céline Tignol, directrice de l?immobilier
? Thibaud Barrois, responsable stratégie
? Claire Goudineau, directrice générale de RATP Habitat
? Luc Le Duigou, directeur des ressources humaines
? Victor Andreini, conseiller auprès de Jean Castex
? Clémence Cano Hernandez, conseillère au cabinet du président directeur
général
SOFIAP
? Laurent Permasse, président du directoire
Batigère Habitat
? Michel Cielsa, directeur déléguée à la région IDF
ICF Habitat
? Romain Dubois, directeur général
? Sabrina Chekaoui, responsable communication
RLF
? Pierre François Gouiffès, président du directoire
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Collectivités territoriales
Centre de gestion de la Haute-Savoie
? Valérie Bouvier, directrice générale
Centre de gestion de la Gironde
? Caroline Desaigues, directrice générale
Communauté de Communes du Pays de Cruseilles
? Charlotte Boettner, vice présidente et Maire de Villy-le-Pelloux
Communauté de Communes de la Vallée de Thônes
? Gérard Fournier-Bidoz, président et Maire de Les Villards sur Thônes
Communauté de Communes de Fier et Usses
? Henri Carelli, président et Maire de Lovagny, directeur de la construction
Haute Savoie Habitat
Mairie de Bordeaux
? Vincent Lescaillez, directeur général ressources humaines et administration
générale
? Aziz Skalli, conseiller municipal de Bordeaux
Mairie de Paris
? Jacques Baudrier, adjoint en charge du logement
? Olivia Polski, adjointe en charge des RH
? Alice Tercé, directrice de cabinet de Jacques Baudrier
? Clemence Courbot, collaboratrice
? Blanche Guillemot, directrice du logement et de l?habitat
? Doan Lebel, conseillère aménagement, urbanisme au cabinet de la maire de
Paris
Mairie de Lyon
? Sophia Popoff, adjointe au Maire déléguée au logement et au
renouvellement urbain
? Laetitia Pichon, responsable service habitat
? Emmanuelle Brissaes, directrice générale adjointe ressources humaines
Métropole de Lyon
? Frédérique Bonetti, directrice habitat et logement
? Frédérique Von Plauen, responsable du service action et innovation sociale
? Zemorda Khelifi, vice-présidente, déléguée aux ressources humaines
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? Olivier Glück, Adjoint au Maire de Villeurbanne délégué aux ressources
humaines et au dialogue sociale
? Florent Bruyas, directeur des ressources humaines
? Catherine Le Put, directrice générale adjointe pilotage, ressources et
relations sociales de la ville de Villeurbanne
Lyon Métropole Habitat
? Vincent Cristia, directeur général
? Sandrine Mba-Nallet, directrice marketing et offres commerciales
Personnalités qualifiées
? André Yché
? Robin Rivaton
? Alain Dorison
Mes remerciements vont à mes collègues parlementaires, Véronique Riotton,
Dominique Da Silva, Antoine Armand, Alexandra Martin, Anne Brugnera, Xavier
Roseren, dont l?aide m?a été précieuse.
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Annexe 4 Glossaire des sigles et acronymes
? ACV : action coeur de ville
? ADIL : agence départementale d?information sur le logement
? AIP : aide à l?installation des personnels
? ANIL : agence nationale pour l?information sur le logement
? ANRU : agence nationale pour la rénovation urbaine
? APHP : assistance publique des hôpitaux de paris
? Apur : atelier parisien d?urbanisme
? ARS : agence régionale de santé
? BALAE : bourse au logement des agents de l?État
? BEA : bail emphytéotique administratif
? BRS : bail réel solidaire
? CALEOL : commission d?attribution et d?examen de l?occupation
des logements
? CCH : code de la construction et de l?habitation
? CDC : caisse des dépôts et consignations
? CG3P : code général de la propriété des personnes publiques
? CHU : centre hospitalier universitaire
? CIA : convention intercommunale d?attribution
? CIL : conférence intercommunale du logement
? CRDS : contribution pour le remboursement de la dette sociale
? CSG : contribution sociale généralisée
? DALO : droit au logement opposable
? DDETS : direction départementale de l?emploi, du travail et des
solidarités
? DRIHL : direction régionale et interdépartementale de
l?Hébergement et du Logement
? DROM : département et région d?outre-mer
? EICSP : équipements d?intérêt collectif et services publics
? EPCI : établissement public de coopération intercommunale
? ERAFP : établissement de retraites additionnels de la fonction
publique
? FNAP : fonds national des aides à la pierre
? FPT : fonction publique territoriale
? FPH : fonction publique hospitalière
? FPE : fonction publique d?État
? HLM : habitation à loyer modéré
? NPNRU : nouveau programme national de renouvellement urbain
? OFS : organisme de foncier solidaire
? OLS : organisme de logement social
? PEEC : participation employeur à l?effort de construction
? PLAI : prêt locatif aidé d?intégration
? PLH : programme local de l?habitat
? PLS : prêt locatif social
? PLUS : prêt locatif à usage social
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? PPGDLID : plan partenarial de gestion de la demande de logement
social et d?information des demandeurs
? PSEEC : participation supplémentaire des employeurs à l?effort de
construction
? SNE : système national d?enregistrement des demandes de
logements sociaux
? SRIAS : section régionale interministérielle d?action sociale
? ZAC : zone d?aménagement concerté
PUBLIÉ
INVALIDE)