Evaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
CORBEAU, Hugues ;VEERABADREN, Adèle ;PASCAL, Michel ;KHOLLER, Didier ;LE MOINE, Didier
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
;France. Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux
;France. Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">L'évaluation de la mise en oeuvre de la politique de la prévention des risques en région Ile-de-France s'inscrit dans la programmation pluriannuelle des évaluations établie par l'inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD) et la direction générale de la prévention des risques (DGPR). En termes de méthode, la mission a porté sur une évaluation, réalisée sur la base du manuel d'audit de l'IGEDD et sur les travaux préparatoires au guide d'évaluation de la politique de gestion des risques naturels et technologiques. La mission a examiné les dispositions régionales, et fait un focus dans trois départements: Paris, un département de grande couronne, la Seine-et-Marne, et un département de petite couronne, la Seine-Saint-Denis. La DRIEAT est une structure importante (2000 personnes), issue en 2021 de la fusion entre la direction régionale et interdépartementale de l'énergie et de l'environnement (DRIEE) et la direction régionale et interdépartementale de l'équipement et de l'aménagement (DRIEA). La région Ile-de-France est atypique, par sa densité de population et le fait qu'elle soit région capitale, les conséquences des aléas étant plus importantes qu'ailleurs. L'organisation de l'État, pour ce qui concerne le ministère chargé de l'environnement, est unique en France : la petite couronne est gérée en interdépartemental, la DRIEAT exerçant dans ces départements les missions exercées par les DDT dans les autres départements de France. Les principales recommandations portent sur cinq points : consolider la DRIEAT par une démarche qualité en projet permettant de manager les nombreuses équipes et d'accompagner le changement induit par la récente fusion ; s'assurer de la pérennité de l'expertise sur le suivi des cavités souterraines liées aux anciennes carrières; mettre en place une astreinte technique sur les ICPE ; examiner les causes du quasi non démarrage de la procédure « cessation d'activité », en vigueur depuis un an, et prendre d'éventuelles mesures appropriées ; clarifier les règles de constructibilité en aléa très fort pour le risque cavités souterraines, la région étant atypique et dérogatoire en la matière.</div>
Editeur
IGEDD
;CGAER
;CGEIET
Descripteur Urbamet
évaluation des politiques publiques
;services déconcentrés
;démarche qualité
;urbanisation
;carrière (risques)
;pollution du sol
;risques industriels
;risques naturels
Descripteur écoplanete
prévention des risques
;installation classée
;information préventive
;gestion de crise
;site pollue
;cavite souterraine
;prévision de crue
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
Stéphane PELAT ? IGEDD
Septembre 2023
igedd.developpement-durable.gouv.fr
P
U
B
L
I É
Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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Les auteurs attestent qu'aucun des éléments de leurs
activités passées ou présentes n'a affecté leur impartialité
dans la rédaction de ce rapport
Statut de communication
?
Préparatoire à une décision administrative
? Non communicable
? Communicable (données confidentielles occultées)
? Communicable
Hugues Corbeau
IGEDD
Didier Le Moine
CGE
Adèle Veerabadren
IGEDD
Didier Kholler
CGAAER
Michel Pascal
IGEDD
PUBLIÉ
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risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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Sommaire
Sommaire 3
Synthèse 5
Risques maîtrisés et bonnes pratiques observées 10
Liste des suggestions 20
Risques « moyens » à placer sous surveillance 23
Liste des recommandations 38
Management et pilotage 40
1. Traçabilité non uniforme 40
Information préventive et préparation à la crise 43
2. Les CDRNM ne se réunissent pas partout régulièrement43
Information préventive et préparation à la crise 45
3. Les transmissions d?information aux maires ne sont pas
systématiques 45
Information préventive et préparation à la crise 47
4. Les PCS sont plutôt bien réalisés mais pas tous testés 47
Prévision des crues 49
5. Le SPC doit progressivement passer de son modèle
spécifique à un des modèles nationaux recommandés par
le SCHAPI 49
Prévision des crues 52
6. Il y a des difficultés potentielles pour s?organiser en h 24
et notamment pour publier le bulletin de 6h. 52
Contrôle des ICPE 54
7. Absence de procédure d?astreinte technique pour les
ICPE 54
Contrôle des ICPE 56
8. Délais de communication des rapports d?inspections trop
longs 56
9. Démarrage très partiel de la mise en oeuvre de la nouvelle
procédure relative aux cessations d?activités 59
Cavités souterraines et maitrise de l?urbanisation 62
10.Des divergences entre la doctrine nationale et la doctrine
régionale 62
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risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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Cavités souterraines et maîtrise de l?urbanisation 64
11. Des Inspections générales des carrières (IGC) fragiles ... 64
Annexes 67
1. Lettre de Mission 68
2. Matrices des risques 69
a. Management et pilotage ... 70
b. Information préventive et préparation à la crise ... 77
c. Prévision des crues ... 86
d. Contrôle des ICPE . 102
e. Sites et sols pollués . 114
f. Risques cavités souterraines et maîtrise de l?urbanisation . 120
3. Liste des personnes rencontrées 136
4. Glossaire 142
5. Réponses de la phase contradictoire 145
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Synthèse
L?évaluation de la mise en oeuvre de la politique de la prévention des risques
en région Ile-de-France s?inscrit dans la programmation pluriannuelle des
évaluations établie par l?inspection générale de l?environnement eu du
développement durable (IGEDD) et la direction générale de la prévention des
risques (DGPR). Elle s?est exercée sur un nombre de thématiques limité,
définies par la lettre de commande du 9 décembre 2022.
Elle a été réalisée par une équipe de missionnaires émanant de l?IGEDD, du
conseil général de l?économie (CGE), et du Conseil général de l?alimentation,
de l?agriculture et des espaces ruraux (CGAAER).
En termes de méthode, si la lettre de commande mentionne un audit, c?est
bien une évaluation qui a été conduite. En effet, une nouvelle forme de
mission a été définie en décembre 2022 par l?IGEDD, concomitamment à la
signature de la lettre de commande. En pratique il n?y a pas de différence de
méthode, sauf en termes de formalisation. L?évaluation s?est ainsi appuyée
sur le manuel d?audit de l?IGEDD de décembre 2020, ainsi que sur les travaux
préparatoires au guide d?évaluation de la politique de gestion des risques
naturels et technologiques. La mission a examiné les dispositions régionales,
et fait un focus dans trois départements : Paris, un département de grande
couronne, la Seine-et-Marne, et un département de petite couronne, la Seine-
Saint-Denis.
Elle a rencontré les préfectures 75 77 et 93, la DRIEAT, la DDT 77. Elle a
aussi rencontré des parties prenantes diverses comme des collectivités
territoriales, des associations, des industriels et des établissements publics.
Les constats, suggestions ou recommandations portent sur l?action de l?État
dans la région, et peuvent concerner le MTECT (DGPR), les préfectures, les
DDT et la DRIEAT.
Les constats majeurs sur la DRIEAT :
La DRIEAT est une structure importante (2000 personnes), jeune, issue en
2021 de la fusion entre la direction régionale et interdépartementale de
l?énergie et de l?environnement (DRIEE) et la direction régionale et
interdépartementale de l?équipement et de l?aménagement (DRIEA).
La région Ile-de-France est atypique, par sa densité de population bien plus
élevée qu?ailleurs, et le fait qu?elle soit région capitale, qui font que les
conséquences des aléas sont plus importantes qu?ailleurs. La notion de
risque s?y exprime surtout et avant tout au regard des conséquences
humaines des aléas. L?organisation de l?État, pour ce qui concerne le
ministère chargé de l?environnement, est particulière et unique en France. La
petite couronne est gérée en interdépartemental : la DRIEAT exerce dans
ces départements les missions exercées par les DDT dans les autres
départements de France.
La DRIEAT est une structure bien organisée, très professionnelle. Son image
est excellente vis-à-vis de ses parties prenantes. Cette image de
professionnalisme est également présente chez les autres services de l?État
rencontrés.
Les principales recommandations portent sur cinq points :
1/ Consolider la DRIEAT : il existe une démarche qualité en projet conduite
de manière déterminée par la directrice, cette politique qualité étant
considérée comme permettant de manager les nombreuses équipes et
d?accompagner le changement induit par la récente fusion. Cette démarche
doit être complétée par une amélioration de la traçabilité des échanges
internes ou externes à la DRIEAT (ordre du jour de réunion, dossiers de
séance même synthétiques, comptes rendus ou relevés de décisions). La
maîtrise des délais de rédaction des rapports d?inspection et d?instruction
mérite également une approche « par la qualité ». La démarche qualité doit
également favoriser la transversalité et les synergies entre les différentes
missions.
2/ S?assurer de la pérennité de l?expertise sur le suivi des cavités souterraines
liées aux anciennes carrières, actuellement portée par les inspections
générales des carrières 75 et 78. Cette recommandation s?adresse à la
DGPR et à la DRIEAT.
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3/ Mettre en place une astreinte technique sur les ICPE, en complément de
l?astreinte direction, le système actuel (astreinte direction) reposant sur un
principe un peu informel dit de « foisonnement ».
4/ Examiner les causes du quasi non démarrage de la procédure « cessation
d?activité », en vigueur depuis un an, et prendre d?éventuelles mesures
appropriées.
5/ Clarifier les règles de constructibilité en aléa très fort pour le risque cavités
souterraines, la région étant atypique et dérogatoire en la matière.
S?agissant des thématiques évaluées et au vu des preuves réunies
s?appuyant sur les questionnaires de contrôle interne validés, sur la
documentation transmise, sur les comptes rendus d?entretiens dans les
services audités et sur quelques tests de corroboration, la mission
d?évaluation estime que la façon dont est mise en oeuvre la politique de
prévention des risques naturels et technologiques permet d?être en confiance
vis-à-vis de l?atteinte des objectifs fixés aux services de l?État. Apparaît
néanmoins la persistance de certains risques pour lesquels la mission
formule des recommandations pour en revoir les processus et/ou en renforcer
les contrôles internes.
Au titre des risques maîtrisés : la DRIEAT est bien organisée et ses
agents sont très professionnels. Le pilotage de l?ensemble de la
politique des risques est très bien effectué, avec à la fois des objectifs
clairs pour les équipes, des indicateurs de suivi eux-mêmes observés
régulièrement, des bilans d?étape? Une organisation pragmatique tenant le
plus grand compte des réalités de la région, avec mutualisation et inter-
départementalisation en petite couronne, nécessaire et efficace pour obtenir
la masse et la compétence critiques.
Un manque d?attractivité de la DRIEAT qui a connu pendant la COVID
un taux de vacance important, jusqu?à 20%, qui devrait revenir à 6%
en septembre 2023 Globalement la mission estime que la DRIEAT a les
moyens de fonctionner. Elle a mis en oeuvre des actions tout à fait
intéressantes comme la plaquette « Devenez inspecteur des ICPE à la
DRIEAT », mais elle doit démultiplier ces initiatives pour recruter et faire face
à l?importante rotation des agents sur les postes, notamment ceux
d?inspecteurs, qui nécessitent des compétences affirmées.
Un service de prévision des crues efficace, qui a su tirer parti des
événements passés, en particulier la crue de 2016. Ce service
s?appuie sur un réseau de stations adapté, des prévisionnistes
compétents, une solide organisation en gestion de crise. Le réseau des
référents départementaux inondation s?appuie davantage sur des équipes
que sur des individus, et semble donner satisfaction.
Le service n?a pas été « éprouvé » depuis plus de dix-huit mois par
un épisode de crue ou de pré-crues. Si de nombreux exercices sont
effectués pour évaluer et maintenir l?aptitude du service à gérer une
crise, la DRIEAT pourrait imaginer d?autres actions, en lien avec le
SCHAPI, par exemple des échanges avec des SPC qui ont connu récemment
de tels épisodes, ou encore assister en tant qu?observateur à une crise
« grandeur nature ».
Bien que le service dispose de modèles numériques de prévision adaptés, il
devra cependant passer aux modèles nationaux, désormais jugés
opérationnels par le service central d?hydrométéorologie et d?appui à la
prévision des inondations (SCHAPI) et la DRIEAT. Ceci peut se faire dans la
durée, l?important étant de concrétiser cette volonté par l?engagement d?une
première étape.
Le SPC dispose de modèles locaux qui lui donnent satisfaction. Ils
sont bien maîtrisés par les prévisionnistes et régulièrement recalibrés.
Néanmoins, la note technique de la DGPR du 18 janvier 2023 indique
que le SCHAPI met à la disposition des SPC des outils nationaux, et qu?elle
en requiert l?utilisation au sein du réseau Vigicrues. La DRIEAT éprouve des
difficultés pour basculer vers les modèles nationaux proposés.
La mission estime que l?adoption des modèles nationaux doit être engagée
dès maintenant selon un calendrier formalisé.
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Lors des échanges préalables à la publication de la note technique
DGPR/SCHAPI de janvier 2023, le SPC a signalé des difficultés
potentielles pour s'organiser en mode H24 afin de produire
systématiquement le 1er bulletin à 6h du matin en cas de crise. Le SPC doit
revoir ses procédures pour être en capacité d?y répondre le jour venu. Les
crues sont lentes sur le bassin parisien, mais l?importance des enjeux en cas
de crise inondation en Ile-de-France le justifient pleinement.
Il existe un outil national dénommé "SYNAPSE" mis à disposition des
acteurs du territoire qui permet de croiser les aléas et les enjeux. Le
SPC et notamment le RRI est très moteur sur le déploiement de cet
outil et participe activement au GT national piloté par le SCHAPI sur ce sujet.
En outre, le SPC dispose de catalogues de ZIP/ZICH exhaustifs sur 33/38
stations. Il est le seul à avoir été aussi loin dans sa démarche en dialoguant
avec les gestionnaires de réseaux pour qu'ils intègrent les ZIP dans leur Plan
de Continuité d'Activité, ce qui est pleinement justifié au regard des enjeux
auxquels l?Ile-de-France est exposée.
En matière d?information préventive, la mission a fait des constats
disparates dans l?élaboration des PCS. Leur taux moyen de
réalisation est en progrès dans la région sur l?année écoulée, mais
avec des différences fortes entre les départements. La Seine-et-Marne, avec
+ 13 points en 2022, et plus de 90% des PCS approuvés, démontre qu?une
action volontariste vers les communes est payante. Les TIM doivent être
remises à l?ordre du jour des services, sauf si la DGPR faisait état dans ce
domaine de directives nouvelles.
Au niveau du terrain, des exercices de crise sont organisés, si possible avec
la participation des communes ; celles-ci semblent investies dans la diffusion
des messages de prévention et de réactions en cas de crise. Il est dommage
toutefois que les actions que mènent les CT pour relayer et diffuser les
messages auprès de la population et des acteurs économiques, ne soient
pas systématiquement suivies et observés par l?État.
Les commissions départementales des risques naturels majeurs ont été
mises en veille pendant la COVID, et n?ont pas toutes été réunies depuis. Ces
commissions constituent l?outil privilégié d?information des maires sur les
risques.
En matière d?ICPE, la situation apparaît « largement sous contrôle ».
Les priorités régionales sont pertinentes, en particulier les actions coup
de poing, programmées en début d?année. Un suivi trimestriel des
actions est réalisé.
Le wiki, intranet dédié, est très riche. C?est une bonne pratique qui pourrait
inspirer d?autres régions.
La DRIEAT dispose en grande couronne d?une délégation de signature
large des préfets (ce qui n?est pas le cas en petite couronne). Il apparaît
que cette situation donne satisfaction. Cette délégation est source de
simplification, de réduction des délais, de fluidité. Chaque acteur peut se
consacrer davantage aux priorités et aux actions essentielles. Elle
n?empêche aucunement l?information des préfets sur les affaires. Il serait
profitable que le système évolue vers davantage de délégation en petite
couronne.
Le transfert du contrôle des ICPE agricole (anciennement assuré par
les directions départementales de protection des populations (DDPP)
s?est bien passé, mais il repose essentiellement sur une personne qui
coordonne les quatre inspecteurs chargés de ce contrôle. Le système est
donc fragile. Par ailleurs les pratiques d?inspection sont restées différentes
de celles en vigueur pour les autres ICPE (mise en demeure, pratiques
pénales), ce qui est compréhensible au vu de la sensibilité du sujet et du
caractère récent du transfert, mais qui devra évoluer vers une plus grande
homogénéisation des pratiques.
Si la DRIEAT ne rencontre pas de problème à gérer les contentieux,
il apparaît cependant qu?elle s?appuie principalement sur les services
départementaux (UD DDT et préfectures), le service juridique régional
n?intervenant pas. Sans doute une capitalisation et une mutualisation des
compétences pourraient être examinées.
Le passage en CODERST de tous les dossiers est resté la norme
dans certains départements, dont le 77 ou le 93 par exemple (alors
que de l?avis de la majorité, c?est chronophage et inutile). Un
allègement pourrait être entrepris.
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La Participation du public par voie électronique n?est pratiquement pas
utilisée, semble-t-il comme partout en France. La mission n?a pas
d?observation à faire.
Le suivi des actions pénales et des sanctions administratives a été
stoppé concomitamment à la mise en place de GUN. À noter que,
s?il n?y a plus de statistiques pluriannuelles et de tendances
décelées, les sanctions font l?objet d?un suivi, notamment en début d?année,
pour assurer un récolement. La mission estime nécessaire de reprendre ce
suivi.
Ici comme ailleurs, il n?y a pas de suivi des installations soumises à
déclaration, sauf par la préfecture 75 qui les suit de près, ce qui est
une spécificité en France. Compte tenu des moyens engagés dans ce
département, un tel suivi ne peut pas être reproduit dans d?autres
départements. La DRIEAT pourrait malgré tout s?en inspirer, au moins pour
organiser un système de rappel (automatisé) des contrôles quinquennaux
des installations soumises à contrôle périodiques, en commençant dans les
départements (grande couronne) où elle gère GUP.
Le pourcentage de dossiers avec une publication des rapports
d?inspection et d?instruction en moins d?un mois est faible, 70%, alors
que la DGPR requiert 100%. Le délai moyen est plus élevé, puisque
les dossiers « hors délai » connaissent souvent plusieurs mois de décalage.
Ce n?est pas un problème de moyens, c?est le processus qui a paru devoir
être réinterrogé, et revu en conséquence, avec un management volontariste
nécessaire. Produire un rapport rapidement prend moins de temps que
tardivement, avec un rapport de meilleure qualité.
Il n?y a pas d?astreinte technique ICPE, ce qui constitue une fragilité,
un risque, et ce même s?il y a une astreinte direction.
En matière de sites et sols pollués, il y a une organisation et une action
régionale efficaces. La région est particulière à cet égard, car en zone
urbanisée, dans la mesure où pratiquement tous les sols ont accueilli
des activités industrielles ou artisanales, ils sont pollués, et un grand savoir-
faire s?est développé. Les recensements sont bien effectués, l?aide aux
inspecteurs est bien faite, la coopération avec l?ARS est de qualité.
La mission s?est interrogée sur la pérennité de la coexistence des
dispositifs « information de l?administration concernant une pollution
suspectée ou avérée » et « systèmes d?information sur les sols ». Elle
a été également interpellée par la lourdeur de la procédure d?élaboration des
SIS.
Enfin elle constate que la nouvelle procédure de cessation d?activité,
en vigueur depuis un an, n?a pratiquement pas démarré, avec entre
autres, un nombre extrêmement faible de dossiers déposés au regard
du rythme observé les années antérieures à l?entrée en vigueur de la réforme
(juin 2022).
Pour le risque cavités souterraines, il existe un bon pilotage. Les
priorités sont claires, le suivi est organisé, le contrôle de légalité est
pertinent (ce point a été examiné en Seine-et-Marne). La DRIEAT et
les DDT bénéficient de plusieurs expertises de très bon niveau : Centre
d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et
l?aménagement (Cerema), Institut national de l?environnement et des risques
(Ineris), Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), Inspections
des carrières (IGC) 75 et 78.
L?élaboration des PPR est trop lente, le PAC lui est souvent préféré
par défaut, Les conclusions des études de dissolution de gypse ne se
sont pas encore traduites en termes d?urbanisation. Le risque
« marnière » doit être davantage appréhendé. Le contrôle du respect des
prescriptions des PPR pour les constructions existantes et les réseaux ne
semble assuré par personne, ni par l?État, ni par les communes.
La nouvelle réglementation sur le Retrait gonflement d?argile n?est pas
encore déclinée localement, alors que phénomène va s?accentuer
avec le réchauffement climatique
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La pérennité de l?expertise sur les cavités n?est plus assurée : les IGC
qui désormais ne dépendent plus de l?État sont des structures
opérationnelles, mais le système est fragile. En Seine-Saint-Denis par
exemple, le département n?a pas souhaité renouveler sa convention avec
l?IGC 75. Les communes se trouvent démunies d?expertise sauf à chacune
conventionner. Une réflexion sur la pérennité de cette expertise s?impose.
Une mission pourrait être diligentée sur le sujet.
La doctrine sur la constructibilité en aléa fort du risque « cavités » est
spécifique en Ile-de-France et dérogatoire, ce qui crée un flou sur ce
qui est autorisé de construire dans les zones à aléa fort. Il existe une
réflexion nationale, à laquelle la DRIEAT est naturellement associée mais les
résultats tardent à venir.
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Risques maîtrisés et bonnes pratiques
observées
Management et pilotage
La DRIEAT, jeune direction, issue de la fusion entre la DRIEA et la DRIEE
est bien organisée ; les notes d?organisation sont claires. L'articulation des
missions entre l?échelon régional et les échelons départementaux de la
DRIEAT est clairement définie. En petite couronne, où la DRIEAT possède la
compétence risques naturels, les actions sont conduites directement par le
siège (élaboration des PPR). Cette manière de procéder à un gros avantage,
celui de mutualiser les compétences et d'assurer une masse critique
d'actions, tout en assurant une productivité maximale. C?est une bonne
pratique. En outre, cette « double casquette » portée par la DRIEAT lui
permet d?asseoir encore davantage sa légitimité en tant que pilote régional ;
elle appréhende d?autant mieux les problématiques connues par les
départements qu?elle est elle-même en charge des départements sur la petite
couronne.
Le point d?attention, partagé par la DRIEAT, est que la synergie entre les
missions risques naturels et les autres missions de la DRIEAT (urbanisme-
aménagement) est moins "naturellement" assurée en petite couronne. La
DRIEAT est consciente de cet inconvénient potentiel, et elle a prévu des
actions visant à renforcer cette synergie.
Les objectifs annuels, les priorités, les bilans d'étape, sont effectués par le
siège de manière approfondie, avec non seulement des chiffres, mais aussi
des commentaires réguliers, sur ces derniers. Les tableaux de bord
apparaissent complets et précis. La mission a toutefois remarqué que les UD
se réfèrent à des tableaux de bord régionaux. Il pourrait être développé un
tableau de bord spécifiques aux UD, qui serait un véritable outil de
management.
Un site Wiki très complet pour les risques naturels et technologiques :
L?ensemble des procédures, documents et « Template » relatifs aux risques
naturels et technologiques sont disponibles sur le site Wiki de la DRIEAT.
Cet espace de partage d?information est complet, détaillé et opérationnel. À
titre d?exemple pour chaque sujet ICPE, il comprend des exemples d?arrêtés
(génériques, complets ou sveltes), des AP thématiques (par exemple IED,
sécheresse), les textes de référence, les guides, les doctrines, etc.
Ceci constitue une bonne pratique. Il pourrait tout à fait servir de référence
ou d?exemple au niveau national et dans d?autres DREAL qui souhaiteraient
s?équiper d'un tel outil.
Une démarche qualité structurante en cours :
Il existe une démarche qualité, poussée et promue par la direction, dans
l'optique d'une certification ISO 9001 souhaitée en mars 2024. Il convient de
signaler que la DRIEE était certifiée ISO 9001, alors que la DRIEA ne l'était
pas. La mission n'a pas entendu parler de cette démarche au cours de ses
divers entretiens internes, ce qui peut sembler normal du fait qu?elle a
démarré il y a peu, mais a constaté qu'elle était fortement promue et portée
par la directrice. Elle bénéficie d?un outil de pilotage spécifique. La lecture de
la déclaration de politique qualité 2021-2022 met en évidence que cette
démarche est vue comme un élément structurant de la démarche stratégique
de la DRIEAT, à la fois pour l'interne et l'externe.
La démarche d?écoute externe, formalisée pour plusieurs partenaires, nous
paraît constituer une bonne pratique. Ces écoutes font l?objet de notes de
retour très détaillées, avec des points forts et des pistes de progrès identifiés.
Une politique de recrutement dynamique et le maintien de compétences
solides dans les équipes :
La vacance de poste est passée par un niveau élevé, de l'ordre de 20% en
2022. Le taux moyen observé actuel est de 6%.
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La DRIEAT a agi : elle a publié une plaquette pour donner envie de venir
travailler en DRIEAT sur le métier ICPE. Des déplacements en école ou lors
des forums ont été réalisés au niveau DRIEAT et en particulier pour
l?inspection des installations classées. Par exemple à l?ENTPE le 17 janvier
dernier, ou au forum des mobilités du MTE le 13 mars.
La DRIEAT a un livret d'accueil. Le service Prévention des Risques dispose
d?une brochure sur son activité, complémentaire au livret d?accueil. Il convient
de noter que le secrétariat général de la DRIEAT a déclaré à la mission ne
pas connaître l'existence de la plaquette, ainsi que de la brochure.
La DRIEAT organise une journée d'accueil des nouveaux arrivants, deux fois
par an. Ceci paraît peu au regard du nombre d'arrivants (240 environ soit 20
par mois). La périodicité pourrait passer à une fois par trimestre. Le service
Prévention des Risques organise une journée d'accueil, deux fois par an.
Le professionnalisme de ses équipes est à souligner. Le dispositif de tutorat
et d'habilitation est bien décrit pour les ICPE, et appliqué au regard des
contrôles par sondage que la mission a effectués. Il s'agit là d'une bonne
pratique. Il n'est pas aussi formalisé pour les risques naturels, ce qui peut se
comprendre au regard des missions exercées, et du fait que les exigences
de la DGPR sont d?une autre nature. Une réflexion pourrait toutefois
s?engager sur ce point.
La gestion des compétences rares est pragmatique et efficace. Par exemple
le contrôle des installations agricoles est effectué par quatre inspecteurs, eux-
mêmes répartis en deux pôles géographiques.
La mission a pu constater au travers de tous ses entretiens que l'image de
la DRIEAT est excellente. C'est d'ailleurs une appréciation spontanée qui
nous est donnée. L'ensemble des partenaires font confiance à ce service,
avec ce qu'il faut de proximité et de compétence. L'UD est un élément clé
pour les partenaires de terrain.
Les objectifs de la DRIEAT sont partagés avec les préfets. La DRIEAT nous
a dit rencontrer régulièrement (une fois l'an en moyenne) ses interlocuteurs
les plus importants, sans toujours de compte-rendu, ni même d'ordre du jour.
La mission n'a donc pas pu le vérifier. En revanche, il y a eu plusieurs écoutes
thématiques avec des comptes rendus disponibles, forts intéressants en ce
qu?ils identifient des actions correctives ou des évolutions en fonction des
résultats de l?écoute.
Il existe une note de déclinaison du guide des sanctions ICPE expliquant
dans quel cas prendre telle ou telle décision. Le guide "Conduites à tenir pour
prévenir le risque de mise en cause pénale" a été établi par la DGPR. Il date
de 2014. La mission estime que le service pourrait décliner ce guide à
l'échelon local, et y faire référence dans sa journée d'accueil. La mission
estime aussi que la DGPR pourrait s?assurer que ce document est à jour, et
le mettre à jour le cas échéant.
Information préventive, préparation à la crise, prévision
des crues, référent départemental inondation
Une bonne pratique est à saluer, le fait que dans les DDT les équipes
prévention des risques et urbanisme travaillent en contacts étroits.
Les politiques de prévention des risques naturels et technologiques ont de
lourdes implications dans le domaine de l?utilisation des sols, de l?organisation
de l?espace et plus généralement de la structuration spatiale des territoires. Il
s?ensuit pour les acteurs publics la pertinence d?articuler étroitement les
politiques d?aménagement-urbanisme et celles de réduction et prévention
des risques. La mission a pu ressentir ce fonctionnement efficace au sein de
la DDT de Seine-et-Marne. Les élus d?Ile de France sont parfois réticents à
se voir appliquer trop de contraintes au motif de la prise en compte des
risques et peinent parfois à respecter les prescriptions règlementaires liées
aux risques. Le fait que l?État « parle » d?une seule voix est bénéfique à cette
bonne application
L?État agit pour s?assurer que les obligations des maires sont
respectées
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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L?état d?avancement de la réalisation des plans communaux de sauvegarde
a été analysé dans le cadre du bilan synthétique du programme d?actions sur
les risques naturels des services de l?État en Île-de-France 2019-2021,
réalisé par le service prévention des risques de la DRIEAT. Les chiffres - que
la Cour des comptes a repris dans son rapport de novembre 2022 - étaient
arrêtés au 31-12-2021. La mission a porté son focus sur les départements de
Seine-et-Marne et de Seine-Saint-Denis, ce qui a permis de recueillir des
chiffres plus récents.
Si le 93, avec 28 PCS réalisés sur les 35 obligatoires reste à un pourcentage
de réalisation proche de celui de fin 2021, les communes du 77 démontrent
une mobilisation beaucoup plus forte : 221 PCS ont été adoptés, y compris
22 pour des communes où ils n?étaient pas obligatoires (N. B. : le nombre des
PCS "obligatoires" étant de 229, leur taux de réalisation est de 87 %). Cette
mobilisation est certainement liée, à la relance téléphonique menée par une
chargée de mission du SIDPC, et plus généralement à l?action de la
préfecture. C?est une bonne pratique. La question du périmètre du PCS
était évoquée pour discuter l?inclusion du risque de feux de forêt. À l?issue de
cette campagne d?appels téléphoniques, 23 communes vont compléter leur
PCS et 55 PCS "feux de forêt" seront réalisés dans un délai de deux ans.
Ainsi l?action menée localement par l?État, par une campagne ciblée sur une
période donnée, a été pertinente pour dynamiser les pratiques dans un
département ciblé et mettre à l?ordre du jour un risque qui n?était pas
suffisamment dans les esprits. C?est une bonne pratique.
Prévision des crues
Hydrométrie : des données d?entrée de qualité
Les REX des dernières années ne font pas apparaître de mise en défaut des
valeurs des données hydrométriques dans un éventuel défaut de prévision :
les hauteurs d?eaux transmises au SPC sont les hauteurs d?eau réelles. La
mission a noté toutefois une exception : cas extrême de crues dépassant les
plus hautes eaux connues et pouvant entraîner l?arrachement de stations
hydrométriques, comme cela est arrivé en2016.
Le SPC dispose d?une solide équipe d?hydromètres compétents qui constitue
l?unité « hydrométrie ? réseaux de mesure » (HRM) du département
« Hydrologie et prévision des crues » de la DRIEAT. Le réseau de stations
est robuste (90 stations couvrent le territoire dont 38 sont utilisées pour la
vigilance) et il est bien entretenu. La maintenance du réseau est correctement
assurée en régie avec une équipe dimensionnée de façon satisfaisante. Elle
effectue en moyenne un passage par mois sur toutes les stations.
Les moyens budgétaires alloués pour assurer une bonne maintenance du
réseau paraissent suffisants.
Des modèles robustes et maîtrisés permettant de faire de bonnes
prévisions
Le SPC dispose de 50 modèles pluie/débit GRP et d?un modèle hydraulique
global (dénommé Cassandre, suite logiciel Mike) sur la quasi-totalité du
réseau surveillé du SPC permettant la mise en ligne de prévisions graphiques
sur les 38 stations de prévision du SPC (RIC du 15/01/2020), sur une
profondeur de 12 à 72 h.
Le SPC peut donc s?appuyer sur une modélisation robuste et de qualité avec
des modèles qu?il maîtrise bien, adaptés à la configuration des cours d?eau
et bien calibrés, les modèles pluie/débit pertinents pour les plus petits cours
d?eau de tête de bassin et le modèle hydraulique adapté aux cours d?eau tels
que la Seine.
Une équipe bien organisée pour répondre à la crise
Les locaux prévus pour la gestion de crise sont adaptés et bien équipés. La
salle est récente et un site de repli est prévu sur le site de Bry-sur-Marne si
nécessaire. Le SPC dispose de deux postes informatiques pour faire tourner
les modèles sur le site de Crillon et d?un poste sur le site de Bry-sur-Marne.
Il y a une salle serveurs sur chaque site et un groupe électrogène sur le site
de Crillon qui permet d?avoir 15 jours d'autonomie.
La DRIEAT dispose d?une bonne stratégie de mobilisation des effectifs en
cas de crise (bonne expérience retenue de la crue de 2018) : passage de
l'équipe d'astreinte de 2 à 3 en saison hivernale puis renfort avec l'appui de
l'ensemble de l'équipe en cas de crise. L'équipe de l'unité de prévision des
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crues et des inondations (UPCI) de la DRIEAT compte 7 agents, ce qui est
en adéquation avec les besoins et le cadrage national.
Une équipe de prévisionnistes bien formée
La formation dispensée aux prévisionnistes est de qualité : ils bénéficient
d?une formation initiale complétée d'une formation en continu avec des
exercices à réaliser régulièrement (beaucoup d?entre eux sont basés sur le
rejeu de la crue de 2018).
Une formation nationale est organisée par le SCHAPI puis des formations
locales sont ensuite organisées par la DRIEAT.
Une procédure d?habilitation interne des prévisionnistes de crue existe. Y est
indiqué qu'une fois le plan de formation accompli, le prévisionniste est soumis
à un bilan de compétences complet destiné à vérifier ses connaissances et
savoir-faire, ainsi que son autonomie en situation d?astreinte. Si ce bilan est
satisfaisant, l?habilitation du prévisionniste est proposée par le chef d'UPCI.
La décision d?habiliter un prévisionniste est prise par le chef du SPR sur
proposition du chef d'UPCI ou de la cheffe du département Hydrologie et
prévision des crues (DHPC). Cette habilitation est tacitement reconduite
d?une année sur l?autre. Le non-renouvellement fait l'objet d'une décision
écrite et justifiée du chef de département.
L?harmonisation des écarts de prévisions entre prévisionnistes est facilitée
par la réalisation d?exercices collectifs réguliers au cours desquels ils peuvent
confronter leurs prévisions.
Un réseau de RDI (Référents départementaux inondation) bien
coordonné par le RRI (Référent régional inondation).
En Ile-de-France, le réseau des RDI (Référent départemental inondation) est
bien coordonné par un RRI très investi dans ses missions. Les RDI ne sont
d?ailleurs pas des individus isolés, mais souvent des équipes.
Le RRI a pour rôle d'animer le réseau des RDI (Référent Départemental
Inondations). La circulaire du 28 avril 2011, puis la note technique du 29
octobre 2018, confient à la DRIEE, et donc maintenant à la DRIEAT, sur les
départements de Paris et de petite couronne, la mission de RDI, appui
technique auprès du préfet de chaque département pour la "préparation et la
gestion des crises d'inondation". La déclinaison régionale de cette feuille de
route a été formalisée au travers d'une note d'organisation en novembre 2022
par la DRIEAT.
Les missions du RRI et des RDI sont également abordées dans la matrice
"Information préventive et préparation à la crise".
Des données bien partagées avec les partenaires
Les compétences du SPC sont reconnues par les acteurs du territoire : les
collectivités porteuses de PAPI font en général appel au SPC et à l?unité
Hydrologie et réseau de mesures (UHRM) pour participer aux comités
techniques ou comités de pilotage des actions ciblant l?hydrométrie ou la
prévision des crues, le SPC faisant office de référent technique sur le sujet.
Par ailleurs, il existe un outil national dénommé « SYNAPSE" développé par
le ministère de l?intérieur à destination de l?ensemble des acteurs de la
gestion de crise, tous types de crises confondues. Pour les crues, l?outil est
utile aux RDI et SIDPC pour déterminer les risques sur le territoire grâce au
croisement de l?aléa (cartographie ZIP/ZICH préchargée dans l?outil) et des
enjeux inventoriés dans cet outil.
Le SPC, et notamment le RRI, est moteur sur le déploiement de cet outil et
participe activement au GT national piloté par le SCHAPI sur ce sujet.
En outre, le SPC dispose de catalogues de ZIP/ZICH exhaustifs sur 33/38
stations.
Sur Vigicrues aujourd?hui, la couverture en ZIP pour la région Ile-de-France
est tout à fait satisfaisante : elles sont disponibles au grand public sur 86 %
des stations de vigilance.
Pour les tronçons Yonne amont, Yonne aval, Armançon et Seine euroise, leur
catalogue ZIP/ZICH, issu de modélisations PPRI, a été ajouté à Viginond fin
2020 et début 2021. Les catalogues de ZIP/ZICH sur l?Ile-de-France sont
issus pour la plupart de la modélisation par Alphée 1 (modèle élaboré sous
une co-maîtrise d?ouvrage partagée Seine Grands Lacs (SGL) ? DRIEE). Un
nouveau modèle TELEMAC est en fin de développement dans le cadre du
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PAPI de la Seine et de la Marne Francilienne (développement co-piloté avec
SGL).
Les 5 stations non encore couvertes sont Pommeuse, Montbard, Charny,
Châteaurenard et Montbouy, c?est-à-dire les tronçons ajoutés ou allongés
dans le RIC du 15 janvier 2020.
Le SPC de la DRIEAT est le seul des SPC à être allé aussi loin dans sa
démarche en dialoguant avec les gestionnaires de réseaux pour qu'ils
intègrent les ZIP dans leur Plan de Continuité d'Île-de-France. Il a travaillé de
façon étroite avec l'Institut Paris Région (ex-IAU IdF). Un webinaire va être
prochainement organisé avec le SCHAPI pour qu'il puisse exposer sa
démarche aux autres SPC.
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Contrôle des ICPE
Très bonne prise en charge des ICPE agricoles anciennement
contrôlées par les DDPP
La prise en charge a fait l?objet d?une note d?organisation claire qui reprend
les éléments suivants : l?organisation, les rôles respectifs, le fonctionnement.
À noter : cette note n'aborde pas les processus ni les pratiques spécifiques à
adopter sur ces contrôles, et a fortiori pas les différences de pratiques avec
les « autres » ICPE (mise en demeure, etc.).
Les moyens alloués aux missions reprises par la DRIEAT et les UD sur les
ICPE agricoles en matière d?élevages ont été bien répartis et dimensionnés
(recrutement interne à la DRIEAT pour les inspecteurs).
Compte tenu du nombre d?installations, l?effectif consacré à ce contrôle est
de 4 ETP, répartis en deux pôles géographiques.
Le contrôle de ces installations est réalisé par un inspecteur ancien de DDPP,
une inspectrice venant de DDT s?occupant avant des aides agricoles et deux
inspecteurs nouveaux sur ce métier (déjà inspecteurs en DRIEE sur d'autres
installations).
Des efforts importants ont été mis en oeuvre pour former les inspecteurs,
volontaires pour consacrer une partie de leur temps au contrôle des nouvelles
installations pour la DRIEAT.
Un rôle central a été assuré par le CRIC (issu de la DDPP), de la mise en
oeuvre et du suivi de ces installations par la DRIEAT. Une formation « ICPE
agricoles » a été préparée et organisée par le CRIC pour des inspecteurs
ICPE déjà certifiés (trois sessions d?une journée, supports de présentation
détaillés).
Depuis la reprise de cette activité par les UD, les moyens ont été mis en
oeuvre pour traiter les arriérés, augmenter le nombre d?inspections et assurer
la mise à niveau des AP lorsque ceux-ci le nécessitaient.
En termes de pilotage et de rapportage, la note d?organisation en précise
clairement les modalités. Les UD s?appuient à présent sur l?utilisation de l?outil
GUN pour le suivi et le rapportage des actions d?instruction et d?inspection.
Chaque trimestre, la DRIEAT effectue un point précis et complet du suivi de
la mise en oeuvre des actions de plan annuel de l?inspection. Ce suivi est
repris dans un tableau complet.
Pertinence et efficacité des opérations « coup de poing »
Plusieurs actions coup de poing sont programmées chaque année.
Depuis 2021, il y en a une pour s?assurer du bon suivi des mises en demeure
et des sanctions en cours.
En 2022, une des actions avait porté sur les "pressings". Dans ce cadre, les
160 inspections ont permis d'identifier 19 établissements avec présence
d'une machine au perchloroéthylène dans des locaux contigus à des locaux
occupés par des tiers (interdiction depuis le 1er janvier 2022). L'inspection a
rédigé 49 mises en demeure consécutives à cette action.
Très bon pilotage du programme annuel d?inspection ICPE :
élaboration, suivi trimestriel et bilan annuel
Les priorités annuelles sont, sur la base des instructions ministres pour 2023,
déclinées au niveau régional au travers du programme de travail IIC rédigé
par le SPR, en consultation avec les UD, et validées par le directeur adjoint
de la DRIEAT.
Des priorités régionales sont ajoutées dans le programme annuel aux
priorités nationales (par exemple action 20 « SIAAP », sites industriels sous
surveillance qui nécessitent une attention particulière). Des objectifs annuels
sont établis pour chaque unité et déclinés dans les objectifs des agents lors
des entretiens professionnels annuels.
Le programme annuel 2023 de travail de l?IIC se décline en fiches actions (23
actions instructions et 10 actions inspections) qui décrivent le contexte, les
documents de référence, le plan d?action (avec la définition d?indicateurs, de
la périodicité et des objectifs) et le rapportage, les attendus et les indicateurs
de suivi des différentes actions nationales et locales.
Les UD s?appuient à présent sur l?utilisation de l?outil GUN pour le suivi et le
rapportage des actions d?instruction et d?inspection.
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Chaque trimestre, la DRIEAT effectue un point précis et complet du suivi de
la mise en oeuvre des actions de plan annuel de l?inspection. Ce suivi est
repris dans un tableau complet.
Un bilan annuel du programme d?inspection est établi en fin de chaque
exercice. Il comprend un état des réalisations pour chaque action. Il est
détaillé, complet et accessible au public.
Sites et sols pollués
Bon recensement des sites et sols pollués.
L'Ile-de-France, du fait des nombreuses activités industrielles passées (ou
parfois présentes) de ces dernières décennies, ou plus généralement des
activités humaines, est une région où la présence de terres polluées est
extrêmement fréquente. En clair, quand on manipule de la terre pour un
projet, on trouve très fréquemment des terres polluées.
Le recensement de sites pollués est réalisé au fur et à mesure et donne lieu
à un porter-à-connaissance de l'État (outil InfoSols).
Une doctrine régionale distingue les sites sensibles des autres. Les créations
et mises à jour des fiches InfoSols concernant les sites non sensibles sont
réalisées par l?inspecteur en UD (vérification par le chef d?UD et information
du SPR). Lorsque le site est sensible, la fiche est aussi validée puis publiée
par le SPR.
Pour accompagner l?action des inspecteurs, sur le Wiki de la DRIEAT sont
mis à disposition un mode opératoire pour l?utilisation d?Infosols (avril 2021),
la fiche de procédure qualité, des exemples d?AP, un exemple de rapport, et
des exemples AP tiers demandeurs et de PV de recollement.
S?agissant d?un sujet d?importance à Paris et en petite couronne, un mode
opératoire pour le traitement des signalements de situations potentiellement
dangereuses pour les riverains de pressing est également disponible.
La doctrine régionale est définie dans la note de cadrage sur les Secteurs
d?Information sur les Sols (SIS - Octobre 2022).
Depuis 2018, des SIS ont été créés par vagues dans chaque département,
par le préfet, sur la base des données dont l?État a connaissance.
Les vagues de déploiement initiales des SIS ont été réalisées ou sont bientôt
terminées. Les mises à jour ont commencé. Au 2 mars 2023, Géorisques
indiquait 709 SIS en Île-de-France, dont 697 établis sur proposition de l?IIC et
12 pour l?ASN.
Les départements 75, 78, 92, 94 et 95 ont fini les trois phases de création.
Les départements 77, 91 et 93 sont en cours de finalisation de la troisième
vague.
Depuis 2020, la phase de mise à jour de la liste des SIS par départements a
débuté (création de nouveaux SIS, modification ou suppression de SIS
existants. La procédure de mise à jour des SIS est la même que celle utilisée
lors de la phase de création, excepté la durée de consultation des mairies qui
passe de 6 à 2 mois.
Des actions relatives au SSP sont définies dans le programme annuel de
travail ICPE : mise à jour des secteurs SIS et information du public (décision
de mise jour, publication des AP de création de SIS, mise à jour des fiches
InfoSols).
La mission a pu constater un fort savoir-faire des opérateurs industriels
(procédure du tiers demandeur, très demandée en Ile-de-France). Ceci est
une bonne pratique.
Bonne coopération avec l?ARS
La DRIEAT et l?ARS ont élaboré en commun un protocole de gestion des
sites et sols pollués effectif depuis 2019 et révisé en 2021. Une mise à jour
est prévue en 2023, dans le cadre de la parution du décret n° 2021-1096 et
du décret n° 2022-1588 sur les types d?usages.
Ce protocole a aussi pour objet de traiter les sujets complexes, tels que les
sols pollués par des gaz de sol, phénomène régulier en Ile-de-France.
Le protocole prévoit les modalités d?informations entre services, la validation
des signalements, la mobilisation des expertises externes et les rôles
respectifs des acteurs dans les différentes phases de traitement du dossier.
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Au moins une réunion annuelle est organisée entre l?ARS et la DRIEAT pour
travailler sur la thématique SSP.
La limite de ce protocole est qu?il ne porte que sur les sites ICPE, la DRIEAT
n?intervenant que sur ces seules situations, alors que de nombreuses autres
situations de sols pollués peuvent se présenter.
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Risque Cavités souterraines et maîtrise de
l?urbanisation
Une bonne déclinaison des instructions nationales
Conformément à l'instruction DGPR du 17 février 2022 et à celles qui l?ont
précédé, la DRIEAT établit des plans d?actions triennaux :
? Programme d?actions sur les risques naturels des services de l?État en Île-
de-France 2019-2021
? Programme d?actions 2022-2024 des services de prévention des risques
naturels et hydrauliques en Île-de-France
Ces programmes d?action sont dans la continuité de la « stratégie régionale
de prévention des risques naturels en Ile-de-France » établie en 2013 et
couvrant la période 2013 / 2016. La thématique Inondation est prédominante.
Cela est légitime au vu des conséquences financières d?une inondation en
Ile-de-France.
En Île-de-France, une priorisation des cavités souterraines a été établie lors
de la stratégie 2013- 2016. L'objectif est de développer la connaissance sur
tous les bassins identifiés comme prioritaires sans que cela préjuge de la
réalisation ou non de plans de prévention des risques une fois l'aléa élaboré.
En juillet 2018, la doctrine régionale définissant la méthodologie d'élaboration
des PPRN a été finalisée avec une méthodologie de caractérisation de l'aléa.
Dès la validation d'une nouvelle étude d'aléa, une transmission de
l'information aux maires des communes concernées est réalisée au travers
d'un PAC. Si le PLU est en révision, il peut alors prendre en compte sans
délai les prescriptions du PAC. Cela réduit l'urgence de faire aboutir un PPR.
Le bilan de chaque plan triennal et du projet de plan triennal suivant sont
présentés en Pré-CAR. La DRIEAT assure également un suivi annuel en lien
avec les DDT.
En conclusion, la DRIEAT décline très bien les instructions nationales en
matière de priorisation du travail à mener concernant les risques naturels.
Une bonne maîtrise de l?aléa « Anciennes carrières »
La connaissance de l?aléa « cavités » (anciennes carrières souterraines de
gypse, de craie ou de calcaire) est variable : la précision est assez fine sur
les territoires couverts par les IGC, moindre en Seine-et-Marne non couverte
par une IGC, où la DDT dispose néanmoins de « l?Inventaire général des
cavités de Seine-et-Marne » réalisé par le BRGM en 2008.
Le travail de connaissance des aléas « cavités souterraines » se poursuit
localement avec les IGC 75 et 78 et le Cerema. Sur la Seine-et-Marne, le
Cerema prend en charge une à deux nouvelles études par an.
La DRIEAT rencontre deux fois par an l?IGC de Paris, pour faire le point des
études : priorisation de la réalisation des cartes d?aléa, relecture des projets
de prescriptions règlementaires des PPR? De même, la DRIEAT organise
une réunion annuelle, avec les DDT et l?IGC 78 pour la grande couronne (sauf
77) pour faire un bilan de l?application des conventions (remise des Atlas
cavités pour chaque département, remise fichiers SIG actualisés?) et des
priorités de travail (études aléas, PPRN en cours).
Le document de « doctrine régionale d?élaboration des PPRN liées aux
anciennes carrières » de Juillet 2018 comprend une cartographie
hiérarchisée des bassins de risque « carrières » sur l?ensemble de l?Ile-de-
France et décrit 36 bassins de risques liées aux anciennes carrières.
La priorité d?élaboration des études d?aléas (priorité P1 définie au niveau
régional dans la stratégie 2013-2016) concernait les communes sans
documents réglementaires et les bassins d?anciennes carrières de gypse.
Parmi les bassins de risque classés en priorité 1, toutes les communes ont
fait l?objet d?études d?aléas et de PAC récents, à l?exception de quinze
communes (5 dans le 92, 9 dans le 93 et 1 dans le 95). Sur ces quinze
communes, 13 sont couvertes par un périmètre réglementé par l?article R111-
3 du Code de l?urbanisme. Il reste Livry-Gargan et Neuilly-Plaisance).
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Globalement, les services de l?État apparaissent bien maîtriser le sujet des
« anciennes carrières » en Ile-de-France. Ils bénéficient du travail des deux
IGC de Paris et Versailles qui couvrent toute la région sauf la Seine-et-Marne
où le Cerema est sollicité1.
Un contrôle de légalité qui participe de façon rigoureuse à la prévention
des risques
La circulaire ministérielle du 25 janvier 2012 du ministère de l?Intérieur fixe
les priorités nationales de contrôle de légalité et notamment les zones de plan
de prévention de risques naturels ou technologiques, approuvés ou à venir.
La mission a examiné les conditions d?exercice de ce contrôle de légalité
dans le département de Seine-et-Marne qui a la particularité d?un exercice du
CL par la DDT 77 sous l?autorité du préfet. Ce cas n?est pas habituel.
En 2022, les objectifs prioritaires retenus en Seine-et-Marne ont été de
contrôler 100 % des actes de procédure reçus en matière de documents
d'urbanisme et de contrôler sur le fond 100 % des permis de construire et
d'aménager en zones de risques. Ces objectifs ont été tenus.
En conclusion, dans le département étudié, le contrôle de légalité des
documents d?urbanisme et des autorisations de construire participe
activement à la maitrise de l?urbanisation et donc à la prévention des
risques.
1 Voir sujet des IGC évoqué plus loin
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Liste des suggestions
? Suggestion (DRIEAT) : développer un management par les risques, à
l?instar de ce qu?avait commencé à faire la DRIEE. .......................................... 23
? Suggestion (DRIEAT) : déclarer officiellement que la responsable
qualité dépend de la direction, même si elle est positionnée dans un service.
23
? Suggestion (DRIEAT): veiller à ce que UD aient leur propre tableau
de bord, et en fassent un véritable outil de management. .............................. 24
? Suggestion (DRIEAT) : s'interroger sur le bien-fondé d'un surbooking
élevé, et examiner davantage les autres manières de combler les vacances,
par exemple le recours à des contractuels, semble-t-il assez peu utilisé.
S?assurer que la communication intern est bien passée entre le « vrai »
organigramme et l?organigramme théorique. ................................................... 24
? Suggestion (DRIEAT) renforcer sa communication sur le bilan de ses
actions RNT, en s'appuyant sur les préfets de département. Par exemple le
bilan de l'inspection des installations classées. .............................................. 24
? Suggestion (DRIEAT): développer l?écoute des associations sur les
métiers RNT. ......................................................................................................... 24
? Suggestion (préfectures) : faire un décompte de la réalisation des
DICRIM et poursuivre la mise à jour des DDRM si nécessaire. ....................... 25
? Suggestion (DRIEAT) : réaliser un suivi des démarches d'information
et de sensibilisation réalisées par les collectivités territoriales, en direction
des populations exposées à un risque précis. ................................................. 25
? Suggestion (DRIEAT) : vérifier que la totalité des établissements
concernés ont transmis leur Plan de Protection Contre les Inondations
(PPCI) ; rappeler l?obligation de transmettre des bilans annuels de mise en
oeuvre des plans et en organiser l?exploitation par les services de l?Etat. .... 26
? Suggestion (DRIEAT) : vérifier avec les acteurs consulaires la
sensibilisation des petites entreprises aux enjeux de vulnérabilité et engager
avec les CT des actions de terrain adéquates. ................................................. 26
? Suggestion (DRIEAT) : prendre l'attache du rectorat pour proposer si
besoin une aide à la mise en oeuvre de la circulaire du 25-11-2015. .............. 26
? Suggestion (préfet de région): dans un contexte d'augmentation des
évènements extrêmes, le recueil et l'utilisation des données et informations
tirées d'expériences réelles, doivent faire l'objet d'une capitalisation des
événements partagée entre les services de l?Etat, en intégrant les aspects
techniques, économiques, juridiques et environnementaux. ......................... 27
? Suggestion (DRIEAT) : définir les critères à partir desquels il est
décidé de muter le SPC vers le site de Bry-sur-Marne. ................................... 27
? Suggestion (DRIEAT) : le SPC doit pouvoir maintenir
l?opérationnalité de sa compétence de gestion de crise, même s?il n?a connu
aucun passage en vigilance au cours des douze derniers mois. Il pourrait être
envisagé de le faire participer à une gestion de crise réellement vécue sur un
autre territoire, en lui permettant par exemple d?assister aux COD par
visioconférence pour qu?il puisse prendre connaissance en temps réel de la
teneur des échanges, du rôle de chacun et des différents niveaux de décision.
28
? Suggestion (DRIEAT) : détailler dans la fiche de poste du chef du
SPC la mission de RRI, en mentionnant le temps à y consacrer. ................... 28
? Suggestion (DGPR) : prévoir une mission d?appui au SPC pour
développer les outils nécessaires à la couverture totale du territoire du SPC
par la vigilance dans la programmation annuelle que la DGPR et le SCHAPI
planifient avec le Cerema pour les 4 prochaines années. ............................... 29
? Suggestion (préfet de région) : tirer un bilan des différentes
situations, et inviter les préfets de département à déléguer un certain nombre
d'actes à la DRIEAT (par exemple au moins les lettres de suites d'inspection
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et de recevabilité des demandes, mais on peut imaginer aussi les mises en
demeure). .............................................................................................................. 29
? Suggestion (DRIEAT) : face au rôle central assuré par le CRIC, il faut
s?assurer de la pérennisation de l'organisation du suivi des élevages au-delà
de cette contribution (cas d?un éventuel changement de fonctions). De ce
point de vue, il pourrait être créé la fonction d?adjoint au CRIC, établi des
réunions périodiques entre les inspecteurs ICPE en charge des élevages et
un correspondant à désigner au sein des DDPP respectives, afin de consolider
les échanges et le suivi de ces installations. Afin de faciliter le transfert
d?inspecteurs de la DDPP vers les UD, pour suivre les ICPE agricoles, il serait
utile, le cas échéant, et après s?être assuré que tel est bien le cas, de
communiquer davantage sur l?absence de différences de traitement. .......... 29
? Suggestion (DGPR) : au niveau national, étudier la possibilité
d?accès, et des modalités d?échanges, aux informations sur les élevages
(bases de données du ministère de l'agriculture). ........................................... 30
? Suggestion (DRIEAT) : comptabiliser les actions qui n?apparaissent
pas dans les fiches action du programme annuel régional d?inspection des
ICPE (en premier lieu pour ce qui concerne les modifications/porter-à-
connaissance), en quantifiant le temps à y consacrer. ................................... 30
? Suggestion (DRIEAT, UD) : conduire une démarche visant à analyser
les raisons des délais d?instructions moyens importants des autorisations en
vue de les réduire. ................................................................................................ 30
? Suggestion (DRIEAT) : rappeler l?obligation de la publication des
rapports d?inspection en ligne sur Géorisques pour tout type d'ICPE, y
compris les installations agricoles. S?assurer par échantillonnage que cela est
bien fait, et rappeler la procédure à suivre sur GUNenv. ................................. 30
? Suggestion (DRIEAT) : clarifier l?organisation de la fonction juridique
en matière de RNT. ............................................................................................... 31
? Suggestion (DRIEAT) : reprendre le suivi annuel et pluriannuel
statistique des sanctions administratives et pénales (tel qu'il a été pratiqué
entre 2017 et 2020 avant la mise en service de GUNenv) pour déceler les
tendances et problèmes de fond éventuels. ..................................................... 31
? Suggestion (DRIEAT) : dans le cadre des OSPIIC 2023-2027 (accord
national entre la DGPR et ministère de la justice - à venir), les UD pourraient
être encouragées à décliner localement cet accord. ....................................... 31
? Suggestion (DGPR) : examiner le principe de fusion de la notion de
SIS et celle de site à pollution suspectée ou avérée, ou d?une clarification sur
les différences entre ces notions. ...................................................................... 31
? Suggestion (DRIEAT) : intégrer dans les SIS les sites répondant à la
définition des SIS mais qui ne sont pas des anciennes ICPE, ce qui nécessite
d?associer l?ARS dès la phase de recensement et d?identification des sites et
sols pollués........................................................................................................... 32
? Suggestion (DGPR) : formaliser la procédure de vérification
d?annexion des SIS, et de leurs mises à jour, dans les documents d?urbanisme.
32
? Suggestion (DGPR, DRIEAT) : organiser des échanges sur la
thématique de la pollution des sols dans le cadre des dialogues avec les TA
et assurer une veille nationale sur les jurisprudences (pour diffusion aux
DREAL). 32
? Suggestion (DGPR) : une révision des textes pour rendre plus
efficace la mise en oeuvre de l?application du principe pollueur-payeur, en cas
de défaillance de l?exploitant et de son représentant légal, pourrait être utile.
32
? Suggestion (DGPR) : étudier la possibilité de remplacer le courrier
aux propriétaires par l?affichage en mairie, comme cela est pratiqué dans
d?autres domaines ou prendre exemple sur le processus de PPVE
(participation du public par voie électronique) plus souple par exemple (cf
R125-44, modification du code nécessaire). ..................................................... 32
? Suggestion (DGPR, DRIEAT) : mener une analyse de la situation de
lenteur d'approbation des PPR "Mouvements de terrains" et en tirer les
conséquences, en particulier en termes réglementaires. ................................ 33
? Suggestion (DRIEAT): il serait souhaitable que la répartition des
effectifs consacrés à la prévision des risques soit justifiée par une analyse
Objectifs / Moyens menée au niveau régional. ................................................. 34
PUBLIÉ
Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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? Suggestion (DRIEAT) : tirer les conclusions des études menées sur
le risque lié à la dissolution du gypse, pour orienter les études d'aléas à mener
et pour les traduire en termes réglementaires dans les projets de PPR et dans
tous documents Plans / Programmes. ............................................................... 34
? Suggestion (DRIEAT) : appréhender au niveau régional le risque lié
aux anciennes marnières et lancer si nécessaire des études d'aléas sur le
sujet. 35
? Suggestion (DRIEAT, DDT) : mener une étude sur le respect des
obligations imposées par les PPR "Mouvements de terrain" concernant les
habitations existantes et les réseaux. ............................................................... 35
? Suggestion (DGPR, DRIEAT) : éclaircir les conditions d'intervention
financière du Cerema en termes réglementaires. ............................................. 35
? La mission suggère à tout le moins que l?aspect « risques » soit pris
en compte dans le choix des opérations contrôlées dans le cadre du CRC. 36
? Suggestion (DRIEAT) : revoir les priorités du CRC en intégrant le
critère "risque" pour le choix des opérations contrôlées. .............................. 36
? Suggestion (DRIEAT, DDT) : tirer les conséquences de la nouvelle
réglementation nationale concernant le retrait-gonflement des argiles. ....... 37
PUBLIÉ
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risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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Risques « moyens » à placer sous
surveillance
Management et pilotage
Il existe une démarche qualité, poussée et promue par la direction, dans
l'optique d'une certification ISO 9001 souhaitée en mars 2024. Il convient de
signaler que la DRIEE était certifiée, alors que la DRIEA ne l'était pas. La
mission n'en a pas entendu parler au cours de ces divers entretiens internes,
mais a constaté qu'elle était effectivement promue par la directrice. La
lecture de la déclaration de politique qualité 2021-2022 met en évidence que
cette démarche est vue comme un élément structurant de la stratégie de la
DRIEAT, à la fois pour l'interne et l'externe. La déclaration de politique
qualité pour 2023 est datée du 23 mai.
Un système d?information dédié a été mis en place, fournissant aussi un outil
de gestion du projet (SYMALEAN).
La mission a pu prendre connaissance de la cartographie des processus,
qui sont bien des processus transversaux.
Il n'y a pas de contrôle de gestion. Il n'y a pas actuellement non plus
d'approche par les risques, pas de cartographie des risques. Il apparaît à la
mission que, à l'instar de ce qu'on fait les services nationaux, la DRIEAT
devrait se doter d'une cartographie des risques, en s'inspirant sur la
cartographie des risques dont disposait la DRIEE (mais qui était seulement
sur l'aspect comptable), en l'étendant à tous les risques et pas uniquement
aux risques financiers.
? Suggestion (DRIEAT) : développer un management par les
risques, à l?instar de ce qu?avait commencé à faire la DRIEE.
Il n'y a pas de contrôle interne formalisé, à l'exception du contrôle interne
comptable, qui figure sur l'intranet pour la DRIEA seulement.
En revanche les processus RNT font l'objet d'un système de contrôle interne
bien décrit par des notes. Par exemple elles décrivent les trois niveaux pour
un rapport d?inspection : rédaction vérification approbation.
La responsable qualité est positionnée au sein du service accompagnement
et pilotage, et donc, ne relève pas directement de la directrice, ce qui
constitue une non-conformité majeure.
? Suggestion (DRIEAT) : déclarer officiellement que la
responsable qualité dépend de la direction, même si elle est
positionnée dans un service.
La mission a constaté un très bon pilotage de la part du service Prévention
des Risques.
La mission s'est étonnée que, si les documents de pilotage sont très présents à
l'échelon régional, ils le sont beaucoup moins à l'échelon de chaque UD, qui
"récupère" ses propres tableaux des tableaux fournis par le siège.
Ainsi sur le suivi des inspections la mission n'a pas pu voir de tableau de bord
départemental effectivement suivi par les UD. Sur les questions de délai par
exemple la mission a eu le sentiment qu'ils étaient suivis par le siège
principalement.
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risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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? Suggestion (DRIEAT): veiller à ce que UD aient leur propre
tableau de bord, et en fassent un véritable outil de management.
Les effectifs de la DRIEAT en matière de risques naturels et
technologiques paraissent gérés correctement. Toutefois, la mission n'a
pas eu connaissance des justifications de la répartition des effectifs par
activité.
C'est la vacance de postes qui cause le plus de problèmes. Le service
risque pallie les difficultés de telle ou telle UD en tant que de besoin. Il a
même organisé des aides inter UD.
La mission souligne une pratique de surbooking : les postes inscrits à
l'organigramme sont supérieurs de 10% au nombre de postes attribués à la
DRIEAT. Cette pratique a pour objectif d?augmenter la chance d'atteindre
la consommation du nombre de poste budgétés.
Un surbooking est en effet nécessaire pour saturer le plafond d?emploi, que
ce soit en ETP, et encore davantage en ETPT. Le taux de vacances
structurel (écart « normal » entre un départ et une arrivée) est de 3%.
Étant donné que cet objectif n'est pas atteint, la DRIEAT envisage de
passer à 15% de surbooking. La mission est dubitative voire réservée sur
cette pratique. Un nombre de postes théoriques trop élevé donne une
mauvaise information sur les moyens réellement affectés aux
équipes. Elle génère obligatoirement des frustrations puisque les services
croient avoir des vacances alors qu'en fait ils sont à leur effectif nominal.
De plus, les modes de recrutement ont été élargis par une facilitation
donnée à l'embauche de contractuels.
? Suggestion (DRIEAT) : s'interroger sur le bien-fondé d'un
surbooking élevé, et examiner davantage les autres manières de
combler les vacances, par exemple par le recours à des
contractuels, semble-t-il assez peu utilisé. S?assurer que la
communication interne est bien passée entre le « vrai »
organigramme et l?organigramme théorique.
La gestion des RPS est bien décrite dans la DRIEAT.
Comme déjà indiqué, la DRIEAT bénéficie d?une excellente image. La
mission a entendu toutefois un avis plus nuancé de l?association qu?elle a
rencontrée (FNE). Il semble que la DRIEAT a pourtant une mission
importante vis-à-vis des associations en règle générale (agrément,
subventionnement). Elle les connaît donc bien. Elle pourrait développer
davantage ces relations privilégiées pour promouvoir la communication et
l?écoute sur les métiers RNT, en construisant davantage les synergies avec
le service qui suit les associations à la DRIEAT.
? Suggestion (DRIEAT) renforcer la communication sur le bilan de
ses actions RNT, en s'appuyant sur les préfets de département.
Par exemple le bilan de l'inspection des installations classées.
? Suggestion (DRIEAT): développer l?écoute des associations sur
les métiers RNT.
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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Information préventive, préparation à la crise
Les documents d?information communaux sur les risques majeurs n?ont pas
tous été produits. Cette situation prive les élus des communes concernées
d'un outil de sensibilisation et de mobilisation des habitants et des acteurs
économiques, sociaux et environnementaux du territoire. L?état
d?avancement des DICRIM doit donc faire partie intégrante des indicateurs
suivis par l?État pour apprécier la mise en oeuvre des politiques de prévention
des risques naturels et technologiques.
Pour ce qui concerne les services de l?État, les DDRM (Dossiers
Départementaux des Risques Majeurs) existent pour chaque département
mais ils ne sont pour la plupart plus à jour et sont en cours de révision. Ce
travail de mise à jour, dont la dynamique et les délais ont pâti de la crise du
COVID est nécessaire au moins pour deux raisons : il permet de respecter
l?obligation de révision quinquennale fixée par le code de l?environnement,
mais surtout il permet de transmettre aux maires les informations pertinentes
sous une forme adaptée à l?intégration et la valorisation des données, dans
tous les documents qui viendront en déclinaison.
L?adoption des DICRIM par les collectivités, ainsi que les mises à jour des
DDRM par l?État, conditionnent au premier chef la qualité et l?exhaustivité
des informations données aux décideurs et à la population. Le suivi de la
validité et de la complétude de ces documents est un critère déterminant de
la mise en oeuvre des politiques de prévention des risques naturels et
technologiques.
? Suggestion (préfectures) : faire un décompte de la réalisation
des DICRIM et poursuivre la mise à jour des DDRM si
nécessaire.
Les équipes de la DRIEAT ont une culture du risque qu?elles entretiennent
et partagent régulièrement, à travers un travail permanent d?animation.
Toutefois le dialogue avec les collectivités territoriales concernant la
connaissance du risque et son appropriation par les habitants, relève des
échelons départementaux que sont les DDT ou les UD. Le SPR de la
DRIEAT confie donc à ces échelons, le soin de discuter avec les collectivités
territoriales de l?usage qu?elles font des informations et documents qui leur
sont transmis par l?État. Or cette diffusion garantit la bonne connaissance
des différents risques naturels et technologiques présents sur le territoire,
ainsi que la bonne appropriation des principes de prévention et de mise en
sécurité lors des crises.
L?importance de cette dernière étape de « connaissance et d?appropriation
au plus près du terrain » est telle que l?État, même s?il n?a plus les
compétences transférées aux communes, doit vérifier que ses messages
sont bien passés et les suites mises en oeuvre.
La mission a pu constater un engagement des préfets pour diffuser la
connaissance du risque, et vérifier que les collectivités remplissent bien les
missions qui leur sont déléguées. Toutefois la mission a aussi relevé un
contre-exemple : alors que les risques sont nombreux et forts à la gare de
Drancy, la commune s?abstient de participer aux exercices de sécurité civile
que l?État organise régulièrement.
? Suggestion (DRIEAT) : réaliser un suivi des démarches
d'information et de sensibilisation réalisées par les collectivités
territoriales, en direction des populations exposées à un risque
précis.
La DRIEAT a engagé à partir de 2016 une démarche active auprès d?un
nombre limité d?opérateurs de réseau public, pour les amener à transmettre
à l?administration et échanger entre eux, des données sensibles sur la
protection de leurs installations et leur résilience en cas de crise. Cette
démarche a pris la forme d?une convention de mise à disposition, qui faisait
PUBLIÉ
Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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suite à une déclaration d?intention signée par 32 signataires (État,
collectivités territoriales, entreprises concernées). La transmission des
données a désormais eu lieu, la DRIEAT poursuivant son travail d?animation
en prenant à sa charge la « mise en confidentialité » de certaines
informations d?ordre technique ou commercial.
Parallèlement, une disposition spécifique au PPRI de la ville de Paris
approuvé en 2007, a permis d?engager la préparation de Plans de Protection
Contre les Inondations (PPCI) par plus d?une centaine d?acteurs
économiques et sociaux : entreprises, établissements médicaux, médico-
sociaux ou culturels, administrations, salles de spectacle? La plupart de ces
documents ont désormais été transmis. Cependant, ils se limitent souvent à
décrire des actions qui doivent être réalisées à terme. Il était donc prévu que
la démarche initiale soit complétée par la transmission de bilans annuels de
mise en oeuvre des actions mentionnées dans les PPCI.
Il est utile que la préfecture de police et la DRIEAT échangent sur l?état
d?avancement de ce dispositif propre à la ville de Paris, et en relance si
besoin l?animation.
Enfin, dans le même esprit, il est certainement utile de vérifier l'attention que
les très petites et les petites ou moyennes entreprises, portent sur leur
exposition aux risques. Les organismes consulaires peuvent être pour cela
des relais qui contribueraient à mieux appréhender le niveau de résilience
du tissu économique diffus.
? Suggestion (DRIEAT) : vérifier que la totalité des établissements
concernés ont transmis leur Plan de Protection Contre les
Inondations (PPCI) ; rappeler l?obligation de transmettre des
bilans annuels de mise en oeuvre des plans et en organiser
l?exploitation par les services de l?État.
? Suggestion (DRIEAT) : vérifier avec les acteurs consulaires la
sensibilisation des petites entreprises aux enjeux de
vulnérabilité et engager avec les CT des actions de terrain
adéquates.
La circulaire du 25 novembre 2015 prescrit pour les établissements
scolaires, l?adoption de Plans Particuliers de Mise en Sécurité (PPMS) ; elle
prévoit également une démarche et des actions de sensibilisation des élèves
à la prévention des risques et aux missions exercés par les services de
secours. Le ministère de l?environnement, du développement durable et de
l?énergie était cosignataire de cette circulaire, avec le ministère de
l?enseignement supérieur des sports et de la recherche ainsi que le ministère
de l?intérieur. Il est bénéfique pour les ministères partenaires de même que
pour le MTE, que les services de l?État en région et en département
participent à de telles démarches, dans une approche interministérielle
auprès de populations jeunes.
Cette circulaire ne fixe aucune demande à la DRIEAT. Cela étant il a paru
étonnant à la mission qu?il n?y ait aucun contact avec le rectorat sur les
actions découlant de cette circulaire.
? Suggestion (DRIEAT) : prendre l'attache du rectorat pour
proposer si besoin une aide à la mise en oeuvre de la circulaire
du 25-11-2015.
La collecte et de la capitalisation des données post-événement est
organisée à plusieurs niveaux, faisant intervenir différents acteurs.
Pour les risques technologiques, les évènements importants sont déclarés
au Bureau d?Analyse des Risques et Pollutions Industriels de la DGPR,
PUBLIÉ
Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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lequel transmet périodiquement un fichier par région pour regrouper les
événements impliquant les différents types d?installations classées. La DRIEAT
s?assure de la véracité et la complétude des informations.
Le sujet CATNAT est traité par les SIDPC des préfectures, qui publient les
décisions de classement des communes et produire des bilans annuels
devant la CDRNM. Ces données sont suivies par la sous-direction de la
préparation, de l?anticipation et de la gestion de crise de la DGSCGC. Au
niveau régional, la DRIEAT a accès aux données de la caisse centrale de
réassurance.
Or la vocation de ces suivis est surtout juridique et financière, sans porter
sur les causes et les conditions de survenance des crises, les impacts
économiques et environnementaux.
? Suggestion (préfet de région): dans un contexte d'augmentation
des évènements extrêmes, le recueil et l'utilisation des données
et informations tirées d'expériences réelles, doivent faire l'objet
d'une capitalisation des événements partagée entre les services
de l?État, en intégrant les aspects techniques, économiques,
juridiques et environnementaux.
Prévision des crues
Hydrométrie : des moyens à bien utiliser
Si l?équipe de l?UHRM ne manque pas de moyens financiers pour maintenir
son réseau de stations, ses moyens humains sont fragilisés par le non-
remplacement d?un agent en congé longue maladie non remplacé et
l?impossibilité d?aller sur le terrain pour un agent du fait de raisons médicales.
Par ailleurs, le SPC souhaite aller vers un déploiement de caméras de
surveillance sur les stations de son réseau. Le SCHAPI indique que cette
technologie est intéressante, bien adaptée aux cours d?eau qui subissent
des crues rapides, mais qu?elle fait transiter des données très lourdes ce qui
exige de grosses capacités de stockage. Cela implique le plus souvent
d?avoir recours à un prestataire externe et donc de perdre en autonomie
même si pour le moment le déploiement du système de caméras ne semble
pas poser cette problématique de stockage à la DRIEAT. Les caméras ne
sont pas mises en fonctionnement en permanence et les séquences ne sont
déclenchées à distance qu?aux moments jugés opportuns.
Le SPC devra néanmoins rester vigilant à cette problématique de stockage
des données et ne déployer de caméras que sur les sites le nécessitant
réellement.
Un site de repli à Bry-sur-Marne : à partir de quel seuil d?inondation y
installer la cellule de crise ?
Les locaux sont adaptés aux missions des prévisionnistes et doublé d?un site
de repli à Bry-sur-Marne.
Ce repli peut être nécessaire pour plusieurs raisons :
- les locaux actuels (à noter que ce ne sera pas le cas des futurs locaux rue
Miollis) sont situés en zone de fragilité électrique et le groupe électrogène
du bâtiment a une autonomie limitée à 15 jours ;
- bien que n?étant pas directement inondés, les locaux peuvent être
inaccessibles aux agents.
La décision de transférer le SPC vers la salle de crise à Bry-sur-Marne n?est
aujourd?hui pas formalisée dans le cadre d?une procédure, à partir de critères
ou de seuils pré-établis.
? Suggestion (DRIEAT) : définir les critères à partir desquels il est
décidé de muter le SPC vers le site de Bry-sur-Marne.
PUBLIÉ
Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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Formation des prévisionnistes : maintenir une pratique opérationnelle
« réelle »
Les prévisionnistes bénéficient d?une formation de qualité. En plus de leur
formation initiale, ils s?exercent en continu grâce à une formation continue et
des exercices à réaliser régulièrement. Néanmoins, ces exercices restent
théoriques et il peut se passer une année sans qu?un prévisionniste ait pu
connaître un changement de vigilance (cas par exemple pour l?année 2022).
Il paraît important de maintenir une pratique opérationnelle « en conditions
réelles » au moins une fois par an.
? Suggestion (DRIEAT) : le SPC doit pouvoir maintenir
l?opérationnalité de sa compétence de gestion de crise, même
s?il n?a connu aucun passage en vigilance au cours des douze
derniers mois. Il pourrait être envisagé de le faire participer à
une gestion de crise réellement vécue sur un autre territoire, en
lui permettant par exemple d?assister aux COD par
visioconférence pour qu?il puisse prendre connaissance en
temps réel de la teneur des échanges, du rôle de chacun et des
différents niveaux de décision.
RRI : un rôle à part entière assuré par le chef du SPC
Le RRI, chef du SPC, est bien investi dans son rôle et participe activement
aux groupes de travail nationaux pilotés par le SCHAPI sur ces missions. Il
faudra être vigilant à assurer une bonne continuité de ces missions lorsqu'il
sera remplacé, en les précisant de façon explicite sur la fiche de poste du
2 Les missions du RRI et des RDI sont également abordées dans la matrice "Information préventive et
préparation à la crise".
chef du SPC et en indiquant que 10-15% du temps de travail doivent y être
consacrés.
L?attribution de la mission de RDI au sein de chaque département est très
hétérogène. Elle peut être répartie sur un nombre d?agents allant d?un à dix.
Il est donc important que le RRI s?adapte à cette situation et sache trouver
les bons interlocuteurs dans chaque département afin que les réponses
opérationnelles soient apportées rapidement et que l?action reste efficace en
cas de crise.2
? Suggestion (DRIEAT) : détailler dans la fiche de poste du chef
du SPC la mission de RRI, en mentionnant le temps à y
consacrer.
Un défi à relever pour 2030 : donner une information sur les crues sur
l?ensemble du territoire
À l'horizon 2030, le SCHAPI prévoit de parvenir à une couverture totale du
territoire par la vigilance. L'objectif est d'arriver à donner une information sur
les crues sur l'ensemble des cours d'eau les plus importants de France.
Le SPC doit donc répondre à un double challenge sur son périmètre
d?action :
1/ Développer des outils pour aider à la décision sur tous les cours d'eau où
les enjeux sont importants ;
2/ Sur tous les cours d'eau non suivis aujourd'hui et concentrant de forts
enjeux (neuf cours d'eau identifiés), développer une modélisation fine.
L'ensemble des outils de modélisation devront être opérationnels pour 2028
afin de disposer d'une marge de manoeuvre pour les déployer.
PUBLIÉ
Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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Le travail est conséquent en Ile-de-France qui concentre de très nombreux
enjeux. Le SCHAPI recommande au SPC de s'appuyer sur une expertise
externe et notamment le Cerema. La mission partage cette position.
? Suggestion (DGPR) : prévoir une mission d?appui au SPC pour
développer les outils nécessaires à la couverture totale du
territoire du SPC par la vigilance dans la programmation
annuelle que la DGPR et le SCHAPI planifient avec le Cerema
pour les 4 prochaines années.
Contrôle des ICPE
Les délégations de signature, pour chaque service et UD, sont référencées
et mises à jour régulièrement sur une page dédiée de l?intranet de la
DRIEAT. Les délégations accordées à la DRIEAT sont très différentes d'un
département à l'autre. Dans le 77 et le 78, la DRIEAT a délégation pour les
lettres de suite d'inspection, les avis de recevabilité, et aussi les mises en
demeure. La mission estime qu'il s'agit d'une bonne pratique, de nature à
fluidifier les dossiers, simplifier, et réduire les délais, tout en garantissant
l?information du préfet sur les dossiers qui le méritent. En l?absence de ce
type de délégation, des délais supplémentaires et un alourdissement du
processus dû à l?augmentation du nombre d?acteurs peuvent être induits.
? Suggestion (préfet de région) : tirer un bilan des différentes
situations, et inviter les préfets de département à déléguer un
certain nombre d'actes à la DRIEAT (par exemple au moins les
lettres de suites d'inspection et de recevabilité des demandes,
mais on peut imaginer aussi les mises en demeure).
Un rôle central est assuré par le CRIC (issu de la DDPP) pour ce qui
concerne l?inspection des ICPE agricoles (élevages) par la DRIEAT. Une
formation « ICPE agricoles » a été préparée et organisée par le CRIC pour
des inspecteurs ICPE déjà certifiés (trois sessions d?une journée, supports
de présentation détaillés). Depuis la reprise de cette activité par les UD, les
moyens ont été mis en oeuvre pour traiter les arriérés, augmenter le nombre
d?inspections et assurer la mise à niveau des AP lorsque ceux-ci le
nécessitaient. Les deux éleveurs rencontrés par la mission sont très
satisfaits de la situation actuelle et ont fait état d?un bon suivi et dialogue
avec les services de l?inspection.
Les pratiques, voire les doctrines d?inspection, des installations agricoles
sont différentes de celles des autres ICPE.
Le recrutement d?inspecteurs en provenance de DDPP pourrait aussi
permettre de consolider ces acquis. Il a été indiqué à la mission que la
différence de niveau salarial entre les inspecteurs DDPP et ICPE pouvait
représenter un frein à cette mobilité. La mission a examiné ce point : il
apparaît qu?il n?y ait en fait pas de différence, mais le fait que la difficulté
ait été mentionnée est important.
? Suggestion (DRIEAT) : face au rôle central assuré par le CRIC, il
faut s?assurer de la pérennisation de l'organisation du suivi des
élevages au-delà de cette contribution (cas d?un éventuel
changement de fonctions). De ce point de vue, il pourrait être
créé la fonction d?adjoint au CRIC, établi des réunions
périodiques entre les inspecteurs ICPE en charge des élevages
et un correspondant à désigner au sein des DDPP respectives,
afin de consolider les échanges et le suivi de ces installations.
Afin de faciliter le transfert d?inspecteurs de la DDPP vers les
UD, pour suivre les ICPE agricoles, il serait utile, le cas échéant,
et après s?être assuré que tel est bien le cas, de communiquer
davantage sur l?absence de différences de rémunération.
PUBLIÉ
Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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Au moment de la fusion au sein de la DRIEAT du suivi des ICPE agricoles,
la transmission des dossiers s?est opérée dans de bonnes conditions de la
DDPP vers les UD. Des contacts avec les DDPPs sont maintenus depuis au
niveau CRIC. La coordination apparait bonne au sein de chaque UD pour
ces ICPE. Le programme d?inspections est partagé avec les parties
prenantes en début d?année. Le CRIC et les UD n?ont pas accès aux bases
de données et aux applications métiers du ministère de l?agriculture et de la
souveraineté alimentaire (MASA), alors que les DDPP en disposaient. Les
informations de ces bases de données permettent entre autres de vérifier le
respect des seuils de classement des installations agricoles, en particulier
des élevages.
? Suggestion (DGPR) : au niveau national, étudier la possibilité
d?accès, et des modalités d?échanges, aux informations sur les
élevages (bases de données du ministère de l'agriculture).
Certaines actions menées par les inspecteurs ICPE (accompagnement
amont des projets, instruction des porter-à-connaissance pour modification)
ne font pas l?objet d?une fiche action dans le programme de travail annuel de
l?IIC. Ces actions mobilisent beaucoup les inspecteurs et ne sont pas
comptabilisées/valorisées par la DGPR et la DRIAET. De ce fait le risque
d?être mis en défaut sur des éléments importants du suivi d?ICPE est
possible.
? Suggestion (DRIEAT) : comptabiliser les actions qui
n?apparaissent pas dans les fiches action du programme annuel
régional d?inspection des ICPE (en premier lieu pour ce qui
concerne les modifications/porter-à-connaissance), en
quantifiant le temps à y consacrer.
Les délais d?instruction font l?objet d?un suivi trimestriel au niveau DRIEAT et
de chaque UD. Concernant l?autorisation environnementale, sur l?année
2022, pour un objectif de 335 jours d?instruction au plus, les valeurs
moyennes trimestrielles constatées vont de 445 jours à 525 jours.
? Suggestion (DRIEAT, UD) : conduire une démarche visant à
analyser les raisons des délais d?instructions moyens
importants des autorisations en vue de les réduire.
La diffusion des rapports d?inspection est assurée par Géorisques. Une ONG
note cependant que la plupart des rapports ne sont pas accessibles et
qu?elle est peu informée des suites données aux dossiers (même remarque
de la part d?un commissaire enquêteur). La mission a procédé à un
échantillonnage et a pu observer a priori la bonne mise à disposition de
rapports d'inspections ICPE, à part des exceptions dument explicitées,
? Suggestion (DRIEAT) : rappeler l?obligation de la publication
des rapports d?inspection en ligne sur Géorisques pour tout
type d?ICPE. S?assurer par échantillonnage que cela est bien
fait, et rappeler la procédure à suivre sur GUNenv.
Le service juridique de la DRIEAT ne dispose pas de compétence en
contentieux ICPE (ni risques naturels), et ce même si la DRIEAT dit qu?il est
disponible pour des appuis ponctuels sur des dossiers risques. Les
interlocuteurs du SPR sont les préfectures et les bureaux de la DGPR. Le
contentieux ICPE est géré par les UD qui contribuent sur le fond aux
mémoires dans la plupart des départements, avec un appui de la préfecture
sur la forme. Certaines préfectures réalisent intégralement les mémoires
mais ce n'est pas le cas général. Certaines UD vont parfois plus loin aussi
en réalisant des documents prêt-à-signer pour le préfet. Le traitement d'un
contentieux est soumis à un encadrement strict de délais: le jour où la
commande (ordonnance de clôture) tombe, l'inspection a quelques
semaines pour répondre, ce qui peut générer le risque que certains
mémoires soient parfois rédigés dans l'urgence et de ce fait moins
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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solidement argumentés. Le risque est globalement bien géré par la DRIEAT
et les UD. Le foisonnement des situations observées semble efficace (l?État
gagne très souvent les contentieux), mais a sans doute à un coût humain
non optimal.
? Suggestion (DRIEAT) : clarifier l?organisation de la fonction
juridique en matière de RNT.
Un suivi des statistiques pluriannuelles des sanctions administratives et
pénales a été mis en oeuvre jusqu?en 2020 avant la bascule vers l?outil
GUNenv et a fait l?objet d?une présentation détaillée jusqu?alors. Une
diminution des sanctions administratives et une augmentation des sanctions
pénales apparaissaient sur la période 2017-2020. Sur la même période le
nombre d?inspection augmentait. Une répartition par type de sanction et par
département permettait un suivi fin des tendances. Par exemple, il était
constaté que la thématique des déchets était majoritaire dans les sanctions
post-APMED, une augmentation sur les trois dernières années du nombre
de PV, et une forte disparité des PV entre les différents départements de la
région.
? Suggestion (DRIEAT) : reprendre le suivi annuel et pluriannuel
statistique des sanctions administratives et pénales (tel qu'il a
été pratiqué entre 2017 et 2020 avant la mise en service de
GUNenv) pour déceler les tendances et problèmes de fond
éventuels.
Les relations établies avec les parquets diffèrent suivant les départements.
Il n?y a pas de protocole de coopération. S?agissant du siège, un protocole
d?accord relatif au traitement des atteintes à l?environnement a été signé en
novembre 2019 entre le TGI de Paris, le préfet de la région Ile-de-France,
le préfet de police, l'ONCFS et l?AFB. Il porte sur de nombreuses polices et,
pour ce qui concerne le département 75, les polices des installations
classées, des produits chimiques, des déchets et des infrastructures de
transport de matières dangereuses. Les OSPIIC 2023-2027 prévoient un
accord cadre national entre la DGPR et le ministère de la justice, à décliner
au niveau régional et départemental. Des premières réunions ont été
organisées entre, d'une part, la DRIEAT et, d?autre part, le Parquet, en
profitant de la création des Pôles Régionaux Environnementaux (PRE) Est
et Ouest institués par le ministère de la justice. Des réunions UD-Parquet
ont lieu, suivant un rythme différent pour chaque département.
? Suggestion (DRIEAT) : dans le cadre des OSPIIC 2023-2027
(accord national entre la DGPR et ministère de la justice - à
venir), les UD pourraient être encouragées à décliner localement
cet accord.
Sites et sols pollués
La mission partage la remarque entendue à plusieurs reprises au cours des
entretiens menés dans le cadre de cette évaluation : la dénomination «
Secteurs d?information sur les sols » n?est pas explicite pour la population. Il
est difficile de comprendre ce qu?elle recouvre et ce qui la différencie de la
base GEORISQUES (sites à pollution suspectée ou avérée).
? Suggestion (DGPR) : examiner le principe de fusion de la notion
de SIS et celle de site à pollution suspectée ou avérée, ou d?une
clarification sur les différences entre ces notions.
L?ARS ne participe, pas à ce jour, au recensement des sites et sols pollués
et n?est pas sollicitée par la DRIEAT pour valider un site dans la base de
données nationale. La prise en compte des enjeux de santé, si elle existe,
n?est pas vérifiée par l?ARS. Par exemple, les anciennes plaines
d?épandages d?eaux usées dans les départements du 78 et du 95, en partie
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
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aujourd?hui urbanisées, répondent au critère d?exposition des populations à
des sites et sols pollués. Elles devraient être intégrées dans les SIS comme
des sites pollués dans les SIS, ce qui n?est pas le cas aujourd?hui.
? Suggestion (DRIEAT) : intégrer dans les SIS les sites répondant
à la définition des SIS mais qui ne sont pas des anciennes ICPE,
ce qui nécessite d?associer l?ARS dès la phase de recensement
et d?identification des sites et sols pollués.
Conformément à l?article L125-6-III du Code de l?Environnement, les SIS
doivent être annexés au PLU (ou équivalent). Il n?y a pas de vérification de
ce point par l?inspection des installations classée et il en est de même pour
les mises à jour de ces SIS.
? Suggestion (DGPR) : formaliser la procédure de vérification
d?annexion des SIS, et de leurs mises à jour, dans les
documents d?urbanisme.
Le risque de contentieux peut surgir au moment de l?opération
d?aménagement si le sujet de la pollution a été mal appréhendé en amont.
Le contentieux surgit ainsi au moment où il faut déterminer le responsable
des pollutions et le responsable qui doit les traiter. Le vendeur du terrain et
l?acheteur ou le promoteur peuvent alors entrer en contentieux. Parfois, la
procédure SIS n?est pas connue du TA et le sujet des contentieux liés à une
dépollution donne des jurisprudences diverses des Tribunaux Administratifs,
des Cours Administratives d?Appel et du Conseil d?État.
? Suggestion (DGPR, DRIEAT) : organiser des échanges sur la
thématique de la pollution des sols dans le cadre des dialogues
avec les TA et assurer une veille nationale sur les
jurisprudences (pour diffusion aux DREAL).
Les actions engagées à l?encontre des responsables potentiels des
pollutions (maison mère, propriétaire, producteurs de déchets, dirigeants
fautifs, etc.) semblent rarement opérantes. Dans les cas de condamnation
pénale, l?exécution du jugement s?avère complexe.
? Suggestion (DGPR) : une révision des textes pour rendre plus
efficace la mise en oeuvre de l?application du principe pollueur-
payeur, en cas de défaillance de l?exploitant et de son
représentant légal, pourrait être utile.
L?envoi d?une lettre simple pour l?information des propriétaires doit précéder
de quelques jours la consultation du public, qui s?effectue sur une période
qui ne peut être inférieure à 3 semaines. La durée de la consultation,
généralement observée, est de deux mois. Ces courriers doivent être
envoyés à de nombreuses personnes comprenant tous les copropriétaires,
pour les informer qu?il va y avoir une consultation. Ce dispositif se révèle
lourd à mettre en oeuvre. Dans certains départements, la procédure est
cependant sollicitée par les préfets avec pour objectif de s?assurer par voie
de preuve écrite que toutes les parties prenantes ont été informées
? Suggestion (DGPR) : étudier la possibilité de remplacer le
courrier aux propriétaires par l?affichage en mairie, comme cela
est pratiqué dans d?autres domaines ou prendre exemple sur le
processus de PPVE (participation du public par voie
électronique) plus souple par exemple (cf. R125-44,
modification du code nécessaire).
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Cavités souterraines et maitrise de l?urbanisation
La DRIEAT tient à jour avec les DDT un tableau de suivi précis de
l?avancement des procédures de PPR-MT ou PAC risque MT ou
périmètre R 111-3 existants. Huit PPR-MT ont été approuvés depuis
2015, soit moins d?un par an.
Devant la lenteur d?approbation des PPR liée aux difficultés
d?élaboration, la DRIEAT et les DDT, conformément aux directives
nationales, procèdent à des porter-à-connaissance (PAC) du risque.
Depuis 2015, la mission en compte 96, soient une dizaine par an.
La méthode du PAC est visiblement beaucoup plus efficace et permet
par le biais du R111-2 du code de l?urbanisme et du contrôle de légalité,
de maitriser la constructibilité en zone de risque MT.
Il convient également de rappeler que la région Ile-de-France est
couverte assez largement par une procédure R111-3 du code de
l?urbanisme valant PPR-MT : essentiellement sur Paris, petite couronne,
Yvelines et Val d?Oise où se concentre l?essentiel du risque MT.
Cette situation de lenteur d?approbation d?un PPR, qu?il soit pour le risque
MT ou inondation, connue et ancienne, mérite une réflexion de la DGPR
pour que l?ensemble du système d?élaboration d?un PPR soit plus
efficient et efficace. On peut s?interroger en effet sur l?avis d?un tribunal
administratif qui constaterait que l?État n?arrive pas à faire aboutir un PPR
et utilise, en pis-aller, une procédure de PAC durant plusieurs années.
? Suggestion (DGPR, DRIEAT) : mener une analyse de la situation
de lenteur d'approbation des PPR "Mouvements de terrains" et
en tirer les conséquences, en particulier en termes
réglementaires.
Les effectifs alloués à la prévention des risques cavités souterraines font
partie de ceux affectés à l?ensemble des risques naturels.
Ils apparaissent ainsi :
Sur la prévention des risques naturels au sein de la ZGE, les effectifs (au
sens poste formel organigramme avec pondération sur le BOP181 affectés
aux RN) à fin 2021 sont :
Entité SPR/DRN/
NPPC
(Paris et
petite
couronne)
SPR/DRN
Régional +
cheffe
SPR/
DHPC
SPPE DDT
77
DDT
78
DDT
91
DDT
95
Total
Effectif
RN
9 (dont 8
chargés de
mission)
7
26
5,9
7,1
5,2
4,7
3,8
68,7
En DDT (grande couronne), la priorité en matière de risques naturels est
donnée au risque Inondation.
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Sur la prévention des risques au sein de la DRIEAT, les effectifs (au sens
poste formel organigramme avec pondération sur le BOP181) à fin 2021
sont:
Service SPR SPPE Autres
services
UD
77
UD
78
UD
91
UD
92
UD
93
UD
94
UD
95
Total
Effectif
RNT
70,5
5,9
5,6
41,8
21,8
16,8
23,6
14,6
14,6
18,8
236
La répartition RN / RT au niveau de la ZGE est communiquée par la DGPR,
qui précise également quelques grandes missions pour la répartition de ces
effectifs.
La mission n?a toutefois pas eu connaissance d?une réflexion régionale sur
la répartition des effectifs entre RN et RT d?une part, et entre les différents
risques RN d?autre part.
? Suggestion (DRIEAT): il serait souhaitable que la répartition des
effectifs consacrés à la prévision des risques soit justifiée par
une analyse Objectifs / Moyens menée au niveau régional.
Concernant les cavités naturelles dues à la dissolution du gypse ludien et
antéludien et à la marge, des calcaires et afin d?identifier les zones de
susceptibilité, la DRIEE a missionné le BRGM en association avec le
Cerema pour réaliser une modélisation géométrique des formations anté-
ludiennes porteuses de gypse en région Ile-de-France. L?étude a porté sur
des formations gypseuses localisées dans cinq départements de la région
(nord de 91, 92, 93, 94, et nord-ouest de 77). Un rapport a été finalisé par
le BRGM en avril 2015, permettant à la DRIEE de disposer d?un modèle
géologique géométrique des formations au sein desquelles des
occurrences de gypse sont présentes qui peut être ensuite utilisé lors de
l'élaboration des cartes d'aléas « dissolution du gypse ».
À la demande de la DRIEE, l?Ineris et le Cerema ont réalisé un guide sur la
gestion des aléas mouvements de terrain liés aux mécanismes de
dissolution naturelle du gypse dans le sous-sol. Ce guide explique
comment évaluer l?aléa et propose également des mesures de prévention,
de mitigation et de protection.
Parallèlement à la rédaction de guides et méthodes de caractérisation de
l?aléa, un groupe de travail a été lancé en 2015 sur l?impact des infiltrations
d?eau en milieu gypseux. En effet, les préconisations actuelles des PPR
d?Ile-de-France visent à interdire toute infiltration d?eau pluviale, qui a pour
effet d?accélérer le processus de dissolution du gypse. Cependant, ces
préconisations se heurtent à celles de la police de l?eau qui poussent à
infiltrer à la parcelle afin de diminuer les rejets pluviaux dans les réseaux
d?assainissement, dont les débordements créent des inondations. Le
Cerema a remis ses conclusions en 2021.
Une doctrine régionale de mise en oeuvre opérationnelle de ces
conclusions sera à élaborer.
? Suggestion (DRIEAT) : tirer les conclusions des études menées
sur le risque lié à la dissolution du gypse, pour orienter les
études d'aléas à mener et pour les traduire en termes
réglementaires dans les projets de PPR et dans tous documents
Plans / Programmes.
Une étude sur les falaises de craie et les boves a été lancée dans le
programme de travail 2022-2024 (L?étude concerne deux départements). La
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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DDT des Yvelines a réalisé en 2022, trois porters à connaissance «
Marnières».
La mission considère qu?il y a un risque « Marnières » dans l?ouest de l?Ile-
de-France (Yvelines et Val d?Oise). Elle conseille à la DRIEAT la lecture du
rapport CGEDD n° 012595-01 de mai 2019 intitulée « La gestion des risques
engendrés par les marnières abandonnées ».
? Suggestion (DRIEAT) : appréhender au niveau régional le risque
lié aux anciennes marnières et lancer si nécessaire des études
d'aléas sur le sujet.
Les règlements de PPR-MT prévoient de façon générale, des prescriptions
de surveillance et de travaux sur les habitations existantes et les réseaux
existants. La mission constate que ces prescriptions ne sont contrôlées par
personne, ni par les services de l?État, ni par les services de la commune.
On peut donc s?interroger sur l?utilité de ces prescriptions d?une part, voire
de leurs effets contre-productifs : quelles seraient les conséquences pénales
d?une prescription sécuritaire qui n?est pas contrôlée, dans le cas d?un
accident ?
? Suggestion (DRIEAT, DDT) : mener une étude sur le respect des
obligations imposées par les PPR "Mouvements de terrain"
concernant les habitations existantes et les réseaux.
Le Cerema reste l?interlocuteur privilégié de la DRIEAT et des DDT, là où les
deux IGC ne sont pas compétentes : Seine-et-Marne, gypses ludiens et
antéludiens, qui posent des problèmes différents de risque naturel
(dissolution par les eaux d'infiltration), marnières ?. L?Ineris et le BRGM
peuvent dans certains cas apporter leur concours.
La DRIEAT rencontre régulièrement ces acteurs pour définir les
programmes d?études confiées dans l?année et faire le point des
commandes. Ces services techniques ont leurs propres contraintes
d?effectifs qui peuvent limiter leur action.
La DGPR devra éclairer le sujet de l?intervention du Cerema sur crédits
budgétaires (Ex-Fonds Barnier), sujet pour lequel la mission a entendu des
avis divers (Possibilité ou impossibilité : nécessité ou pas d?un appel
d?offres).
? Suggestion (DGPR, DRIEAT) : éclaircir les conditions
d'intervention financière du Cerema en termes réglementaires.
La mission s?est interrogée sur la contribution du contrôle réglementaire de
la construction (CRC) prévu au code la construction et de l?habitation (CCH),
à la prévention des risques et à la maitrise de l?urbanisation.
Le sujet du CRC est connu et a fait l?objet de multiples rapports de l?IGEDD.
Il est en forte évolution administrative actuellement.
Les services retiennent les opérations en diversifiant les maitres d?ouvrage
et les communes. Le paramètre « Risques » n?est pas pris en compte pour
sélectionner les opérations. On peut s?en étonner quand on voit que les
orientations du contrôle de légalité sont de contrôler 100 % des permis de
construire en zone de risque.
À partir du 1er janvier 2024, la réglementation du CRC va notablement
s?élargir pour deux raisons :
? Instauration d?une police administrative du CRC.
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
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? Élargissement des champs techniques du CRC et la bonne prise en compte
des réglementions des PPR d?une part, et des dispositions techniques
relatives au retrait-gonflement des argiles (RGA).
Il apparait à la mission que les services ne sont pas prêts pour cette
échéance, que ce soit pour des questions d?effectifs, de méthode de travail
et de compétences techniques.
La mission suggère à tout le moins que l?aspect « risques » soit pris en
compte dans le choix des opérations contrôlées dans le cadre du CRC.
? Suggestion (DRIEAT) : revoir les priorités du CRC en intégrant
le critère "risque" pour le choix des opérations contrôlées.
La mission s?est interrogée sur l?éventualité de risques multiples sur un
même territoire, comme par exemple un risque « Mouvement de terrain »
avec un « Risque inondation ». Il est à noter que l?instruction DGPR du 17
février 2022 concernant la politique de prévention des risques naturels
n?évoque pas le sujet.
Sans en avoir une vision exhaustive, il n?apparait pas que la DRIEAT ou les
DDT aient engagé ce type de réflexions.
Il existe cependant des PPR multirisques « Inondation » (exemple :
débordement ET ruissellement) ou des PPR multirisque « Mouvements de
terrain » (cavités ET fronts rocheux).
On peut citer le cas intéressant du PPR MT de Montreuil (93) multirisques :
anciennes carrières, dissolution du gypse et retrait gonflement des argiles
(RGA). Il a été approuvé en 2011. Il se trouve que la réglementation sur le
RGA a fortement évolué en 2018 (Loi Elan) avec une réglementation
nationale sur le sujet applicable à compter de 2020 qui comprend une carte
nationale décrivant les zones d?aléas fort, moyen et faible, ainsi que des
dispositions constructives à mettre en oeuvre en l?absence d?études
géotechniques réalisées par le maitre d?ouvrage.
Une étude fine de compatibilité du PPR MT de Montreuil serait nécessaire
pour vérifier qu?il n?y a pas de divergences préjudiciables.
Dans l?instruction DGPR du 17 février 2022, il est demandé de ne plus
engager de PPR concernant le RGA.
Dans son rapport n° 013586-01 de 2020, l?IGEDD avait suggéré de rapporter
les PPR RGA existants.
Une démarche intéressante du Cerema, intitulée « boussole de la résilience
pour l'adaptation des territoires », mérite d?être soulignée. Depuis 2020, le
Cerema a développé une méthodologie pour accompagner les réflexions
autour de la résilience, qui s'appuie sur la boussole de la résilience, et fournit
un cadre d'action destiné à renforcer l'adaptation des territoires aux
différents événements qui peuvent survenir. Le changement climatique par
exemple, entraîne une augmentation des risques et des catastrophes
naturelles, qui sont plus fréquents et plus intenses. L?adaptation des
territoires passe par la mise en oeuvre de véritables stratégies de territoire,
qui correspondent à une approche résiliente de l?aménagement. Cette
méthode a été utilisée par le Cerema le plus souvent dans le cadre de projets
de territoires de toutes tailles, par exemple l'élaboration des Contrats de
Relance et de Transition Énergétique, celle du SCOT du Pays Basque ou le
renforcement du Plan Climat Air Énergie territorial (PCAET) de la
Communauté d?Agglomération des Portes de l?Isère (CAPI).
Cette démarche au profit des collectivités mérite le soutien du ministère de
l?écologie car elle promeut une approche multirisque sur un territoire.
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
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? Suggestion (DRIEAT, DDT) : tirer les conséquences de la
nouvelle réglementation nationale concernant le retrait-
gonflement des argiles.
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Liste des recommandations
(DRIEAT) : profiter de la démarche qualité en cours de
constitution pour consolider la DRIEAT, renforcer la,
traçabilité des actions, maîtriser davantage certains délais et
renforcer la transversalité. S?appuyer sur celle-ci pour
développer une approche par les risques. 41
(préfet de région DRIEAT) : faire valider en CAR le principe
de tenir une réunion des CDRNM chaque année, en y traitant
des ordres du jour qui seront, au moins partiellement,
coordonnés à l'échelon régional. 44
(DRIEAT) : se mettre dès à présent en capacité de
reprendre les Transmissions d?Informations aux Maires, sous
réserve des évolutions règlementaires qui viendraient de la
DGPR. À l?issue de la phase contradictoire la DGPR a informé
la mission du maintien de cette obligation à l?avenir. 45
: (Préfet de zone) : demander aux préfets de département
de rappeler par les moyens appropriés, l'obligation faite aux
communes concernées de réaliser un PCS puis de le tester
une fois tous les 5 ans à l'occasion d'un exercice de sécurité
civile. Inviter les préfets de département à faire participer les
services de l'État à ces exercices. 47
(DRIEAT) Le SPC doit évoluer vers les modèles nationaux
maintenus par le réseau Vigicrues (passer du modèle
Cassandre au modèle Mascaret). La mission recommande
qu?une échéance soit fixée entre le SCHAPI et la DRIEAT pour
l?adoption du modèle national. 50
(DRIEAT) Le SPC doit faire évoluer ses procédures pour
être en capacité de s?organiser en H24 en cas de crise et
notamment pouvoir publier le bulletin de 6h. 53
(DRIEAT) Définir rapidement et consolider les modalités
d?une astreinte technique ICPE 55
(DRIEAT) Revoir le processus d?élaboration et de
transmission des rapports d?inspection afin de respecter le
délai d?un mois entre la date l?inspection et celle de la remise
du rapport à l?exploitant. Définir une trajectoire, sur la période
des OSPIIC 2 (2023-2027) pour atteindre à cet horizon un
objectif de 100% (70% actuellement) de respect de ce délai. 57
(DGPR et DRIEAT) Mettre à jour la procédure de 2018 et
suivre de près la mise en oeuvre du la procédure cessation
d'activité, qui peine à démarrer, identifier les freins et le cas
échéant, communiquer et accompagner davantage le
changement 60
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
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(DGPR et DRIEAT) : Faire aboutir rapidement les
conclusions du groupe de travail « Aléa fort et très fort » et en
tirer les conséquences dans les guides d?application des PPR
« Mouvements de terrain ». 63
(DGPR) : Assurer la pérennité du système des IGC en Ile-
de-France en concertation avec les collectivités territoriales
concernées ou élaborer un système d?expertise équivalent. 65
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Management et pilotage
1. Traçabilité non uniforme
La mission a constaté que, s?agissant d?une structure importante, il existe
un formalisme lié à cette taille. Par ailleurs elle a observé le formalisme et
la traçabilité des relations entre la DRIEAT et les préfets.
Elle s?est d?autant plus étonnée, au travers de plusieurs constats, que la
traçabilité des actions n'était pas toujours assurée.
Quelques illustrations de ce constat.
Les comptes rendus de CODIR ne sont plus disponibles depuis juillet
2022, de même que les comptes rendus des réunions avec les DDT.
Des réunions importantes et institutionnalisées comme avec l?ARS se font
sans ordre du jour, sans dossier de séance, sans compte-rendu partagé.
Le principe d?une démarche qualité est de maintenir le principe de la
traçabilité des actions les plus importantes.
Pour favoriser les échanges de pratiques aux différents échelons
hiérarchiques, des moments formalisés sont organisés, comme prévu dans la
note d?organisation et de pilotage du SPR du 29 novembre 2022. Pour celles-
ci, il pourrait également être utile de disposer d?un planning des réunions au
sein de la DRIEAT-UD et de compte-rendu, même succincts.
Autre exemple, en petite couronne, l?UD 92 est en charge des ICPE de Paris
intra-muros depuis avril 2021 (avec un pôle). Cette évolution a du sens du fait
de la nature des ICPE dans Paris (une majorité de déclarations) et de la bonne
coordination avec la préfecture de police de Paris (qui assure un suivi précis
des dossiers de ces déclarations). Si des réunions de suivi des dossiers se
tiennent, il existe assez peu de formalisme quant à la traçabilité des décisions
et des points importants relevés au cours de ces échanges. Il pourrait être
institué des relevés de décision concis pour chacun de ces échanges, afin de
mieux diffuser l?information, en assurer un meilleur suivi et une bonne
traçabilité.
La mission estime que les « trous dans la raquette » observés peuvent
témoigner de la non diffusion partout des bonnes pratiques en matière de
traçabilité, ce qui est pourtant une des exigences de base de la démarche
qualité. Il pourrait y avoir par exemple une « charte des réunions ».
La mise en place de ce suivi et de son formalisme pourra être intégré
(charte des réunions ?) dans les processus qualité en cours de finalisation.
Afin que cette prise en compte ne génère pas une surcharge trop
importante de travail, il pourra être convenu que des relevés de décision
succincts sont suffisants pour un nombre significatif de réunions.
Le risque maintenu est jaune, pour un risque modéré.
MOYEN
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
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Ce constat est fait en lien avec les constats présentés plus bas dans le
rapport sur les délais et la transversalité, ce qui explique une
recommandation plus large intégrant ces autres constats.
Il n'y a pas actuellement non plus d'approche par les risques, pas de
cartographie des risques. Il apparaît à la mission que, à l'instar de ce qu'ont
fait les services nationaux, la DRIEAT devrait se doter d'une cartographie
des risques, en s'inspirant de la cartographie des risques dont disposait la
DRIEE (mais qui portait seulement sur l'aspect comptable), en l'étendant
à tous les risques et pas uniquement aux risques financiers.
L?approche par les risques n'est pas du tout indépendante de la démarche
qualité, et a fortiori totalement cohérente. La norme ISO 9001 mentionne
à plusieurs reprises l'intégration des démarches qualité et maîtrise des
risques.
(DRIEAT) : profiter de la démarche qualité en cours de constitution pour consolider la DRIEAT, renforcer la, traçabilité des actions,
maîtriser davantage certains délais et renforcer la transversalité. S?appuyer sur celle-ci pour développer une approche par les
risques.
Plan d?actions du service évalué
Actions Mise en oeuvre par / Échéance
La DRIEAT poursuivra les travaux programmés au titre de la démarche qualité, notamment via des audits
internes, en vue de sa certification selon la norme ISO 9001.
En matière de traçabilité des actions, le rapport a fait le constat d?une traçabilité non uniforme, en ciblant
notamment certaines réunions dont les comptes rendus n?étaient pas en ligne ou faisaient défaut.
Le suivi de la mise en ligne de ces comptes rendus fera l?objet d?un indicateur dans le processus pilotage. En
matière d?intégration d?une approche par les risques dans la démarche qualité, il est prévu que chaque
processus donne lieu à un approfondissement de l?analyse des risques, et à la définition des moyens de
maîtriser ces risques ; ces éléments seront abordés dans le cadre des audits internes à venir.
Échéance annoncée de la
certification : premier semestre
2024
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
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Observations mission : Le plan d?actions répond en bonne partie à notre recommandation. Au même titre des
comptes rendus, un effort similaire est à produire pour les ordres du jour et les dossiers de séance.
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Information préventive et préparation à la crise
L?objectif poursuivi est de piloter l?ensemble des services concourant à la prévention des RNT : DDPP DDT préfectures
2. Les CDRNM ne se réunissent pas partout régulièrement
Dans les huit départements de l?Ile-de-France, les fonctionnements et les rythmes
des réunions de la commission départementale des risques naturels majeurs
(CDRNM) sont variables. Ces instances ont été mises en veille pendant la crise
sanitaire du COVID, mais trois départements (Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne)
ont tenu des réunions au cours des quinze derniers mois, et deux (Seine-Saint-
Denis et Val-de-Marne) en tiendront sous peu. L?obligation d?une réunion annuelle
fixée par les textes n?est donc pas partout respectée, avec des dernières réunions
datant de novembre 2019 pour la CDRNM de Paris et de février 2020 pour celle des
Hauts-de-Seine.
Ce lieu d?échanges, ou en tout cas de diffusion d?informations par les services de
l?État, est pourtant unique à l?échelon départemental, puisqu?il ne peut pas être
confondu avec le CODERST dont la vocation vise surtout à rendre des avis à
l?occasion de l?instruction administrative de dossiers individuels.
Dans ces conditions il est nécessaire que l?État garde ce moyen d?impulsion et de
mise en oeuvre de ses politiques en s?exprimant face aux élus et acteurs locaux
dans un cadre formalisé. Il donne en effet la possibilité d?aborder de façon
coordonnée et dans une période de temps circonscrite, des sujets que les
administrations centrales, ou bien l?État en région, estime devoir être traités.
FORT
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(préfet de région DRIEAT) : faire valider en CAR le principe de tenir une réunion des CDRNM chaque année, en y traitant des ordres
du jour qui seront, au moins partiellement, coordonnés à l'échelon régional.
Plan d?actions du service évalué
Actions Mise en oeuvre par / Échéance
Il sera proposé à l?ordre du jour du CAR ou du pré-CAR de début 2024 un point sur les CDRNM pour faire un
bilan d?activité et valider le principe d?une réunion annuelle.
Début 2024
Observations mission : L?action proposée répond à la recommandation.
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Information préventive et préparation à la crise
3. Les transmissions d?information aux maires ne sont pas systématiques
La réalisation des DICRIM et des DDRM fait l?objet d?une suggestion, afin que la
DRIEAT suive l?état de leur avancement.
Celle des TIM (Transmissions d?Informations aux Maires) fait l?objet d?une
recommandation. Ces transmissions sont en effet indispensables aux communes ?
en tout cas dans la plupart des cas - pour qu?elles s?emparent de leurs compétences
en matière de prise en compte des risques et d?information des citoyens. Si cette
obligation juridique et son intérêt méthodologique ne sont pas contestés, il faut noter
que la réalisation et l?envoi des TIM ont, dans les faits, été mis en suspens, en
particulier dans l?attente des mises à jour des DDRM (cf. supra). Il est prévu que ce
travail reprenne, sous réserve des évolutions réglementaires que la DGPR
apporterait. Toutefois la mission n'a pas été en situation de connaître de façon
exhaustive et stabilisée quelles sont les TIM déjà réalisées, ni de savoir lesquelles
restent à faire.
La mission relève donc que l'utilisation faite des TIM n'est pas telle que prévue par
les textes et que les collectivités territoriales pourraient se prévaloir de cette situation
pour limiter leurs actions visant à décliner sur leur territoire les politiques de
prévention des risques.
(DRIEAT) : se mettre dès à présent en capacité de reprendre les Transmissions d?Informations aux Maires, sous réserve des
évolutions règlementaires qui viendraient de la DGPR. À l?issue de la phase contradictoire la DGPR a informé la mission du maintien
de cette obligation à l?avenir.
Plan d?actions du service évalué
Actions Mise en oeuvre par / Échéance
La DRIEAT suivra les directives nationales, que les actuelles soient renouvelées ou d?autres proposées
Pas d?échéance annoncée, mais
l?échéance implicite est « sans
délai », puisque les directives n?ont
pas changé
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Observations mission : Les TIM restent obligatoires, y compris en phase de révision des DDRM, sans attendre
leur mise à jour, si des informations importantes méritent d?être transmises. Cela doit être une démarche active
de l?État en Ile-de-France.
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4. Les PCS sont plutôt bien réalisés mais pas tous testés
Alors que le bilan synthétique du programme d?action produit par le SPR faisait état
d?un pourcentage de réalisation des PCS de 69 % au 31/12/2021 (ceci pour les PCS
réalisés par des communes en ayant l?obligation légale), le bilan établit par le
SGZDS à la fin 2022 fait état d?un pourcentage de 74 %, soit une amélioration de 5
points, avec des progressions de 13 points en Seine-et-Marne ou de 7 points en
Seine-Saint-Denis, mais aussi deux départements où les PCS n'ont pas progressé
durant l'année écoulée.
En outre le SGZDS ne semble pas avoir engagé une démarche coordonnée de la
part des services de l?État dans les départements, pour permettre une meilleure
couverture du territoire, ni pour vérifier que les PCS sont régulièrement testés par
les communes conformément aux prescriptions légales en la matière.
: (Préfet de zone) : demander aux préfets de département de rappeler par les moyens appropriés, l'obligation faite aux communes
concernées de réaliser un PCS puis de le tester une fois tous les 5 ans à l'occasion d'un exercice de sécurité civile. Inviter les préfets
de département à faire participer les services de l'État à ces exercices.
Plan d?actions du service évalué
Actions Mise en oeuvre par / Échéance
Il sera demandé aux préfets de département de rappeler aux communes leur obligation de réaliser un PCS, puis
de le tester une fois tous les cinq ans, en précisant que les services de l?État peuvent participer à ces exercices.
Il a également été proposé la création d?un groupe de travail spécifique aux PCS et PICS dans le cadre de la
prochaine édition de la stratégie locale de gestion du risque d?inondation (SLGRI2) francilienne, qui sera validée
en octobre 2023
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Observations mission : l?action proposée répond à la recommandation.
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Prévision des crues
5. Le SPC doit progressivement passer de son modèle spécifique à un des modèles nationaux
recommandés par le SCHAPI
Le SPC dispose de 50 modèles pluie/débit GRP et d?un modèle hydraulique global
(dénommé Cassandre, suite logiciel Mike) sur la quasi-totalité du réseau surveillé
du SPC (hors tronçons Brenne et Grand Morin) permettant la mise en ligne de
prévisions graphiques sur les 38 stations de prévision du SPC (RIC du
15/01/2020), sur une profondeur de 12 à 72 h.
Les modèles pluie-débit permettent de couvrir l?amont des bassins tandis que le
modèle hydraulique permet de couvrir l?aval en propagation des crues amont. Les
modèles pluie-débit de type GRP sont développés par l?INRAE et utilisés en
opérationnel par différents SPC. Les demandes d?évolution et d?amélioration sont
remontées à travers des groupes utilisateurs et des nouvelles versions sont
publiées environ tous les 2 ans. Le calage et le paramétrage des modèles peuvent
être revus suite à un constat d?écart à la réalité lors d?un événement.
Les systèmes d?endiguement peuvent apparaître dans les profils en travers mais
ne jouent pas un rôle prédominant dans la modélisation de l?écoulement. En
revanche, ils sont bien pris en compte dans les modèles hydrauliques 2D
(Telemac en en Île-de-France) permettant de réaliser des cartographies de zones
d?inondation potentielle et zones iso-classes hauteur (ZIP/ZICH), en représentant
également les zones situées derrière les ouvrages hydrauliques.
La POM (Plateforme opérationnelle de modélisation) a vocation à piloter les
enchaînements des différents modèles.
Des abaques sont disponibles sur les secteurs amont du SPC (bassins de l?Yonne
et du Loing) et une chaîne de prévision basée sur GRP et sur des formules de
propagation est en cours de finalisation. Le modèle Cassandre est utilisé en
opérationnel depuis 2010. Il fait l?objet de maintenance et de modifications
importantes en continu (majoritairement en interne au SPC). Alimenté en amont
(et pour les principaux affluents) par les modèles GR, Cassandre s?étend sur plus
de 1300 km de cours d?eau. Très stable et performant (4 scénarios simulés en 20
minutes sur des ordinateurs de calcul standard), il est doté d?une assimilation
(recalage en temps réel des débits) sur 22 stations hydrométriques intermédiaires
et d?une représentation simplifiée mais efficace de 60 ouvrages de navigation.
Les modèles utilisés permettent de produire des prévisions pertinentes. Ils sont
très bien maîtrisés par les prévisionnistes et sont régulièrement recalibrés pour
tenir compte de nouvelles données enregistrées, ce qui les rend d?autant plus
robustes et adaptés aux cours d?eau du périmètre du SPC.
Cependant, dans le PAQ 2021-2024, dans une logique d'optimisation des moyens
et de capitalisation des données au niveau national, il est indiqué que le SPC doit
également évoluer vers les modèles nationaux maintenus par le réseau Vigicrues
(passer du modèle Cassandre au modèle Mascaret). La DRIEAT travaille en ce
sens en mettant en place le modèle Mascaret en amont de Châlons-en-
Champagne et d?Aisy-sur-Armançon (sur la Brenne) avec un pilotage via la POM.
Il est indiqué dans la note technique de la DGPR du 18 janvier 2023 relative à la
production opérationnelle de la vigilance crues que le SCHAPI met à la disposition
des SPC des outils nationaux relatifs à la collecte et la concentration des données
MOYEN
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observées des stations hydrométriques (Aquaréel), à l?analyse et au suivi de la
situation hydrométéorologique, à la production et à la visualisation de prévisions
expertisées (par un superviseur), à la modélisation du comportement des cours
d?eau (plateforme opérationnelle de modélisation et modèles associés) et à la
production de la vigilance crues (OPVigil). L?utilisation de ces outils dans la chaîne
opérationnelle est requise au sein du réseau Vigicrues, sauf cas particuliers
validés par le SCHAPI. Elle est essentielle à l?échange d?informations en crise, à
la traçabilité des actions avec la main courante, à la programmation d?alarmes
pour les prévisionnistes, au partage des prévisions expertisées et de la
documentation opérationnelle.
Un hébergement centralisé est mis en place par le SCHAPI au bénéfice des SPC,
faisant ainsi l?objet d?une supervision H24, de liaisons réseau sécurisées et
redondées, et d?une qualité de service adaptée afin de garantir au mieux la
continuité de service.
Tous ces outils font l?objet d?une supervision continue pour garantir la continuité
du service en H24 (secours, modes dégradés ...).
Il est convenu pour cela que le SPC commence par s?approprier le modèle national
Mascaret sur des secteurs ciblés, avant d?envisager une bascule globale qui
nécessite un gros investissement en temps. Ce travail s?inscrit dans une
harmonisation des pratiques et des outils dans le cadre du réseau. Aucune date
précise n'a été donnée pour cette bascule mais un processus doit d'ores et déjà
être amorcé. Cela n?empêche nullement le SPC de conserver son modèle propre
Cassandre (au moins dans un premier temps) pour asseoir ses prévisions.
(DRIEAT) Le SPC doit évoluer vers les modèles nationaux maintenus par le réseau Vigicrues (passer du modèle Cassandre au modèle
Mascaret). La mission recommande qu?une échéance soit fixée entre le SCHAPI et la DRIEAT pour l?adoption du modèle national.
Plan d?actions du service évalué
Actions Mise en oeuvre par / Échéance
La DRIEAT prévoit de réaliser un bilan de l?expérimentation consistant à modéliser un premier tronçon du
territoire avec ce modèle, qui pourra servir de base de discussions avec le SCHAPI pour fixer les prochaines
étapes. Celles-ci seront formalisées dans le cadre du prochain plan d?action quadriennal et seront à adapter au
regard des autres projets prioritaires à mener (couverture totale du territoire pour la prévision des crues.
DRIEAT-Avant les discussions pour
le prochain plan quadriennal
Observations mission : L?action ne répond pas tout à fait à la recommandation. Il s?agit de fixer un calendrier de
passage à Mascaret, sans qu?il n?y ait besoin d?un retour d?expérience. Comme l?indique la DGPR, « Il faut d?ores
et déjà engager la réflexion sur les études à mener pour préciser les différentes étapes » ? « Il conviendra, sur
les nouveaux secteurs, d?utiliser dès le départ les outils nationaux ». Il convient de signaler que le modèle
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Mascaret, contrairement à ce que la DRIEAT écrit, bénéficie d?une assistance technique importante (Contribution
du Cerema, bons de commande auprès de la société Artelia).
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Prévision des crues
6. Il y a des difficultés potentielles pour s?organiser en h 24 et notamment pour publier le
bulletin de 6h.
Lors des échanges préalables à la publication de la note technique
DGPR/SCHAPI de janvier 2023, le SPC a signalé des difficultés potentielles pour
s'organiser en mode H24 et pour produire systématiquement le 1er bulletin à 6h
du matin en cas de crise. Pourtant, cela correspond à une forte attente des
autorités de gestion de crise et du ministère de l'intérieur (préfectures). C'est
également une attente forte de Météo-France pour disposer de l'ensemble des
données pour son 1er bulletin de la journée et des médias pour un relai le plus tôt
possible à l'ensemble de la population concernée, et participe à une bonne gestion
de crise.
Il est indiqué dans la note technique de la DGPR du 18 janvier 2023 relative à la
production opérationnelle de la vigilance crues que le SPC doit pouvoir être joint
téléphoniquement à tout moment. Il doit également être en mesure de fonctionner
en continu (H24) si nécessaire, au moins dans le cas de vigilances prévues de
niveau orange et rouge. Ce mode H24 est alors activé au passage en vigilance
orange et désactivé à la redescente en vigilance jaune. Pour les crues lentes, et
cela concerne le SPC, le mode H24 pourra être désactivé en vigilance orange dès
le deuxième jour, soit parce que la décrue sera amorcée, soit parce que le SPC
constatera, en accord avec le SCHAPI, que la gestion de la crue est maîtrisée.
Le SPC doit donc revoir rapidement ses procédures pour être en capacité de
répondre à cette demande. Les crues sont lentes sur le bassin parisien, mais les
enjeux impactés en cas de crise inondation dans la région le justifient pleinement.
Cela devra être accompagné d?une adaptation des procédures par les partenaires
(dont Météo-France) qui devront fournir les informations nécessaires à cette
publication complémentaire.
MOYEN
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(DRIEAT) Le SPC doit faire évoluer ses procédures pour être en capacité de s?organiser en H24 en cas de crise et notamment pouvoir
publier le bulletin de 6h.
Plan d?actions du service évalué
Actions Mise en oeuvre par / Échéance
Le SPC va adapter le dimensionnement de son astreinte en conséquence pour minimiser le recours à l?astreinte
d?urgence pour ces publications, tout en conservant la soutenabilité des tours d?astreinte au regard du nombre
de prévisionnistes dont il dispose. Ces modifications seront mises en oeuvre pour l?hiver 2023-2024, en
attendant le retour d?expérience national devant être mené début 2024.
21 décembre 2023
Observations mission : la réponse, pour autant qu?elle précise que les bulletins de 6h nécessaires seront bien
publiés, répond à la recommandation.
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Contrôle des ICPE
7. Absence de procédure d?astreinte technique pour les ICPE
En Île-de-France, sont suivies 1500 installations classées soumises à
autorisation, 400 établissements soumis à enregistrement et 9000
établissements soumis à déclaration.
Parmi les sites les plus à risques en Île-de-France, on compte :
- 103 ICPE classées SEVESO (activité industrielle dangereuse pouvant
être sujet à des risques d?accidents majeurs) dont 36 SEVESO seuil haut
et 67 SEVESO seuil bas.
- 250 installations relevant de la directive IED.
Parmi les typologies d?ICPE en Ile-de-France, au regard des risques
accidentels, il est à noter des dépôts d?hydrocarbures (raffinage / dépôts
de GPL et gaz industriels), des silos de stockage de céréales, des
chaufferies urbaines et des centrales électriques, des incinérateurs et des
sites de traitement de déchets dangereux ainsi que des activités de chimie,
de fabrication et de stockage d?engrais.
Une astreinte de direction est définie et mise en oeuvre. Depuis le 7 janvier
2022, ce dispositif d?astreinte de la direction est intégralement fusionné,
avec la mise en place d?un numéro unique d?appel (fusion des astreintes
qui existaient à l?ex-DRIEE et à l?ex-DRIEA).
Les DREAL sont responsables de la mise en oeuvre des astreintes
techniques pour les ICPE au niveau régional. Les astreintes techniques
permettent de mobiliser rapidement des équipes d'intervention
spécialisées en cas d'accident ou de situation d'urgence sur les
installations.
Dans la région Ile-de-France, il est mis à disposition des inspecteurs une
note d?organisation DRIEAT de gestion des incidents significatifs et
accidents par l'inspection de l'environnement (installations classées pour
l'environnement, équipements sous pression, canalisations de transport et
de distribution, infrastructures de transport de matières dangereuses).
Concernant la gestion des incidents et des crises, les objectifs semblent
moins bien définis, notamment pour ce qui concerne la mise en oeuvre
d?une astreinte technique ICPE.
L?astreinte technique ICPE est aujourd?hui basée sur le principe du «
foisonnement » et la mise à disposition de fiches réflexes. Il repose ainsi
implicitement sur la disponibilité de l?encadrement de l?UD en cas de
besoin. Le système actuel peut se traduire dans les faits par un
fonctionnement qui repose sur les mêmes personnes (chefs d?UD et in fine
le chef SPR) en dehors des heures ouvrables.
FORT
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Ce système n?a pour l?heure pas généré de difficulté, en l?absence de
manifestation de crise ICPE majeure ces dernières années. En 2022 par
exemple, la DRIEAT dénombre 90 évènements, dont 16 accidents. Un seul
accident majeur est intervenu sur cette période (rejet de biogaz sur le site
du SIAAP à Archères).
Une chargée de mission a pris ses fonctions en avril 2023 au sein de la
DRIEAT/SPR avec, parmi ses objectifs, la mission de mener une réflexion
sur la mise en oeuvre d?une astreinte technique ICPE.
Il est à noter que de nombreux inspecteurs semblent intéressés pour
participer à ce type de procédure. Le vivier pour cette astreinte pourrait
être ainsi élargi au-delà de la hiérarchie, parmi les inspecteurs
expérimentés.
À l?image de ce qui est pratiqué dans les autres DREAL, il pourrait être
mis en oeuvre un système de rémunération de la prise d?astreinte pour les
participants.
Les modalités précises d'astreinte technique devront être définies, y
compris les équipes, les moyens disponibles et les procédures
d'intervention, en fonction des spécificités locales (densité de populations,
nature des risques, sensibilités publiques et politiques). Les objectifs de
l?astreinte en termes de gestion de crise devront aussi être aussi définis.
Les procédures d'évaluation des risques (fiches réflexes sur les principaux
risque ICPE) aideront à une évaluation rapide des risques et des impacts
potentiels sur l'environnement et la santé en cas d'accident sur une ICPE.
Cela permettra de prendre des mesures appropriées pour limiter les
dommages et protéger les populations et l'environnement.
(DRIEAT) Définir rapidement et consolider les modalités d?une astreinte technique ICPE
Plan d?actions du service évalué
Actions Mise en oeuvre par / Échéance
La définition d?une astreinte technique ICPE est en cours et fera l?objet d?une concertation avec les unités
départementales de la DRIEAT. Le sujet sera mis à l?ordre du jour du comité social de l?administration d?ici fin
2023
DRIEAT. Échéance non fixée.
Observations mission ; il apparait important que l?astreinte technique ICPE entre en opération au plus tard avant
les prochains Jeux Olympiques de Paris 2024.
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Contrôle des ICPE
8. Délais de communication des rapports d?inspections trop longs
À l?issue de la visite d?inspection, l?inspecteur rédige le rapport, qui est
ensuite validé et approuvé par sa chaîne hiérarchique. Conformément aux
articles L. 171-6 et L. 514-5 du code de l?environnement, le rapport est
ensuite transmis au préfet, ainsi qu?à l?exploitant afin que ce dernier puisse
formuler ses observations dans un délai qui, hors situation particulière, est
de 15 jours calendaires.
Le délai moyen et requis de transmission des rapports d'inspection des
ICPE aux exploitants peut varier en fonction des régions de France et des
autorités compétentes. Cependant, il existe des lignes directrices
générales au niveau national.
Les objectifs de la DRIEAT sont de 70% de rapports transmis en moins
d'un mois, objectif tout juste atteint sur l?année 2022 comme cela est
rapporté dans le tableau de suivi trimestriel du programme de travail. Pour
les rapports qui ne sont pas transmis à l?exploitant dans le mois suivant
l?inspection, il a été noté par la mission des délais qui peuvent alors être
importants (2 mois et plus).
Des éléments de contexte sont avancés par la DRIEAT afin de mettre en
perspective ces délais :
- Une augmentation importante du nombre des inspections a été
décidée dans le cadre des objectifs inscrits dans les OSPIIC 2017-
2022 (augmentation de 50% sur la période) et a été mise en oeuvre
par la DRIEAT et les UD.
- Le contrôle des rapports d?inspection, sur le fond, est assuré par la
chaine hiérarchique comme défini dans la procédure « (rédaction,
vérification, approbation et transmission » (RVAT)). Y sont définis
les rôles de rédacteur, vérificateur et approbateur. La mission a pu
constater que cette procédure était connue et appliquée. La
mission a aussi constaté que cette procédure pouvait être à
l?origine ou être perçue comme une dans causes du non-respect
des délais de remise du rapport à l?exploitant. Certaines UD ont
d?ailleurs mise en oeuvre la possibilité laissée par la procédure de
fusionner les fonctions de vérificateur et d?approbateur afin de
gagner du temps.
- Il est bien noté par la mission que le délai de transmission des
rapports d'inspection aux exploitants des ICPE permet aux
inspecteurs de compiler et de finaliser le rapport, y compris toutes
les observations, les conclusions et les recommandations
nécessaires. Pour certains inspecteurs, le dépassement de délai
avant remise du rapport d'inspection à l?exploitant est jugé parfois
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utile pour laisser le temps à l?exploitant d?apporter des éléments et
ne pas sanctionner ou noter une non-conformité tout de suite.
- Le délai de remise du rapport à l?exploitant peut être soumis à des
variations en fonction de divers facteurs, tels que la complexité de
l'inspection, la charge de travail des inspecteurs, les ressources
disponibles et les procédures spécifiques de chaque département .
- Pour les sites sensibles (IED, SSP, gros émetteurs), les rapports
d?inspection requièrent aussi une signature au niveau du SPR de
la DRIEAT et, dans certaines UD, des courriers (lettre signée du
préfet) qui accompagnent l?envoi des rapports d?inspection sont
requis et préparés par un autre service (délai supplémentaire pour
valeur ajoutée faible).
- Les inspecteurs font souvent mention du fait que la mise en oeuvre
de l?outil GUNenv ne s?est pas encore accompagné d?une plus
grande facilité de composition des rapports d?inspection, comme
cela avait été initialement présenté.
La mission estime cependant que plus le délai est long entre l'inspection
et le rapport, plus le temps passé pour le rédiger est long. Ainsi, des délais
longs prennent plus de temps à la DRIEAT que des délais courts.
Par ailleurs, le rapport est un acte qui fait partie intégrante de l?inspection
et doit, à ce titre, être communiqué à l?exploitant dans les meilleurs délais.
Enfin, la mission a remarqué que des rapports d?inspection pour les ICPE
agricoles d?élevages sont communiqués aux exploitants dans les jours
suivants l?inspection, et toujours dans un délai nettement inférieur à un
mois.
Il apparait ainsi utile d?analyser plus en détail le processus d'élaboration
des rapports, en examinant les délais de chacune des étapes (rédaction
supervision approbation), assurer un suivi mois par mois de ces délais,
déterminer les causes des délais, des écarts, et mettre en place les actions
correctives.
(DRIEAT) Revoir le processus d?élaboration et de transmission des rapports d?inspection afin de respecter le délai d?un mois entre
la date l?inspection et celle de la remise du rapport à l?exploitant. Définir une trajectoire, sur la période des OSPIIC 2 (2023-2027)
pour atteindre à cet horizon un objectif de 100% (70% actuellement) de respect de ce délai.
Plan d?actions du service évalué
Actions Mise en oeuvre par / Échéance
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La cible actuelle sera progressivement augmentée en vue d?atteindre l?objectif évoqué à l?horizon de la fin de la
période des OSPIIC 2023-2027. Cet objectif sera lié à la mise en place de simplifications dans la production et la
transmission des rapports pour ne pas dégrader l?atteinte des autres objectifs prioritaires de l?inspection.
Fin 2027
Observations mission : ce plan ne répond qu?en partie à la recommandation. Il s?agit pour la DRIEAT, comme les
autres directions régionales, de respecter 100% de l?objectif d?un délai inférieur au mois et ce sans attendre 2027.
La DRIEAT doit conduire une analyse détaillée de son processus, car c?est lui qui est en bonne partie, aux yeux
de la mission, responsable des dérapages. La mission estime que respecter le délai d?un mois est important à
plus d?un titre : passer moins de temps à la rédaction (mémoire plus récente de l?inspection), ce qui contribue à
avoir plus de temps (et non pas moins) pour atteindre les autres objectifs prioritaires de l?inspection (dont
nombre d?inspections). Un dépassement de délai est un dysfonctionnement, à traiter comme tel dans la
démarche qualité. La mission ajoute que l?indicateur « pourcentage de dossiers en moins d?un mois » est
insuffisant. Il ne dit rien du délai moyen, de l?écart type et des délais des dossiers en dépassement. Les
messages passés en interne doivent évoluer dans ce sens.
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Sites et sols pollués ? Cessation d?activité
9. Démarrage très partiel de la mise en oeuvre de la nouvelle procédure relative aux cessations
d?activités
La Loi ASAP, du 7 décembre 2020, a introduit un ensemble de mesures
visant à simplifier les procédures environnementales. Le décret n°2021-
1096 s?appuyant sur l?article 57 de cette loi, porte sur diverses dispositions
relatives aux sols pollués et à la cessation d?activité des installations
classées pour la protection de l?environnement.
Ce décret instaure, dans le cadre de la cessation d?activité, l?obligation
pour les exploitants de faire attester, par une entreprise certifiée dans le
domaine des sites et sols pollués pour les ICPE soumises à
enregistrement ou autorisation, la mise en oeuvre des opérations relatives
à la mise en sécurité du site, l?adéquation des mesures proposées pour la
réhabilitation du site, et la mise en oeuvre de ces dernières.
L?attestation de mise en sécurité est ensuite communiquée à l?inspection
des ICPE, le but étant d?attester que le site a été mis en situation de ne
plus générer de risque de pollution résiduelle.
Dans un délai de six mois suivant le fait générateur d?arrêt définitif
enclenchant la procédure de cessation, un mémoire portant sur la
réhabilitation doit être déposé avec un contenu fixé par le décret et
accompagné de l?attestation d?adéquation des mesures proposées. Le
silence de l?administration pendant quatre mois vaut acceptation des
mesures proposées tant sur la phase de travaux que de surveillance. Le
demandeur peut aussi demander un report de la phase de réhabilitation
mais le silence de l?administration pendant quatre mois vaut au contraire
cette fois, un rejet de la demande
Pour assister les inspecteurs dans la mise en oeuvre des modalités de
cette réforme, des documents de la DGPR et de la DRIEAT sont mis à leur
disposition. Ils comprennent
- une note régionale d?accompagnement datée du 31/05/2022,
- une note régionale d?instruction d?une cessation d?activité mise à
jour en avril 2021
Des présentations ont été effectuées auprès des correspondants sites et
sols pollués des UD de 2021 et 2022 et une plaquette de la DGPR sur les
nouvelles cessations d?activité a été diffusée.
FORT
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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Il faut noter que la DRIEAT n'a pas mis à jour la note de procédure de
2018 alors qu'elle aurait pu prendre appui sur celle-ci et la modifier. Il y a
donc actuellement des documents régissant la fin d'activité chacun à leur
manière dont l'un n'est plus à jour, et devrait être abrogé ou modifié. Il est
attendu par la DRIEAT un retour d?expérience suffisant pour la mettre à
jour en abrogeant alors la note régionale d?accompagnement.
Une action est consacrée à ce thème dans le plan annuel de l?inspection
de la DRIEAT : maitrise des risques environnementaux résiduels, avec une
priorité aux sites pollués à risque sanitaire avéré pour lesquels la gestion
est conduite en lien avec l?ARS et avec l?appui d?entités au niveau national.
Pour le suivi et le pilotage des cessations d?activité survenues depuis la
réforme, une autre action est engagée dans le programme annuel :
transmettre toutes les attestations reçues au service régional et orienter
l?action des UD conformément à la note régionale.
Depuis l?entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, seulement trois
attestations ont été remontées à la DRIEAT pour la période du 1er juin au
31 décembre 2022. Il s?agit d?un nombre très faible de dossiers au regard
des prévisions chiffrées de la DRIEAT (sur une base annuelle moyenne
d?environ 150 dossiers dans la région).
Des interlocuteurs rencontrés par la mission mentionnent un prix élevé des
prestations proposées par les bureaux d?étude (10 k¤) comme une des
raisons possibles pour le retard ou l?absence de dépôt de certains
certificats.
La perception de la mission est que, près d'un an après sa mise en place,
la procédure de cessation d'activités n'a pas démarré, et qu'il sera utile
d'en faire un bilan et de déterminer, le cas échéant, les causes de ce non-
démarrage au regard des risques générés si cette situation devait se
poursuivre.
(DGPR et DRIEAT) Mettre à jour la procédure de 2018 et suivre de près la mise en oeuvre du la procédure cessation d'activité, qui
peine à démarrer, identifier les freins et le cas échéant, communiquer et accompagner davantage le changement
Plan d?actions du service évalué
Actions Mise en oeuvre par / Échéance
Comme prévu dans le programme d?actions qualité, la procédure qualité « cessation d?activités » sera mise à
jour en 2023, suite au retour d?expériences obtenu à ce jour.
2023
Observations mission : la procédure qualité « cessation d?activité » aurait dû être modifiée dès lors que les textes
étaient entrés en vigueur (juin 2022), sans attendre un retour d?expérience.
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Le retard dans la mise en place du nouveau dispositif justifie que la DRIEAT mette ce processus sous contrôle
renforcé, et cherche les causes de ce dysfonctionnement, engageant ainsi une démarche au-delà de la seule
information aux exploitants et fédérations professionnelles sur ce dispositif.
PUBLIÉ
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Cavités souterraines et maitrise de l?urbanisation
L?objectif poursuivi est de piloter la conformité des documents d'urbanisme avec le cadre réglementaire, les doctrines nationales ou régionales
10. Des divergences entre la doctrine nationale et la doctrine régionale
La méthodologie des PPR MT est définie au niveau national par le « Guide
méthodologique : Plan de prévention des risques naturels : Cavités
souterraines abandonnées » de 2012.
La DRIEAT (Ex-DRIEE) avait élaboré un guide régional en 2018 intitulé :
« Doctrine régionale élaboration des PPRN liés aux anciennes carrières ».
SI les documents semblent en apparence compatibles, la mission note une
différence de fond à la lecture concernant la constructibilité dans certaines
zones d?aléas :
Guide national Guide régional
Zone d?aléa fort en
espaces urbanisés
Inconstructible Constructible sous réserve
d?études géotechniques
Zone d?aléa moyen en
espaces non urbanisés
Inconstructible Constructible sous réserve
d?études géotechniques
Zone d?aléa moyen en
espaces urbanisés
Constructions interdites si
difficile à mettre en oeuvre
Constructible sous réserve
d?études géotechniques
Secteurs de ZAC et
zonages
ANRU et NPNRU
Non évoqué Constructible sous réserve
de prescription quel que
soit l?aléa.
Il ressort clairement de cette analyse que le guide régional est plus
« permissif » du point de vue de la constructibilité. Mais pour les IGC de
Paris et de Versailles, il ne l?est pas encore assez. Ils estiment que l?on
peut toujours construire, quel que soit l?aléa avec des études
géotechniques à réaliser et des prescriptions techniques adaptées.
FORT
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La DRIEAT a fait évoluer sa doctrine sur Paris et la petite couronne : en
zone d?alea « très fort » compte tenu de la pression urbaine, le service
introduit la création de « secteurs de projets » définis à la date
d?approbation permettant de construire sous réserve d?études
géotechniques adaptées.
Il conviendrait que la DGPR adapte le guide national ou que la DRIEAT se
mette en conformité. Un risque juridique ne peut être exclu, y compris un
risque pénal.
Un groupe de travail « Aléa fort et très fort » a été mis en place, piloté par
la DGPR, sur le sujet de la constructibilité en zone d?aléa fort et très fort
d?un risque « cavités souterraines ».
(DGPR et DRIEAT) : Faire aboutir rapidement les conclusions du groupe de travail « Aléa fort et très fort » et en tirer les
conséquences dans les guides d?application des PPR « Mouvements de terrain ».
Plan d?actions du service évalué
Actions Mise en oeuvre par / Échéance
La DRIEAT veillera à ce que les IGC, en charge à ce jour de l?élaboration des études d?aléas, appliquent les
conclusions du GT sur la définition de l?aléa, qui pourraient conduire à restreindre les zones classées en aléa
fort ou très fort, du fait de l?évaluation de l?intensité de l?aléa par rapport à la doctrine régionale, sans préjuger de
leur marge d?interprétation en tant qu?expert.
Observations mission : La DRIEAT devra modifier son guide régional pour le mettre en conformité avec
l?éventuel nouveau guide national
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Cavités souterraines et maîtrise de l?urbanisation
L?objectif poursuivi est de pérenniser l?appui des inspections générales des carrières
11. Des Inspections générales des carrières (IGC) fragiles
L'inspection des carrières vit le jour le 4 avril 1777 par décret royal. Depuis
1968, l'inspection générale des carrières est rattachée à la Ville de Paris.
Elle intervient dans les départements de Paris (75), des Hauts-de-Seine
(92), Val-de-Marne (94) et Seine-Saint-Denis (93). Des conventions ont été
conclues initialement entre la ville de Paris et les départements de petite
couronne. Suite au retrait du département de Seine-Saint-Denis pour des
raisons financières, la ville de Paris a conventionné avec plusieurs villes (22)
de ce département concerné par la problématique des anciennes carrières
entre les années 1995 et 2000. Certaines communes concernées par le
risque n?ont pas conventionné avec l?IGC 75, par exemple Montreuil.
Constatant l?ampleur des risques liés aux anciennes carrières souterraines
abandonnées dans son département, en 1967, le préfet de Seine-et-Oise a
procédé à la création d?un service nommé « inspection générale des
carrières des Yvelines, du Val d?Oise et de l?Essonne ». Historiquement et
depuis la décentralisation en 1982, l?encadrement technique du service était
assuré par l?État, et ses moyens, par le département des Yvelines. Ce
fonctionnement a été remis en cause en 2011 par le désengagement de
l?État de ces deux services (IGC 75 et IGC 78).
Les Conseils départementaux des Yvelines, du Val d?Oise et de l?Essonne
ont convenu dans une logique de pérennisation de l?action, de maintenir
cette structure interdépartementale, par délibération en 2013 et 2014.
Les deux IGC ont des tailles différentes : une cinquantaine d?agents pour
l?IGC 75 et une dizaine d?agents pour l?IGC 78. De ce fait, les missions
réalisées par les deux IGC ne sont pas les mêmes dans la pratique, pour ce
qui est des avis sur les demandes de permis de construire et le suivi des
prescriptions pour les travaux réalisés.
La situation juridique des deux IGC est également différente.
L?IGC de Paris est un service de la ville de Paris qui a une responsabilité
propre en matière de prévention des risques.
L?IGC de Versailles est un service du département des Yvelines qui n?a pas
de compétence administrative en matière de prévention des risques. De ce
fait, la situation juridique de cet IGC est plus fragile et dépend du bon-vouloir
du département.
Le travail des deux IGC dans les départements avec lesquels ils ont des
conventions est également fragile car ces départements (92, 94, 95 et 91)
peuvent à tout moment sortir du conventionnement comme l?a fait le
département de Seine-Saint-Denis pour des raisons financières, alors que
FORT
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ces structures sont porteuses d?une expertise en matière de connaissance
du risque d?anciennes carrières et cavités.
La mission estime le travail de ces deux IGC comme fondamental dans la
connaissance du risque « cavités souterraines », dans le suivi de l?aléa, et
pour les nombreux avis qu?ils émettent dans le cadre de l?instruction des
demandes de construire et d?aménager.
Il est rappelé que les arrêtés R 111-3 (à défaut de PPR-MT) pris en Ile-de-
France concernant le risque Carrière3, demandent un avis de l?IGC pour les
demandes de permis de construire (départements concernés : Paris, Hauts-
de-Seine et Seine-Saint-Denis, Yvelines et Val d?Oise).
L?IGC de Paris ne pourra continuer de le faire que pour autant qu?il aura
toujours une légitimité administrative. Il apparait qu?actuellement, six
communes de la Seine-Saint-Denis, où il existe un périmètre de risque pris
au titre de l?ancien article R. 111-3 n'ont pas conventionné avec l'IGC, à
savoir : Aulnay-sous-Bois, Bobigny, Coubron, Le Blanc-Mesnil, Tremblay-
en-France et Vaujours.
Par ailleurs et concernant la ville de Paris, c?est l?article R 111-3 qui gère la
prévention du risque « cavités souterraines », donc en fait l?IGC 75, service
de la ville, qui n?a pas la même doctrine que l?État sur le sujet (Voir Supra :
Risque 9). Cette situation interroge même si la mission estime que l?IGC 75
est très compétente sur le sujet.
Pour l?IGC 78, les deux arrêtés R 111-3 (Yvelines et Val d?Oise) indiquent
que « l?Inspection Générale des Carrières, service public, dispose des
moyens nécessaires pour émettre des avis techniques sur la présence de
carrières et la nature des travaux à effectuer pour protéger les biens et les
personnes, et constater l'exécution des dits travaux ». Les moyens actuels
de l?IGC 78 ne permettent plus d?atteindre de telles exigences.
.
(DGPR) : Assurer la pérennité du système des IGC en Ile-de-France en concertation avec les collectivités territoriales concernées
ou élaborer un système d?expertise équivalent.
Plan d?actions du service évalué
Actions Mise en oeuvre par / Échéance
Observations IGEDD :Il est pris acte de la proposition de la DGPR de confier éventuellement une mission à
l?IGEDD et à l?IGA pour clarifier le rôle des IGC dans ses activités pour le compte de l?État.
3 Arrêté interpréfectoral du préfet de la Seine et du préfet de police du 26 janvier 1966 ; Arrêté
interpréfectoral du préfet de la Paris et du préfet de police du 25 février 1977, et Arrêté
interpréfectoral du préfet de la Seine et du préfet de police du 19 mars 1991.
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Annexes
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1. Lettre de Mission
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2. Matrices des risques
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a. Management et pilotage
N° de
risque
Risques
inhérents
Nivea
u de
risque
inhér
ent
Mesures de contrôle interne
attendues
Techniques
d'évaluation
utilisées
(comment?)
Constats
Nive
au
de
risq
ue
rési
duel
Recommandations
1
Risque de non
qualité
Risque de ne
pas faire de
bons contrôles
internes
Erreurs
internes
TRES
FORT
-Existence d'une démarche qualité,
ou d'une stratégie de maîtrise des
risques RNT, complétude face au
contexte et enjeux locaux, fiches de
progrès, revues de direction.
Moyens de la démarche qualité :
existence d'un responsable et de
contrôleurs internes qualité, d'un
programme de contrôle interne et
d'audits, implication des cadres
dirigeants dans la maitrise des risques
RNT, formation des agents à la
démarche qualité, moyens humains
suffisants
dont dispositif de suivi des
recommandations, existence de plans
d'action et d'un suivi de l?exécution
de ces plans d'action; rétroaction sur
l'organisation de la mise en oeuvre
des actions.
- Existence d'une cartographie des
risques adaptée et régulièrement
actualisée.
- Parangonnage.
Contrôle à deux (co-développement)
- Processus de validation
hiérarchique, contrôles internes par
sondage.
- Moyens de détection, de remontée,
de traitement.
Examen
documentaire
Entretiens
Il existe une démarche qualité, poussée et promue par la direction, dans l'optique d'une certification
souhaitée en mars 2024. Il convient de signaler que la DRIEE était certifiée, alors que la DRIEA ne l'était pas.
La mission n'a pas entendu parler de cette démarche au cours de ces divers entretiens internes, mais a
constaté qu'elle était effectivement fortement promue par la directrice. La lecture de la déclaration de
politique qualité 2021-2022 met en évidence que cette démarche est vue comme un élément structurant de
la démarche stratégique de la DRIEAT, à la fois pour l'interne et l'externe. Elle n'a pas vu la déclaration de
politique qualité pour 2023. Celle-ci a été signée depuis (datée du 23 mai)
La mission a pu prendre connaissance de la cartographie des processus, qui sont bien des processus
transversaux.
La DRIEAT a mis en place un système d?information spécifique (SYMALEAN), où sont versés tous les
documents relatifs à la démarche qualité. La mission a identifié le risque que cette manière de procéder
décourage les agents d?aller sur ce site, d?autant plus s?il y a des mots de passe.
Il est donc important que l?existence de cet espace spécifique soit totalement transparente pour tous les
agents de la DRIEAT.
Il n'y a pas de contrôle de gestion.
Il n'y a pas actuellement d'approche par les risques, pas de cartographie des risques. Il apparaît à la mission
que, à l'instar de ce qu'on fait les services nationaux, la DRIEAT devrait se doter d'une cartographie des
risques, en s'inspirant de la cartographie des risques dont disposait la DRIEE (mais qui était seulement sur
l'aspect comptable), en l'étendant à tous les risques et pas uniquement aux risques financiers.
Cette démarche n'est pas du tout parallèle à la démarche qualité. Elle est même incluse dans la démarche
qualité. La norme ISO 9001 mentionne à plusieurs reprises l'intégration des démarches qualité et maîtrise
des risques.
Il n'y a pas de contrôle interne formalisé, à l'exception du contrôle interne comptable, qui figure sur l'intranet
Recommandation:
(DRIEAT) Profiter le
démarche qualité en
cours de constitution pour
consolider la DRIEAT, et
renforcer la, traçabilité
des actions, maîtriser
davantage certains délais
et renforcer la
transversalité
Suggestion (DRIEAT) :
développer un
management par les
risques, à l?instar de ce
qu?avait commencé à
faire la DRIEE.
- Suggestions
(DRIEAT) :
-Déclarer officiellement
que la responsable
qualité dépend de la
direction en direct,
même si elle est
positionnée dans un
service.
-
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pour l?ex DRIEA seulement.
En revanche les processus RNT font l'objet d'un système de contrôle interne bien décrit par des notes. Par
exemple elles décrivent les trois niveaux pour un rapport d?inspection : rédaction vérification approbation.
Le responsable qualité est positionné au sein du service accompagnement et pilotage.
La mission note avec intérêt l'actualité de cette démarche.
Elle s'est étonnée, au travers de plusieurs constats, que la traçabilité des actions n'était pas toujours assurée.
Par exemple elle a pu constater que des réunions de trois heures étaient organisées avec l'ARS sans ordre du
jour, sans dossier de séance, sans compte-rendu.
De même pour les réunions de CODER. Il n'y a d'ailleurs pas de rubrique CODER dans l'intranet de la DRIEAT.
Idem pour les CODIR, la mission a constaté l'absence de compte-rendu du CODIR après le 5 juillet 2022.
Il semble que ce souci de traçabilité, de formalisme de base, ne soit pas vraiment partagé au sein de la
DRIEAT.
Il reste des documents relatifs aux processus qualités sur l?intranet qui ne sont pas à jour, ils datent de la
DRIEE.
Pour favoriser les échanges de pratiques aux différents échelons hiérarchiques, des moments formalisés
sont organisés, comme prévu dans la note d?organisation et de pilotage du SPR du 29 novembre 2022.
Pour celles-ci, il pourrait également être utile de disposer d?un planning des réunions au sein de la DRIEAT-
UD et de compte-rendu, même succincts.
Autre exemple, en petite couronne, l?UD 92 est en charge des ICPE de Paris intra-muros depuis avril 2021
(avec un pôle). Cette évolution a du sens du fait de la nature des ICPE dans Paris (une majorité de
déclarations) et de la bonne coordination avec la préfecture de police de Paris (qui assure un suivi précis
des dossiers de ces déclarations). Si des réunions de suivi des dossiers se tiennent, il existe assez peu
de formalisme quant à la traçabilité des décisions et des points importants relevés au cours de ces
échanges. Il pourrait être institué des relevés de décision concis pour chacun de ces échanges, afin de
mieux diffuser l?information, en assurer un meilleur suivi et une bonne traçabilité.
La mission estime que les « trous dans la raquette » observés peuvent témoigner de la non diffusion
partout des bonnes pratiques en matière de traçabilité, ce qui est pourtant une des exigences de base
de la démarche qualité. Il pourrait y avoir par exemple une « charte des réunions ».
La mise en place de ce suivi et de son formalisme pourra être intégré (charte des réunions ?) dans
les processus qualité en cours de finalisation. Afin que cette prise en compte ne génère pas une
surcharge trop importante de travail, il pourra être convenu que des relevés de décision succincts
sont suffisants pour un nombre significatif de réunions.
Le risque maintenu est jaune, pour un risque modéré.
Elle formule une recommandation et deux suggestions.
2
Cohérence des
positions et des
propos des
différents
services
entrainant un
risque d'image
TRES
FORT
- Contrôle de la qualité des productions.
- Contrôle de communication (politique
interne de communication sous toutes
ses formes, réponse aux médias, site
internet, production de plaquettes et
rapport, participation colloques, journées
terrain...).
- Appropriation des argumentaires et
doctrines par les préfets, relations avec
ceux-ci, outils de cadrage des objectifs et
Examen
documentaire
Entretiens
Il existe un service communication. De nombreux documents viennent à l'appui de la communication sur le
site intranet.
La mission a pu constater au travers de tous ses entretiens que l'image de la DRIEAT est excellente. C'est
d'ailleurs une appréciation spontanée qui nous est donnée.
L'ensemble des partenaires font confiance à ce service, avec ce qu'il faut de proximité et de compétence.
L'UD est un élément clé pour les partenaires de terrain, et en particulier les préfets.
Les objectifs de la DRIEAT sont partagés avec les préfets.
Suggestion (DRIEAT): renforcer
sa communication sur le bilan
de ses actions RNT, en
s'appuyant sur les préfets de
département. Par exemple le
bilan de l'inspection des
installations classées.
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de reporting.
- Compte-rendu de réunions avec les
préfets, de CAR, de CODER, CDRNM,
MISEN stratégiques, de réunions entre
acteurs de la zone de gouvernance
(opérateurs ou RST-Cerema, BRGM,
Irstea, Ineris, IGN, RTM,...- universités,
délégations ou missions régionales ou
zonales...). Place de la thématique risque
dans ces instances.
- Rencontres, échanges, formation des
acteurs des politiques de risques.
- Relations avec les CODERST, les SIDPC,
l'EMIZ, la DGPR, le SCHAPI, ...
- Relations avec les exploitants et leurs
représentants (fédérations
professionnelles).
- Rencontre avec les associations.
- Organisation de la transversalité, en
particulier entre services au niveau
DREAL et DDT(M).
La DRIEAT nous a dit rencontrer régulièrement (une fois l'an en moyenne) ses interlocuteurs les plus
importants. En revanche il y a plusieurs écoutes thématiques et parfois très ciblées (tiers-demandeur par
exemple) sont faites avec un rapport circonstancié.
Nous considérons ces écoutes, et les suites données (améliorations) comme une bonne pratique
Suggestion (DRIEAT):
développer l?écoute des
associations sur les métiers
RNT.
3
Réactivité
insuffisante en
cas de plainte
ou de crise
TRES
FORT
- Présence des agents, dispositif
d?astreinte, qualité des réponses,
fiches réflexes
- Procédures globale et par entité de
gestion des crises
- Exercices et retours d'expériences
systématiques (sur la réponse interne
DREAL ou DDT(M) comme globale sur
la crise en elle-même)
- Formation des agents
- Position de la DREAL et des DDT(M)
dans les divers "écosystèmes" (zone,
région département)
- Suivi, accompagnement et efficacité
des RDI, articulation avec le(s) SPC ou
Météo-France.
Examen
documentaire
dont compte-
rendu des
crises,
dispositifs de
gestion de crise
et d'astreinte,
des REX des
exercices ou
crises
éléments écrits
et propositions
d'accompagne
ment fournis
aux préfets,
aux médias
Entretiens
Voir matrice information préventive sur le dispositif d'astreinte.
Rappel pour cette matrice : la DRIEAT dispose d?un dispositif formalisé d'astreinte, mis à part le SPC qui
dispose de son propre système). Le système repose sur une mobilisation constante des chefs de service,
susceptibles d'être appelés en dehors des heures ouvrables. De fait c'est un système qui repose sur le
foisonnement, en imaginant qu'un des responsables décrochera.
4
Articulation
régional/départ
emental définie
TRES
FORT
- Documents décrivant le rôle de la
DREAL, celui des DDT(M), et les
modalités d'action des DREAL vis-à-
vis des DDT(M), avec, le cas échéant,
validation en CAR pour s'assurer de
l'adhésion des préfets de région et de
département.
- Réunions et outils de pilotage et de
suivi, fixation et suivi d'objectifs
annuels et territorialisés par unités et
Examen
documentaire
dont notes de
services
documents
pour l?année en
cours et la
précédente
Entretiens
L'articulation des missions entre l'échelon régional et départemental de la DRIEAT est clairement définie.
Les objectifs annuels, les priorités, les bilans d'étape, sont effectués par le siège de manière approfondie,
avec non seulement des chiffres, mais aussi des commentaires sur ceux-ci.
Il y a donc un pilotage très fort et très fin de l'activité par le SPR.
En petite couronne, là où la DRIEAT possède la compétence risques naturels, les actions sont conduites
directement par le siège (élaboration des PPR). Cette manière de procéder à un gros avantage : celui de
mutualiser les compétences et d'assurer une masse critique d'actions.
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agents (y c bilan global de contrôles),
actualisation /révision de ces
objectifs
- Fréquence des points entités-
direction.
- Réunions et outils de pilotage de
suivi entre UD et service régional.
- Qualité d'échanges et de synergies
entre les échelons départementaux
et le siège régional.
- Suivi d'activités et partage des
indicateurs assuré par le pilotage
régional.
L'inconvénient est que la synergie entre les missions RN et les autres missions de la DRIEAT (urbanisme-
aménagement) n'est plus "naturellement" assurée.
5
Stratégie
insuffisamment
partagée
Pilotage interne
des services
insuffisant
Risque que les
agents ne
connaissent pas
leurs objectifs
et les priorités,
les risques.
Risque de ne
pas bien cibler
les contrôles
- Existence d'une note de déclinaison
régionale des notes de stratégie
nationale
- Analyse et connaissance des enjeux
et du contexte : monographies de
sites et d'enjeux, liste d'établissement
sensibles ou prioritaires.
- Notes stratégiques de priorités
d'action (en ce qui concerne les
contrôles) et de méthode
d'élaboration des objectifs.
- Présence régulière de la direction
dans les départements.
- Notes d'organisation.
- Notes de délégation de signature.
- Fréquence des rencontres UD siège.
- Modalités d'évaluation des objectifs
des personnels.
La DRIEAT est une structure récente, issue de la fusion en 2021 entre la DRIEE et la DRIEAT.
Les thèmes examinés lors de l'audit sont tous des thèmes relevant de l'ex DRIEE. Les auditeurs ont pu
constater que cette fusion n'avait pas trop "perturbé" la bonne marche de la mission RNT.
À contrario, la valeur ajoutée pour cette mission de cette fusion n'a pas sauté aux yeux des auditeurs. Le fait
que la DRIEAT ait perdu sa certification qualité pour les missions RNT est dommageable. La mission ne
formule pas de recommandation pare qu'il est prévu une certification de la DRIEAT au premier quadrimestre
2024.
La note d'organisation de la DREAL est publiée sue le site de la préfecture. Elle date de 2021. Elle n'a pas été
mise à jour depuis. La mission n'a pas trouvé de document d'organisation plus détaillé sur lequel elle ait
d'avantage la main, pour la modifier plus facilement.
Il y a un seul service regroupant les risques naturels et les risques technologiques, ce que la mission estime
tout à fait pertinent.
Il y six directeurs adjoints (en dehors des chefs d'UD), ce qui peut se comprendre au regard de la taille de la
structure (2000 agents) et du fait qu'il a fallu repositionner tous les cadres dirigeants des structures
fusionnées.
I y a un directeur adjoint qui "chapeaute" les services risques, nature et eau.
Les risques naturels sont traités, pour la petite couronne, par le siège, ce qui, compte-tenu des effectifs en
jeu et des compétences nécessaires, est jugé tout à fait pertinent pour la mission.
Sur cet aspect-là, la mission s'est malgré tout interrogée sur les relations entre prévention de ces risques et
les missions d'urbanisme dont les UD ont la charge.
En revanche, la mission n'a pas trouvé trace d'un management par les risques, d'une cartographie des
risques. Voir commentaire au risque 2.
Il y a un processus de programmation très abouti, (la mission n'a examiné que celui concernant les RNT):
programme de travail annuel, bilan annuel, tableau de bord détaillé par trimestre.
La mission a donc le sentiment que les RNT se sont développés leurs propres outils.
La mission a aussi beaucoup apprécié l'existence d'un espace intranet dédié, le wiki risque, qui contient
énormément d'éléments sur les risques : procédures, documents arrêtés, tableaux de bord. Nous
Suggestion (DRIEAT): veiller à ce
que UD aient leur propre tableau
de bord, et en fassent un véritable
outil de management.
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risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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considérons que ce wiki est une bonne pratique
La mission s'est étonnée que, si les documents de pilotage sont très présents à l'échelon régional, ils le sont
beaucoup moins à l'échelon de chaque UD, qui "récupère" ses propres tableaux des tableaux fournis par le
siège.
Ainsi sur le suivi des inspections la mission n'a pas pu voir de tableau de bord départemental effectivement
suivi par les UD. Sur les questions de délai par exemple la mission a eu le sentiment qu'ils étaient suivis par le
siège principalement.
On peut considérer que la posture est louable dans la mesure où GUN est censé apporter à lui seul de
nombreux tableaux, mais la mission constate que cette manière de procéder est susceptible de nuire à
l'efficacité des UD.
6
Relations
insuffisantes
avec les
collectivités, les
milieux
économiques
et associatifs
FORT
- Relations, politiques et actions
"partagées" avec la région, les
départements, les métropoles ou
collectivités, les Gémapiens, les
associations des maires etc.
- Relations avec les structures de type
SPPI ou associations intervenant sur
les risques.
- Stratégie de partenariat avec les
acteurs économiques ou associatifs
(FNE, associations et/ou industriels,
fédération de l'hôtellerie de plein air,
des notaires, des agents immobiliers,
etc.)
Examen
documentaire
Entretiens
La DRIEAT bénéficie comme on l'a vu d'une très bonne image. Elle a des relations formalisées ou non avec de
nombreux acteurs.
Elle a toutefois pu noter qu'elle a relativement peu investi le champ des relations avec les associations, limité
semble-t-il aux relations avec FNE, et là aussi sans formalisme.
Une FNE départementale semble témoigner de défiance vis-à-vis de l'inspection (ce qui est très rarement
observé dans les régions). Une autre, tout en ayant confiance dans l'inspection déplore la mainmise du
monde économique dans les décisions, et est assez critique, voire très critique sur le fonctionnement de
l'État. Voir suggestion plus haut dans la matrice.
Elle a aussi pu constater que les relations avec les collectivités ne sont sans doute pas aussi serrées qu'elles
pourraient l'être, en effet la mission n'a pas pu rencontrer des collectivités importantes pour notre mission
semble-t-il pour des raisons de difficulté de prise de rendez-vous.
S'agissant des collectivités, la mission a simplement constaté les difficultés rencontrées par la DRIEAT pour
monter les rencontres avec celles-ci. Elle n'en tire pas de conclusion générique, mais suggère appeler
l'attention de la DRIEAT sur ce constat.
Remarque sur CODERST : voire matrice ICPE.
7
Pilotage
régional
insuffisant ou
déficient
(Services
déconcentrés,
opérateurs de
l?État, RST)
Pilotage
régional de
type micro-
management
FORT
- Réunions et contenu des CODER
(DDT, DDETSPP) (politiques,
moyens humains et financier, réalité
du dialogue).
- Tableaux de bords en nombre
raisonnable et de période
d'actualisation raisonnable.
- Existence de réseaux techniques de
pilotage thématiques, domaines
couverts, fréquence, intérêt ressenti
et niveau de participation, qualité du
dialogue et de l'écoute par la DREAL,
des contenus et des productions ;
Examen
documentaire
(dont CR des
quatre
dernières
réunions de
chaque
instance)
Entretiens
Les relations avec le BRGM et l'Ineris sont fréquentes, sans qu'elles soient formalisées. En revanche la DRIEAT
déclare rencontrer des difficultés avec le Cerema du fait de la réorganisation de cet organisme. Il semble que
la DRIEAT ne fasse pas appel au Cerema et préfère, pour des études, passer pas des appels d'offre plutôt que
d'utiliser la possibilité, plus simple de faire appel au Cerema.
La mission n'a pas eu connaissance de réseaux techniques.
Cette difficulté est à mettre en parallèle avec l'évolution des IGC qui visiblement se désengagent rapidement,
laissant à l'État une sorte de "trou" à combler.
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réunions des agents (IICPE, RDI,
Autres).
- Production de notes
méthodologiques partagées.
- Validation de doctrines en interne
(vues au préalable au niveau national
sauf si uniquement mise en
application opérationnelle
d'orientations nationales) ou en CAR.
- Réunion régulières avec les préfets.
- Relations/partenariats avec les
autres services de l'État impliqués
(DRAAF, Éducation nationale...).
- Dialogue de gestion et modalités de
répartition des ETP.
- Note d'harmonisation entre
départements.
8
Compétence
technique
(dont juridique
et commande
publique)
affaiblie (par un
fort taux de
premiers
postes ou une
forte rotation
des agents, ou
toute autre
raison)
TRES
FORT
- Politique de recrutement, sortie
d?école...
- Politique de formation en local.
- Plan de formation (existence et
modalités d'élaboration et de suivi, à
quel niveau, lien CVRH,,...).
- Pertinence de la documentation
qualité et de son emploi pour faciliter
le travail des nouveaux.
- Qualité de l?archivage réseau.
- Dispositif de tutorat ou
d'accompagnement.
- Participation à des réseaux métiers.
- Incitation ou accompagnement à
l?évolution de carrière.
- Gestion des compétences rares,
mutualisation des compétences.
- Tableau de bord des postes occupés
depuis plus de huit ans.
Livret d'accueil
Articulation DREAL-DDT-CVRH sur les
compétences.
Examen
documentaire
Entretiens
La vacance de poste est passée par un niveau élevé, de l'ordre de 20%. Le taux moyen observé est de 6%.
La DRIEAT a agi : elle a publié une plaquette pour donner envie au public de venir travailler en DRIEAT sur le
métier ICPE. Des déplacements en école ou lors des forums ont été réalisés au niveau DRIEAT et en
particulier pour l?inspection des installations classées. Par exemple à l?ENTPE le 17 janvier dernier, ou au
forum des mobilités du MTE le 13 mars.
La DRIEAT a un livret d'accueil. Le service risque dispose également son propre livret d'accueil, plus fourni
que le livret d'accueil général à la DRIEAT. Il convient de noter que le secrétariat général de la DRIEAT nous a
déclaré ne pas connaître l'existence de la plaquette, ainsi que des livrets d'accueil.
La DRIEAT organise une journée d'accueil des nouveaux arrivants, une fois par an. Ceci paraît peu au regard
du nombre d'arrivants (240 environ soit 20 par mois). La périodicité pourrait passer à une fois par trimestre.
Le service risque organise une journée d'accueil, deux fois par an.
Le dispositif de tutorat et d'habilitation est bien décrit pour les ICPE. Il s'agit là d'une bonne pratique. Il n'est
pas aussi formalisé pour les risques naturels.
La gestion des compétences rares est pragmatique et efficace. Par exemple le contrôle des installations
agricoles est effectué par quatre inspecteurs, eux-mêmes répartis en deux pôles.
La mission rappelle aussi que les risques naturels sont assurés depuis le siège pour la petite couronne.
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9
Inadaptation
du plan de
charge aux
ressources ainsi
qu'à leurs
fluctuations
MOYE
N
- Adaptation des objectifs, appui
siège, appui inter UD, inter DDT,
gestion des RPS.
Examen
documentaire
Entretiens
Les effectifs de la DRIEAT en matière de risques naturels et technologiques paraissent gréés correctement.
C'est la vacance de postes qui cause le plus de problème. Le service risque pallie les difficultés de telle ou
telle UD en tant que de besoin. Il a même organisé des aides inter UD.
La mission souligne une pratique de surbooking : les postes inscrits à l'organigramme sont 10% supérieurs au
nombre de postes attribués à la DRIEAT. Cette pratique est censée augmenter la chance d'atteindre le
nombre de poste budgétés.
Étant donné que cet objectif n'est pas atteint, la DRIAT envisage de passer à 15% de surbooking. La mission
est dubitative voire réservée sur cette pratique. Un nombre de postes trop élevé publié peut au contraire ne
pas inciter les agents à postuler sur l'un d'entre eux. Et elle génère obligatoirement des frustrations puisque
les services croient avoir des vacances alors qu'en fait ils sont à leur effectif nominal. Et aussi les modes de
recrutement ont été élargis par une facilitation donnée à l'embauche de contractuels, voir à développer.
La gestion des RPS est bien décrite dans la DRIEAT. Il n'a pas semblé à la mission que les RPS étaient un sujet
pour les personnels chargés de la prévention des risques.
Suggestion
? S?interroger sur le
bien-fondé d'un
surbooking élevé, et
examiner davantage
les autres manières de
combler les vacances,
par exemple le recours
à des contractuels,
semble-t-il assez peu
utilisé. S?assurer que
la communication
interne est bien passée
entre le « vrai »
organigramme et
l?organigramme
théorique.
10
Fautes de
service
impliquant des
agents au
pénal
FORT
- Actions préventives pour réduire le
risque (formation des agents,
doctrines relatives aux PV et mises en
demeure, fiches réflexes en cas
d'accident).
- Appui aux agents mis en cause.
Examen
documentaire
Entretiens
Il existe un guide des sanctions ICPE expliquant dans quel cas prendre telle ou telle décision. Ce guide a paru
fort bien fait et constitue une bonne pratique.
Le guide DGPR "conduites à tenir pour prévenir le risque de mise en cause pénale" a été établi par la DGPR. Il
date de 2014.
La mission estime que le service pourrait décliner ce guide à l'échelon local, par exemple en y faisant
référence dans sa journée d'accueil.
11
Qualité
juridique
insuffisante (en
particulier
mémoires en
réponse)
MOYE
N
- Participation à des réseaux
juridiques métiers.
- Articulation avec les préfectures, les
ministères.
- Organisation de la fonction juridique
en DREAL, pôle juridique régional
MEEM ou préfectures.
- Suivi des contentieux gagnés ou
perdus, modalités de diffusion et de
valorisation des enseignements...
Examen
documentaire
Entretiens
Il existe à la DRIEAT un département des affaires juridiques et de la documentation (DAJAD) compétent sur
toutes les affaires DRIEAT. Les préfectures délèguent parfois la rédaction des mémoires en réponse aux UD,
parfois le réalisent elles-mêmes.
Un rapide examen des taux de "victoire" sur les contentieux, avoisinant les 100% ; permet de l'attester.
Se reporter à la matrice ICPE qui traite plus avant cette question.
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b. Information préventive et préparation à la crise
N° de
risque
Risques
inhérents
Niveau
de
risque
inhérent
Mesures de contrôle interne
attendues (quoi?) Techniques d'évaluation
utilisées (comment?)
Constats
Niveau
de
risque
résiduel
Recommandations
Information préventive
1.1. Informer pour partager les connaissances, les stratégies et les pratiques, développer la culture du risque, responsabiliser et sensibiliser
1
Oubli de
l'exposition aux
risques
MOYEN Communication générale
autour des stratégies
nationales et déclinaison
locale de prévention des RN-
RT, de la complémentarité
entre mesures restrictives sur
l?urbanisation (PPR) et
solidarité lors des
indemnisations.
Organisation de journées
thématiques, déclinaison de
journées nationales (type
13/10) ou commémoration
d'évènements historiques,
partenariats.
Examen documentaire
(contenu, fréquence... des
communications).
Entretiens
Les interactions entre les différentes équipes au sein de la DRIEAT, ou bien avec les DDT et préfectures
de région et de département, sont fréquents et la perception des risques et de leurs impacts, soit qu?ils
soient survenus dans le passé, soit qu?ils puissent se réaliser à l?avenir, y est réelle.
Ce constat fréquemment ressenti par la mission, révèle des équipes de la DRIEAT disposant d?une
culture du risque partagée, Toutefois le dialogue avec les CT sur la connaissance du risque et son
appropriation par les habitants relèvent des échelons départementaux (donc des DDT ou des UD), le
SPR de la DRIEAT intervenant à leur demande pour des appuis ponctuels ou pour traiter des sujets
régionaux. Les deux niveaux d'intervention de la DRIEAT, régional bien sûr et départemental dans
quatre cas, constituent pour elle un atout qui contribue à une vision globale des enjeux, dans leurs
dimensions à la fois règlementaires et opérationnelles.
Ce travail régulier d?échanges entre les services n?est pas doublé par un suivi des démarches réalisées
par les collectivités en direction de leurs habitants. Ainsi, alors que la Cour des comptes recommandait
en novembre 2022 que les actions de sensibilisation soient renforcées dans la durée et évaluées au
moyen d?indicateurs de perception, le degré de sensibilisation aux risques des habitants n?est pas
observé et suivi de façon méthodique.
MOYEN
Suggestion : réaliser un suivi des
démarches d'information et de
sensibilisation réalisées par les
collectivités territoriales, en
direction des populations
exposées à un risque précis.
Défiance vis-à-
vis de l'État et
faible portée du
message
d'information
préventive et de
culture du
risque
Accompagnement pour la
bonne compréhension du
cadre réglementaire et des
responsabilités partagées.
Examen documentaire
(contenu, fréquence... des
communications).
Entretiens
La mission n?a pas repéré de défiance vis-à-vis des messages portés par l?État, ce qui n?exclut pas des
réticences de la part des élus et vraisemblablement de leurs mandants, quant aux conséquences
économiques et urbanistiques des réglementations et zonages visant à prévenir les risques. Cette
attitude ne gêne pas l?État dans sa mission de recherche de la connaissance et de mise à disposition
des informations à destination du public. Il faut relever toutefois des pratiques très inégales des
collectivités territoriales pour relayer l?information et développer la culture du risque ; face à ces
pratiques peu homogènes, les services de l?État répondent activement aux demandes de collaboration
de certaines communes, sans pouvoir insuffler des dynamiques plus générales.
MOYEN
Suggestion : réaliser un suivi des
démarches d'information et de
sensibilisation réalisées par les
collectivités territoriales, en
direction des populations
exposées à un risque précis.
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Perception d?un
État frein au
développement
économique et
urbain
Articulation, cohérence entre
services risques et
aménagement.
Examen documentaire
(contenu, fréquence... des
communications).
Entretiens
Il est difficile de mobiliser les acteurs économiques sur le sujet de la prévention des risques mais, peut-
être en raison des évènements graves survenus récemment, ils y sont désormais plus attentifs et les
réticences ou oppositions à l?occasion d?un dossier, ne prennent pas des formes collectives. La DRIEAT,
avec raison, leur fournit les moyens d?une appropriation de leurs enjeux propres, en éditant et en
présentant des « guides d?auto-diagnostique au risque inondation » pour les PME, les ICPE ou encore
les administrations (disponibles sur le site de la DRIEAT).
MOYEN
2
Valorisation
insuffisante des
pratiques
MOYEN
Existence d'une politique
interstructures de partage et
de mutualisation
Modalités d'identification et
de valorisation des bonnes
pratiques
Organisation et participation
aux réseaux régionaux,
journées, colloques,
formation, REX
Examen documentaire
Entretiens
La DRIEAT organise régulièrement des réunions d?échanges où les participants recueillent les
informations qui leur sont pertinentes pour traiter leurs dossiers de façon homogène et coordonnée.
Ces réunions prennent la forme de réunions des directeurs ou de "clubs techniques" destinés aux
services de l?État, ou bien de façon plus ponctuelle, des journées d?information ou de séminaires avec
les collectivités territoriales. Les CR des réunions État ne sont pas systématiquement rendus
disponibles.
FAIBLE
1.2. Développer la gouvernance, associer et mobiliser les parties prenantes
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3
Insuffisance de
pilotage
régional et
départemental
FORT
Note pluriannuelle de
stratégie régionale et
départementales RN et RT.
Service à l'impulsion et au
pilotage (DREAL, DDT, préfet,
cabinet, SIDPC?).
Suivis quantitatifs et
qualitatifs des DICRIM, PCS,
PPMS (ERP sensibles dont
enseignement), CPS
(campings). Actions
correctives,
accompagnement des
acteurs.
Réunions de la CDRNM, CAR
ou séminaires État, réseau
risques.
Examen documentaire
Entretiens Les actions d?informations préventives à destination des collectivités territoriales, en particulier les
TIM (transmission d?informations aux maires) sont le plus souvent réalisées par les services en
préfecture ; leur pilotage général relève donc des préfets et de leurs cabinets.
Toutefois la DRIEAT doit par elle-même y participer activement, en particulier pour fournir et mettre
à jour les éléments de connaissance de l?aléa, sous une forme adaptée à leur insertion dans les
documents que les communes réaliseront (les DICRIM) et mettront à disposition des habitants.
Toutefois ces DICRIM ne sont pas tous réalisés, sans que l'État n'ait engagé un suivi au moins
quantitatif en ce domaine. Ce manque d'attention à la réalisation des DICRIM, prive les décideurs
publics d'un moyen de sensibilisation et de mobilisation des habitants et des acteurs du territoire.
À ce jour les DDRM existent pour chaque département, et leur mise à jour - prévue par les textes tous
les 5 ans - est en cours (sauf en 93 elle vient de s'achever, et en 78 où le document date de 2021). La
transmission des informations aux maires est incomplète même pour les communes concernées par
un PCS ou un PPR ; cependant elle progresse fortement e régulièrement depuis 2018. Le volet feux de
forêt y est intégré pour le secteur de Fontainebleau. Le SPR de la DRIEAT fait figurer ces données dans
son bilan du programme d?actions 2019-2021.
Par ailleurs le département Risques Naturels de la DRIEAT anime deux fois par an des clubs risques
naturels avec les DDT ; les stratégies menées dans les départements y sont présentées et peuvent
évoluer en des pratiques régionales. Cela a été le cas en mars 2022 pour les projets d?installation de
panneaux photovoltaïques en zone inondable (y compris sur des plans d?eau), sur la base d?un
document produit par la DDT 77.
À la suite d?un travail de mise en cohérence opéré par les services en département, l?information des
acquéreurs et locataires peut se faire désormais depuis le site Géorisques. Elle est conçue de façon
large puisque figurent des informations allant au-delà des obligations légales sur l?état des risques
réglementés.
Ces données, toutes regroupées dans les documents synthétiques ou sur des sites de la DRIEAT,
rendent compte d?un travail de pilotage régional relayé au niveau départemental.
MOYEN
Suggestion : faire un décompte
de la réalisation des DICRIM et
des DDRM.
4
Insuffisance de
mobilisation des
élus et des
populations
FORT
Réunions de la CDRNM et
réseau risques, autres
réunions avec les élus.
Articulation et politiques
partagées avec CR, CD, AMF.
Association des populations
dans les lieux de débat et
dans le cadre d'exercices.
Examen documentaire dont
nombre de CDRNM et
d'exercices/département/an?
Entretiens
La déclinaison des politiques de prévention des risques en direction des collectivités territoriales
relève de l?action des préfets, ce sont donc leurs services qui sont directement en charge de les
mobiliser et d?observer l?effectivité de leurs actions.
Les réunions des CDRNM ont été suspendues lors de la crise sanitaire ; en 77, 78, 91, 93 et 94 elles
sont en train de retrouver le rythme prévu par les textes (une réunion par an), mais n'ont pas eu lieu
depuis 2020 en 92 et depuis 2019 en 75 et en 95.
Le département de Seine-Saint-Denis rend compte des difficultés objectives à solliciter les élus pour
des réunions, dont les compétences sont le plus souvent consultatives : la CDRNM ne s?y réunit pas
ou presque et le CODERST y obtient rarement le quorum à ses premières convocations.
FORT
Recommandation : faire valider
en CAR le principe de tenir une
réunion des CDRNM chaque
année, en y traitant des ordres du
jour qui seront, au moins
partiellement, coordonnés au
niveau régional.
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5
Manque de
clarté dans le
partage des
responsabilités
entre services
de l?État
MOYEN
Note d'organisation,
cartographie sur la répartition
des missions d?information
préventive.
Communication sur le qui fait
quoi.
Articulation DREAL-DDT-
SIDPC, mais aussi DRAAF,
EMIZ, Missions ou
délégations (ex MIAAM,
DPFM...), associations
développant la culture du
risque, SPPI...
Articulation interne entre
services risques, UD, service
aménagement, eau,
biodiversité...
Examen documentaire
Entretiens
Le contexte institutionnel et administratif de la région Ile-de-France amène indéniablement une
complexité dans l?identification des interlocuteurs au sein des services de l?État. Les partenaires
politiques, économiques ou associatifs que la mission a rencontrés ont néanmoins décrits des
échanges interpersonnels aisés et bien suivis, avec des responsables clairement identifiés et
disponibles. Les modalités du dialogue sont laissées à l?appréciation locale des équipes, sous la
conduite des préfets de département, toujours positifs dans l'appréciation qu'ils portent sur l'activité
des services.
Le contexte particulier de l?IdF justifie certainement que les échelons départementaux soient les plus
investis dans le dialogue avec le territoire ; pour autant ils le sont toujours en ayant reçu du niveau
régional les cadrages ou les « réassurances » dont ils ont besoin. Cette implication des départements,
notamment par les DDT de la grande couronne, leur permet d?influer dans les stratégies et
orientations régionales discutées en commun.
Dans les cas où les politiques de terrain vont au-delà des limites départementales, la DRIEAT retrouve
un rôle direct d?animation. C?est le cas pour les PAPI labellisés ou en projet, et pour les deux SLGRI sur
Meaux et la métropole francilienne.
La DRIEAT assure un travail d?impulsion et de coordination, qui laisse une large place à la concertation
entre tous les services, facilitant ainsi l?appropriation collective des enjeux.
FAIBLE
Manque de
mutualisation
de l?information
sur la
vulnérabilité vis-
à-vis des risques
encourus sur le
territoire.
MOYEN
Une déclaration d?intention a été signée en 2016 entre l?État, les opérateurs de réseau et les
collectivités territoriales délégatrices de concession de service public (32 signataires au total), en vue
de favoriser la transmission et l'échange de données relatives à la mise en sécurité des installations et
à leur résilience en cas de crises. Cet engagement, complété par une convention de mise à disposition
des données des opérateurs signée en 2017, a donné lieu à des transmissions d?informations à
caractère confidentiel dans un espace numérique partagé ouvert par la DRIEAT.
Parallèlement, en application d'une disposition spécifique au PPRI de la ville de Paris adopté en 2007,
une centaine d'acteurs (entreprises, opérateurs de réseaux, établissements de soins, établissements
culturels, administrations,?) ont établi et transmis aux services de l'État un Plan de Protection Contre
les Inondations (PPCI). Il était prévu par la suite, que les transmissions initiales soient complétées
chaque année par des bilans de mise en oeuvre des actions prévues initialement.
Ce dispositif appelle deux observations : d'une part il n'a pas été vérifié que tous les PPCI ont
effectivement été réalisés et fournis ; d'autre part la pratique de transmission des bilans annuels ne
semble pas avoir été adoptée.
Enfin, plus largement, l'appréciation que les très petites et les petites ou moyennes entreprises, ont
de leur niveau d'exposition aux risques n'est pas observée.
MOYEN
Suggestion : vérifier que la
totalité des établissements
concernés ont transmis leur Plan
de Protection Contre les
Inondations (PPCI) ; rappeler
l?obligation de transmettre des
bilans annuels de mise en oeuvre
des plans et en organiser
l?exploitation par les services de
l?État.
Suggestion : vérifier avec les
acteurs consulaires la
sensibilisation des petites
entreprises aux enjeux de
vulnérabilité et engager avec les
CT des actions de terrain
adéquates.
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Articulation et
partages
insuffisants avec
l'éducation
nationale
MOYEN
Échanges-réunions DREAL-
DDT-Rectorat ou DASEN-
réseau Risques Majeurs
éducation (Rmé : risques
majeurs éducation)-autres
acteurs (ex SDIS)
Plan régional de formation
Association à la stratégie
risques, aux livrables (PPMS,
exercices, outils
pédagogiques de
sensibilisation)
Examen documentaire
Entretiens y compris avec le
rectorat ou les DASEN
La DRIEAT ne rencontre pas régulièrement le coordonnateur académique "risques majeurs".
La DRIEAT ne contribue pas à la formation des formateurs de l?éducation nationale.
MOYEN Suggestion : prendre l'attache du
rectorat pour appuyer la mise en
oeuvre de la circulaire du 25-11-
2015 (MENESR, MI, MEDDE) sur
les Plans Particuliers de Mise en
Sûreté dans les établissements
scolaires et la sensibilisation à la
prévention des risques et aux
missions des services de secours
(article D. 312-40 du code de
l'éducation).
1.3. Porter à connaissance les risques et rendre l'information accessible
7
Insuffisance de
l'information
des collectivités
territoriales et
de la population
TRES
FORT
Stratégie établie
d'information des
collectivités et des
populations (documents et
domaines couverts, outils
informatiques,
communications,
manifestations terrain, veille
presse, réseaux sociaux,
dispositifs d'écoute, etc.) sur
campagnes nationale et au-
delà.
Réalisation, communication
et actualisation des DDRM.
Analyse documentaire dont
exemple de dossiers (TIM,
DDRM numériques
accessibles par Géorisques et
par les sites internet
DDI/préfecture/DREAL)
Vérification de la
"complétude' du site
Géorisques et des bases par
échantillonnage (test)
Entretiens
Le secrétariat général de la zone de défense ne fait pas état d?un suivi détaillé des actions qui sont
menées par les collectivités territoriales en application de leur obligation d?informer la population.
Ainsi il n?est pas vérifié ni même observé de façon suivie et homogène, quelles utilisations plus ou
moins complètes et efficientes, sont faites des informations et documents transmis par les services
de l?État aux collectivités.
Par ailleurs la réalisation des Transmissions d'Informations aux Maires (TIM) est en suspens du fait
des mises à jour des DDRM (cf. supra ligne 11). Il est prévu qu'elle reprenne sous réserve des
évolutions réglementaires que la DGPR apporterait. La mission n'a pas été en situation de connaître
les TIM déjà réalisées, ni de savoir lesquelles restent à faire ; elle relève donc que l'utilisation faite des
TIM n'est pas telle que prévue par les textes.
Sur ce point essentiel, la mission a ressenti lors de ses entretiens que l?État s?attache à respecter
strictement la répartition des compétences fixées à chacun par le législateur, sans intervenir
directement dans les responsabilités des collectivités. Ce positionnement parfaitement justifié
impose toutefois beaucoup d?attention et de régularité pour amener aux CT des informations
pertinentes, aisément communicables et à jour.
Sans remettre en cause les prérogatives institutionnelles des collectivités, des voies complémentaires
d?accès aux citoyens pourraient être recherchées via les milieux associatifs. Or à ce jour, les
partenariats avec les associations sont certes pratiqués et souvent dans des conditions d?écoute
positives, mais ne sont pas organisées comme des stratégies d?accès aux populations ; ce pourrait
être là une évolution sociologique dans le portage des politiques publiques de prévention des risques,
qu?une région telle que l?Ile-de-France pourrait initier.
FORT
Recommandation à la DRIEAT : se
mettre dès à présent en capacité
de reprendre les Transmissions
d?Informations aux Maires, sous
réserve des évolutions
règlementaires qui
interviendraient de la DGPR.
Recommandation à la DGPR :
rappeler les directives en la
matière ou en fixer de nouvelles.
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8
Qualité
insuffisante du
porter à
connaissance
sur le risque
(territoires avec
ou sans PPR)
pour assurer sa
prise en compte
dans
l'aménagement,
PLU, SCoT
TRES
FORT
Sensibilisation du préfet à
l?importance du PAC/note
d'enjeux, animation et appui
à la programmation au niveau
régional.
Stratégie PAC, en présence ou
absence de PPR, cartographie
multi-risques et
hiérarchisation pour le dire
de l'État.
Transversalité entre services
risques et aménagement,
formation des agents.
Analyse documentaire, dont
éventuels documents
méthodologiques locaux
(doctrines, document type de
PAC) et exemples de PAC,
notes d'enjeux de l'État
Entretiens
La préparation des porter à connaissance sur les risques fait l?objet de la part de la DRIEAT d?une
programmation et d?un appui aux services en département pour qu?ils réalisent les documents. Les
PAC concernent soit le risque inondation (mais pour un nombre et des secteurs limités), soit le risque
mouvement de terrain (toutes les communes ? à l?exception d?une quinzaine - situées dans des
bassins de priorité 1 pour le risque ancienne carrières et dissolution du gypse, ont fait l?objet d?études
d?aléas récentes puis de PAC).
Toutefois la prise en compte dans les documents d?urbanisme des risques qui sont portés à la
connaissance des collectivités territoriales, est souvent difficile à obtenir. L?État a souhaité renforcer
le lien entre la perception du risque et la réponse que peuvent y apporter les documents
d?urbanisme, en inscrivant dans la SLGRI de la métropole francilienne, une mesure prévoyant un
diagnostic de vulnérabilité des territoires lors de l?élaboration d?un PLU(i).
La réponse des CT peut néanmoins prendre la forme d?une participation à un PAPI. Même s?ils
n?entrainent pas de prescriptions contraignantes en termes d?urbanisme et de modes de
construction, ces plans permettent de sensibiliser les élus et les populations à de nouveaux risques
(ruissellement, remontées des nappes) et de les mobiliser pour fournir un premier niveau de réponse.
MOYEN
9
Absence de
sensibilisation
des professions
immobilières
MOYEN
Information des chambres
des notaires et des
professionnels de
l?immobilier, actions de
sensibilisation (qui,
fréquence, etc.).
Répartition des rôles DREAL-
DDT(M).
Examen documentaire
Entretiens
Les sites ERRIAL (récemment mis en place par l'État auprès du public et des professionnels :
https://errial.georisques.gouv.fr/#/) et GEORISQUES (https://www.georisques.gouv.fr/) donnent
aujourd'hui toute l'information utile et à jour.
Le PGRI du bassin Seine-Normandie pour 2016-2021 contenait une disposition (n° 1.E.2) destinée à
améliorer la conscience du risque auprès des acteurs de l?aménagement tels que les architectes,
aménageurs, agence d?urbanisme, bailleurs sociaux, compagnies d?assurances?
Cette disposition, a été reprise dans le PGRI 2022-2027 (n° 4.G.2) et fait l?objectif de sept mesures (n°
73 à 79) dans la SLGRI de la métropole, en particulier pour promouvoir l?idée de quartiers résilients.
Toutefois ces dispositions ne visent pas explicitement les professions immobilières, dont le rôle est
pourtant essentiel dans les transactions entre particuliers.
FAIBLE
1.4. Préparer, gérer la crise et capitaliser
PUBLIÉ
Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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11
Faible
opérationnalité
des PCS
TRES
FORT
Suivi du nombre de PCS/PICS,
exercices par département
impliquant services et
entreprises.
Politique d'impulsion,
d'accompagnement qualitatif,
financier pour les PCS, de
relecture et d'actualisation,
articulation avec les SIDPC.
Examen documentaire
Entretiens
L?État a donné aux collectivités territoriales les éléments sur la base desquels les PCS ou PCIS doivent
être établis. La DRIEAT accompagne celles-ci pour l?établissement de leur plan, via les préfectures et
en lien avec les DDT. Les bilans et programmations annuelles du programme triennal d?action avec les
DDT donnent lieu à un suivi de l?avancement des PCS.
À ce jour et ainsi que le relevait la Cour des comptes en novembre 2022, la réalisation des PCS n?est
pas achevée, même en territoire à risque important d?inondation : fin 2021, ce taux était de 69 % sur
les 784 communes concernées en Ile-de-France (avec des niveaux par département variant de 93 %
dans les Hauts-de-Seine, à 41 % dans les Yvelines).
Le suivi de réalisation des PCS par le secrétariat général de la zone de défense arrêté au 31 décembre
2022, fait état d'une progression de 5 points du pourcentage de réalisation des PCS "obligatoires" en
Ile-de-France, avec des progressions de 13 points en Seine-et-Marne ou de 7 points en Seine-Saint-
Denis, mais aussi deux départements ou les PCS n'ont pas progressé durant l'année écoulée. En outre
le SGZDS ne semble pas avoir engagée une démarche coordonnée de la part des services de l?État,
pour permettre une meilleure couverture du territoire.
De même la qualité et l?opérationnalité des plans ne font pas l?objet d?un suivi. Au-delà du rappel par
les SIDPC des obligations légales faites aux CT, l?État dispose pourtant de moyens d?incitation pour
réaliser les PCS ; ceux qui ont un caractère financier ont une portée relative (pour les travaux sur
ouvrages hydrauliques, l?accès à certaines aides du FPRNM est conditionné à l?existence d?un PCS) ;
ceux qui ont un caractère opérationnel devrait être plus utilisés, sous la forme d'exercices de sécurité
civile. Ces exercices de mise en application des PCS correspondent d'ailleurs à l'obligation légale faite
aux communes, de tester leurs PCS une fois tous les cinq ans.
FORT
Recommandation au SGZDS :
demander aux préfets de
département de rappeler par les
moyens appropriés, l'obligation
faite aux communes concernées
de réaliser un PCS puis de le
tester une fois tous les 5 ans à
l'occasion d'un exercice de
sécurité civile.
Inviter les préfets de
département à faire participer les
services de l'État à ces exercices.
Insuffisance de
pratique
d?exercice de
préparation à la
crise ; manque
de valorisation
des REX.
FORT
L?organisation et la préparation des exercices de sécurité civile relèvent de la zone de défense et des
préfets de département, les services techniques de l?État dans les départements étant consultés sur
la programmation et sollicités pour la préparation et le déroulement des exercices. Des retours
d?expérience sont systématiquement organisés, sous le pilotage des SIDPC ; ces restitutions
permettent de pointer des insuffisances ou des imperfections dans la coordination des services,
toujours sujette à amélioration.
Les services de la DRIEAT sont décrits, tant par leurs équipes que par leurs cadres et agents, comme
disponibles et efficaces lors de ces exercices. Par ailleurs, il a été fait mention des exercices que le
département Risques Naturels du SPR organise en interne sur le risque Inondation. Cette pratique,
qui vise une bonne adéquation entre les réponses internes et leur insertion dans le dispositif
préfectoral de crise, semble judicieuse mais mérite d?être précisée et formalisée.
FAIBLE
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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Absence ou
lacunes dans les
scénarios de
crises
potentielles à
envisager ;
manque de
concertation
avec les acteurs
du territoire
concernés pour
envisager la
réponse à
apporter.
TRES
FORT
Les établissements, ouvrages, équipements générant le plus de risques en termes de sécurité civile
sont repérés par les services de la sécurité civile et font l?objet de scénarios de crise en conséquence,
à la préparation desquels la DRIEAT est souvent étroitement impliquée.
Ce pilotage « par le haut » (i.e. par la zone de défense voire la DGSCGC) permet de balayer autant que
nécessaire les zones et les facteurs de risque du territoire. Toutefois il ne garantit pas toujours la
pleine adhésion des communes concernées (c?est par exemple le cas de Drancy, quasiment absente
des exercices de crise industrielle et ferroviaire sur sa gare de triage).
Cette situation, pour préoccupante qu?elle soit, relève cependant de l?animation générale des
politiques de prévention des risques, sous la responsabilité des préfets.
MOYEN
Absence de
boîte à outils «
réflexes »
relative aux
différentes
crises possibles.
FORT
Le niveau direction de la DRIEAT a organisé une astreinte, qui dispose d?une fiche réflexe pour chaque
type d?évènement à caractère naturel ou accidentel.
Pour le risque inondation lié à des ouvrages, des fiches-réflexe par ouvrage ont été constituées et
mises à disposition des RDI.
Pour les risques technologiques, le SPR propose la mise en place d?une astreinte technique intégrant
les inspecteurs ICPE.
Il n?est pas fait mention d?une procédure interne qui vérifierait auprès des personnels d?astreinte leur
degré de satisfaction à l?égard des outils qui sont mis à leur disposition par les services métiers. Un tel
dispositif, mené avec un certain degré d?indépendance, aurait toute sa place dans la démarche
qualité de la structure.
MOYEN
.
Manque de
poids donné au
RDI ;
méconnaissance
de son rôle.
MOYEN
Un réseau RDI existe et est animé à deux niveaux :
- nationalement par le SCHAPI ;
- régionalement par les RRI.
Ce réseau dispose d?une feuille de route nationale sur 3 ans (2023-2025) incluant des actions de
développement d?outils communs, de professionnalisation, et de structuration. Le RRI Ile-de-France,
qui est le chef du SPC, a déjà formalisé la déclinaison régionale de cette feuille de route.
La DRIEAT assure la mission RDI pour Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-St-Denis et le Val-de-Marne.
Les missions RDI pour Hauts-de-Seine, Seine-St-Denis, Val-de-Marne sont assurées par les chefs d'UD.
Le Chef du SPC SMYL assure à la fois le rôle de Référent régional Inondation et RDI pour Paris. Par
ailleurs le RRI est aussi le référent régional Synapse.
Les SIDPC sont conviés aux réunions organisées par les SPC/RRI. Cela permet d'échanger, de recueillir
les besoins et de présenter les évolutions.
L?articulation avec les SIDPC dépend des départements : en crue, dans certains départements, le RDI
est l?interlocuteur privilégie du SPC qui relaie ensuite les informations au SIDPC ; dans d?autres
départements le SPC informe directement à la fois le RDI et le SIDPC.
Hors crise, les relations privilégiées sont plutôt entre le SPC et les RDI, ces derniers faisant le relai
avec les SIDPC.
En grande couronne, le nombre de référents est très variable (de 1 à 10). L'objectif d'avoir une large
équipe est de pouvoir assurer une bonne rotation en cas de crise. Cela ne semble pas poser de
problème de pilotage pour le RRI et la coordination est assurée de façon pertinente.
Le RDI 75 fait l'objet d'une situation singulière :
La Préfecture de Police de Paris, également en charge de la Zone de Défense et de Sécurité, com-
prend un unique centre opérationnel, à la fois départemental et zonal. Le Secrétariat Général de la
zone de défense et de sécurité de Paris possède déjà la compétence lui permettant de prévoir les
FAIBLE
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risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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conséquences des prévisions du SPC en matière de surface et enjeux inondés. Par son caractère zo-
nal, il souhaite en outre conserver un lien direct avec le service de prévision des crues. Compte tenu
de ces spécificités, le DHPC transmet directement, via la base nationale Viginond, les données
cartographiques relatives aux zones inondées au SGZDS, ce dernier se chargeant de les croiser avec
les enjeux. Ainsi, sur Paris, en période de crise, l'analyse des éléments transmis par le SPC et leur
traduction en termes d'enjeux seront ainsi directement réalisés par le SGZDS.
En conséquence la présence du RDI 75 en COZ n'est pas systématique. Toutefois, à la demande du
COZ, la mission RDI 75 pourra se rendre disponible pour être présente.
12
Insuffisance de
la collecte et de
la capitalisation
des données
post-événement
pouvant
conduire à une
préparation
insuffisante à la
crise
TRES
FORT
Anticipation, organisation
(procédure établies,
programme d'actions,
marchés d'appuis éventuels,
l'analyse des causes de DC,
des dommages,... ).
Recueil d?information après
reconnaissance CatNat et/ou
évènement important, et
actions mobilisées (utilisation
R111-2 du CU,
programmation PPR
notamment).
Politique de capitalisation,
mise en ligne des
informations (PHE, nature et
montant des dommages,
DC,...) ; suivi de la mise en
oeuvre des repères de crue
(comment, avec quels
partenaires...) ; fiches
réflexes sur l'exploitation des
images satellitaires,
Articulation avec RST,
Gémapiens, autres services...
Examen documentaire dont
évènements récents
Entretiens
Pour les risques technologiques, les évènements importants sont déclarés au Bureau d?Analyse des
Risques et Pollutions Industriels de la DGPR, lequel transmet périodiquement un fichier par région
pour regrouper les événements impliquant les différents types d?installations classées (canalisations,
ASP, tout transport de matières dangereuses, barrages, mines, stockages souterrains..).
La DRIEAT s?assure de la véracité et la complétude des informations.
Le sujet CATNAT est traité par les SIDPC des préfectures, avec la publication des décisions de
classement des communes et des bilans annuels devant la CDRNM. Ces données sont suivies par la
mission CATNAT de la DGSCGC (sous-direction de la préparation, de l?anticipation et de la gestion de
crise), qui notifie aux communes l?enregistrement de leurs demandes. Au niveau régional, la DRIEAT a
accès aux données de la caisse centrale de réassurance.
Toutefois la vocation de ces suivis est surtout juridique et financière, sans porter sur les causes et les
conditions de survenance des crises, ni donc sur les mesures administratives qui pourraient être
prises en conséquence (application de l?article L 111-2 du CU ou élaboration d?un PPR). Néanmoins le
PPRI du Loing a été décidé à la suite des crues de 2016.
Un bilan a été tiré du dernier exercice SEQUANA sous la forme d?un REX organisé par le SGZDS en
avril 2019 avec la participation du SCSOH. De même après les crues de la Seine, un REX avait été
organisé début 2018 par le SGZDS et la DRIEAT. Ses conclusions, établies sous le double timbre, ont
été transmises en mars 2019 et contiennent des pistes d?amélioration et d?actions, dont certaines
engagées dès 2018.
La politique de capitalisation et de mise en ligne des informations sur les crues (Plus Hautes Eaux
Connues, nature et montant des dommages) est un enjeu fort des PAPI, avec des validations et un
suivi par le SPC de la DRIEAT. Les SIDPC n'ont pas connaissance d'une exploitation des images
satellitaires pour repérer les laisses de crues, ni un dispositif d'échanges réguliers et dédié avec le RST
ou les gestionnaires de la GEMAPI.
MOYEN Suggestion : dans un contexte
d'augmentation des évènements
extrêmes, le recueil et l'utilisation
des données et informations
tirées d'expériences réelles,
doivent faire l'objet d'une
capitalisation des événements
partagée entre les services de
l'État ; elle est à instaurer au
niveau du préfet de région, en
intégrant les aspects techniques,
économiques, juridiques et
environnementaux.
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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c. Prévision des crues
N° de
risqu
e
Risques
inhérents
Niveau
de risque
inhérent
Mesures de contrôle
interne attendues (quoi?)
Techniques
d'évaluation
utilisées
(comment?)
Constats
Niveau
de risque
résiduel
Recommandations
Prévision des crues
1.1. Garantir une production de qualité et maintenir opérationnelle la chaîne de production de la vigilance et des prévisions
1
Mauvaise
qualité de
la
prévision
TRES
FORT
Processus qualité, note de
fonctionnement,
traçabilité des échanges
en crise, échanges entre
SPC, avec Météo-France
Environnement de travail,
adaptation et accessibilité
des
matériels/locaux/procédur
es (sur réseau, internet...)
Auto-évaluation réalisées
(Scores), indicateurs de
performance suivis,
retours/perception des
"utilisateurs", REX réalisés
(délais, services associés,
communiqué à qui, ...) et
mesures correctives prises
Réflexions stratégiques
Analyse
documentaire
dont REX de la
crue de 2018,
fiches de
procédure et PAQ
SCHAPI / SPC
2021-2024
Entretiens
Les notes de fonctionnement existent et sont rédigées de façon opérationnelle. Elles sont diffusées, connues et bien
appliquées.
Dans le cadre de l?ancienne démarche qualité de la DRIEE et probablement dans la future démarche qualité ISO 9001 de la
DRIEAT, un indicateur de performance de l?anticipation de la vigilance a été mis en place et
est rempli trimestriellement depuis 2017 : une démarche d?analyse a posteriori des prévisions a été initiée suite à la crue de
janvier 2018 avec pour objectif de vérifier la fiabilité des prévisions du SPC et surtout des incertitudes qui leur sont
associées.
À chaque épisode de crue (passage en vigilance jaune), les données réelles sont ensuite comparées a posteriori avec les
données qui ont été données par les modèles : réajustements faits si écarts observés supérieurs à 10%. Au total, ces
vérifications systématiques de qualité des prévisions portent sur moins de 30 journées en moyenne. En effet, le passage en
vigilance jaune représente environ trois semaines en moyenne dans l?année.
En 2022, pas de passage en vigilance jaune et au-dessus, donc pas de recalage des modèles, lesquels ne sont modifiés
qu?exceptionnellement.
Les REX sont réalisés en fonction des événements ou, sur sollicitation du SCHAPI et/ou Préfecture. Une note du SCHAPI
précise les circonstances et modalités de rédaction des REX .
Deux indicateurs qualité annuels permettent d?évaluer la qualité des prévisions produites :
- pertinence des passages en vigilance supérieure
- part des prévisions publiées avec moins de 20% d'erreur.
La comparaison se fait lors de REX ou de rapports sur la saison de crue passée.
Ce type d?analyse est également désormais réalisé de façon centralisée par le SCHAPI :
http://prevision-crues-hydrometrie.metier.e2.rie.gouv.fr/bilan-et-indicateurs-de-la-vigilance-crues-r962.html.
MOYEN
Suggestion 1 : Le SPC
doit partager de façon
plus systématique ses
données sur la plate-
forme hydro-centrale
nationale : main
courante et prévisions.
Suggestion 2 : Définir
les critères à partir
desquels il est décidé
de muter le SPC vers le
site de Bry-sur-Marne.
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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ambitieuses mais réalistes
et suivies (PAQ)
Ces analyses ont d'autant plus de sens que les SPC s'astreignent à renseigner la plate-forme hydro-centrale nationale. Le
SCHAPI invite le SPC à partager sa main courante et à intégrer ses prévisions de façon plus systématique.
Le rapport de REX de la crue de 2018 identifie des actions à mettre en oeuvre et qui ont été réalisées ou sont en train d'être
mises en oeuvre depuis :
Sur la disponibilité et la fiabilité des mesures :
? Fiabiliser les stations (alimentation, capteurs et moyens de transmission) pour sécuriser
la fourniture de données,
? Prolonger les courbes de tarage (relations hauteur-débit) de toutes les stations au-delà
de la crue centennale par les méthodes d?extrapolation disponibles (modélisation en l?absence de jaugeages fiables) et
disposer de courbes de tarage de
substitution en hautes eaux sur toutes les stations débitmétriques.
Sur les outils de prévision :
?Améliorer la prise en compte des apports intermédiaires dans le modèle hydraulique de
propagation,
?Tester l?alimentation des modèles hydrologiques par des données de pluie spatialisées
(lame d?eau radar) en remplacement des données au sol (pluviomètres),
?Automatiser les outils complémentaires aux modèles : abaques, formules de propagation
ou d?accroissement de débit afin de les intégrer dans la chaîne opérationnelle et de les
rendre interopérables avec les modèles,
?Mieux quantifier les incertitudes associées aux prévisions en prenant en compte
l?incertitude liée aux mesures de débit, en plus des incertitudes liées aux modèles et aux
pluies,
?Mettre en place les outils pour la production de prévisions expertisées en vue de
l?affichage graphique des prévisions sur Vigicrues en complément (voire en remplacement)
du tableau de prévisions associé au bulletin.
Le schéma directeur de la prévision des crues (SDPC) du bassin Seine Normandie est actualisé tous les 10ans. La dernière
version a été approuvée par le préfet coordonnateur de bassin en février 2023 , suite à une consultation de l?ensemble des
parties prenantes : services départementaux et régionaux de l?état, collectivités, syndicats, établissements publics etc.
PUBLIÉ
Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
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À l?échelle du SPC, le Règlement d?information sur les crues (RIC) est actualisé tous les 5ans. Pour le SPC, la dernière
révision date de 2019. Le RIC est consultable librement sur Vigicrues :
https://www.vigicrues.gouv.fr/ftp/RIC/RIC_SPC_SMYL.pdf.
L'environnement de travail est tout à fait satisfaisant : locaux adaptés, bien équipés, salle récente - repli prévu sur le site de
Bry si nécessaire - 2 postes pour faire tourner les modèles sur le site de Crillon, 1 poste sur le site de Bry - 1 salle serveurs
sur chaque site - Groupe électrogène sur le site de Crillon donnant 15 jours d'autonomie.
Les locaux sont adaptés aux missions des prévisionnistes : ils disposent d?un badge permettant l?accès aux locaux H24, ils
connaissent la procédure permettant la désactivation de l?alarme (également enregistrée dans les téléphones d?astreinte).
La salle de crise, sécurisée par un digicode permet le travail collaboratif de façon efficace.
Le RARRT de la DRIEAT (art 13.5) précise les dispositions spécifiques s?appliquant aux prévisionnistes et hydromètres.
L?organisation et les liens plus particuliers en crues entre prévisionnistes et hydromètres fait l?objet d?une note de service.
Une réflexion stratégique existe et est retranscrite dans le plan d'action quadriennal (PAQ) établi entre le SCHAPI et le SPC
2021-2024. Ce plan d'action est ambitieux mais p de façon réaliste.
2
Indisponibi
lité des
informatio
ns en crue
FORT
Stratégie de mobilisation
en crise (astreintes,
équipes)
Politique de renforcement
et résilience des
installations et
transmissions
Qualité de la maintenance,
moyens dédiés (délais de
remise en état au besoin,
recours à la sous-
traitance...)
Indicateurs de
performance suivis en
termes de disponibilité
Analyse
documentaire
dont REX de la
crue de 2018,
fiches de
procédure et PAQ
SCHAPI / SPC
2021-2024
Entretiens
Bonne stratégie de mobilisation des effectifs en cas de crise : une procédure existe et est bien connue des agents. (cf.
risque 4).
Une nouvelle note technique relative à la production opérationnelle de la vigilance crues a été publiée le 18 janvier 2023.
Elle définit les modalités de fonctionnement en crise du SCHAPI et des SPC.
Plusieurs points ont été précisés dans ce nouveau document : modalités d'organisation en crise, principes liés aux
changements de couleur de vigilance, principes pour l'élaboration de prévisions quantitatives, articulation avec les acteurs
(MF, autorités de gestion de crise) ...
Une stratégie de renforcement des installations est en cours avec l'équipement de stations en caméras pour optimiser les
déplacements.
L?ensemble des stations de vigilance possède deux capteurs (souvent deux technologies différentes). Ce n'est pas le cas
pour tous les SPC et le SCHAPI ne donne pas d'orientation spécifique en ce sens en estimant que ce n'est pas forcément
nécessaire de façon systématique.
Les données des stations étaient précédemment transmises via des modem RTC (via le réseau téléphonique). Cela a été
modifié récemment, la transmission se fait via IP ce qui assure un taux de collecte bien meilleure (aujourd?hui autour de
99,9%)
Par ailleurs, il est prévu de doubler dans les prochaines années le système de transmission avec la technologie LoRaWAN.
Le serveur de collecte est redondant avec deux collecteurs sur le site principal et un collecteur sur le site de repli.
FAIBLE
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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La maintenance du réseau est bien assurée en régie. Assez bonne accessibilité des stations et équipe dimensionnée de
façon satisfaisante (avec toutefois 1 agent en congé longue maladie et 1 agent ayant des restrictions médicales
l'empêchant d'aller sur le terrain).
Passage en moyenne mensuel sur toutes les stations.
Les moyens budgétaires alloués pour assurer une bonne maintenance du réseau sont suffisants ; le facteur limitant se situe
plutôt du côté des moyens RH (cf. supra).
Politique d'équipement en caméras des stations pour limiter les déplacements (aujourd'hui, 2/90 : phase-test). Le SCHAPI
ne juge pas nécessaire de couvrir l'ensemble du territoire en caméras et estime que cette technologie est intéressante
surtout sur les cours d'eau soumis à des crues torrentielles où les équipements traditionnels peuvent être emportés. Cette
technologie nécessite de savoir ensuite interpréter les données transmises. Par ailleurs, il s'agit de données numériques qui
pèsent lourd ; il faut pouvoir les stocker. Il est souvent nécessaire de passer par un prestataire externe dont le SPC est de
fait dépendant. L'INRAE intervient pour accompagner les SPC sur ce sujet.
Dans la période la plus propice aux crues (1er novembre au 1er mai), une équipe de trois hydromètres est d?astreinte 7j/7
dans le but de pouvoir intervenir rapidement sur une station défaillante. Une procédure interne spécifique existe cadrant la
sollicitions d?interventions de maintenance.
3
Mauvaise
qualité de
l'hydromét
rie
associée
FORT
Mise en oeuvre des
recommandations de
l?audit hydrométrie de
2018
Procédures ou assurance
qualité de la mesure,
existence et gestion
éventuelles de
dysfonctionnements
Procédures et règles de
sécurité d'intervention sur
site et lors des jaugeages
(en crue notamment)
Analyse
documentaire
dont REX de la
crue de 2018,
fiches de
procédure et PAQ
SCHAPI / SPC
2021-2024
Entretiens
Les REX des dernières années ne font pas apparaître de responsabilité particulière des données hydrométriques dans la
prévision, sauf cas extrême de crues dépassant les plus hautes eaux connues et pouvant entraîner l?arrachement de
stations hydrométriques (2016).
L?UHRM a réalisé un audit de son réseau de mesure hydrologique qu?elle a finalisé en 2019. Les éléments suivants sont
ressortis :
? amélioration de 9 stations (doublement des capteurs, valorisation de la mesure en hautes eaux, effacement des seuils) ;
? sécurisation de la collecte de l?ensemble des stations débitmétriques ;
? définition d?une courbe de tarage en hautes eaux pour l?ensemble des stations débitmétriques ;
? suppression de 7 stations, y compris des stations associées aux barrages (nécessaires pour la prévision des crues),
rendues inutiles par la future remontée d?informations par VNF ;
? transfert de 3 stations d?intérêt local ;
? création de 2 (scénario 1) à 6 (scénario 2) stations, en fonction du résultat des repérages et actions des partenaires
locaux.
Concernant les procédures qualité de la mesure, elles existent et sont bien connues des agents. Il existe une fiche
procédure "jaugeage" (dernière version datée du 01/01/2023). Y est indiqué que sur l?ensemble du réseau géré par
l?UHRM, le planning est organisé afin de viser une moyenne d?environ neuf jaugeages par stations par an. Cependant, cette
FAIBLE
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
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organisation cible peut varier en fonction des caractéristiques de la station et des conditions hydrologiques rencontrées.
Une priorisation particulière est effectuée :
? En période de crue : les jaugeages sont prioritairement réalisés aux stations pour lesquelles les débits sont
particulièrement pertinents pour la connaissance du phénomène et du territoire. Une actualisation annuelle est réalisée
par station avant chaque saison de crue pour déterminer les gammes de débits pour lesquelles la priorisation est faible,
importante ou forte ;
? En période d?étiage : les jaugeages sont prioritairement réalisés pour consolider les valeurs du bulletin d?étiage. La
fréquence des tournées de jaugeage peut être fortement augmentée avec un passage toutes les 2 à 3 semaines. Des
tournées spécifiques sont mises en place ;
? Dans le cas où la comparaison entre le jaugeage récent et le débit donné en temps réel par la station présente des écarts
importants, supérieurs à l?incertitude du jaugeage ;
? Au cas par cas pour répondre à un besoin spécifique.
Une évaluation systématique des incertitudes avec l?outil Qrev est désormais réalisée directement sur le terrain afin de
refaire la mesure en cas d?incertitude trop élevée. Un guide pour la bonne utilisation de l?outil est également mis à la
disposition de la communauté.
Afin de valider et comparer les outils et méthodes de travail, l'organisation d?une intercomparaison tous les deux ans et la
participations aux intercomparaisons avec les partenaires sont prévues.
Une formation interne d?une journée ou d?une demi-journée afin de rappeler l?ensemble des techniques de jaugeage ainsi
que les modes opératoires est réalisée annuellement.
Concernant les règles de sécurité, des formations sont régulièrement organisées. Une analyse des risques spécifiques au
métier d?hydromètre a été menée dans le cadre du Document unique d?évaluation des risques de la DRIEAT qui précise
également les mesures de prévention nécessaires à mettre en oeuvre : EPI, formations... Une formation annuelle aux
risques aquatiques est obligatoire pour tous les hydromètres.
* Formations réalisées :
- Formation risques aquatiques / Test de natation ;
- Formation « travaux sur talus » ;
- Formation « travail en hauteur » ;
- Formation de sauveteur secouriste du travail (SST) ;
PUBLIÉ
Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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- Formation « Habilitation électrique ».
* En complément des formations réalisées, l?UHRM a mis en place des fiches de consigne de sécurité particulière :
- Fiche de sécurité particulière « Jaugeage à pied en rivière » validée en CHSCT du 9 mars 2017 ;
- Fiche de sécurité particulière « Maintenance courante (préventive et curative) » validée en CHSCT du 8 mars 2018.
Ces fiches de sécurité particulière sont complétées de fiches de sécurité spécifiques (risque routier, stationnement,
manutention des matériels et descente sur talus) ainsi que de fiches stations rappelant les risques et
les spécificités de chaque station. Le PAQ en cours indique qu'un travail plus approfondi sur chaque station afin d?identifier
l?ensemble des risques est à prévoir. L?amélioration des fiches stations devrait permettre, dans la mesure du possible, la
mise en place de protections collectives.
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risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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4
Défaut de
production
de la
prévision
(perte de
compétenc
e des
prévisionni
stes,
indisponibi
lité en
crise?)
FORT
GPEEC, plan de formation
et de maintien des
compétences des
prévisionnistes, des
nouveaux arrivants,
articulation avec le
SCHAPI, actions pour
lutter contre des
difficultés éventuelles de
recrutement,
mutualisations des bonnes
pratiques entre SPC
Adaptation des effectifs
(nombre, pyramidage,
expérience) et stratégie de
mobilisation en crise
(astreinte, équipes,
renfort), en particulier sur
des crises de longue durée
Procédure qualité,
principes de validation et
de contrôle de 2nd niveau
Exercices de crise et
pratiques de re-jeu :
Analyse
documentaire
dont REX de la
crue de 2018,
fiches de
procédure et PAQ
SCHAPI / SPC
2021-2024
Entretiens
Bonne formation des prévisionnistes : formation initiale complétée d'une formation en continu avec des exercices à réaliser
régulièrement (beaucoup sont basés sur le rejeu de la crue de 2018).
Les prévisionnistes bénéficient d?une formation nationale organisée par le SCHAPI, puis de formations locales organisées
par la DRIEAT.
Il peut y avoir des écarts de prévisions entre prévisionnistes. Les passages en vigilance orange et rouge sont validés par la
cheffe du SPC ou son adjointe. In fine, c?est le SCHAPI qui valide.
Une procédure d?habilitation interne des prévisionnistes de crue existe et est développée. Le maintien en compétence des
prévisionnistes du SPC se décline en trois actions :
? Auto-évaluation ;
? Formation continue ;
? Exercices réguliers (hebdomadaires et annuels).
Bonne stratégie de mobilisation des effectifs en cas de crise (bonne expérience retenue de la crue de 2018) :
Passage de l'équipe d'astreinte de 2 à 3 en saison hivernale puis renfort avec l'appui de l'ensemble de l'équipe en cas de
crise. L'équipe de l'UPCI de la DRIEAT compte 7 agents ce qui est en adéquation avec les besoins et le cadrage national.
Le SCHAPI n'organise pas de rejeu avec les SPC. Cependant le SPC en organise de son côté et utilise les données de la crue
de 2018 pour préparer des exercices et former les agents.
Lors des échanges préalables à la publication de la note technique DGPR/SCHAPI de janvier 2023, le SPC a signalé des
difficultés potentielles pour s'organiser en mode H24 afin de pour produire systématiquement le 1er bulletin à 6h du matin
en cas de crise. Ces deux points répondent à une forte attente des autorités de gestion de crise et du ministère de
l'intérieur (préfectures). C'est également une attente forte de Météo-France pour disposer de l'ensemble des données pour
MOYEN
Suggestion 3 : Le SPC
doit pouvoir maintenir
la compétence de
gestion de crise même
lorsqu'il n'y a aucun
passage en vigilance
connu pendant une
année entière. Il
pourrait être envisagé
de le faire participer à
une gestion de crise
vécue sur un autre
territoire en lui
permettant d?assister
aux COD par
visioconférence.
Recommandation 1 :
Le SPC doit revoir ses
procédures pour être
en capacité de
s'organiser en mode
H24 en cas de crise et
notamment pouvoir
publier le bulletin de
6h.
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exemples de mesures
correctives prises,
existence de Retex
systématiques (services
associés,
communication...)
son 1er bulletin de la journée et des médias pour un relai le plus tôt possible à l'ensemble de la population concernée.
Le SPC doit donc revoir ses procédures pour être en capacité d?y répondre le jour venu. Les crues sont lentes sur le bassin
parisien, mais les enjeux impactés en cas de crise inondation en l?Île-de-France le justifient pleinement.
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5
Outils de
prévision
insuffisant
s ou mal
calés
MOYEN
Ancienneté des modèles,
qualité de la
documentation (stations,
logiciel, modèles), autres
outils d'appui (échelles de
gravité, fiches réflexes?)
Intégration des évolutions
scientifiques et
techniques, association du
RST; convergence vers les
outils du socle national en
veillant à la transition avec
les anciens modèles
Analyse
documentaire et
PAQ SCHAPI / SPC
2021-2024
Entretiens
Ch
eff
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,
ch
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l'U
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I
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ts
du
SP
C
Le SPC dispose de 50 modèles pluie/débit GRP et d?un modèle hydraulique global (dénommé Cassandre, suite logiciel Mike)
sur la quasi-totalité du réseau surveillé du SPC permettant la mise en ligne de prévisions graphiques sur les 38 stations de
prévision du SPC (RIC du 15/01/2020), sur une profondeur de 12 à 72 h.
Les modèles utilisés permettent de produire des prévisions pertinentes. Cependant, dans le PAQ 2021-2024, et dans une
logique d'optimisation des moyens, de capitalisation et de sécurisation des données, il est indiqué que le SPC doit
également évoluer vers les modèles nationaux maintenus par le réseau Vigicrues (passer du modèle Cassandre au modèle
Mascaret).
Il est convenu pour cela que le SPC commence par s?approprier le modèle national Mascaret sur des secteurs ciblés, avant
d?envisager une bascule globale qui nécessite un gros investissement en temps. Ce travail s?inscrit dans une harmonisation
des pratiques et des outils dans le cadre du réseau. Aucune date précise n'a été donnée pour cette bascule mais un
processus doit d'ores et déjà être amorcé.
MOYEN
Recommandation 2 :
Le SPC doit évoluer
vers les modèles
nationaux maintenus
par le réseau Vigicrues
(passer du modèle
Cassandre au modèle
Mascaret).
La mission
recommande qu?une
échéance soit fixée
entre le SCHAPI et la
DRIEAT pour cette
bascule de modèle.
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1.2. Mettre à disposition des informations fiables pour les différents utilisateurs
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risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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6
Mauvaise
qualité de
la
communic
ation si
autorisée,
et de la
traçabilité
des
communic
ations en
crise
MOYEN
Procédure de
communication (SPC,
SCHAPI, Préfets-
DDT)Qualité de la main
couranteEnregistrement
des échanges en crise
Analyse
documentaire
dont REX de la
crue de 2018,
constats en salle
de gestion, PAQ
SCHAPI / SPC
2021-2024,
RICEntretiens
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C
Les prévisions produites par le SPC sont diffusées sur le site Vigicrues en affichage graphique conformément à la doctrine
du réseau Vigicrues. L'échéance de prévision est suffisante pour permettre une anticipation pour les usagers et les
autorités. En complément, les services de préfectures (SIPDC notamment) et les missions RDI des DDT et des UD peuvent
appeler directement le SPC pour avoir des informations complémentaires. En revanche, le SPC n?est pas l?interlocuteur
direct des collectivités, ces dernières doivent s?adresser aux préfectures. Enfin, en cas de sollicitation médias, les
prévisionnistes ne répondent pas directement et renvoient vers le service communication de la DRIEAT qui organise la
réponse. Dans la mesure où les prévisionnistes ne sont amenés à répondre qu?aux sollicitations de certains acteurs bien
identifiés, ils ne bénéficient pas d?une formation particulière (com, média ou autre).La mission n?a pas d?observation à faire
sur cette organisation. Une main courante existe et est bien utilisée même si elle n'est pas encore partagée de façon
systématique sur la plate-forme hydrocentrale nationale.L?ensemble des appels téléphonique est tracé dans cette main
courante.Est indiqué dans le PAQ 2021-2024 d'aller vers des contenus plus riches, plus clairs et mieux partagés avec les
acteurs du territoire en apportant un ensemble de services complémentaires sur tout le territoire, à des échéances de
temps différentes. Le SPC dispose de tronçons sur lesquels il s?engage déjà à produire des prévisions avec une anticipation
allant de 24 h jusqu?à 72 h (horizon adapté en fonction de la situation et de ses incertitudes) ; ces délais sont détaillés en
annexe du RIC. Les stations où une vigilance à 48 h est envisageable sont déjà pré-identifiées par le SPC.
FAIBLE
7
Diffusion
insuffisant
e de la
connaissan
ce
MOYEN
Cartes des zones
inondables présentées aux
CT. Diffusion et stratégie
de mise à jour des ZIP
(taux de couverture en ZIP
: nombre, surface et
habitants couverts, mises
en ligne effectives, etc.).
Articulation avec les
missions RDI,
Gémapiens,...
Politique par rapport au
relevé des PHE (qui fait,
dispositifs d'appui,
association RDI, EPTB et
gémapiens, ...)
Bonne couverture du
territoire par la vigilance
Analyse
documentaire,
PAQ SCHAPI / SPC
2021-2024
Entretiens
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e
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SP
C
Le SPC dispose de catalogues de ZIP/ZICH exhaustifs sur 33/38 stations. Pour les tronçons Yonne amont, Yonne aval,
Armançon et Seine euroise, leur catalogue ZIP/ZICH, issu de modélisations PPRI, a été ajouté à Viginond fin 2020 et début
2021. Les catalogues de ZIP/ZICH sur l?IdF sont issus pour la plupart de la modélisation par Alphée 1 (modèle élaboré sous
une co-maîtrise d?ouvrage partagée Seine Grands Lacs ? DRIEE). Un nouveau modèle TELEMAC est en fin de
développement dans le cadre du PAPI de la Seine et de la Marne Francilienne (développement co-piloté avec SGL).
Les 5 stations non couvertes sont Pommeuse, Montbard, Charny, Châteaurenard et Montbouy, c?est-à-dire les tronçons
ajoutés ou allongés dans le RIC du 15/01/2020.
Des ZIP sont disponibles sur Vigicrues au grand public sur 86 % des stations de vigilance. Pour les autres stations, il n?existe
à ce jour pas de ZIP pour certaines, pour d?autres elles ne sont pas cohérentes avec les cartographies PPRI, il a dont été
choisi de ne pas les publier.
Les ZIP n?ont pas été actualisées depuis leur création (relativement récente).
Le SPC est allé loin dans sa démarche en dialoguant avec les gestionnaires de réseaux pour qu'ils intègrent les ZIP dans leur
Plan de Continuité d'Activité (PCA). Il a travaillé de façon étroite avec l'Institut Paris Région (ex-IAU IdF). Un webinaire va
être prochainement organisé avec le SCHAPI pour qu'il puisse exposer sa démarche que le SCHAPI souhaite voir reprise sur
l'ensemble du territoire national.
À l'horizon 2030, le SCHAPI prévoit de parvenir à une couverture totale du territoire par la vigilance. L'objectif est d'arriver
à donner une information sur les crues sur l'ensemble des cours d'eau les plus importants de France. Le SPC doit donc
répondre à un double challenge :
1/ Développer des outils pour aider à la décision sur tous les cours d'eau où les enjeux sont importants ;
2/ Sur tous les cours d'eau non suivis aujourd'hui et où des enjeux forts ont été identifiés (9 cours d'eau identifiés),
développer une modélisation fine.
L'ensemble des outils de modélisation devront être opérationnels pour 2028 afin de disposer d'une marge de manoeuvre
pour les déployer.
Le travail est conséquent en IdF qui concentre de nombreux enjeux. Le SCHAPI recommande au SPC de s'appuyer sur une
expertise externe et notamment le Cerema. Il pourrait être nécessaire de prévoir un renforcement des effectifs du SPC
MOYEN
Suggestion 4 : Prévoir
une mission d?appui au
SPC IdF pour
développer les outils
nécessaires à la
couverture totale du
territoire d?IdF par la
vigilance dans la
programmation
annuelle que la DGPR
et le SCHAPI planifient
avec le Cerema pour
les 4 prochaines
années.
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pour atteindre cet objectif dans les délais.
1.3. Structurer l?organisation du réseau et ses partenariats
8
Connaissa
nces non
mutualisée
s et non
actualisées
,
organisatio
n non
adaptée
(insuffisan
ce des
relations
avec les
services
Météo-
France,
MOYEN
Animation régionale et
formation des RDI, note
d'articulation RDI-
préfectures, suivi des
lettres de mission RDI et
retours qualitatifs sur leur
action, difficultés de
recrutement, attentes
exprimées par les RDI
(outils, doctrines, appui,
etc.)
Participation au réseau
métier, modalités
d'articulation avec le
SCHAPI et Météo-France,
Analyse
documentaire
dont lettre de
missions et notes
d'organisation RDI,
PAQ SCHAPI / SPC
2021-2024
Entretiens
Ch
eff
e
du
DH
PC
,
ch
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de
l'U
PC
I
et
ag
en
Le SPC reçoit a minima deux fois par jour les bulletins de précipitations des Directions interrégionales de Météo-France qui
couvrent le territoire du SPC. Si la situation le nécessite, les prévisionnistes de crues échangent avec les prévisionnistes de
Météo-France. En fonction des situations, les appels sont parfois à l?initiative de Météo-France, parfois à l?initiative du SPC.
Par ailleurs, des réunions sont organisées tous les 1 ou 2 ans pour échanger entre prévisionnistes de Météo-France et du
SPC et connaître les outils.
Pilotage national par le SCHAPI :
Un projet stratégique commun à tout le réseau Vigicrues a été co-construit avec les SPC en 2020. Il s?applique sur la période
2021-24. Le PAQ est contractualisé entre la DRIEAT et la DGPR et suivi biannuellement.
Par ailleurs, l'animation métier du réseau est réalisée à plusieurs niveaux par le SCHAPI :
- réunions régulières des chefs de service « risques »,
- séminaires au moins annuels des chefs de pôle prévision des crues et hydrométrie,
- journées techniques par domaine (vigilance crues, modélisation, hydrométrie) plusieurs fois dans l'année,
- groupes de travail nationaux, auxquels sont systématiquement associés 3 ou 4 représentants de la DRIEAT, sur des
thématiques techniques complexes.
FAIBLE
Suggestion 5 : Détailler
dans la fiche de poste
du chef du SPC la
mission de RRI avec le
temps à y consacrer.
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SCHAPI,
RDI, SIDPC)
opérationnalité et
avancement du PAQ
Rencontres/mutualisation
s notamment après
chaque crue importante et
REX
ts
du
SP
C
Le chef du SPC est également RRI (Référent Régional Inondations) pour la région Ile-de-France. Il a notamment pour rôle
d'animer le réseau des RDI (Référent Départemental Inondations). La circulaire du 28 avril 2011, puis la note technique du
29. La déclinaison régionale de la feuille de route nationale a été formalisée au travers d'une note d'organisation en
novembre 2022 par la DRIEAT.
Il est très investi dans son rôle et participe activement aux groupes de travail nationaux pilotés par le SCHAPI sur ces
missions. Il faudra être vigilant à assurer une bonne continuité de ces missions lorsqu'il sera remplacé, notamment en les
précisant de façon explicite sur la fiche de poste du chef du SPC et en indiquant que 10-15% du temps de travail doivent y
être consacrés.
Les missions du RRI et des RDI sont également abordées dans la matrice "Information préventive et préparation à la crise".
9
Absence
d'accès
aux
données
hydrologiq
ues des
collectivité
s locales,
utiles à la
prévision
MOYEN
RIC à jour, partenariat et
conventions avec les
collectivités disposant de
stations
Analyse
documentaire
Entretiens
Ch
eff
e
du
DH
PC
-
ch
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de
l'U
HR
M
-
ch
ef
de
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PC
I -
ag
en
ts
de
l'U
HR
M
et
ag
La DRIEAT peut avoir accès aux données hydrométriques produites par des collectivités disposant de stations soit
ponctuellement sur demande, soit en organisant conjointement la remontée des données sur l?Hydroportail.
Ce travail a pour l?instant été réalisé pour les stations du syndicat de l?Orge.
Une convention a également été mise en place avec le Syndicat de l?Orge (SYORP) pour formaliser ce partage de données,
mais aussi une collaboration plus globale pour de la petite maintenance des stations.
Un travail de fond est également en cours avec VNF pour pouvoir avoir accès sur l?Hydroportail à l?ensemble de leurs
données.
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en
ts
du
SP
C
10
Manque
de partage
d'informati
ons avec
les
collectivité
s, et
d'opportun
ités
d'améliore
r les
compétenc
es
MOYEN
Partenariat, programme
de travail, rencontres,
conventions et stratégie
de travail en commun,
utilisation de
l'hydroportail.
Analyse
documentaire
Entretiens
DG
PR
-
SC
HA
PI
-
Ch
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Ch
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HR
M
-
Ch
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du
SP
C -
ag
en
ts
de
Les collectivités porteuses de PAPI font en général appel au SPC et à l?UH pour participer aux comités techniques et ou
comités de pilotage des actions ciblant l?hydrométrie ou la prévision des crues, le SPC faisant office de référence technique
sur le sujet.
Par ailleurs, il existe un outil national "SYNAPSE" qui permet de croiser les aléas et les enjeux sur le territoire. Le SPC et
notamment le RRI est très moteur sur le déploiement de cet outil et participe activement au GT national piloté par le
SCHAPI sur ce sujet.
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l'U
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du
SP
C
11
Veille
juridique
insuffisant
e sur la
vigilance et
la
prévision
Risques de
recherche
en
responsabi
lité en cas
de
mauvaise
prévision
MOYEN
Suivi et partage de
l'information sur les
actions contentieuses.
Dispositif de relai au
niveau national en cas de
requête contentieuse.
SC
HA
PI
La note technique pour la production opérationnelle de la vigilance précise bien que la responsabilité de la publication de la
vigilance est portée par le SCHAPI.
MOYEN
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d. Contrôle des ICPE
N° de
risqu
e
Risques inhérents
Niveau
de
risque
inhéren
t
Mesures de
contrôle interne
attendues (quoi ?)
Techniques
d'évaluation
utilisées (comment?) Constats
Niveau
de
risque
résidue
l
Recommandations
1. Réaliser des inspections priorisées et de qualité
1.1 Moyens, animation et professionnalisation
1
Manque de
professionnalisme
des inspecteurs
(habilitation,
formation, posture
trop "cow-boys" ou
trop complaisante?)
FORT
Processus
d'habilitation et de
suivi des
inspecteurs.
Organisation de la
formation
continue des
inspecteurs
Relations avec les
cellules juridiques
de la préfecture ou
du siège de la
DREAL
Formation
technique,
juridique et à la
posture de
l'inspecteur
Rôle apporté par le
tuteur
Document processus
habilitation/formation
Enregistrement des
parcours et des
formations
Nomination du tuteur
Le processus d'habilitation des inspecteurs est conforme à la procédure nationale. Il a fait l'objet d'une
procédure consignée dans une note de la DRIEAT en date du 21 avril 2021, en cours de réactualisation.
L?habilitation est validée par le chef du SPR (vérification de la recevabilité du dossier par la chargée de mission
pilotage du SPR). La décision est prise par le chef du SPR en délégation de signature de la DRIEAT. La DRIEAT
accueille une proportion importante de nouveaux inspecteurs chaque année dans un contexte de turn-over
important dans la région : la procédure est bien définie et bien mise en oeuvre. L?accompagnement et le tutorat
sont effectifs et en conformité avec la note nationale. L?habilitation des nouveaux agents représente un enjeu
important de formation en raison du grand nombre d?agents débutants du fait du turn-over important. Cette
procédure d?habilitation prend 18 mois et comprend : une période de formation (semaine métier, semaine
technique, par CFDE consolidation), un commissionnement à venir pour la partie pénale (l?inspecteur va
envoyer son rapport d?étonnement), au moins 4 inspections à autorisation. Le tutorat est bien assuré et avec
tous les autres inspecteurs.
Le suivi individuel des compétences est géré par les chefs d?UD, en relation avec le SPR. Les entretiens annuels
établissent un bilan et une programmation. Il n?est pas noté de suivi centralisé de la formation continue de la
part du secrétariat général ou de la DRIEAT.
Des formations spécifiques sont parfois mises en place (exemples : sites et sols pollués, « Infosols »). Des « clubs
» métiers pour les instructions IED et EDD sont mis en place. Le Wiki du SPR est très bien documenté et permet
de partager les bonnes pratiques et des documents techniques précis.
Des industriels rencontrés par la mission ont pu noter un changement fréquent des inspecteurs en charge du
suivi de leurs installations avec un besoin pour ces derniers de se familiariser avec les installations. Pour autant,
les industriels entendus par la mission ont fait état de la qualité de l'expertise technique des inspecteurs en UD
ou du SPR. Cette qualité est également soulignée par les préfets. Les inspecteurs ICPE sont jugés par l?ensemble
des interlocuteurs rencontrés comme compétents, rigoureux, réactifs et impartiaux.
Pour favoriser les échanges de pratiques aux différents échelons hiérarchiques, des moments formalisés sont
organisés, comme prévu dans la note d?organisation et de pilotage du SPR du 29 novembre 2022.
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2
Mise à disposition
inadaptée mauvaise
allocation des
moyens au sein de la
région des moyens
consacrés à
l'inspection des ICPE
FORT
Existence de
méthodes
d'affectation des
moyens entre le
siège et les UD
Mutualisation des
moyens entre UD
et le siège
Mutualisation des
compétences.
Outils de pilotage
régional et
départemental
Examen de ces
documents
La répartition des ETP est effectuée au niveau régional en concertation avec les UD. Il n?est pas noté de
déséquilibre dans l?allocation de ces moyens. Une refonte des modèles est en cours en raison de la bascule des
ETP vers les ETPT. Face à un renouvellement fréquent des effectifs d?inspecteurs et l?arrivée de nouveaux jeunes
inspecteurs (souvent du premier poste), la politique de la DRIEAT et des UD de répartition des effectifs apparait
comme solide et structurante. Des actions de communication sont engagées pour accélérer et diversifier les
recrutement (élaboration d?une brochure, recrutement de contrats privés, anticipation des besoins de
recrutement, etc.).
La répartition des effectifs entre le niveau régional et les UD apparait équilibrée. Le service SPR mène des
missions de premier niveau dès que nécessaire en soutien aux UD en matière d?ICPE (dont pour amortir les
périodes de vacances de postes en UD).
Des mutualisations, au travers de pôles interdépartementaux, sont mises en oeuvre par exemple dans le
domaine des élevages (avec l?appui du CRIC), les ESP (pôles dans le 92, 77 et 95) et pour les quotas CO2.
3
Insuffisance
d?animation du
réseau des
inspecteurs se
traduisant par de
fortes
hétérogénéités des
pratiques
interdépartementale
s ou entre
inspecteurs
MOYEN
Formalisation des
relations entre le
siège et les UD
Organisation du
rapportage de
l'UD.
Délégation de
signature
Relations avec les
services
départementaux
Réunion de tous
les inspecteurs
Existence
d'engagements de
service conclus
avec les préfets de
département
Modèles d'arrêtés
à disposition
Examen de ces
documents
Entretien sur la
qualité des échanges
perçus entre les
agents du siège
régional et les UD
Cohérence des
positions
L?organisation tant au niveau territorial que thématique est claire et bien reprise dans les organigrammes
détaillés des services disponibles sur l?intranet de la DRIEAT : 4 UD de petites couronnes et 4 UD de grandes
couronnes. Au niveau départemental, des réunions hebdomadaires font état des dossiers sensibles en cours en
réunion des chefs de service et de manière mensuelle au préfet en bilatéral.
Les spécificités sont prises en compte au niveau des UD avec la définition de moyens appropriés.
En grande couronne, à l?image du 77, l?organisation repose sur 4 cellules territoriales et 5 cellules/pôles
interdépartementaux (déchets, risques, élevages, carrières, ESP).
En petite couronne, l?UD 92 est en charge les ICPE de Paris intra-muros depuis avril 2021 (un pôle spécifique est
mis en place pour la gestion des ICPE parisiennes). Cette évolution a du sens du fait de la nature des ICPE dans
Paris (une majorité de déclarations) et de la bonne coordination avec la préfecture de police de Paris (qui assure
un suivi précis des dossiers de ces déclaration). Il n?est pas noté de de difficultés pour la relation avec les 2
préfectures ; les spécificités respectives 75 et 92 sont bien prises en compte (modalités et exigences de
formalisme différentes). Un poste d?adjoint à la cheffe de SRIC (service risque et installation classée) a été créé
pour absorber la charge additionnelle et pourvu en janvier 2023.
En termes de pilotage et de rapportage, la note d?organisation en précise clairement les modalités. Les UD
s?appuient à présent sur l?utilisation de l?outil GUN pour le suivi et le rapportage des actions d?instruction et
d?inspection. Chaque trimestre, la DRIEAT effectue un point précis et complet du suivi de la mise en oeuvre des
actions de plan annuel de l?inspection. Ce suivi est repris dans un tableau complet (Bonne pratique).
Les délégations de signature, pour chaque service et UD, sont référencées et mises à jour très régulièrement sur
une page dédiée de l?intranet de la DRIEAT. Les délégations accordées à la DRIEAT sont très différentes d'un
département à l'autre. Dans le 77 et le 78, la DRIEAT a délégation pour les lettres de suite d'inspection, les avis
de recevabilité, et aussi les mises en demeure. La mission estime qu'il s'agit d'une bonne pratique, de nature à
fluidifier les dossiers, simplifier, et réduire les délais (Suggestion 3.1).
Bonne pratique (DRIEAT, UD) :
Très bon pilotage du
programme annuel d?inspection
ICPE : élaboration, suivi
trimestriel et bilan annuel
Suggestion 3.1 (Préfet de région)
: tirer un bilan des différentes
situations, et inciter les préfets
de département à déléguer un
certain nombre d'actes à la
DRIEAT (par exemple au moins
les lettres de suites d'inspection
et de recevabilité des
demandes).
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risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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En termes d?harmonisation des décisions, une procédure de rédaction, vérification, approbation et transmission
(RVAT) des principaux documents est défini par une note mise à jour en novembre 2017.
Dans chacun des départements évalués, il est à noter une forte relation de confiance établie entre le préfet et
l?UD. Les propositions de décisions de la DRIEAT/UD sont presque toujours suivies, notamment en ce qui
concerne les mises en demeure. Le programme de travail de l?inspection est présenté en début d?année en
réunion de pré-CAR.
4
Défaut d'animation
et isolement du
réseau des
inspecteurs en
DD(ETS)PP
MOYEN
Réunions avec les
directeurs des
DD(ETS)PP
Réunions
régulières des
inspecteurs
DD(ETS)PP
Rôle et missions du
CRIC
Appuis techniques
de la DREAL
Examen des
documents et des
comptes rendus
Entretien avec les
agents en DD(ETS)PP
Présentations de
dossiers nécessitant
l'expertise de la
DREAL (TAR par
exemple)
L'intégration a fait l?objet d?une note d?organisation claire qui reprend les éléments suivants : l?organisation, les
rôles respectifs, le fonctionnement. À noter: cette note n'aborde pas les processus (MED, etc.).
Les moyens alloués aux missions reprises par le DRIEAT et les UD sur les ICPE agricoles en matière d?élevages
ont été bien répartis et dimensionnés (recrutement interne à la DRIEAT pour les inspecteurs). Compte tenu du
nombre d?installations ; c'est un effectif de 4 ETP consacré à ce contrôle, répartis en deux pôles géographiques.
Il est réalisé par deux inspecteurs anciens des DDPP et deux inspecteurs nouveaux sur ce métier, étant déjà
inspecteurs en DRIEE sur d'autres installations. Des efforts importants ont été mis en oeuvre pour former les
inspecteurs (volontaires pour consacrer une partie de leur temps à ces nouveaux ICPE). Un rôle central a été
assuré par le CRIC (issu de la DDPP, de sa mise en oeuvre et de son suivi. Une formation « ICPE agricoles » a été
préparée et organisée par le CRIC pour des inspecteurs ICPE déjà certifiés (trois sessions d?une journée, supports
de présentation détaillés).
Depuis la reprise de cette activité par les UD, les moyens ont été mis en oeuvre pour traiter les arriérés,
augmenter le nombre d?inspections at assurer la mise à niveau des AP lorsque ceux-ci le nécessitaient. Deux
éleveurs rencontrés par la mission sont très satisfaits de la situation actuelle et fait état d?un bon suivi et
dialogue avec les services de l?inspection (Suggestion 4,1).
La posture relative aux ICPE élevages est très spécifique. Toutes les pratiques de l'inspection ne sont pas
reproductibles en l'état. Cette posture est bien prise en compte et mise en oeuvre par les inspecteurs, pour qui
le choix de suivre aussi des ICPE élevages participait à une volonté de mettre en oeuvre une nouvelle approche
du métier d?inspecteur. En particulier des contacts fréquents ont lieu avec les "têtes de pont", à savoir les
représentants des professions, y compris sur la programmation des thèmes d'inspection. Une réunion annuelle
est organisée avec la chambre régionale d?agriculture ainsi que des réunions en tant que de besoin sur des
projets en cours. Le CRIC est en contact avec des responsables de l?élevage en Ile-de-France (en IdF, les contacts
régionaux sont élevages et céréaliers départementaux).
La pratique en matière de mise en demeure est différente. Avant de mettre en demeure en exploitant, la
DRIEAT produit une lettre indiquant qu'au prochain contrôle si la non-conformité n'est pas traitée, une mise en
demeure sera établie. La justification de cette pratique réside dans le fait qu'un exploitant mis en demeure perd
le bénéfice de certaines aides PAC.
Nous avons constaté une bonne pratique: les rapports d'inspection sont souvent établis le jour ou le lendemain,
et en tout état de cause 100% des rapports le sont en moins d'un mois. La DRIEAT pourrait s'inspirer de celle-ci
Très bonne prise en charge des
ICPE agricoles anciennement
contrôlées par les DDPP
Suggestion 4,1 (UD) : face au
rôle central assuré par le
CRIC, il faut s?assurer de la
pérennisation de
l'organisation du suivi des
élevages au-delà de cette
contribution (cas d?un
éventuel changement de
fonctions). De ce point de
vue, il pourrait être créé la
fonction d?adjoint au CRIC,
établi des réunions
périodiques entre les
inspecteurs ICPE en charge
des élevages et un
correspondant à désigner au
sein des DDPP respectives,
afin de consolider les
échanges et le suivi de ces
installations. Afin de faciliter
le transfert d?inspecteurs de la
DDPP vers les UD, pour
suivre les ICPE agricoles, il
serait utile d?étudier les
éventuelles différences de
traitement salariaux et de
rechercher des solutions aux
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pour la généraliser.
La transmission des dossiers s?est opérée dans de bonnes conditions de la DDPP vers les UD. Des contacts avec
les DDPPs sont maintenus au niveau CRIC. La coordination apparait bonne au sein de chaque UD pour ces ICPE.
Le programme d?inspections est partagé avec les parties prenantes en début d?année.
Le CRIC et les UD n?ont pas accès aux bases de données et aux applications métiers du MASA, alors que les
DDPP en disposaient. Ces bases permettent entre autres de vérifier le respect des seuils de classement
(Suggestion 4.2).
éventuels écarts.
Suggestion 4.2 (DGPR, DRIEAT) :
au niveau national, étudier la
possibilité d?accès, et des
modalités d?échanges, aux
informations sur les élevages
avec le ministère de l?agriculture
(bases de données ministère de
l'agriculture).
1.2 Respect du programme et des priorités de contrôle
5
Mauvaise définition
des priorités de
l'inspection et non
conforme aux
priorités nationales
TRES
FORT
Documents
stratégiques
Analyse de risques
Prise en compte
des priorités
nationales
Fiches processus
Note de priorité
régionale, suivi et
documents de
programmation
Tableau de bord
de suivi de
l'activité
(instruction,
inspection)
Périodicité des
contrôles vis-à-vis
de IED et Reach.
Présentation du plan
pluriannuel de
contrôles
Examen de ces
documents et
comparaison
programmation/bilan
Évaluation
intermédiaire du
programme de travail
Réalisation de tests
(dossier
établissements)
Les priorités annuelles sont, sur la base des instructions ministres pour 2023, déclinées au niveau régional au
travers du programme de travail IIC rédigé par le SPR, en consultation avec les UD, et validées par le directeur
adjoint de la DRIEAT. Des priorités régionales sont ajoutées dans le programme annuel aux priorités nationales
(par exemple action 20 « SIAAP », site industriel sous surveillance qui nécessite une attention particulière). Des
objectifs annuels sont établis pour chaque unité et déclinés dans les objectifs des agents lors des entretiens
professionnels. Des indicateurs de suivi sont définis et pilotés avec un bilan annuel sur l?année n-1 (et un suivi
trimestriel déjà mentionné). Les actions sont clairement hiérarchisées en fonction de leur priorité.
Le programme annuel 2023 de travail de l?IIC se décline en fiches actions (23 actions instructions et 10 actions
inspections) qui décrivent le contexte, les documents de référence, le plan d?action (avec la définition
d?indicateurs, de la périodicité et des objectifs) et le rapportage, les attendus et les indicateurs de suivi des
différentes actions nationales et locales.
Le travail d?accompagnement en amont du dépôt de dossiers à autorisation environnementale est salué par les
exploitants et souhaité par les préfets. Il est de qualité et d?utilité unanimement reconnues. La phase amont
avant le dépôt du dossier est très importante, elle requiert du savoir-faire, et elle est d?autant mieux conduite
qu?elle est faite par un inspecteur expérimenté. Des réunions tous les deux mois sont organisées avec les
porteurs de projet à enjeux. Il est observé une demande de systématiser les accompagnements. À noter que
beaucoup d?intervenants (entreprises, bureaux d?études, etc.) s'estiment parfois perdus face à la complexité des
procédures. Par ailleurs, des inspecteurs souhaitent que le temps consacré à instruire les porter-à-connaissance
(modification de dossiers) soit comptabilisé dans leurs objectifs. Aujourd?hui, dans certains cas, les dossiers
s?accumulent faute de temps (il n?y a pas de délai réglementaire sauf pour le caractère substantiel des
modifications).
Ainsi, certaines actions menées par les inspecteurs ICPE (accompagnement amont des projets, instruction des
porter-à-connaissance pour modification, EDD autres que pour les canalisations pour le transport de matières
dangereuses) ne font pas l?objet d?une fiche action dans le programme de travail annuel de l?IIC. Ces actions
mobilisent beaucoup les inspecteurs et ne sont pas comptabilisées/valorisées par la DGPR et la DRIAET. Le
risque d?être mis en défaut sur des éléments importants du suivi d?ICPE est possible de ce fait (Suggestion 5.1).
Suggestion 5.1 (DRIEAT) :
comptabiliser les actions qui
n?apparaissent pas dans les
fiches action du programme
annuel régional d?inspection des
ICPE (en premier lieu pour ce qui
concerne les
modifications/porter-à-
connaissance), en quantifiant le
temps à y consacrer.
Recommandation 1 (DRIEAT) :
Définir rapidement et
consolider les modalités d?une
astreinte technique ICPE
Suggestion 5.2 (DRIEAT, UD) :
conduire une démarche visant à
analyser les raisons des délais
d?instructions moyens
importants des autorisations en
vue de les réduire.
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Les OSPIC 2017-2022 ont bien été prises en compte par la DRIEAT et les UD notamment pour ce qui concerne
l?augmentation du nombre de visites d?inspection. Concernant les OSPIIC 2023-2027 et les priorités
pluriannuelles, les déclinaisons régionales sont en cours de définition.
La fonction transverse de la DRIEAT et des UD est bien mise en oeuvre et le travail avec les autres services (eau,
nature, DDT, etc.) dans le cadre de l?autorisation environnementale apparait bien assurée. Par ailleurs, le SPR
co-pilote de la rédaction et la mise en oeuvre des plans régionaux santé-environnement et des actions du Plan
de Protection de l?Atmosphère Ile-de-France sur les sujets industriels. Par exemple, des échanges sont organisés
régulièrement entre la DRIEAT (pôle EE, équipe SSP) et l?ARS (santé-environnement) ; ils permettent d?améliorer
la collaboration et l?intégration des enjeux sanitaires.
Concernant la gestion des incidents et des crises, les objectifs semblent moins bien définis, notamment pour ce
qui concerne la mise en oeuvre d?une astreinte technique ICPE. L?astreinte ICPE est aujourd?hui basée sur le
principe du « foisonnement » et la mise à disposition de fiches réflexes. Il repose ainsi implicitement sur la
disponibilité de l?encadrement UD en cas de besoin. Ce système n?a pour l?heure pas généré de difficulté, en
l?absence de manifestation de crise ICPE majeure ces dernières années (en 2022, la DRIEAT dénombre 90
évènements, dont 16 accidents dont un accident majeur, rejet de biogaz sur le site du SIAAP à Archères) ?
(Recommandation 1).
Il est mis à disposition des inspecteurs une note d?organisation DRIEAT de gestion des incidents significatifs et
accidents par l'inspection de l'environnement (installations classées pour l'environnement, équipements sous
pression, canalisations de transport et de distribution, infrastructures de transport de matières dangereuses).
Les délais d?instruction font l?objet d?un suivi trimestriel au niveau DRIEAT et de chaque UD. Concernant
l?autorisation environnementale, sur l?année 2022, pour un objectif de 335 jours d?instruction au plus, les
valeurs moyennes trimestrielles constatées vont de 445 jours à 525 jours (Suggestion 5.2 ).
6
Non atteinte du
nombre d'inspections
requis et non-respect
de la programmation
MOYEN
Bonne priorisation
Pilotage et suivi de
l'avancement
Modalités
d'ajustement et de
priorisation des
inspections
permettant une
réactivité
importante
Bilans annuels par
UD et par le siège
Comparaison entre la
programmation et le
réalisé sur les 3
dernières années
Examen des bilans des
années précédentes
et des suites données
Une procédure d?élaboration du programme annuel des visites d?inspection et de surveillance (ICPE, ITMD,
canalisations, ESP) est établie par le SPR. Elle définit la méthodologie de déclinaison des objectifs régionaux en
termes d?inspection au niveau de chaque UD. Ce programme peut être ajusté par échange direct entre SPR et
UD, en fonction des demandes préfectorales, des vacances de postes, des crises du moment, etc.
Il est tenu au niveau régional un tableau d?avancement du programme de travail annuel de l?inspection des
installations classées, équipements sous-pression et canalisations. Ce tableau assure le suivi, pour chaque
département et de manière consolidée au niveau de la région, de l?ensemble des actions définies dans le plan
annuel. Il est renseigné de manière trimestrielle par chaque UD et consolidé au niveau de la DRIEAT.
Un bilan annuel du programme d?inspection, complet et détaillé, est établi en fin de chaque exercice. Il
comprend un état des réalisations pour chaque action.
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7
Pas de contrôle
hiérarchique des
rapports d'inspection
MOYEN
Mise en place d'un
contrôle
hiérarchique
Examen
documentaire sur
dossiers
Le contrôle des rapports d?inspection, sur le fond, est assuré par la chaine hiérarchique comme défini dans la
procédure RVAT de la DRIEAT (rédaction, vérification, approbation et transmission). Il est défini des rôles de
rédacteur, vérificateur et approbateur. La mission a pu constater que cette procédure était connue et
appliquée. Nous avons aussi constaté qu'elle était souvent présentée comme une dans causes du non-respect
des délais. La DRIEAT utilise lorsque nécessaire la possibilité de fusionner deux niveaux pour le même agent.
Concernant les délais de communication des rapports d?inspections aux exploitants d?ICPE, après leur rédaction,
relecture et approbation, ils apparaissent souvent supérieurs à l?objectif de délai maximum (1 mois). Ces délais
sont à mettre dans le contexte d?une augmentation importante du nombre des inspections dans le cadre des
objectifs inscrits dans les OSPIIC 2017-2022 (augmentation de 50% sur la période). Pour les sites sensibles (IED,
SSP, gros émetteurs), les rapports d?inspection requièrent aussi une signature au niveau de la DRIEAT et, dans
certaines UD, des courriers (lettre préfectorale) qui accompagnent l?envoi des rapports d?inspection sont requis
et préparés par un autre service (délai supplémentaire pour valeur ajoutée faible). Pour certains inspecteurs, le
long délai avant remise du rapport d'inspection à l?exploitant est jugé parfois utile pour laisser le temps à
l?exploitant d?apporter des éléments et ne pas sanctionner ou noter une non-conformité tout de suite. Pour
autant, le principe est que le rapport fait partie intégrante de l'acte d'inspection et non de ses suites.
Il est très étonnant à cet égard que les objectifs de la DRIEAT mentionnent un pourcentage de rapports en mois
d'un mois de 85% et non de 100%.
La mission estime en outre que plus le délai est long entre l'inspection et le rapport, plus le temps passé pour le
rédiger est long. Ainsi, des délais longs prennent plus de temps à la DRIEAT que des délais courts.
À noter, les rapports d?inspection pour les élevages sont communiqués aux exploitants dans les jours suivants
l?inspection (Recommandation 2).
Recommandation 3 (DRIEAT) :
Revoir le processus
d?élaboration et de
transmission des rapports
d?inspection afin de respecter le
délai d?un mois entre la date
l?inspection et celle de la remise
du rapport à l?exploitant.
Définir une trajectoire, sur la
période des OSPIIC 2 (2023-
2027) pour atteindre à cet
horizon un objectif de 100%
(70% actuellement) de respect
de ce délai
8
Opacité et manque
de communication,
mauvaise gestion des
plaintes par
l'inspection
MOYEN
Mise en place
d'instances de
concertation
locales
Actions de
communication
externe avec ONG,
professionnels
Mode de diffusion
des rapports
d'inspection
Enregistrement,
Présentation de la
stratégie et des
actions de
communication à
destination des
professionnels, des
associations et du
public
Examen des outils de
diffusion des rapports
faisant état de "faits
Le site de la DRIEAT est le canal de diffusion des informations à destination des différents publics. Le volet
consacré aux ICPE est bien documenté. Par exemple, le « bilan de la prévention des risques individuels et
naturels » (Edition 2022, qui porte sur le bilan de l?année 2021 et Edition 2021 sur l?exercice 2020), à destination
du grand public, est disponible au téléchargement.
Des actions de communication sont conduites par les DRIEAT. Le bilan annuel est présenté en pré-CAR ainsi que
programme de l?année à venir. Des échanges sont organisés avec les professionnels. Une conférence de presse
annuelle est organisée ainsi que des échanges avec journaux régionaux sur des sujets ciblés (exemples : risques
de pollution en Seine-et-Marne ; utilisation de perchloroéthylène dans certains pressings). Le secrétariat et
l?animation du SPI Vallée de Seine est par assuré par l?UD. Les Comités de Suivi de Site, obligatoires pour les
Seveso seuil haut et les sites de stockage de déchets non inertes, permettent à la DRIEAT de créer entre les
différents représentants des collèges (État, collectivités locales, riverains, exploitants, salariés) un cadre
Suggestion 8.1 (DRIET, UD) :
rappeler l?obligation de la
publication des rapports
d?inspection en ligne sur
Géorisques pour tout type
d'ICPE, y compris les
installations agricoles - S?assurer
par échantillonnage
(notamment Seveso) que cela
est bien fait, et rappeler la
procédure à suivre sur GUNenv.
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traitement et suivi
régulier des
plaintes. Fiches
réflexes
(inspections
réactives par
exemple).
Modèles
thématiques sur
intranet Recours
aux opérations
"coup de poing" :
bilan quantitatif et
qualitatif
avec suites" lors des
inspections et
réalisation de tests
Examen de dossiers
de plaintes
d'échange et d'information sur les actions menées : prévenir les risques d'atteintes à l'environnement, suivre
l'activité des installations pour lesquelles elles ont été créées et promouvoir pour ces installations l'information
du public.
La diffusion des rapports d?inspection est assurée pat Géorisques. Une ONG note cependant que la plupart des
rapports ne sont pas accessibles et qu?ils sont peu informés des suites données aux dossiers (même remarque
de la part d?un commissaire enquêteur. La mission a procédé à un échantillonnage et a pu observer la bonne
mise à disposition de rapports d'inspections ICPE, même si peu d'ICPR élevages, par exemple, sont présentées
lorsque la requête est effectuée (Suggestion 8.1).
Dans certains département, le préfet et l'UD ont adopté une politique de présentation de la quasi-totalité des
dossiers en CODERST (la Loi ASAP permet d?exempter des dossiers de ce passage en CODERST et une note de la
DRIEAT rappelle les critères à prendre en compte pour sélectionner les dossiers). Cette politique se traduit, par
exemple dans le 75, par une présentation des arrêtés de prescriptions spéciales encadrant des installations à
déclaration. Cette démarche est appréciée des différents interlocuteurs rencontrés. Le nombre de dossiers ICPE,
moins important que dans d?autres régions, rend cela possible mais il s?agit avant tout d?une volonté de préfets
de transparence et de communication pour anticiper les difficultés éventuelles.
Un bilan annuel de l?inspection ICPE est effectué en CODERST et des communiqués de presse sont établis sur
des opérations départementales de type « coup de poing » (dans le domaine des pressings récemment). S?il est
difficile de communiquer sur les risques sanitaires (impacts sur les enfants, l?air, l?eau), la collaboration avec
l?ARS aide sur ces sujets et est perçue comme efficiente.
À noter, la procédure de Participation Publique par Voie Électronique (PPVE) commence à être utilisée pour les
dossiers dans certains cas.
2. Réaliser des contrôles de qualité et s'assurer d'un suivi adapté des procédures
9
Qualité insuffisante
des actes
FORT
Appui préventif,
appui à la
rédaction de
décisions
sensibles, du
contentieux
Modèles d?arrêtés
à disposition
Examen de quelques
dossiers et des
retours préfet
L?ensemble des procédures, documents et « Template » sont disponibles sur le site wiki de la DRIEAT. Cet
espace de partage d?information est complet, détaillé et opérationnel. Il comprend pour chaque sujet ICPE, des
exemples d?arrêtés (génériques, complets ou sveltes), des AP thématiques (par exemple IED, sécheresse), les
textes de référence, etc..
Le service régional DRIEAT/SPR communique par ailleurs à un inspecteur l?AP produit par une autre UD le plus
proche de son besoin.
Il n?est pas mis en oeuvre de formation spécifique à la rédaction des décisions sensibles ou des contentieux. En
Ile-de-France, il s?agit de cas rares et qui sont travaillés en cas de besoin directement avec la DRIEAT.
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10
Mise en cause de
l?impartialité de
l?administration
Les dossiers
concernés sont typés
: carrières, CET,
SEVESO seuil haut,
incinérateurs, IED
MOYEN
Recours à des
tierces expertises
Qualité du rapport
de présentation et
comptes rendus de
CSS (comité de
suivi de site)
À évaluer sur dossier
la qualité de prise en
compte des
demandes
Les Seveso Seul Haut sont systématiquement soumis à la procédure RVAT car jugés prioritaires. Les inspections
sont systématiquement en binôme (DRIEAT-UD) pour ce type d?installation.
Liste des établissements prioritaires et sensibles en matière de prévention des risques technologiques tenue à
jour janvier 2023.
Procédure relative aux visites d?inspection des installations classées et des infrastructures de transport de
matières dangereuses, idem fin 2022
Les décisions proposées par la DRIEAT peuvent être contestées par les interlocuteurs. Il n?y a pas d?exemple de
mise en défaut d?impartialité, sur la base par exemple de soumissions à des intérêts privés, dans la région Ile-de-
France. Un des objets de la procédure RVAT, et plus généralement des relectures systématiques des rapports
par la hiérarchie en UD, est d?éviter de ce type de dérives.
Un interlocuteur (exploitant) rencontré par la mission note parfois une méconnaissance par la DRIEAT/UD des
contraintes liées à de gros sites industriels, qui sont peu nombreux en région Ile-de-France et qui nécessitent un
suivi et une connaissance de son historique plus important que pour des installations de plus petites tailles avec
moins d?enjeux.
Dans la zone de Paris intra-muros et petite couronne, une sensibilité particulière est prise en compte du fait de
la densité de population. Cette spécificité est aussi bien prise en compte sur des sujets émergents et particuliers
à ces zones (entrepôts de bus et de véhicules verts, à batterie électrique ou hydrogène, et dépôts de liquides
inflammables). Les principaux sites ICPE à risques dans la région font l?objet de fiches action spécifiques du plan
annuel de travail. Par exemple, l?accident sur le site du SIAAP à Achères en 2022 (site sous vigilance renforcée
nationale), un retour d?expérience au sein de l?inspection a été conduit (rappel des critères à prendre en compte
pour classer un accident comme majeur). Les sites répondant aux critères de la directive IED présentent aussi
des enjeux sanitaires importants en IdF, en raison de leurs émissions et des risques technologiques, et font
l?objet d?une fiche d?action spécifique.
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11
Utilisation
insuffisante ou
inadaptée des mises
en demeure,
consignations,
amendes / astreintes
administratives
FORT
Doctrines locales
Éventuelle
présentation en
CAR
Dispositif internes
de contrôle
Statistiques
annuelles (à
comparer avec le
national)
Processus notes
Examen de dossiers
La doctrine des sanctions de la DGPR est appliquée : les suites données à l'inspection sont détaillées dans des
guides nationaux établis par la DGPR (guide polices et référentiel méthodologique visites d'inspection). Cette
doctrine est précisée sur quelques points par la note « sanction » régionale de la DRIEAT de janvier 2022 qui
apporte des compléments des sujets importants dans la région Ile-de-France, dont les déchets. Il n'a pas été de
note équivalente sur les mises en demeure (MED).
La liste des sanctions soumises à la procédure RVAT est clairement définie dans cette note régionale par type de
sites, en particulier pour les sites classés prioritaires et sensibles : suspension, astreinte, amende administrative,
consignation, travaux d?office (qu?elles soient prises au titre du L.171-7, L.171-8, L.541-3, etc.), les PV de délit et
rapports associés sauf ceux pris à l?encontre d?établissements sans autorisation/enregistrement requis (pour les
sites illégaux). Le site wiki de la DRIEAT rassemble de nombreuses informations sur les réglementations et
procédures contentieuses, développés par la DGPR ou la DRIEAT (dont le Memento sur la jurisprudence des
ICPE, doctrine sanction Ile-de-France 2022, carte mentale des sanction administratives). La partie sanction
pénale annonce plusieurs documents à venir (PV de délit, PV de contravention, audition libre, transaction
pénale).
Le service juridique de la DRIEAT n'est pas spécialisé aujourd'hui en contentieux ICPE. En cas d'interrogation sur
le fond ou la forme, les interlocuteurs du SPR sont les préfectures et les bureaux de la DGPR. Le contentieux
ICPE est géré par les UD qui contribuent sur le fond aux mémoires dans la plupart des départements, avec un
appui de la préfecture sur la forme. Certaines préfectures vont plus loin en réalisant intégralement les
mémoires mais ce n'est pas le cas général. Certaines UD vont parfois plus loin aussi en réalisant des documents
prêt-à-signer pour le préfet. Le traitement d'un contentieux peut être vu comme le traitement d'un dossier
d'enregistrement : le jour où la commande (ordonnance de clôture) tombe, l'inspection a quelques semaines
pour répondre, ce qui peut générer le risque que certains mémoires soient parfois rédigés dans l'urgence et de
fait potentiellement fragilisés. Le risque est globalement bien géré par la DRIEAT et les UD
Un suivi des statistiques pluriannuelles des sanctions administratives et pénales a été mis en oeuvre jusqu?en
2020 avant la bascule cers l?outil GUNenv et a fait l?objet d?une présentation détaillée. Une diminution des
sanctions administratives et une augmentation des sanctions pénales apparaissaient sur la période 2017-2020,
sur la même période le nombre d?inspection augmentait. Une répartition par type de sanction et pas
département permettait un suivi fin des tendances (la thématique des déchets est majoritaire dans les sanctions
post-APMED, augmentation sur les 3 dernières années des PV, et forte disparité des PV entre départements) -
Une action « coup de poing » chaque début d?année permet de s?assurer du bon suivi des MED et sanctions en
cours. En 2022, l'action avait porté sur les "pressings": 160 inspections qui ont permis d'identifier notamment 19
établissements avec présence d'une machine au perchloroéthylène dans les locaux contigus à des locaux
occupés par des tiers (interdiction depuis le 1er janvier 2022). L'inspection a rédigé 49 mises en demeure
consécutives à cette action. En 2023 par exemple, une opération « coup de poing » avait pour objectif le
recollement des APMED et le suivi des sanctions.
Bonne pratique : pertinence et
efficacité des opérations
annuelles « coup de poing ».
Suggestion 11.1 (DRIEAT) :
clarifier l?organisation de la
fonction juridique en matière de
RNT.
Suggestion 11.2 (DRIEAT, UD) :
effectuer à nouveau le suivi
annuel et pluriannuel statistique
des sanctions administratives et
pénales (tel qu'il a été pratiqué
entre 2017 et 2020 avant la mise
en service de GUNenv) pour
déceler les tendances et
problèmes de fond éventuels.
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12
Pertinence
insuffisante des
comptes rendus
d?inspection, en
évitant insuffisance
et sur- qualité
FORT
Trace d?un
contrôle
hiérarchique par le
siège, par la
direction des
rapports diffusés
Appui aux
inspecteurs des
services juridiques
Rôle et
positionnement
rédacteur -
vérificateur -
approbateur :
chaine de décision
Bilan quantitatif de
la publication des
rapports : taux et
délais
Bilan quantitatif :
nombre et
pourcentage de
rapports non
établis dans un
délai d'un mois
post-visite, délai
moyen
Examen de dossiers
Examen d?une dizaine
de comptes rendus
diversifiés (TEST)
L?amélioration continue des rapports d?inspection est l?objet du processus de relecture inscrite dans la
procédure RVAT (relecture au niveau chef UD ou par la DRIEAT suivant la sensibilité du site). La méthode permet
de s?adapter au cas par cas, certains rapports devant être courts (suites à des actions « coup de poing » par
exemple), d?autres doivent faire l?objet de plus de développement. De la même manière, certaines inspections
sont courtes (actions « coup de poing » ou de suivi ciblé), d?autres peuvent durer 2 jours (inspection SIAAP de
févier 2023 par exemple). La méthode employée est pragmatique, elle repose sur un accompagnement en cours
de période de prise de poste/habilitation, et d?un suivi pour chaque rapport ou travers du processus de
validation. Le site Wiki de la DRIEAT met à disposition, pour chaque type d?ICPE, l?ensemble des documentations
utiles à la rédaction de rapports d?inspection (grille d?inspections pour plusieurs types d?ICPE).
Les interlocuteurs rencontrés ont souligné la qualité des rapports d?inspection et n?ont pas formulé de
commentaire quant à leur contenu.
Le nouveau format des rapports imposé par GUN continue de poser des difficultés, la version actuelle ne semble
pas aboutie et génère de nombreuses manipulations de la part des inspecteurs.
PUBLIÉ
Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
Page 112 sur 145
13
Valorisation et
utilisation
insuffisantes des
procès-verbaux et
suivi insuffisant du
contentieux pénal
FORT
Relations et
convention avec
les procureurs,
modalités
d'actions avec la
hiérarchie
Réunion DREAL
avec les
procureurs
généraux
Convention avec le
Parquet
Formation des
inspecteurs au
droit pénal
Utilisation de
l?audition pénale
Avis à la demande
du procureur
Participation aux
audiences sur les
cas graves
Utilisation de la
transaction
administrative
Bilan des procédures
pénales et
comparaisons
nationales
Convention, PV
Examen de quelques
dossiers : précision
des PV, forme
qualité des avis sur le
contexte et les effets
de l?infraction
Dossiers, contacts
avec le Parquet
Le suivi des statistiques pluriannuelles des sanctions pénales met en évidence une augmentation entre 2017 et
2020 du nombre des PV en Ile-de-France (en particulier dans le 77 et 95). Comme indiqué précédemment, il
serait utile de reprendre le suivi annuel de ces données et d?en déduire des tendances et actions le cas échéant.
Les relations établies avec les parquets diffèrent suivant les départements. Un protocole d?accord relatif au
traitement des atteintes à l?environnement a été signé en novembre 2019 entre le TGI Paris, le préfet de la
région Ile-de-France, le préfet de police, l'ONCFS et l?AFB. Il porte sur de nombreuses polices et, pour ce qui
concerne le département 75, les polices des installations classées, des produits chimiques, des déchets et des
infrastructures de transport de matières dangereuses. Les OSPIIC 2023-2027 prévoient un accord cadre national
entre la DGPR et le ministère de la justice, à décliner aux niveau régional et départemental (Suggestion 13.1).
En termes de formation au droit pénal, des modules d'une demi-journée sont intégrés aux formations
d'habilitation des inspecteurs (les bases du droit, les polices administratives et judiciaires et la sanction pénale).
Le premier module a pour objectif de fournir un socle minimal de connaissances sur des notions de droit en lien
avec la mission de police spéciale ICPE. Les deux autres présentent le cadre d'intervention des inspecteurs sur le
volet police pénale afin de fiabiliser les actions engagées envers les exploitants.
Un référent régional sur la thématique "sanction" est chargé d'apporter une assistance aux inspecteurs sur
demande, notamment sur les procédures pénales, en nombre croissant. Dans le cadre des OSPIIC 2023-2027, la
DRIEAT prévoit un appui renforcé pour la gestion des contentieux.
La pratique de l'audition libre dans le cadre d'un délit pénal, qui fait l?objet de demandes de plus en plus
nombreuses de la part des procureurs, bénéficie d'un accompagnement régional spécifique : formation interne
auprès des inspecteurs en UD sur demande et réalisation de l'audition libre à la place de l'UD sur demande.
Pour le traitement des plaintes, la DRIEAT/SPR a finalisé récemment une note détaillée qui porte sur la
procédure de traitement d?une plainte visant une installation classée. Une revue semestrielle des plaintes est
prévue au niveau SPR et l?enregistrement de chaque plainte est prévue d?être effectuée dans GUNenv.
À noter, en Seine-Saint-Denis par exemple, en avance des JO, tous les dossiers ont été produits dans les délais
impartis et tous les contentieux ont été apurés.
Suggestion 13.1 (DRIEAT, UD) :
dans le cadre des OSPIIC 2023-
2027 (accord national entre la
DGPR et ministère de la justice -
à venir), les UD pourraient être
encouragés à décliner
localement cet accord.
PUBLIÉ
Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
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14
Saisie des points de
contrôle, des
rapports et
documents associés
dans l'outil GUNenv.
Niveau
d'appropriation de
l?outil (échange
avec les
correspondants
régionaux,
formation)
Saisie des données
dans l'outil et
fiabilité des saisies
Exemple de rapports
et documents
associés
D?une manière générale, le sentiment général au sein de la DRIEAT et des UD est que la nouvelle plateforme
GUNEnv n?a pas apporté tout ce qui avait été annoncé en 2022 et jusqu?à ce jour.
Envirnorma continue d?être l?application utilisée de préférence, dans certaines UD, par les inspecteurs pour
préparer les rapports (du fait en particulier de difficultés persistantes pour la mise en forme des rapports par
GUNenv). Les inspecteurs des UD n?ont pas ou peu à ce jour commandé de tablettes pour les ICPE. Ces tablettes
pourraient à terme être surtout utiles pour les inspections génériques. Elles pourraient être également utiles
pour réduire les délais des rapports d'inspection.
Pour les agents utilisant GUN (inspecteurs et secrétariats), une formation au début de la prise de poste est
proposée, en complément de la formation en ligne produite par la DGPR. Une documentation précise du
module « inspection » de GUN est disponible (« Aide contextuelle Procédure Inspection GUN »). La saisie des
points de contrôle en ligne est nécessaire pour produire un rapport d?inspection pouvant être publié à
disposition du public.
L?outil GUNenv est par ailleurs jugé utile et bien mis en oeuvre pour la phase d?instruction. Des entreprises
notent que la procédure en ligne ne remplace pas encore complètement les démarches « papier » (il faut
encore amener les dossier DDAE en préfecture pour les enquêtes publiques par exemple).
GUNenv requière encore des compléments sur la phase de pilotage. Il est noté une sous-utilisation encore
parfois des fonctionnalités de pilotage de GUN. Il est noté de bonnes évolutions (suivi des délais, suites
administratives, traitement des plaintes, etc.). L?impossibilité d?émettre des requêtes multicritères comme cela
était possible avec S3IC est notée.
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e. Sites et sols pollués
N° de
risque
Risques
inhérents
Niveau
de
risque
inhérent
Mesures de contrôle
interne attendues
Techniques
d'audit
utiliévaluation
Acteurs
concernés
Calendrier
de
réalisation
(quand)?
Constats
Niveau
de
risque
résiduel
Recommandations
1. Avoir la connaissance la plus exhaustive possible des sites pollués
1.1. Réaliser le recensement des sites pollués
1
Exposer la
population à
une pollution
non-recensée
FORT
Tableaux, cartes et/ou
listes récapitulatives de
la mise en place des
Secteurs d'information
sur les sols (SIS) (Loi
ALUR - Art. L. 125-6 du
code de l'environnement
et décret d'application
n° 2015-1353 du
26/10/2015)
Entretien avec
les différents
services en
charge -
Examen des
documents
récapitulatifs
DRIEAT-
DDT-
BRGM
Prise de
connaissance
phase terrain
L'Ile-de-France, du fait des nombreuses activités industrielles qui ont eu lieu ces dernières décennies,
ou plus généralement des activités humaines est une région où la présence de terres polluées est
extrêmement fréquente. En clair, quand on manipule de la terre pour un projet, on trouve très
fréquemment des terres polluées. Le recensement de sites pollués est réalisé au fur et à mesure et
donne lieu à un porter à connaissance de l'État (outil InfoSols). Les fiches InfoSols concernant les sites
sensibles, les créations et les mises à jour sont réalisées par l?inspecteur en UD (vérification le chef d?UD
et information du SPR). La validation et la publication de la fiche est réalisée par le chargé de mission du
SPR qui assure le suivi du site
Pour accompagner l?action des inspecteurs, sur le Wiki DRIEAT IdF sont mis à disposition un mode
opératoire pour l?utilisation d?Infosols (avril 2021), la fiche de procédure qualité, des exemples d?AP, un
exemple de rapport, des exemples AP tiers demandeurs et de PV de recollement. S?agissant d?un sujet
d?importance 0 Paris et en petite couronne, un mode opératoire pour le traitement des signalements
de situations potentiellement dangereuses pour les riverains de pressing est également disponible.
La doctrine régionale est définie dans la note de cadrage sur les Secteurs d?Information sur les Sols (SIS -
Octobre 2022). Depuis 2018, des SIS ont été créés par vagues dans chaque département, par le Préfet,
sur la base des données dont l?État a connaissance. Les vagues de déploiement initiales des SIS ont été
réalisées ou sont bientôt terminées. Les mises à jour ont commencé. Au 2 mars 2023, Géorisques
indiquait 709 SIS en Île-de-France, dont 697 établis sur proposition de l?IIC et 12 pour l?AS.
Les départements 75, 78, 92, 94 et 95 ont fini les trois phases de création.
Les départements 77, 91 et 93 sont en cours de finalisation de la troisième vague.
Depuis 2020, la phase de mise à jour de la liste des SIS par départements a débuté (création de
nouveaux SIS, modification ou suppression de SIS existants. La procédure de mise à jour des SIS est la
même que celle utilisée lors de la phase de création, excepté la durée de consultation des mairies qui
passe de 6 à 2 mois.
Suggestion 1.1 (DGPR) :
examiner le principe de
fusion de la notion de
SIS et celle de site à
pollution suspectée ou
avérée
Suggestion 1.2 (DRIEAT):
associer l?ARS dès la
phase de recensement
et d?identification des
sites et sols pollués.
Bonne pratique : bon
recensement des sites
et sols pollués.
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
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Des actions relatives au SSP sont définies dans le programme annuel de travail ICPE : mise à jour des
secteurs SIS et information du public (décision de mise jour, publication des AP de création de SIS, mise
à jour des fiches InfoSols).
Remarque entendue à plusieurs reprises au cours des entretiens menés par la mission : la
dénomination « Secteurs d?information sur les sols » n?est pas parlante pour la population. Il est difficile
de comprendre ce qu?elle recouvre et ce qui la différencie de la base BASOL, plus explicite (Suggestion
1.1).
L?ARS ne participe pas à ce jour au recensement des sites pollués et n?est pas sollicitée par la DRIEAT
pour valider un site dans la base de données nationale. La prise en compte des enjeux de santé, si elle
existe, n?est pas assurée par l?ARS. Par exemple, les anciennes plaines d?épandages d?eaux usées dans
les départements du 78 et du 95, en partie aujourd?hui urbanisées, répondent ainsi au critère
d?exposition des populations à des sols pollués. Elles devraient donc être intégrées comme des sites
pollués dans les SIS, ce qui n?est pas le cas aujourd?hui (Suggestion 1.2)
Remarque (DGPR) : La réglementation SIS actuelle ne tient pas compte de la géographie des sites
concernés (pente, écoulements, etc.).
En synthèse, la région IdF semble bien placée en termes d?informations sur les SSP. Les personnes
rencontrées soulignent la compétence des inspecteurs.
1.2. Assurer l'information de la population
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2
Perception
d'un État
défaillant à
informer les
populations
des risques
encourus
MOYEN
Vérifier l'intégration des
SIS dans les documents
d'urbanisme, et à plus
largement au public via
le site internet
www.georisques.gouv.fr
- Présence d'une
procédure formalisée de
vérification
Entretien avec
les différents
services en
charge -
Vérification de
l'existence de
la procédure -
contrôle
aléatoire de
certains
documents
d'urbanisme
DRIEAT -
DDT
Prise de
connaissance
phase terrain
Conformément au L. 125-6-III du Code de l?Environnement, les SIS doivent être annexés au PLU (ou
équivalent). Il n?y a pas de vérification de ce point par l?inspection des installations classée et il n?est pas
certain que les mises à jour des SIS sont également mises à jour dans les PLU auxquels ils sont annexés
(Suggestion 2.1).
Les SIS sont portés à la connaissance du public via la plateforme Géorisques. La compréhension par le
grand public de ce que représentent les SIS et les obligations qu?ils induisent sont difficiles à
appréhender. Il persiste un doute sur la diffusion effective de ces informations auprès des populations
concernées.
Les avis sur les bases de données accessibles aux populations sont contrastés. Pour certains
interlocuteurs, elles ont progressé ces dernières années et représentent une véritable avancée en
matière d?information des populations. À contrario, le SIS est perçu par d?autres interlocuteurs comme
une base de données très volumineuse, difficile d?approche pour le grand public et perfectible
(fréquence de mises à jour, besoin de vulgarisation du contenu pour le grand public). Plusieurs bases de
données, et sources d?informations, sur les sols pollués sont référencées (Basols, CIS, Géorisques,) dont
les dénominations ne pas toujours explicites.
D'une manière générale, il est noté un déficit d'information de la population sur les sites et sols pollués.
En Ile-de-France, l?information est ponctuellement diffusée via des relais médiatiques (cas récents des
pollutions par les contaminants émergents, d?écoquartiers construits sur des zones mal réhabilitées,
etc.).
La concertation est mise en oeuvre avec les populations directement concernées, dans le cadre, par
exemple, de réunions publiques sur des sujets de pollutions les affectant. La concertation peut encore
se développer, particulièrement autour des stockages de déchets.
Les modalités de travail avec l?ADEME sont claires et portent sur le suivi des sites à responsable
défaillant, conformément à la circulaire du 26 mai 2011. Il n?y a pas de convention régionale avec
l?ADEME, mais un suivi des travaux via des réunions annuelles au niveau régional.
.
Suggestion 2.1 (DGPR,
DRIEAT) : formaliser la
procédure de
vérification d?annexion
des SIS, et de leurs
mises à jour, dans les
documents
d?urbanisme.
2. S'assurer que les sols de ces sites seront affectés à un usage approprié
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3
Autoriser une
construction
et un usage
sur un terrain
inadéquats
FORT
Vérification de la
réalisation des études de
sols et de mesures de
gestion de la pollution
lors de construction sur
un SIS - Présence d'une
procédure de
vérification interne et
externe (Collectivités)
formalisée de la mise en
oeuvre de cette
intégration
Entretien avec
les différents
services en
charge -
Vérification de
l'existence de
la procédure
et contrôle
aléatoire de
ses résultats
DRIEAT -
UD DRIEAT
-
Prise de
connaissance
phase terrain
En cas de demande de construction sur un SIS, en vertu du L. 556-2 du Code de l?environnement, les
études de sols et éventuelles mesures de gestion sont prévues. Selon le même article, pour les projets
soumis a permis d?aménager ou de construire, la procédure de vérification de ces études passe par la
réalisation d?une attestation établie par un bureau d?études certifié, dite ATTES-ALUR.
Ainsi, il n?y a pas de procédure au sein de l?IIC pour vérifier que les études et mesures de gestion sont
intégrées au dossier de permis de construire ou d?aménager, ni qu?elles sont adéquates, et pour vérifier
que l?attestation prévue est intégrée au dossier, ni qu?elle est conforme. Lors d?éventuelles
sollicitations, la DRIEAT rappelle au service instructeur du permis de construire que l?attestation est une
pièce obligatoire.
Les processus SSP fonctionnent aujourd'hui en général bien avec les outils déployés jusqu'à présent
(SUP, responsabilité du changement d'usage, SSP, ATTES) et la prise de conscience et la montée en
compétence des différents acteurs de la construction et de l'urbanisme, qui saisissent aujourd'hui
mieux les risques mais aussi les opportunités (réutilisation de foncier).
4
Mise en cause
de l'État par
voie de
recours ou de
contentieux
contre les
décisions prise
FORT
Qualité des documents
et des procédures
Entretien avec
les différents
services en
charge -
Examen des
procédures
existantes
DRIEAT
(SRNT)
Prise de
connaissance
phase terrain
Des documents et procédures sont disponibles sur la qualité et le suivi de l?élaboration des SIS : note
de cadrage régionale sur les SIS, action du programme de travail de l?inspection, procédures qualité
cessation et gestion d?un site pollué et mode opératoire InfoSols.
C?est une problématique qui relève en particulier des dossiers d?urbanisme. Le contentieux surgit au
moment de l?opération d ?aménagement. Le sujet de la pollution peut avoir été mal appréhendé en
amont. Le contentieux surgit au moment où il faut déterminer le responsable des pollutions et le
responsable qui doit les traiter. Le vendeur du terrain et l?acheteur ou le promoteur peuvent alors
entrer en contentieux (dans la suite de plaintes de voisinages par exemple).
Parfois, la procédure SIS n?est pas connue du TA et le sujet des contentieux liés à une dépollution donne
des jurisprudences diverses des TA, des CAA et du CE (Suggestion 4.1).
La procédure tiers demandeur est de plus en plus utilisée (elle représente plus de la moitié des dossiers
de demande d?autorisation). Cette procédure nécessite une instruction approfondie et le silence vaut
accord. J'avais écrit ça suite à la rencontre avec les inspecteurs UD 93 mais j'aimerais en parler avec toi.
Il est relevé très peu de recours sur les arrêtés de « tiers demandeur ».
Les actions engagées à l?encontre des responsables potentiels (maison mère, propriétaire, producteurs
de déchets, dirigeants fautifs, ?) semblent rarement opérantes. Dans les cas de condamnation
prononcée par les tribunaux, l?exécution du jugement s?avère complexe (Suggestion 4.2).
Suggestion 4.1 (DRIEAT,
UD) : organiser des
échanges sur la
thématique de la
pollution des sols dans
le cadre des dialogues
avec le TA et assurer
une veille sur les
jurisprudences au
niveau de la DGPR (pour
diffusion aux DREAL et
aux UDet UD).
Suggestion 4.2 (DGPR) :
une révision des textes
pour rendre plus
efficace la mise en
oeuvre de l?application
du principe pollueur-
payeur, en cas de
défaillance de
l?exploitant et de son
représentant légal,
pourrait être utile.
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5
Manifestation,
contestation
des décisions
prises
MOYEN
Information régulière
des populations -
Réunion régulière de
comités de suivi
associant la population,
et rédaction de comptes
rendus de réunions
Entretien avec
les différents
services en
charge
Examen
aléatoire de
documents
d'information
du public et de
CR de réunions
de comités de
suivi
DRIEAT
(SRNT) -
UD DRIEAT
Prise de
connaissance
phase terrain
Pour la création ou la modification d?un SIS, le préfet de département lance la consultation électronique
des SIS, et notifie aux maires ou aux présidents d'EPCI compétents.
Le préfet informe par lettre simple les propriétaires des terrains d'assiette sur lesquels sont situés les
projets de SIS en indiquant les modalités envisagées pour la participation du public prévue à l'article L.
120-1 du CE.
La procédure d'élaboration d'un SIS a paru très lourde à la mission. Avant de consulter le public, il faut
informer chaque propriétaire qu'il va y avoir une consultation publique. Ceci nécessite pour la DREAL de
récupérer les adresses de tous les propriétaires. Cela peut devenir très vite très fastidieux, s'il s'agit
d'un immeuble par exemple. En outre, la DRIEAT ne dispose pas de ces listes, elle le demande à la DRFIP
qui n'a pas forcément des fichiers à jour. La mission s'étonne de cette étape préalable à la consultation
publique, son utilité ne lui apparaît pas de maniée flagrante.
L?envoi d?une lettre simple pour l?information des propriétaires doit précéder de quelques jours la
consultation du public, qui s?effectue sur une période qui ne peut être inférieure à 3 semaines. La durée
de la consultation, généralement observée, est de deux mois. Les courriers doivent être envoyés à de
nombreuses personnes comprenant tous les copropriétaires, pour les informer qu?il va y avoir une
consultation. Ce dispositif se révèle lourd à mettre en oeuvre. Dans certains départements, la procédure
est fortement sollicitée par les préfets avec pour objectif de s?assurer par voie de preuve écrite que
toutes les parties prenantes ont été informées (Suggestion 5.1).
Les comités de suivi de site permettent d?accompagner la prise de décision. Pour certaines des sites
disposant de CSS, les sujet SSP peuvent relever d?une grande importance et d?un suivi particulier de la
part de la DRIEAT et des UD. Par exemple : un comité de suivi pour la pollution des sols du collège Saint-
Exupéry de Vincennes se réunit tous les 2 ans, une commission locale de l?eau du « SAGE Marne
Confluence » se réunit régulièrement pour le suivi de la pollution de l?aéroport Charles de Gaulle et un
comité de suivi est en place en Seine-et-Marne sur la ZI de Mitry-Mory-Compans.
L?ARS et la DRIEAT ont élaboré un protocole commun qui définit les modalités conjointes de suivi des
dossiers, avec entre autres la possibilité de créer un comité technique et un comité de pilotage, en lien
avec la préfecture.
Ce protocole DRIEAT-ARS se concentre sur les situations concernant des ICPE en activité ou anciennes.
Ce protocole prévoit les modalités d?information auprès de la population, en particulier pour ce qui
concerne les mesures portant sur le suivi sanitaire, piloté par l?ARS. Des actions d?information sont
menées sous forme de réunion publique et de courrier pour présenter les mesures individuelles ou
collectives pour la santé des populations.
Suggestion 5.1 (DGPR,
DRIEAT) : étudier la
possibilité de remplacer
le courrier aux
propriétaires par
l?affichage en Mairie,
comme cela est pratiqué
dans d?autres domaines
ou prendre exemple sur
le processus de PPVE
(participation du public
par voie électronique)
plus souple par exemple
(Cf. R125-44,
modification du code
nécessaire).
3. S'assurer que les cessations d'activités polluantes sont faites en respectant les procédures de remise en sécurité du site
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6
Laisser
subsister un
danger sur un
sol après la
cessation
d'une activité
FORT
Appropriation des
dispositions du décret n°
2021-1096 du 19 août
2021 modifiant diverses
dispositions relatives aux
sols pollués et à la
cessation d'activité des
ICPE (applicable au 1er
juin 2022) pris pour
application de l'article
57 de la loi ALUR :
Programme de
formation/sensibilisation
des personnels aux
dispositions
réglementaires
prochainement
applicables
Entretien avec
les différents
services en
charge :
Connaissance
des
dispositions
réglementaires
et/ou d'une
prochaine
session de
formation
DRIEAT
Prise de
connaissance
phase terrain
Des documents à destination des inspecteurs accompagnent la réforme de la procédure de cessation
d?activité (dont la note régionale d?accompagnement sur les nouveautés introduites par la loi ASAP sur
les cessations d?activité datée du 31/05/2022). Des présentations ont été effectuées auprès des
correspondants sites et sols pollués des UD de 2021 et 2022 et une plaquette de la DGPR sur les
nouvelles cessations d?activité a été diffusée. La page Wiki IdF est très complète à ce sujet. Ce faisant,
elle n'a pas mis à jour la note de procédure de 2018 alors qu'elle aurait pu prendre appui sur celle-ci et
la modifier. Il y a donc actuellement deux documents régissant la fin d'activité chacun à leur manière
dont l'un n'est plus à jour, et devrait être abrogé ou modifié.
Une action est consacrée à ce thème dans le plan annuel de l?inspection de la DRIEAT : maitrise des
risques environnementaux résiduels, avec une priorité aux sites pollués à risque sanitaire avéré pour
lesquels la gestion est conduite en lien avec l?ARS et avec l?appui d?entités au niveau national.
Pour le suivi et le pilotage des cessations d?activité depuis la réforme, une autre action est engagée
dans le programme annuel : transmettre toutes les attestations reçues au service régional et orienter
l?action des UD conformément à la note régionale.
Une page internet a été créée sur le site de l?ARS Ile-de-France pour permettre aux exploitant d?un site
en cessation d?activité de transmettre l?attestation et le mémoire de réhabilitation dans les conditions
prévues par ce décret.
À noter, depuis l?entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, trois attestations ont été remontées
un nombre très restreint de dossiers a été déposé contre toute attente au vu des prévisions chiffrées de
la DRIEAT, 150 dossiers (chaque dossier pouvant générer trois attestations). Des interlocuteurs
rencontrés par la mission mentionnent un prix élevé des prestations assurées par les bureaux d?étude
(10 k¤) comme une des raisons possibles pour ce retard.
La perception de la mission est que, près d'un an après sa mise en place, la procédure cessation
d'activités n'a pas démarré, et qu'il sera utile d'en faire un bilan et de déterminer, le cas échéant, les
causes de ce non-démarrage (Recommandation 1).
Recommandation 1 :
(DRIEAT, DGPR): mettre
à jour la procédure de
2018 et suivre de près la
mise en oeuvre du la
procédure cessation
d'activité, qui peine à
démarrer, identifier les
freins et le cas échéant,
communiquer et
accompagner
davantage le
changement
7
Mauvaise
appréciation
des risques
induits par
une pollution
FORT
Coopération avec l'ARS -
Constitution d'une
équipe "projet sanitaire
et sécurisation des sites"
- CR de réunions de
l'équipe
Entretien avec
les différents
services en
charge, y
compris ARS
DRIEAT -
ARS
Prise de
connaissance
phase terrain
La DRIEAT et l?ARS ont élaboré en commun un protocole de gestion des sites et sols pollués effectif
depuis 2019 et révisé en 2021. Une mise à jour est prévue en 2023, dans le cadre de la parution du
décret n° 2021-1096 et du décret n° 2022-1588 sur les types d?usages. Ce protocole a aussi pour objet
de traiter les sujets complexes, tels que les sols pollués par des gaz de sol, phénomène régulier en Ile-
de-France.
Le protocole prévoit les modalités d?informations entre services, la validation des signalements, la
mobilisation des expertises externes et les rôles respectifs des acteurs dans les différentes phases de
traitement du dossier. Au moins une réunion annuelle est organisée entre ARS IdF et la DRIEAT pour
évoquer la thématique SSP. La limite de ce protocole est qu?il ne porte que sur les sites ICPE, la DRIEAT
n?intervenant que sur ces seules situations, alors que de nombreuses autres situations de sols pollués
peuvent se présenter en IDF.
Bonne pratique : bonne
coopération avec l?ARS
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risques naturels et technologiques en région Ile-de-France
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f. Risques cavités souterraines et maîtrise de l?urbanisation
N° de
risque
Risques inhérents Niveau
de risque
inhérent
Constats
Niveau de
risque
résiduel
Recommandations
1. Assurer l'animation, l'accompagnement et le pilotage de l'aléa "cavités souterraines"
1.1. Prioriser et piloter les services et l'activité
1 Insuffisance de
priorisation des PPRN
(programmation,
révision),
programmation
inadaptée ou irréaliste
(DRIEAT) ; absence de
critères objectifs
permettant d'établir la
priorisation
Insuffisance de prise
en compte de
l'instruction DGPR du
17 février 2022 (feuille
de route risques
naturels 2022-2024).
FORT Conformément à l'instruction DGPR du 17 février 2022 et à celles qui l?ont précédé, la DRIEAT établit des plans d?actions triennaux :
? Programme d?actions sur les risques naturels des services de l?État en Île-de-France 2019-2021
? Programme d?actions 2022-2024 des services de prévention des risques naturels et hydrauliques en Île-de-France
Ces programmes d?action sont dans la continuité de la « stratégie régionale de prévention des risques naturels en Ile-de-France » établit en 2013 et
couvrant la période 2013 / 2016.
La thématique Inondation est prédominante : une vingtaine de pages sur le risque inondation et environ cinq pages sur le risques Mouvement de terrain.
Cela est légitime au vu des conséquences financières d?une inondation en Ile-de-France.
En Île-de-France, une priorisation des cavités souterraines a été établie lors de la stratégie 2013- 2016. La priorisation des bassins de la Seine-et-Marne a
été réalisée à partir des résultats de l'inventaire cavités du BRGM et du CETE achevé en 2006. Dans les autres départements qui bénéficient de l?appui de
l?IGC, la priorisation a été réalisée en fonction des critères suivants :
? Absence de documents réglementaires ;
? Nature du matériau exploité en priorisant d'abord le gypse puis la craie et le calcaire;
? Périmètre de risque R.1113 incorrect ou obsolète ;
? Présence d'exploitations à ciel ouvert ;
? Importance de la surface d'enjeux impliquant une présence humaine (habitat individuel, habitat collectif, activités, équipements);
? Présence de zones de front rocheux ou de glissement de terrain ;
? Appartenance du bassin à une zone de projet du Grand Paris (CDT ou gare).
L'objectif est de développer la connaissance sur tous les bassins identifiés comme prioritaires sans que cela préjuge de la réalisation ou non de plans de
prévention des risques une fois l'aléa élaboré.
En juillet 2018, la doctrine régionale définissant la méthodologie d'élaboration des PPRN a été finalisée avec une méthodologie de caractérisation de
l'aléa.
Dès la validation d'une nouvelle étude d'aléa, une transmission de l'information aux maires des communes concernées est réalisée au travers d'un PAC. Si
le PLU est en révision, il peut alors prendre en compte sans délai les prescriptions du PAC. Cela réduit l'urgence de faire aboutir un PPR.
Le bilan de chaque plan triennal et du projet de plan triennal suivant sont présentés en Pré-CAR. La DRIEAT assure également un suivi annuel en lien avec
les DDT.
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2 Non-respect de la
priorisation arrêtée ou
des orientations
nationales
MOYEN L'objectif régional est de réaliser des PPR sur toutes les zones dans lesquelles des cartes d'aléas ont été réalisées, pour lesquelles l'aléa fort et très fort est
identifié, et où la dynamique d'urbanisation est importante, ou qui font l?objet d?une demande des collectivités, en commençant par les PPR déjà
prescrits.
Neuf PPR-MT sont prévus au plan d?action 2022 / 2024, certains étant intercommunaux. Aucun indicateur n?est proposé ; mais l?instruction DGPR n?en
propose pas non plus.
La priorisation est définie en concertation avec les services départementaux DDT/NPPC en fonction des moyens humains disponibles et du contexte local
et selon la prise en compte ou non des PAC risques dans les documents d'urbanisme.
La DRIEAT indique que « la priorisation de l?élaboration des PPR MT est indépendante de la priorisation des PPR inondations. Les services départementaux
organisent leur activité et les arbitrages éventuels. Sur NPPC, les agents en charge des MVT sont distincts de ceux en charge des inondations ».
La mission estime que les arbitrages en effectifs affectés pour le risque Inondation ou le risque MT et effectués par les directeurs de la DRIEAT et des DDT
sont bien un arbitrage entre ces deux risques. La mission reconnait néanmoins que la compétence nécessaire des agents sur chacun de ces deux risques
est différente et limite les possibilités de mutualisation.
Voir Risque 4.
3 Lenteur d?avancement
des PPRN
Lenteur d'avancement
des PPRN cavités
souterraines
FORT La DRIEAT tient à jour avec les DDT, un tableau de suivi précis de l?avancement des procédures de PPR-MT ou PAC risque MT ou R 111-3 existants.
Dernière version à jour : 21/04/2023.
L?approbation de PPR-MT depuis 2015 est de huit, soit moins d?un par an : Bourdonne, Marly-le-Roi, Le Port-Marly, Chaville, Cormeilles, Epiais, Jouy-le-
Moutier et Montigny.
Les différents points de blocage avancés par la DRIEAT et concernant l?élaboration des PPR-MT, sont :
? Cartes d?aléa faites par l?IGC ou le Cerema selon le territoire, dont la disponibilité et les effectifs alloués sont limités ;
? Difficulté d?avoir des cartes stables dans le temps long de l?élaboration du PPRMT ; certaines collectivités demandent des mises à jour lors de la
concertation ; ou les cartes sont trop anciennes ;
? Différences de méthodes d?élaboration de l?aléa entre les deux experts par le passé. La DRIEAT a demandé la création du « « GT National Alea cavité » ;
? Élaboration de PPR sur plusieurs communes à concerter, ce qui est chronophage ;
? Certaines communes ne sont pas convaincues de la nécessité d?un PPRMT car l?IGC de Paris donne souvent un accord au projet sous condition d?étude
ou comblement même en aléa Fort. L?IGC de Paris n?est pas moteur pour porter la nécessité d?un PPRMT pour aller au-delà du R111-3 ;
? Turnover important des agents non formés.
Devant la lenteur d?approbation des PPR liée aux difficultés d?élaboration, la DRIEAT et les DDT, conformément aux directives nationales, procèdent à des
PAC (Porte à connaissance du risque). Depuis 2015, la mission en compte 96, soient une dizaine par an.
La méthode du PAC est visiblement beaucoup plus efficace et permet par le biais du R111-2 du code de l?urbanisme et du contrôle de légalité, de maitriser
la constructibilité en zone de risque MT.
Il convient également de rappeler que la région Ile-de-France est couverte assez largement par une procédure R111-3 du code de l?urbanisme valant PPR-
MT : Essentiellement sur Paris, petite couronne, Yvelines et Val d?Oise où se concentre l?essentiel du risque MT.
Cette situation de lenteur d?approbation d?un PPR, qu?il soit pour le risque MT ou inondation, connue et ancienne, mérite une réflexion de la DGPR pour
que l?ensemble du système d?élaboration d?un PPR soit plus efficient et efficace. On peut s?interroger en effet sur l?avis d?un tribunal administratif qui
constaterait que l?État n?arrive pas à faire aboutir un PPR et utilise une procédure en pis-aller de PAC durant plusieurs années.
Suggestion 3,1
(DGPR et DRIEAT) :
Mener une analyse
de la situation de
lenteur d'approbation
des PPR
"Mouvements de
terrains" et en tirer
les conséquences en
terme réglementaire.
1.2. Maintenir la compétence et les moyens techniques adaptés aux enjeux et objectifs des PPR Cavités souterraines
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4 Insuffisance du
nombre d'agents
dédiés et moyens
techniques pour
l'élaboration des PPR
cavités souterraines
FORT
Les effectifs alloués à la prévention des risques apparaissent ainsi :
Sur la prévention des risques naturels au sein de la ZGE, les effectifs (au sens poste formel organigramme avec pondération sur le BOP181
affectés aux RN) à fin 2021 sont :
Entité SPR/DRN/
NPPC
(Paris et
petite
couronne)
SPR/DRN
Régional
+ cheffe
SPR/
DHPC
SPPE DDT
77
DDT
78
DDT
91
DDT
95
Total
Effectif
RN
9 (dont 8
chargés de
mission)
7
26
5,9
7,1
5,2
4,7
3,8
68,7
En DDT (grande couronne), la priorité en matière de risques naturels est donnée au risque Inondation.
Sur la prévention des risques au sein de la DRIEAT, les effectifs (au sens poste formel organigramme avec pondération sur le BOP181) à fin
2021 sont :
Service SPR SPPE Autres
services
UD
77
UD
78
UD
91
UD
92
UD
93
UD
94
UD
95
Total
Effectif
RNT
70,5
5,9
5,6
41,8
21,8
16,8
23,6
14,6
14,6
18,8
236
La répartition RN / RT au niveau de la ZGE est communiquée par la DGPR, qui précise également quelques grandes missions pour la répartition
de ces effectifs.
La mission n?a toutefois pas eu connaissance d?une réflexion régionale sur la répartition des effectifs entre RN et RT d?une part, et entre les
différents risques RN d?autre part.
Suggestion 4.1
(DRIEAT)
Il serait souhaitable
que la répartition des
effectifs consacrés à
la prévision des
risques soit justifiée
par une analyse
Objectifs / Moyen
menée au niveau
régional.
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5 Insuffisance de l?appui
technique fourni par la
DRIEAT pour le risque
cavités souterraines
MOYEN La DRIEAT a la particularité par rapport aux DREAL, d?avoir, au-delà de sa fonction d?animation régionale, une responsabilité départementale dans les
risques naturels et en particulier l?élaboration des PPR sur Paris et petite couronne (NPPC).
Pour des questions de compétences, l?activité PPR sur NPPC est concentrée au siège de la DRIEAT. Le DRN (département risques naturels) a donc la
responsabilité de l?animation régionale mais aussi d?élaborer des PPR et des PAC sur Paris et la petite couronne.
L?animation régionale se concrétise par :
? L?élaboration de doctrines sur le sujet ;
? L?organisation de clubs risques naturels avec les DDT, deux fois par an, avec échanges sur les doctrines et retours d?expérience ;
? L?appui du niveau régional sur demande pour relire les projets et répondre aux questions ;
? L?animation des réflexions du « GT régionale gypse ».
La mission considère cette animation correcte et efficace, du fait de la situation administrative décrite précédemment.
2. Connaissance de l'aléa du risque cavités souterraines
6 Insuffisance de
connaissance des
anciennes carrières
MOYEN
Il s?agit ici des cavités anthropiques (anciennes carrières souterraines de gypse, de craie ou de calcaire).
La connaissance de l?aléa « cavités » est variable en Île-de-France : la précision est assez fine sur les territoires couverts par les IGC, moindre en Seine-et-
Marne non couverte par une IGC, où la DDT dispose néanmoins de « l?Inventaire général des cavités de Seine-et-Marne » réalisé par le BRGM en 2008.
Le travail de connaissance des aléas « cavités souterraines » se poursuit localement avec les IGC 75 et 78 et le Cerema (référence : programme action pour
les nouvelles études d?aléas).
Sur la Seine-et-Marne, le Cerema prend en charge, une à deux nouvelles études par an.
Le BRGM est sollicité pour la mise à jour de la base nationale « cavité » avec les données précises des IGC, mais cela peine à être réalisé malgré plusieurs
relances de la DRIEAT.
La DRIEAT rencontre deux fois par an l?IGC de Paris, pour faire le point des études : Priorisation des cartes d?aléa, relecture des projets de prescriptions
PPR?
De même, la DRIEAT organise une réunion annuelle, avec les DDT et l?IGC 78 pour la grande couronne (sauf 77) pour faire un bilan de l?application des
conventions (remise des Atlas cavités pour chaque département, remise fichiers SIG actualisés?) et des priorités de travail (études aléas, PPRN en cours).
Le document de « doctrine régionale d?élaboration des PPRN liées aux anciennes carrières » de Juillet 2018 comprend une cartographie hiérarchisée des
bassins de risque « carrières » sur l?ensemble de l?Ile-de-France et décrit 36 bassins de risques liées aux anciennes carrières.
Le bilan fait en 2018 était le suivant : Parmi les bassins de risque classés en priorité 1, 18 communes (réparties sur 6 bassins) n'ont pas d'études finalisées.
Parmi les bassins de risque classés en priorité 2, 66 communes (réparties sur 13 bassins) n'ont pas d'études finalisées. L'action doit donc se poursuivre, sur
les bassins classés en priorité 1 puis celles en priorité 2.
Globalement, les services de l?État apparaissent bien maitriser le sujet des « anciennes carrières » en Ile-de-France. Ils bénéficient du travail des deux IGC
de Paris et Versailles qui couvrent toute la région sauf la Seine-et-Marne où le Cerema est sollicité. Toutefois, un travail considérable demeure pour la
connaissance complète de l?aléa.
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7 Insuffisance de
connaissance de l'aléa
dissolution du Gypse
FORT Il s?agit ici des cavités naturelles dues à la dissolution du gypse ludien et anté-ludien et à la marge, des calcaires.
Ce sujet ne concerne pas les deux IGC de Paris et Versailles qui ne travaillent que sur les cavités anthropiques. La DRIEAT et les DDT s?appuient
essentiellement sur le Cerema, le BRGM et l?Ineris concernant les études relatives à la dissolution du gypse.
Afin d?identifier les zones de susceptibilité, la DRIEE a missionné le BRGM en association avec le Cerema pour réaliser une modélisation géométrique des
formations anté-ludiennes porteuses de gypse en région Ile-de-France. L?étude a porté sur des formations gypseuses localisées dans cinq départements
de la région (nord de 91, 92, 93, 94, et nord-ouest de 77). Un rapport a été finalisé par le BRGM en avril 2015, permettant à la DRIEE de disposer d?un
modèle géologique géométrique des formations au sein desquelles des occurrences de gypse sont présentes qui peut être ensuite utilisé lors de
l'élaboration des cartes d'aléas « dissolution du gypse ».
À la demande de la DRIEE, l?Ineris et le Cerema ont réalisé un guide sur la gestion des aléas mouvements de terrain liés aux mécanismes de dissolution
naturelle du gypse dans le sous-sol. Ce guide explique comment évaluer l?aléa mouvement de terrain lié à la dissolution du gypse et propose également
des mesures de prévention, de mitigation et de protection.
Parallèlement à la rédaction de guides et méthodes de caractérisation de l?aléa, un groupe de travail a été lancé en 2015 sur l?impact des infiltrations
d?eau en milieu gypseux. En effet, les préconisations actuelles des PPR d?Ile-de-France visent à interdire toute infiltration d?eau pluviale dans ces zones.
Cependant, ces préconisations se heurtent à celles du domaine de l?eau qui poussent à infiltrer à la parcelle afin de diminuer les rejets pluviaux dans les
réseaux d?assainissement, dont les débordements créent des inondations. Le Cerema a remis ses conclusions en 2021.
Une doctrine régionale de mise en oeuvre opérationnelle de ces conclusions sera à élaborer .
En conclusion, le risque lié aux cavités naturelles dues à la dissolution du gypse ludien et anté-ludien est de mieux en mieux maitrisé par les services de
l?État. Toutefois, la territorialisation du risque et de l?aléa sur l?ensemble de la région nécessitera encore beaucoup d?études locales.
Suggestion 7.1
(DRIEAT) : Tirer les
conclusions des
études menées sur le
risque lié à la
dissolution du gypse,
pour orienter les
études d'aléas à
mener et pour les
traduire en terme
réglementaire dans
les projets de PPR et
dans tous documents
Plans / Programmes.
8 Insuffisance de
connaissance des
autres aléas de cavités
MOYEN Il s?agit ici d?autres aléas de cavités comme les marnières, les boves?
La DRIEAT a lancé une étude sur les falaises de craie et les boves, dans le programme de travail 2022-2024 (L?étude concerne 2 départements).
La DDT des Yvelines a réalisé en 2022, trois porters à connaissance « Marnières ».
La mission considère qu?il y a potentiellement un risque « Marnières » dans l?ouest de l?Ile-de-France (Yvelines et Val d?Oise). Elle conseille la lecture du
rapport CGEDD n° 012595-01 de mai 2019 intitulée « La gestion des risques engendrés par les marnières abandonnées ».
Suggestion 8.1 (DRIEAT
et DDT) : Appréhender
au niveau régional le
risque lié aux
anciennes marnières et
lancer si nécessaire des
études d'aléas sur le
sujet.
3. Améliorer la qualité, la lisibilité et l'applicabilité des PPRN cavités souterraines
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9 Non-conformité des
documents
d'urbanisme avec le
cadre réglementaire,
les doctrines
nationales ou
régionales
FORT La méthodologie des PPR MT est définie au niveau national par le « guide méthodologique : Plan de prévention des risques naturels : Cavités souterraines
abandonnées » de 2012.
La DRIEAT (Ex-DRIEE) avait élaboré un guide régional en 2018 intitulé : « Doctrine régionale élaboration des PPRN liés aux anciennes carrières ».
SI les documents semblent en apparence compatibles, la mission note une différence de fond à la lecture concernant la constructibilité dans certaines
zones d?aléas :
Guide national Guide régional
Zone d?aléa fort en espaces
urbanisés
Inconstructible Constructible sous réserve
d?études géotechniques
Zone d?aléa moyen en espaces non
urbanisés
Inconstructible Constructible sous réserve
d?études géotechniques
Zone d?aléa moyen en espaces
urbanisés
Constructions interdites si difficile
à mettre en oeuvre
Constructible sous réserve
d?études géotechniques
Secteurs de ZAC et zonages
ANRU et NPNRU
Non évoqué Constructible sous réserve de
prescription quel que soit l?aléa.
Il apparait clairement de cette analyse que le guide régional est plus permissif du point de vue de la constructibilité. Mais pour les IGC de Paris et de
Versailles, il ne l?est pas encore assez. Ils estiment que l?on peut toujours construire, quel que soit l?aléa, à condition de réaliser des études géotechniques
et de suivre les prescriptions techniques adaptées.
La DRIEAT a fait évoluer sa doctrine sur Paris et la petite couronne : en zone d?alea « très fort » compte tenu de la pression urbaine, le service introduit la
création de « secteurs de projets » définis à la date d?approbation permettant de construire sous réserve d?études géotechniques adaptées.
Il conviendrait que la DGPR adapte le guide national ou que la DRIEAT se mette en conformité. Un risque juridique ne peut être exclu, y compris un risque
pénal.
Un groupe de travail « Aléa fort et très fort » a été mis en place, piloté par la DGPR, sur le sujet de la constructibilité en zone d?aléa fort et très fort d?un
risque « cavités souterraines ».
Cette problématique peut être mise en regard également de la doctrine figurant dans le « guide méthodologique pour l?élaboration des plans de
prévention des risques miniers ». Par exemple, le principe d?inconstructibilité totale est prescrit dans les zones d?aléas forts en espaces urbanisés, et
général dans les zones non urbanisées dès qu?il y a un aléa.
La mission a pris connaissance de plusieurs PPR-MT approuvés en Ile-de-France. Ils sont tous rédigés suivant la même philosophie décrite dans le guide
régional. La DRIEAT effectue à la demande une relecture des projets de PPR-MT réalisés par la cellule NPPC ou par les DDT. Cela assure l?harmonisation
des PPR-MT.
Les documents d?urbanisme, les PLU notamment, sont mis en conformité avec les PPR-MT approuvés. La vérification est faite de façon classique par les
services Aménagement dans le cadre de la révision de ces documents, ou in fine, par le contrôle de légalité (Voir infra : Risque 15 et 16).
Recommandation à la
DGPR et à la DRIEAT :
Faire aboutir
rapidement les
conclusions du groupe
de travail « Aléa fort
et très fort » et en
tirer les conséquences
dans les guides
d?application des PPR
« Mouvements de
terrain ».
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10 Mauvaise mise en
oeuvre liée à la
complexité des
documents graphiques
MOYEN La cartographie est correctement réalisée par la DRIEAT et les DDT.
La DRIEAT souligne toutefois quelques difficultés liées :
- à des fonds cartographiques différents entre cartes de risques et cartes d?urbanisme ou à un zonage réglementaire non adapté au zonage PLU. La
réglementation sur GPU impose une superposition parfaite des zones réglementaires avec les fonds d?urbanisme (par exemple, si on indique que le
zonage réglementaire est différent selon les zones naturelles ou urbaines, les limites des zones U et N PLU(i) doivent coïncider avec les limites
réglementaires du PPR).
- à une ambiguïté dans la rédaction / interprétation des prescriptions ou difficulté de cohabitation des prescriptions d?un PAC ou R111-3.
(GPU : Dans le cadre de la transcription de la directive INSPIRE, l?État français a décidé, le 19 décembre 2013, la création d?un portail national de
l?information règlementaire en urbanisme qui a pris le nom de Géoportail de l?urbanisme).
11 Mauvaise mise en
oeuvre liée à la
complexité du
règlement ou à
l'existence de notions
juridiques
approximatives dans le
règlement
FORT Les PPR-MT sont annexés de façon classique et réglementaire aux PLU.
Certains PLU en révision prennent en compte les recommandations techniques données lors des porters-à-connaissance spécifiques « Risques » et avant
que le PPR-MT ne soit approuvé. Cela est particulièrement intéressant quand on voit le délai pour faire aboutir un PPR-MT et le nombre de PPR-MT
définitivement approuvés. (Voir Supra : Risque 3).
Toutefois, la seule méthode pour faire prendre en compte la réglementation étatique relative à la prévention des risques « Cavités souterraines » dans un
PLU déjà approuvé, est de faire approuver un PPR-MT.
Enfin, les services constatent une insuffisance d?appropriation du règlement par les services des communes qui les sollicitent régulièrement dans
l?instruction des actes d?urbanisme.
Les règlements de PPR-MT prévoient de façon générale des prescriptions de surveillance et de travaux sur les constructions existantes et les réseaux
existants. La mission constate que ces prescriptions ne sont contrôlées par personne, ni par les services de l?État, ni par les services de la commune. On
peut donc s?interroger sur l?utilité de ces prescriptions voire de leurs effets contre-productifs : quelles seraient les conséquences pénales d?une
prescription sécuritaire qui n?est pas contrôlée, dans le cas d?un accident ?
Suggestion 11.1
(DRIEAT et DDT) :
Mener une étude sur le
respect des obligations
imposées par les PPR
"Mouvements de
terrain" concernant les
constructions
existantes et les
réseaux.
12 Insuffisance de la
qualité de la note de
présentation,
notamment de la
justification de l?aléa
de référence et des
choix de zonage
réglementaire
FORT Il est rappelé les difficultés inhérentes à l?élaboration des PPR-MT (Voir Supra : Risque 3).
Il est rappelé les divergences d?appréciation concernant la constructibilité en zone d?aléa (Voir Supra : Risque 9).
La DRIEAT indique que ce sujet est transmis au groupe de travail national sur la constructibilité en zone d?aléa fort et très fort.
Voir Risques 3 et 9.
4. Développer l'association et le partage des PPRN cavités souterraines
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13 Absence de mise en
ligne des PPRN cavités
souterraines
approuvés sur le site
de la préfecture ou de
la DDT et de la DRIEAT
et sur GASPAR.
Aléa non cité dans les
TIM.
Mauvaise information
mutuelle services
risques/services
aménagement.
MOYEN Les sites internet des préfectures développent de façon exhaustive les problématiques risques dans leur département. Les PPR approuvés et les arrêtés
préfectoraux y figurent.
Les PPR approuvés se retrouvent souvent sur les sites internet des communes concernées avec les autres documents la concernant, notamment leur PLU.
Le sujet des TIM (transmission d?information aux maires) est traité dans la matrice Information préventive.
La mission constate une bonne articulation entre les services Risques et Aménagement, que ce soit au sein de la DRIEAT ou au sein des DDT.
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14 Insuffisance de
mobilisation des
partenaires et
collectivités
territoriales
FORT L?État a mis en place, concernant les collectivités territoriales, le dispositif PAPRICA (Programme d?actions pour la prévention des risques liés aux cavités).
Le dispositif est connu des services : DRIEAT et DDT. Le dispositif est présenté lors de la concertation d?élaboration des PPR.
Néanmoins, aucun projet de PAPRICA n?est en cours sur NPPC. Dans les Yvelines, des réflexions ont été menées sur les communes de Chanteloup-les-
Vignes, Bougival et La Celle-Saint-Cloud mais il y a des difficultés à trouver un maître d?ouvrage. En Seine-et-Marne, le dispositif n?est pas envisagé, car la
DDT estime que le niveau d?aléa ne semble pas le justifier. La question pourrait se poser à l?avenir sur Chelles.
La DRIEAT et les DDT s?appuient entièrement sur plusieurs organismes techniques concernant la définition de l?aléa Mouvements de terrain : Cerema,
Ineris, BRGM et deux inspections générales des carrières.
La région Ile-de-France bénéficie d?une situation favorable avec l?existence des deux inspections générales des carrières de Paris et Versailles couvrant
approximativement toute la région Ile-de-France sauf la Seine-et-Marne. Ces deux services ont une très bonne connaissance des anciennes carrières de
calcaire et de gypse. La situation juridique de ces deux IGC est développé plus loin.
Le Cerema reste l?interlocuteur privilégié là où les deux IGC ne sont pas compétentes : département de Seine-et-Marne, les zones de gypses ludiens et
antéludiens en Ile-de-France qui posent des problèmes différents de risque naturel (dissolution par les eaux d'infiltration), les marnières ?. L?Ineris et le
BRGM peuvent dans certains cas apporter leur concours.
La DRIEAT rencontre régulièrement ces acteurs pour définir les programmes d?études confiées dans l?année et faire le point des commandes.
Ces services techniques ont leurs propres contraints d?effectifs qui peuvent limiter leur action.
La DGPR devra éclairer le sujet de l?intervention du Cerema sur crédits budgétaires (Ex-Fonds Barnier), sujet pour lequel la mission a entendu des avis
divers (Possibilité ou impossibilité).
Suggestion 14.1 (DGPR
et la DRIEAT) : Éclaircir
les conditions
d'intervention
financière du Cerema
en terme
réglementaire.
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14 BIS Sujet spécifique : Les
inspections générales
des carrières
L'inspection des carrières vit le jour le 4 avril 1777 par décret royal. Depuis 1968, l'inspection générale des carrières est rattachée à la Ville de Paris.
L'inspection générale des carrières intervient dans les départements de Paris (75), des Hauts-de-Seine (92), Val-de-Marne (94) et Seine-Saint-Denis (93).
Des conventions ont été conclues initialement entre la ville de Paris et les départements de petite couronne. Suite au retrait du département de Seine-
Saint-Denis pour des raisons financières, la ville de Paris a conventionné avec plusieurs villes (22) de ce département concerné par la problématique des
anciennes carrières entre les années 1995 et 2000. Certaines communes très concernées par le risque n?ont pas conventionné avec l?IGC 75, par exemple
Montreuil.
Constatant l?ampleur des risques liés aux anciennes carrières souterraines abandonnées dans son département, en 1967, le préfet de Seine-et-Oise a
procédé à la création d?un service nommé « inspection générale des carrières des Yvelines, du Val d?Oise et de l?Essonne ». Historiquement et depuis la
décentralisions en 1982, l?encadrement technique du service était assuré par l?État, et ses moyens, par le département des Yvelines. Ce fonctionnement a
été remis en cause en 2011 par le désengagement de l?État de ces deux services (IGC 75 et IGC 78). Les Conseils départementaux des Yvelines, du Val
d?Oise et de l?Essonne ont convenu dans une logique de pérennisation de l?action, de maintenir cette structure interdépartementale, par délibération en
2013 et 2014.
Les deux IGC ont des tailles différentes : une cinquantaine d?agents pour l?IGC 75 et une dizaine d?agents pour l?IGC 78. De ce fait, les missions réalisées
par les deux IGC ne sont pas les mêmes dans la pratique, notamment pour ce qui est des avis sur les demandes de permis de construire et le suivi des
prescriptions pour les travaux réalisés.
La situation juridique des deux IGC est également différente. L?IGC de Paris est un service de la ville de Paris qui a une responsabilité propre en matière de
prévention des risques. L?IGC de Versailles est un service du département des Yvelines qui n?a pas de compétence administrative en matière de prévention
des risques. De ce fait, la situation juridique de cet IGC est beaucoup plus fragile et dépend du bon-vouloir du département. Le travail des deux IGC dans
les départements avec lesquels ils ont des conventions est également fragile car ces départements (92, 94, 95 et 91) peuvent à tout moment sortir du
conventionnement comme l?a fait le département de Seine-Saint-Denis pour des raisons financières. La mission estime le travail de ces deux IGC comme
fondamental dans la connaissance du risque « cavités souterraines », dans le suivi de l?aléa, et pour les nombreux avis qu?ils émettent dans le cadre de
l?instruction des demandes de construire et d?aménager.
Il est rappelé que les arrêtés R 111-3 (valant PPR-MT) pris en Ile-de-France concernant le risque Carrière requièrent un avis de l?IGC pour les demandes de
permis de construire (départements concernés : Paris, Hauts-de-Seine et Seine-Saint-Denis, Yvelines et Val d?Oise).
L?IGC de Paris ne pourra continuer de le faire que s'il a toujours une légitimité administrative pour le faire. Il apparaît qu?actuellement six communes de la
Seine-Saint-Denis, où il existe un périmètre de risque pris au titre de l?ancien article R. 111-3, n'ont pas conventionné avec l'IGC, à savoir : Aulnay-sous-
Bois, Bobigny, Coubron, Le Blanc-Mesnil, Tremblay-en-France et Vaujours.
Par ailleurs et concernant la ville de Paris, c?est l?article R 111-3 qui gère la prévention du risque « cavités souterraines », donc en fait l?IGC 75, service de la
ville, qui n?a pas la même doctrine que l?État sur le sujet (Voir Supra : Risque 9). Cette situation interroge même si la mission estime que l?IGC 75 est très
compétente sur le sujet.
Pour l?IGC 78, les deux arrêtés R 111-3 (Yvelines et Val d?Oise) indiquent que « l?Inspection Générale des Carrières, service public, dispose des moyens
nécessaires pour émettre des avis techniques sur la présence de carrières et la nature des travaux à effectuer pour protéger les biens et les personnes, et
constater l'exécution des dits travaux ». Les moyens actuels de l?IGC 78 ne permettent plus d?atteindre de telles exigences.
La mission recommande à la DGPR d?étudier la pérennisation juridique de ces deux IGC, sur les sept départements initiaux de compétence technique.
Recommandation à la
DGPR : Assurer la
pérennité du système
des IGC en Ile-de-
France en concertation
avec les collectivités
territoriales
concernées ou
élaborer un système
d?expertise équivalent.
5. S'assurer de la bonne mise en oeuvre des PPRN Cavités
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Septembre 2023 Évaluation de la mise en oeuvre de la politique de prévention des
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15 Insuffisance du
contrôle de légalité et
de la traduction dans
les documents
d'urbanisme pour les
PPR cavités
souterraines.
FORT La circulaire ministérielle du 25 janvier 2012 du ministère de l?Intérieur fixe les priorités nationales de contrôle suivantes :
? Dans les zones de plans de prévention de risques naturels ou technologiques, approuvés ou à venir ;
? Sur les établissements recevant du public (ERP des catégories 1 à 3), les bâtiments de grande hauteur et les installations classées pour la protection de
l'environnement (ICPE)
? Dans les zones agricoles (A) et les zones naturelles et forestières (N) ;
? Dans les périmètres ou les zones de conservation du patrimoine naturel et paysager ; ? lorsqu'il y a enquête publique.
En matière de documents d'urbanisme et de planification, la circulaire précitée pose le principe de contrôle de légalité de tous les documents d'urbanisme
puisqu'ils conditionnent la délivrance des autorisations individuelles ainsi que les procédures de création et de réalisation de ZAC.
La mission a examiné les conditions d?exercice de ce contrôle de légalité (CL) dans le département de Seine-et-Marne qui a la particularité d?un exercice
du CL par la DDT 77 sous l?autorité du préfet et des sous-préfets. Ce cas n?est pas habituel. À Paris, le CL est exercé par un service de préfecture.
En Seine-et-Marne, la DDT 77 produit un rapport annuel d?exercice du CL avec des propositions d?orientations pour l?année suivante.
Ce rapport précise que l?ensemble des objectifs fixés au niveau départemental a été atteint en 2022.
Le contrôle de légalité des documents d'urbanisme a concerné 100 % des procédures (délibérations et dossiers) reçues par la préfecture ou les sous-
préfectures et relatives aux schémas de cohérence territoriale (SCoT), plans locaux d'urbanisme (PLU/PLUi), zones d'aménagement concerté (ZAC),
instauration du droit de préemption urbain (DPU) et règlements locaux de publicité (RLP).
En 2022, ce sont 334 actes de procédures d'urbanisme qui ont été reçus et contrôlés, contre 336 1'année précédente. Ces 334 documents ont fait l'objet
d'un contrôle tant sur ta forme que sur le fond. Ces documents portent principalement sur les procédures d'approbation ou d'évolution de PLU (139) , la
prescription de nouvelles procédures (147) et l'instauration du droit de préemption urbain (DPU) (39).
Ces contrôles de légalité en urbanisme ont conduit à notifier 109 lettres d'observation aux collectivités (82 en droit des sols et 27 en matière de
documents d'urbanisme) leur demandant de retirer pour illégalité leurs délibérations ou arrêtés entachés d'illégalité.
Les élus tiennent globalement compte des observations formulées dans les lettres d'observation et suivent la procédure de résolution des illégalités
proposée, à savoir le retrait de la délibération ou la mise en oeuvre d'une procédure de modification du document concerné afin de prendre en compte les
observations de l'État. En 2022, les 27 lettres d'observation du Préfet ont donné lieu à 16 retraits de délibérations, 9 engagements de régulariser par le
lancement d'une nouvelle procédure, 1 déféré préfectoral et 1 courrier en cours de traitement par lequel la commune fait part de son refus de retirer la
délibération approuvant le PLU.
En conclusion, dans les départements étudiés le contrôle de légalité des documents d?urbanisme participe activement à la maitrise de l?urbanisation et
donc à la prévention des risques. La mission n?a toutefois pas d?élément pour l?ensemble de la région d?Ile-de-France .
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16 Insuffisance du
contrôle de légalité
pour les autorisations
de construire dans les
zones d'aléas cavités
souterraines.
FORT La circulaire ministérielle du 25 janvier 2012 du ministère de l?Intérieur fixe les priorités nationales de contrôle suivantes :
? Dans les zones de plan de prévention de risques naturels ou technologiques, approuvés ou à venir ;
? Sur les établissements recevant du public (ERP des catégories 1 à 3), les bâtiments de grande hauteur et les installations classées pour la protection de
l'environnement (ICPE)
? Dans les zones agricoles (A) et les zones naturelles et forestières (N) ;
? Dans les périmètres ou les zones de conservation du patrimoine naturel et paysager ; ? lorsqu'il y a enquête publique.
La mission a examiné les conditions d?exercice de ce contrôle de légalité (CL) dans le département de Seine-et-Marne qui a la particularité d?un exercice
du CL par la DDT 77 sous l?autorité du préfet et des sous-préfets. Ce cas n?est pas habituel. À Paris, le CL est exercé par un service de préfecture.
En Seine-et-Marne, la DDT 77 produit un rapport annuel d?exercice du CL avec des propositions d?orientations pour l?année suivante.
Ce rapport précise que l?ensemble des objectifs fixés au niveau départemental ont été atteints en 2022.
En 2022, 33 283 autorisations du droit des sols ont été reçues au titre du contrôle de légalité, ce qui représente une baisse de 14,5 % par rapport à 2021.
L?année 2021 a été une année de rattrapage exceptionnelle, liée à la crise sanitaire et aux élections municipales de 2020, avec un impact sur la faisabilité
de certains projets de construction ou l'annulation de certains d'entre eux.
L'ensemble des 33 283 autorisations du droit des sols reçus au titre du contrôle de légalité a été contrôlé sur le plan formel (greffe et complétude). Outre
ce contrôle formel, la DDT 77 a en charge la sélection des actes prioritaires pour leur contrôle au fond.
Afin de poursuivre en 2022 une politique de contrôle conforme aux circulaires ministérielles relatives au contrôle de légalité, tout en l'adaptant à
l'évolution des politiques publiques mais également aux effectifs dédiés pour l'exercer, le contrôle prioritaire a été maintenu au niveau départemental sur
la protection des biens / des personnes face aux risques, sur les communes dont les POS sont devenus caducs en 2017 afin de vérifier que les projets se
situent bien dans la partie urbanisée de la commune au sens du code de l'urbanisme, sur les communes carencées loi SRU et la dématérialisation des
actes.
Cet examen au titre du contrôle de légalité des autorisations d'occupation des sols identifiées comme prioritaires a conduit à 82 lettres d'observation
sachant que les élus tiennent généralement compte des observations formulées et engagent un retrait ou une modification de l'acte entaché d'illégalité.
Les suites données aux 82 lettres d'observation sont notamment 34 modifications du projet pour régulariser l'illégalité et 25 retraits de décisions
entachées d'illégalité.
En conclusion, dans les départements étudiés, le contrôle de légalité des actes d?urbanisme (ADS) participe activement à la maitrise de l?urbanisation et
donc à la prévention des risques. La mission n?a toutefois pas d?élément pour l?ensemble de la région d?Ile-de-France .
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17 Insuffisance du
contrôle de la
construction (CRC)
pour les constructions
concernées par le
risque cavités
souterraines.
MOYEN La mission s?est interrogée sur la contribution du contrôle réglementaire de la construction (CRC) prévu au code la construction et de l?habitation (CCH), à
la prévention des risques et à la maitrise de l?urbanisation.
Le sujet du CRC est connu et a fait l?objet de multiples rapports de l?IGEDD. Il est en forte évolution administrative actuellement.
Aujourd?hui, le CRC en Ile-de-France est exercé par la DRIAT et les DDT avec des effectifs réduits (onze postes en départements et quatre postes au siège
de la DRIEAT).
Les contrôles portent sur les bâtiments d?habitation terminés et sur certains thèmes de construction cités au CCH : performance environnementale,
performance d?usage et de confort (aération et ventilation), accessibilité des bâtiments d?habitation, risque de chute (garde-corps) et évacuation (passage
de brancard), sécurité incendie, risque sismique.
Le taux de contrôle est d?environ 5 % correspondant à la moyenne nationale. L?échantillonnage est préparé par le CSTB à partir de la base de données
SYTADEL des permis de construire. À partir de cette liste, les services retiennent les opérations en diversifiant notamment les maîtres d?ouvrage et les
communes. Le paramètre « Risques » n?est pas pris en compte systématiquement pour sélectionner les opérations. On peut s?en étonner quand on voit
que la politique du contrôle de légalité est de contrôler 100 % des permis de construire en zone de risque (Voir Supra : Risque 16).
À partir du 1er janvier 2024 , la réglementation du CRC va notablement s?élargir pour deux raisons :
? Instauration d?une police administrative du CRC
? Élargissement des champs techniques de contrôle du CRC et notamment la bonne prise en compte des réglementions des PPR d?une part, et des
dispositions techniques relatives au retrait-gonflement des argiles (RGA).
Il apparaît à la mission que les services ne sont pas prêts pour cette échéance, que ce soit pour des questions d?effectifs, de méthode de travail et de
compétences techniques .
La mission suggère à tout le moins que l?aspect « risques » soit pris en compte systématiquement dans le choix des opérations contrôlées dans le cadre du
CRC.
La mission du CRC est une mission régalienne. On peut toutefois constater qu?en Ile-de-France, l?IGC de Paris est amenée à contrôler les travaux faits dans
les zones de carrières à Paris et sur les territoires sur lesquels elle est mandatée dans les départements 92, 93 et 94. L?IGC de Versailles ne pratique pas
cette politique de contrôle sur ses trois départements de compétence (78, 91 et 95) car elle n?en a pas les moyens.
Suggestion 17.1 à la
DRIEAT : Revoir les
priorités de contrôle
du CRC en intégrant de
façon systématique, le
critère "risque" pour le
choix des opérations
contrôlées.
18 Multiplication des
saisines du TA par des
particuliers, sociétés,
collectivités, de
condamnations en lien
avec le risque cavités
souterraines
FORT La DRIEAT ne traite pas actuellement le contentieux sur les autorisations d?urbanisme sur le risque cavités.
La DDT 77 défend les contentieux formés à l?encontre des autorisations d?urbanisme délivrées au nom de l?État et peut proposer des déférés préfectoraux
à la signature du Préfet si les communes ne suivent pas les demandes de retrait d?actes d?urbanisme entachés d?illégalités.
La DDT 77 souligne le peu de contentieux administratifs traités en matière de risques ces dernières années. Elle signale actuellement un référé-expertise
préalable à un recours indemnitaire formé par Véolia Eaux pour déterminer les causes et les responsabilités dans la survenance de désordres causés à la
voirie et réseaux suite à des mouvements de terrain sur une commune du Nord du département. Les dossiers en appel sont transmis à la DGALN pour le
défendre.
Le contentieux en lien avec un sujet cavités souterraines apparait majoritairement au travers des actes d?urbanisme et des demandes d?autorisation de
construire.
On peut citer le cas du PLU de Gagny annulé en partie à cause de projets de constructions au-dessus des anciennes carrières.
L?opération de comblement des anciennes carrières Arnaudet à Meudon a fait l?objet d?un contentieux remontant jusqu?au Conseil d?État. (Voir Risque
20).
La mission a rencontré la présidente de la chambre Urbanisme et Environnement au tribunal administratif (TA) de Montreuil qui avait des fonctions
équivalentes précédemment au TA de Melun. Elle a souligné le sujet de la dissolution du Gypse qui apparait dans les contentieux d?urbanisme. Les
attestations faites par les bureaux d?études sont contestées dans les contentieux initiés par les voisins. Le TA ne peut juger de la qualité technique des
attestations, si ce n?est leur présence ou absence dans le dossier.
6. Réduction des vulnérabilités liées au risque cavités souterraines
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19 Retard du traitement
du cas de la carrière
Marto.
FORT Le site des carrières de l'Ouest est une ancienne carrière de gypse située en majeure partie dans le nord-ouest de la commune de Gagny (les aléas générés
par cette ancienne carrière touchent, cependant, une partie du sud-est de la commune du Raincy). Elle est, en droit, une carrière abandonnée (l?ancien
propriétaire, la société Groupe Marto Finances, n?en avait pas acheté l?exploitation) et est donc traitée comme un risque naturel.
Au vu des risques d?effondrement, le préfet de la Seine-Saint-Denis avait mis en demeure dès 2013 la société MARTO propriétaire du site, par arrêté
préfectoral de remettre un dossier de mise en sécurité de son ancienne carrière. Sur la base de l?étude, le préfet a prescrit à la société des travaux de mise
en sécurité par arrêté du 16 novembre 2017.
Après différents projets avortés portés par la société MARTO, la Ville de Gagny a fait l'acquisition du site le 5 juillet 2021 en vue de faire un parc paysager,
pour un montant de 1,54 M¤, conformément à l?évaluation domaniale faite par les services de l?État hors coût de sécurisation.
Une expertise de l?Ineris (Institut national de l?environnement industriel et des risques) sur la situation du site a été menée à partir de l?automne 2020,
sous financement du ministère de la transition écologique. Elle précise le périmètre des zones très exposées à un risque d?effondrement et pour lesquelles
des travaux de sécurisation sont à mener, notamment au niveau des habitations menacées, et conclut à l?absence de contre-indication à la réalisation du
parc dont le périmètre doit être finalisé.
Par ailleurs, sur la base de cette expertise, un nouvel arrêté préfectoral fixant les travaux de mise en sécurité et de surveillance a été pris le 7 octobre 2021
à l?encontre de la commune de Gagny. Cet arrêté a abrogé l?arrêté équivalent pris à l?encontre de la société Marto en février 2020.
Les travaux de comblement relatifs au comblement de la zone destinée à sécuriser les habitations voisines (soit 20 188 m² sur 118 340 m²) font l?objet
d?une subvention.
Les travaux proposés par la ville de Gagny sont rendus nécessaires pour sécuriser la carrière et protéger les pavillons d?habitation situés à proximité (i.e.
dans la marge de reculement) des zones de risques d?effondrement, comme mis en avant par le rapport Ineris de janvier 2021. Ils s?inscrivent dans le
cadre des dispositions de l?arrêté préfectoral du 7 octobre 2021 prescrivant à la commune la réalisation de ces travaux de mise en sécurité. La demande
de subvention porte bien uniquement sur le comblement de la zone de 20 188 m2 en partie nord-ouest du site destiné à assurer la mise en sécurité des
habitations, et non sur l?ensemble de la carrière. La demande était pourquoi imparfait ? éligible au titre du FPRNM.
Le montant global de l?opération de comblement est de 7 267 423,91 ¤ HT avec un montant de subvention de 50 %. L?estimation des domaines a évalué la
dépense totale d?acquisition à 13 212 000 d?euros, justifiant a priori l?opération de comblement. L'opération a également bénéficié d'une subvention DSIL
(ministère intérieur) et d'une subvention du Conseil régional.
L?ordre de service à l?entreprise Spie Batignolles a été donné le 3 avril 2023 (pour 13 mois et demi de délai d?exécution de travaux).
L'entreprise a proposé d'utiliser les terres excavées du chantier "Grand Paris Express". La demande est en cours d'instruction par rapport à la qualité des
terres et à la nappe phréatique.
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20 Autres situations de
réduction de
vulnérabilité
FORT De multiples opérations de confortements ont lieu afin de réduire les risques liés aux anciennes carrières à l?occasion de la réalisation de projet de
construction. Ces travaux sont exigés lors de la demande de permis de construire ou d?aménager.
L?IGC de Paris prescrit et vérifie la réalisation de ces travaux.
L?IGC de Versailles propose des mesures constructives lors de l?instruction des actes, mais ne les vérifie pas.
Seules les deux IGC ont une connaissance (partielle pour l?IGC de Versailles) des travaux de confortement qui contribuent à la réduction de vulnérabilité
d?un territoire.
L?IGC de Paris mène également chaque année environ six chantiers de consolidation dans Paris sur le budget de la Ville (total : 6 M¤), souvent sur une rue
entière. L?IGC traite par injection ou en re-maçonnant les piliers.
La DRIEAT suit deux importantes opérations de confortement dont le démarrage est imminent :
? Carrières Marto à Gagny (93)
? Carrières Arnaudet à Meudon (92)
Le premier cas a été évoqué précédemment (Voir Supra : risque 19).
Cas de la Carrière Arnaudet à Meudon :
Les carrières des Brillants (dites carrière Arnaudet) se situent à Meudon dans le département des Hauts-de-Seine. Elles sont constituées de nombreuses
carrières de craie, dont celle de la rue du Docteur-Arnaudet, exploitée pour la première fois en 1872.
Près de huit kilomètres de galeries, mesurant 3 à 15 mètres de haut et 3 à 4 mètres de large, reliées entre elles par d'imposants piliers sur 4 à 5 niveaux,
dont 3 sont accessibles, ont été ainsi creusées dans la colline des Brillants.
La carrière Arnaudet est classée aux Monuments historiques depuis le décret du 7 mars 1986 portant classement parmi les sites scientifiques et
artistiques.
Une étude géotechnique a été réalisée à la demande de la ville de Meudon dans le cadre d'un projet d'aménagement de la colline Rodin située au-dessus
des carrières. L'étude géotechnique a été réalisée en 2017 ; elle montrerait que l'état de stabilité global de la colline des brillants est précaire.
Le projet de comblement prévoit de combler 45 % de la surface de la carrière, classée « site scientifique et artistique. Seule 10 % de la carrière sera
potentiellement accessible au public à la suite du comblement. Son budget est estimé à six millions d?euros.
Le 22 octobre 2020, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'autorisation de travaux du ministère de la transition écologique qui permettait à
la ville de Meudon de combler la carrière.
Le 21 juillet 2021, la mairie et le ministre de la transition écologique gagnent en appel afin de récupérer le droit de combler une partie des carrières. Les
travaux ont démarré en juin 2022, suite à l?Arrêt du Conseil d?État en 2022.
Les travaux de comblement viennent de se terminer. Pendant les travaux, la commune et la préfecture avaient mis en place un comité de suivi animé par
l'UD 92 de la DRIEAT. Suite aux travaux de comblement, les réflexions s'orientent sur l?aménagement de la colline Rodin, la sécurisation et l'ouverture au
public des carrières Arnaudet, et l'actualisation des cartes d'aléas afin de finaliser le PPR MT de Meudon.
7. Analyse multirisques en lien avec le risque cavités souterraines
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21 Absence d'analyse
multirisques avec les
risques sismique,
inondation et
mouvements de
terrain
MOYEN La mission s?est interrogée sur l?éventualité de risques multiples sur un même territoire, comme par exemple un risque « Mouvement de terrain » avec un
« Risque inondation ». Il est à noter que l?instruction DGPR du 17 février 2022 concernant la politique de prévention des risques naturels n?évoque pas le
sujet.
Sans en avoir une vision exhaustive, il n?apparait pas que la DRIEAT ou les DDT aient engagé ce type de réflexions.
Il existe cependant des PPR multirisques « Inondation » (exemple : débordement ET ruissellement) ou des PPR multirisque « Mouvements de terrain »
(cavités ET fronts rocheux).
On peut citer le cas intéressant du PPR MT de Montreuil multirisques : Anciennes carrières, Dissolution du gypse et Retrait gonflement des argiles (RGA). Il
a été approuvé en 2011. Il se trouve que la réglementation sur le RGA a fortement évolué en 2018 (Loi Elan) avec une réglementation nationale sur le
sujet applicable à compter de 2020 qui comprend une carte nationale décrivant les zones d?aléas fort, moyen et faible, ainsi que des dispositions
constructives à mettre en oeuvre en l?absence d?études géotechniques réalisées par le maitre d?ouvrage.
Une étude fine de compatibilité du PPR MT de Montreuil serait nécessaire pour vérifier qu?il n?y a pas de divergences préjudiciables.
Dans l?instruction DGPR du 17 février 2022, il est demandé de ne plus engager de PPR concernant le RGA.
Dans son rapport n° 013586-01 de 2020, l?IGEDD avait suggéré de rapporter les PPR RGA existants.
Une démarche très intéressante du Cerema mérite d?être soulignée intitulée « boussole de la résilience pour l'adaptation des territoires ». Depuis 2020, le
Cerema a développé une méthodologie pour accompagner les réflexions autour de la résilience, qui s'appuie notamment sur la boussole de la résilience,
et fournit un cadre d'action destiné à renforcer l'adaptation des territoires aux différents événements qui peuvent survenir. Le changement climatique par
exemple, entraîne une augmentation des risques et des catastrophes naturelles, qui sont plus fréquents et plus intenses. L?adaptation des territoires
passe par la mise en oeuvre de véritables stratégies de territoire, qui correspondent à une approche résiliente de l?aménagement. Cette méthode a été
utilisée par le Cerema le plus souvent dans le cadre de projets de territoires de toutes tailles, par exemple l'élaboration des Contrats de Relance et de
Transition Énergétique, celle du SCOT du Pays Basque ou le renforcement du Plan Climat Air Énergie territorial (PCAET) de la Communauté
d?Agglomération des Portes de l?Isère (CAPI).
Cette démarche au profit des collectivités mérite le soutien du ministère de l?écologie car elle promeut une approche multirisque sur un territoire.
Suggestion 21.1
(DRIEAT et DDT) :
Tirer les
conséquences de la
nouvelle
réglementation
nationale concernant
le retrait-gonflement
des argiles.
PUBLIÉ
3. Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
Direction générale de la prévention des risques
PERRIN Jean-Louis DGPR Sous-directeur des risques chroniques et pilotage 13/01/2023
RAT Gilles DGPR Adjoint au sous-directeur de la connaissance des aléas et de la
prévention
13/01/2023
SOULE Patrick DGPR Adjoint au directeur général 13/01/2023
PUECHBERTY Rachel SCHAPI Directrice adjointe 22/05/2023
PUJO Laurence SCHAPI Directrice 22/05/2023
Préfecture de région Ile-de-France
MOLINA Pierre-Antoine Préfecture de région Préfet, secrétaire général aux politiques publiques 04/04/2023
Direction régionale et interdépartementale de l?environnement, de l?aménagement et des transports
BOILEVE Félix DIREAT ? SPR Chef du service prévention des risques
30/01/2023 ;
27/03/2023
BOURDILLEAU Thomas DRIEAT - SPR Chargé de mission inondation pour le 92 et le 75 28/03/2023
BOUSQUET Nathalie DRIEAT - SEB Cheffe du département bâtiment 17/04/2023
CONNE Adrien DRIEAT - SPR Chargé de mission mouvements de terrain pour le 92 et le 75 28/03/2023
DYCKE Christophe DRIEAT - SPR Unité "hydrométrie" 28/03/2023
FONTANIEU Nicolas DRIEAT ? SPR Chargé de mission mouvements de terrain pour le 93 28/03/2023
FREDON Coralie DRIEAT - SEB Cheffe de l?unité "contrôle des règles de la construction" 17/04/2023
GAY Emmanuelle DRIEAT Directrice régionale
30/01/2023 ;
27/03/2023 ;
17/04/2023
GOETZ Vincent DRIEAT Chef de la mission sécurité défense 17/04/2023
HERITIER Pascal DRIEAT Adjoint à la directrice, en charge du pilotage 17/04/2023
LAVALLART Caroline DRIEAT ? SPPE
Cheffe de service adjointe et responsable de la délégation du bassin de
Seine Normandie
19/04/2023
PUBLIÉ
LE-DIRACH Pierre-Jakez DRIEAT - SPR
Chef de l?unité "prévision des crues et inondations" et référent régional
inondation
28/03/2023
LEVILLAIN Olivier DRIEAT - SPR Chef du département risques chroniques 28/03/2023
LOUVET Philippe DRIEAT Adjoint à la cheffe du service accompagnement pilotage 17/04/2023
MAQUAIRE Mathieu DRIEAT - SPR Unité "hydrométrie" 28/03/2023
N?DIAYE ??? DRIEAT ? SPR Chargée de mission inondation pour Paris et la petite couronne 28/03/2023
PICARD Jean-Marc DRIEAT Directeur adjoint chargé de l?énergie, des risques et de la nature
30/01/2023 ;
27/03/2023 ;
17/04/2023
PILLON Anne DRIEAT - SPR Cheffe du département risques accidentels 28/03/2023
RAFALOVITCH Marion DRIEAT - SPR Cheffe du département des risques naturels 28/03/2023
ROCHARD Ivan DRIEAT Secrétaire général 17/03/2023
SAUVAGNAT Sophie DRIEAT ? SPR Adjointe à la cheffe du département des risques naturels 28/03/2023
VIGNES Manon DRIEAT ? SPR Cheffe du département hydrométrie et prévision des crues 28/03/2023
WEICK Paul DRIEAT
Directeur adjoint chargé de la sécurité des transports et des missions de
défense et de sécurité
17/04/2023
JOUTEUR Noël MRAE Ile-de-France Chargé de mission 19/04/2023
SCHMIDT Philippe MRAE Ile-de-France Président 19/04/2023
Secrétariat général de la zone de défense ? Paris
GOBE Thomas SGZDS Chef du bureau de la planification 27/03/2023
ROUX Bénédicte SGZDS Adjointe au chef du bureau de la planification 27/03/2023
Préfecture de police
DULEY Nathalie Préfecture de police Chef du bureau des polices de l?environnement 04/04/2023
GICKEL Benoît Préfecture de police Chef du bureau ICPE 04/04/2023
ROUSSELY Sabine Préfecture de police
Sous-Directrice des polices sanitaires, environnementales et des
sécurités de la DDTP
04/04/2023
SAKHI Latifa Préfecture de police Adjointe à la sous-directrice 04/04/2023
Agence régionale de santé
HERBRETEAU Nicolas ARS IdF Responsable environnement extérieur 04/03/2023
ADEME
PUBLIÉ
ALMOSNI Jérémie ADEME IdF Directeur 04/04/2023
Bureau de recherche géologiques et minières - direction régionale Ile-de-France
CHARBONNIER Patrick BRGM Directeur par intérim 27/03/2023
GOURDIER Sébastien BRGM
Responsable de l?unité risques gravitaires (mouvements de terrain,
chutes de bloc, érosion des sols)
27/03/2023
ZORNIG Clément BRGM Responsable du l?unité sites et sols et pollués 27/03/2023
Cerema direction territoriale d?Ile-de-France
DURANDAU Emmanuelle Cerema IdF Directrice territoriale 28/03/2023
GABER Jean Cerema IdF Directeur territorial adjoint 28/03/2023
MAUREL Cécile Cerema IdF
Directrice de département, en charge des projets cavités souterraines et
mouvements de terrain
28/03/2023
SCHAUNER Gaëlle Cerema IdF
Responsable du groupe GTPM, en charge des projets
inondations/ruissellement
28/03/2023
Établissement public territorial de bassin Seine - Grands lacs
BLANCHARD
Baptiste
EPTB Seine Grands
lacs
Directeur général 29/03/2023
BIZOUARD Delphine
EPTB Seine Grands
lacs
Cheffe du service "hydrologie" 29/03/2023
MERCKLE Sébastien
EPTB Seine Grands
lacs
Chef du service "sécurité ? sureté" 29/03/2023
RAGUENES Yann
EPTB Seine Grands
lacs
Chef du projet PAPI Seine-Marne 29/03/2023
Établissement public d?aménagement Orly-Rungis-Seine amont
JUTEL Aurélien EPA-ORSA Directeur de projets 20/04/2023
BELANGER D ??? BROWNFIELDS Directeur de l?environnement 18/04/2023
LEMENAGER Pierre BROWNFIELDS Directeur adjoint de l?environnement 18/04/2023
VITERO Patrick BROWNFIELDS Président 18/04/2023
FROMENTIN Etienne UNICEM région IdF Secrétaire général pour l?IdF et la Normandie 29/03/2023
PUBLIÉ
FOREST Bruno Société AREA Directeur sécurité qualité pour le groupe Interxion 27/03/2023
Département de Paris
BELBEZET François UD - 75 Chef du service aménagement durable et connaissance des territoires 17/04/2023
CACHEUX Laurence UD - 75 Chef du service patrimoine paysage et droit des sols 17/04/2023
GUERREIRO Coralie UD - 75 Cheffe du pôle planification urbaine et développement durable 17/04/2023
AZEMA Laurine Ville de Paris - IGC Cheffe du service de l?Inspection Générale des Carrières 04/04/2023
Département de Seine-et-Marne
ALCARAZ Alain Préfecture Directeur de la coordination des services de l?État 03/04/2023
BEFFRE Lionel Préfecture Préfet 03/04/2023
CAFE Katia Préfecture Adjointe à la cheffe de bureau 03/04/2023
CAMPILLO Laurence Préfecture - SIDPC Cheffe du service 03/04/2023
GAILLARD Stéphanie Préfecture - SIDPC Chargée de mission PCS et appui aux territoires 03/04/2023
LAVIGNE Frédéric Préfecture Directeur de cabinet 03/04/2023
LEROY Philippe Préfecture - SIDPC Adjoint à la cheffe du service 03/04/2023
KENZOUA Catherine Préfecture Cheffe du bureau des procédures environnementales 03/04/2023
BEDU Laurent DDT Directeur départemental adjoint 03/04/2023
DECK Catherine DDT Cheffe du pôle prévention des risques et lutte contre les nuisances 03/04/2023
FRANCOIS Marylène DDT Cheffe du service territoires, aménagement et connaissances 03/04/2023
GOMEL Sandrine DDT Cheffe du service affaires juridiques 03/04/2023
JECHOUX Vincent DDT Directeur départemental 03/04/2023
LEMENAGER Sandrine DDT Cheffe service Environnement et prévention des risques 03/04/2023
AZZAM Mehdi DRIEAT - UD 77
Inspecteur des installations classées en charge des ICPE agricoles,
Coordinateur Régional des Installations Classées agricoles (CRIC)
21/04/2023
COURET Agnès DRIEAT - UD 77 Cheffe de l?unité départementale
03/04/2023 ;
21/04/2023
GHEERAERT Lydie DRIEAT - UD 77 Responsable de la cellule territoriale de Meaux 03/04/2023
JAHANGIR Clémence DRIEAT - UD 77 Adjointe à la cheffe de l?unité départementale 03/04/2023
LEROY Etienne DRIEAT - UD 77 Responsable de la cellule déchets 03/04/2023
PUBLIÉ
BOUCHEZ Thierry Commune de Chelles Directeur de l?urbanisme 30/05/2023
KIM-LAGANE You-Mi Commune de Chelles Chargée d?études en charge du développement territorial 30/05/2023
VOIRON Philippe Commune de Chelles Directeur des études et projets 30/05/2023
PERCHERON Bruno
Association des
éleveurs
Président 29/03/2023
BRUNEAU Bernard FNE 77 Co-président 03/04/2023 ;
21/04/2023
COJET FNE 77 Membre du CODERST 03/04/2023 ;
21/04/2023
DUTARD Yvon FNE 77 Administrateur FNE 77, membre de la CDRNM 03/04/2023 ;
21/04/2023
DUFLOT Marie-Paule FNE 77 Administratrice, membre du CODERST et référente à FNE IdF
03/04/2023 ;
21/04/2023
GAUTRAT Claude FNE 77 Administrateur, membre de la CDPENAF et de commissions de suivi de
sites.
03/04/2023 ;
21/04/2023
MACHU Pascal FNE 77 Vice-président 03/04/2023 ;
21/04/2023
DUVAL Samuel Groupe TOTAL Nouveau responsable du département hygiène sécurité environnement 19/04/2023
MICHEL Christian Groupe TOTAL Ancien responsable du département hygiène sécurité environnement 19/04/2023
PAILLARD Floriane Groupe TOTAL Attachée au département hygiène sécurité environnement 19/04/2023
VAN RAEBROECKX Michel Groupe TOTAL Directeur du site de Grandpuits-Gargenville 19/04/2023
Département des Yvelines
DUBOIS Delphine UD ? 78 Cheffe de l?unité départementale 20/04/2023
ETCHEBERRY Alain
Conseil
départemental - IGC
Chef du service de l?Inspection Générale des Carrières 29/03/2023
Département des Hauts-de-Seine
PUBLIÉ
CIEKAWY Florian DRIEAT ? UD 92 Chef du pôle des inspecteurs ICPE pour le 75 28/03/2023
DUVAL Adélaïde DRIEAT ? UD 92 Inspectrice ICPE pour le 75 29/03/2023
GUILBERT Thomas DRIEAT ? UD 92 Inspecteur ICPE pour le 75 en cours d?habilitation 28/03/2023
MORONVAL Fabrice DRIEAT - UD 92 Directeur adjoint de l?unité départementale 29/03/2023
BICHEMIN
Jean-Yves Compagnie
commerciale de
manutention
pétrolière, à Nanterre
Responsable Santé, Sécurité, Environnement et Sûreté
29/03/2023
Département de Seine-Saint-Denis
ANTIPHON Frédéric Préfecture Secrétaire général 19/04/2023
ARMAND Hélène Préfecture Adjointe au chef du bureau de l?environnement 27/03/2023
DOUIN Aurélie Préfecture Adjointe au chef du bureau de la défense et de la sécurité civile 27/03/2023
GATTA Pierre Préfecture Chef du bureau de la défense et de la sécurité civile 27/03/2023
MEAUX Pierre Préfecture Chef du bureau de l?environnement 27/03/2023
WENNER Marc Préfecture
Directeur de la coordination des politiques publiques et de l'appui
territorial
27/03/2023
WITKOWSKI Jacques Préfecture Préfet 19/04/2023
AST Jean-Philippe UD ? 93 Inspecteur ICPE 28/03/2023
ASTIER Olivier UD ? 93 Directeur adjoint de l?unité départementale 28/03/2023
CHOLLET Catherine UD ? 93 Cheffe du service risques et installations classées 28/03/2023
LE GALLOT Philippe UD ? 93 Inspecteur ICPE 28/03/2023
LAHOZ Annabelle UD ? 93 Inspectrice ICPE 28/03/2023
WEIDENFELD Katia
Tribunal administratif
de Montreuil
Vice-présidente 19/04/2023
COURTIS Natanielle Commune de Gagny Directeur de l?urbanisme et du commerce 02/06/2023
TAILLAT Pascale
Commune de
Montreuil
Cheffe du projet Pollution, au Service prévention des pollutions 20/04/2023
LINET Marcel Commissaire enquêteur en Seine-Saint-Denis 27/03/2023
PUBLIÉ
FREDON Francis FNE ? 93 Président 19/04/2023
4. Glossaire
Acronyme Signification Acronyme Signification
AFB Agence française de la biodiversité Ineris Institut national de l?environnement industriel et des
risques
AP Arrêté préfectoral INRAE Institut de recherche pour l?agriculture, l?alimentation
et l?environnent
APMED Arrêté préfectoral de mise en demeure ISO Organisation internationale de normalisation
ARS Agence régionale de santé MASA Ministère de l?agriculture et de la souveraineté
alimentaire
ASAP Loi d?accélération et de simplification de l?action
publique
MED Mise en demeure
BE Bureau d?études MTE Ministère de la transition écologique
BOP Budget opérationnel de programme MTECT Ministère de la transition écologique et de la cohésion
des territoires
BRGM Bureau de recherches géologiques et minières ONCF Office national des chemins de fer
CAPI Communauté d?Agglomération des Portes de
l?Isère
ONG Organisation non-gouvernementale
CAR Comité de l?administration régionale OSPIIC Orientation stratégique pluriannuelle de l?inspection
des installations classées
CATNAT Catastrophes naturelles PAC Porter-à-connaissance
CCH Code de la construction et de l?habitation PCAET Plan climat énergie territorial
CDRNM Commission départementale des risques
naturels majeurs
PCS Plan communal de sauvegarde
CE Code de l?environnement PLU Plan local d?urbanisme
PUBLIÉ
Acronyme Signification Acronyme Signification
Cerema Centre d?étude et d?expertise sur les risques,
l?environnement, la mobilité et l?aménagement
POM Plate-forme opérationnelle de modélisation
CGEDD Conseil général de l?environnement et du
développement durable (devenu IGEDD au
1/1/2022)
PPCI Plan de protection contre les inondations
CL Collectivités locales PPR Plan de prévention des risques
COD Centre opérationnel de département PPRN Plan de prévention des risques naturels
CODER Comité des directeurs régionaux PPRT Plan de prévention des risques technologiques
CODERST Conseil départemental de l?environnement et
des risques sanitaires et technologiques
PPRN-MT Plan de prévention des risques naturels mouvements
de terrain
CODIR Comité de direction PPVE Participation du public par voie électronique
CRC Contrôle des règles de construction PV Procès-verbal
CRIC Correspondant régional installations classées RDI Référent départemental inondations
CT Collectivités territoriales REX Retour d?expérience
CU Certificat d?urbanisme RGA Retrait gonflement des argiles
DDPP Direction départementale de la protection des
populations
RIC Règlement de surveillance, de prévision et de
transmission de l?information sur les crues
DDRM Dossier départemental des risques majeurs RN Risques naturels
DDT Direction départementale des territoires RNT Risques naturels et technologiques
DGPR Direction générale de la prévention des risques RPS Risques psycho-sociaux
DHPC Département de l?hydrologie et de la prévention
des risques
RRI Référent régional inondations
DICRIM Document d?information communal sur les
risques majeurs
SCHAPI Service central d?hydrométéorologie et d?appui à la
prévision des inondations
DRIEA Direction régionale et interdépartementale de
l?équipement et de l?aménagement
SGZDS Secrétariat général de zone de défense et de sécurité
DRIEAT Direction régionale et interdépartementale de
l?équipement, de l?aménagement et du territoire
SIAAP Syndicat interdépartemental pour l?assainissement
francilien
DRIEE Direction régionale et interdépartementale de
l?environnement et de l?énergie
SCOT Schéma de cohérence territoriale
PUBLIÉ
Acronyme Signification Acronyme Signification
EDD Études de dangers SIDPC Service interministériel de défense et de la protection
civile
Pôle EE Évaluation environnementale SIS Secteur d?information sur les sols
ENTPE École nationale des travaux publics État SPC Service de prévision des crues
EPTB Établissement public territorial de bassin SPR Service prévention des risques
GRP Général hydrologique Réservoirs Plus SSP Sites et sols pollués
GT Groupe de travail TA Tribunal administratif
GUNenv Guichet unique numérique environnement TIM Transmission de l?information aux maires
HRH Hydrométrie ? Réseau de mesure TRI Territoire à risque important inondation
ICPE Installations classées pour la protection de
l?environnement
UD Unité départementale
IdF Ile-de-France UHRM Unité Hydrologie et réseaux de mesures
IED Directive sur les émissions industrielles UPCI Unité Prévision des Crues et des Inondations
IGC Inspection générale des carrières ZIP Zone à inondation potentielle
IGEDD Inspection Générale de l?environnement et du
développement durable
ZICH Zone iso-classes hauteur
IIC Inspection des installations classées
PUBLIÉ
5. Réponses de la phase contradictoire
- DGPR : lettre du 18 août 2023
- Préfet de région Ile-de-France : lettre et plans d?actions du 4 septembre 2023
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Sommaire
Synthèse
Risques maîtrisés et bonnes pratiques observées
Liste des suggestions
Risques « moyens » à placer sous surveillance
Liste des recommandations
Management et pilotage
1. Traçabilité non uniforme
Information préventive et préparation à la crise
2. Les CDRNM ne se réunissent pas partout régulièrement
Information préventive et préparation à la crise
3. Les transmissions d?information aux maires ne sont pas systématiques
Information préventive et préparation à la crise
4. Les PCS sont plutôt bien réalisés mais pas tous testés
Prévision des crues
5. Le SPC doit progressivement passer de son modèle spécifique à un des modèles nationaux recommandés par le SCHAPI
Prévision des crues
6. Il y a des difficultés potentielles pour s?organiser en h 24 et notamment pour publier le bulletin de 6h.
Contrôle des ICPE
7. Absence de procédure d?astreinte technique pour les ICPE
Contrôle des ICPE
8. Délais de communication des rapports d?inspections trop longs
9. Démarrage très partiel de la mise en oeuvre de la nouvelle procédure relative aux cessations d?activités
Cavités souterraines et maitrise de l?urbanisation
10. Des divergences entre la doctrine nationale et la doctrine régionale
Cavités souterraines et maîtrise de l?urbanisation
11. Des Inspections générales des carrières (IGC) fragiles
Annexes
1. Lettre de Mission
2. Matrices des risques
a. Management et pilotage
b. Information préventive et préparation à la crise
c. Prévision des crues
d. Contrôle des ICPE
e. Sites et sols pollués
f. Risques cavités souterraines et maîtrise de l?urbanisation
3. Liste des personnes rencontrées
4. Glossaire
5. Réponses de la phase contradictoire