Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones humides, et la création d'un parc national
GUERY, Bénédicte ;HUBERT, Louis ;LAFAYE-DE-MICHEAUX, Flore ;ROBINET, Olivier ;PARMENTIER, Hervé ;VIRET, Christophe
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">La mission s'inscrit dans le contexte d'une prise de conscience générale du fort déclin des zones humides au niveau mondial comme en France (64% des zones humides ont disparu au XXème siècle) alors que ces milieux constituent un enjeu majeur tant pour leur richesse en termes de biodiversité, pour la régulation et l'épuration des masses d'eau que pour la captation et le stockage du carbone, au-delà de leur valeur culturelle et sociétale. La stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) adoptée le 12 janvier 2021 a repris le projet de créer un parc national dédié aux zones humides, décidé lors du Grenelle de l'Environnement. Le 4ème plan national milieux humides (PNMH) 2022-2026, intégré à la stratégie nationale biodiversité (SNB) confirme la volonté de créer un parc national dédié à ces milieux. Pour mettre en oeuvre ces engagements, un rapport publié en avril 2022, recommandait, après avoir identifié 18 territoires parmi les plus emblématiques des zones humides françaises, de conduire un dialogue territorial approfondi avec toutes les parties prenantes sur chaque site. La présente mission a donc conduit ce dialogue territorial sur ces 18 sites et dresse un constat et formule des recommandations avec trois objectifs : - pour chaque site, faire des propositions d'actions exemplaires, pilotes et ou transférables ; - faire des propositions et des recommandations pour améliorer les politiques publiques ayant un impact sur les zones humides ; - recommander un à trois sites pouvant s'engager dans une démarche de création d'un parc national. Objet initial de la commande, la mission a évalué chaque site en fonction de sa valeur intrinsèque, de la plus-value de l'outil parc national pour répondre aux enjeux spécifiques du territoire et enfin de l'acceptabilité territoriale à la création d'un parc national. La mission a néanmoins identifié trois sites d'exception : Parmi les sites identifiés, le marais de Kaw-Roura, dans un périmètre élargi pour intégrer notamment la partie littorale, apparait comme celui où un parc national est le mieux à même de répondre aux besoins de protection et de mise en valeur du site au profit du développement local. En métropole, la Camargue dans son périmètre de la réserve de biosphère, et l'estuaire et le cours de la Loire aval sont également des sites qui, compte tenu de leur valeur intrinsèque et de la plus-value de l'outil parc national, peuvent prétendre à ce label prestigieux. Dans ces trois territoires, il est impératif de mener au préalable une concertation avec les grandes collectivités territoriales concernées, afin que l'État et les élus portent conjointement un projet ambitieux pour ces territoires d'exception.</div>
Editeur
IGEDD
Descripteur Urbamet
zone humide
;protection de la nature
;milieu naturel
;agriculture
;politique foncière
;biodiversité
Descripteur écoplanete
parc national
;biodiversité
;pisciculture
;incitation économique
;incitation fiscale
Thème
Environnement - Paysage
;Ressources - Nuisances
Texte intégral
P
U
B
L
I É
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Bénédicte Guery - IGEDD
Louis Hubert - IGEDD
Flore Lafaye de Micheaux - IGEDD
Hervé Parmentier - IGEDD
Olivier Robinet - IGEDD
Christophe Viret - IGEDD (coordonnateur)
Dialogue territorial pour la protection et la
valorisation des zones humides, et la création
d?un parc national
PUBLIÉ
Les auteurs attestent qu'aucun des éléments de leurs activités
passées ou présentes n'a affecté leur impartialité dans la rédaction
de ce rapport
Statut de communication
? Préparatoire à une décision administrative
? Non communicable
? Communicable (données confidentielles occultées)
? Communicable
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Sommaire
Sommaire........................................................................................................................ 3
Résumé ........................................................................................................................... 6
Liste des recommandations .......................................................................................... 8
Introduction .................................................................................................................. 10
1 La mission s?inscrit dans un contexte de fort déclin des zones humides .......... 12
1.1 Une mission dont l?objectif a été élargi ................................................................ 12
1.2 Une mission à l?écoute ........................................................................................ 13
1.3 Des échanges approfondis avec les acteurs de terrain ....................................... 13
1.4 Un accueil contrasté ............................................................................................ 14
1.5 Présentation des dix-huit sites emblématiques, témoins de la diversité des zones
humides françaises ............................................................................................. 15
2 Des actions opérationnelles en faveur des dix-huit sites emblématiques .......... 23
2.1 Une centaine d?actions démonstratives et opérationnelles, issues des territoires 23
2.2 Des bonnes pratiques dans les territoires pour la mise en oeuvre nationale de la
protection des zones humides ............................................................................. 25
3 Améliorer les politiques nationales pour les zones humides .............................. 29
3.1 Maintenir et conforter une agriculture et une pisciculture favorables à la
biodiversité dans les zones humides ................................................................... 29
3.1.1 Soutenir une agriculture respectueuse du maintien des fonctionnalités des
milieux humides.......................................................................................... 30
3.1.2 Soutenir une pisciculture traditionnelle et extensive favorable aux milieux
humides d?étangs ....................................................................................... 33
3.2 Favoriser la préservation des zones humides par le déploiement d?outils fonciers
adaptés ............................................................................................................... 35
3.2.1 Elaborer des stratégies foncières collectives d?acquisition et d?animation .. 35
3.2.2 Promouvoir les outils contractuels de gestion du foncier ............................ 36
3.3 Vers une fiscalité plus favorable aux zones humides .......................................... 38
3.4 Adapter la réglementation en faveur des territoires de zones humides ............... 39
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3.4.1 Etendre la définition des zones humides .................................................... 40
3.4.2 Achever la cartographie des cours d?eau et simplifier les procédures de
déclaration et d?autorisation « IOTA » ........................................................ 40
3.4.3 Publier le décret précisant les conditions d'exonération de l'obligation de
compensation du défrichement en les ciblant vers les milieux humides ..... 41
3.5 Etudier la mise en place d?interventions spécifiques pour les territoires de zones
humides .............................................................................................................. 42
3.5.1 Cibler davantage les territoires de zones humides dans le 12ème
programme d?intervention des agences de l?eau (2025-2030) .................... 42
3.5.2 Renforcer les interventions des éco-contributions de l?OFB en faveur des
grandes zones humides ............................................................................. 45
3.6 Améliorer la connaissance et la sensibilisation en faveur des milieux humides .. 45
3.6.1 Renforcer le rôle des pôles relais « zones humides » comme vecteurs
d?appropriation de la connaissance ............................................................ 45
3.6.2 Développer des réseaux d?observation de long terme sur les milieux
humides ...................................................................................................... 46
3.6.3 Faire des zones humides des sites prioritaires pour expérimenter des
méthodes de lutte contre les espèces exotiques envahissantes ................ 47
4 Vers un parc national de zones humides .............................................................. 49
4.1 Une ambition à la croisée des enjeux de l?eau et de la biodiversité, exemplaire
de la capacité à concilier nature et usages ......................................................... 49
4.2 Le parc national : un outil décrié mais relativement mal connu dans les territoires
de zones humides ............................................................................................... 50
4.3 Une caractérisation des dix-huit territoires qui objective la valeur intrinsèque des
sites, la plus-value de l?outil parc national et l?acceptabilité territoriale de l?outil .. 51
4.4 Eléments de méthode et principes préalables à l?engagement d?un processus de
création de parc national dédiés aux zones humides .......................................... 52
4.5 Dix-huit sites de grande qualité parmi lesquels se dégagent trois territoires
d?exception .......................................................................................................... 54
Conclusion ................................................................................................................... 59
Annexes ........................................................................................................................ 61
Annexe 1. Lettre de mission........................................................................................ 62
Annexe 2. Rapports de sites ....................................................................................... 64
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Annexe 3. Propositions d?actions locales identifiées sur les dix-huit sites ............ 65
Annexe 4. ..................................... 73
Annexe 5. Liste des personnes rencontrées au niveau national ............................. 79
Annexe 6. Glossaire des sigles et acronymes ........................................................... 85
Annexe 7. Bibliographie (documents principaux) ..................................................... 89
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Résumé
La mission s?inscrit dans le contexte d?une prise de conscience générale du fort déclin des
zones humides au niveau mondial comme en France (64% des zones humides ont disparu
au XXème siècle) alors que ces milieux constituent un enjeu majeur tant pour leur richesse en
termes de biodiversité, pour la régulation et l?épuration des masses d?eau que pour la
captation et le stockage du carbone, au-delà de leur valeur culturelle et sociétale.
Pour répondre à ces enjeux, il avait été décidé lors du Grenelle de l?environnement, outre le
renforcement des protections des milieux humides, de créer un parc national dédié aux zones
humides. La stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) adoptée le 12 janvier 2021
a repris ce projet, avec l?objectif de doubler la protection forte des zones humides françaises
de métropole et d?en protéger 110 000 ha d?ici 2030. Le 4ème plan national milieux humides
(PNMH) 2022-2026, intégré à la stratégie nationale biodiversité (SNB) confirme la volonté de
créer un parc national dédié à ces milieux.
Pour mettre en oeuvre ces engagements, une première mission exploratoire dont le rapport
a été publié en avril 2022, recommandait, après avoir identifié 18 territoires parmi les plus
emblématiques des zones humides françaises, de conduire un dialogue territorial approfondi
avec toutes les parties prenantes sur chaque site. Parmi ces sites, huit concernent des zones
humides et marais littoraux et estuariens, quatre des plaines intérieures, trois des vallées
alluviales, deux des massifs de tourbières et un, une zone humide ultra-marine.
La présente mission a donc conduit ce dialogue territorial sur ces 18 sites entre juin 2022 et
janvier 2023 et rencontré 1 200 personnes. De ces visites et auditions, elle dresse un constat
et formule des recommandations avec trois objectifs :
- pour chaque site, faire des propositions d?actions exemplaires, pilotes et ou transférables :
Au total, 90 actions ont été retenues par la mission, portant sur la reconnaissance nationale
ou internationale, le maintien de pratiques agricoles et piscicoles extensives, la mise en place
d?une gouvernance spécifique notamment pour la gestion de la ressource en eau, la
mobilisation d?outils de protection forte, la mise en place de moyens de contrôle, l?amélioration
des connaissances et la maîtrise du foncier. Ces actions répondent explicitement aux
objectifs du PNMH et ont vocation à être accompagnées techniquement et financièrement
par l?État (PNMH, Fonds vert) associé à d?autres contributeurs (Europe, collectivités
territoriales, agences de l?eau, etc.). La mission a également mis en exergue des bonnes
pratiques locales qui gagneraient à être diffusées plus largement car elles contribuent à la
protection des zones humides.
- faire des propositions et des recommandations pour améliorer les politiques publiques ayant
un impact sur les zones humides :
Le dialogue territorial, conduit par la mission, a permis d?identifier des sujets communs de
préoccupation qui font écho à des politiques publiques nationales. La mission propose
quelques pistes d?amélioration dont les administrations nationales pourraient se saisir pour
les adapter aux zones humides. Ces pistes portent sur : i) le maintien et le confortement d?une
agriculture et d?une pisciculture favorables à la biodiversité ; ii) la mise en oeuvre et le
déploiement d?outils fonciers ; iii) une fiscalité en faveur des zones humides ; iv) l?adaptation
de la réglementation ; v) des outils d?interventions spécifiques ; et vi) l?amélioration de la
connaissance et de la sensibilisation sur les zones humides.
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- recommander un à trois sites pouvant s?engager dans une démarche de création d?un parc
national :
Objet initial de la commande, la mission a évalué chaque site en fonction de sa valeur
intrinsèque, de la plus-value de l?outil parc national pour répondre aux enjeux spécifiques du
territoire et enfin de l?acceptabilité territoriale à la création d?un parc national. Pour ce dernier
critère, la mission a noté des positions très tranchées de certains acteurs contre un parc
national et plus nuancées pour d?autres. La plupart des personnes auditionnées ont exprimé
mal connaître l?outil et ses caractéristiques en termes d?adaptation des usages, de
gouvernance et de moyens mis au service du développement local. Cela conduit à penser
que les positions pourraient évoluer, pour certains territoires, à la faveur d?une concertation
conduite avec l?ensemble des parties prenantes. Dans ce contexte, il ne ressort pas des
dialogues territoriaux un territoire clairement candidat.
La mission a néanmoins identifié trois sites d?exception. Elle propose des éléments de
méthode afin de réunir les conditions favorables à la création d?un parc national et/ou à
l?émergence d?un projet ambitieux pour ces zones humides, à la hauteur de leur valeur
intrinsèque.
Parmi les sites identifiés, le marais de Kaw-Roura, dans un périmètre élargi pour intégrer
notamment la partie littorale, apparait comme celui où un parc national est le mieux à même
de répondre aux besoins de protection et de mise en valeur du site au profit du
développement local. A cet effet, la mission propose un plan d?actions global intégrant une
phase de préfiguration du projet de parc, ainsi qu?un plan de transformation du parc naturel
régional (PNR) de Guyane.
En métropole, la Camargue dans son périmètre de la réserve de biosphère, et l?estuaire et le
cours de la Loire aval sont également des sites qui, compte tenu de leur valeur intrinsèque et
de la plus-value de l?outil parc national, peuvent prétendre à ce label prestigieux. Cependant
les conditions ne sont pas réunies à ce jour pour engager une telle démarche de création. La
mission propose en conséquence que pour ces deux sites, soit conduit un dialogue territorial
et prospectif afin de construire un projet de territoire permettant de traiter les enjeux actuels
et de long terme. Pour conduire ces chantiers, des moyens spécifiques sont à dédier.
Dans ces trois territoires, il est impératif de mener au préalable une concertation avec les
grandes collectivités territoriales concernées, afin que l?État et les élus portent conjointement
un projet ambitieux pour ces territoires d?exception.
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Liste des recommandations
[DEB, DREAL, agences de l?eau] : Accompagner
techniquement et financièrement (BOP 113, BOP 135, Fonds vert, 11ème et 12ème
programmes des agences) les actions proposées par la mission sur les 18 territoires,
au titre de leur contribution à la territorialisation de la SNAP et de la SNB. ............... 24
[DEB, DGPE, DGAL, collectivités, agences de l?eau] : Soutenir
une agriculture extensive en territoires de zones humides : i) [DGPE] En insérant une
référence explicite à l?intérêt de celle-ci dans le pacte d?orientation agricole et la
prochaine loi d?orientation ; ii) [DGAL, collectivités] En déployant les outils classiques
d?aide à l?installation et d?appui aux filières locales via les projets alimentaires
territoriaux en ciblant des territoires de zones humides ; iii) [DGPE] En portant une
révision de l?ICHN à l?horizon 2028 auprès des instances européennes, afin d?y intégrer
les territoires de zones humides dans les mêmes conditions que les zones de
montagne ; iv) [DGPE, collectivités, agences de l?eau] En bonifiant les pratiques
agricoles favorables à la protection et au maintien des fonctionnalités des zones
humides (tourbières, mares, milieux alluviaux, prairies humides, marais littoraux, etc.
et leurs aires d?alimentation), notamment via les PSE. .............................................. 32
[DEB, OFB, DDT(M), collectivités, agences de l?eau] : Soutenir
une pisciculture traditionnelle et extensive favorable aux milieux humides d?étangs : i)
[OFB, DDT(M), profession] : En produisant des guides de bonnes pratiques pour
chaque territoire et en promouvant des plans de gestion ou programmes d?intervention
pluriannuels ; ii) [DEB] : En régulant le Grand cormoran continental en attribuant des
quotas, non pas aux seuls pisciculteurs, mais aux territoires ; iii) [DEB] : En prenant en
charge le surcoût lié à la prévention des dégâts dus au cormoran ; iv)
[collectivités /agences de l?eau] : En accompagnant les pisciculteurs pour l?entretien
des étangs et la gestion extensive des milieux associés. ........................................... 35
[DEB] : Accompagner l?élaboration de stratégies collectives
d?acquisition et d?animation foncières en dotant les sites identifiés par la mission de
moyens d?animation sur une durée de trois ans. ........................................................ 36
[DEB, agences de l?eau, collectivités] : Financer sur des
territoires volontaires le déploiement de démarches d?associations de gestion foncière
(sur le modèle des associations foncières pastorales) pour favoriser, en conjonction
avec d?autres mesures, le maintien de l?élevage bovin extensif dans les territoires de
zones humides. ................................................................................................ 37
[DEB, OFB] : Affecter un million d?euros à un dispositif
expérimental d?animation sur cinq sites de déploiement d?ORE. ............................... 38
[MTECT, Ministère de l?action et des comptes publics]: mettre
en place un groupe de travail interministériel visant à faire des propositions
d?incitations fiscales pour la préservation des zones humides et engager les
adaptations législatives et réglementaires nécessaires. ............................................. 39
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[DEB, DDT(M), OFB, DGPE] : Adapter la réglementation et sa
mise en oeuvre aux zones humides : i) [DEB] : En introduisant dans le code de
l?environnement une définition plus englobante des zones humides en cohérence avec
celle de la convention Ramsar ; ii) [DDT(M)] : En achevant la cartographie des cours
d?eau en tenant compte de la spécificité des grandes zones d?étangs ; iii) [DEB, OFB] :
En publiant une circulaire permettant une application différenciée des procédures de
déclaration et d?autorisation « IOTA » selon la nature des zones humides au regard
d?une analyse globale des incidences des travaux sur l?environnement ; iv) [DDT(M),
OFB] : En exonérant les gestionnaires et propriétaires de procédures au coup par coup
dès lors que les travaux et interventions sont conformes à un cadrage (programmation
des investissements ou plans de gestion pluriannuels, guides de bonnes pratiques) ;
v) [DEB, DGPE] : En publiant le décret précisant les conditions d'exonération de
l'obligation de compensation du défrichement facilitant l'entretien des milieux humides.
................................................................................................. 42
[DEB, agences de l?eau] : Dans le cadre du 12ème programme
d?intervention des agences de l?eau, mettre en place une approche stratégique
permettant de cibler davantage les territoires de zones humides à plus forts enjeux et
prévoir dans ces territoires des moyens d?intervention différenciés permettant le
financement des travaux d?entretien et de restauration écologique essentiels au
maintien de leur intégrité fonctionnelle. ....................................................................... 44
[OFB] : Dans le cadre des discussions entre l?OFB et la FNC
sur l?éco-contribution, mettre en place une opération collective centrée sur les
territoires de zones humides et des interventions sur des actions à fort impact sur la
biodiversité remarquable. ............................................................................................ 45
[SGPI, DGRI, CGDD, DEB, OFB, CNRS] : Définir une feuille
de route ambitieuse en terme de coordination des actions de recherche et d?animation
de réseaux au bénéfice des zones humides pour : i) [DEB, OFB] Renforcer la
coordination et la transversalité des pôles relais zones humides sur des thématiques
répondant aux enjeux principaux, notamment le changement climatique et intégrer au
pôle relais « mares et vallées alluviales » les milieux d?étangs ; ii) [DGRI, DEB, CNRS]
Accentuer les efforts de recherche scientifique sur les milieux humides en finançant
un dispositif de recherche sur les effets du changement climatique en inter zones-
ateliers ; iii) [SGPI, CGDD, DEB] Accompagner les méthodes de labellisation bas-
carbone en cours sur les tourbières et en développer de nouvelles pour les prairies
humides, ripisylves, étangs, etc. ; iv) [DEB, OFB] Faire des zones humides des sites
prioritaires pour expérimenter des méthodes de lutte contre les EEE. ...................... 48
[MTECT, collectivités] : Pour trois territoires d?exception
(marais de Kaw-Roura, Camargue, estuaire et cours de la Loire aval), engager sans
attendre un dialogue de haut niveau entre le MTECT et les collectivités territoriales
concernées pour : i) [MTECT, CTG] : Lancer une phase de préfiguration d?un parc
national dédié aux zones humides de l?est Guyanais, et accompagner le plan de
transformation du PNR de Guyane ; ii) [MTECT, Régions PACA et Occitanie] : Installer
une mission de dialogue permanent sur la Camargue, tout en engageant des actions
opérationnelles relatives à la qualité de l?eau et à la mise en place d?un observatoire
de la salinité ; iii) [ MTECT, Région Pays de la Loire, Département de Loire Atlantique] :
installer une « conférence permanente » de l?estuaire de la Loire, lancer une
concertation de type « ateliers des territoires » et engager le recrutement d?un chef de
projet dédié. .............................................................................................. 58
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Introduction
Dans sa dernière évaluation mondiale, la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité
et les services écosystémiques (IPBES) dresse un constat alarmant sur le déclin de la
biodiversité à un rythme sans précédent et l?accélération de l?extinction des espèces, qui
provoquent dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier.
La France qui possède une grande richesse en biodiversité, notamment grâce à ses
outremers, n?est pas épargnée par ce phénomène d?érosion accélérée1. Parmi les milieux
naturels qui ont subi les plus fortes dégradations figurent les zones humides2 : 41% des sites
humides emblématiques français ont vu l?état de leurs milieux se dégrader au cours de la
dernière décennie3..
Cette tendance est particulièrement préoccupante avec la prise de conscience, suite à l?alerte
de la communauté scientifique, du rôle crucial que jouent ces milieux humides pour la société,
lorsqu?ils sont fonctionnels et en bon état de conservation : support de la biodiversité, ils sont
également clés pour la lutte et l'adaptation au changement climatique et le maintien de
ressources en eau douce, en quantité et en qualité. La présence de zones humides est
notamment indispensable pour aider l?agriculture à s?adapter face aux bouleversements
climatiques.
Au-delà de leur rôle écologique, les milieux humides sont le lieu de nombreuses activités,
économiques et de loisir, de création de valeur et d?emplois non « délocalisables » et d?une
forte identité culturelle.
L?eau étant au coeur de toutes les activités humaines, les zones humides en France ont été
aménagées par l?homme depuis l?Antiquité : parfois considérées comme insalubres ou
inutiles, elles ont fait l?objet de drainage et d?endiguement, de poldérisation, de creusement,
pour leur mise en valeur agricole et piscicole, voire industrielle ou portuaire. Ainsi,
contrairement à d?autres milieux naturels restés peu modifiés, la plupart des zones humides
en France ont co-évolué avec les activités humaines, formant de véritables socio-
écosystèmes, dont la biodiversité est intimement liée aux pratiques historiques (pastoralisme
et pisciculture extensifs, saliculture, chasse, pêche, etc.).
Cette spécificité de milieux où coexistent une grande richesse de biodiversité, mais aussi de
nombreuses pratiques, explique peut-être que les zones humides aient été largement exclues
des politiques de protection forte mises en place au cours du XXème siècle.
Ainsi, si la plupart des zones humides sont classées en sites Natura 2000, labellisées
Ramsar4, ou sont situées au sein de parc naturels régionaux, les surfaces de zones humides
en protection forte sont très limitées en proportion. A l?exception notable de la Camargue dont
le premier classement en réserve de l?étang de Vaccarès date de 1927, et de quelques autres
sites d?importance (réserve du lac de Grand-Lieu notamment), les zones humides désignées
en réserves naturelles ou en arrêtés de protection de biotope, sont limitées en surface et en
nombre. Ce constat est encore plus marquant lorsque l?on considère les parcs nationaux
français : au-delà des trois parcs ultra-marins aux problématiques spécifiques, les huit parcs
situés dans l?hexagone protègent les milieux de haute et de moyenne montagne, côtiers et
insulaires méditerranéens, forestiers, mais aucun ne couvre les zones humides.
1 Le livre rouge de l?UICN classe la France en 6ème position en nombre d?espèces menacées d?extinction.
2 Sans oublier celles qui disparaissent sous l?effet de l?artificialisation et du drainage.
3 CNR, « fiche de présentation des enjeux relatifs à la biodiversité » ; « Datalab : Quelle évolution des sites
humides emblématiques entre 2010 et 2020 ? », MTECT/CGDD/SDES, décembre 2020.
4 La Convention sur les zones humides (couramment nommée "Convention Ramsar") est un traité
intergouvernemental qui sert de cadre à l?action nationale et à la coopération internationale pour la
conservation et l?utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources. Le traité a été signé le 2
février 1971 à Ramsar (Iran).
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Face à ce constat, et dans le cadre de la stratégie nationale sur la biodiversité 2030 (SNB),
du plan national milieux humides 2022-2026 (PNMH), et de la stratégie nationale pour les
aires protégées 2030 (SNAP), l?État s?est engagé à restaurer 50 000 ha de zones humides
d?ici 2026, à acquérir 8 500 ha de zones humides et à créer de nouvelles aires protégées,
dont un parc national dédié aux zones humides.
La présente mission s?inscrit dans cet objectif : à l?issue d?un dialogue mené avec les acteurs
des 18 territoires emblématiques de zones humides françaises5 , ce rapport formule des
propositions locales ou nationales afin de renforcer la préservation de ces milieux et
d?identifier le ou les territoires pour lesquels une démarche de parc national serait susceptible
de répondre aux besoins identifiés.
5 Sites identifiés en avril 2022 par la mission IGEDD relative à la création d?un parc national de zones humides.
Rapport N° 014136-01, Mission relative à la création d?un parc national de zones humides ? Mars 2022.
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0012595
PUBLIÉ
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0012595
Rapport n°
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1 La mission s?inscrit dans un contexte de fort déclin
des zones humides
1.1 Une mission dont l?objectif a été élargi
La mission s?inscrit dans le contexte général de fort déclin des zones humides, au niveau
mondial comme en France (où 64% des zones humides ont disparu au cours du XXème siècle)
alors que ces milieux constituent un enjeu majeur tant pour leur richesse en termes de
biodiversité, pour la régulation et l?épuration des masses d?eau que pour la captation et le
stockage du carbone, au-delà de leur valeur culturelle et sociétale.
Pour répondre à ces enjeux, il avait été décidé en 2007 lors du Grenelle de l?environnement,
outre le renforcement des protections des milieux humides, la création d?un parc national
dédié aux zones humides6 . Les initiatives portées par l?État pour mettre en oeuvre cette
décision, inscrite dans la loi, ont été finalement abandonnées en 2012-2013, faute de trouver
un site qui fasse l?unanimité. En outre, la priorité avait été donnée à la création d?un parc
national dédié aux forêts françaises qui a finalement vu le jour fin 2019. Les objectifs
ambitieux affichés au titre de la SNAP, adoptée le 12 janvier 2021, ont permis de relancer ce
projet, à l?heure où il s?agit de doubler la protection forte des zones humides de métropole
pour atteindre 110 000 ha d?ici 2030. Lors du congrès mondial de l?Union internationale de
conservation de la nature (UICN) à Marseille, en septembre 2021, la relance d?un projet de
parc national dédié aux zones humides a été officiellement annoncée. Le PNMH, intégré à la
SNB confirme également la volonté de créer un parc national dédié à ces milieux.
C?est dans ce cadre qu?une première mission a été confiée au CGEDD7 en octobre 2021
relative à la création d?un parc national des zones humides. Le rapport remis en mars 2022
propose, sur la base des inventaires nationaux du patrimoine naturel, et après consultation
d?un groupe d?experts, une liste de 18 sites parmi les plus emblématiques des zones humides
françaises. Il recommande pour la suite de la démarche de conduire un dialogue territorial
approfondi avec chacun des territoires identifiés, dans la perspective d?une amélioration de
la protection et de la valorisation de ces sites exceptionnels. L?identification de ces 18 sites
et la suite de la démarche ont fait l?objet d?une déclaration ministérielle en février 2022.
La présente mission de dialogue territorial préalable à la création d?un parc des zones
humides, s?inscrit donc dans le prolongement de cette première démarche. Elle répond à une
lettre de commande du ministre et de la secrétaire d?État à l?écologie du 11 avril 2022 (annexe
1), et a été élargie après discussion avec les cabinets ministériels à trois objectifs.
L?identification pour chaque site des actions exemplaires, pilotes ou transférables à
conduire dans les trois à cinq ans. Ces actions ont vocation à être reconnues et
accompagnées techniquement et financièrement par l?État au titre du PNMH et/ou de
tout autre outil de l?État et de ses opérateurs. Ce livrable donnera lieu à un plan d?une
petite centaine d?actions pour la protection et la valorisation des zones humides, qui
reflètera l?engagement des pouvoirs publics pour leur protection (objectif affiché par
la SNAP et la SNB) au-delà de la désignation d?un parc national ;
Des recommandations pour améliorer les politiques publiques nationales ayant un
impact sur les zones humides issues des rencontres de terrain, mais également des
auditions des têtes de réseau et administrations en charge de leur mise en oeuvre ;
6 Article 23 de la Loi n° 2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en oeuvre du Grenelle
de l?environnement.
7 Le décret du 20 juillet 2022 a substitué la dénomination « Inspection générale de l'environnement et du
développement durable » (IGEDD) à la dénomination « Conseil général de l'environnement et du
développement durable » (CGEDD).
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Rapport n°
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Avril 2023
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L?identification d?un ou plusieurs sites susceptibles de s?engager dans une démarche
de création d?un parc national, compte tenu des enjeux de protection et de valorisation,
de la plus-value qu?un tel label peut apporter aux territoires considérés et du degré
d?acceptabilité territoriale appréciés sur le terrain.
Chaque site visité a donné lieu à un rapport de synthèse qui, outre une description de ses
principales caractéristiques et des dires d?acteurs sur les enjeux, présente une analyse
AFOM8, propose plusieurs actions pour ce territoire et évalue in fine l?adéquation de l?outil
parc national pour répondre aux enjeux du site. Ces rapports de synthèse sont accessibles
(annexe 2).
Par ailleurs, la présente mission a été l?opportunité de mettre en exergue des bonnes
pratiques pour en faciliter la diffusion.
1.2 Une mission à l?écoute
Compte tenu du nombre de sites et du délai de la mission, le choix a été fait de réaliser les
visites par binômes (parfois élargis à trois, voire quatre missionnés sur certains sites), en
modifiant la composition des binômes autant que possible afin de partager une vision
commune de la valeur et des enjeux de l?ensemble des sites et minimiser le biais lié à
l?observateur. De même, l?investigation des enjeux nationaux s?est faite par binômes, mais
avec toutefois une relecture systématique par l?ensemble des membres de la mission.
Pour l?organisation des rencontres et des visites menées dans un temps limité, la mission,
lorsque cela était possible, s?est appuyée sur la structure identifiée comme la plus pertinente
(souvent un parc naturel régional (PNR), un syndicat mixte ou une administration territoriale).
La mission a conduit ce dialogue territorial dans une posture d?écoute active. Au total plus de
1 200 acteurs ont été rencontrés. Les entretiens ont permis de recueillir pour chaque partie
prenante, sa relation au territoire, son appréciation sur la valeur de celui-ci, les pressions qui
s?y exercent et sa vision des actions nécessaires pour améliorer sa protection et sa
valorisation. Les acteurs ont ainsi pu s?exprimer sur les trois objets de la mission : actions en
cours ou à mener à l?échelle du site, éléments de politiques publiques nationales à faire
évoluer, positionnement vis-à-vis d?un projet de parc national sur le site étudié.
La mission a veillé à cadrer une méthodologie commune, à s?approprier collectivement les
résultats des visites et des auditions, à confronter les enseignements et propositions d?actions
issus de ces visites, et enfin à apprécier de manière collégiale la pertinence d?une démarche
de parc national pour chacun d?entre eux.
1.3 Des échanges approfondis avec les acteurs de terrain
Du fait de la période de réserve électorale qui excluait toute mission de terrain avant la fin du
mois de juin, la mission s?est attachée, dès le démarrage de ses travaux en mai 2022 à :
Définir des éléments de méthode communs aux six membres de la mission pour
conduire ce dialogue territorial par site ;
Rencontrer, principalement en visio-conférence, tous les acteurs nationaux que la
première mission avait auditionnés afin, d?une part, de leur restituer les conclusions
de cette première mission et, d?autre part, de leur présenter les modalités
d?organisation du dialogue territorial avec les 18 sites identifiés ;
Réunir le groupe d?experts déjà mobilisé lors de la première mission pour échanger
sur ces éléments de méthode ;
8 Analyse « Atouts Faiblesses Opportunités Menaces ».
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Documenter chaque site pour personnaliser les visites, sur la base des éléments
établis lors de la première mission et de nouveaux éléments (cartographie des
acteurs, couches de système d?information géographique, données du plan de
relance, historique des dynamiques territoriales et en cours, etc.).
Les étapes suivantes se sont alors succédé :
Dès le mois de juin et pendant l?été, rencontre des préfets de région et/ou de
département, des directions régionales de l?environnement, de l?aménagement et du
logement (DREAL) et des directions départementales des territoires(DDT), pour
présenter la mission, son approche et recueillir leur vision régionale et
départementale des enjeux et des risques sur chaque site ;
Une première visite sur le site de Brière fin juin, de manière à adapter la méthode de
travail pour la visite des autres sites ;
Les autres visites se sont déroulées entre septembre 2022 et janvier 2023. Dans
certains cas, les déplacements ont été précédés d?auditions en visioconférence avec
le préfet et/ou certains acteurs du territoire afin de mieux préparer les visites ;
L?élaboration des propositions d?actions pour chacun des sites, en itération avec les
personnes ressources au niveau local ;
La mission a de nouveau réuni le groupe national d?experts pour recueillir ses
commentaires sur les propositions d?actions envisagées.
1.4 Un accueil contrasté
Au regard de la sensibilité du sujet de la chasse au gibier d?eau, certaines visites ont fait
l?objet de rassemblements de chasseurs auxquels se sont parfois associés les agriculteurs
et/ou aquaculteurs (Brière, marais breton et baie de Bourgneuf, marais du Cotentin et du
Bessin, Tourbières du Jura).
Sur certains sites, les agriculteurs ont affiché leur refus de toutes contraintes
environnementales supplémentaires, notamment là où leurs systèmes d?exploitation sont
tournés vers les cultures intensives irriguées. Il en va ainsi des sites comme le Val d?Allier, le
Jura ou La Dombes. Par ailleurs, dans la majeure partie des sites, les agriculteurs expriment
une forte attente pour un soutien à l?élevage extensif, facteur déterminant dans le maintien
de ces zones humides et de leur biodiversité.
De manière générale, la mission relève que le scepticisme, voire l?hostilité de principe de
certains acteurs à sa venue, ont souvent laissé place à un accueil plutôt favorable,
notamment en raison de la mise en lumière nationale de la valeur de leurs zones humides.
Pour les acteurs du terrain, confrontés à de multiples difficultés, ces auditions leur ont permis
de partager leur expérience, mais aussi d?alerter la mission sur des sujets relatifs aux zones
humides (dont certains dépassent le cadre de la commande). Notons enfin que, si seule une
minorité de personnes rencontrées ont exprimé spontanément à la mission leur souhait
d?avoir un parc national sur leur territoire, la plupart ont reconnu mal connaitre l?outil et ses
marges d?adaptation possibles au contexte des zones humides et à leurs usages.
La visite a confirmé que la plupart des sites sont remarquables au sens du caractère
emblématique de la loi de 2006 relative aux parcs nationaux9 avec des milieux et des enjeux
très variés. Les acteurs locaux et notamment les collectivités rencontrées ont souvent fait
preuve d?une intelligence territoriale remarquable et propice à la mise en place de projets de
préservation sur de nombreux sites.
9
https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000017758531/#:~:text=Le%20projet%20de%20l
oi%20instaure,int%C3%A9r%C3%AAts%20qui%20sont%20les%20leurs.
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https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000017758531/%23:~:text=Le%20projet%20de%20loi%20instaure,int%C3%A9r%C3%AAts%20qui%20sont%20les%20leurs
https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000017758531/%23:~:text=Le%20projet%20de%20loi%20instaure,int%C3%A9r%C3%AAts%20qui%20sont%20les%20leurs
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1.5 Présentation des dix-huit sites emblématiques, témoins
de la diversité des zones humides françaises
Afin de pouvoir mener des études comparatives, de tenter de dégager des enseignements
extrapolables au niveau national, la mission s?est attachée à regrouper les sites visités en
plusieurs catégories en fonction des caractéristiques des milieux et habitats naturels :
zones humides et marais littoraux et estuariens : Camargue, marais de Brouage et
de Rochefort, marais Poitevin, marais Breton et baie de Bourgneuf, estuaire et cours
de la Loire aval, Brière, marais du Cotentin, Baie de Somme ;
plaines intérieures (marais continentaux) : Etangs de Lorraine, la Dombes, la Brenne,
Sologne ;
vallées alluviales : lit majeur du Rhin, Basse vallée du Doubs et Bresse, Val d?Allier ;
massifs à tourbières : Tourbières du Jura, Monts d?Arrée ;
zones humides d?Outre-mer : marais de Kaw.
Ces milieux ont, souvent et de longue date, été façonnés ou modifiés par les activités
humaines (agriculture, pisciculture, saliculture, chasse, pêche) qui ont contribué à leur
richesse et à leur spécificité. La Camargue en est une bonne illustration : construite par
l?homme, elle réinterroge les « frontières entre espaces naturels et aménagés »10.
Les sites visités font l?objet d?une courte présentation, ci-dessous, complétée par une
synthèse des principales pressions auxquelles ils sont soumis. Dix-huit rapports de site
complets figurent en annexe 2.
10 Extrait de l?article « La Camargue, histoire de la construction sociale et symbolique » - Bernard Picon -
Sociologue et directeur de recherche émérite au CNRS ?- Revue Progressiste ? Environnement et société
n° 11 ? Juillet 2016.
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1. Les étangs de Lorraine
Le site des étangs de Lorraine (82 783 ha) constitués par deux sites distincts
(étangs du sud-est mosellan et étangs de Woëvre dédiés à la production
piscicole) est exceptionnel par la diversité des milieux : étangs peu profonds,
roselières, ruisseaux, mares, prairies, pâtures, ponctuellement pré salé
continental, haies et bosquets, terres cultivées et, sur plus de la moitié de la
surface, forêts. Des milliers d'oiseaux (120 espèces nicheuses et plus de 250
espèces observables) fréquentent le site tout au long de l'année pour la
reproduction, la migration et l'hivernage.
Si l?évolution de l?état du site est relativement stable, il connaît néanmoins actuellement des pressions
liées à la mise en culture des prairies, à la disparition de l?élevage bovin, à la régression des activités
piscicoles, à la dégradation de la qualité des eaux sur les étangs de la Woëvre et au changement
climatique.
2. Le lit majeur du Rhin
Le site (environ 49 000 ha) inclut deux ensembles importants : le lit majeur
en rive gauche du Rhin supérieur (linéaire de 190 km environ) et l?ensemble
des rieds 11 alsaciens, étroitement connectés à la nappe rhénane. Les
milieux rhénans offrent une mosaïque de milieux patrimoniaux, qu?ils soient
ouverts (roselières, prairies humides, ruisseaux phréatiques) ou forestiers
(forêts alluviales). Les rieds alsaciens dans la plaine (Ried de Sélestat
estimé à 10 000 ha) présentent également des espèces et des
fonctionnalités majeures à préserver.
Le Rhin a fait l?objet d?aménagements très importants : rectification, canalisation, création du Grand Ca-
nal d?Alsace qui détourne la majeure partie du débit courant du fleuve sur 50 km, barrages hydroélec-
triques, endiguements. De grandes cultures irriguées ont fait leur apparition dans la plaine et dans la
bande rhénane. Les activités anthropiques ont entraîné la disparition d?environ 80% des forêts alluviales
et la conversion de nombreuses prairies humides en cultures.
Malgré cela, le Rhin supérieur reste un site majeur pour l?avifaune à l?échelle européenne, comme lieu
d?hivernage et couloir de migration entre Méditerranée et Scandinavie/Sibérie. Il accueille plusieurs di-
zaines de milliers d?oiseaux. C?est également un maillon essentiel pour les grands poissons migrateurs.
Le site est reconnu par la Convention Ramsar comme zone humide d?importance internationale.
3. Tourbières du Jura
Les tourbières de la montagne jurassienne constituent un vaste massif tour-
beux emblématique d?importance nationale et internationale, s?étendant sur
près de 40 000 ha, soit environ 40% de la surface des tourbières du massif
jurassien (Suisse incluse). Le caractère de ce territoire repose sur une mo-
saïque paysagère de grands espaces aux courbes douces, couronnées de
forêts résineuses et de falaises calcaires, tapissés de pâturages au sein des-
quels se nichent des villages.
Le site abrite la quasi-totalité des espèces de tourbières de la montagne jurassienne. Deux espèces (Saxi-
fraga hirculus et Clanga pomarina) représentent 100% de la population française. Il concentre 19% des
papillons de jour, 20% des taxons de flore et 58% des odonates de la liste rouge régionale.
Les tourbières et les prairies humides périphériques sont soumises à différentes pressions (drainage des
tourbières, rectification de cours d?eau, modification des pratiques agricoles, remblaiement, plantation,
pollution, dépôt d?ordures) qui ponctuellement les menacent et altèrent leur capacité de stockage du car-
bone.
11 Les rieds en Alsace désignaient de vastes étendues marécageuses, comme le souligne le terme « rieth »
(roseau) en vieil alémanique. Alimentés par les eaux superficielles des rivières et les eaux souterraines de
la nappe phréatique, les rieds sont parsemés de roselières, marais, dépressions et prairies inondables
(source : Alsace Nature, 2010).
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4. Basse vallée du Doubs et Bresse
Le site (47 600 ha) est constitué de la basse vallée du Doubs depuis l?aval
de Dole jusqu?à la confluence avec la Saône, et de la Bresse. Le site pré-
sente dans son ensemble un panel diversifié de zones humides alluviales,
grâce à la dynamique fluviale du Doubs, et d?étangs intérieurs, à fort enjeu
au titre du patrimoine naturel. Le site est néanmoins hétérogène, avec une
césure culturelle et de pratiques entre la partie bourguignonne d?un côté (du-
ché de Bourgogne) et la partie jurassienne de l?autre (duché de Franche-
Comté).
Le Doubs a été fortement anthropisé par le passé (chenalisation et extraction de granulats). Le change-
ment de l?occupation du sol dans le lit majeur (conversion des prairies en grandes cultures) tend à se
poursuivre. Dans un contexte de changement climatique, des actions de reconquête du milieu montent
en puissance.
Les étangs de Bresse sont peu profonds, et en dégradation selon l?évaluation nationale des milieux hu-
mides emblématiques (2020). Le déclin de l?activité piscicole prive ces milieux de pratiques de gestion
adaptées au maintien de la biodiversité.
5. Val d?Allier
La vallée de l?Allier considérée correspond à la partie bourbonnaise de la
rivière, soit environ le tiers aval de son cours (22 000 ha). Il s?agit d?une vallée
alluviale de type sableuse. Malgré une exploitation intensive de granulats à
la fin du XXème siècle, la rivière présente une dynamique fluviale active,
avec de nombreux méandres et une mobilité latérale de son lit. La vallée offre
des paysages remarquables.
L?Allier est l?une des dernières rivières mobiles d?Europe et présente un cor-
tège d?espèces et d?habitats alluviaux diversifiés : milieux aquatiques, talus
d?érosion, plages de sable et galets, pelouses sèches, prairies inondables, forêts alluviales et boires
(méandres déconnectés). Les milieux alluviaux aux fonctionnalités relativement préservées, abritent de
nombreuses espèces protégées, dont certaines sont emblématiques comme le Castor d?Europe, le Sau-
mon atlantique, la loutre, les Sternes naines et pierregarin, la Cistude d?Europe, etc.
Les prairies ont régressé depuis 50 ans, au profit des grandes cultures, dont certaines sont irriguées.
L?incision du lit réduit les effets de recharge de la nappe alluviale. Une fermeture des milieux est observée.
L?Allier présente des situations de déséquilibre quantitatif, avec des débits d?étiage de plus en plus mar-
qués.
6. La Dombes
Ce territoire a été façonné par l?homme dès le Moyen-âge (XIIIème siècle)
autour de l?élevage et de la pisciculture. Alors considéré comme insalubre, il
représente aujourd?hui, au-delà des enjeux environnementaux, un témoin
culturel de cette période. C?est un site remarquable pour sa multitude
d?étangs et de milieux aquatiques (1 450 étangs de superficie moyenne de
7,3 ha d?alimentation pluviale). Son intérêt avifaunistique est majeur : la
Dombes est la zone biogéographique présentant la plus grande diversité
spécifique de la région Auvergne-Rhône-Alpes : elle accueille plus de 130
espèces d'oiseaux nicheurs. C'est une zone humide d'importance internationale pour les oiseaux migra-
teurs.
La gestion des étangs alterne mises en eau permettant des activités de pisciculture et chasse et assecs
durant lesquels les étangs sont mis en culture. La pression agricole est forte avec un développement de
la maïsiculture et de la céréaliculture au détriment de l?élevage. La question de la gestion des chaines
d?étangs et, à travers elle, le partage de la ressource en eau, sont au coeur des enjeux de préservation de
ce site qui est le seul site d?étangs où l?activité piscicole est centrale. La présence de grands domaines
privés limite la pression cynégétique (pratique familiale).
Site emblématique pour son ensemble d'étangs piscicoles unique en France et son intérêt pour l'avifaune,
ce système dit dombiste de gestion et de préservation des chaines d?étangs présente un caractère spécial
très spécifique qui en fait aussi un site à caractère culturel très fort. Il est unique à l?échelle du territoire
métropolitain.
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L?intensification de l?agriculture en périphérie des étangs, l?abandon progressif de l?élevage et la forte pro-
gression des espèces exotiques envahissantes (EEE) constituent de vraies difficultés pour la préservation
du modèle dombiste.
7. La Camargue
A cheval sur deux régions et deux départements, la Camargue (114 500 ha)
est un immense delta constitué de trois sous-ensembles : la Camargue gar-
doise à l?ouest du petit Rhône, la Camargue insulaire et la Camargue orien-
tale à l?est du grand Rhône. Ce territoire se découpe entre la Camargue flu-
vio-lacustre dominée par l'eau douce résultant d?un système d'irrigation per-
mettant l'agriculture et notamment la riziculture, et la Camargue laguno-ma-
rine façonnée par les incursions de la mer et sous l'emprise du sel.
La Camargue est dépositaire d?un caractère fortement emblématique associant un patrimoine naturel ex-
ceptionnel, et une identité culturelle fondée pour partie sur son insularité et ses traditions liées au res-
sources naturelles.
Elle abrite une faune remarquable composée de près de 370 espèces d?oiseaux, de groupements végé-
taux spécifiques comme les 10 000 ha de sansouires12 ou les herbiers de Zoostera nolti sur plus de 4 000
ha. Elle accueille 80 espèces d?intérêt communautaire. C?est l?unique site français de nidification de fla-
mants roses dont la population est évaluée en 2019 à près de 38 000 individus. Dans l?ensemble du site,
les habitats et les espèces sont soumis aux pressions résultant de la salinisation des sols , de pollutions
diffuses notamment de pesticides, d?apports de nutriments et de substances toxiques ainsi que d?altéra-
tions hydro-morphologiques.
8. Marais de Brouage et de Rochefort
Cet ancien estuaire de la Charente (34 500 ha) est constitué de trois entités
distinctes que sont les marais de la Seudre (milieux salés) au Sud, de
Brouage (au centre) et de Rochefort (au Nord). Cet ensemble remarquable
abrite une large palette de milieux, caractéristiques du littoral atlantique, et
offre des conditions propices à l?installation d?un riche cortège floristique et
faunistique. Le marais est un site majeur pour l?avifaune (hivernants et
migrateurs), mais aussi pour la Cistude d?Europe qui fait l?objet d?un plan
national d?actions.
L?identité culturelle de ce territoire s?est forgée autour des marais dont l?entretien est fondé sur l?élevage
extensif. Le site est riche aussi d?un patrimoine culturel et historique d?importance (citadelle de Brouage
et une opération Grand site de France labellisée en 2020 sur l?estuaire de la Charente).
L?état actuel des zones humides est considéré comme bon à moyen mais il est en forte dégradation depuis
plusieurs années, victime des dérèglements climatiques (recul du trait de côte, submersion marine) et
depuis peu soumis aussi au déficit hydrique de la Charente avec de fortes menaces sur sa capacité à
retenir l?eau.
Les dynamiques des acteurs sont très bonnes (entente intercommunautaire et parlement du marais)
autour d?une prise de conscience de l?intérêt à préserver ces marais et à en faire un vecteur de
développement durable.
12 Les sansouires sont des milieux naturels spécifiques aux régions de delta à végétation basse, situés en
bordure haute des vasières littorales, soit la partie haute des marais maritimes.
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9. Marais Poitevin
Vaste complexe humide autrefois continu mais aujourd'hui morcelé par l'ex-
tension de l'agriculture intensive, le marais Poitevin (102 600 ha) se répartit
en trois secteurs : une zone centrale, riche en prairies humides et parcourue
par un important réseau hydraulique, une façade littorale centrée autour des
vasières tidales13 et prés salés de la Baie de l'Aiguillon et une zone "interne"
de forêts alluviales et bocages. Le site constitue la deuxième plus vaste zone
humide de France avec un gradient de salinité qui favorise la diversité des
espèces faunistiques.
Le marais mouillé, qualifié de « Venise verte » avec ses canaux bordés de frênes têtards, est classé Grand
site de France. Ce site est d?importance internationale pour les limicoles, les canards et le Busard cendré.
Le site est également d?importance pour la Loutre d?Europe et l?anguille. Ce site constitue l?une des zones
humides les plus touchées par les mutations de l'agriculture durant les dernières décennies. Les surfaces
en herbe ont été réduites de 60% en 30 ans au profit des grandes cultures. Si cette tendance a été ralentie
au cours de la dernière décennie, cela n?a pas permis d?enrayer l?érosion de la biodiversité qui doit faire
face à des problèmes de plus en plus aigus de gestion quantitative mais aussi qualitative de l?eau, en lien
avec le changement climatique.
10. La Brenne
Le territoire de la Brenne (environ 60 000 ha) s?inscrit dans le bassin versant
de la Loire et, à plus petite échelle, sur deux bassins versants du nord au sud
du territoire : la Claise et la Creuse. Le coeur de la Brenne recèle plus de
3 400 étangs soit une surface en eau d?environ 7 000 hectares. Créés par
l?activité humaine et constituant de longs chapelets, ils ont une vocation his-
torique de production de poissons dès le moyen-âge.
Le site, intégré dans un PNR, est remarquable pour son paysage, son patri-
moine architectural, la diversité et la richesse écologique de ses milieux. Il concentre les enjeux les plus
forts de la Région Centre-Val de Loire en terme de biodiversité. Ainsi, la zone est d'importance euro-
péenne pour les oiseaux d'eau (Grèbe à cou noir, Butor étoilé, Blongios nain, etc.). Le site recense 11 des
37 espèces de reptiles autochtones protégées en France et la Tortue cistude, emblématique du PNR.
L?élevage est prédominant encore aujourd?hui sous une forme extensive et bénéfique à la zone humide.
La déprise des activités agricoles est liée à la fragilité de la filière ainsi qu?à la concurrence avec le déve-
loppement d?une forte exploitation cynégétique centrée sur le sanglier. L?enfrichement associé a un impact
notable sur les paysages de la Brenne et sa biodiversité.
11. Marais breton et baie de Bourgneuf
Ce site de 53 500 ha, labellisé Ramsar, est l'une des principales zones de
marais et de baies découvrant à marée basse de la façade atlantique.
L?identité culturelle de ce territoire s?est forgée autour des marais. La
présence de ces milieux entretenus par l?activité humaine est la base de la
tradition fondée sur l?élevage extensif, la pêche à pied et la saliculture.
Sur son littoral, l?estran sableux à vaseux abrite des herbiers de zostères et
des récifs d?hermelles14. Les marais, alimentés à la fois en eau salée et en eau douce, comportent des
lagunes salées, des prairies humides, de nombreuses mares et un important réseau de fossés. Le site,
d?importance internationale, accueille notamment plus de 60 000 oiseaux d?eau migrateurs en hiver. Il est
le premier site français de nidification de la Barge à queue noire (70% de la population nationale), du
Vanneau huppé (20%), du Chevalier gambette (70%), de l'Echasse blanche et du Hibou des marais.
Les EEE (jussie, baccharis, ragondin), le développement d?activités touristiques et de loisirs notamment
dans la baie de Bourgneuf, le développement de l?urbanisme et l?intensification des pratiques agricoles en
amont et au nord, sont des menaces pesant sur le site.
13 Une vasière est dite tidale ou intertidale si elle est située entre le niveau haut et bas de la marée.
14 Les hermelles sont des vers tubicoles constructeurs vivant dans la zone de balancement des marées. Ces
petits récifs émergeant du sable ou recouvrant les rochers résultent de l?accolement de leurs tubes
d?habitation.
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12. Sologne
La Sologne (182 000 ha) est un vaste massif forestier riche de 3 000 étangs
(plus de la moitié de la région), créés pour la plupart avant le XIXème siècle
et désormais majoritairement dédiés à la chasse. Elle présente également
des landes humides et de tourbières relictuelles.
Ce site bénéficie d?une forte notoriété pour sa multitude d'étangs et son avi-
faune, aussi bien en période de reproduction qu'en passage migratoire et en
hivernage (durant lequel sont observés environ 2 000 canards de surface et
1 000 canards plongeurs par jour).
Ce site subit de fortes pressions de la chasse et du grand gibier et un enfrichement lié au retrait de l?agri-
culture. Les activités traditionnelles de pisciculture et d?élevage sont abandonnées au profit de l?activité
de chasse, le territoire subit un engrillagement important, ainsi qu?une multiplication des EEE.
13. Estuaire et cours de la Loire aval
Ce site (56 000 ha) intègre à la fois l'estuaire de La Loire, son cours aval
entre Nantes et la Maine, ainsi que l'Etang de Grand Lieu (plus grand lac de
plaine de France). Ces trois sites forment un ensemble original avec des mi-
lieux spécifiques (vasières, forêts flottantes, etc.), des mosaïques de mi-
lieux, des espaces de tranquillité et présentent une grande diversité de mi-
lieux marins, littoraux, fluviaux et retro-littoraux. Ils sont d?une valeur excep-
tionnelle sur le plan botanique, faunistique et ichtyologique, grâce à des ha-
bitats naturels, très vastes pour certains. Ils sont d?importance internationale
pour les oiseaux migrateurs et hivernants pour leur reproduction. L?estuaire est la porte d?entrée du plus
grand réseau hydrographique du territoire national pour plusieurs espèces de poissons migrateurs (Sau-
mon atlantique, Anguille européenne, aloses et lamproies).
L?estuaire est marqué par une activité portuaire ancienne et des installations industrielles importantes dont
le rôle va bien au-delà de la région Pays de la Loire. Si l?état des milieux d?eau douce est considéré comme
bon, l?évolution est globalement à la dégradation en lien avec une très forte exposition au changement
climatique dans l?estuaire (baisse du débit d?étiage et de la qualité de la Loire, remontée salée), et avec
l?atterrissement des bras secondaires de la Loire et la fréquentation touristique en amont de Nantes.
14. Brière
La Brière (25 000 ha) est l?un des plus grands marais avec tourbière d?Europe.
Elle constitue un réservoir d'eau douce remarquable. Ce site est intégré au
PNR de Brière et est inscrit à la convention Internationale de Ramsar. Il est
emblématique de la conciliation historique des usages (élevage extensif en
zone humide, chasse, pêche, récolte des roseaux pour la couverture des toi-
tures, exploitation de la tourbe). La Grande Brière Mottière, marais indivis, en
constitue le coeur.
Le marais est constitué d?une variété de milieux aquatiques et palustres : prairies inondables, roselières,
bois et fourrés marécageux, tourbières, landes humides. Il est une halte fréquentée par de nombreuses
espèces d'oiseaux migrateurs d?intérêt communautaire (bastion pour la reproduction du Butor étoilé, de la
Marouette de Baillon, de la Guifette noire et de la Guifette moustac) et un habitat pour la Loutre d?Europe.
Le site est en dégradation pour les milieux doux, avec un appauvrissement de la flore et de la faune
briéronnes (nénuphars, herbiers d?hydrophytes, Grenouille verte, herpétofaune15 paludicole, Campagnol
amphibie, Musaraigne aquatique, effondrement des populations d?oiseaux nicheurs remarquables). Les
nombreuses EEE constituent une menace forte.
15 La faune herpétologique est constituée des amphibiens et des reptiles.
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Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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15. Monts d?Arrée
Le site des Monts d?Arrée constitue le plus vaste ensemble de landes
atlantiques et plus grand complexe de tourbières de Bretagne. Il constitue
le château d?eau du Finistère et approvisionne plusieurs dizaines de mil-
liers d?habitants du littoral dont la métropole de Brest. Intégré au PNR
d?Armorique, ce site et notamment les crêtes des Monts d?Arrée consti-
tuent des paysages exceptionnels autour de ses patrimoines naturels et
bâtis de caractère.
Ce site abrite une biodiversité exceptionnelle liée aux landes et tour-
bières. Plusieurs espèces emblématiques y sont présentes dont cer-
taines menacées, par exemple la Mulette perlière, le castor ou la Loutre d?Europe. Il est aussi un site
exceptionnel pour plusieurs espèces comme la Sphaigne de la Pylaie et le Malaxis des tourbières petite
orchidée en danger dont les Monts d?Arrée abritent 70% de la population française. C?est un site majeur
pour le Courlis cendré qui y trouve l?une de ses dernières aires de reproduction en Bretagne.
Si le site est en bon état de conservation, les menaces de dégradation n?en sont pas absentes. Depuis la
crise sanitaire, il connait une forte fréquentation de tourisme de nature qui selon les périodes peut consti-
tuer un danger pour la préservation de l?avifaune. La fermeture des milieux et notamment des landes par
leur non entretien est aussi une difficulté. Le fort déficit hydrique en 2022 pose aujourd?hui la question de
la gestion de cette ressource dont dépend le littoral finistérien. Il a enfin connu de graves incendies à l?été
2022 qui ont dévasté plus de 15% du site Natura 2000.
16 Marais du Cotentin et du Bessin
Situés dans le périmètre du PNR éponyme, les marais du Cotentin et du Bessin
(34 600 ha) se caractérisent par un vaste réseau hydrographique s?étendant sur
environ 1 600 km et débouchant dans la baie des Veys. Les marais rétro-litto-
raux de la côte est, plus vaste zone humide rétro-littorale de Normandie, ont un
fonctionnement hydraulique différent car non dépendant des fleuves.
Les marais ou « bas pays » sont les terres régulièrement inondées de ces val-
lées. Ils accueillent une surface importante de prairies tourbeuses et de tour-
bières (10 000 ha) qui blanchissent en hiver lorsqu?elles sont inondées. Ils sont constitués d?un écheveau
dense de petites rivières, canaux et fossés irriguant de larges vallées entourées d?une frange bocagère
appelée « Haut pays ». En façade littorale, le site est constitué de polders qui s?étendent sur 4 800 ha
principalement localisés dans la baie des Veys et le havre de Saint-Germain sur Ay.
Les marais du Cotentin et du Bessin abritent une grande combinaison de facteurs hydrologiques, éda-
phiques, anthropiques, etc., sources d?une diversité de milieux estuariens et d'habitats humides (prairies
plus ou moins saumâtres, roselières, mares?) lui conférant un intérêt majeur pour l?avifaune.
Le maintien des activités agricoles extensives et la gestion des niveaux d?eau sont les enjeux prioritaires
associés à une gouvernance animée par le PNR. Le littoral est soumis au développement de l?urbanisme
et aux effets de l?élévation du niveau de la mer.
17. Baie de Somme
Le large estuaire de la Somme de 24 500 ha avec la Baie d?Authie et les
marais associés présente une grande diversité de milieux : marais arrière-
littoraux avec les tourbières de la vallée de la Somme aux vasières en pas-
sant par les terrains poldérisés maintenus à l?état de marais ou consacrés
à l?élevage, les dunes du Marquenterre ou le cordon de galets.
Il conserve un caractère remarquable et sauvage, sans installation por-
tuaire ni industrie, même s?il a été aménagé par poldérisation. Les activités
agricoles (pâturage extensif) et de pêche à pied y sont très vivaces, avec
une tradition ancienne de chasse au gibier d'eau.
Le site se compose de larges étendues de plages de sable, de vasières, de prairies et de zones humides.
Situé à la confluence de plusieurs voies de migration avec : Islande, îles britanniques, Scandinavie et
Russie, l'estuaire de la Somme est l'une des plus célèbres haltes européennes pour les oiseaux, avec
plus de 365 espèces répertoriées au cours des deux derniers siècles. Trente-quatre espèces de mammi-
fères y ont élu domicile dont la plus importante colonie française de Phoque veau-marin.
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Ce site présente plusieurs menaces : ensablement, recul du trait de côte, montée des eaux, assèchement
des marais rétro-littoraux, sur-fréquentation, abandon de l?élevage extensif et dans une moindre mesure
pollution de l?eau.
18. Marais de Kaw-Roura
Plus grande zone humide de France (plus de 300 000 ha dans une accep-
tion large), cette zone marécageuse de savane flottante irriguée par la
crique Angélique et la rivière de Kaw est presque uniquement accessible
par voie fluviale.
Partie intégrante de l?écorégion amazonienne, et encore largement pré-
servé, le marais de Kaw constitue une zone d?importance internationale
pour la biodiversité mondiale. Il abrite de nombreux écosystèmes remar-
quables : mangroves, savanes inondables et forêts tropicales humides. Il
abrite de nombreuses espèces rares, en voie d'extinction et dont la répartition géographique est très limi-
tée qu'il s'agisse de mammifères, de reptiles (dernières populations de Caïman noir du continent menacés
d'extinction) et d'avifaune (74% des espèces présentes en Guyane). Il présente aussi un patrimoine cul-
turel et archéologique amérindien précolombien.
Le site actuel est bien préservé et son état de conservation est stable. Si la faible densité de population
locale et la difficulté d?accès ont jusqu?à présent relativement préservé le territoire, il existe des menaces
avec le braconnage notamment sur des espèces patrimoniales (Caïman noir) et la pêche illégale menée
à large échelle dans la zone maritime, ainsi que potentiellement de l?orpaillage dans la partie monta-
gneuse.
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2 Des actions opérationnelles en faveur des dix-huit
sites emblématiques
Le dialogue mené par la mission dans chacun des sites a permis d?identifier des actions
opérationnelles qui déclinent dans les territoires le PNMH et s?inscrivent dans les travaux de
territorialisation de la SNAP. Ces actions ont pour objectif de renforcer, voire restaurer les
services rendus par les milieux humides.
Les services rendus par les milieux humides
Les services écosystémiques des milieux humides (stockage du carbone, régulation et épuration des
flux hydriques, biodiversité, qualité de vie, tourisme, etc.), bien que fondamentaux, sont peu connus du
grand public. La prise de conscience des enjeux de leur conservation et de leur restauration a cependant
pris un éclairage tout particulier après la sécheresse estivale de 2022 suivie d?un hiver remarqué pour
son déficit de pluviométrie. Les zones humides pourraient dans ce contexte rependre une place
significative dans l?aménagement de nos territoires. Comme le souligne le rapport « Terres d?eau Terres
d?avenir »16, les zones humides apportent des réponses aux préoccupations des politiques publiques
de la transition écologique :
Les zones humides jouent un rôle dans l?atténuation des effets du changement climatique.
Lorsqu?elles sont fonctionnelles, elles stockent l?eau des précipitations, rechargent les nappes
phréatiques et soutiennent les débits d?étiage des cours d?eau en période de sécheresse. Elles
préservent les côtes des assauts des tempêtes et des effets de l?élévation du niveau de la mer,
atténuent les pics de crue des cours d?eau. Par ailleurs, les zones humides et notamment les
tourbières17, dès lors qu?elles sont en bon état de conservation, jouent un rôle de stockage de
carbone, permettant de lutter contre le dérèglement climatique ;
Les services rendus par la nature sont optimisés lorsque l?équilibre entre la préservation des
fonctionnalités de ces socio-écosystèmes et l?aménagement du territoire est trouvé. Réservoirs
et corridors de biodiversité, les zones humides sont identifiées comme les milieux les plus
productifs biologiquement. Qualifiées aujourd?hui « d?assurance-vie »18, elles contribuent à la
production d?une alimentation de qualité et à la santé humaine, notamment grâce à l?épuration
des eaux. Les zones humides ne peuvent plus être considérées comme « des variables
d?ajustement de nos systèmes de production, mais bien comme leur socle ».
2.1 Une centaine d?actions démonstratives et opérationnelles,
issues des territoires
Ces propositions émanent des dialogues territoriaux et ont été affinées avec certains des
acteurs du territoire, suite aux visites de site.
La mission s?est limitée à retenir quelques actions par site. Certaines d'entre elles ont vocation
à être accompagnées techniquement et financièrement par l?État (Fonds vert, BOP 113 au
titre du PNMH), ses opérateurs (agences de l?eau) et les collectivités territoriales.
Pour chaque territoire, les actions identifiées répondent à trois critères :
Des actions structurantes pour la préservation, la restauration ou la valorisation des
zones humides s?inscrivant dans la territorialisation des politiques publiques ;
Des actions opérationnelles à engager sur une durée de trois à cinq ans maximum
pour renforcer les dynamiques locales et les savoir-faire ;
Des actions démonstratives destinées à servir d?exemple pour les autres sites de
zones humides (lutte contre les EEE, production d?un guide de bonnes pratiques pour
16 Rapport parlementaire « Terres d?eau, terres d?avenir », F. Tuffnell et J. Bignon, janvier 2019.
17 Les tourbières stockent près de 30% du carbone contenu dans les sols de la planète.
18 Appel lancé lors de la COP 14 de la convention Ramsar par l?Association Ramsar France, la Tour du Valat
et le Comité français de l?UICN.
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la pisciculture, etc.).
Au total, 90 actions ont été retenues par la mission. Elles sont détaillées dans les rapports de
sites et présentées en totalité en annexe 3. Elles couvrent toutes les problématiques liées
aux zones humides.
Elles portent en majorité sur : la reconnaissance des zones humides au titre des politiques
nationales, voire internationales (19 actions), le maintien de pratiques agricoles et piscicoles
extensives (19 actions) et la mise en place d?une gouvernance spécifique dans ces territoires
notamment pour la gestion de la ressource en eau et la lutte contre les EEE (17 actions).
Pour renforcer la préservation de ces milieux, 15 actions portent sur la mobilisation d?outils
de protection forte et la mise en place de moyens de contrôle. L?amélioration des
connaissances (12 actions) et la maîtrise du foncier (sept actions) sont également des leviers
pour assurer la préservation et la restauration des zones humides.
Près de 80 d?entre elles répondent explicitement à au moins un objectif du PNMH. Elles
s?inscrivent majoritairement dans l?axe I « Agir » qui vise à renforcer la protection des zones
humides (34 actions), à restaurer et gérer ces milieux (18 actions). Trente-cinq actions visent
l?axe II « Mobiliser » dont 21 ciblent plus précisément la mobilisation des acteurs agricoles,
piscicoles, forestiers, cynégétiques et touristiques. Onze actions ciblent l?axe III « Connaitre »
et particulièrement l?évaluation de l?état des milieux humides.
Pour répondre à l?ambition du Fonds vert d?accélérer la transition écologique dans les terri-
toires, 44 actions se rattachent à au moins l?un des trois axes du fonds concernant les milieux
humides19. Ainsi, 33 actions ciblent l?axe 3 « Accompagner la Stratégie nationale Biodiversité
2030 », dont 24 actions particulièrement la mise en oeuvre de la SNAP. Le besoin d?appui en
ingénierie est identifié pour six actions.
Ces actions ont vocation à être accompagnées techniquement et financièrement par l?État
associé à d?autres financeurs. Pour les porteurs de projets, la reconnaissance de leurs
actions par la mission peut être une opportunité à faire valoir auprès des financeurs et des
acteurs du territoire. Cette mise en lumière peut avoir également comme effet de révéler des
blocages mais aussi de fédérer des acteurs, d?améliorer la concertation ou encore
l?implication des décideurs locaux pour dégager des arbitrages en faveur de la préservation
ou de la restauration de ces milieux.
Quand cela était possible, la mission s?est attachée à identifier de manière non exhaustive
des sources de financements et des lignes budgétaires. Trente actions ne nécessitent pas de
concours financiers en tant que tels. Ce sont des actions dont le financement est déjà assuré
ou non nécessaire, mais que la mission souhaite mettre en valeur ou recommande au
territoire de s?en saisir20. Pour neuf d?entre elles, le budget n?est pas estimé à ce jour.
[DEB, DREAL, agences de l?eau] : Accompagner techniquement et
financièrement (BOP 113, BOP 135, Fonds vert, 11ème et 12ème programmes des
agences) les actions proposées par la mission sur les 18 territoires, au titre de leur
contribution à la territorialisation de la SNAP et de la SNB.
19 Axe 2 - Renforcement des aides apportées par les programmes d'actions de prévention des inondations
(PAPI) et appui financier aux collectivités, gestionnaires de digues, dans le cadre de la compétence GEMAPI,
Axe 3 - Accompagnement de la SNB 2030, Axe transversal - Appui en ingénierie.
20 Exemples d?actions : Basse vallée du Doubs et Bresse « Soutenir les travaux du projet de territoire pour
la gestion de l'eau (PTGE) » - marais de Brouage et de Rochefort « Faire aboutir et soutenir le projet de
création d?un PNR des marais du littoral charentais ».
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2.2 Des bonnes pratiques dans les territoires pour la mise en
oeuvre nationale de la protection des zones humides
La préservation de ces zones humides ne peut reposer uniquement sur de la protection forte
règlementaire. Elle est aussi conditionnée par une gestion équilibrée de la ressource en eau
et le maintien des usages extensifs. Ces activités sont en déclin (déprise de l?élevage extensif,
abandon de la pisciculture) ou en conversion au profit de cultures intensives, d?activités
commerciales ou industrielles, entrainant des modifications de pratiques ou d?usage des sols,
la disparition par drainage, artificialisation ou l?appauvrissement des zones humides et de
leurs services, faute d?entretien et d?investissements.
A l?issue des dialogues territoriaux, la mission a répertorié un ensemble de bonnes pratiques
qui illustrent des réponses adaptées aux principaux enjeux de préservation, restauration et
valorisation des zones humides. La section ci-dessous présente quelques exemples les
illustrant.
Des pratiques agricoles ou piscicoles extensives qui préservent le bon état
écologique des sites et de leurs fonctionnalités
Si les mesures agro environnementales et climatiques (MAEC) doivent être mieux adaptées
aux réalités des territoires, le déploiement de nouveaux outils tels que les paiements pour
services environnementaux (PSE) ou les labels bas carbone sont des opportunités, ainsi que
la valorisation des productions locales notamment à travers les plans alimentaires territoriaux.
Lit majeur du Rhin : Plan « prairies du Ried »
A l?initiative de l?agence de l?eau Rhin Meuse et en partenariat avec elle, un groupe de collectivités
alsaciennes (Syndicat des eaux et de l?assainissement d?Alsace, Pôle d'équilibre territorial et rural du
Sélestat et Alsace centrale, Région Grand-Est) se lancent dans l?élaboration d?un plan « prairies du Ried »
dédié spécifiquement aux milieux riediens, dans l?optique de renverser la tendance à la disparition des
prairies humides permanentes du territoire. L?objectif est de parvenir à co-construire des solutions
durables dans un partenariat de long terme et dans une relation de confiance avec les agriculteurs locaux,
en s?appuyant sur une ingénierie identifiée et ancrée dans le territoire, et des outils juridiques, techniques
et financiers. Le soutien à la filière « herbes du Ried » en est l?une des composantes.
Sologne : Garantir auprès des propriétaires fonciers le maintien des usages agricoles et faciliter
l?accès au foncier pour les jeunes agriculteurs
Portée par la Communauté de communes de Romorantinais et du Monestois avec la chambre
d?agriculture du Loir-et-Cher, cette démarche propose une indemnisation des propriétaires fonciers pour
le maintien des usages agricoles de leurs terres et promeut l?installation de jeunes agriculteurs.
La Brenne : Le classement de la pisciculture traditionnelle au patrimoine culturel et immatériel de
l?Unesco pour maintenir une pisciculture extensive
Compte tenu de ses spécificités, la pisciculture traditionnelle de la Brenne bénéficie d?un classement au
titre du patrimoine culturel et immatériel de l?Unesco. La fiche d?inventaire de l?Unesco prévoit la production
d?un guide de « bonnes conduites » à destination des pisciculteurs, porté par le Syndicat des exploitants
piscicoles de Brenne. Parallèlement, le WWF a engagé une action de PSE au bénéfice de 24 étangs,
visant à promouvoir une pisciculture d?impacts environnementaux réduits (abandon de l?élevage de carpes
sur les étangs de moins de 20 ha, suppression de l?alimentation artificielle et de l?apport d?engrais).
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Des modes de gestion collectifs et coordonnés
Le maintien des mosaïques de milieux, les modes de gestion des niveaux d?eau et l?entretien
des infrastructures associées (vidanges d?étangs, canaux, fossés secondaires et tertiaires,
etc.) nécessitent des approches collectives, par exemple coordonnées à l?échelle de sous-
bassins.
Marais de Brouage et de Rochefort : L?association foncière pastorale du marais de Brouage,
comme vecteur du maintien d?un système d?élevage extensif sur les marais
Il s?agit d?une démarche exemplaire de constitution d?une association foncière pastorale (AFP) qui
regroupe plus de 1 500 propriétaires sur 7 000 ha. Lancé en 2017, ce projet a été validé par arrêté
préfectoral en juin 2019. Il s?agit d?une première en zone humide. Les deux principales missions de l?AFP
consistent, d?une part, en la réalisation de travaux communs (curage des fossés privés, pose de barrières,
création de parcs de contention, débroussaillement) et d?autre part, l?intermédiation entre les détenteurs
de terres libres et d?éventuels candidats à la mise en valeur de ces dernières. Compte tenu de son
caractère collectif, l?AFP et à travers elle les propriétaires et exploitants, ont pu bénéficier de taux de
financement de 80% pour les travaux d?entretien du réseau de fossés.
Baie de Somme : La coopération entre chasseurs et naturalistes au service des zones humides
La Baie de Somme a bénéficié très tôt d?une forte implication des associations de protection de la nature
qui ont porté plusieurs projets d?aires protégées. De même, la fédération départementale des chasseurs
a engagé il y a plusieurs années des opérations de restauration ou de protection de marais à fort enjeu.
L?apaisement des conflits autour des dates de chasse a permis de normaliser les relations et d?envisager
des coopérations fructueuses dans la connaissance et le suivi des espèces ainsi que la gestion des
milieux.
La Dombes : Un règlement local pour les usages des étangs (« le Truchelut »)
La spécificité de la Dombes est d?avoir décrit puis « codifié » sous forme d?une charte des usages de la
Dombes les pratiques traditionnelles de gestion des étangs. Cette charte reconnue dans le livre blanc de
la pisciculture du département de l?Ain est une référence pour les propriétaires et permet de maintenir une
activité traditionnelle en évitant d?éventuelles dérives (intensification, spécialisation au détriment de l?une
des activités). Elle promeut une gestion coordonnée à l?échelle des chapelets d?étangs. Elle a en outre le
mérite de fixer un cadre permettant une application différenciée et pragmatique du cadre réglementaire
national.
Des actions d?adaptation au changement climatique
En zones littorales et rétro-littorales de façade maritime, l?évolution des zones humides est
particulièrement dépendante des effets de l?élévation du niveau de la mer entrainant des
risques de submersion, de remontée du biseau salé et au final un déséquilibre entre les
apports d?eau douce et d?eau salée.
Plusieurs sites emblématiques investis dans le programme Life « Adapto » pour une gestion
souple du trait de côte
L'initiative nationale Life « Adapto » prône une gestion souple du trait de côte et vise à mettre en place
des méthodes d?adaptation résilientes et fondées sur la nature. Elle est portée par le Conservatoire du
littoral et des rivages lacustres (CELRL) et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) sur
plusieurs sites visités par la mission : Baie de Somme (Baie de l?Authie), Marais de Brouage et de
Rochefort (réserve naturelle nationale (RNN) de Moëze-Oleron), Guyane (RNN de la Mana) et en
proximité de la petite Camargue gardoise (petit et grand travers). A titre d?exemple, ce programme a permis
aujourd?hui d?ébaucher un plan de recul de la réserve de Moëze-Oléron, ou encore de restaurer le cordon
dunaire du site du Petit et Grand Travers. Ce programme Life devrait se poursuivre via un « Adapto 2 »
visant à élargir cette expérimentation et ces méthodes de gestion à une échelle plus vaste.
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La Camargue : un comité salinité pour anticiper les remontées du biseau salé en petite
Camargue gardoise et un plan de sauvegarde pour l?étang du Vaccarès
Depuis quelques années en Camargue gardoise, plusieurs centaines d?hectares de terres agricoles et
notamment de vignes sont devenus impropres à la culture du fait de la remontée du biseau salé et du
déficit d?eau douce. Pour mieux anticiper et gérer cette problématique, les services de l?État ont mis en
place un comité salinité réunissant tous les acteurs concernés. Des pistes de solutions ont été avancées
en mobilisant l?utilisation du Canal du Rhône à Sète avec l?appui de Voies navigables de France (VNF).
Initié par le CELRL et la Société nationale de protection de la nature (SNPN), le plan de sauvegarde du
Vaccarès a pour objet de lutter contre la très forte salinisation de l?étang du Vaccarès, d?une surface de
6 500 ha, qui constitue le coeur de la Camargue). Le taux de sel mesuré dans l?étang a été jusqu?à deux
fois supérieur à celui de la Méditerranée. Ce plan doit néanmoins encore être partagé avec l?ensemble
des acteurs et des usages.
Des pratiques d?animation et de maîtrise foncière coordonnées
La préservation la restauration des zones humides appellent la mobilisation d?outils de
protection forte et de maitrise foncière (animation et prospection, acquisition et
conventionnement). Certains acteurs ont souhaité mettre en place des stratégies
d?intervention collectives permettant de créer des synergies et renforcer leur action.
Etangs de Lorraine : coordination des actions entre le conservatoire des espaces naturels (CEN),
la Société d?aménagement foncier et d?établissement rural (SAFER) et le CELRL
Le conservatoire des espaces naturels (CEN), le CELRL et la SAFER de Lorraine ont finalisé une
convention réunissant un large panel d?acteurs qui organise l?animation foncière au sein des espaces
naturels remarquables, avec une volonté commune de transparence et de partage de l?information entre
les partenaires. Le CELRL intervient par exemple autour de la réserve de l?étang de Madine, en acquisition
de terres agricoles, afin de préserver des prairies permanentes dans des communes non lacustres de
manière coordonnée avec le CEN qui intervient lui sur les sites classés Natura 2000 à proximité immédiate
de l?étang.
Estuaire et cours de la Loire aval : une stratégie foncière et des moyens en commun entre le
CELRL et le CEN
En Pays de Loire, le CELRL et le CEN ont développé une stratégie foncière commune sur le littoral et les
zones humides. En effet, la création du CEN dans cette région est récente et manque encore actuellement
de reconnaissance et de personnel. Une convention entre les deux structures prévoit la mise à disposition
de deux ETP accueillis au CEN pour faire de l?animation dynamique et de la prospection foncière et de
l?ingénierie financière au profit des deux structures et ainsi renforcer leurs actions (le financement est
apporté par l?agence de l?eau Loire Bretagne, le CELRL, la Région et la DREAL). Cette approche, permet
un accroissement qualitatif et quantitatif des moyens de prospection et de négociation foncières, pour faire
face aux besoins croissants en matière d?acquisition.
Des pratiques de restauration des zones humides
Plus spécifiquement, dans les vallées alluviales, la restauration de la mobilité fluviale et la
reconnexion des bras morts ou des forêts alluviales sont les enjeux prioritaires. Elles doivent
parfois être accompagnées de travaux de restauration du bon fonctionnement hydro-
sédimentaire du cours d?eau au-delà du périmètre du site.
Plusieurs des sites pilotent des projets Life Nature ou envisagent de le faire dans les
prochains mois. Ces projets sont les suivants : le Life landes et Tourbières des Monts d?Arrée,
le Life Tourbières et Climat du Jura (restauration de 70 tourbières) et l?engagement de la
Communauté de Communes de la Dombes dans un projet Life visant à restaurer une
vingtaine de chaînes d?étangs.
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Estuaire et cours de la Loire aval : conforter le rééquilibrage du lit de la Loire et d?aménagement
des berges et des îles
Ces actions visent le « décorsetage » du lit de la Loire à l?amont de Nantes en diminuant les épis afin de
redonner de la mobilité au chenal. Le projet prévoit également de recréer des conditions d?un verrou
naturel qui existait jusqu?aux années 70 et de remettre en eau les « boires » ou « bras morts », qui ne sont
plus actifs et connectés.
Lit majeur du Rhin : le projet « Rhinaissance »
Ce projet est financé par des fonds INTERREG pour assurer la renaturation du Vieux-Rhin et de ses
milieux alluviaux dans la réserve naturelle du Taubergiessen en Allemagne et sur l?île de Rhinau en France
(zone d?étude d?environ 19 km²). Sur la base d?un état des lieux, différents scénarios de renaturation de la
zone sont proposés et s?inscriront dans un plan de planification de mesures de restauration. Ce travail
illustre l?approche partenariale entre des acteurs français et allemands.
Des pratiques de qualification territoriale autour de labels
Au titre de leur biodiversité et de leur qualité paysagère, les 18 sites bénéficient de différentes
labellisations, concourant à augmenter leur notoriété et à valoriser leur engagement dans la
préservation de leurs zones humides.
La majorité (12) des 18 sites, en gage de reconnaissance de leur exceptionnelle biodiversité
de zones humides, sont accrédités au titre des zones humides d?importance internationale ?
Ramsar (marais breton et baie de Bourgneuf, Brière, Camargue, Cotentin et Bessin, lac de
Grand Lieu, tourbières du Jura, site transfrontalier Rhin /Oberrhein, Sologne, deux sites pour
les étangs de Lorraine, baie de Somme, marais de Kaw-Roura et Grand Connétable, la
Brenne).
Pour six sites, des démarches Ramsar sont en cours (Val d?Allier, Monts d?Arrée, estuaire de
la Loire, marais Poitevin, marais de Brouage, Monts d?Arrée). La Dombes vient d?être
labellisée Ramsar au mois de mars 2023.
La commune d?Abbeville (baie de Somme) va engager une procédure de candidature au titre
du label « Villes des zones humides » accrédité par la Convention Ramsar.
La Camargue est reconnue par l'Unesco « réserve de biosphère » au titre de la conciliation
de la conservation de la biodiversité et du développement durable; la Brière ayant engagé
une démarche similaire.
Au titre de leur grande notoriété et forte fréquentation, la Camargue, le marais Poitevin, la
baie de Somme sont labellisés Grand site de France. La démarche est en cours pour le
marais de Brouage.
Enfin, la baie de Somme fait partie du club des plus belles baies du monde.
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3 Améliorer les politiques nationales pour les zones
humides
Lors du dialogue territorial conduit par la mission, plus de 1 200 personnes ont été
rencontrées. La richesse des échanges, les interpellations et les suggestions émises pour
lever des obstacles institutionnels ont permis d?identifier des sujets communs de
préoccupation relatifs à des politiques publiques nationales. La mission en dégage des
propositions de pistes d?amélioration dont les acteurs nationaux ou de bassins sont invités à
se saisir.
Ce chapitre n?est évidemment pas exhaustif et ces propositions n?ont pas pour objet de
remettre en cause les orientations stratégiques des politiques publiques en question. Certains
sujets ne sont qu?effleurés par la mission, qui a bien conscience de l?importance des réflexions
et des travaux sur les différents thèmes abordés, qui l?ont précédée.
Ces propositions s?inscrivent dans le chantier de mise en oeuvre de la SNB et du PNMH. Les
différents sujets traités ont trait :
Au maintien et au confortement d?une agriculture et d?une pisciculture favorables à la
biodiversité dans les zones humides ;
A la mise en oeuvre et au déploiement d?outils fonciers adaptés pour les zones
humides ;
A une fiscalité plus favorable aux zones humides ;
A l?adaptation de la réglementation en faveur des territoires de zones humides ;
A l?étude de la mise en place d?interventions spécifiques pour les territoires de zones
humides ;
A l?amélioration de la connaissance et de la sensibilisation en faveur des zones
humides.
3.1 Maintenir et conforter une agriculture et une pisciculture
favorables à la biodiversité dans les zones humides
Les territoires visités par la mission doivent beaucoup aux générations d?agriculteurs qui les
ont façonnés et les entretiennent aujourd?hui, et en particulier aux éleveurs qui pratiquent un
élevage extensif sur les prairies permanentes, comme aux générations de pisciculteurs pour
les étangs. Grâce à une gestion fine des milieux, voire des niveaux d?eau, ces activités
contribuent au bon fonctionnement et à la diversité biologique des milieux humides. Elles
garantissent le maintien des services écosystémiques fournis par les zones humides, et les
aménités associées.
Dans tous les territoires visités par la mission, les activités agricoles et piscicoles extensives
sont cependant en déclin pour des raisons économiques et de pénibilité. Elles font face
également au dérèglement climatique et au « mur générationnel », ou à la difficulté de trouver
des repreneurs pour ces activités contraintes et souvent dévalorisées. Enfin, la mission
observe que les productions de qualité ainsi que les services environnementaux fournis par
ces activités sont peu valorisés, insuffisamment reconnus et soutenus.
La mission est convaincue que seules des mesures fortes, systémiques et sans ambiguïté
permettraient de renverser la tendance lourde de disparition de l?élevage bovin extensif en
milieux humides, et de la pisciculture extensive en étangs. Dans ce contexte, la mission a fait
le choix d?utiliser pleinement les outils existants en proposant de les (ré)orienter
significativement vers l?agriculture et la pisciculture extensives dans les milieux humides, tout
en s?inscrivant spécifiquement dans l?actualité politique de ce début de printemps 2023.
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3.1.1 Soutenir une agriculture respectueuse du maintien des
fonctionnalités des milieux humides
1- Insérer une référence explicite à l?intérêt d?une agriculture extensive en territoires
de zones humides, dans le pacte d?orientation agricole et la prochaine loi d?orientation
La mission recommande de valoriser politiquement les activités extensives qui favorisent la
préservation de ces territoires de zones humides21, à l?image du dispositif en place pour le
soutien à une agriculture de montagne. A cet égard, la mission recommande l?insertion d?une
référence explicite dans le pacte d?orientation agricole à l?intérêt d?une agriculture extensive
en territoires de zones humides, pour la biodiversité et pour la gestion de l?eau.
Cette référence, que la prochaine loi d?orientation pourrait introduire, permettrait également
d?insérer la justification des aides bonifiées en faveur des zones humides (cf. infra).
2- Déployer les outils classiques d?aide à l?installation et d?appui aux filières locales
via les démarches PAT, en ciblant des territoires de zones humides22
Ces outils en place ou en déploiement sont adaptés aux enjeux. Les projets alimentaires
territoriaux (PAT) pourront offrir l?opportunité de valoriser explicitement la grande qualité des
productions en territoires de zones humides qui sont des milieux globalement plus contraints,
mais aussi plus riches sur le plan environnemental. L?appui financier devrait être lié à la nature
du territoire (exemple des indemnités spécifiques versées dans le marais Poitevin par la
Région).
Une étude publiée en décembre 2020 met en évidence l?intérêt d?une synergie entre l?outil
PAT et l?outil GIEE (groupement d?intérêt économique et environnemental) pour les milieux
humides23. Le GIEE peut contribuer à déployer les objectifs des PAT sur son territoire, grâce
à la création de filières de qualité incluant des produits agricoles issus de milieux humides, et
à la commercialisation locale de ces produits.
La mission recommande également que les démarches en cours des PNR et des parcs
nationaux pour valoriser les labellisations bénéficient de soutien financier, au-delà des
collectivités de type Région ou Département. Enfin, la mission recommande un soutien
financier aux budgets de fonctionnement d?associations visant à accompagner les éleveurs
dans la prise en compte de la biodiversité remarquable (comme la filière Biodiversités
Maraîchines) par le PNMH pour étendre leurs activités.
21 Cette notion renvoie à une expérience de terrain et non à une définition réglementaire. La mission
considère, à la lumière des 18 sites emblématiques des zones humides françaises visités, que certains
territoires français, indépendamment de leur taille, manifestent une identité de « terres d?eau » ou de
« territoires de zones humides ». Cette identité est exprimée par les acteurs locaux sous diverses formes :
références à une chasse et/ou à une pêche traditionnelles ; à un attachement aux paysages de marais, de
canaux, d?étangs, de tourbières, de lagunes, etc. ; présence de produits du terroir qui renvoient aux milieux
humides (par exemple lait, viande). Dans le cas de PNR, cette identité est par exemple reconnue
explicitement dans la charte du PNR.
22 Cette mesure reflète le sens des recommandations du rapport de mission CGAER/CGEDD de juillet 2017,
et en particulier de l?expérimentation nationale coordonnée par le Forum des Marais Atlantiques (FMA) de
2018 à 2022, relative à la « Préservation de l?élevage extensif, gestionnaire de milieux humides » autour de
projets de territoires durables. Cette expérimentation va conduire à la création d?un réseau d?acteurs, soutenu
par le PNMH et co-piloté par la Chambre d?agriculture France et le FMA, pour faciliter la diffusion des
connaissances et favoriser les échanges de bonnes pratiques ; ce réseau d?acteurs devra être mis à profit
par les autorités en charge de conduire l?animation des PAT.
23 Etat des lieux des articulations possibles entre agriculture en milieux humides et Projets Alimentaires
Territoriaux (PAT), Groupements d?Intérêt Economique et Environnemental (GIEE) et valorisation des
produits issus de ces milieux? décembre 2020, MTE, Chambres d?agriculture France.
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3- Porter une révision de l?ICHN à l?horizon 2028 auprès des instances européennes,
afin d?y intégrer les territoires de zones humides dans les mêmes conditions que
ceux de montagne
La mission recommande aux autorités françaises de proposer pour le prochain cycle de la
PAC (2028-2032) une refonte de l?indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN)24
pour y intégrer les territoires de zones humides, dans les mêmes conditions que ceux de
montagnes. L?objectif est, à l?image du soutien à l?agriculture de montagne qui s?est révélé
performant, de soutenir significativement l?élevage extensif en zones humides pour lutter
contre la déprise.
Il est à noter qu?un changement au niveau européen doit intervenir pour permettre cette
extension de l?ICHN aux territoires de zones humides dans les conditions de ceux de
montagne25.
La mission recommande de retenir cette proposition en la ciblant sur des territoires identifiés,
à savoir les sites labellisés Ramsar, pour appliquer cette Indemnité spéciale territoires de
zones humides (ISTZH), afin :
D?assurer des montants élevés, à l?image des territoires de montagne (montants
maximum de l?ordre de 235 à plus de 300 ¤/ha pour les premiers 25 ha) ;
De cibler les actions dans des territoires qui se sont engagés dans une démarche
volontaire de préservation et de protection des zones humides ; la procédure de
labellisation Ramsar est initiée localement par des collectivités ou autres parties
prenantes locales.
La modulation proposée permettrait de traiter des cas particuliers comme celui des grandes
manades camarguaises. En outre, elle permettrait d?intégrer de nouveaux sites Ramsar,
lorsque ceux-ci obtiennent la labellisation (liste évolutive).
Cette nouvelle enveloppe permettrait de renverser la contrainte des territoires de zones
humides en atout pour l?éleveur, sans exiger de pratiques particulières hormis le maintien des
prairies permanentes et l?usage d?une fertilisation raisonnée.
Cette recommandation reprend en partie une proposition 26 établie par la Chambre
d?agriculture de Charente-Maritime en novembre 2022, qui préconisait une indemnité de
l?ordre de 150 ¤/ha en zones humides.
4- Bonifier les pratiques agricoles favorables à la protection et au maintien des fonc-
tionnalités des zones humides, notamment via les PSE
La mission recommande de diffuser les PSE et MAEC en faveur de pratiques favorables au
maintien et à la préservation des zones humides, et de renforcer les enveloppes financières
24 Pour rappel, l?indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) est en montant la plus importante
aide du deuxième pilier de la PAC. Elle est financée à 35% par l?Etat et à 65% par le fonds européen agricole
de développement rural (FEADER) en métropole. Pour la PAC 2023-2027, son budget annuel a été maintenu
à 1,1 Md ¤.
25 Dans les dispositions actuelles de l?ICHN au niveau européen, les zones de montagne ne sont pas
concernées par des critères technico-économiques qui restreignent les communes éligibles à l?ICHN. A
l?inverse, les dispositions européennes pour les zones défavorisées hors montagne (dites zones soumises à
contraintes naturelles et zones soumises à contraintes spécifiques) imposent la prise en compte de critères
technico-économiques (par exemple, la prise en compte de la production standard brute restreinte, en
comparaison de la moyenne nationale). En conséquence, le zonage de l?ICHN négocié en 2019 (périmètre
en vigueur) ne reflète pas la liste des communes situées en site d?importance internationale pour les zones
humides (sites Ramsar), qui avaient été pourtant initialement intégrée. Les critères technico-économiques
avaient en effet, de fait, écarté un certain nombre de ces communes du zonage final.
26 Référence : Chambre d?agriculture de Charente-Maritime, novembre 2022.
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associées. Le principal défaut actuel de ces outils est leur lourdeur administrative et leur faible
attractivité, dans la mesure où les enveloppes n?ont pas ciblé un nombre restreint de pratiques
bénéficiaires. En outre, des zones humides à enjeux se trouvent hors sites Natura 2000 et il
convient de pouvoir y encourager les bonnes pratiques, pour éviter que celles non vertueuses
mais plus rentables prennent le pas (par exemple, retournement de prairies, etc.).
Ces outils doivent permettre également de compenser les contraintes associées à la limitation
des intrants à proximité de zones humides à enjeux, ou encore celles associées à la limitation
des effets de rabattements de nappe pour réduire les effets d?assèchement de cours d?eau
phréatiques. La mission recommande en particulier de soutenir les opérations collectives
portées par les PNR, les établissements publics d?aménagement et de gestion des eaux
(EPAGE) ou tout autre opérateur local.
La mission recommande l?extension des expérimentations PSE27. D?expérience (secteur de
la bande rhénane par exemple, autour de la problématique des captages d?eau potable), les
PSE présentent une réelle attractivité si les montants sont suffisamment élevés et si la charge
administrative n?est pas trop lourde au regard du bénéfice financier. Lorsqu?ils s?adressent à
un milieu (par exemple, un périmètre de protection de captage, mais aussi des bassins
versants d?une tourbière, d?un étang, d?un cours d?eau à enjeux, d?une aire protégée, etc.) ils
présentent l?avantage de relever d?une démarche collective qui permet de donner du sens
aux contraintes, grâce à l?efficacité des mesures cumulées. En cela, ils sont plus facilement
acceptés et reconnus par la profession agricole.
La mission recommande en outre que les MAEC et les PSE soient mis à profit pour
compenser les contraintes associées à la limitation des intrants à proximité de zones humides
à enjeux, ou encore celles associées à la limitation des effets de rabattement de nappe pour
réduire les effets d?assèchement de cours d?eau phréatiques.
Enfin, la mission recommande que la mesure bonnes conditions agricoles et
environnementales (BCAE 2) soit utilisée en complémentarité avec les mesures incitatives,
en s?assurant qu?il n?y ait pas de contradiction dans les approches, ni dans les messages aux
agriculteurs et dans les cartographies considérées. La mission suggère en particulier que le
dispositif puisse reconnaître que des diagnostics de terrain viennent compléter ou rectifier la
cartographie nationale, le cas échéant.
[DEB, DGPE, DGAL, collectivités, agences de l?eau] : Soutenir une
agriculture extensive en territoires de zones humides : i) [DGPE] En insérant une
référence explicite à l?intérêt de celle-ci dans le pacte d?orientation agricole et la
prochaine loi d?orientation ; ii) [DGAL, collectivités] En déployant les outils
classiques d?aide à l?installation et d?appui aux filières locales via les projets
alimentaires territoriaux en ciblant des territoires de zones humides ; iii) [DGPE]
En portant une révision de l?ICHN à l?horizon 2028 auprès des instances
européennes, afin d?y intégrer les territoires de zones humides dans les mêmes
conditions que les zones de montagne ; iv) [DGPE, collectivités, agences de l?eau]
En bonifiant les pratiques agricoles favorables à la protection et au maintien des
fonctionnalités des zones humides (tourbières, mares, milieux alluviaux, prairies
humides, marais littoraux, etc. et leurs aires d?alimentation), notamment via les
PSE.
27 La mission a noté la difficulté de cumuler PSE et MAEC, parfois demandée sur le terrain, en raison de la
complexité et des risques juridiques inhérents à ce double financement, mises en avant par le MASA.
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3.1.2 Soutenir une pisciculture traditionnelle et extensive
favorable aux milieux humides d?étangs
La mission formule un nombre limité de recommandations qui complètent ou précisent les
actions figurant dans le plan national aquaculture d?avenir 2021-2027 qui n?évoque la
pisciculture d?étang que dans son annexe 1, et le rapport IGEDD-CGAAER 2022 sur le
développement de la filière piscicole 28 qui aborde succinctement la pisciculture d?étang
(pp.19 et 50).
1- Produire un guide de bonnes pratiques valorisant les us et coutumes29, notam-
ment la gestion coordonnée des étangs, et traduire ce guide en document de ges-
tion pour chaque exploitant ou propriétaire
Un guide valorisant les us et coutumes traduirait l?engagement des pisciculteurs à respecter
les bonnes pratiques en contrepartie d?un allégement des procédures administratives ou des
contrôles (cf. 3.4.sur la réglementation). La rédaction en serait confiée aux associations
régionales30 en relation avec les services déconcentrés de l?État (DDT, DREAL et Office
français pour la biodiversité (OFB).
Cela permettrait d?alléger la procédure administrative liée aux autorisations préalables de
travaux, interventions ou opérations de gestion, notamment récurrentes, dès lors qu?elles
respectent le guide des bonnes pratiques. Un document type élaboré par la profession en
lien avec l?administration serait mis à disposition des propriétaires et/ou exploitants qui le
compléteraient.
Un appui financier pourrait être apporté pour la coordination de ce travail (chargé de mission
auprès des fédérations de pisciculteurs ou mutualisé au niveau national).
2- Réguler le Grand cormoran en attribuant des quotas aux territoires
Ce sujet délicat occupe toutes les parties prenantes depuis plus de 20 ans. Suite à la
protection stricte des Grands cormorans par la directive « Oiseaux » de 1979, leur sous-
espèce continentale s?est multipliée31. A donc été ouverte la possibilité de les réguler, il y a
25 ans, avec des quotas attribués chaque année par département pour, d?une part, les
pisciculteurs et, d?autre part, les pêcheurs sportifs, au double motif des dégâts sur les
piscicultures extensives en étangs et des risques présentés par la prédation sur des espèces
de poissons fragiles.
28 Développement de la filière piscicole Frédéric Saudubray, IGEDD et Patrick Falcone, CGAAER, octobre
2022.
29 A l?image de La Dombes avec le « guide des usages des étangs de la Dombes » codifié par le droit
coutumier de la Dombes (Truchelut) ou du projet engagé en Brenne de guide de bons usages.
30 Adapra en Aura, Fage dans le GE, Farec en Centre-Val de Loire.
31 Le rapport IGEDD-CGAAER de 2022 montre que la population française de ces cormorans quasi absente
en 1990 atteint 9 000 couples en 2021.
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Le cadre réglementaire a été revu et un nouvel arrêté32 autorise le prélèvement annuel d?au
maximum 27 892 Grands cormorans continentaux dans le cadre d?un prélèvement triennal
pour 2022/2025 de 83 676 unités. Aucun prélèvement n?est permis sur le littoral, ni désormais
hors pisciculture.
S?ils appellent de leurs voeux une régulation, les pisciculteurs (et pêcheurs) ne sont pas
nécessairement chasseurs et ne sont pas en capacité de réaliser ces opérations. Un quota
par territoire que le propriétaire ou détenteur du droit de chasse pourrait déléguer à tout
chasseur ayant validé son permis de chasse, en faciliterait la réalisation. Un suivi en temps
réel pourrait être fait avec l?application mobile des chasseurs « ChasseAdapt » pour mettre
fin aux tirs dès l?atteinte du quota. Ces modalités de régulation adaptative s?apparenteraient
à celle des espèces chassables qui ont permis d?adapter la pression de chasse à la situation
réelle des populations.
3- Prendre en charge le surcoût lié à la prévention des dégâts dus au cormoran
Le cormoran est devenu la « bête noire » des pisciculteurs et propriétaires d?étangs qui le
considèrent comme la principale cause de fragilisation de la filière et de forte réduction de la
production de poisson. Pour autant, après des années de discussions vaines, la profession
ne croit plus à la possible indemnisation des dégâts 33 . Elle estime néanmoins que les
pouvoirs publics qui ont instauré une protection forte de cet oiseau doivent en supporter les
conséquences.
La mission propose deux actions qui permettraient de « sortir par le haut » d?une crise qui a
mis à mal les relations de confiance entre toutes les parties prenantes :
L?aide aux investissements : les bassins de stockage des reproducteurs, cages, filets
et autres dispositifs de protection sont assez efficaces, mais coûteux. Si certaines
Régions aident les pisciculteurs, cette aide est insuffisante et doit être réajustée et
systématisée ;
L?aide à l?innovation technologique et à sa diffusion : un système de vidéo-
surveillance avec reconnaissance des cormorans (fiable à 94%) a été testé dans le
Forez ; son utilisation pourrait être développée par la profession avec l?aide des
pouvoirs publics. Le fonds vert pourrait en assurer le financement.
32 Il s?agit de l?arrêté du 19 septembre 2022 fixant les plafonds départementaux dans les limites desquelles
des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant les
grands cormorans continentaux (Phalacrocorax carbo sinensis) pour la période 2022-2025. Cet arrêté ne
fixe aucun quota de destruction en eaux libres pour la période 2022-2025. Insatisfaite de cette décision, la
Fédération Nationale de la Pêche en France (FNPF) a alors saisi le Conseil d?Etat d?une demande de
suspension de cet arrêté ministériel en tant qu?il mettait en danger certaines espèces de poissons menacées
ou protégées. Dans l?ordonnance rendue le 10 novembre 2022, le Conseil d?Etat a rejeté la requête de la
FNPF, suivant les arguments de la Ligue de pour la protection des oiseaux (LPO), il rappelle que l?Etat ne
doit fixer des quotas de prélèvement que s?ils sont justifiés par la protection des poissons.
33 Même si la profession n?a pas manqué de relever que des moyens significatifs sont mis à disposition des
éleveurs pour les indemniser de la prédation des loups et des ours, ou prendre en charge la prévention, alors
que ce n?est pas le cas pour les pisciculteurs et le cormoran. Ils estiment qu?il y a disparité de traitement.
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4- Accompagner les pisciculteurs pour l?entretien des étangs et la gestion extensive
des milieux associés
Les roselières et herbiers aquatiques ont régressé à cause du développement des
populations de ragondins, des EEE ou par enfrichement, faute d?entretien des abords ; or ce
sont des milieux non seulement très favorables à certaines espèces patrimoniales, mais qui
contribuent également à la protection contre les cormorans et autres prédateurs. Certaines
Région ont aidé les pisciculteurs à les entretenir (cas de l?ancienne Région Lorraine) avec un
résultat significatif et apprécié. Cette initiative devrait être consolidée par la nouvelle Région
Grand Est et étendue aux autres Régions. Ce peut être par la mise en place de PSE comme
en Brenne et dans la Dombes, où des initiatives ont été engagées, mais également par une
aide des agences de l?eau à la préservation de milieux aquatiques sensibles, ou par les
Régions ou Départements au titre du soutien à une filière traditionnelle.
[DEB, OFB, DDT(M), collectivités, agences de l?eau] : Soutenir une
pisciculture traditionnelle et extensive favorable aux milieux humides d?étangs : i)
[OFB, DDT(M), profession] : En produisant des guides de bonnes pratiques pour
chaque territoire et en promouvant des plans de gestion ou programmes
d?intervention pluriannuels ; ii) [DEB] : En régulant le Grand cormoran continental
en attribuant des quotas, non pas aux seuls pisciculteurs, mais aux territoires ;
iii) [DEB] : En prenant en charge le surcoût lié à la prévention des dégâts dus au
cormoran ; iv) [collectivités /agences de l?eau] : En accompagnant les pisciculteurs
pour l?entretien des étangs et la gestion extensive des milieux associés.
3.2 Favoriser la préservation des zones humides par le
déploiement d?outils fonciers adaptés
La préservation des zones humides et la mise en oeuvre de travaux de restauration de leurs
fonctionnalités écologiques se heurtent aux difficultés de maitrise du foncier subies par les
opérateurs qu?ils soient publics ou associatifs. En outre, dans ces terres d?eau peu
productives sur un plan agronomique, la maitrise foncière est un levier efficace pour soutenir
les pratiques extensives faiblement rémunératrices et peu ou pas aidées par la politique
agricole commune (PAC). En proximité de secteurs dévolus aux activités économiques tels
que les estuaires, la maitrise du foncier facilite également la mise en place des dispositifs de
protection forte.
La maîtrise foncière s?entend sous la forme d?acquisition ou de conventionnement permettant
de garantir la conservation des zones humides (marais, étangs, lagunes, tourbières, forêts
alluviales) et des espaces adjacents en solidarité écologique avec celles-ci. Elle permet d?agir
dans une logique de complémentarité ou de coordination des interventions et des outils
parfois méconnus. Les stratégies foncières doivent s?inscrire dans la durée et leur animation
demande un engagement sur plusieurs années (au moins 10 ans) en associant les différents
acteurs.
3.2.1 Elaborer des stratégies foncières collectives d?acquisition et
d?animation
Concernant les zones humides, les principaux opérateurs fonciers sont le CELRL, les CEN,
les Départements voire les SAFER.
Le CELRL pilote son action foncière via sa stratégie d?acquisition dans les secteurs littoraux
et lacustres. Dans les autres territoires, les CEN sont les principaux acteurs. Ils agissent
également en tant que gestionnaires de sites. Leur action est renforcée par la création de la
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Fondation des espaces naturels de France. Par ailleurs, de nombreuses associations de
tailles variables (dont la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), la Tour du Valat, etc.),
les fédérations départementales des chasseurs et de la pêche34 conduisent également des
actions d?acquisition foncière à des fins environnementales. Il existe par ailleurs de nombreux
propriétaires privés voire des fondations reconnues d?utilité publique ou des fonds de dotation
qui portent des actions foncières.
Les Départements peuvent porter une stratégie d?acquisition foncière au titre de la politique
des espaces naturels sensibles (ENS) financée par la taxe d?aménagement. Ils bénéficient
d?un droit de préemption ENS qu?ils peuvent déléguer y compris aux communes. La mise en
oeuvre de cette politique est variable selon les Départements. Les SAFER assurent quant à
elles du portage de foncier agricole et environnemental sur des durées courtes. Elles
disposent d?outils de veille et conduisent des actions de prospection foncière. Les
établissements publics fonciers nationaux ou locaux (EPF, EPFL) sont peu mobilisés en
matière environnementale bien que leurs statuts le leur permettent. Ils assurent du portage
foncier sur du court ou du long terme.
Riches de cette diversité d?acteurs, les expériences identifiées comme les plus efficaces dans
les territoires reposent sur des approches collectives telles que celles menées par le CEN et
le service départemental de la SAFER en Lorraine, ou le CELRL et le CEN en Pays de la
Loire. Elles sont à déployer dans d?autres territoires pour partager des stratégies d?acquisition
et d?animation foncières35.
A cet effet, les crédits du PNMH et du Fonds vert (dans ses objectifs centrés sur la protection
forte) et, le cas échéant, des agences de l?eau pourront être mobilisés à hauteur d?environ
100 000 ¤ correspondant aux sept sites identifiés par la mission soit à titre indicatif 700 000 ¤.
[DEB] : Accompagner l?élaboration de stratégies collectives
d?acquisition et d?animation foncières en dotant les sites identifiés par la mission
de moyens d?animation sur une durée de trois ans.
3.2.2 Promouvoir les outils contractuels de gestion du foncier
La mise en place de mesures contractuelles à des fins environnementales sur un terrain
permet d?une part, de garantir le maintien d?activités et de pratiques compatibles avec la
conservation de leur état écologique ou de leur fonctionnalité et d?autre part, de sécuriser
l?accès au foncier pour des activités agricoles ou piscicoles extensives. Les tensions foncières
et économiques36 constituent en effet un risque de disparition de ces pratiques à moyen
terme.
34 Ces fédérations appuient également leur actions d?acquisition foncière sur des fondations : Fondation pour
la protection des habitats de la faune sauvage et Fondation pour la pêche.
35 Sept sites ont été identifiés par la mission au titre du plan national d?actions locales. Il s?agit de : marais de
Brouage, Monts d?Arrée, marais Poitevin, Brenne, Basse vallée du Doubs et Bresse, Tourbières du Jura,
marais Breton et baie de Bourgneuf.
36 Ce sont notamment : la concurrence commerciale entre les productions, les paiements tardifs des aides
publiques, l?absence voire le manque d?attractivité des MAEC (cf. section précédente), etc.
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C?est pourquoi la mission formule deux propositions :
1) Renforcer la gestion foncière collective des terrains agricoles dans les zones
humides
Les spécificités des zones humides appellent à partager les expériences et les outils
mobilisables par les usagers qu?ils soient agriculteurs ou pisciculteurs. Si les groupements
fonciers agricoles(GFA) constituent une forme de gestion collective du foncier, la mission
souhaite développer les initiatives menées pour la mise en place d?AFP dans les secteurs
agricoles de zones humides.
Traditionnellement développées en territoire de montagne, les AFP sont des outils de
politique foncière pour engager des dynamiques de co-construction d?un projet agricole
territorial37. Si elles bousculent le rapport habituel à la propriété individuelle en regroupant les
propriétaires de surfaces pastorales tout en maintenant leur droit de propriété et d?usages,
elles modifient les conditions d?exercice en décidant collectivement de l?affectation et de
l?usage agricole des terres ainsi mises en commun. De plus, les AFP permettent des
approches collectives des aménagements ou des travaux à réaliser tout en laissant le choix
aux propriétaires de bénéficier ou non des prestations proposées. Ainsi, l?AFP du marais de
Brouage38 a réalisé pour le collectif, des travaux de restauration du réseau hydraulique privé
tertiaire en minimisant le reste à charge pour le propriétaire et en intégrant dans la phase de
travaux des précautions environnementales, en collaboration avec la LPO.
Le déploiement d?une AFP nécessite un important travail d?animation pour informer et
mobiliser les propriétaires, construire l?outil et ses offres de services. Dans le cadre des
contrats territoriaux, les agences de l?eau notamment, pourraient participer à leur financement.
Au regard du retour d?expérience de l?AFP du marais de Brouage menée dans un cadre
national39, la mission recommande d?accompagner la mise en place de ce type de dispositif
sur cinq territoires candidats parmi les 17 sites emblématiques métropolitains en octroyant
des moyens d?animation sur une durée de deux à trois ans. Cette expérimentation territoriale
permettrait de fiabiliser l?adaptation de cet outil en zone humide avant de l?étendre à d?autres
territoires.
A cet effet, un budget de 100 000¤ par territoire pourrait être mobilisé au titre du soutien des
agences de l?eau pour accompagner des territoires volontaires.
[DEB, agences de l?eau, collectivités] : Financer sur des territoires
volontaires le déploiement de démarches d?associations de gestion foncière (sur
le modèle des associations foncières pastorales) pour favoriser, en conjonction
avec d?autres mesures, le maintien de l?élevage bovin extensif dans les territoires
de zones humides.
37 Cette approche est complémentaire des approches type PAT ou GIEE citées plus haut dans la section 1
de ce chapitre. Elle présente l?intérêt d?une intégration plus forte des acteurs agricoles.
38 L?AFP des marais de Brouage créée par arrêté préfectoral du 17 avril 2019 regroupe plus de 1 500
propriétaires, soit 4 825 parcelles en prairies naturelles sur une surface de 7 530 hectares situés sur le
territoire de huit communes reconnues préalablement comme pastorales par le Préfet.
39« Préservation de l?élevage extensif en milieux humides : Enseignements de l?expérimentation nationale et
perspectives » - https://elevage.forum-zones-humides.org/actualites-ressources/seminaire-de-restitution/
PUBLIÉ
https://elevage.forum-zones-humides.org/actualites-ressources/seminaire-de-restitution/
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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2) Accompagner un déploiement massif des obligations réelles environnemen-
tales (ORE) dans les territoires de zones humides
Créées par la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août
201640, les ORE permettent aux propriétaires fonciers d?attacher à leur terrain des obligations
durables de protection de l?environnement. Ce dispositif a toutefois du mal à se déployer,
alors même qu?il présente un très grand intérêt pour les zones humides. Les principales
causes de ce démarrage très lent sont l?absence d?animation territoriale et des incitations
fiscales très timides (voir chapitre suivant).
Pourtant, les zones humides sont certainement l?un des milieux où le déploiement massif
d?ORE volontaires ferait sens. En effet, ce dispositif est complémentaire d?une politique
d?acquisition foncière au sens où l?ORE constitue un mode de maîtrise foncière économe en
ressources. Il constitue un vrai levier de sensibilisation des propriétaires et des gestionnaires
pour le maintien des fonctionnalités des zones humides. Faisant naître des obligations de
part et d?autre, il permet selon les cas de prévoir des obligations d?entretien voire de
restauration écologique à la charge de l?un des co-contractants.
Sur la base du premier rapport du gouvernement au Parlement sur la mise en oeuvre d?ORE
et sur les moyens d?en renforcer l?attractivité41, la mission recommande de mettre en place
un dispositif d?animation territoriale pour promouvoir et déployer les ORE, concentré sur des
zones humides volontaires. En lien avec la fédération nationale des CEN (déjà mandatée au
niveau national) et l?OFB, il est proposé de soutenir fortement cinq territoires de zones
humides volontaires42 pour tester une démarche de déploiement d?ORE en y concentrant des
moyens d?animation sur une durée de trois à cinq ans environ. Cette expérimentation avec
une entrée territoriale et thématique (zones humides) permettrait de faire progresser
fortement ce dispositif et d?en tirer des enseignements nationaux pour l?améliorer.
Pour se faire au titre du PNMH et/ou du Fonds vert, une enveloppe de 1 M¤ (soit 200 000¤
environ par site) pourrait ainsi être réservée afin d?outiller ces territoires tests, en moyens
d?animation territoriale pour le déploiement à grande échelle d?ORE en lien avec les enjeux
de protection et de restauration de leurs zones humides.
[DEB, OFB] : Affecter un million d?euros à un dispositif
expérimental d?animation sur cinq sites de déploiement d?ORE.
3.3 Vers une fiscalité plus favorable aux zones humides
Au-delà des propositions faites au chapitre sur les outils fonciers (cf. 3.2) concernant la mise
en place d?un dispositif d?animation à titre expérimental sur cinq sites de déploiement d?ORE,
d?autres initiatives en matière de fiscalité pourraient être prises pour inciter à la préservation
des zones humides.
Pour les ORE43, les exonérations fiscales sont aujourd?hui limitées à celles de la taxe de
publicité foncière et de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) selon l?article
1394 D du code général des impôts (CGI). Cette dernière n?est pas réellement mise en oeuvre
dans la mesure où elle est laissée à la discrétion des communes et des établissements
publics de coopération intercommunale (EPCI) et n?est pas compensée par l?État. Il
40 https://www.ecologie.gouv.fr/obligation-reelle-environnementale
41 https://www.vie-publique.fr/rapport/279397-mecanisme-d-obligations-reelles-environnementales
42 Les 18 territoires retenus par la mission pourrait prioritairement se positionner pour participer à cette
expérimentation.
43 En particulier pour les ORE à visée patrimoniale en opposition aux ORE mises en place dans le cadre de
la compensation.
PUBLIÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/obligation-reelle-environnementale
https://www.vie-publique.fr/rapport/279397-mecanisme-d-obligations-reelles-environnementales
Rapport n°
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conviendrait d?examiner si cette compensation pourrait à l?avenir être réelle pour les territoires
de zones humides, afin d?encourager la signature massive d?ORE sur ces territoires
spécifiques et fragiles.
Outre ces dispositions, il faut aussi noter celles relevant de l?article 1395 B bis du CGI qui
exonèrent à concurrence de 50% de la TFPNB44 perçue par les communes et les EPCI, les
terrains situés en zone humide au sens de l?article L211-1 du code de l?environnement. De la
même manière que pour les dispositions précédentes, la non-compensation de ces
exonérations est un obstacle à la mise en oeuvre de pratiques vertueuses pour la protection
de ces milieux humides.
De nombreux rapports45 ont pointé la timidité des mesures fiscales incitatives pour favoriser
la préservation des zones humides.
Il en va ainsi des demandes régulières d?extension de l?article 793 du CGI aux terrains situés
dans les zones humides. Cet article exonère aujourd?hui partiellement de droits de mutation
à titre gratuit (DMTG) sous certaines conditions, les transmissions de propriété de bois et de
forêt.
En outre, les travaux de restauration et de gros entretien en zones humides pourraient être
déductibles du revenu net (insertion à prévoir au titre de l?article 31 I 2 quinquies du CGI).
Enfin, pour des raisons historiques, les étangs de pisciculture sont taxés (TFPNB) à l?aune
des revenus qu?ils procuraient lorsque la consommation de poisson d?eau douce était plus
importante. Force est de constater que ce n?est plus le cas, et qu?à l?instar des autres milieux
humides, la fiscalité est disproportionnée et pénalisante pour les propriétaires pisciculteurs,
voire les incite à abandonner ce type ce modèle de pisciculture extensive au profit d?autres
productions plus intensives.
La mission propose qu?un chantier soit ouvert sans délais pour examiner l?ensemble des
pistes et propositions sur ce thème.
[MTECT, Ministère de l?action et des comptes publics]: mettre en
place un groupe de travail interministériel visant à faire des propositions
d?incitations fiscales pour la préservation des zones humides et engager les
adaptations législatives et réglementaires nécessaires.
3.4 Adapter la réglementation en faveur des territoires de
zones humides
Le PNMH 2022-2026, prévoit dans son action 5 de « garantir une application homogène et
efficace entre les territoires de la réglementation sur les zones humides en apportant des
outils opérationnels ». Un groupe de travail apportera des éclairages et des outils pour
favoriser au mieux l?application de la réglementation.
La mission a fait le choix de mettre en avant quelques sujets très partagés par les acteurs
des 18 sites emblématiques, qui pourront alimenter ce groupe de travail.
44 Bien que cette exonération ne puisse être autorisée que si les parcelles concernées ont fait l?objet d?une
liste dressée par le maire sur proposition de la commission communale des impôts directs et qu'elles fassent
l'objet d'un engagement de gestion pendant cinq ans portant notamment sur le non-retournement des
parcelles et la préservation de l'avifaune.
45 Citons ici les propositions du rapport « Terres d?eau et terres d?avenir » rédigé par J. Bignon et F. Tuffnel
et remis au gouvernement en janvier 2019, ainsi que la note de la Fondation pour la recherche sur la
biodiversité (FRB) de décembre 2019 : https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-
content/uploads/2019/12/FRB-Note-Guillaume-Sainteny-Fiscalite-biodiversite.pdf
PUBLIÉ
https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2019/12/FRB-Note-Guillaume-Sainteny-Fiscalite-biodiversite.pdf
https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2019/12/FRB-Note-Guillaume-Sainteny-Fiscalite-biodiversite.pdf
Rapport n°
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humides, et la création d?un parc national
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3.4.1 Etendre la définition des zones humides
Le sens donné aux zones humides diffère selon le point de vue et le contexte dans lequel il
doit en être fait usage. S?intéresser à leur définition suppose de le faire au regard de la
diversité des situations de terrain et des conséquences réglementaires que cela induit.
La réglementation française (article L.211-1 du code de l?environnement46), englobe dans les
zones humides uniquement les milieux non aquatiques terrestres. Cela explique par exemple
que des zones humides, comme les étangs, désignées au titre de la convention Ramsar, ne
soient pas considérées comme telles au titre de la définition nationale.
Cette définition est plus restrictive que celle de cette convention qui définit les zones humides
comme des étendues de marais, de fagnes, de tourbières, ou d?eaux naturelles ou artificielles,
permanentes ou temporaires, où l?eau est stagnante, ou courante, douce, saumâtre ou salée,
y compris des étendues d?eau marine dont la profondeur à marée basse n?excède pas six
mètres. Le rapport Terres d?eau-Terres d?avenir propose une « définition clarifiée inscrite dans
la loi », avec une nouvelle rédaction de l?article L 211-1 du code de l?environnement. Celle-ci
serait inspirée de la définition de la convention Ramsar47 en élargissant les zones humides
aux plans d?eau, à l?exclusion des cours d?eau et plans artificiels (retenues collinaires et lacs
de barrages).
Cet élargissement du champ de définition des zones humides suppose en contrepartie que
la réglementation applicable à celles-ci, ou que les conditions d?application, soient
différenciées selon leur nature48.
3.4.2 Achever la cartographie des cours d?eau et simplifier les
procédures de déclaration et d?autorisation « IOTA »
La délimitation et la typologie de l?ensemble des zones humides paraît désormais possible
avec la cartographie des zones humides qui vient de s?achever.
Il subsiste cependant une ambiguïté concernant la distinction des cours d?eau et fossés créés
artificiellement, fréquemment mise en cause par les acteurs de terrain. Il conviendrait
d?achever la cartographie des cours d?eau en tenant compte de la spécificité des grandes
zones d?étangs, pour lesquelles le réseau de fossés reliant des chapelets d?étangs, et souvent
sans exutoire ou sans débit permanent, verrait son statut clarifié.
Enfin, les acteurs de nombreux sites visités par la mission ont signalé la complexité et la
lenteur des dossiers de déclaration ou de demande d?autorisation au titre de la loi sur l?eau
nécessaires aux travaux, y compris ceux d?entretien et récurrents, alors même qu?ils
conditionnent le maintien en l?état des zones humides.
C?est particulièrement vrai pour les réfections de digues, l?entretien des canaux, étiers et
fossés dans les marais, les vidanges d?étangs, les autorisations de défrichement pour
restaurer des roselières envahies par les saules.
46 Article L.211-1 du code de l?environnement : on entend par zone humide les terrains, exploités ou non,
habituellement inondés ou gorgés d?eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la
végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de
l?année.
47 Au sens de la Convention Ramsar, les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de
tourbières ou d?eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l?eau est stagnante ou
courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d?eau marine dont la profondeur à marée basse
n?excède pas six mètres.
48 Ainsi, par exemple, le modèle dombiste de gestion des étangs (qui seraient alors considérés comme des
zones humides) qui prévoit la mise en assec de longue durée, ne doit pas être remis en question.
PUBLIÉ
Rapport n°
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Avril 2023
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La mission propose les axes d?amélioration suivants :
1) Rédiger une circulaire d?application sans modifier la nomenclature des IOTA (installations,
ouvrages, travaux, activités) permettant une application différenciée des procédures
(déclaration et autorisation) selon la nature des zones humides (par exemple la faciliter pour
les grands territoires d?étangs, ou grands marais), moyennant une analyse globale des
incidences des travaux sur l?environnement, prenant en compte l?intérêt de ces travaux pour
le maintien en bon état de la zone humide49 ;
2) Exonérer les gestionnaires et propriétaires de procédures au coup par coup dès lors que
les travaux et interventions seraient conformes à un cadrage approuvé par les services
territoriaux (DREAL, DDT(M), OFB). Comme pour le point précédent, ce cadrage serait
assorti d?une analyse globale des incidences des travaux sur l?environnement, prenant en
compte l?intérêt de ces travaux pour le maintien en bon état de la zone humide.
Ce cadrage pourrait être constitué par :
Une programmation des investissements ou des plans de gestion pluriannuels, à
l?instar de ce qui est mis en place en site Natura 2000 à travers les documents
d?objectifs (DOCOB) ;
Des guides reprenant les us et coutumes rédigés à l?initiative des professionnels, en
lien avec les services de l?État (DDT(M) et OFB).
Ils garantiraient la prise en compte de la préservation de l?environnement, et encadreraient
les pratiques.
3.4.3 Publier le décret précisant les conditions d'exonération de
l'obligation de compensation du défrichement en les ciblant
vers les milieux humides
L'article 167 de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des
paysages, prévoit la publication d?un décret en Conseil d'État précisant les conditions
d'exonération de l'obligation de compensation du défrichement pour certaines opérations
d'ouverture de milieux forestiers réalisées en faveur du patrimoine naturel dans des espaces
protégés.
La mission recommande la publication rapide de ce décret, annoncée comme une mesure
de la planification écologique de l?eau.
49 Un premier élément de réponse est constitué par la rubrique 3.3.5.0 créée en 2020, qui permet de
soumettre à déclaration uniquement les projets de restauration des fonctionnalités naturelles des milieux
aquatiques définis par arrêté ministériel. Elle est exclusive de l?application des autres rubriques de la
nomenclature et vise à simplifier pour les porteurs de projet, les procédures associées aux projets vertueux
et visant à l?atteinte des objectifs de la directive 2000/60/CE (DCE). Elle pourrait être appliquée à tous les
travaux en zones humides. Cependant, la déclaration reste une procédure considérée comme lourde par les
acteurs rencontrés et se pose la question d?aller jusqu?à exonérer ces travaux d?une procédure de déclaration
dès lors qu?un plan de gestion ou un guide sont mis en place.
PUBLIÉ
https://www.actualitesdudroit.fr/documents/fr/lr/loi/2016/8/8/DEVL1400720L/20170101
Rapport n°
014422-01
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[DEB, DDT(M), OFB, DGPE] : Adapter la réglementation et sa mise
en oeuvre aux zones humides : i) [DEB] : En introduisant dans le code de
l?environnement une définition plus englobante des zones humides en cohérence
avec celle de la convention Ramsar ; ii) [DDT(M)] : En achevant la cartographie des
cours d?eau en tenant compte de la spécificité des grandes zones d?étangs ; iii)
[DEB, OFB] : En publiant une circulaire permettant une application différenciée des
procédures de déclaration et d?autorisation « IOTA » selon la nature des zones
humides au regard d?une analyse globale des incidences des travaux sur
l?environnement ; iv) [DDT(M), OFB] : En exonérant les gestionnaires et
propriétaires de procédures au coup par coup dès lors que les travaux et
interventions sont conformes à un cadrage (programmation des investissements
ou plans de gestion pluriannuels, guides de bonnes pratiques) ; v) [DEB, DGPE] :
En publiant le décret précisant les conditions d'exonération de l'obligation de
compensation du défrichement facilitant l'entretien des milieux humides.
3.5 Etudier la mise en place d?interventions spécifiques pour
les territoires de zones humides
Les milieux humides qui rendent pourtant des services environnementaux exceptionnels, ne
bénéficient pas d?outils ou de mesures spécifiques au même titre que les territoires de
montagne (loi montagne) ou du littoral (loi littoral, CELRL). Si ces milieux font néanmoins
l?objet d?un PNMH et de dispositions particulières dans les schémas directeurs
d?aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), le rapport parlementaire « Terres d?eau,
terres d?avenir » (2019) invite à renforcer l?arsenal de mesures en leur faveur, par des
mesures fortes qui identifient spécifiquement ces milieux. La mission se propose d'investiguer
la manière de renforcer la visibilité et le soutien pour les milieux humides au sein des outils
existants en faveur de l?eau et de la biodiversité. Ses propositions visent les interventions des
agences de l?eau au titre du 12ème programme et le fléchage d?une partie du budget de l?éco-
contribution géré par l?OFB.
A ce titre, la mission fait plusieurs propositions ci-après qu?il conviendra d?expertiser plus
avant.
3.5.1 Cibler davantage les territoires de zones humides dans le
12ème programme d?intervention des agences de l?eau (2025-
2030)
Les agences de l?eau interviennent de manière importante dans le financement des grands
et petits cycles de l?eau ainsi qu?en faveur de la biodiversité des milieux aquatiques.
Les modalités du soutien financier varient selon les agences. Ainsi, dans le cadre du 11ème
programme d?intervention, les taux d?aides par agence et par type d?intervention en faveur
des zones humides s?établissent comme suit50 :
50 Sources L. Vienne dans « Financer les actions écologiques dans les zones humides », AE, OIEau 2022.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
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Taux d?aide
(%)
Adour
Garonne
Artois
Picardie
Loire
Bretagne
Rhin
Meuse
Rhône
Méditerra-
née Corse
Seine
Normandie
Acquisition 80 70 50 80-100 70 80
Restauration 50 70 30-50 80 50 80
Entretien 50 400 ¤/ha 0 80 30 40
Animation 50 70 50-60 50 50-70 80
Etude 50 70 50 70-80 50-70 80
Communi-
cation/sensibi
lisation
50 50 50 40 70 50-80
Cadre
d'intervention
Contrat
de
progrès
territorial
Programme
concerté
pour l?eau
Contrat
territorial
Contrat de
territoire
Contrat de
milieu
Contrat de
territoire
eau- climat
On constate de grandes différences de modalités et de taux de financement selon les
agences, avec par exemple des taux qui ne dépassent pas 50-60% pour celle de Loire
Bretagne alors qu?ils atteignent 80% sur la plupart des postes pour celle de Seine-Normandie.
Si ces variations reflètent les capacités de financement et les politiques d?interventions
différentes de chaque agence, cela n?est pas sans conséquences sur les sites concernés
par la présente mission. En effet, huit des 17 sites métropolitains étudiés51 sont situés dans
le bassin hydrographique Loire-Bretagne, dont l?agence est celle qui applique les plus faibles
taux de financement (30 à 60%), laissant un reste à charge aux maîtres d?ouvrage qui peut
se révéler limitant pour réaliser certaines actions.
Les entretiens avec les acteurs des sites visités notamment de la façade atlantique,
confirment la difficulté à réaliser les travaux d?entretien des ouvrages hydrauliques, des
canaux, et de lutte contre les EEE, en raison de la faiblesse ou l?absence de financements.
En effet, la politique d?intervention des agences privilégie les actions susceptibles d?avoir
davantage d?impact pour atteindre le bon état écologique des masses d?eau prévu par la
directive cadre sur l?eau (DCE)52. La difficulté à évaluer la contribution des zones humides à
l?atteinte de cet objectif peut également conduire à une sous-évaluation de leur contribution
réelle et donc de leur financement, a fortiori lorsqu?il s?agit de zones humides retro-littorales
et estuariennes53.
Face à ces besoins, l?agence de l?eau Loire-Bretagne élabore une stratégie visant à mieux
cibler les zones humides, reposant sur des inventaires et l?évaluation de leur état global, afin
d?identifier les sites prioritaires pour définir et mettre en oeuvre un programme d?action. Cette
approche stratégique demande à être déployée sur l?ensemble du bassin hydrographique en
privilégiant les territoires où existent les enjeux écologiques les plus forts et notamment ceux
ciblés par la mission.
De son côté l?agence Rhône Méditerranée Corse promeut une approche par sous-bassin
versant (schéma d?aménagement et de gestion des eaux, contrat de milieux) avec la
51 Val d?Allier, marais poitevin, Brenne, marais breton et baie de Bourgneuf, Sologne, estuaire de la Loire,
Brière et Monts d?Arrée
52 Notamment en têtes de bassins.
53 Une autre raison souvent invoquée : les zones de marais voire même d?étangs ne sont pas considérées
comme des masses d?eau ; il n?est donc pas « utile » de financer leur restauration car elles ne contribuent
pas à améliorer le pourcentage de masses d?eau en bon état, en oubliant qu?elles y contribuent indirectement.
PUBLIÉ
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réalisation de « plans de gestion stratégique des zones humides » (PGSZH). Cet outil orienté
vers l?action vise, d?une part, à prioriser les interventions dans une approche construite avec
les acteurs, en intégrant une analyse des fonctions des zones humides et des services rendus.
D?autre part, cette démarche identifie parmi les secteurs dégradés, ceux qui pourraient être
mobilisés au titre de la compensation pour destruction de zones humides. Les territoires sont
appelés à élaborer ce plan de gestion pour pouvoir bénéficier de financements en soutien
aux actions de renaturation de milieux humides.
En conséquence, la mission propose de :
Tenir compte de ce constat dans la lettre de cadrage des 12ème programmes que le
MTECT adressera aux présidents des conseils d?administration des agences et des
comités de bassin pour y proposer un axe d?intervention en faveur des principaux
milieux humides ;
Mettre en place une stratégie d?intervention pour les territoires de zones humides à
l?échelle du bassin hydrographique permettant de prioriser ceux où existent les plus
forts enjeux écologiques (en termes de biodiversité et pas seulement sur les seuls
critères de la DCE), en s?appuyant notamment sur la cartographie du muséum
national d?histoire naturelle (MNHN) sur les mailles à plus forts enjeux de contribution
à la biodiversité globale des milieux humides (2021) ou encore sur l?étude des sites
Ramsar (MNHN, 2019) ;
Etudier la possibilité de relever les barèmes d?intervention sur ces territoires de
milieux humides prioritaires, notamment pour les travaux d?entretien assortis de
cahiers des charges exigeants ;
Mettre en place, au sein des territoires de zones humides, des plans de gestion
stratégiques des zones humides (PGSZH) sur le modèle de ce qui est pratiqué par
l?agence Rhône Méditerranée Corse ;
Sur les territoires à très forts enjeux environnementaux, grâce à un accompagnement
renforcé, par exemple au travers de structures de gestion d?aires protégées en place
(PNR, gestionnaires de réserve, syndicats mixtes, etc.), mettre en place des PSE
fortement incitatifs, cofinancés par les agences de l?eau, en partenariat avec le
Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et les collectivités, sur la
base de critères à définir54.
[DEB, agences de l?eau] : Dans le cadre du 12ème programme
d?intervention des agences de l?eau, mettre en place une approche stratégique
permettant de cibler davantage les territoires de zones humides à plus forts enjeux
et prévoir dans ces territoires des moyens d?intervention différenciés permettant le
financement des travaux d?entretien et de restauration écologique essentiels au
maintien de leur intégrité fonctionnelle.
54 Voir notamment section 3.1.
PUBLIÉ
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3.5.2 Renforcer les interventions des éco-contributions de l?OFB
en faveur des grandes zones humides
L?éco-contribution gérée par l?OFB, permet de financer des actions proposées par les
fédérations des chasseurs en faveur de la restauration de la biodiversité. Elle fait l?objet d?une
convention cadre entre l?OFB et la Fédération nationale des chasseurs (FNC), qui définit le
champ d?intervention et les critères d?éligibilité des projets cofinancés (selon une répartition
deux tiers pour l?OFB et un tiers pour la FNC). Sur la période 2019-2022, le dispositif a financé
300 projets, soit au total 54 M¤, dont 45 M¤ d?éco-contribution (OFB-FNC). Parmi ces projets,
moins d?un quart (71) concernaient les zones humides pour un montant total de 8,8 M¤,
essentiellement pour des petites interventions d?entretien sur des étangs, des marais et des
mares généralement de petite taille.
Estuaire Etang Lagune Marais Mare
Prairie
humide
Roselière Ruisseau Tourbière
Tous
types
Nombre
de
projets
1 14 2 13 20 7 1 1 3 9
Répartition des projets financés par l?éco-contribution par type de milieux humides entre 2019 et 2022
(source : OFB communication personnelle)
Dans le cadre de la discussion en cours avec la FNC sur les lignes directrices pour la
prochaine convention cadre, l?OFB a prévu d?introduire, en parallèle aux projets individuels
non fléchés, des « opérations collectives » centrées sur des thématiques particulières, afin
de mieux cibler les éco-contributions sur des actions à fort impact sur la biodiversité.
Compte tenu de l?importance des zones humides pour la biodiversité et des services
écosystémiques qu?elles rendent, il est proposé que l?OFB, en lien avec la FNC, introduise
une opération collective centrée sur les territoires de zones humides et des interventions à
fort impact sur la biodiversité remarquable de ces milieux (maintien des prairies humides, de
la ripisylve, lutte contre les EEE, restauration et entretien des roselières, aménagement
écologique des berges des étangs, etc.).
[OFB] : Dans le cadre des discussions entre l?OFB et la FNC sur
l?éco-contribution, mettre en place une opération collective centrée sur les
territoires de zones humides et des interventions sur des actions à fort impact sur
la biodiversité remarquable.
3.6 Améliorer la connaissance et la sensibilisation en faveur
des milieux humides
La mission s?est particulièrement intéressée à trois thématiques spécifiques que sont : 1. les
pôles relais vecteurs de connaissance ; 2. le renforcement de la connaissance sur le suivi
des effets du changement climatique sur les milieux humides ainsi que sur l?objectivation de
la contribution au stockage de carbone ; et 3. l?expérimentation de la lutte contre les EEE.
3.6.1 Renforcer le rôle des pôles relais « zones humides » comme
vecteurs d?appropriation de la connaissance
Les pôles relais « zones humides » ont été créés en 2001 afin, d?une part, de constituer un
réseau d?échanges entre les acteurs concernés par la gestion et la restauration de ces milieux
et, d?autre part, de mutualiser les connaissances et bonnes pratiques. Ces pôles contribuent
à la mise en oeuvre de la stratégie 2021-2030 de « Communication, éducation, sensibilisation
et participation » pour les zones humides.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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La charte de 2021 entre l?OFB (chargé de la coordination et du financement des pôles relais),
la Direction de l?eau et de la biodiversité du MTECT et les pôles-relais définit pour cinq ans
les engagements, les moyens financiers et la gouvernance de ces pôles. La mission propose,
lors de son bilan à mi-parcours prévu fin 2023, de questionner les sujets suivants :
? Améliorer la coordination du fonctionnement des pôles pour qu?ils puissent
s?intéresser à des problématiques transversales répondant aux enjeux des milieux
humides. Il serait particulièrement intéressant, par exemple, qu?ils puissent être mieux
mobilisés sur le suivi des effets du changement climatique et être associés d?avantage
au programme MhéO55 porté par la Fédération des conservatoires d'espaces naturels
(FCEN) et l?UMS-PatriNat ;
? Intégrer au pôle relais « mares et vallées alluviales » les milieux d?étangs qui ne sont
pas couverts par ces pôles.
3.6.2 Développer des réseaux d?observation de long terme sur les
milieux humides
Si les initiatives sont nombreuses en matière d?acquisition de connaissance pour les milieux
humides telle que par exemple la définition de nouveaux indicateurs de suivi56 ayant vocation
à être intégrés à l?Observatoire national de la biodiversité (ONB), celles-ci reposent
principalement sur un dire d?experts (voir évaluation nationale des sites humides
emblématiques57 ).
Cette connaissance gagnerait à être renforcée par des observations de long terme sur le
terrain, notamment pour mesurer les effets du changement climatique et la contribution des
zones humides au stockage de carbone.
1- Mieux instrumenter le suivi des effets du changement climatique
Organisées en réseau, les Zones ateliers58 (ZA) pilotées par le CNRS se focalisent autour
d?une unité fonctionnelle (par exemple bassin versant, littoral, paysages agricole ou urbain)
et y développent une démarche scientifique spécifique en s?appuyant sur des observations
et des expérimentations sur des sites ateliers (notamment en zones humides) pour y mener
des recherches interdisciplinaires sur le long terme.
La mission propose d?accentuer les efforts de recherche scientifique par un dispositif de
recherche à destination des milieux humides sur les effets du changement climatique59 en
inter zones-ateliers, à l?instar du dispositif sentinelles des Alpes portés par la ZA Alpes.
Cette action contribuera à l?objectif du PNMH de créer un pôle pour renforcer la cohérence
des actions de recherche et appuyer la mise à disposition de sites ateliers sur lesquels des
recherches scientifiques pourront être menées répondant aux besoins identifiés sur le terrain.
55 Mhéo prévoit la mise à disposition d?outils communs (protocoles, indicateurs, etc.) pour permettre aux
gestionnaires de suivre l?évolution des milieux ou les effets de leurs actions dans un cadre partagé, avec la
mise en place d?un réseau national et la capitalisation des retours d?expérience, pour produire des
préconisations techniques en matière de génie écologique.
56 Une série d?indicateurs est en cours de définition dans le cadre des travaux de l?ONB. Ils concernent par
exemple : les activités humaines, les services écosystémiques, le degré d?avancement des inventaires, la
perte de surface des zones humides, le changement climatique.
57 https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-nationale-des-sites-humides-
emblematiques-2010-2020-analyse-des-resultats
58 Les zones ateliers sont au nombre de 13 dont 11 en métropole Elles recouvrent une partie des 18 sites
emblématiques, ceux de la façade atlantique étant sous-représentés.
59 Ce dispositif pourra s?appuyer sur les résultats en 2023 des modélisations hydro-climatiques d?Explore 2
porté par l?INRAE et des travaux en cours par le BRGM sur les risques de submersion marine.
PUBLIÉ
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-nationale-des-sites-humides-emblematiques-2010-2020-analyse-des-resultats
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Superposition des zones ateliers et des 18 sites de zones humides emblématiques
(source : M.N. Pons, Université de Lorraine)
2- Objectiver la contribution des zones humides au stockage de carbone
Les entreprises et acteurs publics sont de plus en plus nombreux à engager des démarches
d'évaluation et de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, au titre de leur
responsabilité sociétale et environnementale. Le ministère de la transition écologique a mis
en place en 2018, le label bas-carbone, cadre de certification climatique volontaire qui
valorise les projets visant à réduire les émissions et séquestrer du carbone. Il s?appuie sur
des méthodes permettant de vérifier l'éligibilité des projets au regard de leur impact
environnemental.
La mission recommande de soutenir les méthodes d?évaluation de la contribution des zones
humides au stockage de carbone en :
Soutenant l?acquisition de données complémentaires sur les émissions de carbone
des tourbières afin de compléter le dispositif de labellisation bas-carbone des
tourbières porté par la FCEN et qui devrait être validé en 2024, par l?installation de
tours à flux permanentes dans les marais du Cotentin et du Bessin, et de Brière
(portage par le laboratoire Chrono-environnement du CNRS avec un budget évalué
à 540 000 ¤ entre 2024 et 2027) ;
Accompagnant financièrement la définition de nouvelles méthodes de label bas-
carbone (évaluées à 150 000 ¤ par méthode sur une durée d?un an et demi) pour
d?autres écosystèmes humides (prairies humides, ripisylves, étangs, etc.).
Par la suite, la mission propose de valoriser la captation de carbone des zones humides dans
le cadre des PSE.
3.6.3 Faire des zones humides des sites prioritaires pour
expérimenter des méthodes de lutte contre les espèces
exotiques envahissantes
Le PNMH prévoit le renforcement et la bancarisation des préconisations sur les EEE
spécifiques aux milieux humides (86% des 165 sites humides emblématiques français ont
hébergé entre 2010 et 2020 au moins une EEE). Cependant, la Stratégie nationale contre les
EEE (SNEEE, 2017), comme le plan d?action pour prévenir l?introduction et la propagation
des EEE 2022-2030, ne présentent pas de focus particulier sur ces zones.
La mission propose d?identifier les zones humides comme prioritaires concernant la lutte
contre les EEE, au titre de la SNEEE et des opérations de recherche orientées vers l?action
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spécifique, en lien avec le réseau national de sites pilotes qui sera constitué par la FCEN60
fin 2023.
La maîtrise du ragondin, et de façon plus générale des autres EEE, est déterminante pour l?avenir
de certaines zones humides et la préservation de leur biodiversité, tant la présence de ces
espèces a pu, en très peu de temps, en modifier la physionomie et appauvrir leur biodiversité. Les
mesures relatives au ragondin que la mission a pu voir sur le terrain, sont déjà un progrès, mais
devraient être davantage mobilisées et renforcées là où elles existent. Notamment la mission
préconise un meilleur encadrement des piégeurs, afin de coordonner et cibler la régulation,
pouvant aller jusqu?à une professionnalisation de certains, et un effort significatif de recherche
appliquée sur la maîtrise des populations en explorant d?autres voies que le piégeage traditionnel.
L?OFB et la Fredon pourraient se voir confier un programme national en lien avec quelques
territoires pilotes (dont la Dombes).
[SGPI, DGRI, CGDD, DEB, OFB, CNRS] : Définir une feuille de
route ambitieuse en terme de coordination des actions de recherche et d?animation
de réseaux au bénéfice des zones humides pour : i) [DEB, OFB] Renforcer la
coordination et la transversalité des pôles relais zones humides sur des
thématiques répondant aux enjeux principaux, notamment le changement
climatique et intégrer au pôle relais « mares et vallées alluviales » les milieux
d?étangs ; ii) [DGRI, DEB, CNRS] Accentuer les efforts de recherche scientifique
sur les milieux humides en finançant un dispositif de recherche sur les effets du
changement climatique en inter zones-ateliers ; iii) [SGPI, CGDD, DEB]
Accompagner les méthodes de labellisation bas-carbone en cours sur les
tourbières et en développer de nouvelles pour les prairies humides, ripisylves,
étangs, etc. ; iv) [DEB, OFB] Faire des zones humides des sites prioritaires pour
expérimenter des méthodes de lutte contre les EEE.
Ces différentes recommandations pourraient faire l?objet d?un soutien financier :
Pour ce qui concerne le lancement d?un dispositif de recherche sur les effets du
changement climatique pour les zones humides, à conduire en inter zones-ateliers,
pour un montant estimé à 400 000 ¤ sur quatre ans dont le financement additionnel
à celui du CNRS est à rechercher ;
Pour le développement de méthodes de labellisation bas-carbone, le budget indicatif
est estimé à 150 000 ¤ par méthode. Le volet Eau de France 2030 est susceptible de
financer ces méthodes avec un appel à manifestation d?intérêt prévu mi-2023.
60 L?objectif est de contribuer au développement de nouvelles méthodes de gestion des EEE et d?évaluer les
facteurs d?efficacité de ces techniques, par la mise au point d?indicateurs. La FCEN appuiera les
gestionnaires de sites dans l?élaboration de protocoles d?expérimentation et de suivi (mutualisés dans le
réseau), en lien avec des scientifiques et le Centre de ressources EEE. Afin d?initier cette dynamique, trois
espèces et groupes d?espèces de faune (écrevisses exotiques, ragondin, Frelon asiatique) et de flore (jussies,
Crassule de Helms, baccharis) dont la majorité concerne les zones humides, sont retenues.
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Rapport n°
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4 Vers un parc national de zones humides
4.1 Une ambition à la croisée des enjeux de l?eau et de la
biodiversité, exemplaire de la capacité à concilier nature
et usages
Suite au Grenelle de l?environnement en 2007, la création d?un parc national dédié aux zones
humides avait été actée dans la loi dite Grenelle 161, avec la création de deux autres parcs
nationaux, le parc national des Calanques créé en 2012 et le parc national de forêts créé en
2019. La volonté était alors de faire progresser la France en matière d?aires protégées de
protection forte. Les milieux humides avaient été identifiés dans ces discussions comme des
milieux à très forts enjeux et un consensus entre les parties prenantes, qui représentaient
notamment l?agriculture, la chasse et les associations environnementales, s?était dégagé pour
accepter le principe d?un nouveau parc national dédié à ces milieux.
Aujourd?hui, pour la mission, la création d?un parc national dédié aux zones humides apparaît
importante et nécessaire à plusieurs titres :
Au titre des responsabilités internationales de la France en matière de biodiversité :
c?est un projet emblématique de protection de la biodiversité qui s?inscrit parfaitement
dans les objectifs du cadre mondial pour la biodiversité62 que la France a fortement
soutenu lors des négociations de Kunming-Montréal en décembre 2022 (COP 15) et
dont l?adoption a été reconnue comme un succès collectif. La France a une
responsabilité forte en matière de biodiversité au niveau européen, mais aussi
international, en ce qu?elle abrite plusieurs zones clés internationales pour la
biodiversité notamment au sein des territoires ultra-marins ;
Pour sensibiliser à la gestion équilibrée de l?eau dans un contexte de tension sur les
ressources en eau qui, de conjoncturelle devient structurelle (80% des nappes
phréatiques en France métropolitaine, en ce printemps 2023, ont une recharge
inférieure à la normale). Il paraît important de rendre symboliquement hommage aux
milieux humides qui produisent de multiples services écosystémiques, dont celui de
préserver la ressource en eau ;
Pour démontrer la capacité d?une aire protégée à concilier protection de la nature et
maintien d?usages durables des milieux.
Ce projet de création d?un parc national s?inscrit dans la déclinaison de l?actuelle SNB63, et
de son volet dédié aux zones humides le PNMH dont le dossier de presse64 cite explicitement
l?objectif de création d?un parc national de zones humides. Il s?inscrit également en réponse
aux objectifs de la SNAP65 qui a appelé à placer, dès 2022, 10% du territoire français sous
protection forte66, ce à quoi répond un projet de parc national pour sa partie coeur.
61 Loi N° 20009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en oeuvre du Grenelle de
l?environnement ? Article 23 : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000020949548
62 https://www.cbd.int/doc/c/0bde/b7c0/00c058bbfd77574515f170bd/cop-15-l-25-fr.pdf
63 https://www.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-biodiversite
64 https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_ZonesHumides.pdf
65 https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_Biotope_Ministere_strat-aires-
protegees_210111_5_GSA.pdf
66 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045551000
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000020949548
https://www.cbd.int/doc/c/0bde/b7c0/00c058bbfd77574515f170bd/cop-15-l-25-fr.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-biodiversite
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_ZonesHumides.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_Biotope_Ministere_strat-aires-protegees_210111_5_GSA.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_Biotope_Ministere_strat-aires-protegees_210111_5_GSA.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045551000
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4.2 Le parc national : un outil décrié mais relativement mal
connu dans les territoires de zones humides
Cette section a pour objet de présenter les principaux enseignements tirés des 18 dialogues
territoriaux, menés par la mission de juin 2022 à janvier 2023, sur les sites emblématiques
des zones humides françaises67
Cinq constats principaux ont été retenus :
Tout d?abord, une réaction vive de nombreux acteurs socio-économiques face à l?outil
parc national, reçu comme un outil de « mise sous cloche » des territoires,
« éteignant » la vie des territoires ;
Le refus d?un parc national s?argumente souvent en relation avec la perception d?une
démarche descendante imposée au territoire et inadaptée car contraire aux activités
économiques ou aux usages en place ;
L?outil est en réalité mal connu dans ses dispositions concrètes. Dans certains
entretiens, il s?est avéré nécessaire de détailler les lignes constitutives d?un parc
national ;
Certains acteurs ont néanmoins manifesté de l?intérêt pour mieux connaître l?outil parc
national. En réponse, la mission a établi une note synthétique de comparaison entre
les outils parc national et PNR (voir annexe 4) ;
Les acteurs favorables à la création d?un parc national sur leur territoire y voient
l?opportunité d?une protection renforcée, d?une meilleure coordination des initiatives
en place, et dans certains cas, d?une simplification du mille-feuille de protection.
L?opportunité de voir leur site mieux reconnu et qualifié à travers ce label exceptionnel
a été également souligné.
Rappel des fondamentaux d?un parc national depuis la loi de 2006 relative aux parcs nationaux
Un parc national dispose de :
? Un conseil d?administration, généralement présidé par un élu local, où l?ensemble des parties
prenantes et des usagers sont représentés et majoritaires ;
? Une réglementation de coeur de parc négociée et définie localement à travers une charte de
territoire (objectifs souvent appelés modalités d?application réglementaires en coeur de parc
? « marcoeur »). Celle-ci fixe par ailleurs des orientations de développement durable pour
son aire d?adhésion, à laquelle les communes ont le choix d?adhérer librement, sans ajout
de contraintes réglementaires supplémentaires ;
? Un label national, mais aussi mondial qui a pour effet d?inscrire le territoire candidat sur la
carte du monde, réel atout de fierté pour ses habitants.
En particulier, un parc national permet de :
Porter à travers sa charte, un projet de territoire et de développement durable, au même titre
qu?un PNR68 ;
Replacer l?ensemble des acteurs autour de la table, y compris ceux en charge des milieux, pour
une définition collective des objectifs de gestion ;
Disposer de leviers d?action complémentaires aux autres aires protégées (leviers réglementaires
particuliers) et adaptés aux enjeux des sites (charte du territoire établie collectivement) ;
Réinterroger, le cas échéant, le périmètre pertinent pour l?action ;
67https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Affaires-0012595/014136-
01_rapport_publie.pdf;jsessionid=C65AB92324BAD8F98D10CCC48F008B11
68 Il ne s?agit évidemment pas ici d?opposer les deux modèles qui selon les enjeux à traiter offrent tous deux
la possibilité de définir un projet de territoire autour des patrimoines naturels et culturels.
PUBLIÉ
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Affaires-0012595/014136-01_rapport_publie.pdf;jsessionid=C65AB92324BAD8F98D10CCC48F008B11
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Affaires-0012595/014136-01_rapport_publie.pdf;jsessionid=C65AB92324BAD8F98D10CCC48F008B11
Rapport n°
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Valoriser les produits et les services portés par les acteurs économiques contribuant à la
préservation des patrimoines (marque Esprit Parc) ;
Mobiliser des moyens significatifs69 sur l?ensemble du périmètre du parc et dégager des moyens
particuliers d?expérimentation, avec l?installation d?un d?établissement public national, garant du
temps long.
4.3 Une caractérisation des dix-huit territoires qui objective
la valeur intrinsèque des sites, la plus-value de l?outil
parc national et l?acceptabilité territoriale de l?outil
La mission s?est attachée à caractériser les 18 territoires en objectivant les trois paramètres
principaux qui ressortaient de la méthode menée dans le cadre de la mission IGEDD de mars
2022. En s?appuyant sur le rapport de cette mission, mais surtout riche du dialogue mené
dans les territoires pendant huit mois, la mission a mené la caractérisation des sites de la
façon suivante :
1. Valeur intrinsèque du site
La mission a choisi d?utiliser ce critère en premier dans la caractérisation des sites. Elle les a
classés en fonction de leur valeur intrinsèque, en prenant pour déterminants : caractère
emblématique (superficie globale, rareté des milieux représentés, nombre de critères remplis
par les sites d?importance internationale pour les zones humides, etc.), notoriété, naturalité,
importance des enjeux de biodiversité, d?eau et de fonctionnalité des écosystèmes.
2. Plus-value de l?outil parc national pour le territoire
De la même façon, la mission a regardé dans quelle mesure l?outil parc national pouvait
répondre aux enjeux du territoire et apporter une plus-value tangible, en considérant les outils
de protection, de gestion et d?animation existants et les projets de territoire en place ou initiés,
ainsi que leurs dynamiques. La mission a évalué, avec un faisceau d?éléments portés à sa
connaissance lors des visites, si l?outil parc national était susceptible de renforcer la
préservation, la restauration et la valorisation des milieux humides dans le contexte particulier
de chaque territoire.
3. Acceptabilité territoriale
La mission a veillé à prêter attention à l?ensemble des expressions sur le sujet, qu?elles aient
été de rejet ou de soutien pour l?outil. Dans certains, elle a pu entendre l?expression
relativement unanime d?un rejet de l?outil parc national. Dans d?autres, les expressions étaient
largement plus contrastées. La mission a noté les positions relativement homogènes par
famille d?acteurs (collectivités, représentants des usages, associations de protection de la
nature, gestionnaires d?aires protégées). L?adhésion globale à un projet de parc national de
l?ensemble des parties prenantes auditionnées, n?a été rencontrée sur aucun site.
Cette classification en trois catégories a été conduite à la fois par chaque missionné, puis
collectivement partagée et débattue pour donner plus de robustesse à l?exercice.
Dans ce contexte où il ne ressort pas de ces dialogues un territoire clairement candidat, la
mission tient à énoncer dans la section suivante plusieurs éléments de méthode pour réunir
les conditions favorables à la création d?un parc national de zones humides.
69 Financement annuel pérenne de l?Etat (90 % en moyenne) : budget moyen 7 M¤/parc/an, 70 agents/parc.
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4.4 Eléments de méthode et principes préalables à
l?engagement d?un processus de création de parc
national dédiés aux zones humides
Adapter l?outil en tenant compte des usages qui ont façonné les milieux humides
Comme cela a déjà été explicité à plusieurs reprises dans ce rapport, la caractéristique
principale des territoires de zones humides, même pour certains sites de grande naturalité
aujourd?hui, est qu?ils ont été souvent façonnés et/ou maintenus dans leurs fonctionnalités
écologiques par les usages, qu?il s?agisse de chasse, de pêche, voire d?agriculture (par
exemple, lorsque le modèle agricole est de type élevage extensif).
Des usages durables permettent en effet de conserver les fonctions non seulement
hydrologiques, mais aussi biogéochimiques et biologiques des zones humides. A l?inverse, là
où ils ont été abandonnés, les zones humides ont souvent disparu (urbanisation, drainage,
comblements ou fermeture des milieux par exemple).
Ce constat doit donc conduire à réinterroger le modèle de protection forte et d?encadrement
voire d?interdiction des usages et pratiques en coeur de parc national, comme cela peut être
le cas pour des écosystèmes différents. Le décret sur la protection forte n°2022-527 du 12
avril 2002 a ouvert la voie dans la mesure où il fait référence à l?évitement ou à la réduction
des pressions liées aux activités humaines, plus qu?à l?interdiction des dites activités.
Pour le ou les territoires qui s?engageraient dans une démarche de parc national, ce point
parait essentiel à la mission.
Par ailleurs, la possibilité de raisonner le coeur de parc en discontinuité tant pour des objectifs
de protection que de maintien des usages durables devrait permettre de mieux concilier cette
double approche.
En conséquence, pour le ou les territoires pressentis, il faudra préalablement acter ce principe
comme nécessaire et utile à la réflexion de préfiguration.
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Chasse et parc national de zones humides
Cette question est éminemment politique avant d?être technique. Si la chasse de régulation du grand gibier
est admise dans certains parcs nationaux70, elle reste un tabou pour ce qui concerne le gibier d?eau.
Les représentants des chasseurs sont farouchement opposés à l?idée même d?un parc national, tant que la
chasse sera bannie dans le coeur de parc. De même, la plupart des représentants des associations de
protection de la nature et des naturalistes n?imaginent pas un « parc au rabais » dans lequel on pourrait
continuer de chasser en dehors des actions de régulation. Ces positions exprimées sans ambiguïté devant
la mission conduiraient à une impasse, sauf à vouloir imposer de force un parc national sans chasse ou créer
un parc chassé. Une telle approche « autoritaire » ne ferait qu?exacerber ce clivage avec un risque élevé de
blocage du processus. La commande passée à la mission étant d?envisager la création d?un parc national
dans le cadre d?une démarche de dialogue, il paraît incontournable de régler cette question avant d?engager
toute démarche locale.
La recherche d?un compromis de principe, applicable quel que soit le choix de territoires pour engager la
démarche, semble un préalable.
Le rôle des chasseurs dans la préservation surtout l?entretien de ces milieux, justifie qu?ils soient partie
prenante d?un projet de territoire les concernant. Les enjeux de préservation des populations d?oiseaux (et
autres espèces de faune et de flore) sont davantage liés à la préservation de leurs habitats naturels qu?au
contingentement des prélèvements d?individus de ces espèces sur ces territoires (qui représente une
proportion faible des prélèvements nationaux et a fortiori internationaux).
Une approche équilibrée pourrait consister au maintien de la pratique de la chasse et de l?entretien des
milieux par les chasseurs, mais dans un partage plus équilibré avec les autres fonctions d?un parc national ;
la conciliation avec les objectifs de préservation des populations pourrait se traduire par le suivi précis des
prélèvements avec l?instauration de quotas (annuels, journaliers, par chasseur) selon l?état de conservation
de chaque espèce, la participation à des programmes de recherche, la conciliation avec l?accueil d?un public
non chasseur (par des aménagements d?observatoires, une adaptation du calendrier de chasse, etc.), et
enfin la création (ou l?élargissement) de réserves intégrales non chassées.
Partager la décision entre l?État et les collectivités territoriales concernées, au premier
chef desquelles figurent les Régions au regard de leur rôle de chef de file en matière
de biodiversité
Les initiatives prises par l?État au titre de la loi Grenelle n?ont pu aboutir, qu?elles aient été
descendantes (désignation de trois territoires potentiels) ou sous forme d?appel à projets (mal
positionné du point de vue du calendrier électoral).
Dans l?exercice actuel, la première mission relative à la création d?un parc national de zones
humides avait souhaité renforcer la possibilité de détecter un ou des territoires susceptibles
de s?engager dans une telle démarche, en faisant le choix de donner un statut emblématique
à 18 sites et de conduire avec chacun d?eux un dialogue territorial approfondi (objet de la
présente mission).
70 Deux exemples sont détaillés ici. Dans le parc national des Calanques, la chasse, activité traditionnelle du
territoire, est autorisée sur près de la moitié du coeur de parc national. Sa pratique est cependant strictement
encadrée par la réglementation de droit commun et par la réglementation spéciale du coeur de parc. Les
zones de chasse du parc national sont réparties entre quatre sociétés de chasse (500 chasseurs). Quelques
bénéficiaires individuels du droit de chasse sur propriétés privées sont également actifs sur le territoire des
Calanques. La Perdrix rouge, le lièvre, le lapin, les oiseaux migrateurs (grives, pigeon ramier, etc.) et le
sanglier sont les principales espèces chassées. Dans le parc national de Forêts, la charte du parc fait
référence à la gestion adaptative des espèces pour mieux préserver les espèces d?oiseaux dans le coeur
forestier du parc. Le parc a vocation à devenir un territoire de gestion cynégétique d'excellence. Les enjeux
et les modalités de la chasse sont adaptés aux différents zonages du parc : dans la réserve intégrale, la
chasse est interdite. Par contre, la « régulation » des populations de trois espèces d'ongulés sauvages (cerf,
chevreuil, sanglier) est possible et organisée sous la responsabilité du parc national à travers des délégations
de service public confiées à des associations de chasse. Dans le coeur, l?objectif est la suppression des
pratiques artificielles (agrainage, grillage) et une cohabitation harmonieuse et sûre entre la chasse et l?accueil
du public. Dans l?aire d?adhésion, la gestion ne dépend pas directement du parc. L'objectif est de faire la
promotion d?une chasse exemplaire.
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humides, et la création d?un parc national
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Dans la poursuite de cette orientation, la mission recommande qu?un dialogue approfondi
entre le gouvernement et les collectivités concernées (notamment les Régions, mais aussi
les Départements et les EPCI concernés) soit un préalable avant toute annonce. Sur la base
du travail conduit par la mission, il appartiendra au ministre chargé de l?environnement de
partager le diagnostic de la mission avec les collectivités concernées et de trouver des
éléments de consensus pour conforter l?appréciation des sites et la décision d?engager une
démarche de préfiguration. L?annonce d?un parc national doit faire l?objet d?une déclaration
commune et donc, être précédée d?une négociation sur les conditions de lancement de la
préfiguration du parc national de zones humides.
Il convient enfin de rappeler que le processus de préfiguration d?un parc national comporte
nombre d?étapes, lesquelles sont peu engageantes (phase d?études et de définition du
périmètre) avant la prise en considération par arrêté ministériel du projet de parc national. Ce
processus présente l?avantage, avec la création d?un groupement d'intérêt public (GIP) de
préfiguration, de constituer un lieu de dialogue et de co-construction permanente du projet de
parc.
4.5 Dix-huit sites de grande qualité parmi lesquels se
dégagent trois territoires d?exception
Comme évoqué en début de chapitre, tous les sites visités présentent de fait de grandes
qualités et il n?a pas été simple pour la mission de les départager.
C?est certainement le critère de très grande valeur intrinsèque, combiné à l?appréciation de la
mission sur la plus-value que l?outil parc national peut représenter pour traiter les différents
enjeux (notamment pour améliorer la coordination et simplifier les dispositifs réglementaires
de protection forte pour certains sites) qui ont été déterminants dans l?appréciation que la
mission a porté sur les 18 sites.
La question de l?acceptabilité territoriale a priori a été entendue et appréciée par la mission.
Elle n?a cependant pas été retenue comme un élément déterminant pour exclure un territoire.
En effet, l?acceptabilité s?inscrit dans un contexte et peut évoluer dans le temps, à la faveur
par exemple d?une meilleure connaissance de l?outil parc national par les acteurs locaux ou
d?un travail itératif en ateliers sur la construction d?un projet de territoire, pour lequel un parc
national peut se révéler in fine une réponse convaincante.
Certains sites sont considérés par la mission de bonne valeur intrinsèque. Cependant, le
niveau de protection forte déjà acquis ou la présence de gestionnaires d?espaces protégés
investis, affaiblissent le critère de plus-value d?un parc national. D?autres sites ne présentent
pas selon la mission une valeur intrinsèque suffisante pour un parc national, ou ont un
périmètre inadapté à l?installation d?un projet de territoire de type parc national.
En suivant ce raisonnement, la mission propose de s?intéresser, par ordre de priorité, aux
trois sites suivants qui pourraient s?engager dans une démarche de préfiguration d?un projet
de parc national, selon des modalités différenciées pour chaque site. Tous ont été classés
par la mission en catégorie la plus élevée pour la valeur intrinsèque, et pour la plus-value
qu?apporterait un outil parc national, et variablement en niveau moyen ou faible pour
l?acceptabilité territoriale (laquelle rappelons-le peut évoluer dans le temps).
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Rapport n°
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Avril 2023
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Le premier d?entre eux est le site des marais de Kaw-Roura en Guyane.
La valeur intrinsèque du site est incontestable. Plus grande zone humide de France, cette
zone marécageuse de savane flottante abrite des écosystèmes de mangroves, de savanes
inondables et de forêts tropicales humides et de nombreuses espèces rares, en voie
d'extinction et dont la répartition géographique est très limitée qu'il s'agisse de mammifères,
de reptiles et d'avifaune (74% des espèces présentes en Guyane) ou des dernières
populations de Caïmans noirs du continent. C?est un site de très grande naturalité qui
présente la particularité d?être partiellement habité (village de Kaw). Ce site recouvre une
richesse biologique de réputation internationale.
La plus-value que pourrait constituer un parc national est évidente dès lors que le périmètre
choisi est bien plus large que celui des réserves naturelles nationales (RNN) de Kaw-Roura
et du grand Connétable. C?est pourquoi la mission propose un périmètre de réflexion qui
intégrerait outre les deux RNN, les montagnes de Kaw (et donc la réserve naturelle régionale
(RNR) du Trésor), mais aussi l?estuaire de l?Approuage, la pointe Behague, les montagnes
d?Argent et des Trois pitons et la commune de Ouanary (220 habitants) jusqu?à la baie de
l?Oyapock à la frontière avec le Brésil. La question d?embarquer dans ce périmètre la frange
littorale et maritime pour répondre à l?enjeu bien identifié de lutte contre la pêche illégale,
pourrait être aussi discutée avec les acteurs. Ainsi, ce projet de parc national de zones
humides guyanaises se positionnerait comme un projet de coordination des actions de
l?ensemble des aires protégées, et pourrait permettre aussi la définition d?un projet de
territoire porteur de développement pour tout l?est Guyanais.
Enfin, à la lumière des entretiens sur place, la mission a ressenti une ouverture à l?idée
d?engager une démarche de réflexion et de préfiguration de cette nature. La mission
recommande néanmoins de remplir les conditions suivantes pour répondre aux points de
vigilance exprimés par ses interlocuteurs :
La première condition est certainement, d?apporter des réponses à la nécessité d?un
développement durable et maîtrisé de l?est Guyanais, aujourd?hui très isolé ;
La deuxième est bien entendu, de conduire une réflexion sur la restructuration du
PNR de Guyane (PNRG) dont l?assise territoriale est de fait relativement fragile, pour
le recentrer sur l?ouest Guyanais avec un projet consolidé de charte de territoire71 ;
La troisième, est d?apporter des garanties aux acteurs guyanais sur la possibilité
d?adaptation de l?outil parc national au contexte local et à la volonté des élus d?une
plus grande autonomie ;
La quatrième enfin, est de faire en sorte que ce projet n?efface pas d?autres enjeux
majeurs pour la biodiversité guyanaise comme par exemple la nécessité de mieux
préserver les savanes de l?ouest Guyanais (milieux très fragiles qui accueillent plus
de 17% des espèces sur une superficie qui ne représente que 0,22% du territoire).
Le plan d?actions proposé par la mission entend répondre à ces préoccupations. La mission
recommande ainsi de :
Lancer un projet de mise en valeur des villages de Kaw et, en adéquation avec le
périmètre proposé par la mission, de Ouanary (État et CTG) ;
Donner des moyens complémentaires d?intervention à la RNN de Kaw-Roura, en
parallèle de la démarche de préfiguration, pour ne pas créer de vide
opérationnel (État - DGTM) ;
Mettre en place une instance de préfiguration et de dialogue co-animée par l?État et
71 Le périmètre actuel du PNRG s?étend actuellement à l?ouest mais aussi à l?est de la Guyane avec la seule
commune de Roura (depuis que la commune de Régina est sortie du syndicat mixte) sans véritable
cohérence et assise territoriale.
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la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) pour préciser les conditions dans
lesquelles un projet de parc national pourrait être porté (État et CTG) ;
Mettre en place un plan de transformation du PNRG en recentrant son périmètre sur
l?ouest guyanais et en le dotant d?une nouvelle charte de parc ambitieuse (État et
CTG) ;
Lancer une initiative spécifique dédiée aux habitats prioritaires des savanes et des
zones humides de l?ouest au regard des menaces qui pèsent sur ces milieux (CEN
avec l?appui de l?État et de la CTG).
Le deuxième site est celui de la Camargue dans son acception la plus large, à
savoir de la Camargue orientale (à l?est du Rhône) à la petite Camargue gardoise
(à l?ouest du petit Rhône) en intégrant l?ensemble du delta rhodanien.
Ici aussi la valeur intrinsèque du site est incontestable. A cheval sur deux régions et deux
départements, la Camargue est dépositaire d?un caractère fortement emblématique associant
un patrimoine naturel exceptionnel source d?un tourisme de nature, une identité culturelle
fondée sur son insularité et ses traditions liées aux ressources naturelles (activités salinière
et piscicole, élevage extensif des chevaux et des taureaux de Camargue, riziculture) et son
patrimoine culturel (bâtiments historiques, pèlerinages et festivals). Façonnée par l?action de
l?homme depuis des siècles, la Camargue présente une mosaïque de paysages particuliers
de steppe (« sansouire ») et des socio-écosystèmes humides d?importance internationale
pour leur biodiversité (halte migratoire et site de nidification pour des espèces caractéristiques
des milieux à salinité et inondation variables). L?eau est le lien majeur entre les activités
humaines et les écosystèmes. Elle constitue à la fois une ressource économique, biologique
et culturelle. Ce territoire est enfin l?un des plus exposés aux effets du changement climatique,
et exige que soient repensés la gestion des usages et le rapport entre l?homme et la nature
sur l?ensemble du périmètre.
La plus-value de l?outil parc national pour traiter des enjeux de la Camargue est réelle. En
effet, le PNR existant ne couvre que la Camargue bucco-rhodanienne, soit une partie de la
zone biogéographique. En outre, le PNR a connu une longue crise ces dernières années et
n?a pu jouer pleinement son rôle de « parlement de Camargue ». Enfin, le PNR ne peut pas
fournir de réponse à l?empilement des niveaux de protection existants, à la différence d?un
projet de parc national étendu.
En Occitanie, les dynamiques de préservation (projet de création d?une grande RNR) et de
développement local maitrisé (démarche Grand site de France portée par le syndicat mixte
de la Camargue gardoise) ne sont pas contradictoires avec la création d?un parc national qui
au contraire s?en inspirerait.
La volonté de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) de modifier les statuts du PNR,
de créer un conseil consultatif et de réviser sa charte, affiche le lancement d?une nouvelle
dynamique, qui cependant n?intègre pas la partie gardoise.
La présence d?un foncier public important aurait pu constituer un coeur de parc sans créer de
nouvelles réglementations ailleurs au sein du site. Néanmoins, l?acceptabilité territoriale pour
un parc national est très faible. Le 24 mars 2023, l?Assemblée plénière de la Région PACA a
exprimé son refus très ferme d'un parc national en Camargue. Par courrier du 6 avril 2023,
le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires a rappelé que, sans
préjuger des conclusions de la présente mission, aucune décision ou évolution statutaire ne
sera prise par l?État sans l?accord des élus concernés.
Outre la crainte déjà évoquée plus haut d?une « mise sous cloche » du territoire, certains
acteurs craignent à travers la mise en place d?un tel projet de se trouver dessaisis de leurs
prérogatives.
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En conséquence, la mission estime qu?il serait inopportun de lancer une démarche de
création de parc national dans le contexte actuel.
Sans attendre, la mission propose un plan d?actions à lancer dès à présent pour accompagner
et soutenir les initiatives des collectivités et des acteurs locaux. Les démarches initiées à la
fois par la Région Occitanie, la Région PACA et le syndicat mixte de la Camargue gardoise
sont à poursuivre dans l?attente des conditions d?un réexamen de l?opportunité pour le
territoire, de se saisir de l?outil parc national.
Les actions proposées par la mission sont les suivantes :
Mettre en place une mission de dialogue permanent72 Camargue, portée par l?État,
pour animer notamment un débat à l?échelle de l?espace biogéographique ;
Mettre en place un observatoire de la salinité et de la qualité de l?eau douce (portage
à déterminer entre les parties prenantes) ;
Soutenir l?expérimentation de phyto-remédiation des eaux rejetées dans l?étang du
Vaccarès (ASA de Fumemorte) ;
Améliorer la qualité de l?eau douce rejetée dans les milieux naturels (Centre français
du riz) ;
Elaborer et partager une stratégie foncière (portage à déterminer entre les parties
prenantes).
Le troisième site est celui de l?estuaire et cours de la Loire aval
Ici aussi la valeur intrinsèque du site ne fait aucun doute. Il intègre à la fois l'estuaire de la
Loire, son cours aval entre la Maine et Nantes, ainsi que le lac de Grand-Lieu (le plus grand
lac de plaine en France, au fort intérêt avifaunistique). Ce site présente une grande diversité
de milieux humides en fonction des marées, du gradient de salinité, du contexte hydraulique.
Interface entre les milieux marins, littoraux, fluviaux et rétro-littoraux, les enjeux
environnementaux (habitats emblématiques, espèces patrimoniales, paysages) y sont
particulièrement forts. Il est d?importance internationale pour les oiseaux migrateurs et
hivernants, mais également pour leur reproduction. L?estuaire est la porte d?entrée du plus
grand réseau hydrographique du territoire national pour plusieurs espèces de poissons
migrateurs (Saumon atlantique, Anguille européenne, aloses et lamproies).
Cependant, l?estuaire de la Loire est aussi marqué par une activité portuaire importante
(Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire) et des installations industrielles significatives
(dont la centrale électrique de Cordemais) dont les fonctions et les dépendances dépassent
largement le périmètre de la Région Pays de la Loire. Il est donc largement anthropisé dans
sa partie nord, sans compter une forte densité d?urbanisation autour de l?agglomération de
Nantes. Il revêt de ce point de vue un intérêt moindre que les deux premiers sites.
La plus-value de l?outil parc national dont le coeur pourrait être positionné sur les espaces
naturels remarquables, au sein desquels le foncier public est important, serait certaine. Un
tel outil apporterait de la cohérence dans la gestion des espaces naturels de ces différents
sites, afin d?en préserver la qualité au côté des autres activités économiques et notamment
portuaires, à l?échelle de l?ensemble de l?estuaire. Il serait également de nature à qualifier
l?ensemble du territoire de Nantes métropole et au-delà du cours de la Loire entre Angers et
Nantes, mondialement connu.
A ce stade, l?acceptabilité territoriale n?est cependant pas suffisante. La coexistence des
enjeux économiques et écologiques, un fort attachement à certains usages comme la chasse
72 Mission de dialogue permanent présentée dans le rapport de site en annexe 2.
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au gibier d?eau, ont conduit à des blocages dans le passé face à des initiatives de protection
ou de planification de l?estuaire. Le site a connu l?abandon du pacte de l?estuaire en 2015 et
l?abrogation de la directive territoriale d?aménagement (DTA) suite au retrait du projet de Notre
Dame des Landes en 2019. Ces évènements ont marqué les esprits et cristallisé des postures
qu?il s?agit de dépasser avant d?imaginer un avenir pour ce site exceptionnel.
En conséquence, la mission estime qu?il serait inopportun de lancer une démarche de
création de parc national dans le contexte actuel.
En revanche, rejoignant ici les conclusions des ateliers de déclinaison territoriale de la SNAP,
elle recommande de lancer une concertation permettant in fine de mettre en cohérence les
outils de protection existants autour d?une bannière commune pour une gestion concertée et
cohérente à la hauteur des enjeux.
La mission suggère pour ce site de bâtir un cadre de concertation et une gouvernance
commune qui pourrait jouer le rôle d?une « conférence permanente de l?estuaire », co-portée
par l?État, la Région et le Département et associant les collectivités locales et les parties
prenantes concernées.
Ceux-ci pourraient être appuyés par une démarche de type « ateliers du territoire73 » afin de
mener une réflexion prospective sur le devenir de l?estuaire à l?horizon 2050 face notamment
aux effets du changement climatique.
Pour accompagner cette démarche, il est proposé par la mission, le recrutement pour une
durée minimale de trois ans sur un financement partagé entre État et Région, d?un chef de
projet estuaire, chargé de garantir la mise en oeuvre de la feuille de route établie dans le
cadre des ateliers.
A l?issue de cette phase de concertation et de construction commune d?une vision partagée,
des propositions de gouvernance pérenne et de classement de territoires pourraient alors
émerger, en fonction de leur vocation économique ou de protection pour les espaces naturels.
Il serait alors temps d?expertiser en quoi un outil tel qu?un parc national pourrait répondre aux
enjeux pour les espaces naturels et le territoire en général.
[MTECT, collectivités] : Pour trois territoires d?exception (marais
de Kaw-Roura, Camargue, estuaire et cours de la Loire aval), engager sans attendre
un dialogue de haut niveau entre le MTECT et les collectivités territoriales
concernées pour : i) [MTECT, CTG] : Lancer une phase de préfiguration d?un parc
national dédié aux zones humides de l?est Guyanais, et accompagner le plan de
transformation du PNR de Guyane ; ii) [MTECT, Régions PACA et Occitanie] :
Installer une mission de dialogue permanent sur la Camargue, tout en engageant
des actions opérationnelles relatives à la qualité de l?eau et à la mise en place d?un
observatoire de la salinité ; iii) [ MTECT, Région Pays de la Loire, Département de
Loire Atlantique] : installer une « conférence permanente » de l?estuaire de la Loire,
lancer une concertation de type « ateliers des territoires » et engager le
recrutement d?un chef de projet dédié.
73 Dispositif proposé et financé par l?Etat (MTECT/DGALN) qui permet d?accompagner les collectivités locales
dans l?émergence et la construction de projets territoriaux.
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Conclusion
Au terme de près d?une année de mission, alternant des visites de terrain, des rencontres
avec près de 1 200 acteurs répartis sur les 18 sites emblématiques identifiés, des échanges
avec les grands réseaux nationaux, les administrations centrales et déconcentrées et les
collectivités, la mission a pu tirer les constats suivants :
- L?extraordinaire valeur patrimoniale de ces sites, à la fois pour leur richesse paysagère
et en biodiversité mais aussi pour leur patrimoine culturel, voire identitaire, façonné au
cours de l?Histoire ;
- Un solide attachement des habitants aux zones humides de leur territoire, à leur
préservation ainsi qu?à un certain mode de vie, aux pratiques et aux usages qui leur
sont liés ;
- Une prise de conscience que les zones humides sont menacées par la raréfaction de la
ressource en eau, les modifications des pratiques agricoles et piscicoles, la pression
foncière, l?artificialisation des sols ou la propagation des espèces exotiques
envahissantes, toutes ces menaces étant aggravées par le changement climatique.
Globalement, l?accueil de la mission a été très bon et a permis des échanges riches avec les
acteurs locaux, certains se disant fiers d?être parmi les 18 sites les plus emblématiques et
souhaitant partager leur connaissance et la vision du territoire.
Malgré un temps limité passé sur chaque site, la mission a formulé des propositions d?actions
pour chacun d?entre eux, en puisant dans le contenu des visites de terrain et les auditions
des acteurs ainsi que les propositions issues des ateliers menés dans le cadre de la
territorialisation de la SNAP. Elle a par ailleurs commencé à identifier des sources de
financements pour les actions proposées et en particulier ceux permis par le Fond vert et le
Plan national d?action pour les milieux humides, au-delà des financements des agences de
l?eau et des collectivités.
La mission a également identifié des sites sur lesquels il est possible d?engager sous
certaines conditions, une démarche de création de parc national. Pour ces territoires
d?exception, il est toutefois impératif de mener une concertation préalable avec les grandes
collectivités concernées afin que la démarche puisse être portée conjointement par les élus
et l?État.
La richesse des auditions menées par la mission lui a permis enfin de formuler des
recommandations pour une meilleure prise en compte de toutes les zones humides dans les
politiques publiques nationales.
La mission remercie vivement les administrations et les gestionnaires locaux pour l?aide
déterminante apportée à l?organisation des déplacements de terrain et l?ensemble des
acteurs rencontrés pour leur disponibilité et la richesse des échanges, au service de ces sites
emblématiques et plus largement des zones humides de France.
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Bénédicte Guery
Louis Hubert
Flore Lafaye de Micheaux
Ingénieure hors classe de
l?agriculture et de
l?environnement
Ingénieur général des ponts
et des eaux et forêts
Ingénieure hors classe des
travaux publics de l?État
Hervé Parmentier
Olivier Robinet
Christophe Viret
(coordonnateur)
Inspecteur général de
l?administration du
développement durable
Inspecteur général de santé
publique vétérinaire
Inspecteur général de
l?administration du
développement durable
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
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Annexe 2. Rapports de sites
Les rapports de site suivants constituent des documents associés à ce rapport. Ils sont
téléchargeables par simple clic sur le nom des sites.
1. Les Etangs de Lorraine
2. Lit majeur du Rhin
3. Tourbières du Jura
4. Basse vallée du Doubs
et Bresse
5. Val d?Allier
6. La Dombes
7. La Camargue
8. Marais de Brouage et
de Rochefort
9. Marais poitevin
10. La Brenne
11. Marais breton et baie
de Bourgneuf
12. Sologne
13. Estuaire et cours de la
Loire aval
14. Brière
15. Monts d?Arrée
16. Marais du Cotentin et
du Bessin
17. Baie de Somme
18. Marais de Kaw-Roura
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https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013412&reqId=0103a21e-4335-4797-9a22-b2cc5fa88794&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013413&reqId=180fe6ac-3bd8-4fb0-90dc-2be93ca7059a&pos=1
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https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013416&reqId=9d85cb39-945a-4c6c-8569-660623e93ee4&pos=1
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https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013418&reqId=6ca5e50a-91e0-451e-a368-300f461690e2&pos=1
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https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013420&reqId=dd438dae-acdc-4a80-808f-96bce2aa9904&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013420&reqId=dd438dae-acdc-4a80-808f-96bce2aa9904&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013421&reqId=57ada6d9-4410-4640-84ab-a03f28cff007&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013422&reqId=ab908878-0f83-4321-b4ff-ed6c5e13d39e&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013423&reqId=047fe7f5-51a6-4a63-9f85-9b4e4f61ec59&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013423&reqId=047fe7f5-51a6-4a63-9f85-9b4e4f61ec59&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013425&reqId=96b8529f-62a0-4de7-98a0-cf43e91081eb&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013426&reqId=1d4f707f-bc00-4b0d-97ad-ca01c556a6c8&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013426&reqId=1d4f707f-bc00-4b0d-97ad-ca01c556a6c8&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013427&reqId=fdd483ea-1c42-46d1-8518-a0ebc32dfac1&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013428&reqId=7ecbe13a-7023-4458-a8d6-1ccdce98e430&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013429&reqId=6c6234e1-8a24-4cfa-a289-e9a2f4e96032&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013429&reqId=6c6234e1-8a24-4cfa-a289-e9a2f4e96032&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013430&reqId=12feeb18-bb55-4d55-828a-9018c0279f00&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013431&reqId=59b98952-7026-4d7b-a5ac-62edeeaf2d38&pos=1
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Annexe 3. Propositions d?actions locales identifiées sur
les dix-huit sites
Ce tableau récapitule les actions que la mission recommande de soutenir dans les 18 sites.
Elles sont à mener dans un délai de trois à cinq ans.
Les budgets sont donnés à titre indicatif et à dire d?experts. Ils seront à confirmer et à affiner
par les porteurs ainsi que les financements mobilisables.
Près de 90% des actions répondent à au moins un objectif du PNMH. Les programmes
budgétaires identifiés (sans être exhaustifs à ce stade) pour cofinancer ces actions sont le
BOP 113 au titre du PNMH et de la SNAP, le Fonds vert, le budget des agences de l?eau ou
des collectivités territoriales ainsi que des budgets d?autres ministères (MASA, Ministère de
la culture) et de l?Union européenne (FEADER, FEDER, FEAMP, Life).
N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
1 Etang de
lorraine
Classement de la vallée de la Seille en
RNN
500 000 2024-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
1 Etang de
lorraine
Extension du classement Ramsar à
l'ensemble des étangs du PNR
250 000 2024-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
1 Etang de
lorraine
Classement en RBI du massif du
Romersberg
A définir 2024 - 2025 Fonds vert
1 Etang de
lorraine
Mettre en place un projet pilote de
restauration du caractère humide à
l?échelle du massif de la Forêt de la
Reine, et une instance de concertation
sur la gestion de l?eau.
- Restauration d?ouvrage
- Acquisitions foncières, renatura-
tion d?étangs et de mares
200 000
3 000 000
2023 - 2026 Agence de l'eau
Fonds vert
1 Etang de
lorraine
Rétablir l?aide à l?entretien des étangs
que la Région Lorraine versait aux
pisciculteurs :
- Etude de caractérisation des ser-
vices écosystémiques
- Programme PSE (annuel)
100 000
1 000 000
A engager
en 2023
Agence de l'eau
2 Lit majeur du
Rhin
Augmenter les débits réservés et les
débits en retour aux milieux naturels :
- Poursuivre les travaux relatifs au
PTGE, valoriser les expérimenta-
tions de ré-infiltration dans la
nappe
- Etude pour définir les nouveaux
débits réservés dans le cadre du
renouvellement des concessions
hydrauliques
3 à
5 000 000
80 000
2024-2025
2 Lit majeur du
Rhin
Renforcer les outils de protection forte
dans la bande rhénane
A définir Fonds vert
Agence de l?eau
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
Plan Rhin vivant
2 Lit majeur du
Rhin
Intensifier l'approche transfrontalière
des actions de renaturation des
milieux rhénans
200 000 2024-2025 Collectivités
3 Tourbières du
Jura
Accompagner la labellisation Ramsar
des tourbières de la montagne
jurassienne :
- Plan gestion du site « Tourbières
et lacs de montagne »
- Lancement de la démarche à
l?échelle du PNR Doubs-Horloger
50 000
100 000
2023-2024
2023-2026
Agence de l'eau
Collectivités
3 Tourbières du
Jura
Renforcer la coopération en matière
de stratégie foncière
A définir
Agence de l'eau
Collectivités
3 Tourbières du
Jura
Accompagner les pratiques agricoles
respectueuses des milieux humides :
Renforcer la prise en compte des
milieux humides dans le cahier des
charges de l?appellation Comté.
A engager
en 2023
3 Tourbières du
Jura
Accompagner les pratiques agricoles
respectueuses des milieux humides :
Reconquérir la biodiversité floristiques
des prairies (PNR Doubs-Horloger)
40 000 2023-2024 Agence de l'eau
Collectivités
3 Tourbières du
Jura
Garantir durablement la préservation
des tourbières emblématiques
A définir Fonds vert
3 Tourbières du
Jura
Mieux connaitre le fonctionnement des
tourbières jurassiennes
540 000 2024-2026 Fondation pour
la recherche sur
la biodiversité
France 2030
4 Basse vallée
du Doubs -
Bresse
Soutenir les travaux du PTGE pour un
partage équilibré de la ressource en
eau
A définir Agence de l'eau
Collectivités
4 Basse vallée
du Doubs -
Bresse
Mettre en place une coalition
départementale pour accompagner les
stratégies foncières au bénéfice des
zones humides
100 000 2024-2025 Agence de l'eau
Collectivités
4 Basse vallée
du Doubs -
Bresse
Intégrer la thématique 'préservation
des milieux humides' aux Plans
d?alimentation territoriaux (PAT) en
cours
200 000 2023-2024 Agence de l'eau
Collectivités
4 Basse vallée
du Doubs -
Bresse
Améliorer la coordination des polices
autour des milieux humides en plaine
et le suivi des mesures
compensatoires
100 000 2024-2025
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
5 Val d'Allier Valoriser l?étude HMUC (Hydrologie,
Milieux, Usages et Climat) pour
améliorer la gestion quantitative des
ressources en eau
Agence de l'eau
Collectivités
5 Val d'Allier Poursuivre les dynamiques d?action
foncière partagée sur le fuseau de
mobilité de l?Allier
Agence de l'eau
Collectivités
5 Val d'Allier Renforcer les actions en faveur de la
reconnexion d?annexes hydrauliques
et de la continuité écologique :
- Actions de reconnexion des
boires et de génie écologique sur
le DPF.et hors DPF (collectivités)
- Rétablir la continuité écologique
Barrage des Lorrains. Retour
d?expérience de la passe à pois-
sons Barrage de Régémortes
800 000
100 000
2023-2026 BOP 113
Politique grands
migrateurs
(DREAL)
5 Val d'Allier Développer de nouveaux sites en
protection forte :
- Créer la RNN du Bec d?Allier
- Etude de faisabilité d?une RNN
au nord de Moulins
A définir Fonds vert
5 Val d'Allier Faire labelliser la rivière Allier de Vichy
à Nevers comme site d?importance
internationale au titre de la Convention
sur les zones humides
200 000 2024-2025 Collectivités
5 Val d'Allier Porter une ambition de recherche
scientifique pour l?Allier
100 000 2024-2025 Universités
Agence de l'eau
6 La Dombes Appuyer la candidature Ramsar 20 000 2023- 2024 Collectivités
6 La Dombes Soutenir un Life pour un programme
pilote pour les sites humides d?étangs
8 000 000 2024?2030 Union
européenne
BOP 113 (100 à
150K¤/an)
6 La Dombes Conforter la démarche de PTGE 100 000 2022?2024
(première
phase)
BOP113
Agence de l'eau
Collectivités
6 La Dombes Opérations test sur la gestion des
unités de chaînes d?étangs
50 000 A engager
en 2023
Fonds vert
6 La Dombes Renforcer et coordonner la lutte contre
les EEE
100 000 2023-2024 Fonds vert
6 La Dombes Conforter la démarche de PSE
engagée récemment
3 400 000 2022-2026 Agence de l'eau
6 La Dombes Participer au projet pilote « sentinelle
sur le CC »
Action
nationale
7 Camargue Mettre en place une mission de
dialogue permanent "Camargue"
200 000 2023-2024 BOP 113
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
7 Camargue Mettre en place un observatoire de la
salinité et de la qualité de l?eau douce
A définir 2023 BOP113
(financement
SNPN par
l?agence de l'eau)
Collectivités
7 Camargue Soutenir l?expérimentation de phyto-
remédiation des eaux rejetées dans
l?étangs du Vaccarès
340 000 2023-2024 Union
européenne
(FEADER)
France 2030
Collectivités
7 Camargue Améliorer la qualité de l?eau douce
rejetée dans les milieux naturels ?
Développement de la technique de
repiquage mécanique
196 806 2023-2024 Union
européenne
(FEADER)
MASA/France
2030
Agence de l?eau
Collectivités
7 Camargue Elaborer et animer une stratégie
foncière à l?échelle de toute la
Camargue
A définir 2023-2026 Fonds vert
Agence de l'eau
Collectivités
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Faire aboutir et soutenir le projet de
création d?un PNR des marais du
littoral charentais
2023
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Elaborer un plan de recul de la RNN
de Moëze Oléron
Construire un programme de
recherche ambitieux de suivi des effets
du changement climatique sur le long
terme
50 000 2024-2025 Fonds vert
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Mettre en place un plan de soutien à
l?élevage extensif, dans la suite de
l?expérimentation nationale conduite
sur les marais de Brouage
120 000 2023-2025 Agence de l?eau
Collectivités
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Consolider le rôle du SMCA dans la
gestion de l?eau, des milieux
aquatiques et des ouvrages
hydrauliques sur l?ensemble du
territoire
80 000 2024-2025 Fonds vert
Agence de l?eau
Collectivités
taxe GEMAPI
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Encourager les actions de
renforcement de la protection
conduites par les aires protégées
A définir 2023-2025 Fonds vert
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Elaborer une stratégie foncière
partagée
A définir 2023-2028 Agence de l'eau
Fonds vert
CELRL
PUBLIÉ
file:///C:/Users/herve.parmentier/Documents/Pro/CGEDD/PNZH/Pour%20le%20rapport/Rédaction%20rapport%20complet/Vpost%20Lavarde/23%2004%2005-TotalActions%20locales%20-%20Rapport.xls%23RANGE!%23REF!
file:///C:/Users/herve.parmentier/Documents/Pro/CGEDD/PNZH/Pour%20le%20rapport/Rédaction%20rapport%20complet/Vpost%20Lavarde/23%2004%2005-TotalActions%20locales%20-%20Rapport.xls%23RANGE!%23REF!
file:///C:/Users/herve.parmentier/Documents/Pro/CGEDD/PNZH/Pour%20le%20rapport/Rédaction%20rapport%20complet/Vpost%20Lavarde/23%2004%2005-TotalActions%20locales%20-%20Rapport.xls%23RANGE!%23REF!
file:///C:/Users/herve.parmentier/Documents/Pro/CGEDD/PNZH/Pour%20le%20rapport/Rédaction%20rapport%20complet/Vpost%20Lavarde/23%2004%2005-TotalActions%20locales%20-%20Rapport.xls%23RANGE!%23REF!
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
9 Marais
poitevin
Pérenniser le statut de l?EPMP, comme
outils unique de concertation et
d?arbitrage sur la gestion de l?eau en
confortant ses actions et ses moyens :
- Renforcer la capacité d?anima-
tion de l?EPMP
- Mettre en place un suivi de la
qualité de l?eau
100 000
50 000
2024-2028 Agence de l'eau
9 Marais
poitevin
Renforcer la gouvernance et les
actions en faveur de la biodiversité du
marais
100 000 2024-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
9 Marais
poitevin
Faire de l'observatoire de la nature un
outil au service de la gestion et de la
préservation de la biodiversité
150 000 2024-2025 Fonds vert
9 Marais
poitevin
Développer des outils de suivi-
évaluation des actions contre les
espèces exotiques envahissantes
200 000 2023-2026 Fonds vert
9 Marais
poitevin
Améliorer la protection et la
reconnaissance internationale du
marais humide et des milieux associés
100 000 A engager
en 2023
Fonds vert
Agence de l'eau
10 la Brenne Elaborer une stratégie partagée de
maîtrise et d?animation foncières en
faveur de la préservation des milieux
humides et du maintien de l?agriculture
et de la pisciculture extensives
140 000 2023-2027 Union
européenne
(FEADER)
Fonds vert
Agence de l?eau
Collectivités
10 la Brenne Renforcer l?acquisition et le suivi des
connaissances sur les effets du
changement climatique sur la
biodiversité et la ressource en eau de la
Brenne
100 000 2023-2025 Agence de l?eau
Collectivités
10 la Brenne Valoriser le classement de la
pisciculture traditionnelle de la Brenne
au patrimoine culturel et immatériel de
l?Unesco pour un usage durable de
l?eau et la préservation de la
biodiversité
135 000 2023-2025 Union
européenne
(FEAMP)
MTECT (DPMA),
Ministère de la
culture
Agence de l?eau
Région (Cap
filière DG agri)
Département.
10 la Brenne Faire de la lutte contre les espèces
exotiques envahissantes, un objet
écologique, social et économique
400 000 2023-2026 Union
européenne
Fonds vert
Agence de l?eau
MTECT (DPMA)
SMABCAC (taxe
GEMAPI)
Collectivités
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Fédérer le Marais breton et la baie de
Bourgneuf autour d?un projet de
territoire
A définir 2023-2024 Fonds vert
Région
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Renforcer les outils de protection forte 100 000 2023-2024 Union
européenne
(FEDER)
Fonds vert
Région
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Elaborer une stratégie partagée de
maîtrise et d?animation foncières en
faveur de la préservation des milieux
humides
140 000 2023-2027 Europe
(FEADER)
Fonds vert
Agence de l?eau
Département
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Favoriser la gestion collective et
globale des niveaux d?eau et des
aménagements hydrauliques
200 000 2023-2026 Fonds vert
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Accompagner les actions pour le
maintien de l?élevage dans le marais
350 000 2023-2028 Agence de l?eau
Collectivités
Chambre
d?agriculture
Filières
12 Sologne Fédérer les solognots autour d?un
projet de territoire
A définir BOP113
Collectivités
12 Sologne Conforter la gestion du plus grand site
Natura 2000 de France
A définir Union
européenne
BOP113
Agence de l?eau
Région
12 Sologne Résoudre la question très prégnante
des engrillagements et des
surpopulations de sangliers
12 Sologne Améliorer le soutien de l?agriculture et
de l?élevage
A définir
12 Sologne Relancer la filière piscicole A définir
12 Sologne Parfaire la connaissance du réseau
hydrographique et clarifier la notion de
continuité écologique au cas particulier
de ces grandes zones de marais
aménagées
A définir
13 Estuaire et
cours de la
Loire aval
Bâtir un cadre de concertation et une
gouvernance commune grâce à
l?organisation d?ateliers de territoires
sur l?estuaire en aval de Nantes
350 000 2024 BOP 135,
Fonds vert
Agence de l'eau
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
13 Estuaire et
cours de la
Loire aval
Sur l?amont de Nantes, conforter le
travail en cours de ré-équilibrage du lit
de la Loire et d?aménagement des
berges et des îles
700 000 2024-2026 Fonds vert
Agence de l'eau
14 Brière Consolider l?engagement du PNR pour
préserver la biodiversité
A définir 2023-2026 PNR
14 Brière Créer un observatoire de l?eau et de la
biodiversité à l?échelle du PNR
A définir 2024-2026 Agence de l?eau
Collectivités
14 Brière Positionner le PNR comme point focal
du plan national d?actions (PNA) du
Butor étoilé
450 000 2023-2029 Fonds vert
Agence de l?eau
Région
14 Brière Valoriser les produits issus de la
gestion écologique des roselières
300 000 2024-2026 Région
ADEME
EPCI
15 Monts d'Arrée Mettre en place un dispositif de
paiements pour services
environnementaux en solidarité amont-
aval à financement mixte (privé ?
public)
80 000 2024-2025 Agence de l'eau
Contrat de Rade
de Brest
Taxe GEMAPI
Fonds privés
15 Monts d'Arrée Mettre en place une stratégie foncière
partagée intégrant une opération
d?animation foncière (gestion collective
du foncier et ORE)
80 000 2023-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
15 Monts d'Arrée Accompagner le projet de création
d?une réserve naturelle nationale ou
régionale sur les crêtes des Monts
d?Arrée (projet Roc?h et Yeun des
Monts d?Arrée).
150 000 A engager
en 2023
Fonds vert
Agence de l'eau
Collectivités
15 Monts d'Arrée Lancer à l?échelle du territoire « un
mini grenelle de l?eau »
60 000 A engager
en 2024
Agence de l?eau
Collectivités
15 Monts d'Arrée Réaliser un schéma d?accueil du public
dans les monts d?Arrée
A engager
2024
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Sécuriser la gestion globale et
collective des niveaux d?eau
A définir 2024-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
Collectivités
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Soutenir la mission d?animation et de
conseil technique pour accompagner
les agriculteurs des marais
150 000 2023-2025 Agence de l'eau
Collectivités
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Améliorer la qualité de l?eau douce
pour préserver les production
piscicoles et conchylicoles
A définir A engager
en 2023
Agence de l'eau
Collectivités
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Garantir durablement les milieux
emblématiques des marais du
Cotentin et du Bessin
A définir A engager
en 2023
Fonds vert
Agence de l'eau
Collectivités
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Evaluer la capacité de stockage du
carbone des marais
Voir
actions
nationales
17 Baie de
Somme
Élargir et renforcer le soutien à
l?élevage en zone humide
A définir Agence de l?eau
17 Baie de
Somme
Mettre en place une gestion
quantitative de la nappe
A définir Agence de l?eau
17 Baie de
Somme
Mieux encadrer et accompagner la
fréquentation du public selon les
saisons
A définir Fonds vert
17 Baie de
Somme
créer un agrément de guide nature
17 Baie de
Somme
Rendre plus lisible la réglementation
17 Baie de
Somme
Etendre le Site Ramsar A définir Fonds vert
17 Baie de
Somme
Améliorer la connaissance de la
dynamique sédimentaire et fluviale
A définir Agence de l?eau
18 Marais de
Kaw
Lancer un plan de sauvegarde et de
mise en valeur des villages de Kaw et
de Ouanary
A définir 2023 Union
européenne
France Relance
18 Marais de
Kaw
Donner des moyens complémentaires
d?intervention à la RNN de Kaw-Roura.
100 000 2023-2024 Fonds vert
BOP 113
18 Marais de
Kaw
Mettre en place une instance de
préfiguration et de dialogue co-animée
par l?État et la CTG pour préciser les
conditions dans lesquelles un projet de
parc national pourrait être porté
200 000
500 000
par an à
partir de
2025
2023-2025
2025 et
suivantes
BOP113
CTG
18 Marais de
Kaw
Mettre en place un plan de
transformation du PNRG
120 000 2023-2025 Fonds vert
Collectivités
18 Marais de
Kaw
Lancer une initiative spécifique dédiée
aux habitats prioritaires des savanes
et des zones humides de l?ouest
A définir 2024-2025 Union
européenne
(Life)
Fonds vert
OFB
CTG
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Annexe 4.
Parc national (PN) Parc naturel régional (PNR)
Confère une reconnaissance nationale et
internationale à un territoire emblématique sur les
plans naturel, paysager et culturel
Confère une reconnaissance nationale à de
grands espaces ruraux habités à forte valeur
patrimoniale et paysagère
Etablissement public administratif Syndicat mixte ouvert (restreint ou élargi)
11 parcs nationaux (les coeurs de PNx représentent
4% du territoire national et seulement 0,78% du
territoire métropolitain)
58 parcs (18% du territoire national terrestre)
Budget moyen 7 M¤/parc/an, 70 agents/parc
Financement annuel pérenne de l?État (90 % en
moyenne)
Budget moyen 4 M¤/parc/an, 40 agents/parc
Financement assuré par les membres et
majoritairement par la Région de manière
discrétionnaire (70 % de contribution des
collectivités membres dont 40 % de la Région)
Créé par décret en Conseil d?État
Statut inaliénable pour le coeur de Parc. Libre
adhésion des communes pour l?aire d?adhésion
Créé par décret
Le statut peut être perdu en cas d?échec à faire
valider la charte par ses représentants
Marque commerciale « Esprit parc national » Marque commerciale « Valeurs parc naturel
régional »
Charte (15 ans) ayant pour objet de définir un projet
de territoire sur l?ensemble du parc (coeur et aire
d?adhésion). Une commune peut adhérer à la
charte même si l?intercommunalité a rendu un avis
négatif sur la charte
Charte (15 ans) ayant pour objet de définir un projet
de territoire. Une commune peut adhérer à la charte
même si l?intercommunalité a rendu un avis négatif
sur la charte.
Missions de protection du patrimoine naturel et
culturel, de connaissance et de recherche, d?accueil
du public, d?éducation à l?environnement et de
promotion du développement durable dans l?aire
d?adhésion
Missions de promotion d?un développement
durable du territoire basé sur la connaissance,
l?éducation à l?environnement, la préservation du
patrimoine naturel et culturel et de soutien des
activités économiques respectueuses de
l?environnement dont celles touristiques
Coeur, zone de protection réglementaire forte
avec réglementation des activités et de très
bons résultats en matière de biodiversité
Aire d?adhésion en solidarité écologique avec le
coeur et dédiée au développement durable sans
contrainte réglementaire spécifique
Protection à valeur contractuelle, qui ne permet
pas en soi la création de protection forte mais un
PNR peut être gestionnaire de réserves naturelles,
de zones Natura 2000, etc.
Conseil d?administration composé de toutes les
parties prenantes. Le président du CA et le
directeur définissent ensemble les orientations du
parc. Le directeur exerce la gestion au quotidien .
Conseil syndical qui ne comprend que les
collectivités locales ayant adhéré au PNR. Le
président en est l?autorité territoriale. Le directeur
exerce la gestion au quotidien.
Instances consultatives : conseil scientifique,
conseil économique, social et culturel
Instances consultatives : variables
Une commune ne peut pas être incluse à la fois dans un territoire de PN et de PNR.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
Page 74/93
Les parcs nationaux
Un outil privilégié pour travailler sur le temps long et reconnaître un caractère exceptionnel
Un parc national traduit la reconnaissance du caractère exceptionnel d?un territoire, pour la
valeur de son patrimoine naturel, paysager et culturel. Le statut de Parc national est reconnu dans
le monde entier. La maque « Esprit parc national » collective des parcs nationaux de France a
pour ambition valorise les produits et services des acteurs économiques présents sur le parc.
C?est un outil juridique qui garantit la préservation de ce territoire sur le long terme et son
inaliénabilité, quelles que soient les alternances politiques. Il n?existe pas de procédure pour
« fermer » un coeur de parc national.
Les parcs nationaux sont gérés par des établissements publics autonomes créés par décret en
Conseil d?État.
Un projet de territoire et un coeur garantissant la préservation
Un parc national est composé d?une aire d?adhésion et d?un coeur :
? Le coeur est une zone de protection réglementaire forte dans laquelle les pressions
engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des
enjeux écologiques de ces espaces sont supprimées ou significativement limitées, et ce
de manière pérenne, grâce à la mise en oeuvre d?une réglementation, associée à un con-
trôle effectif des activités. Selon les parcs, la réglementation, applicable au coeur unique-
ment, autorise de nombreuses activités récréatives et sportives, voire sous certaines con-
ditions de chasse, pêche, collecte de végétaux ;
? L?aire d?adhésion, rassemble des communes ayant vocation à faire partie du parc natio-
nal en raison de leur solidarité écologique ou géographique avec le coeur. Ces communes
décident volontairement d'adhérer à la charte du parc national, contrat entre l?État, l?éta-
blissement public et le territoire, qui a pour objet de définir un projet de développement
durable basé sur la solidarité écologique et économique entre le coeur et l?aire d?adhésion.
Sa durée d?application est de quinze ans. L?aire d?adhésion n?engendre pas de réglemen-
tation spécifique.
La protection de la biodiversité est essentielle aux missions des parcs nationaux. Ainsi, ils
contribuent, dans le coeur, à la bonne gestion et à la conservation des patrimoines, en aire
d'adhésion, à la valorisation d'activités compatibles avec le respect de la nature pour en
faire un atout pour le territoire. De même, la connaissance scientifique des patrimoines,
la bonne gouvernance visant à assurer un meilleur fonctionnement des institutions et à renforcer
les liens avec les acteurs locaux, la contribution des parcs aux politiques publiques et l?accueil
des publics sont des missions importantes des parcs nationaux.
Les parcs nationaux ont un modèle unique de gouvernance avec un conseil
d?administration composé de représentants de l?État, des collectivités locales et régionales, des
gestionnaires du territoire, des habitants et des usagers et où les représentants du territoire
sont majoritaires. L?État y est aussi représenté. Le Conseil d?Administration (CA) a des
compétences en matière de règlementation. Le président du CA et le directeur définissent
ensemble les orientations du parc. Le directeur exerce la gestion au quotidien. Un conseil
scientifique composé d?experts dans les domaines du patrimoine naturel mais aussi culturel et en
sciences sociales donne un avis sur les activités et travaux pour préserver le caractère du parc.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Les chiffres clefs des parcs nationaux en France
? 11 parcs ont été créés à ce jour. Il en existe 433 en Europe, 3 580 dans le monde ;
? Le budget moyen d?un parc en 2020 est de 7 M¤ dont 90 % du financement provient de
l?État. Chaque parc compte en moyenne 70 agents ;
? Les coeurs de parcs nationaux s?étendent sur 4 % du territoire national (2,6 millions d?hec-
tares dont 2 Mha pour le parc amazonien de Guyane (PAG) et 420 500 ha en métropole.
Les coeurs terrestres de métropole ne représentent que 0,76% de la métropole. Coeurs
de parcs et aires d?adhésion représentent 4,8 Mha soit environ 7,6% du territoire national.
Les 11 parcs couvrent 517 communes dont 75 % ayant adhéré à la charte, soit 1,2 % de
la population française ;
? 63 % des français jugent les territoires des parcs nationaux attractifs. Ils apparaissent
comme des territoires à forte valeur ajoutée, à visiter ou même pour y habiter. Chaque
année, les parcs accueillent 10 millions de visiteurs et génèrent directement une activité
économique privée, essentiellement liée au tourisme, avec un chiffre d?affaires de 380 M¤
(chiffre 2014).
? Les communes de coeur de parcs nationaux bénéficient d?une dotation biodiversité addi-
tionnelle à la DGF.
Des exemples illustrant la dynamique territoriale des parcs nationaux
? Le parc national des Calanques allie protection et accueil du public : 3 millions de
visiteurs annuels. La création du parc a permis de rassembler les acteurs impliqués autour
d?un objectif commun : la fin des rejets des boues rouges de l?usine de traitement de
bauxite de Gardane qui a été actée quatre ans après la création du parc. Activité tradi-
tionnelle du territoire, la chasse est autorisée sur près de la moitié du coeur de parc na-
tional. Sa pratique est cependant strictement encadrée par la réglementation de droit com-
mun et par la réglementation spéciale du coeur de parc. Les zones de chasse du parc
national sont réparties entre quatre sociétés de chasse (500 chasseurs). Quelques béné-
ficiaires individuels du droit de chasse sur propriétés privées sont également actifs sur le
territoire des Calanques. La perdrix rouge, le lièvre, le lapin et les oiseaux migrateurs
(grives, pigeon ramier, etc.) et le sanglier sont les principales espèces chassées. En mer,
les plus grandes zones de non pêche de Méditerranée ont permis une multiplication par
4 de la biomasse de poissons en 10 ans qui se répercutent dans les zones où il est auto-
risé de pécher et a permis d?obtenir le soutien des pécheurs professionnels ;
? Le parc national de Forêts est le 11ème et dernier parc national créé. La charte du parc
fait référence à la gestion adaptative des espèces pour mieux préserver les espèces
d?oiseaux dans le coeur forestier du parc. 3 grands projets de restauration de zones
humides et de cours d?eau sont menés par l?Epage Sequana et subventionnés par le
Parc national de forêts pour un montant de 87 k¤. Le parc a vocation à devenir un territoire
de gestion cynégétique d'excellence. Les enjeux et les modalités de la chasse sont
adaptés aux différents zonages du Parc national de forêts : dans la réserve intégrale, la
chasse est interdite. Par contre, la « régulation » des populations de trois espèces d'ongu-
lés sauvages (cerf, chevreuil, sanglier) est possible et organisée sous la responsabilité du
parc national à travers des Délégations de Service Public confiées à des associations de
chasse. Dans le coeur, l?objectif est la suppression des pratiques artificielles (agrainage,
grillage) et une cohabitation harmonieuse et sûre entre la chasse et l?accueil du public.
Dans l?aire d?adhésion, la gestion ne dépend pas directement du Parc national. L'objectif
est de faire la promotion d?une chasse exemplaire. Dans le coeur du parc, il est possible
de cueillir quelques espèces ; la cueillette d'espèces protégées est interdite. Concernant
l?agriculture, 5 pistes ont été retenues pour faire l'objet d'un plan d'actions prioritaire dans
une approche collective. Il s'agit des grandes cultures en bio, du lait différencié, des légu-
mineuses fourragères, de la viande bovine à l'herbe et de la trufficulture.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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Localisation des 11 parcs nationaux en France
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Rapport n°
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humides, et la création d?un parc national
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Les parcs naturel régionaux
Une valeur patrimoniale et paysagère
Les parcs naturels régionaux sont des territoires reconnus au niveau national pour leur forte
valeur patrimoniale et paysagère.
Les territoires des parcs naturels régionaux sont classés par décret et obtiennent la marque
« Valeurs parc naturel régional ». Le statut de PNR peut être perdu en cas d?échec à faire valider
la charte par ses représentants.
Un engagement contractuel de développement durable
L?État et les collectivités territoriales concernées, au premier rang la Région, s?engagent
contractuellement dans un projet concerté de développement durable, fondé sur la protection et
la valorisation du patrimoine naturel, culturel et paysager.
Les parcs naturels régionaux (PNR) sont chargés de mettre en oeuvre des actions selon cinq
missions : préserver et valoriser les patrimoines naturels et culturels, favoriser le développement
économique et la qualité du cadre de vie, aménager le territoire, informer et sensibiliser habitants
et visiteurs, conduire des actions expérimentales ou innovantes. Ces missions sont similaires à
celles d?un parc national pour le territoire.
En revanche, un PNR ne permet pas de protéger et réglementer de manière forte une zone
comme le fait la réglementation en coeur de parc national. Cependant, on retrouve d?autres aires
protégées sur les territoires des PNR. Ces derniers sont d?importants gestionnaires de réserves
naturelles (50 % de la surface terrestre des réserves nationales) et de sites Natura 2000 (19 %
de ces sites) ; 18 des 42 sites RAMSAR français et plusieurs sites inscrits au patrimoine mondial
de l?Unesco (par exemple les bords de la Loire sur le parc Loire-Anjou-Touraine) sont dans des
PNR. On y trouve également de nombreux sites classés et inscrits.
Les missions d?un PNR s?appuient sur une charte, élaborée préalablement au classement du parc,
dont la durée d?application est de quinze ans. Les communes adhèrent librement, le parc peut
être classé sous respect des critères suivants :
? les communes ayant approuvé la charte représentent au moins les deux tiers des com-
munes comprises dans le périmètre d'étude ;
? le territoire des communes ayant approuvé la charte inclus dans le périmètre d'étude re-
présente au moins les trois quarts de la surface de ce périmètre ;
? la population des communes ayant approuvé la charte représente au moins la moitié de
la population de l'ensemble des communes comprises dans le périmètre d'étude.
Les PNR sont créés par les Régions et gérés par un syndicat mixte ouvert (restreint ou élargi)
chargé de la gestion et de l?aménagement du parc. Ce syndicat regroupe notamment les
Départements concernés et les communes ayant adopté la charte. Les compétences des
syndicats mixtes gestionnaires des PNR leur sont attribuées par le code de l?environnement au
moment du classement du parc. Ils peuvent en sus disposer de compétences transférées par
leurs membres. Une association, la Fédération nationale des parcs naturels régionaux, est
chargée de l?animation du réseau de PNR.
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Rapport n°
014422-01
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Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Les chiffres clefs des parcs naturels régionaux en France
? Il existe actuellement 58 PNR dont 2 en outre-mer, qui représentent 10,1 Mha (15 % du
territoire français terrestre, 174 000 ha par parc) ;
? Le budget des PNR est d?environ 4 M¤/parc/an (incluant la surveillance) avec 70 % de
contribution des collectivités membres du syndicat mixte de gestion du parc, à savoir les
Régions pour 38 %, les Départements pour 16 %, les communes et intercommunalités
pour 15 %, et une part de l?État de 10 % ;
? Chaque parc compte en moyenne 40 agents (données de 2011).
Localisation des 58 PNR en France
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Rapport n°
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humides, et la création d?un parc national
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Annexe 5. Liste des personnes rencontrées au niveau
national
A titre d?information, Les 1200 personnes rencontrées au niveau local, sont listées dans les
rapports de sites (voir annexe 2).
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Abel Jean-David
France nature
environnement
Vice-président 13/09/22
Abric Sébastien
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjoint au chef du
bureau de la ressource
en eau et des milieux
aquatiques (EARM3)
08/02/2023
10/02/23
10/03/2023
Albert Arnaud
Office français de la
biodiversité
Chargé de mission
Espèces exotiques
envahissantes
14/02/23
Andreani Sandrine
Région Provence-
Alpes-Côte d?Azur
Conseillère biodiversité 07/06/22
Antoine Valérie
Région Nouvelle-
Aquitaine
Conseillère biodiversité 07/06/22
Archambault Benoît
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chef de bureau des
espaces protégés
26/07/22
13/01/23
31/05/22
Arpin Isabelle
Zone atelier Alpes -
INRAE
Co-directrice 14/02/23
Aubel Christophe
Office français de la
biodiversité
Directeur général
délégué mobilisation de
la société
08/03/23
Babin Julie
Fédération des
conservatoires
d?espaces naturels
Cheffe de projet
Fondation Espaces
Naturels de France
14/02/23
Bagagem Sophie
Forum des Marais
Atlantiques
Directrice adjointe 10/03/2023
Bascou Stéphanie DREAL Grand Est
Directrice régionale
adjointe
02/06/22
Belz Patrice
Conservatoire de
l'espace littoral et des
rivages lacustres
Délégué Centre-
Atlantique
14/02/23
Bernard Vincent Région Pays-de-Loire Conseiller biodiversité 07/06/22
Bignon1 Jérôme
Membre Honoraire du
Parlement
31/5/22
13/01/23
Boutroue Ludivine Région Pays-de-Loire Conseillère biodiversité 07/06/22
Brua1 Eric
Fédération des parcs
naturels régionaux de
France
Directeur
12/05/22
13/01/23
10/03/23
Caesstecker1 Pierre
Office français de la
biodiversité
Chargé de mission
zones humides et marais
31/5/22
13/01/23
08/03/23
09/03/23
Cerisier-Auger Alexis
Ministère de la
transition écologique,
Commissariat général
au développement
durable
Chargé de mission
biodiversité (espèces) et
milieux humides.
13/01/23
17/05/22
Echanges
réguliers
Chantepy Nicolas
Agence de l?eau Rhône
Méditerranée Corse
Directeur général adjoint 20/03/23
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
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humides, et la création d?un parc national
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Charpentier Antoine Région Ile-de-France
Conseiller biodiversité
Ile-de-France
07/06/22
Chevennement Rémy
Parc national des
Cévennes
Directeur adjoint 10/03/23
Choumert Emeline
Agence de l?eau Loire-
Bretagne
Cheffe du service
agriculture et milieux
aquatiques
03/03/23
Coantic Amélie
Ministère de la
transition écologique
Directrice du cabinet de
la secrétaire d'État
auprès du ministre
26/07/22
Coïc Bastien
Association Ramsar
France
Animateur de réseau 31/5/22
Colas Hélène
Ministère de la
transition écologique
Conseillère biodiversité
du cabinet de la
secrétaire d'État auprès
du ministre
22/12/22
Collin
Jean-
François
Chambre d?agriculture
de la Manche
Directeur 26/08/22
Corsini Véronique
Conservatoire
d?espaces naturels de
Lorraine
Directrice 17/02/23
Coué Thierry
Fédération nationale
des syndicats
d?exploitants agricoles
Vice-président 20/06/22
Couellier Marie
Ile-de-France
Normandie
Conseillère biodiversité 07/06/22
Courbois Laurent
Fédération nationale de
la chasse
Chargé de mission
auprès du DG
10/06/22
Custot Julien DREAL Pays-de-Loire
Directeur régionale
adjoint
02/06/22
Daloz Aurélien
Office français de la
biodiversité
Chef de service adjoint
Usages et gestion de la
biodiversité
08/03/23
Darmendrail Dominique
Bureau de recherches
géologiques et minières
Directrice du programme
Eaux souterraines &
Changements globaux
01/03/23
Davoust-
Gosselin
Virginie Région Ile-de-France Conseillère biodiversité 07/06/22
De Maleville Olivia Régions de France
Conseillère transition
écologique et
énergétique.
07/06/22
Debaere Olivier
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjoint au sous-directeur
des écosystèmes
terrestres
22/12/22
Delaquaize François
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chargé de mission
espèces exotiques
envahissantes
17/02/23
Delye Sylvain
Fédération nationale
des syndicats
d?exploitants agricoles
Référent zones humides 20/06/22
Demolis Raphaël
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chef du bureau de la
chasse de la faune et de
la flore sauvages
02/03/23
Doron Jean-Paul
Fédération nationale de
la pêche en France
Vice-président 16/05/22
Ducarre Olivier
Région Centre-Val de
Loire
Conseiller biodiversité 07/06/22
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Dunand Arnaud
Ministère de
l?agriculture et de la
souveraineté
alimentaire
SCPE/SDPE DGPE
Sous-directeur
Performance
environnementale et
valorisation des
territoires
14/03/2023
Ernou Frédéric
Chambres d?agriculture
France
Responsable du service
agro-environnement
Echanges
écrits
Estève1 Roger
Conseil national de la
protection de la nature
Expert environnement 13/01/23
Férey Pascal
Chambres d?agriculture
de France
Vice-président
19/07/22
26/08/22
Ferrere Ghislaine
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chargée de mission
zones humides
21/06/22
31/05/22
13/01/23
08/02/23
10/02/23
17/02/23
21/02/23
10/03/23
Garnier
Claire-
Cécile
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Cheffe du bureau de la
ressource en eau, des
milieux aquatiques et de
la pêche en eau douce
08/02/23
21/02/23
Genet Ludovic
Agence de l?eau Seine
Normandie
Directeur territorial 20/03/23
Gilardeau Jean-Marie
Forum des marais
atlantiques
Président
14/02/23
16/02/23
Gilbert Daniel
Laboratoire Chrono-
Environnement, UMR
CNRS 6249 /
Université de Franche-
Comté
Directeur de la Zone
Atelier Arc Jurassien,
président du conseil
scientifique du pôle
relais tourbière
17/02/23
Girard Frédéric
Région Auvergne-
Rhône Alpes
Conseiller biodiversité 07/06/22
Grandmougin Benoit Région Grand Est Conseiller biodiversité 07/06/22
Grange Michel
Coopépoisson (01)
Association française
des professionnels de
la pisciculture d?étang
(AFPPE)
Directeur 20/02/23
Gravier
Marie-
Hélène
DREAL Auvergne-
Rhône-Alpes
Cheffe de service 02/06/22
Gruselle, Pascal Régions de France
Conseiller Europe,
aménagement des
territoires et outre-mer
07/06/22
Guillain
Pierre-
Edouard
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjoint au directeur 26/07/22
Guillouët Jérôme
Fédération nationale de
la pêche en France
Responsable technique 16/05/22
Gutton Martin
Agence de l?eau Loire
Bretagne
Directeur général
07/06/22
20/03/23
Hanocq Thierry
DREAL Hauts-de-
France
Adjoint chef du pôle
nature et biodiversité
02/06/22
Hazet Charles
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjoint à la Sous-
Directrice Préservation
et Gestion de l'eau et
des ressources
minérales
31/05/22
Hoeltzel Marc
Agence de l?eau Rhin
Meuse
DG
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Rapport n°
014422-01
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humides, et la création d?un parc national
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Jalbert Jean Tour du Valat Directeur général
02/02/22
20/03/23
Julien-
Laferrière
Guy
Syndicat des étangs de
la Loire- Etangs du
Forez ; Etangs de
France
Président 20/02/23
Jutand Christophe
Agence de l?eau Adour
Garonne
Chef de l'unité territoriale
Charente
20/03/23
Kurukgy Vanessa
Fédération des
conservatoires
d?espaces naturels
Juriste 24/02/2023
Lafargue Claire
Fédération nationale
des syndicats
d?exploitants agricoles
Juriste environnement, 20/06/22
Le Mieux Amélie
Office français de la
biodiversité
Cheffe de projet
observatoire national de
la biodiversité
14/02/23
Lebeau Florian Région Bretagne Conseiller biodiversité 07/06/22
Lecoustey Marc
Chambre d?agriculture
de la Manche
Secrétaire général
19/07/22
26/08/22
Limanton Karine Région Pays-de-Loire Conseillère biodiversité 07/06/22
Maillet Albert
Office national des
forêts
Directeur des forêts et
des risques naturels
24/05/22
Maréchal Xavier Etangs de France Président 20/02/23
Marion1 Loïc
Conseil national de la
protection de la nature
Président
31/5/22
13/01/23
Marteau Cédric
Ligue pour la protection
des oiseaux
directeur du pôle
protection de la nature
24/05/22
Matykowski2 Isabelle AE Artois-Picardie DGA 20/03/23
Mercier Corentin
Parcs nationaux de
France
Délégué inter parcs
nationaux
12/05/22
19/01/23
Mestres Aurélie DREAL Bretagne
Directrice régionale
adjointe
02/06/22
Métayer
Marie-
Laure
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjointe au directeur 31/05/22
Micheau François
Fédération des
conservatoires
d?espaces naturels
Directeur des
programme et de
l?animation scientifique
28/02/23
Miossec Gilbert
Forum des marais
atlantiques
Directeur 02/02/22
Mougey1 Thierry
Fédération des parcs
naturels régionaux de
France
Chargé de mission
Biodiversité et gestion
de l'espace ·
31/5/22
13/01/23
10/03/23
Mounier1 Bruno
Fédération des
conservatoires
d?espaces naturels
Directeur
07/06/22
13/01/23
Muller Francis Pôle relais tourbières Directeur 02/02/22
Muzar Florian
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?habitat,
de l?urbanisme et des
paysages
Bureau des stratégies
territoriales, référent
aménagements et
schémas régionaux
02/06/22
Papouin Matthieu
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Sous-directeur des
écosystèmes terrestres
26/07/22
Paquin Maxime
France nature
environnement
Chargé de mission
réseau biodiversité
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Rapport n°
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Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Perennou Christian
Observatoire des
Zones Humides
Méditerranéennes
Chef de Projet 01/03/23
Prévost Cédric
Ministère de
l?agriculture et de la
souveraineté
alimentaire
SPPSI/SDATAA
Sous-directeur de
l'accompagnement des
transitions alimentaire et
agro-écologique
15/02/2023
Privat1 Adrien Conservatoire du littoral
Responsable de mission
interface "Terre-Mer"
13/01/23
Ragueneau Olivier
Centre national de la
recherche scientifique
Directeur du réseau des
zones ateliers
06/03/23
Ramanah Fanny
Région Hauts-de-
France
Conseillère biodiversité 07/06/22
Ratouis Mathilde
Zone Atelier Alpes -
INRAE
Chargée de médiation
scientifique Sentinelles
des Alpes
14/02/23
Ribault Muriel Région Conseillère biodiversité 07/06/22
Rivet Nicolas
Fédération nationale de
la chasse
Directeur général 10/06/22
Rocard Sandrine
Agence de l?eau Seine
Normandie
Directrice 07/06/22
Rolland Guillemette Conservatoire du littoral
Directrice de l?action
foncière et des systèmes
d?information
31/5/22
Rouveyrol1 Paul
Museum national
d?histoire naturelle
Responsable de la
cellule Espaces protégés
et Natura 2000
31/5/22
13/01/23
Roy Laurent
Agence de l?eau Rhône
Méditerranée Corse
Directeur 07/06/22
Rungette Denis DREAL Normandie
Chef du bureau de la
biodiversité et des
espaces naturels
02/06/22
Saur Nathalie
Agence de l?Eau Loire-
Bretagne
Cheffe de service
interventions territoriales
15/02/23
Siblet1
Jean-
Philippe
Conseil national de la
protection de la nature
Vice-président
commission espaces
protégés
31/5/22
13/01/23
Sirot-Devineau
Anne-
Françoise
Région Nouvelle-
Aquitaine
Conseillère biodiversité 07/06/22
Sommier1 Michel
Office français de la
biodiversité
Directeur des aires
protégées
31/5/22
13/01/23
Tamini Floriane
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chargée de mission au
bureau des espaces
protégés
26/07/22
13/01/23
Tapadinhas Laurent
DREAL Hauts-de-
France
Directeur 02/06/22
Texier-Pauton Elodie
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chargée de portefeuille
projets, domaine
agriculture
08/02/23
Thibault. Olivier
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Directeur 26/07/22
Thomas1 Marie
Réserves naturelles de
France
Directrice
07/06/22
13/01/23
Tuffnell Frédérique Assemblée nationale
Députée de Charente-
Maritime
31/5/22
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
Page 84/93
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Varray Sylvie
Fédération des
Conservatoires
d'espaces naturels
Chargée de mission
Espèces exotiques
envahissantes
08/03/23
Vatin Thierry
Agence de l?eau Artois-
Picardie
Directeur général 07/06/22
Vérilhac Yves
Ligue pour la protection
des oiseaux
Directeur général 24/05/22
Vienne Laurent
Agence de l?eau Loire-
Bretagne
Chargé de mission
milieux humides
03/03/23
1 : membres experts du groupe experts mobilisé par la mission
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
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Annexe 6. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ABC Atlas de la biodiversité communale
ADEME Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
AE Agence de l?eau
AFA Association foncière agricole
AFOM Atouts-faiblesses-opportunités-menaces (analyse)
AFP Association foncière pastorale
AOC Appellation d?origine contrôlée
AOP Appellation d?origine protégée
APP Arrêté préfectoral de protection
ARB Agence régionale de la biodiversité
ASA Association syndicale autorisée
AURA Auvergne-Rhône-Alpes (Région)
BCAE
Bonnes conditions agricoles et environnementales (mesure d?éco-
conditionnalité au titre de la PAC)
BRGM Bureau de recherches géologiques et minières
CA Chambre d?agriculture
CA France Chambres d?agriculture France
CC Communauté de communes
CCI Chambre de commerce et d?industrie
CELRL Conservatoire de l?espace littoral et des rivages lacustres
CEN Conservatoire d?espaces naturels
CESP Communication, éducation, sensibilisation et participation (stratégie)
CGAAER
Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces
ruraux
CGDD Commissariat général au développement durable
CGEDD Conseil général de l?environnement et du développement durable
CNPN Conseil national de la protection de la nature
CNRS Centre national de la recherche scientifique
COPIL Comité de pilotage
CPER Contrat de plan État-Région
CSRPN Conseil scientifique régional du patrimoine naturel
CTE Contrat territorial eau
CTG Collectivité territoriale de Guyane
DCE Directive cadre sur l?eau
DDT(M) Direction départementale des territoires (et de la mer)
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
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Acronyme Signification
DEB Direction de l?eau et de la biodiversité
DGAL Direction générale de l'alimentation
DGALN Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature
DGPE
Direction générale de la performance économique et
environnementale des entreprises
DGRI Direction générale de la recherche et de l'innovation
DMTG Droits de mutation à titre gratuit
DOCOB Document d?objectifs
DREAL
Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du
logement
EEE Espèce exotique envahissante
ENS Espace naturel sensible
EPAGE Etablissement public d?aménagement et de gestion de l?eau
EPCI Établissement public de coopération intercommunale
EPF Etablissement public foncier
EPFL Etablissement public foncier local
EPTB Etablissement public territorial de bassin
ETP (T) Équivalent temps plein (travaillé)
FEADER Fonds européen pour l?agriculture et le développement rural
FEDER Fond européen de développement régional
FMA Forum des marais atlantiques
FNC Fédération nationale des chasseurs
FNCEN Fédération nationale des conservatoires d?espaces naturels
FNP Fédération nationale de la pêche en France
FRB Fondation pour la recherche sur la biodiversité
GAEC Groupement agricole d?exploitation en commun
GIEE Groupement d?intérêt économique et environnemental
ha Hectare
ICHN Indemnité compensatoire de handicaps naturels
IEA Institut d?écologie appliquée
INPN Inventaire national du patrimoine naturel
INRAE
Institut national de recherche pour l?agriculture, l?alimentation et
l?environnement
INTERREG
Programme financier de l?Union européenne en soutien à la
coopération territoriale européenne
IOTA
Installations, ouvrages, travaux et activités ayant une incidence sur
l?eau et les milieux aquatiques (nomenclature)
ISTZH Indemnité spéciale territoires de zones humides
km Kilomètre
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Rapport n° 014422-01
Avril 2023
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Acronyme Signification
LIFE
Programme financier de l?Union européenne en soutien à l?action pour
l?environnement et le climat
Loi 3 DS
Loi sur la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et
portant diverses mesures de simplification de l'action publique locale
LPO Ligue pour la protection des oiseaux
MAEC Mesures agro-environnementales et climatiques
MASA Ministère de l?agriculture et de la souveraineté alimentaire
MNHN Museum national d?histoire naturelle
MTECT Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires
OFB Office français de la biodiversité
ONB Observatoire national de la biodiversité
ONF Office national des forêts
ORE Obligation réelle environnementale
PAC Politique agricole commune
PACA Provence-Alpes-Côte d?Azur (Région)
PAEC projets agro-environnementaux et climatiques
PAG Parc amazonien de Guyane
PAT Projet alimentaire territorial
PEPR Programme et équipement prioritaire de recherche
PGSZH Plan de gestion stratégique des zones humides
PLU (i) Plan local d?urbanisme (intercommunal)
PMAZH Plan de maintien de l?agriculture en zones humides
PN Parc national
PNMH Plan national milieux humides
PNR Parc naturel régional
PNRG Parc naturel régional de la Guyane
PSE Paiement pour services environnementaux
PTGE Projet de territoire pour la gestion de l?eau
RBD Réserve biologique dirigée
RBI Réserve biologique intégrale
RNCFS Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
RNF Réserves naturelles de France
RNN Réserve naturelle nationale
RNR Réserve naturelle régionale
SAFER Société d?aménagement foncier et d?établissement rural
SAGE Schéma d?aménagement et de gestion des eaux
SCOT Schéma de cohérence territoriale
SDAGE Schéma directeur d?aménagement et de gestion des eaux
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
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zones humides, et la création d?un parc national
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Acronyme Signification
SGPI Secrétariat général pour l'investissement
SNAP Stratégie nationale pour les aires protégées
SNB Stratégie nationale biodiversité
SNEEE Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes
SNO Tourbières Service national d?observation Tourbières
SRADDET
Schéma régional d?aménagement, de développement durable et
d?égalité des territoires
SRCE Schéma régional de cohérence écologique
TFPNB Taxe foncière sur les propriétés non bâties
TVA Taxe sur la valeur ajoutée
TVB Trame verte et bleue
UE Union européenne
UICN Union internationale pour la conservation de la nature
UMS PatriNat Unité mixte de services sur le patrimoine naturel
UNESCO
Organisation des Nations unies pour l?éducation, la science et la
culture
WWF World Wide Fund for Nature
ZA Zone atelier
ZNIEFF Zone naturelle d?intérêt écologique, faunistique et floristique
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
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Annexe 7. Bibliographie (documents principaux)
Date de
publication
Auteur(s) Titre Sous-titre Editions
2023
Forum des Marais
Atlantiques
Construction d?un réseau
national des acteurs engagés
pour le maintien de l?élevage en
milieux humides
Fiche projet ?
PNMH4 version
5
2022
Département de
l'Ain, Association
de promotion du
poisson des étangs
de la Dombes
Livre Blanc - filière piscicole 2022-2025
Département
de l?Ain
2022
Falcone Patrick,
Saudubray Frédéric
Développement de la filière
piscicole
Rapport IGEDD
n°013563-02,
Rapport
CGAAER
n°21087
MTECT
MASA
2022
Forum des Marais
Atlantiques
Préservation de l'élevage
extensif en milieux humides
Résumés du
séminaire de
restitution
FMA
2022
Gilbert Daniel,
Martin Elsa
Contribution des tourbières
françaises à l?objectif national de
neutralité carbone en 2050
Colloque GET «
Les tourbières
et le carbone »,
08/09/2022
2022
Lafaye de
Micheaux Flore,
Viret Christophe
Mission relative à la création
d'un parc national de zones
humides
Rapport
CGEDD n°
014136-01
MTECT
2022
Ministère de
l?agriculture et de la
souveraineté
alimentaire
Plan Stratégique National de la
PAC 2023-2027, France
2022
Ministère de la
transition
écologique
Plan d?action pour prévenir
l?introduction et la propagation
des espèces exotiques
envahissantes
2022-2030
2022
Ministère de la
transition
écologique
Stratégie nationale pour la
biodiversité 2030
Premier volet
pré-COP15
2022
Secrétariat d'État à
la biodiversité
4e plan national Milieux
humides
2022-2025
2021
André Frédéric,
Viret Christophe
Mission d?écoute des acteurs
impliqués dans le devenir de la
tourbière de Baupte dans le
département de la Manche
Rapport
CGEDD
n°013563-02
Rapport
CGAAER n°
20086
MAA
MTE
2021
Comité national de
la conchyliculture,
Comité
interprofessionnel
des produits de
l?aquaculture,
Ministère de
l?agriculture et de
l?alimentation,
Ministère de la mer,
Ministère de la
transition
écologique,
Régions de France
Plan aquacultures d'avenir 2021-
2027
Plan stratégique
national pour
l'aquaculture
durable
2021
Conseil national de
la refondation
La France, un patrimoine naturel
exceptionnel
Fiche de
présentation des
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
Page 90/93
Date de
publication
Auteur(s) Titre Sous-titre Editions
enjeux relatifs à
la biodiversité
2021
Direction de l?eau
et de la
biodiversité/MTECT
Rapport du Gouvernement au
Parlement sur la mise en oeuvre
du mécanisme d?obligations
réelles environnementales et sur
les moyens d?en renforcer
l?attractivité
2021
Dupuis Louise,
Sainteny Guillaume
Comment développer les
Obligations réelles
environnementales (ORE) en
France ?
Note de la FRB
Fondation
pour la
Recherche
sur la
biodiversité
2021
Ministère de la
transition
écologique
Stratégie nationale pour les
aires protégées 2030
2021
Ministère de la
transition
écologique, Office
français de la
biodiversité, Pôle-
relais zones
humides
Charte des Pôles-relais zones
humides et contributions aux
Centre de ressources milieux
humides
2020
Chambres
d'agriculture
France
État des lieux des articulations
possibles entre agriculture en
milieux humides et Projets
Alimentaires Territoriaux (PAT),
Groupements d?Intérêts
Economique et Environnemental
(GIEE) et valorisation des
produits issus de ces milieux
Chambres
d'agriculture
France
2019
Bignon Jérôme,
Tuffnell Frédérique
Terres d'eau, terres d'avenir
Assemblée
nationale
Sénat
2019 IPBES
Evaluation mondiale sur la
biodiversité et les services
écosystémiques
IPBES
2019 Sainteny Guillaume Fiscalité et biodiversité Note de la FRB
Fondation
pour la
Recherche
sur la
biodiversité
2017
Aubert Marie-
Hélène, Brugière-
Garde Yves, Dereix
Charles, Guerber
François (coord.)
Préservation de l'élevage
extensif, gestionnaire des
milieux humides
Rapport
CGEDD n°
010813-01
Rapport
CGAAER n°
16100
MAA
MTE
2017
Chambres
d'agriculture
Bretagne, CBNB,
GRETIA, INRA
Zones humides : rôle et place
dans la gestion agricole
Réseau des
fermes de
références en
Bretagne
Chambres
d'agriculture
Bretagne
2017
Chambres
d'agriculture
France
Maîtriser les notions de zones
humides et de milieux humides
en lien avec l?activité agricole -
2e édition
Guide à l?usage
des conseillers
Chambres
d'agriculture
France
2017
Ministère de
l?environnement, de
l?énergie et de la
mer
Stratégie nationale relative aux
espèces exotiques
envahissantes
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 La mission s?inscrit dans un contexte de fort déclin des zones humides
1.1 Une mission dont l?objectif a été élargi
1.2 Une mission à l?écoute
1.3 Des échanges approfondis avec les acteurs de terrain
1.4 Un accueil contrasté
1.5 Présentation des dix-huit sites emblématiques, témoins de la diversité des zones humides françaises
2 Des actions opérationnelles en faveur des dix-huit sites emblématiques
2.1 Une centaine d?actions démonstratives et opérationnelles, issues des territoires
2.2 Des bonnes pratiques dans les territoires pour la mise en oeuvre nationale de la protection des zones humides
3 Améliorer les politiques nationales pour les zones humides
3.1 Maintenir et conforter une agriculture et une pisciculture favorables à la biodiversité dans les zones humides
3.1.1 Soutenir une agriculture respectueuse du maintien des fonctionnalités des milieux humides
3.1.2 Soutenir une pisciculture traditionnelle et extensive favorable aux milieux humides d?étangs
3.2 Favoriser la préservation des zones humides par le déploiement d?outils fonciers adaptés
3.2.1 Elaborer des stratégies foncières collectives d?acquisition et d?animation
3.2.2 Promouvoir les outils contractuels de gestion du foncier
3.3 Vers une fiscalité plus favorable aux zones humides
3.4 Adapter la réglementation en faveur des territoires de zones humides
3.4.1 Etendre la définition des zones humides
3.4.2 Achever la cartographie des cours d?eau et simplifier les procédures de déclaration et d?autorisation « IOTA »
3.4.3 Publier le décret précisant les conditions d'exonération de l'obligation de compensation du défrichement en les ciblant vers les milieux humides
3.5 Etudier la mise en place d?interventions spécifiques pour les territoires de zones humides
3.5.1 Cibler davantage les territoires de zones humides dans le 12ème programme d?intervention des agences de l?eau (2025-2030)
3.5.2 Renforcer les interventions des éco-contributions de l?OFB en faveur des grandes zones humides
3.6 Améliorer la connaissance et la sensibilisation en faveur des milieux humides
3.6.1 Renforcer le rôle des pôles relais « zones humides » comme vecteurs d?appropriation de la connaissance
3.6.2 Développer des réseaux d?observation de long terme sur les milieux humides
3.6.3 Faire des zones humides des sites prioritaires pour expérimenter des méthodes de lutte contre les espèces exotiques envahissantes
4 Vers un parc national de zones humides
4.1 Une ambition à la croisée des enjeux de l?eau et de la biodiversité, exemplaire de la capacité à concilier nature et usages
4.2 Le parc national : un outil décrié mais relativement mal connu dans les territoires de zones humides
4.3 Une caractérisation des dix-huit territoires qui objective la valeur intrinsèque des sites, la plus-value de l?outil parc national et l?acceptabilité territoriale de l?outil
4.4 Eléments de méthode et principes préalables à l?engagement d?un processus de création de parc national dédiés aux zones humides
4.5 Dix-huit sites de grande qualité parmi lesquels se dégagent trois territoires d?exception
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Rapports de sites
Annexe 3. Propositions d?actions locales identifiées sur les dix-huit sites
Annexe 4. L?essentiel des parcs nationaux et régionaux
Annexe 5. Liste des personnes rencontrées au niveau national
Annexe 6. Glossaire des sigles et acronymes
Annexe 7. Bibliographie (documents principaux)
(ATTENTION: OPTION es mêmes conditions que ceux de
montagnes. L?objectif est, à l?image du soutien à l?agriculture de montagne qui s?est révélé
performant, de soutenir significativement l?élevage extensif en zones humides pour lutter
contre la déprise.
Il est à noter qu?un changement au niveau européen doit intervenir pour permettre cette
extension de l?ICHN aux territoires de zones humides dans les conditions de ceux de
montagne25.
La mission recommande de retenir cette proposition en la ciblant sur des territoires identifiés,
à savoir les sites labellisés Ramsar, pour appliquer cette Indemnité spéciale territoires de
zones humides (ISTZH), afin :
D?assurer des montants élevés, à l?image des territoires de montagne (montants
maximum de l?ordre de 235 à plus de 300 ¤/ha pour les premiers 25 ha) ;
De cibler les actions dans des territoires qui se sont engagés dans une démarche
volontaire de préservation et de protection des zones humides ; la procédure de
labellisation Ramsar est initiée localement par des collectivités ou autres parties
prenantes locales.
La modulation proposée permettrait de traiter des cas particuliers comme celui des grandes
manades camarguaises. En outre, elle permettrait d?intégrer de nouveaux sites Ramsar,
lorsque ceux-ci obtiennent la labellisation (liste évolutive).
Cette nouvelle enveloppe permettrait de renverser la contrainte des territoires de zones
humides en atout pour l?éleveur, sans exiger de pratiques particulières hormis le maintien des
prairies permanentes et l?usage d?une fertilisation raisonnée.
Cette recommandation reprend en partie une proposition 26 établie par la Chambre
d?agriculture de Charente-Maritime en novembre 2022, qui préconisait une indemnité de
l?ordre de 150 ¤/ha en zones humides.
4- Bonifier les pratiques agricoles favorables à la protection et au maintien des fonc-
tionnalités des zones humides, notamment via les PSE
La mission recommande de diffuser les PSE et MAEC en faveur de pratiques favorables au
maintien et à la préservation des zones humides, et de renforcer les enveloppes financières
24 Pour rappel, l?indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) est en montant la plus importante
aide du deuxième pilier de la PAC. Elle est financée à 35% par l?Etat et à 65% par le fonds européen agricole
de développement rural (FEADER) en métropole. Pour la PAC 2023-2027, son budget annuel a été maintenu
à 1,1 Md ¤.
25 Dans les dispositions actuelles de l?ICHN au niveau européen, les zones de montagne ne sont pas
concernées par des critères technico-économiques qui restreignent les communes éligibles à l?ICHN. A
l?inverse, les dispositions européennes pour les zones défavorisées hors montagne (dites zones soumises à
contraintes naturelles et zones soumises à contraintes spécifiques) imposent la prise en compte de critères
technico-économiques (par exemple, la prise en compte de la production standard brute restreinte, en
comparaison de la moyenne nationale). En conséquence, le zonage de l?ICHN négocié en 2019 (périmètre
en vigueur) ne reflète pas la liste des communes situées en site d?importance internationale pour les zones
humides (sites Ramsar), qui avaient été pourtant initialement intégrée. Les critères technico-économiques
avaient en effet, de fait, écarté un certain nombre de ces communes du zonage final.
26 Référence : Chambre d?agriculture de Charente-Maritime, novembre 2022.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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associées. Le principal défaut actuel de ces outils est leur lourdeur administrative et leur faible
attractivité, dans la mesure où les enveloppes n?ont pas ciblé un nombre restreint de pratiques
bénéficiaires. En outre, des zones humides à enjeux se trouvent hors sites Natura 2000 et il
convient de pouvoir y encourager les bonnes pratiques, pour éviter que celles non vertueuses
mais plus rentables prennent le pas (par exemple, retournement de prairies, etc.).
Ces outils doivent permettre également de compenser les contraintes associées à la limitation
des intrants à proximité de zones humides à enjeux, ou encore celles associées à la limitation
des effets de rabattements de nappe pour réduire les effets d?assèchement de cours d?eau
phréatiques. La mission recommande en particulier de soutenir les opérations collectives
portées par les PNR, les établissements publics d?aménagement et de gestion des eaux
(EPAGE) ou tout autre opérateur local.
La mission recommande l?extension des expérimentations PSE27. D?expérience (secteur de
la bande rhénane par exemple, autour de la problématique des captages d?eau potable), les
PSE présentent une réelle attractivité si les montants sont suffisamment élevés et si la charge
administrative n?est pas trop lourde au regard du bénéfice financier. Lorsqu?ils s?adressent à
un milieu (par exemple, un périmètre de protection de captage, mais aussi des bassins
versants d?une tourbière, d?un étang, d?un cours d?eau à enjeux, d?une aire protégée, etc.) ils
présentent l?avantage de relever d?une démarche collective qui permet de donner du sens
aux contraintes, grâce à l?efficacité des mesures cumulées. En cela, ils sont plus facilement
acceptés et reconnus par la profession agricole.
La mission recommande en outre que les MAEC et les PSE soient mis à profit pour
compenser les contraintes associées à la limitation des intrants à proximité de zones humides
à enjeux, ou encore celles associées à la limitation des effets de rabattement de nappe pour
réduire les effets d?assèchement de cours d?eau phréatiques.
Enfin, la mission recommande que la mesure bonnes conditions agricoles et
environnementales (BCAE 2) soit utilisée en complémentarité avec les mesures incitatives,
en s?assurant qu?il n?y ait pas de contradiction dans les approches, ni dans les messages aux
agriculteurs et dans les cartographies considérées. La mission suggère en particulier que le
dispositif puisse reconnaître que des diagnostics de terrain viennent compléter ou rectifier la
cartographie nationale, le cas échéant.
[DEB, DGPE, DGAL, collectivités, agences de l?eau] : Soutenir une
agriculture extensive en territoires de zones humides : i) [DGPE] En insérant une
référence explicite à l?intérêt de celle-ci dans le pacte d?orientation agricole et la
prochaine loi d?orientation ; ii) [DGAL, collectivités] En déployant les outils
classiques d?aide à l?installation et d?appui aux filières locales via les projets
alimentaires territoriaux en ciblant des territoires de zones humides ; iii) [DGPE]
En portant une révision de l?ICHN à l?horizon 2028 auprès des instances
européennes, afin d?y intégrer les territoires de zones humides dans les mêmes
conditions que les zones de montagne ; iv) [DGPE, collectivités, agences de l?eau]
En bonifiant les pratiques agricoles favorables à la protection et au maintien des
fonctionnalités des zones humides (tourbières, mares, milieux alluviaux, prairies
humides, marais littoraux, etc. et leurs aires d?alimentation), notamment via les
PSE.
27 La mission a noté la difficulté de cumuler PSE et MAEC, parfois demandée sur le terrain, en raison de la
complexité et des risques juridiques inhérents à ce double financement, mises en avant par le MASA.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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3.1.2 Soutenir une pisciculture traditionnelle et extensive
favorable aux milieux humides d?étangs
La mission formule un nombre limité de recommandations qui complètent ou précisent les
actions figurant dans le plan national aquaculture d?avenir 2021-2027 qui n?évoque la
pisciculture d?étang que dans son annexe 1, et le rapport IGEDD-CGAAER 2022 sur le
développement de la filière piscicole 28 qui aborde succinctement la pisciculture d?étang
(pp.19 et 50).
1- Produire un guide de bonnes pratiques valorisant les us et coutumes29, notam-
ment la gestion coordonnée des étangs, et traduire ce guide en document de ges-
tion pour chaque exploitant ou propriétaire
Un guide valorisant les us et coutumes traduirait l?engagement des pisciculteurs à respecter
les bonnes pratiques en contrepartie d?un allégement des procédures administratives ou des
contrôles (cf. 3.4.sur la réglementation). La rédaction en serait confiée aux associations
régionales30 en relation avec les services déconcentrés de l?État (DDT, DREAL et Office
français pour la biodiversité (OFB).
Cela permettrait d?alléger la procédure administrative liée aux autorisations préalables de
travaux, interventions ou opérations de gestion, notamment récurrentes, dès lors qu?elles
respectent le guide des bonnes pratiques. Un document type élaboré par la profession en
lien avec l?administration serait mis à disposition des propriétaires et/ou exploitants qui le
compléteraient.
Un appui financier pourrait être apporté pour la coordination de ce travail (chargé de mission
auprès des fédérations de pisciculteurs ou mutualisé au niveau national).
2- Réguler le Grand cormoran en attribuant des quotas aux territoires
Ce sujet délicat occupe toutes les parties prenantes depuis plus de 20 ans. Suite à la
protection stricte des Grands cormorans par la directive « Oiseaux » de 1979, leur sous-
espèce continentale s?est multipliée31. A donc été ouverte la possibilité de les réguler, il y a
25 ans, avec des quotas attribués chaque année par département pour, d?une part, les
pisciculteurs et, d?autre part, les pêcheurs sportifs, au double motif des dégâts sur les
piscicultures extensives en étangs et des risques présentés par la prédation sur des espèces
de poissons fragiles.
28 Développement de la filière piscicole Frédéric Saudubray, IGEDD et Patrick Falcone, CGAAER, octobre
2022.
29 A l?image de La Dombes avec le « guide des usages des étangs de la Dombes » codifié par le droit
coutumier de la Dombes (Truchelut) ou du projet engagé en Brenne de guide de bons usages.
30 Adapra en Aura, Fage dans le GE, Farec en Centre-Val de Loire.
31 Le rapport IGEDD-CGAAER de 2022 montre que la population française de ces cormorans quasi absente
en 1990 atteint 9 000 couples en 2021.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Le cadre réglementaire a été revu et un nouvel arrêté32 autorise le prélèvement annuel d?au
maximum 27 892 Grands cormorans continentaux dans le cadre d?un prélèvement triennal
pour 2022/2025 de 83 676 unités. Aucun prélèvement n?est permis sur le littoral, ni désormais
hors pisciculture.
S?ils appellent de leurs voeux une régulation, les pisciculteurs (et pêcheurs) ne sont pas
nécessairement chasseurs et ne sont pas en capacité de réaliser ces opérations. Un quota
par territoire que le propriétaire ou détenteur du droit de chasse pourrait déléguer à tout
chasseur ayant validé son permis de chasse, en faciliterait la réalisation. Un suivi en temps
réel pourrait être fait avec l?application mobile des chasseurs « ChasseAdapt » pour mettre
fin aux tirs dès l?atteinte du quota. Ces modalités de régulation adaptative s?apparenteraient
à celle des espèces chassables qui ont permis d?adapter la pression de chasse à la situation
réelle des populations.
3- Prendre en charge le surcoût lié à la prévention des dégâts dus au cormoran
Le cormoran est devenu la « bête noire » des pisciculteurs et propriétaires d?étangs qui le
considèrent comme la principale cause de fragilisation de la filière et de forte réduction de la
production de poisson. Pour autant, après des années de discussions vaines, la profession
ne croit plus à la possible indemnisation des dégâts 33 . Elle estime néanmoins que les
pouvoirs publics qui ont instauré une protection forte de cet oiseau doivent en supporter les
conséquences.
La mission propose deux actions qui permettraient de « sortir par le haut » d?une crise qui a
mis à mal les relations de confiance entre toutes les parties prenantes :
L?aide aux investissements : les bassins de stockage des reproducteurs, cages, filets
et autres dispositifs de protection sont assez efficaces, mais coûteux. Si certaines
Régions aident les pisciculteurs, cette aide est insuffisante et doit être réajustée et
systématisée ;
L?aide à l?innovation technologique et à sa diffusion : un système de vidéo-
surveillance avec reconnaissance des cormorans (fiable à 94%) a été testé dans le
Forez ; son utilisation pourrait être développée par la profession avec l?aide des
pouvoirs publics. Le fonds vert pourrait en assurer le financement.
32 Il s?agit de l?arrêté du 19 septembre 2022 fixant les plafonds départementaux dans les limites desquelles
des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant les
grands cormorans continentaux (Phalacrocorax carbo sinensis) pour la période 2022-2025. Cet arrêté ne
fixe aucun quota de destruction en eaux libres pour la période 2022-2025. Insatisfaite de cette décision, la
Fédération Nationale de la Pêche en France (FNPF) a alors saisi le Conseil d?Etat d?une demande de
suspension de cet arrêté ministériel en tant qu?il mettait en danger certaines espèces de poissons menacées
ou protégées. Dans l?ordonnance rendue le 10 novembre 2022, le Conseil d?Etat a rejeté la requête de la
FNPF, suivant les arguments de la Ligue de pour la protection des oiseaux (LPO), il rappelle que l?Etat ne
doit fixer des quotas de prélèvement que s?ils sont justifiés par la protection des poissons.
33 Même si la profession n?a pas manqué de relever que des moyens significatifs sont mis à disposition des
éleveurs pour les indemniser de la prédation des loups et des ours, ou prendre en charge la prévention, alors
que ce n?est pas le cas pour les pisciculteurs et le cormoran. Ils estiment qu?il y a disparité de traitement.
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014422-01
Avril 2023
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4- Accompagner les pisciculteurs pour l?entretien des étangs et la gestion extensive
des milieux associés
Les roselières et herbiers aquatiques ont régressé à cause du développement des
populations de ragondins, des EEE ou par enfrichement, faute d?entretien des abords ; or ce
sont des milieux non seulement très favorables à certaines espèces patrimoniales, mais qui
contribuent également à la protection contre les cormorans et autres prédateurs. Certaines
Région ont aidé les pisciculteurs à les entretenir (cas de l?ancienne Région Lorraine) avec un
résultat significatif et apprécié. Cette initiative devrait être consolidée par la nouvelle Région
Grand Est et étendue aux autres Régions. Ce peut être par la mise en place de PSE comme
en Brenne et dans la Dombes, où des initiatives ont été engagées, mais également par une
aide des agences de l?eau à la préservation de milieux aquatiques sensibles, ou par les
Régions ou Départements au titre du soutien à une filière traditionnelle.
[DEB, OFB, DDT(M), collectivités, agences de l?eau] : Soutenir une
pisciculture traditionnelle et extensive favorable aux milieux humides d?étangs : i)
[OFB, DDT(M), profession] : En produisant des guides de bonnes pratiques pour
chaque territoire et en promouvant des plans de gestion ou programmes
d?intervention pluriannuels ; ii) [DEB] : En régulant le Grand cormoran continental
en attribuant des quotas, non pas aux seuls pisciculteurs, mais aux territoires ;
iii) [DEB] : En prenant en charge le surcoût lié à la prévention des dégâts dus au
cormoran ; iv) [collectivités /agences de l?eau] : En accompagnant les pisciculteurs
pour l?entretien des étangs et la gestion extensive des milieux associés.
3.2 Favoriser la préservation des zones humides par le
déploiement d?outils fonciers adaptés
La préservation des zones humides et la mise en oeuvre de travaux de restauration de leurs
fonctionnalités écologiques se heurtent aux difficultés de maitrise du foncier subies par les
opérateurs qu?ils soient publics ou associatifs. En outre, dans ces terres d?eau peu
productives sur un plan agronomique, la maitrise foncière est un levier efficace pour soutenir
les pratiques extensives faiblement rémunératrices et peu ou pas aidées par la politique
agricole commune (PAC). En proximité de secteurs dévolus aux activités économiques tels
que les estuaires, la maitrise du foncier facilite également la mise en place des dispositifs de
protection forte.
La maîtrise foncière s?entend sous la forme d?acquisition ou de conventionnement permettant
de garantir la conservation des zones humides (marais, étangs, lagunes, tourbières, forêts
alluviales) et des espaces adjacents en solidarité écologique avec celles-ci. Elle permet d?agir
dans une logique de complémentarité ou de coordination des interventions et des outils
parfois méconnus. Les stratégies foncières doivent s?inscrire dans la durée et leur animation
demande un engagement sur plusieurs années (au moins 10 ans) en associant les différents
acteurs.
3.2.1 Elaborer des stratégies foncières collectives d?acquisition et
d?animation
Concernant les zones humides, les principaux opérateurs fonciers sont le CELRL, les CEN,
les Départements voire les SAFER.
Le CELRL pilote son action foncière via sa stratégie d?acquisition dans les secteurs littoraux
et lacustres. Dans les autres territoires, les CEN sont les principaux acteurs. Ils agissent
également en tant que gestionnaires de sites. Leur action est renforcée par la création de la
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Rapport n°
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Fondation des espaces naturels de France. Par ailleurs, de nombreuses associations de
tailles variables (dont la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), la Tour du Valat, etc.),
les fédérations départementales des chasseurs et de la pêche34 conduisent également des
actions d?acquisition foncière à des fins environnementales. Il existe par ailleurs de nombreux
propriétaires privés voire des fondations reconnues d?utilité publique ou des fonds de dotation
qui portent des actions foncières.
Les Départements peuvent porter une stratégie d?acquisition foncière au titre de la politique
des espaces naturels sensibles (ENS) financée par la taxe d?aménagement. Ils bénéficient
d?un droit de préemption ENS qu?ils peuvent déléguer y compris aux communes. La mise en
oeuvre de cette politique est variable selon les Départements. Les SAFER assurent quant à
elles du portage de foncier agricole et environnemental sur des durées courtes. Elles
disposent d?outils de veille et conduisent des actions de prospection foncière. Les
établissements publics fonciers nationaux ou locaux (EPF, EPFL) sont peu mobilisés en
matière environnementale bien que leurs statuts le leur permettent. Ils assurent du portage
foncier sur du court ou du long terme.
Riches de cette diversité d?acteurs, les expériences identifiées comme les plus efficaces dans
les territoires reposent sur des approches collectives telles que celles menées par le CEN et
le service départemental de la SAFER en Lorraine, ou le CELRL et le CEN en Pays de la
Loire. Elles sont à déployer dans d?autres territoires pour partager des stratégies d?acquisition
et d?animation foncières35.
A cet effet, les crédits du PNMH et du Fonds vert (dans ses objectifs centrés sur la protection
forte) et, le cas échéant, des agences de l?eau pourront être mobilisés à hauteur d?environ
100 000 ¤ correspondant aux sept sites identifiés par la mission soit à titre indicatif 700 000 ¤.
[DEB] : Accompagner l?élaboration de stratégies collectives
d?acquisition et d?animation foncières en dotant les sites identifiés par la mission
de moyens d?animation sur une durée de trois ans.
3.2.2 Promouvoir les outils contractuels de gestion du foncier
La mise en place de mesures contractuelles à des fins environnementales sur un terrain
permet d?une part, de garantir le maintien d?activités et de pratiques compatibles avec la
conservation de leur état écologique ou de leur fonctionnalité et d?autre part, de sécuriser
l?accès au foncier pour des activités agricoles ou piscicoles extensives. Les tensions foncières
et économiques36 constituent en effet un risque de disparition de ces pratiques à moyen
terme.
34 Ces fédérations appuient également leur actions d?acquisition foncière sur des fondations : Fondation pour
la protection des habitats de la faune sauvage et Fondation pour la pêche.
35 Sept sites ont été identifiés par la mission au titre du plan national d?actions locales. Il s?agit de : marais de
Brouage, Monts d?Arrée, marais Poitevin, Brenne, Basse vallée du Doubs et Bresse, Tourbières du Jura,
marais Breton et baie de Bourgneuf.
36 Ce sont notamment : la concurrence commerciale entre les productions, les paiements tardifs des aides
publiques, l?absence voire le manque d?attractivité des MAEC (cf. section précédente), etc.
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C?est pourquoi la mission formule deux propositions :
1) Renforcer la gestion foncière collective des terrains agricoles dans les zones
humides
Les spécificités des zones humides appellent à partager les expériences et les outils
mobilisables par les usagers qu?ils soient agriculteurs ou pisciculteurs. Si les groupements
fonciers agricoles(GFA) constituent une forme de gestion collective du foncier, la mission
souhaite développer les initiatives menées pour la mise en place d?AFP dans les secteurs
agricoles de zones humides.
Traditionnellement développées en territoire de montagne, les AFP sont des outils de
politique foncière pour engager des dynamiques de co-construction d?un projet agricole
territorial37. Si elles bousculent le rapport habituel à la propriété individuelle en regroupant les
propriétaires de surfaces pastorales tout en maintenant leur droit de propriété et d?usages,
elles modifient les conditions d?exercice en décidant collectivement de l?affectation et de
l?usage agricole des terres ainsi mises en commun. De plus, les AFP permettent des
approches collectives des aménagements ou des travaux à réaliser tout en laissant le choix
aux propriétaires de bénéficier ou non des prestations proposées. Ainsi, l?AFP du marais de
Brouage38 a réalisé pour le collectif, des travaux de restauration du réseau hydraulique privé
tertiaire en minimisant le reste à charge pour le propriétaire et en intégrant dans la phase de
travaux des précautions environnementales, en collaboration avec la LPO.
Le déploiement d?une AFP nécessite un important travail d?animation pour informer et
mobiliser les propriétaires, construire l?outil et ses offres de services. Dans le cadre des
contrats territoriaux, les agences de l?eau notamment, pourraient participer à leur financement.
Au regard du retour d?expérience de l?AFP du marais de Brouage menée dans un cadre
national39, la mission recommande d?accompagner la mise en place de ce type de dispositif
sur cinq territoires candidats parmi les 17 sites emblématiques métropolitains en octroyant
des moyens d?animation sur une durée de deux à trois ans. Cette expérimentation territoriale
permettrait de fiabiliser l?adaptation de cet outil en zone humide avant de l?étendre à d?autres
territoires.
A cet effet, un budget de 100 000¤ par territoire pourrait être mobilisé au titre du soutien des
agences de l?eau pour accompagner des territoires volontaires.
[DEB, agences de l?eau, collectivités] : Financer sur des territoires
volontaires le déploiement de démarches d?associations de gestion foncière (sur
le modèle des associations foncières pastorales) pour favoriser, en conjonction
avec d?autres mesures, le maintien de l?élevage bovin extensif dans les territoires
de zones humides.
37 Cette approche est complémentaire des approches type PAT ou GIEE citées plus haut dans la section 1
de ce chapitre. Elle présente l?intérêt d?une intégration plus forte des acteurs agricoles.
38 L?AFP des marais de Brouage créée par arrêté préfectoral du 17 avril 2019 regroupe plus de 1 500
propriétaires, soit 4 825 parcelles en prairies naturelles sur une surface de 7 530 hectares situés sur le
territoire de huit communes reconnues préalablement comme pastorales par le Préfet.
39« Préservation de l?élevage extensif en milieux humides : Enseignements de l?expérimentation nationale et
perspectives » - https://elevage.forum-zones-humides.org/actualites-ressources/seminaire-de-restitution/
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https://elevage.forum-zones-humides.org/actualites-ressources/seminaire-de-restitution/
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2) Accompagner un déploiement massif des obligations réelles environnemen-
tales (ORE) dans les territoires de zones humides
Créées par la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août
201640, les ORE permettent aux propriétaires fonciers d?attacher à leur terrain des obligations
durables de protection de l?environnement. Ce dispositif a toutefois du mal à se déployer,
alors même qu?il présente un très grand intérêt pour les zones humides. Les principales
causes de ce démarrage très lent sont l?absence d?animation territoriale et des incitations
fiscales très timides (voir chapitre suivant).
Pourtant, les zones humides sont certainement l?un des milieux où le déploiement massif
d?ORE volontaires ferait sens. En effet, ce dispositif est complémentaire d?une politique
d?acquisition foncière au sens où l?ORE constitue un mode de maîtrise foncière économe en
ressources. Il constitue un vrai levier de sensibilisation des propriétaires et des gestionnaires
pour le maintien des fonctionnalités des zones humides. Faisant naître des obligations de
part et d?autre, il permet selon les cas de prévoir des obligations d?entretien voire de
restauration écologique à la charge de l?un des co-contractants.
Sur la base du premier rapport du gouvernement au Parlement sur la mise en oeuvre d?ORE
et sur les moyens d?en renforcer l?attractivité41, la mission recommande de mettre en place
un dispositif d?animation territoriale pour promouvoir et déployer les ORE, concentré sur des
zones humides volontaires. En lien avec la fédération nationale des CEN (déjà mandatée au
niveau national) et l?OFB, il est proposé de soutenir fortement cinq territoires de zones
humides volontaires42 pour tester une démarche de déploiement d?ORE en y concentrant des
moyens d?animation sur une durée de trois à cinq ans environ. Cette expérimentation avec
une entrée territoriale et thématique (zones humides) permettrait de faire progresser
fortement ce dispositif et d?en tirer des enseignements nationaux pour l?améliorer.
Pour se faire au titre du PNMH et/ou du Fonds vert, une enveloppe de 1 M¤ (soit 200 000¤
environ par site) pourrait ainsi être réservée afin d?outiller ces territoires tests, en moyens
d?animation territoriale pour le déploiement à grande échelle d?ORE en lien avec les enjeux
de protection et de restauration de leurs zones humides.
[DEB, OFB] : Affecter un million d?euros à un dispositif
expérimental d?animation sur cinq sites de déploiement d?ORE.
3.3 Vers une fiscalité plus favorable aux zones humides
Au-delà des propositions faites au chapitre sur les outils fonciers (cf. 3.2) concernant la mise
en place d?un dispositif d?animation à titre expérimental sur cinq sites de déploiement d?ORE,
d?autres initiatives en matière de fiscalité pourraient être prises pour inciter à la préservation
des zones humides.
Pour les ORE43, les exonérations fiscales sont aujourd?hui limitées à celles de la taxe de
publicité foncière et de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) selon l?article
1394 D du code général des impôts (CGI). Cette dernière n?est pas réellement mise en oeuvre
dans la mesure où elle est laissée à la discrétion des communes et des établissements
publics de coopération intercommunale (EPCI) et n?est pas compensée par l?État. Il
40 https://www.ecologie.gouv.fr/obligation-reelle-environnementale
41 https://www.vie-publique.fr/rapport/279397-mecanisme-d-obligations-reelles-environnementales
42 Les 18 territoires retenus par la mission pourrait prioritairement se positionner pour participer à cette
expérimentation.
43 En particulier pour les ORE à visée patrimoniale en opposition aux ORE mises en place dans le cadre de
la compensation.
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https://www.ecologie.gouv.fr/obligation-reelle-environnementale
https://www.vie-publique.fr/rapport/279397-mecanisme-d-obligations-reelles-environnementales
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conviendrait d?examiner si cette compensation pourrait à l?avenir être réelle pour les territoires
de zones humides, afin d?encourager la signature massive d?ORE sur ces territoires
spécifiques et fragiles.
Outre ces dispositions, il faut aussi noter celles relevant de l?article 1395 B bis du CGI qui
exonèrent à concurrence de 50% de la TFPNB44 perçue par les communes et les EPCI, les
terrains situés en zone humide au sens de l?article L211-1 du code de l?environnement. De la
même manière que pour les dispositions précédentes, la non-compensation de ces
exonérations est un obstacle à la mise en oeuvre de pratiques vertueuses pour la protection
de ces milieux humides.
De nombreux rapports45 ont pointé la timidité des mesures fiscales incitatives pour favoriser
la préservation des zones humides.
Il en va ainsi des demandes régulières d?extension de l?article 793 du CGI aux terrains situés
dans les zones humides. Cet article exonère aujourd?hui partiellement de droits de mutation
à titre gratuit (DMTG) sous certaines conditions, les transmissions de propriété de bois et de
forêt.
En outre, les travaux de restauration et de gros entretien en zones humides pourraient être
déductibles du revenu net (insertion à prévoir au titre de l?article 31 I 2 quinquies du CGI).
Enfin, pour des raisons historiques, les étangs de pisciculture sont taxés (TFPNB) à l?aune
des revenus qu?ils procuraient lorsque la consommation de poisson d?eau douce était plus
importante. Force est de constater que ce n?est plus le cas, et qu?à l?instar des autres milieux
humides, la fiscalité est disproportionnée et pénalisante pour les propriétaires pisciculteurs,
voire les incite à abandonner ce type ce modèle de pisciculture extensive au profit d?autres
productions plus intensives.
La mission propose qu?un chantier soit ouvert sans délais pour examiner l?ensemble des
pistes et propositions sur ce thème.
[MTECT, Ministère de l?action et des comptes publics]: mettre en
place un groupe de travail interministériel visant à faire des propositions
d?incitations fiscales pour la préservation des zones humides et engager les
adaptations législatives et réglementaires nécessaires.
3.4 Adapter la réglementation en faveur des territoires de
zones humides
Le PNMH 2022-2026, prévoit dans son action 5 de « garantir une application homogène et
efficace entre les territoires de la réglementation sur les zones humides en apportant des
outils opérationnels ». Un groupe de travail apportera des éclairages et des outils pour
favoriser au mieux l?application de la réglementation.
La mission a fait le choix de mettre en avant quelques sujets très partagés par les acteurs
des 18 sites emblématiques, qui pourront alimenter ce groupe de travail.
44 Bien que cette exonération ne puisse être autorisée que si les parcelles concernées ont fait l?objet d?une
liste dressée par le maire sur proposition de la commission communale des impôts directs et qu'elles fassent
l'objet d'un engagement de gestion pendant cinq ans portant notamment sur le non-retournement des
parcelles et la préservation de l'avifaune.
45 Citons ici les propositions du rapport « Terres d?eau et terres d?avenir » rédigé par J. Bignon et F. Tuffnel
et remis au gouvernement en janvier 2019, ainsi que la note de la Fondation pour la recherche sur la
biodiversité (FRB) de décembre 2019 : https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-
content/uploads/2019/12/FRB-Note-Guillaume-Sainteny-Fiscalite-biodiversite.pdf
PUBLIÉ
https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2019/12/FRB-Note-Guillaume-Sainteny-Fiscalite-biodiversite.pdf
https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2019/12/FRB-Note-Guillaume-Sainteny-Fiscalite-biodiversite.pdf
Rapport n°
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3.4.1 Etendre la définition des zones humides
Le sens donné aux zones humides diffère selon le point de vue et le contexte dans lequel il
doit en être fait usage. S?intéresser à leur définition suppose de le faire au regard de la
diversité des situations de terrain et des conséquences réglementaires que cela induit.
La réglementation française (article L.211-1 du code de l?environnement46), englobe dans les
zones humides uniquement les milieux non aquatiques terrestres. Cela explique par exemple
que des zones humides, comme les étangs, désignées au titre de la convention Ramsar, ne
soient pas considérées comme telles au titre de la définition nationale.
Cette définition est plus restrictive que celle de cette convention qui définit les zones humides
comme des étendues de marais, de fagnes, de tourbières, ou d?eaux naturelles ou artificielles,
permanentes ou temporaires, où l?eau est stagnante, ou courante, douce, saumâtre ou salée,
y compris des étendues d?eau marine dont la profondeur à marée basse n?excède pas six
mètres. Le rapport Terres d?eau-Terres d?avenir propose une « définition clarifiée inscrite dans
la loi », avec une nouvelle rédaction de l?article L 211-1 du code de l?environnement. Celle-ci
serait inspirée de la définition de la convention Ramsar47 en élargissant les zones humides
aux plans d?eau, à l?exclusion des cours d?eau et plans artificiels (retenues collinaires et lacs
de barrages).
Cet élargissement du champ de définition des zones humides suppose en contrepartie que
la réglementation applicable à celles-ci, ou que les conditions d?application, soient
différenciées selon leur nature48.
3.4.2 Achever la cartographie des cours d?eau et simplifier les
procédures de déclaration et d?autorisation « IOTA »
La délimitation et la typologie de l?ensemble des zones humides paraît désormais possible
avec la cartographie des zones humides qui vient de s?achever.
Il subsiste cependant une ambiguïté concernant la distinction des cours d?eau et fossés créés
artificiellement, fréquemment mise en cause par les acteurs de terrain. Il conviendrait
d?achever la cartographie des cours d?eau en tenant compte de la spécificité des grandes
zones d?étangs, pour lesquelles le réseau de fossés reliant des chapelets d?étangs, et souvent
sans exutoire ou sans débit permanent, verrait son statut clarifié.
Enfin, les acteurs de nombreux sites visités par la mission ont signalé la complexité et la
lenteur des dossiers de déclaration ou de demande d?autorisation au titre de la loi sur l?eau
nécessaires aux travaux, y compris ceux d?entretien et récurrents, alors même qu?ils
conditionnent le maintien en l?état des zones humides.
C?est particulièrement vrai pour les réfections de digues, l?entretien des canaux, étiers et
fossés dans les marais, les vidanges d?étangs, les autorisations de défrichement pour
restaurer des roselières envahies par les saules.
46 Article L.211-1 du code de l?environnement : on entend par zone humide les terrains, exploités ou non,
habituellement inondés ou gorgés d?eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la
végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de
l?année.
47 Au sens de la Convention Ramsar, les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de
tourbières ou d?eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l?eau est stagnante ou
courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d?eau marine dont la profondeur à marée basse
n?excède pas six mètres.
48 Ainsi, par exemple, le modèle dombiste de gestion des étangs (qui seraient alors considérés comme des
zones humides) qui prévoit la mise en assec de longue durée, ne doit pas être remis en question.
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La mission propose les axes d?amélioration suivants :
1) Rédiger une circulaire d?application sans modifier la nomenclature des IOTA (installations,
ouvrages, travaux, activités) permettant une application différenciée des procédures
(déclaration et autorisation) selon la nature des zones humides (par exemple la faciliter pour
les grands territoires d?étangs, ou grands marais), moyennant une analyse globale des
incidences des travaux sur l?environnement, prenant en compte l?intérêt de ces travaux pour
le maintien en bon état de la zone humide49 ;
2) Exonérer les gestionnaires et propriétaires de procédures au coup par coup dès lors que
les travaux et interventions seraient conformes à un cadrage approuvé par les services
territoriaux (DREAL, DDT(M), OFB). Comme pour le point précédent, ce cadrage serait
assorti d?une analyse globale des incidences des travaux sur l?environnement, prenant en
compte l?intérêt de ces travaux pour le maintien en bon état de la zone humide.
Ce cadrage pourrait être constitué par :
Une programmation des investissements ou des plans de gestion pluriannuels, à
l?instar de ce qui est mis en place en site Natura 2000 à travers les documents
d?objectifs (DOCOB) ;
Des guides reprenant les us et coutumes rédigés à l?initiative des professionnels, en
lien avec les services de l?État (DDT(M) et OFB).
Ils garantiraient la prise en compte de la préservation de l?environnement, et encadreraient
les pratiques.
3.4.3 Publier le décret précisant les conditions d'exonération de
l'obligation de compensation du défrichement en les ciblant
vers les milieux humides
L'article 167 de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des
paysages, prévoit la publication d?un décret en Conseil d'État précisant les conditions
d'exonération de l'obligation de compensation du défrichement pour certaines opérations
d'ouverture de milieux forestiers réalisées en faveur du patrimoine naturel dans des espaces
protégés.
La mission recommande la publication rapide de ce décret, annoncée comme une mesure
de la planification écologique de l?eau.
49 Un premier élément de réponse est constitué par la rubrique 3.3.5.0 créée en 2020, qui permet de
soumettre à déclaration uniquement les projets de restauration des fonctionnalités naturelles des milieux
aquatiques définis par arrêté ministériel. Elle est exclusive de l?application des autres rubriques de la
nomenclature et vise à simplifier pour les porteurs de projet, les procédures associées aux projets vertueux
et visant à l?atteinte des objectifs de la directive 2000/60/CE (DCE). Elle pourrait être appliquée à tous les
travaux en zones humides. Cependant, la déclaration reste une procédure considérée comme lourde par les
acteurs rencontrés et se pose la question d?aller jusqu?à exonérer ces travaux d?une procédure de déclaration
dès lors qu?un plan de gestion ou un guide sont mis en place.
PUBLIÉ
https://www.actualitesdudroit.fr/documents/fr/lr/loi/2016/8/8/DEVL1400720L/20170101
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[DEB, DDT(M), OFB, DGPE] : Adapter la réglementation et sa mise
en oeuvre aux zones humides : i) [DEB] : En introduisant dans le code de
l?environnement une définition plus englobante des zones humides en cohérence
avec celle de la convention Ramsar ; ii) [DDT(M)] : En achevant la cartographie des
cours d?eau en tenant compte de la spécificité des grandes zones d?étangs ; iii)
[DEB, OFB] : En publiant une circulaire permettant une application différenciée des
procédures de déclaration et d?autorisation « IOTA » selon la nature des zones
humides au regard d?une analyse globale des incidences des travaux sur
l?environnement ; iv) [DDT(M), OFB] : En exonérant les gestionnaires et
propriétaires de procédures au coup par coup dès lors que les travaux et
interventions sont conformes à un cadrage (programmation des investissements
ou plans de gestion pluriannuels, guides de bonnes pratiques) ; v) [DEB, DGPE] :
En publiant le décret précisant les conditions d'exonération de l'obligation de
compensation du défrichement facilitant l'entretien des milieux humides.
3.5 Etudier la mise en place d?interventions spécifiques pour
les territoires de zones humides
Les milieux humides qui rendent pourtant des services environnementaux exceptionnels, ne
bénéficient pas d?outils ou de mesures spécifiques au même titre que les territoires de
montagne (loi montagne) ou du littoral (loi littoral, CELRL). Si ces milieux font néanmoins
l?objet d?un PNMH et de dispositions particulières dans les schémas directeurs
d?aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), le rapport parlementaire « Terres d?eau,
terres d?avenir » (2019) invite à renforcer l?arsenal de mesures en leur faveur, par des
mesures fortes qui identifient spécifiquement ces milieux. La mission se propose d'investiguer
la manière de renforcer la visibilité et le soutien pour les milieux humides au sein des outils
existants en faveur de l?eau et de la biodiversité. Ses propositions visent les interventions des
agences de l?eau au titre du 12ème programme et le fléchage d?une partie du budget de l?éco-
contribution géré par l?OFB.
A ce titre, la mission fait plusieurs propositions ci-après qu?il conviendra d?expertiser plus
avant.
3.5.1 Cibler davantage les territoires de zones humides dans le
12ème programme d?intervention des agences de l?eau (2025-
2030)
Les agences de l?eau interviennent de manière importante dans le financement des grands
et petits cycles de l?eau ainsi qu?en faveur de la biodiversité des milieux aquatiques.
Les modalités du soutien financier varient selon les agences. Ainsi, dans le cadre du 11ème
programme d?intervention, les taux d?aides par agence et par type d?intervention en faveur
des zones humides s?établissent comme suit50 :
50 Sources L. Vienne dans « Financer les actions écologiques dans les zones humides », AE, OIEau 2022.
PUBLIÉ
Rapport n°
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Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
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Taux d?aide
(%)
Adour
Garonne
Artois
Picardie
Loire
Bretagne
Rhin
Meuse
Rhône
Méditerra-
née Corse
Seine
Normandie
Acquisition 80 70 50 80-100 70 80
Restauration 50 70 30-50 80 50 80
Entretien 50 400 ¤/ha 0 80 30 40
Animation 50 70 50-60 50 50-70 80
Etude 50 70 50 70-80 50-70 80
Communi-
cation/sensibi
lisation
50 50 50 40 70 50-80
Cadre
d'intervention
Contrat
de
progrès
territorial
Programme
concerté
pour l?eau
Contrat
territorial
Contrat de
territoire
Contrat de
milieu
Contrat de
territoire
eau- climat
On constate de grandes différences de modalités et de taux de financement selon les
agences, avec par exemple des taux qui ne dépassent pas 50-60% pour celle de Loire
Bretagne alors qu?ils atteignent 80% sur la plupart des postes pour celle de Seine-Normandie.
Si ces variations reflètent les capacités de financement et les politiques d?interventions
différentes de chaque agence, cela n?est pas sans conséquences sur les sites concernés
par la présente mission. En effet, huit des 17 sites métropolitains étudiés51 sont situés dans
le bassin hydrographique Loire-Bretagne, dont l?agence est celle qui applique les plus faibles
taux de financement (30 à 60%), laissant un reste à charge aux maîtres d?ouvrage qui peut
se révéler limitant pour réaliser certaines actions.
Les entretiens avec les acteurs des sites visités notamment de la façade atlantique,
confirment la difficulté à réaliser les travaux d?entretien des ouvrages hydrauliques, des
canaux, et de lutte contre les EEE, en raison de la faiblesse ou l?absence de financements.
En effet, la politique d?intervention des agences privilégie les actions susceptibles d?avoir
davantage d?impact pour atteindre le bon état écologique des masses d?eau prévu par la
directive cadre sur l?eau (DCE)52. La difficulté à évaluer la contribution des zones humides à
l?atteinte de cet objectif peut également conduire à une sous-évaluation de leur contribution
réelle et donc de leur financement, a fortiori lorsqu?il s?agit de zones humides retro-littorales
et estuariennes53.
Face à ces besoins, l?agence de l?eau Loire-Bretagne élabore une stratégie visant à mieux
cibler les zones humides, reposant sur des inventaires et l?évaluation de leur état global, afin
d?identifier les sites prioritaires pour définir et mettre en oeuvre un programme d?action. Cette
approche stratégique demande à être déployée sur l?ensemble du bassin hydrographique en
privilégiant les territoires où existent les enjeux écologiques les plus forts et notamment ceux
ciblés par la mission.
De son côté l?agence Rhône Méditerranée Corse promeut une approche par sous-bassin
versant (schéma d?aménagement et de gestion des eaux, contrat de milieux) avec la
51 Val d?Allier, marais poitevin, Brenne, marais breton et baie de Bourgneuf, Sologne, estuaire de la Loire,
Brière et Monts d?Arrée
52 Notamment en têtes de bassins.
53 Une autre raison souvent invoquée : les zones de marais voire même d?étangs ne sont pas considérées
comme des masses d?eau ; il n?est donc pas « utile » de financer leur restauration car elles ne contribuent
pas à améliorer le pourcentage de masses d?eau en bon état, en oubliant qu?elles y contribuent indirectement.
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réalisation de « plans de gestion stratégique des zones humides » (PGSZH). Cet outil orienté
vers l?action vise, d?une part, à prioriser les interventions dans une approche construite avec
les acteurs, en intégrant une analyse des fonctions des zones humides et des services rendus.
D?autre part, cette démarche identifie parmi les secteurs dégradés, ceux qui pourraient être
mobilisés au titre de la compensation pour destruction de zones humides. Les territoires sont
appelés à élaborer ce plan de gestion pour pouvoir bénéficier de financements en soutien
aux actions de renaturation de milieux humides.
En conséquence, la mission propose de :
Tenir compte de ce constat dans la lettre de cadrage des 12ème programmes que le
MTECT adressera aux présidents des conseils d?administration des agences et des
comités de bassin pour y proposer un axe d?intervention en faveur des principaux
milieux humides ;
Mettre en place une stratégie d?intervention pour les territoires de zones humides à
l?échelle du bassin hydrographique permettant de prioriser ceux où existent les plus
forts enjeux écologiques (en termes de biodiversité et pas seulement sur les seuls
critères de la DCE), en s?appuyant notamment sur la cartographie du muséum
national d?histoire naturelle (MNHN) sur les mailles à plus forts enjeux de contribution
à la biodiversité globale des milieux humides (2021) ou encore sur l?étude des sites
Ramsar (MNHN, 2019) ;
Etudier la possibilité de relever les barèmes d?intervention sur ces territoires de
milieux humides prioritaires, notamment pour les travaux d?entretien assortis de
cahiers des charges exigeants ;
Mettre en place, au sein des territoires de zones humides, des plans de gestion
stratégiques des zones humides (PGSZH) sur le modèle de ce qui est pratiqué par
l?agence Rhône Méditerranée Corse ;
Sur les territoires à très forts enjeux environnementaux, grâce à un accompagnement
renforcé, par exemple au travers de structures de gestion d?aires protégées en place
(PNR, gestionnaires de réserve, syndicats mixtes, etc.), mettre en place des PSE
fortement incitatifs, cofinancés par les agences de l?eau, en partenariat avec le
Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et les collectivités, sur la
base de critères à définir54.
[DEB, agences de l?eau] : Dans le cadre du 12ème programme
d?intervention des agences de l?eau, mettre en place une approche stratégique
permettant de cibler davantage les territoires de zones humides à plus forts enjeux
et prévoir dans ces territoires des moyens d?intervention différenciés permettant le
financement des travaux d?entretien et de restauration écologique essentiels au
maintien de leur intégrité fonctionnelle.
54 Voir notamment section 3.1.
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3.5.2 Renforcer les interventions des éco-contributions de l?OFB
en faveur des grandes zones humides
L?éco-contribution gérée par l?OFB, permet de financer des actions proposées par les
fédérations des chasseurs en faveur de la restauration de la biodiversité. Elle fait l?objet d?une
convention cadre entre l?OFB et la Fédération nationale des chasseurs (FNC), qui définit le
champ d?intervention et les critères d?éligibilité des projets cofinancés (selon une répartition
deux tiers pour l?OFB et un tiers pour la FNC). Sur la période 2019-2022, le dispositif a financé
300 projets, soit au total 54 M¤, dont 45 M¤ d?éco-contribution (OFB-FNC). Parmi ces projets,
moins d?un quart (71) concernaient les zones humides pour un montant total de 8,8 M¤,
essentiellement pour des petites interventions d?entretien sur des étangs, des marais et des
mares généralement de petite taille.
Estuaire Etang Lagune Marais Mare
Prairie
humide
Roselière Ruisseau Tourbière
Tous
types
Nombre
de
projets
1 14 2 13 20 7 1 1 3 9
Répartition des projets financés par l?éco-contribution par type de milieux humides entre 2019 et 2022
(source : OFB communication personnelle)
Dans le cadre de la discussion en cours avec la FNC sur les lignes directrices pour la
prochaine convention cadre, l?OFB a prévu d?introduire, en parallèle aux projets individuels
non fléchés, des « opérations collectives » centrées sur des thématiques particulières, afin
de mieux cibler les éco-contributions sur des actions à fort impact sur la biodiversité.
Compte tenu de l?importance des zones humides pour la biodiversité et des services
écosystémiques qu?elles rendent, il est proposé que l?OFB, en lien avec la FNC, introduise
une opération collective centrée sur les territoires de zones humides et des interventions à
fort impact sur la biodiversité remarquable de ces milieux (maintien des prairies humides, de
la ripisylve, lutte contre les EEE, restauration et entretien des roselières, aménagement
écologique des berges des étangs, etc.).
[OFB] : Dans le cadre des discussions entre l?OFB et la FNC sur
l?éco-contribution, mettre en place une opération collective centrée sur les
territoires de zones humides et des interventions sur des actions à fort impact sur
la biodiversité remarquable.
3.6 Améliorer la connaissance et la sensibilisation en faveur
des milieux humides
La mission s?est particulièrement intéressée à trois thématiques spécifiques que sont : 1. les
pôles relais vecteurs de connaissance ; 2. le renforcement de la connaissance sur le suivi
des effets du changement climatique sur les milieux humides ainsi que sur l?objectivation de
la contribution au stockage de carbone ; et 3. l?expérimentation de la lutte contre les EEE.
3.6.1 Renforcer le rôle des pôles relais « zones humides » comme
vecteurs d?appropriation de la connaissance
Les pôles relais « zones humides » ont été créés en 2001 afin, d?une part, de constituer un
réseau d?échanges entre les acteurs concernés par la gestion et la restauration de ces milieux
et, d?autre part, de mutualiser les connaissances et bonnes pratiques. Ces pôles contribuent
à la mise en oeuvre de la stratégie 2021-2030 de « Communication, éducation, sensibilisation
et participation » pour les zones humides.
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La charte de 2021 entre l?OFB (chargé de la coordination et du financement des pôles relais),
la Direction de l?eau et de la biodiversité du MTECT et les pôles-relais définit pour cinq ans
les engagements, les moyens financiers et la gouvernance de ces pôles. La mission propose,
lors de son bilan à mi-parcours prévu fin 2023, de questionner les sujets suivants :
? Améliorer la coordination du fonctionnement des pôles pour qu?ils puissent
s?intéresser à des problématiques transversales répondant aux enjeux des milieux
humides. Il serait particulièrement intéressant, par exemple, qu?ils puissent être mieux
mobilisés sur le suivi des effets du changement climatique et être associés d?avantage
au programme MhéO55 porté par la Fédération des conservatoires d'espaces naturels
(FCEN) et l?UMS-PatriNat ;
? Intégrer au pôle relais « mares et vallées alluviales » les milieux d?étangs qui ne sont
pas couverts par ces pôles.
3.6.2 Développer des réseaux d?observation de long terme sur les
milieux humides
Si les initiatives sont nombreuses en matière d?acquisition de connaissance pour les milieux
humides telle que par exemple la définition de nouveaux indicateurs de suivi56 ayant vocation
à être intégrés à l?Observatoire national de la biodiversité (ONB), celles-ci reposent
principalement sur un dire d?experts (voir évaluation nationale des sites humides
emblématiques57 ).
Cette connaissance gagnerait à être renforcée par des observations de long terme sur le
terrain, notamment pour mesurer les effets du changement climatique et la contribution des
zones humides au stockage de carbone.
1- Mieux instrumenter le suivi des effets du changement climatique
Organisées en réseau, les Zones ateliers58 (ZA) pilotées par le CNRS se focalisent autour
d?une unité fonctionnelle (par exemple bassin versant, littoral, paysages agricole ou urbain)
et y développent une démarche scientifique spécifique en s?appuyant sur des observations
et des expérimentations sur des sites ateliers (notamment en zones humides) pour y mener
des recherches interdisciplinaires sur le long terme.
La mission propose d?accentuer les efforts de recherche scientifique par un dispositif de
recherche à destination des milieux humides sur les effets du changement climatique59 en
inter zones-ateliers, à l?instar du dispositif sentinelles des Alpes portés par la ZA Alpes.
Cette action contribuera à l?objectif du PNMH de créer un pôle pour renforcer la cohérence
des actions de recherche et appuyer la mise à disposition de sites ateliers sur lesquels des
recherches scientifiques pourront être menées répondant aux besoins identifiés sur le terrain.
55 Mhéo prévoit la mise à disposition d?outils communs (protocoles, indicateurs, etc.) pour permettre aux
gestionnaires de suivre l?évolution des milieux ou les effets de leurs actions dans un cadre partagé, avec la
mise en place d?un réseau national et la capitalisation des retours d?expérience, pour produire des
préconisations techniques en matière de génie écologique.
56 Une série d?indicateurs est en cours de définition dans le cadre des travaux de l?ONB. Ils concernent par
exemple : les activités humaines, les services écosystémiques, le degré d?avancement des inventaires, la
perte de surface des zones humides, le changement climatique.
57 https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-nationale-des-sites-humides-
emblematiques-2010-2020-analyse-des-resultats
58 Les zones ateliers sont au nombre de 13 dont 11 en métropole Elles recouvrent une partie des 18 sites
emblématiques, ceux de la façade atlantique étant sous-représentés.
59 Ce dispositif pourra s?appuyer sur les résultats en 2023 des modélisations hydro-climatiques d?Explore 2
porté par l?INRAE et des travaux en cours par le BRGM sur les risques de submersion marine.
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https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-nationale-des-sites-humides-emblematiques-2010-2020-analyse-des-resultats
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Superposition des zones ateliers et des 18 sites de zones humides emblématiques
(source : M.N. Pons, Université de Lorraine)
2- Objectiver la contribution des zones humides au stockage de carbone
Les entreprises et acteurs publics sont de plus en plus nombreux à engager des démarches
d'évaluation et de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, au titre de leur
responsabilité sociétale et environnementale. Le ministère de la transition écologique a mis
en place en 2018, le label bas-carbone, cadre de certification climatique volontaire qui
valorise les projets visant à réduire les émissions et séquestrer du carbone. Il s?appuie sur
des méthodes permettant de vérifier l'éligibilité des projets au regard de leur impact
environnemental.
La mission recommande de soutenir les méthodes d?évaluation de la contribution des zones
humides au stockage de carbone en :
Soutenant l?acquisition de données complémentaires sur les émissions de carbone
des tourbières afin de compléter le dispositif de labellisation bas-carbone des
tourbières porté par la FCEN et qui devrait être validé en 2024, par l?installation de
tours à flux permanentes dans les marais du Cotentin et du Bessin, et de Brière
(portage par le laboratoire Chrono-environnement du CNRS avec un budget évalué
à 540 000 ¤ entre 2024 et 2027) ;
Accompagnant financièrement la définition de nouvelles méthodes de label bas-
carbone (évaluées à 150 000 ¤ par méthode sur une durée d?un an et demi) pour
d?autres écosystèmes humides (prairies humides, ripisylves, étangs, etc.).
Par la suite, la mission propose de valoriser la captation de carbone des zones humides dans
le cadre des PSE.
3.6.3 Faire des zones humides des sites prioritaires pour
expérimenter des méthodes de lutte contre les espèces
exotiques envahissantes
Le PNMH prévoit le renforcement et la bancarisation des préconisations sur les EEE
spécifiques aux milieux humides (86% des 165 sites humides emblématiques français ont
hébergé entre 2010 et 2020 au moins une EEE). Cependant, la Stratégie nationale contre les
EEE (SNEEE, 2017), comme le plan d?action pour prévenir l?introduction et la propagation
des EEE 2022-2030, ne présentent pas de focus particulier sur ces zones.
La mission propose d?identifier les zones humides comme prioritaires concernant la lutte
contre les EEE, au titre de la SNEEE et des opérations de recherche orientées vers l?action
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spécifique, en lien avec le réseau national de sites pilotes qui sera constitué par la FCEN60
fin 2023.
La maîtrise du ragondin, et de façon plus générale des autres EEE, est déterminante pour l?avenir
de certaines zones humides et la préservation de leur biodiversité, tant la présence de ces
espèces a pu, en très peu de temps, en modifier la physionomie et appauvrir leur biodiversité. Les
mesures relatives au ragondin que la mission a pu voir sur le terrain, sont déjà un progrès, mais
devraient être davantage mobilisées et renforcées là où elles existent. Notamment la mission
préconise un meilleur encadrement des piégeurs, afin de coordonner et cibler la régulation,
pouvant aller jusqu?à une professionnalisation de certains, et un effort significatif de recherche
appliquée sur la maîtrise des populations en explorant d?autres voies que le piégeage traditionnel.
L?OFB et la Fredon pourraient se voir confier un programme national en lien avec quelques
territoires pilotes (dont la Dombes).
[SGPI, DGRI, CGDD, DEB, OFB, CNRS] : Définir une feuille de
route ambitieuse en terme de coordination des actions de recherche et d?animation
de réseaux au bénéfice des zones humides pour : i) [DEB, OFB] Renforcer la
coordination et la transversalité des pôles relais zones humides sur des
thématiques répondant aux enjeux principaux, notamment le changement
climatique et intégrer au pôle relais « mares et vallées alluviales » les milieux
d?étangs ; ii) [DGRI, DEB, CNRS] Accentuer les efforts de recherche scientifique
sur les milieux humides en finançant un dispositif de recherche sur les effets du
changement climatique en inter zones-ateliers ; iii) [SGPI, CGDD, DEB]
Accompagner les méthodes de labellisation bas-carbone en cours sur les
tourbières et en développer de nouvelles pour les prairies humides, ripisylves,
étangs, etc. ; iv) [DEB, OFB] Faire des zones humides des sites prioritaires pour
expérimenter des méthodes de lutte contre les EEE.
Ces différentes recommandations pourraient faire l?objet d?un soutien financier :
Pour ce qui concerne le lancement d?un dispositif de recherche sur les effets du
changement climatique pour les zones humides, à conduire en inter zones-ateliers,
pour un montant estimé à 400 000 ¤ sur quatre ans dont le financement additionnel
à celui du CNRS est à rechercher ;
Pour le développement de méthodes de labellisation bas-carbone, le budget indicatif
est estimé à 150 000 ¤ par méthode. Le volet Eau de France 2030 est susceptible de
financer ces méthodes avec un appel à manifestation d?intérêt prévu mi-2023.
60 L?objectif est de contribuer au développement de nouvelles méthodes de gestion des EEE et d?évaluer les
facteurs d?efficacité de ces techniques, par la mise au point d?indicateurs. La FCEN appuiera les
gestionnaires de sites dans l?élaboration de protocoles d?expérimentation et de suivi (mutualisés dans le
réseau), en lien avec des scientifiques et le Centre de ressources EEE. Afin d?initier cette dynamique, trois
espèces et groupes d?espèces de faune (écrevisses exotiques, ragondin, Frelon asiatique) et de flore (jussies,
Crassule de Helms, baccharis) dont la majorité concerne les zones humides, sont retenues.
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4 Vers un parc national de zones humides
4.1 Une ambition à la croisée des enjeux de l?eau et de la
biodiversité, exemplaire de la capacité à concilier nature
et usages
Suite au Grenelle de l?environnement en 2007, la création d?un parc national dédié aux zones
humides avait été actée dans la loi dite Grenelle 161, avec la création de deux autres parcs
nationaux, le parc national des Calanques créé en 2012 et le parc national de forêts créé en
2019. La volonté était alors de faire progresser la France en matière d?aires protégées de
protection forte. Les milieux humides avaient été identifiés dans ces discussions comme des
milieux à très forts enjeux et un consensus entre les parties prenantes, qui représentaient
notamment l?agriculture, la chasse et les associations environnementales, s?était dégagé pour
accepter le principe d?un nouveau parc national dédié à ces milieux.
Aujourd?hui, pour la mission, la création d?un parc national dédié aux zones humides apparaît
importante et nécessaire à plusieurs titres :
Au titre des responsabilités internationales de la France en matière de biodiversité :
c?est un projet emblématique de protection de la biodiversité qui s?inscrit parfaitement
dans les objectifs du cadre mondial pour la biodiversité62 que la France a fortement
soutenu lors des négociations de Kunming-Montréal en décembre 2022 (COP 15) et
dont l?adoption a été reconnue comme un succès collectif. La France a une
responsabilité forte en matière de biodiversité au niveau européen, mais aussi
international, en ce qu?elle abrite plusieurs zones clés internationales pour la
biodiversité notamment au sein des territoires ultra-marins ;
Pour sensibiliser à la gestion équilibrée de l?eau dans un contexte de tension sur les
ressources en eau qui, de conjoncturelle devient structurelle (80% des nappes
phréatiques en France métropolitaine, en ce printemps 2023, ont une recharge
inférieure à la normale). Il paraît important de rendre symboliquement hommage aux
milieux humides qui produisent de multiples services écosystémiques, dont celui de
préserver la ressource en eau ;
Pour démontrer la capacité d?une aire protégée à concilier protection de la nature et
maintien d?usages durables des milieux.
Ce projet de création d?un parc national s?inscrit dans la déclinaison de l?actuelle SNB63, et
de son volet dédié aux zones humides le PNMH dont le dossier de presse64 cite explicitement
l?objectif de création d?un parc national de zones humides. Il s?inscrit également en réponse
aux objectifs de la SNAP65 qui a appelé à placer, dès 2022, 10% du territoire français sous
protection forte66, ce à quoi répond un projet de parc national pour sa partie coeur.
61 Loi N° 20009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en oeuvre du Grenelle de
l?environnement ? Article 23 : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000020949548
62 https://www.cbd.int/doc/c/0bde/b7c0/00c058bbfd77574515f170bd/cop-15-l-25-fr.pdf
63 https://www.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-biodiversite
64 https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_ZonesHumides.pdf
65 https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_Biotope_Ministere_strat-aires-
protegees_210111_5_GSA.pdf
66 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045551000
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000020949548
https://www.cbd.int/doc/c/0bde/b7c0/00c058bbfd77574515f170bd/cop-15-l-25-fr.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-biodiversite
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_ZonesHumides.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_Biotope_Ministere_strat-aires-protegees_210111_5_GSA.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_Biotope_Ministere_strat-aires-protegees_210111_5_GSA.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045551000
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4.2 Le parc national : un outil décrié mais relativement mal
connu dans les territoires de zones humides
Cette section a pour objet de présenter les principaux enseignements tirés des 18 dialogues
territoriaux, menés par la mission de juin 2022 à janvier 2023, sur les sites emblématiques
des zones humides françaises67
Cinq constats principaux ont été retenus :
Tout d?abord, une réaction vive de nombreux acteurs socio-économiques face à l?outil
parc national, reçu comme un outil de « mise sous cloche » des territoires,
« éteignant » la vie des territoires ;
Le refus d?un parc national s?argumente souvent en relation avec la perception d?une
démarche descendante imposée au territoire et inadaptée car contraire aux activités
économiques ou aux usages en place ;
L?outil est en réalité mal connu dans ses dispositions concrètes. Dans certains
entretiens, il s?est avéré nécessaire de détailler les lignes constitutives d?un parc
national ;
Certains acteurs ont néanmoins manifesté de l?intérêt pour mieux connaître l?outil parc
national. En réponse, la mission a établi une note synthétique de comparaison entre
les outils parc national et PNR (voir annexe 4) ;
Les acteurs favorables à la création d?un parc national sur leur territoire y voient
l?opportunité d?une protection renforcée, d?une meilleure coordination des initiatives
en place, et dans certains cas, d?une simplification du mille-feuille de protection.
L?opportunité de voir leur site mieux reconnu et qualifié à travers ce label exceptionnel
a été également souligné.
Rappel des fondamentaux d?un parc national depuis la loi de 2006 relative aux parcs nationaux
Un parc national dispose de :
? Un conseil d?administration, généralement présidé par un élu local, où l?ensemble des parties
prenantes et des usagers sont représentés et majoritaires ;
? Une réglementation de coeur de parc négociée et définie localement à travers une charte de
territoire (objectifs souvent appelés modalités d?application réglementaires en coeur de parc
? « marcoeur »). Celle-ci fixe par ailleurs des orientations de développement durable pour
son aire d?adhésion, à laquelle les communes ont le choix d?adhérer librement, sans ajout
de contraintes réglementaires supplémentaires ;
? Un label national, mais aussi mondial qui a pour effet d?inscrire le territoire candidat sur la
carte du monde, réel atout de fierté pour ses habitants.
En particulier, un parc national permet de :
Porter à travers sa charte, un projet de territoire et de développement durable, au même titre
qu?un PNR68 ;
Replacer l?ensemble des acteurs autour de la table, y compris ceux en charge des milieux, pour
une définition collective des objectifs de gestion ;
Disposer de leviers d?action complémentaires aux autres aires protégées (leviers réglementaires
particuliers) et adaptés aux enjeux des sites (charte du territoire établie collectivement) ;
Réinterroger, le cas échéant, le périmètre pertinent pour l?action ;
67https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Affaires-0012595/014136-
01_rapport_publie.pdf;jsessionid=C65AB92324BAD8F98D10CCC48F008B11
68 Il ne s?agit évidemment pas ici d?opposer les deux modèles qui selon les enjeux à traiter offrent tous deux
la possibilité de définir un projet de territoire autour des patrimoines naturels et culturels.
PUBLIÉ
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Affaires-0012595/014136-01_rapport_publie.pdf;jsessionid=C65AB92324BAD8F98D10CCC48F008B11
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Affaires-0012595/014136-01_rapport_publie.pdf;jsessionid=C65AB92324BAD8F98D10CCC48F008B11
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Valoriser les produits et les services portés par les acteurs économiques contribuant à la
préservation des patrimoines (marque Esprit Parc) ;
Mobiliser des moyens significatifs69 sur l?ensemble du périmètre du parc et dégager des moyens
particuliers d?expérimentation, avec l?installation d?un d?établissement public national, garant du
temps long.
4.3 Une caractérisation des dix-huit territoires qui objective
la valeur intrinsèque des sites, la plus-value de l?outil
parc national et l?acceptabilité territoriale de l?outil
La mission s?est attachée à caractériser les 18 territoires en objectivant les trois paramètres
principaux qui ressortaient de la méthode menée dans le cadre de la mission IGEDD de mars
2022. En s?appuyant sur le rapport de cette mission, mais surtout riche du dialogue mené
dans les territoires pendant huit mois, la mission a mené la caractérisation des sites de la
façon suivante :
1. Valeur intrinsèque du site
La mission a choisi d?utiliser ce critère en premier dans la caractérisation des sites. Elle les a
classés en fonction de leur valeur intrinsèque, en prenant pour déterminants : caractère
emblématique (superficie globale, rareté des milieux représentés, nombre de critères remplis
par les sites d?importance internationale pour les zones humides, etc.), notoriété, naturalité,
importance des enjeux de biodiversité, d?eau et de fonctionnalité des écosystèmes.
2. Plus-value de l?outil parc national pour le territoire
De la même façon, la mission a regardé dans quelle mesure l?outil parc national pouvait
répondre aux enjeux du territoire et apporter une plus-value tangible, en considérant les outils
de protection, de gestion et d?animation existants et les projets de territoire en place ou initiés,
ainsi que leurs dynamiques. La mission a évalué, avec un faisceau d?éléments portés à sa
connaissance lors des visites, si l?outil parc national était susceptible de renforcer la
préservation, la restauration et la valorisation des milieux humides dans le contexte particulier
de chaque territoire.
3. Acceptabilité territoriale
La mission a veillé à prêter attention à l?ensemble des expressions sur le sujet, qu?elles aient
été de rejet ou de soutien pour l?outil. Dans certains, elle a pu entendre l?expression
relativement unanime d?un rejet de l?outil parc national. Dans d?autres, les expressions étaient
largement plus contrastées. La mission a noté les positions relativement homogènes par
famille d?acteurs (collectivités, représentants des usages, associations de protection de la
nature, gestionnaires d?aires protégées). L?adhésion globale à un projet de parc national de
l?ensemble des parties prenantes auditionnées, n?a été rencontrée sur aucun site.
Cette classification en trois catégories a été conduite à la fois par chaque missionné, puis
collectivement partagée et débattue pour donner plus de robustesse à l?exercice.
Dans ce contexte où il ne ressort pas de ces dialogues un territoire clairement candidat, la
mission tient à énoncer dans la section suivante plusieurs éléments de méthode pour réunir
les conditions favorables à la création d?un parc national de zones humides.
69 Financement annuel pérenne de l?Etat (90 % en moyenne) : budget moyen 7 M¤/parc/an, 70 agents/parc.
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Rapport n°
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Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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4.4 Eléments de méthode et principes préalables à
l?engagement d?un processus de création de parc
national dédiés aux zones humides
Adapter l?outil en tenant compte des usages qui ont façonné les milieux humides
Comme cela a déjà été explicité à plusieurs reprises dans ce rapport, la caractéristique
principale des territoires de zones humides, même pour certains sites de grande naturalité
aujourd?hui, est qu?ils ont été souvent façonnés et/ou maintenus dans leurs fonctionnalités
écologiques par les usages, qu?il s?agisse de chasse, de pêche, voire d?agriculture (par
exemple, lorsque le modèle agricole est de type élevage extensif).
Des usages durables permettent en effet de conserver les fonctions non seulement
hydrologiques, mais aussi biogéochimiques et biologiques des zones humides. A l?inverse, là
où ils ont été abandonnés, les zones humides ont souvent disparu (urbanisation, drainage,
comblements ou fermeture des milieux par exemple).
Ce constat doit donc conduire à réinterroger le modèle de protection forte et d?encadrement
voire d?interdiction des usages et pratiques en coeur de parc national, comme cela peut être
le cas pour des écosystèmes différents. Le décret sur la protection forte n°2022-527 du 12
avril 2002 a ouvert la voie dans la mesure où il fait référence à l?évitement ou à la réduction
des pressions liées aux activités humaines, plus qu?à l?interdiction des dites activités.
Pour le ou les territoires qui s?engageraient dans une démarche de parc national, ce point
parait essentiel à la mission.
Par ailleurs, la possibilité de raisonner le coeur de parc en discontinuité tant pour des objectifs
de protection que de maintien des usages durables devrait permettre de mieux concilier cette
double approche.
En conséquence, pour le ou les territoires pressentis, il faudra préalablement acter ce principe
comme nécessaire et utile à la réflexion de préfiguration.
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Rapport n°
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humides, et la création d?un parc national
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Chasse et parc national de zones humides
Cette question est éminemment politique avant d?être technique. Si la chasse de régulation du grand gibier
est admise dans certains parcs nationaux70, elle reste un tabou pour ce qui concerne le gibier d?eau.
Les représentants des chasseurs sont farouchement opposés à l?idée même d?un parc national, tant que la
chasse sera bannie dans le coeur de parc. De même, la plupart des représentants des associations de
protection de la nature et des naturalistes n?imaginent pas un « parc au rabais » dans lequel on pourrait
continuer de chasser en dehors des actions de régulation. Ces positions exprimées sans ambiguïté devant
la mission conduiraient à une impasse, sauf à vouloir imposer de force un parc national sans chasse ou créer
un parc chassé. Une telle approche « autoritaire » ne ferait qu?exacerber ce clivage avec un risque élevé de
blocage du processus. La commande passée à la mission étant d?envisager la création d?un parc national
dans le cadre d?une démarche de dialogue, il paraît incontournable de régler cette question avant d?engager
toute démarche locale.
La recherche d?un compromis de principe, applicable quel que soit le choix de territoires pour engager la
démarche, semble un préalable.
Le rôle des chasseurs dans la préservation surtout l?entretien de ces milieux, justifie qu?ils soient partie
prenante d?un projet de territoire les concernant. Les enjeux de préservation des populations d?oiseaux (et
autres espèces de faune et de flore) sont davantage liés à la préservation de leurs habitats naturels qu?au
contingentement des prélèvements d?individus de ces espèces sur ces territoires (qui représente une
proportion faible des prélèvements nationaux et a fortiori internationaux).
Une approche équilibrée pourrait consister au maintien de la pratique de la chasse et de l?entretien des
milieux par les chasseurs, mais dans un partage plus équilibré avec les autres fonctions d?un parc national ;
la conciliation avec les objectifs de préservation des populations pourrait se traduire par le suivi précis des
prélèvements avec l?instauration de quotas (annuels, journaliers, par chasseur) selon l?état de conservation
de chaque espèce, la participation à des programmes de recherche, la conciliation avec l?accueil d?un public
non chasseur (par des aménagements d?observatoires, une adaptation du calendrier de chasse, etc.), et
enfin la création (ou l?élargissement) de réserves intégrales non chassées.
Partager la décision entre l?État et les collectivités territoriales concernées, au premier
chef desquelles figurent les Régions au regard de leur rôle de chef de file en matière
de biodiversité
Les initiatives prises par l?État au titre de la loi Grenelle n?ont pu aboutir, qu?elles aient été
descendantes (désignation de trois territoires potentiels) ou sous forme d?appel à projets (mal
positionné du point de vue du calendrier électoral).
Dans l?exercice actuel, la première mission relative à la création d?un parc national de zones
humides avait souhaité renforcer la possibilité de détecter un ou des territoires susceptibles
de s?engager dans une telle démarche, en faisant le choix de donner un statut emblématique
à 18 sites et de conduire avec chacun d?eux un dialogue territorial approfondi (objet de la
présente mission).
70 Deux exemples sont détaillés ici. Dans le parc national des Calanques, la chasse, activité traditionnelle du
territoire, est autorisée sur près de la moitié du coeur de parc national. Sa pratique est cependant strictement
encadrée par la réglementation de droit commun et par la réglementation spéciale du coeur de parc. Les
zones de chasse du parc national sont réparties entre quatre sociétés de chasse (500 chasseurs). Quelques
bénéficiaires individuels du droit de chasse sur propriétés privées sont également actifs sur le territoire des
Calanques. La Perdrix rouge, le lièvre, le lapin, les oiseaux migrateurs (grives, pigeon ramier, etc.) et le
sanglier sont les principales espèces chassées. Dans le parc national de Forêts, la charte du parc fait
référence à la gestion adaptative des espèces pour mieux préserver les espèces d?oiseaux dans le coeur
forestier du parc. Le parc a vocation à devenir un territoire de gestion cynégétique d'excellence. Les enjeux
et les modalités de la chasse sont adaptés aux différents zonages du parc : dans la réserve intégrale, la
chasse est interdite. Par contre, la « régulation » des populations de trois espèces d'ongulés sauvages (cerf,
chevreuil, sanglier) est possible et organisée sous la responsabilité du parc national à travers des délégations
de service public confiées à des associations de chasse. Dans le coeur, l?objectif est la suppression des
pratiques artificielles (agrainage, grillage) et une cohabitation harmonieuse et sûre entre la chasse et l?accueil
du public. Dans l?aire d?adhésion, la gestion ne dépend pas directement du parc. L'objectif est de faire la
promotion d?une chasse exemplaire.
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Dans la poursuite de cette orientation, la mission recommande qu?un dialogue approfondi
entre le gouvernement et les collectivités concernées (notamment les Régions, mais aussi
les Départements et les EPCI concernés) soit un préalable avant toute annonce. Sur la base
du travail conduit par la mission, il appartiendra au ministre chargé de l?environnement de
partager le diagnostic de la mission avec les collectivités concernées et de trouver des
éléments de consensus pour conforter l?appréciation des sites et la décision d?engager une
démarche de préfiguration. L?annonce d?un parc national doit faire l?objet d?une déclaration
commune et donc, être précédée d?une négociation sur les conditions de lancement de la
préfiguration du parc national de zones humides.
Il convient enfin de rappeler que le processus de préfiguration d?un parc national comporte
nombre d?étapes, lesquelles sont peu engageantes (phase d?études et de définition du
périmètre) avant la prise en considération par arrêté ministériel du projet de parc national. Ce
processus présente l?avantage, avec la création d?un groupement d'intérêt public (GIP) de
préfiguration, de constituer un lieu de dialogue et de co-construction permanente du projet de
parc.
4.5 Dix-huit sites de grande qualité parmi lesquels se
dégagent trois territoires d?exception
Comme évoqué en début de chapitre, tous les sites visités présentent de fait de grandes
qualités et il n?a pas été simple pour la mission de les départager.
C?est certainement le critère de très grande valeur intrinsèque, combiné à l?appréciation de la
mission sur la plus-value que l?outil parc national peut représenter pour traiter les différents
enjeux (notamment pour améliorer la coordination et simplifier les dispositifs réglementaires
de protection forte pour certains sites) qui ont été déterminants dans l?appréciation que la
mission a porté sur les 18 sites.
La question de l?acceptabilité territoriale a priori a été entendue et appréciée par la mission.
Elle n?a cependant pas été retenue comme un élément déterminant pour exclure un territoire.
En effet, l?acceptabilité s?inscrit dans un contexte et peut évoluer dans le temps, à la faveur
par exemple d?une meilleure connaissance de l?outil parc national par les acteurs locaux ou
d?un travail itératif en ateliers sur la construction d?un projet de territoire, pour lequel un parc
national peut se révéler in fine une réponse convaincante.
Certains sites sont considérés par la mission de bonne valeur intrinsèque. Cependant, le
niveau de protection forte déjà acquis ou la présence de gestionnaires d?espaces protégés
investis, affaiblissent le critère de plus-value d?un parc national. D?autres sites ne présentent
pas selon la mission une valeur intrinsèque suffisante pour un parc national, ou ont un
périmètre inadapté à l?installation d?un projet de territoire de type parc national.
En suivant ce raisonnement, la mission propose de s?intéresser, par ordre de priorité, aux
trois sites suivants qui pourraient s?engager dans une démarche de préfiguration d?un projet
de parc national, selon des modalités différenciées pour chaque site. Tous ont été classés
par la mission en catégorie la plus élevée pour la valeur intrinsèque, et pour la plus-value
qu?apporterait un outil parc national, et variablement en niveau moyen ou faible pour
l?acceptabilité territoriale (laquelle rappelons-le peut évoluer dans le temps).
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Le premier d?entre eux est le site des marais de Kaw-Roura en Guyane.
La valeur intrinsèque du site est incontestable. Plus grande zone humide de France, cette
zone marécageuse de savane flottante abrite des écosystèmes de mangroves, de savanes
inondables et de forêts tropicales humides et de nombreuses espèces rares, en voie
d'extinction et dont la répartition géographique est très limitée qu'il s'agisse de mammifères,
de reptiles et d'avifaune (74% des espèces présentes en Guyane) ou des dernières
populations de Caïmans noirs du continent. C?est un site de très grande naturalité qui
présente la particularité d?être partiellement habité (village de Kaw). Ce site recouvre une
richesse biologique de réputation internationale.
La plus-value que pourrait constituer un parc national est évidente dès lors que le périmètre
choisi est bien plus large que celui des réserves naturelles nationales (RNN) de Kaw-Roura
et du grand Connétable. C?est pourquoi la mission propose un périmètre de réflexion qui
intégrerait outre les deux RNN, les montagnes de Kaw (et donc la réserve naturelle régionale
(RNR) du Trésor), mais aussi l?estuaire de l?Approuage, la pointe Behague, les montagnes
d?Argent et des Trois pitons et la commune de Ouanary (220 habitants) jusqu?à la baie de
l?Oyapock à la frontière avec le Brésil. La question d?embarquer dans ce périmètre la frange
littorale et maritime pour répondre à l?enjeu bien identifié de lutte contre la pêche illégale,
pourrait être aussi discutée avec les acteurs. Ainsi, ce projet de parc national de zones
humides guyanaises se positionnerait comme un projet de coordination des actions de
l?ensemble des aires protégées, et pourrait permettre aussi la définition d?un projet de
territoire porteur de développement pour tout l?est Guyanais.
Enfin, à la lumière des entretiens sur place, la mission a ressenti une ouverture à l?idée
d?engager une démarche de réflexion et de préfiguration de cette nature. La mission
recommande néanmoins de remplir les conditions suivantes pour répondre aux points de
vigilance exprimés par ses interlocuteurs :
La première condition est certainement, d?apporter des réponses à la nécessité d?un
développement durable et maîtrisé de l?est Guyanais, aujourd?hui très isolé ;
La deuxième est bien entendu, de conduire une réflexion sur la restructuration du
PNR de Guyane (PNRG) dont l?assise territoriale est de fait relativement fragile, pour
le recentrer sur l?ouest Guyanais avec un projet consolidé de charte de territoire71 ;
La troisième, est d?apporter des garanties aux acteurs guyanais sur la possibilité
d?adaptation de l?outil parc national au contexte local et à la volonté des élus d?une
plus grande autonomie ;
La quatrième enfin, est de faire en sorte que ce projet n?efface pas d?autres enjeux
majeurs pour la biodiversité guyanaise comme par exemple la nécessité de mieux
préserver les savanes de l?ouest Guyanais (milieux très fragiles qui accueillent plus
de 17% des espèces sur une superficie qui ne représente que 0,22% du territoire).
Le plan d?actions proposé par la mission entend répondre à ces préoccupations. La mission
recommande ainsi de :
Lancer un projet de mise en valeur des villages de Kaw et, en adéquation avec le
périmètre proposé par la mission, de Ouanary (État et CTG) ;
Donner des moyens complémentaires d?intervention à la RNN de Kaw-Roura, en
parallèle de la démarche de préfiguration, pour ne pas créer de vide
opérationnel (État - DGTM) ;
Mettre en place une instance de préfiguration et de dialogue co-animée par l?État et
71 Le périmètre actuel du PNRG s?étend actuellement à l?ouest mais aussi à l?est de la Guyane avec la seule
commune de Roura (depuis que la commune de Régina est sortie du syndicat mixte) sans véritable
cohérence et assise territoriale.
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la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) pour préciser les conditions dans
lesquelles un projet de parc national pourrait être porté (État et CTG) ;
Mettre en place un plan de transformation du PNRG en recentrant son périmètre sur
l?ouest guyanais et en le dotant d?une nouvelle charte de parc ambitieuse (État et
CTG) ;
Lancer une initiative spécifique dédiée aux habitats prioritaires des savanes et des
zones humides de l?ouest au regard des menaces qui pèsent sur ces milieux (CEN
avec l?appui de l?État et de la CTG).
Le deuxième site est celui de la Camargue dans son acception la plus large, à
savoir de la Camargue orientale (à l?est du Rhône) à la petite Camargue gardoise
(à l?ouest du petit Rhône) en intégrant l?ensemble du delta rhodanien.
Ici aussi la valeur intrinsèque du site est incontestable. A cheval sur deux régions et deux
départements, la Camargue est dépositaire d?un caractère fortement emblématique associant
un patrimoine naturel exceptionnel source d?un tourisme de nature, une identité culturelle
fondée sur son insularité et ses traditions liées aux ressources naturelles (activités salinière
et piscicole, élevage extensif des chevaux et des taureaux de Camargue, riziculture) et son
patrimoine culturel (bâtiments historiques, pèlerinages et festivals). Façonnée par l?action de
l?homme depuis des siècles, la Camargue présente une mosaïque de paysages particuliers
de steppe (« sansouire ») et des socio-écosystèmes humides d?importance internationale
pour leur biodiversité (halte migratoire et site de nidification pour des espèces caractéristiques
des milieux à salinité et inondation variables). L?eau est le lien majeur entre les activités
humaines et les écosystèmes. Elle constitue à la fois une ressource économique, biologique
et culturelle. Ce territoire est enfin l?un des plus exposés aux effets du changement climatique,
et exige que soient repensés la gestion des usages et le rapport entre l?homme et la nature
sur l?ensemble du périmètre.
La plus-value de l?outil parc national pour traiter des enjeux de la Camargue est réelle. En
effet, le PNR existant ne couvre que la Camargue bucco-rhodanienne, soit une partie de la
zone biogéographique. En outre, le PNR a connu une longue crise ces dernières années et
n?a pu jouer pleinement son rôle de « parlement de Camargue ». Enfin, le PNR ne peut pas
fournir de réponse à l?empilement des niveaux de protection existants, à la différence d?un
projet de parc national étendu.
En Occitanie, les dynamiques de préservation (projet de création d?une grande RNR) et de
développement local maitrisé (démarche Grand site de France portée par le syndicat mixte
de la Camargue gardoise) ne sont pas contradictoires avec la création d?un parc national qui
au contraire s?en inspirerait.
La volonté de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) de modifier les statuts du PNR,
de créer un conseil consultatif et de réviser sa charte, affiche le lancement d?une nouvelle
dynamique, qui cependant n?intègre pas la partie gardoise.
La présence d?un foncier public important aurait pu constituer un coeur de parc sans créer de
nouvelles réglementations ailleurs au sein du site. Néanmoins, l?acceptabilité territoriale pour
un parc national est très faible. Le 24 mars 2023, l?Assemblée plénière de la Région PACA a
exprimé son refus très ferme d'un parc national en Camargue. Par courrier du 6 avril 2023,
le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires a rappelé que, sans
préjuger des conclusions de la présente mission, aucune décision ou évolution statutaire ne
sera prise par l?État sans l?accord des élus concernés.
Outre la crainte déjà évoquée plus haut d?une « mise sous cloche » du territoire, certains
acteurs craignent à travers la mise en place d?un tel projet de se trouver dessaisis de leurs
prérogatives.
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En conséquence, la mission estime qu?il serait inopportun de lancer une démarche de
création de parc national dans le contexte actuel.
Sans attendre, la mission propose un plan d?actions à lancer dès à présent pour accompagner
et soutenir les initiatives des collectivités et des acteurs locaux. Les démarches initiées à la
fois par la Région Occitanie, la Région PACA et le syndicat mixte de la Camargue gardoise
sont à poursuivre dans l?attente des conditions d?un réexamen de l?opportunité pour le
territoire, de se saisir de l?outil parc national.
Les actions proposées par la mission sont les suivantes :
Mettre en place une mission de dialogue permanent72 Camargue, portée par l?État,
pour animer notamment un débat à l?échelle de l?espace biogéographique ;
Mettre en place un observatoire de la salinité et de la qualité de l?eau douce (portage
à déterminer entre les parties prenantes) ;
Soutenir l?expérimentation de phyto-remédiation des eaux rejetées dans l?étang du
Vaccarès (ASA de Fumemorte) ;
Améliorer la qualité de l?eau douce rejetée dans les milieux naturels (Centre français
du riz) ;
Elaborer et partager une stratégie foncière (portage à déterminer entre les parties
prenantes).
Le troisième site est celui de l?estuaire et cours de la Loire aval
Ici aussi la valeur intrinsèque du site ne fait aucun doute. Il intègre à la fois l'estuaire de la
Loire, son cours aval entre la Maine et Nantes, ainsi que le lac de Grand-Lieu (le plus grand
lac de plaine en France, au fort intérêt avifaunistique). Ce site présente une grande diversité
de milieux humides en fonction des marées, du gradient de salinité, du contexte hydraulique.
Interface entre les milieux marins, littoraux, fluviaux et rétro-littoraux, les enjeux
environnementaux (habitats emblématiques, espèces patrimoniales, paysages) y sont
particulièrement forts. Il est d?importance internationale pour les oiseaux migrateurs et
hivernants, mais également pour leur reproduction. L?estuaire est la porte d?entrée du plus
grand réseau hydrographique du territoire national pour plusieurs espèces de poissons
migrateurs (Saumon atlantique, Anguille européenne, aloses et lamproies).
Cependant, l?estuaire de la Loire est aussi marqué par une activité portuaire importante
(Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire) et des installations industrielles significatives
(dont la centrale électrique de Cordemais) dont les fonctions et les dépendances dépassent
largement le périmètre de la Région Pays de la Loire. Il est donc largement anthropisé dans
sa partie nord, sans compter une forte densité d?urbanisation autour de l?agglomération de
Nantes. Il revêt de ce point de vue un intérêt moindre que les deux premiers sites.
La plus-value de l?outil parc national dont le coeur pourrait être positionné sur les espaces
naturels remarquables, au sein desquels le foncier public est important, serait certaine. Un
tel outil apporterait de la cohérence dans la gestion des espaces naturels de ces différents
sites, afin d?en préserver la qualité au côté des autres activités économiques et notamment
portuaires, à l?échelle de l?ensemble de l?estuaire. Il serait également de nature à qualifier
l?ensemble du territoire de Nantes métropole et au-delà du cours de la Loire entre Angers et
Nantes, mondialement connu.
A ce stade, l?acceptabilité territoriale n?est cependant pas suffisante. La coexistence des
enjeux économiques et écologiques, un fort attachement à certains usages comme la chasse
72 Mission de dialogue permanent présentée dans le rapport de site en annexe 2.
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au gibier d?eau, ont conduit à des blocages dans le passé face à des initiatives de protection
ou de planification de l?estuaire. Le site a connu l?abandon du pacte de l?estuaire en 2015 et
l?abrogation de la directive territoriale d?aménagement (DTA) suite au retrait du projet de Notre
Dame des Landes en 2019. Ces évènements ont marqué les esprits et cristallisé des postures
qu?il s?agit de dépasser avant d?imaginer un avenir pour ce site exceptionnel.
En conséquence, la mission estime qu?il serait inopportun de lancer une démarche de
création de parc national dans le contexte actuel.
En revanche, rejoignant ici les conclusions des ateliers de déclinaison territoriale de la SNAP,
elle recommande de lancer une concertation permettant in fine de mettre en cohérence les
outils de protection existants autour d?une bannière commune pour une gestion concertée et
cohérente à la hauteur des enjeux.
La mission suggère pour ce site de bâtir un cadre de concertation et une gouvernance
commune qui pourrait jouer le rôle d?une « conférence permanente de l?estuaire », co-portée
par l?État, la Région et le Département et associant les collectivités locales et les parties
prenantes concernées.
Ceux-ci pourraient être appuyés par une démarche de type « ateliers du territoire73 » afin de
mener une réflexion prospective sur le devenir de l?estuaire à l?horizon 2050 face notamment
aux effets du changement climatique.
Pour accompagner cette démarche, il est proposé par la mission, le recrutement pour une
durée minimale de trois ans sur un financement partagé entre État et Région, d?un chef de
projet estuaire, chargé de garantir la mise en oeuvre de la feuille de route établie dans le
cadre des ateliers.
A l?issue de cette phase de concertation et de construction commune d?une vision partagée,
des propositions de gouvernance pérenne et de classement de territoires pourraient alors
émerger, en fonction de leur vocation économique ou de protection pour les espaces naturels.
Il serait alors temps d?expertiser en quoi un outil tel qu?un parc national pourrait répondre aux
enjeux pour les espaces naturels et le territoire en général.
[MTECT, collectivités] : Pour trois territoires d?exception (marais
de Kaw-Roura, Camargue, estuaire et cours de la Loire aval), engager sans attendre
un dialogue de haut niveau entre le MTECT et les collectivités territoriales
concernées pour : i) [MTECT, CTG] : Lancer une phase de préfiguration d?un parc
national dédié aux zones humides de l?est Guyanais, et accompagner le plan de
transformation du PNR de Guyane ; ii) [MTECT, Régions PACA et Occitanie] :
Installer une mission de dialogue permanent sur la Camargue, tout en engageant
des actions opérationnelles relatives à la qualité de l?eau et à la mise en place d?un
observatoire de la salinité ; iii) [ MTECT, Région Pays de la Loire, Département de
Loire Atlantique] : installer une « conférence permanente » de l?estuaire de la Loire,
lancer une concertation de type « ateliers des territoires » et engager le
recrutement d?un chef de projet dédié.
73 Dispositif proposé et financé par l?Etat (MTECT/DGALN) qui permet d?accompagner les collectivités locales
dans l?émergence et la construction de projets territoriaux.
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Conclusion
Au terme de près d?une année de mission, alternant des visites de terrain, des rencontres
avec près de 1 200 acteurs répartis sur les 18 sites emblématiques identifiés, des échanges
avec les grands réseaux nationaux, les administrations centrales et déconcentrées et les
collectivités, la mission a pu tirer les constats suivants :
- L?extraordinaire valeur patrimoniale de ces sites, à la fois pour leur richesse paysagère
et en biodiversité mais aussi pour leur patrimoine culturel, voire identitaire, façonné au
cours de l?Histoire ;
- Un solide attachement des habitants aux zones humides de leur territoire, à leur
préservation ainsi qu?à un certain mode de vie, aux pratiques et aux usages qui leur
sont liés ;
- Une prise de conscience que les zones humides sont menacées par la raréfaction de la
ressource en eau, les modifications des pratiques agricoles et piscicoles, la pression
foncière, l?artificialisation des sols ou la propagation des espèces exotiques
envahissantes, toutes ces menaces étant aggravées par le changement climatique.
Globalement, l?accueil de la mission a été très bon et a permis des échanges riches avec les
acteurs locaux, certains se disant fiers d?être parmi les 18 sites les plus emblématiques et
souhaitant partager leur connaissance et la vision du territoire.
Malgré un temps limité passé sur chaque site, la mission a formulé des propositions d?actions
pour chacun d?entre eux, en puisant dans le contenu des visites de terrain et les auditions
des acteurs ainsi que les propositions issues des ateliers menés dans le cadre de la
territorialisation de la SNAP. Elle a par ailleurs commencé à identifier des sources de
financements pour les actions proposées et en particulier ceux permis par le Fond vert et le
Plan national d?action pour les milieux humides, au-delà des financements des agences de
l?eau et des collectivités.
La mission a également identifié des sites sur lesquels il est possible d?engager sous
certaines conditions, une démarche de création de parc national. Pour ces territoires
d?exception, il est toutefois impératif de mener une concertation préalable avec les grandes
collectivités concernées afin que la démarche puisse être portée conjointement par les élus
et l?État.
La richesse des auditions menées par la mission lui a permis enfin de formuler des
recommandations pour une meilleure prise en compte de toutes les zones humides dans les
politiques publiques nationales.
La mission remercie vivement les administrations et les gestionnaires locaux pour l?aide
déterminante apportée à l?organisation des déplacements de terrain et l?ensemble des
acteurs rencontrés pour leur disponibilité et la richesse des échanges, au service de ces sites
emblématiques et plus largement des zones humides de France.
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Bénédicte Guery
Louis Hubert
Flore Lafaye de Micheaux
Ingénieure hors classe de
l?agriculture et de
l?environnement
Ingénieur général des ponts
et des eaux et forêts
Ingénieure hors classe des
travaux publics de l?État
Hervé Parmentier
Olivier Robinet
Christophe Viret
(coordonnateur)
Inspecteur général de
l?administration du
développement durable
Inspecteur général de santé
publique vétérinaire
Inspecteur général de
l?administration du
développement durable
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
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Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Annexe 2. Rapports de sites
Les rapports de site suivants constituent des documents associés à ce rapport. Ils sont
téléchargeables par simple clic sur le nom des sites.
1. Les Etangs de Lorraine
2. Lit majeur du Rhin
3. Tourbières du Jura
4. Basse vallée du Doubs
et Bresse
5. Val d?Allier
6. La Dombes
7. La Camargue
8. Marais de Brouage et
de Rochefort
9. Marais poitevin
10. La Brenne
11. Marais breton et baie
de Bourgneuf
12. Sologne
13. Estuaire et cours de la
Loire aval
14. Brière
15. Monts d?Arrée
16. Marais du Cotentin et
du Bessin
17. Baie de Somme
18. Marais de Kaw-Roura
PUBLIÉ
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013412&reqId=0103a21e-4335-4797-9a22-b2cc5fa88794&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013413&reqId=180fe6ac-3bd8-4fb0-90dc-2be93ca7059a&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013415&reqId=f1b7622b-3864-4e64-8a59-d3f6dbacdf14&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013416&reqId=9d85cb39-945a-4c6c-8569-660623e93ee4&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013416&reqId=9d85cb39-945a-4c6c-8569-660623e93ee4&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013417&reqId=b5c993c2-db7e-4d36-86e6-15e4d2102b2a&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013418&reqId=6ca5e50a-91e0-451e-a368-300f461690e2&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013419&reqId=8781a640-e5d0-43ac-be49-effa18220676&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013420&reqId=dd438dae-acdc-4a80-808f-96bce2aa9904&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013420&reqId=dd438dae-acdc-4a80-808f-96bce2aa9904&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013421&reqId=57ada6d9-4410-4640-84ab-a03f28cff007&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013422&reqId=ab908878-0f83-4321-b4ff-ed6c5e13d39e&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013423&reqId=047fe7f5-51a6-4a63-9f85-9b4e4f61ec59&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013423&reqId=047fe7f5-51a6-4a63-9f85-9b4e4f61ec59&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013425&reqId=96b8529f-62a0-4de7-98a0-cf43e91081eb&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013426&reqId=1d4f707f-bc00-4b0d-97ad-ca01c556a6c8&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013426&reqId=1d4f707f-bc00-4b0d-97ad-ca01c556a6c8&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013427&reqId=fdd483ea-1c42-46d1-8518-a0ebc32dfac1&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013428&reqId=7ecbe13a-7023-4458-a8d6-1ccdce98e430&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013429&reqId=6c6234e1-8a24-4cfa-a289-e9a2f4e96032&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013429&reqId=6c6234e1-8a24-4cfa-a289-e9a2f4e96032&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013430&reqId=12feeb18-bb55-4d55-828a-9018c0279f00&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013431&reqId=59b98952-7026-4d7b-a5ac-62edeeaf2d38&pos=1
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Annexe 3. Propositions d?actions locales identifiées sur
les dix-huit sites
Ce tableau récapitule les actions que la mission recommande de soutenir dans les 18 sites.
Elles sont à mener dans un délai de trois à cinq ans.
Les budgets sont donnés à titre indicatif et à dire d?experts. Ils seront à confirmer et à affiner
par les porteurs ainsi que les financements mobilisables.
Près de 90% des actions répondent à au moins un objectif du PNMH. Les programmes
budgétaires identifiés (sans être exhaustifs à ce stade) pour cofinancer ces actions sont le
BOP 113 au titre du PNMH et de la SNAP, le Fonds vert, le budget des agences de l?eau ou
des collectivités territoriales ainsi que des budgets d?autres ministères (MASA, Ministère de
la culture) et de l?Union européenne (FEADER, FEDER, FEAMP, Life).
N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
1 Etang de
lorraine
Classement de la vallée de la Seille en
RNN
500 000 2024-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
1 Etang de
lorraine
Extension du classement Ramsar à
l'ensemble des étangs du PNR
250 000 2024-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
1 Etang de
lorraine
Classement en RBI du massif du
Romersberg
A définir 2024 - 2025 Fonds vert
1 Etang de
lorraine
Mettre en place un projet pilote de
restauration du caractère humide à
l?échelle du massif de la Forêt de la
Reine, et une instance de concertation
sur la gestion de l?eau.
- Restauration d?ouvrage
- Acquisitions foncières, renatura-
tion d?étangs et de mares
200 000
3 000 000
2023 - 2026 Agence de l'eau
Fonds vert
1 Etang de
lorraine
Rétablir l?aide à l?entretien des étangs
que la Région Lorraine versait aux
pisciculteurs :
- Etude de caractérisation des ser-
vices écosystémiques
- Programme PSE (annuel)
100 000
1 000 000
A engager
en 2023
Agence de l'eau
2 Lit majeur du
Rhin
Augmenter les débits réservés et les
débits en retour aux milieux naturels :
- Poursuivre les travaux relatifs au
PTGE, valoriser les expérimenta-
tions de ré-infiltration dans la
nappe
- Etude pour définir les nouveaux
débits réservés dans le cadre du
renouvellement des concessions
hydrauliques
3 à
5 000 000
80 000
2024-2025
2 Lit majeur du
Rhin
Renforcer les outils de protection forte
dans la bande rhénane
A définir Fonds vert
Agence de l?eau
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
Plan Rhin vivant
2 Lit majeur du
Rhin
Intensifier l'approche transfrontalière
des actions de renaturation des
milieux rhénans
200 000 2024-2025 Collectivités
3 Tourbières du
Jura
Accompagner la labellisation Ramsar
des tourbières de la montagne
jurassienne :
- Plan gestion du site « Tourbières
et lacs de montagne »
- Lancement de la démarche à
l?échelle du PNR Doubs-Horloger
50 000
100 000
2023-2024
2023-2026
Agence de l'eau
Collectivités
3 Tourbières du
Jura
Renforcer la coopération en matière
de stratégie foncière
A définir
Agence de l'eau
Collectivités
3 Tourbières du
Jura
Accompagner les pratiques agricoles
respectueuses des milieux humides :
Renforcer la prise en compte des
milieux humides dans le cahier des
charges de l?appellation Comté.
A engager
en 2023
3 Tourbières du
Jura
Accompagner les pratiques agricoles
respectueuses des milieux humides :
Reconquérir la biodiversité floristiques
des prairies (PNR Doubs-Horloger)
40 000 2023-2024 Agence de l'eau
Collectivités
3 Tourbières du
Jura
Garantir durablement la préservation
des tourbières emblématiques
A définir Fonds vert
3 Tourbières du
Jura
Mieux connaitre le fonctionnement des
tourbières jurassiennes
540 000 2024-2026 Fondation pour
la recherche sur
la biodiversité
France 2030
4 Basse vallée
du Doubs -
Bresse
Soutenir les travaux du PTGE pour un
partage équilibré de la ressource en
eau
A définir Agence de l'eau
Collectivités
4 Basse vallée
du Doubs -
Bresse
Mettre en place une coalition
départementale pour accompagner les
stratégies foncières au bénéfice des
zones humides
100 000 2024-2025 Agence de l'eau
Collectivités
4 Basse vallée
du Doubs -
Bresse
Intégrer la thématique 'préservation
des milieux humides' aux Plans
d?alimentation territoriaux (PAT) en
cours
200 000 2023-2024 Agence de l'eau
Collectivités
4 Basse vallée
du Doubs -
Bresse
Améliorer la coordination des polices
autour des milieux humides en plaine
et le suivi des mesures
compensatoires
100 000 2024-2025
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N°
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site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
5 Val d'Allier Valoriser l?étude HMUC (Hydrologie,
Milieux, Usages et Climat) pour
améliorer la gestion quantitative des
ressources en eau
Agence de l'eau
Collectivités
5 Val d'Allier Poursuivre les dynamiques d?action
foncière partagée sur le fuseau de
mobilité de l?Allier
Agence de l'eau
Collectivités
5 Val d'Allier Renforcer les actions en faveur de la
reconnexion d?annexes hydrauliques
et de la continuité écologique :
- Actions de reconnexion des
boires et de génie écologique sur
le DPF.et hors DPF (collectivités)
- Rétablir la continuité écologique
Barrage des Lorrains. Retour
d?expérience de la passe à pois-
sons Barrage de Régémortes
800 000
100 000
2023-2026 BOP 113
Politique grands
migrateurs
(DREAL)
5 Val d'Allier Développer de nouveaux sites en
protection forte :
- Créer la RNN du Bec d?Allier
- Etude de faisabilité d?une RNN
au nord de Moulins
A définir Fonds vert
5 Val d'Allier Faire labelliser la rivière Allier de Vichy
à Nevers comme site d?importance
internationale au titre de la Convention
sur les zones humides
200 000 2024-2025 Collectivités
5 Val d'Allier Porter une ambition de recherche
scientifique pour l?Allier
100 000 2024-2025 Universités
Agence de l'eau
6 La Dombes Appuyer la candidature Ramsar 20 000 2023- 2024 Collectivités
6 La Dombes Soutenir un Life pour un programme
pilote pour les sites humides d?étangs
8 000 000 2024?2030 Union
européenne
BOP 113 (100 à
150K¤/an)
6 La Dombes Conforter la démarche de PTGE 100 000 2022?2024
(première
phase)
BOP113
Agence de l'eau
Collectivités
6 La Dombes Opérations test sur la gestion des
unités de chaînes d?étangs
50 000 A engager
en 2023
Fonds vert
6 La Dombes Renforcer et coordonner la lutte contre
les EEE
100 000 2023-2024 Fonds vert
6 La Dombes Conforter la démarche de PSE
engagée récemment
3 400 000 2022-2026 Agence de l'eau
6 La Dombes Participer au projet pilote « sentinelle
sur le CC »
Action
nationale
7 Camargue Mettre en place une mission de
dialogue permanent "Camargue"
200 000 2023-2024 BOP 113
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site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
7 Camargue Mettre en place un observatoire de la
salinité et de la qualité de l?eau douce
A définir 2023 BOP113
(financement
SNPN par
l?agence de l'eau)
Collectivités
7 Camargue Soutenir l?expérimentation de phyto-
remédiation des eaux rejetées dans
l?étangs du Vaccarès
340 000 2023-2024 Union
européenne
(FEADER)
France 2030
Collectivités
7 Camargue Améliorer la qualité de l?eau douce
rejetée dans les milieux naturels ?
Développement de la technique de
repiquage mécanique
196 806 2023-2024 Union
européenne
(FEADER)
MASA/France
2030
Agence de l?eau
Collectivités
7 Camargue Elaborer et animer une stratégie
foncière à l?échelle de toute la
Camargue
A définir 2023-2026 Fonds vert
Agence de l'eau
Collectivités
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Faire aboutir et soutenir le projet de
création d?un PNR des marais du
littoral charentais
2023
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Elaborer un plan de recul de la RNN
de Moëze Oléron
Construire un programme de
recherche ambitieux de suivi des effets
du changement climatique sur le long
terme
50 000 2024-2025 Fonds vert
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Mettre en place un plan de soutien à
l?élevage extensif, dans la suite de
l?expérimentation nationale conduite
sur les marais de Brouage
120 000 2023-2025 Agence de l?eau
Collectivités
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Consolider le rôle du SMCA dans la
gestion de l?eau, des milieux
aquatiques et des ouvrages
hydrauliques sur l?ensemble du
territoire
80 000 2024-2025 Fonds vert
Agence de l?eau
Collectivités
taxe GEMAPI
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Encourager les actions de
renforcement de la protection
conduites par les aires protégées
A définir 2023-2025 Fonds vert
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Elaborer une stratégie foncière
partagée
A définir 2023-2028 Agence de l'eau
Fonds vert
CELRL
PUBLIÉ
file:///C:/Users/herve.parmentier/Documents/Pro/CGEDD/PNZH/Pour%20le%20rapport/Rédaction%20rapport%20complet/Vpost%20Lavarde/23%2004%2005-TotalActions%20locales%20-%20Rapport.xls%23RANGE!%23REF!
file:///C:/Users/herve.parmentier/Documents/Pro/CGEDD/PNZH/Pour%20le%20rapport/Rédaction%20rapport%20complet/Vpost%20Lavarde/23%2004%2005-TotalActions%20locales%20-%20Rapport.xls%23RANGE!%23REF!
file:///C:/Users/herve.parmentier/Documents/Pro/CGEDD/PNZH/Pour%20le%20rapport/Rédaction%20rapport%20complet/Vpost%20Lavarde/23%2004%2005-TotalActions%20locales%20-%20Rapport.xls%23RANGE!%23REF!
file:///C:/Users/herve.parmentier/Documents/Pro/CGEDD/PNZH/Pour%20le%20rapport/Rédaction%20rapport%20complet/Vpost%20Lavarde/23%2004%2005-TotalActions%20locales%20-%20Rapport.xls%23RANGE!%23REF!
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
9 Marais
poitevin
Pérenniser le statut de l?EPMP, comme
outils unique de concertation et
d?arbitrage sur la gestion de l?eau en
confortant ses actions et ses moyens :
- Renforcer la capacité d?anima-
tion de l?EPMP
- Mettre en place un suivi de la
qualité de l?eau
100 000
50 000
2024-2028 Agence de l'eau
9 Marais
poitevin
Renforcer la gouvernance et les
actions en faveur de la biodiversité du
marais
100 000 2024-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
9 Marais
poitevin
Faire de l'observatoire de la nature un
outil au service de la gestion et de la
préservation de la biodiversité
150 000 2024-2025 Fonds vert
9 Marais
poitevin
Développer des outils de suivi-
évaluation des actions contre les
espèces exotiques envahissantes
200 000 2023-2026 Fonds vert
9 Marais
poitevin
Améliorer la protection et la
reconnaissance internationale du
marais humide et des milieux associés
100 000 A engager
en 2023
Fonds vert
Agence de l'eau
10 la Brenne Elaborer une stratégie partagée de
maîtrise et d?animation foncières en
faveur de la préservation des milieux
humides et du maintien de l?agriculture
et de la pisciculture extensives
140 000 2023-2027 Union
européenne
(FEADER)
Fonds vert
Agence de l?eau
Collectivités
10 la Brenne Renforcer l?acquisition et le suivi des
connaissances sur les effets du
changement climatique sur la
biodiversité et la ressource en eau de la
Brenne
100 000 2023-2025 Agence de l?eau
Collectivités
10 la Brenne Valoriser le classement de la
pisciculture traditionnelle de la Brenne
au patrimoine culturel et immatériel de
l?Unesco pour un usage durable de
l?eau et la préservation de la
biodiversité
135 000 2023-2025 Union
européenne
(FEAMP)
MTECT (DPMA),
Ministère de la
culture
Agence de l?eau
Région (Cap
filière DG agri)
Département.
10 la Brenne Faire de la lutte contre les espèces
exotiques envahissantes, un objet
écologique, social et économique
400 000 2023-2026 Union
européenne
Fonds vert
Agence de l?eau
MTECT (DPMA)
SMABCAC (taxe
GEMAPI)
Collectivités
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de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Fédérer le Marais breton et la baie de
Bourgneuf autour d?un projet de
territoire
A définir 2023-2024 Fonds vert
Région
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Renforcer les outils de protection forte 100 000 2023-2024 Union
européenne
(FEDER)
Fonds vert
Région
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Elaborer une stratégie partagée de
maîtrise et d?animation foncières en
faveur de la préservation des milieux
humides
140 000 2023-2027 Europe
(FEADER)
Fonds vert
Agence de l?eau
Département
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Favoriser la gestion collective et
globale des niveaux d?eau et des
aménagements hydrauliques
200 000 2023-2026 Fonds vert
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Accompagner les actions pour le
maintien de l?élevage dans le marais
350 000 2023-2028 Agence de l?eau
Collectivités
Chambre
d?agriculture
Filières
12 Sologne Fédérer les solognots autour d?un
projet de territoire
A définir BOP113
Collectivités
12 Sologne Conforter la gestion du plus grand site
Natura 2000 de France
A définir Union
européenne
BOP113
Agence de l?eau
Région
12 Sologne Résoudre la question très prégnante
des engrillagements et des
surpopulations de sangliers
12 Sologne Améliorer le soutien de l?agriculture et
de l?élevage
A définir
12 Sologne Relancer la filière piscicole A définir
12 Sologne Parfaire la connaissance du réseau
hydrographique et clarifier la notion de
continuité écologique au cas particulier
de ces grandes zones de marais
aménagées
A définir
13 Estuaire et
cours de la
Loire aval
Bâtir un cadre de concertation et une
gouvernance commune grâce à
l?organisation d?ateliers de territoires
sur l?estuaire en aval de Nantes
350 000 2024 BOP 135,
Fonds vert
Agence de l'eau
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humides, et la création d?un parc national
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
13 Estuaire et
cours de la
Loire aval
Sur l?amont de Nantes, conforter le
travail en cours de ré-équilibrage du lit
de la Loire et d?aménagement des
berges et des îles
700 000 2024-2026 Fonds vert
Agence de l'eau
14 Brière Consolider l?engagement du PNR pour
préserver la biodiversité
A définir 2023-2026 PNR
14 Brière Créer un observatoire de l?eau et de la
biodiversité à l?échelle du PNR
A définir 2024-2026 Agence de l?eau
Collectivités
14 Brière Positionner le PNR comme point focal
du plan national d?actions (PNA) du
Butor étoilé
450 000 2023-2029 Fonds vert
Agence de l?eau
Région
14 Brière Valoriser les produits issus de la
gestion écologique des roselières
300 000 2024-2026 Région
ADEME
EPCI
15 Monts d'Arrée Mettre en place un dispositif de
paiements pour services
environnementaux en solidarité amont-
aval à financement mixte (privé ?
public)
80 000 2024-2025 Agence de l'eau
Contrat de Rade
de Brest
Taxe GEMAPI
Fonds privés
15 Monts d'Arrée Mettre en place une stratégie foncière
partagée intégrant une opération
d?animation foncière (gestion collective
du foncier et ORE)
80 000 2023-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
15 Monts d'Arrée Accompagner le projet de création
d?une réserve naturelle nationale ou
régionale sur les crêtes des Monts
d?Arrée (projet Roc?h et Yeun des
Monts d?Arrée).
150 000 A engager
en 2023
Fonds vert
Agence de l'eau
Collectivités
15 Monts d'Arrée Lancer à l?échelle du territoire « un
mini grenelle de l?eau »
60 000 A engager
en 2024
Agence de l?eau
Collectivités
15 Monts d'Arrée Réaliser un schéma d?accueil du public
dans les monts d?Arrée
A engager
2024
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Sécuriser la gestion globale et
collective des niveaux d?eau
A définir 2024-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
Collectivités
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Soutenir la mission d?animation et de
conseil technique pour accompagner
les agriculteurs des marais
150 000 2023-2025 Agence de l'eau
Collectivités
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Améliorer la qualité de l?eau douce
pour préserver les production
piscicoles et conchylicoles
A définir A engager
en 2023
Agence de l'eau
Collectivités
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Garantir durablement les milieux
emblématiques des marais du
Cotentin et du Bessin
A définir A engager
en 2023
Fonds vert
Agence de l'eau
Collectivités
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Evaluer la capacité de stockage du
carbone des marais
Voir
actions
nationales
17 Baie de
Somme
Élargir et renforcer le soutien à
l?élevage en zone humide
A définir Agence de l?eau
17 Baie de
Somme
Mettre en place une gestion
quantitative de la nappe
A définir Agence de l?eau
17 Baie de
Somme
Mieux encadrer et accompagner la
fréquentation du public selon les
saisons
A définir Fonds vert
17 Baie de
Somme
créer un agrément de guide nature
17 Baie de
Somme
Rendre plus lisible la réglementation
17 Baie de
Somme
Etendre le Site Ramsar A définir Fonds vert
17 Baie de
Somme
Améliorer la connaissance de la
dynamique sédimentaire et fluviale
A définir Agence de l?eau
18 Marais de
Kaw
Lancer un plan de sauvegarde et de
mise en valeur des villages de Kaw et
de Ouanary
A définir 2023 Union
européenne
France Relance
18 Marais de
Kaw
Donner des moyens complémentaires
d?intervention à la RNN de Kaw-Roura.
100 000 2023-2024 Fonds vert
BOP 113
18 Marais de
Kaw
Mettre en place une instance de
préfiguration et de dialogue co-animée
par l?État et la CTG pour préciser les
conditions dans lesquelles un projet de
parc national pourrait être porté
200 000
500 000
par an à
partir de
2025
2023-2025
2025 et
suivantes
BOP113
CTG
18 Marais de
Kaw
Mettre en place un plan de
transformation du PNRG
120 000 2023-2025 Fonds vert
Collectivités
18 Marais de
Kaw
Lancer une initiative spécifique dédiée
aux habitats prioritaires des savanes
et des zones humides de l?ouest
A définir 2024-2025 Union
européenne
(Life)
Fonds vert
OFB
CTG
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Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Annexe 4.
Parc national (PN) Parc naturel régional (PNR)
Confère une reconnaissance nationale et
internationale à un territoire emblématique sur les
plans naturel, paysager et culturel
Confère une reconnaissance nationale à de
grands espaces ruraux habités à forte valeur
patrimoniale et paysagère
Etablissement public administratif Syndicat mixte ouvert (restreint ou élargi)
11 parcs nationaux (les coeurs de PNx représentent
4% du territoire national et seulement 0,78% du
territoire métropolitain)
58 parcs (18% du territoire national terrestre)
Budget moyen 7 M¤/parc/an, 70 agents/parc
Financement annuel pérenne de l?État (90 % en
moyenne)
Budget moyen 4 M¤/parc/an, 40 agents/parc
Financement assuré par les membres et
majoritairement par la Région de manière
discrétionnaire (70 % de contribution des
collectivités membres dont 40 % de la Région)
Créé par décret en Conseil d?État
Statut inaliénable pour le coeur de Parc. Libre
adhésion des communes pour l?aire d?adhésion
Créé par décret
Le statut peut être perdu en cas d?échec à faire
valider la charte par ses représentants
Marque commerciale « Esprit parc national » Marque commerciale « Valeurs parc naturel
régional »
Charte (15 ans) ayant pour objet de définir un projet
de territoire sur l?ensemble du parc (coeur et aire
d?adhésion). Une commune peut adhérer à la
charte même si l?intercommunalité a rendu un avis
négatif sur la charte
Charte (15 ans) ayant pour objet de définir un projet
de territoire. Une commune peut adhérer à la charte
même si l?intercommunalité a rendu un avis négatif
sur la charte.
Missions de protection du patrimoine naturel et
culturel, de connaissance et de recherche, d?accueil
du public, d?éducation à l?environnement et de
promotion du développement durable dans l?aire
d?adhésion
Missions de promotion d?un développement
durable du territoire basé sur la connaissance,
l?éducation à l?environnement, la préservation du
patrimoine naturel et culturel et de soutien des
activités économiques respectueuses de
l?environnement dont celles touristiques
Coeur, zone de protection réglementaire forte
avec réglementation des activités et de très
bons résultats en matière de biodiversité
Aire d?adhésion en solidarité écologique avec le
coeur et dédiée au développement durable sans
contrainte réglementaire spécifique
Protection à valeur contractuelle, qui ne permet
pas en soi la création de protection forte mais un
PNR peut être gestionnaire de réserves naturelles,
de zones Natura 2000, etc.
Conseil d?administration composé de toutes les
parties prenantes. Le président du CA et le
directeur définissent ensemble les orientations du
parc. Le directeur exerce la gestion au quotidien .
Conseil syndical qui ne comprend que les
collectivités locales ayant adhéré au PNR. Le
président en est l?autorité territoriale. Le directeur
exerce la gestion au quotidien.
Instances consultatives : conseil scientifique,
conseil économique, social et culturel
Instances consultatives : variables
Une commune ne peut pas être incluse à la fois dans un territoire de PN et de PNR.
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Rapport n°
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Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Les parcs nationaux
Un outil privilégié pour travailler sur le temps long et reconnaître un caractère exceptionnel
Un parc national traduit la reconnaissance du caractère exceptionnel d?un territoire, pour la
valeur de son patrimoine naturel, paysager et culturel. Le statut de Parc national est reconnu dans
le monde entier. La maque « Esprit parc national » collective des parcs nationaux de France a
pour ambition valorise les produits et services des acteurs économiques présents sur le parc.
C?est un outil juridique qui garantit la préservation de ce territoire sur le long terme et son
inaliénabilité, quelles que soient les alternances politiques. Il n?existe pas de procédure pour
« fermer » un coeur de parc national.
Les parcs nationaux sont gérés par des établissements publics autonomes créés par décret en
Conseil d?État.
Un projet de territoire et un coeur garantissant la préservation
Un parc national est composé d?une aire d?adhésion et d?un coeur :
? Le coeur est une zone de protection réglementaire forte dans laquelle les pressions
engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des
enjeux écologiques de ces espaces sont supprimées ou significativement limitées, et ce
de manière pérenne, grâce à la mise en oeuvre d?une réglementation, associée à un con-
trôle effectif des activités. Selon les parcs, la réglementation, applicable au coeur unique-
ment, autorise de nombreuses activités récréatives et sportives, voire sous certaines con-
ditions de chasse, pêche, collecte de végétaux ;
? L?aire d?adhésion, rassemble des communes ayant vocation à faire partie du parc natio-
nal en raison de leur solidarité écologique ou géographique avec le coeur. Ces communes
décident volontairement d'adhérer à la charte du parc national, contrat entre l?État, l?éta-
blissement public et le territoire, qui a pour objet de définir un projet de développement
durable basé sur la solidarité écologique et économique entre le coeur et l?aire d?adhésion.
Sa durée d?application est de quinze ans. L?aire d?adhésion n?engendre pas de réglemen-
tation spécifique.
La protection de la biodiversité est essentielle aux missions des parcs nationaux. Ainsi, ils
contribuent, dans le coeur, à la bonne gestion et à la conservation des patrimoines, en aire
d'adhésion, à la valorisation d'activités compatibles avec le respect de la nature pour en
faire un atout pour le territoire. De même, la connaissance scientifique des patrimoines,
la bonne gouvernance visant à assurer un meilleur fonctionnement des institutions et à renforcer
les liens avec les acteurs locaux, la contribution des parcs aux politiques publiques et l?accueil
des publics sont des missions importantes des parcs nationaux.
Les parcs nationaux ont un modèle unique de gouvernance avec un conseil
d?administration composé de représentants de l?État, des collectivités locales et régionales, des
gestionnaires du territoire, des habitants et des usagers et où les représentants du territoire
sont majoritaires. L?État y est aussi représenté. Le Conseil d?Administration (CA) a des
compétences en matière de règlementation. Le président du CA et le directeur définissent
ensemble les orientations du parc. Le directeur exerce la gestion au quotidien. Un conseil
scientifique composé d?experts dans les domaines du patrimoine naturel mais aussi culturel et en
sciences sociales donne un avis sur les activités et travaux pour préserver le caractère du parc.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Les chiffres clefs des parcs nationaux en France
? 11 parcs ont été créés à ce jour. Il en existe 433 en Europe, 3 580 dans le monde ;
? Le budget moyen d?un parc en 2020 est de 7 M¤ dont 90 % du financement provient de
l?État. Chaque parc compte en moyenne 70 agents ;
? Les coeurs de parcs nationaux s?étendent sur 4 % du territoire national (2,6 millions d?hec-
tares dont 2 Mha pour le parc amazonien de Guyane (PAG) et 420 500 ha en métropole.
Les coeurs terrestres de métropole ne représentent que 0,76% de la métropole. Coeurs
de parcs et aires d?adhésion représentent 4,8 Mha soit environ 7,6% du territoire national.
Les 11 parcs couvrent 517 communes dont 75 % ayant adhéré à la charte, soit 1,2 % de
la population française ;
? 63 % des français jugent les territoires des parcs nationaux attractifs. Ils apparaissent
comme des territoires à forte valeur ajoutée, à visiter ou même pour y habiter. Chaque
année, les parcs accueillent 10 millions de visiteurs et génèrent directement une activité
économique privée, essentiellement liée au tourisme, avec un chiffre d?affaires de 380 M¤
(chiffre 2014).
? Les communes de coeur de parcs nationaux bénéficient d?une dotation biodiversité addi-
tionnelle à la DGF.
Des exemples illustrant la dynamique territoriale des parcs nationaux
? Le parc national des Calanques allie protection et accueil du public : 3 millions de
visiteurs annuels. La création du parc a permis de rassembler les acteurs impliqués autour
d?un objectif commun : la fin des rejets des boues rouges de l?usine de traitement de
bauxite de Gardane qui a été actée quatre ans après la création du parc. Activité tradi-
tionnelle du territoire, la chasse est autorisée sur près de la moitié du coeur de parc na-
tional. Sa pratique est cependant strictement encadrée par la réglementation de droit com-
mun et par la réglementation spéciale du coeur de parc. Les zones de chasse du parc
national sont réparties entre quatre sociétés de chasse (500 chasseurs). Quelques béné-
ficiaires individuels du droit de chasse sur propriétés privées sont également actifs sur le
territoire des Calanques. La perdrix rouge, le lièvre, le lapin et les oiseaux migrateurs
(grives, pigeon ramier, etc.) et le sanglier sont les principales espèces chassées. En mer,
les plus grandes zones de non pêche de Méditerranée ont permis une multiplication par
4 de la biomasse de poissons en 10 ans qui se répercutent dans les zones où il est auto-
risé de pécher et a permis d?obtenir le soutien des pécheurs professionnels ;
? Le parc national de Forêts est le 11ème et dernier parc national créé. La charte du parc
fait référence à la gestion adaptative des espèces pour mieux préserver les espèces
d?oiseaux dans le coeur forestier du parc. 3 grands projets de restauration de zones
humides et de cours d?eau sont menés par l?Epage Sequana et subventionnés par le
Parc national de forêts pour un montant de 87 k¤. Le parc a vocation à devenir un territoire
de gestion cynégétique d'excellence. Les enjeux et les modalités de la chasse sont
adaptés aux différents zonages du Parc national de forêts : dans la réserve intégrale, la
chasse est interdite. Par contre, la « régulation » des populations de trois espèces d'ongu-
lés sauvages (cerf, chevreuil, sanglier) est possible et organisée sous la responsabilité du
parc national à travers des Délégations de Service Public confiées à des associations de
chasse. Dans le coeur, l?objectif est la suppression des pratiques artificielles (agrainage,
grillage) et une cohabitation harmonieuse et sûre entre la chasse et l?accueil du public.
Dans l?aire d?adhésion, la gestion ne dépend pas directement du Parc national. L'objectif
est de faire la promotion d?une chasse exemplaire. Dans le coeur du parc, il est possible
de cueillir quelques espèces ; la cueillette d'espèces protégées est interdite. Concernant
l?agriculture, 5 pistes ont été retenues pour faire l'objet d'un plan d'actions prioritaire dans
une approche collective. Il s'agit des grandes cultures en bio, du lait différencié, des légu-
mineuses fourragères, de la viande bovine à l'herbe et de la trufficulture.
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Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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Localisation des 11 parcs nationaux en France
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humides, et la création d?un parc national
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Les parcs naturel régionaux
Une valeur patrimoniale et paysagère
Les parcs naturels régionaux sont des territoires reconnus au niveau national pour leur forte
valeur patrimoniale et paysagère.
Les territoires des parcs naturels régionaux sont classés par décret et obtiennent la marque
« Valeurs parc naturel régional ». Le statut de PNR peut être perdu en cas d?échec à faire valider
la charte par ses représentants.
Un engagement contractuel de développement durable
L?État et les collectivités territoriales concernées, au premier rang la Région, s?engagent
contractuellement dans un projet concerté de développement durable, fondé sur la protection et
la valorisation du patrimoine naturel, culturel et paysager.
Les parcs naturels régionaux (PNR) sont chargés de mettre en oeuvre des actions selon cinq
missions : préserver et valoriser les patrimoines naturels et culturels, favoriser le développement
économique et la qualité du cadre de vie, aménager le territoire, informer et sensibiliser habitants
et visiteurs, conduire des actions expérimentales ou innovantes. Ces missions sont similaires à
celles d?un parc national pour le territoire.
En revanche, un PNR ne permet pas de protéger et réglementer de manière forte une zone
comme le fait la réglementation en coeur de parc national. Cependant, on retrouve d?autres aires
protégées sur les territoires des PNR. Ces derniers sont d?importants gestionnaires de réserves
naturelles (50 % de la surface terrestre des réserves nationales) et de sites Natura 2000 (19 %
de ces sites) ; 18 des 42 sites RAMSAR français et plusieurs sites inscrits au patrimoine mondial
de l?Unesco (par exemple les bords de la Loire sur le parc Loire-Anjou-Touraine) sont dans des
PNR. On y trouve également de nombreux sites classés et inscrits.
Les missions d?un PNR s?appuient sur une charte, élaborée préalablement au classement du parc,
dont la durée d?application est de quinze ans. Les communes adhèrent librement, le parc peut
être classé sous respect des critères suivants :
? les communes ayant approuvé la charte représentent au moins les deux tiers des com-
munes comprises dans le périmètre d'étude ;
? le territoire des communes ayant approuvé la charte inclus dans le périmètre d'étude re-
présente au moins les trois quarts de la surface de ce périmètre ;
? la population des communes ayant approuvé la charte représente au moins la moitié de
la population de l'ensemble des communes comprises dans le périmètre d'étude.
Les PNR sont créés par les Régions et gérés par un syndicat mixte ouvert (restreint ou élargi)
chargé de la gestion et de l?aménagement du parc. Ce syndicat regroupe notamment les
Départements concernés et les communes ayant adopté la charte. Les compétences des
syndicats mixtes gestionnaires des PNR leur sont attribuées par le code de l?environnement au
moment du classement du parc. Ils peuvent en sus disposer de compétences transférées par
leurs membres. Une association, la Fédération nationale des parcs naturels régionaux, est
chargée de l?animation du réseau de PNR.
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Rapport n°
014422-01
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humides, et la création d?un parc national
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Les chiffres clefs des parcs naturels régionaux en France
? Il existe actuellement 58 PNR dont 2 en outre-mer, qui représentent 10,1 Mha (15 % du
territoire français terrestre, 174 000 ha par parc) ;
? Le budget des PNR est d?environ 4 M¤/parc/an (incluant la surveillance) avec 70 % de
contribution des collectivités membres du syndicat mixte de gestion du parc, à savoir les
Régions pour 38 %, les Départements pour 16 %, les communes et intercommunalités
pour 15 %, et une part de l?État de 10 % ;
? Chaque parc compte en moyenne 40 agents (données de 2011).
Localisation des 58 PNR en France
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Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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Annexe 5. Liste des personnes rencontrées au niveau
national
A titre d?information, Les 1200 personnes rencontrées au niveau local, sont listées dans les
rapports de sites (voir annexe 2).
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Abel Jean-David
France nature
environnement
Vice-président 13/09/22
Abric Sébastien
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjoint au chef du
bureau de la ressource
en eau et des milieux
aquatiques (EARM3)
08/02/2023
10/02/23
10/03/2023
Albert Arnaud
Office français de la
biodiversité
Chargé de mission
Espèces exotiques
envahissantes
14/02/23
Andreani Sandrine
Région Provence-
Alpes-Côte d?Azur
Conseillère biodiversité 07/06/22
Antoine Valérie
Région Nouvelle-
Aquitaine
Conseillère biodiversité 07/06/22
Archambault Benoît
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chef de bureau des
espaces protégés
26/07/22
13/01/23
31/05/22
Arpin Isabelle
Zone atelier Alpes -
INRAE
Co-directrice 14/02/23
Aubel Christophe
Office français de la
biodiversité
Directeur général
délégué mobilisation de
la société
08/03/23
Babin Julie
Fédération des
conservatoires
d?espaces naturels
Cheffe de projet
Fondation Espaces
Naturels de France
14/02/23
Bagagem Sophie
Forum des Marais
Atlantiques
Directrice adjointe 10/03/2023
Bascou Stéphanie DREAL Grand Est
Directrice régionale
adjointe
02/06/22
Belz Patrice
Conservatoire de
l'espace littoral et des
rivages lacustres
Délégué Centre-
Atlantique
14/02/23
Bernard Vincent Région Pays-de-Loire Conseiller biodiversité 07/06/22
Bignon1 Jérôme
Membre Honoraire du
Parlement
31/5/22
13/01/23
Boutroue Ludivine Région Pays-de-Loire Conseillère biodiversité 07/06/22
Brua1 Eric
Fédération des parcs
naturels régionaux de
France
Directeur
12/05/22
13/01/23
10/03/23
Caesstecker1 Pierre
Office français de la
biodiversité
Chargé de mission
zones humides et marais
31/5/22
13/01/23
08/03/23
09/03/23
Cerisier-Auger Alexis
Ministère de la
transition écologique,
Commissariat général
au développement
durable
Chargé de mission
biodiversité (espèces) et
milieux humides.
13/01/23
17/05/22
Echanges
réguliers
Chantepy Nicolas
Agence de l?eau Rhône
Méditerranée Corse
Directeur général adjoint 20/03/23
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014422-01
Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Charpentier Antoine Région Ile-de-France
Conseiller biodiversité
Ile-de-France
07/06/22
Chevennement Rémy
Parc national des
Cévennes
Directeur adjoint 10/03/23
Choumert Emeline
Agence de l?eau Loire-
Bretagne
Cheffe du service
agriculture et milieux
aquatiques
03/03/23
Coantic Amélie
Ministère de la
transition écologique
Directrice du cabinet de
la secrétaire d'État
auprès du ministre
26/07/22
Coïc Bastien
Association Ramsar
France
Animateur de réseau 31/5/22
Colas Hélène
Ministère de la
transition écologique
Conseillère biodiversité
du cabinet de la
secrétaire d'État auprès
du ministre
22/12/22
Collin
Jean-
François
Chambre d?agriculture
de la Manche
Directeur 26/08/22
Corsini Véronique
Conservatoire
d?espaces naturels de
Lorraine
Directrice 17/02/23
Coué Thierry
Fédération nationale
des syndicats
d?exploitants agricoles
Vice-président 20/06/22
Couellier Marie
Ile-de-France
Normandie
Conseillère biodiversité 07/06/22
Courbois Laurent
Fédération nationale de
la chasse
Chargé de mission
auprès du DG
10/06/22
Custot Julien DREAL Pays-de-Loire
Directeur régionale
adjoint
02/06/22
Daloz Aurélien
Office français de la
biodiversité
Chef de service adjoint
Usages et gestion de la
biodiversité
08/03/23
Darmendrail Dominique
Bureau de recherches
géologiques et minières
Directrice du programme
Eaux souterraines &
Changements globaux
01/03/23
Davoust-
Gosselin
Virginie Région Ile-de-France Conseillère biodiversité 07/06/22
De Maleville Olivia Régions de France
Conseillère transition
écologique et
énergétique.
07/06/22
Debaere Olivier
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjoint au sous-directeur
des écosystèmes
terrestres
22/12/22
Delaquaize François
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chargé de mission
espèces exotiques
envahissantes
17/02/23
Delye Sylvain
Fédération nationale
des syndicats
d?exploitants agricoles
Référent zones humides 20/06/22
Demolis Raphaël
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chef du bureau de la
chasse de la faune et de
la flore sauvages
02/03/23
Doron Jean-Paul
Fédération nationale de
la pêche en France
Vice-président 16/05/22
Ducarre Olivier
Région Centre-Val de
Loire
Conseiller biodiversité 07/06/22
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Dunand Arnaud
Ministère de
l?agriculture et de la
souveraineté
alimentaire
SCPE/SDPE DGPE
Sous-directeur
Performance
environnementale et
valorisation des
territoires
14/03/2023
Ernou Frédéric
Chambres d?agriculture
France
Responsable du service
agro-environnement
Echanges
écrits
Estève1 Roger
Conseil national de la
protection de la nature
Expert environnement 13/01/23
Férey Pascal
Chambres d?agriculture
de France
Vice-président
19/07/22
26/08/22
Ferrere Ghislaine
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chargée de mission
zones humides
21/06/22
31/05/22
13/01/23
08/02/23
10/02/23
17/02/23
21/02/23
10/03/23
Garnier
Claire-
Cécile
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Cheffe du bureau de la
ressource en eau, des
milieux aquatiques et de
la pêche en eau douce
08/02/23
21/02/23
Genet Ludovic
Agence de l?eau Seine
Normandie
Directeur territorial 20/03/23
Gilardeau Jean-Marie
Forum des marais
atlantiques
Président
14/02/23
16/02/23
Gilbert Daniel
Laboratoire Chrono-
Environnement, UMR
CNRS 6249 /
Université de Franche-
Comté
Directeur de la Zone
Atelier Arc Jurassien,
président du conseil
scientifique du pôle
relais tourbière
17/02/23
Girard Frédéric
Région Auvergne-
Rhône Alpes
Conseiller biodiversité 07/06/22
Grandmougin Benoit Région Grand Est Conseiller biodiversité 07/06/22
Grange Michel
Coopépoisson (01)
Association française
des professionnels de
la pisciculture d?étang
(AFPPE)
Directeur 20/02/23
Gravier
Marie-
Hélène
DREAL Auvergne-
Rhône-Alpes
Cheffe de service 02/06/22
Gruselle, Pascal Régions de France
Conseiller Europe,
aménagement des
territoires et outre-mer
07/06/22
Guillain
Pierre-
Edouard
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjoint au directeur 26/07/22
Guillouët Jérôme
Fédération nationale de
la pêche en France
Responsable technique 16/05/22
Gutton Martin
Agence de l?eau Loire
Bretagne
Directeur général
07/06/22
20/03/23
Hanocq Thierry
DREAL Hauts-de-
France
Adjoint chef du pôle
nature et biodiversité
02/06/22
Hazet Charles
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjoint à la Sous-
Directrice Préservation
et Gestion de l'eau et
des ressources
minérales
31/05/22
Hoeltzel Marc
Agence de l?eau Rhin
Meuse
DG
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Jalbert Jean Tour du Valat Directeur général
02/02/22
20/03/23
Julien-
Laferrière
Guy
Syndicat des étangs de
la Loire- Etangs du
Forez ; Etangs de
France
Président 20/02/23
Jutand Christophe
Agence de l?eau Adour
Garonne
Chef de l'unité territoriale
Charente
20/03/23
Kurukgy Vanessa
Fédération des
conservatoires
d?espaces naturels
Juriste 24/02/2023
Lafargue Claire
Fédération nationale
des syndicats
d?exploitants agricoles
Juriste environnement, 20/06/22
Le Mieux Amélie
Office français de la
biodiversité
Cheffe de projet
observatoire national de
la biodiversité
14/02/23
Lebeau Florian Région Bretagne Conseiller biodiversité 07/06/22
Lecoustey Marc
Chambre d?agriculture
de la Manche
Secrétaire général
19/07/22
26/08/22
Limanton Karine Région Pays-de-Loire Conseillère biodiversité 07/06/22
Maillet Albert
Office national des
forêts
Directeur des forêts et
des risques naturels
24/05/22
Maréchal Xavier Etangs de France Président 20/02/23
Marion1 Loïc
Conseil national de la
protection de la nature
Président
31/5/22
13/01/23
Marteau Cédric
Ligue pour la protection
des oiseaux
directeur du pôle
protection de la nature
24/05/22
Matykowski2 Isabelle AE Artois-Picardie DGA 20/03/23
Mercier Corentin
Parcs nationaux de
France
Délégué inter parcs
nationaux
12/05/22
19/01/23
Mestres Aurélie DREAL Bretagne
Directrice régionale
adjointe
02/06/22
Métayer
Marie-
Laure
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjointe au directeur 31/05/22
Micheau François
Fédération des
conservatoires
d?espaces naturels
Directeur des
programme et de
l?animation scientifique
28/02/23
Miossec Gilbert
Forum des marais
atlantiques
Directeur 02/02/22
Mougey1 Thierry
Fédération des parcs
naturels régionaux de
France
Chargé de mission
Biodiversité et gestion
de l'espace ·
31/5/22
13/01/23
10/03/23
Mounier1 Bruno
Fédération des
conservatoires
d?espaces naturels
Directeur
07/06/22
13/01/23
Muller Francis Pôle relais tourbières Directeur 02/02/22
Muzar Florian
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?habitat,
de l?urbanisme et des
paysages
Bureau des stratégies
territoriales, référent
aménagements et
schémas régionaux
02/06/22
Papouin Matthieu
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Sous-directeur des
écosystèmes terrestres
26/07/22
Paquin Maxime
France nature
environnement
Chargé de mission
réseau biodiversité
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
Page 83/93
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Perennou Christian
Observatoire des
Zones Humides
Méditerranéennes
Chef de Projet 01/03/23
Prévost Cédric
Ministère de
l?agriculture et de la
souveraineté
alimentaire
SPPSI/SDATAA
Sous-directeur de
l'accompagnement des
transitions alimentaire et
agro-écologique
15/02/2023
Privat1 Adrien Conservatoire du littoral
Responsable de mission
interface "Terre-Mer"
13/01/23
Ragueneau Olivier
Centre national de la
recherche scientifique
Directeur du réseau des
zones ateliers
06/03/23
Ramanah Fanny
Région Hauts-de-
France
Conseillère biodiversité 07/06/22
Ratouis Mathilde
Zone Atelier Alpes -
INRAE
Chargée de médiation
scientifique Sentinelles
des Alpes
14/02/23
Ribault Muriel Région Conseillère biodiversité 07/06/22
Rivet Nicolas
Fédération nationale de
la chasse
Directeur général 10/06/22
Rocard Sandrine
Agence de l?eau Seine
Normandie
Directrice 07/06/22
Rolland Guillemette Conservatoire du littoral
Directrice de l?action
foncière et des systèmes
d?information
31/5/22
Rouveyrol1 Paul
Museum national
d?histoire naturelle
Responsable de la
cellule Espaces protégés
et Natura 2000
31/5/22
13/01/23
Roy Laurent
Agence de l?eau Rhône
Méditerranée Corse
Directeur 07/06/22
Rungette Denis DREAL Normandie
Chef du bureau de la
biodiversité et des
espaces naturels
02/06/22
Saur Nathalie
Agence de l?Eau Loire-
Bretagne
Cheffe de service
interventions territoriales
15/02/23
Siblet1
Jean-
Philippe
Conseil national de la
protection de la nature
Vice-président
commission espaces
protégés
31/5/22
13/01/23
Sirot-Devineau
Anne-
Françoise
Région Nouvelle-
Aquitaine
Conseillère biodiversité 07/06/22
Sommier1 Michel
Office français de la
biodiversité
Directeur des aires
protégées
31/5/22
13/01/23
Tamini Floriane
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chargée de mission au
bureau des espaces
protégés
26/07/22
13/01/23
Tapadinhas Laurent
DREAL Hauts-de-
France
Directeur 02/06/22
Texier-Pauton Elodie
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chargée de portefeuille
projets, domaine
agriculture
08/02/23
Thibault. Olivier
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Directeur 26/07/22
Thomas1 Marie
Réserves naturelles de
France
Directrice
07/06/22
13/01/23
Tuffnell Frédérique Assemblée nationale
Députée de Charente-
Maritime
31/5/22
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Varray Sylvie
Fédération des
Conservatoires
d'espaces naturels
Chargée de mission
Espèces exotiques
envahissantes
08/03/23
Vatin Thierry
Agence de l?eau Artois-
Picardie
Directeur général 07/06/22
Vérilhac Yves
Ligue pour la protection
des oiseaux
Directeur général 24/05/22
Vienne Laurent
Agence de l?eau Loire-
Bretagne
Chargé de mission
milieux humides
03/03/23
1 : membres experts du groupe experts mobilisé par la mission
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
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Annexe 6. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ABC Atlas de la biodiversité communale
ADEME Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
AE Agence de l?eau
AFA Association foncière agricole
AFOM Atouts-faiblesses-opportunités-menaces (analyse)
AFP Association foncière pastorale
AOC Appellation d?origine contrôlée
AOP Appellation d?origine protégée
APP Arrêté préfectoral de protection
ARB Agence régionale de la biodiversité
ASA Association syndicale autorisée
AURA Auvergne-Rhône-Alpes (Région)
BCAE
Bonnes conditions agricoles et environnementales (mesure d?éco-
conditionnalité au titre de la PAC)
BRGM Bureau de recherches géologiques et minières
CA Chambre d?agriculture
CA France Chambres d?agriculture France
CC Communauté de communes
CCI Chambre de commerce et d?industrie
CELRL Conservatoire de l?espace littoral et des rivages lacustres
CEN Conservatoire d?espaces naturels
CESP Communication, éducation, sensibilisation et participation (stratégie)
CGAAER
Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces
ruraux
CGDD Commissariat général au développement durable
CGEDD Conseil général de l?environnement et du développement durable
CNPN Conseil national de la protection de la nature
CNRS Centre national de la recherche scientifique
COPIL Comité de pilotage
CPER Contrat de plan État-Région
CSRPN Conseil scientifique régional du patrimoine naturel
CTE Contrat territorial eau
CTG Collectivité territoriale de Guyane
DCE Directive cadre sur l?eau
DDT(M) Direction départementale des territoires (et de la mer)
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
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Acronyme Signification
DEB Direction de l?eau et de la biodiversité
DGAL Direction générale de l'alimentation
DGALN Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature
DGPE
Direction générale de la performance économique et
environnementale des entreprises
DGRI Direction générale de la recherche et de l'innovation
DMTG Droits de mutation à titre gratuit
DOCOB Document d?objectifs
DREAL
Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du
logement
EEE Espèce exotique envahissante
ENS Espace naturel sensible
EPAGE Etablissement public d?aménagement et de gestion de l?eau
EPCI Établissement public de coopération intercommunale
EPF Etablissement public foncier
EPFL Etablissement public foncier local
EPTB Etablissement public territorial de bassin
ETP (T) Équivalent temps plein (travaillé)
FEADER Fonds européen pour l?agriculture et le développement rural
FEDER Fond européen de développement régional
FMA Forum des marais atlantiques
FNC Fédération nationale des chasseurs
FNCEN Fédération nationale des conservatoires d?espaces naturels
FNP Fédération nationale de la pêche en France
FRB Fondation pour la recherche sur la biodiversité
GAEC Groupement agricole d?exploitation en commun
GIEE Groupement d?intérêt économique et environnemental
ha Hectare
ICHN Indemnité compensatoire de handicaps naturels
IEA Institut d?écologie appliquée
INPN Inventaire national du patrimoine naturel
INRAE
Institut national de recherche pour l?agriculture, l?alimentation et
l?environnement
INTERREG
Programme financier de l?Union européenne en soutien à la
coopération territoriale européenne
IOTA
Installations, ouvrages, travaux et activités ayant une incidence sur
l?eau et les milieux aquatiques (nomenclature)
ISTZH Indemnité spéciale territoires de zones humides
km Kilomètre
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
Page 87/93
Acronyme Signification
LIFE
Programme financier de l?Union européenne en soutien à l?action pour
l?environnement et le climat
Loi 3 DS
Loi sur la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et
portant diverses mesures de simplification de l'action publique locale
LPO Ligue pour la protection des oiseaux
MAEC Mesures agro-environnementales et climatiques
MASA Ministère de l?agriculture et de la souveraineté alimentaire
MNHN Museum national d?histoire naturelle
MTECT Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires
OFB Office français de la biodiversité
ONB Observatoire national de la biodiversité
ONF Office national des forêts
ORE Obligation réelle environnementale
PAC Politique agricole commune
PACA Provence-Alpes-Côte d?Azur (Région)
PAEC projets agro-environnementaux et climatiques
PAG Parc amazonien de Guyane
PAT Projet alimentaire territorial
PEPR Programme et équipement prioritaire de recherche
PGSZH Plan de gestion stratégique des zones humides
PLU (i) Plan local d?urbanisme (intercommunal)
PMAZH Plan de maintien de l?agriculture en zones humides
PN Parc national
PNMH Plan national milieux humides
PNR Parc naturel régional
PNRG Parc naturel régional de la Guyane
PSE Paiement pour services environnementaux
PTGE Projet de territoire pour la gestion de l?eau
RBD Réserve biologique dirigée
RBI Réserve biologique intégrale
RNCFS Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
RNF Réserves naturelles de France
RNN Réserve naturelle nationale
RNR Réserve naturelle régionale
SAFER Société d?aménagement foncier et d?établissement rural
SAGE Schéma d?aménagement et de gestion des eaux
SCOT Schéma de cohérence territoriale
SDAGE Schéma directeur d?aménagement et de gestion des eaux
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
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Acronyme Signification
SGPI Secrétariat général pour l'investissement
SNAP Stratégie nationale pour les aires protégées
SNB Stratégie nationale biodiversité
SNEEE Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes
SNO Tourbières Service national d?observation Tourbières
SRADDET
Schéma régional d?aménagement, de développement durable et
d?égalité des territoires
SRCE Schéma régional de cohérence écologique
TFPNB Taxe foncière sur les propriétés non bâties
TVA Taxe sur la valeur ajoutée
TVB Trame verte et bleue
UE Union européenne
UICN Union internationale pour la conservation de la nature
UMS PatriNat Unité mixte de services sur le patrimoine naturel
UNESCO
Organisation des Nations unies pour l?éducation, la science et la
culture
WWF World Wide Fund for Nature
ZA Zone atelier
ZNIEFF Zone naturelle d?intérêt écologique, faunistique et floristique
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
Page 89/93
Annexe 7. Bibliographie (documents principaux)
Date de
publication
Auteur(s) Titre Sous-titre Editions
2023
Forum des Marais
Atlantiques
Construction d?un réseau
national des acteurs engagés
pour le maintien de l?élevage en
milieux humides
Fiche projet ?
PNMH4 version
5
2022
Département de
l'Ain, Association
de promotion du
poisson des étangs
de la Dombes
Livre Blanc - filière piscicole 2022-2025
Département
de l?Ain
2022
Falcone Patrick,
Saudubray Frédéric
Développement de la filière
piscicole
Rapport IGEDD
n°013563-02,
Rapport
CGAAER
n°21087
MTECT
MASA
2022
Forum des Marais
Atlantiques
Préservation de l'élevage
extensif en milieux humides
Résumés du
séminaire de
restitution
FMA
2022
Gilbert Daniel,
Martin Elsa
Contribution des tourbières
françaises à l?objectif national de
neutralité carbone en 2050
Colloque GET «
Les tourbières
et le carbone »,
08/09/2022
2022
Lafaye de
Micheaux Flore,
Viret Christophe
Mission relative à la création
d'un parc national de zones
humides
Rapport
CGEDD n°
014136-01
MTECT
2022
Ministère de
l?agriculture et de la
souveraineté
alimentaire
Plan Stratégique National de la
PAC 2023-2027, France
2022
Ministère de la
transition
écologique
Plan d?action pour prévenir
l?introduction et la propagation
des espèces exotiques
envahissantes
2022-2030
2022
Ministère de la
transition
écologique
Stratégie nationale pour la
biodiversité 2030
Premier volet
pré-COP15
2022
Secrétariat d'État à
la biodiversité
4e plan national Milieux
humides
2022-2025
2021
André Frédéric,
Viret Christophe
Mission d?écoute des acteurs
impliqués dans le devenir de la
tourbière de Baupte dans le
département de la Manche
Rapport
CGEDD
n°013563-02
Rapport
CGAAER n°
20086
MAA
MTE
2021
Comité national de
la conchyliculture,
Comité
interprofessionnel
des produits de
l?aquaculture,
Ministère de
l?agriculture et de
l?alimentation,
Ministère de la mer,
Ministère de la
transition
écologique,
Régions de France
Plan aquacultures d'avenir 2021-
2027
Plan stratégique
national pour
l'aquaculture
durable
2021
Conseil national de
la refondation
La France, un patrimoine naturel
exceptionnel
Fiche de
présentation des
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
Page 90/93
Date de
publication
Auteur(s) Titre Sous-titre Editions
enjeux relatifs à
la biodiversité
2021
Direction de l?eau
et de la
biodiversité/MTECT
Rapport du Gouvernement au
Parlement sur la mise en oeuvre
du mécanisme d?obligations
réelles environnementales et sur
les moyens d?en renforcer
l?attractivité
2021
Dupuis Louise,
Sainteny Guillaume
Comment développer les
Obligations réelles
environnementales (ORE) en
France ?
Note de la FRB
Fondation
pour la
Recherche
sur la
biodiversité
2021
Ministère de la
transition
écologique
Stratégie nationale pour les
aires protégées 2030
2021
Ministère de la
transition
écologique, Office
français de la
biodiversité, Pôle-
relais zones
humides
Charte des Pôles-relais zones
humides et contributions aux
Centre de ressources milieux
humides
2020
Chambres
d'agriculture
France
État des lieux des articulations
possibles entre agriculture en
milieux humides et Projets
Alimentaires Territoriaux (PAT),
Groupements d?Intérêts
Economique et Environnemental
(GIEE) et valorisation des
produits issus de ces milieux
Chambres
d'agriculture
France
2019
Bignon Jérôme,
Tuffnell Frédérique
Terres d'eau, terres d'avenir
Assemblée
nationale
Sénat
2019 IPBES
Evaluation mondiale sur la
biodiversité et les services
écosystémiques
IPBES
2019 Sainteny Guillaume Fiscalité et biodiversité Note de la FRB
Fondation
pour la
Recherche
sur la
biodiversité
2017
Aubert Marie-
Hélène, Brugière-
Garde Yves, Dereix
Charles, Guerber
François (coord.)
Préservation de l'élevage
extensif, gestionnaire des
milieux humides
Rapport
CGEDD n°
010813-01
Rapport
CGAAER n°
16100
MAA
MTE
2017
Chambres
d'agriculture
Bretagne, CBNB,
GRETIA, INRA
Zones humides : rôle et place
dans la gestion agricole
Réseau des
fermes de
références en
Bretagne
Chambres
d'agriculture
Bretagne
2017
Chambres
d'agriculture
France
Maîtriser les notions de zones
humides et de milieux humides
en lien avec l?activité agricole -
2e édition
Guide à l?usage
des conseillers
Chambres
d'agriculture
France
2017
Ministère de
l?environnement, de
l?énergie et de la
mer
Stratégie nationale relative aux
espèces exotiques
envahissantes
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 La mission s?inscrit dans un contexte de fort déclin des zones humides
1.1 Une mission dont l?objectif a été élargi
1.2 Une mission à l?écoute
1.3 Des échanges approfondis avec les acteurs de terrain
1.4 Un accueil contrasté
1.5 Présentation des dix-huit sites emblématiques, témoins de la diversité des zones humides françaises
2 Des actions opérationnelles en faveur des dix-huit sites emblématiques
2.1 Une centaine d?actions démonstratives et opérationnelles, issues des territoires
2.2 Des bonnes pratiques dans les territoires pour la mise en oeuvre nationale de la protection des zones humides
3 Améliorer les politiques nationales pour les zones humides
3.1 Maintenir et conforter une agriculture et une pisciculture favorables à la biodiversité dans les zones humides
3.1.1 Soutenir une agriculture respectueuse du maintien des fonctionnalités des milieux humides
3.1.2 Soutenir une pisciculture traditionnelle et extensive favorable aux milieux humides d?étangs
3.2 Favoriser la préservation des zones humides par le déploiement d?outils fonciers adaptés
3.2.1 Elaborer des stratégies foncières collectives d?acquisition et d?animation
3.2.2 Promouvoir les outils contractuels de gestion du foncier
3.3 Vers une fiscalité plus favorable aux zones humides
3.4 Adapter la réglementation en faveur des territoires de zones humides
3.4.1 Etendre la définition des zones humides
3.4.2 Achever la cartographie des cours d?eau et simplifier les procédures de déclaration et d?autorisation « IOTA »
3.4.3 Publier le décret précisant les conditions d'exonération de l'obligation de compensation du défrichement en les ciblant vers les milieux humides
3.5 Etudier la mise en place d?interventions spécifiques pour les territoires de zones humides
3.5.1 Cibler davantage les territoires de zones humides dans le 12ème programme d?intervention des agences de l?eau (2025-2030)
3.5.2 Renforcer les interventions des éco-contributions de l?OFB en faveur des grandes zones humides
3.6 Améliorer la connaissance et la sensibilisation en faveur des milieux humides
3.6.1 Renforcer le rôle des pôles relais « zones humides » comme vecteurs d?appropriation de la connaissance
3.6.2 Développer des réseaux d?observation de long terme sur les milieux humides
3.6.3 Faire des zones humides des sites prioritaires pour expérimenter des méthodes de lutte contre les espèces exotiques envahissantes
4 Vers un parc national de zones humides
4.1 Une ambition à la croisée des enjeux de l?eau et de la biodiversité, exemplaire de la capacité à concilier nature et usages
4.2 Le parc national : un outil décrié mais relativement mal connu dans les territoires de zones humides
4.3 Une caractérisation des dix-huit territoires qui objective la valeur intrinsèque des sites, la plus-value de l?outil parc national et l?acceptabilité territoriale de l?outil
4.4 Eléments de méthode et principes préalables à l?engagement d?un processus de création de parc national dédiés aux zones humides
4.5 Dix-huit sites de grande qualité parmi lesquels se dégagent trois territoires d?exception
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Rapports de sites
Annexe 3. Propositions d?actions locales identifiées sur les dix-huit sites
Annexe 4. L?essentiel des parcs nationaux et régionaux
Annexe 5. Liste des personnes rencontrées au niveau national
Annexe 6. Glossaire des sigles et acronymes
Annexe 7. Bibliographie (documents principaux)
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION nes humides pour lutter
contre la déprise.
Il est à noter qu?un changement au niveau européen doit intervenir pour permettre cette
extension de l?ICHN aux territoires de zones humides dans les conditions de ceux de
montagne25.
La mission recommande de retenir cette proposition en la ciblant sur des territoires identifiés,
à savoir les sites labellisés Ramsar, pour appliquer cette Indemnité spéciale territoires de
zones humides (ISTZH), afin :
D?assurer des montants élevés, à l?image des territoires de montagne (montants
maximum de l?ordre de 235 à plus de 300 ¤/ha pour les premiers 25 ha) ;
De cibler les actions dans des territoires qui se sont engagés dans une démarche
volontaire de préservation et de protection des zones humides ; la procédure de
labellisation Ramsar est initiée localement par des collectivités ou autres parties
prenantes locales.
La modulation proposée permettrait de traiter des cas particuliers comme celui des grandes
manades camarguaises. En outre, elle permettrait d?intégrer de nouveaux sites Ramsar,
lorsque ceux-ci obtiennent la labellisation (liste évolutive).
Cette nouvelle enveloppe permettrait de renverser la contrainte des territoires de zones
humides en atout pour l?éleveur, sans exiger de pratiques particulières hormis le maintien des
prairies permanentes et l?usage d?une fertilisation raisonnée.
Cette recommandation reprend en partie une proposition 26 établie par la Chambre
d?agriculture de Charente-Maritime en novembre 2022, qui préconisait une indemnité de
l?ordre de 150 ¤/ha en zones humides.
4- Bonifier les pratiques agricoles favorables à la protection et au maintien des fonc-
tionnalités des zones humides, notamment via les PSE
La mission recommande de diffuser les PSE et MAEC en faveur de pratiques favorables au
maintien et à la préservation des zones humides, et de renforcer les enveloppes financières
24 Pour rappel, l?indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) est en montant la plus importante
aide du deuxième pilier de la PAC. Elle est financée à 35% par l?Etat et à 65% par le fonds européen agricole
de développement rural (FEADER) en métropole. Pour la PAC 2023-2027, son budget annuel a été maintenu
à 1,1 Md ¤.
25 Dans les dispositions actuelles de l?ICHN au niveau européen, les zones de montagne ne sont pas
concernées par des critères technico-économiques qui restreignent les communes éligibles à l?ICHN. A
l?inverse, les dispositions européennes pour les zones défavorisées hors montagne (dites zones soumises à
contraintes naturelles et zones soumises à contraintes spécifiques) imposent la prise en compte de critères
technico-économiques (par exemple, la prise en compte de la production standard brute restreinte, en
comparaison de la moyenne nationale). En conséquence, le zonage de l?ICHN négocié en 2019 (périmètre
en vigueur) ne reflète pas la liste des communes situées en site d?importance internationale pour les zones
humides (sites Ramsar), qui avaient été pourtant initialement intégrée. Les critères technico-économiques
avaient en effet, de fait, écarté un certain nombre de ces communes du zonage final.
26 Référence : Chambre d?agriculture de Charente-Maritime, novembre 2022.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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associées. Le principal défaut actuel de ces outils est leur lourdeur administrative et leur faible
attractivité, dans la mesure où les enveloppes n?ont pas ciblé un nombre restreint de pratiques
bénéficiaires. En outre, des zones humides à enjeux se trouvent hors sites Natura 2000 et il
convient de pouvoir y encourager les bonnes pratiques, pour éviter que celles non vertueuses
mais plus rentables prennent le pas (par exemple, retournement de prairies, etc.).
Ces outils doivent permettre également de compenser les contraintes associées à la limitation
des intrants à proximité de zones humides à enjeux, ou encore celles associées à la limitation
des effets de rabattements de nappe pour réduire les effets d?assèchement de cours d?eau
phréatiques. La mission recommande en particulier de soutenir les opérations collectives
portées par les PNR, les établissements publics d?aménagement et de gestion des eaux
(EPAGE) ou tout autre opérateur local.
La mission recommande l?extension des expérimentations PSE27. D?expérience (secteur de
la bande rhénane par exemple, autour de la problématique des captages d?eau potable), les
PSE présentent une réelle attractivité si les montants sont suffisamment élevés et si la charge
administrative n?est pas trop lourde au regard du bénéfice financier. Lorsqu?ils s?adressent à
un milieu (par exemple, un périmètre de protection de captage, mais aussi des bassins
versants d?une tourbière, d?un étang, d?un cours d?eau à enjeux, d?une aire protégée, etc.) ils
présentent l?avantage de relever d?une démarche collective qui permet de donner du sens
aux contraintes, grâce à l?efficacité des mesures cumulées. En cela, ils sont plus facilement
acceptés et reconnus par la profession agricole.
La mission recommande en outre que les MAEC et les PSE soient mis à profit pour
compenser les contraintes associées à la limitation des intrants à proximité de zones humides
à enjeux, ou encore celles associées à la limitation des effets de rabattement de nappe pour
réduire les effets d?assèchement de cours d?eau phréatiques.
Enfin, la mission recommande que la mesure bonnes conditions agricoles et
environnementales (BCAE 2) soit utilisée en complémentarité avec les mesures incitatives,
en s?assurant qu?il n?y ait pas de contradiction dans les approches, ni dans les messages aux
agriculteurs et dans les cartographies considérées. La mission suggère en particulier que le
dispositif puisse reconnaître que des diagnostics de terrain viennent compléter ou rectifier la
cartographie nationale, le cas échéant.
[DEB, DGPE, DGAL, collectivités, agences de l?eau] : Soutenir une
agriculture extensive en territoires de zones humides : i) [DGPE] En insérant une
référence explicite à l?intérêt de celle-ci dans le pacte d?orientation agricole et la
prochaine loi d?orientation ; ii) [DGAL, collectivités] En déployant les outils
classiques d?aide à l?installation et d?appui aux filières locales via les projets
alimentaires territoriaux en ciblant des territoires de zones humides ; iii) [DGPE]
En portant une révision de l?ICHN à l?horizon 2028 auprès des instances
européennes, afin d?y intégrer les territoires de zones humides dans les mêmes
conditions que les zones de montagne ; iv) [DGPE, collectivités, agences de l?eau]
En bonifiant les pratiques agricoles favorables à la protection et au maintien des
fonctionnalités des zones humides (tourbières, mares, milieux alluviaux, prairies
humides, marais littoraux, etc. et leurs aires d?alimentation), notamment via les
PSE.
27 La mission a noté la difficulté de cumuler PSE et MAEC, parfois demandée sur le terrain, en raison de la
complexité et des risques juridiques inhérents à ce double financement, mises en avant par le MASA.
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3.1.2 Soutenir une pisciculture traditionnelle et extensive
favorable aux milieux humides d?étangs
La mission formule un nombre limité de recommandations qui complètent ou précisent les
actions figurant dans le plan national aquaculture d?avenir 2021-2027 qui n?évoque la
pisciculture d?étang que dans son annexe 1, et le rapport IGEDD-CGAAER 2022 sur le
développement de la filière piscicole 28 qui aborde succinctement la pisciculture d?étang
(pp.19 et 50).
1- Produire un guide de bonnes pratiques valorisant les us et coutumes29, notam-
ment la gestion coordonnée des étangs, et traduire ce guide en document de ges-
tion pour chaque exploitant ou propriétaire
Un guide valorisant les us et coutumes traduirait l?engagement des pisciculteurs à respecter
les bonnes pratiques en contrepartie d?un allégement des procédures administratives ou des
contrôles (cf. 3.4.sur la réglementation). La rédaction en serait confiée aux associations
régionales30 en relation avec les services déconcentrés de l?État (DDT, DREAL et Office
français pour la biodiversité (OFB).
Cela permettrait d?alléger la procédure administrative liée aux autorisations préalables de
travaux, interventions ou opérations de gestion, notamment récurrentes, dès lors qu?elles
respectent le guide des bonnes pratiques. Un document type élaboré par la profession en
lien avec l?administration serait mis à disposition des propriétaires et/ou exploitants qui le
compléteraient.
Un appui financier pourrait être apporté pour la coordination de ce travail (chargé de mission
auprès des fédérations de pisciculteurs ou mutualisé au niveau national).
2- Réguler le Grand cormoran en attribuant des quotas aux territoires
Ce sujet délicat occupe toutes les parties prenantes depuis plus de 20 ans. Suite à la
protection stricte des Grands cormorans par la directive « Oiseaux » de 1979, leur sous-
espèce continentale s?est multipliée31. A donc été ouverte la possibilité de les réguler, il y a
25 ans, avec des quotas attribués chaque année par département pour, d?une part, les
pisciculteurs et, d?autre part, les pêcheurs sportifs, au double motif des dégâts sur les
piscicultures extensives en étangs et des risques présentés par la prédation sur des espèces
de poissons fragiles.
28 Développement de la filière piscicole Frédéric Saudubray, IGEDD et Patrick Falcone, CGAAER, octobre
2022.
29 A l?image de La Dombes avec le « guide des usages des étangs de la Dombes » codifié par le droit
coutumier de la Dombes (Truchelut) ou du projet engagé en Brenne de guide de bons usages.
30 Adapra en Aura, Fage dans le GE, Farec en Centre-Val de Loire.
31 Le rapport IGEDD-CGAAER de 2022 montre que la population française de ces cormorans quasi absente
en 1990 atteint 9 000 couples en 2021.
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Le cadre réglementaire a été revu et un nouvel arrêté32 autorise le prélèvement annuel d?au
maximum 27 892 Grands cormorans continentaux dans le cadre d?un prélèvement triennal
pour 2022/2025 de 83 676 unités. Aucun prélèvement n?est permis sur le littoral, ni désormais
hors pisciculture.
S?ils appellent de leurs voeux une régulation, les pisciculteurs (et pêcheurs) ne sont pas
nécessairement chasseurs et ne sont pas en capacité de réaliser ces opérations. Un quota
par territoire que le propriétaire ou détenteur du droit de chasse pourrait déléguer à tout
chasseur ayant validé son permis de chasse, en faciliterait la réalisation. Un suivi en temps
réel pourrait être fait avec l?application mobile des chasseurs « ChasseAdapt » pour mettre
fin aux tirs dès l?atteinte du quota. Ces modalités de régulation adaptative s?apparenteraient
à celle des espèces chassables qui ont permis d?adapter la pression de chasse à la situation
réelle des populations.
3- Prendre en charge le surcoût lié à la prévention des dégâts dus au cormoran
Le cormoran est devenu la « bête noire » des pisciculteurs et propriétaires d?étangs qui le
considèrent comme la principale cause de fragilisation de la filière et de forte réduction de la
production de poisson. Pour autant, après des années de discussions vaines, la profession
ne croit plus à la possible indemnisation des dégâts 33 . Elle estime néanmoins que les
pouvoirs publics qui ont instauré une protection forte de cet oiseau doivent en supporter les
conséquences.
La mission propose deux actions qui permettraient de « sortir par le haut » d?une crise qui a
mis à mal les relations de confiance entre toutes les parties prenantes :
L?aide aux investissements : les bassins de stockage des reproducteurs, cages, filets
et autres dispositifs de protection sont assez efficaces, mais coûteux. Si certaines
Régions aident les pisciculteurs, cette aide est insuffisante et doit être réajustée et
systématisée ;
L?aide à l?innovation technologique et à sa diffusion : un système de vidéo-
surveillance avec reconnaissance des cormorans (fiable à 94%) a été testé dans le
Forez ; son utilisation pourrait être développée par la profession avec l?aide des
pouvoirs publics. Le fonds vert pourrait en assurer le financement.
32 Il s?agit de l?arrêté du 19 septembre 2022 fixant les plafonds départementaux dans les limites desquelles
des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant les
grands cormorans continentaux (Phalacrocorax carbo sinensis) pour la période 2022-2025. Cet arrêté ne
fixe aucun quota de destruction en eaux libres pour la période 2022-2025. Insatisfaite de cette décision, la
Fédération Nationale de la Pêche en France (FNPF) a alors saisi le Conseil d?Etat d?une demande de
suspension de cet arrêté ministériel en tant qu?il mettait en danger certaines espèces de poissons menacées
ou protégées. Dans l?ordonnance rendue le 10 novembre 2022, le Conseil d?Etat a rejeté la requête de la
FNPF, suivant les arguments de la Ligue de pour la protection des oiseaux (LPO), il rappelle que l?Etat ne
doit fixer des quotas de prélèvement que s?ils sont justifiés par la protection des poissons.
33 Même si la profession n?a pas manqué de relever que des moyens significatifs sont mis à disposition des
éleveurs pour les indemniser de la prédation des loups et des ours, ou prendre en charge la prévention, alors
que ce n?est pas le cas pour les pisciculteurs et le cormoran. Ils estiment qu?il y a disparité de traitement.
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4- Accompagner les pisciculteurs pour l?entretien des étangs et la gestion extensive
des milieux associés
Les roselières et herbiers aquatiques ont régressé à cause du développement des
populations de ragondins, des EEE ou par enfrichement, faute d?entretien des abords ; or ce
sont des milieux non seulement très favorables à certaines espèces patrimoniales, mais qui
contribuent également à la protection contre les cormorans et autres prédateurs. Certaines
Région ont aidé les pisciculteurs à les entretenir (cas de l?ancienne Région Lorraine) avec un
résultat significatif et apprécié. Cette initiative devrait être consolidée par la nouvelle Région
Grand Est et étendue aux autres Régions. Ce peut être par la mise en place de PSE comme
en Brenne et dans la Dombes, où des initiatives ont été engagées, mais également par une
aide des agences de l?eau à la préservation de milieux aquatiques sensibles, ou par les
Régions ou Départements au titre du soutien à une filière traditionnelle.
[DEB, OFB, DDT(M), collectivités, agences de l?eau] : Soutenir une
pisciculture traditionnelle et extensive favorable aux milieux humides d?étangs : i)
[OFB, DDT(M), profession] : En produisant des guides de bonnes pratiques pour
chaque territoire et en promouvant des plans de gestion ou programmes
d?intervention pluriannuels ; ii) [DEB] : En régulant le Grand cormoran continental
en attribuant des quotas, non pas aux seuls pisciculteurs, mais aux territoires ;
iii) [DEB] : En prenant en charge le surcoût lié à la prévention des dégâts dus au
cormoran ; iv) [collectivités /agences de l?eau] : En accompagnant les pisciculteurs
pour l?entretien des étangs et la gestion extensive des milieux associés.
3.2 Favoriser la préservation des zones humides par le
déploiement d?outils fonciers adaptés
La préservation des zones humides et la mise en oeuvre de travaux de restauration de leurs
fonctionnalités écologiques se heurtent aux difficultés de maitrise du foncier subies par les
opérateurs qu?ils soient publics ou associatifs. En outre, dans ces terres d?eau peu
productives sur un plan agronomique, la maitrise foncière est un levier efficace pour soutenir
les pratiques extensives faiblement rémunératrices et peu ou pas aidées par la politique
agricole commune (PAC). En proximité de secteurs dévolus aux activités économiques tels
que les estuaires, la maitrise du foncier facilite également la mise en place des dispositifs de
protection forte.
La maîtrise foncière s?entend sous la forme d?acquisition ou de conventionnement permettant
de garantir la conservation des zones humides (marais, étangs, lagunes, tourbières, forêts
alluviales) et des espaces adjacents en solidarité écologique avec celles-ci. Elle permet d?agir
dans une logique de complémentarité ou de coordination des interventions et des outils
parfois méconnus. Les stratégies foncières doivent s?inscrire dans la durée et leur animation
demande un engagement sur plusieurs années (au moins 10 ans) en associant les différents
acteurs.
3.2.1 Elaborer des stratégies foncières collectives d?acquisition et
d?animation
Concernant les zones humides, les principaux opérateurs fonciers sont le CELRL, les CEN,
les Départements voire les SAFER.
Le CELRL pilote son action foncière via sa stratégie d?acquisition dans les secteurs littoraux
et lacustres. Dans les autres territoires, les CEN sont les principaux acteurs. Ils agissent
également en tant que gestionnaires de sites. Leur action est renforcée par la création de la
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Fondation des espaces naturels de France. Par ailleurs, de nombreuses associations de
tailles variables (dont la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), la Tour du Valat, etc.),
les fédérations départementales des chasseurs et de la pêche34 conduisent également des
actions d?acquisition foncière à des fins environnementales. Il existe par ailleurs de nombreux
propriétaires privés voire des fondations reconnues d?utilité publique ou des fonds de dotation
qui portent des actions foncières.
Les Départements peuvent porter une stratégie d?acquisition foncière au titre de la politique
des espaces naturels sensibles (ENS) financée par la taxe d?aménagement. Ils bénéficient
d?un droit de préemption ENS qu?ils peuvent déléguer y compris aux communes. La mise en
oeuvre de cette politique est variable selon les Départements. Les SAFER assurent quant à
elles du portage de foncier agricole et environnemental sur des durées courtes. Elles
disposent d?outils de veille et conduisent des actions de prospection foncière. Les
établissements publics fonciers nationaux ou locaux (EPF, EPFL) sont peu mobilisés en
matière environnementale bien que leurs statuts le leur permettent. Ils assurent du portage
foncier sur du court ou du long terme.
Riches de cette diversité d?acteurs, les expériences identifiées comme les plus efficaces dans
les territoires reposent sur des approches collectives telles que celles menées par le CEN et
le service départemental de la SAFER en Lorraine, ou le CELRL et le CEN en Pays de la
Loire. Elles sont à déployer dans d?autres territoires pour partager des stratégies d?acquisition
et d?animation foncières35.
A cet effet, les crédits du PNMH et du Fonds vert (dans ses objectifs centrés sur la protection
forte) et, le cas échéant, des agences de l?eau pourront être mobilisés à hauteur d?environ
100 000 ¤ correspondant aux sept sites identifiés par la mission soit à titre indicatif 700 000 ¤.
[DEB] : Accompagner l?élaboration de stratégies collectives
d?acquisition et d?animation foncières en dotant les sites identifiés par la mission
de moyens d?animation sur une durée de trois ans.
3.2.2 Promouvoir les outils contractuels de gestion du foncier
La mise en place de mesures contractuelles à des fins environnementales sur un terrain
permet d?une part, de garantir le maintien d?activités et de pratiques compatibles avec la
conservation de leur état écologique ou de leur fonctionnalité et d?autre part, de sécuriser
l?accès au foncier pour des activités agricoles ou piscicoles extensives. Les tensions foncières
et économiques36 constituent en effet un risque de disparition de ces pratiques à moyen
terme.
34 Ces fédérations appuient également leur actions d?acquisition foncière sur des fondations : Fondation pour
la protection des habitats de la faune sauvage et Fondation pour la pêche.
35 Sept sites ont été identifiés par la mission au titre du plan national d?actions locales. Il s?agit de : marais de
Brouage, Monts d?Arrée, marais Poitevin, Brenne, Basse vallée du Doubs et Bresse, Tourbières du Jura,
marais Breton et baie de Bourgneuf.
36 Ce sont notamment : la concurrence commerciale entre les productions, les paiements tardifs des aides
publiques, l?absence voire le manque d?attractivité des MAEC (cf. section précédente), etc.
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C?est pourquoi la mission formule deux propositions :
1) Renforcer la gestion foncière collective des terrains agricoles dans les zones
humides
Les spécificités des zones humides appellent à partager les expériences et les outils
mobilisables par les usagers qu?ils soient agriculteurs ou pisciculteurs. Si les groupements
fonciers agricoles(GFA) constituent une forme de gestion collective du foncier, la mission
souhaite développer les initiatives menées pour la mise en place d?AFP dans les secteurs
agricoles de zones humides.
Traditionnellement développées en territoire de montagne, les AFP sont des outils de
politique foncière pour engager des dynamiques de co-construction d?un projet agricole
territorial37. Si elles bousculent le rapport habituel à la propriété individuelle en regroupant les
propriétaires de surfaces pastorales tout en maintenant leur droit de propriété et d?usages,
elles modifient les conditions d?exercice en décidant collectivement de l?affectation et de
l?usage agricole des terres ainsi mises en commun. De plus, les AFP permettent des
approches collectives des aménagements ou des travaux à réaliser tout en laissant le choix
aux propriétaires de bénéficier ou non des prestations proposées. Ainsi, l?AFP du marais de
Brouage38 a réalisé pour le collectif, des travaux de restauration du réseau hydraulique privé
tertiaire en minimisant le reste à charge pour le propriétaire et en intégrant dans la phase de
travaux des précautions environnementales, en collaboration avec la LPO.
Le déploiement d?une AFP nécessite un important travail d?animation pour informer et
mobiliser les propriétaires, construire l?outil et ses offres de services. Dans le cadre des
contrats territoriaux, les agences de l?eau notamment, pourraient participer à leur financement.
Au regard du retour d?expérience de l?AFP du marais de Brouage menée dans un cadre
national39, la mission recommande d?accompagner la mise en place de ce type de dispositif
sur cinq territoires candidats parmi les 17 sites emblématiques métropolitains en octroyant
des moyens d?animation sur une durée de deux à trois ans. Cette expérimentation territoriale
permettrait de fiabiliser l?adaptation de cet outil en zone humide avant de l?étendre à d?autres
territoires.
A cet effet, un budget de 100 000¤ par territoire pourrait être mobilisé au titre du soutien des
agences de l?eau pour accompagner des territoires volontaires.
[DEB, agences de l?eau, collectivités] : Financer sur des territoires
volontaires le déploiement de démarches d?associations de gestion foncière (sur
le modèle des associations foncières pastorales) pour favoriser, en conjonction
avec d?autres mesures, le maintien de l?élevage bovin extensif dans les territoires
de zones humides.
37 Cette approche est complémentaire des approches type PAT ou GIEE citées plus haut dans la section 1
de ce chapitre. Elle présente l?intérêt d?une intégration plus forte des acteurs agricoles.
38 L?AFP des marais de Brouage créée par arrêté préfectoral du 17 avril 2019 regroupe plus de 1 500
propriétaires, soit 4 825 parcelles en prairies naturelles sur une surface de 7 530 hectares situés sur le
territoire de huit communes reconnues préalablement comme pastorales par le Préfet.
39« Préservation de l?élevage extensif en milieux humides : Enseignements de l?expérimentation nationale et
perspectives » - https://elevage.forum-zones-humides.org/actualites-ressources/seminaire-de-restitution/
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https://elevage.forum-zones-humides.org/actualites-ressources/seminaire-de-restitution/
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2) Accompagner un déploiement massif des obligations réelles environnemen-
tales (ORE) dans les territoires de zones humides
Créées par la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages du 8 août
201640, les ORE permettent aux propriétaires fonciers d?attacher à leur terrain des obligations
durables de protection de l?environnement. Ce dispositif a toutefois du mal à se déployer,
alors même qu?il présente un très grand intérêt pour les zones humides. Les principales
causes de ce démarrage très lent sont l?absence d?animation territoriale et des incitations
fiscales très timides (voir chapitre suivant).
Pourtant, les zones humides sont certainement l?un des milieux où le déploiement massif
d?ORE volontaires ferait sens. En effet, ce dispositif est complémentaire d?une politique
d?acquisition foncière au sens où l?ORE constitue un mode de maîtrise foncière économe en
ressources. Il constitue un vrai levier de sensibilisation des propriétaires et des gestionnaires
pour le maintien des fonctionnalités des zones humides. Faisant naître des obligations de
part et d?autre, il permet selon les cas de prévoir des obligations d?entretien voire de
restauration écologique à la charge de l?un des co-contractants.
Sur la base du premier rapport du gouvernement au Parlement sur la mise en oeuvre d?ORE
et sur les moyens d?en renforcer l?attractivité41, la mission recommande de mettre en place
un dispositif d?animation territoriale pour promouvoir et déployer les ORE, concentré sur des
zones humides volontaires. En lien avec la fédération nationale des CEN (déjà mandatée au
niveau national) et l?OFB, il est proposé de soutenir fortement cinq territoires de zones
humides volontaires42 pour tester une démarche de déploiement d?ORE en y concentrant des
moyens d?animation sur une durée de trois à cinq ans environ. Cette expérimentation avec
une entrée territoriale et thématique (zones humides) permettrait de faire progresser
fortement ce dispositif et d?en tirer des enseignements nationaux pour l?améliorer.
Pour se faire au titre du PNMH et/ou du Fonds vert, une enveloppe de 1 M¤ (soit 200 000¤
environ par site) pourrait ainsi être réservée afin d?outiller ces territoires tests, en moyens
d?animation territoriale pour le déploiement à grande échelle d?ORE en lien avec les enjeux
de protection et de restauration de leurs zones humides.
[DEB, OFB] : Affecter un million d?euros à un dispositif
expérimental d?animation sur cinq sites de déploiement d?ORE.
3.3 Vers une fiscalité plus favorable aux zones humides
Au-delà des propositions faites au chapitre sur les outils fonciers (cf. 3.2) concernant la mise
en place d?un dispositif d?animation à titre expérimental sur cinq sites de déploiement d?ORE,
d?autres initiatives en matière de fiscalité pourraient être prises pour inciter à la préservation
des zones humides.
Pour les ORE43, les exonérations fiscales sont aujourd?hui limitées à celles de la taxe de
publicité foncière et de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) selon l?article
1394 D du code général des impôts (CGI). Cette dernière n?est pas réellement mise en oeuvre
dans la mesure où elle est laissée à la discrétion des communes et des établissements
publics de coopération intercommunale (EPCI) et n?est pas compensée par l?État. Il
40 https://www.ecologie.gouv.fr/obligation-reelle-environnementale
41 https://www.vie-publique.fr/rapport/279397-mecanisme-d-obligations-reelles-environnementales
42 Les 18 territoires retenus par la mission pourrait prioritairement se positionner pour participer à cette
expérimentation.
43 En particulier pour les ORE à visée patrimoniale en opposition aux ORE mises en place dans le cadre de
la compensation.
PUBLIÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/obligation-reelle-environnementale
https://www.vie-publique.fr/rapport/279397-mecanisme-d-obligations-reelles-environnementales
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conviendrait d?examiner si cette compensation pourrait à l?avenir être réelle pour les territoires
de zones humides, afin d?encourager la signature massive d?ORE sur ces territoires
spécifiques et fragiles.
Outre ces dispositions, il faut aussi noter celles relevant de l?article 1395 B bis du CGI qui
exonèrent à concurrence de 50% de la TFPNB44 perçue par les communes et les EPCI, les
terrains situés en zone humide au sens de l?article L211-1 du code de l?environnement. De la
même manière que pour les dispositions précédentes, la non-compensation de ces
exonérations est un obstacle à la mise en oeuvre de pratiques vertueuses pour la protection
de ces milieux humides.
De nombreux rapports45 ont pointé la timidité des mesures fiscales incitatives pour favoriser
la préservation des zones humides.
Il en va ainsi des demandes régulières d?extension de l?article 793 du CGI aux terrains situés
dans les zones humides. Cet article exonère aujourd?hui partiellement de droits de mutation
à titre gratuit (DMTG) sous certaines conditions, les transmissions de propriété de bois et de
forêt.
En outre, les travaux de restauration et de gros entretien en zones humides pourraient être
déductibles du revenu net (insertion à prévoir au titre de l?article 31 I 2 quinquies du CGI).
Enfin, pour des raisons historiques, les étangs de pisciculture sont taxés (TFPNB) à l?aune
des revenus qu?ils procuraient lorsque la consommation de poisson d?eau douce était plus
importante. Force est de constater que ce n?est plus le cas, et qu?à l?instar des autres milieux
humides, la fiscalité est disproportionnée et pénalisante pour les propriétaires pisciculteurs,
voire les incite à abandonner ce type ce modèle de pisciculture extensive au profit d?autres
productions plus intensives.
La mission propose qu?un chantier soit ouvert sans délais pour examiner l?ensemble des
pistes et propositions sur ce thème.
[MTECT, Ministère de l?action et des comptes publics]: mettre en
place un groupe de travail interministériel visant à faire des propositions
d?incitations fiscales pour la préservation des zones humides et engager les
adaptations législatives et réglementaires nécessaires.
3.4 Adapter la réglementation en faveur des territoires de
zones humides
Le PNMH 2022-2026, prévoit dans son action 5 de « garantir une application homogène et
efficace entre les territoires de la réglementation sur les zones humides en apportant des
outils opérationnels ». Un groupe de travail apportera des éclairages et des outils pour
favoriser au mieux l?application de la réglementation.
La mission a fait le choix de mettre en avant quelques sujets très partagés par les acteurs
des 18 sites emblématiques, qui pourront alimenter ce groupe de travail.
44 Bien que cette exonération ne puisse être autorisée que si les parcelles concernées ont fait l?objet d?une
liste dressée par le maire sur proposition de la commission communale des impôts directs et qu'elles fassent
l'objet d'un engagement de gestion pendant cinq ans portant notamment sur le non-retournement des
parcelles et la préservation de l'avifaune.
45 Citons ici les propositions du rapport « Terres d?eau et terres d?avenir » rédigé par J. Bignon et F. Tuffnel
et remis au gouvernement en janvier 2019, ainsi que la note de la Fondation pour la recherche sur la
biodiversité (FRB) de décembre 2019 : https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-
content/uploads/2019/12/FRB-Note-Guillaume-Sainteny-Fiscalite-biodiversite.pdf
PUBLIÉ
https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2019/12/FRB-Note-Guillaume-Sainteny-Fiscalite-biodiversite.pdf
https://www.fondationbiodiversite.fr/wp-content/uploads/2019/12/FRB-Note-Guillaume-Sainteny-Fiscalite-biodiversite.pdf
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humides, et la création d?un parc national
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3.4.1 Etendre la définition des zones humides
Le sens donné aux zones humides diffère selon le point de vue et le contexte dans lequel il
doit en être fait usage. S?intéresser à leur définition suppose de le faire au regard de la
diversité des situations de terrain et des conséquences réglementaires que cela induit.
La réglementation française (article L.211-1 du code de l?environnement46), englobe dans les
zones humides uniquement les milieux non aquatiques terrestres. Cela explique par exemple
que des zones humides, comme les étangs, désignées au titre de la convention Ramsar, ne
soient pas considérées comme telles au titre de la définition nationale.
Cette définition est plus restrictive que celle de cette convention qui définit les zones humides
comme des étendues de marais, de fagnes, de tourbières, ou d?eaux naturelles ou artificielles,
permanentes ou temporaires, où l?eau est stagnante, ou courante, douce, saumâtre ou salée,
y compris des étendues d?eau marine dont la profondeur à marée basse n?excède pas six
mètres. Le rapport Terres d?eau-Terres d?avenir propose une « définition clarifiée inscrite dans
la loi », avec une nouvelle rédaction de l?article L 211-1 du code de l?environnement. Celle-ci
serait inspirée de la définition de la convention Ramsar47 en élargissant les zones humides
aux plans d?eau, à l?exclusion des cours d?eau et plans artificiels (retenues collinaires et lacs
de barrages).
Cet élargissement du champ de définition des zones humides suppose en contrepartie que
la réglementation applicable à celles-ci, ou que les conditions d?application, soient
différenciées selon leur nature48.
3.4.2 Achever la cartographie des cours d?eau et simplifier les
procédures de déclaration et d?autorisation « IOTA »
La délimitation et la typologie de l?ensemble des zones humides paraît désormais possible
avec la cartographie des zones humides qui vient de s?achever.
Il subsiste cependant une ambiguïté concernant la distinction des cours d?eau et fossés créés
artificiellement, fréquemment mise en cause par les acteurs de terrain. Il conviendrait
d?achever la cartographie des cours d?eau en tenant compte de la spécificité des grandes
zones d?étangs, pour lesquelles le réseau de fossés reliant des chapelets d?étangs, et souvent
sans exutoire ou sans débit permanent, verrait son statut clarifié.
Enfin, les acteurs de nombreux sites visités par la mission ont signalé la complexité et la
lenteur des dossiers de déclaration ou de demande d?autorisation au titre de la loi sur l?eau
nécessaires aux travaux, y compris ceux d?entretien et récurrents, alors même qu?ils
conditionnent le maintien en l?état des zones humides.
C?est particulièrement vrai pour les réfections de digues, l?entretien des canaux, étiers et
fossés dans les marais, les vidanges d?étangs, les autorisations de défrichement pour
restaurer des roselières envahies par les saules.
46 Article L.211-1 du code de l?environnement : on entend par zone humide les terrains, exploités ou non,
habituellement inondés ou gorgés d?eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la
végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de
l?année.
47 Au sens de la Convention Ramsar, les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de
tourbières ou d?eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l?eau est stagnante ou
courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d?eau marine dont la profondeur à marée basse
n?excède pas six mètres.
48 Ainsi, par exemple, le modèle dombiste de gestion des étangs (qui seraient alors considérés comme des
zones humides) qui prévoit la mise en assec de longue durée, ne doit pas être remis en question.
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La mission propose les axes d?amélioration suivants :
1) Rédiger une circulaire d?application sans modifier la nomenclature des IOTA (installations,
ouvrages, travaux, activités) permettant une application différenciée des procédures
(déclaration et autorisation) selon la nature des zones humides (par exemple la faciliter pour
les grands territoires d?étangs, ou grands marais), moyennant une analyse globale des
incidences des travaux sur l?environnement, prenant en compte l?intérêt de ces travaux pour
le maintien en bon état de la zone humide49 ;
2) Exonérer les gestionnaires et propriétaires de procédures au coup par coup dès lors que
les travaux et interventions seraient conformes à un cadrage approuvé par les services
territoriaux (DREAL, DDT(M), OFB). Comme pour le point précédent, ce cadrage serait
assorti d?une analyse globale des incidences des travaux sur l?environnement, prenant en
compte l?intérêt de ces travaux pour le maintien en bon état de la zone humide.
Ce cadrage pourrait être constitué par :
Une programmation des investissements ou des plans de gestion pluriannuels, à
l?instar de ce qui est mis en place en site Natura 2000 à travers les documents
d?objectifs (DOCOB) ;
Des guides reprenant les us et coutumes rédigés à l?initiative des professionnels, en
lien avec les services de l?État (DDT(M) et OFB).
Ils garantiraient la prise en compte de la préservation de l?environnement, et encadreraient
les pratiques.
3.4.3 Publier le décret précisant les conditions d'exonération de
l'obligation de compensation du défrichement en les ciblant
vers les milieux humides
L'article 167 de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des
paysages, prévoit la publication d?un décret en Conseil d'État précisant les conditions
d'exonération de l'obligation de compensation du défrichement pour certaines opérations
d'ouverture de milieux forestiers réalisées en faveur du patrimoine naturel dans des espaces
protégés.
La mission recommande la publication rapide de ce décret, annoncée comme une mesure
de la planification écologique de l?eau.
49 Un premier élément de réponse est constitué par la rubrique 3.3.5.0 créée en 2020, qui permet de
soumettre à déclaration uniquement les projets de restauration des fonctionnalités naturelles des milieux
aquatiques définis par arrêté ministériel. Elle est exclusive de l?application des autres rubriques de la
nomenclature et vise à simplifier pour les porteurs de projet, les procédures associées aux projets vertueux
et visant à l?atteinte des objectifs de la directive 2000/60/CE (DCE). Elle pourrait être appliquée à tous les
travaux en zones humides. Cependant, la déclaration reste une procédure considérée comme lourde par les
acteurs rencontrés et se pose la question d?aller jusqu?à exonérer ces travaux d?une procédure de déclaration
dès lors qu?un plan de gestion ou un guide sont mis en place.
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https://www.actualitesdudroit.fr/documents/fr/lr/loi/2016/8/8/DEVL1400720L/20170101
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[DEB, DDT(M), OFB, DGPE] : Adapter la réglementation et sa mise
en oeuvre aux zones humides : i) [DEB] : En introduisant dans le code de
l?environnement une définition plus englobante des zones humides en cohérence
avec celle de la convention Ramsar ; ii) [DDT(M)] : En achevant la cartographie des
cours d?eau en tenant compte de la spécificité des grandes zones d?étangs ; iii)
[DEB, OFB] : En publiant une circulaire permettant une application différenciée des
procédures de déclaration et d?autorisation « IOTA » selon la nature des zones
humides au regard d?une analyse globale des incidences des travaux sur
l?environnement ; iv) [DDT(M), OFB] : En exonérant les gestionnaires et
propriétaires de procédures au coup par coup dès lors que les travaux et
interventions sont conformes à un cadrage (programmation des investissements
ou plans de gestion pluriannuels, guides de bonnes pratiques) ; v) [DEB, DGPE] :
En publiant le décret précisant les conditions d'exonération de l'obligation de
compensation du défrichement facilitant l'entretien des milieux humides.
3.5 Etudier la mise en place d?interventions spécifiques pour
les territoires de zones humides
Les milieux humides qui rendent pourtant des services environnementaux exceptionnels, ne
bénéficient pas d?outils ou de mesures spécifiques au même titre que les territoires de
montagne (loi montagne) ou du littoral (loi littoral, CELRL). Si ces milieux font néanmoins
l?objet d?un PNMH et de dispositions particulières dans les schémas directeurs
d?aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), le rapport parlementaire « Terres d?eau,
terres d?avenir » (2019) invite à renforcer l?arsenal de mesures en leur faveur, par des
mesures fortes qui identifient spécifiquement ces milieux. La mission se propose d'investiguer
la manière de renforcer la visibilité et le soutien pour les milieux humides au sein des outils
existants en faveur de l?eau et de la biodiversité. Ses propositions visent les interventions des
agences de l?eau au titre du 12ème programme et le fléchage d?une partie du budget de l?éco-
contribution géré par l?OFB.
A ce titre, la mission fait plusieurs propositions ci-après qu?il conviendra d?expertiser plus
avant.
3.5.1 Cibler davantage les territoires de zones humides dans le
12ème programme d?intervention des agences de l?eau (2025-
2030)
Les agences de l?eau interviennent de manière importante dans le financement des grands
et petits cycles de l?eau ainsi qu?en faveur de la biodiversité des milieux aquatiques.
Les modalités du soutien financier varient selon les agences. Ainsi, dans le cadre du 11ème
programme d?intervention, les taux d?aides par agence et par type d?intervention en faveur
des zones humides s?établissent comme suit50 :
50 Sources L. Vienne dans « Financer les actions écologiques dans les zones humides », AE, OIEau 2022.
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Taux d?aide
(%)
Adour
Garonne
Artois
Picardie
Loire
Bretagne
Rhin
Meuse
Rhône
Méditerra-
née Corse
Seine
Normandie
Acquisition 80 70 50 80-100 70 80
Restauration 50 70 30-50 80 50 80
Entretien 50 400 ¤/ha 0 80 30 40
Animation 50 70 50-60 50 50-70 80
Etude 50 70 50 70-80 50-70 80
Communi-
cation/sensibi
lisation
50 50 50 40 70 50-80
Cadre
d'intervention
Contrat
de
progrès
territorial
Programme
concerté
pour l?eau
Contrat
territorial
Contrat de
territoire
Contrat de
milieu
Contrat de
territoire
eau- climat
On constate de grandes différences de modalités et de taux de financement selon les
agences, avec par exemple des taux qui ne dépassent pas 50-60% pour celle de Loire
Bretagne alors qu?ils atteignent 80% sur la plupart des postes pour celle de Seine-Normandie.
Si ces variations reflètent les capacités de financement et les politiques d?interventions
différentes de chaque agence, cela n?est pas sans conséquences sur les sites concernés
par la présente mission. En effet, huit des 17 sites métropolitains étudiés51 sont situés dans
le bassin hydrographique Loire-Bretagne, dont l?agence est celle qui applique les plus faibles
taux de financement (30 à 60%), laissant un reste à charge aux maîtres d?ouvrage qui peut
se révéler limitant pour réaliser certaines actions.
Les entretiens avec les acteurs des sites visités notamment de la façade atlantique,
confirment la difficulté à réaliser les travaux d?entretien des ouvrages hydrauliques, des
canaux, et de lutte contre les EEE, en raison de la faiblesse ou l?absence de financements.
En effet, la politique d?intervention des agences privilégie les actions susceptibles d?avoir
davantage d?impact pour atteindre le bon état écologique des masses d?eau prévu par la
directive cadre sur l?eau (DCE)52. La difficulté à évaluer la contribution des zones humides à
l?atteinte de cet objectif peut également conduire à une sous-évaluation de leur contribution
réelle et donc de leur financement, a fortiori lorsqu?il s?agit de zones humides retro-littorales
et estuariennes53.
Face à ces besoins, l?agence de l?eau Loire-Bretagne élabore une stratégie visant à mieux
cibler les zones humides, reposant sur des inventaires et l?évaluation de leur état global, afin
d?identifier les sites prioritaires pour définir et mettre en oeuvre un programme d?action. Cette
approche stratégique demande à être déployée sur l?ensemble du bassin hydrographique en
privilégiant les territoires où existent les enjeux écologiques les plus forts et notamment ceux
ciblés par la mission.
De son côté l?agence Rhône Méditerranée Corse promeut une approche par sous-bassin
versant (schéma d?aménagement et de gestion des eaux, contrat de milieux) avec la
51 Val d?Allier, marais poitevin, Brenne, marais breton et baie de Bourgneuf, Sologne, estuaire de la Loire,
Brière et Monts d?Arrée
52 Notamment en têtes de bassins.
53 Une autre raison souvent invoquée : les zones de marais voire même d?étangs ne sont pas considérées
comme des masses d?eau ; il n?est donc pas « utile » de financer leur restauration car elles ne contribuent
pas à améliorer le pourcentage de masses d?eau en bon état, en oubliant qu?elles y contribuent indirectement.
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réalisation de « plans de gestion stratégique des zones humides » (PGSZH). Cet outil orienté
vers l?action vise, d?une part, à prioriser les interventions dans une approche construite avec
les acteurs, en intégrant une analyse des fonctions des zones humides et des services rendus.
D?autre part, cette démarche identifie parmi les secteurs dégradés, ceux qui pourraient être
mobilisés au titre de la compensation pour destruction de zones humides. Les territoires sont
appelés à élaborer ce plan de gestion pour pouvoir bénéficier de financements en soutien
aux actions de renaturation de milieux humides.
En conséquence, la mission propose de :
Tenir compte de ce constat dans la lettre de cadrage des 12ème programmes que le
MTECT adressera aux présidents des conseils d?administration des agences et des
comités de bassin pour y proposer un axe d?intervention en faveur des principaux
milieux humides ;
Mettre en place une stratégie d?intervention pour les territoires de zones humides à
l?échelle du bassin hydrographique permettant de prioriser ceux où existent les plus
forts enjeux écologiques (en termes de biodiversité et pas seulement sur les seuls
critères de la DCE), en s?appuyant notamment sur la cartographie du muséum
national d?histoire naturelle (MNHN) sur les mailles à plus forts enjeux de contribution
à la biodiversité globale des milieux humides (2021) ou encore sur l?étude des sites
Ramsar (MNHN, 2019) ;
Etudier la possibilité de relever les barèmes d?intervention sur ces territoires de
milieux humides prioritaires, notamment pour les travaux d?entretien assortis de
cahiers des charges exigeants ;
Mettre en place, au sein des territoires de zones humides, des plans de gestion
stratégiques des zones humides (PGSZH) sur le modèle de ce qui est pratiqué par
l?agence Rhône Méditerranée Corse ;
Sur les territoires à très forts enjeux environnementaux, grâce à un accompagnement
renforcé, par exemple au travers de structures de gestion d?aires protégées en place
(PNR, gestionnaires de réserve, syndicats mixtes, etc.), mettre en place des PSE
fortement incitatifs, cofinancés par les agences de l?eau, en partenariat avec le
Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et les collectivités, sur la
base de critères à définir54.
[DEB, agences de l?eau] : Dans le cadre du 12ème programme
d?intervention des agences de l?eau, mettre en place une approche stratégique
permettant de cibler davantage les territoires de zones humides à plus forts enjeux
et prévoir dans ces territoires des moyens d?intervention différenciés permettant le
financement des travaux d?entretien et de restauration écologique essentiels au
maintien de leur intégrité fonctionnelle.
54 Voir notamment section 3.1.
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3.5.2 Renforcer les interventions des éco-contributions de l?OFB
en faveur des grandes zones humides
L?éco-contribution gérée par l?OFB, permet de financer des actions proposées par les
fédérations des chasseurs en faveur de la restauration de la biodiversité. Elle fait l?objet d?une
convention cadre entre l?OFB et la Fédération nationale des chasseurs (FNC), qui définit le
champ d?intervention et les critères d?éligibilité des projets cofinancés (selon une répartition
deux tiers pour l?OFB et un tiers pour la FNC). Sur la période 2019-2022, le dispositif a financé
300 projets, soit au total 54 M¤, dont 45 M¤ d?éco-contribution (OFB-FNC). Parmi ces projets,
moins d?un quart (71) concernaient les zones humides pour un montant total de 8,8 M¤,
essentiellement pour des petites interventions d?entretien sur des étangs, des marais et des
mares généralement de petite taille.
Estuaire Etang Lagune Marais Mare
Prairie
humide
Roselière Ruisseau Tourbière
Tous
types
Nombre
de
projets
1 14 2 13 20 7 1 1 3 9
Répartition des projets financés par l?éco-contribution par type de milieux humides entre 2019 et 2022
(source : OFB communication personnelle)
Dans le cadre de la discussion en cours avec la FNC sur les lignes directrices pour la
prochaine convention cadre, l?OFB a prévu d?introduire, en parallèle aux projets individuels
non fléchés, des « opérations collectives » centrées sur des thématiques particulières, afin
de mieux cibler les éco-contributions sur des actions à fort impact sur la biodiversité.
Compte tenu de l?importance des zones humides pour la biodiversité et des services
écosystémiques qu?elles rendent, il est proposé que l?OFB, en lien avec la FNC, introduise
une opération collective centrée sur les territoires de zones humides et des interventions à
fort impact sur la biodiversité remarquable de ces milieux (maintien des prairies humides, de
la ripisylve, lutte contre les EEE, restauration et entretien des roselières, aménagement
écologique des berges des étangs, etc.).
[OFB] : Dans le cadre des discussions entre l?OFB et la FNC sur
l?éco-contribution, mettre en place une opération collective centrée sur les
territoires de zones humides et des interventions sur des actions à fort impact sur
la biodiversité remarquable.
3.6 Améliorer la connaissance et la sensibilisation en faveur
des milieux humides
La mission s?est particulièrement intéressée à trois thématiques spécifiques que sont : 1. les
pôles relais vecteurs de connaissance ; 2. le renforcement de la connaissance sur le suivi
des effets du changement climatique sur les milieux humides ainsi que sur l?objectivation de
la contribution au stockage de carbone ; et 3. l?expérimentation de la lutte contre les EEE.
3.6.1 Renforcer le rôle des pôles relais « zones humides » comme
vecteurs d?appropriation de la connaissance
Les pôles relais « zones humides » ont été créés en 2001 afin, d?une part, de constituer un
réseau d?échanges entre les acteurs concernés par la gestion et la restauration de ces milieux
et, d?autre part, de mutualiser les connaissances et bonnes pratiques. Ces pôles contribuent
à la mise en oeuvre de la stratégie 2021-2030 de « Communication, éducation, sensibilisation
et participation » pour les zones humides.
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La charte de 2021 entre l?OFB (chargé de la coordination et du financement des pôles relais),
la Direction de l?eau et de la biodiversité du MTECT et les pôles-relais définit pour cinq ans
les engagements, les moyens financiers et la gouvernance de ces pôles. La mission propose,
lors de son bilan à mi-parcours prévu fin 2023, de questionner les sujets suivants :
? Améliorer la coordination du fonctionnement des pôles pour qu?ils puissent
s?intéresser à des problématiques transversales répondant aux enjeux des milieux
humides. Il serait particulièrement intéressant, par exemple, qu?ils puissent être mieux
mobilisés sur le suivi des effets du changement climatique et être associés d?avantage
au programme MhéO55 porté par la Fédération des conservatoires d'espaces naturels
(FCEN) et l?UMS-PatriNat ;
? Intégrer au pôle relais « mares et vallées alluviales » les milieux d?étangs qui ne sont
pas couverts par ces pôles.
3.6.2 Développer des réseaux d?observation de long terme sur les
milieux humides
Si les initiatives sont nombreuses en matière d?acquisition de connaissance pour les milieux
humides telle que par exemple la définition de nouveaux indicateurs de suivi56 ayant vocation
à être intégrés à l?Observatoire national de la biodiversité (ONB), celles-ci reposent
principalement sur un dire d?experts (voir évaluation nationale des sites humides
emblématiques57 ).
Cette connaissance gagnerait à être renforcée par des observations de long terme sur le
terrain, notamment pour mesurer les effets du changement climatique et la contribution des
zones humides au stockage de carbone.
1- Mieux instrumenter le suivi des effets du changement climatique
Organisées en réseau, les Zones ateliers58 (ZA) pilotées par le CNRS se focalisent autour
d?une unité fonctionnelle (par exemple bassin versant, littoral, paysages agricole ou urbain)
et y développent une démarche scientifique spécifique en s?appuyant sur des observations
et des expérimentations sur des sites ateliers (notamment en zones humides) pour y mener
des recherches interdisciplinaires sur le long terme.
La mission propose d?accentuer les efforts de recherche scientifique par un dispositif de
recherche à destination des milieux humides sur les effets du changement climatique59 en
inter zones-ateliers, à l?instar du dispositif sentinelles des Alpes portés par la ZA Alpes.
Cette action contribuera à l?objectif du PNMH de créer un pôle pour renforcer la cohérence
des actions de recherche et appuyer la mise à disposition de sites ateliers sur lesquels des
recherches scientifiques pourront être menées répondant aux besoins identifiés sur le terrain.
55 Mhéo prévoit la mise à disposition d?outils communs (protocoles, indicateurs, etc.) pour permettre aux
gestionnaires de suivre l?évolution des milieux ou les effets de leurs actions dans un cadre partagé, avec la
mise en place d?un réseau national et la capitalisation des retours d?expérience, pour produire des
préconisations techniques en matière de génie écologique.
56 Une série d?indicateurs est en cours de définition dans le cadre des travaux de l?ONB. Ils concernent par
exemple : les activités humaines, les services écosystémiques, le degré d?avancement des inventaires, la
perte de surface des zones humides, le changement climatique.
57 https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-nationale-des-sites-humides-
emblematiques-2010-2020-analyse-des-resultats
58 Les zones ateliers sont au nombre de 13 dont 11 en métropole Elles recouvrent une partie des 18 sites
emblématiques, ceux de la façade atlantique étant sous-représentés.
59 Ce dispositif pourra s?appuyer sur les résultats en 2023 des modélisations hydro-climatiques d?Explore 2
porté par l?INRAE et des travaux en cours par le BRGM sur les risques de submersion marine.
PUBLIÉ
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-nationale-des-sites-humides-emblematiques-2010-2020-analyse-des-resultats
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-nationale-des-sites-humides-emblematiques-2010-2020-analyse-des-resultats
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Superposition des zones ateliers et des 18 sites de zones humides emblématiques
(source : M.N. Pons, Université de Lorraine)
2- Objectiver la contribution des zones humides au stockage de carbone
Les entreprises et acteurs publics sont de plus en plus nombreux à engager des démarches
d'évaluation et de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, au titre de leur
responsabilité sociétale et environnementale. Le ministère de la transition écologique a mis
en place en 2018, le label bas-carbone, cadre de certification climatique volontaire qui
valorise les projets visant à réduire les émissions et séquestrer du carbone. Il s?appuie sur
des méthodes permettant de vérifier l'éligibilité des projets au regard de leur impact
environnemental.
La mission recommande de soutenir les méthodes d?évaluation de la contribution des zones
humides au stockage de carbone en :
Soutenant l?acquisition de données complémentaires sur les émissions de carbone
des tourbières afin de compléter le dispositif de labellisation bas-carbone des
tourbières porté par la FCEN et qui devrait être validé en 2024, par l?installation de
tours à flux permanentes dans les marais du Cotentin et du Bessin, et de Brière
(portage par le laboratoire Chrono-environnement du CNRS avec un budget évalué
à 540 000 ¤ entre 2024 et 2027) ;
Accompagnant financièrement la définition de nouvelles méthodes de label bas-
carbone (évaluées à 150 000 ¤ par méthode sur une durée d?un an et demi) pour
d?autres écosystèmes humides (prairies humides, ripisylves, étangs, etc.).
Par la suite, la mission propose de valoriser la captation de carbone des zones humides dans
le cadre des PSE.
3.6.3 Faire des zones humides des sites prioritaires pour
expérimenter des méthodes de lutte contre les espèces
exotiques envahissantes
Le PNMH prévoit le renforcement et la bancarisation des préconisations sur les EEE
spécifiques aux milieux humides (86% des 165 sites humides emblématiques français ont
hébergé entre 2010 et 2020 au moins une EEE). Cependant, la Stratégie nationale contre les
EEE (SNEEE, 2017), comme le plan d?action pour prévenir l?introduction et la propagation
des EEE 2022-2030, ne présentent pas de focus particulier sur ces zones.
La mission propose d?identifier les zones humides comme prioritaires concernant la lutte
contre les EEE, au titre de la SNEEE et des opérations de recherche orientées vers l?action
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spécifique, en lien avec le réseau national de sites pilotes qui sera constitué par la FCEN60
fin 2023.
La maîtrise du ragondin, et de façon plus générale des autres EEE, est déterminante pour l?avenir
de certaines zones humides et la préservation de leur biodiversité, tant la présence de ces
espèces a pu, en très peu de temps, en modifier la physionomie et appauvrir leur biodiversité. Les
mesures relatives au ragondin que la mission a pu voir sur le terrain, sont déjà un progrès, mais
devraient être davantage mobilisées et renforcées là où elles existent. Notamment la mission
préconise un meilleur encadrement des piégeurs, afin de coordonner et cibler la régulation,
pouvant aller jusqu?à une professionnalisation de certains, et un effort significatif de recherche
appliquée sur la maîtrise des populations en explorant d?autres voies que le piégeage traditionnel.
L?OFB et la Fredon pourraient se voir confier un programme national en lien avec quelques
territoires pilotes (dont la Dombes).
[SGPI, DGRI, CGDD, DEB, OFB, CNRS] : Définir une feuille de
route ambitieuse en terme de coordination des actions de recherche et d?animation
de réseaux au bénéfice des zones humides pour : i) [DEB, OFB] Renforcer la
coordination et la transversalité des pôles relais zones humides sur des
thématiques répondant aux enjeux principaux, notamment le changement
climatique et intégrer au pôle relais « mares et vallées alluviales » les milieux
d?étangs ; ii) [DGRI, DEB, CNRS] Accentuer les efforts de recherche scientifique
sur les milieux humides en finançant un dispositif de recherche sur les effets du
changement climatique en inter zones-ateliers ; iii) [SGPI, CGDD, DEB]
Accompagner les méthodes de labellisation bas-carbone en cours sur les
tourbières et en développer de nouvelles pour les prairies humides, ripisylves,
étangs, etc. ; iv) [DEB, OFB] Faire des zones humides des sites prioritaires pour
expérimenter des méthodes de lutte contre les EEE.
Ces différentes recommandations pourraient faire l?objet d?un soutien financier :
Pour ce qui concerne le lancement d?un dispositif de recherche sur les effets du
changement climatique pour les zones humides, à conduire en inter zones-ateliers,
pour un montant estimé à 400 000 ¤ sur quatre ans dont le financement additionnel
à celui du CNRS est à rechercher ;
Pour le développement de méthodes de labellisation bas-carbone, le budget indicatif
est estimé à 150 000 ¤ par méthode. Le volet Eau de France 2030 est susceptible de
financer ces méthodes avec un appel à manifestation d?intérêt prévu mi-2023.
60 L?objectif est de contribuer au développement de nouvelles méthodes de gestion des EEE et d?évaluer les
facteurs d?efficacité de ces techniques, par la mise au point d?indicateurs. La FCEN appuiera les
gestionnaires de sites dans l?élaboration de protocoles d?expérimentation et de suivi (mutualisés dans le
réseau), en lien avec des scientifiques et le Centre de ressources EEE. Afin d?initier cette dynamique, trois
espèces et groupes d?espèces de faune (écrevisses exotiques, ragondin, Frelon asiatique) et de flore (jussies,
Crassule de Helms, baccharis) dont la majorité concerne les zones humides, sont retenues.
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4 Vers un parc national de zones humides
4.1 Une ambition à la croisée des enjeux de l?eau et de la
biodiversité, exemplaire de la capacité à concilier nature
et usages
Suite au Grenelle de l?environnement en 2007, la création d?un parc national dédié aux zones
humides avait été actée dans la loi dite Grenelle 161, avec la création de deux autres parcs
nationaux, le parc national des Calanques créé en 2012 et le parc national de forêts créé en
2019. La volonté était alors de faire progresser la France en matière d?aires protégées de
protection forte. Les milieux humides avaient été identifiés dans ces discussions comme des
milieux à très forts enjeux et un consensus entre les parties prenantes, qui représentaient
notamment l?agriculture, la chasse et les associations environnementales, s?était dégagé pour
accepter le principe d?un nouveau parc national dédié à ces milieux.
Aujourd?hui, pour la mission, la création d?un parc national dédié aux zones humides apparaît
importante et nécessaire à plusieurs titres :
Au titre des responsabilités internationales de la France en matière de biodiversité :
c?est un projet emblématique de protection de la biodiversité qui s?inscrit parfaitement
dans les objectifs du cadre mondial pour la biodiversité62 que la France a fortement
soutenu lors des négociations de Kunming-Montréal en décembre 2022 (COP 15) et
dont l?adoption a été reconnue comme un succès collectif. La France a une
responsabilité forte en matière de biodiversité au niveau européen, mais aussi
international, en ce qu?elle abrite plusieurs zones clés internationales pour la
biodiversité notamment au sein des territoires ultra-marins ;
Pour sensibiliser à la gestion équilibrée de l?eau dans un contexte de tension sur les
ressources en eau qui, de conjoncturelle devient structurelle (80% des nappes
phréatiques en France métropolitaine, en ce printemps 2023, ont une recharge
inférieure à la normale). Il paraît important de rendre symboliquement hommage aux
milieux humides qui produisent de multiples services écosystémiques, dont celui de
préserver la ressource en eau ;
Pour démontrer la capacité d?une aire protégée à concilier protection de la nature et
maintien d?usages durables des milieux.
Ce projet de création d?un parc national s?inscrit dans la déclinaison de l?actuelle SNB63, et
de son volet dédié aux zones humides le PNMH dont le dossier de presse64 cite explicitement
l?objectif de création d?un parc national de zones humides. Il s?inscrit également en réponse
aux objectifs de la SNAP65 qui a appelé à placer, dès 2022, 10% du territoire français sous
protection forte66, ce à quoi répond un projet de parc national pour sa partie coeur.
61 Loi N° 20009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en oeuvre du Grenelle de
l?environnement ? Article 23 : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000020949548
62 https://www.cbd.int/doc/c/0bde/b7c0/00c058bbfd77574515f170bd/cop-15-l-25-fr.pdf
63 https://www.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-biodiversite
64 https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_ZonesHumides.pdf
65 https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_Biotope_Ministere_strat-aires-
protegees_210111_5_GSA.pdf
66 https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045551000
PUBLIÉ
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000020949548
https://www.cbd.int/doc/c/0bde/b7c0/00c058bbfd77574515f170bd/cop-15-l-25-fr.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/strategie-nationale-biodiversite
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_ZonesHumides.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_Biotope_Ministere_strat-aires-protegees_210111_5_GSA.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/DP_Biotope_Ministere_strat-aires-protegees_210111_5_GSA.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045551000
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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4.2 Le parc national : un outil décrié mais relativement mal
connu dans les territoires de zones humides
Cette section a pour objet de présenter les principaux enseignements tirés des 18 dialogues
territoriaux, menés par la mission de juin 2022 à janvier 2023, sur les sites emblématiques
des zones humides françaises67
Cinq constats principaux ont été retenus :
Tout d?abord, une réaction vive de nombreux acteurs socio-économiques face à l?outil
parc national, reçu comme un outil de « mise sous cloche » des territoires,
« éteignant » la vie des territoires ;
Le refus d?un parc national s?argumente souvent en relation avec la perception d?une
démarche descendante imposée au territoire et inadaptée car contraire aux activités
économiques ou aux usages en place ;
L?outil est en réalité mal connu dans ses dispositions concrètes. Dans certains
entretiens, il s?est avéré nécessaire de détailler les lignes constitutives d?un parc
national ;
Certains acteurs ont néanmoins manifesté de l?intérêt pour mieux connaître l?outil parc
national. En réponse, la mission a établi une note synthétique de comparaison entre
les outils parc national et PNR (voir annexe 4) ;
Les acteurs favorables à la création d?un parc national sur leur territoire y voient
l?opportunité d?une protection renforcée, d?une meilleure coordination des initiatives
en place, et dans certains cas, d?une simplification du mille-feuille de protection.
L?opportunité de voir leur site mieux reconnu et qualifié à travers ce label exceptionnel
a été également souligné.
Rappel des fondamentaux d?un parc national depuis la loi de 2006 relative aux parcs nationaux
Un parc national dispose de :
? Un conseil d?administration, généralement présidé par un élu local, où l?ensemble des parties
prenantes et des usagers sont représentés et majoritaires ;
? Une réglementation de coeur de parc négociée et définie localement à travers une charte de
territoire (objectifs souvent appelés modalités d?application réglementaires en coeur de parc
? « marcoeur »). Celle-ci fixe par ailleurs des orientations de développement durable pour
son aire d?adhésion, à laquelle les communes ont le choix d?adhérer librement, sans ajout
de contraintes réglementaires supplémentaires ;
? Un label national, mais aussi mondial qui a pour effet d?inscrire le territoire candidat sur la
carte du monde, réel atout de fierté pour ses habitants.
En particulier, un parc national permet de :
Porter à travers sa charte, un projet de territoire et de développement durable, au même titre
qu?un PNR68 ;
Replacer l?ensemble des acteurs autour de la table, y compris ceux en charge des milieux, pour
une définition collective des objectifs de gestion ;
Disposer de leviers d?action complémentaires aux autres aires protégées (leviers réglementaires
particuliers) et adaptés aux enjeux des sites (charte du territoire établie collectivement) ;
Réinterroger, le cas échéant, le périmètre pertinent pour l?action ;
67https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Affaires-0012595/014136-
01_rapport_publie.pdf;jsessionid=C65AB92324BAD8F98D10CCC48F008B11
68 Il ne s?agit évidemment pas ici d?opposer les deux modèles qui selon les enjeux à traiter offrent tous deux
la possibilité de définir un projet de territoire autour des patrimoines naturels et culturels.
PUBLIÉ
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Affaires-0012595/014136-01_rapport_publie.pdf;jsessionid=C65AB92324BAD8F98D10CCC48F008B11
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Affaires-0012595/014136-01_rapport_publie.pdf;jsessionid=C65AB92324BAD8F98D10CCC48F008B11
Rapport n°
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Valoriser les produits et les services portés par les acteurs économiques contribuant à la
préservation des patrimoines (marque Esprit Parc) ;
Mobiliser des moyens significatifs69 sur l?ensemble du périmètre du parc et dégager des moyens
particuliers d?expérimentation, avec l?installation d?un d?établissement public national, garant du
temps long.
4.3 Une caractérisation des dix-huit territoires qui objective
la valeur intrinsèque des sites, la plus-value de l?outil
parc national et l?acceptabilité territoriale de l?outil
La mission s?est attachée à caractériser les 18 territoires en objectivant les trois paramètres
principaux qui ressortaient de la méthode menée dans le cadre de la mission IGEDD de mars
2022. En s?appuyant sur le rapport de cette mission, mais surtout riche du dialogue mené
dans les territoires pendant huit mois, la mission a mené la caractérisation des sites de la
façon suivante :
1. Valeur intrinsèque du site
La mission a choisi d?utiliser ce critère en premier dans la caractérisation des sites. Elle les a
classés en fonction de leur valeur intrinsèque, en prenant pour déterminants : caractère
emblématique (superficie globale, rareté des milieux représentés, nombre de critères remplis
par les sites d?importance internationale pour les zones humides, etc.), notoriété, naturalité,
importance des enjeux de biodiversité, d?eau et de fonctionnalité des écosystèmes.
2. Plus-value de l?outil parc national pour le territoire
De la même façon, la mission a regardé dans quelle mesure l?outil parc national pouvait
répondre aux enjeux du territoire et apporter une plus-value tangible, en considérant les outils
de protection, de gestion et d?animation existants et les projets de territoire en place ou initiés,
ainsi que leurs dynamiques. La mission a évalué, avec un faisceau d?éléments portés à sa
connaissance lors des visites, si l?outil parc national était susceptible de renforcer la
préservation, la restauration et la valorisation des milieux humides dans le contexte particulier
de chaque territoire.
3. Acceptabilité territoriale
La mission a veillé à prêter attention à l?ensemble des expressions sur le sujet, qu?elles aient
été de rejet ou de soutien pour l?outil. Dans certains, elle a pu entendre l?expression
relativement unanime d?un rejet de l?outil parc national. Dans d?autres, les expressions étaient
largement plus contrastées. La mission a noté les positions relativement homogènes par
famille d?acteurs (collectivités, représentants des usages, associations de protection de la
nature, gestionnaires d?aires protégées). L?adhésion globale à un projet de parc national de
l?ensemble des parties prenantes auditionnées, n?a été rencontrée sur aucun site.
Cette classification en trois catégories a été conduite à la fois par chaque missionné, puis
collectivement partagée et débattue pour donner plus de robustesse à l?exercice.
Dans ce contexte où il ne ressort pas de ces dialogues un territoire clairement candidat, la
mission tient à énoncer dans la section suivante plusieurs éléments de méthode pour réunir
les conditions favorables à la création d?un parc national de zones humides.
69 Financement annuel pérenne de l?Etat (90 % en moyenne) : budget moyen 7 M¤/parc/an, 70 agents/parc.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
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humides, et la création d?un parc national
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4.4 Eléments de méthode et principes préalables à
l?engagement d?un processus de création de parc
national dédiés aux zones humides
Adapter l?outil en tenant compte des usages qui ont façonné les milieux humides
Comme cela a déjà été explicité à plusieurs reprises dans ce rapport, la caractéristique
principale des territoires de zones humides, même pour certains sites de grande naturalité
aujourd?hui, est qu?ils ont été souvent façonnés et/ou maintenus dans leurs fonctionnalités
écologiques par les usages, qu?il s?agisse de chasse, de pêche, voire d?agriculture (par
exemple, lorsque le modèle agricole est de type élevage extensif).
Des usages durables permettent en effet de conserver les fonctions non seulement
hydrologiques, mais aussi biogéochimiques et biologiques des zones humides. A l?inverse, là
où ils ont été abandonnés, les zones humides ont souvent disparu (urbanisation, drainage,
comblements ou fermeture des milieux par exemple).
Ce constat doit donc conduire à réinterroger le modèle de protection forte et d?encadrement
voire d?interdiction des usages et pratiques en coeur de parc national, comme cela peut être
le cas pour des écosystèmes différents. Le décret sur la protection forte n°2022-527 du 12
avril 2002 a ouvert la voie dans la mesure où il fait référence à l?évitement ou à la réduction
des pressions liées aux activités humaines, plus qu?à l?interdiction des dites activités.
Pour le ou les territoires qui s?engageraient dans une démarche de parc national, ce point
parait essentiel à la mission.
Par ailleurs, la possibilité de raisonner le coeur de parc en discontinuité tant pour des objectifs
de protection que de maintien des usages durables devrait permettre de mieux concilier cette
double approche.
En conséquence, pour le ou les territoires pressentis, il faudra préalablement acter ce principe
comme nécessaire et utile à la réflexion de préfiguration.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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Chasse et parc national de zones humides
Cette question est éminemment politique avant d?être technique. Si la chasse de régulation du grand gibier
est admise dans certains parcs nationaux70, elle reste un tabou pour ce qui concerne le gibier d?eau.
Les représentants des chasseurs sont farouchement opposés à l?idée même d?un parc national, tant que la
chasse sera bannie dans le coeur de parc. De même, la plupart des représentants des associations de
protection de la nature et des naturalistes n?imaginent pas un « parc au rabais » dans lequel on pourrait
continuer de chasser en dehors des actions de régulation. Ces positions exprimées sans ambiguïté devant
la mission conduiraient à une impasse, sauf à vouloir imposer de force un parc national sans chasse ou créer
un parc chassé. Une telle approche « autoritaire » ne ferait qu?exacerber ce clivage avec un risque élevé de
blocage du processus. La commande passée à la mission étant d?envisager la création d?un parc national
dans le cadre d?une démarche de dialogue, il paraît incontournable de régler cette question avant d?engager
toute démarche locale.
La recherche d?un compromis de principe, applicable quel que soit le choix de territoires pour engager la
démarche, semble un préalable.
Le rôle des chasseurs dans la préservation surtout l?entretien de ces milieux, justifie qu?ils soient partie
prenante d?un projet de territoire les concernant. Les enjeux de préservation des populations d?oiseaux (et
autres espèces de faune et de flore) sont davantage liés à la préservation de leurs habitats naturels qu?au
contingentement des prélèvements d?individus de ces espèces sur ces territoires (qui représente une
proportion faible des prélèvements nationaux et a fortiori internationaux).
Une approche équilibrée pourrait consister au maintien de la pratique de la chasse et de l?entretien des
milieux par les chasseurs, mais dans un partage plus équilibré avec les autres fonctions d?un parc national ;
la conciliation avec les objectifs de préservation des populations pourrait se traduire par le suivi précis des
prélèvements avec l?instauration de quotas (annuels, journaliers, par chasseur) selon l?état de conservation
de chaque espèce, la participation à des programmes de recherche, la conciliation avec l?accueil d?un public
non chasseur (par des aménagements d?observatoires, une adaptation du calendrier de chasse, etc.), et
enfin la création (ou l?élargissement) de réserves intégrales non chassées.
Partager la décision entre l?État et les collectivités territoriales concernées, au premier
chef desquelles figurent les Régions au regard de leur rôle de chef de file en matière
de biodiversité
Les initiatives prises par l?État au titre de la loi Grenelle n?ont pu aboutir, qu?elles aient été
descendantes (désignation de trois territoires potentiels) ou sous forme d?appel à projets (mal
positionné du point de vue du calendrier électoral).
Dans l?exercice actuel, la première mission relative à la création d?un parc national de zones
humides avait souhaité renforcer la possibilité de détecter un ou des territoires susceptibles
de s?engager dans une telle démarche, en faisant le choix de donner un statut emblématique
à 18 sites et de conduire avec chacun d?eux un dialogue territorial approfondi (objet de la
présente mission).
70 Deux exemples sont détaillés ici. Dans le parc national des Calanques, la chasse, activité traditionnelle du
territoire, est autorisée sur près de la moitié du coeur de parc national. Sa pratique est cependant strictement
encadrée par la réglementation de droit commun et par la réglementation spéciale du coeur de parc. Les
zones de chasse du parc national sont réparties entre quatre sociétés de chasse (500 chasseurs). Quelques
bénéficiaires individuels du droit de chasse sur propriétés privées sont également actifs sur le territoire des
Calanques. La Perdrix rouge, le lièvre, le lapin, les oiseaux migrateurs (grives, pigeon ramier, etc.) et le
sanglier sont les principales espèces chassées. Dans le parc national de Forêts, la charte du parc fait
référence à la gestion adaptative des espèces pour mieux préserver les espèces d?oiseaux dans le coeur
forestier du parc. Le parc a vocation à devenir un territoire de gestion cynégétique d'excellence. Les enjeux
et les modalités de la chasse sont adaptés aux différents zonages du parc : dans la réserve intégrale, la
chasse est interdite. Par contre, la « régulation » des populations de trois espèces d'ongulés sauvages (cerf,
chevreuil, sanglier) est possible et organisée sous la responsabilité du parc national à travers des délégations
de service public confiées à des associations de chasse. Dans le coeur, l?objectif est la suppression des
pratiques artificielles (agrainage, grillage) et une cohabitation harmonieuse et sûre entre la chasse et l?accueil
du public. Dans l?aire d?adhésion, la gestion ne dépend pas directement du parc. L'objectif est de faire la
promotion d?une chasse exemplaire.
PUBLIÉ
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humides, et la création d?un parc national
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Dans la poursuite de cette orientation, la mission recommande qu?un dialogue approfondi
entre le gouvernement et les collectivités concernées (notamment les Régions, mais aussi
les Départements et les EPCI concernés) soit un préalable avant toute annonce. Sur la base
du travail conduit par la mission, il appartiendra au ministre chargé de l?environnement de
partager le diagnostic de la mission avec les collectivités concernées et de trouver des
éléments de consensus pour conforter l?appréciation des sites et la décision d?engager une
démarche de préfiguration. L?annonce d?un parc national doit faire l?objet d?une déclaration
commune et donc, être précédée d?une négociation sur les conditions de lancement de la
préfiguration du parc national de zones humides.
Il convient enfin de rappeler que le processus de préfiguration d?un parc national comporte
nombre d?étapes, lesquelles sont peu engageantes (phase d?études et de définition du
périmètre) avant la prise en considération par arrêté ministériel du projet de parc national. Ce
processus présente l?avantage, avec la création d?un groupement d'intérêt public (GIP) de
préfiguration, de constituer un lieu de dialogue et de co-construction permanente du projet de
parc.
4.5 Dix-huit sites de grande qualité parmi lesquels se
dégagent trois territoires d?exception
Comme évoqué en début de chapitre, tous les sites visités présentent de fait de grandes
qualités et il n?a pas été simple pour la mission de les départager.
C?est certainement le critère de très grande valeur intrinsèque, combiné à l?appréciation de la
mission sur la plus-value que l?outil parc national peut représenter pour traiter les différents
enjeux (notamment pour améliorer la coordination et simplifier les dispositifs réglementaires
de protection forte pour certains sites) qui ont été déterminants dans l?appréciation que la
mission a porté sur les 18 sites.
La question de l?acceptabilité territoriale a priori a été entendue et appréciée par la mission.
Elle n?a cependant pas été retenue comme un élément déterminant pour exclure un territoire.
En effet, l?acceptabilité s?inscrit dans un contexte et peut évoluer dans le temps, à la faveur
par exemple d?une meilleure connaissance de l?outil parc national par les acteurs locaux ou
d?un travail itératif en ateliers sur la construction d?un projet de territoire, pour lequel un parc
national peut se révéler in fine une réponse convaincante.
Certains sites sont considérés par la mission de bonne valeur intrinsèque. Cependant, le
niveau de protection forte déjà acquis ou la présence de gestionnaires d?espaces protégés
investis, affaiblissent le critère de plus-value d?un parc national. D?autres sites ne présentent
pas selon la mission une valeur intrinsèque suffisante pour un parc national, ou ont un
périmètre inadapté à l?installation d?un projet de territoire de type parc national.
En suivant ce raisonnement, la mission propose de s?intéresser, par ordre de priorité, aux
trois sites suivants qui pourraient s?engager dans une démarche de préfiguration d?un projet
de parc national, selon des modalités différenciées pour chaque site. Tous ont été classés
par la mission en catégorie la plus élevée pour la valeur intrinsèque, et pour la plus-value
qu?apporterait un outil parc national, et variablement en niveau moyen ou faible pour
l?acceptabilité territoriale (laquelle rappelons-le peut évoluer dans le temps).
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Le premier d?entre eux est le site des marais de Kaw-Roura en Guyane.
La valeur intrinsèque du site est incontestable. Plus grande zone humide de France, cette
zone marécageuse de savane flottante abrite des écosystèmes de mangroves, de savanes
inondables et de forêts tropicales humides et de nombreuses espèces rares, en voie
d'extinction et dont la répartition géographique est très limitée qu'il s'agisse de mammifères,
de reptiles et d'avifaune (74% des espèces présentes en Guyane) ou des dernières
populations de Caïmans noirs du continent. C?est un site de très grande naturalité qui
présente la particularité d?être partiellement habité (village de Kaw). Ce site recouvre une
richesse biologique de réputation internationale.
La plus-value que pourrait constituer un parc national est évidente dès lors que le périmètre
choisi est bien plus large que celui des réserves naturelles nationales (RNN) de Kaw-Roura
et du grand Connétable. C?est pourquoi la mission propose un périmètre de réflexion qui
intégrerait outre les deux RNN, les montagnes de Kaw (et donc la réserve naturelle régionale
(RNR) du Trésor), mais aussi l?estuaire de l?Approuage, la pointe Behague, les montagnes
d?Argent et des Trois pitons et la commune de Ouanary (220 habitants) jusqu?à la baie de
l?Oyapock à la frontière avec le Brésil. La question d?embarquer dans ce périmètre la frange
littorale et maritime pour répondre à l?enjeu bien identifié de lutte contre la pêche illégale,
pourrait être aussi discutée avec les acteurs. Ainsi, ce projet de parc national de zones
humides guyanaises se positionnerait comme un projet de coordination des actions de
l?ensemble des aires protégées, et pourrait permettre aussi la définition d?un projet de
territoire porteur de développement pour tout l?est Guyanais.
Enfin, à la lumière des entretiens sur place, la mission a ressenti une ouverture à l?idée
d?engager une démarche de réflexion et de préfiguration de cette nature. La mission
recommande néanmoins de remplir les conditions suivantes pour répondre aux points de
vigilance exprimés par ses interlocuteurs :
La première condition est certainement, d?apporter des réponses à la nécessité d?un
développement durable et maîtrisé de l?est Guyanais, aujourd?hui très isolé ;
La deuxième est bien entendu, de conduire une réflexion sur la restructuration du
PNR de Guyane (PNRG) dont l?assise territoriale est de fait relativement fragile, pour
le recentrer sur l?ouest Guyanais avec un projet consolidé de charte de territoire71 ;
La troisième, est d?apporter des garanties aux acteurs guyanais sur la possibilité
d?adaptation de l?outil parc national au contexte local et à la volonté des élus d?une
plus grande autonomie ;
La quatrième enfin, est de faire en sorte que ce projet n?efface pas d?autres enjeux
majeurs pour la biodiversité guyanaise comme par exemple la nécessité de mieux
préserver les savanes de l?ouest Guyanais (milieux très fragiles qui accueillent plus
de 17% des espèces sur une superficie qui ne représente que 0,22% du territoire).
Le plan d?actions proposé par la mission entend répondre à ces préoccupations. La mission
recommande ainsi de :
Lancer un projet de mise en valeur des villages de Kaw et, en adéquation avec le
périmètre proposé par la mission, de Ouanary (État et CTG) ;
Donner des moyens complémentaires d?intervention à la RNN de Kaw-Roura, en
parallèle de la démarche de préfiguration, pour ne pas créer de vide
opérationnel (État - DGTM) ;
Mettre en place une instance de préfiguration et de dialogue co-animée par l?État et
71 Le périmètre actuel du PNRG s?étend actuellement à l?ouest mais aussi à l?est de la Guyane avec la seule
commune de Roura (depuis que la commune de Régina est sortie du syndicat mixte) sans véritable
cohérence et assise territoriale.
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la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) pour préciser les conditions dans
lesquelles un projet de parc national pourrait être porté (État et CTG) ;
Mettre en place un plan de transformation du PNRG en recentrant son périmètre sur
l?ouest guyanais et en le dotant d?une nouvelle charte de parc ambitieuse (État et
CTG) ;
Lancer une initiative spécifique dédiée aux habitats prioritaires des savanes et des
zones humides de l?ouest au regard des menaces qui pèsent sur ces milieux (CEN
avec l?appui de l?État et de la CTG).
Le deuxième site est celui de la Camargue dans son acception la plus large, à
savoir de la Camargue orientale (à l?est du Rhône) à la petite Camargue gardoise
(à l?ouest du petit Rhône) en intégrant l?ensemble du delta rhodanien.
Ici aussi la valeur intrinsèque du site est incontestable. A cheval sur deux régions et deux
départements, la Camargue est dépositaire d?un caractère fortement emblématique associant
un patrimoine naturel exceptionnel source d?un tourisme de nature, une identité culturelle
fondée sur son insularité et ses traditions liées aux ressources naturelles (activités salinière
et piscicole, élevage extensif des chevaux et des taureaux de Camargue, riziculture) et son
patrimoine culturel (bâtiments historiques, pèlerinages et festivals). Façonnée par l?action de
l?homme depuis des siècles, la Camargue présente une mosaïque de paysages particuliers
de steppe (« sansouire ») et des socio-écosystèmes humides d?importance internationale
pour leur biodiversité (halte migratoire et site de nidification pour des espèces caractéristiques
des milieux à salinité et inondation variables). L?eau est le lien majeur entre les activités
humaines et les écosystèmes. Elle constitue à la fois une ressource économique, biologique
et culturelle. Ce territoire est enfin l?un des plus exposés aux effets du changement climatique,
et exige que soient repensés la gestion des usages et le rapport entre l?homme et la nature
sur l?ensemble du périmètre.
La plus-value de l?outil parc national pour traiter des enjeux de la Camargue est réelle. En
effet, le PNR existant ne couvre que la Camargue bucco-rhodanienne, soit une partie de la
zone biogéographique. En outre, le PNR a connu une longue crise ces dernières années et
n?a pu jouer pleinement son rôle de « parlement de Camargue ». Enfin, le PNR ne peut pas
fournir de réponse à l?empilement des niveaux de protection existants, à la différence d?un
projet de parc national étendu.
En Occitanie, les dynamiques de préservation (projet de création d?une grande RNR) et de
développement local maitrisé (démarche Grand site de France portée par le syndicat mixte
de la Camargue gardoise) ne sont pas contradictoires avec la création d?un parc national qui
au contraire s?en inspirerait.
La volonté de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) de modifier les statuts du PNR,
de créer un conseil consultatif et de réviser sa charte, affiche le lancement d?une nouvelle
dynamique, qui cependant n?intègre pas la partie gardoise.
La présence d?un foncier public important aurait pu constituer un coeur de parc sans créer de
nouvelles réglementations ailleurs au sein du site. Néanmoins, l?acceptabilité territoriale pour
un parc national est très faible. Le 24 mars 2023, l?Assemblée plénière de la Région PACA a
exprimé son refus très ferme d'un parc national en Camargue. Par courrier du 6 avril 2023,
le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires a rappelé que, sans
préjuger des conclusions de la présente mission, aucune décision ou évolution statutaire ne
sera prise par l?État sans l?accord des élus concernés.
Outre la crainte déjà évoquée plus haut d?une « mise sous cloche » du territoire, certains
acteurs craignent à travers la mise en place d?un tel projet de se trouver dessaisis de leurs
prérogatives.
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humides, et la création d?un parc national
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En conséquence, la mission estime qu?il serait inopportun de lancer une démarche de
création de parc national dans le contexte actuel.
Sans attendre, la mission propose un plan d?actions à lancer dès à présent pour accompagner
et soutenir les initiatives des collectivités et des acteurs locaux. Les démarches initiées à la
fois par la Région Occitanie, la Région PACA et le syndicat mixte de la Camargue gardoise
sont à poursuivre dans l?attente des conditions d?un réexamen de l?opportunité pour le
territoire, de se saisir de l?outil parc national.
Les actions proposées par la mission sont les suivantes :
Mettre en place une mission de dialogue permanent72 Camargue, portée par l?État,
pour animer notamment un débat à l?échelle de l?espace biogéographique ;
Mettre en place un observatoire de la salinité et de la qualité de l?eau douce (portage
à déterminer entre les parties prenantes) ;
Soutenir l?expérimentation de phyto-remédiation des eaux rejetées dans l?étang du
Vaccarès (ASA de Fumemorte) ;
Améliorer la qualité de l?eau douce rejetée dans les milieux naturels (Centre français
du riz) ;
Elaborer et partager une stratégie foncière (portage à déterminer entre les parties
prenantes).
Le troisième site est celui de l?estuaire et cours de la Loire aval
Ici aussi la valeur intrinsèque du site ne fait aucun doute. Il intègre à la fois l'estuaire de la
Loire, son cours aval entre la Maine et Nantes, ainsi que le lac de Grand-Lieu (le plus grand
lac de plaine en France, au fort intérêt avifaunistique). Ce site présente une grande diversité
de milieux humides en fonction des marées, du gradient de salinité, du contexte hydraulique.
Interface entre les milieux marins, littoraux, fluviaux et rétro-littoraux, les enjeux
environnementaux (habitats emblématiques, espèces patrimoniales, paysages) y sont
particulièrement forts. Il est d?importance internationale pour les oiseaux migrateurs et
hivernants, mais également pour leur reproduction. L?estuaire est la porte d?entrée du plus
grand réseau hydrographique du territoire national pour plusieurs espèces de poissons
migrateurs (Saumon atlantique, Anguille européenne, aloses et lamproies).
Cependant, l?estuaire de la Loire est aussi marqué par une activité portuaire importante
(Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire) et des installations industrielles significatives
(dont la centrale électrique de Cordemais) dont les fonctions et les dépendances dépassent
largement le périmètre de la Région Pays de la Loire. Il est donc largement anthropisé dans
sa partie nord, sans compter une forte densité d?urbanisation autour de l?agglomération de
Nantes. Il revêt de ce point de vue un intérêt moindre que les deux premiers sites.
La plus-value de l?outil parc national dont le coeur pourrait être positionné sur les espaces
naturels remarquables, au sein desquels le foncier public est important, serait certaine. Un
tel outil apporterait de la cohérence dans la gestion des espaces naturels de ces différents
sites, afin d?en préserver la qualité au côté des autres activités économiques et notamment
portuaires, à l?échelle de l?ensemble de l?estuaire. Il serait également de nature à qualifier
l?ensemble du territoire de Nantes métropole et au-delà du cours de la Loire entre Angers et
Nantes, mondialement connu.
A ce stade, l?acceptabilité territoriale n?est cependant pas suffisante. La coexistence des
enjeux économiques et écologiques, un fort attachement à certains usages comme la chasse
72 Mission de dialogue permanent présentée dans le rapport de site en annexe 2.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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au gibier d?eau, ont conduit à des blocages dans le passé face à des initiatives de protection
ou de planification de l?estuaire. Le site a connu l?abandon du pacte de l?estuaire en 2015 et
l?abrogation de la directive territoriale d?aménagement (DTA) suite au retrait du projet de Notre
Dame des Landes en 2019. Ces évènements ont marqué les esprits et cristallisé des postures
qu?il s?agit de dépasser avant d?imaginer un avenir pour ce site exceptionnel.
En conséquence, la mission estime qu?il serait inopportun de lancer une démarche de
création de parc national dans le contexte actuel.
En revanche, rejoignant ici les conclusions des ateliers de déclinaison territoriale de la SNAP,
elle recommande de lancer une concertation permettant in fine de mettre en cohérence les
outils de protection existants autour d?une bannière commune pour une gestion concertée et
cohérente à la hauteur des enjeux.
La mission suggère pour ce site de bâtir un cadre de concertation et une gouvernance
commune qui pourrait jouer le rôle d?une « conférence permanente de l?estuaire », co-portée
par l?État, la Région et le Département et associant les collectivités locales et les parties
prenantes concernées.
Ceux-ci pourraient être appuyés par une démarche de type « ateliers du territoire73 » afin de
mener une réflexion prospective sur le devenir de l?estuaire à l?horizon 2050 face notamment
aux effets du changement climatique.
Pour accompagner cette démarche, il est proposé par la mission, le recrutement pour une
durée minimale de trois ans sur un financement partagé entre État et Région, d?un chef de
projet estuaire, chargé de garantir la mise en oeuvre de la feuille de route établie dans le
cadre des ateliers.
A l?issue de cette phase de concertation et de construction commune d?une vision partagée,
des propositions de gouvernance pérenne et de classement de territoires pourraient alors
émerger, en fonction de leur vocation économique ou de protection pour les espaces naturels.
Il serait alors temps d?expertiser en quoi un outil tel qu?un parc national pourrait répondre aux
enjeux pour les espaces naturels et le territoire en général.
[MTECT, collectivités] : Pour trois territoires d?exception (marais
de Kaw-Roura, Camargue, estuaire et cours de la Loire aval), engager sans attendre
un dialogue de haut niveau entre le MTECT et les collectivités territoriales
concernées pour : i) [MTECT, CTG] : Lancer une phase de préfiguration d?un parc
national dédié aux zones humides de l?est Guyanais, et accompagner le plan de
transformation du PNR de Guyane ; ii) [MTECT, Régions PACA et Occitanie] :
Installer une mission de dialogue permanent sur la Camargue, tout en engageant
des actions opérationnelles relatives à la qualité de l?eau et à la mise en place d?un
observatoire de la salinité ; iii) [ MTECT, Région Pays de la Loire, Département de
Loire Atlantique] : installer une « conférence permanente » de l?estuaire de la Loire,
lancer une concertation de type « ateliers des territoires » et engager le
recrutement d?un chef de projet dédié.
73 Dispositif proposé et financé par l?Etat (MTECT/DGALN) qui permet d?accompagner les collectivités locales
dans l?émergence et la construction de projets territoriaux.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
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humides, et la création d?un parc national
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Conclusion
Au terme de près d?une année de mission, alternant des visites de terrain, des rencontres
avec près de 1 200 acteurs répartis sur les 18 sites emblématiques identifiés, des échanges
avec les grands réseaux nationaux, les administrations centrales et déconcentrées et les
collectivités, la mission a pu tirer les constats suivants :
- L?extraordinaire valeur patrimoniale de ces sites, à la fois pour leur richesse paysagère
et en biodiversité mais aussi pour leur patrimoine culturel, voire identitaire, façonné au
cours de l?Histoire ;
- Un solide attachement des habitants aux zones humides de leur territoire, à leur
préservation ainsi qu?à un certain mode de vie, aux pratiques et aux usages qui leur
sont liés ;
- Une prise de conscience que les zones humides sont menacées par la raréfaction de la
ressource en eau, les modifications des pratiques agricoles et piscicoles, la pression
foncière, l?artificialisation des sols ou la propagation des espèces exotiques
envahissantes, toutes ces menaces étant aggravées par le changement climatique.
Globalement, l?accueil de la mission a été très bon et a permis des échanges riches avec les
acteurs locaux, certains se disant fiers d?être parmi les 18 sites les plus emblématiques et
souhaitant partager leur connaissance et la vision du territoire.
Malgré un temps limité passé sur chaque site, la mission a formulé des propositions d?actions
pour chacun d?entre eux, en puisant dans le contenu des visites de terrain et les auditions
des acteurs ainsi que les propositions issues des ateliers menés dans le cadre de la
territorialisation de la SNAP. Elle a par ailleurs commencé à identifier des sources de
financements pour les actions proposées et en particulier ceux permis par le Fond vert et le
Plan national d?action pour les milieux humides, au-delà des financements des agences de
l?eau et des collectivités.
La mission a également identifié des sites sur lesquels il est possible d?engager sous
certaines conditions, une démarche de création de parc national. Pour ces territoires
d?exception, il est toutefois impératif de mener une concertation préalable avec les grandes
collectivités concernées afin que la démarche puisse être portée conjointement par les élus
et l?État.
La richesse des auditions menées par la mission lui a permis enfin de formuler des
recommandations pour une meilleure prise en compte de toutes les zones humides dans les
politiques publiques nationales.
La mission remercie vivement les administrations et les gestionnaires locaux pour l?aide
déterminante apportée à l?organisation des déplacements de terrain et l?ensemble des
acteurs rencontrés pour leur disponibilité et la richesse des échanges, au service de ces sites
emblématiques et plus largement des zones humides de France.
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Rapport n°
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Bénédicte Guery
Louis Hubert
Flore Lafaye de Micheaux
Ingénieure hors classe de
l?agriculture et de
l?environnement
Ingénieur général des ponts
et des eaux et forêts
Ingénieure hors classe des
travaux publics de l?État
Hervé Parmentier
Olivier Robinet
Christophe Viret
(coordonnateur)
Inspecteur général de
l?administration du
développement durable
Inspecteur général de santé
publique vétérinaire
Inspecteur général de
l?administration du
développement durable
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Rapport n°
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Annexes
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Annexe 1. Lettre de mission
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Annexe 2. Rapports de sites
Les rapports de site suivants constituent des documents associés à ce rapport. Ils sont
téléchargeables par simple clic sur le nom des sites.
1. Les Etangs de Lorraine
2. Lit majeur du Rhin
3. Tourbières du Jura
4. Basse vallée du Doubs
et Bresse
5. Val d?Allier
6. La Dombes
7. La Camargue
8. Marais de Brouage et
de Rochefort
9. Marais poitevin
10. La Brenne
11. Marais breton et baie
de Bourgneuf
12. Sologne
13. Estuaire et cours de la
Loire aval
14. Brière
15. Monts d?Arrée
16. Marais du Cotentin et
du Bessin
17. Baie de Somme
18. Marais de Kaw-Roura
PUBLIÉ
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013412&reqId=0103a21e-4335-4797-9a22-b2cc5fa88794&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013413&reqId=180fe6ac-3bd8-4fb0-90dc-2be93ca7059a&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013415&reqId=f1b7622b-3864-4e64-8a59-d3f6dbacdf14&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013416&reqId=9d85cb39-945a-4c6c-8569-660623e93ee4&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013416&reqId=9d85cb39-945a-4c6c-8569-660623e93ee4&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013417&reqId=b5c993c2-db7e-4d36-86e6-15e4d2102b2a&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013418&reqId=6ca5e50a-91e0-451e-a368-300f461690e2&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013419&reqId=8781a640-e5d0-43ac-be49-effa18220676&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013420&reqId=dd438dae-acdc-4a80-808f-96bce2aa9904&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013420&reqId=dd438dae-acdc-4a80-808f-96bce2aa9904&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013421&reqId=57ada6d9-4410-4640-84ab-a03f28cff007&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013422&reqId=ab908878-0f83-4321-b4ff-ed6c5e13d39e&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013423&reqId=047fe7f5-51a6-4a63-9f85-9b4e4f61ec59&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013423&reqId=047fe7f5-51a6-4a63-9f85-9b4e4f61ec59&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013425&reqId=96b8529f-62a0-4de7-98a0-cf43e91081eb&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013426&reqId=1d4f707f-bc00-4b0d-97ad-ca01c556a6c8&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013426&reqId=1d4f707f-bc00-4b0d-97ad-ca01c556a6c8&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013427&reqId=fdd483ea-1c42-46d1-8518-a0ebc32dfac1&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013428&reqId=7ecbe13a-7023-4458-a8d6-1ccdce98e430&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013429&reqId=6c6234e1-8a24-4cfa-a289-e9a2f4e96032&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013429&reqId=6c6234e1-8a24-4cfa-a289-e9a2f4e96032&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013430&reqId=12feeb18-bb55-4d55-828a-9018c0279f00&pos=1
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013431&reqId=59b98952-7026-4d7b-a5ac-62edeeaf2d38&pos=1
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Annexe 3. Propositions d?actions locales identifiées sur
les dix-huit sites
Ce tableau récapitule les actions que la mission recommande de soutenir dans les 18 sites.
Elles sont à mener dans un délai de trois à cinq ans.
Les budgets sont donnés à titre indicatif et à dire d?experts. Ils seront à confirmer et à affiner
par les porteurs ainsi que les financements mobilisables.
Près de 90% des actions répondent à au moins un objectif du PNMH. Les programmes
budgétaires identifiés (sans être exhaustifs à ce stade) pour cofinancer ces actions sont le
BOP 113 au titre du PNMH et de la SNAP, le Fonds vert, le budget des agences de l?eau ou
des collectivités territoriales ainsi que des budgets d?autres ministères (MASA, Ministère de
la culture) et de l?Union européenne (FEADER, FEDER, FEAMP, Life).
N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
1 Etang de
lorraine
Classement de la vallée de la Seille en
RNN
500 000 2024-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
1 Etang de
lorraine
Extension du classement Ramsar à
l'ensemble des étangs du PNR
250 000 2024-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
1 Etang de
lorraine
Classement en RBI du massif du
Romersberg
A définir 2024 - 2025 Fonds vert
1 Etang de
lorraine
Mettre en place un projet pilote de
restauration du caractère humide à
l?échelle du massif de la Forêt de la
Reine, et une instance de concertation
sur la gestion de l?eau.
- Restauration d?ouvrage
- Acquisitions foncières, renatura-
tion d?étangs et de mares
200 000
3 000 000
2023 - 2026 Agence de l'eau
Fonds vert
1 Etang de
lorraine
Rétablir l?aide à l?entretien des étangs
que la Région Lorraine versait aux
pisciculteurs :
- Etude de caractérisation des ser-
vices écosystémiques
- Programme PSE (annuel)
100 000
1 000 000
A engager
en 2023
Agence de l'eau
2 Lit majeur du
Rhin
Augmenter les débits réservés et les
débits en retour aux milieux naturels :
- Poursuivre les travaux relatifs au
PTGE, valoriser les expérimenta-
tions de ré-infiltration dans la
nappe
- Etude pour définir les nouveaux
débits réservés dans le cadre du
renouvellement des concessions
hydrauliques
3 à
5 000 000
80 000
2024-2025
2 Lit majeur du
Rhin
Renforcer les outils de protection forte
dans la bande rhénane
A définir Fonds vert
Agence de l?eau
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Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
Plan Rhin vivant
2 Lit majeur du
Rhin
Intensifier l'approche transfrontalière
des actions de renaturation des
milieux rhénans
200 000 2024-2025 Collectivités
3 Tourbières du
Jura
Accompagner la labellisation Ramsar
des tourbières de la montagne
jurassienne :
- Plan gestion du site « Tourbières
et lacs de montagne »
- Lancement de la démarche à
l?échelle du PNR Doubs-Horloger
50 000
100 000
2023-2024
2023-2026
Agence de l'eau
Collectivités
3 Tourbières du
Jura
Renforcer la coopération en matière
de stratégie foncière
A définir
Agence de l'eau
Collectivités
3 Tourbières du
Jura
Accompagner les pratiques agricoles
respectueuses des milieux humides :
Renforcer la prise en compte des
milieux humides dans le cahier des
charges de l?appellation Comté.
A engager
en 2023
3 Tourbières du
Jura
Accompagner les pratiques agricoles
respectueuses des milieux humides :
Reconquérir la biodiversité floristiques
des prairies (PNR Doubs-Horloger)
40 000 2023-2024 Agence de l'eau
Collectivités
3 Tourbières du
Jura
Garantir durablement la préservation
des tourbières emblématiques
A définir Fonds vert
3 Tourbières du
Jura
Mieux connaitre le fonctionnement des
tourbières jurassiennes
540 000 2024-2026 Fondation pour
la recherche sur
la biodiversité
France 2030
4 Basse vallée
du Doubs -
Bresse
Soutenir les travaux du PTGE pour un
partage équilibré de la ressource en
eau
A définir Agence de l'eau
Collectivités
4 Basse vallée
du Doubs -
Bresse
Mettre en place une coalition
départementale pour accompagner les
stratégies foncières au bénéfice des
zones humides
100 000 2024-2025 Agence de l'eau
Collectivités
4 Basse vallée
du Doubs -
Bresse
Intégrer la thématique 'préservation
des milieux humides' aux Plans
d?alimentation territoriaux (PAT) en
cours
200 000 2023-2024 Agence de l'eau
Collectivités
4 Basse vallée
du Doubs -
Bresse
Améliorer la coordination des polices
autour des milieux humides en plaine
et le suivi des mesures
compensatoires
100 000 2024-2025
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
5 Val d'Allier Valoriser l?étude HMUC (Hydrologie,
Milieux, Usages et Climat) pour
améliorer la gestion quantitative des
ressources en eau
Agence de l'eau
Collectivités
5 Val d'Allier Poursuivre les dynamiques d?action
foncière partagée sur le fuseau de
mobilité de l?Allier
Agence de l'eau
Collectivités
5 Val d'Allier Renforcer les actions en faveur de la
reconnexion d?annexes hydrauliques
et de la continuité écologique :
- Actions de reconnexion des
boires et de génie écologique sur
le DPF.et hors DPF (collectivités)
- Rétablir la continuité écologique
Barrage des Lorrains. Retour
d?expérience de la passe à pois-
sons Barrage de Régémortes
800 000
100 000
2023-2026 BOP 113
Politique grands
migrateurs
(DREAL)
5 Val d'Allier Développer de nouveaux sites en
protection forte :
- Créer la RNN du Bec d?Allier
- Etude de faisabilité d?une RNN
au nord de Moulins
A définir Fonds vert
5 Val d'Allier Faire labelliser la rivière Allier de Vichy
à Nevers comme site d?importance
internationale au titre de la Convention
sur les zones humides
200 000 2024-2025 Collectivités
5 Val d'Allier Porter une ambition de recherche
scientifique pour l?Allier
100 000 2024-2025 Universités
Agence de l'eau
6 La Dombes Appuyer la candidature Ramsar 20 000 2023- 2024 Collectivités
6 La Dombes Soutenir un Life pour un programme
pilote pour les sites humides d?étangs
8 000 000 2024?2030 Union
européenne
BOP 113 (100 à
150K¤/an)
6 La Dombes Conforter la démarche de PTGE 100 000 2022?2024
(première
phase)
BOP113
Agence de l'eau
Collectivités
6 La Dombes Opérations test sur la gestion des
unités de chaînes d?étangs
50 000 A engager
en 2023
Fonds vert
6 La Dombes Renforcer et coordonner la lutte contre
les EEE
100 000 2023-2024 Fonds vert
6 La Dombes Conforter la démarche de PSE
engagée récemment
3 400 000 2022-2026 Agence de l'eau
6 La Dombes Participer au projet pilote « sentinelle
sur le CC »
Action
nationale
7 Camargue Mettre en place une mission de
dialogue permanent "Camargue"
200 000 2023-2024 BOP 113
PUBLIÉ
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014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
7 Camargue Mettre en place un observatoire de la
salinité et de la qualité de l?eau douce
A définir 2023 BOP113
(financement
SNPN par
l?agence de l'eau)
Collectivités
7 Camargue Soutenir l?expérimentation de phyto-
remédiation des eaux rejetées dans
l?étangs du Vaccarès
340 000 2023-2024 Union
européenne
(FEADER)
France 2030
Collectivités
7 Camargue Améliorer la qualité de l?eau douce
rejetée dans les milieux naturels ?
Développement de la technique de
repiquage mécanique
196 806 2023-2024 Union
européenne
(FEADER)
MASA/France
2030
Agence de l?eau
Collectivités
7 Camargue Elaborer et animer une stratégie
foncière à l?échelle de toute la
Camargue
A définir 2023-2026 Fonds vert
Agence de l'eau
Collectivités
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Faire aboutir et soutenir le projet de
création d?un PNR des marais du
littoral charentais
2023
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Elaborer un plan de recul de la RNN
de Moëze Oléron
Construire un programme de
recherche ambitieux de suivi des effets
du changement climatique sur le long
terme
50 000 2024-2025 Fonds vert
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Mettre en place un plan de soutien à
l?élevage extensif, dans la suite de
l?expérimentation nationale conduite
sur les marais de Brouage
120 000 2023-2025 Agence de l?eau
Collectivités
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Consolider le rôle du SMCA dans la
gestion de l?eau, des milieux
aquatiques et des ouvrages
hydrauliques sur l?ensemble du
territoire
80 000 2024-2025 Fonds vert
Agence de l?eau
Collectivités
taxe GEMAPI
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Encourager les actions de
renforcement de la protection
conduites par les aires protégées
A définir 2023-2025 Fonds vert
8 Marais de
Brouage et de
Rochefort
Elaborer une stratégie foncière
partagée
A définir 2023-2028 Agence de l'eau
Fonds vert
CELRL
PUBLIÉ
file:///C:/Users/herve.parmentier/Documents/Pro/CGEDD/PNZH/Pour%20le%20rapport/Rédaction%20rapport%20complet/Vpost%20Lavarde/23%2004%2005-TotalActions%20locales%20-%20Rapport.xls%23RANGE!%23REF!
file:///C:/Users/herve.parmentier/Documents/Pro/CGEDD/PNZH/Pour%20le%20rapport/Rédaction%20rapport%20complet/Vpost%20Lavarde/23%2004%2005-TotalActions%20locales%20-%20Rapport.xls%23RANGE!%23REF!
file:///C:/Users/herve.parmentier/Documents/Pro/CGEDD/PNZH/Pour%20le%20rapport/Rédaction%20rapport%20complet/Vpost%20Lavarde/23%2004%2005-TotalActions%20locales%20-%20Rapport.xls%23RANGE!%23REF!
file:///C:/Users/herve.parmentier/Documents/Pro/CGEDD/PNZH/Pour%20le%20rapport/Rédaction%20rapport%20complet/Vpost%20Lavarde/23%2004%2005-TotalActions%20locales%20-%20Rapport.xls%23RANGE!%23REF!
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
9 Marais
poitevin
Pérenniser le statut de l?EPMP, comme
outils unique de concertation et
d?arbitrage sur la gestion de l?eau en
confortant ses actions et ses moyens :
- Renforcer la capacité d?anima-
tion de l?EPMP
- Mettre en place un suivi de la
qualité de l?eau
100 000
50 000
2024-2028 Agence de l'eau
9 Marais
poitevin
Renforcer la gouvernance et les
actions en faveur de la biodiversité du
marais
100 000 2024-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
9 Marais
poitevin
Faire de l'observatoire de la nature un
outil au service de la gestion et de la
préservation de la biodiversité
150 000 2024-2025 Fonds vert
9 Marais
poitevin
Développer des outils de suivi-
évaluation des actions contre les
espèces exotiques envahissantes
200 000 2023-2026 Fonds vert
9 Marais
poitevin
Améliorer la protection et la
reconnaissance internationale du
marais humide et des milieux associés
100 000 A engager
en 2023
Fonds vert
Agence de l'eau
10 la Brenne Elaborer une stratégie partagée de
maîtrise et d?animation foncières en
faveur de la préservation des milieux
humides et du maintien de l?agriculture
et de la pisciculture extensives
140 000 2023-2027 Union
européenne
(FEADER)
Fonds vert
Agence de l?eau
Collectivités
10 la Brenne Renforcer l?acquisition et le suivi des
connaissances sur les effets du
changement climatique sur la
biodiversité et la ressource en eau de la
Brenne
100 000 2023-2025 Agence de l?eau
Collectivités
10 la Brenne Valoriser le classement de la
pisciculture traditionnelle de la Brenne
au patrimoine culturel et immatériel de
l?Unesco pour un usage durable de
l?eau et la préservation de la
biodiversité
135 000 2023-2025 Union
européenne
(FEAMP)
MTECT (DPMA),
Ministère de la
culture
Agence de l?eau
Région (Cap
filière DG agri)
Département.
10 la Brenne Faire de la lutte contre les espèces
exotiques envahissantes, un objet
écologique, social et économique
400 000 2023-2026 Union
européenne
Fonds vert
Agence de l?eau
MTECT (DPMA)
SMABCAC (taxe
GEMAPI)
Collectivités
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Fédérer le Marais breton et la baie de
Bourgneuf autour d?un projet de
territoire
A définir 2023-2024 Fonds vert
Région
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Renforcer les outils de protection forte 100 000 2023-2024 Union
européenne
(FEDER)
Fonds vert
Région
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Elaborer une stratégie partagée de
maîtrise et d?animation foncières en
faveur de la préservation des milieux
humides
140 000 2023-2027 Europe
(FEADER)
Fonds vert
Agence de l?eau
Département
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Favoriser la gestion collective et
globale des niveaux d?eau et des
aménagements hydrauliques
200 000 2023-2026 Fonds vert
11 Marais breton
et baie de
Bourgneuf
Accompagner les actions pour le
maintien de l?élevage dans le marais
350 000 2023-2028 Agence de l?eau
Collectivités
Chambre
d?agriculture
Filières
12 Sologne Fédérer les solognots autour d?un
projet de territoire
A définir BOP113
Collectivités
12 Sologne Conforter la gestion du plus grand site
Natura 2000 de France
A définir Union
européenne
BOP113
Agence de l?eau
Région
12 Sologne Résoudre la question très prégnante
des engrillagements et des
surpopulations de sangliers
12 Sologne Améliorer le soutien de l?agriculture et
de l?élevage
A définir
12 Sologne Relancer la filière piscicole A définir
12 Sologne Parfaire la connaissance du réseau
hydrographique et clarifier la notion de
continuité écologique au cas particulier
de ces grandes zones de marais
aménagées
A définir
13 Estuaire et
cours de la
Loire aval
Bâtir un cadre de concertation et une
gouvernance commune grâce à
l?organisation d?ateliers de territoires
sur l?estuaire en aval de Nantes
350 000 2024 BOP 135,
Fonds vert
Agence de l'eau
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Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
13 Estuaire et
cours de la
Loire aval
Sur l?amont de Nantes, conforter le
travail en cours de ré-équilibrage du lit
de la Loire et d?aménagement des
berges et des îles
700 000 2024-2026 Fonds vert
Agence de l'eau
14 Brière Consolider l?engagement du PNR pour
préserver la biodiversité
A définir 2023-2026 PNR
14 Brière Créer un observatoire de l?eau et de la
biodiversité à l?échelle du PNR
A définir 2024-2026 Agence de l?eau
Collectivités
14 Brière Positionner le PNR comme point focal
du plan national d?actions (PNA) du
Butor étoilé
450 000 2023-2029 Fonds vert
Agence de l?eau
Région
14 Brière Valoriser les produits issus de la
gestion écologique des roselières
300 000 2024-2026 Région
ADEME
EPCI
15 Monts d'Arrée Mettre en place un dispositif de
paiements pour services
environnementaux en solidarité amont-
aval à financement mixte (privé ?
public)
80 000 2024-2025 Agence de l'eau
Contrat de Rade
de Brest
Taxe GEMAPI
Fonds privés
15 Monts d'Arrée Mettre en place une stratégie foncière
partagée intégrant une opération
d?animation foncière (gestion collective
du foncier et ORE)
80 000 2023-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
15 Monts d'Arrée Accompagner le projet de création
d?une réserve naturelle nationale ou
régionale sur les crêtes des Monts
d?Arrée (projet Roc?h et Yeun des
Monts d?Arrée).
150 000 A engager
en 2023
Fonds vert
Agence de l'eau
Collectivités
15 Monts d'Arrée Lancer à l?échelle du territoire « un
mini grenelle de l?eau »
60 000 A engager
en 2024
Agence de l?eau
Collectivités
15 Monts d'Arrée Réaliser un schéma d?accueil du public
dans les monts d?Arrée
A engager
2024
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Sécuriser la gestion globale et
collective des niveaux d?eau
A définir 2024-2025 Fonds vert
Agence de l'eau
Collectivités
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Soutenir la mission d?animation et de
conseil technique pour accompagner
les agriculteurs des marais
150 000 2023-2025 Agence de l'eau
Collectivités
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Améliorer la qualité de l?eau douce
pour préserver les production
piscicoles et conchylicoles
A définir A engager
en 2023
Agence de l'eau
Collectivités
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Garantir durablement les milieux
emblématiques des marais du
Cotentin et du Bessin
A définir A engager
en 2023
Fonds vert
Agence de l'eau
Collectivités
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Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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N°
de
site
Nom du site Intitulé de l'action
Budget
estimatif
(HT ¤)
Calendrier
prévisionnel
Financements
potentiels
16 Marais du
Cotentin et du
Bessin
Evaluer la capacité de stockage du
carbone des marais
Voir
actions
nationales
17 Baie de
Somme
Élargir et renforcer le soutien à
l?élevage en zone humide
A définir Agence de l?eau
17 Baie de
Somme
Mettre en place une gestion
quantitative de la nappe
A définir Agence de l?eau
17 Baie de
Somme
Mieux encadrer et accompagner la
fréquentation du public selon les
saisons
A définir Fonds vert
17 Baie de
Somme
créer un agrément de guide nature
17 Baie de
Somme
Rendre plus lisible la réglementation
17 Baie de
Somme
Etendre le Site Ramsar A définir Fonds vert
17 Baie de
Somme
Améliorer la connaissance de la
dynamique sédimentaire et fluviale
A définir Agence de l?eau
18 Marais de
Kaw
Lancer un plan de sauvegarde et de
mise en valeur des villages de Kaw et
de Ouanary
A définir 2023 Union
européenne
France Relance
18 Marais de
Kaw
Donner des moyens complémentaires
d?intervention à la RNN de Kaw-Roura.
100 000 2023-2024 Fonds vert
BOP 113
18 Marais de
Kaw
Mettre en place une instance de
préfiguration et de dialogue co-animée
par l?État et la CTG pour préciser les
conditions dans lesquelles un projet de
parc national pourrait être porté
200 000
500 000
par an à
partir de
2025
2023-2025
2025 et
suivantes
BOP113
CTG
18 Marais de
Kaw
Mettre en place un plan de
transformation du PNRG
120 000 2023-2025 Fonds vert
Collectivités
18 Marais de
Kaw
Lancer une initiative spécifique dédiée
aux habitats prioritaires des savanes
et des zones humides de l?ouest
A définir 2024-2025 Union
européenne
(Life)
Fonds vert
OFB
CTG
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Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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Annexe 4.
Parc national (PN) Parc naturel régional (PNR)
Confère une reconnaissance nationale et
internationale à un territoire emblématique sur les
plans naturel, paysager et culturel
Confère une reconnaissance nationale à de
grands espaces ruraux habités à forte valeur
patrimoniale et paysagère
Etablissement public administratif Syndicat mixte ouvert (restreint ou élargi)
11 parcs nationaux (les coeurs de PNx représentent
4% du territoire national et seulement 0,78% du
territoire métropolitain)
58 parcs (18% du territoire national terrestre)
Budget moyen 7 M¤/parc/an, 70 agents/parc
Financement annuel pérenne de l?État (90 % en
moyenne)
Budget moyen 4 M¤/parc/an, 40 agents/parc
Financement assuré par les membres et
majoritairement par la Région de manière
discrétionnaire (70 % de contribution des
collectivités membres dont 40 % de la Région)
Créé par décret en Conseil d?État
Statut inaliénable pour le coeur de Parc. Libre
adhésion des communes pour l?aire d?adhésion
Créé par décret
Le statut peut être perdu en cas d?échec à faire
valider la charte par ses représentants
Marque commerciale « Esprit parc national » Marque commerciale « Valeurs parc naturel
régional »
Charte (15 ans) ayant pour objet de définir un projet
de territoire sur l?ensemble du parc (coeur et aire
d?adhésion). Une commune peut adhérer à la
charte même si l?intercommunalité a rendu un avis
négatif sur la charte
Charte (15 ans) ayant pour objet de définir un projet
de territoire. Une commune peut adhérer à la charte
même si l?intercommunalité a rendu un avis négatif
sur la charte.
Missions de protection du patrimoine naturel et
culturel, de connaissance et de recherche, d?accueil
du public, d?éducation à l?environnement et de
promotion du développement durable dans l?aire
d?adhésion
Missions de promotion d?un développement
durable du territoire basé sur la connaissance,
l?éducation à l?environnement, la préservation du
patrimoine naturel et culturel et de soutien des
activités économiques respectueuses de
l?environnement dont celles touristiques
Coeur, zone de protection réglementaire forte
avec réglementation des activités et de très
bons résultats en matière de biodiversité
Aire d?adhésion en solidarité écologique avec le
coeur et dédiée au développement durable sans
contrainte réglementaire spécifique
Protection à valeur contractuelle, qui ne permet
pas en soi la création de protection forte mais un
PNR peut être gestionnaire de réserves naturelles,
de zones Natura 2000, etc.
Conseil d?administration composé de toutes les
parties prenantes. Le président du CA et le
directeur définissent ensemble les orientations du
parc. Le directeur exerce la gestion au quotidien .
Conseil syndical qui ne comprend que les
collectivités locales ayant adhéré au PNR. Le
président en est l?autorité territoriale. Le directeur
exerce la gestion au quotidien.
Instances consultatives : conseil scientifique,
conseil économique, social et culturel
Instances consultatives : variables
Une commune ne peut pas être incluse à la fois dans un territoire de PN et de PNR.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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Les parcs nationaux
Un outil privilégié pour travailler sur le temps long et reconnaître un caractère exceptionnel
Un parc national traduit la reconnaissance du caractère exceptionnel d?un territoire, pour la
valeur de son patrimoine naturel, paysager et culturel. Le statut de Parc national est reconnu dans
le monde entier. La maque « Esprit parc national » collective des parcs nationaux de France a
pour ambition valorise les produits et services des acteurs économiques présents sur le parc.
C?est un outil juridique qui garantit la préservation de ce territoire sur le long terme et son
inaliénabilité, quelles que soient les alternances politiques. Il n?existe pas de procédure pour
« fermer » un coeur de parc national.
Les parcs nationaux sont gérés par des établissements publics autonomes créés par décret en
Conseil d?État.
Un projet de territoire et un coeur garantissant la préservation
Un parc national est composé d?une aire d?adhésion et d?un coeur :
? Le coeur est une zone de protection réglementaire forte dans laquelle les pressions
engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des
enjeux écologiques de ces espaces sont supprimées ou significativement limitées, et ce
de manière pérenne, grâce à la mise en oeuvre d?une réglementation, associée à un con-
trôle effectif des activités. Selon les parcs, la réglementation, applicable au coeur unique-
ment, autorise de nombreuses activités récréatives et sportives, voire sous certaines con-
ditions de chasse, pêche, collecte de végétaux ;
? L?aire d?adhésion, rassemble des communes ayant vocation à faire partie du parc natio-
nal en raison de leur solidarité écologique ou géographique avec le coeur. Ces communes
décident volontairement d'adhérer à la charte du parc national, contrat entre l?État, l?éta-
blissement public et le territoire, qui a pour objet de définir un projet de développement
durable basé sur la solidarité écologique et économique entre le coeur et l?aire d?adhésion.
Sa durée d?application est de quinze ans. L?aire d?adhésion n?engendre pas de réglemen-
tation spécifique.
La protection de la biodiversité est essentielle aux missions des parcs nationaux. Ainsi, ils
contribuent, dans le coeur, à la bonne gestion et à la conservation des patrimoines, en aire
d'adhésion, à la valorisation d'activités compatibles avec le respect de la nature pour en
faire un atout pour le territoire. De même, la connaissance scientifique des patrimoines,
la bonne gouvernance visant à assurer un meilleur fonctionnement des institutions et à renforcer
les liens avec les acteurs locaux, la contribution des parcs aux politiques publiques et l?accueil
des publics sont des missions importantes des parcs nationaux.
Les parcs nationaux ont un modèle unique de gouvernance avec un conseil
d?administration composé de représentants de l?État, des collectivités locales et régionales, des
gestionnaires du territoire, des habitants et des usagers et où les représentants du territoire
sont majoritaires. L?État y est aussi représenté. Le Conseil d?Administration (CA) a des
compétences en matière de règlementation. Le président du CA et le directeur définissent
ensemble les orientations du parc. Le directeur exerce la gestion au quotidien. Un conseil
scientifique composé d?experts dans les domaines du patrimoine naturel mais aussi culturel et en
sciences sociales donne un avis sur les activités et travaux pour préserver le caractère du parc.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Les chiffres clefs des parcs nationaux en France
? 11 parcs ont été créés à ce jour. Il en existe 433 en Europe, 3 580 dans le monde ;
? Le budget moyen d?un parc en 2020 est de 7 M¤ dont 90 % du financement provient de
l?État. Chaque parc compte en moyenne 70 agents ;
? Les coeurs de parcs nationaux s?étendent sur 4 % du territoire national (2,6 millions d?hec-
tares dont 2 Mha pour le parc amazonien de Guyane (PAG) et 420 500 ha en métropole.
Les coeurs terrestres de métropole ne représentent que 0,76% de la métropole. Coeurs
de parcs et aires d?adhésion représentent 4,8 Mha soit environ 7,6% du territoire national.
Les 11 parcs couvrent 517 communes dont 75 % ayant adhéré à la charte, soit 1,2 % de
la population française ;
? 63 % des français jugent les territoires des parcs nationaux attractifs. Ils apparaissent
comme des territoires à forte valeur ajoutée, à visiter ou même pour y habiter. Chaque
année, les parcs accueillent 10 millions de visiteurs et génèrent directement une activité
économique privée, essentiellement liée au tourisme, avec un chiffre d?affaires de 380 M¤
(chiffre 2014).
? Les communes de coeur de parcs nationaux bénéficient d?une dotation biodiversité addi-
tionnelle à la DGF.
Des exemples illustrant la dynamique territoriale des parcs nationaux
? Le parc national des Calanques allie protection et accueil du public : 3 millions de
visiteurs annuels. La création du parc a permis de rassembler les acteurs impliqués autour
d?un objectif commun : la fin des rejets des boues rouges de l?usine de traitement de
bauxite de Gardane qui a été actée quatre ans après la création du parc. Activité tradi-
tionnelle du territoire, la chasse est autorisée sur près de la moitié du coeur de parc na-
tional. Sa pratique est cependant strictement encadrée par la réglementation de droit com-
mun et par la réglementation spéciale du coeur de parc. Les zones de chasse du parc
national sont réparties entre quatre sociétés de chasse (500 chasseurs). Quelques béné-
ficiaires individuels du droit de chasse sur propriétés privées sont également actifs sur le
territoire des Calanques. La perdrix rouge, le lièvre, le lapin et les oiseaux migrateurs
(grives, pigeon ramier, etc.) et le sanglier sont les principales espèces chassées. En mer,
les plus grandes zones de non pêche de Méditerranée ont permis une multiplication par
4 de la biomasse de poissons en 10 ans qui se répercutent dans les zones où il est auto-
risé de pécher et a permis d?obtenir le soutien des pécheurs professionnels ;
? Le parc national de Forêts est le 11ème et dernier parc national créé. La charte du parc
fait référence à la gestion adaptative des espèces pour mieux préserver les espèces
d?oiseaux dans le coeur forestier du parc. 3 grands projets de restauration de zones
humides et de cours d?eau sont menés par l?Epage Sequana et subventionnés par le
Parc national de forêts pour un montant de 87 k¤. Le parc a vocation à devenir un territoire
de gestion cynégétique d'excellence. Les enjeux et les modalités de la chasse sont
adaptés aux différents zonages du Parc national de forêts : dans la réserve intégrale, la
chasse est interdite. Par contre, la « régulation » des populations de trois espèces d'ongu-
lés sauvages (cerf, chevreuil, sanglier) est possible et organisée sous la responsabilité du
parc national à travers des Délégations de Service Public confiées à des associations de
chasse. Dans le coeur, l?objectif est la suppression des pratiques artificielles (agrainage,
grillage) et une cohabitation harmonieuse et sûre entre la chasse et l?accueil du public.
Dans l?aire d?adhésion, la gestion ne dépend pas directement du Parc national. L'objectif
est de faire la promotion d?une chasse exemplaire. Dans le coeur du parc, il est possible
de cueillir quelques espèces ; la cueillette d'espèces protégées est interdite. Concernant
l?agriculture, 5 pistes ont été retenues pour faire l'objet d'un plan d'actions prioritaire dans
une approche collective. Il s'agit des grandes cultures en bio, du lait différencié, des légu-
mineuses fourragères, de la viande bovine à l'herbe et de la trufficulture.
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
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humides, et la création d?un parc national
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Localisation des 11 parcs nationaux en France
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humides, et la création d?un parc national
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Les parcs naturel régionaux
Une valeur patrimoniale et paysagère
Les parcs naturels régionaux sont des territoires reconnus au niveau national pour leur forte
valeur patrimoniale et paysagère.
Les territoires des parcs naturels régionaux sont classés par décret et obtiennent la marque
« Valeurs parc naturel régional ». Le statut de PNR peut être perdu en cas d?échec à faire valider
la charte par ses représentants.
Un engagement contractuel de développement durable
L?État et les collectivités territoriales concernées, au premier rang la Région, s?engagent
contractuellement dans un projet concerté de développement durable, fondé sur la protection et
la valorisation du patrimoine naturel, culturel et paysager.
Les parcs naturels régionaux (PNR) sont chargés de mettre en oeuvre des actions selon cinq
missions : préserver et valoriser les patrimoines naturels et culturels, favoriser le développement
économique et la qualité du cadre de vie, aménager le territoire, informer et sensibiliser habitants
et visiteurs, conduire des actions expérimentales ou innovantes. Ces missions sont similaires à
celles d?un parc national pour le territoire.
En revanche, un PNR ne permet pas de protéger et réglementer de manière forte une zone
comme le fait la réglementation en coeur de parc national. Cependant, on retrouve d?autres aires
protégées sur les territoires des PNR. Ces derniers sont d?importants gestionnaires de réserves
naturelles (50 % de la surface terrestre des réserves nationales) et de sites Natura 2000 (19 %
de ces sites) ; 18 des 42 sites RAMSAR français et plusieurs sites inscrits au patrimoine mondial
de l?Unesco (par exemple les bords de la Loire sur le parc Loire-Anjou-Touraine) sont dans des
PNR. On y trouve également de nombreux sites classés et inscrits.
Les missions d?un PNR s?appuient sur une charte, élaborée préalablement au classement du parc,
dont la durée d?application est de quinze ans. Les communes adhèrent librement, le parc peut
être classé sous respect des critères suivants :
? les communes ayant approuvé la charte représentent au moins les deux tiers des com-
munes comprises dans le périmètre d'étude ;
? le territoire des communes ayant approuvé la charte inclus dans le périmètre d'étude re-
présente au moins les trois quarts de la surface de ce périmètre ;
? la population des communes ayant approuvé la charte représente au moins la moitié de
la population de l'ensemble des communes comprises dans le périmètre d'étude.
Les PNR sont créés par les Régions et gérés par un syndicat mixte ouvert (restreint ou élargi)
chargé de la gestion et de l?aménagement du parc. Ce syndicat regroupe notamment les
Départements concernés et les communes ayant adopté la charte. Les compétences des
syndicats mixtes gestionnaires des PNR leur sont attribuées par le code de l?environnement au
moment du classement du parc. Ils peuvent en sus disposer de compétences transférées par
leurs membres. Une association, la Fédération nationale des parcs naturels régionaux, est
chargée de l?animation du réseau de PNR.
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humides, et la création d?un parc national
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Les chiffres clefs des parcs naturels régionaux en France
? Il existe actuellement 58 PNR dont 2 en outre-mer, qui représentent 10,1 Mha (15 % du
territoire français terrestre, 174 000 ha par parc) ;
? Le budget des PNR est d?environ 4 M¤/parc/an (incluant la surveillance) avec 70 % de
contribution des collectivités membres du syndicat mixte de gestion du parc, à savoir les
Régions pour 38 %, les Départements pour 16 %, les communes et intercommunalités
pour 15 %, et une part de l?État de 10 % ;
? Chaque parc compte en moyenne 40 agents (données de 2011).
Localisation des 58 PNR en France
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Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
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Annexe 5. Liste des personnes rencontrées au niveau
national
A titre d?information, Les 1200 personnes rencontrées au niveau local, sont listées dans les
rapports de sites (voir annexe 2).
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Abel Jean-David
France nature
environnement
Vice-président 13/09/22
Abric Sébastien
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjoint au chef du
bureau de la ressource
en eau et des milieux
aquatiques (EARM3)
08/02/2023
10/02/23
10/03/2023
Albert Arnaud
Office français de la
biodiversité
Chargé de mission
Espèces exotiques
envahissantes
14/02/23
Andreani Sandrine
Région Provence-
Alpes-Côte d?Azur
Conseillère biodiversité 07/06/22
Antoine Valérie
Région Nouvelle-
Aquitaine
Conseillère biodiversité 07/06/22
Archambault Benoît
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chef de bureau des
espaces protégés
26/07/22
13/01/23
31/05/22
Arpin Isabelle
Zone atelier Alpes -
INRAE
Co-directrice 14/02/23
Aubel Christophe
Office français de la
biodiversité
Directeur général
délégué mobilisation de
la société
08/03/23
Babin Julie
Fédération des
conservatoires
d?espaces naturels
Cheffe de projet
Fondation Espaces
Naturels de France
14/02/23
Bagagem Sophie
Forum des Marais
Atlantiques
Directrice adjointe 10/03/2023
Bascou Stéphanie DREAL Grand Est
Directrice régionale
adjointe
02/06/22
Belz Patrice
Conservatoire de
l'espace littoral et des
rivages lacustres
Délégué Centre-
Atlantique
14/02/23
Bernard Vincent Région Pays-de-Loire Conseiller biodiversité 07/06/22
Bignon1 Jérôme
Membre Honoraire du
Parlement
31/5/22
13/01/23
Boutroue Ludivine Région Pays-de-Loire Conseillère biodiversité 07/06/22
Brua1 Eric
Fédération des parcs
naturels régionaux de
France
Directeur
12/05/22
13/01/23
10/03/23
Caesstecker1 Pierre
Office français de la
biodiversité
Chargé de mission
zones humides et marais
31/5/22
13/01/23
08/03/23
09/03/23
Cerisier-Auger Alexis
Ministère de la
transition écologique,
Commissariat général
au développement
durable
Chargé de mission
biodiversité (espèces) et
milieux humides.
13/01/23
17/05/22
Echanges
réguliers
Chantepy Nicolas
Agence de l?eau Rhône
Méditerranée Corse
Directeur général adjoint 20/03/23
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
Page 80/93
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Charpentier Antoine Région Ile-de-France
Conseiller biodiversité
Ile-de-France
07/06/22
Chevennement Rémy
Parc national des
Cévennes
Directeur adjoint 10/03/23
Choumert Emeline
Agence de l?eau Loire-
Bretagne
Cheffe du service
agriculture et milieux
aquatiques
03/03/23
Coantic Amélie
Ministère de la
transition écologique
Directrice du cabinet de
la secrétaire d'État
auprès du ministre
26/07/22
Coïc Bastien
Association Ramsar
France
Animateur de réseau 31/5/22
Colas Hélène
Ministère de la
transition écologique
Conseillère biodiversité
du cabinet de la
secrétaire d'État auprès
du ministre
22/12/22
Collin
Jean-
François
Chambre d?agriculture
de la Manche
Directeur 26/08/22
Corsini Véronique
Conservatoire
d?espaces naturels de
Lorraine
Directrice 17/02/23
Coué Thierry
Fédération nationale
des syndicats
d?exploitants agricoles
Vice-président 20/06/22
Couellier Marie
Ile-de-France
Normandie
Conseillère biodiversité 07/06/22
Courbois Laurent
Fédération nationale de
la chasse
Chargé de mission
auprès du DG
10/06/22
Custot Julien DREAL Pays-de-Loire
Directeur régionale
adjoint
02/06/22
Daloz Aurélien
Office français de la
biodiversité
Chef de service adjoint
Usages et gestion de la
biodiversité
08/03/23
Darmendrail Dominique
Bureau de recherches
géologiques et minières
Directrice du programme
Eaux souterraines &
Changements globaux
01/03/23
Davoust-
Gosselin
Virginie Région Ile-de-France Conseillère biodiversité 07/06/22
De Maleville Olivia Régions de France
Conseillère transition
écologique et
énergétique.
07/06/22
Debaere Olivier
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjoint au sous-directeur
des écosystèmes
terrestres
22/12/22
Delaquaize François
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chargé de mission
espèces exotiques
envahissantes
17/02/23
Delye Sylvain
Fédération nationale
des syndicats
d?exploitants agricoles
Référent zones humides 20/06/22
Demolis Raphaël
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chef du bureau de la
chasse de la faune et de
la flore sauvages
02/03/23
Doron Jean-Paul
Fédération nationale de
la pêche en France
Vice-président 16/05/22
Ducarre Olivier
Région Centre-Val de
Loire
Conseiller biodiversité 07/06/22
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
Page 81/93
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Dunand Arnaud
Ministère de
l?agriculture et de la
souveraineté
alimentaire
SCPE/SDPE DGPE
Sous-directeur
Performance
environnementale et
valorisation des
territoires
14/03/2023
Ernou Frédéric
Chambres d?agriculture
France
Responsable du service
agro-environnement
Echanges
écrits
Estève1 Roger
Conseil national de la
protection de la nature
Expert environnement 13/01/23
Férey Pascal
Chambres d?agriculture
de France
Vice-président
19/07/22
26/08/22
Ferrere Ghislaine
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chargée de mission
zones humides
21/06/22
31/05/22
13/01/23
08/02/23
10/02/23
17/02/23
21/02/23
10/03/23
Garnier
Claire-
Cécile
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Cheffe du bureau de la
ressource en eau, des
milieux aquatiques et de
la pêche en eau douce
08/02/23
21/02/23
Genet Ludovic
Agence de l?eau Seine
Normandie
Directeur territorial 20/03/23
Gilardeau Jean-Marie
Forum des marais
atlantiques
Président
14/02/23
16/02/23
Gilbert Daniel
Laboratoire Chrono-
Environnement, UMR
CNRS 6249 /
Université de Franche-
Comté
Directeur de la Zone
Atelier Arc Jurassien,
président du conseil
scientifique du pôle
relais tourbière
17/02/23
Girard Frédéric
Région Auvergne-
Rhône Alpes
Conseiller biodiversité 07/06/22
Grandmougin Benoit Région Grand Est Conseiller biodiversité 07/06/22
Grange Michel
Coopépoisson (01)
Association française
des professionnels de
la pisciculture d?étang
(AFPPE)
Directeur 20/02/23
Gravier
Marie-
Hélène
DREAL Auvergne-
Rhône-Alpes
Cheffe de service 02/06/22
Gruselle, Pascal Régions de France
Conseiller Europe,
aménagement des
territoires et outre-mer
07/06/22
Guillain
Pierre-
Edouard
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjoint au directeur 26/07/22
Guillouët Jérôme
Fédération nationale de
la pêche en France
Responsable technique 16/05/22
Gutton Martin
Agence de l?eau Loire
Bretagne
Directeur général
07/06/22
20/03/23
Hanocq Thierry
DREAL Hauts-de-
France
Adjoint chef du pôle
nature et biodiversité
02/06/22
Hazet Charles
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjoint à la Sous-
Directrice Préservation
et Gestion de l'eau et
des ressources
minérales
31/05/22
Hoeltzel Marc
Agence de l?eau Rhin
Meuse
DG
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
Page 82/93
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Jalbert Jean Tour du Valat Directeur général
02/02/22
20/03/23
Julien-
Laferrière
Guy
Syndicat des étangs de
la Loire- Etangs du
Forez ; Etangs de
France
Président 20/02/23
Jutand Christophe
Agence de l?eau Adour
Garonne
Chef de l'unité territoriale
Charente
20/03/23
Kurukgy Vanessa
Fédération des
conservatoires
d?espaces naturels
Juriste 24/02/2023
Lafargue Claire
Fédération nationale
des syndicats
d?exploitants agricoles
Juriste environnement, 20/06/22
Le Mieux Amélie
Office français de la
biodiversité
Cheffe de projet
observatoire national de
la biodiversité
14/02/23
Lebeau Florian Région Bretagne Conseiller biodiversité 07/06/22
Lecoustey Marc
Chambre d?agriculture
de la Manche
Secrétaire général
19/07/22
26/08/22
Limanton Karine Région Pays-de-Loire Conseillère biodiversité 07/06/22
Maillet Albert
Office national des
forêts
Directeur des forêts et
des risques naturels
24/05/22
Maréchal Xavier Etangs de France Président 20/02/23
Marion1 Loïc
Conseil national de la
protection de la nature
Président
31/5/22
13/01/23
Marteau Cédric
Ligue pour la protection
des oiseaux
directeur du pôle
protection de la nature
24/05/22
Matykowski2 Isabelle AE Artois-Picardie DGA 20/03/23
Mercier Corentin
Parcs nationaux de
France
Délégué inter parcs
nationaux
12/05/22
19/01/23
Mestres Aurélie DREAL Bretagne
Directrice régionale
adjointe
02/06/22
Métayer
Marie-
Laure
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Adjointe au directeur 31/05/22
Micheau François
Fédération des
conservatoires
d?espaces naturels
Directeur des
programme et de
l?animation scientifique
28/02/23
Miossec Gilbert
Forum des marais
atlantiques
Directeur 02/02/22
Mougey1 Thierry
Fédération des parcs
naturels régionaux de
France
Chargé de mission
Biodiversité et gestion
de l'espace ·
31/5/22
13/01/23
10/03/23
Mounier1 Bruno
Fédération des
conservatoires
d?espaces naturels
Directeur
07/06/22
13/01/23
Muller Francis Pôle relais tourbières Directeur 02/02/22
Muzar Florian
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?habitat,
de l?urbanisme et des
paysages
Bureau des stratégies
territoriales, référent
aménagements et
schémas régionaux
02/06/22
Papouin Matthieu
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Sous-directeur des
écosystèmes terrestres
26/07/22
Paquin Maxime
France nature
environnement
Chargé de mission
réseau biodiversité
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
Page 83/93
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Perennou Christian
Observatoire des
Zones Humides
Méditerranéennes
Chef de Projet 01/03/23
Prévost Cédric
Ministère de
l?agriculture et de la
souveraineté
alimentaire
SPPSI/SDATAA
Sous-directeur de
l'accompagnement des
transitions alimentaire et
agro-écologique
15/02/2023
Privat1 Adrien Conservatoire du littoral
Responsable de mission
interface "Terre-Mer"
13/01/23
Ragueneau Olivier
Centre national de la
recherche scientifique
Directeur du réseau des
zones ateliers
06/03/23
Ramanah Fanny
Région Hauts-de-
France
Conseillère biodiversité 07/06/22
Ratouis Mathilde
Zone Atelier Alpes -
INRAE
Chargée de médiation
scientifique Sentinelles
des Alpes
14/02/23
Ribault Muriel Région Conseillère biodiversité 07/06/22
Rivet Nicolas
Fédération nationale de
la chasse
Directeur général 10/06/22
Rocard Sandrine
Agence de l?eau Seine
Normandie
Directrice 07/06/22
Rolland Guillemette Conservatoire du littoral
Directrice de l?action
foncière et des systèmes
d?information
31/5/22
Rouveyrol1 Paul
Museum national
d?histoire naturelle
Responsable de la
cellule Espaces protégés
et Natura 2000
31/5/22
13/01/23
Roy Laurent
Agence de l?eau Rhône
Méditerranée Corse
Directeur 07/06/22
Rungette Denis DREAL Normandie
Chef du bureau de la
biodiversité et des
espaces naturels
02/06/22
Saur Nathalie
Agence de l?Eau Loire-
Bretagne
Cheffe de service
interventions territoriales
15/02/23
Siblet1
Jean-
Philippe
Conseil national de la
protection de la nature
Vice-président
commission espaces
protégés
31/5/22
13/01/23
Sirot-Devineau
Anne-
Françoise
Région Nouvelle-
Aquitaine
Conseillère biodiversité 07/06/22
Sommier1 Michel
Office français de la
biodiversité
Directeur des aires
protégées
31/5/22
13/01/23
Tamini Floriane
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chargée de mission au
bureau des espaces
protégés
26/07/22
13/01/23
Tapadinhas Laurent
DREAL Hauts-de-
France
Directeur 02/06/22
Texier-Pauton Elodie
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Chargée de portefeuille
projets, domaine
agriculture
08/02/23
Thibault. Olivier
Ministère de la
transition écologique,
Direction de l?eau et de
la biodiversité
Directeur 26/07/22
Thomas1 Marie
Réserves naturelles de
France
Directrice
07/06/22
13/01/23
Tuffnell Frédérique Assemblée nationale
Députée de Charente-
Maritime
31/5/22
PUBLIÉ
Rapport n°
014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des zones
humides, et la création d?un parc national
Page 84/93
Nom Prénom Organisme Fonction
Date de
rencontre
Varray Sylvie
Fédération des
Conservatoires
d'espaces naturels
Chargée de mission
Espèces exotiques
envahissantes
08/03/23
Vatin Thierry
Agence de l?eau Artois-
Picardie
Directeur général 07/06/22
Vérilhac Yves
Ligue pour la protection
des oiseaux
Directeur général 24/05/22
Vienne Laurent
Agence de l?eau Loire-
Bretagne
Chargé de mission
milieux humides
03/03/23
1 : membres experts du groupe experts mobilisé par la mission
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
Page 85/93
Annexe 6. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
ABC Atlas de la biodiversité communale
ADEME Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
AE Agence de l?eau
AFA Association foncière agricole
AFOM Atouts-faiblesses-opportunités-menaces (analyse)
AFP Association foncière pastorale
AOC Appellation d?origine contrôlée
AOP Appellation d?origine protégée
APP Arrêté préfectoral de protection
ARB Agence régionale de la biodiversité
ASA Association syndicale autorisée
AURA Auvergne-Rhône-Alpes (Région)
BCAE
Bonnes conditions agricoles et environnementales (mesure d?éco-
conditionnalité au titre de la PAC)
BRGM Bureau de recherches géologiques et minières
CA Chambre d?agriculture
CA France Chambres d?agriculture France
CC Communauté de communes
CCI Chambre de commerce et d?industrie
CELRL Conservatoire de l?espace littoral et des rivages lacustres
CEN Conservatoire d?espaces naturels
CESP Communication, éducation, sensibilisation et participation (stratégie)
CGAAER
Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces
ruraux
CGDD Commissariat général au développement durable
CGEDD Conseil général de l?environnement et du développement durable
CNPN Conseil national de la protection de la nature
CNRS Centre national de la recherche scientifique
COPIL Comité de pilotage
CPER Contrat de plan État-Région
CSRPN Conseil scientifique régional du patrimoine naturel
CTE Contrat territorial eau
CTG Collectivité territoriale de Guyane
DCE Directive cadre sur l?eau
DDT(M) Direction départementale des territoires (et de la mer)
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
Page 86/93
Acronyme Signification
DEB Direction de l?eau et de la biodiversité
DGAL Direction générale de l'alimentation
DGALN Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature
DGPE
Direction générale de la performance économique et
environnementale des entreprises
DGRI Direction générale de la recherche et de l'innovation
DMTG Droits de mutation à titre gratuit
DOCOB Document d?objectifs
DREAL
Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du
logement
EEE Espèce exotique envahissante
ENS Espace naturel sensible
EPAGE Etablissement public d?aménagement et de gestion de l?eau
EPCI Établissement public de coopération intercommunale
EPF Etablissement public foncier
EPFL Etablissement public foncier local
EPTB Etablissement public territorial de bassin
ETP (T) Équivalent temps plein (travaillé)
FEADER Fonds européen pour l?agriculture et le développement rural
FEDER Fond européen de développement régional
FMA Forum des marais atlantiques
FNC Fédération nationale des chasseurs
FNCEN Fédération nationale des conservatoires d?espaces naturels
FNP Fédération nationale de la pêche en France
FRB Fondation pour la recherche sur la biodiversité
GAEC Groupement agricole d?exploitation en commun
GIEE Groupement d?intérêt économique et environnemental
ha Hectare
ICHN Indemnité compensatoire de handicaps naturels
IEA Institut d?écologie appliquée
INPN Inventaire national du patrimoine naturel
INRAE
Institut national de recherche pour l?agriculture, l?alimentation et
l?environnement
INTERREG
Programme financier de l?Union européenne en soutien à la
coopération territoriale européenne
IOTA
Installations, ouvrages, travaux et activités ayant une incidence sur
l?eau et les milieux aquatiques (nomenclature)
ISTZH Indemnité spéciale territoires de zones humides
km Kilomètre
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
Page 87/93
Acronyme Signification
LIFE
Programme financier de l?Union européenne en soutien à l?action pour
l?environnement et le climat
Loi 3 DS
Loi sur la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et
portant diverses mesures de simplification de l'action publique locale
LPO Ligue pour la protection des oiseaux
MAEC Mesures agro-environnementales et climatiques
MASA Ministère de l?agriculture et de la souveraineté alimentaire
MNHN Museum national d?histoire naturelle
MTECT Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires
OFB Office français de la biodiversité
ONB Observatoire national de la biodiversité
ONF Office national des forêts
ORE Obligation réelle environnementale
PAC Politique agricole commune
PACA Provence-Alpes-Côte d?Azur (Région)
PAEC projets agro-environnementaux et climatiques
PAG Parc amazonien de Guyane
PAT Projet alimentaire territorial
PEPR Programme et équipement prioritaire de recherche
PGSZH Plan de gestion stratégique des zones humides
PLU (i) Plan local d?urbanisme (intercommunal)
PMAZH Plan de maintien de l?agriculture en zones humides
PN Parc national
PNMH Plan national milieux humides
PNR Parc naturel régional
PNRG Parc naturel régional de la Guyane
PSE Paiement pour services environnementaux
PTGE Projet de territoire pour la gestion de l?eau
RBD Réserve biologique dirigée
RBI Réserve biologique intégrale
RNCFS Réserve nationale de chasse et de faune sauvage
RNF Réserves naturelles de France
RNN Réserve naturelle nationale
RNR Réserve naturelle régionale
SAFER Société d?aménagement foncier et d?établissement rural
SAGE Schéma d?aménagement et de gestion des eaux
SCOT Schéma de cohérence territoriale
SDAGE Schéma directeur d?aménagement et de gestion des eaux
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
Page 88/93
Acronyme Signification
SGPI Secrétariat général pour l'investissement
SNAP Stratégie nationale pour les aires protégées
SNB Stratégie nationale biodiversité
SNEEE Stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes
SNO Tourbières Service national d?observation Tourbières
SRADDET
Schéma régional d?aménagement, de développement durable et
d?égalité des territoires
SRCE Schéma régional de cohérence écologique
TFPNB Taxe foncière sur les propriétés non bâties
TVA Taxe sur la valeur ajoutée
TVB Trame verte et bleue
UE Union européenne
UICN Union internationale pour la conservation de la nature
UMS PatriNat Unité mixte de services sur le patrimoine naturel
UNESCO
Organisation des Nations unies pour l?éducation, la science et la
culture
WWF World Wide Fund for Nature
ZA Zone atelier
ZNIEFF Zone naturelle d?intérêt écologique, faunistique et floristique
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
Page 89/93
Annexe 7. Bibliographie (documents principaux)
Date de
publication
Auteur(s) Titre Sous-titre Editions
2023
Forum des Marais
Atlantiques
Construction d?un réseau
national des acteurs engagés
pour le maintien de l?élevage en
milieux humides
Fiche projet ?
PNMH4 version
5
2022
Département de
l'Ain, Association
de promotion du
poisson des étangs
de la Dombes
Livre Blanc - filière piscicole 2022-2025
Département
de l?Ain
2022
Falcone Patrick,
Saudubray Frédéric
Développement de la filière
piscicole
Rapport IGEDD
n°013563-02,
Rapport
CGAAER
n°21087
MTECT
MASA
2022
Forum des Marais
Atlantiques
Préservation de l'élevage
extensif en milieux humides
Résumés du
séminaire de
restitution
FMA
2022
Gilbert Daniel,
Martin Elsa
Contribution des tourbières
françaises à l?objectif national de
neutralité carbone en 2050
Colloque GET «
Les tourbières
et le carbone »,
08/09/2022
2022
Lafaye de
Micheaux Flore,
Viret Christophe
Mission relative à la création
d'un parc national de zones
humides
Rapport
CGEDD n°
014136-01
MTECT
2022
Ministère de
l?agriculture et de la
souveraineté
alimentaire
Plan Stratégique National de la
PAC 2023-2027, France
2022
Ministère de la
transition
écologique
Plan d?action pour prévenir
l?introduction et la propagation
des espèces exotiques
envahissantes
2022-2030
2022
Ministère de la
transition
écologique
Stratégie nationale pour la
biodiversité 2030
Premier volet
pré-COP15
2022
Secrétariat d'État à
la biodiversité
4e plan national Milieux
humides
2022-2025
2021
André Frédéric,
Viret Christophe
Mission d?écoute des acteurs
impliqués dans le devenir de la
tourbière de Baupte dans le
département de la Manche
Rapport
CGEDD
n°013563-02
Rapport
CGAAER n°
20086
MAA
MTE
2021
Comité national de
la conchyliculture,
Comité
interprofessionnel
des produits de
l?aquaculture,
Ministère de
l?agriculture et de
l?alimentation,
Ministère de la mer,
Ministère de la
transition
écologique,
Régions de France
Plan aquacultures d'avenir 2021-
2027
Plan stratégique
national pour
l'aquaculture
durable
2021
Conseil national de
la refondation
La France, un patrimoine naturel
exceptionnel
Fiche de
présentation des
PUBLIÉ
Rapport n° 014422-01
Avril 2023
Dialogue territorial pour la protection et la valorisation des
zones humides, et la création d?un parc national
Page 90/93
Date de
publication
Auteur(s) Titre Sous-titre Editions
enjeux relatifs à
la biodiversité
2021
Direction de l?eau
et de la
biodiversité/MTECT
Rapport du Gouvernement au
Parlement sur la mise en oeuvre
du mécanisme d?obligations
réelles environnementales et sur
les moyens d?en renforcer
l?attractivité
2021
Dupuis Louise,
Sainteny Guillaume
Comment développer les
Obligations réelles
environnementales (ORE) en
France ?
Note de la FRB
Fondation
pour la
Recherche
sur la
biodiversité
2021
Ministère de la
transition
écologique
Stratégie nationale pour les
aires protégées 2030
2021
Ministère de la
transition
écologique, Office
français de la
biodiversité, Pôle-
relais zones
humides
Charte des Pôles-relais zones
humides et contributions aux
Centre de ressources milieux
humides
2020
Chambres
d'agriculture
France
État des lieux des articulations
possibles entre agriculture en
milieux humides et Projets
Alimentaires Territoriaux (PAT),
Groupements d?Intérêts
Economique et Environnemental
(GIEE) et valorisation des
produits issus de ces milieux
Chambres
d'agriculture
France
2019
Bignon Jérôme,
Tuffnell Frédérique
Terres d'eau, terres d'avenir
Assemblée
nationale
Sénat
2019 IPBES
Evaluation mondiale sur la
biodiversité et les services
écosystémiques
IPBES
2019 Sainteny Guillaume Fiscalité et biodiversité Note de la FRB
Fondation
pour la
Recherche
sur la
biodiversité
2017
Aubert Marie-
Hélène, Brugière-
Garde Yves, Dereix
Charles, Guerber
François (coord.)
Préservation de l'élevage
extensif, gestionnaire des
milieux humides
Rapport
CGEDD n°
010813-01
Rapport
CGAAER n°
16100
MAA
MTE
2017
Chambres
d'agriculture
Bretagne, CBNB,
GRETIA, INRA
Zones humides : rôle et place
dans la gestion agricole
Réseau des
fermes de
références en
Bretagne
Chambres
d'agriculture
Bretagne
2017
Chambres
d'agriculture
France
Maîtriser les notions de zones
humides et de milieux humides
en lien avec l?activité agricole -
2e édition
Guide à l?usage
des conseillers
Chambres
d'agriculture
France
2017
Ministère de
l?environnement, de
l?énergie et de la
mer
Stratégie nationale relative aux
espèces exotiques
envahissantes
PUBLIÉ
PUBLIÉ
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
Site internet de l?IGEDD :
« Les rapports de l?inspection »
PUBLIÉ
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=liste-actualites&lang=fr&id_mot=1187&debut_rub_actus=0
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Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 La mission s?inscrit dans un contexte de fort déclin des zones humides
1.1 Une mission dont l?objectif a été élargi
1.2 Une mission à l?écoute
1.3 Des échanges approfondis avec les acteurs de terrain
1.4 Un accueil contrasté
1.5 Présentation des dix-huit sites emblématiques, témoins de la diversité des zones humides françaises
2 Des actions opérationnelles en faveur des dix-huit sites emblématiques
2.1 Une centaine d?actions démonstratives et opérationnelles, issues des territoires
2.2 Des bonnes pratiques dans les territoires pour la mise en oeuvre nationale de la protection des zones humides
3 Améliorer les politiques nationales pour les zones humides
3.1 Maintenir et conforter une agriculture et une pisciculture favorables à la biodiversité dans les zones humides
3.1.1 Soutenir une agriculture respectueuse du maintien des fonctionnalités des milieux humides
3.1.2 Soutenir une pisciculture traditionnelle et extensive favorable aux milieux humides d?étangs
3.2 Favoriser la préservation des zones humides par le déploiement d?outils fonciers adaptés
3.2.1 Elaborer des stratégies foncières collectives d?acquisition et d?animation
3.2.2 Promouvoir les outils contractuels de gestion du foncier
3.3 Vers une fiscalité plus favorable aux zones humides
3.4 Adapter la réglementation en faveur des territoires de zones humides
3.4.1 Etendre la définition des zones humides
3.4.2 Achever la cartographie des cours d?eau et simplifier les procédures de déclaration et d?autorisation « IOTA »
3.4.3 Publier le décret précisant les conditions d'exonération de l'obligation de compensation du défrichement en les ciblant vers les milieux humides
3.5 Etudier la mise en place d?interventions spécifiques pour les territoires de zones humides
3.5.1 Cibler davantage les territoires de zones humides dans le 12ème programme d?intervention des agences de l?eau (2025-2030)
3.5.2 Renforcer les interventions des éco-contributions de l?OFB en faveur des grandes zones humides
3.6 Améliorer la connaissance et la sensibilisation en faveur des milieux humides
3.6.1 Renforcer le rôle des pôles relais « zones humides » comme vecteurs d?appropriation de la connaissance
3.6.2 Développer des réseaux d?observation de long terme sur les milieux humides
3.6.3 Faire des zones humides des sites prioritaires pour expérimenter des méthodes de lutte contre les espèces exotiques envahissantes
4 Vers un parc national de zones humides
4.1 Une ambition à la croisée des enjeux de l?eau et de la biodiversité, exemplaire de la capacité à concilier nature et usages
4.2 Le parc national : un outil décrié mais relativement mal connu dans les territoires de zones humides
4.3 Une caractérisation des dix-huit territoires qui objective la valeur intrinsèque des sites, la plus-value de l?outil parc national et l?acceptabilité territoriale de l?outil
4.4 Eléments de méthode et principes préalables à l?engagement d?un processus de création de parc national dédiés aux zones humides
4.5 Dix-huit sites de grande qualité parmi lesquels se dégagent trois territoires d?exception
Conclusion
Annexes
Annexe 1. Lettre de mission
Annexe 2. Rapports de sites
Annexe 3. Propositions d?actions locales identifiées sur les dix-huit sites
Annexe 4. L?essentiel des parcs nationaux et régionaux
Annexe 5. Liste des personnes rencontrées au niveau national
Annexe 6. Glossaire des sigles et acronymes
Annexe 7. Bibliographie (documents principaux)
INVALIDE)