Parangonnage sur la politique publique du loup
DOMBREVAL, Loïc ;LE COZ, Christian ;BADUEL, Valérie
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
;France. Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">La mission a eu pour objet de faire le bilan de la mise en oeuvre des recommandations des précédents rapports de l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD) et du Conseil général de l'agriculture, de l'alimentation et des espaces ruraux (CGAAER) et de réaliser un parangonnage européen sur cinq thèmes : le suivi du loup et évaluation de l'état de conservation des populations ; les interventions sur la population de loup, leurs objectifs et le cadre juridique dans lesquelles elles sont mises en oeuvre ; les politiques en matière de protection des troupeaux, les coûts et modalités de financement associés ; les politiques en matière d'indemnisation des dommages aux troupeaux ; la gestion des « fronts de colonisation ». Sur 67 recommandations de portée nationale restant pertinentes, trois recommandations n'ont pas encore reçu de suite. Les principaux enseignements du parangonnage réalisé sur huit cas d'étude à savoir l'Allemagne, les communautés autonomes des Asturies, de Castille et Léon ainsi que de la Catalogne pour l'Espagne, de la région autonome du Piémont pour l'Italie, de la Slovaquie, de la Suède et de la Suisse sont les suivants : partout la cohabitation ou coexistence du loup avec les activités agricoles est difficile et constitue un sujet politique ; les mesures de protection mises en oeuvre dans les différents pays sont toujours issues du triptyque : clôtures, chiens et bergers ; le parangonnage ne permet pas de comprendre pourquoi le nombre d'animaux tués ou blessés par des loups est beaucoup plus important en France qu'ailleurs, même si le mode d'élevage pastoral spécifique à la France et la taille et le nombre des troupeaux semblent être des facteurs déterminants ; aucun des pays ou régions étudiés ne finance, comme la France, les salaires de bergers supplémentaires - cette dépense étant de loin la plus importante (80% du coût des mesures de protection qui représentent l'essentiel des dépenses de la politique française) -; aucun des pays ou régions étudiés n'a retenu le concept de « troupeau ne pouvant être protégés » comme la France ; la communication ou plus exactement la mise à disposition des informations est souvent mieux réalisée dans d'autres pays que la France, ce qui renforce la confiance vis-à-vis des institutions publiques. La mission formule sept recommandations.</div>
Editeur
IGEDD
;CGAER
Descripteur Urbamet
activité agricole
;élevage
;politique publique
;analyse économique
;cadre juridique
;évaluation
;coût
;financement
Descripteur écoplanete
recommandation
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
Rapport n°014851-01 Rapport n°22127
Juillet 2023
Valérie Baduel CGAAER
Loïc Dombreval - IGEDD
Christian Le Coz ? IGEDD (coordonnateur)
Parangonnage sur la politique publique du loup
P
U
B
L
I É
Les auteurs attestent qu'aucun des éléments de leurs activités
passées ou présentes n'a affecté leur impartialité dans la rédaction
de ce rapport
Statut de communication
? Préparatoire à une décision administrative
? Non communicable
? Communicable (données confidentielles occultées)
? Communicable
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 3/284
Sommaire
Sommaire........................................................................................................................ 3
Résumé ........................................................................................................................... 6
Liste des recommandations .......................................................................................... 8
Introduction .................................................................................................................... 9
1 Les recommandations formulées dans les rapports antérieurs des conseils
généraux ont été très largement mises en oeuvre ................................................ 10
2 Huit études de cas pour couvrir la diversité des situations locales .................... 15
2.1 Six pays sélectionnés au regard de la palette des situations rencontrées en
France ................................................................................................................. 15
2.2 Des données majoritairement obtenues via internet et une hétérogénéité de
détail et d?accessibilité qui limite la profondeur de l?analyse ................................ 16
3 Les enseignements du parangonnage permettent de formuler sept
recommandations .................................................................................................... 18
3.1 Suivi du loup et évaluation de l?état de conservation des populations ................. 18
3.1.1 Suivi des populations ................................................................................. 18
3.1.2 Viabilité des populations ............................................................................. 19
3.1.3 Aires de répartition et prospective démographique .................................... 21
3.2 Interventions sur la population de loup ................................................................ 22
3.2.1 Les modalités d?intervention par pays ........................................................ 22
3.2.2 Eléments de conclusion relatifs aux interventions sur la population ........... 24
3.3 Politiques en matière de protection des troupeaux, coûts et modalités de
financement ........................................................................................................ 25
3.3.1 Mesures de protection ................................................................................ 25
3.3.2 Chiens de protection .................................................................................. 27
3.3.3 Financement des bergers ........................................................................... 27
3.3.4 Subventions ............................................................................................... 28
3.3.5 Eléments de conclusion relatifs à la protection ........................................... 28
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 4/284
3.4 Politiques en matière d?indemnisation des dommages aux troupeaux ................ 30
3.4.1 Conditions d?indemnisation ........................................................................ 31
3.4.2 Montant des indemnisations ....................................................................... 32
3.4.3 Concept de « non-protégeabilité » des troupeaux ...................................... 32
3.5 Gestion des nouvelles zones de prédation .......................................................... 33
3.6 Management général de la politique publique du loup dans les pays .................. 34
Conclusion ................................................................................................................... 35
Annexes ........................................................................................................................ 37
1 Lettre de mission ..................................................................................................... 38
2 Liste des personnes rencontrées ........................................................................... 40
3 Glossaire des sigles et acronymes ........................................................................ 43
4 Tableau des chiffres clés par pays ........................................................................ 44
5 Historique rapide des plans nationaux d?actions relatif au loup ......................... 46
6 Tableau des critères et les éléments d?orientation pour choisir les pays (et
régions) objet du parangonnage ............................................................................ 49
7 Tableau d?analyse des rapports relatifs au loup du Conseil général de
l?environnement et du Conseil général de l?agriculture, de l?alimentation et des
espaces ruraux ........................................................................................................ 50
8 Fiche Allemagne ...................................................................................................... 57
9 Fiche Communauté autonome des Asturies ....................................................... 122
10 Fiche Communauté autonome de Castille et Léon ............................................. 136
11 Fiche Communauté autonome de Catalogne ...................................................... 144
12 Fiche Italie : Région autonome du Piémont......................................................... 153
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 5/284
13 Fiche Slovaquie ..................................................................................................... 173
14 Fiche Suède ........................................................................................................... 188
15 Fiche Suisse ........................................................................................................... 237
16 Fiche France .......................................................................................................... 261
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 6/284
Résumé
Les ministres en charge de l?agriculture et de l?écologie ont demandé de faire le bilan de mise en
oeuvre des recommandations des précédents rapports de l?Inspection générale de l?environnement
et du développement durable (IGEDD) du Ministère de la transition écologique et du Conseil
général de l?agriculture, de l?alimentation et des espaces ruraux (CGAAER) et de réaliser un
parangonnage (sans préciser les pays) sur cinq thèmes :
1. le suivi du loup et évaluation de l?état de conservation des populations ;
2. les interventions sur la population de loup, leurs objectifs et le cadre juridique dans
lesquelles elles sont mises en oeuvre ;
3. les politiques en matière de protection des troupeaux, les coûts et modalités de
financement associés ;
4. les politiques en matière d?indemnisation des dommages aux troupeaux ;
5. la gestion des « fronts de colonisation ».
La mise en oeuvre des recommandations est très satisfaisante car, sur 67 recommandations de
portée nationale qui restent pertinentes, il n?y a que trois recommandations qui n?ont pas encore
reçu de suite. L?une d?elles fait actuellement l?objet d?une mission spécifique du CGAAER (chiens
de protection des troupeaux). Les deux autres sont reprises dans le présent rapport dans une
forme actualisée.
Les principaux enseignements du parangonnage réalisé sur huit cas d?étude à savoir l?Allemagne,
les communautés autonomes des Asturies, de Castille et Léon ainsi que de la Catalogne pour
l?Espagne, de la région autonome du Piémont pour l?Italie, de la Slovaquie, de la Suède et de la
Suisse sont les suivants :
? partout la cohabitation ou coexistence du loup avec les activités agricoles est difficile et
constitue un sujet politique ;
? les mesures de protection mises en oeuvre dans les différents pays sont toujours issues du
triptyque : clôtures, chiens et bergers ; elles sont adaptées aux situations nationales ou
locales et la mission n?a pas identifié d?autre mesure efficace qui pourrait être mise en
oeuvre en France ; elle a, par contre, enregistré des recommandations sur les clôtures ef-
ficaces ;
? le parangonnage ne permet pas de comprendre pourquoi le nombre d?animaux tués ou
blessés par des loups est beaucoup plus important en France qu?ailleurs, même si le mode
d?élevage pastoral spécifique à la France et la taille et le nombre des troupeaux semblent
être des facteurs déterminants ;
? deux pays, l?Italie et la Slovaquie, sur les six étudiés indiquent conditionner le paiement des
indemnisations à la vérification de l?efficacité des mesures de protection mais la mission
n?a pas pu vérifier la réalité de cette conditionnalité ; un pays : la Suisse, souhaite l?imposer
en 2024 ;
? aucun des pays ou régions étudiés ne finance, comme la France, les salaires de bergers
supplémentaires ; les comparaisons internationales sur le coût de la politique du loup doi-
vent donc être opérées en retranchant cette dépense, de loin la plus importante (80% du
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 7/284
coût des mesures de protection qui représentent l?essentiel des dépenses de la politique
française) ;
? aucun des pays ou régions étudiés n?a retenu le concept de « troupeau ne pouvant être
protégés »1 comme la France. La Bavière a décidé très récemment de l?appliquer aux al-
pages mais elle est isolée en Allemagne et contestée sur la légalité de cette disposition par
le gouvernement fédéral ;
? le parangonnage ne montre pas que le classement du loup en annexe V de la directive
Habitats ait apporté de différence substantielle concernant les mesures d?intervention sur
la population de loups par rapport au classement actuel en annexe IV : dans les deux cas
le loup est une espèce protégée et l?absence du mot « strictement » pour l?annexe V ne
change, en pratique, que le nom de ces mesures ;
? la communication ou plus exactement la mise à disposition des informations est souvent
mieux réalisée dans d?autres pays que la France, ce qui renforce la confiance vis-à-vis des
institutions publiques.
La mission formule sept recommandations.
1 Cf. l'article 6 III de l'arrêté du 23 octobre 2020 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux
interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus).
PUBLIÉ
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Liste des recommandations
Au ministère chargé de l?écologie : adopter pour la communication
une méthode de comptage des loups basée sur le dénombrement des meutes car elle est
plus compréhensible par le public et partagée avec les pays avec lesquels une coopération
rapide est souhaitable. ........................................................................................................ 19
Aux ministères chargés de l?écologie et de l?agriculture : renforcer
rapidement la coopération transfrontalière, d?abord avec l?Italie et la Suisse qui partagent la
même population alpine. Cette coopération transfrontalière pourrait être pilotée, pour la
France, par le préfet coordinateur. ...................................................................................... 20
Aux ministères chargés de l?écologie et de l?agriculture : réaliser une
étude prospective similaire à celle réalisée en Allemagne afin de permettre d?anticiper les
mesures nécessaires à mettre en place dans les nouvelles zones occupées par le loup. 21
Aux ministère chargé de l?agriculture et de l?écologie : définir les
mesures de protection aux spécificités des territoires de plaine par instruction technique en
raison de l?expansion rapide du loup en France dans ces zones. ...................................... 28
A la Préfète coordonnatrice Loup : documenter les circonstances des
attaques dans le cadre de l?observatoire des mesures de protection, pour pouvoir évaluer
l?efficacité des mesures de protection et les optimiser. ....................................................... 29
Aux ministères chargés de l?agriculture et de l?écologie : abandonner
la disposition relative à la « non-protégeabilité » des bovins dans le prochain plan loup en
cours de préparation. ........................................................................................................ 33
Aux ministères et aux Régions : engager un échange entre l?État et
les Régions sur l'évolution des compétences respectives pour la mise en oeuvre et le suivi
des actions ainsi que des financements relatifs aux déclinaisons opérationnelles locales du
plan national loup. ........................................................................................................ 34
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 9/284
Introduction
Par lettre du 20 décembre 2022 (annexe 1), le ministre de l'agriculture et de la souveraineté
alimentaire, et la secrétaire d?Etat chargée de l?écologie, ont confié à l?Inspection générale de
l?environnement et du développement durable (IGEDD) et au Conseil général de l?agriculture, de
l?alimentation et des espaces ruraux (CGAAER), une mission de parangonnage sur les politiques
publiques du loup.
La lettre de mission ne fixe pas la liste des pays dans lesquels il convient de réaliser ce
parangonnage, mais elle précise les sujets sur lesquels il doit porter2, à savoir :
? le suivi du loup et évaluation de l?état de conservation des populations ;
? les interventions sur la population de loups, leurs objectifs et le cadre juridique dans
lesquelles elles sont mises en oeuvre ;
? les politiques en matière de protection des troupeaux, les coûts et modalités de
financement associés ;
? les politiques en matière d?indemnisation des dommages aux troupeaux ;
? la gestion des « fronts de colonisation » (cf. dernier paragraphe de la lettre de mission).
La lettre de mission demande également d?évaluer dans l?avant-dernier paragraphe la mise en
oeuvre des recommandations des missions antérieures sur la politique du loup en France.
Elle précise que cette mission s?inscrit dans le cadre de la construction du prochain plan d?actions
sur le loup et les activités d?élevage. Elle indique que les résultats en matière de réduction des
dommages aux troupeaux obtenus grâce aux plans précédents s?avèrent fragiles, avec une
nouvelle hausse en 2022 et malgré une hausse constate du coût global de cette politique publique.
Le rapport présente, dans une première partie, une analyse de la mise en oeuvre des
recommandations formulées dans quatre rapports du CGEDD (Conseil général de l?environnement
et du développement durable) et du CGAAER relatifs à la politique du loup.
La deuxième partie précise les raisons du choix des pays ou des régions retenus pour le
parangonnage : l?Allemagne, les communautés autonomes des Asturies, de Castille et Léon et de
Catalogne pour l?Espagne, de la région du Piémont pour l?Italie, de la Slovaquie, de la Suède et de
la Suisse. Elle explicite également la méthode employée pour conduire le parangonnage. La
mission s?est notamment appuyée sur des fiches pays (ou régions) (annexe 8 à annexe 15).
La troisième partie comprend six chapitres : cinq consacrés sujets listés ci-dessus et un sixième
est consacré au management global de la politique publique. Dans cette troisième partie, la mission
formule également sept recommandations.
2 cf les alinéas du haut de la page 2 de la lettre de mission.
PUBLIÉ
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1 Les recommandations formulées dans les rapports
antérieurs des conseils généraux ont été très largement
mises en oeuvre
L?analyse des suites données a porté sur les quatre rapports suivants :
? Difficultés du pastoralisme liées au loup dans les Hautes-Alpes. Mission d?écoute. Rapport
CGEDD n° 013178-01. Mars 2020
? Le loup et les activités d'élevage : comparaison européenne dans le cadre du plan national
d?actions 2018/2023. Rapport CGEDD n° 012414-01, CGAAER n° 18097. Mai 2019.
? Évaluation du protocole technique d'intervention sur les spécimens de loups dans le cadre
du plan d'action national sur le loup 2008/2012. CGEDD 00833801, CGAAER 12076.
Décembre 2012.
? Évaluation des actions menées par l'État dans le cadre du plan d'actions sur le loup.
IGE/07/052, CGAAER 1642. Mars 2008.
Les tableaux de synthèse de l?analyse sont disponibles dans l?annexe 7. La mission s?est fortement
appuyée sur l?expertise de la direction de l?eau et de la biodiversité (MTECT) et de la direction
générale de la performance économique et environnementale des entreprises (MASA) pour
évaluer l?avancement des recommandations, leur niveau de priorité actuel et commenter les suites
à donner à chaque recommandation dans le contexte de préparation du prochain plan national
d?actions.
Difficultés du pastoralisme liées au loup dans les Hautes-Alpes. Mars 2020
Ce rapport est ciblé sur le département des Hautes-Alpes. Il contient neuf recommandations dont
une seule de portée nationale : Faciliter le recours à la brigade loup et aux lieutenants de louveterie
en maintenant, voire développant les moyens de ces structures. Cette action, encore en cours, est
jugée prioritaire. La « brigade loup » est en cours de renforcement. Il y a désormais deux équipes,
l?une à Gap et l?autre à Rodez. La « mission sur la louveterie en France » qui a fait l?objet d?une
lettre de commande à l?IGEDD le 4 mai 2023, vise à augmenter l?efficacité de la brigade. Aussi, il
est légitime de considérer que cette action sera réalisée au démarrage du prochain plan national
d?actions (PNA).
Sur les huit autres recommandations de niveau local, cinq sont atteintes et deux en cours, ce qui
constitue un bilan positif pour des recommandations formulées il y a moins de trois ans.
Le loup et les activités d'élevage : comparaison européenne dans le cadre du plan national
d?actions 2018/2023. Mai 2019.
Ce rapport comprend 11 recommandations. En raison de la comparaison européenne réalisée,
toutes les recommandations sont au moins de niveau national, quand ce n?est pas de niveau
européen.
Cinq recommandations sont écartées par la direction de l?eau et de la biodiversité parce qu?elle
considère qu?elles ne sont plus d?actualité : trois sur les hybrides3, une sur le séquençage ADN et
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 11/284
la dernière sur la méthode Capture-Marquage-Recapture (CMR). Compte-tenu du faible taux
d?hybridation mesuré aujourd?hui en France, la mission ne reprend pas les trois recommandations
afférentes mais note qu?il constitue un sujet de préoccupation pour d?autres pays.
La France ayant d?ores et déjà demandé à la Commission la réalisation d?une étude sur les
conditions techniques et juridiques de la reconnaissance d?un état de bonne conservation du loup,
qui implique nécessairement une harmonisation des méthodes scientifiques de suivi génétique, la
mission n?a pas formulé de recommandation d?action en la matière.
Concernant la méthode de suivi de la population de loups en France, la mission recommande
d?adopter une méthode de dénombrement des loups basée sur le dénombrement des meutes car
elle est plus compréhensible par le public et partagée avec les pays avec lesquels une coopération
rapide est souhaitable (cf. 3.1.1).
Quatre recommandations sont « en cours » de déclinaison et trois d?entre-elles devraient pouvoir
être considérées comme mises en oeuvre à relativement court terme. La mise en oeuvre de la
recommandation « Accélérer la structuration de la filière chiens de protection par un réel travail de
sélection, incluant les tests comportementaux vis-à-vis de l?homme, en lien étroit avec la centrale
canine et les professionnels, et engager une réflexion visant, à terme, à ne financer que des chiens
sélectionnés et testés » devrait rester « en cours » car il semble que son terme sera plus éloigné.
Mais la mission n?a pas approfondi ce sujet en raison d?une mission CGAAER spécifique sur le
sujet. Elle a toutefois noté que les autorités suisses considèrent que des chiens de troupeaux
acceptés en France ne seraient pas qualifiés en Suisse en raison d?une socialisation insuffisante.
Les incidents avec les chiens et la demande induite d?un statut des chiens de protection formulée
par les éleveurs en France témoignent de l?actualité de ce sujet.
Deux recommandations sont non mises en oeuvre. La recommandation « Mandater les experts
français engagés dans la négociation visant à définir le nouveau règlement agricole européen, afin
que celui-ci permette l?adoption d?un régime d?aide forfaitaire dans les zones de présence
permanente du loup » ne l?est pas en raison de l?opposition de parties-prenantes. La mission ne la
reprend pas. Il n?y a pas eu non plus de volonté de mettre en oeuvre la recommandation « Favoriser
la création d?un « observatoire national de la coexistence du loup et des activités humaines »,
confié à un acteur tiers disposant d?une autonomie suffisante par rapport à l?ensemble des acteurs
du sujet et travaillant sur la base d?un mandat d?un « groupe de travail communication » issu des
groupes loup départementaux » car aucun acteur tiers accepté par toutes les parties-prenantes
n?est identifiable à ce jour. La mission ne reprend donc pas non plus cette recommandation mais
confirme l?importance de l?enjeu de l?opérationnalité de cet observatoire.
Sur ce rapport, deux sujets importants sont encore d?actualité :
? l'accélération de la structuration de la filière chiens de protection ;
? la montée en puissance de l?« observatoire national de la coexistence du loup et des
activités humaines ».
Évaluation du protocole technique d'intervention sur les spécimens de loups dans le cadre
du plan d'action national sur le loup 2008/2012. Décembre 2012.
Ce rapport, qui a maintenant plus de dix ans, formule 16 recommandations :
? 7 sont classées en « partiellement atteint » ou « atteint » ;
? 2 sont « en cours » ;
? 2 sont « non atteint ».
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 12/284
? 5 sont « sans objet », « écarté », « non évaluable » ou « abandonné » ;
Les deux recommandations « en cours » :
La première, « La mission recommande d?augmenter le nombre des louvetiers en sélectionnant les
candidats sur leurs aptitudes au tir du loup en terrain difficile, et d?apporter une réponse à leur
demande de dédommagement pour les frais encourus (équipement, formation, déplacements...) »,
sera actualisée par les recommandations de la mission IGEDD sur la louveterie.
La deuxième recommandation classée « en cours » avait une formulation très longue : « La
mission recommande d?examiner avec les services de la Commission européenne puis avec les
principaux États membres concernés, la possibilité d?une modification du statut du loup tenant
compte de l?évolution favorable de son état de conservation, en vue de prévenir des dommages
importants aux activités humaines. Pour cela trois pistes pourraient être approfondies : i) le zonage
des territoires définissant des zones d?exclusion, ii) le classement du loup en annexe V pour
certains territoires, iii) la définition d?une typologie de situations ou de contextes ouvrant la
possibilité d?interventions graduées sur les populations de loup leur correspondant, les trois
approches pouvant être combinées. Les principes des « Guidelines for Population Level
Management Plans for Large Carnivores » ne sont pas selon la mission, contradictoires avec ces
suggestions, mais pourraient être précisés ». De fait, il s?agissait plus de pistes de travail qu?une
recommandation opérationnelle. Compte-tenu des réponses négatives apportées encore
récemment par la Commission à des demandes du même ordre émanant d?autres États-membres,
la mission ne reprend pas à son compte cette recommandation.
Les deux recommandations classées « non atteint »
? « Dans les départements où la présence du loup est ancienne et où les dégâts sont très
élevés, la mission recommande d?adapter et de simplifier le protocole actuel avec la
possibilité d?un tir de défense « renforcé », pouvant être létal, selon les modalités résumées
suivantes : décomposition d?un plafond de prélèvement national en plafonds territorialisés,
élargissement de la zone et de la durée d?intervention en élargissant la possibilité du tir
hivernal, recours à des équipes d?interventions constituées à l?avance comprenant des
chasseurs habilités, utilisation sauf exception de la carabine ».
? « La coopération internationale étant pour la Commission européenne un gage de stabilité
des populations lupines, la mission recommande d?élargir les échanges transfrontaliers, du
suivi des populations à une véritable gestion concertée, débutant par celle des meutes
transfrontalières ».
Ces deux recommandations restent d?actualité. La mission les reprend et les adapte dans le rapport.
Cinq recommandations sont classées « sans objet », « écarté », « non évaluable » ou
« abandonné ». Ces recommandations sont formulées en termes généraux. Elles sont difficiles à
mettre en oeuvre sans reformulation. Le niveau de priorité est faible et la mission ne les reprend
pas.
Évaluation des actions menées par l'État dans le cadre du plan d'actions sur le loup.
IGE/07/052, CGAAER 1642. Mars 2008.
Ce rapport de plus de 15 ans, n?est pas aux standards actuels notamment parce qu?il contient 39
recommandations quand la « norme » est aujourd?hui de moins de dix et que les destinataires de
ces recommandations ne sont pas toujours identifiés.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 13/284
Sur les 39 recommandations :
? 24 sont « partiellement atteint » ou « atteint » ;
? 3 sont « en cours » ;
? 4 sont « non atteint ».
? 8 sont « sans objet », « écarté », « non évaluable » ou « abandonné » ;
Parmi les trois recommandations classées « en cours », deux concernent les chiens de protection :
« Poursuivre le programme national « chien de protection » et « Soutenir par une formation
adaptée une meilleure maîtrise des chiens « patous » par les bergers ». Ces recommandations
anciennes, toujours d?actualité, ont été réactivées par une recommandation du rapport Le loup et
les activités d'élevage : comparaison européenne dans le cadre du plan national d?actions
2018/2023. Mai 2019. La troisième recommandation propose de « Mettre en place un «
observatoire européen sur les grands carnivores » qui ne relève pas directement de la
responsabilité de l?État. Le sujet progresse principalement par collaboration des scientifiques,
notamment dans le cadre de projets du programme européen LIFE4.
Les quatre recommandations classées « non atteint » sont les suivantes :
? « En ZPP, abandonner la procédure de constats de dommages au profit d?une « mesure
indemnitaire adaptée » à une « zone de risque » loup (ICHN5 loup) » ;
? « Séparer les chiffres de dégâts liés « aux dérochements » qui faussent les statistiques de
prédation réelle des troupeaux » ;
? « Faire assurer la lutte contre les chiens en état de divagation (arrêtés préfectoraux en
zones sensibles, de montagne) » ;
? « Adopter un « plan de gestion commun » de l?espèce loup entre la France, l?Italie et la
Suisse en vue d?harmoniser les politiques ».
La première recommandation (« ICHN loup ») a été réactivée par une recommandation du rapport
Le loup et les activités d'élevage : comparaison européenne dans le cadre du plan national
d?actions 2018/2023. Mai 2019 et, comme indiqué plus haut, la mission ne la reprend pas.
Si le fondement des deuxièmes et troisièmes recommandations est toujours d?actualité, la mission
ne les reprend pas car elles sont, en pratique, difficilement applicables.
La dernière recommandation est encore pertinente même si sa formulation, il y a 15 ans, était
abrupte. Cela doit être un objectif de long terme de la politique française du loup. Mais un « plan
de gestion commun » suppose que beaucoup de choses aient été mutualisées auparavant,
notamment au niveau des méthodes de dénombrement des loups. La mission fait des propositions
en ce sens dans le rapport.
Pour les 8 recommandations évaluées « sans objet », « écarté », « non évaluable » ou
« abandonné », les 15 années qui se sont écoulées expliquent que ces recommandations n?ont
plus de sens aujourd?hui. Leur abandon est légitime.
4 https://www.ecologie.gouv.fr/programme-europeen-financement-life
5 Indemnité compensatoire de handicaps naturels
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 14/284
Conclusion
Sur les quatre rapports contenant 67 recommandations de portée nationale, la mission estime que
seulement trois recommandations sont toujours d?actualité et n?ont pas été mises en oeuvre :
? l'accélération de la structuration de la filière chiens de protection ;
? la montée en puissance de l?« observatoire national de la coexistence du loup et des
activités humaines » ;
? préparer les conditions pour un futur plan de gestion commun du loup à une échelle
supranationale en mutualisant les méthodes et les objectifs.
La première recommandation fait actuellement l?objet d?une mission spécifique du CGAAER. Les
deux suivantes sont reprises et actualisées dans le présent rapport.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 15/284
2 Huit études de cas pour couvrir la diversité des situations
locales
2.1 Six pays sélectionnés au regard de la palette des situations
rencontrées en France
La mission s?est attachée à identifier des pays d?Europe ou des régions de pays au sein desquels
l?élevage et la population de loups présentaient des caractéristiques similaires à ceux présents en
France.
Compte-tenu de la diversité des situations en France (types et modes d?élevage, géographie...)
aucun pays n?est véritablement similaire. La mission a donc estimé nécessaire de sélectionner six
pays présentant des caractéristiques d?intérêt par rapport à la diversité des situations rencontrées
en France ou susceptibles de l?être prochainement.
Les six pays choisis sont l?Allemagne, l?Espagne, l?Italie, la Slovaquie, la Suède et la Suisse. En
Espagne, la mission a ciblé les communautés autonomes des Asturies, de Castille et Léon et de
Catalogne, et, en Italie, la région du Piémont.
Sur la base des informations qu?elle détenait à l?époque, la mission a sélectionné ces pays et
régions de façon à avoir :
? des pays tenus au respect de la directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant
la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages
(directive Habitats), comme la France ;
? un pays qui n?est pas concerné par la directive, la Suisse, mais qui a adhéré à la Convention
de Berne6 ;
? pour les pays qui étaient tenus au respect de la directive, des pays où le loup est classé en
annexe IV comme en France et deux pays l?Espagne7 et la Slovaquie, où le loup est classé
en annexe V (afin d?évaluer l?impact sur les politiques du loup lié à cette différence, compte-
tenu de demandes d?acteurs français d?un classement dans cette annexe) ;
? des pays où les types et modes d?élevage sont comparables à ceux observés dans les
zones « historiques » de présence du loup en France après sa réapparition sur le territoire
national dans les années 1990 et des pays où ils sont plus proches de ceux observés dans
les récentes ou nouvelles zones de prédation en France ;
? des pays où des prélèvements létaux de loups sont autorisés ;
? des pays sur les politiques et pratiques desquels la mission pensait pouvoir obtenir des
informations nécessaires à son analyse.
Le tableau en annexe 6 récapitule ces critères et les éléments d?orientation dont la mission
6 Conseil de l?Europe, Naturopa n°101, avril 2004. La directive Habitats peut donc être considérée comme un moyen
de mettre en oeuvre la Convention de Berne et de veiller au respect de ses dispositions au niveau de l?UE... la
comparaison des deux instruments révèle plusieurs analogies frappantes... par exemple dans les dispositions
relatives à la protection n des espèces ou dans certaines annexes.
7 L'annexe V a) relative aux animaux mentionne pour Canis lupus : populations espagnoles au nord du Duero et
populations grecques au nord du 39e parallèle.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 16/284
disposait au stade de l?élaboration de la lettre de cadrage. A titre d?illustration, le graphique suivant
montre la diversité des situations rencontrées en matière d?élevage et de population de loups.
2.2 Des données majoritairement obtenues via internet et une
hétérogénéité de détail et d?accessibilité qui limite la
profondeur de l?analyse
La mission a suivi la procédure établie par la Direction générale du Trésor pour la réalisation d?une
étude comparative internationale (ECI) mobilisant le réseau des services économiques des
ambassades françaises dans les pays ciblés.
A cette fin, elle a déterminé la nature des informations recherchées et consacré la première partie
de son programme de travail à établir une fiche France8 (cf. annexe 16) exposant la situation
française concernant chacun des sujets investigués sur la base des éléments qu?elle a pu obtenir
sur les sites institutionnels auprès des acteurs du plan national d?actions pour le loup et les activités
d?élevages qu?elle a rencontrés (cf. liste des personnes rencontrées en annexe 2).
Les délais inhérents à cette procédure ont conduit à ce que cette sollicitation ne soit transmise à
la Direction générale du Trésor que fin mars 2023. Ayant connaissance du fait que les services des
ambassades, et particulièrement les conseillers pour les affaires agricoles, étaient mobilisés sur
de nombreuses ECI, la mission a estimé nécessaire de procéder par elle-même à des recherches
d?informations sur internet. La richesse et le degré de précision des informations disponibles en
ligne varient fortement entre les pays et les régions étudiés. Les fiches pays ou région (en annexes
8 à 15) présentent les informations qu?ont pu réunir les missionnés, sur la base de recherches en
ligne, d?informations communiquées par les conseillers en ambassade (dont la mission tient à
saluer la mobilisation) et d?échanges qu?ils ont pu avoir avec des acteurs des pays étudiés (Suède,
Suisse). La mission a été particulièrement impressionnée par le souci de transparence, la densité
et la clarté des informations publiées et communiquées par les institutions suédoises.
8 La mission tient à disposition une fiche France traduite en anglais.
0 5000 10000 15000 20000
France
Allemagne
Asturies
Castille et Léon
Catalogne
Piémont
Slovaquie
Suède
Suisse
Effectifs de loups, bovins et ovins
nombre de loups nombre de bovins en milliers nombre d'ovins en milliers
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 17/284
La lettre de mission soulignant la hausse constante du coût de la politique publique du loup en
France, les missionnés ont considéré utile de comparer quelques ratios entre les pays étudiés (cf.
annexe 4), dont la France, afin d?objectiver des différences significatives qu?ils ont exploitées dans
leur analyse et leurs recommandations tout en tenant compte du degré d?incertitude qui s?attache
à plusieurs des données.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 18/284
3 Les enseignements du parangonnage permettent de
formuler sept recommandations
Dans cette troisième partie, il n?est pas possible de présenter l?ensemble des résultats collectés.
Les fiches pays ou régions complètes sont disponibles de l?annexe 8 à l?annexe 15. Elles
contiennent en outre des informations contextuelles qui ne sont pas demandées explicitement par
la lettre de mission mais que les missionnés ont estimé utile de rapporter.
3.1 Suivi du loup et évaluation de l?état de conservation des
populations
3.1.1 Suivi des populations
Les suivis des populations de loup ne sont pas réalisés avec autant de moyens humains et
financiers qu?en France, sauf en Suisse où le dénombrement des loups se fait tous les ans, individu
par individu.
Les estimations du nombre total de loups en Allemagne, Espagne, Italie et Suède sont basées sur
le dénombrement des meutes reproductrices, des meutes sans reproduction et des loups isolés.
Le nombre de loups dans les meutes reproductrices est obtenu par application d?un nombre moyen
d?individus par meute reproductrice (par exemple 7,9 pour les Asturies). En Suède, le nombre total
de loups est estimé en multipliant par 10 le nombre de reproductions dans l?année. L?accent est
mis sur leur détection par des réseaux d?observateurs. Ces réseaux sont de conception proche de
celle du réseau français. La nature des indices relevés et pris en compte et la caractérisation de
leur degré de certitude sont normés en Allemagne et en Suède (conjointement avec la Norvège)
et, dans ces pays, les méthodes de dénombrement sont cadrées sur le plan scientifique.
A la connaissance de la mission, la Commission européenne ne conteste pas cette méthode
comme base de l?appréciation de la viabilité des populations de loups dans un pays et d?une
politique de gestion de ces populations, y compris dans un pays qui recourt à des tirs de
prélèvement comme la Suède.
Le coût annuel des analyses génétiques en France pour la méthode Capture-Marquage Recapture
(CMR) est de l?ordre de 200 à 250 k¤. Au regard des coûts de personnel, absolument nécessaires,
pour obtenir un réseau de qualité, il n?y a pas d?intérêt à rechercher une économie sur les analyses
génétiques qui apportent d?autres informations utiles par ailleurs. La méthode CMR est
régulièrement contestée car elle est difficile à comprendre et donne l?impression que l?État ne dit
pas la vérité sur la population de loup. Le dénombrement de la population de loups, basé sur le
nombre de meutes, a l?intérêt d?être aisément compréhensible par le public.
Le groupe scientifique réuni dans le projet LIFE WolfAlps UE9 a produit en avril 2022 un document
décrivant les méthodes actuellement utilisées pour le suivi des loups dans six pays alpins (Italie,
France, Suisse, Allemagne, Autriche et Slovénie) et la définition de critères et d'approches
standardisés pour le suivi des populations de loups afin de permettre une évaluation commune et
coordonnée de l'état de conservation de la population de loups dans l'ensemble de l'aire de
9 https://www.lifewolfalps.eu/fr/
https://www.lifewolfalps.eu/wp-content/uploads/2022/05/A5_Deliverable_Monitoring-Standards-of-the-Wolf-alpine-
population.pdf
https://www.lifewolfalps.eu/wp-content/uploads/2023/05/C4_WAG_Deliverable_C4_2020_2022.pdf
PUBLIÉ
https://www.lifewolfalps.eu/fr/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 19/284
répartition alpine de l'espèce.
Notamment dans la perspective d?une concertation et d?une coordination transfrontalières entre la
France et les pays partageant une ou des populations de loups, une méthode de dénombrement
des loups basée principalement sur celui des meutes et de reproductions, partagée avec ces pays
sera utile, en s?appuyant, notamment, sur la communauté réunie dans le Wolf Alpine Group (WAG).
Au ministère chargé de l?écologie : adopter pour la communication une
méthode de comptage des loups basée sur le dénombrement des meutes car elle est
plus compréhensible par le public et partagée avec les pays avec lesquels une
coopération rapide est souhaitable.
Toutefois l?acceptabilité d?une telle évolution en France, par les organisations professionnelles
agricoles et les ONG (organisations non gouvernementales) environnementales doit être vérifiée.
3.1.2 Viabilité des populations
Parmi les pays étudiés, seule la Suède dispose d?une étude de viabilité de sa population de loups
comme la France. Cette étude de viabilité est conduite conjointement avec la Norvège qui partage
la même population de loups, par un consortium de scientifiques des deux pays (SKANDULV10).
En Suède, l?étude de viabilité conclut qu?il faut au moins 300 loups et qu'au moins un nouvel
immigrant de Finlande ou de Russie se reproduise dans l'aire de répartition scandinave dans des
conditions naturelles tous les cinq ans (génération de loups), pour que le loup soit considéré
comme ayant un état de conservation favorable. Ce seuil est du même ordre de grandeur que celui
établi pour la France (seuil de viabilité démographique). Il est à noter qu?il n?y a pas d?objectif distinct
en nombre d?individus pour la viabilité génétique de la population. L?enjeu majeur que constitue le
fort taux historique de consanguinité est pris en considération par la condition relative à
l?immigration et la reproduction au moins tous les 5 ans d?un loup originaire de Russie ou de
Finlande.
Dans les autres pays, ce seuil de viabilité n?est pas précisé. L?accent est mis sur la caractérisation
de la double augmentation de la taille de la population et des zones de présence (voir par exemple
la stratégie relative au loup cantabrique en Espagne11). L?accroissement (constaté partout) sur ces
deux critères semble considéré par ces pays comme suffisant pour attester d?une évolution
favorable de l?état de conservation.
Le document d?orientation sur la protection stricte des espèces animales d?intérêt communautaire
en vertu de la directive «Habitats» établi et diffusé par la Commission en 2021 indique que « les
autorités nationales doivent évaluer l?état de conservation de la population concernée et l?impact
des dérogations envisagées au niveau local ainsi qu?au niveau du territoire de cet État membre ou,
le cas échéant, au niveau de la région biogéographique visée lorsque les frontières de cet État
membre chevauchent plusieurs régions biogéographiques, ou encore si l?aire de répartition
naturelle de l?espèce l?exige et, dans la mesure du possible, sur le plan transfrontalier. » Il indique
également, concernant le recours à une dérogation en application de l?article 16 de la directive,
10 SKANDULV : skandinaviska vargforskningsprojektet
11 Stratégie pour la conservation et la gestion du loup et de sa coexistence avec les activités rurales
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 20/284
que la limite du nombre d?animaux pris « doit être fixée au niveau de la population; cela nécessite
une coordination entre toutes les unités de gestion qui couvrent la population concernée. Pour les
populations de vertébrés qui occupent de vastes territoires transfrontaliers, comme les grands
carnivores, les États membres ayant une population en commun doivent se coordonner afin
d?établir une position commune sur ce qui peut être considéré comme un nombre limité aux fins de
l?octroi de dérogations. »
Des échanges de connaissances et transferts de bonnes pratiques sont déjà mis en oeuvre entre
six pays de l?arc alpin. La mission recommande la mise en oeuvre concertée d?un programme
scientifique partagé de comptage et de viabilité à l?échelon européen ainsi que cela est déjà initié
dans le cadre du programme LIFE WolfAlps (et du consortium CEwolf pour le loup d?Europe
centrale) et qu?au-delà de ce partage au niveau scientifique une concertation et une coordination
soient établies à un niveau institutionnel. Les acquis du partage d?information dans le cadre du
Groupe de travail « Grands carnivores, ongulés sauvages et société de la Convention alpine »
(WISO)12 pourront être mis à profit à cette fin.
Carte de la répartition des loups (meutes reproductrices) dans les Alpes :
13
Aux ministères chargés de l?écologie et de l?agriculture : renforcer
rapidement la coopération transfrontalière, d?abord avec l?Italie et la Suisse qui
partagent la même population alpine. Cette coopération transfrontalière pourrait être
pilotée, pour la France, par le préfet coordinateur.
Dans un deuxième temps elle pourra être élargie à l?Allemagne, l?Autriche et la Slovénie voire le
12 https://www.alpconv.org/fr/page-daccueil/organisation/organismes-de-travail-thematiques/detail/groupe-de-
travail-grands-carnivores-ongules-sauvages-et-societe-wiso/
13 Source : https://www.lifewolfalps.eu/wp-content/uploads/2023/05/C4_WAG_Deliverable_C4_2020_2022.pdf
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 21/284
Luxembourg, la Belgique et la Pologne (et l?Espagne si des loups franchissaient les Pyrénées).
Cette concertation permettra, à plus court terme, de compléter le parangonnage avec nos voisins
et potentiellement d?améliorer la politique française de gestion du loup par intégration de bonnes
pratiques.
3.1.3 Aires de répartition et prospective démographique
Seule l?Allemagne a réalisé en 2020 une étude scientifique prospective de l?expansion
géographique du loup, basée sur l?évaluation de l?adéquation des habitats, qui conclut qu?une
grande partie du territoire allemand est adaptée au loup et que l?Allemagne pourrait comporter 700
à 1400 territoires de loups et le même nombre de meutes. Cette étude indique que les loups sont
des généralistes absolus très adaptables à tel point que leur installation est constatée également
dans des zones non prédites par le modèle. La mission n?a pas identifié d?orientations prises au
niveau fédéral sur la base de ces résultats.
Aux ministères chargés de l?écologie et de l?agriculture : réaliser une
étude prospective similaire à celle réalisée en Allemagne afin de permettre d?anticiper
les mesures nécessaires à mettre en place dans les nouvelles zones occupées par le
loup.
A la différence de l?Allemagne où, au niveau fédéral, il n?y a pas de volonté affichée de maîtrise de
la croissance démographique ou de l?expansion géographique des loups (à la différence de
certains Länder comme la Bavière), la Suède a comme objectif explicite de permettre au loup de
se répandre dans son aire de répartition naturelle qui comprend le sud de la Suède, et de réduire
sa concentration là où elle est la plus forte, c'est-à-dire actuellement dans la zone de gestion
centrale. Elle octroie donc des autorisations de chasse dans cette zone centrale. Dans la zone
d'élevage du renne au nord, la présence du loup devrait être limitée aux zones où il cause le moins
de dommages.
L?Espagne considère qu?une augmentation à 350 meutes (contre 300 actuellement) et un
accroissement de 10 à 20 % des zones occupées à l?horizon 2030 seraient suffisants à assurer le
bon état de conservation. Selon ce critère, le loup n?aurait donc pas vocation à être présent sur
plus de la moitié de la superficie de l?Espagne.
En France, l?effectif assurant la viabilité démographique est largement dépassé. Les échanges
avec la population italienne sont effectifs depuis l?apparition du loup et la jonction avec les
populations polono-allemandes est probable à court terme. Cette situation permettra d?obtenir un
effectif cumulé des populations assurant la viabilité génétique. Pour la mission, il apparaît
nécessaire que la France détermine l?occupation qu?elle souhaite de son territoire par le loup.
L?étude prospective, dont la mission recommande la réalisation, pourrait être réalisée dans
le cadre du plan loup 2024-2028 pour alimenter la réflexion sur la détermination d?un objectif
d?occupation du territoire.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 22/284
3.2 Interventions sur la population de loup
3.2.1 Les modalités d?intervention par pays
Suède
La Suède est le seul pays comparable avec la France sur la base des deux critères suivants : le
loup est classé en annexe IV de la directive Habitat14 et le niveau d?intervention (au sens tir létal
légal sur le loup) atteint un niveau élevé. Le nombre de loups pouvant être tués chaque année
n?est pas établi sur la base d?un taux de prélèvement, mais le ratio est, dans les faits, presque du
même ordre de grandeur que le ratio français : 14,8% (75/507) versus 18,9% en France (174/921).
La Suède a fixé à 75 le nombre de loups pouvant être chassés, ce qui correspond à une option de
croissance nulle de la population (estimée à 507 individus, 399-641 ; intervalle de confiance (IC)
95 %) selon l?évaluation scientifique de juin 2022.
Le dispositif suédois diffère notablement du français sur deux aspects, en particulier :
? les prélèvements de loups sont opérés par action de chasse et ne ciblent donc pas des
individus ou des meutes en lien avéré avec des attaques ;
? les prélèvements par chasse ne sont autorisés qu?en zone centre de la Suède15.
Allemagne
L?Allemagne après avoir été longtemps opposée au principe d?intervention sur la population admet
depuis 2020 des tirs létaux sur des individus, voire des meutes entières, en cas de dommage
économique « sérieux » au moyen de dérogations.
En outre, le Land de Bavière, très proche de l?Autriche dans sa vision du loup, vient d?adopter une
nouvelle réglementation autorisant des tirs létaux, en considérant notamment que les élevages
avec estive en montagne ne peuvent pas être protégés autrement.
Suisse
La Suisse n?est pas soumise à la directive Habitats mais est partie à la convention de Berne dont
la directive est inspirée.
Depuis que les loups sont revenus en Suisse en provenance d?Italie, 15 individus ont été
légalement mis à mort.
La Suisse compte actuellement environ 150 loups et 16 meutes, et les effectifs continuent de croître.
En raison des problèmes auxquels doit faire face l?économie alpestre, le Conseil fédéral souhaite
autoriser plus facilement le tir de loups. Le 2 juin 2023, il a adopté la révision de l?Ordonnance sur
la chasse et la protection des mammifères (OChP), dont l?entrée en vigueur est prévue au 1er juillet
2023. La Suisse va ainsi passer d?une gestion « réactive » (les interventions se font en fonction de
la prédation) à une « gestion pro-active » de la population de loups dont le but est clairement la
régulation.
14 Pour mémoire, les espèces classées en annexe IV et V sont protégées. Elles sont strictement protégées en
annexe IV et peuvent faire l?objet de mesures de gestion en annexe V, principalement être chassées dans le cas
du loup.
15 Dans le Nord, la gestion de la cohabitation avec le loup du peuple Sami et de leurs élevages de rennes présente
des spécificités non développées dans le présent rapport
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 23/284
L?OChP ainsi révisée par le Conseil fédéral permet dorénavant de tirer des loups isolés (ne faisant
pas partie d?une meute), même lorsque ceux-ci sont présents sur le territoire d?une meute. Dans
les régions où des loups isolés ont déjà provoqué des dégâts, le seuil de dommages permettant le
tir d?individus isolés a été abaissé de dix à six animaux de rente. En outre, les loups isolés qui
représentent un grave danger pour l?homme pourront désormais également être abattus.
Les tirs proactifs seront possibles du 1er septembre au 31 janvier (c?est-à-dire hors période de
reproduction) afin de protéger les troupeaux durant l?estive. Ces tirs se concentreront sur les jeunes
loups présents dans des meutes avec un maximum de 50% des jeunes ou des 2/3 de jeunes nés
dans l?année. L?autorisation de tir est délivrée au niveau fédéral car le niveau cantonal n?a pas été
accepté par les associations. Seuls les chasseurs formés seront autorisés à tirer sur décision du
canton.
Les tirs individuels réactifs à des attaques restent possibles toute l?année. Plus de 50% des tirs
autorisés sont d?ailleurs des tirs individuels.
Le seuil de dommages a aussi été abaissé pour la régulation de meutes. Les cantons peuvent
déposer auprès de l?Office fédéral de l?environnement (OFEV) une demande de tirs de régulation
après huit animaux de rente tués, contre dix jusqu?à présent. Dans les régions abritant plus d?une
meute, les cantons peuvent renforcer la régulation du loup.
Ces principes de gestion ont été acceptés par la majorité des associations de protection de la
nature.
Les bovidés, les équidés et, notamment, les alpagas et les lamas ne seront dorénavant plus
seulement pris en compte dans les « dommages importants » lorsqu?ils sont tués, mais également
aussi lorsqu?ils sont gravement blessés. Pour ces grands animaux de rente, le seuil de dommages
a été abaissé à un individu, contre deux jusqu?à présent. Cette nouvelle disposition vaut tant pour
la régulation des meutes que pour les mesures contre des loups isolés.
De plus, un loup d?une meute peut dorénavant être immédiatement abattu s?il constitue de manière
soudaine et non prévisible une menace pour la vie ou l?intégrité corporelle des personnes. Un tel
tir ne nécessite pas l?assentiment de l?OFEV.
L?ordonnance modifiée n?a pas été publiée à l?heure où ce rapport est rédigé et devrait entrer en
vigueur le 1er juillet 2023. Des doutes subsistent quant à sa publication et sa validité car la
possibilité de prélever un loup alors qu?il n?a pas attaqué pourrait être en contradiction avec la
convention de Berne.
Espagne
En Espagne, le loup est classé en annexe V de la directive Habitat au nord du Douro et en annexe
IV au Sud. Sur cette base, l?Espagne autorisait la chasse au nord du Douro (Castille et Léon). Le
taux de prélèvement autorisé était sensiblement moindre (10%) qu?en France pour assurer le bon
état de conservation de la population qui reste obligatoire, même sous le régime de l?annexe V.
En 2021, le gouvernement espagnol a décidé que le loup au nord du Douro serait aussi classé sur
la LESPRE16 : liste des espèces sylvestres relevant d?un régime de protection spéciale.
La chasse au loup est désormais interdite partout y compris au nord du Douro. Après une année
2022 de transition entre les deux statuts légaux, les modalités pour des dérogations, selon un
régime proche de celui de la France, se mettent en place. La situation n?est toutefois pas stabilisée.
16 Listado de Especies Silvestres en Régimen de Protección Especial
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 24/284
A noter que dans son plan de gestion national, l?Espagne considère, sur la bases d?études
étrangères, que le tir létal est une des méthodes les plus efficaces pour faire baisser la prédation.
Slovaquie
En Slovaquie, le loup est classé en annexe V de la directive Habitat. Un quota annuel de chasse
au loup est fixé chaque année en octobre par le ministère de l'Agriculture et du Développement
rural de la République slovaque (MPRV SR) sur la base d?un compromis entre tous les groupes
d?intérêt. Le loup peut être chassé entre le 1er novembre et le 15 janvier, ou jusqu'au moment où
le MPRV SR de la République slovaque arrête la chasse en raison de l'atteinte du quota de chasse
déterminé du loup dans les territoires de chasse reconnus, à l'exception des territoires définis où
le loup est protégé.
En 2010, 157 loups avaient été tués. Sous la pression de la Commission européenne et dans
l?obligation de respecter la protection du loup et le bon état de conservation au titre de l?annexe V
de la directive habitats, le quota annuel est descendu à 35 loups en 2019.
3.2.2 Eléments de conclusion relatifs aux interventions sur la population
Comme en France, le passage du loup de l?annexe IV à l?annexe V de la directive Habitats est
réclamé par certains acteurs dans d?autres pays. La Commission européenne répond que la
directive laisse suffisamment de subsidiarité pour organiser la réponse la plus adaptée aux
attaques et qu?il n?est pas nécessaire de modifier le statut du loup.
L?exemple espagnol au nord du Douro où une proportion moindre de loups était tirée par rapport à
la France et l?exemple slovaque ne montrent pas une plus-value évidente à ce que le loup soit
classé en annexe V plutôt qu?en annexe IV. Dans les deux cas l?évaluation de la population était
perfectible et, en outre, pour l?exemple slovaque, l?annexe IV ne permet pas de se départir de
toutes les « contraintes » de la directive Habitats.
On peut noter que fin 2010, inquiète de plusieurs aspects de la politique menée par la Suède vis-
à-vis des loups et particulièrement de la chasse au loup alors que l'état de conservation de cette
espèce était défavorable, la Commission européenne a ouvert une procédure officielle d'infraction
en lui envoyant une lettre de mise en demeure17. Elle lui demandait de respecter la législation de
l'UE en matière d'environnement en protégeant de manière adéquate sa population de loups, qui
est, selon la Commission, encore menacée d'extinction. Or la mission constate que la Commission
européenne n?a pas jugé nécessaire de procéder depuis cette date à la saisine de la Cour de
justice européenne. L?appui de la politique suédoise sur des bases scientifiques en matière de
dénombrement des loups et de détermination d?un seuil de viabilité, ainsi que le dépassement de
ce seuil de viabilité sont probablement des éléments importants pris en compte par la Commission.
La mission considère donc que les fondements de la politique française de prélèvement
sont toujours pertinents et adaptés. Cette politique a d?ailleurs beaucoup évolué en 20 ans avec
trois grandes phases : 1) pas, puis peu de tirs pour faire croître la population de loups ; 2)
augmentation des prélèvements autorisés mais avec des prélèvements réels en dessous du
maximum possible et ; 3) définition scientifique et technique d?un plafond autorisé et quasi atteinte
de ce plafond majoritairement aujourd?hui, essentiellement par le tir de défense renforcé.
La demande des organisations professionnelles agricoles est d?obtenir, dans le cadre du futur plan
loup, ce qu?elles appellent un « tir de défense rénové » qui consiste à simplifier les conditions
d?accès au tir de défense renforcé de façon à ce que les loups puissent faire rapidement
17 https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_11_95
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 25/284
l?apprentissage du lien entre attaque sur un troupeau et tir dangereux pour lui, voire létal. La
mission n?a pas trouvé d?informations exploitables sur cette pratique à l?étranger mais elle
considère qu?une expérimentation serait sans risque sérieux pour la population moyennant
quelques précautions et mérite donc d?être initiée.
La Suisse autorise un recours au tir quand un seuil de dégâts (faible au regard des dégâts
constatés en France) est atteint. En Suède, l?agriculteur qui subit les dégâts, peut même intervenir
sans autorisation préalable. Le bien-fondé de la destruction est alors analysé par les agents du
Comté. En Suisse, dans cette situation, la destruction est de la responsabilité des agents
cantonaux sans intervention dans la décision de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) au
niveau national.
3.3 Politiques en matière de protection des troupeaux, coûts et
modalités de financement
Dans nombre des pays étudiés, les modalités de soutien financier public à la protection des
troupeaux sont fixées au niveau local (échelle comparable à celle des régions françaises). Cela
s?explique par l?organisation administrative des pays (de type fédéral ou confédéral) mais
également par un souci d?adaptation des mesures aux spécificités locales (types et modes
d?élevage, populations de loups...).
La mission a retrouvé dans tous les pays étudiés, tout ou partie du triptyque : bergers, chiens de
protection et enclos. Elle a cependant constaté que, selon les particularités du territoire concerné,
certains de ces éléments sont privilégiés car jugés plus pertinents ou efficaces.
En Allemagne, par exemple, les programmes d'aide sont spécifiques à chaque Land, ce qui est
justifié par le fait que la présence du loup en Allemagne se répartit géographiquement de manière
différente, certains Länder étant confrontés à des loups isolés de passage, d'autres à des loups
sédentaires, et que la structure des élevages d'herbivores varie également (petits ou grands
troupeaux). La Suisse fait le constat pragmatique que les bergers ne peuvent pas être présents 24
heures sur 24. Elle considère que les moyens de protection sont donc les clôtures et les chiens.
En Espagne, le surcroît de protection du troupeau apporté par la présence du berger est
consubstantielle de son métier d?éleveur.
3.3.1 Mesures de protection
La « stratégie pour la conservation et la gestion du loup et de sa coexistence avec les activités
rurales » du gouvernement espagnol met en avant 11 mesures de protection dont des mesures
« alternatives » parfois prônées en France (lamas ou ânes pour prévenir des attaques, banderoles,
barrières chimiques?). Pour autant ces dernières ne sont pas considérées comme
particulièrement efficaces. De même, en Castille et Léon, les clôtures fixes sont privilégiées par
rapport aux banderoles.
Ainsi, dans les pays ou les régions majoritairement constitués de zones de plaines avec des
animaux au pâturage, comme l?Allemagne et la Suède (hors élevages de rennes), les clôtures
électrifiées sont privilégiées. Des recommandations extrêmement détaillées et appuyées sur des
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 26/284
études d?efficacité sont établies et activement diffusées18. Elles mettent en évidence, notamment,
que, pour être efficaces, les clôtures doivent faire au moins 1m-1,20m de haut, que le fil électrique
le plus bas doit être au plus à 20-30 cm du sol, et les fils soient alimentés avec une tension minimale
de 4000-4500 volts.
En cas d?adaptation d?un grillage à moutons existant :
18 Exemples :
Suède : https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/stod-i-viltforvaltningen/vsc-
rekommendationer/
Allemagne : https://www.bfn.de/sites/default/files/2021-04/Skript530.pdf
https://www.wolf.sachsen.de/schutz-von-nutztieren-4181.html
Slovénie : https://www.varna-pasa.si/en/protection-of-property/effective-protection-measures/
Eurolargecarnivores : https://www.eurolargecarnivores.eu/en/tutorials
PUBLIÉ
https://www.bfn.de/sites/default/files/2021-04/Skript530.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 27/284
En Suisse, les animaux sont tous élevés dans des pâturages le plus souvent clôturés. Le service
de protection des troupeaux de l?Association suisse pour le développement de l?agriculture et de
l?espace rural (AGRIDEA), mandaté par l?Office fédéral de l?environnement (OFEV) a procédé à
des enquêtes et des expériences sur l?efficacité des clôtures et les critères qu?il a dégagés ont été
retenus par l?OFEV (cf. annexe 15.3.4).
En Slovaquie, il est recommandé une combinaison d'une clôture en métal ou en bois protégée de
l'extérieur par une clôture électrique comme mesure préventive contre les loups. Une clôture d'au
moins 1,6 m de haut est requise, tandis que le câble le plus bas de la clôture électrique doit être
guidé juste au-dessus de la surface du sol (à partir de 20 cm). Une tonte régulière de l'herbe évite
un court-circuit lorsque le fil conducteur touche l'herbe. Il est recommandé une tension d'au moins
5 800 V. La distance entre les câbles ou fils conducteurs ne doit pas dépasser 20 cm dans la partie
inférieure de la clôture jusqu'à une hauteur d'environ 1,2 mètre. À une hauteur supérieure à 1,2
mètre, il peut atteindre 30 cm.
La Slovaquie, la Suisse et l?Italie, de même que la France19 établissent un lien direct entre la
prédation et la mise en oeuvre des moyens de protection. Dans ces pays, comme en Italie, la
majorité des attaques est concentrée sur un nombre restreint d?élevages. En Slovaquie, les
attaques de loups peuvent toucher jusqu'à 30 % des troupeaux chaque année. Environ 80 % des
pertes surviennent dans environ 12 % des exploitations. En Suisse, 80% des attaques portent sur
des élevages non protégés. En Italie/Piémont, 368 élevages, soit 20,5 % des exploitations
touchées par au moins un dommage, ont perdu 62,2 % de l'ensemble des proies bovines. 922
exploitations, correspondant à 25,9% du total, ont perdu 73,3% des proies ovines.
3.3.2 Chiens de protection
Dans les pays ou les régions de montagne avec troupeaux en estive, l?accent est mis sur les chiens
(et les parcs de nuit clôturés).
Le recours à des chiens de protection est financé en Espagne, en Italie, en Suède, en Suisse et
en Allemagne. Dans ce dernier pays, les conflits de voisinage qu?ils sont susceptibles d?engendrer
rendent visiblement les autorités peu enclines à le promouvoir.
3.3.3 Financement des bergers
En France 76,7% des financements publics au titre de la protection portent sur des frais de
gardiennage. Un tel montant de financement public n?existe quasiment pas dans les pays et régions
examinés. Sauf en Suisse, le principe de rémunérer des bergers n?existe pas non plus. Quand un
soutien est prévu, c?est le travail supplémentaire occasionné pour la pose et l?entretien des clôtures
qui est subventionné.
Dans les Asturies et en Castille et Léon, le financement de bergers supplémentaires n?est pas
prévu considérant que la protection des troupeaux est un des fondamentaux du travail du berger
et n?a pas à être aidé. Toutefois, la Catalogne prévoit un « soutien aux éleveurs » d?un montant
maximum annuel de 6 euros par mouton. Ce montant est bien loin de couvrir le salaire d?un berger
supplémentaire. En outre, elle recommande un ratio de 1 berger pour 350 moutons. C?est une
recommandation de bonne pratique d?élevage, mais ce n?est pas une obligation.
En Suisse, la présence humaine n'est pas considérée comme une protection des troupeaux mais
19 Cf. rapport « Le loup et les activités d?élevage. Comparaison européenne dans le cadre du plan national d?action
2018-2023 », IGEDD/CGAAER, 2019
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 28/284
comme une forme de gestion. Une présence permanente de personnes auprès des troupeaux 24
heures sur 24 peut difficilement être garantie pour diverses raisons, notamment les exigences
légales (les temps de repos, de récupération et de sommeil du personnel doivent être accordés)
ou en raison des coûts excessifs (si les temps de repos étaient accordés il faudrait deux ou trois
postes de travail pour fournir des soins 24 heures sur 24). Dans les circonstances actuelles, la
seule présence humaine ne peut garantir un effet protecteur permanent.
La mission a par contre identifié dans certains pays la possibilité de prise en charge de coûts de
main-d?oeuvre liés à des actions nécessaires pour la protection des troupeaux, ce qui lui paraît
pertinent. C?est notamment le cas en Suède et en Allemagne où les lignes directrices nationales
rendent possible le financement de l?installation et de l?entretien des clôtures, par exemple.
3.3.4 Subventions
Sur la base des données qu?elle a pu collecter, la mission constate que le montant moyen de
l?indemnisation par animal prédaté (ovins et bovins confondus) est du même ordre de grandeur
dans les pays et régions étudiés qu?en France et va de 110 à 440¤ (cf annexe 4).
3.3.5 Eléments de conclusion relatifs à la protection
Les mesures de protection correspondent partout à la mise en oeuvre, totale ou partielle, du
triptyque : bergers, chiens de protection et enclos. Elles sont adaptées aux particularités des
territoires concernés selon leur efficacité locale.
La nature des mesures de protection pouvant faire l?objet d?un financement et conditionnant
l?indemnisation des dommages serait à moduler au vu des spécificités du territoire considéré. En
zones de plaine avec animaux au pâturage, l?usage de clôtures électrifiées adéquates serait ainsi
à privilégier. Dans ces zones, les exigences techniques relatives à ces clôtures devraient être
révisées (instruction technique DGPE/SDPE/2018-124 du 12/02/2018.). En effet, les
recommandations précises établies par d?autres pays sur la base d?études d?efficacité sont plus
exigeantes (cf. illustrations supra).
Aux ministère chargé de l?agriculture et de l?écologie : définir les
mesures de protection aux spécificités des territoires de plaine par instruction
technique en raison de l?expansion rapide du loup en France dans ces zones.
La mission n?a pas identifié d?éléments lui permettant d?apporter des éléments de réponse à la
controverse qui existe en France entre une partie des éleveurs qui assurent que les mesures de
protection requises (triptyque bergers-chiens-clôtures) sont correctement mises en place et des
associations qui indiquent que les attaques ont majoritairement lieu aux endroits où les protections
sont inexistantes ou défaillantes. Une chose est certaine il y a plus d?animaux prédatés par loup
qu?ailleurs.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 29/284
A l?exception de l?Italie et la Slovaquie, dans aucun autre pays ou région étudié, la mission n?a
identifié que le versement d?une indemnité compensatoire d?une prédation était conditionné à un
contrôle détaillé et tracé de l?effectivité des dispositifs de protection requis. En outre, la mission n?a
pas pu savoir si cette disposition était appliquée en Italie et en Slovaquie de façon rigoureuse ou
avec compréhension (voir paragraphe 3.4.1).
La mission ne recommande donc pas la mise en place d?un contrôle « sanction » mais soutient la
recommandation suivante émanant du projet LIFE Eurolargecarnivores20 : « L'évaluation des
interventions est essentielle pour la gestion adaptative, car elle permet d'établir une boucle
d'apprentissage constante allant des essais à l'évaluation, en passant par la définition de normes
et la poursuite des essais. La mise en oeuvre des interventions doit faire l'objet d'un suivi, leur
impact doit être évalué et les résultats doivent être utilisés comme base de données pour informer
et guider les interventions de gestion ultérieures dans la région et plus largement ».
A la Préfète coordonnatrice Loup : documenter les circonstances des
attaques dans le cadre de l?observatoire des mesures de protection, pour pouvoir
évaluer l?efficacité des mesures de protection et les optimiser.
Cette évaluation n?a pas besoin d?être pérenne et de couvrir toutes les zones de présence du loup.
Elle pourrait se dérouler sur des zones définies par échantillonnage et sur une période de temps
limitée. La reconduction périodique de l?évaluation sera nécessaire pour juger si l?efficacité des
mesures décroît en raison de l?apprentissage des loups à les contourner. Le choix de l?opérateur
sera important. Il ne peut pas venir de la sphère de l?Etat (Direction départementale des territoires,
ou Office français de la biodiversité) pour éviter que ces relevés d?information soient assimilés à
des contrôles. L?opérateur doit en outre être accepté par les organisations professionnelles
agricoles et les associations de protection de l?environnement. Un prestataire privé, doté d'un
20https://www.eurolargecarnivores.eu/en/
https://drive.google.com/file/d/12Lgq1BQQiTq4h3l7Vuypc-xlWu2XujEvijxUdBCm43c/view
0 2 4 6 8 10 12 14
France
Allemagne
Asturies
Castille et Léon
Catalogne
Piémont
Slovaquie
Suède
Suisse
Comparaison du nombre d'animaux prédatés par loup et par an
du ratio loups/bovins et ovins (en milliers)
nombre d'animaux prédatés / loup par an
Nombre de loups/nombre d?ovins et de bovins (en milliers)
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 30/284
contrat de plusieurs années pourrait faciliter le démarrage de cette action, le temps définir
l'opérateur de long terme.
La mission recommande de concentrer l?accompagnement préventif (analyse de vulnérabilité, mise
en oeuvre effective des moyens de protection notamment des clôtures électriques, suivi) des
attaques sur les élevages identifiés comme étant les plus soumis à la prédation.
Le rapport « Le loup et les activités d?élevage. Comparaison européenne dans le cadre du plan
national d?action 2018-2023 » recommandait, en 2019, une expertise approfondie du fait que 10%
des unités pastorales faisaient l?objet de la moitié des dommages en Auvergne-Rhône-Alpes et
Provence-Côte d?azur. Le prochain plan national d?actions devrait être l?occasion de mettre
en oeuvre cette recommandation
3.4 Politiques en matière d?indemnisation des dommages aux
troupeaux
La Suisse dépense encore plus que la France en proportion du nombre de loups mais la France
est le pays qui consacre le plus d?argent à la protection qui représente plus de six fois les dépenses
liées à la prédation.
0 10 20 30 40 50 60 70 80
France
Asturies
Catalogne
Slovaquie
Suisse
Comparaison des dépenses par nombre de bovins et ovins (en
milliers) et par loup
montant dépenses en k¤ /nombre d'ovins et de bovins en milliers
montant total dépenses en k¤ / nombre de loups
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 31/284
3.4.1 Conditions d?indemnisation
La Suisse a instauré depuis l?apparition du loup une politique par étapes pour mettre en place de
plus en plus systématiquement les protections des troupeaux. A la suite de la révision prévue de
l?Ordonnance sur la chasse et la protection des mammifères (OChP), il est aujourd?hui prévu qu?à
partir de 2024, seuls les animaux de rente prédatés pour lesquels une protection raisonnable des
troupeaux était en place, pourront être indemnisés. Il semble probable que les cantons concernés
dérogent à l?obligation de protection tout au moins dans un premier temps.
En Slovaquie, l'État indemnise les dommages causés aux bovins, ovins, caprins et équins s?ils
étaient dans un bâtiment fermé ou protégés par une clôture électrique au moment de l'événement,
ou s?ils étaient sous la surveillance directe d?une personne physique et d?un chien en liberté quand
le fait s'est produit. L'État ne paie que les dommages réels. L'Etat n'indemnise pas les dommages
causés par un loup si au moins une des mesures préventives n'est pas respectée. Les mesures
0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000 40000
France
Allemagne
Asturies
Castille et Léon
Catalogne
Piémont
Slovaquie
Suède
Suisse
Financement de la protection et de la prédation
montant indemnisations prédation en k¤ montant subventions protection en k¤
montant total dépenses en k¤ par an
0 5 10 15 20 25 30 35
France
Allemagne
Asturies
Castille et Léon
Catalogne
Piémont
Slovaquie
Suède
Suisse
Comparaison du financement de la protection et de la prédation /
loup
montant subventions protection en k¤/nombre de loups
montant indemnisations prédation en k¤/nombre de loups
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 32/284
préventives partielles ne sont pas prises en compte (ex : clôture électrique mal posée, chien de
berger attaché pendant le pâturage, etc.).
En Italie, l'aide est également conditionnée à l?adoption de mesures préventives et le montant de
l?indemnisation est fonction de la nature et de la diversité des mesures mises en oeuvre (cf.
annexe12.4.4).
3.4.2 Montant des indemnisations
Le coût des mesures de protection est partout plus élevé que le coût des indemnisations.
En Castille et Léon, l?extension vers le sud de la zone de présence du loup cantabrique, la
croissance de sa population et possiblement son nouveau statut de protection augmentent
rapidement les coûts des mesures de protection et d?indemnisation. Dans les Asturies, les équins
sont les animaux les plus prédatés et les bovins le sont autant que les ovins moins nombreux.
Mais nulle part ailleurs le coût des mesures de protection et des indemnisations n?est aussi élevé
qu?en France où il atteint respectivement 33 000 ¤ et 5 798 ¤ en moyenne par loup.
Concernant les indemnisations de prédations, les deux paramètres qui paraissent les plus
déterminants parmi les quelques ratios que la mission a établis, sont le nombre d?attaques réussies
par loup et le nombre d?animaux prédatés indemnisés par loup. Ils sont respectivement de 4.3 et
13 en France, versus 0.8 et 3.4 en Allemagne et 0.08 et 0.8 en Suède.
La mission n?a pas identifié de pays dans lequel le financement de l?indemnisation n?était pas
assuré par des institutions publiques. Il aurait pu être imaginé que des régions ou des pays aient
recours à l?assurance privée ou au versement d?une indemnité forfaitaire dans les zones à loup
dont l?idée générale pourrait s?inspirer de l?ICHN (indemnité compensatoire de handicaps naturels).
La mission s?est risquée à réaliser une estimation sur des bases très arbitraires pour obtenir un
ordre de grandeur. Le coût d?une telle mesure serait bien supérieur aux coûts cumulés actuels. Elle
aurait pour seul avantage la simplicité car elle ne mettrait pas l?accent sur les mesures de protection
comme c?est le cas pour tous les pays ou régions analysés. Le rapport « Évaluation des actions
menées par l'État dans le cadre du plan d'actions sur le loup. IGE/07/052, CGAAER 1642. Mars
2008 » recommandait la mise en place d?une telle mesure. La mission considère que le système
actuel : protection des troupeaux et indemnisation des dégâts, qui est déployé dans tous les pays
parangonnés, est plus adapté à la situation. Il indemnise en fonction de la prédation et pas
forfaitairement. Une « ICHN loup » isolerait probablement les éleveurs victimes de prédation et
renforcerait leurs difficultés psychologiques.
3.4.3 Concept de « non-protégeabilité » des troupeaux
La mission n?a trouvé que deux cas : la Suisse et la Bavière avec une réglementation récente où
est appliquée la notion se rapprochant du concept de « non-protégeabilité » des troupeaux comme
il existe dans la réglementation française en matière d?indemnisation des dégâts. En France, cette
notion a été historique et a été prévue pour ne pas imposer de mesures de protection notamment
pour l?élevage ovin laitier aveyronnais. Elle est aussi utilisée pour les élevages bovins qui
commencent à faire face à la prédation. C?est le cas en Bavière qui vient de décider que les
élevages pratiquant l?estive en montagne ne sont pas protégeables. Il semblerait que cette décision
soit considérée par le gouvernement fédéral comme ne respectant pas la directive Habitats.
En Suisse, la notion d?« élevage non raisonnablement protégeable » a nécessité une mise au point
de la notion entre l?OFEV et les cantons. Il a été convenu que la « non-protégeabilité » devait
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 33/284
inclure des aspects géographiques (ex. distances à parcourir pour protéger l?élevage),
topographiques (ex. pentes), géologiques (ex. pierriers) mais aussi des considérations d?ordre
économique (ex. assumer le salaire d?un berger est parfois incompatible avec la petite taille d?un
élevage). La Suisse insiste toutefois sur le fait qu?aucun élevage est non protégeable et que la
présence d?un berger formé et d?un chien éduqué sont les meilleurs moyens de protection d?un
troupeau, étant entendu que le risque nul n?existe pas.
Concernant la « non protégeabilité » de certaines espèces (bovins ou équins), la mission estime
qu?il n?y a pas de fondement technique à cette notion. En France, la prédation sur les bovins est
en augmentation. Il est probable qu?elle augmentera à l?avenir en raison de l?extension du loup
dans des zones d?élevage bovin, d?une moindre « disponibilité » en ovins pour le loup sur ces
zones et peut-être en raison d?un apprentissage du loup à chasser ces animaux.
Aux ministères chargés de l?agriculture et de l?écologie : abandonner la
disposition relative à la « non-protégeabilité » des bovins dans le prochain plan loup en
cours de préparation.
Par ailleurs, cette disposition « non-protégeabilité » de certaines zones du territoire apparaît à la
mission comme une réponse temporaire qui doit être remplacée dès que possible par une réponse
adaptée à la question de fond de la répartition acceptable du loup sur le territoire national et de la
gestion différenciée des territoires.
3.5 Gestion des nouvelles zones de prédation
En Espagne, il n?y a guère que la Catalogne qui soit concernée par l?arrivée de loups en provenance
des Pyrénées françaises. Depuis les années 2000, la Catalogne documente les zones de détection
et les animaux concernés. Il est estimé qu?il n?y a pas eu plus de cinq animaux la même année et
pour l?instant aucune meute ne s?est établie. Les dégâts dus à la prédation restent très limités :
quelques attaques par an pour des coûts inférieurs à la dizaine de milliers d?euros. Pourtant la
Communauté autonome de Catalogne a mis en place un ensemble très complet de réponses
comprenant un mécanisme d?indemnisation ainsi que des mesures de protection : prêt (gratuit) de
clôtures électriques, aides financières pour des chiens de protection des troupeaux et soutien
financier (limité) aux éleveurs. La Catalogne réfléchit en outre à l?élaboration d?un plan stratégique
pour l'élevage extensif pour la période 2021-2030 dont un des axes visera la coexistence des
activités agricoles et des prédateurs (loup et ours).
La faiblesse des indemnisations a conduit la Catalogne à financer ces mesures sur son budget
propre et pas par le FEADER. La réponse des autorités catalanes peut donc être rapide. En France,
le financement par le FEADER impose la passation de contrats mais il serait possible de s?inspirer
de l?exemple catalan pour la mise à disposition en urgence de clôtures. Par exemple il serait
possible aux conseils régionaux ou départementaux, voire à des collectivités de proximité, de
financer la constitution d?un petit stock de clôtures électriques pour répondre à des exigences
d?efficacité afin de financer leur installation en urgence dans les élevages nouvellement confrontés
à la prédation, avant que les éleveurs s?en équipent eux-mêmes.
La mission n?a pas trouvé d?information sur les nouvelles zones de prédation dans les autres pays.
Pourtant l?Allemagne est très concernée par le sujet et le sud de la Suède va accueillir des loups
alors qu?ils y sont peu nombreux aujourd?hui.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 34/284
3.6 Management général de la politique publique du loup dans les
pays
Dans la plupart des pays qu?elle a étudiés, la mission a constaté que les autorités locales de
territoires comparables aux régions françaises exercent une grande partie des compétences
relevant de l?Etat en France, dans le domaine des politiques publiques du loup. Selon les cas, cette
subsidiarité peut être comparée soit à une déconcentration soit à une décentralisation si l?on se
réfère à l?organisation administrative française. Par exemple, la Suède correspond plus à une
déconcentration tandis que l?Allemagne, l?Espagne, l?Italie et la Suisse sont plus proches d?une
décentralisation (ex. modèles de type fédéral ou confédéral).
Ce fort niveau de subsidiarité permet une adaptation aux spécificités locales.
Il peut conduire également à d?importantes différences d?approches dans l?espace ou dans le temps
(ex. objectifs, financements...).
La possibilité d?une adaptation des mesures à des spécificités des territoires et, tout
particulièrement, aux types d?élevage, paraît nécessaire à la mission (ex. mesures de protection,
cf. 3.3).
En France, les Régions ont des compétences en matière d?agriculture, d?environnement
(notamment PNR) et de biodiversité (Agence régionale de la biodiversité) et gèrent les fonds
européens notamment le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER). Elles
pourraient donc mettre en oeuvre des pans de la politique publique de gestion du loup dans un
cadre défini par l?État (qui doit s?assurer de et assurer à la Commission la conformité à la directive
Habitats) : collecte des preuves de présence du loup, surveillance de la population de loups sur
leur territoire, accompagnement et suivi des élevages les plus prédatés, fourniture de matériel de
protection (notamment des clôtures électriques aux élevages les plus prédatés), communication
auprès des éleveurs (notamment l?encouragement des mesures de prévention) et du public
( notamment en matière de comportement des chiens de protection).
Le rapport « Le loup et les activités d?élevage. Comparaison européenne dans le cadre du plan
national d?action 2018-2023 » indiquait en 2019 « la mission encourage l?État à innover : en
impliquant davantage les Régions dans les prises de décision concernant le loup afin de mieux les
adapter aux contextes locaux ; en réfléchissant à organiser une conférence citoyenne sur la place
du loup dans notre pays pour l?aider à éclairer les décisions futures. »
La présente mission reprend à son compte cette suggestion.
Aux ministères et aux Régions : engager un échange entre l?État et les
Régions sur l'évolution des compétences respectives pour la mise en oeuvre et le suivi
des actions ainsi que des financements relatifs aux déclinaisons opérationnelles locales
du plan national loup.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 35/284
Conclusion
Dans tous les pays ou régions étudiés la protection du loup apportée par la directive Habitats a
conduit à un accroissement important de sa population.
Ce dynamisme démographique pose souvent d?importants problèmes de cohabitation avec les
activités d?élevage. Ces problèmes constituent alors rapidement des sujets politiques complexes
et clivants. La mission a d?ailleurs pu constater que la politique publique du loup, dans un pays ou
une région, peut être sujette à évolutions importantes avec les changements de gouvernement.
Le pilotage conjoint en France par les ministères chargés de l?agriculture et de l?écologie de la
politique du loup et des activités d?élevage est un facteur d?équilibre et de cohérence spatio-
temporelle que souligne la mission.
La lettre de mission soulignait l?importance des dommages aux troupeaux et du coût de cette
politique en France. Le parangonnage a effectivement montré que les loups en France causent
beaucoup plus de dommages aux troupeaux21 que dans les pays et régions étudiés. Il n?a toutefois
pas permis d?en identifier les raisons. Les spécificités du mode d?élevage pastoral en France et la
taille et le nombre des troupeaux supérieurs en sont très probablement des déterminants
importants. Si la mission n?a pas identifié d?autre mesure de protection efficace en dehors du
triptyque clôture-chiens-bergers, elle recommande de prendre en compte l?expérience capitalisée
par d?autres pays sur les conditions d?efficacité des clôtures. Concernant les chiens de protection,
elle renvoie sur le prochain rapport de la mission dédiée du CGAAER.
Le parangonnage a mis en évidence une adaptation des mesures de protection aux situations
locales. Cette adaptation lui paraît effectivement indispensable. Les décisions en la matière
devraient pouvoir être appuyées sur l?analyse des évènements de prédation. La mission
recommande donc que les circonstances des attaques soient dorénavant documentées dans le
cadre de l?observatoire des mesures de protection afin d?évaluer et d?optimiser l?efficacité des
mesures de protection. Cette objectivation doit s?inscrire dans une optique d?amélioration continue
des connaissances et des pratiques. Le précédent rapport de parangonnage produit en 2019
recommandait une expertise approfondie du fait que 10% des unités pastorales faisaient l?objet de
la moitié des dommages en Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Côte d?azur. La mission considère
que cette recommandation est toujours pertinente.
La prospective démographique réalisée pour le territoire allemand, et dont la mission recommande
la réalisation pour la France, permet de considérer que la poursuite de la politique mise en oeuvre
dans les quatre précédents plans loup conduira(it) à terme, à l?expansion du loup sur l?essentiel du
territoire national avec des effectifs élevés (plusieurs milliers), seulement limités par la disponibilité
alimentaire (gibier sauvage et prédation sur les animaux d?élevage). Trois pays ont déjà choisi un
autre avenir que celui-là : l?Espagne, la Suède et la Suisse. Les orientations retenues sont très
différentes :
? en Espagne, accroissement modéré (15%) du nombre de loup cantabrique et du territoire
du loup cantabrique ;
? en Suède, quasi-stabilisation de la population et meilleure répartition des meutes entre le
centre et le sud avec une limitation du nombre de loups au nord ;
? en Suisse, répartition homogène des meutes sur le territoire et contingentement du
nombre total de meutes.
21 nombre total d?animaux tués ou blessés, et nombre d?animaux tués ou blessés par loup
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 36/284
Sous réserve de leur faisabilité juridique, ces trois autres avenirs sont encore accessibles à la
France (et d?autres options sont encore probablement également possibles). La mission
recommande que le nouveau plan loup prévoit l?établissement d?objectifs et d?une stratégie
française de long terme pour le loup, sur la base d?une prospective. En effet, si les orientations,
prises il y a plus de 20 ans et mises en oeuvre, plan loup après plan loup, sans changement de cap
notable depuis la réapparition du loup dans les Alpes-Maritimes ont atteint leur objectif de
restauration de la viabilité de l?espèce en France ; leur actualisation est nécessaire dès lors
qu?aujourd?hui, la population est de 1000 loups répartis sur un tiers du territoire métropolitain.
En outre, l?extension des populations de loup en Italie, en Suisse, en Allemagne, pour ne parler
que de nos voisins immédiats, fait que notre avenir ne pourra pas être indépendant de celui de ces
pays. La coopération internationale est un volet de tous les plans loup. Elle a concerné
principalement les scientifiques. Il importe que, dans le temps du prochain plan loup, les autorités
administratives soient également fortement impliquées dans la coopération internationale pour
harmoniser les méthodes nécessaires à une future gestion commune du loup. Ce sera
vraisemblablement un travail très conséquent qui justifie qu?il soit initié au plus tôt.
Valérie BADUEL
Loïc DOMBREVAL
Christian LE COZ
Inspectrice générale
de la santé publique
vétérinaire
Inspecteur général de
l'administration du
développement durable
Ingénieur général
des ponts, des eaux
et des forêts
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 37/284
Annexes
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 38/284
1 Lettre de mission
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 39/284
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 40/284
2 Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
COANTIC Amélie Secrétariat d?Etat à l?écologie Directrice de cabinet 03/02/2023
MAESTRACCI Sylvain
Ministère de l?agriculture et de la
souveraineté alimentaire
Conseiller 03/02/2023
THIBAULT Olivier
MTECT - Direction de l?eau et de la
biodiversité
Directeur 08/02/2023
GUILLAIN Pierre-Edouard id. Directeur adjoint 08/02/2023
DEBAERE Olivier Id. 08/02/2023
CELDRAN Aurélie Id. 08/02/2023
LENGRAND François Id. 08/02/2023
DUCLAUD Philippe
MASA - Direction générale de la
performance économique et
environnementale des entreprises
Directeur général 15/02/2023
LHERMITTE Serge Id. Chef de service 15/02/2023
BOUVATIER Sébastien Id. Adjoint sous-directeur 15/02/2023
JEAN Nicolas Office français de la biodiversité (0FB)
Directeur adjoint de la direction
des grands prédateurs terrestres
22/02/2023
SIMON Ricardo Id. 22/02/2023
QUENETTE Pierre-Yves Id.
SALAS Michel Id. Directeur de la DRAS
CELET Jean-Paul
Préfecture de la région Auvergne-Rhône
Alpes (AuRA)
Préfet référent national loup 23/02/2023
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 41/284
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
FERREIRA Bruno DRAAF AuRA Directeur 24/02/2023
ROUSSET Guillaume Id. Directeur adjoint
METRAL Mathieu Id. Référent loup
SEON-MASSIN Nirmala
Museum national d?histoire naturelle (MN
HN)
Directrice de l?expertise 08/03/2023
SARZEAUD Patrick Institut de l?élevage (IDELE)
Chef du service Méthodes et
Outils pour les Références et le
conseil (METEOR)
14/03/2023
POIRAUD Pierre Id. 14/03/2023
RONDREUX Estelle DREAL AuRA Directrice adjointe 15/03/2023
SERI Léa Id. Chargée de mission loup 15/03/2023
REINBERGER Eugène
Alliance européenne pour la
conservation du loup AEWC
délégué France 17/03/2023
WESTERLING Hans Id. délégué Belgique 17/03/2023
ABEL Jean-David France nature environnement (FNE) 21/03/2023
FONT Claude Fédération nationale ovine (FNO) 23/03/2023
BOUDOIN Michèle FNO Présidente 10/04/2023
GOMMART Avril
Service économique de l?ambassade de
France en Allemagne
CAA 25/04/2023
MARTINET Elise Id.
25/04/2023
13/06/2023
FAYOLLE Jean-Pascal
Service économique de l?ambassade de
France en Italie
CAA
FAURE Jean-Baptiste
Service économique de l?ambassade de
France en Espagne
CAA 28/04/2023
ESPINO PRADOS Alvaro Id. 28/04/2023
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 42/284
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
GROSJEAN Julien
Service économique de l?ambassade de
France en Suède
Conseiller 30/05/2023
OLOFSON Sebastian Suède, Ministère chargé de l?agriculture 30/05/2023
GRANATH Franck
Suède, Ministère chargé de
l?environnement
30/05/2023
BORJESSON Thomas.L
Suède, Comté Örebro
Chef de l?unité agriculture et chef
de l?unité faune sauvage par
intérim
31/05/2023
JÖRGENSEN Lena id.
Responsable du suivi de loups et
du contrôle de la chasse
31/05/2023
AHLQVIST
Per
id.
Ancien agent de l?unité faune
sauvage
31/05/2023
MALLWITZ Daniel Suède, Comté Västmanland Responsable faune sauvage 31/05/2023
SCHNIDRIG Reinhard
Office Fédéral de l?Environnement
(Suisse)
Chef de la section Faune
sauvage et conservation des
espèces
07/06/2023
METTLER Daniel AGRIDEA (Suisse)
Chef du Service chargé de la
protection des troupeaux
13/06/2023
BOURQUIN Nicolas Canton du Valais (Suisse)
Chef du service de la chasse, de
la pêche et de la faune
16/06/2023
LINDSTRÖM Carl-Johan
Suède, agence de protection de
l'environnement
Chef d'unité Unité de gestion de
la faune
22/06/2022
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 43/284
3 Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
BfN
Agence fédérale pour la conservation de la nature, dépendant du BMUV
BMEL Ministère fédéral de l?alimentation et de l?agriculture
BMUV Ministère fédéral de l'environnement, de la protection de la nature, de la
sécurité nucléaire et de la protection des consommateurs
BNatSchG Loi fédérale sur la protection de la nature (Allemagne)
BZWW Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup, au sein de l'Institut fédéral
pour l'agriculture et l'alimentation (BLE), dépendant du BMEL.
BNatSchG Loi fédérale sur la protection de la nature (Allemagne)
CE Commission européenne
CEHZ Registre central des animaux d?élevage (Slovaquie)
CGEDD Conseil général de l?environnement et du développement durable
CGAAER Conseil général de l?agriculture, de l?alimentation et des espaces ruraux
CMR Capture-Marquage-Recapture
CPT Chien de protection de troupeau
DBBW Centre de documentation et de conseil pour la gestion du loup, dépendant du
BMUV
DDT Direction départementale des territoires
ECI Etude comparative internationale
FEADER Fonds européen agricole pour le développement rural
IC Intervalle de confiance
ICHN Indemnité compensatoire de handicaps naturels
IGEDD Inspection générale de l?environnement et du développement durable
KORA Ecologie des Carnivores et gestion de la faune sauvage (Suisse)
LIFE Funding instrument for the environment (Union européenne)
Instrument financier pour l'environnement
MASA Ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire
MTE Ministère de la transition écologique
OFEV Office fédéral de l?environnement (Suisse)
OChP Ordonnance sur la chasse et la protection des mammifères
OFB Office français de la biodiversité
ONG Organisation non gouvernementale
SPO SR Point focal biodiversité (Slovaquie)
PNA Plan national d?actions
WAG Wolf Alpine Group
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 44/284
4 Tableau des chiffres clés par pays
Avertissement : ce tableau a vocation à donner des ordres de grandeur et non des chiffres précis et récents. En effet, les chiffres indiqués ne concernent
pas tous la même année et correspondent parfois à des estimations sur la base du croisement de données par la mission
France Allemagne Asturies Castille et Léon Catalogne Piémont22 Slovaquie23 Suède Suisse
nombre d'ovins en milliers 6995 1520 100 900 600 7500 300 348 350
nombre de bovins en milliers 17300 11000 100 1300 500 6000 115 1390 1500
nombre de loups 921 1175 314 1600 5 3300 400 460 240
nombre de meutes 128 161 37 179 0 N/A Inconnu 51 26
Nombre de loups/nombre d?ovins et de
bovins (en milliers)
0,04 0,09 1,57 0,73 0,005 0,24 0,96 0,26 0,13
nombre d'attaques par an 4000 942 1960 3034 < 10 4107 Inconnu 38 Inconnu
nombre d'attaques sur ovins inconnu inconnu inconnu 3300 inconnu Inconnu
nombre d'attaques sur bovins inconnu inconnu inconnu 800 inconnu Inconnu
nombre d'animaux tués ou blessés 12000 3959 2721 5080 inconnu 10289 298 364 1000
nombre d'ovins tués ou blessés 679 inconnu inconnu 8480 270 980
nombre de bovins tués ou blessés 656 inconnu inconnu 1432 14 20
montant total dépenses en k¤ par an 35760 12050 2800 7054
quelques
centaines
ou milliers
d'euros 48 1370 16440
montant subventions protection en k¤ 30420 1154924 2000 4854 inconnu inconnu inconnu 1200 8000
montant indemnisations prédation en k¤ 5340 500 800 2200 inconnu 1920 34 170 440
22 Chiffres 2019
23 Chiffres 2018
24 Chiffres 2021
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 45/284
France Allemagne Asturies Castille et Léon Catalogne Piémont22 Slovaquie23 Suède Suisse
montant total dépenses en k¤ / nombre
de loups 38,8 10,3 8,9 0,4 inconnu inconnu 0,12 3,0 68,5
montant dépenses en k¤ /nombre d'ovins
et de bovins 1,5 0,96 14,0 3,2 inconnu Inconnu 0,11 0,8 8,9
montant dépenses en k¤/nombre d'ovins 5,1 7,93 28,0 7,8 inconnu inconnu 0,16 3,9 47,0
montant indemnisations prédation en k¤/
nombre d'animaux prédatés 0,4 0,12 0,3 0,4 inconnu 0,18660706 0,11 0,5 0,44
nombre d'attaques par loup par an 4,3 0,8 6,2 0,2 inconnu 1,2 inconnu 0,1 Inconnu
nombre d'animaux prédatés / loup par an 13,0 3,4 8,7 0,3 inconnu 3,1 0,75 0,8 4,2
montant indemnisations prédation en
k¤/nombre de loups 5,8 0,43 2,5 0,1 inconnu 0,581 0,085 0,4 1,8
montant subventions protection en
k¤/nombre de loups 33,0 9,83 6,4 0,3 inconnu inconnu inconnu 2,6 33,3
montant subventions protection en
k¤/nombre d'ovins et de bovins 1,3 0,92 10,0 2,2 inconnu inconnu inconnu 0,7 0,004
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 46/284
5 Historique rapide des plans nationaux d?actions relatif au
loup
Les deux premiers loups ont été vus en novembre 1992 dans les Alpes-Maritimes. Ils ont formé la
meute historique Vésubie-Tinée dans le parc national du Mercantour et ont marqué le retour du
loup en France.
Le parc national du Mercantour a mis en place dès l'hiver 1992-93 un protocole de suivi scientifique
des loups présents dans les Alpes françaises, une procédure de compensation des dommages sur
le cheptel domestique, des aides pour le renforcement du gardiennage et des campagnes
d'information.
Par la suite, deux programmes LIFE 1997 à 1999 et 1999-2004 ont permis de financer les actions
de protection, de communication et de suivi biologiques.
5.1 PNA 2004-2008
Le premier « Plan d?action sur le Loup » pour la période 2004-2008, publié en 2004, est concis (18
pages). A cette époque, la population a été estimée lors de saison hivernale 2003/2004 entre 37 à
41 animaux (moyenne de 39 individus). Les ministères de l?écologie et de l?agriculture le portaient
déjà conjointement. Les cinq objectifs de ce plan sont :
A. Réduire l?impact du loup en accompagnant les éleveurs
B. Gestion des populations de loup
C. Poursuivre le suivi biologique du loup et de son impact sur l?élevage
D. Coopération transfrontalière
E. La communication et la concertation
Parallèlement un « Groupe National Loup » (groupe de travail et réflexion) est aussi créé à
l?automne 2004, réunissant différents acteurs administratifs, professionnels, experts, élus et
associations, qui définissent conjointement la politique de la France sur le sujet.
Les éléments structurants de la politique actuelle sont déjà en place :
? protection directe des troupeaux (techniques de prévention) ;
? favoriser les pratiques pastorales moins vulnérables à la prédation (diagnostics pastoraux,
amélioration des conditions d?exercice du pastoralisme) ;
? indemnisation des dégâts ;
? prélèvement de loups.
Dans le but de ralentir la croissance démographique du loup ? le gouvernement a décidé en 2004
un prélèvement de 10% des individus réellement dénombrés au cours de l?hiver 2003/2004, soit le
retrait de 4 individus.
L?arrêté des ministres de l?écologie et du développement durable et de l?agriculture et de la pêche,
en date du 24 mai 2006, autorisant les opérations d?effarouchement, de tirs de défense et de
prélèvement sur les animaux de l?espèce Canis lupus pour la période 2006-2007 est le premier
arrêté-cadre qui organise les prélèvements de loups en France. Il contient le protocole technique
d?intervention et le nombre maximum de spécimens dont le prélèvement est autorisé (6) qui sera
par la suite individualisé dans un arrêté spécifique.
5.2 PNA 2008-2012
Ce plan est dénommé « plan d'action national sur le loup (2008-2012), dans le contexte français
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 47/284
d'une activité importante et traditionnelle d'élevage ».
Les objectifs de ce 2e plan sont pratiquement les même que ceux du précédent.
? Limiter les impacts du loup en accompagnant les éleveurs.
? Suivi de la population de loup en France.
? Mesures de gestion
? Coopération transfrontalière et échange internationaux
? Communication et concertation.
5.3 PNA 2013-2017
Ce 3e plan s?appelle sobrement « plan national d?actions loup 2013-2017 ». Ses objectifs sont :
? le suivi biologique de la population de loups ;
? la protection des troupeaux contre la prédation ;
? l'indemnisation des dommages aux troupeaux ;
? les interventions sur les spécimens de loups ;
? la communication et l'information ;
? la coopération transfrontalière et les échanges internationaux.
Les prélèvements de loups existent déjà, mais c?est le premier plan qui affiche que le prélèvement
est un objectif du plan.
5.4 PNA 2018-2023
Le 4e plan est intitulé « plan national d?actions 2018-2023 sur le loup et les activités d?élevage ».
Sa présentation est sensiblement différente des précédents avec un accent porté sur les actions.
Cette partie est la plus importante (75 pages sur un total de 94 pages) et contient 37 actions
regroupées en huit axes :
1. la protection des troupeaux
2. renforcer le soutien au pastoralisme
3. renforcer le pilotage départemental du plan national loup en lien avec le préfet
coordonnateur
4. l'indemnisation des dommages
5. le suivi biologique du loup
6. les interventions sur la population de loup
7. développement de la communication, de l'information et de la formation
8. études et prospective
5.5 Analyse sommaire des PNA
L?analyse des quatre plans nationaux d?actions (PNA) relatifs au loup, qui couvrent la période 2004-
2023, montre une très grande constance de objectifs des quatre PNA avec les objectifs suivants
qui se retrouvent dans chaque plan :
? protection directe des troupeaux (techniques de prévention) et favoriser les pratiques
pastorales moins vulnérables à la prédation (diagnostics pastoraux, amélioration des
conditions d?exercice du pastoralisme) ;
? indemnisation des dégâts ;
? assurer le suivi de la population de loup en France ;
? prélèvements de loup ;
? coopération transfrontalière et échange internationaux ;
? communication et concertation.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 48/284
Les plans sont, au fil du temps, de plus en plus détaillés, mais ils ne changent pas
fondamentalement.
Renforcement dans le temps de l?objectif de prélèvements de loup
L?objectif qui se renforce le plus avec le temps, est celui des prélèvements de loups et le plan 2013-
2017 en fait un objectif explicite du plan. Le document La présence du loup en France entre 2013
et 2017. État des lieux et diagnostic de la situation dans la perspective de la rédaction du futur plan
national d?actions 2018-2023 sur le loup et les activités d?élevage fait le bilan des modalités de
prélèvement. La brigade loup a été mise ne place à l?été 2015. Lors de la campagne de 2015-2016
la toute jeune brigade loup réalise 26 destructions sur les 32 réalisées. Elle aura permis que les
destructions autorisées soient réalisées alors que ce n?était pas vraiment le cas auparavant. Dès
la campagne suivante 2016-2017, sur 34 destructions, il y a aura plus de destructions liées aux tirs
de défense renforcé (16) qu?aux tirs de prélèvement renforcés réalisés par la brigade (11). La
brigade loup s?est entre-temps consacrée à la formation des louvetiers davantage qu?à participer
aux opérations de destruction. Les louvetiers et les équipes encadrées par les louvetiers montrent
dès ce moment leurs aptitudes à réaliser les destructions autorisées. Ce sont deux caractéristiques
toujours actuelles : 1) les destructions autorisées sont presque intégralement réalisées et 2) elles
sont majoritairement réalisées lors des opérations de défense renforcée.
Des objectifs secondaires ne sont pas repris par le plan suivant
Quelques objectifs secondaires peuvent être cités par un plan mais ne sont pas repris par les plans
suivants :
? PNA 2004- 2008 : lutter contre les chiens errants et lutter contre l?hybridation.
? PNA 2008-2012 : maîtriser le braconnage et marquage des loups captifs.
Certains objectifs ne sont pas repris alors que le problème demeure (lutte contre les chiens errants).
D?autres témoignent de préoccupations qui existaient au moment de la rédaction (hybridation) ou
ont été traitées (marquage des loups captifs).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 49/284
6 Tableau des critères et les éléments d?orientation pour
choisir les pays (et régions) objet du parangonnage
Eléments
d?orientation
connus et pris
en compte par
la mission en
janvier 2023
Allemagne Asturies Castille-
Léon
Catalogne Piémont Slovaquie Suède Suisse
Ovins/
pastoralisme,
estive
X X X
Ovins au
pâturage
X X X X X X
Bovins au
pâturage
X
X
X X X
Ordre de
grandeur du
ratio nb loups/
nb ovins +
bovins proche
du ratio
français (dans
les zones
concernées par
la prédation)
X X X X X X X
Prédation sur
ovins
X X X X X X X X
Prédation sur
bovins
X X X
X X
Directive
Habitats + loup
en annexe IV
X
X X X
X hors UE
Directive
Habitats + loup
en annexe V
X X X hors UE
Convention de
Berne
X X X X X X X X
Prélèvements
létaux
autorisés
X X X X X
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 50/284
7 Tableau d?analyse des rapports relatifs au loup du
Conseil général de l?environnement et du Conseil général
de l?agriculture, de l?alimentation et des espaces ruraux
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 51/284
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 52/284
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 53/284
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 54/284
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 55/284
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 56/284
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 57/284
8 Fiche Allemagne
8.1 Présentation de l?élevage en Allemagne
8.1.1 Ovins
1.52M en 2022 (forte baisse : 2.7M il y a 20 ans)
dont 13 400 brebis laitières
Concentration géographique en Bavière, Bade-Wurtemberg et Schleswig-Holstein
97% avec pâturage
Basse-Saxe : 162 500 moutons en novembre 2022
Saxe : 62 400 moutons en novembre 2022
(Source BMEL)
8.1.2 Bovins
11 M en 2022
Dont 3.8M de vaches laitières
Principaux länder : Bavière, Basse-Saxe, Rhénanie-du-Nord-Westphalie et Schleswig-Holstein.
Les 2 premiers concentrent la moitié de la population bovine allemande.
(Source BMEL)
8.1.3 Caprins
159 000 en 2022 (source Eurostat).
8.2 Caractéristiques de la population de loup
8.2.1 Les effectifs de loup
Nombre d?individus, nombre de meutes :
Au cours de l'année de monitoring 2021/2022, les Länder allemands ont confirmé la présence d'un
total de 161 meutes de loups, 43 couples de loups et 21 loups solitaires sédentaires.
L'analyse des données de monitoring collectées par les Länder montre qu'au moins 1175 individus
vivaient dans les territoires de loups confirmés au cours de l'année de monitoring 2021/2022 qui
vient de s'achever : 423 loups ont pu être classés avec certitude comme adultes, et pour 57 autres
animaux identifiés par le monitoring des Länder, il n'a pas été possible de déterminer clairement
s'il s'agissait d'adultes ou de subadultes. Si l'on tient compte de ces individus, le nombre minimal
de loups adultes dans les territoires confirmés au cours de l'année de suivi 2021/2022 se situait
entre 423 et 480 à l'échelle nationale. 98 yearlings (loups dans leur deuxième année de vie) et 550
chiots (loups dans leur première année de vie) ont en outre pu être identifiés. Pour sept individus,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 58/284
il n'était pas certain qu'il s'agissait de yearlings ou de chiots, pour 40 autres individus, l'âge n'a pas
pu être déterminé.
(Cf infra 2.3 pour plus de détails)
Evolution de la population
Au cours de l'année de suivi précédente, 2020/2021, 158 meutes, 35 couples et 22 loups solitaires
ont été identifiés.
Bleu : meutes / Rouge : couples / Jaune : loups isolés (DBBW au 13/04/2023)
8.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Le suivi annuel s'étend du 1er mai au 30 avril de l'année suivante et couvre un cycle de
reproduction, de la naissance des jeunes à leur première année de vie. Durant cette période, les
Länder collectent les données selon des normes uniformes, ce qui garantit la comparabilité.
Ensuite, les données collectées par les Länder sont validées et comparées. Le BfN et la DBBW
les rassemblent ensuite au niveau national. Les résultats sont ensuite mis à la disposition du public
(cartes de répartition). Sur le site web du DBBW, on trouve les personnes de contact des Länder
qui sont responsables du monitoring des grands prédateurs.
Tous les indices qui indiquent la présence de grands prédateurs sont d'abord documentés. Il s'agit
entre autres de photos prises lors de rencontres fortuites ou de pièges photographiques, de
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 59/284
matériel génétique pour des analyses, de traces ou encore d'observations.
Les normes de suivi du loup, du lynx et de l'ours en Allemagne (Kaczensky et al. 2009, Reinhardt
et al. 2015), ci-après dénommées normes de suivi, classent les données en fonction de leur véri-
fiabilité. Cette catégorisation se réfère aux critères SCALP, qui ont été développés dans le cadre
du projet "Status and Conservation of the Alpine Lynx Population" (SCALP) pour la surveillance
transnationale du lynx dans les Alpes. Ces critères SCALP ont été adaptés au loup et à l'ours et
aux circonstances en Allemagne. La lettre C signifie "Catégorie", les chiffres 1 à 3 définissent la
vérifiabilité des indices.
C1 : preuve évidente = faits concrets qui confirment clairement la présence de l'espèce animale
concernée (capture vivante, animal trouvé mort, preuve génétique, photographie, points de don-
nées télémétriques).
C2 : indice confirmé = indice (par exemple piste ou animal tué) dont une personne expérimentée
a confirmé qu'il provenait d'un loup, d'un lynx ou d'un ours. La personne expérimentée peut elle-
même procéder à une évaluation de l'indice sur le terrain ou examiner et valider la documentation
concluante réalisée par une autre personne.
C3 : Indice non confirmé = tous les indices qui n'ont pu être ni confirmés ni exclus de l'origine du
loup, du lynx ou de l'ours par une personne expérimentée en raison d'informations insuffisantes.
Cette catégorie comprend toutes les observations sans preuve sous forme de photographie, y
compris les observations par des personnes expérimentées, tous les indices trop anciens, insuffi-
samment ou incomplètement documentés, les indices qui ne fournissent pas suffisamment d'infor-
mations (par exemple dans le cas de traces) ou qui sont insuffisants pour une confirmation pour
d'autres raisons. La catégorie C3 peut être divisée en sous-catégories telles que "haute probabilité"
et "faible probabilité".
Faux : Faux rapport = indice pour lequel on peut exclure qu'il provienne de l'espèce concernée.
k.B. : keine Bewertung möglich (évaluation impossible) = indices qui ne peuvent pas être évalués
en raison d'informations manquantes, même au niveau minimum, par exemple des observations
d'animaux tués ou de traces.
Les données relatives à la taille de la population, à la reproduction et aux zones d'occurrence sont
exclusivement basées sur les données C1 et C2. Les indices non confirmés sont particulièrement
intéressants dans les zones où aucun loup n'a été détecté jusqu'à présent (possibilité d'un nouvel
établissement).
Pour chaque cellule de la grille (10 x 10 km), les indices et les indices de présence de l'année de
monitoring sont rassemblés et ensuite validés. Sont considérés comme des indices et des preuves,
par exemple, les échantillons génétiques ou même les photos. Les indices qui ne sont pas
vérifiables (observations visuelles, vocalisations) ou qui ne sont pas suffisamment documentés ne
sont pas intégrés dans la représentation cartographique. Une cellule de la grille est considérée
comme occupée et colorée en vert (cf carte infra) lorsqu'il existe un indice C1 ou au moins trois
indices C2 indépendants. La catégorisation des données de suivi et des indices se base sur les
normes communes de suivi. Les indices C1 sont ceux qui confirment clairement la présence du
loup (capture vivante, cadavre, preuve génétique, photo). Sont classés C2 les indices confirmés
qui ont été vérifiés par une personne expérimentée (par exemple une trace ou une morsure). Les
cellules dans lesquelles la première preuve de reproduction d'une meute a été apportée au cours
de l'année de suivi sont marquées d'un losange. Lorsque les territoires des loups sont contigus,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 60/284
une cellule peut également contenir des reproductions de plus d'une meute.
La taille de la population de loups est mesurée par un indice qui résulte du nombre de meutes et
de couples. Lorsqu'une meute avec reproduction est confirmée pour une année de suivi (du 1er
mai au 30 avril), elle est comptée comme une paire dans cette zone pour l'année de suivi
précédente, qu'elle ait été détectée ou non lors du suivi de l'année précédente. L'analyse des
données est effectuée tout au long de l'année, mais la compilation nationale des données est
généralement réalisée en automne, après la fin de l'année de surveillance. Lorsque de nouvelles
informations sont disponibles plus tard, les résultats sont corrigés et transférés dans les rapports
de situation et les chiffres. Toutes les modifications apportées aux données sont identifiables grâce
à des marques. La délimitation des territoires voisins est effectuée sur la base de critères stricts.
L'aire d'occurrence résulte du nombre de mailles dans lesquelles la présence du loup a été
confirmée au cours de l'année de suivi concernée.
Cf fiche-annexe 1 pour plus de détails.
Il n?y a pas de suivi commun par l?Allemagne et la Pologne de la population de loups. Des échanges
réguliers se tiennent entre les deux pays mais ne sont pas très développés. Le conseil allemand
de l?environnement [deutscher Umweltrat], qui suit aussi la thématique du loup, a proposé à la
Pologne de réaliser un suivi commun mais celle-ci a décliné cette proposition. Le monitoring y est
réalisé selon une méthodologie différente et de façon beaucoup moins intensive qu?en Allemagne,
le loup y ayant toujours été présent et sa protection faisant donc l?objet d?une préoccupation moins
forte.
8.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 61/284
25
La présence du loup dans toute l'Allemagne se concentre, comme les années précédentes, sur le
territoire allant de la Saxe en direction du nord-ouest à la Basse-Saxe en passant par le
Brandebourg, la Saxe-Anhalt et le Mecklembourg-Poméranie occidentale. D'autres territoires de
loups ont été identifiés dans le Bade-Wurtemberg, la Bavière, la Hesse, la Rhénanie-du-Nord-
Westphalie, le Schleswig-Holstein et la Thuringe.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 62/284
Bleu : meute / Rouge : couple / Jaune : loup isolé
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 63/284
Évolution depuis 2001 :
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 64/284
Les bureaux responsables de la gestion du loup tant au ministère fédéral de l?environnement qu?au
ministère fédéral de l?agriculture n?ont pas identifié d?explication au fait que le loup progresse en
direction de l?Ouest et non vers le Sud de l?Allemagne, depuis la frontière polonaise.
PUBLIÉ
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Vert foncé : meutes / Vert moyen : couples / Vert jaune : loups isolés
Causes de mortalité des loups (147 en 2022) :
PUBLIÉ
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Rouge : mise à mort illégale / Jaune : gestion / Vert : naturel / Vert kaki : non déterminé / Parme : accident de la
route / blanc : en cours d?investigation26
8.2.4 Viabilité de la population de loup
Quel est le statut juridique de protection du loup en Allemagne ?
Le loup est inscrit aux annexes II et IV de la directive européenne Faune-Flore-Habitat (directive
FFH) et constitue, conformément à l'article 1h de la directive, une espèce prioritaire pour la
conservation de laquelle tous les États de l'Union européenne ont une responsabilité particulière.
Au niveau national, le loup est une espèce strictement protégée par la loi fédérale sur la protection
de la nature27
Dans la liste rouge actuelle des mammifères d'Allemagne (2020), le loup est classé dans la
catégorie "en danger". Les autorités des Länder sont responsables de la mise en oeuvre de la
protection du loup en Allemagne.
L'état de conservation du loup doit être déterminé tous les six ans dans le cadre des rapports à
établir pour les directives européennes sur la protection de la nature à l'intention de l'UE. Il est
défini selon la directive FFH (art. 1, lettre i) et sa classification se mesure à l'échelle européenne
selon des critères uniformes. Ces critères sont, outre la population, la répartition, la taille et la
qualité de l'habitat ainsi que les perspectives d'avenir. Bien que la population allemande de loups
ait évolué positivement au cours des dernières années, l'ensemble de ces critères montre que
l'espèce présente toujours un état de conservation globalement défavorable dans les deux régions
biogéographiques (atlantique et continentale) où le loup a été évalué, selon le rapport FFH
allemand de 2019 (période de référence : 2013-2018). La tendance générale a été jugée "en
amélioration" pour les deux régions biogéographiques.
26 Source DBBW
27 § 7 alinéa 2 n° 14 BNatSchG
PUBLIÉ
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L?office fédéral pour la protection de la nature [Bundesamt für Naturschutz] réalise actuellement
une étude visant à obtenir une estimation précise des effectifs du loup en Allemagne, et des
données sur sa viabilité. Cette étude, qui est la première de ce type en Allemagne, devrait être
disponible d?ici la fin de l?année 2023.
Elle est réalisée dans le cadre du débat actuel sur la présence du loup dans l?UE et en Allemagne.
Les éleveurs et chasseurs allemands accusent régulièrement les autorités allemandes de sous-
estimer cette présence.
Une étude réalisée pour la Basse-Saxe
Extrait du plan loup de Basse-Saxe
Le Land de Basse-Saxe a réalisé une étude de population basée sur un modèle sur le loup en
Basse-Saxe comme aspect partiel de l'état de conservation en Allemagne en 2021. Cette étude a
été réalisée par l'Université d'Agriculture de Vienne, BOKU, à l'Institut de biologie de la faune et de
la chasse.
L'étude a évalué la population de loups en Basse-Saxe et en Allemagne (à l'exception de la Basse-
Saxe), en partant de l'année 2015 jusqu'à l'année 2045. Vingt-trois scénarios ont été élaborés, qui
décrivent les effets de différentes conditions sur la population finale. Pour la modélisation de la
simulation, une analyse de vulnérabilité de la population (AVP) a été créée afin d'évaluer la
probabilité de survie d'une population. L'analyse a été réalisée sur la base des stades de vie des
loups (chiot, yearling, sous-dominant, dispersé - "loups migrateurs", territorial) à l'aide de d'un
modèle de cycle de vie développé en interne et basé sur les données de la littérature. Dans un
premier temps, un scénario standard, dans lequel la simulation est basée sur des données réalistes
et qui a été utilisé pour la comparaison avec d'autres scénarios a été utilisé. L'effectif de départ en
2015 se base sur les individus effectivement détectés. Les résultats de l'AVP ont été analysés à la
fois sur la base de paramètres démographiques et génétiques. Deux analyses de sensibilité ont
été effectuées pour évaluer les effets des paramètres d'entrée de la simulation sur la population
de loups.
Les territoires de loups constatés en Allemagne au cours des années de suivi 2000/01 à 2020/21
ont une croissance exponentielle. Sur la base de l'analyse de l'adéquation des habitats de Kramer-
Schadt et al. (2020), en supposant une croissance constante de l'ordre de 32%, on a pu prévoir
que la limite écologique maximale limite de capacité de 1408 territoires en Allemagne sera très
probablement atteinte en 2030 (89,6%). Pour la Basse-Saxe, cela correspond, selon le modèle, à
175 à 205 territoires (1120-1312 loups).
Tous les scénarios (à l'exception de ceux avec une mortalité élevée) aboutissent à une bonne
diversité génétique, comparable à celle de la population de départ en 2015. L'immigration dans la
population de Basse-Saxe en provenance du reste de l'Allemagne semble jouer un rôle important
dans le maintien de la diversité génétique.
La mortalité des loups territoriaux ainsi que les disperseurs, appelés « loups migrateurs », exerce
la plus grande influence sur la diversité génétique de la population. L'analyse de sensibilité a permis
d'évaluer l'ampleur de l'effet de certains des différents paramètres. Il s'est avéré que le taux de
mortalité annuel et le nombre de femelles reproductrices ont un effet important sur la population.
Communiqué de presse :28
28 https://www.umwelt.niedersachsen.de/startseite/aktuelles/pressemitteilungen/pi-92-populationsstudie-wolf-
213564.html
PUBLIÉ
https://www.umwelt.niedersachsen.de/startseite/aktuelles/pressemitteilungen/pi-92-populationsstudie-wolf-213564.html
https://www.umwelt.niedersachsen.de/startseite/aktuelles/pressemitteilungen/pi-92-populationsstudie-wolf-213564.html
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« Avec actuellement 39 meutes de loups et 4 loups solitaires résidents, la Basse-Saxe a atteint
une population minimale biologiquement nécessaire pour l'espèce loup. Une étude présentée
aujourd'hui à Hanovre par l'Institut de biologie du gibier et de gestion de la chasse (IWJ) de
l'Université de la culture du sol de Vienne a développé à cet effet une base scientifique pour une
gestion de la faune sauvage capable de garantir cette population.
Le ministre de l'environnement de Basse-Saxe, Olaf Lies, a déclaré à ce sujet lors de la
présentation de l'étude : "La politique environnementale de la Basse-Saxe s'engage à protéger les
espèces dans leur ensemble. Les espèces rares d'oiseaux et de plantes qui dépendent des
biotopes pâturés sont tout aussi dignes de protection que nos loups. Nous serions donc bien avisés
de faire preuve d'objectivité et non d'émotion en matière de gestion de la faune sauvage. C'est
pourquoi la Basse-Saxe a chargé l'Institut de biologie de la faune sauvage et de gestion
cynégétique de la célèbre université viennoise de l'agriculture (BOKU) de réaliser une étude
scientifique sur l'évolution de la population de loups".
Et d'ajouter : « Le résultat a montré que, compte tenu d'une population en constante augmentation,
le prélèvement contrôlé de loups ne présente en principe aucun risque pour la population de loups
en Allemagne. Seule condition : un contrôle permanent par le biais d'un suivi toujours aussi étroit
et systématique ».
En conséquence, l'étude démontre que même dans l'hypothèse des scénarios les plus divers - par
exemple des catastrophes naturelles imprévues - il faut s'attendre à une augmentation
exponentielle du nombre de loups en Allemagne. En partant de l'année de référence 2015, où il n'y
avait que 6 meutes en Basse-Saxe, les modèles montrent une augmentation continue de la
population, ce qui rend très improbable une nouvelle extinction des loups, même en cas de
prélèvements contrôlés.
« Aujourd'hui, nous comptons 39 meutes de loups connues en Basse-Saxe. La part de la Basse-
Saxe dans la population minimale biologiquement nécessaire est donc atteinte depuis longtemps.
Avec une densité de loups croissante, c'est donc une autre limite qui se trouve au centre de
l'attention : la population acceptable, c'est-à-dire le nombre de loups que les gens acceptent encore
dans le paysage culturel. Et en particulier ceux qui ne vivent pas dans les grandes villes », poursuit
Lies. A l'aide du modèle statistique développé dans le cadre de l'étude, il est possible de garantir
une protection scientifiquement fondée de la part de la population de loups de Basse-Saxe dans
l'ensemble de l'Allemagne en cas de prélèvements nécessaires et, à terme, de gestion de la
population.
Selon Lies, l'objectif d'une gestion de la population devrait donc être - comme pour d'autres
animaux sauvages - un quota de loups causant des dommages, qui pourraient être prélevés grâce
à l'intégration du loup dans le droit de chasse sans qu'il soit nécessaire d'obtenir de longues
autorisations individuelles.
Contexte : étude de population basée sur un modèle concernant le loup en Basse-Saxe, en tant
qu'aspect partiel de l'état de conservation en Allemagne.
Dans la présente étude, des analyses de risque de population sont effectuées pour la population
de loups en Basse-Saxe et dans le reste de l'Allemagne, et les évolutions théoriques sont
modélisées pour les 30 prochaines années (depuis 2015).
Les analyses visent à quantifier l'importance de divers facteurs d'influence à l'aide d'un total de 23
scénarios différents. En présentant des scénarios potentiellement réalistes, elle constitue une base
essentielle pour le développement d'une gestion adaptative du loup.
Un scénario standard décrit l'évolution de la population de loups sur la base de l'évolution réelle à
ce jour et des valeurs de la littérature. Les territoires de loups constatés en Allemagne au cours
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 69/284
des années de suivi 2000/01 à 2020/21 peuvent très bien être décrits par une augmentation
exponentielle, de sorte que la limite maximale de capacité de 1408 territoires en Allemagne, (étude
BFN 2020) sera très probablement (89,6%) atteinte en 2030. Pour NI, cela correspond à 175 à 205
territoires (1120-1312 loups).
Les résultats des simulations représentent l'évolution des effectifs de 23 scénarios réalistes
sélectionnés sur 30 ans dans 23.000 simulations (début 2015). Les effets sur la population de loups
sont présentés en comparaison avec le scénario standard.
Suite à une demande de données auprès des Länder, les informations saisies auprès de l'Institut
Senckenberg de toutes les preuves génétiques enregistrées ont été validées uniquement par les
Länder de Berlin, Basse-Saxe, Schleswig-Holstein et Thuringe et mises à disposition par l'Institut
Senckenberg. Si tous les Länder (par ex. SN, ST, BB) avaient mis leurs données à notre disposition,
on aurait éventuellement pu s'approcher d'une limite inférieure concrète.
Conclusion
Cette étude prouve également que si l'essai de terrain actuel « loup » se poursuit en 2030, tous
les habitats potentiels seront colonisés par le loup en Allemagne et en Basse-Saxe, car il se
reproduit magnifiquement et sans aide.
Le loup n'est actuellement une espèce menacée ni en Allemagne ni en Basse-Saxe.
Avec les mesures de gestion prises jusqu'à présent, nous sommes loin d'avoir un impact à long
terme sur la population de loups de Basse-Saxe ou d'Allemagne.
La population initiale de 2015, avec 50 loups en NI et 350 loups en D, était suffisante pour que les
loups colonisent en 30 ans les habitats potentiellement présents en Allemagne selon l'étude du
BFN.
Les mortalités accrues (par ex. prélèvements ciblés de loups causant des dommages) de loups
territoriaux et de dispersés ("loups migrateurs") ont la plus forte influence sur l'évolution de la
population de loups.
Une gestion adaptative de la population actuelle de loups par des prélèvements ciblés, associée à
un suivi, ne met pas en danger la population de loups à long terme en Basse-Saxe.
Une gestion visant à limiter la population de loups, comme en France ou en Suède, nécessiterait
des interventions beaucoup plus robustes sur la population. »
Il est à noter également que la Basse-Saxe prend en considération, outre la viabilité
démographique du loup, la viabilité sociale, cf concept développé infra au 4.7.
8.2.5 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
- Prédations sur les troupeaux
Pour l'année 2020, 942 (2019 : 887) attaques de loups ont été signalées en Allemagne par les
Länder au DBBW, pour un total de 3959 (2019 : 2894) animaux de rente tués, blessés ou disparus.
Il convient de noter que la certitude d'attribuer les attaques au loup varie selon les Länder en raison
des critères utilisés à cet effet. De plus, ces données ne tiennent pas compte du fait que les
animaux de rente étaient protégés par des mesures de protection des troupeaux au moment de
l'attaque, et dans quelle mesure.
Evolution depuis 10 ans : Cf infra 4.6.2
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 70/284
- Interactions du loup avec l'Homme
Aucun cas de comportement agressif non provoqué ne s'est produit depuis l'établissement du loup
en Allemagne en 1998. Depuis le retour de l'espèce en Allemagne, aucun être humain n'a été
blessé par un loup.
Cf Fiche-annexe 2 sur les éléments d?information et de communication disponibles sur les sites
institutionnels.
8.3 Politique publique de gestion du loup
8.3.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
Les principaux acteurs au niveau fédéral :
BMUV : Ministère fédéral de l'environnement, de la protection de la nature, de la sécurité nucléaire
et de la protection des consommateurs
BMEL : Ministère fédéral de l?alimentation et de l?agriculture
DBBW : Centre de documentation et de conseil pour la gestion du loup, dépendant du BMUV
BfN : Agence fédérale pour la conservation de la nature, dépendant du BMUV
BZWW : Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup, au sein de l'Institut fédéral pour
l'agriculture et l'alimentation (BLE), dépendant du BMEL.
Qui fait quoi en matière de suivi et de gestion du loup ?
En Allemagne, la mise en oeuvre de la protection de la nature et des espèces relève de la
compétence des Länder. Le monitoring et la gestion du loup relèvent donc également de la
compétence des Länder. Les données de monitoring sont collectées par les Länder selon des
normes uniformes pour chaque année de monitoring, puis vérifiées et rassemblées à l'échelle
nationale par le BfN et le DBBW dans le cadre de la réunion des personnes expérimentées dans
le monitoring de l'Etat fédéral et des Länder. Ensuite, le BfN et la DBBW publient ces chiffres
officiels confirmant la présence du loup en Allemagne, en accord avec les Länder.
Les Länder ont toujours la possibilité de mettre à jour en temps réel l'évolution actuelle de la
population de loups via le site web du DBBW. Pour ce faire, les Länder peuvent transmettre leurs
données au DBBW à tout moment, même pendant une année de suivi en cours, afin de refléter
une situation de données précise. Des chiffres et des cartes sur le loup sont publiés par le DBBW
sur le site www.dbb-wolf.de. Les autorités techniques et exécutives des Länder sont responsables
de la protection du loup et donc de la mise en oeuvre de mesures de prévention et de compensation
ainsi que de l'octroi de dérogations à la législation sur la protection des espèces conformément à
l'article 45, paragraphe 7 de la BNatSchG. Ils mettent à disposition des subventions pour financer
des mesures de protection des troupeaux ou pour indemniser les éleveurs d'animaux de pâturage
pour les dommages financiers subis par les animaux de rente tués, blessés ou disparus à cause
du loup (voir également "Comment sont financées les mesures de protection des troupeaux et
l'indemnisation des dommages ?)
Le Centre fédéral de documentation et de conseil sur le loup (DBBW) :
Le DBBW conseille les autorités de protection de la nature de l'État fédéral et des Länder sur toutes
les questions techniques relatives au loup et met à disposition des informations pour le grand public
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 71/284
via le site web www.dbb-wolf.de. Étant donné que le retour des loups en Allemagne place les
autorités fédérales et régionales devant des tâches qui nécessitent une coordination à l'échelle
nationale, le DBBW a été créé en 2016 à la demande des Länder. Le contenu du DBBW est géré
par l'Office fédéral de la protection de la nature et financé par des fonds du ministère fédéral de
l'environnement.
En tant qu'élément de l'offre de conseil, le site Internet du DBBW rassemble les connaissances
actuelles sur la répartition, les territoires des loups et les animaux trouvés morts en Allemagne. La
présentation permet également une comparaison avec les années précédentes et fournit en outre
des informations détaillées sur les différents territoires des loups. Les pages d'information sur la
gestion du loup présentent les plans de gestion des Länder et les résultats des statistiques sur les
dommages causés par les loups aux animaux d'élevage dans les Länder. Le site web propose
également un récapitulatif des paiements de prévention et de compensation effectués dans le
domaine de la protection des troupeaux d'animaux de pâturage.
En outre, des informations sur la biologie du loup et l'indication des interlocuteurs de la gestion du
loup dans les Länder doivent faciliter l'accès du public au thème et, pour certaines questions, la
prise de contact avec les autorités locales de protection de la nature.
La Senckenberg Gesellschaft für Naturforschung a été chargée des tâches et de la direction du
centre de documentation et de conseil par l'Office fédéral allemand de la protection de la nature,
avec des fonds du ministère fédéral de l'environnement. Le DBBW est soutenu par un consortium
de plusieurs institutions scientifiques : le musée Senckenberg d'histoire naturelle de Görlitz
(SMNG), l'institut LUPUS pour le suivi et la recherche sur le loup en Allemagne, l'institut Leibniz de
recherche sur les zoos et les animaux sauvages de Berlin (IZW) et l'institut de recherche et le
musée d'histoire naturelle Senckenberg, site de Gelnhausen.
Le Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup (BZWW) 29:
Le "Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup", qui fait partie du domaine d'activité du
BMEL, doit notamment remplir les tâches suivantes :
? Etablissement d'une vue d'ensemble - actualisée chaque année - des mesures de protec-
tion des troupeaux appliquées dans les différents pays (clôtures, chiens de protection, etc.),
en particulier dans les zones où le loup est présent, y compris l'enregistrement des attaques
survenues malgré ces mesures de protection des troupeaux, si possible avec recherche
des causes.
? Optimisation des mesures de protection actuellement appliquées, notamment par un retour
d'information avec des représentants de la science, de l'économie, des praticiens concer-
nés et des associations concernées (création éventuelle d'un GT).
? Proposer de nouveaux projets de recherche pour le développement de nouvelles mesures
de protection des troupeaux et, le cas échéant, de nouveaux procédés, notamment en uti-
lisant la numérisation.
? Développer et optimiser les processus de la procédure après une attaque et améliorer les
procédures de la pratique d'indemnisation en collaboration et en étroite concertation avec
les Länder,
? Clarifier les questions de financement et élaborer des propositions pour améliorer le finan-
cement de la protection des troupeaux, y compris le temps de travail.
29 https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/
PUBLIÉ
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/
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? Encourager le dialogue entre les éleveurs d'animaux de pâturage, les associations de pro-
tection de la nature et le public.
Communiqué de presse du 31 mars 202130, La ministre fédérale établit un nouveau "Centre fédéral
pour les animaux de pâturage et le loup" à Eberswalde :
« La ministre fédérale de l'Alimentation et de l'Agriculture, Julia Klöckner, a inauguré aujourd'hui à
Eberswalde (Brandebourg) le "Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup" qu'elle vient
de créer. Ce centre est le fruit d'une initiative parlementaire de la grande coalition. La mission du
centre est d'élaborer des solutions pratiques et des possibilités de coexistence entre les animaux
de pâturage et le loup et de réduire les conflits.
Le retour du loup en Allemagne est un succès de la protection des espèces. Cependant, la
population de loups double tous les trois ou quatre ans. En raison de cette expansion accrue, les
attaques de loups augmentent également : le nombre d'animaux blessés et tués est passé de 40
en 2006 à environ 2 900 en 2019. Les attaques sur les moutons et les chèvres sont majoritaires
(86 %).
Julia Klöckner : "Les loups et les animaux d'élevage ont tous deux droit à une protection. Et c'est
pourquoi le retour du loup ne doit pas remettre en question l'élevage en pâturage dans certaines
régions d'Allemagne. Nous en avons besoin pour l'entretien et la préservation de nos paysages
culturels. Il est également synonyme d'élevage durable accepté par la société. Pourtant, le nombre
d'attaques de loups augmente de manière drastique, malgré les mesures de protection des
troupeaux. Cela inquiète également les gens sur place. Pour désamorcer ce conflit, j'ai créé le
nouveau "Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup". Il doit élaborer des solutions et
des mesures efficaces pour permettre une bonne coexistence et une meilleure protection des
animaux de rente contre le loup - en dialoguant également avec toutes les parties concernées".
Les tâches essentielles du "Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup" sont entre
autres :
? L'établissement d'une vue d'ensemble annuelle et transnationale des mesures de protec-
tion des troupeaux appliquées (clôtures, chiens de protection), en particulier dans les zones
où le loup est présent, y compris le recensement des attaques qui ont malgré tout eu lieu
lors de ces mesures - avec recherche des causes.
? Optimisation des mesures de protection appliquées, notamment par un retour d'information
avec des représentants de la science, de l'économie, des praticiens concernés et des as-
sociations.
? Développement de nouveaux projets de recherche sur les mesures de protection des trou-
peaux, notamment en utilisant la numérisation.
? Optimiser les procédures après une attaque de loup et améliorer les procédures d'indem-
nisation en collaboration avec les Länder.
? Clarifier les questions de financement de la protection des troupeaux.
? Encourager le dialogue entre les éleveurs d'animaux de pâturage, les associations de pro-
tection de la nature et le public.
? Réflexions stratégiques sur la régulation du loup du point de vue de l'élevage pastoral.
30 https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2021/053-weidetiere-wolf.html
PUBLIÉ
https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2021/053-weidetiere-wolf.html
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Le Centre fédéral fait partie de l'Institut fédéral pour l'agriculture et l'alimentation (BLE). Le centre
sera doté de 300.000 euros et de trois postes à temps plein pour 2021 et 2022.
Le président de la BLE, Dr Hanns-Christoph Eiden, ajoute : "La BLE fixe trois axes de travail dans
le "Centre fédéral sur le loup et les herbivores" : La mise en réseau et le dialogue, le transfert de
connaissances et l'identification des besoins en matière de recherche. Nous créons une plateforme
qui développe des solutions adaptées à la pratique - y compris des indications sur les coûts et les
possibilités de financement. Pour ce faire, nous misons sur la coopération avec les Länder et leurs
expériences issues des centres de conseil régionaux".
Exemple de l?organisation en Basse-Saxe :
? Directive loup
"Directive relative à l'octroi de prestations en équité et de subventions visant à réduire ou à éviter
les nuisances économiques causées par le loup en Basse-Saxe".
A partir du 1er janvier 2020, la chambre d'agriculture de Basse-Saxe sera compétente en tant
qu'organisme d'octroi pour la promotion de mesures de prévention contre le loup et l'octroi de
prestations d'équité en cas de prédation sur les animaux de rente.
Bien que les loups se nourrissent essentiellement d'animaux sauvages, il arrive parfois qu'ils
causent des dommages aux animaux d'élevage, ce qui entraîne des conflits avec les éleveurs. Afin
d'atténuer ces conflits et de favoriser l'acceptation par la population de cette espèce animale de
retour, le ministère de l'environnement de Basse-Saxe a édicté la "directive loup". Celle-ci prévoit
des "prestations d'équité" pour la compensation financière en cas de dommages causés aux
animaux de rente et offre un soutien financier pour les mesures de prévention sous forme
d'acquisition préventive de clôtures de protection anti-loup et de chiens de protection des
troupeaux.
Les formulaires de demande de prestations en équité continueront d'être envoyés directement à
l'éleveur concerné après la constatation officielle que le loup est à l'origine de la perte d'animaux
de rente concernée.
? Demandes de prévention pour la protection des troupeaux contre les attaques de
loups dans le cadre de la directive "loup".
Soutien de mesures de prévention sous forme d'acquisition préventive de clôtures de protection
repoussant le loup et de chiens de protection des troupeaux.
La directive Loup permet de contribuer à la protection contre le loup. Elle prévoit non seulement
une compensation financière proportionnelle en cas de prédation sur les animaux de rente, mais
aussi et surtout un soutien financier aux éleveurs pour les mesures de prévention.
Ainsi, l'acquisition préventive de clôtures de protection anti-loup et de chiens de protection des
troupeaux est subventionnée.
A partir du 1er janvier 2020, la chambre d'agriculture de Basse-Saxe sera l'organisme chargé de
l'octroi des subventions pour les mesures de prévention visant à repousser les loups.
En règle générale, les mesures de protection des troupeaux pour les espèces d'animaux de rente
particulièrement menacées par les loups, à savoir les moutons, les chèvres et le gibier d'enclos,
sont subventionnées.
PUBLIÉ
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La mise en place d'une protection de base contre les loups comprend l'installation de clôtures
électriques à mailles ou à torons d'une hauteur minimale de 90 cm ou de clôtures fixes en treillis
ou en grillage d'une hauteur minimale de 120 cm, avec une protection supplémentaire sous la
clôture. Pour le gibier d'enclos, des clôtures à gibier en treillis à noeuds ou en grillage avec une
hauteur minimale de 180 cm et une protection supplémentaire sous la clôture sont appliquées.
Une subvention pour des mesures de protection des troupeaux de bovins et de chevaux est
possible dans certains cas :
? en cas de morsure de loup officiellement confirmée, pour l'exploitation directement concer-
née
? dans un cas particulier, également pour les exploitations environnantes : si trois attaques
de loup officiellement confirmées sur des bovins ou des chevaux surviennent en l'espace
de 12 mois dans un rayon de 30 km, des mesures de protection des troupeaux sont en-
couragées dans la région concernée pour l'espèce animale correspondante.
Les demandes doivent être envoyées à la Chambre d'agriculture de Basse-Saxe.
? Prestations pour compenser les dommages financiers causés par la prédation du
loup
Le versement des prestations en équité se fait par l'intermédiaire de la Chambre d'agriculture de
Basse-Saxe.
Le formulaire de demande de prestations en équité ne sera envoyé directement à l'éleveur
concerné qu'une fois que le loup aura été officiellement identifié comme étant à l'origine de la
morsure d'animal de rente concernée. Le service de promotion de la chambre d'agriculture se
charge ensuite du traitement financier de la demande. Il n'est pas possible de demander des fonds
plus tôt.
8.3.2 Plan de gestion du loup31
Communiqué du 20 janvier 2023 32: Le loup : entre protection et défi
« Le loup est de retour en Allemagne. Au printemps 2000, des louveteaux sont nés pour la première
fois en liberté en Saxe. Selon les dernières données de l'année de suivi 2021/2022, l'Allemagne
comptait environ 161 meutes, 43 couples de loups et 21 individus territoriaux.
La population de loups est soumise à une forte dynamique de population. Ce succès exceptionnel
pour la protection des espèces interpelle en particulier les éleveurs d'animaux de pâturage, mais
aussi d'autres secteurs comme la chasse ou le tourisme. De plus, il entraîne un débat public
transversal et suscite souvent des inquiétudes et des craintes, en particulier dans les zones rurales.
Le retour du loup en Allemagne est un succès de la protection des espèces. La population de loups
se répand désormais sur l'ensemble du territoire allemand. L'augmentation de la propagation
entraîne également une augmentation des attaques de loups. Les animaux de pâturage non
protégés sont particulièrement menacés. Le nombre d'animaux blessés et tués est passé de 40 en
2006 à environ 3 374 pour 975 attaques en 2021. Une grande partie des attaques de loups ont lieu
31 https://www.bmel.de/DE/themen/landwirtschaft/artenvielfalt/wolf.html
32 https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2019/190522-erklaerung-wolf.html
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https://www.bmel.de/DE/themen/landwirtschaft/artenvielfalt/wolf.html
https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2019/190522-erklaerung-wolf.html
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sur des moutons et des chèvres.
D'autres groupes, par exemple les chasseurs, rencontrent également des difficultés. Les loups se
nourrissent principalement de gibier. Dans les zones de présence des loups, les meutes de cerfs
et de sangliers peuvent donc se multiplier. Cela peut rendre la chasse plus difficile et causer des
dommages aux arbres.
Une protection complète
Conformément aux directives européennes, le loup est particulièrement protégé. Il est interdit de
capturer ou de tuer des animaux protégés, car les espèces animales et végétales sauvages doivent
être préservées ou réintroduites au profit de la diversité biologique.
Cela est régi par les réglementations suivantes :
? Convention de Berne,
? Directive Flore-Faune-Habitat,
? Loi fédérale sur la protection de la nature. »
Modification de la loi fédérale sur la protection de la nature
Le 13 mars 2020, une modification de la loi fédérale sur la protection de la nature (BNatSchG) est
entrée en vigueur avec des dispositions spécifiques sur le loup. L'objectif est de mieux protéger
l'élevage d'herbivores et de contribuer à la protection des citoyens dans les régions où les loups
se trouvent dans ou à proximité des zones d'habitation.
La modification de la loi permet de faciliter le prélèvement des loups "problématiques".
Pour les éleveurs d'animaux de rente, il suffit, comme base d'une autorisation d'abattage, qu'ils
soient menacés de graves dommages économiques. Jusqu'à présent, l'éleveur concerné devait
être menacé dans son existence. En outre, le tir est désormais possible même si l'on ne sait pas
exactement quel loup a tué les animaux de rente. Il est possible de prélever des membres
individuels de la meute dans la région concernée jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'attaques sur des
animaux de rente. Cette modification apporte une plus grande sécurité juridique dans la gestion du
loup et règlemente entre autres la gestion des hybrides loup-chien.
Une population de loups en croissance rapide
En principe, le retour des loups en Allemagne est à saluer. Les facteurs décisifs pour l'augmentation
de la population de loups sont à la fois une base alimentaire suffisante et une zone de refuge pour
élever ses petits. Le statut de protection élevé de l'espèce favorise l'augmentation du nombre de
loups.
Les autorités compétentes selon le droit du Land peuvent, au cas par cas, accorder des
dérogations aux interdictions de la loi fédérale sur la protection de la nature. Les loups
remarquables peuvent néanmoins être retirés de la nature ou tués sous certaines conditions. Il faut
pour cela une situation de prévention concrète, par exemple dans l'intérêt de la sécurité publique
ou pour éviter des dommages agricoles importants.
Des pâturages et des élevages en harmonie avec le loup
L'augmentation du nombre de loups et leur protection globale ne doivent pas entraîner une
diminution de l'élevage d'animaux de rente en plein air. En effet, l'élevage en pâturage contribue
au bien-être des animaux et à la préservation des prairies et est particulièrement pertinent pour les
exploitations biologiques.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 76/284
Pour cela, des mesures de prévention sont nécessaires. En ce qui concerne le loup, il faut trouver
une solution appropriée pour toutes les parties concernées, qui soit judicieuse sur le plan
écologique et acceptée par la société. Le BMEL mène donc des discussions avec les personnes
concernées et les représentants des éleveurs de bétail en pâturage afin d'élaborer des solutions
entre la protection du loup et l'élevage d'animaux de rente. Au niveau européen également, le
BMEL s'engage activement en faveur d'un désamorçage de la situation conflictuelle et d'un
équilibre approprié des intérêts entre l'élevage d'herbivores et la protection des espèces.
Réflexion stratégique sur la régulation du loup du point de vue de l'élevage pastoral
Il s'agit notamment d'inclure une clarification juridique de la classification du loup au titre de la
protection de la nature (état de conservation favorable) ainsi que des marges de manoeuvre
prévues par le droit européen - et des réflexions stratégiques sur la régulation (en comparaison
également avec d'autres États membres tels que la France, la Suède, la Finlande et autres).
Les éleveurs d'animaux de pâturage trouveront sur le nouveau site Internet du Centre fédéral pour
les animaux de pâturage et le loup (BZWW) des contenus fondés et pratiques sur les mesures de
protection des troupeaux, les possibilités de soutien dans les Länder, les projets de protection des
troupeaux liés à la pratique et à la recherche ainsi que les approches de résolution des conflits".
La protection des troupeaux et la mise en oeuvre des réglementations relatives à la protection des
espèces relèvent en principe de la compétence des Länder. L'État fédéral peut uniquement aider
les Länder à formuler des recommandations sur les mesures de protection des troupeaux. En 2016,
le ministère fédéral de l'environnement, de la protection de la nature, de la sécurité nucléaire et de
la protection des consommateurs (BMUV) a mis en place un centre de documentation et de conseil
pour la gestion du loup (www.dbb-wolf.de) pour
? conseiller les Länder,
? collecter à l'échelle nationale des données sur la propagation du loup (monitoring du loup),
? compilation et mise à jour des réglementations des Länder en matière de prévention et de
compensation des dommages.
Mesures de prévention
Il est nécessaire que les agriculteurs fassent face à l'augmentation de la population de loups en
prenant des mesures appropriées de protection des troupeaux. Dans ce contexte, la protection des
animaux d'élevage doit encore être améliorée. Les mesures les plus appropriées sont : les chiens
de protection, les clôtures électriques, les clôtures à gibier, le gardiennage.
Mais les mesures de prévention sont coûteuses, prennent du temps et ne peuvent pas garantir une
protection complète dans tous les cas. Ainsi, l'achat d'un chien de protection coûte environ 4.000
euros et l'élevage adapté du chien 1.000 euros supplémentaires par an. Ce sont surtout les
éleveurs de petits troupeaux qui peuvent difficilement assumer ces charges financières. En principe,
les mesures de protection des troupeaux telles que la construction de clôtures peuvent être
subventionnées - cela dépend toutefois des réglementations respectives des Länder en matière
de soutien des prestations de prévention.
Promotion de la prévention pour la protection des troupeaux contre les attaques de loups par le
gouvernement fédéral (GAK) :
Le principe de soutien de la GAK pour la promotion des "investissements pour la protection contre
les dommages causés par le loup" a déjà été approuvé par la décision de la Commission
européenne du 13 mars 2020. Un autre principe de soutien "Dépenses opérationnelles courantes
pour la protection contre les dommages causés par le loup", qui comprend le remboursement des
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 77/284
coûts d'entretien des clôtures de protection des troupeaux et d'entretien des chiens de protection
des troupeaux, a également été intégré dans le cadre de la CAG. Cette mesure a été approuvée
par la décision de la Commission européenne du 22 janvier 2021, modifiée par la décision du 22
février 2021.
Le loup dans le contrat de coalition pour la 20e législature
Dans leur contrat de coalition, les partis gouvernementaux se sont mis d'accord pour maintenir
l'élevage d'animaux de pâturage pour des raisons écologiques, culturelles et sociales, ainsi que
pour préserver la biodiversité et les paysages culturels.
"Notre objectif est d'organiser la cohabitation entre les animaux de pâturage, l'homme et le loup de
manière à ce qu'il y ait le moins de conflits possible malgré une population de loups encore en
augmentation. Nous allons mettre en place un dialogue institutionnalisé "Élevage d'herbivores et
loup" avec toutes les organisations et associations concernées par ces questions. Grâce à une
révision des normes de suivi, nous refléterons fidèlement le nombre de loups vivant en Allemagne
et nous voulons permettre aux Länder, conformément au droit européen, une gestion différenciée
des populations selon les régions".
La mise en oeuvre de l'accord de coalition peut s'appuyer sur les travaux réalisés jusqu'à présent
en bonne collaboration avec le ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la nature,
de la Sécurité nucléaire et de la Protection des consommateurs (BMUV). Ainsi, des échanges ont
lieu à intervalles réguliers entre le BMUV, le BMEL et les éleveurs d'herbivores concernés. Par ses
travaux, l'OFAG soutient également la mise en oeuvre du contrat de coalition.
8.3.3 Coûts globaux de la politique
En 2021 le coût global du financement public des mesures de protection s?élevait à 11,549M¤33.
Les services du BMEL l?estiment actuellement de l?ordre de 16M¤ et évaluent celui des
indemnisations à 0,5M¤.
Comme en France, le coût des mesures de protection a crû notablement ces dernières années.
En 202034 il était de 9,5M¤ et celui des paiements compensatoires de 0,8M¤.
En 2019, il était de 8 038 110 ¤ et celui des paiements compensatoires de 418 246 ¤.
Le financement des mesures de protection est assuré à 60% par l?Etat fédéral et à 40% par les
Länder. Ces mesures de soutien sont notifiées à la Commission européenne.
Concernant le financement des dommages, beaucoup de Länder utilisent le Règlement De minimis
mais les services fédéraux souhaiteraient une évolution vers un financement PAC afin de ne pas
être limités par le plafond.
8.3.4 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
L'État fédéral et les Länder soutiennent financièrement les éleveurs d'animaux de pâturage. Les
programmes d'aide à la protection des troupeaux varient d'un Land à l'autre et adaptés aux
situations locales.
33 2 219 subventions, 63 660 km de clôtures
34 Source DBBW
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 78/284
De nombreux sites institutionnels apportent des informations et des recommandations claires et
détaillées sur les mesures de protection efficaces. 35 Quelques passages particulièrement
instructifs sont reproduits en fiche-annexe 3.
- Des recommandations sur le financement sont établies et diffusées au niveau fédéral :
En principe, l'État fédéral et les Länder apportent un soutien financier sous forme de subventions
pour les investissements dans les mesures de protection des troupeaux et, en partie, pour leur
entretien. Des compensations pour les dommages en cas d'attaques de loups sont également
accordées. De même, des conseils gratuits en matière de protection des troupeaux sont souvent
proposés dans les Länder.
Le paysage des subventions en Allemagne est très complexe, car les modalités de soutien varient
d'un Land à l'autre. De plus, la plupart du temps, différents programmes de soutien sont mis en
place pour différents objectifs. Ainsi, il peut y avoir un programme d'aide pour les investissements
dans la protection préventive des troupeaux, un autre pour la compensation des dommages et un
autre encore pour la promotion des coûts d'entretien des mesures de protection des troupeaux. En
outre, dans certains Länder, d'autres possibilités d'aide ont été créées pour soutenir de manière
générale l'élevage d'herbivores. Selon la situation et le Land, les éleveurs d'animaux de pâturage
doivent donc déposer différentes demandes auprès de différents services compétents. C'est là que
l'on vérifie si toutes les conditions requises pour l'approbation d'une demande ont été respectées.
On vérifie également si le budget du programme de soutien correspondant n'est pas encore épuisé,
car il n'existe en général aucun droit légal à l'octroi de subventions.
La raison principale pour laquelle les programmes d'aide sont spécifiques aux Länder est que la
présence du loup en Allemagne se répartit géographiquement de manière différente. Certains
Länder sont confrontés à des loups isolés de passage, d'autres à des loups sédentaires. Ainsi, tous
les Länder ne sont pas concernés dans la même mesure par les attaques de loups sur les animaux
de pâturage.
La structure des élevages d'herbivores varie également. Dans certains Länder, ce sont plutôt les
petits et très petits troupeaux qui sont la règle, tandis que dans d'autres, ce sont plutôt les
exploitations avec un nombre plus élevé d'animaux de pâturage. Les programmes de soutien
spécifiques aux Länder reflètent ces multiples différences régionales et sont soumis à une
actualisation permanente. En outre, l'État fédéral et les Länder travaillent ensemble en
permanence pour trouver des solutions afin d'améliorer la coexistence entre les animaux de
pâturage et le loup.
La mise en place et l'organisation de programmes de soutien sont toujours liées à des conditions
cadres juridiques et budgétaires. Celles-ci sont en grande partie définies par l'Union européenne
et sont soumises à la condition que l'octroi de subventions n'ait pas d'effets de distorsion sur le
marché. Les programmes de soutien mis en place par l'État fédéral et/ou les Länder sont examinés
à cet égard par la Commission européenne avant d'entrer en vigueur. Ce processus de contrôle
est appelé notification. Il passe par de nombreuses instances coresponsables et prend donc du
temps. Par ailleurs, les Länder ont la possibilité d'octroyer des aides dans le cadre du régime
d'aides de minimis. Cette réglementation est un instrument qui permet d'octroyer des aides aux
entreprises sans notification. Le principe est que les montants d'aide ne dépassant pas un plafond
fixé sont acceptés comme ne faussant pas la concurrence.
35 https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/regelungen-in-deutschland
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/bundesweite-rechtliche-rahmenbedingungen
https://www.bfn.de/sites/default/files/2021-04/Skript530.pdf
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https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/regelungen-in-deutschland
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/bundesweite-rechtliche-rahmenbedingungen
https://www.bfn.de/sites/default/files/2021-04/Skript530.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 79/284
Dans le secteur agricole de la production agricole primaire - qui concerne les cultures, les produits
de l'élevage, les produits de la chasse et de la pêche - ce plafond d'aide de minimis autorisé est
de 20.000 ¤ par exploitation sur une période de 3 ans.
Ce plafond peut facilement être dépassé, car les aides considérées comme relevant de la règle de
minimis qu'un demandeur reçoit doivent être additionnées. Toutes les subventions sont
additionnées, même si elles proviennent de programmes et de domaines d'aide différents.
En ce qui concerne la protection des troupeaux, des programmes de soutien distincts sont
généralement mis en place pour les différents objectifs de soutien, par exemple pour les
investissements dans la protection préventive des troupeaux ou pour les paiements de
compensation des dommages. Cela signifie que les éleveurs d'animaux de pâturage peuvent en
général bénéficier de plusieurs programmes de soutien. Si certains programmes de soutien ne
sont pas notifiés et sont donc classés comme aide de minimis, le plafond de minimis autorisé doit
être respecté. Pour les exploitations d'herbivores, cela peut signifier qu'il n'est pas possible d'utiliser
tous les programmes de soutien proposés.
Soutien de l'État fédéral par des fonds GAK
Les programmes de soutien spécifiques aux Länder sont actuellement encore souvent financés de
manière différente, des fonds de l'Union européenne, de l'Etat fédéral et/ou des Länder pouvant
être mis à disposition. Les fonds de la tâche d'intérêt commun "Protection des structures agricoles
et du littoral" (GAK) sont cofinancés par l'État fédéral (60%) et les Länder (40%). Les programmes
de soutien ainsi financés sont élaborés, conçus et décidés en commun.
Les principes de soutien de la GAK "Investissements pour la protection contre les dommages
causés par le loup" et "Dépenses opérationnelles courantes pour la protection contre les
dommages causés par le loup" ont été approuvés par la Commission européenne respectivement
le 13 mars 2020 et le 22 février 2021. Ils sont donc applicables et peuvent être utilisés par les
Länder. Il appartient aux Länder de décider si une application est envisageable.
Conseil en matière de protection et de promotion des troupeaux
Une protection des troupeaux correctement appliquée par des spécialistes n'est pas facile à mettre
en oeuvre. Elle nécessite des connaissances spécifiques, par exemple pour la construction de
clôtures anti-loups. Un conseil compétent en matière de protection des troupeaux, dans le meilleur
des cas sur place, est une aide importante pour les éleveurs d'animaux de pâturage. Un élément
important du conseil est de fournir des informations complètes sur les programmes de soutien
appropriés et sur toutes les conditions et exigences de soutien qui y sont liées.
Un conseil compétent en matière de protection des troupeaux, sur un pied d'égalité, contribue à ce
que les éleveurs soient accompagnés au mieux dans la gestion des conséquences du retour du
loup - et à ce qu'ils soient préparés là où le loup va encore se propager.
Les recommandations publiées par le BfN et le DBBW au printemps 2019 pour la protection des
animaux de pâturage et du gibier d'enclos contre le loup exposent les mesures les plus efficaces
pour protéger les animaux de pâturage contre les loups. Ainsi, seules les clôtures électrifiées au
sol, d'une hauteur minimale de 120 centimètres, sont recommandées, car elles sont les seules à
exercer un effet dissuasif sur les loups "explorateurs" en leur infligeant une douleur physique.
Les clôtures fixes non électrifiées ne sont pas recommandées, car les loups passent souvent
dessous ou les escaladent et ne peuvent donc être protégés contre les attaques de loups qu'au
prix d'efforts très importants.
Pour les grands troupeaux, il est recommandé aux éleveurs, s'ils connaissent les exigences
spécifiques de la détention de chiens ou s'ils disposent de conseils spécialisés, de sécuriser leurs
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 80/284
animaux avec au moins deux chiens de protection. Toutes les mesures de protection des troupeaux
doivent tenir compte des différences régionales. Il doit également être clair que, dans certains cas,
même une protection des troupeaux mise en oeuvre selon les normes recommandées ne peut pas
garantir à 100 % la sécurité des animaux au pâturage contre les attaques de loups.
Comparés aux ovins et aux caprins, les bovins et les chevaux sont assez résistants, surtout
lorsqu'ils sont gardés en troupeaux. Néanmoins, il existe des preuves d'attaques de bovins ou de
chevaux, et dans 82% des cas d'attaques de bovins par des loups en 2021, ces derniers avaient
moins de 6 mois. Il convient donc d'accorder une attention particulière à la protection des jeunes
animaux dans le cas des bovins et des chevaux. Comme ces cas sont très rares ou régionaux, il
est conseillé ici d'adapter individuellement les mesures de protection des troupeaux, par exemple
en couplant temporairement les jeunes animaux à des clôtures électriques. Plusieurs Länder
encouragent les mesures de prévention chez les bovins et les chevaux lorsqu'il est prouvé que des
attaques de loups ont eu lieu (voir le rapport du DBBW sur les dommages causés par les loups,
les paiements de prévention et de compensation en Allemagne en 2021).
Les recommandations mentionnées (BfN-Skript 530) aident les autorités responsables de la
gestion du loup dans les Länder à mettre en oeuvre des mesures de protection des troupeaux.
Elles ont été élaborées par le DBBW et le BfN et concertées avec des experts de la protection des
troupeaux dans les Länder. Elles se basent sur les expériences pratiques de longue date en
matière de protection des troupeaux dans différents Länder ainsi que dans d'autres pays
européens.
- Comment les mesures de protection des troupeaux et l'indemnisation des dommages sont-
elles financées ?
Afin de réduire les dommages financiers subis par les éleveurs d'animaux de pâturage en raison
des attaques de loups sur les animaux de rente, les Länder où le loup est présent mettent à
disposition des moyens financiers. Ces aides servent d'une part à financer des mesures de
protection des troupeaux, et d'autre part à rembourser les dommages financiers subis par les
animaux de rente tués, blessés ou disparus à cause des loups.
Dans la plupart des Länder, il ne s'agit pas d'un droit légal, mais de prestations dites d'équité. Les
paiements pour la prévention et la compensation des dommages dans le domaine de l'élevage
relèvent également de la responsabilité des Länder.
En 2020, les dépenses cumulées des Länder où le loup est présent se sont élevées à 9501690
euros pour les mesures de protection des troupeaux. En comparaison, les indemnisations des
dommages pour lesquels la responsabilité du loup a été prouvée ou n'a pas pu être totalement
exclue ne représentaient qu'un dixième de ce montant, soit environ 800 294 euros (voir le rapport
de la DBBW sur les dommages causés par le loup, les paiements de prévention et de
compensation en Allemagne en 2020).
Dans la plupart des Länder où des loups sont présents, le droit à une indemnisation en cas de
dommages est lié à ce que l'on appelle la protection minimale des animaux de rente. Dans ce
contexte, la protection minimale représente un compromis entre l'effet de protection contre les
loups d'une part et la pratique actuelle de l'élevage d'animaux de pâturage d'autre part, qui ne s'est
pas orientée jusqu'à présent sur la présence de loups. Dans plusieurs Länder, des mesures de
prévention correspondant à la protection recommandée sont d'ores et déjà encouragées. Dans les
Länder qui n'ont actuellement pas encore de présence territoriale du loup, il est opportun de se
baser sur les normes recommandées lors de l'introduction de mesures de protection des troupeaux.
Dans la mesure du possible, les mesures de protection des troupeaux devraient être prises avant
que les meutes ne s'établissent. Cela permet généralement de réduire considérablement les
attaques sur les animaux de rente.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 81/284
8.3.5 Évaluation de l?efficacité des mesures de protection
Cf. supra ainsi que le document établi par le WWF Allemagne pour LIFE Euro large carnivores36
8.3.6 Indemnisation des dégâts liés au loup
- Principe de l?indemnisation
Presque tous les États fédéraux prévoient une compensation financière pour les dommages
causés par les loups dans le cadre de la gestion des loups. Cela implique que les loups aient causé
les dommages avec une probabilité suffisamment élevée, ce qui doit être confirmé par l'examen
des animaux endommagés. Les réglementations sous-jacentes diffèrent d'un État fédéral à l'autre.
En général, le cas doit être signalé par le détenteur de l'animal le plus tôt possible après la
découverte des dommages et évalué par une autorité désignée par la gestion des loups (consultant
en évaluation des animaux tués, laboratoire de l'État fédéral). Ce n'est que lorsque ces conditions
sont remplies que le détenteur de l'animal peut recevoir des paiements compensatoires. Les plans
de gestion et les personnes de contact des différents États fédéraux fournissent de plus amples
informations sur ces réglementations.
L'augmentation de la présence des loups s'accompagne d'une augmentation des dommages
causés par les loups. La plupart des attaques de loups sur le bétail sont enregistrées dans des
zones où les loups établissent de nouveaux territoires et où les éleveurs d'ovins et de caprins ne
sont pas encore préparés à la présence des loups. En général, les dommages diminuent en
l'espace d'un ou deux ans lorsque les éleveurs sont correctement équipés pour faire face à la
présence des loups.
Bien que les dommages augmentent avec l'accroissement de la population de loups, il n'est pas
possible de prédire le niveau des dommages lorsqu'un certain niveau de population est atteint, en
raison d'une forte variance. Grâce à des mesures de protection du bétail, les dommages peuvent
être limités même dans les zones où les territoires de loups sont nombreux. D'autre part, un loup
seul ou en migration peut causer des dommages considérables lorsqu'il rencontre des moutons ou
des chèvres non protégés.
En outre, les loups peuvent augmenter les dommages lorsqu'ils ont appris, grâce à des mesures
de protection insuffisantes, que les moutons sont des proies faciles. Dans certains cas, ces loups
apprennent à surmonter les mesures de protection qui sont fixées comme norme minimale en tant
que condition préalable aux paiements compensatoires dans de nombreux États fédéraux. Cette
norme de protection minimale (par exemple une clôture électrifiée de 90 cm de haut) est un
compromis entre la protection du bétail et les pratiques antérieures, qui n'étaient pas adaptées à
la présence des loups. Par conséquent, les normes minimales de protection sont généralement
inférieures aux mesures de protection recommandées pour garder les animaux en toute sécurité
dans les pâturages (par exemple, une clôture électrifiée de 120 cm de hauteur avec 5 brins de 20,
40, 60, 90 et 120 cm de hauteur).37
36 https://www.wwf.at/wp-content/uploads/2021/11/Herdenschutz-Basisinformation-fuer-Tierhalter-und-
Interessierte.pdf
37 https://www.dbb-wolf.de/faq-e
PUBLIÉ
https://www.wwf.at/wp-content/uploads/2021/11/Herdenschutz-Basisinformation-fuer-Tierhalter-und-Interessierte.pdf
https://www.wwf.at/wp-content/uploads/2021/11/Herdenschutz-Basisinformation-fuer-Tierhalter-und-Interessierte.pdf
https://www.dbb-wolf.de/faq-e
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 82/284
Presque tous les États fédéraux disposent désormais de plans de gestion des loups qui prévoient
des indemnités pour les dommages causés au bétail et le financement de mesures préventives.
L'accent est mis sur les éleveurs de moutons et de chèvres, car ces animaux sont particulièrement
touchés par le loup. Dans de nombreux États fédéraux, il existe des règles concernant les normes
minimales des mesures de protection de ces animaux. Le respect de ces règles est nécessaire
pour pouvoir bénéficier d'éventuelles indemnisations. Ce n'est qu'en Saxe et en Saxe-Anhalt que
des indemnités peuvent être légalement demandées après une évaluation officielle du dossier.
- La prédation par espèce
Dans toute l'Europe, les moutons et les chèvres sont tués beaucoup plus souvent par les loups
que les animaux de plus grande taille (Kaczensky 1996, 1999). Cela correspond aux statistiques
de dommages en Allemagne. Comme le comportement de fuite a été réduit dans de nombreuses
races au cours du processus de domestication, il arrive souvent que des loups attaquent des
troupeaux de moutons ou de chèvres et qu'ils les tuent à plusieurs reprises. En Allemagne, 3,6
animaux en moyenne ont été tués par attaque de loup en 2019.
Les bovins et les chevaux sont naturellement assez défensifs et ont encore souvent un
comportement grégaire fort. En Europe, les pertes de bovins ou de chevaux dues aux loups sont
nettement inférieures à celles du petit bétail (Kaczensky 1996, 1999). Les attaques sur les bovins
ou les chevaux se produisent principalement dans les régions où les ongulés et les moutons sont
rares. Lorsque les loups tuent du gros bétail, ils tuent le plus souvent des jeunes ou des individus
isolés. Cependant, des loups individuels peuvent apprendre à tuer des bovins ou des chevaux
adultes. Le bétail tué par les loups en 2019 était composé à 88,4 % d'ovins ou de caprins, à 6,7 %
de gibier gardé en enclos et à 4,4 % de bovins (principalement des veaux).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 83/284
Schafe, : Moutons / Ziegen : chèvres / Rinder : bovins
Chevaux : Source https://www.pferdundwolf.org/
PUBLIÉ
https://www.pferdundwolf.org/
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Evolution des dommages en Saxe :
Statistiques sur les dommages :
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 85/284
Depuis que les loups se sont réinstallés en Allemagne il y a plus de 20 ans, leur nombre n'a cessé
d'augmenter. L'expansion des loups s'est accompagnée d'une augmentation des dommages
causés aux animaux domestiques et aux animaux de rente (figure 4). Le nombre moyen d'attaques
par territoire de loup n'a pas changé au fil des ans et se situe environ entre trois et quatre attaques
par an et par territoire (figure 5).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 86/284
Figure 4 Dommages sur animaux domestiques et d?élevage en Saxe 2002-2021 :
Figure 5 Dommages sur animaux domestiques et d?élevage en Saxe 2002-2021 et territoires
occupés:
Bleu : nombre moyen d?attaques par territoire de loups
Rouge : nombre de territoires de loups avérés
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 87/284
Espèces prédatées, exemple de la Saxe38 :
Les espèces d'animaux de rente les plus souvent touchées par les attaques en Saxe sont les
moutons, les chèvres et le gibier en enclos. Lorsque les bovins sont touchés, il s'agit principalement
de veaux dans les premières semaines de leur vie.
38 Extrait du plan loup saxe 2014
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 88/284
(En jaune : bovins )
En Saxe, l'apparition des dommages suit une saisonnalité marquée. Il y a relativement peu
d'attaques d'animaux de rente au cours du premier semestre. La plupart des attaques sur les
animaux de pâturage ont lieu pendant les mois d'été et d'automne. Cela s'explique par la biologie
du loup. Au printemps et au début de l'été, les loups sont occupés à élever leurs petits. En même
temps, la chasse de leurs proies est plus facile. En effet, les chevreuils, les cerfs et les sangliers
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 89/284
ont également des petits à cette période. Cette tendance s'inverse à la fin de l'été et en automne.
Les louveteaux, qui grandissent rapidement, ont des besoins alimentaires de plus en plus
importants tandis que le gibier est en forme et bien nourri à la fin de l'été. Les proies naturelles
représentent donc à cette période une proie comparativement plus lourde que les animaux de
pâturage insuffisamment protégés.
La Haute Lusace (districts de Bautzen et Görlitz) est la région la plus densément peuplée de loups
en Saxe. Cependant, la question de la fréquence des attaques sur les animaux de pâturage ne
dépend pas nécessairement de l'importance de la population de loups dans une région. Dans
certaines circonstances, un loup isolé peut causer des dommages plus importants qu'une meute.
Cela dépend d'une multitude de facteurs, comme l'offre de proies ou les traditions d'élevage d'une
région. Ce sont surtout les mesures de protection existantes qui peuvent être déterminantes quant
à la fréquence des attaques sur les animaux de pâturage. Si un loup tombe sur des animaux
domestiques ou des animaux de rente insuffisamment ou pas du tout protégés lors de ses
expéditions, ceux-ci deviennent des proies faciles.
Il est également important de savoir quelles méthodes de chasse le loup a apprises de ses parents
et s'il a déjà pu acquérir une expérience marquante avec des animaux de rente bien protégés. Les
loups qui rencontrent régulièrement des animaux de rente non protégés ou insuffisamment
protégés apprennent très vite qu'ils sont beaucoup plus faciles à capturer que les proies sauvages.
Cela peut conduire les loups à tenter délibérément de s'attaquer à des animaux d'élevage, quitte
à passer outre les mesures de protection recommandées.
- Le montant des indemnisations
Évolution des paiements compensatoires de 2000 à 2019 :
L'augmentation des dommages causés par les loups s'accompagne d'une augmentation des
paiements compensatoires (cf histogramme infra). En 2019, les coûts des dommages causés par
les loups étaient les plus élevés dans les Länder du Schleswig-Holstein, de la Saxe et du
Brandebourg.
Evolution du montant des indemnisations de dommages :
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 90/284
Evolution du nombre d?attaques
Noir : nombre d?attaques / Gris : nombre d?animaux tués ou blessés
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 91/284
8.3.7 Mesures d?intervention sur le loup
Loi sur la protection de la nature et l'entretien des paysages (Bundesnaturschutzgesetz -
BNatSchG)39
Un article permettant l?abattage de loups d?une meute en étroite relation spatiale et temporelle avec
des prédations a été ajouté en mars 2020 :
§ 45a Manipulation du loup
(1) Il est interdit de nourrir ou d'attirer avec de la nourriture des spécimens sauvages de l'espèce
loup (Canis lupus). Font exception les mesures prises par les autorités compétentes en matière de
protection de la nature et d'entretien des paysages. § L'article 45, paragraphe 5, ne s'applique pas.
(2) L'article 45, paragraphe 7, première phrase, point 1, s'applique à condition que, si les
dommages causés par la prédation d'animaux de rente n'ont pas été attribués à un loup déterminé
d'une meute, l'abattage de membres individuels de la meute de loups en étroite relation spatiale et
temporelle avec des événements de prédation déjà survenus puisse être poursuivi jusqu'à
l'absence de dommages, même sans attribution des dommages à un animal individuel déterminé.
Des dommages économiques graves au sens de l'article 45, paragraphe 7, première phrase, point
1, peuvent également survenir lorsqu'un loup s'attaque à des animaux de pâturage non agricoles,
dans la mesure où ceux-ci ont été protégés par des mesures raisonnables de protection des
troupeaux. La possibilité d'abattre d'autres loups, régie par la première phrase, s'applique
également aux prélèvements effectués dans l'intérêt de la santé humaine conformément à l'article
45, paragraphe 7, première phrase, point 4. Les exigences de l'article 45, paragraphe 7, deuxième
et troisième phrases, doivent être respectées.
(3) La présence d'hybrides entre le loup et le chien (hybrides de loups) dans la nature doit être
prélevée par l'autorité compétente en matière de protection de la nature et d'entretien des
paysages ; les interdictions visées à l'article 44, paragraphe 1, point 1, ne s'appliquent pas dans
ce cas.
(4) Lors de la désignation des personnes appropriées pour effectuer un prélèvement de loups après
l'octroi d'une dérogation conformément à l'article 45, paragraphe 7, également en liaison avec le
paragraphe 2, ainsi qu'au paragraphe 3, l'autorité compétente en matière de protection de la nature
et de gestion des paysages tient compte, dans la mesure du possible, des personnes autorisées à
exercer la chasse, dans la mesure où celles-ci donnent leur accord à cet effet. Si le prélèvement
n'est pas effectué par les titulaires du droit de chasse, les mesures nécessaires à la réalisation du
prélèvement doivent être tolérées par les titulaires du droit de chasse. Les titulaires de droits de
chasse doivent être informés de manière appropriée avant le début des mesures de prélèvement ;
ils doivent avoir la possibilité, dans la mesure du possible, d'apporter leur aide lors de l'exécution
du prélèvement. En cas de danger imminent, la notification préalable visée à la troisième phrase
n'est pas nécessaire.
Guide d?application de ces nouvelles dispositions 40:
Extraits
39 https://www.gesetze-im-internet.de/bnatschg_2009/__45a.html
40 https://www.gzsdw.de/Praxisleitfaden_zur_Erteilung_artenschutzrechtlicher_Ausnahmen_nach_
45_und_45a_BNatSchG_beim_Wolf
PUBLIÉ
https://www.gesetze-im-internet.de/bnatschg_2009/__45a.html
https://www.gzsdw.de/Praxisleitfaden_zur_Erteilung_artenschutzrechtlicher_Ausnahmen_nach_45_und_45a_BNatSchG_beim_Wolf
https://www.gzsdw.de/Praxisleitfaden_zur_Erteilung_artenschutzrechtlicher_Ausnahmen_nach_45_und_45a_BNatSchG_beim_Wolf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 92/284
Les chefs de service ont convenu lors de l'ACK de l'UMK du 9 septembre 2020 (point 2 de l'ordre
du jour) qu'un groupe de travail entre l'Etat fédéral et les Länder élaborerait des consignes
d'application pour l'octroi de dérogations à la législation sur la protection des espèces en ce qui
concerne le loup. Le contexte est constitué par les dispositions modifiées ou nouvellement
introduites par la loi modifiant la loi fédérale sur la protection de la nature du 4 mars 2020 (§§ 45
al. 7 p. 1 n° 1, 45 a BNatSchG), qui nécessitent l'élaboration d'un guide pratique adapté à la
nouvelle situation juridique pour l'octroi d'une dérogation au titre de la protection des espèces. A
cet égard, le contenu central de l'amendement de la loi est la clarification du fait qu'il n'est pas
nécessaire qu'il y ait un dommage au sens d'une mise en danger de l'existence pour qu'une
autorisation de tir d'un loup puisse être accordée, mais qu'un dommage économique "sérieux" suffit.
En outre, l'article 45a de la BNatSchG introduit de nouvelles dispositions relatives à la gestion du
loup dans la BNatSchG. La disposition de l'article 45a, paragraphe 2, phrase 1 de la BNatSchG
est particulièrement pertinente dans le présent contexte. Selon cette disposition, il est possible
d'abattre certains membres d'une meute même si les dommages causés aux animaux de rente
n'ont pas été attribués à un loup particulier de la meute. Le guide pratique a pour but de soutenir
l'application juridiquement sûre des articles 45 et 45a de la BNatSchG par les Länder. Le guide doit
en particulier traiter les étapes de la procédure pour l'octroi juridiquement sûr de dérogations à la
législation sur la protection des espèces et présenter les étapes nécessaires à la réalisation d'un
prélèvement d'individus de loups. L'accent est mis sur le prélèvement de loups en raison de la
prédation d'animaux de rente. Il s'agira d'aborder les exigences juridiques formelles, de discuter
des éléments constitutifs légaux (par ex. l'examen des alternatives) et d'examiner les dispositions
annexes. Le GT Loup, chargé de l'élaboration du guide pratique, a commencé ses travaux lors de
sa première réunion virtuelle le 12 novembre 2020. La coordination organisationnelle et technique
incombe au ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité
nucléaire (BMU), qui bénéficie du soutien technique de l'Office fédéral de la protection de la nature
(BfN). Au niveau fédéral, le ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture (BMEL) est également
membre du groupe de travail Bund-Länder. Un représentant du comité permanent de la protection
des espèces et des biotopes de la LANA est également membre du groupe de travail ouvert aux
Länder. Le GT Loup a élaboré le guide pratique avec le soutien du groupe de rédaction, sur la base
des contributions et des travaux préparatoires élaborés par l'Etat fédéral et les Länder. Le groupe
de rédaction était composé de représentants du BMU, du BMEL, du BfN et de certains Länder. Au
cours de l'élaboration du guide, les associations concernées (associations de protection de la
nature, associations d'agriculture/d'élevage de bétail, associations de sylviculture) ont également
été impliquées dans une procédure en deux étapes : Dans ce cadre, les associations ont été
invitées à formuler des propositions et des remarques sur le contenu et, dans un deuxième temps,
une réunion des associations sur le projet de guide a été organisée le 1er avril 2021. Les remarques
et observations ont été prises en compte dans le guide pratique. Le présent document reflète l'état
actuel des connaissances. Le guide pratique sera développé si nécessaire et à la lumière des
nouvelles connaissances. Les conseils d'exécution ne sont pas exhaustifs et n'ont qu'un caractère
de recommandation. Elles constituent un guide pratique pour l'octroi d'une dérogation. Elles ne
doivent pas remplacer les plans de gestion, les règlements et les guides des Länder sur la gestion
du loup, mais seulement les soutenir. En effet, la compétence des Länder en matière d'application
de la législation sur la protection de la nature (art. 83 GG, § 3 al. 1 n° 1 BNatSchG) reste inchangée.
Basse-Saxe - plan loup octobre 2022
Extraits
Le gouvernement de l'État s'efforce de prendre rapidement des mesures afin que les
comportements ostensibles puissent être évalués le plus rapidement possible. Cela comprend à la
fois la mise en oeuvre d'une surveillance renforcée, par exemple dans le cadre de rapports sur les
rencontres rapprochées, ainsi que toutes les autres mesures conformément aux règlements
d'exemption prescrits de la directive Habitats (article 16) et de la BNatSchG (article 45), en tenant
compte de la loi sur la protection des animaux. Ces mesures comprennent la dissuasion active,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 93/284
c'est à dire agir directement sur un loup sans le blesser ou le tuer gravement, et, en dernier recours,
l'enlèvement mortel d'un animal.
Effarouchement actif
L'effarouchement permet d'obtenir un conditionnement aversif, ce qui signifie que l'animal associe
une situation donnée à des expériences négatives telles que la douleur ou le danger. Dans le cas
d'un loup conditionné à la nourriture, c'est-à-dire nourri par l'homme, un effarouchement actif, par
exemple sous la forme de tirs de balles en caoutchouc, peut être efficace et entraîner un
changement durable de comportement. Une telle mesure, qui vise à infliger une douleur à un
animal, doit être justifiée sans exception par une raison raisonnable. Il convient de vérifier dans
chaque cas si l'objectif poursuivi est compréhensible et si le principe de proportionnalité est
respecté. En outre, la mise en oeuvre doit être effectuée par une personne compétente après la
prise de décision au cas par cas, afin de garantir une minimisation du risque de douleur, de
souffrance ou de dommage. Dans le meilleur des cas, les expériences négatives (douleur causée
par une balle en caoutchouc) devraient être répétées à un intervalle de temps rapproché afin
d'obtenir un succès à long terme. Pour pouvoir mieux observer un loup au comportement particulier
et, le cas échéant, l'efficacité de la mesure, l'émission d'un signal serait un moyen approprié, mais
très difficile à mettre en oeuvre. En théorie, l'effarouchement actif peut également être utilisé dans
le cas d'un loup ou d'une meute de loups qui tue de manière ciblée des animaux de rente et qui a
appris à contourner la protection des troupeaux contre les loups. Pour obtenir un changement de
comportement à long terme, il faut toutefois punir l'animal ou la meute à chaque tentative, souvent
au milieu de la nuit, en l'effrayant. Dans la pratique, cela est rarement réalisable (le cas échéant,
de jour), voire impossible. Comme un loup apparaît souvent à plusieurs jours d'intervalle à
différents endroits, il est très difficile, voire impossible, d'arriver à temps sur le lieu de l'événement
pour contrer les mesures d'effarouchement. Notamment parce que la portée des munitions
d'effarouchement est très limitée et qu'elles ne peuvent donc être utilisées qu'à très courte distance.
Dans de tels cas, il est nécessaire de renforcer la protection des troupeaux (voir chapitre 12.2.4)70.
Prélèvement létal
Si un effarouchement actif est inefficace, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de changement de
comportement souhaité et que l'animal doit être considéré comme un danger pour l'homme, ou si
la protection raisonnable du troupeau continue d'être ignorée, un prélèvement létal doit être
effectué comme dernière étape nécessaire. S'il existe un danger imminent pour l'homme, un
prélèvement doit être effectué conformément au règlement d'exception, même sans
effarouchement préalable. Dans le cas de loups qui causent ou causeront vraisemblablement des
dommages financiers disproportionnés en dépassant les limites raisonnables de protection des
troupeaux, le prélèvement d'un loup, voire de toute la meute, peut être recommandé71. La mise
en oeuvre, qui doit également être précédée d'un examen approfondi de chaque cas et qui ne peut
être effectuée que par des personnes compétentes, s'avère par expérience difficile, car les loups
sont crépusculaires et nocturnes et ne se distinguent généralement pas les uns des autres par leur
apparence. Les chiots sont presque adultes à l'automne, à l'âge de huit mois environ, et
ressemblent donc à s'y méprendre à leurs parents ou à leurs frères et soeurs plus âgés, en
particulier dans l'obscurité. Si l'animal génétiquement identifié comme étant à l'origine des
dommages ne peut être distingué des autres membres de la meute par des caractéristiques
extérieures reconnaissables, l'article 45a, paragraphe 2 de la BNatSchG autorise le prélèvement
d'animaux de la "meute à problèmes" identifiée jusqu'à ce que les dommages ne soient plus
constatés.
Evaluation des bases juridiques pour une gestion
14.3.1 Possibilités d'action conformément à la loi fédérale sur la protection de la nature La
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 94/284
deuxième loi portant modification de la loi fédérale sur la protection de la nature (BT-Drs 19/10899),
adoptée en 2019, avait pour objectif d'accroître la sécurité juridique lors de l'octroi de dérogations
aux interdictions d'accès prévues par la législation sur la protection des espèces, compte tenu des
problèmes qui se posent dans la pratique. L'accent a été mis sur la création d'une sécurité juridique
pour les décisions administratives relatives aux prélèvements d'animaux de rente, y compris dans
les cas où l'on ne sait pas exactement quel loup a causé des dommages concrets. Le résultat de
ces efforts est l'actuel article 45a, paragraphe 2 de la BNatSchG. L'expérience pratique montre
que les dispositions actuelles, en particulier celles de l'article 45a, paragraphe 2, de la BNatSchG,
ne sont pas suffisantes pour assurer une gestion du loup proportionnée, équilibrée et
compréhensible - qui doit également comporter des autorisations de prélèvement exécutables
dans la pratique et, surtout, dont la mise en oeuvre soit efficace. Conformément à l'article 45a,
paragraphe 2, de la BNatSchG, en cas de prédation sur des animaux de rente qui ne peuvent être
attribués à un loup en particulier, le tir de certains membres de la meute peut être poursuivi jusqu'à
ce que les dommages ne soient plus causés, même si les dommages ne sont pas attribués à un
animal en particulier, et ce dans un rapport spatio-temporel étroit avec les prédations déjà
survenues. L'idée de base de cette réglementation est correcte et utile pour l'exécution, tant que
l'appartenance à une meute des animaux impliqués dans les attaques peut être établie par des
échantillons génétiques. Toutefois, la réglementation ne répond pas entièrement aux exigences
pratiques. D'une part, lorsque l'animal à l'origine des dommages est certes connu, mais qu'aucune
appartenance concrète à une meute ne peut être établie. Une autorisation exceptionnelle de
l'animal responsable des dommages devient alors impossible, car on ne peut pas exclure qu'un
autre animal, qui ne peut pas être distingué dans le paysage de l'animal responsable des
dommages, puisse être prélevé. D'autre part, dans la pratique, il arrive souvent que les frontières
entre les territoires de différentes meutes de loups ne puissent pas être délimitées, ou alors de
manière incertaine. Si l'on ne parvient pas à individualiser l'animal responsable des dommages et
à l'attribuer à une meute donnée, il n'est pas possible, selon la jurisprudence actuelle du tribunal
d'Oldenburg (décision du 22 mars 2022, Az.:5 B 294/22), d'accorder une dérogation au titre de la
protection des espèces, car il n'est pas compatible avec le libellé des articles 45, paragraphe 7, et
45a, paragraphe 2, de la loi allemande sur la protection des habitats (BNatSchG) que des loups
puissent être prélevés dans plus d'une meute dans un contexte spatial et temporel étroit. Le
gouvernement du Land ne dispose donc pas d'options suffisantes pour gérer de manière équilibrée
les conflits qui surgissent sur le terrain, notamment dans les régions où les prédations sur les
animaux de rente sont excessivement fréquentes, même sur des animaux de pâturage très bien
protégés. L'acceptation de la protection du loup, requise par la loi et souhaitable d'un point de vue
technique, est ainsi de plus en plus remise en question. La Basse-Saxe se prononce donc en
faveur d'une modification de l'article 45a, paragraphe 2 de la BNatSchG, qui supprimerait le lien
avec une seule meute. La condition restrictive de l'appartenance à une meute n'est pas imposée
par le droit européen et est contraire aux exigences de la pratique.
14.3.2 Évaluation de l'état de conservation favorable
La directive FFH énumère dans ses différentes annexes les animaux, plantes et habitats qui, du
point de vue de l'UE, sont d'intérêt communautaire et doivent donc être particulièrement protégés
par tous les États membres. L'objectif de la directive est le maintien ou le rétablissement dans un
"état de conservation favorable" des animaux, plantes et habitats répertoriés. Le loup fait partie
des espèces animales à protéger strictement (annexe IV). Pour le loup, l'Etat fédéral (BMUV)72
définit l'atteinte d'un état de conservation favorable comme suit : "Les loups vivent actuellement et
continueront à vivre partout où ils peuvent vivre naturellement ; l'habitat et la nourriture disponibles
actuellement et à l'avenir seront suffisants pour assurer la survie des loups à long terme. Le nombre
de loups est en outre suffisamment important pour que les loups ne puissent pas s'éteindre à
nouveau à l'avenir, par exemple à cause de maladies, d'accidents de la route ou du braconnage".
Plusieurs critères sont donc importants pour l'évaluation et la classification de l'état de
conservation : l'aire de répartition naturelle, la population ("population"), l'habitat et les perspectives
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 95/284
d'avenir. Pour déterminer l'évaluation globale, il est essentiel de savoir laquelle de ces quatre
caractéristiques individuelles est la plus mauvaise. L'évaluation par l'Etat fédéral de l'aire de
répartition favorable du loup en Allemagne est considérée de manière critique par le gouvernement
du Land et par les experts, car le loup n'a pas d'exigences particulières en matière d'habitat qui
limiteraient une expansion prévue sur presque tout le territoire (voir chapitre 4.2). Comme on peut
le lire dans les "Lignes directrices pour les plans de gestion au niveau de la population des grands
carnivores ", les experts reconnaissent explicitement que l'aire de répartition favorable peut être
inférieure à l'aire de répartition maximale possible pour les espèces largement répandues, comme
le loup. Au contraire, Linnell et al. (2008) postulent qu'il n'est pas nécessaire que toute l'aire de
répartition historique soit reconstituée pour que l'aire de répartition soit considérée comme
favorable, si la survie et la variabilité à long terme sont assurées même avec une aire de répartition
plus réduite. En particulier, lorsqu'il existe des conflits importants et difficiles à désamorcer, il devrait
être possible de limiter la propagation potentielle (voir Linnell et al. 2008, section 6.1). Outre
l'ensemble de l'aire de répartition historique et la capacité de charge écologique potentielle qui en
découle, il convient donc de se concentrer particulièrement sur la "capacité de charge sociale", qui
est inférieure à la capacité de charge écologique (voir figure 14).
En fin de compte, la viabilité sociale est d'une importance cruciale pour la survie des grands
prédateurs, car ils sont à l'origine de nombreux conflits. Sans la volonté de la population de
cohabiter avec cette espèce et de supporter les coûts économiques et sociaux liés à sa présence
(p. ex. dommages aux animaux d'élevage, concurrence pour le gibier, peur), il n'est pas possible
d'assurer la survie à long terme de l'espèce. Ce facteur important, qui n'est pas pris en compte
dans l'évaluation de l'état de conservation favorable, a donc un impact négatif non seulement sur
l'objectif d'une "aire de répartition favorable", mais aussi sur le critère des "perspectives d'avenir".
Il n'est donc ni nécessaire ni judicieux, du point de vue de la protection des espèces, que tous les
habitats potentiels du paysage rural de Basse-Saxe soient colonisés par des loups. Le
gouvernement du Land se prononce donc en faveur de la prise en compte du critère de la "viabilité
sociale" et continuera à oeuvrer au niveau fédéral et européen en ce sens.
14.3.3 Compatibilité des "zones sans loups" avec le droit européen, fédéral et régional
Le loup fait l'objet d'une protection particulière, tant au niveau européen qu'au niveau fédéral et
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 96/284
régional. Les "zones sans loups" désignent des régions qui doivent être maintenues à l'écart des
loups et qui s'opposent ainsi à leur expansion naturelle. Dans les Länder où la population de loups
est constante, de telles zones ne pourraient être obtenues que par l'utilisation continue de mesures
telles que l'effarouchement ou le prélèvement. En vertu du droit européen, des dérogations à
l'interdiction de telles mesures ne peuvent être accordées qu'au cas par cas, conformément à
l'article 16 de la directive FFH, et à condition que les autres mesures ne soient pas efficaces et que
l'état de conservation favorable de la population soit assuré. La loi fédérale sur la protection de la
nature ne prévoit elle aussi des exceptions à la protection des loups que dans des cas particuliers
(cf. § 45 alinéa 7 BNatSchG). La BNatSchG se réfère également aux conditions de la directive
FFH pour les mesures contre les loups. Celles-ci présupposent sans exception un comportement
antérieur du loup pouvant justifier une mesure. Il n'existe donc actuellement aucune base juridique
pour la désignation de "zones sans loups".
Bavière : nouvelle ordonnance sur le loup (et la loutre) du 25 avril 2023 :
Protection des personnes et de la sécurité publique
Dans l'intérêt de la santé humaine et de la sécurité publique, il est permis, conformément aux
paragraphes suivants, de traquer, de capturer, d'effaroucher ou de tuer des loups (Canis lupus) à
l'aide d'une arme à feu appropriée, dans la mesure où il n'existe pas d'alternative raisonnable.
La condition est également que l'état de conservation de la population ne se détériore pas et que
le rétablissement d'un état de conservation favorable ne soit pas entravé.
Compte tenu de l'article 45a, paragraphe 2, troisième phrase, de la loi fédérale sur la protection de
la nature (BNatSchG), les loups mettent en danger la santé de l'homme ou la sécurité publique,
notamment lorsqu'ils
1.s'approchent à plusieurs reprises de personnes en dehors des véhicules à moins de 30 m,
2.tolèrent à plusieurs reprises l'approche de l'homme à moins de 30 mètres
3.sont vus pendant plusieurs jours à moins de 200 m d'une agglomération ou d'un bâtiment ou
d'une étable utilisés par l'homme,
4.suivent les gens malgré les tentatives d?éloignement
5.s'approchent des personnes dans des localités fermées et ne peuvent être que difficilement
chassées,
6.tuent les chiens dans les agglomérations ou dans les bâtiments ou écuries utilisés par l'homme,
7.s'approchent de personnes accompagnées de chiens et ont un comportement agressif ou
8.réagissent de manière agressive et non provoquée à l'égard des personnes.
Un prélèvement n'est autorisé que si une mesure d'effarouchement ne semble pas possible ou
risque d'échouer.
Prévention de dommages économiques graves
Afin d'éviter des dommages agricoles ou d'autres dommages économiques graves, il est permis,
conformément aux paragraphes suivants, de traquer les loups, de les capturer, de les effaroucher
ou de les tuer avec une arme à feu appropriée, pour autant qu'il n'existe pas d'autre solution
raisonnable. La condition est également que l'état de conservation de la population ne se détériore
pas et que le rétablissement d'un état de conservation favorable ne soit pas entravé.
Compte tenu de l'article 45a, paragraphe 2, de la BNatSchG, les conditions de l'alinéa 1, première
phrase, sont notamment réunies lorsque des loups blessent ou tuent un animal de rente ou un
équidé dans des zones de pâturage non protégeables.
Les mesures visées à la première phrase peuvent être prises à l'encontre d'un loup rencontré en
relation spatiale et temporelle avec l'événement en question.
Les zones de pâturage non protégeables sont des zones pour lesquelles la protection des
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 97/284
troupeaux n'est soit pas possible, soit pas raisonnable.
Les sous-unités naturelles qui ne peuvent être raisonnablement clôturées et pour lesquelles
l'autorité inférieure de protection de la nature a constaté que l'alternative de la garde par un berger,
associée à une mise en stabulation nocturne ou à un hébergement dans un enclos de nuit
repoussant les loups, n'est pas raisonnable, sont assimilées à des zones de pâturage non
protégeables.
L'autorisation visée à l'article 45, paragraphe 7, quatrième phrase, de la BNatSchG est transférée
au ministère d'État pour l'environnement et la protection des consommateurs (Staatsministerium),
dans la mesure où celui-ci est habilité à définir par décret les zones de pâturage non protégeables
visées à la première phrase et les sous-unités naturelles ne pouvant pas être raisonnablement
clôturées visées à la deuxième phrase.
Si l'autorité inférieure de protection de la nature estime que les conditions susmentionnées sont
remplies, elle détermine les mesures à prendre et les personnes appropriées et habilitées à les
exécuter.
- Tirs sur le loup avec armes à feu
La loi a été modifiée en mars 2020 et prévoit qu?en cas de dommages économiques graves, si les
dommages causés par la prédation d'animaux de rente n'ont pas été attribués à un loup déterminé
d'une meute, l'abattage de membres individuels de la meute de loups en étroite relation spatiale et
temporelle avec des événements de prédation déjà survenus puisse être poursuivi jusqu'à
l'absence de dommages, même sans attribution des dommages à un animal individuel déterminé.
Mais il semble que ces dispositions ne donnent pas lieu à des autorisations d?abattage de loups
(cf supra analyse de la Basse-Saxe).
Pour autant, 2 morts de loup ont été attribuées à la « gestion » en 2022.
- Délivrance des autorisations de tirs (défense, prélèvement?)
Information non identifiée
8.3.8 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
Information non identifiée
- Description des actions
- Dispositions particulières réglementairement applicables
8.4 Éléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du
loup en Allemagne
Prospective sur la démographie et la répartition des loups
Une équipe de scientifiques allemands et autrichiens41 ont procédé à la modélisation de l?habitat
41 Stephanie Kramer-Schadt41 Leibniz Institut für Zoo- und Wildtierforschung (IZW), Department Ökologische
Dynamiken, Berlin Technische Universität Berlin, Institut für Ökologie, Berlin, Moritz Wenzler Leibniz Institut für Zoo-
und Wildtierforschung (IZW), Department Ökologische Dynamiken, Berlin Humboldt Universität Berlin, Abteilung
für Biogeographie, Berlin, Pierre Gras Leibniz Institut für Zoo- und Wildtierforschung (IZW), Department
Ökologische Dynamiken, Berlin etFelix Knauer Forschungsinstitut für Wildtierkunde und Ökologie, Abteilung
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 98/284
et à l?estimation du nombre potentiels de territoires du loup en Allemagne avec le soutien du DBBW
et du BfN. Leur analyse a été publiée par ces derniers en 2020 (BfN-Skripten 556)42
Cette étude particulièrement intéressante, dont les missionnaires tiennent une traduction informelle
à la disposition des services des ministères commanditaires, analyse les habitats actuellement
occupés par les loups en Allemagne et leurs caractéristiques, afin d'en déduire les zones
potentiellement favorables aux loups en Allemagne.
« En résumé, selon le modèle et la valeur seuil, de grandes parties de l'Allemagne présentent des
habitats appropriés pour d'éventuels territoires de loups. Il est donc possible que d'autres territoires
soient créés dans de nombreuses régions d'Allemagne au fur et à mesure de l'expansion. En raison
de la territorialité des loups, le nombre de territoires et donc de loups stagnera à long terme dans
certaines régions ou fluctuera autour d'une certaine valeur. Les résultats de l'étude montrent en
outre qu'en Allemagne, il faut en principe s'attendre à des loups de passage dans tous les paysages
ou à des loups territoriaux dans certaines régions. Comme les résultats reposent sur une multitude
de calculs et d'hypothèses, la modélisation de l'habitat ne permet pas de prédire avec précision
chaque futur territoire. Les calculs montrent cependant une forte congruence entre les territoires
modélisés et les territoires effectivement colonisés par les loups. Néanmoins, on ne peut pas
exclure catégoriquement l'installation de loups dans des zones moins ou non appropriées. Les
résultats de l'étude n'ont donc pas de valeur prédictive, mais indiquent plutôt le potentiel actuel
pour l'établissement de territoires de loups dans des habitats appropriés. En revanche, les données
du monitoring annuel fédéral (www.dbb-wolf.de) représentent la présence effective de meutes, de
couples et d'individus territoriaux pour l'année de monitoring en question, relevés selon des normes
uniformes dans les Länder. Les résultats de la présente étude fournissent aux autorités et aux
institutions responsables de la gestion du loup les informations nécessaires pour leur permettre
d'anticiper et d'adapter leurs mesures. La promotion et la mise en oeuvre de mesures de protection
des troupeaux pour protéger les animaux de pâturage contre les attaques de loups jouent
notamment un rôle déterminant. Il est donc recommandé aux éleveurs de mettre en oeuvre des
mesures de protection des troupeaux efficaces et précoces, y compris dans les zones où il n'y a
pas encore de territoires occupés par des loups, afin d'éviter les attaques d'animaux de rente. (?)
Les résultats de cette étude montrent avant tout que les loups sont des généralistes absolus de
l'habitat, qui pourraient potentiellement utiliser presque tout le paysage allemand dans sa diversité.
Pour la gestion, cela signifie qu'il ne faut pas seulement s'attendre à voir des loups migrer partout,
mais que les loups pourraient s'installer presque partout en Allemagne. Même si l'on ne sait pas
avec certitude si, quand et avec quel degré de détail les prévisions se réaliseront réellement, il
semble judicieux de se préparer au retour des loups par des mesures de gestion, notamment la
mise en oeuvre de mesures efficaces de protection des troupeaux, même dans les régions qui ne
sont pas encore colonisées par les loups. Un autre aspect à ne pas négliger est le fait que quelques
meutes se sont installées en dehors des zones prédites. On peut supposer que les loups colonisent
d'abord les zones les plus appropriées, puis s'étendent progressivement vers des zones moins
adaptées en termes d'habitat, mais qui offrent également des refuges et des ressources
alimentaires suffisantes. Cela signifie en premier lieu que les autorités responsables doivent se
préparer à une éventuelle colonisation par les loups à l'intérieur et à l'extérieur des zones
potentiellement favorables. (?)
En l'état actuel des connaissances, le nombre de territoires potentiels (pour une taille de territoire
de 200 km2) se situe entre 700 et 1400, pouvant en principe accueillir le nombre de meutes
correspondant. »
Conservation Medicine, Vetmeduni Vienna, Wien, Österreich
42 https://www.bfn.de/publikationen/bfn-schriften/bfn-schriften-556-habitatmodellierung-und-abschaetzung-der-
potenziellen
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 99/284
8.4.1 Les points forts de la politique publique du loup en Allemagne
8.4.2 Pistes d'évolution et expérimentation de nouvelles mesures
D?importantes divergences de vue concernant la politique publique du loup existent entre les partis
et conduisent à des différences notables d?approches entre les Länder ainsi que, parfois, d?une
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 100/284
année sur l?autre tant au niveau fédéral que local selon la sensibilité des ministres en charge.
Exemples :
? 22 mai 2019 Décision du cabinet sur le loup [ministère de l?agriculture]
Déclaration de la ministre fédérale Julia Klöckner (CDU, remplacée depuis par Cem Özdemir, Les
verts)43
"Le ministère fédéral de l'Alimentation et de l'Agriculture salue le projet de modification de la loi
fédérale sur la protection de la nature (BNatSchG) qui constitue un premier pas dans la bonne
direction. Au vu de l'augmentation rapide de la population de loups et des prélèvements d'animaux
de rente qui en découlent également, le BMEL estime qu'une modification de la BNatSchG visant
à transposer l'article 16, paragraphe 1, point e), de la directive Faune-Flore-Habitats à l'échelle 1:1
reste nécessaire. Ainsi, le prélèvement d'un nombre limité et spécifié de loups par les autorités
serait autorisé sous contrôle strict, de manière sélective et limitée, dans les conditions prévues à
l'article 45, paragraphe 7, phrases 2 et 3 de la BNatSchG. Après la clôture de la procédure en cours
concernant la demande de décision préjudicielle de la Cour administrative suprême de Finlande
auprès de la CJCE (affaire C-674/17), il conviendra de procéder à une réévaluation des
modifications apportées par cet amendement de la BNatSchG".
Pour explication :
Du point de vue de notre ministère fédéral, la modification qui vient d'être apportée n'est qu'une
première étape, mais elle était absolument nécessaire en raison de la situation difficile dans les
zones rurales. Les modifications visent à mieux protéger les citoyens dans les régions où les loups
s'approchent déjà de près des zones d'habitation, ainsi qu'à protéger l'élevage d'herbivores. Tant
l'abaissement du seuil de dommages pour le prélèvement de loups dans la nature que
l'amélioration de la sécurité juridique par le tir possible de certains loups d'une meute, même si l'on
ne sait pas exactement quel loup a causé les dommages, jusqu'au prélèvement de la meute entière,
constituent un progrès sur le fond. C'est une bonne chose que le ministère fédéral de
l'Environnement ait fini par bouger.
Toutefois, nous considérons que ce qui a été obtenu n'est qu'un premier pas dans la bonne
direction, surtout au vu de l'augmentation rapide de la population de loups et de l'augmentation
également des prélèvements d'animaux de rente. Nous pensons qu'il est urgent d'apporter des
modifications supplémentaires à la loi fédérale sur la protection de la nature dans ce domaine. Il
n'a cependant pas été possible de s'entendre à court terme avec le ministère fédéral de
l'Environnement (BMU) sur de telles mesures, comme le contrôle limité des populations que nous
réclamons. Il a donc été décidé de soutenir le projet de loi du BMU afin de lancer la procédure
législative. Des modifications peuvent maintenant être introduites dans la procédure parlementaire.
? Basse Saxe :
o Autorités locales octobre 2022
o Association NABU décembre 202244
La NABU salue une plus grande transparence dans la gestion du loup
Dr. Buschmann : « Un soutien technique et financier pour la protection des troupeaux reste
nécessaire ».
43 https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2019/190522-erklaerung-wolf.html
44 https://niedersachsen.nabu.de/tiere-und-pflanzen/saeugetiere/wolf/32655.html
PUBLIÉ
https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2019/190522-erklaerung-wolf.html
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 101/284
A l'avenir, les autorisations exceptionnelles de prélèvement de loups dits problématiques devront
être annoncées une semaine à l'avance et être consultables par le public, selon le ministre de
l'environnement Christian Meyer.
Avant les élections régionales, les Verts ont demandé plus de transparence sur le thème du loup.
Maintenant qu'ils sont au gouvernement, cette volonté doit se refléter dans leur politique
d'information
9 décembre 2022- Dr Holger Buschmann, président du NABU Niedersachsen, voit dans l'annonce
du nouveau ministre de l'Environnement le pas vers plus de transparence et d'objectivité qui aurait
dû être fait depuis longtemps : "Jusqu'à présent, il n'était pas clair quels loups avaient été autorisés
à être abattus et pour quelle raison, et aucun examen indépendant des cas n'avait pu être effectué,
ce qui avait attisé les doutes sur leur légalité. Cette critique et la plainte de la NABU concernant la
procédure suivie jusqu'à présent sont désormais prises en compte à juste titre". L'implication
prévue du service fédéral de conseil sur le loup (DBBW) est également une étape nécessaire et
bienvenue.Dr. Buschmann poursuit : "Même le groupe des Verts au parlement régional avait porté
plainte contre la politique d'information du gouvernement régional précédent lorsqu'il était dans
l'opposition. La plainte a été gagnée, raison pour laquelle la commission de l'environnement a déjà
dû être impliquée. La transparence et la politique d'information que les Verts ont exigées doivent
maintenant se retrouver intégralement dans leur responsabilité gouvernementale".
En avril 2022, la NABU, soutenue par le WWF, avait en outre déposé une plainte contre l'absence
de transmission d'informations par l'arrondissement d'Uelzen et revendiquait la communication
spontanée des délivrances de dérogations à l'interdiction de mise à mort de l'article 44, paragraphe
1, phrase 1 de la BNatSchG pour l'espèce loup, conformément à l'article 45, paragraphe 7, phrase
1 de la BNatSchG, par la transmission active des dérogations. Le décret correspondant, qui est
maintenant envoyé aux autorités inférieures de protection de la nature pour mise en oeuvre, doit
maintenant être examiné par la NABU. La mise en oeuvre du décret, par exemple sous la forme
d'une publication dans la presse des autorisations de tir par les districts concernés, sera également
examinée de près par la NABU. C'est de cette mise en oeuvre et du contenu exact de l'arrêté que
dépendra la poursuite de l'action en justice de la NABU. La NABU est sceptique quant au "plan
d'action sur les animaux de pâturage et le loup".
Parallèlement, le Dr Buschmann souligne que le statut de protection du loup ne doit pas être affaibli
au-delà de ce point et voit d'un mauvais oeil le projet du Land de Basse-Saxe de participer à un
concept du gouvernement fédéral pour une gestion de la population conforme au droit européen
et différenciée selon les régions. Un "plan d'action pour l'élevage d'herbivores et le loup" doit
notamment réévaluer l'état de conservation du loup et permettre des régulations régionales de la
population. Il est toutefois scientifiquement prouvé que les régulations de population n'aideront pas
les éleveurs d'animaux de pâturage. Il reste donc absolument nécessaire de soutenir
financièrement les éleveurs d'animaux de rente, mais aussi et surtout de renforcer le soutien
technique aux mesures de protection des troupeaux. »
? Bavière 25 avril 202345
(25 avril 2023) Munich - Le Conseil des ministres a adopté aujourd'hui la nouvelle ordonnance
bavaroise sur le loup et la réglementation sur la loutre. La ministre bavaroise de l'Agriculture
Michaela Kaniber a affirmé : "La décision du cabinet est un signal important pour nos agriculteurs
alpins, nos éleveurs d'herbivores et l'économie des étangs. Mais surtout pour la préservation de
notre paysage culturel et de la biodiversité. Nous ne pouvons plus rester les bras croisés face au
45 https://www.stmelf.bayern.de/service/presse/pm/2023/wolfs-verordnung-und-fischotter-regelung/index.html
https://www.agrarzeitung.de/nachrichten/politik/wolf-bayerns-kabinett-beschliesst-verordnung-zur-entnahme-
106675
PUBLIÉ
https://www.stmelf.bayern.de/service/presse/pm/2023/wolfs-verordnung-und-fischotter-regelung/index.html
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 102/284
retour des prédateurs que sont le loup, l'ours, mais aussi la loutre, qui anéantissent de plus en plus
l'élevage d'animaux de rente et l'industrie de la pêche. Nous ne pouvons que constater : Les loups
ne sont plus menacés, mais nos éleveurs d'herbivores le sont déjà. C'est pourquoi nous sommes
contraints d'agir. Car nous défendons notre économie durable de pâturages et d'étangs. Nous ne
laissons pas les éleveurs et les propriétaires d'étangs seuls. Il n'en reste pas moins que la
Confédération doit s'engager à abaisser le statut de protection du loup qui ne figure plus sur la liste
rouge".
Reprise dans la presse 46:
« Aujourd?hui, le gouvernement du Land de Bavière a adopté une nouvelle ordonnance sur les
loups. Comme le ministre-président de Bavière Dr. Markus Söder l?a expliqué à « Bild »,
l?ordonnance donne aux bureaux de district des régions touchées une plus grande liberté pour
réduire le nombre de loups.
« Une prédation suffit. Ensuite, un prélèvement peut avoir lieu dans la zone responsable », a
déclaré le chef du gouvernement.
Les bureaux de district eux-mêmes pourraient décider de la manière. Un loup n?a pas besoin d?être
abattu « pour le sortir de l?environnement naturel », a expliqué Söder. Il n?est pas non plus
nécessaire de prouver qu?il s?agissait de ce loup particulier.
Selon le ministre de l?Economie Hubert Aiwanger, la solution idéale serait que le gouvernement
fédéral détermine enfin le « statut de conservation favorable » du loup. « Comme il échoue
malheureusement à cause d?un déni de réalité, nous devons maintenant réagir au niveau de l?Etat
», a déclaré le chef adjoint du gouvernement. Le loup menace l?élevage en plein air et donc le
paysage culturel et la biodiversité dans de nombreuses régions de Bavière, qui existent non
seulement pour l?agriculture mais aussi pour le tourisme.
Des incidents tels que l?attaque meurtrière de l?ours dans le Trentin sont inacceptables et
menacent non seulement la vie humaine et animale, mais aussi le tourisme, a déclaré le ministre.
Les loups s?approchent également de plus en plus des gens et des promeneurs avec des chiens
et envahissent les colonies. Par conséquent, le loup doit être réglementé.
Pendant ce temps, le groupe parlementaire CDU en Basse-Saxe a accusé le ministre de
l?Environnement du Land Christian Meyer de tromperie en relation avec le loup. Meyer affirme que
malgré plus de loups en Basse-Saxe, il y aurait une baisse des prédations par les loups et se réfère
dans sa déclaration aux chiffres de surveillance de l?Association nationale des chasseurs de Basse-
Saxe. Mais son affirmation ne correspond pas à la vérité, bien au contraire », a déclaré aujourd?hui
à Hanovre le porte-parole pour l?agriculture du groupe parlementaire CDU, Marco Mohrmann. Dans
le cas des prédations de loup, « nous sommes confrontés à un nouveau record ».
Selon Mohrmann, Meyer a comparé le nombre d'attaques du premier trimestre 2023 avec celui du
quatrième trimestre 2022, mais il n'a pas mentionné que la Basse-Saxe en était déjà à 281 attaques
pour l'année de suivi 2022/23, contre 241 au total en 2021/22. Or, l'année de référence ne se
termine que le 30 avril, ce qui signifie que le nombre va très probablement encore augmenter, a
ajouté Frank Schmädeke, porte-parole du groupe parlementaire CDU sur la politique du loup.
Selon les deux politiciens de la CDU, il s?agit d?une année record pour la Basse-Saxe dans le cas
des attaques de loups. « Face aux multiples souffrances des animaux et des humains, utiliser un
tel tour de passe-passe est tout simplement indécent. Sans honnêteté et transparence, nous nous
éloignons de plus en plus des solutions raisonnables au problème des loups », ont critiqué
Mohrmann et Schmädek. »
46
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 103/284
Fiche Allemagne Annexe 1 Méthode de suivi de la population
Monographie du BfN sur la surveillance des grands carnivores
[extrait du https://www.dbb-wolf.de/wolf-management//monitoring-
standards?file=files/publisher/downloads/2015_Monitoringstandards%20f%C3%BCr%20Wolf%2
C%20Luchs%2C%20B%C3%A4r_BfNSkript413.pdf)
La République fédérale est tenue par l'article 11 de la directive FFH de surveiller l'état de
conservation des biens protégés et donc de mettre en place un système de surveillance. Comme
la protection de la nature et donc la mise en oeuvre de la directive FFH en Allemagne relèvent
en grande partie de la compétence des Länder, c'est à ces derniers qu'il incombe en principe
de mettre en oeuvre les dispositions correspondantes. Toutefois, c'est à la République
fédérale d'Allemagne qu'incombe l'obligation de faire rapport à l'UE. Comme l'état de
conservation des espèces et des types d'habitats doit être évalué au niveau des régions
biogéographiques d'un État membre, les Länder doivent s'accorder sur le contenu et les méthodes
de suivi. L'Office fédéral de la protection de la nature (BfN), qui coordonne le suivi FFH pour
la République fédérale d'Allemagne, a publié en 2009 des normes harmonisées au niveau
national pour le suivi du loup, du lynx et de l'ours en Allemagne. Depuis 2009, les données
utilisées pour déterminer la zone de présence et la taille de la population sont présentées et
évaluées chaque année lors d'une réunion des personnes chargées du suivi du loup et du lynx
dans les différents Länder. Les résultats de ces réunions annuelles sont des cartes de présence
des deux espèces (Fig. 4) harmonisées au niveau national ainsi qu'une estimation de la taille
minimale de la population, avec effet rétroactif pour l'année de monitoring précédente. Ces
résultats constituent la base du rapport national de l'Office fédéral allemand de la protection de la
nature. En ce qui concerne le loup, LUPUS (Institut für Wolfsmonitoring und -forschung in
Deutschland) collecte en permanence les données relatives aux animaux trouvés morts et aux
nouveaux établissements de meutes et de couples de loups, et les met à la disposition des
autorités fédérales et régionales sur demande, de sorte que des informations sur la population de
loups actuellement confirmée puissent également être fournies entre les réunions annuelles. Au-
delà des normes de suivi et des réunions annuelles, il n'existe actuellement pratiquement
aucune coordination du suivi du loup et du lynx entre les Länder, souvent même pas au sein
d'un même Land lorsque plusieurs espèces sont présentes simultanément. Comme les
espèces sont soumises à différentes juridictions (lynx : législation sur la protection de la nature
et sur la chasse, loup en Saxe : législation sur la protection de la nature et sur la chasse, ours et
loup dans les 15 autres Länder : législation sur la protection de la nature uniquement), les autorités
compétentes sont parfois différentes. Le manque de coordination qui en résulte rend encore
plus difficile un suivi coordonné à tous les niveaux, tant à l'intérieur d'un pays qu'au-delà
des frontières nationales et nationales.
C'est aux pays qu'il revient de confier le suivi à des institutions ou à des individus. Par conséquent,
les structures de suivi ainsi que les efforts et les moyens mis à disposition varient considérablement
d'un pays à l'autre. En règle générale, les données sont collectées et analysées au niveau des
Länder. Toutefois, certains pays ont mis en place des structures qui garantissent l'utilisation de
l'expertise de personnes expérimentées dans tous les pays. Dans d'autres pays, un ou deux
experts sont chargés de la surveillance et coordonnent, outre leur propre travail sur le terrain, celui
de personnes formées. Dans d'autres cas, les données sont principalement collectées par des
personnes formées, qui ne sont que peu coordonnées et guidées.
On distingue deux types de monitoring : passif et actif (BREITENMO-SER et al. 2006). Le
monitoring passif ne nécessite guère de travail sur le terrain, mais consiste à collecter, évaluer et
analyser des informations obtenues par hasard, par exemple la découverte d'animaux morts, des
PUBLIÉ
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/monitoring-standards?file=files/publisher/downloads/2015_Monitoringstandards%20f%C3%BCr%20Wolf%2C%20Luchs%2C%20B%C3%A4r_BfNSkript413.pdf
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/monitoring-standards?file=files/publisher/downloads/2015_Monitoringstandards%20f%C3%BCr%20Wolf%2C%20Luchs%2C%20B%C3%A4r_BfNSkript413.pdf
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/monitoring-standards?file=files/publisher/downloads/2015_Monitoringstandards%20f%C3%BCr%20Wolf%2C%20Luchs%2C%20B%C3%A4r_BfNSkript413.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 104/284
rapports sur des dégâts ou des observations directes, ou encore des données de tir pour les
populations chassées. Il convient d'être prudent dans l'interprétation de ces données, car elles sont
collectées de manière aléatoire et non systématique. Certaines causes de mortalité sont plus
faciles à détecter (p. ex. pertes dues au trafic) que d'autres (abattage illégal, maladies). Le
monitoring passif ne fournit pas non plus nécessairement les informations requises pour toutes les
questions, par exemple le nombre de dommages n'est pas forcément lié au nombre de loups, de
lynx et d'ours, mais plutôt au type d'élevage (KACZENSKY 1996). Le comportement atypique d'un
seul animal peut également fausser le tableau (LINNELL et al. 1998). Le monitoring actif consiste
en la collecte ciblée et systématique de données dans le but d'un programme de monitoring
(BREITENMOSER et al. 2006). Cela inclut le travail sur le terrain et des études spécifiques ou des
analyses d'habitat. Les données sont collectées de manière ciblée et systématique afin d'éviter
les écarts systématiques. Les résultats permettent de répondre immédiatement aux questions qui
se posent (BREITENMOSER et al. 2006).
Le choix de la méthode dépend de la question posée, de la précision requise et des ressources
disponibles, ainsi que des conditions environnementales, de l'espèce animale, de la taille et de la
répartition de la population. Il n'existe pas de méthode spécifique à une espèce qui puisse être
appliquée partout en Europe, ni de méthode qui puisse répondre à toutes les questions, mais il faut
trouver les meilleures méthodes en fonction des circonstances. Dans la plupart des cas, il s'agira
d'une combinaison de méthodes. Le tableau ci-dessous en donne un aperçu.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 105/284
Méthodes de monitoring recommandées pour l'Allemagne
Le pistage dans la neige est la méthode la plus courante pour le monitoring du lynx et du loup.
Cependant, en Allemagne, les conditions climatiques pour une utilisation systématique de cette
méthode ne sont réunies, si tant est qu'elles existent, que dans les montagnes. En plaine, le
manteau neigeux n'est pas suffisant. Cependant, chaque fois que l'occasion se présente, le pistage
dans la neige devrait être utilisé pour collecter le plus d'informations possible (présence,
reproduction, taille de la meute, individus marqués, etc.) Les analyses génétiques sont aujourd'hui
incontournables dans le suivi des loups et des ours. Le matériel nécessaire (p. ex. fèces, poils,
échantillons de salive sur les proies) peut être collecté indépendamment de la saison. La neige se
prête particulièrement bien à la collecte d'échantillons d'individus marquants (urine, chez le loup
également sang d'oestrus). La recherche d'indices de présence du loup, du lynx et de l'ours,
comme les traces, les excréments, les marques et les fissures, est la méthode de suivi la plus
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 106/284
fréquemment utilisée pour ces espèces (LINNELL et al. 1998). Elle peut être utilisée
indépendamment de la saison et des conditions environnementales et devrait être utilisée en
particulier pour le loup et l'ours. Les données recueillies servent de base à l'établissement de cartes
de répartition.
Des animations de hurlements systématiques sont effectuées en été dans de nombreux pays afin
de détecter la reproduction des loups. Jusqu'à présent, cette méthode a été utilisée en Allemagne
avec peu de succès. Entre-temps, d'autres méthodes (pièges-caméras, génétique) ont fait leurs
preuves pour détecter la reproduction chez les loups.
Chez le lynx, le monitoring systématique par pièges à caméra donne de bons résultats pour
l'estimation de la taille de la population en Suisse et, depuis 2008, en Bavière. Les photos peuvent
être analysées selon une méthode statistique de capture-recapture, étant donné que les lynx
peuvent être distingués individuellement par le motif de leurs taches. De plus, l'utilisation
opportuniste de pièges photographiques fournit des données sur l'effectif minimal, l'utilisation de
l'espace et la dispersion des jeunes (WÖLFL2012). Cette méthode prometteuse devrait devenir la
règle pour le monitoring du lynx en Allemagne, où le piégeage par caméra a également fait ses
preuves ces dernières années pour le loup. La plupart des preuves de reproduction sont désormais
obtenues à l'aide de cette méthode. Elle fournit également des données sur la taille minimale des
meutes, la délimitation des territoires voisins et la zone d'occupation. Elle fournit des informations
détaillées sur la taille des zones de chasse et des territoires, sur l'utilisation de l'habitat ou sur la
mortalité, qui ne peuvent guère être obtenues par d'autres méthodes. C'est pourquoi les études
de télémétrie sont souvent utilisées pour calibrer les résultats du monitoring (BREITENMOSER et
al. 2006). Par exemple, sans connaissance de la taille du territoire dans une zone donnée, il est
difficile de distinguer des individus ou des groupes familiaux voisins.
La télémétrie fournit des données très précises, mais elle est limitée à des surfaces choisies ou à
quelques animaux (BREITENMOSER et al. 2006). Comme les données obtenues à partir
d'individus isolés peuvent varier fortement (REINHARDT & KLUTH 2011), il est nécessaire de
disposer d'une taille d'échantillon suffisante pour un étalonnage. Lors d'actions de réintroduction
ou de translocation, la télémétrie est indispensable pour documenter le succès ou l'échec. Les
indices aléatoires signalés par le public, les animaux trouvés morts et les animaux de rente tués
devraient également être collectés sous une forme standardisée.
Suivi stratifié
Les loups, les lynx et les ours sont toujours rares et se déplacent sur de grands espaces. Ils ne
peuvent donc qu'exceptionnellement être suivis avec la même intensité sur l'ensemble de leur aire
de répartition occupée et éventuellement future, surtout si leurs populations sont en expansion.
C'est pourquoi certains pays pratiquent un suivi stratifié (pour plus de détails, voir
BREITENMOSER et al. 2006). L'intensité du suivi varie en fonction de l'échelle spatiale et
temporelle. Alors qu'à une grande échelle à long terme, l'accent est mis sur des questions
générales telles que la présence, la tendance de la répartition et la taille de la population, à une
échelle plus petite (par exemple dans des zones de référence sur une période limitée), des
informations détaillées sont collectées, telles que la taille du territoire et de la meute (pour estimer
la densité), l'utilisation de l'habitat ou des données sur la reproduction. Des données précises
obtenues dans des zones relativement petites sont utiles pour calibrer et interpréter de manière
fiable les résultats d'actions de monitoring extensif (BREITENMOSER et al. 2006). Une condition
importante pour une approche de monitoring stratifiée en Allemagne est une coordination du
monitoring à l'échelle internationale.]
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 107/284
Contexte des analyses génétiques47
Les analyses génétiques constituent un élément important du suivi. Les informations génétiques
permettent, par exemple, de délimiter les meutes voisines et d'identifier l'immigration potentielle de
populations de loups voisines. Des échantillons d'ADN sont collectés tout au long de l'année. La
majeure partie des échantillons est collectée de manière non invasive, comme des crottes fraîches,
de l'urine (sur la neige), des poils ou de la salive (prélèvements sur des ongulés sauvages ou du
bétail récemment tués). Les analyses génétiques sont effectuées par le groupe de génétique de
conservation de l'Institut de recherche Senckenberg et du Musée d'histoire naturelle à la station de
recherche de Gelnhausen. Le laboratoire fait office de centre national de référence pour la
génétique du loup en Allemagne depuis 2010. L'identification de l'espèce est d'abord réalisée par
l'analyse de la séquence de la région de contrôle mitochondriale et est ensuite confirmée par
l'analyse de 13 marqueurs microsatellites. Les données microsatellites obtenues et deux
marqueurs sexuels supplémentaires sont utilisés pour l'identification des individus et la
reconstitution des meutes. Les analyses SNP, qui ont été optimisées pour la détection des
hybrides, sont également effectuées selon les besoins. L'analyse de tous les échantillons
d'Allemagne dans un seul laboratoire central permet d'assigner les individus à leurs meutes
d'origine et d'identifier les liens de parenté dans tous les États fédéraux.
47 https://www.senckenberg.de/de/institute/senckenberg-gesellschaft-fuer-naturforschung-frankfurt-main/abt-
fliessgewaesseroekologie-und-naturschutzforschung/das-cewolf-konsortium/
Harms_et_al_2011_wolfsforschung_im_molekularlabor.pdf (2.1 MiB)
Stellungnahme der Senckenberg Gesellschaft für Naturforschung anlässlich der Pressekonferenz der Partei.pdf
(485.4 KiB)
PUBLIÉ
https://www.senckenberg.de/de/institute/senckenberg-gesellschaft-fuer-naturforschung-frankfurt-main/abt-fliessgewaesseroekologie-und-naturschutzforschung/das-cewolf-konsortium/
https://www.senckenberg.de/de/institute/senckenberg-gesellschaft-fuer-naturforschung-frankfurt-main/abt-fliessgewaesseroekologie-und-naturschutzforschung/das-cewolf-konsortium/
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/genetic-investigations?file=files/publisher/Monitoring/Genetik/Harms_et_al_2011_wolfsforschung_im_molekularlabor.pdf
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/genetic-investigations?file=files/publisher/Monitoring/Genetik/Stellungnahme%20der%20Senckenberg%20Gesellschaft%20f%C3%BCr%20Naturforschung%20anl%C3%A4sslich%20der%20Pressekonferenz%20der%20Partei.pdf
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/genetic-investigations?file=files/publisher/Monitoring/Genetik/Stellungnahme%20der%20Senckenberg%20Gesellschaft%20f%C3%BCr%20Naturforschung%20anl%C3%A4sslich%20der%20Pressekonferenz%20der%20Partei.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 108/284
Fiche Allemagne Annexe 2 Le loup et l?homme : éléments de communication officiels
Comment les loups se comportent-ils envers les humains ?
Aujourd'hui déjà, les loups vivent souvent à proximité directe de l'homme dans notre paysage
culturel densément peuplé. Cependant, ils ne cherchent généralement pas à rencontrer l'homme,
mais s'en tiennent éloignés.
Comme le montrent des études menées en Amérique du Nord et en Europe, les attaques de loups
sur l'homme ne se produisent que dans des circonstances très particulières et extrêmement rares
(p. ex. individus infectés par la rage ou habitués à l'homme par le nourrissage). C'est pourquoi,
dans le cadre de la modification législative de la loi fédérale sur la protection de la nature de mars
2020, il a été interdit de nourrir et d'attirer les loups sauvages (article 45a, paragraphe 1, de la
BNatSchG). La population, mais aussi les autorités, ont parfois des doutes sur la question de savoir
dans quelle mesure les loups pourraient représenter un danger pour l'homme. C'est pourquoi
l'échange entre les autorités spécialisées et les chercheurs sur le loup ainsi qu'une large
information de la population sur le comportement du loup sont très importants.
Quand le comportement d'un loup est-il suspect ?
Il faut retenir que les loups qui se promènent de jour à portée de vue des habitations ou de nuit à
travers les localités ne représentent pas en soi un danger pour l'homme. Il en va de même pour un
loup qui ne s'enfuit pas immédiatement à la vue d'un homme ou d'une voiture, mais qui s'arrête
d'abord pour observer. Les loups ne perçoivent pas les personnes dans les véhicules comme des
êtres humains, de sorte que de nombreuses observations sont devenues possibles sur de plus
courtes distances.
Si un loup est par exemple aperçu à plusieurs reprises à moins de 30 mètres de maisons habitées,
il faut procéder à une analyse précise de la situation sur place afin de rechercher et d'éliminer les
éventuelles incitations (comme les sources de nourriture). A cet égard, un travail intensif de
relations publiques doit être mené sur place afin d'informer la population sur les causes possibles
du comportement du loup et sur les mesures de gestion ultérieures. Le DBBW conseille les
autorités de protection de la nature des Länder sur l'évaluation des rencontres avec les loups et
sur la gestion des loups remarquables.
Un loup qui présente un comportement anormal vis-à-vis de l'homme est généralement le résultat
d'expériences individuelles positives avec l'homme, comme le nourrissage intentionnel ou non. Il
est donc important que tous les cas de loups remarquables soient enregistrés dans le cadre du
suivi et analysés au cas par cas afin d'identifier et d'éliminer ces incitations.
Peut-on tuer des loups au comportement anormal ?
Dans certains cas, le prélèvement de loups au comportement anormal vis-à-vis de l'homme peut
être effectué sur la base de l'article 45, paragraphe 7, phrase 1, n° 4 de la BNatSchG "dans l'intérêt
de la santé de l'homme, de la sécurité publique, y compris la défense et la protection de la
population civile". En conséquence, la loi fédérale sur la protection de la nature prévoit la possibilité
d'un prélèvement pour les loups au comportement anormal, dans la mesure où les conditions de
l'article 45, paragraphe 7, phrase 2 de la BNatSchG sont remplies. Selon cette disposition, il
convient notamment d'examiner si des alternatives raisonnables au prélèvement peuvent être
envisagées, comme des mesures d'effarouchement prometteuses. En se basant sur les travaux
de la DBBW sur la manière de traiter les loups qui se comportent de manière inhabituelle vis-à-vis
de l'homme (BfN-Skript 502), il convient, lorsque des loups s'approchent à plusieurs reprises de
maisons habitées à moins de 30 mètres, de rechercher et, le cas échéant, de supprimer les
incitations. L'effarouchement peut également constituer une solution. L'approche multiple d'un
loup à moins de 30 mètres de l'homme doit être considérée de manière critique en ce qui concerne
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 109/284
la sécurité de l'homme. Selon la situation, ce loup doit si possible être immédiatement équipé d'un
émetteur et effarouché. Si la situation persiste malgré des tentatives d'effarouchement effectuées
dans les règles de l'art, il est recommandé de procéder à un prélèvement létal. Si un loup réagit
agressivement à l'homme sans provocation préalable, l'effarouchement ne constitue pas une
alternative en raison de la dangerosité de ce comportement ; il faut au contraire procéder à un
prélèvement immédiat de l'animal concerné. En effet, lors de l'évaluation du comportement d'un
loup, la sécurité de l'homme passe toujours en premier lieu.
Ce sont les autorités compétentes des Länder qui sont chargées d'accorder des dérogations à la
législation sur la protection des espèces pour l'effarouchement ou le prélèvement de loups. Le
DBBW se tient à tout moment à leur disposition pour les conseiller, notamment en ce qui concerne
l'évaluation du comportement des loups par rapport à la sécurité des personnes.
Un homme a-t-il déjà été blessé par un loup en Allemagne ?
Non, aucun cas de comportement agressif non provoqué ne s'est produit depuis l'établissement
du loup en Allemagne en 1998. Depuis le retour de l'espèce en Allemagne, aucun être humain n'a
été blessé par un loup.
Le nombre de loups documentés qui se sont comportés de manière ostentatoire envers les
humains est très faible en Allemagne. C'est pourquoi il est recommandé aux Länder de procéder
à une évaluation au cas par cas par des experts et d'impliquer le DBBW à titre consultatif dans le
cas de loups ayant un comportement particulier vis-à-vis de l'homme. Toutefois, une évaluation et
une recommandation sur la manière de traiter les loups qui se font remarquer ne peuvent pas
constituer un modèle d'action applicable de manière générale.
https://www.dbb-wolf.de/faq-e
Extrait
Les loups sont-ils dangereux pour les humains ?
Dans la nature, les loups ne constituent généralement pas une menace pour l'homme. Les loups
sont des animaux très prudents qui évitent généralement tout contact avec les humains. En
d'autres termes, ils ne s'intéressent pas à l'homme, car ils ne le considèrent ni comme une proie,
ni comme un congénère. Lors d'une rencontre avec l'homme, il est possible qu'il évalue d'abord la
situation avant de reculer ou qu'il recule de manière détendue plutôt que paniquée. Les petits
peuvent se montrer plus curieux et plus naïfs que les adultes.
Les attaques contre l'homme signalées au cours des derniers siècles sont principalement
imputables à des loups enragés. L'Allemagne est exempte de rage depuis 2008 grâce à la diffusion
d'appâts vaccinaux. Les attaques prédatrices, c'est-à-dire les cas où les loups ont attaqué des
humains pour s'en nourrir, sont également considérées comme des exceptions extrêmes dans les
archives historiques. Les attaques de loups prédateurs sont associées à des conditions
environnementales très spécifiques. Elles sont possibles dans les zones où les habitats sont
fortement fragmentés, où la densité des proies est extrêmement faible et où les loups se
nourrissent d'ordures. Dans ces conditions, les enfants sont vulnérables aux attaques lorsqu'ils
gardent le bétail dans la forêt. Dans l'Europe d'aujourd'hui, le risque que les loups apprennent un
tel comportement est très faible.
Cependant, la prudence instinctive des loups envers les humains peut être considérablement
réduite lorsque les animaux sont attirés ou reçoivent de la nourriture. Cela peut entraîner un
comportement problématique.
PUBLIÉ
https://www.dbb-wolf.de/faq-e
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 110/284
Fiche Allemagne Annexe 3 Protection : recommandations opérationnelles
Protéger les animaux de pâturage contre le loup - Centre fédéral pour les animaux de
pâturage et le loup ? BZWW
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/herdenschutz
Il n'existe pas de solutions globales de protection des troupeaux qui soient aussi efficaces et
réalisables partout. Il faut trouver des mesures de protection des troupeaux adaptées à chaque
cas. Des facteurs tels que la taille de l'exploitation, le nombre et le type d'animaux de pâturage, la
région et le site, les conditions climatiques, le système de gestion des pâturages, l'orientation
économique de l'exploitation, les branches d'activité établies, le nombre d'employés, les
ressources économiques et bien d'autres doivent être pris en compte lors de la mise en place d'un
système de protection des troupeaux adapté. Le choix des mesures de protection des troupeaux
dépend notamment des besoins individuels des éleveurs d'animaux de pâturage, car derrière
chaque exploitation - qu'il s'agisse d'une activité principale ou secondaire ou d'un élevage de loisir
- il y a des personnes. L'expérience personnelle, la tendance à privilégier les mesures de protection
des troupeaux, l'ouverture d'esprit face au thème de la protection des troupeaux ou l'attitude face
au loup sont des facteurs décisifs dans le choix des mesures de protection des troupeaux
appliquées dans l'exploitation. La règle est toujours la même : chaque mesure de protection des
troupeaux doit être adaptée au concept global de l'exploitation et être réalisable.
La protection des troupeaux est et reste importante
Pour les éleveurs d'animaux de pâturage, le principal moyen de faire face au loup est d'appliquer
différentes mesures de protection des troupeaux adaptées à la région et à l'exploitation. En effet,
les loups ne font pas de distinction entre les animaux d'élevage et les animaux sauvages dans le
choix de leurs proies. Ce sont des opportunistes alimentaires qui choisissent les proies les plus
faciles. Des mesures de protection des troupeaux correctement appliquées par des professionnels
réduisent considérablement le risque d'attaque de loups sur les animaux de pâturage. La relation
temporelle est ici décisive : si un loup a appris à chasser avec succès des animaux de pâturage
sur des troupeaux non ou mal protégés, ce succès l'encouragera à rechercher à nouveau des
animaux de pâturage et à surmonter des obstacles plus difficiles.
Une protection des troupeaux aussi étendue que possible réduit le risque que les loups apprennent
ce comportement indésirable et l'adoptent à nouveau. Ainsi, les éleveurs qui protègent leurs
troupeaux ne protègent pas seulement leurs propres animaux, mais aussi indirectement les
troupeaux de leurs voisins. Toutefois, il n'existe pas de protection absolue contre les attaques de
loups. Les conseillers en protection des troupeaux sont des interlocuteurs compétents qui évaluent
sur place la situation en matière de protection des troupeaux et apportent volontiers leur soutien
par des conseils et des offres d'aide.
Les défis de la protection des troupeaux
Les éleveurs d'animaux de pâturage sont habitués à agir de manière préventive dans de nombreux
domaines de l'élevage, par exemple en matière de santé ou de bien-être des animaux. La
protection préventive des troupeaux exige un effort financier et un temps de travail supplémentaires.
La gestion de ce surcroît de travail pose des défis économiques et organisationnels à de
nombreuses exploitations.
La protection des troupeaux implique des investissements, par exemple dans l'achat de clôtures
anti-loups ou de chiens de protection. Il faut également prévoir des frais courants pour l'entretien
des clôtures ou la nourriture des chiens. En outre, l'entretien des clôtures anti-loups ou
l'accoutumance des chiens de protection au troupeau nécessitent du temps de travail
supplémentaire. Ces prestations et coûts de travail supplémentaires doivent également être
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https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/herdenschutz
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 111/284
planifiés dans le système de protection des troupeaux.
Les mesures de protection des troupeaux sont éligibles à des subventions dans les Länder. Les
possibilités concrètes de financement varient toutefois afin de tenir compte des spécificités
régionales et des différentes populations de loups.
La protection des troupeaux est un sujet complexe. Un conseil en protection des troupeaux d'égal
à égal aide les éleveurs de bétail à trouver les mesures de protection des troupeaux appropriées
et les possibilités de financement.
Protection des troupeaux
En règle générale, les éleveurs d'animaux de pâturage clôturent leurs pâturages même en
l'absence de loup, afin de maintenir les animaux de pâturage en sécurité sur un pâturage. Il est
donc logique de construire des clôtures de manière à ce qu'elles servent également à la protection
contre les loups. Les exigences posées à une clôture anti-loup doivent donc satisfaire aux deux :
Garder les animaux de pâturage en sécurité et les protéger contre l'intrusion d'un loup.
Les praticiens savent qu'aucune clôture n'offre une protection absolue, ni contre les évasions ni
contre les intrusions. Toutefois, les clôtures constituent une barrière efficace en tant que mesure
de protection des troupeaux et réduisent considérablement la probabilité que les loups s'attaquent
aux animaux de pâturage. C'est pourquoi, lorsque l'on parle de clôtures de protection des
troupeaux, il est plus approprié d'utiliser le terme "anti-loup" plutôt que "à l'épreuve des loups", et
c'est ce terme qui sera utilisé dans la suite de ce document.
Comment un loup pénètre-t-il dans un pâturage clôturé ?
Les loups peuvent utiliser différents moyens pour entrer dans un pâturage clôturé. Le loup prend
la voie qu'il considère comme la plus facile. Le choix de ce chemin pour chaque animal dépend de
l'expérience du loup et de la conception de la clôture. L'observation de la manière dont les loups
accèdent aux pâturages clôturés permet de déterminer comment une clôture anti-loup devrait être
conçue dans l'idéal.
Ce que l'on appelle le "passage".
Si un loup peut passer à travers des espaces dans la clôture ou des distances trop importantes
entre les planches de bois ou les fils sans ressentir de douleur, c'est la méthode la plus facile pour
lui d'accéder à un pâturage. Les clôtures construites pour empêcher les animaux de pâturer de
s'échapper offrent souvent peu d'obstacles à ce que l'on appelle le "passage". Les distances entre
les poutres en bois ou les conducteurs électriques sont généralement trop grandes pour qu'un loup
ne puisse pas passer. Les clôtures résistantes au loup n'offrent donc généralement pas de
protection en tant que clôtures repoussant le loup.
Les loups sapent un obstacle
Si la conception de la clôture empêche le loup de la traverser pour accéder au pâturage, il est
possible qu'un loup abandonne ou qu'il cherche un point faible dans la clôture et/ou qu'il commence
à creuser sous la clôture. Le fait de gratter le sol avec les pattes pour creuser des trous ou des
tanières est un comportement courant chez les loups. Selon le sol, il est facile pour les loups -
comme pour les chiens - de creuser des trous profonds en peu de temps. Des études
comportementales menées sur des loups d'enclos ont montré que les obstacles de clôture de
différents types et hauteurs étaient généralement enterrés plutôt que sautés pour accéder à la
nourriture. Les documents relatifs aux attaques en plein air attestent également très souvent de
ces tentatives d'enfouissement.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 112/284
Franchir une clôture
Même si ce n'est pas le moyen le plus facile pour un loup, il existe en principe plusieurs façons
pour un loup de franchir une clôture et d'accéder à un pâturage, notamment en grimpant et en
sautant de différentes manières. Bien que les loups soient physiquement capables de grimper et
de sauter, ils n'utilisent pas spontanément ces techniques pour franchir les clôtures des pâturages.
Certains individus apprennent cependant à utiliser ces techniques. Ce que l'on appelle des aides
à l'entrée peuvent favoriser ce processus d'apprentissage. Par exemple, un tas de bois à côté de
la clôture peut permettre à un loup de sauter depuis une position surélevée. Outre les aides à la
pénétration, il existe d'autres moyens pour les loups d'apprendre à franchir les clôtures.
Différents effets de barrière des clôtures
Une clôture qui doit constituer une barrière pour un loup, et donc être répulsive pour les loups, doit
empêcher
- Qu?un loup puisse passer ou se faufiler à travers la clôture
- Qu?un loup puisse passer en dessous ou par-dessus la clôture pour accéder au pâturage.
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 113/284
L'effet de barrière d'une clôture peut reposer soit sur une barrière mécanique, soit sur l'effet
dissuasif de chocs électriques douloureux.
Pour empêcher mécaniquement l'intrusion, le matériau doit être suffisamment solide et à mailles
serrées pour qu'un loup ne puisse pas le traverser. Les clôtures fixes à effet mécanique sont
également appelées clôtures stables. Le contact avec une clôture rigide est généralement indolore.
Il existe un risque que des loups isolés apprennent à franchir des clôtures stables en cas de contact
répété avec celles-ci. Ces clôtures peuvent être manipulées avec la patte ou le museau, de sorte
que les distances entre les mailles de la clôture sont augmentées, ce qui crée des espaces. Il est
également possible d'escalader des clôtures stables.
Une clôture électrique donne à l'animal qui la touche ce que l'on appelle une décharge électrique
par le biais d'une impulsion électrique. Toute personne qui s'est déjà frottée à une clôture électrique
a constaté que le choc est désagréable et effrayant. Plus le "courant passe", plus le choc est
douloureux. L'objectif est donc d'éviter de toucher à nouveau la clôture.
Même un être humain a du mal à toucher une fois de plus une clôture électrique qu'il juge effrayante
ou douloureuse. Surtout lorsqu'il s'agit de la toucher de manière ciblée et prolongée jusqu'à ce
qu'un choc répété ait eu lieu. Le fait que le contact ne soit pas ressenti de la même manière à
chaque fois y contribue également. Une clôture qui, hier encore, était supportable avec le même
réglage de l'électrificateur, peut être très douloureuse en cas de rosée ou de pieds nus dans l'herbe
mouillée.
On sait que les mêmes mécanismes agissent chez l'homme et chez l'animal. Effroi, douleur, recul
jusqu'à la fuite, évitement parfois durable de ce qui est supposé causer la douleur ou évitement de
l'endroit où la douleur s'est produite. Alors que les humains peuvent associer directement la douleur
à la clôture, ce n'est pas forcément le cas des animaux. Ceux-ci peuvent développer une peur
diffuse de l'endroit ou associer la douleur à d'autres choses, par exemple à une voiture qui passe
par hasard. Il est important que l'effet de la clôture n'en soit pas affecté. Même si l'animal fait une
mauvaise connexion cette fois-ci et qu'il n'évite pas la clôture, il recevra à nouveau une décharge
électrique s'il la rencontre à nouveau. Il sera à nouveau effrayé, ressentira de la douleur, reculera
et interrompra le contact avec la clôture.
Clôtures de pâturage en général - indépendamment de la présence du loup
Différents types de clôtures
Les clôtures sont appelées fixes ou mobiles, en fonction de la possibilité de les monter et de les
démonter à plusieurs reprises. Une clôture fixe est montée une fois et reste ensuite en place de
manière permanente. Une clôture fixe peut être construite comme une clôture stable à action
purement mécanique ou comme une clôture fixe électrique.
Les systèmes de clôture mobiles peuvent être montés et démontés facilement et rapidement. Ils
peuvent être réutilisés régulièrement et utilisés en alternance sur différentes surfaces de pâturage.
Par rapport aux clôtures stables, les clôtures mobiles nécessitent moins de matériaux. Les clôtures
mobiles sont pratiquement toujours construites comme des clôtures électriques, car elles ne sont
pas suffisamment stables pour garantir une protection mécanique contre les évasions des animaux
de pâturage.
Il est également possible de combiner différents types de clôtures et d'effets de barrière. Une
combinaison typique de différents effets de barrière est l'ajout d'un conducteur électrique à
l'intérieur d'une clôture fixe à effet mécanique pour les chevaux ou les moutons, ce qui doit protéger
la clôture contre le grignotage ou le frottement des animaux.
La combinaison de matériaux de construction de clôtures fixes et mobiles peut s'avérer
particulièrement utile lors de la construction d'une clôture électrique dans des endroits difficiles,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 114/284
par exemple en cas de sol difficile ou près d'un cours d'eau. Par exemple, l'utilisation de filets
électroniques peut être garantie si la stabilité est renforcée par des poteaux d'angle solides et
durables et des poteaux intermédiaires individuels. Une combinaison de poteaux mobiles avec des
poteaux d'angle et des poteaux intermédiaires individuels stables supplémentaires peut être utile
sur les cours d'eau présentant un risque d'inondation. Cela permet de construire une clôture stable
dont les poteaux mobiles et le matériel d'échelle peuvent être démontés et remontés en fonction
des besoins.
Exigences en matière de clôtures de pâturage à l'épreuve des animaux gardés
L'un des risques de l'élevage d'animaux au pâturage est la possibilité d'évasion des animaux. C'est
pourquoi les clôtures de pâturage doivent être aussi résistantes que possible à l'évasion, c'est-à-
dire à la garde. Mais ce n'est pas tout : elles doivent également être résistantes aux blessures,
visibles pour les animaux de pâturage et les animaux sauvages, stables, durables et, si possible,
peu coûteuses. La protection de la nature et de l'environnement devrait également être prise en
compte.
De même qu'il n'existe pas de clôture totalement résistante aux effractions, il n'existe pas de clôture
totalement résistante aux évasions. Les animaux de pâturage paniqués peuvent s'échapper de
n'importe quelle surface clôturée. Si des dommages sont causés par la fuite les détenteurs
d'animaux de pâturage exerçant une activité agricole sont exemptés de cette obligation, mais ils
doivent prouver qu'ils ont respecté leur devoir de diligence lors de la surveillance des animaux. Il
s'agit notamment d'une clôture orientée en fonction de l'espèce animale et de la direction
d'utilisation. En outre, il faut tenir compte des risques potentiels liés à l'environnement, comme les
routes et les voies ferrées. Les clôtures (en particulier les clôtures électriques) doivent être
contrôlées quotidiennement et les résultats doivent être documentés.
Les exigences en matière de sécurité des clôtures varient selon les espèces, par exemple en ce
qui concerne la hauteur des clôtures, le nombre de conducteurs électriques et leur espacement.
Le sens d'utilisation a également son importance : une clôture pour vaches allaitantes ou taureaux
doit être plus solide qu'une clôture pour vaches laitières. Les exigences exactes peuvent être
consultées dans la brochure 1132 « Sichere Weidezäune » (clôtures de pâturage sûres).
Les ruisseaux, les fossés et autres plans d'eau ne conviennent pas comme limites de pâturage.
En effet, ils peuvent être franchis par les animaux au pâturage (surtout en cas de panique) et par
les animaux sauvages. Les sangliers et les loups, par exemple, sont de bons nageurs et n'hésitent
pas à traverser des plans d'eau ou des terrains boueux comme les marais.
Pour la construction d'une clôture fixe (clôture stable ou clôture fixe électrique) le long d'un cours
d'eau ou d'une digue, il faut tenir compte de différentes réglementations en matière de gestion et
de protection des eaux dans les différents Länder. En effet, la "gestion de l'eau", comme par
exemple le débroussaillage des berges, doit être garantie. De même, l'écoulement de l'eau ne doit
pas être entravé, même en cas de crue. Dans le Brandebourg, par exemple, la construction d'une
clôture fixe nécessite une autorisation si elle doit être construite à moins de 5 mètres d'un cours
d'eau. Pour les voies navigables fédérales, cette distance est de 10 mètres. Si une clôture est
construite sans autorisation, l'autorité compétente a dans ce cas le droit d'exiger le démontage de
la clôture. Dans tous les Länder, il est recommandé de se renseigner et de consulter les services
compétents (tels que l'association des eaux et des sols, l'administration inférieure des eaux,
l'association des digues) dès la phase de planification. Il est particulièrement important de se
concerter et de prendre des dispositions spéciales lorsque les clôtures doivent franchir des fossés.
Si une nouvelle clôture fixe doit être installée, la question se pose de savoir si un permis de
construire est nécessaire. En général, les principes suivants s'appliquent. Toutefois, étant donné
qu'il existe des différences et des exceptions régionales, il est conseillé de se renseigner au
préalable sur l'obligation éventuelle d'obtenir un permis de construire. En règle générale, aucun
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 115/284
permis de construire n'est nécessaire pour les clôtures à l'intérieur des localités. En extérieur, les
éleveurs agricoles n'ont pas besoin d'autorisation si la clôture n'est pas solidement fixée au sol,
par exemple par des piquets en béton ou des fondations. Les éleveurs amateurs ont toujours
besoin d'un permis de construire pour installer une clôture fixe à l'extérieur.
Qu'est-ce qui rend les clôtures répulsives pour les loups ?
Les exigences relatives aux clôtures repoussant les loups ne sont pas faciles à mettre en oeuvre.
Les conditions locales doivent être prises en compte, tout comme les processus d'exploitation
existants et les ressources financières et en temps de travail. Les Länder soutiennent les éleveurs
d'animaux de pâturage dans la protection préventive des troupeaux en proposant des programmes
de soutien. Les modalités de ces programmes varient d'un Land à l'autre, de même que les
exigences en matière de clôtures anti-loups ne sont pas partout les mêmes et dépendent de la
situation. Un conseil en matière de protection des troupeaux est dans tous les cas recommandé
avant le début d'un projet de construction de clôture, qu'il s'agisse d'une nouvelle construction ou
d'un équipement ultérieur.
Clôturer toute la surface du pâturage
La mesure la plus importante pour garantir l'efficacité d'une clôture repoussant les loups est que
tous les côtés de la zone de pâturage soient protégés de la même manière par une clôture
repoussant les loups. Les ruisseaux, les fossés et autres plans d'eau ne conviennent pas pour
délimiter les pâturages. Les loups sont de bons nageurs et n'hésitent pas à traverser des plans
d'eau. De même, un sol marécageux, tourbeux ou boueux ne les empêche pas de pénétrer dans
les pâturages, ce dont il faut tenir compte lors de la construction de la clôture. De même, même si
les pâturages sont proches du village, de la ferme ou du jardin et que les animaux de pâturage
peuvent ainsi sembler protégés, seule l'installation d'une clôture anti-loup sur tous les côtés du
pâturage a un effet répulsif sur les loups.
Éviter les points faibles du système de clôture
De la même manière que les loups repèrent l'animal le plus faible d'un troupeau, ils recherchent
également l'endroit le plus faible d'une clôture. C'est pourquoi les portails de clôture doivent
également être équipés de manière à résister aux loups. De même, les points faibles au niveau
des fossés et des dépressions doivent être évités grâce à un tracé de clôture adapté et à des
solutions techniques.
Empêcher le passage
En principe, il est possible d'empêcher le passage des animaux en installant une clôture stable à
action purement mécanique ou une clôture électrique, fixe ou mobile. Pour empêcher
mécaniquement l'intrusion, le matériau doit être suffisamment solide et à mailles serrées pour qu'un
loup ne puisse pas le traverser, comme c'est le cas par exemple pour les champs d'un treillis à
noeuds stables avec des noeuds non coulissants. S'il s'agit par exemple d'une clôture en lattes de
bois, il est recommandé de laisser un espace de 20 centimètres maximum entre les lattes verticales
ou horizontales. Si le matériau peut être plié, les distances doivent être réduites en conséquence.
(Ces distances sont des recommandations. Elles ne constituent pas une garantie à 100 % qu'un
loup ne puisse pas, dans une situation extrême, se faufiler à travers). Le contact avec une clôture
à effet purement mécanique est généralement indolore en cas de contact. Toutefois, comme il
existe un risque que certains loups apprennent à escalader ces clôtures ou à les manipuler avec
la patte ou le museau en cas de contacts répétés avec elles, il est préférable de ne pas les utiliser.
Il est donc judicieux d'équiper les clôtures stables à action mécanique d'une protection contre
l'escalade.
Pour garantir la protection des clôtures électriques contre l'intrusion directe à travers la clôture, les
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 116/284
trois conducteurs électriques les plus bas devraient être espacés de 20 centimètres au maximum
les uns des autres et du sol. Les distances entre les conducteurs électriques situés au-dessus
peuvent être un peu plus importantes, jusqu'à 30 centimètres au maximum.
Protection contre l'enfouissement
L'enfouissement de la clôture, la fixation d'un tablier de clôture et l'installation de conducteurs
électriques au niveau du sol ont fait leurs preuves en tant que protection contre l'enfouissement.
Seules les clôtures stables, dont l'effet de protection est purement mécanique, sont équipées d'une
protection contre l'enfouissement. Celle-ci doit empêcher un loup de creuser une clôture. Une
protection individuelle contre l'enfouissement aux endroits difficiles peut également être obtenue
en plaçant des matériaux solides, par exemple des barres métalliques, des treillis métalliques, des
pierres telles que des blocs erratiques, du béton concassé ou des matériaux similaires.
La profondeur à laquelle il est judicieux d'enterrer une clôture dépend de facteurs locaux liés à la
nature du sol. Si la nature du sol permet au loup de bien creuser, comme dans le cas d'un sol
sablonneux, une profondeur d'au moins 50 centimètres est généralement recommandée. Dans des
conditions telles que des sols très argileux, fermes ou pierreux, voire des couches de roches
proches du sol, une profondeur inférieure peut être suffisante. Si une clôture est par exemple
directement adjacente à un chemin fortement consolidé ou pavé, il peut être possible de se passer
d'une protection supplémentaire contre l'enfouissement, en accord avec les conseillers en
protection des troupeaux. Comme la profondeur d'enfouissement de la clôture doit être prise en
compte dans la hauteur de la clôture, cette méthode est particulièrement adaptée aux nouvelles
installations. Un équipement ultérieur est en principe possible, mais coûteux.
L'installation d'un tablier est également envisagée principalement pour les nouvelles installations.
Une jupe est un treillis métallique qui doit mesurer environ un mètre de long. Le tablier est fixé à
l'extérieur de la clôture, à la surface du sol, à l'aide de piquets d'ancrage et est également attaché
à la bride.
Une autre façon d'empêcher un loup de creuser est de placer un conducteur électrique à une
distance maximale de 20 centimètres du sol et à une distance d'environ 15 centimètres de la clôture.
Un conducteur électrique supplémentaire à 40 centimètres au-dessus du sol, comme cela est exigé
par exemple dans le Brandebourg pour une clôture anti-loup, empêche en outre qu'une clôture fixe
puisse être manipulée avec le museau.
Une clôture électrique anti-loup ne nécessite pas de protection supplémentaire contre
l'enfouissement. Son conducteur électrique le plus bas constitue la protection anti-sous-sol. Pour
éviter que la clôture ne soit enfoncée, il est important que le conducteur électrique le plus bas se
trouve à 20 centimètres maximum du sol et qu'il soit toujours suffisamment alimenté.
Éviter d'escalader et de sauter par-dessus
Une clôture tendue sur toute sa longueur, dans la mesure du possible, aide à exploiter pleinement
la hauteur d'une clôture. Les endroits où les clôtures s'affaissent et sont donc moins hautes peuvent
constituer un point de départ pour une tentative de franchissement. Dans le cas des clôtures
électriques, une tension serrée garantit l'espacement adéquat des conducteurs électriques. Cela
permet de maintenir la conduction du courant et donc l'effet répulsif contre les loups. La hauteur
d'une clôture électrique peut encore être augmentée visuellement en plaçant un toron à large
bande en guise de flat-band au-dessus de la clôture. Il faut alors veiller à ce que la distance par
rapport à la clôture proprement dite soit inférieure à 30 centimètres.
Un loup peut toucher une clôture fixe purement mécanique et ainsi s'entraîner et apprendre à
l'escalader. C'est pourquoi il est judicieux d'équiper ces clôtures d'une protection électrique contre
l'escalade constituée d'un conducteur électrique placé en amont. Celui-ci peut souvent être fixé à
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 117/284
la clôture à l'aide d'isolateurs d'espacement. L'écart doit être d'environ 10 à 15 centimètres. La
hauteur et le type d'installation dépendent entre autres de la hauteur de la clôture mécanique fixe.
Il est important que le loup ne puisse pas toucher le conducteur électrique lorsqu'il escalade la
clôture et qu'il reçoive une décharge électrique qui le fasse reculer. En principe, la protection anti-
escalade peut être placée devant, en biais vers le haut ou au-dessus de la clôture. Si la clôture
mécanique fixe a une hauteur de 120 centimètres pour les moutons, par exemple, un conducteur
électrique supplémentaire placé au-dessus de la clôture à une hauteur de 140 centimètres offre,
outre la protection contre l'escalade, l'avantage de surélever la clôture.
Éviter les aides à l'enfoncement
Même les hautes clôtures anti-loup ne servent à rien si un loup a la possibilité de pénétrer dans le
pâturage par un obstacle. Les objets plus bas que la clôture offrent également aux loups une
possibilité de pénétrer dans l'enclos. C'est pourquoi les éleveurs devraient considérer les bottes
de paille ou de foin, les tas de fumier, les bancs, les troncs d'arbre, les murs, les piles de bois et
autres comme des obstacles potentiels pour les loups. Il faut tenir compte de la distance entre
l'obstacle et la clôture, de la hauteur de la clôture et de la hauteur de la possibilité d'accès.
Les possibilités d'éviter les aides au saut sont les suivantes :
? d'augmenter la distance entre l'éventuelle aide au saut et la clôture anti-loup et/ou
? trouver un autre endroit pour les barrières mobiles et/ou
? d'augmenter la hauteur de la clôture anti-loup au niveau de l'obstacle.
Les exemples suivants illustrent ce point : Plus une souche "immobile" ou un mur praticable est
haut, plus la zone de pâturage clôturée devrait être éloignée. Dans le cas de talus et d'arêtes de
terrain pouvant être utilisés comme point d'entrée, une alternative au maintien de la distance
consiste à décaler la clôture le long de l'endroit surélevé ou à la surélever.
Apprendre à sauter - l'utilisation d'aides à l'obstacle
Les aides au saut peuvent favoriser le processus d'apprentissage du saut des clôtures et devraient
donc être évitées de toute urgence. Si, par exemple, un tas de fumier ou de bois se trouve à côté
de la clôture, un loup pourrait se rendre à cet endroit surélevé pour avoir d'abord une vue
d'ensemble des animaux. Vue d'en haut et par-dessus la clôture, celle-ci ne constitue pas une
barrière suffisante et un saut est plus probable.
Si le loup se trouve dans le pâturage après avoir sauté à l'intérieur, il devra à nouveau traverser la
clôture pour la quitter. Mais comment faire ? Le loup ne sautera pas nécessairement à nouveau la
clôture, mais cherchera une solution en fonction de la situation. Sans aide au saut - vue du sol - la
clôture peut représenter à nouveau une barrière qu'il n'avait franchie auparavant qu'en utilisant
l'aide au saut. S'il dispose de suffisamment de temps et que la possibilité lui en est donnée, il peut
l'enfoncer. Il est généralement plus facile de faire passer une proie sous une clôture que par-dessus.
La probabilité de sauter hors de la clôture augmente si celle-ci doit être franchie rapidement et / ou
si la clôture empêche de creuser sous la clôture, comme dans le cas d'une clôture électrique
construite pour repousser les loups.
Cela peut ne pas paraître évident, mais quitter un pâturage et y pénétrer de manière ciblée peuvent
représenter des situations très différentes de résolution de problèmes pour les loups. Même un
animal qui saute plusieurs fois hors d'un pâturage clôturé n'utilisera pas nécessairement cette
technique pour entrer dans le pâturage. Dans l'ensemble, on peut toutefois supposer que la
probabilité de sauter cette clôture ou une clôture similaire augmente à chaque fois qu'un loup
réussit à sauter par-dessus une clôture de pâturage.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 118/284
Outre les clôtures anti-loups, les chiens de protection des troupeaux sont également utilisés dans
l'élevage en pâturage. Ces chiens vivent au sein du troupeau et travaillent en grande partie de
manière autonome, ils aboient à tous les dangers potentiels. Mais il faut apprendre à se servir des
chiens de protection.
Protéger et garder
Les chiens sont utilisés comme animaux de travail et assistants dans de nombreux secteurs
professionnels et situations de vie. Dans l'élevage d'animaux au pâturage, en particulier dans
l'élevage ovin, les chiens de troupeau sont indispensables pour effectuer différents travaux sur les
troupeaux d'animaux de rente. En tant qu'animaux d'accompagnement et de travail des bergers,
les chiens de conduite maintiennent par exemple le troupeau en mouvement pour le conduire d'un
endroit à un autre. Les chiens de berger maintiennent les troupeaux ensemble, ramènent les
animaux vers le groupe ou séparent certains animaux sur commande. Les chiens de protection
chassent et aboient de manière autonome tout ce qui s'approche du troupeau sans autorisation. Il
peut s'agir de prédateurs comme le loup, mais aussi de chiens sauvages, de sangliers, d'autres
animaux ou de personnes étrangères.
Les chiens de protection ne sont pas spécialisés dans un type de clientèle : ils peuvent tout aussi
bien être utilisés pour surveiller les moutons et les chèvres que pour protéger les bovins
domestiques et même les volailles. L'utilisation des chiens de protection a considérablement
augmenté en Allemagne au cours des dernières années. Des chiffres précis ne sont pas
disponibles actuellement.
Caractéristiques particulières des chiens de protection
Contrairement aux chiens de berger et autres chiens de troupeau, un chien de protection travaille
en grande partie de manière autonome, sans instructions d'une personne de référence. Ils décident
eux-mêmes de la manière dont ils assurent la protection de "leur troupeau", d'autant plus qu'ils se
trouvent généralement sans surveillance dans le troupeau. Ils doivent faire preuve d'un
comportement de protection prononcé et se présenter comme des chiens de protection imposants,
capables de se défendre avec une grande réactivité. En même temps, ils doivent faire preuve de
suffisamment de prudence pour ne pas se mettre eux-mêmes en danger.
Condition de base pour l'utilisation d'un chien de protection : Sa personne de référence doit pouvoir
manipuler le chien sans problème. En outre, il ne doit pas réagir de manière exagérément
agressive envers d'autres personnes.
Né pour la protection des troupeaux
Une race de chien de la lignée de travail correspondante, élevée pour la protection des troupeaux,
apporte idéalement la prédisposition génétique à la protection des troupeaux, c'est-à-dire que le
chien dispose des conditions nécessaires pour s'attacher de manière fiable à un troupeau sans
contrainte extérieure, développer la motivation à repousser en fonction du troupeau à protéger,
travailler en bonne intelligence au sein d'une meute de chiens (plusieurs chiens de protection sont
toujours utilisés) et bien supporter les luttes hiérarchiques.
Les chiens de protection des troupeaux grandissent dans leur tâche
Une formation adéquate permet d'encourager le comportement souhaité chez les chiens de
protection des troupeaux ayant une prédisposition génétique correspondante. Dans ce contexte,
les chiens de protection doivent développer une relation profonde avec leur troupeau et leurs
protégés. Parallèlement, ils doivent apprendre à accepter et à respecter leur personne de référence.
En règle générale, les chiens de protection grandissent avec le troupeau et sont en contact direct
avec leurs futurs protégés. Cela crée une familiarité dès le plus jeune âge, mais ce n'est pas un
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 119/284
processus anodin et il faut être accompagné par la personne de référence. Le troupeau doit lui
aussi s'habituer à la présence des chiens de protection. Pour cela, on utilise au moins deux chiens
par troupeau afin de répondre aux besoins sociaux des chiens.
La formation des chiens de protection est importante pour leur capacité relationnelle et de travail,
car ils travaillent en permanence dans un ensemble complexe de relations entre les troupeaux
d'animaux de pâturage, les personnes de référence, la meute de chiens et leur environnement. Ils
doivent être en mesure d'évaluer les situations dangereuses et de réagir de manière appropriée,
mais sans agressivité excessive.
La sélection de races suivante est notamment utilisée en Allemagne pour la protection des
troupeaux :
? Chien de berger Kangal,
? Kuvasz,
? Chien de berger de Maremme et des Abruzzes,
? Chien de berger du Caucase - Ovtcharka,
? Chien de montagne des Pyrénées,
? Chien de berger yougoslave - Sarplaninac,
? Berger de Bosnie-Herzégovine - Croate ? Tornjak
Possibilités et limites d'utilisation
L'utilisation de chiens de protection constitue une mesure de protection des troupeaux qui a fait
ses preuves dans la pratique, surtout en combinaison avec des clôtures repoussant les loups.
Toutefois, l'acquisition de chiens de protection doit être mûrement réfléchie, que l'on ait déjà de
l'expérience avec les chiens de troupeau ou non.
La gestion quotidienne des chiens de protection est exigeante. Une fois acquis, les chiens de
protection restent dans le meilleur des cas de longues années dans l'exploitation et ont besoin, en
plus de la nourriture, du vétérinaire et des médicaments, de l'approbation de leurs maîtres et d'une
surveillance quotidienne. Même si les chiens de protection travaillent de manière autonome, ils
impliquent une responsabilité particulière pour leurs détenteurs. Il ne faut pas oublier que les chiens
ne doivent pas seulement convenir à la direction de l'exploitation, mais aussi à l'exploitation et à
son fonctionnement.
En outre, les considérations financières jouent un rôle. Selon une étude (KTBL (2018)), il faut
compter en moyenne 3.000 euros pour l'acquisition ou l'élevage d'un chien de travail opérationnel.
L'entretien entraîne des coûts supplémentaires pour l'assurance, les accessoires, la nourriture pour
chien, le vétérinaire, les coûts salariaux pour la garde du chien, les coûts des machines, par
exemple un transporteur ou une remorque pour chien, ainsi que les coûts d'une niche.
Des conflits peuvent survenir dans ou avec le voisinage : Si les surfaces de pâturage se trouvent
par exemple à proximité ou à l'intérieur de localités, les riverains peuvent se sentir incommodés
par les aboiements des chiens, surtout la nuit. Il en va de même pour les surfaces situées à
proximité immédiate de chemins de randonnée, où le comportement défensif des chiens peut irriter
les promeneurs.
Recommandations pour la protection des chevaux
Source https://www.pferdundwolf.org/
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https://www.pferdundwolf.org/
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Recommandations en Basse-Saxe
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9 Fiche Communauté autonome des Asturies
9.1 Présentation de l?élevage dans les Asturies
Les précipitations dans la Principauté des Asturies sont beaucoup plus importantes en été qu'elles
ne le sont en hiver. Sur l'année, la température moyenne de 12.5°C et les précipitations sont en
moyenne de 967mm. Ces caractéristiques atlantiques humides font des Asturies une grande région
d?élevage en Espagne.
9.1.1 Ovins
En Espagne il y a plus de 15 millions de moutons48 (25% du cheptel européen) dont 7,7 millions
pour la viande et 2,1 millions pour le lait.
Mais les Asturies sont une région peu productrice de moutons (même s?il existe une race locale la
Xalda), que ce soit pour le lait ou la viande (moins de 1% de la production espagnole dans les deux
cas).
48 Caracterización del sector ovino y caprino de leche en España (Datos Año 2021), Subdirección General de
Producciones Ganaderas y Cinegéticas, Dirección General de Producciones y Mercados Agrarios. Catálogo de
Publicaciones de la Administración General del Estado
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 123/284
9.1.2 Bovins
Les bovins sont principalement des vaches laitières. Le lait des Asturies est réputé dans toute
l?Espagne.
Les Asturies (un peu plus d'un million d'habitants) produisent de l?ordre de 550 000 tonnes de lait
par an, les Asturies atteignent 528 litres par personne. Elle n?est dépassée en Espagne que par la
Galice puisque les 7 900 fermes galiciennes parviennent à atteindre la tonne annuelle de lait par
habitant, seulement dépassées en Europe par la Bretagne avec près de 1 500 litres de lait par
personne et diverses régions de la Nouvelle-Zélande.
Le nombre d?animaux diminue également autour de 100 000 vaches laitières.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 124/284
Les exploitations laitières des Asturies sont encore de petite taille avec 42 vaches laitières en
moyenne49 (64 en moyenne nationale en Espagne) en 2020 malgré une augmentation régulière
de taille. Le nombre d?exploitations est en diminution50 rapide.
9.1.3 Caprins
La population de chèvres est de l?ordre de 32 000 animaux. Les exploitations caprines sont de
l?ordre de 1100 et sont donc de faible taille moyenne.
49 https://www.campogalego.es/asi-es-el-tamano-de-las-granjas-de-vacuno-de-leche-en-cada-comunidad-
autonoma/
50
https://digibuo.uniovi.es/dspace/bitstream/handle/10651/64818/tfm_EnolBorgeGonz%C3%A1lez.pdf?sequence=4
&isAllowed=y
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 125/284
La production annuelle de lait de chèvre est de l?ordre de 4,7 millions de litres et la production de
fromage de l?ordre de 450 tonnes par an.
9.2 Caractéristiques de la population de loups
9.2.1 Les effectifs de loups
La population est aujourd?hui de l?ordre de 300 loups. L?estimation de la population fait l?objet d?un
document spécifique51 du gouvernement. Les indicateurs qui sont suivis sont les meutes, les
meutes reproductrices et les individus dispersés.
Nombre d?individus : 314 en 2021
Nombre de meutes : 42 dont 37 avec reproduction en 2021
Évolution de la population
51 Estimaciòn de la populatiòn del lobo iberico (Canis lupus signatus) en el Principado de Asturias por unidades
reproductoras. 2021.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 126/284
L'estimation de la population de loups dans les Asturies est réalisée depuis 1986 et est disponible
dans une autre publication officielle52 du Gouvernement disponible en ligne.
9.2.2 Méthode de dénombrement du loup
L'objectif du suivi de la population est d'essayer d'établir la tendance de la population, c'est-à-dire
savoir si elle augmente, diminue ou reste stable. Le gouvernement des Asturies se base sur l'avis
de scientifiques53 « les estimations de population?. doivent être interprétés comme des ordres de
grandeur de la situation de la population et de ses tendances et non comme des chiffres pouvant
étayer des inférences statistiques ».
Le gouvernement explique que toute technique est sujette à de grandes variations en fonction de
leur applicabilité, des conditions atmosphériques, du niveau d'effort, de l'expérience de
l'observateur, etc., qui font de toute évaluation une estimation.
A partir de 2004 la méthode est plus standardisée et utilise des techniques qui sont généralement
appliquées dans les recensements de diverses espèces de carnivores.
Les techniques tentent de détecter les « meutes ». Celles qui ont été utilisées sont les stations
d'échantillonnage (écouter ou attendre) ; les Itinéraires pour le calcul d'un indice kilométrique
d'abondance, et les observations sporadiques des groupes de naturalistes.
9.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
La carte suivante situe les meutes qui couvrent l?essentiel du territoire des Asturies.
9.2.4 Viabilité de la population de loups
Selon le gouvernement des Asturies, la preuve de la viabilité de la population de loup serait donnée
par le fait que, non seulement la population s?est maintenue au fil du temps, mais qu?elle a
augmenté et qu?elle étend son aire de répartition.
52 PLAN DE GESTIÓN DEL LOBO EN EL PRINCIPADO DE ASTURIAS Decreto 23/2015, de 25 de marzo,
Apartado 7.5, a
53 Wolves in Italy: critical issues for their conservation. L. Boitani, P. Ciucci. 1993. Environmental Science
PUBLIÉ
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La mission n?a pas trouvé d?étude spécifique relative à la viabilité démographique du loup dans les
Asturies ce qui n?a d?ailleurs pas beaucoup de sens car cette viabilité est atteinte sur la population
du loup ibérique estimée à plus de 2 500 individus sur l?ensemble du nord-ouest de l?Espagne.
Des inquiétudes existent sur la perte de diversité génétique54 liée à son isolement géographique
et qui ont été renforcées par la disparition de la population de la Sierra Morena au sud de l?Espagne.
9.3 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
9.3.1 Prédations sur les troupeaux
La Principauté des Asturies est la deuxième communauté autonome d'Espagne pour le nombre de
dommages au bétail55 (Castille et Léon est la région qui enregistre le plus grand nombre d'attaques
chaque année). L?indicateur qui est suivi est le nombre d?animaux impactés et pas les animaux
morts à la suite de la prédation.
Afin de connaître la localisation géographique, le type de dégâts, le bétail affecté et la séquence
temporelle, les milliers de cas de dégâts causés par la faune sauvage sont traités chaque année.
La Principauté dispose d'une enquête exhaustive menée par l'Université d'Oviedo en 2021,
appelée « Surveillance des dégâts causés par les grands carnivores dans les Asturies ».
Entre 2019 et 2020, les loups ont commis des dégâts sur plus de 6 000 animaux, selon l'analyse
du plan d'action de lutte contre le loup 2021-2022.
L'analyse des dommages est faite sur quatre catégories de bétail : les bovins, les caprins, les
équins (y compris les ânes, les chevaux et les mulets) et les ovins. Les dossiers concernant les
porcs et les canidés ne sont pas inclus car l'évaluation des dommages ne serait pas statistiquement
pertinente selon cette étude.
54 Il existe des publications attestant de la perte génétique du loup ibérique actuel par rapport aux loups
« historiques » de la Sierra Morena.
55 https://www.club-caza.com/article/art/21641
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 128/284
9.3.2 Interactions du loup avec l'Homme
Les journaux asturiens regorgent d?articles relatant les attaques de bétail. Il existe très peu
d?articles relatant sinon des attaques d?homme par le loup, des situations vécues comme
dangereuses56.
9.4 Politique publique de gestion du loup dans la principauté
9.4.1 Administrations en charge de la gestion du loup
Il existe une « stratégie pour la conservation et la gestion du loup (Canis lupus) et de sa coexistence
avec les activités rurales » éditée en 2022 par le « Ministère de la transition écologique et du défi
démographique57 » du gouvernement espagnol. Il est en outre responsable de l?élaboration de la
liste des espèces protégées (Lespre).
Le gouvernement des Asturies est en charge de la gestion du loup par l?intermédiaire du « conseil
de l'élevage et des ressources autochtones58 » et du « conseil des affaires rurales et de la cohésion
territoriale59 ».
9.4.2 Plan de gestion du loup
Le décret 23/2015 du 25 mars 2015 a approuvé le deuxième « plan de gestion60 du Loup dans la
Principauté des Asturies » toujours en vigueur et qui a succédé au premier plan de gestion
approuvé en 2002. Le plan de gestion est sous la responsabilité du conseil de l'élevage et des
ressources autochtones.
La direction générale du milieu naturel et de l'aménagement rural, qui dépend du conseil des
affaires rurales et de la cohésion territoriale, est en charge des « programmes-cadres annuels pour
le développement des prélèvements de loups dans la Principauté des Asturies ».
9.4.3 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
a) Mesures nationales
Il existe au niveau national un « catalogue » des mesures de protection61. Elles sont déclinées
selon le type d'élevage avec des spécifications techniques.
Ovins/caprins
? Gardiennage et surveillance avec des chiens de garde.
? Structures de nuit.
56 Programa marco para el desarrollo de las extracciones de lobo en el Principado de Asturias, 2022-2023. II PLAN
DE GESTIÓN DEL LOBO EN EL PRINCIPADO DE ASTURIAS. Decreto 23/2015, de 25 de marzo, Apartado 7.5, a
56 https://www.club-caza.com/article/art/7744
57 Ministerio para la transitiòn ecologica et el reto demografico
58 Consejería de Agroganadería y Recursos Autóctonos.
59 Consejería de Medio Rural y Cohesión Territorial
60 https://parquenacionalpicoseuropa.es/wp-content/uploads/2016/02/Decreto-23_2015.-II-Plan-de-
Gestio%CC%81n-del-Lobo-en-el-Principado-de-Asturias.pdf
61 Cataloguo de medidas parra favorecer la convivencia entre el lobo y la actividad ganadera.
PUBLIÉ
https://www.club-caza.com/article/art/7744
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 129/284
Bovins
? Gardiennage et surveillance avec des chiens de garde.
? Structures de protection des veaux et d'élevage.
Équins
? Groupement des clôtures.
? Sélection de races et d'étalons au comportement anti-prédateur.
Enfin il est préconisé des systèmes de géolocalisation pour améliorer la cohabitation entre le loup
et le bétail, en pratique les bovins. Selon le catalogue, la connaissance détaillée de l'emplacement
des bovins a des effets positifs sur la gestion de l'exploitation, car elle permet de localiser les
animaux afin de faciliter leur déplacement ou leur transfert, de mieux utiliser les pâturages,
d'informer des événements pouvant survenir à un animal et d'améliorer la gestion de l'élevage,
d?adopter des mesures de surveillance et de protection des animaux contre les loups (par exemple,
cela peut faciliter le travail de rassemblement du troupeau pour le mettre en parc la nuit). Les
appareils sont basés sur la technologie GPS-GSM qui communiquent rapidement et à relativement
peu de frais des informations sur la localisation spatiale des animaux ainsi que sur leur condition
physique. De plus, il peut être combiné avec des alarmes de vêlage.
b) Mesures régionales
Extrait relatif aux Asturies du tableau des ressources financières
fournies par les Communautés autonomes pour la prévention des dommages62
L'inscription du loup dans la liste des espèces protégées espagnole a entrainé une évolution du
mode de gestion. Il est davantage axé sur la gestion et la prévention des dommages au cheptel
extensif. Ce changement devait permettre aux communautés autonomes de recevoir davantage
de financements ce qui s?est traduit dans les Asturies par une augmentation du budget des
protections.
LES ACTIONS DE PROTECTION DU CHEPTEL
Au cours de l'année 2017, des aides ont été octroyées pour la protection des dommages causés
par les grands carnivores, dont les loups et les ours. La dotation budgétaire était de 109 250 ¤,
répartis entre les deux espèces. Le loup a reçu 89 250 ¤ répartis en deux lignes : une pour les
entreprises privées et l'autre pour les familles. L'appel à projet a été lancé et 49 candidatures ont
62 Source : Stratégie pour la conservation et la gestion du loup (Canis lupus) et de sa coexistence avec les activités
rurales
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 130/284
été soumises dont 6 ont été rejetées. Le montant total demandé s'élevait à 446 477,22 ¤, ce qui a
forcé la distribution en fonction des priorités de distribution établies dans les bases de l'appel.
En 2021, de nouvelles bases réglementaires ont été élaborées et publiées pour les aides à la
protection contre les attaques de la faune, également applicables au loup, parmi lesquelles figurent
les lignes suivantes : clôtures de protection fixes et mobiles, acquisition de dispositifs de
géolocalisation pour le bétail, acquisition de chiens de protection et de leur entretien. Les critères
d'évaluation sont différents des précédents, éliminant ceux qui étaient moins opérationnels ;
introduction de nouveaux critères basés sur le besoin de protection, soit en raison de l'importance
des dommages subis par l'exploitation, soit du type d'élevage. Cette ligne d'appui à la prévention
dotée d'un budget de deux millions d'euros et dont le mandat s'est terminé le 31 juin 2022, s'inscrit
dans le cadre de l'appel à aides pour soutenir les investissements dans les exploitations agricoles,
la création d'entreprises pour les jeunes agriculteurs et pour soutenir les non- investissements
productifs liés au respect des objectifs agro-environnementaux et climatiques (adoption de
mesures préventives). Il peut être consulté sur le lien suivant :
https://sede.asturias.es/bopa/2022/05/23/2022-03740.pdf.
A l'initiative de l'Administration, deux clôtures ont été réalisées. Elles sont considérées comme des
expériences pilotes et financées par le Ministère de la Transition Ecologique (MITECO). Le premier
entièrement terminé est situé à Lena et son but est de protéger les veaux. Le deuxième enclos est
situé à la Commune d'Allande dans la vallée de Valledor dans le but de protéger un troupeau de
chèvres. De même, en collaboration avec la Mairie de Somiedo et les agriculteurs, l'Administration
de la Principauté, une clôture de pâturage et de défense pour un troupeau de 300 chèvres a été
réalisée dans le Parc Naturel. Une clôture de protection pour le petit bétail a également été
construite dans la ville de Sotres (Cabrales) et la clôture de la ville de Tielve, également à Cabrales,
a été réparée.
9.4.4 Évaluation de l?efficacité des mesures de protection
La mission n?a pas trouvé d?étude spécifique de l?efficacité des mesures de protection relative aux
Asturies. Mais il existe une étude scientifique récente espagnole63 examinant 95 plans de gestion
des loups publiés entre 1982 et 2019 en Amérique du Nord et en Europe. Elle montre que la plupart
des plans de gestion des loups dans leur aire de répartition mondiale incluent la prévention des
dommages comme pilier fondamental de sa gestion.
La « stratégie pour la conservation et la gestion du loup (Canis lupus) et de sa coexistence avec
les activités rurales » du gouvernement espagnol a fortement mis en avant les mesures et
protection et elle reprend les résultats d?une étude scientifique64 qui a analysé l'efficacité des 11
mesures suivantes :
1. Animaux de garde : chiens, ânes ou lamas pour surveiller le bétail lors des attaques.
2. Clôtures : bois, filet, clôtures électriques et clôtures mobiles pour protéger les troupeaux la nuit
ou de fermer les pâturages pendant la journée pour éviter la dispersion de bétail.
3. Moyens de dissuasion visuels et/ou auditifs : banderoles ou barbacanes, rubans en plastique,
appareils auditifs et/ou visuels avec détecteurs de mouvement ou activation périodique dans le
temps.
63 Corominas Mills, S. (2020). La prevención de daños al ganado en los planes de gestión del lobo. Trabajo de Fin
de Grado. Facultad de Ciencias y tecnología de la Universidad de Barcelona
64 Eklund, A., López-Bao, J. V., Tourani, M., Chapron, G., & Frank, J. (2017). Limited evidence on the effectiveness
of interventions to reduce livestock predation by large carnivores. Scientific Reports, 7(1). Doi: 10.1038/s41598-
017-02323-w.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 131/284
4. Renforcer les populations d'ongulés sauvages pour que les loups s'en nourrissent et non sur les
animaux de compagnie.
5. Bergers : pour surveiller et contrôler le bétail, et effrayer les loups s'ils s'approchent, simplement
par leur présence ou par l'utilisation d'une autre méthode (bruit, balles non létales, etc.).
6. Gestion du bétail : modifier la taille des troupeaux, les déplacer vers des zones sans présence
de loups ni changement de type de bétail.
7. Collier à décharge électrique : il est posé sur le loup et par télédétection ou les radiofréquences
provoquent un stimulus électrique chez le loup lorsqu'il traverse un frontière, invisible pour lui, mais
qui délimite une zone à bétail.
8. Conditionnement aversif : substance chimique ajoutée aux animaux morts afin que les loups
associent le bétail un mauvais goût et qu?ils ne le chassent plus (cette catégorie comprend
également des munitions non létales pour blesser légèrement les loups et les effrayer d'une attaque
imminente.
9. Translocation : Prélèvement non létal d'individus ou même de meutes entière : l'individu est
capturé et relâché dans un autre territoire sans danger de prédation du bétail (ou beaucoup moins).
10. Contrôle létal : piégeage et chasse pour réduire les attaques de loups sur le bétail ou pour
éviter une attaque imminente.
11. Expérimental ? autre : mesures en phase de test, telles que les clôtures biologiques et les
bergers simulés.
D?après le tableau suivant extrait de la stratégie nationale, les mesures 6. Gestion du bétail,
9. Translocation et 10. Contrôle létal sont celles avec l?indice d?efficacité les plus élevés.
9.4.5 Indemnisation des dégâts liés au loup
a) Principe de l?indemnisation
Le principe de l?indemnisation a été renforcé par l?adoption de la stratégie espagnole de 2022 et
les moyens apportés par l?Etat ont contribué à une augmentation du niveau d?indemnisation.
b) Le montant des indemnisations
Les dommages causés au bétail asturien depuis 2001 ont donné lieu à des indemnisations de plus
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 132/284
de 16 millions d'euros65 . Le tableau suivant donne le montant des indemnisations sur les six
dernières années66.
9.4.6 Mesures d?intervention sur le loup
Les méthodes d?intervention sur la population de loup sont prévues par le « Programme-cadre67
pour le développement des extractions de loups dans la Principauté des Asturies 2022-2023 » qui
autorise l'exécution des prélèvements et des actions visant à atteindre les objectifs fixés. Les
contrôles sont réalisés par le Service de la Faune de la Principauté des Asturies.
Les actions pour 2020 et 2021 étaient couvertes par le programme d'actions de contrôle pour 2019-
2020 et 2020-2021, ce dernier avait été suspendu par la direction générale de l'environnement
naturel et de l'aménagement du territoire au moment de la publication de l'arrêté ministériel pour
l'inclusion du loup dans le décret royal 139/2011 du 4 février fixant la liste des espèces sauvages
sous régime de protection spéciale (LESPRE). L'inscription du loup dans la liste espagnole des
espèces protégées avait aussi impliqué un temps la fin de la chasse commerciale du loup.
Les prélèvements sont à nouveau autorisés sous un régime de dérogation.
Dans la Principauté des Asturies, le loup est considéré comme une espèce non chassable68. Le
Plan de gestion du loup dans la Principauté des Asturies réglemente les actions de suivi et de
contrôle de la population de l'espèce dans cette communauté autonome. Ce plan69 considère la
gestion de l'espèce dans le parc national des Pics d'Europe comme un parc national particulier :
les loups peuvent être « extraits » mais pas prélevés.
Les résultats des prélèvements qui ont été effectués dans le cadre de ces autorisations, ainsi que
les loups tués pour d'autres causes concernent 31 individus. Ils sont répartis géographiquement
65 https://www.lavozdeasturias.es/noticia/asturias/2021/09/28/fueron-ataques-lobo-
asturias/00031632850176424498159.htm
66 Source : Stratégie de conservation et de gestion du loup (Canis lupus) et sa coexistence avec les activités en
milieu rural
67 Programa marco para el desarrollo de las extracciones de lobo en el Principado de Asturias, 2022-2023
68 Résolution du 16 octobre 2022 de la Direction générale du milieu naturel et de l'aménagement rural, par laquelle
les travaux de localisation et de prévention de l'aggravation des dommages avant extraction sont autorisés de
spécimens de loups (canis lupus signatus) à l'intérieur du parc national des Pics d'Europe (zone de Cabrales-
Peñamelleras-Asturies).
69 point 5.7 de son annexe
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 133/284
par zones géographiques selon le tableau suivant.
Le nombre maximum de spécimens de loups à prélever est établi en fonction d?un taux moyen de
population afin de garantir une population stable
L?effectif de la population est estimé sur la base du nombre total de meutes enregistrées et du
nombre de meutes dans lesquelles la reproduction a été confirmée, sur la base de 7,9 spécimens
par meute reproductrice et de 3 individus pour le reste des meutes (chiffres retenues de divers
auteurs70).
Les taux de prélèvement qui ont été réalisés dans les différents programmes de lutte contre le loup
dans les Asturies depuis 2004 ont varié entre 1% (en 2021 non significatif compte tenu de la
décision nationale de 2021) et 14%. Le taux moyen sur la période est de 8,9% de la population
estimée.
La carte ci-dessous montre les lieux de prélèvement de loup en 2019-2020.
70 Fuller, 1889 et 2003 ; Gasway, 1983; Ballard 1987; Peterson 1984 et Smietana et Wajda 1997
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 134/284
9.4.7 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
Sans objet pour les Asturies compte tenu de la présence du loup sur l?ensemble du territoire rural
à l?exception de la plaine côtière.
9.5 Acceptation sociale
9.5.1 Acceptation par le monde agricole
Les attaques des troupeaux peuvent avoir lieu à proximité des villages71. Des agriculteurs, dans la
région de Peñamellera Baja et par l'intermédiaire de l'association Ganagri, ont émis des critiques
contre la gestion du loup. Une grande augmentation des décès d'animaux dans les pâturages
communaux des ports de Cuera et Uzllaves en raison d'attaques de loups est enregistrée, ce qui
conduit les agriculteurs à se s?interroger sur l'utilisation des pâturages de montagne. En effet la
mort des mulets, des poulains et du petit bétail fait que l'activité cesse d'être rentable. Cela
signifierait que la plupart des troupeaux qui existent encore d'ovins et de caprins disparaîtront à
l'est.
9.5.2 Acceptation par l?opinion publique
Le Gouvernement des Asturies considère qu?il est difficile de mesurer le « conflit social existant ».
Pour lui, il est indirectement être reflété dans l'analyse des dommages. Un autre indicateur est le
nombre d?articles dans les médias écrits régionaux (La Nueva España, El Comercio, La Voz de
Asturias,...) qui donnent d'une certaine manière, une image de l'opinion que la société asturienne
a sur le loup et de l'importance qu'elle lui accorde.
Dans ce sens, au cours des différentes années le tableau suivant recense le nombre d?articles
écrits dans les médias régionaux (dans toutes leurs éditions) qui ont à voir, directement ou
indirectement, avec le loup ou avec un sujet qui lui est lié.
71 https://www.elcomercio.es/asturias/oriente/lobo-acaba-ovejas-20190904001329-ntvo.html
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 135/284
9.6 Éléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du
loup dans les Asturies
9.6.1 Les points saillants de la politique publique du loup dans les Asturies
La population de loup est de l?ordre du tiers de la population française. Le niveau de dépenses
ramené au nombre de loup est très nettement inférieur de l?ordre de :
? 6 500 ¤ par loup pour les mesures de protection (France : 33 000 ¤) ;
? 2 800 ¤ par loup pour les indemnisations (France : 3 900 ¤).
Le coût des mesures de protection est très nettement inférieur à celui constaté en France Le coût
des indemnisations par loup est d?un montant inférieur à celui constaté en France mais nettement
plus proche en ordre de grandeur (- 28%).
9.6.2 Pistes d'évolution et expérimentation de nouvelles mesures
La réorientation de la gestion du loup en Espagne vers davantage de mesures de protection ne
date que de 2022. Elle s?est traduite dans les Asturies par une augmentation très importante du
coût des mesures de protection et des expérimentations menées par l?administration. Il serait
souhaitable de vérifier si cette évolution se poursuit dans le temps.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 136/284
10 Fiche Communauté autonome de Castille et Léon
Cette fiche présente la situation en Castille et Léon. La Communauté autonome de Castille et León
occupe 94 226 km2. Cette région est située dans le quadrant nord-ouest de la péninsule ibérique
et représente 18,6% de la superficie totale de l'Espagne. C'est la région la plus étendue en
Espagne et la troisième par sa superficie en Europe.
La Castille et Léon avait la particularité d?avoir, jusqu?en 2021, deux régimes juridiques différents
pour la gestion du loup au nord et au sud du Douro. Au nord, la chasse était autorisée. Une décision
de 2021 du ministère espagnol de l?environnement a harmonisé les modes de gestion en faisant
du loup une espèce protégée sur l?ensemble du territoire national.
10.1 Présentation de l?élevage en Castille et Léon
Actuellement, en Castille et León, il y a quelque 18 000 élevages extensifs qui rassemblent un peu
plus de 3,1 millions de têtes toutes espèces d?élevage confondues72.
10.1.1 Ovins
C?est la première région productrice pour le lait de brebis quasiment à égalité avec la Castilla-
Mancha. Selon les données de novembre 2020 du ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de
l'Alimentation espagnol, il y avait un peu moins de 900 000 brebis pour le lait (40,7% du total
national)
Castille et Léon est la deuxième région productrice de viande de mouton en Espagne à égalité
avec, l'Andalousie et l'Aragon mais après l'Estrémadure. Le mode de consommation traditionnel
de la viande ovine est l'agneau de lait. Pour les ovins à viande, l?ordre de grandeur est 1 million de
moutons.
La production régionale en caprins est très faible (6,4% du total national pour le lait et 6,9% pour
la viande).
10.1.2 Bovins
En Espagne, 641 000 tonnes de viande bovine sont produites chaque année. Castille et Léon est
la deuxième communauté autonome de production avec 109 000 tonnes par an mais la première
en nombre de bovins. Il y a plus de 6 millions de têtes de bétail en Espagne, dont 1,3 million sont
en Castille et Léon. La communauté autonome compte de l?ordre de 24 000 fermes bovines.
10.1.3 Caprins
La production régionale en caprins est très faible (6,4% du total national pour le lait et 6,9% pour
la viande).
10.2 Caractéristiques de la population de loups
10.2.1 Les effectifs de loups
Le recensement national en Espagne de 2012-2014 estimait qu'il y avait 297 meutes de loups. Le
72 Mise à jour du plan de conservation et de gestion du loup.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 137/284
recensement régional de Castille et Léon 2012-2013 73 a permis de localiser 179 meutes
(population estimée 1 600 loups), 152 au nord du fleuve Douro et 27 au sud et potentiellement 191
meutes parcouraient la Castille et Léon car certaines meutes sont à cheval sur d'autres régions.
L?augmentation était de l?ordre de 20% par rapport au précédent recensement.
Il y a eu deux mises à jour, l?une en 2018 qui statuait sur une nouvelle augmentation de 20% de la
population (201 meutes : 1 800 individus) et l?autre en cours au début de l?année 2023. Pour cette
dernière mise à jour, la Junta de Castille et León a communiqué uniquement sur une
« augmentation substantielle » des meutes. Le site internet74 ne donne pas d?informations sur les
mises à jour et ne publie que le recensement de 2012-2013.
10.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Les objectifs du recensement sont de :
? détecter les meutes ;
? déterminer la répartition géographique des meutes ;
? déterminer l?aire de distribution du loup.
Le recensement régional indique les trois méthodes utilisées pour la détection :
? les itinéraires de recensement ;
? les stations d?observation et d?écoute ;
? les collectes d?indices.
Les méthodes sont celles appliquées dans le recensement national. A ce titre elles sont identiques
à celles décrites par la fiche relative à la Principauté des Asturies.
10.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
Les points sur la carte ci-dessous issue du recensement de 2012-2014 représentent des meutes.
73 Censo régional de lobo iberico en la Comunidad de Castille et LéonCastille et Léon 2012-2013.
74 https://medioambiente.jcyl.es/web/es/medio-natural/lobo-castilla-Léon.html
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 138/284
10.2.4 Viabilité de la population de loups
La viabilité n?est pas analysée au niveau de la Castille et Léon car la population de loup ibérique
s?étend sur tout le nord-ouest de l?Espagne.
Selon recensement national de 2012-2014, il y a environ 300 meutes de loups en Espagne
réparties comme suit.
L'objectif pour garantir la conservation à long terme de l'espèce, est d'atteindre 350 meutes de
loups d'ici 2030 et d'augmenter l'aire de répartition actuelle de 10 à 20 %.
10.3 Prédation par le loup
Nombre d'animaux prédatés (par espèce) en 2021
% attaques 2021 % victimes 2021
Ovins
Caprins
Bovins
Autres
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 139/284
Evolution depuis 10 ans
Le graphique ci-dessous ne fait pas apparaître de différence marquée sur le nombre de dossiers
de dégâts de loups au sud et au nord du Douro alors que le mode de gestion est différent.
Évolution mensuelle du nombre moyen de dossiers de dégâts de loups
en Castille et Léon (2005-2012)
10.4 Politique publique de gestion du loup
10.4.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
Il existe une « stratégie pour la conservation et la gestion du loup (Canis lupus) et de sa coexistence
avec les activités rurales » éditée en 2022 par le « Ministère de la transition écologique et du défi
démographique75 » du gouvernement espagnol. Il est en outre responsable de l?élaboration de la
liste des espèces protégées (Lespre).
La Junta de Castille et LéonCastille et Léon est en charge de la gestion du loup par l?intermédiaire
du « conseil de l'environnement, du logement et de l'aménagement du territoire76 ».
10.4.2 Plan de gestion du loup
L'actuel « Plan de Conservation et de Gestion du Loup en Castille et León » a été approuvé par le
décret 28/2008 du 3 avril 2008 et mis à jour par le décret 14/2016 du 19 mai 2016. La mise en
oeuvre de ce plan a été contrariée par des décisions légales sur le statut du loup ;
En droit européen, la gestion du loup peut être différente au nord et au sud du Douro en vertu des
annexes de la directive habitat. Au nord (zone 1 de la carte ci-dessous) l?espèce relève de l?annexe
V77 et de mesures de gestion (i.e. elle est chassable) alors que le loup relève de l?annexe IV78 au
sud (zone 2) comme en France.
75 Ministerio para la transitiòn ecologica et el reto demografico.
76 Consejería de medio ambiente, vivienda y ordenación
77 Espèces animales et végétales d?intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et l?exploitation sont
susceptibles de faire l?objet de mesures de gestion.
78 Espèces animales et végétales d?intérêt communautaire qui nécessitent une protection stricte.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 140/284
? Au nord du Douro : 60,3% de la superficie de la région.
? Au sud du Douro : 39,7% de la superficie de la région
En 2018, la chasse au nord du Douro a été contestée devant des tribunaux de la région et depuis
le 22 septembre 2021, le loup est inscrit sur la liste espagnole des espèces protégées (Lespre).
Sa chasse est désormais interdite alors que le plan de gestion approuvé fin 2019 permettait de
chasser 339 loups (113 par an) jusqu'en 2022 au nord.
10.4.3 Coûts globaux de la politique
En octobre 2022, le Conseil de l'Environnement, de l'Habitat et de l'Aménagement du Territoire de
la Junta de Castille et Léon79 attendait une formalisation des engagements financiers du Ministère
de la Transition Ecologique et du Défi Démographique (MITECO) en sa faveur, conformément aux
dispositions de l'accord de la Conférence sectorielle du 28 juillet pour un montant de 8,8 millions
d'euros, ce qui représente 44,26 % du total à l'échelle nationale. Ce montant servira à indemniser
le bétail qui subit des dommages causés par les attaques de loups et à financer des mesures
préventives. Le gouvernement espagnol n'avait pas transféré ses engagements financiers aux
communautés autonomes qui ont voté contre la stratégie nationale de conservation et de gestion
du loup, comme la Castille et Léon.
Montant 2022 envisagés
Mesures préventives : 4 854 400 euros sur un total national de 10 500 000 euros.
Indemnisation des dommages : 3 998 070 euros sur un total national de 9 500 000 euros.
10.4.4 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Un chapitre du programme de gestion sylvopastorale80 de Castille et Léon prévoient des mesures
visant à réduire les dommages causés au bétail par les canidés sauvages.
Les administrations publiques concernées (locales, régionales et européennes) doivent rendre
l'élevage extensif compatible avec la présence de grands carnivores. Pour ce faire, les mesures
suivantes doivent être développées :
? Le contrôle des chiens sauvages par les responsables des territoires de chasse et les auto-
rités locales concernées.
? Obtenir un statut juridique homogène pour le loup (Canis lupus) sur l'ensemble du territoire
de la Communauté autonome, comme base pour l'élaboration d'un plan de gestion de l'es-
pèce.
? Élaboration d'un plan de gestion du loup pour déterminer les densités maximales de loups
sur un territoire afin de rendre leur présence compatible avec l'élevage extensif.
? Mettre en place les mécanismes nécessaires au contrôle de la population conformément
au plan susmentionné, avec la participation de tous les secteurs concernés (administra-
tions, chasseurs et éleveurs).
? Promouvoir l'introduction de l'assurance du bétail en tant qu'outil de base pour garantir
l'indemnisation des dommages.
79 https://comunicacion.jcyl.es/web/jcyl/Comunicacion/es/Plantilla100Detalle/1281372051501/NotaPrensa/128521
6010795/Comunicacion
80 https://medioambiente.jcyl.es/web/jcyl/binarios/242/38/V04._GESTION_SILVOPASTORAL.pdf?blobheader=appl
ication%2Fpdf%3Bcharset%3DUTF-8&blobnocache=true
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 141/284
? Encourager le développement de programmes agro-environnementaux qui rendent l'éle-
vage extensif compatible avec la présence de grands carnivores, fondamentalement par
l'adoption de techniques de pâturage appropriées.
La Junte de Castille et Léon souhaite financer la protection contre le loup, dans le cadre du Plan
stratégique de la PAC d'Espagne (PEPAC) sur la nouvelle période de programmation 2023 à 2027.
Cette mesure visera à favoriser la compatibilité des exploitations d'élevage avec la conservation
des populations de grands carnivores, par des actions en matière de prévention des dégâts comme
l'acquisition de chiens pour protéger le bétail ou l'installation de clôtures. Pour cela, un montant
total de 1 750 000 euros sera alloué, qui sera mis en oeuvre par le biais d'appels à projets annuels
nécessitant d?asseoir préalablement les bases réglementaires pour le versement des subventions.
10.4.5 Evaluation de l?efficacité des mesures de protection
Selon une étude81 « Prévention des dommages au bétail à Avila. Compilation de méthodes et
utilisation expérimentale de banderoles » et citée par la plateforme européenne sur la coexistence
entre les humains et les grands carnivores in the EU82 les méthodes de protection par clôtures
fixes sont très efficaces dans la province d?Avila.
Fréquence et nombre moyen d'attaques et de têtes de bétail tuées ou blessées
avant et après de la construction des clôtures.
Dans cette étude, d?autres modes de protection : clôtures électrifiées, chiens? apportent
également de haut niveau de protection dans cette province ave une forte superficie en pâturage.
81 Prevención de daños al ganado vacuno en Ávila. Recopilación de métodos y uso experimental de barbacanas,
Yolanda Cortés, diciembre 202.
82 https://ec.europa.eu/environment/nature/conservation/species/carnivores/pdf/Cortes_Cattle_damage_preventio
n_in_Avila_ES.pdf
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 142/284
Province Superficie
en culture
Surfaces à
usage
principal de
pâturage
Zone
forestière
boisée,
arbustive et
arbustive
Autres
surfaces
Surface
totale
Ávila 182 937 ha 333 665 ha 223 633 ha 64 763 ha 804 998 ha
10.4.6 Indemnisation des dégâts liés au loup
Principe de l?indemnisation
Jusqu?en 2021, les indemnisations ne concernaient que la zone sud. Les communes concernées
étaient listées dans l?annexe II du décret 14/2016 du 19 mai 2016.
Les dommages causés par le loup au bétail au nord du Douro seront désormais indemnisés par la
Junta de Castille et Léon. Le gouvernement régional avait alors annoncé avoir doublé les crédits
alloués passant de 2,5 millions à 5 millions ¤. Un nouvel arrêté régional prévoit que le régime
d?indemnisations sera le même dans toute la région et sera applicable rétroactivement à partir de
septembre 2021 afin que tous les agriculteurs qui ont été impactés par le changement de statut du
loup aient accès à l?indemnisation.
L'arrêté83 prévoit que l?augmentation des barèmes qui avaient été fixés en 2019. Les « dommages
indirects » seront améliorés ce qui inclut le « manque à gagner » comme la perte des subventions
de la PAC, une baisse de la fertilité ou de la valeur génétique.
La prédation par espèce
En 2022, en Castille et Léon, il y a eu 3 034 attaques de loups84 sur des exploitations d'élevage,
qui ont entraîné la mort de 5 080 têtes de bétail, avec une augmentation de 19% par rapport à
2021. Le nombre d'attaques a doublé en sept ans sur la période 2015-2022 qui a enregistré près
de 30 000 décès de bovins.
La province d'Avila concentre la majorité des attaques en 2022 (1 632 animaux morts, soit 9,6 %
de plus qu'en 2021) et un tiers des pertes animales. Avec la province de Ségovie, elle concentre
les deux tiers des attaques dans la Communauté et plus de la moitié des pertes animales. Une
autre province particulièrement touchée est Zamora.
Le montant des indemnisations
Les indemnisations couvrent également d'autres dépenses telles que les dépenses de vétérinaire
pour s'occuper des animaux blessés ou de l'abattage des animaux blessé. Elles comprendront une
prime de 10% pour les exploitations extensives s'il est certifié que des mesures préventives ont été
prises.
83 AYUDAS PARA PALIAR LOS DAÑOS PRODUCIDOS POR LOBOS Y PERROS ASILVESTRADOS A
DIFERENTES TIPOS DE GANADO (2021)
84 https://comunicacion.jcyl.es/web/jcyl/Comunicacion/es/Plantilla100Detalle/1284721258244/NotaPrensa/128526
4968713/Comunicacion
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 143/284
Paiements d'indemnisation pour les attaques de loups effectués depuis 2015
par le conseil chargé de la conservation du patrimoine naturel85.
10.4.7 Mesures d?intervention sur le loup
Zone au nord du Douro où le loup était une espèce chassable
Extrait de l?article 16 Quota de chasse86
1. Etant donné que la population de loups est affectée par d'autres causes de mortalité accidentelle
ou illégale, la chasse ne dépassera pas, en général, 10% de la population, estimée à partir du
recensement de la meute. Cependant, dans les régions où il n'y a pas d'indices de braconnage sur
l'espèce et avec une plus grande dotation en moyens de surveillance, ainsi que dans celles où le
taux d'accidents dus aux dommages au bétail est plus élevé, l'utilisation de la chasse peut être
augmentée jusqu'à 18%. De la même manière, lorsqu'une diminution significative de la population
est constatée dans une certaine région, l'usage de la chasse peut être réduit ou même suspendu,
jusqu'à ce que la situation de la population soit considérée comme rétablie.
En 2017, le nombre officiel de morts de loups en Castille et Léon était de 119 loups87 :
? 82 provenant de captures de chasse (58% du quota de 141 autorisé par le Plan) ;
? 3 par la garderie lors de contrôle des dégâts
? 34 décès autres : 22 écrasements + 5 tirs furtifs + 6 morts naturelles + 1 empoisonnement.
La Junta de Castille et León conteste le bien-fondé de l?interdiction de la chasse mais l?appliquerait.
Zones au sud du Douro où le loup est juridiquement sous protection stricte au sens de la
directive
Intervention classique dans le cadre de dérogation et du protocole.
85 Source : Boletin oficial de las Cortes de Castille et LéonCastille et Léon. XI Legislatura Núm. 120 3 de marzo de
2023 PE/001057-03. Pág. 14154
86 Plan de conservation et de gestion du loup en Castille et Léon. Journal officiel de Castille et León. Lundi 23 mai
2016.
87 Source : Plan de gestion des loups en Castille et Léon. Memoria 2017.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 144/284
11 Fiche Communauté autonome de Catalogne
Cette fiche présente la situation du loup en Catalogne.
Le nombre de loups détectés reste faible en Catalogne et des meutes reproductrices ne sont pas
encore installées. De ce point de vue, la politique publique de gestion du loup Catalogne peut être
intéressante pour les nouvelles zones de prédation en France.
11.1 Présentation de l?élevage en Catalogne
Les pâturages occupent environ 4,8% de la superficie totale de la Catalogne. Ils sont concentrés
dans les zones de montagne : environ 90 000 ha en montagne et 45 00 ha en moyenne montagne.
En Catalogne, il existe 4 195 exploitations pratiquant l?élevage extensif pour un total de d?environ
113 000 UGB la plupart dans la région des Pyrénées et des Pré-Pyrénées (à l'exception d'Osona
qui est le comarque avec plus de fermes et UB d'élevage extensif). Des facteurs tels que
l'orographie et la climatologie ont rendu ces territoires non favorables pour l?agriculture de culture,
et par conséquent, la pratique historique a été le pastoralisme.
11.1.1 Ovins
Le nombre d?ovins est relativement stable : entre 500 et 600 000 depuis 2014 en Catalogne
quand le nombre d?exploitations est en légère augmentation (+ 200) pour atteindre environ 3500
exploitations.
? 32,7% des élevages ovins catalans sont extensifs et semi-intensifs.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 145/284
? 38,6% des ovins catalans sont produits en extensif et semi-intensif.
11.1.2 Bovins
Le nombre de bovins est relativement stable autour de 500 000 animaux depuis 2014 en
Catalogne quand le nombre d?exploitations est en décroissance (- 900) pour atteindre environ
6 400 exploitations.
? 30,8% des exploitations bovines catalanes (1 980) sont extensives et semi-intensives.
? Mais seulement 11,6% des bovins catalans sont produits en extensif et semi-intensif.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 146/284
11.1.3 Caprins
Le nombre de caprins est relativement stable : entre 60 et 80 000 depuis 2014 en Catalogne
quand le nombre d?exploitations est en légère augmentation (+ 100) pour atteindre environ 2 700
exploitations.
? 30,6% des élevages caprins catalans (873) sont extensifs et semi-intensifs.
? 28,3% des caprins catalans sont produits en extensif et semi-intensif.
11.2 Caractéristiques de la population de loups
En Catalogne, une vingtaine de loups en dispersion ont été détectés depuis 2000. L?évolution des
zones de détection au fil des ans est relatée par les cartes ci-dessous.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 147/284
Carte de la distribution des loups entre 2000 et 2021 en Catalogne.
Au total, les loups ont été détectés dans les dix comarques suivantes : Vall d'Aran, Pallars Sobirà,
Alta Ribagorça, Moianes, Berguedà, Solsonès, Alt Urgell, Cerdanya, Baix Empordà, Ripollès et
Osona.
11.2.1 Les effectifs de loups
Nombre d?individus : 1 à 5 individus dispersés.
Nombre de meutes : 0
Evolution de la population : pas encore de présence permanente.
Les spécimens de loups vus en catalogne proviennent de dispersion de la population de loups
italiens via la France et les Pyrénées.
11.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Les loups sont individuellement identifiés en catalogne. Sans objet pour une comparaison en raison
des effectifs très faibles.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 148/284
11.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
Le loup n?est pas encore fixé dans des zones de présence permanente. Aussi les indices de sa
présence évoluent chaque année.
Carte des indices trouvés entre 2019 et 2021 en Catalogne
Une carte des zones favorables à l?implantation du loup88 a été établie en identifiant les massifs de
milieux naturels ou abandonnés par l?agriculture de plus de 200 km2.
88 https://pirineos.revistas.csic.es/index.php/pirineos/article/view/261/294. Habitat suitability analysis for the wolf
(Canis lupus) in Catalonia and the Eastern Pyrenees. Carla Garcia-Lozano, Josep Pintó y Josep Vila Subirós.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 149/284
Carte des zones favorables à l?implantation du loup
11.2.4 Viabilité de la population de loups
L?Espagne a inclus le loup dans la liste des espèces sauvages sous protection spéciale, et en
Catalogne, il a été ajouté au catalogue de la faune indigène menacée le 20 septembre 2022.
Le projet LoupO89 , d'un budget total de 1 250 109 euros, est cofinancé à 65% par le Fonds
Européen de Développement Régional (FEDER) à travers le Programme INTERREG V-A
Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2014-2020). C?est un programme européen de coopération
territoriale créé pour favoriser le développement durable du territoire frontalier entre les trois pays.
Le projet de trois ans s?achevait au printemps 2022. Ce projet LoupO visait à ce que trois pays
collaborent afin que les populations et leur statut génétique soient mieux connus.
11.3 Prédation par le loup sur les troupeaux
En 2017, seuls 89 cas d'attaques par ces espèces ont été signalés en Catalogne. L'administration
a considéré 55 cas effectifs et les a indemnisés pour 23 000 euros.
Sur la période janvier octobre 2018, les attaques étaient au nombre de 69, dont 18 par des vautours,
49 par des ours et 2 par des loups.
89 https://loupo-eu.com/ca/proyecto-loupo/
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 150/284
11.4 Politique publique de gestion du loup
11.4.1 Administrations en charge de la gestion du loup
La gestion du loup relève de la « Generalitat de Catalunya », la Communauté autonome de
Catalogne.
11.4.2 Plan de gestion du loup
Il existe un « Programme 2022 de prévention des dégâts de loup pour l'élevage90 ».
11.4.3 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Evolution depuis 10 ans
En 2021, la Généralité a établi le premier plan de prévention des dégâts aux troupeaux causés par
les loups, qui consistait en trois mesures axées sur l'autoprotection des troupeaux :
? la fourniture de matériel de prévention ;
? la promotion des chiens de protection des troupeaux ;
? le soutien financier aux éleveurs.
Le plan 2022 s'applique partout où il y a des signes confirmés de la présence de loups au cours
des trois dernières années, et où il y a eu des dommages au bétail dans les zones de pâturage
communale ou de haute montagne.
Clôtures électrifiées
La Communauté autonome de Catalogne fournit des équipements de protection pour l?installation
de clôtures électrifiées pour le bétail pour protéger les troupeaux d'éventuelles attaques de loups.
La Communauté autonome considère qu?il est nécessaire pour le bon fonctionnement du système
de protection que les troupeaux soient maintenus pendant la nuit à l'intérieur de clôtures électrifiées
afin d'appliquer une barrière physique entre le loup et le troupeau, facilitant de cette manière le
travail défensif des chiens de protection. Il est considéré qu?un un entretien est nécessaire pour
que le système électrique fonctionne correctement.
Les clôtures de protection sont constituées d'un grillage électrifié de 1,5 m de haut, une batterie et
un panneau solaire. Les clôtures électrifiées seront fournies par un opérateur d?un service91 de la
Communauté autonome moyennant la signature préalable d?un document actant le transfert.
Chiens de protection
Le plan de prévention conseille la présence d'au moins deux chiens de protection pour la protection
des troupeaux de chèvres et de moutons contre d'éventuelles attaques de loups. Un ratio d'un
chien pour 350 moutons est considéré comme idéal pour les moutons ou les chèvres.
Pour les agriculteurs qui disposent déjà d'un chien, son entretien est à la charge de l'administration
90 https://mediambient.gencat.cat/web/.content/home/ambits_dactuacio/patrimoni_natural/fauna_salvatge_autocto
na/gestio-especies/mamifers/canis_lupus_llop/Pla-prevencio-llop_2022_DEF.pdf
91 La DACC : Departament d'Acció Climàtica, Alimentació i Agenda Rural
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 151/284
pendant la période de pâturage. Les chiens utilisés doivent avoir fait l?objet d?un contrôle vétérinaire
pour s?assurer de leur aptitude. Le bon comportement d?un chien dépend, en partie, de sa formation,
d?une nutrition adéquate et d?un contrôle vétérinaire approprié.
Soutien financier
Les exploitations doivent s'engager sur une surveillance minimale de 6 heures par jour pour :
parquer le troupeau le soir, conserver le troupeau pendant la nuit dans le parc électrifié et sous la
surveillance des chiens et, au petit matin, ouvrir le parc aux troupeaux.
Ces prestations, exécutés par les éleveurs, seront pris en charge par la Communauté autonome
par le biais de contrats externes pour un séjour minimum de 2 mois en montagne. Les deux
premiers mois seront payés à 1,75 ¤ par brebis et par mois; à partir du troisième mois, il sera payé
à 1,25 ¤ par mouton et par mois, soit 6 euros par mouton pour un séjour de quatre mois.
Dans les cas particuliers, notamment les zones où les loups n?ont pas été détectés récemment,
des mesures d?accompagnement sont prévues à base de clôtures mobiles également fournies par
la Communauté autonome.
11.4.4 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
La Catalogne réfléchit à l?élaboration d?un plan stratégique pour l'élevage extensif en Catalogne
sur la période 2021-2030 et a déjà produit un document « base pour l'élaboration d'un Plan
stratégique pour l'élevage extensif en Catalogne 2021-203092 ».
Le document comprend un diagnostic préliminaire de la situation de l?élevage extensif en
Catalogne et 2020, y compris une approche du cadre juridique et institutionnel, une analyse
quantitative et un recensement des exploitants, un diagnostic des problèmes principaux, une
analyse socio-économique. Le document sera soumis à un processus de consultation des acteurs,
institutions, organisations et collectivités territoires particulièrement concernés.
Les changements enregistrés dans la carte d'occupation du sol de la Catalogne montrent une
tendance à la croissance des zones de pâturage, tirée principalement par l'abandon des cultures.
L'abandon des terres cultivées génère des espaces sans usage agricole qui se maintiennent
pendant un certain temps sous forme de végétation herbacée avant que la végétation progresse
vers des formations plus matures. Par conséquent, ces espaces, encore qui morphologiquement
considérés comme des pâturages, ne sont pas utilisés par le bétail bien qu?ils offrent des surfaces
à fort potentiel pour l'élevage extensif.
Pendant le même temps la superficie forestière de la Catalogne n'a cessé d'augmenter au cours
de la dernière décennie jusqu'à atteignant actuellement 2 052 618 hectares, soit 64 % de la
superficie de la Generalitat.
L'intérêt des pâturages est également mis en avant pour leur capacité de rétention du carbone
(très importante dans contexte du changement climatique), leur richesse en biodiversité et les
services écosystémiques qu'elles procurent (limitation de l?érosion).
92«
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 152/284
11.5 Acceptation sociale
11.5.1 Acceptation par le monde agricole
Les syndicats agricoles sont dans une position d?opposition au loup en raison des expériences en
Castille et León et en Cantabrie. Ils considèrent que le loup est dans ces régions une catastrophe93.
Les loups attaquent les troupeaux et le stress qu'ils causent au bétail est brutal et les gens finissent
par quitter la ferme et le territoire.
11.5.2 Acceptation par l?opinion publique
Le « Grup Llop Catalunya 94 » est une plate-forme formée d?associations environnementales.
L'objectif essentiel de la plateforme est de favoriser le rétablissement des populations de loups de
Catalogne qui existaient jusqu'au début du XXe siècle, et d'assurer leur conservation et la
coexistence. Pour atteindre cet objectif, la plateforme développe des actions de sensibilisation du
public, de soutien à la recherche, d'intervention auprès des institutions publiques, de dialogue et
de concertation avec les groupes sociaux.
Le gouvernement indique travailler pour le jour où les loups seront implantés et où il faudra agir.
C?est la raison d?être du plan de prévention des dégâts.
93 https://www.publico.es/public/quin-futur-llop-catalunya.html
94 https://www.grupllopcatalunya.cat/
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 153/284
12 Fiche Italie : Région autonome du Piémont
12.1 Présentation de l?élevage
Période de référence 2015-2019 - Italie entière
Au cours de la période 2015-2019, une moyenne d'environ 156 152 exploitations d'élevage avec
des bovins ou des buffles ont été enregistrées dans la base de données national (BDN). Parmi
ceux-ci, environ 98% étaient représentés par des troupeaux de bovins, tandis que les 2% restants
par des troupeaux de buffles.
https://www.vetinfo.it/j6_statistiche/#/
PUBLIÉ
https://www.vetinfo.it/j6_statistiche/#/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 154/284
Sur la base des données contenues dans le BDN, il ressort que le nombre d'exploitations bovines
en Italie a enregistré une diminution numérique au cours de la période en question passant de 169
601 en 2015 à 148 074 en 2019, avec une réduction de 12,7 % en 4 ans.
En revanche, le nombre de bovins enregistrés dans tout le pays a enregistré une légère
augmentation, passant de 5 890 000 en 2015 à 5 968 000 en 2019. Cela montre que la réduction
du nombre d'exploitations a surtout concerné les petites.
Le nombre moyen de têtes par exploitation est en effet passé de 34,7 en 2015 à 40,3 en 2019 avec
une augmentation de 16% en quatre ans.
Les troupeaux ovins et caprins enregistrés au BDN pour la période 2015-2019 s'élevaient en
moyenne à environ 144 634 têtes. Parmi ceux-ci, cependant, environ 23% ont été enregistrés en
Sicile ou en Sardaigne, deux régions situées en dehors de la zone de répartition du loup en Italie.
Toujours pour le secteur ovin et caprin, le nombre d'entreprises inscrites au BDN a montré une
diminution constante au cours de la période d'étude, passant de 147 405 exploitations en 2015 à
140 460 en 2019 soit une réduction de 5,1% en 4 ans.
Dans le prolongement de ce qui a déjà été mis en évidence pour l'élevage bovin, mais de manière
encore plus marquée, le nombre d'ovins et de caprins enregistrés dans l'ensemble du pays a
également enregistré une augmentation, passant de 4 964 000 en 2015 à 7 485 000 en 2019.
Mais dans ce cas également, il faut souligner qu'environ 50% des ovins enregistrés appartiennent
à des exploitations situées dans l'une des deux îles principales, bien que la tendance à
l'augmentation du nombre d'animaux élevés ne soit également évidente que pour les entreprises
de l'Italie péninsulaire.
Le nombre moyen de têtes par exploitation est ainsi passé de 33,7 en 2015 à 53,3 en 2019,
témoignant d'une augmentation progressive de la taille des troupeaux, probablement due à la
diminution des exploitations de petite taille.
12.2 Caractéristiques de la population de loup
12.2.1 Les effectifs de loup
ITALIE ENTIÈRE
Les résultats de la surveillance nationale du loup publiés en mai 2022, ont confirmé qu'au cours
des dernières décennies, l'espèce s'est développée naturellement dans la majeure partie de l'Italie.
Pour analyser plus en détail la complexité de la relation entre le loup et l'élevage, l?ISPRA (Istituto
Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale) a publié une étude sur l'estimation de l'impact
du loup sur l'élevage en Italie.
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-
lupo/impatto-del-lupo-sulle-attivita-zootecniche
La législation nationale et régionale prévoit que les Régions, les provinces autonomes et les parcs
nationaux compensent les dommages aux activités de production (cultures et élevage) causés par
les espèces sauvages, dont le loup. L'étude a recueilli, pour chaque année, des données relatives
aux événements de dommages signalés par les agriculteurs, y compris le nombre d'animaux
chassés par espèce, le lieu de la déprédation et le montant indemnisé pour chaque événement.
L'étude a analysé les dommages indemnisés par les administrations de 2015 à 2019. Elle a été
PUBLIÉ
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-lupo/impatto-del-lupo-sulle-attivita-zootecniche
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-lupo/impatto-del-lupo-sulle-attivita-zootecniche
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 155/284
menée dans le cadre du suivi national du loup, réalisé par l'ISPRA pour le compte du Ministère de
la Transition Ecologique.
Procédure de collecte des données
Les données permettant d'estimer l'impact du loup sur les activités d'élevage au cours de la période
2015-2019 ont été fournies par les bureaux compétents des Régions, des Provinces autonomes,
des Parcs nationaux et de certaines aires protégées régionales, suite à une demande formelle
transmise par l'ISPRA.
Plus précisément, 17 régions ont été impliquées (toutes sauf les îles principales), les provinces
autonomes de Trente et de Bolzano, 20 parcs nationaux (tous sauf ceux des îles), le parc naturel
régional Sirente Velino et les zones protégées régionales du Latium. L'implication directe de ces
parcs régionaux était nécessaire car, contrairement à ce qui se passe dans le reste de l'Italie, les
pratiques d'indemnisation des dommages causés par les loups dans les zones protégées du
Latium et de Sirente Velino sont gérées séparément de celles qui relèvent du territoire libre de la
région à auquel il appartient.
Localisation et nombre de loups en Italie :
Les résultats du premier suivi national du loup se référant à la saison de reproduction 2020-2021
indiquent qu?il y a entre 2945 et 3680 loups en Italie.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 156/284
PIEMONT
L'enquête réalisée est conforme aux critères définis à l'échelle nationale dans les "Lignes
directrices et protocoles de surveillance du loup en Italie" élaborés par l'ISPRA (Marucco et al.,
2020) et est le résultat d'un travail du Réseau Piémont composée au total de 528 opérateurs
appartenant à 73 Institutions et associations : Organismes gestionnaires d'espaces protégés
(Parcs Naturels Provinciaux, Régionaux et Nationaux), Administrations Provinciales et Régionales,
Carabiniers Forestiers, Districts Alpins et Territoires de Chasse, Sociétés de Chasse, Universités,
Associations de bénévoles appartenant à différentes catégories (randonnée, écologistes,
chasse)?
Entre le 1er octobre 2020 et le 30 avril 2021, 6367 données de présence ont été enregistrées dans
le Piémont (excréments, traces d'empreintes, observations documentées par vidéo/photo, loups
morts), 648 transects (= itinéraires préétablis à effectuer simultanément) ont été parcourus pour un
total de 5021,3 km et 187 pièges photographiques ont été utilisés.
L'aire minimale de présence documentée du loup dans le Piémont au cours de la période
2020/2021 a été évaluée à 19 900 km2 soit 62,5 % du territoire piémontais.
Le nombre d'unités de reproduction est estimé à 81 unités dont 68 meutes et 13 couples; parmi
ceux-ci, 10 meutes sont de type transrégional avec un territoire également en Ligurie (9) et en
Vallée d'Aoste (1).
Dans le détail, les unités reproductrices documentées dans la seule zone des Alpes piémontaises
sont au nombre de 60, dont 51 meutes et 9 couples, une augmentation par rapport à ce qui était
estimé en 2017/2018 dans le cadre du dernier échantillonnage à l'échelle régionale réalisé par le
Projet LIFE WolfAlps (2014 -2018).
Dans le reste du Piémont, en particulier dans la zone des Apennins/plaine, 21 unités de
reproduction ont été documentées, dont 17 troupeaux et 4 couples.
Enfin, lors de la saison 2020/2021, dans la région du Piémont, les 2 premiers cas de meutes
reproductrices avec hybridation entre loup et chien ont été détectées lors d'activités menées par
les organismes chargés du suivi de l'espèce (dans la province d'Alexandrie et dans la province de
Turin).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 157/284
La présence du loup dans la province d'Alessandria
Le réseau provincial de surveillance qui a participé à la surveillance du loup dans la province
d'Alessandria comprend : l'organisme de gestion des aires protégées des Apennins piémontais ;
l'Organisme de gestion des espaces protégés du Pô piémontais ; la province d'Alessandria, le
bureau technique provincial de la faune, la police provinciale et les gardes écologiques volontaires
(GEV) ; le Groupe des carabiniers forestiers (Carabinieri-Forestale) - Alessandria Forest
Carabinieri; le Club Alpin Italien (CAI) avec ses sections locales ; l'ASD La Ventura; l'Association
italienne des guides de randonnée environnementale (AIGAE) et d'autres bénévoles
indépendants.
58 transects systématiques ont été identifiés, parcourus sur la période du 1er octobre 2020 au 31
mars 2021 sur une base mensuelle ou bimensuelle selon leur classement et répartis en secteurs
sur une base géographique, pour une meilleure organisation du travail, pour un total de 433,6 km.
De plus, 63 pièges photographiques ont été utilisés, ce qui a permis de certifier 714 événements
d'observation de loups.
875 excréments de loups ont été collectés, 44 pistes enneigées ont été suivies, 13 carcasses de
proies ont été retrouvées (12 ongulés sauvages, 1 renard).
Par conséquent, 14 meutes ont été confirmées dans la province d'Alessandria, dont la plupart sont
répartis de manière continue et presque homogène le long des Apennins et des collines limitrophes,
dont plusieurs sont partagées avec la Ligurie. L'expansion de la distribution de l'espèce se confirme
avec la formation de nouvelles meutes dans les zones basses et vallonnées.
Dans les zones où l'espèce est présente depuis longtemps, comme les zones montagneuses des
Apennins, il y a donc une occupation complète du territoire, dans laquelle la présence de meutes
adjacentes les unes aux autres ne permet pas la formation de nouvelles unités de reproduction.
Par conséquent, les loups en dispersion à la recherche de nouveaux territoires pour s'installer se
déplacent plus fréquemment vers les zones de plaine, surtout où l'environnement conserve des
caractéristiques proches de la naturalité, telles que les bras fluviaux, dans lesquels trouver refuge,
et une disponibilité générale de proies, essentiellement garantie par la présence d'ongulés
sauvages.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 158/284
12.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Le Piemont Wolf Network https://www.centrograndicarnivori.it/progetti/progetto-lupo-piemonte est
composé d'un réseau d'opérateurs et de techniciens appartenant aux administrations publiques
qui collaborent avec des chercheurs du Centre des Grands Carnivores pour surveiller et gérer la
présence du loup au niveau régional.
Le Réseau Lupo Piemonte est composé de plus de 400 opérateurs appartenant à plus de 70
organisations et associations réparties sur tout le territoire alpin piémontais (espaces protégés
régionaux et nationaux, régions et provinces, la ville de Turin, les Carabinieri-Forestale et collabore
avec les Universités, les services régionaux de santé (ASL), l'Institut zooprophylactique
expérimental (IZS), les Communes alpines et les Territoires de chasse.
La préparation de l'échantillonnage annuel effectué ainsi que la collecte standardisée des données
de présence (voir Alpine Monitoring Strategy 2014, ISPRA Guidelines ) sont les outils nécessaires
pour surveiller les principaux paramètres de la population d'une manière reconnue au niveau
national et international ( Initiative des grands carnivores pour l'Europe ).
A ce jour, les dernières données sur la présence du loup au niveau régional sont celles relatives à
2017/2018 (données collectées de mai 2017 à avril 2018), où la présence de 33 meutes et deux
couples suivis a été signalée, pour un total d'au moins 195 loups dans le Piémont.
La surveillance en 2017/2018 a été principalement réalisée à travers l'échantillonnage d'indices de
présence indirecte (traces, excréments, etc.) détectés par le personnel technique spécialisé du
réseau Lupo Piemonte (https://www.centrograndicarnivori.it/lupo/network-lupo-piemonte ) assistée
d'une analyse génétique sur des tissus biologiques. Les prises de vues par pièges
photographiques ou les images de tiers sont également des données qui peuvent contribuer à la
surveillance. Un échantillonnage systématique à grande échelle a été réalisé le long d'un réseau
PUBLIÉ
https://www.centrograndicarnivori.it/progetti/progetto-lupo-piemonte
https://www.centrograndicarnivori.it/lupo/network-lupo-piemonte
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 159/284
de transects répartis sur tout le territoire, qui ont été parcourus régulièrement pendant les mois
d'hiver pour trouver des signes de présence. Des signes supplémentaires de présence ont été
collectés de manière opportuniste (l'échantillonnage est opportuniste lorsque des signes de
présence sont identifiés lors d'activités autres que la surveillance, par exemple lors de la vigilance).
Dans le Piémont, l'ensemble des données recueillies au fil des années décrit de manière
exhaustive la tendance de présence de l'espèce et le processus de colonisation sur le territoire
régional en cours depuis l'hiver 1995/1996.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 160/284
12.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
De 2018 à 2020, il n'y a pas d'estimation du nombre minimum de loups et du nombre de meutes
présentes dans le Piémont car aucun suivi approfondi et structuré n'a été effectué sur l?ensemble
du Piémont. Ce n'est que dans les provinces de Verbano Cusio Ossola et d'Alessandria que
l'échantillonnage systématique réalisé par le Réseau Territorial Loup du Piémont a permis de
collecter des données relatives à la présence et à la distribution du loup à l'échelle locale.
En octobre 2020, le suivi du loup sur le territoire régional a repris dans le cadre du Suivi National
du Loup 2020/2021 organisé par l'ISPRA pour le compte du Ministère de l'Environnement et qui a
clôturé la phase de collecte des données en avril 2021.
Le suivi effectué par le Piemont Wolf Network est réalisé dans le cadre du projet européen LIFE
Wolf Alps https://www.lifewolfalps.eu/fr/le-loup-dans-les-alpes/le-loup-dans-les-alpes-italiennes et,
avec les données des autres régions alpines, permettra une estimation actualisée de la population
de loups alpins en Italie.
Pour mieux planifier le suivi 2020/2021 dans le Piémont (et aussi dans les autres régions alpines),
les indices de présence possible du loup ont été collectés ponctuellement sur le territoire régional
de 2018 à 2020 (mai) et les zones de présence possible du loup considérant l'ensemble du territoire
régional découpé en cellules carrées de 100 km² (10 km de côté).
Cette première carte de répartition probable de l'espèce montre des signes d'expansion du loup
vers de nouvelles zones entre les contreforts et les zones de plaine. Dans la carte ci-dessous, les
cellules en vert foncé sont celles où l'implantation possible des meutes est hypothéquée sur la
base des données 2018-2020 où un échantillonnage plus intensif a été structuré. Les cellules en
vert clair sont celles présentant des signes de nouvelle présence de l'espèce qui doivent être
vérifiés par un échantillonnage poussé.
PUBLIÉ
https://www.lifewolfalps.eu/fr/le-loup-dans-les-alpes/le-loup-dans-les-alpes-italiennes
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 161/284
A l'intérieur des cellules, un réseau de transects (pour un total d'environ 5000 km) sera
périodiquement parcouru par les opérateurs de surveillance à la recherche de signes de présence,
plus ou moins intensément selon le type de cellules de prélèvement. Ce n'est qu'à la fin de
l'échantillonnage 2020/2021 (avril 2021) et avec les résultats des analyses génétiques effectuées
sur les échantillons qu'il sera possible d'avoir une image actualisée au niveau piémontais de la
répartition du loup et de sa présence estimée (estimation minimale du nombre de meutes et du
nombre d'animaux).
12.2.4 Viabilité de la population de loup
La mission n?a pas identifié d?étude et de seuil de viabilité.
12.3 Prédations sur les troupeaux
L?impact du loup sur les activités d?élevage est : mort du bétail, blessure ou perte, interruption des
gestations en cours.
L'étude qui a été menée n'a considéré que la mort de la proie, documentée et avérée. De plus, les
dégâts des loups pris en compte dans l?enquête sont uniquement ceux détectés par les systèmes
de compensation que chaque Région et Parc a mis à disposition pour la période de référence.
Par « système de compensation », on désigne l'ensemble des réglementations et des procédures
qui déterminent le processus qui va de l'événement de prédation, sa déclaration, la demande
d'indemnisation, l'inspection pour la vérification et la quantification du dommage, jusqu'à la
liquidation de la part d'indemnisation.
Les quantifications présentées dans l?étude sont des données minimales car tous les dégâts
causés par les loups ne sont pas détectés, signalés et indemnisés.
À cause de la fragmentation réglementaire qui caractérise les systèmes d'indemnisation des
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 162/284
dommages causés par le loup, une forte hétérogénéité et, dans certains cas, une incomplétude
des données mises à disposition par les différentes instances ont été constatées.
Il est donc difficile de comparer différentes zones géographiques et administratives.
Quelques chiffres sur les prédations des loups
Source : https://www.isprambiente.gov.it/public_files/StimaImpattoLupoAattivitaZootecniche.pdf
368 élevages, soit 20,5 % des entreprises touchées par au moins un dommage ont perdu 62,2 %
de l'ensemble des proies du bétail. Ces élevages, classés comme points chauds d'impact du loup
sur l'élevage, se sont avérés répartis dans 177 communes.
Une distribution similaire des déprédations constatées a également été trouvée pour les élevages
ovins et caprins pour lesquels une fraction minoritaire des élevages touchés a perdu la majorité
des animaux. Ainsi 922 exploitations, correspondant à 25,9% du total, ont perdu 73,3% des proies
ovines. Ces entreprises se sont avérées être réparties dans 416 municipalités, identifiées comme
des zones sensibles avec les coûts les plus élevés pour le système de compensation au niveau
national.
Au total, en référence à la période 2015-2019, des données relatives à 17 989 événements de
prédation confirmés ont été collectées, pour une moyenne d'environ 3 597 événements chaque
année. La tendance des événements de prédation au niveau national est à la hausse, à l'exception
de 2016, où toutes les statistiques (nombre d'événements de prédation constatés, nombre
d'animaux prédatés, indemnisations accordées) ont baissé. Le nombre d'événements de prédation
confirmés est passé de 3 325 en 2015 à 4 107 en 2019, soit une augmentation de 23,5 %.
Suite aux 17 989 événements de prédation au total, un total de 43 714 têtes de bétail ont été
enregistrées comme étant prédatées, pour une moyenne d'environ 8 742 têtes chaque année.
Parmi les animaux prédatés, 82,0% étaient des moutons et des chèvres, soit une moyenne de 7
171 animaux par an; 14,2% étaient des bovins, soit une moyenne de 1 439 têtes par an; 3,2 % des
têtes indemnisées sont des chevaux, pour une moyenne de 280 têtes par an ; des prédations
restantes compensées, 0,1 % concernaient des porcs, 0,1 % concernaient des espèces avicoles
PUBLIÉ
https://www.isprambiente.gov.it/public_files/StimaImpattoLupoAattivitaZootecniche.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 163/284
et 0,4 % étaient représentés par la prédation sur d'autres espèces ou par des cas indéterminés.
12.4 Politique publique de gestion du loup
12.4.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
Organisation administrative de la gestion du loup
La gestion du loup nécessite une ampleur et une continuité des interventions difficiles à obtenir
dans le cadre de la fragmentation administrative infranationale italienne.
Les règles nationales se réfèrent à une application régionale en matière de conservation et de
gestion. Les Régions disposent des outils pour intervenir efficacement, mais leur action doit
s'exercer de manière coordonnée au sein d'un système de répartition des compétences et des
responsabilités.
Dans le cadre des attributions des Ministères, des Régions et des Provinces autonomes établies
par la législation en vigueur, les engagements que chaque administration assume vis-à-vis du loup
sont ceux contenus dans les actions indiquées dans la partie 3 du Plan d'action :
https://www.iononhopauradellupo.it/wp-content/uploads/2019/04/Piano-lupo-marzo2019.pdf
L'acte d'engagement de chaque Administration sera donné par l'approbation en Conférence Etat-
Régions.
Dans ce contexte, notamment en relation avec la Loi 157/92 et la Directive Habitats, le MATTM
(Ministero dell'Ambiente e della Tutela del Territorio e del Mare) est le principal dépositaire des
PUBLIÉ
https://www.iononhopauradellupo.it/wp-content/uploads/2019/04/Piano-lupo-marzo2019.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 164/284
politiques de gestion en ce qui concerne le régime général de protection et l'interface avec la
Commission européenne.
Le MATTM favorise donc l'implication du Ministère des Politiques Agricoles, Alimentaires et
Forestières pour une collaboration concrète sur le thème des conflits loup-élevage, et du Ministère
de la Santé pour tous les aspects liés aux pathogènes, à la gestion des chiens errants, aux
contrôles sanitaires du bétail et à l'utilisation de poisons.
Le MATTM favorise la mise en oeuvre du Plan par une coordination à l'échelle nationale entre les
Régions, les Provinces Autonomes et les Aires Protégées Nationales afin de contribuer à
l'optimisation des moyens et programmes régionaux et assurer la contribution et l'intégration des
plans de travail des toutes les entités administratives. Le besoin et la demande des administrations
régionales et provinciales de disposer de documents, de lignes directrices et de règlements types
auxquels se référer afin d'uniformiser les procédures régionales ont été signalés à plusieurs
reprises : la MATTM a la responsabilité de répondre à ce besoin de coordination qui est essentiel
pour l'efficacité de toutes les actions incluses dans le plan.
Actions et interventions territoriales
Les Régions et les Provinces Autonomes sont les principaux acteurs de la gestion du loup sur leur
territoire, mais il est indispensable qu'elles collaborent avec les Régions et Provinces Autonomes
adjacentes, les Aires Protégées Nationales et Régionales qui en relèvent et interagissent avec
l'ISPRA (Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale) et MATTM pour les
techniques et politiques mises en oeuvre. Dans ce contexte, le Ministère évalue avec les Régions
les documents, les lignes directrices, les actions spécifiques et les projets expérimentaux utiles
pour une gestion et une conservation plus efficaces du loup en conformité avec les besoins de
conservation de l'espèce et prend en compte les spécificités locales dans le but d'atténuer les
conflits avec les activités humaines. Le Ministère s'engage également à évaluer avec les Régions
les possibilités de financement des actions et proiets les plus pertinents.
Les principales actions sur lesquelles une comparaison nationale ou interrégionale sont mise en
oeuvre sont : les campagnes de recherche scientifique, la surveillance à moyen et long terme, les
politiques de prévention et d'indemnisation des dommages, les politiques de lutte contre les chiens
errants, les campagnes d'information du public. Compte tenu de la situation et de l'importance
particulières de l'espèce et compte tenu de ses caractéristiques, de son importance d'un point de
vue social et culturel, ainsi que du rôle écologique particulier qu'elle joue dans les écosystèmes,
outre les seuls besoins de la recherche scientifique, les dérogations déjà prévues par l'article 16
de la directive « Habitats » 92/43/CEE et l'article 11 du décret présidentiel 357/97 ne peuvent être
demandées par les régions, les provinces autonomes et les parcs nationaux que dans des
situations à caractère exceptionnel.
Bien qu'aucune aire protégée ne dispose d'une superficie permettant d'assurer la conservation
d'une population vitale de loups, la protection de noyaux sources reliés par des aires de connexion
fonctionnelles peut permettre une conservation efficace au niveau de la métapopulation.
L'interdiction de la chasse dans les zones protégées établie par la loi 394/91 évite d'éventuels
conflits avec les activités de chasse et réduit le risque de braconnage.
Outre la protection directe des populations de loups, les aires protégées (dont le réseau Natura
2000) jouent un rôle primordial dans divers autres secteurs clés de la conservation de cette espèce,
notamment pour la mise en oeuvre de programmes de suivi des populations, la recherche sur la
biologie et l'écologie de l'espèce et de la communication et de l'information aux différentes parties-
prenantes.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 165/284
A cet égard, il convient de souligner l'importance des programmes de valorisation du loup d'un
point de vue touristique et économique, afin de favoriser une opinion plus positive des riverains.
ISPRA, réseau technique et Observatoires Régionaux
ISPRA est le référent technique national qui accompagne le MATTM, les Régions, les Provinces
Autonomes et les Aires Protégées Nationales dans leur action de gestion, en lien avec les
Observatoires Régionaux lorsqu'ils existent. Les Observatoires Régionaux sont les Observatoires
Régionaux de la Biodiversité (conformément à la Stratégie Nationale) et les Observatoires
Régionaux de la Faune.
Plateforme Nationale Loup
Dans certains pays européens (ex. France, Suède) a été mis en place un forum de consultation
des principaux groupes d'intérêt (agriculteurs, chasseurs, écologistes, opérateurs touristiques,
chercheurs, communicants, etc.) sur les questions de gestion du loup.
Cette plateforme, aux fonctions purement consultatives et de proposition, est utile pour partager et
valoriser les positions des différents groupes d'intérêt. Il n'a pas de fonction décisionnelle mais est
responsable de la connexion et de la transmission d'informations aux différents secteurs de la
société qui le concernent. Dans celui-ci, les Institutions compétentes rendent compte aux
différentes parties prenantes de l'état d'avancement du Plan. Cette bonne pratique a déjà démontré
son efficacité dans les expériences positives réalisées avec le réseau d'aires protégées créé à
l'occasion du programme LIFE WOLFNET.
Une plateforme nationale devrait être mise en place au MATTM. Par ailleurs, la mise en place de
plates-formes locales au niveau de régions individuelles ou de zones géographiques plus étendues
(par exemple : arc alpin, Apennin central, etc.) est laissée à la décision des Régions pour
discussion avec les acteurs locaux.
Bureau Régional de Gestion du Loup
Les Régions et les Provinces Autonomes peuvent mettre en place, si elles le jugent utile, un Bureau
Local de Gestion des Loups avec des missions, des rôles et des pouvoirs à définir (dont, par
exemple, la gestion des conflits avec les éleveurs, l'évaluation de l'efficacité des mesures de
résolution des conflits et l'étude des solutions alternatives possibles). Ces Bureaux de Gestion
peuvent envisager l'implication des différentes instances concernées. Le Bureau de Gestion pourra
s'appuyer sur un tableau technique qui prévoit la participation de personnalités
professionnellement formées pour fournir des indications sur les plans de suivi, de gestion et
d'évaluation. Dans tous les cas, il faut qu'au niveau de chaque administration régionale les
structures en charge des questions concernant la gestion du loup soient clairement identifiées,
laissant ensuite à chaque administration le soin d'identifier les solutions d'organisation à adopter.
Certaines Régions et Provinces ont jugé utile de mettre en place une Task Force Loup à l'échelle
régionale qui devra être coordonnée avec le Bureau de Gestion, devra adopter un protocole
opérationnel d'intervention standardisé et fonctionnera avec un personnel qualifié et dûment formé
(par exemple, aires protégées, Métropole, police territoriale, professions libérales bénévoles).
Enfin, les actions (ou une partie d'entre elles) envisagées pour la gestion du loup hors des aires
protégées sont prises en considération et développées en collaboration avec les offices en charge
de la gestion de l'activité cynégétique et dans le cadre de la gestion de la faune.
12.4.2 Plan de gestion du loup
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Coûts globaux de la politique
Les sommes accordées à titre d'indemnisation durant la période 2015-2019 se sont élevées à 9
006 997 ¤ pour une moyenne de 1 801 367 ¤ par an.
La tendance dans le temps a montré une diminution des montants accordés entre 2015 et 2016,
suivie d'une augmentation progressive les années suivantes, ce qui a ramené ces montants aux
niveaux de référence de 2015. Il convient de noter que les montants versés à titre de compensation
font référence à 77 % des événements de prédation, car dans les 23 % restants, aucune
information n'était disponible concernant une éventuelle compensation économique des
dommages.
Il existe une longue chaîne d'événements reliant la prédation d'un animal d'élevage à la
compensation économique du dommage, chaîne qui peut être interrompue en divers points. Tout
d'abord, toutes les proies ne sont pas retrouvées par les éleveurs, surtout si la carcasse est
prélevée et transportée par le loup dans des milieux difficiles d'accès. Les agriculteurs touchés par
les dommages ne demandent pas toujours une indemnisation. Cela peut être dû au fait que
certaines administrations lient le versement des indemnités à la présence de mesures de
prévention (pas toujours présentes dans l?élevage), mais aussi à de longs délais d'attente pour le
versement des indemnités. Sur la période 2015-2019, le temps moyen écoulé entre la demande
d'indemnisation et son versement était égal à 201 jours, mais avec de grandes différences entre
les différentes administrations. 17 % des déprédations reconnues ont été indemnisées dans les 60
jours suivant la demande, tandis que plus de 365 jours se sont écoulés dans 16 % des cas. Enfin,
dans certains cas, les éléments matériels n'existaient pas pour constater que la prédation avait
bien eu lieu par le loup.
PIEMONT
Au cours de la période 2015-2019, une moyenne de 13 249 ( ±1 000,2 ET) exploitations bovines
ont été enregistrées dans la Base de données nationale du Piémont. Le nombre d'exploitations
bovines a diminué de 16,6% au cours de la période. Le nombre total d'animaux présents dans la
région était en moyenne de 795 768 ( ±10 619 ET) et a connu une augmentation de 3,2 % au
cours des années 2015-2019. Le nombre moyen de têtes par exploitation était de 60,4 ( ±5,3 DS),
avec une augmentation progressive sur toute la période étudiée (Fig. 33c). La répartition
géographique des bovins au niveau régional est illustrée à la Fig. 34
Pour la région du Piémont, en référence à la période 2015-2019, des données relatives à 729
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 167/284
événements de prédation avérés ont été fournies, pour une moyenne de 145,8 ( ±55,8 ET)
événements chaque année. La tendance temporelle des événements de prédation au niveau
régional a montré une tendance générale à la hausse, passant de 260 en 2015 à 420 en 2019.
Suite aux 729 événements de prédation au total, un total de 1 620 têtes de bétail ont été
enregistrées comme prédatées, pour une moyenne de 324 ( ±86,9 ET) têtes chaque année. Parmi
les proies, 89,4 % étaient des ovins et des caprins, soit une moyenne de 289,8 têtes par an ( ±81,5
ET), tandis que 10,6 % des proies étaient des bovins, pour une moyenne de 34,2 têtes par an ( ±
8,5 DS). Le nombre d'animaux prédatés a également montré une tendance générale à la hausse,
tant pour les bovins que pour les ovins et les caprins.
Les informations concernant le prédateur tenu responsable des dommages suite à l'inspection
n'étaient pas disponibles dans la base de données mise à disposition, il n'a donc pas été possible
de calculer des statistiques concernant cet aspect.
En ce qui concerne les sommes accordées à titre de compensation, celles-ci n'étaient disponibles
pour aucun des événements de prédation constatés, il n'a donc pas été possible de produire des
statistiques synthétiques.
La date de l'événement de prédation était disponible dans 100% des cas. Conformément aux
données nationales, le phénomène a été confirmé comme concentré dans les mois d'été (juillet-
septembre), au cours desquels 59,4 % de toutes les déprédations ont eu lieu.
Dans 65 cas (8,9% du total), aucune des mesures préventives possibles n'avait été mise en oeuvre
par l'exploitation victime du dommage au moment de la prédation ; dans 118 événements de
prédation (16,2 % du total), des chiens de garde étaient présents; dans 196 cas (26,9% du total)
la présence d'une clôture, électrifiée ou non, ou d'un abri a été signalée ; enfin, dans 9 cas (1,2 %
du total) la présence de répulsifs acoustiques a été indiquée.
12.4.3 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Présence du berger dans le pâturage
La présence continue de l'éleveur dans les alpages est l'exigence fondamentale non seulement
pour assurer une gestion correcte des animaux et une utilisation rationnelle des pâturages, mais
aussi pour réduire la prédation (à la fois directement en contrôlant ce qui se passe dans les
pâturages et indirectement par l'utilisation et la gestion d'autres systèmes anti-prédateurs). À cette
fin, il est nécessaire de promouvoir et de soutenir la permanence des agriculteurs dans les alpages
également par des interventions de soutien appropriées visant à résoudre les différents problèmes
logistiques de la montagne, tels que la disponibilité de routes et de sentiers forestiers qui facilitent
les déplacements, les hébergements d'altitude (récupération/construction de structures
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 168/284
d'habitation, mise à disposition de structures provisoires, fourniture d'eau potable et d'électricité),
instruments divers (bonne diffusion du réseau téléphonique GSM).
Clôtures électriques
La clôture électrifiée est une barrière physique à effet psychologique pour les animaux qui entrent
en contact avec elle : en touchant la clôture, les animaux reçoivent un choc intense et douloureux
qui restera gravé dans leur mémoire et les dissuadera de tout contact ultérieur. De plus, la clôture
émet des bruits faibles qui sont perçus même de loin et qui représentent un signal ayant un effet
dissuasif. Il existe différents types de clôtures électriques sur le marché en fonction des besoins de
l'éleveur, de l'espèce et du nombre d'animaux à contenir et du type de pâturage dans lequel ils
doivent être montés. Les principales différences concernent la hauteur de la clôture, la solidité des
poteaux de support, l'ampérage et la tension et la puissance du panneau solaire. Les clôtures
électriques sont principalement utilisées pour le confinement nocturne des animaux (dans le cas
des ovins et des caprins), mais aussi pour protéger les animaux sur le point de mettre bas et les
nouveau-nés (situation qui peut être étendue à toutes les espèces).
Mesures préconisées pour le bon fonctionnement des clôtures électriques
? Préférez une clôture avec un périmètre sans angles : les animaux apeurés ont
tendance à courir le long du périmètre du filet et, en présence d'angles, pourraient
s'agglutiner, casser la clôture et annuler son effet protecteur.
? Prévoir, si nécessaire, une « double clôture » : deux clôtures concentriques séparées
par un couloir d'environ 2 mètres, de manière à éviter que le bétail ne soit en contact
étroit avec d'éventuels prédateurs et limiter ainsi les réactions de panique pouvant
conduire à l'abattage de la clôture.
? Effectuez un nettoyage régulier du sol là où le filet repose sur le sol. La clôture doit être
vérifiée régulièrement pour s'assurer que la végétation n'entraîne pas de
dysfonctionnement du système d'électrification. Une aide est l'utilisation d'un testeur
qui fournit des informations sur la tension et l'intensité de la clôture, facilitant
l'identification d'un dysfonctionnement.
? Faites attention au positionnement de la clôture près des zones en pente, en utilisant
un filet plus haut dans les zones « amont » : les prédateurs venant d'en haut sont plus
faciles à sauter par-dessus la clôture.
? Gardez toujours la clôture active afin qu'elle constitue une barrière "fixe" notamment
contre les autres animaux sauvages qui fréquentent la zone (cerfs et sangliers) et qui
pourraient l'abîmer.
? Utilisez des électrificateurs, des batteries, des systèmes de mise à la terre adaptés à
la taille de la clôture, en vous rappelant que la tension de l'impulsion électrique doit
être d'environ 8 000 - 10 000 Volts pour dissuader les prédateurs de tout contact
? Bien fixer la clôture au sol surtout en cas de dépressions (par exemple à l'aide de tiges
en U), et éviter que le filet ne forme des poches dans lesquelles les animaux pourraient
s'emmêler.
Chiens de garde
Les chiens de garde se sont révélés être un excellent moyen de prévention contre les dégâts de
prédation même dans les contextes où la topographie, la présence d'une végétation arbustive
étendue ou la présence d'un brouillard épais rendent difficile la surveillance de l'ensemble du
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 169/284
troupeau même par le berger.
Les principales races utilisées dans les Alpes pour la protection du bétail contre les prédateurs sont
le chien de montagne des Pyrénées (Patù) et le berger de la Maremme des Abruzzes. L'intégration
correcte du chien de garde dans le contexte zootechnique dépendent de divers facteurs tels que
ses caractéristiques génétiques, le type de gestion du bétail dans lequel il est inséré, la zone dans
laquelle le bétail paît, mais surtout une bonne gestion de la phase d'éducation/socialisation des
chiots.
En particulier, les caractéristiques comportementales qui doivent être stimulées dans la phase
éducative des premiers mois de vie sont : l'attention (fort attachement du chien au bétail et un fort
sentiment de protection); fiabilité (absence d'instinct de prédateur envers le bétail) ; protection
(action de défense du bétail contre les prédateurs).
Une bonne gestion des chiots permet de limiter les problèmes liés à leur agressivité envers les
personnes. Les chiens commencent à travailler efficacement à partir de 2 ans mais il est très
important qu'ils accompagnent le bétail au pâturage dès les premiers mois afin qu'ils apprennent à
connaître le territoire dans lequel ils devront travailler. La présence de chiens dans les alpages ne
remplace pas l'éleveur dans la gestion du cheptel qui devra favoriser le travail des chiens en
regroupant le bétail en pâturage et en le rassemblant pour la nuit. L'éleveur devra également
exercer un contrôle sur le comportement du chien lui-même, l'empêcher de s'éloigner du bétail et
de s'approcher des passants.
Bornes
Elles ont pour fonction d'effrayer les prédateurs en les éloignant du bétail domestique. Ils ont
tendance à avoir une efficacité limitée dans le temps et ne doivent donc être utilisés qu'en cas de
risque réel d'attaque (par exemple lorsque le prédateur est signalé à proximité de l'alpage) et non
en prévention habituelle.
Dissuasion acoustique - Il s'agit d'appareils électroniques qui émettent des sons préenregistrés
(voix de personnes, coups de fusil, bruits forts en général) à intervalles programmés ou, s'ils sont
équipés de capteurs d'activation infrarouges, au passage d'animaux. Généralement les sons sont
émis du coucher au lever du soleil avec des intervalles de 30 minutes. Les bornes sont
positionnées à proximité du bétail à protéger (qui doit être regroupé dans une zone restreinte) et
de manière à ce que les sons puissent être entendus à de grandes distances.
Dissuasion optique lumineuse - Il s'agit de feux clignotants intermittents (du type de ceux utilisés
sur les chantiers routiers) qui sont positionnés le long du périmètre de la clôture. Ceux-ci peuvent
également être équipés d'un capteur d'activité qui les active au passage des animaux.
Répulsifs optiques (fladry) - Ce sont de petits drapeaux en nylon rouge (dimensions 50 x 10 cm)
attachés à une corde placée à une hauteur d'environ 90 cm du sol. Leur mouvement les fait
percevoir par le loup comme une sorte de barrière physique à ne pas franchir. Les fladry ont
l'inconvénient de nécessiter un entretien constant car ils peuvent facilement s'effilocher et se
coincer dans les arbustes. Certaines études ont montré qu'il est possible de prolonger l'efficacité
des fladry en les fixant à un fil électrifié (turbofladry).
12.4.4 Indemnisations des dégâts liés au loup
Source : https://bandi.regione.piemonte.it/contributi-finanziamenti/difesa-bestiame-risarcimento-
danni-predazioni-grandi-carnivori-bando-22022
Les éleveurs d'ovins, de caprins, de bovins, de chevaux ou d'autres espèces d'intérêt zootechnique
qui paissent sur le territoire de la Région du Piémont, inscrits au Registre Agricole Régional qui
PUBLIÉ
https://bandi.regione.piemonte.it/contributi-finanziamenti/difesa-bestiame-risarcimento-danni-predazioni-grandi-carnivori-bando-22022
https://bandi.regione.piemonte.it/contributi-finanziamenti/difesa-bestiame-risarcimento-danni-predazioni-grandi-carnivori-bando-22022
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adoptent les mesures de prévention prévues pour la saison de pâturage 2022, ont droit à une aide.
La dotation financière s?élève à 585 250,64 ¤
L'aide est reconnue aux éleveurs qui adoptent les mesures préventives visées à l'annexe 1 du
DGR 29 avril 2022, n. 25-4960 :
a) clôtures pour abri de nuit dimensionnées en fonction du nombre d'animaux selon l'un des types
décrits à l'art. 8 visé à l'annexe 1 du DGR 29 avril 2022, n. 25-4960 ou prévoir l'hébergement
nocturne des animaux;
b) au moins deux chiens de garde (les chiens doivent être inscrits au registre canin et appartenir
exclusivement aux races : Berger de la Maremme-Abruzzes, Bouvier des Pyrénées);
c) la garde des animaux par l'agriculteur, la famille ou son personnel ou des clôtures pour toute la
zone de pâturage selon l'un des types décrits à l'art. 8 visé à l'annexe 1 du DGR 29 avril 2022, n.
25-4960;
d) des dispositifs de dissuasion pour la faune qui détectent l'approche des animaux et des
personnes vers les zones d'abri/pâturage.
Pour pouvoir accéder aux aides à la prévention, les éleveurs doivent obligatoirement assurer la
prescription c) et avoir mis en oeuvre au moins un des systèmes de défense visés a) ou b).
Les éleveurs s'engagent, en cas de contrôle sur place, à justifier de la possession des dispositifs
de prévention mis en place ou de la documentation relative à leur utilisation en période de pâturage.
Les caractéristiques techniques des méthodes de prévention sont décrites à l'art. 8 de l'annexe 1
du DGR 29 avril 2022, n. 25-4960.
Sur la base des systèmes de défense adoptés, et de la prédation réussie, une note est attribuée à
l'éleveur individuel, chaque point déclaré se voit attribuer une valeur en euros égale à 150 ¤ :
Le montant de l'aide pour chaque agriculteur sera déterminé dans le cadre du montant total, qui
pour 2022 s?élève à 584 750,64 euros, diminué du montant nécessaire au paiement des indemnités
pour déprédations (prévu dans les appels d'offres dédiés de 2022), basé sur :
? les demandes reçues ;
? le nombre d'engagements pris dans les actions de prévention ;
? la prédation des animaux en détention dans la période définie par l'annonce ;
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 171/284
? le montant du lot ne pourra en aucun cas dépasser la limite maximale de 3 000,00 euros
et pourra faire l'objet de réductions sur la base des dispositions de l'art. 10 de l'annexe 1
au DGR 29 avril 2022, n. 25-4960 ;
? les contributions à la prévention ne sont pas déboursables pour les groupements d'ovins,
caprins, bovins, équins ou autres espèces d'intérêt zootechnique comptant moins de 10
animaux inscrits au BDN (s'il existe pour l'espèce d'élevage) à la date d'ouverture de l'appel
d'offres;
? les contributions à la prévention ne sont pas dues si, suite à l'application des priorités en
vertu de l'art. 10 de l'annexe 1 au DGR 29 avril 2022, n. 25-4960, le montant admis est
inférieur à 100 ¤.
Dans le respect du plafond de 3 000 euros, une contribution de 60 % hors charges fiscales est
également constatée sur présentation du justificatif de paiement de la police d'assurance couvrant
la responsabilité civile envers les tiers pour les chiens de garde déclarés à la demande ou, en cas
de garantie responsabilité civile entreprise, une déclaration de l'organisme d'assurance doit être
présentée sur le montant de la part de la garantie concernée, dans ce cas l'aide maximale reconnue
est égale à 60 ¤.
Si le budget disponible est dépassé, le montant sera réduit du même pourcentage de l'aide établie
au point 10) de l'annexe 1 à la DGR 29 avril 2022, n. 25-4960.
Le bénéficiaire peut ne pas avoir demandé et ne pourra pas demander ultérieurement d'autres
subventions publiques (selon d'autres réglementations régionales, nationales ou communautaires
ou en tout cas de nature publique) pour les mêmes éléments couverts par la demande visée dans
la présente annonce.
Pour pouvoir accéder à l'aide, les éleveurs doivent présenter une certification appropriée du
vétérinaire, qui doit déclarer les numéros de série des animaux tués par prédation.
Si le vétérinaire ASL ne peut pas effectuer l'inspection à temps, il est possible de soumettre la
documentation attestant que la demande d'inspection pour prédation et la documentation relative
à la prédation (auto-certification et relevés photographiques) ont été envoyées à l'ASL locale.
Le bénéficiaire ne peut se prévaloir d'une couverture d'assurance pour ce type de dommage et ne
peut donc pas avoir obtenu le remboursement des faits de prédation mentionnés dans l'attestation
vétérinaire ASL jointe à la demande.
Les indemnités de cette annonce ne peuvent être cumulées avec d'autres indemnités, même de
nature assurantielle, auxquelles l'intéressé a droit pour le même dommage.
Les mesures de gestion adéquates visant à prévenir les dommages sont également considérées
comme des systèmes de prévention, comme, par exemple, l'hébergement pour la nuit dans l'étable
et surveillance directe; un lien de causalité direct doit également être établi entre le dommage subi
et le comportement de l'animal protégé.
Pour toutes les espèces, l'indemnisation des dommages directs est égale à 100% de la valeur
commerciale de la tête morte ou perdue du fait de la prédation, en se référant au tableau en annexe
2 du présent acte, rédigé sur la base des valeurs indiquées par ISMEA ou par la Chambre de
Commerce de Cuneo.
L'indemnisation, visée au point précédent, est majorée de 15% si l'animal est gestant et que cette
circonstance a été signalée dans le rapport de l'ASL.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 172/284
L'indemnisation des dommages indirects est reconnue comme suit :
80% des dépenses vétérinaires et pharmaceutiques engagées et documentées pour les animaux
blessés, hors TVA, jusqu'à un maximum égal à la valeur du bien lui-même. Les dépenses ci-dessus
seront reconnues si le document fiscal pertinent a été délivré dans les 30 jours suivant l'événement
prédateur qui a causé le préjudice;
50% des dépenses engagées pour l'enlèvement et l'élimination des animaux établis avec le décret
du Ministère des Politiques Agricoles, Alimentaires et Forestières n. 2486 du 6 mars 2020 et
modifications ultérieures;
une indemnité forfaitaire de compensation des pertes de production conformément aux
dispositions de l'art. 4 de l'annexe 1 à la DGR n. 25-4960 du 29 avril 2022.
Les frais encourus par le propriétaire de l'animal blessé (documentation fiscale valide) doivent être
directement liés à la prédation :
? les frais vétérinaires peuvent être reconnus s'ils sont documentés par la facture acquittée
du vétérinaire et si la facture indique que la prestation est payée pour l'animal ou les
animaux objets de l'attaque attestée dans le rapport de prédation;
? les frais d'enlèvement et d'élimination peuvent être reconnus s'ils sont documentés par la
facture qui doit mentionner le code d'enregistrement dans la base de données nationale
des animaux collectés et le poids des animaux enlevés et éliminés.
Les dépenses précitées ne peuvent être reconnues aux agriculteurs qui ont souscrit une police
d'assurance (subventionnée ou non) pour l'enlèvement et l'élimination des animaux tombés.
Les pertes causées au bétail ne sont pas remboursables dans les cas suivants :
? dans le rapport d'expertise vétérinaire, la prédation par un grand carnivore (loup/canidé)
est douteux, exclu ou invérifiable;
? les dommages au cheptel qui, au moment de l'attaque du prédateur, ne sont pas inscrits
au registre national du cheptel (BDN) pour l'espèce pour laquelle il est envisagé, sauf s'il
s'agit de jeunes spécimens (ne relevant pas encore de l'obligation de marquage et
d'inscription dans le registre du bétail);
? les dommages subis à la suite de la non-application d'au moins un système de prévention
conformément à l'article 8 du DGR n. 25-4960 du 29 avril 2022;
Les dommages non certifiés par le vétérinaire de l'ASL : les remboursements des animaux morts,
blessés et disparus suite à l'événement prédateur non indiqué dans le rapport ASL; les morts
attribuables à des causes autres que la prédation par des animaux protégés ; les dommages subis
par les entreprises qui ne respectent pas les règlements de la police vétérinaire.
AUTRES SOURCES
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-lupo/risultati
https://www.centrograndicarnivori.it/lupo
PUBLIÉ
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-lupo/risultati
https://www.centrograndicarnivori.it/lupo
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 173/284
13 Fiche Slovaquie
La documentation essentielle est le « Programme de soins du loup gris en Slovaquie », approuvé
par le ministère de l'environnement en 2016 pour action 2016-2025.
https://www.sopsr.sk/files/PS-o-vlka-draveho-na-Slovensku.pdf
13.1 Présentation de l?élevage
Les moutons, chèvres et bovins sont élevés en pâturage. C?est la méthode traditionnelle pour
élever ces animaux en Slovaquie. Elle est souhaitée du point de vue des bonnes conditions de vie
des animaux, ainsi que de la durabilité de la nature et du paysage.
Source : https://www.pssr.sk/index.php/sk/sumarne-pocty-a-zoznamy-fariem/
Plemenárske sluzby Slovenskej republiky / Services d'élevage de la République slovaque
PUBLIÉ
https://www.sopsr.sk/files/PS-o-vlka-draveho-na-Slovensku.pdf
https://www.pssr.sk/index.php/sk/sumarne-pocty-a-zoznamy-fariem/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 174/284
13.2 Caractéristiques de la population de loup
13.2.1 Les effectifs de loup
Tendance de la population de loups en Slovaquie (source : Hunting Statistical Yearbook)
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 175/284
13.2.2 2.2 Méthode de dénombrement du loup
Cartographie des zones de présence du loup
13.2.3 3 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
Les attaques de loups causent des dégâts nettement plus importants que les ours et peuvent
toucher jusqu'à 30 % des troupeaux chaque année. Environ 80 % des pertes surviennent dans
environ 12 % des exploitations.
Les éleveurs de bétail prennent actuellement des mesures préventives pour prévenir les
dommages causés par les loups : bergers, chiens, clôtures.
Dans le même temps, il n'existe actuellement aucun mécanisme pertinent pour compenser
l'augmentation des dépenses en mesures préventives par l'État, ce qui fait peser une charge
économique sur les éleveurs dans les zones à risque. Cependant, les conditions locales, en
particulier l'utilisation de mesures préventives, ont une grande influence sur l'ampleur des pertes
de moutons dans les troupeaux individuels (RIGG 2004, RIGG & GORMAN 2006, RIGG et al. 2011,
SOP SR 2015).
Dans certains cas, des pertes élevées sont associées à une application insuffisante des mesures
préventives. Les problèmes peuvent être causés par une utilisation ou un entretien incorrect des
clôtures, un enclos insuffisamment sécurisé, des chiens de garde inadaptés ou mal utilisés. Les
éleveurs ont donc besoin d'un manuel méthodique uniforme qui contiendrait des procédures
normalisées pour l'application de mesures préventives afin de prévenir de telles lacunes. Le
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 176/284
problème se pose notamment avec l'utilisation de chiens de garde, les éleveurs craignant que des
chiens en liberté puissent dans certains cas mettre en danger le grand public.
Les dégâts causés par les loups au bétail sont connus depuis l'Antiquité et se poursuivent encore
aujourd'hui. Dans une large mesure, ils sont influencés par le rapport mutuel de la biomasse des
ongulés sauvages et des animaux d?élevage. Tant que les loups disposent de suffisamment de
proies naturelles, les dommages causés aux animaux domestiques sont d'une importance
secondaire d'un point de vue économique.
Les troupeaux de chèvres et de moutons non protégés sont des proies faciles pour le loup. Des
recherches ont indiqué que certaines meutes peuvent se spécialiser dans les animaux d?élevage.
Les habitudes alimentaires des loups étant transmises par l'apprentissage des parents à la
progéniture, il est fort probable que la tradition d'attaque des animaux de ferme fasse partie de la
vie de certaines meutes (SKUBAN 2005, FINÔ, SKUBAN 2011).
Actuellement, plusieurs registres de dommages sont conservés en Slovaquie. Les dommages aux
animaux d'élevage et au gibier assurés par la commission sont enregistrés par la Protection
nationale de la nature de la République slovaque (SOP SR).
Les dommages causés par les loups aux animaux d'élevage sont également enregistrés dans les
statistiques de chasse gérées par le Centre forestier national, ainsi que dans le registre central des
animaux d'élevage (CEHZ), géré par l'entreprise « Services d'élevage » de la République slovaque.
Cependant, les dommages déclarés ne sont pas précisément quantifiés financièrement, il ne s'agit
en fait que d'une statistique de la perte d'animaux de ferme causée par la prédation par des loups.
Il faut également mentionner le fait que les données sur les dommages causés par les loups aux
animaux d'élevage, qui sont conservées par les statistiques de chasse, sont sous-estimées, car
les données des statistiques de chasse sont rapportées par les utilisateurs des territoires de chasse
et non par les éleveurs, tandis que les utilisateurs des territoires chassables peuvent ne pas être
informés de tous les dégâts causés.
13.2.4 4 Politique publique de gestion du loup
Coûts globaux de la politique
En 2018, des dommages aux animaux de ferme d'une valeur totale de 48 725 euros ont été
signalés dans le cadre des statistiques de chasse au loup, et une indemnisation leur a été versée
pour un montant de 33 849 euros.
Au total, le loup a causé des dégâts à 298 animaux de ferme, dont 14 bovins, 270 ovins et 14
caprins. Les dégâts causés aux animaux de ferme par les loups se produisent principalement dans
les régions montagneuses du centre de la Slovaquie.
En 2018, jusqu'à 23 % de tous les dommages se sont produits dans le district de Banská Bystrica.
Le district de Ruzomberok a suivi avec 20% de dégâts.
Dans les districts de Dolny Kubin, Lucenec, Povazská Bystrica, Trebisov, Revúca, 5 à 7 % de tous
les dommages se sont produits. Les districts de Cadca, Zilina, Zvolen et autres ont enregistré
moins de 5 % de tous les dommages.
L'Association des éleveurs d'ovins et de caprins fait état de dégâts de 500 000 euros, et le ministère
de l'Environnement estime les dégâts annuels entre 30 000 et 40 000 euros.
Mesures de protection des troupeaux contre le loup
A) Mesures de protection utilisées en pâturage
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 177/284
Les chiens de protection sont décrits comme le moyen le plus efficace de protéger et de défendre
contre les attaques de loups. Il est recommandé d?affecter au moins 2 chiens à la protection des
troupeaux de plus de 100 individus, et 1 chien de garde supplémentaire est recommandé pour
chaque tranche de 100 individus supplémentaires.
Clôtures électriques
Il est recommandé une combinaison d'une clôture en métal ou en bois protégée de l'extérieur par
une clôture électrique comme mesure préventive contre les loups. Une clôture d'au moins 1,6 m
de haut est requise, tandis que le câble le plus bas de la clôture électrique doit être guidé juste au-
dessus de la surface du sol (à partir de 20 cm). Une tonte régulière de l'herbe évite un court-circuit
lorsque le fil conducteur touche l'herbe et les herbes. Lors de l'utilisation de clôtures électriques, il
est recommandé de choisir une source d'impulsions électriques suffisamment puissante et de créer
une barrière aussi impénétrable que possible pour les gros animaux. Il est recommandé de
disposer de sources d'impulsions d'une énergie de 3,0 J ou plus et d'une tension d'au moins 5 800
V. La distance entre les câbles ou fils conducteurs ne doit pas dépasser 20 cm dans la partie
inférieure de la clôture jusqu'à une hauteur d'environ 1,2 mètre. À une hauteur supérieure à 1,2
mètre, elle peut atteindre 30 cm. En raison du pelage des prédateurs, il est recommandé d'utiliser
des cordes en polypropylène d'un diamètre de 4 mm ou plus. Lors de la création de clôtures avec
un périmètre plus large, un minimum de 3 mm, ou des fils ou des câbles en acier, est recommandé.
Selon l'expérience des éleveurs constatée lors de l'enquête de terrain, si des clôtures métalliques
ou en bois sont utilisées, les moutons effrayés, dans une tentative d'échapper aux prédateurs, se
pressent sur les côtés et les coins opposés de l?enclos. Dans le cas des clôtures électriques, un
troupeau effrayé traverse la clôture, s'échappe à l'extérieur et devient sans protection contre les
prédateurs. Pour cette raison, la combinaison de clôtures en métal ou en bois, autour de laquelle
une clôture électrique est installée à une distance de 15 mètres, est la plus appropriée. Des chiens
de garde berger seront placés librement dans l'espace intermédiaire.
En cas d'attaque par de gros animaux, les chiens peuvent attaquer activement les animaux
attaquants derrière la clôture électrique, les décourageant ainsi de poursuivre l'attaque. La hauteur
de la clôture électrique doit être d'au moins 1,6 mètre.
Moyens dissuasifs
L'utilisation d'un système de dissuasion fonctionne bien pour minimiser les dommages causés par
les loups. Les éléments dissuasifs sont des bandes, des drapeaux ou des bouts de tissu,
suspendus à un fil ou un câble tendu. Il est recommandé une distance des bandes ou des drapeaux
les uns des autres de 50 cm maximum, tandis que leurs bords inférieurs doivent être aussi près du
sol que possible. A une distance de 75 cm, les loups surmontent les moyens de dissuasion (Nowak
et Mystajek, 2006). La hauteur recommandée du fil au-dessus du sol est de 60-70 cm (Findo,
Skuban, 2011).
Dispositifs de détection et d'alarme
Divers dispositifs de détection et d'alarme peuvent également être utilisés pour protéger les enclos.
Des capteurs surveillent en permanence l'espace désigné et, lors de la détection d'un mouvement
dans celui-ci, émettent un signal électrique qui déclenche une alarme sonore, lumineuse ou autre
(reproduction de voix humaines, aboiements de chiens, coups de feu, activation de fusées
éclairantes, de canons, etc. ).
De la même façon dans certains Etats, les cultures agricoles sont protégées des ongulés en
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 178/284
reproduisant les sons de leur prédateur. L'inconvénient est que lorsque les animaux rencontrent
de façon répétée le type d'épouvantail utilisé, ils s'y habituent. (Rigget al., 2011). Hell et al. (2001)
indiquent qu'il faut environ 17 à 20 jours pour qu'un animal s'habitue à un moyen de dissuasion ou
à tout autre changement dans son environnement familier. Par conséquent, une alternance
régulière des différentes voix, sons, lumières, etc. reproduits est nécessaire. De plus, le système
de détection peut être déclenché par un autre animal ou par une personne (Hell et al., 1999).
Éclairage
L'éclairage nocturne des enclos est également une méthode préventive efficace avec une source
de lumière puissante, qui dissuade les loups d'attaquer (Hell et al., 2001). Cependant, cette
méthode de prévention représente une augmentation significative des coûts pour l'éleveur.
L'un des éléments les plus importants de la protection préventive consiste à assurer l'amélioration
des compétences du personnel en charge du pâturage et du gardiennage des moutons.
Conditions d'éligibilité liées à la nature et au nombre des troupeaux
L'État indemnise les dommages causés aux animaux d'élevage si les conditions suivantes sont
remplies (ci-après dénommées « mesures préventives ») servant à leur élimination complète :
? un cheval, un âne et leurs croisements, bovins, ovins, caprins ou ovins ont été placés dans
un bâtiment fermé ou dans une clôture électrique au moment de l'événement, ou lorsqu'ils
ont été placés au moment où le fait s'est produit, qui directement à l'origine du dommage,
à l'extérieur d'un bâtiment fermé ou d'une clôture électrique, ils étaient sous la surveillance
directe d'une personne physique et d'un chien de berger en liberté ;
? les volailles étaient hébergées dans un bâtiment fermé au moment de l'événement ;
? les lapins et autres animaux de ferme étaient au moment de l'événement situés dans un
bâtiment fermé.
Une indemnisation pour les dommages causés aux chiens de garde de berger sera versée par
l'État dans le cas où le chien ne se trouvait pas dans un espace clos lors de l'événement de
prédation, ou il n'était pas attaché. Cela ne s'applique pas la nuit, lorsque le chien peut être attaché,
ou enfermé dans l'espace intermédiaire entre l'enceinte et la clôture électrique.
L'indemnisation des atteintes à la santé et à la vie d'une personne physique est prise en charge
par l'État sans distinction.
Lors de l'indemnisation des dommages matériels (clôtures électriques endommagées et
complètement détruites, clôtures, etc.), l'État ne paie que les dommages réels.
L'Etat n'indemnisera pas les dommages causés par un loup si au moins une des mesures
préventives n'est pas respectée. Les mesures préventives partielles ne sont pas prises en compte
(ex : clôture électrique mal posée, chien de berger attaché pendant le pâturage, etc.).
13.2.5 Indemnisation des dégâts liés au loup
L'objet de l'indemnisation des dommages causés par les animaux protégés est régi par la loi sur
la protection de la nature et du paysage. L'ours brun et le loup sont des animaux pour lesquels
l'État est responsable des dommages causés au gibier sauvage dans les zones protégées toute
l'année.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 179/284
Le loup prédateur n'est pas protégé toute l'année sur l'ensemble du territoire de la République
slovaque. Dans certaines zones, il est autorisé de le chasser pendant une période déterminée et
selon un quota. Ce quota change à chaque saison de chasse. Dans les zones où il est possible de
chasser le loup (dans la période du 1er novembre au 15 janvier), il n?y a pas de compensation
financière pour les dommages causés par le loup (ou l'ours) qui prédatent des animaux de ferme.
L'enquête locale sur les dommages causés par les animaux est effectuée par une commission
composée de représentants du bureau de district de Snina - direction de la protection de
l'environnement, du bureau de district de Humenné - direction des terres et des forêts, de
l'utilisateur des terrains de chasse et de l'organisation professionnelle de la protection de la nature
et du paysage, la SOP SR - Administration du Parc National Poloniny.
L'autorité de protection de la nature, de la circonscription territoriale dans laquelle le dommage
s'est produit, après avoir signalé le dommage, effectuera une enquête locale avec la participation
de la commission et obtiendra des preuves dans les trois jours. La tâche du représentant de
l'administration du parc national est de déterminer la cause des dommages sur la base des signes
trouvés.
La procédure d'inspection sur le terrain de l?acte de prédation commence par la recherche de traces
de prédateurs dans les environs (crottes, poils, ?). Ensuite, une analyse des traces de du
prédateur sur la carcasse elle-même sera effectuée.
La personne lésée est tenue de signaler le dommage immédiatement après sa découverte, au plus
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 180/284
tard 24 heures après sa découverte, à l'unité organisationnelle compétente de SOP SR, dans la
compétence territoriale de laquelle le dommage s'est produit, dans le manière suivante :
? par téléphone directement à un employé de SOP SR (administration compétente de
l'espace paysager protégé ou parc national) ;
? par voie électronique en s'enregistrant dans l'application KIMS (www.biomonitoring.sk);
? par e-mail ;
? par écrit directement à SOP SR.
Au plus tard 24 heures après avoir signalé le dommage, SOP SR procédera à une inspection
(évaluation locale des dommages) avec la participation de la partie lésée et obtiendra des preuves
du dommage. Le lésé doit préciser dans le procès-verbal tous les numéros des boucles auriculaires
des animaux pour lesquels il réclame une indemnisation pour les dommages causés par le loup.
Par ailleurs, lors de l'inspection locale, le devoir de la personne lésée est de décider si, en cas de
blessure du bétail par un loup, elle exigera une indemnisation pour le traitement vétérinaire des
animaux, ou une indemnisation complète et laisser l'individu être euthanasié. En cas de décision
de traitement, il n'a pas droit à indemnisation lorsque ledit individu décède des suites de ses
blessures. Si nécessaire, après une enquête locale, la partie lésée doit remettre à l'Office slovaque
d'assurance sociale dans les 10 jours au plus tard les documents prouvant son droit à une
indemnisation pour les dommages, les droits de propriété ou d'autres relations avec l'objet de
l'indemnisation des dommages, les avis professionnels ou d'experts, les rapports médicaux en cas
d'atteinte à la vie et à la santé, la confirmation du médecin vétérinaire en cas de mort d'animal. La
partie lésée s'assurera de la confirmation du protocole par un vétérinaire, qui prouve le bien-fondé
de l'indemnisation.
Si le SOP SR constate que le dommage a été causé par un loup, que les conditions d'indemnisation
sont remplies et qu?il n'y a aucun doute sur le moment de l'événement, la survenance du dommage
et l'étendue de l'indemnisation du dommage demandée par la partie lésée, il soumet une demande
d'indemnisation à la cellule de paiement (centre d'assistance) au plus tard dans les 14 jours , et
dans les cas particulièrement difficiles dans les 30 jours à compter du jour où l?animal prédaté a
été radié du CEHZ.
Si, pour diverses raisons, la présentation d'un avis d'expert est requise, le délai d'indemnisation
des dommages sera prolongé du temps nécessaire à la préparation et à l'évaluation ultérieure de
l'avis d'expert.
Lors de la réclamation de dommages aux animaux d'élevage, il existe trois types d'indemnisation :
1. le remboursement en cas d'abattage d'un animal d'élevage ;
2. le remboursement en cas de blessure d'un animal d'élevage (remboursement des frais
vétérinaires, ou indemnisation pour l?enlèvement d'un animal d'élevage en cas de décès
constaté par un vétérinaire). Un cumul de ces indemnisations n'est pas possible ;
3. compensation financière pour la perte d'un animal de ferme causée par une attaque de
loup.
L'indemnisation des dommages causés aux animaux d'élevage sera calculée à partir des tarifs en
vigueur qui, pour les besoins de SOP SR, seront fournis par une organisation d'élevage reconnue
au plus tard le 15 décembre de l'année civile précédant la l'année du sinistre. MPARV SR est
chargé de publier ces tarifs dans des lieux accessibles au public (web). Les tarifs mentionnés sont
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 181/284
établis par les associations concernées, principalement l'Association des éleveurs d'ovins et de
caprins et l'Association des éleveurs de bovins de boucherie. Si les tarifs ne sont pas mis à jour au
plus tard le 15 décembre de l'année civile de l'année précédant le sinistre, SOP SR procédera toute
l'année suivante conformément aux dernières listes de prix en vigueur.
Le remboursement en cas d'abattage, de blessure et de perte d'un animal d'élevage n'est prévu
que pour les animaux enregistrés et marqués de manière unique afin qu'ils ne puissent pas être
confondus (s'applique uniquement aux animaux d'élevage soumis à l'obligation d?identification de
quelque manière que ce soit).
https://www.sopsr.sk/files/PS-o-vlka-draveho-na-Slovensku.pdf
13.2.6 Mesures d?intervention sur le loup
Le loup prédateur est une espèce strictement protégée selon la Convention de Berne. Cependant,
lors de la signature de la Convention de Berne, certains États ont utilisé la possibilité d'appliquer
une réserve contre le loup prédateur. La République slovaque a également utilisé cette option car
l'état de la population permet de réguler le nombre de loups sans affecter la survie et le
fonctionnement de l'espèce dans les écosystèmes naturels.
La République slovaque a appliqué l?exception géographique à l'annexe IV de la directive sur les
biotopes, c'est-à-dire que le loup est une espèce protégée figurant à l'annexe V de la directive sur
les biotopes (Espèces animales et végétales importantes du point de vue de la Communauté, dont
la capture et la collecte dans le sauvages et leur utilisation peut faire l'objet de certaines mesures
réglementaires). Cela signifie que sous certaines conditions, il peut être chassé, mais que cela doit
être fait conformément à l'obligation de préserver ou de restaurer l'espèce dans un état de
protection favorable conformément à l'article 2, paragraphe 2 de la Directive Habitats.
Conformément à la disposition susmentionnée de la directive Habitats, le statut de protection des
espèces doit être évalué du point de vue de l'ensemble du territoire européen des Etats membres
de l'UE, et dans le cas de toutes les mesures adoptées, les particularités régionales doivent être
prises en compte. Dans le cas où la menace pour la faune est de nature transfrontalière, l'obtention
et le maintien d'un état de conservation favorable nécessite la prise en compte des aspects
transfrontaliers lors de la fixation des quotas de chasse. Les États membres sont tenus de surveiller
l'état de protection du loup prédateur conformément à l'article 11 de la directive Habitats.
L'interdiction de chasser les loups s'applique toute l'année dans les lieux de son habitat naturel,
les couloirs de migration et la bio-région pannonienne, qui représente plus de 56,3% du territoire
de l'ensemble de la Slovaquie et pas seulement le territoire où les loups se produisent.
Les loups en Slovaquie sont classés à l'annexe II - la liste des « espèces d'intérêt communautaire
dont la conservation nécessite la désignation de zones de conservation spéciales » et auxquelles
s'appliquent les articles 1 à 6 de la directive. Ils exigent également que les « États membres
prennent les mesures appropriées pour éviter, dans les zones spéciales de conservation, la
détérioration des habitats naturels et des habitats des espèces ainsi que la perturbation des
espèces pour lesquelles les zones ont été désignées ».
En Slovaquie, 79 sites Natura 2000 protégeant les loups gris ont été établis. L'article 37 de la loi n°
543/2002 Zb. sur la protection de la nature et du paysage définit des conditions particulières de
gestion des loups. Conformément au § 9 du règlement 24/2003 Zb. La chasse au loup à l'aide de
boucles, de pièges, de filets et de poisons est interdite.
PUBLIÉ
https://www.sopsr.sk/files/PS-o-vlka-draveho-na-Slovensku.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 182/284
Délivrance des autorisations de tirs (défense, prélèvement?)
https://www.mpsr.sk/kvota-lovu-vlka-draveho-v-polovnickej-sezone-2020-2021/-37--16019
Le quota annuel de chasse au loup est fixé chaque année en octobre par le ministère de
l'Agriculture et du Développement rural de la République slovaque (MPRV SR) après une réunion
du groupe de travail composé de représentants du ministère de l'Agriculture et du Développement
rural de la République slovaque, le ministère de l'Environnement de la République slovaque (MZP
SR), le ministère de la Défense de la République slovaque (MO SR), l'Administration vétérinaire et
alimentaire nationale SR, la protection de la nature de la République slovaque, la Chambre
slovaque de l'agriculture et de l'industrie alimentaire, l'Association des éleveurs de moutons et de
chèvres en Slovaquie, le groupe de protection des forêts VLK, la Société pour la recherche,
l'éducation et la coexistence avec la nature, le Centre forestier national, l?entreprise d'État LESY
SR, Forêts et actifs militaires de la SR, des bureaux de district de Banská Bystrica, Kosice, Trencín,
Zilina, Presov, Forêts militaires et propriétés de la SR s.p. et la Chambre de chasse slovaque. Le
quota est déterminé sur la base du programme Cary Wolf Care, il se déroule selon les règles fixées
par le ministère de l'Intérieur de la République slovaque.
PROPOSITIONS DE QUOTAS
Déclaration deRobin Rigg BA MSc. Président, Société slovaque de la faune (SWS)
« Se basant sur le fait que le loup est un prédateur du cerf rouge et du sanglier, dont le nombre est
actuellement très élevé et croissant, ce qui entraîne des dommages importants à l'agriculture et à
la sylviculture, SWS a proposé de réduire le quota de 75 % par rapport à l'année dernière, c'est-à-
dire 20 individus, tout en respectant les conditions de chasse prescrites dans le Programme de
Gestion du Loup gris . Si cette proposition avait été acceptée, cela aurait été le niveau de chasse
le plus bas de tous les temps.
Le State Nature Conservancy, qui a proposé une "solution temporaire" de quota zéro (c'est-à-dire
une interdiction de chasse), n'a fourni aucune donnée pertinente à l'appui de sa proposition et n'a
pas convaincu les autres membres du groupe de travail. Le représentant de l'ONG Wolf Forest
Protection Movement n'a apporté aucun matériel pertinent à la réunion qui pourrait contribuer à
une réduction du quota de loups en Slovaquie et ne les a pas non plus convaincus. Par contre, les
propositions déposées par les représentants de la communauté des chasseurs variaient de 110 à
160 individus.
En guise de compromis entre tous les groupes d'intérêt, un quota de 70 loups a été fixé, soit 6 de
moins que l'année dernière et, selon les meilleures données disponibles, se situe à un niveau
durable. Ce chiffre montre une amélioration de la capacité à accepter des compromis, une volonté
de s'entendre et de fixer le quota sur la base des résultats de la recherche scientifique. Dans le
même temps, nous y voyons un changement qualitatif important en changeant l'approche des
autorités responsables ainsi que des chasseurs. »
Conditions de chasse au loup
Le loup peut être chassé entre le 1er novembre et le 15 janvier, ou jusqu'au moment où le MPRV
de la République slovaque n'arrête pas la chasse en raison de l'atteinte du quota de chasse
déterminé du loup dans les territoires de chasse reconnus, à l'exception des territoires définis dans
le décret d'application de la loi sur la protection de la nature et de l'UEV, où le loup est un objet de
protection.
? La chasse sera pratiquée dans les zones de chasse où leurs utilisateurs ont participé
activement à la surveillance au cours de la période précédente. Dans le cas où ils
PUBLIÉ
https://www.mpsr.sk/kvota-lovu-vlka-draveho-v-polovnickej-sezone-2020-2021/-37--16019
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 183/284
fournissent des données pertinentes conformément à l'annexe no. 5.5 programme de soins
(surveillance), ils seront inclus dans le processus de prise de décision sur l'attribution du
quota de chasse. Il s'agit des données que les utilisateurs des terrains de chasse sont
tenus de fournir à la suite du recensement des animaux conformément à la loi sur la chasse.
? Dans des cas justifiés (atteintes graves et récurrentes aux animaux d'élevage), le groupe
de travail peut également décider de chasser le loup lors de battues dans des lieux précis.
La chasse sur les terrains de chasse communs ne sera pas autorisée dans l'UEV, où le
loup est un objet de protection.
? Dans une battue, il est possible de tuer un maximum de deux individus.
? Les territoires de chasse sur lesquels une baguée a été effectuée ou sur lesquels plus de
deux individus ont été capturés ne seront pas inclus dans le processus de quota de la
période suivante.
? Le nombre maximum de trente (30) tireurs est possible sur une battue où la chasse au loup
prédateur est également permise.
? Après avoir attrapé un loup prédateur, le chasseur doit immédiatement, avant de le
manipuler, mettre en place une balise pour marquer l?animal et enregistrer la date et l'heure
de la capture. L'information sur la capture d'un loup doit être signalée sans délai au
directeur de chasse ou à une personne autorisée par lui et à l'utilisateur du domaine de
chasse.
L'utilisateur de la zone de chasse doit immédiatement signaler la capture d'un loup
prédateur à la personne désignée par le bureau de district compétent et à l'unité
organisationnelle compétente du SOP SR aux fins de procéder à une inspection et à des
fins de prélèvement d'échantillons. Après prélèvements, ils rempliront ensemble une fiche
de capture/mort d'un loup prédateur (Annexe n°5.6 du document de référence).
En cas de découverte d'un loup mort, le procès-verbal de chasse/mort du loup est rempli par le
responsable de la chasse en collaboration avec une personne autorisée du bureau de district
compétent et un employé de SOP SR. Le procès-verbal de chasse/ mort d'un loup prédateur sera
immédiatement envoyé par le bureau de district sous forme électronique à l'autorité compétente
au programme de soins Cary Wolf (Canis lupus) en Slovaquie bureau de district et SOP SR, qui
enregistre le dossier dans KIMS.
? Une inspection visuelle sera effectuée à l'endroit où le loup a été attrapé ou où il a été
trouvé mort. La liste des employés de SOP SR qui effectuent une inspection visuelle est
mise à jour annuellement.
? Les échantillons prélevés sont archivés par le Service forestier slovaque.
Si nécessaire (sur la base de la décision du ministère de l'Intérieur de la République
slovaque et du MPARV de la République slovaque), il les fournira aux autorités et
organisations compétentes.
? En cas de chasse illégale ou de décès, chacun signale ce fait immédiatement à l'utilisateur
du domaine de chasse. Ce dernier doit immédiatement faire rapport au corps de police
compétent et procéder à une inspection visuelle conformément aux points 7 et 8 de la
présente annexe.
Le reste de la procédure est identique à celle de la chasse et de la mise à mort d'un loup.
Évolution des quotas de chasse aux loups
Source : https://www.wolf.sk/sk/vlky
PUBLIÉ
https://www.wolf.sk/sk/vlky
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 184/284
2010 : quota déterminé par le ministère de l'agriculture: 150 loups, le quota ne déterminait que le
nombre, la chasse était autorisée sur les terrains de chasse communs, la chasse était autorisée à
partir du 1.10. jusqu'au 31.1. (en violation de la protection accordée par la loi sur la protection de
la nature) nombre de loups tués : 157
2011: quota déterminé par le ministère de l'agriculture: 120 loups, le quota ne déterminait que le
nombre, la chasse était autorisée sur les terrains de chasse communs, la chasse était autorisée à
partir du 1.10 jusqu'au 31.01 (en violation de la protection accordée par la loi sur la protection de
la nature) nombre de loups tués : 135
2012 : quota fixé par le ministère de l'agriculture : 130 loups, le quota autorisait la chasse sur les
terrains de chasse communs, la chasse était autorisée à partir du 1.11 jusqu'au 15.1 (réduction du
temps de chasse au profit des loups, valable en permanence les années suivantes) nombre de
loups abattus : 150
2013 : La CE a engagé une procédure contre la Slovaquie pour violation du No. 2013/4081
(infraction) pour avoir enfreint la directive européenne et ne pas assurer la protection des loups,
en raison du non-respect du quota de chasse avec les exigences de préservation ou de
restauration de la population de loups selon la directive 92/43/ CEE. Dans le quota, la chasse sur
les terrains de chasse communs a été interdite pour la première fois, l'obligation d'appeler le
représentant de la protection nationale de la nature de la République slovaque sur le lieu de chasse
a été introduite, la chasse au loup a été exclue dans tous les territoires NATURA 2000 désignés
pour la protection des loups.
Quota fixé par le ministère de l'agriculture : 80 loups (une diminution significative du quota par
rapport à l'année précédente ; la diminution a été maintenue de manière permanente) seule la
chasse individuelle est autorisée (nouvelle condition ajoutée) obligation de convoquer un
représentant de la protection de l'État auprès des prises loup (nouvelle condition ajoutée) chasse
interdite dans les territoires NATURA (nouvelle condition ajoutée) nombre de loups tués : 27
2014 : la valeur sociale d'un loup est fixée à 2 000 euros par décret no. 421/2013. Quota déterminé
par le ministère de l'agriculture : 80 loups seule la chasse individuelle est autorisée obligation de
convoquer un représentant de la protection de l'état au loup pris dans le quota ne figurait pas
interdiction de chasser dans les territoires NATURA nombre de loups abattus : 56
2015 : quota fixé par le Ministère de l'Agriculture : 90 loups, seule la chasse individuelle est
autorisée ; obligation de convoquer un représentant de la protection de l'État auprès d'un loup
capturé ; les loups ne peuvent pas être abattus dans les territoires NATURA (condition réintroduite)
nombre de loups tués : 43
2016 : Le ministère de l'Environnement a approuvé le Wolf Care Program; La CE annonce qu'en
raison de corrections dans la protection des loups, elle envisageait de mettre fin à la procédure
contre la Slovaquie.
Quota déterminé par le ministère de l'agriculture : 70 loups obligation de convoquer un
représentant de la protection de l'État auprès du loup capturé les loups ne peuvent pas être abattus
dans les territoires NATURA, il n'est pas possible de tirer sur des loups dans la région pannonienne,
nombre de loups tués : 48
2017 : quota déterminé par le ministère de l'Agriculture : 76 loups seule la chasse individuelle est
autorisée ; obligation de convoquer un représentant de la protection de l'État auprès du loup
capturé.
Lles loups ne peuvent pas être abattus dans les territoires NATURA, les loups ne peuvent pas être
abattus dans la région biogéographique pannonienne, nombre de loups tués : 40
2018 : quota déterminé par le ministère de l'agriculture : 70 loups, la chasse individuelle est
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 185/284
autorisée,
l'obligation de convoquer un représentant de la protection de l'État auprès le prélèvement d?un loup,
les loups ne peuvent pas être abattus dans les territoires NATURA, les loups ne peuvent pas être
abattus dans la région pannonienne, nombre de loups tués : 31
2019 : quota fixé par le Ministère de l'Agriculture : 35 loups
Le 23 octobre 2020 le ministre de l?agriculture a approuvé la chasse de 50 loups pendant la saison
de chasse 2020-21
Quotas et nombre de loups abattus (source : Hunting Statistical Yearbook)
Synthèse
La législation sur la chasse a été unifiée avec la législation sur la conservation en faveur de la
protection des loups.
? Arrêts de tirs illimités sur les loups.
? Arrêt des tirs sur les loups en battue.
? Obligation d'appeler un représentant de la protection de l'état pour chaque loup capturé.
? Protection des loups toute l'année dans les couloirs vers la République tchèque et la
Hongrie établie dans la législation.
? Protection des loups toute l'année sur toute la frontière avec la Pologne (à l'exception du
district de Stará Lubovna).
? L?abattage des loups dans les territoires d'importance européenne NATURA 2000 (environ
435 000 hectares) a été arrêté.
? L'abattage des loups dans la région pannonienne a été arrêté, ce qui a assuré la protection
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 186/284
des loups dans le sud de la Slovaquie et à la frontière avec la Hongrie.
Le loup s'est vu attribuer une valeur sociale de 2 000 euros.
Interview du ministère slovaque de l'Éducation
« Nous présenterons une proposition législative qui garantira une protection accrue du loup en
République slovaque, comme c'est le cas pour d'autres animaux protégés. Il s'agira d'un décret
d'application de la loi sur la protection de la nature et du paysage. Dans ce contexte, nous attirons
votre attention sur l'argumentation absurde des partisans du tir aux loups. La population du loup
prédateur ne correspond pas directement à la fréquence et à la quantité de dégâts causés par
cette bête. Le montant des dégâts est directement proportionnel à la sécurité des troupeaux, c'est-
à-dire à la mise en place de mesures préventives. Les dommages aux cultures agricoles et aux
forêts causés par les animaux sauvages, dont le loup se nourrit en tant que prédateur naturel, sont
incomparablement plus élevés que les dommages aux animaux de ferme causés par le loup. En
2019, le gibier sauvage ou sauvage a causé des dégâts agricoles d'un montant de 17 millions.
euros, malgré les mesures des chasseurs. En chassant les animaux de la forêt ou les animaux de
ferme, le loup cause des dommages à l'État et aux propriétaires d'animaux de ferme d'un montant
d'environ 30 à 40 000 euros par an. Cela signifie qu'environ 550 fois moins. Plus important encore,
il aide à prévenir des pertes plus importantes causées par la destruction des cultures agricoles, en
tant que prédateur naturel du gibier, y compris le gibier sauvage. »
13.2.7 Eléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du loup en
Slovaquie
Le ministère slovaque de l'environnement a signé l'appel de sept pays membres, qui demandent à
la Commission européenne (CE) de reconsidérer la protection stricte du loup dans l'Union
européenne (UE) en raison des dommages fréquents aux animaux d'élevage.
Selon la Commission, les pays membres devraient se concentrer sur les mesures préventives pour
éviter les affrontements entre les animaux sauvages et les troupeaux d'élevage. Les pays membres
que sont l'Autriche, la Croatie, la Finlande, la Lituanie, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie
demandent à la CE de commencer à faire face à l'augmentation des dégâts causés par les
carnivores, tels que les loups et les ours bruns.
Selon les pays, la protection des carnivores par l'UE entraîne une augmentation de leurs
populations, ce qui provoque davantage d'attaques sur les animaux d'élevage. Les attaques
d'animaux ont été causées par la fermeture des fermes de plusieurs agriculteurs.
Le loup et les autres animaux sont strictement protégés dans l'UE par la directive sur la protection
des habitats naturels et des animaux sauvages. L'appel conjoint attire également l'attention sur la
population d'ours bruns de plus de 15 000 individus, qui s'étend d'est en ouest. Ils se réfèrent aux
statistiques de la CE, qui admet elle-même que les chiffres peuvent ne pas être tout à fait exacts.
La priorité selon les États membres est d'examiner si la législation européenne actuelle est adaptée
pour protéger les campagnes de la menace croissante d'attaques d'animaux protégés. La CE
devrait adopter des dérogations à la protection stricte, ce qui permettrait de réguler la densité des
bêtes dans les régions les plus touchées, où les mesures de protection du troupeau, comme les
clôtures et les clôtures électriques, sont difficiles à mettre en place.
Dans le budget de la politique agricole commune, des fonds devraient être réservés aux éleveurs
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 187/284
pour la mise en place de mesures préventives et d'un système d?indemnisation des dommages. Ils
attendent également une amélioration du système de surveillance transfrontalier des populations
animales.
La Commission a rejeté les demandes et notamment la réduction de la protection des animaux
sauvages. Selon la commissaire européenne à l'environnement, Virginij Sinkevic, la législation
actuelle fournit aux États membres des outils adéquats pour garantir que la protection des grands
carnivores est conforme aux pratiques agricoles durables. Les exceptions, selon la commissaire,
ne doivent pas remplacer les efforts d'investissement dans des mesures qui élimineront les
affrontements entre les animaux d'élevage et les animaux sauvages ». Il est essentiel d'arriver à
une solution harmonisée, législative et pratique dans l'Union, qui nécessite la coopération des
experts, des éleveurs, des autorités chargées de la protection de l'environnement mais aussi de
celles dont la priorité est la sécurité alimentaire et la qualité de vie à la campagne », a déclaré lors
de la réunion du Conseil de l'UE le secrétaire du département de l'agriculture, Martin Kovác. La
directive européenne n'interdit pas complètement la chasse au loup, mais en cas de conditions
favorables, elle autorise le tir d'un certain nombre de loups. La Slovaquie a appliqué l'exception
lorsque le département de l'agriculture déterminait chaque année les quotas de chasse au loup.
Ce n'est plus le cas depuis l'an dernier, grâce au décret interdisant la chasse.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 188/284
14 Fiche Suède
14.1 Présentation de l?élevage en Suède
14.1.1 .Ovins
341 000 en 2022
14.1.2 Bovins
1,39 million en 2022 (source Eurostat)
Dont 298 000 vaches laitières
14.1.3 Caprins
Non dénombrées dans Eurostat (12 000 en 2019)
14.2 Caractéristiques de la population de loup
14.2.1 Les effectifs de loup
- Nombre d?individus : Nombre de meutes :
Au cours de l'hiver 2021/22, 83 meutes95 et couples96 ont été documentés en Scandinavie.
Le nombre total de loups en Scandinavie durant la période d'inventaire (1er octobre-31 mars)
2021/22 est estimé à environ 540 en incluant les loups morts durant la même période. Le
facteur d'incertitude (intervalle de confiance) se situe entre 427 et 702 loups.
En Suède, le nombre de loups est estimé à environ 46097 , avec un intervalle de confiance
compris entre 364 et 598. Il s'agit du nombre de loups le plus élevé enregistré depuis le début
des inventaires, suivi par la saison 2014/2015, au cours de laquelle le nombre de loups a été estimé
à 415.
Lors du dernier inventaire de la saison d'hiver 2021/22, un total de 55 meutes et 28 couples ont
été enregistrés en Scandinavie. Sur les 55 meutes, 42 ont été enregistrées uniquement en Suède
et neuf des meutes étaient transfrontalières. Quatre des meutes ont été enregistrées uniquement
en Norvège.
- Évolution de la population
Bleu foncé : nombre de meutes ; Bleu clair : nombre de couples ; Pointillés : total nombre de
meutes et de couples
95 Groupes familiaux, en suédois
96 Couples marquant territoire par l?odeur (traduction littérale en français des termes suédois)
97 prévision de 507 (399-641 ; IC 95 %) dans l?évaluation scientifique de juin 2022
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 189/284
14.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Les enquêtes sur les loups sont réalisées entre le premier octobre et le dernier mars de chaque
année afin de déterminer le nombre de meutes et de couples. Elles ont lieu chaque année à la
même période et avec des méthodes largement identiques en Suède et en Norvège. Cela permet
de comparer les résultats de l'inventaire entre les années, les pays et les zones afin de suivre au
mieux l'évolution de la population de loups en Scandinavie.
Si la saison d'inventaire est 2021/22, les loups adultes et les louveteaux nés au printemps 2021
sont inventoriés, tandis que les louveteaux nés au printemps 2022 sont inventoriés l'hiver suivant,
c'est-à-dire lors de la saison d'inventaire 2022/23.
L'inventaire des loups se concentre principalement sur l'enregistrement des loups sédentaires. Les
occurrences stationnaires de loups sont divisées en trois catégories dans le cadre de l'inventaire :
? Meutes avec des petits de l'année ou de l'année précédente.
? Couples
? Autres loups sédentaires (en Norvège).
Suivi de la population de loups98 :
Objectifs et méthodes de suivi
98 https://brage.nina.no/nina-xmlui/handle/11250/2997123
https://www.naturvardsverket.se/data-och-statistik/vilt/varg-population-skandinavien/
PUBLIÉ
https://brage.nina.no/nina-xmlui/handle/11250/2997123
https://www.naturvardsverket.se/data-och-statistik/vilt/varg-population-skandinavien/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 190/284
Les loups de Suède et de Norvège font partie d'une population de loups scandinave transfrontalière.
Dans les deux pays, la population de loups est surveillée chaque hiver.
L'Agence suédoise de protection de l'environnement et l'Agence norvégienne de
l'environnement utilisent le même type de méthodes depuis 2014 (Naturvårdsverket et
Rovdata 2014).
Les effectifs, la répartition et les tendances de la population de loups en Scandinavie sont
principalement déterminés par une enquête sur les meutes, les couples et les reproductions
pendant la période du 1er octobre au 31 mars. Les loups sont recensés en hiver à l'aide de
détection sur la neige (Wabakken et al. 2001), d'appareils photographiques et d'analyses ADN des
excréments et de l'urine. Lors du pistage dans la neige, les différents marquages de territoire et les
traces de différents loups sont documentés. Outre le pistage, les pièges photographiques et les
analyses ADN des excréments et de l'urine, les informations provenant des loups marqués par des
colliers émetteurs GPS à des fins de recherche et les informations provenant des analyses ADN
des loups morts sont également utilisées.
Toutes les informations dont la qualité est assurée sont utilisées pour documenter le statut social
des territoires, c'est-à-dire pour déterminer s'il existe un groupe familial, un couple marquant le
territoire ou une autre présence stationnaire de loups sur le territoire. Les informations dont la
qualité est assurée sont également utilisées pour distinguer les différentes occurrences et les
différents territoires les uns des autres.
Les loups qui ne revendiquent pas de territoires ne sont recensés que dans la zone d'élevage du
renne, où le nombre de loups par parcelle est la base de la compensation pour la présence de
prédateurs dans les parcelles. Dans la zone d'élevage de rennes suédoise, tous les loups
individuels doivent être enregistrés par village sami.
Les travailleurs sur le terrain recherchent activement des pistes tout au long de l'hiver, mais
obtiennent également des informations sur les nouvelles pistes du public. Les pistes trouvées, en
particulier les groupes composés de deux loups ou plus, sont suivies, généralement à l'envers,
pour éviter de déranger les animaux, sur des distances aussi longues que possible, en fonction du
temps disponible et de la concurrence avec d'autres tâches de travail, mais au minimum 3 km.
Pendant le suivi, le nombre d'animaux dans le groupe suivi est déterminé, les marques olfactives
territoriales et les saignements de l'oestrus sont enregistrés, et les excréments / urines trouvés sont
récupérés pour l'analyse de l'ADN.
La deuxième méthode est l'analyse de l'ADN. L'ADN est extrait du sang ou d'autres tissus de loups
vivants lors de la capture et de loups morts récupérés, mais la majorité des échantillons d'ADN
sont prélevés à partir de matières fécales trouvées lors du suivi (Liberg et al 2005). Les analyses
ADN sont précieuses pour vérifier les reproductions, pour identifier les couples nouvellement
établis, pour différencier les territoires voisins et pour identifier les nouveaux immigrants de la
population finlandaise/russe. L'effort de suivi et le nombre d'échantillons d'ADN analysés par an
varient. Par exemple, au cours de l'hiver 2013/2014, un minimum de 2083 km de pistes de loups
ont été suivis et 498 échantillons d'ADN ont été analysés (Svensson et al. 2014). Pour les hivers
de 1998/1999 à 2013/2014, les loups scandinaves ont été classés comme suit : groupes familiaux,
couples territoriaux, autres loups stationnaires ou vagabonds (Wabakken et al. 1999, 2014, Liberg
et al. 2012), au cours de la période d'octobre du 1er au 28 février. Les groupes familiaux sont
définis comme un minimum de trois loups, dont au moins un doit être territorial par marquage
olfactif, voyageant ensemble et partageant un territoire. Les paires territoriales doivent inclure deux
loups de sexe différent où les deux sont territoriaux par marquage olfactif et partagent un territoire.
Les autres loups stationnaires comprennent généralement des loups célibataires qui se sont
récemment installés ou des restes de groupes familiaux séparés. En Norvège, des loups
vagabonds (non stationnaires) ont également été enregistrés, alors que ce segment de la
population en Suède a été calculé en fonction d'une proportion supposée de la population. De plus,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 191/284
le nombre de reproductions a été estimé chaque année pendant la période du 1er mai au 28 février
sur la base d'observations visuelles ou vocales, d'excréments de chiots, de sites de rendez-vous
à la fin de l'été / au début de l'automne, ou confirmés à l'aide de l'ADN des chiots.
Taille de la population
Au cours de l'hiver 2021-2022, 55 meutes ont été documentées en Scandinavie ; 42 en Suède,
neuf à travers la frontière norvégienne-suédoise et quatre en Norvège. 28 couples territoriaux ont
été confirmés ; 23 en Suède, aucun de l'autre côté de la frontière et cinq en Norvège.
Les résultats des inventaires hivernaux de loups peuvent être utilisés pour calculer la taille de la
population hivernale totale. L'objectif est de fournir un chiffre brut du nombre de loups dans la
population pendant la période hivernale afin de pouvoir faire des comparaisons d'une année à
l'autre et de suivre l'évolution de la population de loups. L'estimation de la population est basée
sur le nombre de reproductions (groupes familiaux avec des petits d'un an) au cours d'une
année donnée.
Le calcul est basé sur les connaissances antérieures de la taille et de la structure de la population
provenant d'une période d'inventaire plus détaillée. Il est calculé et présenté comme une taille
moyenne de la population avec un intervalle de confiance de 95 % (IC de 95 %) comme mesure
de l'incertitude.
En utilisant la même méthode que l'hiver dernier et en se basant sur le nombre de reproductions
(le nombre de reproductions est multiplié par 1099), le nombre de loups en Scandinavie a été
estimé à 540 (IC 95 % = 427-702). La sous-population suédoise a été estimée à 460 loups (IC 95 %
= 364-598), y compris la moitié des loups transfrontaliers. Les calculs incluent à la fois les loups
vivants et les loups morts au cours de la période de surveillance. Dans la sous-population
norvégienne, plus petite, 88-91 loups ont été comptés sur le terrain, dont la moitié des 74-77 loups
transfrontaliers et 51-52 loups confirmés uniquement en Norvège.
Génétique
Deux loups finno-russes précédemment connus résidaient toujours dans l'aire de reproduction des
populations, une femelle désormais non reproductrice dans une meute suédoise et un mâle
reproducteur dans une meute norvégienne nouvellement établie. Au cours de l'hiver 2021-2022, la
présence de six petits F1 a été confirmée dans la meute de mâles immigrés en Norvège. Deux
nouveaux loups immigrés finno-russes ont également été confirmés dans le nord de la Suède. En
outre, 15 descendants F1 ont été documentés, tous en Suède et tous nés avant 2021 et élevés
par trois immigrants finno-russes connus. Parmi eux, 12 résidaient en tant que loups marqueurs
d'odeur dans des groupes ou des paires de familles.
Le coefficient de consanguinité moyen estimé dans les meutes était de 0,24 (0,09 SD) cet hiver,
soit une légère augmentation par rapport à la saison de surveillance de l'année dernière (0,23 ±
0,09 SD).
Coopération avec la Norvège
La Suède et la Norvège coopèrent sur les inventaires des grands carnivores. Depuis 2012, le
carcajou et le lynx sont inventoriés selon une méthodologie commune à la Suède et à la Norvège.
Depuis l'automne 2014, il existe également une méthodologie commune pour les loups. Les
populations de prédateurs sont inventoriées chaque année afin de connaître la taille des
populations et la localisation des prédateurs. La connaissance des animaux est essentielle pour
une gestion durable et à long terme de la faune sauvage et constitue la base des décisions relatives
99 les interlocuteurs suédois rencontrés par la mission ont indiqué que la pertinence de ce facteur 10 a été confirmée
par des constatations
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 192/284
à la chasse, aux mesures préventives et à l'indemnisation des villages samis pour la présence de
prédateurs.
Ordonnances et règlements
L'inventaire du loup en Suède est régi par l'ordonnance (2009:1263) sur la gestion de l'ours, du
loup, du carcajou, du lynx et de l'aigle royal. La réglementation de l'Agence de protection de
l'environnement sur l'inventaire des grands carnivores (NSF 2007:10) ; et la méthodologie de
l'Agence de protection de l'environnement pour l'inventaire des grands carnivores en Suède.100
Qui fait quoi ?
Les conseils administratifs des comtés en Suède et l'inspection norvégienne de la nature (SNO),
en collaboration avec l'université des sciences appliquées de Norvège intérieure, sont
responsables de la collecte des données sur le terrain. Ils confirment également les rapports de
traces et autres observations du public. Pour le suivi des loups, les contributions du public sont très
importantes. Dans chaque comté, un nombre variable (5 à 15) de travailleurs sur le terrain sont
employés, à temps plein ou partiel, pour effectuer le travail sur le terrain (Liberg et al 2012).
En Norvège, le Hedmark University College est chargé de surveiller les loups sédentaires, tandis
que les loups vagabonds sont surveillés par l'Inspection norvégienne de la nature (SNO). Le
Wildlife Damage Center (Université suédoise des sciences agricoles) et Rovdata (Institut norvégien
de recherche sur la nature) sont chargés d'évaluer les résultats de la surveillance et de rédiger un
rapport annuel conjoint.
14.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
Carte au 14 avril 2023101
100 https://www.naturvardsverket.se/vagledning-och-stod/jakt-och-vilt/inventeringsmetodik/
https://www.naturvardsverket.se/lagar-och-regler/foreskrifter-och-allmanna-rad/2007/nfs-200710/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-
rovdjur/inventering-av-varg/
101 https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-
rovdjur/inventering-av-varg/lopande-vargrapportering/
PUBLIÉ
https://www.naturvardsverket.se/vagledning-och-stod/jakt-och-vilt/inventeringsmetodik/
https://www.naturvardsverket.se/lagar-och-regler/foreskrifter-och-allmanna-rad/2007/nfs-200710/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-rovdjur/inventering-av-varg/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-rovdjur/inventering-av-varg/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-rovdjur/inventering-av-varg/lopande-vargrapportering/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-rovdjur/inventering-av-varg/lopande-vargrapportering/
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Groupes familiaux (point), couples marquant le territoire (triangle), autres stationnaires avec
reproduction (carré). Dans la partie de la Suède septentrionale qui est coupée, il n'y a pas
d'indications de territoires.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 194/284
Observations du 30/03/2022 au 30/03/2023102
102 https://www.rovbase.se/filter?Carnivore=1&CarnivoreDamage=1,2,3,4,5&Evaluation=1,2,3&FromDate=2023-
02-28&Observation=1,2,3,12,11&Offspring=false&ToDate=2023-03-30
PUBLIÉ
https://www.rovbase.se/filter?Carnivore=1&CarnivoreDamage=1,2,3,4,5&Evaluation=1,2,3&FromDate=2023-02-28&Observation=1,2,3,12,11&Offspring=false&ToDate=2023-03-30
https://www.rovbase.se/filter?Carnivore=1&CarnivoreDamage=1,2,3,4,5&Evaluation=1,2,3&FromDate=2023-02-28&Observation=1,2,3,12,11&Offspring=false&ToDate=2023-03-30
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 195/284
14.2.4 Viabilité de la population de loup103
Valeur de référence pour les loups en Suède
A ce jour il est considéré que la population de loups suédoise doit être composée d'au moins
300 individus pour atteindre un état de conservation favorable et pouvoir survivre à long
terme.
L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement a communiqué à l'UE cette valeur de
référence de 300 loups en 2019, qui s'applique à condition qu'au moins un individu reproducteur
par période de cinq ans immigre dans la population.
103 https://www.naturvardsverket.se/amnesomraden/jakt-och-vilt/viltforvaltning/referensvarde-varg/
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 196/284
Ce nombre a été établi sur la base du rapport à l'Agence suédoise de protection de l'environnement,
Suède, et à l'Agence norvégienne de l'environnement, Norvège, de SKANDULV (2015-2016) :
« En conséquence, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement estime que, étant
donné que les loups de Suède et de Scandinavie (Suède et Norvège) font partie de la population
de loups d'Europe du Nord (par le biais de l'immigration et de l'émigration, et du flux génétique
associé), il faut au moins 300 loups en Suède et qu'au moins un nouvel immigrant de Finlande ou
de Russie se reproduise dans l'aire de répartition scandinave dans des conditions naturelles tous
les cinq ans (génération de loups), pour que le loup en Suède soit considéré comme ayant un état
de conservation favorable (Agence suédoise pour la protection de l'environnement, 2015, 2016). »
Cette actualisation du seuil faisait suite à la demande du gouvernement en 2015 à l'Agence
suédoise pour la protection de l'environnement de mettre à jour les analyses existantes et de
procéder à une nouvelle évaluation de la valeur de référence pour la taille de la population de loups.
En effet, jusqu?alors la valeur de référence était de 170-270 depuis 2012-2013.
Cette valeur avait été fixée par le parlement dans sa décision relative à une politique durable en
matière de prédateurs (Bill 2012/13:191, 2013/14:MJU7) qui stipulait que l'un des "objectifs pour la
population de loups en Suède est que la valeur de référence du loup pour l'état de conservation
favorable [...] soit de 170-270 individus". Dans le cadre de cette décision, le Riksdag avait souligné
la responsabilité de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement, en tant qu'autorité de
notification, de préciser où se situe la valeur de référence dans l'intervalle proposé. La décision
précisait que la valeur de référence pour l'état de conservation favorable établie par l'Agence pour
la protection de l'environnement ne peut pas être sous-estimée et devait être considérée comme
un plancher. En 2013, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement a communiqué à
l'UE la valeur de référence de 270 individus, conformément au projet de loi.
Or les données scientifiques sur lesquelles reposait la proposition de politique durable en matière
de prédateurs n'étaient pas complètes en ce qui concerne le degré de consanguinité de la
population de loups. Le gouvernement a donc demandé en 2015 à l?Agence d?actualiser cette
valeur en tenant compte du degré de consanguinité dans la population de loups, ce qui a conduit
au nouveau seuil de 300.
L?évolution de la situation politique en Suède a conduit le nouveau parlement à annoncer en mai
2022 que sa décision de 2013 devrait être respectée et que la valeur de référence pour la
population de loups devait se situer au bas de la fourchette 170-270. L?agence suédoise de
protection de l?environnement a donc de nouveau été saisie pour expertiser si cet intervalle de 170-
270 permet d?assurer un état de conservation favorable. Elle doit rendre son rapport en octobre
2024.
Réponse du Ministre chargé des affaires rurales, Peter Kullgren, à un parlementaire en novembre
2022104 :
Réponse à la question 2022/23:26 par Isak From (S)
« Loups dans la zone de pâturage des rennes : Isak From (S) m'a demandé quelles mesures je
comptais prendre pour réduire la présence des prédateurs en pays Sami :
Le gouvernement souhaite développer la gestion des grands carnivores. Le loup devrait bénéficier
d'un statut de conservation favorable, mais à court terme, la population de loups doit être réduite.
Il en va de même pour la population d'ours. La Suède doit bien sûr respecter ses engagements
juridiques internationaux et européens.
Le Riksdag a décidé en 2013, dans le cadre du projet de loi du gouvernement intitulé "Une politique
104https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svar-pa-skriftlig-fraga/varg-i-renbetesomradet-_HA1226
PUBLIÉ
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svar-pa-skriftlig-fraga/varg-i-renbetesomradet-_HA1226
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 197/284
durable en matière de prédateurs" (projet de loi 2012/13:191), que la valeur de référence pour un
statut de conservation favorable en termes de taille de la population de loups devait se situer dans
une fourchette de 170 à 270 individus. L'Agence suédoise de protection de l'environnement a
ensuite été chargée par le gouvernement d'étudier un statut de conservation favorable pour les
loups. Dans son rapport, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement a estimé que le
nombre de loups devait être d'au moins 300 individus et qu'au moins un nouvel immigrant de
Finlande ou de Russie devait se reproduire avec les loups scandinaves dans des conditions
naturelles tous les cinq ans pour que la population bénéficie d'un état de conservation favorable.
Lors de l'inventaire le plus récent, la population de loups s'élevait à environ 460 loups.
Dans le même temps, le Riksdag a décidé, dans la décision relative au projet de loi susmentionné,
que l'objectif global et à long terme de la politique relative aux prédateurs est que le loup, l'ours, le
carcajou, le lynx et l'aigle royal en Suède atteignent et maintiennent un état de conservation
favorable conformément à la directive "Espèces et habitats", tout en veillant à ce que l'élevage
d'animaux domestiques ne soit pas entravé de manière significative et que les considérations
socio-économiques soient prises en compte. La valeur de référence pour l'état de conservation
favorable doit être considérée comme un plancher et cette valeur ne doit pas être sous-estimée.
Dans le même temps, le Riksdag a décidé que la présence du loup dans la zone d'élevage du
renne devrait être principalement limitée aux zones où il cause le moins de dommages.
Lorsque des loups sont découverts parmi les rennes, les conseils administratifs des comtés de la
zone d'élevage des rennes prennent généralement des décisions rapides concernant la chasse de
protection contre les loups qui causent des dommages. L'augmentation du nombre de loups a des
conséquences dans la zone d'élevage du renne. Si la population de loups diminue dans le centre
de la Suède, le nombre de loups se déplaçant vers le nord et causant des problèmes et des
dommages à l'élevage de rennes diminue également. Pour l'hiver 2022/23, les conseils
d'administration des comtés ont décidé que 75 loups pourraient être tués, ce qui représente le plus
haut niveau de chasse des temps modernes.
Le Riksdag a déjà fait un certain nombre d'annonces concernant la gestion des loups en Suède et
le nombre de loups dans le pays. En mai 2022, le Riksdag a annoncé, entre autres, qu'il était crucial
pour la légitimité de la gestion du loup que la décision du Riksdag sur la taille de la population de
loups soit respectée dans la pratique, que la décision du Riksdag sur le niveau de référence pour
la population de loups de 2013 devrait constituer la base de la gestion du loup en Suède, et que
dans les circonstances actuelles, avec une population de loups plus dense dans le pays, la valeur
de référence devrait se situer dans la fourchette inférieure de 170 individus (bet. 2021/22:MJU24,
rskr. 2021/22:297).
Le gouvernement précédent a donc chargé l'Agence suédoise pour la protection de
l'environnement d'analyser, sur la base des meilleures connaissances disponibles et de l'expertise
scientifique, si, et le cas échéant, dans quelles conditions, la valeur de référence du loup en termes
de taille de population pour un état de conservation favorable conformément à la directive "Espèces
et habitats" pourrait se situer dans l'intervalle de 170-270 spécifié dans le projet de loi
susmentionné. L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement, l'Institut vétérinaire
national et l'Office suédois de l'agriculture ont été chargés d'élaborer des lignes directrices
communes pour la réinstallation des loups. Le rapport devrait contribuer à faciliter la réinstallation
des loups.
La coexistence avec les prédateurs est une question importante pour l'industrie du renne. Il est
donc important que les autorités poursuivent leur travail de consultation entre les conseils
administratifs des comtés et les villages samis sur les outils de gestion basés sur le niveau de
tolérance établi par le Riksdag pour les dommages causés par les grands carnivores à l'élevage
des rennes, dans le but de maintenir un élevage durable des rennes et un état de conservation
favorable pour les grands carnivores.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 198/284
La population de loups en Suède maintient un état de conservation favorable depuis environ 10
ans. J'ai donc l'intention de travailler au sein de l'UE pour faire passer le loup de Suède de
l'annexe 4 à l'annexe 5 de la directive "Habitats". Cela pourrait accroître la possibilité de
prendre des mesures, telles que la chasse de protection, pour réduire les conflits entre
l'homme et le loup.105
J'espère que l'opposition soutiendra le travail continu du gouvernement sur cette question
importante pour les zones rurales. »
Dernières actualisations demandées à l?Agence106 :
Gestion des loups
L'Agence pour la protection de l'environnement a été chargée par le gouvernement d'une nouvelle
mission sur la gestion des loups. Cette mission se compose de trois parties.
Mission sur la chasse de protection des loups
L'Agence pour la protection de l'environnement doit étudier comment la chasse de protection des
loups peut être développée pour mieux contribuer aux objectifs globaux et à long terme de la
politique sur les prédateurs.
Cette partie de la mission a fait l'objet d'un rapport le 23 mars 2023107 (la mission tient à la
disposition des ministères concernés une traduction informelle de ce rapport). Il porte
essentiellement sur les exigences à respecter afin que les décisions de chasse ne soient pas
attaquables sur le plan juridique.
Mission sur les lignes directrices pour la relocalisation des loups
L'Agence pour la protection de l'environnement, l'Office national de l'agriculture et l'Institut
vétérinaire national sont également chargés d'élaborer des lignes directrices pour les mesures
nécessaires si des loups d'origine finlandaise/russe doivent être déplacés en Suède afin d?assurer
la viabilité génétique, en tenant compte, entre autres, de la lutte contre les infections.
Cette partie de la mission doit faire l'objet d'un rapport au plus tard le 12 avril 2024.
Mission d'analyse de la valeur de référence
L'Agence pour la protection de l'environnement doit analyser si, et le cas échéant dans quelles
conditions, la valeur de référence du loup en termes de taille de population pour un statut de
conservation favorable en vertu de la directive Habitats pourrait se situer dans la fourchette de 170-
270 spécifiée dans le projet de loi sur la gestion durable des prédateurs adopté par le Riksdag en
2013.
Cette partie de la mission doit faire l'objet d'un rapport le 11 octobre 2024.
105 la mission n?a pas identifié d?action entreprise à cet effet par les autorités suédoises auprès de la Commission
européenne
106https://www.naturvardsverket.se/om-oss/regeringsuppdrag/pagaende-regeringsuppdrag/forvaltningen-av-varg/
https://www.naturvardsverket.se/49d8f3/contentassets/c8545357e38842859beaaf4d2ff68c02/m2022_01143.pdf
107https://www.naturvardsverket.se/495fea/contentassets/3849d5102f56430ea9d918fc574731e2/skrivelse-
delredovisning-skyddsjakt.pdf
PUBLIÉ
https://www.naturvardsverket.se/om-oss/regeringsuppdrag/pagaende-regeringsuppdrag/forvaltningen-av-varg/
https://www.naturvardsverket.se/49d8f3/contentassets/c8545357e38842859beaaf4d2ff68c02/m2022_01143.pdf
https://www.naturvardsverket.se/495fea/contentassets/3849d5102f56430ea9d918fc574731e2/skrivelse-delredovisning-skyddsjakt.pdf
https://www.naturvardsverket.se/495fea/contentassets/3849d5102f56430ea9d918fc574731e2/skrivelse-delredovisning-skyddsjakt.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 199/284
14.3 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
14.3.1 Prédations sur les troupeaux
Le Viltskadecenter (VSC- Centre de lutte contre les dommages causés par la faune sauvage du
SLU) établit des statistiques annuelles sur les indemnisations et les subventions accordées en
vertu du règlement sur les dommages causés par la faune sauvage. Les dommages aux animaux
domestiques sont rapportés d'une part comme le nombre d'animaux attaqués par l'ours, le glouton,
le lynx, le loup et l'aigle au cours de l'année, et d'autre part comme le nombre d'attaques causées
par chaque espèce de prédateur. Au cours de la période 2000 - 2021, le nombre d'animaux
domestiques attaqués et le nombre d'attaques ont considérablement varié d'une année à l'autre
pour toutes les espèces de prédateurs.
En 2021, le loup a été responsable de 38 attaques sur un total de 364 animaux.
La figure ci-dessous montre le nombre d'attaques causées par chaque espèce de prédateur :
En haut : nombre d?attaques sur des moutons ou des chèvres
En bas : nombre d?attaques sur des bovins
(Loup en jaune : Varg)
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 200/284
Répartition géographique :
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 201/284
14.3.2 Interactions du loup avec l'Homme
Aucune information identifiée sur des attaques.
Les chiens sont les premières victimes du loup en Suède (hors animaux sauvages).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 202/284
14.4 Politique publique de gestion du loup
14.5 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du
loup
- Principaux acteurs
Au niveau national
Parlement (Riksdagen)
Agence suédoise de protection de l?environnement (Naturvårdsverket)
Appui sur l?université de sciences agricoles (SLU, dont le Viltskadecenter) ainsi que sur la faculté
vétérinaire (SVA)
Au niveau des comtés
Conseils d?administration des comtés (assurent la mise en oeuvre opérationnelles des décisions
nationales) ;
Et comité de coopération inter-comtés (notamment pour la gestion des groupes « transfrontaliers »)
- Textes de référence
? Ordonnance (2009:1263) sur la gestion de l'ours, du loup, du glouton/carcajou, du
lynx et de l'aigle royal et les règlements associés de l'Agence suédoise de protec-
tion de l'environnement (NFS 2010:1, partiellement amendé NFS 2014:22).
Constitue le cadre de la gestion des prédateurs et réglemente :
- La division du pays en zones de gestion des prédateurs.
- que chaque zone de gestion dispose d'un conseil de coopération
- le processus de fixation des niveaux minimaux pour les différents prédateurs
- que le conseil d'administration du comté doit rédiger un plan de gestion des prédateurs
- le conseil administratif du comté doit dresser un inventaire annuel des prédateurs dans le comté.
- l'agence suédoise de protection de l'environnement examine et approuve les résultats de
l'inventaire.
? Ordonnance (2009:1263) 108
Objectif
1 La présente ordonnance contient des dispositions relatives à la gestion de l'ours, du loup, du
carcajou, du lynx et de l'aigle royal (grands prédateurs).
La gestion vise à garantir que les animaux de ces espèces sont présents en si grand nombre que
les espèces restent à long terme dans la faune suédoise et que les animaux puissent se répandre
dans leurs aires de distribution naturelle. Cet objectif doit être atteint à un rythme qui favorise la
108 https://rkrattsbaser.gov.se/sfst?bet=2009:1263
PUBLIÉ
https://rkrattsbaser.gov.se/sfst?bet=2009:1263
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 203/284
coexistence entre l'homme et ces espèces, tout en prévenant et en limitant les dommages et les
pertes.
Zones de gestion
2 Pour la gestion des grands carnivores, il est créé des zones de gestion des prédateurs comme
suit
1. La zone de gestion des prédateurs du nord comprend
les comtés de Västernorrland, Jämtland, Västerbotten et Norrbotten.
2. la zone centrale de gestion des prédateurs comprend les comtés de Stockholm, Uppsala, Västra
Götaland, Värmland, Örebro, Västmanland, les comtés de Dalarna et de Gävleborg.
3. la zone de gestion des prédateurs du sud couvre les comtés de Södermanland, Östergötland,
Jönköping, Kronoberg, Kalmar, Gotland, Blekinge, Skåne et Halland.
Conseil de coopération
3 Pour chaque zone de gestion des carnivores, il est institué un conseil de coopération entre les
conseils administratifs des comtés de la zone de gestion des prédateurs pour les questions
relatives à la gestion des grands prédateurs. Les conseils de coopération coopèrent également les
uns avec les autres dans ces domaines. Les conseils de coopération pour la région du Nord
comprennent des représentants des Samis.
Détermination des niveaux de présence des grands carnivores
4 Le conseil d'administration du comté soumet au conseil de coopération, dans sa zone de
gestion des prédateurs, des propositions concernant le nombre d'individus de chaque espèce que
la gestion doit viser à respecter (niveau minimum) en ce qui concerne la présence de l'ours, du
carcajou et du lynx dans le comté, et la présence du loup dans la zone de gestion des prédateurs,
Le niveau minimum de présence de l'ours, du loup, du carcajou ou du lynx est réduit si le nombre
d'individus de l'espèce, à la période de l'année à laquelle se rapporte le résultat de l'inventaire ou
l'estimation de la population, est inférieur au niveau minimum fixé par l'Agence suédoise pour la
protection de l'environnement pour chaque espèce.
Sur la base des propositions des conseils administratifs départementaux, chaque conseil
de coopération doit soumet à l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement des
propositions concernant les niveaux minimaux pour la présence de l'ours, du loup, du carcajou
et du lynx dans sa zone de gestion des prédateurs et la présence d'ours, de carcajous et de lynx
dans chacun des comtés. lynx dans chacun des comtés inclus dans la zone.
Les propositions ne doivent pas compromettre le maintien d'un état de conservation favorable pour
les espèces dans leur aire de répartition naturelle
5 Sur proposition des conseils de concertation, l'Agence suédoise pour la protection de
l'environnement établit des niveaux minimaux pour la présence de l'ours, du loup, du
carcajou et du lynx et de lynx dans chacune des zones de gestion des prédateurs, et la
présence d'ours, de carcajou et de lynx dans chacun des comtés situés à l'intérieur de ces
zones.
L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement fixera les niveaux minimaux dans le cadre
des objectifs nationaux pour chaque espèce et en tenant compte des aires de répartition naturelle
de l'espèce.
Révision des niveaux
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 204/284
6 L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement réexamine au moins une fois tous les
cinq ans la répartition des niveaux minima visées à l'article 4, deuxième alinéa.
Plans de gestion et lignes directrices
7 Le conseil d'administration du comté élabore un plan de gestion des prédateurs pour le
comté.
Le plan de gestion des prédateurs précise les objectifs de gestion concernant la présence de l'ours,
du carcajou et du lynx dans le département. Un objectif de gestion désigne le niveau d'une espèce
que la gestion dans le comté vise à atteindre et à maintenir à long terme pendant pendant la durée
de validité du plan de gestion.
Les conseils de coopération doivent, en tenant compte des plans de gestion des prédateurs et des
niveaux minimums établis formuler des lignes directrices globales à long terme pour la gestion des
prédateurs dans la zone de gestion des prédateurs.
Inventaire des prédateurs
8 Le conseil d'administration du département examine chaque année la taille de la population et la
répartition du loup, du carcajou, du lynx et de l'aigle royal dans le département.
Dans la zone d'élevage du renne, le conseil d'administration du comté examine également chaque
année après consultation des mêmes parties concernées, le rajeunissement du loup, du carcajou
et du lynx dans la zone de pâturage suédoise de la même association et si ces espèces sont
présentes dans le comté. Dans la zone de pâturage suédoise de la sameby et si ces espèces sont
présentes régulièrement ou temporairement dans le village sami. Le conseil d'administration du
comté doit également, après consultation des samebys concernées, rechercher si l'ours ou l'aigle
royal sont présents dans la zone de pâturage suédoise du sameby.
Les résultats des inventaires des prédateurs doivent être soumis à l'Agence suédoise pour la
protection de l'environnement.
9 L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement examine et établit chaque année les
résultats de l'inventaire du loup, du loup sauvage et de l'aigle royal. Si les conditions
météorologiques n'ont pas permis d'inventorier une espèce, l'Agence suédoise pour la protection
de l'environnement procède à une estimation de la population et de sa répartition.
Au moins une fois tous les cinq ans, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement
procède à une estimation de la population d'ours et de sa répartition.
Autorisations
10 L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement peut édicter des règles
supplémentaires concernant les modalités de réalisation des inventaires des prédateurs et
l'application de la présente ordonnance.
Si l'élevage de rennes est concerné, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement laisse
le Parlement sami donner son avis avant que les règlements ne soient publiés.
Règlement (2009: 1474) sur les délégations de gestion du gibier109
Extraits
2 Une délégation à la gestion de la faune est un organe au sein du conseil d'administration du
109 https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfattningssam-ling/forordning-20091474-
om_sfs-2009-1474
PUBLIÉ
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfattningssam-ling/forordning-20091474-om_sfs-2009-1474
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfattningssam-ling/forordning-20091474-om_sfs-2009-1474
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 205/284
comté pour la coopération dans les questions concernant la gestion de la faune sauvage dans le
comté.
3 Une délégation à la gestion de la faune sauvage décide de l'ensemble des orientations générales
pour
1. la gestion du gibier dans le département
2. la gestion de la population d'élans et, le cas échéant, la gestion des populations de cerfs et de
sangliers
3. la chasse avec permis et la chasse de protection dans le département, et
4. les subventions et les indemnisations au titre de l'ordonnance sur les dommages causés par les
animaux sauvages
4 Une délégation à la gestion du gibier examine les questions concernant l'approbation
1. les propositions de niveaux minimaux pour la présence de l'ours, du loup, du carcajou et du lynx,
que le conseil d'administration du comté en vertu de l'article 4, premier alinéa, de l'ordonnance
(2009:1263) est tenu d'approuver.
2. le plan de gestion des carnivores pour le département à élaborer conformément à l'article 7,
premier alinéa, de l'ordonnance sur la gestion de l'ours, du loup, du carcajou, du lynx et de l'aigle
royal.
Composition
5 Le gouverneur du comté préside la délégation à la gestion de la faune sauvage. En cas d'absence
du gouverneur l'adjoint du gouverneur est président de la délégation. La délégation à la gestion de
la faune est composée d'un président et d'un vice-président.
6 La délégation à la gestion de la faune est composée, outre le président
1. de cinq membres qui sont des représentants politiques et qui sont nommés sur proposition de
la région,
2. d'un membre spécialisé dans les questions relatives à la sécurité routière et à la chasse illégale,
nommé sur proposition de l?autorité de la police,
3. un membre représentant les intérêts de la chasse et de la gestion du gibier,
4. deux membres représentant les intérêts de la conservation de la nature
5. un membre représentant les intérêts des loisirs de plein air,
6. un membre représentant les propriétaires et les utilisateurs de des terres agricoles,
7. un membre représentant les entreprises locales et le tourisme,
8. un membre représentant l'industrie forestière, et
9. un membre représentant les entreprises de tourisme de nature et d'écotourisme.
Les membres visés aux paragraphes 3 à 9 sont nommés à la suite d'une proposition faite par la ou
les organisations d'intérêt concernées dans le comté.
Dans les comtés dotés d'une délégation pour l'élevage du renne, l'un des représentants politiques
visés au premier paragraphe 1 est nommé après consultation du Parlement Sami.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 206/284
7 Outre les dispositions de la section 6, une délégation dans un comté doit compter :
1. la pêche commerciale compte un membre représentant la pêche commerciale
2. l'élevage d'ovins compte un membre représentant l'élevage d'ovins
3. la délégation de l'élevage de rennes compte un membre représentant l'élevage de rennes
nommé après consultation du Parlement Sami.
14.6 Plan de gestion du loup
Plan national 2014-2019, révisé en 2016110
Extraits
Objectifs généraux et à long terme de la politique relative aux prédateurs :
L'objectif global et à long terme de la politique relative aux prédateurs est le suivant :
"... que le loup, l'ours, le carcajou, le lynx et l'aigle royal en Suède atteignent un état de conservation
favorable au titre de la directive "Espèces et habitats", tout en veillant à ce que l'élevage d'animaux
domestiques ne soit pas entravé de manière significative et que les aspects socio-économiques
soient pris en compte ".
Objectif 1 : Atteindre et maintenir un état de conservation favorable
- Le nombre de loups en Suède est d'au moins 270 individus, ce qui correspond à la valeur de
référence décidée pour un état de conservation favorable. (Voir également 3.1 Objectif 1 : Atteindre
et maintenir un état de conservation favorable). de conservation favorable, pour les connaissances
scientifiques les plus récentes concernant la valeur de référence appropriée pour la taille de la
population).
La valeur de référence pour l'aire de répartition du loup en Suède est l'ensemble du territoire
suédois, à l'exception de la région alpine et du comté de Gotland. à l'exception de la région alpine
et du comté de Gotland (projet de loi 2012/13:191, p. 35). Il s'agit d'un niveau minimum, c'est-à-
dire de la plus petite zone requise pour une population de loups viable. une population de loups
viable à maintenir à long terme (voir également 4.5.1 Concepts liés au statut des prédateurs).
Les nouveaux loups immigrés (immigrants) qui se reproduisent dans la population scandinave
doivent être ajoutés en permanence. Il est nécessaire d'ajouter continuellement de nouveaux loups
immigrés (immigrants) à la population scandinave.
? Si la taille de la suédoise est égale ou supérieure à 370 individus, au moins un nouvel
immigrant provenant des populations de l'est doit se reproduire dans la population scandi-
nave par génération de loups (5 ans).
? Si la population est proche de 270 individus au moins 2 nouveaux immigrants se reprodui-
sant sont nécessaires par période de 5 ans.
Objectif 2 : réduction des dommages
- Le niveau de tolérance pour les dommages causés aux rennes par les grands carnivores est d'un
maximum de 10 % sur la base du nombre réel de rennes dans le même territoire.
110 https://www.naturvardsverket.se/om-oss/publikationer/8700/nationell-forvaltningsplan-for-varg-
reviderad-version/
PUBLIÉ
https://www.naturvardsverket.se/om-oss/publikationer/8700/nationell-forvaltningsplan-for-varg-reviderad-version/
https://www.naturvardsverket.se/om-oss/publikationer/8700/nationell-forvaltningsplan-for-varg-reviderad-version/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 207/284
- Le nombre moyen d'attaques sur les moutons a diminué de 10 % par rapport à la période de
gestion précédente (2008-2013).
- Le nombre moyen d'attaques sur les chiens a diminué de 10 % par rapport à la période de gestion
précédente (2008-2013).
Objectif 3 : confiance accrue dans l'administration
- La proportion de personnes déclarant qu'elles ressentent toujours ou souvent de la peur ou de
l'anxiété lorsqu'elles voyagent dans des zones où il y a des loups a diminué de 10 % par rapport à
la proportion observée dans les enquêtes précédentes.
- Une plus grande proportion de la population tolère la présence de grands carnivores dans son
voisinage par rapport aux enquêtes précédentes.
- Une plus grande proportion de la population fait confiance aux autorités de gestion par rapport
aux enquêtes précédentes.
- Le processus de consultation pour le suivi et la révision des plans de gestion de l'aire de répartition
des grands carnivores est perçu comme légitime et inclusif. Les intérêts concernés ont participé à
la révision et les plans sont perçus comme équitables.
- Les objectifs régionaux des conseils généraux pour la gestion des grands carnivores
comprennent un raisonnement socio-économique clair concernant à la fois les moyens de
subsistance et les intérêts de loisirs, ainsi que les activités culturelles. Les objectifs sont
mesurables et comportent des mesures claires de mise en oeuvre et de suivi.
Objectif 4 : Pas de chasse illégale
- Les acteurs de la société continuent d'oeuvrer pour réduire de manière significative le niveau de
l'ampleur de la chasse illégale.
14.7 Coûts globaux de la politique
Protection
En 2021, les conseils administratifs des comtés ont accordé des subventions d'un montant total de
12,2 millions de SEK111 pour des mesures visant à prévenir les dommages causés par les grands
carnivores aux animaux domestiques (tableau 1 et figure 1). Sur ce montant, 1,8 million de
couronnes suédoises ont été accordées pour le débroussaillage sous les clôtures existantes.
Prédation
La compensation totale accordée en 2021 s'élevait à 1,7 million SEK (tableau 1 et figure 1).
La figure 1 montre les subventions financées à la fois par la subvention pour les dommages causés
par la faune sauvage et par le programme de développement rural (à partir de 2010). Le fait que
la subvention semble diminuer considérablement certaines années est lié au cycle de soutien du
programme de développement rural, dans le cadre duquel l'Office suédois de l'agriculture reçoit
des fonds de l'UE à distribuer à intervalles de quatre ans.
Figure 1 : Subventions versées pour la prévention et l'indemnisation des dommages dans le sous-
domaine des animaux domestiques 1997-2021.
111 1SEK = 0.09¤
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 208/284
Bleu : protection - Jaune : prédation
14.8 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
? Règlement sur les blessures sur la faune (2001: 724) et les réglementations associées de
l'Agence suédoise de la protection de l'environnement sur les subventions et la compensa-
tion pour les dégâts du gibier (NFS 2018: 5) Consolidé avec le règlement modificatif NFS
2019:4112 :
Ce règlement émane de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement et encadre
l'utilisation par les conseils administratifs des comtés des fonds pour la prévention et la
compensation des dégâts de gibier qu?elle leur accorde chaque année.
Conditions d'octroi
Extraits
(...)Les subventions pour les mesures visant à prévenir les dommages causés par la faune à tout
ce qui n'est pas le renne, le poisson et les engins de pêche peuvent être accordées aux entreprises
actives dans la production agricole primaire avec un maximum de 80 pour cent des coûts éligibles.
112https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-
2001724_sfs-2001-724
PUBLIÉ
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-2001724_sfs-2001-724
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-2001724_sfs-2001-724
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 209/284
13 L'aide conforme à la section 2 de l'ordonnance (2017:1254) sur les aides d'État d'importance
mineure dans le secteur agricole pour les dommages causés par la faune sauvage et la prévention
des dommages causés par la faune sauvage peut, en plus de ce qui est indiqué à la section 11,
être accordée aux entreprises actives dans la production agricole primaire pour ce qui suit.
1. L'entretien des clôtures répulsives contre les prédateurs.
2. Les coûts, y compris le temps de travail, des mesures préventives liées aux attaques de
prédateurs pour : a) le déplacement des animaux vers des pâturages moins exposés aux
dommages, b) l'hébergement des animaux plus tôt que prévu, c) l'alimentation supplémentaire due
au déplacement des animaux, d) la surveillance des animaux et e) la collecte des carcasses (NFS
2019:4).
14 Le soutien conformément à l'article 13 peut être fourni jusqu'à 100 pour cent des coûts.
La décision du conseil d'administration du comté concernant les subventions
15 Le conseil d'administration du comté peut prendre des décisions concernant les subventions
pour les mesures de prévention des dommages à la faune sauvage après une demande ou de sa
propre initiative.
16 La décision du conseil d'administration du comté concernant les subventions pour les mesures
de prévention des dommages à la faune sauvage doit inclure des conditions selon lesquelles le
bénéficiaire de la subvention doit fournir des informations sur la manière dont la subvention a été
utilisée et sur les résultats que les mesures ont permis d'obtenir. Le conseil administratif régional
peut également demander au bénéficiaire de fournir d'autres informations. Le conseil administratif
régional transmet une copie de la décision à un inspecteur des dégâts de gibier qui, le cas échéant,
vérifie que les mesures ont été mises en oeuvre conformément à la décision du conseil administratif
régional.
17 L'article 11, troisième paragraphe, de l'ordonnance sur les dégâts de gibier (2001:724) stipule
que le conseil administratif régional, lors de l'examen d'une demande de subvention pour des
mesures de prévention des dégâts de gibier, accorde une attention particulière à la question de
savoir si le gibier peut être chassé, à l'étendue des dégâts et à la possibilité d'effectuer une chasse
de protection efficace ou de prendre d'autres mesures de prévention des dégâts.
Les demandes de subventions pour des mesures préventives sont traitées par le conseil
administratif du comté sur la base des ordonnances de l'Agence suédoise pour la protection de
l'environnement.
Des subventions pour des mesures préventives peuvent être accordées pour des investissements,
tels que des clôtures anti-prédateurs. La condition pour bénéficier d'une subvention est que les
clôtures soient construites conformément aux recommandations nationales (du VSC). Cela permet
de garantir une efficacité maximale contre les attaques de prédateurs et une longue durée de vie.
Les subventions pour la construction de clôtures contre les prédateurs dans les pâturages peuvent
être demandées par l'intermédiaire de l'aide spéciale de l'Office suédois de l'agriculture dans le
cadre du programme de développement rural "Investissement environnemental pour les clôtures
contre les prédateurs" (site web de l'Office suédois de l'agriculture).
? Recommandations nationales (du Viltskadecenter, VSC, du SLU) concernant les primes et
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 210/284
les indemnisations liées aux dommages causés par les prédateurs aux animaux domes-
tiques et aux chiens 2023113
Gilets pour chiens contre les attaques de loups :
Le conseil d'administration du comté peut accorder des subventions pour la prévention des
blessures aux chiens à hauteur de 80 % maximum du coût (TVA incluse). Le VSC recommande
que les subventions accordées aux personnes dont les chiens chassent dans les territoires où
vivent les loups soient de 50 %, mais ne dépassent pas 5 000 couronnes suédoises. Un maximum
d'un chien par personne et par an. Pour qu'un gilet soit considéré comme une protection également
contre les loups, son effet doit viser en premier lieu à interrompre ou à retarder une éventuelle
attaque de loup. Les gilets doivent couvrir le cou et le dos et être équipés d'un dispositif qui, en
plus de l'éventuelle protection contre les piqûres du gilet, peut rendre une attaque de loup plus
difficile. Il peut s'agir, par exemple, d'électricité, d'épines de roseau ("acier à loup") ou de tout liquide
ou pâte à modeler ayant un effet dissuasif ou d'autres propriétés restrictives. Des gilets
susceptibles d'interrompre ou de retarder une attaque de loup sont disponibles, par exemple,
auprès de Dogtech (www.dogtech.se), Proof Design Sweden AB (www.proofdesignsweden.com),
Swevest (www.swevest.se) et Tuskproof Wolf (www.jaktwebben.com). Des subventions peuvent
également être accordées pour l'achat de gilets d'autres fabricants s'ils présentent des propriétés
équivalentes.
Investissements pour des mesures préventives :
Des subventions pour des mesures préventives peuvent être accordées pour des investissements
tels que des clôtures anti-prédateurs (RAS), des émetteurs pour des animaux sélectionnés dans
les pâturages et des chiens de garde pour le bétail. Investissement dans des clôtures anti-
prédateurs (RAS)
Pour la plupart des troupeaux en Suède, les clôtures sont la méthode la plus efficace pour prévenir
les attaques de prédateurs, tant en termes de coût que de main-d'oeuvre. Le conseil administratif
du comté peut accorder aux entreprises des subventions pour la prévention des dommages causés
par les grands carnivores, à hauteur de 100 % du coût (hors TVA).
Le VSC recommande que les subventions ne soient accordées qu'aux troupeaux d'ovins et de
caprins situés dans des territoires de loups existants et à tous les types de troupeaux de bétail
ayant subi des attaques de prédateurs documentées.
Les subventions pour les clôtures anti-prédateurs (RAS) sont accordées avec un maximum de 50
SEK/mètre + un maximum de 5 000 SEK pour les agrégats (le même montant que celui appliqué
par l'Office suédois de l'agriculture pour les investissements environnementaux - clôtures anti-
prédateurs sur les terres en blocs). Pour les recommandations techniques, voir les
recommandations du Viltskadecenter pour les clôtures anti-prédateurs (RAS). La moitié du
montant (25 SEK/mètre + 5 000 SEK maximum pour les agrégats) peut être accordée pour
améliorer/compléter les clôtures existantes en RAS. Le conseil d'administration du comté et les
propriétaires d'animaux doivent se consulter sur les clôtures existantes avant que les demandes
ne soient accordées, afin de déterminer s'il est possible d'obtenir un résultat qui réponde aux
critères des RAS.
Pour des raisons pratiques, les ruches sont généralement placées dans une petite rangée à un
mètre les unes des autres. Il y a généralement moins de 10 ruches/communautés par rucher.
113https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-bidrag-ersattning-tamdjur-hundar-
13feb-2023.pdf
PUBLIÉ
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-bidrag-ersattning-tamdjur-hundar-13feb-2023.pdf
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-bidrag-ersattning-tamdjur-hundar-13feb-2023.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 211/284
Subvention de 50 SEK/mètre (max. 120 mètres par rucher) + max. 5 000 SEK pour les agrégats
afin d'installer des clôtures autour des ruchers dans les zones où la présence d'ours est
permanente et autour des ruchers dans d'autres zones où les dommages causés par les ours sont
attestés. Les subventions sont accordées une fois par rucher.
Balles d'ensilage Subvention de 50 SEK/mètre + 5 000 SEK maximum pour les groupements qui
érigent des clôtures pour protéger les balles d'ensilage stockées sur des terres arables dans des
zones où la présence d'ours est permanente.
Chiens de protection du bétail
Jusqu'à 100 % du prix d'achat d'un chien de protection du bétail.
Émetteurs pour les animaux domestiques en forêt libre ou en alpage Jusqu'à 100 % du coût d'achat
des émetteurs et des frais de télécommunication.
En principe, 20 % des animaux d'un troupeau ovin ou caprin et 10 % des animaux d'un troupeau
bovin peuvent être équipés d'émetteurs. Un plus grand nombre d'émetteurs peut être accordé en
cas de besoins spécifiques.
Aide à l'entretien des clôtures anti-prédateurs (§ 13) Une aide peut être accordée à raison de 5
SEK/mètre pour le débroussaillage dans le cadre des RAS une fois par an.
Nombre illimité d'années tant que la clôture est utilisée pour prévenir les dommages causés par
les prédateurs aux animaux domestiques. Des subventions devraient être accordées pour les
clôtures qui remplissent les critères du RAS autour des troupeaux d'ovins et de caprins dans les
territoires de loups existants et pour tous les types de troupeaux de bétail qui ont subi des attaques
de prédateurs documentées. Aucune aide ne devrait être accordée pour le débroussaillage autour
des filets à moutons à noeuds fixes, étant donné qu'ils ne sont pas équipés d'un fil électrique de
faible puissance.
Clôtures électriques
- la liste de contrôle simplifiée114 (cf annexe) des éléments essentiels pour les clôtures anti-
prédateurs. Cette liste est utilisée par le conseil administratif du comté lors du traitement et de
l'inspection des clôtures subventionnées.
- plusieurs documents relatifs aux clôtures électriques efficaces.
Chiens de protection 115:
Extraits
La mesure est applicable aux petits troupeaux pour lesquels, pour diverses raisons, il est difficile
d'ériger des clôtures anti-prédateurs autour d'un ou de plusieurs côtés du pâturage, comme les
pâturages ou les pâturages de plage. Le conseil d'administration du comté procède à une
évaluation au cas par cas.
À l'heure actuelle, nous ne voyons pas la nécessité de développer la méthode.
En Suède, ce type de chien est principalement utilisé pour les animaux domestiques qui paissent
dans des enclos dans des conditions particulières, par exemple les grands troupeaux difficiles à
114 https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-checklista-ras-2022-8dec.pdf
115 https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/forebyggande-atgarder/atgarder-mot-skador-
pa-tamdjur/permanenta-atgarder-mot-rovdjur/boskapsvaktande-hundar/
PUBLIÉ
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-checklista-ras-2022-8dec.pdf
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/forebyggande-atgarder/atgarder-mot-skador-pa-tamdjur/permanenta-atgarder-mot-rovdjur/boskapsvaktande-hundar/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/forebyggande-atgarder/atgarder-mot-skador-pa-tamdjur/permanenta-atgarder-mot-rovdjur/boskapsvaktande-hundar/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 212/284
enfermer, les troupeaux pour lesquels les clôtures électriques ne sont pas une bonne option (par
exemple le long des côtes, sur les îles) ou les troupeaux qui ont subi des attaques répétées de la
part de grands prédateurs.
La mesure n'est souvent pas appropriée dans les fermes ayant de nombreux voisins ou des routes,
pistes cyclables ou sentiers de randonnée très fréquentés à proximité des enclos.
En Suède, la plupart des troupeaux sont d'une taille telle qu'un seul chien suffit à les garder.
Toutefois, si le chien doit paître dans des pâturages situés sur le territoire des loups, il convient
d'utiliser deux chiens.
La loi suédoise sur la surveillance des chiens et des chats (2007:1150) n'autorise pas à laisser les
chiens sans surveillance. Par conséquent, le propriétaire d'un chien de protection du bétail doit
demander une licence pour l'utiliser. Cette disposition s'applique également aux chiens gardés
dans des enclos. Le conseil d'administration du comté peut accorder une telle exemption après
consultation du propriétaire du bétail, s'il a jugé que la mesure est appropriée pour le troupeau.
En Suède, la possession de chiens est régie par plusieurs lois, ordonnances et règlements.
Pour qu'un propriétaire de chien puisse laisser son chien en liberté sans surveillance (mais avec
une surveillance quotidienne) dans une cour ou avec des animaux en pâturage sans clôture, une
exemption à la loi sur la surveillance des chiens et des chats est nécessaire. Les dérogations sont
délivrées par le conseil d'administration du comté. L'autorisation de détenir un chien de cette
manière est liée à un chien individuel particulier et peut être retirée si le chien est jugé généralement
agressif envers les personnes ou s'il chasse le gibier. Il convient de signaler la présence du ou des
chiens en plaçant des panneaux sur la clôture. Les panneaux peuvent être commandés auprès de
SLU, Viltskadecenter.
Le propriétaire du chien est responsable de tout ce que fait son chien. Cette règle s'applique
également aux propriétaires de chiens de protection du bétail. Ces chiens, tout comme les autres
chiens, doivent être surveillés et soignés quotidiennement et doivent toujours avoir accès à un
endroit sec et protégé des intempéries pour se coucher. Étant donné que la responsabilité du
propriétaire du chien s'applique également si le chien blesse un autre chien dans une bergerie, par
exemple, le propriétaire du chien peut être tenu de verser des dommages-intérêts pour les
blessures causées par le chien. Les décisions relatives à l'obligation de tenir une laisse, une
muselière ou autre peuvent être prises par la police après un rapport de police et une enquête.
14.9 Evaluation de l?efficacité des mesures de protection
Le Viltskadecenter a établi et actualise un guide sur les clôtures contre les grands prédateurs
remarquablement documenté (basé sur des observations) et détaillé et aisément accessible sur internet 116
Extrait :
Clôture électrifiée :
116 https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/stod-i-viltforvaltningen/vsc-
rekommendationer/vsc-rekommendationer-for-rovdjursavvisande-stangsel-ras/
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-rovdjursavvisande-stangsel-2023-05-
08.pdf
PUBLIÉ
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/stod-i-viltforvaltningen/vsc-rekommendationer/vsc-rekommendationer-for-rovdjursavvisande-stangsel-ras/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/stod-i-viltforvaltningen/vsc-rekommendationer/vsc-rekommendationer-for-rovdjursavvisande-stangsel-ras/
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-rovdjursavvisande-stangsel-2023-05-08.pdf
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-rovdjursavvisande-stangsel-2023-05-08.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 213/284
Les hauteurs de fil appropriées pour clôturer tous les animaux domestiques (moutons, chèvres,
bovins, chevaux, etc.) et pour éloigner les loups et les ours en particulier sont de 30, 50, 70, 90 et
120 cm. Il n'est pas nécessaire que le fil supérieur soit exactement à 120 cm, mais il ne doit pas
être à moins d'un mètre du sol (ce qui signifie que les quatre autres fils seront plus rapprochés).
Pour les filets à moutons, le linteau est monté de manière à se trouver entre le filet et le fil supérieur.
En cas d?adaptation d?un grillage à moutons existant :
Si vous disposez déjà de filets à moutons intacts et en bon état, vous pouvez les remettre en état
et les compléter par des fils électriques. Il peut être nécessaire de remplacer les poteaux s'ils sont
en mauvais état et de construire des parallélogrammes aux angles pour que le filet puisse être
correctement tendu. Pour ajouter un fil électrique au-dessus du filet, les poteaux en bois doivent
être environ 15 à 20 cm plus hauts que le filet. Vous pouvez ensuite installer des isolateurs à long
terme ou à anneau, qui sont meilleurs que les isolateurs à distance.
- Émetteurs radio sur des animaux du troupeau
Etude du Viltskadecenter 117
117 https://viltskadecenter.se/pdfs/radiosandare_pa_tamdjur.pdf
PUBLIÉ
https://viltskadecenter.se/pdfs/radiosandare_pa_tamdjur.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 214/284
Extrait :
Cette étude a montré que la plupart des agriculteurs trouvent l'équipement de pointage utile dans
leur travail sur le bétail et plus de la moitié d'entre eux estiment qu'il atténue leurs inquiétudes
concernant les animaux domestiques qui paissent dans des zones où ils risquent d'être prédatés.
L'équipement permet également aux éleveurs de gagner du temps, temps qu'ils passeraient
autrement à écouter et à chercher des animaux dans la forêt. En revanche, l'étude n'a pas montré
que l'équipement de pointage réduisait le nombre d'animaux domestiques tués ou blessés par des
prédateurs. Comme il n'a pas été possible d'obtenir un échantillon aléatoire d'agriculteurs dans le
cadre de l'étude, il a été difficile d'analyser les effets réels de l'équipement de pointage sur le
nombre de morts, les animaux blessés ou disparus en rapport avec des attaques de prédateurs
ou des perturbations.
- Que dit la recherche sur les différentes méthodes de prévention des attaques de préda-
teurs ?
Un groupe international de chercheurs d'EviWild, de SLU et d'autres ont examiné 114 articles
publiés scientifiquement mesurant l'effet des mesures visant à réduire le risque ou l'ampleur des
attaques de prédateurs sur le bétail. L'étude complète Carnivore conservation needs evidence-
based livestock protection a été publiée dans PLOS Biology le 18 septembre 2018.118
14.10 Indemnisation des dégâts liés au loup
- Principe de l?indemnisation
? Règlement sur les blessures sur la faune (2001: 724) et les réglementations associées de
l'Agence suédoise de la protection de l'environnement sur les subventions et la compensa-
tion pour les dégâts du gibier (NFS 2018: 5) Consolidé avec le règlement modificatif NFS
2019:4119
Extraits :
Indemnisation des dommages causés aux biens par la faune sauvage
18 Quiconque a subi des dommages causés par la faune sauvage et a l'intention de demander
une indemnisation pour ces dommages doit, sans délai, après la découverte des dommages,
déclarer l'incident au conseil d'administration du comté où les dommages ont eu lieu.
19 Le conseil administratif régional veille à ce que les dommages causés par la faune sauvage
soient inspectés par un inspecteur des dommages causés par la faune sauvage désigné dès que
possible après que le conseil administratif régional a reçu une déclaration de dommages causés
par la faune sauvage conformément au 18.
20 Lors de chaque inspection, l'inspecteur délivre un certificat d'inspection. Lors de l'inspection,
les formulaires "Inspection des dommages causés par la faune aux cultures", "Certificat
d'inspection des animaux domestiques" ou "Certificat d'inspection des chiens" doivent être utilisés,
conformément aux dispositions de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement et à
118 https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.2005577
https://www.eurekalert.org/news-releases/695287
https://www.expertsvar.se/pressmeddelanden/vad-sager-forskningen-om-olika-metoder-for-att-forebygga-
rovdjursangrepp/
119 https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-
2001724_sfs-2001-724
PUBLIÉ
https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.2005577
https://www.eurekalert.org/news-releases/695287
https://www.expertsvar.se/pressmeddelanden/vad-sager-forskningen-om-olika-metoder-for-att-forebygga-rovdjursangrepp/
https://www.expertsvar.se/pressmeddelanden/vad-sager-forskningen-om-olika-metoder-for-att-forebygga-rovdjursangrepp/
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-2001724_sfs-2001-724
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-2001724_sfs-2001-724
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celles du conseil administratif du comté. Toute personne ayant fait l'objet d'une inspection de ses
biens reçoit une copie du certificat d'inspection.
Décision d'indemnisation du comté
23 Le montant de l'indemnisation décidée par la comté est basé sur la valeur du bien au moment
du dommage et de l'inspection effectuée. L'indemnisation des personnes physiques et morales
autres que celles actives dans la production agricole primaire peut atteindre 100 pour cent.
24 Le conseil administratif départemental ne peut indemniser que les dégâts causés par le gibier
qui lui ont été signalés conformément à l'article 18 et qui ont été inspectés conformément à l'article
19. Si des raisons particulières le justifient, le conseil administratif régional peut décider
d'indemniser les dommages causés par la faune sauvage même si les conditions du premier
paragraphe ne sont pas remplies.
25 Le 11 de l'ordonnance sur les dommages causés par la faune sauvage (2001:724) stipule que
le conseil administratif régional peut indemniser les dommages causés par la faune sauvage à
d'autres animaux que le renne s'il est manifestement déraisonnable que la partie lésée soit
responsable des coûts causés par les dommages et que le conseil administratif régional doit, lors
de l'évaluation, tenir particulièrement compte de la possibilité de chasser la faune sauvage, de
l'étendue des dommages et de la possibilité d'effectuer une chasse de protection efficace ou
d'autres mesures de prévention des dommages.
26 Le conseil administratif régional ne peut pas accorder d'indemnisation pour les éléments
suivants
1 Les dommages causés aux biens destinés à un usage autre que professionnel.
2. les dommages causés au gibier ;
3. les dommages indemnisés par une assurance ou une autre aide de l'État.
Si des raisons particulières le justifient, le conseil d'administration du département peut décider de
l'indemnisation des dommages visés au premier alinéa.
27 Si d'autres indemnités ont été perçues pour les biens endommagés, l'indemnité versée par le
conseil administratif régional est réduite du montant correspondant.
28 L'indemnité pour les dommages causés par le gibier aux biens utilisés dans le cadre des
activités professionnelles ne peut inclure la taxe sur la valeur ajoutée.
29 Nonobstant les dispositions des articles 23 et 27, le conseil administratif régional peut verser
une indemnité pour les chiens comme suit :
1. Pour les chiens assurés blessés par des loups, des ours, des carcajous, des lynx ou des aigles,
une indemnité peut être versée jusqu'à un maximum de 5 000 couronnes suédoises pour la
franchise de l'assurance. En outre, une indemnité peut être versée pour d'autres coûts documentés
encourus à la suite de la blessure et qui ne sont pas couverts par l'assurance, avec un maximum
de 8 000 SEK.
2. Pour un chien non assuré blessé par un loup, un ours, un carcajou, un lynx ou un aigle, une
indemnité peut être versée avec un maximum de 10 000 SEK pour les soins vétérinaires ou
d'autres coûts documentés encourus à la suite de la blessure.
3 Pour les chiens assurés et non assurés, une indemnisation peut être versée pour un chien qui
est tué, meurt ou est euthanasié après avoir été blessé par un loup, un ours, un carcajou, un lynx
ou un aigle, avec un maximum de 25 000 couronnes suédoises. Une indemnisation peut être
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 216/284
accordée pour les soins vétérinaires, les autres frais et les chiens décédés ou euthanasiés si le
décès est une conséquence de la blessure.
30 Le conseil d'administration du comté ne peut pas accorder d'indemnisation pour un chien blessé
ou tué pendant la chasse, l'entraînement à la chasse, les épreuves de chasse ou autres si la
blessure est causée par l'espèce animale pour laquelle la chasse était prévue. En cas de raisons
particulières, le conseil d'administration du comté peut décider d'une indemnisation pour les chiens
blessés ou tués conformément au premier paragraphe.
Spécial pour les entreprises actives dans la production agricole primaire
31 Pour les entreprises actives dans la production agricole primaire, en plus de ce qui est prescrit
aux 23-28, ce qui suit s'applique également.
Le conseil administratif départemental ne peut indemniser que les coûts directs suivants :
1. animaux tués ;
2. cultures détruites ;
3. dommages matériels aux bâtiments agricoles, aux machines agricoles et aux stocks, y compris
les travaux de réparation.
Le conseil administratif départemental ne peut indemniser que les coûts indirects suivants :
1. frais vétérinaires pour le traitement des animaux blessés ;
2. frais de main-d'oeuvre liés à la recherche de l'animal blessé.
L'indemnisation des coûts indirects visés au troisième alinéa, points 1 et 2, se fait sur la base des
justificatifs présentés.
32 L'article 11, point a), deuxième alinéa, de l'ordonnance sur les dommages causés par la faune
sauvage (2001:724) stipule que l'indemnisation des coûts indirects résultant des dommages
causés par la faune sauvage à tout ce qui n'est pas le renne, le poisson et les engins de pêche
peut s'élever au maximum à 80 % des coûts indirects éligibles.
34 Conformément à l'article 2 de l'ordonnance (2017:1254) relative aux aides d'État de minimis
dans le secteur agricole en ce qui concerne les dégâts de gibier et la prévention des dégâts de
gibier, des aides peuvent être accordées aux entreprises actives dans la production agricole
primaire pour les coûts liés aux dégâts de gibier, y compris le temps de travail, en plus de ce qui
est prévu à l'article 31, pour ce qui suit.
1 .Rapatriement des animaux après une attaque.
2. Soins aux animaux blessés.
3. Diminution de la valeur des animaux blessés.
4. Mise à mort des animaux en raison de l'attaque.
5. Coûts supplémentaires pour l'achat d'aliments pour animaux en raison des dégâts causés par
la faune sauvage.
6. Transport des carcasses vers l'usine d'équarrissage et destruction
7. Travail supplémentaire pour le tri des cultures endommagées.
8. Réensemencement des cultures endommagées (NFS 2019:4).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 217/284
35 L'indemnisation prévue au 34 peut être versée jusqu'à 100 pour cent des coûts.
Indemnisation pour les attaques d'ours sur les humains :
36 Quiconque a été blessé par un ours et a l'intention de demander une indemnisation pour ses
blessures doit en informer sans délai le conseil d'administration du comté. Si une personne a été
tuée par un ours ou est décédée à la suite d'une attaque d'ours et que les survivants ont l'intention
de demander une indemnisation pour le décès, cela doit être signalé au conseil d'administration
du comté.
37 La demande d'indemnisation doit être reçue par le conseil administratif du comté au plus tard
trois ans après la survenance de la blessure ou du décès. I
38 L'indemnisation des dommages corporels ou du décès est calculée conformément au chapitre
5, sections 1-5 de la loi sur les dommages (1972:207).
Inspecteur pour les dommages causés par la faune sauvage
Formation et nomination
39 L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement assure la formation de base et la
formation continue des inspecteurs.
40 Le conseil administratif du comté nomme les inspecteurs pour le comté. La personne nommée
par le conseil administratif du comté en tant qu'inspecteur doit avoir suivi la formation de base des
inspecteurs avec des résultats approuvés ou posséder des connaissances équivalentes
documentées. Les inspecteurs nommés doivent recevoir une formation continue régulière par
l'intermédiaire du conseil administratif du comté.
Redevances et indemnités
41 Les redevances des inspecteurs sont déterminées et payées par le conseil administratif du
comté. Les honoraires sont versés conformément aux dispositions du conseil d'administration du
comté relatives aux heures de travail pendant les voyages d'affaires. Le remboursement des frais
de déplacement vers et depuis le lieu de l'inspection est assuré par le conseil administratif du comté
avec l'indemnité kilométrique totale exonérée d'impôt et imposable versée aux fonctionnaires du
conseil administratif du comté pour l'utilisation de leur propre véhicule dans le cadre de leurs
fonctions.
Enregistrement des inspections, etc.
42 Les inspections des mesures préventives ou des biens endommagés sont enregistrées dès que
possible par l'inspecteur ou le conseil administratif du comté de la manière spécifiée par l'Agence
suédoise pour la protection de l'environnement. Le conseil administratif du comté enregistre en
permanence les demandes de subventions et d'indemnisations.
? Recommandations du Viltskadecenter concernant les primes et les indemnisations liées
aux dommages causés par les prédateurs aux animaux domestiques et aux chiens 2023
(suite)
Aide aux mesures préventives liées aux attaques de prédateurs (13 § 2 et 14 §)
Afin de prévenir d'autres attaques de prédateurs, une aide est accordée pour les coûts, y compris
le temps de travail, jusqu'à concurrence de 100 % pour les mesures suivantes, mais pas plus de
14 jours après une attaque documentée. La main-d'oeuvre est indemnisée à hauteur de 400 SEK
par heure. Les frais de transport sont remboursés à raison de 18,50 SEK par kilomètre (indemnité
automobile non imposable).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 218/284
a) déplacement des animaux vers des pâturages moins susceptibles d'être endommagés, y
compris le remboursement du kilométrage.
b) hébergement des animaux à une heure plus précoce que prévu, y compris l'accueil de nuit.
c) alimentation supplémentaire due au déplacement des animaux, y compris l'installation plus
précoce.
d) surveillance des animaux, y compris la surveillance supplémentaire.
Il devrait également être possible de prévoir l'installation et l'enlèvement de patchworks et/ou
d'autres mesures d'urgence pour prévenir de nouvelles infestations. La compensation
recommandée est d'une heure par 100 mètres de clôture. Cela comprend la préparation, le
montage, le démontage et les éventuels travaux de finition.
e) Collecte des carcasses et transport jusqu'à la destruction et coûts de destruction. L'enlèvement
des carcasses trouvées sur place après l'inspection permet d'éviter de nouvelles infestations. Il ne
s'agit pas de rechercher les animaux blessés ou morts lors de la découverte d'une infestation.
Si l'aide est accordée au titre d'un ou de plusieurs des points a à c, une indemnité de 500 SEK par
unité de gros bétail (UGB) doit également être versée pour compenser la perte de production. 1
UGB correspond à 1 vache ou à 5 moutons ou chèvres. Si le nombre d'animaux est inférieur à 1
UGB, une indemnité correspondant à 1 UGB est versée.
Pour un chien assuré blessé par un loup, un ours, un glouton, un lynx ou un aigle, une indemnité
peut être versée jusqu'à un maximum de 5 000 couronnes suédoises pour la franchise de
l'assurance. En outre, une indemnité peut être versée pour d'autres coûts documentés causés par
la blessure et non couverts par l'assurance, jusqu'à un maximum de 8 000 SEK.
Pour les chiens non assurés blessés par des loups, des ours, des carcajous, des lynx ou des aigles,
une indemnité peut être versée jusqu'à un maximum de 10 000 SEK pour les soins vétérinaires ou
d'autres coûts documentés résultant de la blessure. Parmi les exemples d'autres frais documentés,
on peut citer le remboursement des frais kilométriques (indemnité automobile non imposable de
18,50 SEK/mille) pour se rendre chez un vétérinaire et les colliers de repérage brisés à l'occasion
d'une attaque.
En outre, un chien qui meurt ou est tué à la suite d'une attaque par un loup, un ours, un glouton,
un lynx ou un aigle peut être indemnisé à hauteur de 25 000 couronnes suédoises. Cette
disposition s'applique aux chiens assurés et non assurés.
Indemnisation des coûts directs (§§ 31 et 32)
Le conseil d'administration du comté peut indemniser jusqu'à 100 % des coûts directs suivants :
1. les animaux tués ;
3. les dommages matériels causés aux bâtiments d'exploitation, y compris la réparation des
dommages causés par les animaux tués. Dommages matériels aux bâtiments agricoles, y compris
les travaux de réparation. Les prix recommandés hors TVA sont indiqués dans les sous-rubriques
ci-dessous. Les montants comprennent la valeur d'abattage, la valeur d'élevage et la main-d'oeuvre
supplémentaire. Les animaux disparus à la suite d'attaques de prédateurs documentées sont
indemnisés de la même manière que les animaux morts.
Moutons : 3 800 SEK (femelles âgées de plus d'un an) Agneaux : 2 400 SEK (animaux âgés de
moins d'un an)
Supplément par animal
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 219/284
1. 500 SEK par animal affilié à Elitlamm (anciennement Fårkontrollen)
2. 500 SEK par animal pour les animaux élevés selon le mode biologique ou affiliés à KRAV
ou à un autre organisme de certification
3. 500 SEK par animal affilié au programme Maedi-Visna
4. 500 SEK par animal ayant obtenu le statut F selon le programme de lutte contre le piétin
de Farm & Animal Health (Klövkontrollen).
Si les brebis gestantes sont endommagées après la saison de reproduction, un supplément de 600
SEK par agneau est versé pour les agneaux. Si les brebis sont attaquées dans les 8 semaines
suivant l'agnelage et que les agneaux deviennent orphelins, une indemnité pour les pertes de
croissance des agneaux est versée à hauteur de 1 000 SEK par agneau.
Animaux de valeur particulière
Pour les animaux ayant une valeur d'élevage élevée, une indemnité plus élevée doit être versée
sur présentation de reçus ou d'autres documents. Pour les animaux qui sont inclus dans la
transformation des peaux ou de la viande et qui peuvent donc nécessiter une valeur plus élevée,
une compensation plus élevée doit être versée sur présentation d'un reçu ou d'un autre document.
Chèvres
Les chèvres peuvent être indemnisées au même titre et selon les mêmes principes que les ovins
(voir ci-dessus).
Veaux (animaux âgés de moins d'un an) : 17 500 SEK
Bovins, chevaux et autres animaux domestiques
Les pertes de bovins âgés de plus d'un an, de chevaux et d'autres animaux domestiques sont
évaluées au cas par cas.
Dommages matériels et travaux de réparation :
Les "bâtiments agricoles" comprennent également les clôtures.
Indemnisation des coûts indirects (§§ 31 et 33)
Le conseil d'administration du comté peut accorder une indemnisation jusqu'à 100 % pour les coûts
indirects suivants :
1) frais vétérinaires pour le traitement des animaux blessés ;
2) médicaments prescrits par un vétérinaire. L'indemnisation des soins vétérinaires et des
médicaments se fait sur la base des justificatifs présentés.
3) les frais de main-d'oeuvre liés à la recherche d'animaux disparus. L'indemnisation est plafonnée
à 400 SEK/heure selon une formule standardisée : 2 heures maximum par DE (unité animale)
recherchée pour les troupeaux conventionnels. Maximum 6 heures par DE pour les troupeaux en
forêt libre ou en alpage (ou équivalent). C'est le nombre d'animaux recherchés qui constitue la
base de la DE. 1 unité animale (DE) correspond à 1 vache ou 6 ovins ou caprins. Pour un nombre
d'animaux inférieur à 1 DE, l'indemnité versée correspond à 1 DE.
Aides pour les coûts liés aux dommages causés par la faune sauvage (§§ 34, 35)
Les coûts liés aux dommages causés par la faune sauvage, y compris le temps de travail, peuvent
être indemnisés jusqu'à 100 % pour les éléments suivants :
1. rapatriement des animaux après une attaque (de l'enclos/lieu de l'attaque à l'exploitation
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 220/284
d'origine ou à un autre lieu) ;
2. soins aux animaux blessés ;
3. réduction de la valeur des animaux blessés ;
4. abattage des animaux à la suite de l'attaque ;
5. coûts supplémentaires pour l'achat d'aliments pour animaux ; 6. coûts supplémentaires pour
l'achat d'aliments pour animaux.
5. les frais supplémentaires pour l'achat d'aliments pour animaux ;
6. le transport des carcasses jusqu'à l'usine d'équarrissage et leur destruction. La main-d'oeuvre
est remboursée à 400 SEK/heure et les frais de transport sont remboursés à 18,50 SEK/mile
(indemnité automobile non imposable).
Les soins vétérinaires et l'autotraitement des animaux blessés sont remboursés au maximum avec
le même montant que les remboursements indiqués pour les animaux tués sous la rubrique
En outre, les animaux qui meurent ou sont tués après le traitement peuvent également être
remboursés avec les montants susmentionnés.
Il peut être nécessaire d'acheter de l'ensilage, du fourrage, du foin et de la paille après des attaques
de prédateurs ayant entraîné le déplacement d'animaux au cours de la saison de pâturage. Ils sont
remplacés par un maximum de 600 SEK/balle. Il est également possible d'utiliser des taux
standardisés comme base d'indemnisation pour le défi de soutien (les montants comprennent à la
fois les fourrages grossiers et les aliments concentrés) : 10 SEK par agneau et par jour et 5 SEK
par animal adulte et par jour.
Il est recommandé que le conseil administratif du comté considère les dommages causés par les
prédateurs comme un "autre événement imprévu" et que le propriétaire de l'animal n'ait pas à
rembourser l'argent. De plus amples informations sont disponibles sur le site web de l'Office
suédois de l'agriculture Indemnités 2022.120
14.10.1 Mesures d?intervention sur le loup
- Effarouchement du loup
- Tirs sur le loup avec armes à feu
Outre les tirs assurés dans le cadre d?opérations de police sur des loups potentiellement
dangereux, deux types de chasse à loup peuvent être autorisés en Suède :
- La chasse de protection
Cette chasse peut être acceptée par les comtés pour éviter des dégâts considérables sur les
troupeaux de rennes, les animaux d?élevages et les chiens. La demande d?autorisation doit être
déposée auprès de la Préfecture qui délivre l?autorisation après une étude au cas par cas.
L?Agence suédoise de protection de l?Environnement répertorie l?ensemble des demandes et les
décisions des comtés, ce qui constitue une base de données utile pour les comtés et les
demandeurs du droit de chasse. La chasse peut être effectuée à n?importe quel moment de l?année
et par des moyens souvent non-autorisés dans la chasse classique (usage de véhicules, chasse
de nuit, etc.), soit par les autorités (par exemple, la chasse en hélicoptère dans les zones d?élevage
des rennes), soit par le demandeur. S?il n?est pas possible de faire fuir les loups lors d?une attaque
120https://jordbruksverket.se/stod/jordbruk-tradgard-och-rennaring/jordbruksmark/kompensationsstod
PUBLIÉ
https://jordbruksverket.se/stod/jordbruk-tradgard-och-rennaring/jordbruksmark/kompensationsstod
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 221/284
(tirs en l?air...), alors il est possible d?abattre directement le ou les loups sans autorisation préalable
du comté. ce jour, une quinzaine de loups ont été tués en 2016 dans le cadre de chasses
protectrices. Les responsables des comtés rencontrés par la mission ont indiqué que très peu de
tirs étaient opérés dans ce cadre.
- La chasse sous licence
Cf. infra 4.7.3
Les comtés déterminent les zones dans lesquels les loups peuvent être chassés (et le nombre
maximal). Ils s?assurent notamment, grâce à des analyses ADN, qu?il n?y a pas de loup d?intérêt
génétique particulier dans la zone. Ils ciblent en général des zones à forte densité de loups.
Tout chasseur ayant droit de chasser dans cette zone peut participer à ces chasses, sous réserve
d?être enregistré auprès de l?agence pour la chasse au loup. L?opération de chasse au loup est très
encadré et fait l?objet d?un rapportage en temps réel (appels toutes les heures afin de vérifier que
le quota n?est pas dépassé).
Il n?y a pas de ciblage particulier des loups chassés sur la base de leur sexe ou de leur âge.
- Délivrance des autorisations de tirs (défense, prélèvement?)
Après une décroissance forte qui l?a conduite à un effectif de 10 loups en 1966, la population
suédoise de loups s?est redéveloppée grâce à des immigrations naturelles de loups russo-
finlandais et des mesures de protection. Cette population était toutefois marquée par un taux de
consanguinité très élevé. Afin de maîtriser ce taux ainsi que la croissance de cette population, le
parlement suédois a de nouveau autorisé la chasse en 2009. Il a alors décidé de limiter la
population de loups à 210 individus (en abattant les loups présentant des tares génétiques ou un
taux élevé de consanguinité), d?introduire un maximum de 20 nouveaux loups (russes ou finlandais)
pour renforcer la diversité génétique et un objectif de régénération de 20 louveteaux par an. La
première chasse a eu lieu en 2010 (28 loups abattus) malgré les critiques de la Commission
européenne et des ONG suédoises. Après la deuxième chasse en 2011 (19 loups abattus), la
Commission européenne a engagé une procédure officielle d'infraction à la directive Habitats, le
27 janvier 2011, en adressant une lettre de mise en demeure à la Suède121.
La Suède avait jusqu?au 17 août 2011 pour revoir sa législation. Afin d?éviter un renvoi de l?affaire
devant la Cour de justice de l?UE, le ministère de l?environnement a décidé, en août 2011, d?annuler
la chasse de 2012 et de revoir sa législation déclarant que « le plafond de 210 loups n?était plus
valable ». En avril 2012, le Comité national sur les prédateurs a conclu que l?état de conservation
du loup était défavorable et le taux de consanguinité élevé. Malgré cela, l?Agence suédoise de
protection de l?Environnement a décidé, le 30 janvier 2013, de permettre une 3ème chasse sous
licence en 2013 (à partir du 31 janvier 2013) pour résoudre les problèmes génétiques malgré de
nouvelles critiques de la Commission européenne. Des ONG environnementales suédoises ont
saisi le tribunal administratif, puis fait appel de la décision négative du tribunal auprès de la Cour
administrative d?appel qui a immédiatement arrêté la chasse, le 6 février 2013 (3 loups sur un quota
de 16 avaient déjà été abattus).
Une nouvelle loi de politique de gestion durable des prédateurs a été adoptée par le Parlement, fin
2013 (cf supra 2.4) qui a disposé que l?état de conservation du loup serait décidé par le Parlement
et non par l?Agence et qu?un état de conservation « favorable » correspondait à un nombre de loups
compris entre 170 et 270 individus et que les décisions d?autorisation des chasses seraient
déléguées aux comtés par l?Agence. La loi privait, par ailleurs, les ONG environnementales de la
possibilité de faire appel de la décision des comtés auprès de la Cour administrative d?appel, car
121 https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_11_95
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https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_11_95
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la décision ne pouvait être contestée qu?auprès de l?Agence. Les années suivantes ont été
marquées par la contestation par les ONG des décisions de chasse prises, avec plusieurs
décisions en leur faveur des tribunaux.
Pour autant, à ce jour les comtés prennent toujours chaque année des décisions d?autorisation de
chasse en déclinaison d?une décision de l?agence.
? Décision de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement, BILAGA 1 ?
Ärendenr : NV-05826-22122
Extraits :
Ce guide s'adresse aux conseils administratifs des comtés concernés par la délégation actuelle de
l'Agence pour la protection de l'environnement concernant la possibilité de décider de l'octroi de
permis de chasse aux loups. L'objectif est de soutenir les conseils administratifs des comtés dans
les processus de prise de décision qui découlent de la responsabilité qui leur a été confiée en
matière de décisions sur les permis de chasse. Ces orientations sont importantes car, entre autres,
l'arrêt préjudiciel de la Cour de justice des Communautés européennes (l'arrêt Tapiola) doit être
pris en compte dans toute décision relative à la chasse aux loups.
La possibilité de décider d'un permis de chasse au loup découle de l'article 23c de l'ordonnance
sur la chasse (1987:905).Cette disposition est fondée sur l'article 16, paragraphe 1, point e),
de la directive Habitats. La base juridique de l'autorisation de chasser le loup est donc la même
qu'auparavant.
Selon l'ordonnance sur la chasse, toute décision relative à une autorisation de chasser le loup doit
être prise au plus tard le 1er octobre.
Gestion régionalisée avec délégation de responsabilité
L'Agence pour la protection de l'environnement part du principe que la gestion des loups doit être
autant que possible régionale. Ceci est en accord avec la décision de l'Agence pour la protection
de l'environnement de mettre en place une gestion régionale du loup.
Dans certains cas, l'Agence pour la protection de l'environnement peut décider de s'écarter du
principe de la prise de décision régionale. Dans ce cas, il se peut, par exemple, que les objectifs
nationaux globaux de la politique en matière de prédateurs soient ainsi favorisés.
Le fait que l'Agence pour la protection de l'environnement donne la possibilité de décider de la
chasse au loup avec permis ne signifie pas que les conseils administratifs des comtés doivent ou
devraient décider de la chasse avec permis, mais seulement qu'ils en ont la possibilité. Il incombe
aux conseils administratifs des comtés d'évaluer s'il est conforme à la réglementation en vigueur
et à l'état de la population de décider de l'octroi d'un permis de chasse. Cela signifie que les
conseils administratifs départementaux doivent tenir compte de certaines considérations
nationales dans leurs décisions régionales.
Les conseils administratifs régionaux sont chargés d'évaluer si l'état de conservation favorable de
l'espèce peut être maintenu dans le cadre d'une décision relative à l'octroi d'un permis de chasse.
Les conseils administratifs départementaux sont également chargés d'évaluer les lieux de
prélèvement dans le cadre d'une éventuelle chasse sous licence et la manière de promouvoir
l'établissement d'individus génétiquement importants et de faciliter la propagation dans de
nouvelles zones.
122 https://www.naturvardsverket.se/49e8e8/contentassets/9557de30b154494c8885bd8f8acf0ab1/vagledning-om-
licensjakt-pa-varg.pdf
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https://www.naturvardsverket.se/49e8e8/contentassets/9557de30b154494c8885bd8f8acf0ab1/vagledning-om-licensjakt-pa-varg.pdf
https://www.naturvardsverket.se/49e8e8/contentassets/9557de30b154494c8885bd8f8acf0ab1/vagledning-om-licensjakt-pa-varg.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 223/284
L'objectif global et à long terme de la politique relative aux carnivores est le suivant :
...que le loup, l'ours, le glouton, le lynx et l'aigle royal en Suède atteignent et maintiennent un état
de conservation favorable en vertu de la directive Habitats, et que, dans le même temps, ils soient
protégés par des mesures de conservation. L'élevage d'animaux domestiques n'est pas entravé
de manière significative et les considérations socio-économiques sont prises en compte".
L'Agence pour la protection de l'environnement est responsable des plans et processus nationaux
qui, avec les mesures décidées par les conseils administratifs des comtés, garantissent le maintien
de l'état de conservation favorable des prédateurs. L'EPA est également chargée de surveiller la
mise en oeuvre régionale de la gestion des prédateurs afin de s'assurer que le statut de
conservation favorable est maintenu dans le temps.
Le 30 décembre 2016, la Cour administrative suprême a rendu une décision dans une affaire
concernant la chasse au loup avec permis123 .
La Cour part du principe qu'il doit y avoir au moins 300 loups en Suède pour que l'espèce soit
considérée comme ayant un état de conservation favorable. La décision de la Cour administrative
suprême met en évidence tous les critères qui doivent être remplis pour qu'une décision
d'autorisation de chasse puisse être prise. La Cour passe en revue ce qui devrait être requis pour
que la chasse soit jugée appropriée au regard de la taille et de la composition des populations et
ce qui est requis pour que la chasse soit considérée comme sélective et dans des conditions
strictement contrôlées. En plus de cet arrêt, les conseils d'administration des comtés doivent
également prendre la décision préjudicielle de la Cour de justice de l'Union européenne, Affaire C-
674/172 , dans l'arrêt Tapiola124.
Les premières décisions relatives aux permis de chasse prises par les conseils administratifs des
comtés en 2021 ont été examinées par les tribunaux suédois. À l'exception de la chasse dans un
territoire, les tribunaux n'ont pas eu d'objections concernant l'état de conservation favorable local.
Les tribunaux ont également, en raison de décisions supplémentaires prises par le conseil
d'administration du comté, examiné spécifiquement la question de l'application de l'article 23(f) de
l'ordonnance sur la chasse125. Il incombe à l'autorité décisionnaire de prendre en compte toutes
les décisions judiciaires pertinentes concernant les grands carnivores lorsqu'elle décide de délivrer
des permis de chasse.
Évaluation de la possibilité de décider d'une chasse au loup avec permis :
Chaque conseil administratif de comté est chargé de veiller à ce que toute décision relative à l'octroi
d'un permis de chasse au loup réponde aux conditions énoncées à l'article 23c de l'ordonnance
sur la chasse. Cela signifie que tous les critères suivants doivent être remplis126 .?Il ne peut y avoir
d'autre solution que la chasse au permis.
? La chasse ne doit pas entraver le maintien d'un état de conservation favorable de la
population de l'espèce dans son aire de répartition naturelle.
? La chasse doit être adaptée à la taille et à la composition des populations.
? La chasse doit être sélective.
123 https://www.domstol.se/hogsta-forvaltningsdomstolen/avgoranden/2016/43696/
124https://eur-lex.europa.eu/legal-
content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
125 Se Kammarrätten i Sundsvall, mål nr 122?22 ; Se Kammarrätten i Sundsvall mål nr 393-395-22
126 Kriterierna utvecklas delvis i Naturvårdsverkets riktlinjer för beslut om skyddsjakt. Rapport 6568. ISBN: 978-91-
620-6568-3, sid 11.
PUBLIÉ
https://www.domstol.se/hogsta-forvaltningsdomstolen/avgoranden/2016/43696/
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 224/284
? La chasse doit être pratiquée dans des conditions strictement contrôlées.
Dans toute décision relative aux permis de chasse, les conseils d'administration des comtés
doivent préciser les considérations et les évaluations qui ont été faites pour chacun des points
susmentionnés. (?)
Concepts clés
Autre solution appropriée
La chasse au loup avec permis n'est possible que s'il n'existe pas de mesure alternative permettant
d'atteindre l'objectif de la chasse. Si les points 16.1 a-d (23 a § premier alinéa 1-4 de l'ordonnance
sur la chasse) sont applicables et peuvent être mis en oeuvre et réalisés par d'autres moyens que
16.1 e (23 c de l'ordonnance sur la chasse), ceux-ci doivent être préférés à une chasse avec permis.
C'est le cas, par exemple, de la chasse de protection visant à prévenir des dommages importants.
Cela nécessite un examen et une présentation minutieux de l'absence d'autres solutions
appropriées pour atteindre l'objectif déclaré de la chasse avec permis envisagée, et de l'existence
d'un soutien scientifique pour une telle position. Il s'agit de
Ces considérations doivent être clairement énoncées dans toute décision relative à la chasse au
permis.
L'autorité décisionnaire doit également indiquer les systèmes de coopération et de résolution des
conflits existant en Suède, par exemple les organismes de coopération, les délégations de gestion
de la faune sauvage, etc..
Le principe de précaution
L'affaire C674/176127 souligne également que le principe de précaution doit s'appliquer aux retraits
de la population. « Il convient également de souligner dans ce contexte qu'il découle du principe
de précaution énoncé à l'article 191, paragraphe 2, du TFUE que, si une évaluation des données
scientifiques les plus fiables et les plus accessibles laisse subsister une certaine incertitude quant
à l'opportunité d'une intervention de l'Union européenne dans le domaine de la protection de
l'environnement, il convient d'en tenir compte dans l'élaboration des politiques si cette dérogation
entrave le maintien ou le rétablissement de l'état de conservation favorable des populations d'une
espèce menacée, l'État membre n'accorde pas ou n'applique pas la dérogation".
Sur la question du but de la chasse, la Cour précise qu'une dérogation doit être fondée sur les
informations scientifiques et techniques les plus fiables et les plus pertinentes et à la lumière des
circonstances du cas d'espèce (point 51). Selon la Cour, il est nécessaire que l'État membre
démontre qu'une dérogation conduit à un effet positif global de la chasse sous licence sur l'état de
conservation du loup (point 46).Les modèles de taxation fondés sur des preuves scientifiques
minimisent le risque d'affecter négativement le maintien de la viabilité.128
Quantité limitée
Les critères de l'ordonnance sur la chasse doivent être interprétés à la lumière de la directive
Habitats. Il résulte de la jurisprudence (Hfd 2016 ref 89129 ) que, l'article 16, paragraphe 1, point e),
127https://eur-lex.europa.eu/legal-
content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
128 Beräkningar av beskattning av den Skandinaviska vargpopulationen 2023-Rapport till Naturvårdsverket, Sverige
och Miljødirektoratet, Norge från SKANDULV
Calculs de l'imposition de la population de loups scandinaves en 2023 - Rapport à l'Agence suédoise de protection
de l'environnement, Suède, et à l'Agence norvégienne de l'environnement, Norvège, de SKANDULV
129 https://www.domstol.se/hogsta-forvaltningsdomstolen/avgoranden/2016/43696/
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://www.domstol.se/hogsta-forvaltningsdomstolen/avgoranden/2016/43696/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 225/284
constitue la base d'une dérogation. Pour être autorisée, la chasse doit avoir une portée limitée et
porter sur une quantité limitée. La condition n'est pas fixée, ni en nombre ni en pourcentage, mais
selon l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement, il s'agit d'une comparaison avec le
niveau de population de l'espèce, en tenant compte des conditions spécifiques de l'espèce.
L'évaluation est directement liée à l'état de conservation de l'espèce.
Comme précédemment, la coordination entre les conseils administratifs des comtés concernés
avant les décisions relatives aux permis de chasse au loup est une condition préalable pour garantir
que le nombre total de loups couverts par les décisions est limité.
Dans l'affaire C674/17130 , la Cour de justice de l'Union européenne précise que la quantité de
spécimens prélevés accordée au titre de la dérogation prévue à l'article 16, paragraphe 1, point e),
doit être limitée de telle sorte qu'elle n'ait pas d'incidence négative significative sur la structure de
la population concernée, même si cette quantité ne compromet pas en soi le maintien de l'état de
conservation favorable des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition
naturelle (p. 72). Un impact négatif significatif sur la structure de la population concernée pourrait
être le ciblage de la chasse sur les seuls individus parentaux, réduisant ainsi la proportion
reproductrice de la population de loups.
Les orientations actualisées de la Commission européenne sur la protection stricte des espèces131
doivent également être prises en compte dans toute décision relative à l'octroi de permis de chasse
Lors des précédentes chasses au loup, les prélèvements ont été variables. Il a été établi dans la
pratique qu'une réduction de la population de loups d'environ 11 % était conforme au critère.
Ce qui est considéré comme une quantité limitée est lié à un prélèvement qui n'entrave pas le
maintien d'un état de conservation favorable, puisque ce sont ces deux critères qui affectent ce qui
est un prélèvement possible dans le cadre de la chasse sous licence. Cette question est examinée
plus en détail à la section 6 ci-dessous.4.
Objectif de la chasse
Suite à l'affaire C-674/1711 concernant la chasse au loup en Finlande, l'Agence suédoise pour la
protection de l'environnement souhaite souligner qu'il est important que l'objectif de toute chasse
au loup soit clairement décrit dans la décision relative à la chasse et qu'il existe une base
scientifique pour l'objectif atteint par la chasse.Outre la description des critères de la chasse
autorisée (voir l'article 23c de l'ordonnance sur la chasse), il est donc très important, dans les
décisions relatives à la chasse autorisée, d'énoncer clairement le but de la chasse et d'expliquer
comment la chasse autorisée conduira à la réalisation de ce but, y compris en décrivant le soutien
scientifique à ce but. C'est en fonction de l'objectif que l'on évalue s'il existe d'autres solutions
appropriées. Un exemple de l'objectif de la chasse avec permis peut être que la chasse légale
peut aider à réduire la chasse illégale132133 .
130https://eur-lex.europa.eu/legal-
content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
131 Guidance document on the strict protection of animal species of Community interest under the Habitats Directive
92/43/EEC
132 Liberg et al, Poaching-related disappearance rate of wolves in Sweden was positively related to population size
and negatively to legal culling (Le taux de disparition des loups lié au braconnage en Suède était positivement lié
à la taille de la population et négativement lié à l'abattage légal)
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0006320719311498
133 Suutarinen & Kojola. D'une manière ou d'une autre : facteurs prédictifs du braconnage des loups dans une
population de loups récoltés légalement
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0006320719311498
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 226/284
Un autre objectif de la chasse peut être de réduire l'impact socio-économique et
psychosocial que des populations denses de loups peuvent avoir sur les personnes vivant dans
des zones où il y a beaucoup de loups134135 .
Un troisième objectif pourrait être que la chasse autorisée dans les zones particulièrement
denses augmente la possibilité pour les descendants de loups génétiquement importants
(F1) de s'établir et d'entrer dans la population reproductrice136.
Le raisonnement sur l'attitude des gens envers les loups et la façon dont cela affecte la croissance
de la population de loups peut être trouvé, par exemple, dans un rapport de recherche américain
de 2015 par L. Scott Mills et Jennifer Feltner 137 . Ce rapport conclut notamment que le
développement de la population de loups en Scandinavie dépend de la tolérance de l'homme à
l'égard du loup et que la chasse au loup contrôlée n'est pas en soi incompatible avec le maintien
de la valeur de référence. Le rapport aborde également la relation entre la confiance et la chasse
illégale.
Toutefois, les nouvelles recherches ne confirment pas l'idée que les changements d'attitude des
gens à l'égard de la gestion des prédateurs peuvent être observés à court terme uniquement en
raison de la possibilité de chasser les loups138. Les nouvelles connaissances doivent être
répétées dans le temps afin d'obtenir une image plus claire de ce qu'un permis de chasse au loup
peut apporter et de la manière dont un changement d'attitude vers la tolérance et la confiance
dans la gestion peut être rendu possible. La question de savoir si la chasse illégale diminue
lorsque le permis de chasse est autorisé n'a pas été examinée dans le cadre de cette étude.
Chasse illégale
La CJUE précise dans l'affaire C674/17 que l'autorité décisionnaire doit étayer l'affirmation selon
laquelle l'autorisation de la chasse sous licence peut effectivement réduire la chasse illégale, et ce
dans une mesure qui aura un effet positif net sur l'état de conservation de la population de loups.
Cela doit être fait avec un "soutien scientifique rigoureux", y compris des données comparatives
sur l'impact de la chasse sur l'état de conservation des loups. Les décisions de chasse de
protection prévues et les dernières estimations du nombre de loups tués illégalement sont prises
en compte (pp. 44-45).
Dans un jugement du 17 février 2020, le tribunal administratif de Luleå - en référence directe à la
décision préjudicielle de la Cour de justice de l'Union européenne dans l'affaire C674/17 - déclare
que l'article 16, paragraphe 1, point e), de la directive "Espèces et habitats" peut être appliqué à
la chasse avec permis d'une espèce de carnivore strictement protégée (en l'occurrence, le lynx)
afin "d'améliorer les possibilités de coexistence et de maintenir ainsi l'état de conservation
favorable de la population de lynx".
Le tribunal administratif a donc rejeté l'objection des plaignants selon laquelle l'article 16,
paragraphe 1, point e), ne pouvait pas être utilisé pour la chasse avec permis. Dans les décisions
134 NV-02945-15 : Analyse et rapport sur la façon dont la socio-économie est affectée par une population de loups
ayant un statut de conservation favorable en Suède, Lettre dans le cadre de la mission gouvernementale visant à
étudier un statut de conservation favorable pour les loups (M2015/1573/Nm)
135 Erica von Essen, Dans le fossé entre légalité et légitimité
https://zslpublications.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/acv.12409
136 NV-06253-21 : Dynamique spatiale de la population de loups en Scandinavie - effets de l'augmentation de la
taille de la population et de l'abattage.
137 Annexe 4 au Rapport intérimaire de la commission gouvernementale chargée d'étudier l'état de conservation
favorable du loup (M2015/1573/Nm)
Bilaga 4 till Delredovisning av regeringsuppdraget att utreda gynnsam bevarandestatus för varg (M2015/1573/Nm).
138 NV-06582-20 : Étude sur les attitudes à l'égard de la chasse au loup sous licence
PUBLIÉ
https://zslpublications.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/acv.12409
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 227/284
relatives à la chasse au loup avec permis de 2022, un raisonnement similaire a été appliqué par
les tribunaux.
La dernière estimation de la chasse illégale a été faite en 2017 et a été estimée à environ 15-20%
de la mortalité totale de la population au niveau national. La chasse illégale est incluse comme
paramètre dans le modèle de taxation développé par SKANDULV. Le plan de gestion des grands
carnivores qui devrait être adopté à l'automne 2022 comporte également un domaine d'action qui
aborde la question de la chasse illégale. Des mesures sont en cours d'élaboration, d'une part pour
continuer à poursuivre activement les infractions de chasse graves qui se produisent, et d'autre
part pour travailler activement avec le travail de prévention.
Loups génétiquement importants et sélectivité
Comme lors des précédentes chasses au loup, la chasse au permis ne peut être menée dans des
territoires où l'établissement de loups génétiquement importants est assuré, conformément au § 4
de la réglementation de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement (NFS 2014:24).
Le contexte est que la chasse autorisée ne doit pas entraver le maintien d'un état de conservation
favorable et que la chasse doit être sélective.
Deux loups finno-russes précédemment connus étaient toujours stationnaires dans la zone de
reproduction de la population : une femelle dans un groupe familial en Suède (Tiveden) et un mâle
dans un groupe familial en Norvège (Setten). Un groupe familial avec des petits d'un an a été
documenté à Setten pendant l'hiver, mais aucun petit d'un an né en 2021 n'a pu être documenté à
Tiveden.Un total de 21 F1 a été documenté en Scandinavie, après trois loups finno-russes connus
au cours de la période d'inventaire. Lors de l'élaboration d'un éventuel permis de chasse, les
conseils administratifs des comtés doivent veiller à ce que la chasse ne soit pas pratiquée dans
des territoires où l'établissement de ces loups génétiquement importants a été confirmé.
Le nombre de groupes familiaux a augmenté en Suède au cours des dernières années. Le conseil
d'administration du comté devrait tenir compte du fait que la chasse est organisée de manière à ne
pas cibler les individus qui risquent d'avoir un impact négatif important sur la structure de la
population s'ils sont tués.
Possibilités de chasse avec permis en 2023
Une décision sur l'autorisation de la chasse au loup ne doit pas entraver le maintien d'un état de
conservation favorable de la population de loups dans son aire de répartition naturelle. Dans le
cadre d'une évaluation régionale concernant la chasse au loup autorisée, il est important de partir
du meilleur état de conservation de la population de loups dans son aire de répartition naturelle.
Les bases de calcul disponibles pour l'estimation de la population :
En Suède, il s'agit des résultats de l'inventaire annuel de la population de loups139. L'évaluation du
champ d'application des permis de chasse doit inclure la mortalité totale de la population de loups,
y compris la chasse illégale.
La population de loups s'est étendue à la zone de gestion sud où il y a maintenant un certain
nombre de territoires, à la fois des groupes familiaux et des paires de marquage de territoire. Bien
que la zone de gestion soit désormais supérieure au niveau minimum fixé, l'Agence pour la
protection de l'environnement considère toujours la zone de gestion sud comme une zone
de dispersion sans possibilité d'octroi de permis de chasse. Cette décision se fonde sur la
139https://brage.nina.no/nina-
xmlui/bitstream/handle/11250/2997123/bestandsstatusstorerovdyr2022_1.pdf?sequence=3&isAllowed=y
PUBLIÉ
https://brage.nina.no/nina-xmlui/bitstream/handle/11250/2997123/bestandsstatusstorerovdyr2022_1.pdf?sequence=3&isAllowed=y
https://brage.nina.no/nina-xmlui/bitstream/handle/11250/2997123/bestandsstatusstorerovdyr2022_1.pdf?sequence=3&isAllowed=y
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 228/284
politique décidée en matière de prédateurs, selon laquelle l'administration doit réduire la
concentration de loups là où elle est la plus forte, c'est-à-dire actuellement dans la zone de
gestion centrale, et permettre au loup de se répandre dans son aire de répartition naturelle,
qui comprend le sud de la Suède.
La partie nord de la zone de gestion méridionale pourrait à l'avenir abriter une population dense de
loups, car cette zone est directement adjacente à la zone centrale de la population de loups. Dans
cette zone (Södermanland, Östergötland, Jönköping), il pourrait être opportun que l'Agence pour
la protection de l'environnement examine la possibilité de déléguer le droit de prendre des
décisions sur les permis de chasse aux loups si la densification se poursuit.
La zone de gestion septentrionale n'est pas éligible à la chasse avec permis. Le niveau minimum
est tout juste atteint, mais la chasse avec permis ne doit pas compromettre le niveau minimum de
la zone de gestion.
La collaboration qui a lieu dans la zone centrale de gestion entre les comtés concernés qui peuvent
être impliqués dans l'exécution de la chasse sous licence doit être rapportée afin que le processus
menant à la décision puisse être étudié par la suite. De cette façon, la collaboration entre les
comtés et les considérations régionales peuvent être visualisées.
Chaque année, l'Agence pour la protection de l'environnement demande une mise à jour du modèle
d'évaluation140 pour la population de loups afin d'obtenir une évaluation du taux de croissance et
une base pour une éventuelle chasse totale sans risquer de compromettre l'état de conservation
favorable de l'espèce.
Le modèle d'évaluation doit constituer la base de l'analyse par les conseils d'administration des
comtés d'une éventuelle allocation totale de chasse pour la protection et la chasse avec permis au
cours de la saison à venir. Le modèle d'évaluation garantit que le prélèvement potentiel de chasse
tient compte de tous les paramètres de mortalité, y compris la chasse illégale.
Selon le règlement sur la chasse et la jurisprudence, le nombre de loups pouvant être chassés doit
être clairement indiqué dans une décision de chasse et doit être déterminé en fonction de la taille
de la population de l'espèce, de son état de conservation et de ses caractéristiques biologiques.
Ceci doit être fait sur la base de données scientifiques rigoureuses sur les conditions
géographiques, climatiques, environnementales et biologiques, ainsi que de données permettant
d'évaluer la situation de la reproduction de l'espèce concernée et le taux annuel total de mortalité
pour des causes naturelles.
L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement a indiqué dans son rapport 2019,
conformément à l'article 17 de la directive Habitats, que la population de loups suédoise est en
augmentation141. Le rapport est basé sur la façon dont la population a évolué au fil du temps et
n'est pas un instantané de la taille de la population de loups. Une population de loups stable ou en
augmentation au fil du temps est une condition préalable pour satisfaire aux exigences de la
directive. Du point de vue de la gestion, il est également important de parvenir à une stabilité dans
le temps, où les différents intérêts sont équilibrés conformément aux objectifs de la politique sur
les prédateurs. Sur la base de l'évolution de la population de loups au cours des dernières années,
l'Agence pour la protection de l'environnement estime qu'il est désormais possible de décider d'un
prélèvement plus important que les années précédentes dans le cadre de la chasse au loup. De la
même manière que pour la chasse à l'ours, une population de loups en croissance libre peut
140 Beräkningar av beskattning av den Skandinaviska vargpopulationen 2023-Rapport till Naturvårdsverket, Sverige
och Miljødirektoratet, Norge från SKANDULV
141 https://www.naturvardsverket.se/978-91-620-6914-8
PUBLIÉ
https://www.naturvardsverket.se/978-91-620-6914-8
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 229/284
entraîner des risques accrus de dommages. Ce sont les conseils d'administration des comtés qui
ont été chargés de décider s'il est nécessaire d'autoriser un prélèvement plus important que les
années précédentes dans le cadre de la chasse avec permis. En ce qui concerne l'évolution de la
population de loups et la possibilité d'utiliser des conditions spéciales pour concentrer la chasse
sur des territoires qui se vident complètement et pour exempter des territoires où vivent des loups
génétiquement importants, l'Agence pour la protection de l'environnement estime que des
prélèvements plus importants qu'auparavant sont possibles sans avoir d'impact négatif significatif
sur la structure de la population. Selon l'Agence, cela s'applique même si cela signifie que les
prélèvements des années précédentes par rapport à la taille de la population sont dépassés. Dans
le même temps, la récolte doit être effectuée en tenant compte, entre autres, du modèle de taxation
afin de ne pas entraver le maintien d'un état de conservation favorable.
Récoltes des années précédentes pour la protection et la chasse sous licence :
Compte tenu de l'évolution de la population de loups au fil du temps, l'Office de protection de
l'environnement estime que la retenue consistant à ne pas accorder de permis de chasse lorsque
la population de loups s'est approchée de la valeur de référence pour un état de conservation
favorable a été bien équilibrée. La population s'est rétablie et augmente en nombre. La population
de loups a également augmenté en nombre après la chasse avec permis effectuée pendant l'hiver
2020 et s'est étendue à d'autres parties de la Suède. Cela confirme que les décisions relatives à
la chasse de protection et à la chasse avec permis qui ont été prises n'ont pas menacé l'état de
conservation favorable du loup du point de vue des effectifs et de la répartition.
Suivi et évaluation
En plus de faire rapport à l'Agence de protection de l'environnement, les conseils administratifs des
comtés devraient, comme les années précédentes,142 assurer le suivi des décisions relatives à
l'octroi de permis de chasse. Ce suivi est important pour confirmer que la chasse contribue à la
réalisation des objectifs fixés. L'Institut vétérinaire national a également assuré le suivi des animaux
tués lors des chasses autorisées. Le dernier rapport date de 2022143. L'Agence pour la protection
de l'environnement est responsable du suivi de la gestion régionale et de l'évaluation à long terme
de la manière dont l'outil de gestion qu'est la chasse agréée est utilisé et qu'il n'entrave pas le
maintien d'un état de conservation favorable. En 2020, l'Agence pour la protection de
l'environnement a lancé une évaluation de la chasse agréée qui vise à mesurer si la confiance
dans la gestion augmente grâce à la mesure de gestion qu'est la chasse agréée. Les résultats
montrent que la confiance dans l'administration n'augmente pas après la mise en oeuvre du
programme.
Le changement d'attitude à l'égard de la gestion des prédateurs ne peut donc pas être observé à
court terme uniquement en raison de la possibilité de chasser le loup. Il n'est donc pas possible à
court terme d'observer des changements dans l'attitude des gens à l'égard de la gestion des
prédateurs uniquement en raison de la possibilité de chasser le loup. 144 Les nouvelles
connaissances doivent être répétées dans le temps afin d'obtenir une image plus claire de ce
qu'une chasse au loup peut apporter et comment un changement d'attitude vers la tolérance et la
confiance dans la gestion peut être rendu possible.
142 https://www.lansstyrelsen.se/download/18.710ed317161746d8052c07d/1526067907561/uppfoljning-licensjakt-
varg-2015-2017.pdf
143 https://www.sva.se/media/8d9f8460e974008/sva-rapport-74-2022-licensjakt-p%C3%A5-varg-2022.pdf
144 https://www.slu.se/globalassets/ew/org/inst/vfm/nyheter/2021/juni/nationella-undersokningen.pdf
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 230/284
? Calculs de taxation [prélèvement] de la population de loups scandinaves 2023 - Rapport
du projet de recherche sur le loup en Scandinavie (SKANDULV) à l'Agence suédoise de
protection de l'environnement et à l'Agence norvégienne de l'environnement. 2022-06-15
Extraits
Pour la Suède, les possibilités de dépasser largement l'objectif de population à l'automne 2022
d'au moins 300 loups sont nettement plus nombreuses qu'au cours des deux dernières années. La
valeur moyenne de la population brute estimée brute estimée pour l'automne prochain (2022) est
de 419 (329 - 530 ; IC 95 %) loups, avec la possibilité de chasse de 33 loups pendant la période
du 1er octobre 2021 au 30 avril 2022.
Il est donc possible de chasser pendant toute la période du 1er mai 2022 au 30 septembre 2023
et les prévisions du modèle pour le 1er octobre 2023 montrent que le risque de se retrouver en
dessous de 300 individus est de 10 % pour un prélèvement total (somme de la chasse autorisée,
de la chasse de protection et de l'autodéfense) de 84 individus.
Pour la Norvège, la croissance potentielle a été de 33% (0,75 - 1,92 ; 90% CI) au cours des 10
dernières années. La grande variation du taux de croissance en Norvège est due au fait que les
calculs sont basés sur une partie limitée d'une population plus large et que le hasard a donc un
impact relativement plus important.
En outre, la dispersion des loups depuis la Suède peut avoir un impact sur le taux de croissance
en Norvège puisque cette sous-population ne représente que moins de 20 % de la population
scandinave. Si nous partons de l'objectif national le plus élevé, à savoir 6 rajeunissements incluant
la moitié des territoires frontaliers, alors l'objectif calculé comme suit sera atteint Si nous partons
de l'objectif national le plus élevé, à savoir 6 rajeunissements incluant la moitié des territoires
frontaliers, alors l'objectif calculé en nombre d'individus est d'environ 60 loups.
Il n'y a pas d'objectif explicite pour la population scandinave. Toutefois, si l'on additionne les
objectifs pour les sous-populations norvégienne et suédoise, on obtient un minimum de 340 à 360
loups (la fourchette dépend de l'objectif norvégien de 4 à 6 générations).
La population estimée à l'automne 2021 à 495 (475-516 ; IC 95 %) loups est bien supérieure à cet
objectif. La prévision la plus probable pour le 1er octobre 2022 est de 507 (399-641 ; IC 95 %)
loups avec un prélèvement de 63 loups au cours de la période du 1er octobre 2021 au 30 avril
2022.
Avec un prélèvement du 1er octobre 2022 au 30 septembre 2023 en Scandinavie de 115 loups, le
risque est de 10 % que la population se retrouve en dessous de 360 au 1er octobre 2023, c'est-à-
dire l'intervalle de confiance inférieur de 80 % du tableau 3. Si l'on combine les prélèvements
possibles en Suède et en Scandinavie pour atteindre les objectifs de population, un prélèvement
de 84 loups en Suède donne un risque de 10 % de tomber en dessous de la valeur de référence
de 300 loups, c'est-à-dire qu'il y a une marge de 31 loups pour la Norvège si l'on veut s'en tenir à
un risque de 10 % de tomber en dessous de 360 loups pour la Scandinavie.
Un prélèvement de 75 loups en Scandinavie entre le 1er octobre 2022 et le 1er octobre 2023 est
estimé donner une croissance nulle et un prélèvement de 85 loups est estimé donner la même
taille de population qu'au 1er octobre 2021.
Les résultats du modèle s'appliquent à toutes les chasses réalisées pendant la période du 1er mai
2022 au 30 septembre 2023. S'il y a une chasse sous abri extensive pendant l'été 2022 et 2023,
ou si vous voulez avoir de la place pour une chasse sous abri pendant l'hiver 2022/2023, ceux-ci
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 231/284
doivent être déduits de tous les quotas de chasse sous licence pendant l'hiver 2022/2023 pour que
les résultats du modèle s'appliquent.
? Les conseils des comtés ont décidé en septembre 2022 d?autoriser une chasse sous
licence de 75 loups en janvier et février 2023.
57 loups ont effectivement été tués dans le cadre de cette chasse.
14.10.2 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
Aucun élément identifié par la mission.
14.11 Acceptation sociale
Rapport : Enquête sur les attitudes à l'égard des grands prédateurs et la gestion des préda-
teurs
Extrait
Parmi les cinq grands carnivores, le loup est l'espèce la plus controversée. Une majorité de
l'échantillon national (69 %) déclare apprécier la présence du loup en Suède, tandis que 12 %
n'aiment pas ou n'aiment pas du tout la présence du loup en Suède. Si un loup existe dans le pays,
une personne sur cinq exprime une opinion neutre. Ces valeurs sont restées stables dans le temps.
Les habitants de Stockholm acceptent mieux la présence des loups dans le pays (79 %), tandis
que les réponses positives sont nettement moins nombreuses dans cinq comtés : Jämtland (59 %),
Värmland (58 %), Dalarna (54 %), Kronoberg (54 %) et Gävleborg (54 %). Hormis Kronoberg, ces
comtés ont une population de loups et des recherches antérieures ont montré que les attitudes à
l'égard des loups tendent à devenir moins favorables au fur et à mesure que les gens coexistent
avec l'espèce (Dressel et al. 2015). La volonté des répondants d'avoir des loups dans le quartier
où ils vivent a également diminué au fil du temps. Dans les enquêtes de 2004 et 2009, 60 % de
l'échantillon national pourrait accepter le loup dans son quartier. Dans la dernière enquête, Il est
intéressant de noter qu'aucun des comtés inclus n'a montré de différence significative par rapport
à l'échantillon national en termes d'acceptation par la population de la présence de loups dans leur
voisinage. En outre, la proportion de personnes qui pensent que les loups devraient être autorisés
à vivre sur l'ensemble du territoire suédois a augmenté (54 %), mais dans le même temps,
davantage de personnes pensent qu'il ne devrait pas y avoir de loups là où il y a des rennes (33 %
contre 25-26 % dans les enquêtes précédentes). La peur des loups a augmenté au fil du temps
dans l'échantillon national, mais elle reste bien inférieure à la peur de rencontrer un ours. Dans
l'enquête de 2004, un quart des personnes interrogées ont déclaré avoir peur de rencontrer un
loup lorsqu'elles se trouvent dans la nature, contre 35 % l'année précédente pour cent dans la
dernière enquête. Il est également important de préciser que la peur des grands prédateurs n'a
pas seulement augmenté au fil du temps, mais aussi celle d'autres espèces telles que le sanglier.
En général, les gens sont plus nombreux aujourd'hui qu'il y a 16 ans à craindre de rencontrer des
animaux sauvages lorsqu'ils sont dans la nature. Les attitudes à l'égard de l'objectif politique pour
les loups sont restées relativement stables au fil du temps. Un peu plus de la moitié des personnes
interrogées (56 %) pensent que 170-270 loups est un objectif national acceptable. 16 % souhaitent
que l'objectif actuel soit fortement ou quelque peu réduit et 28 % préféreraient une augmentation
de l'objectif national en matière de nombre de loups. Plusieurs des comtés où une population de
loups est établie diffèrent de l'échantillon national. Plus d'une personne sur cinq dans le Värmland
(19 %), en Dalécarlie (20 %), dans le Jämtland (23 %) et dans la région de l'Oregon (20 %) est
favorable à l'augmentation du nombre de loups. Gävleborg (24 %) pense que l'objectif national
devrait être fortement réduit. L'échantillon national diffère encore du Västmanland et du Norrbotten.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 232/284
WWF 2023
« Un permis de chasse pour 75 loups a été accordé pour 2023. Le WWF regrette cette décision.
Le WWF regrette l'octroi d'un permis de chasse de 75 loups en Suède. De nombreux loups sont
consanguins et le quota de chasse élevé représente un risque pour la population, qui était estimée
à 460 individus lors du dernier inventaire. Ce chiffre peut être comparé au total de 203 loups tués
depuis 2010, date à laquelle la chasse a repris.
- Nous sommes préoccupés par le fait que la Suède ne dispose pas d'un plan à long terme pour
renforcer le statut génétique des loups. Ce problème n'a pas encore été résolu", déclare Benny
Gäfvert, expert en prédateurs au WWF.
Des mesures sont nécessaires pour prévenir les conflits entre les prédateurs et les humains
La chasse avec permis ne résout pas tous les problèmes des propriétaires d'animaux domestiques.
Le gouvernement et le parlement doivent allouer plus d'argent aux mesures préventives de
protection des animaux domestiques. Cela implique une indemnisation complète et un meilleur
soutien aux personnes touchées par les dégâts causés par les prédateurs, notamment pour
l'entretien des clôtures destinées à repousser les prédateurs.
Le WWF travaille activement à l'élaboration de solutions efficaces et innovantes à plus grande
échelle, afin que les humains et les prédateurs puissent coexister et réduire les conflits. Par
exemple, nous investissons dans le soutien des clôtures anti-prédateurs et dans le développement
d'une technologie de caméras intelligentes pour surveiller les animaux domestiques.
Les prédateurs en Suède devraient bénéficier d'un statut de conservation favorable
Le WWF souhaite que les prédateurs en Suède bénéficient d'un statut de conservation favorable.
Une condition importante est que les conflits soient réduits et qu'un dialogue approfondi soit mené
avec les politiciens, les autorités et les acteurs bénévoles, tant en Suède que dans notre réseau
européen, afin que la législation de l'UE sur les prédateurs ne soit pas sapée.
- Les loups et les autres prédateurs jouent un rôle important dans la nature. Les prédateurs sont
importants pour les écosystèmes et la biodiversité, notamment parce qu'ils régulent la façon dont
les proies se déplacent et se nourrissent", déclare Benny Gäfvert.
Pour en savoir plus sur le travail du WWF avec les loups et les autres grands prédateurs suédois,
consultez le site : www.wwf.se/djur/svenska-stora-rovdjur »
14.12 Eléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du
loup en Suède
Cf. supra décision du parlement de mai 2022 et rapports demandés à l?agence suédoise de
protection de l?environnement.
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14.13 Liste des contrôles des clôtures subventionnées
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15 Fiche Suisse
Le libre pâturage est encore toléré et pratiqué d?un certains cantons mais disparaît peu à peu par
baisse des subventions et présence croissante du loup. Le pâturage en rotation est toujours
présent mais c?est le gardiennage qui prend de l?importance grâce à la prise en charge de la
rémunération des bergers par le ministère de l?agriculture pendant l?estivage.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 238/284
15.1 Présentation de l?élevage en Suisse
15.2 Caractéristiques de la population de loup
15.2.1 Les effectifs de loup
L?Office fédéral de l?environnement (OFEV) a chargé la Fondation KORA (Écologie des carnivores
et gestion de la faune sauvage - https://www.kora.ch/fr/) d?effectuer un suivi national du loup. Le
KORA documente toutes les preuves de déclarations de loups et coordonne la collecte des
échantillons génétiques, qui sont analysés au Laboratoire de la Biologie de la Conservation (LBC)
de l?Université de Lausanne. Le KORA gère également le budget des analyses génétiques. La
Confédération y consacre chaque année entre un et deux millions de francs. Les opérations sur le
terrain relèvent de la responsabilité des cantons et de leurs collaborateurs. Il n'existe pas de vue
d'ensemble à l'échelle nationale des coûts qui y sont occasionnés (salaires du personnel).
L'estimation des effectifs se fait sur la base des analyses génétiques, qui doivent permettre de
recenser si possible tous les individus une fois par an (2022 : 240 individus, y compris les
louveteaux, les loups qui ont migré et ceux qui ont été tués), ainsi que sur la base de la
détermination des reproductions (2022 : 26 meutes, dont environ 22 avec reproduction, y compris
les meutes transfrontalières avec la France et l'Italie).
S?il existe des indices de la formation d?un couple ou d?une meute, le KORA aide les cantons à
intensifier la surveillance de la zone en question (par exemple au moyen de pièges
photographiques), afin de confirmer la formation de meutes grâce à des preuves fiables.
Tous les indices de la présence de loups peuvent être signalés au KORA (formulaires :
https://www.kora.ch/index.php?id=158&L=2) et être consultés et téléchargés sur le site du KORA
Monitoring Center.
15.2.2 Méthode de dénombrement du loup
On distingue globalement le suivi passif et le suivi actif.
Dans le cadre du suivi passif, les événements occasionnels sont documentés, par exemple des
loups trouvés morts, des animaux de rente et/ou sauvages prédatés, des observations
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 239/284
occasionnelles telles que des repérages (avec photos), des traces ou des fèces. Le suivi passif
présente l?avantage d?être peu coûteux et de pouvoir être poursuivi sur une vaste zone pendant
une longue période. En contrepartie, il est tributaire de la bonne volonté de la population, qui
signalera ou non la présence d?animaux, et il est moins sûr, puisque des personnes moins
expérimentées peuvent par exemple confondre des traces de loup et de chien.
Il est donc recommandé de classer toutes les notifications en fonction de leur fiabilité, en utilisant
par exemple les trois catégories du SCALP (cf. Molinari-Jobin et al. 2012) :
? catégorie 1) Preuves concrètes, par exemple découvertes de cadavres, photos, preuves
génétiques ;
? catégorie 2) Indices confirmés par des personnes formées ;
? catégorie 3) Preuves non confirmées, par exemple des observations visuelles sans
photographie.
Le suivi actif fait référence à la collecte ciblée et systématique de données, afin d?atteindre les
objectifs définis dans le programme de suivi (cf. Breitenmoser et al. 2006). Ce type de suivi est
plus complexe et plus coûteux, mais il fournit des données systématiques sur des questions
spécifiques.
Quatre méthodes de suivi sont considérées en Suisse particulièrement adaptées au loup :
? Le suivi systématique des traces de loups en hiver sur des transects prédéterminés est
une méthode établie, mais relativement coûteuse, qui est utilisée dans des zones où la
présence de loups est permanente, pour déterminer la taille minimale de la meute ainsi
que sa composition. Dès qu?une éventuelle trace de loup est détectée, le transect est laissé
et la piste est suivie jusqu?à ce qu?il puisse être clairement confirmé qu?il s?agit d?une piste
de loup et que le nombre minimal de loups puisse être déterminé. En outre, des échantillons
peuvent être collectés. La solution optimale consisterait à faire tous les transects dans une
zone de manière simultanée. Elle supposerait toutefois qu?un grand nombre de personnes
soient simultanément disponibles pour effectuer le travail de terrain. De plus, les conditions
d?enneigement des hivers plutôt doux sous nos latitudes répondent rarement aux
exigences de cette méthode. Par conséquent, la possibilité d?effectuer tous les transects
de manière simultanée a été abandonnée. Le travail sur le terrain doit cependant rester le
plus égal possible entre les différents territoires suivis (cf. Zimmermann 2019).
? Les échantillons collectés tels que les autopsies de loups retrouvés morts, la salive
recueillie sur des proies ou les fèces, fournissent du matériel pour le suivi génétique.
? Ces dernières années, le suivi par pièges photographiques déjà utilisé pour le lynx a fait
ses preuves pour le loup. Les pièges photographiques sont installés sur les chemins
régulièrement empruntés par les loups ou lorsqu?une proie est retrouvée. Cette méthode
permet par exemple de détecter des louveteaux de connaître la taille minimale des meutes
ou encore de mesurer leur aire de distribution (cf. Reinhardt et al. 2015). Cependant, les
loups ne peuvent pas être identifiés individuellement sur des images de pièges
photographiques. Par conséquent, contrairement au lynx, la taille de la population de loups
ne peut être estimée au moyen de la méthode dite de « capture-recapture » (KORA 2020).
? L?analyse informatique d?enregistrements sonores des hurlements permet de déduire des
informations sur la présence de louveteaux et le nombre minimal d?individus dans la meute
(cf. Zimmermann 2019). Les incitations aux hurlements fonctionnent le mieux entre juillet
et octobre (cf. Gazzola et al. 2002), lorsque les louveteaux sont encore reconnaissables
comme de jeunes animaux grâce à leur voix aiguë et qu?ils ne se déplacent pas encore
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 240/284
avec les adultes (cf. Nowak et al. 2007, Gazzola et al. 2002). Toutefois, comme elles sont
complexes à réaliser et que les taux de réussite sont faibles (les loups ne répondent pas à
chaque fois), les incitations aux hurlements ont quelque peu été éclipsées par l?utilisation
de pièges photographiques (cf. Reinhardt et al. 2015). De nouveaux outils tels que les
capteurs acoustiques (par exemple le « Songmeter ») permettent désormais aussi
l?enregistrement systématique des hurlements spontanés. Si l?intervention sur le terrain est
alors considérablement simplifiée puisque les capteurs acoustiques enregistrent
automatiquement les sons (cf. Suter 2019), les heures d?enregistrements sonores doivent
ensuite être analysées afin de trouver les hurlements de loup. Reste que, avec
l?automatisation croissante de ces analyses de données, cette méthode est vouée à un
avenir prometteur (cf. Zimmermann 2019).
15.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
Loups identifiés en Suisse (état au 31.1.2023).
Les individus génétiquement identifiés au cours des derniers mois (dernière preuve) et qui ne
peuvent pas être attribués à une meute sont marqués d'un cercle (mâle) ou d'un triangle (femelle).
Symboles jaunes = individus de passage, symboles bleus = loups établis, symboles gris = la
situation n'est pas connue.
Les meutes sont représentées par de grands disques nommés avec l'abréviation de la meute. Bleu
clair = meute transfrontalière. bleu foncé = meute en Suisse Les individus attribués aux meutes (p.
ex. les louveteaux) ne figurent pas sur la carte. Les couples sont représentés par des carrés orange
et identifiés par une abréviation. Les individus morts et les individus dont il est prouvé qu'ils ont
quitté la suisse ne sont pas représentés.
Analyses génétiques : Laboratoire de Biologie de la Conservation (LBC), Université de Lausanne.
Il y a actuellement environ 16 meutes de loups vivant en Suisse, dont sept traversent la frontière
avec l'Italie et la France. Les meutes sont définies comme des groupes socialisés d'au moins trois
loups des deux sexes. Ce sont principalement des groupes familiaux reproducteurs. Cependant,
la reproduction n'a pas pu être confirmée dans toutes les meutes de l'année en cours. On peut
supposer qu'il existe environ quatorze reproductions et un cheptel d'environ 150 loups.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 241/284
Probablement deux nouvelles meutes transfrontalières avec la France
Dans les Alpes du Nord françaises, plusieurs nouvelles meutes de loups ont été identifiées lors
des suivis estivaux en 2021. Deux d'entre eux sont susceptibles de vivre de l'autre côté des
frontières avec la Suisse : la meute de la Dent d'Oche au sud du lac Léman et la meute des
Posettes dans la région de Vallorcine sur le cours supérieur de l'Eau Noire - un cours d'eau qui se
déverse en Suisse. La Dent d'Oche est située dans le Chablais, où vit déjà une meute de loups.
Cependant, la meute rencontrée en France n'est pas identique à celle de la Suisse. On peut
supposer que la preuve la plus septentrionale de meutes du côté suisse du Chablais dans la région
de St. Gingolph remonte à la nouvelle meute de la Dent d'Oche.
15.2.4 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
Prédations sur les troupeaux
Avec un cheptel d'environ 350 000 moutons et 80 000 chèvres, un peu plus de 1 000 animaux de
rente ont été tués l'année dernière (98% de moutons et de chèvres). Le nombre d'attaques a
augmenté ces dernières années, mais moins rapidement que la population de loups. La grande
majorité des attaques ont lieu dans des situations sans protection des troupeaux (environ 80%).
Au cours des dix dernières années, entre 0 et 5 vaches ont été tués par des loups en Suisse
chaque année. Cela représente environ 1 % des animaux d'élevage tués. À quelques exceptions
près, il s'agit de veaux nouveaux-nés au pâturage. Chez les vaches adultes, laitières ou allaitantes,
il n'y a pas eu à ce jour de prédation confirmée par des loups en Suisse.
Interactions du loup avec l'Homme
L?OFEV considère que la dangerosité des loups ne dépend pas de leur nombre ou de la présence
de leur meute et que les seuls facteurs décisifs sont la présence ou l'absence de rage, la
disponibilité de proies naturelles et s'il existe des loups conditionnés (nourris).
La rage est éradiquée en Suisse depuis 25 ans, les stocks d?animaux sauvages sont intacts et les
loups ne sont pas nourris.
Les loups sont considérés comme ne présentant aucun danger même en présence de meutes.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 242/284
15.3 Politique publique de gestion du loup
15.3.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
En vertu de l?art. 10bis de l?ordonnance fédérale sur la chasse (OChP ; RS 922.011), l?Office fédéral
de l?environnement (OFEV) est chargé d?établir un plan applicable à la gestion du loup en Suisse.
Ce plan contient notamment des principes régissant :
? la protection des espèces et la surveillance des populations ;
? la prévention des dégâts et des situations critiques ;
? l?encouragement des mesures de prévention ;
? la constatation des risques et des dégâts ;
? l?indemnisation pour les mesures de prévention et les dégâts ;
? l?effarouchement, la capture ou, pour autant qu?il ne soit pas déjà régi par les art. 4bis et
9bis, le tir, notamment selon l?importance des risques et des dégâts, le périmètre de
l?intervention ;
? la coordination internationale et intercantonale des mesures ;
? l?harmonisation des mesures prises en application de la présente ordonnance avec les
mesures prises dans d?autres domaines environnementaux.
Organisation administrative
Depuis qu?elle est devenue un État fédéral en 1848, la Suisse a développé les possibilités de
participation de la population. Divers instruments permettent l?implication la plus large possible des
minorités, une spécificité politique décisive dans un pays où cohabitent plusieurs langues et
cultures. Une structure étatique fédéraliste rapproche la politique des citoyens. Le niveau qui leur
est le plus proche, la commune, se voit attribuer le plus de compétences. Il y a 2172 conseils
communaux. Des compétences ne sont dévolues aux niveaux supérieurs, soit aux cantons (26
gouvernements cantonaux) et à la Confédération, que là où c?est nécessaire.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 243/284
La Suisse est une démocratie directe. Les Suisses et les Suissesses disposent du droit de vote
mais aussi du droit de voter sur des questions concrètes. La Suisse est gouvernée par le Conseil
fédéral, un collège de 7 membres (les conseillers fédéraux), qui prend ses décisions par consensus.
Les membres du Conseil fédéral sont élus par l?Assemblée fédérale, qui se compose d?une grande
chambre et d?une petite chambre. La grande chambre, le Conseil national, représente le peuple,
alors que la petite chambre, le Conseil des États, représente les cantons. Les représentants du
peuple issus de 11 partis font valoir leurs positions dans ce Parlement.
Organisation administrative de la gestion du loup
L?Office fédéral de l?environnement (OFEV) a chargé la Fondation KORA (Écologie des carnivores
et gestion de la faune sauvage - https://www.kora.ch/fr/) d?effectuer un suivi national du loup. Le
KORA documente toutes les preuves de déclarations de loups et coordonne la collecte des
échantillons génétiques, qui sont analysés au Laboratoire de la Biologie de la Conservation (LBC)
de l?Université de Lausanne. Le KORA gère également le budget des analyses génétiques.
Pour permettre une gestion efficace des grands prédateurs, l?ours, le lynx et le loup, la Suisse est
subdivisée en compartiments principaux et en sous-compartiments composés de plusieurs cantons
ou parties de cantons.
Dans chaque compartiment principal, la gestion des grands prédateurs est confiée à une
commission intercantonale formée d?un représentant de chaque canton concerné et d?un
représentant de l?OFEV. Si nécessaire, la commission peut s?ouvrir à d?autres représentants des
autorités (cantons du compartiment concerné, cantons des compartiments voisins, Confédération)
et avoir recours à des experts.
15.3.2 Plan de gestion du loup
Se fondant sur les faits concrets selon lesquels :
? le loup est en Suisse une espèce indigène protégée par la loi fédérale sur la chasse (point
4.1 et annexe 1) ;
? la marge de manoeuvre en matière de gestion du loup est fixée par la législation (annexe
1) ;
? il n?existe en Suisse aucun projet de réintroduction du loup ;
? la Suisse est colonisée par des loups ;
? et l?expérience des pays voisins est riche d?enseignements, et guidé par le principe selon
lequel la cohabitation entre l?homme et le loup est possible en Suisse sous certaines
conditions ;
le Plan Loup fixe les objectifs suivants :
? créer les conditions nécessaires pour que les loups puissent vivre en Suisse et s?y
reproduire en tant que membres d?une population alpine globale ;
? transmettre au public des connaissances sur le mode de vie du loup et faire connaître sa
fonction importante de prédateur ;
? minimiser les conflits avec l?agriculture, la chasse, le tourisme et la population concernée ;
? formuler les principes applicables à la prévention et à l?indemnisation des dégâts ;
? éviter que la présence du loup n?entrave de manière intolérable l?élevage des animaux de
rente ;
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 244/284
? définir les critères autorisant a) le tir d?un loup isolé causant des dégâts et b) la régulation
de populations de loups qui, parce qu?elles s?implantent, causent d?importants dommages
aux animaux de rente ou des pertes importantes dans les effectifs cantonaux d?animaux
chassables, ou qui représentent une grave menace pour l?homme.
En application de la loi sur la chasse (art. 25 LChP), la surveillance de la gestion du loup est confiée
à l?OFEV, concrètement, l?OFEV est en charge des tâches suivantes :
? élaborer des directives relatives à la gestion du loup. Il veille ce faisant à impliquer les
associations nationales directement concernées en dirigeant le groupe de travail « Grands
prédateurs », composé de représentants de la Confédération, des cantons et des
associations d?intérêts nationales ;
? assister les cantons dans la surveillance des populations de loups sur leur territoire ;
- veiller au relevé des dommages causés par le loup aux animaux de rente, en collaboration
avec les cantons ;
? collaborer avec les acteurs des milieux agricoles conformément à la directive de l?OFEV
concernant la protection des troupeaux : au développement de mesures de prévention des
dégâts, à la vulgarisation et à la coordination de la prévention mise en oeuvre, à l?évaluation
des conséquences économiques ;
? accompagner et surveiller l?application du Plan Loup par les cantons ;
? préparer pour les cantons les bases nécessaires de la gestion du loup pour informer et
sensibiliser le public et certains groupes d?intérêts ;
? financer les organisations en charge de la surveillance des populations de loups et de
l?analyse des cadavres de proies ou de loups ;
? veiller, si besoin est, en collaboration avec les cantons, à la réalisation de projets
scientifiques particuliers sur l?expansion, le comportement et la dynamique de population
de l?espèce et à la réalisation de projets concernant l?influence du loup sur les populations
prédatées ;
? entretenir des contacts avec des experts d?autres pays en vue de coordonner la gestion
des populations de loups communes.
Les cantons exécutent la gestion du loup sur leur territoire (art. 25 OChP). Les tâches qui leur
incombent sont les suivantes :
? collecter tous les indices et preuves laissant supposer la présence du loup et informer
continuellement l?OFEV de la situation dans les régions concernées ;
? surveiller la population de loups sur leur territoire.
Le Plan Loup aide l?OFEV à l?exécution relative à la gestion du loup en Suisse
? informer immédiatement l?OFEV, l?institution en charge de la surveillance nationale des
populations de loups (actuellement KORA) et le service national en charge de la protection
des troupeaux (actuellement AGRIDEA) en cas de dommages qui sont supposés ou
prouvés être dus à un loup, ou d?autres signes de sa présence (p. ex. cadavres d?animaux
sauvages) ;
? planifier et mettre en oeuvre la protection des troupeaux conformément à la directive de
l?OFEV concernant la protection des troupeaux ;
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 245/284
? impliquer et informer les autorités locales et régionales, ainsi que les représentants
cantonaux des groupes d?intérêts concernés (transparence) ;
? prendre en compte l?influence du loup dans la planification cynégétique et forestière ainsi
que dans la préservation de la diversité indigène des espèces et des milieux naturels ;
? accorder et exécuter des autorisations de tir, en concertation avec la commission
intercantonale et après avoir obtenu l?accord de l?OFEV s?il s?agit de mesures de régulation ;
? assurer l?information du public en concertation avec l?OFEV.
La commission inter-cantonale pilote la gestion des grands prédateurs en coordonnant :
? la collecte des données pour la surveillance des populations de loups ;
? la délimitation des périmètres d?intervention (régulation) ;
? l?application des mesures de protection des troupeaux conformément à la directive de
l?OFEV concernant la protection des troupeaux ;
? l?émission de recommandations spécifiques concernant l?octroi d?autorisations de tir,
établies à l?intention du canton concerné et de l?OFEV ;
? l?information du public ;
? la concertation avec les compartiments voisins ou avec l?État voisin, ainsi que leur
information.
Le groupe de travail national « Grands prédateurs » se compose de représentants de la
Confédération, des cantons, des associations d?intérêts nationales et des milieux scientifiques. Il
est chargé des tâches suivantes :
? conseiller l?OFEV pour l?actualisation des plans mentionnés à l?art.10bis OChP ;
? étudier les questions d?intérêt général soulevées par la présence des grands prédateurs ;
? assurer un transfert d?expérience et de savoir à l?attention des décideurs ;
? établir un dialogue constructif, permettant de trouver des solutions.
Les cantons recueillent, conformément aux consignes de l?OFEV, tous les indices révélant la
présence du loup (échantillons de poils, d?excréments, d?urine ou de salive) et les signalent sans
délai à l?institution en charge de la surveillance nationale des populations de loups (actuellement
KORA). Si nécessaire, les échantillons font l?objet d?analyses génétiques dans un laboratoire
désigné par l?OFEV (actuellement le LBC UNIL). L?institution responsable de la banque de données
établit un rapport trimestriel sur la situation du loup en Suisse à l?intention de l?OFEV et des cantons.
Depuis 2005, le loup est responsable d?environ trois quarts des attaques commises sur des
animaux de rente en Suisse. Il s?en prend surtout à des moutons ou à des chèvres, plus rarement
à des bovins. L?OFEV considère que la mise en oeuvre de mesures de protection et de prévention
des dégâts est capitale dans les régions où ce prédateur est présent. Ces mesures sont définies
dans la directive de l?OFEV concernant la protection des troupeaux et sont soutenues
financièrement par l?OFEV (art. 10, al. 4, art. 10ter et 10quater OChP).
Les autorités cantonales procèdent au relevé des dommages. Pour l?évaluation et la constatation
de ces dommages, elles peuvent solliciter l?institution mandatée par la Confédération pour la
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 246/284
surveillance des populations de loups (KORA).
Les dommages causés par le loup aux animaux de rente et aux cultures agricoles sont indemnisés
conjointement par la Confédération et les cantons (80 % par la Confédération et 20 % par le canton,
en vertu de l?art. 10, al. 1 à 3, OChP).
L?OFEV indemnise les dommages que les cantons ont enregistrés dans la plate-forme
d?information GRIDS (acronyme pour Grossraubtier Information und Dokumentation Schweiz ?
Information et documentation sur les grands prédateurs en Suisse).
L?indemnisation versée pour la perte d?un animal de rente requiert la présentation de son cadavre.
En cas de doute, l?administration cantonale peut demander aux spécialistes de l?Institut de
pathologie animale de l?Université de Berne d?effectuer une expertise.
Les cantons peuvent se montrer conciliants et indemniser partiellement ou entièrement les
animaux de rente qui ont été blessés, ont fait une chute ou sont portés manquants après l?attaque
d?un loup. Le montant de l?indemnité partielle est fixé par le canton.
L?OFEV recommande aux cantons de se procurer les tableaux d?estimation publiés par les
associations suisses d?élevage, pour fixer le montant des indemnités.
15.3.3 Coûts globaux de la politique
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 247/284
La Confédération alloue actuellement environ 8 millions de francs suisses pour les mesures de
protection des troupeaux. Ces fonds proviennent de l'Office fédéral de l'environnement. Environ 8
millions de francs suisses supplémentaires sont alloués pour le gardiennage. Ils proviennent de
l'Office fédéral de l'agriculture. Certains cantons versent en outre des contributions cantonales.
15.3.4 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Les mesures reconnues de protection du bétail, c'est-à-dire des chiens de protection du bétail et
des clôtures électriques adaptés, sont soutenues financièrement par la Confédération.
L'argent provient du budget de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Les cantons sont
chargés de fournir des conseils. Les exigences administratives et techniques sont réglementées
dans le « Enforcement Aid Herd Protection ».
Les mesures structurelles de gestion agricole qui ne relèvent pas de la protection des troupeaux
au sens strict sont financées par la politique agricole (budget de l'Office fédéral de l'agriculture).
Cela s'applique, par exemple, à l'élevage d'animaux de ferme sur l'alpage ou à la construction
d'écuries dans les fermes de vallée (fermes familiales).
Sur demande, le groupe Wolf Suisse peut apporter un soutien financier aux mesures de protection
du bétail dans la mesure de ses possibilités.
Dépenses éligibles
Ce qui est reconnu comme protection des troupeaux en Suisse est défini par la loi sur la chasse
(art. 12 JSG, art. 4, 9 et 10 JSV). La mise en oeuvre technique se trouve dans « Aide à l'exécution
pour la protection des troupeaux ».
En Suisse, deux mesures sont reconnues comme protection du bétail :
? l'utilisation de chiens de garde reconnus ;
? l?'utilisation de clôtures électrifiées homologuées.
Un troupeau est considéré comme protégé si l'on utilise soit des clôtures électriques, soit des
chiens de protection. Une combinaison des mesures est certes recommandée, mais n'est pas
nécessaire pour qu'un troupeau soit considéré comme protégé. Les mesures de protection sont
principalement prises pour les moutons et les chèvres, et depuis quelques années également pour
les veaux.
La présence humaine, c'est-à-dire typiquement l'élevage d'animaux de ferme, n'est pas considérée
aujourd'hui comme une protection des troupeaux en Suisse, mais comme une forme de gestion.
Une présence permanente de personnes auprès des troupeaux 24 heures sur 24 peut difficilement
être garantie pour diverses raisons, notamment les exigences légales (les temps de repos, de
récupération et de sommeil du personnel doivent être accordés) ou en raison des coûts excessifs
- si les temps de repos étaient accordés il faudrait deux ou trois quarts de travail pour assurer une
surveillance 24 heures sur 24. Dans les circonstances actuelles, la seule présence humaine ne
peut garantir un effet protecteur permanent.
L'élevage, la formation, les tests et l'utilisation de chiens de garde de troupeau (HSH) sont financés
dans le cadre du programme fédéral de protection des troupeaux. Le programme comprend
actuellement deux races, à savoir le Maremmano Abruzzese et le Chien de Montagne de Pyrénes.
Les chiens de ces deux races, qui sont assujettis au programme, sont reconnus en protection de
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 248/284
troupeau et sont donc également soutenus financièrement. En outre, les cantons peuvent
également reconnaître d'autres HSH qui ne relèvent pas du programme fédéral. Ces HSH peuvent
alors également être vérifiés et pris en charge. Depuis plusieurs années, on constate que des HSH
non reconnues d'autres races sont de plus en plus importées et utilisées. Ils sont quasi officieux,
mais pas nécessairement illégaux. Néanmoins, leur utilisation pose plusieurs problèmes juridiques.
Le groupe Wolf Suisse considère que de nombreuses races étrangères, qui ne sont pas
actuellement reconnues par la Confédération, seraient bien adaptées à la garde de bétail en Suisse.
Elle prône donc la reconnaissance d'autres races afin d'assurer la disponibilité de chiens de garde
reconnus issus de lignées de travail et prêts à garder.
Les clôtures électrifiées sont, avec les CPT, la plus importante mesure de protection des troupeaux
soutenue par l?OFEV (cf. OFEV 2019). Ces clôtures sont traditionnellement utilisées pour la gestion
des pâturages par les éleveurs de petit bétail et sont donc indemnisées par le biais de paiements
directs annuels. L?OFEV ne fournit donc pas de soutien financier supplémentaire pour ces clôtures.
Toutefois, si les agriculteurs renforcent leurs systèmes de clôture pour protéger leurs troupeaux
(élévation des filets de pâturage électrifiés à 105 cm, installation d?un cinquième brin ou
renforcement des treillis noués avec des brins électrifiés), ils recevront un soutien financier
supplémentaire dans le cadre du programme national de protection des troupeaux de la
Confédération.
Conditions d'éligibilité liées à la nature et au nombre des troupeaux
Il n'y a pas de droit à l'aide et plusieurs conditions doivent être remplies pour en bénéficier :
? Seules les mesures reconnues de protection des troupeaux et les mesures contribuant à
une meilleure garde des animaux peuvent être soutenues.
? L'avis du service cantonal de la protection des troupeaux est nécessaire. Celui-ci doit
considérer les mesures comme appropriées.
? Tous les fonds publics doivent d'abord être épuisés.
? Un maximum de la différence entre les coûts totaux des mesures et les contributions de
soutien du secteur public est financé.
? Une demande écrite avec une brève description de la situation et du projet et un budget
qui montre au moins les coûts estimés et le soutien attendu du secteur public est requis
pour le soutien.
En Suisse, la loi sur la chasse n'oblige pas à prendre les mesures reconnues par la Confédération
pour protéger le bétail. La protection du bétail contre les attaques des grands carnivores est
nécessaire entre autres pour des raisons morales. La prise de mesures de protection du cheptel
repose donc sur le principe du volontariat au regard du droit de la chasse. Cependant, les attaques
qui se sont produites sur du bétail non protégé ne comptent pas pour les permis de prélèvement
de grands carnivores. La seule exception à cette règle est si aucune mesure de protection n'est
considérée comme adaptée ou s'il s'agit de la première année de présence d'un loup. La protection
des troupeaux n'est pas non plus une condition préalable à l'indemnisation des attaques (des
dérogations cantonales sont autorisées).
La loi sur la protection des animaux oblige les propriétaires d'animaux à assurer le bien-être et les
soins de leurs animaux (article 4 TSchG, articles 3 et 5 TSchV). Cela inclut le devoir de protéger
les animaux contre les dangers connus et d'éviter les dommages prévisibles. On peut supposer
que la présence de grands carnivores est un danger connu et que des dommages sont prévisibles
sans mesures de protection. Cela signifie que les propriétaires d'animaux sont tenus, en vertu de
la loi sur la protection des animaux, de prendre des mesures pour se protéger contre les attaques.
Ce que sont ces mesures, cependant, n'est pas défini. Il n'y a donc aucune obligation de prendre
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 249/284
des mesures de protection du troupeau, d'autres mesures pouvant également être prises (par
exemple, stabulation, changement de pâturage, éviter le pâturage d'été, etc.).
La loi sur la protection des animaux réglemente les devoirs des humains lorsqu'ils traitent avec des
animaux et réglemente les actions autorisées et interdites. La loi sur la protection des animaux ne
réglemente pas le comportement des animaux entre eux. Il n'est donc pas contraire au bien-être
animal qu'un grand carnivore mange un animal.
Modalités de calcul du montant de l'aide et plafonnement des dépenses en fonction de
l'effectif maximal au pâturage et du mode de conduite du troupeau
Dans le cadre de la politique agricole 2014-2017, les contributions aux systèmes de pâturage
tournant et de gardiennage permanent ont été augmentées à partir de 2014, tandis que celles
versées au pâturage libre sont restées inchangées. L?objectif visé consistait à renforcer l?incitation
à une gestion plus durable des pâturages grâce au pâturage gardienné. La présence du loup a
encore renforcé la tendance au gardiennage permanent, en particulier dans les cantons du Valais
et des Grisons et à partir de 2011 (cf. Mettler & Hilfiker 2017). De ce fait, plus des deux tiers des
moutons sont aujourd?hui soit gardés en permanence, soit placés en pâturage tournant. Les
exigences imposées aux agriculteurs alpins ont augmenté en raison de la pression supplémentaire
exercée par les grands carnivores et des mesures relatives à la conservation de la biodiversité. De
plus, grâce à la formation des éleveurs et aux échanges de connaissances et d?informations dans
les réseaux nationaux et internationaux, le pâturage des moutons a également connu un
renouveau qualitatif.
Evaluation de l'efficacité des mesures de protection
La protection des troupeaux en Suisse semble contribuer de manière significative à la sécurité du
bétail. Ainsi, en 2000, alors que seuls 5 loups solitaires étaient présents, plus de 300 moutons et
chèvres ont été tués en Suisse. Depuis une dizaine d'années, le nombre d?attaques plafonne entre
200 et 500.
En 2019, 7 à 9 meutes d'environ 60 à 80 loups vivaient en Suisse et un total d'environ 400 animaux
de ferme ont été tués. Par rapport à 2009, le nombre de loups a décuplé, tandis que le nombre
d'animaux prédatés est resté stable.
Par loup, le nombre d?animaux de ferme tué a donc significativement diminué alors que la
population ovine n'a diminué que d'environ 10% au cours des dix dernières années.
De plus, les données de plusieurs cantons montrent que les troupeaux d'ovins bénéficiant de
mesures de protection du troupeau sont nettement moins attaqués que ceux sans protection du
troupeau et que beaucoup moins d'animaux sont tués pour chaque attaque qui se produit. Il est
ainsi estimé que 80% des dégâts ont lieu sur des troupeaux non protégés.
Dans certaines zones, surtout les régions alpines difficiles d?accès, seuls les chiens peuvent offrir
une protection efficace contre les attaques des prédateurs. Les expériences réalisées en Suisse
avec des CPT montrent clairement que s?ils n?empêchent pas toujours la survenue de dommages
causés par les prédateurs, ils peuvent largement les minimiser (AGRIDEA 2019, Willisch et al.
2013). Dans le cadre du programme national de protection des troupeaux de la Confédération,
quelque 250 CPT officiels sont actuellement utilisés sur une centaine d?alpages suisses mais aussi,
avant et après sur les pâturages de printemps et d?automne et dans les fermes.
Sur le site web de Protection des troupeaux, les randonneurs peuvent s?informer avant une
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 250/284
excursion en montagne du comportement à adopter en cas de rencontre avec des CPT ainsi que
sur leur présence dans une région (http://www.protectiondestroupeaux.ch/fr/map/).
Afin de garantir l?efficacité et l?acceptabilité par la société des CPT bénéficiant du soutien de la
Confédération, un système comportant les trois niveaux suivants de prévention des accidents et
des conflits a été élaboré dans le cadre du programme national de protection des troupeaux (cf.
OFEV 2019) :
? Qualité du chien : les CPT sont élevés, dressés et testés par l?OFEV pour contrôler leur
compatibilité sociale. Cette démarche vise une triple socialisation : avec les animaux de
rente, avec les humains et dans la meute de chiens.
? Suivi : les CPT sont contrôlés par la Confédération par un système de suivi adapté
(enregistrement et analyse des incidents, autodéclaration par les agriculteurs, contrôles
aléatoires, etc.).
? Utilisation réglementée : lorsqu?ils utilisent des CPT, leurs propriétaires sont tenus de
respecter de nombreuses règles de prévention des accidents et des conflits. La gestion
des conflits repose, pour chaque exploitation disposant de CPT, sur un rapport dit de
sécurité du Service de prévention des accidents dans l?agriculture (SPAA). Un guide avec
des listes de contrôle aide également les responsables des exploitations à minimiser les
éventuels conflits au quotidien.
Clôtures électriques pour pâturages
L?élevage suisse de petit bétail est très diversifié mais quel que soit leur nombre et la méthode de
détention employée, les animaux sont tous élevés dans des pâturages, le plus souvent clôturés.
Traditionnellement, les petits élevages suisses utilisent des clôtures pour la gestion des pâturages
des animaux de rente
Différents systèmes de clôture sont privilégiés en fonction de l?espèce animale et de la région. Les
types de clôtures les plus usuels sont les filets de pâturage électrifiés d?une hauteur de 90 cm ou
plus, les clôtures à fil avec électricité et les treillis noués non électrifiés. Depuis le retour du loup,
la question s?est posée de savoir dans quelle mesure les clôtures pouvaient non seulement
maintenir les animaux de rente groupés, mais aussi empêcher le loup de pénétrer dans le pâturage.
Le service de protection des troupeaux d?AGRIDEA coordonne notamment, sur mandat de l?OFEV,
la mise en place et le financement des clôtures destinées à la protection des trou- peaux. Lorsque
des animaux ont été découverts prédatés par de grands carnivores ces dernières années dans
diverses régions de Suisse, le Service de protection des troupeaux, en collaboration avec les
préposés cantonaux à la protection des troupeaux, a enquêté sur les systèmes de clôture (cf.
Hansen 2018). Les expériences acquises depuis 2000 ont montré que les clôtures à 4 brins ainsi
que les filets de pâturage d?une hauteur minimale de 90 cm offraient une protection efficace contre
le loup, à condition qu?ils soient installés de manière professionnelle, que le courant soit suffisant
et qu?ils soient bien connectés à la terre. Ces systèmes de clôture ont donc été définis par l?OFEV
comme étant la protection de base du petit bétail (cf. Mettler& Schiess 2016).
Une étude sur des loups en captivité a également été réalisée pour examiner le comportement des
loups face aux clôtures électriques (cf. Lüthi et al. 2017). Les résultats montrent que les loups
cherchent des passages entre le sol et le système de clôture lorsqu?ils s?approchent des limites de
l?enclos. Après avoir reçu plusieurs décharges électriques, la fréquence de ces « patrouilles de
clôtures » a considérablement diminué. Aucun animal faisant partie des meutes de l?étude n?a sauté
par-dessus une clôture électrifiée ou un filet de pâturage, même si le brin supérieur de la clôture
était installé à 65 cm seulement. Cette étude a également montré que l?absence de trou entre le
sol et la clôture (distance maximale de 20 cm) ainsi qu?un matériel en parfait état et le bon
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 251/284
fonctionnement de la clôture (électricité, mise à la terre, etc.) étaient plus importants que la hauteur
de la clôture elle-même.
Les loups peuvent aussi apprendre à sauter par-dessus des clôtures et l?on suppose qu?ils
acquièrent cette compétence avec des clôtures non électrifiées. Afin de prévenir cet effet
d?apprentissage, il serait souhaitable, du point de vue de la protection des troupeaux, que les
exploitations agricoles où le loup est présent passent à la clôture électrique. Conformément à
l?ordonnance sur la chasse (OChP ; RS 922.01), si les loups franchissent des clôtures électriques
correctement installées et causent ainsi des dommages aux troupeaux protégés, ceux-ci peuvent
être abattus.
La modernisation des clôtures représente cependant souvent une charge considérable, surtout en
terrain difficile. C?est pourquoi la mise en clôture complète des pâturages comme mesure de
protection des troupeaux est recommandée principalement sur les pâturages de printemps et à la
ferme. Ce n?est que dans des cas exceptionnels que les pâturages alpins peuvent être entièrement
clôturés au prix d?un effort raisonnable. Dans les alpages, l?utilisation de clôtures est donc surtout
recommandée pour la construction de parcs de nuit (cf. AGRIDEA 2020), petites zones clôturées
où les moutons sont conduits pour la nuit. Afin d?augmenter la visibilité des clôtures, différentes
couleurs peuvent être utilisées. Les filets de pâturage traditionnellement utilisés pour l?élevage des
ovins sont en effet souvent orange, une couleur qui vise à avertir les hommes de l?électrification
des clôtures. Dans le même temps, la couleur orange ou les clôtures à fil sont difficiles à voir pour
le bétail et le reste de la faune, car une grande partie des mammifères ne différencie pas le rouge
du vert. Il peut donc arriver que du bétail et des animaux sauvages soient pris dans des clôtures
électriques. Les clôtures à fil ou les filets de pâturage de couleurs contrastées (bleus et blancs, ou
noirs et blancs) augmentent par contre la visibilité des clôtures et leur reconnaissance par les
animaux. Leur visibilité peut encore être améliorée par des bandes flottantes bleues et blanches.
Nombre d?animaux de rente indemnisés comme prédatés par le loup en Suisse de 1998 à 2021
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(GRIDS).
15.3.5 Indemnisation des dégâts liés au loup
L'indemnisation se fait sur présentation du cadavre. Les cantons sont responsables de la
reconnaissance des morsures, l'évaluation des morsures étant effectuée par des gardes-chasse
(employés de l'administration).
En Suisse, tous les dommages causés aux animaux de rente par les loups sont actuellement
indemnisés, que le détenteur concerné ait ou non mis en oeuvre des mesures de protection des
troupeaux (cf. OFEV 2016).
La Confédération et le canton se partagent le versement des paiements compensatoires (80 %
pour la Confédération et 20 % pour le canton) selon les règles énoncées dans la loi sur la chasse
(LChP ; RS 922.0). Suite à la révision prévue de la LChP (cf. encadré 3.4.1), à partir de 2024, seuls
les animaux de rente abattus pour lesquels la protection raisonnable des troupeaux était en place
seront indemnisés. Ce sera la responsabilité du canton de contrôler la mise en oeuvre effective des
moyens de protection. Cette nouvelle pratique est toutefois à stabiliser en réfléchissant à des
étapes intermédiaires avant sa mise en oeuvre.
Les cantons sont tenus d?évaluer et d?enregistrer les dommages subis. Dans la mesure du possible,
le matériel génétique doit également être collecté à des fins de suivi. Les données sur les animaux
de rente prédatés et les preuves génétiques du loup sont collectées par la Fondation KORA et
peuvent être consultées sur le site du Monitoring Center (https://www.koracenter.ch). Une
indemnisation est prévue pour les animaux de rente prédatés ou abattus d?urgence, mais les
cantons peuvent aussi, dans un souci de conciliation, indemniser (au moins partiellement) les
animaux tombés ou disparus, ainsi que les frais vétérinaires des animaux blessés (cf. OFEV 2016).
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Le montant de l?indemnisation est déterminé à partir de tableaux d?estimations établis par les
associations nationales d?élevage (cf. OFEV 2016). Ces dernières années, les indemnités versées
pour les animaux de rente prédatés par des loups ont augmenté. Toutefois, le nombre d?animaux
indemnisés annuellement ne dépend pas seulement du nombre de loups, et comparés aux
paiements directs versés pour la gestion des pâturages alpins (moutons) ou aux fonds alloués à la
protection des troupeaux, la part représentée par les paiements de compensation pour les moutons
prédatés dans le total de coûts est plutôt faible.
En 2018 par exemple, les indemnités versées pour les moutons prédatés par les loups s?élevaient
à environ 215?000 francs suisses. La même année, les agriculteurs ont reçu 15,7 millions de francs
pour l?estivage et l?alpage des ovins (à l?exception des brebis laitières, OFAG 2019).
L?Office fédéral de l?environnement a prévu, pour financer les mesures de protection des troupeaux,
un budget annuel de 2,4 millions de francs qui est géré par le service de coordination nationale
pour la protection des troupeaux d?AGRIDEA (cf. AGRIDEA 2019b).
15.3.6 Mesures d?intervention sur le loup
L'article 5 de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et des oiseaux sauvages
(loi sur la chasse) énumère les espèces pouvant être chassées et les périodes de fermeture. Selon
l'article 7, tous les animaux qui n'appartiennent pas à une espèce chassable sont protégés. Le loup
n'est pas répertorié au titre de l'article 5 et est donc protégé.
Dans l'Ordonnance sur la loi sur la chasse, des dispositions particulières s'appliquent aux loups et
à un certain nombre d'autres espèces :
? La Confédération verse 80% de l'indemnisation des dommages causés par les loups aux
animaux domestiques (art. 10), si le canton prend en charge le reste.
? Après consultation de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), les cantons peuvent
autoriser l'abattage d'un loup s'il cause des dommages inacceptables (art. 10).
? Les cantons ont la possibilité de tuer les stocks d'espèces protégées pendant une durée
limitée (Article 4).
? L'OFEV élabore un concept pour le loup qui réglemente la protection, le tir ou la capture
d'un loup, l'évaluation des dommages ainsi que l'application et le paiement de mesures
préventives ("Concept Loup Suisse").
Malgré la protection stricte dont bénéficie le loup conformément à l?article 6 de la Convention de
Berne (RS 0.455), sa mise à mort est autorisée dans des cas exceptionnels, qui sont précisés à
l?article 9. Pour autant qu?il n?y ait pas d?autre solution satisfaisante et que la dérogation ne porte
pas préjudice à la population animale concernée, une partie contractante peut accorder des
dérogations à la protection stricte des loups, par exemple pour prévenir des dommages graves sur
le bétail ou dans l?intérêt de la sécurité publique. Sur le plan fédéral, l?article 12 de la loi sur la
chasse (LChP ; RS 922.0) pose la base légale de la mise à mort de loups. L?art. 12, al. 2, LChP
stipule que les cantons peuvent ordonner ou autoriser en tout temps des mesures contre certains
animaux protégés ou pouvant être chassés, lorsqu?ils causent des dégâts importants. Seules des
personnes titulaires d?une autorisation de chasser ou des organes de surveillance peuvent être
chargées de l?exécution de ces mesures.
Depuis juillet 2015, les cantons n?ont plus besoin d?une autorisation délivrée par l?OFEV pour mettre
à mort des loups isolés qui ont causé des dommages (cf. art. 9bis de l?ordonnance sur la chasse,
OChP ; RS 922.01), pour autant que les critères nécessaires soient remplis (cf. tableau 4.3.1,
PUBLIÉ
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OFEV 2016).
Les autorisations de tir de loups isolés doivent être limitées à 60 jours au maximum et à un
périmètre de tir approprié, le but de cette mise à mort étant de prévenir d?autres dommages. Le
périmètre de tir doit correspondre au périmètre où les troupeaux sont actuellement situés, en
particulier là où aucune mesure de protection raisonnable ne peut y être prise (art. 9bis OChP).
De même, les cantons peuvent, avec l?assentiment préalable de l?OFEV, prendre des mesures
visant à réduire une population d?animaux d?une espèce protégée, si celle-ci est trop élevée et
qu?elle cause des dommages importants ou constitue un grave danger (art. 12, al. 4, LChP). La loi
est interprétée de telle manière que des « populations régionales élevées » peuvent apparaître
lors de la formation de meutes de loups (cf. OFEV 2015a). Dans les régions dans lesquelles des
meutes de loups se reproduisent, des tirs de régulation peuvent donc être autorisés dans certaines
conditions. Le nombre de loups mis à mort ne doit alors cependant pas dépasser la moitié des
jeunes nés dans l?année en question et les géniteurs doivent être épargnés. En outre, pour la
régulation des meutes, différents critères doivent être remplis. Les autorisations de tirs de loups en
meutes doivent être restreintes au territoire de la meute et peuvent être accordées au plus tard
jusqu?au 31 décembre de l?année en question pour une durée limitée au 31 mars de l?année
suivante (art. 4bis OChP).
Depuis que les loups sont revenus en Suisse, 15 individus ont été légalement mis à mort. Neuf de
ces tirs ont fait suite à des dommages causés à des animaux de rente et deux animaux ont été
abattus parce qu?ils étaient malades. Quatre louveteaux ont été tirés dans des meutes après qu?il
a été prouvé génétiquement que leurs parents avaient tué des animaux de rente qui étaient
protégés ou ne pouvaient pas l?être.
Recours à l?encontre d?autorisations de tir
Le droit de recours des associations de défense de l?environnement à l?encontre de décisions des
autorités est ancré depuis 1966 dans la loi fédérale du 1er juillet 1966 sur la protection de la nature
et du paysage (LPN ; RS 451). En vertu de l?ordonnance du 27 juin 1990 relative à la désignation
des organisations habilitées à recourir dans les domaines de la protection de l?environnement ainsi
que de la protection de la nature et du paysage (ODO ; RS 814.076), 31 associations
environnementales nationales, dont le WWF et Pro Natura, sont actuellement habilitées à recourir
(état au 1er avril 2020). Seules les organisations qui existent depuis au moins dix ans et qui
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 255/284
poursuivent un but purement non lucratif sont habilitées à recourir.
Dispositions particulières applicables dans les nouvelles zones de prédation du loup
Il existe une « zone prioritaire » pour la protection des troupeaux, où les éleveurs ont droit à un
soutien financier. La zone prioritaire comprend toutes les régions dans lesquelles des loups ont été
présents ces dernières années ou ont même causé des dommages. En dehors de la zone
prioritaire, les cantons peuvent également soutenir des mesures de protection des troupeaux au
cas par cas.
Dans les régions où la présence de loups n'a pas été attestée auparavant, des tirs individuels
peuvent être autorisés, en dérogation à la réglementation normale, même s'ils ont causé des
dégâts à des troupeaux non protégés. La prise de mesures de protection des troupeaux est alors
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 256/284
considérée comme raisonnable dans un délai de quatre mois. Dans les régions où des loups
viennent d'apparaître, les critères de tirs sont donc différents de ceux appliqués dans les régions
où les loups sont établis.
Les moyens et les possibilités des cantons sur le front de l'expansion pour les opérations sur le
terrain (tirs, conseils pour la protection des troupeaux, etc.) sont très variables.
15.4 Acceptation sociale
Acceptation par le monde agricole
Dans toute l?Europe, les conflits entre l?agriculture et le retour du loup portent principalement sur le
pâturage extensif, en particulier l?élevage de moutons et de chèvres dans les régions de collines
et de montagnes (cf. Mettler 2019). Ce type d?élevage ne revêt plus aujourd?hui que peu
d?importance dans l?économie suisse et, comme il n?est plus rentable, il n?est souvent pratiqué qu?à
titre d?activité accessoire. Toutefois, aux fins de gestion du paysage et de préservation de la
biodiversité, l?élevage ovin et caprin en Suisse est soutenu par des subventions publiques. Plus de
90 % des animaux de rente tués par des loups en Europe centrale sont des moutons, 6 à 8 % des
chèvres et 2 % seulement des bovins ou des chevaux (cf. Mettler 2019).
En Suisse, l?augmentation de la population de loups a également entraîné une hausse du nombre
d?animaux de rente prédatés. Les pertes annuelles ne dépendent pas seulement de la population
de loups et il est arrivé certaines années que les pertes soient particulièrement élevées malgré une
faible population de loups ? ou l?inverse ? , ce qui montre que d?autres facteurs (par exemple
l?utilisation de mesures de protection des troupeaux) jouent un rôle notable dans l?évolution des
dommages causés aux animaux de rente. Comme dans le reste de l?Europe, ce sont surtout les
moutons qui sont prédatés en Suisse. Néanmoins, si l?on considère la mortalité des moutons en
estive, environ 6 % des pertes pendant la saison d?été sont causées par de grands carnivores
(principalement des loups). Les maladies et les accidents tels que les chutes, les chutes de pierres
ou la foudre sont des causes de décès beaucoup plus fréquentes (cf. Werder 2012). Pour les races
d?animaux domestiques rares en particulier, la mort d?un animal reproducteur peut entraîner la perte
de précieuses lignées. Selon les régions, l?élevage de moutons et de chèvres est une longue
tradition, fortement ancrée dans les coutumes locales. Le loup y est alors considéré comme une
menace pour cette coutume, déjà sujette à des bouleversements en cette période de modernisation
et de restructuration de l?agriculture (cf. Lauber et al. 2014). Les animaux de rente gravement
blessés sont souvent laissés sur place. En temps normal, une meute de loups arrive rarement à
capturer plus d?un animal, mais lorsqu?elle y parvient (par exemple si la neige est abondante), la
meute mangera alors les carcasses petit à petit (cf. Kruuk 1972). Toute attaque de moutons étant
cependant le plus souvent suivie d?une intervention humaine pour examiner les carcasses, les
loups ne reviennent pas. Ce comportement, assimilé à une « tuerie gratuite et cruelle », intensifie
encore les conflits avec les éleveurs dans les pâturages.
Environ 90 % des dommages causés aux animaux de rente en Suisse se produisent dans des
pâturages qui ne sont pas protégés par des chiens (cf. AGRIDEA 2019a). En outre, les troupeaux
entourés d?une clôture électrifiée ne subissent que rarement une prédation (cf. Hansen 2018).
Pourquoi, dans ce cas, ne pas protéger tous les troupeaux ? Dans des pays comme la Suisse, où
les grands carnivores ont disparu depuis le début du XXe siècle, la protection des troupeaux a été
réduite au minimum pour des raisons économiques. De plus en plus d?exploitations de montagne
sont utilisées comme des sources de revenu secondaires, où l?élevage de moutons permet de
continuer à utiliser des pâturages excentrés tout en nécessitant moins de main-d?oeuvre (cf. Bürgi
et al. 2014). En outre, la réduction des coûts de production, par exemple pour la viande d?agneau,
a été plus bénéfique pour le revenu des agriculteurs qu?une augmentation des recettes d?abattage
(cf. Gazzarin 2018). Par conséquent, afin de minimiser les coûts du travail, de nombreux animaux
ont été laissés sur les alpages en libre pâturage quasiment sans surveillance, et les éleveurs ont
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 257/284
oublié comment protéger efficacement leurs troupeaux (cf. Landry 1999, Mettler 2019). Lorsque le
loup a recolonisé la Suisse, aucune protection des troupeaux n?était mise en place et quand il y
avait des centres de conseil de l?État, ils n?étaient pas encore très développés. La mise en oeuvre
de mesures de protection des troupeaux constitue toutefois toujours un enjeu de taille, en
particulier pour les petites exploitations et les élevages de moutons à temps partiel, puisque le coût
découlant de la protection des troupeaux est considérable par rapport à la taille de l?exploitation (cf.
Mettler 2019). Nombre d?éleveurs de moutons préfèrent d?ailleurs ne pas appliquer de mesures
même après une prédation liée au loup. Afin d?éviter d?autres dommages, il arrive aussi que des
éleveurs abandonnent des alpages après des attaques sur des animaux de rente (cf. Seidl et al.
2014).
Le scepticisme ou le refus par les éleveurs des mesures de protection des troupeaux varie selon
les régions. Les raisons peuvent être multiples : augmentation de la charge de travail et des coûts,
rejet catégorique du loup (« protéger les troupeaux, c?est aussi être pour le loup ») ou rejet général
des évolutions de la politique agricole (cf. D. Mettler, communication personnelle). En raison de la
chute des prix et de la concurrence internationale, l?agriculture Suisse est devenue de plus en plus
dépendante des subventions de l?État telles que les paiements directs. Selon les régions, par
exemple, la part des paiements directs peut représenter entre un tiers et trois quarts du revenu
total de l?élevage d?ovins (cf. Gazzarin 2018). Cependant, les subventions étatiques (comme les
contributions à l?estivage des animaux de pâturage) entraînent des contraintes qui limitent
l?autonomie des exploitations. Plusieurs réformes agricoles ont également entraîné des
changements majeurs dans l?agriculture au cours des dernières décennies (Union Suisse des
Paysans 2019). Les mesures de protection des troupeaux sont donc parfois perçues comme une
« nouvelle tracasserie » de l?État.
En maints endroits, le conflit entre les loups et les animaux de rente est également un indicateur
du dissentiment entre la population urbaine, sensible à la question environnementale et favorable
aux loups, et les valeurs traditionnelles de la population rurale directement concernée et sceptique
à l?égard des loups (cf. Caluori & Hunziker 2001). Selon un sondage réalisé par Pro Natura en
2019, 79 % des Suisses interrogés ne veulent pas que les loups soient abattus si les éleveurs ne
protègent pas leurs troupeaux (cf. GFS Zurich 2019). Pour les éleveurs concernés, le retour du
loup constitue une menace pour leur vie quotidienne et professionnelle (cf. Mettler 2019). Il n?est
donc pas surprenant que l?attitude des associations nationales d?éleveurs à l?égard de la protection
des troupeaux soit critique (Fédération suisse d?élevage ovin 2017, Société suisse d?économie
alpestre 2018). Les demandes des associations vont d?un soutien financier plus important pour les
mesures de protection des troupeaux au retrait pur et simple de la Convention de Berne (par
exemple la Fédération suisse d?élevage ovin en 2017), en passant par une simplification des
conditions de chasse du loup.
15.4.1 Acceptation par l?opinion publique
De nombreux Suisses saluent son retour, alors que les intérêts de divers groupes de population
sont touchés et qu?il suscite de vives inquiétudes chez de nombreuses personnes.
Une étude socio-économique a étudié les interprétations subjectives du loup dans le cadre
d?entretiens (cf. Caluori & Hunziker 2001). Elle a permis de distinguer trois types de
comportements : l?adversaire traditionnel du loup, l?ami postmoderne du loup et l?ami ambivalent
du loup.
L?adversaire traditionnel voit dans le loup un intrus qui n?a plus sa place dans le mode de vie suisse.
En tant que symbole de la nature sauvage, le loup est un élément hostile à l?égard de la civilisation
et inhibiteur de progrès, qui menace l?existence des exploitations rurales. L?adversaire traditionnel
du loup s?oppose obstinément à sa présence.
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 258/284
L?ami postmoderne du loup s?efforce de mener une vie en harmonie avec la nature. Sa vision du
monde est écologique et critique à l?égard du progrès et de la société. Il voit dans le loup un
symbole de la résistance aux conséquences néfastes de la civilisation comme la destruction de
l?environnement et se félicite de sa présence, même si, dans la pratique, elle cause des problèmes.
Il préconise une restructuration du paysage rural vers plus de « nature ».
L?ami ambivalent du loup remet en question les valeurs traditionnelles, mais est également critique
vis-à-vis des valeurs postmodernes. Tant qu?il n?est pas concerné lui-même, son attitude est
globalement positive. Cependant, s?il est directement confronté à des problèmes concrets, il peut
le rejeter, car en situation de crise, il s?oriente vers des valeurs traditionnelles.
Les auteurs de l?étude présument qu?une grande partie de la population suisse entre dans la
catégorie des amis ambivalents du loup (cf. Caluori & Hunziker 2001). De nombreuses personnes
vivent en effet dans des zones urbaines et ne sont donc pas directement touchées par la présence
des loups. Cette observation pourrait expliquer pourquoi les enquêtes nationales montrent souvent
une forte proportion de partisans du loup (cf. par exemple OFEFP 1998, Hunziker et al. 2001,
Institut für Markt- und Sozialforschung Luzern 2006), alors que l?attitude de la population locale
dans les zones où il y a des loups est généralement négative (cf. Behr et al. 2016).
Le conflit autour du loup est donc représentatif de celui qui existe entre différents systèmes de
valeurs, et s?inscrit dans un débat plus large sur l?utilisation et le développement des zones rurales.
Les associations agricoles, sylvicoles, de chasseurs et de protection de la nature défendent leurs
intérêts en matière de gestion des loups en Suisse. Il arrive qu?elles collaborent au sein de
différents groupes de travail.
Ces dernières années, des groupes aux positions extrêmes pro-loup ou anti-loup se sont
également formés.
Anti-loup
La Suisse a été récemment confrontée à des changements géopolitiques majeurs et à de nouveaux
défis. Des questions telles que la mondialisation, les relations avec l?Union européenne,
l?immigration et le changement climatique préoccupent la société (cf. Crédit Suisse Baromètre des
préoccupations 2019). Les groupes de population d?origine rurale en particulier considèrent la
libéralisation des marchés et l?ouverture des frontières comme une menace pour leur existence
même. Dans ce contexte, le retour du loup est perçu comme le reflet de diverses menaces venant
de l?extérieur. Il assume le rôle de l?immigrant clandestin qui ne respecte pas les frontières
nationales et ne se conforme pas aux règles traditionnelles. Il devient aussi le symbole de la
dévaluation sociale et économique du monde paysan (cf. Schraml 2019).
L?élevage ovin traditionnel, par exemple, ne peut pas suivre face à la production venant de
l?étranger et ne peut plus, souvent, être pratiqué qu?à titre d?activité complémentaire. De nombreux
producteurs laitiers alpins ont aujourd?hui du mal à trouver un successeur.
Le loup, qui complique davantage encore l?économie alpine et qui accélère l?abandon des Alpes,
devient ainsi une menace économique immédiate et l?emblème du réensauvagement du paysage
cultivé et dominé par l?homme depuis des générations. Ce réensauvagement est prôné par les
citadins « verts » (cf. Caluori & Hunziker 2001). Se rassembler contre le loup aide la population
des communautés rurales à formuler et à élaborer sa défense contre les menaces qui pèsent sur
son mode de vie traditionnel (cf. Schraml 2019). Ainsi l?organisation faîtière « Une Suisse sans
grands prédateurs » (http://www.lr-grt.ch/ fr/), qui a été fondée en 2015 à Berne. Composée
principalement de représentants du secteur agricole, elle est organisée en différentes sections
cantonales. L?association plaide pour un assouplissement de la protection des loups, un
accroissement des compétences des cantons et des conditions de tir facilitées. Certaines sections
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 259/284
cantonales vont même plus loin et exigent que les grands carnivores soient éliminés de toutes les
zones urbanisées et d?habitation (cf. Lebensraum Wallis ohne Grossraubtiere 2019). Les sections
de l?association sont bien organisées, connectées et politiquement actives. Elles rédigent des
prises de position et des résolutions et organisent des événements à fort impact médiatique. Les
attaques de loups sur des animaux de rente ou les observations de loups à proximité des
habitations leur offrent la possibilité de diffuser leurs messages et leurs revendications dans les
médias. Ce faisant, elles font leurs propres analyses de l?actualité et remettent en question
l?appréciation des autorités compétentes et des institutions professionnelles reconnues. Elles
colportent ainsi de manière répétée des informations selon lesquelles les loups indigènes ne
seraient pas de vrais loups, mais des hybrides chien-loup, qui selon l?OChP doivent être abattus.
Pro-loup
Face aux anti-loups se trouvent différents groupes pro-loup qui croient en une cohabitation
pacifique entre l?homme et le loup. Pour ces défenseurs du loup, la clef de l?acceptation de cet
animal et des autres grands carnivores réside dans une remise en question de la société, qui a
exploité la nature pendant des siècles (cf. Caluori & Hunziker 2001). Divers petits groupes de pro-
loup sont présents sur les réseaux sociaux et leurs membres sont plutôt issus des zones urbaines
et souvent propriétaires de chiens. Nombre de ces groupes utilisent le loup comme symbole d?une
nature sauvage intacte et du lien perdu entre l?homme et la nature. La plupart de ces petits groupes
ont un réseau politique moins dense que les groupes anti-loups. L?initiative populaire de 2012 «
Pour la protection des grands carnivores (ours, loup et lynx) » de l?organisation profauna n?a par
exemple pas réussi à réunir suffisamment de signatures. Il existe toutefois des groupes plus
importants, bien organisés et qui sont très présents dans les médias (Groupe Loup Suisse,
http://www.gruppe-wolf.ch ; CHWOLF, https://chwolf.org), qui veulent faire connaître le loup auprès
de la population. Disposant de sites web très bien documentés, ils se positionnent dans les médias
comme des spécialistes du loup. Ils recueillent également des observations sur les loups et
fournissent parfois des informations sur l?actualité avant même que les autorités compétentes
n?aient fait connaître leur point de vue. Parmi leurs revendications figurent une meilleure mise en
oeuvre des mesures de protection des troupeaux par les éleveurs et un renoncement à l?allègement
de la protection des loups (cf. Groupe Loup Suisse 2018, CHWOLF 2019). En se rapprochant de
grandes organisations de protection de la nature bien établies (comme le WWF et ProNatura), ces
groupes tentent également d?affirmer leurs préoccupations au plan politique.
L?indemnisation des dégâts causés par les loups et les mesures techniques visant à prévenir ces
dommages permettent seulement de réduire les effets directs des attaques de loups sur les
animaux de rente. Elles ne tiennent pas compte des conflits plus profonds qui découlent des
différences qui existent entre les systèmes de valeurs et les intérêts de la population, qui jouent un
rôle majeur dans le thème du loup. De nombreux conflits liés à la gestion de la faune et des
ressources naturelles proviennent de divergences sociales entre des individus ou des groupes
d?intérêt. Les causes sous- jacentes de ces conflits ne sont pas toujours en lien avec les animaux
et dans certains cas, le loup peut être représentatif d?autres problèmes (cf. chapitre 3.4). Certains
conflits peuvent également découler d?anciens différends non résolus. La méfiance à l?égard des
autorités ou d?autres groupes d?intérêt et l?implication insuffisante des acteurs concernés sont des
déclencheurs typiques de tels conflits sociaux (cf. Bath & Frank 2011, Linnell 2013). C?est pourquoi
la coopération entre les groupes d?intérêt et leur intégration dans le processus de résolution sont
extrêmement importantes lorsqu?il s?agit de gérer les grands carnivores cf. (cf. Decker et al. 2002).
Ou, comme l?écrit Linnell (2013) : « Malgré la diversité des conflits liés aux grands carnivores et
celle des approches possibles pour réduire ces conflits, il existe une caractéristique commune qui
semble être décisive pour assurer le succès de la solution choisie : la nécessité d?impliquer de
manière ciblée, judicieuse et adaptée au contexte une multitude de parties prenantes dans la
réalisation d?un objectif, en fonction du contexte et de manière significative ». Cette démarche
suppose que deux conditions soient remplies. Il faut d?une part, que des contacts personnels soient
établis et qu?une communication ouverte soit mise en place, exempte de controverses et
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 260/284
d?accusations, axée sur la participation et le dialogue, et d?autre part, que la gestion des grands
carnivores qui ne soit pas simplement imposée d?en haut, mais qu?elle soit équilibrée et qu?elle
intègre des processus de collaboration allant du bas vers le haut (cf. Redpath et al. 2017). Caluori
& Hunziker (2001) avaient déjà conclu que, dans les débats autour du loup en Suisse, empreints
d?une grande méfiance, une relation hiérarchique (top-down) entre les autorités, les organisations
de protection de la nature et les personnes directement concernées n?était pas propice à
l?acceptation du loup. Il faut plutôt instaurer une coopération active et des relations personnelles
entre les participants. L?importance de la collaboration se reflète également dans les
recommandations en faveur d?une gestion coordonnée des loups dans les Alpes (cf. Schnidrig-
Petrig et al. 2016a). Deux des cinq trains de mesures proposés vont justement dans ce sens
puisqu?ils prônent la promotion du dialogue entre les autorités et les groupes d?intérêt ainsi que
l?implication des populations locales dans le suivi du loup. En Suisse, l?intégration des groupes
d?intérêt concernés et de la population dans la gestion des loups incombe aux cantons (cf. OFEV
2016).
Divers outils ou techniques existent pour instaurer une coopération avec les parties prenantes et
les groupes d?intérêt, comme des groupes de travail, des forums de contact, un soutien pratique,
des activités conjointes de suivi ou de recherche, l?élaboration commune de plans d?action, voire
des processus de codécision ou de cogestion des grands carnivores (cf. Decker et al. 2002, Linnell
2013). Ces outils diffèrent en fonction du degré de contrôle exercé par les autorités responsables
sur les participants : ils peuvent être utilisés uniquement pour l?échange d?informations ou permettre
aux participants d?avoir leur mot à dire et de prendre des décisions, selon le rôle qu?ils jouent au
cas par cas. Le choix de la méthode dépend de divers facteurs, par exemple le niveau du conflit,
le nombre et le type de personnes touchées et leurs intérêts, les ressources disponibles et les
dispositions légales. Il peut même s?avérer utile de combiner plusieurs méthodes pour faire
participer les parties prenantes. En fin de compte, la méthode importe moins que le processus en
lui-même et l?attitude avec laquelle il est abordé : la participation doit reposer sur des principes
favorisant le transfert de responsabilité, l?équité, la confiance et l?apprentissage (cf. Decker et al.
2002, Reed 2008). Idéalement, la collaboration devrait impliquer (1) les personnes influencées par
les grands carnivores, (2) celles qui influencent les grands carnivores, et (3) celles qui ont un intérêt
pour les grands carnivores (cf. Decker et al. 2002).
Bibliographie & liste des sources :
https://www.gruppe-wolf.ch/fr/Home.htm
https://www.agridea.ch/it/agridea/
https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/suche.html#Loup
https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-
biodiversite/plan-loup.html
https://www.protectiondestroupeaux.ch/fr/
https://www.kora.ch/fr/especes/loup/portrait
https://www.vs.ch/web/scpf/informations-monitoring-loups
https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/protection-et-
conservation-des-especes/grands-predateurs/le-loup.html#1389211164
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 261/284
16 Fiche France
Cette fiche présente la situation en France sur quelques sujets relatifs aux politiques publiques du
loup et qui font l?objet d?un parangonnage dans six pays européens.
Aucun pays n?est réellement comparable avec un autre. Les pays ont donc été choisi pour deux
raisons très différentes :
? une population de loup de taille relativement comparable et une situation de l?élevage (ovin
et bovin) qui ne soit pas radicalement différente de la situation française ;
? une caractéristique particulière de la gestion nationale du loup qui intéresse la France pour
sa propre gestion du loup.
Les six pays retenus sont l?Allemagne, l?Espagne, l?Italie, la Slovaquie, la Suède et la Suisse.
16.1 Présentation de l?élevage en France
Compte tenu de la présence du loup sur une superficie entre le tiers et la moitié de la superficie
nationale (voir les cartes aux paragraphes 9.2.3 et 0), la situation de l?élevage est présentée au
niveau national avec des indications régionales.
16.1.1 Ovins
Source : MASA ? Graph?Agri 2022 Source : GEB ? IDELE
Le cheptel ovin a globalement fortement diminué en 20 ans et est assez stable depuis 2020. Le
nombre de brebis laitières reste assez stable depuis 10 ans, alors que le nombre de brebis
allaitantes baisse régulièrement. Le nombre d?exploitations est en baisse (-34 % depuis 2011).
Le cheptel laitier est concentré sur les bassins de Roquefort (sud Massif central), Ossau-Iraty
(ouest Pyrénées) et Broccio (Corse). Le cheptel allaitant est surtout présent dans la moitié sud du
pays.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 262/284
16.1.2 Bovins
Le cheptel bovin est en diminution constante, que ce soit en vache laitière ou en vache allaitante.
Le nombre d?exploitations est en baisse également, avec un accroissement de la taille des cheptels
(118 animaux en moyenne en 2021).
La moitié des effectifs de vaches laitières sont dans l?ouest, l?élevage de vaches allaitantes est
surtout localisé dans les régions herbagères du centre.
Source : MASA-Graph?Agri 2022
Source : MASA ? Graph?Agri 2022
16.1.3 Caprins
Le cheptel caprin est en légère diminution tout en restant assez stable depuis 20 ans. Le nombre
d?exploitations est également assez stable depuis 20 ans.
Il est surtout réparti sur le centre ouest, le sud-ouest, le centre-est du pays.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 263/284
Source : MASA ? Graph?Agri 2022 Source : GEB ? IDELE
16.2 Caractéristiques de la population de loup
16.2.1 Les effectifs de loup
Les renseignements présentés dans cette partie proviennent de l?Office français de la biodiversité.
C?est un établissement public qui est chargé de missions scientifique et technique sur le loup par
le gouvernement français.
Nombre d?individus : 921 individus. L'intervalle de confiance à 95% est [826-1016].
Nombre de meutes :
128 à l?été 2021
[Source bilan publié en mars 2022 par l?OFB].
Evolution de la population
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 264/284
16.2.2 Méthode de dénombrement du loup
La méthode utilisée par l?Office français de la biodiversité (OFB) est la méthode CMR (capture,
marquage, recapture).
Le dénombrement exhaustif de la population est impossible car les loups sont très difficiles à voir
et vivent sur de grands espaces. En France, c?est grâce à la combinaison d?informations génétiques
sur l?espèce et d?analyses statistiques qu?on estime le nombre de loups. L?identification individuelle
des animaux par leur ADN, répétée dans le temps, est la clé pour estimer le nombre de loups. Si
cet effort d?identification individuelle n?est pas fait, alors on peut compter plusieurs fois le même
individu et ainsi surestimer les effectifs, ou encore se tromper dans les tendances démographiques
sur la population. L?OFB a mis en place un réseau de suivi participatif de l?espèce sur tout le
territoire national, le réseau « loup-lynx », composé de quelques 4000 participants formés. Ces
observateurs collectent du matériel génétique laissé par les loups (déjections, poils, urines et
dépouilles) dont l?analyse permet d?identifier les individus grâce à leur ADN. Toutefois, ces données
génétiques brutes n?offrent qu?une image imparfaite du nombre de loups. Il est impossible de
récolter des indices de tous les loups présents en France. Si on manque un loup présent à un
endroit donné, on conclut à tort que l?animal n?y est pas présent ou qu?il est mort, sous-estimant
ainsi l?effectif total. Il faut donc estimer la probabilité de détection des loups.
Ces données sont donc analysées grâce à des méthodes statistiques qui corrigent le nombre de
loups détectés par la probabilité que des individus échappent à la détection, ceci afin d?estimer le
nombre total de loups.
[Source : note d?information OFB-CNRS Olivier GIMENEZ]
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 265/284
16.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
ZPP : Zone de présence permanente
16.2.4 Viabilité de la population de loup
Une expertise scientifique collective a été assurée en 2017 par l?Office national de la chasse et de la
faune sauvage (OFB aujourd?hui) et le Muséum national d?histoire naturelle :
La viabilité démographique de la population de loups en France est estimée assurée avec un effectif
de 500 loups pour un taux de croissance égal à 1 (c?est-à-dire une stabilité de la population).
La viabilité génétique de la population de loups en France est estimée assurée avec un effectif de
2500 loups.
https://www.loupfrance.fr/wp-content/uploads/Expertise_Collective_Loup_07_03_2017.pdf
16.3 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
16.3.1 Prédations sur les troupeaux
Nombre d'animaux prédatés (par espèce) en 2021
% attaques 2021 % victimes 2021
Ovins 84,75 91,51
PUBLIÉ
https://www.loupfrance.fr/wp-content/uploads/Expertise_Collective_Loup_07_03_2017.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 266/284
Caprins 7,42 8,26
Bovins 6,43 2,69
Autres 1,84 1,7
Evolution depuis 10 ans
16.3.2 Interactions du loup avec l'Homme
Il y a très peu d?incidents recensés en France. Un incident récent survenu dans les Alpes de Haute
Provence (Le point / AFP) anime le débat en ce début d?année 2023.
Lundi 13 février 2023, Joseph Uto, conseiller municipal de Castellet-lès-Sausses (Alpes-de-Haute-
Provence), se rendait sur le canal d'arrosage de la commune lorsqu'il a aperçu cinq loups sur une
crête le surplombant. Alors qu'il essayait de les effrayer pour les faire partir, ils sont descendus vers
lui avec des grognements menaçants, raconte-t-il à La Provence.
Cet événement est totalement inédit depuis1990. Immédiatement informé, l'Office français de la
biodiversité (OFB) est revenu sur l'affaire dans un rapport publié jeudi 16 février : tout en confirmant
le caractère inédit de l'événement, il l'impute à la « configuration très particulière des lieux ». La
rencontre, en effet, est survenue « sur un versant particulièrement accidenté, avec un sentier
unique qui limite les possibilités d'échappatoire pour un animal ». Ainsi, « en l'absence d'autre
itinéraire de repli, il est très probable que le canidé ait voulu forcer le passage ».
L'OFB relativise donc le danger et rappelle que « sans possibilité de fuite, un loup, comme tout
grand mammifère sauvage, peut présenter une attitude dangereuse en cas de rencontre ». L'office
souligne d'ailleurs que « nombreux sont les événements impliquant sanglier, cerf élaphe, chevreuil,
chamois ou bouquetin qui forcent le passage au détriment de l'intégrité de l'humain qui se trouve
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 267/284
sur leur cheminement ».
16.4 Politique publique de gestion du loup
16.4.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
Organisation administrative de la France
La France est un Etat unitaire où tous les citoyens sont soumis aux mêmes règles politiques et
juridiques. Le Gouvernement et les représentations parlementaires sont centralisés, mais
l?organisation politique et administrative est également déconcentrée et décentralisée.
La France est divisée en 94 départements et en 13 régions (métropole) regroupant en général 4 à
13 départements.
Les services publics de l?Etat sont organisés au niveau central en ministères avec des directions
techniques d?administration centrale et sont déconcentrés dans les régions avec des directions
régionales et les départements avec des directions départementales, sous l?autorité de préfets de
région et de département, représentant localement le Gouvernement.
Au niveau local, région, département et commune, des collectivités territoriales, dont les membres
des conseils sont élus, sont dotées de compétences propres et interviennent en complémentarité
de l?Etat.
Sur un même territoire régional ou départemental coexistent des collectivités territoriales et une
des services de l?Etat.
Organisation administrative de la gestion du loup
La politique publique de gestion du loup est établie au niveau national par l?Etat. Les ministères
chargés de l?écologie et de l?agriculture sont conjointement responsables de l?élaboration et du
pilotage national de la mise en oeuvre de cette politique. Ce sont la direction de l?eau et de la
biodiversité (DEB) au ministère chargé de l?écologie et la direction générale de la performance
économique et environnementale des entreprises (DGPE) au ministère chargé de l?agriculture qui
en sont chargées. Les deux ministères sont appuyés, pour ce pilotage et cette coordination
nationale par un Préfet coordonnateur national « loup » en région Auvergne-Rhône-Alpes, et leurs
services régionaux et départementaux.
La mise en oeuvre de cette politique est assurée au niveau de chaque région et de chaque
département par les préfets et les services des deux ministères, en lien avec les collectivités
territoriales concernées.
Les ministères s?appuient également sur des établissements publics nationaux de recherche,
d?expertise et de contrôle dont, en particulier, l?Office français de la biodiversité (OFB).
16.4.2 Plan de gestion du loup
Il existe un plan national pour la gestion du loup depuis le « plan national d?action sur le loup 2004-
2008 ». Le plan en vigueur est le « Plan national d?actions 2018-2023 sur le loup et les activités
d?élevage ».
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Loup-et-activites-elevage_2018-2023.pdf
PUBLIÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Loup-et-activites-elevage_2018-2023.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 268/284
16.4.3 Coûts globaux de la politique
Données 2021
En millions d?euros (hors dépenses de
personnel et de fonctionnement des services
de l?Etat et dépenses des collectivités
territoriales)Prise en charge du coût des
mesures de protection
30,42
Indemnisation 3,5
Crédits d?urgence du ministère chargé de
l?agriculture
0,36
Dépenses autres du ministère chargé de
l?écologie
1,5 (dont 0,5 pour l?équipement et le
défraiement des louvetiers
TOTAL 35.76 millions d?euros
[Sources : Préfet coordonnateur Loup et MASA DGPE].
Cofinancement UE
En France, la protection des troupeaux fait l?objet d?une aide financière dans le cadre de la politique
agricole commune (PAC). En 2021, les dépenses se sont élevées à 30,42 M¤ pour le loup, dont
14.45M¤ de part Etat et 15.97M¤ de FEADER.
A compter de 2022, dans le cadre de la nouvelle programmation PAC, le niveau de cofinancement
de cette aide est de 80% pour la part FEADER.
Le ministère chargé de l?agriculture mobilise également des crédits nationaux dits « d?urgence »,
destinés à aider des éleveurs à faire face à des situations de crise liées à des attaques de loups.
L?Europe finance également le projet Life « Wolf Alps » destiné à favoriser la coexistence du loup
et des activités humaines à l?échelle des pays transalpins. Le budget total du projet est de 11.93M¤
dont 7.03 de financement communautaire.
Evolution depuis 10 ans
2010 2021
Prise en charge des mesures de
protection
6.2M¤ 30.42M¤
Indemnisations de prédations 1.09M¤ 3.5M¤
[Sources : Rapport Assemblée nationale et MASA DGPE]
16.4.4 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Des aides à la protection des troupeaux sont apportées annuellement aux exploitants qui en font
la demande et sous réserve du respect de certaines conditions, communes au loup et à l?ours.
Elles sont fixées par l?arrêté du 30 décembre 2022 relatif à l'aide à la protection des exploitations
et des troupeaux contre la prédation du loup et de l'ours pris par les ministères chargés de
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 269/284
l?écologie et de l?agriculture.
Classement des zones de pâturage des troupeaux
Les zones de pâturage du troupeau dans lesquelles les dépenses sont éligibles à l'aide à la
protection des exploitations et des troupeaux contre la prédation du loup et de l'ours sont
déterminées selon un classement des communes ou partie de communes en quatre cercles, de 0
à 3, pour le loup. Ce classement est établi annuellement en fonction de la pression de prédation et
de la dynamique d'extension des aires de présence de chacun des prédateurs.
Le cercle « zéro » correspond aux foyers de prédation, c'est-à-dire aux communes ou parties de
communes où la récurrence interannuelle de dommages importants a été constatée.
Le cercle « 1 » correspond aux communes ou parties de communes dans lesquelles la prédation
est avérée.
Le cercle « 2 » correspond aux zones où des actions de prévention sont nécessaires du fait de la
survenue possible de la prédation du loup pendant l'année en cours.
Le cercle « 3 » correspond aux zones possibles d'extension géographique du loup où des actions
de prévention sont encouragées du fait de la survenue possible de la prédation du loup à moyen
terme.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 270/284
Dépenses éligibles
1 Gardiennage renforcé/surveillance renforcée
Le gardiennage renforcé correspond à une présence quotidienne à plein temps d'un éleveur ou
d'un berger auprès du troupeau, associée à des engagements spécifiques du bénéficiaire.
La surveillance renforcée correspond à la réalisation d'une ou plusieurs visites quotidiennes du
troupeau, associée à des engagements spécifiques du bénéficiaire.
2 Chiens de protection
2a : achat, stérilisation et test de comportement ;
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 271/284
2b : entretien ;
3 Investissements matériels (parcs électrifiés), hors chiens
4 Analyse de vulnérabilité d'un élevage face au risque de prédation des troupeaux
5 Accompagnement technique
Cet accompagnement technique peut à la fois porter sur le gardiennage renforcé, les chiens et les
investissements matériels.
Les dépenses des types 1 et 2b relèvent de l'intervention 70.26 du Plan stratégique national de la
PAC.
Les dépenses des types 2a, 3, 4 et 5 relèvent de l'intervention 73.16 du Plan stratégique national
de la PAC.
L'éligibilité des types de dépenses est déterminée en fonction des zones.
? En cercle 0 et en cercle 1 : tous les types de dépenses sont éligibles. Au moins deux types
de dépenses parmi les types 1 à 3 doivent être mis en oeuvre, les autres types de dépenses
éligibles sont optionnels.
? En cercle 2 : les dépenses de type 1 ne sont pas éligibles, les dépenses de type 2 à 5 sont
éligibles. Au moins un type de dépenses de type 2 ou 3 doit être mis en oeuvre ; les autres
types de dépenses éligibles sont optionnels.
? En cercle 3 : seules les dépenses de type 2 et 5 sont éligibles. Les dépenses de type 1, 3
et 4 ne sont pas éligibles.
Pour être éligible, la dépense de type 5 doit être associée à la dépense de type 2 et porte
exclusivement sur les chiens de protection.
Conditions d'éligibilité liées à la nature et au nombre des troupeaux
Définition du troupeau éligible
Le troupeau est défini comme le nombre d'ovins et caprins détenus ou pris en pension par le
bénéficiaire pour l'année civile en cours. Les animaux composant le troupeau doivent être
correctement identifiés selon la réglementation en vigueur. Est éligible :
? un troupeau d'au moins 25 animaux reproducteurs détenus en propriété. On entend par
animaux reproducteurs les mâles ou femelles de plus d'un an ou les femelles de moins
d'un an ayant mis bas au moins une fois ;
? un troupeau d'au moins 50 animaux reproducteurs détenus pour partie en propriété et pour
partie en pension.
Nombre de troupeaux retenus
Le demandeur bénéficie de l'aide pour un seul troupeau.
Durée de pâturage dans les cercles
La durée de pâturage dans les cercles est un critère de sélection des dossiers et un critère
permettant de déterminer le plafond de dépenses éligibles. Cette durée est déterminée par le
nombre de jours de présence cumulée du troupeau pour chacun des cercles.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 272/284
Modalités de calcul du montant de l'aide et plafonnement des dépenses en fonction de
l'effectif maximal au pâturage et du mode de conduite du troupeau
Dans le but d'adapter le montant de l'aide aux besoins des demandeurs en fonction du risque de
prédation auquel ils sont confrontés, les différents plafonds sont fixés en fonction :
? du type de dépenses ;
? de la durée de pâturage dans les cercles ;
? de l'effectif maximal au pâturage ;
? du mode de conduite du troupeau.
Montant des forfaits. Taux et plafonds de dépenses
Dépense de type 1 : Gardiennage renforcé
Le type de dépenses gardiennage renforcé n'est ouvert que dans les cercles 0 et 1. Les forfaits,
taux et plafonds indiqués ci-dessous s'appliquent distinctement selon le type de gardiennage
renforcé, la durée de pâturage dans les cercles 0 et 1, le mode de conduite et l'effectif maximal au
pâturage. À noter que les plafonds de dépense annuels portent sur l'ensemble des dépenses
relevant de l'intervention 70.26 du PSN et intègrent donc également le type de dépenses 2b relatifs
à l'entretien des chiens.
Le tableau suivant détaille l'ensemble de ces informations.
Mode de conduite Parc Gardiennage Mixte
Forfait journalier de dépenses éligibles
relatif au gardiennage-éleveur
30,75 ¤/jour
Plafond mensuel des dépenses éligibles
relatifs au gardiennage-délégué
1250¤/mois 2500 ¤/mois
2500
¤/mois
Plafond annuel des
dépenses éligibles
intégrant les deux types
de gardiennage renforcé
et l?entretien des chiens
(1) (2) si durée de
pâturage ? 30j en cercles
0 et 1
À noter :
si durée de pâturage est ?
90j en cercle 0, le plafond
de dépense annuel
s?applique uniquement
sur les dépenses de
gardiennage-éleveur et
d?entretien des chiens.
Les dépenses de
Effectif
maximal au
pâturage :
de 25 à 150
animaux
4 250 ¤/an 9 250 ¤/an 6750 ¤/an
de 151 à
450
animaux
9 250 ¤/an 14 250 ¤/an
11 750
¤/an
de 451 à 1
200
animaux
15 250 ¤/an 23 250 ¤/an
19 250
¤/an
de 1201 à
1500
animaux
17 250 ¤/an 25 250 ¤/an
21 250
¤/an
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 273/284
gardiennage-délégué
pour la durée du pâturage
en cercle 0 ne sont pas
plafonnées.
plus de 1
500
animaux
21 250 ¤/an 31 250 ¤/an
26 250
¤/an
Taux d?aide
80% des dépenses éligibles. 100% dans les
coeurs de parcs nationaux et les réserves
naturelles nationales
(1) Pour les troupeaux dont la présence cumulée du troupeau en cercles 0, 1 et 2 est supérieure
ou égale à 244 jours, le plafond annuel intégrant l'entretien des chiens est majoré de 25 %.
(2) Lorsque plusieurs troupeaux sont retenus pour le même bénéficiaire, dans la limite de trois
troupeaux au total, le plafond annuel intégrant l'entretien des chiens est majoré de 25 % par
troupeau supplémentaire.
Dépense de type 2 : chiens de protection
Dépenses de type 2a relatif à l'achat, la stérilisation et les tests de comportement
Type de
dépense
Achat du
chien
Stérilisation
du chien
Test de comportement du
chien
Forfait de
dépenses
éligibles
375 ¤/chien 250 ¤/chien Sans objet
Plafond de
dépenses
éligibles
750 ¤/an
(1)
500 ¤/an
500 ¤/chien sur la période de
programmation démarrant en
2023
Taux d?aide
80% des
dépenses
éligibles
80% des
dépenses
éligibles
100% des dépenses éligibles
(1) Lorsque plusieurs troupeaux sont retenus pour le même bénéficiaire, dans la limite de trois
troupeaux au total, et si la durée de pâturage est supérieure ou égale à 30 jours en cercles 0 et 1,
le plafond annuel d'achat de chiens de protection est majoré de 25 % par troupeau supplémentaire.
Dépense de type 2b relatif à l'entretien des chiens
Forfait de dépenses éligibles
815 ¤ par chien
et par an
Plafond annuel de dépenses éligibles
si durée de pâturage ? 30j en cercles 0 et 1
cf. plafond
annuel commun
avec le
gardiennage
renforcé
Plafond annuel de dépenses éligibles si durée de pâturage < 30j en en
cercles 0 et 1 mais ? 30j en en cercles 0, 1 et 2
Ou
De 25 à
450
animaux
4 000
¤/an
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 274/284
si durée de pâturage < 30j en en cercles 0, 1 et 2 mais ? 90j en en cercles
0, 1, 2 et 3 Au-delà
de 450
animaux
8 000
¤/an
Taux d?aide
80 % des
dépenses
éligibles
Dépenses de type 3 : investissements matériels (parcs électrifiés)
Mode de conduite Parc Gardiennage Mixte
Taux d?aide 80% des dépenses éligibles
Plafond pluriannuel (1) (2) si durée de pâturage ? 30j
en cercles 0 et 1
31 500 ¤ 6 500 ¤ 5 500 ¤
Plafond pluriannuel (1) (2) si durée de pâturage < 30j
en en cercles 0 et 1 mais ? 30j en en cercles 0, 1 et 2
13 000 ¤ 2 000 ¤ 6 400 ¤
(1) Le plafond pluriannuel s'applique sur la période de programmation démarrant en 2023.
(2) Pour les troupeaux de la catégorie d'effectif maximal au pâturage supérieur à 1500 animaux, le
plafond pluriannuel est majoré de 25 %.
Type de dépenses 4 : analyse de vulnérabilité
Taux d?aide 100%
Plafond
pluriannuel (1)
5 000 ¤
(1) Le plafond pluriannuel s'applique sur la période de programmation démarrant en 2023.
Type de dépenses 5 : accompagnement technique
Taux
d?aide
100%
Forfait
Formation individuelle :
600 ¤/jour
Formation collective : 150 ¤/jour
Plafond 2000 ¤/an
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 275/284
Montant annuel
Montant annuel 2021
2021 : 30.42 Meuros d?aides (+6.3% par rapport à 2020), pour 3012 dossiers (+8% par rapport à
2020)
Evolution depuis 10 ans
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 276/284
Source : Rapport d'information de l'Assemblée nationale relatif aux conséquences financières et
budgétaires de la présence des grands prédateurs sur le territoire national. Février 2022.
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion_fin/l15b5122_rapport-information
16.4.5 Evaluation de l?efficacité des mesures de protection
Les mesures de protection limitent la fréquence des attaques et le nombre de victimes. La
combinaison de plusieurs moyens de protection renforce leur efficacité. Ces mesures ont une
efficacité moindre sur les troupeaux de taille importante.
Les moyens de protection sont plus efficaces dans les milieux d?alpage que dans les autres. Les
mesures doivent donc être adaptées aux spécificités du territoire et des élevages.
Le loup adapte ses comportements aux moyens de protection mis en oeuvre. Des recherches sont
nécessaires.
PUBLIÉ
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion_fin/l15b5122_rapport-information
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 277/284
16.4.6 Indemnisation des dégâts liés au loup
Principe de l?indemnisation
L?indemnisation est un acte volontaire de l?Etat qui n?y était pas contraint par la réglementation. Il
n?y a pas d?indemnisation pour les acteurs économiques en cas de dégâts dus aux autres espèces
protégées (prélèvement du cormoran sur les piscicultures, abattage d?arbres par le castor, ...) en
dehors de la prédation due au loup (et à l?ours pour être complet).
L?indemnisation est possible quand « la responsabilité d?un prédateur n?est pas écartée », sans
qu?il soit nécessaire de prouver de manière certaine que le prédateur est la cause du décès des
bêtes.
L?indemnisation couvre trois volets des dommages :
? les coûts directs des attaques (valeur des animaux dont l?attaque a causé la mort ou qui
ont nécessité une euthanasie. Le montant perçu par l?éleveur varie selon la bête tuée.
Les animaux disparus font également l?objet d?une indemnisation, représentant 20 % du
montant de l?indemnisation des animaux tués lorsqu?ils ne sont pas tenus en parc clos, et
égale au forfait total si l?éleveur apporte la preuve de la disparation de certains animaux
tenus en parc clos ou si le constat indique que le parc a été endommagé lors de l?attaque.
? les coûts indirects : frais vétérinaires sur facture, soins légers apportés par l?éleveur ou le
berger (forfait annuel de 100 euros). Enfin, les pertes liées à la perturbation du reste du
troupeau (moindre prise de poids, avortements, baisses de lactation?) sont prises en
charge par un forfait en fonction de la taille du troupeau.
? Enfin, l?indemnisation couvre les coûts de réparation ou le remplacement du matériel en-
dommagé (notamment les clôtures, les parcs et les ruchers).
Afin de bénéficier de l?indemnisation, l?éleveur ayant subi une attaque de prédateur doit en informer
les autorités dans un délai de 72 heures, afin qu?un constat puisse être établi.
Ce constat est ensuite envoyé à la direction départementale des territoires (DDT), qui décide, en
se fondant sur les éléments reçus, si la responsabilité d?un prédateur peut être écartée ou non. Si
cette responsabilité n?est pas exclue, la demande d?indemnisation est transmise à l?agence de
service et de paiement (ASP), chargée de réaliser les paiements.
Les agents de l?OFB réalisent la grande majorité des constats (4000 en 2020). Les agents des
parcs nationaux en ont réalisé 700 supplémentaires. Dans les départements soumis à la prédation
la plus importante, des renforts en personnels vacataires ou en contrat à durée déterminée sont
mis en place pendant la saison des estives, ou toute l?année comme en Provence-Alpes-Côte-
d?Azur.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 278/284
La prédation par espèce
Le montant des indemnisations
En 2021, l?indemnisation des pertes liées à la prédation du loup s?élevait à 3 490 000 ¤. Ce montant
est en augmentation constante depuis
16.4.7 Mesures d?intervention sur le loup
Effarouchement du loup
Les opérations d'effarouchement, en cas de tentative de prédation du loup, sont possibles à
proximité du troupeau pendant toute la durée du pâturage.
Les moyens d'effarouchement pouvant être mis en place sans demande préalable, en dehors des
réserves naturelles nationales sont les suivants :
? tirs non létaux (avec des munitions (balles ou chevrotines) en caoutchouc ou à grenaille
métallique, du numéro 8 et au-delà, soit d'un diamètre inférieur ou égal à 2,25 mm) ;
? effarouchement à l'aide de moyens olfactifs, visuels ou sonores.
Tirs sur le loup avec armes à feu
Le loup est une espèce protégée en France, mais il peut faire l?objet de prélèvements à titre
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 279/284
dérogatoire mais de façon très strictement encadrée par un arrêté des ministères chargés de
l?écologie et de l?agriculture. Il prévoit une gradation dans les dispositions de tirs qui peuvent être
autorisés en fonction de la pression de prédation et sous certaines conditions.
Tirs de défense
Les tirs de défense simple et de défense renforcée sont mis en oeuvre pendant toute la durée de
la présence du troupeau dans les territoires soumis à la prédation du loup et dans les conditions
suivantes, qui doivent toutes être vérifiées :
? à proximité du troupeau concerné ;
? sur les pâturages, surfaces et parcours mis en valeur par le bénéficiaire de la dérogation
ainsi qu'à leur proximité immédiate ;
? en dehors des réserves naturelles nationales constituées pour des motifs incluant la con-
servation de la faune sauvage et du coeur des parcs nationaux dont le décret portant créa-
tion interdit la chasse ;
? Le tir de nuit ne peut être effectué qu'après identification formelle de la cible et de son -
environnement à l'aide d'une source lumineuse ;
? L'utilisation de lunettes de tir à visée thermique sera réservée aux seuls lieutenants de
louveterie et agents de l'OFB ;
? L'utilisation de dispositifs de repérage utilisant la technologie d'amplification de lumière ou
la détection thermique sera réservée aux lieutenants de louveterie, aux agents de l'OFB et
aux chasseurs habilités qui opèrent en présence d'un lieutenant de louveterie ou d'un agent
de l'OFB.
Le bénéficiaire de l'autorisation doit tenir un registre précisant les informations suivantes :
? les nom et prénom(s) du détenteur de chaque arme ainsi que le numéro de son permis de
chasser ;
? la date et le lieu de l'opération de tir de défense ;
? les mesures de protection du troupeau en place lors de l'opération ;
Et le cas échéant :
? les heures de début et de fin de l'opération ;
? le nombre de loups observés ;
? le nombre de tirs effectués ;
? l'estimation de la distance de tir ;
? l'estimation de la distance entre le loup et le troupeau au moment du tir ;
? la nature de l'arme et des munitions utilisées ;
? la nature des moyens susceptibles d'améliorer le tir utilisé ;
? la description du comportement du loup s'il a pu être observé après le tir (fuite, saut?).
Tirs de défense simple
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 280/284
Les tirs de défense simple peuvent intervenir dès lors que des mesures de protection sont mises
en oeuvre ou que le troupeau est reconnu comme ne pouvant être protégé.
Tirs de défense renforcée
Les tirs de défense renforcée peuvent intervenir dès lors que :
1. Des mesures de protection sont mises en oeuvre ou que le troupeau est reconnu comme
ne pouvant être protégé au sens du III de l'article 6 ;
2. Malgré la mise en place effective de ces mesures et après le recours aux tirs de défense
simple, le troupeau se trouve dans l'une des situations suivantes :
- il a subi au moins trois attaques dans les douze mois précédant la demande de déroga-
tion ; ;
- il se situe dans un territoire où il est constaté au cours des derniers mois, sur la base du
suivi effectué en application de l'article 6, des dommages importants dans les élevages
ayant mis en oeuvre les tirs de défense simple et malgré l'installation de mesures de pro-
tection des troupeaux (sauf pour les troupeaux reconnus comme ne pouvant être protégés).
Dans ces conditions, le préfet de département peut, après avis du préfet coordonnateur,
accorder des autorisations de tir de défense renforcée aux éleveurs dont les troupeaux
sont situés sur un tel territoire.
Tirs de prélèvement
Les tirs de prélèvement peuvent être autorisés sur les territoires remplissant certaines conditions
et en dehors du coeur des parcs nationaux et des réserves naturelles nationales.
Le préfet coordonnateur du plan national d'actions sur le loup procède au suivi dynamique de la
prédation dans les régions et départements où l'espèce est présente et sur le fondement de celui-
ci. Il donne son avis sur les projets d'arrêtés préfectoraux ordonnant des tirs de prélèvement.
Les opérations de tirs de prélèvement ne peuvent être mises en oeuvre qu?au cours d'une période
comprise entre le 1er juillet et le 31 décembre, pour une durée maximale de trois mois.
Les tirs de prélèvement peuvent être autorisés :
? s'il est constaté des dommages exceptionnels dans les élevages ayant mis en oeuvre les
tirs de défense simple et malgré l'installation de mesures de protection des troupeaux (sauf
pour les troupeaux reconnus comme ne pouvant être protégés) ;
ou s'il est constaté des dommages exceptionnels au cours des 12 derniers mois sur une
zone de présence permanente du loup non constituée en meute et isolée géographique-
ment d'autres zones de présence permanente, dans les élevages ayant installé des me-
sures de protection des troupeaux (sauf pour les élevages reconnus comme ne pouvant
être protégés), et
? au moins deux autorisations de tirs de défense renforcée ont été mises en oeuvre au cours
des 12 derniers mois ;
? dans la mesure où les troupeaux demeurent dans les conditions où ils sont exposés à la
prédation du loup.
Les opérations de tirs de prélèvement sont réalisées, selon les modalités techniques définies par
l'OFB. Afin d'assurer le bon déroulement des opérations, en l'absence d'un agent de l'OFB, un
lieutenant de louveterie, ou, sous réserve qu'il ait suivi une formation spécifique assurée par l'OFB,
un garde particulier assermenté ou un chasseur est désigné comme responsable.
Le bilan de chaque tir de prélèvement est établi par le préfet à l'issue de l'opération et est envoyé
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 281/284
au préfet coordonnateur.
Délivrance des autorisations de tirs (défense, prélèvement?)
Le nombre maximum de spécimens de loups (mâles ou femelles, jeunes ou adultes) dont la
destruction est autorisée, en application de l'ensemble des dérogations qui pourront être accordées
par les préfets, est fixé chaque année selon des modalités prévues par arrêté ministériel.
A ce jour, et sur la base d?une expertise scientifique de la viabilité de la population lupine en France,
le nombre maximum de loups dont le prélèvement peut être autorisé chaque année est fixé à 19%
de l?effectif.
16.4.8 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
Les acteurs ne sont pas préparés aux attaques des loups dans les territoires où des individus en
dispersion apparaissent pour la première fois. La mise en place de mesures de protection des
troupeaux sur ces nouvelles zones de prédation n?est pas effective.
Dans ces nouvelles zones de prédation, un pilotage spécifique est mis en oeuvre. La connaissance
des futures zones s?avère particulièrement difficile à anticiper, le nouveau territoire occupé par le
loup n?étant pas forcément contigu à un secteur déjà occupé.
Description des actions
? Mise en place d?une cellule de veille (représentants des organisations techniques, socio-
professionnelles et associatives concernées par le loup) coordonnée par le préfet de dé-
partement pour mieux accompagner les acteurs locaux et notamment les éleveurs en leur
diffusant une information de bonne qualité et en leur proposant la mise en place réactive
de mesures adaptées au contexte local.
? Information et formation des éleveurs pour leur permettre de bénéficier de manière réactive
des différentes mesures prévues par le plan national d?action, notamment l?aide technique
pour l?installation des mesures de protection et pour l?adaptation aux potentiels change-
ments de conduite du troupeau.
? Mise en oeuvre d?une gestion adaptée en vue de préserver les activités pastorales dans
des zones difficilement protégeables du fait des modes de conduite des troupeaux. Ces
zones sont définies par arrêté préfectoral. Dans ces zones, la gestion aura pour but de
freiner l?expansion du loup. Ainsi, les tirs de défense et de prélèvement pourront être auto-
risés sans mesure préalable de protection des troupeaux et dans des conditions définies
par arrêté (arrêté du 5 avril 2019). La zone délimitée ne concerne que la région où l'on
produit le Roquefort, caractérisée par une très forte densité d'ovins. Elle est donc loin de
représenter l'ensemble des nouvelles zones de prédation.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 282/284
Dispositions particulières réglementairement applicables
Le préfet coordonnateur du plan national d'actions sur le loup délimite les zones dans lesquelles,
du fait des modes de conduite des troupeaux d'animaux domestiques, la mise en oeuvre des
mesures de protection des troupeaux contre la prédation du loup présente des difficultés
importantes, constatées à la suite d'une ou plusieurs attaques de loup sur les troupeaux. Pour la
détermination de ces zones, sont pris en compte l'importance des adaptations des modes de
conduite et de protection des troupeaux, le coût économique en résultant pour les éleveurs et la
collectivité publique ainsi que le niveau d'efficacité de ces adaptations pour maîtriser la prédation
au regard des éléments suivants :
? les caractéristiques topographiques et écologiques des milieux exploités par les troupeaux ;
? le type d'élevage, son mode de conduite et la taille des troupeaux ;
? l'étendue des parcours et surfaces utilisés par les troupeaux ;
? le nombre de lots composant les troupeaux ;
? la durée et le niveau d'exposition des troupeaux à la prédation.
Dans ces zones mentionnées les tirs de défense et de prélèvement peuvent être autorisés sans
que les troupeaux bénéficient de mesures de protection dans les conditions suivantes :
1. Pour les tirs de défense simple, sans autre condition ;
2. Pour les tirs de défense renforcée, quand le troupeau, malgré le recours aux tirs de défense
simple, a subi au moins trois attaques dans les douze derniers mois précédant la demande
de dérogation ou se situe sur une commune sur laquelle au moins trois attaques au moins
ont été constatées au cours des douze mois précédent la demande de dérogation, dans
des troupeaux ayant mise en oeuvre les tirs de défense simple ;
3. Pour les tirs de prélèvement, quand les attaques de loup sur les troupeaux persistent après
la mise en oeuvre de deux autorisations de tir de défense renforcée dans une période maxi-
male de douze mois.
16.5 Acceptation sociale
16.5.1 Acceptation par le monde agricole
« Nous réaffirmons nos trois objectifs principaux qui doivent être la base d?une gestion équilibrée
sur ce dossier et permettre aux éleveurs de pouvoir vivre de leur métier et l?exercer dans des
conditions optimales :
? Zéro attaque.
? Le droit permanent des éleveurs de défendre leurs troupeaux, déconnecté de tout plafond
de prélèvement.
? Le refus de toute conditionnalité pour le versement des indemnisations des troupeaux pré-
datés.
? Le rejet de toute gestion différenciée entre les territoires dans la gestion du dossier loup.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 283/284
Enfin, nous rappelons notre demande de sortie du loup de la Convention de Berne et de la Directive
Habitats. »
Source : Communiqué de presse conjoint FNSEA-FNO-JA-CA 2017
16.5.2 Acceptation par l?opinion publique
82% des français interrogés estiment que les humains doivent trouver des moyens de cohabiter
avec les loups.
Pour 33% des français le loup peut représenter une menace.
https://www.eurogroupforanimals.org/files/eurogroupforanimals/2020-
06/Savanta%20ComRes_Wolf%20Protection%20Research%20for%20Eurogroup%20for%20Ani
mals_Feb2020_v2.pdf
16.6 Eléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du
loup en France
16.6.1 Les points forts de la politique publique du loup en France
La politique publique du loup en France est établie conjointement par les ministères chargés de
l?agriculture et de l?écologie. Elle fait l?objet d?un encadrement national et d?une planification
pluriannuelle.
La coordination nationale de sa mise en oeuvre par un Préfet permet d?en assurer la cohérence sur
l?intégralité du territoire national et la conformité aux règles. Elle permet également d?avoir une
vision actualisée en permanence de la situation dans tous les territoires.
La transparence est assurée par la publication régulière d?informations et de données sur deux
sites internet nationaux, gérés respectivement par le Préfet coordinateur et l?OFB.
La gouvernance du plan national comporte également :
? une instance de dialogue et de concertation entre toutes les parties prenantes, le Groupe
national loup, réuni régulièrement par le Préfet coordinateur ;
? un conseil scientifique.
L?expertise de l?OFB et sa capacité de projection sur le terrain sont également particulièrement
précieuses.
16.6.2 Pistes d'évolution et expérimentation de nouvelles mesures
Le « Plan national d?actions 2018-2023 sur le loup et les activités d?élevage » arrive bientôt à
échéance. En vue de l?élaboration du prochain plan, les ministères mobilisent des experts et ont
sollicité le parangonnage avec d?autres pays européens afin d?identifier les mesures et pratiques
jugées pertinentes et efficaces et qui pourraient être applicables en France.
PUBLIÉ
https://www.eurogroupforanimals.org/files/eurogroupforanimals/2020-06/Savanta%20ComRes_Wolf%20Protection%20Research%20for%20Eurogroup%20for%20Animals_Feb2020_v2.pdf
https://www.eurogroupforanimals.org/files/eurogroupforanimals/2020-06/Savanta%20ComRes_Wolf%20Protection%20Research%20for%20Eurogroup%20for%20Animals_Feb2020_v2.pdf
https://www.eurogroupforanimals.org/files/eurogroupforanimals/2020-06/Savanta%20ComRes_Wolf%20Protection%20Research%20for%20Eurogroup%20for%20Animals_Feb2020_v2.pdf
PUBLIÉ
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 Les recommandations formulées dans les rapports antérieurs des conseils généraux ont été très largement mises en oeuvre
2 Huit études de cas pour couvrir la diversité des situations
locales
3 Les enseignements du parangonnage permettent de formuler sept recommandations
Conclusion
Annexes
1 Lettre de mission
2 Liste des personnes rencontrées
3 Glossaire des sigles et acronymes
4 Tableau des chiffres clés par pays
5 Historique rapide des plans nationaux d?actions relatif au
loup
6 Tableau des critères et les éléments d?orientation pour choisir les pays (et régions) objet du parangonnage
7 Tableau d?analyse des rapports relatifs au loup du Conseil général de l?environnement et du Conseil général de l?agriculture, de l?alimentation et des espaces ruraux
8 Fiche Allemagne
9 Fiche Communauté autonome des Asturies
10 Fiche Communauté autonome de Castille et Léon
11 Fiche Communauté autonome de Catalogne
12 Fiche Italie : Région autonome du Piémont
13 Fiche Slovaquie
14 Fiche Suède
15 Fiche Suisse
16 Fiche France
(ATTENTION: OPTION ,96 14,0 3,2 inconnu Inconnu 0,11 0,8 8,9
montant dépenses en k¤/nombre d'ovins 5,1 7,93 28,0 7,8 inconnu inconnu 0,16 3,9 47,0
montant indemnisations prédation en k¤/
nombre d'animaux prédatés 0,4 0,12 0,3 0,4 inconnu 0,18660706 0,11 0,5 0,44
nombre d'attaques par loup par an 4,3 0,8 6,2 0,2 inconnu 1,2 inconnu 0,1 Inconnu
nombre d'animaux prédatés / loup par an 13,0 3,4 8,7 0,3 inconnu 3,1 0,75 0,8 4,2
montant indemnisations prédation en
k¤/nombre de loups 5,8 0,43 2,5 0,1 inconnu 0,581 0,085 0,4 1,8
montant subventions protection en
k¤/nombre de loups 33,0 9,83 6,4 0,3 inconnu inconnu inconnu 2,6 33,3
montant subventions protection en
k¤/nombre d'ovins et de bovins 1,3 0,92 10,0 2,2 inconnu inconnu inconnu 0,7 0,004
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 46/284
5 Historique rapide des plans nationaux d?actions relatif au
loup
Les deux premiers loups ont été vus en novembre 1992 dans les Alpes-Maritimes. Ils ont formé la
meute historique Vésubie-Tinée dans le parc national du Mercantour et ont marqué le retour du
loup en France.
Le parc national du Mercantour a mis en place dès l'hiver 1992-93 un protocole de suivi scientifique
des loups présents dans les Alpes françaises, une procédure de compensation des dommages sur
le cheptel domestique, des aides pour le renforcement du gardiennage et des campagnes
d'information.
Par la suite, deux programmes LIFE 1997 à 1999 et 1999-2004 ont permis de financer les actions
de protection, de communication et de suivi biologiques.
5.1 PNA 2004-2008
Le premier « Plan d?action sur le Loup » pour la période 2004-2008, publié en 2004, est concis (18
pages). A cette époque, la population a été estimée lors de saison hivernale 2003/2004 entre 37 à
41 animaux (moyenne de 39 individus). Les ministères de l?écologie et de l?agriculture le portaient
déjà conjointement. Les cinq objectifs de ce plan sont :
A. Réduire l?impact du loup en accompagnant les éleveurs
B. Gestion des populations de loup
C. Poursuivre le suivi biologique du loup et de son impact sur l?élevage
D. Coopération transfrontalière
E. La communication et la concertation
Parallèlement un « Groupe National Loup » (groupe de travail et réflexion) est aussi créé à
l?automne 2004, réunissant différents acteurs administratifs, professionnels, experts, élus et
associations, qui définissent conjointement la politique de la France sur le sujet.
Les éléments structurants de la politique actuelle sont déjà en place :
? protection directe des troupeaux (techniques de prévention) ;
? favoriser les pratiques pastorales moins vulnérables à la prédation (diagnostics pastoraux,
amélioration des conditions d?exercice du pastoralisme) ;
? indemnisation des dégâts ;
? prélèvement de loups.
Dans le but de ralentir la croissance démographique du loup ? le gouvernement a décidé en 2004
un prélèvement de 10% des individus réellement dénombrés au cours de l?hiver 2003/2004, soit le
retrait de 4 individus.
L?arrêté des ministres de l?écologie et du développement durable et de l?agriculture et de la pêche,
en date du 24 mai 2006, autorisant les opérations d?effarouchement, de tirs de défense et de
prélèvement sur les animaux de l?espèce Canis lupus pour la période 2006-2007 est le premier
arrêté-cadre qui organise les prélèvements de loups en France. Il contient le protocole technique
d?intervention et le nombre maximum de spécimens dont le prélèvement est autorisé (6) qui sera
par la suite individualisé dans un arrêté spécifique.
5.2 PNA 2008-2012
Ce plan est dénommé « plan d'action national sur le loup (2008-2012), dans le contexte français
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 47/284
d'une activité importante et traditionnelle d'élevage ».
Les objectifs de ce 2e plan sont pratiquement les même que ceux du précédent.
? Limiter les impacts du loup en accompagnant les éleveurs.
? Suivi de la population de loup en France.
? Mesures de gestion
? Coopération transfrontalière et échange internationaux
? Communication et concertation.
5.3 PNA 2013-2017
Ce 3e plan s?appelle sobrement « plan national d?actions loup 2013-2017 ». Ses objectifs sont :
? le suivi biologique de la population de loups ;
? la protection des troupeaux contre la prédation ;
? l'indemnisation des dommages aux troupeaux ;
? les interventions sur les spécimens de loups ;
? la communication et l'information ;
? la coopération transfrontalière et les échanges internationaux.
Les prélèvements de loups existent déjà, mais c?est le premier plan qui affiche que le prélèvement
est un objectif du plan.
5.4 PNA 2018-2023
Le 4e plan est intitulé « plan national d?actions 2018-2023 sur le loup et les activités d?élevage ».
Sa présentation est sensiblement différente des précédents avec un accent porté sur les actions.
Cette partie est la plus importante (75 pages sur un total de 94 pages) et contient 37 actions
regroupées en huit axes :
1. la protection des troupeaux
2. renforcer le soutien au pastoralisme
3. renforcer le pilotage départemental du plan national loup en lien avec le préfet
coordonnateur
4. l'indemnisation des dommages
5. le suivi biologique du loup
6. les interventions sur la population de loup
7. développement de la communication, de l'information et de la formation
8. études et prospective
5.5 Analyse sommaire des PNA
L?analyse des quatre plans nationaux d?actions (PNA) relatifs au loup, qui couvrent la période 2004-
2023, montre une très grande constance de objectifs des quatre PNA avec les objectifs suivants
qui se retrouvent dans chaque plan :
? protection directe des troupeaux (techniques de prévention) et favoriser les pratiques
pastorales moins vulnérables à la prédation (diagnostics pastoraux, amélioration des
conditions d?exercice du pastoralisme) ;
? indemnisation des dégâts ;
? assurer le suivi de la population de loup en France ;
? prélèvements de loup ;
? coopération transfrontalière et échange internationaux ;
? communication et concertation.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 48/284
Les plans sont, au fil du temps, de plus en plus détaillés, mais ils ne changent pas
fondamentalement.
Renforcement dans le temps de l?objectif de prélèvements de loup
L?objectif qui se renforce le plus avec le temps, est celui des prélèvements de loups et le plan 2013-
2017 en fait un objectif explicite du plan. Le document La présence du loup en France entre 2013
et 2017. État des lieux et diagnostic de la situation dans la perspective de la rédaction du futur plan
national d?actions 2018-2023 sur le loup et les activités d?élevage fait le bilan des modalités de
prélèvement. La brigade loup a été mise ne place à l?été 2015. Lors de la campagne de 2015-2016
la toute jeune brigade loup réalise 26 destructions sur les 32 réalisées. Elle aura permis que les
destructions autorisées soient réalisées alors que ce n?était pas vraiment le cas auparavant. Dès
la campagne suivante 2016-2017, sur 34 destructions, il y a aura plus de destructions liées aux tirs
de défense renforcé (16) qu?aux tirs de prélèvement renforcés réalisés par la brigade (11). La
brigade loup s?est entre-temps consacrée à la formation des louvetiers davantage qu?à participer
aux opérations de destruction. Les louvetiers et les équipes encadrées par les louvetiers montrent
dès ce moment leurs aptitudes à réaliser les destructions autorisées. Ce sont deux caractéristiques
toujours actuelles : 1) les destructions autorisées sont presque intégralement réalisées et 2) elles
sont majoritairement réalisées lors des opérations de défense renforcée.
Des objectifs secondaires ne sont pas repris par le plan suivant
Quelques objectifs secondaires peuvent être cités par un plan mais ne sont pas repris par les plans
suivants :
? PNA 2004- 2008 : lutter contre les chiens errants et lutter contre l?hybridation.
? PNA 2008-2012 : maîtriser le braconnage et marquage des loups captifs.
Certains objectifs ne sont pas repris alors que le problème demeure (lutte contre les chiens errants).
D?autres témoignent de préoccupations qui existaient au moment de la rédaction (hybridation) ou
ont été traitées (marquage des loups captifs).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 49/284
6 Tableau des critères et les éléments d?orientation pour
choisir les pays (et régions) objet du parangonnage
Eléments
d?orientation
connus et pris
en compte par
la mission en
janvier 2023
Allemagne Asturies Castille-
Léon
Catalogne Piémont Slovaquie Suède Suisse
Ovins/
pastoralisme,
estive
X X X
Ovins au
pâturage
X X X X X X
Bovins au
pâturage
X
X
X X X
Ordre de
grandeur du
ratio nb loups/
nb ovins +
bovins proche
du ratio
français (dans
les zones
concernées par
la prédation)
X X X X X X X
Prédation sur
ovins
X X X X X X X X
Prédation sur
bovins
X X X
X X
Directive
Habitats + loup
en annexe IV
X
X X X
X hors UE
Directive
Habitats + loup
en annexe V
X X X hors UE
Convention de
Berne
X X X X X X X X
Prélèvements
létaux
autorisés
X X X X X
PUBLIÉ
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7 Tableau d?analyse des rapports relatifs au loup du
Conseil général de l?environnement et du Conseil général
de l?agriculture, de l?alimentation et des espaces ruraux
PUBLIÉ
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8 Fiche Allemagne
8.1 Présentation de l?élevage en Allemagne
8.1.1 Ovins
1.52M en 2022 (forte baisse : 2.7M il y a 20 ans)
dont 13 400 brebis laitières
Concentration géographique en Bavière, Bade-Wurtemberg et Schleswig-Holstein
97% avec pâturage
Basse-Saxe : 162 500 moutons en novembre 2022
Saxe : 62 400 moutons en novembre 2022
(Source BMEL)
8.1.2 Bovins
11 M en 2022
Dont 3.8M de vaches laitières
Principaux länder : Bavière, Basse-Saxe, Rhénanie-du-Nord-Westphalie et Schleswig-Holstein.
Les 2 premiers concentrent la moitié de la population bovine allemande.
(Source BMEL)
8.1.3 Caprins
159 000 en 2022 (source Eurostat).
8.2 Caractéristiques de la population de loup
8.2.1 Les effectifs de loup
Nombre d?individus, nombre de meutes :
Au cours de l'année de monitoring 2021/2022, les Länder allemands ont confirmé la présence d'un
total de 161 meutes de loups, 43 couples de loups et 21 loups solitaires sédentaires.
L'analyse des données de monitoring collectées par les Länder montre qu'au moins 1175 individus
vivaient dans les territoires de loups confirmés au cours de l'année de monitoring 2021/2022 qui
vient de s'achever : 423 loups ont pu être classés avec certitude comme adultes, et pour 57 autres
animaux identifiés par le monitoring des Länder, il n'a pas été possible de déterminer clairement
s'il s'agissait d'adultes ou de subadultes. Si l'on tient compte de ces individus, le nombre minimal
de loups adultes dans les territoires confirmés au cours de l'année de suivi 2021/2022 se situait
entre 423 et 480 à l'échelle nationale. 98 yearlings (loups dans leur deuxième année de vie) et 550
chiots (loups dans leur première année de vie) ont en outre pu être identifiés. Pour sept individus,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 58/284
il n'était pas certain qu'il s'agissait de yearlings ou de chiots, pour 40 autres individus, l'âge n'a pas
pu être déterminé.
(Cf infra 2.3 pour plus de détails)
Evolution de la population
Au cours de l'année de suivi précédente, 2020/2021, 158 meutes, 35 couples et 22 loups solitaires
ont été identifiés.
Bleu : meutes / Rouge : couples / Jaune : loups isolés (DBBW au 13/04/2023)
8.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Le suivi annuel s'étend du 1er mai au 30 avril de l'année suivante et couvre un cycle de
reproduction, de la naissance des jeunes à leur première année de vie. Durant cette période, les
Länder collectent les données selon des normes uniformes, ce qui garantit la comparabilité.
Ensuite, les données collectées par les Länder sont validées et comparées. Le BfN et la DBBW
les rassemblent ensuite au niveau national. Les résultats sont ensuite mis à la disposition du public
(cartes de répartition). Sur le site web du DBBW, on trouve les personnes de contact des Länder
qui sont responsables du monitoring des grands prédateurs.
Tous les indices qui indiquent la présence de grands prédateurs sont d'abord documentés. Il s'agit
entre autres de photos prises lors de rencontres fortuites ou de pièges photographiques, de
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 59/284
matériel génétique pour des analyses, de traces ou encore d'observations.
Les normes de suivi du loup, du lynx et de l'ours en Allemagne (Kaczensky et al. 2009, Reinhardt
et al. 2015), ci-après dénommées normes de suivi, classent les données en fonction de leur véri-
fiabilité. Cette catégorisation se réfère aux critères SCALP, qui ont été développés dans le cadre
du projet "Status and Conservation of the Alpine Lynx Population" (SCALP) pour la surveillance
transnationale du lynx dans les Alpes. Ces critères SCALP ont été adaptés au loup et à l'ours et
aux circonstances en Allemagne. La lettre C signifie "Catégorie", les chiffres 1 à 3 définissent la
vérifiabilité des indices.
C1 : preuve évidente = faits concrets qui confirment clairement la présence de l'espèce animale
concernée (capture vivante, animal trouvé mort, preuve génétique, photographie, points de don-
nées télémétriques).
C2 : indice confirmé = indice (par exemple piste ou animal tué) dont une personne expérimentée
a confirmé qu'il provenait d'un loup, d'un lynx ou d'un ours. La personne expérimentée peut elle-
même procéder à une évaluation de l'indice sur le terrain ou examiner et valider la documentation
concluante réalisée par une autre personne.
C3 : Indice non confirmé = tous les indices qui n'ont pu être ni confirmés ni exclus de l'origine du
loup, du lynx ou de l'ours par une personne expérimentée en raison d'informations insuffisantes.
Cette catégorie comprend toutes les observations sans preuve sous forme de photographie, y
compris les observations par des personnes expérimentées, tous les indices trop anciens, insuffi-
samment ou incomplètement documentés, les indices qui ne fournissent pas suffisamment d'infor-
mations (par exemple dans le cas de traces) ou qui sont insuffisants pour une confirmation pour
d'autres raisons. La catégorie C3 peut être divisée en sous-catégories telles que "haute probabilité"
et "faible probabilité".
Faux : Faux rapport = indice pour lequel on peut exclure qu'il provienne de l'espèce concernée.
k.B. : keine Bewertung möglich (évaluation impossible) = indices qui ne peuvent pas être évalués
en raison d'informations manquantes, même au niveau minimum, par exemple des observations
d'animaux tués ou de traces.
Les données relatives à la taille de la population, à la reproduction et aux zones d'occurrence sont
exclusivement basées sur les données C1 et C2. Les indices non confirmés sont particulièrement
intéressants dans les zones où aucun loup n'a été détecté jusqu'à présent (possibilité d'un nouvel
établissement).
Pour chaque cellule de la grille (10 x 10 km), les indices et les indices de présence de l'année de
monitoring sont rassemblés et ensuite validés. Sont considérés comme des indices et des preuves,
par exemple, les échantillons génétiques ou même les photos. Les indices qui ne sont pas
vérifiables (observations visuelles, vocalisations) ou qui ne sont pas suffisamment documentés ne
sont pas intégrés dans la représentation cartographique. Une cellule de la grille est considérée
comme occupée et colorée en vert (cf carte infra) lorsqu'il existe un indice C1 ou au moins trois
indices C2 indépendants. La catégorisation des données de suivi et des indices se base sur les
normes communes de suivi. Les indices C1 sont ceux qui confirment clairement la présence du
loup (capture vivante, cadavre, preuve génétique, photo). Sont classés C2 les indices confirmés
qui ont été vérifiés par une personne expérimentée (par exemple une trace ou une morsure). Les
cellules dans lesquelles la première preuve de reproduction d'une meute a été apportée au cours
de l'année de suivi sont marquées d'un losange. Lorsque les territoires des loups sont contigus,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 60/284
une cellule peut également contenir des reproductions de plus d'une meute.
La taille de la population de loups est mesurée par un indice qui résulte du nombre de meutes et
de couples. Lorsqu'une meute avec reproduction est confirmée pour une année de suivi (du 1er
mai au 30 avril), elle est comptée comme une paire dans cette zone pour l'année de suivi
précédente, qu'elle ait été détectée ou non lors du suivi de l'année précédente. L'analyse des
données est effectuée tout au long de l'année, mais la compilation nationale des données est
généralement réalisée en automne, après la fin de l'année de surveillance. Lorsque de nouvelles
informations sont disponibles plus tard, les résultats sont corrigés et transférés dans les rapports
de situation et les chiffres. Toutes les modifications apportées aux données sont identifiables grâce
à des marques. La délimitation des territoires voisins est effectuée sur la base de critères stricts.
L'aire d'occurrence résulte du nombre de mailles dans lesquelles la présence du loup a été
confirmée au cours de l'année de suivi concernée.
Cf fiche-annexe 1 pour plus de détails.
Il n?y a pas de suivi commun par l?Allemagne et la Pologne de la population de loups. Des échanges
réguliers se tiennent entre les deux pays mais ne sont pas très développés. Le conseil allemand
de l?environnement [deutscher Umweltrat], qui suit aussi la thématique du loup, a proposé à la
Pologne de réaliser un suivi commun mais celle-ci a décliné cette proposition. Le monitoring y est
réalisé selon une méthodologie différente et de façon beaucoup moins intensive qu?en Allemagne,
le loup y ayant toujours été présent et sa protection faisant donc l?objet d?une préoccupation moins
forte.
8.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 61/284
25
La présence du loup dans toute l'Allemagne se concentre, comme les années précédentes, sur le
territoire allant de la Saxe en direction du nord-ouest à la Basse-Saxe en passant par le
Brandebourg, la Saxe-Anhalt et le Mecklembourg-Poméranie occidentale. D'autres territoires de
loups ont été identifiés dans le Bade-Wurtemberg, la Bavière, la Hesse, la Rhénanie-du-Nord-
Westphalie, le Schleswig-Holstein et la Thuringe.
PUBLIÉ
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Bleu : meute / Rouge : couple / Jaune : loup isolé
PUBLIÉ
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Évolution depuis 2001 :
PUBLIÉ
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Les bureaux responsables de la gestion du loup tant au ministère fédéral de l?environnement qu?au
ministère fédéral de l?agriculture n?ont pas identifié d?explication au fait que le loup progresse en
direction de l?Ouest et non vers le Sud de l?Allemagne, depuis la frontière polonaise.
PUBLIÉ
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Vert foncé : meutes / Vert moyen : couples / Vert jaune : loups isolés
Causes de mortalité des loups (147 en 2022) :
PUBLIÉ
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Rouge : mise à mort illégale / Jaune : gestion / Vert : naturel / Vert kaki : non déterminé / Parme : accident de la
route / blanc : en cours d?investigation26
8.2.4 Viabilité de la population de loup
Quel est le statut juridique de protection du loup en Allemagne ?
Le loup est inscrit aux annexes II et IV de la directive européenne Faune-Flore-Habitat (directive
FFH) et constitue, conformément à l'article 1h de la directive, une espèce prioritaire pour la
conservation de laquelle tous les États de l'Union européenne ont une responsabilité particulière.
Au niveau national, le loup est une espèce strictement protégée par la loi fédérale sur la protection
de la nature27
Dans la liste rouge actuelle des mammifères d'Allemagne (2020), le loup est classé dans la
catégorie "en danger". Les autorités des Länder sont responsables de la mise en oeuvre de la
protection du loup en Allemagne.
L'état de conservation du loup doit être déterminé tous les six ans dans le cadre des rapports à
établir pour les directives européennes sur la protection de la nature à l'intention de l'UE. Il est
défini selon la directive FFH (art. 1, lettre i) et sa classification se mesure à l'échelle européenne
selon des critères uniformes. Ces critères sont, outre la population, la répartition, la taille et la
qualité de l'habitat ainsi que les perspectives d'avenir. Bien que la population allemande de loups
ait évolué positivement au cours des dernières années, l'ensemble de ces critères montre que
l'espèce présente toujours un état de conservation globalement défavorable dans les deux régions
biogéographiques (atlantique et continentale) où le loup a été évalué, selon le rapport FFH
allemand de 2019 (période de référence : 2013-2018). La tendance générale a été jugée "en
amélioration" pour les deux régions biogéographiques.
26 Source DBBW
27 § 7 alinéa 2 n° 14 BNatSchG
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 67/284
L?office fédéral pour la protection de la nature [Bundesamt für Naturschutz] réalise actuellement
une étude visant à obtenir une estimation précise des effectifs du loup en Allemagne, et des
données sur sa viabilité. Cette étude, qui est la première de ce type en Allemagne, devrait être
disponible d?ici la fin de l?année 2023.
Elle est réalisée dans le cadre du débat actuel sur la présence du loup dans l?UE et en Allemagne.
Les éleveurs et chasseurs allemands accusent régulièrement les autorités allemandes de sous-
estimer cette présence.
Une étude réalisée pour la Basse-Saxe
Extrait du plan loup de Basse-Saxe
Le Land de Basse-Saxe a réalisé une étude de population basée sur un modèle sur le loup en
Basse-Saxe comme aspect partiel de l'état de conservation en Allemagne en 2021. Cette étude a
été réalisée par l'Université d'Agriculture de Vienne, BOKU, à l'Institut de biologie de la faune et de
la chasse.
L'étude a évalué la population de loups en Basse-Saxe et en Allemagne (à l'exception de la Basse-
Saxe), en partant de l'année 2015 jusqu'à l'année 2045. Vingt-trois scénarios ont été élaborés, qui
décrivent les effets de différentes conditions sur la population finale. Pour la modélisation de la
simulation, une analyse de vulnérabilité de la population (AVP) a été créée afin d'évaluer la
probabilité de survie d'une population. L'analyse a été réalisée sur la base des stades de vie des
loups (chiot, yearling, sous-dominant, dispersé - "loups migrateurs", territorial) à l'aide de d'un
modèle de cycle de vie développé en interne et basé sur les données de la littérature. Dans un
premier temps, un scénario standard, dans lequel la simulation est basée sur des données réalistes
et qui a été utilisé pour la comparaison avec d'autres scénarios a été utilisé. L'effectif de départ en
2015 se base sur les individus effectivement détectés. Les résultats de l'AVP ont été analysés à la
fois sur la base de paramètres démographiques et génétiques. Deux analyses de sensibilité ont
été effectuées pour évaluer les effets des paramètres d'entrée de la simulation sur la population
de loups.
Les territoires de loups constatés en Allemagne au cours des années de suivi 2000/01 à 2020/21
ont une croissance exponentielle. Sur la base de l'analyse de l'adéquation des habitats de Kramer-
Schadt et al. (2020), en supposant une croissance constante de l'ordre de 32%, on a pu prévoir
que la limite écologique maximale limite de capacité de 1408 territoires en Allemagne sera très
probablement atteinte en 2030 (89,6%). Pour la Basse-Saxe, cela correspond, selon le modèle, à
175 à 205 territoires (1120-1312 loups).
Tous les scénarios (à l'exception de ceux avec une mortalité élevée) aboutissent à une bonne
diversité génétique, comparable à celle de la population de départ en 2015. L'immigration dans la
population de Basse-Saxe en provenance du reste de l'Allemagne semble jouer un rôle important
dans le maintien de la diversité génétique.
La mortalité des loups territoriaux ainsi que les disperseurs, appelés « loups migrateurs », exerce
la plus grande influence sur la diversité génétique de la population. L'analyse de sensibilité a permis
d'évaluer l'ampleur de l'effet de certains des différents paramètres. Il s'est avéré que le taux de
mortalité annuel et le nombre de femelles reproductrices ont un effet important sur la population.
Communiqué de presse :28
28 https://www.umwelt.niedersachsen.de/startseite/aktuelles/pressemitteilungen/pi-92-populationsstudie-wolf-
213564.html
PUBLIÉ
https://www.umwelt.niedersachsen.de/startseite/aktuelles/pressemitteilungen/pi-92-populationsstudie-wolf-213564.html
https://www.umwelt.niedersachsen.de/startseite/aktuelles/pressemitteilungen/pi-92-populationsstudie-wolf-213564.html
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 68/284
« Avec actuellement 39 meutes de loups et 4 loups solitaires résidents, la Basse-Saxe a atteint
une population minimale biologiquement nécessaire pour l'espèce loup. Une étude présentée
aujourd'hui à Hanovre par l'Institut de biologie du gibier et de gestion de la chasse (IWJ) de
l'Université de la culture du sol de Vienne a développé à cet effet une base scientifique pour une
gestion de la faune sauvage capable de garantir cette population.
Le ministre de l'environnement de Basse-Saxe, Olaf Lies, a déclaré à ce sujet lors de la
présentation de l'étude : "La politique environnementale de la Basse-Saxe s'engage à protéger les
espèces dans leur ensemble. Les espèces rares d'oiseaux et de plantes qui dépendent des
biotopes pâturés sont tout aussi dignes de protection que nos loups. Nous serions donc bien avisés
de faire preuve d'objectivité et non d'émotion en matière de gestion de la faune sauvage. C'est
pourquoi la Basse-Saxe a chargé l'Institut de biologie de la faune sauvage et de gestion
cynégétique de la célèbre université viennoise de l'agriculture (BOKU) de réaliser une étude
scientifique sur l'évolution de la population de loups".
Et d'ajouter : « Le résultat a montré que, compte tenu d'une population en constante augmentation,
le prélèvement contrôlé de loups ne présente en principe aucun risque pour la population de loups
en Allemagne. Seule condition : un contrôle permanent par le biais d'un suivi toujours aussi étroit
et systématique ».
En conséquence, l'étude démontre que même dans l'hypothèse des scénarios les plus divers - par
exemple des catastrophes naturelles imprévues - il faut s'attendre à une augmentation
exponentielle du nombre de loups en Allemagne. En partant de l'année de référence 2015, où il n'y
avait que 6 meutes en Basse-Saxe, les modèles montrent une augmentation continue de la
population, ce qui rend très improbable une nouvelle extinction des loups, même en cas de
prélèvements contrôlés.
« Aujourd'hui, nous comptons 39 meutes de loups connues en Basse-Saxe. La part de la Basse-
Saxe dans la population minimale biologiquement nécessaire est donc atteinte depuis longtemps.
Avec une densité de loups croissante, c'est donc une autre limite qui se trouve au centre de
l'attention : la population acceptable, c'est-à-dire le nombre de loups que les gens acceptent encore
dans le paysage culturel. Et en particulier ceux qui ne vivent pas dans les grandes villes », poursuit
Lies. A l'aide du modèle statistique développé dans le cadre de l'étude, il est possible de garantir
une protection scientifiquement fondée de la part de la population de loups de Basse-Saxe dans
l'ensemble de l'Allemagne en cas de prélèvements nécessaires et, à terme, de gestion de la
population.
Selon Lies, l'objectif d'une gestion de la population devrait donc être - comme pour d'autres
animaux sauvages - un quota de loups causant des dommages, qui pourraient être prélevés grâce
à l'intégration du loup dans le droit de chasse sans qu'il soit nécessaire d'obtenir de longues
autorisations individuelles.
Contexte : étude de population basée sur un modèle concernant le loup en Basse-Saxe, en tant
qu'aspect partiel de l'état de conservation en Allemagne.
Dans la présente étude, des analyses de risque de population sont effectuées pour la population
de loups en Basse-Saxe et dans le reste de l'Allemagne, et les évolutions théoriques sont
modélisées pour les 30 prochaines années (depuis 2015).
Les analyses visent à quantifier l'importance de divers facteurs d'influence à l'aide d'un total de 23
scénarios différents. En présentant des scénarios potentiellement réalistes, elle constitue une base
essentielle pour le développement d'une gestion adaptative du loup.
Un scénario standard décrit l'évolution de la population de loups sur la base de l'évolution réelle à
ce jour et des valeurs de la littérature. Les territoires de loups constatés en Allemagne au cours
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 69/284
des années de suivi 2000/01 à 2020/21 peuvent très bien être décrits par une augmentation
exponentielle, de sorte que la limite maximale de capacité de 1408 territoires en Allemagne, (étude
BFN 2020) sera très probablement (89,6%) atteinte en 2030. Pour NI, cela correspond à 175 à 205
territoires (1120-1312 loups).
Les résultats des simulations représentent l'évolution des effectifs de 23 scénarios réalistes
sélectionnés sur 30 ans dans 23.000 simulations (début 2015). Les effets sur la population de loups
sont présentés en comparaison avec le scénario standard.
Suite à une demande de données auprès des Länder, les informations saisies auprès de l'Institut
Senckenberg de toutes les preuves génétiques enregistrées ont été validées uniquement par les
Länder de Berlin, Basse-Saxe, Schleswig-Holstein et Thuringe et mises à disposition par l'Institut
Senckenberg. Si tous les Länder (par ex. SN, ST, BB) avaient mis leurs données à notre disposition,
on aurait éventuellement pu s'approcher d'une limite inférieure concrète.
Conclusion
Cette étude prouve également que si l'essai de terrain actuel « loup » se poursuit en 2030, tous
les habitats potentiels seront colonisés par le loup en Allemagne et en Basse-Saxe, car il se
reproduit magnifiquement et sans aide.
Le loup n'est actuellement une espèce menacée ni en Allemagne ni en Basse-Saxe.
Avec les mesures de gestion prises jusqu'à présent, nous sommes loin d'avoir un impact à long
terme sur la population de loups de Basse-Saxe ou d'Allemagne.
La population initiale de 2015, avec 50 loups en NI et 350 loups en D, était suffisante pour que les
loups colonisent en 30 ans les habitats potentiellement présents en Allemagne selon l'étude du
BFN.
Les mortalités accrues (par ex. prélèvements ciblés de loups causant des dommages) de loups
territoriaux et de dispersés ("loups migrateurs") ont la plus forte influence sur l'évolution de la
population de loups.
Une gestion adaptative de la population actuelle de loups par des prélèvements ciblés, associée à
un suivi, ne met pas en danger la population de loups à long terme en Basse-Saxe.
Une gestion visant à limiter la population de loups, comme en France ou en Suède, nécessiterait
des interventions beaucoup plus robustes sur la population. »
Il est à noter également que la Basse-Saxe prend en considération, outre la viabilité
démographique du loup, la viabilité sociale, cf concept développé infra au 4.7.
8.2.5 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
- Prédations sur les troupeaux
Pour l'année 2020, 942 (2019 : 887) attaques de loups ont été signalées en Allemagne par les
Länder au DBBW, pour un total de 3959 (2019 : 2894) animaux de rente tués, blessés ou disparus.
Il convient de noter que la certitude d'attribuer les attaques au loup varie selon les Länder en raison
des critères utilisés à cet effet. De plus, ces données ne tiennent pas compte du fait que les
animaux de rente étaient protégés par des mesures de protection des troupeaux au moment de
l'attaque, et dans quelle mesure.
Evolution depuis 10 ans : Cf infra 4.6.2
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 70/284
- Interactions du loup avec l'Homme
Aucun cas de comportement agressif non provoqué ne s'est produit depuis l'établissement du loup
en Allemagne en 1998. Depuis le retour de l'espèce en Allemagne, aucun être humain n'a été
blessé par un loup.
Cf Fiche-annexe 2 sur les éléments d?information et de communication disponibles sur les sites
institutionnels.
8.3 Politique publique de gestion du loup
8.3.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
Les principaux acteurs au niveau fédéral :
BMUV : Ministère fédéral de l'environnement, de la protection de la nature, de la sécurité nucléaire
et de la protection des consommateurs
BMEL : Ministère fédéral de l?alimentation et de l?agriculture
DBBW : Centre de documentation et de conseil pour la gestion du loup, dépendant du BMUV
BfN : Agence fédérale pour la conservation de la nature, dépendant du BMUV
BZWW : Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup, au sein de l'Institut fédéral pour
l'agriculture et l'alimentation (BLE), dépendant du BMEL.
Qui fait quoi en matière de suivi et de gestion du loup ?
En Allemagne, la mise en oeuvre de la protection de la nature et des espèces relève de la
compétence des Länder. Le monitoring et la gestion du loup relèvent donc également de la
compétence des Länder. Les données de monitoring sont collectées par les Länder selon des
normes uniformes pour chaque année de monitoring, puis vérifiées et rassemblées à l'échelle
nationale par le BfN et le DBBW dans le cadre de la réunion des personnes expérimentées dans
le monitoring de l'Etat fédéral et des Länder. Ensuite, le BfN et la DBBW publient ces chiffres
officiels confirmant la présence du loup en Allemagne, en accord avec les Länder.
Les Länder ont toujours la possibilité de mettre à jour en temps réel l'évolution actuelle de la
population de loups via le site web du DBBW. Pour ce faire, les Länder peuvent transmettre leurs
données au DBBW à tout moment, même pendant une année de suivi en cours, afin de refléter
une situation de données précise. Des chiffres et des cartes sur le loup sont publiés par le DBBW
sur le site www.dbb-wolf.de. Les autorités techniques et exécutives des Länder sont responsables
de la protection du loup et donc de la mise en oeuvre de mesures de prévention et de compensation
ainsi que de l'octroi de dérogations à la législation sur la protection des espèces conformément à
l'article 45, paragraphe 7 de la BNatSchG. Ils mettent à disposition des subventions pour financer
des mesures de protection des troupeaux ou pour indemniser les éleveurs d'animaux de pâturage
pour les dommages financiers subis par les animaux de rente tués, blessés ou disparus à cause
du loup (voir également "Comment sont financées les mesures de protection des troupeaux et
l'indemnisation des dommages ?)
Le Centre fédéral de documentation et de conseil sur le loup (DBBW) :
Le DBBW conseille les autorités de protection de la nature de l'État fédéral et des Länder sur toutes
les questions techniques relatives au loup et met à disposition des informations pour le grand public
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 71/284
via le site web www.dbb-wolf.de. Étant donné que le retour des loups en Allemagne place les
autorités fédérales et régionales devant des tâches qui nécessitent une coordination à l'échelle
nationale, le DBBW a été créé en 2016 à la demande des Länder. Le contenu du DBBW est géré
par l'Office fédéral de la protection de la nature et financé par des fonds du ministère fédéral de
l'environnement.
En tant qu'élément de l'offre de conseil, le site Internet du DBBW rassemble les connaissances
actuelles sur la répartition, les territoires des loups et les animaux trouvés morts en Allemagne. La
présentation permet également une comparaison avec les années précédentes et fournit en outre
des informations détaillées sur les différents territoires des loups. Les pages d'information sur la
gestion du loup présentent les plans de gestion des Länder et les résultats des statistiques sur les
dommages causés par les loups aux animaux d'élevage dans les Länder. Le site web propose
également un récapitulatif des paiements de prévention et de compensation effectués dans le
domaine de la protection des troupeaux d'animaux de pâturage.
En outre, des informations sur la biologie du loup et l'indication des interlocuteurs de la gestion du
loup dans les Länder doivent faciliter l'accès du public au thème et, pour certaines questions, la
prise de contact avec les autorités locales de protection de la nature.
La Senckenberg Gesellschaft für Naturforschung a été chargée des tâches et de la direction du
centre de documentation et de conseil par l'Office fédéral allemand de la protection de la nature,
avec des fonds du ministère fédéral de l'environnement. Le DBBW est soutenu par un consortium
de plusieurs institutions scientifiques : le musée Senckenberg d'histoire naturelle de Görlitz
(SMNG), l'institut LUPUS pour le suivi et la recherche sur le loup en Allemagne, l'institut Leibniz de
recherche sur les zoos et les animaux sauvages de Berlin (IZW) et l'institut de recherche et le
musée d'histoire naturelle Senckenberg, site de Gelnhausen.
Le Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup (BZWW) 29:
Le "Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup", qui fait partie du domaine d'activité du
BMEL, doit notamment remplir les tâches suivantes :
? Etablissement d'une vue d'ensemble - actualisée chaque année - des mesures de protec-
tion des troupeaux appliquées dans les différents pays (clôtures, chiens de protection, etc.),
en particulier dans les zones où le loup est présent, y compris l'enregistrement des attaques
survenues malgré ces mesures de protection des troupeaux, si possible avec recherche
des causes.
? Optimisation des mesures de protection actuellement appliquées, notamment par un retour
d'information avec des représentants de la science, de l'économie, des praticiens concer-
nés et des associations concernées (création éventuelle d'un GT).
? Proposer de nouveaux projets de recherche pour le développement de nouvelles mesures
de protection des troupeaux et, le cas échéant, de nouveaux procédés, notamment en uti-
lisant la numérisation.
? Développer et optimiser les processus de la procédure après une attaque et améliorer les
procédures de la pratique d'indemnisation en collaboration et en étroite concertation avec
les Länder,
? Clarifier les questions de financement et élaborer des propositions pour améliorer le finan-
cement de la protection des troupeaux, y compris le temps de travail.
29 https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/
PUBLIÉ
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 72/284
? Encourager le dialogue entre les éleveurs d'animaux de pâturage, les associations de pro-
tection de la nature et le public.
Communiqué de presse du 31 mars 202130, La ministre fédérale établit un nouveau "Centre fédéral
pour les animaux de pâturage et le loup" à Eberswalde :
« La ministre fédérale de l'Alimentation et de l'Agriculture, Julia Klöckner, a inauguré aujourd'hui à
Eberswalde (Brandebourg) le "Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup" qu'elle vient
de créer. Ce centre est le fruit d'une initiative parlementaire de la grande coalition. La mission du
centre est d'élaborer des solutions pratiques et des possibilités de coexistence entre les animaux
de pâturage et le loup et de réduire les conflits.
Le retour du loup en Allemagne est un succès de la protection des espèces. Cependant, la
population de loups double tous les trois ou quatre ans. En raison de cette expansion accrue, les
attaques de loups augmentent également : le nombre d'animaux blessés et tués est passé de 40
en 2006 à environ 2 900 en 2019. Les attaques sur les moutons et les chèvres sont majoritaires
(86 %).
Julia Klöckner : "Les loups et les animaux d'élevage ont tous deux droit à une protection. Et c'est
pourquoi le retour du loup ne doit pas remettre en question l'élevage en pâturage dans certaines
régions d'Allemagne. Nous en avons besoin pour l'entretien et la préservation de nos paysages
culturels. Il est également synonyme d'élevage durable accepté par la société. Pourtant, le nombre
d'attaques de loups augmente de manière drastique, malgré les mesures de protection des
troupeaux. Cela inquiète également les gens sur place. Pour désamorcer ce conflit, j'ai créé le
nouveau "Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup". Il doit élaborer des solutions et
des mesures efficaces pour permettre une bonne coexistence et une meilleure protection des
animaux de rente contre le loup - en dialoguant également avec toutes les parties concernées".
Les tâches essentielles du "Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup" sont entre
autres :
? L'établissement d'une vue d'ensemble annuelle et transnationale des mesures de protec-
tion des troupeaux appliquées (clôtures, chiens de protection), en particulier dans les zones
où le loup est présent, y compris le recensement des attaques qui ont malgré tout eu lieu
lors de ces mesures - avec recherche des causes.
? Optimisation des mesures de protection appliquées, notamment par un retour d'information
avec des représentants de la science, de l'économie, des praticiens concernés et des as-
sociations.
? Développement de nouveaux projets de recherche sur les mesures de protection des trou-
peaux, notamment en utilisant la numérisation.
? Optimiser les procédures après une attaque de loup et améliorer les procédures d'indem-
nisation en collaboration avec les Länder.
? Clarifier les questions de financement de la protection des troupeaux.
? Encourager le dialogue entre les éleveurs d'animaux de pâturage, les associations de pro-
tection de la nature et le public.
? Réflexions stratégiques sur la régulation du loup du point de vue de l'élevage pastoral.
30 https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2021/053-weidetiere-wolf.html
PUBLIÉ
https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2021/053-weidetiere-wolf.html
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 73/284
Le Centre fédéral fait partie de l'Institut fédéral pour l'agriculture et l'alimentation (BLE). Le centre
sera doté de 300.000 euros et de trois postes à temps plein pour 2021 et 2022.
Le président de la BLE, Dr Hanns-Christoph Eiden, ajoute : "La BLE fixe trois axes de travail dans
le "Centre fédéral sur le loup et les herbivores" : La mise en réseau et le dialogue, le transfert de
connaissances et l'identification des besoins en matière de recherche. Nous créons une plateforme
qui développe des solutions adaptées à la pratique - y compris des indications sur les coûts et les
possibilités de financement. Pour ce faire, nous misons sur la coopération avec les Länder et leurs
expériences issues des centres de conseil régionaux".
Exemple de l?organisation en Basse-Saxe :
? Directive loup
"Directive relative à l'octroi de prestations en équité et de subventions visant à réduire ou à éviter
les nuisances économiques causées par le loup en Basse-Saxe".
A partir du 1er janvier 2020, la chambre d'agriculture de Basse-Saxe sera compétente en tant
qu'organisme d'octroi pour la promotion de mesures de prévention contre le loup et l'octroi de
prestations d'équité en cas de prédation sur les animaux de rente.
Bien que les loups se nourrissent essentiellement d'animaux sauvages, il arrive parfois qu'ils
causent des dommages aux animaux d'élevage, ce qui entraîne des conflits avec les éleveurs. Afin
d'atténuer ces conflits et de favoriser l'acceptation par la population de cette espèce animale de
retour, le ministère de l'environnement de Basse-Saxe a édicté la "directive loup". Celle-ci prévoit
des "prestations d'équité" pour la compensation financière en cas de dommages causés aux
animaux de rente et offre un soutien financier pour les mesures de prévention sous forme
d'acquisition préventive de clôtures de protection anti-loup et de chiens de protection des
troupeaux.
Les formulaires de demande de prestations en équité continueront d'être envoyés directement à
l'éleveur concerné après la constatation officielle que le loup est à l'origine de la perte d'animaux
de rente concernée.
? Demandes de prévention pour la protection des troupeaux contre les attaques de
loups dans le cadre de la directive "loup".
Soutien de mesures de prévention sous forme d'acquisition préventive de clôtures de protection
repoussant le loup et de chiens de protection des troupeaux.
La directive Loup permet de contribuer à la protection contre le loup. Elle prévoit non seulement
une compensation financière proportionnelle en cas de prédation sur les animaux de rente, mais
aussi et surtout un soutien financier aux éleveurs pour les mesures de prévention.
Ainsi, l'acquisition préventive de clôtures de protection anti-loup et de chiens de protection des
troupeaux est subventionnée.
A partir du 1er janvier 2020, la chambre d'agriculture de Basse-Saxe sera l'organisme chargé de
l'octroi des subventions pour les mesures de prévention visant à repousser les loups.
En règle générale, les mesures de protection des troupeaux pour les espèces d'animaux de rente
particulièrement menacées par les loups, à savoir les moutons, les chèvres et le gibier d'enclos,
sont subventionnées.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 74/284
La mise en place d'une protection de base contre les loups comprend l'installation de clôtures
électriques à mailles ou à torons d'une hauteur minimale de 90 cm ou de clôtures fixes en treillis
ou en grillage d'une hauteur minimale de 120 cm, avec une protection supplémentaire sous la
clôture. Pour le gibier d'enclos, des clôtures à gibier en treillis à noeuds ou en grillage avec une
hauteur minimale de 180 cm et une protection supplémentaire sous la clôture sont appliquées.
Une subvention pour des mesures de protection des troupeaux de bovins et de chevaux est
possible dans certains cas :
? en cas de morsure de loup officiellement confirmée, pour l'exploitation directement concer-
née
? dans un cas particulier, également pour les exploitations environnantes : si trois attaques
de loup officiellement confirmées sur des bovins ou des chevaux surviennent en l'espace
de 12 mois dans un rayon de 30 km, des mesures de protection des troupeaux sont en-
couragées dans la région concernée pour l'espèce animale correspondante.
Les demandes doivent être envoyées à la Chambre d'agriculture de Basse-Saxe.
? Prestations pour compenser les dommages financiers causés par la prédation du
loup
Le versement des prestations en équité se fait par l'intermédiaire de la Chambre d'agriculture de
Basse-Saxe.
Le formulaire de demande de prestations en équité ne sera envoyé directement à l'éleveur
concerné qu'une fois que le loup aura été officiellement identifié comme étant à l'origine de la
morsure d'animal de rente concernée. Le service de promotion de la chambre d'agriculture se
charge ensuite du traitement financier de la demande. Il n'est pas possible de demander des fonds
plus tôt.
8.3.2 Plan de gestion du loup31
Communiqué du 20 janvier 2023 32: Le loup : entre protection et défi
« Le loup est de retour en Allemagne. Au printemps 2000, des louveteaux sont nés pour la première
fois en liberté en Saxe. Selon les dernières données de l'année de suivi 2021/2022, l'Allemagne
comptait environ 161 meutes, 43 couples de loups et 21 individus territoriaux.
La population de loups est soumise à une forte dynamique de population. Ce succès exceptionnel
pour la protection des espèces interpelle en particulier les éleveurs d'animaux de pâturage, mais
aussi d'autres secteurs comme la chasse ou le tourisme. De plus, il entraîne un débat public
transversal et suscite souvent des inquiétudes et des craintes, en particulier dans les zones rurales.
Le retour du loup en Allemagne est un succès de la protection des espèces. La population de loups
se répand désormais sur l'ensemble du territoire allemand. L'augmentation de la propagation
entraîne également une augmentation des attaques de loups. Les animaux de pâturage non
protégés sont particulièrement menacés. Le nombre d'animaux blessés et tués est passé de 40 en
2006 à environ 3 374 pour 975 attaques en 2021. Une grande partie des attaques de loups ont lieu
31 https://www.bmel.de/DE/themen/landwirtschaft/artenvielfalt/wolf.html
32 https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2019/190522-erklaerung-wolf.html
PUBLIÉ
https://www.bmel.de/DE/themen/landwirtschaft/artenvielfalt/wolf.html
https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2019/190522-erklaerung-wolf.html
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 75/284
sur des moutons et des chèvres.
D'autres groupes, par exemple les chasseurs, rencontrent également des difficultés. Les loups se
nourrissent principalement de gibier. Dans les zones de présence des loups, les meutes de cerfs
et de sangliers peuvent donc se multiplier. Cela peut rendre la chasse plus difficile et causer des
dommages aux arbres.
Une protection complète
Conformément aux directives européennes, le loup est particulièrement protégé. Il est interdit de
capturer ou de tuer des animaux protégés, car les espèces animales et végétales sauvages doivent
être préservées ou réintroduites au profit de la diversité biologique.
Cela est régi par les réglementations suivantes :
? Convention de Berne,
? Directive Flore-Faune-Habitat,
? Loi fédérale sur la protection de la nature. »
Modification de la loi fédérale sur la protection de la nature
Le 13 mars 2020, une modification de la loi fédérale sur la protection de la nature (BNatSchG) est
entrée en vigueur avec des dispositions spécifiques sur le loup. L'objectif est de mieux protéger
l'élevage d'herbivores et de contribuer à la protection des citoyens dans les régions où les loups
se trouvent dans ou à proximité des zones d'habitation.
La modification de la loi permet de faciliter le prélèvement des loups "problématiques".
Pour les éleveurs d'animaux de rente, il suffit, comme base d'une autorisation d'abattage, qu'ils
soient menacés de graves dommages économiques. Jusqu'à présent, l'éleveur concerné devait
être menacé dans son existence. En outre, le tir est désormais possible même si l'on ne sait pas
exactement quel loup a tué les animaux de rente. Il est possible de prélever des membres
individuels de la meute dans la région concernée jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'attaques sur des
animaux de rente. Cette modification apporte une plus grande sécurité juridique dans la gestion du
loup et règlemente entre autres la gestion des hybrides loup-chien.
Une population de loups en croissance rapide
En principe, le retour des loups en Allemagne est à saluer. Les facteurs décisifs pour l'augmentation
de la population de loups sont à la fois une base alimentaire suffisante et une zone de refuge pour
élever ses petits. Le statut de protection élevé de l'espèce favorise l'augmentation du nombre de
loups.
Les autorités compétentes selon le droit du Land peuvent, au cas par cas, accorder des
dérogations aux interdictions de la loi fédérale sur la protection de la nature. Les loups
remarquables peuvent néanmoins être retirés de la nature ou tués sous certaines conditions. Il faut
pour cela une situation de prévention concrète, par exemple dans l'intérêt de la sécurité publique
ou pour éviter des dommages agricoles importants.
Des pâturages et des élevages en harmonie avec le loup
L'augmentation du nombre de loups et leur protection globale ne doivent pas entraîner une
diminution de l'élevage d'animaux de rente en plein air. En effet, l'élevage en pâturage contribue
au bien-être des animaux et à la préservation des prairies et est particulièrement pertinent pour les
exploitations biologiques.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 76/284
Pour cela, des mesures de prévention sont nécessaires. En ce qui concerne le loup, il faut trouver
une solution appropriée pour toutes les parties concernées, qui soit judicieuse sur le plan
écologique et acceptée par la société. Le BMEL mène donc des discussions avec les personnes
concernées et les représentants des éleveurs de bétail en pâturage afin d'élaborer des solutions
entre la protection du loup et l'élevage d'animaux de rente. Au niveau européen également, le
BMEL s'engage activement en faveur d'un désamorçage de la situation conflictuelle et d'un
équilibre approprié des intérêts entre l'élevage d'herbivores et la protection des espèces.
Réflexion stratégique sur la régulation du loup du point de vue de l'élevage pastoral
Il s'agit notamment d'inclure une clarification juridique de la classification du loup au titre de la
protection de la nature (état de conservation favorable) ainsi que des marges de manoeuvre
prévues par le droit européen - et des réflexions stratégiques sur la régulation (en comparaison
également avec d'autres États membres tels que la France, la Suède, la Finlande et autres).
Les éleveurs d'animaux de pâturage trouveront sur le nouveau site Internet du Centre fédéral pour
les animaux de pâturage et le loup (BZWW) des contenus fondés et pratiques sur les mesures de
protection des troupeaux, les possibilités de soutien dans les Länder, les projets de protection des
troupeaux liés à la pratique et à la recherche ainsi que les approches de résolution des conflits".
La protection des troupeaux et la mise en oeuvre des réglementations relatives à la protection des
espèces relèvent en principe de la compétence des Länder. L'État fédéral peut uniquement aider
les Länder à formuler des recommandations sur les mesures de protection des troupeaux. En 2016,
le ministère fédéral de l'environnement, de la protection de la nature, de la sécurité nucléaire et de
la protection des consommateurs (BMUV) a mis en place un centre de documentation et de conseil
pour la gestion du loup (www.dbb-wolf.de) pour
? conseiller les Länder,
? collecter à l'échelle nationale des données sur la propagation du loup (monitoring du loup),
? compilation et mise à jour des réglementations des Länder en matière de prévention et de
compensation des dommages.
Mesures de prévention
Il est nécessaire que les agriculteurs fassent face à l'augmentation de la population de loups en
prenant des mesures appropriées de protection des troupeaux. Dans ce contexte, la protection des
animaux d'élevage doit encore être améliorée. Les mesures les plus appropriées sont : les chiens
de protection, les clôtures électriques, les clôtures à gibier, le gardiennage.
Mais les mesures de prévention sont coûteuses, prennent du temps et ne peuvent pas garantir une
protection complète dans tous les cas. Ainsi, l'achat d'un chien de protection coûte environ 4.000
euros et l'élevage adapté du chien 1.000 euros supplémentaires par an. Ce sont surtout les
éleveurs de petits troupeaux qui peuvent difficilement assumer ces charges financières. En principe,
les mesures de protection des troupeaux telles que la construction de clôtures peuvent être
subventionnées - cela dépend toutefois des réglementations respectives des Länder en matière
de soutien des prestations de prévention.
Promotion de la prévention pour la protection des troupeaux contre les attaques de loups par le
gouvernement fédéral (GAK) :
Le principe de soutien de la GAK pour la promotion des "investissements pour la protection contre
les dommages causés par le loup" a déjà été approuvé par la décision de la Commission
européenne du 13 mars 2020. Un autre principe de soutien "Dépenses opérationnelles courantes
pour la protection contre les dommages causés par le loup", qui comprend le remboursement des
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 77/284
coûts d'entretien des clôtures de protection des troupeaux et d'entretien des chiens de protection
des troupeaux, a également été intégré dans le cadre de la CAG. Cette mesure a été approuvée
par la décision de la Commission européenne du 22 janvier 2021, modifiée par la décision du 22
février 2021.
Le loup dans le contrat de coalition pour la 20e législature
Dans leur contrat de coalition, les partis gouvernementaux se sont mis d'accord pour maintenir
l'élevage d'animaux de pâturage pour des raisons écologiques, culturelles et sociales, ainsi que
pour préserver la biodiversité et les paysages culturels.
"Notre objectif est d'organiser la cohabitation entre les animaux de pâturage, l'homme et le loup de
manière à ce qu'il y ait le moins de conflits possible malgré une population de loups encore en
augmentation. Nous allons mettre en place un dialogue institutionnalisé "Élevage d'herbivores et
loup" avec toutes les organisations et associations concernées par ces questions. Grâce à une
révision des normes de suivi, nous refléterons fidèlement le nombre de loups vivant en Allemagne
et nous voulons permettre aux Länder, conformément au droit européen, une gestion différenciée
des populations selon les régions".
La mise en oeuvre de l'accord de coalition peut s'appuyer sur les travaux réalisés jusqu'à présent
en bonne collaboration avec le ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la nature,
de la Sécurité nucléaire et de la Protection des consommateurs (BMUV). Ainsi, des échanges ont
lieu à intervalles réguliers entre le BMUV, le BMEL et les éleveurs d'herbivores concernés. Par ses
travaux, l'OFAG soutient également la mise en oeuvre du contrat de coalition.
8.3.3 Coûts globaux de la politique
En 2021 le coût global du financement public des mesures de protection s?élevait à 11,549M¤33.
Les services du BMEL l?estiment actuellement de l?ordre de 16M¤ et évaluent celui des
indemnisations à 0,5M¤.
Comme en France, le coût des mesures de protection a crû notablement ces dernières années.
En 202034 il était de 9,5M¤ et celui des paiements compensatoires de 0,8M¤.
En 2019, il était de 8 038 110 ¤ et celui des paiements compensatoires de 418 246 ¤.
Le financement des mesures de protection est assuré à 60% par l?Etat fédéral et à 40% par les
Länder. Ces mesures de soutien sont notifiées à la Commission européenne.
Concernant le financement des dommages, beaucoup de Länder utilisent le Règlement De minimis
mais les services fédéraux souhaiteraient une évolution vers un financement PAC afin de ne pas
être limités par le plafond.
8.3.4 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
L'État fédéral et les Länder soutiennent financièrement les éleveurs d'animaux de pâturage. Les
programmes d'aide à la protection des troupeaux varient d'un Land à l'autre et adaptés aux
situations locales.
33 2 219 subventions, 63 660 km de clôtures
34 Source DBBW
PUBLIÉ
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De nombreux sites institutionnels apportent des informations et des recommandations claires et
détaillées sur les mesures de protection efficaces. 35 Quelques passages particulièrement
instructifs sont reproduits en fiche-annexe 3.
- Des recommandations sur le financement sont établies et diffusées au niveau fédéral :
En principe, l'État fédéral et les Länder apportent un soutien financier sous forme de subventions
pour les investissements dans les mesures de protection des troupeaux et, en partie, pour leur
entretien. Des compensations pour les dommages en cas d'attaques de loups sont également
accordées. De même, des conseils gratuits en matière de protection des troupeaux sont souvent
proposés dans les Länder.
Le paysage des subventions en Allemagne est très complexe, car les modalités de soutien varient
d'un Land à l'autre. De plus, la plupart du temps, différents programmes de soutien sont mis en
place pour différents objectifs. Ainsi, il peut y avoir un programme d'aide pour les investissements
dans la protection préventive des troupeaux, un autre pour la compensation des dommages et un
autre encore pour la promotion des coûts d'entretien des mesures de protection des troupeaux. En
outre, dans certains Länder, d'autres possibilités d'aide ont été créées pour soutenir de manière
générale l'élevage d'herbivores. Selon la situation et le Land, les éleveurs d'animaux de pâturage
doivent donc déposer différentes demandes auprès de différents services compétents. C'est là que
l'on vérifie si toutes les conditions requises pour l'approbation d'une demande ont été respectées.
On vérifie également si le budget du programme de soutien correspondant n'est pas encore épuisé,
car il n'existe en général aucun droit légal à l'octroi de subventions.
La raison principale pour laquelle les programmes d'aide sont spécifiques aux Länder est que la
présence du loup en Allemagne se répartit géographiquement de manière différente. Certains
Länder sont confrontés à des loups isolés de passage, d'autres à des loups sédentaires. Ainsi, tous
les Länder ne sont pas concernés dans la même mesure par les attaques de loups sur les animaux
de pâturage.
La structure des élevages d'herbivores varie également. Dans certains Länder, ce sont plutôt les
petits et très petits troupeaux qui sont la règle, tandis que dans d'autres, ce sont plutôt les
exploitations avec un nombre plus élevé d'animaux de pâturage. Les programmes de soutien
spécifiques aux Länder reflètent ces multiples différences régionales et sont soumis à une
actualisation permanente. En outre, l'État fédéral et les Länder travaillent ensemble en
permanence pour trouver des solutions afin d'améliorer la coexistence entre les animaux de
pâturage et le loup.
La mise en place et l'organisation de programmes de soutien sont toujours liées à des conditions
cadres juridiques et budgétaires. Celles-ci sont en grande partie définies par l'Union européenne
et sont soumises à la condition que l'octroi de subventions n'ait pas d'effets de distorsion sur le
marché. Les programmes de soutien mis en place par l'État fédéral et/ou les Länder sont examinés
à cet égard par la Commission européenne avant d'entrer en vigueur. Ce processus de contrôle
est appelé notification. Il passe par de nombreuses instances coresponsables et prend donc du
temps. Par ailleurs, les Länder ont la possibilité d'octroyer des aides dans le cadre du régime
d'aides de minimis. Cette réglementation est un instrument qui permet d'octroyer des aides aux
entreprises sans notification. Le principe est que les montants d'aide ne dépassant pas un plafond
fixé sont acceptés comme ne faussant pas la concurrence.
35 https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/regelungen-in-deutschland
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/bundesweite-rechtliche-rahmenbedingungen
https://www.bfn.de/sites/default/files/2021-04/Skript530.pdf
PUBLIÉ
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/regelungen-in-deutschland
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/bundesweite-rechtliche-rahmenbedingungen
https://www.bfn.de/sites/default/files/2021-04/Skript530.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 79/284
Dans le secteur agricole de la production agricole primaire - qui concerne les cultures, les produits
de l'élevage, les produits de la chasse et de la pêche - ce plafond d'aide de minimis autorisé est
de 20.000 ¤ par exploitation sur une période de 3 ans.
Ce plafond peut facilement être dépassé, car les aides considérées comme relevant de la règle de
minimis qu'un demandeur reçoit doivent être additionnées. Toutes les subventions sont
additionnées, même si elles proviennent de programmes et de domaines d'aide différents.
En ce qui concerne la protection des troupeaux, des programmes de soutien distincts sont
généralement mis en place pour les différents objectifs de soutien, par exemple pour les
investissements dans la protection préventive des troupeaux ou pour les paiements de
compensation des dommages. Cela signifie que les éleveurs d'animaux de pâturage peuvent en
général bénéficier de plusieurs programmes de soutien. Si certains programmes de soutien ne
sont pas notifiés et sont donc classés comme aide de minimis, le plafond de minimis autorisé doit
être respecté. Pour les exploitations d'herbivores, cela peut signifier qu'il n'est pas possible d'utiliser
tous les programmes de soutien proposés.
Soutien de l'État fédéral par des fonds GAK
Les programmes de soutien spécifiques aux Länder sont actuellement encore souvent financés de
manière différente, des fonds de l'Union européenne, de l'Etat fédéral et/ou des Länder pouvant
être mis à disposition. Les fonds de la tâche d'intérêt commun "Protection des structures agricoles
et du littoral" (GAK) sont cofinancés par l'État fédéral (60%) et les Länder (40%). Les programmes
de soutien ainsi financés sont élaborés, conçus et décidés en commun.
Les principes de soutien de la GAK "Investissements pour la protection contre les dommages
causés par le loup" et "Dépenses opérationnelles courantes pour la protection contre les
dommages causés par le loup" ont été approuvés par la Commission européenne respectivement
le 13 mars 2020 et le 22 février 2021. Ils sont donc applicables et peuvent être utilisés par les
Länder. Il appartient aux Länder de décider si une application est envisageable.
Conseil en matière de protection et de promotion des troupeaux
Une protection des troupeaux correctement appliquée par des spécialistes n'est pas facile à mettre
en oeuvre. Elle nécessite des connaissances spécifiques, par exemple pour la construction de
clôtures anti-loups. Un conseil compétent en matière de protection des troupeaux, dans le meilleur
des cas sur place, est une aide importante pour les éleveurs d'animaux de pâturage. Un élément
important du conseil est de fournir des informations complètes sur les programmes de soutien
appropriés et sur toutes les conditions et exigences de soutien qui y sont liées.
Un conseil compétent en matière de protection des troupeaux, sur un pied d'égalité, contribue à ce
que les éleveurs soient accompagnés au mieux dans la gestion des conséquences du retour du
loup - et à ce qu'ils soient préparés là où le loup va encore se propager.
Les recommandations publiées par le BfN et le DBBW au printemps 2019 pour la protection des
animaux de pâturage et du gibier d'enclos contre le loup exposent les mesures les plus efficaces
pour protéger les animaux de pâturage contre les loups. Ainsi, seules les clôtures électrifiées au
sol, d'une hauteur minimale de 120 centimètres, sont recommandées, car elles sont les seules à
exercer un effet dissuasif sur les loups "explorateurs" en leur infligeant une douleur physique.
Les clôtures fixes non électrifiées ne sont pas recommandées, car les loups passent souvent
dessous ou les escaladent et ne peuvent donc être protégés contre les attaques de loups qu'au
prix d'efforts très importants.
Pour les grands troupeaux, il est recommandé aux éleveurs, s'ils connaissent les exigences
spécifiques de la détention de chiens ou s'ils disposent de conseils spécialisés, de sécuriser leurs
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 80/284
animaux avec au moins deux chiens de protection. Toutes les mesures de protection des troupeaux
doivent tenir compte des différences régionales. Il doit également être clair que, dans certains cas,
même une protection des troupeaux mise en oeuvre selon les normes recommandées ne peut pas
garantir à 100 % la sécurité des animaux au pâturage contre les attaques de loups.
Comparés aux ovins et aux caprins, les bovins et les chevaux sont assez résistants, surtout
lorsqu'ils sont gardés en troupeaux. Néanmoins, il existe des preuves d'attaques de bovins ou de
chevaux, et dans 82% des cas d'attaques de bovins par des loups en 2021, ces derniers avaient
moins de 6 mois. Il convient donc d'accorder une attention particulière à la protection des jeunes
animaux dans le cas des bovins et des chevaux. Comme ces cas sont très rares ou régionaux, il
est conseillé ici d'adapter individuellement les mesures de protection des troupeaux, par exemple
en couplant temporairement les jeunes animaux à des clôtures électriques. Plusieurs Länder
encouragent les mesures de prévention chez les bovins et les chevaux lorsqu'il est prouvé que des
attaques de loups ont eu lieu (voir le rapport du DBBW sur les dommages causés par les loups,
les paiements de prévention et de compensation en Allemagne en 2021).
Les recommandations mentionnées (BfN-Skript 530) aident les autorités responsables de la
gestion du loup dans les Länder à mettre en oeuvre des mesures de protection des troupeaux.
Elles ont été élaborées par le DBBW et le BfN et concertées avec des experts de la protection des
troupeaux dans les Länder. Elles se basent sur les expériences pratiques de longue date en
matière de protection des troupeaux dans différents Länder ainsi que dans d'autres pays
européens.
- Comment les mesures de protection des troupeaux et l'indemnisation des dommages sont-
elles financées ?
Afin de réduire les dommages financiers subis par les éleveurs d'animaux de pâturage en raison
des attaques de loups sur les animaux de rente, les Länder où le loup est présent mettent à
disposition des moyens financiers. Ces aides servent d'une part à financer des mesures de
protection des troupeaux, et d'autre part à rembourser les dommages financiers subis par les
animaux de rente tués, blessés ou disparus à cause des loups.
Dans la plupart des Länder, il ne s'agit pas d'un droit légal, mais de prestations dites d'équité. Les
paiements pour la prévention et la compensation des dommages dans le domaine de l'élevage
relèvent également de la responsabilité des Länder.
En 2020, les dépenses cumulées des Länder où le loup est présent se sont élevées à 9501690
euros pour les mesures de protection des troupeaux. En comparaison, les indemnisations des
dommages pour lesquels la responsabilité du loup a été prouvée ou n'a pas pu être totalement
exclue ne représentaient qu'un dixième de ce montant, soit environ 800 294 euros (voir le rapport
de la DBBW sur les dommages causés par le loup, les paiements de prévention et de
compensation en Allemagne en 2020).
Dans la plupart des Länder où des loups sont présents, le droit à une indemnisation en cas de
dommages est lié à ce que l'on appelle la protection minimale des animaux de rente. Dans ce
contexte, la protection minimale représente un compromis entre l'effet de protection contre les
loups d'une part et la pratique actuelle de l'élevage d'animaux de pâturage d'autre part, qui ne s'est
pas orientée jusqu'à présent sur la présence de loups. Dans plusieurs Länder, des mesures de
prévention correspondant à la protection recommandée sont d'ores et déjà encouragées. Dans les
Länder qui n'ont actuellement pas encore de présence territoriale du loup, il est opportun de se
baser sur les normes recommandées lors de l'introduction de mesures de protection des troupeaux.
Dans la mesure du possible, les mesures de protection des troupeaux devraient être prises avant
que les meutes ne s'établissent. Cela permet généralement de réduire considérablement les
attaques sur les animaux de rente.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 81/284
8.3.5 Évaluation de l?efficacité des mesures de protection
Cf. supra ainsi que le document établi par le WWF Allemagne pour LIFE Euro large carnivores36
8.3.6 Indemnisation des dégâts liés au loup
- Principe de l?indemnisation
Presque tous les États fédéraux prévoient une compensation financière pour les dommages
causés par les loups dans le cadre de la gestion des loups. Cela implique que les loups aient causé
les dommages avec une probabilité suffisamment élevée, ce qui doit être confirmé par l'examen
des animaux endommagés. Les réglementations sous-jacentes diffèrent d'un État fédéral à l'autre.
En général, le cas doit être signalé par le détenteur de l'animal le plus tôt possible après la
découverte des dommages et évalué par une autorité désignée par la gestion des loups (consultant
en évaluation des animaux tués, laboratoire de l'État fédéral). Ce n'est que lorsque ces conditions
sont remplies que le détenteur de l'animal peut recevoir des paiements compensatoires. Les plans
de gestion et les personnes de contact des différents États fédéraux fournissent de plus amples
informations sur ces réglementations.
L'augmentation de la présence des loups s'accompagne d'une augmentation des dommages
causés par les loups. La plupart des attaques de loups sur le bétail sont enregistrées dans des
zones où les loups établissent de nouveaux territoires et où les éleveurs d'ovins et de caprins ne
sont pas encore préparés à la présence des loups. En général, les dommages diminuent en
l'espace d'un ou deux ans lorsque les éleveurs sont correctement équipés pour faire face à la
présence des loups.
Bien que les dommages augmentent avec l'accroissement de la population de loups, il n'est pas
possible de prédire le niveau des dommages lorsqu'un certain niveau de population est atteint, en
raison d'une forte variance. Grâce à des mesures de protection du bétail, les dommages peuvent
être limités même dans les zones où les territoires de loups sont nombreux. D'autre part, un loup
seul ou en migration peut causer des dommages considérables lorsqu'il rencontre des moutons ou
des chèvres non protégés.
En outre, les loups peuvent augmenter les dommages lorsqu'ils ont appris, grâce à des mesures
de protection insuffisantes, que les moutons sont des proies faciles. Dans certains cas, ces loups
apprennent à surmonter les mesures de protection qui sont fixées comme norme minimale en tant
que condition préalable aux paiements compensatoires dans de nombreux États fédéraux. Cette
norme de protection minimale (par exemple une clôture électrifiée de 90 cm de haut) est un
compromis entre la protection du bétail et les pratiques antérieures, qui n'étaient pas adaptées à
la présence des loups. Par conséquent, les normes minimales de protection sont généralement
inférieures aux mesures de protection recommandées pour garder les animaux en toute sécurité
dans les pâturages (par exemple, une clôture électrifiée de 120 cm de hauteur avec 5 brins de 20,
40, 60, 90 et 120 cm de hauteur).37
36 https://www.wwf.at/wp-content/uploads/2021/11/Herdenschutz-Basisinformation-fuer-Tierhalter-und-
Interessierte.pdf
37 https://www.dbb-wolf.de/faq-e
PUBLIÉ
https://www.wwf.at/wp-content/uploads/2021/11/Herdenschutz-Basisinformation-fuer-Tierhalter-und-Interessierte.pdf
https://www.wwf.at/wp-content/uploads/2021/11/Herdenschutz-Basisinformation-fuer-Tierhalter-und-Interessierte.pdf
https://www.dbb-wolf.de/faq-e
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 82/284
Presque tous les États fédéraux disposent désormais de plans de gestion des loups qui prévoient
des indemnités pour les dommages causés au bétail et le financement de mesures préventives.
L'accent est mis sur les éleveurs de moutons et de chèvres, car ces animaux sont particulièrement
touchés par le loup. Dans de nombreux États fédéraux, il existe des règles concernant les normes
minimales des mesures de protection de ces animaux. Le respect de ces règles est nécessaire
pour pouvoir bénéficier d'éventuelles indemnisations. Ce n'est qu'en Saxe et en Saxe-Anhalt que
des indemnités peuvent être légalement demandées après une évaluation officielle du dossier.
- La prédation par espèce
Dans toute l'Europe, les moutons et les chèvres sont tués beaucoup plus souvent par les loups
que les animaux de plus grande taille (Kaczensky 1996, 1999). Cela correspond aux statistiques
de dommages en Allemagne. Comme le comportement de fuite a été réduit dans de nombreuses
races au cours du processus de domestication, il arrive souvent que des loups attaquent des
troupeaux de moutons ou de chèvres et qu'ils les tuent à plusieurs reprises. En Allemagne, 3,6
animaux en moyenne ont été tués par attaque de loup en 2019.
Les bovins et les chevaux sont naturellement assez défensifs et ont encore souvent un
comportement grégaire fort. En Europe, les pertes de bovins ou de chevaux dues aux loups sont
nettement inférieures à celles du petit bétail (Kaczensky 1996, 1999). Les attaques sur les bovins
ou les chevaux se produisent principalement dans les régions où les ongulés et les moutons sont
rares. Lorsque les loups tuent du gros bétail, ils tuent le plus souvent des jeunes ou des individus
isolés. Cependant, des loups individuels peuvent apprendre à tuer des bovins ou des chevaux
adultes. Le bétail tué par les loups en 2019 était composé à 88,4 % d'ovins ou de caprins, à 6,7 %
de gibier gardé en enclos et à 4,4 % de bovins (principalement des veaux).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 83/284
Schafe, : Moutons / Ziegen : chèvres / Rinder : bovins
Chevaux : Source https://www.pferdundwolf.org/
PUBLIÉ
https://www.pferdundwolf.org/
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Evolution des dommages en Saxe :
Statistiques sur les dommages :
PUBLIÉ
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Depuis que les loups se sont réinstallés en Allemagne il y a plus de 20 ans, leur nombre n'a cessé
d'augmenter. L'expansion des loups s'est accompagnée d'une augmentation des dommages
causés aux animaux domestiques et aux animaux de rente (figure 4). Le nombre moyen d'attaques
par territoire de loup n'a pas changé au fil des ans et se situe environ entre trois et quatre attaques
par an et par territoire (figure 5).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 86/284
Figure 4 Dommages sur animaux domestiques et d?élevage en Saxe 2002-2021 :
Figure 5 Dommages sur animaux domestiques et d?élevage en Saxe 2002-2021 et territoires
occupés:
Bleu : nombre moyen d?attaques par territoire de loups
Rouge : nombre de territoires de loups avérés
PUBLIÉ
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Espèces prédatées, exemple de la Saxe38 :
Les espèces d'animaux de rente les plus souvent touchées par les attaques en Saxe sont les
moutons, les chèvres et le gibier en enclos. Lorsque les bovins sont touchés, il s'agit principalement
de veaux dans les premières semaines de leur vie.
38 Extrait du plan loup saxe 2014
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 88/284
(En jaune : bovins )
En Saxe, l'apparition des dommages suit une saisonnalité marquée. Il y a relativement peu
d'attaques d'animaux de rente au cours du premier semestre. La plupart des attaques sur les
animaux de pâturage ont lieu pendant les mois d'été et d'automne. Cela s'explique par la biologie
du loup. Au printemps et au début de l'été, les loups sont occupés à élever leurs petits. En même
temps, la chasse de leurs proies est plus facile. En effet, les chevreuils, les cerfs et les sangliers
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 89/284
ont également des petits à cette période. Cette tendance s'inverse à la fin de l'été et en automne.
Les louveteaux, qui grandissent rapidement, ont des besoins alimentaires de plus en plus
importants tandis que le gibier est en forme et bien nourri à la fin de l'été. Les proies naturelles
représentent donc à cette période une proie comparativement plus lourde que les animaux de
pâturage insuffisamment protégés.
La Haute Lusace (districts de Bautzen et Görlitz) est la région la plus densément peuplée de loups
en Saxe. Cependant, la question de la fréquence des attaques sur les animaux de pâturage ne
dépend pas nécessairement de l'importance de la population de loups dans une région. Dans
certaines circonstances, un loup isolé peut causer des dommages plus importants qu'une meute.
Cela dépend d'une multitude de facteurs, comme l'offre de proies ou les traditions d'élevage d'une
région. Ce sont surtout les mesures de protection existantes qui peuvent être déterminantes quant
à la fréquence des attaques sur les animaux de pâturage. Si un loup tombe sur des animaux
domestiques ou des animaux de rente insuffisamment ou pas du tout protégés lors de ses
expéditions, ceux-ci deviennent des proies faciles.
Il est également important de savoir quelles méthodes de chasse le loup a apprises de ses parents
et s'il a déjà pu acquérir une expérience marquante avec des animaux de rente bien protégés. Les
loups qui rencontrent régulièrement des animaux de rente non protégés ou insuffisamment
protégés apprennent très vite qu'ils sont beaucoup plus faciles à capturer que les proies sauvages.
Cela peut conduire les loups à tenter délibérément de s'attaquer à des animaux d'élevage, quitte
à passer outre les mesures de protection recommandées.
- Le montant des indemnisations
Évolution des paiements compensatoires de 2000 à 2019 :
L'augmentation des dommages causés par les loups s'accompagne d'une augmentation des
paiements compensatoires (cf histogramme infra). En 2019, les coûts des dommages causés par
les loups étaient les plus élevés dans les Länder du Schleswig-Holstein, de la Saxe et du
Brandebourg.
Evolution du montant des indemnisations de dommages :
PUBLIÉ
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Evolution du nombre d?attaques
Noir : nombre d?attaques / Gris : nombre d?animaux tués ou blessés
PUBLIÉ
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8.3.7 Mesures d?intervention sur le loup
Loi sur la protection de la nature et l'entretien des paysages (Bundesnaturschutzgesetz -
BNatSchG)39
Un article permettant l?abattage de loups d?une meute en étroite relation spatiale et temporelle avec
des prédations a été ajouté en mars 2020 :
§ 45a Manipulation du loup
(1) Il est interdit de nourrir ou d'attirer avec de la nourriture des spécimens sauvages de l'espèce
loup (Canis lupus). Font exception les mesures prises par les autorités compétentes en matière de
protection de la nature et d'entretien des paysages. § L'article 45, paragraphe 5, ne s'applique pas.
(2) L'article 45, paragraphe 7, première phrase, point 1, s'applique à condition que, si les
dommages causés par la prédation d'animaux de rente n'ont pas été attribués à un loup déterminé
d'une meute, l'abattage de membres individuels de la meute de loups en étroite relation spatiale et
temporelle avec des événements de prédation déjà survenus puisse être poursuivi jusqu'à
l'absence de dommages, même sans attribution des dommages à un animal individuel déterminé.
Des dommages économiques graves au sens de l'article 45, paragraphe 7, première phrase, point
1, peuvent également survenir lorsqu'un loup s'attaque à des animaux de pâturage non agricoles,
dans la mesure où ceux-ci ont été protégés par des mesures raisonnables de protection des
troupeaux. La possibilité d'abattre d'autres loups, régie par la première phrase, s'applique
également aux prélèvements effectués dans l'intérêt de la santé humaine conformément à l'article
45, paragraphe 7, première phrase, point 4. Les exigences de l'article 45, paragraphe 7, deuxième
et troisième phrases, doivent être respectées.
(3) La présence d'hybrides entre le loup et le chien (hybrides de loups) dans la nature doit être
prélevée par l'autorité compétente en matière de protection de la nature et d'entretien des
paysages ; les interdictions visées à l'article 44, paragraphe 1, point 1, ne s'appliquent pas dans
ce cas.
(4) Lors de la désignation des personnes appropriées pour effectuer un prélèvement de loups après
l'octroi d'une dérogation conformément à l'article 45, paragraphe 7, également en liaison avec le
paragraphe 2, ainsi qu'au paragraphe 3, l'autorité compétente en matière de protection de la nature
et de gestion des paysages tient compte, dans la mesure du possible, des personnes autorisées à
exercer la chasse, dans la mesure où celles-ci donnent leur accord à cet effet. Si le prélèvement
n'est pas effectué par les titulaires du droit de chasse, les mesures nécessaires à la réalisation du
prélèvement doivent être tolérées par les titulaires du droit de chasse. Les titulaires de droits de
chasse doivent être informés de manière appropriée avant le début des mesures de prélèvement ;
ils doivent avoir la possibilité, dans la mesure du possible, d'apporter leur aide lors de l'exécution
du prélèvement. En cas de danger imminent, la notification préalable visée à la troisième phrase
n'est pas nécessaire.
Guide d?application de ces nouvelles dispositions 40:
Extraits
39 https://www.gesetze-im-internet.de/bnatschg_2009/__45a.html
40 https://www.gzsdw.de/Praxisleitfaden_zur_Erteilung_artenschutzrechtlicher_Ausnahmen_nach_
45_und_45a_BNatSchG_beim_Wolf
PUBLIÉ
https://www.gesetze-im-internet.de/bnatschg_2009/__45a.html
https://www.gzsdw.de/Praxisleitfaden_zur_Erteilung_artenschutzrechtlicher_Ausnahmen_nach_45_und_45a_BNatSchG_beim_Wolf
https://www.gzsdw.de/Praxisleitfaden_zur_Erteilung_artenschutzrechtlicher_Ausnahmen_nach_45_und_45a_BNatSchG_beim_Wolf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 92/284
Les chefs de service ont convenu lors de l'ACK de l'UMK du 9 septembre 2020 (point 2 de l'ordre
du jour) qu'un groupe de travail entre l'Etat fédéral et les Länder élaborerait des consignes
d'application pour l'octroi de dérogations à la législation sur la protection des espèces en ce qui
concerne le loup. Le contexte est constitué par les dispositions modifiées ou nouvellement
introduites par la loi modifiant la loi fédérale sur la protection de la nature du 4 mars 2020 (§§ 45
al. 7 p. 1 n° 1, 45 a BNatSchG), qui nécessitent l'élaboration d'un guide pratique adapté à la
nouvelle situation juridique pour l'octroi d'une dérogation au titre de la protection des espèces. A
cet égard, le contenu central de l'amendement de la loi est la clarification du fait qu'il n'est pas
nécessaire qu'il y ait un dommage au sens d'une mise en danger de l'existence pour qu'une
autorisation de tir d'un loup puisse être accordée, mais qu'un dommage économique "sérieux" suffit.
En outre, l'article 45a de la BNatSchG introduit de nouvelles dispositions relatives à la gestion du
loup dans la BNatSchG. La disposition de l'article 45a, paragraphe 2, phrase 1 de la BNatSchG
est particulièrement pertinente dans le présent contexte. Selon cette disposition, il est possible
d'abattre certains membres d'une meute même si les dommages causés aux animaux de rente
n'ont pas été attribués à un loup particulier de la meute. Le guide pratique a pour but de soutenir
l'application juridiquement sûre des articles 45 et 45a de la BNatSchG par les Länder. Le guide doit
en particulier traiter les étapes de la procédure pour l'octroi juridiquement sûr de dérogations à la
législation sur la protection des espèces et présenter les étapes nécessaires à la réalisation d'un
prélèvement d'individus de loups. L'accent est mis sur le prélèvement de loups en raison de la
prédation d'animaux de rente. Il s'agira d'aborder les exigences juridiques formelles, de discuter
des éléments constitutifs légaux (par ex. l'examen des alternatives) et d'examiner les dispositions
annexes. Le GT Loup, chargé de l'élaboration du guide pratique, a commencé ses travaux lors de
sa première réunion virtuelle le 12 novembre 2020. La coordination organisationnelle et technique
incombe au ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité
nucléaire (BMU), qui bénéficie du soutien technique de l'Office fédéral de la protection de la nature
(BfN). Au niveau fédéral, le ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture (BMEL) est également
membre du groupe de travail Bund-Länder. Un représentant du comité permanent de la protection
des espèces et des biotopes de la LANA est également membre du groupe de travail ouvert aux
Länder. Le GT Loup a élaboré le guide pratique avec le soutien du groupe de rédaction, sur la base
des contributions et des travaux préparatoires élaborés par l'Etat fédéral et les Länder. Le groupe
de rédaction était composé de représentants du BMU, du BMEL, du BfN et de certains Länder. Au
cours de l'élaboration du guide, les associations concernées (associations de protection de la
nature, associations d'agriculture/d'élevage de bétail, associations de sylviculture) ont également
été impliquées dans une procédure en deux étapes : Dans ce cadre, les associations ont été
invitées à formuler des propositions et des remarques sur le contenu et, dans un deuxième temps,
une réunion des associations sur le projet de guide a été organisée le 1er avril 2021. Les remarques
et observations ont été prises en compte dans le guide pratique. Le présent document reflète l'état
actuel des connaissances. Le guide pratique sera développé si nécessaire et à la lumière des
nouvelles connaissances. Les conseils d'exécution ne sont pas exhaustifs et n'ont qu'un caractère
de recommandation. Elles constituent un guide pratique pour l'octroi d'une dérogation. Elles ne
doivent pas remplacer les plans de gestion, les règlements et les guides des Länder sur la gestion
du loup, mais seulement les soutenir. En effet, la compétence des Länder en matière d'application
de la législation sur la protection de la nature (art. 83 GG, § 3 al. 1 n° 1 BNatSchG) reste inchangée.
Basse-Saxe - plan loup octobre 2022
Extraits
Le gouvernement de l'État s'efforce de prendre rapidement des mesures afin que les
comportements ostensibles puissent être évalués le plus rapidement possible. Cela comprend à la
fois la mise en oeuvre d'une surveillance renforcée, par exemple dans le cadre de rapports sur les
rencontres rapprochées, ainsi que toutes les autres mesures conformément aux règlements
d'exemption prescrits de la directive Habitats (article 16) et de la BNatSchG (article 45), en tenant
compte de la loi sur la protection des animaux. Ces mesures comprennent la dissuasion active,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 93/284
c'est à dire agir directement sur un loup sans le blesser ou le tuer gravement, et, en dernier recours,
l'enlèvement mortel d'un animal.
Effarouchement actif
L'effarouchement permet d'obtenir un conditionnement aversif, ce qui signifie que l'animal associe
une situation donnée à des expériences négatives telles que la douleur ou le danger. Dans le cas
d'un loup conditionné à la nourriture, c'est-à-dire nourri par l'homme, un effarouchement actif, par
exemple sous la forme de tirs de balles en caoutchouc, peut être efficace et entraîner un
changement durable de comportement. Une telle mesure, qui vise à infliger une douleur à un
animal, doit être justifiée sans exception par une raison raisonnable. Il convient de vérifier dans
chaque cas si l'objectif poursuivi est compréhensible et si le principe de proportionnalité est
respecté. En outre, la mise en oeuvre doit être effectuée par une personne compétente après la
prise de décision au cas par cas, afin de garantir une minimisation du risque de douleur, de
souffrance ou de dommage. Dans le meilleur des cas, les expériences négatives (douleur causée
par une balle en caoutchouc) devraient être répétées à un intervalle de temps rapproché afin
d'obtenir un succès à long terme. Pour pouvoir mieux observer un loup au comportement particulier
et, le cas échéant, l'efficacité de la mesure, l'émission d'un signal serait un moyen approprié, mais
très difficile à mettre en oeuvre. En théorie, l'effarouchement actif peut également être utilisé dans
le cas d'un loup ou d'une meute de loups qui tue de manière ciblée des animaux de rente et qui a
appris à contourner la protection des troupeaux contre les loups. Pour obtenir un changement de
comportement à long terme, il faut toutefois punir l'animal ou la meute à chaque tentative, souvent
au milieu de la nuit, en l'effrayant. Dans la pratique, cela est rarement réalisable (le cas échéant,
de jour), voire impossible. Comme un loup apparaît souvent à plusieurs jours d'intervalle à
différents endroits, il est très difficile, voire impossible, d'arriver à temps sur le lieu de l'événement
pour contrer les mesures d'effarouchement. Notamment parce que la portée des munitions
d'effarouchement est très limitée et qu'elles ne peuvent donc être utilisées qu'à très courte distance.
Dans de tels cas, il est nécessaire de renforcer la protection des troupeaux (voir chapitre 12.2.4)70.
Prélèvement létal
Si un effarouchement actif est inefficace, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de changement de
comportement souhaité et que l'animal doit être considéré comme un danger pour l'homme, ou si
la protection raisonnable du troupeau continue d'être ignorée, un prélèvement létal doit être
effectué comme dernière étape nécessaire. S'il existe un danger imminent pour l'homme, un
prélèvement doit être effectué conformément au règlement d'exception, même sans
effarouchement préalable. Dans le cas de loups qui causent ou causeront vraisemblablement des
dommages financiers disproportionnés en dépassant les limites raisonnables de protection des
troupeaux, le prélèvement d'un loup, voire de toute la meute, peut être recommandé71. La mise
en oeuvre, qui doit également être précédée d'un examen approfondi de chaque cas et qui ne peut
être effectuée que par des personnes compétentes, s'avère par expérience difficile, car les loups
sont crépusculaires et nocturnes et ne se distinguent généralement pas les uns des autres par leur
apparence. Les chiots sont presque adultes à l'automne, à l'âge de huit mois environ, et
ressemblent donc à s'y méprendre à leurs parents ou à leurs frères et soeurs plus âgés, en
particulier dans l'obscurité. Si l'animal génétiquement identifié comme étant à l'origine des
dommages ne peut être distingué des autres membres de la meute par des caractéristiques
extérieures reconnaissables, l'article 45a, paragraphe 2 de la BNatSchG autorise le prélèvement
d'animaux de la "meute à problèmes" identifiée jusqu'à ce que les dommages ne soient plus
constatés.
Evaluation des bases juridiques pour une gestion
14.3.1 Possibilités d'action conformément à la loi fédérale sur la protection de la nature La
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 94/284
deuxième loi portant modification de la loi fédérale sur la protection de la nature (BT-Drs 19/10899),
adoptée en 2019, avait pour objectif d'accroître la sécurité juridique lors de l'octroi de dérogations
aux interdictions d'accès prévues par la législation sur la protection des espèces, compte tenu des
problèmes qui se posent dans la pratique. L'accent a été mis sur la création d'une sécurité juridique
pour les décisions administratives relatives aux prélèvements d'animaux de rente, y compris dans
les cas où l'on ne sait pas exactement quel loup a causé des dommages concrets. Le résultat de
ces efforts est l'actuel article 45a, paragraphe 2 de la BNatSchG. L'expérience pratique montre
que les dispositions actuelles, en particulier celles de l'article 45a, paragraphe 2, de la BNatSchG,
ne sont pas suffisantes pour assurer une gestion du loup proportionnée, équilibrée et
compréhensible - qui doit également comporter des autorisations de prélèvement exécutables
dans la pratique et, surtout, dont la mise en oeuvre soit efficace. Conformément à l'article 45a,
paragraphe 2, de la BNatSchG, en cas de prédation sur des animaux de rente qui ne peuvent être
attribués à un loup en particulier, le tir de certains membres de la meute peut être poursuivi jusqu'à
ce que les dommages ne soient plus causés, même si les dommages ne sont pas attribués à un
animal en particulier, et ce dans un rapport spatio-temporel étroit avec les prédations déjà
survenues. L'idée de base de cette réglementation est correcte et utile pour l'exécution, tant que
l'appartenance à une meute des animaux impliqués dans les attaques peut être établie par des
échantillons génétiques. Toutefois, la réglementation ne répond pas entièrement aux exigences
pratiques. D'une part, lorsque l'animal à l'origine des dommages est certes connu, mais qu'aucune
appartenance concrète à une meute ne peut être établie. Une autorisation exceptionnelle de
l'animal responsable des dommages devient alors impossible, car on ne peut pas exclure qu'un
autre animal, qui ne peut pas être distingué dans le paysage de l'animal responsable des
dommages, puisse être prélevé. D'autre part, dans la pratique, il arrive souvent que les frontières
entre les territoires de différentes meutes de loups ne puissent pas être délimitées, ou alors de
manière incertaine. Si l'on ne parvient pas à individualiser l'animal responsable des dommages et
à l'attribuer à une meute donnée, il n'est pas possible, selon la jurisprudence actuelle du tribunal
d'Oldenburg (décision du 22 mars 2022, Az.:5 B 294/22), d'accorder une dérogation au titre de la
protection des espèces, car il n'est pas compatible avec le libellé des articles 45, paragraphe 7, et
45a, paragraphe 2, de la loi allemande sur la protection des habitats (BNatSchG) que des loups
puissent être prélevés dans plus d'une meute dans un contexte spatial et temporel étroit. Le
gouvernement du Land ne dispose donc pas d'options suffisantes pour gérer de manière équilibrée
les conflits qui surgissent sur le terrain, notamment dans les régions où les prédations sur les
animaux de rente sont excessivement fréquentes, même sur des animaux de pâturage très bien
protégés. L'acceptation de la protection du loup, requise par la loi et souhaitable d'un point de vue
technique, est ainsi de plus en plus remise en question. La Basse-Saxe se prononce donc en
faveur d'une modification de l'article 45a, paragraphe 2 de la BNatSchG, qui supprimerait le lien
avec une seule meute. La condition restrictive de l'appartenance à une meute n'est pas imposée
par le droit européen et est contraire aux exigences de la pratique.
14.3.2 Évaluation de l'état de conservation favorable
La directive FFH énumère dans ses différentes annexes les animaux, plantes et habitats qui, du
point de vue de l'UE, sont d'intérêt communautaire et doivent donc être particulièrement protégés
par tous les États membres. L'objectif de la directive est le maintien ou le rétablissement dans un
"état de conservation favorable" des animaux, plantes et habitats répertoriés. Le loup fait partie
des espèces animales à protéger strictement (annexe IV). Pour le loup, l'Etat fédéral (BMUV)72
définit l'atteinte d'un état de conservation favorable comme suit : "Les loups vivent actuellement et
continueront à vivre partout où ils peuvent vivre naturellement ; l'habitat et la nourriture disponibles
actuellement et à l'avenir seront suffisants pour assurer la survie des loups à long terme. Le nombre
de loups est en outre suffisamment important pour que les loups ne puissent pas s'éteindre à
nouveau à l'avenir, par exemple à cause de maladies, d'accidents de la route ou du braconnage".
Plusieurs critères sont donc importants pour l'évaluation et la classification de l'état de
conservation : l'aire de répartition naturelle, la population ("population"), l'habitat et les perspectives
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 95/284
d'avenir. Pour déterminer l'évaluation globale, il est essentiel de savoir laquelle de ces quatre
caractéristiques individuelles est la plus mauvaise. L'évaluation par l'Etat fédéral de l'aire de
répartition favorable du loup en Allemagne est considérée de manière critique par le gouvernement
du Land et par les experts, car le loup n'a pas d'exigences particulières en matière d'habitat qui
limiteraient une expansion prévue sur presque tout le territoire (voir chapitre 4.2). Comme on peut
le lire dans les "Lignes directrices pour les plans de gestion au niveau de la population des grands
carnivores ", les experts reconnaissent explicitement que l'aire de répartition favorable peut être
inférieure à l'aire de répartition maximale possible pour les espèces largement répandues, comme
le loup. Au contraire, Linnell et al. (2008) postulent qu'il n'est pas nécessaire que toute l'aire de
répartition historique soit reconstituée pour que l'aire de répartition soit considérée comme
favorable, si la survie et la variabilité à long terme sont assurées même avec une aire de répartition
plus réduite. En particulier, lorsqu'il existe des conflits importants et difficiles à désamorcer, il devrait
être possible de limiter la propagation potentielle (voir Linnell et al. 2008, section 6.1). Outre
l'ensemble de l'aire de répartition historique et la capacité de charge écologique potentielle qui en
découle, il convient donc de se concentrer particulièrement sur la "capacité de charge sociale", qui
est inférieure à la capacité de charge écologique (voir figure 14).
En fin de compte, la viabilité sociale est d'une importance cruciale pour la survie des grands
prédateurs, car ils sont à l'origine de nombreux conflits. Sans la volonté de la population de
cohabiter avec cette espèce et de supporter les coûts économiques et sociaux liés à sa présence
(p. ex. dommages aux animaux d'élevage, concurrence pour le gibier, peur), il n'est pas possible
d'assurer la survie à long terme de l'espèce. Ce facteur important, qui n'est pas pris en compte
dans l'évaluation de l'état de conservation favorable, a donc un impact négatif non seulement sur
l'objectif d'une "aire de répartition favorable", mais aussi sur le critère des "perspectives d'avenir".
Il n'est donc ni nécessaire ni judicieux, du point de vue de la protection des espèces, que tous les
habitats potentiels du paysage rural de Basse-Saxe soient colonisés par des loups. Le
gouvernement du Land se prononce donc en faveur de la prise en compte du critère de la "viabilité
sociale" et continuera à oeuvrer au niveau fédéral et européen en ce sens.
14.3.3 Compatibilité des "zones sans loups" avec le droit européen, fédéral et régional
Le loup fait l'objet d'une protection particulière, tant au niveau européen qu'au niveau fédéral et
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 96/284
régional. Les "zones sans loups" désignent des régions qui doivent être maintenues à l'écart des
loups et qui s'opposent ainsi à leur expansion naturelle. Dans les Länder où la population de loups
est constante, de telles zones ne pourraient être obtenues que par l'utilisation continue de mesures
telles que l'effarouchement ou le prélèvement. En vertu du droit européen, des dérogations à
l'interdiction de telles mesures ne peuvent être accordées qu'au cas par cas, conformément à
l'article 16 de la directive FFH, et à condition que les autres mesures ne soient pas efficaces et que
l'état de conservation favorable de la population soit assuré. La loi fédérale sur la protection de la
nature ne prévoit elle aussi des exceptions à la protection des loups que dans des cas particuliers
(cf. § 45 alinéa 7 BNatSchG). La BNatSchG se réfère également aux conditions de la directive
FFH pour les mesures contre les loups. Celles-ci présupposent sans exception un comportement
antérieur du loup pouvant justifier une mesure. Il n'existe donc actuellement aucune base juridique
pour la désignation de "zones sans loups".
Bavière : nouvelle ordonnance sur le loup (et la loutre) du 25 avril 2023 :
Protection des personnes et de la sécurité publique
Dans l'intérêt de la santé humaine et de la sécurité publique, il est permis, conformément aux
paragraphes suivants, de traquer, de capturer, d'effaroucher ou de tuer des loups (Canis lupus) à
l'aide d'une arme à feu appropriée, dans la mesure où il n'existe pas d'alternative raisonnable.
La condition est également que l'état de conservation de la population ne se détériore pas et que
le rétablissement d'un état de conservation favorable ne soit pas entravé.
Compte tenu de l'article 45a, paragraphe 2, troisième phrase, de la loi fédérale sur la protection de
la nature (BNatSchG), les loups mettent en danger la santé de l'homme ou la sécurité publique,
notamment lorsqu'ils
1.s'approchent à plusieurs reprises de personnes en dehors des véhicules à moins de 30 m,
2.tolèrent à plusieurs reprises l'approche de l'homme à moins de 30 mètres
3.sont vus pendant plusieurs jours à moins de 200 m d'une agglomération ou d'un bâtiment ou
d'une étable utilisés par l'homme,
4.suivent les gens malgré les tentatives d?éloignement
5.s'approchent des personnes dans des localités fermées et ne peuvent être que difficilement
chassées,
6.tuent les chiens dans les agglomérations ou dans les bâtiments ou écuries utilisés par l'homme,
7.s'approchent de personnes accompagnées de chiens et ont un comportement agressif ou
8.réagissent de manière agressive et non provoquée à l'égard des personnes.
Un prélèvement n'est autorisé que si une mesure d'effarouchement ne semble pas possible ou
risque d'échouer.
Prévention de dommages économiques graves
Afin d'éviter des dommages agricoles ou d'autres dommages économiques graves, il est permis,
conformément aux paragraphes suivants, de traquer les loups, de les capturer, de les effaroucher
ou de les tuer avec une arme à feu appropriée, pour autant qu'il n'existe pas d'autre solution
raisonnable. La condition est également que l'état de conservation de la population ne se détériore
pas et que le rétablissement d'un état de conservation favorable ne soit pas entravé.
Compte tenu de l'article 45a, paragraphe 2, de la BNatSchG, les conditions de l'alinéa 1, première
phrase, sont notamment réunies lorsque des loups blessent ou tuent un animal de rente ou un
équidé dans des zones de pâturage non protégeables.
Les mesures visées à la première phrase peuvent être prises à l'encontre d'un loup rencontré en
relation spatiale et temporelle avec l'événement en question.
Les zones de pâturage non protégeables sont des zones pour lesquelles la protection des
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 97/284
troupeaux n'est soit pas possible, soit pas raisonnable.
Les sous-unités naturelles qui ne peuvent être raisonnablement clôturées et pour lesquelles
l'autorité inférieure de protection de la nature a constaté que l'alternative de la garde par un berger,
associée à une mise en stabulation nocturne ou à un hébergement dans un enclos de nuit
repoussant les loups, n'est pas raisonnable, sont assimilées à des zones de pâturage non
protégeables.
L'autorisation visée à l'article 45, paragraphe 7, quatrième phrase, de la BNatSchG est transférée
au ministère d'État pour l'environnement et la protection des consommateurs (Staatsministerium),
dans la mesure où celui-ci est habilité à définir par décret les zones de pâturage non protégeables
visées à la première phrase et les sous-unités naturelles ne pouvant pas être raisonnablement
clôturées visées à la deuxième phrase.
Si l'autorité inférieure de protection de la nature estime que les conditions susmentionnées sont
remplies, elle détermine les mesures à prendre et les personnes appropriées et habilitées à les
exécuter.
- Tirs sur le loup avec armes à feu
La loi a été modifiée en mars 2020 et prévoit qu?en cas de dommages économiques graves, si les
dommages causés par la prédation d'animaux de rente n'ont pas été attribués à un loup déterminé
d'une meute, l'abattage de membres individuels de la meute de loups en étroite relation spatiale et
temporelle avec des événements de prédation déjà survenus puisse être poursuivi jusqu'à
l'absence de dommages, même sans attribution des dommages à un animal individuel déterminé.
Mais il semble que ces dispositions ne donnent pas lieu à des autorisations d?abattage de loups
(cf supra analyse de la Basse-Saxe).
Pour autant, 2 morts de loup ont été attribuées à la « gestion » en 2022.
- Délivrance des autorisations de tirs (défense, prélèvement?)
Information non identifiée
8.3.8 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
Information non identifiée
- Description des actions
- Dispositions particulières réglementairement applicables
8.4 Éléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du
loup en Allemagne
Prospective sur la démographie et la répartition des loups
Une équipe de scientifiques allemands et autrichiens41 ont procédé à la modélisation de l?habitat
41 Stephanie Kramer-Schadt41 Leibniz Institut für Zoo- und Wildtierforschung (IZW), Department Ökologische
Dynamiken, Berlin Technische Universität Berlin, Institut für Ökologie, Berlin, Moritz Wenzler Leibniz Institut für Zoo-
und Wildtierforschung (IZW), Department Ökologische Dynamiken, Berlin Humboldt Universität Berlin, Abteilung
für Biogeographie, Berlin, Pierre Gras Leibniz Institut für Zoo- und Wildtierforschung (IZW), Department
Ökologische Dynamiken, Berlin etFelix Knauer Forschungsinstitut für Wildtierkunde und Ökologie, Abteilung
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 98/284
et à l?estimation du nombre potentiels de territoires du loup en Allemagne avec le soutien du DBBW
et du BfN. Leur analyse a été publiée par ces derniers en 2020 (BfN-Skripten 556)42
Cette étude particulièrement intéressante, dont les missionnaires tiennent une traduction informelle
à la disposition des services des ministères commanditaires, analyse les habitats actuellement
occupés par les loups en Allemagne et leurs caractéristiques, afin d'en déduire les zones
potentiellement favorables aux loups en Allemagne.
« En résumé, selon le modèle et la valeur seuil, de grandes parties de l'Allemagne présentent des
habitats appropriés pour d'éventuels territoires de loups. Il est donc possible que d'autres territoires
soient créés dans de nombreuses régions d'Allemagne au fur et à mesure de l'expansion. En raison
de la territorialité des loups, le nombre de territoires et donc de loups stagnera à long terme dans
certaines régions ou fluctuera autour d'une certaine valeur. Les résultats de l'étude montrent en
outre qu'en Allemagne, il faut en principe s'attendre à des loups de passage dans tous les paysages
ou à des loups territoriaux dans certaines régions. Comme les résultats reposent sur une multitude
de calculs et d'hypothèses, la modélisation de l'habitat ne permet pas de prédire avec précision
chaque futur territoire. Les calculs montrent cependant une forte congruence entre les territoires
modélisés et les territoires effectivement colonisés par les loups. Néanmoins, on ne peut pas
exclure catégoriquement l'installation de loups dans des zones moins ou non appropriées. Les
résultats de l'étude n'ont donc pas de valeur prédictive, mais indiquent plutôt le potentiel actuel
pour l'établissement de territoires de loups dans des habitats appropriés. En revanche, les données
du monitoring annuel fédéral (www.dbb-wolf.de) représentent la présence effective de meutes, de
couples et d'individus territoriaux pour l'année de monitoring en question, relevés selon des normes
uniformes dans les Länder. Les résultats de la présente étude fournissent aux autorités et aux
institutions responsables de la gestion du loup les informations nécessaires pour leur permettre
d'anticiper et d'adapter leurs mesures. La promotion et la mise en oeuvre de mesures de protection
des troupeaux pour protéger les animaux de pâturage contre les attaques de loups jouent
notamment un rôle déterminant. Il est donc recommandé aux éleveurs de mettre en oeuvre des
mesures de protection des troupeaux efficaces et précoces, y compris dans les zones où il n'y a
pas encore de territoires occupés par des loups, afin d'éviter les attaques d'animaux de rente. (?)
Les résultats de cette étude montrent avant tout que les loups sont des généralistes absolus de
l'habitat, qui pourraient potentiellement utiliser presque tout le paysage allemand dans sa diversité.
Pour la gestion, cela signifie qu'il ne faut pas seulement s'attendre à voir des loups migrer partout,
mais que les loups pourraient s'installer presque partout en Allemagne. Même si l'on ne sait pas
avec certitude si, quand et avec quel degré de détail les prévisions se réaliseront réellement, il
semble judicieux de se préparer au retour des loups par des mesures de gestion, notamment la
mise en oeuvre de mesures efficaces de protection des troupeaux, même dans les régions qui ne
sont pas encore colonisées par les loups. Un autre aspect à ne pas négliger est le fait que quelques
meutes se sont installées en dehors des zones prédites. On peut supposer que les loups colonisent
d'abord les zones les plus appropriées, puis s'étendent progressivement vers des zones moins
adaptées en termes d'habitat, mais qui offrent également des refuges et des ressources
alimentaires suffisantes. Cela signifie en premier lieu que les autorités responsables doivent se
préparer à une éventuelle colonisation par les loups à l'intérieur et à l'extérieur des zones
potentiellement favorables. (?)
En l'état actuel des connaissances, le nombre de territoires potentiels (pour une taille de territoire
de 200 km2) se situe entre 700 et 1400, pouvant en principe accueillir le nombre de meutes
correspondant. »
Conservation Medicine, Vetmeduni Vienna, Wien, Österreich
42 https://www.bfn.de/publikationen/bfn-schriften/bfn-schriften-556-habitatmodellierung-und-abschaetzung-der-
potenziellen
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 99/284
8.4.1 Les points forts de la politique publique du loup en Allemagne
8.4.2 Pistes d'évolution et expérimentation de nouvelles mesures
D?importantes divergences de vue concernant la politique publique du loup existent entre les partis
et conduisent à des différences notables d?approches entre les Länder ainsi que, parfois, d?une
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 100/284
année sur l?autre tant au niveau fédéral que local selon la sensibilité des ministres en charge.
Exemples :
? 22 mai 2019 Décision du cabinet sur le loup [ministère de l?agriculture]
Déclaration de la ministre fédérale Julia Klöckner (CDU, remplacée depuis par Cem Özdemir, Les
verts)43
"Le ministère fédéral de l'Alimentation et de l'Agriculture salue le projet de modification de la loi
fédérale sur la protection de la nature (BNatSchG) qui constitue un premier pas dans la bonne
direction. Au vu de l'augmentation rapide de la population de loups et des prélèvements d'animaux
de rente qui en découlent également, le BMEL estime qu'une modification de la BNatSchG visant
à transposer l'article 16, paragraphe 1, point e), de la directive Faune-Flore-Habitats à l'échelle 1:1
reste nécessaire. Ainsi, le prélèvement d'un nombre limité et spécifié de loups par les autorités
serait autorisé sous contrôle strict, de manière sélective et limitée, dans les conditions prévues à
l'article 45, paragraphe 7, phrases 2 et 3 de la BNatSchG. Après la clôture de la procédure en cours
concernant la demande de décision préjudicielle de la Cour administrative suprême de Finlande
auprès de la CJCE (affaire C-674/17), il conviendra de procéder à une réévaluation des
modifications apportées par cet amendement de la BNatSchG".
Pour explication :
Du point de vue de notre ministère fédéral, la modification qui vient d'être apportée n'est qu'une
première étape, mais elle était absolument nécessaire en raison de la situation difficile dans les
zones rurales. Les modifications visent à mieux protéger les citoyens dans les régions où les loups
s'approchent déjà de près des zones d'habitation, ainsi qu'à protéger l'élevage d'herbivores. Tant
l'abaissement du seuil de dommages pour le prélèvement de loups dans la nature que
l'amélioration de la sécurité juridique par le tir possible de certains loups d'une meute, même si l'on
ne sait pas exactement quel loup a causé les dommages, jusqu'au prélèvement de la meute entière,
constituent un progrès sur le fond. C'est une bonne chose que le ministère fédéral de
l'Environnement ait fini par bouger.
Toutefois, nous considérons que ce qui a été obtenu n'est qu'un premier pas dans la bonne
direction, surtout au vu de l'augmentation rapide de la population de loups et de l'augmentation
également des prélèvements d'animaux de rente. Nous pensons qu'il est urgent d'apporter des
modifications supplémentaires à la loi fédérale sur la protection de la nature dans ce domaine. Il
n'a cependant pas été possible de s'entendre à court terme avec le ministère fédéral de
l'Environnement (BMU) sur de telles mesures, comme le contrôle limité des populations que nous
réclamons. Il a donc été décidé de soutenir le projet de loi du BMU afin de lancer la procédure
législative. Des modifications peuvent maintenant être introduites dans la procédure parlementaire.
? Basse Saxe :
o Autorités locales octobre 2022
o Association NABU décembre 202244
La NABU salue une plus grande transparence dans la gestion du loup
Dr. Buschmann : « Un soutien technique et financier pour la protection des troupeaux reste
nécessaire ».
43 https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2019/190522-erklaerung-wolf.html
44 https://niedersachsen.nabu.de/tiere-und-pflanzen/saeugetiere/wolf/32655.html
PUBLIÉ
https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2019/190522-erklaerung-wolf.html
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A l'avenir, les autorisations exceptionnelles de prélèvement de loups dits problématiques devront
être annoncées une semaine à l'avance et être consultables par le public, selon le ministre de
l'environnement Christian Meyer.
Avant les élections régionales, les Verts ont demandé plus de transparence sur le thème du loup.
Maintenant qu'ils sont au gouvernement, cette volonté doit se refléter dans leur politique
d'information
9 décembre 2022- Dr Holger Buschmann, président du NABU Niedersachsen, voit dans l'annonce
du nouveau ministre de l'Environnement le pas vers plus de transparence et d'objectivité qui aurait
dû être fait depuis longtemps : "Jusqu'à présent, il n'était pas clair quels loups avaient été autorisés
à être abattus et pour quelle raison, et aucun examen indépendant des cas n'avait pu être effectué,
ce qui avait attisé les doutes sur leur légalité. Cette critique et la plainte de la NABU concernant la
procédure suivie jusqu'à présent sont désormais prises en compte à juste titre". L'implication
prévue du service fédéral de conseil sur le loup (DBBW) est également une étape nécessaire et
bienvenue.Dr. Buschmann poursuit : "Même le groupe des Verts au parlement régional avait porté
plainte contre la politique d'information du gouvernement régional précédent lorsqu'il était dans
l'opposition. La plainte a été gagnée, raison pour laquelle la commission de l'environnement a déjà
dû être impliquée. La transparence et la politique d'information que les Verts ont exigées doivent
maintenant se retrouver intégralement dans leur responsabilité gouvernementale".
En avril 2022, la NABU, soutenue par le WWF, avait en outre déposé une plainte contre l'absence
de transmission d'informations par l'arrondissement d'Uelzen et revendiquait la communication
spontanée des délivrances de dérogations à l'interdiction de mise à mort de l'article 44, paragraphe
1, phrase 1 de la BNatSchG pour l'espèce loup, conformément à l'article 45, paragraphe 7, phrase
1 de la BNatSchG, par la transmission active des dérogations. Le décret correspondant, qui est
maintenant envoyé aux autorités inférieures de protection de la nature pour mise en oeuvre, doit
maintenant être examiné par la NABU. La mise en oeuvre du décret, par exemple sous la forme
d'une publication dans la presse des autorisations de tir par les districts concernés, sera également
examinée de près par la NABU. C'est de cette mise en oeuvre et du contenu exact de l'arrêté que
dépendra la poursuite de l'action en justice de la NABU. La NABU est sceptique quant au "plan
d'action sur les animaux de pâturage et le loup".
Parallèlement, le Dr Buschmann souligne que le statut de protection du loup ne doit pas être affaibli
au-delà de ce point et voit d'un mauvais oeil le projet du Land de Basse-Saxe de participer à un
concept du gouvernement fédéral pour une gestion de la population conforme au droit européen
et différenciée selon les régions. Un "plan d'action pour l'élevage d'herbivores et le loup" doit
notamment réévaluer l'état de conservation du loup et permettre des régulations régionales de la
population. Il est toutefois scientifiquement prouvé que les régulations de population n'aideront pas
les éleveurs d'animaux de pâturage. Il reste donc absolument nécessaire de soutenir
financièrement les éleveurs d'animaux de rente, mais aussi et surtout de renforcer le soutien
technique aux mesures de protection des troupeaux. »
? Bavière 25 avril 202345
(25 avril 2023) Munich - Le Conseil des ministres a adopté aujourd'hui la nouvelle ordonnance
bavaroise sur le loup et la réglementation sur la loutre. La ministre bavaroise de l'Agriculture
Michaela Kaniber a affirmé : "La décision du cabinet est un signal important pour nos agriculteurs
alpins, nos éleveurs d'herbivores et l'économie des étangs. Mais surtout pour la préservation de
notre paysage culturel et de la biodiversité. Nous ne pouvons plus rester les bras croisés face au
45 https://www.stmelf.bayern.de/service/presse/pm/2023/wolfs-verordnung-und-fischotter-regelung/index.html
https://www.agrarzeitung.de/nachrichten/politik/wolf-bayerns-kabinett-beschliesst-verordnung-zur-entnahme-
106675
PUBLIÉ
https://www.stmelf.bayern.de/service/presse/pm/2023/wolfs-verordnung-und-fischotter-regelung/index.html
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retour des prédateurs que sont le loup, l'ours, mais aussi la loutre, qui anéantissent de plus en plus
l'élevage d'animaux de rente et l'industrie de la pêche. Nous ne pouvons que constater : Les loups
ne sont plus menacés, mais nos éleveurs d'herbivores le sont déjà. C'est pourquoi nous sommes
contraints d'agir. Car nous défendons notre économie durable de pâturages et d'étangs. Nous ne
laissons pas les éleveurs et les propriétaires d'étangs seuls. Il n'en reste pas moins que la
Confédération doit s'engager à abaisser le statut de protection du loup qui ne figure plus sur la liste
rouge".
Reprise dans la presse 46:
« Aujourd?hui, le gouvernement du Land de Bavière a adopté une nouvelle ordonnance sur les
loups. Comme le ministre-président de Bavière Dr. Markus Söder l?a expliqué à « Bild »,
l?ordonnance donne aux bureaux de district des régions touchées une plus grande liberté pour
réduire le nombre de loups.
« Une prédation suffit. Ensuite, un prélèvement peut avoir lieu dans la zone responsable », a
déclaré le chef du gouvernement.
Les bureaux de district eux-mêmes pourraient décider de la manière. Un loup n?a pas besoin d?être
abattu « pour le sortir de l?environnement naturel », a expliqué Söder. Il n?est pas non plus
nécessaire de prouver qu?il s?agissait de ce loup particulier.
Selon le ministre de l?Economie Hubert Aiwanger, la solution idéale serait que le gouvernement
fédéral détermine enfin le « statut de conservation favorable » du loup. « Comme il échoue
malheureusement à cause d?un déni de réalité, nous devons maintenant réagir au niveau de l?Etat
», a déclaré le chef adjoint du gouvernement. Le loup menace l?élevage en plein air et donc le
paysage culturel et la biodiversité dans de nombreuses régions de Bavière, qui existent non
seulement pour l?agriculture mais aussi pour le tourisme.
Des incidents tels que l?attaque meurtrière de l?ours dans le Trentin sont inacceptables et
menacent non seulement la vie humaine et animale, mais aussi le tourisme, a déclaré le ministre.
Les loups s?approchent également de plus en plus des gens et des promeneurs avec des chiens
et envahissent les colonies. Par conséquent, le loup doit être réglementé.
Pendant ce temps, le groupe parlementaire CDU en Basse-Saxe a accusé le ministre de
l?Environnement du Land Christian Meyer de tromperie en relation avec le loup. Meyer affirme que
malgré plus de loups en Basse-Saxe, il y aurait une baisse des prédations par les loups et se réfère
dans sa déclaration aux chiffres de surveillance de l?Association nationale des chasseurs de Basse-
Saxe. Mais son affirmation ne correspond pas à la vérité, bien au contraire », a déclaré aujourd?hui
à Hanovre le porte-parole pour l?agriculture du groupe parlementaire CDU, Marco Mohrmann. Dans
le cas des prédations de loup, « nous sommes confrontés à un nouveau record ».
Selon Mohrmann, Meyer a comparé le nombre d'attaques du premier trimestre 2023 avec celui du
quatrième trimestre 2022, mais il n'a pas mentionné que la Basse-Saxe en était déjà à 281 attaques
pour l'année de suivi 2022/23, contre 241 au total en 2021/22. Or, l'année de référence ne se
termine que le 30 avril, ce qui signifie que le nombre va très probablement encore augmenter, a
ajouté Frank Schmädeke, porte-parole du groupe parlementaire CDU sur la politique du loup.
Selon les deux politiciens de la CDU, il s?agit d?une année record pour la Basse-Saxe dans le cas
des attaques de loups. « Face aux multiples souffrances des animaux et des humains, utiliser un
tel tour de passe-passe est tout simplement indécent. Sans honnêteté et transparence, nous nous
éloignons de plus en plus des solutions raisonnables au problème des loups », ont critiqué
Mohrmann et Schmädek. »
46
PUBLIÉ
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Fiche Allemagne Annexe 1 Méthode de suivi de la population
Monographie du BfN sur la surveillance des grands carnivores
[extrait du https://www.dbb-wolf.de/wolf-management//monitoring-
standards?file=files/publisher/downloads/2015_Monitoringstandards%20f%C3%BCr%20Wolf%2
C%20Luchs%2C%20B%C3%A4r_BfNSkript413.pdf)
La République fédérale est tenue par l'article 11 de la directive FFH de surveiller l'état de
conservation des biens protégés et donc de mettre en place un système de surveillance. Comme
la protection de la nature et donc la mise en oeuvre de la directive FFH en Allemagne relèvent
en grande partie de la compétence des Länder, c'est à ces derniers qu'il incombe en principe
de mettre en oeuvre les dispositions correspondantes. Toutefois, c'est à la République
fédérale d'Allemagne qu'incombe l'obligation de faire rapport à l'UE. Comme l'état de
conservation des espèces et des types d'habitats doit être évalué au niveau des régions
biogéographiques d'un État membre, les Länder doivent s'accorder sur le contenu et les méthodes
de suivi. L'Office fédéral de la protection de la nature (BfN), qui coordonne le suivi FFH pour
la République fédérale d'Allemagne, a publié en 2009 des normes harmonisées au niveau
national pour le suivi du loup, du lynx et de l'ours en Allemagne. Depuis 2009, les données
utilisées pour déterminer la zone de présence et la taille de la population sont présentées et
évaluées chaque année lors d'une réunion des personnes chargées du suivi du loup et du lynx
dans les différents Länder. Les résultats de ces réunions annuelles sont des cartes de présence
des deux espèces (Fig. 4) harmonisées au niveau national ainsi qu'une estimation de la taille
minimale de la population, avec effet rétroactif pour l'année de monitoring précédente. Ces
résultats constituent la base du rapport national de l'Office fédéral allemand de la protection de la
nature. En ce qui concerne le loup, LUPUS (Institut für Wolfsmonitoring und -forschung in
Deutschland) collecte en permanence les données relatives aux animaux trouvés morts et aux
nouveaux établissements de meutes et de couples de loups, et les met à la disposition des
autorités fédérales et régionales sur demande, de sorte que des informations sur la population de
loups actuellement confirmée puissent également être fournies entre les réunions annuelles. Au-
delà des normes de suivi et des réunions annuelles, il n'existe actuellement pratiquement
aucune coordination du suivi du loup et du lynx entre les Länder, souvent même pas au sein
d'un même Land lorsque plusieurs espèces sont présentes simultanément. Comme les
espèces sont soumises à différentes juridictions (lynx : législation sur la protection de la nature
et sur la chasse, loup en Saxe : législation sur la protection de la nature et sur la chasse, ours et
loup dans les 15 autres Länder : législation sur la protection de la nature uniquement), les autorités
compétentes sont parfois différentes. Le manque de coordination qui en résulte rend encore
plus difficile un suivi coordonné à tous les niveaux, tant à l'intérieur d'un pays qu'au-delà
des frontières nationales et nationales.
C'est aux pays qu'il revient de confier le suivi à des institutions ou à des individus. Par conséquent,
les structures de suivi ainsi que les efforts et les moyens mis à disposition varient considérablement
d'un pays à l'autre. En règle générale, les données sont collectées et analysées au niveau des
Länder. Toutefois, certains pays ont mis en place des structures qui garantissent l'utilisation de
l'expertise de personnes expérimentées dans tous les pays. Dans d'autres pays, un ou deux
experts sont chargés de la surveillance et coordonnent, outre leur propre travail sur le terrain, celui
de personnes formées. Dans d'autres cas, les données sont principalement collectées par des
personnes formées, qui ne sont que peu coordonnées et guidées.
On distingue deux types de monitoring : passif et actif (BREITENMO-SER et al. 2006). Le
monitoring passif ne nécessite guère de travail sur le terrain, mais consiste à collecter, évaluer et
analyser des informations obtenues par hasard, par exemple la découverte d'animaux morts, des
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https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/monitoring-standards?file=files/publisher/downloads/2015_Monitoringstandards%20f%C3%BCr%20Wolf%2C%20Luchs%2C%20B%C3%A4r_BfNSkript413.pdf
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/monitoring-standards?file=files/publisher/downloads/2015_Monitoringstandards%20f%C3%BCr%20Wolf%2C%20Luchs%2C%20B%C3%A4r_BfNSkript413.pdf
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/monitoring-standards?file=files/publisher/downloads/2015_Monitoringstandards%20f%C3%BCr%20Wolf%2C%20Luchs%2C%20B%C3%A4r_BfNSkript413.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 104/284
rapports sur des dégâts ou des observations directes, ou encore des données de tir pour les
populations chassées. Il convient d'être prudent dans l'interprétation de ces données, car elles sont
collectées de manière aléatoire et non systématique. Certaines causes de mortalité sont plus
faciles à détecter (p. ex. pertes dues au trafic) que d'autres (abattage illégal, maladies). Le
monitoring passif ne fournit pas non plus nécessairement les informations requises pour toutes les
questions, par exemple le nombre de dommages n'est pas forcément lié au nombre de loups, de
lynx et d'ours, mais plutôt au type d'élevage (KACZENSKY 1996). Le comportement atypique d'un
seul animal peut également fausser le tableau (LINNELL et al. 1998). Le monitoring actif consiste
en la collecte ciblée et systématique de données dans le but d'un programme de monitoring
(BREITENMOSER et al. 2006). Cela inclut le travail sur le terrain et des études spécifiques ou des
analyses d'habitat. Les données sont collectées de manière ciblée et systématique afin d'éviter
les écarts systématiques. Les résultats permettent de répondre immédiatement aux questions qui
se posent (BREITENMOSER et al. 2006).
Le choix de la méthode dépend de la question posée, de la précision requise et des ressources
disponibles, ainsi que des conditions environnementales, de l'espèce animale, de la taille et de la
répartition de la population. Il n'existe pas de méthode spécifique à une espèce qui puisse être
appliquée partout en Europe, ni de méthode qui puisse répondre à toutes les questions, mais il faut
trouver les meilleures méthodes en fonction des circonstances. Dans la plupart des cas, il s'agira
d'une combinaison de méthodes. Le tableau ci-dessous en donne un aperçu.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 105/284
Méthodes de monitoring recommandées pour l'Allemagne
Le pistage dans la neige est la méthode la plus courante pour le monitoring du lynx et du loup.
Cependant, en Allemagne, les conditions climatiques pour une utilisation systématique de cette
méthode ne sont réunies, si tant est qu'elles existent, que dans les montagnes. En plaine, le
manteau neigeux n'est pas suffisant. Cependant, chaque fois que l'occasion se présente, le pistage
dans la neige devrait être utilisé pour collecter le plus d'informations possible (présence,
reproduction, taille de la meute, individus marqués, etc.) Les analyses génétiques sont aujourd'hui
incontournables dans le suivi des loups et des ours. Le matériel nécessaire (p. ex. fèces, poils,
échantillons de salive sur les proies) peut être collecté indépendamment de la saison. La neige se
prête particulièrement bien à la collecte d'échantillons d'individus marquants (urine, chez le loup
également sang d'oestrus). La recherche d'indices de présence du loup, du lynx et de l'ours,
comme les traces, les excréments, les marques et les fissures, est la méthode de suivi la plus
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 106/284
fréquemment utilisée pour ces espèces (LINNELL et al. 1998). Elle peut être utilisée
indépendamment de la saison et des conditions environnementales et devrait être utilisée en
particulier pour le loup et l'ours. Les données recueillies servent de base à l'établissement de cartes
de répartition.
Des animations de hurlements systématiques sont effectuées en été dans de nombreux pays afin
de détecter la reproduction des loups. Jusqu'à présent, cette méthode a été utilisée en Allemagne
avec peu de succès. Entre-temps, d'autres méthodes (pièges-caméras, génétique) ont fait leurs
preuves pour détecter la reproduction chez les loups.
Chez le lynx, le monitoring systématique par pièges à caméra donne de bons résultats pour
l'estimation de la taille de la population en Suisse et, depuis 2008, en Bavière. Les photos peuvent
être analysées selon une méthode statistique de capture-recapture, étant donné que les lynx
peuvent être distingués individuellement par le motif de leurs taches. De plus, l'utilisation
opportuniste de pièges photographiques fournit des données sur l'effectif minimal, l'utilisation de
l'espace et la dispersion des jeunes (WÖLFL2012). Cette méthode prometteuse devrait devenir la
règle pour le monitoring du lynx en Allemagne, où le piégeage par caméra a également fait ses
preuves ces dernières années pour le loup. La plupart des preuves de reproduction sont désormais
obtenues à l'aide de cette méthode. Elle fournit également des données sur la taille minimale des
meutes, la délimitation des territoires voisins et la zone d'occupation. Elle fournit des informations
détaillées sur la taille des zones de chasse et des territoires, sur l'utilisation de l'habitat ou sur la
mortalité, qui ne peuvent guère être obtenues par d'autres méthodes. C'est pourquoi les études
de télémétrie sont souvent utilisées pour calibrer les résultats du monitoring (BREITENMOSER et
al. 2006). Par exemple, sans connaissance de la taille du territoire dans une zone donnée, il est
difficile de distinguer des individus ou des groupes familiaux voisins.
La télémétrie fournit des données très précises, mais elle est limitée à des surfaces choisies ou à
quelques animaux (BREITENMOSER et al. 2006). Comme les données obtenues à partir
d'individus isolés peuvent varier fortement (REINHARDT & KLUTH 2011), il est nécessaire de
disposer d'une taille d'échantillon suffisante pour un étalonnage. Lors d'actions de réintroduction
ou de translocation, la télémétrie est indispensable pour documenter le succès ou l'échec. Les
indices aléatoires signalés par le public, les animaux trouvés morts et les animaux de rente tués
devraient également être collectés sous une forme standardisée.
Suivi stratifié
Les loups, les lynx et les ours sont toujours rares et se déplacent sur de grands espaces. Ils ne
peuvent donc qu'exceptionnellement être suivis avec la même intensité sur l'ensemble de leur aire
de répartition occupée et éventuellement future, surtout si leurs populations sont en expansion.
C'est pourquoi certains pays pratiquent un suivi stratifié (pour plus de détails, voir
BREITENMOSER et al. 2006). L'intensité du suivi varie en fonction de l'échelle spatiale et
temporelle. Alors qu'à une grande échelle à long terme, l'accent est mis sur des questions
générales telles que la présence, la tendance de la répartition et la taille de la population, à une
échelle plus petite (par exemple dans des zones de référence sur une période limitée), des
informations détaillées sont collectées, telles que la taille du territoire et de la meute (pour estimer
la densité), l'utilisation de l'habitat ou des données sur la reproduction. Des données précises
obtenues dans des zones relativement petites sont utiles pour calibrer et interpréter de manière
fiable les résultats d'actions de monitoring extensif (BREITENMOSER et al. 2006). Une condition
importante pour une approche de monitoring stratifiée en Allemagne est une coordination du
monitoring à l'échelle internationale.]
PUBLIÉ
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Contexte des analyses génétiques47
Les analyses génétiques constituent un élément important du suivi. Les informations génétiques
permettent, par exemple, de délimiter les meutes voisines et d'identifier l'immigration potentielle de
populations de loups voisines. Des échantillons d'ADN sont collectés tout au long de l'année. La
majeure partie des échantillons est collectée de manière non invasive, comme des crottes fraîches,
de l'urine (sur la neige), des poils ou de la salive (prélèvements sur des ongulés sauvages ou du
bétail récemment tués). Les analyses génétiques sont effectuées par le groupe de génétique de
conservation de l'Institut de recherche Senckenberg et du Musée d'histoire naturelle à la station de
recherche de Gelnhausen. Le laboratoire fait office de centre national de référence pour la
génétique du loup en Allemagne depuis 2010. L'identification de l'espèce est d'abord réalisée par
l'analyse de la séquence de la région de contrôle mitochondriale et est ensuite confirmée par
l'analyse de 13 marqueurs microsatellites. Les données microsatellites obtenues et deux
marqueurs sexuels supplémentaires sont utilisés pour l'identification des individus et la
reconstitution des meutes. Les analyses SNP, qui ont été optimisées pour la détection des
hybrides, sont également effectuées selon les besoins. L'analyse de tous les échantillons
d'Allemagne dans un seul laboratoire central permet d'assigner les individus à leurs meutes
d'origine et d'identifier les liens de parenté dans tous les États fédéraux.
47 https://www.senckenberg.de/de/institute/senckenberg-gesellschaft-fuer-naturforschung-frankfurt-main/abt-
fliessgewaesseroekologie-und-naturschutzforschung/das-cewolf-konsortium/
Harms_et_al_2011_wolfsforschung_im_molekularlabor.pdf (2.1 MiB)
Stellungnahme der Senckenberg Gesellschaft für Naturforschung anlässlich der Pressekonferenz der Partei.pdf
(485.4 KiB)
PUBLIÉ
https://www.senckenberg.de/de/institute/senckenberg-gesellschaft-fuer-naturforschung-frankfurt-main/abt-fliessgewaesseroekologie-und-naturschutzforschung/das-cewolf-konsortium/
https://www.senckenberg.de/de/institute/senckenberg-gesellschaft-fuer-naturforschung-frankfurt-main/abt-fliessgewaesseroekologie-und-naturschutzforschung/das-cewolf-konsortium/
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/genetic-investigations?file=files/publisher/Monitoring/Genetik/Harms_et_al_2011_wolfsforschung_im_molekularlabor.pdf
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/genetic-investigations?file=files/publisher/Monitoring/Genetik/Stellungnahme%20der%20Senckenberg%20Gesellschaft%20f%C3%BCr%20Naturforschung%20anl%C3%A4sslich%20der%20Pressekonferenz%20der%20Partei.pdf
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/genetic-investigations?file=files/publisher/Monitoring/Genetik/Stellungnahme%20der%20Senckenberg%20Gesellschaft%20f%C3%BCr%20Naturforschung%20anl%C3%A4sslich%20der%20Pressekonferenz%20der%20Partei.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 108/284
Fiche Allemagne Annexe 2 Le loup et l?homme : éléments de communication officiels
Comment les loups se comportent-ils envers les humains ?
Aujourd'hui déjà, les loups vivent souvent à proximité directe de l'homme dans notre paysage
culturel densément peuplé. Cependant, ils ne cherchent généralement pas à rencontrer l'homme,
mais s'en tiennent éloignés.
Comme le montrent des études menées en Amérique du Nord et en Europe, les attaques de loups
sur l'homme ne se produisent que dans des circonstances très particulières et extrêmement rares
(p. ex. individus infectés par la rage ou habitués à l'homme par le nourrissage). C'est pourquoi,
dans le cadre de la modification législative de la loi fédérale sur la protection de la nature de mars
2020, il a été interdit de nourrir et d'attirer les loups sauvages (article 45a, paragraphe 1, de la
BNatSchG). La population, mais aussi les autorités, ont parfois des doutes sur la question de savoir
dans quelle mesure les loups pourraient représenter un danger pour l'homme. C'est pourquoi
l'échange entre les autorités spécialisées et les chercheurs sur le loup ainsi qu'une large
information de la population sur le comportement du loup sont très importants.
Quand le comportement d'un loup est-il suspect ?
Il faut retenir que les loups qui se promènent de jour à portée de vue des habitations ou de nuit à
travers les localités ne représentent pas en soi un danger pour l'homme. Il en va de même pour un
loup qui ne s'enfuit pas immédiatement à la vue d'un homme ou d'une voiture, mais qui s'arrête
d'abord pour observer. Les loups ne perçoivent pas les personnes dans les véhicules comme des
êtres humains, de sorte que de nombreuses observations sont devenues possibles sur de plus
courtes distances.
Si un loup est par exemple aperçu à plusieurs reprises à moins de 30 mètres de maisons habitées,
il faut procéder à une analyse précise de la situation sur place afin de rechercher et d'éliminer les
éventuelles incitations (comme les sources de nourriture). A cet égard, un travail intensif de
relations publiques doit être mené sur place afin d'informer la population sur les causes possibles
du comportement du loup et sur les mesures de gestion ultérieures. Le DBBW conseille les
autorités de protection de la nature des Länder sur l'évaluation des rencontres avec les loups et
sur la gestion des loups remarquables.
Un loup qui présente un comportement anormal vis-à-vis de l'homme est généralement le résultat
d'expériences individuelles positives avec l'homme, comme le nourrissage intentionnel ou non. Il
est donc important que tous les cas de loups remarquables soient enregistrés dans le cadre du
suivi et analysés au cas par cas afin d'identifier et d'éliminer ces incitations.
Peut-on tuer des loups au comportement anormal ?
Dans certains cas, le prélèvement de loups au comportement anormal vis-à-vis de l'homme peut
être effectué sur la base de l'article 45, paragraphe 7, phrase 1, n° 4 de la BNatSchG "dans l'intérêt
de la santé de l'homme, de la sécurité publique, y compris la défense et la protection de la
population civile". En conséquence, la loi fédérale sur la protection de la nature prévoit la possibilité
d'un prélèvement pour les loups au comportement anormal, dans la mesure où les conditions de
l'article 45, paragraphe 7, phrase 2 de la BNatSchG sont remplies. Selon cette disposition, il
convient notamment d'examiner si des alternatives raisonnables au prélèvement peuvent être
envisagées, comme des mesures d'effarouchement prometteuses. En se basant sur les travaux
de la DBBW sur la manière de traiter les loups qui se comportent de manière inhabituelle vis-à-vis
de l'homme (BfN-Skript 502), il convient, lorsque des loups s'approchent à plusieurs reprises de
maisons habitées à moins de 30 mètres, de rechercher et, le cas échéant, de supprimer les
incitations. L'effarouchement peut également constituer une solution. L'approche multiple d'un
loup à moins de 30 mètres de l'homme doit être considérée de manière critique en ce qui concerne
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 109/284
la sécurité de l'homme. Selon la situation, ce loup doit si possible être immédiatement équipé d'un
émetteur et effarouché. Si la situation persiste malgré des tentatives d'effarouchement effectuées
dans les règles de l'art, il est recommandé de procéder à un prélèvement létal. Si un loup réagit
agressivement à l'homme sans provocation préalable, l'effarouchement ne constitue pas une
alternative en raison de la dangerosité de ce comportement ; il faut au contraire procéder à un
prélèvement immédiat de l'animal concerné. En effet, lors de l'évaluation du comportement d'un
loup, la sécurité de l'homme passe toujours en premier lieu.
Ce sont les autorités compétentes des Länder qui sont chargées d'accorder des dérogations à la
législation sur la protection des espèces pour l'effarouchement ou le prélèvement de loups. Le
DBBW se tient à tout moment à leur disposition pour les conseiller, notamment en ce qui concerne
l'évaluation du comportement des loups par rapport à la sécurité des personnes.
Un homme a-t-il déjà été blessé par un loup en Allemagne ?
Non, aucun cas de comportement agressif non provoqué ne s'est produit depuis l'établissement
du loup en Allemagne en 1998. Depuis le retour de l'espèce en Allemagne, aucun être humain n'a
été blessé par un loup.
Le nombre de loups documentés qui se sont comportés de manière ostentatoire envers les
humains est très faible en Allemagne. C'est pourquoi il est recommandé aux Länder de procéder
à une évaluation au cas par cas par des experts et d'impliquer le DBBW à titre consultatif dans le
cas de loups ayant un comportement particulier vis-à-vis de l'homme. Toutefois, une évaluation et
une recommandation sur la manière de traiter les loups qui se font remarquer ne peuvent pas
constituer un modèle d'action applicable de manière générale.
https://www.dbb-wolf.de/faq-e
Extrait
Les loups sont-ils dangereux pour les humains ?
Dans la nature, les loups ne constituent généralement pas une menace pour l'homme. Les loups
sont des animaux très prudents qui évitent généralement tout contact avec les humains. En
d'autres termes, ils ne s'intéressent pas à l'homme, car ils ne le considèrent ni comme une proie,
ni comme un congénère. Lors d'une rencontre avec l'homme, il est possible qu'il évalue d'abord la
situation avant de reculer ou qu'il recule de manière détendue plutôt que paniquée. Les petits
peuvent se montrer plus curieux et plus naïfs que les adultes.
Les attaques contre l'homme signalées au cours des derniers siècles sont principalement
imputables à des loups enragés. L'Allemagne est exempte de rage depuis 2008 grâce à la diffusion
d'appâts vaccinaux. Les attaques prédatrices, c'est-à-dire les cas où les loups ont attaqué des
humains pour s'en nourrir, sont également considérées comme des exceptions extrêmes dans les
archives historiques. Les attaques de loups prédateurs sont associées à des conditions
environnementales très spécifiques. Elles sont possibles dans les zones où les habitats sont
fortement fragmentés, où la densité des proies est extrêmement faible et où les loups se
nourrissent d'ordures. Dans ces conditions, les enfants sont vulnérables aux attaques lorsqu'ils
gardent le bétail dans la forêt. Dans l'Europe d'aujourd'hui, le risque que les loups apprennent un
tel comportement est très faible.
Cependant, la prudence instinctive des loups envers les humains peut être considérablement
réduite lorsque les animaux sont attirés ou reçoivent de la nourriture. Cela peut entraîner un
comportement problématique.
PUBLIÉ
https://www.dbb-wolf.de/faq-e
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 110/284
Fiche Allemagne Annexe 3 Protection : recommandations opérationnelles
Protéger les animaux de pâturage contre le loup - Centre fédéral pour les animaux de
pâturage et le loup ? BZWW
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/herdenschutz
Il n'existe pas de solutions globales de protection des troupeaux qui soient aussi efficaces et
réalisables partout. Il faut trouver des mesures de protection des troupeaux adaptées à chaque
cas. Des facteurs tels que la taille de l'exploitation, le nombre et le type d'animaux de pâturage, la
région et le site, les conditions climatiques, le système de gestion des pâturages, l'orientation
économique de l'exploitation, les branches d'activité établies, le nombre d'employés, les
ressources économiques et bien d'autres doivent être pris en compte lors de la mise en place d'un
système de protection des troupeaux adapté. Le choix des mesures de protection des troupeaux
dépend notamment des besoins individuels des éleveurs d'animaux de pâturage, car derrière
chaque exploitation - qu'il s'agisse d'une activité principale ou secondaire ou d'un élevage de loisir
- il y a des personnes. L'expérience personnelle, la tendance à privilégier les mesures de protection
des troupeaux, l'ouverture d'esprit face au thème de la protection des troupeaux ou l'attitude face
au loup sont des facteurs décisifs dans le choix des mesures de protection des troupeaux
appliquées dans l'exploitation. La règle est toujours la même : chaque mesure de protection des
troupeaux doit être adaptée au concept global de l'exploitation et être réalisable.
La protection des troupeaux est et reste importante
Pour les éleveurs d'animaux de pâturage, le principal moyen de faire face au loup est d'appliquer
différentes mesures de protection des troupeaux adaptées à la région et à l'exploitation. En effet,
les loups ne font pas de distinction entre les animaux d'élevage et les animaux sauvages dans le
choix de leurs proies. Ce sont des opportunistes alimentaires qui choisissent les proies les plus
faciles. Des mesures de protection des troupeaux correctement appliquées par des professionnels
réduisent considérablement le risque d'attaque de loups sur les animaux de pâturage. La relation
temporelle est ici décisive : si un loup a appris à chasser avec succès des animaux de pâturage
sur des troupeaux non ou mal protégés, ce succès l'encouragera à rechercher à nouveau des
animaux de pâturage et à surmonter des obstacles plus difficiles.
Une protection des troupeaux aussi étendue que possible réduit le risque que les loups apprennent
ce comportement indésirable et l'adoptent à nouveau. Ainsi, les éleveurs qui protègent leurs
troupeaux ne protègent pas seulement leurs propres animaux, mais aussi indirectement les
troupeaux de leurs voisins. Toutefois, il n'existe pas de protection absolue contre les attaques de
loups. Les conseillers en protection des troupeaux sont des interlocuteurs compétents qui évaluent
sur place la situation en matière de protection des troupeaux et apportent volontiers leur soutien
par des conseils et des offres d'aide.
Les défis de la protection des troupeaux
Les éleveurs d'animaux de pâturage sont habitués à agir de manière préventive dans de nombreux
domaines de l'élevage, par exemple en matière de santé ou de bien-être des animaux. La
protection préventive des troupeaux exige un effort financier et un temps de travail supplémentaires.
La gestion de ce surcroît de travail pose des défis économiques et organisationnels à de
nombreuses exploitations.
La protection des troupeaux implique des investissements, par exemple dans l'achat de clôtures
anti-loups ou de chiens de protection. Il faut également prévoir des frais courants pour l'entretien
des clôtures ou la nourriture des chiens. En outre, l'entretien des clôtures anti-loups ou
l'accoutumance des chiens de protection au troupeau nécessitent du temps de travail
supplémentaire. Ces prestations et coûts de travail supplémentaires doivent également être
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https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/herdenschutz
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 111/284
planifiés dans le système de protection des troupeaux.
Les mesures de protection des troupeaux sont éligibles à des subventions dans les Länder. Les
possibilités concrètes de financement varient toutefois afin de tenir compte des spécificités
régionales et des différentes populations de loups.
La protection des troupeaux est un sujet complexe. Un conseil en protection des troupeaux d'égal
à égal aide les éleveurs de bétail à trouver les mesures de protection des troupeaux appropriées
et les possibilités de financement.
Protection des troupeaux
En règle générale, les éleveurs d'animaux de pâturage clôturent leurs pâturages même en
l'absence de loup, afin de maintenir les animaux de pâturage en sécurité sur un pâturage. Il est
donc logique de construire des clôtures de manière à ce qu'elles servent également à la protection
contre les loups. Les exigences posées à une clôture anti-loup doivent donc satisfaire aux deux :
Garder les animaux de pâturage en sécurité et les protéger contre l'intrusion d'un loup.
Les praticiens savent qu'aucune clôture n'offre une protection absolue, ni contre les évasions ni
contre les intrusions. Toutefois, les clôtures constituent une barrière efficace en tant que mesure
de protection des troupeaux et réduisent considérablement la probabilité que les loups s'attaquent
aux animaux de pâturage. C'est pourquoi, lorsque l'on parle de clôtures de protection des
troupeaux, il est plus approprié d'utiliser le terme "anti-loup" plutôt que "à l'épreuve des loups", et
c'est ce terme qui sera utilisé dans la suite de ce document.
Comment un loup pénètre-t-il dans un pâturage clôturé ?
Les loups peuvent utiliser différents moyens pour entrer dans un pâturage clôturé. Le loup prend
la voie qu'il considère comme la plus facile. Le choix de ce chemin pour chaque animal dépend de
l'expérience du loup et de la conception de la clôture. L'observation de la manière dont les loups
accèdent aux pâturages clôturés permet de déterminer comment une clôture anti-loup devrait être
conçue dans l'idéal.
Ce que l'on appelle le "passage".
Si un loup peut passer à travers des espaces dans la clôture ou des distances trop importantes
entre les planches de bois ou les fils sans ressentir de douleur, c'est la méthode la plus facile pour
lui d'accéder à un pâturage. Les clôtures construites pour empêcher les animaux de pâturer de
s'échapper offrent souvent peu d'obstacles à ce que l'on appelle le "passage". Les distances entre
les poutres en bois ou les conducteurs électriques sont généralement trop grandes pour qu'un loup
ne puisse pas passer. Les clôtures résistantes au loup n'offrent donc généralement pas de
protection en tant que clôtures repoussant le loup.
Les loups sapent un obstacle
Si la conception de la clôture empêche le loup de la traverser pour accéder au pâturage, il est
possible qu'un loup abandonne ou qu'il cherche un point faible dans la clôture et/ou qu'il commence
à creuser sous la clôture. Le fait de gratter le sol avec les pattes pour creuser des trous ou des
tanières est un comportement courant chez les loups. Selon le sol, il est facile pour les loups -
comme pour les chiens - de creuser des trous profonds en peu de temps. Des études
comportementales menées sur des loups d'enclos ont montré que les obstacles de clôture de
différents types et hauteurs étaient généralement enterrés plutôt que sautés pour accéder à la
nourriture. Les documents relatifs aux attaques en plein air attestent également très souvent de
ces tentatives d'enfouissement.
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 112/284
Franchir une clôture
Même si ce n'est pas le moyen le plus facile pour un loup, il existe en principe plusieurs façons
pour un loup de franchir une clôture et d'accéder à un pâturage, notamment en grimpant et en
sautant de différentes manières. Bien que les loups soient physiquement capables de grimper et
de sauter, ils n'utilisent pas spontanément ces techniques pour franchir les clôtures des pâturages.
Certains individus apprennent cependant à utiliser ces techniques. Ce que l'on appelle des aides
à l'entrée peuvent favoriser ce processus d'apprentissage. Par exemple, un tas de bois à côté de
la clôture peut permettre à un loup de sauter depuis une position surélevée. Outre les aides à la
pénétration, il existe d'autres moyens pour les loups d'apprendre à franchir les clôtures.
Différents effets de barrière des clôtures
Une clôture qui doit constituer une barrière pour un loup, et donc être répulsive pour les loups, doit
empêcher
- Qu?un loup puisse passer ou se faufiler à travers la clôture
- Qu?un loup puisse passer en dessous ou par-dessus la clôture pour accéder au pâturage.
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 113/284
L'effet de barrière d'une clôture peut reposer soit sur une barrière mécanique, soit sur l'effet
dissuasif de chocs électriques douloureux.
Pour empêcher mécaniquement l'intrusion, le matériau doit être suffisamment solide et à mailles
serrées pour qu'un loup ne puisse pas le traverser. Les clôtures fixes à effet mécanique sont
également appelées clôtures stables. Le contact avec une clôture rigide est généralement indolore.
Il existe un risque que des loups isolés apprennent à franchir des clôtures stables en cas de contact
répété avec celles-ci. Ces clôtures peuvent être manipulées avec la patte ou le museau, de sorte
que les distances entre les mailles de la clôture sont augmentées, ce qui crée des espaces. Il est
également possible d'escalader des clôtures stables.
Une clôture électrique donne à l'animal qui la touche ce que l'on appelle une décharge électrique
par le biais d'une impulsion électrique. Toute personne qui s'est déjà frottée à une clôture électrique
a constaté que le choc est désagréable et effrayant. Plus le "courant passe", plus le choc est
douloureux. L'objectif est donc d'éviter de toucher à nouveau la clôture.
Même un être humain a du mal à toucher une fois de plus une clôture électrique qu'il juge effrayante
ou douloureuse. Surtout lorsqu'il s'agit de la toucher de manière ciblée et prolongée jusqu'à ce
qu'un choc répété ait eu lieu. Le fait que le contact ne soit pas ressenti de la même manière à
chaque fois y contribue également. Une clôture qui, hier encore, était supportable avec le même
réglage de l'électrificateur, peut être très douloureuse en cas de rosée ou de pieds nus dans l'herbe
mouillée.
On sait que les mêmes mécanismes agissent chez l'homme et chez l'animal. Effroi, douleur, recul
jusqu'à la fuite, évitement parfois durable de ce qui est supposé causer la douleur ou évitement de
l'endroit où la douleur s'est produite. Alors que les humains peuvent associer directement la douleur
à la clôture, ce n'est pas forcément le cas des animaux. Ceux-ci peuvent développer une peur
diffuse de l'endroit ou associer la douleur à d'autres choses, par exemple à une voiture qui passe
par hasard. Il est important que l'effet de la clôture n'en soit pas affecté. Même si l'animal fait une
mauvaise connexion cette fois-ci et qu'il n'évite pas la clôture, il recevra à nouveau une décharge
électrique s'il la rencontre à nouveau. Il sera à nouveau effrayé, ressentira de la douleur, reculera
et interrompra le contact avec la clôture.
Clôtures de pâturage en général - indépendamment de la présence du loup
Différents types de clôtures
Les clôtures sont appelées fixes ou mobiles, en fonction de la possibilité de les monter et de les
démonter à plusieurs reprises. Une clôture fixe est montée une fois et reste ensuite en place de
manière permanente. Une clôture fixe peut être construite comme une clôture stable à action
purement mécanique ou comme une clôture fixe électrique.
Les systèmes de clôture mobiles peuvent être montés et démontés facilement et rapidement. Ils
peuvent être réutilisés régulièrement et utilisés en alternance sur différentes surfaces de pâturage.
Par rapport aux clôtures stables, les clôtures mobiles nécessitent moins de matériaux. Les clôtures
mobiles sont pratiquement toujours construites comme des clôtures électriques, car elles ne sont
pas suffisamment stables pour garantir une protection mécanique contre les évasions des animaux
de pâturage.
Il est également possible de combiner différents types de clôtures et d'effets de barrière. Une
combinaison typique de différents effets de barrière est l'ajout d'un conducteur électrique à
l'intérieur d'une clôture fixe à effet mécanique pour les chevaux ou les moutons, ce qui doit protéger
la clôture contre le grignotage ou le frottement des animaux.
La combinaison de matériaux de construction de clôtures fixes et mobiles peut s'avérer
particulièrement utile lors de la construction d'une clôture électrique dans des endroits difficiles,
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 114/284
par exemple en cas de sol difficile ou près d'un cours d'eau. Par exemple, l'utilisation de filets
électroniques peut être garantie si la stabilité est renforcée par des poteaux d'angle solides et
durables et des poteaux intermédiaires individuels. Une combinaison de poteaux mobiles avec des
poteaux d'angle et des poteaux intermédiaires individuels stables supplémentaires peut être utile
sur les cours d'eau présentant un risque d'inondation. Cela permet de construire une clôture stable
dont les poteaux mobiles et le matériel d'échelle peuvent être démontés et remontés en fonction
des besoins.
Exigences en matière de clôtures de pâturage à l'épreuve des animaux gardés
L'un des risques de l'élevage d'animaux au pâturage est la possibilité d'évasion des animaux. C'est
pourquoi les clôtures de pâturage doivent être aussi résistantes que possible à l'évasion, c'est-à-
dire à la garde. Mais ce n'est pas tout : elles doivent également être résistantes aux blessures,
visibles pour les animaux de pâturage et les animaux sauvages, stables, durables et, si possible,
peu coûteuses. La protection de la nature et de l'environnement devrait également être prise en
compte.
De même qu'il n'existe pas de clôture totalement résistante aux effractions, il n'existe pas de clôture
totalement résistante aux évasions. Les animaux de pâturage paniqués peuvent s'échapper de
n'importe quelle surface clôturée. Si des dommages sont causés par la fuite les détenteurs
d'animaux de pâturage exerçant une activité agricole sont exemptés de cette obligation, mais ils
doivent prouver qu'ils ont respecté leur devoir de diligence lors de la surveillance des animaux. Il
s'agit notamment d'une clôture orientée en fonction de l'espèce animale et de la direction
d'utilisation. En outre, il faut tenir compte des risques potentiels liés à l'environnement, comme les
routes et les voies ferrées. Les clôtures (en particulier les clôtures électriques) doivent être
contrôlées quotidiennement et les résultats doivent être documentés.
Les exigences en matière de sécurité des clôtures varient selon les espèces, par exemple en ce
qui concerne la hauteur des clôtures, le nombre de conducteurs électriques et leur espacement.
Le sens d'utilisation a également son importance : une clôture pour vaches allaitantes ou taureaux
doit être plus solide qu'une clôture pour vaches laitières. Les exigences exactes peuvent être
consultées dans la brochure 1132 « Sichere Weidezäune » (clôtures de pâturage sûres).
Les ruisseaux, les fossés et autres plans d'eau ne conviennent pas comme limites de pâturage.
En effet, ils peuvent être franchis par les animaux au pâturage (surtout en cas de panique) et par
les animaux sauvages. Les sangliers et les loups, par exemple, sont de bons nageurs et n'hésitent
pas à traverser des plans d'eau ou des terrains boueux comme les marais.
Pour la construction d'une clôture fixe (clôture stable ou clôture fixe électrique) le long d'un cours
d'eau ou d'une digue, il faut tenir compte de différentes réglementations en matière de gestion et
de protection des eaux dans les différents Länder. En effet, la "gestion de l'eau", comme par
exemple le débroussaillage des berges, doit être garantie. De même, l'écoulement de l'eau ne doit
pas être entravé, même en cas de crue. Dans le Brandebourg, par exemple, la construction d'une
clôture fixe nécessite une autorisation si elle doit être construite à moins de 5 mètres d'un cours
d'eau. Pour les voies navigables fédérales, cette distance est de 10 mètres. Si une clôture est
construite sans autorisation, l'autorité compétente a dans ce cas le droit d'exiger le démontage de
la clôture. Dans tous les Länder, il est recommandé de se renseigner et de consulter les services
compétents (tels que l'association des eaux et des sols, l'administration inférieure des eaux,
l'association des digues) dès la phase de planification. Il est particulièrement important de se
concerter et de prendre des dispositions spéciales lorsque les clôtures doivent franchir des fossés.
Si une nouvelle clôture fixe doit être installée, la question se pose de savoir si un permis de
construire est nécessaire. En général, les principes suivants s'appliquent. Toutefois, étant donné
qu'il existe des différences et des exceptions régionales, il est conseillé de se renseigner au
préalable sur l'obligation éventuelle d'obtenir un permis de construire. En règle générale, aucun
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permis de construire n'est nécessaire pour les clôtures à l'intérieur des localités. En extérieur, les
éleveurs agricoles n'ont pas besoin d'autorisation si la clôture n'est pas solidement fixée au sol,
par exemple par des piquets en béton ou des fondations. Les éleveurs amateurs ont toujours
besoin d'un permis de construire pour installer une clôture fixe à l'extérieur.
Qu'est-ce qui rend les clôtures répulsives pour les loups ?
Les exigences relatives aux clôtures repoussant les loups ne sont pas faciles à mettre en oeuvre.
Les conditions locales doivent être prises en compte, tout comme les processus d'exploitation
existants et les ressources financières et en temps de travail. Les Länder soutiennent les éleveurs
d'animaux de pâturage dans la protection préventive des troupeaux en proposant des programmes
de soutien. Les modalités de ces programmes varient d'un Land à l'autre, de même que les
exigences en matière de clôtures anti-loups ne sont pas partout les mêmes et dépendent de la
situation. Un conseil en matière de protection des troupeaux est dans tous les cas recommandé
avant le début d'un projet de construction de clôture, qu'il s'agisse d'une nouvelle construction ou
d'un équipement ultérieur.
Clôturer toute la surface du pâturage
La mesure la plus importante pour garantir l'efficacité d'une clôture repoussant les loups est que
tous les côtés de la zone de pâturage soient protégés de la même manière par une clôture
repoussant les loups. Les ruisseaux, les fossés et autres plans d'eau ne conviennent pas pour
délimiter les pâturages. Les loups sont de bons nageurs et n'hésitent pas à traverser des plans
d'eau. De même, un sol marécageux, tourbeux ou boueux ne les empêche pas de pénétrer dans
les pâturages, ce dont il faut tenir compte lors de la construction de la clôture. De même, même si
les pâturages sont proches du village, de la ferme ou du jardin et que les animaux de pâturage
peuvent ainsi sembler protégés, seule l'installation d'une clôture anti-loup sur tous les côtés du
pâturage a un effet répulsif sur les loups.
Éviter les points faibles du système de clôture
De la même manière que les loups repèrent l'animal le plus faible d'un troupeau, ils recherchent
également l'endroit le plus faible d'une clôture. C'est pourquoi les portails de clôture doivent
également être équipés de manière à résister aux loups. De même, les points faibles au niveau
des fossés et des dépressions doivent être évités grâce à un tracé de clôture adapté et à des
solutions techniques.
Empêcher le passage
En principe, il est possible d'empêcher le passage des animaux en installant une clôture stable à
action purement mécanique ou une clôture électrique, fixe ou mobile. Pour empêcher
mécaniquement l'intrusion, le matériau doit être suffisamment solide et à mailles serrées pour qu'un
loup ne puisse pas le traverser, comme c'est le cas par exemple pour les champs d'un treillis à
noeuds stables avec des noeuds non coulissants. S'il s'agit par exemple d'une clôture en lattes de
bois, il est recommandé de laisser un espace de 20 centimètres maximum entre les lattes verticales
ou horizontales. Si le matériau peut être plié, les distances doivent être réduites en conséquence.
(Ces distances sont des recommandations. Elles ne constituent pas une garantie à 100 % qu'un
loup ne puisse pas, dans une situation extrême, se faufiler à travers). Le contact avec une clôture
à effet purement mécanique est généralement indolore en cas de contact. Toutefois, comme il
existe un risque que certains loups apprennent à escalader ces clôtures ou à les manipuler avec
la patte ou le museau en cas de contacts répétés avec elles, il est préférable de ne pas les utiliser.
Il est donc judicieux d'équiper les clôtures stables à action mécanique d'une protection contre
l'escalade.
Pour garantir la protection des clôtures électriques contre l'intrusion directe à travers la clôture, les
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 116/284
trois conducteurs électriques les plus bas devraient être espacés de 20 centimètres au maximum
les uns des autres et du sol. Les distances entre les conducteurs électriques situés au-dessus
peuvent être un peu plus importantes, jusqu'à 30 centimètres au maximum.
Protection contre l'enfouissement
L'enfouissement de la clôture, la fixation d'un tablier de clôture et l'installation de conducteurs
électriques au niveau du sol ont fait leurs preuves en tant que protection contre l'enfouissement.
Seules les clôtures stables, dont l'effet de protection est purement mécanique, sont équipées d'une
protection contre l'enfouissement. Celle-ci doit empêcher un loup de creuser une clôture. Une
protection individuelle contre l'enfouissement aux endroits difficiles peut également être obtenue
en plaçant des matériaux solides, par exemple des barres métalliques, des treillis métalliques, des
pierres telles que des blocs erratiques, du béton concassé ou des matériaux similaires.
La profondeur à laquelle il est judicieux d'enterrer une clôture dépend de facteurs locaux liés à la
nature du sol. Si la nature du sol permet au loup de bien creuser, comme dans le cas d'un sol
sablonneux, une profondeur d'au moins 50 centimètres est généralement recommandée. Dans des
conditions telles que des sols très argileux, fermes ou pierreux, voire des couches de roches
proches du sol, une profondeur inférieure peut être suffisante. Si une clôture est par exemple
directement adjacente à un chemin fortement consolidé ou pavé, il peut être possible de se passer
d'une protection supplémentaire contre l'enfouissement, en accord avec les conseillers en
protection des troupeaux. Comme la profondeur d'enfouissement de la clôture doit être prise en
compte dans la hauteur de la clôture, cette méthode est particulièrement adaptée aux nouvelles
installations. Un équipement ultérieur est en principe possible, mais coûteux.
L'installation d'un tablier est également envisagée principalement pour les nouvelles installations.
Une jupe est un treillis métallique qui doit mesurer environ un mètre de long. Le tablier est fixé à
l'extérieur de la clôture, à la surface du sol, à l'aide de piquets d'ancrage et est également attaché
à la bride.
Une autre façon d'empêcher un loup de creuser est de placer un conducteur électrique à une
distance maximale de 20 centimètres du sol et à une distance d'environ 15 centimètres de la clôture.
Un conducteur électrique supplémentaire à 40 centimètres au-dessus du sol, comme cela est exigé
par exemple dans le Brandebourg pour une clôture anti-loup, empêche en outre qu'une clôture fixe
puisse être manipulée avec le museau.
Une clôture électrique anti-loup ne nécessite pas de protection supplémentaire contre
l'enfouissement. Son conducteur électrique le plus bas constitue la protection anti-sous-sol. Pour
éviter que la clôture ne soit enfoncée, il est important que le conducteur électrique le plus bas se
trouve à 20 centimètres maximum du sol et qu'il soit toujours suffisamment alimenté.
Éviter d'escalader et de sauter par-dessus
Une clôture tendue sur toute sa longueur, dans la mesure du possible, aide à exploiter pleinement
la hauteur d'une clôture. Les endroits où les clôtures s'affaissent et sont donc moins hautes peuvent
constituer un point de départ pour une tentative de franchissement. Dans le cas des clôtures
électriques, une tension serrée garantit l'espacement adéquat des conducteurs électriques. Cela
permet de maintenir la conduction du courant et donc l'effet répulsif contre les loups. La hauteur
d'une clôture électrique peut encore être augmentée visuellement en plaçant un toron à large
bande en guise de flat-band au-dessus de la clôture. Il faut alors veiller à ce que la distance par
rapport à la clôture proprement dite soit inférieure à 30 centimètres.
Un loup peut toucher une clôture fixe purement mécanique et ainsi s'entraîner et apprendre à
l'escalader. C'est pourquoi il est judicieux d'équiper ces clôtures d'une protection électrique contre
l'escalade constituée d'un conducteur électrique placé en amont. Celui-ci peut souvent être fixé à
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 117/284
la clôture à l'aide d'isolateurs d'espacement. L'écart doit être d'environ 10 à 15 centimètres. La
hauteur et le type d'installation dépendent entre autres de la hauteur de la clôture mécanique fixe.
Il est important que le loup ne puisse pas toucher le conducteur électrique lorsqu'il escalade la
clôture et qu'il reçoive une décharge électrique qui le fasse reculer. En principe, la protection anti-
escalade peut être placée devant, en biais vers le haut ou au-dessus de la clôture. Si la clôture
mécanique fixe a une hauteur de 120 centimètres pour les moutons, par exemple, un conducteur
électrique supplémentaire placé au-dessus de la clôture à une hauteur de 140 centimètres offre,
outre la protection contre l'escalade, l'avantage de surélever la clôture.
Éviter les aides à l'enfoncement
Même les hautes clôtures anti-loup ne servent à rien si un loup a la possibilité de pénétrer dans le
pâturage par un obstacle. Les objets plus bas que la clôture offrent également aux loups une
possibilité de pénétrer dans l'enclos. C'est pourquoi les éleveurs devraient considérer les bottes
de paille ou de foin, les tas de fumier, les bancs, les troncs d'arbre, les murs, les piles de bois et
autres comme des obstacles potentiels pour les loups. Il faut tenir compte de la distance entre
l'obstacle et la clôture, de la hauteur de la clôture et de la hauteur de la possibilité d'accès.
Les possibilités d'éviter les aides au saut sont les suivantes :
? d'augmenter la distance entre l'éventuelle aide au saut et la clôture anti-loup et/ou
? trouver un autre endroit pour les barrières mobiles et/ou
? d'augmenter la hauteur de la clôture anti-loup au niveau de l'obstacle.
Les exemples suivants illustrent ce point : Plus une souche "immobile" ou un mur praticable est
haut, plus la zone de pâturage clôturée devrait être éloignée. Dans le cas de talus et d'arêtes de
terrain pouvant être utilisés comme point d'entrée, une alternative au maintien de la distance
consiste à décaler la clôture le long de l'endroit surélevé ou à la surélever.
Apprendre à sauter - l'utilisation d'aides à l'obstacle
Les aides au saut peuvent favoriser le processus d'apprentissage du saut des clôtures et devraient
donc être évitées de toute urgence. Si, par exemple, un tas de fumier ou de bois se trouve à côté
de la clôture, un loup pourrait se rendre à cet endroit surélevé pour avoir d'abord une vue
d'ensemble des animaux. Vue d'en haut et par-dessus la clôture, celle-ci ne constitue pas une
barrière suffisante et un saut est plus probable.
Si le loup se trouve dans le pâturage après avoir sauté à l'intérieur, il devra à nouveau traverser la
clôture pour la quitter. Mais comment faire ? Le loup ne sautera pas nécessairement à nouveau la
clôture, mais cherchera une solution en fonction de la situation. Sans aide au saut - vue du sol - la
clôture peut représenter à nouveau une barrière qu'il n'avait franchie auparavant qu'en utilisant
l'aide au saut. S'il dispose de suffisamment de temps et que la possibilité lui en est donnée, il peut
l'enfoncer. Il est généralement plus facile de faire passer une proie sous une clôture que par-dessus.
La probabilité de sauter hors de la clôture augmente si celle-ci doit être franchie rapidement et / ou
si la clôture empêche de creuser sous la clôture, comme dans le cas d'une clôture électrique
construite pour repousser les loups.
Cela peut ne pas paraître évident, mais quitter un pâturage et y pénétrer de manière ciblée peuvent
représenter des situations très différentes de résolution de problèmes pour les loups. Même un
animal qui saute plusieurs fois hors d'un pâturage clôturé n'utilisera pas nécessairement cette
technique pour entrer dans le pâturage. Dans l'ensemble, on peut toutefois supposer que la
probabilité de sauter cette clôture ou une clôture similaire augmente à chaque fois qu'un loup
réussit à sauter par-dessus une clôture de pâturage.
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 118/284
Outre les clôtures anti-loups, les chiens de protection des troupeaux sont également utilisés dans
l'élevage en pâturage. Ces chiens vivent au sein du troupeau et travaillent en grande partie de
manière autonome, ils aboient à tous les dangers potentiels. Mais il faut apprendre à se servir des
chiens de protection.
Protéger et garder
Les chiens sont utilisés comme animaux de travail et assistants dans de nombreux secteurs
professionnels et situations de vie. Dans l'élevage d'animaux au pâturage, en particulier dans
l'élevage ovin, les chiens de troupeau sont indispensables pour effectuer différents travaux sur les
troupeaux d'animaux de rente. En tant qu'animaux d'accompagnement et de travail des bergers,
les chiens de conduite maintiennent par exemple le troupeau en mouvement pour le conduire d'un
endroit à un autre. Les chiens de berger maintiennent les troupeaux ensemble, ramènent les
animaux vers le groupe ou séparent certains animaux sur commande. Les chiens de protection
chassent et aboient de manière autonome tout ce qui s'approche du troupeau sans autorisation. Il
peut s'agir de prédateurs comme le loup, mais aussi de chiens sauvages, de sangliers, d'autres
animaux ou de personnes étrangères.
Les chiens de protection ne sont pas spécialisés dans un type de clientèle : ils peuvent tout aussi
bien être utilisés pour surveiller les moutons et les chèvres que pour protéger les bovins
domestiques et même les volailles. L'utilisation des chiens de protection a considérablement
augmenté en Allemagne au cours des dernières années. Des chiffres précis ne sont pas
disponibles actuellement.
Caractéristiques particulières des chiens de protection
Contrairement aux chiens de berger et autres chiens de troupeau, un chien de protection travaille
en grande partie de manière autonome, sans instructions d'une personne de référence. Ils décident
eux-mêmes de la manière dont ils assurent la protection de "leur troupeau", d'autant plus qu'ils se
trouvent généralement sans surveillance dans le troupeau. Ils doivent faire preuve d'un
comportement de protection prononcé et se présenter comme des chiens de protection imposants,
capables de se défendre avec une grande réactivité. En même temps, ils doivent faire preuve de
suffisamment de prudence pour ne pas se mettre eux-mêmes en danger.
Condition de base pour l'utilisation d'un chien de protection : Sa personne de référence doit pouvoir
manipuler le chien sans problème. En outre, il ne doit pas réagir de manière exagérément
agressive envers d'autres personnes.
Né pour la protection des troupeaux
Une race de chien de la lignée de travail correspondante, élevée pour la protection des troupeaux,
apporte idéalement la prédisposition génétique à la protection des troupeaux, c'est-à-dire que le
chien dispose des conditions nécessaires pour s'attacher de manière fiable à un troupeau sans
contrainte extérieure, développer la motivation à repousser en fonction du troupeau à protéger,
travailler en bonne intelligence au sein d'une meute de chiens (plusieurs chiens de protection sont
toujours utilisés) et bien supporter les luttes hiérarchiques.
Les chiens de protection des troupeaux grandissent dans leur tâche
Une formation adéquate permet d'encourager le comportement souhaité chez les chiens de
protection des troupeaux ayant une prédisposition génétique correspondante. Dans ce contexte,
les chiens de protection doivent développer une relation profonde avec leur troupeau et leurs
protégés. Parallèlement, ils doivent apprendre à accepter et à respecter leur personne de référence.
En règle générale, les chiens de protection grandissent avec le troupeau et sont en contact direct
avec leurs futurs protégés. Cela crée une familiarité dès le plus jeune âge, mais ce n'est pas un
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processus anodin et il faut être accompagné par la personne de référence. Le troupeau doit lui
aussi s'habituer à la présence des chiens de protection. Pour cela, on utilise au moins deux chiens
par troupeau afin de répondre aux besoins sociaux des chiens.
La formation des chiens de protection est importante pour leur capacité relationnelle et de travail,
car ils travaillent en permanence dans un ensemble complexe de relations entre les troupeaux
d'animaux de pâturage, les personnes de référence, la meute de chiens et leur environnement. Ils
doivent être en mesure d'évaluer les situations dangereuses et de réagir de manière appropriée,
mais sans agressivité excessive.
La sélection de races suivante est notamment utilisée en Allemagne pour la protection des
troupeaux :
? Chien de berger Kangal,
? Kuvasz,
? Chien de berger de Maremme et des Abruzzes,
? Chien de berger du Caucase - Ovtcharka,
? Chien de montagne des Pyrénées,
? Chien de berger yougoslave - Sarplaninac,
? Berger de Bosnie-Herzégovine - Croate ? Tornjak
Possibilités et limites d'utilisation
L'utilisation de chiens de protection constitue une mesure de protection des troupeaux qui a fait
ses preuves dans la pratique, surtout en combinaison avec des clôtures repoussant les loups.
Toutefois, l'acquisition de chiens de protection doit être mûrement réfléchie, que l'on ait déjà de
l'expérience avec les chiens de troupeau ou non.
La gestion quotidienne des chiens de protection est exigeante. Une fois acquis, les chiens de
protection restent dans le meilleur des cas de longues années dans l'exploitation et ont besoin, en
plus de la nourriture, du vétérinaire et des médicaments, de l'approbation de leurs maîtres et d'une
surveillance quotidienne. Même si les chiens de protection travaillent de manière autonome, ils
impliquent une responsabilité particulière pour leurs détenteurs. Il ne faut pas oublier que les chiens
ne doivent pas seulement convenir à la direction de l'exploitation, mais aussi à l'exploitation et à
son fonctionnement.
En outre, les considérations financières jouent un rôle. Selon une étude (KTBL (2018)), il faut
compter en moyenne 3.000 euros pour l'acquisition ou l'élevage d'un chien de travail opérationnel.
L'entretien entraîne des coûts supplémentaires pour l'assurance, les accessoires, la nourriture pour
chien, le vétérinaire, les coûts salariaux pour la garde du chien, les coûts des machines, par
exemple un transporteur ou une remorque pour chien, ainsi que les coûts d'une niche.
Des conflits peuvent survenir dans ou avec le voisinage : Si les surfaces de pâturage se trouvent
par exemple à proximité ou à l'intérieur de localités, les riverains peuvent se sentir incommodés
par les aboiements des chiens, surtout la nuit. Il en va de même pour les surfaces situées à
proximité immédiate de chemins de randonnée, où le comportement défensif des chiens peut irriter
les promeneurs.
Recommandations pour la protection des chevaux
Source https://www.pferdundwolf.org/
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https://www.pferdundwolf.org/
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Recommandations en Basse-Saxe
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9 Fiche Communauté autonome des Asturies
9.1 Présentation de l?élevage dans les Asturies
Les précipitations dans la Principauté des Asturies sont beaucoup plus importantes en été qu'elles
ne le sont en hiver. Sur l'année, la température moyenne de 12.5°C et les précipitations sont en
moyenne de 967mm. Ces caractéristiques atlantiques humides font des Asturies une grande région
d?élevage en Espagne.
9.1.1 Ovins
En Espagne il y a plus de 15 millions de moutons48 (25% du cheptel européen) dont 7,7 millions
pour la viande et 2,1 millions pour le lait.
Mais les Asturies sont une région peu productrice de moutons (même s?il existe une race locale la
Xalda), que ce soit pour le lait ou la viande (moins de 1% de la production espagnole dans les deux
cas).
48 Caracterización del sector ovino y caprino de leche en España (Datos Año 2021), Subdirección General de
Producciones Ganaderas y Cinegéticas, Dirección General de Producciones y Mercados Agrarios. Catálogo de
Publicaciones de la Administración General del Estado
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9.1.2 Bovins
Les bovins sont principalement des vaches laitières. Le lait des Asturies est réputé dans toute
l?Espagne.
Les Asturies (un peu plus d'un million d'habitants) produisent de l?ordre de 550 000 tonnes de lait
par an, les Asturies atteignent 528 litres par personne. Elle n?est dépassée en Espagne que par la
Galice puisque les 7 900 fermes galiciennes parviennent à atteindre la tonne annuelle de lait par
habitant, seulement dépassées en Europe par la Bretagne avec près de 1 500 litres de lait par
personne et diverses régions de la Nouvelle-Zélande.
Le nombre d?animaux diminue également autour de 100 000 vaches laitières.
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Les exploitations laitières des Asturies sont encore de petite taille avec 42 vaches laitières en
moyenne49 (64 en moyenne nationale en Espagne) en 2020 malgré une augmentation régulière
de taille. Le nombre d?exploitations est en diminution50 rapide.
9.1.3 Caprins
La population de chèvres est de l?ordre de 32 000 animaux. Les exploitations caprines sont de
l?ordre de 1100 et sont donc de faible taille moyenne.
49 https://www.campogalego.es/asi-es-el-tamano-de-las-granjas-de-vacuno-de-leche-en-cada-comunidad-
autonoma/
50
https://digibuo.uniovi.es/dspace/bitstream/handle/10651/64818/tfm_EnolBorgeGonz%C3%A1lez.pdf?sequence=4
&isAllowed=y
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 125/284
La production annuelle de lait de chèvre est de l?ordre de 4,7 millions de litres et la production de
fromage de l?ordre de 450 tonnes par an.
9.2 Caractéristiques de la population de loups
9.2.1 Les effectifs de loups
La population est aujourd?hui de l?ordre de 300 loups. L?estimation de la population fait l?objet d?un
document spécifique51 du gouvernement. Les indicateurs qui sont suivis sont les meutes, les
meutes reproductrices et les individus dispersés.
Nombre d?individus : 314 en 2021
Nombre de meutes : 42 dont 37 avec reproduction en 2021
Évolution de la population
51 Estimaciòn de la populatiòn del lobo iberico (Canis lupus signatus) en el Principado de Asturias por unidades
reproductoras. 2021.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 126/284
L'estimation de la population de loups dans les Asturies est réalisée depuis 1986 et est disponible
dans une autre publication officielle52 du Gouvernement disponible en ligne.
9.2.2 Méthode de dénombrement du loup
L'objectif du suivi de la population est d'essayer d'établir la tendance de la population, c'est-à-dire
savoir si elle augmente, diminue ou reste stable. Le gouvernement des Asturies se base sur l'avis
de scientifiques53 « les estimations de population?. doivent être interprétés comme des ordres de
grandeur de la situation de la population et de ses tendances et non comme des chiffres pouvant
étayer des inférences statistiques ».
Le gouvernement explique que toute technique est sujette à de grandes variations en fonction de
leur applicabilité, des conditions atmosphériques, du niveau d'effort, de l'expérience de
l'observateur, etc., qui font de toute évaluation une estimation.
A partir de 2004 la méthode est plus standardisée et utilise des techniques qui sont généralement
appliquées dans les recensements de diverses espèces de carnivores.
Les techniques tentent de détecter les « meutes ». Celles qui ont été utilisées sont les stations
d'échantillonnage (écouter ou attendre) ; les Itinéraires pour le calcul d'un indice kilométrique
d'abondance, et les observations sporadiques des groupes de naturalistes.
9.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
La carte suivante situe les meutes qui couvrent l?essentiel du territoire des Asturies.
9.2.4 Viabilité de la population de loups
Selon le gouvernement des Asturies, la preuve de la viabilité de la population de loup serait donnée
par le fait que, non seulement la population s?est maintenue au fil du temps, mais qu?elle a
augmenté et qu?elle étend son aire de répartition.
52 PLAN DE GESTIÓN DEL LOBO EN EL PRINCIPADO DE ASTURIAS Decreto 23/2015, de 25 de marzo,
Apartado 7.5, a
53 Wolves in Italy: critical issues for their conservation. L. Boitani, P. Ciucci. 1993. Environmental Science
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 127/284
La mission n?a pas trouvé d?étude spécifique relative à la viabilité démographique du loup dans les
Asturies ce qui n?a d?ailleurs pas beaucoup de sens car cette viabilité est atteinte sur la population
du loup ibérique estimée à plus de 2 500 individus sur l?ensemble du nord-ouest de l?Espagne.
Des inquiétudes existent sur la perte de diversité génétique54 liée à son isolement géographique
et qui ont été renforcées par la disparition de la population de la Sierra Morena au sud de l?Espagne.
9.3 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
9.3.1 Prédations sur les troupeaux
La Principauté des Asturies est la deuxième communauté autonome d'Espagne pour le nombre de
dommages au bétail55 (Castille et Léon est la région qui enregistre le plus grand nombre d'attaques
chaque année). L?indicateur qui est suivi est le nombre d?animaux impactés et pas les animaux
morts à la suite de la prédation.
Afin de connaître la localisation géographique, le type de dégâts, le bétail affecté et la séquence
temporelle, les milliers de cas de dégâts causés par la faune sauvage sont traités chaque année.
La Principauté dispose d'une enquête exhaustive menée par l'Université d'Oviedo en 2021,
appelée « Surveillance des dégâts causés par les grands carnivores dans les Asturies ».
Entre 2019 et 2020, les loups ont commis des dégâts sur plus de 6 000 animaux, selon l'analyse
du plan d'action de lutte contre le loup 2021-2022.
L'analyse des dommages est faite sur quatre catégories de bétail : les bovins, les caprins, les
équins (y compris les ânes, les chevaux et les mulets) et les ovins. Les dossiers concernant les
porcs et les canidés ne sont pas inclus car l'évaluation des dommages ne serait pas statistiquement
pertinente selon cette étude.
54 Il existe des publications attestant de la perte génétique du loup ibérique actuel par rapport aux loups
« historiques » de la Sierra Morena.
55 https://www.club-caza.com/article/art/21641
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 128/284
9.3.2 Interactions du loup avec l'Homme
Les journaux asturiens regorgent d?articles relatant les attaques de bétail. Il existe très peu
d?articles relatant sinon des attaques d?homme par le loup, des situations vécues comme
dangereuses56.
9.4 Politique publique de gestion du loup dans la principauté
9.4.1 Administrations en charge de la gestion du loup
Il existe une « stratégie pour la conservation et la gestion du loup (Canis lupus) et de sa coexistence
avec les activités rurales » éditée en 2022 par le « Ministère de la transition écologique et du défi
démographique57 » du gouvernement espagnol. Il est en outre responsable de l?élaboration de la
liste des espèces protégées (Lespre).
Le gouvernement des Asturies est en charge de la gestion du loup par l?intermédiaire du « conseil
de l'élevage et des ressources autochtones58 » et du « conseil des affaires rurales et de la cohésion
territoriale59 ».
9.4.2 Plan de gestion du loup
Le décret 23/2015 du 25 mars 2015 a approuvé le deuxième « plan de gestion60 du Loup dans la
Principauté des Asturies » toujours en vigueur et qui a succédé au premier plan de gestion
approuvé en 2002. Le plan de gestion est sous la responsabilité du conseil de l'élevage et des
ressources autochtones.
La direction générale du milieu naturel et de l'aménagement rural, qui dépend du conseil des
affaires rurales et de la cohésion territoriale, est en charge des « programmes-cadres annuels pour
le développement des prélèvements de loups dans la Principauté des Asturies ».
9.4.3 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
a) Mesures nationales
Il existe au niveau national un « catalogue » des mesures de protection61. Elles sont déclinées
selon le type d'élevage avec des spécifications techniques.
Ovins/caprins
? Gardiennage et surveillance avec des chiens de garde.
? Structures de nuit.
56 Programa marco para el desarrollo de las extracciones de lobo en el Principado de Asturias, 2022-2023. II PLAN
DE GESTIÓN DEL LOBO EN EL PRINCIPADO DE ASTURIAS. Decreto 23/2015, de 25 de marzo, Apartado 7.5, a
56 https://www.club-caza.com/article/art/7744
57 Ministerio para la transitiòn ecologica et el reto demografico
58 Consejería de Agroganadería y Recursos Autóctonos.
59 Consejería de Medio Rural y Cohesión Territorial
60 https://parquenacionalpicoseuropa.es/wp-content/uploads/2016/02/Decreto-23_2015.-II-Plan-de-
Gestio%CC%81n-del-Lobo-en-el-Principado-de-Asturias.pdf
61 Cataloguo de medidas parra favorecer la convivencia entre el lobo y la actividad ganadera.
PUBLIÉ
https://www.club-caza.com/article/art/7744
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 129/284
Bovins
? Gardiennage et surveillance avec des chiens de garde.
? Structures de protection des veaux et d'élevage.
Équins
? Groupement des clôtures.
? Sélection de races et d'étalons au comportement anti-prédateur.
Enfin il est préconisé des systèmes de géolocalisation pour améliorer la cohabitation entre le loup
et le bétail, en pratique les bovins. Selon le catalogue, la connaissance détaillée de l'emplacement
des bovins a des effets positifs sur la gestion de l'exploitation, car elle permet de localiser les
animaux afin de faciliter leur déplacement ou leur transfert, de mieux utiliser les pâturages,
d'informer des événements pouvant survenir à un animal et d'améliorer la gestion de l'élevage,
d?adopter des mesures de surveillance et de protection des animaux contre les loups (par exemple,
cela peut faciliter le travail de rassemblement du troupeau pour le mettre en parc la nuit). Les
appareils sont basés sur la technologie GPS-GSM qui communiquent rapidement et à relativement
peu de frais des informations sur la localisation spatiale des animaux ainsi que sur leur condition
physique. De plus, il peut être combiné avec des alarmes de vêlage.
b) Mesures régionales
Extrait relatif aux Asturies du tableau des ressources financières
fournies par les Communautés autonomes pour la prévention des dommages62
L'inscription du loup dans la liste des espèces protégées espagnole a entrainé une évolution du
mode de gestion. Il est davantage axé sur la gestion et la prévention des dommages au cheptel
extensif. Ce changement devait permettre aux communautés autonomes de recevoir davantage
de financements ce qui s?est traduit dans les Asturies par une augmentation du budget des
protections.
LES ACTIONS DE PROTECTION DU CHEPTEL
Au cours de l'année 2017, des aides ont été octroyées pour la protection des dommages causés
par les grands carnivores, dont les loups et les ours. La dotation budgétaire était de 109 250 ¤,
répartis entre les deux espèces. Le loup a reçu 89 250 ¤ répartis en deux lignes : une pour les
entreprises privées et l'autre pour les familles. L'appel à projet a été lancé et 49 candidatures ont
62 Source : Stratégie pour la conservation et la gestion du loup (Canis lupus) et de sa coexistence avec les activités
rurales
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 130/284
été soumises dont 6 ont été rejetées. Le montant total demandé s'élevait à 446 477,22 ¤, ce qui a
forcé la distribution en fonction des priorités de distribution établies dans les bases de l'appel.
En 2021, de nouvelles bases réglementaires ont été élaborées et publiées pour les aides à la
protection contre les attaques de la faune, également applicables au loup, parmi lesquelles figurent
les lignes suivantes : clôtures de protection fixes et mobiles, acquisition de dispositifs de
géolocalisation pour le bétail, acquisition de chiens de protection et de leur entretien. Les critères
d'évaluation sont différents des précédents, éliminant ceux qui étaient moins opérationnels ;
introduction de nouveaux critères basés sur le besoin de protection, soit en raison de l'importance
des dommages subis par l'exploitation, soit du type d'élevage. Cette ligne d'appui à la prévention
dotée d'un budget de deux millions d'euros et dont le mandat s'est terminé le 31 juin 2022, s'inscrit
dans le cadre de l'appel à aides pour soutenir les investissements dans les exploitations agricoles,
la création d'entreprises pour les jeunes agriculteurs et pour soutenir les non- investissements
productifs liés au respect des objectifs agro-environnementaux et climatiques (adoption de
mesures préventives). Il peut être consulté sur le lien suivant :
https://sede.asturias.es/bopa/2022/05/23/2022-03740.pdf.
A l'initiative de l'Administration, deux clôtures ont été réalisées. Elles sont considérées comme des
expériences pilotes et financées par le Ministère de la Transition Ecologique (MITECO). Le premier
entièrement terminé est situé à Lena et son but est de protéger les veaux. Le deuxième enclos est
situé à la Commune d'Allande dans la vallée de Valledor dans le but de protéger un troupeau de
chèvres. De même, en collaboration avec la Mairie de Somiedo et les agriculteurs, l'Administration
de la Principauté, une clôture de pâturage et de défense pour un troupeau de 300 chèvres a été
réalisée dans le Parc Naturel. Une clôture de protection pour le petit bétail a également été
construite dans la ville de Sotres (Cabrales) et la clôture de la ville de Tielve, également à Cabrales,
a été réparée.
9.4.4 Évaluation de l?efficacité des mesures de protection
La mission n?a pas trouvé d?étude spécifique de l?efficacité des mesures de protection relative aux
Asturies. Mais il existe une étude scientifique récente espagnole63 examinant 95 plans de gestion
des loups publiés entre 1982 et 2019 en Amérique du Nord et en Europe. Elle montre que la plupart
des plans de gestion des loups dans leur aire de répartition mondiale incluent la prévention des
dommages comme pilier fondamental de sa gestion.
La « stratégie pour la conservation et la gestion du loup (Canis lupus) et de sa coexistence avec
les activités rurales » du gouvernement espagnol a fortement mis en avant les mesures et
protection et elle reprend les résultats d?une étude scientifique64 qui a analysé l'efficacité des 11
mesures suivantes :
1. Animaux de garde : chiens, ânes ou lamas pour surveiller le bétail lors des attaques.
2. Clôtures : bois, filet, clôtures électriques et clôtures mobiles pour protéger les troupeaux la nuit
ou de fermer les pâturages pendant la journée pour éviter la dispersion de bétail.
3. Moyens de dissuasion visuels et/ou auditifs : banderoles ou barbacanes, rubans en plastique,
appareils auditifs et/ou visuels avec détecteurs de mouvement ou activation périodique dans le
temps.
63 Corominas Mills, S. (2020). La prevención de daños al ganado en los planes de gestión del lobo. Trabajo de Fin
de Grado. Facultad de Ciencias y tecnología de la Universidad de Barcelona
64 Eklund, A., López-Bao, J. V., Tourani, M., Chapron, G., & Frank, J. (2017). Limited evidence on the effectiveness
of interventions to reduce livestock predation by large carnivores. Scientific Reports, 7(1). Doi: 10.1038/s41598-
017-02323-w.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 131/284
4. Renforcer les populations d'ongulés sauvages pour que les loups s'en nourrissent et non sur les
animaux de compagnie.
5. Bergers : pour surveiller et contrôler le bétail, et effrayer les loups s'ils s'approchent, simplement
par leur présence ou par l'utilisation d'une autre méthode (bruit, balles non létales, etc.).
6. Gestion du bétail : modifier la taille des troupeaux, les déplacer vers des zones sans présence
de loups ni changement de type de bétail.
7. Collier à décharge électrique : il est posé sur le loup et par télédétection ou les radiofréquences
provoquent un stimulus électrique chez le loup lorsqu'il traverse un frontière, invisible pour lui, mais
qui délimite une zone à bétail.
8. Conditionnement aversif : substance chimique ajoutée aux animaux morts afin que les loups
associent le bétail un mauvais goût et qu?ils ne le chassent plus (cette catégorie comprend
également des munitions non létales pour blesser légèrement les loups et les effrayer d'une attaque
imminente.
9. Translocation : Prélèvement non létal d'individus ou même de meutes entière : l'individu est
capturé et relâché dans un autre territoire sans danger de prédation du bétail (ou beaucoup moins).
10. Contrôle létal : piégeage et chasse pour réduire les attaques de loups sur le bétail ou pour
éviter une attaque imminente.
11. Expérimental ? autre : mesures en phase de test, telles que les clôtures biologiques et les
bergers simulés.
D?après le tableau suivant extrait de la stratégie nationale, les mesures 6. Gestion du bétail,
9. Translocation et 10. Contrôle létal sont celles avec l?indice d?efficacité les plus élevés.
9.4.5 Indemnisation des dégâts liés au loup
a) Principe de l?indemnisation
Le principe de l?indemnisation a été renforcé par l?adoption de la stratégie espagnole de 2022 et
les moyens apportés par l?Etat ont contribué à une augmentation du niveau d?indemnisation.
b) Le montant des indemnisations
Les dommages causés au bétail asturien depuis 2001 ont donné lieu à des indemnisations de plus
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 132/284
de 16 millions d'euros65 . Le tableau suivant donne le montant des indemnisations sur les six
dernières années66.
9.4.6 Mesures d?intervention sur le loup
Les méthodes d?intervention sur la population de loup sont prévues par le « Programme-cadre67
pour le développement des extractions de loups dans la Principauté des Asturies 2022-2023 » qui
autorise l'exécution des prélèvements et des actions visant à atteindre les objectifs fixés. Les
contrôles sont réalisés par le Service de la Faune de la Principauté des Asturies.
Les actions pour 2020 et 2021 étaient couvertes par le programme d'actions de contrôle pour 2019-
2020 et 2020-2021, ce dernier avait été suspendu par la direction générale de l'environnement
naturel et de l'aménagement du territoire au moment de la publication de l'arrêté ministériel pour
l'inclusion du loup dans le décret royal 139/2011 du 4 février fixant la liste des espèces sauvages
sous régime de protection spéciale (LESPRE). L'inscription du loup dans la liste espagnole des
espèces protégées avait aussi impliqué un temps la fin de la chasse commerciale du loup.
Les prélèvements sont à nouveau autorisés sous un régime de dérogation.
Dans la Principauté des Asturies, le loup est considéré comme une espèce non chassable68. Le
Plan de gestion du loup dans la Principauté des Asturies réglemente les actions de suivi et de
contrôle de la population de l'espèce dans cette communauté autonome. Ce plan69 considère la
gestion de l'espèce dans le parc national des Pics d'Europe comme un parc national particulier :
les loups peuvent être « extraits » mais pas prélevés.
Les résultats des prélèvements qui ont été effectués dans le cadre de ces autorisations, ainsi que
les loups tués pour d'autres causes concernent 31 individus. Ils sont répartis géographiquement
65 https://www.lavozdeasturias.es/noticia/asturias/2021/09/28/fueron-ataques-lobo-
asturias/00031632850176424498159.htm
66 Source : Stratégie de conservation et de gestion du loup (Canis lupus) et sa coexistence avec les activités en
milieu rural
67 Programa marco para el desarrollo de las extracciones de lobo en el Principado de Asturias, 2022-2023
68 Résolution du 16 octobre 2022 de la Direction générale du milieu naturel et de l'aménagement rural, par laquelle
les travaux de localisation et de prévention de l'aggravation des dommages avant extraction sont autorisés de
spécimens de loups (canis lupus signatus) à l'intérieur du parc national des Pics d'Europe (zone de Cabrales-
Peñamelleras-Asturies).
69 point 5.7 de son annexe
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 133/284
par zones géographiques selon le tableau suivant.
Le nombre maximum de spécimens de loups à prélever est établi en fonction d?un taux moyen de
population afin de garantir une population stable
L?effectif de la population est estimé sur la base du nombre total de meutes enregistrées et du
nombre de meutes dans lesquelles la reproduction a été confirmée, sur la base de 7,9 spécimens
par meute reproductrice et de 3 individus pour le reste des meutes (chiffres retenues de divers
auteurs70).
Les taux de prélèvement qui ont été réalisés dans les différents programmes de lutte contre le loup
dans les Asturies depuis 2004 ont varié entre 1% (en 2021 non significatif compte tenu de la
décision nationale de 2021) et 14%. Le taux moyen sur la période est de 8,9% de la population
estimée.
La carte ci-dessous montre les lieux de prélèvement de loup en 2019-2020.
70 Fuller, 1889 et 2003 ; Gasway, 1983; Ballard 1987; Peterson 1984 et Smietana et Wajda 1997
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 134/284
9.4.7 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
Sans objet pour les Asturies compte tenu de la présence du loup sur l?ensemble du territoire rural
à l?exception de la plaine côtière.
9.5 Acceptation sociale
9.5.1 Acceptation par le monde agricole
Les attaques des troupeaux peuvent avoir lieu à proximité des villages71. Des agriculteurs, dans la
région de Peñamellera Baja et par l'intermédiaire de l'association Ganagri, ont émis des critiques
contre la gestion du loup. Une grande augmentation des décès d'animaux dans les pâturages
communaux des ports de Cuera et Uzllaves en raison d'attaques de loups est enregistrée, ce qui
conduit les agriculteurs à se s?interroger sur l'utilisation des pâturages de montagne. En effet la
mort des mulets, des poulains et du petit bétail fait que l'activité cesse d'être rentable. Cela
signifierait que la plupart des troupeaux qui existent encore d'ovins et de caprins disparaîtront à
l'est.
9.5.2 Acceptation par l?opinion publique
Le Gouvernement des Asturies considère qu?il est difficile de mesurer le « conflit social existant ».
Pour lui, il est indirectement être reflété dans l'analyse des dommages. Un autre indicateur est le
nombre d?articles dans les médias écrits régionaux (La Nueva España, El Comercio, La Voz de
Asturias,...) qui donnent d'une certaine manière, une image de l'opinion que la société asturienne
a sur le loup et de l'importance qu'elle lui accorde.
Dans ce sens, au cours des différentes années le tableau suivant recense le nombre d?articles
écrits dans les médias régionaux (dans toutes leurs éditions) qui ont à voir, directement ou
indirectement, avec le loup ou avec un sujet qui lui est lié.
71 https://www.elcomercio.es/asturias/oriente/lobo-acaba-ovejas-20190904001329-ntvo.html
PUBLIÉ
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9.6 Éléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du
loup dans les Asturies
9.6.1 Les points saillants de la politique publique du loup dans les Asturies
La population de loup est de l?ordre du tiers de la population française. Le niveau de dépenses
ramené au nombre de loup est très nettement inférieur de l?ordre de :
? 6 500 ¤ par loup pour les mesures de protection (France : 33 000 ¤) ;
? 2 800 ¤ par loup pour les indemnisations (France : 3 900 ¤).
Le coût des mesures de protection est très nettement inférieur à celui constaté en France Le coût
des indemnisations par loup est d?un montant inférieur à celui constaté en France mais nettement
plus proche en ordre de grandeur (- 28%).
9.6.2 Pistes d'évolution et expérimentation de nouvelles mesures
La réorientation de la gestion du loup en Espagne vers davantage de mesures de protection ne
date que de 2022. Elle s?est traduite dans les Asturies par une augmentation très importante du
coût des mesures de protection et des expérimentations menées par l?administration. Il serait
souhaitable de vérifier si cette évolution se poursuit dans le temps.
PUBLIÉ
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10 Fiche Communauté autonome de Castille et Léon
Cette fiche présente la situation en Castille et Léon. La Communauté autonome de Castille et León
occupe 94 226 km2. Cette région est située dans le quadrant nord-ouest de la péninsule ibérique
et représente 18,6% de la superficie totale de l'Espagne. C'est la région la plus étendue en
Espagne et la troisième par sa superficie en Europe.
La Castille et Léon avait la particularité d?avoir, jusqu?en 2021, deux régimes juridiques différents
pour la gestion du loup au nord et au sud du Douro. Au nord, la chasse était autorisée. Une décision
de 2021 du ministère espagnol de l?environnement a harmonisé les modes de gestion en faisant
du loup une espèce protégée sur l?ensemble du territoire national.
10.1 Présentation de l?élevage en Castille et Léon
Actuellement, en Castille et León, il y a quelque 18 000 élevages extensifs qui rassemblent un peu
plus de 3,1 millions de têtes toutes espèces d?élevage confondues72.
10.1.1 Ovins
C?est la première région productrice pour le lait de brebis quasiment à égalité avec la Castilla-
Mancha. Selon les données de novembre 2020 du ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de
l'Alimentation espagnol, il y avait un peu moins de 900 000 brebis pour le lait (40,7% du total
national)
Castille et Léon est la deuxième région productrice de viande de mouton en Espagne à égalité
avec, l'Andalousie et l'Aragon mais après l'Estrémadure. Le mode de consommation traditionnel
de la viande ovine est l'agneau de lait. Pour les ovins à viande, l?ordre de grandeur est 1 million de
moutons.
La production régionale en caprins est très faible (6,4% du total national pour le lait et 6,9% pour
la viande).
10.1.2 Bovins
En Espagne, 641 000 tonnes de viande bovine sont produites chaque année. Castille et Léon est
la deuxième communauté autonome de production avec 109 000 tonnes par an mais la première
en nombre de bovins. Il y a plus de 6 millions de têtes de bétail en Espagne, dont 1,3 million sont
en Castille et Léon. La communauté autonome compte de l?ordre de 24 000 fermes bovines.
10.1.3 Caprins
La production régionale en caprins est très faible (6,4% du total national pour le lait et 6,9% pour
la viande).
10.2 Caractéristiques de la population de loups
10.2.1 Les effectifs de loups
Le recensement national en Espagne de 2012-2014 estimait qu'il y avait 297 meutes de loups. Le
72 Mise à jour du plan de conservation et de gestion du loup.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 137/284
recensement régional de Castille et Léon 2012-2013 73 a permis de localiser 179 meutes
(population estimée 1 600 loups), 152 au nord du fleuve Douro et 27 au sud et potentiellement 191
meutes parcouraient la Castille et Léon car certaines meutes sont à cheval sur d'autres régions.
L?augmentation était de l?ordre de 20% par rapport au précédent recensement.
Il y a eu deux mises à jour, l?une en 2018 qui statuait sur une nouvelle augmentation de 20% de la
population (201 meutes : 1 800 individus) et l?autre en cours au début de l?année 2023. Pour cette
dernière mise à jour, la Junta de Castille et León a communiqué uniquement sur une
« augmentation substantielle » des meutes. Le site internet74 ne donne pas d?informations sur les
mises à jour et ne publie que le recensement de 2012-2013.
10.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Les objectifs du recensement sont de :
? détecter les meutes ;
? déterminer la répartition géographique des meutes ;
? déterminer l?aire de distribution du loup.
Le recensement régional indique les trois méthodes utilisées pour la détection :
? les itinéraires de recensement ;
? les stations d?observation et d?écoute ;
? les collectes d?indices.
Les méthodes sont celles appliquées dans le recensement national. A ce titre elles sont identiques
à celles décrites par la fiche relative à la Principauté des Asturies.
10.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
Les points sur la carte ci-dessous issue du recensement de 2012-2014 représentent des meutes.
73 Censo régional de lobo iberico en la Comunidad de Castille et LéonCastille et Léon 2012-2013.
74 https://medioambiente.jcyl.es/web/es/medio-natural/lobo-castilla-Léon.html
PUBLIÉ
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10.2.4 Viabilité de la population de loups
La viabilité n?est pas analysée au niveau de la Castille et Léon car la population de loup ibérique
s?étend sur tout le nord-ouest de l?Espagne.
Selon recensement national de 2012-2014, il y a environ 300 meutes de loups en Espagne
réparties comme suit.
L'objectif pour garantir la conservation à long terme de l'espèce, est d'atteindre 350 meutes de
loups d'ici 2030 et d'augmenter l'aire de répartition actuelle de 10 à 20 %.
10.3 Prédation par le loup
Nombre d'animaux prédatés (par espèce) en 2021
% attaques 2021 % victimes 2021
Ovins
Caprins
Bovins
Autres
PUBLIÉ
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Evolution depuis 10 ans
Le graphique ci-dessous ne fait pas apparaître de différence marquée sur le nombre de dossiers
de dégâts de loups au sud et au nord du Douro alors que le mode de gestion est différent.
Évolution mensuelle du nombre moyen de dossiers de dégâts de loups
en Castille et Léon (2005-2012)
10.4 Politique publique de gestion du loup
10.4.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
Il existe une « stratégie pour la conservation et la gestion du loup (Canis lupus) et de sa coexistence
avec les activités rurales » éditée en 2022 par le « Ministère de la transition écologique et du défi
démographique75 » du gouvernement espagnol. Il est en outre responsable de l?élaboration de la
liste des espèces protégées (Lespre).
La Junta de Castille et LéonCastille et Léon est en charge de la gestion du loup par l?intermédiaire
du « conseil de l'environnement, du logement et de l'aménagement du territoire76 ».
10.4.2 Plan de gestion du loup
L'actuel « Plan de Conservation et de Gestion du Loup en Castille et León » a été approuvé par le
décret 28/2008 du 3 avril 2008 et mis à jour par le décret 14/2016 du 19 mai 2016. La mise en
oeuvre de ce plan a été contrariée par des décisions légales sur le statut du loup ;
En droit européen, la gestion du loup peut être différente au nord et au sud du Douro en vertu des
annexes de la directive habitat. Au nord (zone 1 de la carte ci-dessous) l?espèce relève de l?annexe
V77 et de mesures de gestion (i.e. elle est chassable) alors que le loup relève de l?annexe IV78 au
sud (zone 2) comme en France.
75 Ministerio para la transitiòn ecologica et el reto demografico.
76 Consejería de medio ambiente, vivienda y ordenación
77 Espèces animales et végétales d?intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et l?exploitation sont
susceptibles de faire l?objet de mesures de gestion.
78 Espèces animales et végétales d?intérêt communautaire qui nécessitent une protection stricte.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 140/284
? Au nord du Douro : 60,3% de la superficie de la région.
? Au sud du Douro : 39,7% de la superficie de la région
En 2018, la chasse au nord du Douro a été contestée devant des tribunaux de la région et depuis
le 22 septembre 2021, le loup est inscrit sur la liste espagnole des espèces protégées (Lespre).
Sa chasse est désormais interdite alors que le plan de gestion approuvé fin 2019 permettait de
chasser 339 loups (113 par an) jusqu'en 2022 au nord.
10.4.3 Coûts globaux de la politique
En octobre 2022, le Conseil de l'Environnement, de l'Habitat et de l'Aménagement du Territoire de
la Junta de Castille et Léon79 attendait une formalisation des engagements financiers du Ministère
de la Transition Ecologique et du Défi Démographique (MITECO) en sa faveur, conformément aux
dispositions de l'accord de la Conférence sectorielle du 28 juillet pour un montant de 8,8 millions
d'euros, ce qui représente 44,26 % du total à l'échelle nationale. Ce montant servira à indemniser
le bétail qui subit des dommages causés par les attaques de loups et à financer des mesures
préventives. Le gouvernement espagnol n'avait pas transféré ses engagements financiers aux
communautés autonomes qui ont voté contre la stratégie nationale de conservation et de gestion
du loup, comme la Castille et Léon.
Montant 2022 envisagés
Mesures préventives : 4 854 400 euros sur un total national de 10 500 000 euros.
Indemnisation des dommages : 3 998 070 euros sur un total national de 9 500 000 euros.
10.4.4 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Un chapitre du programme de gestion sylvopastorale80 de Castille et Léon prévoient des mesures
visant à réduire les dommages causés au bétail par les canidés sauvages.
Les administrations publiques concernées (locales, régionales et européennes) doivent rendre
l'élevage extensif compatible avec la présence de grands carnivores. Pour ce faire, les mesures
suivantes doivent être développées :
? Le contrôle des chiens sauvages par les responsables des territoires de chasse et les auto-
rités locales concernées.
? Obtenir un statut juridique homogène pour le loup (Canis lupus) sur l'ensemble du territoire
de la Communauté autonome, comme base pour l'élaboration d'un plan de gestion de l'es-
pèce.
? Élaboration d'un plan de gestion du loup pour déterminer les densités maximales de loups
sur un territoire afin de rendre leur présence compatible avec l'élevage extensif.
? Mettre en place les mécanismes nécessaires au contrôle de la population conformément
au plan susmentionné, avec la participation de tous les secteurs concernés (administra-
tions, chasseurs et éleveurs).
? Promouvoir l'introduction de l'assurance du bétail en tant qu'outil de base pour garantir
l'indemnisation des dommages.
79 https://comunicacion.jcyl.es/web/jcyl/Comunicacion/es/Plantilla100Detalle/1281372051501/NotaPrensa/128521
6010795/Comunicacion
80 https://medioambiente.jcyl.es/web/jcyl/binarios/242/38/V04._GESTION_SILVOPASTORAL.pdf?blobheader=appl
ication%2Fpdf%3Bcharset%3DUTF-8&blobnocache=true
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 141/284
? Encourager le développement de programmes agro-environnementaux qui rendent l'éle-
vage extensif compatible avec la présence de grands carnivores, fondamentalement par
l'adoption de techniques de pâturage appropriées.
La Junte de Castille et Léon souhaite financer la protection contre le loup, dans le cadre du Plan
stratégique de la PAC d'Espagne (PEPAC) sur la nouvelle période de programmation 2023 à 2027.
Cette mesure visera à favoriser la compatibilité des exploitations d'élevage avec la conservation
des populations de grands carnivores, par des actions en matière de prévention des dégâts comme
l'acquisition de chiens pour protéger le bétail ou l'installation de clôtures. Pour cela, un montant
total de 1 750 000 euros sera alloué, qui sera mis en oeuvre par le biais d'appels à projets annuels
nécessitant d?asseoir préalablement les bases réglementaires pour le versement des subventions.
10.4.5 Evaluation de l?efficacité des mesures de protection
Selon une étude81 « Prévention des dommages au bétail à Avila. Compilation de méthodes et
utilisation expérimentale de banderoles » et citée par la plateforme européenne sur la coexistence
entre les humains et les grands carnivores in the EU82 les méthodes de protection par clôtures
fixes sont très efficaces dans la province d?Avila.
Fréquence et nombre moyen d'attaques et de têtes de bétail tuées ou blessées
avant et après de la construction des clôtures.
Dans cette étude, d?autres modes de protection : clôtures électrifiées, chiens? apportent
également de haut niveau de protection dans cette province ave une forte superficie en pâturage.
81 Prevención de daños al ganado vacuno en Ávila. Recopilación de métodos y uso experimental de barbacanas,
Yolanda Cortés, diciembre 202.
82 https://ec.europa.eu/environment/nature/conservation/species/carnivores/pdf/Cortes_Cattle_damage_preventio
n_in_Avila_ES.pdf
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 142/284
Province Superficie
en culture
Surfaces à
usage
principal de
pâturage
Zone
forestière
boisée,
arbustive et
arbustive
Autres
surfaces
Surface
totale
Ávila 182 937 ha 333 665 ha 223 633 ha 64 763 ha 804 998 ha
10.4.6 Indemnisation des dégâts liés au loup
Principe de l?indemnisation
Jusqu?en 2021, les indemnisations ne concernaient que la zone sud. Les communes concernées
étaient listées dans l?annexe II du décret 14/2016 du 19 mai 2016.
Les dommages causés par le loup au bétail au nord du Douro seront désormais indemnisés par la
Junta de Castille et Léon. Le gouvernement régional avait alors annoncé avoir doublé les crédits
alloués passant de 2,5 millions à 5 millions ¤. Un nouvel arrêté régional prévoit que le régime
d?indemnisations sera le même dans toute la région et sera applicable rétroactivement à partir de
septembre 2021 afin que tous les agriculteurs qui ont été impactés par le changement de statut du
loup aient accès à l?indemnisation.
L'arrêté83 prévoit que l?augmentation des barèmes qui avaient été fixés en 2019. Les « dommages
indirects » seront améliorés ce qui inclut le « manque à gagner » comme la perte des subventions
de la PAC, une baisse de la fertilité ou de la valeur génétique.
La prédation par espèce
En 2022, en Castille et Léon, il y a eu 3 034 attaques de loups84 sur des exploitations d'élevage,
qui ont entraîné la mort de 5 080 têtes de bétail, avec une augmentation de 19% par rapport à
2021. Le nombre d'attaques a doublé en sept ans sur la période 2015-2022 qui a enregistré près
de 30 000 décès de bovins.
La province d'Avila concentre la majorité des attaques en 2022 (1 632 animaux morts, soit 9,6 %
de plus qu'en 2021) et un tiers des pertes animales. Avec la province de Ségovie, elle concentre
les deux tiers des attaques dans la Communauté et plus de la moitié des pertes animales. Une
autre province particulièrement touchée est Zamora.
Le montant des indemnisations
Les indemnisations couvrent également d'autres dépenses telles que les dépenses de vétérinaire
pour s'occuper des animaux blessés ou de l'abattage des animaux blessé. Elles comprendront une
prime de 10% pour les exploitations extensives s'il est certifié que des mesures préventives ont été
prises.
83 AYUDAS PARA PALIAR LOS DAÑOS PRODUCIDOS POR LOBOS Y PERROS ASILVESTRADOS A
DIFERENTES TIPOS DE GANADO (2021)
84 https://comunicacion.jcyl.es/web/jcyl/Comunicacion/es/Plantilla100Detalle/1284721258244/NotaPrensa/128526
4968713/Comunicacion
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 143/284
Paiements d'indemnisation pour les attaques de loups effectués depuis 2015
par le conseil chargé de la conservation du patrimoine naturel85.
10.4.7 Mesures d?intervention sur le loup
Zone au nord du Douro où le loup était une espèce chassable
Extrait de l?article 16 Quota de chasse86
1. Etant donné que la population de loups est affectée par d'autres causes de mortalité accidentelle
ou illégale, la chasse ne dépassera pas, en général, 10% de la population, estimée à partir du
recensement de la meute. Cependant, dans les régions où il n'y a pas d'indices de braconnage sur
l'espèce et avec une plus grande dotation en moyens de surveillance, ainsi que dans celles où le
taux d'accidents dus aux dommages au bétail est plus élevé, l'utilisation de la chasse peut être
augmentée jusqu'à 18%. De la même manière, lorsqu'une diminution significative de la population
est constatée dans une certaine région, l'usage de la chasse peut être réduit ou même suspendu,
jusqu'à ce que la situation de la population soit considérée comme rétablie.
En 2017, le nombre officiel de morts de loups en Castille et Léon était de 119 loups87 :
? 82 provenant de captures de chasse (58% du quota de 141 autorisé par le Plan) ;
? 3 par la garderie lors de contrôle des dégâts
? 34 décès autres : 22 écrasements + 5 tirs furtifs + 6 morts naturelles + 1 empoisonnement.
La Junta de Castille et León conteste le bien-fondé de l?interdiction de la chasse mais l?appliquerait.
Zones au sud du Douro où le loup est juridiquement sous protection stricte au sens de la
directive
Intervention classique dans le cadre de dérogation et du protocole.
85 Source : Boletin oficial de las Cortes de Castille et LéonCastille et Léon. XI Legislatura Núm. 120 3 de marzo de
2023 PE/001057-03. Pág. 14154
86 Plan de conservation et de gestion du loup en Castille et Léon. Journal officiel de Castille et León. Lundi 23 mai
2016.
87 Source : Plan de gestion des loups en Castille et Léon. Memoria 2017.
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 144/284
11 Fiche Communauté autonome de Catalogne
Cette fiche présente la situation du loup en Catalogne.
Le nombre de loups détectés reste faible en Catalogne et des meutes reproductrices ne sont pas
encore installées. De ce point de vue, la politique publique de gestion du loup Catalogne peut être
intéressante pour les nouvelles zones de prédation en France.
11.1 Présentation de l?élevage en Catalogne
Les pâturages occupent environ 4,8% de la superficie totale de la Catalogne. Ils sont concentrés
dans les zones de montagne : environ 90 000 ha en montagne et 45 00 ha en moyenne montagne.
En Catalogne, il existe 4 195 exploitations pratiquant l?élevage extensif pour un total de d?environ
113 000 UGB la plupart dans la région des Pyrénées et des Pré-Pyrénées (à l'exception d'Osona
qui est le comarque avec plus de fermes et UB d'élevage extensif). Des facteurs tels que
l'orographie et la climatologie ont rendu ces territoires non favorables pour l?agriculture de culture,
et par conséquent, la pratique historique a été le pastoralisme.
11.1.1 Ovins
Le nombre d?ovins est relativement stable : entre 500 et 600 000 depuis 2014 en Catalogne
quand le nombre d?exploitations est en légère augmentation (+ 200) pour atteindre environ 3500
exploitations.
? 32,7% des élevages ovins catalans sont extensifs et semi-intensifs.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 145/284
? 38,6% des ovins catalans sont produits en extensif et semi-intensif.
11.1.2 Bovins
Le nombre de bovins est relativement stable autour de 500 000 animaux depuis 2014 en
Catalogne quand le nombre d?exploitations est en décroissance (- 900) pour atteindre environ
6 400 exploitations.
? 30,8% des exploitations bovines catalanes (1 980) sont extensives et semi-intensives.
? Mais seulement 11,6% des bovins catalans sont produits en extensif et semi-intensif.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 146/284
11.1.3 Caprins
Le nombre de caprins est relativement stable : entre 60 et 80 000 depuis 2014 en Catalogne
quand le nombre d?exploitations est en légère augmentation (+ 100) pour atteindre environ 2 700
exploitations.
? 30,6% des élevages caprins catalans (873) sont extensifs et semi-intensifs.
? 28,3% des caprins catalans sont produits en extensif et semi-intensif.
11.2 Caractéristiques de la population de loups
En Catalogne, une vingtaine de loups en dispersion ont été détectés depuis 2000. L?évolution des
zones de détection au fil des ans est relatée par les cartes ci-dessous.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 147/284
Carte de la distribution des loups entre 2000 et 2021 en Catalogne.
Au total, les loups ont été détectés dans les dix comarques suivantes : Vall d'Aran, Pallars Sobirà,
Alta Ribagorça, Moianes, Berguedà, Solsonès, Alt Urgell, Cerdanya, Baix Empordà, Ripollès et
Osona.
11.2.1 Les effectifs de loups
Nombre d?individus : 1 à 5 individus dispersés.
Nombre de meutes : 0
Evolution de la population : pas encore de présence permanente.
Les spécimens de loups vus en catalogne proviennent de dispersion de la population de loups
italiens via la France et les Pyrénées.
11.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Les loups sont individuellement identifiés en catalogne. Sans objet pour une comparaison en raison
des effectifs très faibles.
PUBLIÉ
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11.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
Le loup n?est pas encore fixé dans des zones de présence permanente. Aussi les indices de sa
présence évoluent chaque année.
Carte des indices trouvés entre 2019 et 2021 en Catalogne
Une carte des zones favorables à l?implantation du loup88 a été établie en identifiant les massifs de
milieux naturels ou abandonnés par l?agriculture de plus de 200 km2.
88 https://pirineos.revistas.csic.es/index.php/pirineos/article/view/261/294. Habitat suitability analysis for the wolf
(Canis lupus) in Catalonia and the Eastern Pyrenees. Carla Garcia-Lozano, Josep Pintó y Josep Vila Subirós.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 149/284
Carte des zones favorables à l?implantation du loup
11.2.4 Viabilité de la population de loups
L?Espagne a inclus le loup dans la liste des espèces sauvages sous protection spéciale, et en
Catalogne, il a été ajouté au catalogue de la faune indigène menacée le 20 septembre 2022.
Le projet LoupO89 , d'un budget total de 1 250 109 euros, est cofinancé à 65% par le Fonds
Européen de Développement Régional (FEDER) à travers le Programme INTERREG V-A
Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2014-2020). C?est un programme européen de coopération
territoriale créé pour favoriser le développement durable du territoire frontalier entre les trois pays.
Le projet de trois ans s?achevait au printemps 2022. Ce projet LoupO visait à ce que trois pays
collaborent afin que les populations et leur statut génétique soient mieux connus.
11.3 Prédation par le loup sur les troupeaux
En 2017, seuls 89 cas d'attaques par ces espèces ont été signalés en Catalogne. L'administration
a considéré 55 cas effectifs et les a indemnisés pour 23 000 euros.
Sur la période janvier octobre 2018, les attaques étaient au nombre de 69, dont 18 par des vautours,
49 par des ours et 2 par des loups.
89 https://loupo-eu.com/ca/proyecto-loupo/
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 150/284
11.4 Politique publique de gestion du loup
11.4.1 Administrations en charge de la gestion du loup
La gestion du loup relève de la « Generalitat de Catalunya », la Communauté autonome de
Catalogne.
11.4.2 Plan de gestion du loup
Il existe un « Programme 2022 de prévention des dégâts de loup pour l'élevage90 ».
11.4.3 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Evolution depuis 10 ans
En 2021, la Généralité a établi le premier plan de prévention des dégâts aux troupeaux causés par
les loups, qui consistait en trois mesures axées sur l'autoprotection des troupeaux :
? la fourniture de matériel de prévention ;
? la promotion des chiens de protection des troupeaux ;
? le soutien financier aux éleveurs.
Le plan 2022 s'applique partout où il y a des signes confirmés de la présence de loups au cours
des trois dernières années, et où il y a eu des dommages au bétail dans les zones de pâturage
communale ou de haute montagne.
Clôtures électrifiées
La Communauté autonome de Catalogne fournit des équipements de protection pour l?installation
de clôtures électrifiées pour le bétail pour protéger les troupeaux d'éventuelles attaques de loups.
La Communauté autonome considère qu?il est nécessaire pour le bon fonctionnement du système
de protection que les troupeaux soient maintenus pendant la nuit à l'intérieur de clôtures électrifiées
afin d'appliquer une barrière physique entre le loup et le troupeau, facilitant de cette manière le
travail défensif des chiens de protection. Il est considéré qu?un un entretien est nécessaire pour
que le système électrique fonctionne correctement.
Les clôtures de protection sont constituées d'un grillage électrifié de 1,5 m de haut, une batterie et
un panneau solaire. Les clôtures électrifiées seront fournies par un opérateur d?un service91 de la
Communauté autonome moyennant la signature préalable d?un document actant le transfert.
Chiens de protection
Le plan de prévention conseille la présence d'au moins deux chiens de protection pour la protection
des troupeaux de chèvres et de moutons contre d'éventuelles attaques de loups. Un ratio d'un
chien pour 350 moutons est considéré comme idéal pour les moutons ou les chèvres.
Pour les agriculteurs qui disposent déjà d'un chien, son entretien est à la charge de l'administration
90 https://mediambient.gencat.cat/web/.content/home/ambits_dactuacio/patrimoni_natural/fauna_salvatge_autocto
na/gestio-especies/mamifers/canis_lupus_llop/Pla-prevencio-llop_2022_DEF.pdf
91 La DACC : Departament d'Acció Climàtica, Alimentació i Agenda Rural
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 151/284
pendant la période de pâturage. Les chiens utilisés doivent avoir fait l?objet d?un contrôle vétérinaire
pour s?assurer de leur aptitude. Le bon comportement d?un chien dépend, en partie, de sa formation,
d?une nutrition adéquate et d?un contrôle vétérinaire approprié.
Soutien financier
Les exploitations doivent s'engager sur une surveillance minimale de 6 heures par jour pour :
parquer le troupeau le soir, conserver le troupeau pendant la nuit dans le parc électrifié et sous la
surveillance des chiens et, au petit matin, ouvrir le parc aux troupeaux.
Ces prestations, exécutés par les éleveurs, seront pris en charge par la Communauté autonome
par le biais de contrats externes pour un séjour minimum de 2 mois en montagne. Les deux
premiers mois seront payés à 1,75 ¤ par brebis et par mois; à partir du troisième mois, il sera payé
à 1,25 ¤ par mouton et par mois, soit 6 euros par mouton pour un séjour de quatre mois.
Dans les cas particuliers, notamment les zones où les loups n?ont pas été détectés récemment,
des mesures d?accompagnement sont prévues à base de clôtures mobiles également fournies par
la Communauté autonome.
11.4.4 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
La Catalogne réfléchit à l?élaboration d?un plan stratégique pour l'élevage extensif en Catalogne
sur la période 2021-2030 et a déjà produit un document « base pour l'élaboration d'un Plan
stratégique pour l'élevage extensif en Catalogne 2021-203092 ».
Le document comprend un diagnostic préliminaire de la situation de l?élevage extensif en
Catalogne et 2020, y compris une approche du cadre juridique et institutionnel, une analyse
quantitative et un recensement des exploitants, un diagnostic des problèmes principaux, une
analyse socio-économique. Le document sera soumis à un processus de consultation des acteurs,
institutions, organisations et collectivités territoires particulièrement concernés.
Les changements enregistrés dans la carte d'occupation du sol de la Catalogne montrent une
tendance à la croissance des zones de pâturage, tirée principalement par l'abandon des cultures.
L'abandon des terres cultivées génère des espaces sans usage agricole qui se maintiennent
pendant un certain temps sous forme de végétation herbacée avant que la végétation progresse
vers des formations plus matures. Par conséquent, ces espaces, encore qui morphologiquement
considérés comme des pâturages, ne sont pas utilisés par le bétail bien qu?ils offrent des surfaces
à fort potentiel pour l'élevage extensif.
Pendant le même temps la superficie forestière de la Catalogne n'a cessé d'augmenter au cours
de la dernière décennie jusqu'à atteignant actuellement 2 052 618 hectares, soit 64 % de la
superficie de la Generalitat.
L'intérêt des pâturages est également mis en avant pour leur capacité de rétention du carbone
(très importante dans contexte du changement climatique), leur richesse en biodiversité et les
services écosystémiques qu'elles procurent (limitation de l?érosion).
92«
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 152/284
11.5 Acceptation sociale
11.5.1 Acceptation par le monde agricole
Les syndicats agricoles sont dans une position d?opposition au loup en raison des expériences en
Castille et León et en Cantabrie. Ils considèrent que le loup est dans ces régions une catastrophe93.
Les loups attaquent les troupeaux et le stress qu'ils causent au bétail est brutal et les gens finissent
par quitter la ferme et le territoire.
11.5.2 Acceptation par l?opinion publique
Le « Grup Llop Catalunya 94 » est une plate-forme formée d?associations environnementales.
L'objectif essentiel de la plateforme est de favoriser le rétablissement des populations de loups de
Catalogne qui existaient jusqu'au début du XXe siècle, et d'assurer leur conservation et la
coexistence. Pour atteindre cet objectif, la plateforme développe des actions de sensibilisation du
public, de soutien à la recherche, d'intervention auprès des institutions publiques, de dialogue et
de concertation avec les groupes sociaux.
Le gouvernement indique travailler pour le jour où les loups seront implantés et où il faudra agir.
C?est la raison d?être du plan de prévention des dégâts.
93 https://www.publico.es/public/quin-futur-llop-catalunya.html
94 https://www.grupllopcatalunya.cat/
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 153/284
12 Fiche Italie : Région autonome du Piémont
12.1 Présentation de l?élevage
Période de référence 2015-2019 - Italie entière
Au cours de la période 2015-2019, une moyenne d'environ 156 152 exploitations d'élevage avec
des bovins ou des buffles ont été enregistrées dans la base de données national (BDN). Parmi
ceux-ci, environ 98% étaient représentés par des troupeaux de bovins, tandis que les 2% restants
par des troupeaux de buffles.
https://www.vetinfo.it/j6_statistiche/#/
PUBLIÉ
https://www.vetinfo.it/j6_statistiche/#/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 154/284
Sur la base des données contenues dans le BDN, il ressort que le nombre d'exploitations bovines
en Italie a enregistré une diminution numérique au cours de la période en question passant de 169
601 en 2015 à 148 074 en 2019, avec une réduction de 12,7 % en 4 ans.
En revanche, le nombre de bovins enregistrés dans tout le pays a enregistré une légère
augmentation, passant de 5 890 000 en 2015 à 5 968 000 en 2019. Cela montre que la réduction
du nombre d'exploitations a surtout concerné les petites.
Le nombre moyen de têtes par exploitation est en effet passé de 34,7 en 2015 à 40,3 en 2019 avec
une augmentation de 16% en quatre ans.
Les troupeaux ovins et caprins enregistrés au BDN pour la période 2015-2019 s'élevaient en
moyenne à environ 144 634 têtes. Parmi ceux-ci, cependant, environ 23% ont été enregistrés en
Sicile ou en Sardaigne, deux régions situées en dehors de la zone de répartition du loup en Italie.
Toujours pour le secteur ovin et caprin, le nombre d'entreprises inscrites au BDN a montré une
diminution constante au cours de la période d'étude, passant de 147 405 exploitations en 2015 à
140 460 en 2019 soit une réduction de 5,1% en 4 ans.
Dans le prolongement de ce qui a déjà été mis en évidence pour l'élevage bovin, mais de manière
encore plus marquée, le nombre d'ovins et de caprins enregistrés dans l'ensemble du pays a
également enregistré une augmentation, passant de 4 964 000 en 2015 à 7 485 000 en 2019.
Mais dans ce cas également, il faut souligner qu'environ 50% des ovins enregistrés appartiennent
à des exploitations situées dans l'une des deux îles principales, bien que la tendance à
l'augmentation du nombre d'animaux élevés ne soit également évidente que pour les entreprises
de l'Italie péninsulaire.
Le nombre moyen de têtes par exploitation est ainsi passé de 33,7 en 2015 à 53,3 en 2019,
témoignant d'une augmentation progressive de la taille des troupeaux, probablement due à la
diminution des exploitations de petite taille.
12.2 Caractéristiques de la population de loup
12.2.1 Les effectifs de loup
ITALIE ENTIÈRE
Les résultats de la surveillance nationale du loup publiés en mai 2022, ont confirmé qu'au cours
des dernières décennies, l'espèce s'est développée naturellement dans la majeure partie de l'Italie.
Pour analyser plus en détail la complexité de la relation entre le loup et l'élevage, l?ISPRA (Istituto
Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale) a publié une étude sur l'estimation de l'impact
du loup sur l'élevage en Italie.
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-
lupo/impatto-del-lupo-sulle-attivita-zootecniche
La législation nationale et régionale prévoit que les Régions, les provinces autonomes et les parcs
nationaux compensent les dommages aux activités de production (cultures et élevage) causés par
les espèces sauvages, dont le loup. L'étude a recueilli, pour chaque année, des données relatives
aux événements de dommages signalés par les agriculteurs, y compris le nombre d'animaux
chassés par espèce, le lieu de la déprédation et le montant indemnisé pour chaque événement.
L'étude a analysé les dommages indemnisés par les administrations de 2015 à 2019. Elle a été
PUBLIÉ
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-lupo/impatto-del-lupo-sulle-attivita-zootecniche
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-lupo/impatto-del-lupo-sulle-attivita-zootecniche
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 155/284
menée dans le cadre du suivi national du loup, réalisé par l'ISPRA pour le compte du Ministère de
la Transition Ecologique.
Procédure de collecte des données
Les données permettant d'estimer l'impact du loup sur les activités d'élevage au cours de la période
2015-2019 ont été fournies par les bureaux compétents des Régions, des Provinces autonomes,
des Parcs nationaux et de certaines aires protégées régionales, suite à une demande formelle
transmise par l'ISPRA.
Plus précisément, 17 régions ont été impliquées (toutes sauf les îles principales), les provinces
autonomes de Trente et de Bolzano, 20 parcs nationaux (tous sauf ceux des îles), le parc naturel
régional Sirente Velino et les zones protégées régionales du Latium. L'implication directe de ces
parcs régionaux était nécessaire car, contrairement à ce qui se passe dans le reste de l'Italie, les
pratiques d'indemnisation des dommages causés par les loups dans les zones protégées du
Latium et de Sirente Velino sont gérées séparément de celles qui relèvent du territoire libre de la
région à auquel il appartient.
Localisation et nombre de loups en Italie :
Les résultats du premier suivi national du loup se référant à la saison de reproduction 2020-2021
indiquent qu?il y a entre 2945 et 3680 loups en Italie.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 156/284
PIEMONT
L'enquête réalisée est conforme aux critères définis à l'échelle nationale dans les "Lignes
directrices et protocoles de surveillance du loup en Italie" élaborés par l'ISPRA (Marucco et al.,
2020) et est le résultat d'un travail du Réseau Piémont composée au total de 528 opérateurs
appartenant à 73 Institutions et associations : Organismes gestionnaires d'espaces protégés
(Parcs Naturels Provinciaux, Régionaux et Nationaux), Administrations Provinciales et Régionales,
Carabiniers Forestiers, Districts Alpins et Territoires de Chasse, Sociétés de Chasse, Universités,
Associations de bénévoles appartenant à différentes catégories (randonnée, écologistes,
chasse)?
Entre le 1er octobre 2020 et le 30 avril 2021, 6367 données de présence ont été enregistrées dans
le Piémont (excréments, traces d'empreintes, observations documentées par vidéo/photo, loups
morts), 648 transects (= itinéraires préétablis à effectuer simultanément) ont été parcourus pour un
total de 5021,3 km et 187 pièges photographiques ont été utilisés.
L'aire minimale de présence documentée du loup dans le Piémont au cours de la période
2020/2021 a été évaluée à 19 900 km2 soit 62,5 % du territoire piémontais.
Le nombre d'unités de reproduction est estimé à 81 unités dont 68 meutes et 13 couples; parmi
ceux-ci, 10 meutes sont de type transrégional avec un territoire également en Ligurie (9) et en
Vallée d'Aoste (1).
Dans le détail, les unités reproductrices documentées dans la seule zone des Alpes piémontaises
sont au nombre de 60, dont 51 meutes et 9 couples, une augmentation par rapport à ce qui était
estimé en 2017/2018 dans le cadre du dernier échantillonnage à l'échelle régionale réalisé par le
Projet LIFE WolfAlps (2014 -2018).
Dans le reste du Piémont, en particulier dans la zone des Apennins/plaine, 21 unités de
reproduction ont été documentées, dont 17 troupeaux et 4 couples.
Enfin, lors de la saison 2020/2021, dans la région du Piémont, les 2 premiers cas de meutes
reproductrices avec hybridation entre loup et chien ont été détectées lors d'activités menées par
les organismes chargés du suivi de l'espèce (dans la province d'Alexandrie et dans la province de
Turin).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 157/284
La présence du loup dans la province d'Alessandria
Le réseau provincial de surveillance qui a participé à la surveillance du loup dans la province
d'Alessandria comprend : l'organisme de gestion des aires protégées des Apennins piémontais ;
l'Organisme de gestion des espaces protégés du Pô piémontais ; la province d'Alessandria, le
bureau technique provincial de la faune, la police provinciale et les gardes écologiques volontaires
(GEV) ; le Groupe des carabiniers forestiers (Carabinieri-Forestale) - Alessandria Forest
Carabinieri; le Club Alpin Italien (CAI) avec ses sections locales ; l'ASD La Ventura; l'Association
italienne des guides de randonnée environnementale (AIGAE) et d'autres bénévoles
indépendants.
58 transects systématiques ont été identifiés, parcourus sur la période du 1er octobre 2020 au 31
mars 2021 sur une base mensuelle ou bimensuelle selon leur classement et répartis en secteurs
sur une base géographique, pour une meilleure organisation du travail, pour un total de 433,6 km.
De plus, 63 pièges photographiques ont été utilisés, ce qui a permis de certifier 714 événements
d'observation de loups.
875 excréments de loups ont été collectés, 44 pistes enneigées ont été suivies, 13 carcasses de
proies ont été retrouvées (12 ongulés sauvages, 1 renard).
Par conséquent, 14 meutes ont été confirmées dans la province d'Alessandria, dont la plupart sont
répartis de manière continue et presque homogène le long des Apennins et des collines limitrophes,
dont plusieurs sont partagées avec la Ligurie. L'expansion de la distribution de l'espèce se confirme
avec la formation de nouvelles meutes dans les zones basses et vallonnées.
Dans les zones où l'espèce est présente depuis longtemps, comme les zones montagneuses des
Apennins, il y a donc une occupation complète du territoire, dans laquelle la présence de meutes
adjacentes les unes aux autres ne permet pas la formation de nouvelles unités de reproduction.
Par conséquent, les loups en dispersion à la recherche de nouveaux territoires pour s'installer se
déplacent plus fréquemment vers les zones de plaine, surtout où l'environnement conserve des
caractéristiques proches de la naturalité, telles que les bras fluviaux, dans lesquels trouver refuge,
et une disponibilité générale de proies, essentiellement garantie par la présence d'ongulés
sauvages.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 158/284
12.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Le Piemont Wolf Network https://www.centrograndicarnivori.it/progetti/progetto-lupo-piemonte est
composé d'un réseau d'opérateurs et de techniciens appartenant aux administrations publiques
qui collaborent avec des chercheurs du Centre des Grands Carnivores pour surveiller et gérer la
présence du loup au niveau régional.
Le Réseau Lupo Piemonte est composé de plus de 400 opérateurs appartenant à plus de 70
organisations et associations réparties sur tout le territoire alpin piémontais (espaces protégés
régionaux et nationaux, régions et provinces, la ville de Turin, les Carabinieri-Forestale et collabore
avec les Universités, les services régionaux de santé (ASL), l'Institut zooprophylactique
expérimental (IZS), les Communes alpines et les Territoires de chasse.
La préparation de l'échantillonnage annuel effectué ainsi que la collecte standardisée des données
de présence (voir Alpine Monitoring Strategy 2014, ISPRA Guidelines ) sont les outils nécessaires
pour surveiller les principaux paramètres de la population d'une manière reconnue au niveau
national et international ( Initiative des grands carnivores pour l'Europe ).
A ce jour, les dernières données sur la présence du loup au niveau régional sont celles relatives à
2017/2018 (données collectées de mai 2017 à avril 2018), où la présence de 33 meutes et deux
couples suivis a été signalée, pour un total d'au moins 195 loups dans le Piémont.
La surveillance en 2017/2018 a été principalement réalisée à travers l'échantillonnage d'indices de
présence indirecte (traces, excréments, etc.) détectés par le personnel technique spécialisé du
réseau Lupo Piemonte (https://www.centrograndicarnivori.it/lupo/network-lupo-piemonte ) assistée
d'une analyse génétique sur des tissus biologiques. Les prises de vues par pièges
photographiques ou les images de tiers sont également des données qui peuvent contribuer à la
surveillance. Un échantillonnage systématique à grande échelle a été réalisé le long d'un réseau
PUBLIÉ
https://www.centrograndicarnivori.it/progetti/progetto-lupo-piemonte
https://www.centrograndicarnivori.it/lupo/network-lupo-piemonte
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 159/284
de transects répartis sur tout le territoire, qui ont été parcourus régulièrement pendant les mois
d'hiver pour trouver des signes de présence. Des signes supplémentaires de présence ont été
collectés de manière opportuniste (l'échantillonnage est opportuniste lorsque des signes de
présence sont identifiés lors d'activités autres que la surveillance, par exemple lors de la vigilance).
Dans le Piémont, l'ensemble des données recueillies au fil des années décrit de manière
exhaustive la tendance de présence de l'espèce et le processus de colonisation sur le territoire
régional en cours depuis l'hiver 1995/1996.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 160/284
12.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
De 2018 à 2020, il n'y a pas d'estimation du nombre minimum de loups et du nombre de meutes
présentes dans le Piémont car aucun suivi approfondi et structuré n'a été effectué sur l?ensemble
du Piémont. Ce n'est que dans les provinces de Verbano Cusio Ossola et d'Alessandria que
l'échantillonnage systématique réalisé par le Réseau Territorial Loup du Piémont a permis de
collecter des données relatives à la présence et à la distribution du loup à l'échelle locale.
En octobre 2020, le suivi du loup sur le territoire régional a repris dans le cadre du Suivi National
du Loup 2020/2021 organisé par l'ISPRA pour le compte du Ministère de l'Environnement et qui a
clôturé la phase de collecte des données en avril 2021.
Le suivi effectué par le Piemont Wolf Network est réalisé dans le cadre du projet européen LIFE
Wolf Alps https://www.lifewolfalps.eu/fr/le-loup-dans-les-alpes/le-loup-dans-les-alpes-italiennes et,
avec les données des autres régions alpines, permettra une estimation actualisée de la population
de loups alpins en Italie.
Pour mieux planifier le suivi 2020/2021 dans le Piémont (et aussi dans les autres régions alpines),
les indices de présence possible du loup ont été collectés ponctuellement sur le territoire régional
de 2018 à 2020 (mai) et les zones de présence possible du loup considérant l'ensemble du territoire
régional découpé en cellules carrées de 100 km² (10 km de côté).
Cette première carte de répartition probable de l'espèce montre des signes d'expansion du loup
vers de nouvelles zones entre les contreforts et les zones de plaine. Dans la carte ci-dessous, les
cellules en vert foncé sont celles où l'implantation possible des meutes est hypothéquée sur la
base des données 2018-2020 où un échantillonnage plus intensif a été structuré. Les cellules en
vert clair sont celles présentant des signes de nouvelle présence de l'espèce qui doivent être
vérifiés par un échantillonnage poussé.
PUBLIÉ
https://www.lifewolfalps.eu/fr/le-loup-dans-les-alpes/le-loup-dans-les-alpes-italiennes
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 161/284
A l'intérieur des cellules, un réseau de transects (pour un total d'environ 5000 km) sera
périodiquement parcouru par les opérateurs de surveillance à la recherche de signes de présence,
plus ou moins intensément selon le type de cellules de prélèvement. Ce n'est qu'à la fin de
l'échantillonnage 2020/2021 (avril 2021) et avec les résultats des analyses génétiques effectuées
sur les échantillons qu'il sera possible d'avoir une image actualisée au niveau piémontais de la
répartition du loup et de sa présence estimée (estimation minimale du nombre de meutes et du
nombre d'animaux).
12.2.4 Viabilité de la population de loup
La mission n?a pas identifié d?étude et de seuil de viabilité.
12.3 Prédations sur les troupeaux
L?impact du loup sur les activités d?élevage est : mort du bétail, blessure ou perte, interruption des
gestations en cours.
L'étude qui a été menée n'a considéré que la mort de la proie, documentée et avérée. De plus, les
dégâts des loups pris en compte dans l?enquête sont uniquement ceux détectés par les systèmes
de compensation que chaque Région et Parc a mis à disposition pour la période de référence.
Par « système de compensation », on désigne l'ensemble des réglementations et des procédures
qui déterminent le processus qui va de l'événement de prédation, sa déclaration, la demande
d'indemnisation, l'inspection pour la vérification et la quantification du dommage, jusqu'à la
liquidation de la part d'indemnisation.
Les quantifications présentées dans l?étude sont des données minimales car tous les dégâts
causés par les loups ne sont pas détectés, signalés et indemnisés.
À cause de la fragmentation réglementaire qui caractérise les systèmes d'indemnisation des
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 162/284
dommages causés par le loup, une forte hétérogénéité et, dans certains cas, une incomplétude
des données mises à disposition par les différentes instances ont été constatées.
Il est donc difficile de comparer différentes zones géographiques et administratives.
Quelques chiffres sur les prédations des loups
Source : https://www.isprambiente.gov.it/public_files/StimaImpattoLupoAattivitaZootecniche.pdf
368 élevages, soit 20,5 % des entreprises touchées par au moins un dommage ont perdu 62,2 %
de l'ensemble des proies du bétail. Ces élevages, classés comme points chauds d'impact du loup
sur l'élevage, se sont avérés répartis dans 177 communes.
Une distribution similaire des déprédations constatées a également été trouvée pour les élevages
ovins et caprins pour lesquels une fraction minoritaire des élevages touchés a perdu la majorité
des animaux. Ainsi 922 exploitations, correspondant à 25,9% du total, ont perdu 73,3% des proies
ovines. Ces entreprises se sont avérées être réparties dans 416 municipalités, identifiées comme
des zones sensibles avec les coûts les plus élevés pour le système de compensation au niveau
national.
Au total, en référence à la période 2015-2019, des données relatives à 17 989 événements de
prédation confirmés ont été collectées, pour une moyenne d'environ 3 597 événements chaque
année. La tendance des événements de prédation au niveau national est à la hausse, à l'exception
de 2016, où toutes les statistiques (nombre d'événements de prédation constatés, nombre
d'animaux prédatés, indemnisations accordées) ont baissé. Le nombre d'événements de prédation
confirmés est passé de 3 325 en 2015 à 4 107 en 2019, soit une augmentation de 23,5 %.
Suite aux 17 989 événements de prédation au total, un total de 43 714 têtes de bétail ont été
enregistrées comme étant prédatées, pour une moyenne d'environ 8 742 têtes chaque année.
Parmi les animaux prédatés, 82,0% étaient des moutons et des chèvres, soit une moyenne de 7
171 animaux par an; 14,2% étaient des bovins, soit une moyenne de 1 439 têtes par an; 3,2 % des
têtes indemnisées sont des chevaux, pour une moyenne de 280 têtes par an ; des prédations
restantes compensées, 0,1 % concernaient des porcs, 0,1 % concernaient des espèces avicoles
PUBLIÉ
https://www.isprambiente.gov.it/public_files/StimaImpattoLupoAattivitaZootecniche.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 163/284
et 0,4 % étaient représentés par la prédation sur d'autres espèces ou par des cas indéterminés.
12.4 Politique publique de gestion du loup
12.4.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
Organisation administrative de la gestion du loup
La gestion du loup nécessite une ampleur et une continuité des interventions difficiles à obtenir
dans le cadre de la fragmentation administrative infranationale italienne.
Les règles nationales se réfèrent à une application régionale en matière de conservation et de
gestion. Les Régions disposent des outils pour intervenir efficacement, mais leur action doit
s'exercer de manière coordonnée au sein d'un système de répartition des compétences et des
responsabilités.
Dans le cadre des attributions des Ministères, des Régions et des Provinces autonomes établies
par la législation en vigueur, les engagements que chaque administration assume vis-à-vis du loup
sont ceux contenus dans les actions indiquées dans la partie 3 du Plan d'action :
https://www.iononhopauradellupo.it/wp-content/uploads/2019/04/Piano-lupo-marzo2019.pdf
L'acte d'engagement de chaque Administration sera donné par l'approbation en Conférence Etat-
Régions.
Dans ce contexte, notamment en relation avec la Loi 157/92 et la Directive Habitats, le MATTM
(Ministero dell'Ambiente e della Tutela del Territorio e del Mare) est le principal dépositaire des
PUBLIÉ
https://www.iononhopauradellupo.it/wp-content/uploads/2019/04/Piano-lupo-marzo2019.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 164/284
politiques de gestion en ce qui concerne le régime général de protection et l'interface avec la
Commission européenne.
Le MATTM favorise donc l'implication du Ministère des Politiques Agricoles, Alimentaires et
Forestières pour une collaboration concrète sur le thème des conflits loup-élevage, et du Ministère
de la Santé pour tous les aspects liés aux pathogènes, à la gestion des chiens errants, aux
contrôles sanitaires du bétail et à l'utilisation de poisons.
Le MATTM favorise la mise en oeuvre du Plan par une coordination à l'échelle nationale entre les
Régions, les Provinces Autonomes et les Aires Protégées Nationales afin de contribuer à
l'optimisation des moyens et programmes régionaux et assurer la contribution et l'intégration des
plans de travail des toutes les entités administratives. Le besoin et la demande des administrations
régionales et provinciales de disposer de documents, de lignes directrices et de règlements types
auxquels se référer afin d'uniformiser les procédures régionales ont été signalés à plusieurs
reprises : la MATTM a la responsabilité de répondre à ce besoin de coordination qui est essentiel
pour l'efficacité de toutes les actions incluses dans le plan.
Actions et interventions territoriales
Les Régions et les Provinces Autonomes sont les principaux acteurs de la gestion du loup sur leur
territoire, mais il est indispensable qu'elles collaborent avec les Régions et Provinces Autonomes
adjacentes, les Aires Protégées Nationales et Régionales qui en relèvent et interagissent avec
l'ISPRA (Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale) et MATTM pour les
techniques et politiques mises en oeuvre. Dans ce contexte, le Ministère évalue avec les Régions
les documents, les lignes directrices, les actions spécifiques et les projets expérimentaux utiles
pour une gestion et une conservation plus efficaces du loup en conformité avec les besoins de
conservation de l'espèce et prend en compte les spécificités locales dans le but d'atténuer les
conflits avec les activités humaines. Le Ministère s'engage également à évaluer avec les Régions
les possibilités de financement des actions et proiets les plus pertinents.
Les principales actions sur lesquelles une comparaison nationale ou interrégionale sont mise en
oeuvre sont : les campagnes de recherche scientifique, la surveillance à moyen et long terme, les
politiques de prévention et d'indemnisation des dommages, les politiques de lutte contre les chiens
errants, les campagnes d'information du public. Compte tenu de la situation et de l'importance
particulières de l'espèce et compte tenu de ses caractéristiques, de son importance d'un point de
vue social et culturel, ainsi que du rôle écologique particulier qu'elle joue dans les écosystèmes,
outre les seuls besoins de la recherche scientifique, les dérogations déjà prévues par l'article 16
de la directive « Habitats » 92/43/CEE et l'article 11 du décret présidentiel 357/97 ne peuvent être
demandées par les régions, les provinces autonomes et les parcs nationaux que dans des
situations à caractère exceptionnel.
Bien qu'aucune aire protégée ne dispose d'une superficie permettant d'assurer la conservation
d'une population vitale de loups, la protection de noyaux sources reliés par des aires de connexion
fonctionnelles peut permettre une conservation efficace au niveau de la métapopulation.
L'interdiction de la chasse dans les zones protégées établie par la loi 394/91 évite d'éventuels
conflits avec les activités de chasse et réduit le risque de braconnage.
Outre la protection directe des populations de loups, les aires protégées (dont le réseau Natura
2000) jouent un rôle primordial dans divers autres secteurs clés de la conservation de cette espèce,
notamment pour la mise en oeuvre de programmes de suivi des populations, la recherche sur la
biologie et l'écologie de l'espèce et de la communication et de l'information aux différentes parties-
prenantes.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 165/284
A cet égard, il convient de souligner l'importance des programmes de valorisation du loup d'un
point de vue touristique et économique, afin de favoriser une opinion plus positive des riverains.
ISPRA, réseau technique et Observatoires Régionaux
ISPRA est le référent technique national qui accompagne le MATTM, les Régions, les Provinces
Autonomes et les Aires Protégées Nationales dans leur action de gestion, en lien avec les
Observatoires Régionaux lorsqu'ils existent. Les Observatoires Régionaux sont les Observatoires
Régionaux de la Biodiversité (conformément à la Stratégie Nationale) et les Observatoires
Régionaux de la Faune.
Plateforme Nationale Loup
Dans certains pays européens (ex. France, Suède) a été mis en place un forum de consultation
des principaux groupes d'intérêt (agriculteurs, chasseurs, écologistes, opérateurs touristiques,
chercheurs, communicants, etc.) sur les questions de gestion du loup.
Cette plateforme, aux fonctions purement consultatives et de proposition, est utile pour partager et
valoriser les positions des différents groupes d'intérêt. Il n'a pas de fonction décisionnelle mais est
responsable de la connexion et de la transmission d'informations aux différents secteurs de la
société qui le concernent. Dans celui-ci, les Institutions compétentes rendent compte aux
différentes parties prenantes de l'état d'avancement du Plan. Cette bonne pratique a déjà démontré
son efficacité dans les expériences positives réalisées avec le réseau d'aires protégées créé à
l'occasion du programme LIFE WOLFNET.
Une plateforme nationale devrait être mise en place au MATTM. Par ailleurs, la mise en place de
plates-formes locales au niveau de régions individuelles ou de zones géographiques plus étendues
(par exemple : arc alpin, Apennin central, etc.) est laissée à la décision des Régions pour
discussion avec les acteurs locaux.
Bureau Régional de Gestion du Loup
Les Régions et les Provinces Autonomes peuvent mettre en place, si elles le jugent utile, un Bureau
Local de Gestion des Loups avec des missions, des rôles et des pouvoirs à définir (dont, par
exemple, la gestion des conflits avec les éleveurs, l'évaluation de l'efficacité des mesures de
résolution des conflits et l'étude des solutions alternatives possibles). Ces Bureaux de Gestion
peuvent envisager l'implication des différentes instances concernées. Le Bureau de Gestion pourra
s'appuyer sur un tableau technique qui prévoit la participation de personnalités
professionnellement formées pour fournir des indications sur les plans de suivi, de gestion et
d'évaluation. Dans tous les cas, il faut qu'au niveau de chaque administration régionale les
structures en charge des questions concernant la gestion du loup soient clairement identifiées,
laissant ensuite à chaque administration le soin d'identifier les solutions d'organisation à adopter.
Certaines Régions et Provinces ont jugé utile de mettre en place une Task Force Loup à l'échelle
régionale qui devra être coordonnée avec le Bureau de Gestion, devra adopter un protocole
opérationnel d'intervention standardisé et fonctionnera avec un personnel qualifié et dûment formé
(par exemple, aires protégées, Métropole, police territoriale, professions libérales bénévoles).
Enfin, les actions (ou une partie d'entre elles) envisagées pour la gestion du loup hors des aires
protégées sont prises en considération et développées en collaboration avec les offices en charge
de la gestion de l'activité cynégétique et dans le cadre de la gestion de la faune.
12.4.2 Plan de gestion du loup
https://www.iononhopauradellupo.it/wp-content/uploads/2019/04/Piano-lupo-marzo2019.pdf
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 166/284
Coûts globaux de la politique
Les sommes accordées à titre d'indemnisation durant la période 2015-2019 se sont élevées à 9
006 997 ¤ pour une moyenne de 1 801 367 ¤ par an.
La tendance dans le temps a montré une diminution des montants accordés entre 2015 et 2016,
suivie d'une augmentation progressive les années suivantes, ce qui a ramené ces montants aux
niveaux de référence de 2015. Il convient de noter que les montants versés à titre de compensation
font référence à 77 % des événements de prédation, car dans les 23 % restants, aucune
information n'était disponible concernant une éventuelle compensation économique des
dommages.
Il existe une longue chaîne d'événements reliant la prédation d'un animal d'élevage à la
compensation économique du dommage, chaîne qui peut être interrompue en divers points. Tout
d'abord, toutes les proies ne sont pas retrouvées par les éleveurs, surtout si la carcasse est
prélevée et transportée par le loup dans des milieux difficiles d'accès. Les agriculteurs touchés par
les dommages ne demandent pas toujours une indemnisation. Cela peut être dû au fait que
certaines administrations lient le versement des indemnités à la présence de mesures de
prévention (pas toujours présentes dans l?élevage), mais aussi à de longs délais d'attente pour le
versement des indemnités. Sur la période 2015-2019, le temps moyen écoulé entre la demande
d'indemnisation et son versement était égal à 201 jours, mais avec de grandes différences entre
les différentes administrations. 17 % des déprédations reconnues ont été indemnisées dans les 60
jours suivant la demande, tandis que plus de 365 jours se sont écoulés dans 16 % des cas. Enfin,
dans certains cas, les éléments matériels n'existaient pas pour constater que la prédation avait
bien eu lieu par le loup.
PIEMONT
Au cours de la période 2015-2019, une moyenne de 13 249 ( ±1 000,2 ET) exploitations bovines
ont été enregistrées dans la Base de données nationale du Piémont. Le nombre d'exploitations
bovines a diminué de 16,6% au cours de la période. Le nombre total d'animaux présents dans la
région était en moyenne de 795 768 ( ±10 619 ET) et a connu une augmentation de 3,2 % au
cours des années 2015-2019. Le nombre moyen de têtes par exploitation était de 60,4 ( ±5,3 DS),
avec une augmentation progressive sur toute la période étudiée (Fig. 33c). La répartition
géographique des bovins au niveau régional est illustrée à la Fig. 34
Pour la région du Piémont, en référence à la période 2015-2019, des données relatives à 729
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 167/284
événements de prédation avérés ont été fournies, pour une moyenne de 145,8 ( ±55,8 ET)
événements chaque année. La tendance temporelle des événements de prédation au niveau
régional a montré une tendance générale à la hausse, passant de 260 en 2015 à 420 en 2019.
Suite aux 729 événements de prédation au total, un total de 1 620 têtes de bétail ont été
enregistrées comme prédatées, pour une moyenne de 324 ( ±86,9 ET) têtes chaque année. Parmi
les proies, 89,4 % étaient des ovins et des caprins, soit une moyenne de 289,8 têtes par an ( ±81,5
ET), tandis que 10,6 % des proies étaient des bovins, pour une moyenne de 34,2 têtes par an ( ±
8,5 DS). Le nombre d'animaux prédatés a également montré une tendance générale à la hausse,
tant pour les bovins que pour les ovins et les caprins.
Les informations concernant le prédateur tenu responsable des dommages suite à l'inspection
n'étaient pas disponibles dans la base de données mise à disposition, il n'a donc pas été possible
de calculer des statistiques concernant cet aspect.
En ce qui concerne les sommes accordées à titre de compensation, celles-ci n'étaient disponibles
pour aucun des événements de prédation constatés, il n'a donc pas été possible de produire des
statistiques synthétiques.
La date de l'événement de prédation était disponible dans 100% des cas. Conformément aux
données nationales, le phénomène a été confirmé comme concentré dans les mois d'été (juillet-
septembre), au cours desquels 59,4 % de toutes les déprédations ont eu lieu.
Dans 65 cas (8,9% du total), aucune des mesures préventives possibles n'avait été mise en oeuvre
par l'exploitation victime du dommage au moment de la prédation ; dans 118 événements de
prédation (16,2 % du total), des chiens de garde étaient présents; dans 196 cas (26,9% du total)
la présence d'une clôture, électrifiée ou non, ou d'un abri a été signalée ; enfin, dans 9 cas (1,2 %
du total) la présence de répulsifs acoustiques a été indiquée.
12.4.3 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Présence du berger dans le pâturage
La présence continue de l'éleveur dans les alpages est l'exigence fondamentale non seulement
pour assurer une gestion correcte des animaux et une utilisation rationnelle des pâturages, mais
aussi pour réduire la prédation (à la fois directement en contrôlant ce qui se passe dans les
pâturages et indirectement par l'utilisation et la gestion d'autres systèmes anti-prédateurs). À cette
fin, il est nécessaire de promouvoir et de soutenir la permanence des agriculteurs dans les alpages
également par des interventions de soutien appropriées visant à résoudre les différents problèmes
logistiques de la montagne, tels que la disponibilité de routes et de sentiers forestiers qui facilitent
les déplacements, les hébergements d'altitude (récupération/construction de structures
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 168/284
d'habitation, mise à disposition de structures provisoires, fourniture d'eau potable et d'électricité),
instruments divers (bonne diffusion du réseau téléphonique GSM).
Clôtures électriques
La clôture électrifiée est une barrière physique à effet psychologique pour les animaux qui entrent
en contact avec elle : en touchant la clôture, les animaux reçoivent un choc intense et douloureux
qui restera gravé dans leur mémoire et les dissuadera de tout contact ultérieur. De plus, la clôture
émet des bruits faibles qui sont perçus même de loin et qui représentent un signal ayant un effet
dissuasif. Il existe différents types de clôtures électriques sur le marché en fonction des besoins de
l'éleveur, de l'espèce et du nombre d'animaux à contenir et du type de pâturage dans lequel ils
doivent être montés. Les principales différences concernent la hauteur de la clôture, la solidité des
poteaux de support, l'ampérage et la tension et la puissance du panneau solaire. Les clôtures
électriques sont principalement utilisées pour le confinement nocturne des animaux (dans le cas
des ovins et des caprins), mais aussi pour protéger les animaux sur le point de mettre bas et les
nouveau-nés (situation qui peut être étendue à toutes les espèces).
Mesures préconisées pour le bon fonctionnement des clôtures électriques
? Préférez une clôture avec un périmètre sans angles : les animaux apeurés ont
tendance à courir le long du périmètre du filet et, en présence d'angles, pourraient
s'agglutiner, casser la clôture et annuler son effet protecteur.
? Prévoir, si nécessaire, une « double clôture » : deux clôtures concentriques séparées
par un couloir d'environ 2 mètres, de manière à éviter que le bétail ne soit en contact
étroit avec d'éventuels prédateurs et limiter ainsi les réactions de panique pouvant
conduire à l'abattage de la clôture.
? Effectuez un nettoyage régulier du sol là où le filet repose sur le sol. La clôture doit être
vérifiée régulièrement pour s'assurer que la végétation n'entraîne pas de
dysfonctionnement du système d'électrification. Une aide est l'utilisation d'un testeur
qui fournit des informations sur la tension et l'intensité de la clôture, facilitant
l'identification d'un dysfonctionnement.
? Faites attention au positionnement de la clôture près des zones en pente, en utilisant
un filet plus haut dans les zones « amont » : les prédateurs venant d'en haut sont plus
faciles à sauter par-dessus la clôture.
? Gardez toujours la clôture active afin qu'elle constitue une barrière "fixe" notamment
contre les autres animaux sauvages qui fréquentent la zone (cerfs et sangliers) et qui
pourraient l'abîmer.
? Utilisez des électrificateurs, des batteries, des systèmes de mise à la terre adaptés à
la taille de la clôture, en vous rappelant que la tension de l'impulsion électrique doit
être d'environ 8 000 - 10 000 Volts pour dissuader les prédateurs de tout contact
? Bien fixer la clôture au sol surtout en cas de dépressions (par exemple à l'aide de tiges
en U), et éviter que le filet ne forme des poches dans lesquelles les animaux pourraient
s'emmêler.
Chiens de garde
Les chiens de garde se sont révélés être un excellent moyen de prévention contre les dégâts de
prédation même dans les contextes où la topographie, la présence d'une végétation arbustive
étendue ou la présence d'un brouillard épais rendent difficile la surveillance de l'ensemble du
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 169/284
troupeau même par le berger.
Les principales races utilisées dans les Alpes pour la protection du bétail contre les prédateurs sont
le chien de montagne des Pyrénées (Patù) et le berger de la Maremme des Abruzzes. L'intégration
correcte du chien de garde dans le contexte zootechnique dépendent de divers facteurs tels que
ses caractéristiques génétiques, le type de gestion du bétail dans lequel il est inséré, la zone dans
laquelle le bétail paît, mais surtout une bonne gestion de la phase d'éducation/socialisation des
chiots.
En particulier, les caractéristiques comportementales qui doivent être stimulées dans la phase
éducative des premiers mois de vie sont : l'attention (fort attachement du chien au bétail et un fort
sentiment de protection); fiabilité (absence d'instinct de prédateur envers le bétail) ; protection
(action de défense du bétail contre les prédateurs).
Une bonne gestion des chiots permet de limiter les problèmes liés à leur agressivité envers les
personnes. Les chiens commencent à travailler efficacement à partir de 2 ans mais il est très
important qu'ils accompagnent le bétail au pâturage dès les premiers mois afin qu'ils apprennent à
connaître le territoire dans lequel ils devront travailler. La présence de chiens dans les alpages ne
remplace pas l'éleveur dans la gestion du cheptel qui devra favoriser le travail des chiens en
regroupant le bétail en pâturage et en le rassemblant pour la nuit. L'éleveur devra également
exercer un contrôle sur le comportement du chien lui-même, l'empêcher de s'éloigner du bétail et
de s'approcher des passants.
Bornes
Elles ont pour fonction d'effrayer les prédateurs en les éloignant du bétail domestique. Ils ont
tendance à avoir une efficacité limitée dans le temps et ne doivent donc être utilisés qu'en cas de
risque réel d'attaque (par exemple lorsque le prédateur est signalé à proximité de l'alpage) et non
en prévention habituelle.
Dissuasion acoustique - Il s'agit d'appareils électroniques qui émettent des sons préenregistrés
(voix de personnes, coups de fusil, bruits forts en général) à intervalles programmés ou, s'ils sont
équipés de capteurs d'activation infrarouges, au passage d'animaux. Généralement les sons sont
émis du coucher au lever du soleil avec des intervalles de 30 minutes. Les bornes sont
positionnées à proximité du bétail à protéger (qui doit être regroupé dans une zone restreinte) et
de manière à ce que les sons puissent être entendus à de grandes distances.
Dissuasion optique lumineuse - Il s'agit de feux clignotants intermittents (du type de ceux utilisés
sur les chantiers routiers) qui sont positionnés le long du périmètre de la clôture. Ceux-ci peuvent
également être équipés d'un capteur d'activité qui les active au passage des animaux.
Répulsifs optiques (fladry) - Ce sont de petits drapeaux en nylon rouge (dimensions 50 x 10 cm)
attachés à une corde placée à une hauteur d'environ 90 cm du sol. Leur mouvement les fait
percevoir par le loup comme une sorte de barrière physique à ne pas franchir. Les fladry ont
l'inconvénient de nécessiter un entretien constant car ils peuvent facilement s'effilocher et se
coincer dans les arbustes. Certaines études ont montré qu'il est possible de prolonger l'efficacité
des fladry en les fixant à un fil électrifié (turbofladry).
12.4.4 Indemnisations des dégâts liés au loup
Source : https://bandi.regione.piemonte.it/contributi-finanziamenti/difesa-bestiame-risarcimento-
danni-predazioni-grandi-carnivori-bando-22022
Les éleveurs d'ovins, de caprins, de bovins, de chevaux ou d'autres espèces d'intérêt zootechnique
qui paissent sur le territoire de la Région du Piémont, inscrits au Registre Agricole Régional qui
PUBLIÉ
https://bandi.regione.piemonte.it/contributi-finanziamenti/difesa-bestiame-risarcimento-danni-predazioni-grandi-carnivori-bando-22022
https://bandi.regione.piemonte.it/contributi-finanziamenti/difesa-bestiame-risarcimento-danni-predazioni-grandi-carnivori-bando-22022
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 170/284
adoptent les mesures de prévention prévues pour la saison de pâturage 2022, ont droit à une aide.
La dotation financière s?élève à 585 250,64 ¤
L'aide est reconnue aux éleveurs qui adoptent les mesures préventives visées à l'annexe 1 du
DGR 29 avril 2022, n. 25-4960 :
a) clôtures pour abri de nuit dimensionnées en fonction du nombre d'animaux selon l'un des types
décrits à l'art. 8 visé à l'annexe 1 du DGR 29 avril 2022, n. 25-4960 ou prévoir l'hébergement
nocturne des animaux;
b) au moins deux chiens de garde (les chiens doivent être inscrits au registre canin et appartenir
exclusivement aux races : Berger de la Maremme-Abruzzes, Bouvier des Pyrénées);
c) la garde des animaux par l'agriculteur, la famille ou son personnel ou des clôtures pour toute la
zone de pâturage selon l'un des types décrits à l'art. 8 visé à l'annexe 1 du DGR 29 avril 2022, n.
25-4960;
d) des dispositifs de dissuasion pour la faune qui détectent l'approche des animaux et des
personnes vers les zones d'abri/pâturage.
Pour pouvoir accéder aux aides à la prévention, les éleveurs doivent obligatoirement assurer la
prescription c) et avoir mis en oeuvre au moins un des systèmes de défense visés a) ou b).
Les éleveurs s'engagent, en cas de contrôle sur place, à justifier de la possession des dispositifs
de prévention mis en place ou de la documentation relative à leur utilisation en période de pâturage.
Les caractéristiques techniques des méthodes de prévention sont décrites à l'art. 8 de l'annexe 1
du DGR 29 avril 2022, n. 25-4960.
Sur la base des systèmes de défense adoptés, et de la prédation réussie, une note est attribuée à
l'éleveur individuel, chaque point déclaré se voit attribuer une valeur en euros égale à 150 ¤ :
Le montant de l'aide pour chaque agriculteur sera déterminé dans le cadre du montant total, qui
pour 2022 s?élève à 584 750,64 euros, diminué du montant nécessaire au paiement des indemnités
pour déprédations (prévu dans les appels d'offres dédiés de 2022), basé sur :
? les demandes reçues ;
? le nombre d'engagements pris dans les actions de prévention ;
? la prédation des animaux en détention dans la période définie par l'annonce ;
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 171/284
? le montant du lot ne pourra en aucun cas dépasser la limite maximale de 3 000,00 euros
et pourra faire l'objet de réductions sur la base des dispositions de l'art. 10 de l'annexe 1
au DGR 29 avril 2022, n. 25-4960 ;
? les contributions à la prévention ne sont pas déboursables pour les groupements d'ovins,
caprins, bovins, équins ou autres espèces d'intérêt zootechnique comptant moins de 10
animaux inscrits au BDN (s'il existe pour l'espèce d'élevage) à la date d'ouverture de l'appel
d'offres;
? les contributions à la prévention ne sont pas dues si, suite à l'application des priorités en
vertu de l'art. 10 de l'annexe 1 au DGR 29 avril 2022, n. 25-4960, le montant admis est
inférieur à 100 ¤.
Dans le respect du plafond de 3 000 euros, une contribution de 60 % hors charges fiscales est
également constatée sur présentation du justificatif de paiement de la police d'assurance couvrant
la responsabilité civile envers les tiers pour les chiens de garde déclarés à la demande ou, en cas
de garantie responsabilité civile entreprise, une déclaration de l'organisme d'assurance doit être
présentée sur le montant de la part de la garantie concernée, dans ce cas l'aide maximale reconnue
est égale à 60 ¤.
Si le budget disponible est dépassé, le montant sera réduit du même pourcentage de l'aide établie
au point 10) de l'annexe 1 à la DGR 29 avril 2022, n. 25-4960.
Le bénéficiaire peut ne pas avoir demandé et ne pourra pas demander ultérieurement d'autres
subventions publiques (selon d'autres réglementations régionales, nationales ou communautaires
ou en tout cas de nature publique) pour les mêmes éléments couverts par la demande visée dans
la présente annonce.
Pour pouvoir accéder à l'aide, les éleveurs doivent présenter une certification appropriée du
vétérinaire, qui doit déclarer les numéros de série des animaux tués par prédation.
Si le vétérinaire ASL ne peut pas effectuer l'inspection à temps, il est possible de soumettre la
documentation attestant que la demande d'inspection pour prédation et la documentation relative
à la prédation (auto-certification et relevés photographiques) ont été envoyées à l'ASL locale.
Le bénéficiaire ne peut se prévaloir d'une couverture d'assurance pour ce type de dommage et ne
peut donc pas avoir obtenu le remboursement des faits de prédation mentionnés dans l'attestation
vétérinaire ASL jointe à la demande.
Les indemnités de cette annonce ne peuvent être cumulées avec d'autres indemnités, même de
nature assurantielle, auxquelles l'intéressé a droit pour le même dommage.
Les mesures de gestion adéquates visant à prévenir les dommages sont également considérées
comme des systèmes de prévention, comme, par exemple, l'hébergement pour la nuit dans l'étable
et surveillance directe; un lien de causalité direct doit également être établi entre le dommage subi
et le comportement de l'animal protégé.
Pour toutes les espèces, l'indemnisation des dommages directs est égale à 100% de la valeur
commerciale de la tête morte ou perdue du fait de la prédation, en se référant au tableau en annexe
2 du présent acte, rédigé sur la base des valeurs indiquées par ISMEA ou par la Chambre de
Commerce de Cuneo.
L'indemnisation, visée au point précédent, est majorée de 15% si l'animal est gestant et que cette
circonstance a été signalée dans le rapport de l'ASL.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 172/284
L'indemnisation des dommages indirects est reconnue comme suit :
80% des dépenses vétérinaires et pharmaceutiques engagées et documentées pour les animaux
blessés, hors TVA, jusqu'à un maximum égal à la valeur du bien lui-même. Les dépenses ci-dessus
seront reconnues si le document fiscal pertinent a été délivré dans les 30 jours suivant l'événement
prédateur qui a causé le préjudice;
50% des dépenses engagées pour l'enlèvement et l'élimination des animaux établis avec le décret
du Ministère des Politiques Agricoles, Alimentaires et Forestières n. 2486 du 6 mars 2020 et
modifications ultérieures;
une indemnité forfaitaire de compensation des pertes de production conformément aux
dispositions de l'art. 4 de l'annexe 1 à la DGR n. 25-4960 du 29 avril 2022.
Les frais encourus par le propriétaire de l'animal blessé (documentation fiscale valide) doivent être
directement liés à la prédation :
? les frais vétérinaires peuvent être reconnus s'ils sont documentés par la facture acquittée
du vétérinaire et si la facture indique que la prestation est payée pour l'animal ou les
animaux objets de l'attaque attestée dans le rapport de prédation;
? les frais d'enlèvement et d'élimination peuvent être reconnus s'ils sont documentés par la
facture qui doit mentionner le code d'enregistrement dans la base de données nationale
des animaux collectés et le poids des animaux enlevés et éliminés.
Les dépenses précitées ne peuvent être reconnues aux agriculteurs qui ont souscrit une police
d'assurance (subventionnée ou non) pour l'enlèvement et l'élimination des animaux tombés.
Les pertes causées au bétail ne sont pas remboursables dans les cas suivants :
? dans le rapport d'expertise vétérinaire, la prédation par un grand carnivore (loup/canidé)
est douteux, exclu ou invérifiable;
? les dommages au cheptel qui, au moment de l'attaque du prédateur, ne sont pas inscrits
au registre national du cheptel (BDN) pour l'espèce pour laquelle il est envisagé, sauf s'il
s'agit de jeunes spécimens (ne relevant pas encore de l'obligation de marquage et
d'inscription dans le registre du bétail);
? les dommages subis à la suite de la non-application d'au moins un système de prévention
conformément à l'article 8 du DGR n. 25-4960 du 29 avril 2022;
Les dommages non certifiés par le vétérinaire de l'ASL : les remboursements des animaux morts,
blessés et disparus suite à l'événement prédateur non indiqué dans le rapport ASL; les morts
attribuables à des causes autres que la prédation par des animaux protégés ; les dommages subis
par les entreprises qui ne respectent pas les règlements de la police vétérinaire.
AUTRES SOURCES
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-lupo/risultati
https://www.centrograndicarnivori.it/lupo
PUBLIÉ
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-lupo/risultati
https://www.centrograndicarnivori.it/lupo
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13 Fiche Slovaquie
La documentation essentielle est le « Programme de soins du loup gris en Slovaquie », approuvé
par le ministère de l'environnement en 2016 pour action 2016-2025.
https://www.sopsr.sk/files/PS-o-vlka-draveho-na-Slovensku.pdf
13.1 Présentation de l?élevage
Les moutons, chèvres et bovins sont élevés en pâturage. C?est la méthode traditionnelle pour
élever ces animaux en Slovaquie. Elle est souhaitée du point de vue des bonnes conditions de vie
des animaux, ainsi que de la durabilité de la nature et du paysage.
Source : https://www.pssr.sk/index.php/sk/sumarne-pocty-a-zoznamy-fariem/
Plemenárske sluzby Slovenskej republiky / Services d'élevage de la République slovaque
PUBLIÉ
https://www.sopsr.sk/files/PS-o-vlka-draveho-na-Slovensku.pdf
https://www.pssr.sk/index.php/sk/sumarne-pocty-a-zoznamy-fariem/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 174/284
13.2 Caractéristiques de la population de loup
13.2.1 Les effectifs de loup
Tendance de la population de loups en Slovaquie (source : Hunting Statistical Yearbook)
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 175/284
13.2.2 2.2 Méthode de dénombrement du loup
Cartographie des zones de présence du loup
13.2.3 3 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
Les attaques de loups causent des dégâts nettement plus importants que les ours et peuvent
toucher jusqu'à 30 % des troupeaux chaque année. Environ 80 % des pertes surviennent dans
environ 12 % des exploitations.
Les éleveurs de bétail prennent actuellement des mesures préventives pour prévenir les
dommages causés par les loups : bergers, chiens, clôtures.
Dans le même temps, il n'existe actuellement aucun mécanisme pertinent pour compenser
l'augmentation des dépenses en mesures préventives par l'État, ce qui fait peser une charge
économique sur les éleveurs dans les zones à risque. Cependant, les conditions locales, en
particulier l'utilisation de mesures préventives, ont une grande influence sur l'ampleur des pertes
de moutons dans les troupeaux individuels (RIGG 2004, RIGG & GORMAN 2006, RIGG et al. 2011,
SOP SR 2015).
Dans certains cas, des pertes élevées sont associées à une application insuffisante des mesures
préventives. Les problèmes peuvent être causés par une utilisation ou un entretien incorrect des
clôtures, un enclos insuffisamment sécurisé, des chiens de garde inadaptés ou mal utilisés. Les
éleveurs ont donc besoin d'un manuel méthodique uniforme qui contiendrait des procédures
normalisées pour l'application de mesures préventives afin de prévenir de telles lacunes. Le
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 176/284
problème se pose notamment avec l'utilisation de chiens de garde, les éleveurs craignant que des
chiens en liberté puissent dans certains cas mettre en danger le grand public.
Les dégâts causés par les loups au bétail sont connus depuis l'Antiquité et se poursuivent encore
aujourd'hui. Dans une large mesure, ils sont influencés par le rapport mutuel de la biomasse des
ongulés sauvages et des animaux d?élevage. Tant que les loups disposent de suffisamment de
proies naturelles, les dommages causés aux animaux domestiques sont d'une importance
secondaire d'un point de vue économique.
Les troupeaux de chèvres et de moutons non protégés sont des proies faciles pour le loup. Des
recherches ont indiqué que certaines meutes peuvent se spécialiser dans les animaux d?élevage.
Les habitudes alimentaires des loups étant transmises par l'apprentissage des parents à la
progéniture, il est fort probable que la tradition d'attaque des animaux de ferme fasse partie de la
vie de certaines meutes (SKUBAN 2005, FINÔ, SKUBAN 2011).
Actuellement, plusieurs registres de dommages sont conservés en Slovaquie. Les dommages aux
animaux d'élevage et au gibier assurés par la commission sont enregistrés par la Protection
nationale de la nature de la République slovaque (SOP SR).
Les dommages causés par les loups aux animaux d'élevage sont également enregistrés dans les
statistiques de chasse gérées par le Centre forestier national, ainsi que dans le registre central des
animaux d'élevage (CEHZ), géré par l'entreprise « Services d'élevage » de la République slovaque.
Cependant, les dommages déclarés ne sont pas précisément quantifiés financièrement, il ne s'agit
en fait que d'une statistique de la perte d'animaux de ferme causée par la prédation par des loups.
Il faut également mentionner le fait que les données sur les dommages causés par les loups aux
animaux d'élevage, qui sont conservées par les statistiques de chasse, sont sous-estimées, car
les données des statistiques de chasse sont rapportées par les utilisateurs des territoires de chasse
et non par les éleveurs, tandis que les utilisateurs des territoires chassables peuvent ne pas être
informés de tous les dégâts causés.
13.2.4 4 Politique publique de gestion du loup
Coûts globaux de la politique
En 2018, des dommages aux animaux de ferme d'une valeur totale de 48 725 euros ont été
signalés dans le cadre des statistiques de chasse au loup, et une indemnisation leur a été versée
pour un montant de 33 849 euros.
Au total, le loup a causé des dégâts à 298 animaux de ferme, dont 14 bovins, 270 ovins et 14
caprins. Les dégâts causés aux animaux de ferme par les loups se produisent principalement dans
les régions montagneuses du centre de la Slovaquie.
En 2018, jusqu'à 23 % de tous les dommages se sont produits dans le district de Banská Bystrica.
Le district de Ruzomberok a suivi avec 20% de dégâts.
Dans les districts de Dolny Kubin, Lucenec, Povazská Bystrica, Trebisov, Revúca, 5 à 7 % de tous
les dommages se sont produits. Les districts de Cadca, Zilina, Zvolen et autres ont enregistré
moins de 5 % de tous les dommages.
L'Association des éleveurs d'ovins et de caprins fait état de dégâts de 500 000 euros, et le ministère
de l'Environnement estime les dégâts annuels entre 30 000 et 40 000 euros.
Mesures de protection des troupeaux contre le loup
A) Mesures de protection utilisées en pâturage
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 177/284
Les chiens de protection sont décrits comme le moyen le plus efficace de protéger et de défendre
contre les attaques de loups. Il est recommandé d?affecter au moins 2 chiens à la protection des
troupeaux de plus de 100 individus, et 1 chien de garde supplémentaire est recommandé pour
chaque tranche de 100 individus supplémentaires.
Clôtures électriques
Il est recommandé une combinaison d'une clôture en métal ou en bois protégée de l'extérieur par
une clôture électrique comme mesure préventive contre les loups. Une clôture d'au moins 1,6 m
de haut est requise, tandis que le câble le plus bas de la clôture électrique doit être guidé juste au-
dessus de la surface du sol (à partir de 20 cm). Une tonte régulière de l'herbe évite un court-circuit
lorsque le fil conducteur touche l'herbe et les herbes. Lors de l'utilisation de clôtures électriques, il
est recommandé de choisir une source d'impulsions électriques suffisamment puissante et de créer
une barrière aussi impénétrable que possible pour les gros animaux. Il est recommandé de
disposer de sources d'impulsions d'une énergie de 3,0 J ou plus et d'une tension d'au moins 5 800
V. La distance entre les câbles ou fils conducteurs ne doit pas dépasser 20 cm dans la partie
inférieure de la clôture jusqu'à une hauteur d'environ 1,2 mètre. À une hauteur supérieure à 1,2
mètre, elle peut atteindre 30 cm. En raison du pelage des prédateurs, il est recommandé d'utiliser
des cordes en polypropylène d'un diamètre de 4 mm ou plus. Lors de la création de clôtures avec
un périmètre plus large, un minimum de 3 mm, ou des fils ou des câbles en acier, est recommandé.
Selon l'expérience des éleveurs constatée lors de l'enquête de terrain, si des clôtures métalliques
ou en bois sont utilisées, les moutons effrayés, dans une tentative d'échapper aux prédateurs, se
pressent sur les côtés et les coins opposés de l?enclos. Dans le cas des clôtures électriques, un
troupeau effrayé traverse la clôture, s'échappe à l'extérieur et devient sans protection contre les
prédateurs. Pour cette raison, la combinaison de clôtures en métal ou en bois, autour de laquelle
une clôture électrique est installée à une distance de 15 mètres, est la plus appropriée. Des chiens
de garde berger seront placés librement dans l'espace intermédiaire.
En cas d'attaque par de gros animaux, les chiens peuvent attaquer activement les animaux
attaquants derrière la clôture électrique, les décourageant ainsi de poursuivre l'attaque. La hauteur
de la clôture électrique doit être d'au moins 1,6 mètre.
Moyens dissuasifs
L'utilisation d'un système de dissuasion fonctionne bien pour minimiser les dommages causés par
les loups. Les éléments dissuasifs sont des bandes, des drapeaux ou des bouts de tissu,
suspendus à un fil ou un câble tendu. Il est recommandé une distance des bandes ou des drapeaux
les uns des autres de 50 cm maximum, tandis que leurs bords inférieurs doivent être aussi près du
sol que possible. A une distance de 75 cm, les loups surmontent les moyens de dissuasion (Nowak
et Mystajek, 2006). La hauteur recommandée du fil au-dessus du sol est de 60-70 cm (Findo,
Skuban, 2011).
Dispositifs de détection et d'alarme
Divers dispositifs de détection et d'alarme peuvent également être utilisés pour protéger les enclos.
Des capteurs surveillent en permanence l'espace désigné et, lors de la détection d'un mouvement
dans celui-ci, émettent un signal électrique qui déclenche une alarme sonore, lumineuse ou autre
(reproduction de voix humaines, aboiements de chiens, coups de feu, activation de fusées
éclairantes, de canons, etc. ).
De la même façon dans certains Etats, les cultures agricoles sont protégées des ongulés en
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 178/284
reproduisant les sons de leur prédateur. L'inconvénient est que lorsque les animaux rencontrent
de façon répétée le type d'épouvantail utilisé, ils s'y habituent. (Rigget al., 2011). Hell et al. (2001)
indiquent qu'il faut environ 17 à 20 jours pour qu'un animal s'habitue à un moyen de dissuasion ou
à tout autre changement dans son environnement familier. Par conséquent, une alternance
régulière des différentes voix, sons, lumières, etc. reproduits est nécessaire. De plus, le système
de détection peut être déclenché par un autre animal ou par une personne (Hell et al., 1999).
Éclairage
L'éclairage nocturne des enclos est également une méthode préventive efficace avec une source
de lumière puissante, qui dissuade les loups d'attaquer (Hell et al., 2001). Cependant, cette
méthode de prévention représente une augmentation significative des coûts pour l'éleveur.
L'un des éléments les plus importants de la protection préventive consiste à assurer l'amélioration
des compétences du personnel en charge du pâturage et du gardiennage des moutons.
Conditions d'éligibilité liées à la nature et au nombre des troupeaux
L'État indemnise les dommages causés aux animaux d'élevage si les conditions suivantes sont
remplies (ci-après dénommées « mesures préventives ») servant à leur élimination complète :
? un cheval, un âne et leurs croisements, bovins, ovins, caprins ou ovins ont été placés dans
un bâtiment fermé ou dans une clôture électrique au moment de l'événement, ou lorsqu'ils
ont été placés au moment où le fait s'est produit, qui directement à l'origine du dommage,
à l'extérieur d'un bâtiment fermé ou d'une clôture électrique, ils étaient sous la surveillance
directe d'une personne physique et d'un chien de berger en liberté ;
? les volailles étaient hébergées dans un bâtiment fermé au moment de l'événement ;
? les lapins et autres animaux de ferme étaient au moment de l'événement situés dans un
bâtiment fermé.
Une indemnisation pour les dommages causés aux chiens de garde de berger sera versée par
l'État dans le cas où le chien ne se trouvait pas dans un espace clos lors de l'événement de
prédation, ou il n'était pas attaché. Cela ne s'applique pas la nuit, lorsque le chien peut être attaché,
ou enfermé dans l'espace intermédiaire entre l'enceinte et la clôture électrique.
L'indemnisation des atteintes à la santé et à la vie d'une personne physique est prise en charge
par l'État sans distinction.
Lors de l'indemnisation des dommages matériels (clôtures électriques endommagées et
complètement détruites, clôtures, etc.), l'État ne paie que les dommages réels.
L'Etat n'indemnisera pas les dommages causés par un loup si au moins une des mesures
préventives n'est pas respectée. Les mesures préventives partielles ne sont pas prises en compte
(ex : clôture électrique mal posée, chien de berger attaché pendant le pâturage, etc.).
13.2.5 Indemnisation des dégâts liés au loup
L'objet de l'indemnisation des dommages causés par les animaux protégés est régi par la loi sur
la protection de la nature et du paysage. L'ours brun et le loup sont des animaux pour lesquels
l'État est responsable des dommages causés au gibier sauvage dans les zones protégées toute
l'année.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 179/284
Le loup prédateur n'est pas protégé toute l'année sur l'ensemble du territoire de la République
slovaque. Dans certaines zones, il est autorisé de le chasser pendant une période déterminée et
selon un quota. Ce quota change à chaque saison de chasse. Dans les zones où il est possible de
chasser le loup (dans la période du 1er novembre au 15 janvier), il n?y a pas de compensation
financière pour les dommages causés par le loup (ou l'ours) qui prédatent des animaux de ferme.
L'enquête locale sur les dommages causés par les animaux est effectuée par une commission
composée de représentants du bureau de district de Snina - direction de la protection de
l'environnement, du bureau de district de Humenné - direction des terres et des forêts, de
l'utilisateur des terrains de chasse et de l'organisation professionnelle de la protection de la nature
et du paysage, la SOP SR - Administration du Parc National Poloniny.
L'autorité de protection de la nature, de la circonscription territoriale dans laquelle le dommage
s'est produit, après avoir signalé le dommage, effectuera une enquête locale avec la participation
de la commission et obtiendra des preuves dans les trois jours. La tâche du représentant de
l'administration du parc national est de déterminer la cause des dommages sur la base des signes
trouvés.
La procédure d'inspection sur le terrain de l?acte de prédation commence par la recherche de traces
de prédateurs dans les environs (crottes, poils, ?). Ensuite, une analyse des traces de du
prédateur sur la carcasse elle-même sera effectuée.
La personne lésée est tenue de signaler le dommage immédiatement après sa découverte, au plus
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 180/284
tard 24 heures après sa découverte, à l'unité organisationnelle compétente de SOP SR, dans la
compétence territoriale de laquelle le dommage s'est produit, dans le manière suivante :
? par téléphone directement à un employé de SOP SR (administration compétente de
l'espace paysager protégé ou parc national) ;
? par voie électronique en s'enregistrant dans l'application KIMS (www.biomonitoring.sk);
? par e-mail ;
? par écrit directement à SOP SR.
Au plus tard 24 heures après avoir signalé le dommage, SOP SR procédera à une inspection
(évaluation locale des dommages) avec la participation de la partie lésée et obtiendra des preuves
du dommage. Le lésé doit préciser dans le procès-verbal tous les numéros des boucles auriculaires
des animaux pour lesquels il réclame une indemnisation pour les dommages causés par le loup.
Par ailleurs, lors de l'inspection locale, le devoir de la personne lésée est de décider si, en cas de
blessure du bétail par un loup, elle exigera une indemnisation pour le traitement vétérinaire des
animaux, ou une indemnisation complète et laisser l'individu être euthanasié. En cas de décision
de traitement, il n'a pas droit à indemnisation lorsque ledit individu décède des suites de ses
blessures. Si nécessaire, après une enquête locale, la partie lésée doit remettre à l'Office slovaque
d'assurance sociale dans les 10 jours au plus tard les documents prouvant son droit à une
indemnisation pour les dommages, les droits de propriété ou d'autres relations avec l'objet de
l'indemnisation des dommages, les avis professionnels ou d'experts, les rapports médicaux en cas
d'atteinte à la vie et à la santé, la confirmation du médecin vétérinaire en cas de mort d'animal. La
partie lésée s'assurera de la confirmation du protocole par un vétérinaire, qui prouve le bien-fondé
de l'indemnisation.
Si le SOP SR constate que le dommage a été causé par un loup, que les conditions d'indemnisation
sont remplies et qu?il n'y a aucun doute sur le moment de l'événement, la survenance du dommage
et l'étendue de l'indemnisation du dommage demandée par la partie lésée, il soumet une demande
d'indemnisation à la cellule de paiement (centre d'assistance) au plus tard dans les 14 jours , et
dans les cas particulièrement difficiles dans les 30 jours à compter du jour où l?animal prédaté a
été radié du CEHZ.
Si, pour diverses raisons, la présentation d'un avis d'expert est requise, le délai d'indemnisation
des dommages sera prolongé du temps nécessaire à la préparation et à l'évaluation ultérieure de
l'avis d'expert.
Lors de la réclamation de dommages aux animaux d'élevage, il existe trois types d'indemnisation :
1. le remboursement en cas d'abattage d'un animal d'élevage ;
2. le remboursement en cas de blessure d'un animal d'élevage (remboursement des frais
vétérinaires, ou indemnisation pour l?enlèvement d'un animal d'élevage en cas de décès
constaté par un vétérinaire). Un cumul de ces indemnisations n'est pas possible ;
3. compensation financière pour la perte d'un animal de ferme causée par une attaque de
loup.
L'indemnisation des dommages causés aux animaux d'élevage sera calculée à partir des tarifs en
vigueur qui, pour les besoins de SOP SR, seront fournis par une organisation d'élevage reconnue
au plus tard le 15 décembre de l'année civile précédant la l'année du sinistre. MPARV SR est
chargé de publier ces tarifs dans des lieux accessibles au public (web). Les tarifs mentionnés sont
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 181/284
établis par les associations concernées, principalement l'Association des éleveurs d'ovins et de
caprins et l'Association des éleveurs de bovins de boucherie. Si les tarifs ne sont pas mis à jour au
plus tard le 15 décembre de l'année civile de l'année précédant le sinistre, SOP SR procédera toute
l'année suivante conformément aux dernières listes de prix en vigueur.
Le remboursement en cas d'abattage, de blessure et de perte d'un animal d'élevage n'est prévu
que pour les animaux enregistrés et marqués de manière unique afin qu'ils ne puissent pas être
confondus (s'applique uniquement aux animaux d'élevage soumis à l'obligation d?identification de
quelque manière que ce soit).
https://www.sopsr.sk/files/PS-o-vlka-draveho-na-Slovensku.pdf
13.2.6 Mesures d?intervention sur le loup
Le loup prédateur est une espèce strictement protégée selon la Convention de Berne. Cependant,
lors de la signature de la Convention de Berne, certains États ont utilisé la possibilité d'appliquer
une réserve contre le loup prédateur. La République slovaque a également utilisé cette option car
l'état de la population permet de réguler le nombre de loups sans affecter la survie et le
fonctionnement de l'espèce dans les écosystèmes naturels.
La République slovaque a appliqué l?exception géographique à l'annexe IV de la directive sur les
biotopes, c'est-à-dire que le loup est une espèce protégée figurant à l'annexe V de la directive sur
les biotopes (Espèces animales et végétales importantes du point de vue de la Communauté, dont
la capture et la collecte dans le sauvages et leur utilisation peut faire l'objet de certaines mesures
réglementaires). Cela signifie que sous certaines conditions, il peut être chassé, mais que cela doit
être fait conformément à l'obligation de préserver ou de restaurer l'espèce dans un état de
protection favorable conformément à l'article 2, paragraphe 2 de la Directive Habitats.
Conformément à la disposition susmentionnée de la directive Habitats, le statut de protection des
espèces doit être évalué du point de vue de l'ensemble du territoire européen des Etats membres
de l'UE, et dans le cas de toutes les mesures adoptées, les particularités régionales doivent être
prises en compte. Dans le cas où la menace pour la faune est de nature transfrontalière, l'obtention
et le maintien d'un état de conservation favorable nécessite la prise en compte des aspects
transfrontaliers lors de la fixation des quotas de chasse. Les États membres sont tenus de surveiller
l'état de protection du loup prédateur conformément à l'article 11 de la directive Habitats.
L'interdiction de chasser les loups s'applique toute l'année dans les lieux de son habitat naturel,
les couloirs de migration et la bio-région pannonienne, qui représente plus de 56,3% du territoire
de l'ensemble de la Slovaquie et pas seulement le territoire où les loups se produisent.
Les loups en Slovaquie sont classés à l'annexe II - la liste des « espèces d'intérêt communautaire
dont la conservation nécessite la désignation de zones de conservation spéciales » et auxquelles
s'appliquent les articles 1 à 6 de la directive. Ils exigent également que les « États membres
prennent les mesures appropriées pour éviter, dans les zones spéciales de conservation, la
détérioration des habitats naturels et des habitats des espèces ainsi que la perturbation des
espèces pour lesquelles les zones ont été désignées ».
En Slovaquie, 79 sites Natura 2000 protégeant les loups gris ont été établis. L'article 37 de la loi n°
543/2002 Zb. sur la protection de la nature et du paysage définit des conditions particulières de
gestion des loups. Conformément au § 9 du règlement 24/2003 Zb. La chasse au loup à l'aide de
boucles, de pièges, de filets et de poisons est interdite.
PUBLIÉ
https://www.sopsr.sk/files/PS-o-vlka-draveho-na-Slovensku.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 182/284
Délivrance des autorisations de tirs (défense, prélèvement?)
https://www.mpsr.sk/kvota-lovu-vlka-draveho-v-polovnickej-sezone-2020-2021/-37--16019
Le quota annuel de chasse au loup est fixé chaque année en octobre par le ministère de
l'Agriculture et du Développement rural de la République slovaque (MPRV SR) après une réunion
du groupe de travail composé de représentants du ministère de l'Agriculture et du Développement
rural de la République slovaque, le ministère de l'Environnement de la République slovaque (MZP
SR), le ministère de la Défense de la République slovaque (MO SR), l'Administration vétérinaire et
alimentaire nationale SR, la protection de la nature de la République slovaque, la Chambre
slovaque de l'agriculture et de l'industrie alimentaire, l'Association des éleveurs de moutons et de
chèvres en Slovaquie, le groupe de protection des forêts VLK, la Société pour la recherche,
l'éducation et la coexistence avec la nature, le Centre forestier national, l?entreprise d'État LESY
SR, Forêts et actifs militaires de la SR, des bureaux de district de Banská Bystrica, Kosice, Trencín,
Zilina, Presov, Forêts militaires et propriétés de la SR s.p. et la Chambre de chasse slovaque. Le
quota est déterminé sur la base du programme Cary Wolf Care, il se déroule selon les règles fixées
par le ministère de l'Intérieur de la République slovaque.
PROPOSITIONS DE QUOTAS
Déclaration deRobin Rigg BA MSc. Président, Société slovaque de la faune (SWS)
« Se basant sur le fait que le loup est un prédateur du cerf rouge et du sanglier, dont le nombre est
actuellement très élevé et croissant, ce qui entraîne des dommages importants à l'agriculture et à
la sylviculture, SWS a proposé de réduire le quota de 75 % par rapport à l'année dernière, c'est-à-
dire 20 individus, tout en respectant les conditions de chasse prescrites dans le Programme de
Gestion du Loup gris . Si cette proposition avait été acceptée, cela aurait été le niveau de chasse
le plus bas de tous les temps.
Le State Nature Conservancy, qui a proposé une "solution temporaire" de quota zéro (c'est-à-dire
une interdiction de chasse), n'a fourni aucune donnée pertinente à l'appui de sa proposition et n'a
pas convaincu les autres membres du groupe de travail. Le représentant de l'ONG Wolf Forest
Protection Movement n'a apporté aucun matériel pertinent à la réunion qui pourrait contribuer à
une réduction du quota de loups en Slovaquie et ne les a pas non plus convaincus. Par contre, les
propositions déposées par les représentants de la communauté des chasseurs variaient de 110 à
160 individus.
En guise de compromis entre tous les groupes d'intérêt, un quota de 70 loups a été fixé, soit 6 de
moins que l'année dernière et, selon les meilleures données disponibles, se situe à un niveau
durable. Ce chiffre montre une amélioration de la capacité à accepter des compromis, une volonté
de s'entendre et de fixer le quota sur la base des résultats de la recherche scientifique. Dans le
même temps, nous y voyons un changement qualitatif important en changeant l'approche des
autorités responsables ainsi que des chasseurs. »
Conditions de chasse au loup
Le loup peut être chassé entre le 1er novembre et le 15 janvier, ou jusqu'au moment où le MPRV
de la République slovaque n'arrête pas la chasse en raison de l'atteinte du quota de chasse
déterminé du loup dans les territoires de chasse reconnus, à l'exception des territoires définis dans
le décret d'application de la loi sur la protection de la nature et de l'UEV, où le loup est un objet de
protection.
? La chasse sera pratiquée dans les zones de chasse où leurs utilisateurs ont participé
activement à la surveillance au cours de la période précédente. Dans le cas où ils
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https://www.mpsr.sk/kvota-lovu-vlka-draveho-v-polovnickej-sezone-2020-2021/-37--16019
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 183/284
fournissent des données pertinentes conformément à l'annexe no. 5.5 programme de soins
(surveillance), ils seront inclus dans le processus de prise de décision sur l'attribution du
quota de chasse. Il s'agit des données que les utilisateurs des terrains de chasse sont
tenus de fournir à la suite du recensement des animaux conformément à la loi sur la chasse.
? Dans des cas justifiés (atteintes graves et récurrentes aux animaux d'élevage), le groupe
de travail peut également décider de chasser le loup lors de battues dans des lieux précis.
La chasse sur les terrains de chasse communs ne sera pas autorisée dans l'UEV, où le
loup est un objet de protection.
? Dans une battue, il est possible de tuer un maximum de deux individus.
? Les territoires de chasse sur lesquels une baguée a été effectuée ou sur lesquels plus de
deux individus ont été capturés ne seront pas inclus dans le processus de quota de la
période suivante.
? Le nombre maximum de trente (30) tireurs est possible sur une battue où la chasse au loup
prédateur est également permise.
? Après avoir attrapé un loup prédateur, le chasseur doit immédiatement, avant de le
manipuler, mettre en place une balise pour marquer l?animal et enregistrer la date et l'heure
de la capture. L'information sur la capture d'un loup doit être signalée sans délai au
directeur de chasse ou à une personne autorisée par lui et à l'utilisateur du domaine de
chasse.
L'utilisateur de la zone de chasse doit immédiatement signaler la capture d'un loup
prédateur à la personne désignée par le bureau de district compétent et à l'unité
organisationnelle compétente du SOP SR aux fins de procéder à une inspection et à des
fins de prélèvement d'échantillons. Après prélèvements, ils rempliront ensemble une fiche
de capture/mort d'un loup prédateur (Annexe n°5.6 du document de référence).
En cas de découverte d'un loup mort, le procès-verbal de chasse/mort du loup est rempli par le
responsable de la chasse en collaboration avec une personne autorisée du bureau de district
compétent et un employé de SOP SR. Le procès-verbal de chasse/ mort d'un loup prédateur sera
immédiatement envoyé par le bureau de district sous forme électronique à l'autorité compétente
au programme de soins Cary Wolf (Canis lupus) en Slovaquie bureau de district et SOP SR, qui
enregistre le dossier dans KIMS.
? Une inspection visuelle sera effectuée à l'endroit où le loup a été attrapé ou où il a été
trouvé mort. La liste des employés de SOP SR qui effectuent une inspection visuelle est
mise à jour annuellement.
? Les échantillons prélevés sont archivés par le Service forestier slovaque.
Si nécessaire (sur la base de la décision du ministère de l'Intérieur de la République
slovaque et du MPARV de la République slovaque), il les fournira aux autorités et
organisations compétentes.
? En cas de chasse illégale ou de décès, chacun signale ce fait immédiatement à l'utilisateur
du domaine de chasse. Ce dernier doit immédiatement faire rapport au corps de police
compétent et procéder à une inspection visuelle conformément aux points 7 et 8 de la
présente annexe.
Le reste de la procédure est identique à celle de la chasse et de la mise à mort d'un loup.
Évolution des quotas de chasse aux loups
Source : https://www.wolf.sk/sk/vlky
PUBLIÉ
https://www.wolf.sk/sk/vlky
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 184/284
2010 : quota déterminé par le ministère de l'agriculture: 150 loups, le quota ne déterminait que le
nombre, la chasse était autorisée sur les terrains de chasse communs, la chasse était autorisée à
partir du 1.10. jusqu'au 31.1. (en violation de la protection accordée par la loi sur la protection de
la nature) nombre de loups tués : 157
2011: quota déterminé par le ministère de l'agriculture: 120 loups, le quota ne déterminait que le
nombre, la chasse était autorisée sur les terrains de chasse communs, la chasse était autorisée à
partir du 1.10 jusqu'au 31.01 (en violation de la protection accordée par la loi sur la protection de
la nature) nombre de loups tués : 135
2012 : quota fixé par le ministère de l'agriculture : 130 loups, le quota autorisait la chasse sur les
terrains de chasse communs, la chasse était autorisée à partir du 1.11 jusqu'au 15.1 (réduction du
temps de chasse au profit des loups, valable en permanence les années suivantes) nombre de
loups abattus : 150
2013 : La CE a engagé une procédure contre la Slovaquie pour violation du No. 2013/4081
(infraction) pour avoir enfreint la directive européenne et ne pas assurer la protection des loups,
en raison du non-respect du quota de chasse avec les exigences de préservation ou de
restauration de la population de loups selon la directive 92/43/ CEE. Dans le quota, la chasse sur
les terrains de chasse communs a été interdite pour la première fois, l'obligation d'appeler le
représentant de la protection nationale de la nature de la République slovaque sur le lieu de chasse
a été introduite, la chasse au loup a été exclue dans tous les territoires NATURA 2000 désignés
pour la protection des loups.
Quota fixé par le ministère de l'agriculture : 80 loups (une diminution significative du quota par
rapport à l'année précédente ; la diminution a été maintenue de manière permanente) seule la
chasse individuelle est autorisée (nouvelle condition ajoutée) obligation de convoquer un
représentant de la protection de l'État auprès des prises loup (nouvelle condition ajoutée) chasse
interdite dans les territoires NATURA (nouvelle condition ajoutée) nombre de loups tués : 27
2014 : la valeur sociale d'un loup est fixée à 2 000 euros par décret no. 421/2013. Quota déterminé
par le ministère de l'agriculture : 80 loups seule la chasse individuelle est autorisée obligation de
convoquer un représentant de la protection de l'état au loup pris dans le quota ne figurait pas
interdiction de chasser dans les territoires NATURA nombre de loups abattus : 56
2015 : quota fixé par le Ministère de l'Agriculture : 90 loups, seule la chasse individuelle est
autorisée ; obligation de convoquer un représentant de la protection de l'État auprès d'un loup
capturé ; les loups ne peuvent pas être abattus dans les territoires NATURA (condition réintroduite)
nombre de loups tués : 43
2016 : Le ministère de l'Environnement a approuvé le Wolf Care Program; La CE annonce qu'en
raison de corrections dans la protection des loups, elle envisageait de mettre fin à la procédure
contre la Slovaquie.
Quota déterminé par le ministère de l'agriculture : 70 loups obligation de convoquer un
représentant de la protection de l'État auprès du loup capturé les loups ne peuvent pas être abattus
dans les territoires NATURA, il n'est pas possible de tirer sur des loups dans la région pannonienne,
nombre de loups tués : 48
2017 : quota déterminé par le ministère de l'Agriculture : 76 loups seule la chasse individuelle est
autorisée ; obligation de convoquer un représentant de la protection de l'État auprès du loup
capturé.
Lles loups ne peuvent pas être abattus dans les territoires NATURA, les loups ne peuvent pas être
abattus dans la région biogéographique pannonienne, nombre de loups tués : 40
2018 : quota déterminé par le ministère de l'agriculture : 70 loups, la chasse individuelle est
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 185/284
autorisée,
l'obligation de convoquer un représentant de la protection de l'État auprès le prélèvement d?un loup,
les loups ne peuvent pas être abattus dans les territoires NATURA, les loups ne peuvent pas être
abattus dans la région pannonienne, nombre de loups tués : 31
2019 : quota fixé par le Ministère de l'Agriculture : 35 loups
Le 23 octobre 2020 le ministre de l?agriculture a approuvé la chasse de 50 loups pendant la saison
de chasse 2020-21
Quotas et nombre de loups abattus (source : Hunting Statistical Yearbook)
Synthèse
La législation sur la chasse a été unifiée avec la législation sur la conservation en faveur de la
protection des loups.
? Arrêts de tirs illimités sur les loups.
? Arrêt des tirs sur les loups en battue.
? Obligation d'appeler un représentant de la protection de l'état pour chaque loup capturé.
? Protection des loups toute l'année dans les couloirs vers la République tchèque et la
Hongrie établie dans la législation.
? Protection des loups toute l'année sur toute la frontière avec la Pologne (à l'exception du
district de Stará Lubovna).
? L?abattage des loups dans les territoires d'importance européenne NATURA 2000 (environ
435 000 hectares) a été arrêté.
? L'abattage des loups dans la région pannonienne a été arrêté, ce qui a assuré la protection
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 186/284
des loups dans le sud de la Slovaquie et à la frontière avec la Hongrie.
Le loup s'est vu attribuer une valeur sociale de 2 000 euros.
Interview du ministère slovaque de l'Éducation
« Nous présenterons une proposition législative qui garantira une protection accrue du loup en
République slovaque, comme c'est le cas pour d'autres animaux protégés. Il s'agira d'un décret
d'application de la loi sur la protection de la nature et du paysage. Dans ce contexte, nous attirons
votre attention sur l'argumentation absurde des partisans du tir aux loups. La population du loup
prédateur ne correspond pas directement à la fréquence et à la quantité de dégâts causés par
cette bête. Le montant des dégâts est directement proportionnel à la sécurité des troupeaux, c'est-
à-dire à la mise en place de mesures préventives. Les dommages aux cultures agricoles et aux
forêts causés par les animaux sauvages, dont le loup se nourrit en tant que prédateur naturel, sont
incomparablement plus élevés que les dommages aux animaux de ferme causés par le loup. En
2019, le gibier sauvage ou sauvage a causé des dégâts agricoles d'un montant de 17 millions.
euros, malgré les mesures des chasseurs. En chassant les animaux de la forêt ou les animaux de
ferme, le loup cause des dommages à l'État et aux propriétaires d'animaux de ferme d'un montant
d'environ 30 à 40 000 euros par an. Cela signifie qu'environ 550 fois moins. Plus important encore,
il aide à prévenir des pertes plus importantes causées par la destruction des cultures agricoles, en
tant que prédateur naturel du gibier, y compris le gibier sauvage. »
13.2.7 Eléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du loup en
Slovaquie
Le ministère slovaque de l'environnement a signé l'appel de sept pays membres, qui demandent à
la Commission européenne (CE) de reconsidérer la protection stricte du loup dans l'Union
européenne (UE) en raison des dommages fréquents aux animaux d'élevage.
Selon la Commission, les pays membres devraient se concentrer sur les mesures préventives pour
éviter les affrontements entre les animaux sauvages et les troupeaux d'élevage. Les pays membres
que sont l'Autriche, la Croatie, la Finlande, la Lituanie, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie
demandent à la CE de commencer à faire face à l'augmentation des dégâts causés par les
carnivores, tels que les loups et les ours bruns.
Selon les pays, la protection des carnivores par l'UE entraîne une augmentation de leurs
populations, ce qui provoque davantage d'attaques sur les animaux d'élevage. Les attaques
d'animaux ont été causées par la fermeture des fermes de plusieurs agriculteurs.
Le loup et les autres animaux sont strictement protégés dans l'UE par la directive sur la protection
des habitats naturels et des animaux sauvages. L'appel conjoint attire également l'attention sur la
population d'ours bruns de plus de 15 000 individus, qui s'étend d'est en ouest. Ils se réfèrent aux
statistiques de la CE, qui admet elle-même que les chiffres peuvent ne pas être tout à fait exacts.
La priorité selon les États membres est d'examiner si la législation européenne actuelle est adaptée
pour protéger les campagnes de la menace croissante d'attaques d'animaux protégés. La CE
devrait adopter des dérogations à la protection stricte, ce qui permettrait de réguler la densité des
bêtes dans les régions les plus touchées, où les mesures de protection du troupeau, comme les
clôtures et les clôtures électriques, sont difficiles à mettre en place.
Dans le budget de la politique agricole commune, des fonds devraient être réservés aux éleveurs
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 187/284
pour la mise en place de mesures préventives et d'un système d?indemnisation des dommages. Ils
attendent également une amélioration du système de surveillance transfrontalier des populations
animales.
La Commission a rejeté les demandes et notamment la réduction de la protection des animaux
sauvages. Selon la commissaire européenne à l'environnement, Virginij Sinkevic, la législation
actuelle fournit aux États membres des outils adéquats pour garantir que la protection des grands
carnivores est conforme aux pratiques agricoles durables. Les exceptions, selon la commissaire,
ne doivent pas remplacer les efforts d'investissement dans des mesures qui élimineront les
affrontements entre les animaux d'élevage et les animaux sauvages ». Il est essentiel d'arriver à
une solution harmonisée, législative et pratique dans l'Union, qui nécessite la coopération des
experts, des éleveurs, des autorités chargées de la protection de l'environnement mais aussi de
celles dont la priorité est la sécurité alimentaire et la qualité de vie à la campagne », a déclaré lors
de la réunion du Conseil de l'UE le secrétaire du département de l'agriculture, Martin Kovác. La
directive européenne n'interdit pas complètement la chasse au loup, mais en cas de conditions
favorables, elle autorise le tir d'un certain nombre de loups. La Slovaquie a appliqué l'exception
lorsque le département de l'agriculture déterminait chaque année les quotas de chasse au loup.
Ce n'est plus le cas depuis l'an dernier, grâce au décret interdisant la chasse.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 188/284
14 Fiche Suède
14.1 Présentation de l?élevage en Suède
14.1.1 .Ovins
341 000 en 2022
14.1.2 Bovins
1,39 million en 2022 (source Eurostat)
Dont 298 000 vaches laitières
14.1.3 Caprins
Non dénombrées dans Eurostat (12 000 en 2019)
14.2 Caractéristiques de la population de loup
14.2.1 Les effectifs de loup
- Nombre d?individus : Nombre de meutes :
Au cours de l'hiver 2021/22, 83 meutes95 et couples96 ont été documentés en Scandinavie.
Le nombre total de loups en Scandinavie durant la période d'inventaire (1er octobre-31 mars)
2021/22 est estimé à environ 540 en incluant les loups morts durant la même période. Le
facteur d'incertitude (intervalle de confiance) se situe entre 427 et 702 loups.
En Suède, le nombre de loups est estimé à environ 46097 , avec un intervalle de confiance
compris entre 364 et 598. Il s'agit du nombre de loups le plus élevé enregistré depuis le début
des inventaires, suivi par la saison 2014/2015, au cours de laquelle le nombre de loups a été estimé
à 415.
Lors du dernier inventaire de la saison d'hiver 2021/22, un total de 55 meutes et 28 couples ont
été enregistrés en Scandinavie. Sur les 55 meutes, 42 ont été enregistrées uniquement en Suède
et neuf des meutes étaient transfrontalières. Quatre des meutes ont été enregistrées uniquement
en Norvège.
- Évolution de la population
Bleu foncé : nombre de meutes ; Bleu clair : nombre de couples ; Pointillés : total nombre de
meutes et de couples
95 Groupes familiaux, en suédois
96 Couples marquant territoire par l?odeur (traduction littérale en français des termes suédois)
97 prévision de 507 (399-641 ; IC 95 %) dans l?évaluation scientifique de juin 2022
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 189/284
14.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Les enquêtes sur les loups sont réalisées entre le premier octobre et le dernier mars de chaque
année afin de déterminer le nombre de meutes et de couples. Elles ont lieu chaque année à la
même période et avec des méthodes largement identiques en Suède et en Norvège. Cela permet
de comparer les résultats de l'inventaire entre les années, les pays et les zones afin de suivre au
mieux l'évolution de la population de loups en Scandinavie.
Si la saison d'inventaire est 2021/22, les loups adultes et les louveteaux nés au printemps 2021
sont inventoriés, tandis que les louveteaux nés au printemps 2022 sont inventoriés l'hiver suivant,
c'est-à-dire lors de la saison d'inventaire 2022/23.
L'inventaire des loups se concentre principalement sur l'enregistrement des loups sédentaires. Les
occurrences stationnaires de loups sont divisées en trois catégories dans le cadre de l'inventaire :
? Meutes avec des petits de l'année ou de l'année précédente.
? Couples
? Autres loups sédentaires (en Norvège).
Suivi de la population de loups98 :
Objectifs et méthodes de suivi
98 https://brage.nina.no/nina-xmlui/handle/11250/2997123
https://www.naturvardsverket.se/data-och-statistik/vilt/varg-population-skandinavien/
PUBLIÉ
https://brage.nina.no/nina-xmlui/handle/11250/2997123
https://www.naturvardsverket.se/data-och-statistik/vilt/varg-population-skandinavien/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 190/284
Les loups de Suède et de Norvège font partie d'une population de loups scandinave transfrontalière.
Dans les deux pays, la population de loups est surveillée chaque hiver.
L'Agence suédoise de protection de l'environnement et l'Agence norvégienne de
l'environnement utilisent le même type de méthodes depuis 2014 (Naturvårdsverket et
Rovdata 2014).
Les effectifs, la répartition et les tendances de la population de loups en Scandinavie sont
principalement déterminés par une enquête sur les meutes, les couples et les reproductions
pendant la période du 1er octobre au 31 mars. Les loups sont recensés en hiver à l'aide de
détection sur la neige (Wabakken et al. 2001), d'appareils photographiques et d'analyses ADN des
excréments et de l'urine. Lors du pistage dans la neige, les différents marquages de territoire et les
traces de différents loups sont documentés. Outre le pistage, les pièges photographiques et les
analyses ADN des excréments et de l'urine, les informations provenant des loups marqués par des
colliers émetteurs GPS à des fins de recherche et les informations provenant des analyses ADN
des loups morts sont également utilisées.
Toutes les informations dont la qualité est assurée sont utilisées pour documenter le statut social
des territoires, c'est-à-dire pour déterminer s'il existe un groupe familial, un couple marquant le
territoire ou une autre présence stationnaire de loups sur le territoire. Les informations dont la
qualité est assurée sont également utilisées pour distinguer les différentes occurrences et les
différents territoires les uns des autres.
Les loups qui ne revendiquent pas de territoires ne sont recensés que dans la zone d'élevage du
renne, où le nombre de loups par parcelle est la base de la compensation pour la présence de
prédateurs dans les parcelles. Dans la zone d'élevage de rennes suédoise, tous les loups
individuels doivent être enregistrés par village sami.
Les travailleurs sur le terrain recherchent activement des pistes tout au long de l'hiver, mais
obtiennent également des informations sur les nouvelles pistes du public. Les pistes trouvées, en
particulier les groupes composés de deux loups ou plus, sont suivies, généralement à l'envers,
pour éviter de déranger les animaux, sur des distances aussi longues que possible, en fonction du
temps disponible et de la concurrence avec d'autres tâches de travail, mais au minimum 3 km.
Pendant le suivi, le nombre d'animaux dans le groupe suivi est déterminé, les marques olfactives
territoriales et les saignements de l'oestrus sont enregistrés, et les excréments / urines trouvés sont
récupérés pour l'analyse de l'ADN.
La deuxième méthode est l'analyse de l'ADN. L'ADN est extrait du sang ou d'autres tissus de loups
vivants lors de la capture et de loups morts récupérés, mais la majorité des échantillons d'ADN
sont prélevés à partir de matières fécales trouvées lors du suivi (Liberg et al 2005). Les analyses
ADN sont précieuses pour vérifier les reproductions, pour identifier les couples nouvellement
établis, pour différencier les territoires voisins et pour identifier les nouveaux immigrants de la
population finlandaise/russe. L'effort de suivi et le nombre d'échantillons d'ADN analysés par an
varient. Par exemple, au cours de l'hiver 2013/2014, un minimum de 2083 km de pistes de loups
ont été suivis et 498 échantillons d'ADN ont été analysés (Svensson et al. 2014). Pour les hivers
de 1998/1999 à 2013/2014, les loups scandinaves ont été classés comme suit : groupes familiaux,
couples territoriaux, autres loups stationnaires ou vagabonds (Wabakken et al. 1999, 2014, Liberg
et al. 2012), au cours de la période d'octobre du 1er au 28 février. Les groupes familiaux sont
définis comme un minimum de trois loups, dont au moins un doit être territorial par marquage
olfactif, voyageant ensemble et partageant un territoire. Les paires territoriales doivent inclure deux
loups de sexe différent où les deux sont territoriaux par marquage olfactif et partagent un territoire.
Les autres loups stationnaires comprennent généralement des loups célibataires qui se sont
récemment installés ou des restes de groupes familiaux séparés. En Norvège, des loups
vagabonds (non stationnaires) ont également été enregistrés, alors que ce segment de la
population en Suède a été calculé en fonction d'une proportion supposée de la population. De plus,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 191/284
le nombre de reproductions a été estimé chaque année pendant la période du 1er mai au 28 février
sur la base d'observations visuelles ou vocales, d'excréments de chiots, de sites de rendez-vous
à la fin de l'été / au début de l'automne, ou confirmés à l'aide de l'ADN des chiots.
Taille de la population
Au cours de l'hiver 2021-2022, 55 meutes ont été documentées en Scandinavie ; 42 en Suède,
neuf à travers la frontière norvégienne-suédoise et quatre en Norvège. 28 couples territoriaux ont
été confirmés ; 23 en Suède, aucun de l'autre côté de la frontière et cinq en Norvège.
Les résultats des inventaires hivernaux de loups peuvent être utilisés pour calculer la taille de la
population hivernale totale. L'objectif est de fournir un chiffre brut du nombre de loups dans la
population pendant la période hivernale afin de pouvoir faire des comparaisons d'une année à
l'autre et de suivre l'évolution de la population de loups. L'estimation de la population est basée
sur le nombre de reproductions (groupes familiaux avec des petits d'un an) au cours d'une
année donnée.
Le calcul est basé sur les connaissances antérieures de la taille et de la structure de la population
provenant d'une période d'inventaire plus détaillée. Il est calculé et présenté comme une taille
moyenne de la population avec un intervalle de confiance de 95 % (IC de 95 %) comme mesure
de l'incertitude.
En utilisant la même méthode que l'hiver dernier et en se basant sur le nombre de reproductions
(le nombre de reproductions est multiplié par 1099), le nombre de loups en Scandinavie a été
estimé à 540 (IC 95 % = 427-702). La sous-population suédoise a été estimée à 460 loups (IC 95 %
= 364-598), y compris la moitié des loups transfrontaliers. Les calculs incluent à la fois les loups
vivants et les loups morts au cours de la période de surveillance. Dans la sous-population
norvégienne, plus petite, 88-91 loups ont été comptés sur le terrain, dont la moitié des 74-77 loups
transfrontaliers et 51-52 loups confirmés uniquement en Norvège.
Génétique
Deux loups finno-russes précédemment connus résidaient toujours dans l'aire de reproduction des
populations, une femelle désormais non reproductrice dans une meute suédoise et un mâle
reproducteur dans une meute norvégienne nouvellement établie. Au cours de l'hiver 2021-2022, la
présence de six petits F1 a été confirmée dans la meute de mâles immigrés en Norvège. Deux
nouveaux loups immigrés finno-russes ont également été confirmés dans le nord de la Suède. En
outre, 15 descendants F1 ont été documentés, tous en Suède et tous nés avant 2021 et élevés
par trois immigrants finno-russes connus. Parmi eux, 12 résidaient en tant que loups marqueurs
d'odeur dans des groupes ou des paires de familles.
Le coefficient de consanguinité moyen estimé dans les meutes était de 0,24 (0,09 SD) cet hiver,
soit une légère augmentation par rapport à la saison de surveillance de l'année dernière (0,23 ±
0,09 SD).
Coopération avec la Norvège
La Suède et la Norvège coopèrent sur les inventaires des grands carnivores. Depuis 2012, le
carcajou et le lynx sont inventoriés selon une méthodologie commune à la Suède et à la Norvège.
Depuis l'automne 2014, il existe également une méthodologie commune pour les loups. Les
populations de prédateurs sont inventoriées chaque année afin de connaître la taille des
populations et la localisation des prédateurs. La connaissance des animaux est essentielle pour
une gestion durable et à long terme de la faune sauvage et constitue la base des décisions relatives
99 les interlocuteurs suédois rencontrés par la mission ont indiqué que la pertinence de ce facteur 10 a été confirmée
par des constatations
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 192/284
à la chasse, aux mesures préventives et à l'indemnisation des villages samis pour la présence de
prédateurs.
Ordonnances et règlements
L'inventaire du loup en Suède est régi par l'ordonnance (2009:1263) sur la gestion de l'ours, du
loup, du carcajou, du lynx et de l'aigle royal. La réglementation de l'Agence de protection de
l'environnement sur l'inventaire des grands carnivores (NSF 2007:10) ; et la méthodologie de
l'Agence de protection de l'environnement pour l'inventaire des grands carnivores en Suède.100
Qui fait quoi ?
Les conseils administratifs des comtés en Suède et l'inspection norvégienne de la nature (SNO),
en collaboration avec l'université des sciences appliquées de Norvège intérieure, sont
responsables de la collecte des données sur le terrain. Ils confirment également les rapports de
traces et autres observations du public. Pour le suivi des loups, les contributions du public sont très
importantes. Dans chaque comté, un nombre variable (5 à 15) de travailleurs sur le terrain sont
employés, à temps plein ou partiel, pour effectuer le travail sur le terrain (Liberg et al 2012).
En Norvège, le Hedmark University College est chargé de surveiller les loups sédentaires, tandis
que les loups vagabonds sont surveillés par l'Inspection norvégienne de la nature (SNO). Le
Wildlife Damage Center (Université suédoise des sciences agricoles) et Rovdata (Institut norvégien
de recherche sur la nature) sont chargés d'évaluer les résultats de la surveillance et de rédiger un
rapport annuel conjoint.
14.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
Carte au 14 avril 2023101
100 https://www.naturvardsverket.se/vagledning-och-stod/jakt-och-vilt/inventeringsmetodik/
https://www.naturvardsverket.se/lagar-och-regler/foreskrifter-och-allmanna-rad/2007/nfs-200710/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-
rovdjur/inventering-av-varg/
101 https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-
rovdjur/inventering-av-varg/lopande-vargrapportering/
PUBLIÉ
https://www.naturvardsverket.se/vagledning-och-stod/jakt-och-vilt/inventeringsmetodik/
https://www.naturvardsverket.se/lagar-och-regler/foreskrifter-och-allmanna-rad/2007/nfs-200710/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-rovdjur/inventering-av-varg/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-rovdjur/inventering-av-varg/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-rovdjur/inventering-av-varg/lopande-vargrapportering/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-rovdjur/inventering-av-varg/lopande-vargrapportering/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 193/284
Groupes familiaux (point), couples marquant le territoire (triangle), autres stationnaires avec
reproduction (carré). Dans la partie de la Suède septentrionale qui est coupée, il n'y a pas
d'indications de territoires.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 194/284
Observations du 30/03/2022 au 30/03/2023102
102 https://www.rovbase.se/filter?Carnivore=1&CarnivoreDamage=1,2,3,4,5&Evaluation=1,2,3&FromDate=2023-
02-28&Observation=1,2,3,12,11&Offspring=false&ToDate=2023-03-30
PUBLIÉ
https://www.rovbase.se/filter?Carnivore=1&CarnivoreDamage=1,2,3,4,5&Evaluation=1,2,3&FromDate=2023-02-28&Observation=1,2,3,12,11&Offspring=false&ToDate=2023-03-30
https://www.rovbase.se/filter?Carnivore=1&CarnivoreDamage=1,2,3,4,5&Evaluation=1,2,3&FromDate=2023-02-28&Observation=1,2,3,12,11&Offspring=false&ToDate=2023-03-30
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 195/284
14.2.4 Viabilité de la population de loup103
Valeur de référence pour les loups en Suède
A ce jour il est considéré que la population de loups suédoise doit être composée d'au moins
300 individus pour atteindre un état de conservation favorable et pouvoir survivre à long
terme.
L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement a communiqué à l'UE cette valeur de
référence de 300 loups en 2019, qui s'applique à condition qu'au moins un individu reproducteur
par période de cinq ans immigre dans la population.
103 https://www.naturvardsverket.se/amnesomraden/jakt-och-vilt/viltforvaltning/referensvarde-varg/
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 196/284
Ce nombre a été établi sur la base du rapport à l'Agence suédoise de protection de l'environnement,
Suède, et à l'Agence norvégienne de l'environnement, Norvège, de SKANDULV (2015-2016) :
« En conséquence, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement estime que, étant
donné que les loups de Suède et de Scandinavie (Suède et Norvège) font partie de la population
de loups d'Europe du Nord (par le biais de l'immigration et de l'émigration, et du flux génétique
associé), il faut au moins 300 loups en Suède et qu'au moins un nouvel immigrant de Finlande ou
de Russie se reproduise dans l'aire de répartition scandinave dans des conditions naturelles tous
les cinq ans (génération de loups), pour que le loup en Suède soit considéré comme ayant un état
de conservation favorable (Agence suédoise pour la protection de l'environnement, 2015, 2016). »
Cette actualisation du seuil faisait suite à la demande du gouvernement en 2015 à l'Agence
suédoise pour la protection de l'environnement de mettre à jour les analyses existantes et de
procéder à une nouvelle évaluation de la valeur de référence pour la taille de la population de loups.
En effet, jusqu?alors la valeur de référence était de 170-270 depuis 2012-2013.
Cette valeur avait été fixée par le parlement dans sa décision relative à une politique durable en
matière de prédateurs (Bill 2012/13:191, 2013/14:MJU7) qui stipulait que l'un des "objectifs pour la
population de loups en Suède est que la valeur de référence du loup pour l'état de conservation
favorable [...] soit de 170-270 individus". Dans le cadre de cette décision, le Riksdag avait souligné
la responsabilité de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement, en tant qu'autorité de
notification, de préciser où se situe la valeur de référence dans l'intervalle proposé. La décision
précisait que la valeur de référence pour l'état de conservation favorable établie par l'Agence pour
la protection de l'environnement ne peut pas être sous-estimée et devait être considérée comme
un plancher. En 2013, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement a communiqué à
l'UE la valeur de référence de 270 individus, conformément au projet de loi.
Or les données scientifiques sur lesquelles reposait la proposition de politique durable en matière
de prédateurs n'étaient pas complètes en ce qui concerne le degré de consanguinité de la
population de loups. Le gouvernement a donc demandé en 2015 à l?Agence d?actualiser cette
valeur en tenant compte du degré de consanguinité dans la population de loups, ce qui a conduit
au nouveau seuil de 300.
L?évolution de la situation politique en Suède a conduit le nouveau parlement à annoncer en mai
2022 que sa décision de 2013 devrait être respectée et que la valeur de référence pour la
population de loups devait se situer au bas de la fourchette 170-270. L?agence suédoise de
protection de l?environnement a donc de nouveau été saisie pour expertiser si cet intervalle de 170-
270 permet d?assurer un état de conservation favorable. Elle doit rendre son rapport en octobre
2024.
Réponse du Ministre chargé des affaires rurales, Peter Kullgren, à un parlementaire en novembre
2022104 :
Réponse à la question 2022/23:26 par Isak From (S)
« Loups dans la zone de pâturage des rennes : Isak From (S) m'a demandé quelles mesures je
comptais prendre pour réduire la présence des prédateurs en pays Sami :
Le gouvernement souhaite développer la gestion des grands carnivores. Le loup devrait bénéficier
d'un statut de conservation favorable, mais à court terme, la population de loups doit être réduite.
Il en va de même pour la population d'ours. La Suède doit bien sûr respecter ses engagements
juridiques internationaux et européens.
Le Riksdag a décidé en 2013, dans le cadre du projet de loi du gouvernement intitulé "Une politique
104https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svar-pa-skriftlig-fraga/varg-i-renbetesomradet-_HA1226
PUBLIÉ
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svar-pa-skriftlig-fraga/varg-i-renbetesomradet-_HA1226
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 197/284
durable en matière de prédateurs" (projet de loi 2012/13:191), que la valeur de référence pour un
statut de conservation favorable en termes de taille de la population de loups devait se situer dans
une fourchette de 170 à 270 individus. L'Agence suédoise de protection de l'environnement a
ensuite été chargée par le gouvernement d'étudier un statut de conservation favorable pour les
loups. Dans son rapport, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement a estimé que le
nombre de loups devait être d'au moins 300 individus et qu'au moins un nouvel immigrant de
Finlande ou de Russie devait se reproduire avec les loups scandinaves dans des conditions
naturelles tous les cinq ans pour que la population bénéficie d'un état de conservation favorable.
Lors de l'inventaire le plus récent, la population de loups s'élevait à environ 460 loups.
Dans le même temps, le Riksdag a décidé, dans la décision relative au projet de loi susmentionné,
que l'objectif global et à long terme de la politique relative aux prédateurs est que le loup, l'ours, le
carcajou, le lynx et l'aigle royal en Suède atteignent et maintiennent un état de conservation
favorable conformément à la directive "Espèces et habitats", tout en veillant à ce que l'élevage
d'animaux domestiques ne soit pas entravé de manière significative et que les considérations
socio-économiques soient prises en compte. La valeur de référence pour l'état de conservation
favorable doit être considérée comme un plancher et cette valeur ne doit pas être sous-estimée.
Dans le même temps, le Riksdag a décidé que la présence du loup dans la zone d'élevage du
renne devrait être principalement limitée aux zones où il cause le moins de dommages.
Lorsque des loups sont découverts parmi les rennes, les conseils administratifs des comtés de la
zone d'élevage des rennes prennent généralement des décisions rapides concernant la chasse de
protection contre les loups qui causent des dommages. L'augmentation du nombre de loups a des
conséquences dans la zone d'élevage du renne. Si la population de loups diminue dans le centre
de la Suède, le nombre de loups se déplaçant vers le nord et causant des problèmes et des
dommages à l'élevage de rennes diminue également. Pour l'hiver 2022/23, les conseils
d'administration des comtés ont décidé que 75 loups pourraient être tués, ce qui représente le plus
haut niveau de chasse des temps modernes.
Le Riksdag a déjà fait un certain nombre d'annonces concernant la gestion des loups en Suède et
le nombre de loups dans le pays. En mai 2022, le Riksdag a annoncé, entre autres, qu'il était crucial
pour la légitimité de la gestion du loup que la décision du Riksdag sur la taille de la population de
loups soit respectée dans la pratique, que la décision du Riksdag sur le niveau de référence pour
la population de loups de 2013 devrait constituer la base de la gestion du loup en Suède, et que
dans les circonstances actuelles, avec une population de loups plus dense dans le pays, la valeur
de référence devrait se situer dans la fourchette inférieure de 170 individus (bet. 2021/22:MJU24,
rskr. 2021/22:297).
Le gouvernement précédent a donc chargé l'Agence suédoise pour la protection de
l'environnement d'analyser, sur la base des meilleures connaissances disponibles et de l'expertise
scientifique, si, et le cas échéant, dans quelles conditions, la valeur de référence du loup en termes
de taille de population pour un état de conservation favorable conformément à la directive "Espèces
et habitats" pourrait se situer dans l'intervalle de 170-270 spécifié dans le projet de loi
susmentionné. L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement, l'Institut vétérinaire
national et l'Office suédois de l'agriculture ont été chargés d'élaborer des lignes directrices
communes pour la réinstallation des loups. Le rapport devrait contribuer à faciliter la réinstallation
des loups.
La coexistence avec les prédateurs est une question importante pour l'industrie du renne. Il est
donc important que les autorités poursuivent leur travail de consultation entre les conseils
administratifs des comtés et les villages samis sur les outils de gestion basés sur le niveau de
tolérance établi par le Riksdag pour les dommages causés par les grands carnivores à l'élevage
des rennes, dans le but de maintenir un élevage durable des rennes et un état de conservation
favorable pour les grands carnivores.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 198/284
La population de loups en Suède maintient un état de conservation favorable depuis environ 10
ans. J'ai donc l'intention de travailler au sein de l'UE pour faire passer le loup de Suède de
l'annexe 4 à l'annexe 5 de la directive "Habitats". Cela pourrait accroître la possibilité de
prendre des mesures, telles que la chasse de protection, pour réduire les conflits entre
l'homme et le loup.105
J'espère que l'opposition soutiendra le travail continu du gouvernement sur cette question
importante pour les zones rurales. »
Dernières actualisations demandées à l?Agence106 :
Gestion des loups
L'Agence pour la protection de l'environnement a été chargée par le gouvernement d'une nouvelle
mission sur la gestion des loups. Cette mission se compose de trois parties.
Mission sur la chasse de protection des loups
L'Agence pour la protection de l'environnement doit étudier comment la chasse de protection des
loups peut être développée pour mieux contribuer aux objectifs globaux et à long terme de la
politique sur les prédateurs.
Cette partie de la mission a fait l'objet d'un rapport le 23 mars 2023107 (la mission tient à la
disposition des ministères concernés une traduction informelle de ce rapport). Il porte
essentiellement sur les exigences à respecter afin que les décisions de chasse ne soient pas
attaquables sur le plan juridique.
Mission sur les lignes directrices pour la relocalisation des loups
L'Agence pour la protection de l'environnement, l'Office national de l'agriculture et l'Institut
vétérinaire national sont également chargés d'élaborer des lignes directrices pour les mesures
nécessaires si des loups d'origine finlandaise/russe doivent être déplacés en Suède afin d?assurer
la viabilité génétique, en tenant compte, entre autres, de la lutte contre les infections.
Cette partie de la mission doit faire l'objet d'un rapport au plus tard le 12 avril 2024.
Mission d'analyse de la valeur de référence
L'Agence pour la protection de l'environnement doit analyser si, et le cas échéant dans quelles
conditions, la valeur de référence du loup en termes de taille de population pour un statut de
conservation favorable en vertu de la directive Habitats pourrait se situer dans la fourchette de 170-
270 spécifiée dans le projet de loi sur la gestion durable des prédateurs adopté par le Riksdag en
2013.
Cette partie de la mission doit faire l'objet d'un rapport le 11 octobre 2024.
105 la mission n?a pas identifié d?action entreprise à cet effet par les autorités suédoises auprès de la Commission
européenne
106https://www.naturvardsverket.se/om-oss/regeringsuppdrag/pagaende-regeringsuppdrag/forvaltningen-av-varg/
https://www.naturvardsverket.se/49d8f3/contentassets/c8545357e38842859beaaf4d2ff68c02/m2022_01143.pdf
107https://www.naturvardsverket.se/495fea/contentassets/3849d5102f56430ea9d918fc574731e2/skrivelse-
delredovisning-skyddsjakt.pdf
PUBLIÉ
https://www.naturvardsverket.se/om-oss/regeringsuppdrag/pagaende-regeringsuppdrag/forvaltningen-av-varg/
https://www.naturvardsverket.se/49d8f3/contentassets/c8545357e38842859beaaf4d2ff68c02/m2022_01143.pdf
https://www.naturvardsverket.se/495fea/contentassets/3849d5102f56430ea9d918fc574731e2/skrivelse-delredovisning-skyddsjakt.pdf
https://www.naturvardsverket.se/495fea/contentassets/3849d5102f56430ea9d918fc574731e2/skrivelse-delredovisning-skyddsjakt.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 199/284
14.3 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
14.3.1 Prédations sur les troupeaux
Le Viltskadecenter (VSC- Centre de lutte contre les dommages causés par la faune sauvage du
SLU) établit des statistiques annuelles sur les indemnisations et les subventions accordées en
vertu du règlement sur les dommages causés par la faune sauvage. Les dommages aux animaux
domestiques sont rapportés d'une part comme le nombre d'animaux attaqués par l'ours, le glouton,
le lynx, le loup et l'aigle au cours de l'année, et d'autre part comme le nombre d'attaques causées
par chaque espèce de prédateur. Au cours de la période 2000 - 2021, le nombre d'animaux
domestiques attaqués et le nombre d'attaques ont considérablement varié d'une année à l'autre
pour toutes les espèces de prédateurs.
En 2021, le loup a été responsable de 38 attaques sur un total de 364 animaux.
La figure ci-dessous montre le nombre d'attaques causées par chaque espèce de prédateur :
En haut : nombre d?attaques sur des moutons ou des chèvres
En bas : nombre d?attaques sur des bovins
(Loup en jaune : Varg)
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 200/284
Répartition géographique :
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 201/284
14.3.2 Interactions du loup avec l'Homme
Aucune information identifiée sur des attaques.
Les chiens sont les premières victimes du loup en Suède (hors animaux sauvages).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 202/284
14.4 Politique publique de gestion du loup
14.5 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du
loup
- Principaux acteurs
Au niveau national
Parlement (Riksdagen)
Agence suédoise de protection de l?environnement (Naturvårdsverket)
Appui sur l?université de sciences agricoles (SLU, dont le Viltskadecenter) ainsi que sur la faculté
vétérinaire (SVA)
Au niveau des comtés
Conseils d?administration des comtés (assurent la mise en oeuvre opérationnelles des décisions
nationales) ;
Et comité de coopération inter-comtés (notamment pour la gestion des groupes « transfrontaliers »)
- Textes de référence
? Ordonnance (2009:1263) sur la gestion de l'ours, du loup, du glouton/carcajou, du
lynx et de l'aigle royal et les règlements associés de l'Agence suédoise de protec-
tion de l'environnement (NFS 2010:1, partiellement amendé NFS 2014:22).
Constitue le cadre de la gestion des prédateurs et réglemente :
- La division du pays en zones de gestion des prédateurs.
- que chaque zone de gestion dispose d'un conseil de coopération
- le processus de fixation des niveaux minimaux pour les différents prédateurs
- que le conseil d'administration du comté doit rédiger un plan de gestion des prédateurs
- le conseil administratif du comté doit dresser un inventaire annuel des prédateurs dans le comté.
- l'agence suédoise de protection de l'environnement examine et approuve les résultats de
l'inventaire.
? Ordonnance (2009:1263) 108
Objectif
1 La présente ordonnance contient des dispositions relatives à la gestion de l'ours, du loup, du
carcajou, du lynx et de l'aigle royal (grands prédateurs).
La gestion vise à garantir que les animaux de ces espèces sont présents en si grand nombre que
les espèces restent à long terme dans la faune suédoise et que les animaux puissent se répandre
dans leurs aires de distribution naturelle. Cet objectif doit être atteint à un rythme qui favorise la
108 https://rkrattsbaser.gov.se/sfst?bet=2009:1263
PUBLIÉ
https://rkrattsbaser.gov.se/sfst?bet=2009:1263
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 203/284
coexistence entre l'homme et ces espèces, tout en prévenant et en limitant les dommages et les
pertes.
Zones de gestion
2 Pour la gestion des grands carnivores, il est créé des zones de gestion des prédateurs comme
suit
1. La zone de gestion des prédateurs du nord comprend
les comtés de Västernorrland, Jämtland, Västerbotten et Norrbotten.
2. la zone centrale de gestion des prédateurs comprend les comtés de Stockholm, Uppsala, Västra
Götaland, Värmland, Örebro, Västmanland, les comtés de Dalarna et de Gävleborg.
3. la zone de gestion des prédateurs du sud couvre les comtés de Södermanland, Östergötland,
Jönköping, Kronoberg, Kalmar, Gotland, Blekinge, Skåne et Halland.
Conseil de coopération
3 Pour chaque zone de gestion des carnivores, il est institué un conseil de coopération entre les
conseils administratifs des comtés de la zone de gestion des prédateurs pour les questions
relatives à la gestion des grands prédateurs. Les conseils de coopération coopèrent également les
uns avec les autres dans ces domaines. Les conseils de coopération pour la région du Nord
comprennent des représentants des Samis.
Détermination des niveaux de présence des grands carnivores
4 Le conseil d'administration du comté soumet au conseil de coopération, dans sa zone de
gestion des prédateurs, des propositions concernant le nombre d'individus de chaque espèce que
la gestion doit viser à respecter (niveau minimum) en ce qui concerne la présence de l'ours, du
carcajou et du lynx dans le comté, et la présence du loup dans la zone de gestion des prédateurs,
Le niveau minimum de présence de l'ours, du loup, du carcajou ou du lynx est réduit si le nombre
d'individus de l'espèce, à la période de l'année à laquelle se rapporte le résultat de l'inventaire ou
l'estimation de la population, est inférieur au niveau minimum fixé par l'Agence suédoise pour la
protection de l'environnement pour chaque espèce.
Sur la base des propositions des conseils administratifs départementaux, chaque conseil
de coopération doit soumet à l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement des
propositions concernant les niveaux minimaux pour la présence de l'ours, du loup, du carcajou
et du lynx dans sa zone de gestion des prédateurs et la présence d'ours, de carcajous et de lynx
dans chacun des comtés. lynx dans chacun des comtés inclus dans la zone.
Les propositions ne doivent pas compromettre le maintien d'un état de conservation favorable pour
les espèces dans leur aire de répartition naturelle
5 Sur proposition des conseils de concertation, l'Agence suédoise pour la protection de
l'environnement établit des niveaux minimaux pour la présence de l'ours, du loup, du
carcajou et du lynx et de lynx dans chacune des zones de gestion des prédateurs, et la
présence d'ours, de carcajou et de lynx dans chacun des comtés situés à l'intérieur de ces
zones.
L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement fixera les niveaux minimaux dans le cadre
des objectifs nationaux pour chaque espèce et en tenant compte des aires de répartition naturelle
de l'espèce.
Révision des niveaux
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 204/284
6 L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement réexamine au moins une fois tous les
cinq ans la répartition des niveaux minima visées à l'article 4, deuxième alinéa.
Plans de gestion et lignes directrices
7 Le conseil d'administration du comté élabore un plan de gestion des prédateurs pour le
comté.
Le plan de gestion des prédateurs précise les objectifs de gestion concernant la présence de l'ours,
du carcajou et du lynx dans le département. Un objectif de gestion désigne le niveau d'une espèce
que la gestion dans le comté vise à atteindre et à maintenir à long terme pendant pendant la durée
de validité du plan de gestion.
Les conseils de coopération doivent, en tenant compte des plans de gestion des prédateurs et des
niveaux minimums établis formuler des lignes directrices globales à long terme pour la gestion des
prédateurs dans la zone de gestion des prédateurs.
Inventaire des prédateurs
8 Le conseil d'administration du département examine chaque année la taille de la population et la
répartition du loup, du carcajou, du lynx et de l'aigle royal dans le département.
Dans la zone d'élevage du renne, le conseil d'administration du comté examine également chaque
année après consultation des mêmes parties concernées, le rajeunissement du loup, du carcajou
et du lynx dans la zone de pâturage suédoise de la même association et si ces espèces sont
présentes dans le comté. Dans la zone de pâturage suédoise de la sameby et si ces espèces sont
présentes régulièrement ou temporairement dans le village sami. Le conseil d'administration du
comté doit également, après consultation des samebys concernées, rechercher si l'ours ou l'aigle
royal sont présents dans la zone de pâturage suédoise du sameby.
Les résultats des inventaires des prédateurs doivent être soumis à l'Agence suédoise pour la
protection de l'environnement.
9 L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement examine et établit chaque année les
résultats de l'inventaire du loup, du loup sauvage et de l'aigle royal. Si les conditions
météorologiques n'ont pas permis d'inventorier une espèce, l'Agence suédoise pour la protection
de l'environnement procède à une estimation de la population et de sa répartition.
Au moins une fois tous les cinq ans, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement
procède à une estimation de la population d'ours et de sa répartition.
Autorisations
10 L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement peut édicter des règles
supplémentaires concernant les modalités de réalisation des inventaires des prédateurs et
l'application de la présente ordonnance.
Si l'élevage de rennes est concerné, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement laisse
le Parlement sami donner son avis avant que les règlements ne soient publiés.
Règlement (2009: 1474) sur les délégations de gestion du gibier109
Extraits
2 Une délégation à la gestion de la faune est un organe au sein du conseil d'administration du
109 https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfattningssam-ling/forordning-20091474-
om_sfs-2009-1474
PUBLIÉ
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfattningssam-ling/forordning-20091474-om_sfs-2009-1474
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfattningssam-ling/forordning-20091474-om_sfs-2009-1474
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 205/284
comté pour la coopération dans les questions concernant la gestion de la faune sauvage dans le
comté.
3 Une délégation à la gestion de la faune sauvage décide de l'ensemble des orientations générales
pour
1. la gestion du gibier dans le département
2. la gestion de la population d'élans et, le cas échéant, la gestion des populations de cerfs et de
sangliers
3. la chasse avec permis et la chasse de protection dans le département, et
4. les subventions et les indemnisations au titre de l'ordonnance sur les dommages causés par les
animaux sauvages
4 Une délégation à la gestion du gibier examine les questions concernant l'approbation
1. les propositions de niveaux minimaux pour la présence de l'ours, du loup, du carcajou et du lynx,
que le conseil d'administration du comté en vertu de l'article 4, premier alinéa, de l'ordonnance
(2009:1263) est tenu d'approuver.
2. le plan de gestion des carnivores pour le département à élaborer conformément à l'article 7,
premier alinéa, de l'ordonnance sur la gestion de l'ours, du loup, du carcajou, du lynx et de l'aigle
royal.
Composition
5 Le gouverneur du comté préside la délégation à la gestion de la faune sauvage. En cas d'absence
du gouverneur l'adjoint du gouverneur est président de la délégation. La délégation à la gestion de
la faune est composée d'un président et d'un vice-président.
6 La délégation à la gestion de la faune est composée, outre le président
1. de cinq membres qui sont des représentants politiques et qui sont nommés sur proposition de
la région,
2. d'un membre spécialisé dans les questions relatives à la sécurité routière et à la chasse illégale,
nommé sur proposition de l?autorité de la police,
3. un membre représentant les intérêts de la chasse et de la gestion du gibier,
4. deux membres représentant les intérêts de la conservation de la nature
5. un membre représentant les intérêts des loisirs de plein air,
6. un membre représentant les propriétaires et les utilisateurs de des terres agricoles,
7. un membre représentant les entreprises locales et le tourisme,
8. un membre représentant l'industrie forestière, et
9. un membre représentant les entreprises de tourisme de nature et d'écotourisme.
Les membres visés aux paragraphes 3 à 9 sont nommés à la suite d'une proposition faite par la ou
les organisations d'intérêt concernées dans le comté.
Dans les comtés dotés d'une délégation pour l'élevage du renne, l'un des représentants politiques
visés au premier paragraphe 1 est nommé après consultation du Parlement Sami.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 206/284
7 Outre les dispositions de la section 6, une délégation dans un comté doit compter :
1. la pêche commerciale compte un membre représentant la pêche commerciale
2. l'élevage d'ovins compte un membre représentant l'élevage d'ovins
3. la délégation de l'élevage de rennes compte un membre représentant l'élevage de rennes
nommé après consultation du Parlement Sami.
14.6 Plan de gestion du loup
Plan national 2014-2019, révisé en 2016110
Extraits
Objectifs généraux et à long terme de la politique relative aux prédateurs :
L'objectif global et à long terme de la politique relative aux prédateurs est le suivant :
"... que le loup, l'ours, le carcajou, le lynx et l'aigle royal en Suède atteignent un état de conservation
favorable au titre de la directive "Espèces et habitats", tout en veillant à ce que l'élevage d'animaux
domestiques ne soit pas entravé de manière significative et que les aspects socio-économiques
soient pris en compte ".
Objectif 1 : Atteindre et maintenir un état de conservation favorable
- Le nombre de loups en Suède est d'au moins 270 individus, ce qui correspond à la valeur de
référence décidée pour un état de conservation favorable. (Voir également 3.1 Objectif 1 : Atteindre
et maintenir un état de conservation favorable). de conservation favorable, pour les connaissances
scientifiques les plus récentes concernant la valeur de référence appropriée pour la taille de la
population).
La valeur de référence pour l'aire de répartition du loup en Suède est l'ensemble du territoire
suédois, à l'exception de la région alpine et du comté de Gotland. à l'exception de la région alpine
et du comté de Gotland (projet de loi 2012/13:191, p. 35). Il s'agit d'un niveau minimum, c'est-à-
dire de la plus petite zone requise pour une population de loups viable. une population de loups
viable à maintenir à long terme (voir également 4.5.1 Concepts liés au statut des prédateurs).
Les nouveaux loups immigrés (immigrants) qui se reproduisent dans la population scandinave
doivent être ajoutés en permanence. Il est nécessaire d'ajouter continuellement de nouveaux loups
immigrés (immigrants) à la population scandinave.
? Si la taille de la suédoise est égale ou supérieure à 370 individus, au moins un nouvel
immigrant provenant des populations de l'est doit se reproduire dans la population scandi-
nave par génération de loups (5 ans).
? Si la population est proche de 270 individus au moins 2 nouveaux immigrants se reprodui-
sant sont nécessaires par période de 5 ans.
Objectif 2 : réduction des dommages
- Le niveau de tolérance pour les dommages causés aux rennes par les grands carnivores est d'un
maximum de 10 % sur la base du nombre réel de rennes dans le même territoire.
110 https://www.naturvardsverket.se/om-oss/publikationer/8700/nationell-forvaltningsplan-for-varg-
reviderad-version/
PUBLIÉ
https://www.naturvardsverket.se/om-oss/publikationer/8700/nationell-forvaltningsplan-for-varg-reviderad-version/
https://www.naturvardsverket.se/om-oss/publikationer/8700/nationell-forvaltningsplan-for-varg-reviderad-version/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 207/284
- Le nombre moyen d'attaques sur les moutons a diminué de 10 % par rapport à la période de
gestion précédente (2008-2013).
- Le nombre moyen d'attaques sur les chiens a diminué de 10 % par rapport à la période de gestion
précédente (2008-2013).
Objectif 3 : confiance accrue dans l'administration
- La proportion de personnes déclarant qu'elles ressentent toujours ou souvent de la peur ou de
l'anxiété lorsqu'elles voyagent dans des zones où il y a des loups a diminué de 10 % par rapport à
la proportion observée dans les enquêtes précédentes.
- Une plus grande proportion de la population tolère la présence de grands carnivores dans son
voisinage par rapport aux enquêtes précédentes.
- Une plus grande proportion de la population fait confiance aux autorités de gestion par rapport
aux enquêtes précédentes.
- Le processus de consultation pour le suivi et la révision des plans de gestion de l'aire de répartition
des grands carnivores est perçu comme légitime et inclusif. Les intérêts concernés ont participé à
la révision et les plans sont perçus comme équitables.
- Les objectifs régionaux des conseils généraux pour la gestion des grands carnivores
comprennent un raisonnement socio-économique clair concernant à la fois les moyens de
subsistance et les intérêts de loisirs, ainsi que les activités culturelles. Les objectifs sont
mesurables et comportent des mesures claires de mise en oeuvre et de suivi.
Objectif 4 : Pas de chasse illégale
- Les acteurs de la société continuent d'oeuvrer pour réduire de manière significative le niveau de
l'ampleur de la chasse illégale.
14.7 Coûts globaux de la politique
Protection
En 2021, les conseils administratifs des comtés ont accordé des subventions d'un montant total de
12,2 millions de SEK111 pour des mesures visant à prévenir les dommages causés par les grands
carnivores aux animaux domestiques (tableau 1 et figure 1). Sur ce montant, 1,8 million de
couronnes suédoises ont été accordées pour le débroussaillage sous les clôtures existantes.
Prédation
La compensation totale accordée en 2021 s'élevait à 1,7 million SEK (tableau 1 et figure 1).
La figure 1 montre les subventions financées à la fois par la subvention pour les dommages causés
par la faune sauvage et par le programme de développement rural (à partir de 2010). Le fait que
la subvention semble diminuer considérablement certaines années est lié au cycle de soutien du
programme de développement rural, dans le cadre duquel l'Office suédois de l'agriculture reçoit
des fonds de l'UE à distribuer à intervalles de quatre ans.
Figure 1 : Subventions versées pour la prévention et l'indemnisation des dommages dans le sous-
domaine des animaux domestiques 1997-2021.
111 1SEK = 0.09¤
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 208/284
Bleu : protection - Jaune : prédation
14.8 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
? Règlement sur les blessures sur la faune (2001: 724) et les réglementations associées de
l'Agence suédoise de la protection de l'environnement sur les subventions et la compensa-
tion pour les dégâts du gibier (NFS 2018: 5) Consolidé avec le règlement modificatif NFS
2019:4112 :
Ce règlement émane de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement et encadre
l'utilisation par les conseils administratifs des comtés des fonds pour la prévention et la
compensation des dégâts de gibier qu?elle leur accorde chaque année.
Conditions d'octroi
Extraits
(...)Les subventions pour les mesures visant à prévenir les dommages causés par la faune à tout
ce qui n'est pas le renne, le poisson et les engins de pêche peuvent être accordées aux entreprises
actives dans la production agricole primaire avec un maximum de 80 pour cent des coûts éligibles.
112https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-
2001724_sfs-2001-724
PUBLIÉ
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-2001724_sfs-2001-724
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-2001724_sfs-2001-724
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 209/284
13 L'aide conforme à la section 2 de l'ordonnance (2017:1254) sur les aides d'État d'importance
mineure dans le secteur agricole pour les dommages causés par la faune sauvage et la prévention
des dommages causés par la faune sauvage peut, en plus de ce qui est indiqué à la section 11,
être accordée aux entreprises actives dans la production agricole primaire pour ce qui suit.
1. L'entretien des clôtures répulsives contre les prédateurs.
2. Les coûts, y compris le temps de travail, des mesures préventives liées aux attaques de
prédateurs pour : a) le déplacement des animaux vers des pâturages moins exposés aux
dommages, b) l'hébergement des animaux plus tôt que prévu, c) l'alimentation supplémentaire due
au déplacement des animaux, d) la surveillance des animaux et e) la collecte des carcasses (NFS
2019:4).
14 Le soutien conformément à l'article 13 peut être fourni jusqu'à 100 pour cent des coûts.
La décision du conseil d'administration du comté concernant les subventions
15 Le conseil d'administration du comté peut prendre des décisions concernant les subventions
pour les mesures de prévention des dommages à la faune sauvage après une demande ou de sa
propre initiative.
16 La décision du conseil d'administration du comté concernant les subventions pour les mesures
de prévention des dommages à la faune sauvage doit inclure des conditions selon lesquelles le
bénéficiaire de la subvention doit fournir des informations sur la manière dont la subvention a été
utilisée et sur les résultats que les mesures ont permis d'obtenir. Le conseil administratif régional
peut également demander au bénéficiaire de fournir d'autres informations. Le conseil administratif
régional transmet une copie de la décision à un inspecteur des dégâts de gibier qui, le cas échéant,
vérifie que les mesures ont été mises en oeuvre conformément à la décision du conseil administratif
régional.
17 L'article 11, troisième paragraphe, de l'ordonnance sur les dégâts de gibier (2001:724) stipule
que le conseil administratif régional, lors de l'examen d'une demande de subvention pour des
mesures de prévention des dégâts de gibier, accorde une attention particulière à la question de
savoir si le gibier peut être chassé, à l'étendue des dégâts et à la possibilité d'effectuer une chasse
de protection efficace ou de prendre d'autres mesures de prévention des dégâts.
Les demandes de subventions pour des mesures préventives sont traitées par le conseil
administratif du comté sur la base des ordonnances de l'Agence suédoise pour la protection de
l'environnement.
Des subventions pour des mesures préventives peuvent être accordées pour des investissements,
tels que des clôtures anti-prédateurs. La condition pour bénéficier d'une subvention est que les
clôtures soient construites conformément aux recommandations nationales (du VSC). Cela permet
de garantir une efficacité maximale contre les attaques de prédateurs et une longue durée de vie.
Les subventions pour la construction de clôtures contre les prédateurs dans les pâturages peuvent
être demandées par l'intermédiaire de l'aide spéciale de l'Office suédois de l'agriculture dans le
cadre du programme de développement rural "Investissement environnemental pour les clôtures
contre les prédateurs" (site web de l'Office suédois de l'agriculture).
? Recommandations nationales (du Viltskadecenter, VSC, du SLU) concernant les primes et
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 210/284
les indemnisations liées aux dommages causés par les prédateurs aux animaux domes-
tiques et aux chiens 2023113
Gilets pour chiens contre les attaques de loups :
Le conseil d'administration du comté peut accorder des subventions pour la prévention des
blessures aux chiens à hauteur de 80 % maximum du coût (TVA incluse). Le VSC recommande
que les subventions accordées aux personnes dont les chiens chassent dans les territoires où
vivent les loups soient de 50 %, mais ne dépassent pas 5 000 couronnes suédoises. Un maximum
d'un chien par personne et par an. Pour qu'un gilet soit considéré comme une protection également
contre les loups, son effet doit viser en premier lieu à interrompre ou à retarder une éventuelle
attaque de loup. Les gilets doivent couvrir le cou et le dos et être équipés d'un dispositif qui, en
plus de l'éventuelle protection contre les piqûres du gilet, peut rendre une attaque de loup plus
difficile. Il peut s'agir, par exemple, d'électricité, d'épines de roseau ("acier à loup") ou de tout liquide
ou pâte à modeler ayant un effet dissuasif ou d'autres propriétés restrictives. Des gilets
susceptibles d'interrompre ou de retarder une attaque de loup sont disponibles, par exemple,
auprès de Dogtech (www.dogtech.se), Proof Design Sweden AB (www.proofdesignsweden.com),
Swevest (www.swevest.se) et Tuskproof Wolf (www.jaktwebben.com). Des subventions peuvent
également être accordées pour l'achat de gilets d'autres fabricants s'ils présentent des propriétés
équivalentes.
Investissements pour des mesures préventives :
Des subventions pour des mesures préventives peuvent être accordées pour des investissements
tels que des clôtures anti-prédateurs (RAS), des émetteurs pour des animaux sélectionnés dans
les pâturages et des chiens de garde pour le bétail. Investissement dans des clôtures anti-
prédateurs (RAS)
Pour la plupart des troupeaux en Suède, les clôtures sont la méthode la plus efficace pour prévenir
les attaques de prédateurs, tant en termes de coût que de main-d'oeuvre. Le conseil administratif
du comté peut accorder aux entreprises des subventions pour la prévention des dommages causés
par les grands carnivores, à hauteur de 100 % du coût (hors TVA).
Le VSC recommande que les subventions ne soient accordées qu'aux troupeaux d'ovins et de
caprins situés dans des territoires de loups existants et à tous les types de troupeaux de bétail
ayant subi des attaques de prédateurs documentées.
Les subventions pour les clôtures anti-prédateurs (RAS) sont accordées avec un maximum de 50
SEK/mètre + un maximum de 5 000 SEK pour les agrégats (le même montant que celui appliqué
par l'Office suédois de l'agriculture pour les investissements environnementaux - clôtures anti-
prédateurs sur les terres en blocs). Pour les recommandations techniques, voir les
recommandations du Viltskadecenter pour les clôtures anti-prédateurs (RAS). La moitié du
montant (25 SEK/mètre + 5 000 SEK maximum pour les agrégats) peut être accordée pour
améliorer/compléter les clôtures existantes en RAS. Le conseil d'administration du comté et les
propriétaires d'animaux doivent se consulter sur les clôtures existantes avant que les demandes
ne soient accordées, afin de déterminer s'il est possible d'obtenir un résultat qui réponde aux
critères des RAS.
Pour des raisons pratiques, les ruches sont généralement placées dans une petite rangée à un
mètre les unes des autres. Il y a généralement moins de 10 ruches/communautés par rucher.
113https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-bidrag-ersattning-tamdjur-hundar-
13feb-2023.pdf
PUBLIÉ
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-bidrag-ersattning-tamdjur-hundar-13feb-2023.pdf
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-bidrag-ersattning-tamdjur-hundar-13feb-2023.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 211/284
Subvention de 50 SEK/mètre (max. 120 mètres par rucher) + max. 5 000 SEK pour les agrégats
afin d'installer des clôtures autour des ruchers dans les zones où la présence d'ours est
permanente et autour des ruchers dans d'autres zones où les dommages causés par les ours sont
attestés. Les subventions sont accordées une fois par rucher.
Balles d'ensilage Subvention de 50 SEK/mètre + 5 000 SEK maximum pour les groupements qui
érigent des clôtures pour protéger les balles d'ensilage stockées sur des terres arables dans des
zones où la présence d'ours est permanente.
Chiens de protection du bétail
Jusqu'à 100 % du prix d'achat d'un chien de protection du bétail.
Émetteurs pour les animaux domestiques en forêt libre ou en alpage Jusqu'à 100 % du coût d'achat
des émetteurs et des frais de télécommunication.
En principe, 20 % des animaux d'un troupeau ovin ou caprin et 10 % des animaux d'un troupeau
bovin peuvent être équipés d'émetteurs. Un plus grand nombre d'émetteurs peut être accordé en
cas de besoins spécifiques.
Aide à l'entretien des clôtures anti-prédateurs (§ 13) Une aide peut être accordée à raison de 5
SEK/mètre pour le débroussaillage dans le cadre des RAS une fois par an.
Nombre illimité d'années tant que la clôture est utilisée pour prévenir les dommages causés par
les prédateurs aux animaux domestiques. Des subventions devraient être accordées pour les
clôtures qui remplissent les critères du RAS autour des troupeaux d'ovins et de caprins dans les
territoires de loups existants et pour tous les types de troupeaux de bétail qui ont subi des attaques
de prédateurs documentées. Aucune aide ne devrait être accordée pour le débroussaillage autour
des filets à moutons à noeuds fixes, étant donné qu'ils ne sont pas équipés d'un fil électrique de
faible puissance.
Clôtures électriques
- la liste de contrôle simplifiée114 (cf annexe) des éléments essentiels pour les clôtures anti-
prédateurs. Cette liste est utilisée par le conseil administratif du comté lors du traitement et de
l'inspection des clôtures subventionnées.
- plusieurs documents relatifs aux clôtures électriques efficaces.
Chiens de protection 115:
Extraits
La mesure est applicable aux petits troupeaux pour lesquels, pour diverses raisons, il est difficile
d'ériger des clôtures anti-prédateurs autour d'un ou de plusieurs côtés du pâturage, comme les
pâturages ou les pâturages de plage. Le conseil d'administration du comté procède à une
évaluation au cas par cas.
À l'heure actuelle, nous ne voyons pas la nécessité de développer la méthode.
En Suède, ce type de chien est principalement utilisé pour les animaux domestiques qui paissent
dans des enclos dans des conditions particulières, par exemple les grands troupeaux difficiles à
114 https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-checklista-ras-2022-8dec.pdf
115 https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/forebyggande-atgarder/atgarder-mot-skador-
pa-tamdjur/permanenta-atgarder-mot-rovdjur/boskapsvaktande-hundar/
PUBLIÉ
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-checklista-ras-2022-8dec.pdf
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/forebyggande-atgarder/atgarder-mot-skador-pa-tamdjur/permanenta-atgarder-mot-rovdjur/boskapsvaktande-hundar/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/forebyggande-atgarder/atgarder-mot-skador-pa-tamdjur/permanenta-atgarder-mot-rovdjur/boskapsvaktande-hundar/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 212/284
enfermer, les troupeaux pour lesquels les clôtures électriques ne sont pas une bonne option (par
exemple le long des côtes, sur les îles) ou les troupeaux qui ont subi des attaques répétées de la
part de grands prédateurs.
La mesure n'est souvent pas appropriée dans les fermes ayant de nombreux voisins ou des routes,
pistes cyclables ou sentiers de randonnée très fréquentés à proximité des enclos.
En Suède, la plupart des troupeaux sont d'une taille telle qu'un seul chien suffit à les garder.
Toutefois, si le chien doit paître dans des pâturages situés sur le territoire des loups, il convient
d'utiliser deux chiens.
La loi suédoise sur la surveillance des chiens et des chats (2007:1150) n'autorise pas à laisser les
chiens sans surveillance. Par conséquent, le propriétaire d'un chien de protection du bétail doit
demander une licence pour l'utiliser. Cette disposition s'applique également aux chiens gardés
dans des enclos. Le conseil d'administration du comté peut accorder une telle exemption après
consultation du propriétaire du bétail, s'il a jugé que la mesure est appropriée pour le troupeau.
En Suède, la possession de chiens est régie par plusieurs lois, ordonnances et règlements.
Pour qu'un propriétaire de chien puisse laisser son chien en liberté sans surveillance (mais avec
une surveillance quotidienne) dans une cour ou avec des animaux en pâturage sans clôture, une
exemption à la loi sur la surveillance des chiens et des chats est nécessaire. Les dérogations sont
délivrées par le conseil d'administration du comté. L'autorisation de détenir un chien de cette
manière est liée à un chien individuel particulier et peut être retirée si le chien est jugé généralement
agressif envers les personnes ou s'il chasse le gibier. Il convient de signaler la présence du ou des
chiens en plaçant des panneaux sur la clôture. Les panneaux peuvent être commandés auprès de
SLU, Viltskadecenter.
Le propriétaire du chien est responsable de tout ce que fait son chien. Cette règle s'applique
également aux propriétaires de chiens de protection du bétail. Ces chiens, tout comme les autres
chiens, doivent être surveillés et soignés quotidiennement et doivent toujours avoir accès à un
endroit sec et protégé des intempéries pour se coucher. Étant donné que la responsabilité du
propriétaire du chien s'applique également si le chien blesse un autre chien dans une bergerie, par
exemple, le propriétaire du chien peut être tenu de verser des dommages-intérêts pour les
blessures causées par le chien. Les décisions relatives à l'obligation de tenir une laisse, une
muselière ou autre peuvent être prises par la police après un rapport de police et une enquête.
14.9 Evaluation de l?efficacité des mesures de protection
Le Viltskadecenter a établi et actualise un guide sur les clôtures contre les grands prédateurs
remarquablement documenté (basé sur des observations) et détaillé et aisément accessible sur internet 116
Extrait :
Clôture électrifiée :
116 https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/stod-i-viltforvaltningen/vsc-
rekommendationer/vsc-rekommendationer-for-rovdjursavvisande-stangsel-ras/
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-rovdjursavvisande-stangsel-2023-05-
08.pdf
PUBLIÉ
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/stod-i-viltforvaltningen/vsc-rekommendationer/vsc-rekommendationer-for-rovdjursavvisande-stangsel-ras/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/stod-i-viltforvaltningen/vsc-rekommendationer/vsc-rekommendationer-for-rovdjursavvisande-stangsel-ras/
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-rovdjursavvisande-stangsel-2023-05-08.pdf
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-rovdjursavvisande-stangsel-2023-05-08.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 213/284
Les hauteurs de fil appropriées pour clôturer tous les animaux domestiques (moutons, chèvres,
bovins, chevaux, etc.) et pour éloigner les loups et les ours en particulier sont de 30, 50, 70, 90 et
120 cm. Il n'est pas nécessaire que le fil supérieur soit exactement à 120 cm, mais il ne doit pas
être à moins d'un mètre du sol (ce qui signifie que les quatre autres fils seront plus rapprochés).
Pour les filets à moutons, le linteau est monté de manière à se trouver entre le filet et le fil supérieur.
En cas d?adaptation d?un grillage à moutons existant :
Si vous disposez déjà de filets à moutons intacts et en bon état, vous pouvez les remettre en état
et les compléter par des fils électriques. Il peut être nécessaire de remplacer les poteaux s'ils sont
en mauvais état et de construire des parallélogrammes aux angles pour que le filet puisse être
correctement tendu. Pour ajouter un fil électrique au-dessus du filet, les poteaux en bois doivent
être environ 15 à 20 cm plus hauts que le filet. Vous pouvez ensuite installer des isolateurs à long
terme ou à anneau, qui sont meilleurs que les isolateurs à distance.
- Émetteurs radio sur des animaux du troupeau
Etude du Viltskadecenter 117
117 https://viltskadecenter.se/pdfs/radiosandare_pa_tamdjur.pdf
PUBLIÉ
https://viltskadecenter.se/pdfs/radiosandare_pa_tamdjur.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 214/284
Extrait :
Cette étude a montré que la plupart des agriculteurs trouvent l'équipement de pointage utile dans
leur travail sur le bétail et plus de la moitié d'entre eux estiment qu'il atténue leurs inquiétudes
concernant les animaux domestiques qui paissent dans des zones où ils risquent d'être prédatés.
L'équipement permet également aux éleveurs de gagner du temps, temps qu'ils passeraient
autrement à écouter et à chercher des animaux dans la forêt. En revanche, l'étude n'a pas montré
que l'équipement de pointage réduisait le nombre d'animaux domestiques tués ou blessés par des
prédateurs. Comme il n'a pas été possible d'obtenir un échantillon aléatoire d'agriculteurs dans le
cadre de l'étude, il a été difficile d'analyser les effets réels de l'équipement de pointage sur le
nombre de morts, les animaux blessés ou disparus en rapport avec des attaques de prédateurs
ou des perturbations.
- Que dit la recherche sur les différentes méthodes de prévention des attaques de préda-
teurs ?
Un groupe international de chercheurs d'EviWild, de SLU et d'autres ont examiné 114 articles
publiés scientifiquement mesurant l'effet des mesures visant à réduire le risque ou l'ampleur des
attaques de prédateurs sur le bétail. L'étude complète Carnivore conservation needs evidence-
based livestock protection a été publiée dans PLOS Biology le 18 septembre 2018.118
14.10 Indemnisation des dégâts liés au loup
- Principe de l?indemnisation
? Règlement sur les blessures sur la faune (2001: 724) et les réglementations associées de
l'Agence suédoise de la protection de l'environnement sur les subventions et la compensa-
tion pour les dégâts du gibier (NFS 2018: 5) Consolidé avec le règlement modificatif NFS
2019:4119
Extraits :
Indemnisation des dommages causés aux biens par la faune sauvage
18 Quiconque a subi des dommages causés par la faune sauvage et a l'intention de demander
une indemnisation pour ces dommages doit, sans délai, après la découverte des dommages,
déclarer l'incident au conseil d'administration du comté où les dommages ont eu lieu.
19 Le conseil administratif régional veille à ce que les dommages causés par la faune sauvage
soient inspectés par un inspecteur des dommages causés par la faune sauvage désigné dès que
possible après que le conseil administratif régional a reçu une déclaration de dommages causés
par la faune sauvage conformément au 18.
20 Lors de chaque inspection, l'inspecteur délivre un certificat d'inspection. Lors de l'inspection,
les formulaires "Inspection des dommages causés par la faune aux cultures", "Certificat
d'inspection des animaux domestiques" ou "Certificat d'inspection des chiens" doivent être utilisés,
conformément aux dispositions de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement et à
118 https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.2005577
https://www.eurekalert.org/news-releases/695287
https://www.expertsvar.se/pressmeddelanden/vad-sager-forskningen-om-olika-metoder-for-att-forebygga-
rovdjursangrepp/
119 https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-
2001724_sfs-2001-724
PUBLIÉ
https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.2005577
https://www.eurekalert.org/news-releases/695287
https://www.expertsvar.se/pressmeddelanden/vad-sager-forskningen-om-olika-metoder-for-att-forebygga-rovdjursangrepp/
https://www.expertsvar.se/pressmeddelanden/vad-sager-forskningen-om-olika-metoder-for-att-forebygga-rovdjursangrepp/
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-2001724_sfs-2001-724
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-2001724_sfs-2001-724
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 215/284
celles du conseil administratif du comté. Toute personne ayant fait l'objet d'une inspection de ses
biens reçoit une copie du certificat d'inspection.
Décision d'indemnisation du comté
23 Le montant de l'indemnisation décidée par la comté est basé sur la valeur du bien au moment
du dommage et de l'inspection effectuée. L'indemnisation des personnes physiques et morales
autres que celles actives dans la production agricole primaire peut atteindre 100 pour cent.
24 Le conseil administratif départemental ne peut indemniser que les dégâts causés par le gibier
qui lui ont été signalés conformément à l'article 18 et qui ont été inspectés conformément à l'article
19. Si des raisons particulières le justifient, le conseil administratif régional peut décider
d'indemniser les dommages causés par la faune sauvage même si les conditions du premier
paragraphe ne sont pas remplies.
25 Le 11 de l'ordonnance sur les dommages causés par la faune sauvage (2001:724) stipule que
le conseil administratif régional peut indemniser les dommages causés par la faune sauvage à
d'autres animaux que le renne s'il est manifestement déraisonnable que la partie lésée soit
responsable des coûts causés par les dommages et que le conseil administratif régional doit, lors
de l'évaluation, tenir particulièrement compte de la possibilité de chasser la faune sauvage, de
l'étendue des dommages et de la possibilité d'effectuer une chasse de protection efficace ou
d'autres mesures de prévention des dommages.
26 Le conseil administratif régional ne peut pas accorder d'indemnisation pour les éléments
suivants
1 Les dommages causés aux biens destinés à un usage autre que professionnel.
2. les dommages causés au gibier ;
3. les dommages indemnisés par une assurance ou une autre aide de l'État.
Si des raisons particulières le justifient, le conseil d'administration du département peut décider de
l'indemnisation des dommages visés au premier alinéa.
27 Si d'autres indemnités ont été perçues pour les biens endommagés, l'indemnité versée par le
conseil administratif régional est réduite du montant correspondant.
28 L'indemnité pour les dommages causés par le gibier aux biens utilisés dans le cadre des
activités professionnelles ne peut inclure la taxe sur la valeur ajoutée.
29 Nonobstant les dispositions des articles 23 et 27, le conseil administratif régional peut verser
une indemnité pour les chiens comme suit :
1. Pour les chiens assurés blessés par des loups, des ours, des carcajous, des lynx ou des aigles,
une indemnité peut être versée jusqu'à un maximum de 5 000 couronnes suédoises pour la
franchise de l'assurance. En outre, une indemnité peut être versée pour d'autres coûts documentés
encourus à la suite de la blessure et qui ne sont pas couverts par l'assurance, avec un maximum
de 8 000 SEK.
2. Pour un chien non assuré blessé par un loup, un ours, un carcajou, un lynx ou un aigle, une
indemnité peut être versée avec un maximum de 10 000 SEK pour les soins vétérinaires ou
d'autres coûts documentés encourus à la suite de la blessure.
3 Pour les chiens assurés et non assurés, une indemnisation peut être versée pour un chien qui
est tué, meurt ou est euthanasié après avoir été blessé par un loup, un ours, un carcajou, un lynx
ou un aigle, avec un maximum de 25 000 couronnes suédoises. Une indemnisation peut être
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 216/284
accordée pour les soins vétérinaires, les autres frais et les chiens décédés ou euthanasiés si le
décès est une conséquence de la blessure.
30 Le conseil d'administration du comté ne peut pas accorder d'indemnisation pour un chien blessé
ou tué pendant la chasse, l'entraînement à la chasse, les épreuves de chasse ou autres si la
blessure est causée par l'espèce animale pour laquelle la chasse était prévue. En cas de raisons
particulières, le conseil d'administration du comté peut décider d'une indemnisation pour les chiens
blessés ou tués conformément au premier paragraphe.
Spécial pour les entreprises actives dans la production agricole primaire
31 Pour les entreprises actives dans la production agricole primaire, en plus de ce qui est prescrit
aux 23-28, ce qui suit s'applique également.
Le conseil administratif départemental ne peut indemniser que les coûts directs suivants :
1. animaux tués ;
2. cultures détruites ;
3. dommages matériels aux bâtiments agricoles, aux machines agricoles et aux stocks, y compris
les travaux de réparation.
Le conseil administratif départemental ne peut indemniser que les coûts indirects suivants :
1. frais vétérinaires pour le traitement des animaux blessés ;
2. frais de main-d'oeuvre liés à la recherche de l'animal blessé.
L'indemnisation des coûts indirects visés au troisième alinéa, points 1 et 2, se fait sur la base des
justificatifs présentés.
32 L'article 11, point a), deuxième alinéa, de l'ordonnance sur les dommages causés par la faune
sauvage (2001:724) stipule que l'indemnisation des coûts indirects résultant des dommages
causés par la faune sauvage à tout ce qui n'est pas le renne, le poisson et les engins de pêche
peut s'élever au maximum à 80 % des coûts indirects éligibles.
34 Conformément à l'article 2 de l'ordonnance (2017:1254) relative aux aides d'État de minimis
dans le secteur agricole en ce qui concerne les dégâts de gibier et la prévention des dégâts de
gibier, des aides peuvent être accordées aux entreprises actives dans la production agricole
primaire pour les coûts liés aux dégâts de gibier, y compris le temps de travail, en plus de ce qui
est prévu à l'article 31, pour ce qui suit.
1 .Rapatriement des animaux après une attaque.
2. Soins aux animaux blessés.
3. Diminution de la valeur des animaux blessés.
4. Mise à mort des animaux en raison de l'attaque.
5. Coûts supplémentaires pour l'achat d'aliments pour animaux en raison des dégâts causés par
la faune sauvage.
6. Transport des carcasses vers l'usine d'équarrissage et destruction
7. Travail supplémentaire pour le tri des cultures endommagées.
8. Réensemencement des cultures endommagées (NFS 2019:4).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 217/284
35 L'indemnisation prévue au 34 peut être versée jusqu'à 100 pour cent des coûts.
Indemnisation pour les attaques d'ours sur les humains :
36 Quiconque a été blessé par un ours et a l'intention de demander une indemnisation pour ses
blessures doit en informer sans délai le conseil d'administration du comté. Si une personne a été
tuée par un ours ou est décédée à la suite d'une attaque d'ours et que les survivants ont l'intention
de demander une indemnisation pour le décès, cela doit être signalé au conseil d'administration
du comté.
37 La demande d'indemnisation doit être reçue par le conseil administratif du comté au plus tard
trois ans après la survenance de la blessure ou du décès. I
38 L'indemnisation des dommages corporels ou du décès est calculée conformément au chapitre
5, sections 1-5 de la loi sur les dommages (1972:207).
Inspecteur pour les dommages causés par la faune sauvage
Formation et nomination
39 L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement assure la formation de base et la
formation continue des inspecteurs.
40 Le conseil administratif du comté nomme les inspecteurs pour le comté. La personne nommée
par le conseil administratif du comté en tant qu'inspecteur doit avoir suivi la formation de base des
inspecteurs avec des résultats approuvés ou posséder des connaissances équivalentes
documentées. Les inspecteurs nommés doivent recevoir une formation continue régulière par
l'intermédiaire du conseil administratif du comté.
Redevances et indemnités
41 Les redevances des inspecteurs sont déterminées et payées par le conseil administratif du
comté. Les honoraires sont versés conformément aux dispositions du conseil d'administration du
comté relatives aux heures de travail pendant les voyages d'affaires. Le remboursement des frais
de déplacement vers et depuis le lieu de l'inspection est assuré par le conseil administratif du comté
avec l'indemnité kilométrique totale exonérée d'impôt et imposable versée aux fonctionnaires du
conseil administratif du comté pour l'utilisation de leur propre véhicule dans le cadre de leurs
fonctions.
Enregistrement des inspections, etc.
42 Les inspections des mesures préventives ou des biens endommagés sont enregistrées dès que
possible par l'inspecteur ou le conseil administratif du comté de la manière spécifiée par l'Agence
suédoise pour la protection de l'environnement. Le conseil administratif du comté enregistre en
permanence les demandes de subventions et d'indemnisations.
? Recommandations du Viltskadecenter concernant les primes et les indemnisations liées
aux dommages causés par les prédateurs aux animaux domestiques et aux chiens 2023
(suite)
Aide aux mesures préventives liées aux attaques de prédateurs (13 § 2 et 14 §)
Afin de prévenir d'autres attaques de prédateurs, une aide est accordée pour les coûts, y compris
le temps de travail, jusqu'à concurrence de 100 % pour les mesures suivantes, mais pas plus de
14 jours après une attaque documentée. La main-d'oeuvre est indemnisée à hauteur de 400 SEK
par heure. Les frais de transport sont remboursés à raison de 18,50 SEK par kilomètre (indemnité
automobile non imposable).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 218/284
a) déplacement des animaux vers des pâturages moins susceptibles d'être endommagés, y
compris le remboursement du kilométrage.
b) hébergement des animaux à une heure plus précoce que prévu, y compris l'accueil de nuit.
c) alimentation supplémentaire due au déplacement des animaux, y compris l'installation plus
précoce.
d) surveillance des animaux, y compris la surveillance supplémentaire.
Il devrait également être possible de prévoir l'installation et l'enlèvement de patchworks et/ou
d'autres mesures d'urgence pour prévenir de nouvelles infestations. La compensation
recommandée est d'une heure par 100 mètres de clôture. Cela comprend la préparation, le
montage, le démontage et les éventuels travaux de finition.
e) Collecte des carcasses et transport jusqu'à la destruction et coûts de destruction. L'enlèvement
des carcasses trouvées sur place après l'inspection permet d'éviter de nouvelles infestations. Il ne
s'agit pas de rechercher les animaux blessés ou morts lors de la découverte d'une infestation.
Si l'aide est accordée au titre d'un ou de plusieurs des points a à c, une indemnité de 500 SEK par
unité de gros bétail (UGB) doit également être versée pour compenser la perte de production. 1
UGB correspond à 1 vache ou à 5 moutons ou chèvres. Si le nombre d'animaux est inférieur à 1
UGB, une indemnité correspondant à 1 UGB est versée.
Pour un chien assuré blessé par un loup, un ours, un glouton, un lynx ou un aigle, une indemnité
peut être versée jusqu'à un maximum de 5 000 couronnes suédoises pour la franchise de
l'assurance. En outre, une indemnité peut être versée pour d'autres coûts documentés causés par
la blessure et non couverts par l'assurance, jusqu'à un maximum de 8 000 SEK.
Pour les chiens non assurés blessés par des loups, des ours, des carcajous, des lynx ou des aigles,
une indemnité peut être versée jusqu'à un maximum de 10 000 SEK pour les soins vétérinaires ou
d'autres coûts documentés résultant de la blessure. Parmi les exemples d'autres frais documentés,
on peut citer le remboursement des frais kilométriques (indemnité automobile non imposable de
18,50 SEK/mille) pour se rendre chez un vétérinaire et les colliers de repérage brisés à l'occasion
d'une attaque.
En outre, un chien qui meurt ou est tué à la suite d'une attaque par un loup, un ours, un glouton,
un lynx ou un aigle peut être indemnisé à hauteur de 25 000 couronnes suédoises. Cette
disposition s'applique aux chiens assurés et non assurés.
Indemnisation des coûts directs (§§ 31 et 32)
Le conseil d'administration du comté peut indemniser jusqu'à 100 % des coûts directs suivants :
1. les animaux tués ;
3. les dommages matériels causés aux bâtiments d'exploitation, y compris la réparation des
dommages causés par les animaux tués. Dommages matériels aux bâtiments agricoles, y compris
les travaux de réparation. Les prix recommandés hors TVA sont indiqués dans les sous-rubriques
ci-dessous. Les montants comprennent la valeur d'abattage, la valeur d'élevage et la main-d'oeuvre
supplémentaire. Les animaux disparus à la suite d'attaques de prédateurs documentées sont
indemnisés de la même manière que les animaux morts.
Moutons : 3 800 SEK (femelles âgées de plus d'un an) Agneaux : 2 400 SEK (animaux âgés de
moins d'un an)
Supplément par animal
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 219/284
1. 500 SEK par animal affilié à Elitlamm (anciennement Fårkontrollen)
2. 500 SEK par animal pour les animaux élevés selon le mode biologique ou affiliés à KRAV
ou à un autre organisme de certification
3. 500 SEK par animal affilié au programme Maedi-Visna
4. 500 SEK par animal ayant obtenu le statut F selon le programme de lutte contre le piétin
de Farm & Animal Health (Klövkontrollen).
Si les brebis gestantes sont endommagées après la saison de reproduction, un supplément de 600
SEK par agneau est versé pour les agneaux. Si les brebis sont attaquées dans les 8 semaines
suivant l'agnelage et que les agneaux deviennent orphelins, une indemnité pour les pertes de
croissance des agneaux est versée à hauteur de 1 000 SEK par agneau.
Animaux de valeur particulière
Pour les animaux ayant une valeur d'élevage élevée, une indemnité plus élevée doit être versée
sur présentation de reçus ou d'autres documents. Pour les animaux qui sont inclus dans la
transformation des peaux ou de la viande et qui peuvent donc nécessiter une valeur plus élevée,
une compensation plus élevée doit être versée sur présentation d'un reçu ou d'un autre document.
Chèvres
Les chèvres peuvent être indemnisées au même titre et selon les mêmes principes que les ovins
(voir ci-dessus).
Veaux (animaux âgés de moins d'un an) : 17 500 SEK
Bovins, chevaux et autres animaux domestiques
Les pertes de bovins âgés de plus d'un an, de chevaux et d'autres animaux domestiques sont
évaluées au cas par cas.
Dommages matériels et travaux de réparation :
Les "bâtiments agricoles" comprennent également les clôtures.
Indemnisation des coûts indirects (§§ 31 et 33)
Le conseil d'administration du comté peut accorder une indemnisation jusqu'à 100 % pour les coûts
indirects suivants :
1) frais vétérinaires pour le traitement des animaux blessés ;
2) médicaments prescrits par un vétérinaire. L'indemnisation des soins vétérinaires et des
médicaments se fait sur la base des justificatifs présentés.
3) les frais de main-d'oeuvre liés à la recherche d'animaux disparus. L'indemnisation est plafonnée
à 400 SEK/heure selon une formule standardisée : 2 heures maximum par DE (unité animale)
recherchée pour les troupeaux conventionnels. Maximum 6 heures par DE pour les troupeaux en
forêt libre ou en alpage (ou équivalent). C'est le nombre d'animaux recherchés qui constitue la
base de la DE. 1 unité animale (DE) correspond à 1 vache ou 6 ovins ou caprins. Pour un nombre
d'animaux inférieur à 1 DE, l'indemnité versée correspond à 1 DE.
Aides pour les coûts liés aux dommages causés par la faune sauvage (§§ 34, 35)
Les coûts liés aux dommages causés par la faune sauvage, y compris le temps de travail, peuvent
être indemnisés jusqu'à 100 % pour les éléments suivants :
1. rapatriement des animaux après une attaque (de l'enclos/lieu de l'attaque à l'exploitation
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 220/284
d'origine ou à un autre lieu) ;
2. soins aux animaux blessés ;
3. réduction de la valeur des animaux blessés ;
4. abattage des animaux à la suite de l'attaque ;
5. coûts supplémentaires pour l'achat d'aliments pour animaux ; 6. coûts supplémentaires pour
l'achat d'aliments pour animaux.
5. les frais supplémentaires pour l'achat d'aliments pour animaux ;
6. le transport des carcasses jusqu'à l'usine d'équarrissage et leur destruction. La main-d'oeuvre
est remboursée à 400 SEK/heure et les frais de transport sont remboursés à 18,50 SEK/mile
(indemnité automobile non imposable).
Les soins vétérinaires et l'autotraitement des animaux blessés sont remboursés au maximum avec
le même montant que les remboursements indiqués pour les animaux tués sous la rubrique
En outre, les animaux qui meurent ou sont tués après le traitement peuvent également être
remboursés avec les montants susmentionnés.
Il peut être nécessaire d'acheter de l'ensilage, du fourrage, du foin et de la paille après des attaques
de prédateurs ayant entraîné le déplacement d'animaux au cours de la saison de pâturage. Ils sont
remplacés par un maximum de 600 SEK/balle. Il est également possible d'utiliser des taux
standardisés comme base d'indemnisation pour le défi de soutien (les montants comprennent à la
fois les fourrages grossiers et les aliments concentrés) : 10 SEK par agneau et par jour et 5 SEK
par animal adulte et par jour.
Il est recommandé que le conseil administratif du comté considère les dommages causés par les
prédateurs comme un "autre événement imprévu" et que le propriétaire de l'animal n'ait pas à
rembourser l'argent. De plus amples informations sont disponibles sur le site web de l'Office
suédois de l'agriculture Indemnités 2022.120
14.10.1 Mesures d?intervention sur le loup
- Effarouchement du loup
- Tirs sur le loup avec armes à feu
Outre les tirs assurés dans le cadre d?opérations de police sur des loups potentiellement
dangereux, deux types de chasse à loup peuvent être autorisés en Suède :
- La chasse de protection
Cette chasse peut être acceptée par les comtés pour éviter des dégâts considérables sur les
troupeaux de rennes, les animaux d?élevages et les chiens. La demande d?autorisation doit être
déposée auprès de la Préfecture qui délivre l?autorisation après une étude au cas par cas.
L?Agence suédoise de protection de l?Environnement répertorie l?ensemble des demandes et les
décisions des comtés, ce qui constitue une base de données utile pour les comtés et les
demandeurs du droit de chasse. La chasse peut être effectuée à n?importe quel moment de l?année
et par des moyens souvent non-autorisés dans la chasse classique (usage de véhicules, chasse
de nuit, etc.), soit par les autorités (par exemple, la chasse en hélicoptère dans les zones d?élevage
des rennes), soit par le demandeur. S?il n?est pas possible de faire fuir les loups lors d?une attaque
120https://jordbruksverket.se/stod/jordbruk-tradgard-och-rennaring/jordbruksmark/kompensationsstod
PUBLIÉ
https://jordbruksverket.se/stod/jordbruk-tradgard-och-rennaring/jordbruksmark/kompensationsstod
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 221/284
(tirs en l?air...), alors il est possible d?abattre directement le ou les loups sans autorisation préalable
du comté. ce jour, une quinzaine de loups ont été tués en 2016 dans le cadre de chasses
protectrices. Les responsables des comtés rencontrés par la mission ont indiqué que très peu de
tirs étaient opérés dans ce cadre.
- La chasse sous licence
Cf. infra 4.7.3
Les comtés déterminent les zones dans lesquels les loups peuvent être chassés (et le nombre
maximal). Ils s?assurent notamment, grâce à des analyses ADN, qu?il n?y a pas de loup d?intérêt
génétique particulier dans la zone. Ils ciblent en général des zones à forte densité de loups.
Tout chasseur ayant droit de chasser dans cette zone peut participer à ces chasses, sous réserve
d?être enregistré auprès de l?agence pour la chasse au loup. L?opération de chasse au loup est très
encadré et fait l?objet d?un rapportage en temps réel (appels toutes les heures afin de vérifier que
le quota n?est pas dépassé).
Il n?y a pas de ciblage particulier des loups chassés sur la base de leur sexe ou de leur âge.
- Délivrance des autorisations de tirs (défense, prélèvement?)
Après une décroissance forte qui l?a conduite à un effectif de 10 loups en 1966, la population
suédoise de loups s?est redéveloppée grâce à des immigrations naturelles de loups russo-
finlandais et des mesures de protection. Cette population était toutefois marquée par un taux de
consanguinité très élevé. Afin de maîtriser ce taux ainsi que la croissance de cette population, le
parlement suédois a de nouveau autorisé la chasse en 2009. Il a alors décidé de limiter la
population de loups à 210 individus (en abattant les loups présentant des tares génétiques ou un
taux élevé de consanguinité), d?introduire un maximum de 20 nouveaux loups (russes ou finlandais)
pour renforcer la diversité génétique et un objectif de régénération de 20 louveteaux par an. La
première chasse a eu lieu en 2010 (28 loups abattus) malgré les critiques de la Commission
européenne et des ONG suédoises. Après la deuxième chasse en 2011 (19 loups abattus), la
Commission européenne a engagé une procédure officielle d'infraction à la directive Habitats, le
27 janvier 2011, en adressant une lettre de mise en demeure à la Suède121.
La Suède avait jusqu?au 17 août 2011 pour revoir sa législation. Afin d?éviter un renvoi de l?affaire
devant la Cour de justice de l?UE, le ministère de l?environnement a décidé, en août 2011, d?annuler
la chasse de 2012 et de revoir sa législation déclarant que « le plafond de 210 loups n?était plus
valable ». En avril 2012, le Comité national sur les prédateurs a conclu que l?état de conservation
du loup était défavorable et le taux de consanguinité élevé. Malgré cela, l?Agence suédoise de
protection de l?Environnement a décidé, le 30 janvier 2013, de permettre une 3ème chasse sous
licence en 2013 (à partir du 31 janvier 2013) pour résoudre les problèmes génétiques malgré de
nouvelles critiques de la Commission européenne. Des ONG environnementales suédoises ont
saisi le tribunal administratif, puis fait appel de la décision négative du tribunal auprès de la Cour
administrative d?appel qui a immédiatement arrêté la chasse, le 6 février 2013 (3 loups sur un quota
de 16 avaient déjà été abattus).
Une nouvelle loi de politique de gestion durable des prédateurs a été adoptée par le Parlement, fin
2013 (cf supra 2.4) qui a disposé que l?état de conservation du loup serait décidé par le Parlement
et non par l?Agence et qu?un état de conservation « favorable » correspondait à un nombre de loups
compris entre 170 et 270 individus et que les décisions d?autorisation des chasses seraient
déléguées aux comtés par l?Agence. La loi privait, par ailleurs, les ONG environnementales de la
possibilité de faire appel de la décision des comtés auprès de la Cour administrative d?appel, car
121 https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_11_95
PUBLIÉ
https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_11_95
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 222/284
la décision ne pouvait être contestée qu?auprès de l?Agence. Les années suivantes ont été
marquées par la contestation par les ONG des décisions de chasse prises, avec plusieurs
décisions en leur faveur des tribunaux.
Pour autant, à ce jour les comtés prennent toujours chaque année des décisions d?autorisation de
chasse en déclinaison d?une décision de l?agence.
? Décision de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement, BILAGA 1 ?
Ärendenr : NV-05826-22122
Extraits :
Ce guide s'adresse aux conseils administratifs des comtés concernés par la délégation actuelle de
l'Agence pour la protection de l'environnement concernant la possibilité de décider de l'octroi de
permis de chasse aux loups. L'objectif est de soutenir les conseils administratifs des comtés dans
les processus de prise de décision qui découlent de la responsabilité qui leur a été confiée en
matière de décisions sur les permis de chasse. Ces orientations sont importantes car, entre autres,
l'arrêt préjudiciel de la Cour de justice des Communautés européennes (l'arrêt Tapiola) doit être
pris en compte dans toute décision relative à la chasse aux loups.
La possibilité de décider d'un permis de chasse au loup découle de l'article 23c de l'ordonnance
sur la chasse (1987:905).Cette disposition est fondée sur l'article 16, paragraphe 1, point e),
de la directive Habitats. La base juridique de l'autorisation de chasser le loup est donc la même
qu'auparavant.
Selon l'ordonnance sur la chasse, toute décision relative à une autorisation de chasser le loup doit
être prise au plus tard le 1er octobre.
Gestion régionalisée avec délégation de responsabilité
L'Agence pour la protection de l'environnement part du principe que la gestion des loups doit être
autant que possible régionale. Ceci est en accord avec la décision de l'Agence pour la protection
de l'environnement de mettre en place une gestion régionale du loup.
Dans certains cas, l'Agence pour la protection de l'environnement peut décider de s'écarter du
principe de la prise de décision régionale. Dans ce cas, il se peut, par exemple, que les objectifs
nationaux globaux de la politique en matière de prédateurs soient ainsi favorisés.
Le fait que l'Agence pour la protection de l'environnement donne la possibilité de décider de la
chasse au loup avec permis ne signifie pas que les conseils administratifs des comtés doivent ou
devraient décider de la chasse avec permis, mais seulement qu'ils en ont la possibilité. Il incombe
aux conseils administratifs des comtés d'évaluer s'il est conforme à la réglementation en vigueur
et à l'état de la population de décider de l'octroi d'un permis de chasse. Cela signifie que les
conseils administratifs départementaux doivent tenir compte de certaines considérations
nationales dans leurs décisions régionales.
Les conseils administratifs régionaux sont chargés d'évaluer si l'état de conservation favorable de
l'espèce peut être maintenu dans le cadre d'une décision relative à l'octroi d'un permis de chasse.
Les conseils administratifs départementaux sont également chargés d'évaluer les lieux de
prélèvement dans le cadre d'une éventuelle chasse sous licence et la manière de promouvoir
l'établissement d'individus génétiquement importants et de faciliter la propagation dans de
nouvelles zones.
122 https://www.naturvardsverket.se/49e8e8/contentassets/9557de30b154494c8885bd8f8acf0ab1/vagledning-om-
licensjakt-pa-varg.pdf
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https://www.naturvardsverket.se/49e8e8/contentassets/9557de30b154494c8885bd8f8acf0ab1/vagledning-om-licensjakt-pa-varg.pdf
https://www.naturvardsverket.se/49e8e8/contentassets/9557de30b154494c8885bd8f8acf0ab1/vagledning-om-licensjakt-pa-varg.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 223/284
L'objectif global et à long terme de la politique relative aux carnivores est le suivant :
...que le loup, l'ours, le glouton, le lynx et l'aigle royal en Suède atteignent et maintiennent un état
de conservation favorable en vertu de la directive Habitats, et que, dans le même temps, ils soient
protégés par des mesures de conservation. L'élevage d'animaux domestiques n'est pas entravé
de manière significative et les considérations socio-économiques sont prises en compte".
L'Agence pour la protection de l'environnement est responsable des plans et processus nationaux
qui, avec les mesures décidées par les conseils administratifs des comtés, garantissent le maintien
de l'état de conservation favorable des prédateurs. L'EPA est également chargée de surveiller la
mise en oeuvre régionale de la gestion des prédateurs afin de s'assurer que le statut de
conservation favorable est maintenu dans le temps.
Le 30 décembre 2016, la Cour administrative suprême a rendu une décision dans une affaire
concernant la chasse au loup avec permis123 .
La Cour part du principe qu'il doit y avoir au moins 300 loups en Suède pour que l'espèce soit
considérée comme ayant un état de conservation favorable. La décision de la Cour administrative
suprême met en évidence tous les critères qui doivent être remplis pour qu'une décision
d'autorisation de chasse puisse être prise. La Cour passe en revue ce qui devrait être requis pour
que la chasse soit jugée appropriée au regard de la taille et de la composition des populations et
ce qui est requis pour que la chasse soit considérée comme sélective et dans des conditions
strictement contrôlées. En plus de cet arrêt, les conseils d'administration des comtés doivent
également prendre la décision préjudicielle de la Cour de justice de l'Union européenne, Affaire C-
674/172 , dans l'arrêt Tapiola124.
Les premières décisions relatives aux permis de chasse prises par les conseils administratifs des
comtés en 2021 ont été examinées par les tribunaux suédois. À l'exception de la chasse dans un
territoire, les tribunaux n'ont pas eu d'objections concernant l'état de conservation favorable local.
Les tribunaux ont également, en raison de décisions supplémentaires prises par le conseil
d'administration du comté, examiné spécifiquement la question de l'application de l'article 23(f) de
l'ordonnance sur la chasse125. Il incombe à l'autorité décisionnaire de prendre en compte toutes
les décisions judiciaires pertinentes concernant les grands carnivores lorsqu'elle décide de délivrer
des permis de chasse.
Évaluation de la possibilité de décider d'une chasse au loup avec permis :
Chaque conseil administratif de comté est chargé de veiller à ce que toute décision relative à l'octroi
d'un permis de chasse au loup réponde aux conditions énoncées à l'article 23c de l'ordonnance
sur la chasse. Cela signifie que tous les critères suivants doivent être remplis126 .?Il ne peut y avoir
d'autre solution que la chasse au permis.
? La chasse ne doit pas entraver le maintien d'un état de conservation favorable de la
population de l'espèce dans son aire de répartition naturelle.
? La chasse doit être adaptée à la taille et à la composition des populations.
? La chasse doit être sélective.
123 https://www.domstol.se/hogsta-forvaltningsdomstolen/avgoranden/2016/43696/
124https://eur-lex.europa.eu/legal-
content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
125 Se Kammarrätten i Sundsvall, mål nr 122?22 ; Se Kammarrätten i Sundsvall mål nr 393-395-22
126 Kriterierna utvecklas delvis i Naturvårdsverkets riktlinjer för beslut om skyddsjakt. Rapport 6568. ISBN: 978-91-
620-6568-3, sid 11.
PUBLIÉ
https://www.domstol.se/hogsta-forvaltningsdomstolen/avgoranden/2016/43696/
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 224/284
? La chasse doit être pratiquée dans des conditions strictement contrôlées.
Dans toute décision relative aux permis de chasse, les conseils d'administration des comtés
doivent préciser les considérations et les évaluations qui ont été faites pour chacun des points
susmentionnés. (?)
Concepts clés
Autre solution appropriée
La chasse au loup avec permis n'est possible que s'il n'existe pas de mesure alternative permettant
d'atteindre l'objectif de la chasse. Si les points 16.1 a-d (23 a § premier alinéa 1-4 de l'ordonnance
sur la chasse) sont applicables et peuvent être mis en oeuvre et réalisés par d'autres moyens que
16.1 e (23 c de l'ordonnance sur la chasse), ceux-ci doivent être préférés à une chasse avec permis.
C'est le cas, par exemple, de la chasse de protection visant à prévenir des dommages importants.
Cela nécessite un examen et une présentation minutieux de l'absence d'autres solutions
appropriées pour atteindre l'objectif déclaré de la chasse avec permis envisagée, et de l'existence
d'un soutien scientifique pour une telle position. Il s'agit de
Ces considérations doivent être clairement énoncées dans toute décision relative à la chasse au
permis.
L'autorité décisionnaire doit également indiquer les systèmes de coopération et de résolution des
conflits existant en Suède, par exemple les organismes de coopération, les délégations de gestion
de la faune sauvage, etc..
Le principe de précaution
L'affaire C674/176127 souligne également que le principe de précaution doit s'appliquer aux retraits
de la population. « Il convient également de souligner dans ce contexte qu'il découle du principe
de précaution énoncé à l'article 191, paragraphe 2, du TFUE que, si une évaluation des données
scientifiques les plus fiables et les plus accessibles laisse subsister une certaine incertitude quant
à l'opportunité d'une intervention de l'Union européenne dans le domaine de la protection de
l'environnement, il convient d'en tenir compte dans l'élaboration des politiques si cette dérogation
entrave le maintien ou le rétablissement de l'état de conservation favorable des populations d'une
espèce menacée, l'État membre n'accorde pas ou n'applique pas la dérogation".
Sur la question du but de la chasse, la Cour précise qu'une dérogation doit être fondée sur les
informations scientifiques et techniques les plus fiables et les plus pertinentes et à la lumière des
circonstances du cas d'espèce (point 51). Selon la Cour, il est nécessaire que l'État membre
démontre qu'une dérogation conduit à un effet positif global de la chasse sous licence sur l'état de
conservation du loup (point 46).Les modèles de taxation fondés sur des preuves scientifiques
minimisent le risque d'affecter négativement le maintien de la viabilité.128
Quantité limitée
Les critères de l'ordonnance sur la chasse doivent être interprétés à la lumière de la directive
Habitats. Il résulte de la jurisprudence (Hfd 2016 ref 89129 ) que, l'article 16, paragraphe 1, point e),
127https://eur-lex.europa.eu/legal-
content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
128 Beräkningar av beskattning av den Skandinaviska vargpopulationen 2023-Rapport till Naturvårdsverket, Sverige
och Miljødirektoratet, Norge från SKANDULV
Calculs de l'imposition de la population de loups scandinaves en 2023 - Rapport à l'Agence suédoise de protection
de l'environnement, Suède, et à l'Agence norvégienne de l'environnement, Norvège, de SKANDULV
129 https://www.domstol.se/hogsta-forvaltningsdomstolen/avgoranden/2016/43696/
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://www.domstol.se/hogsta-forvaltningsdomstolen/avgoranden/2016/43696/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 225/284
constitue la base d'une dérogation. Pour être autorisée, la chasse doit avoir une portée limitée et
porter sur une quantité limitée. La condition n'est pas fixée, ni en nombre ni en pourcentage, mais
selon l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement, il s'agit d'une comparaison avec le
niveau de population de l'espèce, en tenant compte des conditions spécifiques de l'espèce.
L'évaluation est directement liée à l'état de conservation de l'espèce.
Comme précédemment, la coordination entre les conseils administratifs des comtés concernés
avant les décisions relatives aux permis de chasse au loup est une condition préalable pour garantir
que le nombre total de loups couverts par les décisions est limité.
Dans l'affaire C674/17130 , la Cour de justice de l'Union européenne précise que la quantité de
spécimens prélevés accordée au titre de la dérogation prévue à l'article 16, paragraphe 1, point e),
doit être limitée de telle sorte qu'elle n'ait pas d'incidence négative significative sur la structure de
la population concernée, même si cette quantité ne compromet pas en soi le maintien de l'état de
conservation favorable des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition
naturelle (p. 72). Un impact négatif significatif sur la structure de la population concernée pourrait
être le ciblage de la chasse sur les seuls individus parentaux, réduisant ainsi la proportion
reproductrice de la population de loups.
Les orientations actualisées de la Commission européenne sur la protection stricte des espèces131
doivent également être prises en compte dans toute décision relative à l'octroi de permis de chasse
Lors des précédentes chasses au loup, les prélèvements ont été variables. Il a été établi dans la
pratique qu'une réduction de la population de loups d'environ 11 % était conforme au critère.
Ce qui est considéré comme une quantité limitée est lié à un prélèvement qui n'entrave pas le
maintien d'un état de conservation favorable, puisque ce sont ces deux critères qui affectent ce qui
est un prélèvement possible dans le cadre de la chasse sous licence. Cette question est examinée
plus en détail à la section 6 ci-dessous.4.
Objectif de la chasse
Suite à l'affaire C-674/1711 concernant la chasse au loup en Finlande, l'Agence suédoise pour la
protection de l'environnement souhaite souligner qu'il est important que l'objectif de toute chasse
au loup soit clairement décrit dans la décision relative à la chasse et qu'il existe une base
scientifique pour l'objectif atteint par la chasse.Outre la description des critères de la chasse
autorisée (voir l'article 23c de l'ordonnance sur la chasse), il est donc très important, dans les
décisions relatives à la chasse autorisée, d'énoncer clairement le but de la chasse et d'expliquer
comment la chasse autorisée conduira à la réalisation de ce but, y compris en décrivant le soutien
scientifique à ce but. C'est en fonction de l'objectif que l'on évalue s'il existe d'autres solutions
appropriées. Un exemple de l'objectif de la chasse avec permis peut être que la chasse légale
peut aider à réduire la chasse illégale132133 .
130https://eur-lex.europa.eu/legal-
content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
131 Guidance document on the strict protection of animal species of Community interest under the Habitats Directive
92/43/EEC
132 Liberg et al, Poaching-related disappearance rate of wolves in Sweden was positively related to population size
and negatively to legal culling (Le taux de disparition des loups lié au braconnage en Suède était positivement lié
à la taille de la population et négativement lié à l'abattage légal)
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0006320719311498
133 Suutarinen & Kojola. D'une manière ou d'une autre : facteurs prédictifs du braconnage des loups dans une
population de loups récoltés légalement
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0006320719311498
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 226/284
Un autre objectif de la chasse peut être de réduire l'impact socio-économique et
psychosocial que des populations denses de loups peuvent avoir sur les personnes vivant dans
des zones où il y a beaucoup de loups134135 .
Un troisième objectif pourrait être que la chasse autorisée dans les zones particulièrement
denses augmente la possibilité pour les descendants de loups génétiquement importants
(F1) de s'établir et d'entrer dans la population reproductrice136.
Le raisonnement sur l'attitude des gens envers les loups et la façon dont cela affecte la croissance
de la population de loups peut être trouvé, par exemple, dans un rapport de recherche américain
de 2015 par L. Scott Mills et Jennifer Feltner 137 . Ce rapport conclut notamment que le
développement de la population de loups en Scandinavie dépend de la tolérance de l'homme à
l'égard du loup et que la chasse au loup contrôlée n'est pas en soi incompatible avec le maintien
de la valeur de référence. Le rapport aborde également la relation entre la confiance et la chasse
illégale.
Toutefois, les nouvelles recherches ne confirment pas l'idée que les changements d'attitude des
gens à l'égard de la gestion des prédateurs peuvent être observés à court terme uniquement en
raison de la possibilité de chasser les loups138. Les nouvelles connaissances doivent être
répétées dans le temps afin d'obtenir une image plus claire de ce qu'un permis de chasse au loup
peut apporter et de la manière dont un changement d'attitude vers la tolérance et la confiance
dans la gestion peut être rendu possible. La question de savoir si la chasse illégale diminue
lorsque le permis de chasse est autorisé n'a pas été examinée dans le cadre de cette étude.
Chasse illégale
La CJUE précise dans l'affaire C674/17 que l'autorité décisionnaire doit étayer l'affirmation selon
laquelle l'autorisation de la chasse sous licence peut effectivement réduire la chasse illégale, et ce
dans une mesure qui aura un effet positif net sur l'état de conservation de la population de loups.
Cela doit être fait avec un "soutien scientifique rigoureux", y compris des données comparatives
sur l'impact de la chasse sur l'état de conservation des loups. Les décisions de chasse de
protection prévues et les dernières estimations du nombre de loups tués illégalement sont prises
en compte (pp. 44-45).
Dans un jugement du 17 février 2020, le tribunal administratif de Luleå - en référence directe à la
décision préjudicielle de la Cour de justice de l'Union européenne dans l'affaire C674/17 - déclare
que l'article 16, paragraphe 1, point e), de la directive "Espèces et habitats" peut être appliqué à
la chasse avec permis d'une espèce de carnivore strictement protégée (en l'occurrence, le lynx)
afin "d'améliorer les possibilités de coexistence et de maintenir ainsi l'état de conservation
favorable de la population de lynx".
Le tribunal administratif a donc rejeté l'objection des plaignants selon laquelle l'article 16,
paragraphe 1, point e), ne pouvait pas être utilisé pour la chasse avec permis. Dans les décisions
134 NV-02945-15 : Analyse et rapport sur la façon dont la socio-économie est affectée par une population de loups
ayant un statut de conservation favorable en Suède, Lettre dans le cadre de la mission gouvernementale visant à
étudier un statut de conservation favorable pour les loups (M2015/1573/Nm)
135 Erica von Essen, Dans le fossé entre légalité et légitimité
https://zslpublications.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/acv.12409
136 NV-06253-21 : Dynamique spatiale de la population de loups en Scandinavie - effets de l'augmentation de la
taille de la population et de l'abattage.
137 Annexe 4 au Rapport intérimaire de la commission gouvernementale chargée d'étudier l'état de conservation
favorable du loup (M2015/1573/Nm)
Bilaga 4 till Delredovisning av regeringsuppdraget att utreda gynnsam bevarandestatus för varg (M2015/1573/Nm).
138 NV-06582-20 : Étude sur les attitudes à l'égard de la chasse au loup sous licence
PUBLIÉ
https://zslpublications.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/acv.12409
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 227/284
relatives à la chasse au loup avec permis de 2022, un raisonnement similaire a été appliqué par
les tribunaux.
La dernière estimation de la chasse illégale a été faite en 2017 et a été estimée à environ 15-20%
de la mortalité totale de la population au niveau national. La chasse illégale est incluse comme
paramètre dans le modèle de taxation développé par SKANDULV. Le plan de gestion des grands
carnivores qui devrait être adopté à l'automne 2022 comporte également un domaine d'action qui
aborde la question de la chasse illégale. Des mesures sont en cours d'élaboration, d'une part pour
continuer à poursuivre activement les infractions de chasse graves qui se produisent, et d'autre
part pour travailler activement avec le travail de prévention.
Loups génétiquement importants et sélectivité
Comme lors des précédentes chasses au loup, la chasse au permis ne peut être menée dans des
territoires où l'établissement de loups génétiquement importants est assuré, conformément au § 4
de la réglementation de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement (NFS 2014:24).
Le contexte est que la chasse autorisée ne doit pas entraver le maintien d'un état de conservation
favorable et que la chasse doit être sélective.
Deux loups finno-russes précédemment connus étaient toujours stationnaires dans la zone de
reproduction de la population : une femelle dans un groupe familial en Suède (Tiveden) et un mâle
dans un groupe familial en Norvège (Setten). Un groupe familial avec des petits d'un an a été
documenté à Setten pendant l'hiver, mais aucun petit d'un an né en 2021 n'a pu être documenté à
Tiveden.Un total de 21 F1 a été documenté en Scandinavie, après trois loups finno-russes connus
au cours de la période d'inventaire. Lors de l'élaboration d'un éventuel permis de chasse, les
conseils administratifs des comtés doivent veiller à ce que la chasse ne soit pas pratiquée dans
des territoires où l'établissement de ces loups génétiquement importants a été confirmé.
Le nombre de groupes familiaux a augmenté en Suède au cours des dernières années. Le conseil
d'administration du comté devrait tenir compte du fait que la chasse est organisée de manière à ne
pas cibler les individus qui risquent d'avoir un impact négatif important sur la structure de la
population s'ils sont tués.
Possibilités de chasse avec permis en 2023
Une décision sur l'autorisation de la chasse au loup ne doit pas entraver le maintien d'un état de
conservation favorable de la population de loups dans son aire de répartition naturelle. Dans le
cadre d'une évaluation régionale concernant la chasse au loup autorisée, il est important de partir
du meilleur état de conservation de la population de loups dans son aire de répartition naturelle.
Les bases de calcul disponibles pour l'estimation de la population :
En Suède, il s'agit des résultats de l'inventaire annuel de la population de loups139. L'évaluation du
champ d'application des permis de chasse doit inclure la mortalité totale de la population de loups,
y compris la chasse illégale.
La population de loups s'est étendue à la zone de gestion sud où il y a maintenant un certain
nombre de territoires, à la fois des groupes familiaux et des paires de marquage de territoire. Bien
que la zone de gestion soit désormais supérieure au niveau minimum fixé, l'Agence pour la
protection de l'environnement considère toujours la zone de gestion sud comme une zone
de dispersion sans possibilité d'octroi de permis de chasse. Cette décision se fonde sur la
139https://brage.nina.no/nina-
xmlui/bitstream/handle/11250/2997123/bestandsstatusstorerovdyr2022_1.pdf?sequence=3&isAllowed=y
PUBLIÉ
https://brage.nina.no/nina-xmlui/bitstream/handle/11250/2997123/bestandsstatusstorerovdyr2022_1.pdf?sequence=3&isAllowed=y
https://brage.nina.no/nina-xmlui/bitstream/handle/11250/2997123/bestandsstatusstorerovdyr2022_1.pdf?sequence=3&isAllowed=y
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 228/284
politique décidée en matière de prédateurs, selon laquelle l'administration doit réduire la
concentration de loups là où elle est la plus forte, c'est-à-dire actuellement dans la zone de
gestion centrale, et permettre au loup de se répandre dans son aire de répartition naturelle,
qui comprend le sud de la Suède.
La partie nord de la zone de gestion méridionale pourrait à l'avenir abriter une population dense de
loups, car cette zone est directement adjacente à la zone centrale de la population de loups. Dans
cette zone (Södermanland, Östergötland, Jönköping), il pourrait être opportun que l'Agence pour
la protection de l'environnement examine la possibilité de déléguer le droit de prendre des
décisions sur les permis de chasse aux loups si la densification se poursuit.
La zone de gestion septentrionale n'est pas éligible à la chasse avec permis. Le niveau minimum
est tout juste atteint, mais la chasse avec permis ne doit pas compromettre le niveau minimum de
la zone de gestion.
La collaboration qui a lieu dans la zone centrale de gestion entre les comtés concernés qui peuvent
être impliqués dans l'exécution de la chasse sous licence doit être rapportée afin que le processus
menant à la décision puisse être étudié par la suite. De cette façon, la collaboration entre les
comtés et les considérations régionales peuvent être visualisées.
Chaque année, l'Agence pour la protection de l'environnement demande une mise à jour du modèle
d'évaluation140 pour la population de loups afin d'obtenir une évaluation du taux de croissance et
une base pour une éventuelle chasse totale sans risquer de compromettre l'état de conservation
favorable de l'espèce.
Le modèle d'évaluation doit constituer la base de l'analyse par les conseils d'administration des
comtés d'une éventuelle allocation totale de chasse pour la protection et la chasse avec permis au
cours de la saison à venir. Le modèle d'évaluation garantit que le prélèvement potentiel de chasse
tient compte de tous les paramètres de mortalité, y compris la chasse illégale.
Selon le règlement sur la chasse et la jurisprudence, le nombre de loups pouvant être chassés doit
être clairement indiqué dans une décision de chasse et doit être déterminé en fonction de la taille
de la population de l'espèce, de son état de conservation et de ses caractéristiques biologiques.
Ceci doit être fait sur la base de données scientifiques rigoureuses sur les conditions
géographiques, climatiques, environnementales et biologiques, ainsi que de données permettant
d'évaluer la situation de la reproduction de l'espèce concernée et le taux annuel total de mortalité
pour des causes naturelles.
L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement a indiqué dans son rapport 2019,
conformément à l'article 17 de la directive Habitats, que la population de loups suédoise est en
augmentation141. Le rapport est basé sur la façon dont la population a évolué au fil du temps et
n'est pas un instantané de la taille de la population de loups. Une population de loups stable ou en
augmentation au fil du temps est une condition préalable pour satisfaire aux exigences de la
directive. Du point de vue de la gestion, il est également important de parvenir à une stabilité dans
le temps, où les différents intérêts sont équilibrés conformément aux objectifs de la politique sur
les prédateurs. Sur la base de l'évolution de la population de loups au cours des dernières années,
l'Agence pour la protection de l'environnement estime qu'il est désormais possible de décider d'un
prélèvement plus important que les années précédentes dans le cadre de la chasse au loup. De la
même manière que pour la chasse à l'ours, une population de loups en croissance libre peut
140 Beräkningar av beskattning av den Skandinaviska vargpopulationen 2023-Rapport till Naturvårdsverket, Sverige
och Miljødirektoratet, Norge från SKANDULV
141 https://www.naturvardsverket.se/978-91-620-6914-8
PUBLIÉ
https://www.naturvardsverket.se/978-91-620-6914-8
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entraîner des risques accrus de dommages. Ce sont les conseils d'administration des comtés qui
ont été chargés de décider s'il est nécessaire d'autoriser un prélèvement plus important que les
années précédentes dans le cadre de la chasse avec permis. En ce qui concerne l'évolution de la
population de loups et la possibilité d'utiliser des conditions spéciales pour concentrer la chasse
sur des territoires qui se vident complètement et pour exempter des territoires où vivent des loups
génétiquement importants, l'Agence pour la protection de l'environnement estime que des
prélèvements plus importants qu'auparavant sont possibles sans avoir d'impact négatif significatif
sur la structure de la population. Selon l'Agence, cela s'applique même si cela signifie que les
prélèvements des années précédentes par rapport à la taille de la population sont dépassés. Dans
le même temps, la récolte doit être effectuée en tenant compte, entre autres, du modèle de taxation
afin de ne pas entraver le maintien d'un état de conservation favorable.
Récoltes des années précédentes pour la protection et la chasse sous licence :
Compte tenu de l'évolution de la population de loups au fil du temps, l'Office de protection de
l'environnement estime que la retenue consistant à ne pas accorder de permis de chasse lorsque
la population de loups s'est approchée de la valeur de référence pour un état de conservation
favorable a été bien équilibrée. La population s'est rétablie et augmente en nombre. La population
de loups a également augmenté en nombre après la chasse avec permis effectuée pendant l'hiver
2020 et s'est étendue à d'autres parties de la Suède. Cela confirme que les décisions relatives à
la chasse de protection et à la chasse avec permis qui ont été prises n'ont pas menacé l'état de
conservation favorable du loup du point de vue des effectifs et de la répartition.
Suivi et évaluation
En plus de faire rapport à l'Agence de protection de l'environnement, les conseils administratifs des
comtés devraient, comme les années précédentes,142 assurer le suivi des décisions relatives à
l'octroi de permis de chasse. Ce suivi est important pour confirmer que la chasse contribue à la
réalisation des objectifs fixés. L'Institut vétérinaire national a également assuré le suivi des animaux
tués lors des chasses autorisées. Le dernier rapport date de 2022143. L'Agence pour la protection
de l'environnement est responsable du suivi de la gestion régionale et de l'évaluation à long terme
de la manière dont l'outil de gestion qu'est la chasse agréée est utilisé et qu'il n'entrave pas le
maintien d'un état de conservation favorable. En 2020, l'Agence pour la protection de
l'environnement a lancé une évaluation de la chasse agréée qui vise à mesurer si la confiance
dans la gestion augmente grâce à la mesure de gestion qu'est la chasse agréée. Les résultats
montrent que la confiance dans l'administration n'augmente pas après la mise en oeuvre du
programme.
Le changement d'attitude à l'égard de la gestion des prédateurs ne peut donc pas être observé à
court terme uniquement en raison de la possibilité de chasser le loup. Il n'est donc pas possible à
court terme d'observer des changements dans l'attitude des gens à l'égard de la gestion des
prédateurs uniquement en raison de la possibilité de chasser le loup. 144 Les nouvelles
connaissances doivent être répétées dans le temps afin d'obtenir une image plus claire de ce
qu'une chasse au loup peut apporter et comment un changement d'attitude vers la tolérance et la
confiance dans la gestion peut être rendu possible.
142 https://www.lansstyrelsen.se/download/18.710ed317161746d8052c07d/1526067907561/uppfoljning-licensjakt-
varg-2015-2017.pdf
143 https://www.sva.se/media/8d9f8460e974008/sva-rapport-74-2022-licensjakt-p%C3%A5-varg-2022.pdf
144 https://www.slu.se/globalassets/ew/org/inst/vfm/nyheter/2021/juni/nationella-undersokningen.pdf
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 230/284
? Calculs de taxation [prélèvement] de la population de loups scandinaves 2023 - Rapport
du projet de recherche sur le loup en Scandinavie (SKANDULV) à l'Agence suédoise de
protection de l'environnement et à l'Agence norvégienne de l'environnement. 2022-06-15
Extraits
Pour la Suède, les possibilités de dépasser largement l'objectif de population à l'automne 2022
d'au moins 300 loups sont nettement plus nombreuses qu'au cours des deux dernières années. La
valeur moyenne de la population brute estimée brute estimée pour l'automne prochain (2022) est
de 419 (329 - 530 ; IC 95 %) loups, avec la possibilité de chasse de 33 loups pendant la période
du 1er octobre 2021 au 30 avril 2022.
Il est donc possible de chasser pendant toute la période du 1er mai 2022 au 30 septembre 2023
et les prévisions du modèle pour le 1er octobre 2023 montrent que le risque de se retrouver en
dessous de 300 individus est de 10 % pour un prélèvement total (somme de la chasse autorisée,
de la chasse de protection et de l'autodéfense) de 84 individus.
Pour la Norvège, la croissance potentielle a été de 33% (0,75 - 1,92 ; 90% CI) au cours des 10
dernières années. La grande variation du taux de croissance en Norvège est due au fait que les
calculs sont basés sur une partie limitée d'une population plus large et que le hasard a donc un
impact relativement plus important.
En outre, la dispersion des loups depuis la Suède peut avoir un impact sur le taux de croissance
en Norvège puisque cette sous-population ne représente que moins de 20 % de la population
scandinave. Si nous partons de l'objectif national le plus élevé, à savoir 6 rajeunissements incluant
la moitié des territoires frontaliers, alors l'objectif calculé comme suit sera atteint Si nous partons
de l'objectif national le plus élevé, à savoir 6 rajeunissements incluant la moitié des territoires
frontaliers, alors l'objectif calculé en nombre d'individus est d'environ 60 loups.
Il n'y a pas d'objectif explicite pour la population scandinave. Toutefois, si l'on additionne les
objectifs pour les sous-populations norvégienne et suédoise, on obtient un minimum de 340 à 360
loups (la fourchette dépend de l'objectif norvégien de 4 à 6 générations).
La population estimée à l'automne 2021 à 495 (475-516 ; IC 95 %) loups est bien supérieure à cet
objectif. La prévision la plus probable pour le 1er octobre 2022 est de 507 (399-641 ; IC 95 %)
loups avec un prélèvement de 63 loups au cours de la période du 1er octobre 2021 au 30 avril
2022.
Avec un prélèvement du 1er octobre 2022 au 30 septembre 2023 en Scandinavie de 115 loups, le
risque est de 10 % que la population se retrouve en dessous de 360 au 1er octobre 2023, c'est-à-
dire l'intervalle de confiance inférieur de 80 % du tableau 3. Si l'on combine les prélèvements
possibles en Suède et en Scandinavie pour atteindre les objectifs de population, un prélèvement
de 84 loups en Suède donne un risque de 10 % de tomber en dessous de la valeur de référence
de 300 loups, c'est-à-dire qu'il y a une marge de 31 loups pour la Norvège si l'on veut s'en tenir à
un risque de 10 % de tomber en dessous de 360 loups pour la Scandinavie.
Un prélèvement de 75 loups en Scandinavie entre le 1er octobre 2022 et le 1er octobre 2023 est
estimé donner une croissance nulle et un prélèvement de 85 loups est estimé donner la même
taille de population qu'au 1er octobre 2021.
Les résultats du modèle s'appliquent à toutes les chasses réalisées pendant la période du 1er mai
2022 au 30 septembre 2023. S'il y a une chasse sous abri extensive pendant l'été 2022 et 2023,
ou si vous voulez avoir de la place pour une chasse sous abri pendant l'hiver 2022/2023, ceux-ci
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 231/284
doivent être déduits de tous les quotas de chasse sous licence pendant l'hiver 2022/2023 pour que
les résultats du modèle s'appliquent.
? Les conseils des comtés ont décidé en septembre 2022 d?autoriser une chasse sous
licence de 75 loups en janvier et février 2023.
57 loups ont effectivement été tués dans le cadre de cette chasse.
14.10.2 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
Aucun élément identifié par la mission.
14.11 Acceptation sociale
Rapport : Enquête sur les attitudes à l'égard des grands prédateurs et la gestion des préda-
teurs
Extrait
Parmi les cinq grands carnivores, le loup est l'espèce la plus controversée. Une majorité de
l'échantillon national (69 %) déclare apprécier la présence du loup en Suède, tandis que 12 %
n'aiment pas ou n'aiment pas du tout la présence du loup en Suède. Si un loup existe dans le pays,
une personne sur cinq exprime une opinion neutre. Ces valeurs sont restées stables dans le temps.
Les habitants de Stockholm acceptent mieux la présence des loups dans le pays (79 %), tandis
que les réponses positives sont nettement moins nombreuses dans cinq comtés : Jämtland (59 %),
Värmland (58 %), Dalarna (54 %), Kronoberg (54 %) et Gävleborg (54 %). Hormis Kronoberg, ces
comtés ont une population de loups et des recherches antérieures ont montré que les attitudes à
l'égard des loups tendent à devenir moins favorables au fur et à mesure que les gens coexistent
avec l'espèce (Dressel et al. 2015). La volonté des répondants d'avoir des loups dans le quartier
où ils vivent a également diminué au fil du temps. Dans les enquêtes de 2004 et 2009, 60 % de
l'échantillon national pourrait accepter le loup dans son quartier. Dans la dernière enquête, Il est
intéressant de noter qu'aucun des comtés inclus n'a montré de différence significative par rapport
à l'échantillon national en termes d'acceptation par la population de la présence de loups dans leur
voisinage. En outre, la proportion de personnes qui pensent que les loups devraient être autorisés
à vivre sur l'ensemble du territoire suédois a augmenté (54 %), mais dans le même temps,
davantage de personnes pensent qu'il ne devrait pas y avoir de loups là où il y a des rennes (33 %
contre 25-26 % dans les enquêtes précédentes). La peur des loups a augmenté au fil du temps
dans l'échantillon national, mais elle reste bien inférieure à la peur de rencontrer un ours. Dans
l'enquête de 2004, un quart des personnes interrogées ont déclaré avoir peur de rencontrer un
loup lorsqu'elles se trouvent dans la nature, contre 35 % l'année précédente pour cent dans la
dernière enquête. Il est également important de préciser que la peur des grands prédateurs n'a
pas seulement augmenté au fil du temps, mais aussi celle d'autres espèces telles que le sanglier.
En général, les gens sont plus nombreux aujourd'hui qu'il y a 16 ans à craindre de rencontrer des
animaux sauvages lorsqu'ils sont dans la nature. Les attitudes à l'égard de l'objectif politique pour
les loups sont restées relativement stables au fil du temps. Un peu plus de la moitié des personnes
interrogées (56 %) pensent que 170-270 loups est un objectif national acceptable. 16 % souhaitent
que l'objectif actuel soit fortement ou quelque peu réduit et 28 % préféreraient une augmentation
de l'objectif national en matière de nombre de loups. Plusieurs des comtés où une population de
loups est établie diffèrent de l'échantillon national. Plus d'une personne sur cinq dans le Värmland
(19 %), en Dalécarlie (20 %), dans le Jämtland (23 %) et dans la région de l'Oregon (20 %) est
favorable à l'augmentation du nombre de loups. Gävleborg (24 %) pense que l'objectif national
devrait être fortement réduit. L'échantillon national diffère encore du Västmanland et du Norrbotten.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 232/284
WWF 2023
« Un permis de chasse pour 75 loups a été accordé pour 2023. Le WWF regrette cette décision.
Le WWF regrette l'octroi d'un permis de chasse de 75 loups en Suède. De nombreux loups sont
consanguins et le quota de chasse élevé représente un risque pour la population, qui était estimée
à 460 individus lors du dernier inventaire. Ce chiffre peut être comparé au total de 203 loups tués
depuis 2010, date à laquelle la chasse a repris.
- Nous sommes préoccupés par le fait que la Suède ne dispose pas d'un plan à long terme pour
renforcer le statut génétique des loups. Ce problème n'a pas encore été résolu", déclare Benny
Gäfvert, expert en prédateurs au WWF.
Des mesures sont nécessaires pour prévenir les conflits entre les prédateurs et les humains
La chasse avec permis ne résout pas tous les problèmes des propriétaires d'animaux domestiques.
Le gouvernement et le parlement doivent allouer plus d'argent aux mesures préventives de
protection des animaux domestiques. Cela implique une indemnisation complète et un meilleur
soutien aux personnes touchées par les dégâts causés par les prédateurs, notamment pour
l'entretien des clôtures destinées à repousser les prédateurs.
Le WWF travaille activement à l'élaboration de solutions efficaces et innovantes à plus grande
échelle, afin que les humains et les prédateurs puissent coexister et réduire les conflits. Par
exemple, nous investissons dans le soutien des clôtures anti-prédateurs et dans le développement
d'une technologie de caméras intelligentes pour surveiller les animaux domestiques.
Les prédateurs en Suède devraient bénéficier d'un statut de conservation favorable
Le WWF souhaite que les prédateurs en Suède bénéficient d'un statut de conservation favorable.
Une condition importante est que les conflits soient réduits et qu'un dialogue approfondi soit mené
avec les politiciens, les autorités et les acteurs bénévoles, tant en Suède que dans notre réseau
européen, afin que la législation de l'UE sur les prédateurs ne soit pas sapée.
- Les loups et les autres prédateurs jouent un rôle important dans la nature. Les prédateurs sont
importants pour les écosystèmes et la biodiversité, notamment parce qu'ils régulent la façon dont
les proies se déplacent et se nourrissent", déclare Benny Gäfvert.
Pour en savoir plus sur le travail du WWF avec les loups et les autres grands prédateurs suédois,
consultez le site : www.wwf.se/djur/svenska-stora-rovdjur »
14.12 Eléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du
loup en Suède
Cf. supra décision du parlement de mai 2022 et rapports demandés à l?agence suédoise de
protection de l?environnement.
PUBLIÉ
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14.13 Liste des contrôles des clôtures subventionnées
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15 Fiche Suisse
Le libre pâturage est encore toléré et pratiqué d?un certains cantons mais disparaît peu à peu par
baisse des subventions et présence croissante du loup. Le pâturage en rotation est toujours
présent mais c?est le gardiennage qui prend de l?importance grâce à la prise en charge de la
rémunération des bergers par le ministère de l?agriculture pendant l?estivage.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 238/284
15.1 Présentation de l?élevage en Suisse
15.2 Caractéristiques de la population de loup
15.2.1 Les effectifs de loup
L?Office fédéral de l?environnement (OFEV) a chargé la Fondation KORA (Écologie des carnivores
et gestion de la faune sauvage - https://www.kora.ch/fr/) d?effectuer un suivi national du loup. Le
KORA documente toutes les preuves de déclarations de loups et coordonne la collecte des
échantillons génétiques, qui sont analysés au Laboratoire de la Biologie de la Conservation (LBC)
de l?Université de Lausanne. Le KORA gère également le budget des analyses génétiques. La
Confédération y consacre chaque année entre un et deux millions de francs. Les opérations sur le
terrain relèvent de la responsabilité des cantons et de leurs collaborateurs. Il n'existe pas de vue
d'ensemble à l'échelle nationale des coûts qui y sont occasionnés (salaires du personnel).
L'estimation des effectifs se fait sur la base des analyses génétiques, qui doivent permettre de
recenser si possible tous les individus une fois par an (2022 : 240 individus, y compris les
louveteaux, les loups qui ont migré et ceux qui ont été tués), ainsi que sur la base de la
détermination des reproductions (2022 : 26 meutes, dont environ 22 avec reproduction, y compris
les meutes transfrontalières avec la France et l'Italie).
S?il existe des indices de la formation d?un couple ou d?une meute, le KORA aide les cantons à
intensifier la surveillance de la zone en question (par exemple au moyen de pièges
photographiques), afin de confirmer la formation de meutes grâce à des preuves fiables.
Tous les indices de la présence de loups peuvent être signalés au KORA (formulaires :
https://www.kora.ch/index.php?id=158&L=2) et être consultés et téléchargés sur le site du KORA
Monitoring Center.
15.2.2 Méthode de dénombrement du loup
On distingue globalement le suivi passif et le suivi actif.
Dans le cadre du suivi passif, les événements occasionnels sont documentés, par exemple des
loups trouvés morts, des animaux de rente et/ou sauvages prédatés, des observations
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 239/284
occasionnelles telles que des repérages (avec photos), des traces ou des fèces. Le suivi passif
présente l?avantage d?être peu coûteux et de pouvoir être poursuivi sur une vaste zone pendant
une longue période. En contrepartie, il est tributaire de la bonne volonté de la population, qui
signalera ou non la présence d?animaux, et il est moins sûr, puisque des personnes moins
expérimentées peuvent par exemple confondre des traces de loup et de chien.
Il est donc recommandé de classer toutes les notifications en fonction de leur fiabilité, en utilisant
par exemple les trois catégories du SCALP (cf. Molinari-Jobin et al. 2012) :
? catégorie 1) Preuves concrètes, par exemple découvertes de cadavres, photos, preuves
génétiques ;
? catégorie 2) Indices confirmés par des personnes formées ;
? catégorie 3) Preuves non confirmées, par exemple des observations visuelles sans
photographie.
Le suivi actif fait référence à la collecte ciblée et systématique de données, afin d?atteindre les
objectifs définis dans le programme de suivi (cf. Breitenmoser et al. 2006). Ce type de suivi est
plus complexe et plus coûteux, mais il fournit des données systématiques sur des questions
spécifiques.
Quatre méthodes de suivi sont considérées en Suisse particulièrement adaptées au loup :
? Le suivi systématique des traces de loups en hiver sur des transects prédéterminés est
une méthode établie, mais relativement coûteuse, qui est utilisée dans des zones où la
présence de loups est permanente, pour déterminer la taille minimale de la meute ainsi
que sa composition. Dès qu?une éventuelle trace de loup est détectée, le transect est laissé
et la piste est suivie jusqu?à ce qu?il puisse être clairement confirmé qu?il s?agit d?une piste
de loup et que le nombre minimal de loups puisse être déterminé. En outre, des échantillons
peuvent être collectés. La solution optimale consisterait à faire tous les transects dans une
zone de manière simultanée. Elle supposerait toutefois qu?un grand nombre de personnes
soient simultanément disponibles pour effectuer le travail de terrain. De plus, les conditions
d?enneigement des hivers plutôt doux sous nos latitudes répondent rarement aux
exigences de cette méthode. Par conséquent, la possibilité d?effectuer tous les transects
de manière simultanée a été abandonnée. Le travail sur le terrain doit cependant rester le
plus égal possible entre les différents territoires suivis (cf. Zimmermann 2019).
? Les échantillons collectés tels que les autopsies de loups retrouvés morts, la salive
recueillie sur des proies ou les fèces, fournissent du matériel pour le suivi génétique.
? Ces dernières années, le suivi par pièges photographiques déjà utilisé pour le lynx a fait
ses preuves pour le loup. Les pièges photographiques sont installés sur les chemins
régulièrement empruntés par les loups ou lorsqu?une proie est retrouvée. Cette méthode
permet par exemple de détecter des louveteaux de connaître la taille minimale des meutes
ou encore de mesurer leur aire de distribution (cf. Reinhardt et al. 2015). Cependant, les
loups ne peuvent pas être identifiés individuellement sur des images de pièges
photographiques. Par conséquent, contrairement au lynx, la taille de la population de loups
ne peut être estimée au moyen de la méthode dite de « capture-recapture » (KORA 2020).
? L?analyse informatique d?enregistrements sonores des hurlements permet de déduire des
informations sur la présence de louveteaux et le nombre minimal d?individus dans la meute
(cf. Zimmermann 2019). Les incitations aux hurlements fonctionnent le mieux entre juillet
et octobre (cf. Gazzola et al. 2002), lorsque les louveteaux sont encore reconnaissables
comme de jeunes animaux grâce à leur voix aiguë et qu?ils ne se déplacent pas encore
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 240/284
avec les adultes (cf. Nowak et al. 2007, Gazzola et al. 2002). Toutefois, comme elles sont
complexes à réaliser et que les taux de réussite sont faibles (les loups ne répondent pas à
chaque fois), les incitations aux hurlements ont quelque peu été éclipsées par l?utilisation
de pièges photographiques (cf. Reinhardt et al. 2015). De nouveaux outils tels que les
capteurs acoustiques (par exemple le « Songmeter ») permettent désormais aussi
l?enregistrement systématique des hurlements spontanés. Si l?intervention sur le terrain est
alors considérablement simplifiée puisque les capteurs acoustiques enregistrent
automatiquement les sons (cf. Suter 2019), les heures d?enregistrements sonores doivent
ensuite être analysées afin de trouver les hurlements de loup. Reste que, avec
l?automatisation croissante de ces analyses de données, cette méthode est vouée à un
avenir prometteur (cf. Zimmermann 2019).
15.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
Loups identifiés en Suisse (état au 31.1.2023).
Les individus génétiquement identifiés au cours des derniers mois (dernière preuve) et qui ne
peuvent pas être attribués à une meute sont marqués d'un cercle (mâle) ou d'un triangle (femelle).
Symboles jaunes = individus de passage, symboles bleus = loups établis, symboles gris = la
situation n'est pas connue.
Les meutes sont représentées par de grands disques nommés avec l'abréviation de la meute. Bleu
clair = meute transfrontalière. bleu foncé = meute en Suisse Les individus attribués aux meutes (p.
ex. les louveteaux) ne figurent pas sur la carte. Les couples sont représentés par des carrés orange
et identifiés par une abréviation. Les individus morts et les individus dont il est prouvé qu'ils ont
quitté la suisse ne sont pas représentés.
Analyses génétiques : Laboratoire de Biologie de la Conservation (LBC), Université de Lausanne.
Il y a actuellement environ 16 meutes de loups vivant en Suisse, dont sept traversent la frontière
avec l'Italie et la France. Les meutes sont définies comme des groupes socialisés d'au moins trois
loups des deux sexes. Ce sont principalement des groupes familiaux reproducteurs. Cependant,
la reproduction n'a pas pu être confirmée dans toutes les meutes de l'année en cours. On peut
supposer qu'il existe environ quatorze reproductions et un cheptel d'environ 150 loups.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 241/284
Probablement deux nouvelles meutes transfrontalières avec la France
Dans les Alpes du Nord françaises, plusieurs nouvelles meutes de loups ont été identifiées lors
des suivis estivaux en 2021. Deux d'entre eux sont susceptibles de vivre de l'autre côté des
frontières avec la Suisse : la meute de la Dent d'Oche au sud du lac Léman et la meute des
Posettes dans la région de Vallorcine sur le cours supérieur de l'Eau Noire - un cours d'eau qui se
déverse en Suisse. La Dent d'Oche est située dans le Chablais, où vit déjà une meute de loups.
Cependant, la meute rencontrée en France n'est pas identique à celle de la Suisse. On peut
supposer que la preuve la plus septentrionale de meutes du côté suisse du Chablais dans la région
de St. Gingolph remonte à la nouvelle meute de la Dent d'Oche.
15.2.4 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
Prédations sur les troupeaux
Avec un cheptel d'environ 350 000 moutons et 80 000 chèvres, un peu plus de 1 000 animaux de
rente ont été tués l'année dernière (98% de moutons et de chèvres). Le nombre d'attaques a
augmenté ces dernières années, mais moins rapidement que la population de loups. La grande
majorité des attaques ont lieu dans des situations sans protection des troupeaux (environ 80%).
Au cours des dix dernières années, entre 0 et 5 vaches ont été tués par des loups en Suisse
chaque année. Cela représente environ 1 % des animaux d'élevage tués. À quelques exceptions
près, il s'agit de veaux nouveaux-nés au pâturage. Chez les vaches adultes, laitières ou allaitantes,
il n'y a pas eu à ce jour de prédation confirmée par des loups en Suisse.
Interactions du loup avec l'Homme
L?OFEV considère que la dangerosité des loups ne dépend pas de leur nombre ou de la présence
de leur meute et que les seuls facteurs décisifs sont la présence ou l'absence de rage, la
disponibilité de proies naturelles et s'il existe des loups conditionnés (nourris).
La rage est éradiquée en Suisse depuis 25 ans, les stocks d?animaux sauvages sont intacts et les
loups ne sont pas nourris.
Les loups sont considérés comme ne présentant aucun danger même en présence de meutes.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 242/284
15.3 Politique publique de gestion du loup
15.3.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
En vertu de l?art. 10bis de l?ordonnance fédérale sur la chasse (OChP ; RS 922.011), l?Office fédéral
de l?environnement (OFEV) est chargé d?établir un plan applicable à la gestion du loup en Suisse.
Ce plan contient notamment des principes régissant :
? la protection des espèces et la surveillance des populations ;
? la prévention des dégâts et des situations critiques ;
? l?encouragement des mesures de prévention ;
? la constatation des risques et des dégâts ;
? l?indemnisation pour les mesures de prévention et les dégâts ;
? l?effarouchement, la capture ou, pour autant qu?il ne soit pas déjà régi par les art. 4bis et
9bis, le tir, notamment selon l?importance des risques et des dégâts, le périmètre de
l?intervention ;
? la coordination internationale et intercantonale des mesures ;
? l?harmonisation des mesures prises en application de la présente ordonnance avec les
mesures prises dans d?autres domaines environnementaux.
Organisation administrative
Depuis qu?elle est devenue un État fédéral en 1848, la Suisse a développé les possibilités de
participation de la population. Divers instruments permettent l?implication la plus large possible des
minorités, une spécificité politique décisive dans un pays où cohabitent plusieurs langues et
cultures. Une structure étatique fédéraliste rapproche la politique des citoyens. Le niveau qui leur
est le plus proche, la commune, se voit attribuer le plus de compétences. Il y a 2172 conseils
communaux. Des compétences ne sont dévolues aux niveaux supérieurs, soit aux cantons (26
gouvernements cantonaux) et à la Confédération, que là où c?est nécessaire.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 243/284
La Suisse est une démocratie directe. Les Suisses et les Suissesses disposent du droit de vote
mais aussi du droit de voter sur des questions concrètes. La Suisse est gouvernée par le Conseil
fédéral, un collège de 7 membres (les conseillers fédéraux), qui prend ses décisions par consensus.
Les membres du Conseil fédéral sont élus par l?Assemblée fédérale, qui se compose d?une grande
chambre et d?une petite chambre. La grande chambre, le Conseil national, représente le peuple,
alors que la petite chambre, le Conseil des États, représente les cantons. Les représentants du
peuple issus de 11 partis font valoir leurs positions dans ce Parlement.
Organisation administrative de la gestion du loup
L?Office fédéral de l?environnement (OFEV) a chargé la Fondation KORA (Écologie des carnivores
et gestion de la faune sauvage - https://www.kora.ch/fr/) d?effectuer un suivi national du loup. Le
KORA documente toutes les preuves de déclarations de loups et coordonne la collecte des
échantillons génétiques, qui sont analysés au Laboratoire de la Biologie de la Conservation (LBC)
de l?Université de Lausanne. Le KORA gère également le budget des analyses génétiques.
Pour permettre une gestion efficace des grands prédateurs, l?ours, le lynx et le loup, la Suisse est
subdivisée en compartiments principaux et en sous-compartiments composés de plusieurs cantons
ou parties de cantons.
Dans chaque compartiment principal, la gestion des grands prédateurs est confiée à une
commission intercantonale formée d?un représentant de chaque canton concerné et d?un
représentant de l?OFEV. Si nécessaire, la commission peut s?ouvrir à d?autres représentants des
autorités (cantons du compartiment concerné, cantons des compartiments voisins, Confédération)
et avoir recours à des experts.
15.3.2 Plan de gestion du loup
Se fondant sur les faits concrets selon lesquels :
? le loup est en Suisse une espèce indigène protégée par la loi fédérale sur la chasse (point
4.1 et annexe 1) ;
? la marge de manoeuvre en matière de gestion du loup est fixée par la législation (annexe
1) ;
? il n?existe en Suisse aucun projet de réintroduction du loup ;
? la Suisse est colonisée par des loups ;
? et l?expérience des pays voisins est riche d?enseignements, et guidé par le principe selon
lequel la cohabitation entre l?homme et le loup est possible en Suisse sous certaines
conditions ;
le Plan Loup fixe les objectifs suivants :
? créer les conditions nécessaires pour que les loups puissent vivre en Suisse et s?y
reproduire en tant que membres d?une population alpine globale ;
? transmettre au public des connaissances sur le mode de vie du loup et faire connaître sa
fonction importante de prédateur ;
? minimiser les conflits avec l?agriculture, la chasse, le tourisme et la population concernée ;
? formuler les principes applicables à la prévention et à l?indemnisation des dégâts ;
? éviter que la présence du loup n?entrave de manière intolérable l?élevage des animaux de
rente ;
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 244/284
? définir les critères autorisant a) le tir d?un loup isolé causant des dégâts et b) la régulation
de populations de loups qui, parce qu?elles s?implantent, causent d?importants dommages
aux animaux de rente ou des pertes importantes dans les effectifs cantonaux d?animaux
chassables, ou qui représentent une grave menace pour l?homme.
En application de la loi sur la chasse (art. 25 LChP), la surveillance de la gestion du loup est confiée
à l?OFEV, concrètement, l?OFEV est en charge des tâches suivantes :
? élaborer des directives relatives à la gestion du loup. Il veille ce faisant à impliquer les
associations nationales directement concernées en dirigeant le groupe de travail « Grands
prédateurs », composé de représentants de la Confédération, des cantons et des
associations d?intérêts nationales ;
? assister les cantons dans la surveillance des populations de loups sur leur territoire ;
- veiller au relevé des dommages causés par le loup aux animaux de rente, en collaboration
avec les cantons ;
? collaborer avec les acteurs des milieux agricoles conformément à la directive de l?OFEV
concernant la protection des troupeaux : au développement de mesures de prévention des
dégâts, à la vulgarisation et à la coordination de la prévention mise en oeuvre, à l?évaluation
des conséquences économiques ;
? accompagner et surveiller l?application du Plan Loup par les cantons ;
? préparer pour les cantons les bases nécessaires de la gestion du loup pour informer et
sensibiliser le public et certains groupes d?intérêts ;
? financer les organisations en charge de la surveillance des populations de loups et de
l?analyse des cadavres de proies ou de loups ;
? veiller, si besoin est, en collaboration avec les cantons, à la réalisation de projets
scientifiques particuliers sur l?expansion, le comportement et la dynamique de population
de l?espèce et à la réalisation de projets concernant l?influence du loup sur les populations
prédatées ;
? entretenir des contacts avec des experts d?autres pays en vue de coordonner la gestion
des populations de loups communes.
Les cantons exécutent la gestion du loup sur leur territoire (art. 25 OChP). Les tâches qui leur
incombent sont les suivantes :
? collecter tous les indices et preuves laissant supposer la présence du loup et informer
continuellement l?OFEV de la situation dans les régions concernées ;
? surveiller la population de loups sur leur territoire.
Le Plan Loup aide l?OFEV à l?exécution relative à la gestion du loup en Suisse
? informer immédiatement l?OFEV, l?institution en charge de la surveillance nationale des
populations de loups (actuellement KORA) et le service national en charge de la protection
des troupeaux (actuellement AGRIDEA) en cas de dommages qui sont supposés ou
prouvés être dus à un loup, ou d?autres signes de sa présence (p. ex. cadavres d?animaux
sauvages) ;
? planifier et mettre en oeuvre la protection des troupeaux conformément à la directive de
l?OFEV concernant la protection des troupeaux ;
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 245/284
? impliquer et informer les autorités locales et régionales, ainsi que les représentants
cantonaux des groupes d?intérêts concernés (transparence) ;
? prendre en compte l?influence du loup dans la planification cynégétique et forestière ainsi
que dans la préservation de la diversité indigène des espèces et des milieux naturels ;
? accorder et exécuter des autorisations de tir, en concertation avec la commission
intercantonale et après avoir obtenu l?accord de l?OFEV s?il s?agit de mesures de régulation ;
? assurer l?information du public en concertation avec l?OFEV.
La commission inter-cantonale pilote la gestion des grands prédateurs en coordonnant :
? la collecte des données pour la surveillance des populations de loups ;
? la délimitation des périmètres d?intervention (régulation) ;
? l?application des mesures de protection des troupeaux conformément à la directive de
l?OFEV concernant la protection des troupeaux ;
? l?émission de recommandations spécifiques concernant l?octroi d?autorisations de tir,
établies à l?intention du canton concerné et de l?OFEV ;
? l?information du public ;
? la concertation avec les compartiments voisins ou avec l?État voisin, ainsi que leur
information.
Le groupe de travail national « Grands prédateurs » se compose de représentants de la
Confédération, des cantons, des associations d?intérêts nationales et des milieux scientifiques. Il
est chargé des tâches suivantes :
? conseiller l?OFEV pour l?actualisation des plans mentionnés à l?art.10bis OChP ;
? étudier les questions d?intérêt général soulevées par la présence des grands prédateurs ;
? assurer un transfert d?expérience et de savoir à l?attention des décideurs ;
? établir un dialogue constructif, permettant de trouver des solutions.
Les cantons recueillent, conformément aux consignes de l?OFEV, tous les indices révélant la
présence du loup (échantillons de poils, d?excréments, d?urine ou de salive) et les signalent sans
délai à l?institution en charge de la surveillance nationale des populations de loups (actuellement
KORA). Si nécessaire, les échantillons font l?objet d?analyses génétiques dans un laboratoire
désigné par l?OFEV (actuellement le LBC UNIL). L?institution responsable de la banque de données
établit un rapport trimestriel sur la situation du loup en Suisse à l?intention de l?OFEV et des cantons.
Depuis 2005, le loup est responsable d?environ trois quarts des attaques commises sur des
animaux de rente en Suisse. Il s?en prend surtout à des moutons ou à des chèvres, plus rarement
à des bovins. L?OFEV considère que la mise en oeuvre de mesures de protection et de prévention
des dégâts est capitale dans les régions où ce prédateur est présent. Ces mesures sont définies
dans la directive de l?OFEV concernant la protection des troupeaux et sont soutenues
financièrement par l?OFEV (art. 10, al. 4, art. 10ter et 10quater OChP).
Les autorités cantonales procèdent au relevé des dommages. Pour l?évaluation et la constatation
de ces dommages, elles peuvent solliciter l?institution mandatée par la Confédération pour la
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 246/284
surveillance des populations de loups (KORA).
Les dommages causés par le loup aux animaux de rente et aux cultures agricoles sont indemnisés
conjointement par la Confédération et les cantons (80 % par la Confédération et 20 % par le canton,
en vertu de l?art. 10, al. 1 à 3, OChP).
L?OFEV indemnise les dommages que les cantons ont enregistrés dans la plate-forme
d?information GRIDS (acronyme pour Grossraubtier Information und Dokumentation Schweiz ?
Information et documentation sur les grands prédateurs en Suisse).
L?indemnisation versée pour la perte d?un animal de rente requiert la présentation de son cadavre.
En cas de doute, l?administration cantonale peut demander aux spécialistes de l?Institut de
pathologie animale de l?Université de Berne d?effectuer une expertise.
Les cantons peuvent se montrer conciliants et indemniser partiellement ou entièrement les
animaux de rente qui ont été blessés, ont fait une chute ou sont portés manquants après l?attaque
d?un loup. Le montant de l?indemnité partielle est fixé par le canton.
L?OFEV recommande aux cantons de se procurer les tableaux d?estimation publiés par les
associations suisses d?élevage, pour fixer le montant des indemnités.
15.3.3 Coûts globaux de la politique
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 247/284
La Confédération alloue actuellement environ 8 millions de francs suisses pour les mesures de
protection des troupeaux. Ces fonds proviennent de l'Office fédéral de l'environnement. Environ 8
millions de francs suisses supplémentaires sont alloués pour le gardiennage. Ils proviennent de
l'Office fédéral de l'agriculture. Certains cantons versent en outre des contributions cantonales.
15.3.4 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Les mesures reconnues de protection du bétail, c'est-à-dire des chiens de protection du bétail et
des clôtures électriques adaptés, sont soutenues financièrement par la Confédération.
L'argent provient du budget de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Les cantons sont
chargés de fournir des conseils. Les exigences administratives et techniques sont réglementées
dans le « Enforcement Aid Herd Protection ».
Les mesures structurelles de gestion agricole qui ne relèvent pas de la protection des troupeaux
au sens strict sont financées par la politique agricole (budget de l'Office fédéral de l'agriculture).
Cela s'applique, par exemple, à l'élevage d'animaux de ferme sur l'alpage ou à la construction
d'écuries dans les fermes de vallée (fermes familiales).
Sur demande, le groupe Wolf Suisse peut apporter un soutien financier aux mesures de protection
du bétail dans la mesure de ses possibilités.
Dépenses éligibles
Ce qui est reconnu comme protection des troupeaux en Suisse est défini par la loi sur la chasse
(art. 12 JSG, art. 4, 9 et 10 JSV). La mise en oeuvre technique se trouve dans « Aide à l'exécution
pour la protection des troupeaux ».
En Suisse, deux mesures sont reconnues comme protection du bétail :
? l'utilisation de chiens de garde reconnus ;
? l?'utilisation de clôtures électrifiées homologuées.
Un troupeau est considéré comme protégé si l'on utilise soit des clôtures électriques, soit des
chiens de protection. Une combinaison des mesures est certes recommandée, mais n'est pas
nécessaire pour qu'un troupeau soit considéré comme protégé. Les mesures de protection sont
principalement prises pour les moutons et les chèvres, et depuis quelques années également pour
les veaux.
La présence humaine, c'est-à-dire typiquement l'élevage d'animaux de ferme, n'est pas considérée
aujourd'hui comme une protection des troupeaux en Suisse, mais comme une forme de gestion.
Une présence permanente de personnes auprès des troupeaux 24 heures sur 24 peut difficilement
être garantie pour diverses raisons, notamment les exigences légales (les temps de repos, de
récupération et de sommeil du personnel doivent être accordés) ou en raison des coûts excessifs
- si les temps de repos étaient accordés il faudrait deux ou trois quarts de travail pour assurer une
surveillance 24 heures sur 24. Dans les circonstances actuelles, la seule présence humaine ne
peut garantir un effet protecteur permanent.
L'élevage, la formation, les tests et l'utilisation de chiens de garde de troupeau (HSH) sont financés
dans le cadre du programme fédéral de protection des troupeaux. Le programme comprend
actuellement deux races, à savoir le Maremmano Abruzzese et le Chien de Montagne de Pyrénes.
Les chiens de ces deux races, qui sont assujettis au programme, sont reconnus en protection de
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 248/284
troupeau et sont donc également soutenus financièrement. En outre, les cantons peuvent
également reconnaître d'autres HSH qui ne relèvent pas du programme fédéral. Ces HSH peuvent
alors également être vérifiés et pris en charge. Depuis plusieurs années, on constate que des HSH
non reconnues d'autres races sont de plus en plus importées et utilisées. Ils sont quasi officieux,
mais pas nécessairement illégaux. Néanmoins, leur utilisation pose plusieurs problèmes juridiques.
Le groupe Wolf Suisse considère que de nombreuses races étrangères, qui ne sont pas
actuellement reconnues par la Confédération, seraient bien adaptées à la garde de bétail en Suisse.
Elle prône donc la reconnaissance d'autres races afin d'assurer la disponibilité de chiens de garde
reconnus issus de lignées de travail et prêts à garder.
Les clôtures électrifiées sont, avec les CPT, la plus importante mesure de protection des troupeaux
soutenue par l?OFEV (cf. OFEV 2019). Ces clôtures sont traditionnellement utilisées pour la gestion
des pâturages par les éleveurs de petit bétail et sont donc indemnisées par le biais de paiements
directs annuels. L?OFEV ne fournit donc pas de soutien financier supplémentaire pour ces clôtures.
Toutefois, si les agriculteurs renforcent leurs systèmes de clôture pour protéger leurs troupeaux
(élévation des filets de pâturage électrifiés à 105 cm, installation d?un cinquième brin ou
renforcement des treillis noués avec des brins électrifiés), ils recevront un soutien financier
supplémentaire dans le cadre du programme national de protection des troupeaux de la
Confédération.
Conditions d'éligibilité liées à la nature et au nombre des troupeaux
Il n'y a pas de droit à l'aide et plusieurs conditions doivent être remplies pour en bénéficier :
? Seules les mesures reconnues de protection des troupeaux et les mesures contribuant à
une meilleure garde des animaux peuvent être soutenues.
? L'avis du service cantonal de la protection des troupeaux est nécessaire. Celui-ci doit
considérer les mesures comme appropriées.
? Tous les fonds publics doivent d'abord être épuisés.
? Un maximum de la différence entre les coûts totaux des mesures et les contributions de
soutien du secteur public est financé.
? Une demande écrite avec une brève description de la situation et du projet et un budget
qui montre au moins les coûts estimés et le soutien attendu du secteur public est requis
pour le soutien.
En Suisse, la loi sur la chasse n'oblige pas à prendre les mesures reconnues par la Confédération
pour protéger le bétail. La protection du bétail contre les attaques des grands carnivores est
nécessaire entre autres pour des raisons morales. La prise de mesures de protection du cheptel
repose donc sur le principe du volontariat au regard du droit de la chasse. Cependant, les attaques
qui se sont produites sur du bétail non protégé ne comptent pas pour les permis de prélèvement
de grands carnivores. La seule exception à cette règle est si aucune mesure de protection n'est
considérée comme adaptée ou s'il s'agit de la première année de présence d'un loup. La protection
des troupeaux n'est pas non plus une condition préalable à l'indemnisation des attaques (des
dérogations cantonales sont autorisées).
La loi sur la protection des animaux oblige les propriétaires d'animaux à assurer le bien-être et les
soins de leurs animaux (article 4 TSchG, articles 3 et 5 TSchV). Cela inclut le devoir de protéger
les animaux contre les dangers connus et d'éviter les dommages prévisibles. On peut supposer
que la présence de grands carnivores est un danger connu et que des dommages sont prévisibles
sans mesures de protection. Cela signifie que les propriétaires d'animaux sont tenus, en vertu de
la loi sur la protection des animaux, de prendre des mesures pour se protéger contre les attaques.
Ce que sont ces mesures, cependant, n'est pas défini. Il n'y a donc aucune obligation de prendre
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 249/284
des mesures de protection du troupeau, d'autres mesures pouvant également être prises (par
exemple, stabulation, changement de pâturage, éviter le pâturage d'été, etc.).
La loi sur la protection des animaux réglemente les devoirs des humains lorsqu'ils traitent avec des
animaux et réglemente les actions autorisées et interdites. La loi sur la protection des animaux ne
réglemente pas le comportement des animaux entre eux. Il n'est donc pas contraire au bien-être
animal qu'un grand carnivore mange un animal.
Modalités de calcul du montant de l'aide et plafonnement des dépenses en fonction de
l'effectif maximal au pâturage et du mode de conduite du troupeau
Dans le cadre de la politique agricole 2014-2017, les contributions aux systèmes de pâturage
tournant et de gardiennage permanent ont été augmentées à partir de 2014, tandis que celles
versées au pâturage libre sont restées inchangées. L?objectif visé consistait à renforcer l?incitation
à une gestion plus durable des pâturages grâce au pâturage gardienné. La présence du loup a
encore renforcé la tendance au gardiennage permanent, en particulier dans les cantons du Valais
et des Grisons et à partir de 2011 (cf. Mettler & Hilfiker 2017). De ce fait, plus des deux tiers des
moutons sont aujourd?hui soit gardés en permanence, soit placés en pâturage tournant. Les
exigences imposées aux agriculteurs alpins ont augmenté en raison de la pression supplémentaire
exercée par les grands carnivores et des mesures relatives à la conservation de la biodiversité. De
plus, grâce à la formation des éleveurs et aux échanges de connaissances et d?informations dans
les réseaux nationaux et internationaux, le pâturage des moutons a également connu un
renouveau qualitatif.
Evaluation de l'efficacité des mesures de protection
La protection des troupeaux en Suisse semble contribuer de manière significative à la sécurité du
bétail. Ainsi, en 2000, alors que seuls 5 loups solitaires étaient présents, plus de 300 moutons et
chèvres ont été tués en Suisse. Depuis une dizaine d'années, le nombre d?attaques plafonne entre
200 et 500.
En 2019, 7 à 9 meutes d'environ 60 à 80 loups vivaient en Suisse et un total d'environ 400 animaux
de ferme ont été tués. Par rapport à 2009, le nombre de loups a décuplé, tandis que le nombre
d'animaux prédatés est resté stable.
Par loup, le nombre d?animaux de ferme tué a donc significativement diminué alors que la
population ovine n'a diminué que d'environ 10% au cours des dix dernières années.
De plus, les données de plusieurs cantons montrent que les troupeaux d'ovins bénéficiant de
mesures de protection du troupeau sont nettement moins attaqués que ceux sans protection du
troupeau et que beaucoup moins d'animaux sont tués pour chaque attaque qui se produit. Il est
ainsi estimé que 80% des dégâts ont lieu sur des troupeaux non protégés.
Dans certaines zones, surtout les régions alpines difficiles d?accès, seuls les chiens peuvent offrir
une protection efficace contre les attaques des prédateurs. Les expériences réalisées en Suisse
avec des CPT montrent clairement que s?ils n?empêchent pas toujours la survenue de dommages
causés par les prédateurs, ils peuvent largement les minimiser (AGRIDEA 2019, Willisch et al.
2013). Dans le cadre du programme national de protection des troupeaux de la Confédération,
quelque 250 CPT officiels sont actuellement utilisés sur une centaine d?alpages suisses mais aussi,
avant et après sur les pâturages de printemps et d?automne et dans les fermes.
Sur le site web de Protection des troupeaux, les randonneurs peuvent s?informer avant une
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 250/284
excursion en montagne du comportement à adopter en cas de rencontre avec des CPT ainsi que
sur leur présence dans une région (http://www.protectiondestroupeaux.ch/fr/map/).
Afin de garantir l?efficacité et l?acceptabilité par la société des CPT bénéficiant du soutien de la
Confédération, un système comportant les trois niveaux suivants de prévention des accidents et
des conflits a été élaboré dans le cadre du programme national de protection des troupeaux (cf.
OFEV 2019) :
? Qualité du chien : les CPT sont élevés, dressés et testés par l?OFEV pour contrôler leur
compatibilité sociale. Cette démarche vise une triple socialisation : avec les animaux de
rente, avec les humains et dans la meute de chiens.
? Suivi : les CPT sont contrôlés par la Confédération par un système de suivi adapté
(enregistrement et analyse des incidents, autodéclaration par les agriculteurs, contrôles
aléatoires, etc.).
? Utilisation réglementée : lorsqu?ils utilisent des CPT, leurs propriétaires sont tenus de
respecter de nombreuses règles de prévention des accidents et des conflits. La gestion
des conflits repose, pour chaque exploitation disposant de CPT, sur un rapport dit de
sécurité du Service de prévention des accidents dans l?agriculture (SPAA). Un guide avec
des listes de contrôle aide également les responsables des exploitations à minimiser les
éventuels conflits au quotidien.
Clôtures électriques pour pâturages
L?élevage suisse de petit bétail est très diversifié mais quel que soit leur nombre et la méthode de
détention employée, les animaux sont tous élevés dans des pâturages, le plus souvent clôturés.
Traditionnellement, les petits élevages suisses utilisent des clôtures pour la gestion des pâturages
des animaux de rente
Différents systèmes de clôture sont privilégiés en fonction de l?espèce animale et de la région. Les
types de clôtures les plus usuels sont les filets de pâturage électrifiés d?une hauteur de 90 cm ou
plus, les clôtures à fil avec électricité et les treillis noués non électrifiés. Depuis le retour du loup,
la question s?est posée de savoir dans quelle mesure les clôtures pouvaient non seulement
maintenir les animaux de rente groupés, mais aussi empêcher le loup de pénétrer dans le pâturage.
Le service de protection des troupeaux d?AGRIDEA coordonne notamment, sur mandat de l?OFEV,
la mise en place et le financement des clôtures destinées à la protection des trou- peaux. Lorsque
des animaux ont été découverts prédatés par de grands carnivores ces dernières années dans
diverses régions de Suisse, le Service de protection des troupeaux, en collaboration avec les
préposés cantonaux à la protection des troupeaux, a enquêté sur les systèmes de clôture (cf.
Hansen 2018). Les expériences acquises depuis 2000 ont montré que les clôtures à 4 brins ainsi
que les filets de pâturage d?une hauteur minimale de 90 cm offraient une protection efficace contre
le loup, à condition qu?ils soient installés de manière professionnelle, que le courant soit suffisant
et qu?ils soient bien connectés à la terre. Ces systèmes de clôture ont donc été définis par l?OFEV
comme étant la protection de base du petit bétail (cf. Mettler& Schiess 2016).
Une étude sur des loups en captivité a également été réalisée pour examiner le comportement des
loups face aux clôtures électriques (cf. Lüthi et al. 2017). Les résultats montrent que les loups
cherchent des passages entre le sol et le système de clôture lorsqu?ils s?approchent des limites de
l?enclos. Après avoir reçu plusieurs décharges électriques, la fréquence de ces « patrouilles de
clôtures » a considérablement diminué. Aucun animal faisant partie des meutes de l?étude n?a sauté
par-dessus une clôture électrifiée ou un filet de pâturage, même si le brin supérieur de la clôture
était installé à 65 cm seulement. Cette étude a également montré que l?absence de trou entre le
sol et la clôture (distance maximale de 20 cm) ainsi qu?un matériel en parfait état et le bon
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 251/284
fonctionnement de la clôture (électricité, mise à la terre, etc.) étaient plus importants que la hauteur
de la clôture elle-même.
Les loups peuvent aussi apprendre à sauter par-dessus des clôtures et l?on suppose qu?ils
acquièrent cette compétence avec des clôtures non électrifiées. Afin de prévenir cet effet
d?apprentissage, il serait souhaitable, du point de vue de la protection des troupeaux, que les
exploitations agricoles où le loup est présent passent à la clôture électrique. Conformément à
l?ordonnance sur la chasse (OChP ; RS 922.01), si les loups franchissent des clôtures électriques
correctement installées et causent ainsi des dommages aux troupeaux protégés, ceux-ci peuvent
être abattus.
La modernisation des clôtures représente cependant souvent une charge considérable, surtout en
terrain difficile. C?est pourquoi la mise en clôture complète des pâturages comme mesure de
protection des troupeaux est recommandée principalement sur les pâturages de printemps et à la
ferme. Ce n?est que dans des cas exceptionnels que les pâturages alpins peuvent être entièrement
clôturés au prix d?un effort raisonnable. Dans les alpages, l?utilisation de clôtures est donc surtout
recommandée pour la construction de parcs de nuit (cf. AGRIDEA 2020), petites zones clôturées
où les moutons sont conduits pour la nuit. Afin d?augmenter la visibilité des clôtures, différentes
couleurs peuvent être utilisées. Les filets de pâturage traditionnellement utilisés pour l?élevage des
ovins sont en effet souvent orange, une couleur qui vise à avertir les hommes de l?électrification
des clôtures. Dans le même temps, la couleur orange ou les clôtures à fil sont difficiles à voir pour
le bétail et le reste de la faune, car une grande partie des mammifères ne différencie pas le rouge
du vert. Il peut donc arriver que du bétail et des animaux sauvages soient pris dans des clôtures
électriques. Les clôtures à fil ou les filets de pâturage de couleurs contrastées (bleus et blancs, ou
noirs et blancs) augmentent par contre la visibilité des clôtures et leur reconnaissance par les
animaux. Leur visibilité peut encore être améliorée par des bandes flottantes bleues et blanches.
Nombre d?animaux de rente indemnisés comme prédatés par le loup en Suisse de 1998 à 2021
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 252/284
(GRIDS).
15.3.5 Indemnisation des dégâts liés au loup
L'indemnisation se fait sur présentation du cadavre. Les cantons sont responsables de la
reconnaissance des morsures, l'évaluation des morsures étant effectuée par des gardes-chasse
(employés de l'administration).
En Suisse, tous les dommages causés aux animaux de rente par les loups sont actuellement
indemnisés, que le détenteur concerné ait ou non mis en oeuvre des mesures de protection des
troupeaux (cf. OFEV 2016).
La Confédération et le canton se partagent le versement des paiements compensatoires (80 %
pour la Confédération et 20 % pour le canton) selon les règles énoncées dans la loi sur la chasse
(LChP ; RS 922.0). Suite à la révision prévue de la LChP (cf. encadré 3.4.1), à partir de 2024, seuls
les animaux de rente abattus pour lesquels la protection raisonnable des troupeaux était en place
seront indemnisés. Ce sera la responsabilité du canton de contrôler la mise en oeuvre effective des
moyens de protection. Cette nouvelle pratique est toutefois à stabiliser en réfléchissant à des
étapes intermédiaires avant sa mise en oeuvre.
Les cantons sont tenus d?évaluer et d?enregistrer les dommages subis. Dans la mesure du possible,
le matériel génétique doit également être collecté à des fins de suivi. Les données sur les animaux
de rente prédatés et les preuves génétiques du loup sont collectées par la Fondation KORA et
peuvent être consultées sur le site du Monitoring Center (https://www.koracenter.ch). Une
indemnisation est prévue pour les animaux de rente prédatés ou abattus d?urgence, mais les
cantons peuvent aussi, dans un souci de conciliation, indemniser (au moins partiellement) les
animaux tombés ou disparus, ainsi que les frais vétérinaires des animaux blessés (cf. OFEV 2016).
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Le montant de l?indemnisation est déterminé à partir de tableaux d?estimations établis par les
associations nationales d?élevage (cf. OFEV 2016). Ces dernières années, les indemnités versées
pour les animaux de rente prédatés par des loups ont augmenté. Toutefois, le nombre d?animaux
indemnisés annuellement ne dépend pas seulement du nombre de loups, et comparés aux
paiements directs versés pour la gestion des pâturages alpins (moutons) ou aux fonds alloués à la
protection des troupeaux, la part représentée par les paiements de compensation pour les moutons
prédatés dans le total de coûts est plutôt faible.
En 2018 par exemple, les indemnités versées pour les moutons prédatés par les loups s?élevaient
à environ 215?000 francs suisses. La même année, les agriculteurs ont reçu 15,7 millions de francs
pour l?estivage et l?alpage des ovins (à l?exception des brebis laitières, OFAG 2019).
L?Office fédéral de l?environnement a prévu, pour financer les mesures de protection des troupeaux,
un budget annuel de 2,4 millions de francs qui est géré par le service de coordination nationale
pour la protection des troupeaux d?AGRIDEA (cf. AGRIDEA 2019b).
15.3.6 Mesures d?intervention sur le loup
L'article 5 de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et des oiseaux sauvages
(loi sur la chasse) énumère les espèces pouvant être chassées et les périodes de fermeture. Selon
l'article 7, tous les animaux qui n'appartiennent pas à une espèce chassable sont protégés. Le loup
n'est pas répertorié au titre de l'article 5 et est donc protégé.
Dans l'Ordonnance sur la loi sur la chasse, des dispositions particulières s'appliquent aux loups et
à un certain nombre d'autres espèces :
? La Confédération verse 80% de l'indemnisation des dommages causés par les loups aux
animaux domestiques (art. 10), si le canton prend en charge le reste.
? Après consultation de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), les cantons peuvent
autoriser l'abattage d'un loup s'il cause des dommages inacceptables (art. 10).
? Les cantons ont la possibilité de tuer les stocks d'espèces protégées pendant une durée
limitée (Article 4).
? L'OFEV élabore un concept pour le loup qui réglemente la protection, le tir ou la capture
d'un loup, l'évaluation des dommages ainsi que l'application et le paiement de mesures
préventives ("Concept Loup Suisse").
Malgré la protection stricte dont bénéficie le loup conformément à l?article 6 de la Convention de
Berne (RS 0.455), sa mise à mort est autorisée dans des cas exceptionnels, qui sont précisés à
l?article 9. Pour autant qu?il n?y ait pas d?autre solution satisfaisante et que la dérogation ne porte
pas préjudice à la population animale concernée, une partie contractante peut accorder des
dérogations à la protection stricte des loups, par exemple pour prévenir des dommages graves sur
le bétail ou dans l?intérêt de la sécurité publique. Sur le plan fédéral, l?article 12 de la loi sur la
chasse (LChP ; RS 922.0) pose la base légale de la mise à mort de loups. L?art. 12, al. 2, LChP
stipule que les cantons peuvent ordonner ou autoriser en tout temps des mesures contre certains
animaux protégés ou pouvant être chassés, lorsqu?ils causent des dégâts importants. Seules des
personnes titulaires d?une autorisation de chasser ou des organes de surveillance peuvent être
chargées de l?exécution de ces mesures.
Depuis juillet 2015, les cantons n?ont plus besoin d?une autorisation délivrée par l?OFEV pour mettre
à mort des loups isolés qui ont causé des dommages (cf. art. 9bis de l?ordonnance sur la chasse,
OChP ; RS 922.01), pour autant que les critères nécessaires soient remplis (cf. tableau 4.3.1,
PUBLIÉ
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OFEV 2016).
Les autorisations de tir de loups isolés doivent être limitées à 60 jours au maximum et à un
périmètre de tir approprié, le but de cette mise à mort étant de prévenir d?autres dommages. Le
périmètre de tir doit correspondre au périmètre où les troupeaux sont actuellement situés, en
particulier là où aucune mesure de protection raisonnable ne peut y être prise (art. 9bis OChP).
De même, les cantons peuvent, avec l?assentiment préalable de l?OFEV, prendre des mesures
visant à réduire une population d?animaux d?une espèce protégée, si celle-ci est trop élevée et
qu?elle cause des dommages importants ou constitue un grave danger (art. 12, al. 4, LChP). La loi
est interprétée de telle manière que des « populations régionales élevées » peuvent apparaître
lors de la formation de meutes de loups (cf. OFEV 2015a). Dans les régions dans lesquelles des
meutes de loups se reproduisent, des tirs de régulation peuvent donc être autorisés dans certaines
conditions. Le nombre de loups mis à mort ne doit alors cependant pas dépasser la moitié des
jeunes nés dans l?année en question et les géniteurs doivent être épargnés. En outre, pour la
régulation des meutes, différents critères doivent être remplis. Les autorisations de tirs de loups en
meutes doivent être restreintes au territoire de la meute et peuvent être accordées au plus tard
jusqu?au 31 décembre de l?année en question pour une durée limitée au 31 mars de l?année
suivante (art. 4bis OChP).
Depuis que les loups sont revenus en Suisse, 15 individus ont été légalement mis à mort. Neuf de
ces tirs ont fait suite à des dommages causés à des animaux de rente et deux animaux ont été
abattus parce qu?ils étaient malades. Quatre louveteaux ont été tirés dans des meutes après qu?il
a été prouvé génétiquement que leurs parents avaient tué des animaux de rente qui étaient
protégés ou ne pouvaient pas l?être.
Recours à l?encontre d?autorisations de tir
Le droit de recours des associations de défense de l?environnement à l?encontre de décisions des
autorités est ancré depuis 1966 dans la loi fédérale du 1er juillet 1966 sur la protection de la nature
et du paysage (LPN ; RS 451). En vertu de l?ordonnance du 27 juin 1990 relative à la désignation
des organisations habilitées à recourir dans les domaines de la protection de l?environnement ainsi
que de la protection de la nature et du paysage (ODO ; RS 814.076), 31 associations
environnementales nationales, dont le WWF et Pro Natura, sont actuellement habilitées à recourir
(état au 1er avril 2020). Seules les organisations qui existent depuis au moins dix ans et qui
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 255/284
poursuivent un but purement non lucratif sont habilitées à recourir.
Dispositions particulières applicables dans les nouvelles zones de prédation du loup
Il existe une « zone prioritaire » pour la protection des troupeaux, où les éleveurs ont droit à un
soutien financier. La zone prioritaire comprend toutes les régions dans lesquelles des loups ont été
présents ces dernières années ou ont même causé des dommages. En dehors de la zone
prioritaire, les cantons peuvent également soutenir des mesures de protection des troupeaux au
cas par cas.
Dans les régions où la présence de loups n'a pas été attestée auparavant, des tirs individuels
peuvent être autorisés, en dérogation à la réglementation normale, même s'ils ont causé des
dégâts à des troupeaux non protégés. La prise de mesures de protection des troupeaux est alors
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 256/284
considérée comme raisonnable dans un délai de quatre mois. Dans les régions où des loups
viennent d'apparaître, les critères de tirs sont donc différents de ceux appliqués dans les régions
où les loups sont établis.
Les moyens et les possibilités des cantons sur le front de l'expansion pour les opérations sur le
terrain (tirs, conseils pour la protection des troupeaux, etc.) sont très variables.
15.4 Acceptation sociale
Acceptation par le monde agricole
Dans toute l?Europe, les conflits entre l?agriculture et le retour du loup portent principalement sur le
pâturage extensif, en particulier l?élevage de moutons et de chèvres dans les régions de collines
et de montagnes (cf. Mettler 2019). Ce type d?élevage ne revêt plus aujourd?hui que peu
d?importance dans l?économie suisse et, comme il n?est plus rentable, il n?est souvent pratiqué qu?à
titre d?activité accessoire. Toutefois, aux fins de gestion du paysage et de préservation de la
biodiversité, l?élevage ovin et caprin en Suisse est soutenu par des subventions publiques. Plus de
90 % des animaux de rente tués par des loups en Europe centrale sont des moutons, 6 à 8 % des
chèvres et 2 % seulement des bovins ou des chevaux (cf. Mettler 2019).
En Suisse, l?augmentation de la population de loups a également entraîné une hausse du nombre
d?animaux de rente prédatés. Les pertes annuelles ne dépendent pas seulement de la population
de loups et il est arrivé certaines années que les pertes soient particulièrement élevées malgré une
faible population de loups ? ou l?inverse ? , ce qui montre que d?autres facteurs (par exemple
l?utilisation de mesures de protection des troupeaux) jouent un rôle notable dans l?évolution des
dommages causés aux animaux de rente. Comme dans le reste de l?Europe, ce sont surtout les
moutons qui sont prédatés en Suisse. Néanmoins, si l?on considère la mortalité des moutons en
estive, environ 6 % des pertes pendant la saison d?été sont causées par de grands carnivores
(principalement des loups). Les maladies et les accidents tels que les chutes, les chutes de pierres
ou la foudre sont des causes de décès beaucoup plus fréquentes (cf. Werder 2012). Pour les races
d?animaux domestiques rares en particulier, la mort d?un animal reproducteur peut entraîner la perte
de précieuses lignées. Selon les régions, l?élevage de moutons et de chèvres est une longue
tradition, fortement ancrée dans les coutumes locales. Le loup y est alors considéré comme une
menace pour cette coutume, déjà sujette à des bouleversements en cette période de modernisation
et de restructuration de l?agriculture (cf. Lauber et al. 2014). Les animaux de rente gravement
blessés sont souvent laissés sur place. En temps normal, une meute de loups arrive rarement à
capturer plus d?un animal, mais lorsqu?elle y parvient (par exemple si la neige est abondante), la
meute mangera alors les carcasses petit à petit (cf. Kruuk 1972). Toute attaque de moutons étant
cependant le plus souvent suivie d?une intervention humaine pour examiner les carcasses, les
loups ne reviennent pas. Ce comportement, assimilé à une « tuerie gratuite et cruelle », intensifie
encore les conflits avec les éleveurs dans les pâturages.
Environ 90 % des dommages causés aux animaux de rente en Suisse se produisent dans des
pâturages qui ne sont pas protégés par des chiens (cf. AGRIDEA 2019a). En outre, les troupeaux
entourés d?une clôture électrifiée ne subissent que rarement une prédation (cf. Hansen 2018).
Pourquoi, dans ce cas, ne pas protéger tous les troupeaux ? Dans des pays comme la Suisse, où
les grands carnivores ont disparu depuis le début du XXe siècle, la protection des troupeaux a été
réduite au minimum pour des raisons économiques. De plus en plus d?exploitations de montagne
sont utilisées comme des sources de revenu secondaires, où l?élevage de moutons permet de
continuer à utiliser des pâturages excentrés tout en nécessitant moins de main-d?oeuvre (cf. Bürgi
et al. 2014). En outre, la réduction des coûts de production, par exemple pour la viande d?agneau,
a été plus bénéfique pour le revenu des agriculteurs qu?une augmentation des recettes d?abattage
(cf. Gazzarin 2018). Par conséquent, afin de minimiser les coûts du travail, de nombreux animaux
ont été laissés sur les alpages en libre pâturage quasiment sans surveillance, et les éleveurs ont
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 257/284
oublié comment protéger efficacement leurs troupeaux (cf. Landry 1999, Mettler 2019). Lorsque le
loup a recolonisé la Suisse, aucune protection des troupeaux n?était mise en place et quand il y
avait des centres de conseil de l?État, ils n?étaient pas encore très développés. La mise en oeuvre
de mesures de protection des troupeaux constitue toutefois toujours un enjeu de taille, en
particulier pour les petites exploitations et les élevages de moutons à temps partiel, puisque le coût
découlant de la protection des troupeaux est considérable par rapport à la taille de l?exploitation (cf.
Mettler 2019). Nombre d?éleveurs de moutons préfèrent d?ailleurs ne pas appliquer de mesures
même après une prédation liée au loup. Afin d?éviter d?autres dommages, il arrive aussi que des
éleveurs abandonnent des alpages après des attaques sur des animaux de rente (cf. Seidl et al.
2014).
Le scepticisme ou le refus par les éleveurs des mesures de protection des troupeaux varie selon
les régions. Les raisons peuvent être multiples : augmentation de la charge de travail et des coûts,
rejet catégorique du loup (« protéger les troupeaux, c?est aussi être pour le loup ») ou rejet général
des évolutions de la politique agricole (cf. D. Mettler, communication personnelle). En raison de la
chute des prix et de la concurrence internationale, l?agriculture Suisse est devenue de plus en plus
dépendante des subventions de l?État telles que les paiements directs. Selon les régions, par
exemple, la part des paiements directs peut représenter entre un tiers et trois quarts du revenu
total de l?élevage d?ovins (cf. Gazzarin 2018). Cependant, les subventions étatiques (comme les
contributions à l?estivage des animaux de pâturage) entraînent des contraintes qui limitent
l?autonomie des exploitations. Plusieurs réformes agricoles ont également entraîné des
changements majeurs dans l?agriculture au cours des dernières décennies (Union Suisse des
Paysans 2019). Les mesures de protection des troupeaux sont donc parfois perçues comme une
« nouvelle tracasserie » de l?État.
En maints endroits, le conflit entre les loups et les animaux de rente est également un indicateur
du dissentiment entre la population urbaine, sensible à la question environnementale et favorable
aux loups, et les valeurs traditionnelles de la population rurale directement concernée et sceptique
à l?égard des loups (cf. Caluori & Hunziker 2001). Selon un sondage réalisé par Pro Natura en
2019, 79 % des Suisses interrogés ne veulent pas que les loups soient abattus si les éleveurs ne
protègent pas leurs troupeaux (cf. GFS Zurich 2019). Pour les éleveurs concernés, le retour du
loup constitue une menace pour leur vie quotidienne et professionnelle (cf. Mettler 2019). Il n?est
donc pas surprenant que l?attitude des associations nationales d?éleveurs à l?égard de la protection
des troupeaux soit critique (Fédération suisse d?élevage ovin 2017, Société suisse d?économie
alpestre 2018). Les demandes des associations vont d?un soutien financier plus important pour les
mesures de protection des troupeaux au retrait pur et simple de la Convention de Berne (par
exemple la Fédération suisse d?élevage ovin en 2017), en passant par une simplification des
conditions de chasse du loup.
15.4.1 Acceptation par l?opinion publique
De nombreux Suisses saluent son retour, alors que les intérêts de divers groupes de population
sont touchés et qu?il suscite de vives inquiétudes chez de nombreuses personnes.
Une étude socio-économique a étudié les interprétations subjectives du loup dans le cadre
d?entretiens (cf. Caluori & Hunziker 2001). Elle a permis de distinguer trois types de
comportements : l?adversaire traditionnel du loup, l?ami postmoderne du loup et l?ami ambivalent
du loup.
L?adversaire traditionnel voit dans le loup un intrus qui n?a plus sa place dans le mode de vie suisse.
En tant que symbole de la nature sauvage, le loup est un élément hostile à l?égard de la civilisation
et inhibiteur de progrès, qui menace l?existence des exploitations rurales. L?adversaire traditionnel
du loup s?oppose obstinément à sa présence.
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 258/284
L?ami postmoderne du loup s?efforce de mener une vie en harmonie avec la nature. Sa vision du
monde est écologique et critique à l?égard du progrès et de la société. Il voit dans le loup un
symbole de la résistance aux conséquences néfastes de la civilisation comme la destruction de
l?environnement et se félicite de sa présence, même si, dans la pratique, elle cause des problèmes.
Il préconise une restructuration du paysage rural vers plus de « nature ».
L?ami ambivalent du loup remet en question les valeurs traditionnelles, mais est également critique
vis-à-vis des valeurs postmodernes. Tant qu?il n?est pas concerné lui-même, son attitude est
globalement positive. Cependant, s?il est directement confronté à des problèmes concrets, il peut
le rejeter, car en situation de crise, il s?oriente vers des valeurs traditionnelles.
Les auteurs de l?étude présument qu?une grande partie de la population suisse entre dans la
catégorie des amis ambivalents du loup (cf. Caluori & Hunziker 2001). De nombreuses personnes
vivent en effet dans des zones urbaines et ne sont donc pas directement touchées par la présence
des loups. Cette observation pourrait expliquer pourquoi les enquêtes nationales montrent souvent
une forte proportion de partisans du loup (cf. par exemple OFEFP 1998, Hunziker et al. 2001,
Institut für Markt- und Sozialforschung Luzern 2006), alors que l?attitude de la population locale
dans les zones où il y a des loups est généralement négative (cf. Behr et al. 2016).
Le conflit autour du loup est donc représentatif de celui qui existe entre différents systèmes de
valeurs, et s?inscrit dans un débat plus large sur l?utilisation et le développement des zones rurales.
Les associations agricoles, sylvicoles, de chasseurs et de protection de la nature défendent leurs
intérêts en matière de gestion des loups en Suisse. Il arrive qu?elles collaborent au sein de
différents groupes de travail.
Ces dernières années, des groupes aux positions extrêmes pro-loup ou anti-loup se sont
également formés.
Anti-loup
La Suisse a été récemment confrontée à des changements géopolitiques majeurs et à de nouveaux
défis. Des questions telles que la mondialisation, les relations avec l?Union européenne,
l?immigration et le changement climatique préoccupent la société (cf. Crédit Suisse Baromètre des
préoccupations 2019). Les groupes de population d?origine rurale en particulier considèrent la
libéralisation des marchés et l?ouverture des frontières comme une menace pour leur existence
même. Dans ce contexte, le retour du loup est perçu comme le reflet de diverses menaces venant
de l?extérieur. Il assume le rôle de l?immigrant clandestin qui ne respecte pas les frontières
nationales et ne se conforme pas aux règles traditionnelles. Il devient aussi le symbole de la
dévaluation sociale et économique du monde paysan (cf. Schraml 2019).
L?élevage ovin traditionnel, par exemple, ne peut pas suivre face à la production venant de
l?étranger et ne peut plus, souvent, être pratiqué qu?à titre d?activité complémentaire. De nombreux
producteurs laitiers alpins ont aujourd?hui du mal à trouver un successeur.
Le loup, qui complique davantage encore l?économie alpine et qui accélère l?abandon des Alpes,
devient ainsi une menace économique immédiate et l?emblème du réensauvagement du paysage
cultivé et dominé par l?homme depuis des générations. Ce réensauvagement est prôné par les
citadins « verts » (cf. Caluori & Hunziker 2001). Se rassembler contre le loup aide la population
des communautés rurales à formuler et à élaborer sa défense contre les menaces qui pèsent sur
son mode de vie traditionnel (cf. Schraml 2019). Ainsi l?organisation faîtière « Une Suisse sans
grands prédateurs » (http://www.lr-grt.ch/ fr/), qui a été fondée en 2015 à Berne. Composée
principalement de représentants du secteur agricole, elle est organisée en différentes sections
cantonales. L?association plaide pour un assouplissement de la protection des loups, un
accroissement des compétences des cantons et des conditions de tir facilitées. Certaines sections
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 259/284
cantonales vont même plus loin et exigent que les grands carnivores soient éliminés de toutes les
zones urbanisées et d?habitation (cf. Lebensraum Wallis ohne Grossraubtiere 2019). Les sections
de l?association sont bien organisées, connectées et politiquement actives. Elles rédigent des
prises de position et des résolutions et organisent des événements à fort impact médiatique. Les
attaques de loups sur des animaux de rente ou les observations de loups à proximité des
habitations leur offrent la possibilité de diffuser leurs messages et leurs revendications dans les
médias. Ce faisant, elles font leurs propres analyses de l?actualité et remettent en question
l?appréciation des autorités compétentes et des institutions professionnelles reconnues. Elles
colportent ainsi de manière répétée des informations selon lesquelles les loups indigènes ne
seraient pas de vrais loups, mais des hybrides chien-loup, qui selon l?OChP doivent être abattus.
Pro-loup
Face aux anti-loups se trouvent différents groupes pro-loup qui croient en une cohabitation
pacifique entre l?homme et le loup. Pour ces défenseurs du loup, la clef de l?acceptation de cet
animal et des autres grands carnivores réside dans une remise en question de la société, qui a
exploité la nature pendant des siècles (cf. Caluori & Hunziker 2001). Divers petits groupes de pro-
loup sont présents sur les réseaux sociaux et leurs membres sont plutôt issus des zones urbaines
et souvent propriétaires de chiens. Nombre de ces groupes utilisent le loup comme symbole d?une
nature sauvage intacte et du lien perdu entre l?homme et la nature. La plupart de ces petits groupes
ont un réseau politique moins dense que les groupes anti-loups. L?initiative populaire de 2012 «
Pour la protection des grands carnivores (ours, loup et lynx) » de l?organisation profauna n?a par
exemple pas réussi à réunir suffisamment de signatures. Il existe toutefois des groupes plus
importants, bien organisés et qui sont très présents dans les médias (Groupe Loup Suisse,
http://www.gruppe-wolf.ch ; CHWOLF, https://chwolf.org), qui veulent faire connaître le loup auprès
de la population. Disposant de sites web très bien documentés, ils se positionnent dans les médias
comme des spécialistes du loup. Ils recueillent également des observations sur les loups et
fournissent parfois des informations sur l?actualité avant même que les autorités compétentes
n?aient fait connaître leur point de vue. Parmi leurs revendications figurent une meilleure mise en
oeuvre des mesures de protection des troupeaux par les éleveurs et un renoncement à l?allègement
de la protection des loups (cf. Groupe Loup Suisse 2018, CHWOLF 2019). En se rapprochant de
grandes organisations de protection de la nature bien établies (comme le WWF et ProNatura), ces
groupes tentent également d?affirmer leurs préoccupations au plan politique.
L?indemnisation des dégâts causés par les loups et les mesures techniques visant à prévenir ces
dommages permettent seulement de réduire les effets directs des attaques de loups sur les
animaux de rente. Elles ne tiennent pas compte des conflits plus profonds qui découlent des
différences qui existent entre les systèmes de valeurs et les intérêts de la population, qui jouent un
rôle majeur dans le thème du loup. De nombreux conflits liés à la gestion de la faune et des
ressources naturelles proviennent de divergences sociales entre des individus ou des groupes
d?intérêt. Les causes sous- jacentes de ces conflits ne sont pas toujours en lien avec les animaux
et dans certains cas, le loup peut être représentatif d?autres problèmes (cf. chapitre 3.4). Certains
conflits peuvent également découler d?anciens différends non résolus. La méfiance à l?égard des
autorités ou d?autres groupes d?intérêt et l?implication insuffisante des acteurs concernés sont des
déclencheurs typiques de tels conflits sociaux (cf. Bath & Frank 2011, Linnell 2013). C?est pourquoi
la coopération entre les groupes d?intérêt et leur intégration dans le processus de résolution sont
extrêmement importantes lorsqu?il s?agit de gérer les grands carnivores cf. (cf. Decker et al. 2002).
Ou, comme l?écrit Linnell (2013) : « Malgré la diversité des conflits liés aux grands carnivores et
celle des approches possibles pour réduire ces conflits, il existe une caractéristique commune qui
semble être décisive pour assurer le succès de la solution choisie : la nécessité d?impliquer de
manière ciblée, judicieuse et adaptée au contexte une multitude de parties prenantes dans la
réalisation d?un objectif, en fonction du contexte et de manière significative ». Cette démarche
suppose que deux conditions soient remplies. Il faut d?une part, que des contacts personnels soient
établis et qu?une communication ouverte soit mise en place, exempte de controverses et
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 260/284
d?accusations, axée sur la participation et le dialogue, et d?autre part, que la gestion des grands
carnivores qui ne soit pas simplement imposée d?en haut, mais qu?elle soit équilibrée et qu?elle
intègre des processus de collaboration allant du bas vers le haut (cf. Redpath et al. 2017). Caluori
& Hunziker (2001) avaient déjà conclu que, dans les débats autour du loup en Suisse, empreints
d?une grande méfiance, une relation hiérarchique (top-down) entre les autorités, les organisations
de protection de la nature et les personnes directement concernées n?était pas propice à
l?acceptation du loup. Il faut plutôt instaurer une coopération active et des relations personnelles
entre les participants. L?importance de la collaboration se reflète également dans les
recommandations en faveur d?une gestion coordonnée des loups dans les Alpes (cf. Schnidrig-
Petrig et al. 2016a). Deux des cinq trains de mesures proposés vont justement dans ce sens
puisqu?ils prônent la promotion du dialogue entre les autorités et les groupes d?intérêt ainsi que
l?implication des populations locales dans le suivi du loup. En Suisse, l?intégration des groupes
d?intérêt concernés et de la population dans la gestion des loups incombe aux cantons (cf. OFEV
2016).
Divers outils ou techniques existent pour instaurer une coopération avec les parties prenantes et
les groupes d?intérêt, comme des groupes de travail, des forums de contact, un soutien pratique,
des activités conjointes de suivi ou de recherche, l?élaboration commune de plans d?action, voire
des processus de codécision ou de cogestion des grands carnivores (cf. Decker et al. 2002, Linnell
2013). Ces outils diffèrent en fonction du degré de contrôle exercé par les autorités responsables
sur les participants : ils peuvent être utilisés uniquement pour l?échange d?informations ou permettre
aux participants d?avoir leur mot à dire et de prendre des décisions, selon le rôle qu?ils jouent au
cas par cas. Le choix de la méthode dépend de divers facteurs, par exemple le niveau du conflit,
le nombre et le type de personnes touchées et leurs intérêts, les ressources disponibles et les
dispositions légales. Il peut même s?avérer utile de combiner plusieurs méthodes pour faire
participer les parties prenantes. En fin de compte, la méthode importe moins que le processus en
lui-même et l?attitude avec laquelle il est abordé : la participation doit reposer sur des principes
favorisant le transfert de responsabilité, l?équité, la confiance et l?apprentissage (cf. Decker et al.
2002, Reed 2008). Idéalement, la collaboration devrait impliquer (1) les personnes influencées par
les grands carnivores, (2) celles qui influencent les grands carnivores, et (3) celles qui ont un intérêt
pour les grands carnivores (cf. Decker et al. 2002).
Bibliographie & liste des sources :
https://www.gruppe-wolf.ch/fr/Home.htm
https://www.agridea.ch/it/agridea/
https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/suche.html#Loup
https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-
biodiversite/plan-loup.html
https://www.protectiondestroupeaux.ch/fr/
https://www.kora.ch/fr/especes/loup/portrait
https://www.vs.ch/web/scpf/informations-monitoring-loups
https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/protection-et-
conservation-des-especes/grands-predateurs/le-loup.html#1389211164
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 261/284
16 Fiche France
Cette fiche présente la situation en France sur quelques sujets relatifs aux politiques publiques du
loup et qui font l?objet d?un parangonnage dans six pays européens.
Aucun pays n?est réellement comparable avec un autre. Les pays ont donc été choisi pour deux
raisons très différentes :
? une population de loup de taille relativement comparable et une situation de l?élevage (ovin
et bovin) qui ne soit pas radicalement différente de la situation française ;
? une caractéristique particulière de la gestion nationale du loup qui intéresse la France pour
sa propre gestion du loup.
Les six pays retenus sont l?Allemagne, l?Espagne, l?Italie, la Slovaquie, la Suède et la Suisse.
16.1 Présentation de l?élevage en France
Compte tenu de la présence du loup sur une superficie entre le tiers et la moitié de la superficie
nationale (voir les cartes aux paragraphes 9.2.3 et 0), la situation de l?élevage est présentée au
niveau national avec des indications régionales.
16.1.1 Ovins
Source : MASA ? Graph?Agri 2022 Source : GEB ? IDELE
Le cheptel ovin a globalement fortement diminué en 20 ans et est assez stable depuis 2020. Le
nombre de brebis laitières reste assez stable depuis 10 ans, alors que le nombre de brebis
allaitantes baisse régulièrement. Le nombre d?exploitations est en baisse (-34 % depuis 2011).
Le cheptel laitier est concentré sur les bassins de Roquefort (sud Massif central), Ossau-Iraty
(ouest Pyrénées) et Broccio (Corse). Le cheptel allaitant est surtout présent dans la moitié sud du
pays.
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 262/284
16.1.2 Bovins
Le cheptel bovin est en diminution constante, que ce soit en vache laitière ou en vache allaitante.
Le nombre d?exploitations est en baisse également, avec un accroissement de la taille des cheptels
(118 animaux en moyenne en 2021).
La moitié des effectifs de vaches laitières sont dans l?ouest, l?élevage de vaches allaitantes est
surtout localisé dans les régions herbagères du centre.
Source : MASA-Graph?Agri 2022
Source : MASA ? Graph?Agri 2022
16.1.3 Caprins
Le cheptel caprin est en légère diminution tout en restant assez stable depuis 20 ans. Le nombre
d?exploitations est également assez stable depuis 20 ans.
Il est surtout réparti sur le centre ouest, le sud-ouest, le centre-est du pays.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 263/284
Source : MASA ? Graph?Agri 2022 Source : GEB ? IDELE
16.2 Caractéristiques de la population de loup
16.2.1 Les effectifs de loup
Les renseignements présentés dans cette partie proviennent de l?Office français de la biodiversité.
C?est un établissement public qui est chargé de missions scientifique et technique sur le loup par
le gouvernement français.
Nombre d?individus : 921 individus. L'intervalle de confiance à 95% est [826-1016].
Nombre de meutes :
128 à l?été 2021
[Source bilan publié en mars 2022 par l?OFB].
Evolution de la population
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 264/284
16.2.2 Méthode de dénombrement du loup
La méthode utilisée par l?Office français de la biodiversité (OFB) est la méthode CMR (capture,
marquage, recapture).
Le dénombrement exhaustif de la population est impossible car les loups sont très difficiles à voir
et vivent sur de grands espaces. En France, c?est grâce à la combinaison d?informations génétiques
sur l?espèce et d?analyses statistiques qu?on estime le nombre de loups. L?identification individuelle
des animaux par leur ADN, répétée dans le temps, est la clé pour estimer le nombre de loups. Si
cet effort d?identification individuelle n?est pas fait, alors on peut compter plusieurs fois le même
individu et ainsi surestimer les effectifs, ou encore se tromper dans les tendances démographiques
sur la population. L?OFB a mis en place un réseau de suivi participatif de l?espèce sur tout le
territoire national, le réseau « loup-lynx », composé de quelques 4000 participants formés. Ces
observateurs collectent du matériel génétique laissé par les loups (déjections, poils, urines et
dépouilles) dont l?analyse permet d?identifier les individus grâce à leur ADN. Toutefois, ces données
génétiques brutes n?offrent qu?une image imparfaite du nombre de loups. Il est impossible de
récolter des indices de tous les loups présents en France. Si on manque un loup présent à un
endroit donné, on conclut à tort que l?animal n?y est pas présent ou qu?il est mort, sous-estimant
ainsi l?effectif total. Il faut donc estimer la probabilité de détection des loups.
Ces données sont donc analysées grâce à des méthodes statistiques qui corrigent le nombre de
loups détectés par la probabilité que des individus échappent à la détection, ceci afin d?estimer le
nombre total de loups.
[Source : note d?information OFB-CNRS Olivier GIMENEZ]
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 265/284
16.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
ZPP : Zone de présence permanente
16.2.4 Viabilité de la population de loup
Une expertise scientifique collective a été assurée en 2017 par l?Office national de la chasse et de la
faune sauvage (OFB aujourd?hui) et le Muséum national d?histoire naturelle :
La viabilité démographique de la population de loups en France est estimée assurée avec un effectif
de 500 loups pour un taux de croissance égal à 1 (c?est-à-dire une stabilité de la population).
La viabilité génétique de la population de loups en France est estimée assurée avec un effectif de
2500 loups.
https://www.loupfrance.fr/wp-content/uploads/Expertise_Collective_Loup_07_03_2017.pdf
16.3 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
16.3.1 Prédations sur les troupeaux
Nombre d'animaux prédatés (par espèce) en 2021
% attaques 2021 % victimes 2021
Ovins 84,75 91,51
PUBLIÉ
https://www.loupfrance.fr/wp-content/uploads/Expertise_Collective_Loup_07_03_2017.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 266/284
Caprins 7,42 8,26
Bovins 6,43 2,69
Autres 1,84 1,7
Evolution depuis 10 ans
16.3.2 Interactions du loup avec l'Homme
Il y a très peu d?incidents recensés en France. Un incident récent survenu dans les Alpes de Haute
Provence (Le point / AFP) anime le débat en ce début d?année 2023.
Lundi 13 février 2023, Joseph Uto, conseiller municipal de Castellet-lès-Sausses (Alpes-de-Haute-
Provence), se rendait sur le canal d'arrosage de la commune lorsqu'il a aperçu cinq loups sur une
crête le surplombant. Alors qu'il essayait de les effrayer pour les faire partir, ils sont descendus vers
lui avec des grognements menaçants, raconte-t-il à La Provence.
Cet événement est totalement inédit depuis1990. Immédiatement informé, l'Office français de la
biodiversité (OFB) est revenu sur l'affaire dans un rapport publié jeudi 16 février : tout en confirmant
le caractère inédit de l'événement, il l'impute à la « configuration très particulière des lieux ». La
rencontre, en effet, est survenue « sur un versant particulièrement accidenté, avec un sentier
unique qui limite les possibilités d'échappatoire pour un animal ». Ainsi, « en l'absence d'autre
itinéraire de repli, il est très probable que le canidé ait voulu forcer le passage ».
L'OFB relativise donc le danger et rappelle que « sans possibilité de fuite, un loup, comme tout
grand mammifère sauvage, peut présenter une attitude dangereuse en cas de rencontre ». L'office
souligne d'ailleurs que « nombreux sont les événements impliquant sanglier, cerf élaphe, chevreuil,
chamois ou bouquetin qui forcent le passage au détriment de l'intégrité de l'humain qui se trouve
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 267/284
sur leur cheminement ».
16.4 Politique publique de gestion du loup
16.4.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
Organisation administrative de la France
La France est un Etat unitaire où tous les citoyens sont soumis aux mêmes règles politiques et
juridiques. Le Gouvernement et les représentations parlementaires sont centralisés, mais
l?organisation politique et administrative est également déconcentrée et décentralisée.
La France est divisée en 94 départements et en 13 régions (métropole) regroupant en général 4 à
13 départements.
Les services publics de l?Etat sont organisés au niveau central en ministères avec des directions
techniques d?administration centrale et sont déconcentrés dans les régions avec des directions
régionales et les départements avec des directions départementales, sous l?autorité de préfets de
région et de département, représentant localement le Gouvernement.
Au niveau local, région, département et commune, des collectivités territoriales, dont les membres
des conseils sont élus, sont dotées de compétences propres et interviennent en complémentarité
de l?Etat.
Sur un même territoire régional ou départemental coexistent des collectivités territoriales et une
des services de l?Etat.
Organisation administrative de la gestion du loup
La politique publique de gestion du loup est établie au niveau national par l?Etat. Les ministères
chargés de l?écologie et de l?agriculture sont conjointement responsables de l?élaboration et du
pilotage national de la mise en oeuvre de cette politique. Ce sont la direction de l?eau et de la
biodiversité (DEB) au ministère chargé de l?écologie et la direction générale de la performance
économique et environnementale des entreprises (DGPE) au ministère chargé de l?agriculture qui
en sont chargées. Les deux ministères sont appuyés, pour ce pilotage et cette coordination
nationale par un Préfet coordonnateur national « loup » en région Auvergne-Rhône-Alpes, et leurs
services régionaux et départementaux.
La mise en oeuvre de cette politique est assurée au niveau de chaque région et de chaque
département par les préfets et les services des deux ministères, en lien avec les collectivités
territoriales concernées.
Les ministères s?appuient également sur des établissements publics nationaux de recherche,
d?expertise et de contrôle dont, en particulier, l?Office français de la biodiversité (OFB).
16.4.2 Plan de gestion du loup
Il existe un plan national pour la gestion du loup depuis le « plan national d?action sur le loup 2004-
2008 ». Le plan en vigueur est le « Plan national d?actions 2018-2023 sur le loup et les activités
d?élevage ».
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Loup-et-activites-elevage_2018-2023.pdf
PUBLIÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Loup-et-activites-elevage_2018-2023.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 268/284
16.4.3 Coûts globaux de la politique
Données 2021
En millions d?euros (hors dépenses de
personnel et de fonctionnement des services
de l?Etat et dépenses des collectivités
territoriales)Prise en charge du coût des
mesures de protection
30,42
Indemnisation 3,5
Crédits d?urgence du ministère chargé de
l?agriculture
0,36
Dépenses autres du ministère chargé de
l?écologie
1,5 (dont 0,5 pour l?équipement et le
défraiement des louvetiers
TOTAL 35.76 millions d?euros
[Sources : Préfet coordonnateur Loup et MASA DGPE].
Cofinancement UE
En France, la protection des troupeaux fait l?objet d?une aide financière dans le cadre de la politique
agricole commune (PAC). En 2021, les dépenses se sont élevées à 30,42 M¤ pour le loup, dont
14.45M¤ de part Etat et 15.97M¤ de FEADER.
A compter de 2022, dans le cadre de la nouvelle programmation PAC, le niveau de cofinancement
de cette aide est de 80% pour la part FEADER.
Le ministère chargé de l?agriculture mobilise également des crédits nationaux dits « d?urgence »,
destinés à aider des éleveurs à faire face à des situations de crise liées à des attaques de loups.
L?Europe finance également le projet Life « Wolf Alps » destiné à favoriser la coexistence du loup
et des activités humaines à l?échelle des pays transalpins. Le budget total du projet est de 11.93M¤
dont 7.03 de financement communautaire.
Evolution depuis 10 ans
2010 2021
Prise en charge des mesures de
protection
6.2M¤ 30.42M¤
Indemnisations de prédations 1.09M¤ 3.5M¤
[Sources : Rapport Assemblée nationale et MASA DGPE]
16.4.4 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Des aides à la protection des troupeaux sont apportées annuellement aux exploitants qui en font
la demande et sous réserve du respect de certaines conditions, communes au loup et à l?ours.
Elles sont fixées par l?arrêté du 30 décembre 2022 relatif à l'aide à la protection des exploitations
et des troupeaux contre la prédation du loup et de l'ours pris par les ministères chargés de
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 269/284
l?écologie et de l?agriculture.
Classement des zones de pâturage des troupeaux
Les zones de pâturage du troupeau dans lesquelles les dépenses sont éligibles à l'aide à la
protection des exploitations et des troupeaux contre la prédation du loup et de l'ours sont
déterminées selon un classement des communes ou partie de communes en quatre cercles, de 0
à 3, pour le loup. Ce classement est établi annuellement en fonction de la pression de prédation et
de la dynamique d'extension des aires de présence de chacun des prédateurs.
Le cercle « zéro » correspond aux foyers de prédation, c'est-à-dire aux communes ou parties de
communes où la récurrence interannuelle de dommages importants a été constatée.
Le cercle « 1 » correspond aux communes ou parties de communes dans lesquelles la prédation
est avérée.
Le cercle « 2 » correspond aux zones où des actions de prévention sont nécessaires du fait de la
survenue possible de la prédation du loup pendant l'année en cours.
Le cercle « 3 » correspond aux zones possibles d'extension géographique du loup où des actions
de prévention sont encouragées du fait de la survenue possible de la prédation du loup à moyen
terme.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 270/284
Dépenses éligibles
1 Gardiennage renforcé/surveillance renforcée
Le gardiennage renforcé correspond à une présence quotidienne à plein temps d'un éleveur ou
d'un berger auprès du troupeau, associée à des engagements spécifiques du bénéficiaire.
La surveillance renforcée correspond à la réalisation d'une ou plusieurs visites quotidiennes du
troupeau, associée à des engagements spécifiques du bénéficiaire.
2 Chiens de protection
2a : achat, stérilisation et test de comportement ;
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 271/284
2b : entretien ;
3 Investissements matériels (parcs électrifiés), hors chiens
4 Analyse de vulnérabilité d'un élevage face au risque de prédation des troupeaux
5 Accompagnement technique
Cet accompagnement technique peut à la fois porter sur le gardiennage renforcé, les chiens et les
investissements matériels.
Les dépenses des types 1 et 2b relèvent de l'intervention 70.26 du Plan stratégique national de la
PAC.
Les dépenses des types 2a, 3, 4 et 5 relèvent de l'intervention 73.16 du Plan stratégique national
de la PAC.
L'éligibilité des types de dépenses est déterminée en fonction des zones.
? En cercle 0 et en cercle 1 : tous les types de dépenses sont éligibles. Au moins deux types
de dépenses parmi les types 1 à 3 doivent être mis en oeuvre, les autres types de dépenses
éligibles sont optionnels.
? En cercle 2 : les dépenses de type 1 ne sont pas éligibles, les dépenses de type 2 à 5 sont
éligibles. Au moins un type de dépenses de type 2 ou 3 doit être mis en oeuvre ; les autres
types de dépenses éligibles sont optionnels.
? En cercle 3 : seules les dépenses de type 2 et 5 sont éligibles. Les dépenses de type 1, 3
et 4 ne sont pas éligibles.
Pour être éligible, la dépense de type 5 doit être associée à la dépense de type 2 et porte
exclusivement sur les chiens de protection.
Conditions d'éligibilité liées à la nature et au nombre des troupeaux
Définition du troupeau éligible
Le troupeau est défini comme le nombre d'ovins et caprins détenus ou pris en pension par le
bénéficiaire pour l'année civile en cours. Les animaux composant le troupeau doivent être
correctement identifiés selon la réglementation en vigueur. Est éligible :
? un troupeau d'au moins 25 animaux reproducteurs détenus en propriété. On entend par
animaux reproducteurs les mâles ou femelles de plus d'un an ou les femelles de moins
d'un an ayant mis bas au moins une fois ;
? un troupeau d'au moins 50 animaux reproducteurs détenus pour partie en propriété et pour
partie en pension.
Nombre de troupeaux retenus
Le demandeur bénéficie de l'aide pour un seul troupeau.
Durée de pâturage dans les cercles
La durée de pâturage dans les cercles est un critère de sélection des dossiers et un critère
permettant de déterminer le plafond de dépenses éligibles. Cette durée est déterminée par le
nombre de jours de présence cumulée du troupeau pour chacun des cercles.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 272/284
Modalités de calcul du montant de l'aide et plafonnement des dépenses en fonction de
l'effectif maximal au pâturage et du mode de conduite du troupeau
Dans le but d'adapter le montant de l'aide aux besoins des demandeurs en fonction du risque de
prédation auquel ils sont confrontés, les différents plafonds sont fixés en fonction :
? du type de dépenses ;
? de la durée de pâturage dans les cercles ;
? de l'effectif maximal au pâturage ;
? du mode de conduite du troupeau.
Montant des forfaits. Taux et plafonds de dépenses
Dépense de type 1 : Gardiennage renforcé
Le type de dépenses gardiennage renforcé n'est ouvert que dans les cercles 0 et 1. Les forfaits,
taux et plafonds indiqués ci-dessous s'appliquent distinctement selon le type de gardiennage
renforcé, la durée de pâturage dans les cercles 0 et 1, le mode de conduite et l'effectif maximal au
pâturage. À noter que les plafonds de dépense annuels portent sur l'ensemble des dépenses
relevant de l'intervention 70.26 du PSN et intègrent donc également le type de dépenses 2b relatifs
à l'entretien des chiens.
Le tableau suivant détaille l'ensemble de ces informations.
Mode de conduite Parc Gardiennage Mixte
Forfait journalier de dépenses éligibles
relatif au gardiennage-éleveur
30,75 ¤/jour
Plafond mensuel des dépenses éligibles
relatifs au gardiennage-délégué
1250¤/mois 2500 ¤/mois
2500
¤/mois
Plafond annuel des
dépenses éligibles
intégrant les deux types
de gardiennage renforcé
et l?entretien des chiens
(1) (2) si durée de
pâturage ? 30j en cercles
0 et 1
À noter :
si durée de pâturage est ?
90j en cercle 0, le plafond
de dépense annuel
s?applique uniquement
sur les dépenses de
gardiennage-éleveur et
d?entretien des chiens.
Les dépenses de
Effectif
maximal au
pâturage :
de 25 à 150
animaux
4 250 ¤/an 9 250 ¤/an 6750 ¤/an
de 151 à
450
animaux
9 250 ¤/an 14 250 ¤/an
11 750
¤/an
de 451 à 1
200
animaux
15 250 ¤/an 23 250 ¤/an
19 250
¤/an
de 1201 à
1500
animaux
17 250 ¤/an 25 250 ¤/an
21 250
¤/an
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 273/284
gardiennage-délégué
pour la durée du pâturage
en cercle 0 ne sont pas
plafonnées.
plus de 1
500
animaux
21 250 ¤/an 31 250 ¤/an
26 250
¤/an
Taux d?aide
80% des dépenses éligibles. 100% dans les
coeurs de parcs nationaux et les réserves
naturelles nationales
(1) Pour les troupeaux dont la présence cumulée du troupeau en cercles 0, 1 et 2 est supérieure
ou égale à 244 jours, le plafond annuel intégrant l'entretien des chiens est majoré de 25 %.
(2) Lorsque plusieurs troupeaux sont retenus pour le même bénéficiaire, dans la limite de trois
troupeaux au total, le plafond annuel intégrant l'entretien des chiens est majoré de 25 % par
troupeau supplémentaire.
Dépense de type 2 : chiens de protection
Dépenses de type 2a relatif à l'achat, la stérilisation et les tests de comportement
Type de
dépense
Achat du
chien
Stérilisation
du chien
Test de comportement du
chien
Forfait de
dépenses
éligibles
375 ¤/chien 250 ¤/chien Sans objet
Plafond de
dépenses
éligibles
750 ¤/an
(1)
500 ¤/an
500 ¤/chien sur la période de
programmation démarrant en
2023
Taux d?aide
80% des
dépenses
éligibles
80% des
dépenses
éligibles
100% des dépenses éligibles
(1) Lorsque plusieurs troupeaux sont retenus pour le même bénéficiaire, dans la limite de trois
troupeaux au total, et si la durée de pâturage est supérieure ou égale à 30 jours en cercles 0 et 1,
le plafond annuel d'achat de chiens de protection est majoré de 25 % par troupeau supplémentaire.
Dépense de type 2b relatif à l'entretien des chiens
Forfait de dépenses éligibles
815 ¤ par chien
et par an
Plafond annuel de dépenses éligibles
si durée de pâturage ? 30j en cercles 0 et 1
cf. plafond
annuel commun
avec le
gardiennage
renforcé
Plafond annuel de dépenses éligibles si durée de pâturage < 30j en en
cercles 0 et 1 mais ? 30j en en cercles 0, 1 et 2
Ou
De 25 à
450
animaux
4 000
¤/an
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 274/284
si durée de pâturage < 30j en en cercles 0, 1 et 2 mais ? 90j en en cercles
0, 1, 2 et 3 Au-delà
de 450
animaux
8 000
¤/an
Taux d?aide
80 % des
dépenses
éligibles
Dépenses de type 3 : investissements matériels (parcs électrifiés)
Mode de conduite Parc Gardiennage Mixte
Taux d?aide 80% des dépenses éligibles
Plafond pluriannuel (1) (2) si durée de pâturage ? 30j
en cercles 0 et 1
31 500 ¤ 6 500 ¤ 5 500 ¤
Plafond pluriannuel (1) (2) si durée de pâturage < 30j
en en cercles 0 et 1 mais ? 30j en en cercles 0, 1 et 2
13 000 ¤ 2 000 ¤ 6 400 ¤
(1) Le plafond pluriannuel s'applique sur la période de programmation démarrant en 2023.
(2) Pour les troupeaux de la catégorie d'effectif maximal au pâturage supérieur à 1500 animaux, le
plafond pluriannuel est majoré de 25 %.
Type de dépenses 4 : analyse de vulnérabilité
Taux d?aide 100%
Plafond
pluriannuel (1)
5 000 ¤
(1) Le plafond pluriannuel s'applique sur la période de programmation démarrant en 2023.
Type de dépenses 5 : accompagnement technique
Taux
d?aide
100%
Forfait
Formation individuelle :
600 ¤/jour
Formation collective : 150 ¤/jour
Plafond 2000 ¤/an
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 275/284
Montant annuel
Montant annuel 2021
2021 : 30.42 Meuros d?aides (+6.3% par rapport à 2020), pour 3012 dossiers (+8% par rapport à
2020)
Evolution depuis 10 ans
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 276/284
Source : Rapport d'information de l'Assemblée nationale relatif aux conséquences financières et
budgétaires de la présence des grands prédateurs sur le territoire national. Février 2022.
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion_fin/l15b5122_rapport-information
16.4.5 Evaluation de l?efficacité des mesures de protection
Les mesures de protection limitent la fréquence des attaques et le nombre de victimes. La
combinaison de plusieurs moyens de protection renforce leur efficacité. Ces mesures ont une
efficacité moindre sur les troupeaux de taille importante.
Les moyens de protection sont plus efficaces dans les milieux d?alpage que dans les autres. Les
mesures doivent donc être adaptées aux spécificités du territoire et des élevages.
Le loup adapte ses comportements aux moyens de protection mis en oeuvre. Des recherches sont
nécessaires.
PUBLIÉ
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion_fin/l15b5122_rapport-information
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 277/284
16.4.6 Indemnisation des dégâts liés au loup
Principe de l?indemnisation
L?indemnisation est un acte volontaire de l?Etat qui n?y était pas contraint par la réglementation. Il
n?y a pas d?indemnisation pour les acteurs économiques en cas de dégâts dus aux autres espèces
protégées (prélèvement du cormoran sur les piscicultures, abattage d?arbres par le castor, ...) en
dehors de la prédation due au loup (et à l?ours pour être complet).
L?indemnisation est possible quand « la responsabilité d?un prédateur n?est pas écartée », sans
qu?il soit nécessaire de prouver de manière certaine que le prédateur est la cause du décès des
bêtes.
L?indemnisation couvre trois volets des dommages :
? les coûts directs des attaques (valeur des animaux dont l?attaque a causé la mort ou qui
ont nécessité une euthanasie. Le montant perçu par l?éleveur varie selon la bête tuée.
Les animaux disparus font également l?objet d?une indemnisation, représentant 20 % du
montant de l?indemnisation des animaux tués lorsqu?ils ne sont pas tenus en parc clos, et
égale au forfait total si l?éleveur apporte la preuve de la disparation de certains animaux
tenus en parc clos ou si le constat indique que le parc a été endommagé lors de l?attaque.
? les coûts indirects : frais vétérinaires sur facture, soins légers apportés par l?éleveur ou le
berger (forfait annuel de 100 euros). Enfin, les pertes liées à la perturbation du reste du
troupeau (moindre prise de poids, avortements, baisses de lactation?) sont prises en
charge par un forfait en fonction de la taille du troupeau.
? Enfin, l?indemnisation couvre les coûts de réparation ou le remplacement du matériel en-
dommagé (notamment les clôtures, les parcs et les ruchers).
Afin de bénéficier de l?indemnisation, l?éleveur ayant subi une attaque de prédateur doit en informer
les autorités dans un délai de 72 heures, afin qu?un constat puisse être établi.
Ce constat est ensuite envoyé à la direction départementale des territoires (DDT), qui décide, en
se fondant sur les éléments reçus, si la responsabilité d?un prédateur peut être écartée ou non. Si
cette responsabilité n?est pas exclue, la demande d?indemnisation est transmise à l?agence de
service et de paiement (ASP), chargée de réaliser les paiements.
Les agents de l?OFB réalisent la grande majorité des constats (4000 en 2020). Les agents des
parcs nationaux en ont réalisé 700 supplémentaires. Dans les départements soumis à la prédation
la plus importante, des renforts en personnels vacataires ou en contrat à durée déterminée sont
mis en place pendant la saison des estives, ou toute l?année comme en Provence-Alpes-Côte-
d?Azur.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 278/284
La prédation par espèce
Le montant des indemnisations
En 2021, l?indemnisation des pertes liées à la prédation du loup s?élevait à 3 490 000 ¤. Ce montant
est en augmentation constante depuis
16.4.7 Mesures d?intervention sur le loup
Effarouchement du loup
Les opérations d'effarouchement, en cas de tentative de prédation du loup, sont possibles à
proximité du troupeau pendant toute la durée du pâturage.
Les moyens d'effarouchement pouvant être mis en place sans demande préalable, en dehors des
réserves naturelles nationales sont les suivants :
? tirs non létaux (avec des munitions (balles ou chevrotines) en caoutchouc ou à grenaille
métallique, du numéro 8 et au-delà, soit d'un diamètre inférieur ou égal à 2,25 mm) ;
? effarouchement à l'aide de moyens olfactifs, visuels ou sonores.
Tirs sur le loup avec armes à feu
Le loup est une espèce protégée en France, mais il peut faire l?objet de prélèvements à titre
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 279/284
dérogatoire mais de façon très strictement encadrée par un arrêté des ministères chargés de
l?écologie et de l?agriculture. Il prévoit une gradation dans les dispositions de tirs qui peuvent être
autorisés en fonction de la pression de prédation et sous certaines conditions.
Tirs de défense
Les tirs de défense simple et de défense renforcée sont mis en oeuvre pendant toute la durée de
la présence du troupeau dans les territoires soumis à la prédation du loup et dans les conditions
suivantes, qui doivent toutes être vérifiées :
? à proximité du troupeau concerné ;
? sur les pâturages, surfaces et parcours mis en valeur par le bénéficiaire de la dérogation
ainsi qu'à leur proximité immédiate ;
? en dehors des réserves naturelles nationales constituées pour des motifs incluant la con-
servation de la faune sauvage et du coeur des parcs nationaux dont le décret portant créa-
tion interdit la chasse ;
? Le tir de nuit ne peut être effectué qu'après identification formelle de la cible et de son -
environnement à l'aide d'une source lumineuse ;
? L'utilisation de lunettes de tir à visée thermique sera réservée aux seuls lieutenants de
louveterie et agents de l'OFB ;
? L'utilisation de dispositifs de repérage utilisant la technologie d'amplification de lumière ou
la détection thermique sera réservée aux lieutenants de louveterie, aux agents de l'OFB et
aux chasseurs habilités qui opèrent en présence d'un lieutenant de louveterie ou d'un agent
de l'OFB.
Le bénéficiaire de l'autorisation doit tenir un registre précisant les informations suivantes :
? les nom et prénom(s) du détenteur de chaque arme ainsi que le numéro de son permis de
chasser ;
? la date et le lieu de l'opération de tir de défense ;
? les mesures de protection du troupeau en place lors de l'opération ;
Et le cas échéant :
? les heures de début et de fin de l'opération ;
? le nombre de loups observés ;
? le nombre de tirs effectués ;
? l'estimation de la distance de tir ;
? l'estimation de la distance entre le loup et le troupeau au moment du tir ;
? la nature de l'arme et des munitions utilisées ;
? la nature des moyens susceptibles d'améliorer le tir utilisé ;
? la description du comportement du loup s'il a pu être observé après le tir (fuite, saut?).
Tirs de défense simple
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 280/284
Les tirs de défense simple peuvent intervenir dès lors que des mesures de protection sont mises
en oeuvre ou que le troupeau est reconnu comme ne pouvant être protégé.
Tirs de défense renforcée
Les tirs de défense renforcée peuvent intervenir dès lors que :
1. Des mesures de protection sont mises en oeuvre ou que le troupeau est reconnu comme
ne pouvant être protégé au sens du III de l'article 6 ;
2. Malgré la mise en place effective de ces mesures et après le recours aux tirs de défense
simple, le troupeau se trouve dans l'une des situations suivantes :
- il a subi au moins trois attaques dans les douze mois précédant la demande de déroga-
tion ; ;
- il se situe dans un territoire où il est constaté au cours des derniers mois, sur la base du
suivi effectué en application de l'article 6, des dommages importants dans les élevages
ayant mis en oeuvre les tirs de défense simple et malgré l'installation de mesures de pro-
tection des troupeaux (sauf pour les troupeaux reconnus comme ne pouvant être protégés).
Dans ces conditions, le préfet de département peut, après avis du préfet coordonnateur,
accorder des autorisations de tir de défense renforcée aux éleveurs dont les troupeaux
sont situés sur un tel territoire.
Tirs de prélèvement
Les tirs de prélèvement peuvent être autorisés sur les territoires remplissant certaines conditions
et en dehors du coeur des parcs nationaux et des réserves naturelles nationales.
Le préfet coordonnateur du plan national d'actions sur le loup procède au suivi dynamique de la
prédation dans les régions et départements où l'espèce est présente et sur le fondement de celui-
ci. Il donne son avis sur les projets d'arrêtés préfectoraux ordonnant des tirs de prélèvement.
Les opérations de tirs de prélèvement ne peuvent être mises en oeuvre qu?au cours d'une période
comprise entre le 1er juillet et le 31 décembre, pour une durée maximale de trois mois.
Les tirs de prélèvement peuvent être autorisés :
? s'il est constaté des dommages exceptionnels dans les élevages ayant mis en oeuvre les
tirs de défense simple et malgré l'installation de mesures de protection des troupeaux (sauf
pour les troupeaux reconnus comme ne pouvant être protégés) ;
ou s'il est constaté des dommages exceptionnels au cours des 12 derniers mois sur une
zone de présence permanente du loup non constituée en meute et isolée géographique-
ment d'autres zones de présence permanente, dans les élevages ayant installé des me-
sures de protection des troupeaux (sauf pour les élevages reconnus comme ne pouvant
être protégés), et
? au moins deux autorisations de tirs de défense renforcée ont été mises en oeuvre au cours
des 12 derniers mois ;
? dans la mesure où les troupeaux demeurent dans les conditions où ils sont exposés à la
prédation du loup.
Les opérations de tirs de prélèvement sont réalisées, selon les modalités techniques définies par
l'OFB. Afin d'assurer le bon déroulement des opérations, en l'absence d'un agent de l'OFB, un
lieutenant de louveterie, ou, sous réserve qu'il ait suivi une formation spécifique assurée par l'OFB,
un garde particulier assermenté ou un chasseur est désigné comme responsable.
Le bilan de chaque tir de prélèvement est établi par le préfet à l'issue de l'opération et est envoyé
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 281/284
au préfet coordonnateur.
Délivrance des autorisations de tirs (défense, prélèvement?)
Le nombre maximum de spécimens de loups (mâles ou femelles, jeunes ou adultes) dont la
destruction est autorisée, en application de l'ensemble des dérogations qui pourront être accordées
par les préfets, est fixé chaque année selon des modalités prévues par arrêté ministériel.
A ce jour, et sur la base d?une expertise scientifique de la viabilité de la population lupine en France,
le nombre maximum de loups dont le prélèvement peut être autorisé chaque année est fixé à 19%
de l?effectif.
16.4.8 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
Les acteurs ne sont pas préparés aux attaques des loups dans les territoires où des individus en
dispersion apparaissent pour la première fois. La mise en place de mesures de protection des
troupeaux sur ces nouvelles zones de prédation n?est pas effective.
Dans ces nouvelles zones de prédation, un pilotage spécifique est mis en oeuvre. La connaissance
des futures zones s?avère particulièrement difficile à anticiper, le nouveau territoire occupé par le
loup n?étant pas forcément contigu à un secteur déjà occupé.
Description des actions
? Mise en place d?une cellule de veille (représentants des organisations techniques, socio-
professionnelles et associatives concernées par le loup) coordonnée par le préfet de dé-
partement pour mieux accompagner les acteurs locaux et notamment les éleveurs en leur
diffusant une information de bonne qualité et en leur proposant la mise en place réactive
de mesures adaptées au contexte local.
? Information et formation des éleveurs pour leur permettre de bénéficier de manière réactive
des différentes mesures prévues par le plan national d?action, notamment l?aide technique
pour l?installation des mesures de protection et pour l?adaptation aux potentiels change-
ments de conduite du troupeau.
? Mise en oeuvre d?une gestion adaptée en vue de préserver les activités pastorales dans
des zones difficilement protégeables du fait des modes de conduite des troupeaux. Ces
zones sont définies par arrêté préfectoral. Dans ces zones, la gestion aura pour but de
freiner l?expansion du loup. Ainsi, les tirs de défense et de prélèvement pourront être auto-
risés sans mesure préalable de protection des troupeaux et dans des conditions définies
par arrêté (arrêté du 5 avril 2019). La zone délimitée ne concerne que la région où l'on
produit le Roquefort, caractérisée par une très forte densité d'ovins. Elle est donc loin de
représenter l'ensemble des nouvelles zones de prédation.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 282/284
Dispositions particulières réglementairement applicables
Le préfet coordonnateur du plan national d'actions sur le loup délimite les zones dans lesquelles,
du fait des modes de conduite des troupeaux d'animaux domestiques, la mise en oeuvre des
mesures de protection des troupeaux contre la prédation du loup présente des difficultés
importantes, constatées à la suite d'une ou plusieurs attaques de loup sur les troupeaux. Pour la
détermination de ces zones, sont pris en compte l'importance des adaptations des modes de
conduite et de protection des troupeaux, le coût économique en résultant pour les éleveurs et la
collectivité publique ainsi que le niveau d'efficacité de ces adaptations pour maîtriser la prédation
au regard des éléments suivants :
? les caractéristiques topographiques et écologiques des milieux exploités par les troupeaux ;
? le type d'élevage, son mode de conduite et la taille des troupeaux ;
? l'étendue des parcours et surfaces utilisés par les troupeaux ;
? le nombre de lots composant les troupeaux ;
? la durée et le niveau d'exposition des troupeaux à la prédation.
Dans ces zones mentionnées les tirs de défense et de prélèvement peuvent être autorisés sans
que les troupeaux bénéficient de mesures de protection dans les conditions suivantes :
1. Pour les tirs de défense simple, sans autre condition ;
2. Pour les tirs de défense renforcée, quand le troupeau, malgré le recours aux tirs de défense
simple, a subi au moins trois attaques dans les douze derniers mois précédant la demande
de dérogation ou se situe sur une commune sur laquelle au moins trois attaques au moins
ont été constatées au cours des douze mois précédent la demande de dérogation, dans
des troupeaux ayant mise en oeuvre les tirs de défense simple ;
3. Pour les tirs de prélèvement, quand les attaques de loup sur les troupeaux persistent après
la mise en oeuvre de deux autorisations de tir de défense renforcée dans une période maxi-
male de douze mois.
16.5 Acceptation sociale
16.5.1 Acceptation par le monde agricole
« Nous réaffirmons nos trois objectifs principaux qui doivent être la base d?une gestion équilibrée
sur ce dossier et permettre aux éleveurs de pouvoir vivre de leur métier et l?exercer dans des
conditions optimales :
? Zéro attaque.
? Le droit permanent des éleveurs de défendre leurs troupeaux, déconnecté de tout plafond
de prélèvement.
? Le refus de toute conditionnalité pour le versement des indemnisations des troupeaux pré-
datés.
? Le rejet de toute gestion différenciée entre les territoires dans la gestion du dossier loup.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 283/284
Enfin, nous rappelons notre demande de sortie du loup de la Convention de Berne et de la Directive
Habitats. »
Source : Communiqué de presse conjoint FNSEA-FNO-JA-CA 2017
16.5.2 Acceptation par l?opinion publique
82% des français interrogés estiment que les humains doivent trouver des moyens de cohabiter
avec les loups.
Pour 33% des français le loup peut représenter une menace.
https://www.eurogroupforanimals.org/files/eurogroupforanimals/2020-
06/Savanta%20ComRes_Wolf%20Protection%20Research%20for%20Eurogroup%20for%20Ani
mals_Feb2020_v2.pdf
16.6 Eléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du
loup en France
16.6.1 Les points forts de la politique publique du loup en France
La politique publique du loup en France est établie conjointement par les ministères chargés de
l?agriculture et de l?écologie. Elle fait l?objet d?un encadrement national et d?une planification
pluriannuelle.
La coordination nationale de sa mise en oeuvre par un Préfet permet d?en assurer la cohérence sur
l?intégralité du territoire national et la conformité aux règles. Elle permet également d?avoir une
vision actualisée en permanence de la situation dans tous les territoires.
La transparence est assurée par la publication régulière d?informations et de données sur deux
sites internet nationaux, gérés respectivement par le Préfet coordinateur et l?OFB.
La gouvernance du plan national comporte également :
? une instance de dialogue et de concertation entre toutes les parties prenantes, le Groupe
national loup, réuni régulièrement par le Préfet coordinateur ;
? un conseil scientifique.
L?expertise de l?OFB et sa capacité de projection sur le terrain sont également particulièrement
précieuses.
16.6.2 Pistes d'évolution et expérimentation de nouvelles mesures
Le « Plan national d?actions 2018-2023 sur le loup et les activités d?élevage » arrive bientôt à
échéance. En vue de l?élaboration du prochain plan, les ministères mobilisent des experts et ont
sollicité le parangonnage avec d?autres pays européens afin d?identifier les mesures et pratiques
jugées pertinentes et efficaces et qui pourraient être applicables en France.
PUBLIÉ
https://www.eurogroupforanimals.org/files/eurogroupforanimals/2020-06/Savanta%20ComRes_Wolf%20Protection%20Research%20for%20Eurogroup%20for%20Animals_Feb2020_v2.pdf
https://www.eurogroupforanimals.org/files/eurogroupforanimals/2020-06/Savanta%20ComRes_Wolf%20Protection%20Research%20for%20Eurogroup%20for%20Animals_Feb2020_v2.pdf
https://www.eurogroupforanimals.org/files/eurogroupforanimals/2020-06/Savanta%20ComRes_Wolf%20Protection%20Research%20for%20Eurogroup%20for%20Animals_Feb2020_v2.pdf
PUBLIÉ
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 Les recommandations formulées dans les rapports antérieurs des conseils généraux ont été très largement mises en oeuvre
2 Huit études de cas pour couvrir la diversité des situations
locales
3 Les enseignements du parangonnage permettent de formuler sept recommandations
Conclusion
Annexes
1 Lettre de mission
2 Liste des personnes rencontrées
3 Glossaire des sigles et acronymes
4 Tableau des chiffres clés par pays
5 Historique rapide des plans nationaux d?actions relatif au
loup
6 Tableau des critères et les éléments d?orientation pour choisir les pays (et régions) objet du parangonnage
7 Tableau d?analyse des rapports relatifs au loup du Conseil général de l?environnement et du Conseil général de l?agriculture, de l?alimentation et des espaces ruraux
8 Fiche Allemagne
9 Fiche Communauté autonome des Asturies
10 Fiche Communauté autonome de Castille et Léon
11 Fiche Communauté autonome de Catalogne
12 Fiche Italie : Région autonome du Piémont
13 Fiche Slovaquie
14 Fiche Suède
15 Fiche Suisse
16 Fiche France
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION s 0,4 0,12 0,3 0,4 inconnu 0,18660706 0,11 0,5 0,44
nombre d'attaques par loup par an 4,3 0,8 6,2 0,2 inconnu 1,2 inconnu 0,1 Inconnu
nombre d'animaux prédatés / loup par an 13,0 3,4 8,7 0,3 inconnu 3,1 0,75 0,8 4,2
montant indemnisations prédation en
k¤/nombre de loups 5,8 0,43 2,5 0,1 inconnu 0,581 0,085 0,4 1,8
montant subventions protection en
k¤/nombre de loups 33,0 9,83 6,4 0,3 inconnu inconnu inconnu 2,6 33,3
montant subventions protection en
k¤/nombre d'ovins et de bovins 1,3 0,92 10,0 2,2 inconnu inconnu inconnu 0,7 0,004
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 46/284
5 Historique rapide des plans nationaux d?actions relatif au
loup
Les deux premiers loups ont été vus en novembre 1992 dans les Alpes-Maritimes. Ils ont formé la
meute historique Vésubie-Tinée dans le parc national du Mercantour et ont marqué le retour du
loup en France.
Le parc national du Mercantour a mis en place dès l'hiver 1992-93 un protocole de suivi scientifique
des loups présents dans les Alpes françaises, une procédure de compensation des dommages sur
le cheptel domestique, des aides pour le renforcement du gardiennage et des campagnes
d'information.
Par la suite, deux programmes LIFE 1997 à 1999 et 1999-2004 ont permis de financer les actions
de protection, de communication et de suivi biologiques.
5.1 PNA 2004-2008
Le premier « Plan d?action sur le Loup » pour la période 2004-2008, publié en 2004, est concis (18
pages). A cette époque, la population a été estimée lors de saison hivernale 2003/2004 entre 37 à
41 animaux (moyenne de 39 individus). Les ministères de l?écologie et de l?agriculture le portaient
déjà conjointement. Les cinq objectifs de ce plan sont :
A. Réduire l?impact du loup en accompagnant les éleveurs
B. Gestion des populations de loup
C. Poursuivre le suivi biologique du loup et de son impact sur l?élevage
D. Coopération transfrontalière
E. La communication et la concertation
Parallèlement un « Groupe National Loup » (groupe de travail et réflexion) est aussi créé à
l?automne 2004, réunissant différents acteurs administratifs, professionnels, experts, élus et
associations, qui définissent conjointement la politique de la France sur le sujet.
Les éléments structurants de la politique actuelle sont déjà en place :
? protection directe des troupeaux (techniques de prévention) ;
? favoriser les pratiques pastorales moins vulnérables à la prédation (diagnostics pastoraux,
amélioration des conditions d?exercice du pastoralisme) ;
? indemnisation des dégâts ;
? prélèvement de loups.
Dans le but de ralentir la croissance démographique du loup ? le gouvernement a décidé en 2004
un prélèvement de 10% des individus réellement dénombrés au cours de l?hiver 2003/2004, soit le
retrait de 4 individus.
L?arrêté des ministres de l?écologie et du développement durable et de l?agriculture et de la pêche,
en date du 24 mai 2006, autorisant les opérations d?effarouchement, de tirs de défense et de
prélèvement sur les animaux de l?espèce Canis lupus pour la période 2006-2007 est le premier
arrêté-cadre qui organise les prélèvements de loups en France. Il contient le protocole technique
d?intervention et le nombre maximum de spécimens dont le prélèvement est autorisé (6) qui sera
par la suite individualisé dans un arrêté spécifique.
5.2 PNA 2008-2012
Ce plan est dénommé « plan d'action national sur le loup (2008-2012), dans le contexte français
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 47/284
d'une activité importante et traditionnelle d'élevage ».
Les objectifs de ce 2e plan sont pratiquement les même que ceux du précédent.
? Limiter les impacts du loup en accompagnant les éleveurs.
? Suivi de la population de loup en France.
? Mesures de gestion
? Coopération transfrontalière et échange internationaux
? Communication et concertation.
5.3 PNA 2013-2017
Ce 3e plan s?appelle sobrement « plan national d?actions loup 2013-2017 ». Ses objectifs sont :
? le suivi biologique de la population de loups ;
? la protection des troupeaux contre la prédation ;
? l'indemnisation des dommages aux troupeaux ;
? les interventions sur les spécimens de loups ;
? la communication et l'information ;
? la coopération transfrontalière et les échanges internationaux.
Les prélèvements de loups existent déjà, mais c?est le premier plan qui affiche que le prélèvement
est un objectif du plan.
5.4 PNA 2018-2023
Le 4e plan est intitulé « plan national d?actions 2018-2023 sur le loup et les activités d?élevage ».
Sa présentation est sensiblement différente des précédents avec un accent porté sur les actions.
Cette partie est la plus importante (75 pages sur un total de 94 pages) et contient 37 actions
regroupées en huit axes :
1. la protection des troupeaux
2. renforcer le soutien au pastoralisme
3. renforcer le pilotage départemental du plan national loup en lien avec le préfet
coordonnateur
4. l'indemnisation des dommages
5. le suivi biologique du loup
6. les interventions sur la population de loup
7. développement de la communication, de l'information et de la formation
8. études et prospective
5.5 Analyse sommaire des PNA
L?analyse des quatre plans nationaux d?actions (PNA) relatifs au loup, qui couvrent la période 2004-
2023, montre une très grande constance de objectifs des quatre PNA avec les objectifs suivants
qui se retrouvent dans chaque plan :
? protection directe des troupeaux (techniques de prévention) et favoriser les pratiques
pastorales moins vulnérables à la prédation (diagnostics pastoraux, amélioration des
conditions d?exercice du pastoralisme) ;
? indemnisation des dégâts ;
? assurer le suivi de la population de loup en France ;
? prélèvements de loup ;
? coopération transfrontalière et échange internationaux ;
? communication et concertation.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 48/284
Les plans sont, au fil du temps, de plus en plus détaillés, mais ils ne changent pas
fondamentalement.
Renforcement dans le temps de l?objectif de prélèvements de loup
L?objectif qui se renforce le plus avec le temps, est celui des prélèvements de loups et le plan 2013-
2017 en fait un objectif explicite du plan. Le document La présence du loup en France entre 2013
et 2017. État des lieux et diagnostic de la situation dans la perspective de la rédaction du futur plan
national d?actions 2018-2023 sur le loup et les activités d?élevage fait le bilan des modalités de
prélèvement. La brigade loup a été mise ne place à l?été 2015. Lors de la campagne de 2015-2016
la toute jeune brigade loup réalise 26 destructions sur les 32 réalisées. Elle aura permis que les
destructions autorisées soient réalisées alors que ce n?était pas vraiment le cas auparavant. Dès
la campagne suivante 2016-2017, sur 34 destructions, il y a aura plus de destructions liées aux tirs
de défense renforcé (16) qu?aux tirs de prélèvement renforcés réalisés par la brigade (11). La
brigade loup s?est entre-temps consacrée à la formation des louvetiers davantage qu?à participer
aux opérations de destruction. Les louvetiers et les équipes encadrées par les louvetiers montrent
dès ce moment leurs aptitudes à réaliser les destructions autorisées. Ce sont deux caractéristiques
toujours actuelles : 1) les destructions autorisées sont presque intégralement réalisées et 2) elles
sont majoritairement réalisées lors des opérations de défense renforcée.
Des objectifs secondaires ne sont pas repris par le plan suivant
Quelques objectifs secondaires peuvent être cités par un plan mais ne sont pas repris par les plans
suivants :
? PNA 2004- 2008 : lutter contre les chiens errants et lutter contre l?hybridation.
? PNA 2008-2012 : maîtriser le braconnage et marquage des loups captifs.
Certains objectifs ne sont pas repris alors que le problème demeure (lutte contre les chiens errants).
D?autres témoignent de préoccupations qui existaient au moment de la rédaction (hybridation) ou
ont été traitées (marquage des loups captifs).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 49/284
6 Tableau des critères et les éléments d?orientation pour
choisir les pays (et régions) objet du parangonnage
Eléments
d?orientation
connus et pris
en compte par
la mission en
janvier 2023
Allemagne Asturies Castille-
Léon
Catalogne Piémont Slovaquie Suède Suisse
Ovins/
pastoralisme,
estive
X X X
Ovins au
pâturage
X X X X X X
Bovins au
pâturage
X
X
X X X
Ordre de
grandeur du
ratio nb loups/
nb ovins +
bovins proche
du ratio
français (dans
les zones
concernées par
la prédation)
X X X X X X X
Prédation sur
ovins
X X X X X X X X
Prédation sur
bovins
X X X
X X
Directive
Habitats + loup
en annexe IV
X
X X X
X hors UE
Directive
Habitats + loup
en annexe V
X X X hors UE
Convention de
Berne
X X X X X X X X
Prélèvements
létaux
autorisés
X X X X X
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 50/284
7 Tableau d?analyse des rapports relatifs au loup du
Conseil général de l?environnement et du Conseil général
de l?agriculture, de l?alimentation et des espaces ruraux
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 51/284
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 54/284
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 56/284
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 57/284
8 Fiche Allemagne
8.1 Présentation de l?élevage en Allemagne
8.1.1 Ovins
1.52M en 2022 (forte baisse : 2.7M il y a 20 ans)
dont 13 400 brebis laitières
Concentration géographique en Bavière, Bade-Wurtemberg et Schleswig-Holstein
97% avec pâturage
Basse-Saxe : 162 500 moutons en novembre 2022
Saxe : 62 400 moutons en novembre 2022
(Source BMEL)
8.1.2 Bovins
11 M en 2022
Dont 3.8M de vaches laitières
Principaux länder : Bavière, Basse-Saxe, Rhénanie-du-Nord-Westphalie et Schleswig-Holstein.
Les 2 premiers concentrent la moitié de la population bovine allemande.
(Source BMEL)
8.1.3 Caprins
159 000 en 2022 (source Eurostat).
8.2 Caractéristiques de la population de loup
8.2.1 Les effectifs de loup
Nombre d?individus, nombre de meutes :
Au cours de l'année de monitoring 2021/2022, les Länder allemands ont confirmé la présence d'un
total de 161 meutes de loups, 43 couples de loups et 21 loups solitaires sédentaires.
L'analyse des données de monitoring collectées par les Länder montre qu'au moins 1175 individus
vivaient dans les territoires de loups confirmés au cours de l'année de monitoring 2021/2022 qui
vient de s'achever : 423 loups ont pu être classés avec certitude comme adultes, et pour 57 autres
animaux identifiés par le monitoring des Länder, il n'a pas été possible de déterminer clairement
s'il s'agissait d'adultes ou de subadultes. Si l'on tient compte de ces individus, le nombre minimal
de loups adultes dans les territoires confirmés au cours de l'année de suivi 2021/2022 se situait
entre 423 et 480 à l'échelle nationale. 98 yearlings (loups dans leur deuxième année de vie) et 550
chiots (loups dans leur première année de vie) ont en outre pu être identifiés. Pour sept individus,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 58/284
il n'était pas certain qu'il s'agissait de yearlings ou de chiots, pour 40 autres individus, l'âge n'a pas
pu être déterminé.
(Cf infra 2.3 pour plus de détails)
Evolution de la population
Au cours de l'année de suivi précédente, 2020/2021, 158 meutes, 35 couples et 22 loups solitaires
ont été identifiés.
Bleu : meutes / Rouge : couples / Jaune : loups isolés (DBBW au 13/04/2023)
8.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Le suivi annuel s'étend du 1er mai au 30 avril de l'année suivante et couvre un cycle de
reproduction, de la naissance des jeunes à leur première année de vie. Durant cette période, les
Länder collectent les données selon des normes uniformes, ce qui garantit la comparabilité.
Ensuite, les données collectées par les Länder sont validées et comparées. Le BfN et la DBBW
les rassemblent ensuite au niveau national. Les résultats sont ensuite mis à la disposition du public
(cartes de répartition). Sur le site web du DBBW, on trouve les personnes de contact des Länder
qui sont responsables du monitoring des grands prédateurs.
Tous les indices qui indiquent la présence de grands prédateurs sont d'abord documentés. Il s'agit
entre autres de photos prises lors de rencontres fortuites ou de pièges photographiques, de
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 59/284
matériel génétique pour des analyses, de traces ou encore d'observations.
Les normes de suivi du loup, du lynx et de l'ours en Allemagne (Kaczensky et al. 2009, Reinhardt
et al. 2015), ci-après dénommées normes de suivi, classent les données en fonction de leur véri-
fiabilité. Cette catégorisation se réfère aux critères SCALP, qui ont été développés dans le cadre
du projet "Status and Conservation of the Alpine Lynx Population" (SCALP) pour la surveillance
transnationale du lynx dans les Alpes. Ces critères SCALP ont été adaptés au loup et à l'ours et
aux circonstances en Allemagne. La lettre C signifie "Catégorie", les chiffres 1 à 3 définissent la
vérifiabilité des indices.
C1 : preuve évidente = faits concrets qui confirment clairement la présence de l'espèce animale
concernée (capture vivante, animal trouvé mort, preuve génétique, photographie, points de don-
nées télémétriques).
C2 : indice confirmé = indice (par exemple piste ou animal tué) dont une personne expérimentée
a confirmé qu'il provenait d'un loup, d'un lynx ou d'un ours. La personne expérimentée peut elle-
même procéder à une évaluation de l'indice sur le terrain ou examiner et valider la documentation
concluante réalisée par une autre personne.
C3 : Indice non confirmé = tous les indices qui n'ont pu être ni confirmés ni exclus de l'origine du
loup, du lynx ou de l'ours par une personne expérimentée en raison d'informations insuffisantes.
Cette catégorie comprend toutes les observations sans preuve sous forme de photographie, y
compris les observations par des personnes expérimentées, tous les indices trop anciens, insuffi-
samment ou incomplètement documentés, les indices qui ne fournissent pas suffisamment d'infor-
mations (par exemple dans le cas de traces) ou qui sont insuffisants pour une confirmation pour
d'autres raisons. La catégorie C3 peut être divisée en sous-catégories telles que "haute probabilité"
et "faible probabilité".
Faux : Faux rapport = indice pour lequel on peut exclure qu'il provienne de l'espèce concernée.
k.B. : keine Bewertung möglich (évaluation impossible) = indices qui ne peuvent pas être évalués
en raison d'informations manquantes, même au niveau minimum, par exemple des observations
d'animaux tués ou de traces.
Les données relatives à la taille de la population, à la reproduction et aux zones d'occurrence sont
exclusivement basées sur les données C1 et C2. Les indices non confirmés sont particulièrement
intéressants dans les zones où aucun loup n'a été détecté jusqu'à présent (possibilité d'un nouvel
établissement).
Pour chaque cellule de la grille (10 x 10 km), les indices et les indices de présence de l'année de
monitoring sont rassemblés et ensuite validés. Sont considérés comme des indices et des preuves,
par exemple, les échantillons génétiques ou même les photos. Les indices qui ne sont pas
vérifiables (observations visuelles, vocalisations) ou qui ne sont pas suffisamment documentés ne
sont pas intégrés dans la représentation cartographique. Une cellule de la grille est considérée
comme occupée et colorée en vert (cf carte infra) lorsqu'il existe un indice C1 ou au moins trois
indices C2 indépendants. La catégorisation des données de suivi et des indices se base sur les
normes communes de suivi. Les indices C1 sont ceux qui confirment clairement la présence du
loup (capture vivante, cadavre, preuve génétique, photo). Sont classés C2 les indices confirmés
qui ont été vérifiés par une personne expérimentée (par exemple une trace ou une morsure). Les
cellules dans lesquelles la première preuve de reproduction d'une meute a été apportée au cours
de l'année de suivi sont marquées d'un losange. Lorsque les territoires des loups sont contigus,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 60/284
une cellule peut également contenir des reproductions de plus d'une meute.
La taille de la population de loups est mesurée par un indice qui résulte du nombre de meutes et
de couples. Lorsqu'une meute avec reproduction est confirmée pour une année de suivi (du 1er
mai au 30 avril), elle est comptée comme une paire dans cette zone pour l'année de suivi
précédente, qu'elle ait été détectée ou non lors du suivi de l'année précédente. L'analyse des
données est effectuée tout au long de l'année, mais la compilation nationale des données est
généralement réalisée en automne, après la fin de l'année de surveillance. Lorsque de nouvelles
informations sont disponibles plus tard, les résultats sont corrigés et transférés dans les rapports
de situation et les chiffres. Toutes les modifications apportées aux données sont identifiables grâce
à des marques. La délimitation des territoires voisins est effectuée sur la base de critères stricts.
L'aire d'occurrence résulte du nombre de mailles dans lesquelles la présence du loup a été
confirmée au cours de l'année de suivi concernée.
Cf fiche-annexe 1 pour plus de détails.
Il n?y a pas de suivi commun par l?Allemagne et la Pologne de la population de loups. Des échanges
réguliers se tiennent entre les deux pays mais ne sont pas très développés. Le conseil allemand
de l?environnement [deutscher Umweltrat], qui suit aussi la thématique du loup, a proposé à la
Pologne de réaliser un suivi commun mais celle-ci a décliné cette proposition. Le monitoring y est
réalisé selon une méthodologie différente et de façon beaucoup moins intensive qu?en Allemagne,
le loup y ayant toujours été présent et sa protection faisant donc l?objet d?une préoccupation moins
forte.
8.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 61/284
25
La présence du loup dans toute l'Allemagne se concentre, comme les années précédentes, sur le
territoire allant de la Saxe en direction du nord-ouest à la Basse-Saxe en passant par le
Brandebourg, la Saxe-Anhalt et le Mecklembourg-Poméranie occidentale. D'autres territoires de
loups ont été identifiés dans le Bade-Wurtemberg, la Bavière, la Hesse, la Rhénanie-du-Nord-
Westphalie, le Schleswig-Holstein et la Thuringe.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 62/284
Bleu : meute / Rouge : couple / Jaune : loup isolé
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 63/284
Évolution depuis 2001 :
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 64/284
Les bureaux responsables de la gestion du loup tant au ministère fédéral de l?environnement qu?au
ministère fédéral de l?agriculture n?ont pas identifié d?explication au fait que le loup progresse en
direction de l?Ouest et non vers le Sud de l?Allemagne, depuis la frontière polonaise.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 65/284
Vert foncé : meutes / Vert moyen : couples / Vert jaune : loups isolés
Causes de mortalité des loups (147 en 2022) :
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 66/284
Rouge : mise à mort illégale / Jaune : gestion / Vert : naturel / Vert kaki : non déterminé / Parme : accident de la
route / blanc : en cours d?investigation26
8.2.4 Viabilité de la population de loup
Quel est le statut juridique de protection du loup en Allemagne ?
Le loup est inscrit aux annexes II et IV de la directive européenne Faune-Flore-Habitat (directive
FFH) et constitue, conformément à l'article 1h de la directive, une espèce prioritaire pour la
conservation de laquelle tous les États de l'Union européenne ont une responsabilité particulière.
Au niveau national, le loup est une espèce strictement protégée par la loi fédérale sur la protection
de la nature27
Dans la liste rouge actuelle des mammifères d'Allemagne (2020), le loup est classé dans la
catégorie "en danger". Les autorités des Länder sont responsables de la mise en oeuvre de la
protection du loup en Allemagne.
L'état de conservation du loup doit être déterminé tous les six ans dans le cadre des rapports à
établir pour les directives européennes sur la protection de la nature à l'intention de l'UE. Il est
défini selon la directive FFH (art. 1, lettre i) et sa classification se mesure à l'échelle européenne
selon des critères uniformes. Ces critères sont, outre la population, la répartition, la taille et la
qualité de l'habitat ainsi que les perspectives d'avenir. Bien que la population allemande de loups
ait évolué positivement au cours des dernières années, l'ensemble de ces critères montre que
l'espèce présente toujours un état de conservation globalement défavorable dans les deux régions
biogéographiques (atlantique et continentale) où le loup a été évalué, selon le rapport FFH
allemand de 2019 (période de référence : 2013-2018). La tendance générale a été jugée "en
amélioration" pour les deux régions biogéographiques.
26 Source DBBW
27 § 7 alinéa 2 n° 14 BNatSchG
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 67/284
L?office fédéral pour la protection de la nature [Bundesamt für Naturschutz] réalise actuellement
une étude visant à obtenir une estimation précise des effectifs du loup en Allemagne, et des
données sur sa viabilité. Cette étude, qui est la première de ce type en Allemagne, devrait être
disponible d?ici la fin de l?année 2023.
Elle est réalisée dans le cadre du débat actuel sur la présence du loup dans l?UE et en Allemagne.
Les éleveurs et chasseurs allemands accusent régulièrement les autorités allemandes de sous-
estimer cette présence.
Une étude réalisée pour la Basse-Saxe
Extrait du plan loup de Basse-Saxe
Le Land de Basse-Saxe a réalisé une étude de population basée sur un modèle sur le loup en
Basse-Saxe comme aspect partiel de l'état de conservation en Allemagne en 2021. Cette étude a
été réalisée par l'Université d'Agriculture de Vienne, BOKU, à l'Institut de biologie de la faune et de
la chasse.
L'étude a évalué la population de loups en Basse-Saxe et en Allemagne (à l'exception de la Basse-
Saxe), en partant de l'année 2015 jusqu'à l'année 2045. Vingt-trois scénarios ont été élaborés, qui
décrivent les effets de différentes conditions sur la population finale. Pour la modélisation de la
simulation, une analyse de vulnérabilité de la population (AVP) a été créée afin d'évaluer la
probabilité de survie d'une population. L'analyse a été réalisée sur la base des stades de vie des
loups (chiot, yearling, sous-dominant, dispersé - "loups migrateurs", territorial) à l'aide de d'un
modèle de cycle de vie développé en interne et basé sur les données de la littérature. Dans un
premier temps, un scénario standard, dans lequel la simulation est basée sur des données réalistes
et qui a été utilisé pour la comparaison avec d'autres scénarios a été utilisé. L'effectif de départ en
2015 se base sur les individus effectivement détectés. Les résultats de l'AVP ont été analysés à la
fois sur la base de paramètres démographiques et génétiques. Deux analyses de sensibilité ont
été effectuées pour évaluer les effets des paramètres d'entrée de la simulation sur la population
de loups.
Les territoires de loups constatés en Allemagne au cours des années de suivi 2000/01 à 2020/21
ont une croissance exponentielle. Sur la base de l'analyse de l'adéquation des habitats de Kramer-
Schadt et al. (2020), en supposant une croissance constante de l'ordre de 32%, on a pu prévoir
que la limite écologique maximale limite de capacité de 1408 territoires en Allemagne sera très
probablement atteinte en 2030 (89,6%). Pour la Basse-Saxe, cela correspond, selon le modèle, à
175 à 205 territoires (1120-1312 loups).
Tous les scénarios (à l'exception de ceux avec une mortalité élevée) aboutissent à une bonne
diversité génétique, comparable à celle de la population de départ en 2015. L'immigration dans la
population de Basse-Saxe en provenance du reste de l'Allemagne semble jouer un rôle important
dans le maintien de la diversité génétique.
La mortalité des loups territoriaux ainsi que les disperseurs, appelés « loups migrateurs », exerce
la plus grande influence sur la diversité génétique de la population. L'analyse de sensibilité a permis
d'évaluer l'ampleur de l'effet de certains des différents paramètres. Il s'est avéré que le taux de
mortalité annuel et le nombre de femelles reproductrices ont un effet important sur la population.
Communiqué de presse :28
28 https://www.umwelt.niedersachsen.de/startseite/aktuelles/pressemitteilungen/pi-92-populationsstudie-wolf-
213564.html
PUBLIÉ
https://www.umwelt.niedersachsen.de/startseite/aktuelles/pressemitteilungen/pi-92-populationsstudie-wolf-213564.html
https://www.umwelt.niedersachsen.de/startseite/aktuelles/pressemitteilungen/pi-92-populationsstudie-wolf-213564.html
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 68/284
« Avec actuellement 39 meutes de loups et 4 loups solitaires résidents, la Basse-Saxe a atteint
une population minimale biologiquement nécessaire pour l'espèce loup. Une étude présentée
aujourd'hui à Hanovre par l'Institut de biologie du gibier et de gestion de la chasse (IWJ) de
l'Université de la culture du sol de Vienne a développé à cet effet une base scientifique pour une
gestion de la faune sauvage capable de garantir cette population.
Le ministre de l'environnement de Basse-Saxe, Olaf Lies, a déclaré à ce sujet lors de la
présentation de l'étude : "La politique environnementale de la Basse-Saxe s'engage à protéger les
espèces dans leur ensemble. Les espèces rares d'oiseaux et de plantes qui dépendent des
biotopes pâturés sont tout aussi dignes de protection que nos loups. Nous serions donc bien avisés
de faire preuve d'objectivité et non d'émotion en matière de gestion de la faune sauvage. C'est
pourquoi la Basse-Saxe a chargé l'Institut de biologie de la faune sauvage et de gestion
cynégétique de la célèbre université viennoise de l'agriculture (BOKU) de réaliser une étude
scientifique sur l'évolution de la population de loups".
Et d'ajouter : « Le résultat a montré que, compte tenu d'une population en constante augmentation,
le prélèvement contrôlé de loups ne présente en principe aucun risque pour la population de loups
en Allemagne. Seule condition : un contrôle permanent par le biais d'un suivi toujours aussi étroit
et systématique ».
En conséquence, l'étude démontre que même dans l'hypothèse des scénarios les plus divers - par
exemple des catastrophes naturelles imprévues - il faut s'attendre à une augmentation
exponentielle du nombre de loups en Allemagne. En partant de l'année de référence 2015, où il n'y
avait que 6 meutes en Basse-Saxe, les modèles montrent une augmentation continue de la
population, ce qui rend très improbable une nouvelle extinction des loups, même en cas de
prélèvements contrôlés.
« Aujourd'hui, nous comptons 39 meutes de loups connues en Basse-Saxe. La part de la Basse-
Saxe dans la population minimale biologiquement nécessaire est donc atteinte depuis longtemps.
Avec une densité de loups croissante, c'est donc une autre limite qui se trouve au centre de
l'attention : la population acceptable, c'est-à-dire le nombre de loups que les gens acceptent encore
dans le paysage culturel. Et en particulier ceux qui ne vivent pas dans les grandes villes », poursuit
Lies. A l'aide du modèle statistique développé dans le cadre de l'étude, il est possible de garantir
une protection scientifiquement fondée de la part de la population de loups de Basse-Saxe dans
l'ensemble de l'Allemagne en cas de prélèvements nécessaires et, à terme, de gestion de la
population.
Selon Lies, l'objectif d'une gestion de la population devrait donc être - comme pour d'autres
animaux sauvages - un quota de loups causant des dommages, qui pourraient être prélevés grâce
à l'intégration du loup dans le droit de chasse sans qu'il soit nécessaire d'obtenir de longues
autorisations individuelles.
Contexte : étude de population basée sur un modèle concernant le loup en Basse-Saxe, en tant
qu'aspect partiel de l'état de conservation en Allemagne.
Dans la présente étude, des analyses de risque de population sont effectuées pour la population
de loups en Basse-Saxe et dans le reste de l'Allemagne, et les évolutions théoriques sont
modélisées pour les 30 prochaines années (depuis 2015).
Les analyses visent à quantifier l'importance de divers facteurs d'influence à l'aide d'un total de 23
scénarios différents. En présentant des scénarios potentiellement réalistes, elle constitue une base
essentielle pour le développement d'une gestion adaptative du loup.
Un scénario standard décrit l'évolution de la population de loups sur la base de l'évolution réelle à
ce jour et des valeurs de la littérature. Les territoires de loups constatés en Allemagne au cours
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 69/284
des années de suivi 2000/01 à 2020/21 peuvent très bien être décrits par une augmentation
exponentielle, de sorte que la limite maximale de capacité de 1408 territoires en Allemagne, (étude
BFN 2020) sera très probablement (89,6%) atteinte en 2030. Pour NI, cela correspond à 175 à 205
territoires (1120-1312 loups).
Les résultats des simulations représentent l'évolution des effectifs de 23 scénarios réalistes
sélectionnés sur 30 ans dans 23.000 simulations (début 2015). Les effets sur la population de loups
sont présentés en comparaison avec le scénario standard.
Suite à une demande de données auprès des Länder, les informations saisies auprès de l'Institut
Senckenberg de toutes les preuves génétiques enregistrées ont été validées uniquement par les
Länder de Berlin, Basse-Saxe, Schleswig-Holstein et Thuringe et mises à disposition par l'Institut
Senckenberg. Si tous les Länder (par ex. SN, ST, BB) avaient mis leurs données à notre disposition,
on aurait éventuellement pu s'approcher d'une limite inférieure concrète.
Conclusion
Cette étude prouve également que si l'essai de terrain actuel « loup » se poursuit en 2030, tous
les habitats potentiels seront colonisés par le loup en Allemagne et en Basse-Saxe, car il se
reproduit magnifiquement et sans aide.
Le loup n'est actuellement une espèce menacée ni en Allemagne ni en Basse-Saxe.
Avec les mesures de gestion prises jusqu'à présent, nous sommes loin d'avoir un impact à long
terme sur la population de loups de Basse-Saxe ou d'Allemagne.
La population initiale de 2015, avec 50 loups en NI et 350 loups en D, était suffisante pour que les
loups colonisent en 30 ans les habitats potentiellement présents en Allemagne selon l'étude du
BFN.
Les mortalités accrues (par ex. prélèvements ciblés de loups causant des dommages) de loups
territoriaux et de dispersés ("loups migrateurs") ont la plus forte influence sur l'évolution de la
population de loups.
Une gestion adaptative de la population actuelle de loups par des prélèvements ciblés, associée à
un suivi, ne met pas en danger la population de loups à long terme en Basse-Saxe.
Une gestion visant à limiter la population de loups, comme en France ou en Suède, nécessiterait
des interventions beaucoup plus robustes sur la population. »
Il est à noter également que la Basse-Saxe prend en considération, outre la viabilité
démographique du loup, la viabilité sociale, cf concept développé infra au 4.7.
8.2.5 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
- Prédations sur les troupeaux
Pour l'année 2020, 942 (2019 : 887) attaques de loups ont été signalées en Allemagne par les
Länder au DBBW, pour un total de 3959 (2019 : 2894) animaux de rente tués, blessés ou disparus.
Il convient de noter que la certitude d'attribuer les attaques au loup varie selon les Länder en raison
des critères utilisés à cet effet. De plus, ces données ne tiennent pas compte du fait que les
animaux de rente étaient protégés par des mesures de protection des troupeaux au moment de
l'attaque, et dans quelle mesure.
Evolution depuis 10 ans : Cf infra 4.6.2
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 70/284
- Interactions du loup avec l'Homme
Aucun cas de comportement agressif non provoqué ne s'est produit depuis l'établissement du loup
en Allemagne en 1998. Depuis le retour de l'espèce en Allemagne, aucun être humain n'a été
blessé par un loup.
Cf Fiche-annexe 2 sur les éléments d?information et de communication disponibles sur les sites
institutionnels.
8.3 Politique publique de gestion du loup
8.3.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
Les principaux acteurs au niveau fédéral :
BMUV : Ministère fédéral de l'environnement, de la protection de la nature, de la sécurité nucléaire
et de la protection des consommateurs
BMEL : Ministère fédéral de l?alimentation et de l?agriculture
DBBW : Centre de documentation et de conseil pour la gestion du loup, dépendant du BMUV
BfN : Agence fédérale pour la conservation de la nature, dépendant du BMUV
BZWW : Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup, au sein de l'Institut fédéral pour
l'agriculture et l'alimentation (BLE), dépendant du BMEL.
Qui fait quoi en matière de suivi et de gestion du loup ?
En Allemagne, la mise en oeuvre de la protection de la nature et des espèces relève de la
compétence des Länder. Le monitoring et la gestion du loup relèvent donc également de la
compétence des Länder. Les données de monitoring sont collectées par les Länder selon des
normes uniformes pour chaque année de monitoring, puis vérifiées et rassemblées à l'échelle
nationale par le BfN et le DBBW dans le cadre de la réunion des personnes expérimentées dans
le monitoring de l'Etat fédéral et des Länder. Ensuite, le BfN et la DBBW publient ces chiffres
officiels confirmant la présence du loup en Allemagne, en accord avec les Länder.
Les Länder ont toujours la possibilité de mettre à jour en temps réel l'évolution actuelle de la
population de loups via le site web du DBBW. Pour ce faire, les Länder peuvent transmettre leurs
données au DBBW à tout moment, même pendant une année de suivi en cours, afin de refléter
une situation de données précise. Des chiffres et des cartes sur le loup sont publiés par le DBBW
sur le site www.dbb-wolf.de. Les autorités techniques et exécutives des Länder sont responsables
de la protection du loup et donc de la mise en oeuvre de mesures de prévention et de compensation
ainsi que de l'octroi de dérogations à la législation sur la protection des espèces conformément à
l'article 45, paragraphe 7 de la BNatSchG. Ils mettent à disposition des subventions pour financer
des mesures de protection des troupeaux ou pour indemniser les éleveurs d'animaux de pâturage
pour les dommages financiers subis par les animaux de rente tués, blessés ou disparus à cause
du loup (voir également "Comment sont financées les mesures de protection des troupeaux et
l'indemnisation des dommages ?)
Le Centre fédéral de documentation et de conseil sur le loup (DBBW) :
Le DBBW conseille les autorités de protection de la nature de l'État fédéral et des Länder sur toutes
les questions techniques relatives au loup et met à disposition des informations pour le grand public
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 71/284
via le site web www.dbb-wolf.de. Étant donné que le retour des loups en Allemagne place les
autorités fédérales et régionales devant des tâches qui nécessitent une coordination à l'échelle
nationale, le DBBW a été créé en 2016 à la demande des Länder. Le contenu du DBBW est géré
par l'Office fédéral de la protection de la nature et financé par des fonds du ministère fédéral de
l'environnement.
En tant qu'élément de l'offre de conseil, le site Internet du DBBW rassemble les connaissances
actuelles sur la répartition, les territoires des loups et les animaux trouvés morts en Allemagne. La
présentation permet également une comparaison avec les années précédentes et fournit en outre
des informations détaillées sur les différents territoires des loups. Les pages d'information sur la
gestion du loup présentent les plans de gestion des Länder et les résultats des statistiques sur les
dommages causés par les loups aux animaux d'élevage dans les Länder. Le site web propose
également un récapitulatif des paiements de prévention et de compensation effectués dans le
domaine de la protection des troupeaux d'animaux de pâturage.
En outre, des informations sur la biologie du loup et l'indication des interlocuteurs de la gestion du
loup dans les Länder doivent faciliter l'accès du public au thème et, pour certaines questions, la
prise de contact avec les autorités locales de protection de la nature.
La Senckenberg Gesellschaft für Naturforschung a été chargée des tâches et de la direction du
centre de documentation et de conseil par l'Office fédéral allemand de la protection de la nature,
avec des fonds du ministère fédéral de l'environnement. Le DBBW est soutenu par un consortium
de plusieurs institutions scientifiques : le musée Senckenberg d'histoire naturelle de Görlitz
(SMNG), l'institut LUPUS pour le suivi et la recherche sur le loup en Allemagne, l'institut Leibniz de
recherche sur les zoos et les animaux sauvages de Berlin (IZW) et l'institut de recherche et le
musée d'histoire naturelle Senckenberg, site de Gelnhausen.
Le Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup (BZWW) 29:
Le "Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup", qui fait partie du domaine d'activité du
BMEL, doit notamment remplir les tâches suivantes :
? Etablissement d'une vue d'ensemble - actualisée chaque année - des mesures de protec-
tion des troupeaux appliquées dans les différents pays (clôtures, chiens de protection, etc.),
en particulier dans les zones où le loup est présent, y compris l'enregistrement des attaques
survenues malgré ces mesures de protection des troupeaux, si possible avec recherche
des causes.
? Optimisation des mesures de protection actuellement appliquées, notamment par un retour
d'information avec des représentants de la science, de l'économie, des praticiens concer-
nés et des associations concernées (création éventuelle d'un GT).
? Proposer de nouveaux projets de recherche pour le développement de nouvelles mesures
de protection des troupeaux et, le cas échéant, de nouveaux procédés, notamment en uti-
lisant la numérisation.
? Développer et optimiser les processus de la procédure après une attaque et améliorer les
procédures de la pratique d'indemnisation en collaboration et en étroite concertation avec
les Länder,
? Clarifier les questions de financement et élaborer des propositions pour améliorer le finan-
cement de la protection des troupeaux, y compris le temps de travail.
29 https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/
PUBLIÉ
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 72/284
? Encourager le dialogue entre les éleveurs d'animaux de pâturage, les associations de pro-
tection de la nature et le public.
Communiqué de presse du 31 mars 202130, La ministre fédérale établit un nouveau "Centre fédéral
pour les animaux de pâturage et le loup" à Eberswalde :
« La ministre fédérale de l'Alimentation et de l'Agriculture, Julia Klöckner, a inauguré aujourd'hui à
Eberswalde (Brandebourg) le "Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup" qu'elle vient
de créer. Ce centre est le fruit d'une initiative parlementaire de la grande coalition. La mission du
centre est d'élaborer des solutions pratiques et des possibilités de coexistence entre les animaux
de pâturage et le loup et de réduire les conflits.
Le retour du loup en Allemagne est un succès de la protection des espèces. Cependant, la
population de loups double tous les trois ou quatre ans. En raison de cette expansion accrue, les
attaques de loups augmentent également : le nombre d'animaux blessés et tués est passé de 40
en 2006 à environ 2 900 en 2019. Les attaques sur les moutons et les chèvres sont majoritaires
(86 %).
Julia Klöckner : "Les loups et les animaux d'élevage ont tous deux droit à une protection. Et c'est
pourquoi le retour du loup ne doit pas remettre en question l'élevage en pâturage dans certaines
régions d'Allemagne. Nous en avons besoin pour l'entretien et la préservation de nos paysages
culturels. Il est également synonyme d'élevage durable accepté par la société. Pourtant, le nombre
d'attaques de loups augmente de manière drastique, malgré les mesures de protection des
troupeaux. Cela inquiète également les gens sur place. Pour désamorcer ce conflit, j'ai créé le
nouveau "Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup". Il doit élaborer des solutions et
des mesures efficaces pour permettre une bonne coexistence et une meilleure protection des
animaux de rente contre le loup - en dialoguant également avec toutes les parties concernées".
Les tâches essentielles du "Centre fédéral pour les animaux de pâturage et le loup" sont entre
autres :
? L'établissement d'une vue d'ensemble annuelle et transnationale des mesures de protec-
tion des troupeaux appliquées (clôtures, chiens de protection), en particulier dans les zones
où le loup est présent, y compris le recensement des attaques qui ont malgré tout eu lieu
lors de ces mesures - avec recherche des causes.
? Optimisation des mesures de protection appliquées, notamment par un retour d'information
avec des représentants de la science, de l'économie, des praticiens concernés et des as-
sociations.
? Développement de nouveaux projets de recherche sur les mesures de protection des trou-
peaux, notamment en utilisant la numérisation.
? Optimiser les procédures après une attaque de loup et améliorer les procédures d'indem-
nisation en collaboration avec les Länder.
? Clarifier les questions de financement de la protection des troupeaux.
? Encourager le dialogue entre les éleveurs d'animaux de pâturage, les associations de pro-
tection de la nature et le public.
? Réflexions stratégiques sur la régulation du loup du point de vue de l'élevage pastoral.
30 https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2021/053-weidetiere-wolf.html
PUBLIÉ
https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2021/053-weidetiere-wolf.html
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 73/284
Le Centre fédéral fait partie de l'Institut fédéral pour l'agriculture et l'alimentation (BLE). Le centre
sera doté de 300.000 euros et de trois postes à temps plein pour 2021 et 2022.
Le président de la BLE, Dr Hanns-Christoph Eiden, ajoute : "La BLE fixe trois axes de travail dans
le "Centre fédéral sur le loup et les herbivores" : La mise en réseau et le dialogue, le transfert de
connaissances et l'identification des besoins en matière de recherche. Nous créons une plateforme
qui développe des solutions adaptées à la pratique - y compris des indications sur les coûts et les
possibilités de financement. Pour ce faire, nous misons sur la coopération avec les Länder et leurs
expériences issues des centres de conseil régionaux".
Exemple de l?organisation en Basse-Saxe :
? Directive loup
"Directive relative à l'octroi de prestations en équité et de subventions visant à réduire ou à éviter
les nuisances économiques causées par le loup en Basse-Saxe".
A partir du 1er janvier 2020, la chambre d'agriculture de Basse-Saxe sera compétente en tant
qu'organisme d'octroi pour la promotion de mesures de prévention contre le loup et l'octroi de
prestations d'équité en cas de prédation sur les animaux de rente.
Bien que les loups se nourrissent essentiellement d'animaux sauvages, il arrive parfois qu'ils
causent des dommages aux animaux d'élevage, ce qui entraîne des conflits avec les éleveurs. Afin
d'atténuer ces conflits et de favoriser l'acceptation par la population de cette espèce animale de
retour, le ministère de l'environnement de Basse-Saxe a édicté la "directive loup". Celle-ci prévoit
des "prestations d'équité" pour la compensation financière en cas de dommages causés aux
animaux de rente et offre un soutien financier pour les mesures de prévention sous forme
d'acquisition préventive de clôtures de protection anti-loup et de chiens de protection des
troupeaux.
Les formulaires de demande de prestations en équité continueront d'être envoyés directement à
l'éleveur concerné après la constatation officielle que le loup est à l'origine de la perte d'animaux
de rente concernée.
? Demandes de prévention pour la protection des troupeaux contre les attaques de
loups dans le cadre de la directive "loup".
Soutien de mesures de prévention sous forme d'acquisition préventive de clôtures de protection
repoussant le loup et de chiens de protection des troupeaux.
La directive Loup permet de contribuer à la protection contre le loup. Elle prévoit non seulement
une compensation financière proportionnelle en cas de prédation sur les animaux de rente, mais
aussi et surtout un soutien financier aux éleveurs pour les mesures de prévention.
Ainsi, l'acquisition préventive de clôtures de protection anti-loup et de chiens de protection des
troupeaux est subventionnée.
A partir du 1er janvier 2020, la chambre d'agriculture de Basse-Saxe sera l'organisme chargé de
l'octroi des subventions pour les mesures de prévention visant à repousser les loups.
En règle générale, les mesures de protection des troupeaux pour les espèces d'animaux de rente
particulièrement menacées par les loups, à savoir les moutons, les chèvres et le gibier d'enclos,
sont subventionnées.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 74/284
La mise en place d'une protection de base contre les loups comprend l'installation de clôtures
électriques à mailles ou à torons d'une hauteur minimale de 90 cm ou de clôtures fixes en treillis
ou en grillage d'une hauteur minimale de 120 cm, avec une protection supplémentaire sous la
clôture. Pour le gibier d'enclos, des clôtures à gibier en treillis à noeuds ou en grillage avec une
hauteur minimale de 180 cm et une protection supplémentaire sous la clôture sont appliquées.
Une subvention pour des mesures de protection des troupeaux de bovins et de chevaux est
possible dans certains cas :
? en cas de morsure de loup officiellement confirmée, pour l'exploitation directement concer-
née
? dans un cas particulier, également pour les exploitations environnantes : si trois attaques
de loup officiellement confirmées sur des bovins ou des chevaux surviennent en l'espace
de 12 mois dans un rayon de 30 km, des mesures de protection des troupeaux sont en-
couragées dans la région concernée pour l'espèce animale correspondante.
Les demandes doivent être envoyées à la Chambre d'agriculture de Basse-Saxe.
? Prestations pour compenser les dommages financiers causés par la prédation du
loup
Le versement des prestations en équité se fait par l'intermédiaire de la Chambre d'agriculture de
Basse-Saxe.
Le formulaire de demande de prestations en équité ne sera envoyé directement à l'éleveur
concerné qu'une fois que le loup aura été officiellement identifié comme étant à l'origine de la
morsure d'animal de rente concernée. Le service de promotion de la chambre d'agriculture se
charge ensuite du traitement financier de la demande. Il n'est pas possible de demander des fonds
plus tôt.
8.3.2 Plan de gestion du loup31
Communiqué du 20 janvier 2023 32: Le loup : entre protection et défi
« Le loup est de retour en Allemagne. Au printemps 2000, des louveteaux sont nés pour la première
fois en liberté en Saxe. Selon les dernières données de l'année de suivi 2021/2022, l'Allemagne
comptait environ 161 meutes, 43 couples de loups et 21 individus territoriaux.
La population de loups est soumise à une forte dynamique de population. Ce succès exceptionnel
pour la protection des espèces interpelle en particulier les éleveurs d'animaux de pâturage, mais
aussi d'autres secteurs comme la chasse ou le tourisme. De plus, il entraîne un débat public
transversal et suscite souvent des inquiétudes et des craintes, en particulier dans les zones rurales.
Le retour du loup en Allemagne est un succès de la protection des espèces. La population de loups
se répand désormais sur l'ensemble du territoire allemand. L'augmentation de la propagation
entraîne également une augmentation des attaques de loups. Les animaux de pâturage non
protégés sont particulièrement menacés. Le nombre d'animaux blessés et tués est passé de 40 en
2006 à environ 3 374 pour 975 attaques en 2021. Une grande partie des attaques de loups ont lieu
31 https://www.bmel.de/DE/themen/landwirtschaft/artenvielfalt/wolf.html
32 https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2019/190522-erklaerung-wolf.html
PUBLIÉ
https://www.bmel.de/DE/themen/landwirtschaft/artenvielfalt/wolf.html
https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2019/190522-erklaerung-wolf.html
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 75/284
sur des moutons et des chèvres.
D'autres groupes, par exemple les chasseurs, rencontrent également des difficultés. Les loups se
nourrissent principalement de gibier. Dans les zones de présence des loups, les meutes de cerfs
et de sangliers peuvent donc se multiplier. Cela peut rendre la chasse plus difficile et causer des
dommages aux arbres.
Une protection complète
Conformément aux directives européennes, le loup est particulièrement protégé. Il est interdit de
capturer ou de tuer des animaux protégés, car les espèces animales et végétales sauvages doivent
être préservées ou réintroduites au profit de la diversité biologique.
Cela est régi par les réglementations suivantes :
? Convention de Berne,
? Directive Flore-Faune-Habitat,
? Loi fédérale sur la protection de la nature. »
Modification de la loi fédérale sur la protection de la nature
Le 13 mars 2020, une modification de la loi fédérale sur la protection de la nature (BNatSchG) est
entrée en vigueur avec des dispositions spécifiques sur le loup. L'objectif est de mieux protéger
l'élevage d'herbivores et de contribuer à la protection des citoyens dans les régions où les loups
se trouvent dans ou à proximité des zones d'habitation.
La modification de la loi permet de faciliter le prélèvement des loups "problématiques".
Pour les éleveurs d'animaux de rente, il suffit, comme base d'une autorisation d'abattage, qu'ils
soient menacés de graves dommages économiques. Jusqu'à présent, l'éleveur concerné devait
être menacé dans son existence. En outre, le tir est désormais possible même si l'on ne sait pas
exactement quel loup a tué les animaux de rente. Il est possible de prélever des membres
individuels de la meute dans la région concernée jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'attaques sur des
animaux de rente. Cette modification apporte une plus grande sécurité juridique dans la gestion du
loup et règlemente entre autres la gestion des hybrides loup-chien.
Une population de loups en croissance rapide
En principe, le retour des loups en Allemagne est à saluer. Les facteurs décisifs pour l'augmentation
de la population de loups sont à la fois une base alimentaire suffisante et une zone de refuge pour
élever ses petits. Le statut de protection élevé de l'espèce favorise l'augmentation du nombre de
loups.
Les autorités compétentes selon le droit du Land peuvent, au cas par cas, accorder des
dérogations aux interdictions de la loi fédérale sur la protection de la nature. Les loups
remarquables peuvent néanmoins être retirés de la nature ou tués sous certaines conditions. Il faut
pour cela une situation de prévention concrète, par exemple dans l'intérêt de la sécurité publique
ou pour éviter des dommages agricoles importants.
Des pâturages et des élevages en harmonie avec le loup
L'augmentation du nombre de loups et leur protection globale ne doivent pas entraîner une
diminution de l'élevage d'animaux de rente en plein air. En effet, l'élevage en pâturage contribue
au bien-être des animaux et à la préservation des prairies et est particulièrement pertinent pour les
exploitations biologiques.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 76/284
Pour cela, des mesures de prévention sont nécessaires. En ce qui concerne le loup, il faut trouver
une solution appropriée pour toutes les parties concernées, qui soit judicieuse sur le plan
écologique et acceptée par la société. Le BMEL mène donc des discussions avec les personnes
concernées et les représentants des éleveurs de bétail en pâturage afin d'élaborer des solutions
entre la protection du loup et l'élevage d'animaux de rente. Au niveau européen également, le
BMEL s'engage activement en faveur d'un désamorçage de la situation conflictuelle et d'un
équilibre approprié des intérêts entre l'élevage d'herbivores et la protection des espèces.
Réflexion stratégique sur la régulation du loup du point de vue de l'élevage pastoral
Il s'agit notamment d'inclure une clarification juridique de la classification du loup au titre de la
protection de la nature (état de conservation favorable) ainsi que des marges de manoeuvre
prévues par le droit européen - et des réflexions stratégiques sur la régulation (en comparaison
également avec d'autres États membres tels que la France, la Suède, la Finlande et autres).
Les éleveurs d'animaux de pâturage trouveront sur le nouveau site Internet du Centre fédéral pour
les animaux de pâturage et le loup (BZWW) des contenus fondés et pratiques sur les mesures de
protection des troupeaux, les possibilités de soutien dans les Länder, les projets de protection des
troupeaux liés à la pratique et à la recherche ainsi que les approches de résolution des conflits".
La protection des troupeaux et la mise en oeuvre des réglementations relatives à la protection des
espèces relèvent en principe de la compétence des Länder. L'État fédéral peut uniquement aider
les Länder à formuler des recommandations sur les mesures de protection des troupeaux. En 2016,
le ministère fédéral de l'environnement, de la protection de la nature, de la sécurité nucléaire et de
la protection des consommateurs (BMUV) a mis en place un centre de documentation et de conseil
pour la gestion du loup (www.dbb-wolf.de) pour
? conseiller les Länder,
? collecter à l'échelle nationale des données sur la propagation du loup (monitoring du loup),
? compilation et mise à jour des réglementations des Länder en matière de prévention et de
compensation des dommages.
Mesures de prévention
Il est nécessaire que les agriculteurs fassent face à l'augmentation de la population de loups en
prenant des mesures appropriées de protection des troupeaux. Dans ce contexte, la protection des
animaux d'élevage doit encore être améliorée. Les mesures les plus appropriées sont : les chiens
de protection, les clôtures électriques, les clôtures à gibier, le gardiennage.
Mais les mesures de prévention sont coûteuses, prennent du temps et ne peuvent pas garantir une
protection complète dans tous les cas. Ainsi, l'achat d'un chien de protection coûte environ 4.000
euros et l'élevage adapté du chien 1.000 euros supplémentaires par an. Ce sont surtout les
éleveurs de petits troupeaux qui peuvent difficilement assumer ces charges financières. En principe,
les mesures de protection des troupeaux telles que la construction de clôtures peuvent être
subventionnées - cela dépend toutefois des réglementations respectives des Länder en matière
de soutien des prestations de prévention.
Promotion de la prévention pour la protection des troupeaux contre les attaques de loups par le
gouvernement fédéral (GAK) :
Le principe de soutien de la GAK pour la promotion des "investissements pour la protection contre
les dommages causés par le loup" a déjà été approuvé par la décision de la Commission
européenne du 13 mars 2020. Un autre principe de soutien "Dépenses opérationnelles courantes
pour la protection contre les dommages causés par le loup", qui comprend le remboursement des
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 77/284
coûts d'entretien des clôtures de protection des troupeaux et d'entretien des chiens de protection
des troupeaux, a également été intégré dans le cadre de la CAG. Cette mesure a été approuvée
par la décision de la Commission européenne du 22 janvier 2021, modifiée par la décision du 22
février 2021.
Le loup dans le contrat de coalition pour la 20e législature
Dans leur contrat de coalition, les partis gouvernementaux se sont mis d'accord pour maintenir
l'élevage d'animaux de pâturage pour des raisons écologiques, culturelles et sociales, ainsi que
pour préserver la biodiversité et les paysages culturels.
"Notre objectif est d'organiser la cohabitation entre les animaux de pâturage, l'homme et le loup de
manière à ce qu'il y ait le moins de conflits possible malgré une population de loups encore en
augmentation. Nous allons mettre en place un dialogue institutionnalisé "Élevage d'herbivores et
loup" avec toutes les organisations et associations concernées par ces questions. Grâce à une
révision des normes de suivi, nous refléterons fidèlement le nombre de loups vivant en Allemagne
et nous voulons permettre aux Länder, conformément au droit européen, une gestion différenciée
des populations selon les régions".
La mise en oeuvre de l'accord de coalition peut s'appuyer sur les travaux réalisés jusqu'à présent
en bonne collaboration avec le ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la nature,
de la Sécurité nucléaire et de la Protection des consommateurs (BMUV). Ainsi, des échanges ont
lieu à intervalles réguliers entre le BMUV, le BMEL et les éleveurs d'herbivores concernés. Par ses
travaux, l'OFAG soutient également la mise en oeuvre du contrat de coalition.
8.3.3 Coûts globaux de la politique
En 2021 le coût global du financement public des mesures de protection s?élevait à 11,549M¤33.
Les services du BMEL l?estiment actuellement de l?ordre de 16M¤ et évaluent celui des
indemnisations à 0,5M¤.
Comme en France, le coût des mesures de protection a crû notablement ces dernières années.
En 202034 il était de 9,5M¤ et celui des paiements compensatoires de 0,8M¤.
En 2019, il était de 8 038 110 ¤ et celui des paiements compensatoires de 418 246 ¤.
Le financement des mesures de protection est assuré à 60% par l?Etat fédéral et à 40% par les
Länder. Ces mesures de soutien sont notifiées à la Commission européenne.
Concernant le financement des dommages, beaucoup de Länder utilisent le Règlement De minimis
mais les services fédéraux souhaiteraient une évolution vers un financement PAC afin de ne pas
être limités par le plafond.
8.3.4 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
L'État fédéral et les Länder soutiennent financièrement les éleveurs d'animaux de pâturage. Les
programmes d'aide à la protection des troupeaux varient d'un Land à l'autre et adaptés aux
situations locales.
33 2 219 subventions, 63 660 km de clôtures
34 Source DBBW
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 78/284
De nombreux sites institutionnels apportent des informations et des recommandations claires et
détaillées sur les mesures de protection efficaces. 35 Quelques passages particulièrement
instructifs sont reproduits en fiche-annexe 3.
- Des recommandations sur le financement sont établies et diffusées au niveau fédéral :
En principe, l'État fédéral et les Länder apportent un soutien financier sous forme de subventions
pour les investissements dans les mesures de protection des troupeaux et, en partie, pour leur
entretien. Des compensations pour les dommages en cas d'attaques de loups sont également
accordées. De même, des conseils gratuits en matière de protection des troupeaux sont souvent
proposés dans les Länder.
Le paysage des subventions en Allemagne est très complexe, car les modalités de soutien varient
d'un Land à l'autre. De plus, la plupart du temps, différents programmes de soutien sont mis en
place pour différents objectifs. Ainsi, il peut y avoir un programme d'aide pour les investissements
dans la protection préventive des troupeaux, un autre pour la compensation des dommages et un
autre encore pour la promotion des coûts d'entretien des mesures de protection des troupeaux. En
outre, dans certains Länder, d'autres possibilités d'aide ont été créées pour soutenir de manière
générale l'élevage d'herbivores. Selon la situation et le Land, les éleveurs d'animaux de pâturage
doivent donc déposer différentes demandes auprès de différents services compétents. C'est là que
l'on vérifie si toutes les conditions requises pour l'approbation d'une demande ont été respectées.
On vérifie également si le budget du programme de soutien correspondant n'est pas encore épuisé,
car il n'existe en général aucun droit légal à l'octroi de subventions.
La raison principale pour laquelle les programmes d'aide sont spécifiques aux Länder est que la
présence du loup en Allemagne se répartit géographiquement de manière différente. Certains
Länder sont confrontés à des loups isolés de passage, d'autres à des loups sédentaires. Ainsi, tous
les Länder ne sont pas concernés dans la même mesure par les attaques de loups sur les animaux
de pâturage.
La structure des élevages d'herbivores varie également. Dans certains Länder, ce sont plutôt les
petits et très petits troupeaux qui sont la règle, tandis que dans d'autres, ce sont plutôt les
exploitations avec un nombre plus élevé d'animaux de pâturage. Les programmes de soutien
spécifiques aux Länder reflètent ces multiples différences régionales et sont soumis à une
actualisation permanente. En outre, l'État fédéral et les Länder travaillent ensemble en
permanence pour trouver des solutions afin d'améliorer la coexistence entre les animaux de
pâturage et le loup.
La mise en place et l'organisation de programmes de soutien sont toujours liées à des conditions
cadres juridiques et budgétaires. Celles-ci sont en grande partie définies par l'Union européenne
et sont soumises à la condition que l'octroi de subventions n'ait pas d'effets de distorsion sur le
marché. Les programmes de soutien mis en place par l'État fédéral et/ou les Länder sont examinés
à cet égard par la Commission européenne avant d'entrer en vigueur. Ce processus de contrôle
est appelé notification. Il passe par de nombreuses instances coresponsables et prend donc du
temps. Par ailleurs, les Länder ont la possibilité d'octroyer des aides dans le cadre du régime
d'aides de minimis. Cette réglementation est un instrument qui permet d'octroyer des aides aux
entreprises sans notification. Le principe est que les montants d'aide ne dépassant pas un plafond
fixé sont acceptés comme ne faussant pas la concurrence.
35 https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/regelungen-in-deutschland
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/bundesweite-rechtliche-rahmenbedingungen
https://www.bfn.de/sites/default/files/2021-04/Skript530.pdf
PUBLIÉ
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/regelungen-in-deutschland
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/bundesweite-rechtliche-rahmenbedingungen
https://www.bfn.de/sites/default/files/2021-04/Skript530.pdf
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Dans le secteur agricole de la production agricole primaire - qui concerne les cultures, les produits
de l'élevage, les produits de la chasse et de la pêche - ce plafond d'aide de minimis autorisé est
de 20.000 ¤ par exploitation sur une période de 3 ans.
Ce plafond peut facilement être dépassé, car les aides considérées comme relevant de la règle de
minimis qu'un demandeur reçoit doivent être additionnées. Toutes les subventions sont
additionnées, même si elles proviennent de programmes et de domaines d'aide différents.
En ce qui concerne la protection des troupeaux, des programmes de soutien distincts sont
généralement mis en place pour les différents objectifs de soutien, par exemple pour les
investissements dans la protection préventive des troupeaux ou pour les paiements de
compensation des dommages. Cela signifie que les éleveurs d'animaux de pâturage peuvent en
général bénéficier de plusieurs programmes de soutien. Si certains programmes de soutien ne
sont pas notifiés et sont donc classés comme aide de minimis, le plafond de minimis autorisé doit
être respecté. Pour les exploitations d'herbivores, cela peut signifier qu'il n'est pas possible d'utiliser
tous les programmes de soutien proposés.
Soutien de l'État fédéral par des fonds GAK
Les programmes de soutien spécifiques aux Länder sont actuellement encore souvent financés de
manière différente, des fonds de l'Union européenne, de l'Etat fédéral et/ou des Länder pouvant
être mis à disposition. Les fonds de la tâche d'intérêt commun "Protection des structures agricoles
et du littoral" (GAK) sont cofinancés par l'État fédéral (60%) et les Länder (40%). Les programmes
de soutien ainsi financés sont élaborés, conçus et décidés en commun.
Les principes de soutien de la GAK "Investissements pour la protection contre les dommages
causés par le loup" et "Dépenses opérationnelles courantes pour la protection contre les
dommages causés par le loup" ont été approuvés par la Commission européenne respectivement
le 13 mars 2020 et le 22 février 2021. Ils sont donc applicables et peuvent être utilisés par les
Länder. Il appartient aux Länder de décider si une application est envisageable.
Conseil en matière de protection et de promotion des troupeaux
Une protection des troupeaux correctement appliquée par des spécialistes n'est pas facile à mettre
en oeuvre. Elle nécessite des connaissances spécifiques, par exemple pour la construction de
clôtures anti-loups. Un conseil compétent en matière de protection des troupeaux, dans le meilleur
des cas sur place, est une aide importante pour les éleveurs d'animaux de pâturage. Un élément
important du conseil est de fournir des informations complètes sur les programmes de soutien
appropriés et sur toutes les conditions et exigences de soutien qui y sont liées.
Un conseil compétent en matière de protection des troupeaux, sur un pied d'égalité, contribue à ce
que les éleveurs soient accompagnés au mieux dans la gestion des conséquences du retour du
loup - et à ce qu'ils soient préparés là où le loup va encore se propager.
Les recommandations publiées par le BfN et le DBBW au printemps 2019 pour la protection des
animaux de pâturage et du gibier d'enclos contre le loup exposent les mesures les plus efficaces
pour protéger les animaux de pâturage contre les loups. Ainsi, seules les clôtures électrifiées au
sol, d'une hauteur minimale de 120 centimètres, sont recommandées, car elles sont les seules à
exercer un effet dissuasif sur les loups "explorateurs" en leur infligeant une douleur physique.
Les clôtures fixes non électrifiées ne sont pas recommandées, car les loups passent souvent
dessous ou les escaladent et ne peuvent donc être protégés contre les attaques de loups qu'au
prix d'efforts très importants.
Pour les grands troupeaux, il est recommandé aux éleveurs, s'ils connaissent les exigences
spécifiques de la détention de chiens ou s'ils disposent de conseils spécialisés, de sécuriser leurs
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 80/284
animaux avec au moins deux chiens de protection. Toutes les mesures de protection des troupeaux
doivent tenir compte des différences régionales. Il doit également être clair que, dans certains cas,
même une protection des troupeaux mise en oeuvre selon les normes recommandées ne peut pas
garantir à 100 % la sécurité des animaux au pâturage contre les attaques de loups.
Comparés aux ovins et aux caprins, les bovins et les chevaux sont assez résistants, surtout
lorsqu'ils sont gardés en troupeaux. Néanmoins, il existe des preuves d'attaques de bovins ou de
chevaux, et dans 82% des cas d'attaques de bovins par des loups en 2021, ces derniers avaient
moins de 6 mois. Il convient donc d'accorder une attention particulière à la protection des jeunes
animaux dans le cas des bovins et des chevaux. Comme ces cas sont très rares ou régionaux, il
est conseillé ici d'adapter individuellement les mesures de protection des troupeaux, par exemple
en couplant temporairement les jeunes animaux à des clôtures électriques. Plusieurs Länder
encouragent les mesures de prévention chez les bovins et les chevaux lorsqu'il est prouvé que des
attaques de loups ont eu lieu (voir le rapport du DBBW sur les dommages causés par les loups,
les paiements de prévention et de compensation en Allemagne en 2021).
Les recommandations mentionnées (BfN-Skript 530) aident les autorités responsables de la
gestion du loup dans les Länder à mettre en oeuvre des mesures de protection des troupeaux.
Elles ont été élaborées par le DBBW et le BfN et concertées avec des experts de la protection des
troupeaux dans les Länder. Elles se basent sur les expériences pratiques de longue date en
matière de protection des troupeaux dans différents Länder ainsi que dans d'autres pays
européens.
- Comment les mesures de protection des troupeaux et l'indemnisation des dommages sont-
elles financées ?
Afin de réduire les dommages financiers subis par les éleveurs d'animaux de pâturage en raison
des attaques de loups sur les animaux de rente, les Länder où le loup est présent mettent à
disposition des moyens financiers. Ces aides servent d'une part à financer des mesures de
protection des troupeaux, et d'autre part à rembourser les dommages financiers subis par les
animaux de rente tués, blessés ou disparus à cause des loups.
Dans la plupart des Länder, il ne s'agit pas d'un droit légal, mais de prestations dites d'équité. Les
paiements pour la prévention et la compensation des dommages dans le domaine de l'élevage
relèvent également de la responsabilité des Länder.
En 2020, les dépenses cumulées des Länder où le loup est présent se sont élevées à 9501690
euros pour les mesures de protection des troupeaux. En comparaison, les indemnisations des
dommages pour lesquels la responsabilité du loup a été prouvée ou n'a pas pu être totalement
exclue ne représentaient qu'un dixième de ce montant, soit environ 800 294 euros (voir le rapport
de la DBBW sur les dommages causés par le loup, les paiements de prévention et de
compensation en Allemagne en 2020).
Dans la plupart des Länder où des loups sont présents, le droit à une indemnisation en cas de
dommages est lié à ce que l'on appelle la protection minimale des animaux de rente. Dans ce
contexte, la protection minimale représente un compromis entre l'effet de protection contre les
loups d'une part et la pratique actuelle de l'élevage d'animaux de pâturage d'autre part, qui ne s'est
pas orientée jusqu'à présent sur la présence de loups. Dans plusieurs Länder, des mesures de
prévention correspondant à la protection recommandée sont d'ores et déjà encouragées. Dans les
Länder qui n'ont actuellement pas encore de présence territoriale du loup, il est opportun de se
baser sur les normes recommandées lors de l'introduction de mesures de protection des troupeaux.
Dans la mesure du possible, les mesures de protection des troupeaux devraient être prises avant
que les meutes ne s'établissent. Cela permet généralement de réduire considérablement les
attaques sur les animaux de rente.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 81/284
8.3.5 Évaluation de l?efficacité des mesures de protection
Cf. supra ainsi que le document établi par le WWF Allemagne pour LIFE Euro large carnivores36
8.3.6 Indemnisation des dégâts liés au loup
- Principe de l?indemnisation
Presque tous les États fédéraux prévoient une compensation financière pour les dommages
causés par les loups dans le cadre de la gestion des loups. Cela implique que les loups aient causé
les dommages avec une probabilité suffisamment élevée, ce qui doit être confirmé par l'examen
des animaux endommagés. Les réglementations sous-jacentes diffèrent d'un État fédéral à l'autre.
En général, le cas doit être signalé par le détenteur de l'animal le plus tôt possible après la
découverte des dommages et évalué par une autorité désignée par la gestion des loups (consultant
en évaluation des animaux tués, laboratoire de l'État fédéral). Ce n'est que lorsque ces conditions
sont remplies que le détenteur de l'animal peut recevoir des paiements compensatoires. Les plans
de gestion et les personnes de contact des différents États fédéraux fournissent de plus amples
informations sur ces réglementations.
L'augmentation de la présence des loups s'accompagne d'une augmentation des dommages
causés par les loups. La plupart des attaques de loups sur le bétail sont enregistrées dans des
zones où les loups établissent de nouveaux territoires et où les éleveurs d'ovins et de caprins ne
sont pas encore préparés à la présence des loups. En général, les dommages diminuent en
l'espace d'un ou deux ans lorsque les éleveurs sont correctement équipés pour faire face à la
présence des loups.
Bien que les dommages augmentent avec l'accroissement de la population de loups, il n'est pas
possible de prédire le niveau des dommages lorsqu'un certain niveau de population est atteint, en
raison d'une forte variance. Grâce à des mesures de protection du bétail, les dommages peuvent
être limités même dans les zones où les territoires de loups sont nombreux. D'autre part, un loup
seul ou en migration peut causer des dommages considérables lorsqu'il rencontre des moutons ou
des chèvres non protégés.
En outre, les loups peuvent augmenter les dommages lorsqu'ils ont appris, grâce à des mesures
de protection insuffisantes, que les moutons sont des proies faciles. Dans certains cas, ces loups
apprennent à surmonter les mesures de protection qui sont fixées comme norme minimale en tant
que condition préalable aux paiements compensatoires dans de nombreux États fédéraux. Cette
norme de protection minimale (par exemple une clôture électrifiée de 90 cm de haut) est un
compromis entre la protection du bétail et les pratiques antérieures, qui n'étaient pas adaptées à
la présence des loups. Par conséquent, les normes minimales de protection sont généralement
inférieures aux mesures de protection recommandées pour garder les animaux en toute sécurité
dans les pâturages (par exemple, une clôture électrifiée de 120 cm de hauteur avec 5 brins de 20,
40, 60, 90 et 120 cm de hauteur).37
36 https://www.wwf.at/wp-content/uploads/2021/11/Herdenschutz-Basisinformation-fuer-Tierhalter-und-
Interessierte.pdf
37 https://www.dbb-wolf.de/faq-e
PUBLIÉ
https://www.wwf.at/wp-content/uploads/2021/11/Herdenschutz-Basisinformation-fuer-Tierhalter-und-Interessierte.pdf
https://www.wwf.at/wp-content/uploads/2021/11/Herdenschutz-Basisinformation-fuer-Tierhalter-und-Interessierte.pdf
https://www.dbb-wolf.de/faq-e
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Presque tous les États fédéraux disposent désormais de plans de gestion des loups qui prévoient
des indemnités pour les dommages causés au bétail et le financement de mesures préventives.
L'accent est mis sur les éleveurs de moutons et de chèvres, car ces animaux sont particulièrement
touchés par le loup. Dans de nombreux États fédéraux, il existe des règles concernant les normes
minimales des mesures de protection de ces animaux. Le respect de ces règles est nécessaire
pour pouvoir bénéficier d'éventuelles indemnisations. Ce n'est qu'en Saxe et en Saxe-Anhalt que
des indemnités peuvent être légalement demandées après une évaluation officielle du dossier.
- La prédation par espèce
Dans toute l'Europe, les moutons et les chèvres sont tués beaucoup plus souvent par les loups
que les animaux de plus grande taille (Kaczensky 1996, 1999). Cela correspond aux statistiques
de dommages en Allemagne. Comme le comportement de fuite a été réduit dans de nombreuses
races au cours du processus de domestication, il arrive souvent que des loups attaquent des
troupeaux de moutons ou de chèvres et qu'ils les tuent à plusieurs reprises. En Allemagne, 3,6
animaux en moyenne ont été tués par attaque de loup en 2019.
Les bovins et les chevaux sont naturellement assez défensifs et ont encore souvent un
comportement grégaire fort. En Europe, les pertes de bovins ou de chevaux dues aux loups sont
nettement inférieures à celles du petit bétail (Kaczensky 1996, 1999). Les attaques sur les bovins
ou les chevaux se produisent principalement dans les régions où les ongulés et les moutons sont
rares. Lorsque les loups tuent du gros bétail, ils tuent le plus souvent des jeunes ou des individus
isolés. Cependant, des loups individuels peuvent apprendre à tuer des bovins ou des chevaux
adultes. Le bétail tué par les loups en 2019 était composé à 88,4 % d'ovins ou de caprins, à 6,7 %
de gibier gardé en enclos et à 4,4 % de bovins (principalement des veaux).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 83/284
Schafe, : Moutons / Ziegen : chèvres / Rinder : bovins
Chevaux : Source https://www.pferdundwolf.org/
PUBLIÉ
https://www.pferdundwolf.org/
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Evolution des dommages en Saxe :
Statistiques sur les dommages :
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 85/284
Depuis que les loups se sont réinstallés en Allemagne il y a plus de 20 ans, leur nombre n'a cessé
d'augmenter. L'expansion des loups s'est accompagnée d'une augmentation des dommages
causés aux animaux domestiques et aux animaux de rente (figure 4). Le nombre moyen d'attaques
par territoire de loup n'a pas changé au fil des ans et se situe environ entre trois et quatre attaques
par an et par territoire (figure 5).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 86/284
Figure 4 Dommages sur animaux domestiques et d?élevage en Saxe 2002-2021 :
Figure 5 Dommages sur animaux domestiques et d?élevage en Saxe 2002-2021 et territoires
occupés:
Bleu : nombre moyen d?attaques par territoire de loups
Rouge : nombre de territoires de loups avérés
PUBLIÉ
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Espèces prédatées, exemple de la Saxe38 :
Les espèces d'animaux de rente les plus souvent touchées par les attaques en Saxe sont les
moutons, les chèvres et le gibier en enclos. Lorsque les bovins sont touchés, il s'agit principalement
de veaux dans les premières semaines de leur vie.
38 Extrait du plan loup saxe 2014
PUBLIÉ
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(En jaune : bovins )
En Saxe, l'apparition des dommages suit une saisonnalité marquée. Il y a relativement peu
d'attaques d'animaux de rente au cours du premier semestre. La plupart des attaques sur les
animaux de pâturage ont lieu pendant les mois d'été et d'automne. Cela s'explique par la biologie
du loup. Au printemps et au début de l'été, les loups sont occupés à élever leurs petits. En même
temps, la chasse de leurs proies est plus facile. En effet, les chevreuils, les cerfs et les sangliers
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 89/284
ont également des petits à cette période. Cette tendance s'inverse à la fin de l'été et en automne.
Les louveteaux, qui grandissent rapidement, ont des besoins alimentaires de plus en plus
importants tandis que le gibier est en forme et bien nourri à la fin de l'été. Les proies naturelles
représentent donc à cette période une proie comparativement plus lourde que les animaux de
pâturage insuffisamment protégés.
La Haute Lusace (districts de Bautzen et Görlitz) est la région la plus densément peuplée de loups
en Saxe. Cependant, la question de la fréquence des attaques sur les animaux de pâturage ne
dépend pas nécessairement de l'importance de la population de loups dans une région. Dans
certaines circonstances, un loup isolé peut causer des dommages plus importants qu'une meute.
Cela dépend d'une multitude de facteurs, comme l'offre de proies ou les traditions d'élevage d'une
région. Ce sont surtout les mesures de protection existantes qui peuvent être déterminantes quant
à la fréquence des attaques sur les animaux de pâturage. Si un loup tombe sur des animaux
domestiques ou des animaux de rente insuffisamment ou pas du tout protégés lors de ses
expéditions, ceux-ci deviennent des proies faciles.
Il est également important de savoir quelles méthodes de chasse le loup a apprises de ses parents
et s'il a déjà pu acquérir une expérience marquante avec des animaux de rente bien protégés. Les
loups qui rencontrent régulièrement des animaux de rente non protégés ou insuffisamment
protégés apprennent très vite qu'ils sont beaucoup plus faciles à capturer que les proies sauvages.
Cela peut conduire les loups à tenter délibérément de s'attaquer à des animaux d'élevage, quitte
à passer outre les mesures de protection recommandées.
- Le montant des indemnisations
Évolution des paiements compensatoires de 2000 à 2019 :
L'augmentation des dommages causés par les loups s'accompagne d'une augmentation des
paiements compensatoires (cf histogramme infra). En 2019, les coûts des dommages causés par
les loups étaient les plus élevés dans les Länder du Schleswig-Holstein, de la Saxe et du
Brandebourg.
Evolution du montant des indemnisations de dommages :
PUBLIÉ
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Evolution du nombre d?attaques
Noir : nombre d?attaques / Gris : nombre d?animaux tués ou blessés
PUBLIÉ
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8.3.7 Mesures d?intervention sur le loup
Loi sur la protection de la nature et l'entretien des paysages (Bundesnaturschutzgesetz -
BNatSchG)39
Un article permettant l?abattage de loups d?une meute en étroite relation spatiale et temporelle avec
des prédations a été ajouté en mars 2020 :
§ 45a Manipulation du loup
(1) Il est interdit de nourrir ou d'attirer avec de la nourriture des spécimens sauvages de l'espèce
loup (Canis lupus). Font exception les mesures prises par les autorités compétentes en matière de
protection de la nature et d'entretien des paysages. § L'article 45, paragraphe 5, ne s'applique pas.
(2) L'article 45, paragraphe 7, première phrase, point 1, s'applique à condition que, si les
dommages causés par la prédation d'animaux de rente n'ont pas été attribués à un loup déterminé
d'une meute, l'abattage de membres individuels de la meute de loups en étroite relation spatiale et
temporelle avec des événements de prédation déjà survenus puisse être poursuivi jusqu'à
l'absence de dommages, même sans attribution des dommages à un animal individuel déterminé.
Des dommages économiques graves au sens de l'article 45, paragraphe 7, première phrase, point
1, peuvent également survenir lorsqu'un loup s'attaque à des animaux de pâturage non agricoles,
dans la mesure où ceux-ci ont été protégés par des mesures raisonnables de protection des
troupeaux. La possibilité d'abattre d'autres loups, régie par la première phrase, s'applique
également aux prélèvements effectués dans l'intérêt de la santé humaine conformément à l'article
45, paragraphe 7, première phrase, point 4. Les exigences de l'article 45, paragraphe 7, deuxième
et troisième phrases, doivent être respectées.
(3) La présence d'hybrides entre le loup et le chien (hybrides de loups) dans la nature doit être
prélevée par l'autorité compétente en matière de protection de la nature et d'entretien des
paysages ; les interdictions visées à l'article 44, paragraphe 1, point 1, ne s'appliquent pas dans
ce cas.
(4) Lors de la désignation des personnes appropriées pour effectuer un prélèvement de loups après
l'octroi d'une dérogation conformément à l'article 45, paragraphe 7, également en liaison avec le
paragraphe 2, ainsi qu'au paragraphe 3, l'autorité compétente en matière de protection de la nature
et de gestion des paysages tient compte, dans la mesure du possible, des personnes autorisées à
exercer la chasse, dans la mesure où celles-ci donnent leur accord à cet effet. Si le prélèvement
n'est pas effectué par les titulaires du droit de chasse, les mesures nécessaires à la réalisation du
prélèvement doivent être tolérées par les titulaires du droit de chasse. Les titulaires de droits de
chasse doivent être informés de manière appropriée avant le début des mesures de prélèvement ;
ils doivent avoir la possibilité, dans la mesure du possible, d'apporter leur aide lors de l'exécution
du prélèvement. En cas de danger imminent, la notification préalable visée à la troisième phrase
n'est pas nécessaire.
Guide d?application de ces nouvelles dispositions 40:
Extraits
39 https://www.gesetze-im-internet.de/bnatschg_2009/__45a.html
40 https://www.gzsdw.de/Praxisleitfaden_zur_Erteilung_artenschutzrechtlicher_Ausnahmen_nach_
45_und_45a_BNatSchG_beim_Wolf
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https://www.gesetze-im-internet.de/bnatschg_2009/__45a.html
https://www.gzsdw.de/Praxisleitfaden_zur_Erteilung_artenschutzrechtlicher_Ausnahmen_nach_45_und_45a_BNatSchG_beim_Wolf
https://www.gzsdw.de/Praxisleitfaden_zur_Erteilung_artenschutzrechtlicher_Ausnahmen_nach_45_und_45a_BNatSchG_beim_Wolf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 92/284
Les chefs de service ont convenu lors de l'ACK de l'UMK du 9 septembre 2020 (point 2 de l'ordre
du jour) qu'un groupe de travail entre l'Etat fédéral et les Länder élaborerait des consignes
d'application pour l'octroi de dérogations à la législation sur la protection des espèces en ce qui
concerne le loup. Le contexte est constitué par les dispositions modifiées ou nouvellement
introduites par la loi modifiant la loi fédérale sur la protection de la nature du 4 mars 2020 (§§ 45
al. 7 p. 1 n° 1, 45 a BNatSchG), qui nécessitent l'élaboration d'un guide pratique adapté à la
nouvelle situation juridique pour l'octroi d'une dérogation au titre de la protection des espèces. A
cet égard, le contenu central de l'amendement de la loi est la clarification du fait qu'il n'est pas
nécessaire qu'il y ait un dommage au sens d'une mise en danger de l'existence pour qu'une
autorisation de tir d'un loup puisse être accordée, mais qu'un dommage économique "sérieux" suffit.
En outre, l'article 45a de la BNatSchG introduit de nouvelles dispositions relatives à la gestion du
loup dans la BNatSchG. La disposition de l'article 45a, paragraphe 2, phrase 1 de la BNatSchG
est particulièrement pertinente dans le présent contexte. Selon cette disposition, il est possible
d'abattre certains membres d'une meute même si les dommages causés aux animaux de rente
n'ont pas été attribués à un loup particulier de la meute. Le guide pratique a pour but de soutenir
l'application juridiquement sûre des articles 45 et 45a de la BNatSchG par les Länder. Le guide doit
en particulier traiter les étapes de la procédure pour l'octroi juridiquement sûr de dérogations à la
législation sur la protection des espèces et présenter les étapes nécessaires à la réalisation d'un
prélèvement d'individus de loups. L'accent est mis sur le prélèvement de loups en raison de la
prédation d'animaux de rente. Il s'agira d'aborder les exigences juridiques formelles, de discuter
des éléments constitutifs légaux (par ex. l'examen des alternatives) et d'examiner les dispositions
annexes. Le GT Loup, chargé de l'élaboration du guide pratique, a commencé ses travaux lors de
sa première réunion virtuelle le 12 novembre 2020. La coordination organisationnelle et technique
incombe au ministère fédéral de l'Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité
nucléaire (BMU), qui bénéficie du soutien technique de l'Office fédéral de la protection de la nature
(BfN). Au niveau fédéral, le ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture (BMEL) est également
membre du groupe de travail Bund-Länder. Un représentant du comité permanent de la protection
des espèces et des biotopes de la LANA est également membre du groupe de travail ouvert aux
Länder. Le GT Loup a élaboré le guide pratique avec le soutien du groupe de rédaction, sur la base
des contributions et des travaux préparatoires élaborés par l'Etat fédéral et les Länder. Le groupe
de rédaction était composé de représentants du BMU, du BMEL, du BfN et de certains Länder. Au
cours de l'élaboration du guide, les associations concernées (associations de protection de la
nature, associations d'agriculture/d'élevage de bétail, associations de sylviculture) ont également
été impliquées dans une procédure en deux étapes : Dans ce cadre, les associations ont été
invitées à formuler des propositions et des remarques sur le contenu et, dans un deuxième temps,
une réunion des associations sur le projet de guide a été organisée le 1er avril 2021. Les remarques
et observations ont été prises en compte dans le guide pratique. Le présent document reflète l'état
actuel des connaissances. Le guide pratique sera développé si nécessaire et à la lumière des
nouvelles connaissances. Les conseils d'exécution ne sont pas exhaustifs et n'ont qu'un caractère
de recommandation. Elles constituent un guide pratique pour l'octroi d'une dérogation. Elles ne
doivent pas remplacer les plans de gestion, les règlements et les guides des Länder sur la gestion
du loup, mais seulement les soutenir. En effet, la compétence des Länder en matière d'application
de la législation sur la protection de la nature (art. 83 GG, § 3 al. 1 n° 1 BNatSchG) reste inchangée.
Basse-Saxe - plan loup octobre 2022
Extraits
Le gouvernement de l'État s'efforce de prendre rapidement des mesures afin que les
comportements ostensibles puissent être évalués le plus rapidement possible. Cela comprend à la
fois la mise en oeuvre d'une surveillance renforcée, par exemple dans le cadre de rapports sur les
rencontres rapprochées, ainsi que toutes les autres mesures conformément aux règlements
d'exemption prescrits de la directive Habitats (article 16) et de la BNatSchG (article 45), en tenant
compte de la loi sur la protection des animaux. Ces mesures comprennent la dissuasion active,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 93/284
c'est à dire agir directement sur un loup sans le blesser ou le tuer gravement, et, en dernier recours,
l'enlèvement mortel d'un animal.
Effarouchement actif
L'effarouchement permet d'obtenir un conditionnement aversif, ce qui signifie que l'animal associe
une situation donnée à des expériences négatives telles que la douleur ou le danger. Dans le cas
d'un loup conditionné à la nourriture, c'est-à-dire nourri par l'homme, un effarouchement actif, par
exemple sous la forme de tirs de balles en caoutchouc, peut être efficace et entraîner un
changement durable de comportement. Une telle mesure, qui vise à infliger une douleur à un
animal, doit être justifiée sans exception par une raison raisonnable. Il convient de vérifier dans
chaque cas si l'objectif poursuivi est compréhensible et si le principe de proportionnalité est
respecté. En outre, la mise en oeuvre doit être effectuée par une personne compétente après la
prise de décision au cas par cas, afin de garantir une minimisation du risque de douleur, de
souffrance ou de dommage. Dans le meilleur des cas, les expériences négatives (douleur causée
par une balle en caoutchouc) devraient être répétées à un intervalle de temps rapproché afin
d'obtenir un succès à long terme. Pour pouvoir mieux observer un loup au comportement particulier
et, le cas échéant, l'efficacité de la mesure, l'émission d'un signal serait un moyen approprié, mais
très difficile à mettre en oeuvre. En théorie, l'effarouchement actif peut également être utilisé dans
le cas d'un loup ou d'une meute de loups qui tue de manière ciblée des animaux de rente et qui a
appris à contourner la protection des troupeaux contre les loups. Pour obtenir un changement de
comportement à long terme, il faut toutefois punir l'animal ou la meute à chaque tentative, souvent
au milieu de la nuit, en l'effrayant. Dans la pratique, cela est rarement réalisable (le cas échéant,
de jour), voire impossible. Comme un loup apparaît souvent à plusieurs jours d'intervalle à
différents endroits, il est très difficile, voire impossible, d'arriver à temps sur le lieu de l'événement
pour contrer les mesures d'effarouchement. Notamment parce que la portée des munitions
d'effarouchement est très limitée et qu'elles ne peuvent donc être utilisées qu'à très courte distance.
Dans de tels cas, il est nécessaire de renforcer la protection des troupeaux (voir chapitre 12.2.4)70.
Prélèvement létal
Si un effarouchement actif est inefficace, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de changement de
comportement souhaité et que l'animal doit être considéré comme un danger pour l'homme, ou si
la protection raisonnable du troupeau continue d'être ignorée, un prélèvement létal doit être
effectué comme dernière étape nécessaire. S'il existe un danger imminent pour l'homme, un
prélèvement doit être effectué conformément au règlement d'exception, même sans
effarouchement préalable. Dans le cas de loups qui causent ou causeront vraisemblablement des
dommages financiers disproportionnés en dépassant les limites raisonnables de protection des
troupeaux, le prélèvement d'un loup, voire de toute la meute, peut être recommandé71. La mise
en oeuvre, qui doit également être précédée d'un examen approfondi de chaque cas et qui ne peut
être effectuée que par des personnes compétentes, s'avère par expérience difficile, car les loups
sont crépusculaires et nocturnes et ne se distinguent généralement pas les uns des autres par leur
apparence. Les chiots sont presque adultes à l'automne, à l'âge de huit mois environ, et
ressemblent donc à s'y méprendre à leurs parents ou à leurs frères et soeurs plus âgés, en
particulier dans l'obscurité. Si l'animal génétiquement identifié comme étant à l'origine des
dommages ne peut être distingué des autres membres de la meute par des caractéristiques
extérieures reconnaissables, l'article 45a, paragraphe 2 de la BNatSchG autorise le prélèvement
d'animaux de la "meute à problèmes" identifiée jusqu'à ce que les dommages ne soient plus
constatés.
Evaluation des bases juridiques pour une gestion
14.3.1 Possibilités d'action conformément à la loi fédérale sur la protection de la nature La
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 94/284
deuxième loi portant modification de la loi fédérale sur la protection de la nature (BT-Drs 19/10899),
adoptée en 2019, avait pour objectif d'accroître la sécurité juridique lors de l'octroi de dérogations
aux interdictions d'accès prévues par la législation sur la protection des espèces, compte tenu des
problèmes qui se posent dans la pratique. L'accent a été mis sur la création d'une sécurité juridique
pour les décisions administratives relatives aux prélèvements d'animaux de rente, y compris dans
les cas où l'on ne sait pas exactement quel loup a causé des dommages concrets. Le résultat de
ces efforts est l'actuel article 45a, paragraphe 2 de la BNatSchG. L'expérience pratique montre
que les dispositions actuelles, en particulier celles de l'article 45a, paragraphe 2, de la BNatSchG,
ne sont pas suffisantes pour assurer une gestion du loup proportionnée, équilibrée et
compréhensible - qui doit également comporter des autorisations de prélèvement exécutables
dans la pratique et, surtout, dont la mise en oeuvre soit efficace. Conformément à l'article 45a,
paragraphe 2, de la BNatSchG, en cas de prédation sur des animaux de rente qui ne peuvent être
attribués à un loup en particulier, le tir de certains membres de la meute peut être poursuivi jusqu'à
ce que les dommages ne soient plus causés, même si les dommages ne sont pas attribués à un
animal en particulier, et ce dans un rapport spatio-temporel étroit avec les prédations déjà
survenues. L'idée de base de cette réglementation est correcte et utile pour l'exécution, tant que
l'appartenance à une meute des animaux impliqués dans les attaques peut être établie par des
échantillons génétiques. Toutefois, la réglementation ne répond pas entièrement aux exigences
pratiques. D'une part, lorsque l'animal à l'origine des dommages est certes connu, mais qu'aucune
appartenance concrète à une meute ne peut être établie. Une autorisation exceptionnelle de
l'animal responsable des dommages devient alors impossible, car on ne peut pas exclure qu'un
autre animal, qui ne peut pas être distingué dans le paysage de l'animal responsable des
dommages, puisse être prélevé. D'autre part, dans la pratique, il arrive souvent que les frontières
entre les territoires de différentes meutes de loups ne puissent pas être délimitées, ou alors de
manière incertaine. Si l'on ne parvient pas à individualiser l'animal responsable des dommages et
à l'attribuer à une meute donnée, il n'est pas possible, selon la jurisprudence actuelle du tribunal
d'Oldenburg (décision du 22 mars 2022, Az.:5 B 294/22), d'accorder une dérogation au titre de la
protection des espèces, car il n'est pas compatible avec le libellé des articles 45, paragraphe 7, et
45a, paragraphe 2, de la loi allemande sur la protection des habitats (BNatSchG) que des loups
puissent être prélevés dans plus d'une meute dans un contexte spatial et temporel étroit. Le
gouvernement du Land ne dispose donc pas d'options suffisantes pour gérer de manière équilibrée
les conflits qui surgissent sur le terrain, notamment dans les régions où les prédations sur les
animaux de rente sont excessivement fréquentes, même sur des animaux de pâturage très bien
protégés. L'acceptation de la protection du loup, requise par la loi et souhaitable d'un point de vue
technique, est ainsi de plus en plus remise en question. La Basse-Saxe se prononce donc en
faveur d'une modification de l'article 45a, paragraphe 2 de la BNatSchG, qui supprimerait le lien
avec une seule meute. La condition restrictive de l'appartenance à une meute n'est pas imposée
par le droit européen et est contraire aux exigences de la pratique.
14.3.2 Évaluation de l'état de conservation favorable
La directive FFH énumère dans ses différentes annexes les animaux, plantes et habitats qui, du
point de vue de l'UE, sont d'intérêt communautaire et doivent donc être particulièrement protégés
par tous les États membres. L'objectif de la directive est le maintien ou le rétablissement dans un
"état de conservation favorable" des animaux, plantes et habitats répertoriés. Le loup fait partie
des espèces animales à protéger strictement (annexe IV). Pour le loup, l'Etat fédéral (BMUV)72
définit l'atteinte d'un état de conservation favorable comme suit : "Les loups vivent actuellement et
continueront à vivre partout où ils peuvent vivre naturellement ; l'habitat et la nourriture disponibles
actuellement et à l'avenir seront suffisants pour assurer la survie des loups à long terme. Le nombre
de loups est en outre suffisamment important pour que les loups ne puissent pas s'éteindre à
nouveau à l'avenir, par exemple à cause de maladies, d'accidents de la route ou du braconnage".
Plusieurs critères sont donc importants pour l'évaluation et la classification de l'état de
conservation : l'aire de répartition naturelle, la population ("population"), l'habitat et les perspectives
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 95/284
d'avenir. Pour déterminer l'évaluation globale, il est essentiel de savoir laquelle de ces quatre
caractéristiques individuelles est la plus mauvaise. L'évaluation par l'Etat fédéral de l'aire de
répartition favorable du loup en Allemagne est considérée de manière critique par le gouvernement
du Land et par les experts, car le loup n'a pas d'exigences particulières en matière d'habitat qui
limiteraient une expansion prévue sur presque tout le territoire (voir chapitre 4.2). Comme on peut
le lire dans les "Lignes directrices pour les plans de gestion au niveau de la population des grands
carnivores ", les experts reconnaissent explicitement que l'aire de répartition favorable peut être
inférieure à l'aire de répartition maximale possible pour les espèces largement répandues, comme
le loup. Au contraire, Linnell et al. (2008) postulent qu'il n'est pas nécessaire que toute l'aire de
répartition historique soit reconstituée pour que l'aire de répartition soit considérée comme
favorable, si la survie et la variabilité à long terme sont assurées même avec une aire de répartition
plus réduite. En particulier, lorsqu'il existe des conflits importants et difficiles à désamorcer, il devrait
être possible de limiter la propagation potentielle (voir Linnell et al. 2008, section 6.1). Outre
l'ensemble de l'aire de répartition historique et la capacité de charge écologique potentielle qui en
découle, il convient donc de se concentrer particulièrement sur la "capacité de charge sociale", qui
est inférieure à la capacité de charge écologique (voir figure 14).
En fin de compte, la viabilité sociale est d'une importance cruciale pour la survie des grands
prédateurs, car ils sont à l'origine de nombreux conflits. Sans la volonté de la population de
cohabiter avec cette espèce et de supporter les coûts économiques et sociaux liés à sa présence
(p. ex. dommages aux animaux d'élevage, concurrence pour le gibier, peur), il n'est pas possible
d'assurer la survie à long terme de l'espèce. Ce facteur important, qui n'est pas pris en compte
dans l'évaluation de l'état de conservation favorable, a donc un impact négatif non seulement sur
l'objectif d'une "aire de répartition favorable", mais aussi sur le critère des "perspectives d'avenir".
Il n'est donc ni nécessaire ni judicieux, du point de vue de la protection des espèces, que tous les
habitats potentiels du paysage rural de Basse-Saxe soient colonisés par des loups. Le
gouvernement du Land se prononce donc en faveur de la prise en compte du critère de la "viabilité
sociale" et continuera à oeuvrer au niveau fédéral et européen en ce sens.
14.3.3 Compatibilité des "zones sans loups" avec le droit européen, fédéral et régional
Le loup fait l'objet d'une protection particulière, tant au niveau européen qu'au niveau fédéral et
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 96/284
régional. Les "zones sans loups" désignent des régions qui doivent être maintenues à l'écart des
loups et qui s'opposent ainsi à leur expansion naturelle. Dans les Länder où la population de loups
est constante, de telles zones ne pourraient être obtenues que par l'utilisation continue de mesures
telles que l'effarouchement ou le prélèvement. En vertu du droit européen, des dérogations à
l'interdiction de telles mesures ne peuvent être accordées qu'au cas par cas, conformément à
l'article 16 de la directive FFH, et à condition que les autres mesures ne soient pas efficaces et que
l'état de conservation favorable de la population soit assuré. La loi fédérale sur la protection de la
nature ne prévoit elle aussi des exceptions à la protection des loups que dans des cas particuliers
(cf. § 45 alinéa 7 BNatSchG). La BNatSchG se réfère également aux conditions de la directive
FFH pour les mesures contre les loups. Celles-ci présupposent sans exception un comportement
antérieur du loup pouvant justifier une mesure. Il n'existe donc actuellement aucune base juridique
pour la désignation de "zones sans loups".
Bavière : nouvelle ordonnance sur le loup (et la loutre) du 25 avril 2023 :
Protection des personnes et de la sécurité publique
Dans l'intérêt de la santé humaine et de la sécurité publique, il est permis, conformément aux
paragraphes suivants, de traquer, de capturer, d'effaroucher ou de tuer des loups (Canis lupus) à
l'aide d'une arme à feu appropriée, dans la mesure où il n'existe pas d'alternative raisonnable.
La condition est également que l'état de conservation de la population ne se détériore pas et que
le rétablissement d'un état de conservation favorable ne soit pas entravé.
Compte tenu de l'article 45a, paragraphe 2, troisième phrase, de la loi fédérale sur la protection de
la nature (BNatSchG), les loups mettent en danger la santé de l'homme ou la sécurité publique,
notamment lorsqu'ils
1.s'approchent à plusieurs reprises de personnes en dehors des véhicules à moins de 30 m,
2.tolèrent à plusieurs reprises l'approche de l'homme à moins de 30 mètres
3.sont vus pendant plusieurs jours à moins de 200 m d'une agglomération ou d'un bâtiment ou
d'une étable utilisés par l'homme,
4.suivent les gens malgré les tentatives d?éloignement
5.s'approchent des personnes dans des localités fermées et ne peuvent être que difficilement
chassées,
6.tuent les chiens dans les agglomérations ou dans les bâtiments ou écuries utilisés par l'homme,
7.s'approchent de personnes accompagnées de chiens et ont un comportement agressif ou
8.réagissent de manière agressive et non provoquée à l'égard des personnes.
Un prélèvement n'est autorisé que si une mesure d'effarouchement ne semble pas possible ou
risque d'échouer.
Prévention de dommages économiques graves
Afin d'éviter des dommages agricoles ou d'autres dommages économiques graves, il est permis,
conformément aux paragraphes suivants, de traquer les loups, de les capturer, de les effaroucher
ou de les tuer avec une arme à feu appropriée, pour autant qu'il n'existe pas d'autre solution
raisonnable. La condition est également que l'état de conservation de la population ne se détériore
pas et que le rétablissement d'un état de conservation favorable ne soit pas entravé.
Compte tenu de l'article 45a, paragraphe 2, de la BNatSchG, les conditions de l'alinéa 1, première
phrase, sont notamment réunies lorsque des loups blessent ou tuent un animal de rente ou un
équidé dans des zones de pâturage non protégeables.
Les mesures visées à la première phrase peuvent être prises à l'encontre d'un loup rencontré en
relation spatiale et temporelle avec l'événement en question.
Les zones de pâturage non protégeables sont des zones pour lesquelles la protection des
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 97/284
troupeaux n'est soit pas possible, soit pas raisonnable.
Les sous-unités naturelles qui ne peuvent être raisonnablement clôturées et pour lesquelles
l'autorité inférieure de protection de la nature a constaté que l'alternative de la garde par un berger,
associée à une mise en stabulation nocturne ou à un hébergement dans un enclos de nuit
repoussant les loups, n'est pas raisonnable, sont assimilées à des zones de pâturage non
protégeables.
L'autorisation visée à l'article 45, paragraphe 7, quatrième phrase, de la BNatSchG est transférée
au ministère d'État pour l'environnement et la protection des consommateurs (Staatsministerium),
dans la mesure où celui-ci est habilité à définir par décret les zones de pâturage non protégeables
visées à la première phrase et les sous-unités naturelles ne pouvant pas être raisonnablement
clôturées visées à la deuxième phrase.
Si l'autorité inférieure de protection de la nature estime que les conditions susmentionnées sont
remplies, elle détermine les mesures à prendre et les personnes appropriées et habilitées à les
exécuter.
- Tirs sur le loup avec armes à feu
La loi a été modifiée en mars 2020 et prévoit qu?en cas de dommages économiques graves, si les
dommages causés par la prédation d'animaux de rente n'ont pas été attribués à un loup déterminé
d'une meute, l'abattage de membres individuels de la meute de loups en étroite relation spatiale et
temporelle avec des événements de prédation déjà survenus puisse être poursuivi jusqu'à
l'absence de dommages, même sans attribution des dommages à un animal individuel déterminé.
Mais il semble que ces dispositions ne donnent pas lieu à des autorisations d?abattage de loups
(cf supra analyse de la Basse-Saxe).
Pour autant, 2 morts de loup ont été attribuées à la « gestion » en 2022.
- Délivrance des autorisations de tirs (défense, prélèvement?)
Information non identifiée
8.3.8 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
Information non identifiée
- Description des actions
- Dispositions particulières réglementairement applicables
8.4 Éléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du
loup en Allemagne
Prospective sur la démographie et la répartition des loups
Une équipe de scientifiques allemands et autrichiens41 ont procédé à la modélisation de l?habitat
41 Stephanie Kramer-Schadt41 Leibniz Institut für Zoo- und Wildtierforschung (IZW), Department Ökologische
Dynamiken, Berlin Technische Universität Berlin, Institut für Ökologie, Berlin, Moritz Wenzler Leibniz Institut für Zoo-
und Wildtierforschung (IZW), Department Ökologische Dynamiken, Berlin Humboldt Universität Berlin, Abteilung
für Biogeographie, Berlin, Pierre Gras Leibniz Institut für Zoo- und Wildtierforschung (IZW), Department
Ökologische Dynamiken, Berlin etFelix Knauer Forschungsinstitut für Wildtierkunde und Ökologie, Abteilung
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 98/284
et à l?estimation du nombre potentiels de territoires du loup en Allemagne avec le soutien du DBBW
et du BfN. Leur analyse a été publiée par ces derniers en 2020 (BfN-Skripten 556)42
Cette étude particulièrement intéressante, dont les missionnaires tiennent une traduction informelle
à la disposition des services des ministères commanditaires, analyse les habitats actuellement
occupés par les loups en Allemagne et leurs caractéristiques, afin d'en déduire les zones
potentiellement favorables aux loups en Allemagne.
« En résumé, selon le modèle et la valeur seuil, de grandes parties de l'Allemagne présentent des
habitats appropriés pour d'éventuels territoires de loups. Il est donc possible que d'autres territoires
soient créés dans de nombreuses régions d'Allemagne au fur et à mesure de l'expansion. En raison
de la territorialité des loups, le nombre de territoires et donc de loups stagnera à long terme dans
certaines régions ou fluctuera autour d'une certaine valeur. Les résultats de l'étude montrent en
outre qu'en Allemagne, il faut en principe s'attendre à des loups de passage dans tous les paysages
ou à des loups territoriaux dans certaines régions. Comme les résultats reposent sur une multitude
de calculs et d'hypothèses, la modélisation de l'habitat ne permet pas de prédire avec précision
chaque futur territoire. Les calculs montrent cependant une forte congruence entre les territoires
modélisés et les territoires effectivement colonisés par les loups. Néanmoins, on ne peut pas
exclure catégoriquement l'installation de loups dans des zones moins ou non appropriées. Les
résultats de l'étude n'ont donc pas de valeur prédictive, mais indiquent plutôt le potentiel actuel
pour l'établissement de territoires de loups dans des habitats appropriés. En revanche, les données
du monitoring annuel fédéral (www.dbb-wolf.de) représentent la présence effective de meutes, de
couples et d'individus territoriaux pour l'année de monitoring en question, relevés selon des normes
uniformes dans les Länder. Les résultats de la présente étude fournissent aux autorités et aux
institutions responsables de la gestion du loup les informations nécessaires pour leur permettre
d'anticiper et d'adapter leurs mesures. La promotion et la mise en oeuvre de mesures de protection
des troupeaux pour protéger les animaux de pâturage contre les attaques de loups jouent
notamment un rôle déterminant. Il est donc recommandé aux éleveurs de mettre en oeuvre des
mesures de protection des troupeaux efficaces et précoces, y compris dans les zones où il n'y a
pas encore de territoires occupés par des loups, afin d'éviter les attaques d'animaux de rente. (?)
Les résultats de cette étude montrent avant tout que les loups sont des généralistes absolus de
l'habitat, qui pourraient potentiellement utiliser presque tout le paysage allemand dans sa diversité.
Pour la gestion, cela signifie qu'il ne faut pas seulement s'attendre à voir des loups migrer partout,
mais que les loups pourraient s'installer presque partout en Allemagne. Même si l'on ne sait pas
avec certitude si, quand et avec quel degré de détail les prévisions se réaliseront réellement, il
semble judicieux de se préparer au retour des loups par des mesures de gestion, notamment la
mise en oeuvre de mesures efficaces de protection des troupeaux, même dans les régions qui ne
sont pas encore colonisées par les loups. Un autre aspect à ne pas négliger est le fait que quelques
meutes se sont installées en dehors des zones prédites. On peut supposer que les loups colonisent
d'abord les zones les plus appropriées, puis s'étendent progressivement vers des zones moins
adaptées en termes d'habitat, mais qui offrent également des refuges et des ressources
alimentaires suffisantes. Cela signifie en premier lieu que les autorités responsables doivent se
préparer à une éventuelle colonisation par les loups à l'intérieur et à l'extérieur des zones
potentiellement favorables. (?)
En l'état actuel des connaissances, le nombre de territoires potentiels (pour une taille de territoire
de 200 km2) se situe entre 700 et 1400, pouvant en principe accueillir le nombre de meutes
correspondant. »
Conservation Medicine, Vetmeduni Vienna, Wien, Österreich
42 https://www.bfn.de/publikationen/bfn-schriften/bfn-schriften-556-habitatmodellierung-und-abschaetzung-der-
potenziellen
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 99/284
8.4.1 Les points forts de la politique publique du loup en Allemagne
8.4.2 Pistes d'évolution et expérimentation de nouvelles mesures
D?importantes divergences de vue concernant la politique publique du loup existent entre les partis
et conduisent à des différences notables d?approches entre les Länder ainsi que, parfois, d?une
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 100/284
année sur l?autre tant au niveau fédéral que local selon la sensibilité des ministres en charge.
Exemples :
? 22 mai 2019 Décision du cabinet sur le loup [ministère de l?agriculture]
Déclaration de la ministre fédérale Julia Klöckner (CDU, remplacée depuis par Cem Özdemir, Les
verts)43
"Le ministère fédéral de l'Alimentation et de l'Agriculture salue le projet de modification de la loi
fédérale sur la protection de la nature (BNatSchG) qui constitue un premier pas dans la bonne
direction. Au vu de l'augmentation rapide de la population de loups et des prélèvements d'animaux
de rente qui en découlent également, le BMEL estime qu'une modification de la BNatSchG visant
à transposer l'article 16, paragraphe 1, point e), de la directive Faune-Flore-Habitats à l'échelle 1:1
reste nécessaire. Ainsi, le prélèvement d'un nombre limité et spécifié de loups par les autorités
serait autorisé sous contrôle strict, de manière sélective et limitée, dans les conditions prévues à
l'article 45, paragraphe 7, phrases 2 et 3 de la BNatSchG. Après la clôture de la procédure en cours
concernant la demande de décision préjudicielle de la Cour administrative suprême de Finlande
auprès de la CJCE (affaire C-674/17), il conviendra de procéder à une réévaluation des
modifications apportées par cet amendement de la BNatSchG".
Pour explication :
Du point de vue de notre ministère fédéral, la modification qui vient d'être apportée n'est qu'une
première étape, mais elle était absolument nécessaire en raison de la situation difficile dans les
zones rurales. Les modifications visent à mieux protéger les citoyens dans les régions où les loups
s'approchent déjà de près des zones d'habitation, ainsi qu'à protéger l'élevage d'herbivores. Tant
l'abaissement du seuil de dommages pour le prélèvement de loups dans la nature que
l'amélioration de la sécurité juridique par le tir possible de certains loups d'une meute, même si l'on
ne sait pas exactement quel loup a causé les dommages, jusqu'au prélèvement de la meute entière,
constituent un progrès sur le fond. C'est une bonne chose que le ministère fédéral de
l'Environnement ait fini par bouger.
Toutefois, nous considérons que ce qui a été obtenu n'est qu'un premier pas dans la bonne
direction, surtout au vu de l'augmentation rapide de la population de loups et de l'augmentation
également des prélèvements d'animaux de rente. Nous pensons qu'il est urgent d'apporter des
modifications supplémentaires à la loi fédérale sur la protection de la nature dans ce domaine. Il
n'a cependant pas été possible de s'entendre à court terme avec le ministère fédéral de
l'Environnement (BMU) sur de telles mesures, comme le contrôle limité des populations que nous
réclamons. Il a donc été décidé de soutenir le projet de loi du BMU afin de lancer la procédure
législative. Des modifications peuvent maintenant être introduites dans la procédure parlementaire.
? Basse Saxe :
o Autorités locales octobre 2022
o Association NABU décembre 202244
La NABU salue une plus grande transparence dans la gestion du loup
Dr. Buschmann : « Un soutien technique et financier pour la protection des troupeaux reste
nécessaire ».
43 https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2019/190522-erklaerung-wolf.html
44 https://niedersachsen.nabu.de/tiere-und-pflanzen/saeugetiere/wolf/32655.html
PUBLIÉ
https://www.bmel.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2019/190522-erklaerung-wolf.html
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 101/284
A l'avenir, les autorisations exceptionnelles de prélèvement de loups dits problématiques devront
être annoncées une semaine à l'avance et être consultables par le public, selon le ministre de
l'environnement Christian Meyer.
Avant les élections régionales, les Verts ont demandé plus de transparence sur le thème du loup.
Maintenant qu'ils sont au gouvernement, cette volonté doit se refléter dans leur politique
d'information
9 décembre 2022- Dr Holger Buschmann, président du NABU Niedersachsen, voit dans l'annonce
du nouveau ministre de l'Environnement le pas vers plus de transparence et d'objectivité qui aurait
dû être fait depuis longtemps : "Jusqu'à présent, il n'était pas clair quels loups avaient été autorisés
à être abattus et pour quelle raison, et aucun examen indépendant des cas n'avait pu être effectué,
ce qui avait attisé les doutes sur leur légalité. Cette critique et la plainte de la NABU concernant la
procédure suivie jusqu'à présent sont désormais prises en compte à juste titre". L'implication
prévue du service fédéral de conseil sur le loup (DBBW) est également une étape nécessaire et
bienvenue.Dr. Buschmann poursuit : "Même le groupe des Verts au parlement régional avait porté
plainte contre la politique d'information du gouvernement régional précédent lorsqu'il était dans
l'opposition. La plainte a été gagnée, raison pour laquelle la commission de l'environnement a déjà
dû être impliquée. La transparence et la politique d'information que les Verts ont exigées doivent
maintenant se retrouver intégralement dans leur responsabilité gouvernementale".
En avril 2022, la NABU, soutenue par le WWF, avait en outre déposé une plainte contre l'absence
de transmission d'informations par l'arrondissement d'Uelzen et revendiquait la communication
spontanée des délivrances de dérogations à l'interdiction de mise à mort de l'article 44, paragraphe
1, phrase 1 de la BNatSchG pour l'espèce loup, conformément à l'article 45, paragraphe 7, phrase
1 de la BNatSchG, par la transmission active des dérogations. Le décret correspondant, qui est
maintenant envoyé aux autorités inférieures de protection de la nature pour mise en oeuvre, doit
maintenant être examiné par la NABU. La mise en oeuvre du décret, par exemple sous la forme
d'une publication dans la presse des autorisations de tir par les districts concernés, sera également
examinée de près par la NABU. C'est de cette mise en oeuvre et du contenu exact de l'arrêté que
dépendra la poursuite de l'action en justice de la NABU. La NABU est sceptique quant au "plan
d'action sur les animaux de pâturage et le loup".
Parallèlement, le Dr Buschmann souligne que le statut de protection du loup ne doit pas être affaibli
au-delà de ce point et voit d'un mauvais oeil le projet du Land de Basse-Saxe de participer à un
concept du gouvernement fédéral pour une gestion de la population conforme au droit européen
et différenciée selon les régions. Un "plan d'action pour l'élevage d'herbivores et le loup" doit
notamment réévaluer l'état de conservation du loup et permettre des régulations régionales de la
population. Il est toutefois scientifiquement prouvé que les régulations de population n'aideront pas
les éleveurs d'animaux de pâturage. Il reste donc absolument nécessaire de soutenir
financièrement les éleveurs d'animaux de rente, mais aussi et surtout de renforcer le soutien
technique aux mesures de protection des troupeaux. »
? Bavière 25 avril 202345
(25 avril 2023) Munich - Le Conseil des ministres a adopté aujourd'hui la nouvelle ordonnance
bavaroise sur le loup et la réglementation sur la loutre. La ministre bavaroise de l'Agriculture
Michaela Kaniber a affirmé : "La décision du cabinet est un signal important pour nos agriculteurs
alpins, nos éleveurs d'herbivores et l'économie des étangs. Mais surtout pour la préservation de
notre paysage culturel et de la biodiversité. Nous ne pouvons plus rester les bras croisés face au
45 https://www.stmelf.bayern.de/service/presse/pm/2023/wolfs-verordnung-und-fischotter-regelung/index.html
https://www.agrarzeitung.de/nachrichten/politik/wolf-bayerns-kabinett-beschliesst-verordnung-zur-entnahme-
106675
PUBLIÉ
https://www.stmelf.bayern.de/service/presse/pm/2023/wolfs-verordnung-und-fischotter-regelung/index.html
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 102/284
retour des prédateurs que sont le loup, l'ours, mais aussi la loutre, qui anéantissent de plus en plus
l'élevage d'animaux de rente et l'industrie de la pêche. Nous ne pouvons que constater : Les loups
ne sont plus menacés, mais nos éleveurs d'herbivores le sont déjà. C'est pourquoi nous sommes
contraints d'agir. Car nous défendons notre économie durable de pâturages et d'étangs. Nous ne
laissons pas les éleveurs et les propriétaires d'étangs seuls. Il n'en reste pas moins que la
Confédération doit s'engager à abaisser le statut de protection du loup qui ne figure plus sur la liste
rouge".
Reprise dans la presse 46:
« Aujourd?hui, le gouvernement du Land de Bavière a adopté une nouvelle ordonnance sur les
loups. Comme le ministre-président de Bavière Dr. Markus Söder l?a expliqué à « Bild »,
l?ordonnance donne aux bureaux de district des régions touchées une plus grande liberté pour
réduire le nombre de loups.
« Une prédation suffit. Ensuite, un prélèvement peut avoir lieu dans la zone responsable », a
déclaré le chef du gouvernement.
Les bureaux de district eux-mêmes pourraient décider de la manière. Un loup n?a pas besoin d?être
abattu « pour le sortir de l?environnement naturel », a expliqué Söder. Il n?est pas non plus
nécessaire de prouver qu?il s?agissait de ce loup particulier.
Selon le ministre de l?Economie Hubert Aiwanger, la solution idéale serait que le gouvernement
fédéral détermine enfin le « statut de conservation favorable » du loup. « Comme il échoue
malheureusement à cause d?un déni de réalité, nous devons maintenant réagir au niveau de l?Etat
», a déclaré le chef adjoint du gouvernement. Le loup menace l?élevage en plein air et donc le
paysage culturel et la biodiversité dans de nombreuses régions de Bavière, qui existent non
seulement pour l?agriculture mais aussi pour le tourisme.
Des incidents tels que l?attaque meurtrière de l?ours dans le Trentin sont inacceptables et
menacent non seulement la vie humaine et animale, mais aussi le tourisme, a déclaré le ministre.
Les loups s?approchent également de plus en plus des gens et des promeneurs avec des chiens
et envahissent les colonies. Par conséquent, le loup doit être réglementé.
Pendant ce temps, le groupe parlementaire CDU en Basse-Saxe a accusé le ministre de
l?Environnement du Land Christian Meyer de tromperie en relation avec le loup. Meyer affirme que
malgré plus de loups en Basse-Saxe, il y aurait une baisse des prédations par les loups et se réfère
dans sa déclaration aux chiffres de surveillance de l?Association nationale des chasseurs de Basse-
Saxe. Mais son affirmation ne correspond pas à la vérité, bien au contraire », a déclaré aujourd?hui
à Hanovre le porte-parole pour l?agriculture du groupe parlementaire CDU, Marco Mohrmann. Dans
le cas des prédations de loup, « nous sommes confrontés à un nouveau record ».
Selon Mohrmann, Meyer a comparé le nombre d'attaques du premier trimestre 2023 avec celui du
quatrième trimestre 2022, mais il n'a pas mentionné que la Basse-Saxe en était déjà à 281 attaques
pour l'année de suivi 2022/23, contre 241 au total en 2021/22. Or, l'année de référence ne se
termine que le 30 avril, ce qui signifie que le nombre va très probablement encore augmenter, a
ajouté Frank Schmädeke, porte-parole du groupe parlementaire CDU sur la politique du loup.
Selon les deux politiciens de la CDU, il s?agit d?une année record pour la Basse-Saxe dans le cas
des attaques de loups. « Face aux multiples souffrances des animaux et des humains, utiliser un
tel tour de passe-passe est tout simplement indécent. Sans honnêteté et transparence, nous nous
éloignons de plus en plus des solutions raisonnables au problème des loups », ont critiqué
Mohrmann et Schmädek. »
46
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 103/284
Fiche Allemagne Annexe 1 Méthode de suivi de la population
Monographie du BfN sur la surveillance des grands carnivores
[extrait du https://www.dbb-wolf.de/wolf-management//monitoring-
standards?file=files/publisher/downloads/2015_Monitoringstandards%20f%C3%BCr%20Wolf%2
C%20Luchs%2C%20B%C3%A4r_BfNSkript413.pdf)
La République fédérale est tenue par l'article 11 de la directive FFH de surveiller l'état de
conservation des biens protégés et donc de mettre en place un système de surveillance. Comme
la protection de la nature et donc la mise en oeuvre de la directive FFH en Allemagne relèvent
en grande partie de la compétence des Länder, c'est à ces derniers qu'il incombe en principe
de mettre en oeuvre les dispositions correspondantes. Toutefois, c'est à la République
fédérale d'Allemagne qu'incombe l'obligation de faire rapport à l'UE. Comme l'état de
conservation des espèces et des types d'habitats doit être évalué au niveau des régions
biogéographiques d'un État membre, les Länder doivent s'accorder sur le contenu et les méthodes
de suivi. L'Office fédéral de la protection de la nature (BfN), qui coordonne le suivi FFH pour
la République fédérale d'Allemagne, a publié en 2009 des normes harmonisées au niveau
national pour le suivi du loup, du lynx et de l'ours en Allemagne. Depuis 2009, les données
utilisées pour déterminer la zone de présence et la taille de la population sont présentées et
évaluées chaque année lors d'une réunion des personnes chargées du suivi du loup et du lynx
dans les différents Länder. Les résultats de ces réunions annuelles sont des cartes de présence
des deux espèces (Fig. 4) harmonisées au niveau national ainsi qu'une estimation de la taille
minimale de la population, avec effet rétroactif pour l'année de monitoring précédente. Ces
résultats constituent la base du rapport national de l'Office fédéral allemand de la protection de la
nature. En ce qui concerne le loup, LUPUS (Institut für Wolfsmonitoring und -forschung in
Deutschland) collecte en permanence les données relatives aux animaux trouvés morts et aux
nouveaux établissements de meutes et de couples de loups, et les met à la disposition des
autorités fédérales et régionales sur demande, de sorte que des informations sur la population de
loups actuellement confirmée puissent également être fournies entre les réunions annuelles. Au-
delà des normes de suivi et des réunions annuelles, il n'existe actuellement pratiquement
aucune coordination du suivi du loup et du lynx entre les Länder, souvent même pas au sein
d'un même Land lorsque plusieurs espèces sont présentes simultanément. Comme les
espèces sont soumises à différentes juridictions (lynx : législation sur la protection de la nature
et sur la chasse, loup en Saxe : législation sur la protection de la nature et sur la chasse, ours et
loup dans les 15 autres Länder : législation sur la protection de la nature uniquement), les autorités
compétentes sont parfois différentes. Le manque de coordination qui en résulte rend encore
plus difficile un suivi coordonné à tous les niveaux, tant à l'intérieur d'un pays qu'au-delà
des frontières nationales et nationales.
C'est aux pays qu'il revient de confier le suivi à des institutions ou à des individus. Par conséquent,
les structures de suivi ainsi que les efforts et les moyens mis à disposition varient considérablement
d'un pays à l'autre. En règle générale, les données sont collectées et analysées au niveau des
Länder. Toutefois, certains pays ont mis en place des structures qui garantissent l'utilisation de
l'expertise de personnes expérimentées dans tous les pays. Dans d'autres pays, un ou deux
experts sont chargés de la surveillance et coordonnent, outre leur propre travail sur le terrain, celui
de personnes formées. Dans d'autres cas, les données sont principalement collectées par des
personnes formées, qui ne sont que peu coordonnées et guidées.
On distingue deux types de monitoring : passif et actif (BREITENMO-SER et al. 2006). Le
monitoring passif ne nécessite guère de travail sur le terrain, mais consiste à collecter, évaluer et
analyser des informations obtenues par hasard, par exemple la découverte d'animaux morts, des
PUBLIÉ
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/monitoring-standards?file=files/publisher/downloads/2015_Monitoringstandards%20f%C3%BCr%20Wolf%2C%20Luchs%2C%20B%C3%A4r_BfNSkript413.pdf
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/monitoring-standards?file=files/publisher/downloads/2015_Monitoringstandards%20f%C3%BCr%20Wolf%2C%20Luchs%2C%20B%C3%A4r_BfNSkript413.pdf
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/monitoring-standards?file=files/publisher/downloads/2015_Monitoringstandards%20f%C3%BCr%20Wolf%2C%20Luchs%2C%20B%C3%A4r_BfNSkript413.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 104/284
rapports sur des dégâts ou des observations directes, ou encore des données de tir pour les
populations chassées. Il convient d'être prudent dans l'interprétation de ces données, car elles sont
collectées de manière aléatoire et non systématique. Certaines causes de mortalité sont plus
faciles à détecter (p. ex. pertes dues au trafic) que d'autres (abattage illégal, maladies). Le
monitoring passif ne fournit pas non plus nécessairement les informations requises pour toutes les
questions, par exemple le nombre de dommages n'est pas forcément lié au nombre de loups, de
lynx et d'ours, mais plutôt au type d'élevage (KACZENSKY 1996). Le comportement atypique d'un
seul animal peut également fausser le tableau (LINNELL et al. 1998). Le monitoring actif consiste
en la collecte ciblée et systématique de données dans le but d'un programme de monitoring
(BREITENMOSER et al. 2006). Cela inclut le travail sur le terrain et des études spécifiques ou des
analyses d'habitat. Les données sont collectées de manière ciblée et systématique afin d'éviter
les écarts systématiques. Les résultats permettent de répondre immédiatement aux questions qui
se posent (BREITENMOSER et al. 2006).
Le choix de la méthode dépend de la question posée, de la précision requise et des ressources
disponibles, ainsi que des conditions environnementales, de l'espèce animale, de la taille et de la
répartition de la population. Il n'existe pas de méthode spécifique à une espèce qui puisse être
appliquée partout en Europe, ni de méthode qui puisse répondre à toutes les questions, mais il faut
trouver les meilleures méthodes en fonction des circonstances. Dans la plupart des cas, il s'agira
d'une combinaison de méthodes. Le tableau ci-dessous en donne un aperçu.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 105/284
Méthodes de monitoring recommandées pour l'Allemagne
Le pistage dans la neige est la méthode la plus courante pour le monitoring du lynx et du loup.
Cependant, en Allemagne, les conditions climatiques pour une utilisation systématique de cette
méthode ne sont réunies, si tant est qu'elles existent, que dans les montagnes. En plaine, le
manteau neigeux n'est pas suffisant. Cependant, chaque fois que l'occasion se présente, le pistage
dans la neige devrait être utilisé pour collecter le plus d'informations possible (présence,
reproduction, taille de la meute, individus marqués, etc.) Les analyses génétiques sont aujourd'hui
incontournables dans le suivi des loups et des ours. Le matériel nécessaire (p. ex. fèces, poils,
échantillons de salive sur les proies) peut être collecté indépendamment de la saison. La neige se
prête particulièrement bien à la collecte d'échantillons d'individus marquants (urine, chez le loup
également sang d'oestrus). La recherche d'indices de présence du loup, du lynx et de l'ours,
comme les traces, les excréments, les marques et les fissures, est la méthode de suivi la plus
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 106/284
fréquemment utilisée pour ces espèces (LINNELL et al. 1998). Elle peut être utilisée
indépendamment de la saison et des conditions environnementales et devrait être utilisée en
particulier pour le loup et l'ours. Les données recueillies servent de base à l'établissement de cartes
de répartition.
Des animations de hurlements systématiques sont effectuées en été dans de nombreux pays afin
de détecter la reproduction des loups. Jusqu'à présent, cette méthode a été utilisée en Allemagne
avec peu de succès. Entre-temps, d'autres méthodes (pièges-caméras, génétique) ont fait leurs
preuves pour détecter la reproduction chez les loups.
Chez le lynx, le monitoring systématique par pièges à caméra donne de bons résultats pour
l'estimation de la taille de la population en Suisse et, depuis 2008, en Bavière. Les photos peuvent
être analysées selon une méthode statistique de capture-recapture, étant donné que les lynx
peuvent être distingués individuellement par le motif de leurs taches. De plus, l'utilisation
opportuniste de pièges photographiques fournit des données sur l'effectif minimal, l'utilisation de
l'espace et la dispersion des jeunes (WÖLFL2012). Cette méthode prometteuse devrait devenir la
règle pour le monitoring du lynx en Allemagne, où le piégeage par caméra a également fait ses
preuves ces dernières années pour le loup. La plupart des preuves de reproduction sont désormais
obtenues à l'aide de cette méthode. Elle fournit également des données sur la taille minimale des
meutes, la délimitation des territoires voisins et la zone d'occupation. Elle fournit des informations
détaillées sur la taille des zones de chasse et des territoires, sur l'utilisation de l'habitat ou sur la
mortalité, qui ne peuvent guère être obtenues par d'autres méthodes. C'est pourquoi les études
de télémétrie sont souvent utilisées pour calibrer les résultats du monitoring (BREITENMOSER et
al. 2006). Par exemple, sans connaissance de la taille du territoire dans une zone donnée, il est
difficile de distinguer des individus ou des groupes familiaux voisins.
La télémétrie fournit des données très précises, mais elle est limitée à des surfaces choisies ou à
quelques animaux (BREITENMOSER et al. 2006). Comme les données obtenues à partir
d'individus isolés peuvent varier fortement (REINHARDT & KLUTH 2011), il est nécessaire de
disposer d'une taille d'échantillon suffisante pour un étalonnage. Lors d'actions de réintroduction
ou de translocation, la télémétrie est indispensable pour documenter le succès ou l'échec. Les
indices aléatoires signalés par le public, les animaux trouvés morts et les animaux de rente tués
devraient également être collectés sous une forme standardisée.
Suivi stratifié
Les loups, les lynx et les ours sont toujours rares et se déplacent sur de grands espaces. Ils ne
peuvent donc qu'exceptionnellement être suivis avec la même intensité sur l'ensemble de leur aire
de répartition occupée et éventuellement future, surtout si leurs populations sont en expansion.
C'est pourquoi certains pays pratiquent un suivi stratifié (pour plus de détails, voir
BREITENMOSER et al. 2006). L'intensité du suivi varie en fonction de l'échelle spatiale et
temporelle. Alors qu'à une grande échelle à long terme, l'accent est mis sur des questions
générales telles que la présence, la tendance de la répartition et la taille de la population, à une
échelle plus petite (par exemple dans des zones de référence sur une période limitée), des
informations détaillées sont collectées, telles que la taille du territoire et de la meute (pour estimer
la densité), l'utilisation de l'habitat ou des données sur la reproduction. Des données précises
obtenues dans des zones relativement petites sont utiles pour calibrer et interpréter de manière
fiable les résultats d'actions de monitoring extensif (BREITENMOSER et al. 2006). Une condition
importante pour une approche de monitoring stratifiée en Allemagne est une coordination du
monitoring à l'échelle internationale.]
PUBLIÉ
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Contexte des analyses génétiques47
Les analyses génétiques constituent un élément important du suivi. Les informations génétiques
permettent, par exemple, de délimiter les meutes voisines et d'identifier l'immigration potentielle de
populations de loups voisines. Des échantillons d'ADN sont collectés tout au long de l'année. La
majeure partie des échantillons est collectée de manière non invasive, comme des crottes fraîches,
de l'urine (sur la neige), des poils ou de la salive (prélèvements sur des ongulés sauvages ou du
bétail récemment tués). Les analyses génétiques sont effectuées par le groupe de génétique de
conservation de l'Institut de recherche Senckenberg et du Musée d'histoire naturelle à la station de
recherche de Gelnhausen. Le laboratoire fait office de centre national de référence pour la
génétique du loup en Allemagne depuis 2010. L'identification de l'espèce est d'abord réalisée par
l'analyse de la séquence de la région de contrôle mitochondriale et est ensuite confirmée par
l'analyse de 13 marqueurs microsatellites. Les données microsatellites obtenues et deux
marqueurs sexuels supplémentaires sont utilisés pour l'identification des individus et la
reconstitution des meutes. Les analyses SNP, qui ont été optimisées pour la détection des
hybrides, sont également effectuées selon les besoins. L'analyse de tous les échantillons
d'Allemagne dans un seul laboratoire central permet d'assigner les individus à leurs meutes
d'origine et d'identifier les liens de parenté dans tous les États fédéraux.
47 https://www.senckenberg.de/de/institute/senckenberg-gesellschaft-fuer-naturforschung-frankfurt-main/abt-
fliessgewaesseroekologie-und-naturschutzforschung/das-cewolf-konsortium/
Harms_et_al_2011_wolfsforschung_im_molekularlabor.pdf (2.1 MiB)
Stellungnahme der Senckenberg Gesellschaft für Naturforschung anlässlich der Pressekonferenz der Partei.pdf
(485.4 KiB)
PUBLIÉ
https://www.senckenberg.de/de/institute/senckenberg-gesellschaft-fuer-naturforschung-frankfurt-main/abt-fliessgewaesseroekologie-und-naturschutzforschung/das-cewolf-konsortium/
https://www.senckenberg.de/de/institute/senckenberg-gesellschaft-fuer-naturforschung-frankfurt-main/abt-fliessgewaesseroekologie-und-naturschutzforschung/das-cewolf-konsortium/
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/genetic-investigations?file=files/publisher/Monitoring/Genetik/Harms_et_al_2011_wolfsforschung_im_molekularlabor.pdf
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/genetic-investigations?file=files/publisher/Monitoring/Genetik/Stellungnahme%20der%20Senckenberg%20Gesellschaft%20f%C3%BCr%20Naturforschung%20anl%C3%A4sslich%20der%20Pressekonferenz%20der%20Partei.pdf
https://www.dbb-wolf.de/wolf-management/genetic-investigations?file=files/publisher/Monitoring/Genetik/Stellungnahme%20der%20Senckenberg%20Gesellschaft%20f%C3%BCr%20Naturforschung%20anl%C3%A4sslich%20der%20Pressekonferenz%20der%20Partei.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 108/284
Fiche Allemagne Annexe 2 Le loup et l?homme : éléments de communication officiels
Comment les loups se comportent-ils envers les humains ?
Aujourd'hui déjà, les loups vivent souvent à proximité directe de l'homme dans notre paysage
culturel densément peuplé. Cependant, ils ne cherchent généralement pas à rencontrer l'homme,
mais s'en tiennent éloignés.
Comme le montrent des études menées en Amérique du Nord et en Europe, les attaques de loups
sur l'homme ne se produisent que dans des circonstances très particulières et extrêmement rares
(p. ex. individus infectés par la rage ou habitués à l'homme par le nourrissage). C'est pourquoi,
dans le cadre de la modification législative de la loi fédérale sur la protection de la nature de mars
2020, il a été interdit de nourrir et d'attirer les loups sauvages (article 45a, paragraphe 1, de la
BNatSchG). La population, mais aussi les autorités, ont parfois des doutes sur la question de savoir
dans quelle mesure les loups pourraient représenter un danger pour l'homme. C'est pourquoi
l'échange entre les autorités spécialisées et les chercheurs sur le loup ainsi qu'une large
information de la population sur le comportement du loup sont très importants.
Quand le comportement d'un loup est-il suspect ?
Il faut retenir que les loups qui se promènent de jour à portée de vue des habitations ou de nuit à
travers les localités ne représentent pas en soi un danger pour l'homme. Il en va de même pour un
loup qui ne s'enfuit pas immédiatement à la vue d'un homme ou d'une voiture, mais qui s'arrête
d'abord pour observer. Les loups ne perçoivent pas les personnes dans les véhicules comme des
êtres humains, de sorte que de nombreuses observations sont devenues possibles sur de plus
courtes distances.
Si un loup est par exemple aperçu à plusieurs reprises à moins de 30 mètres de maisons habitées,
il faut procéder à une analyse précise de la situation sur place afin de rechercher et d'éliminer les
éventuelles incitations (comme les sources de nourriture). A cet égard, un travail intensif de
relations publiques doit être mené sur place afin d'informer la population sur les causes possibles
du comportement du loup et sur les mesures de gestion ultérieures. Le DBBW conseille les
autorités de protection de la nature des Länder sur l'évaluation des rencontres avec les loups et
sur la gestion des loups remarquables.
Un loup qui présente un comportement anormal vis-à-vis de l'homme est généralement le résultat
d'expériences individuelles positives avec l'homme, comme le nourrissage intentionnel ou non. Il
est donc important que tous les cas de loups remarquables soient enregistrés dans le cadre du
suivi et analysés au cas par cas afin d'identifier et d'éliminer ces incitations.
Peut-on tuer des loups au comportement anormal ?
Dans certains cas, le prélèvement de loups au comportement anormal vis-à-vis de l'homme peut
être effectué sur la base de l'article 45, paragraphe 7, phrase 1, n° 4 de la BNatSchG "dans l'intérêt
de la santé de l'homme, de la sécurité publique, y compris la défense et la protection de la
population civile". En conséquence, la loi fédérale sur la protection de la nature prévoit la possibilité
d'un prélèvement pour les loups au comportement anormal, dans la mesure où les conditions de
l'article 45, paragraphe 7, phrase 2 de la BNatSchG sont remplies. Selon cette disposition, il
convient notamment d'examiner si des alternatives raisonnables au prélèvement peuvent être
envisagées, comme des mesures d'effarouchement prometteuses. En se basant sur les travaux
de la DBBW sur la manière de traiter les loups qui se comportent de manière inhabituelle vis-à-vis
de l'homme (BfN-Skript 502), il convient, lorsque des loups s'approchent à plusieurs reprises de
maisons habitées à moins de 30 mètres, de rechercher et, le cas échéant, de supprimer les
incitations. L'effarouchement peut également constituer une solution. L'approche multiple d'un
loup à moins de 30 mètres de l'homme doit être considérée de manière critique en ce qui concerne
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 109/284
la sécurité de l'homme. Selon la situation, ce loup doit si possible être immédiatement équipé d'un
émetteur et effarouché. Si la situation persiste malgré des tentatives d'effarouchement effectuées
dans les règles de l'art, il est recommandé de procéder à un prélèvement létal. Si un loup réagit
agressivement à l'homme sans provocation préalable, l'effarouchement ne constitue pas une
alternative en raison de la dangerosité de ce comportement ; il faut au contraire procéder à un
prélèvement immédiat de l'animal concerné. En effet, lors de l'évaluation du comportement d'un
loup, la sécurité de l'homme passe toujours en premier lieu.
Ce sont les autorités compétentes des Länder qui sont chargées d'accorder des dérogations à la
législation sur la protection des espèces pour l'effarouchement ou le prélèvement de loups. Le
DBBW se tient à tout moment à leur disposition pour les conseiller, notamment en ce qui concerne
l'évaluation du comportement des loups par rapport à la sécurité des personnes.
Un homme a-t-il déjà été blessé par un loup en Allemagne ?
Non, aucun cas de comportement agressif non provoqué ne s'est produit depuis l'établissement
du loup en Allemagne en 1998. Depuis le retour de l'espèce en Allemagne, aucun être humain n'a
été blessé par un loup.
Le nombre de loups documentés qui se sont comportés de manière ostentatoire envers les
humains est très faible en Allemagne. C'est pourquoi il est recommandé aux Länder de procéder
à une évaluation au cas par cas par des experts et d'impliquer le DBBW à titre consultatif dans le
cas de loups ayant un comportement particulier vis-à-vis de l'homme. Toutefois, une évaluation et
une recommandation sur la manière de traiter les loups qui se font remarquer ne peuvent pas
constituer un modèle d'action applicable de manière générale.
https://www.dbb-wolf.de/faq-e
Extrait
Les loups sont-ils dangereux pour les humains ?
Dans la nature, les loups ne constituent généralement pas une menace pour l'homme. Les loups
sont des animaux très prudents qui évitent généralement tout contact avec les humains. En
d'autres termes, ils ne s'intéressent pas à l'homme, car ils ne le considèrent ni comme une proie,
ni comme un congénère. Lors d'une rencontre avec l'homme, il est possible qu'il évalue d'abord la
situation avant de reculer ou qu'il recule de manière détendue plutôt que paniquée. Les petits
peuvent se montrer plus curieux et plus naïfs que les adultes.
Les attaques contre l'homme signalées au cours des derniers siècles sont principalement
imputables à des loups enragés. L'Allemagne est exempte de rage depuis 2008 grâce à la diffusion
d'appâts vaccinaux. Les attaques prédatrices, c'est-à-dire les cas où les loups ont attaqué des
humains pour s'en nourrir, sont également considérées comme des exceptions extrêmes dans les
archives historiques. Les attaques de loups prédateurs sont associées à des conditions
environnementales très spécifiques. Elles sont possibles dans les zones où les habitats sont
fortement fragmentés, où la densité des proies est extrêmement faible et où les loups se
nourrissent d'ordures. Dans ces conditions, les enfants sont vulnérables aux attaques lorsqu'ils
gardent le bétail dans la forêt. Dans l'Europe d'aujourd'hui, le risque que les loups apprennent un
tel comportement est très faible.
Cependant, la prudence instinctive des loups envers les humains peut être considérablement
réduite lorsque les animaux sont attirés ou reçoivent de la nourriture. Cela peut entraîner un
comportement problématique.
PUBLIÉ
https://www.dbb-wolf.de/faq-e
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 110/284
Fiche Allemagne Annexe 3 Protection : recommandations opérationnelles
Protéger les animaux de pâturage contre le loup - Centre fédéral pour les animaux de
pâturage et le loup ? BZWW
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/herdenschutz
Il n'existe pas de solutions globales de protection des troupeaux qui soient aussi efficaces et
réalisables partout. Il faut trouver des mesures de protection des troupeaux adaptées à chaque
cas. Des facteurs tels que la taille de l'exploitation, le nombre et le type d'animaux de pâturage, la
région et le site, les conditions climatiques, le système de gestion des pâturages, l'orientation
économique de l'exploitation, les branches d'activité établies, le nombre d'employés, les
ressources économiques et bien d'autres doivent être pris en compte lors de la mise en place d'un
système de protection des troupeaux adapté. Le choix des mesures de protection des troupeaux
dépend notamment des besoins individuels des éleveurs d'animaux de pâturage, car derrière
chaque exploitation - qu'il s'agisse d'une activité principale ou secondaire ou d'un élevage de loisir
- il y a des personnes. L'expérience personnelle, la tendance à privilégier les mesures de protection
des troupeaux, l'ouverture d'esprit face au thème de la protection des troupeaux ou l'attitude face
au loup sont des facteurs décisifs dans le choix des mesures de protection des troupeaux
appliquées dans l'exploitation. La règle est toujours la même : chaque mesure de protection des
troupeaux doit être adaptée au concept global de l'exploitation et être réalisable.
La protection des troupeaux est et reste importante
Pour les éleveurs d'animaux de pâturage, le principal moyen de faire face au loup est d'appliquer
différentes mesures de protection des troupeaux adaptées à la région et à l'exploitation. En effet,
les loups ne font pas de distinction entre les animaux d'élevage et les animaux sauvages dans le
choix de leurs proies. Ce sont des opportunistes alimentaires qui choisissent les proies les plus
faciles. Des mesures de protection des troupeaux correctement appliquées par des professionnels
réduisent considérablement le risque d'attaque de loups sur les animaux de pâturage. La relation
temporelle est ici décisive : si un loup a appris à chasser avec succès des animaux de pâturage
sur des troupeaux non ou mal protégés, ce succès l'encouragera à rechercher à nouveau des
animaux de pâturage et à surmonter des obstacles plus difficiles.
Une protection des troupeaux aussi étendue que possible réduit le risque que les loups apprennent
ce comportement indésirable et l'adoptent à nouveau. Ainsi, les éleveurs qui protègent leurs
troupeaux ne protègent pas seulement leurs propres animaux, mais aussi indirectement les
troupeaux de leurs voisins. Toutefois, il n'existe pas de protection absolue contre les attaques de
loups. Les conseillers en protection des troupeaux sont des interlocuteurs compétents qui évaluent
sur place la situation en matière de protection des troupeaux et apportent volontiers leur soutien
par des conseils et des offres d'aide.
Les défis de la protection des troupeaux
Les éleveurs d'animaux de pâturage sont habitués à agir de manière préventive dans de nombreux
domaines de l'élevage, par exemple en matière de santé ou de bien-être des animaux. La
protection préventive des troupeaux exige un effort financier et un temps de travail supplémentaires.
La gestion de ce surcroît de travail pose des défis économiques et organisationnels à de
nombreuses exploitations.
La protection des troupeaux implique des investissements, par exemple dans l'achat de clôtures
anti-loups ou de chiens de protection. Il faut également prévoir des frais courants pour l'entretien
des clôtures ou la nourriture des chiens. En outre, l'entretien des clôtures anti-loups ou
l'accoutumance des chiens de protection au troupeau nécessitent du temps de travail
supplémentaire. Ces prestations et coûts de travail supplémentaires doivent également être
PUBLIÉ
https://www.praxis-agrar.de/bundeszentrum-weidetiere-wolf/herdenschutz
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 111/284
planifiés dans le système de protection des troupeaux.
Les mesures de protection des troupeaux sont éligibles à des subventions dans les Länder. Les
possibilités concrètes de financement varient toutefois afin de tenir compte des spécificités
régionales et des différentes populations de loups.
La protection des troupeaux est un sujet complexe. Un conseil en protection des troupeaux d'égal
à égal aide les éleveurs de bétail à trouver les mesures de protection des troupeaux appropriées
et les possibilités de financement.
Protection des troupeaux
En règle générale, les éleveurs d'animaux de pâturage clôturent leurs pâturages même en
l'absence de loup, afin de maintenir les animaux de pâturage en sécurité sur un pâturage. Il est
donc logique de construire des clôtures de manière à ce qu'elles servent également à la protection
contre les loups. Les exigences posées à une clôture anti-loup doivent donc satisfaire aux deux :
Garder les animaux de pâturage en sécurité et les protéger contre l'intrusion d'un loup.
Les praticiens savent qu'aucune clôture n'offre une protection absolue, ni contre les évasions ni
contre les intrusions. Toutefois, les clôtures constituent une barrière efficace en tant que mesure
de protection des troupeaux et réduisent considérablement la probabilité que les loups s'attaquent
aux animaux de pâturage. C'est pourquoi, lorsque l'on parle de clôtures de protection des
troupeaux, il est plus approprié d'utiliser le terme "anti-loup" plutôt que "à l'épreuve des loups", et
c'est ce terme qui sera utilisé dans la suite de ce document.
Comment un loup pénètre-t-il dans un pâturage clôturé ?
Les loups peuvent utiliser différents moyens pour entrer dans un pâturage clôturé. Le loup prend
la voie qu'il considère comme la plus facile. Le choix de ce chemin pour chaque animal dépend de
l'expérience du loup et de la conception de la clôture. L'observation de la manière dont les loups
accèdent aux pâturages clôturés permet de déterminer comment une clôture anti-loup devrait être
conçue dans l'idéal.
Ce que l'on appelle le "passage".
Si un loup peut passer à travers des espaces dans la clôture ou des distances trop importantes
entre les planches de bois ou les fils sans ressentir de douleur, c'est la méthode la plus facile pour
lui d'accéder à un pâturage. Les clôtures construites pour empêcher les animaux de pâturer de
s'échapper offrent souvent peu d'obstacles à ce que l'on appelle le "passage". Les distances entre
les poutres en bois ou les conducteurs électriques sont généralement trop grandes pour qu'un loup
ne puisse pas passer. Les clôtures résistantes au loup n'offrent donc généralement pas de
protection en tant que clôtures repoussant le loup.
Les loups sapent un obstacle
Si la conception de la clôture empêche le loup de la traverser pour accéder au pâturage, il est
possible qu'un loup abandonne ou qu'il cherche un point faible dans la clôture et/ou qu'il commence
à creuser sous la clôture. Le fait de gratter le sol avec les pattes pour creuser des trous ou des
tanières est un comportement courant chez les loups. Selon le sol, il est facile pour les loups -
comme pour les chiens - de creuser des trous profonds en peu de temps. Des études
comportementales menées sur des loups d'enclos ont montré que les obstacles de clôture de
différents types et hauteurs étaient généralement enterrés plutôt que sautés pour accéder à la
nourriture. Les documents relatifs aux attaques en plein air attestent également très souvent de
ces tentatives d'enfouissement.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 112/284
Franchir une clôture
Même si ce n'est pas le moyen le plus facile pour un loup, il existe en principe plusieurs façons
pour un loup de franchir une clôture et d'accéder à un pâturage, notamment en grimpant et en
sautant de différentes manières. Bien que les loups soient physiquement capables de grimper et
de sauter, ils n'utilisent pas spontanément ces techniques pour franchir les clôtures des pâturages.
Certains individus apprennent cependant à utiliser ces techniques. Ce que l'on appelle des aides
à l'entrée peuvent favoriser ce processus d'apprentissage. Par exemple, un tas de bois à côté de
la clôture peut permettre à un loup de sauter depuis une position surélevée. Outre les aides à la
pénétration, il existe d'autres moyens pour les loups d'apprendre à franchir les clôtures.
Différents effets de barrière des clôtures
Une clôture qui doit constituer une barrière pour un loup, et donc être répulsive pour les loups, doit
empêcher
- Qu?un loup puisse passer ou se faufiler à travers la clôture
- Qu?un loup puisse passer en dessous ou par-dessus la clôture pour accéder au pâturage.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 113/284
L'effet de barrière d'une clôture peut reposer soit sur une barrière mécanique, soit sur l'effet
dissuasif de chocs électriques douloureux.
Pour empêcher mécaniquement l'intrusion, le matériau doit être suffisamment solide et à mailles
serrées pour qu'un loup ne puisse pas le traverser. Les clôtures fixes à effet mécanique sont
également appelées clôtures stables. Le contact avec une clôture rigide est généralement indolore.
Il existe un risque que des loups isolés apprennent à franchir des clôtures stables en cas de contact
répété avec celles-ci. Ces clôtures peuvent être manipulées avec la patte ou le museau, de sorte
que les distances entre les mailles de la clôture sont augmentées, ce qui crée des espaces. Il est
également possible d'escalader des clôtures stables.
Une clôture électrique donne à l'animal qui la touche ce que l'on appelle une décharge électrique
par le biais d'une impulsion électrique. Toute personne qui s'est déjà frottée à une clôture électrique
a constaté que le choc est désagréable et effrayant. Plus le "courant passe", plus le choc est
douloureux. L'objectif est donc d'éviter de toucher à nouveau la clôture.
Même un être humain a du mal à toucher une fois de plus une clôture électrique qu'il juge effrayante
ou douloureuse. Surtout lorsqu'il s'agit de la toucher de manière ciblée et prolongée jusqu'à ce
qu'un choc répété ait eu lieu. Le fait que le contact ne soit pas ressenti de la même manière à
chaque fois y contribue également. Une clôture qui, hier encore, était supportable avec le même
réglage de l'électrificateur, peut être très douloureuse en cas de rosée ou de pieds nus dans l'herbe
mouillée.
On sait que les mêmes mécanismes agissent chez l'homme et chez l'animal. Effroi, douleur, recul
jusqu'à la fuite, évitement parfois durable de ce qui est supposé causer la douleur ou évitement de
l'endroit où la douleur s'est produite. Alors que les humains peuvent associer directement la douleur
à la clôture, ce n'est pas forcément le cas des animaux. Ceux-ci peuvent développer une peur
diffuse de l'endroit ou associer la douleur à d'autres choses, par exemple à une voiture qui passe
par hasard. Il est important que l'effet de la clôture n'en soit pas affecté. Même si l'animal fait une
mauvaise connexion cette fois-ci et qu'il n'évite pas la clôture, il recevra à nouveau une décharge
électrique s'il la rencontre à nouveau. Il sera à nouveau effrayé, ressentira de la douleur, reculera
et interrompra le contact avec la clôture.
Clôtures de pâturage en général - indépendamment de la présence du loup
Différents types de clôtures
Les clôtures sont appelées fixes ou mobiles, en fonction de la possibilité de les monter et de les
démonter à plusieurs reprises. Une clôture fixe est montée une fois et reste ensuite en place de
manière permanente. Une clôture fixe peut être construite comme une clôture stable à action
purement mécanique ou comme une clôture fixe électrique.
Les systèmes de clôture mobiles peuvent être montés et démontés facilement et rapidement. Ils
peuvent être réutilisés régulièrement et utilisés en alternance sur différentes surfaces de pâturage.
Par rapport aux clôtures stables, les clôtures mobiles nécessitent moins de matériaux. Les clôtures
mobiles sont pratiquement toujours construites comme des clôtures électriques, car elles ne sont
pas suffisamment stables pour garantir une protection mécanique contre les évasions des animaux
de pâturage.
Il est également possible de combiner différents types de clôtures et d'effets de barrière. Une
combinaison typique de différents effets de barrière est l'ajout d'un conducteur électrique à
l'intérieur d'une clôture fixe à effet mécanique pour les chevaux ou les moutons, ce qui doit protéger
la clôture contre le grignotage ou le frottement des animaux.
La combinaison de matériaux de construction de clôtures fixes et mobiles peut s'avérer
particulièrement utile lors de la construction d'une clôture électrique dans des endroits difficiles,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 114/284
par exemple en cas de sol difficile ou près d'un cours d'eau. Par exemple, l'utilisation de filets
électroniques peut être garantie si la stabilité est renforcée par des poteaux d'angle solides et
durables et des poteaux intermédiaires individuels. Une combinaison de poteaux mobiles avec des
poteaux d'angle et des poteaux intermédiaires individuels stables supplémentaires peut être utile
sur les cours d'eau présentant un risque d'inondation. Cela permet de construire une clôture stable
dont les poteaux mobiles et le matériel d'échelle peuvent être démontés et remontés en fonction
des besoins.
Exigences en matière de clôtures de pâturage à l'épreuve des animaux gardés
L'un des risques de l'élevage d'animaux au pâturage est la possibilité d'évasion des animaux. C'est
pourquoi les clôtures de pâturage doivent être aussi résistantes que possible à l'évasion, c'est-à-
dire à la garde. Mais ce n'est pas tout : elles doivent également être résistantes aux blessures,
visibles pour les animaux de pâturage et les animaux sauvages, stables, durables et, si possible,
peu coûteuses. La protection de la nature et de l'environnement devrait également être prise en
compte.
De même qu'il n'existe pas de clôture totalement résistante aux effractions, il n'existe pas de clôture
totalement résistante aux évasions. Les animaux de pâturage paniqués peuvent s'échapper de
n'importe quelle surface clôturée. Si des dommages sont causés par la fuite les détenteurs
d'animaux de pâturage exerçant une activité agricole sont exemptés de cette obligation, mais ils
doivent prouver qu'ils ont respecté leur devoir de diligence lors de la surveillance des animaux. Il
s'agit notamment d'une clôture orientée en fonction de l'espèce animale et de la direction
d'utilisation. En outre, il faut tenir compte des risques potentiels liés à l'environnement, comme les
routes et les voies ferrées. Les clôtures (en particulier les clôtures électriques) doivent être
contrôlées quotidiennement et les résultats doivent être documentés.
Les exigences en matière de sécurité des clôtures varient selon les espèces, par exemple en ce
qui concerne la hauteur des clôtures, le nombre de conducteurs électriques et leur espacement.
Le sens d'utilisation a également son importance : une clôture pour vaches allaitantes ou taureaux
doit être plus solide qu'une clôture pour vaches laitières. Les exigences exactes peuvent être
consultées dans la brochure 1132 « Sichere Weidezäune » (clôtures de pâturage sûres).
Les ruisseaux, les fossés et autres plans d'eau ne conviennent pas comme limites de pâturage.
En effet, ils peuvent être franchis par les animaux au pâturage (surtout en cas de panique) et par
les animaux sauvages. Les sangliers et les loups, par exemple, sont de bons nageurs et n'hésitent
pas à traverser des plans d'eau ou des terrains boueux comme les marais.
Pour la construction d'une clôture fixe (clôture stable ou clôture fixe électrique) le long d'un cours
d'eau ou d'une digue, il faut tenir compte de différentes réglementations en matière de gestion et
de protection des eaux dans les différents Länder. En effet, la "gestion de l'eau", comme par
exemple le débroussaillage des berges, doit être garantie. De même, l'écoulement de l'eau ne doit
pas être entravé, même en cas de crue. Dans le Brandebourg, par exemple, la construction d'une
clôture fixe nécessite une autorisation si elle doit être construite à moins de 5 mètres d'un cours
d'eau. Pour les voies navigables fédérales, cette distance est de 10 mètres. Si une clôture est
construite sans autorisation, l'autorité compétente a dans ce cas le droit d'exiger le démontage de
la clôture. Dans tous les Länder, il est recommandé de se renseigner et de consulter les services
compétents (tels que l'association des eaux et des sols, l'administration inférieure des eaux,
l'association des digues) dès la phase de planification. Il est particulièrement important de se
concerter et de prendre des dispositions spéciales lorsque les clôtures doivent franchir des fossés.
Si une nouvelle clôture fixe doit être installée, la question se pose de savoir si un permis de
construire est nécessaire. En général, les principes suivants s'appliquent. Toutefois, étant donné
qu'il existe des différences et des exceptions régionales, il est conseillé de se renseigner au
préalable sur l'obligation éventuelle d'obtenir un permis de construire. En règle générale, aucun
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 115/284
permis de construire n'est nécessaire pour les clôtures à l'intérieur des localités. En extérieur, les
éleveurs agricoles n'ont pas besoin d'autorisation si la clôture n'est pas solidement fixée au sol,
par exemple par des piquets en béton ou des fondations. Les éleveurs amateurs ont toujours
besoin d'un permis de construire pour installer une clôture fixe à l'extérieur.
Qu'est-ce qui rend les clôtures répulsives pour les loups ?
Les exigences relatives aux clôtures repoussant les loups ne sont pas faciles à mettre en oeuvre.
Les conditions locales doivent être prises en compte, tout comme les processus d'exploitation
existants et les ressources financières et en temps de travail. Les Länder soutiennent les éleveurs
d'animaux de pâturage dans la protection préventive des troupeaux en proposant des programmes
de soutien. Les modalités de ces programmes varient d'un Land à l'autre, de même que les
exigences en matière de clôtures anti-loups ne sont pas partout les mêmes et dépendent de la
situation. Un conseil en matière de protection des troupeaux est dans tous les cas recommandé
avant le début d'un projet de construction de clôture, qu'il s'agisse d'une nouvelle construction ou
d'un équipement ultérieur.
Clôturer toute la surface du pâturage
La mesure la plus importante pour garantir l'efficacité d'une clôture repoussant les loups est que
tous les côtés de la zone de pâturage soient protégés de la même manière par une clôture
repoussant les loups. Les ruisseaux, les fossés et autres plans d'eau ne conviennent pas pour
délimiter les pâturages. Les loups sont de bons nageurs et n'hésitent pas à traverser des plans
d'eau. De même, un sol marécageux, tourbeux ou boueux ne les empêche pas de pénétrer dans
les pâturages, ce dont il faut tenir compte lors de la construction de la clôture. De même, même si
les pâturages sont proches du village, de la ferme ou du jardin et que les animaux de pâturage
peuvent ainsi sembler protégés, seule l'installation d'une clôture anti-loup sur tous les côtés du
pâturage a un effet répulsif sur les loups.
Éviter les points faibles du système de clôture
De la même manière que les loups repèrent l'animal le plus faible d'un troupeau, ils recherchent
également l'endroit le plus faible d'une clôture. C'est pourquoi les portails de clôture doivent
également être équipés de manière à résister aux loups. De même, les points faibles au niveau
des fossés et des dépressions doivent être évités grâce à un tracé de clôture adapté et à des
solutions techniques.
Empêcher le passage
En principe, il est possible d'empêcher le passage des animaux en installant une clôture stable à
action purement mécanique ou une clôture électrique, fixe ou mobile. Pour empêcher
mécaniquement l'intrusion, le matériau doit être suffisamment solide et à mailles serrées pour qu'un
loup ne puisse pas le traverser, comme c'est le cas par exemple pour les champs d'un treillis à
noeuds stables avec des noeuds non coulissants. S'il s'agit par exemple d'une clôture en lattes de
bois, il est recommandé de laisser un espace de 20 centimètres maximum entre les lattes verticales
ou horizontales. Si le matériau peut être plié, les distances doivent être réduites en conséquence.
(Ces distances sont des recommandations. Elles ne constituent pas une garantie à 100 % qu'un
loup ne puisse pas, dans une situation extrême, se faufiler à travers). Le contact avec une clôture
à effet purement mécanique est généralement indolore en cas de contact. Toutefois, comme il
existe un risque que certains loups apprennent à escalader ces clôtures ou à les manipuler avec
la patte ou le museau en cas de contacts répétés avec elles, il est préférable de ne pas les utiliser.
Il est donc judicieux d'équiper les clôtures stables à action mécanique d'une protection contre
l'escalade.
Pour garantir la protection des clôtures électriques contre l'intrusion directe à travers la clôture, les
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 116/284
trois conducteurs électriques les plus bas devraient être espacés de 20 centimètres au maximum
les uns des autres et du sol. Les distances entre les conducteurs électriques situés au-dessus
peuvent être un peu plus importantes, jusqu'à 30 centimètres au maximum.
Protection contre l'enfouissement
L'enfouissement de la clôture, la fixation d'un tablier de clôture et l'installation de conducteurs
électriques au niveau du sol ont fait leurs preuves en tant que protection contre l'enfouissement.
Seules les clôtures stables, dont l'effet de protection est purement mécanique, sont équipées d'une
protection contre l'enfouissement. Celle-ci doit empêcher un loup de creuser une clôture. Une
protection individuelle contre l'enfouissement aux endroits difficiles peut également être obtenue
en plaçant des matériaux solides, par exemple des barres métalliques, des treillis métalliques, des
pierres telles que des blocs erratiques, du béton concassé ou des matériaux similaires.
La profondeur à laquelle il est judicieux d'enterrer une clôture dépend de facteurs locaux liés à la
nature du sol. Si la nature du sol permet au loup de bien creuser, comme dans le cas d'un sol
sablonneux, une profondeur d'au moins 50 centimètres est généralement recommandée. Dans des
conditions telles que des sols très argileux, fermes ou pierreux, voire des couches de roches
proches du sol, une profondeur inférieure peut être suffisante. Si une clôture est par exemple
directement adjacente à un chemin fortement consolidé ou pavé, il peut être possible de se passer
d'une protection supplémentaire contre l'enfouissement, en accord avec les conseillers en
protection des troupeaux. Comme la profondeur d'enfouissement de la clôture doit être prise en
compte dans la hauteur de la clôture, cette méthode est particulièrement adaptée aux nouvelles
installations. Un équipement ultérieur est en principe possible, mais coûteux.
L'installation d'un tablier est également envisagée principalement pour les nouvelles installations.
Une jupe est un treillis métallique qui doit mesurer environ un mètre de long. Le tablier est fixé à
l'extérieur de la clôture, à la surface du sol, à l'aide de piquets d'ancrage et est également attaché
à la bride.
Une autre façon d'empêcher un loup de creuser est de placer un conducteur électrique à une
distance maximale de 20 centimètres du sol et à une distance d'environ 15 centimètres de la clôture.
Un conducteur électrique supplémentaire à 40 centimètres au-dessus du sol, comme cela est exigé
par exemple dans le Brandebourg pour une clôture anti-loup, empêche en outre qu'une clôture fixe
puisse être manipulée avec le museau.
Une clôture électrique anti-loup ne nécessite pas de protection supplémentaire contre
l'enfouissement. Son conducteur électrique le plus bas constitue la protection anti-sous-sol. Pour
éviter que la clôture ne soit enfoncée, il est important que le conducteur électrique le plus bas se
trouve à 20 centimètres maximum du sol et qu'il soit toujours suffisamment alimenté.
Éviter d'escalader et de sauter par-dessus
Une clôture tendue sur toute sa longueur, dans la mesure du possible, aide à exploiter pleinement
la hauteur d'une clôture. Les endroits où les clôtures s'affaissent et sont donc moins hautes peuvent
constituer un point de départ pour une tentative de franchissement. Dans le cas des clôtures
électriques, une tension serrée garantit l'espacement adéquat des conducteurs électriques. Cela
permet de maintenir la conduction du courant et donc l'effet répulsif contre les loups. La hauteur
d'une clôture électrique peut encore être augmentée visuellement en plaçant un toron à large
bande en guise de flat-band au-dessus de la clôture. Il faut alors veiller à ce que la distance par
rapport à la clôture proprement dite soit inférieure à 30 centimètres.
Un loup peut toucher une clôture fixe purement mécanique et ainsi s'entraîner et apprendre à
l'escalader. C'est pourquoi il est judicieux d'équiper ces clôtures d'une protection électrique contre
l'escalade constituée d'un conducteur électrique placé en amont. Celui-ci peut souvent être fixé à
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 117/284
la clôture à l'aide d'isolateurs d'espacement. L'écart doit être d'environ 10 à 15 centimètres. La
hauteur et le type d'installation dépendent entre autres de la hauteur de la clôture mécanique fixe.
Il est important que le loup ne puisse pas toucher le conducteur électrique lorsqu'il escalade la
clôture et qu'il reçoive une décharge électrique qui le fasse reculer. En principe, la protection anti-
escalade peut être placée devant, en biais vers le haut ou au-dessus de la clôture. Si la clôture
mécanique fixe a une hauteur de 120 centimètres pour les moutons, par exemple, un conducteur
électrique supplémentaire placé au-dessus de la clôture à une hauteur de 140 centimètres offre,
outre la protection contre l'escalade, l'avantage de surélever la clôture.
Éviter les aides à l'enfoncement
Même les hautes clôtures anti-loup ne servent à rien si un loup a la possibilité de pénétrer dans le
pâturage par un obstacle. Les objets plus bas que la clôture offrent également aux loups une
possibilité de pénétrer dans l'enclos. C'est pourquoi les éleveurs devraient considérer les bottes
de paille ou de foin, les tas de fumier, les bancs, les troncs d'arbre, les murs, les piles de bois et
autres comme des obstacles potentiels pour les loups. Il faut tenir compte de la distance entre
l'obstacle et la clôture, de la hauteur de la clôture et de la hauteur de la possibilité d'accès.
Les possibilités d'éviter les aides au saut sont les suivantes :
? d'augmenter la distance entre l'éventuelle aide au saut et la clôture anti-loup et/ou
? trouver un autre endroit pour les barrières mobiles et/ou
? d'augmenter la hauteur de la clôture anti-loup au niveau de l'obstacle.
Les exemples suivants illustrent ce point : Plus une souche "immobile" ou un mur praticable est
haut, plus la zone de pâturage clôturée devrait être éloignée. Dans le cas de talus et d'arêtes de
terrain pouvant être utilisés comme point d'entrée, une alternative au maintien de la distance
consiste à décaler la clôture le long de l'endroit surélevé ou à la surélever.
Apprendre à sauter - l'utilisation d'aides à l'obstacle
Les aides au saut peuvent favoriser le processus d'apprentissage du saut des clôtures et devraient
donc être évitées de toute urgence. Si, par exemple, un tas de fumier ou de bois se trouve à côté
de la clôture, un loup pourrait se rendre à cet endroit surélevé pour avoir d'abord une vue
d'ensemble des animaux. Vue d'en haut et par-dessus la clôture, celle-ci ne constitue pas une
barrière suffisante et un saut est plus probable.
Si le loup se trouve dans le pâturage après avoir sauté à l'intérieur, il devra à nouveau traverser la
clôture pour la quitter. Mais comment faire ? Le loup ne sautera pas nécessairement à nouveau la
clôture, mais cherchera une solution en fonction de la situation. Sans aide au saut - vue du sol - la
clôture peut représenter à nouveau une barrière qu'il n'avait franchie auparavant qu'en utilisant
l'aide au saut. S'il dispose de suffisamment de temps et que la possibilité lui en est donnée, il peut
l'enfoncer. Il est généralement plus facile de faire passer une proie sous une clôture que par-dessus.
La probabilité de sauter hors de la clôture augmente si celle-ci doit être franchie rapidement et / ou
si la clôture empêche de creuser sous la clôture, comme dans le cas d'une clôture électrique
construite pour repousser les loups.
Cela peut ne pas paraître évident, mais quitter un pâturage et y pénétrer de manière ciblée peuvent
représenter des situations très différentes de résolution de problèmes pour les loups. Même un
animal qui saute plusieurs fois hors d'un pâturage clôturé n'utilisera pas nécessairement cette
technique pour entrer dans le pâturage. Dans l'ensemble, on peut toutefois supposer que la
probabilité de sauter cette clôture ou une clôture similaire augmente à chaque fois qu'un loup
réussit à sauter par-dessus une clôture de pâturage.
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 118/284
Outre les clôtures anti-loups, les chiens de protection des troupeaux sont également utilisés dans
l'élevage en pâturage. Ces chiens vivent au sein du troupeau et travaillent en grande partie de
manière autonome, ils aboient à tous les dangers potentiels. Mais il faut apprendre à se servir des
chiens de protection.
Protéger et garder
Les chiens sont utilisés comme animaux de travail et assistants dans de nombreux secteurs
professionnels et situations de vie. Dans l'élevage d'animaux au pâturage, en particulier dans
l'élevage ovin, les chiens de troupeau sont indispensables pour effectuer différents travaux sur les
troupeaux d'animaux de rente. En tant qu'animaux d'accompagnement et de travail des bergers,
les chiens de conduite maintiennent par exemple le troupeau en mouvement pour le conduire d'un
endroit à un autre. Les chiens de berger maintiennent les troupeaux ensemble, ramènent les
animaux vers le groupe ou séparent certains animaux sur commande. Les chiens de protection
chassent et aboient de manière autonome tout ce qui s'approche du troupeau sans autorisation. Il
peut s'agir de prédateurs comme le loup, mais aussi de chiens sauvages, de sangliers, d'autres
animaux ou de personnes étrangères.
Les chiens de protection ne sont pas spécialisés dans un type de clientèle : ils peuvent tout aussi
bien être utilisés pour surveiller les moutons et les chèvres que pour protéger les bovins
domestiques et même les volailles. L'utilisation des chiens de protection a considérablement
augmenté en Allemagne au cours des dernières années. Des chiffres précis ne sont pas
disponibles actuellement.
Caractéristiques particulières des chiens de protection
Contrairement aux chiens de berger et autres chiens de troupeau, un chien de protection travaille
en grande partie de manière autonome, sans instructions d'une personne de référence. Ils décident
eux-mêmes de la manière dont ils assurent la protection de "leur troupeau", d'autant plus qu'ils se
trouvent généralement sans surveillance dans le troupeau. Ils doivent faire preuve d'un
comportement de protection prononcé et se présenter comme des chiens de protection imposants,
capables de se défendre avec une grande réactivité. En même temps, ils doivent faire preuve de
suffisamment de prudence pour ne pas se mettre eux-mêmes en danger.
Condition de base pour l'utilisation d'un chien de protection : Sa personne de référence doit pouvoir
manipuler le chien sans problème. En outre, il ne doit pas réagir de manière exagérément
agressive envers d'autres personnes.
Né pour la protection des troupeaux
Une race de chien de la lignée de travail correspondante, élevée pour la protection des troupeaux,
apporte idéalement la prédisposition génétique à la protection des troupeaux, c'est-à-dire que le
chien dispose des conditions nécessaires pour s'attacher de manière fiable à un troupeau sans
contrainte extérieure, développer la motivation à repousser en fonction du troupeau à protéger,
travailler en bonne intelligence au sein d'une meute de chiens (plusieurs chiens de protection sont
toujours utilisés) et bien supporter les luttes hiérarchiques.
Les chiens de protection des troupeaux grandissent dans leur tâche
Une formation adéquate permet d'encourager le comportement souhaité chez les chiens de
protection des troupeaux ayant une prédisposition génétique correspondante. Dans ce contexte,
les chiens de protection doivent développer une relation profonde avec leur troupeau et leurs
protégés. Parallèlement, ils doivent apprendre à accepter et à respecter leur personne de référence.
En règle générale, les chiens de protection grandissent avec le troupeau et sont en contact direct
avec leurs futurs protégés. Cela crée une familiarité dès le plus jeune âge, mais ce n'est pas un
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 119/284
processus anodin et il faut être accompagné par la personne de référence. Le troupeau doit lui
aussi s'habituer à la présence des chiens de protection. Pour cela, on utilise au moins deux chiens
par troupeau afin de répondre aux besoins sociaux des chiens.
La formation des chiens de protection est importante pour leur capacité relationnelle et de travail,
car ils travaillent en permanence dans un ensemble complexe de relations entre les troupeaux
d'animaux de pâturage, les personnes de référence, la meute de chiens et leur environnement. Ils
doivent être en mesure d'évaluer les situations dangereuses et de réagir de manière appropriée,
mais sans agressivité excessive.
La sélection de races suivante est notamment utilisée en Allemagne pour la protection des
troupeaux :
? Chien de berger Kangal,
? Kuvasz,
? Chien de berger de Maremme et des Abruzzes,
? Chien de berger du Caucase - Ovtcharka,
? Chien de montagne des Pyrénées,
? Chien de berger yougoslave - Sarplaninac,
? Berger de Bosnie-Herzégovine - Croate ? Tornjak
Possibilités et limites d'utilisation
L'utilisation de chiens de protection constitue une mesure de protection des troupeaux qui a fait
ses preuves dans la pratique, surtout en combinaison avec des clôtures repoussant les loups.
Toutefois, l'acquisition de chiens de protection doit être mûrement réfléchie, que l'on ait déjà de
l'expérience avec les chiens de troupeau ou non.
La gestion quotidienne des chiens de protection est exigeante. Une fois acquis, les chiens de
protection restent dans le meilleur des cas de longues années dans l'exploitation et ont besoin, en
plus de la nourriture, du vétérinaire et des médicaments, de l'approbation de leurs maîtres et d'une
surveillance quotidienne. Même si les chiens de protection travaillent de manière autonome, ils
impliquent une responsabilité particulière pour leurs détenteurs. Il ne faut pas oublier que les chiens
ne doivent pas seulement convenir à la direction de l'exploitation, mais aussi à l'exploitation et à
son fonctionnement.
En outre, les considérations financières jouent un rôle. Selon une étude (KTBL (2018)), il faut
compter en moyenne 3.000 euros pour l'acquisition ou l'élevage d'un chien de travail opérationnel.
L'entretien entraîne des coûts supplémentaires pour l'assurance, les accessoires, la nourriture pour
chien, le vétérinaire, les coûts salariaux pour la garde du chien, les coûts des machines, par
exemple un transporteur ou une remorque pour chien, ainsi que les coûts d'une niche.
Des conflits peuvent survenir dans ou avec le voisinage : Si les surfaces de pâturage se trouvent
par exemple à proximité ou à l'intérieur de localités, les riverains peuvent se sentir incommodés
par les aboiements des chiens, surtout la nuit. Il en va de même pour les surfaces situées à
proximité immédiate de chemins de randonnée, où le comportement défensif des chiens peut irriter
les promeneurs.
Recommandations pour la protection des chevaux
Source https://www.pferdundwolf.org/
PUBLIÉ
https://www.pferdundwolf.org/
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Recommandations en Basse-Saxe
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9 Fiche Communauté autonome des Asturies
9.1 Présentation de l?élevage dans les Asturies
Les précipitations dans la Principauté des Asturies sont beaucoup plus importantes en été qu'elles
ne le sont en hiver. Sur l'année, la température moyenne de 12.5°C et les précipitations sont en
moyenne de 967mm. Ces caractéristiques atlantiques humides font des Asturies une grande région
d?élevage en Espagne.
9.1.1 Ovins
En Espagne il y a plus de 15 millions de moutons48 (25% du cheptel européen) dont 7,7 millions
pour la viande et 2,1 millions pour le lait.
Mais les Asturies sont une région peu productrice de moutons (même s?il existe une race locale la
Xalda), que ce soit pour le lait ou la viande (moins de 1% de la production espagnole dans les deux
cas).
48 Caracterización del sector ovino y caprino de leche en España (Datos Año 2021), Subdirección General de
Producciones Ganaderas y Cinegéticas, Dirección General de Producciones y Mercados Agrarios. Catálogo de
Publicaciones de la Administración General del Estado
PUBLIÉ
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9.1.2 Bovins
Les bovins sont principalement des vaches laitières. Le lait des Asturies est réputé dans toute
l?Espagne.
Les Asturies (un peu plus d'un million d'habitants) produisent de l?ordre de 550 000 tonnes de lait
par an, les Asturies atteignent 528 litres par personne. Elle n?est dépassée en Espagne que par la
Galice puisque les 7 900 fermes galiciennes parviennent à atteindre la tonne annuelle de lait par
habitant, seulement dépassées en Europe par la Bretagne avec près de 1 500 litres de lait par
personne et diverses régions de la Nouvelle-Zélande.
Le nombre d?animaux diminue également autour de 100 000 vaches laitières.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 124/284
Les exploitations laitières des Asturies sont encore de petite taille avec 42 vaches laitières en
moyenne49 (64 en moyenne nationale en Espagne) en 2020 malgré une augmentation régulière
de taille. Le nombre d?exploitations est en diminution50 rapide.
9.1.3 Caprins
La population de chèvres est de l?ordre de 32 000 animaux. Les exploitations caprines sont de
l?ordre de 1100 et sont donc de faible taille moyenne.
49 https://www.campogalego.es/asi-es-el-tamano-de-las-granjas-de-vacuno-de-leche-en-cada-comunidad-
autonoma/
50
https://digibuo.uniovi.es/dspace/bitstream/handle/10651/64818/tfm_EnolBorgeGonz%C3%A1lez.pdf?sequence=4
&isAllowed=y
PUBLIÉ
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La production annuelle de lait de chèvre est de l?ordre de 4,7 millions de litres et la production de
fromage de l?ordre de 450 tonnes par an.
9.2 Caractéristiques de la population de loups
9.2.1 Les effectifs de loups
La population est aujourd?hui de l?ordre de 300 loups. L?estimation de la population fait l?objet d?un
document spécifique51 du gouvernement. Les indicateurs qui sont suivis sont les meutes, les
meutes reproductrices et les individus dispersés.
Nombre d?individus : 314 en 2021
Nombre de meutes : 42 dont 37 avec reproduction en 2021
Évolution de la population
51 Estimaciòn de la populatiòn del lobo iberico (Canis lupus signatus) en el Principado de Asturias por unidades
reproductoras. 2021.
PUBLIÉ
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L'estimation de la population de loups dans les Asturies est réalisée depuis 1986 et est disponible
dans une autre publication officielle52 du Gouvernement disponible en ligne.
9.2.2 Méthode de dénombrement du loup
L'objectif du suivi de la population est d'essayer d'établir la tendance de la population, c'est-à-dire
savoir si elle augmente, diminue ou reste stable. Le gouvernement des Asturies se base sur l'avis
de scientifiques53 « les estimations de population?. doivent être interprétés comme des ordres de
grandeur de la situation de la population et de ses tendances et non comme des chiffres pouvant
étayer des inférences statistiques ».
Le gouvernement explique que toute technique est sujette à de grandes variations en fonction de
leur applicabilité, des conditions atmosphériques, du niveau d'effort, de l'expérience de
l'observateur, etc., qui font de toute évaluation une estimation.
A partir de 2004 la méthode est plus standardisée et utilise des techniques qui sont généralement
appliquées dans les recensements de diverses espèces de carnivores.
Les techniques tentent de détecter les « meutes ». Celles qui ont été utilisées sont les stations
d'échantillonnage (écouter ou attendre) ; les Itinéraires pour le calcul d'un indice kilométrique
d'abondance, et les observations sporadiques des groupes de naturalistes.
9.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
La carte suivante situe les meutes qui couvrent l?essentiel du territoire des Asturies.
9.2.4 Viabilité de la population de loups
Selon le gouvernement des Asturies, la preuve de la viabilité de la population de loup serait donnée
par le fait que, non seulement la population s?est maintenue au fil du temps, mais qu?elle a
augmenté et qu?elle étend son aire de répartition.
52 PLAN DE GESTIÓN DEL LOBO EN EL PRINCIPADO DE ASTURIAS Decreto 23/2015, de 25 de marzo,
Apartado 7.5, a
53 Wolves in Italy: critical issues for their conservation. L. Boitani, P. Ciucci. 1993. Environmental Science
PUBLIÉ
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La mission n?a pas trouvé d?étude spécifique relative à la viabilité démographique du loup dans les
Asturies ce qui n?a d?ailleurs pas beaucoup de sens car cette viabilité est atteinte sur la population
du loup ibérique estimée à plus de 2 500 individus sur l?ensemble du nord-ouest de l?Espagne.
Des inquiétudes existent sur la perte de diversité génétique54 liée à son isolement géographique
et qui ont été renforcées par la disparition de la population de la Sierra Morena au sud de l?Espagne.
9.3 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
9.3.1 Prédations sur les troupeaux
La Principauté des Asturies est la deuxième communauté autonome d'Espagne pour le nombre de
dommages au bétail55 (Castille et Léon est la région qui enregistre le plus grand nombre d'attaques
chaque année). L?indicateur qui est suivi est le nombre d?animaux impactés et pas les animaux
morts à la suite de la prédation.
Afin de connaître la localisation géographique, le type de dégâts, le bétail affecté et la séquence
temporelle, les milliers de cas de dégâts causés par la faune sauvage sont traités chaque année.
La Principauté dispose d'une enquête exhaustive menée par l'Université d'Oviedo en 2021,
appelée « Surveillance des dégâts causés par les grands carnivores dans les Asturies ».
Entre 2019 et 2020, les loups ont commis des dégâts sur plus de 6 000 animaux, selon l'analyse
du plan d'action de lutte contre le loup 2021-2022.
L'analyse des dommages est faite sur quatre catégories de bétail : les bovins, les caprins, les
équins (y compris les ânes, les chevaux et les mulets) et les ovins. Les dossiers concernant les
porcs et les canidés ne sont pas inclus car l'évaluation des dommages ne serait pas statistiquement
pertinente selon cette étude.
54 Il existe des publications attestant de la perte génétique du loup ibérique actuel par rapport aux loups
« historiques » de la Sierra Morena.
55 https://www.club-caza.com/article/art/21641
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 128/284
9.3.2 Interactions du loup avec l'Homme
Les journaux asturiens regorgent d?articles relatant les attaques de bétail. Il existe très peu
d?articles relatant sinon des attaques d?homme par le loup, des situations vécues comme
dangereuses56.
9.4 Politique publique de gestion du loup dans la principauté
9.4.1 Administrations en charge de la gestion du loup
Il existe une « stratégie pour la conservation et la gestion du loup (Canis lupus) et de sa coexistence
avec les activités rurales » éditée en 2022 par le « Ministère de la transition écologique et du défi
démographique57 » du gouvernement espagnol. Il est en outre responsable de l?élaboration de la
liste des espèces protégées (Lespre).
Le gouvernement des Asturies est en charge de la gestion du loup par l?intermédiaire du « conseil
de l'élevage et des ressources autochtones58 » et du « conseil des affaires rurales et de la cohésion
territoriale59 ».
9.4.2 Plan de gestion du loup
Le décret 23/2015 du 25 mars 2015 a approuvé le deuxième « plan de gestion60 du Loup dans la
Principauté des Asturies » toujours en vigueur et qui a succédé au premier plan de gestion
approuvé en 2002. Le plan de gestion est sous la responsabilité du conseil de l'élevage et des
ressources autochtones.
La direction générale du milieu naturel et de l'aménagement rural, qui dépend du conseil des
affaires rurales et de la cohésion territoriale, est en charge des « programmes-cadres annuels pour
le développement des prélèvements de loups dans la Principauté des Asturies ».
9.4.3 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
a) Mesures nationales
Il existe au niveau national un « catalogue » des mesures de protection61. Elles sont déclinées
selon le type d'élevage avec des spécifications techniques.
Ovins/caprins
? Gardiennage et surveillance avec des chiens de garde.
? Structures de nuit.
56 Programa marco para el desarrollo de las extracciones de lobo en el Principado de Asturias, 2022-2023. II PLAN
DE GESTIÓN DEL LOBO EN EL PRINCIPADO DE ASTURIAS. Decreto 23/2015, de 25 de marzo, Apartado 7.5, a
56 https://www.club-caza.com/article/art/7744
57 Ministerio para la transitiòn ecologica et el reto demografico
58 Consejería de Agroganadería y Recursos Autóctonos.
59 Consejería de Medio Rural y Cohesión Territorial
60 https://parquenacionalpicoseuropa.es/wp-content/uploads/2016/02/Decreto-23_2015.-II-Plan-de-
Gestio%CC%81n-del-Lobo-en-el-Principado-de-Asturias.pdf
61 Cataloguo de medidas parra favorecer la convivencia entre el lobo y la actividad ganadera.
PUBLIÉ
https://www.club-caza.com/article/art/7744
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 129/284
Bovins
? Gardiennage et surveillance avec des chiens de garde.
? Structures de protection des veaux et d'élevage.
Équins
? Groupement des clôtures.
? Sélection de races et d'étalons au comportement anti-prédateur.
Enfin il est préconisé des systèmes de géolocalisation pour améliorer la cohabitation entre le loup
et le bétail, en pratique les bovins. Selon le catalogue, la connaissance détaillée de l'emplacement
des bovins a des effets positifs sur la gestion de l'exploitation, car elle permet de localiser les
animaux afin de faciliter leur déplacement ou leur transfert, de mieux utiliser les pâturages,
d'informer des événements pouvant survenir à un animal et d'améliorer la gestion de l'élevage,
d?adopter des mesures de surveillance et de protection des animaux contre les loups (par exemple,
cela peut faciliter le travail de rassemblement du troupeau pour le mettre en parc la nuit). Les
appareils sont basés sur la technologie GPS-GSM qui communiquent rapidement et à relativement
peu de frais des informations sur la localisation spatiale des animaux ainsi que sur leur condition
physique. De plus, il peut être combiné avec des alarmes de vêlage.
b) Mesures régionales
Extrait relatif aux Asturies du tableau des ressources financières
fournies par les Communautés autonomes pour la prévention des dommages62
L'inscription du loup dans la liste des espèces protégées espagnole a entrainé une évolution du
mode de gestion. Il est davantage axé sur la gestion et la prévention des dommages au cheptel
extensif. Ce changement devait permettre aux communautés autonomes de recevoir davantage
de financements ce qui s?est traduit dans les Asturies par une augmentation du budget des
protections.
LES ACTIONS DE PROTECTION DU CHEPTEL
Au cours de l'année 2017, des aides ont été octroyées pour la protection des dommages causés
par les grands carnivores, dont les loups et les ours. La dotation budgétaire était de 109 250 ¤,
répartis entre les deux espèces. Le loup a reçu 89 250 ¤ répartis en deux lignes : une pour les
entreprises privées et l'autre pour les familles. L'appel à projet a été lancé et 49 candidatures ont
62 Source : Stratégie pour la conservation et la gestion du loup (Canis lupus) et de sa coexistence avec les activités
rurales
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 130/284
été soumises dont 6 ont été rejetées. Le montant total demandé s'élevait à 446 477,22 ¤, ce qui a
forcé la distribution en fonction des priorités de distribution établies dans les bases de l'appel.
En 2021, de nouvelles bases réglementaires ont été élaborées et publiées pour les aides à la
protection contre les attaques de la faune, également applicables au loup, parmi lesquelles figurent
les lignes suivantes : clôtures de protection fixes et mobiles, acquisition de dispositifs de
géolocalisation pour le bétail, acquisition de chiens de protection et de leur entretien. Les critères
d'évaluation sont différents des précédents, éliminant ceux qui étaient moins opérationnels ;
introduction de nouveaux critères basés sur le besoin de protection, soit en raison de l'importance
des dommages subis par l'exploitation, soit du type d'élevage. Cette ligne d'appui à la prévention
dotée d'un budget de deux millions d'euros et dont le mandat s'est terminé le 31 juin 2022, s'inscrit
dans le cadre de l'appel à aides pour soutenir les investissements dans les exploitations agricoles,
la création d'entreprises pour les jeunes agriculteurs et pour soutenir les non- investissements
productifs liés au respect des objectifs agro-environnementaux et climatiques (adoption de
mesures préventives). Il peut être consulté sur le lien suivant :
https://sede.asturias.es/bopa/2022/05/23/2022-03740.pdf.
A l'initiative de l'Administration, deux clôtures ont été réalisées. Elles sont considérées comme des
expériences pilotes et financées par le Ministère de la Transition Ecologique (MITECO). Le premier
entièrement terminé est situé à Lena et son but est de protéger les veaux. Le deuxième enclos est
situé à la Commune d'Allande dans la vallée de Valledor dans le but de protéger un troupeau de
chèvres. De même, en collaboration avec la Mairie de Somiedo et les agriculteurs, l'Administration
de la Principauté, une clôture de pâturage et de défense pour un troupeau de 300 chèvres a été
réalisée dans le Parc Naturel. Une clôture de protection pour le petit bétail a également été
construite dans la ville de Sotres (Cabrales) et la clôture de la ville de Tielve, également à Cabrales,
a été réparée.
9.4.4 Évaluation de l?efficacité des mesures de protection
La mission n?a pas trouvé d?étude spécifique de l?efficacité des mesures de protection relative aux
Asturies. Mais il existe une étude scientifique récente espagnole63 examinant 95 plans de gestion
des loups publiés entre 1982 et 2019 en Amérique du Nord et en Europe. Elle montre que la plupart
des plans de gestion des loups dans leur aire de répartition mondiale incluent la prévention des
dommages comme pilier fondamental de sa gestion.
La « stratégie pour la conservation et la gestion du loup (Canis lupus) et de sa coexistence avec
les activités rurales » du gouvernement espagnol a fortement mis en avant les mesures et
protection et elle reprend les résultats d?une étude scientifique64 qui a analysé l'efficacité des 11
mesures suivantes :
1. Animaux de garde : chiens, ânes ou lamas pour surveiller le bétail lors des attaques.
2. Clôtures : bois, filet, clôtures électriques et clôtures mobiles pour protéger les troupeaux la nuit
ou de fermer les pâturages pendant la journée pour éviter la dispersion de bétail.
3. Moyens de dissuasion visuels et/ou auditifs : banderoles ou barbacanes, rubans en plastique,
appareils auditifs et/ou visuels avec détecteurs de mouvement ou activation périodique dans le
temps.
63 Corominas Mills, S. (2020). La prevención de daños al ganado en los planes de gestión del lobo. Trabajo de Fin
de Grado. Facultad de Ciencias y tecnología de la Universidad de Barcelona
64 Eklund, A., López-Bao, J. V., Tourani, M., Chapron, G., & Frank, J. (2017). Limited evidence on the effectiveness
of interventions to reduce livestock predation by large carnivores. Scientific Reports, 7(1). Doi: 10.1038/s41598-
017-02323-w.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 131/284
4. Renforcer les populations d'ongulés sauvages pour que les loups s'en nourrissent et non sur les
animaux de compagnie.
5. Bergers : pour surveiller et contrôler le bétail, et effrayer les loups s'ils s'approchent, simplement
par leur présence ou par l'utilisation d'une autre méthode (bruit, balles non létales, etc.).
6. Gestion du bétail : modifier la taille des troupeaux, les déplacer vers des zones sans présence
de loups ni changement de type de bétail.
7. Collier à décharge électrique : il est posé sur le loup et par télédétection ou les radiofréquences
provoquent un stimulus électrique chez le loup lorsqu'il traverse un frontière, invisible pour lui, mais
qui délimite une zone à bétail.
8. Conditionnement aversif : substance chimique ajoutée aux animaux morts afin que les loups
associent le bétail un mauvais goût et qu?ils ne le chassent plus (cette catégorie comprend
également des munitions non létales pour blesser légèrement les loups et les effrayer d'une attaque
imminente.
9. Translocation : Prélèvement non létal d'individus ou même de meutes entière : l'individu est
capturé et relâché dans un autre territoire sans danger de prédation du bétail (ou beaucoup moins).
10. Contrôle létal : piégeage et chasse pour réduire les attaques de loups sur le bétail ou pour
éviter une attaque imminente.
11. Expérimental ? autre : mesures en phase de test, telles que les clôtures biologiques et les
bergers simulés.
D?après le tableau suivant extrait de la stratégie nationale, les mesures 6. Gestion du bétail,
9. Translocation et 10. Contrôle létal sont celles avec l?indice d?efficacité les plus élevés.
9.4.5 Indemnisation des dégâts liés au loup
a) Principe de l?indemnisation
Le principe de l?indemnisation a été renforcé par l?adoption de la stratégie espagnole de 2022 et
les moyens apportés par l?Etat ont contribué à une augmentation du niveau d?indemnisation.
b) Le montant des indemnisations
Les dommages causés au bétail asturien depuis 2001 ont donné lieu à des indemnisations de plus
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 132/284
de 16 millions d'euros65 . Le tableau suivant donne le montant des indemnisations sur les six
dernières années66.
9.4.6 Mesures d?intervention sur le loup
Les méthodes d?intervention sur la population de loup sont prévues par le « Programme-cadre67
pour le développement des extractions de loups dans la Principauté des Asturies 2022-2023 » qui
autorise l'exécution des prélèvements et des actions visant à atteindre les objectifs fixés. Les
contrôles sont réalisés par le Service de la Faune de la Principauté des Asturies.
Les actions pour 2020 et 2021 étaient couvertes par le programme d'actions de contrôle pour 2019-
2020 et 2020-2021, ce dernier avait été suspendu par la direction générale de l'environnement
naturel et de l'aménagement du territoire au moment de la publication de l'arrêté ministériel pour
l'inclusion du loup dans le décret royal 139/2011 du 4 février fixant la liste des espèces sauvages
sous régime de protection spéciale (LESPRE). L'inscription du loup dans la liste espagnole des
espèces protégées avait aussi impliqué un temps la fin de la chasse commerciale du loup.
Les prélèvements sont à nouveau autorisés sous un régime de dérogation.
Dans la Principauté des Asturies, le loup est considéré comme une espèce non chassable68. Le
Plan de gestion du loup dans la Principauté des Asturies réglemente les actions de suivi et de
contrôle de la population de l'espèce dans cette communauté autonome. Ce plan69 considère la
gestion de l'espèce dans le parc national des Pics d'Europe comme un parc national particulier :
les loups peuvent être « extraits » mais pas prélevés.
Les résultats des prélèvements qui ont été effectués dans le cadre de ces autorisations, ainsi que
les loups tués pour d'autres causes concernent 31 individus. Ils sont répartis géographiquement
65 https://www.lavozdeasturias.es/noticia/asturias/2021/09/28/fueron-ataques-lobo-
asturias/00031632850176424498159.htm
66 Source : Stratégie de conservation et de gestion du loup (Canis lupus) et sa coexistence avec les activités en
milieu rural
67 Programa marco para el desarrollo de las extracciones de lobo en el Principado de Asturias, 2022-2023
68 Résolution du 16 octobre 2022 de la Direction générale du milieu naturel et de l'aménagement rural, par laquelle
les travaux de localisation et de prévention de l'aggravation des dommages avant extraction sont autorisés de
spécimens de loups (canis lupus signatus) à l'intérieur du parc national des Pics d'Europe (zone de Cabrales-
Peñamelleras-Asturies).
69 point 5.7 de son annexe
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 133/284
par zones géographiques selon le tableau suivant.
Le nombre maximum de spécimens de loups à prélever est établi en fonction d?un taux moyen de
population afin de garantir une population stable
L?effectif de la population est estimé sur la base du nombre total de meutes enregistrées et du
nombre de meutes dans lesquelles la reproduction a été confirmée, sur la base de 7,9 spécimens
par meute reproductrice et de 3 individus pour le reste des meutes (chiffres retenues de divers
auteurs70).
Les taux de prélèvement qui ont été réalisés dans les différents programmes de lutte contre le loup
dans les Asturies depuis 2004 ont varié entre 1% (en 2021 non significatif compte tenu de la
décision nationale de 2021) et 14%. Le taux moyen sur la période est de 8,9% de la population
estimée.
La carte ci-dessous montre les lieux de prélèvement de loup en 2019-2020.
70 Fuller, 1889 et 2003 ; Gasway, 1983; Ballard 1987; Peterson 1984 et Smietana et Wajda 1997
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 134/284
9.4.7 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
Sans objet pour les Asturies compte tenu de la présence du loup sur l?ensemble du territoire rural
à l?exception de la plaine côtière.
9.5 Acceptation sociale
9.5.1 Acceptation par le monde agricole
Les attaques des troupeaux peuvent avoir lieu à proximité des villages71. Des agriculteurs, dans la
région de Peñamellera Baja et par l'intermédiaire de l'association Ganagri, ont émis des critiques
contre la gestion du loup. Une grande augmentation des décès d'animaux dans les pâturages
communaux des ports de Cuera et Uzllaves en raison d'attaques de loups est enregistrée, ce qui
conduit les agriculteurs à se s?interroger sur l'utilisation des pâturages de montagne. En effet la
mort des mulets, des poulains et du petit bétail fait que l'activité cesse d'être rentable. Cela
signifierait que la plupart des troupeaux qui existent encore d'ovins et de caprins disparaîtront à
l'est.
9.5.2 Acceptation par l?opinion publique
Le Gouvernement des Asturies considère qu?il est difficile de mesurer le « conflit social existant ».
Pour lui, il est indirectement être reflété dans l'analyse des dommages. Un autre indicateur est le
nombre d?articles dans les médias écrits régionaux (La Nueva España, El Comercio, La Voz de
Asturias,...) qui donnent d'une certaine manière, une image de l'opinion que la société asturienne
a sur le loup et de l'importance qu'elle lui accorde.
Dans ce sens, au cours des différentes années le tableau suivant recense le nombre d?articles
écrits dans les médias régionaux (dans toutes leurs éditions) qui ont à voir, directement ou
indirectement, avec le loup ou avec un sujet qui lui est lié.
71 https://www.elcomercio.es/asturias/oriente/lobo-acaba-ovejas-20190904001329-ntvo.html
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 135/284
9.6 Éléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du
loup dans les Asturies
9.6.1 Les points saillants de la politique publique du loup dans les Asturies
La population de loup est de l?ordre du tiers de la population française. Le niveau de dépenses
ramené au nombre de loup est très nettement inférieur de l?ordre de :
? 6 500 ¤ par loup pour les mesures de protection (France : 33 000 ¤) ;
? 2 800 ¤ par loup pour les indemnisations (France : 3 900 ¤).
Le coût des mesures de protection est très nettement inférieur à celui constaté en France Le coût
des indemnisations par loup est d?un montant inférieur à celui constaté en France mais nettement
plus proche en ordre de grandeur (- 28%).
9.6.2 Pistes d'évolution et expérimentation de nouvelles mesures
La réorientation de la gestion du loup en Espagne vers davantage de mesures de protection ne
date que de 2022. Elle s?est traduite dans les Asturies par une augmentation très importante du
coût des mesures de protection et des expérimentations menées par l?administration. Il serait
souhaitable de vérifier si cette évolution se poursuit dans le temps.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 136/284
10 Fiche Communauté autonome de Castille et Léon
Cette fiche présente la situation en Castille et Léon. La Communauté autonome de Castille et León
occupe 94 226 km2. Cette région est située dans le quadrant nord-ouest de la péninsule ibérique
et représente 18,6% de la superficie totale de l'Espagne. C'est la région la plus étendue en
Espagne et la troisième par sa superficie en Europe.
La Castille et Léon avait la particularité d?avoir, jusqu?en 2021, deux régimes juridiques différents
pour la gestion du loup au nord et au sud du Douro. Au nord, la chasse était autorisée. Une décision
de 2021 du ministère espagnol de l?environnement a harmonisé les modes de gestion en faisant
du loup une espèce protégée sur l?ensemble du territoire national.
10.1 Présentation de l?élevage en Castille et Léon
Actuellement, en Castille et León, il y a quelque 18 000 élevages extensifs qui rassemblent un peu
plus de 3,1 millions de têtes toutes espèces d?élevage confondues72.
10.1.1 Ovins
C?est la première région productrice pour le lait de brebis quasiment à égalité avec la Castilla-
Mancha. Selon les données de novembre 2020 du ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de
l'Alimentation espagnol, il y avait un peu moins de 900 000 brebis pour le lait (40,7% du total
national)
Castille et Léon est la deuxième région productrice de viande de mouton en Espagne à égalité
avec, l'Andalousie et l'Aragon mais après l'Estrémadure. Le mode de consommation traditionnel
de la viande ovine est l'agneau de lait. Pour les ovins à viande, l?ordre de grandeur est 1 million de
moutons.
La production régionale en caprins est très faible (6,4% du total national pour le lait et 6,9% pour
la viande).
10.1.2 Bovins
En Espagne, 641 000 tonnes de viande bovine sont produites chaque année. Castille et Léon est
la deuxième communauté autonome de production avec 109 000 tonnes par an mais la première
en nombre de bovins. Il y a plus de 6 millions de têtes de bétail en Espagne, dont 1,3 million sont
en Castille et Léon. La communauté autonome compte de l?ordre de 24 000 fermes bovines.
10.1.3 Caprins
La production régionale en caprins est très faible (6,4% du total national pour le lait et 6,9% pour
la viande).
10.2 Caractéristiques de la population de loups
10.2.1 Les effectifs de loups
Le recensement national en Espagne de 2012-2014 estimait qu'il y avait 297 meutes de loups. Le
72 Mise à jour du plan de conservation et de gestion du loup.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 137/284
recensement régional de Castille et Léon 2012-2013 73 a permis de localiser 179 meutes
(population estimée 1 600 loups), 152 au nord du fleuve Douro et 27 au sud et potentiellement 191
meutes parcouraient la Castille et Léon car certaines meutes sont à cheval sur d'autres régions.
L?augmentation était de l?ordre de 20% par rapport au précédent recensement.
Il y a eu deux mises à jour, l?une en 2018 qui statuait sur une nouvelle augmentation de 20% de la
population (201 meutes : 1 800 individus) et l?autre en cours au début de l?année 2023. Pour cette
dernière mise à jour, la Junta de Castille et León a communiqué uniquement sur une
« augmentation substantielle » des meutes. Le site internet74 ne donne pas d?informations sur les
mises à jour et ne publie que le recensement de 2012-2013.
10.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Les objectifs du recensement sont de :
? détecter les meutes ;
? déterminer la répartition géographique des meutes ;
? déterminer l?aire de distribution du loup.
Le recensement régional indique les trois méthodes utilisées pour la détection :
? les itinéraires de recensement ;
? les stations d?observation et d?écoute ;
? les collectes d?indices.
Les méthodes sont celles appliquées dans le recensement national. A ce titre elles sont identiques
à celles décrites par la fiche relative à la Principauté des Asturies.
10.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
Les points sur la carte ci-dessous issue du recensement de 2012-2014 représentent des meutes.
73 Censo régional de lobo iberico en la Comunidad de Castille et LéonCastille et Léon 2012-2013.
74 https://medioambiente.jcyl.es/web/es/medio-natural/lobo-castilla-Léon.html
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 138/284
10.2.4 Viabilité de la population de loups
La viabilité n?est pas analysée au niveau de la Castille et Léon car la population de loup ibérique
s?étend sur tout le nord-ouest de l?Espagne.
Selon recensement national de 2012-2014, il y a environ 300 meutes de loups en Espagne
réparties comme suit.
L'objectif pour garantir la conservation à long terme de l'espèce, est d'atteindre 350 meutes de
loups d'ici 2030 et d'augmenter l'aire de répartition actuelle de 10 à 20 %.
10.3 Prédation par le loup
Nombre d'animaux prédatés (par espèce) en 2021
% attaques 2021 % victimes 2021
Ovins
Caprins
Bovins
Autres
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 139/284
Evolution depuis 10 ans
Le graphique ci-dessous ne fait pas apparaître de différence marquée sur le nombre de dossiers
de dégâts de loups au sud et au nord du Douro alors que le mode de gestion est différent.
Évolution mensuelle du nombre moyen de dossiers de dégâts de loups
en Castille et Léon (2005-2012)
10.4 Politique publique de gestion du loup
10.4.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
Il existe une « stratégie pour la conservation et la gestion du loup (Canis lupus) et de sa coexistence
avec les activités rurales » éditée en 2022 par le « Ministère de la transition écologique et du défi
démographique75 » du gouvernement espagnol. Il est en outre responsable de l?élaboration de la
liste des espèces protégées (Lespre).
La Junta de Castille et LéonCastille et Léon est en charge de la gestion du loup par l?intermédiaire
du « conseil de l'environnement, du logement et de l'aménagement du territoire76 ».
10.4.2 Plan de gestion du loup
L'actuel « Plan de Conservation et de Gestion du Loup en Castille et León » a été approuvé par le
décret 28/2008 du 3 avril 2008 et mis à jour par le décret 14/2016 du 19 mai 2016. La mise en
oeuvre de ce plan a été contrariée par des décisions légales sur le statut du loup ;
En droit européen, la gestion du loup peut être différente au nord et au sud du Douro en vertu des
annexes de la directive habitat. Au nord (zone 1 de la carte ci-dessous) l?espèce relève de l?annexe
V77 et de mesures de gestion (i.e. elle est chassable) alors que le loup relève de l?annexe IV78 au
sud (zone 2) comme en France.
75 Ministerio para la transitiòn ecologica et el reto demografico.
76 Consejería de medio ambiente, vivienda y ordenación
77 Espèces animales et végétales d?intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et l?exploitation sont
susceptibles de faire l?objet de mesures de gestion.
78 Espèces animales et végétales d?intérêt communautaire qui nécessitent une protection stricte.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 140/284
? Au nord du Douro : 60,3% de la superficie de la région.
? Au sud du Douro : 39,7% de la superficie de la région
En 2018, la chasse au nord du Douro a été contestée devant des tribunaux de la région et depuis
le 22 septembre 2021, le loup est inscrit sur la liste espagnole des espèces protégées (Lespre).
Sa chasse est désormais interdite alors que le plan de gestion approuvé fin 2019 permettait de
chasser 339 loups (113 par an) jusqu'en 2022 au nord.
10.4.3 Coûts globaux de la politique
En octobre 2022, le Conseil de l'Environnement, de l'Habitat et de l'Aménagement du Territoire de
la Junta de Castille et Léon79 attendait une formalisation des engagements financiers du Ministère
de la Transition Ecologique et du Défi Démographique (MITECO) en sa faveur, conformément aux
dispositions de l'accord de la Conférence sectorielle du 28 juillet pour un montant de 8,8 millions
d'euros, ce qui représente 44,26 % du total à l'échelle nationale. Ce montant servira à indemniser
le bétail qui subit des dommages causés par les attaques de loups et à financer des mesures
préventives. Le gouvernement espagnol n'avait pas transféré ses engagements financiers aux
communautés autonomes qui ont voté contre la stratégie nationale de conservation et de gestion
du loup, comme la Castille et Léon.
Montant 2022 envisagés
Mesures préventives : 4 854 400 euros sur un total national de 10 500 000 euros.
Indemnisation des dommages : 3 998 070 euros sur un total national de 9 500 000 euros.
10.4.4 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Un chapitre du programme de gestion sylvopastorale80 de Castille et Léon prévoient des mesures
visant à réduire les dommages causés au bétail par les canidés sauvages.
Les administrations publiques concernées (locales, régionales et européennes) doivent rendre
l'élevage extensif compatible avec la présence de grands carnivores. Pour ce faire, les mesures
suivantes doivent être développées :
? Le contrôle des chiens sauvages par les responsables des territoires de chasse et les auto-
rités locales concernées.
? Obtenir un statut juridique homogène pour le loup (Canis lupus) sur l'ensemble du territoire
de la Communauté autonome, comme base pour l'élaboration d'un plan de gestion de l'es-
pèce.
? Élaboration d'un plan de gestion du loup pour déterminer les densités maximales de loups
sur un territoire afin de rendre leur présence compatible avec l'élevage extensif.
? Mettre en place les mécanismes nécessaires au contrôle de la population conformément
au plan susmentionné, avec la participation de tous les secteurs concernés (administra-
tions, chasseurs et éleveurs).
? Promouvoir l'introduction de l'assurance du bétail en tant qu'outil de base pour garantir
l'indemnisation des dommages.
79 https://comunicacion.jcyl.es/web/jcyl/Comunicacion/es/Plantilla100Detalle/1281372051501/NotaPrensa/128521
6010795/Comunicacion
80 https://medioambiente.jcyl.es/web/jcyl/binarios/242/38/V04._GESTION_SILVOPASTORAL.pdf?blobheader=appl
ication%2Fpdf%3Bcharset%3DUTF-8&blobnocache=true
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 141/284
? Encourager le développement de programmes agro-environnementaux qui rendent l'éle-
vage extensif compatible avec la présence de grands carnivores, fondamentalement par
l'adoption de techniques de pâturage appropriées.
La Junte de Castille et Léon souhaite financer la protection contre le loup, dans le cadre du Plan
stratégique de la PAC d'Espagne (PEPAC) sur la nouvelle période de programmation 2023 à 2027.
Cette mesure visera à favoriser la compatibilité des exploitations d'élevage avec la conservation
des populations de grands carnivores, par des actions en matière de prévention des dégâts comme
l'acquisition de chiens pour protéger le bétail ou l'installation de clôtures. Pour cela, un montant
total de 1 750 000 euros sera alloué, qui sera mis en oeuvre par le biais d'appels à projets annuels
nécessitant d?asseoir préalablement les bases réglementaires pour le versement des subventions.
10.4.5 Evaluation de l?efficacité des mesures de protection
Selon une étude81 « Prévention des dommages au bétail à Avila. Compilation de méthodes et
utilisation expérimentale de banderoles » et citée par la plateforme européenne sur la coexistence
entre les humains et les grands carnivores in the EU82 les méthodes de protection par clôtures
fixes sont très efficaces dans la province d?Avila.
Fréquence et nombre moyen d'attaques et de têtes de bétail tuées ou blessées
avant et après de la construction des clôtures.
Dans cette étude, d?autres modes de protection : clôtures électrifiées, chiens? apportent
également de haut niveau de protection dans cette province ave une forte superficie en pâturage.
81 Prevención de daños al ganado vacuno en Ávila. Recopilación de métodos y uso experimental de barbacanas,
Yolanda Cortés, diciembre 202.
82 https://ec.europa.eu/environment/nature/conservation/species/carnivores/pdf/Cortes_Cattle_damage_preventio
n_in_Avila_ES.pdf
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 142/284
Province Superficie
en culture
Surfaces à
usage
principal de
pâturage
Zone
forestière
boisée,
arbustive et
arbustive
Autres
surfaces
Surface
totale
Ávila 182 937 ha 333 665 ha 223 633 ha 64 763 ha 804 998 ha
10.4.6 Indemnisation des dégâts liés au loup
Principe de l?indemnisation
Jusqu?en 2021, les indemnisations ne concernaient que la zone sud. Les communes concernées
étaient listées dans l?annexe II du décret 14/2016 du 19 mai 2016.
Les dommages causés par le loup au bétail au nord du Douro seront désormais indemnisés par la
Junta de Castille et Léon. Le gouvernement régional avait alors annoncé avoir doublé les crédits
alloués passant de 2,5 millions à 5 millions ¤. Un nouvel arrêté régional prévoit que le régime
d?indemnisations sera le même dans toute la région et sera applicable rétroactivement à partir de
septembre 2021 afin que tous les agriculteurs qui ont été impactés par le changement de statut du
loup aient accès à l?indemnisation.
L'arrêté83 prévoit que l?augmentation des barèmes qui avaient été fixés en 2019. Les « dommages
indirects » seront améliorés ce qui inclut le « manque à gagner » comme la perte des subventions
de la PAC, une baisse de la fertilité ou de la valeur génétique.
La prédation par espèce
En 2022, en Castille et Léon, il y a eu 3 034 attaques de loups84 sur des exploitations d'élevage,
qui ont entraîné la mort de 5 080 têtes de bétail, avec une augmentation de 19% par rapport à
2021. Le nombre d'attaques a doublé en sept ans sur la période 2015-2022 qui a enregistré près
de 30 000 décès de bovins.
La province d'Avila concentre la majorité des attaques en 2022 (1 632 animaux morts, soit 9,6 %
de plus qu'en 2021) et un tiers des pertes animales. Avec la province de Ségovie, elle concentre
les deux tiers des attaques dans la Communauté et plus de la moitié des pertes animales. Une
autre province particulièrement touchée est Zamora.
Le montant des indemnisations
Les indemnisations couvrent également d'autres dépenses telles que les dépenses de vétérinaire
pour s'occuper des animaux blessés ou de l'abattage des animaux blessé. Elles comprendront une
prime de 10% pour les exploitations extensives s'il est certifié que des mesures préventives ont été
prises.
83 AYUDAS PARA PALIAR LOS DAÑOS PRODUCIDOS POR LOBOS Y PERROS ASILVESTRADOS A
DIFERENTES TIPOS DE GANADO (2021)
84 https://comunicacion.jcyl.es/web/jcyl/Comunicacion/es/Plantilla100Detalle/1284721258244/NotaPrensa/128526
4968713/Comunicacion
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 143/284
Paiements d'indemnisation pour les attaques de loups effectués depuis 2015
par le conseil chargé de la conservation du patrimoine naturel85.
10.4.7 Mesures d?intervention sur le loup
Zone au nord du Douro où le loup était une espèce chassable
Extrait de l?article 16 Quota de chasse86
1. Etant donné que la population de loups est affectée par d'autres causes de mortalité accidentelle
ou illégale, la chasse ne dépassera pas, en général, 10% de la population, estimée à partir du
recensement de la meute. Cependant, dans les régions où il n'y a pas d'indices de braconnage sur
l'espèce et avec une plus grande dotation en moyens de surveillance, ainsi que dans celles où le
taux d'accidents dus aux dommages au bétail est plus élevé, l'utilisation de la chasse peut être
augmentée jusqu'à 18%. De la même manière, lorsqu'une diminution significative de la population
est constatée dans une certaine région, l'usage de la chasse peut être réduit ou même suspendu,
jusqu'à ce que la situation de la population soit considérée comme rétablie.
En 2017, le nombre officiel de morts de loups en Castille et Léon était de 119 loups87 :
? 82 provenant de captures de chasse (58% du quota de 141 autorisé par le Plan) ;
? 3 par la garderie lors de contrôle des dégâts
? 34 décès autres : 22 écrasements + 5 tirs furtifs + 6 morts naturelles + 1 empoisonnement.
La Junta de Castille et León conteste le bien-fondé de l?interdiction de la chasse mais l?appliquerait.
Zones au sud du Douro où le loup est juridiquement sous protection stricte au sens de la
directive
Intervention classique dans le cadre de dérogation et du protocole.
85 Source : Boletin oficial de las Cortes de Castille et LéonCastille et Léon. XI Legislatura Núm. 120 3 de marzo de
2023 PE/001057-03. Pág. 14154
86 Plan de conservation et de gestion du loup en Castille et Léon. Journal officiel de Castille et León. Lundi 23 mai
2016.
87 Source : Plan de gestion des loups en Castille et Léon. Memoria 2017.
PUBLIÉ
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11 Fiche Communauté autonome de Catalogne
Cette fiche présente la situation du loup en Catalogne.
Le nombre de loups détectés reste faible en Catalogne et des meutes reproductrices ne sont pas
encore installées. De ce point de vue, la politique publique de gestion du loup Catalogne peut être
intéressante pour les nouvelles zones de prédation en France.
11.1 Présentation de l?élevage en Catalogne
Les pâturages occupent environ 4,8% de la superficie totale de la Catalogne. Ils sont concentrés
dans les zones de montagne : environ 90 000 ha en montagne et 45 00 ha en moyenne montagne.
En Catalogne, il existe 4 195 exploitations pratiquant l?élevage extensif pour un total de d?environ
113 000 UGB la plupart dans la région des Pyrénées et des Pré-Pyrénées (à l'exception d'Osona
qui est le comarque avec plus de fermes et UB d'élevage extensif). Des facteurs tels que
l'orographie et la climatologie ont rendu ces territoires non favorables pour l?agriculture de culture,
et par conséquent, la pratique historique a été le pastoralisme.
11.1.1 Ovins
Le nombre d?ovins est relativement stable : entre 500 et 600 000 depuis 2014 en Catalogne
quand le nombre d?exploitations est en légère augmentation (+ 200) pour atteindre environ 3500
exploitations.
? 32,7% des élevages ovins catalans sont extensifs et semi-intensifs.
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 145/284
? 38,6% des ovins catalans sont produits en extensif et semi-intensif.
11.1.2 Bovins
Le nombre de bovins est relativement stable autour de 500 000 animaux depuis 2014 en
Catalogne quand le nombre d?exploitations est en décroissance (- 900) pour atteindre environ
6 400 exploitations.
? 30,8% des exploitations bovines catalanes (1 980) sont extensives et semi-intensives.
? Mais seulement 11,6% des bovins catalans sont produits en extensif et semi-intensif.
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11.1.3 Caprins
Le nombre de caprins est relativement stable : entre 60 et 80 000 depuis 2014 en Catalogne
quand le nombre d?exploitations est en légère augmentation (+ 100) pour atteindre environ 2 700
exploitations.
? 30,6% des élevages caprins catalans (873) sont extensifs et semi-intensifs.
? 28,3% des caprins catalans sont produits en extensif et semi-intensif.
11.2 Caractéristiques de la population de loups
En Catalogne, une vingtaine de loups en dispersion ont été détectés depuis 2000. L?évolution des
zones de détection au fil des ans est relatée par les cartes ci-dessous.
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Carte de la distribution des loups entre 2000 et 2021 en Catalogne.
Au total, les loups ont été détectés dans les dix comarques suivantes : Vall d'Aran, Pallars Sobirà,
Alta Ribagorça, Moianes, Berguedà, Solsonès, Alt Urgell, Cerdanya, Baix Empordà, Ripollès et
Osona.
11.2.1 Les effectifs de loups
Nombre d?individus : 1 à 5 individus dispersés.
Nombre de meutes : 0
Evolution de la population : pas encore de présence permanente.
Les spécimens de loups vus en catalogne proviennent de dispersion de la population de loups
italiens via la France et les Pyrénées.
11.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Les loups sont individuellement identifiés en catalogne. Sans objet pour une comparaison en raison
des effectifs très faibles.
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11.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
Le loup n?est pas encore fixé dans des zones de présence permanente. Aussi les indices de sa
présence évoluent chaque année.
Carte des indices trouvés entre 2019 et 2021 en Catalogne
Une carte des zones favorables à l?implantation du loup88 a été établie en identifiant les massifs de
milieux naturels ou abandonnés par l?agriculture de plus de 200 km2.
88 https://pirineos.revistas.csic.es/index.php/pirineos/article/view/261/294. Habitat suitability analysis for the wolf
(Canis lupus) in Catalonia and the Eastern Pyrenees. Carla Garcia-Lozano, Josep Pintó y Josep Vila Subirós.
PUBLIÉ
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Carte des zones favorables à l?implantation du loup
11.2.4 Viabilité de la population de loups
L?Espagne a inclus le loup dans la liste des espèces sauvages sous protection spéciale, et en
Catalogne, il a été ajouté au catalogue de la faune indigène menacée le 20 septembre 2022.
Le projet LoupO89 , d'un budget total de 1 250 109 euros, est cofinancé à 65% par le Fonds
Européen de Développement Régional (FEDER) à travers le Programme INTERREG V-A
Espagne-France-Andorre (POCTEFA 2014-2020). C?est un programme européen de coopération
territoriale créé pour favoriser le développement durable du territoire frontalier entre les trois pays.
Le projet de trois ans s?achevait au printemps 2022. Ce projet LoupO visait à ce que trois pays
collaborent afin que les populations et leur statut génétique soient mieux connus.
11.3 Prédation par le loup sur les troupeaux
En 2017, seuls 89 cas d'attaques par ces espèces ont été signalés en Catalogne. L'administration
a considéré 55 cas effectifs et les a indemnisés pour 23 000 euros.
Sur la période janvier octobre 2018, les attaques étaient au nombre de 69, dont 18 par des vautours,
49 par des ours et 2 par des loups.
89 https://loupo-eu.com/ca/proyecto-loupo/
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 150/284
11.4 Politique publique de gestion du loup
11.4.1 Administrations en charge de la gestion du loup
La gestion du loup relève de la « Generalitat de Catalunya », la Communauté autonome de
Catalogne.
11.4.2 Plan de gestion du loup
Il existe un « Programme 2022 de prévention des dégâts de loup pour l'élevage90 ».
11.4.3 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Evolution depuis 10 ans
En 2021, la Généralité a établi le premier plan de prévention des dégâts aux troupeaux causés par
les loups, qui consistait en trois mesures axées sur l'autoprotection des troupeaux :
? la fourniture de matériel de prévention ;
? la promotion des chiens de protection des troupeaux ;
? le soutien financier aux éleveurs.
Le plan 2022 s'applique partout où il y a des signes confirmés de la présence de loups au cours
des trois dernières années, et où il y a eu des dommages au bétail dans les zones de pâturage
communale ou de haute montagne.
Clôtures électrifiées
La Communauté autonome de Catalogne fournit des équipements de protection pour l?installation
de clôtures électrifiées pour le bétail pour protéger les troupeaux d'éventuelles attaques de loups.
La Communauté autonome considère qu?il est nécessaire pour le bon fonctionnement du système
de protection que les troupeaux soient maintenus pendant la nuit à l'intérieur de clôtures électrifiées
afin d'appliquer une barrière physique entre le loup et le troupeau, facilitant de cette manière le
travail défensif des chiens de protection. Il est considéré qu?un un entretien est nécessaire pour
que le système électrique fonctionne correctement.
Les clôtures de protection sont constituées d'un grillage électrifié de 1,5 m de haut, une batterie et
un panneau solaire. Les clôtures électrifiées seront fournies par un opérateur d?un service91 de la
Communauté autonome moyennant la signature préalable d?un document actant le transfert.
Chiens de protection
Le plan de prévention conseille la présence d'au moins deux chiens de protection pour la protection
des troupeaux de chèvres et de moutons contre d'éventuelles attaques de loups. Un ratio d'un
chien pour 350 moutons est considéré comme idéal pour les moutons ou les chèvres.
Pour les agriculteurs qui disposent déjà d'un chien, son entretien est à la charge de l'administration
90 https://mediambient.gencat.cat/web/.content/home/ambits_dactuacio/patrimoni_natural/fauna_salvatge_autocto
na/gestio-especies/mamifers/canis_lupus_llop/Pla-prevencio-llop_2022_DEF.pdf
91 La DACC : Departament d'Acció Climàtica, Alimentació i Agenda Rural
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 151/284
pendant la période de pâturage. Les chiens utilisés doivent avoir fait l?objet d?un contrôle vétérinaire
pour s?assurer de leur aptitude. Le bon comportement d?un chien dépend, en partie, de sa formation,
d?une nutrition adéquate et d?un contrôle vétérinaire approprié.
Soutien financier
Les exploitations doivent s'engager sur une surveillance minimale de 6 heures par jour pour :
parquer le troupeau le soir, conserver le troupeau pendant la nuit dans le parc électrifié et sous la
surveillance des chiens et, au petit matin, ouvrir le parc aux troupeaux.
Ces prestations, exécutés par les éleveurs, seront pris en charge par la Communauté autonome
par le biais de contrats externes pour un séjour minimum de 2 mois en montagne. Les deux
premiers mois seront payés à 1,75 ¤ par brebis et par mois; à partir du troisième mois, il sera payé
à 1,25 ¤ par mouton et par mois, soit 6 euros par mouton pour un séjour de quatre mois.
Dans les cas particuliers, notamment les zones où les loups n?ont pas été détectés récemment,
des mesures d?accompagnement sont prévues à base de clôtures mobiles également fournies par
la Communauté autonome.
11.4.4 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
La Catalogne réfléchit à l?élaboration d?un plan stratégique pour l'élevage extensif en Catalogne
sur la période 2021-2030 et a déjà produit un document « base pour l'élaboration d'un Plan
stratégique pour l'élevage extensif en Catalogne 2021-203092 ».
Le document comprend un diagnostic préliminaire de la situation de l?élevage extensif en
Catalogne et 2020, y compris une approche du cadre juridique et institutionnel, une analyse
quantitative et un recensement des exploitants, un diagnostic des problèmes principaux, une
analyse socio-économique. Le document sera soumis à un processus de consultation des acteurs,
institutions, organisations et collectivités territoires particulièrement concernés.
Les changements enregistrés dans la carte d'occupation du sol de la Catalogne montrent une
tendance à la croissance des zones de pâturage, tirée principalement par l'abandon des cultures.
L'abandon des terres cultivées génère des espaces sans usage agricole qui se maintiennent
pendant un certain temps sous forme de végétation herbacée avant que la végétation progresse
vers des formations plus matures. Par conséquent, ces espaces, encore qui morphologiquement
considérés comme des pâturages, ne sont pas utilisés par le bétail bien qu?ils offrent des surfaces
à fort potentiel pour l'élevage extensif.
Pendant le même temps la superficie forestière de la Catalogne n'a cessé d'augmenter au cours
de la dernière décennie jusqu'à atteignant actuellement 2 052 618 hectares, soit 64 % de la
superficie de la Generalitat.
L'intérêt des pâturages est également mis en avant pour leur capacité de rétention du carbone
(très importante dans contexte du changement climatique), leur richesse en biodiversité et les
services écosystémiques qu'elles procurent (limitation de l?érosion).
92«
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 152/284
11.5 Acceptation sociale
11.5.1 Acceptation par le monde agricole
Les syndicats agricoles sont dans une position d?opposition au loup en raison des expériences en
Castille et León et en Cantabrie. Ils considèrent que le loup est dans ces régions une catastrophe93.
Les loups attaquent les troupeaux et le stress qu'ils causent au bétail est brutal et les gens finissent
par quitter la ferme et le territoire.
11.5.2 Acceptation par l?opinion publique
Le « Grup Llop Catalunya 94 » est une plate-forme formée d?associations environnementales.
L'objectif essentiel de la plateforme est de favoriser le rétablissement des populations de loups de
Catalogne qui existaient jusqu'au début du XXe siècle, et d'assurer leur conservation et la
coexistence. Pour atteindre cet objectif, la plateforme développe des actions de sensibilisation du
public, de soutien à la recherche, d'intervention auprès des institutions publiques, de dialogue et
de concertation avec les groupes sociaux.
Le gouvernement indique travailler pour le jour où les loups seront implantés et où il faudra agir.
C?est la raison d?être du plan de prévention des dégâts.
93 https://www.publico.es/public/quin-futur-llop-catalunya.html
94 https://www.grupllopcatalunya.cat/
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 153/284
12 Fiche Italie : Région autonome du Piémont
12.1 Présentation de l?élevage
Période de référence 2015-2019 - Italie entière
Au cours de la période 2015-2019, une moyenne d'environ 156 152 exploitations d'élevage avec
des bovins ou des buffles ont été enregistrées dans la base de données national (BDN). Parmi
ceux-ci, environ 98% étaient représentés par des troupeaux de bovins, tandis que les 2% restants
par des troupeaux de buffles.
https://www.vetinfo.it/j6_statistiche/#/
PUBLIÉ
https://www.vetinfo.it/j6_statistiche/#/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 154/284
Sur la base des données contenues dans le BDN, il ressort que le nombre d'exploitations bovines
en Italie a enregistré une diminution numérique au cours de la période en question passant de 169
601 en 2015 à 148 074 en 2019, avec une réduction de 12,7 % en 4 ans.
En revanche, le nombre de bovins enregistrés dans tout le pays a enregistré une légère
augmentation, passant de 5 890 000 en 2015 à 5 968 000 en 2019. Cela montre que la réduction
du nombre d'exploitations a surtout concerné les petites.
Le nombre moyen de têtes par exploitation est en effet passé de 34,7 en 2015 à 40,3 en 2019 avec
une augmentation de 16% en quatre ans.
Les troupeaux ovins et caprins enregistrés au BDN pour la période 2015-2019 s'élevaient en
moyenne à environ 144 634 têtes. Parmi ceux-ci, cependant, environ 23% ont été enregistrés en
Sicile ou en Sardaigne, deux régions situées en dehors de la zone de répartition du loup en Italie.
Toujours pour le secteur ovin et caprin, le nombre d'entreprises inscrites au BDN a montré une
diminution constante au cours de la période d'étude, passant de 147 405 exploitations en 2015 à
140 460 en 2019 soit une réduction de 5,1% en 4 ans.
Dans le prolongement de ce qui a déjà été mis en évidence pour l'élevage bovin, mais de manière
encore plus marquée, le nombre d'ovins et de caprins enregistrés dans l'ensemble du pays a
également enregistré une augmentation, passant de 4 964 000 en 2015 à 7 485 000 en 2019.
Mais dans ce cas également, il faut souligner qu'environ 50% des ovins enregistrés appartiennent
à des exploitations situées dans l'une des deux îles principales, bien que la tendance à
l'augmentation du nombre d'animaux élevés ne soit également évidente que pour les entreprises
de l'Italie péninsulaire.
Le nombre moyen de têtes par exploitation est ainsi passé de 33,7 en 2015 à 53,3 en 2019,
témoignant d'une augmentation progressive de la taille des troupeaux, probablement due à la
diminution des exploitations de petite taille.
12.2 Caractéristiques de la population de loup
12.2.1 Les effectifs de loup
ITALIE ENTIÈRE
Les résultats de la surveillance nationale du loup publiés en mai 2022, ont confirmé qu'au cours
des dernières décennies, l'espèce s'est développée naturellement dans la majeure partie de l'Italie.
Pour analyser plus en détail la complexité de la relation entre le loup et l'élevage, l?ISPRA (Istituto
Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale) a publié une étude sur l'estimation de l'impact
du loup sur l'élevage en Italie.
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-
lupo/impatto-del-lupo-sulle-attivita-zootecniche
La législation nationale et régionale prévoit que les Régions, les provinces autonomes et les parcs
nationaux compensent les dommages aux activités de production (cultures et élevage) causés par
les espèces sauvages, dont le loup. L'étude a recueilli, pour chaque année, des données relatives
aux événements de dommages signalés par les agriculteurs, y compris le nombre d'animaux
chassés par espèce, le lieu de la déprédation et le montant indemnisé pour chaque événement.
L'étude a analysé les dommages indemnisés par les administrations de 2015 à 2019. Elle a été
PUBLIÉ
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-lupo/impatto-del-lupo-sulle-attivita-zootecniche
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-lupo/impatto-del-lupo-sulle-attivita-zootecniche
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menée dans le cadre du suivi national du loup, réalisé par l'ISPRA pour le compte du Ministère de
la Transition Ecologique.
Procédure de collecte des données
Les données permettant d'estimer l'impact du loup sur les activités d'élevage au cours de la période
2015-2019 ont été fournies par les bureaux compétents des Régions, des Provinces autonomes,
des Parcs nationaux et de certaines aires protégées régionales, suite à une demande formelle
transmise par l'ISPRA.
Plus précisément, 17 régions ont été impliquées (toutes sauf les îles principales), les provinces
autonomes de Trente et de Bolzano, 20 parcs nationaux (tous sauf ceux des îles), le parc naturel
régional Sirente Velino et les zones protégées régionales du Latium. L'implication directe de ces
parcs régionaux était nécessaire car, contrairement à ce qui se passe dans le reste de l'Italie, les
pratiques d'indemnisation des dommages causés par les loups dans les zones protégées du
Latium et de Sirente Velino sont gérées séparément de celles qui relèvent du territoire libre de la
région à auquel il appartient.
Localisation et nombre de loups en Italie :
Les résultats du premier suivi national du loup se référant à la saison de reproduction 2020-2021
indiquent qu?il y a entre 2945 et 3680 loups en Italie.
PUBLIÉ
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PIEMONT
L'enquête réalisée est conforme aux critères définis à l'échelle nationale dans les "Lignes
directrices et protocoles de surveillance du loup en Italie" élaborés par l'ISPRA (Marucco et al.,
2020) et est le résultat d'un travail du Réseau Piémont composée au total de 528 opérateurs
appartenant à 73 Institutions et associations : Organismes gestionnaires d'espaces protégés
(Parcs Naturels Provinciaux, Régionaux et Nationaux), Administrations Provinciales et Régionales,
Carabiniers Forestiers, Districts Alpins et Territoires de Chasse, Sociétés de Chasse, Universités,
Associations de bénévoles appartenant à différentes catégories (randonnée, écologistes,
chasse)?
Entre le 1er octobre 2020 et le 30 avril 2021, 6367 données de présence ont été enregistrées dans
le Piémont (excréments, traces d'empreintes, observations documentées par vidéo/photo, loups
morts), 648 transects (= itinéraires préétablis à effectuer simultanément) ont été parcourus pour un
total de 5021,3 km et 187 pièges photographiques ont été utilisés.
L'aire minimale de présence documentée du loup dans le Piémont au cours de la période
2020/2021 a été évaluée à 19 900 km2 soit 62,5 % du territoire piémontais.
Le nombre d'unités de reproduction est estimé à 81 unités dont 68 meutes et 13 couples; parmi
ceux-ci, 10 meutes sont de type transrégional avec un territoire également en Ligurie (9) et en
Vallée d'Aoste (1).
Dans le détail, les unités reproductrices documentées dans la seule zone des Alpes piémontaises
sont au nombre de 60, dont 51 meutes et 9 couples, une augmentation par rapport à ce qui était
estimé en 2017/2018 dans le cadre du dernier échantillonnage à l'échelle régionale réalisé par le
Projet LIFE WolfAlps (2014 -2018).
Dans le reste du Piémont, en particulier dans la zone des Apennins/plaine, 21 unités de
reproduction ont été documentées, dont 17 troupeaux et 4 couples.
Enfin, lors de la saison 2020/2021, dans la région du Piémont, les 2 premiers cas de meutes
reproductrices avec hybridation entre loup et chien ont été détectées lors d'activités menées par
les organismes chargés du suivi de l'espèce (dans la province d'Alexandrie et dans la province de
Turin).
PUBLIÉ
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La présence du loup dans la province d'Alessandria
Le réseau provincial de surveillance qui a participé à la surveillance du loup dans la province
d'Alessandria comprend : l'organisme de gestion des aires protégées des Apennins piémontais ;
l'Organisme de gestion des espaces protégés du Pô piémontais ; la province d'Alessandria, le
bureau technique provincial de la faune, la police provinciale et les gardes écologiques volontaires
(GEV) ; le Groupe des carabiniers forestiers (Carabinieri-Forestale) - Alessandria Forest
Carabinieri; le Club Alpin Italien (CAI) avec ses sections locales ; l'ASD La Ventura; l'Association
italienne des guides de randonnée environnementale (AIGAE) et d'autres bénévoles
indépendants.
58 transects systématiques ont été identifiés, parcourus sur la période du 1er octobre 2020 au 31
mars 2021 sur une base mensuelle ou bimensuelle selon leur classement et répartis en secteurs
sur une base géographique, pour une meilleure organisation du travail, pour un total de 433,6 km.
De plus, 63 pièges photographiques ont été utilisés, ce qui a permis de certifier 714 événements
d'observation de loups.
875 excréments de loups ont été collectés, 44 pistes enneigées ont été suivies, 13 carcasses de
proies ont été retrouvées (12 ongulés sauvages, 1 renard).
Par conséquent, 14 meutes ont été confirmées dans la province d'Alessandria, dont la plupart sont
répartis de manière continue et presque homogène le long des Apennins et des collines limitrophes,
dont plusieurs sont partagées avec la Ligurie. L'expansion de la distribution de l'espèce se confirme
avec la formation de nouvelles meutes dans les zones basses et vallonnées.
Dans les zones où l'espèce est présente depuis longtemps, comme les zones montagneuses des
Apennins, il y a donc une occupation complète du territoire, dans laquelle la présence de meutes
adjacentes les unes aux autres ne permet pas la formation de nouvelles unités de reproduction.
Par conséquent, les loups en dispersion à la recherche de nouveaux territoires pour s'installer se
déplacent plus fréquemment vers les zones de plaine, surtout où l'environnement conserve des
caractéristiques proches de la naturalité, telles que les bras fluviaux, dans lesquels trouver refuge,
et une disponibilité générale de proies, essentiellement garantie par la présence d'ongulés
sauvages.
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12.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Le Piemont Wolf Network https://www.centrograndicarnivori.it/progetti/progetto-lupo-piemonte est
composé d'un réseau d'opérateurs et de techniciens appartenant aux administrations publiques
qui collaborent avec des chercheurs du Centre des Grands Carnivores pour surveiller et gérer la
présence du loup au niveau régional.
Le Réseau Lupo Piemonte est composé de plus de 400 opérateurs appartenant à plus de 70
organisations et associations réparties sur tout le territoire alpin piémontais (espaces protégés
régionaux et nationaux, régions et provinces, la ville de Turin, les Carabinieri-Forestale et collabore
avec les Universités, les services régionaux de santé (ASL), l'Institut zooprophylactique
expérimental (IZS), les Communes alpines et les Territoires de chasse.
La préparation de l'échantillonnage annuel effectué ainsi que la collecte standardisée des données
de présence (voir Alpine Monitoring Strategy 2014, ISPRA Guidelines ) sont les outils nécessaires
pour surveiller les principaux paramètres de la population d'une manière reconnue au niveau
national et international ( Initiative des grands carnivores pour l'Europe ).
A ce jour, les dernières données sur la présence du loup au niveau régional sont celles relatives à
2017/2018 (données collectées de mai 2017 à avril 2018), où la présence de 33 meutes et deux
couples suivis a été signalée, pour un total d'au moins 195 loups dans le Piémont.
La surveillance en 2017/2018 a été principalement réalisée à travers l'échantillonnage d'indices de
présence indirecte (traces, excréments, etc.) détectés par le personnel technique spécialisé du
réseau Lupo Piemonte (https://www.centrograndicarnivori.it/lupo/network-lupo-piemonte ) assistée
d'une analyse génétique sur des tissus biologiques. Les prises de vues par pièges
photographiques ou les images de tiers sont également des données qui peuvent contribuer à la
surveillance. Un échantillonnage systématique à grande échelle a été réalisé le long d'un réseau
PUBLIÉ
https://www.centrograndicarnivori.it/progetti/progetto-lupo-piemonte
https://www.centrograndicarnivori.it/lupo/network-lupo-piemonte
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de transects répartis sur tout le territoire, qui ont été parcourus régulièrement pendant les mois
d'hiver pour trouver des signes de présence. Des signes supplémentaires de présence ont été
collectés de manière opportuniste (l'échantillonnage est opportuniste lorsque des signes de
présence sont identifiés lors d'activités autres que la surveillance, par exemple lors de la vigilance).
Dans le Piémont, l'ensemble des données recueillies au fil des années décrit de manière
exhaustive la tendance de présence de l'espèce et le processus de colonisation sur le territoire
régional en cours depuis l'hiver 1995/1996.
PUBLIÉ
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12.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
De 2018 à 2020, il n'y a pas d'estimation du nombre minimum de loups et du nombre de meutes
présentes dans le Piémont car aucun suivi approfondi et structuré n'a été effectué sur l?ensemble
du Piémont. Ce n'est que dans les provinces de Verbano Cusio Ossola et d'Alessandria que
l'échantillonnage systématique réalisé par le Réseau Territorial Loup du Piémont a permis de
collecter des données relatives à la présence et à la distribution du loup à l'échelle locale.
En octobre 2020, le suivi du loup sur le territoire régional a repris dans le cadre du Suivi National
du Loup 2020/2021 organisé par l'ISPRA pour le compte du Ministère de l'Environnement et qui a
clôturé la phase de collecte des données en avril 2021.
Le suivi effectué par le Piemont Wolf Network est réalisé dans le cadre du projet européen LIFE
Wolf Alps https://www.lifewolfalps.eu/fr/le-loup-dans-les-alpes/le-loup-dans-les-alpes-italiennes et,
avec les données des autres régions alpines, permettra une estimation actualisée de la population
de loups alpins en Italie.
Pour mieux planifier le suivi 2020/2021 dans le Piémont (et aussi dans les autres régions alpines),
les indices de présence possible du loup ont été collectés ponctuellement sur le territoire régional
de 2018 à 2020 (mai) et les zones de présence possible du loup considérant l'ensemble du territoire
régional découpé en cellules carrées de 100 km² (10 km de côté).
Cette première carte de répartition probable de l'espèce montre des signes d'expansion du loup
vers de nouvelles zones entre les contreforts et les zones de plaine. Dans la carte ci-dessous, les
cellules en vert foncé sont celles où l'implantation possible des meutes est hypothéquée sur la
base des données 2018-2020 où un échantillonnage plus intensif a été structuré. Les cellules en
vert clair sont celles présentant des signes de nouvelle présence de l'espèce qui doivent être
vérifiés par un échantillonnage poussé.
PUBLIÉ
https://www.lifewolfalps.eu/fr/le-loup-dans-les-alpes/le-loup-dans-les-alpes-italiennes
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A l'intérieur des cellules, un réseau de transects (pour un total d'environ 5000 km) sera
périodiquement parcouru par les opérateurs de surveillance à la recherche de signes de présence,
plus ou moins intensément selon le type de cellules de prélèvement. Ce n'est qu'à la fin de
l'échantillonnage 2020/2021 (avril 2021) et avec les résultats des analyses génétiques effectuées
sur les échantillons qu'il sera possible d'avoir une image actualisée au niveau piémontais de la
répartition du loup et de sa présence estimée (estimation minimale du nombre de meutes et du
nombre d'animaux).
12.2.4 Viabilité de la population de loup
La mission n?a pas identifié d?étude et de seuil de viabilité.
12.3 Prédations sur les troupeaux
L?impact du loup sur les activités d?élevage est : mort du bétail, blessure ou perte, interruption des
gestations en cours.
L'étude qui a été menée n'a considéré que la mort de la proie, documentée et avérée. De plus, les
dégâts des loups pris en compte dans l?enquête sont uniquement ceux détectés par les systèmes
de compensation que chaque Région et Parc a mis à disposition pour la période de référence.
Par « système de compensation », on désigne l'ensemble des réglementations et des procédures
qui déterminent le processus qui va de l'événement de prédation, sa déclaration, la demande
d'indemnisation, l'inspection pour la vérification et la quantification du dommage, jusqu'à la
liquidation de la part d'indemnisation.
Les quantifications présentées dans l?étude sont des données minimales car tous les dégâts
causés par les loups ne sont pas détectés, signalés et indemnisés.
À cause de la fragmentation réglementaire qui caractérise les systèmes d'indemnisation des
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 162/284
dommages causés par le loup, une forte hétérogénéité et, dans certains cas, une incomplétude
des données mises à disposition par les différentes instances ont été constatées.
Il est donc difficile de comparer différentes zones géographiques et administratives.
Quelques chiffres sur les prédations des loups
Source : https://www.isprambiente.gov.it/public_files/StimaImpattoLupoAattivitaZootecniche.pdf
368 élevages, soit 20,5 % des entreprises touchées par au moins un dommage ont perdu 62,2 %
de l'ensemble des proies du bétail. Ces élevages, classés comme points chauds d'impact du loup
sur l'élevage, se sont avérés répartis dans 177 communes.
Une distribution similaire des déprédations constatées a également été trouvée pour les élevages
ovins et caprins pour lesquels une fraction minoritaire des élevages touchés a perdu la majorité
des animaux. Ainsi 922 exploitations, correspondant à 25,9% du total, ont perdu 73,3% des proies
ovines. Ces entreprises se sont avérées être réparties dans 416 municipalités, identifiées comme
des zones sensibles avec les coûts les plus élevés pour le système de compensation au niveau
national.
Au total, en référence à la période 2015-2019, des données relatives à 17 989 événements de
prédation confirmés ont été collectées, pour une moyenne d'environ 3 597 événements chaque
année. La tendance des événements de prédation au niveau national est à la hausse, à l'exception
de 2016, où toutes les statistiques (nombre d'événements de prédation constatés, nombre
d'animaux prédatés, indemnisations accordées) ont baissé. Le nombre d'événements de prédation
confirmés est passé de 3 325 en 2015 à 4 107 en 2019, soit une augmentation de 23,5 %.
Suite aux 17 989 événements de prédation au total, un total de 43 714 têtes de bétail ont été
enregistrées comme étant prédatées, pour une moyenne d'environ 8 742 têtes chaque année.
Parmi les animaux prédatés, 82,0% étaient des moutons et des chèvres, soit une moyenne de 7
171 animaux par an; 14,2% étaient des bovins, soit une moyenne de 1 439 têtes par an; 3,2 % des
têtes indemnisées sont des chevaux, pour une moyenne de 280 têtes par an ; des prédations
restantes compensées, 0,1 % concernaient des porcs, 0,1 % concernaient des espèces avicoles
PUBLIÉ
https://www.isprambiente.gov.it/public_files/StimaImpattoLupoAattivitaZootecniche.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 163/284
et 0,4 % étaient représentés par la prédation sur d'autres espèces ou par des cas indéterminés.
12.4 Politique publique de gestion du loup
12.4.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
Organisation administrative de la gestion du loup
La gestion du loup nécessite une ampleur et une continuité des interventions difficiles à obtenir
dans le cadre de la fragmentation administrative infranationale italienne.
Les règles nationales se réfèrent à une application régionale en matière de conservation et de
gestion. Les Régions disposent des outils pour intervenir efficacement, mais leur action doit
s'exercer de manière coordonnée au sein d'un système de répartition des compétences et des
responsabilités.
Dans le cadre des attributions des Ministères, des Régions et des Provinces autonomes établies
par la législation en vigueur, les engagements que chaque administration assume vis-à-vis du loup
sont ceux contenus dans les actions indiquées dans la partie 3 du Plan d'action :
https://www.iononhopauradellupo.it/wp-content/uploads/2019/04/Piano-lupo-marzo2019.pdf
L'acte d'engagement de chaque Administration sera donné par l'approbation en Conférence Etat-
Régions.
Dans ce contexte, notamment en relation avec la Loi 157/92 et la Directive Habitats, le MATTM
(Ministero dell'Ambiente e della Tutela del Territorio e del Mare) est le principal dépositaire des
PUBLIÉ
https://www.iononhopauradellupo.it/wp-content/uploads/2019/04/Piano-lupo-marzo2019.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 164/284
politiques de gestion en ce qui concerne le régime général de protection et l'interface avec la
Commission européenne.
Le MATTM favorise donc l'implication du Ministère des Politiques Agricoles, Alimentaires et
Forestières pour une collaboration concrète sur le thème des conflits loup-élevage, et du Ministère
de la Santé pour tous les aspects liés aux pathogènes, à la gestion des chiens errants, aux
contrôles sanitaires du bétail et à l'utilisation de poisons.
Le MATTM favorise la mise en oeuvre du Plan par une coordination à l'échelle nationale entre les
Régions, les Provinces Autonomes et les Aires Protégées Nationales afin de contribuer à
l'optimisation des moyens et programmes régionaux et assurer la contribution et l'intégration des
plans de travail des toutes les entités administratives. Le besoin et la demande des administrations
régionales et provinciales de disposer de documents, de lignes directrices et de règlements types
auxquels se référer afin d'uniformiser les procédures régionales ont été signalés à plusieurs
reprises : la MATTM a la responsabilité de répondre à ce besoin de coordination qui est essentiel
pour l'efficacité de toutes les actions incluses dans le plan.
Actions et interventions territoriales
Les Régions et les Provinces Autonomes sont les principaux acteurs de la gestion du loup sur leur
territoire, mais il est indispensable qu'elles collaborent avec les Régions et Provinces Autonomes
adjacentes, les Aires Protégées Nationales et Régionales qui en relèvent et interagissent avec
l'ISPRA (Istituto Superiore per la Protezione e la Ricerca Ambientale) et MATTM pour les
techniques et politiques mises en oeuvre. Dans ce contexte, le Ministère évalue avec les Régions
les documents, les lignes directrices, les actions spécifiques et les projets expérimentaux utiles
pour une gestion et une conservation plus efficaces du loup en conformité avec les besoins de
conservation de l'espèce et prend en compte les spécificités locales dans le but d'atténuer les
conflits avec les activités humaines. Le Ministère s'engage également à évaluer avec les Régions
les possibilités de financement des actions et proiets les plus pertinents.
Les principales actions sur lesquelles une comparaison nationale ou interrégionale sont mise en
oeuvre sont : les campagnes de recherche scientifique, la surveillance à moyen et long terme, les
politiques de prévention et d'indemnisation des dommages, les politiques de lutte contre les chiens
errants, les campagnes d'information du public. Compte tenu de la situation et de l'importance
particulières de l'espèce et compte tenu de ses caractéristiques, de son importance d'un point de
vue social et culturel, ainsi que du rôle écologique particulier qu'elle joue dans les écosystèmes,
outre les seuls besoins de la recherche scientifique, les dérogations déjà prévues par l'article 16
de la directive « Habitats » 92/43/CEE et l'article 11 du décret présidentiel 357/97 ne peuvent être
demandées par les régions, les provinces autonomes et les parcs nationaux que dans des
situations à caractère exceptionnel.
Bien qu'aucune aire protégée ne dispose d'une superficie permettant d'assurer la conservation
d'une population vitale de loups, la protection de noyaux sources reliés par des aires de connexion
fonctionnelles peut permettre une conservation efficace au niveau de la métapopulation.
L'interdiction de la chasse dans les zones protégées établie par la loi 394/91 évite d'éventuels
conflits avec les activités de chasse et réduit le risque de braconnage.
Outre la protection directe des populations de loups, les aires protégées (dont le réseau Natura
2000) jouent un rôle primordial dans divers autres secteurs clés de la conservation de cette espèce,
notamment pour la mise en oeuvre de programmes de suivi des populations, la recherche sur la
biologie et l'écologie de l'espèce et de la communication et de l'information aux différentes parties-
prenantes.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 165/284
A cet égard, il convient de souligner l'importance des programmes de valorisation du loup d'un
point de vue touristique et économique, afin de favoriser une opinion plus positive des riverains.
ISPRA, réseau technique et Observatoires Régionaux
ISPRA est le référent technique national qui accompagne le MATTM, les Régions, les Provinces
Autonomes et les Aires Protégées Nationales dans leur action de gestion, en lien avec les
Observatoires Régionaux lorsqu'ils existent. Les Observatoires Régionaux sont les Observatoires
Régionaux de la Biodiversité (conformément à la Stratégie Nationale) et les Observatoires
Régionaux de la Faune.
Plateforme Nationale Loup
Dans certains pays européens (ex. France, Suède) a été mis en place un forum de consultation
des principaux groupes d'intérêt (agriculteurs, chasseurs, écologistes, opérateurs touristiques,
chercheurs, communicants, etc.) sur les questions de gestion du loup.
Cette plateforme, aux fonctions purement consultatives et de proposition, est utile pour partager et
valoriser les positions des différents groupes d'intérêt. Il n'a pas de fonction décisionnelle mais est
responsable de la connexion et de la transmission d'informations aux différents secteurs de la
société qui le concernent. Dans celui-ci, les Institutions compétentes rendent compte aux
différentes parties prenantes de l'état d'avancement du Plan. Cette bonne pratique a déjà démontré
son efficacité dans les expériences positives réalisées avec le réseau d'aires protégées créé à
l'occasion du programme LIFE WOLFNET.
Une plateforme nationale devrait être mise en place au MATTM. Par ailleurs, la mise en place de
plates-formes locales au niveau de régions individuelles ou de zones géographiques plus étendues
(par exemple : arc alpin, Apennin central, etc.) est laissée à la décision des Régions pour
discussion avec les acteurs locaux.
Bureau Régional de Gestion du Loup
Les Régions et les Provinces Autonomes peuvent mettre en place, si elles le jugent utile, un Bureau
Local de Gestion des Loups avec des missions, des rôles et des pouvoirs à définir (dont, par
exemple, la gestion des conflits avec les éleveurs, l'évaluation de l'efficacité des mesures de
résolution des conflits et l'étude des solutions alternatives possibles). Ces Bureaux de Gestion
peuvent envisager l'implication des différentes instances concernées. Le Bureau de Gestion pourra
s'appuyer sur un tableau technique qui prévoit la participation de personnalités
professionnellement formées pour fournir des indications sur les plans de suivi, de gestion et
d'évaluation. Dans tous les cas, il faut qu'au niveau de chaque administration régionale les
structures en charge des questions concernant la gestion du loup soient clairement identifiées,
laissant ensuite à chaque administration le soin d'identifier les solutions d'organisation à adopter.
Certaines Régions et Provinces ont jugé utile de mettre en place une Task Force Loup à l'échelle
régionale qui devra être coordonnée avec le Bureau de Gestion, devra adopter un protocole
opérationnel d'intervention standardisé et fonctionnera avec un personnel qualifié et dûment formé
(par exemple, aires protégées, Métropole, police territoriale, professions libérales bénévoles).
Enfin, les actions (ou une partie d'entre elles) envisagées pour la gestion du loup hors des aires
protégées sont prises en considération et développées en collaboration avec les offices en charge
de la gestion de l'activité cynégétique et dans le cadre de la gestion de la faune.
12.4.2 Plan de gestion du loup
https://www.iononhopauradellupo.it/wp-content/uploads/2019/04/Piano-lupo-marzo2019.pdf
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https://www.iononhopauradellupo.it/wp-content/uploads/2019/04/Piano-lupo-marzo2019.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 166/284
Coûts globaux de la politique
Les sommes accordées à titre d'indemnisation durant la période 2015-2019 se sont élevées à 9
006 997 ¤ pour une moyenne de 1 801 367 ¤ par an.
La tendance dans le temps a montré une diminution des montants accordés entre 2015 et 2016,
suivie d'une augmentation progressive les années suivantes, ce qui a ramené ces montants aux
niveaux de référence de 2015. Il convient de noter que les montants versés à titre de compensation
font référence à 77 % des événements de prédation, car dans les 23 % restants, aucune
information n'était disponible concernant une éventuelle compensation économique des
dommages.
Il existe une longue chaîne d'événements reliant la prédation d'un animal d'élevage à la
compensation économique du dommage, chaîne qui peut être interrompue en divers points. Tout
d'abord, toutes les proies ne sont pas retrouvées par les éleveurs, surtout si la carcasse est
prélevée et transportée par le loup dans des milieux difficiles d'accès. Les agriculteurs touchés par
les dommages ne demandent pas toujours une indemnisation. Cela peut être dû au fait que
certaines administrations lient le versement des indemnités à la présence de mesures de
prévention (pas toujours présentes dans l?élevage), mais aussi à de longs délais d'attente pour le
versement des indemnités. Sur la période 2015-2019, le temps moyen écoulé entre la demande
d'indemnisation et son versement était égal à 201 jours, mais avec de grandes différences entre
les différentes administrations. 17 % des déprédations reconnues ont été indemnisées dans les 60
jours suivant la demande, tandis que plus de 365 jours se sont écoulés dans 16 % des cas. Enfin,
dans certains cas, les éléments matériels n'existaient pas pour constater que la prédation avait
bien eu lieu par le loup.
PIEMONT
Au cours de la période 2015-2019, une moyenne de 13 249 ( ±1 000,2 ET) exploitations bovines
ont été enregistrées dans la Base de données nationale du Piémont. Le nombre d'exploitations
bovines a diminué de 16,6% au cours de la période. Le nombre total d'animaux présents dans la
région était en moyenne de 795 768 ( ±10 619 ET) et a connu une augmentation de 3,2 % au
cours des années 2015-2019. Le nombre moyen de têtes par exploitation était de 60,4 ( ±5,3 DS),
avec une augmentation progressive sur toute la période étudiée (Fig. 33c). La répartition
géographique des bovins au niveau régional est illustrée à la Fig. 34
Pour la région du Piémont, en référence à la période 2015-2019, des données relatives à 729
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 167/284
événements de prédation avérés ont été fournies, pour une moyenne de 145,8 ( ±55,8 ET)
événements chaque année. La tendance temporelle des événements de prédation au niveau
régional a montré une tendance générale à la hausse, passant de 260 en 2015 à 420 en 2019.
Suite aux 729 événements de prédation au total, un total de 1 620 têtes de bétail ont été
enregistrées comme prédatées, pour une moyenne de 324 ( ±86,9 ET) têtes chaque année. Parmi
les proies, 89,4 % étaient des ovins et des caprins, soit une moyenne de 289,8 têtes par an ( ±81,5
ET), tandis que 10,6 % des proies étaient des bovins, pour une moyenne de 34,2 têtes par an ( ±
8,5 DS). Le nombre d'animaux prédatés a également montré une tendance générale à la hausse,
tant pour les bovins que pour les ovins et les caprins.
Les informations concernant le prédateur tenu responsable des dommages suite à l'inspection
n'étaient pas disponibles dans la base de données mise à disposition, il n'a donc pas été possible
de calculer des statistiques concernant cet aspect.
En ce qui concerne les sommes accordées à titre de compensation, celles-ci n'étaient disponibles
pour aucun des événements de prédation constatés, il n'a donc pas été possible de produire des
statistiques synthétiques.
La date de l'événement de prédation était disponible dans 100% des cas. Conformément aux
données nationales, le phénomène a été confirmé comme concentré dans les mois d'été (juillet-
septembre), au cours desquels 59,4 % de toutes les déprédations ont eu lieu.
Dans 65 cas (8,9% du total), aucune des mesures préventives possibles n'avait été mise en oeuvre
par l'exploitation victime du dommage au moment de la prédation ; dans 118 événements de
prédation (16,2 % du total), des chiens de garde étaient présents; dans 196 cas (26,9% du total)
la présence d'une clôture, électrifiée ou non, ou d'un abri a été signalée ; enfin, dans 9 cas (1,2 %
du total) la présence de répulsifs acoustiques a été indiquée.
12.4.3 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Présence du berger dans le pâturage
La présence continue de l'éleveur dans les alpages est l'exigence fondamentale non seulement
pour assurer une gestion correcte des animaux et une utilisation rationnelle des pâturages, mais
aussi pour réduire la prédation (à la fois directement en contrôlant ce qui se passe dans les
pâturages et indirectement par l'utilisation et la gestion d'autres systèmes anti-prédateurs). À cette
fin, il est nécessaire de promouvoir et de soutenir la permanence des agriculteurs dans les alpages
également par des interventions de soutien appropriées visant à résoudre les différents problèmes
logistiques de la montagne, tels que la disponibilité de routes et de sentiers forestiers qui facilitent
les déplacements, les hébergements d'altitude (récupération/construction de structures
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 168/284
d'habitation, mise à disposition de structures provisoires, fourniture d'eau potable et d'électricité),
instruments divers (bonne diffusion du réseau téléphonique GSM).
Clôtures électriques
La clôture électrifiée est une barrière physique à effet psychologique pour les animaux qui entrent
en contact avec elle : en touchant la clôture, les animaux reçoivent un choc intense et douloureux
qui restera gravé dans leur mémoire et les dissuadera de tout contact ultérieur. De plus, la clôture
émet des bruits faibles qui sont perçus même de loin et qui représentent un signal ayant un effet
dissuasif. Il existe différents types de clôtures électriques sur le marché en fonction des besoins de
l'éleveur, de l'espèce et du nombre d'animaux à contenir et du type de pâturage dans lequel ils
doivent être montés. Les principales différences concernent la hauteur de la clôture, la solidité des
poteaux de support, l'ampérage et la tension et la puissance du panneau solaire. Les clôtures
électriques sont principalement utilisées pour le confinement nocturne des animaux (dans le cas
des ovins et des caprins), mais aussi pour protéger les animaux sur le point de mettre bas et les
nouveau-nés (situation qui peut être étendue à toutes les espèces).
Mesures préconisées pour le bon fonctionnement des clôtures électriques
? Préférez une clôture avec un périmètre sans angles : les animaux apeurés ont
tendance à courir le long du périmètre du filet et, en présence d'angles, pourraient
s'agglutiner, casser la clôture et annuler son effet protecteur.
? Prévoir, si nécessaire, une « double clôture » : deux clôtures concentriques séparées
par un couloir d'environ 2 mètres, de manière à éviter que le bétail ne soit en contact
étroit avec d'éventuels prédateurs et limiter ainsi les réactions de panique pouvant
conduire à l'abattage de la clôture.
? Effectuez un nettoyage régulier du sol là où le filet repose sur le sol. La clôture doit être
vérifiée régulièrement pour s'assurer que la végétation n'entraîne pas de
dysfonctionnement du système d'électrification. Une aide est l'utilisation d'un testeur
qui fournit des informations sur la tension et l'intensité de la clôture, facilitant
l'identification d'un dysfonctionnement.
? Faites attention au positionnement de la clôture près des zones en pente, en utilisant
un filet plus haut dans les zones « amont » : les prédateurs venant d'en haut sont plus
faciles à sauter par-dessus la clôture.
? Gardez toujours la clôture active afin qu'elle constitue une barrière "fixe" notamment
contre les autres animaux sauvages qui fréquentent la zone (cerfs et sangliers) et qui
pourraient l'abîmer.
? Utilisez des électrificateurs, des batteries, des systèmes de mise à la terre adaptés à
la taille de la clôture, en vous rappelant que la tension de l'impulsion électrique doit
être d'environ 8 000 - 10 000 Volts pour dissuader les prédateurs de tout contact
? Bien fixer la clôture au sol surtout en cas de dépressions (par exemple à l'aide de tiges
en U), et éviter que le filet ne forme des poches dans lesquelles les animaux pourraient
s'emmêler.
Chiens de garde
Les chiens de garde se sont révélés être un excellent moyen de prévention contre les dégâts de
prédation même dans les contextes où la topographie, la présence d'une végétation arbustive
étendue ou la présence d'un brouillard épais rendent difficile la surveillance de l'ensemble du
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 169/284
troupeau même par le berger.
Les principales races utilisées dans les Alpes pour la protection du bétail contre les prédateurs sont
le chien de montagne des Pyrénées (Patù) et le berger de la Maremme des Abruzzes. L'intégration
correcte du chien de garde dans le contexte zootechnique dépendent de divers facteurs tels que
ses caractéristiques génétiques, le type de gestion du bétail dans lequel il est inséré, la zone dans
laquelle le bétail paît, mais surtout une bonne gestion de la phase d'éducation/socialisation des
chiots.
En particulier, les caractéristiques comportementales qui doivent être stimulées dans la phase
éducative des premiers mois de vie sont : l'attention (fort attachement du chien au bétail et un fort
sentiment de protection); fiabilité (absence d'instinct de prédateur envers le bétail) ; protection
(action de défense du bétail contre les prédateurs).
Une bonne gestion des chiots permet de limiter les problèmes liés à leur agressivité envers les
personnes. Les chiens commencent à travailler efficacement à partir de 2 ans mais il est très
important qu'ils accompagnent le bétail au pâturage dès les premiers mois afin qu'ils apprennent à
connaître le territoire dans lequel ils devront travailler. La présence de chiens dans les alpages ne
remplace pas l'éleveur dans la gestion du cheptel qui devra favoriser le travail des chiens en
regroupant le bétail en pâturage et en le rassemblant pour la nuit. L'éleveur devra également
exercer un contrôle sur le comportement du chien lui-même, l'empêcher de s'éloigner du bétail et
de s'approcher des passants.
Bornes
Elles ont pour fonction d'effrayer les prédateurs en les éloignant du bétail domestique. Ils ont
tendance à avoir une efficacité limitée dans le temps et ne doivent donc être utilisés qu'en cas de
risque réel d'attaque (par exemple lorsque le prédateur est signalé à proximité de l'alpage) et non
en prévention habituelle.
Dissuasion acoustique - Il s'agit d'appareils électroniques qui émettent des sons préenregistrés
(voix de personnes, coups de fusil, bruits forts en général) à intervalles programmés ou, s'ils sont
équipés de capteurs d'activation infrarouges, au passage d'animaux. Généralement les sons sont
émis du coucher au lever du soleil avec des intervalles de 30 minutes. Les bornes sont
positionnées à proximité du bétail à protéger (qui doit être regroupé dans une zone restreinte) et
de manière à ce que les sons puissent être entendus à de grandes distances.
Dissuasion optique lumineuse - Il s'agit de feux clignotants intermittents (du type de ceux utilisés
sur les chantiers routiers) qui sont positionnés le long du périmètre de la clôture. Ceux-ci peuvent
également être équipés d'un capteur d'activité qui les active au passage des animaux.
Répulsifs optiques (fladry) - Ce sont de petits drapeaux en nylon rouge (dimensions 50 x 10 cm)
attachés à une corde placée à une hauteur d'environ 90 cm du sol. Leur mouvement les fait
percevoir par le loup comme une sorte de barrière physique à ne pas franchir. Les fladry ont
l'inconvénient de nécessiter un entretien constant car ils peuvent facilement s'effilocher et se
coincer dans les arbustes. Certaines études ont montré qu'il est possible de prolonger l'efficacité
des fladry en les fixant à un fil électrifié (turbofladry).
12.4.4 Indemnisations des dégâts liés au loup
Source : https://bandi.regione.piemonte.it/contributi-finanziamenti/difesa-bestiame-risarcimento-
danni-predazioni-grandi-carnivori-bando-22022
Les éleveurs d'ovins, de caprins, de bovins, de chevaux ou d'autres espèces d'intérêt zootechnique
qui paissent sur le territoire de la Région du Piémont, inscrits au Registre Agricole Régional qui
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https://bandi.regione.piemonte.it/contributi-finanziamenti/difesa-bestiame-risarcimento-danni-predazioni-grandi-carnivori-bando-22022
https://bandi.regione.piemonte.it/contributi-finanziamenti/difesa-bestiame-risarcimento-danni-predazioni-grandi-carnivori-bando-22022
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adoptent les mesures de prévention prévues pour la saison de pâturage 2022, ont droit à une aide.
La dotation financière s?élève à 585 250,64 ¤
L'aide est reconnue aux éleveurs qui adoptent les mesures préventives visées à l'annexe 1 du
DGR 29 avril 2022, n. 25-4960 :
a) clôtures pour abri de nuit dimensionnées en fonction du nombre d'animaux selon l'un des types
décrits à l'art. 8 visé à l'annexe 1 du DGR 29 avril 2022, n. 25-4960 ou prévoir l'hébergement
nocturne des animaux;
b) au moins deux chiens de garde (les chiens doivent être inscrits au registre canin et appartenir
exclusivement aux races : Berger de la Maremme-Abruzzes, Bouvier des Pyrénées);
c) la garde des animaux par l'agriculteur, la famille ou son personnel ou des clôtures pour toute la
zone de pâturage selon l'un des types décrits à l'art. 8 visé à l'annexe 1 du DGR 29 avril 2022, n.
25-4960;
d) des dispositifs de dissuasion pour la faune qui détectent l'approche des animaux et des
personnes vers les zones d'abri/pâturage.
Pour pouvoir accéder aux aides à la prévention, les éleveurs doivent obligatoirement assurer la
prescription c) et avoir mis en oeuvre au moins un des systèmes de défense visés a) ou b).
Les éleveurs s'engagent, en cas de contrôle sur place, à justifier de la possession des dispositifs
de prévention mis en place ou de la documentation relative à leur utilisation en période de pâturage.
Les caractéristiques techniques des méthodes de prévention sont décrites à l'art. 8 de l'annexe 1
du DGR 29 avril 2022, n. 25-4960.
Sur la base des systèmes de défense adoptés, et de la prédation réussie, une note est attribuée à
l'éleveur individuel, chaque point déclaré se voit attribuer une valeur en euros égale à 150 ¤ :
Le montant de l'aide pour chaque agriculteur sera déterminé dans le cadre du montant total, qui
pour 2022 s?élève à 584 750,64 euros, diminué du montant nécessaire au paiement des indemnités
pour déprédations (prévu dans les appels d'offres dédiés de 2022), basé sur :
? les demandes reçues ;
? le nombre d'engagements pris dans les actions de prévention ;
? la prédation des animaux en détention dans la période définie par l'annonce ;
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 171/284
? le montant du lot ne pourra en aucun cas dépasser la limite maximale de 3 000,00 euros
et pourra faire l'objet de réductions sur la base des dispositions de l'art. 10 de l'annexe 1
au DGR 29 avril 2022, n. 25-4960 ;
? les contributions à la prévention ne sont pas déboursables pour les groupements d'ovins,
caprins, bovins, équins ou autres espèces d'intérêt zootechnique comptant moins de 10
animaux inscrits au BDN (s'il existe pour l'espèce d'élevage) à la date d'ouverture de l'appel
d'offres;
? les contributions à la prévention ne sont pas dues si, suite à l'application des priorités en
vertu de l'art. 10 de l'annexe 1 au DGR 29 avril 2022, n. 25-4960, le montant admis est
inférieur à 100 ¤.
Dans le respect du plafond de 3 000 euros, une contribution de 60 % hors charges fiscales est
également constatée sur présentation du justificatif de paiement de la police d'assurance couvrant
la responsabilité civile envers les tiers pour les chiens de garde déclarés à la demande ou, en cas
de garantie responsabilité civile entreprise, une déclaration de l'organisme d'assurance doit être
présentée sur le montant de la part de la garantie concernée, dans ce cas l'aide maximale reconnue
est égale à 60 ¤.
Si le budget disponible est dépassé, le montant sera réduit du même pourcentage de l'aide établie
au point 10) de l'annexe 1 à la DGR 29 avril 2022, n. 25-4960.
Le bénéficiaire peut ne pas avoir demandé et ne pourra pas demander ultérieurement d'autres
subventions publiques (selon d'autres réglementations régionales, nationales ou communautaires
ou en tout cas de nature publique) pour les mêmes éléments couverts par la demande visée dans
la présente annonce.
Pour pouvoir accéder à l'aide, les éleveurs doivent présenter une certification appropriée du
vétérinaire, qui doit déclarer les numéros de série des animaux tués par prédation.
Si le vétérinaire ASL ne peut pas effectuer l'inspection à temps, il est possible de soumettre la
documentation attestant que la demande d'inspection pour prédation et la documentation relative
à la prédation (auto-certification et relevés photographiques) ont été envoyées à l'ASL locale.
Le bénéficiaire ne peut se prévaloir d'une couverture d'assurance pour ce type de dommage et ne
peut donc pas avoir obtenu le remboursement des faits de prédation mentionnés dans l'attestation
vétérinaire ASL jointe à la demande.
Les indemnités de cette annonce ne peuvent être cumulées avec d'autres indemnités, même de
nature assurantielle, auxquelles l'intéressé a droit pour le même dommage.
Les mesures de gestion adéquates visant à prévenir les dommages sont également considérées
comme des systèmes de prévention, comme, par exemple, l'hébergement pour la nuit dans l'étable
et surveillance directe; un lien de causalité direct doit également être établi entre le dommage subi
et le comportement de l'animal protégé.
Pour toutes les espèces, l'indemnisation des dommages directs est égale à 100% de la valeur
commerciale de la tête morte ou perdue du fait de la prédation, en se référant au tableau en annexe
2 du présent acte, rédigé sur la base des valeurs indiquées par ISMEA ou par la Chambre de
Commerce de Cuneo.
L'indemnisation, visée au point précédent, est majorée de 15% si l'animal est gestant et que cette
circonstance a été signalée dans le rapport de l'ASL.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 172/284
L'indemnisation des dommages indirects est reconnue comme suit :
80% des dépenses vétérinaires et pharmaceutiques engagées et documentées pour les animaux
blessés, hors TVA, jusqu'à un maximum égal à la valeur du bien lui-même. Les dépenses ci-dessus
seront reconnues si le document fiscal pertinent a été délivré dans les 30 jours suivant l'événement
prédateur qui a causé le préjudice;
50% des dépenses engagées pour l'enlèvement et l'élimination des animaux établis avec le décret
du Ministère des Politiques Agricoles, Alimentaires et Forestières n. 2486 du 6 mars 2020 et
modifications ultérieures;
une indemnité forfaitaire de compensation des pertes de production conformément aux
dispositions de l'art. 4 de l'annexe 1 à la DGR n. 25-4960 du 29 avril 2022.
Les frais encourus par le propriétaire de l'animal blessé (documentation fiscale valide) doivent être
directement liés à la prédation :
? les frais vétérinaires peuvent être reconnus s'ils sont documentés par la facture acquittée
du vétérinaire et si la facture indique que la prestation est payée pour l'animal ou les
animaux objets de l'attaque attestée dans le rapport de prédation;
? les frais d'enlèvement et d'élimination peuvent être reconnus s'ils sont documentés par la
facture qui doit mentionner le code d'enregistrement dans la base de données nationale
des animaux collectés et le poids des animaux enlevés et éliminés.
Les dépenses précitées ne peuvent être reconnues aux agriculteurs qui ont souscrit une police
d'assurance (subventionnée ou non) pour l'enlèvement et l'élimination des animaux tombés.
Les pertes causées au bétail ne sont pas remboursables dans les cas suivants :
? dans le rapport d'expertise vétérinaire, la prédation par un grand carnivore (loup/canidé)
est douteux, exclu ou invérifiable;
? les dommages au cheptel qui, au moment de l'attaque du prédateur, ne sont pas inscrits
au registre national du cheptel (BDN) pour l'espèce pour laquelle il est envisagé, sauf s'il
s'agit de jeunes spécimens (ne relevant pas encore de l'obligation de marquage et
d'inscription dans le registre du bétail);
? les dommages subis à la suite de la non-application d'au moins un système de prévention
conformément à l'article 8 du DGR n. 25-4960 du 29 avril 2022;
Les dommages non certifiés par le vétérinaire de l'ASL : les remboursements des animaux morts,
blessés et disparus suite à l'événement prédateur non indiqué dans le rapport ASL; les morts
attribuables à des causes autres que la prédation par des animaux protégés ; les dommages subis
par les entreprises qui ne respectent pas les règlements de la police vétérinaire.
AUTRES SOURCES
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-lupo/risultati
https://www.centrograndicarnivori.it/lupo
PUBLIÉ
https://www.isprambiente.gov.it/it/attivita/biodiversita/monitoraggio-nazionale-del-lupo/risultati
https://www.centrograndicarnivori.it/lupo
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 173/284
13 Fiche Slovaquie
La documentation essentielle est le « Programme de soins du loup gris en Slovaquie », approuvé
par le ministère de l'environnement en 2016 pour action 2016-2025.
https://www.sopsr.sk/files/PS-o-vlka-draveho-na-Slovensku.pdf
13.1 Présentation de l?élevage
Les moutons, chèvres et bovins sont élevés en pâturage. C?est la méthode traditionnelle pour
élever ces animaux en Slovaquie. Elle est souhaitée du point de vue des bonnes conditions de vie
des animaux, ainsi que de la durabilité de la nature et du paysage.
Source : https://www.pssr.sk/index.php/sk/sumarne-pocty-a-zoznamy-fariem/
Plemenárske sluzby Slovenskej republiky / Services d'élevage de la République slovaque
PUBLIÉ
https://www.sopsr.sk/files/PS-o-vlka-draveho-na-Slovensku.pdf
https://www.pssr.sk/index.php/sk/sumarne-pocty-a-zoznamy-fariem/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 174/284
13.2 Caractéristiques de la population de loup
13.2.1 Les effectifs de loup
Tendance de la population de loups en Slovaquie (source : Hunting Statistical Yearbook)
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 175/284
13.2.2 2.2 Méthode de dénombrement du loup
Cartographie des zones de présence du loup
13.2.3 3 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
Les attaques de loups causent des dégâts nettement plus importants que les ours et peuvent
toucher jusqu'à 30 % des troupeaux chaque année. Environ 80 % des pertes surviennent dans
environ 12 % des exploitations.
Les éleveurs de bétail prennent actuellement des mesures préventives pour prévenir les
dommages causés par les loups : bergers, chiens, clôtures.
Dans le même temps, il n'existe actuellement aucun mécanisme pertinent pour compenser
l'augmentation des dépenses en mesures préventives par l'État, ce qui fait peser une charge
économique sur les éleveurs dans les zones à risque. Cependant, les conditions locales, en
particulier l'utilisation de mesures préventives, ont une grande influence sur l'ampleur des pertes
de moutons dans les troupeaux individuels (RIGG 2004, RIGG & GORMAN 2006, RIGG et al. 2011,
SOP SR 2015).
Dans certains cas, des pertes élevées sont associées à une application insuffisante des mesures
préventives. Les problèmes peuvent être causés par une utilisation ou un entretien incorrect des
clôtures, un enclos insuffisamment sécurisé, des chiens de garde inadaptés ou mal utilisés. Les
éleveurs ont donc besoin d'un manuel méthodique uniforme qui contiendrait des procédures
normalisées pour l'application de mesures préventives afin de prévenir de telles lacunes. Le
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 176/284
problème se pose notamment avec l'utilisation de chiens de garde, les éleveurs craignant que des
chiens en liberté puissent dans certains cas mettre en danger le grand public.
Les dégâts causés par les loups au bétail sont connus depuis l'Antiquité et se poursuivent encore
aujourd'hui. Dans une large mesure, ils sont influencés par le rapport mutuel de la biomasse des
ongulés sauvages et des animaux d?élevage. Tant que les loups disposent de suffisamment de
proies naturelles, les dommages causés aux animaux domestiques sont d'une importance
secondaire d'un point de vue économique.
Les troupeaux de chèvres et de moutons non protégés sont des proies faciles pour le loup. Des
recherches ont indiqué que certaines meutes peuvent se spécialiser dans les animaux d?élevage.
Les habitudes alimentaires des loups étant transmises par l'apprentissage des parents à la
progéniture, il est fort probable que la tradition d'attaque des animaux de ferme fasse partie de la
vie de certaines meutes (SKUBAN 2005, FINÔ, SKUBAN 2011).
Actuellement, plusieurs registres de dommages sont conservés en Slovaquie. Les dommages aux
animaux d'élevage et au gibier assurés par la commission sont enregistrés par la Protection
nationale de la nature de la République slovaque (SOP SR).
Les dommages causés par les loups aux animaux d'élevage sont également enregistrés dans les
statistiques de chasse gérées par le Centre forestier national, ainsi que dans le registre central des
animaux d'élevage (CEHZ), géré par l'entreprise « Services d'élevage » de la République slovaque.
Cependant, les dommages déclarés ne sont pas précisément quantifiés financièrement, il ne s'agit
en fait que d'une statistique de la perte d'animaux de ferme causée par la prédation par des loups.
Il faut également mentionner le fait que les données sur les dommages causés par les loups aux
animaux d'élevage, qui sont conservées par les statistiques de chasse, sont sous-estimées, car
les données des statistiques de chasse sont rapportées par les utilisateurs des territoires de chasse
et non par les éleveurs, tandis que les utilisateurs des territoires chassables peuvent ne pas être
informés de tous les dégâts causés.
13.2.4 4 Politique publique de gestion du loup
Coûts globaux de la politique
En 2018, des dommages aux animaux de ferme d'une valeur totale de 48 725 euros ont été
signalés dans le cadre des statistiques de chasse au loup, et une indemnisation leur a été versée
pour un montant de 33 849 euros.
Au total, le loup a causé des dégâts à 298 animaux de ferme, dont 14 bovins, 270 ovins et 14
caprins. Les dégâts causés aux animaux de ferme par les loups se produisent principalement dans
les régions montagneuses du centre de la Slovaquie.
En 2018, jusqu'à 23 % de tous les dommages se sont produits dans le district de Banská Bystrica.
Le district de Ruzomberok a suivi avec 20% de dégâts.
Dans les districts de Dolny Kubin, Lucenec, Povazská Bystrica, Trebisov, Revúca, 5 à 7 % de tous
les dommages se sont produits. Les districts de Cadca, Zilina, Zvolen et autres ont enregistré
moins de 5 % de tous les dommages.
L'Association des éleveurs d'ovins et de caprins fait état de dégâts de 500 000 euros, et le ministère
de l'Environnement estime les dégâts annuels entre 30 000 et 40 000 euros.
Mesures de protection des troupeaux contre le loup
A) Mesures de protection utilisées en pâturage
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 177/284
Les chiens de protection sont décrits comme le moyen le plus efficace de protéger et de défendre
contre les attaques de loups. Il est recommandé d?affecter au moins 2 chiens à la protection des
troupeaux de plus de 100 individus, et 1 chien de garde supplémentaire est recommandé pour
chaque tranche de 100 individus supplémentaires.
Clôtures électriques
Il est recommandé une combinaison d'une clôture en métal ou en bois protégée de l'extérieur par
une clôture électrique comme mesure préventive contre les loups. Une clôture d'au moins 1,6 m
de haut est requise, tandis que le câble le plus bas de la clôture électrique doit être guidé juste au-
dessus de la surface du sol (à partir de 20 cm). Une tonte régulière de l'herbe évite un court-circuit
lorsque le fil conducteur touche l'herbe et les herbes. Lors de l'utilisation de clôtures électriques, il
est recommandé de choisir une source d'impulsions électriques suffisamment puissante et de créer
une barrière aussi impénétrable que possible pour les gros animaux. Il est recommandé de
disposer de sources d'impulsions d'une énergie de 3,0 J ou plus et d'une tension d'au moins 5 800
V. La distance entre les câbles ou fils conducteurs ne doit pas dépasser 20 cm dans la partie
inférieure de la clôture jusqu'à une hauteur d'environ 1,2 mètre. À une hauteur supérieure à 1,2
mètre, elle peut atteindre 30 cm. En raison du pelage des prédateurs, il est recommandé d'utiliser
des cordes en polypropylène d'un diamètre de 4 mm ou plus. Lors de la création de clôtures avec
un périmètre plus large, un minimum de 3 mm, ou des fils ou des câbles en acier, est recommandé.
Selon l'expérience des éleveurs constatée lors de l'enquête de terrain, si des clôtures métalliques
ou en bois sont utilisées, les moutons effrayés, dans une tentative d'échapper aux prédateurs, se
pressent sur les côtés et les coins opposés de l?enclos. Dans le cas des clôtures électriques, un
troupeau effrayé traverse la clôture, s'échappe à l'extérieur et devient sans protection contre les
prédateurs. Pour cette raison, la combinaison de clôtures en métal ou en bois, autour de laquelle
une clôture électrique est installée à une distance de 15 mètres, est la plus appropriée. Des chiens
de garde berger seront placés librement dans l'espace intermédiaire.
En cas d'attaque par de gros animaux, les chiens peuvent attaquer activement les animaux
attaquants derrière la clôture électrique, les décourageant ainsi de poursuivre l'attaque. La hauteur
de la clôture électrique doit être d'au moins 1,6 mètre.
Moyens dissuasifs
L'utilisation d'un système de dissuasion fonctionne bien pour minimiser les dommages causés par
les loups. Les éléments dissuasifs sont des bandes, des drapeaux ou des bouts de tissu,
suspendus à un fil ou un câble tendu. Il est recommandé une distance des bandes ou des drapeaux
les uns des autres de 50 cm maximum, tandis que leurs bords inférieurs doivent être aussi près du
sol que possible. A une distance de 75 cm, les loups surmontent les moyens de dissuasion (Nowak
et Mystajek, 2006). La hauteur recommandée du fil au-dessus du sol est de 60-70 cm (Findo,
Skuban, 2011).
Dispositifs de détection et d'alarme
Divers dispositifs de détection et d'alarme peuvent également être utilisés pour protéger les enclos.
Des capteurs surveillent en permanence l'espace désigné et, lors de la détection d'un mouvement
dans celui-ci, émettent un signal électrique qui déclenche une alarme sonore, lumineuse ou autre
(reproduction de voix humaines, aboiements de chiens, coups de feu, activation de fusées
éclairantes, de canons, etc. ).
De la même façon dans certains Etats, les cultures agricoles sont protégées des ongulés en
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 178/284
reproduisant les sons de leur prédateur. L'inconvénient est que lorsque les animaux rencontrent
de façon répétée le type d'épouvantail utilisé, ils s'y habituent. (Rigget al., 2011). Hell et al. (2001)
indiquent qu'il faut environ 17 à 20 jours pour qu'un animal s'habitue à un moyen de dissuasion ou
à tout autre changement dans son environnement familier. Par conséquent, une alternance
régulière des différentes voix, sons, lumières, etc. reproduits est nécessaire. De plus, le système
de détection peut être déclenché par un autre animal ou par une personne (Hell et al., 1999).
Éclairage
L'éclairage nocturne des enclos est également une méthode préventive efficace avec une source
de lumière puissante, qui dissuade les loups d'attaquer (Hell et al., 2001). Cependant, cette
méthode de prévention représente une augmentation significative des coûts pour l'éleveur.
L'un des éléments les plus importants de la protection préventive consiste à assurer l'amélioration
des compétences du personnel en charge du pâturage et du gardiennage des moutons.
Conditions d'éligibilité liées à la nature et au nombre des troupeaux
L'État indemnise les dommages causés aux animaux d'élevage si les conditions suivantes sont
remplies (ci-après dénommées « mesures préventives ») servant à leur élimination complète :
? un cheval, un âne et leurs croisements, bovins, ovins, caprins ou ovins ont été placés dans
un bâtiment fermé ou dans une clôture électrique au moment de l'événement, ou lorsqu'ils
ont été placés au moment où le fait s'est produit, qui directement à l'origine du dommage,
à l'extérieur d'un bâtiment fermé ou d'une clôture électrique, ils étaient sous la surveillance
directe d'une personne physique et d'un chien de berger en liberté ;
? les volailles étaient hébergées dans un bâtiment fermé au moment de l'événement ;
? les lapins et autres animaux de ferme étaient au moment de l'événement situés dans un
bâtiment fermé.
Une indemnisation pour les dommages causés aux chiens de garde de berger sera versée par
l'État dans le cas où le chien ne se trouvait pas dans un espace clos lors de l'événement de
prédation, ou il n'était pas attaché. Cela ne s'applique pas la nuit, lorsque le chien peut être attaché,
ou enfermé dans l'espace intermédiaire entre l'enceinte et la clôture électrique.
L'indemnisation des atteintes à la santé et à la vie d'une personne physique est prise en charge
par l'État sans distinction.
Lors de l'indemnisation des dommages matériels (clôtures électriques endommagées et
complètement détruites, clôtures, etc.), l'État ne paie que les dommages réels.
L'Etat n'indemnisera pas les dommages causés par un loup si au moins une des mesures
préventives n'est pas respectée. Les mesures préventives partielles ne sont pas prises en compte
(ex : clôture électrique mal posée, chien de berger attaché pendant le pâturage, etc.).
13.2.5 Indemnisation des dégâts liés au loup
L'objet de l'indemnisation des dommages causés par les animaux protégés est régi par la loi sur
la protection de la nature et du paysage. L'ours brun et le loup sont des animaux pour lesquels
l'État est responsable des dommages causés au gibier sauvage dans les zones protégées toute
l'année.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 179/284
Le loup prédateur n'est pas protégé toute l'année sur l'ensemble du territoire de la République
slovaque. Dans certaines zones, il est autorisé de le chasser pendant une période déterminée et
selon un quota. Ce quota change à chaque saison de chasse. Dans les zones où il est possible de
chasser le loup (dans la période du 1er novembre au 15 janvier), il n?y a pas de compensation
financière pour les dommages causés par le loup (ou l'ours) qui prédatent des animaux de ferme.
L'enquête locale sur les dommages causés par les animaux est effectuée par une commission
composée de représentants du bureau de district de Snina - direction de la protection de
l'environnement, du bureau de district de Humenné - direction des terres et des forêts, de
l'utilisateur des terrains de chasse et de l'organisation professionnelle de la protection de la nature
et du paysage, la SOP SR - Administration du Parc National Poloniny.
L'autorité de protection de la nature, de la circonscription territoriale dans laquelle le dommage
s'est produit, après avoir signalé le dommage, effectuera une enquête locale avec la participation
de la commission et obtiendra des preuves dans les trois jours. La tâche du représentant de
l'administration du parc national est de déterminer la cause des dommages sur la base des signes
trouvés.
La procédure d'inspection sur le terrain de l?acte de prédation commence par la recherche de traces
de prédateurs dans les environs (crottes, poils, ?). Ensuite, une analyse des traces de du
prédateur sur la carcasse elle-même sera effectuée.
La personne lésée est tenue de signaler le dommage immédiatement après sa découverte, au plus
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 180/284
tard 24 heures après sa découverte, à l'unité organisationnelle compétente de SOP SR, dans la
compétence territoriale de laquelle le dommage s'est produit, dans le manière suivante :
? par téléphone directement à un employé de SOP SR (administration compétente de
l'espace paysager protégé ou parc national) ;
? par voie électronique en s'enregistrant dans l'application KIMS (www.biomonitoring.sk);
? par e-mail ;
? par écrit directement à SOP SR.
Au plus tard 24 heures après avoir signalé le dommage, SOP SR procédera à une inspection
(évaluation locale des dommages) avec la participation de la partie lésée et obtiendra des preuves
du dommage. Le lésé doit préciser dans le procès-verbal tous les numéros des boucles auriculaires
des animaux pour lesquels il réclame une indemnisation pour les dommages causés par le loup.
Par ailleurs, lors de l'inspection locale, le devoir de la personne lésée est de décider si, en cas de
blessure du bétail par un loup, elle exigera une indemnisation pour le traitement vétérinaire des
animaux, ou une indemnisation complète et laisser l'individu être euthanasié. En cas de décision
de traitement, il n'a pas droit à indemnisation lorsque ledit individu décède des suites de ses
blessures. Si nécessaire, après une enquête locale, la partie lésée doit remettre à l'Office slovaque
d'assurance sociale dans les 10 jours au plus tard les documents prouvant son droit à une
indemnisation pour les dommages, les droits de propriété ou d'autres relations avec l'objet de
l'indemnisation des dommages, les avis professionnels ou d'experts, les rapports médicaux en cas
d'atteinte à la vie et à la santé, la confirmation du médecin vétérinaire en cas de mort d'animal. La
partie lésée s'assurera de la confirmation du protocole par un vétérinaire, qui prouve le bien-fondé
de l'indemnisation.
Si le SOP SR constate que le dommage a été causé par un loup, que les conditions d'indemnisation
sont remplies et qu?il n'y a aucun doute sur le moment de l'événement, la survenance du dommage
et l'étendue de l'indemnisation du dommage demandée par la partie lésée, il soumet une demande
d'indemnisation à la cellule de paiement (centre d'assistance) au plus tard dans les 14 jours , et
dans les cas particulièrement difficiles dans les 30 jours à compter du jour où l?animal prédaté a
été radié du CEHZ.
Si, pour diverses raisons, la présentation d'un avis d'expert est requise, le délai d'indemnisation
des dommages sera prolongé du temps nécessaire à la préparation et à l'évaluation ultérieure de
l'avis d'expert.
Lors de la réclamation de dommages aux animaux d'élevage, il existe trois types d'indemnisation :
1. le remboursement en cas d'abattage d'un animal d'élevage ;
2. le remboursement en cas de blessure d'un animal d'élevage (remboursement des frais
vétérinaires, ou indemnisation pour l?enlèvement d'un animal d'élevage en cas de décès
constaté par un vétérinaire). Un cumul de ces indemnisations n'est pas possible ;
3. compensation financière pour la perte d'un animal de ferme causée par une attaque de
loup.
L'indemnisation des dommages causés aux animaux d'élevage sera calculée à partir des tarifs en
vigueur qui, pour les besoins de SOP SR, seront fournis par une organisation d'élevage reconnue
au plus tard le 15 décembre de l'année civile précédant la l'année du sinistre. MPARV SR est
chargé de publier ces tarifs dans des lieux accessibles au public (web). Les tarifs mentionnés sont
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 181/284
établis par les associations concernées, principalement l'Association des éleveurs d'ovins et de
caprins et l'Association des éleveurs de bovins de boucherie. Si les tarifs ne sont pas mis à jour au
plus tard le 15 décembre de l'année civile de l'année précédant le sinistre, SOP SR procédera toute
l'année suivante conformément aux dernières listes de prix en vigueur.
Le remboursement en cas d'abattage, de blessure et de perte d'un animal d'élevage n'est prévu
que pour les animaux enregistrés et marqués de manière unique afin qu'ils ne puissent pas être
confondus (s'applique uniquement aux animaux d'élevage soumis à l'obligation d?identification de
quelque manière que ce soit).
https://www.sopsr.sk/files/PS-o-vlka-draveho-na-Slovensku.pdf
13.2.6 Mesures d?intervention sur le loup
Le loup prédateur est une espèce strictement protégée selon la Convention de Berne. Cependant,
lors de la signature de la Convention de Berne, certains États ont utilisé la possibilité d'appliquer
une réserve contre le loup prédateur. La République slovaque a également utilisé cette option car
l'état de la population permet de réguler le nombre de loups sans affecter la survie et le
fonctionnement de l'espèce dans les écosystèmes naturels.
La République slovaque a appliqué l?exception géographique à l'annexe IV de la directive sur les
biotopes, c'est-à-dire que le loup est une espèce protégée figurant à l'annexe V de la directive sur
les biotopes (Espèces animales et végétales importantes du point de vue de la Communauté, dont
la capture et la collecte dans le sauvages et leur utilisation peut faire l'objet de certaines mesures
réglementaires). Cela signifie que sous certaines conditions, il peut être chassé, mais que cela doit
être fait conformément à l'obligation de préserver ou de restaurer l'espèce dans un état de
protection favorable conformément à l'article 2, paragraphe 2 de la Directive Habitats.
Conformément à la disposition susmentionnée de la directive Habitats, le statut de protection des
espèces doit être évalué du point de vue de l'ensemble du territoire européen des Etats membres
de l'UE, et dans le cas de toutes les mesures adoptées, les particularités régionales doivent être
prises en compte. Dans le cas où la menace pour la faune est de nature transfrontalière, l'obtention
et le maintien d'un état de conservation favorable nécessite la prise en compte des aspects
transfrontaliers lors de la fixation des quotas de chasse. Les États membres sont tenus de surveiller
l'état de protection du loup prédateur conformément à l'article 11 de la directive Habitats.
L'interdiction de chasser les loups s'applique toute l'année dans les lieux de son habitat naturel,
les couloirs de migration et la bio-région pannonienne, qui représente plus de 56,3% du territoire
de l'ensemble de la Slovaquie et pas seulement le territoire où les loups se produisent.
Les loups en Slovaquie sont classés à l'annexe II - la liste des « espèces d'intérêt communautaire
dont la conservation nécessite la désignation de zones de conservation spéciales » et auxquelles
s'appliquent les articles 1 à 6 de la directive. Ils exigent également que les « États membres
prennent les mesures appropriées pour éviter, dans les zones spéciales de conservation, la
détérioration des habitats naturels et des habitats des espèces ainsi que la perturbation des
espèces pour lesquelles les zones ont été désignées ».
En Slovaquie, 79 sites Natura 2000 protégeant les loups gris ont été établis. L'article 37 de la loi n°
543/2002 Zb. sur la protection de la nature et du paysage définit des conditions particulières de
gestion des loups. Conformément au § 9 du règlement 24/2003 Zb. La chasse au loup à l'aide de
boucles, de pièges, de filets et de poisons est interdite.
PUBLIÉ
https://www.sopsr.sk/files/PS-o-vlka-draveho-na-Slovensku.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 182/284
Délivrance des autorisations de tirs (défense, prélèvement?)
https://www.mpsr.sk/kvota-lovu-vlka-draveho-v-polovnickej-sezone-2020-2021/-37--16019
Le quota annuel de chasse au loup est fixé chaque année en octobre par le ministère de
l'Agriculture et du Développement rural de la République slovaque (MPRV SR) après une réunion
du groupe de travail composé de représentants du ministère de l'Agriculture et du Développement
rural de la République slovaque, le ministère de l'Environnement de la République slovaque (MZP
SR), le ministère de la Défense de la République slovaque (MO SR), l'Administration vétérinaire et
alimentaire nationale SR, la protection de la nature de la République slovaque, la Chambre
slovaque de l'agriculture et de l'industrie alimentaire, l'Association des éleveurs de moutons et de
chèvres en Slovaquie, le groupe de protection des forêts VLK, la Société pour la recherche,
l'éducation et la coexistence avec la nature, le Centre forestier national, l?entreprise d'État LESY
SR, Forêts et actifs militaires de la SR, des bureaux de district de Banská Bystrica, Kosice, Trencín,
Zilina, Presov, Forêts militaires et propriétés de la SR s.p. et la Chambre de chasse slovaque. Le
quota est déterminé sur la base du programme Cary Wolf Care, il se déroule selon les règles fixées
par le ministère de l'Intérieur de la République slovaque.
PROPOSITIONS DE QUOTAS
Déclaration deRobin Rigg BA MSc. Président, Société slovaque de la faune (SWS)
« Se basant sur le fait que le loup est un prédateur du cerf rouge et du sanglier, dont le nombre est
actuellement très élevé et croissant, ce qui entraîne des dommages importants à l'agriculture et à
la sylviculture, SWS a proposé de réduire le quota de 75 % par rapport à l'année dernière, c'est-à-
dire 20 individus, tout en respectant les conditions de chasse prescrites dans le Programme de
Gestion du Loup gris . Si cette proposition avait été acceptée, cela aurait été le niveau de chasse
le plus bas de tous les temps.
Le State Nature Conservancy, qui a proposé une "solution temporaire" de quota zéro (c'est-à-dire
une interdiction de chasse), n'a fourni aucune donnée pertinente à l'appui de sa proposition et n'a
pas convaincu les autres membres du groupe de travail. Le représentant de l'ONG Wolf Forest
Protection Movement n'a apporté aucun matériel pertinent à la réunion qui pourrait contribuer à
une réduction du quota de loups en Slovaquie et ne les a pas non plus convaincus. Par contre, les
propositions déposées par les représentants de la communauté des chasseurs variaient de 110 à
160 individus.
En guise de compromis entre tous les groupes d'intérêt, un quota de 70 loups a été fixé, soit 6 de
moins que l'année dernière et, selon les meilleures données disponibles, se situe à un niveau
durable. Ce chiffre montre une amélioration de la capacité à accepter des compromis, une volonté
de s'entendre et de fixer le quota sur la base des résultats de la recherche scientifique. Dans le
même temps, nous y voyons un changement qualitatif important en changeant l'approche des
autorités responsables ainsi que des chasseurs. »
Conditions de chasse au loup
Le loup peut être chassé entre le 1er novembre et le 15 janvier, ou jusqu'au moment où le MPRV
de la République slovaque n'arrête pas la chasse en raison de l'atteinte du quota de chasse
déterminé du loup dans les territoires de chasse reconnus, à l'exception des territoires définis dans
le décret d'application de la loi sur la protection de la nature et de l'UEV, où le loup est un objet de
protection.
? La chasse sera pratiquée dans les zones de chasse où leurs utilisateurs ont participé
activement à la surveillance au cours de la période précédente. Dans le cas où ils
PUBLIÉ
https://www.mpsr.sk/kvota-lovu-vlka-draveho-v-polovnickej-sezone-2020-2021/-37--16019
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 183/284
fournissent des données pertinentes conformément à l'annexe no. 5.5 programme de soins
(surveillance), ils seront inclus dans le processus de prise de décision sur l'attribution du
quota de chasse. Il s'agit des données que les utilisateurs des terrains de chasse sont
tenus de fournir à la suite du recensement des animaux conformément à la loi sur la chasse.
? Dans des cas justifiés (atteintes graves et récurrentes aux animaux d'élevage), le groupe
de travail peut également décider de chasser le loup lors de battues dans des lieux précis.
La chasse sur les terrains de chasse communs ne sera pas autorisée dans l'UEV, où le
loup est un objet de protection.
? Dans une battue, il est possible de tuer un maximum de deux individus.
? Les territoires de chasse sur lesquels une baguée a été effectuée ou sur lesquels plus de
deux individus ont été capturés ne seront pas inclus dans le processus de quota de la
période suivante.
? Le nombre maximum de trente (30) tireurs est possible sur une battue où la chasse au loup
prédateur est également permise.
? Après avoir attrapé un loup prédateur, le chasseur doit immédiatement, avant de le
manipuler, mettre en place une balise pour marquer l?animal et enregistrer la date et l'heure
de la capture. L'information sur la capture d'un loup doit être signalée sans délai au
directeur de chasse ou à une personne autorisée par lui et à l'utilisateur du domaine de
chasse.
L'utilisateur de la zone de chasse doit immédiatement signaler la capture d'un loup
prédateur à la personne désignée par le bureau de district compétent et à l'unité
organisationnelle compétente du SOP SR aux fins de procéder à une inspection et à des
fins de prélèvement d'échantillons. Après prélèvements, ils rempliront ensemble une fiche
de capture/mort d'un loup prédateur (Annexe n°5.6 du document de référence).
En cas de découverte d'un loup mort, le procès-verbal de chasse/mort du loup est rempli par le
responsable de la chasse en collaboration avec une personne autorisée du bureau de district
compétent et un employé de SOP SR. Le procès-verbal de chasse/ mort d'un loup prédateur sera
immédiatement envoyé par le bureau de district sous forme électronique à l'autorité compétente
au programme de soins Cary Wolf (Canis lupus) en Slovaquie bureau de district et SOP SR, qui
enregistre le dossier dans KIMS.
? Une inspection visuelle sera effectuée à l'endroit où le loup a été attrapé ou où il a été
trouvé mort. La liste des employés de SOP SR qui effectuent une inspection visuelle est
mise à jour annuellement.
? Les échantillons prélevés sont archivés par le Service forestier slovaque.
Si nécessaire (sur la base de la décision du ministère de l'Intérieur de la République
slovaque et du MPARV de la République slovaque), il les fournira aux autorités et
organisations compétentes.
? En cas de chasse illégale ou de décès, chacun signale ce fait immédiatement à l'utilisateur
du domaine de chasse. Ce dernier doit immédiatement faire rapport au corps de police
compétent et procéder à une inspection visuelle conformément aux points 7 et 8 de la
présente annexe.
Le reste de la procédure est identique à celle de la chasse et de la mise à mort d'un loup.
Évolution des quotas de chasse aux loups
Source : https://www.wolf.sk/sk/vlky
PUBLIÉ
https://www.wolf.sk/sk/vlky
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 184/284
2010 : quota déterminé par le ministère de l'agriculture: 150 loups, le quota ne déterminait que le
nombre, la chasse était autorisée sur les terrains de chasse communs, la chasse était autorisée à
partir du 1.10. jusqu'au 31.1. (en violation de la protection accordée par la loi sur la protection de
la nature) nombre de loups tués : 157
2011: quota déterminé par le ministère de l'agriculture: 120 loups, le quota ne déterminait que le
nombre, la chasse était autorisée sur les terrains de chasse communs, la chasse était autorisée à
partir du 1.10 jusqu'au 31.01 (en violation de la protection accordée par la loi sur la protection de
la nature) nombre de loups tués : 135
2012 : quota fixé par le ministère de l'agriculture : 130 loups, le quota autorisait la chasse sur les
terrains de chasse communs, la chasse était autorisée à partir du 1.11 jusqu'au 15.1 (réduction du
temps de chasse au profit des loups, valable en permanence les années suivantes) nombre de
loups abattus : 150
2013 : La CE a engagé une procédure contre la Slovaquie pour violation du No. 2013/4081
(infraction) pour avoir enfreint la directive européenne et ne pas assurer la protection des loups,
en raison du non-respect du quota de chasse avec les exigences de préservation ou de
restauration de la population de loups selon la directive 92/43/ CEE. Dans le quota, la chasse sur
les terrains de chasse communs a été interdite pour la première fois, l'obligation d'appeler le
représentant de la protection nationale de la nature de la République slovaque sur le lieu de chasse
a été introduite, la chasse au loup a été exclue dans tous les territoires NATURA 2000 désignés
pour la protection des loups.
Quota fixé par le ministère de l'agriculture : 80 loups (une diminution significative du quota par
rapport à l'année précédente ; la diminution a été maintenue de manière permanente) seule la
chasse individuelle est autorisée (nouvelle condition ajoutée) obligation de convoquer un
représentant de la protection de l'État auprès des prises loup (nouvelle condition ajoutée) chasse
interdite dans les territoires NATURA (nouvelle condition ajoutée) nombre de loups tués : 27
2014 : la valeur sociale d'un loup est fixée à 2 000 euros par décret no. 421/2013. Quota déterminé
par le ministère de l'agriculture : 80 loups seule la chasse individuelle est autorisée obligation de
convoquer un représentant de la protection de l'état au loup pris dans le quota ne figurait pas
interdiction de chasser dans les territoires NATURA nombre de loups abattus : 56
2015 : quota fixé par le Ministère de l'Agriculture : 90 loups, seule la chasse individuelle est
autorisée ; obligation de convoquer un représentant de la protection de l'État auprès d'un loup
capturé ; les loups ne peuvent pas être abattus dans les territoires NATURA (condition réintroduite)
nombre de loups tués : 43
2016 : Le ministère de l'Environnement a approuvé le Wolf Care Program; La CE annonce qu'en
raison de corrections dans la protection des loups, elle envisageait de mettre fin à la procédure
contre la Slovaquie.
Quota déterminé par le ministère de l'agriculture : 70 loups obligation de convoquer un
représentant de la protection de l'État auprès du loup capturé les loups ne peuvent pas être abattus
dans les territoires NATURA, il n'est pas possible de tirer sur des loups dans la région pannonienne,
nombre de loups tués : 48
2017 : quota déterminé par le ministère de l'Agriculture : 76 loups seule la chasse individuelle est
autorisée ; obligation de convoquer un représentant de la protection de l'État auprès du loup
capturé.
Lles loups ne peuvent pas être abattus dans les territoires NATURA, les loups ne peuvent pas être
abattus dans la région biogéographique pannonienne, nombre de loups tués : 40
2018 : quota déterminé par le ministère de l'agriculture : 70 loups, la chasse individuelle est
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 185/284
autorisée,
l'obligation de convoquer un représentant de la protection de l'État auprès le prélèvement d?un loup,
les loups ne peuvent pas être abattus dans les territoires NATURA, les loups ne peuvent pas être
abattus dans la région pannonienne, nombre de loups tués : 31
2019 : quota fixé par le Ministère de l'Agriculture : 35 loups
Le 23 octobre 2020 le ministre de l?agriculture a approuvé la chasse de 50 loups pendant la saison
de chasse 2020-21
Quotas et nombre de loups abattus (source : Hunting Statistical Yearbook)
Synthèse
La législation sur la chasse a été unifiée avec la législation sur la conservation en faveur de la
protection des loups.
? Arrêts de tirs illimités sur les loups.
? Arrêt des tirs sur les loups en battue.
? Obligation d'appeler un représentant de la protection de l'état pour chaque loup capturé.
? Protection des loups toute l'année dans les couloirs vers la République tchèque et la
Hongrie établie dans la législation.
? Protection des loups toute l'année sur toute la frontière avec la Pologne (à l'exception du
district de Stará Lubovna).
? L?abattage des loups dans les territoires d'importance européenne NATURA 2000 (environ
435 000 hectares) a été arrêté.
? L'abattage des loups dans la région pannonienne a été arrêté, ce qui a assuré la protection
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 186/284
des loups dans le sud de la Slovaquie et à la frontière avec la Hongrie.
Le loup s'est vu attribuer une valeur sociale de 2 000 euros.
Interview du ministère slovaque de l'Éducation
« Nous présenterons une proposition législative qui garantira une protection accrue du loup en
République slovaque, comme c'est le cas pour d'autres animaux protégés. Il s'agira d'un décret
d'application de la loi sur la protection de la nature et du paysage. Dans ce contexte, nous attirons
votre attention sur l'argumentation absurde des partisans du tir aux loups. La population du loup
prédateur ne correspond pas directement à la fréquence et à la quantité de dégâts causés par
cette bête. Le montant des dégâts est directement proportionnel à la sécurité des troupeaux, c'est-
à-dire à la mise en place de mesures préventives. Les dommages aux cultures agricoles et aux
forêts causés par les animaux sauvages, dont le loup se nourrit en tant que prédateur naturel, sont
incomparablement plus élevés que les dommages aux animaux de ferme causés par le loup. En
2019, le gibier sauvage ou sauvage a causé des dégâts agricoles d'un montant de 17 millions.
euros, malgré les mesures des chasseurs. En chassant les animaux de la forêt ou les animaux de
ferme, le loup cause des dommages à l'État et aux propriétaires d'animaux de ferme d'un montant
d'environ 30 à 40 000 euros par an. Cela signifie qu'environ 550 fois moins. Plus important encore,
il aide à prévenir des pertes plus importantes causées par la destruction des cultures agricoles, en
tant que prédateur naturel du gibier, y compris le gibier sauvage. »
13.2.7 Eléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du loup en
Slovaquie
Le ministère slovaque de l'environnement a signé l'appel de sept pays membres, qui demandent à
la Commission européenne (CE) de reconsidérer la protection stricte du loup dans l'Union
européenne (UE) en raison des dommages fréquents aux animaux d'élevage.
Selon la Commission, les pays membres devraient se concentrer sur les mesures préventives pour
éviter les affrontements entre les animaux sauvages et les troupeaux d'élevage. Les pays membres
que sont l'Autriche, la Croatie, la Finlande, la Lituanie, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie
demandent à la CE de commencer à faire face à l'augmentation des dégâts causés par les
carnivores, tels que les loups et les ours bruns.
Selon les pays, la protection des carnivores par l'UE entraîne une augmentation de leurs
populations, ce qui provoque davantage d'attaques sur les animaux d'élevage. Les attaques
d'animaux ont été causées par la fermeture des fermes de plusieurs agriculteurs.
Le loup et les autres animaux sont strictement protégés dans l'UE par la directive sur la protection
des habitats naturels et des animaux sauvages. L'appel conjoint attire également l'attention sur la
population d'ours bruns de plus de 15 000 individus, qui s'étend d'est en ouest. Ils se réfèrent aux
statistiques de la CE, qui admet elle-même que les chiffres peuvent ne pas être tout à fait exacts.
La priorité selon les États membres est d'examiner si la législation européenne actuelle est adaptée
pour protéger les campagnes de la menace croissante d'attaques d'animaux protégés. La CE
devrait adopter des dérogations à la protection stricte, ce qui permettrait de réguler la densité des
bêtes dans les régions les plus touchées, où les mesures de protection du troupeau, comme les
clôtures et les clôtures électriques, sont difficiles à mettre en place.
Dans le budget de la politique agricole commune, des fonds devraient être réservés aux éleveurs
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 187/284
pour la mise en place de mesures préventives et d'un système d?indemnisation des dommages. Ils
attendent également une amélioration du système de surveillance transfrontalier des populations
animales.
La Commission a rejeté les demandes et notamment la réduction de la protection des animaux
sauvages. Selon la commissaire européenne à l'environnement, Virginij Sinkevic, la législation
actuelle fournit aux États membres des outils adéquats pour garantir que la protection des grands
carnivores est conforme aux pratiques agricoles durables. Les exceptions, selon la commissaire,
ne doivent pas remplacer les efforts d'investissement dans des mesures qui élimineront les
affrontements entre les animaux d'élevage et les animaux sauvages ». Il est essentiel d'arriver à
une solution harmonisée, législative et pratique dans l'Union, qui nécessite la coopération des
experts, des éleveurs, des autorités chargées de la protection de l'environnement mais aussi de
celles dont la priorité est la sécurité alimentaire et la qualité de vie à la campagne », a déclaré lors
de la réunion du Conseil de l'UE le secrétaire du département de l'agriculture, Martin Kovác. La
directive européenne n'interdit pas complètement la chasse au loup, mais en cas de conditions
favorables, elle autorise le tir d'un certain nombre de loups. La Slovaquie a appliqué l'exception
lorsque le département de l'agriculture déterminait chaque année les quotas de chasse au loup.
Ce n'est plus le cas depuis l'an dernier, grâce au décret interdisant la chasse.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 188/284
14 Fiche Suède
14.1 Présentation de l?élevage en Suède
14.1.1 .Ovins
341 000 en 2022
14.1.2 Bovins
1,39 million en 2022 (source Eurostat)
Dont 298 000 vaches laitières
14.1.3 Caprins
Non dénombrées dans Eurostat (12 000 en 2019)
14.2 Caractéristiques de la population de loup
14.2.1 Les effectifs de loup
- Nombre d?individus : Nombre de meutes :
Au cours de l'hiver 2021/22, 83 meutes95 et couples96 ont été documentés en Scandinavie.
Le nombre total de loups en Scandinavie durant la période d'inventaire (1er octobre-31 mars)
2021/22 est estimé à environ 540 en incluant les loups morts durant la même période. Le
facteur d'incertitude (intervalle de confiance) se situe entre 427 et 702 loups.
En Suède, le nombre de loups est estimé à environ 46097 , avec un intervalle de confiance
compris entre 364 et 598. Il s'agit du nombre de loups le plus élevé enregistré depuis le début
des inventaires, suivi par la saison 2014/2015, au cours de laquelle le nombre de loups a été estimé
à 415.
Lors du dernier inventaire de la saison d'hiver 2021/22, un total de 55 meutes et 28 couples ont
été enregistrés en Scandinavie. Sur les 55 meutes, 42 ont été enregistrées uniquement en Suède
et neuf des meutes étaient transfrontalières. Quatre des meutes ont été enregistrées uniquement
en Norvège.
- Évolution de la population
Bleu foncé : nombre de meutes ; Bleu clair : nombre de couples ; Pointillés : total nombre de
meutes et de couples
95 Groupes familiaux, en suédois
96 Couples marquant territoire par l?odeur (traduction littérale en français des termes suédois)
97 prévision de 507 (399-641 ; IC 95 %) dans l?évaluation scientifique de juin 2022
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 189/284
14.2.2 Méthode de dénombrement du loup
Les enquêtes sur les loups sont réalisées entre le premier octobre et le dernier mars de chaque
année afin de déterminer le nombre de meutes et de couples. Elles ont lieu chaque année à la
même période et avec des méthodes largement identiques en Suède et en Norvège. Cela permet
de comparer les résultats de l'inventaire entre les années, les pays et les zones afin de suivre au
mieux l'évolution de la population de loups en Scandinavie.
Si la saison d'inventaire est 2021/22, les loups adultes et les louveteaux nés au printemps 2021
sont inventoriés, tandis que les louveteaux nés au printemps 2022 sont inventoriés l'hiver suivant,
c'est-à-dire lors de la saison d'inventaire 2022/23.
L'inventaire des loups se concentre principalement sur l'enregistrement des loups sédentaires. Les
occurrences stationnaires de loups sont divisées en trois catégories dans le cadre de l'inventaire :
? Meutes avec des petits de l'année ou de l'année précédente.
? Couples
? Autres loups sédentaires (en Norvège).
Suivi de la population de loups98 :
Objectifs et méthodes de suivi
98 https://brage.nina.no/nina-xmlui/handle/11250/2997123
https://www.naturvardsverket.se/data-och-statistik/vilt/varg-population-skandinavien/
PUBLIÉ
https://brage.nina.no/nina-xmlui/handle/11250/2997123
https://www.naturvardsverket.se/data-och-statistik/vilt/varg-population-skandinavien/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 190/284
Les loups de Suède et de Norvège font partie d'une population de loups scandinave transfrontalière.
Dans les deux pays, la population de loups est surveillée chaque hiver.
L'Agence suédoise de protection de l'environnement et l'Agence norvégienne de
l'environnement utilisent le même type de méthodes depuis 2014 (Naturvårdsverket et
Rovdata 2014).
Les effectifs, la répartition et les tendances de la population de loups en Scandinavie sont
principalement déterminés par une enquête sur les meutes, les couples et les reproductions
pendant la période du 1er octobre au 31 mars. Les loups sont recensés en hiver à l'aide de
détection sur la neige (Wabakken et al. 2001), d'appareils photographiques et d'analyses ADN des
excréments et de l'urine. Lors du pistage dans la neige, les différents marquages de territoire et les
traces de différents loups sont documentés. Outre le pistage, les pièges photographiques et les
analyses ADN des excréments et de l'urine, les informations provenant des loups marqués par des
colliers émetteurs GPS à des fins de recherche et les informations provenant des analyses ADN
des loups morts sont également utilisées.
Toutes les informations dont la qualité est assurée sont utilisées pour documenter le statut social
des territoires, c'est-à-dire pour déterminer s'il existe un groupe familial, un couple marquant le
territoire ou une autre présence stationnaire de loups sur le territoire. Les informations dont la
qualité est assurée sont également utilisées pour distinguer les différentes occurrences et les
différents territoires les uns des autres.
Les loups qui ne revendiquent pas de territoires ne sont recensés que dans la zone d'élevage du
renne, où le nombre de loups par parcelle est la base de la compensation pour la présence de
prédateurs dans les parcelles. Dans la zone d'élevage de rennes suédoise, tous les loups
individuels doivent être enregistrés par village sami.
Les travailleurs sur le terrain recherchent activement des pistes tout au long de l'hiver, mais
obtiennent également des informations sur les nouvelles pistes du public. Les pistes trouvées, en
particulier les groupes composés de deux loups ou plus, sont suivies, généralement à l'envers,
pour éviter de déranger les animaux, sur des distances aussi longues que possible, en fonction du
temps disponible et de la concurrence avec d'autres tâches de travail, mais au minimum 3 km.
Pendant le suivi, le nombre d'animaux dans le groupe suivi est déterminé, les marques olfactives
territoriales et les saignements de l'oestrus sont enregistrés, et les excréments / urines trouvés sont
récupérés pour l'analyse de l'ADN.
La deuxième méthode est l'analyse de l'ADN. L'ADN est extrait du sang ou d'autres tissus de loups
vivants lors de la capture et de loups morts récupérés, mais la majorité des échantillons d'ADN
sont prélevés à partir de matières fécales trouvées lors du suivi (Liberg et al 2005). Les analyses
ADN sont précieuses pour vérifier les reproductions, pour identifier les couples nouvellement
établis, pour différencier les territoires voisins et pour identifier les nouveaux immigrants de la
population finlandaise/russe. L'effort de suivi et le nombre d'échantillons d'ADN analysés par an
varient. Par exemple, au cours de l'hiver 2013/2014, un minimum de 2083 km de pistes de loups
ont été suivis et 498 échantillons d'ADN ont été analysés (Svensson et al. 2014). Pour les hivers
de 1998/1999 à 2013/2014, les loups scandinaves ont été classés comme suit : groupes familiaux,
couples territoriaux, autres loups stationnaires ou vagabonds (Wabakken et al. 1999, 2014, Liberg
et al. 2012), au cours de la période d'octobre du 1er au 28 février. Les groupes familiaux sont
définis comme un minimum de trois loups, dont au moins un doit être territorial par marquage
olfactif, voyageant ensemble et partageant un territoire. Les paires territoriales doivent inclure deux
loups de sexe différent où les deux sont territoriaux par marquage olfactif et partagent un territoire.
Les autres loups stationnaires comprennent généralement des loups célibataires qui se sont
récemment installés ou des restes de groupes familiaux séparés. En Norvège, des loups
vagabonds (non stationnaires) ont également été enregistrés, alors que ce segment de la
population en Suède a été calculé en fonction d'une proportion supposée de la population. De plus,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 191/284
le nombre de reproductions a été estimé chaque année pendant la période du 1er mai au 28 février
sur la base d'observations visuelles ou vocales, d'excréments de chiots, de sites de rendez-vous
à la fin de l'été / au début de l'automne, ou confirmés à l'aide de l'ADN des chiots.
Taille de la population
Au cours de l'hiver 2021-2022, 55 meutes ont été documentées en Scandinavie ; 42 en Suède,
neuf à travers la frontière norvégienne-suédoise et quatre en Norvège. 28 couples territoriaux ont
été confirmés ; 23 en Suède, aucun de l'autre côté de la frontière et cinq en Norvège.
Les résultats des inventaires hivernaux de loups peuvent être utilisés pour calculer la taille de la
population hivernale totale. L'objectif est de fournir un chiffre brut du nombre de loups dans la
population pendant la période hivernale afin de pouvoir faire des comparaisons d'une année à
l'autre et de suivre l'évolution de la population de loups. L'estimation de la population est basée
sur le nombre de reproductions (groupes familiaux avec des petits d'un an) au cours d'une
année donnée.
Le calcul est basé sur les connaissances antérieures de la taille et de la structure de la population
provenant d'une période d'inventaire plus détaillée. Il est calculé et présenté comme une taille
moyenne de la population avec un intervalle de confiance de 95 % (IC de 95 %) comme mesure
de l'incertitude.
En utilisant la même méthode que l'hiver dernier et en se basant sur le nombre de reproductions
(le nombre de reproductions est multiplié par 1099), le nombre de loups en Scandinavie a été
estimé à 540 (IC 95 % = 427-702). La sous-population suédoise a été estimée à 460 loups (IC 95 %
= 364-598), y compris la moitié des loups transfrontaliers. Les calculs incluent à la fois les loups
vivants et les loups morts au cours de la période de surveillance. Dans la sous-population
norvégienne, plus petite, 88-91 loups ont été comptés sur le terrain, dont la moitié des 74-77 loups
transfrontaliers et 51-52 loups confirmés uniquement en Norvège.
Génétique
Deux loups finno-russes précédemment connus résidaient toujours dans l'aire de reproduction des
populations, une femelle désormais non reproductrice dans une meute suédoise et un mâle
reproducteur dans une meute norvégienne nouvellement établie. Au cours de l'hiver 2021-2022, la
présence de six petits F1 a été confirmée dans la meute de mâles immigrés en Norvège. Deux
nouveaux loups immigrés finno-russes ont également été confirmés dans le nord de la Suède. En
outre, 15 descendants F1 ont été documentés, tous en Suède et tous nés avant 2021 et élevés
par trois immigrants finno-russes connus. Parmi eux, 12 résidaient en tant que loups marqueurs
d'odeur dans des groupes ou des paires de familles.
Le coefficient de consanguinité moyen estimé dans les meutes était de 0,24 (0,09 SD) cet hiver,
soit une légère augmentation par rapport à la saison de surveillance de l'année dernière (0,23 ±
0,09 SD).
Coopération avec la Norvège
La Suède et la Norvège coopèrent sur les inventaires des grands carnivores. Depuis 2012, le
carcajou et le lynx sont inventoriés selon une méthodologie commune à la Suède et à la Norvège.
Depuis l'automne 2014, il existe également une méthodologie commune pour les loups. Les
populations de prédateurs sont inventoriées chaque année afin de connaître la taille des
populations et la localisation des prédateurs. La connaissance des animaux est essentielle pour
une gestion durable et à long terme de la faune sauvage et constitue la base des décisions relatives
99 les interlocuteurs suédois rencontrés par la mission ont indiqué que la pertinence de ce facteur 10 a été confirmée
par des constatations
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 192/284
à la chasse, aux mesures préventives et à l'indemnisation des villages samis pour la présence de
prédateurs.
Ordonnances et règlements
L'inventaire du loup en Suède est régi par l'ordonnance (2009:1263) sur la gestion de l'ours, du
loup, du carcajou, du lynx et de l'aigle royal. La réglementation de l'Agence de protection de
l'environnement sur l'inventaire des grands carnivores (NSF 2007:10) ; et la méthodologie de
l'Agence de protection de l'environnement pour l'inventaire des grands carnivores en Suède.100
Qui fait quoi ?
Les conseils administratifs des comtés en Suède et l'inspection norvégienne de la nature (SNO),
en collaboration avec l'université des sciences appliquées de Norvège intérieure, sont
responsables de la collecte des données sur le terrain. Ils confirment également les rapports de
traces et autres observations du public. Pour le suivi des loups, les contributions du public sont très
importantes. Dans chaque comté, un nombre variable (5 à 15) de travailleurs sur le terrain sont
employés, à temps plein ou partiel, pour effectuer le travail sur le terrain (Liberg et al 2012).
En Norvège, le Hedmark University College est chargé de surveiller les loups sédentaires, tandis
que les loups vagabonds sont surveillés par l'Inspection norvégienne de la nature (SNO). Le
Wildlife Damage Center (Université suédoise des sciences agricoles) et Rovdata (Institut norvégien
de recherche sur la nature) sont chargés d'évaluer les résultats de la surveillance et de rédiger un
rapport annuel conjoint.
14.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
Carte au 14 avril 2023101
100 https://www.naturvardsverket.se/vagledning-och-stod/jakt-och-vilt/inventeringsmetodik/
https://www.naturvardsverket.se/lagar-och-regler/foreskrifter-och-allmanna-rad/2007/nfs-200710/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-
rovdjur/inventering-av-varg/
101 https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-
rovdjur/inventering-av-varg/lopande-vargrapportering/
PUBLIÉ
https://www.naturvardsverket.se/vagledning-och-stod/jakt-och-vilt/inventeringsmetodik/
https://www.naturvardsverket.se/lagar-och-regler/foreskrifter-och-allmanna-rad/2007/nfs-200710/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-rovdjur/inventering-av-varg/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-rovdjur/inventering-av-varg/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-rovdjur/inventering-av-varg/lopande-vargrapportering/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/Inventering/inventering-av-stora-rovdjur/inventering-av-varg/lopande-vargrapportering/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 193/284
Groupes familiaux (point), couples marquant le territoire (triangle), autres stationnaires avec
reproduction (carré). Dans la partie de la Suède septentrionale qui est coupée, il n'y a pas
d'indications de territoires.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 194/284
Observations du 30/03/2022 au 30/03/2023102
102 https://www.rovbase.se/filter?Carnivore=1&CarnivoreDamage=1,2,3,4,5&Evaluation=1,2,3&FromDate=2023-
02-28&Observation=1,2,3,12,11&Offspring=false&ToDate=2023-03-30
PUBLIÉ
https://www.rovbase.se/filter?Carnivore=1&CarnivoreDamage=1,2,3,4,5&Evaluation=1,2,3&FromDate=2023-02-28&Observation=1,2,3,12,11&Offspring=false&ToDate=2023-03-30
https://www.rovbase.se/filter?Carnivore=1&CarnivoreDamage=1,2,3,4,5&Evaluation=1,2,3&FromDate=2023-02-28&Observation=1,2,3,12,11&Offspring=false&ToDate=2023-03-30
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 195/284
14.2.4 Viabilité de la population de loup103
Valeur de référence pour les loups en Suède
A ce jour il est considéré que la population de loups suédoise doit être composée d'au moins
300 individus pour atteindre un état de conservation favorable et pouvoir survivre à long
terme.
L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement a communiqué à l'UE cette valeur de
référence de 300 loups en 2019, qui s'applique à condition qu'au moins un individu reproducteur
par période de cinq ans immigre dans la population.
103 https://www.naturvardsverket.se/amnesomraden/jakt-och-vilt/viltforvaltning/referensvarde-varg/
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 196/284
Ce nombre a été établi sur la base du rapport à l'Agence suédoise de protection de l'environnement,
Suède, et à l'Agence norvégienne de l'environnement, Norvège, de SKANDULV (2015-2016) :
« En conséquence, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement estime que, étant
donné que les loups de Suède et de Scandinavie (Suède et Norvège) font partie de la population
de loups d'Europe du Nord (par le biais de l'immigration et de l'émigration, et du flux génétique
associé), il faut au moins 300 loups en Suède et qu'au moins un nouvel immigrant de Finlande ou
de Russie se reproduise dans l'aire de répartition scandinave dans des conditions naturelles tous
les cinq ans (génération de loups), pour que le loup en Suède soit considéré comme ayant un état
de conservation favorable (Agence suédoise pour la protection de l'environnement, 2015, 2016). »
Cette actualisation du seuil faisait suite à la demande du gouvernement en 2015 à l'Agence
suédoise pour la protection de l'environnement de mettre à jour les analyses existantes et de
procéder à une nouvelle évaluation de la valeur de référence pour la taille de la population de loups.
En effet, jusqu?alors la valeur de référence était de 170-270 depuis 2012-2013.
Cette valeur avait été fixée par le parlement dans sa décision relative à une politique durable en
matière de prédateurs (Bill 2012/13:191, 2013/14:MJU7) qui stipulait que l'un des "objectifs pour la
population de loups en Suède est que la valeur de référence du loup pour l'état de conservation
favorable [...] soit de 170-270 individus". Dans le cadre de cette décision, le Riksdag avait souligné
la responsabilité de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement, en tant qu'autorité de
notification, de préciser où se situe la valeur de référence dans l'intervalle proposé. La décision
précisait que la valeur de référence pour l'état de conservation favorable établie par l'Agence pour
la protection de l'environnement ne peut pas être sous-estimée et devait être considérée comme
un plancher. En 2013, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement a communiqué à
l'UE la valeur de référence de 270 individus, conformément au projet de loi.
Or les données scientifiques sur lesquelles reposait la proposition de politique durable en matière
de prédateurs n'étaient pas complètes en ce qui concerne le degré de consanguinité de la
population de loups. Le gouvernement a donc demandé en 2015 à l?Agence d?actualiser cette
valeur en tenant compte du degré de consanguinité dans la population de loups, ce qui a conduit
au nouveau seuil de 300.
L?évolution de la situation politique en Suède a conduit le nouveau parlement à annoncer en mai
2022 que sa décision de 2013 devrait être respectée et que la valeur de référence pour la
population de loups devait se situer au bas de la fourchette 170-270. L?agence suédoise de
protection de l?environnement a donc de nouveau été saisie pour expertiser si cet intervalle de 170-
270 permet d?assurer un état de conservation favorable. Elle doit rendre son rapport en octobre
2024.
Réponse du Ministre chargé des affaires rurales, Peter Kullgren, à un parlementaire en novembre
2022104 :
Réponse à la question 2022/23:26 par Isak From (S)
« Loups dans la zone de pâturage des rennes : Isak From (S) m'a demandé quelles mesures je
comptais prendre pour réduire la présence des prédateurs en pays Sami :
Le gouvernement souhaite développer la gestion des grands carnivores. Le loup devrait bénéficier
d'un statut de conservation favorable, mais à court terme, la population de loups doit être réduite.
Il en va de même pour la population d'ours. La Suède doit bien sûr respecter ses engagements
juridiques internationaux et européens.
Le Riksdag a décidé en 2013, dans le cadre du projet de loi du gouvernement intitulé "Une politique
104https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svar-pa-skriftlig-fraga/varg-i-renbetesomradet-_HA1226
PUBLIÉ
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svar-pa-skriftlig-fraga/varg-i-renbetesomradet-_HA1226
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 197/284
durable en matière de prédateurs" (projet de loi 2012/13:191), que la valeur de référence pour un
statut de conservation favorable en termes de taille de la population de loups devait se situer dans
une fourchette de 170 à 270 individus. L'Agence suédoise de protection de l'environnement a
ensuite été chargée par le gouvernement d'étudier un statut de conservation favorable pour les
loups. Dans son rapport, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement a estimé que le
nombre de loups devait être d'au moins 300 individus et qu'au moins un nouvel immigrant de
Finlande ou de Russie devait se reproduire avec les loups scandinaves dans des conditions
naturelles tous les cinq ans pour que la population bénéficie d'un état de conservation favorable.
Lors de l'inventaire le plus récent, la population de loups s'élevait à environ 460 loups.
Dans le même temps, le Riksdag a décidé, dans la décision relative au projet de loi susmentionné,
que l'objectif global et à long terme de la politique relative aux prédateurs est que le loup, l'ours, le
carcajou, le lynx et l'aigle royal en Suède atteignent et maintiennent un état de conservation
favorable conformément à la directive "Espèces et habitats", tout en veillant à ce que l'élevage
d'animaux domestiques ne soit pas entravé de manière significative et que les considérations
socio-économiques soient prises en compte. La valeur de référence pour l'état de conservation
favorable doit être considérée comme un plancher et cette valeur ne doit pas être sous-estimée.
Dans le même temps, le Riksdag a décidé que la présence du loup dans la zone d'élevage du
renne devrait être principalement limitée aux zones où il cause le moins de dommages.
Lorsque des loups sont découverts parmi les rennes, les conseils administratifs des comtés de la
zone d'élevage des rennes prennent généralement des décisions rapides concernant la chasse de
protection contre les loups qui causent des dommages. L'augmentation du nombre de loups a des
conséquences dans la zone d'élevage du renne. Si la population de loups diminue dans le centre
de la Suède, le nombre de loups se déplaçant vers le nord et causant des problèmes et des
dommages à l'élevage de rennes diminue également. Pour l'hiver 2022/23, les conseils
d'administration des comtés ont décidé que 75 loups pourraient être tués, ce qui représente le plus
haut niveau de chasse des temps modernes.
Le Riksdag a déjà fait un certain nombre d'annonces concernant la gestion des loups en Suède et
le nombre de loups dans le pays. En mai 2022, le Riksdag a annoncé, entre autres, qu'il était crucial
pour la légitimité de la gestion du loup que la décision du Riksdag sur la taille de la population de
loups soit respectée dans la pratique, que la décision du Riksdag sur le niveau de référence pour
la population de loups de 2013 devrait constituer la base de la gestion du loup en Suède, et que
dans les circonstances actuelles, avec une population de loups plus dense dans le pays, la valeur
de référence devrait se situer dans la fourchette inférieure de 170 individus (bet. 2021/22:MJU24,
rskr. 2021/22:297).
Le gouvernement précédent a donc chargé l'Agence suédoise pour la protection de
l'environnement d'analyser, sur la base des meilleures connaissances disponibles et de l'expertise
scientifique, si, et le cas échéant, dans quelles conditions, la valeur de référence du loup en termes
de taille de population pour un état de conservation favorable conformément à la directive "Espèces
et habitats" pourrait se situer dans l'intervalle de 170-270 spécifié dans le projet de loi
susmentionné. L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement, l'Institut vétérinaire
national et l'Office suédois de l'agriculture ont été chargés d'élaborer des lignes directrices
communes pour la réinstallation des loups. Le rapport devrait contribuer à faciliter la réinstallation
des loups.
La coexistence avec les prédateurs est une question importante pour l'industrie du renne. Il est
donc important que les autorités poursuivent leur travail de consultation entre les conseils
administratifs des comtés et les villages samis sur les outils de gestion basés sur le niveau de
tolérance établi par le Riksdag pour les dommages causés par les grands carnivores à l'élevage
des rennes, dans le but de maintenir un élevage durable des rennes et un état de conservation
favorable pour les grands carnivores.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 198/284
La population de loups en Suède maintient un état de conservation favorable depuis environ 10
ans. J'ai donc l'intention de travailler au sein de l'UE pour faire passer le loup de Suède de
l'annexe 4 à l'annexe 5 de la directive "Habitats". Cela pourrait accroître la possibilité de
prendre des mesures, telles que la chasse de protection, pour réduire les conflits entre
l'homme et le loup.105
J'espère que l'opposition soutiendra le travail continu du gouvernement sur cette question
importante pour les zones rurales. »
Dernières actualisations demandées à l?Agence106 :
Gestion des loups
L'Agence pour la protection de l'environnement a été chargée par le gouvernement d'une nouvelle
mission sur la gestion des loups. Cette mission se compose de trois parties.
Mission sur la chasse de protection des loups
L'Agence pour la protection de l'environnement doit étudier comment la chasse de protection des
loups peut être développée pour mieux contribuer aux objectifs globaux et à long terme de la
politique sur les prédateurs.
Cette partie de la mission a fait l'objet d'un rapport le 23 mars 2023107 (la mission tient à la
disposition des ministères concernés une traduction informelle de ce rapport). Il porte
essentiellement sur les exigences à respecter afin que les décisions de chasse ne soient pas
attaquables sur le plan juridique.
Mission sur les lignes directrices pour la relocalisation des loups
L'Agence pour la protection de l'environnement, l'Office national de l'agriculture et l'Institut
vétérinaire national sont également chargés d'élaborer des lignes directrices pour les mesures
nécessaires si des loups d'origine finlandaise/russe doivent être déplacés en Suède afin d?assurer
la viabilité génétique, en tenant compte, entre autres, de la lutte contre les infections.
Cette partie de la mission doit faire l'objet d'un rapport au plus tard le 12 avril 2024.
Mission d'analyse de la valeur de référence
L'Agence pour la protection de l'environnement doit analyser si, et le cas échéant dans quelles
conditions, la valeur de référence du loup en termes de taille de population pour un statut de
conservation favorable en vertu de la directive Habitats pourrait se situer dans la fourchette de 170-
270 spécifiée dans le projet de loi sur la gestion durable des prédateurs adopté par le Riksdag en
2013.
Cette partie de la mission doit faire l'objet d'un rapport le 11 octobre 2024.
105 la mission n?a pas identifié d?action entreprise à cet effet par les autorités suédoises auprès de la Commission
européenne
106https://www.naturvardsverket.se/om-oss/regeringsuppdrag/pagaende-regeringsuppdrag/forvaltningen-av-varg/
https://www.naturvardsverket.se/49d8f3/contentassets/c8545357e38842859beaaf4d2ff68c02/m2022_01143.pdf
107https://www.naturvardsverket.se/495fea/contentassets/3849d5102f56430ea9d918fc574731e2/skrivelse-
delredovisning-skyddsjakt.pdf
PUBLIÉ
https://www.naturvardsverket.se/om-oss/regeringsuppdrag/pagaende-regeringsuppdrag/forvaltningen-av-varg/
https://www.naturvardsverket.se/49d8f3/contentassets/c8545357e38842859beaaf4d2ff68c02/m2022_01143.pdf
https://www.naturvardsverket.se/495fea/contentassets/3849d5102f56430ea9d918fc574731e2/skrivelse-delredovisning-skyddsjakt.pdf
https://www.naturvardsverket.se/495fea/contentassets/3849d5102f56430ea9d918fc574731e2/skrivelse-delredovisning-skyddsjakt.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 199/284
14.3 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
14.3.1 Prédations sur les troupeaux
Le Viltskadecenter (VSC- Centre de lutte contre les dommages causés par la faune sauvage du
SLU) établit des statistiques annuelles sur les indemnisations et les subventions accordées en
vertu du règlement sur les dommages causés par la faune sauvage. Les dommages aux animaux
domestiques sont rapportés d'une part comme le nombre d'animaux attaqués par l'ours, le glouton,
le lynx, le loup et l'aigle au cours de l'année, et d'autre part comme le nombre d'attaques causées
par chaque espèce de prédateur. Au cours de la période 2000 - 2021, le nombre d'animaux
domestiques attaqués et le nombre d'attaques ont considérablement varié d'une année à l'autre
pour toutes les espèces de prédateurs.
En 2021, le loup a été responsable de 38 attaques sur un total de 364 animaux.
La figure ci-dessous montre le nombre d'attaques causées par chaque espèce de prédateur :
En haut : nombre d?attaques sur des moutons ou des chèvres
En bas : nombre d?attaques sur des bovins
(Loup en jaune : Varg)
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 200/284
Répartition géographique :
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 201/284
14.3.2 Interactions du loup avec l'Homme
Aucune information identifiée sur des attaques.
Les chiens sont les premières victimes du loup en Suède (hors animaux sauvages).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 202/284
14.4 Politique publique de gestion du loup
14.5 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du
loup
- Principaux acteurs
Au niveau national
Parlement (Riksdagen)
Agence suédoise de protection de l?environnement (Naturvårdsverket)
Appui sur l?université de sciences agricoles (SLU, dont le Viltskadecenter) ainsi que sur la faculté
vétérinaire (SVA)
Au niveau des comtés
Conseils d?administration des comtés (assurent la mise en oeuvre opérationnelles des décisions
nationales) ;
Et comité de coopération inter-comtés (notamment pour la gestion des groupes « transfrontaliers »)
- Textes de référence
? Ordonnance (2009:1263) sur la gestion de l'ours, du loup, du glouton/carcajou, du
lynx et de l'aigle royal et les règlements associés de l'Agence suédoise de protec-
tion de l'environnement (NFS 2010:1, partiellement amendé NFS 2014:22).
Constitue le cadre de la gestion des prédateurs et réglemente :
- La division du pays en zones de gestion des prédateurs.
- que chaque zone de gestion dispose d'un conseil de coopération
- le processus de fixation des niveaux minimaux pour les différents prédateurs
- que le conseil d'administration du comté doit rédiger un plan de gestion des prédateurs
- le conseil administratif du comté doit dresser un inventaire annuel des prédateurs dans le comté.
- l'agence suédoise de protection de l'environnement examine et approuve les résultats de
l'inventaire.
? Ordonnance (2009:1263) 108
Objectif
1 La présente ordonnance contient des dispositions relatives à la gestion de l'ours, du loup, du
carcajou, du lynx et de l'aigle royal (grands prédateurs).
La gestion vise à garantir que les animaux de ces espèces sont présents en si grand nombre que
les espèces restent à long terme dans la faune suédoise et que les animaux puissent se répandre
dans leurs aires de distribution naturelle. Cet objectif doit être atteint à un rythme qui favorise la
108 https://rkrattsbaser.gov.se/sfst?bet=2009:1263
PUBLIÉ
https://rkrattsbaser.gov.se/sfst?bet=2009:1263
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 203/284
coexistence entre l'homme et ces espèces, tout en prévenant et en limitant les dommages et les
pertes.
Zones de gestion
2 Pour la gestion des grands carnivores, il est créé des zones de gestion des prédateurs comme
suit
1. La zone de gestion des prédateurs du nord comprend
les comtés de Västernorrland, Jämtland, Västerbotten et Norrbotten.
2. la zone centrale de gestion des prédateurs comprend les comtés de Stockholm, Uppsala, Västra
Götaland, Värmland, Örebro, Västmanland, les comtés de Dalarna et de Gävleborg.
3. la zone de gestion des prédateurs du sud couvre les comtés de Södermanland, Östergötland,
Jönköping, Kronoberg, Kalmar, Gotland, Blekinge, Skåne et Halland.
Conseil de coopération
3 Pour chaque zone de gestion des carnivores, il est institué un conseil de coopération entre les
conseils administratifs des comtés de la zone de gestion des prédateurs pour les questions
relatives à la gestion des grands prédateurs. Les conseils de coopération coopèrent également les
uns avec les autres dans ces domaines. Les conseils de coopération pour la région du Nord
comprennent des représentants des Samis.
Détermination des niveaux de présence des grands carnivores
4 Le conseil d'administration du comté soumet au conseil de coopération, dans sa zone de
gestion des prédateurs, des propositions concernant le nombre d'individus de chaque espèce que
la gestion doit viser à respecter (niveau minimum) en ce qui concerne la présence de l'ours, du
carcajou et du lynx dans le comté, et la présence du loup dans la zone de gestion des prédateurs,
Le niveau minimum de présence de l'ours, du loup, du carcajou ou du lynx est réduit si le nombre
d'individus de l'espèce, à la période de l'année à laquelle se rapporte le résultat de l'inventaire ou
l'estimation de la population, est inférieur au niveau minimum fixé par l'Agence suédoise pour la
protection de l'environnement pour chaque espèce.
Sur la base des propositions des conseils administratifs départementaux, chaque conseil
de coopération doit soumet à l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement des
propositions concernant les niveaux minimaux pour la présence de l'ours, du loup, du carcajou
et du lynx dans sa zone de gestion des prédateurs et la présence d'ours, de carcajous et de lynx
dans chacun des comtés. lynx dans chacun des comtés inclus dans la zone.
Les propositions ne doivent pas compromettre le maintien d'un état de conservation favorable pour
les espèces dans leur aire de répartition naturelle
5 Sur proposition des conseils de concertation, l'Agence suédoise pour la protection de
l'environnement établit des niveaux minimaux pour la présence de l'ours, du loup, du
carcajou et du lynx et de lynx dans chacune des zones de gestion des prédateurs, et la
présence d'ours, de carcajou et de lynx dans chacun des comtés situés à l'intérieur de ces
zones.
L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement fixera les niveaux minimaux dans le cadre
des objectifs nationaux pour chaque espèce et en tenant compte des aires de répartition naturelle
de l'espèce.
Révision des niveaux
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 204/284
6 L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement réexamine au moins une fois tous les
cinq ans la répartition des niveaux minima visées à l'article 4, deuxième alinéa.
Plans de gestion et lignes directrices
7 Le conseil d'administration du comté élabore un plan de gestion des prédateurs pour le
comté.
Le plan de gestion des prédateurs précise les objectifs de gestion concernant la présence de l'ours,
du carcajou et du lynx dans le département. Un objectif de gestion désigne le niveau d'une espèce
que la gestion dans le comté vise à atteindre et à maintenir à long terme pendant pendant la durée
de validité du plan de gestion.
Les conseils de coopération doivent, en tenant compte des plans de gestion des prédateurs et des
niveaux minimums établis formuler des lignes directrices globales à long terme pour la gestion des
prédateurs dans la zone de gestion des prédateurs.
Inventaire des prédateurs
8 Le conseil d'administration du département examine chaque année la taille de la population et la
répartition du loup, du carcajou, du lynx et de l'aigle royal dans le département.
Dans la zone d'élevage du renne, le conseil d'administration du comté examine également chaque
année après consultation des mêmes parties concernées, le rajeunissement du loup, du carcajou
et du lynx dans la zone de pâturage suédoise de la même association et si ces espèces sont
présentes dans le comté. Dans la zone de pâturage suédoise de la sameby et si ces espèces sont
présentes régulièrement ou temporairement dans le village sami. Le conseil d'administration du
comté doit également, après consultation des samebys concernées, rechercher si l'ours ou l'aigle
royal sont présents dans la zone de pâturage suédoise du sameby.
Les résultats des inventaires des prédateurs doivent être soumis à l'Agence suédoise pour la
protection de l'environnement.
9 L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement examine et établit chaque année les
résultats de l'inventaire du loup, du loup sauvage et de l'aigle royal. Si les conditions
météorologiques n'ont pas permis d'inventorier une espèce, l'Agence suédoise pour la protection
de l'environnement procède à une estimation de la population et de sa répartition.
Au moins une fois tous les cinq ans, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement
procède à une estimation de la population d'ours et de sa répartition.
Autorisations
10 L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement peut édicter des règles
supplémentaires concernant les modalités de réalisation des inventaires des prédateurs et
l'application de la présente ordonnance.
Si l'élevage de rennes est concerné, l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement laisse
le Parlement sami donner son avis avant que les règlements ne soient publiés.
Règlement (2009: 1474) sur les délégations de gestion du gibier109
Extraits
2 Une délégation à la gestion de la faune est un organe au sein du conseil d'administration du
109 https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfattningssam-ling/forordning-20091474-
om_sfs-2009-1474
PUBLIÉ
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfattningssam-ling/forordning-20091474-om_sfs-2009-1474
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfattningssam-ling/forordning-20091474-om_sfs-2009-1474
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 205/284
comté pour la coopération dans les questions concernant la gestion de la faune sauvage dans le
comté.
3 Une délégation à la gestion de la faune sauvage décide de l'ensemble des orientations générales
pour
1. la gestion du gibier dans le département
2. la gestion de la population d'élans et, le cas échéant, la gestion des populations de cerfs et de
sangliers
3. la chasse avec permis et la chasse de protection dans le département, et
4. les subventions et les indemnisations au titre de l'ordonnance sur les dommages causés par les
animaux sauvages
4 Une délégation à la gestion du gibier examine les questions concernant l'approbation
1. les propositions de niveaux minimaux pour la présence de l'ours, du loup, du carcajou et du lynx,
que le conseil d'administration du comté en vertu de l'article 4, premier alinéa, de l'ordonnance
(2009:1263) est tenu d'approuver.
2. le plan de gestion des carnivores pour le département à élaborer conformément à l'article 7,
premier alinéa, de l'ordonnance sur la gestion de l'ours, du loup, du carcajou, du lynx et de l'aigle
royal.
Composition
5 Le gouverneur du comté préside la délégation à la gestion de la faune sauvage. En cas d'absence
du gouverneur l'adjoint du gouverneur est président de la délégation. La délégation à la gestion de
la faune est composée d'un président et d'un vice-président.
6 La délégation à la gestion de la faune est composée, outre le président
1. de cinq membres qui sont des représentants politiques et qui sont nommés sur proposition de
la région,
2. d'un membre spécialisé dans les questions relatives à la sécurité routière et à la chasse illégale,
nommé sur proposition de l?autorité de la police,
3. un membre représentant les intérêts de la chasse et de la gestion du gibier,
4. deux membres représentant les intérêts de la conservation de la nature
5. un membre représentant les intérêts des loisirs de plein air,
6. un membre représentant les propriétaires et les utilisateurs de des terres agricoles,
7. un membre représentant les entreprises locales et le tourisme,
8. un membre représentant l'industrie forestière, et
9. un membre représentant les entreprises de tourisme de nature et d'écotourisme.
Les membres visés aux paragraphes 3 à 9 sont nommés à la suite d'une proposition faite par la ou
les organisations d'intérêt concernées dans le comté.
Dans les comtés dotés d'une délégation pour l'élevage du renne, l'un des représentants politiques
visés au premier paragraphe 1 est nommé après consultation du Parlement Sami.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 206/284
7 Outre les dispositions de la section 6, une délégation dans un comté doit compter :
1. la pêche commerciale compte un membre représentant la pêche commerciale
2. l'élevage d'ovins compte un membre représentant l'élevage d'ovins
3. la délégation de l'élevage de rennes compte un membre représentant l'élevage de rennes
nommé après consultation du Parlement Sami.
14.6 Plan de gestion du loup
Plan national 2014-2019, révisé en 2016110
Extraits
Objectifs généraux et à long terme de la politique relative aux prédateurs :
L'objectif global et à long terme de la politique relative aux prédateurs est le suivant :
"... que le loup, l'ours, le carcajou, le lynx et l'aigle royal en Suède atteignent un état de conservation
favorable au titre de la directive "Espèces et habitats", tout en veillant à ce que l'élevage d'animaux
domestiques ne soit pas entravé de manière significative et que les aspects socio-économiques
soient pris en compte ".
Objectif 1 : Atteindre et maintenir un état de conservation favorable
- Le nombre de loups en Suède est d'au moins 270 individus, ce qui correspond à la valeur de
référence décidée pour un état de conservation favorable. (Voir également 3.1 Objectif 1 : Atteindre
et maintenir un état de conservation favorable). de conservation favorable, pour les connaissances
scientifiques les plus récentes concernant la valeur de référence appropriée pour la taille de la
population).
La valeur de référence pour l'aire de répartition du loup en Suède est l'ensemble du territoire
suédois, à l'exception de la région alpine et du comté de Gotland. à l'exception de la région alpine
et du comté de Gotland (projet de loi 2012/13:191, p. 35). Il s'agit d'un niveau minimum, c'est-à-
dire de la plus petite zone requise pour une population de loups viable. une population de loups
viable à maintenir à long terme (voir également 4.5.1 Concepts liés au statut des prédateurs).
Les nouveaux loups immigrés (immigrants) qui se reproduisent dans la population scandinave
doivent être ajoutés en permanence. Il est nécessaire d'ajouter continuellement de nouveaux loups
immigrés (immigrants) à la population scandinave.
? Si la taille de la suédoise est égale ou supérieure à 370 individus, au moins un nouvel
immigrant provenant des populations de l'est doit se reproduire dans la population scandi-
nave par génération de loups (5 ans).
? Si la population est proche de 270 individus au moins 2 nouveaux immigrants se reprodui-
sant sont nécessaires par période de 5 ans.
Objectif 2 : réduction des dommages
- Le niveau de tolérance pour les dommages causés aux rennes par les grands carnivores est d'un
maximum de 10 % sur la base du nombre réel de rennes dans le même territoire.
110 https://www.naturvardsverket.se/om-oss/publikationer/8700/nationell-forvaltningsplan-for-varg-
reviderad-version/
PUBLIÉ
https://www.naturvardsverket.se/om-oss/publikationer/8700/nationell-forvaltningsplan-for-varg-reviderad-version/
https://www.naturvardsverket.se/om-oss/publikationer/8700/nationell-forvaltningsplan-for-varg-reviderad-version/
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 207/284
- Le nombre moyen d'attaques sur les moutons a diminué de 10 % par rapport à la période de
gestion précédente (2008-2013).
- Le nombre moyen d'attaques sur les chiens a diminué de 10 % par rapport à la période de gestion
précédente (2008-2013).
Objectif 3 : confiance accrue dans l'administration
- La proportion de personnes déclarant qu'elles ressentent toujours ou souvent de la peur ou de
l'anxiété lorsqu'elles voyagent dans des zones où il y a des loups a diminué de 10 % par rapport à
la proportion observée dans les enquêtes précédentes.
- Une plus grande proportion de la population tolère la présence de grands carnivores dans son
voisinage par rapport aux enquêtes précédentes.
- Une plus grande proportion de la population fait confiance aux autorités de gestion par rapport
aux enquêtes précédentes.
- Le processus de consultation pour le suivi et la révision des plans de gestion de l'aire de répartition
des grands carnivores est perçu comme légitime et inclusif. Les intérêts concernés ont participé à
la révision et les plans sont perçus comme équitables.
- Les objectifs régionaux des conseils généraux pour la gestion des grands carnivores
comprennent un raisonnement socio-économique clair concernant à la fois les moyens de
subsistance et les intérêts de loisirs, ainsi que les activités culturelles. Les objectifs sont
mesurables et comportent des mesures claires de mise en oeuvre et de suivi.
Objectif 4 : Pas de chasse illégale
- Les acteurs de la société continuent d'oeuvrer pour réduire de manière significative le niveau de
l'ampleur de la chasse illégale.
14.7 Coûts globaux de la politique
Protection
En 2021, les conseils administratifs des comtés ont accordé des subventions d'un montant total de
12,2 millions de SEK111 pour des mesures visant à prévenir les dommages causés par les grands
carnivores aux animaux domestiques (tableau 1 et figure 1). Sur ce montant, 1,8 million de
couronnes suédoises ont été accordées pour le débroussaillage sous les clôtures existantes.
Prédation
La compensation totale accordée en 2021 s'élevait à 1,7 million SEK (tableau 1 et figure 1).
La figure 1 montre les subventions financées à la fois par la subvention pour les dommages causés
par la faune sauvage et par le programme de développement rural (à partir de 2010). Le fait que
la subvention semble diminuer considérablement certaines années est lié au cycle de soutien du
programme de développement rural, dans le cadre duquel l'Office suédois de l'agriculture reçoit
des fonds de l'UE à distribuer à intervalles de quatre ans.
Figure 1 : Subventions versées pour la prévention et l'indemnisation des dommages dans le sous-
domaine des animaux domestiques 1997-2021.
111 1SEK = 0.09¤
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 208/284
Bleu : protection - Jaune : prédation
14.8 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
? Règlement sur les blessures sur la faune (2001: 724) et les réglementations associées de
l'Agence suédoise de la protection de l'environnement sur les subventions et la compensa-
tion pour les dégâts du gibier (NFS 2018: 5) Consolidé avec le règlement modificatif NFS
2019:4112 :
Ce règlement émane de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement et encadre
l'utilisation par les conseils administratifs des comtés des fonds pour la prévention et la
compensation des dégâts de gibier qu?elle leur accorde chaque année.
Conditions d'octroi
Extraits
(...)Les subventions pour les mesures visant à prévenir les dommages causés par la faune à tout
ce qui n'est pas le renne, le poisson et les engins de pêche peuvent être accordées aux entreprises
actives dans la production agricole primaire avec un maximum de 80 pour cent des coûts éligibles.
112https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-
2001724_sfs-2001-724
PUBLIÉ
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-2001724_sfs-2001-724
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-2001724_sfs-2001-724
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 209/284
13 L'aide conforme à la section 2 de l'ordonnance (2017:1254) sur les aides d'État d'importance
mineure dans le secteur agricole pour les dommages causés par la faune sauvage et la prévention
des dommages causés par la faune sauvage peut, en plus de ce qui est indiqué à la section 11,
être accordée aux entreprises actives dans la production agricole primaire pour ce qui suit.
1. L'entretien des clôtures répulsives contre les prédateurs.
2. Les coûts, y compris le temps de travail, des mesures préventives liées aux attaques de
prédateurs pour : a) le déplacement des animaux vers des pâturages moins exposés aux
dommages, b) l'hébergement des animaux plus tôt que prévu, c) l'alimentation supplémentaire due
au déplacement des animaux, d) la surveillance des animaux et e) la collecte des carcasses (NFS
2019:4).
14 Le soutien conformément à l'article 13 peut être fourni jusqu'à 100 pour cent des coûts.
La décision du conseil d'administration du comté concernant les subventions
15 Le conseil d'administration du comté peut prendre des décisions concernant les subventions
pour les mesures de prévention des dommages à la faune sauvage après une demande ou de sa
propre initiative.
16 La décision du conseil d'administration du comté concernant les subventions pour les mesures
de prévention des dommages à la faune sauvage doit inclure des conditions selon lesquelles le
bénéficiaire de la subvention doit fournir des informations sur la manière dont la subvention a été
utilisée et sur les résultats que les mesures ont permis d'obtenir. Le conseil administratif régional
peut également demander au bénéficiaire de fournir d'autres informations. Le conseil administratif
régional transmet une copie de la décision à un inspecteur des dégâts de gibier qui, le cas échéant,
vérifie que les mesures ont été mises en oeuvre conformément à la décision du conseil administratif
régional.
17 L'article 11, troisième paragraphe, de l'ordonnance sur les dégâts de gibier (2001:724) stipule
que le conseil administratif régional, lors de l'examen d'une demande de subvention pour des
mesures de prévention des dégâts de gibier, accorde une attention particulière à la question de
savoir si le gibier peut être chassé, à l'étendue des dégâts et à la possibilité d'effectuer une chasse
de protection efficace ou de prendre d'autres mesures de prévention des dégâts.
Les demandes de subventions pour des mesures préventives sont traitées par le conseil
administratif du comté sur la base des ordonnances de l'Agence suédoise pour la protection de
l'environnement.
Des subventions pour des mesures préventives peuvent être accordées pour des investissements,
tels que des clôtures anti-prédateurs. La condition pour bénéficier d'une subvention est que les
clôtures soient construites conformément aux recommandations nationales (du VSC). Cela permet
de garantir une efficacité maximale contre les attaques de prédateurs et une longue durée de vie.
Les subventions pour la construction de clôtures contre les prédateurs dans les pâturages peuvent
être demandées par l'intermédiaire de l'aide spéciale de l'Office suédois de l'agriculture dans le
cadre du programme de développement rural "Investissement environnemental pour les clôtures
contre les prédateurs" (site web de l'Office suédois de l'agriculture).
? Recommandations nationales (du Viltskadecenter, VSC, du SLU) concernant les primes et
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 210/284
les indemnisations liées aux dommages causés par les prédateurs aux animaux domes-
tiques et aux chiens 2023113
Gilets pour chiens contre les attaques de loups :
Le conseil d'administration du comté peut accorder des subventions pour la prévention des
blessures aux chiens à hauteur de 80 % maximum du coût (TVA incluse). Le VSC recommande
que les subventions accordées aux personnes dont les chiens chassent dans les territoires où
vivent les loups soient de 50 %, mais ne dépassent pas 5 000 couronnes suédoises. Un maximum
d'un chien par personne et par an. Pour qu'un gilet soit considéré comme une protection également
contre les loups, son effet doit viser en premier lieu à interrompre ou à retarder une éventuelle
attaque de loup. Les gilets doivent couvrir le cou et le dos et être équipés d'un dispositif qui, en
plus de l'éventuelle protection contre les piqûres du gilet, peut rendre une attaque de loup plus
difficile. Il peut s'agir, par exemple, d'électricité, d'épines de roseau ("acier à loup") ou de tout liquide
ou pâte à modeler ayant un effet dissuasif ou d'autres propriétés restrictives. Des gilets
susceptibles d'interrompre ou de retarder une attaque de loup sont disponibles, par exemple,
auprès de Dogtech (www.dogtech.se), Proof Design Sweden AB (www.proofdesignsweden.com),
Swevest (www.swevest.se) et Tuskproof Wolf (www.jaktwebben.com). Des subventions peuvent
également être accordées pour l'achat de gilets d'autres fabricants s'ils présentent des propriétés
équivalentes.
Investissements pour des mesures préventives :
Des subventions pour des mesures préventives peuvent être accordées pour des investissements
tels que des clôtures anti-prédateurs (RAS), des émetteurs pour des animaux sélectionnés dans
les pâturages et des chiens de garde pour le bétail. Investissement dans des clôtures anti-
prédateurs (RAS)
Pour la plupart des troupeaux en Suède, les clôtures sont la méthode la plus efficace pour prévenir
les attaques de prédateurs, tant en termes de coût que de main-d'oeuvre. Le conseil administratif
du comté peut accorder aux entreprises des subventions pour la prévention des dommages causés
par les grands carnivores, à hauteur de 100 % du coût (hors TVA).
Le VSC recommande que les subventions ne soient accordées qu'aux troupeaux d'ovins et de
caprins situés dans des territoires de loups existants et à tous les types de troupeaux de bétail
ayant subi des attaques de prédateurs documentées.
Les subventions pour les clôtures anti-prédateurs (RAS) sont accordées avec un maximum de 50
SEK/mètre + un maximum de 5 000 SEK pour les agrégats (le même montant que celui appliqué
par l'Office suédois de l'agriculture pour les investissements environnementaux - clôtures anti-
prédateurs sur les terres en blocs). Pour les recommandations techniques, voir les
recommandations du Viltskadecenter pour les clôtures anti-prédateurs (RAS). La moitié du
montant (25 SEK/mètre + 5 000 SEK maximum pour les agrégats) peut être accordée pour
améliorer/compléter les clôtures existantes en RAS. Le conseil d'administration du comté et les
propriétaires d'animaux doivent se consulter sur les clôtures existantes avant que les demandes
ne soient accordées, afin de déterminer s'il est possible d'obtenir un résultat qui réponde aux
critères des RAS.
Pour des raisons pratiques, les ruches sont généralement placées dans une petite rangée à un
mètre les unes des autres. Il y a généralement moins de 10 ruches/communautés par rucher.
113https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-bidrag-ersattning-tamdjur-hundar-
13feb-2023.pdf
PUBLIÉ
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-bidrag-ersattning-tamdjur-hundar-13feb-2023.pdf
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-bidrag-ersattning-tamdjur-hundar-13feb-2023.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 211/284
Subvention de 50 SEK/mètre (max. 120 mètres par rucher) + max. 5 000 SEK pour les agrégats
afin d'installer des clôtures autour des ruchers dans les zones où la présence d'ours est
permanente et autour des ruchers dans d'autres zones où les dommages causés par les ours sont
attestés. Les subventions sont accordées une fois par rucher.
Balles d'ensilage Subvention de 50 SEK/mètre + 5 000 SEK maximum pour les groupements qui
érigent des clôtures pour protéger les balles d'ensilage stockées sur des terres arables dans des
zones où la présence d'ours est permanente.
Chiens de protection du bétail
Jusqu'à 100 % du prix d'achat d'un chien de protection du bétail.
Émetteurs pour les animaux domestiques en forêt libre ou en alpage Jusqu'à 100 % du coût d'achat
des émetteurs et des frais de télécommunication.
En principe, 20 % des animaux d'un troupeau ovin ou caprin et 10 % des animaux d'un troupeau
bovin peuvent être équipés d'émetteurs. Un plus grand nombre d'émetteurs peut être accordé en
cas de besoins spécifiques.
Aide à l'entretien des clôtures anti-prédateurs (§ 13) Une aide peut être accordée à raison de 5
SEK/mètre pour le débroussaillage dans le cadre des RAS une fois par an.
Nombre illimité d'années tant que la clôture est utilisée pour prévenir les dommages causés par
les prédateurs aux animaux domestiques. Des subventions devraient être accordées pour les
clôtures qui remplissent les critères du RAS autour des troupeaux d'ovins et de caprins dans les
territoires de loups existants et pour tous les types de troupeaux de bétail qui ont subi des attaques
de prédateurs documentées. Aucune aide ne devrait être accordée pour le débroussaillage autour
des filets à moutons à noeuds fixes, étant donné qu'ils ne sont pas équipés d'un fil électrique de
faible puissance.
Clôtures électriques
- la liste de contrôle simplifiée114 (cf annexe) des éléments essentiels pour les clôtures anti-
prédateurs. Cette liste est utilisée par le conseil administratif du comté lors du traitement et de
l'inspection des clôtures subventionnées.
- plusieurs documents relatifs aux clôtures électriques efficaces.
Chiens de protection 115:
Extraits
La mesure est applicable aux petits troupeaux pour lesquels, pour diverses raisons, il est difficile
d'ériger des clôtures anti-prédateurs autour d'un ou de plusieurs côtés du pâturage, comme les
pâturages ou les pâturages de plage. Le conseil d'administration du comté procède à une
évaluation au cas par cas.
À l'heure actuelle, nous ne voyons pas la nécessité de développer la méthode.
En Suède, ce type de chien est principalement utilisé pour les animaux domestiques qui paissent
dans des enclos dans des conditions particulières, par exemple les grands troupeaux difficiles à
114 https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-checklista-ras-2022-8dec.pdf
115 https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/forebyggande-atgarder/atgarder-mot-skador-
pa-tamdjur/permanenta-atgarder-mot-rovdjur/boskapsvaktande-hundar/
PUBLIÉ
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-checklista-ras-2022-8dec.pdf
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/forebyggande-atgarder/atgarder-mot-skador-pa-tamdjur/permanenta-atgarder-mot-rovdjur/boskapsvaktande-hundar/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/forebyggande-atgarder/atgarder-mot-skador-pa-tamdjur/permanenta-atgarder-mot-rovdjur/boskapsvaktande-hundar/
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enfermer, les troupeaux pour lesquels les clôtures électriques ne sont pas une bonne option (par
exemple le long des côtes, sur les îles) ou les troupeaux qui ont subi des attaques répétées de la
part de grands prédateurs.
La mesure n'est souvent pas appropriée dans les fermes ayant de nombreux voisins ou des routes,
pistes cyclables ou sentiers de randonnée très fréquentés à proximité des enclos.
En Suède, la plupart des troupeaux sont d'une taille telle qu'un seul chien suffit à les garder.
Toutefois, si le chien doit paître dans des pâturages situés sur le territoire des loups, il convient
d'utiliser deux chiens.
La loi suédoise sur la surveillance des chiens et des chats (2007:1150) n'autorise pas à laisser les
chiens sans surveillance. Par conséquent, le propriétaire d'un chien de protection du bétail doit
demander une licence pour l'utiliser. Cette disposition s'applique également aux chiens gardés
dans des enclos. Le conseil d'administration du comté peut accorder une telle exemption après
consultation du propriétaire du bétail, s'il a jugé que la mesure est appropriée pour le troupeau.
En Suède, la possession de chiens est régie par plusieurs lois, ordonnances et règlements.
Pour qu'un propriétaire de chien puisse laisser son chien en liberté sans surveillance (mais avec
une surveillance quotidienne) dans une cour ou avec des animaux en pâturage sans clôture, une
exemption à la loi sur la surveillance des chiens et des chats est nécessaire. Les dérogations sont
délivrées par le conseil d'administration du comté. L'autorisation de détenir un chien de cette
manière est liée à un chien individuel particulier et peut être retirée si le chien est jugé généralement
agressif envers les personnes ou s'il chasse le gibier. Il convient de signaler la présence du ou des
chiens en plaçant des panneaux sur la clôture. Les panneaux peuvent être commandés auprès de
SLU, Viltskadecenter.
Le propriétaire du chien est responsable de tout ce que fait son chien. Cette règle s'applique
également aux propriétaires de chiens de protection du bétail. Ces chiens, tout comme les autres
chiens, doivent être surveillés et soignés quotidiennement et doivent toujours avoir accès à un
endroit sec et protégé des intempéries pour se coucher. Étant donné que la responsabilité du
propriétaire du chien s'applique également si le chien blesse un autre chien dans une bergerie, par
exemple, le propriétaire du chien peut être tenu de verser des dommages-intérêts pour les
blessures causées par le chien. Les décisions relatives à l'obligation de tenir une laisse, une
muselière ou autre peuvent être prises par la police après un rapport de police et une enquête.
14.9 Evaluation de l?efficacité des mesures de protection
Le Viltskadecenter a établi et actualise un guide sur les clôtures contre les grands prédateurs
remarquablement documenté (basé sur des observations) et détaillé et aisément accessible sur internet 116
Extrait :
Clôture électrifiée :
116 https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/stod-i-viltforvaltningen/vsc-
rekommendationer/vsc-rekommendationer-for-rovdjursavvisande-stangsel-ras/
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-rovdjursavvisande-stangsel-2023-05-
08.pdf
PUBLIÉ
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/stod-i-viltforvaltningen/vsc-rekommendationer/vsc-rekommendationer-for-rovdjursavvisande-stangsel-ras/
https://www.slu.se/centrumbildningar-och-projekt/viltskadecenter/stod-i-viltforvaltningen/vsc-rekommendationer/vsc-rekommendationer-for-rovdjursavvisande-stangsel-ras/
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-rovdjursavvisande-stangsel-2023-05-08.pdf
https://www.slu.se/globalassets/ew/org/centrb/vsc/vsc-dokument/vsc-rek-rovdjursavvisande-stangsel-2023-05-08.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 213/284
Les hauteurs de fil appropriées pour clôturer tous les animaux domestiques (moutons, chèvres,
bovins, chevaux, etc.) et pour éloigner les loups et les ours en particulier sont de 30, 50, 70, 90 et
120 cm. Il n'est pas nécessaire que le fil supérieur soit exactement à 120 cm, mais il ne doit pas
être à moins d'un mètre du sol (ce qui signifie que les quatre autres fils seront plus rapprochés).
Pour les filets à moutons, le linteau est monté de manière à se trouver entre le filet et le fil supérieur.
En cas d?adaptation d?un grillage à moutons existant :
Si vous disposez déjà de filets à moutons intacts et en bon état, vous pouvez les remettre en état
et les compléter par des fils électriques. Il peut être nécessaire de remplacer les poteaux s'ils sont
en mauvais état et de construire des parallélogrammes aux angles pour que le filet puisse être
correctement tendu. Pour ajouter un fil électrique au-dessus du filet, les poteaux en bois doivent
être environ 15 à 20 cm plus hauts que le filet. Vous pouvez ensuite installer des isolateurs à long
terme ou à anneau, qui sont meilleurs que les isolateurs à distance.
- Émetteurs radio sur des animaux du troupeau
Etude du Viltskadecenter 117
117 https://viltskadecenter.se/pdfs/radiosandare_pa_tamdjur.pdf
PUBLIÉ
https://viltskadecenter.se/pdfs/radiosandare_pa_tamdjur.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 214/284
Extrait :
Cette étude a montré que la plupart des agriculteurs trouvent l'équipement de pointage utile dans
leur travail sur le bétail et plus de la moitié d'entre eux estiment qu'il atténue leurs inquiétudes
concernant les animaux domestiques qui paissent dans des zones où ils risquent d'être prédatés.
L'équipement permet également aux éleveurs de gagner du temps, temps qu'ils passeraient
autrement à écouter et à chercher des animaux dans la forêt. En revanche, l'étude n'a pas montré
que l'équipement de pointage réduisait le nombre d'animaux domestiques tués ou blessés par des
prédateurs. Comme il n'a pas été possible d'obtenir un échantillon aléatoire d'agriculteurs dans le
cadre de l'étude, il a été difficile d'analyser les effets réels de l'équipement de pointage sur le
nombre de morts, les animaux blessés ou disparus en rapport avec des attaques de prédateurs
ou des perturbations.
- Que dit la recherche sur les différentes méthodes de prévention des attaques de préda-
teurs ?
Un groupe international de chercheurs d'EviWild, de SLU et d'autres ont examiné 114 articles
publiés scientifiquement mesurant l'effet des mesures visant à réduire le risque ou l'ampleur des
attaques de prédateurs sur le bétail. L'étude complète Carnivore conservation needs evidence-
based livestock protection a été publiée dans PLOS Biology le 18 septembre 2018.118
14.10 Indemnisation des dégâts liés au loup
- Principe de l?indemnisation
? Règlement sur les blessures sur la faune (2001: 724) et les réglementations associées de
l'Agence suédoise de la protection de l'environnement sur les subventions et la compensa-
tion pour les dégâts du gibier (NFS 2018: 5) Consolidé avec le règlement modificatif NFS
2019:4119
Extraits :
Indemnisation des dommages causés aux biens par la faune sauvage
18 Quiconque a subi des dommages causés par la faune sauvage et a l'intention de demander
une indemnisation pour ces dommages doit, sans délai, après la découverte des dommages,
déclarer l'incident au conseil d'administration du comté où les dommages ont eu lieu.
19 Le conseil administratif régional veille à ce que les dommages causés par la faune sauvage
soient inspectés par un inspecteur des dommages causés par la faune sauvage désigné dès que
possible après que le conseil administratif régional a reçu une déclaration de dommages causés
par la faune sauvage conformément au 18.
20 Lors de chaque inspection, l'inspecteur délivre un certificat d'inspection. Lors de l'inspection,
les formulaires "Inspection des dommages causés par la faune aux cultures", "Certificat
d'inspection des animaux domestiques" ou "Certificat d'inspection des chiens" doivent être utilisés,
conformément aux dispositions de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement et à
118 https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.2005577
https://www.eurekalert.org/news-releases/695287
https://www.expertsvar.se/pressmeddelanden/vad-sager-forskningen-om-olika-metoder-for-att-forebygga-
rovdjursangrepp/
119 https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-
2001724_sfs-2001-724
PUBLIÉ
https://journals.plos.org/plosbiology/article?id=10.1371/journal.pbio.2005577
https://www.eurekalert.org/news-releases/695287
https://www.expertsvar.se/pressmeddelanden/vad-sager-forskningen-om-olika-metoder-for-att-forebygga-rovdjursangrepp/
https://www.expertsvar.se/pressmeddelanden/vad-sager-forskningen-om-olika-metoder-for-att-forebygga-rovdjursangrepp/
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-2001724_sfs-2001-724
https://www.riksdagen.se/sv/dokument-lagar/dokument/svensk-forfatt-ningssamling/viltskadeforordning-2001724_sfs-2001-724
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 215/284
celles du conseil administratif du comté. Toute personne ayant fait l'objet d'une inspection de ses
biens reçoit une copie du certificat d'inspection.
Décision d'indemnisation du comté
23 Le montant de l'indemnisation décidée par la comté est basé sur la valeur du bien au moment
du dommage et de l'inspection effectuée. L'indemnisation des personnes physiques et morales
autres que celles actives dans la production agricole primaire peut atteindre 100 pour cent.
24 Le conseil administratif départemental ne peut indemniser que les dégâts causés par le gibier
qui lui ont été signalés conformément à l'article 18 et qui ont été inspectés conformément à l'article
19. Si des raisons particulières le justifient, le conseil administratif régional peut décider
d'indemniser les dommages causés par la faune sauvage même si les conditions du premier
paragraphe ne sont pas remplies.
25 Le 11 de l'ordonnance sur les dommages causés par la faune sauvage (2001:724) stipule que
le conseil administratif régional peut indemniser les dommages causés par la faune sauvage à
d'autres animaux que le renne s'il est manifestement déraisonnable que la partie lésée soit
responsable des coûts causés par les dommages et que le conseil administratif régional doit, lors
de l'évaluation, tenir particulièrement compte de la possibilité de chasser la faune sauvage, de
l'étendue des dommages et de la possibilité d'effectuer une chasse de protection efficace ou
d'autres mesures de prévention des dommages.
26 Le conseil administratif régional ne peut pas accorder d'indemnisation pour les éléments
suivants
1 Les dommages causés aux biens destinés à un usage autre que professionnel.
2. les dommages causés au gibier ;
3. les dommages indemnisés par une assurance ou une autre aide de l'État.
Si des raisons particulières le justifient, le conseil d'administration du département peut décider de
l'indemnisation des dommages visés au premier alinéa.
27 Si d'autres indemnités ont été perçues pour les biens endommagés, l'indemnité versée par le
conseil administratif régional est réduite du montant correspondant.
28 L'indemnité pour les dommages causés par le gibier aux biens utilisés dans le cadre des
activités professionnelles ne peut inclure la taxe sur la valeur ajoutée.
29 Nonobstant les dispositions des articles 23 et 27, le conseil administratif régional peut verser
une indemnité pour les chiens comme suit :
1. Pour les chiens assurés blessés par des loups, des ours, des carcajous, des lynx ou des aigles,
une indemnité peut être versée jusqu'à un maximum de 5 000 couronnes suédoises pour la
franchise de l'assurance. En outre, une indemnité peut être versée pour d'autres coûts documentés
encourus à la suite de la blessure et qui ne sont pas couverts par l'assurance, avec un maximum
de 8 000 SEK.
2. Pour un chien non assuré blessé par un loup, un ours, un carcajou, un lynx ou un aigle, une
indemnité peut être versée avec un maximum de 10 000 SEK pour les soins vétérinaires ou
d'autres coûts documentés encourus à la suite de la blessure.
3 Pour les chiens assurés et non assurés, une indemnisation peut être versée pour un chien qui
est tué, meurt ou est euthanasié après avoir été blessé par un loup, un ours, un carcajou, un lynx
ou un aigle, avec un maximum de 25 000 couronnes suédoises. Une indemnisation peut être
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 216/284
accordée pour les soins vétérinaires, les autres frais et les chiens décédés ou euthanasiés si le
décès est une conséquence de la blessure.
30 Le conseil d'administration du comté ne peut pas accorder d'indemnisation pour un chien blessé
ou tué pendant la chasse, l'entraînement à la chasse, les épreuves de chasse ou autres si la
blessure est causée par l'espèce animale pour laquelle la chasse était prévue. En cas de raisons
particulières, le conseil d'administration du comté peut décider d'une indemnisation pour les chiens
blessés ou tués conformément au premier paragraphe.
Spécial pour les entreprises actives dans la production agricole primaire
31 Pour les entreprises actives dans la production agricole primaire, en plus de ce qui est prescrit
aux 23-28, ce qui suit s'applique également.
Le conseil administratif départemental ne peut indemniser que les coûts directs suivants :
1. animaux tués ;
2. cultures détruites ;
3. dommages matériels aux bâtiments agricoles, aux machines agricoles et aux stocks, y compris
les travaux de réparation.
Le conseil administratif départemental ne peut indemniser que les coûts indirects suivants :
1. frais vétérinaires pour le traitement des animaux blessés ;
2. frais de main-d'oeuvre liés à la recherche de l'animal blessé.
L'indemnisation des coûts indirects visés au troisième alinéa, points 1 et 2, se fait sur la base des
justificatifs présentés.
32 L'article 11, point a), deuxième alinéa, de l'ordonnance sur les dommages causés par la faune
sauvage (2001:724) stipule que l'indemnisation des coûts indirects résultant des dommages
causés par la faune sauvage à tout ce qui n'est pas le renne, le poisson et les engins de pêche
peut s'élever au maximum à 80 % des coûts indirects éligibles.
34 Conformément à l'article 2 de l'ordonnance (2017:1254) relative aux aides d'État de minimis
dans le secteur agricole en ce qui concerne les dégâts de gibier et la prévention des dégâts de
gibier, des aides peuvent être accordées aux entreprises actives dans la production agricole
primaire pour les coûts liés aux dégâts de gibier, y compris le temps de travail, en plus de ce qui
est prévu à l'article 31, pour ce qui suit.
1 .Rapatriement des animaux après une attaque.
2. Soins aux animaux blessés.
3. Diminution de la valeur des animaux blessés.
4. Mise à mort des animaux en raison de l'attaque.
5. Coûts supplémentaires pour l'achat d'aliments pour animaux en raison des dégâts causés par
la faune sauvage.
6. Transport des carcasses vers l'usine d'équarrissage et destruction
7. Travail supplémentaire pour le tri des cultures endommagées.
8. Réensemencement des cultures endommagées (NFS 2019:4).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 217/284
35 L'indemnisation prévue au 34 peut être versée jusqu'à 100 pour cent des coûts.
Indemnisation pour les attaques d'ours sur les humains :
36 Quiconque a été blessé par un ours et a l'intention de demander une indemnisation pour ses
blessures doit en informer sans délai le conseil d'administration du comté. Si une personne a été
tuée par un ours ou est décédée à la suite d'une attaque d'ours et que les survivants ont l'intention
de demander une indemnisation pour le décès, cela doit être signalé au conseil d'administration
du comté.
37 La demande d'indemnisation doit être reçue par le conseil administratif du comté au plus tard
trois ans après la survenance de la blessure ou du décès. I
38 L'indemnisation des dommages corporels ou du décès est calculée conformément au chapitre
5, sections 1-5 de la loi sur les dommages (1972:207).
Inspecteur pour les dommages causés par la faune sauvage
Formation et nomination
39 L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement assure la formation de base et la
formation continue des inspecteurs.
40 Le conseil administratif du comté nomme les inspecteurs pour le comté. La personne nommée
par le conseil administratif du comté en tant qu'inspecteur doit avoir suivi la formation de base des
inspecteurs avec des résultats approuvés ou posséder des connaissances équivalentes
documentées. Les inspecteurs nommés doivent recevoir une formation continue régulière par
l'intermédiaire du conseil administratif du comté.
Redevances et indemnités
41 Les redevances des inspecteurs sont déterminées et payées par le conseil administratif du
comté. Les honoraires sont versés conformément aux dispositions du conseil d'administration du
comté relatives aux heures de travail pendant les voyages d'affaires. Le remboursement des frais
de déplacement vers et depuis le lieu de l'inspection est assuré par le conseil administratif du comté
avec l'indemnité kilométrique totale exonérée d'impôt et imposable versée aux fonctionnaires du
conseil administratif du comté pour l'utilisation de leur propre véhicule dans le cadre de leurs
fonctions.
Enregistrement des inspections, etc.
42 Les inspections des mesures préventives ou des biens endommagés sont enregistrées dès que
possible par l'inspecteur ou le conseil administratif du comté de la manière spécifiée par l'Agence
suédoise pour la protection de l'environnement. Le conseil administratif du comté enregistre en
permanence les demandes de subventions et d'indemnisations.
? Recommandations du Viltskadecenter concernant les primes et les indemnisations liées
aux dommages causés par les prédateurs aux animaux domestiques et aux chiens 2023
(suite)
Aide aux mesures préventives liées aux attaques de prédateurs (13 § 2 et 14 §)
Afin de prévenir d'autres attaques de prédateurs, une aide est accordée pour les coûts, y compris
le temps de travail, jusqu'à concurrence de 100 % pour les mesures suivantes, mais pas plus de
14 jours après une attaque documentée. La main-d'oeuvre est indemnisée à hauteur de 400 SEK
par heure. Les frais de transport sont remboursés à raison de 18,50 SEK par kilomètre (indemnité
automobile non imposable).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 218/284
a) déplacement des animaux vers des pâturages moins susceptibles d'être endommagés, y
compris le remboursement du kilométrage.
b) hébergement des animaux à une heure plus précoce que prévu, y compris l'accueil de nuit.
c) alimentation supplémentaire due au déplacement des animaux, y compris l'installation plus
précoce.
d) surveillance des animaux, y compris la surveillance supplémentaire.
Il devrait également être possible de prévoir l'installation et l'enlèvement de patchworks et/ou
d'autres mesures d'urgence pour prévenir de nouvelles infestations. La compensation
recommandée est d'une heure par 100 mètres de clôture. Cela comprend la préparation, le
montage, le démontage et les éventuels travaux de finition.
e) Collecte des carcasses et transport jusqu'à la destruction et coûts de destruction. L'enlèvement
des carcasses trouvées sur place après l'inspection permet d'éviter de nouvelles infestations. Il ne
s'agit pas de rechercher les animaux blessés ou morts lors de la découverte d'une infestation.
Si l'aide est accordée au titre d'un ou de plusieurs des points a à c, une indemnité de 500 SEK par
unité de gros bétail (UGB) doit également être versée pour compenser la perte de production. 1
UGB correspond à 1 vache ou à 5 moutons ou chèvres. Si le nombre d'animaux est inférieur à 1
UGB, une indemnité correspondant à 1 UGB est versée.
Pour un chien assuré blessé par un loup, un ours, un glouton, un lynx ou un aigle, une indemnité
peut être versée jusqu'à un maximum de 5 000 couronnes suédoises pour la franchise de
l'assurance. En outre, une indemnité peut être versée pour d'autres coûts documentés causés par
la blessure et non couverts par l'assurance, jusqu'à un maximum de 8 000 SEK.
Pour les chiens non assurés blessés par des loups, des ours, des carcajous, des lynx ou des aigles,
une indemnité peut être versée jusqu'à un maximum de 10 000 SEK pour les soins vétérinaires ou
d'autres coûts documentés résultant de la blessure. Parmi les exemples d'autres frais documentés,
on peut citer le remboursement des frais kilométriques (indemnité automobile non imposable de
18,50 SEK/mille) pour se rendre chez un vétérinaire et les colliers de repérage brisés à l'occasion
d'une attaque.
En outre, un chien qui meurt ou est tué à la suite d'une attaque par un loup, un ours, un glouton,
un lynx ou un aigle peut être indemnisé à hauteur de 25 000 couronnes suédoises. Cette
disposition s'applique aux chiens assurés et non assurés.
Indemnisation des coûts directs (§§ 31 et 32)
Le conseil d'administration du comté peut indemniser jusqu'à 100 % des coûts directs suivants :
1. les animaux tués ;
3. les dommages matériels causés aux bâtiments d'exploitation, y compris la réparation des
dommages causés par les animaux tués. Dommages matériels aux bâtiments agricoles, y compris
les travaux de réparation. Les prix recommandés hors TVA sont indiqués dans les sous-rubriques
ci-dessous. Les montants comprennent la valeur d'abattage, la valeur d'élevage et la main-d'oeuvre
supplémentaire. Les animaux disparus à la suite d'attaques de prédateurs documentées sont
indemnisés de la même manière que les animaux morts.
Moutons : 3 800 SEK (femelles âgées de plus d'un an) Agneaux : 2 400 SEK (animaux âgés de
moins d'un an)
Supplément par animal
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 219/284
1. 500 SEK par animal affilié à Elitlamm (anciennement Fårkontrollen)
2. 500 SEK par animal pour les animaux élevés selon le mode biologique ou affiliés à KRAV
ou à un autre organisme de certification
3. 500 SEK par animal affilié au programme Maedi-Visna
4. 500 SEK par animal ayant obtenu le statut F selon le programme de lutte contre le piétin
de Farm & Animal Health (Klövkontrollen).
Si les brebis gestantes sont endommagées après la saison de reproduction, un supplément de 600
SEK par agneau est versé pour les agneaux. Si les brebis sont attaquées dans les 8 semaines
suivant l'agnelage et que les agneaux deviennent orphelins, une indemnité pour les pertes de
croissance des agneaux est versée à hauteur de 1 000 SEK par agneau.
Animaux de valeur particulière
Pour les animaux ayant une valeur d'élevage élevée, une indemnité plus élevée doit être versée
sur présentation de reçus ou d'autres documents. Pour les animaux qui sont inclus dans la
transformation des peaux ou de la viande et qui peuvent donc nécessiter une valeur plus élevée,
une compensation plus élevée doit être versée sur présentation d'un reçu ou d'un autre document.
Chèvres
Les chèvres peuvent être indemnisées au même titre et selon les mêmes principes que les ovins
(voir ci-dessus).
Veaux (animaux âgés de moins d'un an) : 17 500 SEK
Bovins, chevaux et autres animaux domestiques
Les pertes de bovins âgés de plus d'un an, de chevaux et d'autres animaux domestiques sont
évaluées au cas par cas.
Dommages matériels et travaux de réparation :
Les "bâtiments agricoles" comprennent également les clôtures.
Indemnisation des coûts indirects (§§ 31 et 33)
Le conseil d'administration du comté peut accorder une indemnisation jusqu'à 100 % pour les coûts
indirects suivants :
1) frais vétérinaires pour le traitement des animaux blessés ;
2) médicaments prescrits par un vétérinaire. L'indemnisation des soins vétérinaires et des
médicaments se fait sur la base des justificatifs présentés.
3) les frais de main-d'oeuvre liés à la recherche d'animaux disparus. L'indemnisation est plafonnée
à 400 SEK/heure selon une formule standardisée : 2 heures maximum par DE (unité animale)
recherchée pour les troupeaux conventionnels. Maximum 6 heures par DE pour les troupeaux en
forêt libre ou en alpage (ou équivalent). C'est le nombre d'animaux recherchés qui constitue la
base de la DE. 1 unité animale (DE) correspond à 1 vache ou 6 ovins ou caprins. Pour un nombre
d'animaux inférieur à 1 DE, l'indemnité versée correspond à 1 DE.
Aides pour les coûts liés aux dommages causés par la faune sauvage (§§ 34, 35)
Les coûts liés aux dommages causés par la faune sauvage, y compris le temps de travail, peuvent
être indemnisés jusqu'à 100 % pour les éléments suivants :
1. rapatriement des animaux après une attaque (de l'enclos/lieu de l'attaque à l'exploitation
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 220/284
d'origine ou à un autre lieu) ;
2. soins aux animaux blessés ;
3. réduction de la valeur des animaux blessés ;
4. abattage des animaux à la suite de l'attaque ;
5. coûts supplémentaires pour l'achat d'aliments pour animaux ; 6. coûts supplémentaires pour
l'achat d'aliments pour animaux.
5. les frais supplémentaires pour l'achat d'aliments pour animaux ;
6. le transport des carcasses jusqu'à l'usine d'équarrissage et leur destruction. La main-d'oeuvre
est remboursée à 400 SEK/heure et les frais de transport sont remboursés à 18,50 SEK/mile
(indemnité automobile non imposable).
Les soins vétérinaires et l'autotraitement des animaux blessés sont remboursés au maximum avec
le même montant que les remboursements indiqués pour les animaux tués sous la rubrique
En outre, les animaux qui meurent ou sont tués après le traitement peuvent également être
remboursés avec les montants susmentionnés.
Il peut être nécessaire d'acheter de l'ensilage, du fourrage, du foin et de la paille après des attaques
de prédateurs ayant entraîné le déplacement d'animaux au cours de la saison de pâturage. Ils sont
remplacés par un maximum de 600 SEK/balle. Il est également possible d'utiliser des taux
standardisés comme base d'indemnisation pour le défi de soutien (les montants comprennent à la
fois les fourrages grossiers et les aliments concentrés) : 10 SEK par agneau et par jour et 5 SEK
par animal adulte et par jour.
Il est recommandé que le conseil administratif du comté considère les dommages causés par les
prédateurs comme un "autre événement imprévu" et que le propriétaire de l'animal n'ait pas à
rembourser l'argent. De plus amples informations sont disponibles sur le site web de l'Office
suédois de l'agriculture Indemnités 2022.120
14.10.1 Mesures d?intervention sur le loup
- Effarouchement du loup
- Tirs sur le loup avec armes à feu
Outre les tirs assurés dans le cadre d?opérations de police sur des loups potentiellement
dangereux, deux types de chasse à loup peuvent être autorisés en Suède :
- La chasse de protection
Cette chasse peut être acceptée par les comtés pour éviter des dégâts considérables sur les
troupeaux de rennes, les animaux d?élevages et les chiens. La demande d?autorisation doit être
déposée auprès de la Préfecture qui délivre l?autorisation après une étude au cas par cas.
L?Agence suédoise de protection de l?Environnement répertorie l?ensemble des demandes et les
décisions des comtés, ce qui constitue une base de données utile pour les comtés et les
demandeurs du droit de chasse. La chasse peut être effectuée à n?importe quel moment de l?année
et par des moyens souvent non-autorisés dans la chasse classique (usage de véhicules, chasse
de nuit, etc.), soit par les autorités (par exemple, la chasse en hélicoptère dans les zones d?élevage
des rennes), soit par le demandeur. S?il n?est pas possible de faire fuir les loups lors d?une attaque
120https://jordbruksverket.se/stod/jordbruk-tradgard-och-rennaring/jordbruksmark/kompensationsstod
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https://jordbruksverket.se/stod/jordbruk-tradgard-och-rennaring/jordbruksmark/kompensationsstod
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 221/284
(tirs en l?air...), alors il est possible d?abattre directement le ou les loups sans autorisation préalable
du comté. ce jour, une quinzaine de loups ont été tués en 2016 dans le cadre de chasses
protectrices. Les responsables des comtés rencontrés par la mission ont indiqué que très peu de
tirs étaient opérés dans ce cadre.
- La chasse sous licence
Cf. infra 4.7.3
Les comtés déterminent les zones dans lesquels les loups peuvent être chassés (et le nombre
maximal). Ils s?assurent notamment, grâce à des analyses ADN, qu?il n?y a pas de loup d?intérêt
génétique particulier dans la zone. Ils ciblent en général des zones à forte densité de loups.
Tout chasseur ayant droit de chasser dans cette zone peut participer à ces chasses, sous réserve
d?être enregistré auprès de l?agence pour la chasse au loup. L?opération de chasse au loup est très
encadré et fait l?objet d?un rapportage en temps réel (appels toutes les heures afin de vérifier que
le quota n?est pas dépassé).
Il n?y a pas de ciblage particulier des loups chassés sur la base de leur sexe ou de leur âge.
- Délivrance des autorisations de tirs (défense, prélèvement?)
Après une décroissance forte qui l?a conduite à un effectif de 10 loups en 1966, la population
suédoise de loups s?est redéveloppée grâce à des immigrations naturelles de loups russo-
finlandais et des mesures de protection. Cette population était toutefois marquée par un taux de
consanguinité très élevé. Afin de maîtriser ce taux ainsi que la croissance de cette population, le
parlement suédois a de nouveau autorisé la chasse en 2009. Il a alors décidé de limiter la
population de loups à 210 individus (en abattant les loups présentant des tares génétiques ou un
taux élevé de consanguinité), d?introduire un maximum de 20 nouveaux loups (russes ou finlandais)
pour renforcer la diversité génétique et un objectif de régénération de 20 louveteaux par an. La
première chasse a eu lieu en 2010 (28 loups abattus) malgré les critiques de la Commission
européenne et des ONG suédoises. Après la deuxième chasse en 2011 (19 loups abattus), la
Commission européenne a engagé une procédure officielle d'infraction à la directive Habitats, le
27 janvier 2011, en adressant une lettre de mise en demeure à la Suède121.
La Suède avait jusqu?au 17 août 2011 pour revoir sa législation. Afin d?éviter un renvoi de l?affaire
devant la Cour de justice de l?UE, le ministère de l?environnement a décidé, en août 2011, d?annuler
la chasse de 2012 et de revoir sa législation déclarant que « le plafond de 210 loups n?était plus
valable ». En avril 2012, le Comité national sur les prédateurs a conclu que l?état de conservation
du loup était défavorable et le taux de consanguinité élevé. Malgré cela, l?Agence suédoise de
protection de l?Environnement a décidé, le 30 janvier 2013, de permettre une 3ème chasse sous
licence en 2013 (à partir du 31 janvier 2013) pour résoudre les problèmes génétiques malgré de
nouvelles critiques de la Commission européenne. Des ONG environnementales suédoises ont
saisi le tribunal administratif, puis fait appel de la décision négative du tribunal auprès de la Cour
administrative d?appel qui a immédiatement arrêté la chasse, le 6 février 2013 (3 loups sur un quota
de 16 avaient déjà été abattus).
Une nouvelle loi de politique de gestion durable des prédateurs a été adoptée par le Parlement, fin
2013 (cf supra 2.4) qui a disposé que l?état de conservation du loup serait décidé par le Parlement
et non par l?Agence et qu?un état de conservation « favorable » correspondait à un nombre de loups
compris entre 170 et 270 individus et que les décisions d?autorisation des chasses seraient
déléguées aux comtés par l?Agence. La loi privait, par ailleurs, les ONG environnementales de la
possibilité de faire appel de la décision des comtés auprès de la Cour administrative d?appel, car
121 https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_11_95
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https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_11_95
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 222/284
la décision ne pouvait être contestée qu?auprès de l?Agence. Les années suivantes ont été
marquées par la contestation par les ONG des décisions de chasse prises, avec plusieurs
décisions en leur faveur des tribunaux.
Pour autant, à ce jour les comtés prennent toujours chaque année des décisions d?autorisation de
chasse en déclinaison d?une décision de l?agence.
? Décision de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement, BILAGA 1 ?
Ärendenr : NV-05826-22122
Extraits :
Ce guide s'adresse aux conseils administratifs des comtés concernés par la délégation actuelle de
l'Agence pour la protection de l'environnement concernant la possibilité de décider de l'octroi de
permis de chasse aux loups. L'objectif est de soutenir les conseils administratifs des comtés dans
les processus de prise de décision qui découlent de la responsabilité qui leur a été confiée en
matière de décisions sur les permis de chasse. Ces orientations sont importantes car, entre autres,
l'arrêt préjudiciel de la Cour de justice des Communautés européennes (l'arrêt Tapiola) doit être
pris en compte dans toute décision relative à la chasse aux loups.
La possibilité de décider d'un permis de chasse au loup découle de l'article 23c de l'ordonnance
sur la chasse (1987:905).Cette disposition est fondée sur l'article 16, paragraphe 1, point e),
de la directive Habitats. La base juridique de l'autorisation de chasser le loup est donc la même
qu'auparavant.
Selon l'ordonnance sur la chasse, toute décision relative à une autorisation de chasser le loup doit
être prise au plus tard le 1er octobre.
Gestion régionalisée avec délégation de responsabilité
L'Agence pour la protection de l'environnement part du principe que la gestion des loups doit être
autant que possible régionale. Ceci est en accord avec la décision de l'Agence pour la protection
de l'environnement de mettre en place une gestion régionale du loup.
Dans certains cas, l'Agence pour la protection de l'environnement peut décider de s'écarter du
principe de la prise de décision régionale. Dans ce cas, il se peut, par exemple, que les objectifs
nationaux globaux de la politique en matière de prédateurs soient ainsi favorisés.
Le fait que l'Agence pour la protection de l'environnement donne la possibilité de décider de la
chasse au loup avec permis ne signifie pas que les conseils administratifs des comtés doivent ou
devraient décider de la chasse avec permis, mais seulement qu'ils en ont la possibilité. Il incombe
aux conseils administratifs des comtés d'évaluer s'il est conforme à la réglementation en vigueur
et à l'état de la population de décider de l'octroi d'un permis de chasse. Cela signifie que les
conseils administratifs départementaux doivent tenir compte de certaines considérations
nationales dans leurs décisions régionales.
Les conseils administratifs régionaux sont chargés d'évaluer si l'état de conservation favorable de
l'espèce peut être maintenu dans le cadre d'une décision relative à l'octroi d'un permis de chasse.
Les conseils administratifs départementaux sont également chargés d'évaluer les lieux de
prélèvement dans le cadre d'une éventuelle chasse sous licence et la manière de promouvoir
l'établissement d'individus génétiquement importants et de faciliter la propagation dans de
nouvelles zones.
122 https://www.naturvardsverket.se/49e8e8/contentassets/9557de30b154494c8885bd8f8acf0ab1/vagledning-om-
licensjakt-pa-varg.pdf
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https://www.naturvardsverket.se/49e8e8/contentassets/9557de30b154494c8885bd8f8acf0ab1/vagledning-om-licensjakt-pa-varg.pdf
https://www.naturvardsverket.se/49e8e8/contentassets/9557de30b154494c8885bd8f8acf0ab1/vagledning-om-licensjakt-pa-varg.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 223/284
L'objectif global et à long terme de la politique relative aux carnivores est le suivant :
...que le loup, l'ours, le glouton, le lynx et l'aigle royal en Suède atteignent et maintiennent un état
de conservation favorable en vertu de la directive Habitats, et que, dans le même temps, ils soient
protégés par des mesures de conservation. L'élevage d'animaux domestiques n'est pas entravé
de manière significative et les considérations socio-économiques sont prises en compte".
L'Agence pour la protection de l'environnement est responsable des plans et processus nationaux
qui, avec les mesures décidées par les conseils administratifs des comtés, garantissent le maintien
de l'état de conservation favorable des prédateurs. L'EPA est également chargée de surveiller la
mise en oeuvre régionale de la gestion des prédateurs afin de s'assurer que le statut de
conservation favorable est maintenu dans le temps.
Le 30 décembre 2016, la Cour administrative suprême a rendu une décision dans une affaire
concernant la chasse au loup avec permis123 .
La Cour part du principe qu'il doit y avoir au moins 300 loups en Suède pour que l'espèce soit
considérée comme ayant un état de conservation favorable. La décision de la Cour administrative
suprême met en évidence tous les critères qui doivent être remplis pour qu'une décision
d'autorisation de chasse puisse être prise. La Cour passe en revue ce qui devrait être requis pour
que la chasse soit jugée appropriée au regard de la taille et de la composition des populations et
ce qui est requis pour que la chasse soit considérée comme sélective et dans des conditions
strictement contrôlées. En plus de cet arrêt, les conseils d'administration des comtés doivent
également prendre la décision préjudicielle de la Cour de justice de l'Union européenne, Affaire C-
674/172 , dans l'arrêt Tapiola124.
Les premières décisions relatives aux permis de chasse prises par les conseils administratifs des
comtés en 2021 ont été examinées par les tribunaux suédois. À l'exception de la chasse dans un
territoire, les tribunaux n'ont pas eu d'objections concernant l'état de conservation favorable local.
Les tribunaux ont également, en raison de décisions supplémentaires prises par le conseil
d'administration du comté, examiné spécifiquement la question de l'application de l'article 23(f) de
l'ordonnance sur la chasse125. Il incombe à l'autorité décisionnaire de prendre en compte toutes
les décisions judiciaires pertinentes concernant les grands carnivores lorsqu'elle décide de délivrer
des permis de chasse.
Évaluation de la possibilité de décider d'une chasse au loup avec permis :
Chaque conseil administratif de comté est chargé de veiller à ce que toute décision relative à l'octroi
d'un permis de chasse au loup réponde aux conditions énoncées à l'article 23c de l'ordonnance
sur la chasse. Cela signifie que tous les critères suivants doivent être remplis126 .?Il ne peut y avoir
d'autre solution que la chasse au permis.
? La chasse ne doit pas entraver le maintien d'un état de conservation favorable de la
population de l'espèce dans son aire de répartition naturelle.
? La chasse doit être adaptée à la taille et à la composition des populations.
? La chasse doit être sélective.
123 https://www.domstol.se/hogsta-forvaltningsdomstolen/avgoranden/2016/43696/
124https://eur-lex.europa.eu/legal-
content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
125 Se Kammarrätten i Sundsvall, mål nr 122?22 ; Se Kammarrätten i Sundsvall mål nr 393-395-22
126 Kriterierna utvecklas delvis i Naturvårdsverkets riktlinjer för beslut om skyddsjakt. Rapport 6568. ISBN: 978-91-
620-6568-3, sid 11.
PUBLIÉ
https://www.domstol.se/hogsta-forvaltningsdomstolen/avgoranden/2016/43696/
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
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? La chasse doit être pratiquée dans des conditions strictement contrôlées.
Dans toute décision relative aux permis de chasse, les conseils d'administration des comtés
doivent préciser les considérations et les évaluations qui ont été faites pour chacun des points
susmentionnés. (?)
Concepts clés
Autre solution appropriée
La chasse au loup avec permis n'est possible que s'il n'existe pas de mesure alternative permettant
d'atteindre l'objectif de la chasse. Si les points 16.1 a-d (23 a § premier alinéa 1-4 de l'ordonnance
sur la chasse) sont applicables et peuvent être mis en oeuvre et réalisés par d'autres moyens que
16.1 e (23 c de l'ordonnance sur la chasse), ceux-ci doivent être préférés à une chasse avec permis.
C'est le cas, par exemple, de la chasse de protection visant à prévenir des dommages importants.
Cela nécessite un examen et une présentation minutieux de l'absence d'autres solutions
appropriées pour atteindre l'objectif déclaré de la chasse avec permis envisagée, et de l'existence
d'un soutien scientifique pour une telle position. Il s'agit de
Ces considérations doivent être clairement énoncées dans toute décision relative à la chasse au
permis.
L'autorité décisionnaire doit également indiquer les systèmes de coopération et de résolution des
conflits existant en Suède, par exemple les organismes de coopération, les délégations de gestion
de la faune sauvage, etc..
Le principe de précaution
L'affaire C674/176127 souligne également que le principe de précaution doit s'appliquer aux retraits
de la population. « Il convient également de souligner dans ce contexte qu'il découle du principe
de précaution énoncé à l'article 191, paragraphe 2, du TFUE que, si une évaluation des données
scientifiques les plus fiables et les plus accessibles laisse subsister une certaine incertitude quant
à l'opportunité d'une intervention de l'Union européenne dans le domaine de la protection de
l'environnement, il convient d'en tenir compte dans l'élaboration des politiques si cette dérogation
entrave le maintien ou le rétablissement de l'état de conservation favorable des populations d'une
espèce menacée, l'État membre n'accorde pas ou n'applique pas la dérogation".
Sur la question du but de la chasse, la Cour précise qu'une dérogation doit être fondée sur les
informations scientifiques et techniques les plus fiables et les plus pertinentes et à la lumière des
circonstances du cas d'espèce (point 51). Selon la Cour, il est nécessaire que l'État membre
démontre qu'une dérogation conduit à un effet positif global de la chasse sous licence sur l'état de
conservation du loup (point 46).Les modèles de taxation fondés sur des preuves scientifiques
minimisent le risque d'affecter négativement le maintien de la viabilité.128
Quantité limitée
Les critères de l'ordonnance sur la chasse doivent être interprétés à la lumière de la directive
Habitats. Il résulte de la jurisprudence (Hfd 2016 ref 89129 ) que, l'article 16, paragraphe 1, point e),
127https://eur-lex.europa.eu/legal-
content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
128 Beräkningar av beskattning av den Skandinaviska vargpopulationen 2023-Rapport till Naturvårdsverket, Sverige
och Miljødirektoratet, Norge från SKANDULV
Calculs de l'imposition de la population de loups scandinaves en 2023 - Rapport à l'Agence suédoise de protection
de l'environnement, Suède, et à l'Agence norvégienne de l'environnement, Norvège, de SKANDULV
129 https://www.domstol.se/hogsta-forvaltningsdomstolen/avgoranden/2016/43696/
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://www.domstol.se/hogsta-forvaltningsdomstolen/avgoranden/2016/43696/
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constitue la base d'une dérogation. Pour être autorisée, la chasse doit avoir une portée limitée et
porter sur une quantité limitée. La condition n'est pas fixée, ni en nombre ni en pourcentage, mais
selon l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement, il s'agit d'une comparaison avec le
niveau de population de l'espèce, en tenant compte des conditions spécifiques de l'espèce.
L'évaluation est directement liée à l'état de conservation de l'espèce.
Comme précédemment, la coordination entre les conseils administratifs des comtés concernés
avant les décisions relatives aux permis de chasse au loup est une condition préalable pour garantir
que le nombre total de loups couverts par les décisions est limité.
Dans l'affaire C674/17130 , la Cour de justice de l'Union européenne précise que la quantité de
spécimens prélevés accordée au titre de la dérogation prévue à l'article 16, paragraphe 1, point e),
doit être limitée de telle sorte qu'elle n'ait pas d'incidence négative significative sur la structure de
la population concernée, même si cette quantité ne compromet pas en soi le maintien de l'état de
conservation favorable des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition
naturelle (p. 72). Un impact négatif significatif sur la structure de la population concernée pourrait
être le ciblage de la chasse sur les seuls individus parentaux, réduisant ainsi la proportion
reproductrice de la population de loups.
Les orientations actualisées de la Commission européenne sur la protection stricte des espèces131
doivent également être prises en compte dans toute décision relative à l'octroi de permis de chasse
Lors des précédentes chasses au loup, les prélèvements ont été variables. Il a été établi dans la
pratique qu'une réduction de la population de loups d'environ 11 % était conforme au critère.
Ce qui est considéré comme une quantité limitée est lié à un prélèvement qui n'entrave pas le
maintien d'un état de conservation favorable, puisque ce sont ces deux critères qui affectent ce qui
est un prélèvement possible dans le cadre de la chasse sous licence. Cette question est examinée
plus en détail à la section 6 ci-dessous.4.
Objectif de la chasse
Suite à l'affaire C-674/1711 concernant la chasse au loup en Finlande, l'Agence suédoise pour la
protection de l'environnement souhaite souligner qu'il est important que l'objectif de toute chasse
au loup soit clairement décrit dans la décision relative à la chasse et qu'il existe une base
scientifique pour l'objectif atteint par la chasse.Outre la description des critères de la chasse
autorisée (voir l'article 23c de l'ordonnance sur la chasse), il est donc très important, dans les
décisions relatives à la chasse autorisée, d'énoncer clairement le but de la chasse et d'expliquer
comment la chasse autorisée conduira à la réalisation de ce but, y compris en décrivant le soutien
scientifique à ce but. C'est en fonction de l'objectif que l'on évalue s'il existe d'autres solutions
appropriées. Un exemple de l'objectif de la chasse avec permis peut être que la chasse légale
peut aider à réduire la chasse illégale132133 .
130https://eur-lex.europa.eu/legal-
content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
131 Guidance document on the strict protection of animal species of Community interest under the Habitats Directive
92/43/EEC
132 Liberg et al, Poaching-related disappearance rate of wolves in Sweden was positively related to population size
and negatively to legal culling (Le taux de disparition des loups lié au braconnage en Suède était positivement lié
à la taille de la population et négativement lié à l'abattage légal)
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0006320719311498
133 Suutarinen & Kojola. D'une manière ou d'une autre : facteurs prédictifs du braconnage des loups dans une
population de loups récoltés légalement
PUBLIÉ
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/SV/TXT/PDF/?uri=CELEX:62017CJ0674&qid=1584628223035&from=EN
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0006320719311498
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Un autre objectif de la chasse peut être de réduire l'impact socio-économique et
psychosocial que des populations denses de loups peuvent avoir sur les personnes vivant dans
des zones où il y a beaucoup de loups134135 .
Un troisième objectif pourrait être que la chasse autorisée dans les zones particulièrement
denses augmente la possibilité pour les descendants de loups génétiquement importants
(F1) de s'établir et d'entrer dans la population reproductrice136.
Le raisonnement sur l'attitude des gens envers les loups et la façon dont cela affecte la croissance
de la population de loups peut être trouvé, par exemple, dans un rapport de recherche américain
de 2015 par L. Scott Mills et Jennifer Feltner 137 . Ce rapport conclut notamment que le
développement de la population de loups en Scandinavie dépend de la tolérance de l'homme à
l'égard du loup et que la chasse au loup contrôlée n'est pas en soi incompatible avec le maintien
de la valeur de référence. Le rapport aborde également la relation entre la confiance et la chasse
illégale.
Toutefois, les nouvelles recherches ne confirment pas l'idée que les changements d'attitude des
gens à l'égard de la gestion des prédateurs peuvent être observés à court terme uniquement en
raison de la possibilité de chasser les loups138. Les nouvelles connaissances doivent être
répétées dans le temps afin d'obtenir une image plus claire de ce qu'un permis de chasse au loup
peut apporter et de la manière dont un changement d'attitude vers la tolérance et la confiance
dans la gestion peut être rendu possible. La question de savoir si la chasse illégale diminue
lorsque le permis de chasse est autorisé n'a pas été examinée dans le cadre de cette étude.
Chasse illégale
La CJUE précise dans l'affaire C674/17 que l'autorité décisionnaire doit étayer l'affirmation selon
laquelle l'autorisation de la chasse sous licence peut effectivement réduire la chasse illégale, et ce
dans une mesure qui aura un effet positif net sur l'état de conservation de la population de loups.
Cela doit être fait avec un "soutien scientifique rigoureux", y compris des données comparatives
sur l'impact de la chasse sur l'état de conservation des loups. Les décisions de chasse de
protection prévues et les dernières estimations du nombre de loups tués illégalement sont prises
en compte (pp. 44-45).
Dans un jugement du 17 février 2020, le tribunal administratif de Luleå - en référence directe à la
décision préjudicielle de la Cour de justice de l'Union européenne dans l'affaire C674/17 - déclare
que l'article 16, paragraphe 1, point e), de la directive "Espèces et habitats" peut être appliqué à
la chasse avec permis d'une espèce de carnivore strictement protégée (en l'occurrence, le lynx)
afin "d'améliorer les possibilités de coexistence et de maintenir ainsi l'état de conservation
favorable de la population de lynx".
Le tribunal administratif a donc rejeté l'objection des plaignants selon laquelle l'article 16,
paragraphe 1, point e), ne pouvait pas être utilisé pour la chasse avec permis. Dans les décisions
134 NV-02945-15 : Analyse et rapport sur la façon dont la socio-économie est affectée par une population de loups
ayant un statut de conservation favorable en Suède, Lettre dans le cadre de la mission gouvernementale visant à
étudier un statut de conservation favorable pour les loups (M2015/1573/Nm)
135 Erica von Essen, Dans le fossé entre légalité et légitimité
https://zslpublications.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/acv.12409
136 NV-06253-21 : Dynamique spatiale de la population de loups en Scandinavie - effets de l'augmentation de la
taille de la population et de l'abattage.
137 Annexe 4 au Rapport intérimaire de la commission gouvernementale chargée d'étudier l'état de conservation
favorable du loup (M2015/1573/Nm)
Bilaga 4 till Delredovisning av regeringsuppdraget att utreda gynnsam bevarandestatus för varg (M2015/1573/Nm).
138 NV-06582-20 : Étude sur les attitudes à l'égard de la chasse au loup sous licence
PUBLIÉ
https://zslpublications.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/acv.12409
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 227/284
relatives à la chasse au loup avec permis de 2022, un raisonnement similaire a été appliqué par
les tribunaux.
La dernière estimation de la chasse illégale a été faite en 2017 et a été estimée à environ 15-20%
de la mortalité totale de la population au niveau national. La chasse illégale est incluse comme
paramètre dans le modèle de taxation développé par SKANDULV. Le plan de gestion des grands
carnivores qui devrait être adopté à l'automne 2022 comporte également un domaine d'action qui
aborde la question de la chasse illégale. Des mesures sont en cours d'élaboration, d'une part pour
continuer à poursuivre activement les infractions de chasse graves qui se produisent, et d'autre
part pour travailler activement avec le travail de prévention.
Loups génétiquement importants et sélectivité
Comme lors des précédentes chasses au loup, la chasse au permis ne peut être menée dans des
territoires où l'établissement de loups génétiquement importants est assuré, conformément au § 4
de la réglementation de l'Agence suédoise pour la protection de l'environnement (NFS 2014:24).
Le contexte est que la chasse autorisée ne doit pas entraver le maintien d'un état de conservation
favorable et que la chasse doit être sélective.
Deux loups finno-russes précédemment connus étaient toujours stationnaires dans la zone de
reproduction de la population : une femelle dans un groupe familial en Suède (Tiveden) et un mâle
dans un groupe familial en Norvège (Setten). Un groupe familial avec des petits d'un an a été
documenté à Setten pendant l'hiver, mais aucun petit d'un an né en 2021 n'a pu être documenté à
Tiveden.Un total de 21 F1 a été documenté en Scandinavie, après trois loups finno-russes connus
au cours de la période d'inventaire. Lors de l'élaboration d'un éventuel permis de chasse, les
conseils administratifs des comtés doivent veiller à ce que la chasse ne soit pas pratiquée dans
des territoires où l'établissement de ces loups génétiquement importants a été confirmé.
Le nombre de groupes familiaux a augmenté en Suède au cours des dernières années. Le conseil
d'administration du comté devrait tenir compte du fait que la chasse est organisée de manière à ne
pas cibler les individus qui risquent d'avoir un impact négatif important sur la structure de la
population s'ils sont tués.
Possibilités de chasse avec permis en 2023
Une décision sur l'autorisation de la chasse au loup ne doit pas entraver le maintien d'un état de
conservation favorable de la population de loups dans son aire de répartition naturelle. Dans le
cadre d'une évaluation régionale concernant la chasse au loup autorisée, il est important de partir
du meilleur état de conservation de la population de loups dans son aire de répartition naturelle.
Les bases de calcul disponibles pour l'estimation de la population :
En Suède, il s'agit des résultats de l'inventaire annuel de la population de loups139. L'évaluation du
champ d'application des permis de chasse doit inclure la mortalité totale de la population de loups,
y compris la chasse illégale.
La population de loups s'est étendue à la zone de gestion sud où il y a maintenant un certain
nombre de territoires, à la fois des groupes familiaux et des paires de marquage de territoire. Bien
que la zone de gestion soit désormais supérieure au niveau minimum fixé, l'Agence pour la
protection de l'environnement considère toujours la zone de gestion sud comme une zone
de dispersion sans possibilité d'octroi de permis de chasse. Cette décision se fonde sur la
139https://brage.nina.no/nina-
xmlui/bitstream/handle/11250/2997123/bestandsstatusstorerovdyr2022_1.pdf?sequence=3&isAllowed=y
PUBLIÉ
https://brage.nina.no/nina-xmlui/bitstream/handle/11250/2997123/bestandsstatusstorerovdyr2022_1.pdf?sequence=3&isAllowed=y
https://brage.nina.no/nina-xmlui/bitstream/handle/11250/2997123/bestandsstatusstorerovdyr2022_1.pdf?sequence=3&isAllowed=y
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 228/284
politique décidée en matière de prédateurs, selon laquelle l'administration doit réduire la
concentration de loups là où elle est la plus forte, c'est-à-dire actuellement dans la zone de
gestion centrale, et permettre au loup de se répandre dans son aire de répartition naturelle,
qui comprend le sud de la Suède.
La partie nord de la zone de gestion méridionale pourrait à l'avenir abriter une population dense de
loups, car cette zone est directement adjacente à la zone centrale de la population de loups. Dans
cette zone (Södermanland, Östergötland, Jönköping), il pourrait être opportun que l'Agence pour
la protection de l'environnement examine la possibilité de déléguer le droit de prendre des
décisions sur les permis de chasse aux loups si la densification se poursuit.
La zone de gestion septentrionale n'est pas éligible à la chasse avec permis. Le niveau minimum
est tout juste atteint, mais la chasse avec permis ne doit pas compromettre le niveau minimum de
la zone de gestion.
La collaboration qui a lieu dans la zone centrale de gestion entre les comtés concernés qui peuvent
être impliqués dans l'exécution de la chasse sous licence doit être rapportée afin que le processus
menant à la décision puisse être étudié par la suite. De cette façon, la collaboration entre les
comtés et les considérations régionales peuvent être visualisées.
Chaque année, l'Agence pour la protection de l'environnement demande une mise à jour du modèle
d'évaluation140 pour la population de loups afin d'obtenir une évaluation du taux de croissance et
une base pour une éventuelle chasse totale sans risquer de compromettre l'état de conservation
favorable de l'espèce.
Le modèle d'évaluation doit constituer la base de l'analyse par les conseils d'administration des
comtés d'une éventuelle allocation totale de chasse pour la protection et la chasse avec permis au
cours de la saison à venir. Le modèle d'évaluation garantit que le prélèvement potentiel de chasse
tient compte de tous les paramètres de mortalité, y compris la chasse illégale.
Selon le règlement sur la chasse et la jurisprudence, le nombre de loups pouvant être chassés doit
être clairement indiqué dans une décision de chasse et doit être déterminé en fonction de la taille
de la population de l'espèce, de son état de conservation et de ses caractéristiques biologiques.
Ceci doit être fait sur la base de données scientifiques rigoureuses sur les conditions
géographiques, climatiques, environnementales et biologiques, ainsi que de données permettant
d'évaluer la situation de la reproduction de l'espèce concernée et le taux annuel total de mortalité
pour des causes naturelles.
L'Agence suédoise pour la protection de l'environnement a indiqué dans son rapport 2019,
conformément à l'article 17 de la directive Habitats, que la population de loups suédoise est en
augmentation141. Le rapport est basé sur la façon dont la population a évolué au fil du temps et
n'est pas un instantané de la taille de la population de loups. Une population de loups stable ou en
augmentation au fil du temps est une condition préalable pour satisfaire aux exigences de la
directive. Du point de vue de la gestion, il est également important de parvenir à une stabilité dans
le temps, où les différents intérêts sont équilibrés conformément aux objectifs de la politique sur
les prédateurs. Sur la base de l'évolution de la population de loups au cours des dernières années,
l'Agence pour la protection de l'environnement estime qu'il est désormais possible de décider d'un
prélèvement plus important que les années précédentes dans le cadre de la chasse au loup. De la
même manière que pour la chasse à l'ours, une population de loups en croissance libre peut
140 Beräkningar av beskattning av den Skandinaviska vargpopulationen 2023-Rapport till Naturvårdsverket, Sverige
och Miljødirektoratet, Norge från SKANDULV
141 https://www.naturvardsverket.se/978-91-620-6914-8
PUBLIÉ
https://www.naturvardsverket.se/978-91-620-6914-8
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 229/284
entraîner des risques accrus de dommages. Ce sont les conseils d'administration des comtés qui
ont été chargés de décider s'il est nécessaire d'autoriser un prélèvement plus important que les
années précédentes dans le cadre de la chasse avec permis. En ce qui concerne l'évolution de la
population de loups et la possibilité d'utiliser des conditions spéciales pour concentrer la chasse
sur des territoires qui se vident complètement et pour exempter des territoires où vivent des loups
génétiquement importants, l'Agence pour la protection de l'environnement estime que des
prélèvements plus importants qu'auparavant sont possibles sans avoir d'impact négatif significatif
sur la structure de la population. Selon l'Agence, cela s'applique même si cela signifie que les
prélèvements des années précédentes par rapport à la taille de la population sont dépassés. Dans
le même temps, la récolte doit être effectuée en tenant compte, entre autres, du modèle de taxation
afin de ne pas entraver le maintien d'un état de conservation favorable.
Récoltes des années précédentes pour la protection et la chasse sous licence :
Compte tenu de l'évolution de la population de loups au fil du temps, l'Office de protection de
l'environnement estime que la retenue consistant à ne pas accorder de permis de chasse lorsque
la population de loups s'est approchée de la valeur de référence pour un état de conservation
favorable a été bien équilibrée. La population s'est rétablie et augmente en nombre. La population
de loups a également augmenté en nombre après la chasse avec permis effectuée pendant l'hiver
2020 et s'est étendue à d'autres parties de la Suède. Cela confirme que les décisions relatives à
la chasse de protection et à la chasse avec permis qui ont été prises n'ont pas menacé l'état de
conservation favorable du loup du point de vue des effectifs et de la répartition.
Suivi et évaluation
En plus de faire rapport à l'Agence de protection de l'environnement, les conseils administratifs des
comtés devraient, comme les années précédentes,142 assurer le suivi des décisions relatives à
l'octroi de permis de chasse. Ce suivi est important pour confirmer que la chasse contribue à la
réalisation des objectifs fixés. L'Institut vétérinaire national a également assuré le suivi des animaux
tués lors des chasses autorisées. Le dernier rapport date de 2022143. L'Agence pour la protection
de l'environnement est responsable du suivi de la gestion régionale et de l'évaluation à long terme
de la manière dont l'outil de gestion qu'est la chasse agréée est utilisé et qu'il n'entrave pas le
maintien d'un état de conservation favorable. En 2020, l'Agence pour la protection de
l'environnement a lancé une évaluation de la chasse agréée qui vise à mesurer si la confiance
dans la gestion augmente grâce à la mesure de gestion qu'est la chasse agréée. Les résultats
montrent que la confiance dans l'administration n'augmente pas après la mise en oeuvre du
programme.
Le changement d'attitude à l'égard de la gestion des prédateurs ne peut donc pas être observé à
court terme uniquement en raison de la possibilité de chasser le loup. Il n'est donc pas possible à
court terme d'observer des changements dans l'attitude des gens à l'égard de la gestion des
prédateurs uniquement en raison de la possibilité de chasser le loup. 144 Les nouvelles
connaissances doivent être répétées dans le temps afin d'obtenir une image plus claire de ce
qu'une chasse au loup peut apporter et comment un changement d'attitude vers la tolérance et la
confiance dans la gestion peut être rendu possible.
142 https://www.lansstyrelsen.se/download/18.710ed317161746d8052c07d/1526067907561/uppfoljning-licensjakt-
varg-2015-2017.pdf
143 https://www.sva.se/media/8d9f8460e974008/sva-rapport-74-2022-licensjakt-p%C3%A5-varg-2022.pdf
144 https://www.slu.se/globalassets/ew/org/inst/vfm/nyheter/2021/juni/nationella-undersokningen.pdf
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 230/284
? Calculs de taxation [prélèvement] de la population de loups scandinaves 2023 - Rapport
du projet de recherche sur le loup en Scandinavie (SKANDULV) à l'Agence suédoise de
protection de l'environnement et à l'Agence norvégienne de l'environnement. 2022-06-15
Extraits
Pour la Suède, les possibilités de dépasser largement l'objectif de population à l'automne 2022
d'au moins 300 loups sont nettement plus nombreuses qu'au cours des deux dernières années. La
valeur moyenne de la population brute estimée brute estimée pour l'automne prochain (2022) est
de 419 (329 - 530 ; IC 95 %) loups, avec la possibilité de chasse de 33 loups pendant la période
du 1er octobre 2021 au 30 avril 2022.
Il est donc possible de chasser pendant toute la période du 1er mai 2022 au 30 septembre 2023
et les prévisions du modèle pour le 1er octobre 2023 montrent que le risque de se retrouver en
dessous de 300 individus est de 10 % pour un prélèvement total (somme de la chasse autorisée,
de la chasse de protection et de l'autodéfense) de 84 individus.
Pour la Norvège, la croissance potentielle a été de 33% (0,75 - 1,92 ; 90% CI) au cours des 10
dernières années. La grande variation du taux de croissance en Norvège est due au fait que les
calculs sont basés sur une partie limitée d'une population plus large et que le hasard a donc un
impact relativement plus important.
En outre, la dispersion des loups depuis la Suède peut avoir un impact sur le taux de croissance
en Norvège puisque cette sous-population ne représente que moins de 20 % de la population
scandinave. Si nous partons de l'objectif national le plus élevé, à savoir 6 rajeunissements incluant
la moitié des territoires frontaliers, alors l'objectif calculé comme suit sera atteint Si nous partons
de l'objectif national le plus élevé, à savoir 6 rajeunissements incluant la moitié des territoires
frontaliers, alors l'objectif calculé en nombre d'individus est d'environ 60 loups.
Il n'y a pas d'objectif explicite pour la population scandinave. Toutefois, si l'on additionne les
objectifs pour les sous-populations norvégienne et suédoise, on obtient un minimum de 340 à 360
loups (la fourchette dépend de l'objectif norvégien de 4 à 6 générations).
La population estimée à l'automne 2021 à 495 (475-516 ; IC 95 %) loups est bien supérieure à cet
objectif. La prévision la plus probable pour le 1er octobre 2022 est de 507 (399-641 ; IC 95 %)
loups avec un prélèvement de 63 loups au cours de la période du 1er octobre 2021 au 30 avril
2022.
Avec un prélèvement du 1er octobre 2022 au 30 septembre 2023 en Scandinavie de 115 loups, le
risque est de 10 % que la population se retrouve en dessous de 360 au 1er octobre 2023, c'est-à-
dire l'intervalle de confiance inférieur de 80 % du tableau 3. Si l'on combine les prélèvements
possibles en Suède et en Scandinavie pour atteindre les objectifs de population, un prélèvement
de 84 loups en Suède donne un risque de 10 % de tomber en dessous de la valeur de référence
de 300 loups, c'est-à-dire qu'il y a une marge de 31 loups pour la Norvège si l'on veut s'en tenir à
un risque de 10 % de tomber en dessous de 360 loups pour la Scandinavie.
Un prélèvement de 75 loups en Scandinavie entre le 1er octobre 2022 et le 1er octobre 2023 est
estimé donner une croissance nulle et un prélèvement de 85 loups est estimé donner la même
taille de population qu'au 1er octobre 2021.
Les résultats du modèle s'appliquent à toutes les chasses réalisées pendant la période du 1er mai
2022 au 30 septembre 2023. S'il y a une chasse sous abri extensive pendant l'été 2022 et 2023,
ou si vous voulez avoir de la place pour une chasse sous abri pendant l'hiver 2022/2023, ceux-ci
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 231/284
doivent être déduits de tous les quotas de chasse sous licence pendant l'hiver 2022/2023 pour que
les résultats du modèle s'appliquent.
? Les conseils des comtés ont décidé en septembre 2022 d?autoriser une chasse sous
licence de 75 loups en janvier et février 2023.
57 loups ont effectivement été tués dans le cadre de cette chasse.
14.10.2 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
Aucun élément identifié par la mission.
14.11 Acceptation sociale
Rapport : Enquête sur les attitudes à l'égard des grands prédateurs et la gestion des préda-
teurs
Extrait
Parmi les cinq grands carnivores, le loup est l'espèce la plus controversée. Une majorité de
l'échantillon national (69 %) déclare apprécier la présence du loup en Suède, tandis que 12 %
n'aiment pas ou n'aiment pas du tout la présence du loup en Suède. Si un loup existe dans le pays,
une personne sur cinq exprime une opinion neutre. Ces valeurs sont restées stables dans le temps.
Les habitants de Stockholm acceptent mieux la présence des loups dans le pays (79 %), tandis
que les réponses positives sont nettement moins nombreuses dans cinq comtés : Jämtland (59 %),
Värmland (58 %), Dalarna (54 %), Kronoberg (54 %) et Gävleborg (54 %). Hormis Kronoberg, ces
comtés ont une population de loups et des recherches antérieures ont montré que les attitudes à
l'égard des loups tendent à devenir moins favorables au fur et à mesure que les gens coexistent
avec l'espèce (Dressel et al. 2015). La volonté des répondants d'avoir des loups dans le quartier
où ils vivent a également diminué au fil du temps. Dans les enquêtes de 2004 et 2009, 60 % de
l'échantillon national pourrait accepter le loup dans son quartier. Dans la dernière enquête, Il est
intéressant de noter qu'aucun des comtés inclus n'a montré de différence significative par rapport
à l'échantillon national en termes d'acceptation par la population de la présence de loups dans leur
voisinage. En outre, la proportion de personnes qui pensent que les loups devraient être autorisés
à vivre sur l'ensemble du territoire suédois a augmenté (54 %), mais dans le même temps,
davantage de personnes pensent qu'il ne devrait pas y avoir de loups là où il y a des rennes (33 %
contre 25-26 % dans les enquêtes précédentes). La peur des loups a augmenté au fil du temps
dans l'échantillon national, mais elle reste bien inférieure à la peur de rencontrer un ours. Dans
l'enquête de 2004, un quart des personnes interrogées ont déclaré avoir peur de rencontrer un
loup lorsqu'elles se trouvent dans la nature, contre 35 % l'année précédente pour cent dans la
dernière enquête. Il est également important de préciser que la peur des grands prédateurs n'a
pas seulement augmenté au fil du temps, mais aussi celle d'autres espèces telles que le sanglier.
En général, les gens sont plus nombreux aujourd'hui qu'il y a 16 ans à craindre de rencontrer des
animaux sauvages lorsqu'ils sont dans la nature. Les attitudes à l'égard de l'objectif politique pour
les loups sont restées relativement stables au fil du temps. Un peu plus de la moitié des personnes
interrogées (56 %) pensent que 170-270 loups est un objectif national acceptable. 16 % souhaitent
que l'objectif actuel soit fortement ou quelque peu réduit et 28 % préféreraient une augmentation
de l'objectif national en matière de nombre de loups. Plusieurs des comtés où une population de
loups est établie diffèrent de l'échantillon national. Plus d'une personne sur cinq dans le Värmland
(19 %), en Dalécarlie (20 %), dans le Jämtland (23 %) et dans la région de l'Oregon (20 %) est
favorable à l'augmentation du nombre de loups. Gävleborg (24 %) pense que l'objectif national
devrait être fortement réduit. L'échantillon national diffère encore du Västmanland et du Norrbotten.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 232/284
WWF 2023
« Un permis de chasse pour 75 loups a été accordé pour 2023. Le WWF regrette cette décision.
Le WWF regrette l'octroi d'un permis de chasse de 75 loups en Suède. De nombreux loups sont
consanguins et le quota de chasse élevé représente un risque pour la population, qui était estimée
à 460 individus lors du dernier inventaire. Ce chiffre peut être comparé au total de 203 loups tués
depuis 2010, date à laquelle la chasse a repris.
- Nous sommes préoccupés par le fait que la Suède ne dispose pas d'un plan à long terme pour
renforcer le statut génétique des loups. Ce problème n'a pas encore été résolu", déclare Benny
Gäfvert, expert en prédateurs au WWF.
Des mesures sont nécessaires pour prévenir les conflits entre les prédateurs et les humains
La chasse avec permis ne résout pas tous les problèmes des propriétaires d'animaux domestiques.
Le gouvernement et le parlement doivent allouer plus d'argent aux mesures préventives de
protection des animaux domestiques. Cela implique une indemnisation complète et un meilleur
soutien aux personnes touchées par les dégâts causés par les prédateurs, notamment pour
l'entretien des clôtures destinées à repousser les prédateurs.
Le WWF travaille activement à l'élaboration de solutions efficaces et innovantes à plus grande
échelle, afin que les humains et les prédateurs puissent coexister et réduire les conflits. Par
exemple, nous investissons dans le soutien des clôtures anti-prédateurs et dans le développement
d'une technologie de caméras intelligentes pour surveiller les animaux domestiques.
Les prédateurs en Suède devraient bénéficier d'un statut de conservation favorable
Le WWF souhaite que les prédateurs en Suède bénéficient d'un statut de conservation favorable.
Une condition importante est que les conflits soient réduits et qu'un dialogue approfondi soit mené
avec les politiciens, les autorités et les acteurs bénévoles, tant en Suède que dans notre réseau
européen, afin que la législation de l'UE sur les prédateurs ne soit pas sapée.
- Les loups et les autres prédateurs jouent un rôle important dans la nature. Les prédateurs sont
importants pour les écosystèmes et la biodiversité, notamment parce qu'ils régulent la façon dont
les proies se déplacent et se nourrissent", déclare Benny Gäfvert.
Pour en savoir plus sur le travail du WWF avec les loups et les autres grands prédateurs suédois,
consultez le site : www.wwf.se/djur/svenska-stora-rovdjur »
14.12 Eléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du
loup en Suède
Cf. supra décision du parlement de mai 2022 et rapports demandés à l?agence suédoise de
protection de l?environnement.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 233/284
14.13 Liste des contrôles des clôtures subventionnées
PUBLIÉ
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15 Fiche Suisse
Le libre pâturage est encore toléré et pratiqué d?un certains cantons mais disparaît peu à peu par
baisse des subventions et présence croissante du loup. Le pâturage en rotation est toujours
présent mais c?est le gardiennage qui prend de l?importance grâce à la prise en charge de la
rémunération des bergers par le ministère de l?agriculture pendant l?estivage.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 238/284
15.1 Présentation de l?élevage en Suisse
15.2 Caractéristiques de la population de loup
15.2.1 Les effectifs de loup
L?Office fédéral de l?environnement (OFEV) a chargé la Fondation KORA (Écologie des carnivores
et gestion de la faune sauvage - https://www.kora.ch/fr/) d?effectuer un suivi national du loup. Le
KORA documente toutes les preuves de déclarations de loups et coordonne la collecte des
échantillons génétiques, qui sont analysés au Laboratoire de la Biologie de la Conservation (LBC)
de l?Université de Lausanne. Le KORA gère également le budget des analyses génétiques. La
Confédération y consacre chaque année entre un et deux millions de francs. Les opérations sur le
terrain relèvent de la responsabilité des cantons et de leurs collaborateurs. Il n'existe pas de vue
d'ensemble à l'échelle nationale des coûts qui y sont occasionnés (salaires du personnel).
L'estimation des effectifs se fait sur la base des analyses génétiques, qui doivent permettre de
recenser si possible tous les individus une fois par an (2022 : 240 individus, y compris les
louveteaux, les loups qui ont migré et ceux qui ont été tués), ainsi que sur la base de la
détermination des reproductions (2022 : 26 meutes, dont environ 22 avec reproduction, y compris
les meutes transfrontalières avec la France et l'Italie).
S?il existe des indices de la formation d?un couple ou d?une meute, le KORA aide les cantons à
intensifier la surveillance de la zone en question (par exemple au moyen de pièges
photographiques), afin de confirmer la formation de meutes grâce à des preuves fiables.
Tous les indices de la présence de loups peuvent être signalés au KORA (formulaires :
https://www.kora.ch/index.php?id=158&L=2) et être consultés et téléchargés sur le site du KORA
Monitoring Center.
15.2.2 Méthode de dénombrement du loup
On distingue globalement le suivi passif et le suivi actif.
Dans le cadre du suivi passif, les événements occasionnels sont documentés, par exemple des
loups trouvés morts, des animaux de rente et/ou sauvages prédatés, des observations
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 239/284
occasionnelles telles que des repérages (avec photos), des traces ou des fèces. Le suivi passif
présente l?avantage d?être peu coûteux et de pouvoir être poursuivi sur une vaste zone pendant
une longue période. En contrepartie, il est tributaire de la bonne volonté de la population, qui
signalera ou non la présence d?animaux, et il est moins sûr, puisque des personnes moins
expérimentées peuvent par exemple confondre des traces de loup et de chien.
Il est donc recommandé de classer toutes les notifications en fonction de leur fiabilité, en utilisant
par exemple les trois catégories du SCALP (cf. Molinari-Jobin et al. 2012) :
? catégorie 1) Preuves concrètes, par exemple découvertes de cadavres, photos, preuves
génétiques ;
? catégorie 2) Indices confirmés par des personnes formées ;
? catégorie 3) Preuves non confirmées, par exemple des observations visuelles sans
photographie.
Le suivi actif fait référence à la collecte ciblée et systématique de données, afin d?atteindre les
objectifs définis dans le programme de suivi (cf. Breitenmoser et al. 2006). Ce type de suivi est
plus complexe et plus coûteux, mais il fournit des données systématiques sur des questions
spécifiques.
Quatre méthodes de suivi sont considérées en Suisse particulièrement adaptées au loup :
? Le suivi systématique des traces de loups en hiver sur des transects prédéterminés est
une méthode établie, mais relativement coûteuse, qui est utilisée dans des zones où la
présence de loups est permanente, pour déterminer la taille minimale de la meute ainsi
que sa composition. Dès qu?une éventuelle trace de loup est détectée, le transect est laissé
et la piste est suivie jusqu?à ce qu?il puisse être clairement confirmé qu?il s?agit d?une piste
de loup et que le nombre minimal de loups puisse être déterminé. En outre, des échantillons
peuvent être collectés. La solution optimale consisterait à faire tous les transects dans une
zone de manière simultanée. Elle supposerait toutefois qu?un grand nombre de personnes
soient simultanément disponibles pour effectuer le travail de terrain. De plus, les conditions
d?enneigement des hivers plutôt doux sous nos latitudes répondent rarement aux
exigences de cette méthode. Par conséquent, la possibilité d?effectuer tous les transects
de manière simultanée a été abandonnée. Le travail sur le terrain doit cependant rester le
plus égal possible entre les différents territoires suivis (cf. Zimmermann 2019).
? Les échantillons collectés tels que les autopsies de loups retrouvés morts, la salive
recueillie sur des proies ou les fèces, fournissent du matériel pour le suivi génétique.
? Ces dernières années, le suivi par pièges photographiques déjà utilisé pour le lynx a fait
ses preuves pour le loup. Les pièges photographiques sont installés sur les chemins
régulièrement empruntés par les loups ou lorsqu?une proie est retrouvée. Cette méthode
permet par exemple de détecter des louveteaux de connaître la taille minimale des meutes
ou encore de mesurer leur aire de distribution (cf. Reinhardt et al. 2015). Cependant, les
loups ne peuvent pas être identifiés individuellement sur des images de pièges
photographiques. Par conséquent, contrairement au lynx, la taille de la population de loups
ne peut être estimée au moyen de la méthode dite de « capture-recapture » (KORA 2020).
? L?analyse informatique d?enregistrements sonores des hurlements permet de déduire des
informations sur la présence de louveteaux et le nombre minimal d?individus dans la meute
(cf. Zimmermann 2019). Les incitations aux hurlements fonctionnent le mieux entre juillet
et octobre (cf. Gazzola et al. 2002), lorsque les louveteaux sont encore reconnaissables
comme de jeunes animaux grâce à leur voix aiguë et qu?ils ne se déplacent pas encore
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 240/284
avec les adultes (cf. Nowak et al. 2007, Gazzola et al. 2002). Toutefois, comme elles sont
complexes à réaliser et que les taux de réussite sont faibles (les loups ne répondent pas à
chaque fois), les incitations aux hurlements ont quelque peu été éclipsées par l?utilisation
de pièges photographiques (cf. Reinhardt et al. 2015). De nouveaux outils tels que les
capteurs acoustiques (par exemple le « Songmeter ») permettent désormais aussi
l?enregistrement systématique des hurlements spontanés. Si l?intervention sur le terrain est
alors considérablement simplifiée puisque les capteurs acoustiques enregistrent
automatiquement les sons (cf. Suter 2019), les heures d?enregistrements sonores doivent
ensuite être analysées afin de trouver les hurlements de loup. Reste que, avec
l?automatisation croissante de ces analyses de données, cette méthode est vouée à un
avenir prometteur (cf. Zimmermann 2019).
15.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
Loups identifiés en Suisse (état au 31.1.2023).
Les individus génétiquement identifiés au cours des derniers mois (dernière preuve) et qui ne
peuvent pas être attribués à une meute sont marqués d'un cercle (mâle) ou d'un triangle (femelle).
Symboles jaunes = individus de passage, symboles bleus = loups établis, symboles gris = la
situation n'est pas connue.
Les meutes sont représentées par de grands disques nommés avec l'abréviation de la meute. Bleu
clair = meute transfrontalière. bleu foncé = meute en Suisse Les individus attribués aux meutes (p.
ex. les louveteaux) ne figurent pas sur la carte. Les couples sont représentés par des carrés orange
et identifiés par une abréviation. Les individus morts et les individus dont il est prouvé qu'ils ont
quitté la suisse ne sont pas représentés.
Analyses génétiques : Laboratoire de Biologie de la Conservation (LBC), Université de Lausanne.
Il y a actuellement environ 16 meutes de loups vivant en Suisse, dont sept traversent la frontière
avec l'Italie et la France. Les meutes sont définies comme des groupes socialisés d'au moins trois
loups des deux sexes. Ce sont principalement des groupes familiaux reproducteurs. Cependant,
la reproduction n'a pas pu être confirmée dans toutes les meutes de l'année en cours. On peut
supposer qu'il existe environ quatorze reproductions et un cheptel d'environ 150 loups.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 241/284
Probablement deux nouvelles meutes transfrontalières avec la France
Dans les Alpes du Nord françaises, plusieurs nouvelles meutes de loups ont été identifiées lors
des suivis estivaux en 2021. Deux d'entre eux sont susceptibles de vivre de l'autre côté des
frontières avec la Suisse : la meute de la Dent d'Oche au sud du lac Léman et la meute des
Posettes dans la région de Vallorcine sur le cours supérieur de l'Eau Noire - un cours d'eau qui se
déverse en Suisse. La Dent d'Oche est située dans le Chablais, où vit déjà une meute de loups.
Cependant, la meute rencontrée en France n'est pas identique à celle de la Suisse. On peut
supposer que la preuve la plus septentrionale de meutes du côté suisse du Chablais dans la région
de St. Gingolph remonte à la nouvelle meute de la Dent d'Oche.
15.2.4 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
Prédations sur les troupeaux
Avec un cheptel d'environ 350 000 moutons et 80 000 chèvres, un peu plus de 1 000 animaux de
rente ont été tués l'année dernière (98% de moutons et de chèvres). Le nombre d'attaques a
augmenté ces dernières années, mais moins rapidement que la population de loups. La grande
majorité des attaques ont lieu dans des situations sans protection des troupeaux (environ 80%).
Au cours des dix dernières années, entre 0 et 5 vaches ont été tués par des loups en Suisse
chaque année. Cela représente environ 1 % des animaux d'élevage tués. À quelques exceptions
près, il s'agit de veaux nouveaux-nés au pâturage. Chez les vaches adultes, laitières ou allaitantes,
il n'y a pas eu à ce jour de prédation confirmée par des loups en Suisse.
Interactions du loup avec l'Homme
L?OFEV considère que la dangerosité des loups ne dépend pas de leur nombre ou de la présence
de leur meute et que les seuls facteurs décisifs sont la présence ou l'absence de rage, la
disponibilité de proies naturelles et s'il existe des loups conditionnés (nourris).
La rage est éradiquée en Suisse depuis 25 ans, les stocks d?animaux sauvages sont intacts et les
loups ne sont pas nourris.
Les loups sont considérés comme ne présentant aucun danger même en présence de meutes.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 242/284
15.3 Politique publique de gestion du loup
15.3.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
En vertu de l?art. 10bis de l?ordonnance fédérale sur la chasse (OChP ; RS 922.011), l?Office fédéral
de l?environnement (OFEV) est chargé d?établir un plan applicable à la gestion du loup en Suisse.
Ce plan contient notamment des principes régissant :
? la protection des espèces et la surveillance des populations ;
? la prévention des dégâts et des situations critiques ;
? l?encouragement des mesures de prévention ;
? la constatation des risques et des dégâts ;
? l?indemnisation pour les mesures de prévention et les dégâts ;
? l?effarouchement, la capture ou, pour autant qu?il ne soit pas déjà régi par les art. 4bis et
9bis, le tir, notamment selon l?importance des risques et des dégâts, le périmètre de
l?intervention ;
? la coordination internationale et intercantonale des mesures ;
? l?harmonisation des mesures prises en application de la présente ordonnance avec les
mesures prises dans d?autres domaines environnementaux.
Organisation administrative
Depuis qu?elle est devenue un État fédéral en 1848, la Suisse a développé les possibilités de
participation de la population. Divers instruments permettent l?implication la plus large possible des
minorités, une spécificité politique décisive dans un pays où cohabitent plusieurs langues et
cultures. Une structure étatique fédéraliste rapproche la politique des citoyens. Le niveau qui leur
est le plus proche, la commune, se voit attribuer le plus de compétences. Il y a 2172 conseils
communaux. Des compétences ne sont dévolues aux niveaux supérieurs, soit aux cantons (26
gouvernements cantonaux) et à la Confédération, que là où c?est nécessaire.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 243/284
La Suisse est une démocratie directe. Les Suisses et les Suissesses disposent du droit de vote
mais aussi du droit de voter sur des questions concrètes. La Suisse est gouvernée par le Conseil
fédéral, un collège de 7 membres (les conseillers fédéraux), qui prend ses décisions par consensus.
Les membres du Conseil fédéral sont élus par l?Assemblée fédérale, qui se compose d?une grande
chambre et d?une petite chambre. La grande chambre, le Conseil national, représente le peuple,
alors que la petite chambre, le Conseil des États, représente les cantons. Les représentants du
peuple issus de 11 partis font valoir leurs positions dans ce Parlement.
Organisation administrative de la gestion du loup
L?Office fédéral de l?environnement (OFEV) a chargé la Fondation KORA (Écologie des carnivores
et gestion de la faune sauvage - https://www.kora.ch/fr/) d?effectuer un suivi national du loup. Le
KORA documente toutes les preuves de déclarations de loups et coordonne la collecte des
échantillons génétiques, qui sont analysés au Laboratoire de la Biologie de la Conservation (LBC)
de l?Université de Lausanne. Le KORA gère également le budget des analyses génétiques.
Pour permettre une gestion efficace des grands prédateurs, l?ours, le lynx et le loup, la Suisse est
subdivisée en compartiments principaux et en sous-compartiments composés de plusieurs cantons
ou parties de cantons.
Dans chaque compartiment principal, la gestion des grands prédateurs est confiée à une
commission intercantonale formée d?un représentant de chaque canton concerné et d?un
représentant de l?OFEV. Si nécessaire, la commission peut s?ouvrir à d?autres représentants des
autorités (cantons du compartiment concerné, cantons des compartiments voisins, Confédération)
et avoir recours à des experts.
15.3.2 Plan de gestion du loup
Se fondant sur les faits concrets selon lesquels :
? le loup est en Suisse une espèce indigène protégée par la loi fédérale sur la chasse (point
4.1 et annexe 1) ;
? la marge de manoeuvre en matière de gestion du loup est fixée par la législation (annexe
1) ;
? il n?existe en Suisse aucun projet de réintroduction du loup ;
? la Suisse est colonisée par des loups ;
? et l?expérience des pays voisins est riche d?enseignements, et guidé par le principe selon
lequel la cohabitation entre l?homme et le loup est possible en Suisse sous certaines
conditions ;
le Plan Loup fixe les objectifs suivants :
? créer les conditions nécessaires pour que les loups puissent vivre en Suisse et s?y
reproduire en tant que membres d?une population alpine globale ;
? transmettre au public des connaissances sur le mode de vie du loup et faire connaître sa
fonction importante de prédateur ;
? minimiser les conflits avec l?agriculture, la chasse, le tourisme et la population concernée ;
? formuler les principes applicables à la prévention et à l?indemnisation des dégâts ;
? éviter que la présence du loup n?entrave de manière intolérable l?élevage des animaux de
rente ;
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 244/284
? définir les critères autorisant a) le tir d?un loup isolé causant des dégâts et b) la régulation
de populations de loups qui, parce qu?elles s?implantent, causent d?importants dommages
aux animaux de rente ou des pertes importantes dans les effectifs cantonaux d?animaux
chassables, ou qui représentent une grave menace pour l?homme.
En application de la loi sur la chasse (art. 25 LChP), la surveillance de la gestion du loup est confiée
à l?OFEV, concrètement, l?OFEV est en charge des tâches suivantes :
? élaborer des directives relatives à la gestion du loup. Il veille ce faisant à impliquer les
associations nationales directement concernées en dirigeant le groupe de travail « Grands
prédateurs », composé de représentants de la Confédération, des cantons et des
associations d?intérêts nationales ;
? assister les cantons dans la surveillance des populations de loups sur leur territoire ;
- veiller au relevé des dommages causés par le loup aux animaux de rente, en collaboration
avec les cantons ;
? collaborer avec les acteurs des milieux agricoles conformément à la directive de l?OFEV
concernant la protection des troupeaux : au développement de mesures de prévention des
dégâts, à la vulgarisation et à la coordination de la prévention mise en oeuvre, à l?évaluation
des conséquences économiques ;
? accompagner et surveiller l?application du Plan Loup par les cantons ;
? préparer pour les cantons les bases nécessaires de la gestion du loup pour informer et
sensibiliser le public et certains groupes d?intérêts ;
? financer les organisations en charge de la surveillance des populations de loups et de
l?analyse des cadavres de proies ou de loups ;
? veiller, si besoin est, en collaboration avec les cantons, à la réalisation de projets
scientifiques particuliers sur l?expansion, le comportement et la dynamique de population
de l?espèce et à la réalisation de projets concernant l?influence du loup sur les populations
prédatées ;
? entretenir des contacts avec des experts d?autres pays en vue de coordonner la gestion
des populations de loups communes.
Les cantons exécutent la gestion du loup sur leur territoire (art. 25 OChP). Les tâches qui leur
incombent sont les suivantes :
? collecter tous les indices et preuves laissant supposer la présence du loup et informer
continuellement l?OFEV de la situation dans les régions concernées ;
? surveiller la population de loups sur leur territoire.
Le Plan Loup aide l?OFEV à l?exécution relative à la gestion du loup en Suisse
? informer immédiatement l?OFEV, l?institution en charge de la surveillance nationale des
populations de loups (actuellement KORA) et le service national en charge de la protection
des troupeaux (actuellement AGRIDEA) en cas de dommages qui sont supposés ou
prouvés être dus à un loup, ou d?autres signes de sa présence (p. ex. cadavres d?animaux
sauvages) ;
? planifier et mettre en oeuvre la protection des troupeaux conformément à la directive de
l?OFEV concernant la protection des troupeaux ;
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 245/284
? impliquer et informer les autorités locales et régionales, ainsi que les représentants
cantonaux des groupes d?intérêts concernés (transparence) ;
? prendre en compte l?influence du loup dans la planification cynégétique et forestière ainsi
que dans la préservation de la diversité indigène des espèces et des milieux naturels ;
? accorder et exécuter des autorisations de tir, en concertation avec la commission
intercantonale et après avoir obtenu l?accord de l?OFEV s?il s?agit de mesures de régulation ;
? assurer l?information du public en concertation avec l?OFEV.
La commission inter-cantonale pilote la gestion des grands prédateurs en coordonnant :
? la collecte des données pour la surveillance des populations de loups ;
? la délimitation des périmètres d?intervention (régulation) ;
? l?application des mesures de protection des troupeaux conformément à la directive de
l?OFEV concernant la protection des troupeaux ;
? l?émission de recommandations spécifiques concernant l?octroi d?autorisations de tir,
établies à l?intention du canton concerné et de l?OFEV ;
? l?information du public ;
? la concertation avec les compartiments voisins ou avec l?État voisin, ainsi que leur
information.
Le groupe de travail national « Grands prédateurs » se compose de représentants de la
Confédération, des cantons, des associations d?intérêts nationales et des milieux scientifiques. Il
est chargé des tâches suivantes :
? conseiller l?OFEV pour l?actualisation des plans mentionnés à l?art.10bis OChP ;
? étudier les questions d?intérêt général soulevées par la présence des grands prédateurs ;
? assurer un transfert d?expérience et de savoir à l?attention des décideurs ;
? établir un dialogue constructif, permettant de trouver des solutions.
Les cantons recueillent, conformément aux consignes de l?OFEV, tous les indices révélant la
présence du loup (échantillons de poils, d?excréments, d?urine ou de salive) et les signalent sans
délai à l?institution en charge de la surveillance nationale des populations de loups (actuellement
KORA). Si nécessaire, les échantillons font l?objet d?analyses génétiques dans un laboratoire
désigné par l?OFEV (actuellement le LBC UNIL). L?institution responsable de la banque de données
établit un rapport trimestriel sur la situation du loup en Suisse à l?intention de l?OFEV et des cantons.
Depuis 2005, le loup est responsable d?environ trois quarts des attaques commises sur des
animaux de rente en Suisse. Il s?en prend surtout à des moutons ou à des chèvres, plus rarement
à des bovins. L?OFEV considère que la mise en oeuvre de mesures de protection et de prévention
des dégâts est capitale dans les régions où ce prédateur est présent. Ces mesures sont définies
dans la directive de l?OFEV concernant la protection des troupeaux et sont soutenues
financièrement par l?OFEV (art. 10, al. 4, art. 10ter et 10quater OChP).
Les autorités cantonales procèdent au relevé des dommages. Pour l?évaluation et la constatation
de ces dommages, elles peuvent solliciter l?institution mandatée par la Confédération pour la
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 246/284
surveillance des populations de loups (KORA).
Les dommages causés par le loup aux animaux de rente et aux cultures agricoles sont indemnisés
conjointement par la Confédération et les cantons (80 % par la Confédération et 20 % par le canton,
en vertu de l?art. 10, al. 1 à 3, OChP).
L?OFEV indemnise les dommages que les cantons ont enregistrés dans la plate-forme
d?information GRIDS (acronyme pour Grossraubtier Information und Dokumentation Schweiz ?
Information et documentation sur les grands prédateurs en Suisse).
L?indemnisation versée pour la perte d?un animal de rente requiert la présentation de son cadavre.
En cas de doute, l?administration cantonale peut demander aux spécialistes de l?Institut de
pathologie animale de l?Université de Berne d?effectuer une expertise.
Les cantons peuvent se montrer conciliants et indemniser partiellement ou entièrement les
animaux de rente qui ont été blessés, ont fait une chute ou sont portés manquants après l?attaque
d?un loup. Le montant de l?indemnité partielle est fixé par le canton.
L?OFEV recommande aux cantons de se procurer les tableaux d?estimation publiés par les
associations suisses d?élevage, pour fixer le montant des indemnités.
15.3.3 Coûts globaux de la politique
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 247/284
La Confédération alloue actuellement environ 8 millions de francs suisses pour les mesures de
protection des troupeaux. Ces fonds proviennent de l'Office fédéral de l'environnement. Environ 8
millions de francs suisses supplémentaires sont alloués pour le gardiennage. Ils proviennent de
l'Office fédéral de l'agriculture. Certains cantons versent en outre des contributions cantonales.
15.3.4 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Les mesures reconnues de protection du bétail, c'est-à-dire des chiens de protection du bétail et
des clôtures électriques adaptés, sont soutenues financièrement par la Confédération.
L'argent provient du budget de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Les cantons sont
chargés de fournir des conseils. Les exigences administratives et techniques sont réglementées
dans le « Enforcement Aid Herd Protection ».
Les mesures structurelles de gestion agricole qui ne relèvent pas de la protection des troupeaux
au sens strict sont financées par la politique agricole (budget de l'Office fédéral de l'agriculture).
Cela s'applique, par exemple, à l'élevage d'animaux de ferme sur l'alpage ou à la construction
d'écuries dans les fermes de vallée (fermes familiales).
Sur demande, le groupe Wolf Suisse peut apporter un soutien financier aux mesures de protection
du bétail dans la mesure de ses possibilités.
Dépenses éligibles
Ce qui est reconnu comme protection des troupeaux en Suisse est défini par la loi sur la chasse
(art. 12 JSG, art. 4, 9 et 10 JSV). La mise en oeuvre technique se trouve dans « Aide à l'exécution
pour la protection des troupeaux ».
En Suisse, deux mesures sont reconnues comme protection du bétail :
? l'utilisation de chiens de garde reconnus ;
? l?'utilisation de clôtures électrifiées homologuées.
Un troupeau est considéré comme protégé si l'on utilise soit des clôtures électriques, soit des
chiens de protection. Une combinaison des mesures est certes recommandée, mais n'est pas
nécessaire pour qu'un troupeau soit considéré comme protégé. Les mesures de protection sont
principalement prises pour les moutons et les chèvres, et depuis quelques années également pour
les veaux.
La présence humaine, c'est-à-dire typiquement l'élevage d'animaux de ferme, n'est pas considérée
aujourd'hui comme une protection des troupeaux en Suisse, mais comme une forme de gestion.
Une présence permanente de personnes auprès des troupeaux 24 heures sur 24 peut difficilement
être garantie pour diverses raisons, notamment les exigences légales (les temps de repos, de
récupération et de sommeil du personnel doivent être accordés) ou en raison des coûts excessifs
- si les temps de repos étaient accordés il faudrait deux ou trois quarts de travail pour assurer une
surveillance 24 heures sur 24. Dans les circonstances actuelles, la seule présence humaine ne
peut garantir un effet protecteur permanent.
L'élevage, la formation, les tests et l'utilisation de chiens de garde de troupeau (HSH) sont financés
dans le cadre du programme fédéral de protection des troupeaux. Le programme comprend
actuellement deux races, à savoir le Maremmano Abruzzese et le Chien de Montagne de Pyrénes.
Les chiens de ces deux races, qui sont assujettis au programme, sont reconnus en protection de
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 248/284
troupeau et sont donc également soutenus financièrement. En outre, les cantons peuvent
également reconnaître d'autres HSH qui ne relèvent pas du programme fédéral. Ces HSH peuvent
alors également être vérifiés et pris en charge. Depuis plusieurs années, on constate que des HSH
non reconnues d'autres races sont de plus en plus importées et utilisées. Ils sont quasi officieux,
mais pas nécessairement illégaux. Néanmoins, leur utilisation pose plusieurs problèmes juridiques.
Le groupe Wolf Suisse considère que de nombreuses races étrangères, qui ne sont pas
actuellement reconnues par la Confédération, seraient bien adaptées à la garde de bétail en Suisse.
Elle prône donc la reconnaissance d'autres races afin d'assurer la disponibilité de chiens de garde
reconnus issus de lignées de travail et prêts à garder.
Les clôtures électrifiées sont, avec les CPT, la plus importante mesure de protection des troupeaux
soutenue par l?OFEV (cf. OFEV 2019). Ces clôtures sont traditionnellement utilisées pour la gestion
des pâturages par les éleveurs de petit bétail et sont donc indemnisées par le biais de paiements
directs annuels. L?OFEV ne fournit donc pas de soutien financier supplémentaire pour ces clôtures.
Toutefois, si les agriculteurs renforcent leurs systèmes de clôture pour protéger leurs troupeaux
(élévation des filets de pâturage électrifiés à 105 cm, installation d?un cinquième brin ou
renforcement des treillis noués avec des brins électrifiés), ils recevront un soutien financier
supplémentaire dans le cadre du programme national de protection des troupeaux de la
Confédération.
Conditions d'éligibilité liées à la nature et au nombre des troupeaux
Il n'y a pas de droit à l'aide et plusieurs conditions doivent être remplies pour en bénéficier :
? Seules les mesures reconnues de protection des troupeaux et les mesures contribuant à
une meilleure garde des animaux peuvent être soutenues.
? L'avis du service cantonal de la protection des troupeaux est nécessaire. Celui-ci doit
considérer les mesures comme appropriées.
? Tous les fonds publics doivent d'abord être épuisés.
? Un maximum de la différence entre les coûts totaux des mesures et les contributions de
soutien du secteur public est financé.
? Une demande écrite avec une brève description de la situation et du projet et un budget
qui montre au moins les coûts estimés et le soutien attendu du secteur public est requis
pour le soutien.
En Suisse, la loi sur la chasse n'oblige pas à prendre les mesures reconnues par la Confédération
pour protéger le bétail. La protection du bétail contre les attaques des grands carnivores est
nécessaire entre autres pour des raisons morales. La prise de mesures de protection du cheptel
repose donc sur le principe du volontariat au regard du droit de la chasse. Cependant, les attaques
qui se sont produites sur du bétail non protégé ne comptent pas pour les permis de prélèvement
de grands carnivores. La seule exception à cette règle est si aucune mesure de protection n'est
considérée comme adaptée ou s'il s'agit de la première année de présence d'un loup. La protection
des troupeaux n'est pas non plus une condition préalable à l'indemnisation des attaques (des
dérogations cantonales sont autorisées).
La loi sur la protection des animaux oblige les propriétaires d'animaux à assurer le bien-être et les
soins de leurs animaux (article 4 TSchG, articles 3 et 5 TSchV). Cela inclut le devoir de protéger
les animaux contre les dangers connus et d'éviter les dommages prévisibles. On peut supposer
que la présence de grands carnivores est un danger connu et que des dommages sont prévisibles
sans mesures de protection. Cela signifie que les propriétaires d'animaux sont tenus, en vertu de
la loi sur la protection des animaux, de prendre des mesures pour se protéger contre les attaques.
Ce que sont ces mesures, cependant, n'est pas défini. Il n'y a donc aucune obligation de prendre
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 249/284
des mesures de protection du troupeau, d'autres mesures pouvant également être prises (par
exemple, stabulation, changement de pâturage, éviter le pâturage d'été, etc.).
La loi sur la protection des animaux réglemente les devoirs des humains lorsqu'ils traitent avec des
animaux et réglemente les actions autorisées et interdites. La loi sur la protection des animaux ne
réglemente pas le comportement des animaux entre eux. Il n'est donc pas contraire au bien-être
animal qu'un grand carnivore mange un animal.
Modalités de calcul du montant de l'aide et plafonnement des dépenses en fonction de
l'effectif maximal au pâturage et du mode de conduite du troupeau
Dans le cadre de la politique agricole 2014-2017, les contributions aux systèmes de pâturage
tournant et de gardiennage permanent ont été augmentées à partir de 2014, tandis que celles
versées au pâturage libre sont restées inchangées. L?objectif visé consistait à renforcer l?incitation
à une gestion plus durable des pâturages grâce au pâturage gardienné. La présence du loup a
encore renforcé la tendance au gardiennage permanent, en particulier dans les cantons du Valais
et des Grisons et à partir de 2011 (cf. Mettler & Hilfiker 2017). De ce fait, plus des deux tiers des
moutons sont aujourd?hui soit gardés en permanence, soit placés en pâturage tournant. Les
exigences imposées aux agriculteurs alpins ont augmenté en raison de la pression supplémentaire
exercée par les grands carnivores et des mesures relatives à la conservation de la biodiversité. De
plus, grâce à la formation des éleveurs et aux échanges de connaissances et d?informations dans
les réseaux nationaux et internationaux, le pâturage des moutons a également connu un
renouveau qualitatif.
Evaluation de l'efficacité des mesures de protection
La protection des troupeaux en Suisse semble contribuer de manière significative à la sécurité du
bétail. Ainsi, en 2000, alors que seuls 5 loups solitaires étaient présents, plus de 300 moutons et
chèvres ont été tués en Suisse. Depuis une dizaine d'années, le nombre d?attaques plafonne entre
200 et 500.
En 2019, 7 à 9 meutes d'environ 60 à 80 loups vivaient en Suisse et un total d'environ 400 animaux
de ferme ont été tués. Par rapport à 2009, le nombre de loups a décuplé, tandis que le nombre
d'animaux prédatés est resté stable.
Par loup, le nombre d?animaux de ferme tué a donc significativement diminué alors que la
population ovine n'a diminué que d'environ 10% au cours des dix dernières années.
De plus, les données de plusieurs cantons montrent que les troupeaux d'ovins bénéficiant de
mesures de protection du troupeau sont nettement moins attaqués que ceux sans protection du
troupeau et que beaucoup moins d'animaux sont tués pour chaque attaque qui se produit. Il est
ainsi estimé que 80% des dégâts ont lieu sur des troupeaux non protégés.
Dans certaines zones, surtout les régions alpines difficiles d?accès, seuls les chiens peuvent offrir
une protection efficace contre les attaques des prédateurs. Les expériences réalisées en Suisse
avec des CPT montrent clairement que s?ils n?empêchent pas toujours la survenue de dommages
causés par les prédateurs, ils peuvent largement les minimiser (AGRIDEA 2019, Willisch et al.
2013). Dans le cadre du programme national de protection des troupeaux de la Confédération,
quelque 250 CPT officiels sont actuellement utilisés sur une centaine d?alpages suisses mais aussi,
avant et après sur les pâturages de printemps et d?automne et dans les fermes.
Sur le site web de Protection des troupeaux, les randonneurs peuvent s?informer avant une
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 250/284
excursion en montagne du comportement à adopter en cas de rencontre avec des CPT ainsi que
sur leur présence dans une région (http://www.protectiondestroupeaux.ch/fr/map/).
Afin de garantir l?efficacité et l?acceptabilité par la société des CPT bénéficiant du soutien de la
Confédération, un système comportant les trois niveaux suivants de prévention des accidents et
des conflits a été élaboré dans le cadre du programme national de protection des troupeaux (cf.
OFEV 2019) :
? Qualité du chien : les CPT sont élevés, dressés et testés par l?OFEV pour contrôler leur
compatibilité sociale. Cette démarche vise une triple socialisation : avec les animaux de
rente, avec les humains et dans la meute de chiens.
? Suivi : les CPT sont contrôlés par la Confédération par un système de suivi adapté
(enregistrement et analyse des incidents, autodéclaration par les agriculteurs, contrôles
aléatoires, etc.).
? Utilisation réglementée : lorsqu?ils utilisent des CPT, leurs propriétaires sont tenus de
respecter de nombreuses règles de prévention des accidents et des conflits. La gestion
des conflits repose, pour chaque exploitation disposant de CPT, sur un rapport dit de
sécurité du Service de prévention des accidents dans l?agriculture (SPAA). Un guide avec
des listes de contrôle aide également les responsables des exploitations à minimiser les
éventuels conflits au quotidien.
Clôtures électriques pour pâturages
L?élevage suisse de petit bétail est très diversifié mais quel que soit leur nombre et la méthode de
détention employée, les animaux sont tous élevés dans des pâturages, le plus souvent clôturés.
Traditionnellement, les petits élevages suisses utilisent des clôtures pour la gestion des pâturages
des animaux de rente
Différents systèmes de clôture sont privilégiés en fonction de l?espèce animale et de la région. Les
types de clôtures les plus usuels sont les filets de pâturage électrifiés d?une hauteur de 90 cm ou
plus, les clôtures à fil avec électricité et les treillis noués non électrifiés. Depuis le retour du loup,
la question s?est posée de savoir dans quelle mesure les clôtures pouvaient non seulement
maintenir les animaux de rente groupés, mais aussi empêcher le loup de pénétrer dans le pâturage.
Le service de protection des troupeaux d?AGRIDEA coordonne notamment, sur mandat de l?OFEV,
la mise en place et le financement des clôtures destinées à la protection des trou- peaux. Lorsque
des animaux ont été découverts prédatés par de grands carnivores ces dernières années dans
diverses régions de Suisse, le Service de protection des troupeaux, en collaboration avec les
préposés cantonaux à la protection des troupeaux, a enquêté sur les systèmes de clôture (cf.
Hansen 2018). Les expériences acquises depuis 2000 ont montré que les clôtures à 4 brins ainsi
que les filets de pâturage d?une hauteur minimale de 90 cm offraient une protection efficace contre
le loup, à condition qu?ils soient installés de manière professionnelle, que le courant soit suffisant
et qu?ils soient bien connectés à la terre. Ces systèmes de clôture ont donc été définis par l?OFEV
comme étant la protection de base du petit bétail (cf. Mettler& Schiess 2016).
Une étude sur des loups en captivité a également été réalisée pour examiner le comportement des
loups face aux clôtures électriques (cf. Lüthi et al. 2017). Les résultats montrent que les loups
cherchent des passages entre le sol et le système de clôture lorsqu?ils s?approchent des limites de
l?enclos. Après avoir reçu plusieurs décharges électriques, la fréquence de ces « patrouilles de
clôtures » a considérablement diminué. Aucun animal faisant partie des meutes de l?étude n?a sauté
par-dessus une clôture électrifiée ou un filet de pâturage, même si le brin supérieur de la clôture
était installé à 65 cm seulement. Cette étude a également montré que l?absence de trou entre le
sol et la clôture (distance maximale de 20 cm) ainsi qu?un matériel en parfait état et le bon
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 251/284
fonctionnement de la clôture (électricité, mise à la terre, etc.) étaient plus importants que la hauteur
de la clôture elle-même.
Les loups peuvent aussi apprendre à sauter par-dessus des clôtures et l?on suppose qu?ils
acquièrent cette compétence avec des clôtures non électrifiées. Afin de prévenir cet effet
d?apprentissage, il serait souhaitable, du point de vue de la protection des troupeaux, que les
exploitations agricoles où le loup est présent passent à la clôture électrique. Conformément à
l?ordonnance sur la chasse (OChP ; RS 922.01), si les loups franchissent des clôtures électriques
correctement installées et causent ainsi des dommages aux troupeaux protégés, ceux-ci peuvent
être abattus.
La modernisation des clôtures représente cependant souvent une charge considérable, surtout en
terrain difficile. C?est pourquoi la mise en clôture complète des pâturages comme mesure de
protection des troupeaux est recommandée principalement sur les pâturages de printemps et à la
ferme. Ce n?est que dans des cas exceptionnels que les pâturages alpins peuvent être entièrement
clôturés au prix d?un effort raisonnable. Dans les alpages, l?utilisation de clôtures est donc surtout
recommandée pour la construction de parcs de nuit (cf. AGRIDEA 2020), petites zones clôturées
où les moutons sont conduits pour la nuit. Afin d?augmenter la visibilité des clôtures, différentes
couleurs peuvent être utilisées. Les filets de pâturage traditionnellement utilisés pour l?élevage des
ovins sont en effet souvent orange, une couleur qui vise à avertir les hommes de l?électrification
des clôtures. Dans le même temps, la couleur orange ou les clôtures à fil sont difficiles à voir pour
le bétail et le reste de la faune, car une grande partie des mammifères ne différencie pas le rouge
du vert. Il peut donc arriver que du bétail et des animaux sauvages soient pris dans des clôtures
électriques. Les clôtures à fil ou les filets de pâturage de couleurs contrastées (bleus et blancs, ou
noirs et blancs) augmentent par contre la visibilité des clôtures et leur reconnaissance par les
animaux. Leur visibilité peut encore être améliorée par des bandes flottantes bleues et blanches.
Nombre d?animaux de rente indemnisés comme prédatés par le loup en Suisse de 1998 à 2021
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 252/284
(GRIDS).
15.3.5 Indemnisation des dégâts liés au loup
L'indemnisation se fait sur présentation du cadavre. Les cantons sont responsables de la
reconnaissance des morsures, l'évaluation des morsures étant effectuée par des gardes-chasse
(employés de l'administration).
En Suisse, tous les dommages causés aux animaux de rente par les loups sont actuellement
indemnisés, que le détenteur concerné ait ou non mis en oeuvre des mesures de protection des
troupeaux (cf. OFEV 2016).
La Confédération et le canton se partagent le versement des paiements compensatoires (80 %
pour la Confédération et 20 % pour le canton) selon les règles énoncées dans la loi sur la chasse
(LChP ; RS 922.0). Suite à la révision prévue de la LChP (cf. encadré 3.4.1), à partir de 2024, seuls
les animaux de rente abattus pour lesquels la protection raisonnable des troupeaux était en place
seront indemnisés. Ce sera la responsabilité du canton de contrôler la mise en oeuvre effective des
moyens de protection. Cette nouvelle pratique est toutefois à stabiliser en réfléchissant à des
étapes intermédiaires avant sa mise en oeuvre.
Les cantons sont tenus d?évaluer et d?enregistrer les dommages subis. Dans la mesure du possible,
le matériel génétique doit également être collecté à des fins de suivi. Les données sur les animaux
de rente prédatés et les preuves génétiques du loup sont collectées par la Fondation KORA et
peuvent être consultées sur le site du Monitoring Center (https://www.koracenter.ch). Une
indemnisation est prévue pour les animaux de rente prédatés ou abattus d?urgence, mais les
cantons peuvent aussi, dans un souci de conciliation, indemniser (au moins partiellement) les
animaux tombés ou disparus, ainsi que les frais vétérinaires des animaux blessés (cf. OFEV 2016).
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 253/284
Le montant de l?indemnisation est déterminé à partir de tableaux d?estimations établis par les
associations nationales d?élevage (cf. OFEV 2016). Ces dernières années, les indemnités versées
pour les animaux de rente prédatés par des loups ont augmenté. Toutefois, le nombre d?animaux
indemnisés annuellement ne dépend pas seulement du nombre de loups, et comparés aux
paiements directs versés pour la gestion des pâturages alpins (moutons) ou aux fonds alloués à la
protection des troupeaux, la part représentée par les paiements de compensation pour les moutons
prédatés dans le total de coûts est plutôt faible.
En 2018 par exemple, les indemnités versées pour les moutons prédatés par les loups s?élevaient
à environ 215?000 francs suisses. La même année, les agriculteurs ont reçu 15,7 millions de francs
pour l?estivage et l?alpage des ovins (à l?exception des brebis laitières, OFAG 2019).
L?Office fédéral de l?environnement a prévu, pour financer les mesures de protection des troupeaux,
un budget annuel de 2,4 millions de francs qui est géré par le service de coordination nationale
pour la protection des troupeaux d?AGRIDEA (cf. AGRIDEA 2019b).
15.3.6 Mesures d?intervention sur le loup
L'article 5 de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et des oiseaux sauvages
(loi sur la chasse) énumère les espèces pouvant être chassées et les périodes de fermeture. Selon
l'article 7, tous les animaux qui n'appartiennent pas à une espèce chassable sont protégés. Le loup
n'est pas répertorié au titre de l'article 5 et est donc protégé.
Dans l'Ordonnance sur la loi sur la chasse, des dispositions particulières s'appliquent aux loups et
à un certain nombre d'autres espèces :
? La Confédération verse 80% de l'indemnisation des dommages causés par les loups aux
animaux domestiques (art. 10), si le canton prend en charge le reste.
? Après consultation de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), les cantons peuvent
autoriser l'abattage d'un loup s'il cause des dommages inacceptables (art. 10).
? Les cantons ont la possibilité de tuer les stocks d'espèces protégées pendant une durée
limitée (Article 4).
? L'OFEV élabore un concept pour le loup qui réglemente la protection, le tir ou la capture
d'un loup, l'évaluation des dommages ainsi que l'application et le paiement de mesures
préventives ("Concept Loup Suisse").
Malgré la protection stricte dont bénéficie le loup conformément à l?article 6 de la Convention de
Berne (RS 0.455), sa mise à mort est autorisée dans des cas exceptionnels, qui sont précisés à
l?article 9. Pour autant qu?il n?y ait pas d?autre solution satisfaisante et que la dérogation ne porte
pas préjudice à la population animale concernée, une partie contractante peut accorder des
dérogations à la protection stricte des loups, par exemple pour prévenir des dommages graves sur
le bétail ou dans l?intérêt de la sécurité publique. Sur le plan fédéral, l?article 12 de la loi sur la
chasse (LChP ; RS 922.0) pose la base légale de la mise à mort de loups. L?art. 12, al. 2, LChP
stipule que les cantons peuvent ordonner ou autoriser en tout temps des mesures contre certains
animaux protégés ou pouvant être chassés, lorsqu?ils causent des dégâts importants. Seules des
personnes titulaires d?une autorisation de chasser ou des organes de surveillance peuvent être
chargées de l?exécution de ces mesures.
Depuis juillet 2015, les cantons n?ont plus besoin d?une autorisation délivrée par l?OFEV pour mettre
à mort des loups isolés qui ont causé des dommages (cf. art. 9bis de l?ordonnance sur la chasse,
OChP ; RS 922.01), pour autant que les critères nécessaires soient remplis (cf. tableau 4.3.1,
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 254/284
OFEV 2016).
Les autorisations de tir de loups isolés doivent être limitées à 60 jours au maximum et à un
périmètre de tir approprié, le but de cette mise à mort étant de prévenir d?autres dommages. Le
périmètre de tir doit correspondre au périmètre où les troupeaux sont actuellement situés, en
particulier là où aucune mesure de protection raisonnable ne peut y être prise (art. 9bis OChP).
De même, les cantons peuvent, avec l?assentiment préalable de l?OFEV, prendre des mesures
visant à réduire une population d?animaux d?une espèce protégée, si celle-ci est trop élevée et
qu?elle cause des dommages importants ou constitue un grave danger (art. 12, al. 4, LChP). La loi
est interprétée de telle manière que des « populations régionales élevées » peuvent apparaître
lors de la formation de meutes de loups (cf. OFEV 2015a). Dans les régions dans lesquelles des
meutes de loups se reproduisent, des tirs de régulation peuvent donc être autorisés dans certaines
conditions. Le nombre de loups mis à mort ne doit alors cependant pas dépasser la moitié des
jeunes nés dans l?année en question et les géniteurs doivent être épargnés. En outre, pour la
régulation des meutes, différents critères doivent être remplis. Les autorisations de tirs de loups en
meutes doivent être restreintes au territoire de la meute et peuvent être accordées au plus tard
jusqu?au 31 décembre de l?année en question pour une durée limitée au 31 mars de l?année
suivante (art. 4bis OChP).
Depuis que les loups sont revenus en Suisse, 15 individus ont été légalement mis à mort. Neuf de
ces tirs ont fait suite à des dommages causés à des animaux de rente et deux animaux ont été
abattus parce qu?ils étaient malades. Quatre louveteaux ont été tirés dans des meutes après qu?il
a été prouvé génétiquement que leurs parents avaient tué des animaux de rente qui étaient
protégés ou ne pouvaient pas l?être.
Recours à l?encontre d?autorisations de tir
Le droit de recours des associations de défense de l?environnement à l?encontre de décisions des
autorités est ancré depuis 1966 dans la loi fédérale du 1er juillet 1966 sur la protection de la nature
et du paysage (LPN ; RS 451). En vertu de l?ordonnance du 27 juin 1990 relative à la désignation
des organisations habilitées à recourir dans les domaines de la protection de l?environnement ainsi
que de la protection de la nature et du paysage (ODO ; RS 814.076), 31 associations
environnementales nationales, dont le WWF et Pro Natura, sont actuellement habilitées à recourir
(état au 1er avril 2020). Seules les organisations qui existent depuis au moins dix ans et qui
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 255/284
poursuivent un but purement non lucratif sont habilitées à recourir.
Dispositions particulières applicables dans les nouvelles zones de prédation du loup
Il existe une « zone prioritaire » pour la protection des troupeaux, où les éleveurs ont droit à un
soutien financier. La zone prioritaire comprend toutes les régions dans lesquelles des loups ont été
présents ces dernières années ou ont même causé des dommages. En dehors de la zone
prioritaire, les cantons peuvent également soutenir des mesures de protection des troupeaux au
cas par cas.
Dans les régions où la présence de loups n'a pas été attestée auparavant, des tirs individuels
peuvent être autorisés, en dérogation à la réglementation normale, même s'ils ont causé des
dégâts à des troupeaux non protégés. La prise de mesures de protection des troupeaux est alors
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 256/284
considérée comme raisonnable dans un délai de quatre mois. Dans les régions où des loups
viennent d'apparaître, les critères de tirs sont donc différents de ceux appliqués dans les régions
où les loups sont établis.
Les moyens et les possibilités des cantons sur le front de l'expansion pour les opérations sur le
terrain (tirs, conseils pour la protection des troupeaux, etc.) sont très variables.
15.4 Acceptation sociale
Acceptation par le monde agricole
Dans toute l?Europe, les conflits entre l?agriculture et le retour du loup portent principalement sur le
pâturage extensif, en particulier l?élevage de moutons et de chèvres dans les régions de collines
et de montagnes (cf. Mettler 2019). Ce type d?élevage ne revêt plus aujourd?hui que peu
d?importance dans l?économie suisse et, comme il n?est plus rentable, il n?est souvent pratiqué qu?à
titre d?activité accessoire. Toutefois, aux fins de gestion du paysage et de préservation de la
biodiversité, l?élevage ovin et caprin en Suisse est soutenu par des subventions publiques. Plus de
90 % des animaux de rente tués par des loups en Europe centrale sont des moutons, 6 à 8 % des
chèvres et 2 % seulement des bovins ou des chevaux (cf. Mettler 2019).
En Suisse, l?augmentation de la population de loups a également entraîné une hausse du nombre
d?animaux de rente prédatés. Les pertes annuelles ne dépendent pas seulement de la population
de loups et il est arrivé certaines années que les pertes soient particulièrement élevées malgré une
faible population de loups ? ou l?inverse ? , ce qui montre que d?autres facteurs (par exemple
l?utilisation de mesures de protection des troupeaux) jouent un rôle notable dans l?évolution des
dommages causés aux animaux de rente. Comme dans le reste de l?Europe, ce sont surtout les
moutons qui sont prédatés en Suisse. Néanmoins, si l?on considère la mortalité des moutons en
estive, environ 6 % des pertes pendant la saison d?été sont causées par de grands carnivores
(principalement des loups). Les maladies et les accidents tels que les chutes, les chutes de pierres
ou la foudre sont des causes de décès beaucoup plus fréquentes (cf. Werder 2012). Pour les races
d?animaux domestiques rares en particulier, la mort d?un animal reproducteur peut entraîner la perte
de précieuses lignées. Selon les régions, l?élevage de moutons et de chèvres est une longue
tradition, fortement ancrée dans les coutumes locales. Le loup y est alors considéré comme une
menace pour cette coutume, déjà sujette à des bouleversements en cette période de modernisation
et de restructuration de l?agriculture (cf. Lauber et al. 2014). Les animaux de rente gravement
blessés sont souvent laissés sur place. En temps normal, une meute de loups arrive rarement à
capturer plus d?un animal, mais lorsqu?elle y parvient (par exemple si la neige est abondante), la
meute mangera alors les carcasses petit à petit (cf. Kruuk 1972). Toute attaque de moutons étant
cependant le plus souvent suivie d?une intervention humaine pour examiner les carcasses, les
loups ne reviennent pas. Ce comportement, assimilé à une « tuerie gratuite et cruelle », intensifie
encore les conflits avec les éleveurs dans les pâturages.
Environ 90 % des dommages causés aux animaux de rente en Suisse se produisent dans des
pâturages qui ne sont pas protégés par des chiens (cf. AGRIDEA 2019a). En outre, les troupeaux
entourés d?une clôture électrifiée ne subissent que rarement une prédation (cf. Hansen 2018).
Pourquoi, dans ce cas, ne pas protéger tous les troupeaux ? Dans des pays comme la Suisse, où
les grands carnivores ont disparu depuis le début du XXe siècle, la protection des troupeaux a été
réduite au minimum pour des raisons économiques. De plus en plus d?exploitations de montagne
sont utilisées comme des sources de revenu secondaires, où l?élevage de moutons permet de
continuer à utiliser des pâturages excentrés tout en nécessitant moins de main-d?oeuvre (cf. Bürgi
et al. 2014). En outre, la réduction des coûts de production, par exemple pour la viande d?agneau,
a été plus bénéfique pour le revenu des agriculteurs qu?une augmentation des recettes d?abattage
(cf. Gazzarin 2018). Par conséquent, afin de minimiser les coûts du travail, de nombreux animaux
ont été laissés sur les alpages en libre pâturage quasiment sans surveillance, et les éleveurs ont
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 257/284
oublié comment protéger efficacement leurs troupeaux (cf. Landry 1999, Mettler 2019). Lorsque le
loup a recolonisé la Suisse, aucune protection des troupeaux n?était mise en place et quand il y
avait des centres de conseil de l?État, ils n?étaient pas encore très développés. La mise en oeuvre
de mesures de protection des troupeaux constitue toutefois toujours un enjeu de taille, en
particulier pour les petites exploitations et les élevages de moutons à temps partiel, puisque le coût
découlant de la protection des troupeaux est considérable par rapport à la taille de l?exploitation (cf.
Mettler 2019). Nombre d?éleveurs de moutons préfèrent d?ailleurs ne pas appliquer de mesures
même après une prédation liée au loup. Afin d?éviter d?autres dommages, il arrive aussi que des
éleveurs abandonnent des alpages après des attaques sur des animaux de rente (cf. Seidl et al.
2014).
Le scepticisme ou le refus par les éleveurs des mesures de protection des troupeaux varie selon
les régions. Les raisons peuvent être multiples : augmentation de la charge de travail et des coûts,
rejet catégorique du loup (« protéger les troupeaux, c?est aussi être pour le loup ») ou rejet général
des évolutions de la politique agricole (cf. D. Mettler, communication personnelle). En raison de la
chute des prix et de la concurrence internationale, l?agriculture Suisse est devenue de plus en plus
dépendante des subventions de l?État telles que les paiements directs. Selon les régions, par
exemple, la part des paiements directs peut représenter entre un tiers et trois quarts du revenu
total de l?élevage d?ovins (cf. Gazzarin 2018). Cependant, les subventions étatiques (comme les
contributions à l?estivage des animaux de pâturage) entraînent des contraintes qui limitent
l?autonomie des exploitations. Plusieurs réformes agricoles ont également entraîné des
changements majeurs dans l?agriculture au cours des dernières décennies (Union Suisse des
Paysans 2019). Les mesures de protection des troupeaux sont donc parfois perçues comme une
« nouvelle tracasserie » de l?État.
En maints endroits, le conflit entre les loups et les animaux de rente est également un indicateur
du dissentiment entre la population urbaine, sensible à la question environnementale et favorable
aux loups, et les valeurs traditionnelles de la population rurale directement concernée et sceptique
à l?égard des loups (cf. Caluori & Hunziker 2001). Selon un sondage réalisé par Pro Natura en
2019, 79 % des Suisses interrogés ne veulent pas que les loups soient abattus si les éleveurs ne
protègent pas leurs troupeaux (cf. GFS Zurich 2019). Pour les éleveurs concernés, le retour du
loup constitue une menace pour leur vie quotidienne et professionnelle (cf. Mettler 2019). Il n?est
donc pas surprenant que l?attitude des associations nationales d?éleveurs à l?égard de la protection
des troupeaux soit critique (Fédération suisse d?élevage ovin 2017, Société suisse d?économie
alpestre 2018). Les demandes des associations vont d?un soutien financier plus important pour les
mesures de protection des troupeaux au retrait pur et simple de la Convention de Berne (par
exemple la Fédération suisse d?élevage ovin en 2017), en passant par une simplification des
conditions de chasse du loup.
15.4.1 Acceptation par l?opinion publique
De nombreux Suisses saluent son retour, alors que les intérêts de divers groupes de population
sont touchés et qu?il suscite de vives inquiétudes chez de nombreuses personnes.
Une étude socio-économique a étudié les interprétations subjectives du loup dans le cadre
d?entretiens (cf. Caluori & Hunziker 2001). Elle a permis de distinguer trois types de
comportements : l?adversaire traditionnel du loup, l?ami postmoderne du loup et l?ami ambivalent
du loup.
L?adversaire traditionnel voit dans le loup un intrus qui n?a plus sa place dans le mode de vie suisse.
En tant que symbole de la nature sauvage, le loup est un élément hostile à l?égard de la civilisation
et inhibiteur de progrès, qui menace l?existence des exploitations rurales. L?adversaire traditionnel
du loup s?oppose obstinément à sa présence.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 258/284
L?ami postmoderne du loup s?efforce de mener une vie en harmonie avec la nature. Sa vision du
monde est écologique et critique à l?égard du progrès et de la société. Il voit dans le loup un
symbole de la résistance aux conséquences néfastes de la civilisation comme la destruction de
l?environnement et se félicite de sa présence, même si, dans la pratique, elle cause des problèmes.
Il préconise une restructuration du paysage rural vers plus de « nature ».
L?ami ambivalent du loup remet en question les valeurs traditionnelles, mais est également critique
vis-à-vis des valeurs postmodernes. Tant qu?il n?est pas concerné lui-même, son attitude est
globalement positive. Cependant, s?il est directement confronté à des problèmes concrets, il peut
le rejeter, car en situation de crise, il s?oriente vers des valeurs traditionnelles.
Les auteurs de l?étude présument qu?une grande partie de la population suisse entre dans la
catégorie des amis ambivalents du loup (cf. Caluori & Hunziker 2001). De nombreuses personnes
vivent en effet dans des zones urbaines et ne sont donc pas directement touchées par la présence
des loups. Cette observation pourrait expliquer pourquoi les enquêtes nationales montrent souvent
une forte proportion de partisans du loup (cf. par exemple OFEFP 1998, Hunziker et al. 2001,
Institut für Markt- und Sozialforschung Luzern 2006), alors que l?attitude de la population locale
dans les zones où il y a des loups est généralement négative (cf. Behr et al. 2016).
Le conflit autour du loup est donc représentatif de celui qui existe entre différents systèmes de
valeurs, et s?inscrit dans un débat plus large sur l?utilisation et le développement des zones rurales.
Les associations agricoles, sylvicoles, de chasseurs et de protection de la nature défendent leurs
intérêts en matière de gestion des loups en Suisse. Il arrive qu?elles collaborent au sein de
différents groupes de travail.
Ces dernières années, des groupes aux positions extrêmes pro-loup ou anti-loup se sont
également formés.
Anti-loup
La Suisse a été récemment confrontée à des changements géopolitiques majeurs et à de nouveaux
défis. Des questions telles que la mondialisation, les relations avec l?Union européenne,
l?immigration et le changement climatique préoccupent la société (cf. Crédit Suisse Baromètre des
préoccupations 2019). Les groupes de population d?origine rurale en particulier considèrent la
libéralisation des marchés et l?ouverture des frontières comme une menace pour leur existence
même. Dans ce contexte, le retour du loup est perçu comme le reflet de diverses menaces venant
de l?extérieur. Il assume le rôle de l?immigrant clandestin qui ne respecte pas les frontières
nationales et ne se conforme pas aux règles traditionnelles. Il devient aussi le symbole de la
dévaluation sociale et économique du monde paysan (cf. Schraml 2019).
L?élevage ovin traditionnel, par exemple, ne peut pas suivre face à la production venant de
l?étranger et ne peut plus, souvent, être pratiqué qu?à titre d?activité complémentaire. De nombreux
producteurs laitiers alpins ont aujourd?hui du mal à trouver un successeur.
Le loup, qui complique davantage encore l?économie alpine et qui accélère l?abandon des Alpes,
devient ainsi une menace économique immédiate et l?emblème du réensauvagement du paysage
cultivé et dominé par l?homme depuis des générations. Ce réensauvagement est prôné par les
citadins « verts » (cf. Caluori & Hunziker 2001). Se rassembler contre le loup aide la population
des communautés rurales à formuler et à élaborer sa défense contre les menaces qui pèsent sur
son mode de vie traditionnel (cf. Schraml 2019). Ainsi l?organisation faîtière « Une Suisse sans
grands prédateurs » (http://www.lr-grt.ch/ fr/), qui a été fondée en 2015 à Berne. Composée
principalement de représentants du secteur agricole, elle est organisée en différentes sections
cantonales. L?association plaide pour un assouplissement de la protection des loups, un
accroissement des compétences des cantons et des conditions de tir facilitées. Certaines sections
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 259/284
cantonales vont même plus loin et exigent que les grands carnivores soient éliminés de toutes les
zones urbanisées et d?habitation (cf. Lebensraum Wallis ohne Grossraubtiere 2019). Les sections
de l?association sont bien organisées, connectées et politiquement actives. Elles rédigent des
prises de position et des résolutions et organisent des événements à fort impact médiatique. Les
attaques de loups sur des animaux de rente ou les observations de loups à proximité des
habitations leur offrent la possibilité de diffuser leurs messages et leurs revendications dans les
médias. Ce faisant, elles font leurs propres analyses de l?actualité et remettent en question
l?appréciation des autorités compétentes et des institutions professionnelles reconnues. Elles
colportent ainsi de manière répétée des informations selon lesquelles les loups indigènes ne
seraient pas de vrais loups, mais des hybrides chien-loup, qui selon l?OChP doivent être abattus.
Pro-loup
Face aux anti-loups se trouvent différents groupes pro-loup qui croient en une cohabitation
pacifique entre l?homme et le loup. Pour ces défenseurs du loup, la clef de l?acceptation de cet
animal et des autres grands carnivores réside dans une remise en question de la société, qui a
exploité la nature pendant des siècles (cf. Caluori & Hunziker 2001). Divers petits groupes de pro-
loup sont présents sur les réseaux sociaux et leurs membres sont plutôt issus des zones urbaines
et souvent propriétaires de chiens. Nombre de ces groupes utilisent le loup comme symbole d?une
nature sauvage intacte et du lien perdu entre l?homme et la nature. La plupart de ces petits groupes
ont un réseau politique moins dense que les groupes anti-loups. L?initiative populaire de 2012 «
Pour la protection des grands carnivores (ours, loup et lynx) » de l?organisation profauna n?a par
exemple pas réussi à réunir suffisamment de signatures. Il existe toutefois des groupes plus
importants, bien organisés et qui sont très présents dans les médias (Groupe Loup Suisse,
http://www.gruppe-wolf.ch ; CHWOLF, https://chwolf.org), qui veulent faire connaître le loup auprès
de la population. Disposant de sites web très bien documentés, ils se positionnent dans les médias
comme des spécialistes du loup. Ils recueillent également des observations sur les loups et
fournissent parfois des informations sur l?actualité avant même que les autorités compétentes
n?aient fait connaître leur point de vue. Parmi leurs revendications figurent une meilleure mise en
oeuvre des mesures de protection des troupeaux par les éleveurs et un renoncement à l?allègement
de la protection des loups (cf. Groupe Loup Suisse 2018, CHWOLF 2019). En se rapprochant de
grandes organisations de protection de la nature bien établies (comme le WWF et ProNatura), ces
groupes tentent également d?affirmer leurs préoccupations au plan politique.
L?indemnisation des dégâts causés par les loups et les mesures techniques visant à prévenir ces
dommages permettent seulement de réduire les effets directs des attaques de loups sur les
animaux de rente. Elles ne tiennent pas compte des conflits plus profonds qui découlent des
différences qui existent entre les systèmes de valeurs et les intérêts de la population, qui jouent un
rôle majeur dans le thème du loup. De nombreux conflits liés à la gestion de la faune et des
ressources naturelles proviennent de divergences sociales entre des individus ou des groupes
d?intérêt. Les causes sous- jacentes de ces conflits ne sont pas toujours en lien avec les animaux
et dans certains cas, le loup peut être représentatif d?autres problèmes (cf. chapitre 3.4). Certains
conflits peuvent également découler d?anciens différends non résolus. La méfiance à l?égard des
autorités ou d?autres groupes d?intérêt et l?implication insuffisante des acteurs concernés sont des
déclencheurs typiques de tels conflits sociaux (cf. Bath & Frank 2011, Linnell 2013). C?est pourquoi
la coopération entre les groupes d?intérêt et leur intégration dans le processus de résolution sont
extrêmement importantes lorsqu?il s?agit de gérer les grands carnivores cf. (cf. Decker et al. 2002).
Ou, comme l?écrit Linnell (2013) : « Malgré la diversité des conflits liés aux grands carnivores et
celle des approches possibles pour réduire ces conflits, il existe une caractéristique commune qui
semble être décisive pour assurer le succès de la solution choisie : la nécessité d?impliquer de
manière ciblée, judicieuse et adaptée au contexte une multitude de parties prenantes dans la
réalisation d?un objectif, en fonction du contexte et de manière significative ». Cette démarche
suppose que deux conditions soient remplies. Il faut d?une part, que des contacts personnels soient
établis et qu?une communication ouverte soit mise en place, exempte de controverses et
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Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 260/284
d?accusations, axée sur la participation et le dialogue, et d?autre part, que la gestion des grands
carnivores qui ne soit pas simplement imposée d?en haut, mais qu?elle soit équilibrée et qu?elle
intègre des processus de collaboration allant du bas vers le haut (cf. Redpath et al. 2017). Caluori
& Hunziker (2001) avaient déjà conclu que, dans les débats autour du loup en Suisse, empreints
d?une grande méfiance, une relation hiérarchique (top-down) entre les autorités, les organisations
de protection de la nature et les personnes directement concernées n?était pas propice à
l?acceptation du loup. Il faut plutôt instaurer une coopération active et des relations personnelles
entre les participants. L?importance de la collaboration se reflète également dans les
recommandations en faveur d?une gestion coordonnée des loups dans les Alpes (cf. Schnidrig-
Petrig et al. 2016a). Deux des cinq trains de mesures proposés vont justement dans ce sens
puisqu?ils prônent la promotion du dialogue entre les autorités et les groupes d?intérêt ainsi que
l?implication des populations locales dans le suivi du loup. En Suisse, l?intégration des groupes
d?intérêt concernés et de la population dans la gestion des loups incombe aux cantons (cf. OFEV
2016).
Divers outils ou techniques existent pour instaurer une coopération avec les parties prenantes et
les groupes d?intérêt, comme des groupes de travail, des forums de contact, un soutien pratique,
des activités conjointes de suivi ou de recherche, l?élaboration commune de plans d?action, voire
des processus de codécision ou de cogestion des grands carnivores (cf. Decker et al. 2002, Linnell
2013). Ces outils diffèrent en fonction du degré de contrôle exercé par les autorités responsables
sur les participants : ils peuvent être utilisés uniquement pour l?échange d?informations ou permettre
aux participants d?avoir leur mot à dire et de prendre des décisions, selon le rôle qu?ils jouent au
cas par cas. Le choix de la méthode dépend de divers facteurs, par exemple le niveau du conflit,
le nombre et le type de personnes touchées et leurs intérêts, les ressources disponibles et les
dispositions légales. Il peut même s?avérer utile de combiner plusieurs méthodes pour faire
participer les parties prenantes. En fin de compte, la méthode importe moins que le processus en
lui-même et l?attitude avec laquelle il est abordé : la participation doit reposer sur des principes
favorisant le transfert de responsabilité, l?équité, la confiance et l?apprentissage (cf. Decker et al.
2002, Reed 2008). Idéalement, la collaboration devrait impliquer (1) les personnes influencées par
les grands carnivores, (2) celles qui influencent les grands carnivores, et (3) celles qui ont un intérêt
pour les grands carnivores (cf. Decker et al. 2002).
Bibliographie & liste des sources :
https://www.gruppe-wolf.ch/fr/Home.htm
https://www.agridea.ch/it/agridea/
https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/suche.html#Loup
https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-
biodiversite/plan-loup.html
https://www.protectiondestroupeaux.ch/fr/
https://www.kora.ch/fr/especes/loup/portrait
https://www.vs.ch/web/scpf/informations-monitoring-loups
https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/protection-et-
conservation-des-especes/grands-predateurs/le-loup.html#1389211164
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 261/284
16 Fiche France
Cette fiche présente la situation en France sur quelques sujets relatifs aux politiques publiques du
loup et qui font l?objet d?un parangonnage dans six pays européens.
Aucun pays n?est réellement comparable avec un autre. Les pays ont donc été choisi pour deux
raisons très différentes :
? une population de loup de taille relativement comparable et une situation de l?élevage (ovin
et bovin) qui ne soit pas radicalement différente de la situation française ;
? une caractéristique particulière de la gestion nationale du loup qui intéresse la France pour
sa propre gestion du loup.
Les six pays retenus sont l?Allemagne, l?Espagne, l?Italie, la Slovaquie, la Suède et la Suisse.
16.1 Présentation de l?élevage en France
Compte tenu de la présence du loup sur une superficie entre le tiers et la moitié de la superficie
nationale (voir les cartes aux paragraphes 9.2.3 et 0), la situation de l?élevage est présentée au
niveau national avec des indications régionales.
16.1.1 Ovins
Source : MASA ? Graph?Agri 2022 Source : GEB ? IDELE
Le cheptel ovin a globalement fortement diminué en 20 ans et est assez stable depuis 2020. Le
nombre de brebis laitières reste assez stable depuis 10 ans, alors que le nombre de brebis
allaitantes baisse régulièrement. Le nombre d?exploitations est en baisse (-34 % depuis 2011).
Le cheptel laitier est concentré sur les bassins de Roquefort (sud Massif central), Ossau-Iraty
(ouest Pyrénées) et Broccio (Corse). Le cheptel allaitant est surtout présent dans la moitié sud du
pays.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 262/284
16.1.2 Bovins
Le cheptel bovin est en diminution constante, que ce soit en vache laitière ou en vache allaitante.
Le nombre d?exploitations est en baisse également, avec un accroissement de la taille des cheptels
(118 animaux en moyenne en 2021).
La moitié des effectifs de vaches laitières sont dans l?ouest, l?élevage de vaches allaitantes est
surtout localisé dans les régions herbagères du centre.
Source : MASA-Graph?Agri 2022
Source : MASA ? Graph?Agri 2022
16.1.3 Caprins
Le cheptel caprin est en légère diminution tout en restant assez stable depuis 20 ans. Le nombre
d?exploitations est également assez stable depuis 20 ans.
Il est surtout réparti sur le centre ouest, le sud-ouest, le centre-est du pays.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 263/284
Source : MASA ? Graph?Agri 2022 Source : GEB ? IDELE
16.2 Caractéristiques de la population de loup
16.2.1 Les effectifs de loup
Les renseignements présentés dans cette partie proviennent de l?Office français de la biodiversité.
C?est un établissement public qui est chargé de missions scientifique et technique sur le loup par
le gouvernement français.
Nombre d?individus : 921 individus. L'intervalle de confiance à 95% est [826-1016].
Nombre de meutes :
128 à l?été 2021
[Source bilan publié en mars 2022 par l?OFB].
Evolution de la population
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 264/284
16.2.2 Méthode de dénombrement du loup
La méthode utilisée par l?Office français de la biodiversité (OFB) est la méthode CMR (capture,
marquage, recapture).
Le dénombrement exhaustif de la population est impossible car les loups sont très difficiles à voir
et vivent sur de grands espaces. En France, c?est grâce à la combinaison d?informations génétiques
sur l?espèce et d?analyses statistiques qu?on estime le nombre de loups. L?identification individuelle
des animaux par leur ADN, répétée dans le temps, est la clé pour estimer le nombre de loups. Si
cet effort d?identification individuelle n?est pas fait, alors on peut compter plusieurs fois le même
individu et ainsi surestimer les effectifs, ou encore se tromper dans les tendances démographiques
sur la population. L?OFB a mis en place un réseau de suivi participatif de l?espèce sur tout le
territoire national, le réseau « loup-lynx », composé de quelques 4000 participants formés. Ces
observateurs collectent du matériel génétique laissé par les loups (déjections, poils, urines et
dépouilles) dont l?analyse permet d?identifier les individus grâce à leur ADN. Toutefois, ces données
génétiques brutes n?offrent qu?une image imparfaite du nombre de loups. Il est impossible de
récolter des indices de tous les loups présents en France. Si on manque un loup présent à un
endroit donné, on conclut à tort que l?animal n?y est pas présent ou qu?il est mort, sous-estimant
ainsi l?effectif total. Il faut donc estimer la probabilité de détection des loups.
Ces données sont donc analysées grâce à des méthodes statistiques qui corrigent le nombre de
loups détectés par la probabilité que des individus échappent à la détection, ceci afin d?estimer le
nombre total de loups.
[Source : note d?information OFB-CNRS Olivier GIMENEZ]
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 265/284
16.2.3 Cartographie des zones de présence du loup
ZPP : Zone de présence permanente
16.2.4 Viabilité de la population de loup
Une expertise scientifique collective a été assurée en 2017 par l?Office national de la chasse et de la
faune sauvage (OFB aujourd?hui) et le Muséum national d?histoire naturelle :
La viabilité démographique de la population de loups en France est estimée assurée avec un effectif
de 500 loups pour un taux de croissance égal à 1 (c?est-à-dire une stabilité de la population).
La viabilité génétique de la population de loups en France est estimée assurée avec un effectif de
2500 loups.
https://www.loupfrance.fr/wp-content/uploads/Expertise_Collective_Loup_07_03_2017.pdf
16.3 Prédation par le loup et interactions avec l?Homme
16.3.1 Prédations sur les troupeaux
Nombre d'animaux prédatés (par espèce) en 2021
% attaques 2021 % victimes 2021
Ovins 84,75 91,51
PUBLIÉ
https://www.loupfrance.fr/wp-content/uploads/Expertise_Collective_Loup_07_03_2017.pdf
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Caprins 7,42 8,26
Bovins 6,43 2,69
Autres 1,84 1,7
Evolution depuis 10 ans
16.3.2 Interactions du loup avec l'Homme
Il y a très peu d?incidents recensés en France. Un incident récent survenu dans les Alpes de Haute
Provence (Le point / AFP) anime le débat en ce début d?année 2023.
Lundi 13 février 2023, Joseph Uto, conseiller municipal de Castellet-lès-Sausses (Alpes-de-Haute-
Provence), se rendait sur le canal d'arrosage de la commune lorsqu'il a aperçu cinq loups sur une
crête le surplombant. Alors qu'il essayait de les effrayer pour les faire partir, ils sont descendus vers
lui avec des grognements menaçants, raconte-t-il à La Provence.
Cet événement est totalement inédit depuis1990. Immédiatement informé, l'Office français de la
biodiversité (OFB) est revenu sur l'affaire dans un rapport publié jeudi 16 février : tout en confirmant
le caractère inédit de l'événement, il l'impute à la « configuration très particulière des lieux ». La
rencontre, en effet, est survenue « sur un versant particulièrement accidenté, avec un sentier
unique qui limite les possibilités d'échappatoire pour un animal ». Ainsi, « en l'absence d'autre
itinéraire de repli, il est très probable que le canidé ait voulu forcer le passage ».
L'OFB relativise donc le danger et rappelle que « sans possibilité de fuite, un loup, comme tout
grand mammifère sauvage, peut présenter une attitude dangereuse en cas de rencontre ». L'office
souligne d'ailleurs que « nombreux sont les événements impliquant sanglier, cerf élaphe, chevreuil,
chamois ou bouquetin qui forcent le passage au détriment de l'intégrité de l'humain qui se trouve
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 267/284
sur leur cheminement ».
16.4 Politique publique de gestion du loup
16.4.1 Administrations locales/nationales en charge de la gestion du loup
Organisation administrative de la France
La France est un Etat unitaire où tous les citoyens sont soumis aux mêmes règles politiques et
juridiques. Le Gouvernement et les représentations parlementaires sont centralisés, mais
l?organisation politique et administrative est également déconcentrée et décentralisée.
La France est divisée en 94 départements et en 13 régions (métropole) regroupant en général 4 à
13 départements.
Les services publics de l?Etat sont organisés au niveau central en ministères avec des directions
techniques d?administration centrale et sont déconcentrés dans les régions avec des directions
régionales et les départements avec des directions départementales, sous l?autorité de préfets de
région et de département, représentant localement le Gouvernement.
Au niveau local, région, département et commune, des collectivités territoriales, dont les membres
des conseils sont élus, sont dotées de compétences propres et interviennent en complémentarité
de l?Etat.
Sur un même territoire régional ou départemental coexistent des collectivités territoriales et une
des services de l?Etat.
Organisation administrative de la gestion du loup
La politique publique de gestion du loup est établie au niveau national par l?Etat. Les ministères
chargés de l?écologie et de l?agriculture sont conjointement responsables de l?élaboration et du
pilotage national de la mise en oeuvre de cette politique. Ce sont la direction de l?eau et de la
biodiversité (DEB) au ministère chargé de l?écologie et la direction générale de la performance
économique et environnementale des entreprises (DGPE) au ministère chargé de l?agriculture qui
en sont chargées. Les deux ministères sont appuyés, pour ce pilotage et cette coordination
nationale par un Préfet coordonnateur national « loup » en région Auvergne-Rhône-Alpes, et leurs
services régionaux et départementaux.
La mise en oeuvre de cette politique est assurée au niveau de chaque région et de chaque
département par les préfets et les services des deux ministères, en lien avec les collectivités
territoriales concernées.
Les ministères s?appuient également sur des établissements publics nationaux de recherche,
d?expertise et de contrôle dont, en particulier, l?Office français de la biodiversité (OFB).
16.4.2 Plan de gestion du loup
Il existe un plan national pour la gestion du loup depuis le « plan national d?action sur le loup 2004-
2008 ». Le plan en vigueur est le « Plan national d?actions 2018-2023 sur le loup et les activités
d?élevage ».
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Loup-et-activites-elevage_2018-2023.pdf
PUBLIÉ
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Loup-et-activites-elevage_2018-2023.pdf
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 268/284
16.4.3 Coûts globaux de la politique
Données 2021
En millions d?euros (hors dépenses de
personnel et de fonctionnement des services
de l?Etat et dépenses des collectivités
territoriales)Prise en charge du coût des
mesures de protection
30,42
Indemnisation 3,5
Crédits d?urgence du ministère chargé de
l?agriculture
0,36
Dépenses autres du ministère chargé de
l?écologie
1,5 (dont 0,5 pour l?équipement et le
défraiement des louvetiers
TOTAL 35.76 millions d?euros
[Sources : Préfet coordonnateur Loup et MASA DGPE].
Cofinancement UE
En France, la protection des troupeaux fait l?objet d?une aide financière dans le cadre de la politique
agricole commune (PAC). En 2021, les dépenses se sont élevées à 30,42 M¤ pour le loup, dont
14.45M¤ de part Etat et 15.97M¤ de FEADER.
A compter de 2022, dans le cadre de la nouvelle programmation PAC, le niveau de cofinancement
de cette aide est de 80% pour la part FEADER.
Le ministère chargé de l?agriculture mobilise également des crédits nationaux dits « d?urgence »,
destinés à aider des éleveurs à faire face à des situations de crise liées à des attaques de loups.
L?Europe finance également le projet Life « Wolf Alps » destiné à favoriser la coexistence du loup
et des activités humaines à l?échelle des pays transalpins. Le budget total du projet est de 11.93M¤
dont 7.03 de financement communautaire.
Evolution depuis 10 ans
2010 2021
Prise en charge des mesures de
protection
6.2M¤ 30.42M¤
Indemnisations de prédations 1.09M¤ 3.5M¤
[Sources : Rapport Assemblée nationale et MASA DGPE]
16.4.4 Mesures de protection des troupeaux contre le loup
Des aides à la protection des troupeaux sont apportées annuellement aux exploitants qui en font
la demande et sous réserve du respect de certaines conditions, communes au loup et à l?ours.
Elles sont fixées par l?arrêté du 30 décembre 2022 relatif à l'aide à la protection des exploitations
et des troupeaux contre la prédation du loup et de l'ours pris par les ministères chargés de
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 269/284
l?écologie et de l?agriculture.
Classement des zones de pâturage des troupeaux
Les zones de pâturage du troupeau dans lesquelles les dépenses sont éligibles à l'aide à la
protection des exploitations et des troupeaux contre la prédation du loup et de l'ours sont
déterminées selon un classement des communes ou partie de communes en quatre cercles, de 0
à 3, pour le loup. Ce classement est établi annuellement en fonction de la pression de prédation et
de la dynamique d'extension des aires de présence de chacun des prédateurs.
Le cercle « zéro » correspond aux foyers de prédation, c'est-à-dire aux communes ou parties de
communes où la récurrence interannuelle de dommages importants a été constatée.
Le cercle « 1 » correspond aux communes ou parties de communes dans lesquelles la prédation
est avérée.
Le cercle « 2 » correspond aux zones où des actions de prévention sont nécessaires du fait de la
survenue possible de la prédation du loup pendant l'année en cours.
Le cercle « 3 » correspond aux zones possibles d'extension géographique du loup où des actions
de prévention sont encouragées du fait de la survenue possible de la prédation du loup à moyen
terme.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 270/284
Dépenses éligibles
1 Gardiennage renforcé/surveillance renforcée
Le gardiennage renforcé correspond à une présence quotidienne à plein temps d'un éleveur ou
d'un berger auprès du troupeau, associée à des engagements spécifiques du bénéficiaire.
La surveillance renforcée correspond à la réalisation d'une ou plusieurs visites quotidiennes du
troupeau, associée à des engagements spécifiques du bénéficiaire.
2 Chiens de protection
2a : achat, stérilisation et test de comportement ;
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 271/284
2b : entretien ;
3 Investissements matériels (parcs électrifiés), hors chiens
4 Analyse de vulnérabilité d'un élevage face au risque de prédation des troupeaux
5 Accompagnement technique
Cet accompagnement technique peut à la fois porter sur le gardiennage renforcé, les chiens et les
investissements matériels.
Les dépenses des types 1 et 2b relèvent de l'intervention 70.26 du Plan stratégique national de la
PAC.
Les dépenses des types 2a, 3, 4 et 5 relèvent de l'intervention 73.16 du Plan stratégique national
de la PAC.
L'éligibilité des types de dépenses est déterminée en fonction des zones.
? En cercle 0 et en cercle 1 : tous les types de dépenses sont éligibles. Au moins deux types
de dépenses parmi les types 1 à 3 doivent être mis en oeuvre, les autres types de dépenses
éligibles sont optionnels.
? En cercle 2 : les dépenses de type 1 ne sont pas éligibles, les dépenses de type 2 à 5 sont
éligibles. Au moins un type de dépenses de type 2 ou 3 doit être mis en oeuvre ; les autres
types de dépenses éligibles sont optionnels.
? En cercle 3 : seules les dépenses de type 2 et 5 sont éligibles. Les dépenses de type 1, 3
et 4 ne sont pas éligibles.
Pour être éligible, la dépense de type 5 doit être associée à la dépense de type 2 et porte
exclusivement sur les chiens de protection.
Conditions d'éligibilité liées à la nature et au nombre des troupeaux
Définition du troupeau éligible
Le troupeau est défini comme le nombre d'ovins et caprins détenus ou pris en pension par le
bénéficiaire pour l'année civile en cours. Les animaux composant le troupeau doivent être
correctement identifiés selon la réglementation en vigueur. Est éligible :
? un troupeau d'au moins 25 animaux reproducteurs détenus en propriété. On entend par
animaux reproducteurs les mâles ou femelles de plus d'un an ou les femelles de moins
d'un an ayant mis bas au moins une fois ;
? un troupeau d'au moins 50 animaux reproducteurs détenus pour partie en propriété et pour
partie en pension.
Nombre de troupeaux retenus
Le demandeur bénéficie de l'aide pour un seul troupeau.
Durée de pâturage dans les cercles
La durée de pâturage dans les cercles est un critère de sélection des dossiers et un critère
permettant de déterminer le plafond de dépenses éligibles. Cette durée est déterminée par le
nombre de jours de présence cumulée du troupeau pour chacun des cercles.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 272/284
Modalités de calcul du montant de l'aide et plafonnement des dépenses en fonction de
l'effectif maximal au pâturage et du mode de conduite du troupeau
Dans le but d'adapter le montant de l'aide aux besoins des demandeurs en fonction du risque de
prédation auquel ils sont confrontés, les différents plafonds sont fixés en fonction :
? du type de dépenses ;
? de la durée de pâturage dans les cercles ;
? de l'effectif maximal au pâturage ;
? du mode de conduite du troupeau.
Montant des forfaits. Taux et plafonds de dépenses
Dépense de type 1 : Gardiennage renforcé
Le type de dépenses gardiennage renforcé n'est ouvert que dans les cercles 0 et 1. Les forfaits,
taux et plafonds indiqués ci-dessous s'appliquent distinctement selon le type de gardiennage
renforcé, la durée de pâturage dans les cercles 0 et 1, le mode de conduite et l'effectif maximal au
pâturage. À noter que les plafonds de dépense annuels portent sur l'ensemble des dépenses
relevant de l'intervention 70.26 du PSN et intègrent donc également le type de dépenses 2b relatifs
à l'entretien des chiens.
Le tableau suivant détaille l'ensemble de ces informations.
Mode de conduite Parc Gardiennage Mixte
Forfait journalier de dépenses éligibles
relatif au gardiennage-éleveur
30,75 ¤/jour
Plafond mensuel des dépenses éligibles
relatifs au gardiennage-délégué
1250¤/mois 2500 ¤/mois
2500
¤/mois
Plafond annuel des
dépenses éligibles
intégrant les deux types
de gardiennage renforcé
et l?entretien des chiens
(1) (2) si durée de
pâturage ? 30j en cercles
0 et 1
À noter :
si durée de pâturage est ?
90j en cercle 0, le plafond
de dépense annuel
s?applique uniquement
sur les dépenses de
gardiennage-éleveur et
d?entretien des chiens.
Les dépenses de
Effectif
maximal au
pâturage :
de 25 à 150
animaux
4 250 ¤/an 9 250 ¤/an 6750 ¤/an
de 151 à
450
animaux
9 250 ¤/an 14 250 ¤/an
11 750
¤/an
de 451 à 1
200
animaux
15 250 ¤/an 23 250 ¤/an
19 250
¤/an
de 1201 à
1500
animaux
17 250 ¤/an 25 250 ¤/an
21 250
¤/an
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 273/284
gardiennage-délégué
pour la durée du pâturage
en cercle 0 ne sont pas
plafonnées.
plus de 1
500
animaux
21 250 ¤/an 31 250 ¤/an
26 250
¤/an
Taux d?aide
80% des dépenses éligibles. 100% dans les
coeurs de parcs nationaux et les réserves
naturelles nationales
(1) Pour les troupeaux dont la présence cumulée du troupeau en cercles 0, 1 et 2 est supérieure
ou égale à 244 jours, le plafond annuel intégrant l'entretien des chiens est majoré de 25 %.
(2) Lorsque plusieurs troupeaux sont retenus pour le même bénéficiaire, dans la limite de trois
troupeaux au total, le plafond annuel intégrant l'entretien des chiens est majoré de 25 % par
troupeau supplémentaire.
Dépense de type 2 : chiens de protection
Dépenses de type 2a relatif à l'achat, la stérilisation et les tests de comportement
Type de
dépense
Achat du
chien
Stérilisation
du chien
Test de comportement du
chien
Forfait de
dépenses
éligibles
375 ¤/chien 250 ¤/chien Sans objet
Plafond de
dépenses
éligibles
750 ¤/an
(1)
500 ¤/an
500 ¤/chien sur la période de
programmation démarrant en
2023
Taux d?aide
80% des
dépenses
éligibles
80% des
dépenses
éligibles
100% des dépenses éligibles
(1) Lorsque plusieurs troupeaux sont retenus pour le même bénéficiaire, dans la limite de trois
troupeaux au total, et si la durée de pâturage est supérieure ou égale à 30 jours en cercles 0 et 1,
le plafond annuel d'achat de chiens de protection est majoré de 25 % par troupeau supplémentaire.
Dépense de type 2b relatif à l'entretien des chiens
Forfait de dépenses éligibles
815 ¤ par chien
et par an
Plafond annuel de dépenses éligibles
si durée de pâturage ? 30j en cercles 0 et 1
cf. plafond
annuel commun
avec le
gardiennage
renforcé
Plafond annuel de dépenses éligibles si durée de pâturage < 30j en en
cercles 0 et 1 mais ? 30j en en cercles 0, 1 et 2
Ou
De 25 à
450
animaux
4 000
¤/an
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 274/284
si durée de pâturage < 30j en en cercles 0, 1 et 2 mais ? 90j en en cercles
0, 1, 2 et 3 Au-delà
de 450
animaux
8 000
¤/an
Taux d?aide
80 % des
dépenses
éligibles
Dépenses de type 3 : investissements matériels (parcs électrifiés)
Mode de conduite Parc Gardiennage Mixte
Taux d?aide 80% des dépenses éligibles
Plafond pluriannuel (1) (2) si durée de pâturage ? 30j
en cercles 0 et 1
31 500 ¤ 6 500 ¤ 5 500 ¤
Plafond pluriannuel (1) (2) si durée de pâturage < 30j
en en cercles 0 et 1 mais ? 30j en en cercles 0, 1 et 2
13 000 ¤ 2 000 ¤ 6 400 ¤
(1) Le plafond pluriannuel s'applique sur la période de programmation démarrant en 2023.
(2) Pour les troupeaux de la catégorie d'effectif maximal au pâturage supérieur à 1500 animaux, le
plafond pluriannuel est majoré de 25 %.
Type de dépenses 4 : analyse de vulnérabilité
Taux d?aide 100%
Plafond
pluriannuel (1)
5 000 ¤
(1) Le plafond pluriannuel s'applique sur la période de programmation démarrant en 2023.
Type de dépenses 5 : accompagnement technique
Taux
d?aide
100%
Forfait
Formation individuelle :
600 ¤/jour
Formation collective : 150 ¤/jour
Plafond 2000 ¤/an
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 275/284
Montant annuel
Montant annuel 2021
2021 : 30.42 Meuros d?aides (+6.3% par rapport à 2020), pour 3012 dossiers (+8% par rapport à
2020)
Evolution depuis 10 ans
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 276/284
Source : Rapport d'information de l'Assemblée nationale relatif aux conséquences financières et
budgétaires de la présence des grands prédateurs sur le territoire national. Février 2022.
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion_fin/l15b5122_rapport-information
16.4.5 Evaluation de l?efficacité des mesures de protection
Les mesures de protection limitent la fréquence des attaques et le nombre de victimes. La
combinaison de plusieurs moyens de protection renforce leur efficacité. Ces mesures ont une
efficacité moindre sur les troupeaux de taille importante.
Les moyens de protection sont plus efficaces dans les milieux d?alpage que dans les autres. Les
mesures doivent donc être adaptées aux spécificités du territoire et des élevages.
Le loup adapte ses comportements aux moyens de protection mis en oeuvre. Des recherches sont
nécessaires.
PUBLIÉ
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion_fin/l15b5122_rapport-information
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 277/284
16.4.6 Indemnisation des dégâts liés au loup
Principe de l?indemnisation
L?indemnisation est un acte volontaire de l?Etat qui n?y était pas contraint par la réglementation. Il
n?y a pas d?indemnisation pour les acteurs économiques en cas de dégâts dus aux autres espèces
protégées (prélèvement du cormoran sur les piscicultures, abattage d?arbres par le castor, ...) en
dehors de la prédation due au loup (et à l?ours pour être complet).
L?indemnisation est possible quand « la responsabilité d?un prédateur n?est pas écartée », sans
qu?il soit nécessaire de prouver de manière certaine que le prédateur est la cause du décès des
bêtes.
L?indemnisation couvre trois volets des dommages :
? les coûts directs des attaques (valeur des animaux dont l?attaque a causé la mort ou qui
ont nécessité une euthanasie. Le montant perçu par l?éleveur varie selon la bête tuée.
Les animaux disparus font également l?objet d?une indemnisation, représentant 20 % du
montant de l?indemnisation des animaux tués lorsqu?ils ne sont pas tenus en parc clos, et
égale au forfait total si l?éleveur apporte la preuve de la disparation de certains animaux
tenus en parc clos ou si le constat indique que le parc a été endommagé lors de l?attaque.
? les coûts indirects : frais vétérinaires sur facture, soins légers apportés par l?éleveur ou le
berger (forfait annuel de 100 euros). Enfin, les pertes liées à la perturbation du reste du
troupeau (moindre prise de poids, avortements, baisses de lactation?) sont prises en
charge par un forfait en fonction de la taille du troupeau.
? Enfin, l?indemnisation couvre les coûts de réparation ou le remplacement du matériel en-
dommagé (notamment les clôtures, les parcs et les ruchers).
Afin de bénéficier de l?indemnisation, l?éleveur ayant subi une attaque de prédateur doit en informer
les autorités dans un délai de 72 heures, afin qu?un constat puisse être établi.
Ce constat est ensuite envoyé à la direction départementale des territoires (DDT), qui décide, en
se fondant sur les éléments reçus, si la responsabilité d?un prédateur peut être écartée ou non. Si
cette responsabilité n?est pas exclue, la demande d?indemnisation est transmise à l?agence de
service et de paiement (ASP), chargée de réaliser les paiements.
Les agents de l?OFB réalisent la grande majorité des constats (4000 en 2020). Les agents des
parcs nationaux en ont réalisé 700 supplémentaires. Dans les départements soumis à la prédation
la plus importante, des renforts en personnels vacataires ou en contrat à durée déterminée sont
mis en place pendant la saison des estives, ou toute l?année comme en Provence-Alpes-Côte-
d?Azur.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 278/284
La prédation par espèce
Le montant des indemnisations
En 2021, l?indemnisation des pertes liées à la prédation du loup s?élevait à 3 490 000 ¤. Ce montant
est en augmentation constante depuis
16.4.7 Mesures d?intervention sur le loup
Effarouchement du loup
Les opérations d'effarouchement, en cas de tentative de prédation du loup, sont possibles à
proximité du troupeau pendant toute la durée du pâturage.
Les moyens d'effarouchement pouvant être mis en place sans demande préalable, en dehors des
réserves naturelles nationales sont les suivants :
? tirs non létaux (avec des munitions (balles ou chevrotines) en caoutchouc ou à grenaille
métallique, du numéro 8 et au-delà, soit d'un diamètre inférieur ou égal à 2,25 mm) ;
? effarouchement à l'aide de moyens olfactifs, visuels ou sonores.
Tirs sur le loup avec armes à feu
Le loup est une espèce protégée en France, mais il peut faire l?objet de prélèvements à titre
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 279/284
dérogatoire mais de façon très strictement encadrée par un arrêté des ministères chargés de
l?écologie et de l?agriculture. Il prévoit une gradation dans les dispositions de tirs qui peuvent être
autorisés en fonction de la pression de prédation et sous certaines conditions.
Tirs de défense
Les tirs de défense simple et de défense renforcée sont mis en oeuvre pendant toute la durée de
la présence du troupeau dans les territoires soumis à la prédation du loup et dans les conditions
suivantes, qui doivent toutes être vérifiées :
? à proximité du troupeau concerné ;
? sur les pâturages, surfaces et parcours mis en valeur par le bénéficiaire de la dérogation
ainsi qu'à leur proximité immédiate ;
? en dehors des réserves naturelles nationales constituées pour des motifs incluant la con-
servation de la faune sauvage et du coeur des parcs nationaux dont le décret portant créa-
tion interdit la chasse ;
? Le tir de nuit ne peut être effectué qu'après identification formelle de la cible et de son -
environnement à l'aide d'une source lumineuse ;
? L'utilisation de lunettes de tir à visée thermique sera réservée aux seuls lieutenants de
louveterie et agents de l'OFB ;
? L'utilisation de dispositifs de repérage utilisant la technologie d'amplification de lumière ou
la détection thermique sera réservée aux lieutenants de louveterie, aux agents de l'OFB et
aux chasseurs habilités qui opèrent en présence d'un lieutenant de louveterie ou d'un agent
de l'OFB.
Le bénéficiaire de l'autorisation doit tenir un registre précisant les informations suivantes :
? les nom et prénom(s) du détenteur de chaque arme ainsi que le numéro de son permis de
chasser ;
? la date et le lieu de l'opération de tir de défense ;
? les mesures de protection du troupeau en place lors de l'opération ;
Et le cas échéant :
? les heures de début et de fin de l'opération ;
? le nombre de loups observés ;
? le nombre de tirs effectués ;
? l'estimation de la distance de tir ;
? l'estimation de la distance entre le loup et le troupeau au moment du tir ;
? la nature de l'arme et des munitions utilisées ;
? la nature des moyens susceptibles d'améliorer le tir utilisé ;
? la description du comportement du loup s'il a pu être observé après le tir (fuite, saut?).
Tirs de défense simple
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 280/284
Les tirs de défense simple peuvent intervenir dès lors que des mesures de protection sont mises
en oeuvre ou que le troupeau est reconnu comme ne pouvant être protégé.
Tirs de défense renforcée
Les tirs de défense renforcée peuvent intervenir dès lors que :
1. Des mesures de protection sont mises en oeuvre ou que le troupeau est reconnu comme
ne pouvant être protégé au sens du III de l'article 6 ;
2. Malgré la mise en place effective de ces mesures et après le recours aux tirs de défense
simple, le troupeau se trouve dans l'une des situations suivantes :
- il a subi au moins trois attaques dans les douze mois précédant la demande de déroga-
tion ; ;
- il se situe dans un territoire où il est constaté au cours des derniers mois, sur la base du
suivi effectué en application de l'article 6, des dommages importants dans les élevages
ayant mis en oeuvre les tirs de défense simple et malgré l'installation de mesures de pro-
tection des troupeaux (sauf pour les troupeaux reconnus comme ne pouvant être protégés).
Dans ces conditions, le préfet de département peut, après avis du préfet coordonnateur,
accorder des autorisations de tir de défense renforcée aux éleveurs dont les troupeaux
sont situés sur un tel territoire.
Tirs de prélèvement
Les tirs de prélèvement peuvent être autorisés sur les territoires remplissant certaines conditions
et en dehors du coeur des parcs nationaux et des réserves naturelles nationales.
Le préfet coordonnateur du plan national d'actions sur le loup procède au suivi dynamique de la
prédation dans les régions et départements où l'espèce est présente et sur le fondement de celui-
ci. Il donne son avis sur les projets d'arrêtés préfectoraux ordonnant des tirs de prélèvement.
Les opérations de tirs de prélèvement ne peuvent être mises en oeuvre qu?au cours d'une période
comprise entre le 1er juillet et le 31 décembre, pour une durée maximale de trois mois.
Les tirs de prélèvement peuvent être autorisés :
? s'il est constaté des dommages exceptionnels dans les élevages ayant mis en oeuvre les
tirs de défense simple et malgré l'installation de mesures de protection des troupeaux (sauf
pour les troupeaux reconnus comme ne pouvant être protégés) ;
ou s'il est constaté des dommages exceptionnels au cours des 12 derniers mois sur une
zone de présence permanente du loup non constituée en meute et isolée géographique-
ment d'autres zones de présence permanente, dans les élevages ayant installé des me-
sures de protection des troupeaux (sauf pour les élevages reconnus comme ne pouvant
être protégés), et
? au moins deux autorisations de tirs de défense renforcée ont été mises en oeuvre au cours
des 12 derniers mois ;
? dans la mesure où les troupeaux demeurent dans les conditions où ils sont exposés à la
prédation du loup.
Les opérations de tirs de prélèvement sont réalisées, selon les modalités techniques définies par
l'OFB. Afin d'assurer le bon déroulement des opérations, en l'absence d'un agent de l'OFB, un
lieutenant de louveterie, ou, sous réserve qu'il ait suivi une formation spécifique assurée par l'OFB,
un garde particulier assermenté ou un chasseur est désigné comme responsable.
Le bilan de chaque tir de prélèvement est établi par le préfet à l'issue de l'opération et est envoyé
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 281/284
au préfet coordonnateur.
Délivrance des autorisations de tirs (défense, prélèvement?)
Le nombre maximum de spécimens de loups (mâles ou femelles, jeunes ou adultes) dont la
destruction est autorisée, en application de l'ensemble des dérogations qui pourront être accordées
par les préfets, est fixé chaque année selon des modalités prévues par arrêté ministériel.
A ce jour, et sur la base d?une expertise scientifique de la viabilité de la population lupine en France,
le nombre maximum de loups dont le prélèvement peut être autorisé chaque année est fixé à 19%
de l?effectif.
16.4.8 Situation dans les nouvelles zones de prédation du loup
Les acteurs ne sont pas préparés aux attaques des loups dans les territoires où des individus en
dispersion apparaissent pour la première fois. La mise en place de mesures de protection des
troupeaux sur ces nouvelles zones de prédation n?est pas effective.
Dans ces nouvelles zones de prédation, un pilotage spécifique est mis en oeuvre. La connaissance
des futures zones s?avère particulièrement difficile à anticiper, le nouveau territoire occupé par le
loup n?étant pas forcément contigu à un secteur déjà occupé.
Description des actions
? Mise en place d?une cellule de veille (représentants des organisations techniques, socio-
professionnelles et associatives concernées par le loup) coordonnée par le préfet de dé-
partement pour mieux accompagner les acteurs locaux et notamment les éleveurs en leur
diffusant une information de bonne qualité et en leur proposant la mise en place réactive
de mesures adaptées au contexte local.
? Information et formation des éleveurs pour leur permettre de bénéficier de manière réactive
des différentes mesures prévues par le plan national d?action, notamment l?aide technique
pour l?installation des mesures de protection et pour l?adaptation aux potentiels change-
ments de conduite du troupeau.
? Mise en oeuvre d?une gestion adaptée en vue de préserver les activités pastorales dans
des zones difficilement protégeables du fait des modes de conduite des troupeaux. Ces
zones sont définies par arrêté préfectoral. Dans ces zones, la gestion aura pour but de
freiner l?expansion du loup. Ainsi, les tirs de défense et de prélèvement pourront être auto-
risés sans mesure préalable de protection des troupeaux et dans des conditions définies
par arrêté (arrêté du 5 avril 2019). La zone délimitée ne concerne que la région où l'on
produit le Roquefort, caractérisée par une très forte densité d'ovins. Elle est donc loin de
représenter l'ensemble des nouvelles zones de prédation.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 282/284
Dispositions particulières réglementairement applicables
Le préfet coordonnateur du plan national d'actions sur le loup délimite les zones dans lesquelles,
du fait des modes de conduite des troupeaux d'animaux domestiques, la mise en oeuvre des
mesures de protection des troupeaux contre la prédation du loup présente des difficultés
importantes, constatées à la suite d'une ou plusieurs attaques de loup sur les troupeaux. Pour la
détermination de ces zones, sont pris en compte l'importance des adaptations des modes de
conduite et de protection des troupeaux, le coût économique en résultant pour les éleveurs et la
collectivité publique ainsi que le niveau d'efficacité de ces adaptations pour maîtriser la prédation
au regard des éléments suivants :
? les caractéristiques topographiques et écologiques des milieux exploités par les troupeaux ;
? le type d'élevage, son mode de conduite et la taille des troupeaux ;
? l'étendue des parcours et surfaces utilisés par les troupeaux ;
? le nombre de lots composant les troupeaux ;
? la durée et le niveau d'exposition des troupeaux à la prédation.
Dans ces zones mentionnées les tirs de défense et de prélèvement peuvent être autorisés sans
que les troupeaux bénéficient de mesures de protection dans les conditions suivantes :
1. Pour les tirs de défense simple, sans autre condition ;
2. Pour les tirs de défense renforcée, quand le troupeau, malgré le recours aux tirs de défense
simple, a subi au moins trois attaques dans les douze derniers mois précédant la demande
de dérogation ou se situe sur une commune sur laquelle au moins trois attaques au moins
ont été constatées au cours des douze mois précédent la demande de dérogation, dans
des troupeaux ayant mise en oeuvre les tirs de défense simple ;
3. Pour les tirs de prélèvement, quand les attaques de loup sur les troupeaux persistent après
la mise en oeuvre de deux autorisations de tir de défense renforcée dans une période maxi-
male de douze mois.
16.5 Acceptation sociale
16.5.1 Acceptation par le monde agricole
« Nous réaffirmons nos trois objectifs principaux qui doivent être la base d?une gestion équilibrée
sur ce dossier et permettre aux éleveurs de pouvoir vivre de leur métier et l?exercer dans des
conditions optimales :
? Zéro attaque.
? Le droit permanent des éleveurs de défendre leurs troupeaux, déconnecté de tout plafond
de prélèvement.
? Le refus de toute conditionnalité pour le versement des indemnisations des troupeaux pré-
datés.
? Le rejet de toute gestion différenciée entre les territoires dans la gestion du dossier loup.
PUBLIÉ
Juillet 2023 Parangonnage sur la politique publique du loup Page 283/284
Enfin, nous rappelons notre demande de sortie du loup de la Convention de Berne et de la Directive
Habitats. »
Source : Communiqué de presse conjoint FNSEA-FNO-JA-CA 2017
16.5.2 Acceptation par l?opinion publique
82% des français interrogés estiment que les humains doivent trouver des moyens de cohabiter
avec les loups.
Pour 33% des français le loup peut représenter une menace.
https://www.eurogroupforanimals.org/files/eurogroupforanimals/2020-
06/Savanta%20ComRes_Wolf%20Protection%20Research%20for%20Eurogroup%20for%20Ani
mals_Feb2020_v2.pdf
16.6 Eléments de bilan et de prospective relatifs à la politique du
loup en France
16.6.1 Les points forts de la politique publique du loup en France
La politique publique du loup en France est établie conjointement par les ministères chargés de
l?agriculture et de l?écologie. Elle fait l?objet d?un encadrement national et d?une planification
pluriannuelle.
La coordination nationale de sa mise en oeuvre par un Préfet permet d?en assurer la cohérence sur
l?intégralité du territoire national et la conformité aux règles. Elle permet également d?avoir une
vision actualisée en permanence de la situation dans tous les territoires.
La transparence est assurée par la publication régulière d?informations et de données sur deux
sites internet nationaux, gérés respectivement par le Préfet coordinateur et l?OFB.
La gouvernance du plan national comporte également :
? une instance de dialogue et de concertation entre toutes les parties prenantes, le Groupe
national loup, réuni régulièrement par le Préfet coordinateur ;
? un conseil scientifique.
L?expertise de l?OFB et sa capacité de projection sur le terrain sont également particulièrement
précieuses.
16.6.2 Pistes d'évolution et expérimentation de nouvelles mesures
Le « Plan national d?actions 2018-2023 sur le loup et les activités d?élevage » arrive bientôt à
échéance. En vue de l?élaboration du prochain plan, les ministères mobilisent des experts et ont
sollicité le parangonnage avec d?autres pays européens afin d?identifier les mesures et pratiques
jugées pertinentes et efficaces et qui pourraient être applicables en France.
PUBLIÉ
https://www.eurogroupforanimals.org/files/eurogroupforanimals/2020-06/Savanta%20ComRes_Wolf%20Protection%20Research%20for%20Eurogroup%20for%20Animals_Feb2020_v2.pdf
https://www.eurogroupforanimals.org/files/eurogroupforanimals/2020-06/Savanta%20ComRes_Wolf%20Protection%20Research%20for%20Eurogroup%20for%20Animals_Feb2020_v2.pdf
https://www.eurogroupforanimals.org/files/eurogroupforanimals/2020-06/Savanta%20ComRes_Wolf%20Protection%20Research%20for%20Eurogroup%20for%20Animals_Feb2020_v2.pdf
PUBLIÉ
Sommaire
Résumé
Liste des recommandations
Introduction
1 Les recommandations formulées dans les rapports antérieurs des conseils généraux ont été très largement mises en oeuvre
2 Huit études de cas pour couvrir la diversité des situations
locales
3 Les enseignements du parangonnage permettent de formuler sept recommandations
Conclusion
Annexes
1 Lettre de mission
2 Liste des personnes rencontrées
3 Glossaire des sigles et acronymes
4 Tableau des chiffres clés par pays
5 Historique rapide des plans nationaux d?actions relatif au
loup
6 Tableau des critères et les éléments d?orientation pour choisir les pays (et régions) objet du parangonnage
7 Tableau d?analyse des rapports relatifs au loup du Conseil général de l?environnement et du Conseil général de l?agriculture, de l?alimentation et des espaces ruraux
8 Fiche Allemagne
9 Fiche Communauté autonome des Asturies
10 Fiche Communauté autonome de Castille et Léon
11 Fiche Communauté autonome de Catalogne
12 Fiche Italie : Région autonome du Piémont
13 Fiche Slovaquie
14 Fiche Suède
15 Fiche Suisse
16 Fiche France
INVALIDE)