Amélioration de la situation des centres de soins de la faune sauvage
LHOTE, Catherine ;SAINT-GERMAIN, Sabine
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Il existe 100 centres de soins de la faune sauvage (CSFS) sur le territoire national, dont les centres de soins des trois écoles nationales vétérinaires (ENV). Les structures et les activités sont hétérogènes. Souvent d'initiative privée, et portés par des associations, ils font face chaque année à une augmentation des animaux pris en charge, alors que les ressources financières n'augmentent pas. Le budget global des centres, estimé par la mission, est de l'ordre de 10 à 11 M?. Les ressources sont principalement privées. En tout état de cause, les soins individuels à la faune sauvage, au titre de l'éthique et du bien-être animal ne relèvent pas d'une compétence publique. Les activités des CSFS en faveur des espèces protégées, de la formation des jeunes, de la sensibilisation du public et de la mobilisation des citoyens en font sans conteste des acteurs de la nouvelle stratégie nationale de la biodiversité (SNB 2030).µLa mission identifie des voies d'évolutions, principalement : une reconnaissance législative des CSFS permettant de refondre et de consolider une réglementation qui ne repose actuellement que sur un arrêté et des circulaires ; l'élaboration de guides des installations et des bonnes pratiques en remplacement de l'annexe à l'arrêté du 11 septembre 1992 ; l'adaptation du droit pour la mise en oeuvre de certains actes vétérinaires par le capacitaire sous conditions de formation et de suivi vétérinaire ; la mise en place d'outils de rapportage. Les concours publics aux CSFS doivent être envisagés selon la répartition des compétences dans le domaine de la biodiversité. Parmi les scénarios étudiés, deux sont possibles : l'hypothèse d'une compétence plus large des régions en matière de biodiversité, dans laquelle ce sujet trouverait sa place et le scénario, plus réaliste, du maintien des compétences actuelles de l'État et des régions. Dans la situation actuelle, la mission propose d'ouvrir le programme 113 « paysages, eau et biodiversité » au financement des CSFS. Les activités prioritairement soutenues, dans le cadre de conventions pluriannuelles d'objectifs, relèveraient de la contribution directe et indirecte à la préservation des espèces au titre de la SNB 2030. De plus, le soutien du ministère chargé de l'environnement aux deux fédérations devrait être maintenu, voire amplifié, afin d'accompagner les évolutions.</div>
Editeur
IGEDD
Descripteur Urbamet
faune
;soins
Descripteur écoplanete
centre de soins pour animaux
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
igedd.developpement-durable.gouv.fr
Catherine LHOTE (coordinatrice)
Sabine SAINT-GERMAIN
Rapport n°014342-01
Septembre 2022
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Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Sommaire
Résumé ....................................................................................................................................................... 7
Introduction .............................................................................................................................................. 8
Liste des recommandations ............................................................................................................ 10
Les CSFS, très divers, sont centrés sur les soins aux spécimens de la faune
sauvage locale ................................................................................................................................. 11
1.1 Les fonctions des CSFS les distinguent d?autres structures ............................................11
1.2 Les CSFS sont le reflet d?une sensibilité croissante de la société au bien-être
animal ..........................................................................................................................................................11
Les CSFS, que représentent partiellement deux fédérations, connaissent
une forte croissance de leur activité .................................................................................12
Le bien-être animal prend le pas sur la préservation des espèces...................13
1.3 Des établissements très hétérogènes .........................................................................................13
Certains centres accueillent toutes les espèces tandis que d?autres se
spécialisent sur une seule .....................................................................................................13
De natures juridiques très diverses, les CSFS sont dans leur très grande
majorité gérés par des associations .................................................................................14
1.4 Face à une inégale répartition des CSFS sur le territoire, des régions initient
des réseaux à leur échelle ................................................................................................................16
La contribution des centres de soins de la faune sauvage à la biodiversité ........ 17
2.1 L?objectif des soins prodigués est la réintroduction de l?animal dans la nature ......17
Les animaux pris en charge sont majoritairement des spécimens
d?espèces protégées ................................................................................................................18
Les centres sont soumis à de fortes amplitudes d?activités intersaison qui
nécessitent d?être anticipées ................................................................................................19
Des outils de rapportage de l?activité et d?évaluation sont à standardiser,
d?autres à construire .................................................................................................................20
La biosécurité dans les centres est à renforcer ..........................................................21
2.2 Autour des soins, les centres développent d?autres activités ..........................................22
La formation des acteurs du soin de la faune sauvage, un levier essentiel
pour la professionnalisation des centres ........................................................................23
La « médiation » diffuse dans la société la connaissance de la nature ..........24
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Certains centres contribuent à la connaissance et aux réseaux de
surveillance ...................................................................................................................................24
Le cadre juridique des CSFS devrait évoluer pour être adapté, clarifié et
consolidé ............................................................................................................................................ 26
3.1 Des non-conformités importantes concernent l?usage des médicaments
vétérinaires................................................................................................................................................26
3.2 Des adaptations et des clarifications faciliteraient le fonctionnement des CSFS ..28
Des actes de soins aux animaux de la faune sauvage pourraient être plus
solidement délégués aux capacitaires.............................................................................28
Des guides d?installation et des bonnes pratiques de la prise en charge et
une charte de déontologie permettraient, en souplesse, d?encadrer et
d?orienter les pratiques des CSFS .....................................................................................31
L?autorisation de transport devrait pouvoir être déléguée au sein des
CSFS ................................................................................................................................................32
Les point-relais pourraient être officialisés ....................................................................33
Une clarification s?impose pour les espèces susceptibles d?occasionner
des dégâts (ESOD) ...................................................................................................................33
3.3 La reconnaissance législative des CSFS paraît un préalable indispensable
pour consolider leur règlementation .............................................................................................35
Des centres en précarité financière et en quête d?aides auprès de partenaires
privés et publics .............................................................................................................................. 37
4.1 Quelles sont actuellement les charges des centres de soins ? ......................................37
Estimations des charges totales de fonctionnement des centres de soins
de la faune sauvage .................................................................................................................37
Une grande partie des dépenses de fonctionnement relèvent des salaires
des personnels ............................................................................................................................38
L?alimentation des animaux, des charges en augmentation ................................39
D?autres charges font l?objet de contributions volontaires et ne pèsent pas
dans le budget de la plupart des centres .......................................................................39
4.2 Quelles sont les ressources actuelles des CSFS pour fonctionner ? ..........................40
Cartographie des ressources directes .............................................................................41
Les bénévoles et les volontaires, mobilisés à tous les niveaux des
structures sont la première ressource .............................................................................41
Les financements privés sont importants mais les gestionnaires sont aux
limites de leurs capacités à les recueillir ........................................................................42
Les parcs zoologiques participent de plus en plus au fonctionnement des
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centres de soins de la faune sauvage .............................................................................43
Les collectivités territoriales sont les premiers financeurs publics ....................44
Les aides financières spécifiques de l?État sont très limitées ..............................46
Les fonds européens mobilisés pour les programmes de recherche et
quelques opérations d?investissements (FEDER et FEADER) ...........................50
La prise en charge des frais d?équarrissage par France Agrimer ......................51
4.3 Des soutiens financiers publics au fonctionnement des CSFS dans le cadre de
la stratégie nationale de la biodiversité et de ses déclinaisons territoriales
seraient justifiés ......................................................................................................................................51
Des systèmes de financements publics à envisager selon les
compétences de l?État et des collectivités territoriales ............................................52
La définition du concours de l?État au fonctionnement des CSFS dans le
cadre de la SNB..........................................................................................................................53
Conclusion .............................................................................................................................................. 56
Annexe 1 : Lettre de mission .......................................................................................................... 57
Annexe 2 : Liste des personnes rencontrées .......................................................................... 59
Annexe 3 : Méthode développée par la mission ..................................................................... 68
Annexe 4 : Le droit français actuel ne comporte aucune obligation de soigner
les animaux de la faune sauvage libre .................................................................................. 71
Annexe 5 : Liste et cartes de l?implantation des CSFS ........................................................ 72
Annexe 6 : Temps moyen d?hospitalisation des animaux reçus au CVSE* en
2021 ....................................................................................................................................................... 76
Annexe 7 Les animaux des espèces exotiques envahissantes et les animaux
des espèces exotiques confiés par l?autorité judiciaire ................................................ 77
Annexe 8 : L?implication des vétérinaires dans les soins à la faune sauvage libre
pourrait être plus importante ..................................................................................................... 79
Annexe 9 : Modèle économique « professionnalisé » proposé par la LPO ................ 80
Annexe 10 : Les parcs zoologiques participent de plus en plus au
fonctionnement des centres de soins de la faune sauvage ......................................... 82
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Annexe 11 Les aides de plusieurs régions aux centres de soins de la faune
sauvage et l?organisation en réseaux régionaux .............................................................. 85
Annexe 12 Les modes de financement des centres de soins de la faune sauvage
des écoles nationales vétérinaires .......................................................................................... 88
Annexe 13 Les centres de soins bénéficient de la politique mise en place en
faveur de la vie associative et de l?emploi sur le territoire national ......................... 89
Annexe 14 : Glossaire des sigles et acronymes ..................................................................... 90
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Résumé
Il existe 100 centres de soins de la faune sauvage (CSFS) sur le territoire national, dont les
centres de soins des trois écoles nationales vétérinaires (ENV) (Nantes, Maisons-Alfort, Tou-
louse). Les structures et les activités sont hétérogènes. Souvent d?initiative privée, et portés par
des associations, ils font face chaque année à une augmentation des animaux pris en charge,
alors que les ressources financières n?augmentent pas et qu?ils ne peuvent- de ce fait- recruter
des personnels. Les établissements adossés à un parc zoologique (11 centres), ou relevant
d?une collectivité (8) s?en sortent mieux financièrement.
Le budget global des centres, estimé par la mission, est de l?ordre de 10 à 11 M¤. Même si cette
donnée varie considérablement d?une espèce à l?autre, la prise en charge d?un animal coûte en
moyenne 58¤. Les ressources sont principalement privées (en dehors des centres portés par une
collectivité ou par une école nationale vétérinaire).
Le ministère chargé de l?environnement a fait un choix de longue date de ne pas soutenir finan-
cièrement les CSFS car il a pour mission de conserver des espèces et non de sauvegarder des
spécimens. En tout état de cause, les soins individuels à la faune sauvage, au titre de l?éthique et
du bien-être animal ne relèvent pas d?une compétence publique.
Indépendamment d?une aide d?urgence de 5 000 ¤ versée à titre exceptionnel en 2021 à 77
centres de soins, il soutient les deux fédérations et aide quatre centres pour leur compétence
quasi exclusive dans un plan national d?action de préservation des espèces ou sur la faune ma-
rine. L?Office français de la biodiversité subventionne les centres de soins partenaires des ré-
seaux d?observation et de surveillance des tortues marines. Enfin, dans le cadre de leur politique
en faveur de la biodiversité, plusieurs régions participent au financement de centres de soins.
Les CSFS constituent aujourd?hui un ensemble d?établissements ancrés dans les territoires, por-
tés par des associations dynamiques et recelant de fortes compétences humaines. Leurs activi-
tés en faveur des espèces protégées, de la formation des jeunes, de la sensibilisation du public
et de la mobilisation des citoyens en font sans conteste des acteurs de la nouvelle stratégie na-
tionale de la biodiversité (SNB 2030).
La mission identifie des voies d?évolutions, principalement :
? Une reconnaissance législative des CSFS permettant de refondre et de consolider une ré-
glementation qui ne repose actuellement que sur un arrêté et des circulaires ;
? L?élaboration de guides des installations et des bonnes pratiques avec le concours des fédé-
rations des CSFS en remplacement de l?annexe à l?arrêté du 11 septembre 1992 ;
? L?adaptation du droit afin de permettre la mise en oeuvre de certains actes vétérinaires par le
capacitaire sous conditions de formation et de suivi vétérinaire ;
? La mise en place d?outils de rapportage.
Les concours publics aux CSFS doivent être envisagés selon la répartition des compétences
dans le domaine de la biodiversité. Parmi les scénarios étudiés, deux sont possibles : l?hypothèse
d?une compétence plus large des régions en matière de biodiversité, dans laquelle ce sujet trou-
verait sa place.et le scénario, plus réaliste, du maintien des compétences actuelles de l?État et
des régions. Le scénario d?une compétence donnée aux communes ou à leur groupement sur le
modèle des fourrières n?est pas crédible.
Dans la situation actuelle, la mission propose d?ouvrir le programme 113 « paysages, eau et bio-
diversité » au financement des CSFS. Les activités prioritairement soutenues, dans le cadre de
conventions pluriannuelles d?objectifs, relèveraient de la contribution directe et indirecte à la pré-
servation des espèces au titre de la SNB 2030. De plus, le soutien du ministère chargé de
l?environnement aux deux fédérations devrait être maintenu, voire amplifié, afin d?accompagner
les évolutions.
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Introduction
Alerté à nouveau le 10 avril 2019 sur la situation financière des centres de soins de la faune sau-
vage (CSFS) par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), le ministre de la transition écolo-
gique a diligenté une étude auprès de l?Office national de la chasse et de la faune sauvage
(ONCFS) afin de dresser un inventaire des centres de soins ainsi que de leurs modes de fonc-
tionnement et de financement. L?Office français de la biodiversité (OFB) a dressé en 2021 un état
des lieux des centres de soins sur le territoire national à partir des réponses de ses services dé-
partementaux.
Par ailleurs, les deux fédérations des CSFS ont saisi ce ministère de propositions pour résoudre
les problèmes de financement que rencontrent les CSFS.
Par lettre du 10 février 2022 (cf. annexe n° 1), la ministre de la Transition écologique et la secré-
taire d?État chargée de la biodiversité ont demandé au vice-président du Conseil général de
l?environnement et du développement durable (CGEDD)1, de réaliser une mission portant sur l?«
amélioration de la situation des centres de soins de la faune sauvage ».
Elles ont assigné à la mission les objectifs suivants :
- analyser le fonctionnement des CSFS et leur conformité à la réglementation, en mettant
en exergue la diversité des situations ;
- identifier leur contribution à la protection des espèces protégées, en particulier, celles à
faibles effectifs ;
- identifier les ajustements réglementaires qui seraient utiles à apporter afin de définir des
standards minimums communs aux CSFS, dans l?objectif d?améliorer leur fonctionne-
ment, voire de les professionnaliser. Ces ajustements pourront tendre également à un al-
légement des contraintes qui ne se justifieraient pas ;
- identifier et quantifier les différents modes de financement existants des centres de soins
et notamment leurs liens avec les sites de présentation au public ;
- proposer un ou plusieurs systèmes de financement des CSFS permettant d?assurer la
stabilité de leurs ressources, en fonction de leurs caractéristiques.
Les ministres ont souhaité que la mission s?appuie sur les deux fédérations de centres et envi-
sage les rôles qu?elles pourraient jouer dans la concrétisation de ses propositions.
Il n?y a pas eu de mission antérieure du CGEDD sur ce sujet qui, d?une manière générale, est
assez peu exploré.
La mission s?est appuyée (cf. annexe 3 -Méthodologie) sur le rapport 2021 de l?OFB, une thèse
vétérinaire publiée en 2021 sur les centres de soins, les documents d?analyse et de propositions
produits par les fédérations, en particulier le réseau des centres de soins de la faune sauvage, le
recensement des CSFS réalisé par les directions départementales de l?emploi, du travail, des
solidarités et de la protection des populations (DDETSPP).
Sur la question des finances, la mission a fondé ses réflexions sur des informations recueillies
par le réseau des CSFS (RCSFS) en 2021 auprès de ses 23 centres adhérents, la thèse vétéri-
naire de 2021 précédemment évoquée, des données collectées par la mission sur un panel de
20 centres (cf. annexe 3). Sur les 20 centres du panel, 15 ont communiqué à la mission les don-
nées relatives à leur comptabilité en 2021 (et, parfois, sur les années antérieures), dont deux
centres très spécialisés (hérisson pour l?un, écureuil pour l?autre). Ce sont finalement sur les 13
autres centres, plus représentatifs de la moyenne des centres, que la mission s?est essentielle-
ment appuyée.
1 Lé CGEDD ést dévénu, dépuis lé 1ér séptémbré 2022, l?Inspéction gé né ralé dé l?énvironnémént ét du dé véloppémént
durablé (IGEDD) én application dés dé créts n° 2022-1025 du 20 juillét 2022 ét n° 2022-1165 du 20 aou t 2022.
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Elle a rendu visite à plusieurs CSFS dans le Grand Est (quatre centres2), à Nantes (le centre de
l?école nationale vétérinaire de Nantes3), en Normandie (un centre4), en Ile-de-France (deux
centres dont celui de l?école nationale vétérinaire de Maisons-Alfort 5)
Elle a par ailleurs mené 53 entretiens notamment avec des représentants des deux fédérations
de CSFS, de onze autres CSFS, du conseil national de l?ordre des vétérinaires (CNOV) et
d?associations concernées par ce sujet (cf. liste des personnes rencontrées en annexe n° 2).
Pour répondre aux objectifs donnés par les ministres, le présent rapport s?est attaché à recenser
et présenter les divers types de centres de soins ainsi que leur répartition sur le territoire. Il éva-
lue leur contribution à la biodiversité, analyse le cadre juridique de leurs actions, leurs besoins et
leurs ressources financières. Ces éléments conduisent à envisager des évolutions technique et
juridique puis, dans le cadre de la nouvelle stratégie nationale de la biodiversité (SNB 2030), de
proposer un soutien de l?État aux CSFS qui répondraient à certaines priorités.
À chaque fois, que cela lui paraissait nécessaire, la mission a proposé des pistes d?améliorations
à étudier et débattre qui se distinguent des recommandations, qui, elles, lui paraissent plus
impératives.
2 Le centre du Gorna, le centre de sauvegarde de Valleroy, le centre de soins pour la faune sauvage en détresse
dépendant de la LPO Alsace et le centre Dudelange au Luxembourg.
3 Le centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes des pays de la Loire intégré au sein de l?école
nationale vétérinaire de Nantes, ONIRIS.
4 le centre du Centre d?hébergement et d?étude sur la nature et l?environnement (CHENE).
5 le centre hospitalier universitaire-Faune sauvage intégré à l?école nationale vétérinaire de Maisons-Alfort et le
Centre de sauvegarde de Rambouillet.
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Liste des recommandations
Recommandation 1. [MTECT] Encadrer l?élaboration d?outils de rapportage des
activités des centres de soins, à travers un travail commun des fédérations des
centres, des DDETSPP, des DREAL et de l?OFB ; les rendre obligatoires. ................. 21
Recommandation 2. [MASA] Piloter l?élaboration d?un guide de la biosécurité et
d?un modèle de plan de maîtrise sanitaire dans les centres de soins ;
généraliser par voie règlementaire la mise en place par les capacitaires des
centres de soins de la faune sauvage d?un plan de maîtrise sanitaire ; faire
entrer les centres de soins dans le réseau Sagir, moyennant la définition des
critères d?amenée des animaux en laboratoire. ...................................................................... 22
Recommandation 3. [MASA, en concertation avec le CNOV]Adapter le droit
applicable aux CSFS pour rejoindre celui bénéficiant aux éleveurs, afin de
permettre aux personnes titulaires du certificat de capacité de pratiquer
certains traitements, notamment à visée analgésique, sous réserve d?une
formation attestée et d?un suivi vétérinaire ; habiliter les capacitaires à pratiquer
des actes d?euthanasie mécanique sous réserve du respect de protocoles
auxquels ils auraient été formés. .................................................................................................. 30
Recommandation 4. [MTECT avec le concours des fédérations des CSFS] -
Élaborer progressivement puis actualiser un guide des conditions matérielles
d?installation des CSFS et un guide des bonnes pratiques de la prise en charge
des animaux en CSFS ainsi qu?une charte de déontologie ; instituer un comité
d?éthique des centres de soins. ..................................................................................................... 31
Recommandation 5. [MTECT] Prévoir, dans le texte régissant les autorisations
de transports, que le capacitaire, titulaire d?une autorisation de transport, peut
la déléguer à des membres de sa structure sous réserve qu?ils aient reçu une
formation minimale et que l?administration en soit informée. .......................................... 33
Recommandation 6. [MTECT] Concernant les ESOD des groupes 2 et 3, dans
tous les départements, donner la compétence à chaque capacitaire de
déterminer sa politique d?accueil et de lâcher vis-à-vis des animaux de ces
espèces, à l?exception du sanglier, dont l?admission en centre de soins et le
relâcher devraient être interdits. ................................................................................................... 35
Recommandation 7. [MTECT] : (i) Reconnaître les CSFS dans la partie
législative du code de l?environnement en y créant notamment un article L. 413-
1-2 qui les définirait et prévoirait les grandes lignes de leur réglementation
(autorisation, interdiction) ;(ii) reprendre le détail de la réglementation actuelle
dans des dispositions réglementaires codifiées puis dans des arrêtés, et des
guides pour les aspects les plus techniques. ......................................................................... 36
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Les CSFS, très divers, sont centrés sur les soins aux
spécimens de la faune sauvage locale
1.1 Les fonctions des CSFS les distinguent d?autres structures
Selon l?article 1er de l?arrêté du 11 septembre 1992 modifié, relatif aux règles générales de
fonctionnement et aux caractéristiques des installations des établissements qui pratiquent des
soins sur les animaux de la faune sauvage, les CSFS sont les seuls à pourvoir « héberger,
soigner et entretenir les animaux de la faune sauvage momentanément incapables de pourvoir à
leur survie dans le milieu naturel ».
La finalité des CSFS est résumée par l?article 2 de l?arrêté de 1992 : « Tout animal de la faune
sauvage recueilli dans un établissement visé à l'article 1er doit y être traité en vue de son
insertion ou de sa réinsertion dans le milieu naturel (?) ».
Il convient de distinguer les CSFS des refuges ou sanctuaires pour animaux sauvages
captifs 6qui sont désormais définis par l?article L. 413-1-1 du code de l?environnement : « Un
refuge ou sanctuaire pour animaux sauvages captifs est un établissement à but non lucratif
accueillant des animaux d'espèces non domestiques, captifs ou ayant été captifs, ayant fait l'objet
d'un acte de saisie ou de confiscation, trouvés abandonnés ou placés volontairement par leur
propriétaire qui a souhaité s'en dessaisir. (?). » L?encadrement de cette activité est
particulièrement récent et résulte de l?article 47 de la loi n°2021-1539 du 30 novembre 2021
visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes.
Les centres de soins de la faune sauvage ne doivent pas non plus être confondus avec des
« établissements destinés à la présentation au public de spécimens vivants de la faune locale ou
étrangères » régis par les articles L. 413-2 du code de l?environnement, autrement dit les parcs
zoologiques. En effet, la vocation des CSFS étant de replacer dans leur milieu naturel les
animaux sauvages blessés une fois soignés, ils doivent limiter le plus possible les contacts avec
les humains. L?activité de présentation d?animaux non domestiques leur est expressément
interdite par l?article 3 de l?arrêté du 11 septembre 1992.
1.2 Les CSFS sont le reflet d?une sensibilité croissante de la
société au bien-être animal
Alors que l?approche en matière de préservation de la biodiversité est centrée sur les espèces et
leurs populations, les centres de soins s?intéressent à l?animal en tant qu?individu. Depuis leur
apparition dans les années 707, ils se développent avec une sensibilité croissante à la notion de
bien-être animal, reflet d?une préoccupation de la société à cet égard.
D?initiative privée pour la majeure partie, leur répartition sur le territoire est très inégale. Les
structures et leur fonctionnement sont diverses ce qui contribue à rendre complexe leur
fédération.
6 Ces refuges pour animaux sauvages captifs doivent être distingués des refuges pour animaux domestiques qui
sont définis par l?article L. 214-6 du code rural et de la pêche maritime : « (?) II On entend par refuge un
établissement à but non lucratif géré par une fondation ou une association de protection des animaux désignée à
cet effet par le préfet, accueillant et prenant en charge des animaux soit en provenance d'une fourrière à l'issue
des délais de garde fixés aux articles L. 211-24 et L. 211-25, soit donnés par leur propriétaire.(?) ».
7 Les centres de soins de la faune sauvage se sont constitués dans les années 70 et 80 pour répondre à des
atteintes importantes à la faune sauvage, dans le contexte des marées noires en métropole (naufrage du pétrolier
Torrey Canyon en mars 1967 au large des côtes britanniques qui provoqua l?arrivée de nappes de pétrole sur les
côtes de Cornouaille ainsi que sur le rivage français ; naufrages du pétrolier Amoco Cadiz en mars 1978 puis du
pétrolier Tanio en mars 1980, au large des côtes bretonnes).
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Les CSFS, que représentent partiellement deux
fédérations, connaissent une forte croissance de leur
activité
Selon les travaux de la mission8, 100 centres de soins, actuellement ouverts, sont implantés en
métropole et outre-mer. Ils prendraient en charge environ 100 000 animaux sauvages par an
(source RFSCS 20219), dont 70% relèveraient d?espèces protégées, et en relâcheraient dans le
milieu naturel entre un quart et la moitié selon les espèces (cf. point 2.1 .1 du rapport).
Moins de la moitié des CSFS adhèrent à l?une ou l?autre, ou aux deux fédérations qui
représentent ces centres :
? la fédération la plus ancienne, créée en 1983, est l?Union nationale des centres de
sauvegarde10 (UNCS), devenue en 2001 l?Union française des centres de sauvegarde
(UFCS11), qui indique avoir 26 centres adhérents ; elle est en perte de vitesse depuis la
création de la seconde fédération mais assure toujours des formations reconnues pour
les capacitaires. Ses adhérents doivent signer une charte rigoureuse qui rappelle que
l?objectif des centres de sauvegarde est « le retour en milieu naturel, après soins, de tous
les animaux qui peuvent être relâchés avec une bonne probabilité de vie » ;
? le Réseau des centres de soins de la faune sauvage (RCSFS), fondée en 2019,
rassemble 26 organismes représentant 27 centres ( dont les centres de soins gérés par
le réseau LPO et les centres des trois Écoles nationales vétérinaires), avec une volonté
d?une « professionnalisation » des centres à travers l?augmentation des recrutements de
personnels permanents et des ressources financières accrues et garanties.
Ainsi, d?une part, deux réseaux coexistent (à la différence d?autres domaines comme les réserves
naturelles nationales où n?existe qu?un seul réseau), avec des visions différentes de ce que doit
être un centre de soins, mais dont les responsables dialoguent entre eux. D?autre part, plus de la
moitié des centres sont en dehors des canaux d?information, de concertation et d?échanges
animés par les deux fédérations. L?administration (directions départementales de la cohésion
sociale et de la protection des populations, DDCSPP devenues au 1er avril 2021 les directions
départementales de l?emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations
DDETSPP12) est pour la plupart de ceux-ci une source d?information principale.
Cette situation conduit la mission à préconiser de faire travailler ensemble les deux fédérations et
de les aider à renforcer leur représentativité (cf. point 4.3.3).
Les entretiens conduits par la mission lui permettent de considérer que les activités de presque
tous les CSFS sont en forte croissance :
- entre + 10% et +20% par an, à l?exception de l?année 2020 en raison de la pandémie de
la Covid 19, pour le nombre d?animaux accueillis ;
- des taux de croissance plus forts, pouvant atteindre +35%, pour les appels téléphoniques
adressés aux CSFS.
Ces augmentations d?activité sont induites à la fois par une sensibilité accrue de la société au
8 Il n?existe aucun recensement officiel et centralisé de l?ensemble des CSFS, accessible ni aux services de l?État
qui délivrent les autorisations d?ouverture et contrôlent ces structures, ni au public. Il y a de forts mouvements de
création et de suspension, voire de fermeture de centres chaque année et les autorisations d?ouverture sont bien
souvent longues à obtenir, intervenant parfois a postériori pour régulariser des situations existantes.
9 Note du RCSFS : « Centres de soins de la faune sauvage : Comment éviter un naufrage ? »
10 L?appellation « centre de sauvegarde » qui est la plus ancienne met l?accent sur la finalité de préservation de
l?espèce plus que sur le soin apporté à un individu.
11 http://www.ufcs.fr/spip.php?article65
12 Dé crét n° 2020-1545 du 9 dé cémbré 2020 rélatif a l'organisation ét aux missions dés diréctions ré gionalés dé
l'é conomié, dé l'émploi, du travail ét dés solidarité s, dés diréctions dé partéméntalés dé l'émploi, du travail ét dés
solidarité s ét dés diréctions dé partéméntalés dé l'émploi, du travail, dés solidarité s ét dé la protéction dés populations.
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céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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bien-être animal, dans le contexte plus récent des canicules mettant en péril les jeunes animaux
(cf. point 2.1.2), ainsi que par une plus grande visibilité des centres de soins. En effet, les CSFS
sont de plus en plus connus du grand public, grâce notamment aux technologies de l?information
et de la communication bien exploitées par certains centres (site internet, réseaux sociaux, etc.),
ainsi qu?aux liens figurant sur les sites de collectivités et associations. En outre, la carte de
l?UFCS puis l?annuaire du RCSFS, tous deux en ligne, permettent de localiser les centres, de
connaîre leurs aires d?intervention et leurs spécialités.
Le bien-être animal prend le pas sur la préservation des
espèces
La question du bien-être animal est devenue un sujet de société. La loi du 30 novembre 2021
visant à lutter contre la maltraitance animale et à conforter le lien entre les animaux et les
hommes en est une manifestation.
Le développement des « centres de soins de la faune sauvage » s?inscrit aussi dans ce
mouvement13 alors que dans les années 1970, sous leurs anciennes dénominations de « centres
de sauvegarde de la faune sauvage », .la vocation était de « soigner pour réparer les dégâts
causés par l?homme à la nature ». Ils étaient plus proche de l?esprit de l?article 1er de la loi du 10
juillet 1976 relative à la protection de la nature14, codifié à l?article L. 200-1 du code rural puis
repris mais transformé à l?article L. 110-2 du code de l?environnement15. L?esprit de la loi est en
effet de sauvegarder le patrimoine naturel, des espèces et des populations et ne vise pas la
sauvegarde de chaque spécimen.
Pourtant, à l?instar d?un animal de compagnie ou de rente reconnu comme être sensible devant
être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques
de son espèce, le droit actuel ne comporte aucune obligation de soigner l?animal sauvage dans
son milieu naturel (cf. annexe 4).
1.3 Des établissements très hétérogènes
Certains centres accueillent toutes les espèces tandis
que d?autres se spécialisent sur une seule
La mission a retenu trois grandes catégories de centres de soins en fonction de la variété des
espèces accueillies (cf. carte 2 -annexe n° 3) :
? les centres généralistes qui accueillent toutes les espèces ; la mission en recense 51 ;
ils représentent donc un peu plus de la moitié des centres ; c?est dans cette catégorie que
s?inscrivent les centres les plus importants en effectifs humains et en nombre de
spécimens accueillis ;
? les centres spécialisés qui accueillent une seule classe ou une grande famille d?espèces
13 Pour le professeur JF Courreau (docteur vétérinaire, ex-professeur de zootechnie à l?ENV d?Alfort et Président
fondateur de l?association Faune Alfort), il s?agit « d?une préoccupation sociétale qui s?affirme, celle de soulager la
souffrance animale. Associée à un sentiment de culpabilité, de plus en plus exprimé, lié à l?impact négatif des
activités humaines sur la vie sauvage, nous avons peut-être là l?explication des 20% de hausse des accueils en
centres de soins chaque année, sur la dernière décennie (Tissidre et Courreau, 2021). »13. Extrait de Sensibilité
et rapports des contemporains avec la faune sauvage, L?action des centres de soins, Jean-François Courreau
dans Ethnozootechnie n° 110 ? 2022.
14 Art 1er de la loi du 10 juillet 1976 « La protection des espaces naturels et des paysages, la préservation des
espèces animales et végétales, le maintien des équilibres biologiques auxquels ils participent et la protection des
ressources naturelles contre toutes les causes de dégradation qui les menacent sont d'intérêt général./Il est du
devoir de chacun de veiller à la sauvegarde du patrimoine naturel dans lequel il vit (?) ».
15 Art. L. 110-2 du code de l?environnement : « (?) Il est du devoir de chacun de veiller à la sauvegarde et de
contribuer à la protection de l'environnement (?) ».
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(oiseaux, mammifères, reptiles, tortues marines, rapaces) ; la mission en dénombre 26,
soit un bon quart ;
? les centres très spécialisés, le plus souvent mono espèce ; 23 centres répondent à
cette définition selon la mission, soit un peu moins d?un quart.16 Ce sont les plus petits
centres, le capacitaire étant souvent le seul permanent du centre, avec un statut de
bénévole.
Par ailleurs, 20 centres de soins hébergent des animaux marins (oiseaux et/ou mammifères),
qu?ils soient généralistes, spécialisés ou très spécialisés, soit un cinquième de l?ensemble des
centres (cf. carte 3, annexe 5).
S?agissant des centres très spécialisés se consacrant aux seuls hérissons, ils sont souvent
organisés en réseau piloté par une association chapeau (cf. exemple des P?tits Kipik disposant
de six centres dont un centre pilote et cinq antennes). Ces centres souhaitent voir se développer
leur modèle afin d?assurer une prise en charge beaucoup plus générale des hérissons en France,
notamment dans les régions périphériques des villes où ils se développeraient particulièrement.
Par ailleurs, pour faciliter la prise en charge des hérissons, un mouvement 17 s?est créé
promouvant l?idée d?un statut d? « Eco-citoyen Hérisson » qui « permettra la création de
nombreux réseaux de citoyens bénévoles, un moyen simple et gratuit qui sauve des dizaines de
milliers de hérissons, tout en sensibilisant la population dans les écoles, les villages, les
banlieues rurales et les écosystèmes urbains ». Une pétition a ainsi été lancée afin de demander
un allègement de la réglementation, la prise en charge des hérissons étant supposé ne
nécessiter aucune compétence particulière, sauf en cas de pathologie lourde.
De natures juridiques très diverses, les CSFS sont dans
leur très grande majorité gérés par des associations
Le tableau ci-dessous décrit la situation des centres selon leur statut juridique et leurs activités.
La mission y a privilégié une approche financière en regroupant les centres gérés par les
collectivités territoriales et toutes les structures, quelles que soient leurs formes juridiques, dans
lesquelles ces collectivités sont fortement impliquées. Un décompte plus juridique complète cette
première approche.
Statut juridique du
gestionnaire
/activités
Associations Collectivités
territoriales
et
assimilées*
Établissements
publics
Personnes
physiques
Sociétés
privées
Total
Généralistes 45 3 3 (ENV) 51
Spécialisés 21 4 - 1 26
Très spécialisés ou
mono-spécifiques
21
(17 hérisson, 2
chauve-souris,
1 écureuil, 1
cygne)
1 (tortue) 1 (hérisson) 23
Total 87 8 3 1 1 100**
* Assimilées = EPCI, SEM, SPL, syndicat mixte ** dont 2 centres relais
Tableau 1 : Répartition des CSFS selon leur type d'activité et leur nature juridique
16 18 centres n?accueillent que des hérissons, deux des chauves-souris, un des écureuils, un des cygnes, un des
tortues marines.
17 http://www.familléhérisson.fr/
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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Les centres sont majoritairement organisés sous forme associative (87 centres).
Toutes ces associations peuvent être reconnues d?intérêt général au sens fiscal du terme (cf.
point 4.1.4), respectivement, les articles 200 et 238 bis du code général des impôts, CGI).
En effet, l?objet même des CSFS et donc de ces associations, est bien de concourir, selon les
termes des articles 200 et 238 bis du CGI, à « la défense de l?environnement naturel »18. Par
conséquent, la reconnaissance d?intérêt général devrait leur être accordée très facilement dès
lors qu?elles exercent une activité non lucrative, que leur gestion est désintéressée et qu?elles
disposent d?un cercle étendu de bénéficiaires19. Cette reconnaissance permet de faire bénéficier
leurs donateurs de réductions d?impôts et autorise ces associations après trois ans d?existence à
recevoir des legs, ce qui peut leur permettre de financer de gros investissements.
Les autres centres gérés par des personnes (physiques ou morales) de droit privé sont au
nombre de cinq20 . Elles ont parfois une origine publique et des capitaux en grande partie
également publics comme les SEM ou les SPL.
La dernière catégorie de centres est gérée par des personnes morales de droit public : la mission
en dénombre huit21 .
12 centres, de nature juridique variée, sont adossés, autrement dit, soutenus, par des parcs
zoologiques (cf. point 4.2.3.1).
Trois écoles vétérinaires comportent un centre de soins qui est partie intégrante d?un Centre
hospitalier universitaire vétérinaire de l?École (CHUV) :
? le CHUV-Faune sauvage de Maisons-Alfort, service de l?École nationale vétérinaire
d?Alfort (établissement public administratif, EPA22), qui fonctionne en partie avec l?aide de
l?association Faune Alfort ;
? la clinique faune sauvage de l?École nationale vétérinaire de Toulouse (EPA) ;
? le centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes est un service de
l?établissement ONIRIS, école vétérinaire agroalimentaire et de l?alimentation de Nantes
(établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel23).
Les problématiques des centres des écoles nationales vétérinaires sont tout à fait différentes de
celles rencontrées par la plupart des autres centres, compte tenu à la fois de leur statut juridique
qui leur assure une pérennité et des personnels de grande qualification, notamment vétérinaire,
qui y interviennent. Ils peuvent ainsi par exemple entreprendre des recherches ou des études
inenvisageables pour les autres CSFS.
18 Sur l?interprétation de la notion de « défense de l?environnement naturel », l?instruction du 10 mai 2017
(https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/5837-PGP.html/identifiant=BOI-IR-RICI-250-10-20-10-
20170510#III._Organismes_concourant__12) demande que « Ces organismes d'intérêt général exercent leur
activité dans un ou plusieurs des domaines suivants : (?) - préservation de la faune, de la flore » et en réponse à
des parlementaires, le ministre chargé du budget avait répondu en 2009 comme en 2010 qu?il s?agissait
notamment pour ces organismes de protéger la faune et la flore sauvages et la biodiversité. (RM Luca n°40987,
JO AN du 08 septembre 2009, p. 8539 et RM Breton n° 56074, JO AN du 23 février 2010, p. 2039).
19 https://www.economie.gouv.fr/cedef/association-reconnue-interet-general
20 Une personne physique, une société privée, deux sociétés d?économie mixte (SEM) et une société publique
locale ou SPL.
21 Deux sont gérées en régie par des collectivités territoriales, commune et département ; un par un syndicat
mixte, 2 par des EPCI et 3 par des écoles vétérinaires qui sont des établissements publics particuliers.
22 Articles D. 812-2 et D. 812-3 du code rural et de la pêche maritime (CRPM).
23 Décret n° 2009-1642 du 24 décembre 2009 portant création de l'école nationale vétérinaire, agroalimentaire et
de l'alimentation, Nantes-Atlantique (ONIRIS).
https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/5837-PGP.html/identifiant=BOI-IR-RICI-250-10-20-10-20170510#III._Organismes_concourant__12
https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/5837-PGP.html/identifiant=BOI-IR-RICI-250-10-20-10-20170510#III._Organismes_concourant__12
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1.4 Face à une inégale répartition des CSFS sur le territoire, des
régions initient des réseaux à leur échelle
Les 100 centres en activité recensés (dont deux « centres relais ») sont implantés dans 62
départements dont neuf dans quatre départements ou régions d?outre-mer (La Guadeloupe, la
Réunion, la Guyane et Mayotte). Tous les départements figurent dans l?aire d?intervention d?au
moins un centre de soins.
Comme le montre la carte 1 (annexe 5), même s?il semble que tous les animaux blessés où qu?ils
se trouvent, peuvent être rapatriés vers un CSFS, la répartition des CSFS sur le territoire est
imparfaite : 39 départements sont dépourvus de centre de soins et plusieurs centres de soins
sont parfois concentrés dans un même département. Ce déséquilibre provoque parfois de longs
transports entre les lieux de découverte des animaux et les centres de soins, ce qui est
préjudiciable à la fois pour les animaux blessés (durée d?attente avant le soin, stress pendant le
transport), les bénévoles qui doivent faire le trajet pour les récupérer ou les amener aux centres
de soins ainsi qu?au regard des émissions de gaz à effet de serre, sans compter le coût financier
de ces transports.
Cette disparité dans le maillage du territoire n?est pas vraiment étonnante puisque l?implantation
des centres est totalement libre. Le choix de leur emplacement n?est pas discuté dans le cadre
de la délivrance de l?autorisation d?ouverture. Par ailleurs, sous réserve d?en obtenir l?autorisation
et de disposer des certificats correspondants, les centres de soins décident librement des
espèces qu?ils vont accueillir. Par conséquent, certains départements n?abritant aucun centre
peuvent n?être « couverts » que par des centres spécialisés ou très spécialisés et inversement,
par exemple, les oiseaux marins de la méditerranée ne semblent pris en charge par aucun centre
spécialisé.
Cette situation pourrait éventuellement être améliorée progressivement si, à l?occasion de
l?examen des demandes d?autorisation d?ouverture, il était demandé aux pétitionnaires de
compléter leurs dossiers par une analyse des besoins et une justification de l?implantation Ces
informations donneraient matière à discussion et des critères d?appréciation sur la pertinence
mais ne pourraient pas constituer un motif du refus de l?autorisation d?ouverture.
La mission a rencontré des élus et représentants des services techniques des régions, Nouvelle-
Aquitaine, Grand Est et Occitanie, qui soutiennent et accompagnent les CSFS de leur ressort
en les aidant notamment à se constituer, à l?échelle régional, en un réseau.
La région Bretagne, quant à elle, s?interroge sur sa politique vis-à-vis des CSFS et a commandé
une étude à la LPO pour l?éclairer sur leurs besoins et les mesures à mettre en place.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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La contribution des centres de soins de la faune
sauvage à la biodiversité
Dans leur ensemble, sur le territoire national, les centres de soins prennent en charge quasiment
toutes les espèces de mammifères et d?oiseaux de la faune sauvage locale (à l?exception des
espèces exotiques envahissantes (EEE)), plus rarement des reptiles (sauf les tortues) et,
exceptionnellement des amphibiens, soit environ 120 espèces. Les centres les plus importants
accueillent plus de 7 000 animaux par an.
En l?absence d?outils de rapportage centralisés (cf. point 2.1.2), on ne connaît pas les effectifs
d?animaux admis et relâchés globalement ou par espèce. Le RCSFS estime que les centres ont
reçu 100 000 animaux en 2021 (quel que soit le devenir de ces animaux en CSFS). Pour la
mission, c?est une estimation basse, l?effectif d?animaux amenée serait plus proche de 150 000
animaux24. Cet effectif est toutefois faible relativement aux effectifs des populations naturelles de
la faune sauvage. L?incidence directe sur la biodiversité des centres de soins est faible.
La mission s?est interrogée sur la contribution des centres de soins à la protection des espèces
protégées à travers les soins apportés aux animaux de ces espèces.
Elle a également exploré les autres activités des centres de soins qui se conjuguent avec la
fonction de soins et contribuent indirectement et significativement à la préservation de la
biodiversité :
? la formation aux soins de la faune sauvage ;
? la « médiation » entre l?homme et la faune sauvage ;
? la connaissance et la recherche ;
? la participation aux réseaux d?observation et de surveillance ;
? le conseil et l?expertise.
2.1 L?objectif des soins prodigués est la réintroduction de l?animal
dans la nature
En amont de l?accueil des animaux, plusieurs centres de soins (cas des centres de soins de la
LPO par exemple) ont organisé sur un territoire un réseau de bénévoles dits « rapatrieurs ».
Ceux-ci sont en charge de recueillir les animaux auprès des particuliers (ou « découvreurs ») et
dans les cabinets vétérinaires, le cas échéant, pour les acheminer dans le centre de soins, à la
demande du centre, sur appel téléphonique.
L?animal accueilli dans un centre de soins est pris en charge par le capacitaire et une équipe
formée puis intégré dans un parcours qui comporte quatre phases, dont l?objectif est la
réinsertion dans la nature :
? Admission : inscription sur le registre d?entrée (recueil des commémoratifs) et examen
clinique d?admission (vérification que le centre est apte à la prise en charge)
? Soins vétérinaires
? Réhabilitation et préparation à la réinsertion dans la nature
? Relâcher
Jusqu?au relâcher, l?évaluation de la probabilité que l?animal puisse être réintroduit dans la nature
peut conduire à une décision d?euthanasie, l?animal ne pouvant survivre dans la nature qu?en
24 Pour le panel de 18 établissements étudiés par la mission (annexe 3), le nombre d?animaux amenés en 2021
est déjà de près de 50 000 animaux
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pleine capacité de ses moyens. Lors de la phase de réhabilitation, l?animal est placé dans des
espaces plus grands. Le contact avec l?homme se limite à une surveillance discrète et l?apport de
nourriture. La durée de séjour des animaux relâchés est estimée à 60 jours par le RCSFS (tenant
compte des animaux, tels les hérissons, conservés durant l?hiver), mais peut être bien inférieure ;
elle est par exemple en moyenne de 35 jours au CVSE d?ONIRIS (cf. annexe 6).
Les animaux pris en charge sont majoritairement des
spécimens d?espèces protégées25
L?amenée d?un animal résulte de la rencontre fortuite entre un animal blessé ou affaibli et un
humain sensible à cet état. Les populations d?animaux amenés en centres de soins sont
(globalement) une représentation de la biodiversité la plus courante en milieu urbain et
suburbain.
Le statut juridique de l?animal ne rentre pas en considération pour le découvreur de l?animal, pour
qui tout animal sauvage peut être pris en charge (Fritsch, 1997). C?est d?ailleurs une conception
partagée par plusieurs des capacitaires de centres rencontrés par la mission, pour lesquels les
animaux ont la même valeur indépendamment de l?espèce. Cette question n?est pas
collectivement tranchée chez les capacitaires.
Concernant les effectifs d?espèces protégées pris en charge dans les centres de soins, on peut
regretter que les bilans des centres de soins fassent rarement état du statut juridique des
espèces accueillies et de leur statut de conservation.
Le RCSFS a réuni et communiqué à la mission les données 2021 cumulées pour les 23 centres
alors adhérents, dont il ressort que ces centres ont accueillis 56 386 animaux et en ont relâché
21 512 (soit 38%). 64% des accueils concernaient des animaux sous statut de protection (cf.
tableau 2 ci-dessous des statuts de conservation suivants les critères UICN des espèces
protégées admises), contre 36% sans statut de protection (dont 29%, des animaux d?espèces
chassables).
Statut de
conservation
En danger
critique (CR)
En danger (EN) Vulnérable (VU) Quasi
menacées (NT)
Effectif accueillis
(sur un total de
56 386 animaux)
1616 spécimens-
10 espèces
169 spécimens ?
12 espèces
1068 spécimens
? 38 espèces
8 804
specimens-50
espèces
Taux de relâcher 86% 26% 27% 46%
Tableau 2 Effectifs d?espèces selon leur statut de conservation évalué suivant les critères
de l?UICN 26 (tableau élaboré par la mission à partir du document source RCSFS, données cumulées
2021)
25 En application de l?article L. 411-1 du code de l?environnement, les espèces sont protégées parce qu?elles
présentent un « intérêt scientifique particulier », un « rôle essentiel dans l'écosystème » ou parce que « les
nécessités de la préservation du patrimoine naturel justifient » leur conservation. Leur protection consiste à
interdire sauf dérogation, leur destruction, l?enlèvement de leurs oeufs ou de leurs nids, la capture, la perturbation,
leur transport, leur détention. La liste des espèces protégées est établie et révisée en tenant compte de la liste
des espèces figurant dans les directives européennes traitant de la protection de la faune sauvage (notamment
directive 2009/147 /CE du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages et directive
92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et
de la flore sauvages).
Certaines espèces protégées qui sont dans un état de conservation très dégradée font l?objet d?un plan national
d?action (PNA). Lorsqu?un PNA est adopté, pour préserver l?espèce, il arrive souvent que pour préserver l?espèce
chaque individu compte.
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Trois espèces protégées figurent parmi les plus fréquemment admises dans les centres : le
hérisson d?Europe 27 , le martinet noir et le moineau domestique, tous trois classés
« préoccupation mineure », premier niveau sur l'échelle de statut de conservation de l'Union
internationale pour la conservation de la nature (espèce pour laquelle le risque de disparition est
faible).
Selon la même source (RCFS, 2021), la part des spécimens d?espèces bénéficiant d?un plan
national d?actions (PNA28) accueillis en centre de soins est de 5% (2756 animaux, dont 1736
relâchés, soit 63%). Pour celles considérées comme « en danger » ou « en danger critique
d?extinction », par ailleurs peu nombreuses en France métropolitaine (par exemple le Lynx
boréal), chaque individu compte.
Des spécimens d?espèces à PNA sont donc régulièrement accueillies dans les centres : les
chiroptères, le milan royal, le faucon crécerellette, la pie-grièche ?. Plusieurs centres sont
spécialisés dans l?accueil de certaines espèces, parmi ceux-ci (liste non exhaustive) :
? Le centre Hegalaldia (64) spécialisé pour le Gypaète Barbu. 73% des animaux qu?il
accueille sont d?espèces protégées et 7% des individus accueillis (185 animaux) sont
d?espèces à PNA.
? le centre ATHENAS (39) est le seul équipé pour recevoir des lynx, et figure
explicitement dans les actions du PNA Lynx ;
? le muséum de Bourges n?accueille que des chiroptères ;
? la société d?étude ornithologique de La Réunion (SEOR) pour les pétrels endémiques
de La Réunion. Le pétrel de de Barau (classée « en danger » par l?inventaire national
du patrimoine naturel) fait partie des 10 espèces les plus prises en charge par le
centre (1 382 spécimens relâchés pour 1 584 accueillies) ;
? Plusieurs centres de soins sont spécialisés pour la prise en charge des tortues
marines (Kelonia ; le centre d?étude et de sauvegarde des tortues marines de
Méditerranée (CESTMed) ; le centre de réhabilitation de la faune sauvage (CRFS)
d?Antibes ; le centre d?études et de soins pour les tortues marines de l?aquarium de La
Rochelle- CESTM).
Les centres sont soumis à de fortes amplitudes d?activités
intersaison qui nécessitent d?être anticipées
L?activité des centres est permanente durant l?année, mais connaît une forte augmentation durant
les mois de mai à fin août sur lesquels se regroupent 65% de l?activité en moyenne (Enquête
2019-Galichet, 2021). Les moyens d?adaptation en cas de saturation de la capacité d?accueil
résident dans la réorganisation des salles ou le recours à une installation temporaire. Certains
centres transfèrent des animaux chez des bénévoles qui prennent en charge le « biberonnage »
ou/et la réhabilitation par exemple pour les jeunes mammifères qui doivent être nourris toute la
nuit (une pratique tolérée mais qui n?est pas conforme).
En 2019, 38% des centres décidaient, contraints, d?arrêter l?accueil de nouveaux animaux ou de
certaines espèces courantes, chassables et/ou espèces susceptibles de générer des dommages,
(pigeon ramier, corvidé ?). Durant ces pics d?activités, les journées de travail sont allongées
(plus de 12h/jour) et les centres tentent de mobiliser de la main d?oeuvre supplémentaire
(bénévoles ou emplois courts) - souvent dans l?urgence. Cette période revêt pour les capacitaires
un caractère de plus en plus sensible pour la gestion du personnel, une baisse qualitative des
26 https://inpn.mnhn.fr/docs/LR_FCE/Liste_rouge_France_Mammiferes_de_metropole_2017.pdf
27 Le hérisson d?Europe est à la première place en nombre d?animaux accueillis sur l?ensemble des centres,
certains centres (17 recensés) étant intégralement dédiés à cette espèce.
28 https://www.ecologie.gouv.fr/plans-nationaux-dactions-en-faveur-des-especes-menacees
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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soins et une mortalité plus importante. L?été 2022, marqué par une canicule, a vu s?amplifier ce
« débordement » de jeunes animaux amenés dans les centres.
La mission considère que la réponse ne réside pas dans des agrandissements de locaux, des
accroissements de moyens humains et matériels et des financements toujours plus importants au
fil du temps pour des résultats aléatoires. L?exemple le plus emblématique de cette tendance est
sans doute le projet de création d?un « hôpital » dans le Grand Est (Investissement de l?ordre de
8 M¤).
La répétition de longues périodes de canicule estivales verra se multiplier le nombre d?arrivées
d?animaux dans les centres. Cet accroissement nécessite d?être anticipé par les centres eux-
mêmes par des stratégies intégrant une plus grande sélectivité des animaux et des espèces
accueillies, l?information accrue du public pour réduire les amenées inutiles et la prise en compte
des moyens.
Des solutions déployées pour limiter le nombre d?amenées inutiles en particulier des
juvéniles
Les juvéniles peuvent représenter jusqu?à 35 % des animaux accueillis dans certains centres
(34% chez Hegalaldia, 28% dans le centre du Centre d?hébergement et d?étude sur la nature et
l?environnement (CHENE), 44% des arrivées dans les centres de la Ligue pour la protection des
oiseaux (LPO)29).
Or certains individus juvéniles semblent en détresse alors que leurs parents sont proches mais
non visibles. C?est le cas des faons de chevreuil, des petits de la chouette hulotte ou du hérisson,
Cet isolement apparent est interprété à tort comme un signe d?abandon par la mère par le public
qui ramasse alors l?animal pour le transporter dans un centre de soins. Ces gestes sont
beaucoup trop nombreux. Dans les centres de la LPO, 31% des juvéniles admis ne sont pas
blessés et n?auraient donc pas dû y être amenés.
Les sites internet des centres de soins cultivent par ailleurs les images des juvéniles de ces
espèces et d?autres afin d?intéresser le public et les donateurs, ce qui est en soi contradictoire
avec l?injonction de ne pas déplacer ces individus.
La « médiation » (conseils lors des sollicitations du public) est un outil pour limiter les apports
inutiles et a été développée par les centres de soins. Ainsi, en 2021, le centre Hegalaldia a
accueilli 2795 animaux et indique avoir pu éviter l?accueil de 1299 animaux supplémentaires
grâce au traitement téléphonique.
Des outils de rapportage de l?activité et d?évaluation
sont à standardiser, d?autres à construire
? Actuellement les outils de saisie des données recueillies depuis l?admission jusqu?au
relâcher des animaux dans les CSFS sont diverses et les données ne sont pas
valorisées. Ces outils visent en particulier à répondre à l?obligation de la tenue du registre
des effectifs 30
Une base de données via une interface Web nommée OISILYS a été développée par la LPO ;
elle est utilisée par une partie des centres seulement. Le RCSFS cherche à harmoniser les
données de gestion des animaux accueillis dans les centres et à les valoriser. Il s?est rapproché
de l?UMS Patrinat (unité mixte de service patrimoine naturel). L?OFB, dans son rôle de
construction d?un système d?information fédérateur serait susceptible d?aider la conception et la
mise en place d?un outil dont on peut imaginer qu?il soit développé dans des centres « pilotes »
dans un premier temps.
29 Rapport d?activités de la LPO 2021
30 En application dés articlés 8 ét 9 dé l?arré té modifié du 8 octobré 2018 fixant lés ré glés gé né ralés dé dé téntion
d'animaux d'éspé cés non doméstiqués
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? Par ailleurs, l?objectif premier des soins étant de permettre aux animaux d?être réintroduits
dans la nature, le devenir des animaux ainsi pris en charge ainsi que l?efficacité des soins
dispensés devraient être questionnés.
Or, comme il n?existe pas de base de données centralisatrice du suivi des animaux pris en
charge, il n?existe pas plus d?indicateurs permettant de mesurer les activités de soins et d?évaluer
leur efficacité. Les bilans annuels des CSFS font état d?un « taux d?animaux relâchés », parfois
d?un « taux de réinsertion », sans définition commune admise.
Le taux des animaux relâchés paraît le seul indicateur disponible pour appréhender l?efficacité
des activités de soins. Il dépend toutefois de multiples facteurs que le capacitaire ne maîtrise pas
pour la plupart (pathologie, espèces, compétence des intervenants, transport et délai de prise en
charge, qualité des protocoles de soin, de réhabilitation et de lâcher, ?). Cet indicateur est en
outre influencé par le filtrage réalisé à l?accueil et la priorité donnée par le centre dès ce stade
aux espèces les plus rares et menacées, entraînant l?euthanasie quasi systématique de
spécimen d?espèces très présentées localement. Ce taux devrait s?appréhender espèce par
espèce, ou selon des groupes d?espèces (espèces à PNA, espèces protégées, autres espèces).
? Au-delà du rapport « sorties/entrées », le devenir des animaux, leur comportement et leur
capacité effective à vivre dans les conditions naturelles sont peu documentés.
La capacité des animaux relâchés à survivre dans leur environnement naturel en autonomie est
une question que posent les scientifiques du muséum national d?histoire naturelle (MNHN), de
l?OFB et des ENV rencontrés par la mission. La traçabilité des animaux relâchés permettrait
d?évaluer l?efficacité de la réhabilitation des espèces31 et de tester des protocoles de soins
alternatifs. Pour les oiseaux, ces travaux d?évaluation seraient d?ores et déjà possibles sous
l?égide du centre de recherches sur la biologie des populations d?oiseaux (CRBPO) 32.
? Enfin, les centres de soins transmettent à la DDETSPP des listes des espèces et des
effectifs admis et relâchés. Ces listes récapitulatives du registre des effectifs
(trimestrielles pour celles que la mission a pu consulter), à vocation de contrôle, ne sont
pas sous un format homogène et ne sont pas exploitées.
Pour les interlocuteurs des services de l?État, des outils de rapportage harmonisés des activités
sont indispensables pour évaluer les activités. Ils permettraient en outre d?évaluer les besoins
des centres et de communiquer avec l?ensemble des financeurs. Pour la mission, l?élaboration
d?outils de rapportage, sur des modèles simples et avec quelques indicateurs robustes, à
destination des services de contrôle (en lieu et place des listes trimestrielles exigées par la
réglementation actuelle) et d?autres interlocuteurs des CSFS constitue une priorité.
Recommandation 1. [MTECT] Encadrer l?élaboration d?outils de rapportage des activités
des centres de soins, à travers un travail commun des fédérations des centres, des
DDETSPP, des DREAL et de l?OFB ; les rendre obligatoires.
La biosécurité dans les centres est à renforcer
La gestion des animaux et des contacts entre les animaux et les soigneurs doit tenir compte des
31 Exemple d?une étude conduite sur la survie de spécimens de chouette d?Athéna réhabilité comparée à une
population sauvage (Olivier Hameau · Alexandre Millon, 2019).
32 Pour les oiseaux, si les programmes de baguage largement développés jusqu?au début des années 2000 ont
cessé, une approche rétrospective permettrait de travailler sur l?efficacité de la réhabilitation en utilisant les
données existantes du CRBPO, comme le souligne le directeur du centre de recherche. Une approche
prospective est également possible par la mise en place d?un programme de baguage à l?initiative de centres de
soins qui le porteraient.
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risques sanitaires pour les animaux et pour la santé publique. Les mesures de biosécurité des
élevages figurent habituellement dans un plan de maîtrise de la biosécurité, qui dans les centres
de soins, n?existe pas.
? La gestion du risque zoonotique33 n?est pas assurée dans tous les centres. Pour
exemple, malgré le contexte de portage de Lyssavirus (virus de la rage) transmissibles à
l?Homme par les chiroptères, 13% des centres de soins accueillant des chauves-souris ne
prenaient aucune précaution pour leur manipulation (enquête 2019-Galichet, 2021).
? La gestion du risque sanitaire entre animaux est insuffisante. Dans le contexte de
l?influenza aviaire (IA), la protection des animaux hébergés nécessiterait la présence
d?une zone de quarantaine distincte du reste du centre afin d?isoler les animaux tout juste
admis. À défaut d?une telle zone, d?autres moyens d?isolement restreint peuvent être mis
en place. Plusieurs des centres de soins visités par la mission disent appliquer des
mesures d?isolement restreint pour les entrées de nouveaux oiseaux tenant compte de la
sensibilité des espèces et du risque de portage de l?IA, mais la mission n?a pu consulter
des protocoles formalisés, tandis que d?autres centres n?appliquent aucune mesure.
? En outre, tous les centres de soins ne sont pas intégrés dans le réseau d?alerte sanitaire
de la faune sauvage et ne sont donc pas informés des événements sanitaires qui
pourraient concerner leur activité.
Enfin, il n?est pas prévu actuellement qu?un CSFS puisse apporter des oiseaux morts dans le
laboratoire vétérinaire départemental dans le cadre du réseau Sagir34, alors que l?hypothèse de
leur participation à ce réseau d?observation de la mortalité de la faune sauvage est considérée
comme une évolution positive par les capacitaires comme par l?OFB. Il conviendrait de disposer
du financement ad hoc et de préciser les espèces faisant l?objet d?autopsies et des protocoles
d?amenées dans les laboratoires.
Si la rage et l?influenza aviaire sont deux risques connus, la faune sauvage est porteuse de
nombreux agents pathogènes contagieux. Chaque centre devrait disposer d?un plan de maîtrise
sanitaire portant sur l?organisation et les protocoles afin de réduire les risques. Un tel plan
intégrerait les modalités de stockage et d?administration des médicaments vétérinaires. Il
deviendrait une condition à l?autorisation d?ouverture.
La conception de ces plans pourrait être aidée par la diffusion d?un guide des bonnes pratiques
en matière de biosécurité auquel le RCSFS avec l?appui des écoles nationales vétérinaires
indique travailler.
Recommandation 2. [MASA] Piloter l?élaboration d?un guide de la biosécurité et d?un
modèle de plan de maîtrise sanitaire dans les centres de soins ; généraliser par voie
règlementaire la mise en place par les capacitaires des centres de soins de la faune
sauvage d?un plan de maîtrise sanitaire ; faire entrer les centres de soins dans le réseau
Sagir, moyennant la définition des critères d?amenée des animaux en laboratoire.
2.2 Autour des soins, les centres développent d?autres activités
Les centres de soins ont développé d?autres activités en corollaire des soins aux animaux : d?une
33 Les zoonoses sont des maladies transmissibles de l?animal à l?homme. Les agents biologiques responsables
de zoonoses peuvent être des bactéries, des champignons microscopiques, des parasites, des virus ou des
prions.
34 Sagir est un réseau de surveillance de la mortalité des oiseaux et des mammifères sauvages terrestres en
France. Il est fondé sur un partenariat entre l?Office français de la biodiversité, les fédérations des chasseurs, les
laboratoires vétérinaires départementaux.
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part, la formation des acteurs du soin, d?autre part la « médiation » entre l?homme et la faune
sauvage, Ces deux activités sont communes à tous les centres, mais n?ont pu être quantifiées
par la mission, en dehors d?informations transmises par les capacitaires interrogés par la mission
sur le nombre de sollicitations reçues annuellement.
On peut avancer que ces actions ont des effets indirects sur la biodiversité qui dépassent
l?incidence directe des soins sur les populations animales.
Quelques centres interviennent dans les réseaux d?observation et de surveillance du bon état
écologique, la surveillance sanitaire ainsi que dans les études et la recherche.
Dans l?avenir, les centres de soins pourraient constituer une ressource en exerçant une fonction
de « sentinelles » pour des programmes de surveillance de l?état de l?environnement, de la santé
des animaux sauvages et de l?émergence de maladies.
La formation des acteurs du soin de la faune sauvage,
un levier essentiel pour la professionnalisation des
centres
Avec l?arrêté de 1992, une priorité de l?État a été d'encadrer la pratique des soins de la faune
sauvage en privilégiant un haut degré de compétence chez les responsables de ces centres, ce
qui est aujourd?hui un point fort des établissements.
Avec l?appui financier du ministère en charge de l?environnement, les centres de sauvegarde ont
en effet pris en main la formation des capacitaires, à travers des sessions annuelle mises en
place et animées par l?UFCS. Au sein des centres, les capacitaires et les soigneurs expérimentés
assurent la formation des personnels recrutés, des bénévoles, volontaires et rapatrieurs, soit des
centaines de personnes formées chaque année. Cette activité est rémunératrice pour les
centres, dont la plupart accueillent également des stagiaires et assurent des prestations de
formation pour les services techniques des collectivités, les pompiers, les inspecteurs de
l?environnement par exemple.
En dehors du circuit des CSFS, il n?existe en effet pas de formation spécifique, comme cela
existe par ailleurs pour les soigneurs animaliers en parc zoologique (formation assurée par des
lycées agricoles). Ainsi, une expérience minimale de deux années dans un ou plusieurs centres
de soins de la faune sauvage est requise pour la délivrance du certificat de capacité (Arrêté du
12 décembre 2000).
En développant leur propre centre de soins, les écoles vétérinaires se sont emparées du sujet de
la formation des vétérinaires praticiens à la manipulation et aux soins de la faune sauvage, avec
une approche intégrée de la santé publique, animale, environnemental (concept « Une seule
santé », en anglais « One Health »35). Outre un enseignement optionnel en place dans chacune
des trois ENV, un diplôme inter-école36 est en place qui accueille chaque année 15 vétérinaires
(praticiens et de l?administration).
Dans une démarche de « professionnalisation » des CSFS, portée par le RCSFS, le réseau et les
ENV ont conçu une formation préparatoire au certificat de capacité avec le projet d?un démarrage
en 2023.
La mission voit dans cette démarche un atout pour faire progresser les pratiques et le
35 Le concept « One Health » vise à mettre en lumière les relations entre la santé humaine, la santé animale et
les écosystèmes et à faire le lien entre l'écologie et la médecine humaine et vétérinaire. L'approche « One Health
» se concentre principalement sur les maladies infectieuses, qu'elles se transmettent des animaux aux humains
ou inversement, leur émergence en lien avec les changements globaux, la résistance aux antimicrobiens, et la
sécurité sanitaire des aliments.
36 Diplôme inter-écoles Santé de la Faune sauvage non captive (coordinateur Oniris - première session à
l?automne 2020) organisé sur quatre modules théoriques et un stage de dix jours minimum.
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fonctionnement des centres, et créer une culture « métier » au sein d?une communauté des
capacitaires encore à créer. Cette dynamique très soutenue par les directions des ENV permettra
d?accompagner l?appropriation des compétences nouvelles liées à la délégation de certains actes
vétérinaires notamment, si celle-ci était décidée (cf. point 3.1.6).
La « médiation » diffuse dans la société la connaissance
de la nature
Les centres des soins se sont saisis d?une fonction de « médiation » entre l?homme et la faune
sauvage avec l?objectif de désamorcer des tensions et permettre la cohabitation, par le conseil et
la pédagogie auprès du public, d?entreprises, de collectivités ou d?autres associations. Les
sollicitations autour de problématiques impliquant la faune sauvage sont diverses : signalements
d?animaux en détresse (estimés, à raison ou non, blessés ou en perdition), de la présence de
colonies ou d?individus, de problèmes de cohabitation avec les animaux (phobies, dérangements,
salissures ou dégâts?), allant jusqu?à des souhaits de destruction d?animaux voire d?espèces,
demandes d?informations (sur la biologie, l?écologie ou les moeurs des animaux).
Fréquemment, des volontaires en service civique sont accueillis spécifiquement pour participer à
cette activité.
Plusieurs centres disposent sur leur site d?un espace ouvert au public et aux groupes d?enfants,
ou bien le capacitaire ou un soigneur se déplace dans des écoles et lors de manifestations.
Certains donnent à voir leurs installations, via une webcam ou encore par la reconstitution d?une
salle de soin dans un espace pédagogique.
L?ouverture vers le public et le rôle des établissements en matière d?éducation et de
sensibilisation à la faune sauvage sont unanimement reconnus et appréciés par les
représentants des organismes que la mission a rencontrés.
Le discours pédagogique manque toutefois d?homogénéité. La professionnalisation de cette
activité particulièrement importante mériterait d?être soutenue, en ouvrant les centres de soins et
en les associant aux travaux des plates-formes régionales d?éducation à l?environnement par
exemple.
Certains centres contribuent à la connaissance et aux
réseaux de surveillance
La connaissance et la recherche
L?axe connaissance et recherche est principalement développé par les ENV et par des centres
spécialisés sur les animaux marins. Pour la première fois, les ENV se sont regroupées en 2021
dans le cadre d?un appel à projet de recherche clinique sur le thème de « l?aspergillose » et des
co-infections dans les affections respiratoires des oiseaux sauvages admis en centre de soins.
En dehors de ces établissements particuliers, les centres de soins sont nombreux à coopérer à
des travaux conduits par des instituts de recherche (MNHN, centre national de la recherche
scientifique (CNRS), Universités ?) par la fourniture d?animaux vivants (étude éthologiques,
anatomiques ?), de cadavres d?animaux, ou encore d?insectes prélevés sur les animaux.
Dans le cadre d?un programme européen de financement LIFE37, l?association CHENE a achevé
en 2022 une étude scientifique sur les causes de la mortalité du hérisson d?Europe, en lien avec
les écoles nationales vétérinaires. Elle témoigne de la capacité à monter un projet dans le cadre
d?un partenariat scientifique, et sur un sujet qui préoccupe fortement les CSFS.
37 Le programme LIFE est un instrument financier de la Commission européenne, dédié au soutien de projets
innovants, privés ou publics, dans les domaines de l?environnement et du climat.
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La participation à des réseaux de surveillance et d?observation est circonscrite aux
groupes des chauves-souris et des tortues marines.
La participation des CSFS au réseau d?épidémiosurveillance de la rage chez les chiroptères38 est
essentielle. Selon le responsable du laboratoire national de référence, sur la période 2014-2021,
52,6% des chauves-souris reçues au laboratoire (soit 1796/3417 animaux) sont issues des
CSFS, et 71,1% des cas positifs enregistrés (soit 32/45 cas) sont issus de chiroptères expédiés
par les CSFS39. Ces résultats témoignent de l?implication dans la durée des capacitaires dans ce
réseau.
Le programme de surveillance des tortues marines40 repose sur l?action du CESTM, dans les
sous-régions marines Golfe de Gascogne, Mers celtiques et Manche-Mer du Nord :
L?établissement centralise les animaux échoués vivants ou morts. En 2020, il a procédé à la
remise à l?eau de 13 tortues marines dont 12 tortues caouannes et 1 tortue de Kemp41.
Pour la Méditerranée, les centres de soins (CESTMed et la fondation Marineland, CRFS) sont
partenaires du réseau des tortues marines de Méditerranée française de (RTMMF) Les tortues
marines prises en charge par le RTMMF et/ou hébergées par le CESTMed sont par exemple
utilisées dans le cadre de ce programme pour évaluer l?indicateur « ingestion des déchets ». Des
analyses génétiques sont également effectuées sur les prélèvements de sang ou les biopsies42.
Par ailleurs, si plusieurs centres traitent des oiseaux marins, dont l?ENV de Nantes, et ont
développé une expertise reconnue dans ce domaine, il n?existe pas actuellement de réseau
d?observation et de surveillance des oiseaux marins, dans le cadre de la Directive Cadre stratégie
marine, qui permettrait de mettre ces centres en réseau, ce que souligne l?OFB et regrettent les
centres concernés.
Le conseil et l?expertise sur les espèces auprès des acteurs publics et des porteurs de
projets.
Les activités d?expertise sollicitent en général des moyens d?ingénierie dont les centres ne
disposent pas. Cette activité est peu significative à l?exception de capacitaires dont l?expertise est
parfaitement identifiée par les services de l?État, et/ou de quelques centres engagés dans la
valorisation des données et de la connaissance (exemple de l?association CHENE concernant la
problématique des goélands argentés en ville).
En matière de pollution marine, le centre d?ONIRIS est membre du réseau « EURopean Oiled
Wildlife Assistance »(EUROWA) 43 , réseau européen d?experts spécialisés dans la prise en
charge d?oiseaux touchés par des hydrocarbures. L?objectif est d?harmoniser les pratiques de
soins des animaux pollués par des hydrocarbures.
38 NS DGAL/SDSPA/N2001-8118 du 02 AOUT 2001.
39 Communication du responsable du laboratoire national de référence de la rage à la mission.
40 Programme de surveillance de la Directive Cadre Stratégie pour le milieu marin (DCSMM).
41 Rapport annuel du RTMAE 2020-Aquarium de La Rochelle-septembre 2021.
42 Programme de surveillance des tortues marines de Méditerranée française, bilan d?activité 2017-2020,
Sociétés herpétologique de France.
43 ONIRIS/CVFSE est la seule entité française membre d?EUROWA (à travers le Dr vétérinaire, Philippe Gourlay,
spécialiste des oiseaux mazoutés), fondée en 2015-2016.
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Le cadre juridique des CSFS devrait évoluer pour être
adapté, clarifié et consolidé
Les règles générales de fonctionnement et les caractéristiques des installations des centres de
soins de la faune sauvage sont prévues par l?arrêté ministériel du 11 septembre 1992. À plusieurs
égards, ces règles sont inadaptées, voire obsolètes. Par ailleurs, des pratiques se sont
instaurées qui ne sont pas prévues par la réglementation, voire qui lui sont contraires. Enfin,
l?assise juridique de l?ensemble de la réglementation appliquée aux CSFS pose question.
3.1 Des non-conformités importantes concernent l?usage des
médicaments vétérinaires
Interrogée par la commande ministérielle sur la conformité à la règlementation des centres de
soins, la mission, qui n?est pas investie d?une fonction d?inspection, a demandé à quelques
centres qui en disposaient à avoir communication des comptes rendus d?inspection de la
DDCSPP44. Elle tire de ceux-ci ainsi que de ses entretiens avec les inspecteurs sanitaires, les
vétérinaires sanitaires des centres de soins et les capacitaires, les constats qui suivent.
L?instruction des demandes et les contrôles sont principalement exercés par les
inspecteurs des DDETSPP avec l?appui important des agents de l?OFB
Les agents des DDETSPP ont souvent exprimé un manque de formation sur ces questions très
techniques ainsi qu?un sentiment de grand isolement et le manque de formation.
Cette insuffisance de moyens et de compétences pourrait expliquer les retards importants dans
la délivrance des autorisations observés par la mission. Les autorisations peuvent intervenir
jusqu?à trois ans après les demandes et bien des centres fonctionnent sans autorisation. Ces
situations sont anormales.
Les contrôles portent sur le respect des dispositions de l?annexe de l?arrêté du 11 septembre
1992 relatives essentiellement à leur équipement et la vérification de l?existence du registre des
entrées et sorties d?animaux45. Des contrôles spécifiques mais non systématiques dans tous les
départements concernant les conditions d'entreposage et d?usage des médicaments sont par
ailleurs exercés par les inspecteurs de la santé publique vétérinaire.
Les principaux manquements concernent les actes et l?utilisation des médicaments
vétérinaires
La mission a observé que certains centres, d?une part, pratiquent des actes vétérinaires
(application de traitements, euthanasie, anesthésie gazeuse) pouvant relever de l?exercice illégal
de la médecine vétérinaire, et, d?autre part, détiennent et utilisent des médicaments en dehors
des règles fixées et, au-delà des nécessités « des soins d?urgence » et des « traitements
courants aux animaux » autorisées par l?article 12 de l?arrêté du 11 septembre 1992.
Exemples : utilisation de spécialité vétérinaire sur une espèce chassable alors que la molécule
est interdite sur les animaux qui peuvent se trouver dans la chaîne alimentaire ;
déconditionnement à l?avance de produits sans respect des conditions de température et
d?asepsie ; prescription hors examen clinique.
44 Directions départementales de la cohésion des territoires et de la protection des populations
45 L?obligation de tenue de ce registre résulte du III de l?article R. 412-2 du code de l?environnement et de l?arrêté
du 8 octobre 2018, modifié, fixant les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques.
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Sur ces sujets, la mission propose au point 3.2.1 à la fois de clarifier et de consolider la
réglementation mais aussi de l?assouplir.
L?absence transitoire de capacitaire
La mission n?a pas relevé de situation de centre en activité dépourvu d?une autorisation
d?ouverture (à l?exception d?un centre dont la demande était en attente de traitement par la
DDETSPP depuis plusieurs années).
Les centres de soins ne disposent bien souvent que d?un capacitaire, dont l?absence légitime
durant ses congés pose la question de l?organisation de la suppléance (propre à chacun) et de la
continuité de l?activité. Enfin, les centres signalent des retards dans l?examen des demandes de
certificat de capacité (retards supérieurs à une année).
Des espèces indûment accueillies
Seuls des animaux de la faune sauvage46 peuvent être pris en charge par les CSFS. Mais,
quoique sauvages, certains animaux ne devraient pas y être accueillis : voir l?annexe 7 pour les
espèces exotiques envahissantes et les espèces animales exotiques hébergées à la demande
des autorités judiciaires.
Par ailleurs, les CSFS n?ont vocation qu?à soigner la faune sauvage libre dans l?objectif de son
relâcher, et ne sont donc pas autorisés à prendre en charge des animaux d?espèces
domestiques. Or, un débat existe sur les soins aux pigeons biset, communément appelé « pigeon
des villes »47 . En effet, d?une part, cette espèce comporte des races et variétés domestiques (cf
arrêté précité du 11 aout 2006) et elle est considérée comme une espèce de gibier dont la
chasse est autorisée par l?arrêté du 26 juin 1987 (Journal officiel du 20 septembre). D?autre part,
même si cette espèce n?est pas considérée comme une espèce susceptible d?occasionner des
dégâts (ESOD), elle fait l?objet d?actions de régulation par bien des communes lorsque sa
population y devient trop nombreuse. Il paraît donc paradoxal que des centres de soins, parfois
proches ou au sein de ces villes, accueillent ces pigeons en nombre (il arrive que cette espèce
soit la plus représentée dans les centres de soins), les soignent et les relâchent dans les milieux
urbains qui tentent de réduire leur population. Ne conviendrait-il pas de consacrer les rares
moyens des centres de soins à des espèces moins controversées et en plus grande difficulté ?
Des temps de travail démesurés
La mission a été frappée par les difficultés récurrentes rencontrées par les CSFS vis-à-vis du flux
incessant d?arrivée des animaux surtout pendant le pic estival. Pendant ces périodes, les temps
de travail dépassent largement 12h par jour et le personnel, salarié ou bénévole, est épuisé. Les
centres les plus organisés tirent de leur expérience la faculté de rationaliser et d?anticiper ces
situations en planifiant en période de basse activité les congés des personnels permanents et en
réservant les moyens pour recruter des personnels temporaires l?été en ménageant un temps de
formation.
46 L?animal sauvage est un animal non domestique. Les articles R. 411-5 et R. 413-8 du code de l?environnement
expliquent ce qu?est un animal non domestique :« (?) Sont considérés comme appartenant à des espèces non
domestiques les animaux n'ayant pas subi de modification par sélection de la part de l'homme» De plus, l?animal
sauvage, lorsqu?il n?est pas sous la main de l?homme, est considéré comme un bien sans maitre, autrement dit en
latin, il est « res nullius » et ce par exception au principe posé par l'article 713 du code civil selon lequel tout bien
sans maître appartient à la commune sur le territoire de laquelle il est situé. Il n?appartient à personne, personne
n?est responsable de ses dommages, personne ne peut payer pour ses soins.
47 Les pigeons des villes sont des pigeons majoritairement de l'espèce du pigeon biset et issus de populations
domestiques et retournés à l?état sauvage (populations « férales »), qui ont colonisé les villes. Leurs populations
denses et sédentarisées posent parfois problème.
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3.2 Des adaptations et des clarifications faciliteraient le
fonctionnement des CSFS
Des actes de soins aux animaux de la faune sauvage
pourraient être plus solidement délégués aux
capacitaires
a. Actuellement seul un vétérinaire peut pratiquer des actes vétérinaires
Relèvent du monopole des vétérinaires, le diagnostic, la prévention, le traitement, la prescription
des médicaments vétérinaires, leur administration par voie parentérale comme tous les actes de
chirurgie qui affectent l?intégrité de l?animal (L. 243-1 du code rural et de la pêche maritime,
CRPM).
Des assouplissements concernent, d?une part, les éleveurs d?animaux de rente ou de chevaux
dès lors qu?ils justifient de compétences adaptées (L. 243-2 du CRPM), et d?autre part, certaines
professions telles que les techniciens intervenant sur les espèces aviaires et porcines, justifiant
de compétences adaptées définies par décret et placés sous l'autorité et la responsabilité d'un
vétérinaire (L. 243-3 du CRPM).
Les actes qui peuvent être pratiqués par ces personnes sont définis par arrêté ministériel (cf.
arrêté ministériel modifié du 5 octobre 2011 fixant la liste des actes de médecine ou de chirurgie
sur des animaux que peuvent réaliser certaines personnes n'ayant pas la qualité de vétérinaire).
Comme le souligne l?Ordre national des vétérinaires, dans l?état du droit, si le vétérinaire est
autorisé à soigner un animal sauvage (cf. annexe 8), il ne doit pas le garder et ne peut le
réhabiliter. Il ne peut qu?atténuer sa douleur, administrer les soins et le conserver le temps
nécessaire à une prise en charge par le centre de soins (en pratique 24 à 48h). Si cette prise en
charge est ainsi limitée, elle devrait être encouragée car elle permettrait de soulager les CSFS
(cf. annexe 8).
À noter que le vétérinaire salarié d?un CSFS n?est pas un ayant droit du médicament
vétérinaire48 , pas plus que la structure qui l?emploie. L?achat de médicaments vétérinaires auprès
des établissements autorisés à les distribuer en gros est donc interdit, pour l?un comme pour
l?autre. En conséquence, le vétérinaire rédige une ordonnance à usage professionnel pour l?achat
des médicaments nécessaires à l?exercice de ses activités de soin, aux seuls animaux de la
structure, auprès d?une pharmacie d?officine. Cette ordonnance mentionne son numéro
d?inscription au tableau de l?Ordre. En pratique, cette obligation ne constituerait pas une réelle
difficulté dans la mesure où il a accès, par cette voie, à l?ensemble de la pharmacopée.
Enfin, en droit, la détention de médicaments vétérinaires « par anticipation » est implicitement
interdite par les articles 34 et 105 du règlement n° 2019/6 du 11 décembre 2018 49relatif aux
médicaments vétérinaires. En effet, ces dispositions imposent que certains médicaments ne
soient délivrés que sur ordonnance vétérinaire. De plus, chaque ordonnance doit être précédée
d?un examen clinique de l?animal, identifier précisément l?animal soigné, et n?autoriser la
délivrance que des quantités nécessaires au traitement de l?animal. Dans ces conditions, les
établissements ne devraient pas détenir de médicaments pour traiter d?autres animaux que ceux
pour lesquels ils ont été délivrés.
48 Note de service DGAL/SDSPA/2018-308 du 12 avril 2018 qui définit l?ayant-droit du médicament vétérinaire au
regard des dispositions du code de santé publique et du code rural et de la pêche maritime et les conditions
d?accès aux médicaments vétérinaires pour les différentes catégories de vétérinaires dans le cadre de leur
exercice professionnel.
49 Règlement UE 2019/6 du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2018 relatif aux médicaments
vétérinaires et abrogeant la directive 2001/82/CE, applicable depuis le 28 janvier 2022.
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Pourtant, la mission a constaté que plusieurs centres disposaient d?une pharmacie, comportant
quelques médicaments, afin de soulager, en urgence, la souffrance animale. Il lui a semblé que si
de telles pratiques étaient limitées à quelques médicaments et aux situations les plus urgentes,
elles pouvaient être tolérées.
b. La définition formelle des actes de soins que les capacitaires sont
autorisés à pratiquer paraît nécessaire
L?article 12 de l?arrêté du 11 septembre 1992 prévoit que les CSFS doivent avoir un vétérinaire
référent, chargé d?un mandat sanitaire.
Par ailleurs, en application du deuxième alinéa de l?article 12 de cet arrêté : « L'établissement
possède les installations sanitaires ainsi que les matériels et produits pharmaceutiques
nécessaires aux premiers soins d'urgence et aux traitements courants des animaux. ».
Outre que, comme indiqué au 3.1.1.1, la légalité de ces dispositions est problématique ; elles
soulèvent trois questions :
a) quels sont les « premiers soins d?urgence » et « les traitements courants » que peuvent
pratiquer des capacitaires ?
b) quelles sont les installations de diagnostic et de chirurgie admissibles dans un CSFS ?
c) les CSFS peuvent-ils pratiquer des euthanasies ? Selon quelles méthodes ?
(a) Sur la première question, l?Ordre national des vétérinaires, commentant ces dispositions dans
son «Guide de soins faune sauvage» du 1er mars 2019, rappelle que les CSFS doivent
s?abstenir de pratiquer des actes vétérinaires ; c?est-à-dire, aux termes de l?article L. 243-1 du
CRPM, des actes de diagnostic, de prévention, de traitement, la prescription des médicaments
vétérinaires, leur administration par voie parentérale et tous les actes de chirurgie qui affectent
l?intégrité de l?animal.
Une interprétation trop stricte du monopole vétérinaire ne paraît pas réaliste compte tenu de la
pression qui s?exerce, surtout pendant la période de pic d?activité, dans la plupart des centres de
soins de la faune sauvage.
Il convient donc de trouver un équilibre qui donnerait tout son sens aux dispositions de l?article 12
de l?arrêté du 11 septembre 1992 précité sans contrevenir à celles du CRPM.
Le président du CNOV a indiqué à la mission travailler à un parcours de prise en charge
recommandée, mais être démuni au niveau réglementaire.
La mission préconise d?adapter le droit s?appliquant aux CSFS pour le faire rejoindre le dispositif
bénéficiant aux éleveurs afin de permettre aux capacitaires des CSFS de réaliser certains actes
vétérinaires limitativement énumérés. Pour la mission, il pourrait s?agir de l?application de certains
traitements par voie parentérale, en particulier à visée analgésique. Les capacitaires ne
pourraient réaliser de tels actes qu?à deux conditions : d?une part, avoir accompli une formation
adaptée et attestée, et, d?autre part, être suivi par un vétérinaire garantissant la santé publique et
la santé humaine.
Elle recommande aussi que des protocoles écrits soient systématiquement rédigés et présents
dans les CSFS.
(b) Concernant l?usage d?installation de radiologie, d?une part, et d?équipement d?anesthésie
gazeuse, d?autre part, il apparaît à la mission que ces actes ne peuvent pas être pratiqués par
une autre personne qu?un vétérinaire pour des raisons de sécurité et de santé des soigneurs.
(c) Aux termes du dernier alinéa de l?article 12 de l?arrêté de 1992 : « S?il y a lieu de pratiquer une
euthanasie, la décision est prise par le vétérinaire ». Cette disposition qui ne dit pas que l?acte est
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
30/93
pratiqué par le vétérinaire mais seulement qu?il prend la décision, pourrait laisser penser que le
vétérinaire pourrait ne pas pratiquer lui-même l?acte d?euthanasie dès lors qu?il décide qu?une
euthanasie doit être pratiquée.
Selon l?Ordre national des vétérinaires (cf. communiqué du 12 octobre 2020 sur l?Euthanasie
animale) : « L?euthanasie animale est un acte vétérinaire consistant à provoquer la mort d?un
animal par voie parentérale en entraînant une perte de conscience rapide et irréversible
garantissant un minimum de douleur et de détresse, réalisé conformément aux bonnes pratiques
professionnelles. Le vétérinaire procède à l?euthanasie animale après avoir évalué sa nécessité
et obtenu le consentement éclairé du détenteur. L?acte d?euthanasie animale peut être justifié par
une raison médicale (un état de santé, une souffrance intense ressentie par l?animal ou son
entourage), par une raison règlementaire, par une raison impérieuse d?intérêt général sanitaire
ou environnementale. »
Dans certains cas, cet acte est urgent pour éviter les souffrances de l?animal ou lorsque les
arrivées des animaux en CSFS sont tellement massives qu?il est très difficile de se rendre chez
un vétérinaire ou même de le faire venir.
La dangerosité des produits « euthanasiants »50 commande de ne pas les détenir et les utiliser
en dehors du cadre vétérinaire strict. Les risques d?accident sont importants. Considérant l?accès
des locaux ouvert à de nombreux bénévoles et stagiaires, et l?absence de protection des
installations qui ne permettent pas de sécuriser la conservation de tels produits dans les centres
de soins, il n?est pas concevable d?envisager une délégation pour la détention sur place et
l?administration par le capacitaire du centre.
La question de la délégation de cet acte au capacitaire avec ces produits ne peut donc pas se
poser.
Il convient d?indiquer que des personnels non vétérinaires mais disposant de certains diplômes
(et qualification) et expériences peuvent mettre à mort, sous le contrôle d?un vétérinaire, des
animaux participant à des expérimentations animales.
Si l?euthanasie médicamenteuse ne peut certainement pas être déléguée comme le rappelle
l?Ordre national des vétérinaires, il paraît possible d?envisager, comme en matière
d?expérimentation animale, que d?autres actes destinés à euthanasier des animaux, comme par
exemple, pour des petites espèces, des actes d?euthanasie mécanique, soient formellement
admis et pratiqués par des capacitaires sous réserve du respect de protocoles auxquels ils
auraient été formés.
Recommandation 3. [MASA, en concertation avec le CNOV]Adapter le droit applicable aux
CSFS pour rejoindre celui bénéficiant aux éleveurs, afin de permettre aux personnes
titulaires du certificat de capacité de pratiquer certains traitements, notamment à visée
analgésique, sous réserve d?une formation attestée et d?un suivi vétérinaire ; habiliter les
capacitaires à pratiquer des actes d?euthanasie mécanique sous réserve du respect de
protocoles auxquels ils auraient été formés.
50 En pratique, les produits homologués administrés sont : T61ND et Dolethal ND
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Des guides d?installation et des bonnes pratiques de la
prise en charge et une charte de déontologie
permettraient, en souplesse, d?encadrer et d?orienter
les pratiques des CSFS
La mission recommande d?élaborer, avec le concours des fédérations des CSFS des guides de
bonnes pratiques qui viendraient mettre en oeuvre, de manière souple, sur les points les plus
techniques (conception des ouvrages de réhabilitation, alimentation, etc.) les nouvelles
dispositions législatives et réglementaires préconisées au point 3.3 :
? guide des conditions matérielles d?installation des CSFS qui viendrait remplacer l?annexe
de l?arrêté du 11 septembre 1992 ; trop technique et, sur plusieurs points, obsolète ;
? guide des bonnes pratiques de la prise en charge des animaux dans les CSFS compor-
tant notamment des protocoles de soins, de réhabilitation et de réintroduction selon les
impératifs biologiques des espèces.
Il paraît en effet préférable, d?une part, de guider plus que de règlementer sur des questions très
techniques, comme la dimension des serres ou des enclos, la hauteur des barrières, les
préalables à la réinsertion dans la nature, etc. , ainsi que le fait actuellement l?annexe de l?arrêté
du 11 juillet 1992 et d?autre part de confier aux CSFS eux-mêmes sous le contrôle de l?État la
charge de rédiger et d?actualiser de tels guides.
Ces guides pourront ainsi être plus rapidement actualisés en fonction de l?évolution des
connaissances et des techniques et des échanges de bonnes pratiques. Ils pourraient ne
recommander les meilleures techniques ou méthodes évaluées, par exemple en fonction des
taux de survies après les relâchers.
La mission préconise aussi que les fédérations élaborent ensemble une charte de déontologie
commune. Cette charte traitera en premier chef du rapport des centres et de leurs membres à la
faune sauvage.
L?ensemble de ces textes ne pourront qu?être adoptés progressivement, sur la base des
nouvelles dispositions législatives et réglementaires préconisées au point 3.3, les plus urgents
étant sans doute ceux qui pourraient fonder de nouvelles autorisations d?ouverture (comme par
exemple le guide sur les conditions d?installation et d?équipement des CSFS). Il conviendra
ensuite de les actualiser en fonction des retours de terrain et de l?évolution des connaissances et
des techniques.
Enfin, les questions d?éthique sont nombreuses, qu?il s?agisse du processus de décision qui
conduit à l?acte d?euthanasie (cf. 3.2.1.2), d?éventuelles castrations (proposition du RCSFS), ou
de décisions de non prise en charge de certains types d?animaux. La mission estime que le
traitement de ces questions justifierait la création d?un comité d?éthique sous l?impulsion de l?État.
Les fédérations pourraient y participer ou même l?animer. Il serait chargé d?élaborer des
protocoles qui permettraient de déterminer les actes qui pourraient être délégués aux
capacitaires spécialement formés à cet effet (cf. 3.2.1.2), mais aussi les facteurs prescripteurs de
tels actes. Au cas par cas, le comité d?éthique pourrait être saisi par des capacitaires ou des
vétérinaires.
Recommandation 4. [MTECT avec le concours des fédérations des CSFS] -Élaborer
progressivement puis actualiser un guide des conditions matérielles d?installation des
CSFS et un guide des bonnes pratiques de la prise en charge des animaux en CSFS ainsi
qu?une charte de déontologie ; instituer un comité d?éthique des centres de soins.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
32/93
L?autorisation de transport devrait pouvoir être
déléguée au sein des CSFS
S?agissant du transport des animaux blessés vers les centres de soins, deux sujets méritent
d?être évoqués : la délégation aux « rapatrieurs » et la tolérance vis-à-vis du grand public.
En effet, des autorisations de transport sont nécessaires pour :
- les espèces protégées en application des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de
l?environnement ;
- les espèces visées par le règlement n° 338/97 du 9 décembre 1997 relatif à la
protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur
commerce51 ;
- et les espèces de gibier en application de l?article L. 424-10 du code de
l?environnement.
Les animaux sont en effet transportés du lieu de leur capture vers des centres de soins ou/et vers
des cabinets vétérinaires, puis des centres de soins vers le lieu de leur relâcher ou vers des
centres d?équarrissage, pour s?en tenir aux principaux mouvements.
Pour simplifier la gestion de ces différentes autorisations par les centres de soin, la circulaire du
12 juillet 2004 a prévu une démarche unique des responsables des centres vers le préfet du
département de leur siège, à charge pour ce dernier de consulter les services compétents,
DREAL et DDETSPP, ainsi que le Conseil national de la protection de la nature.
À l?issue de ces différentes consultations, une autorisation unique, d?une validité de cinq ans, est
accordée au détenteur du certificat de capacité (dit « capacitaire »), pour l?ensemble des
transports comme pour la capture et la détention des différentes espèces pour lesquelles le
centre a été autorisé.
Elle est intuitu personae, ce qui ne correspond pas à la réalité de terrain puisque les personnes
qui réalisent les captures et les transports sont rarement les capacitaires mais le plus souvent
d?autres soigneurs et surtout des bénévoles, dénommés « rapatrieurs ». Une piste d?amélioration
pourrait consister à permettre au capacitaire, bénéficiaire de l?autorisation, de la déléguer à
l?intérieur de sa structure, sous réserve que les délégataires bénéficient d?une formation
adéquate. Cette formation légère (une ou deux journées) pourrait être délivrée par le capacitaire
et chaque délégataire pourrait attester l?avoir reçue. Chacun d?entre eux devrait être muni, à
l?occasion de chaque transport d?animal, de la décision de délégation le concernant.
En ce qui concerne enfin des transports par des particuliers qui sont les principaux
« découvreurs » d?animaux sauvages de la faune locale en souffrance, la circulaire du 12 juillet
2004 les tolère sous certaines conditions, tout en reconnaissant qu?ils ne sont pas conformes à
l?état du droit : « en cas d?urgence (c?est-à-dire si la survie de l?animal ou sa capacité à être
réinséré dans le milieu naturel est manifestement menacée) et en l?absence de meilleure
solution, un tel transport sans formalité peut être admis s?il est effectué dans les plus brefs délais
et par l?itinéraire le plus direct (cette tolérance résulte de l?application du principe selon lequel
toute personne confrontée à une situation d?urgence donne légitimement la priorité à la
sauvegarde d?un animal, quitte à s?expliquer et à se justifier ensuite, s?il y a lieu, devant un agent
de contrôle ou, en dernière extrémité, devant un tribunal) ».
La mission ne propose pas de supprimer cette tolérance52 mais note qu?alors que tous les
centres demandent aux découvreurs de ne leur amener des animaux qu?après les avoir appelés,
pour vérifier si ce transport est opportun, pour les conseiller dans les gestes à réaliser
51 Règlement pris en application de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d?extinction du 3 mars 1973 souvent dénommée Convention CITES.
52 Le transport par des particuliers pourrait éventuellement être prévu sur le modèle de l?article R. 214-50 du
CRPM.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
33/93
immédiatement ou dans les comportements à ne pas tenir, pour éventuellement leur envoyer un
« rapatrieur », aucun des textes encadrant les centres de soins ne prévoit une telle obligation.
Recommandation 5. [MTECT] Prévoir, dans le texte régissant les autorisations de
transports, que le capacitaire, titulaire d?une autorisation de transport, peut la déléguer à
des membres de sa structure sous réserve qu?ils aient reçu une formation minimale et que
l?administration en soit informée.
Les point-relais pourraient être officialisés
En dernier lieu, la mission a constaté que les termes centres-relais, points-relais et antennes
étaient souvent utilisés dans une grande confusion. Par ailleurs, plusieurs de ses interlocuteurs,
dont le RCSFS, ont saisi la mission de demandes d?évolution réglementaire.
Dans ces conditions, la mission propose la clarification suivante :
? les points relais (par exemple les centres de Dudelange- au Luxembourg et Le Gorna-
67) sont de simples points de dépôt et d?enlèvement quotidien, avec ou sans personnel ;
les animaux sont récupérés par le gestionnaire du centre ou des rapatrieurs pour être pris
en charge par le centre dont ils dépendent. Ne pratiquant aucun soin aux animaux et les
hébergeant moins de 24 heures, ils ne doivent pas être soumis à une autorisation
d?ouverture mais seulement déclarés par les centres sous la responsabilité desquels ils
sont placés ;
? les centres relais (comme ceux des centres de la LPO Alsace, de L?hirondelle ou de la
Cité de la Mer) sont des centres de transit qui accueillent les animaux blessés pendant
une très courte période et leur prodiguent, le cas échéant, les premiers soins avant leur
transfert vers des centres de soins qui pourront poursuivre les soins et les réhabiliter
avant de les relâcher.
Pour la mission, ces centres relais doivent disposer d?une autorisation d?ouverture et d?un
capacitaire et il n?y a pas lieu de modifier la réglementation en ce qui les concerne : dès lors que
des soins sont prodigués, qu?une prise en charge est réalisée, ces centres doivent être soumis à
l?intégralité de la réglementation des centres de soins.
Aucun allégement ne paraît justifié. Inversement, ne pratiquant aucun soin, les points relais ne
devraient faire l?objet que d?une déclaration. Une telle déclaration pourrait être prévue dans le
cadre de la refonte de la réglementation proposée.
Les antennes sont quant à elles des centres de soins rattachés à une même association qui les
gère. Chaque antenne dispose d?un capacitaire et a été autorisée par l?administration (par
exemple les antennes du centre de soins SOS Faune sauvage, ou encore de l?association P?tits
Kipic). La mission en a identifié cinq.
Une clarification s?impose pour les espèces
susceptibles d?occasionner des dégâts (ESOD)
Les espèces susceptibles d?occasionner des dégâts (ESOD) 53 suscitent des questions
d?interprétation.
Il existe trois listes d?ESOD fixées par arrêtés ministériels et préfectoraux en application de
l?article R. 427-6 du code de l?environnement :
53 Auparavant dénommées « nuisibles ».
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
34/93
? Liste 1 : espèces d?animaux non indigènes, classés ESOD par un arrêté du ministre chargé de
l?environnement sur l?ensemble du territoire métropolitain sans limitation de durée54.
? Liste 2 : espèces d?animaux indigènes classés ESOD par un arrêté ministériel pour une durée
de trois ans55 ;
Liste 3 : espèces d?animaux susceptibles d?être classés ESOD en fonction des conditions locales
existantes56.
Le classement dans ces listes doit répondre à l?un au moins des motifs suivants : « dans l'intérêt
de la santé et de la sécurité publiques », pour « assurer la protection de la flore et de la faune »,
pour « prévenir des dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles » ou
pour « prévenir les dommages importants à d'autres formes de propriété ».
Le classement d?une espèce dans ces listes a pour conséquence d?autoriser sa destruction par
les « propriétaire, possesseur ou fermier ». Pour autant, doit-on interdire aux CSFS de les
soigner ?
L?article R. 427-26 du code de l?environnement soumet à autorisation individuelle du préfet le
« lâcher » des ESOD. En cas de « lâcher » sans autorisation, la sanction encourue est une
amende prévue pour les contraventions de cinquième classe (art. R. 428-19 du code de
l?environnement). Plusieurs des centres de soins visités ont ainsi produit à la mission un courrier
de la DDETSPP (ex. DDPP) les autorisant à relâcher des animaux d?espèces régulièrement
classées nuisibles en limitant le nombre57.
Les centres de soins considèrent que ces dispositions ne leur interdisent pas de les soigner et de
les relâcher dans les départements où ils ne sont pas considérés comme ESOD. Certains
estiment même, se référant à une réponse donnée en 2009 au sein du ministère de l?écologie,
que cet article ne s?applique pas aux CSFS d?autant que l?arrêté du 11 septembre 1992 prévoit
lui-même dans son annexe que des ESOD soient accueillis dans des centres de soins. Enfin,
d?autres soulignent que les CSFS se bornent à « relâcher » - donc remettent à nouveau dans la
nature- et non à « lâcher » comme le prévoit l?article R. 427-6.
Ces controverses traversent aussi les services de l?État, qui appliquent ainsi de manière
différenciée, cette réglementation.
La mission préconise de clarifier la situation.
Elle préconise de rappeler aux CSFS l?interdiction qui leur est faite d?admettre et de relâcher des
espèces de la liste 1, lesquelles sont classés espèces envahissantes en France.
Elle propose par ailleurs, dans tous les départements, de laisser chaque capacitaire déterminer
sa politique d?accueil et de lâcher vis-à-vis des animaux des espèces des listes 2 et 3, dès lors
qu?il ne s?agit pas d?EEE. Les effectifs relâchés par les CSFS sont en effet insignifiants rapportés
aux populations naturelles, exception faite du sanglier.
Pour l?espèce sanglier, qui fait l?objet d?une politique de maîtrise des populations au niveau
national vu l?importance des dégâts dont il est à l?origine, il convient d?interdire strictement les
soins et le relâcher dans le milieu naturel.
54 Chien viverrin, vison d?Amérique, raton laveur, ragondin, rat musqué, bernache du Canada
55 Fouine, martre, belette, putois, pie bavarde, corbeau freux, corneille noire, renard roux, étourneau sansonnet,
geai des chênes.
56 Lapin de garenne, pigeon ramier, sanglier.
57 Exemple autorisation de lâcher dans la nature de 30 spécimens juvéniles par an délivrée par la DDCSPP du
Bas-Rhin le 26 mai 2008.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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Recommandation 6. [MTECT] Concernant les ESOD des groupes 2 et 3, dans tous les
départements, donner la compétence à chaque capacitaire de déterminer sa politique
d?accueil et de lâcher vis-à-vis des animaux de ces espèces, à l?exception du sanglier,
dont l?admission en centre de soins et le relâcher devraient être interdits.
3.3 La reconnaissance législative des CSFS paraît un préalable
indispensable pour consolider leur règlementation
Aucune disposition législative ou réglementaire n?est spécifiquement consacrée aux CSFS alors
que leurs activités nécessiteraient un encadrement. Ils sont assimilés à des établissements
d?élevage d'animaux d'espèces non domestiques, de vente, de location, de transit (article L.413-3
du code de l?environnement). Mais ils ne sont ni clairement et explicitement définis ni même
évoqués en tant que tels par le code de l?environnement, le code rural et de la pêche maritime ou
par un quelconque article législatif non intégré dans un code.
Le pouvoir réglementaire a donc eu recours à des textes de valeur juridique bien inférieure,
arrêtés, circulaires, dont la conformité avec les normes supérieures nationales58 interroge.
Ainsi, leur réglementation repose presque exclusivement sur un arrêté du 11 septembre 1992,
modifié, relatif aux règles générales de fonctionnement et aux caractéristiques des installations
des établissements qui pratiquent des soins sur les animaux de la faune sauvage. Il est complété
par différentes circulaires.
Les difficultés soulevées par ces textes sont les suivantes :
a. L?article 1er de l?arrêté de 1992 crée un monopole de soins, d?hébergement et d?entretien
de la faune sauvage, momentanément incapable de pourvoir à sa survie dans le milieu
naturel, en faveur des seuls CSFS. Conformément à l?article 2, ces établissements ont
pour mission de traiter les animaux de la faune sauvage afin de les insérer ou de les
réinsérer dans le milieu naturel. Ce faisant, l?arrêté du 11 septembre 2022, interdit à tout
autre organisme ou personne notamment aux vétérinaires de pratiquer de telles activités.
Or, en application de l?article 34 de la Constitution, « la loi fixe les règles concernant (?)
les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l?exercice des libertés
publiques » et parmi ces libertés figure la liberté d?entreprendre qui découle de l?article 4
de la Déclaration de 1789 (cf. 2010-89 QPC du 21 janvier 2011). Or, aucune disposition
législative n?a confié au pouvoir réglementaire le soin de réglementer en ce sens les
CSFS. Une définition dans le code de l?environnement, comme cela a été fait pour les
refuges et les sanctuaires, permettrait de régler cette difficulté, par exemple en créant un
article L. 413-1-2.
b. De même, l?article 3 de l?arrêté interdit aux CSFS, sans aucune habilitation législative, les
activités de vente, de location ou de présentation au public d?animaux d?espèces non
domestiques ainsi que les activités d?élevage ou de transit d?animaux non traités.
c. Son article 1er soumet les CSFS au régime d?autorisation d?ouverture des établissements
d?élevage et de transit alors qu?il résulte clairement des articles 2 et 3 du même arrêté
que ces centres ne peuvent pas être regardés comme des établissements d?élevage ou
de transit. En outre, le transit d?espèces protégées, qui est occasionnel, se distingue de
l?activité régulière de transport. L?arrêté du 11 septembre 1992 procède ainsi à une
extension du champ d?application de l?article L. 413-3 du code de l?environnement sans
58 Il n?existe ni convention internationale ni texte de l?Union européenne portant spécifiquement sur les centres de
soins de la faune sauvage. Ainsi sous réserve de respecter d?autres réglementations connexes comme celles sur
les espèces protégées et la convention internationale sur le commerce des espèces menacées dites CITES ou
Convention de Washington, chaque État membre est libre de sa réglementation en la matière.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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aucune habilitation législative.
d. Son article 12 écorne, toujours sans aucune habilitation législative, le droit dont disposent
les pharmaciens, et les vétérinaires dans certaines conditions, de détenir des
médicaments vétérinaires en application de l?article L. 5143-2 du code de la santé
publique. En effet, il permet aux CSFS de détenir les matériels et produits
pharmaceutiques nécessaires aux premiers soins d?urgence et aux traitements courants
des animaux.
e. À cet égard, il porte également atteinte au monopole de soins des vétérinaires posé à
l?article L. 243-1 du CRPM.
f. C?est une simple circulaire du 12 juillet 2004 qui exige que les responsables des CSFS
détiennent le certificat de capacité prévu par l?article L. 413-2 du code de l?environnement
notamment pour les établissements d?élevage d?animaux d?espèce non domestiques et
de transit59.
Mais encore une fois, les CSFS n?étant pas des établissements d?élevage, cette circulaire étend
le champ d?application de la loi sans délégation du pouvoir législatif.
Cette rapide analyse montre que sur tous ces sujets, la réglementation est juridiquement fragile
et nécessiterait l?intervention de dispositions législatives en confortant l?assise. Elles devraient
être articulées notamment avec les dispositions des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de
l?environnement, s?agissant d?espèces protégées, et L. 412-1 du même code, s?agissant
d?espèces non domestiques. Ce nouveau fondement permettrait une meilleure architecture des
textes, le cas échéant clarifiés ou modernisés dans le sens évoqué dans les précédentes
recommandations et éviterait une contestation des contrôles menés.
Recommandation 7. [MTECT] : (i) Reconnaître les CSFS dans la partie législative du code
de l?environnement en y créant notamment un article L. 413-1-2 qui les définirait et
prévoirait les grandes lignes de leur réglementation (autorisation, interdiction) ;(ii)
reprendre le détail de la réglementation actuelle dans des dispositions réglementaires
codifiées puis dans des arrêtés, et des guides pour les aspects les plus techniques.
59 Le certificat de capacité est accordé par le préfet de département après consultation de la commission
départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS). Ces dossiers sont instruits par les directions
départementales de la protection des populations (DDETSPP). Le certificat, valable pour une durée limitée ou
indéterminée, précise les espèces ou groupe d?espèces et le type d?activités pour lequel il est accordé. Un arrêté
du 12 décembre 2000 détermine, en fonction des diplômes des candidats, la durée de l?expérience requise. Pour
présenter le certificat de capacité pour l?activité de soins de la faune sauvage, aucun diplôme n?est exigé mais il
faut pouvoir justifier d?une expérience de deux ans à l?égard des espèces faisant l?objet de la demande de
certificat, à l?exception des docteurs vétérinaires pour lesquels aucune condition d?expérience n?est exigée.
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Des centres en précarité financière et en quête d?aides
auprès de partenaires privés et publics
En préalable à l?identification et à la quantification des différents modes de financements
existants des centres de soins et avant de proposer des pistes d?évolution, la mission s?est
interrogée sur les coûts de fonctionnement actuels des établissements.
4.1 Quelles sont actuellement les charges des centres de soins ?
Estimations des charges totales de fonctionnement des
centres de soins de la faune sauvage
? Selon l?enquête de 2019 (Galichet-2021), le coût de fonctionnement total (pour 36
répondants/85) s?établit à 3 582 642 ¤, toutefois, certains grands centres n?avaient pas
répondu. L?extrapolation à 100 centres conduirait à un budget total de près de 10M¤.
Les centres généralistes ont un coût de fonctionnement plus élevé (en moyenne 130k¤- sur un
panel de 36 centres60). Le plus faible montant est de 11 000 ¤ versus 2 000 ¤ pour les centres de
soins très spécialisés.
? L?analyse du RCFS- en 2021- basée sur ses 23 centres alors adhérents fait ressortir un
budget annuel moyen par centre de 146 k¤/an pour 56 386 animaux pris en charge
(moyenne 2 500 animaux/centre)61.
En 2020, le budget moyen était de 150 k¤/an pour 39 016 animaux pris en charge (moyenne
1 857 animaux).
En 2021, les centres adhérents au RCSFS ont donc enregistré globalement une baisse de 0,26%
de leur budget alors que le nombre de d?animaux accueillis augmentait de 44,5% par rapport à
2020.
Sur cette même base, le réseau calcule qu?un animal pris en charge coûte en moyenne 58¤ lors
de son séjour qui durerait en moyenne 60 jours, soit un coût moyen proche de 1 ¤/animal et/jour.
Les centres adhérents au Réseau sont, à l?exception des centres des 3 écoles vétérinaires et
d?un petit établissement très spécialisé sur le hérisson, des centres de soins gérés par une
association, et à caractère généraliste ou accueillant exclusivement des oiseaux. Sur la base de
l?évaluation du RCSFS, par extrapolation aux 75 établissements généralistes ou spécialisés62, les
dépenses en fonctionnement de l?ensemble des centres de soins de la faune sauvage seraient
actuellement proche de 11 M¤.
Ce chiffre est seulement donné à titre indicatif car, d?une part, l?échantillon des centres adhérents
n?est pas représentatif de la population de l?ensemble des centres de soins (il comporte
majoritairement des centres généralistes et aucun des 8 centres de soins propriétés d?une
collectivité par exemple), et d?autre part, le mode de calcul du budget annuel de chaque centre
n?est pas standardisé.
? Sur la base de l?échantillon de 15 centres dont le bilan comptable 2021 lui a été
60 36 réponses effectives reçues après l?envoi d?un questionnaire adressé aux 85 centres de soins en
fonctionnement recensés dans le cadre de l?étude en 2019. L?étude ne donne pas le nombre d?animaux reçus
pour ces 36 réponses.
61 Données transmises à la mission par le réseau des centres de soins de la faune sauvage
62 Pour cette extrapolation, on a retiré deux centres de soins relais des 77 centres généralistes et spécialisés
recensés.
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céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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communiqué, la mission a retenu 13 centres de soins63 ayant pris en charge au total
45 927 animaux (entre 602 et 7201 animaux selon le centre). Sur ces 13 centres, qui sont
parmi les plus importants, le budget moyen est de 208 788 ¤ pour une moyenne de 3 533
animaux pris en charge, soit 59 ¤/animal pris en charge, un coût moyen par animal qui
rejoint l?estimation établie par le RCSFS (cf. supra).
Le coût moyen de la prise en charge par animal doit être interprété avec prudence. Il s?entend
pour tout animal entré au centre de soins (qu?il soit au final relâché ou pas). Les dépenses sont
en outre plus importantes pour la prise en charge des mammifères blessés que pour celle des
oiseaux (consultation du vétérinaire plus systématique, médication plus lourde, durée du séjour
en moyenne plus longue64), et plus encore pour les mammifères marins (équipement en bassins,
renouvellement de l?eau, durée du séjour)65.
Une grande partie des dépenses de fonctionnement
relèvent des salaires des personnels
Dans le modèle économique des centres employant des salariés, la masse salariale est un sujet
central, avec des problèmes à la fois de financement et de recrutement (salariés, services
civiques).
Les centres généralistes emploient quasiment tous des salariés. Ces établissements
représentent la quasi-totalité des centres employant 4 salariés ou plus (Galichet-2021).
Les centres spécialisés (oiseaux, mammifères ou reptiles) emploient, en règle générale, des
effectifs de salariés faibles.
Les centres très spécialisés accueillant des mammifères et des oiseaux (chauves-souris,
hérissons, écureuils, cygnes, corvidés) n?emploient pas de salariés et ont de faibles coûts de
fonctionnement (entre 2 000 ¤ et 15 000¤).
Pour les établissements employant des salariés (référence : panel constitué par la mission), la
masse salariale représente entre 52% (un établissement) et 73,5% (deux établissements) des
charges de fonctionnement totales. Majoritairement, le poste des salaires et charges salariales-
sur ce panel- représente entre 60 et 67% des charges totales.
En moyenne, sur ces 13 centres, la masse salariale correspondant aux soins représente 4,45
ETPT (CDI et CDD) pour 3 533 animaux pris en charge. Les tâches administratives sont
rarement portées par un agent spécialisé ; elles incombent bien souvent à un administrateur de
l?association.
63 13 centres : Athenas (39), CSFL (54), CHENE (76), CHUV-Oniris (44), CHUV Alfort (94), GORNA (67),
Hegalaldia (64), l?Hirondelle (69), LPO Alsace (67), LPO Audenge (33), LPO Ile Grande (22), Parc d?Isle (02),
SEOR (974).
Les deux centres de soins non pris en compte dans cet échantillon dans le calcul d?une moyenne sont portés
exclusivement par des bénévoles et prennent en charge 100 ou 200 petits mammifères (écureuils et hérissons)
chaque année avec une grande proportion de juvéniles demandant principalement du nourrissage (ou du
« biberonnage »). Les structures sont de taille modeste et les charges totales d?un faible montant (3 000 ¤ pour
200 animaux, soit 15 ¤/animal en moyenne).
64 Selon les données 2021 transmises par ONIRIS, le temps moyen d?hospitalisation des animaux reçus au
centre et relâchés est de 35 jours (tous animaux confondus). Il est de 39 jours pour les mammifères contre 32
jours en moyenne pour les oiseaux.
65 Selon l?association CHENE, l?accueil d?un goéland coûte, en moyenne, 70¤ par individu. L?accueil d?un phoque
coûte 2 500 ¤ en moyenne (10 à 12m3 d?eau douce sont nécessaires chaque jour ; les filtres doivent être
quotidiennement nettoyés ; l?animal se nourrit exclusivement de poisson et mobilise plus que d?autre l?intervention
du personnel).
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Les rémunérations sont modestes ? de l?ordre du SMIC66- et peu attractives pour ancrer dans la
durée le personnel permanent, souvent féminin. Le RCSFS a estimé que pour un centre
accueillant 3 000 animaux par an, l?équipe se compose de 4 membres polyvalents, appelés à
travailler en moyenne 11 heures par jour, pour des rémunérations :
? un chef de centre : 1 700¤ nets/mois (32 400¤/an de charges salariales) ;
? deux soigneurs : 2 x 1 350¤ nets/mois (2 x 23 300¤/an) ;
? un agent polyvalent chargé de tâches administratives : 1 350¤ nets/mois (23 300¤/an).
Soit 102 300 ¤/an de charges salariales (70%) pour un budget moyen de 146 k¤ (estimation du
RCSFS).
Il faut noter que le RCSFS et la LPO ont élaboré un modèle « professionnalisé » d?un CSFS
moyen avec plus de soignants permanents formés, et une moindre intervention de bénévoles, et
de volontaires en service civique (cf. annexe 9). Le coût de ce modèle professionnel est 2,5 à 3
fois plus élevé que le coût moyen actuel d?un centre de même activité. Il peut être un objectif,
mais il n?est pas en cohérence avec la réalité économique.
L?alimentation des animaux, des charges en
augmentation
L?alimentation des animaux (insectes, poissons, graines ?) compte pour 5 à 10% des charges
totales. L?augmentation du coût de ce poste est un sujet de préoccupation : le changement de
règlementation conduisant à l?arrêt de la mise à mort des poussins mâles67, distribués pour
l?alimentation des rapaces. La suppression de cette ressource à bas prix va par exemple reporter
les achats sur les souris issues d?élevages spécialisés pour l?alimentation animale, 10 fois plus
coûteuses.
Dans ce contexte, des solidarités existent entre des parcs zoologiques et des centres de soins,
les uns fournissant de la nourriture aux autres. Des dons de particuliers existent également
(croquettes pour chat pour nourrir des hérissons par exemple).
Pour autant, la mission n?a pas connaissance d?initiative de regroupement pour des achats
communs, d?aliment ou de matériel. Jusqu?à présent, les deux réseaux (RCSFS et UFCS) ne se
sont pas organisés dans ce sens. Plusieurs des responsables de centres de soins rencontrés par
la mission y verraient pourtant un intérêt réel et en sont demandeurs.
D?autres charges font l?objet de contributions
volontaires et ne pèsent pas dans le budget de la
plupart des centres
Ces contributions concernent principalement -en dehors du bénévolat - l?abandon des frais
kilométriques par les bénévoles, l?abandon des frais de soins aux animaux par les cabinets
vétérinaires, les dons en nature d?entreprises (supermarchés, abattoirs, ?).
Les contributions volontaires en nature pouvant faire l?objet d?un reçu fiscal sont comptabilisées
dans le compte de résultat (et non en pied de bilan). Ces charges sont en quelque sorte
transférées à l?administration fiscale qui paie ces actes. Leur montant peut dépasser le budget du
centre de soins (constat de la mission à partir de quelques-uns des bilans qui lui ont été
transmis). Globalement, la mission n?est pas en mesure d?estimer le montant de la participation
66 Pour un temps plein, le Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) mensuel est de 1 329,06
euros?net à compter du 1er août 2022.
67 Décret n°2022-137 du 5 février 2022 (interdiction de mise à mort des poussins des lignées de l'espèce Gallus
gallus destinées à la production d'oeufs de consommation et à la protection des animaux dans le cadre de leur
mise à mort en dehors des établissements d'abattage).
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de l?État à travers ces mesures fiscales, les données relevant d?informations personnelles.
Ces dispositions concernent les associations d?intérêt général, soit quasiment toutes les
associations.
Les frais de transport des animaux pris en charge par des bénévoles. Peu de gestionnaires
de centres de soins se déplacent pour chercher des animaux en dehors d?éventuels points relais.
Ils s?appuient en général sur des « rapatrieurs » et bénéficient d?une flotte de véhicules
composée des moyens de transport personnels des bénévoles (ex. le centre Hegalaldia
recensait 32 000 km d?abandon de frais kilométriques en 2021). Les bénévoles peuvent déduire
leurs frais kilométriques de leurs revenus ; c?est un avantage fiscal accordé par l?État.
Concernant la charge des frais vétérinaires défiscalisée, sur le panel des 20 centres de soins
rencontrés par la mission, 2 centres salarient un vétérinaire (dont un centre adossé à des parcs
zoologiques), 2 centres paient en numéraire un ou des vétérinaires à des tarifs consentis, et 16
centres ont conclu une convention de « mécénat de compétence » avec un ou plusieurs cabinets
vétérinaires. Les médicaments et frais de radiologie sont facturés et rémunérés, souvent à prix
coûtant.
À travers cette forme de dons (prévues à l?article 238 bis 1er alinéa du code général des impôts),
l?entreprise mécène- une société civile professionnelle d?activité libérale- met à disposition un
vétérinaire libéral. Le mécénat de compétence entraîne une réduction d?impôts à hauteur du prix
de la prestation normale (au réel ou forfaitaire). Ce type de don est plus intéressant que le
bénévolat individuel qui ne permet de déduire que les frais de transport.
Des frais divers non comptabilisés dans les charges de fonctionnement sont pris en charge
directement par une collectivité ou mutualisés avec une autre structure (parc zoologique, « pôle
nature »), par exemple à travers une convention d?occupation d?un terrain à titre gracieux, des
frais de location réduits, la prise en charge des coûts des fluides.
4.2 Quelles sont les ressources actuelles des CSFS pour
fonctionner ?
Divers cas de figure peuvent participer à définir des modèles différents entre fonds privés et
aides publiques :
? Établissements dépendants intégralement d?un autre établissement privé, dont ils tirent
l?essentiel de leurs ressources : parc zoologique privé, refuge (soit 11 centres de soins) ;
? Établissements appartenant à une structure publique : collectivité, école nationale
vétérinaire, ONF (12 centres de soins) ;
? Établissements généralistes ou spécialisés, gérés par une association, non adossé à un
autre établissement, dont l?équilibre entre fonds publics et fonds privés varie selon le
niveau de l?aide de la Région et des départements, la diversification des activités du
gestionnaire et la mobilisation du mécénat d?entreprise. Dans cette catégorie, la mission a
recensé 55 centres de soins ;
Sur le panel des 13 centres relevant de cette catégorie, dont le budget a été communiqué à
la mission, la proportion des aides publiques spécifiques se situe entre 12% et 54% du
budget sur l?année 2021.
? Établissements gérés par un particulier ou par une association attachée à la structure, en
général mono-spécifique (hérisson, écureuil, ?) à budget réduit (inférieur à 10 k¤),
dépendants de dons et du soutien public communal, voire départemental (23 centres) ;
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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Cartographie des ressources directes
En l?état actuel, le montant total des dépenses annuelles des centres de soins est de l?ordre de
10 à 11 M¤ (selon l?estimation de la mission), équilibré par des ressources majoritairement
privées, et des ressources publiques qui peuvent toutefois atteindre plus de 50% du budget pour
quelques centres généralistes bien ancrés dans leur territoire et des centres très spécialisés qui
interviennent dans la recherche et les réseaux d?observation à vaste échelle.
En l?absence d?un recensement auprès de chaque structure, des montants et de l?origine des
ressources, il n?est pas possible de quantifier l?ensemble de la ressource privée. Et la
connaissance en volume de la participation financière des collectivités aurait nécessité que leurs
associations nationales identifient déjà l?existence de ces centres dédiés aux animaux sauvages,
ce qui n?est pas le cas.
La figure ci-dessous représente la cartographie des ressources.
Figure 1 Cartographie des ressources financières des CSFS
Les bénévoles et les volontaires, mobilisés à tous les
niveaux des structures sont la première ressource
? La forte mobilisation des bénévoles dans les centres de soins gérés par une association
est également un facteur d?ancrage local et d?assise sociale des centres de soins de la
faune sauvage. Les bénévoles, formés et encadrés par des salariés, sont une ressource
toute l?année et un renfort sur la période de pic d?activité. Le RCSFS a évalué que 80%
des effectifs des centres de soins sont bénévoles, alors même que 1/3 des bénévoles est
renouvelé chaque année.
L?aide apportée par les bénévoles et les stagiaires représente en effet plusieurs ETPT/an (6
ETPT pour le centre d?Hegalaldia ; 8,5 ETPT pour la LPO d?Audenge ; 2,8 ETPT pour la LPO
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d?Ile Grande ; 16 ETPT au centre hospitalier universitaire vétérinaire de Maisons-Alfort, cf.
encadré ci-après).
? Les centres de soins accueillent de nombreux volontaires dans le cadre du service
civique, sur des missions variées : accueil téléphonique et physique dans un rôle de «
médiation », « aide à la réhabilitation et au relâcher», « animations pédagogiques » (12
jeunes volontaires accueillis en service civique par l?association Hegalaldia en 2021 ; huit
par le CSFL ; huit par la LPO Alsace).
En 2019, 123 personnes étaient accueillies en service civique dans 39 centres enquêtés
(Galichet-2021).
Les financements privés sont importants mais les
gestionnaires sont aux limites de leurs capacités à les
recueillir
En dehors des centres propriétés d?une collectivité, la part des financements privés est
majoritaire et recouvre des ressources d?origine diverses :
? Dons de particuliers (cas général). La reconnaissance par les services de l'État comme
Organisme d'intérêt général autorise la délivrance des rescrits fiscaux permettant une
réduction d'impôt 68 . Les dons sont facilités par le financement participatif 69 (ou
crowdfunding70) via les moteurs de recherche (« Lilo », « helloasso » ?) auxquels les
centres ont recours de plus en plus, chacun pour son propre compte ;
? Adhésions (cas général) ;
? Dons du fondateur (bâtiments, terrains ?) ;
? Dons d?associations et de fondations oeuvrant pour la sauvegarde de l?environnement et
de la biodiversité (en particulier, les fondations 30 Millions d?amis, Brigitte Bardot, Jane
Goodall). Ces soutiens permettent le démarrage de nouveaux centres de soins et/ou le
fonctionnement dans la durée, en particulier pour les centres mono-spécifiques (écureuil,
hérisson) ;
? Mécénat d?entreprise71 et fonds de dotation72 (Nature et Découverte, ExonnMobil, Vicat,
Enedis, des parcs zoologiques?) ;
? Donations et legs 73 ; Peuvent notamment accepter des donations ou legs, sans
autorisation préalable, les associations et fondations reconnues d'utilité publique, les
associations d'Alsace-Moselle inscrites au registre des associations et les associations
68 Réduction d?impôt égale à 66 % du montant du don, dans la limite de 20 % du revenu imposable, selon les
conditions générales prévues aux articles 200, 238 bis et 978 du code général des impôts.
69 https://www.ecologie.gouv.fr/label-financement-participatif
70 Terme anglais pour financement participatif.
71 Le mécénat d?entreprise est un soutien matériel ou financier apporté par une entreprise, sans aucune
contrepartie, à un organisme sans but lucratif pour l'exercice d'activités présentant un intérêt général.
72 Le Fonds de dotation est un outil de financement du mécénat, créé par l?article 140 de la loi n° 2008-776 du 4
août 2008 de modernisation de l?économie, qui combine les atouts de l?association loi de 1901 et de la fondation,
sans leurs inconvénients. Doté de la personnalité juridique, le Fonds de dotation est constitué d?une allocation
irrévocable de biens pour la réalisation d?une mission ou d?une oeuvre d?intérêt général. Il collecte des Fonds
d?origine privé, qu?il peut soit constituer en dotation dont il utilise les fruits, soit consommer pour accomplir sa
mission. Il peut mener lui-même cette mission, ou financer un autre organisme d?intérêt général pour son
accomplissement. Le Fonds de dotation bénéficie du régime fiscal du mécénat
(https://www.economie.gouv.fr/daj/fonds-dotation).
73 La donation ou le legs s'effectue par acte authentique ou par acte sous signature privée. La donation s'effectue
du vivant du donateur, le legs s'effectue par testament. Les donations et legs accordés à une association sont
intégrés dans son patrimoine de façon définitive et sont toujours effectués à titre gratuit (c'est-à-dire sans
contrepartie). https://www.associations.gouv.fr/donations-et-legs.html
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d'intérêt général déclarées depuis au moins trois ans concourant à la défense de
l'environnement naturel, soit quasiment tous les centres de soins de faune sauvage, sauf,
bien sûr, les structures les plus récentes ;
? Sponsoring ou utilisation de la marque du centre ;
? Prestations de service (expertises techniques, suivis naturalistes, formations,
sensibilisation du public, accueil payant d?éco-volontaires). Les associations bénéficient
d?une exonération de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) si les recettes annuelles ne
dépassent pas un certain seuil ;
? Parrainages d?animaux ;
? Lâchers publics d?animaux (exemple des lâchers d?oiseaux par l?association Hegalaldia
avec un partenariat financier avec « le train de la Rhune ») ;
? Vente de produits sur place et lors d?évènements.
« L?arrondi en caisse » et « l?arrondi sur salaire » participent de plus en plus aux « micro-dons »
et au mécénat d?entreprise. Les sommes sont reversées aux associations bénéficiaires d?intérêt
général. La mission a noté quelques centres bénéficiaires de l?arrondi en caisse, via une
association nationale de protection de l?environnement bénéficiaire ou un parc zoologique
partenaire. C?est en particulier une ressource financière pour les parcs zoologiques (cf. point
4.2.3).
Les parcs zoologiques participent de plus en plus au
fonctionnement des centres de soins de la faune
sauvage
En réponse à des sollicitations fréquentes des particuliers pour prendre en charge des animaux
blessés ou des jeunes spécimens, des parcs zoologiques- engagés dans la conservation de la
biodiversité de par leurs règles de fonctionnement74- ont fait le choix de créer un centre de soins
pour la faune sauvage locale, ou bien de coopérer avec un centre local, en installant une antenne
sur leur site.
L?instruction de 1993 prévoit qu?un établissement d?élevage (un refuge d?animaux ou un
établissement zoologique à caractère fixe et permanent de présentation au public des animaux
de la faune sauvage, locale ou exotique) qui installe un centre de soins ou de sauvegarde doit
créer juridiquement un nouvel établissement destiné à assurer cette fonction, ce qui implique un
certificat de capacité pour le responsable et une autorisation préfectorale d'ouverture pour
l'établissement. Les deux établissements doivent être géographiquement distincts ; s'ils sont
contigus, ils doivent être séparés par la clôture prévue à l'article 4 de l'arrêté du 11 septembre
1992.
Des entretiens avec les services de l?État, il s?avère que cette séparation est en règle générale
respectée, à quelques rares exceptions.
Avec l?appui notamment de l?Association Française des parcs zoologiques (AFdPZ), la mission a
recensé 11 centres de soins de la faune sauvage adossés à un ou plusieurs parcs zoologiques
dont 6 aquariums (cf. Annexe 10).
Trois projets ont par ailleurs été cités, portés respectivement par :
74 Les règles de fonctionnement des parcs zoologiques sont fixées par l?arrêté ministériel du 25 mars 2004 (JORF
du 01/04/2004). Ils doivent contribuer à la conservation de la diversité biologique (Art. 53). Les établissements
contribuent en outre auprès des éleveurs d'animaux d'espèces non domestiques ou auprès des organisations
intéressées à la conservation de la diversité biologique (soit, en particulier, les centres de soins de la faune
sauvage et leurs fédérations), à la diffusion des informations qu'ils détiennent en ce qui concerne l'amélioration
des techniques d'élevage des animaux sauvages en captivité, des connaissances de leur biologie ou des
connaissances utiles à la conservation de la diversité biologique (Art. 55).
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? le zoo Parc de Beauval (sous l?égide de Beauval Nature, l?association du parc animalier)
d?une capacité de 5000 animaux, ouvrira en 2023 ;
? le zoo de Dunkerque (Communauté urbaine de Dunkerque) ouvrira en 2024 ;
? le zoo des tortues A Cupulatta à proximité d?Ajaccio qui a déposé une demande
d?autorisation d?ouverture pour développer un centre de soins pour les tortues marines.
En dehors de ces structures, des partenariats existent localement et tendent à s?amplifier ; ces
partenariats permettent aux parcs d?apporter un appui financier, directement ou à partir d?un
fonds de dotation créé par le parc zoologique, technique, matériel et/ou financier aux centres de
soins dans une relation de proximité et de solidarité (cf. annexe 10).
Zoom sur les centres de soins Guyane Antilles financés par les parcs zoologiques de
Guadeloupe, de Martinique et de Guyane Depuis plus de 20 ans, le groupe Tropical Forest
Park, qui compte les zoos de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane ainsi que le Jardin de
Balata, a créé l?association « SOS Faune Sauvage » qui gère 2 antennes du centre de soins,
une en Guadeloupe (2001) et une en Guyane (2009). Sur les 7 dernières années, les parcs
zoologiques du groupe ont financé l?association à hauteur de 202 000¤ en moyenne par an,
prenant intégralement en charge le fonctionnement du centre de soins. Depuis 2019,
l?association est reconnue d?intérêt général. La crise sanitaire et les aléas climatiques ont
durement touché les parcs zoologiques dans les DOM. Des ressources nouvelles
soutiennent l?activité du centre de soins : perception de dons via la plateforme "Helloasso",
depuis fin 2021, et proposition d?un paiement à l'arrondi supérieur, au bénéfice de SOS
Faune Sauvage, dans les billetteries et les boutiques des parcs du groupe.
Par ailleurs, plusieurs parcs zoologiques comportent un point ou un centre relais pour un centre
de soins de la faune sauvage, dont : Le Pal (Allier) ; Natur?OParc (Haut-Rhin), relai pour le centre
de soins de la LPO Alsace ; Les Géants du ciel (Vienne) ; Zoodyssée (Deux-Sèvres) ; Parc Zoo
du Reynou (Haute-Vienne).
Les collectivités territoriales sont les premiers
financeurs publics
En dehors des écoles nationales vétérinaires, les financeurs publics sont majoritairement les
communes, les départements et les régions. D?autres sources sont citées : OFB, DREAL, Parc
national, parc naturel régional. Plus précisément, dans le cadre de la thèse vétérinaire (Galichet-
2021), sur un panel de 43 centres ayant répondu à un questionnaire en 2019, le mode de
financement public le plus cité était le département (65% des réponses) ; venaient ensuite : les
communes (55%), les régions (53%), l?État (30%), l?Europe (9%).
a. Les régions investissent le champ des soins à la faune sauvage locale
Depuis les lois de 2014 et 2015, la région a le rôle structurant de chef de file des politiques de la
biodiversité, et ses compétences ont été élargies. Les régions sont également autorité de gestion
de certains fonds structurels européens. La loi du 8 août 2016 leur donne l?initiative pour la mise
en place d?agences régionales de la biodiversité (ARB) aux côtés de l?État (OFB et DREAL).
Les élus des régions rencontrés par la mission ont unanimement souligné positivement l?ancrage
social, l?importance sociétale des centres de soins et leur rôle dans l?instauration d?une relation
concrète du public avec l?environnement à travers le sauvetage d?animaux sauvages, dans une
démarche « sauver pour réparer les dommages causés par l?homme ».
Il ressort par ailleurs de l?entretien de la mission avec Régions de France que les CSFS
demeurent un sujet local qui n?a pas fait l?objet d?une réflexion au sein de l?association nationale.
Mais des conseils régionaux alertés par les CSFS sur leurs difficultés, ont répondu
ponctuellement ou à travers l?instauration d?un partenariat offrant une aide financière à
l?investissement et/ou au fonctionnement.
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Selon l?enquête menée par la mission, cinq régions se sont dotées d?une stratégie à travers un
modèle d?aide directe défini dans la durée (cf. annexe 10) : Aquitaine, Grand Est, Occitanie,
Bourgogne Franche-Comté, Normandie. Ces régions ont fait part à la mission de leur attente d?un
cadre national d?activité des centres de soins et de leurs questions sur les objectifs à
contractualiser et les garanties à attendre des gestionnaires.
L?enjeu pour ces régions est d?assurer :
- la complémentarité entre les différentes structures aux dimensions très différentes en
termes de budget et de nombre de bénévoles ;
- la pérennité de ces structures, en les protégeant d?une précarité financière.
Région Bourgogne
Franche-Comté
Grand
Est
Normandie Nouvelle-
Aquitaine
Occitanie Réunion*
Aide au
fonctionnement
par CSFS par
an
10k¤ (structure
départementale
30 k¤ (structure
régionale
25 k¤ 74 k¤
(association
CHENE)
23 k¤ 10 k¤ 8,9 k¤
* Dans le cadre d?une mesure compensatoire (cf. annexe 9)
Tableau 3 Aides financières de plusieurs régions au fonctionnement des CSFS
Les élus et directeurs des services rencontrés par la mission indiquent que les CSFS n?étant pas
une compétence obligatoire des régions, les aides au fonctionnement sont en général annuelles
et les aides à l?investissement sont très variables, selon les demandes. La priorité des régions est
d?aider les centres multi-espèces. Les aides émargent actuellement sur une enveloppe affectée à
la biodiversité, votée globalement par l?exécutif régional, et non spécifique aux CSFS.
Plusieurs interlocuteurs de la mission ont indiqué que si la compétence était donnée aux régions
sur les CSFS, elles pourraient définir une politique en la matière et conclure des engagements
pluriannuels avec les structures qui les gèrent, comme dans le cas des PNR. De plus, l?outil des
contrats de territoire s?il n?est pas de prime abord identifié, paraît également pertinent.
b. Les départements mobilisent une partie de leurs ressources dont la taxe
d?aménagement
Au-delà des données recueillies lors l?enquête menée en 2019 (Galichet- 2021), le financement
des CSFS par les départements n?a pas pu être quantifié par la mission, compte-tenu de la
diversité des situations et l?absence de dispositif de remontée d?information tant du côté des
centres que des départements.
Certains départements financent les centres de soins sur la part départementale de la taxe
d?aménagement (qui a remplacé la taxe départementale des espaces naturels sensibles), ce qui
constitue- en l?état du droit- une dépense non conforme aux emplois prévus par les textes en
matière de ressource affectée à la politique de protection des espaces naturels sensibles75. C?est
le cas, par exemple, de la Gironde (source RCSFS), qui alloue une partie du budget prévu pour
la gestion des espaces naturels sensibles à la gestion d?un centre de soins : 97 k¤ par an, dédiés
au fonctionnement de la structure (soit 40 % environ du budget de fonctionnement du centre de
75 Circulaire du 18 juin 2013 relative à la réforme de la fiscalité de l?aménagement (BO 2013-12 du 10 juillet 2013)
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soins).
Le département des Pyrénées Atlantiques soutient le fonctionnement du centre de Soins
Hegalaldia (64) à hauteur de 50 k¤/an.
Le département de Charente Maritime est propriétaire du centre de soins sur l?île d?Oléron (Le
marais aux oiseaux) ; cette propriété abrite deux structures distinctes : un parc de découverte à
vocation pédagogique et un centre de sauvegarde de la faune sauvage.
Nombre d?autres départements ont également choisi de soutenir leurs centres de soins faune
sauvage (ou le centre de soins le plus proche) : Charente, Dordogne, Loire-Atlantique, Haut-
Rhin, Bas-Rhin, Jura, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Seine-Maritime, Hautes-Pyrénées, Vienne,
Haute-Vienne, Hérault, Réunion?
c. À l?échelle communale et intercommunale, des ressources difficiles à
mobiliser
Plusieurs regroupements de communes ou communes sont propriétaires et entretiennent un
centre de soins en régie ou par délégation à une société (8 centres recensés).
Les collectivités territoriales disposant également d?une compétence en lien avec la protection de
la biodiversité soutiennent les CSFS situés ou intervenant sur leur ban, fréquemment en
contrepartie d?actions d?animation pédagogique et de conseils : les communautés de communes,
les communes, ainsi que les métropoles et les communautés urbaines.
Tous les gestionnaires rencontrés ont unanimement insisté sur le temps qu?ils devaient consacrer
pour obtenir ces ressources dans une quête renouvelée chaque année. À cet égard, les EPCI à
fiscalité propre deviennent progressivement des interlocuteurs prioritaires, et pourraient
constituer des pourvoyeurs de ressources plus importants.
Un seul cas de perception d?une forme de taxe par habitant a été signalé à la mission, dans le
Rhône autour de Lyon : trois communautés de communes et 19 communes (au total une
centaine de communes) ont ainsi accepté de mettre en place une taxe à hauteur de 30 centimes
d?euros par habitant. Parallèlement le centre de soins (établissement « L?hirondelle ») a
développé un service de sauvetage in situ des animaux. Ce système évoque celui des fourrières
qui accueillent des animaux abandonnés ou trouvés errants sur la voie publique, de la
compétence obligatoire des maires.
Les aides financières spécifiques de l?État sont très
limitées
Il convient tout d?abord de souligner l?investissement du ministère en charge de l?agriculture à
travers les budgets des écoles nationales vétérinaires (ENV) de Nantes, Toulouse et Maisons-
Alfort (cf. point 4.2.5.b et annexe 12).
Ensuite, les financements accordés par l?État aux centres de soins sont des aides allouées par le
MTECT à partir du programme 113 « paysages, eau et biodiversité » de la mission budgétaire
Écologie, développement et mobilité durables, ainsi que par l?OFB, par délégation du MTECT (cf.
point 4.2.5.c).
L?État contribue par ailleurs au fonctionnement à travers la prise en charge directement des frais
d?équarrissage (cf. point 4.3.7) et des réductions/exonérations fiscales qui ne concernent pas
spécifiquement les centres de soins (cf. annexe 13).
a. Les ENV financent chacune de manière différente le fonctionnement de
leur propre centre de soins sur leur budget
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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La prise en main de la faune sauvage ne figure pas dans les thèmes de l?enseignement
obligatoire vétérinaire au niveau européen pour la reconnaissance mutuelle des diplômes. Mais
les directeurs des ENV rencontrés ont souligné l?importance de leur centre de soins pour
s?adapter à l?évolution de la société et établir un contact des vétérinaires avec l?écologie et
l?éthique dans le domaine de la faune sauvage, dans le concept « Une seule santé ». Les centres
de soins sont avant tout orientés vers l?enseignement et la recherche.
Les directions des ENV sont convaincues de cette fonction fondamentale, mais l?activité n?est pas
financée à l?image des consultations des animaux domestiques. Les ENV gèrent leur centre de
soins de la faune sauvage selon deux options : soit avec une structure associative adjacente
créée spécifiquement (ENV Maisons-Alfort) ; soit en intégrant la structure dans l?école et en la
finançant avec une exigence forte sur les objectifs du soin, partie intégrante des plateformes
d?enseignement-recherche (ONIRIS et ENV Toulouse). Le choix relève de l?équipe dirigeante de
l?école, et non du ministère (cf. annexe 12).
b. Les aides allouées sur le budget du MTECT sont de l?ordre de 130 k¤ en
2022
C?est un choix de longue date du MTECT de ne pas soutenir financièrement les CSFS car la
mission du ministère est la conservation des milieux et des espèces et non la sauvegarde des
spécimens.
Les aides du MTECT sur des crédits centraux aux deux fédérations (UFCS et
RCSFS)
Le MTECT soutient l?UFCS de longue date (au moins depuis 2007) pour son action de formation
des personnes travaillant dans les centres.
Sur 2021, il a accordé une aide de 30 k¤ à chaque fédération afin d?accompagner leur
structuration et de leur permettre de s?organiser efficacement pour mobiliser de nouvelles
ressources. Cette aide a été renouvelée en 2022 et sera versée par l?OFB.
Années 2009 2010 à 2012 2013 à 2020 2021 2022
UFCS 40 k¤ 25 k¤/an 20 k¤/an 30 k¤ 30 k¤ (OFB)
RCSFS
(créé en 2020) 30 k¤ 30 k¤ (OFB)
Tableau 4 : Aides financières du MTECT (OFB en 2022) à l'UFCS et au RCSFS entre
2009 et 2022
L?appui financier du MTECT sur des crédits deconcentrés revêt un caractère
exceptionnel
Aucune règle n?est établie en la matière et aucune disposition concernant le financement des
centres de soins ne figure dans le budget géré par les DREAL et DEAL.
La participation effective d?un centre à un plan national d?actions ne donne pas lieu à un
financement de l?État, sauf exception.
Le centre ATHENAS (39), généraliste spécialisé dans la prise en charge des lynx en détresse,
acteur important sur le PNA Lynx, cité explicitement dans plusieurs actions du PNA, est seul
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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centre aidé à ce titre par le MTECT (selon les données du MTECT).
En dehors de ce cas particulier, il arrive que les DREAL subventionnent directement des centres
de soins, sur le programme budgétaire 113, au coup par coup dans le cadre du dialogue avec les
organismes gestionnaires de ces centres, en réponse à des situations d?ultime urgence
financière pour ceux-ci.
L?exemple de La Réunion illustre cette situation. L'appui financier de l'État au centre de soins de
la SEOR, très impliquée dans le sauvetage des pétrels endémiques de la Réunion (objet d?un
PNA), a fortement varié au cours du temps. Depuis 2020, devant la grande difficulté de la SEOR
à boucler le budget du centre de soins, la DEAL est intervenue de nouveau dans le cadre de la
CPO SEOR sur une durée de 5 ans pour un montant annuel de 15 k¤, sur le BOP 113 - mise en
oeuvre des programmes nationaux d'action.
La LPO île Grande indique avoir pu bénéficier en 2022 d?une aide exceptionnelle de la DREAL de
30 k¤, (cf. tableau 5) afin de traiter les oiseaux mazoutés par des fuites d?hydrocarbures issues
de l?épave du Tanio. La coque de ce pétrolier, qui a sombré en 1980 au large du Finistère,
menace de céder et de polluer la colonie de macareux moines présente dans la réserve des
Sept-Îles (l?espèce ne fait pas l?objet d?un PNA, mais la colonie représente 80% de la population
présente en France).
DREAL Centre de soins Aide (¤) Année(s)
PACA Centre régional de Sauvegarde de la
faune sauvage du BUOUX- LPO PACA
et PNR du Luberon (84)
30 k¤ 2019
(démarrage)
Normandie
Centre d?Allouville
Association CHENE 5 à 7 k¤ -
Bourgogne
Franche-Comté
Centre Athenas 15 k¤ (PNA Lynx
et action en
faveur du busard
cendré)
-
Bretagne Centre LPO Ile Grande 30 k¤ 2022
La Réunion SEOR 15 k¤ 2022
Tableau 5 : Aide financière des DREAL-DEAL au fonctionnement des CSFS
(recensement MTECT- avril 2022)
En 2021, le MTECT a versé une aide exceptionnelle forfaitaire aux centres qui en
ont fait la demande.
Dans le cadre du dispositif Covid (décret n°2021-1105 du 23 août 2021 relatif aux dispositifs
d?aide financière à destination des centres de soins de la faune sauvage fragilisée par la crise de
Covid -19), 77 établissements 76 ont bénéficié de cette aide forfaitaire de 5 000 ¤,
76 Les conditions de cette aide étaient règlementaires : respecter les dispositions de l?arrêté du 11 septembre
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indépendamment de leur statut et de leur activité, ce qui a représenté un budget total de 385 k¤.
Plan POLMAR
Les CSFS littoraux prennent régulièrement en charge des animaux victimes d?une pollution
maritime, principalement des oiseaux. Ils sont susceptibles d?être réquisitionnés dans le cadre du
déclenchement d?un plan POLMAR 77 . L?expertise des capacitaires et des bénévoles est
également demandée par les autorités (Préfet, OFB ?).
Pour autant, les moyens privés inscrits au plan POLMAR comme pouvant être réquisitionnés ne
sont pas financés en tant que tels. Les « plan secours faune » du dispositif POLMAR sont jugés
par les agents des DREAL interrogées comme peu opérants. Les DREAL et les centres de soins
regrettent à cet égard l?absence d?un réseau de surveillance et de suivi pré-organisé.
En cas de pollution constatée, l?OFB évalue le préjudice écologique et organise le suivi avec des
bénévoles. L?établissement est d?ailleurs intervenu en 2021 sur une pollution dans la baie de
Saint Brieuc liée à la mise en place d?un parc éolien. Il suggère d?anticiper le risque d?une
pollution liée à l?installation de plusieurs parcs éoliens en mer au large de la façade maritime
nationale en organisant d?ores et déjà des réseaux de surveillance et de suivi avec le concours
des moyens des centres de soins et leur expertise.
Plan de relance
Deux centres de soins ont indiqué à la mission avoir bénéficié de crédits MTECT et OFB du plan
de relance pour des investissements. L?association CHENE a reçu une aide de 40 k¤ de l?OFB
pour la réhabilitation de la cuisine de la clinique et du centre de quarantaine de phoques, le
centre étant en effet spécialiste de l?accueil de ces mammifères marins. L?association SEOR,
spécialisé pour l?accueil des oiseaux à La Réunion, a reçu une aide de 8000¤ pour équiper une
dizaine de points relais supplémentaires de caisses à oiseaux.
c. Les aides allouées actuellement par l?OFB portent principalement sur la
sauvegarde des tortues marines
Les missions de l?OFB portent notamment sur la connaissance, la recherche et l?expertise sur les
espèces, et la mobilisation de la société. Pour larges que soient ses missions, l?OFB n?apporte
pas de financement aux centres de soins à l?exception des programmes de suivi et de
sauvegarde des tortues marines.
Dans le cadre de la directive cadre « Stratégie pour les milieux marins »
(DCSMM78)
Des financements par l?OFB vont à trois établissements, exclusivement pour les tortues marines :
? le CESTM) à l?aquarium de la Rochelle : à travers un contrat recherche et développement
relatif à « la coordination et l'animation du Réseau Tortues Marines Atlantique Est et la
réalisation de prélèvements et d?analyses, pour le programme de surveillance des tortues
1992 ; disposer de l?autorisation d?ouverture en cours de validité d?établissement détenant des animaux
d?espèces non domestiques ; certificat de capacité en cours de validité pour l'entretien de ces animaux d?espèces
non domestiques ; avoir accueilli et soigné des animaux de la faune sauvage en 2020 ou au premier trimestre
2021.
77 Instruction du Premier ministre du 5 mars 2018 relative à l?engagement et au financement des mesures de
protection ou de lutte contre les pollutions marines (financement POLMAR de crise).
78 Directive 2008/56/CE du Parlement européen et du conseil du 17 juin 2008 établissant un cadre d?action
communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin. Elle vise le bon état écologique du milieu
marin et l'amélioration de l?état de conservation de la biodiversité marine.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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marines de la DCSMM ». Le budget total de ce contrat est de 351 600 ¤ TTC pour la
période 2020-2023, dont 158 400 ¤ versé par l?OFB à l?Aquarium La Rochelle ;
? le CESTMed au Grau-du-Roi, via la société herpétologique de France (SHF) : l?OFB
finance pour la coordination du RTMMF à travers une convention de coopération «
relative à la mise en oeuvre de la surveillance des échouages et captures de tortues
marines de Méditerranée française pour la DCSMM ». Le budget total de cette
convention est de 430 400 ¤ pour la période 2020-2023, dont 240 000 ¤ versé par l?OFB
à la SHF, et 40 000 ¤/an reversé par la SHF au CESTMed à partir de 2022. Le CESTMed
s?est doté cette année d?un nouveau bâtiment, co-financé par l?OFB à hauteur de 50 000
¤, mais a des difficultés chroniques à assurer son fonctionnement, en particulier le salaire
de ses deux permanents ;
? le CRFS à Antibes est principalement financé par le Marineland d?Antibes. La SHF
reverse également à ce centre une part de budget (environ 4000 ¤ par an) au titre du
programme de surveillance de la DCSMM.
Les oiseaux et les mammifères marins ne font pas actuellement l?objet d?un réseau de
surveillance de suivi scientifique destiné à évaluer le bon état écologique du milieu marin dans le
cadre de la DCSMM. La mise en place éventuelle d?un réseau de surveillance sur ces groupes
permettrait d?envisager la participation des CSFS à un réseau de surveillance et d?observations
sur les affections et la mortalité, comportant éventuellement la réalisation d?autopsies, dans le
cadre des plans d?actions de la directive cadre rédigés par façade, et à travers les projets
européens tels le LIFE Seabil lancé en 2021, porté par la LPO, l?OFB et le MNHN.
En Outre-mer, l?OFB, via les parcs marins, contribue au financement des PNA
des tortues marines
Il a notamment contribué en 2021 au financement du centre éducatif sur le thème de la tortue à
Mayotte, intégrant un centre de soins (aide de 59 629 ¤).
Dans les Antilles, l?OFB soutient le PNA tortues animé par l?ONF, dont une action de
renforcement des tortues en détresse, mais ne porte pas de financement aux centres de soins.
La mise en place d?un réseau de surveillance et de soins Amérique-Caraïbes serait à l?étude,
avec une participation financière des parcs marins.
d. Le fonds national d'aménagement et de développement du territoire
(FNADT)
Le centre de soins de la faune sauvage des Alpes-Maritimes (CSAM), géré par l?association
PACA pour demain, a bénéficié du FNADT dans le cadre d?un contrat de transition écologique
sous l?égide du ministre de l?écologie. L?opération, vue comme originale, a trouvé un porteur de
projet. L?objectif du gestionnaire est un fonctionnement en équilibre grâce à des financements
privés (mécénat d?entreprise et partenariat avec la fédération des chasseurs).
Les fonds européens mobilisés pour les programmes de
recherche et quelques opérations d?investissements
(FEDER et FEADER)
Il est fait référence dans les programmes de recherche à plusieurs programmes LIFE ?OFB,
CHENE notamment.
Les ressources européennes sont identifiées par les acteurs associatifs et les collectivités, mais
une difficulté principale réside dans l?avance de trésorerie, ce dont la plupart des centres ne sont
pas capables.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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La complexité du montage des dossiers peut aussi être un frein pour des structures associatives.
La nouvelle compétence des régions en matière de gestion des fonds structurels s?est traduite
par l?inscription du thème dans le programme opérationnel. Pour exemple, la région Nouvelle-
Aquitaine a inscrit les investissements dans les centres de sauvegarde de la faune sauvage et
des espèces menacées dans la programmation FEDER-FSE 2021-2027, et mobilisera
notamment ce fonds (subvention FEDER à hauteur de 60%) dans le projet de création d?un
dixième centre de soins en Dordogne.
La prise en charge des frais d?équarrissage par France
Agrimer79
L?enlèvement, le transport jusqu?à l?usine de transformation et la transformation des cadavres ou
lots de cadavres d?animaux morts de toute espèce de plus de 40 kg morts dans les centres de
soins de la faune sauvage sont dans le périmètre du marché d?intérêt général de l?équarrissage
en métropole et en Outre-mer. Son financement est assuré par le programme 206 « sécurité et
qualité sanitaires de l?alimentation », dans le cadre d?un marché passé entre l?établissement
France Agrimer, gestionnaire du service public de l?équarrissage, et les sociétés d?équarrissage.
Selon la note de service de la DGAL de 2014 qui n?a pas été actualisée, la prise en charge
concerne seulement les centres de soins membres de l'UFCS. En pratique, les centres de soin
non membres de l'UFCS bénéficient de cette prise en charge, mais la couverture n?est toutefois
pas uniforme entre tous les centres de soins puisque plusieurs centres ont indiqué à la mission
ne pas avoir connaissance de cette disposition.
Le montant correspondant à l?enlèvement des cadavres dans les CSFS n?a pu être communiqué
par France Agrimer à la mission en dépit de la demande réitérée du ministère en charge de
l?agriculture.
4.3 Des soutiens financiers publics au fonctionnement des CSFS
dans le cadre de la stratégie nationale de la biodiversité et de
ses déclinaisons territoriales seraient justifiés
La prise en charge des soins aux individus de la faune sauvage au titre strict de l?éthique et du
bien-être animal ne relève pas d?une autorité publique ; en particulier elle ne relève pas de l?État
qui n?a pas de compétence en la matière. Ce n?est donc pas à ce titre que l?on peut envisager de
consolider des financements publics.
Mais les activités des centres de soins de la faune sauvage en faveur des espèces protégées, de
la formation des jeunes, de la sensibilisation du public, de la mobilisation des citoyens en font
sans conteste des acteurs de la préservation de la biodiversité. Elles figurent dans les objectifs
de la nouvelle stratégie nationale de la biodiversité (SNB 2030). Par leur caractère opérationnel,
elles constituent des actions concrètes qui mobilisent des citoyens.
Les interlocuteurs nationaux gestionnaires de centres de soins de la faune sauvage rencontrés
privilégient la piste d?une fiscalité dédiée aux centres de soins (en créant une nouvelle taxe sur
l?achat d?aliments pour les carnivores domestiques). Outre que l?instauration d?une telle fiscalité
nécessiterait des moyens publics importants, elle rencontrerait des difficultés certaines
d?acceptation. Il n?y aurait surtout pas de sens à ce qu?une autorité publique prenne en charge le
fonctionnement de ces établissements qui émanent d?initiatives spontanées privées.
79 Note de service DGAL/SDPRAT/2014-858 du 23 octobre 2014.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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La mission préconise, d?une part, que les fonds privés restent majoritaires et soient mieux
mobilisés, d?autre part, que le fonctionnement des CSFS soit aidé par des financements publics à
travers le financement de la SNB 2030.
Des systèmes de financements publics à envisager
selon les compétences de l?État et des collectivités
territoriales
a. Scénario A : Un système où les régions se verraient confier la
compétence du bloc biodiversité
Les régions ont demandé la plénitude des compétences dans le domaine de la biodiversité80
assortie des ressources financières pour l?exercer. Une compétence sur l?ensemble de la
biodiversité conforterait alors réellement le chef de filât des régions. Ce scénario a été discuté
avec Régions de France dans le cadre d?une précédente mission de l?IGEDD (cf. scénario de
« décentralisation complète », rapport CGEDD n°013892-01, IGA n°21042-R, février 2022).
Concernant les CSFS, cette évolution nécessiterait que les CSFS bénéficient d?une assise
juridique confortée (cf. 3.3).
D?un point de vue opérationnel, l?inscription des centres de soins dans une compétence
obligatoire donnerait aux régions la pleine compétence pour organiser des réseaux régionaux de
centres. Cette organisation n?empêcherait pas de traiter au niveau national les questions
transversales relatives notamment à la biosécurité. Ce scénario répondrait aux attentes du
RCSFS et de la LPO, si l?expérience de l?implication de plusieurs régions dans ce rôle s?avérait
positive.
b. Scénario B : Dans la répartition actuelle des compétences sur la
biodiversité dans la sphère publique, renforcer le soutien de l ?État
aux centres de soins dans le cadre des stratégies nationales
Dans ce scénario qui correspond à la situation actuelle, l?État et les collectivités interviennent en
complémentarité dans une répartition des compétences depuis 2015 (loi NOTRe81)- Dans sa
fonction de « chef de file » dans le domaine de la biodiversité, la région coordonne et organise
les actions des différentes collectivités territoriales et de leurs établissements publics. Plusieurs
régions interviennent dans le financement des centres de soins, en investissement et en
fonctionnement.
La répartition géographique des centres sur le territoire invite à avoir une vision régionale des
centres et de leur complémentarité, plus adaptée qu?une approche départementale. Tenant
compte de leur rôle dans la déclinaison de la SNB, les DREAL assureraient un nouveau rôle
d?interlocuteur pour l?État. Elles fixeraient des objectifs et évalueraient le besoin d?aide et les
activités des CSFS.
Le niveau de concours de l?État s?inscrirait dans la complémentarité des financements publics, au
sein du comité régional des financeurs, ou du collectif régional qui réunit l?État (la DREAL, l?OFB
et les agences de l?eau) et la région.
Des conventions pluriannuelles d?objectifs (CPO) seraient mobilisées pour donner une visibilité à
horizon de trois à cinq ans.
Les CSFS pourraient être progressivement partie prenante dans les réseaux d?acteurs et les
instances régionales, selon les cas (plates-formes d?éducation à l?environnement, agence
80 Le livre blanc des Régions, 2022
81 Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République dite loi NOTRe
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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régionale de l?environnement, commission régionale de la biodiversité).
Ce soutien serait complété par des appels à projets sur des programmes d?actions particuliers.
Ce système ne serait pas totalement satisfaisant pour le RCSFS et la LPO qui attendent des
ressources assurées dans la durée et non soumises aux variations des budgets de l?État.
c. Scénario C : L?hypothèse de l?instauration d?un service public du soin à la
faune sauvage de la compétence des communes et communautés de
communes (redevance pour service rendu) à l?exemple des fourrières
communales
L?instauration d?un tel service s?inscrirait comme une forme de compensation à la pression
exercée par les activités anthropiques sur le territoire, selon un principe de participation forfaitaire
par habitant proportionnelle à l?impact de l?activité de ce territoire sur la faune sauvage. En effet,
plus un territoire est habité, et plus la pression humaine est forte sur les milieux et sur les
espèces. Il s?agirait d?une forme de mesure de compensation.
Sur le modèle des fourrières communales (loi du 30 novembre 2021 ; article L. 211-24 du
CRPM), le soin de la faune sauvage deviendrait un service public, exercé en régie par la
collectivité, ou confié à une autre collectivité ou à un organisme privé (association, établissement
public, syndicat mixte, entreprise privée). À noter cependant que dans les fourrières, les animaux
domestiques ne peuvent être restitués à leur propriétaire qu'après paiement des frais de garde.
En cas de non-paiement, le propriétaire est passible d'une amende forfaitaire dont les modalités
sont définies par décret. La municipalité perçoit donc la contrepartie du remboursement des frais
de garde et du versement libératoire forfaitaire.
Dans l?analyse qu?il fait de ce système, le RCSFS propose la perception par chaque commune ou
chaque EPCI d?une taxe de 0,20 ¤/habitant, et son mode de répartition (transit par un organisme
public puis redistribution selon le niveau d?activité à l?échelle de la collectivité). Ce système
permettrait de constituer un budget de plus de 13 M¤.
Un tel système conduirait à la création d?une multitude de petites structures. Il ne peut en outre
pas financer seul l?ensemble des activités d?intérêt général (santé publique, connaissance de la
biodiversité, plans d?urgence, ?) exercées par les centres de soins de la faune sauvage. Enfin,
dans la mesure où il serait bien difficile de déterminer un critère permettant de distinguer les
territoires les plus pourvoyeurs d?animaux blessés et donc contributeurs, des autres. Ce scénario
pourrait soulever une question d?égalité de traitement.
Ce troisième scénario ne paraît pas pertinent
La définition du concours de l?État au fonctionnement
des CSFS dans le cadre de la SNB
Dans le cadre des compétences actuellement dévolues à l?État et aux régions, la mission a
réfléchi aux pistes d?évolution possibles pour accorder des aides financières aux CSFS.
Elle regarde la constitution d?une nouvelle fédération de ces centres comme une opportunité pour
l?État d?accompagner l?évolution de ces entités en les reconnaissants acteurs de la nouvelle SNB.
La mission propose ainsi au MTECT d?aider les centres de soins de la faune sauvage,
directement ou par l?OFB, à travers les actions suivantes :
? Soutenir financièrement les activités des centres de soins dans le cadre du
financement de la Stratégie nationale de la biodiversité (SNB), avec des priorités et
selon certaines conditions (cf. point 4.3.1) ;
? Faire évoluer le cadre normatif des conditions d?exercice des CSFS (montée en
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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compétences, installations et fonctionnement techniques, cadre juridique) ;
? Accompagner les centres de soins dans leur organisation collective en réseaux et
leur capacité à amplifier les ressources privées.
a. Définition d?une nomenclature d?activités qui pourraient bénéficier du
soutien financier du MTECT
Les effets réels des actions des établissements seront à mesurer et à évaluer par des indicateurs
à construire et à adopter (cf. recommandation 1)
La mission propose le soutien financier sur le budget opérationnel 113, dans le cadre de
conventions pluriannuelles d?objectifs et sous la condition d?un rapportage, selon les priorités
figurant dans le tableau suivant (tableau 6).
Bénéficiaires
Centres généralistes et centres spécialisés
(oiseaux, mammifères, tortues) dont le rayon
d?intervention est départemental, régional ou
supra régional.
Activités prioritaires
? Soins à certaines espèces
? Prise en charge des animaux d?espèces rares où
chaque individu compte (lynx)
? Animaux d?espèces sous PNA
? Animaux d?espèces sous statut de protection, sur
listes rouges nationale et/ou régionales
(inventaire national du patrimoine naturel)
Critère prioritaire : effectifs des animaux relâchés
dans le milieu naturel
? Et une ou plusieurs des
activités suivantes
? Activités de formation et de médiation
? Sensibilisation et mobilisation de la
société (Création d?une plate-forme d?accueil ;
outils pédagogique ?)
? Toutes actions de promotion des métiers de la
biodiversité ; accueil des jeunes
? Contribution à la surveillance sanitaire
? Recherche, participation à des réseaux de
surveillance et d?observations,
? Participation à des actions de lutte contre les
pollutions, dont les pollutions lumineuses
? Expertise : appui aux services de l?État
Tableau 6 Priorités de l'aide du MTECT aux CSFS dans le cadre de la SNB 2030
b. Accompagner les centres de soins dans leur organisation collective afin
de conforter la notion de réseau
En premier lieu, la mission propose que l?État soutienne les deux fédérations pour aller plus loin
dans les travaux engagés sur les évolutions et les modèles possibles. Les objectifs seraient,
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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d?une part, de mobiliser des ressources financières privées plus importantes et, d?autre part, de
travailler, sur des modèles de fonctionnement, mobilisateurs de la richesse humaine qui fait la
substance des centres de soins, en intégrant l?évaluation et l?innovation. La mission préconise
que l?OFB82 accompagne les fédérations dans une exploration des possibles sur la construction
d?un collectif, la recherche de partenariats et de financements.
En matière d?innovation, des propositions existent au sein des centres de soins dont la mise en
oeuvre pourrait être facilitée par des crédits publics, du MTECT ou de l?OFB (éventuellement
dans le cadre des appels à projets annuels). Ces propositions portent sur le traçage des animaux
par code-barres, la conception d?outils de centralisation et de valorisation des données, l?usage
de nouvelles technologies facilitant le nourrissage, la constitution de groupements d?achats,
l?expérimentation de plateformes d?appels du public, un modèle d?application grand public afin de
renseigner le public sur la prise en charge d?un animal ou la conduite à tenir en face d?un animal
trouvé?.
En second lieu, la mission observe que la tendance actuelle des parcs zoologiques à créer ou à
s?impliquer dans le fonctionnement des CSFS constitue une voie d?évolution qui justifierait un
rapprochement des fédérations avec l?AFdPZ avec une vision prospective.
c. Développer des stratégies pour faire un saut quantitatif sur les ressources
privées
L?objectif d?accroître les ressources privées devrait conduire les centres à s?organiser
collectivement afin d?augmenter leur visibilité auprès des divers acteurs du financement
participatif, en particulier auprès des entreprises qui de leur côté souhaitent renforcer leur
engagement sociétal.
La mission préconise d?étudier deux pistes, avec l?appui de l?État (MTECT et/ou OFB) :
? Mettre en place des instruments pour capter et mutualiser des ressources
nouvelles, majoritairement des financements participatifs83, le mécénat, les dons et
les legs : éventuellement par l?intermédiaire d?une structure dédiée qui pourrait être un
fonds d?intérêt général, géré collégialement par des centres de soins avec redistribution
auprès des centres ou qui pourraient rejoindre un fonds de la biodiversité (cf. Rapport
CGEDD-IGF n° N° 013910-01 relatif aux moyens des aires protégées françaises) ;
? Étudier l?accès des CSFS à des fonds de compensation des ouvrages. À l?exemple
de la mesure compensatoire mise en place à la Réunion au bénéfice de la SEOR (cf.
annexe 11), des pistes intéressantes sont à explorer dans le cadre des démarches
« Éviter-Réduire-Compenser » au titre de la compensation des effets perturbateurs non
réductibles, sur la faune sauvage, de projets d?infrastructures.
Dans le cadre des appels à projets de l?éolien en mer, l?OFB suggère qu?une partie du
fonds instauré pour la gestion des aires marines permette de financer des centres de
soins au titre des activités de soins dispensés à certaines espèces protégées d?oiseaux et
de mammifères terrestres, d?éducation à l?environnement et des réseaux de surveillance
de la biodiversité sur le littoral.
82 L?OFB prépare un LIFE Stratégique Nature, dans le cadre du projet préparatoire LIFE Biodiversité intégrée
dans les Territoires et les Politiques (LIFE BTP) financé par l?Union européenne.
83 https://www.ecologie.gouv.fr/label-financement-participatif
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
56/93
Conclusion
Apparus dans les années 1970, les centres de soins de la faune sauvage, résultant dans leur
très grande majorité d?initiatives privées, implantés aujourd?hui dans 62 départements, demeurent
dans une dynamique de création forte et accueillent chaque année toujours plus d?animaux
blessés, signes qu?ils répondent à la fois à une forte demande du public et à une dégradation de
l?état de la faune sauvage. Pourtant, leur existence et leurs missions ne font pas vraiment l?objet
d?une reconnaissance publique : les règles qui les encadrent sont fragiles et en partie
inadaptées ; leurs solutions de financement couvrent rarement tous leurs besoins et sont à
réinventer chaque année.
Certes, ils sont traversés par un courant qui tend à privilégier la santé et le bien-être des animaux
avec une approche curative individuelle et leur contribution à la préservation des espèces de la
faune sauvage n?est pas majeure. Mais, en premier lieu, il conviendrait de mieux documenter
cette contribution et, en second lieu, elle pourrait augmenter et même devenir décisive dans les
années à venir, si la démarche de « professionnalisation » s?opère dans un équilibre entre soin,
éthologie et écologie pour le maintien des espèces.
Le temps paraît venu de conforter l?existence des CSFS, non seulement, en reconnaissant leur
rôle dans la stratégie nationale de la biodiversité et en finançant, de ce fait, leur contribution,
mais aussi, en leur accordant un statut les différenciant d?autres structures dédiées à la faune
sauvage.
Leur reconnaissance juridique, d?une part, et celle induite par l?apport financier de l?État, d?autre
part, les aideront à trouver des soutiens complémentaires auprès d?organismes privés et des
collectivités territoriales et de leurs groupements.
Catherine LHOTE
Sabine SAINT-GERMAIN
Inspectrice générale
de la santé publique
vétérinaire
Inspectrice générale
de l'administration
du développement durable
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
57/93
Annexe 1 : Lettre de mission
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
58/93
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
59/93
Annexe 2 : Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
Assemblée nationale
DOMBREVAL Loïc Député Député dans la 2?
circonscription des
Alpes-Maritimes
26 avril
Associations de collectivités territoriales
DE MALEVILLE Olivia Régions de
France
Conseillère transi-
tion écologique et
énergétique
23 mai
Associations des centres de soins
COURREAU
TISSIDRE
Jean-
François
Manon
Réseau des
centres de
soins de la
faune sauvage
Président
Directrice
24 mars
1er juillet
TISSIDRE
SEGUIN
LAMBERT
Manon
Jade
Olivier
idem Directrice
Chargée de
mission
Directeur du
centre de soins de
l'école vétérinaire
du Nantes
CVFSE-ONIRIS
5 avril
1er juillet
PHISEL Michel Union française
des centres de
sauvegarde de
la faune sau-
vage
Président 24 mars
17 mai
24 mai
Associations de protection de l?environnement
VERILHAC
LORIOUX
DUGUE
Yves
Vanessa
Anne Laure
Ligue de pro-
tection des oi-
seaux
Directeur général
Directrice du pôle
Mobilisation
citoyenne
Responsable du
programme
« Oiseaux en
détresse »
29 mars
ABEL
MORELLE
Jean-David
Stéphanie
France nature
environnement
Administrateur de
FNE en charge du
réseau
Biodiversité
Chargée de
mission
Biodiversité, en
charge des
29 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
MAILLETAS
Christian
problématiques
liées aux espèces
sauvages
Responsable
bénévole du
Centre de
sauvegarde la
faune sauvage de
Charente Nature,
DUHARD Jean-Xavier Sauvons les
hérissons
Coordonnateur 2 mai
Associations de protection animale
BACHELARD
MOUREY
Nikita
Léa
La Fondation
Droit Animal
Chargée d?affaires
et de relations
publiques
Avocate en droit
de
l?environnement et
membre du comité
scientifique de la
LFDA
16 mai
Centres de soins de la faune sauvage
COURREAU
ROBEYROTTE
Jean-
François
Doriane
Association
Faune Alfort au
Centre Hospita-
lier Universi-
taire Vétérinaire
Faune Sauvage
de l?École vété-
rinaire d?Alfort
Président
Soigneur-référente
22 avril
BURDA
PORTMANN
Fréderic
Alexandre
Centre de sau-
vegarde de la
faune sauvage
de Lorraine-
VALLEROYE
(54)
Président du
CSFL
Secrétaire Général
du Réseau des
centres de soins
Responsable du
centre
13 avril
GAASCH Gill Centre de
soins- DUDE-
LANGE- grand-
duché du
Luxembourg
Responsable du
centre
13 avril
MARCHIVE
TENIN
RAVERA
Guy
Graciella
Christelle
Groupement
Ornithologique
du Refuge
nord-Alsace
(GORNA)-
Neuviller les
Administrateur
Responsable
Salariée
14 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
61/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
Saverne (67)
HURSTEL
HERVE
Suzel
Christophe
Centre de
soins- LPO
Alsace-
Rosenwiller
(67)
Responsable du
pôle médiation
faune Sauvage &
du centre de soins
pour la faune
sauvage
Directeur LPO
Alsace
14 avril
DE ROMANS
STRAUB
Romuald
Nicolas
Centre de soins
pour la
sauvegarde
des rapaces de
Rambouillet
(78)
Directeur de
l?Espace
Rambouillet
Vétérinaire
22 avril
FERAY
BEAUFILS
PREVOST
Didier
Alain
Laure
Centre
d?hébergement
et d?étude sur
la nature et
l?environnement
à Allouville
Bellefosse (76)
Président de
l?association
C.H.E.N.E
Responsable du
centre de
sauvegarde
Soigneur animalier
27 avril
MORINIERE Romain Station LPO ?
centre de soins
de l?Ile Grande
à Pleumeur-
Bodou (22)
Directeur de la
station
21 avril
RHOUY
ROCA
Noriane
Annabelle
Station LPO
Aquitaine-
centre de soins
d?Audenge (33)
Responsable du
centre
Responsable
territoriale
28 avril
FONTVIEILLE
LACAVE
Simon
David
Parc d?Isle
À Saint-Quentin
(02)
Soigneur animalier
et capacitaire
Directeur
d?exploitation du
parc
29 avril
VAVASSEUR Beatrice Le refuge de
l?écureuil roux à
Congis sur
Therouanne
(77)
Fondatrice et ca-
pacitaire
26 avril
TAVERNIER
FOURRIER
Pascal
Anne
Centre
l?Hirondelle à
Lyon (69)
Directeur
Chargée de
13 mai
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
62/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
JEGO
Audrey
développement et
communication
Soigneuse
BOVALIS
Hélène Association
PACA pour
demain
Centre de soins
de Saint-
Cézaire-sur-
Siagne (06)
Présidente 11 mai
MOYNE
MOUZON
Gilles
Lorane
Association
ATHENAS
Centre à
L?Etoile (39)
Directeur
Capacitaire
18 mai
CHAULET-
BRIZARD
TRAIMOND
DVIHALLY
Angélique
Margo
Paula
Association
SOS Faune
sauvage
Centre de soins
à Macouria
(973)
Centre de soin
à Bouillante
(97125)
Présidente et co-
dirigeante des
Zoos de
Guadeloupe et
Guyane
Responsable et
vice-présidente de
l?association
Responsable et
vice-présidente de
l?association
9 mai
COUZI François-
Xavier
Société
d?Études Orni-
thologiques de
La Réunion
(SEOR)
Centre de soins
à Saint-André
(974)
Responsable du
centre
30 mai
MAURY
MAURY
Cécile
Stéphan
Association
Hegalaldia
Centre de soins
à Ustaritz (64)
Directrice
Responsable du
centre de soins
11 mai
STAHL Sarah Association Les
P?tits Kipik
Présidente de
l?association et
capacitaire du
centre d?Orsay
20 juin
Conseils régionaux
DESBROSSE
FAURE
Jacky
Pierre
Grand Est Vice-président en
charge de
l?environnement
Chef de service
20 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
63/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
TURCK
HISTE
Claire
Anne-Marie
biodiversité par
intérim
Chargée de la
politique des
centres de soins
de la faune
sauvage
Chargée de
mission pour la
Champagne
Ardenne
DEJEAN DE LA
BATIE
Hubert Normandie Vice-président de
la Région Nor-
mandie
(également Maire
de Sainte Adresse
VP Le Havre Mé-
tropole
Président du Con-
servatoire National
du Littoral)
27 avril
GUÉGUÉN
CHAPLAIN
BROUSSEAU
Arnaud
Anne-
Sophie
Olivier
Nouvelle-
Aquitaine
Directeur de
l?environnement
Cheffe du service
biodiversité
Chargé de mission
Chargé de
l?animation du
réseau des CSFS
de la Région
13 juin
LISON Mélissa
Occitanie Chargée de mis-
sion Biodiversité et
mobilisation ci-
toyenne
11 mai
Directions départementales de la protection des populations
KIEFFER Guillaume Bas-Rhin Référent faune
sauvage
14 avril
DEGUEMANN
VINCENT
Olivier
Arnaud
Seine Maritime Directeur
Chef de service
santé et protection
des animaux et de
l'environnement
9 mai
CHAZAL Etienne Meurthe-et-
Moselle
Référent faune
sauvage Coor-
donnateur régional
8 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
64/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
Faune sauvage
Alsace Lorraine
Directions régionales de l?environnement, l?aménagement, le logement
BASCOU
PAUL
Stéphanie
Ludovic
Grand Est Directrice adjointe
Chef de service
Eau, Biodiversité,
Paysages
20 avril
HINDERMEYER
CONAN
Xavier
Laurence
Pays de Loire Chef du service
Chargée de la
CITES
25 avril
LEFEVRE PES-
TEL
FAUBERT
SIVIGNY
Olga
Catherine
Denis
Normandie Cheffe du service
Ressources
naturelles
Cheffe de service
adjointe
Responsable de
l?accompagnement
plan projet,
ressources
naturelles
2 mai
Expert
GALICHET Emmanuelle Docteur vétéri-
naire
10 mai
Établissements publics
DEGUEURCE
ARNE
Christophe
Pascal
École nationale
vétérinaire
d?Alfort
Centre hospita-
lier universi-
taire-faune
sauvage
(CHUV-FS)
Directeur de
l?ENVA
Directeur du
CHUV-FS
22 avril
DEFLESSEL
POL
LAMBERT
GOURLAY
Laurence
Françoise
Olivier
Philippe
École nationale
vétérinaire,
agroalimentaire
et de
l'alimentation
de Nantes
(ONIRIS-
Nantes)
Centre
vétérinaire de
la Faune
Sauvage et des
Écosystèmes
des Pays de
Directrice ONIRIS
Directrice du
CHUV
Directeur du
CVFSE
Directeur adjoint
du CVFSE
25 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
65/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
Loire (CVFSE)
LE LOC?H Guillaume Clinique des
NAC (nouveaux
animaux de
compagnie) et
de la faune
sauvage École
nationale vété-
rinaire de Tou-
louse
Maitre de confé-
rences
Responsable du
centre de soins et
capacitaire
17 mai
AUBEL
COREAU
VAN-DE-WIELE
BRULEZ
MANESME
Christophe
Audrey
Anne
Marion
Hélène
Office français
de la
biodiversité
Direction de la
police et du
permis de
chasser
Directeur délégué
Mobilisation de la
société
Directrice Acteurs
et citoyens
Cheffe de service
adjointe,
coordinatrice des
actions sanitaires
Cheffe du service
police judiciaire
Cheffe du service
juridique
25 mars
PELTIER
GUICHARD
Michel
Benjamin
Office français
de la
biodiversité
Service
Évaluation,
Connaissance
& Usages du
Milieu Marin
Délégué MER
auprès du
Directeur général
Chargé de mission
« Mammifères
marins - tortues
marines »
20 juin
OLIVIER Jean-Yves Direction régio-
nale de l?OFB
en Bourgogne
Franche Comté
Adjoint au direc-
teur, chef du ser-
vice police
6 mai
BEAL Michel ONF
Agence territo-
riale Ile-de-
France Ouest
Directeur 26 avril
CHAPUIS Jean-Louis Museum natio-
nal d?histoire
naturelle
(MNHN)
Chercheur hono-
raire
12 mai
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
66/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
HENRY Pierre-Yves Centre de Re-
cherche sur la
Biologie des
Populations
d?Oiseaux
(CRBPO-
MNHN)
Directeur, profes-
seur d?écologie
19 mai
Institution professionnelle
GUERIN
PRIETZ-
DUCASSE
Jacques
Estelle
Conseil natio-
nal de l?Ordre
des vétérinaires
(CNOV)
Président
Membre du
CNOV, en charge
de la commission
de la protection
animale.
28 avril
Ministère de l?agriculture et de l?alimentation
LEPAGE
PUPULIN
IVART
Jean-
François
Sylvie
Blandine
Direction
générale de
l?alimentation
Sous-direction
santé et bien-
être animal
Chargé d'études
pour la pharmacie
vétérinaire
Cheffe du bureau
de la prévention
des risques
sanitaires en
élevage
Référente
nationale
pharmacie
17 mai
Ministère de l?éducation nationale de la jeunesse et des sports
CAFFIN
MOROT
Charles-
Aymeric
Frédérique
Direction de la
jeunesse, de
l?éducation po-
pulaire et de la
vie associative
Chef de bureau du
développement de
la vie associative
Chargée des
questions de
fiscalité
associative,
mécénat et
comptabilité
16 mai
Ministère de la transition écologique
HULIN
GUILLAIN
Vincent
Pierre-
Édouard
Cabinet mi-
nistre
Cabinet
secrétaire
d?État à la
biodiversité
Conseiller
biodiversité, eau et
bien-être animal
Conseiller
technique
23 mars
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
67/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
DURON
DEBAERE
PAPOUIN
Sophie
Dorothée
Olivier
Matthieu
Direction de
l?eau et de la
biodiversité
Adjointe du
directeur de l?eau
et de la
biodiversité
Adjoint au sous-
directeur
« protection et
restauration des
écosystèmes
terrestres »
Sous-directeur
«protection et
restauration des
écosystèmes
terrestres »
15 mars
23 mars
12 août
DEMOLIS
TERRAUBE
BASSOT
MENEGHEL
Raphael
Léa
Gérard
David
Chef bureau ET3
Chargée de
mission faune
sauvage captive
Chargé de
procédure faune
sauvage captive
Chargé de mission
«bien-être animal»
23 mai
PIERRESTEGUY
FAURE
LAINE
Grégory
Guillaume
Stéphane
Direction de
l?eau et de la
biodiversité
Bureau ET4
Chef du bureau
ET4
Adjoint au CDB
ET4
Chargé de
procédure
espèces
protégées
1er juin
BOMPAIS-
ABDREBBI
Myriam Secrétariat gé-
néral
Cabinet/Bureau
de la vie asso-
ciative
Cheffe de bureau 9 mai
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
68/93
Annexe 3 : Méthode développée par la mission
Pour conduire à bien ses travaux, la mission s?est appuyée sur :
? des documents :
? le rapport 2021 de l?OFB, élaboré sur ce sujet à la demande de la ministre,
? la thèse vétérinaire « ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DES
ÉTABLISSEMENTS QUI PRATIQUENT DES SOINS SUR LES ANIMAUX DE LA
FAUNE SAUVAGE » Emmanuelle Galichet-décembre 2021,
? les documents d?analyse et de propositions produits par le Réseau des centres de
soins de la faune sauvage,
? Une étude commandée à la LPO par le conseil régional de Bretagne portant sur l?état
des lieux des centres de soins dans cette région et des préconisations,
? les comptes rendus des rencontres entre la direction de l?eau et de la biodiversité
(DEB) et les fédérations des centres de soins,
? toute documentation fournie par les personnes rencontrées, ou trouvée sur internet.
? des rencontres avec les principaux interlocuteurs nationaux et têtes de réseau
? des entretiens avec des acteurs de terrain en visioconférence et lors de visites dans
plusieurs centres choisis pour être représentatifs de la diversité des structures
À cette occasion, elle a rencontré des représentants des conseils régionaux participant
au financement des centres, des directions départementales de la protection des
populations, et des DREAL.
? un panel de 20 établissements qu?elle a interrogés et, pour certains, qu?elle a visités,
? des questionnaires adressés, à la demande de la mission, aux services de l?État
(DREAL/DEAL, d?une part, et DDPP, ou DDETSPP, d?autre part) via la DEB et aux
centres de soins via les fédérations, pour approfondir et disposer d?une meilleure
représentativité sur des points précis.
Panel des 20 établissements sur lesquels la mission s?est appuyée pour étudier
le fonctionnement et le financement
Le choix des 20 établissements a été orienté par la commande (diversité supposée des
ressources, ancienneté et expérience du centre, diversité des animaux accueillis) ; quelques
centres mono-espèces ont toutefois été retenus (écureuils et hérissons). L?échantillonnage a été
fait en croisant les propositions des deux fédérations de centres de soins et l?annuaire de ces
centres, sur plusieurs critères : structure juridique, nombre d?animaux et espèces prises en
charge, activités spécifiques (principalement : formation, prise en charge d?animaux marins,
acteur dans un PNA, travaux de recherche), implantation géographique et disponibilité du
responsable. Dans ce panel figurent les centres des écoles nationales vétérinaires (3 centres de
soins) ainsi que le seul centre de soins de la faune sauvage implanté au Luxembourg
(majoritairement approvisionné par des animaux en provenance de France).
Sur les 20 centres du panel, 15 ont communiqué à la mission les données relatives à leur
comptabilité au titre de l?exercice 2021 (et, parfois, au titre des années antérieures).
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
69/93
FOCUS sur 20 structures interrogées
Centre Statut juridique Activité Nombre d?animaux
accueillis/an
(données 2021)
ATHENAS (39)
Association Généraliste 4438
Centre sauvegarde faune sauvage
Lorraine (CSFL- 54)
Association Généraliste 2175
Centre d?hébergement et d?étude
sur la nature et l?environnement
(CHENE-76)
Association Généraliste 2807 (1872 oiseaux
et 935 mammifères)
École nationale vétérinaire d?Alfort Établissement
public
Généraliste 7201
ONIRIS (école nationale vétérinaire
de Nantes-44)
Établissement
public
Généraliste 2272
École vétérinaire de Toulouse Établissement
public
Généraliste 3000
Espace Rambouillet (78) Association
Spécialisé
Oiseaux
200
Groupement Ornithologique du
Refuge nord-Alsace (GORNA -67)
Association Généraliste 1913
HEGALADIA (64)
Association Généraliste 2795
L?HIRONDELLE (69)
Association Généraliste 6825
LPO Alsace (67)
Association Généraliste 5172
LPO Audenge (33)
Association Généraliste 5101
LPO Ile Grande (22)
Association Généraliste 1072
PACA Demain (06) Association Généraliste Ouverture le
27/12/2021
Parc d?Isle Communauté
d?Agglomération
du St-Quentinois
Spécialisé
Oiseaux
602
PTITS KIPIK- (2 centres-91 et 94) Association Très 210
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
70/93
Centre Statut juridique Activité Nombre d?animaux
accueillis/an
(données 2021)
spécialisé
Société d?Études Ornithologiques
de La Réunion (SEOR - 974)
Association Spécialisé
Oiseaux
3554
SOS Écureuil roux
Particulier Très
spécialisé
100
SOS Faune sauvage (97)
Parc zoologique Généraliste 118
Natur&ëmwelt (Luxembourg) Association Généraliste 4200
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
71/93
Annexe 4 : Le droit français actuel ne comporte
aucune obligation de soigner les animaux de la
faune sauvage libre
Si le bien-être animal est une préoccupation qui prend de plus en plus d?ampleur, la notion de
sensibilité de l?animal reste encore, dans le droit français, cantonnée à l?animal domestique.
En effet, le droit français positif ne reconnait de sensibilité qu?aux animaux susceptibles
d?appropriation.
Ainsi, l?article 9 de la loi n° 76-629 du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature, désormais
codifié à l?article L. 214-1 CRPM, est le premier à reconnaitre l?animal comme un être sensible, ce
qui impose des obligations à son propriétaire. « Tout animal étant un être sensible doit être placé
par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son
espèce ».
L?article 515-14 du code civil, issu d?une loi du 30 novembre 2015 relative à la modernisation et à
la simplification du droit et des procédures a confirmé cette approche tout en réaffirmant leur
appartenance au régime des biens : « Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité.
Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens. ».
Ces deux articles ne visent que les animaux susceptibles d?appropriation, c?est-à-dire les
animaux domestiques, animaux de rente et animaux de compagnie.
Une évolution pourrait venir du droit de l?Union européenne (UE) car ce sont tous les animaux
que vise le Traité sur le fonctionnement de l?UE de 2012 lorsqu?il impose à l?Union comme aux
États membres de pleinement tenir compte « des exigences du bien-être des animaux en tant
qu'êtres sensibles, tout en respectant les dispositions législatives ou administratives et les
usages des États membres en matière notamment de rites religieux, de traditions culturelles et
de patrimoines régionaux. » (Article 13) (Voir pour une application récente de ces stipulations,
l?arrêt C 900/19 du 17 mars 2021 de la CJUE saisie par le Conseil d?État d?une question
préjudicielle sur la chasse à la glu).
Le concept de « bien-être » emporte plutôt des obligations de faire et celui de
« maltraitance » des obligations de ne pas faire, comme s?il s?agissait du revers d?une même
pièce. Sous ce dernier versant, celui de la maltraitance animale, l?arsenal répressif, s?est renforcé
ces dernières années84, notamment en ce qui concerne les animaux sauvages tenus en captivité.
Toutefois, l?animal sauvage dans son milieu naturel, n?est pas visé par ces dispositions
répressives. Et il n?est pas fait obligation d?appliquer des soins à un animal sauvage blessé. Ne
pas appliquer des soins à un animal blesse n?est pas répréhensible dès lors qu?il n?est pas tenu
en captivité.
84 Ainsi, l?articlé 521-1 du codé pé nal, modifié én dérniér liéu par la loi n° 2021-1539 du 30 novémbré 2021 visant a
luttér contré la maltraitancé animalé ét confortér lé lién éntré lés animaux ét lés hommés, ré primé lés sé vicés gravés
ou dé naturé séxuéllé ou lés acté dé cruauté non séulémént sur lés animaux doméstiqués mais aussi sur céux qui sont
ténus én captivité (dé lit : 3 ans d?émprisonnémént ou 45 000 éuros) Et l?articlé 522-1 du mé mé codé , cré é par la
mé mé loi ré primé la misé a mort, d?un animal qu?il soit doméstiqué, apprivoisé ou ténu én captivité , hors du cadré dés
activité s lé galés. L?articlé L. 214-3 du CRPM quant a lui posé lé principé : «Il ést intérdit d'éxércér dés mauvais
traitéménts énvérs lés animaux doméstiqués ainsi qu'énvérs lés animaux sauvagés apprivoisé s ou ténus én captivité .»
Dés contravéntions sont é galémént pré vués pour lés bléssurés involontairé, lés mauvais traitéménts, la misé a mort
sans né céssité (art R. 653-1, R. 654-1 CP , R. 655-1 CP).
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
sauvagé
72/93
Annexe 5 : Liste et cartes de l?implantation des CSFS
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
sauvagé
73/93
Carte 1 Localisation des centres de soins de la faune sauvage recensés sur le territoire national et leurs départements
d'intervention (hors collectivités d?outre-mer) au 1er juillet 2022
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
sauvagé
74/93
Carte 2 Répartition géographique des différentes catégories de centres de soins de la faune sauvage (hors collectivités
d'outre-mer) au 1er juillet 2022
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
sauvagé
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Carte 3 Localisation des centres d?accueil d?animaux marins (hors collectivités d?outre-mer) au 1er juillet 2022
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Annexe 6 : Temps moyen d?hospitalisation des animaux reçus au CVSE* en 2021
Temps moyen d?hospitalisation des animaux reçus au CVSE en 2021 en fonction de leur catégorie et de leur devenir (données juin 2022 /
Olivier Lambert)
*Centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes à Nantes
TOTAL animaux reçus TOTAL animaux soignés TOTAL animaux relâchés
nombre
temps moyen
d'hospitalisation
(en jours)
nombre
temps moyen
d'hospitalisation
(en jours)
nombre
temps moyen
d'hospitalisation
(en jours)
tous animaux* 2270 14 1094 28 719 35
mammifères 898 15 466 29 299 39
oiseaux* 1365 13 624 28 415 32
d
é
ta
il
o
i-
s
e
a
u
x
colombins & gallinacés 233 10 82 27 63 30
échassiers 36 8 15 19 11 22
palmipèdes 100 19 67 28 49 32
passereaux & autres 618 4 214 12 140 13
rapaces* 378 27 246 42 152 52
* deux rapaces ne sont pas pris en compte car toujours hospitalisés au centre ; ils feront augmenter les moyennes
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Annexe 7 Les animaux des espèces exotiques
envahissantes et les animaux des espèces
exotiques confiés par l?autorité judiciaire
Les espèces exotiques envahissantes (EEE) ne doivent pas être admises
Les EEE85 sont introduites par l?homme sur un territoire qui n?est pas naturellement le leur et y
prolifèrent, menaçant les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces locales. La
réglementation varie selon des critères biologiques et parfois socio-économiques : pour certaines
espèces, seule l?introduction est interdite mais le transport, la détention et le commerce restent
autorisés ; pour les autres, toutes ces activités sont interdites.
Par conséquent, aucun centre n?est autorisé à relâcher les spécimens de ces espèces, surtout s?il
ressort du niveau le plus préoccupant, c?est-à-dire le second, qui reprend systématiquement les
espèces déterminées par l?Union européenne (cf. annexe II de l?arrêté du 14 février 2018)86
Les animaux sauvages confiés à la demande de l?autorité judiciaire ne devraient
bientôt plus être hébergés par les CSFS
Les CSFS accueillent régulièrement des spécimens de la faune sauvage captive exotique à la
demande de la police ou de la justice pour les besoins des enquêtes judiciaires ; même si ces
accueils sont temporaires, il conviendrait de les faire cesser.
D?autant que les dispositions de l?article 99-1 du code de procédure pénale précisent que le juge
d?instruction ne peut placer l?animal que dans un lieu prévu à cet effet et donc adapté à leurs
besoins biologiques.
La question du placement se pose de la même manière s?il concerne des animaux sauvages de
la faune locale, même si les animaux en cause sont visés par les arrêtés d?ouverture des centres,
les centres de soins n?étant pas habilités à accueillir des animaux sauvages captifs.
Toutefois, ces placements, qui ne correspondent pas à la vocation des centres de soins de la
faune sauvage, devraient tendre à disparaître avec la création de refuges et sanctuaires prévus à
85 « Une espèce exotique envahissante (EEE) est une espèce introduite par l?homme volontairement ou
involontairement sur un territoire hors de son aire de répartition naturelle, et qui s?y installe et prolifère au point de
menacer les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces locales.
Ces espèces représentent une menace pour les espèces locales, car elles accaparent les ressources (espace,
soleil, habitats, sites de nidification, proies?) dont les autres espèces ont besoin pour survivre. Elles peuvent
aussi être prédatrices directes des espèces locales. Les espèces exotiques envahissantes sont aujourd?hui
considérées comme l?une des principales menaces pour la biodiversité. (?)
Deux niveaux de réglementation s?appliquent, en fonction de la situation de l?espèce, de l?évaluation du risque
d?invasion biologique, ainsi que, le cas échéant, de l?importance socio-économique et des risques d?invasion
biologique liés à l?exploitation de l?espèce.
? Un premier niveau (art. L.411-5) interdit l?introduction d?individus dans le milieu naturel. Le transport, la détention
et le commerce restent autorisés.
? Un deuxième niveau (art. L.411-6) interdit quant à lui en complément l?introduction, le transport, la détention et le
commerce d?individus sur le territoire national.
Ces espèces sont définies par arrêté, de façon distincte sur le territoire de la métropole et dans les différents
territoires ultramarins, du fait de la sensibilité particulière de ces territoires aux invasions biologiques. » (Extrait de
la consultation publique sur de nouvelles EEE mars 2022).
86 Arrêté du 14 février 2018 modifié relatif à la prévention de l'introduction et de la propagation des espèces
animales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain
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l?article L. 413-1-1 du code de l?environnement évoqué précédemment.
Sur ce sujet, la mission ne peut que renvoyer aux réflexions et recommandations du rapport du
CGEDDD n° 013642-01 sur « Le placement des animaux sauvages vivants ».
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
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Annexe 8 : L?implication des vétérinaires dans les
soins à la faune sauvage libre pourrait être plus
importante
En dehors d?un centre de soins, le découvreur d?un animal en détresse fera le plus souvent appel
à un vétérinaire qui pourra examiner et soigner l?animal, mais qui ne pourra éventuellement le
conserver au-delà de quelques jours.
Des personnes interrogées, il ressort que bon nombre de vétérinaires pensent ne pas être
autorisés à recevoir et porter des soins à un animal de la faune sauvage locale.
Ce n?est pas l?analyse du CNOV qui a développé des informations juridiques et techniques sur
son site à l?intention des vétérinaires praticiens. Ainsi dans son « Guide de soins faune
sauvage », il indique, après avoir cité la loi du 10 juillet 1976 et l?article R. 242-4887 du CRPM,
que « Le vétérinaire peut donc prodiguer les soins d?urgence aux animaux de la faune sauvage
pour mettre fin à leurs souffrances ou permettre de les diriger vers un centre de sauvegarde.»
Cette position est conforme à la circulaire du 12 juillet 2004 relative au suivi des activités des
centres de sauvegarde pour animaux de la faune sauvage (NOR : DEVN0430281C, publiée au
Bulletin officiel du MTECT). Cette circulaire met toutefois en garde les vétérinaires puisqu?ils sont
dépourvus d?autorisation de détention et de transport de la faune sauvage. Elle recommande
donc de faire acheminer très rapidement l?animal, une fois soigné, vers le CSFS le plus proche.
Sur l?aspect financier de l?intervention des vétérinaires, le CNOV considère que l?animal sauvage
en liberté n?étant la propriété de personne, les soins le concernant sont « par définition, gratuits »
mais que « le vétérinaire a le droit d?accepter un dédommagement si le découvreur le propose »
Saisi d?un projet de convention de « mécénat de compétence » (dispositif fiscal, faisant
application de l?article 238 bis du CGI, auquel les vétérinaires ont fréquemment recours lorsqu?ils
interviennent dans les CSFS) élaboré pour le Centre de la LPO de l?Ile-Grande, le CNOV a
considéré qu?il contrevenait au code de déontologie. Par une délibération de septembre 2021, il
conseille de ne pas faire référence au dispositif fiscal du mécénat de compétence et de concevoir
un contrat de partenariat par lequel le vétérinaire libéral s?engagerait à prodiguer les premiers
soins aux animaux en détresse qui lui seraient présentés puis les dirigerait dès que possible vers
un CSFS. Il s?est déclaré disponible pour faire avancer un modèle de contrat de respectueux de
l?intérêt des animaux et du code de déontologie. Cette réflexion ne semble pas avoir abouti, ce
qui pourtant faciliterait l?intervention des vétérinaires dans les centres de soins.
Au total, malgré cette difficulté, la mission estime que rien ne s?oppose à que les vétérinaires
soient parties prenantes des soins aux animaux de la faune sauvage.
87 L?article R. 242- 48 du CRPM, qui s?applique quel que soit le statut de l?animal, dispose-t-il
« V.-Lorsqu'il se trouve en présence ou est informé d'un animal malade ou blessé, qui est en péril, d'une espèce
pour laquelle il possède la compétence, la technicité et l'équipement adapté, ainsi qu'une assurance de
responsabilité civile professionnelle couvrant la valeur vénale de l'animal, il s'efforce, dans les limites de ses
possibilités, d'atténuer la souffrance de l'animal et de recueillir l'accord du demandeur sur des soins appropriés.
En l'absence d'un tel accord ou lorsqu'il ne peut répondre à cette demande, il informe le demandeur des
possibilités alternatives de prise en charge par un autre vétérinaire, ou de décision à prendre dans l'intérêt de
l'animal, notamment pour éviter des souffrances injustifiées. En dehors des cas prévus par le précédent alinéa, le
vétérinaire peut refuser de prodiguer ses soins pour tout autre motif légitime.VI.-Sa responsabilité civile
professionnelle doit être couverte par un contrat d'assurance adapté à l'activité exercée. »
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-0002984/A0190007.pdf
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Annexe 9 : Modèle économique « professionnalisé »
proposé par la LPO
Modèle actuel d?un centre « moyen », accueillant 3000 animaux par an :
- Budget : 150 000¤/an, soit 59¤/animal reçu
Moyens en personnel : Chaque membre de l?équipe est appelé à être polyvalent et
à dépasser son temps contractuel de travail (moyenne de 11 heures de travail par
jour) pour une rémunération modeste.
- 1 chef de centre : 1 700¤ nets/mois (32 400¤/an de charges salariales)
- 2 soigneurs : 2 x 1 350¤ nets/mois (2 x 23 300¤/an)
- 1 agent administratif : 1 350¤ nets/mois (23 300¤/an)
Soit 102 300¤/an de charges salariales (70% des dépenses).
(source88 : coût moyen d?un centre de soins pour les membres du RCSFS ; RCSFS,
2022)
Modèle proposé pour un centre accueillant 2500 animaux par an
? Budget : 352 000 ¤/an, soit 140 ¤/animal reçu
Moyens en personnel* : Le centre se professionnalise avec plus de soignants, dont
un vétérinaire, et il est moins dépendant de la main d?oeuvre bénévole ; il bénéficie
d?un personnel spécialisé aussi pour les tâches hors soins des animaux.
Objectif : sortir d?un modèle où le chef de centre doit s?occuper de tout pour le
recentrer sur un rôle de coordonnateur de l?équipe soignante. Les soigneurs ont le
temps nécessaire pour s?occuper des animaux et suivre le travail des bénévoles.
- 1 chef de centre, capacitaire : 2 200¤ nets/mois (35 246¤/an)
- 1 vétérinaire : 2 667¤ nets/mois (43 519¤/an)
- 3 soigneurs : 3 x 1 916¤ nets/mois (83 130¤/an)
- 2 médiateurs : 2 x 1 916¤ nets/mois (55 420¤/an)
Soit 217 315¤/an.
Autres dépenses
Prestations vétérinaires spécialisées : 30 000 ¤
Alimentation animale : 50 000 ¤
88 Communication à la mission
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Fluide : 7 000 ¤
Déplacements : 5 000 ¤
Petits matériels : 5 000 ¤
Frais de structure : 30 000 ¤
Frais généraux : 3 000 ¤
Communication et sensibilisation : 5 000 ¤
(source : LPO ? étude pour la région Bretagne, 2021)
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Annexe 10 : Les parcs zoologiques participent de plus en plus au fonctionnement
des centres de soins de la faune sauvage
Parcs zoologiques ayant créé un centre de soins
Parcs zoologiques Centre de soins
Statut juridique du parc
zoologique
Espèces
Les 3 Zoos de
Guyane, Guadeloupe,
Martinique
Le centre de soins de Guadeloupe et de Guyane géré par
l?association « SOS Faune sauvage » crée et financée par les
parcs (cf. encadré X) gère les 2 antennes du centre de soins.
Privé
Faune locale
Espace Rambouillet Centre de soins des rapaces Établissement public (ONF) Oiseaux
Parc d?Isle Centre de sauvegarde de Saint Quentin Communauté de communes
(Agglomération du Saint Quentinois)
Oiseaux
Parc Argonne
Découverte
Centre de sauvegarde de l?Argonne
Communauté de communes
(Communauté de communes de
l'Argonne Ardennaise)
Oiseaux et mammifères
Océanopolis- Brest Centre de soins et de conservation de la faune aquatique de
Bretagne géré par l?association pour la Conservation des
mammifères et oiseaux marins de Bretagne (ACMOM)
Équipement de Brest Métropole Mammifères
(majoritairement phoques
gris) oiseaux marins
Aquarium de La
Rochelle
Centre d?études et de soins pour les tortues marines (CESTM)
Privé
Le CESTM est propriété de la
Région
Tortues marines
Aquarium de Biarritz Centre de soins Communauté de communes ? ou
municipalité de Biarritz ?
Phoques et tortues marines
Kélonia Centre de soins des tortues marines, centre de recherche et
musée (Observatoire des tortues marines Kélonia)
Région La Réunion Tortues marines
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Trois projets ont par ailleurs été cités, portés respectivement par :
? le zoo Parc de Beauval (sous l?égide de Beauval Nature, l?association du parc animalier) d?une capacité de 5000 animaux, ouvrira en 2023 ;
? le zoo de Dunkerque (Communauté urbaine de Dunkerque) ouvrira en 2024 ;
? le zoo des tortues A Cupulatta à proximité d?Ajaccio qui a déposé une demande d?autorisation d?ouverture pour développer un centre de soins
pour les tortues marines. Cette création, encouragée par l?OFB, viendra combler un manque en Corse, où ont lieu beaucoup d?échouages et de
captures à la palangre. Jusqu?à présent, les tortues nécessitant des soins sont envoyées dans un centre en Sardaigne, non sans des difficultés
administratives.
D?autres formes de soutien financier et de collaboration s?amplifient :
Les exemples rapportés à la mission d?un appui réel et substantiel sont multiples :
? Réserve Africaine de Sigean : soutien de 20 k¤/an depuis 2018 au CSFS de la LPO Occitanie (Villeveyrac dans l'Hérault) ;
? Parc animalier de Sainte-Croix (57) : sur le fond de dotation » Sainte Croix Biodiversité » créé en 2016, aide annuelle au fonctionnement du
Gorna- 67 (8 000 ¤ en 2021) et du CFSL-54 (7 600 ¤ en 2021), financements ponctuels de la rénovation des installations, reprise des tortues de
Floride apportées au CSFL ;
? Parc Animalier d?Auvergne (63) : soutien financier (3 000 ¤ en 2020 ; 5 000 ¤ en 2021) au CSFS Panse Bêtes à Chamalières ;
? Safari de Peaugres (07) : soutien le CSFS L?hirondelle (Rhône Alpes) par un versement annuel et un arrondi solidaire aux caisses des points de
Parcs zoologiques Centre de soins
Statut juridique du parc
zoologique
Espèces
Aquarium de
Guadeloupe
Centre de Soins des Tortues Marines de Guadeloupe.
L?aquarium finance l'association « Karet » qui gère le centre de
soins.
Public
10 à 30 tortues/an
Marineland Centre de Réhabilitation de la Faune Sauvage L?association
d?entreprise Marineland gère le CRFS.
Privé Tortues marines
Refuge de l?Arche Centre de Sauvegarde de la faune sauvage locale "Valentine et
Jacques Perrin".
Privé/ (Association « club pour
l?étude et la protection des animaux
et de la nature » (CEPAN) RUP)
Oiseaux et mammifères
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vente ;
? le zoo de la Boissière du Doré (44) finance le projet d?un centre de soins, Faunalis, en Loire-Atlantique ;
? Puy du Fou (85) : soutien financier (don, prise en charge d?une partie des ressources alimentaires) et soutien zootechnique et formation (conseils
et expertise, partage de ressources et d?expériences) ;
? Parc de Clères (76) : appui technique du vétérinaire au centre de soin le CHENE (notamment réalisation d?autopsies dans le cadre du suivi des
échouages des mammifères marins).
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Annexe 11 Les aides de plusieurs régions aux
centres de soins de la faune sauvage et
l?organisation en réseaux régionaux
Région Bourgogne Franche Comté
Par une délibération de janvier 2017, la région Bourgogne Franche Comté a décidé de soutenir
les associations de sauvegarde de la faune sauvage implantées dans la région, dans leurs
missions de collecte d?animaux blessés, de soins et de réhabilitation dans le milieu naturel. L?aide
porte sur les frais généraux de la structure (nourriture, frais vétérinaires, frais de structure), les
frais en personnel (soigneur, gestion et traitement statistique des données, secrétariat), les
actions d?information et de sensibilisation du public et des scolaires, les frais d?organisation de
sessions de formation continue de correspondants.
Le plafond de l?aide est de 10 k¤/structure de portée départementale ou limitrophe et 30
k¤/structure de portée régionale ou interrégionale. La subvention est calculée de manière à ce
que la part d?autofinancement du maître d?ouvrage atteigne au moins 20% du montant total des
dépenses subventionnables.
Région Grand Est
La région Grand Est subventionne les quatre principaux centres généralistes implantés sur son
territoire. Elle mobilise une enveloppe limitée de 100 k¤ par an en crédits de fonctionnement et
40 k¤ en crédits d?investissement. Un règlement triennal, établi depuis 2017 attribue à chaque
centre de soins une enveloppe de fonctionnement annuel de 25 000 ¤ par centre. Ce budget
relève du budget global dédié à la préservation de la biodiversité.
Sous l?impulsion de la région, les quatre CSFS se sont répartis les territoires d?intervention. La
région présente ce maillage sur son site internet, y met en valeur leurs actions et délivre des
messages sur le comportement à tenir en cas de découverte d?un animal blessé.
Région Normandie
La région compte deux centres généralistes. Les élus sont particulièrement sensibles à
l?engagement des personnes qui y travaillent et à la vocation pédagogique des centres de soins.
La région apporte une aide au fonctionnement du CSFS géré par l?association CHENE de 74 k¤
(plus de 25% des financements en 2021).
Des projets peuvent également émarger sur l?enveloppe de 800 k¤ mobilisée chaque année sur
la pédagogie, ainsi que sur les contrats de territoires avec les EPCI financés par la Région. Sous-
réserve d?un « cadre normé » national sur les missions des centres de soins de la faune
sauvage, le vice-président de la région se dit disposé à accorder une dotation statutaire sur trois
ans pour assurer « un socle de fonctionnement », puis à financer des actions spécifiques dans le
cadre d?appels à projet.
Région Nouvelle-Aquitaine
La région Nouvelle-Aquitaine a adopté en 2018 un Règlement d?intervention des centres de
sauvegarde de la faune sauvage, traduit dans un Schéma régional des centres de sauvegarde
de la faune sauvage. L?ambition du conseil régional est de permettre à ces structures :
d?optimiser leur fonctionnement et, pour certaine, de les protéger d?une certaine précarité
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financière, d?identifier leurs besoins et de les partager, de mutualiser leurs outils et d?être en
capacité d?agir en cas de crise majeure.
L?aide au fonctionnement s?adresse à neuf centres généralistes89 est de 23 000 euros par an et
par centre, dans la limite de 80% au maximum du budget de fonctionnement, à travers des
conventions annuelles (sauf avec la LPO qui bénéficie d?une CPO). L?objectif est de permettre de
(co-)financer à minima le salaire du capacitaire de la structure.
Le soutien à l?investissement est dynamique. La région accompagne en particulier la création
d?un nouveau centre généraliste dans le département de la Dordogne, ce projet, qui bénéficie de
concours locaux, est porté par un collectif d?associations. La politique de la région est par ailleurs
d?accompagner la mise aux normes et l?amélioration des installations existantes (exemples : Aide
à une acquisition foncière pour maintenir un centre de soins multi espèces et permettre le
transfert de sa gestion d?un particulier à une association dédiée ; financement de la salle de
chirurgie de la LPO d?Audenge qui salarie un vétérinaire ; plusieurs améliorations des
installations du centre de soins Hegalaldia (eau chaude, climatisation, nouvelles volières, ?).
La région Nouvelle-Aquitaine propose également d?accompagner les centres de soins dans le
montage de dossiers.
Trois agents du service biodiversité de la région consacrent aux CSFS une part de leur temps.
En matière de communication avec le grand public, la région envisage de créer, avec l?agence
régionale de biodiversité (ARB), une plate-forme permettant de répondre plus efficacement aux
questions posées après la découverte d?un animal blessé et dans leurs démarches pour trouver
d?autres sources de financements (FEDER, ?).
Région Occitanie
Depuis 2018 à la région finance les CSFS à travers sa politique Biodiversité, sur une ligne
budgétaire s?intitulant « Soutien à l?intégrité physiques des espèces patrimoniales dans le cadre
de la trame verte et bleue »). Elle a aidé, en 2021, cinq centres qui en ont fait la demande, par
une aide au fonctionnement (10 k¤ max par centre dans la limite de 80 % du budget de
fonctionnement) et/ou par une aide à l?investissement (deux centres aidés pour l?achat de
volières). La région finance aussi le CSFS Hegalaldia (en région Nouvelle-Aquitaine).
Dans le cadre de l?élaboration en cours de son Plan Nature (Plan NOE : « Nature en
Occitanie ?évidemment », dont le vote devrait intervenir en novembre 2022) qui vise à
rapprocher la biodiversité du public, les CSFS sont identifiés comme une porte d?entrée à la
relation avec la faune sauvage, qui incarne de façon emblématique l?environnement. La
présidente de région a fait l?annonce de la création d?un réseau de centres de soins pour la faune
sauvage afin de garantir le bien-être animal. Les services techniques travaillent à un dispositif
régional, à partir de critères à définir, en tenant compte également du maillage du territoire, pour
une présentation à l?exécutif au second semestre.
La réflexion devrait être amenée au sein du comité des financeurs animé par l?ARB, et avec les
départements dans le cadre du chef de filât.
Région Réunion
La région est propriétaire des terrains et bâtiments du centre « Kelonia » ("L?observatoire des
tortues marines") qui est à la fois un aquarium, musée, et un important centre de recherche,
d?intervention et de soins consacré aux tortues marines. Il a confié la gestion de ce centre à la
société publique locale Réunion des musées régionaux (SPL RMR).
89 La ré gion compté 12 CSFS. Lé dé partémént dé Charénté Maritimé ést proprié tairé du céntré dé soins sur Olé ron
(« Le marais aux oiseaux ») ét né sollicité pas l?aidé du Conséil ré gional dé Nouvéllé Aquitainé. Lé CSFS dé La Rochéllé
n?ést pas non plus accompagné par la Ré gion, ainsi qu?un autré céntré tré s spé cialisé sur lé hé risson.
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De plus, la région est maître d?ouvrage de la construction de la « nouvelle route du littoral »
reliant Saint-Denis à La Possession. Dans le cadre de la démarche « Éviter-Réduire-Compenser
», une mesure compensatoire est mise en oeuvre à travers laquelle le budget de la région
participe au fonctionnement de la SEOR au titre d?une meilleure prise en charge et d?un meilleur
suivi des oiseaux échoués ou morts qui seraient récupéré lors du chantier et après la mise en
service de la nouvelle infrastructure. La mesure compensatoire est dotée d?un montant total de
390K¤ permettant de couvrir la phase chantier (2014-2020) puis la phase d?exploitation (2020-
2040). Le niveau de financement revu en 2020 s?établit à hauteur de 8 892 ¤/an et cela jusqu?à
2040, assurant au centre une ressource jusqu?à cette échéance.
La mission n?a pas eu connaissance de l?existence de mesure compensatoire ou de mesure
d?accompagnement au bénéfice d?un CSFS en dehors de ce cas. Cela semble pourtant une
possibilité dans l?avenir lors de projets d?infrastructures d?envergure. Cette ressource a été
évoquée par l?OFB en lien avec les installations des parcs éoliens en mer.
Région Bretagne
La région Bretagne a commandé une étude à la LPO afin de dresser un état des lieux des sept
centres CSFS de la région et lui proposer des pistes d?actions 90 . Parmi celles-ci, figurent
notamment les idées de créer un centre généraliste par département ainsi qu?un service
collaboratif et mutualisé afin d?organiser la médiation, de coordonner le rapatriement des
animaux blessés et de structurer un réseau de vétérinaires bénévoles.
90 https://www.lpo.fr/lpo-localés/lpo-brétagné/actu-brétagné/actu-brétagné-2021/fauné-én-détréssé-uné-étudé-
qui-ouvré-la-voié
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Annexe 12 Les modes de financement des centres
de soins de la faune sauvage des écoles nationales
vétérinaires
ONIRIS à Nantes (ENV de Nantes) : Le centre de soins du CHUV de Nantes (budget d?environ
350 k¤ en 2021) occupe des bâtiments qui appartiennent à l?agglomération de Nantes, depuis sa
création en 2003. Il est financé majoritairement par ONIRIS et a conclu quelques conventions de
partenariat sur la base de prestations de service (conseil et expertise sur les abeilles sauvages)
par exemple avec Nantes Métropole (10k¤/an) et le conseil départemental de Loire Atlantique
(20k¤/an).
Les recettes extérieures privées ne sont pas plus assurées pour cet établissement public que
pour une association ; elles ont d?ailleurs décru ces dernières années. Jusqu?en 2020, TOTAL
apportait 85 000 euros depuis l?Erika en application de conventions triennales régulièrement
reconduites et la région apportait 50 000 euros par an jusqu?en 2016. La direction d?ONIRIS
souhaite développer du mécénat et a le projet de créer une fondation.
ENV Toulouse (ENVT) : Le budget de fonctionnement du centre de soins de la faune sauvage
du CHUV de l?ENV de Toulouse n?est pas individualisé et n?a pu être communiqué à la mission.
L?ENVT dispose d?une fondation.
ENV Alfort (ENVA) : L?association Faune Alfort a été créée en 2014 pour rechercher des fonds
car jusqu?alors l?école était seule à financer. Faune Alfort soutient directement et matériellement
le CHUV-FS de l?ENVA à travers un partenariat étroit formalisé par une convention, conclue pour
trois ans et révisée annuellement. Du personnel technique est mis à disposition par l'association,
ainsi que le secrétariat et le matériel de soins pour les animaux. La participation de Faune Alfort
est de l?ordre de 300 k¤/an sur un budget global du CHUV-FS de l?ordre de 600 k¤/an.
Le centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV) de Maison-Alfort fonctionne grâce à
de nombreux bénévoles à travers un partenariat avec l?association Faune Alfort.
Le bénévolat y est important, valorisé à hauteur de 380 k¤/an.
Environ 250 personnes ont participé aux soins en 2021 : 97 étudiants vétérinaires (inscrits à la
rentrée 2020), 99 stagiaires (conventionnés ou écovolontaires) environ 50 bénévoles ont
participé aux soins de façon régulière, l?ensemble de ces bénévoles cumulant 16 équivalents-
temps plein.
A ces soignants bénévoles, s?ajoutent une trentaine de bénévoles qui se consacrent aux
installations recevant les animaux (construction, entretien) et aux transports de ces derniers.
En 2021, l?association Faune Alfort comptait 1 905 adhérents, et 1 939 donateurs chez les
particuliers. Globalement, par leurs dons et adhésions, les particuliers contribuent au budget de
l?association à hauteur de 58,47%, situation exceptionnelle parmi les associations soutenant des
centres de soins, ainsi que vis-à-vis des autres écoles nationales vétérinaires.
Le fonctionnement des CHUV de Nantes et de Toulouse, s?il fait appel aux étudiants et aux
stagiaires, n?implique pas de bénévoles extérieurs, ni d?association. Le fonctionnement est
totalement internalisé et pris en charge par le budget de l?ENV.
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céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Annexe 13 Les centres de soins bénéficient de la
politique mise en place en faveur de la vie
associative et de l?emploi sur le territoire national
La mission a relevé au cours des entretiens plusieurs dispositifs d?exonérations et réductions de
charges, cités par les responsables des centres comme de véritables atouts, et vers lesquels ils
sont très facilement orientés par les départements et leurs fédérations notamment.
Exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) : Les opérations commerciales
réalisées par les associations sans but lucratif gérées de manière désintéressée sont exonérées
de TVA. Le seuil de recettes lucratives accessoires au-delà desquelles les associations sans but
lucratif ne peuvent bénéficier d'exonération des impôts commerciaux est fixé à 72 432 euros pour
2021. Même si la direction de la jeunesse, de l?éducation populaire et de la vie associative
(DJEPVA) souligne que ce seuil constitue un effort important de la part de l?État, plusieurs
centres souhaiteraient voir ce plafond augmenter.
Abattement sur la taxe sur les salaires : Les associations loi 1901, quel que soit leur
objet, ainsi que les associations régies par la loi locale applicable dans les départements du Bas-
Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle bénéficient d?un abattement sur le montant annuel de la taxe
sur les salaires dont elles sont redevables.
Dispositif local d?accompagnement (DLA), dans chaque département :
Plusieurs centres de soins ont bénéficié de ce dispositif d?accompagnement alimenté par des
crédits du ministère de l?emploi, des conseils régionaux et du Fonds social européen (FSE). Ils
ont souligné tout l?intérêt de ce dispositif grâce auquel ils ont pu engager une démarche
d?évolution du modèle économique, ont été accompagnés techniquement et financièrement dans
la fonction managériale, l?élaboration d?un plan stratégique de développement de l?activité et la
diversification des partenariats.
Formation des salariés, des bénévoles et des services civiques : Ces activités
permettent d?alimenter un compte personnel de formation (CPF). Le compte d'engagement
citoyen (CEC)91, rattaché au CPF, recense notamment les activités de bénévole, de volontaire ou
de maître d'apprentissage. Il permet d'acquérir des droits à formation inscrits sur le CPF. Les
jeunes qui ont travaillé en service civique ont donc un CPF.
91 Institué par la loi du 8 août 2016 dite « Loi travail », le compte d?engagement citoyen (CEC) est un nouveau
dispositif de l?État destiné à reconnaître et valoriser l?engagement bénévole de responsables associatifs très
investis.
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céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Annexe 14 : Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme ou
sigle
Signification
CEC Compte d?engagement citoyen
CESTM Centre d?études et de soins pour les tortues marines de l?aquarium de La
Rochelle
CESTMed Centre d?Étude et de Sauvegarde des Tortues Marines de Méditerranée
CGI Code général des impôts
CHENE Centre d?hébergement et d?étude sur la nature et l?environnement
CHUV-FS Centre hospitalier universitaire vétérinaire-Faune sauvage
CNOV Conseil national de l?ordre des vétérinaires
CNRS Centre national de la recherche scientifique
CPF Compte personnel de formation
CPO Convention pluriannuel d?objectifs
CRBPO Centre de recherches sur la biologie des populations d?oiseaux
CRFS Centre de Réhabilitation de la Faune Sauvage
CRPM Code rural et de la pêche maritime
CSFS Centre de soins de la faune sauvage
CVSE Centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes
DCSMM Directive cadre stratégie pour le milieu marin
DDCSPP Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des
populations
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Acronyme ou
sigle
Signification
DDETSPP Direction départementale de l?emploi, du travail, des solidarités et de la
protection des populations
DDPP Direction départementale de la protection des populations
DEB Direction de l?eau et de la biodiversité
DJEPVA Direction de la jeunesse, de l?éducation populaire et de la vie associative
DLA Dispositif local d?accompagnement
DREAL Direction régionale de l?environnement, l?aménagement et le logement
EEE Espèce exotique envahissante
ENV École nationale vétérinaire
EPA Établissement public administratif
ESOD Espèce susceptible d?occasionner des dégâts
EUROWA European oiled wildlife assistance
FEADER Fonds européen agricole pour le développement rural
FEDER Fonds européen de développement régional
FNADT Fonds national d?aménagement et de développement du territoire
FNE Fédération nature environnement
FSE Fonds social européen
LIFE L?instrument financier européen
LPO Ligue de protection des oiseaux
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Acronyme ou
sigle
Signification
MNHN Muséum national d?histoire naturelle
MTECT Ministère de la transition écologique et des relations avec les collectivités
territoriales
OFB Office français de la biodiversité
ONCFS Office national de la chasse et de la faune sauvage
PNA Plan national d?actions
RCSFS Réseau des centres de soins de la faune sauvage
RNE Réseau national échouage
RTMMF Réseau des tortues marines de Méditerranée française
SEOR Société d?étude ornithologique de la Réunion
SNB Stratégie nationale de la biodiversité
TVA Taxe sur la valeur ajoutée
UFCS Union française des centres de sauvegarde de la faune sauvage
UMS-Patrimat Unité mixte de service Patrimoine naturel
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Sommaire
Résumé
Introduction
Liste des recommandations
1 Les CSFS, très divers, sont centrés sur les soins aux spécimens de la faune sauvage locale
1.1 Les fonctions des CSFS les distinguent d?autres structures
1.2 Les CSFS sont le reflet d?une sensibilité croissante de la société au bien-être animal
1.2.1 Les CSFS, que représentent partiellement deux fédérations, connaissent une forte croissance de leur activité
1.2.2 Le bien-être animal prend le pas sur la préservation des espèces
1.3 Des établissements très hétérogènes
1.3.1 Certains centres accueillent toutes les espèces tandis que d?autres se spécialisent sur une seule
1.3.2 De natures juridiques très diverses, les CSFS sont dans leur très grande majorité gérés par des associations
1.4 Face à une inégale répartition des CSFS sur le territoire, des régions initient des réseaux à leur échelle
2 La contribution des centres de soins de la faune sauvage à la biodiversité
2.1 L?objectif des soins prodigués est la réintroduction de l?animal dans la nature
2.1.1 Les animaux pris en charge sont majoritairement des spécimens d?espèces protégées
2.1.2 Les centres sont soumis à de fortes amplitudes d?activités intersaison qui nécessitent d?être anticipées
2.1.3 Des outils de rapportage de l?activité et d?évaluation sont à standardiser, d?autres à construire
2.1.4 La biosécurité dans les centres est à renforcer
2.2 Autour des soins, les centres développent d?autres activités
2.2.1 La formation des acteurs du soin de la faune sauvage, un levier essentiel pour la professionnalisation des centres
2.2.2 La « médiation » diffuse dans la société la connaissance de la nature
2.2.3 Certains centres contribuent à la connaissance et aux réseaux de surveillance
3 Le cadre juridique des CSFS devrait évoluer pour être adapté, clarifié et consolidé
3.1 Des non-conformités importantes concernent l?usage des médicaments vétérinaires
3.2 Des adaptations et des clarifications faciliteraient le fonctionnement des CSFS
3.2.1 Des actes de soins aux animaux de la faune sauvage pourraient être plus solidement délégués aux capacitaires
a. Actuellement seul un vétérinaire peut pratiquer des actes vétérinaires
b. La définition formelle des actes de soins que les capacitaires sont autorisés à pratiquer paraît nécessaire
3.2.2 Des guides d?installation et des bonnes pratiques de la prise en charge et une charte de déontologie permettraient, en souplesse, d?encadrer et d?orienter les pratiques des CSFS
3.2.3 L?autorisation de transport devrait pouvoir être déléguée au sein des CSFS
3.2.4 Les point-relais pourraient être officialisés
3.2.5 Une clarification s?impose pour les espèces susceptibles d?occasionner des dégâts (ESOD)
3.3 La reconnaissance législative des CSFS paraît un préalable indispensable pour consolider leur règlementation
4 Des centres en précarité financière et en quête d?aides auprès de partenaires privés et publics
4.1 Quelles sont actuellement les charges des centres de soins ?
4.1.1 Estimations des charges totales de fonctionnement des centres de soins de la faune sauvage
4.1.2 Une grande partie des dépenses de fonctionnement relèvent des salaires des personnels
4.1.3 L?alimentation des animaux, des charges en augmentation
4.1.4 D?autres charges font l?objet de contributions volontaires et ne pèsent pas dans le budget de la plupart des centres
4.2 Quelles sont les ressources actuelles des CSFS pour fonctionner ?
4.2.1 Cartographie des ressources directes
4.2.2 Les bénévoles et les volontaires, mobilisés à tous les niveaux des structures sont la première ressource
4.2.3 Les financements privés sont importants mais les gestionnaires sont aux limites de leurs capacités à les recueillir
4.2.4 Les parcs zoologiques participent de plus en plus au fonctionnement des centres de soins de la faune sauvage
4.2.5 Les collectivités territoriales sont les premiers financeurs publics
a. Les régions investissent le champ des soins à la faune sauvage locale
b. Les départements mobilisent une partie de leurs ressources dont la taxe d?aménagement
c. À l?échelle communale et intercommunale, des ressources difficiles à mobiliser
4.2.6 Les aides financières spécifiques de l?État sont très limitées
a. Les ENV financent chacune de manière différente le fonctionnement de leur propre centre de soins sur leur budget
b. Les aides allouées sur le budget du MTECT sont de l?ordre de 130 k¤ en 2022
c. Les aides allouées actuellement par l?OFB portent principalement sur la sauvegarde des tortues marines
d. Le fonds national d'aménagement et de développement du territoire (FNADT)
4.2.7 Les fonds européens mobilisés pour les programmes de recherche et quelques opérations d?investissements (FEDER et FEADER)
4.2.8 La prise en charge des frais d?équarrissage par France Agrimer
4.3 Des soutiens financiers publics au fonctionnement des CSFS dans le cadre de la stratégie nationale de la biodiversité et de ses déclinaisons territoriales seraient justifiés
4.3.1 Des systèmes de financements publics à envisager selon les compétences de l?État et des collectivités territoriales
a. Scénario A : Un système où les régions se verraient confier la compétence du bloc biodiversité
b. Scénario B : Dans la répartition actuelle des compétences sur la biodiversité dans la sphère publique, renforcer le soutien de l?État aux centres de soins dans le cadre des stratégies nationales
c. Scénario C : L?hypothèse de l?instauration d?un service public du soin à la faune sauvage de la compétence des communes et communautés de communes (redevance pour service rendu) à l?exemple des fourrières communales
4.3.2 La définition du concours de l?État au fonctionnement des CSFS dans le cadre de la SNB
a. Définition d?une nomenclature d?activités qui pourraient bénéficier du soutien financier du MTECT
b. Accompagner les centres de soins dans leur organisation collective afin de conforter la notion de réseau
c. Développer des stratégies pour faire un saut quantitatif sur les ressources privées
Conclusion
ANNEXES
(ATTENTION: OPTION NOV]Adapter le droit applicable aux
CSFS pour rejoindre celui bénéficiant aux éleveurs, afin de permettre aux personnes
titulaires du certificat de capacité de pratiquer certains traitements, notamment à visée
analgésique, sous réserve d?une formation attestée et d?un suivi vétérinaire ; habiliter les
capacitaires à pratiquer des actes d?euthanasie mécanique sous réserve du respect de
protocoles auxquels ils auraient été formés.
50 En pratique, les produits homologués administrés sont : T61ND et Dolethal ND
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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Des guides d?installation et des bonnes pratiques de la
prise en charge et une charte de déontologie
permettraient, en souplesse, d?encadrer et d?orienter
les pratiques des CSFS
La mission recommande d?élaborer, avec le concours des fédérations des CSFS des guides de
bonnes pratiques qui viendraient mettre en oeuvre, de manière souple, sur les points les plus
techniques (conception des ouvrages de réhabilitation, alimentation, etc.) les nouvelles
dispositions législatives et réglementaires préconisées au point 3.3 :
? guide des conditions matérielles d?installation des CSFS qui viendrait remplacer l?annexe
de l?arrêté du 11 septembre 1992 ; trop technique et, sur plusieurs points, obsolète ;
? guide des bonnes pratiques de la prise en charge des animaux dans les CSFS compor-
tant notamment des protocoles de soins, de réhabilitation et de réintroduction selon les
impératifs biologiques des espèces.
Il paraît en effet préférable, d?une part, de guider plus que de règlementer sur des questions très
techniques, comme la dimension des serres ou des enclos, la hauteur des barrières, les
préalables à la réinsertion dans la nature, etc. , ainsi que le fait actuellement l?annexe de l?arrêté
du 11 juillet 1992 et d?autre part de confier aux CSFS eux-mêmes sous le contrôle de l?État la
charge de rédiger et d?actualiser de tels guides.
Ces guides pourront ainsi être plus rapidement actualisés en fonction de l?évolution des
connaissances et des techniques et des échanges de bonnes pratiques. Ils pourraient ne
recommander les meilleures techniques ou méthodes évaluées, par exemple en fonction des
taux de survies après les relâchers.
La mission préconise aussi que les fédérations élaborent ensemble une charte de déontologie
commune. Cette charte traitera en premier chef du rapport des centres et de leurs membres à la
faune sauvage.
L?ensemble de ces textes ne pourront qu?être adoptés progressivement, sur la base des
nouvelles dispositions législatives et réglementaires préconisées au point 3.3, les plus urgents
étant sans doute ceux qui pourraient fonder de nouvelles autorisations d?ouverture (comme par
exemple le guide sur les conditions d?installation et d?équipement des CSFS). Il conviendra
ensuite de les actualiser en fonction des retours de terrain et de l?évolution des connaissances et
des techniques.
Enfin, les questions d?éthique sont nombreuses, qu?il s?agisse du processus de décision qui
conduit à l?acte d?euthanasie (cf. 3.2.1.2), d?éventuelles castrations (proposition du RCSFS), ou
de décisions de non prise en charge de certains types d?animaux. La mission estime que le
traitement de ces questions justifierait la création d?un comité d?éthique sous l?impulsion de l?État.
Les fédérations pourraient y participer ou même l?animer. Il serait chargé d?élaborer des
protocoles qui permettraient de déterminer les actes qui pourraient être délégués aux
capacitaires spécialement formés à cet effet (cf. 3.2.1.2), mais aussi les facteurs prescripteurs de
tels actes. Au cas par cas, le comité d?éthique pourrait être saisi par des capacitaires ou des
vétérinaires.
Recommandation 4. [MTECT avec le concours des fédérations des CSFS] -Élaborer
progressivement puis actualiser un guide des conditions matérielles d?installation des
CSFS et un guide des bonnes pratiques de la prise en charge des animaux en CSFS ainsi
qu?une charte de déontologie ; instituer un comité d?éthique des centres de soins.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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L?autorisation de transport devrait pouvoir être
déléguée au sein des CSFS
S?agissant du transport des animaux blessés vers les centres de soins, deux sujets méritent
d?être évoqués : la délégation aux « rapatrieurs » et la tolérance vis-à-vis du grand public.
En effet, des autorisations de transport sont nécessaires pour :
- les espèces protégées en application des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de
l?environnement ;
- les espèces visées par le règlement n° 338/97 du 9 décembre 1997 relatif à la
protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur
commerce51 ;
- et les espèces de gibier en application de l?article L. 424-10 du code de
l?environnement.
Les animaux sont en effet transportés du lieu de leur capture vers des centres de soins ou/et vers
des cabinets vétérinaires, puis des centres de soins vers le lieu de leur relâcher ou vers des
centres d?équarrissage, pour s?en tenir aux principaux mouvements.
Pour simplifier la gestion de ces différentes autorisations par les centres de soin, la circulaire du
12 juillet 2004 a prévu une démarche unique des responsables des centres vers le préfet du
département de leur siège, à charge pour ce dernier de consulter les services compétents,
DREAL et DDETSPP, ainsi que le Conseil national de la protection de la nature.
À l?issue de ces différentes consultations, une autorisation unique, d?une validité de cinq ans, est
accordée au détenteur du certificat de capacité (dit « capacitaire »), pour l?ensemble des
transports comme pour la capture et la détention des différentes espèces pour lesquelles le
centre a été autorisé.
Elle est intuitu personae, ce qui ne correspond pas à la réalité de terrain puisque les personnes
qui réalisent les captures et les transports sont rarement les capacitaires mais le plus souvent
d?autres soigneurs et surtout des bénévoles, dénommés « rapatrieurs ». Une piste d?amélioration
pourrait consister à permettre au capacitaire, bénéficiaire de l?autorisation, de la déléguer à
l?intérieur de sa structure, sous réserve que les délégataires bénéficient d?une formation
adéquate. Cette formation légère (une ou deux journées) pourrait être délivrée par le capacitaire
et chaque délégataire pourrait attester l?avoir reçue. Chacun d?entre eux devrait être muni, à
l?occasion de chaque transport d?animal, de la décision de délégation le concernant.
En ce qui concerne enfin des transports par des particuliers qui sont les principaux
« découvreurs » d?animaux sauvages de la faune locale en souffrance, la circulaire du 12 juillet
2004 les tolère sous certaines conditions, tout en reconnaissant qu?ils ne sont pas conformes à
l?état du droit : « en cas d?urgence (c?est-à-dire si la survie de l?animal ou sa capacité à être
réinséré dans le milieu naturel est manifestement menacée) et en l?absence de meilleure
solution, un tel transport sans formalité peut être admis s?il est effectué dans les plus brefs délais
et par l?itinéraire le plus direct (cette tolérance résulte de l?application du principe selon lequel
toute personne confrontée à une situation d?urgence donne légitimement la priorité à la
sauvegarde d?un animal, quitte à s?expliquer et à se justifier ensuite, s?il y a lieu, devant un agent
de contrôle ou, en dernière extrémité, devant un tribunal) ».
La mission ne propose pas de supprimer cette tolérance52 mais note qu?alors que tous les
centres demandent aux découvreurs de ne leur amener des animaux qu?après les avoir appelés,
pour vérifier si ce transport est opportun, pour les conseiller dans les gestes à réaliser
51 Règlement pris en application de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d?extinction du 3 mars 1973 souvent dénommée Convention CITES.
52 Le transport par des particuliers pourrait éventuellement être prévu sur le modèle de l?article R. 214-50 du
CRPM.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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immédiatement ou dans les comportements à ne pas tenir, pour éventuellement leur envoyer un
« rapatrieur », aucun des textes encadrant les centres de soins ne prévoit une telle obligation.
Recommandation 5. [MTECT] Prévoir, dans le texte régissant les autorisations de
transports, que le capacitaire, titulaire d?une autorisation de transport, peut la déléguer à
des membres de sa structure sous réserve qu?ils aient reçu une formation minimale et que
l?administration en soit informée.
Les point-relais pourraient être officialisés
En dernier lieu, la mission a constaté que les termes centres-relais, points-relais et antennes
étaient souvent utilisés dans une grande confusion. Par ailleurs, plusieurs de ses interlocuteurs,
dont le RCSFS, ont saisi la mission de demandes d?évolution réglementaire.
Dans ces conditions, la mission propose la clarification suivante :
? les points relais (par exemple les centres de Dudelange- au Luxembourg et Le Gorna-
67) sont de simples points de dépôt et d?enlèvement quotidien, avec ou sans personnel ;
les animaux sont récupérés par le gestionnaire du centre ou des rapatrieurs pour être pris
en charge par le centre dont ils dépendent. Ne pratiquant aucun soin aux animaux et les
hébergeant moins de 24 heures, ils ne doivent pas être soumis à une autorisation
d?ouverture mais seulement déclarés par les centres sous la responsabilité desquels ils
sont placés ;
? les centres relais (comme ceux des centres de la LPO Alsace, de L?hirondelle ou de la
Cité de la Mer) sont des centres de transit qui accueillent les animaux blessés pendant
une très courte période et leur prodiguent, le cas échéant, les premiers soins avant leur
transfert vers des centres de soins qui pourront poursuivre les soins et les réhabiliter
avant de les relâcher.
Pour la mission, ces centres relais doivent disposer d?une autorisation d?ouverture et d?un
capacitaire et il n?y a pas lieu de modifier la réglementation en ce qui les concerne : dès lors que
des soins sont prodigués, qu?une prise en charge est réalisée, ces centres doivent être soumis à
l?intégralité de la réglementation des centres de soins.
Aucun allégement ne paraît justifié. Inversement, ne pratiquant aucun soin, les points relais ne
devraient faire l?objet que d?une déclaration. Une telle déclaration pourrait être prévue dans le
cadre de la refonte de la réglementation proposée.
Les antennes sont quant à elles des centres de soins rattachés à une même association qui les
gère. Chaque antenne dispose d?un capacitaire et a été autorisée par l?administration (par
exemple les antennes du centre de soins SOS Faune sauvage, ou encore de l?association P?tits
Kipic). La mission en a identifié cinq.
Une clarification s?impose pour les espèces
susceptibles d?occasionner des dégâts (ESOD)
Les espèces susceptibles d?occasionner des dégâts (ESOD) 53 suscitent des questions
d?interprétation.
Il existe trois listes d?ESOD fixées par arrêtés ministériels et préfectoraux en application de
l?article R. 427-6 du code de l?environnement :
53 Auparavant dénommées « nuisibles ».
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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? Liste 1 : espèces d?animaux non indigènes, classés ESOD par un arrêté du ministre chargé de
l?environnement sur l?ensemble du territoire métropolitain sans limitation de durée54.
? Liste 2 : espèces d?animaux indigènes classés ESOD par un arrêté ministériel pour une durée
de trois ans55 ;
Liste 3 : espèces d?animaux susceptibles d?être classés ESOD en fonction des conditions locales
existantes56.
Le classement dans ces listes doit répondre à l?un au moins des motifs suivants : « dans l'intérêt
de la santé et de la sécurité publiques », pour « assurer la protection de la flore et de la faune »,
pour « prévenir des dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles » ou
pour « prévenir les dommages importants à d'autres formes de propriété ».
Le classement d?une espèce dans ces listes a pour conséquence d?autoriser sa destruction par
les « propriétaire, possesseur ou fermier ». Pour autant, doit-on interdire aux CSFS de les
soigner ?
L?article R. 427-26 du code de l?environnement soumet à autorisation individuelle du préfet le
« lâcher » des ESOD. En cas de « lâcher » sans autorisation, la sanction encourue est une
amende prévue pour les contraventions de cinquième classe (art. R. 428-19 du code de
l?environnement). Plusieurs des centres de soins visités ont ainsi produit à la mission un courrier
de la DDETSPP (ex. DDPP) les autorisant à relâcher des animaux d?espèces régulièrement
classées nuisibles en limitant le nombre57.
Les centres de soins considèrent que ces dispositions ne leur interdisent pas de les soigner et de
les relâcher dans les départements où ils ne sont pas considérés comme ESOD. Certains
estiment même, se référant à une réponse donnée en 2009 au sein du ministère de l?écologie,
que cet article ne s?applique pas aux CSFS d?autant que l?arrêté du 11 septembre 1992 prévoit
lui-même dans son annexe que des ESOD soient accueillis dans des centres de soins. Enfin,
d?autres soulignent que les CSFS se bornent à « relâcher » - donc remettent à nouveau dans la
nature- et non à « lâcher » comme le prévoit l?article R. 427-6.
Ces controverses traversent aussi les services de l?État, qui appliquent ainsi de manière
différenciée, cette réglementation.
La mission préconise de clarifier la situation.
Elle préconise de rappeler aux CSFS l?interdiction qui leur est faite d?admettre et de relâcher des
espèces de la liste 1, lesquelles sont classés espèces envahissantes en France.
Elle propose par ailleurs, dans tous les départements, de laisser chaque capacitaire déterminer
sa politique d?accueil et de lâcher vis-à-vis des animaux des espèces des listes 2 et 3, dès lors
qu?il ne s?agit pas d?EEE. Les effectifs relâchés par les CSFS sont en effet insignifiants rapportés
aux populations naturelles, exception faite du sanglier.
Pour l?espèce sanglier, qui fait l?objet d?une politique de maîtrise des populations au niveau
national vu l?importance des dégâts dont il est à l?origine, il convient d?interdire strictement les
soins et le relâcher dans le milieu naturel.
54 Chien viverrin, vison d?Amérique, raton laveur, ragondin, rat musqué, bernache du Canada
55 Fouine, martre, belette, putois, pie bavarde, corbeau freux, corneille noire, renard roux, étourneau sansonnet,
geai des chênes.
56 Lapin de garenne, pigeon ramier, sanglier.
57 Exemple autorisation de lâcher dans la nature de 30 spécimens juvéniles par an délivrée par la DDCSPP du
Bas-Rhin le 26 mai 2008.
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Recommandation 6. [MTECT] Concernant les ESOD des groupes 2 et 3, dans tous les
départements, donner la compétence à chaque capacitaire de déterminer sa politique
d?accueil et de lâcher vis-à-vis des animaux de ces espèces, à l?exception du sanglier,
dont l?admission en centre de soins et le relâcher devraient être interdits.
3.3 La reconnaissance législative des CSFS paraît un préalable
indispensable pour consolider leur règlementation
Aucune disposition législative ou réglementaire n?est spécifiquement consacrée aux CSFS alors
que leurs activités nécessiteraient un encadrement. Ils sont assimilés à des établissements
d?élevage d'animaux d'espèces non domestiques, de vente, de location, de transit (article L.413-3
du code de l?environnement). Mais ils ne sont ni clairement et explicitement définis ni même
évoqués en tant que tels par le code de l?environnement, le code rural et de la pêche maritime ou
par un quelconque article législatif non intégré dans un code.
Le pouvoir réglementaire a donc eu recours à des textes de valeur juridique bien inférieure,
arrêtés, circulaires, dont la conformité avec les normes supérieures nationales58 interroge.
Ainsi, leur réglementation repose presque exclusivement sur un arrêté du 11 septembre 1992,
modifié, relatif aux règles générales de fonctionnement et aux caractéristiques des installations
des établissements qui pratiquent des soins sur les animaux de la faune sauvage. Il est complété
par différentes circulaires.
Les difficultés soulevées par ces textes sont les suivantes :
a. L?article 1er de l?arrêté de 1992 crée un monopole de soins, d?hébergement et d?entretien
de la faune sauvage, momentanément incapable de pourvoir à sa survie dans le milieu
naturel, en faveur des seuls CSFS. Conformément à l?article 2, ces établissements ont
pour mission de traiter les animaux de la faune sauvage afin de les insérer ou de les
réinsérer dans le milieu naturel. Ce faisant, l?arrêté du 11 septembre 2022, interdit à tout
autre organisme ou personne notamment aux vétérinaires de pratiquer de telles activités.
Or, en application de l?article 34 de la Constitution, « la loi fixe les règles concernant (?)
les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l?exercice des libertés
publiques » et parmi ces libertés figure la liberté d?entreprendre qui découle de l?article 4
de la Déclaration de 1789 (cf. 2010-89 QPC du 21 janvier 2011). Or, aucune disposition
législative n?a confié au pouvoir réglementaire le soin de réglementer en ce sens les
CSFS. Une définition dans le code de l?environnement, comme cela a été fait pour les
refuges et les sanctuaires, permettrait de régler cette difficulté, par exemple en créant un
article L. 413-1-2.
b. De même, l?article 3 de l?arrêté interdit aux CSFS, sans aucune habilitation législative, les
activités de vente, de location ou de présentation au public d?animaux d?espèces non
domestiques ainsi que les activités d?élevage ou de transit d?animaux non traités.
c. Son article 1er soumet les CSFS au régime d?autorisation d?ouverture des établissements
d?élevage et de transit alors qu?il résulte clairement des articles 2 et 3 du même arrêté
que ces centres ne peuvent pas être regardés comme des établissements d?élevage ou
de transit. En outre, le transit d?espèces protégées, qui est occasionnel, se distingue de
l?activité régulière de transport. L?arrêté du 11 septembre 1992 procède ainsi à une
extension du champ d?application de l?article L. 413-3 du code de l?environnement sans
58 Il n?existe ni convention internationale ni texte de l?Union européenne portant spécifiquement sur les centres de
soins de la faune sauvage. Ainsi sous réserve de respecter d?autres réglementations connexes comme celles sur
les espèces protégées et la convention internationale sur le commerce des espèces menacées dites CITES ou
Convention de Washington, chaque État membre est libre de sa réglementation en la matière.
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aucune habilitation législative.
d. Son article 12 écorne, toujours sans aucune habilitation législative, le droit dont disposent
les pharmaciens, et les vétérinaires dans certaines conditions, de détenir des
médicaments vétérinaires en application de l?article L. 5143-2 du code de la santé
publique. En effet, il permet aux CSFS de détenir les matériels et produits
pharmaceutiques nécessaires aux premiers soins d?urgence et aux traitements courants
des animaux.
e. À cet égard, il porte également atteinte au monopole de soins des vétérinaires posé à
l?article L. 243-1 du CRPM.
f. C?est une simple circulaire du 12 juillet 2004 qui exige que les responsables des CSFS
détiennent le certificat de capacité prévu par l?article L. 413-2 du code de l?environnement
notamment pour les établissements d?élevage d?animaux d?espèce non domestiques et
de transit59.
Mais encore une fois, les CSFS n?étant pas des établissements d?élevage, cette circulaire étend
le champ d?application de la loi sans délégation du pouvoir législatif.
Cette rapide analyse montre que sur tous ces sujets, la réglementation est juridiquement fragile
et nécessiterait l?intervention de dispositions législatives en confortant l?assise. Elles devraient
être articulées notamment avec les dispositions des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de
l?environnement, s?agissant d?espèces protégées, et L. 412-1 du même code, s?agissant
d?espèces non domestiques. Ce nouveau fondement permettrait une meilleure architecture des
textes, le cas échéant clarifiés ou modernisés dans le sens évoqué dans les précédentes
recommandations et éviterait une contestation des contrôles menés.
Recommandation 7. [MTECT] : (i) Reconnaître les CSFS dans la partie législative du code
de l?environnement en y créant notamment un article L. 413-1-2 qui les définirait et
prévoirait les grandes lignes de leur réglementation (autorisation, interdiction) ;(ii)
reprendre le détail de la réglementation actuelle dans des dispositions réglementaires
codifiées puis dans des arrêtés, et des guides pour les aspects les plus techniques.
59 Le certificat de capacité est accordé par le préfet de département après consultation de la commission
départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS). Ces dossiers sont instruits par les directions
départementales de la protection des populations (DDETSPP). Le certificat, valable pour une durée limitée ou
indéterminée, précise les espèces ou groupe d?espèces et le type d?activités pour lequel il est accordé. Un arrêté
du 12 décembre 2000 détermine, en fonction des diplômes des candidats, la durée de l?expérience requise. Pour
présenter le certificat de capacité pour l?activité de soins de la faune sauvage, aucun diplôme n?est exigé mais il
faut pouvoir justifier d?une expérience de deux ans à l?égard des espèces faisant l?objet de la demande de
certificat, à l?exception des docteurs vétérinaires pour lesquels aucune condition d?expérience n?est exigée.
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Des centres en précarité financière et en quête d?aides
auprès de partenaires privés et publics
En préalable à l?identification et à la quantification des différents modes de financements
existants des centres de soins et avant de proposer des pistes d?évolution, la mission s?est
interrogée sur les coûts de fonctionnement actuels des établissements.
4.1 Quelles sont actuellement les charges des centres de soins ?
Estimations des charges totales de fonctionnement des
centres de soins de la faune sauvage
? Selon l?enquête de 2019 (Galichet-2021), le coût de fonctionnement total (pour 36
répondants/85) s?établit à 3 582 642 ¤, toutefois, certains grands centres n?avaient pas
répondu. L?extrapolation à 100 centres conduirait à un budget total de près de 10M¤.
Les centres généralistes ont un coût de fonctionnement plus élevé (en moyenne 130k¤- sur un
panel de 36 centres60). Le plus faible montant est de 11 000 ¤ versus 2 000 ¤ pour les centres de
soins très spécialisés.
? L?analyse du RCFS- en 2021- basée sur ses 23 centres alors adhérents fait ressortir un
budget annuel moyen par centre de 146 k¤/an pour 56 386 animaux pris en charge
(moyenne 2 500 animaux/centre)61.
En 2020, le budget moyen était de 150 k¤/an pour 39 016 animaux pris en charge (moyenne
1 857 animaux).
En 2021, les centres adhérents au RCSFS ont donc enregistré globalement une baisse de 0,26%
de leur budget alors que le nombre de d?animaux accueillis augmentait de 44,5% par rapport à
2020.
Sur cette même base, le réseau calcule qu?un animal pris en charge coûte en moyenne 58¤ lors
de son séjour qui durerait en moyenne 60 jours, soit un coût moyen proche de 1 ¤/animal et/jour.
Les centres adhérents au Réseau sont, à l?exception des centres des 3 écoles vétérinaires et
d?un petit établissement très spécialisé sur le hérisson, des centres de soins gérés par une
association, et à caractère généraliste ou accueillant exclusivement des oiseaux. Sur la base de
l?évaluation du RCSFS, par extrapolation aux 75 établissements généralistes ou spécialisés62, les
dépenses en fonctionnement de l?ensemble des centres de soins de la faune sauvage seraient
actuellement proche de 11 M¤.
Ce chiffre est seulement donné à titre indicatif car, d?une part, l?échantillon des centres adhérents
n?est pas représentatif de la population de l?ensemble des centres de soins (il comporte
majoritairement des centres généralistes et aucun des 8 centres de soins propriétés d?une
collectivité par exemple), et d?autre part, le mode de calcul du budget annuel de chaque centre
n?est pas standardisé.
? Sur la base de l?échantillon de 15 centres dont le bilan comptable 2021 lui a été
60 36 réponses effectives reçues après l?envoi d?un questionnaire adressé aux 85 centres de soins en
fonctionnement recensés dans le cadre de l?étude en 2019. L?étude ne donne pas le nombre d?animaux reçus
pour ces 36 réponses.
61 Données transmises à la mission par le réseau des centres de soins de la faune sauvage
62 Pour cette extrapolation, on a retiré deux centres de soins relais des 77 centres généralistes et spécialisés
recensés.
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communiqué, la mission a retenu 13 centres de soins63 ayant pris en charge au total
45 927 animaux (entre 602 et 7201 animaux selon le centre). Sur ces 13 centres, qui sont
parmi les plus importants, le budget moyen est de 208 788 ¤ pour une moyenne de 3 533
animaux pris en charge, soit 59 ¤/animal pris en charge, un coût moyen par animal qui
rejoint l?estimation établie par le RCSFS (cf. supra).
Le coût moyen de la prise en charge par animal doit être interprété avec prudence. Il s?entend
pour tout animal entré au centre de soins (qu?il soit au final relâché ou pas). Les dépenses sont
en outre plus importantes pour la prise en charge des mammifères blessés que pour celle des
oiseaux (consultation du vétérinaire plus systématique, médication plus lourde, durée du séjour
en moyenne plus longue64), et plus encore pour les mammifères marins (équipement en bassins,
renouvellement de l?eau, durée du séjour)65.
Une grande partie des dépenses de fonctionnement
relèvent des salaires des personnels
Dans le modèle économique des centres employant des salariés, la masse salariale est un sujet
central, avec des problèmes à la fois de financement et de recrutement (salariés, services
civiques).
Les centres généralistes emploient quasiment tous des salariés. Ces établissements
représentent la quasi-totalité des centres employant 4 salariés ou plus (Galichet-2021).
Les centres spécialisés (oiseaux, mammifères ou reptiles) emploient, en règle générale, des
effectifs de salariés faibles.
Les centres très spécialisés accueillant des mammifères et des oiseaux (chauves-souris,
hérissons, écureuils, cygnes, corvidés) n?emploient pas de salariés et ont de faibles coûts de
fonctionnement (entre 2 000 ¤ et 15 000¤).
Pour les établissements employant des salariés (référence : panel constitué par la mission), la
masse salariale représente entre 52% (un établissement) et 73,5% (deux établissements) des
charges de fonctionnement totales. Majoritairement, le poste des salaires et charges salariales-
sur ce panel- représente entre 60 et 67% des charges totales.
En moyenne, sur ces 13 centres, la masse salariale correspondant aux soins représente 4,45
ETPT (CDI et CDD) pour 3 533 animaux pris en charge. Les tâches administratives sont
rarement portées par un agent spécialisé ; elles incombent bien souvent à un administrateur de
l?association.
63 13 centres : Athenas (39), CSFL (54), CHENE (76), CHUV-Oniris (44), CHUV Alfort (94), GORNA (67),
Hegalaldia (64), l?Hirondelle (69), LPO Alsace (67), LPO Audenge (33), LPO Ile Grande (22), Parc d?Isle (02),
SEOR (974).
Les deux centres de soins non pris en compte dans cet échantillon dans le calcul d?une moyenne sont portés
exclusivement par des bénévoles et prennent en charge 100 ou 200 petits mammifères (écureuils et hérissons)
chaque année avec une grande proportion de juvéniles demandant principalement du nourrissage (ou du
« biberonnage »). Les structures sont de taille modeste et les charges totales d?un faible montant (3 000 ¤ pour
200 animaux, soit 15 ¤/animal en moyenne).
64 Selon les données 2021 transmises par ONIRIS, le temps moyen d?hospitalisation des animaux reçus au
centre et relâchés est de 35 jours (tous animaux confondus). Il est de 39 jours pour les mammifères contre 32
jours en moyenne pour les oiseaux.
65 Selon l?association CHENE, l?accueil d?un goéland coûte, en moyenne, 70¤ par individu. L?accueil d?un phoque
coûte 2 500 ¤ en moyenne (10 à 12m3 d?eau douce sont nécessaires chaque jour ; les filtres doivent être
quotidiennement nettoyés ; l?animal se nourrit exclusivement de poisson et mobilise plus que d?autre l?intervention
du personnel).
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Les rémunérations sont modestes ? de l?ordre du SMIC66- et peu attractives pour ancrer dans la
durée le personnel permanent, souvent féminin. Le RCSFS a estimé que pour un centre
accueillant 3 000 animaux par an, l?équipe se compose de 4 membres polyvalents, appelés à
travailler en moyenne 11 heures par jour, pour des rémunérations :
? un chef de centre : 1 700¤ nets/mois (32 400¤/an de charges salariales) ;
? deux soigneurs : 2 x 1 350¤ nets/mois (2 x 23 300¤/an) ;
? un agent polyvalent chargé de tâches administratives : 1 350¤ nets/mois (23 300¤/an).
Soit 102 300 ¤/an de charges salariales (70%) pour un budget moyen de 146 k¤ (estimation du
RCSFS).
Il faut noter que le RCSFS et la LPO ont élaboré un modèle « professionnalisé » d?un CSFS
moyen avec plus de soignants permanents formés, et une moindre intervention de bénévoles, et
de volontaires en service civique (cf. annexe 9). Le coût de ce modèle professionnel est 2,5 à 3
fois plus élevé que le coût moyen actuel d?un centre de même activité. Il peut être un objectif,
mais il n?est pas en cohérence avec la réalité économique.
L?alimentation des animaux, des charges en
augmentation
L?alimentation des animaux (insectes, poissons, graines ?) compte pour 5 à 10% des charges
totales. L?augmentation du coût de ce poste est un sujet de préoccupation : le changement de
règlementation conduisant à l?arrêt de la mise à mort des poussins mâles67, distribués pour
l?alimentation des rapaces. La suppression de cette ressource à bas prix va par exemple reporter
les achats sur les souris issues d?élevages spécialisés pour l?alimentation animale, 10 fois plus
coûteuses.
Dans ce contexte, des solidarités existent entre des parcs zoologiques et des centres de soins,
les uns fournissant de la nourriture aux autres. Des dons de particuliers existent également
(croquettes pour chat pour nourrir des hérissons par exemple).
Pour autant, la mission n?a pas connaissance d?initiative de regroupement pour des achats
communs, d?aliment ou de matériel. Jusqu?à présent, les deux réseaux (RCSFS et UFCS) ne se
sont pas organisés dans ce sens. Plusieurs des responsables de centres de soins rencontrés par
la mission y verraient pourtant un intérêt réel et en sont demandeurs.
D?autres charges font l?objet de contributions
volontaires et ne pèsent pas dans le budget de la
plupart des centres
Ces contributions concernent principalement -en dehors du bénévolat - l?abandon des frais
kilométriques par les bénévoles, l?abandon des frais de soins aux animaux par les cabinets
vétérinaires, les dons en nature d?entreprises (supermarchés, abattoirs, ?).
Les contributions volontaires en nature pouvant faire l?objet d?un reçu fiscal sont comptabilisées
dans le compte de résultat (et non en pied de bilan). Ces charges sont en quelque sorte
transférées à l?administration fiscale qui paie ces actes. Leur montant peut dépasser le budget du
centre de soins (constat de la mission à partir de quelques-uns des bilans qui lui ont été
transmis). Globalement, la mission n?est pas en mesure d?estimer le montant de la participation
66 Pour un temps plein, le Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) mensuel est de 1 329,06
euros?net à compter du 1er août 2022.
67 Décret n°2022-137 du 5 février 2022 (interdiction de mise à mort des poussins des lignées de l'espèce Gallus
gallus destinées à la production d'oeufs de consommation et à la protection des animaux dans le cadre de leur
mise à mort en dehors des établissements d'abattage).
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de l?État à travers ces mesures fiscales, les données relevant d?informations personnelles.
Ces dispositions concernent les associations d?intérêt général, soit quasiment toutes les
associations.
Les frais de transport des animaux pris en charge par des bénévoles. Peu de gestionnaires
de centres de soins se déplacent pour chercher des animaux en dehors d?éventuels points relais.
Ils s?appuient en général sur des « rapatrieurs » et bénéficient d?une flotte de véhicules
composée des moyens de transport personnels des bénévoles (ex. le centre Hegalaldia
recensait 32 000 km d?abandon de frais kilométriques en 2021). Les bénévoles peuvent déduire
leurs frais kilométriques de leurs revenus ; c?est un avantage fiscal accordé par l?État.
Concernant la charge des frais vétérinaires défiscalisée, sur le panel des 20 centres de soins
rencontrés par la mission, 2 centres salarient un vétérinaire (dont un centre adossé à des parcs
zoologiques), 2 centres paient en numéraire un ou des vétérinaires à des tarifs consentis, et 16
centres ont conclu une convention de « mécénat de compétence » avec un ou plusieurs cabinets
vétérinaires. Les médicaments et frais de radiologie sont facturés et rémunérés, souvent à prix
coûtant.
À travers cette forme de dons (prévues à l?article 238 bis 1er alinéa du code général des impôts),
l?entreprise mécène- une société civile professionnelle d?activité libérale- met à disposition un
vétérinaire libéral. Le mécénat de compétence entraîne une réduction d?impôts à hauteur du prix
de la prestation normale (au réel ou forfaitaire). Ce type de don est plus intéressant que le
bénévolat individuel qui ne permet de déduire que les frais de transport.
Des frais divers non comptabilisés dans les charges de fonctionnement sont pris en charge
directement par une collectivité ou mutualisés avec une autre structure (parc zoologique, « pôle
nature »), par exemple à travers une convention d?occupation d?un terrain à titre gracieux, des
frais de location réduits, la prise en charge des coûts des fluides.
4.2 Quelles sont les ressources actuelles des CSFS pour
fonctionner ?
Divers cas de figure peuvent participer à définir des modèles différents entre fonds privés et
aides publiques :
? Établissements dépendants intégralement d?un autre établissement privé, dont ils tirent
l?essentiel de leurs ressources : parc zoologique privé, refuge (soit 11 centres de soins) ;
? Établissements appartenant à une structure publique : collectivité, école nationale
vétérinaire, ONF (12 centres de soins) ;
? Établissements généralistes ou spécialisés, gérés par une association, non adossé à un
autre établissement, dont l?équilibre entre fonds publics et fonds privés varie selon le
niveau de l?aide de la Région et des départements, la diversification des activités du
gestionnaire et la mobilisation du mécénat d?entreprise. Dans cette catégorie, la mission a
recensé 55 centres de soins ;
Sur le panel des 13 centres relevant de cette catégorie, dont le budget a été communiqué à
la mission, la proportion des aides publiques spécifiques se situe entre 12% et 54% du
budget sur l?année 2021.
? Établissements gérés par un particulier ou par une association attachée à la structure, en
général mono-spécifique (hérisson, écureuil, ?) à budget réduit (inférieur à 10 k¤),
dépendants de dons et du soutien public communal, voire départemental (23 centres) ;
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Cartographie des ressources directes
En l?état actuel, le montant total des dépenses annuelles des centres de soins est de l?ordre de
10 à 11 M¤ (selon l?estimation de la mission), équilibré par des ressources majoritairement
privées, et des ressources publiques qui peuvent toutefois atteindre plus de 50% du budget pour
quelques centres généralistes bien ancrés dans leur territoire et des centres très spécialisés qui
interviennent dans la recherche et les réseaux d?observation à vaste échelle.
En l?absence d?un recensement auprès de chaque structure, des montants et de l?origine des
ressources, il n?est pas possible de quantifier l?ensemble de la ressource privée. Et la
connaissance en volume de la participation financière des collectivités aurait nécessité que leurs
associations nationales identifient déjà l?existence de ces centres dédiés aux animaux sauvages,
ce qui n?est pas le cas.
La figure ci-dessous représente la cartographie des ressources.
Figure 1 Cartographie des ressources financières des CSFS
Les bénévoles et les volontaires, mobilisés à tous les
niveaux des structures sont la première ressource
? La forte mobilisation des bénévoles dans les centres de soins gérés par une association
est également un facteur d?ancrage local et d?assise sociale des centres de soins de la
faune sauvage. Les bénévoles, formés et encadrés par des salariés, sont une ressource
toute l?année et un renfort sur la période de pic d?activité. Le RCSFS a évalué que 80%
des effectifs des centres de soins sont bénévoles, alors même que 1/3 des bénévoles est
renouvelé chaque année.
L?aide apportée par les bénévoles et les stagiaires représente en effet plusieurs ETPT/an (6
ETPT pour le centre d?Hegalaldia ; 8,5 ETPT pour la LPO d?Audenge ; 2,8 ETPT pour la LPO
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d?Ile Grande ; 16 ETPT au centre hospitalier universitaire vétérinaire de Maisons-Alfort, cf.
encadré ci-après).
? Les centres de soins accueillent de nombreux volontaires dans le cadre du service
civique, sur des missions variées : accueil téléphonique et physique dans un rôle de «
médiation », « aide à la réhabilitation et au relâcher», « animations pédagogiques » (12
jeunes volontaires accueillis en service civique par l?association Hegalaldia en 2021 ; huit
par le CSFL ; huit par la LPO Alsace).
En 2019, 123 personnes étaient accueillies en service civique dans 39 centres enquêtés
(Galichet-2021).
Les financements privés sont importants mais les
gestionnaires sont aux limites de leurs capacités à les
recueillir
En dehors des centres propriétés d?une collectivité, la part des financements privés est
majoritaire et recouvre des ressources d?origine diverses :
? Dons de particuliers (cas général). La reconnaissance par les services de l'État comme
Organisme d'intérêt général autorise la délivrance des rescrits fiscaux permettant une
réduction d'impôt 68 . Les dons sont facilités par le financement participatif 69 (ou
crowdfunding70) via les moteurs de recherche (« Lilo », « helloasso » ?) auxquels les
centres ont recours de plus en plus, chacun pour son propre compte ;
? Adhésions (cas général) ;
? Dons du fondateur (bâtiments, terrains ?) ;
? Dons d?associations et de fondations oeuvrant pour la sauvegarde de l?environnement et
de la biodiversité (en particulier, les fondations 30 Millions d?amis, Brigitte Bardot, Jane
Goodall). Ces soutiens permettent le démarrage de nouveaux centres de soins et/ou le
fonctionnement dans la durée, en particulier pour les centres mono-spécifiques (écureuil,
hérisson) ;
? Mécénat d?entreprise71 et fonds de dotation72 (Nature et Découverte, ExonnMobil, Vicat,
Enedis, des parcs zoologiques?) ;
? Donations et legs 73 ; Peuvent notamment accepter des donations ou legs, sans
autorisation préalable, les associations et fondations reconnues d'utilité publique, les
associations d'Alsace-Moselle inscrites au registre des associations et les associations
68 Réduction d?impôt égale à 66 % du montant du don, dans la limite de 20 % du revenu imposable, selon les
conditions générales prévues aux articles 200, 238 bis et 978 du code général des impôts.
69 https://www.ecologie.gouv.fr/label-financement-participatif
70 Terme anglais pour financement participatif.
71 Le mécénat d?entreprise est un soutien matériel ou financier apporté par une entreprise, sans aucune
contrepartie, à un organisme sans but lucratif pour l'exercice d'activités présentant un intérêt général.
72 Le Fonds de dotation est un outil de financement du mécénat, créé par l?article 140 de la loi n° 2008-776 du 4
août 2008 de modernisation de l?économie, qui combine les atouts de l?association loi de 1901 et de la fondation,
sans leurs inconvénients. Doté de la personnalité juridique, le Fonds de dotation est constitué d?une allocation
irrévocable de biens pour la réalisation d?une mission ou d?une oeuvre d?intérêt général. Il collecte des Fonds
d?origine privé, qu?il peut soit constituer en dotation dont il utilise les fruits, soit consommer pour accomplir sa
mission. Il peut mener lui-même cette mission, ou financer un autre organisme d?intérêt général pour son
accomplissement. Le Fonds de dotation bénéficie du régime fiscal du mécénat
(https://www.economie.gouv.fr/daj/fonds-dotation).
73 La donation ou le legs s'effectue par acte authentique ou par acte sous signature privée. La donation s'effectue
du vivant du donateur, le legs s'effectue par testament. Les donations et legs accordés à une association sont
intégrés dans son patrimoine de façon définitive et sont toujours effectués à titre gratuit (c'est-à-dire sans
contrepartie). https://www.associations.gouv.fr/donations-et-legs.html
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d'intérêt général déclarées depuis au moins trois ans concourant à la défense de
l'environnement naturel, soit quasiment tous les centres de soins de faune sauvage, sauf,
bien sûr, les structures les plus récentes ;
? Sponsoring ou utilisation de la marque du centre ;
? Prestations de service (expertises techniques, suivis naturalistes, formations,
sensibilisation du public, accueil payant d?éco-volontaires). Les associations bénéficient
d?une exonération de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) si les recettes annuelles ne
dépassent pas un certain seuil ;
? Parrainages d?animaux ;
? Lâchers publics d?animaux (exemple des lâchers d?oiseaux par l?association Hegalaldia
avec un partenariat financier avec « le train de la Rhune ») ;
? Vente de produits sur place et lors d?évènements.
« L?arrondi en caisse » et « l?arrondi sur salaire » participent de plus en plus aux « micro-dons »
et au mécénat d?entreprise. Les sommes sont reversées aux associations bénéficiaires d?intérêt
général. La mission a noté quelques centres bénéficiaires de l?arrondi en caisse, via une
association nationale de protection de l?environnement bénéficiaire ou un parc zoologique
partenaire. C?est en particulier une ressource financière pour les parcs zoologiques (cf. point
4.2.3).
Les parcs zoologiques participent de plus en plus au
fonctionnement des centres de soins de la faune
sauvage
En réponse à des sollicitations fréquentes des particuliers pour prendre en charge des animaux
blessés ou des jeunes spécimens, des parcs zoologiques- engagés dans la conservation de la
biodiversité de par leurs règles de fonctionnement74- ont fait le choix de créer un centre de soins
pour la faune sauvage locale, ou bien de coopérer avec un centre local, en installant une antenne
sur leur site.
L?instruction de 1993 prévoit qu?un établissement d?élevage (un refuge d?animaux ou un
établissement zoologique à caractère fixe et permanent de présentation au public des animaux
de la faune sauvage, locale ou exotique) qui installe un centre de soins ou de sauvegarde doit
créer juridiquement un nouvel établissement destiné à assurer cette fonction, ce qui implique un
certificat de capacité pour le responsable et une autorisation préfectorale d'ouverture pour
l'établissement. Les deux établissements doivent être géographiquement distincts ; s'ils sont
contigus, ils doivent être séparés par la clôture prévue à l'article 4 de l'arrêté du 11 septembre
1992.
Des entretiens avec les services de l?État, il s?avère que cette séparation est en règle générale
respectée, à quelques rares exceptions.
Avec l?appui notamment de l?Association Française des parcs zoologiques (AFdPZ), la mission a
recensé 11 centres de soins de la faune sauvage adossés à un ou plusieurs parcs zoologiques
dont 6 aquariums (cf. Annexe 10).
Trois projets ont par ailleurs été cités, portés respectivement par :
74 Les règles de fonctionnement des parcs zoologiques sont fixées par l?arrêté ministériel du 25 mars 2004 (JORF
du 01/04/2004). Ils doivent contribuer à la conservation de la diversité biologique (Art. 53). Les établissements
contribuent en outre auprès des éleveurs d'animaux d'espèces non domestiques ou auprès des organisations
intéressées à la conservation de la diversité biologique (soit, en particulier, les centres de soins de la faune
sauvage et leurs fédérations), à la diffusion des informations qu'ils détiennent en ce qui concerne l'amélioration
des techniques d'élevage des animaux sauvages en captivité, des connaissances de leur biologie ou des
connaissances utiles à la conservation de la diversité biologique (Art. 55).
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? le zoo Parc de Beauval (sous l?égide de Beauval Nature, l?association du parc animalier)
d?une capacité de 5000 animaux, ouvrira en 2023 ;
? le zoo de Dunkerque (Communauté urbaine de Dunkerque) ouvrira en 2024 ;
? le zoo des tortues A Cupulatta à proximité d?Ajaccio qui a déposé une demande
d?autorisation d?ouverture pour développer un centre de soins pour les tortues marines.
En dehors de ces structures, des partenariats existent localement et tendent à s?amplifier ; ces
partenariats permettent aux parcs d?apporter un appui financier, directement ou à partir d?un
fonds de dotation créé par le parc zoologique, technique, matériel et/ou financier aux centres de
soins dans une relation de proximité et de solidarité (cf. annexe 10).
Zoom sur les centres de soins Guyane Antilles financés par les parcs zoologiques de
Guadeloupe, de Martinique et de Guyane Depuis plus de 20 ans, le groupe Tropical Forest
Park, qui compte les zoos de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane ainsi que le Jardin de
Balata, a créé l?association « SOS Faune Sauvage » qui gère 2 antennes du centre de soins,
une en Guadeloupe (2001) et une en Guyane (2009). Sur les 7 dernières années, les parcs
zoologiques du groupe ont financé l?association à hauteur de 202 000¤ en moyenne par an,
prenant intégralement en charge le fonctionnement du centre de soins. Depuis 2019,
l?association est reconnue d?intérêt général. La crise sanitaire et les aléas climatiques ont
durement touché les parcs zoologiques dans les DOM. Des ressources nouvelles
soutiennent l?activité du centre de soins : perception de dons via la plateforme "Helloasso",
depuis fin 2021, et proposition d?un paiement à l'arrondi supérieur, au bénéfice de SOS
Faune Sauvage, dans les billetteries et les boutiques des parcs du groupe.
Par ailleurs, plusieurs parcs zoologiques comportent un point ou un centre relais pour un centre
de soins de la faune sauvage, dont : Le Pal (Allier) ; Natur?OParc (Haut-Rhin), relai pour le centre
de soins de la LPO Alsace ; Les Géants du ciel (Vienne) ; Zoodyssée (Deux-Sèvres) ; Parc Zoo
du Reynou (Haute-Vienne).
Les collectivités territoriales sont les premiers
financeurs publics
En dehors des écoles nationales vétérinaires, les financeurs publics sont majoritairement les
communes, les départements et les régions. D?autres sources sont citées : OFB, DREAL, Parc
national, parc naturel régional. Plus précisément, dans le cadre de la thèse vétérinaire (Galichet-
2021), sur un panel de 43 centres ayant répondu à un questionnaire en 2019, le mode de
financement public le plus cité était le département (65% des réponses) ; venaient ensuite : les
communes (55%), les régions (53%), l?État (30%), l?Europe (9%).
a. Les régions investissent le champ des soins à la faune sauvage locale
Depuis les lois de 2014 et 2015, la région a le rôle structurant de chef de file des politiques de la
biodiversité, et ses compétences ont été élargies. Les régions sont également autorité de gestion
de certains fonds structurels européens. La loi du 8 août 2016 leur donne l?initiative pour la mise
en place d?agences régionales de la biodiversité (ARB) aux côtés de l?État (OFB et DREAL).
Les élus des régions rencontrés par la mission ont unanimement souligné positivement l?ancrage
social, l?importance sociétale des centres de soins et leur rôle dans l?instauration d?une relation
concrète du public avec l?environnement à travers le sauvetage d?animaux sauvages, dans une
démarche « sauver pour réparer les dommages causés par l?homme ».
Il ressort par ailleurs de l?entretien de la mission avec Régions de France que les CSFS
demeurent un sujet local qui n?a pas fait l?objet d?une réflexion au sein de l?association nationale.
Mais des conseils régionaux alertés par les CSFS sur leurs difficultés, ont répondu
ponctuellement ou à travers l?instauration d?un partenariat offrant une aide financière à
l?investissement et/ou au fonctionnement.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Selon l?enquête menée par la mission, cinq régions se sont dotées d?une stratégie à travers un
modèle d?aide directe défini dans la durée (cf. annexe 10) : Aquitaine, Grand Est, Occitanie,
Bourgogne Franche-Comté, Normandie. Ces régions ont fait part à la mission de leur attente d?un
cadre national d?activité des centres de soins et de leurs questions sur les objectifs à
contractualiser et les garanties à attendre des gestionnaires.
L?enjeu pour ces régions est d?assurer :
- la complémentarité entre les différentes structures aux dimensions très différentes en
termes de budget et de nombre de bénévoles ;
- la pérennité de ces structures, en les protégeant d?une précarité financière.
Région Bourgogne
Franche-Comté
Grand
Est
Normandie Nouvelle-
Aquitaine
Occitanie Réunion*
Aide au
fonctionnement
par CSFS par
an
10k¤ (structure
départementale
30 k¤ (structure
régionale
25 k¤ 74 k¤
(association
CHENE)
23 k¤ 10 k¤ 8,9 k¤
* Dans le cadre d?une mesure compensatoire (cf. annexe 9)
Tableau 3 Aides financières de plusieurs régions au fonctionnement des CSFS
Les élus et directeurs des services rencontrés par la mission indiquent que les CSFS n?étant pas
une compétence obligatoire des régions, les aides au fonctionnement sont en général annuelles
et les aides à l?investissement sont très variables, selon les demandes. La priorité des régions est
d?aider les centres multi-espèces. Les aides émargent actuellement sur une enveloppe affectée à
la biodiversité, votée globalement par l?exécutif régional, et non spécifique aux CSFS.
Plusieurs interlocuteurs de la mission ont indiqué que si la compétence était donnée aux régions
sur les CSFS, elles pourraient définir une politique en la matière et conclure des engagements
pluriannuels avec les structures qui les gèrent, comme dans le cas des PNR. De plus, l?outil des
contrats de territoire s?il n?est pas de prime abord identifié, paraît également pertinent.
b. Les départements mobilisent une partie de leurs ressources dont la taxe
d?aménagement
Au-delà des données recueillies lors l?enquête menée en 2019 (Galichet- 2021), le financement
des CSFS par les départements n?a pas pu être quantifié par la mission, compte-tenu de la
diversité des situations et l?absence de dispositif de remontée d?information tant du côté des
centres que des départements.
Certains départements financent les centres de soins sur la part départementale de la taxe
d?aménagement (qui a remplacé la taxe départementale des espaces naturels sensibles), ce qui
constitue- en l?état du droit- une dépense non conforme aux emplois prévus par les textes en
matière de ressource affectée à la politique de protection des espaces naturels sensibles75. C?est
le cas, par exemple, de la Gironde (source RCSFS), qui alloue une partie du budget prévu pour
la gestion des espaces naturels sensibles à la gestion d?un centre de soins : 97 k¤ par an, dédiés
au fonctionnement de la structure (soit 40 % environ du budget de fonctionnement du centre de
75 Circulaire du 18 juin 2013 relative à la réforme de la fiscalité de l?aménagement (BO 2013-12 du 10 juillet 2013)
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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soins).
Le département des Pyrénées Atlantiques soutient le fonctionnement du centre de Soins
Hegalaldia (64) à hauteur de 50 k¤/an.
Le département de Charente Maritime est propriétaire du centre de soins sur l?île d?Oléron (Le
marais aux oiseaux) ; cette propriété abrite deux structures distinctes : un parc de découverte à
vocation pédagogique et un centre de sauvegarde de la faune sauvage.
Nombre d?autres départements ont également choisi de soutenir leurs centres de soins faune
sauvage (ou le centre de soins le plus proche) : Charente, Dordogne, Loire-Atlantique, Haut-
Rhin, Bas-Rhin, Jura, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Seine-Maritime, Hautes-Pyrénées, Vienne,
Haute-Vienne, Hérault, Réunion?
c. À l?échelle communale et intercommunale, des ressources difficiles à
mobiliser
Plusieurs regroupements de communes ou communes sont propriétaires et entretiennent un
centre de soins en régie ou par délégation à une société (8 centres recensés).
Les collectivités territoriales disposant également d?une compétence en lien avec la protection de
la biodiversité soutiennent les CSFS situés ou intervenant sur leur ban, fréquemment en
contrepartie d?actions d?animation pédagogique et de conseils : les communautés de communes,
les communes, ainsi que les métropoles et les communautés urbaines.
Tous les gestionnaires rencontrés ont unanimement insisté sur le temps qu?ils devaient consacrer
pour obtenir ces ressources dans une quête renouvelée chaque année. À cet égard, les EPCI à
fiscalité propre deviennent progressivement des interlocuteurs prioritaires, et pourraient
constituer des pourvoyeurs de ressources plus importants.
Un seul cas de perception d?une forme de taxe par habitant a été signalé à la mission, dans le
Rhône autour de Lyon : trois communautés de communes et 19 communes (au total une
centaine de communes) ont ainsi accepté de mettre en place une taxe à hauteur de 30 centimes
d?euros par habitant. Parallèlement le centre de soins (établissement « L?hirondelle ») a
développé un service de sauvetage in situ des animaux. Ce système évoque celui des fourrières
qui accueillent des animaux abandonnés ou trouvés errants sur la voie publique, de la
compétence obligatoire des maires.
Les aides financières spécifiques de l?État sont très
limitées
Il convient tout d?abord de souligner l?investissement du ministère en charge de l?agriculture à
travers les budgets des écoles nationales vétérinaires (ENV) de Nantes, Toulouse et Maisons-
Alfort (cf. point 4.2.5.b et annexe 12).
Ensuite, les financements accordés par l?État aux centres de soins sont des aides allouées par le
MTECT à partir du programme 113 « paysages, eau et biodiversité » de la mission budgétaire
Écologie, développement et mobilité durables, ainsi que par l?OFB, par délégation du MTECT (cf.
point 4.2.5.c).
L?État contribue par ailleurs au fonctionnement à travers la prise en charge directement des frais
d?équarrissage (cf. point 4.3.7) et des réductions/exonérations fiscales qui ne concernent pas
spécifiquement les centres de soins (cf. annexe 13).
a. Les ENV financent chacune de manière différente le fonctionnement de
leur propre centre de soins sur leur budget
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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La prise en main de la faune sauvage ne figure pas dans les thèmes de l?enseignement
obligatoire vétérinaire au niveau européen pour la reconnaissance mutuelle des diplômes. Mais
les directeurs des ENV rencontrés ont souligné l?importance de leur centre de soins pour
s?adapter à l?évolution de la société et établir un contact des vétérinaires avec l?écologie et
l?éthique dans le domaine de la faune sauvage, dans le concept « Une seule santé ». Les centres
de soins sont avant tout orientés vers l?enseignement et la recherche.
Les directions des ENV sont convaincues de cette fonction fondamentale, mais l?activité n?est pas
financée à l?image des consultations des animaux domestiques. Les ENV gèrent leur centre de
soins de la faune sauvage selon deux options : soit avec une structure associative adjacente
créée spécifiquement (ENV Maisons-Alfort) ; soit en intégrant la structure dans l?école et en la
finançant avec une exigence forte sur les objectifs du soin, partie intégrante des plateformes
d?enseignement-recherche (ONIRIS et ENV Toulouse). Le choix relève de l?équipe dirigeante de
l?école, et non du ministère (cf. annexe 12).
b. Les aides allouées sur le budget du MTECT sont de l?ordre de 130 k¤ en
2022
C?est un choix de longue date du MTECT de ne pas soutenir financièrement les CSFS car la
mission du ministère est la conservation des milieux et des espèces et non la sauvegarde des
spécimens.
Les aides du MTECT sur des crédits centraux aux deux fédérations (UFCS et
RCSFS)
Le MTECT soutient l?UFCS de longue date (au moins depuis 2007) pour son action de formation
des personnes travaillant dans les centres.
Sur 2021, il a accordé une aide de 30 k¤ à chaque fédération afin d?accompagner leur
structuration et de leur permettre de s?organiser efficacement pour mobiliser de nouvelles
ressources. Cette aide a été renouvelée en 2022 et sera versée par l?OFB.
Années 2009 2010 à 2012 2013 à 2020 2021 2022
UFCS 40 k¤ 25 k¤/an 20 k¤/an 30 k¤ 30 k¤ (OFB)
RCSFS
(créé en 2020) 30 k¤ 30 k¤ (OFB)
Tableau 4 : Aides financières du MTECT (OFB en 2022) à l'UFCS et au RCSFS entre
2009 et 2022
L?appui financier du MTECT sur des crédits deconcentrés revêt un caractère
exceptionnel
Aucune règle n?est établie en la matière et aucune disposition concernant le financement des
centres de soins ne figure dans le budget géré par les DREAL et DEAL.
La participation effective d?un centre à un plan national d?actions ne donne pas lieu à un
financement de l?État, sauf exception.
Le centre ATHENAS (39), généraliste spécialisé dans la prise en charge des lynx en détresse,
acteur important sur le PNA Lynx, cité explicitement dans plusieurs actions du PNA, est seul
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centre aidé à ce titre par le MTECT (selon les données du MTECT).
En dehors de ce cas particulier, il arrive que les DREAL subventionnent directement des centres
de soins, sur le programme budgétaire 113, au coup par coup dans le cadre du dialogue avec les
organismes gestionnaires de ces centres, en réponse à des situations d?ultime urgence
financière pour ceux-ci.
L?exemple de La Réunion illustre cette situation. L'appui financier de l'État au centre de soins de
la SEOR, très impliquée dans le sauvetage des pétrels endémiques de la Réunion (objet d?un
PNA), a fortement varié au cours du temps. Depuis 2020, devant la grande difficulté de la SEOR
à boucler le budget du centre de soins, la DEAL est intervenue de nouveau dans le cadre de la
CPO SEOR sur une durée de 5 ans pour un montant annuel de 15 k¤, sur le BOP 113 - mise en
oeuvre des programmes nationaux d'action.
La LPO île Grande indique avoir pu bénéficier en 2022 d?une aide exceptionnelle de la DREAL de
30 k¤, (cf. tableau 5) afin de traiter les oiseaux mazoutés par des fuites d?hydrocarbures issues
de l?épave du Tanio. La coque de ce pétrolier, qui a sombré en 1980 au large du Finistère,
menace de céder et de polluer la colonie de macareux moines présente dans la réserve des
Sept-Îles (l?espèce ne fait pas l?objet d?un PNA, mais la colonie représente 80% de la population
présente en France).
DREAL Centre de soins Aide (¤) Année(s)
PACA Centre régional de Sauvegarde de la
faune sauvage du BUOUX- LPO PACA
et PNR du Luberon (84)
30 k¤ 2019
(démarrage)
Normandie
Centre d?Allouville
Association CHENE 5 à 7 k¤ -
Bourgogne
Franche-Comté
Centre Athenas 15 k¤ (PNA Lynx
et action en
faveur du busard
cendré)
-
Bretagne Centre LPO Ile Grande 30 k¤ 2022
La Réunion SEOR 15 k¤ 2022
Tableau 5 : Aide financière des DREAL-DEAL au fonctionnement des CSFS
(recensement MTECT- avril 2022)
En 2021, le MTECT a versé une aide exceptionnelle forfaitaire aux centres qui en
ont fait la demande.
Dans le cadre du dispositif Covid (décret n°2021-1105 du 23 août 2021 relatif aux dispositifs
d?aide financière à destination des centres de soins de la faune sauvage fragilisée par la crise de
Covid -19), 77 établissements 76 ont bénéficié de cette aide forfaitaire de 5 000 ¤,
76 Les conditions de cette aide étaient règlementaires : respecter les dispositions de l?arrêté du 11 septembre
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indépendamment de leur statut et de leur activité, ce qui a représenté un budget total de 385 k¤.
Plan POLMAR
Les CSFS littoraux prennent régulièrement en charge des animaux victimes d?une pollution
maritime, principalement des oiseaux. Ils sont susceptibles d?être réquisitionnés dans le cadre du
déclenchement d?un plan POLMAR 77 . L?expertise des capacitaires et des bénévoles est
également demandée par les autorités (Préfet, OFB ?).
Pour autant, les moyens privés inscrits au plan POLMAR comme pouvant être réquisitionnés ne
sont pas financés en tant que tels. Les « plan secours faune » du dispositif POLMAR sont jugés
par les agents des DREAL interrogées comme peu opérants. Les DREAL et les centres de soins
regrettent à cet égard l?absence d?un réseau de surveillance et de suivi pré-organisé.
En cas de pollution constatée, l?OFB évalue le préjudice écologique et organise le suivi avec des
bénévoles. L?établissement est d?ailleurs intervenu en 2021 sur une pollution dans la baie de
Saint Brieuc liée à la mise en place d?un parc éolien. Il suggère d?anticiper le risque d?une
pollution liée à l?installation de plusieurs parcs éoliens en mer au large de la façade maritime
nationale en organisant d?ores et déjà des réseaux de surveillance et de suivi avec le concours
des moyens des centres de soins et leur expertise.
Plan de relance
Deux centres de soins ont indiqué à la mission avoir bénéficié de crédits MTECT et OFB du plan
de relance pour des investissements. L?association CHENE a reçu une aide de 40 k¤ de l?OFB
pour la réhabilitation de la cuisine de la clinique et du centre de quarantaine de phoques, le
centre étant en effet spécialiste de l?accueil de ces mammifères marins. L?association SEOR,
spécialisé pour l?accueil des oiseaux à La Réunion, a reçu une aide de 8000¤ pour équiper une
dizaine de points relais supplémentaires de caisses à oiseaux.
c. Les aides allouées actuellement par l?OFB portent principalement sur la
sauvegarde des tortues marines
Les missions de l?OFB portent notamment sur la connaissance, la recherche et l?expertise sur les
espèces, et la mobilisation de la société. Pour larges que soient ses missions, l?OFB n?apporte
pas de financement aux centres de soins à l?exception des programmes de suivi et de
sauvegarde des tortues marines.
Dans le cadre de la directive cadre « Stratégie pour les milieux marins »
(DCSMM78)
Des financements par l?OFB vont à trois établissements, exclusivement pour les tortues marines :
? le CESTM) à l?aquarium de la Rochelle : à travers un contrat recherche et développement
relatif à « la coordination et l'animation du Réseau Tortues Marines Atlantique Est et la
réalisation de prélèvements et d?analyses, pour le programme de surveillance des tortues
1992 ; disposer de l?autorisation d?ouverture en cours de validité d?établissement détenant des animaux
d?espèces non domestiques ; certificat de capacité en cours de validité pour l'entretien de ces animaux d?espèces
non domestiques ; avoir accueilli et soigné des animaux de la faune sauvage en 2020 ou au premier trimestre
2021.
77 Instruction du Premier ministre du 5 mars 2018 relative à l?engagement et au financement des mesures de
protection ou de lutte contre les pollutions marines (financement POLMAR de crise).
78 Directive 2008/56/CE du Parlement européen et du conseil du 17 juin 2008 établissant un cadre d?action
communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin. Elle vise le bon état écologique du milieu
marin et l'amélioration de l?état de conservation de la biodiversité marine.
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marines de la DCSMM ». Le budget total de ce contrat est de 351 600 ¤ TTC pour la
période 2020-2023, dont 158 400 ¤ versé par l?OFB à l?Aquarium La Rochelle ;
? le CESTMed au Grau-du-Roi, via la société herpétologique de France (SHF) : l?OFB
finance pour la coordination du RTMMF à travers une convention de coopération «
relative à la mise en oeuvre de la surveillance des échouages et captures de tortues
marines de Méditerranée française pour la DCSMM ». Le budget total de cette
convention est de 430 400 ¤ pour la période 2020-2023, dont 240 000 ¤ versé par l?OFB
à la SHF, et 40 000 ¤/an reversé par la SHF au CESTMed à partir de 2022. Le CESTMed
s?est doté cette année d?un nouveau bâtiment, co-financé par l?OFB à hauteur de 50 000
¤, mais a des difficultés chroniques à assurer son fonctionnement, en particulier le salaire
de ses deux permanents ;
? le CRFS à Antibes est principalement financé par le Marineland d?Antibes. La SHF
reverse également à ce centre une part de budget (environ 4000 ¤ par an) au titre du
programme de surveillance de la DCSMM.
Les oiseaux et les mammifères marins ne font pas actuellement l?objet d?un réseau de
surveillance de suivi scientifique destiné à évaluer le bon état écologique du milieu marin dans le
cadre de la DCSMM. La mise en place éventuelle d?un réseau de surveillance sur ces groupes
permettrait d?envisager la participation des CSFS à un réseau de surveillance et d?observations
sur les affections et la mortalité, comportant éventuellement la réalisation d?autopsies, dans le
cadre des plans d?actions de la directive cadre rédigés par façade, et à travers les projets
européens tels le LIFE Seabil lancé en 2021, porté par la LPO, l?OFB et le MNHN.
En Outre-mer, l?OFB, via les parcs marins, contribue au financement des PNA
des tortues marines
Il a notamment contribué en 2021 au financement du centre éducatif sur le thème de la tortue à
Mayotte, intégrant un centre de soins (aide de 59 629 ¤).
Dans les Antilles, l?OFB soutient le PNA tortues animé par l?ONF, dont une action de
renforcement des tortues en détresse, mais ne porte pas de financement aux centres de soins.
La mise en place d?un réseau de surveillance et de soins Amérique-Caraïbes serait à l?étude,
avec une participation financière des parcs marins.
d. Le fonds national d'aménagement et de développement du territoire
(FNADT)
Le centre de soins de la faune sauvage des Alpes-Maritimes (CSAM), géré par l?association
PACA pour demain, a bénéficié du FNADT dans le cadre d?un contrat de transition écologique
sous l?égide du ministre de l?écologie. L?opération, vue comme originale, a trouvé un porteur de
projet. L?objectif du gestionnaire est un fonctionnement en équilibre grâce à des financements
privés (mécénat d?entreprise et partenariat avec la fédération des chasseurs).
Les fonds européens mobilisés pour les programmes de
recherche et quelques opérations d?investissements
(FEDER et FEADER)
Il est fait référence dans les programmes de recherche à plusieurs programmes LIFE ?OFB,
CHENE notamment.
Les ressources européennes sont identifiées par les acteurs associatifs et les collectivités, mais
une difficulté principale réside dans l?avance de trésorerie, ce dont la plupart des centres ne sont
pas capables.
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La complexité du montage des dossiers peut aussi être un frein pour des structures associatives.
La nouvelle compétence des régions en matière de gestion des fonds structurels s?est traduite
par l?inscription du thème dans le programme opérationnel. Pour exemple, la région Nouvelle-
Aquitaine a inscrit les investissements dans les centres de sauvegarde de la faune sauvage et
des espèces menacées dans la programmation FEDER-FSE 2021-2027, et mobilisera
notamment ce fonds (subvention FEDER à hauteur de 60%) dans le projet de création d?un
dixième centre de soins en Dordogne.
La prise en charge des frais d?équarrissage par France
Agrimer79
L?enlèvement, le transport jusqu?à l?usine de transformation et la transformation des cadavres ou
lots de cadavres d?animaux morts de toute espèce de plus de 40 kg morts dans les centres de
soins de la faune sauvage sont dans le périmètre du marché d?intérêt général de l?équarrissage
en métropole et en Outre-mer. Son financement est assuré par le programme 206 « sécurité et
qualité sanitaires de l?alimentation », dans le cadre d?un marché passé entre l?établissement
France Agrimer, gestionnaire du service public de l?équarrissage, et les sociétés d?équarrissage.
Selon la note de service de la DGAL de 2014 qui n?a pas été actualisée, la prise en charge
concerne seulement les centres de soins membres de l'UFCS. En pratique, les centres de soin
non membres de l'UFCS bénéficient de cette prise en charge, mais la couverture n?est toutefois
pas uniforme entre tous les centres de soins puisque plusieurs centres ont indiqué à la mission
ne pas avoir connaissance de cette disposition.
Le montant correspondant à l?enlèvement des cadavres dans les CSFS n?a pu être communiqué
par France Agrimer à la mission en dépit de la demande réitérée du ministère en charge de
l?agriculture.
4.3 Des soutiens financiers publics au fonctionnement des CSFS
dans le cadre de la stratégie nationale de la biodiversité et de
ses déclinaisons territoriales seraient justifiés
La prise en charge des soins aux individus de la faune sauvage au titre strict de l?éthique et du
bien-être animal ne relève pas d?une autorité publique ; en particulier elle ne relève pas de l?État
qui n?a pas de compétence en la matière. Ce n?est donc pas à ce titre que l?on peut envisager de
consolider des financements publics.
Mais les activités des centres de soins de la faune sauvage en faveur des espèces protégées, de
la formation des jeunes, de la sensibilisation du public, de la mobilisation des citoyens en font
sans conteste des acteurs de la préservation de la biodiversité. Elles figurent dans les objectifs
de la nouvelle stratégie nationale de la biodiversité (SNB 2030). Par leur caractère opérationnel,
elles constituent des actions concrètes qui mobilisent des citoyens.
Les interlocuteurs nationaux gestionnaires de centres de soins de la faune sauvage rencontrés
privilégient la piste d?une fiscalité dédiée aux centres de soins (en créant une nouvelle taxe sur
l?achat d?aliments pour les carnivores domestiques). Outre que l?instauration d?une telle fiscalité
nécessiterait des moyens publics importants, elle rencontrerait des difficultés certaines
d?acceptation. Il n?y aurait surtout pas de sens à ce qu?une autorité publique prenne en charge le
fonctionnement de ces établissements qui émanent d?initiatives spontanées privées.
79 Note de service DGAL/SDPRAT/2014-858 du 23 octobre 2014.
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La mission préconise, d?une part, que les fonds privés restent majoritaires et soient mieux
mobilisés, d?autre part, que le fonctionnement des CSFS soit aidé par des financements publics à
travers le financement de la SNB 2030.
Des systèmes de financements publics à envisager
selon les compétences de l?État et des collectivités
territoriales
a. Scénario A : Un système où les régions se verraient confier la
compétence du bloc biodiversité
Les régions ont demandé la plénitude des compétences dans le domaine de la biodiversité80
assortie des ressources financières pour l?exercer. Une compétence sur l?ensemble de la
biodiversité conforterait alors réellement le chef de filât des régions. Ce scénario a été discuté
avec Régions de France dans le cadre d?une précédente mission de l?IGEDD (cf. scénario de
« décentralisation complète », rapport CGEDD n°013892-01, IGA n°21042-R, février 2022).
Concernant les CSFS, cette évolution nécessiterait que les CSFS bénéficient d?une assise
juridique confortée (cf. 3.3).
D?un point de vue opérationnel, l?inscription des centres de soins dans une compétence
obligatoire donnerait aux régions la pleine compétence pour organiser des réseaux régionaux de
centres. Cette organisation n?empêcherait pas de traiter au niveau national les questions
transversales relatives notamment à la biosécurité. Ce scénario répondrait aux attentes du
RCSFS et de la LPO, si l?expérience de l?implication de plusieurs régions dans ce rôle s?avérait
positive.
b. Scénario B : Dans la répartition actuelle des compétences sur la
biodiversité dans la sphère publique, renforcer le soutien de l ?État
aux centres de soins dans le cadre des stratégies nationales
Dans ce scénario qui correspond à la situation actuelle, l?État et les collectivités interviennent en
complémentarité dans une répartition des compétences depuis 2015 (loi NOTRe81)- Dans sa
fonction de « chef de file » dans le domaine de la biodiversité, la région coordonne et organise
les actions des différentes collectivités territoriales et de leurs établissements publics. Plusieurs
régions interviennent dans le financement des centres de soins, en investissement et en
fonctionnement.
La répartition géographique des centres sur le territoire invite à avoir une vision régionale des
centres et de leur complémentarité, plus adaptée qu?une approche départementale. Tenant
compte de leur rôle dans la déclinaison de la SNB, les DREAL assureraient un nouveau rôle
d?interlocuteur pour l?État. Elles fixeraient des objectifs et évalueraient le besoin d?aide et les
activités des CSFS.
Le niveau de concours de l?État s?inscrirait dans la complémentarité des financements publics, au
sein du comité régional des financeurs, ou du collectif régional qui réunit l?État (la DREAL, l?OFB
et les agences de l?eau) et la région.
Des conventions pluriannuelles d?objectifs (CPO) seraient mobilisées pour donner une visibilité à
horizon de trois à cinq ans.
Les CSFS pourraient être progressivement partie prenante dans les réseaux d?acteurs et les
instances régionales, selon les cas (plates-formes d?éducation à l?environnement, agence
80 Le livre blanc des Régions, 2022
81 Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République dite loi NOTRe
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régionale de l?environnement, commission régionale de la biodiversité).
Ce soutien serait complété par des appels à projets sur des programmes d?actions particuliers.
Ce système ne serait pas totalement satisfaisant pour le RCSFS et la LPO qui attendent des
ressources assurées dans la durée et non soumises aux variations des budgets de l?État.
c. Scénario C : L?hypothèse de l?instauration d?un service public du soin à la
faune sauvage de la compétence des communes et communautés de
communes (redevance pour service rendu) à l?exemple des fourrières
communales
L?instauration d?un tel service s?inscrirait comme une forme de compensation à la pression
exercée par les activités anthropiques sur le territoire, selon un principe de participation forfaitaire
par habitant proportionnelle à l?impact de l?activité de ce territoire sur la faune sauvage. En effet,
plus un territoire est habité, et plus la pression humaine est forte sur les milieux et sur les
espèces. Il s?agirait d?une forme de mesure de compensation.
Sur le modèle des fourrières communales (loi du 30 novembre 2021 ; article L. 211-24 du
CRPM), le soin de la faune sauvage deviendrait un service public, exercé en régie par la
collectivité, ou confié à une autre collectivité ou à un organisme privé (association, établissement
public, syndicat mixte, entreprise privée). À noter cependant que dans les fourrières, les animaux
domestiques ne peuvent être restitués à leur propriétaire qu'après paiement des frais de garde.
En cas de non-paiement, le propriétaire est passible d'une amende forfaitaire dont les modalités
sont définies par décret. La municipalité perçoit donc la contrepartie du remboursement des frais
de garde et du versement libératoire forfaitaire.
Dans l?analyse qu?il fait de ce système, le RCSFS propose la perception par chaque commune ou
chaque EPCI d?une taxe de 0,20 ¤/habitant, et son mode de répartition (transit par un organisme
public puis redistribution selon le niveau d?activité à l?échelle de la collectivité). Ce système
permettrait de constituer un budget de plus de 13 M¤.
Un tel système conduirait à la création d?une multitude de petites structures. Il ne peut en outre
pas financer seul l?ensemble des activités d?intérêt général (santé publique, connaissance de la
biodiversité, plans d?urgence, ?) exercées par les centres de soins de la faune sauvage. Enfin,
dans la mesure où il serait bien difficile de déterminer un critère permettant de distinguer les
territoires les plus pourvoyeurs d?animaux blessés et donc contributeurs, des autres. Ce scénario
pourrait soulever une question d?égalité de traitement.
Ce troisième scénario ne paraît pas pertinent
La définition du concours de l?État au fonctionnement
des CSFS dans le cadre de la SNB
Dans le cadre des compétences actuellement dévolues à l?État et aux régions, la mission a
réfléchi aux pistes d?évolution possibles pour accorder des aides financières aux CSFS.
Elle regarde la constitution d?une nouvelle fédération de ces centres comme une opportunité pour
l?État d?accompagner l?évolution de ces entités en les reconnaissants acteurs de la nouvelle SNB.
La mission propose ainsi au MTECT d?aider les centres de soins de la faune sauvage,
directement ou par l?OFB, à travers les actions suivantes :
? Soutenir financièrement les activités des centres de soins dans le cadre du
financement de la Stratégie nationale de la biodiversité (SNB), avec des priorités et
selon certaines conditions (cf. point 4.3.1) ;
? Faire évoluer le cadre normatif des conditions d?exercice des CSFS (montée en
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
54/93
compétences, installations et fonctionnement techniques, cadre juridique) ;
? Accompagner les centres de soins dans leur organisation collective en réseaux et
leur capacité à amplifier les ressources privées.
a. Définition d?une nomenclature d?activités qui pourraient bénéficier du
soutien financier du MTECT
Les effets réels des actions des établissements seront à mesurer et à évaluer par des indicateurs
à construire et à adopter (cf. recommandation 1)
La mission propose le soutien financier sur le budget opérationnel 113, dans le cadre de
conventions pluriannuelles d?objectifs et sous la condition d?un rapportage, selon les priorités
figurant dans le tableau suivant (tableau 6).
Bénéficiaires
Centres généralistes et centres spécialisés
(oiseaux, mammifères, tortues) dont le rayon
d?intervention est départemental, régional ou
supra régional.
Activités prioritaires
? Soins à certaines espèces
? Prise en charge des animaux d?espèces rares où
chaque individu compte (lynx)
? Animaux d?espèces sous PNA
? Animaux d?espèces sous statut de protection, sur
listes rouges nationale et/ou régionales
(inventaire national du patrimoine naturel)
Critère prioritaire : effectifs des animaux relâchés
dans le milieu naturel
? Et une ou plusieurs des
activités suivantes
? Activités de formation et de médiation
? Sensibilisation et mobilisation de la
société (Création d?une plate-forme d?accueil ;
outils pédagogique ?)
? Toutes actions de promotion des métiers de la
biodiversité ; accueil des jeunes
? Contribution à la surveillance sanitaire
? Recherche, participation à des réseaux de
surveillance et d?observations,
? Participation à des actions de lutte contre les
pollutions, dont les pollutions lumineuses
? Expertise : appui aux services de l?État
Tableau 6 Priorités de l'aide du MTECT aux CSFS dans le cadre de la SNB 2030
b. Accompagner les centres de soins dans leur organisation collective afin
de conforter la notion de réseau
En premier lieu, la mission propose que l?État soutienne les deux fédérations pour aller plus loin
dans les travaux engagés sur les évolutions et les modèles possibles. Les objectifs seraient,
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
55/93
d?une part, de mobiliser des ressources financières privées plus importantes et, d?autre part, de
travailler, sur des modèles de fonctionnement, mobilisateurs de la richesse humaine qui fait la
substance des centres de soins, en intégrant l?évaluation et l?innovation. La mission préconise
que l?OFB82 accompagne les fédérations dans une exploration des possibles sur la construction
d?un collectif, la recherche de partenariats et de financements.
En matière d?innovation, des propositions existent au sein des centres de soins dont la mise en
oeuvre pourrait être facilitée par des crédits publics, du MTECT ou de l?OFB (éventuellement
dans le cadre des appels à projets annuels). Ces propositions portent sur le traçage des animaux
par code-barres, la conception d?outils de centralisation et de valorisation des données, l?usage
de nouvelles technologies facilitant le nourrissage, la constitution de groupements d?achats,
l?expérimentation de plateformes d?appels du public, un modèle d?application grand public afin de
renseigner le public sur la prise en charge d?un animal ou la conduite à tenir en face d?un animal
trouvé?.
En second lieu, la mission observe que la tendance actuelle des parcs zoologiques à créer ou à
s?impliquer dans le fonctionnement des CSFS constitue une voie d?évolution qui justifierait un
rapprochement des fédérations avec l?AFdPZ avec une vision prospective.
c. Développer des stratégies pour faire un saut quantitatif sur les ressources
privées
L?objectif d?accroître les ressources privées devrait conduire les centres à s?organiser
collectivement afin d?augmenter leur visibilité auprès des divers acteurs du financement
participatif, en particulier auprès des entreprises qui de leur côté souhaitent renforcer leur
engagement sociétal.
La mission préconise d?étudier deux pistes, avec l?appui de l?État (MTECT et/ou OFB) :
? Mettre en place des instruments pour capter et mutualiser des ressources
nouvelles, majoritairement des financements participatifs83, le mécénat, les dons et
les legs : éventuellement par l?intermédiaire d?une structure dédiée qui pourrait être un
fonds d?intérêt général, géré collégialement par des centres de soins avec redistribution
auprès des centres ou qui pourraient rejoindre un fonds de la biodiversité (cf. Rapport
CGEDD-IGF n° N° 013910-01 relatif aux moyens des aires protégées françaises) ;
? Étudier l?accès des CSFS à des fonds de compensation des ouvrages. À l?exemple
de la mesure compensatoire mise en place à la Réunion au bénéfice de la SEOR (cf.
annexe 11), des pistes intéressantes sont à explorer dans le cadre des démarches
« Éviter-Réduire-Compenser » au titre de la compensation des effets perturbateurs non
réductibles, sur la faune sauvage, de projets d?infrastructures.
Dans le cadre des appels à projets de l?éolien en mer, l?OFB suggère qu?une partie du
fonds instauré pour la gestion des aires marines permette de financer des centres de
soins au titre des activités de soins dispensés à certaines espèces protégées d?oiseaux et
de mammifères terrestres, d?éducation à l?environnement et des réseaux de surveillance
de la biodiversité sur le littoral.
82 L?OFB prépare un LIFE Stratégique Nature, dans le cadre du projet préparatoire LIFE Biodiversité intégrée
dans les Territoires et les Politiques (LIFE BTP) financé par l?Union européenne.
83 https://www.ecologie.gouv.fr/label-financement-participatif
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
56/93
Conclusion
Apparus dans les années 1970, les centres de soins de la faune sauvage, résultant dans leur
très grande majorité d?initiatives privées, implantés aujourd?hui dans 62 départements, demeurent
dans une dynamique de création forte et accueillent chaque année toujours plus d?animaux
blessés, signes qu?ils répondent à la fois à une forte demande du public et à une dégradation de
l?état de la faune sauvage. Pourtant, leur existence et leurs missions ne font pas vraiment l?objet
d?une reconnaissance publique : les règles qui les encadrent sont fragiles et en partie
inadaptées ; leurs solutions de financement couvrent rarement tous leurs besoins et sont à
réinventer chaque année.
Certes, ils sont traversés par un courant qui tend à privilégier la santé et le bien-être des animaux
avec une approche curative individuelle et leur contribution à la préservation des espèces de la
faune sauvage n?est pas majeure. Mais, en premier lieu, il conviendrait de mieux documenter
cette contribution et, en second lieu, elle pourrait augmenter et même devenir décisive dans les
années à venir, si la démarche de « professionnalisation » s?opère dans un équilibre entre soin,
éthologie et écologie pour le maintien des espèces.
Le temps paraît venu de conforter l?existence des CSFS, non seulement, en reconnaissant leur
rôle dans la stratégie nationale de la biodiversité et en finançant, de ce fait, leur contribution,
mais aussi, en leur accordant un statut les différenciant d?autres structures dédiées à la faune
sauvage.
Leur reconnaissance juridique, d?une part, et celle induite par l?apport financier de l?État, d?autre
part, les aideront à trouver des soutiens complémentaires auprès d?organismes privés et des
collectivités territoriales et de leurs groupements.
Catherine LHOTE
Sabine SAINT-GERMAIN
Inspectrice générale
de la santé publique
vétérinaire
Inspectrice générale
de l'administration
du développement durable
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
57/93
Annexe 1 : Lettre de mission
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
58/93
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
59/93
Annexe 2 : Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
Assemblée nationale
DOMBREVAL Loïc Député Député dans la 2?
circonscription des
Alpes-Maritimes
26 avril
Associations de collectivités territoriales
DE MALEVILLE Olivia Régions de
France
Conseillère transi-
tion écologique et
énergétique
23 mai
Associations des centres de soins
COURREAU
TISSIDRE
Jean-
François
Manon
Réseau des
centres de
soins de la
faune sauvage
Président
Directrice
24 mars
1er juillet
TISSIDRE
SEGUIN
LAMBERT
Manon
Jade
Olivier
idem Directrice
Chargée de
mission
Directeur du
centre de soins de
l'école vétérinaire
du Nantes
CVFSE-ONIRIS
5 avril
1er juillet
PHISEL Michel Union française
des centres de
sauvegarde de
la faune sau-
vage
Président 24 mars
17 mai
24 mai
Associations de protection de l?environnement
VERILHAC
LORIOUX
DUGUE
Yves
Vanessa
Anne Laure
Ligue de pro-
tection des oi-
seaux
Directeur général
Directrice du pôle
Mobilisation
citoyenne
Responsable du
programme
« Oiseaux en
détresse »
29 mars
ABEL
MORELLE
Jean-David
Stéphanie
France nature
environnement
Administrateur de
FNE en charge du
réseau
Biodiversité
Chargée de
mission
Biodiversité, en
charge des
29 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
60/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
MAILLETAS
Christian
problématiques
liées aux espèces
sauvages
Responsable
bénévole du
Centre de
sauvegarde la
faune sauvage de
Charente Nature,
DUHARD Jean-Xavier Sauvons les
hérissons
Coordonnateur 2 mai
Associations de protection animale
BACHELARD
MOUREY
Nikita
Léa
La Fondation
Droit Animal
Chargée d?affaires
et de relations
publiques
Avocate en droit
de
l?environnement et
membre du comité
scientifique de la
LFDA
16 mai
Centres de soins de la faune sauvage
COURREAU
ROBEYROTTE
Jean-
François
Doriane
Association
Faune Alfort au
Centre Hospita-
lier Universi-
taire Vétérinaire
Faune Sauvage
de l?École vété-
rinaire d?Alfort
Président
Soigneur-référente
22 avril
BURDA
PORTMANN
Fréderic
Alexandre
Centre de sau-
vegarde de la
faune sauvage
de Lorraine-
VALLEROYE
(54)
Président du
CSFL
Secrétaire Général
du Réseau des
centres de soins
Responsable du
centre
13 avril
GAASCH Gill Centre de
soins- DUDE-
LANGE- grand-
duché du
Luxembourg
Responsable du
centre
13 avril
MARCHIVE
TENIN
RAVERA
Guy
Graciella
Christelle
Groupement
Ornithologique
du Refuge
nord-Alsace
(GORNA)-
Neuviller les
Administrateur
Responsable
Salariée
14 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
61/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
Saverne (67)
HURSTEL
HERVE
Suzel
Christophe
Centre de
soins- LPO
Alsace-
Rosenwiller
(67)
Responsable du
pôle médiation
faune Sauvage &
du centre de soins
pour la faune
sauvage
Directeur LPO
Alsace
14 avril
DE ROMANS
STRAUB
Romuald
Nicolas
Centre de soins
pour la
sauvegarde
des rapaces de
Rambouillet
(78)
Directeur de
l?Espace
Rambouillet
Vétérinaire
22 avril
FERAY
BEAUFILS
PREVOST
Didier
Alain
Laure
Centre
d?hébergement
et d?étude sur
la nature et
l?environnement
à Allouville
Bellefosse (76)
Président de
l?association
C.H.E.N.E
Responsable du
centre de
sauvegarde
Soigneur animalier
27 avril
MORINIERE Romain Station LPO ?
centre de soins
de l?Ile Grande
à Pleumeur-
Bodou (22)
Directeur de la
station
21 avril
RHOUY
ROCA
Noriane
Annabelle
Station LPO
Aquitaine-
centre de soins
d?Audenge (33)
Responsable du
centre
Responsable
territoriale
28 avril
FONTVIEILLE
LACAVE
Simon
David
Parc d?Isle
À Saint-Quentin
(02)
Soigneur animalier
et capacitaire
Directeur
d?exploitation du
parc
29 avril
VAVASSEUR Beatrice Le refuge de
l?écureuil roux à
Congis sur
Therouanne
(77)
Fondatrice et ca-
pacitaire
26 avril
TAVERNIER
FOURRIER
Pascal
Anne
Centre
l?Hirondelle à
Lyon (69)
Directeur
Chargée de
13 mai
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
62/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
JEGO
Audrey
développement et
communication
Soigneuse
BOVALIS
Hélène Association
PACA pour
demain
Centre de soins
de Saint-
Cézaire-sur-
Siagne (06)
Présidente 11 mai
MOYNE
MOUZON
Gilles
Lorane
Association
ATHENAS
Centre à
L?Etoile (39)
Directeur
Capacitaire
18 mai
CHAULET-
BRIZARD
TRAIMOND
DVIHALLY
Angélique
Margo
Paula
Association
SOS Faune
sauvage
Centre de soins
à Macouria
(973)
Centre de soin
à Bouillante
(97125)
Présidente et co-
dirigeante des
Zoos de
Guadeloupe et
Guyane
Responsable et
vice-présidente de
l?association
Responsable et
vice-présidente de
l?association
9 mai
COUZI François-
Xavier
Société
d?Études Orni-
thologiques de
La Réunion
(SEOR)
Centre de soins
à Saint-André
(974)
Responsable du
centre
30 mai
MAURY
MAURY
Cécile
Stéphan
Association
Hegalaldia
Centre de soins
à Ustaritz (64)
Directrice
Responsable du
centre de soins
11 mai
STAHL Sarah Association Les
P?tits Kipik
Présidente de
l?association et
capacitaire du
centre d?Orsay
20 juin
Conseils régionaux
DESBROSSE
FAURE
Jacky
Pierre
Grand Est Vice-président en
charge de
l?environnement
Chef de service
20 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
63/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
TURCK
HISTE
Claire
Anne-Marie
biodiversité par
intérim
Chargée de la
politique des
centres de soins
de la faune
sauvage
Chargée de
mission pour la
Champagne
Ardenne
DEJEAN DE LA
BATIE
Hubert Normandie Vice-président de
la Région Nor-
mandie
(également Maire
de Sainte Adresse
VP Le Havre Mé-
tropole
Président du Con-
servatoire National
du Littoral)
27 avril
GUÉGUÉN
CHAPLAIN
BROUSSEAU
Arnaud
Anne-
Sophie
Olivier
Nouvelle-
Aquitaine
Directeur de
l?environnement
Cheffe du service
biodiversité
Chargé de mission
Chargé de
l?animation du
réseau des CSFS
de la Région
13 juin
LISON Mélissa
Occitanie Chargée de mis-
sion Biodiversité et
mobilisation ci-
toyenne
11 mai
Directions départementales de la protection des populations
KIEFFER Guillaume Bas-Rhin Référent faune
sauvage
14 avril
DEGUEMANN
VINCENT
Olivier
Arnaud
Seine Maritime Directeur
Chef de service
santé et protection
des animaux et de
l'environnement
9 mai
CHAZAL Etienne Meurthe-et-
Moselle
Référent faune
sauvage Coor-
donnateur régional
8 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
64/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
Faune sauvage
Alsace Lorraine
Directions régionales de l?environnement, l?aménagement, le logement
BASCOU
PAUL
Stéphanie
Ludovic
Grand Est Directrice adjointe
Chef de service
Eau, Biodiversité,
Paysages
20 avril
HINDERMEYER
CONAN
Xavier
Laurence
Pays de Loire Chef du service
Chargée de la
CITES
25 avril
LEFEVRE PES-
TEL
FAUBERT
SIVIGNY
Olga
Catherine
Denis
Normandie Cheffe du service
Ressources
naturelles
Cheffe de service
adjointe
Responsable de
l?accompagnement
plan projet,
ressources
naturelles
2 mai
Expert
GALICHET Emmanuelle Docteur vétéri-
naire
10 mai
Établissements publics
DEGUEURCE
ARNE
Christophe
Pascal
École nationale
vétérinaire
d?Alfort
Centre hospita-
lier universi-
taire-faune
sauvage
(CHUV-FS)
Directeur de
l?ENVA
Directeur du
CHUV-FS
22 avril
DEFLESSEL
POL
LAMBERT
GOURLAY
Laurence
Françoise
Olivier
Philippe
École nationale
vétérinaire,
agroalimentaire
et de
l'alimentation
de Nantes
(ONIRIS-
Nantes)
Centre
vétérinaire de
la Faune
Sauvage et des
Écosystèmes
des Pays de
Directrice ONIRIS
Directrice du
CHUV
Directeur du
CVFSE
Directeur adjoint
du CVFSE
25 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
65/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
Loire (CVFSE)
LE LOC?H Guillaume Clinique des
NAC (nouveaux
animaux de
compagnie) et
de la faune
sauvage École
nationale vété-
rinaire de Tou-
louse
Maitre de confé-
rences
Responsable du
centre de soins et
capacitaire
17 mai
AUBEL
COREAU
VAN-DE-WIELE
BRULEZ
MANESME
Christophe
Audrey
Anne
Marion
Hélène
Office français
de la
biodiversité
Direction de la
police et du
permis de
chasser
Directeur délégué
Mobilisation de la
société
Directrice Acteurs
et citoyens
Cheffe de service
adjointe,
coordinatrice des
actions sanitaires
Cheffe du service
police judiciaire
Cheffe du service
juridique
25 mars
PELTIER
GUICHARD
Michel
Benjamin
Office français
de la
biodiversité
Service
Évaluation,
Connaissance
& Usages du
Milieu Marin
Délégué MER
auprès du
Directeur général
Chargé de mission
« Mammifères
marins - tortues
marines »
20 juin
OLIVIER Jean-Yves Direction régio-
nale de l?OFB
en Bourgogne
Franche Comté
Adjoint au direc-
teur, chef du ser-
vice police
6 mai
BEAL Michel ONF
Agence territo-
riale Ile-de-
France Ouest
Directeur 26 avril
CHAPUIS Jean-Louis Museum natio-
nal d?histoire
naturelle
(MNHN)
Chercheur hono-
raire
12 mai
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
66/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
HENRY Pierre-Yves Centre de Re-
cherche sur la
Biologie des
Populations
d?Oiseaux
(CRBPO-
MNHN)
Directeur, profes-
seur d?écologie
19 mai
Institution professionnelle
GUERIN
PRIETZ-
DUCASSE
Jacques
Estelle
Conseil natio-
nal de l?Ordre
des vétérinaires
(CNOV)
Président
Membre du
CNOV, en charge
de la commission
de la protection
animale.
28 avril
Ministère de l?agriculture et de l?alimentation
LEPAGE
PUPULIN
IVART
Jean-
François
Sylvie
Blandine
Direction
générale de
l?alimentation
Sous-direction
santé et bien-
être animal
Chargé d'études
pour la pharmacie
vétérinaire
Cheffe du bureau
de la prévention
des risques
sanitaires en
élevage
Référente
nationale
pharmacie
17 mai
Ministère de l?éducation nationale de la jeunesse et des sports
CAFFIN
MOROT
Charles-
Aymeric
Frédérique
Direction de la
jeunesse, de
l?éducation po-
pulaire et de la
vie associative
Chef de bureau du
développement de
la vie associative
Chargée des
questions de
fiscalité
associative,
mécénat et
comptabilité
16 mai
Ministère de la transition écologique
HULIN
GUILLAIN
Vincent
Pierre-
Édouard
Cabinet mi-
nistre
Cabinet
secrétaire
d?État à la
biodiversité
Conseiller
biodiversité, eau et
bien-être animal
Conseiller
technique
23 mars
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
67/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
DURON
DEBAERE
PAPOUIN
Sophie
Dorothée
Olivier
Matthieu
Direction de
l?eau et de la
biodiversité
Adjointe du
directeur de l?eau
et de la
biodiversité
Adjoint au sous-
directeur
« protection et
restauration des
écosystèmes
terrestres »
Sous-directeur
«protection et
restauration des
écosystèmes
terrestres »
15 mars
23 mars
12 août
DEMOLIS
TERRAUBE
BASSOT
MENEGHEL
Raphael
Léa
Gérard
David
Chef bureau ET3
Chargée de
mission faune
sauvage captive
Chargé de
procédure faune
sauvage captive
Chargé de mission
«bien-être animal»
23 mai
PIERRESTEGUY
FAURE
LAINE
Grégory
Guillaume
Stéphane
Direction de
l?eau et de la
biodiversité
Bureau ET4
Chef du bureau
ET4
Adjoint au CDB
ET4
Chargé de
procédure
espèces
protégées
1er juin
BOMPAIS-
ABDREBBI
Myriam Secrétariat gé-
néral
Cabinet/Bureau
de la vie asso-
ciative
Cheffe de bureau 9 mai
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
68/93
Annexe 3 : Méthode développée par la mission
Pour conduire à bien ses travaux, la mission s?est appuyée sur :
? des documents :
? le rapport 2021 de l?OFB, élaboré sur ce sujet à la demande de la ministre,
? la thèse vétérinaire « ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DES
ÉTABLISSEMENTS QUI PRATIQUENT DES SOINS SUR LES ANIMAUX DE LA
FAUNE SAUVAGE » Emmanuelle Galichet-décembre 2021,
? les documents d?analyse et de propositions produits par le Réseau des centres de
soins de la faune sauvage,
? Une étude commandée à la LPO par le conseil régional de Bretagne portant sur l?état
des lieux des centres de soins dans cette région et des préconisations,
? les comptes rendus des rencontres entre la direction de l?eau et de la biodiversité
(DEB) et les fédérations des centres de soins,
? toute documentation fournie par les personnes rencontrées, ou trouvée sur internet.
? des rencontres avec les principaux interlocuteurs nationaux et têtes de réseau
? des entretiens avec des acteurs de terrain en visioconférence et lors de visites dans
plusieurs centres choisis pour être représentatifs de la diversité des structures
À cette occasion, elle a rencontré des représentants des conseils régionaux participant
au financement des centres, des directions départementales de la protection des
populations, et des DREAL.
? un panel de 20 établissements qu?elle a interrogés et, pour certains, qu?elle a visités,
? des questionnaires adressés, à la demande de la mission, aux services de l?État
(DREAL/DEAL, d?une part, et DDPP, ou DDETSPP, d?autre part) via la DEB et aux
centres de soins via les fédérations, pour approfondir et disposer d?une meilleure
représentativité sur des points précis.
Panel des 20 établissements sur lesquels la mission s?est appuyée pour étudier
le fonctionnement et le financement
Le choix des 20 établissements a été orienté par la commande (diversité supposée des
ressources, ancienneté et expérience du centre, diversité des animaux accueillis) ; quelques
centres mono-espèces ont toutefois été retenus (écureuils et hérissons). L?échantillonnage a été
fait en croisant les propositions des deux fédérations de centres de soins et l?annuaire de ces
centres, sur plusieurs critères : structure juridique, nombre d?animaux et espèces prises en
charge, activités spécifiques (principalement : formation, prise en charge d?animaux marins,
acteur dans un PNA, travaux de recherche), implantation géographique et disponibilité du
responsable. Dans ce panel figurent les centres des écoles nationales vétérinaires (3 centres de
soins) ainsi que le seul centre de soins de la faune sauvage implanté au Luxembourg
(majoritairement approvisionné par des animaux en provenance de France).
Sur les 20 centres du panel, 15 ont communiqué à la mission les données relatives à leur
comptabilité au titre de l?exercice 2021 (et, parfois, au titre des années antérieures).
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
69/93
FOCUS sur 20 structures interrogées
Centre Statut juridique Activité Nombre d?animaux
accueillis/an
(données 2021)
ATHENAS (39)
Association Généraliste 4438
Centre sauvegarde faune sauvage
Lorraine (CSFL- 54)
Association Généraliste 2175
Centre d?hébergement et d?étude
sur la nature et l?environnement
(CHENE-76)
Association Généraliste 2807 (1872 oiseaux
et 935 mammifères)
École nationale vétérinaire d?Alfort Établissement
public
Généraliste 7201
ONIRIS (école nationale vétérinaire
de Nantes-44)
Établissement
public
Généraliste 2272
École vétérinaire de Toulouse Établissement
public
Généraliste 3000
Espace Rambouillet (78) Association
Spécialisé
Oiseaux
200
Groupement Ornithologique du
Refuge nord-Alsace (GORNA -67)
Association Généraliste 1913
HEGALADIA (64)
Association Généraliste 2795
L?HIRONDELLE (69)
Association Généraliste 6825
LPO Alsace (67)
Association Généraliste 5172
LPO Audenge (33)
Association Généraliste 5101
LPO Ile Grande (22)
Association Généraliste 1072
PACA Demain (06) Association Généraliste Ouverture le
27/12/2021
Parc d?Isle Communauté
d?Agglomération
du St-Quentinois
Spécialisé
Oiseaux
602
PTITS KIPIK- (2 centres-91 et 94) Association Très 210
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Centre Statut juridique Activité Nombre d?animaux
accueillis/an
(données 2021)
spécialisé
Société d?Études Ornithologiques
de La Réunion (SEOR - 974)
Association Spécialisé
Oiseaux
3554
SOS Écureuil roux
Particulier Très
spécialisé
100
SOS Faune sauvage (97)
Parc zoologique Généraliste 118
Natur&ëmwelt (Luxembourg) Association Généraliste 4200
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Annexe 4 : Le droit français actuel ne comporte
aucune obligation de soigner les animaux de la
faune sauvage libre
Si le bien-être animal est une préoccupation qui prend de plus en plus d?ampleur, la notion de
sensibilité de l?animal reste encore, dans le droit français, cantonnée à l?animal domestique.
En effet, le droit français positif ne reconnait de sensibilité qu?aux animaux susceptibles
d?appropriation.
Ainsi, l?article 9 de la loi n° 76-629 du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature, désormais
codifié à l?article L. 214-1 CRPM, est le premier à reconnaitre l?animal comme un être sensible, ce
qui impose des obligations à son propriétaire. « Tout animal étant un être sensible doit être placé
par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son
espèce ».
L?article 515-14 du code civil, issu d?une loi du 30 novembre 2015 relative à la modernisation et à
la simplification du droit et des procédures a confirmé cette approche tout en réaffirmant leur
appartenance au régime des biens : « Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité.
Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens. ».
Ces deux articles ne visent que les animaux susceptibles d?appropriation, c?est-à-dire les
animaux domestiques, animaux de rente et animaux de compagnie.
Une évolution pourrait venir du droit de l?Union européenne (UE) car ce sont tous les animaux
que vise le Traité sur le fonctionnement de l?UE de 2012 lorsqu?il impose à l?Union comme aux
États membres de pleinement tenir compte « des exigences du bien-être des animaux en tant
qu'êtres sensibles, tout en respectant les dispositions législatives ou administratives et les
usages des États membres en matière notamment de rites religieux, de traditions culturelles et
de patrimoines régionaux. » (Article 13) (Voir pour une application récente de ces stipulations,
l?arrêt C 900/19 du 17 mars 2021 de la CJUE saisie par le Conseil d?État d?une question
préjudicielle sur la chasse à la glu).
Le concept de « bien-être » emporte plutôt des obligations de faire et celui de
« maltraitance » des obligations de ne pas faire, comme s?il s?agissait du revers d?une même
pièce. Sous ce dernier versant, celui de la maltraitance animale, l?arsenal répressif, s?est renforcé
ces dernières années84, notamment en ce qui concerne les animaux sauvages tenus en captivité.
Toutefois, l?animal sauvage dans son milieu naturel, n?est pas visé par ces dispositions
répressives. Et il n?est pas fait obligation d?appliquer des soins à un animal sauvage blessé. Ne
pas appliquer des soins à un animal blesse n?est pas répréhensible dès lors qu?il n?est pas tenu
en captivité.
84 Ainsi, l?articlé 521-1 du codé pé nal, modifié én dérniér liéu par la loi n° 2021-1539 du 30 novémbré 2021 visant a
luttér contré la maltraitancé animalé ét confortér lé lién éntré lés animaux ét lés hommés, ré primé lés sé vicés gravés
ou dé naturé séxuéllé ou lés acté dé cruauté non séulémént sur lés animaux doméstiqués mais aussi sur céux qui sont
ténus én captivité (dé lit : 3 ans d?émprisonnémént ou 45 000 éuros) Et l?articlé 522-1 du mé mé codé , cré é par la
mé mé loi ré primé la misé a mort, d?un animal qu?il soit doméstiqué, apprivoisé ou ténu én captivité , hors du cadré dés
activité s lé galés. L?articlé L. 214-3 du CRPM quant a lui posé lé principé : «Il ést intérdit d'éxércér dés mauvais
traitéménts énvérs lés animaux doméstiqués ainsi qu'énvérs lés animaux sauvagés apprivoisé s ou ténus én captivité .»
Dés contravéntions sont é galémént pré vués pour lés bléssurés involontairé, lés mauvais traitéménts, la misé a mort
sans né céssité (art R. 653-1, R. 654-1 CP , R. 655-1 CP).
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
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Annexe 5 : Liste et cartes de l?implantation des CSFS
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
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Carte 1 Localisation des centres de soins de la faune sauvage recensés sur le territoire national et leurs départements
d'intervention (hors collectivités d?outre-mer) au 1er juillet 2022
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Carte 2 Répartition géographique des différentes catégories de centres de soins de la faune sauvage (hors collectivités
d'outre-mer) au 1er juillet 2022
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Carte 3 Localisation des centres d?accueil d?animaux marins (hors collectivités d?outre-mer) au 1er juillet 2022
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Annexe 6 : Temps moyen d?hospitalisation des animaux reçus au CVSE* en 2021
Temps moyen d?hospitalisation des animaux reçus au CVSE en 2021 en fonction de leur catégorie et de leur devenir (données juin 2022 /
Olivier Lambert)
*Centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes à Nantes
TOTAL animaux reçus TOTAL animaux soignés TOTAL animaux relâchés
nombre
temps moyen
d'hospitalisation
(en jours)
nombre
temps moyen
d'hospitalisation
(en jours)
nombre
temps moyen
d'hospitalisation
(en jours)
tous animaux* 2270 14 1094 28 719 35
mammifères 898 15 466 29 299 39
oiseaux* 1365 13 624 28 415 32
d
é
ta
il
o
i-
s
e
a
u
x
colombins & gallinacés 233 10 82 27 63 30
échassiers 36 8 15 19 11 22
palmipèdes 100 19 67 28 49 32
passereaux & autres 618 4 214 12 140 13
rapaces* 378 27 246 42 152 52
* deux rapaces ne sont pas pris en compte car toujours hospitalisés au centre ; ils feront augmenter les moyennes
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
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Annexe 7 Les animaux des espèces exotiques
envahissantes et les animaux des espèces
exotiques confiés par l?autorité judiciaire
Les espèces exotiques envahissantes (EEE) ne doivent pas être admises
Les EEE85 sont introduites par l?homme sur un territoire qui n?est pas naturellement le leur et y
prolifèrent, menaçant les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces locales. La
réglementation varie selon des critères biologiques et parfois socio-économiques : pour certaines
espèces, seule l?introduction est interdite mais le transport, la détention et le commerce restent
autorisés ; pour les autres, toutes ces activités sont interdites.
Par conséquent, aucun centre n?est autorisé à relâcher les spécimens de ces espèces, surtout s?il
ressort du niveau le plus préoccupant, c?est-à-dire le second, qui reprend systématiquement les
espèces déterminées par l?Union européenne (cf. annexe II de l?arrêté du 14 février 2018)86
Les animaux sauvages confiés à la demande de l?autorité judiciaire ne devraient
bientôt plus être hébergés par les CSFS
Les CSFS accueillent régulièrement des spécimens de la faune sauvage captive exotique à la
demande de la police ou de la justice pour les besoins des enquêtes judiciaires ; même si ces
accueils sont temporaires, il conviendrait de les faire cesser.
D?autant que les dispositions de l?article 99-1 du code de procédure pénale précisent que le juge
d?instruction ne peut placer l?animal que dans un lieu prévu à cet effet et donc adapté à leurs
besoins biologiques.
La question du placement se pose de la même manière s?il concerne des animaux sauvages de
la faune locale, même si les animaux en cause sont visés par les arrêtés d?ouverture des centres,
les centres de soins n?étant pas habilités à accueillir des animaux sauvages captifs.
Toutefois, ces placements, qui ne correspondent pas à la vocation des centres de soins de la
faune sauvage, devraient tendre à disparaître avec la création de refuges et sanctuaires prévus à
85 « Une espèce exotique envahissante (EEE) est une espèce introduite par l?homme volontairement ou
involontairement sur un territoire hors de son aire de répartition naturelle, et qui s?y installe et prolifère au point de
menacer les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces locales.
Ces espèces représentent une menace pour les espèces locales, car elles accaparent les ressources (espace,
soleil, habitats, sites de nidification, proies?) dont les autres espèces ont besoin pour survivre. Elles peuvent
aussi être prédatrices directes des espèces locales. Les espèces exotiques envahissantes sont aujourd?hui
considérées comme l?une des principales menaces pour la biodiversité. (?)
Deux niveaux de réglementation s?appliquent, en fonction de la situation de l?espèce, de l?évaluation du risque
d?invasion biologique, ainsi que, le cas échéant, de l?importance socio-économique et des risques d?invasion
biologique liés à l?exploitation de l?espèce.
? Un premier niveau (art. L.411-5) interdit l?introduction d?individus dans le milieu naturel. Le transport, la détention
et le commerce restent autorisés.
? Un deuxième niveau (art. L.411-6) interdit quant à lui en complément l?introduction, le transport, la détention et le
commerce d?individus sur le territoire national.
Ces espèces sont définies par arrêté, de façon distincte sur le territoire de la métropole et dans les différents
territoires ultramarins, du fait de la sensibilité particulière de ces territoires aux invasions biologiques. » (Extrait de
la consultation publique sur de nouvelles EEE mars 2022).
86 Arrêté du 14 février 2018 modifié relatif à la prévention de l'introduction et de la propagation des espèces
animales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain
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l?article L. 413-1-1 du code de l?environnement évoqué précédemment.
Sur ce sujet, la mission ne peut que renvoyer aux réflexions et recommandations du rapport du
CGEDDD n° 013642-01 sur « Le placement des animaux sauvages vivants ».
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
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Annexe 8 : L?implication des vétérinaires dans les
soins à la faune sauvage libre pourrait être plus
importante
En dehors d?un centre de soins, le découvreur d?un animal en détresse fera le plus souvent appel
à un vétérinaire qui pourra examiner et soigner l?animal, mais qui ne pourra éventuellement le
conserver au-delà de quelques jours.
Des personnes interrogées, il ressort que bon nombre de vétérinaires pensent ne pas être
autorisés à recevoir et porter des soins à un animal de la faune sauvage locale.
Ce n?est pas l?analyse du CNOV qui a développé des informations juridiques et techniques sur
son site à l?intention des vétérinaires praticiens. Ainsi dans son « Guide de soins faune
sauvage », il indique, après avoir cité la loi du 10 juillet 1976 et l?article R. 242-4887 du CRPM,
que « Le vétérinaire peut donc prodiguer les soins d?urgence aux animaux de la faune sauvage
pour mettre fin à leurs souffrances ou permettre de les diriger vers un centre de sauvegarde.»
Cette position est conforme à la circulaire du 12 juillet 2004 relative au suivi des activités des
centres de sauvegarde pour animaux de la faune sauvage (NOR : DEVN0430281C, publiée au
Bulletin officiel du MTECT). Cette circulaire met toutefois en garde les vétérinaires puisqu?ils sont
dépourvus d?autorisation de détention et de transport de la faune sauvage. Elle recommande
donc de faire acheminer très rapidement l?animal, une fois soigné, vers le CSFS le plus proche.
Sur l?aspect financier de l?intervention des vétérinaires, le CNOV considère que l?animal sauvage
en liberté n?étant la propriété de personne, les soins le concernant sont « par définition, gratuits »
mais que « le vétérinaire a le droit d?accepter un dédommagement si le découvreur le propose »
Saisi d?un projet de convention de « mécénat de compétence » (dispositif fiscal, faisant
application de l?article 238 bis du CGI, auquel les vétérinaires ont fréquemment recours lorsqu?ils
interviennent dans les CSFS) élaboré pour le Centre de la LPO de l?Ile-Grande, le CNOV a
considéré qu?il contrevenait au code de déontologie. Par une délibération de septembre 2021, il
conseille de ne pas faire référence au dispositif fiscal du mécénat de compétence et de concevoir
un contrat de partenariat par lequel le vétérinaire libéral s?engagerait à prodiguer les premiers
soins aux animaux en détresse qui lui seraient présentés puis les dirigerait dès que possible vers
un CSFS. Il s?est déclaré disponible pour faire avancer un modèle de contrat de respectueux de
l?intérêt des animaux et du code de déontologie. Cette réflexion ne semble pas avoir abouti, ce
qui pourtant faciliterait l?intervention des vétérinaires dans les centres de soins.
Au total, malgré cette difficulté, la mission estime que rien ne s?oppose à que les vétérinaires
soient parties prenantes des soins aux animaux de la faune sauvage.
87 L?article R. 242- 48 du CRPM, qui s?applique quel que soit le statut de l?animal, dispose-t-il
« V.-Lorsqu'il se trouve en présence ou est informé d'un animal malade ou blessé, qui est en péril, d'une espèce
pour laquelle il possède la compétence, la technicité et l'équipement adapté, ainsi qu'une assurance de
responsabilité civile professionnelle couvrant la valeur vénale de l'animal, il s'efforce, dans les limites de ses
possibilités, d'atténuer la souffrance de l'animal et de recueillir l'accord du demandeur sur des soins appropriés.
En l'absence d'un tel accord ou lorsqu'il ne peut répondre à cette demande, il informe le demandeur des
possibilités alternatives de prise en charge par un autre vétérinaire, ou de décision à prendre dans l'intérêt de
l'animal, notamment pour éviter des souffrances injustifiées. En dehors des cas prévus par le précédent alinéa, le
vétérinaire peut refuser de prodiguer ses soins pour tout autre motif légitime.VI.-Sa responsabilité civile
professionnelle doit être couverte par un contrat d'assurance adapté à l'activité exercée. »
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-0002984/A0190007.pdf
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
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Annexe 9 : Modèle économique « professionnalisé »
proposé par la LPO
Modèle actuel d?un centre « moyen », accueillant 3000 animaux par an :
- Budget : 150 000¤/an, soit 59¤/animal reçu
Moyens en personnel : Chaque membre de l?équipe est appelé à être polyvalent et
à dépasser son temps contractuel de travail (moyenne de 11 heures de travail par
jour) pour une rémunération modeste.
- 1 chef de centre : 1 700¤ nets/mois (32 400¤/an de charges salariales)
- 2 soigneurs : 2 x 1 350¤ nets/mois (2 x 23 300¤/an)
- 1 agent administratif : 1 350¤ nets/mois (23 300¤/an)
Soit 102 300¤/an de charges salariales (70% des dépenses).
(source88 : coût moyen d?un centre de soins pour les membres du RCSFS ; RCSFS,
2022)
Modèle proposé pour un centre accueillant 2500 animaux par an
? Budget : 352 000 ¤/an, soit 140 ¤/animal reçu
Moyens en personnel* : Le centre se professionnalise avec plus de soignants, dont
un vétérinaire, et il est moins dépendant de la main d?oeuvre bénévole ; il bénéficie
d?un personnel spécialisé aussi pour les tâches hors soins des animaux.
Objectif : sortir d?un modèle où le chef de centre doit s?occuper de tout pour le
recentrer sur un rôle de coordonnateur de l?équipe soignante. Les soigneurs ont le
temps nécessaire pour s?occuper des animaux et suivre le travail des bénévoles.
- 1 chef de centre, capacitaire : 2 200¤ nets/mois (35 246¤/an)
- 1 vétérinaire : 2 667¤ nets/mois (43 519¤/an)
- 3 soigneurs : 3 x 1 916¤ nets/mois (83 130¤/an)
- 2 médiateurs : 2 x 1 916¤ nets/mois (55 420¤/an)
Soit 217 315¤/an.
Autres dépenses
Prestations vétérinaires spécialisées : 30 000 ¤
Alimentation animale : 50 000 ¤
88 Communication à la mission
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Fluide : 7 000 ¤
Déplacements : 5 000 ¤
Petits matériels : 5 000 ¤
Frais de structure : 30 000 ¤
Frais généraux : 3 000 ¤
Communication et sensibilisation : 5 000 ¤
(source : LPO ? étude pour la région Bretagne, 2021)
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Annexe 10 : Les parcs zoologiques participent de plus en plus au fonctionnement
des centres de soins de la faune sauvage
Parcs zoologiques ayant créé un centre de soins
Parcs zoologiques Centre de soins
Statut juridique du parc
zoologique
Espèces
Les 3 Zoos de
Guyane, Guadeloupe,
Martinique
Le centre de soins de Guadeloupe et de Guyane géré par
l?association « SOS Faune sauvage » crée et financée par les
parcs (cf. encadré X) gère les 2 antennes du centre de soins.
Privé
Faune locale
Espace Rambouillet Centre de soins des rapaces Établissement public (ONF) Oiseaux
Parc d?Isle Centre de sauvegarde de Saint Quentin Communauté de communes
(Agglomération du Saint Quentinois)
Oiseaux
Parc Argonne
Découverte
Centre de sauvegarde de l?Argonne
Communauté de communes
(Communauté de communes de
l'Argonne Ardennaise)
Oiseaux et mammifères
Océanopolis- Brest Centre de soins et de conservation de la faune aquatique de
Bretagne géré par l?association pour la Conservation des
mammifères et oiseaux marins de Bretagne (ACMOM)
Équipement de Brest Métropole Mammifères
(majoritairement phoques
gris) oiseaux marins
Aquarium de La
Rochelle
Centre d?études et de soins pour les tortues marines (CESTM)
Privé
Le CESTM est propriété de la
Région
Tortues marines
Aquarium de Biarritz Centre de soins Communauté de communes ? ou
municipalité de Biarritz ?
Phoques et tortues marines
Kélonia Centre de soins des tortues marines, centre de recherche et
musée (Observatoire des tortues marines Kélonia)
Région La Réunion Tortues marines
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
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Trois projets ont par ailleurs été cités, portés respectivement par :
? le zoo Parc de Beauval (sous l?égide de Beauval Nature, l?association du parc animalier) d?une capacité de 5000 animaux, ouvrira en 2023 ;
? le zoo de Dunkerque (Communauté urbaine de Dunkerque) ouvrira en 2024 ;
? le zoo des tortues A Cupulatta à proximité d?Ajaccio qui a déposé une demande d?autorisation d?ouverture pour développer un centre de soins
pour les tortues marines. Cette création, encouragée par l?OFB, viendra combler un manque en Corse, où ont lieu beaucoup d?échouages et de
captures à la palangre. Jusqu?à présent, les tortues nécessitant des soins sont envoyées dans un centre en Sardaigne, non sans des difficultés
administratives.
D?autres formes de soutien financier et de collaboration s?amplifient :
Les exemples rapportés à la mission d?un appui réel et substantiel sont multiples :
? Réserve Africaine de Sigean : soutien de 20 k¤/an depuis 2018 au CSFS de la LPO Occitanie (Villeveyrac dans l'Hérault) ;
? Parc animalier de Sainte-Croix (57) : sur le fond de dotation » Sainte Croix Biodiversité » créé en 2016, aide annuelle au fonctionnement du
Gorna- 67 (8 000 ¤ en 2021) et du CFSL-54 (7 600 ¤ en 2021), financements ponctuels de la rénovation des installations, reprise des tortues de
Floride apportées au CSFL ;
? Parc Animalier d?Auvergne (63) : soutien financier (3 000 ¤ en 2020 ; 5 000 ¤ en 2021) au CSFS Panse Bêtes à Chamalières ;
? Safari de Peaugres (07) : soutien le CSFS L?hirondelle (Rhône Alpes) par un versement annuel et un arrondi solidaire aux caisses des points de
Parcs zoologiques Centre de soins
Statut juridique du parc
zoologique
Espèces
Aquarium de
Guadeloupe
Centre de Soins des Tortues Marines de Guadeloupe.
L?aquarium finance l'association « Karet » qui gère le centre de
soins.
Public
10 à 30 tortues/an
Marineland Centre de Réhabilitation de la Faune Sauvage L?association
d?entreprise Marineland gère le CRFS.
Privé Tortues marines
Refuge de l?Arche Centre de Sauvegarde de la faune sauvage locale "Valentine et
Jacques Perrin".
Privé/ (Association « club pour
l?étude et la protection des animaux
et de la nature » (CEPAN) RUP)
Oiseaux et mammifères
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vente ;
? le zoo de la Boissière du Doré (44) finance le projet d?un centre de soins, Faunalis, en Loire-Atlantique ;
? Puy du Fou (85) : soutien financier (don, prise en charge d?une partie des ressources alimentaires) et soutien zootechnique et formation (conseils
et expertise, partage de ressources et d?expériences) ;
? Parc de Clères (76) : appui technique du vétérinaire au centre de soin le CHENE (notamment réalisation d?autopsies dans le cadre du suivi des
échouages des mammifères marins).
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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Annexe 11 Les aides de plusieurs régions aux
centres de soins de la faune sauvage et
l?organisation en réseaux régionaux
Région Bourgogne Franche Comté
Par une délibération de janvier 2017, la région Bourgogne Franche Comté a décidé de soutenir
les associations de sauvegarde de la faune sauvage implantées dans la région, dans leurs
missions de collecte d?animaux blessés, de soins et de réhabilitation dans le milieu naturel. L?aide
porte sur les frais généraux de la structure (nourriture, frais vétérinaires, frais de structure), les
frais en personnel (soigneur, gestion et traitement statistique des données, secrétariat), les
actions d?information et de sensibilisation du public et des scolaires, les frais d?organisation de
sessions de formation continue de correspondants.
Le plafond de l?aide est de 10 k¤/structure de portée départementale ou limitrophe et 30
k¤/structure de portée régionale ou interrégionale. La subvention est calculée de manière à ce
que la part d?autofinancement du maître d?ouvrage atteigne au moins 20% du montant total des
dépenses subventionnables.
Région Grand Est
La région Grand Est subventionne les quatre principaux centres généralistes implantés sur son
territoire. Elle mobilise une enveloppe limitée de 100 k¤ par an en crédits de fonctionnement et
40 k¤ en crédits d?investissement. Un règlement triennal, établi depuis 2017 attribue à chaque
centre de soins une enveloppe de fonctionnement annuel de 25 000 ¤ par centre. Ce budget
relève du budget global dédié à la préservation de la biodiversité.
Sous l?impulsion de la région, les quatre CSFS se sont répartis les territoires d?intervention. La
région présente ce maillage sur son site internet, y met en valeur leurs actions et délivre des
messages sur le comportement à tenir en cas de découverte d?un animal blessé.
Région Normandie
La région compte deux centres généralistes. Les élus sont particulièrement sensibles à
l?engagement des personnes qui y travaillent et à la vocation pédagogique des centres de soins.
La région apporte une aide au fonctionnement du CSFS géré par l?association CHENE de 74 k¤
(plus de 25% des financements en 2021).
Des projets peuvent également émarger sur l?enveloppe de 800 k¤ mobilisée chaque année sur
la pédagogie, ainsi que sur les contrats de territoires avec les EPCI financés par la Région. Sous-
réserve d?un « cadre normé » national sur les missions des centres de soins de la faune
sauvage, le vice-président de la région se dit disposé à accorder une dotation statutaire sur trois
ans pour assurer « un socle de fonctionnement », puis à financer des actions spécifiques dans le
cadre d?appels à projet.
Région Nouvelle-Aquitaine
La région Nouvelle-Aquitaine a adopté en 2018 un Règlement d?intervention des centres de
sauvegarde de la faune sauvage, traduit dans un Schéma régional des centres de sauvegarde
de la faune sauvage. L?ambition du conseil régional est de permettre à ces structures :
d?optimiser leur fonctionnement et, pour certaine, de les protéger d?une certaine précarité
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financière, d?identifier leurs besoins et de les partager, de mutualiser leurs outils et d?être en
capacité d?agir en cas de crise majeure.
L?aide au fonctionnement s?adresse à neuf centres généralistes89 est de 23 000 euros par an et
par centre, dans la limite de 80% au maximum du budget de fonctionnement, à travers des
conventions annuelles (sauf avec la LPO qui bénéficie d?une CPO). L?objectif est de permettre de
(co-)financer à minima le salaire du capacitaire de la structure.
Le soutien à l?investissement est dynamique. La région accompagne en particulier la création
d?un nouveau centre généraliste dans le département de la Dordogne, ce projet, qui bénéficie de
concours locaux, est porté par un collectif d?associations. La politique de la région est par ailleurs
d?accompagner la mise aux normes et l?amélioration des installations existantes (exemples : Aide
à une acquisition foncière pour maintenir un centre de soins multi espèces et permettre le
transfert de sa gestion d?un particulier à une association dédiée ; financement de la salle de
chirurgie de la LPO d?Audenge qui salarie un vétérinaire ; plusieurs améliorations des
installations du centre de soins Hegalaldia (eau chaude, climatisation, nouvelles volières, ?).
La région Nouvelle-Aquitaine propose également d?accompagner les centres de soins dans le
montage de dossiers.
Trois agents du service biodiversité de la région consacrent aux CSFS une part de leur temps.
En matière de communication avec le grand public, la région envisage de créer, avec l?agence
régionale de biodiversité (ARB), une plate-forme permettant de répondre plus efficacement aux
questions posées après la découverte d?un animal blessé et dans leurs démarches pour trouver
d?autres sources de financements (FEDER, ?).
Région Occitanie
Depuis 2018 à la région finance les CSFS à travers sa politique Biodiversité, sur une ligne
budgétaire s?intitulant « Soutien à l?intégrité physiques des espèces patrimoniales dans le cadre
de la trame verte et bleue »). Elle a aidé, en 2021, cinq centres qui en ont fait la demande, par
une aide au fonctionnement (10 k¤ max par centre dans la limite de 80 % du budget de
fonctionnement) et/ou par une aide à l?investissement (deux centres aidés pour l?achat de
volières). La région finance aussi le CSFS Hegalaldia (en région Nouvelle-Aquitaine).
Dans le cadre de l?élaboration en cours de son Plan Nature (Plan NOE : « Nature en
Occitanie ?évidemment », dont le vote devrait intervenir en novembre 2022) qui vise à
rapprocher la biodiversité du public, les CSFS sont identifiés comme une porte d?entrée à la
relation avec la faune sauvage, qui incarne de façon emblématique l?environnement. La
présidente de région a fait l?annonce de la création d?un réseau de centres de soins pour la faune
sauvage afin de garantir le bien-être animal. Les services techniques travaillent à un dispositif
régional, à partir de critères à définir, en tenant compte également du maillage du territoire, pour
une présentation à l?exécutif au second semestre.
La réflexion devrait être amenée au sein du comité des financeurs animé par l?ARB, et avec les
départements dans le cadre du chef de filât.
Région Réunion
La région est propriétaire des terrains et bâtiments du centre « Kelonia » ("L?observatoire des
tortues marines") qui est à la fois un aquarium, musée, et un important centre de recherche,
d?intervention et de soins consacré aux tortues marines. Il a confié la gestion de ce centre à la
société publique locale Réunion des musées régionaux (SPL RMR).
89 La ré gion compté 12 CSFS. Lé dé partémént dé Charénté Maritimé ést proprié tairé du céntré dé soins sur Olé ron
(« Le marais aux oiseaux ») ét né sollicité pas l?aidé du Conséil ré gional dé Nouvéllé Aquitainé. Lé CSFS dé La Rochéllé
n?ést pas non plus accompagné par la Ré gion, ainsi qu?un autré céntré tré s spé cialisé sur lé hé risson.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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De plus, la région est maître d?ouvrage de la construction de la « nouvelle route du littoral »
reliant Saint-Denis à La Possession. Dans le cadre de la démarche « Éviter-Réduire-Compenser
», une mesure compensatoire est mise en oeuvre à travers laquelle le budget de la région
participe au fonctionnement de la SEOR au titre d?une meilleure prise en charge et d?un meilleur
suivi des oiseaux échoués ou morts qui seraient récupéré lors du chantier et après la mise en
service de la nouvelle infrastructure. La mesure compensatoire est dotée d?un montant total de
390K¤ permettant de couvrir la phase chantier (2014-2020) puis la phase d?exploitation (2020-
2040). Le niveau de financement revu en 2020 s?établit à hauteur de 8 892 ¤/an et cela jusqu?à
2040, assurant au centre une ressource jusqu?à cette échéance.
La mission n?a pas eu connaissance de l?existence de mesure compensatoire ou de mesure
d?accompagnement au bénéfice d?un CSFS en dehors de ce cas. Cela semble pourtant une
possibilité dans l?avenir lors de projets d?infrastructures d?envergure. Cette ressource a été
évoquée par l?OFB en lien avec les installations des parcs éoliens en mer.
Région Bretagne
La région Bretagne a commandé une étude à la LPO afin de dresser un état des lieux des sept
centres CSFS de la région et lui proposer des pistes d?actions 90 . Parmi celles-ci, figurent
notamment les idées de créer un centre généraliste par département ainsi qu?un service
collaboratif et mutualisé afin d?organiser la médiation, de coordonner le rapatriement des
animaux blessés et de structurer un réseau de vétérinaires bénévoles.
90 https://www.lpo.fr/lpo-localés/lpo-brétagné/actu-brétagné/actu-brétagné-2021/fauné-én-détréssé-uné-étudé-
qui-ouvré-la-voié
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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Annexe 12 Les modes de financement des centres
de soins de la faune sauvage des écoles nationales
vétérinaires
ONIRIS à Nantes (ENV de Nantes) : Le centre de soins du CHUV de Nantes (budget d?environ
350 k¤ en 2021) occupe des bâtiments qui appartiennent à l?agglomération de Nantes, depuis sa
création en 2003. Il est financé majoritairement par ONIRIS et a conclu quelques conventions de
partenariat sur la base de prestations de service (conseil et expertise sur les abeilles sauvages)
par exemple avec Nantes Métropole (10k¤/an) et le conseil départemental de Loire Atlantique
(20k¤/an).
Les recettes extérieures privées ne sont pas plus assurées pour cet établissement public que
pour une association ; elles ont d?ailleurs décru ces dernières années. Jusqu?en 2020, TOTAL
apportait 85 000 euros depuis l?Erika en application de conventions triennales régulièrement
reconduites et la région apportait 50 000 euros par an jusqu?en 2016. La direction d?ONIRIS
souhaite développer du mécénat et a le projet de créer une fondation.
ENV Toulouse (ENVT) : Le budget de fonctionnement du centre de soins de la faune sauvage
du CHUV de l?ENV de Toulouse n?est pas individualisé et n?a pu être communiqué à la mission.
L?ENVT dispose d?une fondation.
ENV Alfort (ENVA) : L?association Faune Alfort a été créée en 2014 pour rechercher des fonds
car jusqu?alors l?école était seule à financer. Faune Alfort soutient directement et matériellement
le CHUV-FS de l?ENVA à travers un partenariat étroit formalisé par une convention, conclue pour
trois ans et révisée annuellement. Du personnel technique est mis à disposition par l'association,
ainsi que le secrétariat et le matériel de soins pour les animaux. La participation de Faune Alfort
est de l?ordre de 300 k¤/an sur un budget global du CHUV-FS de l?ordre de 600 k¤/an.
Le centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV) de Maison-Alfort fonctionne grâce à
de nombreux bénévoles à travers un partenariat avec l?association Faune Alfort.
Le bénévolat y est important, valorisé à hauteur de 380 k¤/an.
Environ 250 personnes ont participé aux soins en 2021 : 97 étudiants vétérinaires (inscrits à la
rentrée 2020), 99 stagiaires (conventionnés ou écovolontaires) environ 50 bénévoles ont
participé aux soins de façon régulière, l?ensemble de ces bénévoles cumulant 16 équivalents-
temps plein.
A ces soignants bénévoles, s?ajoutent une trentaine de bénévoles qui se consacrent aux
installations recevant les animaux (construction, entretien) et aux transports de ces derniers.
En 2021, l?association Faune Alfort comptait 1 905 adhérents, et 1 939 donateurs chez les
particuliers. Globalement, par leurs dons et adhésions, les particuliers contribuent au budget de
l?association à hauteur de 58,47%, situation exceptionnelle parmi les associations soutenant des
centres de soins, ainsi que vis-à-vis des autres écoles nationales vétérinaires.
Le fonctionnement des CHUV de Nantes et de Toulouse, s?il fait appel aux étudiants et aux
stagiaires, n?implique pas de bénévoles extérieurs, ni d?association. Le fonctionnement est
totalement internalisé et pris en charge par le budget de l?ENV.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Annexe 13 Les centres de soins bénéficient de la
politique mise en place en faveur de la vie
associative et de l?emploi sur le territoire national
La mission a relevé au cours des entretiens plusieurs dispositifs d?exonérations et réductions de
charges, cités par les responsables des centres comme de véritables atouts, et vers lesquels ils
sont très facilement orientés par les départements et leurs fédérations notamment.
Exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) : Les opérations commerciales
réalisées par les associations sans but lucratif gérées de manière désintéressée sont exonérées
de TVA. Le seuil de recettes lucratives accessoires au-delà desquelles les associations sans but
lucratif ne peuvent bénéficier d'exonération des impôts commerciaux est fixé à 72 432 euros pour
2021. Même si la direction de la jeunesse, de l?éducation populaire et de la vie associative
(DJEPVA) souligne que ce seuil constitue un effort important de la part de l?État, plusieurs
centres souhaiteraient voir ce plafond augmenter.
Abattement sur la taxe sur les salaires : Les associations loi 1901, quel que soit leur
objet, ainsi que les associations régies par la loi locale applicable dans les départements du Bas-
Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle bénéficient d?un abattement sur le montant annuel de la taxe
sur les salaires dont elles sont redevables.
Dispositif local d?accompagnement (DLA), dans chaque département :
Plusieurs centres de soins ont bénéficié de ce dispositif d?accompagnement alimenté par des
crédits du ministère de l?emploi, des conseils régionaux et du Fonds social européen (FSE). Ils
ont souligné tout l?intérêt de ce dispositif grâce auquel ils ont pu engager une démarche
d?évolution du modèle économique, ont été accompagnés techniquement et financièrement dans
la fonction managériale, l?élaboration d?un plan stratégique de développement de l?activité et la
diversification des partenariats.
Formation des salariés, des bénévoles et des services civiques : Ces activités
permettent d?alimenter un compte personnel de formation (CPF). Le compte d'engagement
citoyen (CEC)91, rattaché au CPF, recense notamment les activités de bénévole, de volontaire ou
de maître d'apprentissage. Il permet d'acquérir des droits à formation inscrits sur le CPF. Les
jeunes qui ont travaillé en service civique ont donc un CPF.
91 Institué par la loi du 8 août 2016 dite « Loi travail », le compte d?engagement citoyen (CEC) est un nouveau
dispositif de l?État destiné à reconnaître et valoriser l?engagement bénévole de responsables associatifs très
investis.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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Annexe 14 : Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme ou
sigle
Signification
CEC Compte d?engagement citoyen
CESTM Centre d?études et de soins pour les tortues marines de l?aquarium de La
Rochelle
CESTMed Centre d?Étude et de Sauvegarde des Tortues Marines de Méditerranée
CGI Code général des impôts
CHENE Centre d?hébergement et d?étude sur la nature et l?environnement
CHUV-FS Centre hospitalier universitaire vétérinaire-Faune sauvage
CNOV Conseil national de l?ordre des vétérinaires
CNRS Centre national de la recherche scientifique
CPF Compte personnel de formation
CPO Convention pluriannuel d?objectifs
CRBPO Centre de recherches sur la biologie des populations d?oiseaux
CRFS Centre de Réhabilitation de la Faune Sauvage
CRPM Code rural et de la pêche maritime
CSFS Centre de soins de la faune sauvage
CVSE Centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes
DCSMM Directive cadre stratégie pour le milieu marin
DDCSPP Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des
populations
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Acronyme ou
sigle
Signification
DDETSPP Direction départementale de l?emploi, du travail, des solidarités et de la
protection des populations
DDPP Direction départementale de la protection des populations
DEB Direction de l?eau et de la biodiversité
DJEPVA Direction de la jeunesse, de l?éducation populaire et de la vie associative
DLA Dispositif local d?accompagnement
DREAL Direction régionale de l?environnement, l?aménagement et le logement
EEE Espèce exotique envahissante
ENV École nationale vétérinaire
EPA Établissement public administratif
ESOD Espèce susceptible d?occasionner des dégâts
EUROWA European oiled wildlife assistance
FEADER Fonds européen agricole pour le développement rural
FEDER Fonds européen de développement régional
FNADT Fonds national d?aménagement et de développement du territoire
FNE Fédération nature environnement
FSE Fonds social européen
LIFE L?instrument financier européen
LPO Ligue de protection des oiseaux
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Acronyme ou
sigle
Signification
MNHN Muséum national d?histoire naturelle
MTECT Ministère de la transition écologique et des relations avec les collectivités
territoriales
OFB Office français de la biodiversité
ONCFS Office national de la chasse et de la faune sauvage
PNA Plan national d?actions
RCSFS Réseau des centres de soins de la faune sauvage
RNE Réseau national échouage
RTMMF Réseau des tortues marines de Méditerranée française
SEOR Société d?étude ornithologique de la Réunion
SNB Stratégie nationale de la biodiversité
TVA Taxe sur la valeur ajoutée
UFCS Union française des centres de sauvegarde de la faune sauvage
UMS-Patrimat Unité mixte de service Patrimoine naturel
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Sommaire
Résumé
Introduction
Liste des recommandations
1 Les CSFS, très divers, sont centrés sur les soins aux spécimens de la faune sauvage locale
1.1 Les fonctions des CSFS les distinguent d?autres structures
1.2 Les CSFS sont le reflet d?une sensibilité croissante de la société au bien-être animal
1.2.1 Les CSFS, que représentent partiellement deux fédérations, connaissent une forte croissance de leur activité
1.2.2 Le bien-être animal prend le pas sur la préservation des espèces
1.3 Des établissements très hétérogènes
1.3.1 Certains centres accueillent toutes les espèces tandis que d?autres se spécialisent sur une seule
1.3.2 De natures juridiques très diverses, les CSFS sont dans leur très grande majorité gérés par des associations
1.4 Face à une inégale répartition des CSFS sur le territoire, des régions initient des réseaux à leur échelle
2 La contribution des centres de soins de la faune sauvage à la biodiversité
2.1 L?objectif des soins prodigués est la réintroduction de l?animal dans la nature
2.1.1 Les animaux pris en charge sont majoritairement des spécimens d?espèces protégées
2.1.2 Les centres sont soumis à de fortes amplitudes d?activités intersaison qui nécessitent d?être anticipées
2.1.3 Des outils de rapportage de l?activité et d?évaluation sont à standardiser, d?autres à construire
2.1.4 La biosécurité dans les centres est à renforcer
2.2 Autour des soins, les centres développent d?autres activités
2.2.1 La formation des acteurs du soin de la faune sauvage, un levier essentiel pour la professionnalisation des centres
2.2.2 La « médiation » diffuse dans la société la connaissance de la nature
2.2.3 Certains centres contribuent à la connaissance et aux réseaux de surveillance
3 Le cadre juridique des CSFS devrait évoluer pour être adapté, clarifié et consolidé
3.1 Des non-conformités importantes concernent l?usage des médicaments vétérinaires
3.2 Des adaptations et des clarifications faciliteraient le fonctionnement des CSFS
3.2.1 Des actes de soins aux animaux de la faune sauvage pourraient être plus solidement délégués aux capacitaires
a. Actuellement seul un vétérinaire peut pratiquer des actes vétérinaires
b. La définition formelle des actes de soins que les capacitaires sont autorisés à pratiquer paraît nécessaire
3.2.2 Des guides d?installation et des bonnes pratiques de la prise en charge et une charte de déontologie permettraient, en souplesse, d?encadrer et d?orienter les pratiques des CSFS
3.2.3 L?autorisation de transport devrait pouvoir être déléguée au sein des CSFS
3.2.4 Les point-relais pourraient être officialisés
3.2.5 Une clarification s?impose pour les espèces susceptibles d?occasionner des dégâts (ESOD)
3.3 La reconnaissance législative des CSFS paraît un préalable indispensable pour consolider leur règlementation
4 Des centres en précarité financière et en quête d?aides auprès de partenaires privés et publics
4.1 Quelles sont actuellement les charges des centres de soins ?
4.1.1 Estimations des charges totales de fonctionnement des centres de soins de la faune sauvage
4.1.2 Une grande partie des dépenses de fonctionnement relèvent des salaires des personnels
4.1.3 L?alimentation des animaux, des charges en augmentation
4.1.4 D?autres charges font l?objet de contributions volontaires et ne pèsent pas dans le budget de la plupart des centres
4.2 Quelles sont les ressources actuelles des CSFS pour fonctionner ?
4.2.1 Cartographie des ressources directes
4.2.2 Les bénévoles et les volontaires, mobilisés à tous les niveaux des structures sont la première ressource
4.2.3 Les financements privés sont importants mais les gestionnaires sont aux limites de leurs capacités à les recueillir
4.2.4 Les parcs zoologiques participent de plus en plus au fonctionnement des centres de soins de la faune sauvage
4.2.5 Les collectivités territoriales sont les premiers financeurs publics
a. Les régions investissent le champ des soins à la faune sauvage locale
b. Les départements mobilisent une partie de leurs ressources dont la taxe d?aménagement
c. À l?échelle communale et intercommunale, des ressources difficiles à mobiliser
4.2.6 Les aides financières spécifiques de l?État sont très limitées
a. Les ENV financent chacune de manière différente le fonctionnement de leur propre centre de soins sur leur budget
b. Les aides allouées sur le budget du MTECT sont de l?ordre de 130 k¤ en 2022
c. Les aides allouées actuellement par l?OFB portent principalement sur la sauvegarde des tortues marines
d. Le fonds national d'aménagement et de développement du territoire (FNADT)
4.2.7 Les fonds européens mobilisés pour les programmes de recherche et quelques opérations d?investissements (FEDER et FEADER)
4.2.8 La prise en charge des frais d?équarrissage par France Agrimer
4.3 Des soutiens financiers publics au fonctionnement des CSFS dans le cadre de la stratégie nationale de la biodiversité et de ses déclinaisons territoriales seraient justifiés
4.3.1 Des systèmes de financements publics à envisager selon les compétences de l?État et des collectivités territoriales
a. Scénario A : Un système où les régions se verraient confier la compétence du bloc biodiversité
b. Scénario B : Dans la répartition actuelle des compétences sur la biodiversité dans la sphère publique, renforcer le soutien de l?État aux centres de soins dans le cadre des stratégies nationales
c. Scénario C : L?hypothèse de l?instauration d?un service public du soin à la faune sauvage de la compétence des communes et communautés de communes (redevance pour service rendu) à l?exemple des fourrières communales
4.3.2 La définition du concours de l?État au fonctionnement des CSFS dans le cadre de la SNB
a. Définition d?une nomenclature d?activités qui pourraient bénéficier du soutien financier du MTECT
b. Accompagner les centres de soins dans leur organisation collective afin de conforter la notion de réseau
c. Développer des stratégies pour faire un saut quantitatif sur les ressources privées
Conclusion
ANNEXES
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION tamment à visée
analgésique, sous réserve d?une formation attestée et d?un suivi vétérinaire ; habiliter les
capacitaires à pratiquer des actes d?euthanasie mécanique sous réserve du respect de
protocoles auxquels ils auraient été formés.
50 En pratique, les produits homologués administrés sont : T61ND et Dolethal ND
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Des guides d?installation et des bonnes pratiques de la
prise en charge et une charte de déontologie
permettraient, en souplesse, d?encadrer et d?orienter
les pratiques des CSFS
La mission recommande d?élaborer, avec le concours des fédérations des CSFS des guides de
bonnes pratiques qui viendraient mettre en oeuvre, de manière souple, sur les points les plus
techniques (conception des ouvrages de réhabilitation, alimentation, etc.) les nouvelles
dispositions législatives et réglementaires préconisées au point 3.3 :
? guide des conditions matérielles d?installation des CSFS qui viendrait remplacer l?annexe
de l?arrêté du 11 septembre 1992 ; trop technique et, sur plusieurs points, obsolète ;
? guide des bonnes pratiques de la prise en charge des animaux dans les CSFS compor-
tant notamment des protocoles de soins, de réhabilitation et de réintroduction selon les
impératifs biologiques des espèces.
Il paraît en effet préférable, d?une part, de guider plus que de règlementer sur des questions très
techniques, comme la dimension des serres ou des enclos, la hauteur des barrières, les
préalables à la réinsertion dans la nature, etc. , ainsi que le fait actuellement l?annexe de l?arrêté
du 11 juillet 1992 et d?autre part de confier aux CSFS eux-mêmes sous le contrôle de l?État la
charge de rédiger et d?actualiser de tels guides.
Ces guides pourront ainsi être plus rapidement actualisés en fonction de l?évolution des
connaissances et des techniques et des échanges de bonnes pratiques. Ils pourraient ne
recommander les meilleures techniques ou méthodes évaluées, par exemple en fonction des
taux de survies après les relâchers.
La mission préconise aussi que les fédérations élaborent ensemble une charte de déontologie
commune. Cette charte traitera en premier chef du rapport des centres et de leurs membres à la
faune sauvage.
L?ensemble de ces textes ne pourront qu?être adoptés progressivement, sur la base des
nouvelles dispositions législatives et réglementaires préconisées au point 3.3, les plus urgents
étant sans doute ceux qui pourraient fonder de nouvelles autorisations d?ouverture (comme par
exemple le guide sur les conditions d?installation et d?équipement des CSFS). Il conviendra
ensuite de les actualiser en fonction des retours de terrain et de l?évolution des connaissances et
des techniques.
Enfin, les questions d?éthique sont nombreuses, qu?il s?agisse du processus de décision qui
conduit à l?acte d?euthanasie (cf. 3.2.1.2), d?éventuelles castrations (proposition du RCSFS), ou
de décisions de non prise en charge de certains types d?animaux. La mission estime que le
traitement de ces questions justifierait la création d?un comité d?éthique sous l?impulsion de l?État.
Les fédérations pourraient y participer ou même l?animer. Il serait chargé d?élaborer des
protocoles qui permettraient de déterminer les actes qui pourraient être délégués aux
capacitaires spécialement formés à cet effet (cf. 3.2.1.2), mais aussi les facteurs prescripteurs de
tels actes. Au cas par cas, le comité d?éthique pourrait être saisi par des capacitaires ou des
vétérinaires.
Recommandation 4. [MTECT avec le concours des fédérations des CSFS] -Élaborer
progressivement puis actualiser un guide des conditions matérielles d?installation des
CSFS et un guide des bonnes pratiques de la prise en charge des animaux en CSFS ainsi
qu?une charte de déontologie ; instituer un comité d?éthique des centres de soins.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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L?autorisation de transport devrait pouvoir être
déléguée au sein des CSFS
S?agissant du transport des animaux blessés vers les centres de soins, deux sujets méritent
d?être évoqués : la délégation aux « rapatrieurs » et la tolérance vis-à-vis du grand public.
En effet, des autorisations de transport sont nécessaires pour :
- les espèces protégées en application des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de
l?environnement ;
- les espèces visées par le règlement n° 338/97 du 9 décembre 1997 relatif à la
protection des espèces de faune et de flore sauvages par le contrôle de leur
commerce51 ;
- et les espèces de gibier en application de l?article L. 424-10 du code de
l?environnement.
Les animaux sont en effet transportés du lieu de leur capture vers des centres de soins ou/et vers
des cabinets vétérinaires, puis des centres de soins vers le lieu de leur relâcher ou vers des
centres d?équarrissage, pour s?en tenir aux principaux mouvements.
Pour simplifier la gestion de ces différentes autorisations par les centres de soin, la circulaire du
12 juillet 2004 a prévu une démarche unique des responsables des centres vers le préfet du
département de leur siège, à charge pour ce dernier de consulter les services compétents,
DREAL et DDETSPP, ainsi que le Conseil national de la protection de la nature.
À l?issue de ces différentes consultations, une autorisation unique, d?une validité de cinq ans, est
accordée au détenteur du certificat de capacité (dit « capacitaire »), pour l?ensemble des
transports comme pour la capture et la détention des différentes espèces pour lesquelles le
centre a été autorisé.
Elle est intuitu personae, ce qui ne correspond pas à la réalité de terrain puisque les personnes
qui réalisent les captures et les transports sont rarement les capacitaires mais le plus souvent
d?autres soigneurs et surtout des bénévoles, dénommés « rapatrieurs ». Une piste d?amélioration
pourrait consister à permettre au capacitaire, bénéficiaire de l?autorisation, de la déléguer à
l?intérieur de sa structure, sous réserve que les délégataires bénéficient d?une formation
adéquate. Cette formation légère (une ou deux journées) pourrait être délivrée par le capacitaire
et chaque délégataire pourrait attester l?avoir reçue. Chacun d?entre eux devrait être muni, à
l?occasion de chaque transport d?animal, de la décision de délégation le concernant.
En ce qui concerne enfin des transports par des particuliers qui sont les principaux
« découvreurs » d?animaux sauvages de la faune locale en souffrance, la circulaire du 12 juillet
2004 les tolère sous certaines conditions, tout en reconnaissant qu?ils ne sont pas conformes à
l?état du droit : « en cas d?urgence (c?est-à-dire si la survie de l?animal ou sa capacité à être
réinséré dans le milieu naturel est manifestement menacée) et en l?absence de meilleure
solution, un tel transport sans formalité peut être admis s?il est effectué dans les plus brefs délais
et par l?itinéraire le plus direct (cette tolérance résulte de l?application du principe selon lequel
toute personne confrontée à une situation d?urgence donne légitimement la priorité à la
sauvegarde d?un animal, quitte à s?expliquer et à se justifier ensuite, s?il y a lieu, devant un agent
de contrôle ou, en dernière extrémité, devant un tribunal) ».
La mission ne propose pas de supprimer cette tolérance52 mais note qu?alors que tous les
centres demandent aux découvreurs de ne leur amener des animaux qu?après les avoir appelés,
pour vérifier si ce transport est opportun, pour les conseiller dans les gestes à réaliser
51 Règlement pris en application de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d?extinction du 3 mars 1973 souvent dénommée Convention CITES.
52 Le transport par des particuliers pourrait éventuellement être prévu sur le modèle de l?article R. 214-50 du
CRPM.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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immédiatement ou dans les comportements à ne pas tenir, pour éventuellement leur envoyer un
« rapatrieur », aucun des textes encadrant les centres de soins ne prévoit une telle obligation.
Recommandation 5. [MTECT] Prévoir, dans le texte régissant les autorisations de
transports, que le capacitaire, titulaire d?une autorisation de transport, peut la déléguer à
des membres de sa structure sous réserve qu?ils aient reçu une formation minimale et que
l?administration en soit informée.
Les point-relais pourraient être officialisés
En dernier lieu, la mission a constaté que les termes centres-relais, points-relais et antennes
étaient souvent utilisés dans une grande confusion. Par ailleurs, plusieurs de ses interlocuteurs,
dont le RCSFS, ont saisi la mission de demandes d?évolution réglementaire.
Dans ces conditions, la mission propose la clarification suivante :
? les points relais (par exemple les centres de Dudelange- au Luxembourg et Le Gorna-
67) sont de simples points de dépôt et d?enlèvement quotidien, avec ou sans personnel ;
les animaux sont récupérés par le gestionnaire du centre ou des rapatrieurs pour être pris
en charge par le centre dont ils dépendent. Ne pratiquant aucun soin aux animaux et les
hébergeant moins de 24 heures, ils ne doivent pas être soumis à une autorisation
d?ouverture mais seulement déclarés par les centres sous la responsabilité desquels ils
sont placés ;
? les centres relais (comme ceux des centres de la LPO Alsace, de L?hirondelle ou de la
Cité de la Mer) sont des centres de transit qui accueillent les animaux blessés pendant
une très courte période et leur prodiguent, le cas échéant, les premiers soins avant leur
transfert vers des centres de soins qui pourront poursuivre les soins et les réhabiliter
avant de les relâcher.
Pour la mission, ces centres relais doivent disposer d?une autorisation d?ouverture et d?un
capacitaire et il n?y a pas lieu de modifier la réglementation en ce qui les concerne : dès lors que
des soins sont prodigués, qu?une prise en charge est réalisée, ces centres doivent être soumis à
l?intégralité de la réglementation des centres de soins.
Aucun allégement ne paraît justifié. Inversement, ne pratiquant aucun soin, les points relais ne
devraient faire l?objet que d?une déclaration. Une telle déclaration pourrait être prévue dans le
cadre de la refonte de la réglementation proposée.
Les antennes sont quant à elles des centres de soins rattachés à une même association qui les
gère. Chaque antenne dispose d?un capacitaire et a été autorisée par l?administration (par
exemple les antennes du centre de soins SOS Faune sauvage, ou encore de l?association P?tits
Kipic). La mission en a identifié cinq.
Une clarification s?impose pour les espèces
susceptibles d?occasionner des dégâts (ESOD)
Les espèces susceptibles d?occasionner des dégâts (ESOD) 53 suscitent des questions
d?interprétation.
Il existe trois listes d?ESOD fixées par arrêtés ministériels et préfectoraux en application de
l?article R. 427-6 du code de l?environnement :
53 Auparavant dénommées « nuisibles ».
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? Liste 1 : espèces d?animaux non indigènes, classés ESOD par un arrêté du ministre chargé de
l?environnement sur l?ensemble du territoire métropolitain sans limitation de durée54.
? Liste 2 : espèces d?animaux indigènes classés ESOD par un arrêté ministériel pour une durée
de trois ans55 ;
Liste 3 : espèces d?animaux susceptibles d?être classés ESOD en fonction des conditions locales
existantes56.
Le classement dans ces listes doit répondre à l?un au moins des motifs suivants : « dans l'intérêt
de la santé et de la sécurité publiques », pour « assurer la protection de la flore et de la faune »,
pour « prévenir des dommages importants aux activités agricoles, forestières et aquacoles » ou
pour « prévenir les dommages importants à d'autres formes de propriété ».
Le classement d?une espèce dans ces listes a pour conséquence d?autoriser sa destruction par
les « propriétaire, possesseur ou fermier ». Pour autant, doit-on interdire aux CSFS de les
soigner ?
L?article R. 427-26 du code de l?environnement soumet à autorisation individuelle du préfet le
« lâcher » des ESOD. En cas de « lâcher » sans autorisation, la sanction encourue est une
amende prévue pour les contraventions de cinquième classe (art. R. 428-19 du code de
l?environnement). Plusieurs des centres de soins visités ont ainsi produit à la mission un courrier
de la DDETSPP (ex. DDPP) les autorisant à relâcher des animaux d?espèces régulièrement
classées nuisibles en limitant le nombre57.
Les centres de soins considèrent que ces dispositions ne leur interdisent pas de les soigner et de
les relâcher dans les départements où ils ne sont pas considérés comme ESOD. Certains
estiment même, se référant à une réponse donnée en 2009 au sein du ministère de l?écologie,
que cet article ne s?applique pas aux CSFS d?autant que l?arrêté du 11 septembre 1992 prévoit
lui-même dans son annexe que des ESOD soient accueillis dans des centres de soins. Enfin,
d?autres soulignent que les CSFS se bornent à « relâcher » - donc remettent à nouveau dans la
nature- et non à « lâcher » comme le prévoit l?article R. 427-6.
Ces controverses traversent aussi les services de l?État, qui appliquent ainsi de manière
différenciée, cette réglementation.
La mission préconise de clarifier la situation.
Elle préconise de rappeler aux CSFS l?interdiction qui leur est faite d?admettre et de relâcher des
espèces de la liste 1, lesquelles sont classés espèces envahissantes en France.
Elle propose par ailleurs, dans tous les départements, de laisser chaque capacitaire déterminer
sa politique d?accueil et de lâcher vis-à-vis des animaux des espèces des listes 2 et 3, dès lors
qu?il ne s?agit pas d?EEE. Les effectifs relâchés par les CSFS sont en effet insignifiants rapportés
aux populations naturelles, exception faite du sanglier.
Pour l?espèce sanglier, qui fait l?objet d?une politique de maîtrise des populations au niveau
national vu l?importance des dégâts dont il est à l?origine, il convient d?interdire strictement les
soins et le relâcher dans le milieu naturel.
54 Chien viverrin, vison d?Amérique, raton laveur, ragondin, rat musqué, bernache du Canada
55 Fouine, martre, belette, putois, pie bavarde, corbeau freux, corneille noire, renard roux, étourneau sansonnet,
geai des chênes.
56 Lapin de garenne, pigeon ramier, sanglier.
57 Exemple autorisation de lâcher dans la nature de 30 spécimens juvéniles par an délivrée par la DDCSPP du
Bas-Rhin le 26 mai 2008.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Recommandation 6. [MTECT] Concernant les ESOD des groupes 2 et 3, dans tous les
départements, donner la compétence à chaque capacitaire de déterminer sa politique
d?accueil et de lâcher vis-à-vis des animaux de ces espèces, à l?exception du sanglier,
dont l?admission en centre de soins et le relâcher devraient être interdits.
3.3 La reconnaissance législative des CSFS paraît un préalable
indispensable pour consolider leur règlementation
Aucune disposition législative ou réglementaire n?est spécifiquement consacrée aux CSFS alors
que leurs activités nécessiteraient un encadrement. Ils sont assimilés à des établissements
d?élevage d'animaux d'espèces non domestiques, de vente, de location, de transit (article L.413-3
du code de l?environnement). Mais ils ne sont ni clairement et explicitement définis ni même
évoqués en tant que tels par le code de l?environnement, le code rural et de la pêche maritime ou
par un quelconque article législatif non intégré dans un code.
Le pouvoir réglementaire a donc eu recours à des textes de valeur juridique bien inférieure,
arrêtés, circulaires, dont la conformité avec les normes supérieures nationales58 interroge.
Ainsi, leur réglementation repose presque exclusivement sur un arrêté du 11 septembre 1992,
modifié, relatif aux règles générales de fonctionnement et aux caractéristiques des installations
des établissements qui pratiquent des soins sur les animaux de la faune sauvage. Il est complété
par différentes circulaires.
Les difficultés soulevées par ces textes sont les suivantes :
a. L?article 1er de l?arrêté de 1992 crée un monopole de soins, d?hébergement et d?entretien
de la faune sauvage, momentanément incapable de pourvoir à sa survie dans le milieu
naturel, en faveur des seuls CSFS. Conformément à l?article 2, ces établissements ont
pour mission de traiter les animaux de la faune sauvage afin de les insérer ou de les
réinsérer dans le milieu naturel. Ce faisant, l?arrêté du 11 septembre 2022, interdit à tout
autre organisme ou personne notamment aux vétérinaires de pratiquer de telles activités.
Or, en application de l?article 34 de la Constitution, « la loi fixe les règles concernant (?)
les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l?exercice des libertés
publiques » et parmi ces libertés figure la liberté d?entreprendre qui découle de l?article 4
de la Déclaration de 1789 (cf. 2010-89 QPC du 21 janvier 2011). Or, aucune disposition
législative n?a confié au pouvoir réglementaire le soin de réglementer en ce sens les
CSFS. Une définition dans le code de l?environnement, comme cela a été fait pour les
refuges et les sanctuaires, permettrait de régler cette difficulté, par exemple en créant un
article L. 413-1-2.
b. De même, l?article 3 de l?arrêté interdit aux CSFS, sans aucune habilitation législative, les
activités de vente, de location ou de présentation au public d?animaux d?espèces non
domestiques ainsi que les activités d?élevage ou de transit d?animaux non traités.
c. Son article 1er soumet les CSFS au régime d?autorisation d?ouverture des établissements
d?élevage et de transit alors qu?il résulte clairement des articles 2 et 3 du même arrêté
que ces centres ne peuvent pas être regardés comme des établissements d?élevage ou
de transit. En outre, le transit d?espèces protégées, qui est occasionnel, se distingue de
l?activité régulière de transport. L?arrêté du 11 septembre 1992 procède ainsi à une
extension du champ d?application de l?article L. 413-3 du code de l?environnement sans
58 Il n?existe ni convention internationale ni texte de l?Union européenne portant spécifiquement sur les centres de
soins de la faune sauvage. Ainsi sous réserve de respecter d?autres réglementations connexes comme celles sur
les espèces protégées et la convention internationale sur le commerce des espèces menacées dites CITES ou
Convention de Washington, chaque État membre est libre de sa réglementation en la matière.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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aucune habilitation législative.
d. Son article 12 écorne, toujours sans aucune habilitation législative, le droit dont disposent
les pharmaciens, et les vétérinaires dans certaines conditions, de détenir des
médicaments vétérinaires en application de l?article L. 5143-2 du code de la santé
publique. En effet, il permet aux CSFS de détenir les matériels et produits
pharmaceutiques nécessaires aux premiers soins d?urgence et aux traitements courants
des animaux.
e. À cet égard, il porte également atteinte au monopole de soins des vétérinaires posé à
l?article L. 243-1 du CRPM.
f. C?est une simple circulaire du 12 juillet 2004 qui exige que les responsables des CSFS
détiennent le certificat de capacité prévu par l?article L. 413-2 du code de l?environnement
notamment pour les établissements d?élevage d?animaux d?espèce non domestiques et
de transit59.
Mais encore une fois, les CSFS n?étant pas des établissements d?élevage, cette circulaire étend
le champ d?application de la loi sans délégation du pouvoir législatif.
Cette rapide analyse montre que sur tous ces sujets, la réglementation est juridiquement fragile
et nécessiterait l?intervention de dispositions législatives en confortant l?assise. Elles devraient
être articulées notamment avec les dispositions des articles L. 411-1 et L. 411-2 du code de
l?environnement, s?agissant d?espèces protégées, et L. 412-1 du même code, s?agissant
d?espèces non domestiques. Ce nouveau fondement permettrait une meilleure architecture des
textes, le cas échéant clarifiés ou modernisés dans le sens évoqué dans les précédentes
recommandations et éviterait une contestation des contrôles menés.
Recommandation 7. [MTECT] : (i) Reconnaître les CSFS dans la partie législative du code
de l?environnement en y créant notamment un article L. 413-1-2 qui les définirait et
prévoirait les grandes lignes de leur réglementation (autorisation, interdiction) ;(ii)
reprendre le détail de la réglementation actuelle dans des dispositions réglementaires
codifiées puis dans des arrêtés, et des guides pour les aspects les plus techniques.
59 Le certificat de capacité est accordé par le préfet de département après consultation de la commission
départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS). Ces dossiers sont instruits par les directions
départementales de la protection des populations (DDETSPP). Le certificat, valable pour une durée limitée ou
indéterminée, précise les espèces ou groupe d?espèces et le type d?activités pour lequel il est accordé. Un arrêté
du 12 décembre 2000 détermine, en fonction des diplômes des candidats, la durée de l?expérience requise. Pour
présenter le certificat de capacité pour l?activité de soins de la faune sauvage, aucun diplôme n?est exigé mais il
faut pouvoir justifier d?une expérience de deux ans à l?égard des espèces faisant l?objet de la demande de
certificat, à l?exception des docteurs vétérinaires pour lesquels aucune condition d?expérience n?est exigée.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Des centres en précarité financière et en quête d?aides
auprès de partenaires privés et publics
En préalable à l?identification et à la quantification des différents modes de financements
existants des centres de soins et avant de proposer des pistes d?évolution, la mission s?est
interrogée sur les coûts de fonctionnement actuels des établissements.
4.1 Quelles sont actuellement les charges des centres de soins ?
Estimations des charges totales de fonctionnement des
centres de soins de la faune sauvage
? Selon l?enquête de 2019 (Galichet-2021), le coût de fonctionnement total (pour 36
répondants/85) s?établit à 3 582 642 ¤, toutefois, certains grands centres n?avaient pas
répondu. L?extrapolation à 100 centres conduirait à un budget total de près de 10M¤.
Les centres généralistes ont un coût de fonctionnement plus élevé (en moyenne 130k¤- sur un
panel de 36 centres60). Le plus faible montant est de 11 000 ¤ versus 2 000 ¤ pour les centres de
soins très spécialisés.
? L?analyse du RCFS- en 2021- basée sur ses 23 centres alors adhérents fait ressortir un
budget annuel moyen par centre de 146 k¤/an pour 56 386 animaux pris en charge
(moyenne 2 500 animaux/centre)61.
En 2020, le budget moyen était de 150 k¤/an pour 39 016 animaux pris en charge (moyenne
1 857 animaux).
En 2021, les centres adhérents au RCSFS ont donc enregistré globalement une baisse de 0,26%
de leur budget alors que le nombre de d?animaux accueillis augmentait de 44,5% par rapport à
2020.
Sur cette même base, le réseau calcule qu?un animal pris en charge coûte en moyenne 58¤ lors
de son séjour qui durerait en moyenne 60 jours, soit un coût moyen proche de 1 ¤/animal et/jour.
Les centres adhérents au Réseau sont, à l?exception des centres des 3 écoles vétérinaires et
d?un petit établissement très spécialisé sur le hérisson, des centres de soins gérés par une
association, et à caractère généraliste ou accueillant exclusivement des oiseaux. Sur la base de
l?évaluation du RCSFS, par extrapolation aux 75 établissements généralistes ou spécialisés62, les
dépenses en fonctionnement de l?ensemble des centres de soins de la faune sauvage seraient
actuellement proche de 11 M¤.
Ce chiffre est seulement donné à titre indicatif car, d?une part, l?échantillon des centres adhérents
n?est pas représentatif de la population de l?ensemble des centres de soins (il comporte
majoritairement des centres généralistes et aucun des 8 centres de soins propriétés d?une
collectivité par exemple), et d?autre part, le mode de calcul du budget annuel de chaque centre
n?est pas standardisé.
? Sur la base de l?échantillon de 15 centres dont le bilan comptable 2021 lui a été
60 36 réponses effectives reçues après l?envoi d?un questionnaire adressé aux 85 centres de soins en
fonctionnement recensés dans le cadre de l?étude en 2019. L?étude ne donne pas le nombre d?animaux reçus
pour ces 36 réponses.
61 Données transmises à la mission par le réseau des centres de soins de la faune sauvage
62 Pour cette extrapolation, on a retiré deux centres de soins relais des 77 centres généralistes et spécialisés
recensés.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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communiqué, la mission a retenu 13 centres de soins63 ayant pris en charge au total
45 927 animaux (entre 602 et 7201 animaux selon le centre). Sur ces 13 centres, qui sont
parmi les plus importants, le budget moyen est de 208 788 ¤ pour une moyenne de 3 533
animaux pris en charge, soit 59 ¤/animal pris en charge, un coût moyen par animal qui
rejoint l?estimation établie par le RCSFS (cf. supra).
Le coût moyen de la prise en charge par animal doit être interprété avec prudence. Il s?entend
pour tout animal entré au centre de soins (qu?il soit au final relâché ou pas). Les dépenses sont
en outre plus importantes pour la prise en charge des mammifères blessés que pour celle des
oiseaux (consultation du vétérinaire plus systématique, médication plus lourde, durée du séjour
en moyenne plus longue64), et plus encore pour les mammifères marins (équipement en bassins,
renouvellement de l?eau, durée du séjour)65.
Une grande partie des dépenses de fonctionnement
relèvent des salaires des personnels
Dans le modèle économique des centres employant des salariés, la masse salariale est un sujet
central, avec des problèmes à la fois de financement et de recrutement (salariés, services
civiques).
Les centres généralistes emploient quasiment tous des salariés. Ces établissements
représentent la quasi-totalité des centres employant 4 salariés ou plus (Galichet-2021).
Les centres spécialisés (oiseaux, mammifères ou reptiles) emploient, en règle générale, des
effectifs de salariés faibles.
Les centres très spécialisés accueillant des mammifères et des oiseaux (chauves-souris,
hérissons, écureuils, cygnes, corvidés) n?emploient pas de salariés et ont de faibles coûts de
fonctionnement (entre 2 000 ¤ et 15 000¤).
Pour les établissements employant des salariés (référence : panel constitué par la mission), la
masse salariale représente entre 52% (un établissement) et 73,5% (deux établissements) des
charges de fonctionnement totales. Majoritairement, le poste des salaires et charges salariales-
sur ce panel- représente entre 60 et 67% des charges totales.
En moyenne, sur ces 13 centres, la masse salariale correspondant aux soins représente 4,45
ETPT (CDI et CDD) pour 3 533 animaux pris en charge. Les tâches administratives sont
rarement portées par un agent spécialisé ; elles incombent bien souvent à un administrateur de
l?association.
63 13 centres : Athenas (39), CSFL (54), CHENE (76), CHUV-Oniris (44), CHUV Alfort (94), GORNA (67),
Hegalaldia (64), l?Hirondelle (69), LPO Alsace (67), LPO Audenge (33), LPO Ile Grande (22), Parc d?Isle (02),
SEOR (974).
Les deux centres de soins non pris en compte dans cet échantillon dans le calcul d?une moyenne sont portés
exclusivement par des bénévoles et prennent en charge 100 ou 200 petits mammifères (écureuils et hérissons)
chaque année avec une grande proportion de juvéniles demandant principalement du nourrissage (ou du
« biberonnage »). Les structures sont de taille modeste et les charges totales d?un faible montant (3 000 ¤ pour
200 animaux, soit 15 ¤/animal en moyenne).
64 Selon les données 2021 transmises par ONIRIS, le temps moyen d?hospitalisation des animaux reçus au
centre et relâchés est de 35 jours (tous animaux confondus). Il est de 39 jours pour les mammifères contre 32
jours en moyenne pour les oiseaux.
65 Selon l?association CHENE, l?accueil d?un goéland coûte, en moyenne, 70¤ par individu. L?accueil d?un phoque
coûte 2 500 ¤ en moyenne (10 à 12m3 d?eau douce sont nécessaires chaque jour ; les filtres doivent être
quotidiennement nettoyés ; l?animal se nourrit exclusivement de poisson et mobilise plus que d?autre l?intervention
du personnel).
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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Les rémunérations sont modestes ? de l?ordre du SMIC66- et peu attractives pour ancrer dans la
durée le personnel permanent, souvent féminin. Le RCSFS a estimé que pour un centre
accueillant 3 000 animaux par an, l?équipe se compose de 4 membres polyvalents, appelés à
travailler en moyenne 11 heures par jour, pour des rémunérations :
? un chef de centre : 1 700¤ nets/mois (32 400¤/an de charges salariales) ;
? deux soigneurs : 2 x 1 350¤ nets/mois (2 x 23 300¤/an) ;
? un agent polyvalent chargé de tâches administratives : 1 350¤ nets/mois (23 300¤/an).
Soit 102 300 ¤/an de charges salariales (70%) pour un budget moyen de 146 k¤ (estimation du
RCSFS).
Il faut noter que le RCSFS et la LPO ont élaboré un modèle « professionnalisé » d?un CSFS
moyen avec plus de soignants permanents formés, et une moindre intervention de bénévoles, et
de volontaires en service civique (cf. annexe 9). Le coût de ce modèle professionnel est 2,5 à 3
fois plus élevé que le coût moyen actuel d?un centre de même activité. Il peut être un objectif,
mais il n?est pas en cohérence avec la réalité économique.
L?alimentation des animaux, des charges en
augmentation
L?alimentation des animaux (insectes, poissons, graines ?) compte pour 5 à 10% des charges
totales. L?augmentation du coût de ce poste est un sujet de préoccupation : le changement de
règlementation conduisant à l?arrêt de la mise à mort des poussins mâles67, distribués pour
l?alimentation des rapaces. La suppression de cette ressource à bas prix va par exemple reporter
les achats sur les souris issues d?élevages spécialisés pour l?alimentation animale, 10 fois plus
coûteuses.
Dans ce contexte, des solidarités existent entre des parcs zoologiques et des centres de soins,
les uns fournissant de la nourriture aux autres. Des dons de particuliers existent également
(croquettes pour chat pour nourrir des hérissons par exemple).
Pour autant, la mission n?a pas connaissance d?initiative de regroupement pour des achats
communs, d?aliment ou de matériel. Jusqu?à présent, les deux réseaux (RCSFS et UFCS) ne se
sont pas organisés dans ce sens. Plusieurs des responsables de centres de soins rencontrés par
la mission y verraient pourtant un intérêt réel et en sont demandeurs.
D?autres charges font l?objet de contributions
volontaires et ne pèsent pas dans le budget de la
plupart des centres
Ces contributions concernent principalement -en dehors du bénévolat - l?abandon des frais
kilométriques par les bénévoles, l?abandon des frais de soins aux animaux par les cabinets
vétérinaires, les dons en nature d?entreprises (supermarchés, abattoirs, ?).
Les contributions volontaires en nature pouvant faire l?objet d?un reçu fiscal sont comptabilisées
dans le compte de résultat (et non en pied de bilan). Ces charges sont en quelque sorte
transférées à l?administration fiscale qui paie ces actes. Leur montant peut dépasser le budget du
centre de soins (constat de la mission à partir de quelques-uns des bilans qui lui ont été
transmis). Globalement, la mission n?est pas en mesure d?estimer le montant de la participation
66 Pour un temps plein, le Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) mensuel est de 1 329,06
euros?net à compter du 1er août 2022.
67 Décret n°2022-137 du 5 février 2022 (interdiction de mise à mort des poussins des lignées de l'espèce Gallus
gallus destinées à la production d'oeufs de consommation et à la protection des animaux dans le cadre de leur
mise à mort en dehors des établissements d'abattage).
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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de l?État à travers ces mesures fiscales, les données relevant d?informations personnelles.
Ces dispositions concernent les associations d?intérêt général, soit quasiment toutes les
associations.
Les frais de transport des animaux pris en charge par des bénévoles. Peu de gestionnaires
de centres de soins se déplacent pour chercher des animaux en dehors d?éventuels points relais.
Ils s?appuient en général sur des « rapatrieurs » et bénéficient d?une flotte de véhicules
composée des moyens de transport personnels des bénévoles (ex. le centre Hegalaldia
recensait 32 000 km d?abandon de frais kilométriques en 2021). Les bénévoles peuvent déduire
leurs frais kilométriques de leurs revenus ; c?est un avantage fiscal accordé par l?État.
Concernant la charge des frais vétérinaires défiscalisée, sur le panel des 20 centres de soins
rencontrés par la mission, 2 centres salarient un vétérinaire (dont un centre adossé à des parcs
zoologiques), 2 centres paient en numéraire un ou des vétérinaires à des tarifs consentis, et 16
centres ont conclu une convention de « mécénat de compétence » avec un ou plusieurs cabinets
vétérinaires. Les médicaments et frais de radiologie sont facturés et rémunérés, souvent à prix
coûtant.
À travers cette forme de dons (prévues à l?article 238 bis 1er alinéa du code général des impôts),
l?entreprise mécène- une société civile professionnelle d?activité libérale- met à disposition un
vétérinaire libéral. Le mécénat de compétence entraîne une réduction d?impôts à hauteur du prix
de la prestation normale (au réel ou forfaitaire). Ce type de don est plus intéressant que le
bénévolat individuel qui ne permet de déduire que les frais de transport.
Des frais divers non comptabilisés dans les charges de fonctionnement sont pris en charge
directement par une collectivité ou mutualisés avec une autre structure (parc zoologique, « pôle
nature »), par exemple à travers une convention d?occupation d?un terrain à titre gracieux, des
frais de location réduits, la prise en charge des coûts des fluides.
4.2 Quelles sont les ressources actuelles des CSFS pour
fonctionner ?
Divers cas de figure peuvent participer à définir des modèles différents entre fonds privés et
aides publiques :
? Établissements dépendants intégralement d?un autre établissement privé, dont ils tirent
l?essentiel de leurs ressources : parc zoologique privé, refuge (soit 11 centres de soins) ;
? Établissements appartenant à une structure publique : collectivité, école nationale
vétérinaire, ONF (12 centres de soins) ;
? Établissements généralistes ou spécialisés, gérés par une association, non adossé à un
autre établissement, dont l?équilibre entre fonds publics et fonds privés varie selon le
niveau de l?aide de la Région et des départements, la diversification des activités du
gestionnaire et la mobilisation du mécénat d?entreprise. Dans cette catégorie, la mission a
recensé 55 centres de soins ;
Sur le panel des 13 centres relevant de cette catégorie, dont le budget a été communiqué à
la mission, la proportion des aides publiques spécifiques se situe entre 12% et 54% du
budget sur l?année 2021.
? Établissements gérés par un particulier ou par une association attachée à la structure, en
général mono-spécifique (hérisson, écureuil, ?) à budget réduit (inférieur à 10 k¤),
dépendants de dons et du soutien public communal, voire départemental (23 centres) ;
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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Cartographie des ressources directes
En l?état actuel, le montant total des dépenses annuelles des centres de soins est de l?ordre de
10 à 11 M¤ (selon l?estimation de la mission), équilibré par des ressources majoritairement
privées, et des ressources publiques qui peuvent toutefois atteindre plus de 50% du budget pour
quelques centres généralistes bien ancrés dans leur territoire et des centres très spécialisés qui
interviennent dans la recherche et les réseaux d?observation à vaste échelle.
En l?absence d?un recensement auprès de chaque structure, des montants et de l?origine des
ressources, il n?est pas possible de quantifier l?ensemble de la ressource privée. Et la
connaissance en volume de la participation financière des collectivités aurait nécessité que leurs
associations nationales identifient déjà l?existence de ces centres dédiés aux animaux sauvages,
ce qui n?est pas le cas.
La figure ci-dessous représente la cartographie des ressources.
Figure 1 Cartographie des ressources financières des CSFS
Les bénévoles et les volontaires, mobilisés à tous les
niveaux des structures sont la première ressource
? La forte mobilisation des bénévoles dans les centres de soins gérés par une association
est également un facteur d?ancrage local et d?assise sociale des centres de soins de la
faune sauvage. Les bénévoles, formés et encadrés par des salariés, sont une ressource
toute l?année et un renfort sur la période de pic d?activité. Le RCSFS a évalué que 80%
des effectifs des centres de soins sont bénévoles, alors même que 1/3 des bénévoles est
renouvelé chaque année.
L?aide apportée par les bénévoles et les stagiaires représente en effet plusieurs ETPT/an (6
ETPT pour le centre d?Hegalaldia ; 8,5 ETPT pour la LPO d?Audenge ; 2,8 ETPT pour la LPO
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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d?Ile Grande ; 16 ETPT au centre hospitalier universitaire vétérinaire de Maisons-Alfort, cf.
encadré ci-après).
? Les centres de soins accueillent de nombreux volontaires dans le cadre du service
civique, sur des missions variées : accueil téléphonique et physique dans un rôle de «
médiation », « aide à la réhabilitation et au relâcher», « animations pédagogiques » (12
jeunes volontaires accueillis en service civique par l?association Hegalaldia en 2021 ; huit
par le CSFL ; huit par la LPO Alsace).
En 2019, 123 personnes étaient accueillies en service civique dans 39 centres enquêtés
(Galichet-2021).
Les financements privés sont importants mais les
gestionnaires sont aux limites de leurs capacités à les
recueillir
En dehors des centres propriétés d?une collectivité, la part des financements privés est
majoritaire et recouvre des ressources d?origine diverses :
? Dons de particuliers (cas général). La reconnaissance par les services de l'État comme
Organisme d'intérêt général autorise la délivrance des rescrits fiscaux permettant une
réduction d'impôt 68 . Les dons sont facilités par le financement participatif 69 (ou
crowdfunding70) via les moteurs de recherche (« Lilo », « helloasso » ?) auxquels les
centres ont recours de plus en plus, chacun pour son propre compte ;
? Adhésions (cas général) ;
? Dons du fondateur (bâtiments, terrains ?) ;
? Dons d?associations et de fondations oeuvrant pour la sauvegarde de l?environnement et
de la biodiversité (en particulier, les fondations 30 Millions d?amis, Brigitte Bardot, Jane
Goodall). Ces soutiens permettent le démarrage de nouveaux centres de soins et/ou le
fonctionnement dans la durée, en particulier pour les centres mono-spécifiques (écureuil,
hérisson) ;
? Mécénat d?entreprise71 et fonds de dotation72 (Nature et Découverte, ExonnMobil, Vicat,
Enedis, des parcs zoologiques?) ;
? Donations et legs 73 ; Peuvent notamment accepter des donations ou legs, sans
autorisation préalable, les associations et fondations reconnues d'utilité publique, les
associations d'Alsace-Moselle inscrites au registre des associations et les associations
68 Réduction d?impôt égale à 66 % du montant du don, dans la limite de 20 % du revenu imposable, selon les
conditions générales prévues aux articles 200, 238 bis et 978 du code général des impôts.
69 https://www.ecologie.gouv.fr/label-financement-participatif
70 Terme anglais pour financement participatif.
71 Le mécénat d?entreprise est un soutien matériel ou financier apporté par une entreprise, sans aucune
contrepartie, à un organisme sans but lucratif pour l'exercice d'activités présentant un intérêt général.
72 Le Fonds de dotation est un outil de financement du mécénat, créé par l?article 140 de la loi n° 2008-776 du 4
août 2008 de modernisation de l?économie, qui combine les atouts de l?association loi de 1901 et de la fondation,
sans leurs inconvénients. Doté de la personnalité juridique, le Fonds de dotation est constitué d?une allocation
irrévocable de biens pour la réalisation d?une mission ou d?une oeuvre d?intérêt général. Il collecte des Fonds
d?origine privé, qu?il peut soit constituer en dotation dont il utilise les fruits, soit consommer pour accomplir sa
mission. Il peut mener lui-même cette mission, ou financer un autre organisme d?intérêt général pour son
accomplissement. Le Fonds de dotation bénéficie du régime fiscal du mécénat
(https://www.economie.gouv.fr/daj/fonds-dotation).
73 La donation ou le legs s'effectue par acte authentique ou par acte sous signature privée. La donation s'effectue
du vivant du donateur, le legs s'effectue par testament. Les donations et legs accordés à une association sont
intégrés dans son patrimoine de façon définitive et sont toujours effectués à titre gratuit (c'est-à-dire sans
contrepartie). https://www.associations.gouv.fr/donations-et-legs.html
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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d'intérêt général déclarées depuis au moins trois ans concourant à la défense de
l'environnement naturel, soit quasiment tous les centres de soins de faune sauvage, sauf,
bien sûr, les structures les plus récentes ;
? Sponsoring ou utilisation de la marque du centre ;
? Prestations de service (expertises techniques, suivis naturalistes, formations,
sensibilisation du public, accueil payant d?éco-volontaires). Les associations bénéficient
d?une exonération de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) si les recettes annuelles ne
dépassent pas un certain seuil ;
? Parrainages d?animaux ;
? Lâchers publics d?animaux (exemple des lâchers d?oiseaux par l?association Hegalaldia
avec un partenariat financier avec « le train de la Rhune ») ;
? Vente de produits sur place et lors d?évènements.
« L?arrondi en caisse » et « l?arrondi sur salaire » participent de plus en plus aux « micro-dons »
et au mécénat d?entreprise. Les sommes sont reversées aux associations bénéficiaires d?intérêt
général. La mission a noté quelques centres bénéficiaires de l?arrondi en caisse, via une
association nationale de protection de l?environnement bénéficiaire ou un parc zoologique
partenaire. C?est en particulier une ressource financière pour les parcs zoologiques (cf. point
4.2.3).
Les parcs zoologiques participent de plus en plus au
fonctionnement des centres de soins de la faune
sauvage
En réponse à des sollicitations fréquentes des particuliers pour prendre en charge des animaux
blessés ou des jeunes spécimens, des parcs zoologiques- engagés dans la conservation de la
biodiversité de par leurs règles de fonctionnement74- ont fait le choix de créer un centre de soins
pour la faune sauvage locale, ou bien de coopérer avec un centre local, en installant une antenne
sur leur site.
L?instruction de 1993 prévoit qu?un établissement d?élevage (un refuge d?animaux ou un
établissement zoologique à caractère fixe et permanent de présentation au public des animaux
de la faune sauvage, locale ou exotique) qui installe un centre de soins ou de sauvegarde doit
créer juridiquement un nouvel établissement destiné à assurer cette fonction, ce qui implique un
certificat de capacité pour le responsable et une autorisation préfectorale d'ouverture pour
l'établissement. Les deux établissements doivent être géographiquement distincts ; s'ils sont
contigus, ils doivent être séparés par la clôture prévue à l'article 4 de l'arrêté du 11 septembre
1992.
Des entretiens avec les services de l?État, il s?avère que cette séparation est en règle générale
respectée, à quelques rares exceptions.
Avec l?appui notamment de l?Association Française des parcs zoologiques (AFdPZ), la mission a
recensé 11 centres de soins de la faune sauvage adossés à un ou plusieurs parcs zoologiques
dont 6 aquariums (cf. Annexe 10).
Trois projets ont par ailleurs été cités, portés respectivement par :
74 Les règles de fonctionnement des parcs zoologiques sont fixées par l?arrêté ministériel du 25 mars 2004 (JORF
du 01/04/2004). Ils doivent contribuer à la conservation de la diversité biologique (Art. 53). Les établissements
contribuent en outre auprès des éleveurs d'animaux d'espèces non domestiques ou auprès des organisations
intéressées à la conservation de la diversité biologique (soit, en particulier, les centres de soins de la faune
sauvage et leurs fédérations), à la diffusion des informations qu'ils détiennent en ce qui concerne l'amélioration
des techniques d'élevage des animaux sauvages en captivité, des connaissances de leur biologie ou des
connaissances utiles à la conservation de la diversité biologique (Art. 55).
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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? le zoo Parc de Beauval (sous l?égide de Beauval Nature, l?association du parc animalier)
d?une capacité de 5000 animaux, ouvrira en 2023 ;
? le zoo de Dunkerque (Communauté urbaine de Dunkerque) ouvrira en 2024 ;
? le zoo des tortues A Cupulatta à proximité d?Ajaccio qui a déposé une demande
d?autorisation d?ouverture pour développer un centre de soins pour les tortues marines.
En dehors de ces structures, des partenariats existent localement et tendent à s?amplifier ; ces
partenariats permettent aux parcs d?apporter un appui financier, directement ou à partir d?un
fonds de dotation créé par le parc zoologique, technique, matériel et/ou financier aux centres de
soins dans une relation de proximité et de solidarité (cf. annexe 10).
Zoom sur les centres de soins Guyane Antilles financés par les parcs zoologiques de
Guadeloupe, de Martinique et de Guyane Depuis plus de 20 ans, le groupe Tropical Forest
Park, qui compte les zoos de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane ainsi que le Jardin de
Balata, a créé l?association « SOS Faune Sauvage » qui gère 2 antennes du centre de soins,
une en Guadeloupe (2001) et une en Guyane (2009). Sur les 7 dernières années, les parcs
zoologiques du groupe ont financé l?association à hauteur de 202 000¤ en moyenne par an,
prenant intégralement en charge le fonctionnement du centre de soins. Depuis 2019,
l?association est reconnue d?intérêt général. La crise sanitaire et les aléas climatiques ont
durement touché les parcs zoologiques dans les DOM. Des ressources nouvelles
soutiennent l?activité du centre de soins : perception de dons via la plateforme "Helloasso",
depuis fin 2021, et proposition d?un paiement à l'arrondi supérieur, au bénéfice de SOS
Faune Sauvage, dans les billetteries et les boutiques des parcs du groupe.
Par ailleurs, plusieurs parcs zoologiques comportent un point ou un centre relais pour un centre
de soins de la faune sauvage, dont : Le Pal (Allier) ; Natur?OParc (Haut-Rhin), relai pour le centre
de soins de la LPO Alsace ; Les Géants du ciel (Vienne) ; Zoodyssée (Deux-Sèvres) ; Parc Zoo
du Reynou (Haute-Vienne).
Les collectivités territoriales sont les premiers
financeurs publics
En dehors des écoles nationales vétérinaires, les financeurs publics sont majoritairement les
communes, les départements et les régions. D?autres sources sont citées : OFB, DREAL, Parc
national, parc naturel régional. Plus précisément, dans le cadre de la thèse vétérinaire (Galichet-
2021), sur un panel de 43 centres ayant répondu à un questionnaire en 2019, le mode de
financement public le plus cité était le département (65% des réponses) ; venaient ensuite : les
communes (55%), les régions (53%), l?État (30%), l?Europe (9%).
a. Les régions investissent le champ des soins à la faune sauvage locale
Depuis les lois de 2014 et 2015, la région a le rôle structurant de chef de file des politiques de la
biodiversité, et ses compétences ont été élargies. Les régions sont également autorité de gestion
de certains fonds structurels européens. La loi du 8 août 2016 leur donne l?initiative pour la mise
en place d?agences régionales de la biodiversité (ARB) aux côtés de l?État (OFB et DREAL).
Les élus des régions rencontrés par la mission ont unanimement souligné positivement l?ancrage
social, l?importance sociétale des centres de soins et leur rôle dans l?instauration d?une relation
concrète du public avec l?environnement à travers le sauvetage d?animaux sauvages, dans une
démarche « sauver pour réparer les dommages causés par l?homme ».
Il ressort par ailleurs de l?entretien de la mission avec Régions de France que les CSFS
demeurent un sujet local qui n?a pas fait l?objet d?une réflexion au sein de l?association nationale.
Mais des conseils régionaux alertés par les CSFS sur leurs difficultés, ont répondu
ponctuellement ou à travers l?instauration d?un partenariat offrant une aide financière à
l?investissement et/ou au fonctionnement.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Selon l?enquête menée par la mission, cinq régions se sont dotées d?une stratégie à travers un
modèle d?aide directe défini dans la durée (cf. annexe 10) : Aquitaine, Grand Est, Occitanie,
Bourgogne Franche-Comté, Normandie. Ces régions ont fait part à la mission de leur attente d?un
cadre national d?activité des centres de soins et de leurs questions sur les objectifs à
contractualiser et les garanties à attendre des gestionnaires.
L?enjeu pour ces régions est d?assurer :
- la complémentarité entre les différentes structures aux dimensions très différentes en
termes de budget et de nombre de bénévoles ;
- la pérennité de ces structures, en les protégeant d?une précarité financière.
Région Bourgogne
Franche-Comté
Grand
Est
Normandie Nouvelle-
Aquitaine
Occitanie Réunion*
Aide au
fonctionnement
par CSFS par
an
10k¤ (structure
départementale
30 k¤ (structure
régionale
25 k¤ 74 k¤
(association
CHENE)
23 k¤ 10 k¤ 8,9 k¤
* Dans le cadre d?une mesure compensatoire (cf. annexe 9)
Tableau 3 Aides financières de plusieurs régions au fonctionnement des CSFS
Les élus et directeurs des services rencontrés par la mission indiquent que les CSFS n?étant pas
une compétence obligatoire des régions, les aides au fonctionnement sont en général annuelles
et les aides à l?investissement sont très variables, selon les demandes. La priorité des régions est
d?aider les centres multi-espèces. Les aides émargent actuellement sur une enveloppe affectée à
la biodiversité, votée globalement par l?exécutif régional, et non spécifique aux CSFS.
Plusieurs interlocuteurs de la mission ont indiqué que si la compétence était donnée aux régions
sur les CSFS, elles pourraient définir une politique en la matière et conclure des engagements
pluriannuels avec les structures qui les gèrent, comme dans le cas des PNR. De plus, l?outil des
contrats de territoire s?il n?est pas de prime abord identifié, paraît également pertinent.
b. Les départements mobilisent une partie de leurs ressources dont la taxe
d?aménagement
Au-delà des données recueillies lors l?enquête menée en 2019 (Galichet- 2021), le financement
des CSFS par les départements n?a pas pu être quantifié par la mission, compte-tenu de la
diversité des situations et l?absence de dispositif de remontée d?information tant du côté des
centres que des départements.
Certains départements financent les centres de soins sur la part départementale de la taxe
d?aménagement (qui a remplacé la taxe départementale des espaces naturels sensibles), ce qui
constitue- en l?état du droit- une dépense non conforme aux emplois prévus par les textes en
matière de ressource affectée à la politique de protection des espaces naturels sensibles75. C?est
le cas, par exemple, de la Gironde (source RCSFS), qui alloue une partie du budget prévu pour
la gestion des espaces naturels sensibles à la gestion d?un centre de soins : 97 k¤ par an, dédiés
au fonctionnement de la structure (soit 40 % environ du budget de fonctionnement du centre de
75 Circulaire du 18 juin 2013 relative à la réforme de la fiscalité de l?aménagement (BO 2013-12 du 10 juillet 2013)
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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soins).
Le département des Pyrénées Atlantiques soutient le fonctionnement du centre de Soins
Hegalaldia (64) à hauteur de 50 k¤/an.
Le département de Charente Maritime est propriétaire du centre de soins sur l?île d?Oléron (Le
marais aux oiseaux) ; cette propriété abrite deux structures distinctes : un parc de découverte à
vocation pédagogique et un centre de sauvegarde de la faune sauvage.
Nombre d?autres départements ont également choisi de soutenir leurs centres de soins faune
sauvage (ou le centre de soins le plus proche) : Charente, Dordogne, Loire-Atlantique, Haut-
Rhin, Bas-Rhin, Jura, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Seine-Maritime, Hautes-Pyrénées, Vienne,
Haute-Vienne, Hérault, Réunion?
c. À l?échelle communale et intercommunale, des ressources difficiles à
mobiliser
Plusieurs regroupements de communes ou communes sont propriétaires et entretiennent un
centre de soins en régie ou par délégation à une société (8 centres recensés).
Les collectivités territoriales disposant également d?une compétence en lien avec la protection de
la biodiversité soutiennent les CSFS situés ou intervenant sur leur ban, fréquemment en
contrepartie d?actions d?animation pédagogique et de conseils : les communautés de communes,
les communes, ainsi que les métropoles et les communautés urbaines.
Tous les gestionnaires rencontrés ont unanimement insisté sur le temps qu?ils devaient consacrer
pour obtenir ces ressources dans une quête renouvelée chaque année. À cet égard, les EPCI à
fiscalité propre deviennent progressivement des interlocuteurs prioritaires, et pourraient
constituer des pourvoyeurs de ressources plus importants.
Un seul cas de perception d?une forme de taxe par habitant a été signalé à la mission, dans le
Rhône autour de Lyon : trois communautés de communes et 19 communes (au total une
centaine de communes) ont ainsi accepté de mettre en place une taxe à hauteur de 30 centimes
d?euros par habitant. Parallèlement le centre de soins (établissement « L?hirondelle ») a
développé un service de sauvetage in situ des animaux. Ce système évoque celui des fourrières
qui accueillent des animaux abandonnés ou trouvés errants sur la voie publique, de la
compétence obligatoire des maires.
Les aides financières spécifiques de l?État sont très
limitées
Il convient tout d?abord de souligner l?investissement du ministère en charge de l?agriculture à
travers les budgets des écoles nationales vétérinaires (ENV) de Nantes, Toulouse et Maisons-
Alfort (cf. point 4.2.5.b et annexe 12).
Ensuite, les financements accordés par l?État aux centres de soins sont des aides allouées par le
MTECT à partir du programme 113 « paysages, eau et biodiversité » de la mission budgétaire
Écologie, développement et mobilité durables, ainsi que par l?OFB, par délégation du MTECT (cf.
point 4.2.5.c).
L?État contribue par ailleurs au fonctionnement à travers la prise en charge directement des frais
d?équarrissage (cf. point 4.3.7) et des réductions/exonérations fiscales qui ne concernent pas
spécifiquement les centres de soins (cf. annexe 13).
a. Les ENV financent chacune de manière différente le fonctionnement de
leur propre centre de soins sur leur budget
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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La prise en main de la faune sauvage ne figure pas dans les thèmes de l?enseignement
obligatoire vétérinaire au niveau européen pour la reconnaissance mutuelle des diplômes. Mais
les directeurs des ENV rencontrés ont souligné l?importance de leur centre de soins pour
s?adapter à l?évolution de la société et établir un contact des vétérinaires avec l?écologie et
l?éthique dans le domaine de la faune sauvage, dans le concept « Une seule santé ». Les centres
de soins sont avant tout orientés vers l?enseignement et la recherche.
Les directions des ENV sont convaincues de cette fonction fondamentale, mais l?activité n?est pas
financée à l?image des consultations des animaux domestiques. Les ENV gèrent leur centre de
soins de la faune sauvage selon deux options : soit avec une structure associative adjacente
créée spécifiquement (ENV Maisons-Alfort) ; soit en intégrant la structure dans l?école et en la
finançant avec une exigence forte sur les objectifs du soin, partie intégrante des plateformes
d?enseignement-recherche (ONIRIS et ENV Toulouse). Le choix relève de l?équipe dirigeante de
l?école, et non du ministère (cf. annexe 12).
b. Les aides allouées sur le budget du MTECT sont de l?ordre de 130 k¤ en
2022
C?est un choix de longue date du MTECT de ne pas soutenir financièrement les CSFS car la
mission du ministère est la conservation des milieux et des espèces et non la sauvegarde des
spécimens.
Les aides du MTECT sur des crédits centraux aux deux fédérations (UFCS et
RCSFS)
Le MTECT soutient l?UFCS de longue date (au moins depuis 2007) pour son action de formation
des personnes travaillant dans les centres.
Sur 2021, il a accordé une aide de 30 k¤ à chaque fédération afin d?accompagner leur
structuration et de leur permettre de s?organiser efficacement pour mobiliser de nouvelles
ressources. Cette aide a été renouvelée en 2022 et sera versée par l?OFB.
Années 2009 2010 à 2012 2013 à 2020 2021 2022
UFCS 40 k¤ 25 k¤/an 20 k¤/an 30 k¤ 30 k¤ (OFB)
RCSFS
(créé en 2020) 30 k¤ 30 k¤ (OFB)
Tableau 4 : Aides financières du MTECT (OFB en 2022) à l'UFCS et au RCSFS entre
2009 et 2022
L?appui financier du MTECT sur des crédits deconcentrés revêt un caractère
exceptionnel
Aucune règle n?est établie en la matière et aucune disposition concernant le financement des
centres de soins ne figure dans le budget géré par les DREAL et DEAL.
La participation effective d?un centre à un plan national d?actions ne donne pas lieu à un
financement de l?État, sauf exception.
Le centre ATHENAS (39), généraliste spécialisé dans la prise en charge des lynx en détresse,
acteur important sur le PNA Lynx, cité explicitement dans plusieurs actions du PNA, est seul
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centre aidé à ce titre par le MTECT (selon les données du MTECT).
En dehors de ce cas particulier, il arrive que les DREAL subventionnent directement des centres
de soins, sur le programme budgétaire 113, au coup par coup dans le cadre du dialogue avec les
organismes gestionnaires de ces centres, en réponse à des situations d?ultime urgence
financière pour ceux-ci.
L?exemple de La Réunion illustre cette situation. L'appui financier de l'État au centre de soins de
la SEOR, très impliquée dans le sauvetage des pétrels endémiques de la Réunion (objet d?un
PNA), a fortement varié au cours du temps. Depuis 2020, devant la grande difficulté de la SEOR
à boucler le budget du centre de soins, la DEAL est intervenue de nouveau dans le cadre de la
CPO SEOR sur une durée de 5 ans pour un montant annuel de 15 k¤, sur le BOP 113 - mise en
oeuvre des programmes nationaux d'action.
La LPO île Grande indique avoir pu bénéficier en 2022 d?une aide exceptionnelle de la DREAL de
30 k¤, (cf. tableau 5) afin de traiter les oiseaux mazoutés par des fuites d?hydrocarbures issues
de l?épave du Tanio. La coque de ce pétrolier, qui a sombré en 1980 au large du Finistère,
menace de céder et de polluer la colonie de macareux moines présente dans la réserve des
Sept-Îles (l?espèce ne fait pas l?objet d?un PNA, mais la colonie représente 80% de la population
présente en France).
DREAL Centre de soins Aide (¤) Année(s)
PACA Centre régional de Sauvegarde de la
faune sauvage du BUOUX- LPO PACA
et PNR du Luberon (84)
30 k¤ 2019
(démarrage)
Normandie
Centre d?Allouville
Association CHENE 5 à 7 k¤ -
Bourgogne
Franche-Comté
Centre Athenas 15 k¤ (PNA Lynx
et action en
faveur du busard
cendré)
-
Bretagne Centre LPO Ile Grande 30 k¤ 2022
La Réunion SEOR 15 k¤ 2022
Tableau 5 : Aide financière des DREAL-DEAL au fonctionnement des CSFS
(recensement MTECT- avril 2022)
En 2021, le MTECT a versé une aide exceptionnelle forfaitaire aux centres qui en
ont fait la demande.
Dans le cadre du dispositif Covid (décret n°2021-1105 du 23 août 2021 relatif aux dispositifs
d?aide financière à destination des centres de soins de la faune sauvage fragilisée par la crise de
Covid -19), 77 établissements 76 ont bénéficié de cette aide forfaitaire de 5 000 ¤,
76 Les conditions de cette aide étaient règlementaires : respecter les dispositions de l?arrêté du 11 septembre
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indépendamment de leur statut et de leur activité, ce qui a représenté un budget total de 385 k¤.
Plan POLMAR
Les CSFS littoraux prennent régulièrement en charge des animaux victimes d?une pollution
maritime, principalement des oiseaux. Ils sont susceptibles d?être réquisitionnés dans le cadre du
déclenchement d?un plan POLMAR 77 . L?expertise des capacitaires et des bénévoles est
également demandée par les autorités (Préfet, OFB ?).
Pour autant, les moyens privés inscrits au plan POLMAR comme pouvant être réquisitionnés ne
sont pas financés en tant que tels. Les « plan secours faune » du dispositif POLMAR sont jugés
par les agents des DREAL interrogées comme peu opérants. Les DREAL et les centres de soins
regrettent à cet égard l?absence d?un réseau de surveillance et de suivi pré-organisé.
En cas de pollution constatée, l?OFB évalue le préjudice écologique et organise le suivi avec des
bénévoles. L?établissement est d?ailleurs intervenu en 2021 sur une pollution dans la baie de
Saint Brieuc liée à la mise en place d?un parc éolien. Il suggère d?anticiper le risque d?une
pollution liée à l?installation de plusieurs parcs éoliens en mer au large de la façade maritime
nationale en organisant d?ores et déjà des réseaux de surveillance et de suivi avec le concours
des moyens des centres de soins et leur expertise.
Plan de relance
Deux centres de soins ont indiqué à la mission avoir bénéficié de crédits MTECT et OFB du plan
de relance pour des investissements. L?association CHENE a reçu une aide de 40 k¤ de l?OFB
pour la réhabilitation de la cuisine de la clinique et du centre de quarantaine de phoques, le
centre étant en effet spécialiste de l?accueil de ces mammifères marins. L?association SEOR,
spécialisé pour l?accueil des oiseaux à La Réunion, a reçu une aide de 8000¤ pour équiper une
dizaine de points relais supplémentaires de caisses à oiseaux.
c. Les aides allouées actuellement par l?OFB portent principalement sur la
sauvegarde des tortues marines
Les missions de l?OFB portent notamment sur la connaissance, la recherche et l?expertise sur les
espèces, et la mobilisation de la société. Pour larges que soient ses missions, l?OFB n?apporte
pas de financement aux centres de soins à l?exception des programmes de suivi et de
sauvegarde des tortues marines.
Dans le cadre de la directive cadre « Stratégie pour les milieux marins »
(DCSMM78)
Des financements par l?OFB vont à trois établissements, exclusivement pour les tortues marines :
? le CESTM) à l?aquarium de la Rochelle : à travers un contrat recherche et développement
relatif à « la coordination et l'animation du Réseau Tortues Marines Atlantique Est et la
réalisation de prélèvements et d?analyses, pour le programme de surveillance des tortues
1992 ; disposer de l?autorisation d?ouverture en cours de validité d?établissement détenant des animaux
d?espèces non domestiques ; certificat de capacité en cours de validité pour l'entretien de ces animaux d?espèces
non domestiques ; avoir accueilli et soigné des animaux de la faune sauvage en 2020 ou au premier trimestre
2021.
77 Instruction du Premier ministre du 5 mars 2018 relative à l?engagement et au financement des mesures de
protection ou de lutte contre les pollutions marines (financement POLMAR de crise).
78 Directive 2008/56/CE du Parlement européen et du conseil du 17 juin 2008 établissant un cadre d?action
communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin. Elle vise le bon état écologique du milieu
marin et l'amélioration de l?état de conservation de la biodiversité marine.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
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marines de la DCSMM ». Le budget total de ce contrat est de 351 600 ¤ TTC pour la
période 2020-2023, dont 158 400 ¤ versé par l?OFB à l?Aquarium La Rochelle ;
? le CESTMed au Grau-du-Roi, via la société herpétologique de France (SHF) : l?OFB
finance pour la coordination du RTMMF à travers une convention de coopération «
relative à la mise en oeuvre de la surveillance des échouages et captures de tortues
marines de Méditerranée française pour la DCSMM ». Le budget total de cette
convention est de 430 400 ¤ pour la période 2020-2023, dont 240 000 ¤ versé par l?OFB
à la SHF, et 40 000 ¤/an reversé par la SHF au CESTMed à partir de 2022. Le CESTMed
s?est doté cette année d?un nouveau bâtiment, co-financé par l?OFB à hauteur de 50 000
¤, mais a des difficultés chroniques à assurer son fonctionnement, en particulier le salaire
de ses deux permanents ;
? le CRFS à Antibes est principalement financé par le Marineland d?Antibes. La SHF
reverse également à ce centre une part de budget (environ 4000 ¤ par an) au titre du
programme de surveillance de la DCSMM.
Les oiseaux et les mammifères marins ne font pas actuellement l?objet d?un réseau de
surveillance de suivi scientifique destiné à évaluer le bon état écologique du milieu marin dans le
cadre de la DCSMM. La mise en place éventuelle d?un réseau de surveillance sur ces groupes
permettrait d?envisager la participation des CSFS à un réseau de surveillance et d?observations
sur les affections et la mortalité, comportant éventuellement la réalisation d?autopsies, dans le
cadre des plans d?actions de la directive cadre rédigés par façade, et à travers les projets
européens tels le LIFE Seabil lancé en 2021, porté par la LPO, l?OFB et le MNHN.
En Outre-mer, l?OFB, via les parcs marins, contribue au financement des PNA
des tortues marines
Il a notamment contribué en 2021 au financement du centre éducatif sur le thème de la tortue à
Mayotte, intégrant un centre de soins (aide de 59 629 ¤).
Dans les Antilles, l?OFB soutient le PNA tortues animé par l?ONF, dont une action de
renforcement des tortues en détresse, mais ne porte pas de financement aux centres de soins.
La mise en place d?un réseau de surveillance et de soins Amérique-Caraïbes serait à l?étude,
avec une participation financière des parcs marins.
d. Le fonds national d'aménagement et de développement du territoire
(FNADT)
Le centre de soins de la faune sauvage des Alpes-Maritimes (CSAM), géré par l?association
PACA pour demain, a bénéficié du FNADT dans le cadre d?un contrat de transition écologique
sous l?égide du ministre de l?écologie. L?opération, vue comme originale, a trouvé un porteur de
projet. L?objectif du gestionnaire est un fonctionnement en équilibre grâce à des financements
privés (mécénat d?entreprise et partenariat avec la fédération des chasseurs).
Les fonds européens mobilisés pour les programmes de
recherche et quelques opérations d?investissements
(FEDER et FEADER)
Il est fait référence dans les programmes de recherche à plusieurs programmes LIFE ?OFB,
CHENE notamment.
Les ressources européennes sont identifiées par les acteurs associatifs et les collectivités, mais
une difficulté principale réside dans l?avance de trésorerie, ce dont la plupart des centres ne sont
pas capables.
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La complexité du montage des dossiers peut aussi être un frein pour des structures associatives.
La nouvelle compétence des régions en matière de gestion des fonds structurels s?est traduite
par l?inscription du thème dans le programme opérationnel. Pour exemple, la région Nouvelle-
Aquitaine a inscrit les investissements dans les centres de sauvegarde de la faune sauvage et
des espèces menacées dans la programmation FEDER-FSE 2021-2027, et mobilisera
notamment ce fonds (subvention FEDER à hauteur de 60%) dans le projet de création d?un
dixième centre de soins en Dordogne.
La prise en charge des frais d?équarrissage par France
Agrimer79
L?enlèvement, le transport jusqu?à l?usine de transformation et la transformation des cadavres ou
lots de cadavres d?animaux morts de toute espèce de plus de 40 kg morts dans les centres de
soins de la faune sauvage sont dans le périmètre du marché d?intérêt général de l?équarrissage
en métropole et en Outre-mer. Son financement est assuré par le programme 206 « sécurité et
qualité sanitaires de l?alimentation », dans le cadre d?un marché passé entre l?établissement
France Agrimer, gestionnaire du service public de l?équarrissage, et les sociétés d?équarrissage.
Selon la note de service de la DGAL de 2014 qui n?a pas été actualisée, la prise en charge
concerne seulement les centres de soins membres de l'UFCS. En pratique, les centres de soin
non membres de l'UFCS bénéficient de cette prise en charge, mais la couverture n?est toutefois
pas uniforme entre tous les centres de soins puisque plusieurs centres ont indiqué à la mission
ne pas avoir connaissance de cette disposition.
Le montant correspondant à l?enlèvement des cadavres dans les CSFS n?a pu être communiqué
par France Agrimer à la mission en dépit de la demande réitérée du ministère en charge de
l?agriculture.
4.3 Des soutiens financiers publics au fonctionnement des CSFS
dans le cadre de la stratégie nationale de la biodiversité et de
ses déclinaisons territoriales seraient justifiés
La prise en charge des soins aux individus de la faune sauvage au titre strict de l?éthique et du
bien-être animal ne relève pas d?une autorité publique ; en particulier elle ne relève pas de l?État
qui n?a pas de compétence en la matière. Ce n?est donc pas à ce titre que l?on peut envisager de
consolider des financements publics.
Mais les activités des centres de soins de la faune sauvage en faveur des espèces protégées, de
la formation des jeunes, de la sensibilisation du public, de la mobilisation des citoyens en font
sans conteste des acteurs de la préservation de la biodiversité. Elles figurent dans les objectifs
de la nouvelle stratégie nationale de la biodiversité (SNB 2030). Par leur caractère opérationnel,
elles constituent des actions concrètes qui mobilisent des citoyens.
Les interlocuteurs nationaux gestionnaires de centres de soins de la faune sauvage rencontrés
privilégient la piste d?une fiscalité dédiée aux centres de soins (en créant une nouvelle taxe sur
l?achat d?aliments pour les carnivores domestiques). Outre que l?instauration d?une telle fiscalité
nécessiterait des moyens publics importants, elle rencontrerait des difficultés certaines
d?acceptation. Il n?y aurait surtout pas de sens à ce qu?une autorité publique prenne en charge le
fonctionnement de ces établissements qui émanent d?initiatives spontanées privées.
79 Note de service DGAL/SDPRAT/2014-858 du 23 octobre 2014.
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
52/93
La mission préconise, d?une part, que les fonds privés restent majoritaires et soient mieux
mobilisés, d?autre part, que le fonctionnement des CSFS soit aidé par des financements publics à
travers le financement de la SNB 2030.
Des systèmes de financements publics à envisager
selon les compétences de l?État et des collectivités
territoriales
a. Scénario A : Un système où les régions se verraient confier la
compétence du bloc biodiversité
Les régions ont demandé la plénitude des compétences dans le domaine de la biodiversité80
assortie des ressources financières pour l?exercer. Une compétence sur l?ensemble de la
biodiversité conforterait alors réellement le chef de filât des régions. Ce scénario a été discuté
avec Régions de France dans le cadre d?une précédente mission de l?IGEDD (cf. scénario de
« décentralisation complète », rapport CGEDD n°013892-01, IGA n°21042-R, février 2022).
Concernant les CSFS, cette évolution nécessiterait que les CSFS bénéficient d?une assise
juridique confortée (cf. 3.3).
D?un point de vue opérationnel, l?inscription des centres de soins dans une compétence
obligatoire donnerait aux régions la pleine compétence pour organiser des réseaux régionaux de
centres. Cette organisation n?empêcherait pas de traiter au niveau national les questions
transversales relatives notamment à la biosécurité. Ce scénario répondrait aux attentes du
RCSFS et de la LPO, si l?expérience de l?implication de plusieurs régions dans ce rôle s?avérait
positive.
b. Scénario B : Dans la répartition actuelle des compétences sur la
biodiversité dans la sphère publique, renforcer le soutien de l ?État
aux centres de soins dans le cadre des stratégies nationales
Dans ce scénario qui correspond à la situation actuelle, l?État et les collectivités interviennent en
complémentarité dans une répartition des compétences depuis 2015 (loi NOTRe81)- Dans sa
fonction de « chef de file » dans le domaine de la biodiversité, la région coordonne et organise
les actions des différentes collectivités territoriales et de leurs établissements publics. Plusieurs
régions interviennent dans le financement des centres de soins, en investissement et en
fonctionnement.
La répartition géographique des centres sur le territoire invite à avoir une vision régionale des
centres et de leur complémentarité, plus adaptée qu?une approche départementale. Tenant
compte de leur rôle dans la déclinaison de la SNB, les DREAL assureraient un nouveau rôle
d?interlocuteur pour l?État. Elles fixeraient des objectifs et évalueraient le besoin d?aide et les
activités des CSFS.
Le niveau de concours de l?État s?inscrirait dans la complémentarité des financements publics, au
sein du comité régional des financeurs, ou du collectif régional qui réunit l?État (la DREAL, l?OFB
et les agences de l?eau) et la région.
Des conventions pluriannuelles d?objectifs (CPO) seraient mobilisées pour donner une visibilité à
horizon de trois à cinq ans.
Les CSFS pourraient être progressivement partie prenante dans les réseaux d?acteurs et les
instances régionales, selon les cas (plates-formes d?éducation à l?environnement, agence
80 Le livre blanc des Régions, 2022
81 Loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République dite loi NOTRe
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
53/93
régionale de l?environnement, commission régionale de la biodiversité).
Ce soutien serait complété par des appels à projets sur des programmes d?actions particuliers.
Ce système ne serait pas totalement satisfaisant pour le RCSFS et la LPO qui attendent des
ressources assurées dans la durée et non soumises aux variations des budgets de l?État.
c. Scénario C : L?hypothèse de l?instauration d?un service public du soin à la
faune sauvage de la compétence des communes et communautés de
communes (redevance pour service rendu) à l?exemple des fourrières
communales
L?instauration d?un tel service s?inscrirait comme une forme de compensation à la pression
exercée par les activités anthropiques sur le territoire, selon un principe de participation forfaitaire
par habitant proportionnelle à l?impact de l?activité de ce territoire sur la faune sauvage. En effet,
plus un territoire est habité, et plus la pression humaine est forte sur les milieux et sur les
espèces. Il s?agirait d?une forme de mesure de compensation.
Sur le modèle des fourrières communales (loi du 30 novembre 2021 ; article L. 211-24 du
CRPM), le soin de la faune sauvage deviendrait un service public, exercé en régie par la
collectivité, ou confié à une autre collectivité ou à un organisme privé (association, établissement
public, syndicat mixte, entreprise privée). À noter cependant que dans les fourrières, les animaux
domestiques ne peuvent être restitués à leur propriétaire qu'après paiement des frais de garde.
En cas de non-paiement, le propriétaire est passible d'une amende forfaitaire dont les modalités
sont définies par décret. La municipalité perçoit donc la contrepartie du remboursement des frais
de garde et du versement libératoire forfaitaire.
Dans l?analyse qu?il fait de ce système, le RCSFS propose la perception par chaque commune ou
chaque EPCI d?une taxe de 0,20 ¤/habitant, et son mode de répartition (transit par un organisme
public puis redistribution selon le niveau d?activité à l?échelle de la collectivité). Ce système
permettrait de constituer un budget de plus de 13 M¤.
Un tel système conduirait à la création d?une multitude de petites structures. Il ne peut en outre
pas financer seul l?ensemble des activités d?intérêt général (santé publique, connaissance de la
biodiversité, plans d?urgence, ?) exercées par les centres de soins de la faune sauvage. Enfin,
dans la mesure où il serait bien difficile de déterminer un critère permettant de distinguer les
territoires les plus pourvoyeurs d?animaux blessés et donc contributeurs, des autres. Ce scénario
pourrait soulever une question d?égalité de traitement.
Ce troisième scénario ne paraît pas pertinent
La définition du concours de l?État au fonctionnement
des CSFS dans le cadre de la SNB
Dans le cadre des compétences actuellement dévolues à l?État et aux régions, la mission a
réfléchi aux pistes d?évolution possibles pour accorder des aides financières aux CSFS.
Elle regarde la constitution d?une nouvelle fédération de ces centres comme une opportunité pour
l?État d?accompagner l?évolution de ces entités en les reconnaissants acteurs de la nouvelle SNB.
La mission propose ainsi au MTECT d?aider les centres de soins de la faune sauvage,
directement ou par l?OFB, à travers les actions suivantes :
? Soutenir financièrement les activités des centres de soins dans le cadre du
financement de la Stratégie nationale de la biodiversité (SNB), avec des priorités et
selon certaines conditions (cf. point 4.3.1) ;
? Faire évoluer le cadre normatif des conditions d?exercice des CSFS (montée en
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
54/93
compétences, installations et fonctionnement techniques, cadre juridique) ;
? Accompagner les centres de soins dans leur organisation collective en réseaux et
leur capacité à amplifier les ressources privées.
a. Définition d?une nomenclature d?activités qui pourraient bénéficier du
soutien financier du MTECT
Les effets réels des actions des établissements seront à mesurer et à évaluer par des indicateurs
à construire et à adopter (cf. recommandation 1)
La mission propose le soutien financier sur le budget opérationnel 113, dans le cadre de
conventions pluriannuelles d?objectifs et sous la condition d?un rapportage, selon les priorités
figurant dans le tableau suivant (tableau 6).
Bénéficiaires
Centres généralistes et centres spécialisés
(oiseaux, mammifères, tortues) dont le rayon
d?intervention est départemental, régional ou
supra régional.
Activités prioritaires
? Soins à certaines espèces
? Prise en charge des animaux d?espèces rares où
chaque individu compte (lynx)
? Animaux d?espèces sous PNA
? Animaux d?espèces sous statut de protection, sur
listes rouges nationale et/ou régionales
(inventaire national du patrimoine naturel)
Critère prioritaire : effectifs des animaux relâchés
dans le milieu naturel
? Et une ou plusieurs des
activités suivantes
? Activités de formation et de médiation
? Sensibilisation et mobilisation de la
société (Création d?une plate-forme d?accueil ;
outils pédagogique ?)
? Toutes actions de promotion des métiers de la
biodiversité ; accueil des jeunes
? Contribution à la surveillance sanitaire
? Recherche, participation à des réseaux de
surveillance et d?observations,
? Participation à des actions de lutte contre les
pollutions, dont les pollutions lumineuses
? Expertise : appui aux services de l?État
Tableau 6 Priorités de l'aide du MTECT aux CSFS dans le cadre de la SNB 2030
b. Accompagner les centres de soins dans leur organisation collective afin
de conforter la notion de réseau
En premier lieu, la mission propose que l?État soutienne les deux fédérations pour aller plus loin
dans les travaux engagés sur les évolutions et les modèles possibles. Les objectifs seraient,
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
55/93
d?une part, de mobiliser des ressources financières privées plus importantes et, d?autre part, de
travailler, sur des modèles de fonctionnement, mobilisateurs de la richesse humaine qui fait la
substance des centres de soins, en intégrant l?évaluation et l?innovation. La mission préconise
que l?OFB82 accompagne les fédérations dans une exploration des possibles sur la construction
d?un collectif, la recherche de partenariats et de financements.
En matière d?innovation, des propositions existent au sein des centres de soins dont la mise en
oeuvre pourrait être facilitée par des crédits publics, du MTECT ou de l?OFB (éventuellement
dans le cadre des appels à projets annuels). Ces propositions portent sur le traçage des animaux
par code-barres, la conception d?outils de centralisation et de valorisation des données, l?usage
de nouvelles technologies facilitant le nourrissage, la constitution de groupements d?achats,
l?expérimentation de plateformes d?appels du public, un modèle d?application grand public afin de
renseigner le public sur la prise en charge d?un animal ou la conduite à tenir en face d?un animal
trouvé?.
En second lieu, la mission observe que la tendance actuelle des parcs zoologiques à créer ou à
s?impliquer dans le fonctionnement des CSFS constitue une voie d?évolution qui justifierait un
rapprochement des fédérations avec l?AFdPZ avec une vision prospective.
c. Développer des stratégies pour faire un saut quantitatif sur les ressources
privées
L?objectif d?accroître les ressources privées devrait conduire les centres à s?organiser
collectivement afin d?augmenter leur visibilité auprès des divers acteurs du financement
participatif, en particulier auprès des entreprises qui de leur côté souhaitent renforcer leur
engagement sociétal.
La mission préconise d?étudier deux pistes, avec l?appui de l?État (MTECT et/ou OFB) :
? Mettre en place des instruments pour capter et mutualiser des ressources
nouvelles, majoritairement des financements participatifs83, le mécénat, les dons et
les legs : éventuellement par l?intermédiaire d?une structure dédiée qui pourrait être un
fonds d?intérêt général, géré collégialement par des centres de soins avec redistribution
auprès des centres ou qui pourraient rejoindre un fonds de la biodiversité (cf. Rapport
CGEDD-IGF n° N° 013910-01 relatif aux moyens des aires protégées françaises) ;
? Étudier l?accès des CSFS à des fonds de compensation des ouvrages. À l?exemple
de la mesure compensatoire mise en place à la Réunion au bénéfice de la SEOR (cf.
annexe 11), des pistes intéressantes sont à explorer dans le cadre des démarches
« Éviter-Réduire-Compenser » au titre de la compensation des effets perturbateurs non
réductibles, sur la faune sauvage, de projets d?infrastructures.
Dans le cadre des appels à projets de l?éolien en mer, l?OFB suggère qu?une partie du
fonds instauré pour la gestion des aires marines permette de financer des centres de
soins au titre des activités de soins dispensés à certaines espèces protégées d?oiseaux et
de mammifères terrestres, d?éducation à l?environnement et des réseaux de surveillance
de la biodiversité sur le littoral.
82 L?OFB prépare un LIFE Stratégique Nature, dans le cadre du projet préparatoire LIFE Biodiversité intégrée
dans les Territoires et les Politiques (LIFE BTP) financé par l?Union européenne.
83 https://www.ecologie.gouv.fr/label-financement-participatif
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
56/93
Conclusion
Apparus dans les années 1970, les centres de soins de la faune sauvage, résultant dans leur
très grande majorité d?initiatives privées, implantés aujourd?hui dans 62 départements, demeurent
dans une dynamique de création forte et accueillent chaque année toujours plus d?animaux
blessés, signes qu?ils répondent à la fois à une forte demande du public et à une dégradation de
l?état de la faune sauvage. Pourtant, leur existence et leurs missions ne font pas vraiment l?objet
d?une reconnaissance publique : les règles qui les encadrent sont fragiles et en partie
inadaptées ; leurs solutions de financement couvrent rarement tous leurs besoins et sont à
réinventer chaque année.
Certes, ils sont traversés par un courant qui tend à privilégier la santé et le bien-être des animaux
avec une approche curative individuelle et leur contribution à la préservation des espèces de la
faune sauvage n?est pas majeure. Mais, en premier lieu, il conviendrait de mieux documenter
cette contribution et, en second lieu, elle pourrait augmenter et même devenir décisive dans les
années à venir, si la démarche de « professionnalisation » s?opère dans un équilibre entre soin,
éthologie et écologie pour le maintien des espèces.
Le temps paraît venu de conforter l?existence des CSFS, non seulement, en reconnaissant leur
rôle dans la stratégie nationale de la biodiversité et en finançant, de ce fait, leur contribution,
mais aussi, en leur accordant un statut les différenciant d?autres structures dédiées à la faune
sauvage.
Leur reconnaissance juridique, d?une part, et celle induite par l?apport financier de l?État, d?autre
part, les aideront à trouver des soutiens complémentaires auprès d?organismes privés et des
collectivités territoriales et de leurs groupements.
Catherine LHOTE
Sabine SAINT-GERMAIN
Inspectrice générale
de la santé publique
vétérinaire
Inspectrice générale
de l'administration
du développement durable
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
57/93
Annexe 1 : Lettre de mission
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
58/93
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
59/93
Annexe 2 : Liste des personnes rencontrées
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
Assemblée nationale
DOMBREVAL Loïc Député Député dans la 2?
circonscription des
Alpes-Maritimes
26 avril
Associations de collectivités territoriales
DE MALEVILLE Olivia Régions de
France
Conseillère transi-
tion écologique et
énergétique
23 mai
Associations des centres de soins
COURREAU
TISSIDRE
Jean-
François
Manon
Réseau des
centres de
soins de la
faune sauvage
Président
Directrice
24 mars
1er juillet
TISSIDRE
SEGUIN
LAMBERT
Manon
Jade
Olivier
idem Directrice
Chargée de
mission
Directeur du
centre de soins de
l'école vétérinaire
du Nantes
CVFSE-ONIRIS
5 avril
1er juillet
PHISEL Michel Union française
des centres de
sauvegarde de
la faune sau-
vage
Président 24 mars
17 mai
24 mai
Associations de protection de l?environnement
VERILHAC
LORIOUX
DUGUE
Yves
Vanessa
Anne Laure
Ligue de pro-
tection des oi-
seaux
Directeur général
Directrice du pôle
Mobilisation
citoyenne
Responsable du
programme
« Oiseaux en
détresse »
29 mars
ABEL
MORELLE
Jean-David
Stéphanie
France nature
environnement
Administrateur de
FNE en charge du
réseau
Biodiversité
Chargée de
mission
Biodiversité, en
charge des
29 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
60/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
MAILLETAS
Christian
problématiques
liées aux espèces
sauvages
Responsable
bénévole du
Centre de
sauvegarde la
faune sauvage de
Charente Nature,
DUHARD Jean-Xavier Sauvons les
hérissons
Coordonnateur 2 mai
Associations de protection animale
BACHELARD
MOUREY
Nikita
Léa
La Fondation
Droit Animal
Chargée d?affaires
et de relations
publiques
Avocate en droit
de
l?environnement et
membre du comité
scientifique de la
LFDA
16 mai
Centres de soins de la faune sauvage
COURREAU
ROBEYROTTE
Jean-
François
Doriane
Association
Faune Alfort au
Centre Hospita-
lier Universi-
taire Vétérinaire
Faune Sauvage
de l?École vété-
rinaire d?Alfort
Président
Soigneur-référente
22 avril
BURDA
PORTMANN
Fréderic
Alexandre
Centre de sau-
vegarde de la
faune sauvage
de Lorraine-
VALLEROYE
(54)
Président du
CSFL
Secrétaire Général
du Réseau des
centres de soins
Responsable du
centre
13 avril
GAASCH Gill Centre de
soins- DUDE-
LANGE- grand-
duché du
Luxembourg
Responsable du
centre
13 avril
MARCHIVE
TENIN
RAVERA
Guy
Graciella
Christelle
Groupement
Ornithologique
du Refuge
nord-Alsace
(GORNA)-
Neuviller les
Administrateur
Responsable
Salariée
14 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
61/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
Saverne (67)
HURSTEL
HERVE
Suzel
Christophe
Centre de
soins- LPO
Alsace-
Rosenwiller
(67)
Responsable du
pôle médiation
faune Sauvage &
du centre de soins
pour la faune
sauvage
Directeur LPO
Alsace
14 avril
DE ROMANS
STRAUB
Romuald
Nicolas
Centre de soins
pour la
sauvegarde
des rapaces de
Rambouillet
(78)
Directeur de
l?Espace
Rambouillet
Vétérinaire
22 avril
FERAY
BEAUFILS
PREVOST
Didier
Alain
Laure
Centre
d?hébergement
et d?étude sur
la nature et
l?environnement
à Allouville
Bellefosse (76)
Président de
l?association
C.H.E.N.E
Responsable du
centre de
sauvegarde
Soigneur animalier
27 avril
MORINIERE Romain Station LPO ?
centre de soins
de l?Ile Grande
à Pleumeur-
Bodou (22)
Directeur de la
station
21 avril
RHOUY
ROCA
Noriane
Annabelle
Station LPO
Aquitaine-
centre de soins
d?Audenge (33)
Responsable du
centre
Responsable
territoriale
28 avril
FONTVIEILLE
LACAVE
Simon
David
Parc d?Isle
À Saint-Quentin
(02)
Soigneur animalier
et capacitaire
Directeur
d?exploitation du
parc
29 avril
VAVASSEUR Beatrice Le refuge de
l?écureuil roux à
Congis sur
Therouanne
(77)
Fondatrice et ca-
pacitaire
26 avril
TAVERNIER
FOURRIER
Pascal
Anne
Centre
l?Hirondelle à
Lyon (69)
Directeur
Chargée de
13 mai
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
62/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
JEGO
Audrey
développement et
communication
Soigneuse
BOVALIS
Hélène Association
PACA pour
demain
Centre de soins
de Saint-
Cézaire-sur-
Siagne (06)
Présidente 11 mai
MOYNE
MOUZON
Gilles
Lorane
Association
ATHENAS
Centre à
L?Etoile (39)
Directeur
Capacitaire
18 mai
CHAULET-
BRIZARD
TRAIMOND
DVIHALLY
Angélique
Margo
Paula
Association
SOS Faune
sauvage
Centre de soins
à Macouria
(973)
Centre de soin
à Bouillante
(97125)
Présidente et co-
dirigeante des
Zoos de
Guadeloupe et
Guyane
Responsable et
vice-présidente de
l?association
Responsable et
vice-présidente de
l?association
9 mai
COUZI François-
Xavier
Société
d?Études Orni-
thologiques de
La Réunion
(SEOR)
Centre de soins
à Saint-André
(974)
Responsable du
centre
30 mai
MAURY
MAURY
Cécile
Stéphan
Association
Hegalaldia
Centre de soins
à Ustaritz (64)
Directrice
Responsable du
centre de soins
11 mai
STAHL Sarah Association Les
P?tits Kipik
Présidente de
l?association et
capacitaire du
centre d?Orsay
20 juin
Conseils régionaux
DESBROSSE
FAURE
Jacky
Pierre
Grand Est Vice-président en
charge de
l?environnement
Chef de service
20 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
63/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
TURCK
HISTE
Claire
Anne-Marie
biodiversité par
intérim
Chargée de la
politique des
centres de soins
de la faune
sauvage
Chargée de
mission pour la
Champagne
Ardenne
DEJEAN DE LA
BATIE
Hubert Normandie Vice-président de
la Région Nor-
mandie
(également Maire
de Sainte Adresse
VP Le Havre Mé-
tropole
Président du Con-
servatoire National
du Littoral)
27 avril
GUÉGUÉN
CHAPLAIN
BROUSSEAU
Arnaud
Anne-
Sophie
Olivier
Nouvelle-
Aquitaine
Directeur de
l?environnement
Cheffe du service
biodiversité
Chargé de mission
Chargé de
l?animation du
réseau des CSFS
de la Région
13 juin
LISON Mélissa
Occitanie Chargée de mis-
sion Biodiversité et
mobilisation ci-
toyenne
11 mai
Directions départementales de la protection des populations
KIEFFER Guillaume Bas-Rhin Référent faune
sauvage
14 avril
DEGUEMANN
VINCENT
Olivier
Arnaud
Seine Maritime Directeur
Chef de service
santé et protection
des animaux et de
l'environnement
9 mai
CHAZAL Etienne Meurthe-et-
Moselle
Référent faune
sauvage Coor-
donnateur régional
8 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
64/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
Faune sauvage
Alsace Lorraine
Directions régionales de l?environnement, l?aménagement, le logement
BASCOU
PAUL
Stéphanie
Ludovic
Grand Est Directrice adjointe
Chef de service
Eau, Biodiversité,
Paysages
20 avril
HINDERMEYER
CONAN
Xavier
Laurence
Pays de Loire Chef du service
Chargée de la
CITES
25 avril
LEFEVRE PES-
TEL
FAUBERT
SIVIGNY
Olga
Catherine
Denis
Normandie Cheffe du service
Ressources
naturelles
Cheffe de service
adjointe
Responsable de
l?accompagnement
plan projet,
ressources
naturelles
2 mai
Expert
GALICHET Emmanuelle Docteur vétéri-
naire
10 mai
Établissements publics
DEGUEURCE
ARNE
Christophe
Pascal
École nationale
vétérinaire
d?Alfort
Centre hospita-
lier universi-
taire-faune
sauvage
(CHUV-FS)
Directeur de
l?ENVA
Directeur du
CHUV-FS
22 avril
DEFLESSEL
POL
LAMBERT
GOURLAY
Laurence
Françoise
Olivier
Philippe
École nationale
vétérinaire,
agroalimentaire
et de
l'alimentation
de Nantes
(ONIRIS-
Nantes)
Centre
vétérinaire de
la Faune
Sauvage et des
Écosystèmes
des Pays de
Directrice ONIRIS
Directrice du
CHUV
Directeur du
CVFSE
Directeur adjoint
du CVFSE
25 avril
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
65/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
Loire (CVFSE)
LE LOC?H Guillaume Clinique des
NAC (nouveaux
animaux de
compagnie) et
de la faune
sauvage École
nationale vété-
rinaire de Tou-
louse
Maitre de confé-
rences
Responsable du
centre de soins et
capacitaire
17 mai
AUBEL
COREAU
VAN-DE-WIELE
BRULEZ
MANESME
Christophe
Audrey
Anne
Marion
Hélène
Office français
de la
biodiversité
Direction de la
police et du
permis de
chasser
Directeur délégué
Mobilisation de la
société
Directrice Acteurs
et citoyens
Cheffe de service
adjointe,
coordinatrice des
actions sanitaires
Cheffe du service
police judiciaire
Cheffe du service
juridique
25 mars
PELTIER
GUICHARD
Michel
Benjamin
Office français
de la
biodiversité
Service
Évaluation,
Connaissance
& Usages du
Milieu Marin
Délégué MER
auprès du
Directeur général
Chargé de mission
« Mammifères
marins - tortues
marines »
20 juin
OLIVIER Jean-Yves Direction régio-
nale de l?OFB
en Bourgogne
Franche Comté
Adjoint au direc-
teur, chef du ser-
vice police
6 mai
BEAL Michel ONF
Agence territo-
riale Ile-de-
France Ouest
Directeur 26 avril
CHAPUIS Jean-Louis Museum natio-
nal d?histoire
naturelle
(MNHN)
Chercheur hono-
raire
12 mai
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
66/93
Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
HENRY Pierre-Yves Centre de Re-
cherche sur la
Biologie des
Populations
d?Oiseaux
(CRBPO-
MNHN)
Directeur, profes-
seur d?écologie
19 mai
Institution professionnelle
GUERIN
PRIETZ-
DUCASSE
Jacques
Estelle
Conseil natio-
nal de l?Ordre
des vétérinaires
(CNOV)
Président
Membre du
CNOV, en charge
de la commission
de la protection
animale.
28 avril
Ministère de l?agriculture et de l?alimentation
LEPAGE
PUPULIN
IVART
Jean-
François
Sylvie
Blandine
Direction
générale de
l?alimentation
Sous-direction
santé et bien-
être animal
Chargé d'études
pour la pharmacie
vétérinaire
Cheffe du bureau
de la prévention
des risques
sanitaires en
élevage
Référente
nationale
pharmacie
17 mai
Ministère de l?éducation nationale de la jeunesse et des sports
CAFFIN
MOROT
Charles-
Aymeric
Frédérique
Direction de la
jeunesse, de
l?éducation po-
pulaire et de la
vie associative
Chef de bureau du
développement de
la vie associative
Chargée des
questions de
fiscalité
associative,
mécénat et
comptabilité
16 mai
Ministère de la transition écologique
HULIN
GUILLAIN
Vincent
Pierre-
Édouard
Cabinet mi-
nistre
Cabinet
secrétaire
d?État à la
biodiversité
Conseiller
biodiversité, eau et
bien-être animal
Conseiller
technique
23 mars
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Nom Prénom Organisme Fonction Date de rencontre
en 2022
DURON
DEBAERE
PAPOUIN
Sophie
Dorothée
Olivier
Matthieu
Direction de
l?eau et de la
biodiversité
Adjointe du
directeur de l?eau
et de la
biodiversité
Adjoint au sous-
directeur
« protection et
restauration des
écosystèmes
terrestres »
Sous-directeur
«protection et
restauration des
écosystèmes
terrestres »
15 mars
23 mars
12 août
DEMOLIS
TERRAUBE
BASSOT
MENEGHEL
Raphael
Léa
Gérard
David
Chef bureau ET3
Chargée de
mission faune
sauvage captive
Chargé de
procédure faune
sauvage captive
Chargé de mission
«bien-être animal»
23 mai
PIERRESTEGUY
FAURE
LAINE
Grégory
Guillaume
Stéphane
Direction de
l?eau et de la
biodiversité
Bureau ET4
Chef du bureau
ET4
Adjoint au CDB
ET4
Chargé de
procédure
espèces
protégées
1er juin
BOMPAIS-
ABDREBBI
Myriam Secrétariat gé-
néral
Cabinet/Bureau
de la vie asso-
ciative
Cheffe de bureau 9 mai
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Annexe 3 : Méthode développée par la mission
Pour conduire à bien ses travaux, la mission s?est appuyée sur :
? des documents :
? le rapport 2021 de l?OFB, élaboré sur ce sujet à la demande de la ministre,
? la thèse vétérinaire « ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DES
ÉTABLISSEMENTS QUI PRATIQUENT DES SOINS SUR LES ANIMAUX DE LA
FAUNE SAUVAGE » Emmanuelle Galichet-décembre 2021,
? les documents d?analyse et de propositions produits par le Réseau des centres de
soins de la faune sauvage,
? Une étude commandée à la LPO par le conseil régional de Bretagne portant sur l?état
des lieux des centres de soins dans cette région et des préconisations,
? les comptes rendus des rencontres entre la direction de l?eau et de la biodiversité
(DEB) et les fédérations des centres de soins,
? toute documentation fournie par les personnes rencontrées, ou trouvée sur internet.
? des rencontres avec les principaux interlocuteurs nationaux et têtes de réseau
? des entretiens avec des acteurs de terrain en visioconférence et lors de visites dans
plusieurs centres choisis pour être représentatifs de la diversité des structures
À cette occasion, elle a rencontré des représentants des conseils régionaux participant
au financement des centres, des directions départementales de la protection des
populations, et des DREAL.
? un panel de 20 établissements qu?elle a interrogés et, pour certains, qu?elle a visités,
? des questionnaires adressés, à la demande de la mission, aux services de l?État
(DREAL/DEAL, d?une part, et DDPP, ou DDETSPP, d?autre part) via la DEB et aux
centres de soins via les fédérations, pour approfondir et disposer d?une meilleure
représentativité sur des points précis.
Panel des 20 établissements sur lesquels la mission s?est appuyée pour étudier
le fonctionnement et le financement
Le choix des 20 établissements a été orienté par la commande (diversité supposée des
ressources, ancienneté et expérience du centre, diversité des animaux accueillis) ; quelques
centres mono-espèces ont toutefois été retenus (écureuils et hérissons). L?échantillonnage a été
fait en croisant les propositions des deux fédérations de centres de soins et l?annuaire de ces
centres, sur plusieurs critères : structure juridique, nombre d?animaux et espèces prises en
charge, activités spécifiques (principalement : formation, prise en charge d?animaux marins,
acteur dans un PNA, travaux de recherche), implantation géographique et disponibilité du
responsable. Dans ce panel figurent les centres des écoles nationales vétérinaires (3 centres de
soins) ainsi que le seul centre de soins de la faune sauvage implanté au Luxembourg
(majoritairement approvisionné par des animaux en provenance de France).
Sur les 20 centres du panel, 15 ont communiqué à la mission les données relatives à leur
comptabilité au titre de l?exercice 2021 (et, parfois, au titre des années antérieures).
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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FOCUS sur 20 structures interrogées
Centre Statut juridique Activité Nombre d?animaux
accueillis/an
(données 2021)
ATHENAS (39)
Association Généraliste 4438
Centre sauvegarde faune sauvage
Lorraine (CSFL- 54)
Association Généraliste 2175
Centre d?hébergement et d?étude
sur la nature et l?environnement
(CHENE-76)
Association Généraliste 2807 (1872 oiseaux
et 935 mammifères)
École nationale vétérinaire d?Alfort Établissement
public
Généraliste 7201
ONIRIS (école nationale vétérinaire
de Nantes-44)
Établissement
public
Généraliste 2272
École vétérinaire de Toulouse Établissement
public
Généraliste 3000
Espace Rambouillet (78) Association
Spécialisé
Oiseaux
200
Groupement Ornithologique du
Refuge nord-Alsace (GORNA -67)
Association Généraliste 1913
HEGALADIA (64)
Association Généraliste 2795
L?HIRONDELLE (69)
Association Généraliste 6825
LPO Alsace (67)
Association Généraliste 5172
LPO Audenge (33)
Association Généraliste 5101
LPO Ile Grande (22)
Association Généraliste 1072
PACA Demain (06) Association Généraliste Ouverture le
27/12/2021
Parc d?Isle Communauté
d?Agglomération
du St-Quentinois
Spécialisé
Oiseaux
602
PTITS KIPIK- (2 centres-91 et 94) Association Très 210
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Centre Statut juridique Activité Nombre d?animaux
accueillis/an
(données 2021)
spécialisé
Société d?Études Ornithologiques
de La Réunion (SEOR - 974)
Association Spécialisé
Oiseaux
3554
SOS Écureuil roux
Particulier Très
spécialisé
100
SOS Faune sauvage (97)
Parc zoologique Généraliste 118
Natur&ëmwelt (Luxembourg) Association Généraliste 4200
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés
céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Annexe 4 : Le droit français actuel ne comporte
aucune obligation de soigner les animaux de la
faune sauvage libre
Si le bien-être animal est une préoccupation qui prend de plus en plus d?ampleur, la notion de
sensibilité de l?animal reste encore, dans le droit français, cantonnée à l?animal domestique.
En effet, le droit français positif ne reconnait de sensibilité qu?aux animaux susceptibles
d?appropriation.
Ainsi, l?article 9 de la loi n° 76-629 du 10 juillet 1976 sur la protection de la nature, désormais
codifié à l?article L. 214-1 CRPM, est le premier à reconnaitre l?animal comme un être sensible, ce
qui impose des obligations à son propriétaire. « Tout animal étant un être sensible doit être placé
par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son
espèce ».
L?article 515-14 du code civil, issu d?une loi du 30 novembre 2015 relative à la modernisation et à
la simplification du droit et des procédures a confirmé cette approche tout en réaffirmant leur
appartenance au régime des biens : « Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité.
Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens. ».
Ces deux articles ne visent que les animaux susceptibles d?appropriation, c?est-à-dire les
animaux domestiques, animaux de rente et animaux de compagnie.
Une évolution pourrait venir du droit de l?Union européenne (UE) car ce sont tous les animaux
que vise le Traité sur le fonctionnement de l?UE de 2012 lorsqu?il impose à l?Union comme aux
États membres de pleinement tenir compte « des exigences du bien-être des animaux en tant
qu'êtres sensibles, tout en respectant les dispositions législatives ou administratives et les
usages des États membres en matière notamment de rites religieux, de traditions culturelles et
de patrimoines régionaux. » (Article 13) (Voir pour une application récente de ces stipulations,
l?arrêt C 900/19 du 17 mars 2021 de la CJUE saisie par le Conseil d?État d?une question
préjudicielle sur la chasse à la glu).
Le concept de « bien-être » emporte plutôt des obligations de faire et celui de
« maltraitance » des obligations de ne pas faire, comme s?il s?agissait du revers d?une même
pièce. Sous ce dernier versant, celui de la maltraitance animale, l?arsenal répressif, s?est renforcé
ces dernières années84, notamment en ce qui concerne les animaux sauvages tenus en captivité.
Toutefois, l?animal sauvage dans son milieu naturel, n?est pas visé par ces dispositions
répressives. Et il n?est pas fait obligation d?appliquer des soins à un animal sauvage blessé. Ne
pas appliquer des soins à un animal blesse n?est pas répréhensible dès lors qu?il n?est pas tenu
en captivité.
84 Ainsi, l?articlé 521-1 du codé pé nal, modifié én dérniér liéu par la loi n° 2021-1539 du 30 novémbré 2021 visant a
luttér contré la maltraitancé animalé ét confortér lé lién éntré lés animaux ét lés hommés, ré primé lés sé vicés gravés
ou dé naturé séxuéllé ou lés acté dé cruauté non séulémént sur lés animaux doméstiqués mais aussi sur céux qui sont
ténus én captivité (dé lit : 3 ans d?émprisonnémént ou 45 000 éuros) Et l?articlé 522-1 du mé mé codé , cré é par la
mé mé loi ré primé la misé a mort, d?un animal qu?il soit doméstiqué, apprivoisé ou ténu én captivité , hors du cadré dés
activité s lé galés. L?articlé L. 214-3 du CRPM quant a lui posé lé principé : «Il ést intérdit d'éxércér dés mauvais
traitéménts énvérs lés animaux doméstiqués ainsi qu'énvérs lés animaux sauvagés apprivoisé s ou ténus én captivité .»
Dés contravéntions sont é galémént pré vués pour lés bléssurés involontairé, lés mauvais traitéménts, la misé a mort
sans né céssité (art R. 653-1, R. 654-1 CP , R. 655-1 CP).
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Annexe 5 : Liste et cartes de l?implantation des CSFS
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Carte 1 Localisation des centres de soins de la faune sauvage recensés sur le territoire national et leurs départements
d'intervention (hors collectivités d?outre-mer) au 1er juillet 2022
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Carte 2 Répartition géographique des différentes catégories de centres de soins de la faune sauvage (hors collectivités
d'outre-mer) au 1er juillet 2022
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Carte 3 Localisation des centres d?accueil d?animaux marins (hors collectivités d?outre-mer) au 1er juillet 2022
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Annexe 6 : Temps moyen d?hospitalisation des animaux reçus au CVSE* en 2021
Temps moyen d?hospitalisation des animaux reçus au CVSE en 2021 en fonction de leur catégorie et de leur devenir (données juin 2022 /
Olivier Lambert)
*Centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes à Nantes
TOTAL animaux reçus TOTAL animaux soignés TOTAL animaux relâchés
nombre
temps moyen
d'hospitalisation
(en jours)
nombre
temps moyen
d'hospitalisation
(en jours)
nombre
temps moyen
d'hospitalisation
(en jours)
tous animaux* 2270 14 1094 28 719 35
mammifères 898 15 466 29 299 39
oiseaux* 1365 13 624 28 415 32
d
é
ta
il
o
i-
s
e
a
u
x
colombins & gallinacés 233 10 82 27 63 30
échassiers 36 8 15 19 11 22
palmipèdes 100 19 67 28 49 32
passereaux & autres 618 4 214 12 140 13
rapaces* 378 27 246 42 152 52
* deux rapaces ne sont pas pris en compte car toujours hospitalisés au centre ; ils feront augmenter les moyennes
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
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Annexe 7 Les animaux des espèces exotiques
envahissantes et les animaux des espèces
exotiques confiés par l?autorité judiciaire
Les espèces exotiques envahissantes (EEE) ne doivent pas être admises
Les EEE85 sont introduites par l?homme sur un territoire qui n?est pas naturellement le leur et y
prolifèrent, menaçant les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces locales. La
réglementation varie selon des critères biologiques et parfois socio-économiques : pour certaines
espèces, seule l?introduction est interdite mais le transport, la détention et le commerce restent
autorisés ; pour les autres, toutes ces activités sont interdites.
Par conséquent, aucun centre n?est autorisé à relâcher les spécimens de ces espèces, surtout s?il
ressort du niveau le plus préoccupant, c?est-à-dire le second, qui reprend systématiquement les
espèces déterminées par l?Union européenne (cf. annexe II de l?arrêté du 14 février 2018)86
Les animaux sauvages confiés à la demande de l?autorité judiciaire ne devraient
bientôt plus être hébergés par les CSFS
Les CSFS accueillent régulièrement des spécimens de la faune sauvage captive exotique à la
demande de la police ou de la justice pour les besoins des enquêtes judiciaires ; même si ces
accueils sont temporaires, il conviendrait de les faire cesser.
D?autant que les dispositions de l?article 99-1 du code de procédure pénale précisent que le juge
d?instruction ne peut placer l?animal que dans un lieu prévu à cet effet et donc adapté à leurs
besoins biologiques.
La question du placement se pose de la même manière s?il concerne des animaux sauvages de
la faune locale, même si les animaux en cause sont visés par les arrêtés d?ouverture des centres,
les centres de soins n?étant pas habilités à accueillir des animaux sauvages captifs.
Toutefois, ces placements, qui ne correspondent pas à la vocation des centres de soins de la
faune sauvage, devraient tendre à disparaître avec la création de refuges et sanctuaires prévus à
85 « Une espèce exotique envahissante (EEE) est une espèce introduite par l?homme volontairement ou
involontairement sur un territoire hors de son aire de répartition naturelle, et qui s?y installe et prolifère au point de
menacer les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces locales.
Ces espèces représentent une menace pour les espèces locales, car elles accaparent les ressources (espace,
soleil, habitats, sites de nidification, proies?) dont les autres espèces ont besoin pour survivre. Elles peuvent
aussi être prédatrices directes des espèces locales. Les espèces exotiques envahissantes sont aujourd?hui
considérées comme l?une des principales menaces pour la biodiversité. (?)
Deux niveaux de réglementation s?appliquent, en fonction de la situation de l?espèce, de l?évaluation du risque
d?invasion biologique, ainsi que, le cas échéant, de l?importance socio-économique et des risques d?invasion
biologique liés à l?exploitation de l?espèce.
? Un premier niveau (art. L.411-5) interdit l?introduction d?individus dans le milieu naturel. Le transport, la détention
et le commerce restent autorisés.
? Un deuxième niveau (art. L.411-6) interdit quant à lui en complément l?introduction, le transport, la détention et le
commerce d?individus sur le territoire national.
Ces espèces sont définies par arrêté, de façon distincte sur le territoire de la métropole et dans les différents
territoires ultramarins, du fait de la sensibilité particulière de ces territoires aux invasions biologiques. » (Extrait de
la consultation publique sur de nouvelles EEE mars 2022).
86 Arrêté du 14 février 2018 modifié relatif à la prévention de l'introduction et de la propagation des espèces
animales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain
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l?article L. 413-1-1 du code de l?environnement évoqué précédemment.
Sur ce sujet, la mission ne peut que renvoyer aux réflexions et recommandations du rapport du
CGEDDD n° 013642-01 sur « Le placement des animaux sauvages vivants ».
Rapport n°014342-01 Amé lioration dé la situation dés céntrés dé soins dé la fauné
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Annexe 8 : L?implication des vétérinaires dans les
soins à la faune sauvage libre pourrait être plus
importante
En dehors d?un centre de soins, le découvreur d?un animal en détresse fera le plus souvent appel
à un vétérinaire qui pourra examiner et soigner l?animal, mais qui ne pourra éventuellement le
conserver au-delà de quelques jours.
Des personnes interrogées, il ressort que bon nombre de vétérinaires pensent ne pas être
autorisés à recevoir et porter des soins à un animal de la faune sauvage locale.
Ce n?est pas l?analyse du CNOV qui a développé des informations juridiques et techniques sur
son site à l?intention des vétérinaires praticiens. Ainsi dans son « Guide de soins faune
sauvage », il indique, après avoir cité la loi du 10 juillet 1976 et l?article R. 242-4887 du CRPM,
que « Le vétérinaire peut donc prodiguer les soins d?urgence aux animaux de la faune sauvage
pour mettre fin à leurs souffrances ou permettre de les diriger vers un centre de sauvegarde.»
Cette position est conforme à la circulaire du 12 juillet 2004 relative au suivi des activités des
centres de sauvegarde pour animaux de la faune sauvage (NOR : DEVN0430281C, publiée au
Bulletin officiel du MTECT). Cette circulaire met toutefois en garde les vétérinaires puisqu?ils sont
dépourvus d?autorisation de détention et de transport de la faune sauvage. Elle recommande
donc de faire acheminer très rapidement l?animal, une fois soigné, vers le CSFS le plus proche.
Sur l?aspect financier de l?intervention des vétérinaires, le CNOV considère que l?animal sauvage
en liberté n?étant la propriété de personne, les soins le concernant sont « par définition, gratuits »
mais que « le vétérinaire a le droit d?accepter un dédommagement si le découvreur le propose »
Saisi d?un projet de convention de « mécénat de compétence » (dispositif fiscal, faisant
application de l?article 238 bis du CGI, auquel les vétérinaires ont fréquemment recours lorsqu?ils
interviennent dans les CSFS) élaboré pour le Centre de la LPO de l?Ile-Grande, le CNOV a
considéré qu?il contrevenait au code de déontologie. Par une délibération de septembre 2021, il
conseille de ne pas faire référence au dispositif fiscal du mécénat de compétence et de concevoir
un contrat de partenariat par lequel le vétérinaire libéral s?engagerait à prodiguer les premiers
soins aux animaux en détresse qui lui seraient présentés puis les dirigerait dès que possible vers
un CSFS. Il s?est déclaré disponible pour faire avancer un modèle de contrat de respectueux de
l?intérêt des animaux et du code de déontologie. Cette réflexion ne semble pas avoir abouti, ce
qui pourtant faciliterait l?intervention des vétérinaires dans les centres de soins.
Au total, malgré cette difficulté, la mission estime que rien ne s?oppose à que les vétérinaires
soient parties prenantes des soins aux animaux de la faune sauvage.
87 L?article R. 242- 48 du CRPM, qui s?applique quel que soit le statut de l?animal, dispose-t-il
« V.-Lorsqu'il se trouve en présence ou est informé d'un animal malade ou blessé, qui est en péril, d'une espèce
pour laquelle il possède la compétence, la technicité et l'équipement adapté, ainsi qu'une assurance de
responsabilité civile professionnelle couvrant la valeur vénale de l'animal, il s'efforce, dans les limites de ses
possibilités, d'atténuer la souffrance de l'animal et de recueillir l'accord du demandeur sur des soins appropriés.
En l'absence d'un tel accord ou lorsqu'il ne peut répondre à cette demande, il informe le demandeur des
possibilités alternatives de prise en charge par un autre vétérinaire, ou de décision à prendre dans l'intérêt de
l'animal, notamment pour éviter des souffrances injustifiées. En dehors des cas prévus par le précédent alinéa, le
vétérinaire peut refuser de prodiguer ses soins pour tout autre motif légitime.VI.-Sa responsabilité civile
professionnelle doit être couverte par un contrat d'assurance adapté à l'activité exercée. »
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-0002984/A0190007.pdf
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Annexe 9 : Modèle économique « professionnalisé »
proposé par la LPO
Modèle actuel d?un centre « moyen », accueillant 3000 animaux par an :
- Budget : 150 000¤/an, soit 59¤/animal reçu
Moyens en personnel : Chaque membre de l?équipe est appelé à être polyvalent et
à dépasser son temps contractuel de travail (moyenne de 11 heures de travail par
jour) pour une rémunération modeste.
- 1 chef de centre : 1 700¤ nets/mois (32 400¤/an de charges salariales)
- 2 soigneurs : 2 x 1 350¤ nets/mois (2 x 23 300¤/an)
- 1 agent administratif : 1 350¤ nets/mois (23 300¤/an)
Soit 102 300¤/an de charges salariales (70% des dépenses).
(source88 : coût moyen d?un centre de soins pour les membres du RCSFS ; RCSFS,
2022)
Modèle proposé pour un centre accueillant 2500 animaux par an
? Budget : 352 000 ¤/an, soit 140 ¤/animal reçu
Moyens en personnel* : Le centre se professionnalise avec plus de soignants, dont
un vétérinaire, et il est moins dépendant de la main d?oeuvre bénévole ; il bénéficie
d?un personnel spécialisé aussi pour les tâches hors soins des animaux.
Objectif : sortir d?un modèle où le chef de centre doit s?occuper de tout pour le
recentrer sur un rôle de coordonnateur de l?équipe soignante. Les soigneurs ont le
temps nécessaire pour s?occuper des animaux et suivre le travail des bénévoles.
- 1 chef de centre, capacitaire : 2 200¤ nets/mois (35 246¤/an)
- 1 vétérinaire : 2 667¤ nets/mois (43 519¤/an)
- 3 soigneurs : 3 x 1 916¤ nets/mois (83 130¤/an)
- 2 médiateurs : 2 x 1 916¤ nets/mois (55 420¤/an)
Soit 217 315¤/an.
Autres dépenses
Prestations vétérinaires spécialisées : 30 000 ¤
Alimentation animale : 50 000 ¤
88 Communication à la mission
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Fluide : 7 000 ¤
Déplacements : 5 000 ¤
Petits matériels : 5 000 ¤
Frais de structure : 30 000 ¤
Frais généraux : 3 000 ¤
Communication et sensibilisation : 5 000 ¤
(source : LPO ? étude pour la région Bretagne, 2021)
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Annexe 10 : Les parcs zoologiques participent de plus en plus au fonctionnement
des centres de soins de la faune sauvage
Parcs zoologiques ayant créé un centre de soins
Parcs zoologiques Centre de soins
Statut juridique du parc
zoologique
Espèces
Les 3 Zoos de
Guyane, Guadeloupe,
Martinique
Le centre de soins de Guadeloupe et de Guyane géré par
l?association « SOS Faune sauvage » crée et financée par les
parcs (cf. encadré X) gère les 2 antennes du centre de soins.
Privé
Faune locale
Espace Rambouillet Centre de soins des rapaces Établissement public (ONF) Oiseaux
Parc d?Isle Centre de sauvegarde de Saint Quentin Communauté de communes
(Agglomération du Saint Quentinois)
Oiseaux
Parc Argonne
Découverte
Centre de sauvegarde de l?Argonne
Communauté de communes
(Communauté de communes de
l'Argonne Ardennaise)
Oiseaux et mammifères
Océanopolis- Brest Centre de soins et de conservation de la faune aquatique de
Bretagne géré par l?association pour la Conservation des
mammifères et oiseaux marins de Bretagne (ACMOM)
Équipement de Brest Métropole Mammifères
(majoritairement phoques
gris) oiseaux marins
Aquarium de La
Rochelle
Centre d?études et de soins pour les tortues marines (CESTM)
Privé
Le CESTM est propriété de la
Région
Tortues marines
Aquarium de Biarritz Centre de soins Communauté de communes ? ou
municipalité de Biarritz ?
Phoques et tortues marines
Kélonia Centre de soins des tortues marines, centre de recherche et
musée (Observatoire des tortues marines Kélonia)
Région La Réunion Tortues marines
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Trois projets ont par ailleurs été cités, portés respectivement par :
? le zoo Parc de Beauval (sous l?égide de Beauval Nature, l?association du parc animalier) d?une capacité de 5000 animaux, ouvrira en 2023 ;
? le zoo de Dunkerque (Communauté urbaine de Dunkerque) ouvrira en 2024 ;
? le zoo des tortues A Cupulatta à proximité d?Ajaccio qui a déposé une demande d?autorisation d?ouverture pour développer un centre de soins
pour les tortues marines. Cette création, encouragée par l?OFB, viendra combler un manque en Corse, où ont lieu beaucoup d?échouages et de
captures à la palangre. Jusqu?à présent, les tortues nécessitant des soins sont envoyées dans un centre en Sardaigne, non sans des difficultés
administratives.
D?autres formes de soutien financier et de collaboration s?amplifient :
Les exemples rapportés à la mission d?un appui réel et substantiel sont multiples :
? Réserve Africaine de Sigean : soutien de 20 k¤/an depuis 2018 au CSFS de la LPO Occitanie (Villeveyrac dans l'Hérault) ;
? Parc animalier de Sainte-Croix (57) : sur le fond de dotation » Sainte Croix Biodiversité » créé en 2016, aide annuelle au fonctionnement du
Gorna- 67 (8 000 ¤ en 2021) et du CFSL-54 (7 600 ¤ en 2021), financements ponctuels de la rénovation des installations, reprise des tortues de
Floride apportées au CSFL ;
? Parc Animalier d?Auvergne (63) : soutien financier (3 000 ¤ en 2020 ; 5 000 ¤ en 2021) au CSFS Panse Bêtes à Chamalières ;
? Safari de Peaugres (07) : soutien le CSFS L?hirondelle (Rhône Alpes) par un versement annuel et un arrondi solidaire aux caisses des points de
Parcs zoologiques Centre de soins
Statut juridique du parc
zoologique
Espèces
Aquarium de
Guadeloupe
Centre de Soins des Tortues Marines de Guadeloupe.
L?aquarium finance l'association « Karet » qui gère le centre de
soins.
Public
10 à 30 tortues/an
Marineland Centre de Réhabilitation de la Faune Sauvage L?association
d?entreprise Marineland gère le CRFS.
Privé Tortues marines
Refuge de l?Arche Centre de Sauvegarde de la faune sauvage locale "Valentine et
Jacques Perrin".
Privé/ (Association « club pour
l?étude et la protection des animaux
et de la nature » (CEPAN) RUP)
Oiseaux et mammifères
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vente ;
? le zoo de la Boissière du Doré (44) finance le projet d?un centre de soins, Faunalis, en Loire-Atlantique ;
? Puy du Fou (85) : soutien financier (don, prise en charge d?une partie des ressources alimentaires) et soutien zootechnique et formation (conseils
et expertise, partage de ressources et d?expériences) ;
? Parc de Clères (76) : appui technique du vétérinaire au centre de soin le CHENE (notamment réalisation d?autopsies dans le cadre du suivi des
échouages des mammifères marins).
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céntrés dé soins dé la fauné sauvagé
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Annexe 11 Les aides de plusieurs régions aux
centres de soins de la faune sauvage et
l?organisation en réseaux régionaux
Région Bourgogne Franche Comté
Par une délibération de janvier 2017, la région Bourgogne Franche Comté a décidé de soutenir
les associations de sauvegarde de la faune sauvage implantées dans la région, dans leurs
missions de collecte d?animaux blessés, de soins et de réhabilitation dans le milieu naturel. L?aide
porte sur les frais généraux de la structure (nourriture, frais vétérinaires, frais de structure), les
frais en personnel (soigneur, gestion et traitement statistique des données, secrétariat), les
actions d?information et de sensibilisation du public et des scolaires, les frais d?organisation de
sessions de formation continue de correspondants.
Le plafond de l?aide est de 10 k¤/structure de portée départementale ou limitrophe et 30
k¤/structure de portée régionale ou interrégionale. La subvention est calculée de manière à ce
que la part d?autofinancement du maître d?ouvrage atteigne au moins 20% du montant total des
dépenses subventionnables.
Région Grand Est
La région Grand Est subventionne les quatre principaux centres généralistes implantés sur son
territoire. Elle mobilise une enveloppe limitée de 100 k¤ par an en crédits de fonctionnement et
40 k¤ en crédits d?investissement. Un règlement triennal, établi depuis 2017 attribue à chaque
centre de soins une enveloppe de fonctionnement annuel de 25 000 ¤ par centre. Ce budget
relève du budget global dédié à la préservation de la biodiversité.
Sous l?impulsion de la région, les quatre CSFS se sont répartis les territoires d?intervention. La
région présente ce maillage sur son site internet, y met en valeur leurs actions et délivre des
messages sur le comportement à tenir en cas de découverte d?un animal blessé.
Région Normandie
La région compte deux centres généralistes. Les élus sont particulièrement sensibles à
l?engagement des personnes qui y travaillent et à la vocation pédagogique des centres de soins.
La région apporte une aide au fonctionnement du CSFS géré par l?association CHENE de 74 k¤
(plus de 25% des financements en 2021).
Des projets peuvent également émarger sur l?enveloppe de 800 k¤ mobilisée chaque année sur
la pédagogie, ainsi que sur les contrats de territoires avec les EPCI financés par la Région. Sous-
réserve d?un « cadre normé » national sur les missions des centres de soins de la faune
sauvage, le vice-président de la région se dit disposé à accorder une dotation statutaire sur trois
ans pour assurer « un socle de fonctionnement », puis à financer des actions spécifiques dans le
cadre d?appels à projet.
Région Nouvelle-Aquitaine
La région Nouvelle-Aquitaine a adopté en 2018 un Règlement d?intervention des centres de
sauvegarde de la faune sauvage, traduit dans un Schéma régional des centres de sauvegarde
de la faune sauvage. L?ambition du conseil régional est de permettre à ces structures :
d?optimiser leur fonctionnement et, pour certaine, de les protéger d?une certaine précarité
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financière, d?identifier leurs besoins et de les partager, de mutualiser leurs outils et d?être en
capacité d?agir en cas de crise majeure.
L?aide au fonctionnement s?adresse à neuf centres généralistes89 est de 23 000 euros par an et
par centre, dans la limite de 80% au maximum du budget de fonctionnement, à travers des
conventions annuelles (sauf avec la LPO qui bénéficie d?une CPO). L?objectif est de permettre de
(co-)financer à minima le salaire du capacitaire de la structure.
Le soutien à l?investissement est dynamique. La région accompagne en particulier la création
d?un nouveau centre généraliste dans le département de la Dordogne, ce projet, qui bénéficie de
concours locaux, est porté par un collectif d?associations. La politique de la région est par ailleurs
d?accompagner la mise aux normes et l?amélioration des installations existantes (exemples : Aide
à une acquisition foncière pour maintenir un centre de soins multi espèces et permettre le
transfert de sa gestion d?un particulier à une association dédiée ; financement de la salle de
chirurgie de la LPO d?Audenge qui salarie un vétérinaire ; plusieurs améliorations des
installations du centre de soins Hegalaldia (eau chaude, climatisation, nouvelles volières, ?).
La région Nouvelle-Aquitaine propose également d?accompagner les centres de soins dans le
montage de dossiers.
Trois agents du service biodiversité de la région consacrent aux CSFS une part de leur temps.
En matière de communication avec le grand public, la région envisage de créer, avec l?agence
régionale de biodiversité (ARB), une plate-forme permettant de répondre plus efficacement aux
questions posées après la découverte d?un animal blessé et dans leurs démarches pour trouver
d?autres sources de financements (FEDER, ?).
Région Occitanie
Depuis 2018 à la région finance les CSFS à travers sa politique Biodiversité, sur une ligne
budgétaire s?intitulant « Soutien à l?intégrité physiques des espèces patrimoniales dans le cadre
de la trame verte et bleue »). Elle a aidé, en 2021, cinq centres qui en ont fait la demande, par
une aide au fonctionnement (10 k¤ max par centre dans la limite de 80 % du budget de
fonctionnement) et/ou par une aide à l?investissement (deux centres aidés pour l?achat de
volières). La région finance aussi le CSFS Hegalaldia (en région Nouvelle-Aquitaine).
Dans le cadre de l?élaboration en cours de son Plan Nature (Plan NOE : « Nature en
Occitanie ?évidemment », dont le vote devrait intervenir en novembre 2022) qui vise à
rapprocher la biodiversité du public, les CSFS sont identifiés comme une porte d?entrée à la
relation avec la faune sauvage, qui incarne de façon emblématique l?environnement. La
présidente de région a fait l?annonce de la création d?un réseau de centres de soins pour la faune
sauvage afin de garantir le bien-être animal. Les services techniques travaillent à un dispositif
régional, à partir de critères à définir, en tenant compte également du maillage du territoire, pour
une présentation à l?exécutif au second semestre.
La réflexion devrait être amenée au sein du comité des financeurs animé par l?ARB, et avec les
départements dans le cadre du chef de filât.
Région Réunion
La région est propriétaire des terrains et bâtiments du centre « Kelonia » ("L?observatoire des
tortues marines") qui est à la fois un aquarium, musée, et un important centre de recherche,
d?intervention et de soins consacré aux tortues marines. Il a confié la gestion de ce centre à la
société publique locale Réunion des musées régionaux (SPL RMR).
89 La ré gion compté 12 CSFS. Lé dé partémént dé Charénté Maritimé ést proprié tairé du céntré dé soins sur Olé ron
(« Le marais aux oiseaux ») ét né sollicité pas l?aidé du Conséil ré gional dé Nouvéllé Aquitainé. Lé CSFS dé La Rochéllé
n?ést pas non plus accompagné par la Ré gion, ainsi qu?un autré céntré tré s spé cialisé sur lé hé risson.
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De plus, la région est maître d?ouvrage de la construction de la « nouvelle route du littoral »
reliant Saint-Denis à La Possession. Dans le cadre de la démarche « Éviter-Réduire-Compenser
», une mesure compensatoire est mise en oeuvre à travers laquelle le budget de la région
participe au fonctionnement de la SEOR au titre d?une meilleure prise en charge et d?un meilleur
suivi des oiseaux échoués ou morts qui seraient récupéré lors du chantier et après la mise en
service de la nouvelle infrastructure. La mesure compensatoire est dotée d?un montant total de
390K¤ permettant de couvrir la phase chantier (2014-2020) puis la phase d?exploitation (2020-
2040). Le niveau de financement revu en 2020 s?établit à hauteur de 8 892 ¤/an et cela jusqu?à
2040, assurant au centre une ressource jusqu?à cette échéance.
La mission n?a pas eu connaissance de l?existence de mesure compensatoire ou de mesure
d?accompagnement au bénéfice d?un CSFS en dehors de ce cas. Cela semble pourtant une
possibilité dans l?avenir lors de projets d?infrastructures d?envergure. Cette ressource a été
évoquée par l?OFB en lien avec les installations des parcs éoliens en mer.
Région Bretagne
La région Bretagne a commandé une étude à la LPO afin de dresser un état des lieux des sept
centres CSFS de la région et lui proposer des pistes d?actions 90 . Parmi celles-ci, figurent
notamment les idées de créer un centre généraliste par département ainsi qu?un service
collaboratif et mutualisé afin d?organiser la médiation, de coordonner le rapatriement des
animaux blessés et de structurer un réseau de vétérinaires bénévoles.
90 https://www.lpo.fr/lpo-localés/lpo-brétagné/actu-brétagné/actu-brétagné-2021/fauné-én-détréssé-uné-étudé-
qui-ouvré-la-voié
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Annexe 12 Les modes de financement des centres
de soins de la faune sauvage des écoles nationales
vétérinaires
ONIRIS à Nantes (ENV de Nantes) : Le centre de soins du CHUV de Nantes (budget d?environ
350 k¤ en 2021) occupe des bâtiments qui appartiennent à l?agglomération de Nantes, depuis sa
création en 2003. Il est financé majoritairement par ONIRIS et a conclu quelques conventions de
partenariat sur la base de prestations de service (conseil et expertise sur les abeilles sauvages)
par exemple avec Nantes Métropole (10k¤/an) et le conseil départemental de Loire Atlantique
(20k¤/an).
Les recettes extérieures privées ne sont pas plus assurées pour cet établissement public que
pour une association ; elles ont d?ailleurs décru ces dernières années. Jusqu?en 2020, TOTAL
apportait 85 000 euros depuis l?Erika en application de conventions triennales régulièrement
reconduites et la région apportait 50 000 euros par an jusqu?en 2016. La direction d?ONIRIS
souhaite développer du mécénat et a le projet de créer une fondation.
ENV Toulouse (ENVT) : Le budget de fonctionnement du centre de soins de la faune sauvage
du CHUV de l?ENV de Toulouse n?est pas individualisé et n?a pu être communiqué à la mission.
L?ENVT dispose d?une fondation.
ENV Alfort (ENVA) : L?association Faune Alfort a été créée en 2014 pour rechercher des fonds
car jusqu?alors l?école était seule à financer. Faune Alfort soutient directement et matériellement
le CHUV-FS de l?ENVA à travers un partenariat étroit formalisé par une convention, conclue pour
trois ans et révisée annuellement. Du personnel technique est mis à disposition par l'association,
ainsi que le secrétariat et le matériel de soins pour les animaux. La participation de Faune Alfort
est de l?ordre de 300 k¤/an sur un budget global du CHUV-FS de l?ordre de 600 k¤/an.
Le centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV) de Maison-Alfort fonctionne grâce à
de nombreux bénévoles à travers un partenariat avec l?association Faune Alfort.
Le bénévolat y est important, valorisé à hauteur de 380 k¤/an.
Environ 250 personnes ont participé aux soins en 2021 : 97 étudiants vétérinaires (inscrits à la
rentrée 2020), 99 stagiaires (conventionnés ou écovolontaires) environ 50 bénévoles ont
participé aux soins de façon régulière, l?ensemble de ces bénévoles cumulant 16 équivalents-
temps plein.
A ces soignants bénévoles, s?ajoutent une trentaine de bénévoles qui se consacrent aux
installations recevant les animaux (construction, entretien) et aux transports de ces derniers.
En 2021, l?association Faune Alfort comptait 1 905 adhérents, et 1 939 donateurs chez les
particuliers. Globalement, par leurs dons et adhésions, les particuliers contribuent au budget de
l?association à hauteur de 58,47%, situation exceptionnelle parmi les associations soutenant des
centres de soins, ainsi que vis-à-vis des autres écoles nationales vétérinaires.
Le fonctionnement des CHUV de Nantes et de Toulouse, s?il fait appel aux étudiants et aux
stagiaires, n?implique pas de bénévoles extérieurs, ni d?association. Le fonctionnement est
totalement internalisé et pris en charge par le budget de l?ENV.
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Annexe 13 Les centres de soins bénéficient de la
politique mise en place en faveur de la vie
associative et de l?emploi sur le territoire national
La mission a relevé au cours des entretiens plusieurs dispositifs d?exonérations et réductions de
charges, cités par les responsables des centres comme de véritables atouts, et vers lesquels ils
sont très facilement orientés par les départements et leurs fédérations notamment.
Exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) : Les opérations commerciales
réalisées par les associations sans but lucratif gérées de manière désintéressée sont exonérées
de TVA. Le seuil de recettes lucratives accessoires au-delà desquelles les associations sans but
lucratif ne peuvent bénéficier d'exonération des impôts commerciaux est fixé à 72 432 euros pour
2021. Même si la direction de la jeunesse, de l?éducation populaire et de la vie associative
(DJEPVA) souligne que ce seuil constitue un effort important de la part de l?État, plusieurs
centres souhaiteraient voir ce plafond augmenter.
Abattement sur la taxe sur les salaires : Les associations loi 1901, quel que soit leur
objet, ainsi que les associations régies par la loi locale applicable dans les départements du Bas-
Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle bénéficient d?un abattement sur le montant annuel de la taxe
sur les salaires dont elles sont redevables.
Dispositif local d?accompagnement (DLA), dans chaque département :
Plusieurs centres de soins ont bénéficié de ce dispositif d?accompagnement alimenté par des
crédits du ministère de l?emploi, des conseils régionaux et du Fonds social européen (FSE). Ils
ont souligné tout l?intérêt de ce dispositif grâce auquel ils ont pu engager une démarche
d?évolution du modèle économique, ont été accompagnés techniquement et financièrement dans
la fonction managériale, l?élaboration d?un plan stratégique de développement de l?activité et la
diversification des partenariats.
Formation des salariés, des bénévoles et des services civiques : Ces activités
permettent d?alimenter un compte personnel de formation (CPF). Le compte d'engagement
citoyen (CEC)91, rattaché au CPF, recense notamment les activités de bénévole, de volontaire ou
de maître d'apprentissage. Il permet d'acquérir des droits à formation inscrits sur le CPF. Les
jeunes qui ont travaillé en service civique ont donc un CPF.
91 Institué par la loi du 8 août 2016 dite « Loi travail », le compte d?engagement citoyen (CEC) est un nouveau
dispositif de l?État destiné à reconnaître et valoriser l?engagement bénévole de responsables associatifs très
investis.
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Annexe 14 : Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme ou
sigle
Signification
CEC Compte d?engagement citoyen
CESTM Centre d?études et de soins pour les tortues marines de l?aquarium de La
Rochelle
CESTMed Centre d?Étude et de Sauvegarde des Tortues Marines de Méditerranée
CGI Code général des impôts
CHENE Centre d?hébergement et d?étude sur la nature et l?environnement
CHUV-FS Centre hospitalier universitaire vétérinaire-Faune sauvage
CNOV Conseil national de l?ordre des vétérinaires
CNRS Centre national de la recherche scientifique
CPF Compte personnel de formation
CPO Convention pluriannuel d?objectifs
CRBPO Centre de recherches sur la biologie des populations d?oiseaux
CRFS Centre de Réhabilitation de la Faune Sauvage
CRPM Code rural et de la pêche maritime
CSFS Centre de soins de la faune sauvage
CVSE Centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes
DCSMM Directive cadre stratégie pour le milieu marin
DDCSPP Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des
populations
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Acronyme ou
sigle
Signification
DDETSPP Direction départementale de l?emploi, du travail, des solidarités et de la
protection des populations
DDPP Direction départementale de la protection des populations
DEB Direction de l?eau et de la biodiversité
DJEPVA Direction de la jeunesse, de l?éducation populaire et de la vie associative
DLA Dispositif local d?accompagnement
DREAL Direction régionale de l?environnement, l?aménagement et le logement
EEE Espèce exotique envahissante
ENV École nationale vétérinaire
EPA Établissement public administratif
ESOD Espèce susceptible d?occasionner des dégâts
EUROWA European oiled wildlife assistance
FEADER Fonds européen agricole pour le développement rural
FEDER Fonds européen de développement régional
FNADT Fonds national d?aménagement et de développement du territoire
FNE Fédération nature environnement
FSE Fonds social européen
LIFE L?instrument financier européen
LPO Ligue de protection des oiseaux
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Acronyme ou
sigle
Signification
MNHN Muséum national d?histoire naturelle
MTECT Ministère de la transition écologique et des relations avec les collectivités
territoriales
OFB Office français de la biodiversité
ONCFS Office national de la chasse et de la faune sauvage
PNA Plan national d?actions
RCSFS Réseau des centres de soins de la faune sauvage
RNE Réseau national échouage
RTMMF Réseau des tortues marines de Méditerranée française
SEOR Société d?étude ornithologique de la Réunion
SNB Stratégie nationale de la biodiversité
TVA Taxe sur la valeur ajoutée
UFCS Union française des centres de sauvegarde de la faune sauvage
UMS-Patrimat Unité mixte de service Patrimoine naturel
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Sommaire
Résumé
Introduction
Liste des recommandations
1 Les CSFS, très divers, sont centrés sur les soins aux spécimens de la faune sauvage locale
1.1 Les fonctions des CSFS les distinguent d?autres structures
1.2 Les CSFS sont le reflet d?une sensibilité croissante de la société au bien-être animal
1.2.1 Les CSFS, que représentent partiellement deux fédérations, connaissent une forte croissance de leur activité
1.2.2 Le bien-être animal prend le pas sur la préservation des espèces
1.3 Des établissements très hétérogènes
1.3.1 Certains centres accueillent toutes les espèces tandis que d?autres se spécialisent sur une seule
1.3.2 De natures juridiques très diverses, les CSFS sont dans leur très grande majorité gérés par des associations
1.4 Face à une inégale répartition des CSFS sur le territoire, des régions initient des réseaux à leur échelle
2 La contribution des centres de soins de la faune sauvage à la biodiversité
2.1 L?objectif des soins prodigués est la réintroduction de l?animal dans la nature
2.1.1 Les animaux pris en charge sont majoritairement des spécimens d?espèces protégées
2.1.2 Les centres sont soumis à de fortes amplitudes d?activités intersaison qui nécessitent d?être anticipées
2.1.3 Des outils de rapportage de l?activité et d?évaluation sont à standardiser, d?autres à construire
2.1.4 La biosécurité dans les centres est à renforcer
2.2 Autour des soins, les centres développent d?autres activités
2.2.1 La formation des acteurs du soin de la faune sauvage, un levier essentiel pour la professionnalisation des centres
2.2.2 La « médiation » diffuse dans la société la connaissance de la nature
2.2.3 Certains centres contribuent à la connaissance et aux réseaux de surveillance
3 Le cadre juridique des CSFS devrait évoluer pour être adapté, clarifié et consolidé
3.1 Des non-conformités importantes concernent l?usage des médicaments vétérinaires
3.2 Des adaptations et des clarifications faciliteraient le fonctionnement des CSFS
3.2.1 Des actes de soins aux animaux de la faune sauvage pourraient être plus solidement délégués aux capacitaires
a. Actuellement seul un vétérinaire peut pratiquer des actes vétérinaires
b. La définition formelle des actes de soins que les capacitaires sont autorisés à pratiquer paraît nécessaire
3.2.2 Des guides d?installation et des bonnes pratiques de la prise en charge et une charte de déontologie permettraient, en souplesse, d?encadrer et d?orienter les pratiques des CSFS
3.2.3 L?autorisation de transport devrait pouvoir être déléguée au sein des CSFS
3.2.4 Les point-relais pourraient être officialisés
3.2.5 Une clarification s?impose pour les espèces susceptibles d?occasionner des dégâts (ESOD)
3.3 La reconnaissance législative des CSFS paraît un préalable indispensable pour consolider leur règlementation
4 Des centres en précarité financière et en quête d?aides auprès de partenaires privés et publics
4.1 Quelles sont actuellement les charges des centres de soins ?
4.1.1 Estimations des charges totales de fonctionnement des centres de soins de la faune sauvage
4.1.2 Une grande partie des dépenses de fonctionnement relèvent des salaires des personnels
4.1.3 L?alimentation des animaux, des charges en augmentation
4.1.4 D?autres charges font l?objet de contributions volontaires et ne pèsent pas dans le budget de la plupart des centres
4.2 Quelles sont les ressources actuelles des CSFS pour fonctionner ?
4.2.1 Cartographie des ressources directes
4.2.2 Les bénévoles et les volontaires, mobilisés à tous les niveaux des structures sont la première ressource
4.2.3 Les financements privés sont importants mais les gestionnaires sont aux limites de leurs capacités à les recueillir
4.2.4 Les parcs zoologiques participent de plus en plus au fonctionnement des centres de soins de la faune sauvage
4.2.5 Les collectivités territoriales sont les premiers financeurs publics
a. Les régions investissent le champ des soins à la faune sauvage locale
b. Les départements mobilisent une partie de leurs ressources dont la taxe d?aménagement
c. À l?échelle communale et intercommunale, des ressources difficiles à mobiliser
4.2.6 Les aides financières spécifiques de l?État sont très limitées
a. Les ENV financent chacune de manière différente le fonctionnement de leur propre centre de soins sur leur budget
b. Les aides allouées sur le budget du MTECT sont de l?ordre de 130 k¤ en 2022
c. Les aides allouées actuellement par l?OFB portent principalement sur la sauvegarde des tortues marines
d. Le fonds national d'aménagement et de développement du territoire (FNADT)
4.2.7 Les fonds européens mobilisés pour les programmes de recherche et quelques opérations d?investissements (FEDER et FEADER)
4.2.8 La prise en charge des frais d?équarrissage par France Agrimer
4.3 Des soutiens financiers publics au fonctionnement des CSFS dans le cadre de la stratégie nationale de la biodiversité et de ses déclinaisons territoriales seraient justifiés
4.3.1 Des systèmes de financements publics à envisager selon les compétences de l?État et des collectivités territoriales
a. Scénario A : Un système où les régions se verraient confier la compétence du bloc biodiversité
b. Scénario B : Dans la répartition actuelle des compétences sur la biodiversité dans la sphère publique, renforcer le soutien de l?État aux centres de soins dans le cadre des stratégies nationales
c. Scénario C : L?hypothèse de l?instauration d?un service public du soin à la faune sauvage de la compétence des communes et communautés de communes (redevance pour service rendu) à l?exemple des fourrières communales
4.3.2 La définition du concours de l?État au fonctionnement des CSFS dans le cadre de la SNB
a. Définition d?une nomenclature d?activités qui pourraient bénéficier du soutien financier du MTECT
b. Accompagner les centres de soins dans leur organisation collective afin de conforter la notion de réseau
c. Développer des stratégies pour faire un saut quantitatif sur les ressources privées
Conclusion
ANNEXES
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