Rencontre avec les pollinisateurs

Auteur moral
France. Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement ; France. Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature
Auteur secondaire
Résumé
Qui sont les insectes pollinisateurs ? Comment les différencier les uns des autres ? Et tous les insectes qui fréquentent les fleurs sont-ils des pollinisateurs ? Autant de questions pour lesquelles vous obtiendrez des réponses en lisant cette plaquette.
Editeur
MEDDTL/DGALN
Descripteur Urbamet
faune
Descripteur écoplanete
insecte ; hyménoptère ; abeille ; GUÊPE ; fourmi ; pollen ; bourdon
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
BIODIVERSITÉ pollinisateurs un pollinisateur, a ? un extraterrestre oui ! Rencontre avec les tous les go ts sont dans la nature ! Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement www.developpement-durable.gouv.fr les pollinisateurs introduCtion sommaire p. 4 Raconte-moi des histoires ! La pollinisation, comment ça marche ? pollinisateurs, qui êtes-vous ? p. 8 p. 10 Insectes p. 18 Plantes à fleurs et pollinisateurs : pas l'un sans l'autre p. 22 Le déclin des pollinisateurs p. 24 Que fait-on pour les pollinisateurs ? p. 26 Comment attirer les Connaissez-vous le point commun entre le cacaotier et la tomate, le bananier et la courge, le caféier et le pommier ? Les précieux fruits et légumes qu'ils produisent et que nous consommons sont dus à l'action d'insectes qui fréquentent leurs fleurs et assurent ainsi la pollinisation ! Ce dernier terme désigne l'ensemble des mécanismes par lesquels le pollen provenant de l'organe mâle d'une fleur (étamine) est acheminé vers l'organe femelle (pistil) d'une autre fleur. Ce pollen permettra ainsi la fécondation d'un ovule puis la formation d'un fruit contenant des graines. La pollinisation est donc le mode de reproduction sexuée des Îgétaux. Et les pollinisateurs ­ majoritairement des insectes ­ en sont les principaux acteurs. Pourquoi mettre à l'honneur ces animaux qui fréquentent les fleurs ? Justement parce que, sans leur travail, nous ne pourrions pas savourer la plupart des fruits et légumes que nous connaissons. Quotidiennement, sous nos yeux, les pollinisateurs rendent un service vital pour le maintien des populations de plantes sauvages et pour la productivité agricole. Dans le même temps, certaines activités humaines, comme l'utilisation excessive de pesticides ou la destruction des milieux naturels, sont responsables de leur disparition ou de leur raréfaction dans de nombreuses régions. Pour lutter contre ce déclin inquiétant, il est utile de savoir de quoi il est question. Comment se déroule la pollinisation ? Qui sont les pollinisateurs ? Quelles relations entretiennent-ils avec les plantes à fleurs ? Quelles actions sont menées en leur faveur ? Que peut-on faire chez soi pour favoriser leur présence, nécessaire pour nos plantes potagères ou nos arbres fruitiers ? Autant de questions (et bien d'autres) auxquelles nous allons tenter d'apporter des réponses. photos de gauche droite : pistil et étamines d'une fleur de lys bord de rivi re fleuri au printemps champ de tournesol. sans l'action des insectes pollinisateurs attirés par le nectar de ces fleurs, il n'y aurait pas de production de graines la floraison de la menthe attire de tr s nombreux pollinisateurs comme ce cuivré commun (lycaena phlaeas) ce bourdon terrestre (bombus terrestris) sur un chardon bleu témoigne de l'efficacité de certains insectes fixer le pollen le transporter et involontairement d'une une autre fleur photo de couverture : la tachinaire corpulente (tachina grossa), l'une des plus grandes mouches d'europe, apprécie le nectar des fleurs pollinisateurs chez soi ? p. 28 À vous de jouer ! Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 3 les pollinisateurs raconte-moi des histoires ! Quelle activité une abeille, une mouche, un papillon, un oiseau colibri et une chauve-souris ont-ils en commun ? Ces animaux interviennent dans la pollinisation des fleurs ! La preuve... en histoires. des ruChes à bourdons dans des serres La pollinisation des fleurs de tomate s'effectue généralement sans que le jardinier du dimanche ne s'en aperçoive. Des insectes transportent involontairement le pollen d'une fleur à une autre. Sous serre, ce mécanisme fonctionne mal, par manque d'insectes. La solution classique consiste à polliniser mécaniquement les fleurs à l'aide de vibrations et de courants d'air. Depuis quelques années, une méthode plus naturelle et moins consommatrice d'énergie se développe. Il s'agit d'installer dans les serres des ruches de bourdons. Ces derniers font vibrer les fleurs, ce qui fait tomber le pollen, un peu comme une salière que l'on tapote pour obtenir du sel (les abeilles n'en sont pas capables). investir un Peu Pour gagner beauCouP Pour les professionnels, aider la pollinisation est un bon placement : pour chaque dollar qui a été investi dans un service d'apiculture par un producteur québécois de pommes, le rendement de son verger a augmenté de 185 dollars ! bourdon (bombus en train de une fleur de pour récupérer terrestris) vibrer tomate le pollen sans pollinisation par les insectes, pas de tomate récolter Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 5 inflorescence de balisier (heliconia sp.), sur l' le de basse-terre en guadeloupe les pollinisateurs raconte-moi des histoires gousses de vanille (Vanilla planifolia) en vente sur un marché pollinisation manuelle d'une fleur de vanille une odeur nauséabonde mais effiCaCe La plus grande fleur du monde, Rafflesia arnoldii, qui peut mesurer un mètre de diamètre, se rencontre dans les forêts humides à Sumatra, à Bornéo et en Indonésie. Elle est pollinisée par des mouches qui sont attirées par l'odeur de viande avariée dégagée par la fleur ! Pourquoi La vaniLLe est-eLLe si Chère ? La vanille (une orchidée) fut découverte par les conquistadors en même temps que le cacao, auprès des Aztèques qui les consommaient depuis longtemps. Seule une abeille sauvage pollinise naturellement cette orchidée dans sa région d'origine... Et cet insecte ne s'est jamais acclimaté en dehors de l'Amérique centrale ! Dans les régions où elle fut introduite (Zanzibar, La Réunion, Madagascar, Polynésie...), la fleur ne se transformait pas en fruits (gousses). En 1841, un jeune esclave d'une plantation de l'île Bourbon (La Réunion) découvrit un procédé de pollinisation manuelle fleur à fleur. C'est le point de départ de la célèbre vanille Bourbon dont le coût très éleÎ est en partie dû à la nécessité de cette pollinisation manuelle. des CoLibris aCCros au neCtar Les balisiers sont des plantes tropicales originaires d'afrique, d'amérique et des Caraïbes. Les inflorescences aux couleurs vives, très appréciées dans les compositions florales, attirent de petits oiseaux, les colibris, qui sont les seuls animaux à pouvoir accéder au précieux nectar que la plante distribue par petites doses. Chez certaines espèces de balisier, la relation entre l'animal et la plante est tellement étroite qu'un colibri qui découvre une inflorescence ne s'en éloigne plus et est prêt à se battre pour en conserver l'exclusivité ! il est bizarre cet oiseau se battre pour une plante ! et toi ? tu ne t'es jamais battu pour une chenille ou une araignée ? tu as la mémoire courte ! Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 7 les pollinisateurs abeille domestique (apis mellifera) sur un cirse La pollinisation, comment ça marche ? Comment le pollen est-il transporté d'une fleur à une autre ? Les scientifiques ont mis en évidence plusieurs moyens qui assurent sa dispersion et ainsi la pollinisation des plantes. Lorsque Le vent souffLe La pollinisation anémogame, ou anémogamie, est assurée par le vent. Cette stratégie implique la production d'une grande quantité de grains de pollen adaptés au transport aérien. Les sacs de pollen sont portés à l'extérieur de la plante par un pédoncule très souple (le filet) ce qui leur confère une grande sensibilité au moindre souffle d'air. Par exemple : les graminées (poacées), les chatons du bouleau... graminées (poacées) au fiL de L'eau La pollinisation hydrogame, ou hydrogamie, est assurée par des courants d'eau qui transportent le pollen. Elle se rencontre chez quelques plantes à fleurs aquatiques. Le saviez-vous ? -----La pollinisation par le vent nécessite la production d'une grande quantité de pollen pour qu'un grain de pollen rencontre une autre fleur au hasard du esp ce d'entomogame, va ! Le rhume des foins transport aérien. Le pollen des plantes anémogames est ainsi responsable des « rhumes de foins », autrement dit de rhinites allergiques. Ces pollens peuvent provenir d'arbres (bouleau, noisetier, cyprès...), de poacées (foin, plantain...) ou d'autres plantes (ortie, armoise...) Le saviez-vous ? ------ Toutes les plantes sont-elles pollinisées ? La pollinisation est le mode de reproduction privilégié des plantes à graines qui regroupent les gymnospermes, chez lesquelles les graines sont nues (ex. : ginkgo, cycas, sapin, pin, if, mélèze...), et les angiospermes, chez lesquelles la graine est dans un fruit (ex. : blé, maïs, tulipe, orchidée, pâquerette, pommier, cerisier, sauge...). La plupart des gymnospermes sont anémogames. L'entomogamie se rencontre principalement chez les angiospermes. à « dos » de bête La pollinisation zoogame est assurée essentiellement par les insectes, on parle alors d'entomogamie, et plus rarement par des oiseaux et des mammifères (chauves-souris). C'est en recherchant de la nourriture (nectar, pollen), un abri ou un partenaire que ces animaux pollinisent involontairement les fleurs. colibri butinant un rincebouteilles ce n'est pas une insulte ! entomo veut dire insecte et game, union. l'entomogamie, c'est le transport par un insecte de pollen et l'union de ce pollen avec une autre fleur. cqfd ! Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 9 les pollinisateurs Insectes pollinisateurs, qui êtes-vous ? Ce sont surtout les insectes qui assurent le transport du pollen. Mais qui sont les insectes pollinisateurs ? Comment les différencier les uns des autres ? Et tous les insectes qui fréquentent les fleurs sont-ils des pollinisateurs ? gauche : abeille charpenti re (Xylocopa violacea) sur une campanule droite : bourdon (bombus sp.) sur une coronille les fourmis ne sont pas des pollinisateurs tr s efficaces mais elles sont performantes pour trouver les organes qui produisent le nectar (nectaires), ici sur une fleur d'euphorbe abeiLLes, bourdons et autres hyménoPtères Les hyménoptères regroupent en particulier les abeilles, les bourdons, les guêpes, les fourmis, soit près de 280 000 espèces dans le monde dont 8 000 en France métropolitaine. Ces insectes se caractérisent par deux paires d'ailes membraneuses (absentes chez les fourmis ouvrières mais visibles chez les reines et les mâles en période de reproduction). Parmi les pollinisateurs les plus connus, il y a l'abeille domestique, productrice de miel. Mais cela ne doit pas masquer la grande diversité des abeilles sauvages qui jouent un rôle fondamental dans la reproduction des plantes avec près de 1000 espèces différentes en métropole ! Les guêpes et les fourmis apprécient aussi le nectar. Les hyménoptères, abeilles et bourdons en particulier, sont parmi les pollinisateurs les plus efficaces. abeille sauvage (famille des halictidae) sur une joubarbe Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 11 les pollinisateurs Insectes pollinisateurs, qui êtes-vous ? stop ! Ils m'embrouillent avec leurs floricoles et pollinisateurs. tu n'as qu' retenir que tous les pollinisateurs sont des floricoles mais que tous les floricoles ne sont pas des pollinisateurs ! grand bombyle (bombylius major) sur du lierre rampant de fLoriCoLe à PoLLinisateur et inversement il n'est pas toujours simple, même pour les spécialistes, de déterminer si un insecte posé sur une fleur va jouer un rôle dans la pollinisation. On distingue, en effet, les insectes floricoles des insectes pollinisateurs. Ainsi, tous les insectes qui fréquentent les fleurs pour se nourrir de nectar et/ou de pollen sont dits floricoles. Ce faisant, en passant d'une fleur à une autre, certains insectes transportent involontairement du pollen et assurent ainsi la pollinisation. On peut alors les qualifier de pollinisateurs. un même insecte peut être pollinisateur d'une espèce de plante et floricole pour une autre. C'est le cas, par exemple, du bourdon terrestre (Bombus terrestris) qui syrphe ceinturé (episyrphus balteatus) sur un cosmos visite de nombreuses fleurs. Comme sa langue est courte, il ne peut pas accéder au nectar de certaines fleurs trop profondes. Il lui arrive donc de « tricher » en faisant un trou à la base de la fleur pour prélever le nectar. Dans ce cas, il n'assure plus la pollinisation puisqu'il n'est pas en contact avec les étamines et le pistil ! Il n'est plus qu'un floricole. en outre, une espèce d'insecte peut passer de pollinisateur à floricole et inversement en fonction des conditions environnementales. C'est le cas du syrphe ceinturé, une petite mouche colorée comme une guêpe, qui est plus ou moins efficace pour assurer la pollinisation du colza. À faible densité, l'espèce n'est pas très efficace car elle a un petit corps et peu de poils... À des densités intermédiaires, les syrphes fournissent un service de pollinisation non négligeable. À forte densité, ils redeviennent plus floricoles que pollinisateurs car, comme ils se nourrissent de pollen, ils en mangent plus qu'ils n'en transportent ! ci-contre : mouche couverte de pollen sur un euphorbe syrPhes, mouChes, bombyLes et autres diPtères Les diptères se caractérisent par le fait que la deuxième paire d'ailes est remplacée par des balanciers, organes qui interviennent comme des stabilisateurs du vol. Nous en connaissons 140 000 espèces dans le monde dont 8 000 en France métropolitaine. Parmi les espèces de diptères floricoles, on retrouve les syrphes qui ressemblent pour certains à de petites guêpes et sont capables de faire du vol sur place. Ils se nourrissent de pollen et/ou de nectar avec une trompe adaptée à leur régime alimentaire. Les diptères jouent probablement un rôle important pour la pollinisation des petites fleurs, peu attractives pour les gros pollinisateurs. éristale gluante (eristalis tenax) sur un prunus Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 13 les pollinisateurs Insectes pollinisateurs, qui êtes-vous ? trichie commune (trichius rosaceus) sur une fleur d'arum Le saviez-vous ? -----La survie de plus de 70 % à 80 % des plantes à fleurs (angiospermes) dans le monde dépend directement de la pollinisation par les insectes. Par ailleurs, plus de 70 % des cultures, dont presque tous les fruitiers, légumes, oléagineux et protéagineux, épices, café et cacao, soit 35 % du tonnage de ce que nous mangeons, dépendent fortement ou totalement d'une pollinisation animale. une abeille domestique (apis mellifera) et un bourdon terrestre (bombus terrestris) sur une inflorescence d'oignon Pollinisation et alimentation Cette dépendance existe pour la production de fruits (tomates, courges, arbres fruitiers...) et pour la production de graines (carottes, oignons...). Elle touche une majorité d'espèces productrices de denrées coûteuses. Enfin, certaines cultures ne dépendent pas des insectes, en particulier le blé, le maïs et le riz. Cétoines et autres CoLéoPtères Les coléoptères, littéralement « ailes dans un étui », sont des insectes qui se distinguent par leurs ailes antérieures dures et rigides appelées élytres. Elles forment une carapace qui protège l'abdomen et les ailes postérieures membraneuses. Parmi les 300 000 espèces dans le monde, dont 10 000 en France métropolitaine, on rencontre de nombreuses espèces floricoles, comme la cétoine dorée, la trichie commune ou l'oedémère noble. Les coléoptères consomment souvent les étamines et le pollen : ils sont généralement des pollinisateurs peu efficaces par rapport aux autres groupes d'insectes floricoles. Il faut pourtant noter que les premiers insectes pollinisateurs connus, il y a 200 millions d'années, étaient de petits coléoptères qui fréquentaient des cycas. oedém re noble (oedemera nobilis) sur un aster cétoine dorée (cetonia aurata) sur une inflorescence de viorne obier un bourdon terrestre et une abeille domestique se croisent l'entrée d'une fleur de courge Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 15 les pollinisateurs Insectes pollinisateurs, qui êtes-vous ? petit collier argenté (clossiana selene) sur une bugle rampante gauche : flambé (iphiclides podalirius) sur une lavande droite : paon du jour (inachis io) PaPiLLons (LéPidoPtères) Les papillons, ou lépidoptères, sont certainement les insectes qui fascinent le plus. On en connaît plus de 160 000 espèces dans le monde dont 5 200 en France métropolitaine. Cela dit, les plus connus sont les papillons dits « de jour » qui ne comprennent que 250 espèces en métropole. Les autres espèces, souvent plus discrètes, sont dites « de nuit » même si certaines vivent le jour. La plupart des espèces de papillons fréquentent les fleurs dont elles récoltent le nectar avec leur longue trompe qui est enroulée en spirale au repos. vanesse du chardon (cynthia cardui) sur une verveine officinale hyménopt res, coléopt res, lépidopt res... c'est quoi ces noms coucher dehors ? pas facile, je te l'accorde. mais avec un peu d'entrainement, tu pourras impressionner tes amis ou ta famille ! Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 17 les pollinisateurs fleur symétrie radiale : joubarbe (sempervivum sp.) Plantes à fleurs et pollinisateurs : pas l'un sans l'autre Comment ne pas s'émerveiller devant la diversité des fleurs (formes, coloris, odeurs...) dans son jardin ou dans un parc public. Mais quelles relations entretiennent les plantes à fleurs et les insectes pollinisateurs ? fleur de géranium sauvage (geranium sp.) étamine anth re filet CouLeur, forme, odeur : Les CLefs de La séduCtion Les insectes sont attirés par les couleurs des fleurs mais ne les perçoivent pas de la même manière que nous. La forme générale d'une fleur et les informations portées par le découpage et l'ornementation des pétales constituent d'autres signaux attractifs. De façon générale, on distingue les fleurs à symétrie radiale, qui permettent diverses positions et attirent de nombreux insectes, et les fleurs à symétrie bilatérale qui portent plus d'informations pour le positionnement de l'insecte et sont généralement associées à un plus petit nombre d'insectes floricoles. Les pétales sont également ornementés de lignes, de taches, de points qui servent à guider l'insecte vers le nectar ; on parle d'ailleurs de guides nectarifères. Enfin, les insectes sont attirés par l'odeur des fleurs qui peut être agréable ou désagréable à nos sens. C'est la conjugaison de ces facteurs qui attire tel ou tel pollinisateur. La fLeur, une CaraCtéristique des PLantes... à fLeurs ! La fleur est une caractéristique des angiospermes (cf. p. 9, Le saviez-vous ? ). Il s'agit d'une structure complexe dans laquelle les organes reproducteurs mâles, les étamines, et femelles, le pistil, sont regroupés et entourés de pièces enveloppantes. Les étamines fabriquent le pollen tandis que le pistil est composé d'un stigmate, sur lequel va se fixer le pollen, et d'un ovaire contenant le ou les ovules. Les premières fleurs fossiles connues datent du début du Crétacé, il y a environ 125 millions d'années. Les espèces se sont ensuite diversifiées rapidement. Les angiospermes dominent aujourd'hui largement la flore dans le monde entier avec environ 250 000 espèces, soit 70 % des Îgétaux connus. stigmate style pistil ov a i r e fleur symétrie bilatérale : cymbalaire des murailles (cymbalaria muralis) e n s e mb l e des sépales = calice e n s e mb l e des pétales = c or ol l e Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 19 les pollinisateurs Plantes à fleurs et pollinisateurs : pas l'un sans l'autre deux esp ces de coléopt res (en haut Malachius sp. et en bas Rhagonycha fulva) sur une inflorescence d'ombellif re (stratégie généraliste) Le PoLLinisateur est souvent réComPensé... Les signaux d'une fleur (couleur, forme, odeur...) sont d'autant plus attractifs pour les pollinisateurs qu'ils annoncent une récompense qui est, le plus souvent, de la nourriture pour l'insecte ou sa progéniture : le nectar, un liquide riche en sucres contenant également des acides aminés, des protéines, des vitamines. Il est produit par des tissus sécréteurs appelés nectaires ; le pollen est lui très riche en protéines et en sucres mais contient également des vitamines, des lipides... · · ...et Parfois tromPé Par La fLeur pollinisation. Ces Ophrys ont des floraisons précoces qui correspondent à la période d'éclosion de jeunes abeilles mâles peu expérimentées. En effet, après quelques accouplements déçus, et surtout avec l'arriÎe des femelles, ceux-ci ne visiteront plus ces fleurs à promesses non tenues ! dans d'autres cas, les pollinisateurs sont piégés. Chez l'arum d'Italie, par exemple, l'inflorescence dégage une une ophrys bécasse (ophrys scolopax) odeur d'excréments qui attire de petites Certaines fleurs proposent des signaux mouches. Le piégeage dans la partie qui annoncent une récompense mais basale de la fleur (voir photos) se déroule l'insecte repart finalement bredouille. en plusieurs étapes. Au final, les insectes Ainsi, certaines plantes ont des fleurs sans sont piégés pendant nectar qui imitent, par la couleur et environ 24 h avant l'odeur, les fleurs d'autres espèces qui d'être libérés sont, elles, nectarifères ! Les orchidées (porteurs de pollen) du genre Ophrys ont développé une autre et attirés par une stratégie : elles ne produisent pas autre inflorescence de nectar mais chaque espèce attire qu'ils polliniseront ! le mâle d'une espèce d'abeille sauvage en mimant la forme, les motifs mais aussi inflorescence l'odeur (phéromones) de sa femelle. Le d'arum d'italie mâle tente alors de s'accoupler et repart (arum italicum) et gros plan sur avec des sacs de pollen fixés sur la tête l'intérieur de la partie ou l'abdomen. Il va tenter de s'accoupler basale o les insectes sont piégés environ 24 h avec d'autres fleurs et assurera ainsi la ChaCun sa stratégie Pour assurer La PoLLinisation Pour assurer la pollinisation, les stratégies obserÎes chez les plantes sont diverses. Prenons deux exemples. La stratégie généraliste : faire venir le plus d'espèces d'insectes possible pour augmenter les chances de se faire visiter par des pollinisateurs efficaces. C'est la stratégie de beaucoup d'ombellifères, auxquelles la carotte appartient. L'inflorescence est constituée d'une multitude de fleurs rassemblées en ombelle, formant ainsi une Îritable piste d'atterrissage pour de nombreuses espèces d'insectes, et les ressources de la fleur (pollen et nectar) sont facilement accessibles. La stratégie spécialiste : restreindre le nombre de visiteurs et s'assurer que celui ou ceux qui viennent assureront la pollinisation. Par exemple, certaines orchidées, comme celles du genre Platanthera, se sont spécialisées dans l'attraction des papillons de nuit. Les fleurs sont généralement pâles, blanches ou verdâtres, le nectar est dissimulé dans un long tube étroit, l'éperon, accessible aux longues trompes des papillons. Les étamines et le stigmate sont positionnés de manière à optimiser la pollinisation. alors comme a, les plantes discutent de stratégies pour attirer les insectes ? mais elles ne parlent m me pas ! · · les chercheurs essaient de comprendre le monde vivant et identifient des stratégies qui se sont mises en place au cours de l'évolution des esp ces. Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 21 les pollinisateurs j'en ai assez ! il n'y en a que pour les insectes sur ces pages. pourtant, nous aussi, on décline. laissons leur cette éphém re gloire... avant qu'ils ne terminent dans nos estomacs ! Le déclin des pollinisateurs Pourquoi entend-on parler d'un déclin des pollinisateurs ? Quels sont les pollinisateurs concernés ? Comment s'explique ce phénomène et comment y remédier ? d colin fontaine, chercheur au muséum national d'histoire naturelle epuis plusieurs années, dans de nombreux pays dont la France, les apiculteurs constatent la disparition brutale et inexpliquée de colonies d'abeilles domestiques (Apis mellifera). On parle de syndrome d'effondrement des colonies. Au-delà de l'abeille à miel, il est aussi question d'un déclin général des pollinisateurs que de nombreux scientifiques tentent de comprendre. Rencontre avec Colin Fontaine, chercheur au Muséum national d'Histoire naturelle et spécialiste du sujet. qu'entend-on par déclin des pollinisateurs ? Colin fontaine : Le déclin des pollinisateurs signifie que la diversité et l'abondance des espèces d'insectes qui butinent les plantes à fleur diminuent, c'est-à-dire que certaines espèces disparaissent ou deviennent de plus en plus rares. Il est important de noter que cela concerne l'ensemble des pollinisateurs (abeilles sauvages, bourdons, syrphes, papillons...) et pas seulement l'abeille domestique. Ce déclin est particulièrement préoccupant car les pollinisateurs ont un rôle majeur, tant pour la reproduction d'un grand nombre de plantes sauvages que pour la production agricole. Ce déclin concerne-t-il l'ensemble des pollinisateurs ? C. f. : Bien que les données sur ce sujet restent encore incomplètes, il semble que ce déclin n'affecte pas toutes les espèces de façon équivalente. Certaines espèces ont même tendance à augmenter, mais ce n'est clairement pas la majorité. Une étude sur les pollinisateurs de Grande-Bretagne et des Pays-Bas a par exemple montré que la diversité des abeilles solitaires diminue dans ces deux pays. Par contre, les syrphes diminuent en Grande-Bretagne mais pas aux Pays-Bas. quelles en sont les causes ? C. f. : Les causes de ce déclin sont multiples et peuvent varier selon les espèces. Cependant, la dégradation des habitats, principalement due à l'intensification de l'agriculture et à l'urbanisation, ainsi que l'utilisation massive de pesticides sont reconnues comme ayant des effets majeurs. quels sont les moyens mis en oeuvre pour y remédier ? C. f. : Tout d'abord, différents programmes de recherche s'attachent à mieux connaître l'étendue de ce déclin ainsi qu'à en comprendre les causes. Cela est primordial pour proposer des solutions adéquates. Parmi les solutions d'ores et déjà mises en avant, on peut citer la réduction ou l'abandon de l'utilisation des pesticides comme cela se fait dans certaines agglomérations, le développement de jachères ou de bords de routes fleuris qui fournissent des ressources alimentaires aux pollinisateurs, ou bien encore la construction « d'hôtels à abeilles » qui offrent des sites de nidification pour les abeilles solitaires. abeilles domestiques (apis mellifera) à l'entrée d'une ruche Le saviez-vous ? ------ Estimer le coût d'un service écologique gratuit De récentes études européennes ont chiffré la valeur de l'activité pollinisatrice des insectes à 153 milliards d'euros, en 2005, pour les principales cultures dont se nourrit l'homme. Cela équivaut à 9,5 % de la valeur de l'ensemble de la production alimentaire mondiale. Par exemple, la culture du tournesol est tributaire de la présence de ruches à proximité et de plus en plus d'exploitants agricoles font appel aux apiculteurs, les pollinisateurs n'étant plus assez nombreux. Aux États-Unis, un grand nombre de professionnels louent leurs ruches pendant la floraison des cultures. Cette activité très lucrative ­ une ruche peut être louée plus de 100 euros ­ prend de plus en plus d'importance. De la même manière, de plus en plus d'arboriculteurs (poirier, pommier...) achètent ou louent des ruches de bourdons. Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 23 les pollinisateurs romain julliard, chercheur au muséum national d'histoire naturelle et initiateur du projet spipoll que fait-on pour les pollinisateurs ? État, collectivités, associations, citoyens, en ville comme à la campagne, chacun a un rôle à jouer dans la préservation de la nature et de la biodiversité. En voici quelques exemples. Le saviez-vous ? ------ SPIPOLL, c'est quoi ? v Comment les pollinisateurs sont-ils différenciés des espèces floricoles ? r. J. : Nous ne cherchons pas à quantifier l'efficacité de la pollinisation des différentes espèces photographiées. Il s'aÏre qu'il y a une grande continuité entre le pollinisateur « parfait » et le floricole strict : il est donc difficile de définir des frontières. C'est pourquoi notre approche vise à étudier toute espèce floricole qui participe peu ou prou à la pollinisation. quelle a été la participation en 2010, année de lancement de sPiPoLL ? r. J. : 5 000 personnes se sont inscrites, ce qui témoigne d'une bonne adhésion au concept. Parmi ces inscrits, 600 sont allés jusqu'au bout de la démarche en déposant leurs collections de photographies dans les bases de données. Cet écart important est surtout lié à des difficultés lors de la procédure de dépôt des routes et des abeiLLes des images sur le site internet. C'est Des espèces Îgétales qui produisent du nectar et du pollen pourquoi nous travaillons actuellement ont été semées au printemps 2010 (lotier, mauve, trèfle, à l'amélioration de l'interface. En termes coquelicot...), à titre expérimental, sur quelques parcelles d'animation, nous voulons inciter la le long du réseau routier géré par l'état, afin d'offrir aux participation des observateurs à une insectes pollinisateurs de nouvelles ressources alimenvalidation croisée des déterminations* taires. Les premiers résultats de cette démarche des pollinisateurs. En effet, en engagée par le ministère du Développe2010, nous avons pu valider ment durable mettent en évidence l'intégralité des 12 000 photos l'intérêt des implantations de mélanges déposées mais si, comme fleuris et de la pratique du fauchage nous le souhaitons, la tardif pour les insectes butineurs. participation augmente en abeille Un suivi scientifique de ces parcelles 2011, nous aurons besoin domestique pendant trois ans doit permettre de l'aide de tous les (apis mellifera) sur du lotier d'apprécier dans quelles conditions participants. cette action pourrait être étendue à * quelle espèce est présente sur la photographie l'ensemble du réseau routier national. ous rêvez de contribuer à des travaux scientifiques ? Vous avez un appareil photographique ? Alors, bienvenue au club SPIPOLL des photographes d'insectes pollinisateurs ! Rencontre avec Romain Julliard, chercheur au Muséum national d'Histoire naturelle et initiateur du projet. Pourquoi faire appel aux citoyens pour effectuer un suivi des pollinisateurs ? romain Julliard : L'idée principale est d'obtenir, en multipliant les observateurs, des données collectées sur un grand nombre de sites et dans des environnements variés. Mais, au-delà du recueil de données qui intéresse les scientifiques, cet observatoire à une vocation pédagogique : sensibiliser le public à la diversité du vivant à travers celle des pollinisateurs. quels sont les objectifs scientifiques de cet observatoire ? r. J. : En premier lieu, nous cherchons à visualiser la répartition des espèces pollinisatrices communes dans les grands paysages français, depuis la ville jusqu'à la campagne. Il s'agit ainsi d'évaluer les menaces que font peser l'urbanisation et l'agriculture intensive sur ces espèces. Nous souhaitons aussi améliorer les connaissances sur le fonctionnement des réseaux d'interactions plantes-insectes. Créé par le Muséum national d'Histoire naturelle, l'Office pour les insectes et leur environnement (Opie) et le ministère du Développement durable, le Suivi photographique des insectes pollinisateurs (SPIPOLL), permet à tous d'intégrer un programme scientifique national et de participer à un inventaire géant de la biodiversité. www.spipoll.org L'observatoire des PaPiLLons de Jardin Pour préserver la biodiversité, il faut la connaître et en suivre l'évolution. Face à l'immensité de la tache, le Muséum et l'association Noé conservation ont lancé l'observatoire des papillons de jardins en métropole. Le principe est simple : tous ceux qui fréquentent des jardins sont invités à regarder les papillons, à les identifier et à transmettre leurs observations aux scientifiques du Muséum. Pour en savoir plus : www.noeconservation.org machaon (papilio machaon) sur de la valériane Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 25 les pollinisateurs Comment attirer les pollinisateurs chez soi ? Chacun peut agir à son niveau et selon les moyens dont il dispose pour offrir des milieux propices aux insectes pollinisateurs, à la campagne comme à la ville. Explications. offrir Le gîte... ... et Le Couvert ! Les jardins, les massifs floraux, les squares, les parcs apportent une disponibilité florale importante tout au long de l'année pour les insectes pollinisateurs. Il faut cependant éviter certaines plantes stériles ou les espèces invasives et privilégier certaines fleurs ornementales. Orientez vos choix sur des espèces mellifères riches en pollen et en nectar pour vos haies et vos compositions florales. La diversité morphologique des fleurs est aussi un critère très important. Campanules, lupins, lamiers et mufliers favoriseront la diversité des espèces de pollinisateurs. On peut aussi valoriser des plantes sauvages locales dans une partie de son jardin ou d'un parc urbain. C'est très bénéfique à la biodiversité dite ordinaire. L'imPortanCe des haies dans un Paysage agriCoLe La haie est un élément central pour la sauvegarde de la biodiversité en zone rurale. Un réseau de haies offre de nombreux abris, permet la création de microclimats favorables aux insectes pollinisateurs et favorise les déplacements des insectes floricoles comme les papillons. Les haies facilitent aussi la connexion entre le gîte et le couvert en augmentant les zones à l'abri des vents dominants. une haie très favorable comprend plusieurs strates avec un mélange d'arbres et d'arbustes en son centre. S'y rencontrent des espèces avec des fleurs riches en pollen et nectar comme les érables, les aubépines et les sorbiers. D'autres arbres, comme les chênes, sont peu mellifères mais les vieux individus apportent de nombreux sites de nidification. Sur les cotés, des buissons se développent, dominés parfois par les ronces. Les tiges sèches de ces dernières sont des sites de nidification de certaines abeilles sauvages. Il y a aussi des lianes riches en nectar comme les chèvrefeuilles et le lierre. La diversification et l'augmentation du nombre de pollinisateurs permises par les haies augmentera le rendement des cultures proches qui nécessitent une pollinisation par les insectes. Un grand bénéfice pour les agriculteurs ! pommeraie dans le bocage deux-sévrien abeille charpenti re (xylocopa violacea) en pleine activité de butinage nu ou très peu Îgétalisé. Si le sol est sableux, vous pourrez voir s'installer des dasypodes, ou abeilles à culottes, avec leurs pattes postérieures bourrées de pollen. Dans les jardins en pente, le jardinage en terrasse favorise la mise à nu de la terre sur des surfaces plus ou moins verticales. Ce sont des sites de nidification d'abeilles sauvages de petite taille comme les halictes. gardez les souches et les vieux arbres tout en respectant, dans les jardins publics, la sécurité des personnes. Vous pouvez aussi fabriquer vous-même des nichoirs à abeilles sauvages avec des tiges de roseau ou en perforant, à l'aide de forets de différents diamètres, la tranche d'une planche de bois. Vous pourrez y observer les mégachiles ­ des abeilles coupeuses de feuilles ­ aménager des cellules alignées les unes derrière les autres pour le développement des larves. · gardez des surfaces planes de sol · Le saviez-vous ? ------ Un hôtel à abeilles et bourdons au coeur de la ville Comment étudier, d'année en année, la diversité (quelles espèces) et les effectifs (combien) des insectes pollinisateurs ? En installant des hôtels à abeilles et bourdons ! Dans le cadre d'un partenariat entre l'Opie (Office pour la protection des insectes et de leur environnement) et l'ONF (Office national des forêts), un hôtel à abeilles et bourdons a été installé dans le parc de l'Hôtel de Roquelaure qui héberge, dans le 7e arrondissement de Paris, certains services du ministère du Développement durable. Cinq autres hôtels de ce type ont déjà été installés en forêt, dans les Yvelines. D'autres sont en projets. c'est chouette ces conseils pour diversifier notre garde-manger ! ne Pas oubLier Tous ces conseils impliquent d'éviter l'utilisation de pesticides dans son jardin. Et ces conseils ne sont pas exhaustifs ! c'est une fa on de voir les choses... Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 27 les pollinisateurs abeille à vous de Jouer ! Malgré leur ressemblance apparente, il s'agit de deux espèces : une abeille à miel (abeille domestique, Apis mellifera, hyménoptère) et une mouche (éristale gluante, Eristalis tenax, diptère). Comment les différencier ? Les yeux de l'éristale, très grands, couvrent presque toute la tête (des yeux de mouche !) et les antennes sont très courtes. Si la bête est de dos, les pattes postérieures de l'éristale sont très fines tandis que celles de l'abeille domestique sont élargies car elles servent à récolter le pollen. pattes arri res fines antennes tr s courtes vrai ou fauX ? mouche (éristale) pattes arri res larges antennes longues et recourbées Pour manger une carotte, pas besoin de pollinisateurs ! faux Pour avoir un plant de carotte, il faut une graine au départ. Celle-ci germe et, au cours du développement de la plante, la carotte (c'est-à-dire la racine de la plante) se On peut remplacer les polliniforme. Or, sans pollinisateur, pas sateurs par une action manuelle donc de production de graine donc pas de arrêtons de nous préoccuper de ces bêtes carotte ! minuscules ! L'abeille domestique est la plus efficace et assure l'essentiel de la pollinisation des plantes faux Environ 80 % des Îgétaux ont besoin d'insectes pollinisateurs mais les abeilles de nos ruches ne seraient responsables que de 15 % de la pollinisation. Même en augmentant le nombre de ruches, le problème reste le même car les pollinisateurs ne sont pas tous interchangeables : ils ne pollinisent pas les mêmes plantes, ils ne vivent pas dans les mêmes milieux ni aux mêmes périodes de l'année. faux Les gousses de vanille sont produites après une pollinisation manuelle dans les pays où le pollinisateur n'est pas là. C'est presque une exception qui confirme la règle car on ne peut pas remplacer le travail des milliards de pollinisateurs, ni en efficacité, ni en qualité de pollinisation ! eXerCez votre oeiL ! tr s grands yeux couvrant presque toute la t te Ces deux pollinisateurs peuvent se confondre facilement. Alors ? Abeille domestique ou éristale gluante ? 1 2 Toutes les espèces d'abeilles vivent en colonie faux La plupart des espèces d'abeilles sont solitaires ! Elles ne vivent donc pas dans des ruches mais dans des cavités, soit dans le sol, soit dans les murs, soit dans du bois mort, soit dans des tiges de plantes... 3 4 Les bourdons sont les mâles de l'abeille domestique faux Les bourdons sont des espèces à part entière (une cinquantaine d'espèces différentes en France métropolitaine). La confusion peut s'expliquer par le fait que le mâle de l'abeille domestique est souvent appelé faux-bourdon. Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement Réponses : 1 - éristale gluante / 2, 3 et 4 - abeille domestique 29 petite abeille sauvage de la famille des halictidae se reposant sur une feuille avant de reprendre son travail sur du cerfeuil commun en fleurs Pour en savoir PLus dossier consacré à la pollinisation sur le site du Suivi photographique des insectes pollinisateurs (SPIPOLL) : www.spipoll.org Cette brochure est une publication du ministère de L'éCoLogie, du déveLoPPement durabLe, des transPorts et du Logement Conception éditoriale : SG/DICOM/DIE - Rédaction : Olivier Brosseau - Conception et réalisation graphique : Florence Chevallier Illustrations : Sylvain Giguet Ref. DICOM-DGALN/BRO/11003 - avril 2011 Crédits photos : Olivier Brosseau / MEDDTL à l'exception de p. 4 : Laurent Mignaux / MEDDTL (pommes), Arnaud Bouissou / MEDDTL (tomate) p. 5 : Diane Lefebvre / INRA p. 6 : Michel Jégu / IRD p. 7 : M. Jégu / IRD (gousses) - Isabelle Droy / IRD (pollinisation) - Geneviève Michon / IRD (Rafflesia) p. 9 : Catherine Reeb (x2) p. 11 : C. Reeb p. 13 : C. Reeb (mouche sur euphorbe) p. 15 : C. Reeb (courge) p. 16 : Thierry Degen / MEDDTL p. 17 : A. Bouissou / MEDDTL (flambé) p. 20 : Fabien Zunino / MEDDTL (orchidée) - C. Reeb (partie basale d'arum) p. 22 : Patrick Lafaite / MNHN p. 23 : A. Bouissou / MEDDTL p. 24 : C. Reeb p. 25 : P. Lafaite / MNHN (portrait) p. 26 - 27 : Bernard Suard / MEDDTL (hôtel à abeilles) ; T. Degen / MEDDTL (bocage) Remerciements Merci à Colin Fontaine (Muséum national d'Histoire naturelle) et Catherine Reeb (université Pierre et Marie Curie) pour leur collaboration et leurs relectures attentives. Certains passages de cette brochure s'inspirent du dossier la pollinisation sur le site du SPIPOLL. Impression MEDDTL/SG/SPSSI/ATL2 - Brochure imprimée sur du papier certifié écolabel européen, www.eco-label.com Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement Direction générale de l'Aménagement, du Logement et de la Nature Arche Sud 92055 La Défense Cedex Tél. 33 (0)1 40 81 21 22 www.developpement-durable.gouv.fr

puce  Accés à la notice sur le site du portail documentaire du Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

  Liste complète des notices publiques