Stratégie nationale pour la biodiversité. Bilan 2004-2010
Auteur moral
France. Ministère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement
;France. Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature
Auteur secondaire
Résumé
Cette brochure présente, de manière synthétique, pour la période 2004-2010, des actions de la stratégie nationale pour la biodiversité conduites par l'ensemble des partenaires concernés dans le cadre des plans d'actions sectoriels.<br />
Editeur
MEDD
Descripteur Urbamet
programme
;objectif
;stratégie
;mer
;économie
;agriculture
;patrimoine naturel
;politique de l'environnement
;transports
;économie des transports
;planification des transports
;urbanisme réglementaire
Descripteur écoplanete
biodiversité
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
www.developpement-durable.gouv.fr
Stratégie nationale
pour la biodiversité
Bilan 2004-2010
Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
AGIR POUR L A BIODIVERSITÉ
3
En 2004, la France répond aux engagements internationaux
de la convention sur la diversité biologique (CDB) en adoptant
sa stratégie nationale pour la biodiversité (SNB). Celle-ci constitue
le volet biodiversité de la stratégie nationale de développement durable
(SNDD). L?adoption de la SNB marque la volonté de faire entrer la
biodiversité dans le champ de toutes les politiques publiques.
Structurée en quatre orientations transversales, mobiliser
tous les acteurs, reconnaître sa valeur au vivant, améliorer la prise
en compte par les politiques publiques et développer la connaissance
scientifique et l?observation, la SNB se décline en dix plans d?actions
sectoriels. Ils ont été révisés en 2009 pour intégrer les engagements
du Grenelle Environnement.
L?objectif assigné par la CDB était ambitieux : réduire la perte
de biodiversité d?ici 2010. Force est de constater que l?objectif n?a
été atteint, ni en France ni dans d?autres pays ; les actions n?ont
pas été d?une ampleur suffisante pour faire face aux pressions qui
s?exercent sur la biodiversité. La SNB n?en demeure pas moins un
instrument majeur de la mobilisation nationale, conforté par les lois
Grenelle, en faveur de la protection et la valorisation de la biodiversité
en métropole et outre-mer, ainsi que dans les espaces marins
sous souveraineté nationale. La présente brochure constitue
un bilan, non exhaustif, des actions réalisées dans ce cadre.
Renforcer notre capacité à agir ensemble pour la biodiversité,
aux différents niveaux territoriaux; mobiliser et utiliser les données
et les informations relatives à la biodiversité afin de les rendre
accessibles au plus grand nombre ; faire face à l?émergence de
questions nouvelles, notamment relatives au changement climatique
et aux services rendus par les écosystèmes: autant de défis que la SNB
a tenté de relever en 2004-2010.
Les nouveaux objectifs du plan stratégique de la CDB adoptés à
Nagoya (Japon) en octobre 2010, ainsi que ceux de la future stratégie
européenne, donnent une impulsion forte à la stratégie nationale pour
la biodiversité 2011-2020 en cours d?élaboration.
Un regard sur la stratégie nationale 2004-2010
w Un regard sur la stratégie nationale 2004-2010 3
w Un éclairage sur quelques moments clés
pour la préservation de la biodiversité 4
w Un objectif ambitieux: stopper l?érosion
de la biodiversité d?ici 2010 6
w La SNB dans les contextes international, européen et français 7
Agir pour la conservation de la diversité biologique 9
w Assurer la conservation et le bon fonctionnement
des écosystèmes 10
w Assurer la conservation des espèces 12
w Assurer la conservation de la diversité génétique 14
w Enjeux de la biodiversité en outre-mer : exemples d?actions 16
Agir selon des orientations communes 19
w Mobiliser tous les acteurs 20
w Reconnaître sa valeur au vivant 22
w Intégrer la biodiversité dans les politiques publiques 24
w Observer la biodiversité pour mieux la connaître 26
w Agir dans les territoires 28
Agir ensemble 31
w Gouvernance et biodiversité:
l?esprit de la conférence de Chamonix 32
w Une nouvelle stratégie 2011-2020 34
w La collection biodiversité du ministère du Développement
durable : des brochures pour un large public 36
w Glossaire 37
Sommaire
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Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
AGIR POUR L A BIODIVERSITÉ
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Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
AGIR POUR L A BIODIVERSITÉ
7
La SNB porte sur toute la biodi-
versité: terrestre, d?eau douce et
marine, remarquable et ordinaire,
dans les espaces protégés et en
dehors.
Il s?agit, sur l?ensemble du terri-
toire français (métropole et outre-
mer), de conserver la diversité des
gènes, des espèces sauvages et
domestiques, des habitats et le bon
fonctionnement des écosystèmes
et de renforcer la connectivité des
espaces naturels.
Conserver la biodiversité, utiliser
durablement ses composantes,
partager les bénéfices: la SNB for-
malise l?engagement de la France
à la convention sur la diversité bio-
logique (CDB), en traduisant ces
principes à l?échelle nationale.
Elle relève le défi n°6 sur la conser-
vation et la gestion durable de la
biodiversité et des ressources natu-
relles de la stratégie nationale du
développement durable (SNDD) qui
en comprend neuf.
La SNB concerne tant les politiques
sur le patrimoine naturel que les
autres politiques sectorielles. Jusqu?à
présent, elle est avant tout le reflet
des actions menées dans le cadre
de politiques publiques, même si
elle intègre des actions menées
par d?autres types de porteurs que
les ministères: associations, éta-
blissements publics, scientifiques,
etc. Les engagements du Grenelle
Environnement complètent et ren-
forcent ses actions (voir schéma
p. 7).
L?ambition de la SNB est de fixer un
cadre cohérent et mobilisateur pour
apporter une réponse à la hauteur
des enjeux et des difficultés.
La SNB est vivante: des actions
à évaluer, des enjeux, finalités et
orientations à réviser, une gouver-
nance à adapter.
Les plans d?actions
sectoriels de la SNB
(2004-2010)
Afin d?assurer une intégration sec-
torielle de la biodiversité dans les
politiques publiques, une dizaine de
départements ministériels ont mis
en oeuvre et animé un plan d?actions
qui comprend des actions ciblées
dans leurs domaines d?activités. Il
s?agit de mobiliser, de programmer
et d?agir, en favorisant le partenariat.
P 2005: agriculture, coopération
internationale, infrastructures de
transport, mer, patrimoine naturel,
urbanisme
P 2006 : forêts, outre-mer,
recherche
P 2009: tourisme
Le plan d?action outre-mer com-
prend un plan d?actions transversal
et dix plans d?actions locaux, un par
département ou collectivité d?outre-
mer. Ils ont été mis en place entre
2005 et 2008: Guyane, Guadeloupe,
Martinique, La Réunion, Polynésie-
Française, Wall is-et-Futuna,
Nouvelle-Calédonie, TAAF, Saint-
Pierre-et-Miquelon, Mayotte.
La SNB dans son contexte international,
européen et français - Situation 2010 -
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Convention sur la diversité biologique
1994
Grenelle Environnement
2007-2008
Loi Grenelle 1
2009
Loi Grenelle 2
2010
Grenelle de la Mer
2009-2010Livre bleu
SNB
et ses plans sectoriels
2004-2010
Métropole :
stratégies régionales
pour la biodiversité
Outre-mer :
plans locaux
Plan d?action biodiversité EU
2006
Stratégie nationale
de développement durable
2010-2013
Oriente
Rapporte
Renforce
Un objectif ambitieux : stopper l?érosion
de la biodiversité d?ici 2010
AgIr
pour la conservation
de la diversité biologique
9
Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
AGIR POUR L A BIODIVERSITÉ AG IR POUR L A CONSERVAT ION DE L A D IVER S I T É B IOLOG IQUE
11
Assurer la conservation et le bon fonctionnement
des écosystèmes
Exemples d?actions en
faveur des écosystèmes
POLitiqUES dédiéES
P Renforcement du réseau d?es-
paces protégés terrestres et
marins:
? réseau Natura 2000, rédaction
de deux documents d?objectifs :
volet terrestre (à finaliser) et
volet marin (à constituer)
? deux parcs naturels marins en
Iroise et à Mayotte
? trois parcs nationaux en outre-
mer et trois en métropole (en
cours)
? plusieurs réserves naturelles
P Plan national zones humides pour
renforcer les moyens de préservation
intégrée
P Lancement de la stratégie natio-
nale de création des aires protégées
terrestres (SCAP)
P Trame verte et bleue (TVB), un
outil pour la préservation des conti-
nuités écologiques sur le territoire :
? engagement de la presque
totalité des régions métropoli-
taines dans des démarches de
préfiguration ou de lancement
des schémas régionaux de cohé-
rence écologique (SRCE) à des
degrés divers
? initiative locale pour la prise
en compte des continuités éco-
logiques dans des documents
d?urbanisme (schéma de cohé-
rence territoriale, plan local
d?urbanisme)
? expérimentation dans le
réseau des PNR
intéGratiOn danS LES aUtrES
POLitiqUES
P Évolution de la politique agricole
commune (PAC):
? maintien et implantation d?in-
frastructures agro-écologiques
(bonnes conditions agricoles et
environnementales)
? introduction de nouvelles
mesures agroenvironnementales
(MAE prairies fleuries)
P Politique commune des pêches
(2002-2010):
? adoption d?une approche à plus
long terme en matière de gestion
des pêches (plans de reconstitu-
tion et de gestion pluriannuels)
? intégration des questions envi-
ronnementales dans la formu-
lation des avis scientifiques sur
l?état des stocks
? mise en oeuvre de la direc-
tive-cadre sur l?eau en vue de
l?atteinte du bon état écologique
des masses d?eau (surface conti-
nentale et littorales) en 2015
? préparation de la transposi-
tion de la directive-cadre sur la
stratégie pour le milieu marin
de 2008
Pour le Comité français de l?UICN,
assurer la conservation et le bon
fonctionnement des écosystèmes
nécessite de mettre en place des
actions de plus grande ampleur à
plusieurs niveaux. Il s?agit de pour-
suivre la constitution d?un réseau
d?espaces protégés de superficie
suffisante, représentatif de la diver-
sité des écosystèmes et efficace-
ment géré, sur terre et en mer.
La création d?aires protégées doit
continuer de connaître une bonne
dynamique et l?élaboration de stra-
tégies pour les milieux terrestres
et marins devrait permettre de
dépasser la logique davantage
basée sur des opportunités.
Il est aussi nécessaire de préserver
voire de restaurer les continuités
écologiques pour maintenir les
échanges et la dynamique de la
biodiversité à l?échelle de tout
le territoire, y compris dans les
espaces urbanisés. C?est l?objet de
la Trame verte et bleue qui doit
maintenant se traduire dans les
faits pour constituer un véritable
réseau écologique national. Plus
globalement, la nature ordinaire
doit être mieux prise en compte,
car nous vivons dans un système
vivant dans lequel chaque élément
est relié aux autres. Et nous pro-
fitons quotidiennement de nom-
breux services fournis gratuitement
par les écosystèmes.
La préservation des écosystèmes
ne progressera de façon signifi-
cative que si les pressions exer-
cées par nos activités diminuent
(urbanisation, construction d?in-
frastructures, pollutions?) et que
nous arrivons à mettre en place des
pratiques durables d?exploitation
des milieux (agricoles, forestiers,
marins?), en se référant à «l?ap-
proche écosystème». L?intégration
de la biodiversité dans les poli-
tiques sectorielles est donc cru-
ciale. Le Comité français de l?UICN
poursuivra ses travaux et recom-
mandations pour promouvoir ces
différentes actions afin d?atteindre
l?objectif fixé par la stratégie natio-
nale pour la biodiversité.
*?Le Comité français de l?Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) est le réseau des
organismes et des experts de l?UICN en France.
SébaStien MoncorpS,
directeur du Comité français de l?UICN?*
Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
AGIR POUR L A BIODIVERSITÉ AG IR POUR L A CONSERVAT ION DE L A D IVER S I T É B IOLOG IQUE
13
UnE rESPOnSabiLité dE L?aGriCULtUrE
En tErMES dE GEStiOn dU PatriMOinE
vivant Et dE Sa divErSité
En occupant près des deux tiers du
territoire, les activités agricoles ont
une responsabilité majeure dans
la gestion du patrimoine vivant
national et de sa diversité. Les
relations entre agriculture et bio-
diversité sont complexes, parfois
conflictuelles mais surtout récipro-
ques. La nature constitue la res-
source première de l?agriculture et
les espèces cultivées ont comme
origine des espèces sauvages.
L?agriculture génère une diversité
d?espèces et de paysages qui cons-
tituent un capital économique, éco-
logique et culturel façonné depuis
des millénaires.
La biOdivErSité, véritabLE OUtiL
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dE PrOdUCtiOn aGriCOLE
La biodiversité constitue un atout
pour l?activité agricole et un vérita-
ble facteur de production: les auxi-
liaires aident à la lutte contre les
ravageurs des cultures, la faune du
sol, comme les lombrics, participe
de façon importante au drainage
et à l?ameublissement des sols, les
espèces sauvages sont un réservoir
de ressources génétiques...
Réinvestir et utiliser au mieux les
mécanismes du vivant et les inter-
actions naturelles pour développer
la résistance, la productivité et la
richesse des écosystèmes peu-
vent jouer un rôle central pour
construire de nouveaux systèmes
de production écologiquement
intensifs.
Un nOUvEL OUtiL dE SUivi
dE L?état dE La biOdivErSité
En MiLiEU aGriCOLE
De nombreuses actions en faveur
de la diversité des espèces sont ins-
crites dans les politiques agricoles.
Les effets attendus des efforts
réalisés ne seront visibles qu?en
disposant d?indicateurs simples
et robustes construits sur la base
de l?observation de différents
taxons (papillons, pollinisateurs,
lombrics...). Une expérimentation
est actuellement menée, à l?initia-
tive du ministère de l?Agriculture,
par le Muséum national d?Histoire
naturelle en collaboration avec les
chambres d?agriculture, avec des
professionnels du monde agricole
et avec la participation des agri-
culteurs eux-mêmes. Ce projet de
mise en place d?un observatoire
de la biodiversité sur les espaces
agricoles vise à donner aux acteurs
locaux des outils de suivi de l?évo-
lution de la biodiversité pour qu?ils
puissent eux-mêmes contribuer à
la restaurer ou la conserver.
Exemples d?actions sur
la diversité spécifique
POLitiqUES dédiéES
P Inventaires ZNIEFF terre et mer
P Atlas de la biodiversité dans les
communes
P Plans nationaux d?actions
(espèces menacées)
P Consolidation des dispositifs
de suivi et de lutte contre les
espèces exotiques envahissantes
P Réactualisation, diffusion des
listes rouges nationales des
espèces menacées en France
P Évaluation de l?état de conserva-
tion des espèces et des habitats
d?intérêt communautaire
P Renforcement des mesures
d?application de la convention
sur le commerce international
des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d?extinction
(CITES) et de la réglementation
sur la chasse
intéGratiOn danS LES aUtrES
POLitiqUES
P Plan d?urgence abeilles (minis-
tère de l?Agriculture)
P Introduction de nouvelles
mesures agro-environnemen-
tales, notamment pour amé-
liorer le potentiel pollinisateur
des abeilles domestiques ou
en faveur de certaines espèces
(hamster commun, outarde)
P Plans de reconstitution des
stocks d?espèces marines
Assurer la conservation des espèces
Hélène HaMpartzouMian,
chargée de mission biodiversité au ministère de l?Agriculture
Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
AGIR POUR L A BIODIVERSITÉ AG IR POUR L A CONSERVAT ION DE L A D IVER S I T É B IOLOG IQUE
15
Les ressources génétiques sont le
réservoir de la vie : elles méritent
toute notre attention. Préserver la
diversité génétique, et en particu-
lier celle des variétés cultivées et
des races d?élevage, c?est garantir
notre avenir : de nombreuses acti-
vités humaines reposent sur les res-
sources génétiques. Parce qu?elles
offrent un potentiel énorme, parfois
inexploré, elles sont une des clés
pour faire face aux changements
de l?environnement et mettre en
place une agriculture durable. Mais
elles ne sont pas assez prises en
compte par les pouvoirs publics.
La SNB doit inclure une politique
nationale ambitieuse de gestion
et de conservation des ressources
génétiques in situ et ex situ. La
Fondation pour la recherche sur
la biodiversité (FRB), à la suite du
Bureau des ressources génétiques,
développe des actions fortes dans
ce domaine.
Les initiatives sont encourageantes.
Dans la mise en oeuvre de la CDB,
l?intérêt porté à l?accès et au partage
des avantages découlant de l?uti-
lisation des ressources génétiques
(APA) montre que la question
du statut juridique de ces res-
sources est désormais considérée.
La FRB prépare, pour le ministère
du Développement durable, une
analyse de la situation en outre-
mer et va lancer une expertise
collégiale sur le statut juridique
des ressources génétiques.
La FRB va créer un portail national
pour fédérer les bases de données,
collections et acteurs associés.
Cette démarche concerne d?ores
et déjà plus de 200 acteurs socio-
professionnels, sans compter les
nombreux artisans de la conser-
vation « à la ferme ». Ce portail
soutiendra leurs actions et facili-
tera les échanges et la valorisa-
tion des données. La FRB rendra
une synthèse sur les indicateurs
d?état de la diversité génétique des
plantes cultivées. Les ressources
génétiques ont elles aussi une
place importante au sein des ques-
tions de biodiversité et de services
écosystémiques.
Assurer la conservation de la diversité génétique Actions sur
la diversité génétique
POLitiqUES dédiéES
P Développement des collections
de matériel génétique par le
groupement d?intérêt scienti-
fique (GIS) cryobanques
P Mise en oeuvre de la stratégie
nationale de conservation des
plantes
P Activités de conservation ex
situ d?espèces végétales (arbo-
retums, jardins botaniques,
banques de graines)
P Projet Ensconet, réseau européen
pour la conservation ex situ des
graines de plantes indigènes de
l?Europe (banque de graines)
P Manuel de conservation des res-
sources génétiques forestières
intéGratiOn danS LES aUtrES
POLitiqUES
P Introduction dans la loi sur les
parcs nationaux d?une disposi-
tion sur l?accès aux ressources
génétiques et le partage des
avantages (2006)
P Révision de la réglementation
sur les semences pour permettre
l?inscription de variétés rustiques
et potagères développées de
manière indépendante
P Développement des filières éco-
nomiques favorisant les races
locales et à faibles effectifs
P Mesures agro-environnemen-
tales portant sur la préservation
des ressources végétales et sur
les races menacées
bernard delay,
président de la Fondation de recherche pour la biodiversité (FRB)?*
*?La FRB a pour mission de favoriser le développement, le soutien et l?animation des activités de recherche
sur la biodiversité et leur valorisation, dans les domaines biologique, socio-économique et juridique, et
des activités associées de formation, de sensibilisation et de diffusion des résultats.
St-Martin
Îles Crozet îles Kerguelen
Île Amsterdam
Île Saint-Paul
St-Barthélémy
Martinique
St-Pierre-et-Miquelon
France
métropolitaine
Clipperton
Guyane
française
La Réunion
Mayotte
Îles éparses
Nouvelle-Calédonie
Polynésie
française
Wallis
et Futuna
Terre Adélie
Terres australes et antarctiques françaises
Guadeloupe
7 nouvelle-Calédonie
Inscription des lagons et récifs coralliens
tropicaux au patrimoine mondial de l?Unesco.
8 Polynésie française
Finalisation d?une analyse éco-régionale des
espaces marins à protéger.
9 Wallis et Futuna
Intensification de la lutte par piégeage contre
le rat noir, espèce exotique envahissante.
10 terres australes et antarctiques françaises
Adoption du plan national d?actions en
faveur de l?albatros d?Amsterdam.
1 Martinique
Développement du réseau des aires
protégées : deux réserves biologiques
intégrales, cinq arrêtés de protection
de biotope et un projet de réserve
naturelle régionale.
2 Guadeloupe
Adoption et mise en oeuvre du plan
de restauration des tortues marines
des Petites Antilles 2008-2013.
6 Saint-Pierre-et-Miquelon
Installation en 2007 de la
Maison de la nature, espace
d?interprétation qui valorise
la biodiversité et la nature
dans des buts éducatifs,
touristiques et d?animation.
5 Mayotte
Réalisation d?inventaires
écologiques: décapodes,
requins, holothuries,
herbiers?
AGIR POUR L A BIODIVERSITÉ AG IR POUR L A CONSERVAT ION DE L A D IVER S I T É B IOLOG IQUE
Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement 17
3 La réunion
Développement d?actions
de sensibilisation : charte
des baleines, exposition sur
l?observatoire des paysages,
journées réunionnaises
de l?environnement.
4 Guyane
Élaboration d?un schéma
d?orientation minier.
Objectif: assurer l?équilibre
entre l?exploitation de la
ressource minière, notamment
aurifère, et la préservation
de la biodiversité.
1
2
3
5
7
9
10
8
6
4
Les collectivités françaises d?outre-mer appartien-
nent à huit grandes régions biogéographiques
terrestres et marines situées dans trois océans,
en zones tropicale, équatoriale, australe et antarc-
tique. Elles possèdent, du fait de leur caractère
majoritairement insulaire, un niveau d?endémisme
élevé. La biodiversité présente dans l?outre-mer est
extrêmement riche, que ce soit sur terre ou en mer,
et constitue ainsi un des enjeux forts de la SNB.
Enjeux de la biodiversité en outre-mer : exemples d?actions
*? ?Les points chauds de la biodiversité sont des
régions très riches en espèces mais également
très menacées.
** Les eaux sous juridiction correspondent à l?es-
pace maritime sur lequel un État côtier exerce
des droits souverains en matière économique. Il
peut s?étendre jusqu?à 200 milles marins (environ
370km) au-delà des limites de la mer territoriale.
Points chauds de la biodiversité *
Points chauds
où la France est présente
Eaux sous juridiction française **
Source carte : Comité français de l?Union internationale pour
la conservation de la nature (UICN), adapté de Conservation
International en France
AgIr
selon des orientations
communes
19
Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
AGIR POUR L A BIODIVERSITÉ AG IR SELON DE S OR I ENTAT IONS COMMUNE S E T FORTE S
21
La SNB met en avant une approche
participative. Une mobilisation
générale a été amorcée, donnant
lieu à des actions, en direction de
différents acteurs, pour reconnaître
la valeur des services rendus par la
biodiversité, agir pour la préserver
et plus largement sensibiliser à ses
enjeux. Le dispositif de sensibilisa-
tion mis en place en France à l?occa-
sion de l?Année internationale de la
biodiversité (2010), à travers diffé-
rents médias, a connu un vif succès.
Quelques initiatives
et outils divers
événEMEntS annUELS
P Fête de la nature: journées d?in-
formation, de sensibilisation, de
découverte de la biodiversité pour
le grand public, organisées par le
réseau associatif, au mois de mai,
autour de la Journée internatio-
nale dédiée à la biodiversité, le
22 mai.
PUbLiCatiOnS
P Lancement en 2010 d?une col-
lection de brochures sur le thème
de la biodiversité par le ministère
du Développement durable: trois
brochures disponibles en avril 2011,
La biodiversité se raconte, La biodi-
versité s?explique et À la rencontre
des pollinisateurs.
P Guide de la biodiversité à l?usage
des maires (2010; Noé conserva-
tion et Éco Maires).
P Ouvrage La biodiversité à travers
des exemples (deux tomes à des-
tination du grand public; CSPNB,
2007 et 2008).
P Entreprises et biodiversité :
EBEvie, outil informatique permet-
tant aux entreprises d?évaluer leurs
liens d?interdépendance avec la
biodiversité (2010); étude Intégrer
la biodiversité dans les stratégies
des entreprises (Orée et FRB 2008);
recueil d?expériences Exemples de
bonnes pratiques (MEDEF 2010).
P Passeport biodiversité de l?outre-
mer français (prévu en 2011) destiné
à informer les touristes des enjeux
environnementaux, économiques
et socio-culturels de la biodiversité.
COnFérEnCES intErnatiOnaLES
P L?Union européenne et l?outre-
mer: stratégies face au change-
ment climatique et à la perte de
biodiversité (La Réunion, 2008) qui
a abouti à des recommandations
d?actions et de mesures sur ces
enjeux.
P Biodiversité : science et gouver-
nance (Paris, 2005) qui a donné
des éléments de réflexion aux
politiques et décideurs concernés
par les enjeux de la biodiversité.
EnqUêtE
P Enquête Les Français et la biodi-
versité pour suivre l?évolution de la
perception de la biodiversité (2009,
réalisée par le CREDOC pour le minis-
tère du Développement durable).
Mobiliser tous les acteurs
focus Porter un regard citoyen sur
la biodiversité avec les sciences
ParticiPatives
l?observatoire des saisons a pour objectif de mieux connaître les rythmes
saisonniers des plantes, arbres, oiseaux, insectes (c?est la phénologie)
et de faire le lien entre ces rythmes et les changements climatiques.
En effet, les plantes et les animaux sont sensibles aux variations de
la température et de la durée du jour, qui déclenchent les différentes
étapes du cycle biologique des espèces (premières fleurs, chute des
feuilles, métamorphose des larves, etc.). L?observation régulière et
sur le long terme de la phénologie permet de mieux comprendre les
conséquences des changements climatiques sur les êtres vivants.
L?observatoire des saisons propose ainsi aux citoyens de suivre des pro-
tocoles scientifiques simples, qui ne nécessitent pas de connaissances
préalables ni de matériel particulier, afin de suivre la phénologie. En
2010, plus de 1 400 observateurs récoltent des données qui sont ensuite
analysées par les observateurs eux-mêmes et par des chercheurs. Chacun
peut contribuer à améliorer nos connaissances sur la biodiversité!
De nombreuses initiatives similaires, portées par des établissements de
recherche et des associations, associent les citoyens à la mise en oeuvre
de protocoles scientifiques simples mais rigoureux et sont soutenues
dans le cadre de la SNB: l?observatoire des papillons des jardins, le suivi
temporel des oiseaux communs (à destination de naturalistes confirmés),
ou le suivi photographique des insectes pollinisateurs (SPIPOLL)... Les
scientifiques disposent ainsi de larges jeux de données à analyser, tandis
que les citoyens sont sensibilisés à l?importance de la connaissance de
la biodiversité: un mutualisme bien pensé!
Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
AGIR POUR L A BIODIVERSITÉ AG IR SELON DE S OR I ENTAT IONS COMMUNE S E T FORTE S
23
reconnaître sa valeur au vivant
qUELLES vaLEUrS
POUr La biOdivErSité?
Il n?existe pas une valeur mais
bien des valeurs de la biodiver-
sité: valeur esthétique et culturelle
lorsque l?on pense à la beauté d?un
paysage, valeur monétaire permet-
tant de connaître les coûts de la
destruction d?un habitat naturel
ou d?une espèce ou encore valeur
fonctionnelle pour comparer les
services rendus par le bon fonc-
tionnement des écosystèmes.
Valoriser la biodiversité, c?est
prendre en compte l?ensemble
de ces valeurs et pas uniquement
la valeur économique. La SNB a
travaillé sur la clarification des
concepts liés à la valorisation de
la biodiversité: services écosysté-
miques et fonctions écologiques,
évaluation physique et monétaire
de ces services, etc.
qUELqUES travaUx réaLiSéS
P Le rapport du Centre d?analyse
stratégique sur l?évaluation des
actifs liés à la biodiversité a proposé
des premières valeurs de référence
concernant la valeur monétaire de
la biodiversité ordinaire.
www.strategie.gouv.fr
P Une étude exploratoire a permis
de poser des jalons pour l?évalua-
tion des services écosystémiques
en France, selon le cadre concep-
tuel de l?évaluation des écosys-
tèmes pour le millénaire (voir
encadré).
P Une étude sur les fonctions éco-
logiques a permis de mieux les
connaître et les quantifier.
www.developpement-durable.
gouv.fr
P Une étude Évaluation écono-
mique de la biodiversité a per-
mis de faire un état des lieux des
connaissances sur la biodiversité
forestière et une analyse des
pratiques et des méthodes d?éva-
luation les plus adaptées, à desti-
nation des gestionnaires forestiers
(Éditions QUAE 2009).
www.quae.com
P Des mesures fiscales de «ver-
dissement» de la loi de finances
ont été prises en 2008 et 2009.
en 2005, l?évaluation des écosystèmes pour le millénaire (MEA en
anglais) a mobilisé plus de 1300 scientifiques pour réaliser la synthèse
des connaissances disponibles concernant l?état des écosystèmes dans
le monde et son lien avec le bien-être humain.
Dès 2007, la France a souhaité s?inscrire dans ce cadre novateur. En
effet, les écosystèmes rendent de nombreux services essentiels pour
l?homme (des sols de bonne qualité pour assurer la production agri-
cole, des prairies fleuries diversifiées permettant aux populations de
pollinisateurs de se maintenir?). Connaître ces services permet de
mieux les prendre en compte dans les décisions publiques et privées.
Une étude exploratoire pour l?évaluation des services écosystémiques en
France, publiée en 2010, met notamment en évidence que les services
peuvent dépendre ou non du bon état des écosystèmes et nécessiter
ou non un aménagement anthropique. Par exemple le service produc-
tion d?animaux pour la pêche croît parfois au détriment du bon état
des milieux marins. Une liste des services écosystémiques rendus en
France a ainsi été constituée, reliée aux grands types d?écosystèmes,
et une méthode de quantification a été proposée.
Il s?agit maintenant de concevoir un processus d?expertise collective
afin d?évaluer le plus précisément possible l?état des écosystèmes et
des services qu?ils rendent, les tendances d?évolution passée au cours
des 50 à 100 dernières années et les perspectives d?évolution futures
dans le cadre de la nouvelle SNB.
www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Synthese_Rapport.pdf
focus
Pourquoi un mea France ?
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AGIR POUR L A BIODIVERSITÉ AG IR SELON DE S OR I ENTAT IONS COMMUNE S E T FORTE S
25
La Snb, PrinCiPaL inStrUMEnt dE
MObiLiSatiOn natiOnaLE
P Ses plans d?actions visent à
répondre à l?ensemble des pressions
qui s?exercent sur les espèces et les
milieux naturels, mais aussi à amé-
liorer le pilotage et la gouvernance
des questions de biodiversité,
notamment en termes de concer-
tation, de suivi et d?évaluation.
P La Trame verte et bleue est à la
fois un des outils de protection et
de gestion de la biodiversité et un
outil d?aménagement durable de
nos territoires pour la préservation,
la gestion et la restauration des
continuités écologiques terrestres
et d?eaux douces. Elle permettra
une mobilisation des acteurs ter-
ritoriaux autour des enjeux de
biodiversité.
P Le plan écophyto (2008-2018) vise
une réduction de 50 % de l?utilisa-
tion des produits phytosanitaires et
contribue ainsi au développement
d?une agriculture plus respectueuse
de la biodiversité.
P En partenariat avec l?associa-
tion Réseau biodiversité pour les
abeilles, des actions expérimen-
tales en faveur des insectes polli-
nisateurs ont été lancées en bord
de routes dès 2010 : il s?agissait
de tester sur quelques sections
du réseau routier national la mise
en oeuvre de mesures telles que
l?implantation d?espèces mellifères
et l?adaptation des pratiques de
gestion et d?en suivre les effets
d?ici 3 ans.
P Le plan agriculture biologique
vise, à l?horizon 2012, un objectif
de 6 % de la surface agricole utile
en agriculture biologique (environ
2,5 % fin 2009).
Intégrer la biodiversité dans les politiques publiques
engagement fort du Grenelle environnement, le plan valoriser et
restaurer la nature en ville est le fruit d?un travail collectif mené en
2009-2010 avec une diversité d?acteurs: associations, collectivités,
unités de recherche, syndicats professionnels, ministères et établis-
sements publics.
Ce projet entend répondre à des défis importants. Il s?agit tout à la fois:
? d?améliorer la qualité de vie et le lien social;
? d?adapter la ville au changement climatique;
? de préserver la biodiversité et les fonctions des écosystèmes et, par
là même, les services que l?on en retire;
? de promouvoir des modes de production et de consommation durables
qui soient favorables, notamment au maintien et au développement
des filières économiques de proximité.
Pour cela, trois axes stratégiques, 16 engagements, 37 actions seront mis
en oeuvre dans le cadre d?une démarche volontaire et pluridisciplinaire.
Ce plan d?actions, inclus dans le plan ville durable, est porté par tous les
acteurs qui ont participé à sa construction et qui se sentent concernés par
cette thématique. Si le plan est animé par l?État, la plupart des actions
opérationnelles seront mises en oeuvre dans le cadre de partenariats.
Ce plan est évolutif; les acteurs qui le souhaitent pourront intégrer
cette démarche et engager des actions, qui viendront compléter la
première série d?actions structurantes du plan.
Une rencontre nationale annuelle permettra de restituer et d?évaluer
les principales avancées obtenues ou difficultés rencontrées par les
partenaires, les nouveautés à intégrer et les perspectives à donner.
www.developpement-durable.gouv.fr/Plan-nature-en-ville.html
focus
concilier ville et nature
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27
Tant en outre-mer qu?en métro-
pole, de nombreuses actions
ont permis l?amélioration de nos
connaissances sur la biodiversité.
Les politiques d?inventaires fau-
nistiques et floristiques menées
par l?État et les collectivités consti-
tuent progressivement un socle de
connaissances indispensable à la
définition, la conduite et l?évalua-
tion des politiques publiques.
Ce travail repose sur l?investisse-
ment de nombreux naturalistes
amateurs et professionnels. De
nouveaux questionnements de
recherche ont suscité le finance-
ment de programmes innovants,
notamment sur les services éco-
systémiques. Si des progrès ont
été réalisés, il reste à consolider la
structuration des données, afin de
permettre une meilleure diffusion
et utilisation de l?information, tant
pour identifier les lacunes de nos
connaissances que pour accompa-
gner les décideurs.
qUELqUES aCtiOnS StrUCtUrantES
P Le système d?information sur
la nature et les paysages (SINP)
vise, depuis 2007, à organiser l?en-
semble des données naturalistes
disponibles (terre, mer et pay-
sages) et à faciliter l?accès pour
le public et les professionnels.
P L?Observatoire national de la bio-
diversité, créé fin 2010, a vocation
à produire des indicateurs perti-
nents concernant la biodiversité. Il
doit permettre d?améliorer l?accès à
l?information et sa diffusion auprès
de tout public. Il suivra notamment
les effets de la future SNB sur la
biodiversité et ses interfaces avec
la société.
P La Fondation pour la recherche
sur la biodiversité (FRB), créée en
2008, a pour mission de favoriser
les travaux de recherche sur la
biodiversité, à différentes échelles
géographiques, en lien étroit avec
les acteurs de la société.
P L?ERA-Net Biodiversa, réseau
européen de coordination de la
recherche sur la biodiversité animé
par la FRB, a permis de financer
12projets pour 14,2 M¤.
P L?ONU a donné le feu vert à la
poursuite du processus de création
de l?IPBES, plate-forme intergou-
vernementale sur la biodiversité
et le services écosystémiques, qui
assurera, dans ce domaine, l?inter-
face entre la science, les décideurs
politiques et le grand public.
P Plusieurs études visant à mieux
comprendre comment utiliser les
résultats de la recherche à des fins
opérationnelles ont été lancées
(conséquences des changements
climatiques sur la biodiversité,
mesures compensatoires?).
Observer la biodiversité pour mieux la connaître
l?inventaire des znieFF, zones naturelles d?intérêt écologique, faunistique
et floristique, permet de délimiter des espaces dont la biodiversité est
remarquable ou présente un intérêt patrimonial ou fonctionnel. L?objectif
est d?obtenir une couverture sur l?ensemble du territoire national: en
2010, 26,5 % du territoire français est concerné (26,9 % en métropole,
24,2 % en outre-mer).
L?inventaire des ZNIEFF a été amorcé en 1982, sous l?autorité du Muséum
national d?Histoire naturelle qui est responsable de la rédaction et de
la mise à jour de la méthodologie nationale afin que les données col-
lectées dans les différentes régions soient comparables. La désignation
des ZNIEFF est le résultat de la collaboration entre les scientifiques, les
directions régionales en charge de l?environnement et les naturalistes.
Le programme ZNIEFF n?est donc pas une nouveauté de la SNB, cepen-
dant celle-ci a encouragé sa modernisation, qui devrait être achevée
d?ici fin 2012, et sa généralisation. En effet, l?inventaire des ZNIEFF,
qui concernait initialement des espaces et espèces terrestres, a été
récemment élargi aux espaces marins et à leurs espèces et fera l?objet
d?une mise à jour continue à partir de 2011.
Les ZNIEFF ne sont pas des espaces protégés et l?inventaire n?a pas
de portée juridique directe. Il apporte des connaissances nécessaires
pour intégrer la biodiversité dans les projets d?infrastructures et les
aménagements, un des enjeux majeurs de la SNB.
focus un maillage Fin de zones à enjeu :
les znieFF
Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
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Agir dans les territoires
les parcs naturels régionaux (pnr) sont des espaces vivants et habités.
Ils ont vocation, depuis plus de quarante ans, à préserver des territoires
dont les paysages, les milieux naturels et le patrimoine culturel pré-
sentent une qualité et un caractère reconnus tant au niveau régional
que national. Ce sont des projets partagés par l?ensemble des acteurs
du territoire (les collectivités, leurs groupements et l?État).
En 2010, le réseau des 46 PNR concerne près de 4 000 communes,
23 régions métropolitaines, 69 départements et plus de 3 millions d?habi-
tants. Il couvre 7,5 millions d?hectares (plus de 13 % du territoire métropo-
litain). Le dernier né est celui des Pyrénées ariégeoises, créé en mai 2009.
Suite à l?expérimentation du dispositif mené entre 2007 et 2010 entre
le ministère et la Fédération des parcs naturels régionaux de France,
un nouveau protocole de reconnaissance des chartes des parcs natu-
rels régionaux comme agendas 21 locaux sera signé en mars 2011.
Dans l?esprit du Grenelle, il pérennise le dispositif de reconnaissance
des PNR en simplifiant la procédure et en accentuant l?intégration du
développement durable dans ses thématiques.
Fin 2010, 141 collectivités et territoires sont reconnus agenda 21 dans
le cadre du dispositif de reconnaissance national mis en place à cet
effet, dont 13 parcs naturels régionaux, 5 régions, 15 départements,
92 communes et leurs groupements, 9 pays. Ces projets territoriaux
de développement durable sont à l?initiative des collectivités locales
et visent à améliorer la qualité de vie des habitants, économiser les
ressources naturelles et d?une manière générale favoriser un nouveau
mode de développement. Ils doivent répondre aux cinq finalités du
cadre de référence national agendas 21 (inscrites dans le code de l?en-
vironnement) : changement climatique et protection de l?atmosphère,
préservation de la biodiversité, protection des milieux et des ressources,
épanouissement de tous les êtres humains, cohésion sociale et solidarité
entre territoires et entre générations, dynamique de développement
suivant des modes de production et de consommation.
focus la Prise en comPte de la biodiversité
Par les territoiresLes politiques menées au niveau
local sont déterminantes pour anti-
ciper, s?adapter, gérer au mieux
les changements globaux et pour
traduire, à une échelle adaptée, la
vision globale portée par la SNB.
Dans la pratique, des initiatives
importantes en faveur de la bio-
diversité ont déjà été engagées
par les collectivités territoriales,
à différentes échelles (régions,
départements, agglomérations),
à travers:
P les documents de planification
et d?urbanisme, d?aménagement
et de gestion des eaux;
P les contrats de projet État-régions
2007-2013 qui comprennent un
volet biodiversité;
P les plans, schémas, chartes,
projets de territoire: chartes des
parcs naturels régionaux, agendas
21 locaux (la biodiversité étant
l?une des cinq finalités du cadre
de référence national des agendas
21), plans nature ou biodiversité
des villes, Trames vertes et bleues,
plans climat, etc.).
Au niveau régional, les collectivités
territoriales ont, pour la plupart,
engagé des stratégies en faveur de
la biodiversité, selon deux grandes
approches:
P l?une est centrée sur une poli-
tique dédiée au patrimoine natu-
rel ou semi-naturel (organisation
d?un réseau d?espaces naturels,
inventaires et observatoires de la
biodiversité etc.);
P l?autre repose sur l?élaboration
de stratégies plus globales visant
à prendre en compte la biodiver-
sité également dans les politiques
sectorielles ou transversales clés
(urbanisme et aménagement,
infrastructures de transports, agri-
culture, formation, etc.).
Ces stratégies se présentent sous
la forme de documents spécifiques
(Île-de-France, Basse-Normandie,
Languedoc-Roussillon, Lorraine,
Picardie) ou sont intégrées dans
les schémas régionaux d?aménage-
ment et de développement du ter-
ritoire, les agendas 21 locaux (Nord
? Pas-de-Calais, Alsace, Aquitaine,
Corse), les plans climat, les contrats
de projet État-région 2007-2013, les
projets interrégionaux (la région
Centre est fortement engagée dans
le plan Loire grandeur nature) etc.
Quelles que soient les approches
retenues, ces démarches territo-
riales impliquent nécessairement
la mise en place de politiques par-
tenariales et contractuelles.
AgIr
ensemble
31
Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
AGIR POUR L A BIODIVERSITÉ AG IR TOUS ENSEMBLE
33
gouvernance et biodiversité :
l?esprit de la conférence de Chamonix
À la veille du lancement de la révision de la Snb, il importait de
repartir de la conférence française sur la biodiversité qui s?est tenue à
Chamonix avec des propositions concrètes.
Grâce à l?animation de professionnels de la créativité, les conférenciers
ont produit plus de 160 propositions constituant autant de pistes d?action
pour améliorer la gouvernance de la biodiversité.
Ce corpus de propositions a fait l?objet d?un travail d?analyse visant à
identifier les tendances globales et les éléments les plus novateurs
parmi le foisonnement d?idées. Ce travail d?analyse a ensuite été pré-
senté aux groupes de travail en charge de la révision de la stratégie
nationale pour la biodiversité, pour alimenter leurs réflexions et leurs
travaux sur le texte de la nouvelle stratégie.
Dès à présent, des enseignements importants ont pu être tirés, notam-
ment autour des quatre problématiques à forts enjeux comme :
? l?ancrage territorial des initiatives en faveur de la biodiversité;
? les stratégies de sensibilisation et d?éducation des publics;
? les politiques de connaissances et d?innovation;
? l?intégration de la biodiversité dans les politiques publiques et privées.
Retrouvez les actes de la conférence sur:
www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/les_acteschamonix-3.pdf
focus
ProPoser Pour l?avenir
Organisée par le ministère du
Développement durable dans le
cadre de l?Année internationale de
la biodiversité, la conférence fran-
çaise pour la biodiversité a réuni
400 personnes d?horizons divers
pour débattre sur Quelle gouver-
nance pour réussir ensemble ?
(Chamonix, Mont-Blanc, mai 2010).
L?enjeu était double: se poser les
bonnes questions et y apporter des
éléments concrets de réponses.
La qUEStiOn dE La GOUvErnanCE
Malgré l?adoption de nouvelles
mesures, l?absence de résultats
chiffrés sur la conservation et
la valorisation de la biodiversité
montre que l?accumulation d?instru-
ments n?est pas l?unique gage d?ef-
ficacité. Les retours d?expérience
mettent l?accent sur des dysfonc-
tionnements liés à des règles inap-
pliquées, ou qui s?enchevêtrent, ou
encore des interventions insuffi-
samment coordonnées d?acteurs.
L?amélioration de la gouvernance et
des processus de décision s?impose
comme une clé de succès de l?éla-
boration et de la mise en oeuvre
des politiques de biodiversité.
Au-delà, la gouvernance est un
enjeu pour nos démocrat ies
modernes où se redessinent les
parts de participation et de res-
ponsabilité de chacun. Il s?agit
alors de provoquer la rencontre
de tous les porteurs d?enjeux et
les inciter à s?engager en faveur
de la biodiversité.
LES PrESSiOnS COMME POintS
d?EntréE dE La réFLExiOn
Afin d?orienter les interrogations
soulevées par la gouvernance de
la biodiversité, le choix a été fait
de partir des menaces directes qui
pèsent sur la biodiversité. Perte
des habitats, surexploitation des
ressources naturelles, pollutions et
espèces exotiques envahissantes
ont donc constitué les thèmes de
quatre ateliers de travail.
À la différence d?une démarche
classique considérant les milieux,
l?approche par pressions ques-
tionne les causes agissantes, per-
mettant ainsi de mieux dresser le
panorama des acteurs impliqués
directement ou non dans les ques-
tions de biodiversité.
Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
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35
Une nouvelle stratégie 2011-2020
UnE aMbitiOn
? Préserver et restaurer, renforcer et valoriser la biodiversité
? En assurer l?usage durable et équitable
? Réussir pour cela l?implication de tous et de tous les secteurs d?activité
Six OriEntatiOnS StratéGiqUES
? Susciter l?envie d?agir pour la biodiversité
? Préserver le vivant et sa capacité à évoluer
? Investir dans un bien commun, le capital écologique
? Assurer un usage durable et équitable de la biodiversité
? Assurer la cohérence des politiques et l?efficacité de l?action
? Renforcer, partager, valoriser les connaissances
www.developpement-durable.gouv.fr
focus Pour la stratégie nationale
Pour la biodiversité 2011-2020
La stratégie nationale pour la
biodiversité est actuellement en
cours de révision, pour une adop-
tion en mai 2011, à l?occasion de
la Journée mondiale de la biodi-
versité. Cette révision concerne le
contenu de la SNB, ses objectifs,
sa structuration et son mode de
gouvernance.
L?objectif est de donner un cadre
général aux politiques publiques
et privées en faveur de la biodi-
versité pour les dix années à venir,
afin de:
P favoriser la compréhension et la
prise en compte de la biodiversité
par tous les acteurs de la société,
y compris les citoyens;
P renforcer les fondements de la
première SNB, agir sur toutes les
formes de la biodiversité et sur
l?ensemble du territoire national
(métropole et outre-mer);
P prendre en compte les nouveaux
objectifs du plan stratégique de la
CDB et ceux de la stratégie euro-
péenne (en cours d?élaboration);
P se placer dans la continuité du
Grenelle Environnement notam-
ment en matière de gouvernance
partagée, de renforcement du rôle
de la stratégie nationale pour la
biodiversité et d?élaboration, y
compris outre-mer, de stratégies
régionales et locales cohérentes
dans le respect des compétences
des collectivités territoriales et en
concertation avec l?ensemble des
acteurs concernés.
UnE StratéGiE
Par Et POUr LES aCtEUrS
La nouvelle stratégie sera donc
le fruit d?une coconstruction
multi-acteurs et d?une réflexion
à plusieurs échelles spatiales et
temporelles. Au-delà des engage-
ments de l?État, un engagement
plus fort, dans tous les domaines
de la société, est souhaité de la
part des porteurs d?enjeux et de
projets publics et privés.
37
?ANR Agence nationale
de la recherche
?CDB Convention sur la diversité
biologique
?CEMAGREF? Institut de recherche en
sciences et technologies
pour l?environnement
?CIRAD Centre de coopération
internationale en recherche
agronomique pour
le développement
?COP Conférence des parties
à la CDB
?CREDOC Centre de recherche pour
l?étude et l?observation
des conditions de vie
?CITES Convention sur le commerce
international des espèces
de faune et de flore sauvage
menacées d?extinction
?CSPNB Conseil scientifique
du patrimoine naturel
et de la biodiversité
?DCE Directive-cadre sur l?eau
?ENSCONET Réseau européen European
Native Seed Conservation
Network regroupant des
partenaires impliqués dans la
conservation ex situ des graines
de plantes indigènes de l?Europe
?FRB Fondation pour la recherche
sur la biodiversité
?GIEC Groupe d?experts intergouver-
nemental sur l?évolution du
climat
GIS Groupement d?intérêt
scientifique
? IFREMER Institut français de recherche
pour l?exploitation de la mer
?MNHN Muséum national d?Histoire
naturelle
?PAC Politique agricole commune
?PCP Politique commune
des pêches
?PLU Plan local d?urbanisme
?PNR? Parc naturel régional
?PNUE Programme des Nations
unies pour l?environnement
?SCOT Schéma de cohérence
territoriale
?SNB Stratégie nationale
pour la biodiversité
?SNDD Stratégie nationale
de développement durable
?SRCE Schéma régional
de cohérence écologique
?TVB Trame verte et bleue
?UICN Union internationale pour
la conservation de la nature
?WWF World Wildlife Fund
?ZNIEFF Zone naturelle d?intérêt
écologique, faunistique
et floristique
?TAAF Terres australes et antarctiques
françaises
Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
AGIR POUR L A BIODIVERSITÉ
PdF aCCESSibLES danS La SaLLE
dE LECtUrE dU SitE dU MiniStèrE
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durable, avril 2010
ministère du Développement
durable, juillet 2010
ministère du Développement
durable, avril 2011
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www.developpement-durable.gouv.fr
Ministère de l'Écologie, du Développement durable,
des Transports et du Logement
Direction générale de l?Aménagement,
du Logement et de la Nature
Arche Sud
92055 La Défense Cedex
Tél. 33 (0)1 40 81 21 22 Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
www.developpement-durable.gouv.fr
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Rencontre avec les
pollinisateurs
Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
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Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
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Ministère
de l'Écologie,
du Développement
durable,
des Transports
et du Logement
un pollinisateur, a ?
un extraterrestre oui !
tous les go ts
sont dans
la nature !
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se raconte
www.biodiversite2010.fr
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Cesse de butiner,
on parle de nos
amis et de nous
a l?intérieur !
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La collection biodiversité du ministère du Développement
durable : des brochures pour un large public
glossaire
DICOM-DGALN/BRO/11022 ? Mai 2011
Conception et réalisation : Aïna Collin/MEDDTL
Crédits photos :
Couverture: Olivier Brosseau/MEDDTL, Pierre Laboute/IRD, Claude Lefebvre/MEDDTL,
Pierre-René Meffre, Laurent Mignaux/MEDDTL, Jean-Philippe Siblet/MEDDTL ;
p. 8 et 18: Laurent Mignaux/MEDDTL; p. 30: Bernard Suard/MEDDTL
impression : MEDDTL/SG/SPSSI/ATL2/Reprographie
Imprimé sur du papier certifié écolabel européen
Notes
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Ministère de l'Écologie,
du Développement durable,
des Transports et du Logement
Direction générale de l?Aménagement,
du Logement et de la Nature
92?055 La Défense cedex
Tél. 33 (0)1 40 81 21 22
Cette brochure présente, de manière synthétique, pour la période 2004-2010, des actions
de la stratégie nationale pour la biodiversité conduites par l?ensemble des partenaires
concernés dans le cadre des plans d?actions sectoriels.
Ces résultats montrent le chemin déjà parcouru et les défis à relever collectivement.
Le Grenelle Environnement, l?Année internationale de la biodiversité et les objectifs
du plan stratégique de la Convention sur la diversité biologique, adoptés
en octobre 2010, donnent une impulsion forte pour agir pour la biodiversité,
à travers la future stratégie nationale 2011-2020 en cours d?élaboration.